La Nature
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- LA NATURE
- revue des sciences
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fisance et Colonies : Un an. .
- — Six mois.
- ABONNEMENTS (J922)
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- LES QUATRE-VINGT-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT. EN VENTE
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- Paris. — Imprimerie Laucre, rue de Fleurus, IL
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- CINQUANTIÈME ANNÉE 1922— DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C‘% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE. — N# 2517.
- Ie JUILLET 1922
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L’INDUSTRIE DE LA SOIE AU TONKIN
- lus anciens ouvrages qui traitent de l’Ànnam font mention de la soie et du mûrier. Quand les Annamites occupèrent le pays, après en avoir chassé les Chams autochtones, ils y trouvèrent des magnaneries et des plantations de mûriers toutes installées.
- Mais pendant longtemps, l’industrie de la soie y fut pratiquée comme au temps des plus anciens Chams. En 1903, aucune règle ne présidait encore à la reproduction du ver à soie. Il n’était pas venu à l’esprit des Annamites qu’il y
- eût nécessité d’opérer le moindre croisement où une sélection pût avoir lieu. Il en résultait un appauvrissement de l’espèce et une dégénérescence presque complète. Aussi bien, les magnaneries étaient installées dans les conditions les plus défectueuses. Les vers n’y étaient pour ainsi dire pas cà l’abri des intempéries de l’air ni des variations de la température. Il n’était pas rare de voir les petites magnaneries familiales établies au voisinage des écuries, des dépôts de fumier, dont les émanations sont des plus redoutables pour les vers à soie.
- Aussi les épizooties venaient-elles accélérer la dégénérescence du ver, la muscardine et la fla-cherie, principalement, qui ruinaient alternativement les provinces indochinoises productrices de soie.
- Alors que le Japon, de 1890 à 1900, présentait un développement extraordinaire de sa sériciculture, caractérisé par le chiffre de sa production, passée de 18 millions de yen s à 107 millions, et par le chiffre de ses exportations, passées de 3 800000 à 30 millions et demi, la production totale de l’Indo-
- 50* Année — 2' Semestre.
- ...Jbfcl
- Fig. i. — Préparation des papillons pour la ponte.
- chine se maintenait péniblement dans les environs de 600 à 800 tonnes.
- Les procédés des Annamites pour la filature et le
- tissage de la soie étaient d’ailleurs bien dignes des méthodes arriérées qui présidaient d’un côté à la culture du mûrier, de l’autre à l’élevage du ver. Les cocons étaient filés dans de petites bassines à feu nu surmontées d’un grossier dévidoir sur lequel s’enroulait le fil. La fileuse cuisait les cocons, les' battait avec deux baguettes de
- bois, détachait le frison et filait; un enfant tournait la manivelle du dévidoir et entretenait le. feu. On ne pouvait rien imaginer de plus rudimentaire.
- Cependant les besoins de la France en soie grège, en pongés, étaient considérables. Les spécialistes montraient à l’industrie lyonnaise toutes les res-^ sources qu’elle pouvait tirer de nos colonies et M. Pellcray, notamment, dans un ouvrage intitulé : La sériciculture coloniale et Vindustrie française de la soie faisait, en 1905, le bilan de notre déficit et du potentiel séricicole de l’Indochine.
- L’initiative privée et la sollicitude officielle rivalisèrent alors pour doter l’Indochine des établissements d’élevage et de filature qui pouvaient relever et améliorer sa production. Dès 1903, M. Delignon fondait à Phu-Lang-Thuong une usine qui comprenait une filature, un moulinage, un tissage mécanique de la soie. Quelques années plus tard, une entreprise similaire, celle de MM. Emery et Tortel se fondait à Nam-Dinh. Puis, dans ces deux localités et dans d’autres des provinces de Caudo et de Phu-Lien, des magnaneries officielles étaient créées.
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- 2 .....L’INDUSTRIE DE LA SOIE AU TONK1N
- Fig. 2. — Détail dé l’opération : chaque papillon est mis sous un entonnoir en papier.
- La distribution de graines aux indigènes effectuée par les soins de l’Administration et l’établissement de nouveaux laboratoires de grainage, ne manqua pas d’améliorer la qualité et la quantité des soies produites. Cependant, sous les auspices de M. Albert Sarraut, alors gouverneur général de la colonie, M. le Résident supérieur Garnier, aujourd’hui Directeur de l’Agence économique de l’Indochine, entreprenait à Lyon une série de conférences dans lesquelles il s’attachait à montrer aux industriels de la soie les possibilités offertes par la France d’Extrême-Orient. Sa campagne eut pour résultat la fondation d’un syndicat qui, après constatations sur place, créa lui-même la Compagnie générale des soies de France el d’Indochine.
- En succédant à M. Albert Sarraut,
- M. Maurice Long ne laissa pas de s’intéresser au développement de la sériciculture indochinoise. De nombreuses écoles furent fondées par ses soins et l’on peut voir aujourd’hui, à l’Exposition coloniale de Marseille, les magnifiques produits obtenus par cette industrie renaissance.
- Les soies d’Annam et du Tonkin, si elles ne peuvent prétendre à remplacer toutes les sortes que nos fabricants lyonnais vont chercher en Extrême-Orient, doivent du moins aspirer à supplanter les soies dites de Canton, comme soies grèges, et eu tissus, tenir un rang honorable à côté
- des pongés du Japon. Or, la France importait avant la guerre environ 1400 tonnes de soie de Canton et 400 tonnes de pongés japonais pour une valeur de 80 millions de francs.
- C’est dire quel avenir est promis à la sériciculture indochinoisc et combien les efforts des administrateurs et des industriels français doivent être encouragés.
- Ces efforts ont essentiellement porté sur le grainage du ver à soie, qui a pour but d’améliorer l'espèce par la sélection et de limiter les épizooties par une production rigoureusement contrôlée de vers sains et robustes.
- Les maladies des vers à soie sont nombreuses et toutes contagieuses.' Les moins graves se nomment la grasserie, la maladie des vers arpians ougaltinés, des lueettes, des clairettes, etc.
- Les plus graves, que le climat indoehinois fait particulièrement meurtrières, sont la muscardine, la pébrine et la llacheric.
- Atteints de la muscardine, les vers à soie meurent avec toutes les apparences de la santé. Leurs cadavres semblent ensuite se pétrifier. Cette maladie, découverte par Vallisneri en 1725, est due au développement, dans l’organisme du ver, d’un champignon microscopique, le Botrylis basliana. Elle est fort contagieuse, mais sa diffusion peut être arrêtée par la combustion du soufre dans la proportion de 2 ou 5 kg pour 100 mètres cubes de locaux.
- S’ils ont la pébrine, les vers se couvrent de taches noires et leur organisme entier se remplit de corpuscules ovoïdes qui sont des algues parasites uni-ccllaires.
- On ne lui connaît pas de traitement et le seul moyen de l’éviter consiste à n’élever que des graines exemptes de corpuscules, dans des locaux purifiés et assainis.
- La flacherie rend les vers mous et languissants. Ils meurent, puis ils noircissent en dégageant une
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- L’INDUSTRIE DE LA SOIE AU TONK1N .....—— :./ - 3
- odeur infecte. Dans cette maladie, les fonctions digestives sont arrêtées et la putréfaction survient, causée par des myriades de vibrions bacillaires qui s’agitent avec vivacité au sein du liquide qui humecte la feuille non digérée dans l’estomac du ver.
- C'est la moins bien connue des grandes maladies du ver à soie. On n’y a pas encore trouvé de traitement préventif, et seuls l’hygiène, la propreté, l’isolement des reproducteurs peuvent en défendre les magnaneries.
- De tout temps et dans tous les pays, d’ailleurs, sauf peut-être en Indochine, on a pratiqué le triage des papillons destinés à la reproduction delà graine. L’étude des différentes maladies du ver à soie, de la chrysalide et du papillon ont montré que les causes morbides se retrouvaient dans les œufs provenant des sujets malades' : la loi d’hérédité semblait indiquer que les œufs renfermant des germes de maladie, étaient destinés à produire des vers condamnés à succomber sous l'influence du développement de ces germes.
- L’expérience a confirmé cette supposition et c'est à Dasteur que revient la gloire, non seulement de l’avoir démontrée, mais encore d’avoir découvert une méthode rationnelle de sélection des graines, permettant d’éliminer tous les œufs renfermant des germes de maladie.
- Cette méthode, ce système, est d’ailleurs excessivement simple, et se résume dans les deux règles que voici :
- 1° Sélectionner les chambrées, afin d’opérer l’exclusion des éducations atteintes de ilacherie.
- 2° Sélectionner les papillons pour, éliminer les pontes des sujets corpnsculeux (pébrine).
- L’application de cette méthode entraîne à faire
- Fig. 5. — Les chenilles saints d’un élevage.
- Fig. 4. — Les pontes adhérant sur une feuille de papier.
- des éducations spéciales de vers destinés au grainage ; à l’origine, on doit choisir des graines présentant tous les caractères de la santé et organiser avec elles des éducations réparties dans de petites chambrées isolées les unes des autres, où l’on pratique un examen quotidien des vers et l’élimination des chambrées ayant donné des vers flats. La recherche de la pébrine s’y fait une première fois par les taches noires que portent certains vers. L’élimination des chambrées suspectes s’ensuit.
- Quelques jours avant la récolte des cocons, on en prélève un certain nombre, qui sont mis dans une étuve à 30 ou 35°, permettant d’avancer le papillonnage. Les papillons sont examinés au microscope afin de reconnaître les corpuscules, et les lots suspects sont ensuite détruits.
- L’examen se fait de la manière suivante : le papillon est placé dans un mortier en porcelaine avec un peu d’eau ; deux ou trois coups de pilon suffisent à l’écraser et à le transformer en bouillie aqueuse. L’examen d’une goutte de cette bouillie avec un microscope grossissant 400 ou 500 fois permet alors de reconnaître les corpuscules de la pébrine.
- La sélection doit être complétée par un examen individuel de tous les papillons et par la ponte cellulaire. Lorsque la femelle a enfin pondu ses œufs, les deux papillons sont encore pilés et examinés au * microscope. S’ils se montrent exempts de corpuscules, leurs œufs sont seulement alors déclarés propres à l’éducation.
- On ne serait jamais venu à bout de convaincre les éleveurs indigènes de la nécessité de sélectionner aussi minutieusement les graines. Aussi l’Administration et les grandes entreprises d’origine française ont-elles préféré se charger de la production même des graines qu’elles distribuent ensuite généreusement. L’avenir n’est pas éloigné où il n’existera pas un cocon, en Indochine, qui ne provienne de graines nées de sujets individuellement étudiés.
- Au ïonkin, les laboratoires de grainage se sont particulièrement développés, et ceux de. Phu-Lang-Thuong et de Nam-Dinh, les plus anciens, alimentent abondamment la production.
- Les six premières photographies que nous donnons ont été prises au laboratoire de Phu-Lang-Thuong. Elles montrent diverses phases du travail
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- STATION MARÉMOTRICE D’ESSAI DE
- L’ABER-VRAC’H (FINISTERE)
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- de sélection, qui s’opère, avec quelques variantes, selon la norme pasteurienne. En voici la description :
- Sept jours après le papillonnage, les insectes sortent de leurs cocons et s’accouplent naturellement. Au bout de quatre heures, les papillons désaccouplés et prêts pour la ponte sont mis sur des planchettes et recouverts chacun d’un pet t entonnoir qui isole chaque ponte (fig. 1 et 2).
- 48 heures après, les femelles écrasées au pilon sont examinées au microscope. Les pontes de celles qui sont atteintes de la pébrinc sont rejetées (lig. 5).
- La ponte des vers à soie se fait sur des feuilles de papier; les œufs y adhèrent d’eux-mêmes (lig. 4). Huit jours après, l’éclosion se produit.
- Les chenilles élevées en la forme habituelle et nourries de feuilles de mûrier, sont ainsi toutes parfaitement saines (fig. 5). Elles produisent des cocons de bonne qualité (fig. 6), qui sont Lraités dans les filatures du pays (fig. 7) et donnent la soie qu’on lisse sur place ou qu’on expédie en Europe.
- La méthode suivie pour la présentation des produits indochinois, à l’Exposition coloniale de Marseille, permet en ce moment, et jusqu’à l’automne, de bien se rendre compte du développement de l’industrie séri-cicolc dans la colonie. En effet, on y a toujours groupé dans un seul ensemble l’exploitation qui produit ou récolte la matière première, l’industrie qui l’utilise ou la transforme, le service administratif qui favorise la production et améliore la technique. La soie, depuis les méthodes de grainage jusqu’aux procédés de tissage, se trouve cantonnée dans un des quatre quartiers du grand hall, au rez-de-chaussée du grand palais. En pavillon isolé, dit pavillon de l’ouest, a reçu en outre les produits spéciaux de l’Annam et du ïonkin. Les visiteurs y af 11 lient déjà.
- Nous ne doutons point que la production indochinoise et surtout tonkinoise deMa soie ne prenne dans un avenir très proche un développement digne des ellorts qui s’y appliquent et conforme aux besoins de la métropole.
- El'.X EST TlSSERAiND.
- Fi<?. “. — Bobinage des cocons aux établissements de Nam-Din/i.
- LA STATION MARÉMOTRICE D’ESSAI DE L’ABER-VRAC’H (FINISTÈRE)
- Un projet de loi récemment présenté à la Chambre des Députés vient de mettre en lumière l’intérêt de la création d’une station d’essais et d’expériences pour l’utilisation des marées comme force motrice, sur la côte de France où l’amplitude des oscillations de la mer est la plus grande, à l’entrée de la Manche, au nord de Brest, dans le large estuaire de l’Aber-Yrac’li.
- L’utilisation industrielle de l’énergie des marées, qui fut longtemps considérée comme une conception chimé-
- rique, semble devoir entrer, grâce aux récents progrès de la technique, dans le domaine des réalisations pratiques. Déjà maints projets ont été proposés (voir La Nature, nos 2482 et 2484). Mais il ne sera possible de se prononcer définitivement à cet égard que sur le vu des résultats d’un essai à tenter sur un point du littoral convenablement choisi et à une échelle suffisante pour que puissent être examinés, sous une forme concrète, les différents problèmes techniques que pose la mise en
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- LA STATION MARÉMOTRICE D’ESSA] DE L’ABER-VRAC’H (FINISTÈRE) = 5
- valeur de la « houille hleue ». Les éludes que poursuit depuis plus de deux ans la Commission spéciale instituée au Ministère des Travaux publics l’ont conduite à reconnaître la nécessité d’une expérience de cette nature qui seule pourra permettre à l’Administration de prendre nettement position dans une matière aussi neuve et de statuer en connaissance de cause sur les demandes en concession d’usines marémotrices dont elle se trouve dès à présent saisie. C’est dans cet esprit qu’a été conçu et préparé le projet d’une station d’essai dans l’estuaire de l’Aber-Yrac’h, présenté par une maison française, la Société financière pour l’industrie, qui a déposé une demande en concession dans ce but. Le projet de loi dont nous parlions, s’il est adopté par le Parlement, permettra d’apporter à cette société le concours financier et technique de l’Etat et de réaliser la première expérience d’utilisation delà houille hleue en France.
- L’emplacement adopté pour l’installation de l’usine projetée paraît heureusement choisi en raison de l'amplitude des marées à l’esluaire et de la proximité de la ville de Brest qui permettra un placement facile de l’énergie produite.
- Le projet comporte essentiellement :
- 1° Une usine marémotrice dans l’estuaire de l’Aber-Vrac’h, sur le territoire des communes de Lannilis et de Plouguerneau (Finistère).
- Cette usine sera située à Beg-an-Toul, immédiatement en amont de la balise, soit en aval du port de Paluden.. Elle sera constituée par un barrage de 150 mètres de longueur et quatre groupes de turbines actionnant, sous le double effet du flot et du jusant, des alternateurs asynchrones logés à l’intérieur de caissons en béton armé formant le barrage qui permettra d’emmagasiner en amont un cube variant de 1,5 à 4 millions de mètres cubes suivant la hauteur des marées. Ce bassin à double effet fonctionnera de la manière suivante : lorsque' la marée monte et dès que la dénivellation entre le niveau de la mer et celui du bassin atteint 0 m. 70, les turbines entrent en fonctionnement et travaillent à charge progressivement variable jusqu’au moment où la marée est étale; à ce moment, la différence de niveau s’annule entre l’extérieur et le bassin, puis se rétablit en sens inverse, en marée descendante ; ainsi, deux fois par marée, soit pendant huit à dix heures de fonctionnement, les turbines qui'sont disposées de façon à fonctionner dans, le même sens, quel que soit le sens de l’écoulement de l’eau, fournissent une puissance variable à chaque. instant et qui s’annule à chaque renversement du sens du courant. Les quatre turbines installées fourniront chacune une puissance variable de 75 à 1200 chevaux sous deux ou trois régimes de vitesses. Les deux alternateurs accouplés aux turbines fourniront du courant à 1500 volts.
- 2° Une usine d’eau douce établie sur le ruisseau du Diouris qui se jette dans l’estuaire de l’Aber-Yrac’h. Cette usine, qui a pour but de régulariser l’énergie essentiellement discontinue produite par la station marémotrice, sera réalisée par un barrage de 55. mètres de hauteur qui permettra d’emmagasiner un cube d’eau douce de 12 millions de mètres cubes, sous une chute variant de 8 à 29 mètres. Elle sera munie de turbines de 3000 à 4000 chevaux au total et de 2 alternateurs chacune, aspirant l’eau au pied du barrage pour relever la réserve aux heures où la production de courant électrique sera surabondante à l’usine d’aval, le tout conçu de manière à compenser le plus possible les temps d’arrêt de la station marémotrice.
- L’ensemble de ces deux usines fonctionnant en liaison très étroite sera susceptible de fournir une puissance pouvant atteindre aux heures de pointe jusqu’à 3200 chevaux ; la puissance minimum constante sera de 1600 chevaux.
- La production annuelle sera de 11 millions de kilowatts-heure correspondant à une quantité de charbon annuelle de 16 500 tonnes.
- Le placement de cette énergie se trouve dès maintenant assuré par suite de l’obligation imposée au concessionnaire de se mettre en jonction avec les stations génératrices hydrauliques ou thermiques existantes ou à créer dans la région comprise entre l’Aber-Yrac’h, l’Aber-Benoit, le littoral et la ville de Brest. Grâce aux lignes de transport et de distribution d’énergie dont le projet prévoit la concession, la puissance produite par les deux usines aura pour débouchés principaux les services publics de la ville de Brest et l’arsenal de cette ville.
- Au double point de vue des disposilions techniques et du placement de l’énergie, l’entreprise paraît donc susceptible d’une exploitation rationnelle.
- L’est d’ailleurs l’avis qu’ont très nettement expiâmé la Commission de la houille bleue et le Comité consultatif des forces hydrauliques, appelés à se prononcer sur le projet. L’enquête d’utililé publique, à laquelle la demande-de concession a été soumise, a donné des résultats entièrement favorables ; l’enquête nautique n’a révélé aucune opposition en ce qui concerne les dispositions techniques envisagées et le Ministre de la Marine, consulté par application de la loi du 15 janvier 1913, a fait connaître qu’il ne voyait aucun inconvénient d’qrdre militaire à l’exécution du barrage de l’Aber-Yrac’h.
- Rien ne paraît donc s’opposer à l’octroi de la concession sollicitée par la Sociéti^financière pour l’industrie.
- La réalisation de ce projet permettra à l’Administration d’atteindre un triple but :
- T Créer en France une station d’expérience permettant d’élucider un grand nombre de problèmes cfue pose le mode de captation de-cette nouvelle source d’énergie, et en même temps, d’éprouver et comparer les divers types de moteurs ou d’appareils accessoires qui seront conçus ou proposés dans cet ordre d’idées ;
- 2° En présence des divers projets de grande envergure dont l’Administration est dès à présent saisie et qui représentent des dépenses de plusieurs centaines de millions, se rendre compte, par une expérience à échelle réduite, si l’utilisation de la marée, sous la forme préconisée et qui ressort aujourd’hui comme la meilleure, est féconde et avantageuse à tous égards, ou si elle ne risque pas de réserver des surprises d’ordre technique ou financier.
- Il paraît, en effet, prudent de faire un essai de cette nature, avant d’encourager ou d’autoriser régulièrement de telles entreprises et de laisser les capitaux du pays s’y absorber. .
- 5° Profiter de l’énergie électrique qui serait produite par cette station pour en faire bénéficier une région mal pourvue à cet égard, où le charbon étranger et non le combustible de nos mines, distribue un courant insuffisant et cher. Actuellement, c’est-à-dire avec des prix de charbon de 132 francs ou d’anthracite de 280 francs la tonne, les tarifs d’électricité oscillent entre 1 fr. 135 (Brest), 2 francs (Morlaix) et 2 fr. 375 (Roscoff) le kilowatt-heure pour l’éclairage, et entre 0 fr. 835 (Brest), 1 fr. 80 (Morlaix) et 1 fr. 725 (Roscoff) le kilowattheure pour la force motrice.
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- LES MACHINES MODERNES A TAILLER LES ENGRENAGES
- S’il arrive parfois qu’une découverte sensationnelle fasse faire à la science et à l’industrie de véri-
- Fig. i. — Développante de cercle.
- tables bonds, les progrès les plus importants sont très souvent le résultat d’améliorations patientes des principes connus et de perfectionnements successifs dans leur mise en application.
- La volonté d’obtenir des machines un rendement toujours plus élevé a conduit l’ingénieur à. en étudier minutieusement les détails pour supprimer tous les frottements nuisibles et toutes les causes de perte d’énergie. Parfois aussi la recherche d’une qualité secondaire a stimulé les activités et déterminé des progrès importants, entraînant avec eux une amélioration sensible du rendement.
- On peut dire que c’est pour obtenir des boîtes de vitesse et des ponts arrière silencieux que les constructeurs de voitures automobiles ont été amenés à perfectionner la fabrication de leurs engrenages; du même coup ils en amélioraient le rendement dans des proportions telles que celui-ci atteint aujourd’hui couramment 99 pour 100.
- Un tel résultat n’a pas été atteint du premier coup ; il a nécessité des études approfondies et de nombreux essais.
- Pour être parfait, un engrenage doit être d’abord correctement dessiné. Il existe plusieurs profils admissibles pour les dents d’engrenages, dont les principaux sont l’épicycloïde et la développante de cercle, ce dernier profil ayant, à l’heure actuelle, à peu près remplacé tous les autres.
- Rappelons en quelques mots qu’une développante de cercle est la courbe décrite par l’extrémité B d’un fil AB, lorsqu’on l’enroule sur un cercle fixe (fig. 1).
- Faisons aussi cette remarque très importante, que, pour un engrenage de diamètre infini, c’est-à-dire pour une crémaillère, le flan de la dent
- devient une droite (fig. 2). Cette propriété a été mise à profit dans l’établissement d'un grand nombre de machines à tailler les engrenages.
- Le tracé des engrenages à développante réduit au minimum les frottements nuisibles et donne à la dent une grande robustesse; les Américains l’ont amélioré sensiblement en adoptant un angle de pression de 20° (au lieu de 14° 1/2) et une dent raccourcie (Stub iooth).
- Théoriquement, ce profil est à peu près parfait. Mais dessiner correctement un engrenage n’est rien ; les plus grandes difficultés commencent lorsqu’il s’agit de le réaliser exactement conforme au dessin.
- Les premiers engrenages étaient faits en bois, avec dents rapportées, ou bien fondus d’une seule pièce; ces procédés ne pouvaient donner que des résultats grossiers et peu satisfaisants. On n’approcha de la perfection que le jour où l’on se décida à tailler les engrenages dans la masse même du métal; et cette méthode, toute coûteuse quelle est, donne des résultats tellement supérieurs, quelle est arrivée aujourd’hui à supplanter à peu près complètement toutes les autres.
- Il existe actuellement de nombreuses machines à tailler les engrenages, dont queiquesrunes sont de véritables merveilles d’ingéniosilé. Ces machines sont pour la plupart spécialisées selon le genre de travail à exécuter, de sorte que, pour les passer, en revue, nous aurons à examiner si elles doivent tailler des engrenages droits (c’est-à-dire à axes parallèles), ou des engrenages d’angle; si la denture doit en être droite (suivant les génératrices), ou hélicoïdale ; enfin parfois, s’il s’agit de machines à « défoncer » ou à finir les engrenages.
- 1. — Machines à tailler les engrenages droits à denture droite. — Les premières et les plus simples ne sont en somme que' des machines à fraiser horizontales, utilisant une fraise de forme qui a exactement le profil du creux des dents (fig. 3), et une machine à diviser qui porte l’engrenage à tailler. On fait, sur la même machine, une passe de dégrossissage et une passe de « finition » par dent.
- Ces machines ne sont jamais automatiques et l’ouvrier doit après chaque passe opérer le retour de
- Fig. 2. — Profil à développante.
- Le flan des dents delà crémaillère est droit; «, angle de pression.
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- LES MACHINES MODERNES A TAILLER LES ENGRENAGES —. 7
- la table et faire tourner à la main le mécanisme ! diviseur pour tailler la dent suivante. Elles nécessitent en outre un outil spécial, non seulement pour chaque module, mais encore pour chaque diamètre d’engrenage à tailler.
- D’ailleurs,- comme toutes celles qui emploient des outils de forme, ces machines ne peuvent donner que des résultats imparfaits, toute irrégularité de l’outil étant fidèlement reproduite sur lapièce.
- Très supérieures comme résultat sont les machines dans lesquelles, au moyen d’un artifice quelconque, le profil- à réaliser est engendré au lieu d être formé. C’est ainsi que, sur un tour, pourvu que sa rigidité soit suffisante, on obtiendra facilement des surfaces cylindriques parfaites qu’il serait à peu près impossible de réaliser si Ton employait une filière.
- Les machines à tailler modernes engendrent toujours le profil de la dent, et cette méthode seule permet d’arriver à une précision, suffisante.
- Pour bien en saisir le principe, imaginons que l’on fasse rouler une crémaillère métallique à flans droits sur un disque en cire (fig. 5) : les dents de la crémaillère pénétrant dans le disque, y moule-
- Fig 4. — Fraise en forme de vis-mère.
- ront des creux et des dents ayant le profil voulu pour engrener correctement avec la crémaillère, c’est-à-dire, puisque celle-ci est à flans droits, le profil en développante de cercle. L’engrenage ainsi moulé engrènera ensuite correctement avec n’importe quel engrenage moulé avec la même crémaillère, quel que soit son diamètre.
- S’il s’agit maintenant d’un disque métallique dans lequel il faut tailler les dents et non plus les mouler, nous affûterons la crémaillère et lui donnerons, en plus de son mouvement de roulement, un mouvement rapide parallèlement à l’axe du disque.
- Ces deux mouvements simultanés de l’outil sont obtenus très simplement sur les machines à fraise en forme de vis-mère (Brown et Sharpe, Biernalzki, Pfauter, etc...), en enroulant la crémaillère en hélice sur un cylindre ; l’outil a ainsi la forme représentée par la figure 4 ; sa simple rotation sur lui-même produit les deux mouvements [indiqués plus haut ; un train d’engrenages convenablement choisi fait tourner l’outil et la pièce à des vitesses relatives correctes.
- Ces machines donnent de bons résultats. Toute-
- Fig. 3. — La fraise de forme taille une à une dans la pièce des dents au profil convenable.
- fois, la fraise devant avoir une certaine longueur pour pouvoir tailler des roues de diamètre assez grand, il est difficile de donner à l’arbre porte-fraise une rigidité suffisante et l’on sait que les vibrations dans les machines-outils sont les plus grands ennemis de la précision.
- Il est plus facile d’obtenir une grande rigidité avec des machines du genre mortaiseuse, c’est-à-dire dans lesquelles l’outil est animé d’un mouvement rectiligne alternatif. C’est la disposition adoptée dans la machine Sunderland (fig. 6).
- Dans cette machine, l’outil en forme de crémaillère (fig. 7) possède deux mouvements simultanés : l’un horizontal de va et vient, l’autre vertical et très lent.
- Après chaque passe la pièce tourne de la quantité correspondant à une dent, de sorte que toutes les dents sont amenées, à la fois et progressivement au profil convenable, pendant que l’outil se déplace verticalement de la quantité correspondant à une dent.
- La machine Fellow dérive également du genre mortaiseuse, mais l’outil a la forme d’un véritable
- Fig. 5. — L’outil en forme de crémaillère à flans droits pénètre progressivement dans la pièce et T'engendre la denture en développante.
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- LES MACHINES MODERNES A TAILLER LES ENGRENAGES
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- Fig. 6. — Machine Simdetiand.
- engrenage cylindrique et engendre les dents de la pièce par roulement. Cette disposition est moins logique, car le profil des dents de l’outil n’est plus une droite et par suite, est plus difficile à établir correctement.
- II. — Machines à tailler les engrenages coniques à denture droite. —Dans un engrenage conique, la dent n’a plus sur toute sa longueur la même hauteur ni la même épaisseur ; ses différentes sections sont homothétiques par rapport au sommet du cône dans lequel est taillé l’engrenàge. On conçoit qu’il soit impossible alors de tailler correctement de pareils engrenages avec une fraise de forme; on utilise celle-ci seulement pour le défonçage des dents, sur des machines spéciales qui ne présentent aucun dispositif remarquable et que nous ne décrirons pas. La « finition » est toujours faite sur des machines genre étau-limeur, qui engendrent le profil correct variable sur toute la longueur de la dent.
- Laissant de côté les machines dans lesquelles le profil de la dent est obtenu au moyen' de gabarits ou reproducteurs (Œrlikon, Sunderland, etc:..),
- nous ne décrirons que celles sur lesquelles il est engendré, car ce sont les seules qui puissent donner une précision absolue.
- Le principe de ces machines dérive de celui que nous avons décrit plus haut. Imaginons (fig. 8) deux axes AA' et BB', faisant entre eux un angle « différent de 90°, qu’il s’agit de relier par un couple d’engrenages : nous pouvons utiliser pour cela sur AA' un engrenage plat PP' passant par le point de rencontre O des deux axes; l’autre pignon G sera alors défini par le cône d’axe BB', tangent au plan PP'.
- Si l’on veut utiliser pour ces engrenages le profil à développante, on constate que, pour Vengrenage plat, le flan des dents est droit. L’en-grenage plat joue donc dans les couples coniques le rôle de la crémail-; . 1ère dans les couples droits.
- Pour tailler un pignon conique tel que C, on peut dès lors établir une machine dans laquelle un couteau à flans droits est animé d’un mouvement rectiligne suivant un rayon PO, pourvu qu’en
- Fig. “. — Outil en forme de crémaillère de la machine Sunderland,
- même temps l’on fasse tourner à des vitesses convenablement conjuguées le pignon à tailler autour de son axe BB' et la glissière du couteau autour de l’axe AA'.
- La machine Bilgram (fig. 9) présente l’aspect d’un véritable étau-limeur : la glissière dans laquelle coulisse l’outil à flans droits est fixe dans l’espace ; le pignon à tailler est animé d’un double mouvement de rotation analogue à un mouvement planétaire, ou, plus exactement, d’un mouvement de roulement sur l’engrenage plat fictif dont l’outil représente une dent. Ce mouvement de roulement est commandé par un segment de cône, prolongeant le cône du pignon, et sur lequel s’enroulent deux rubans en acier, fortement tendus et dont les extrémités sont fixées dans le plan de l’engrenage plat fictif (fig. 10).
- Dans la machine Gleason (fig. 11), l’axe autour duquel tourne le pignon à tailler est fixe dans l’espace. L’outil est formé de deux couteaux, tail-
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- LES MACHINES MODERNES A TAILLER LES ENGRENAGES . ; , 9
- lant à la fois les deux flans d’une dent, et qui représentent deux dents de l’engrenage plat fictif. La conjugaison des deux mouvements de rotation s’obtient par deux segments d’engrenages. Cette machine est des plus intéressantes à voir fonctionner : comme tour automatique, elle donne presque une impression d’intelligence, exécutant elle-même, entièrement automatiquement, le taillage d’une dent, puis le dégagement des outils, leur retour à la position initiale, pendant que la pièce à tailler tourne de la quantité convenable pour que la dent suivante se présente à la taille.
- Dans toutes ces machines, l’automatisme est d’ailleurs poussé à un point tel qu'une fois le réglage effectué, un bon ouvrier peut en conduire trois ou quatre à la fois. C’est ce qui permet, malgré le coût élevé de la machine, d’arriver pour les pièces faites en série, à un prix
- Fig. g. — Machine Bilgram.
- rive du principe de la crémaillère, il suffit en effet d’incliner simplement l’outil par rapport à la pièce (fig. 15). Dans la machine Fellow, on doit utiliser un outil spécial et munir sa glissière d’une rampe hélicoïdale.
- Pour les engrenages coniques, il est nécessaire d’établir des machines spéciales lorsqu’on veut tailler des dentures spirales.
- La figure 12 représente une machine Gleason, l’une des plus employées. Elle est basée sur le même principe que la machine de même marque pour denture droite, mais les deux couteaux à mouvement alternatif sont remplacés par une fraise, munie de couteaux à flans droits et animée d’un
- Principe de la machine Bilgram.
- de revient qui ne soit pas prohibitif.
- III. — Engrenages à denture hélicoïdale ou spirale. — Les dentures hélicoïdales sont employées pour donner plus de continuité à la commande par engrenages. La dent, au lieu de suivre une génératrice du cylindre ou du cône dans lequel elle est taillée, suit une hélice enroulée sur lui.
- Pour les engrenages droits, une modification très simple de la machine suffît à lui permettre de tailler des dentures hélicoïdales : lorsqu’elle dé-
- v / ‘% ?’ • - y-gymi
- Fig. ri. — Machine Gleason.
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- 10 • LES MACHINES MODERNES A TAILLER LES ENGRENAGES
- Fig. 12. — Machine Gleason pour la taille hélicoïdale.
- mouvement de rotation rapide dans le plan de I l’engrenage plat fictif. Cette fraise taille d’abord un I flan de la dent, puis l’autre.
- On voit nettement sur la figure la fraise, le berceau autour duquel oscille l’engrenage plat fictif dont la fraise représente une dent et l’arbre portant le pignon à tailler. La conjugaison des deux mouvements de rotation est obtenue par un train d’engrenages.
- Cette machine ne donne qu’une solution approchée de la véritable denture hélicoïdale puisque les dents ont une forme circulaire, mais c’est là plutôt un avantage qu’un inconvénient, l’engrène-ment des deux engrenages ainsi taillés se faisant encore convenablement, même en cas de montage non absolument correct.
- Le nombre des firmes automobiles employant pour leurs ponts arrière des dentures hélicoïdales s’accroît chaque année ; elles donnent, en effet, une continuité d’entrainement qui se traduit par un silence presque absolu.
- Le rapide exposé qui précède donne un aperçu des progrès récemment réalisés dans une branche importante de la mécanique. Le public constate le silence actuel des voitures automobiles ou la dou-
- ceur de marche d’un paquebot à turbines. Il ne soupçonne pas le labeur que représente un tel degré de perfection, des organes de transmission. Mais il en bénéficie doublement, puisque ce silence et cette douceur ne sont que le corollaire d’un bon rendement, c’est-à-dire, en fin de compte, d’une économie d’énergie. J. de Lens.
- Fig. i3. — Machine Sunderland disposée pour la taille hélicoïdale.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 192a.
- Les isotopes du chlore. — Le métalloïde ordinaire ayant deux isotopes de poids atomique respectif 55 et 57, Mlle E. Gleclitsch et M. B. Samdahl ont cherché à voir si le chlore venu d’un minerai ancien, qui n’aurait eu aucun contact avec l’eau de mer, présente la même particularité. Ils se sont adressés à l’apatite qui se rencontre dans les gabbros de la période archéenne, pour constater d’ailleurs que, sans doute même à la formation du magma primaire, le chlore comprenait les deux isotopes dans le même rapport qu’aujourd’hui.
- Le traitement thermique de quelques fontes de moulage. — Les travaux de MM. Charpy et Grenet per-
- mettent de considérer les fontes comme constituées, du point de vue structural, par un mélange d’acier et de graphite.’ Les caractères mécaniques sont ainsi affectés à la fois par l’état physico-chimique du premier élément et la répartition du second, qui tend à diminuer la résistance de l’ensemble. C’est ainsi que M. Jean Durand a été amené à effectuer sur des fontes une série d’essais tendant à montrer l’influence du recuit et de la trempe suivie de revenu. Il y a là une gamme d’expériences qui établissent l’importance d’un traitement thermique convenable sur les propriétés mécaniques des moulages.
- Paul B.
- BERNARD DE JUSSIEU ET LE JARDIN BOTANIQUE DU PETIT TRIANON(1)
- Cette année 1922 est celle du bicentenaire de la nomination de Bernard de Jussieu aux fonctions de « démonstrateur de botanique » au Jardin des Plantes de Paris. A cette date commence pour de Jussieu sa carrière officielle de botaniste. Elle est chère à tous ceux qu’intéresse le monde des plantes. Afin d’en rappeler le souvenir, nous dirons en peu de mots ce qu’était B. de Jussieu, ce que furent ses fonctions au Jardin des Plantes, et puisqu’il a été le fondateur de la Classification naturelle, nous visiterons par la pensée son magnifique jardin botanique du Petit Trianon dans lequel il la réalisa et qui fut le plus beau de ce temps.
- I. B. de Jussieu, démonstrateur de botanique au Jardin des Plantes. — Bernard de Jussieu naquit à Lyon le 17 août 1699. Il fit ses études au Collège des Jésuites et vint se perfectionner à Paris en 1714. Avec son frère Antoine, qui était médecin et botaniste, il fit en 1716 un voyage d’herborisation dans le Midi de la France, l’Espagne et le Portugal. C’est de ce voyage que data sa vocation de botaniste. Reçu docteur en médecine en 1720 à la Faculté de Médecine de Montpellier, il ne put exercer son art, car sa sensibilité était si grande qu’il éprouvait des palpitations de coeur à la vue des maux' dont souffraient ses malades. Il s’adonna alors entièrement à la botanique. ’
- Le Jardin des Plantes de Paris appelé alors Jardin du Roi était à cette époque sous la haute direction de Louis-Guillaume Lemonnier, premier médecin de Louis XV. Sébastien Vaillant, qui y était démonstrateur de botanique, mourut en 1722 et Bernard da Jussieu lui succéda dans ses fonctions. Les attributions de démonstrateur consistaient surtout à
- 1.; On trouvera d’intéressants détails sur de Jussieu et ses travaux dans la collection des Contemporains (5, rue Bayard), dans le volume de G. Desjardins, Le Petit Trianon. Notice sur de Jussieu (Société botanique de Lyon, 1888 et 1897). Histoire de l’Académie royale des Sciences, 1777. Mémoires de la Société des Sciences de S.-et-O., 1862, etc., qui forment la bibliographie de cet article.
- donner ses soins au « droguier » ou jardin des plantes médicinales. Bernard se met à sa nouvelle fonction avec,l’ardeur et la conscience qui le caractérisent. Il surveille lui-même la culture des plantes, leur distribution dans les serres, il instruit ses jardiniers et en fait de véritables botanistes ('). Il organise et dirige de fréquentes excursions botaniques dans les environs de Paris avec les élèves qui suivent ses cours. Delille a mis en vers ces promenades où les élèves de Jussieu truquaient parfois les plantes pour lui poser ce qu’on appellerait de nos jours des « colles ».
- ... Pour tenter son savoir quelquefois leur malice
- De plusieurs végétaux compose un tout factice ;
- Le sage l’aperçoit^sourit avec bonté
- Et rend à chaque plant son débris emprunté.
- De Jussieu avait rédigé pour ses élèves, futurs médecins, un ouvrage resté manuscrit sur les propriétés médicinales des plantes. Ils pouvaient ainsi' constater l’importance de la botanique dans l’art de guérir.
- Il avait en outre réédité le livre de Tourneîort sur les plantes des environs de Paris avec, la description de nouvelles espèces.
- Cette édition complétée lui valut d’être admis à l’Académie des Sciences le 1er août 1725 au titre d'adjoint botaniste. En 1759 il publia un mémoire sur la Pilulaire, puis deux autres sur la Marsilia et la Littorelle des Marais. Déjà il pensait à une « classification rationnelle » du règne végétal en familles. Linné avait publié les Fragmenta methodi naturalis. B. de Jussieu y fit des rectifications et intercala à leur vraie place les genres que Linné n’avait pu classer.
- 1. De Jussieu fit deux voyages en Angleterre. Le botaniste anglais Sherard lui remit, en 1733, deux pieds de Cèdre du Liban. L’un d’eux existe encore au Jardin des Plantes, mais il a cessé de croître en hauteur depuis qu’un chasseur maladroit en eut brisé la (lèche au siècle dernier en tirant sur une grue qui s’y était posée.
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- De Jussieu nous a laissé aussi deux manuscrits sans date, l’un comprend la liste des genres séparés en groupes par des traits, l’autre celle des espèces rapportées à leur genre.
- Telle est, avec le catalogue de son jardin botanique de Trianon, l’œuvre écrite de Jussieu. Elle paraît bien minime. Bernard était en effet un timide et un modeste; il n’aimait pas à faire connaître ses recherches ; mais, grâce à ses conversations et à ses leçons, sa réputation devenait universelle.
- II. Les potagers et le jardin botanique du Petit
- à Trianon que se tirent, en 1755, des expériences intéressantes sur la cause de la corruption des blés et les moyens de la prévenir. Les résultats en furent insérés dans le Mercure d’octobre I75G. Trois ans plus tard, Louis XV se proposa de joindre à ses potagers un jardin botanique. Dans l’histoire de l’Académie royale des Sciences, nous lisons « qu’à cette époque l’Europe était pleine des disciples de Jussieu ». Sa renommée était parvenue jusqu’à Louis XV qui chargea l’illustre botaniste de présider à l’arrangement de sa collection. De Jussieu accepte
- Fig. /. — Plan de Trianon. A iroite du château du Petit Trianon (2), emplacement du jardin botanique
- de B. de Jussieu (4).
- 1, Maison de A. Richard; 2, château du Petit Trianon; 3, orangerie du Petit Trianon; 4, emplacement du Jardin botanique de B. de-Jussieu ; 5, hameau de Marie-Antoinette.
- Trianon. — Louis XV aimait la botanique. Le duc de Luynes rapporte « qu’il avait fait ajouter au parc de Trianon un nouveau potager avec des serres chaudes pour toutes sortes de fruits, légumes et arbustes tant de ce pavs-ci que de pays étrangers » . On y voyait l’ananas, le café, le cierge, Taloès, le figuier des Indes, l’Opuntia major, l’arbre de Judée. Il voulut posséder un jardin d’expériences: Claude Bichard, fds d’un ancien garde en chef de la ménagerie du parc de Versailles sous Louis XIV, fut appelé de Saint-Germain-en-Laye d’après les conseils du botaniste Lemonnier pour diriger les travaux de jardinage du Petit Trianon. *
- Richard accepta à condition de ne relever absolument que des ordres personnels du roi. Un bon du roi daté du 2 janvier 1751 nous le montre en fonctions avec le titre de Jardinier fleuriste. Ce fut
- et quand il vient à Versailles, il descend dans la maison qu’on a bâtie pour Richard vers 1750, près du bassin du Trèfle. Il y occupe au premier étage une grande et belle pièce éclairée par cinq fenêtres d’où il peut voir les serres et les plantations de Richard (1).
- III. Emplacement du Jardin botanique. — Où de Jussieu plaça-t-il son Jardin botanique? D’après la tradition orale, ce jardin se. trouvait entre là maison de Richard et l’orangerie de Trianon, où est actuellement le jardin fleuriste. Il n’en est rien. Un
- 1. Il est regrettable que cette pièce historique ne soit pas reconstituée et entretenue par l'Administration. Les papiers tombent sous l’action de l’humidité et les araignées y l’ont leur toile à loisir. Cette pièce est actuellement inoccupée. Nous devons à l’obligeance du jardinier sous-cbel' de Trianon, qui habite une partie de ce bâtiment, d’avoir pris les clichés reproduits ici.
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- plan dressé en 1774 lève tous les doutes. Ce plan fait partie de la collection Lerouge dont la bibliothèque de l’hotel Carnavalet possède seule un exemplaire complet. Cette collection commencée en 1774 a été interrompue à la Révolution. Elle comprend 21 cahiers in-folio et 491 planches de jardins divers. Grâce à ce document rarissime, nous savons que Jussieu fit son Jardin botanique à partir de l’extrémité du petit lac jusqu’à la limite de l’enceinte près du château actuel du Petit Trianon, comme l’indique ce plan (lig. 2) où la Botanique est clairement indiquée. Ce Jardin fut planté en deux fois. La portion supérieure, comprenant une grande serre, un carré de cultures et un canal destiné aux plantes aquatiques, fut installée en 1759. En 1761 on construisit le château du Petit Trianon ; le Jardin fut alors remanié en entier et on y ajouta une nouvelle section botanique.
- IV. Classification du Jardin botanique. La Méthode naturelle. — Comment de Jussieu classa-t-il les plantes dans son Jardin botanique de Trianon? Il avait beaucoup réfléchi au problème de la classification. Le système de Linné, publié en 1754, se basant sur les organes de la fécondation négligés jusqu’alors, offrait un grand attrait de nouveauté. Par ce moyen Linné diminua le nombre des genres. Il réduisit en outre l’appellation de toute plante à deux mots, le premier, un substantif, indiquait lé genre ; le deuxième, un adjectif, désignait l’espèce. Avant lui, pour l’espèce, il fallait employer une phrase entière récapitulant tous les signes distinctifs de la plante. C’était une confusion dans le langage botanique; Cette réforme fut adoptée et le système de Linné détrônant tous les autres régna jusqu’ à la fin du xvme siècle presque sans contestation. Mais ce système fondé sur des lois arbitraires était un arrangement conventionnel par lequel les plantes se disposaient commodément en un certain nombre de cadres. C’était un système artificiel ainsi que
- Fig. 2. — Plan du Petit Trianon sous Louis XV.
- (Collection Lerouge.)
- A droite du château neuf,emplacement du Jardin botanique; on lit nettement dansle'haut «la Botanique •».' Au-dessous du- bassin du Trèfle, maison de A.' Richard (i) où descendait B. de Jussieu.
- tous ceux qui ont groupé les genres en se basant beaucoup plus sur les différences que sur les ressemblances. La me'thocle naturelle, au contraire devait rapprocher les genres qui ont le plus grand nombre de rapports entre eux. Par ce moyen, le botaniste se conforme le plus à la nature, d’où le nom de méthode naturelle donnée à ce système.
- On obtint ainsi des collections de genres auxquelles on donna le nom de famille, terme que le botaniste français Magnol avait déjà employé pour rendre compte’ de l’affinité des plantes entre elles. Bernard de Jussieu commença à rectifier la classification de Linné dans son manuscrit de 1765. Il reconnut l’importance des caractères fournis par l’embryon et par l’insertion des étamines. Il trouva le premier le principe de la subordination des carac-, tères, principe si fécond dans, le domaine des sciences naturelles.
- Le Jardin botanique de Trianon fut classé suivant cette méthode. B. de Jussieu ne nous a laissé que le simple catalogue des végétaux de son école de Trianon, mais la méthode naturelle était fondée en fait.
- Fig. 3. — Pelouse où était jadis le Jardin botanique de Jussieu {vue vers le temple de l’Amour). Emplacement de la portion supérieure installée en ip5(>.
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- Fig. 4. — Emplacement du Jardin botanique de Jussieu.
- A droite, château du PetitTrianon. La deuxième partie du Jardin botanique s’étendait depuis le rideau d’arbres jusqu’à l’entrée du Petit Trianon. En avant, emplacement de la 1" partie.
- À ce sujet, le botaniste Adanson, écrivant en 1763 son grand ouvrage sur « les familles des plantes », décernait à de Jussieu le titre de « Newton de la botanique ». De Jussieu fit à Trianon plusieurs leçons sur les rapports naturels des plantes. Il encouragea et surveilla la publication d’un ouvrage qui parut en 1764 sous le titre de Manuel de Botanique contenant les propriétés des plantes qu’on trouve à la campagne aux environs de Paris. Duchesne, l’auteur de cet ouvrage, disait dans sa préface : « Les amateurs qui veulent s’amuser dans la botanique pourront, sans autre secours que ce manuel, connaître les 575 plantes dont nous rapportons les propriétés, ils pourront les voir à Trianon où elles font partie de la nombreuse collection que le Roi y a fait rassembler et entretenir depuis 1759. Ils trouveront dans ce magnifique jardin les plantes dans le meilleur état, elles y sont rangées comme dans ce livre et portent sur les étiquettes les mêmes noms. L’ordre qu’on y observe est celui des familles proposées par M. de Jussieu. C’est le fruit de ses observations sur toutes les parties des plantes et principalement sur les considérations de l’embryon dans la graine et de la situation des étamines. »
- De Jussieu avait dressé en 1759 le catalogue de son jardin. Ce catalogue fut publié par son neveu en 1787. Le jardin fut remanié en 1761. Le livre de Duchesne paru en 1764 indique donc l’état définitif de la collection.
- On faisait déjà dans ce jardin des expériences de greffes hétérogènes.
- Adanson écrit en 1763 avec l’orthographe singulière préconisée à cette époque : « Le Chionante greffé sur
- le frêne depuis près de deux ans à Trianon a fort bien réussi et suporté les 8 degrés de froid de l’iver dernier qui a été des plus longs; si celte grefe sc soutient et si elle n’est pas dans le cas de celes qui faites sur des arbres trop peu analoges résistent quelquefois 2 à 3 ans et meurent ensuite, elle confirmera le raport que nous avions soupçoné entre ces 2 plantes. »
- C’est du jardin de Trianon que Lpuis XV fit adresser à Linné, le savant botaniste danois alors à Upsal, un panier garni de plantes avec cette inscription : « Plantes données par le Roi, du jardin botanique du Roi à Trianon. » Par malheur, le courrier oublia d’arroser le colis pendant la route et lorsque Linné ouvrit le panier il n’y trouva que du foin!
- Le roi aimait son jardin botanique. Pour l’enrichir, il donna l’ordre aux chefs d’escadre, aux explorateurs, aux voyageurs de recueillir les produits de la flore exotique. Ainsi, des graines de tulipier furent apportées de Virginie en 1732; des échantillons de l’arbre à cire provenant de la Louisiane en 1750 ne purent s’acclimater qu’à Trianon dans le sable de bruyère. L’abbé Pingre, chargé en 1761 d’observer à l’île Rodrigue le passage de Vénus sur le Soleil, apporta des Indes un grand nombre de végétaux. En 1764, le mathématicien Montucla apporta de Cayenne : du cacao, de la vanille, un haricot sucré appelé gros perlé; une petite lentille rouge qui plut à Marie Leckzinska et reçut le nom de lentille à la reine.
- Antoine Richard, fils de Claude Richard le jardinier chef de Trianon, explora les Pyrénées, le Portugal, l’Espagne, les Baléares. Il recueillit pour
- Fig. 5. — Entrée du Petit Trianon.
- A gauche, le château neuf; à droite, Cèdre planté par de Jussieu indiquant la limite du Jardin botanique.
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- Fig. 6. — Maison de A. Richard.
- Les deux fenêtres du premier étage à gauche sont celles du cabinet de travail de B. de Jussieu (côté nord, donnant sur le Fleuriste).
- Trianon une quantité considérable de végétaux inconnus en France. Il rapporta dans sa poche, dit-on, des iles Baléares, une bouture de Quer-cus pseudo-suber, sorte de -chêne-liège aux fruits comestibles. Il arro-sait de temps en temps cette bouture bien enveloppée de mousse. Planté à Trianon, ce rejeton devint un arbre magnifique qui malheureusement ne résista pas à l’hiver de 1879-1880.
- Ce Richard repartit bientôt herboriser en Allemagne, en Asie Mineure, en licosse, en Hollande, dans les Vosges, en Suisse, et revint chargé d’une immense provision de plantes. Il reçut en récompense le titre de « jardinier botaniste adjoint de Trianon ». Ainsi le petit Trianon réunit plus de 4000 végétaux classés selon la méthode de B. de Jussieu. Parmi les collections botaniques de l’Europe, c’était la plus nombreuse et la mieux soignée.
- Pour s’occuper de son jardin botanique, de Jussieu faisait de fréquents voyages de Paris à Versailles. Il y venait par amour de la science, car ses travaux de Trianon furent désintéressés. On dit même qu’il ne reçut jamais de la cour, bien qu’il y jouit de la faveur du Roi, le moindre dédommagement pour les frais que lui nécessitaient ses fréquents voyages. Sa grande modestie et sa simplicité l’empêchaient de formuler la moindre demande non seulement pour lui, mais encore pour les siens. La passion de la gloire ne troubla jamais de Jussieu, Parfois quelque plagiaire s’emparait de ses découvertes. « Qu’importe, disait-il à ceux qui s’en indignaient devant lui, pourvu que le fait soit connu. » Bernard vivait à Paris dans une modeste maison de la rue des Bernardins et n’en sortait que pour se
- rendre à la messe, à ses leçons du Jardin des Plantes, aux séances de l’Académie, ou à Versailles. Il méditait sans cesse et passait des journées entières dans son cabinet sans livre, sans plantes, sans autre secours que quelques papiers où il avait jeté des idées dont il avait seul la clef. Aux questions qu’on lui posait sur des sujets qu’il n’avait pas éclaircis il répondait : « Je ne sais pas », donnant ainsi une belle leçon de sincérité et de modestie. Le 20 septembre 1777 il fut frappé d’apoplexie et mourut le 6 novembre en catholique croyant comme il avait vécu.
- V. Ce qui reste du Jardin botanique. — La célèbre Ecole . de Trianon (') et le Jardin botanique furent détruits à la mort de Louis XV.
- Le 26 juillet 1774 l’architecte Gabriel avait dressé un plan pour l’agrandissement vers le nord-est du Jardin botanique dont la suppression était décidée. Marie-Antoinette sc donna encore le plaisir de voir de Jussieu arroser lui-même son Cèdre du Liban. « Une collation d’en-cas sera prête pour M. de Jussieu qui arrosera devant moi le Cèdre du Liban », écrivait-elle alors. Marie-Antoinette n’appréciait pas l’œuvre de Jussieu. De 1774 à 1777 le Jardin anglais fut établi. Des arbres du Jardin botanique
- 1. A celle Ecole s’étalent formés Claude de l'entretien de l'Ecole, Antoine Richard son lils, Louis Richard son neveu, Iluchesue, de Tristan, Pèradon, jardinier chef des jardins du Roi, mort à Versailles en 1815, André Michaux, etc. Les élèves et les disciples de Jussieu étaient nombreux. Adrien de Jussieu, petit-neveu de Bernard, Achille Richard, petit-neveu d’Antoine, Adolphe Brongniart, Jacques Gray fondèrent en 1820 une Société d’histoire naturelle qui fut le noyau de la Société Botanique de France.
- Fig. 7. — Cabinet de travail de B. de Jussieu au rT étage de la maison de A. Richard. (État actuel.)
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- Président de la Société d’Agriculture, le Trèfle, si précieux pour l’amélioration du sol; aux autorités militaires, aux savants et aux littérateurs diverses sortes de Lauriers, comme hommage rendu à la gloire des armes, de la science et des lettres. Les invités mettaient aussitôt les végétaux à la place qui leur convenait, suivant la classification naturelle déterminée par B. de Jussieu au Petit Trianon et développée ensuite au Jardin des Plantes. Ce Jardin botanique du Potager fut détruit en 1809, époque à laquelle les Lycées remplacèrent les Lcoles Centrales.
- En 1874, il restait à Trianon de T ancienne collection de Jussieu, un Quetcus pyramidaiis, un Quercus ilex, un Quercus occidentalis rapporté de Gibraltar par Richard. La dernière catégorie du catalogue de Jussieu, celle des Conifères, s’arrêtait à l’entrée actuelle du Petit Trianon. Le Cèdre du Liban, les pins et sapins à côté de la grille d’entrée seraient, d’après Duchesne, demeurés au lieu même où de Jussieu les fit planter. On retrouve quelques beaux arbres disséminés sur les pelouses de Trianon et dans le Fleuriste, provenant pour quelques-uns du Jardin botanique de Jussieu. Ils restent les témoins des études et des recherches de cet humble et grand savant. Ce sont aussi les seuls vestiges du plus beau et du plus riche jardin botanique de cette époque. Abbé L. Parcot.
- Ou crut longtemps que le Jardin botanique se trouvait à la place de ce Fleuriste.
- furent disséminés dans les pelouses et dans le fleuriste. Lue partie des végétaux fut destinée au Jardirf des Plantes de Paris qui ne contenait guère que des plantes médicinales : De Jussieu y appliqua aussi sa méthode naturelle. Richard conserva à Trianon ce qui ne fut pas transporté à Paris. Dans la séance publique du 8 Floréal, an III (mai 1794), par arrêté du citoyen Baraillon, le Potager (actuellement, 2, rue Hardy) fut réservé à l’établissement du Jardin, botanique de l’École Centrale de Versailles et Antoine Richard fut chargé de conserver les plantes destinées à l’établir. Ce ne fut que Tan VII (1798) que ce plan reçut son exécution.
- On y porta les plantes de Trianon. La plantation des premiers végétaux eut lieu le 10 germinal (avril) dans une séance solennelle en présence de Laurent de Jussieu, neveu de Bernard, de plusieurs membres de l’Institut, des autorités locales et de la Société d’Agriculture. Les élèves de l’École Centrale, suivant le cours d’Histoire naturelle, présentèrent à . chacun des fonctionnaires publics une plante ligneuse ou herbacée dont les propriétés étaient en rapport avec les fonctions qu’ils remplissaient : Ainsi aux fonctionnaires de l’Administration centrale, le Froment, la Luzerne, le Chanvre, la Vigne, le Pommier et le Chêne comme représentant toutes les cultures relatives au département de Seine-et-Oise ; aux membres de l’Administration municipale des plantes industrielles et manufacturières; au
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- L..... 1.7 - * - I
- Fig. g. — Autographe de B. de Jussieu. Lettre de Jussieu à Antoine Richard, jardinier du roi à Trianon.
- « M. Linnœus écrit qu’il a l’arbre du Thé, dont lagraine « tient encor à la racine. Il espère le multiplier et nous le « faire parvenir. Selon ce qu’il marque cei arbre pourra « supporter nos climats et résister en pleine terre comme « faitle lilas. Ilassure que c’est des environs de Pek(in)(?) « qu’011 luy a apporté cet arbre, et que lés g (randes) (?) « chaleurs lui sont contraires. Je verray avec plaisir la « liste des acquisitions faites par M. votre fils en Angle-« terre. Assurès-le de mes compliments et soyès bien « convaincu de d’attachement avec lequel je suis. « Monsieur, Votre très humble
- à Paris le 20 décembre et très obéissant serviteur
- j-63, B. de Jussieu.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2518.
- 8 JUILLET 1922
- FABRICATION DES VERRES D’OPTIQUE
- Aux anciens verres d’optique qui se séparaient en deux séries nettement distinctes : verres denses, très réfringents, à forte dispersion et en verres légers, peu réfringents à faible dispersion, appelés respectivement finis et crowns parce qu’ils dérivaient des premiers verres, utilisés pour réaliser l’achromatisme, se sont ajoutés depuis une trentaine d’années un nombre considérable de verres nouveaux.
- La préparation de presque tous ces verres anciens et nouveaux est délicate et coûteuse; elle diffère notablement sur bien des points de celle des autres verres.'
- Gomme on le sait, on peut classer les verres au point de vue de leur travail, à peu près de la manière
- A. Verres travaillés a l’é
- Fig. j.
- suivante
- 9o
- 'erres creux soufflés
- Verres en labié
- l’ATEUX.
- Verre à bouteille ; verre vert ; Gobeleterie commune ; Gobeleterie line, verres laiteux et colorés ;
- Cristal ;
- Millebori, incolore, laiteux, coloré, filigranes ;
- Incrustations.
- ' en couronne en cylindres
- Glaces soufllées.
- Verres à vitre
- V). Verres travaillés a l’état pliure.
- Glaces coulées ;
- Verre moulé par pression.
- Creusets de verrerie : chambre de dessiccation.
- G Verres travaillés aprîs solidification.
- 1° Verres d"optique
- Flints ; Crowns.
- Fig.
- Fabrication des creusets par moulage.
- T. . , C Strass, gemmes artificielles;
- 3° Verres colores ] D
- ( Lmaux.
- Sur ce premier point, mode de travail, les verres d’optique diffèrent déjà de la plupart des autres verres ; ils s’en écartent tout à fait au point de vue de leur fabrication. Les verres d’optique doivent en effet répondre à des conditions étroites. Ils doivent être incolores, transparents, homogènes, et posséder un pouvoir dispersif bien déterminé et un indice de réfraction tel que l’on puisse compter pour des calculs précis sur la quatrième décimale de l’indice et par suite connaître au moins approximativement la cinquième décimale. Ces conditions étroites obligent les maîtres verriers, qui préparent de tels verres :
- 1° A se "procurer des matières premières aussi pures que possible, ' qu’ils doivent le plus souvent purifier encore;
- 2° A préparer des creusets spéciaux de forme particulière ;
- 5° A agiter d’une manière continue la masse fondue après affinage, pour la rendre homogène ;
- 4° A laisser refroidir la masse fondue, rendue homogène par brassage, dans le creuset même, en évitant toute trempe ;
- 5° A trier le verre après refroidissement et bris du creuset.
- Matières premières. -— La pureté des matières premières est d’une importance considérable en verre-
- 10' Année. — 2* Semestre.
- 17,
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- 18 ---FABRICATION DES VERRES DOPT1QUE —
- Fig. 3. — Brassage du verre ou Guinandage.
- rie d’optique Le fer notamment, dont la proportion dans le cristal le plus beau ou les glaces les plus claires, peut atteindre deux millièmes, ne doit pas y entrer pour plus de 0,04 pour 100 ; de préférence, pour moins de trois dix-millièmes. Très souvent, dans les beaux verres préparés récemment, la teneur est inférieure à un millième. La présence du fer, même en quantités assez faibles, produit des teintes foncées, notamment dans les verres renfermant de la soude. On peut, il est vrai, atténuer et même faire disparaître, ces teintes foncées par addition de bioxyde de manganèse. Si le verre perd bien sa teinte verdâtre, par addition de manganèse ou de nickel, ce verre blanc, contenant à la fois du fer et du manganèse, ne laisse plus passer qu’une partie des radiations. Il perd de sa transparence, en devenant incolore. La disparition des radiations absorbées par les composés du fer communique aux verres une teinte plus ou moins foncée, qui s’atténue si les radiations complémentaires sont absorbées dans la même proportion par les composés des autres métaux introduits ; mais l’absorption totale est augmentée. Or, les verres d’optique doivent être aussi transparents que possible. Les réactions chimiques entre les constituants du verre, qui sont ralenties, mais non supprimées, peuvent produire des colorations intenses, et dans le cas ou le savon des verriers, le manganèse, a été utilisé pour blanchir
- le verre, il peut arriver que les objectifs faits d’un tel verre et exposés aux rayons ultra-violets se colorent en violet.
- Actuellement, on ne cherche plus à blanchir les verres d’optique, on s’attache surtout à ne prendre que des matières premières pures, en laissant aux flints ou aux borosilicates leur teinte spéciale. Le poids des matières est calculé, souvent après des essais au laboratoire, et les matières sont pesées au moyen d’une balance enregistreuse.' Cette précaution permet de contrôler la pesée et de savoir, dans lé cas où le verre préparé ne répondrait pas à ce qu’on en attendait, si les écarts imprévus proviennent d’une erreur de; peséè ou de dosage. '
- Les matières pulvérulentes sont mélangées intimement dans un appareil hermétiquement clos et introduites ensuite dans lé creuset, à l’aide de pelles spéciales.
- Creusets. —La confection des creusets et le choix des matières réfractaires, utilisées pour leur préparation sont d’une importance capitale. A la haute température où l’on chauffe pour fondre les substances, qui doivent constituer le verre et pour affiner la masse fondue, les argiles même très réfractaires deviennent molles; or, dans un creuset il peut y avoir jusqu’à deux tonnes de verre. Le moindre défaut de résistance entraîne la perte totale de la coulée.
- De récents travaux ont montré que le ramollissement des argiles était déjà notable vers 1600°, même pour les argiles les plus réfractaires dont le point de fusion est compris entre 1800 et 1850°. Or, certains verres d’optique ne fondent bien qu’à 1500°.
- Deux méthodes sont employées à l’heure actuelle pour la confection des creusets. Dans la plus ancienne, la seule utilisée en France et à laquelle on est revenu dans d’autres pays, la Belgique notamment, après avoir essayé la seconde, les creusets sont confectionnés à la main par pétrissage, par colombinage et par encastrement des couches successives. L’argile crue après pourrissage est mélangée avec de l’argile calcinée, provenant des creusets brisés après fusion du verre, que l’on réduit
- Fig. 4. — Sphéroliles dans un crown.
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- en poudre très fine. Cette addition a pour but de diminuer le retrait de l’argile trop grasse ; suivant l’expression technique très imagée, on l'amaigrit. L’argile, mélangée d’argile cuite, change en ellèt moins déformé sous l’action de la chaleur.
- Le mélange additionné d’eau est pétri énergiquement par foulage aux pieds ou à l’aide de machines. Sous l’action du pétrissage, la masse devient plastique. Elle est employée toujours à l’état humide et conservée pour cela dans un endroit frais où elle subit le pourrissage. Sa consistance est supérieure à celle de la pâte employée pour la fabrication des briques. Le creuset de forme ci-contre (fig. 1), un peu spéciale pour protéger la masse de verre contre l’action des gaz du foyer, dont la construction dure plusieurs jours, est monté sur une plate-forme.
- Il est naturellement très épais dans le fond et au raccordement des parties montantes.
- L’épaisseur des parois verticales va en diminuant au fur et à mesure qu’elles s’élèvent.
- Quand le potier interrompt son œuvre, il recouvre toute la masse de linges humides et lorsqu’il reprend le travail, il trace des rainures profondes dans la masse molle avec ses doigts écartés de manière à bien assurer la jonction de la nouvelle assise' à la précédente. Pour ajouter la terre, il prépare un colom-bin ; il donne à l’argile à peu près la forme d’un saucisson et l’applique par à-coups réguliers, en l’écrasant fortement, pour chasser l’air entre les couches successives. Le colombinage a pour but de débarrasser l’argile qui doit être ajoutée au creuset de tout l’air qu’elle peut contenir. Le potier égalise ensuite l’argile en la frappant, toujours pour éviter la présence de l’air et continuer ainsi jusqu’à achèvement du creuset. Le dôme est terminé sur une forme en bois que l’on retire par pièces, quand la dessiccation du creuset est assez avancée pour que la masse soit résistante.
- L’autre méthode de préparation des creuse! s est la généralisation du procédé de coulage en barbo-tine. La masse d’argile, formée d’argile grasse et d’argile cuite finement moulue comme dans le premier cas, est transformée en une solution colloïdale par une addition très légère de carbonate ou de silicate de sodium à de l’eau mise en excès. Il semblait
- que, seules, les argiles de Saxe, de Meissen, pouvaient être mises sous cette forme; toutes les argiles peuvent être ainsi transformées à la condition, si elles renferment trop de sulfates, de neutraliser leur acidité sulfurique par un peu de carbonate de baryum.
- La masse ainsi obtenue est coulée .dans des moules en plâtre. L’épaisseur des parois de plâtre doit être en rapport direct avec l’épaisseur de la paroi d’argile à obtenir. Aussi les moules sont-ils très épais dans le bas et le noyau intérieur en plâtre rappelle la forme d’un tronc de cône à section ovale. La formation du creuset est due à l’absorption de l’eau par le plâtre sec; l’eau tenant en dissolution le carbonate de sodium traverse le plâtre et la masse argileuse se concrète. Les moules, qui ont servi
- plusieurs fois, se( revêtent de cristaux efilorescents de carbonate de sodium.
- La quantité d’eau ajoutée à la masse d’argile pour la transformer en une bouillie colloïdale n’est pas beaucoup plus grande que celle nécessaire pour rendre la même masse plastique.
- Au bout de quelques jours le plâtre a absorbé assez d’eau pour que l’argile soit consistante. On peut alors démouler, comme on le voit sur la figure 2. Le pot est alors poli pour efl'acer les lignes de jonctions
- pro d uites par les dilïêren tes -p ièces - du-moule, les
- coutures, et recouvert d’un couvercle préparé de même et raccordé avec soin.
- Cette méthode de coulage de la pâte ne rappelle en rien une méthode très ancienne de fabrication des creusets à l’aide de moules. Ces moules en bois étaient garnis intérieurement d’une toile forte, fine et bien tendue. Le potier appliquait successivement les rouleaux de pâte les uns au-dessus des autres à demi-épaisseur, en les soudant d’abord à la main, puis en les pressant et en les frappant soit à la main, soit avec une batte en bois ou une molette de verre. Cette méthode était d’ailleurs considérée comme fournissant des creusets de qualité inférieure à ceux obtenus par colombinage. Voici en quels termes Loysel (Q parle des deux procédés, il y a plus d’un siècle :
- « Par la seconde méthode, le potier conduit son « ouvrage sans moules, il soude les rouleaux en-
- 1. Essai sur l’art de lu verrerie par le G011 Loysel, p. oti.
- Fig. 5. — Bris du creuset et séparation de la masse de verre fondu.
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- « semble, en les pressant fortement entre ses mains. « Cette méthode est regardée comme la meilleure, « parce que l’ouvrier sent sous ses mains les pores « un peu considérables, qui peuvent rester dans la « pâte par le mouvement et la réaction de l’air qui « s’y trouve enfermé. Il peut donc donner issue, et « remplir le vide, ce qui ne s’aperçoit pas de même, « quand il opère dans un moule. Le travail à la « main exige' plus de temps pour l’apprentissage de « l’ouvrier et la fabrication des vases ; mais on en « est amplement dédommagé par un meilleur ser-« vice des pots. »
- C’est sans doute pour éviter la main-d’œuvre coû-
- d’air et à une température voisine de 12 à 15°; il est nécessaire d’aller très lentement au début, aiin d’éviter qu’il ne se forme une croûte à l’extérieur ; cette croûte ne se laisse plus traverser par l’eau et ne joue plus le rôle de membrane de diffusion.
- La dessiccation du fond du creuset est particulièrement longue et délicate. Il faut constamment rebattre le fond qui est naturellement la partie la plus épaisse du creuset puisqu’elle doit supporter tout le poids du verre fondu et parce que l'humidité ne s’élimine que d’un seul côté, l’autre étant appliquée sur la forme de bois ou fonceau. Le rebattage du fond s’exécute fréquemment, jusqu’à ce que la
- Fig. 6. — Atelier de triage.
- teuse d’ouvriers potiers que certaines verreries ont adopté pour les creusets de verrerie le coulage en barbotine, en se disant qu’il était inutile de dépenser trop d’argent à former des apprentis pour fabriquer des creusets ne servant qu’une fois.
- Mais d’après les maîtres-verriers qui ont utilisé les creusets obtenus par moulage, ces creusets sont plus poreux et plus facilement attaqués par la masse de verre en fusion. Les verres obtenus se chargent en impuretés provenant du creuset. De tels défauts compensent la plus grande rapidité de fabrication — quelques jours au lieu d’un mois —, comme il est nécessaire dans l’autre procédé, surtout si l’on y ajoute les autres précautions à prendre au moment de les utiliser.
- Les creusets doivent être séchés ; il faut conduire cette dessiccation avec soin. Les creuse!,s, placés à l’ombre, sèchent lentement, à l’abri des courants
- batte de bois ne s’attache plus, puis il est répété de temps à autre jusqu’à ce que la batte ne laisse plus d’empreinte.
- Quand la dessiccation est assez avancée, on place les creusets dans une salle plus chaude où la température peut atteindre 55°.
- On évite ainsi la formation de croûtes, de parties trop sèches à l’extérieur qui ne se laissent pas traverser par l’eau provenant de l’intérieur de la masse d’argile.
- L’eau restant emprisonnée à l’intérieur amènerait le décollement de la croûte au début de la cuisson. Si la croûte adhère, l’accident qui se produit est encore plus grave et le creuset saute en éclats. En moyenne, dans la belle saison, les creusets sont complètement secs au bout de trois mois; mais la plupart des maîtres-verriers ne les cuisent qu’au bout d’un an. Comme chaque creuset ne sert qu’une
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- fois, on -voit par suite quelle réserve de creusets doit posséder une verrerie importante, en ne procédant même qu’à deux ou trois coulées par jour. Pendant la guerre, on a dù aller plus vite et les creusets ont été cuits au bout de six mois en moyenne, quelques-uns même au bout de trois mois et cela sans accident.
- Les creusets secs doivent être cuits progressivement, et chauffés jusqu’à la température de fusion du verre. Malgré une dessiccation aussi prolongée que possible et complète en apparence, l’argile renferme encore de l’eau interposée, de l’eau d’absorption et de l’eau de combinaison. Cette dernière ne part qu’à très haute température.
- Si les creusets ont été préparés par l’ancienne méthode, le chauffage est assez rapide, deux ou trois jours suffisent pour assurer le retrait et il n’est pas nécessaire de les soumettre
- turc plus élevée que celle exigée pour fondre le verre. Au contraire avec les creusets, coulés en barboline, il faut huit jours et il ne suffit pas d’assurer le retrait mais la température doit être poussée jusqu ’ au ramollissement de l’argile, afin que tous les pores, dus à ce que l’argile n’a pas été tassée, malaxée, mais s’est simplement déposée, se ferment en s’affaissant.
- Il n’est pas nécessaire de chauffer si haut, ni si longtemps, les creusets préparés par eolombinage dont tous les porcs sont fermés au moment même de leur fabrication.
- Fonte. — Les matières sont introduites dans le creuset à l’aide de pelles spéciales qui évitent les perles de matières et le feu doit être poussé afin de produire la réaction de la silice, de l’anhydride borique sur les carbonates, nitrates ou oxydes des bases que l’on ajoute pour former des silicates* des borosilicates.... Pendant la réaction, des gaz se dégagent en grande abondance de la masse fondue. La surface est recouverte de mousse et d’écume. Il importe de voir, dès que la mousse commence à s’affaisser, s’il n’y a pas de partie infondue.
- Après la fusion commence l’affinage qui est plus délicat que dans le cas des autres verres. Suivant la nature du mélange fondu, l’affinage peut durer de 8 à 12 heures. L’ouvrier commence par nettoyer la
- surface du creuset. Le liquide doit être brillant, couleur de feu ; les bulles se dégagent de la masse fondue de plus en plus lentement. L’ouvrier surveille leur disparition en prélevant de temps en temps une certaine quantité de verre. Pour activer le départ des bulles, on emploie divers procédés dont quelques-uns. rappellent un peu l’effet que produiraient certains corps solides projetés dans du champagne. La disparition des bulles est nécessaire pour préparer de bons verres d’optique, elle est très difficile à obtenir avec certains' verres denses à la baryte, avec des borosilicates et si les bulles n’ont
- pas disparu, la coulée peut être inutilisable. Il ne faut pas non plus pousser trop loin et inu-tilement l’affinage à cause de l’attaque du creuset à cette haute température. Le verre, qui est un mélange de silicates, est au contact d’un autre mélange de silicates, le creuset, et la diffusion des parois du creuset est d’autant plus rapide que la température est plus élevée et le renouvellement des surfaces du contact plus rapide.
- Le problème du chauffage économique des creusets, sur lequel il n’est pas possible d’insister ici, n’est pas encore résolu.
- Homogénéisation. — Dans la fabrication des verres, autres que les verres d’optique, le verre est prêt à être utilisé dès que l’affinage est achevé. Avec les verres d’optique commence une nouvelle phase de la fabrication, la plus délicate, celle indiquée par l’abbé Rochon et réalisée pour la première fois par Guinand. Pendant son refroidissement, le verre est constamment remué avec un doigt d’argile cuite, préparée avec les mêmes matières que celles entrant dans la composition du creuset et avec les mêmes précautions pour le séchage et la cuisson. Ce doigt, de forme verticale au début, est maintenant recourbé, sa courbure varie un peu dans les diverses verreries. La longueur atteint 80 centimètres; à l’intérieur s’engage une grosse tige de fer qu’une équipe d’ouvriers (fig. 5) ou un dispositif mécanique remue pendant plusieurs heures à une allure régulière et d’une manière bien déterminée. On évite naturellement de toucher aux parois du creuset et même d’en approcher trop près, afin de laisser une couche d’une
- Fig. 7. — Moulage.
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- épaisseur suffisante pour éviter que ,1a diffusion ne modifie trop la composition du verre par dissolution des parois du creuset. Pendant ce temps la température s’abaisse suivant une loi régulière, différente avec les divers types de verres, et que l’observation permet de préciser à chaque nouvelle fonte. Les bulles et les ondes disparaissent sous faction de ce brassage, que l’on appelle le guinandage en souvenir de l’inventeur. Les progrès de l'homogénéisation sont suivis en prélevant de temps en temps des prises dans le pot ; quand la viscosité du verre est suffisante pour qu’il n’y ait plus à craindre de sépa-
- mais forme une seule masse, il n’y a pas toujours lieu pour le maître verrier de s’en réjouir. Ce gros bloc peut être trempé, il éclate alors en mille morceaux dès qu’on veut le débarrasser par un petit coup de marteau des croûtes qui le recouvrent.
- Triage. — Les morceaux de verre retirés du creuset brisé (fig. 5) doivent être examinés avec soin par des ouvriers spéciaux. Ceux-ci, à l’aide d’un marteau, détachent les parties défectueuses, renfermant des ondes, des bulles ou des stries, après avoir examiné à la lumière chacun des blocs. Il faut une cer-I taine habitude pour apercevoir les légers défauts à
- Fig. 8. — Moulage et ?-ecuit des lentilles.
- ration en couches de densités différentes, le brassage est arrêté et le creuset est alors retiré de l’arche, avec des défourneuses mues à bras d’hommes ou mécaniquement.
- Refroidissement. — La masse visqueuse et rouge est abandonnée à un refroidissement lent qui peut durer parfois quinze jours. Si le refroidissement était trop rapide, le verre serait trempé et se briserait en mille éclats; s’il était trop lent, le verre pourrait cristalliser, se dévitrifier et ne former qu’un bloc opaque. Ce verre cristallisé et opaque ressemble à de la porcelaine. On a appelé le verre dévitrifié intentionnellement porcelaine de Réaumur. Sous l’une ou l’antre de ces deux formes, verre trempé ou porcelaine de Réaumur, le verre d’optique est inutilisable. La figure 4 montre des sphérolites dans un crown à la baryte, à point de fusion élevé.
- Ouand le verre ne s’est pas brisé en gros blocs
- travers les surfaces courbes. Les blocs, marqués au diamant pour éviter toute confusion entre les diverses fontes, sont ensuite débités en morceaux de poids à peu près égaux pour les objectifs ou transformés en plateaux (fig. 6).
- Moulage. — Pour diminuer le travail de taille et dépolissage, les verres d’optique de petites dimensions sont livrés sous forme de lentilles, se rapprochant le plus possible de leur forme définitive.
- Ce travail est effectué par moulage. Les morceaux de verre sont chauffés avec précaution dans de petits fours jusqu’à ce que le verre devienne malléable. Chaque bloc est alors placé rapidement dans un appareil à mouler, dont une des faces s’appuie sur l’autre à l’aide du levier ; les deux coquilles sont constamment chauffées. Après moulage, les lentilles sont recuites (fig. 7 et 8).
- - Pour transformer les blocs plus importants en
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- LE DÉPOUILLEMENT ÉLECTRIQUE DES ANIMAUX
- plateaux, on les place dans des gazettes, possédant des cavités de dimensions bien déterminées, correspondant aux plateaux à obtenir-(fig. 9). Ces gazettes sont chauffées dans des fours à tunnel ou autres jusqu’à ce que le verre se ramollisse assez pour prendre la forme des creux. Les plateaux sont refroidis lentement, afin d’éviter toute trempe, pendant 5 à 6 semaines en général ; pour les gros disques astronomiques il faut trois mois. Ces plateaux sont ensuite polis sur deux faces opposées et soumis à trois exa-
- Le recuit des verres d’optique est une des parties les plus délicates de leur fabrication. Nous aurons: l’occasion d’y revenir.
- Au bout de quatre et même de six mois seulement après l’introduction des matières premières dans le creuset, les’verres d’optique peuvent être; livrés et quand le rendement a atteint 20 pour 100, le travail a été très bien exécuté.
- De tels chiffres montrent quels prix peuvent atteindre actuellement les verres d’optique, sur-
- mens pour y rechercher les ondes, les bulles, et pour s’assurer en lumière polarisée que le recuit a été complet. Les plateaux qui ne revêtent aucun défaut peuvent être livrés aux opticiens.
- tout quand il s’agit de pièces un peu volumineuses.
- Paul Nicolardot.
- Professeur à l’Institut d’optique théorique et appliquée.
- LE DÉPOUILLEMENT ÉLECTRIQUE DES ANIMAUX
- Les abattoirs de la Villette, inaugurés, en 1867, sont indignes actuellement de la Ville-Lumière. Leur outillage primitif et leurs méthodes désuètes y rendent aussi onéreuses qu’insalubres les opérations de mise à mort et de dépeçage des animaux. A l’étranger, au contraire, on industrialise, de plus en plus, non seulement les procédés d’abatage mais surtout on utilise, de façon complète, les sous-pro-duits tels que sang, graisses, suifs, peaux et déchets divers. Aux Etats-Unis, en République Argentine, en Australie, en Allemagne et même en
- Suisse ou en Hollande, de nombreuses tueries modèles fonctionnent depuis longtemps. Dans ces établissements, composés de halls spacieux, aux murs lisses, au sol cimenté et propre, des grues tournantes permettent de placer les bêtes à sacrifier dans la position convenable tandis qu’une fois abattues, des trottoirs roulants, des trolleys aériens et autres engins moteurs les font successivement progresser pour les diverses opérations d’habillage.
- Les techniciens français cherchent cependant à
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- Fig. i. — Maître-garçon de l’abattoir de la VilleIte tenant un appareil Perco muni de son moteur et de son flexible.
- remédier à un tel état de choses et en attendant qu’on reconstruise les abattoirs de la Villette sur un plan moderne, ils s’efforcent d’y introduire d’utiles perfectionnements. Ainsi récemment nous avons pu assister au dépouillement électrique d’un bœuf avec l’appareil Perco (fig. 1).
- Afin de nous rendre comptede l’intérêt de l’invention, pénétrons dans l’un des échaudoirs parisiens pour voir comment on y procède actuellement. Après avoir couvert les yeux de l’animal d’un masque de cuir noir, un homme l’attache à un anneau scellé dans le sol, puis des aides tirent la tête du condamné contre terre. Le tueur s’empare alors du merlin anglais ou bouterolle, relève cette sorte de marteau muni d’une pointe d’acier et l’abat vivement sur le crâne de la pauvre bête, qui tombe comme une masse avec un soupir étouffé. A ce moment, on enfonce par le petit trou, fait ainsi dans le front du bœuf, un jonc destiné à broyer la moelle épinière. Le dépouillage commence ensuite. On sépare le sujet en deux parties et on en retire les viscères,-qui iront à la boyauterie pour y subir un nettoyage avant d’être livrés aux tripiers.
- Les travailleurs ont leurs outils à portée de la main. Dans des « boutiques » ou boîtes, suspendues à leur côté, sont rangés les couteaux et les « fusils » pour aiguiser ces derniers. Avec la lame
- dite « casse-bréchet » ils divisent le sternum; avec celle nommé « peleu » ils enlèvent la peau en s’efforçant de ne pas y faire des « boutonnières », qui la déprécieraient pour la tannerie.
- Malheureusement les spécialistes qui exécutent le dépouillement d’une façon parfaite sont très rares et on ne trouve pas plus de 15 pour 100 de peaux de bœufs absolument exemptes de coupures ou d’éraflures.
- L’appareil Perco, inventé par M. C. AV. Pfferkorn, permet, au plus novice des bouchers, de dépecer des bœufs sans abîmer leur chair et sans endommager leur cuir,
- L’organe essentiel de l’instrument se compose de 3 ailettes à 3 branches chacune, disposées entre 2 disques de 10 centimètres de diamètre dont elles débordent légèrement les circonférences en trois points (fig. 2). Ces disques juxtaposés se trouvent placés à l’extrémité d’un manche de 25 à 50 centimètres, que l’opérateur tient à la main.
- D’autre part, un moteur électrique de 1 /A de cheval actionne, grâce à un spiral flexible engainé
- Fig. 2. — Manière de tenir l’appareil Perco. Cette vue montre les 3 lames coupantes qui débordent légèrement les 2 disques circulaires entre lesquels elles tournent à la vitesse de 2800 tours.
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- LE DÉPOUILLEMENT ÉLECTRIQUE DES ANIMAUX
- dans un conduit souple, les ailettes qui, tournant à une vitesse de 2800 tours par minute, jouent le rôle de couteau dépeceur. Pour manœuvrer le Perco (fig. 5), l’homme en saisit l’extrémité par le
- cet appareil un bœuf de forte taille, en une vingtaine de minutes.
- Le dépouillement électrique ne s’opère donc pas plus vite qu’avec l’ancienne méthode, mais alors que
- Fig. 3. — Dépouillement électrique d'un bœuf aux abattoirs de la Villette.
- manche avec la main droite, puis appuie la surface extérieure du disque à plat sur la partie interne de la peau, préalablement dégagée avec un couteau à la façon ordinaire. Il n’a plus alors qu’à pousser l’instrument entre cuir et chair, comme s’il s’agissait d’une tondeuse. Après un apprentissage de quelques jours, un boucher arrive à dépouiller avec
- le couteau endommageait 85 pour 100 des dépouilles d’animaux, le nouvel engin fournit des peaux absolument intactes. On s’explique donc que les abattoirs de Bordeaux, de Dijon et d’Orléans entre autres aient adopté le Perco, dont tous les tanneurs et usagers du cuir préconisent aujourd’hui l’emploi.
- Jacques Boyer.
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- L’ACIER INOXYDABLE
- Depuis quelques années, l’industrie de la coutellerie, et, à sa suite, diverses industries emploient un acier spécial, dit acier inoxydable, doué de remarquables propriétés qui lui assurent des applications déjà nombreuses.
- La question présentant un grand intérêt, nous nous proposons de donner ici un aperçu des méthodes de travail de ce métal, de ses diverses applications, d’après une étude fort complète qui vient de paraître dans la Revue Universelle des Mines (1) sous Ja signature de M. H. Hubert.
- L’acier inoxydable est à proprement parler un alliage à 12-14 pour 100 de chrome, 0,25-0,35 de carbone, 0,2-0,4 pour 100 de manganèse. 11 fut découvert en 1012 au laboratoire de recherches de la maison Brown Firth de Sheffield, et les essais ont eu lieu sous la direction de M.Brearley, alors chef de ce laboratoire. C’est lui qui le premier mit en valeur la propriété fort remarquable de cet aciey de résister aux acides, et de garder son poli même dans l’atmosphère, pourtant défavorable, d’un laboratoire de chimie, ainsi qu’il en fit l’expérience.
- De plus cet acier possède la propriété de se laisser travailler assez aisément lorsqu’il est à l’état doux, et d’èlre durci ensuite.
- Utilisé tout d’abord dans la coutellerie, son emploi se généralisa par la suite et fut étendu à la fabrication des instruments de chirurgie, des lames de rasoir, des ustensiles de cuisine, etc. Durant la guerre, sa production contrôlée par le Gouvernement, fut exclusivement réservée aux besoins de l’aéronautique; il servit principalement à la fabrication des soupapes de moteur.
- Actuellement le champ de ses applications s’étend de plus en plus, au fur et à mesure que se perfectionnent ses méthodes d’usinage.
- Pour la production de l’acier inoxydable, on s’adresse en général au four électrique, étant donné la température élevée qu’il permet d’atteindre et la pureté des produits ; obtenus.
- Le travail de l’acier inoxydable est facile, ainsi que nous l’avons dit plus haut, lorsque le métal est doux, état que! l’on obtient facilement, en le portant à la température de 700-760° et en le laissant ensuite se refroidir lentement dans l’air. Réchauffé à une température plus élevée, 850° par exemple, et refroidi dans les mêmes conditions, on obtiendrait un métal plus doux encore, mais qui par contre se laisserait travailler moins aisément.
- Il y a lieu de remarquer qu’à l’état doux, l’acier inoxydable, perd en majeure partie sa résistance à la rouille, aussi faut-il avoir soin, une fois terminé le façonnage de la pièce, de lui faire subir le durcissement et le revenu. Le polissage, toutefois, ne se fera qu’en dernier lieu.
- Le durcissement de l’acier inoxydable s’obtient en le chauffant convenablement jusqu’à 900°-l 000° ; on le trempe ensuite dans l’eau ou dans l’huile, ou même tout simplement dans l’air, lorsque les pièces sont de petites dimensions et qu’il ne leur faut donner qu’une dureté modérée.
- Pour le revenu, on porte le métal à des températures bien déterminées, suivant les propriétés que l’on se propose d’obtenir ; il doit être effectué avec soin, et exige toutes les précautions habituelles.
- 1. Revue Universelle des Mines (Liège), nos des 1er et 15 avril 4922.
- Lé forgeage de l’acier inoxydable présente les mêmes particularités qtfe celui dés aciers rapides.
- La température de forgeage doit être comprise entre 900° et 1150° ; il y a lieu de ne point descendre au-dessous de 900° afin d’éviter la production de fissures et craquelures diverses qui auraient pour effet de faciliter des corrosions ultérieures.
- Toutefois pour les pièces de petites dimensions, comme par exemple, les petits boulons, on peut abaisser la température de forgeage à 750-800°; mais c’est là une exception.
- Les pièces forgées peuvent ensuite être travaillées aux machines-outils, après avoir subi un réchauffement convenable vers 800°, suivi d’un lent refroidissement dans l’air.
- La température d’estampage de l’acier inoxydable est la même que celle de forgeage : 1100° environ.
- Afin d’éviler l’usure Irop rapide des matrices, il y a lieu d’effectuer le plus de travail possible à l’aide des premières matrices ; les bavures doivent s’enlever à chaud.
- La gravure de l’acier inoxydable présente quelques particularités intéressantes : étant donné que ce métal est inattaquable par l’acide nitrique, ce dernier ne peut être employé ici ; on se sert en général d’une solution concentrée de chlorure de fer dans l’acide chlorhydrique et l’acide nitrique, ou encore, pour les gravures fines, d’une solution de sulfate de cuivre dans l’acide chlorhydrique.
- Suivant le procédé ordinaire on recouvre la surface du métal d’une mince couche de cire, destinée à le protéger, et dans laquelle on exécute la gravure.
- Le polissage, le moulage et le finissage ne présentent aucune particularité, et s’effectuent suivant les méthodes habituelles; un seul point à noter : éviter, au cours de ces opérations, un échauffement local, ce qui aurait pour effet d’altérer la surface de l’acier et, par suite, de dimi-muer considérablement sa résistance à la rouille.
- Ayant terminé le rapide exposé des méthodes de travail de l’acier inoxydable, nous allons voir maintenant quelques-unes de ses applications, nous arrêtant à trois d’entre elles, particulièrement choisies pour faire ressortir les avantages de ce métal.
- Nous citerons tout d’abord une pompe à 5 corps, construite à Sheffield en 1915; deux pistons en bronze phosphoreux, le troisième en acier inoxydable. Cette pompe qui travailla d’une façon ininterrompue pendant toute la guerre, et sous une pression de 126 kg 6 par cm2 fut ouverte en 1918 : alors que le diamètre des deux pistons de bronze avait été réduit de 2,8 mm. celui du piston en acier inoxydable ne l’avait été que de 0 mm. 4, soit 7 fois moins.
- Yoici maintenant le cas d’une turbine Westinghouse dont les caractéristiques sont les suivantes : 3000 tours par minute, pression : 14 kg, vapeur surchauffée 315°.
- Les aubes de cette turbine étaient primitivement en acier à 5 pour 100 de nickel.
- En juin 1920, on remplaça une partie de ces aubes par des aubes neuves, les unes en acier inoxydable, les autres en acier au nickel. Au bout de 5 mois de marche ininterrompue, on ouvrit la turbine et il fut aisé de constater que seules les aubes en acier inoxydable étaient intactes, alors que les autres présentaient les corrosions habituelles.
- Dans le même ordre d’idée, la Société Thomson-Hous-
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- ESSAIS DE GREFFES HÉTÉROGÈNES :..:::: 27
- ton fit procéder à des expériences tout aussi concluantes.
- Mais l’application qui semble devoir prendre un développement des plus importants est la fabrication des soupapes de moteurs à combustion interne.
- Nous n’insisterons pas sur les qualités que doivent posséder ces soupapes ; elles sont soumises, principalement celles d’échappement, à des températures de 700 à 750°. A cette température, alors que l’acier au nickel voit sa résistance descendre à 12 kg, 6, l’acier inoxydable présente encore une résistance de 52 kg; même à cette température déjà élevée, sa surface ne s’écaille pas, alors que les aciers ordinaires commencent à s’altérer vers 400°.
- Par un estampage convenable on est arrivé à obtenir
- des soupapes en acier inoxydable, présentant en plus des qualités propres du métal, le maximum de résistance, le grain du métal ayant une disposition radiale dans le disque de la soupape, et longitudinale dans la tige.
- Pendant la guerre presque toute la production de l’acier inoxydable fut réservée à la fabrication des soupapes de moteurs d’aviation ; à l’heure actuelle cette fabrication s’est orientée avec un plein succès vers l’industrie automobile.
- Enfin il n’est pas besoin d’ajouter qu’elle trouve un débouché fut important dans la coutellerie qui pourrait bien être révolutionnée par ce nouvel acier.
- Maurice Cazaubieilh.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- ESSAIS DE GREFFES HETEROGENES
- La greffe hétérogène, c est-à-dire la greffe qui unit deux plantes de races, d’espèces ou de genres différents, était déjà pratiquée par les anciens (1). Ces sortes de greffes ont été à nouveau l’objet d’essais qui se sont poursuivis surtout pendant ces trente dernières années. L’association de plantes différentes a amené les botanistes à étudier les variations morphologiques qui en-sont résultées, soit dansle greffon, soit dansle porte-greffe.
- Les chimistes ont dosé avec soin les éléments contenus dans la sève en deçà et au delà de la soudure. M. Daniel, professeur à la Faculté des Sciences de Rennes, a surtout étudié les variations morphologiques obtenues par le greffage. Il a noté les influences de la greffe sur la floraison, la fructification, la tuberculisation. Des chimistes comme M. l’abbé Colin, professeur à l’Institut
- catholique de Paris, M. Laurent et quelques autres ont étudié les modifications que la greffe fait subir à la sève de part et d’autre de la soudure qui remplit alors l’office de soupape, laissant passer ou retenant divers principes nutritifs (2),
- 1. Cf. La Nature, n° du 18 février 1922. La greffe hétérogène chez les anciens.
- 2. Les recherches de M* Colin sur la greffe Soleil-Topinam-hour sont particulièrement intéressantes à ce point de vue. Cf. Communication à VAcadémie des Sciences du 7 novembre 1921.
- Fig. i. — Greffe de Tabac blanc odorant sur Amarante Queue de Renard.
- (La flèche indique l’endroit de la soudure.)
- Au cours d’expériences faites sur les indications de M. Colin, nous avons été amené à faire quelques
- greffes hétérogènes dont plusieurs n’ont pas été décrites. Les lecteurs de La Nature constateront que dans ce domaine intéressant, il y a encore de nombreux essais à tenter et nous les engageons à se livrer à ce sport facile dont les résultats pourraient avoir des conséquences très précieuses pour la culture de certaines plantes, leur rendement par le greffage pouvant devenir notablement supérieur. Le procédé de la greffe en fente nous a donné les meilleurs résultats.
- Greffe de Tabac blanc odorant sur Amarante Queue de Renard (Nico-tiana affinis sur Ama-rantus caudatus) (*) (fig 1.). — Qui pourrait penser que le Tabac blanc de la famille des Solanées, de l’ordre des Gamopétales, peut se greffer sur une Amarante de l’ordre des Apétales? Cependant, malgré l’éloignement des familles, cette greffe se fait parfaitement. Un de nos greffons de tabac portait cinq petits boutons à fleurs et quatre feuilles. Dès que la soudure lut complète les boutons tombèrent sans s’épanouir ; mais à l’aisselle d’une des feuilles une nouvelle tige de Tabac se déxreloppa et atteignit 30 cm de la fin d’août au 10 octobre. Elle donna
- 1. Cette greffe a été communiquée à la Société Botanique de France. Séance du 45 janvier 1922.
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- quatre fleurs parfaitement constituées et identiques aux fleurs normales du Tabac. Une gelée survenue peu après la floraison empêcha la fructification.
- Que va penser la Régie de cette nouvelle culture du Tabac ? Elle ne défend pas la culture de l’Amarante et n’interdit pas la greffe. Alors pourra-t-on cultiver librement le Tabac sur l’Amarante? Ne sera-t-il pas facile de faire autant de greffes que l’on voudra avec les quelques pieds de Tabac que la Régie, dit-on, tolère pratiquement? N’est-ce pas alors l’aurore d’un âge d’or pour les disciples de Nicot?
- Œillet d'Inde Légion d’honneur sur Cosmos hybride (Tagetes palula sur Cosmos hybridus (fig. 6 : 1,2, 3) Q). — Cette greffe réussit parfaitement. L’Œillet d’Inde se développe sur le Cosmos et fructifie admirablement. Nous avons obtenu ainsi sur les greffons plus de vingt fleurs produisant des graines parfaitement constituées. L’œillet d’Inde ne subit aucune modification et élabore son principe odorant avec la sève inodore du Cosmos aussi facilement que s’il était en pleine terre.
- Cosmos hybride sur Soleil annuel (Cosmos hybridus sur Helianthus annuus) (fig. 7 : 10, 11,12).—
- Le Cosmos se greffe très facilement sur le Soleil annuel ou grand Soleil ordinaire. Le développement est complet et l’on obtient des fleurs et des graines de Cosmos parfaitement constituées.
- Souci double sur Soleil annuel (Calendula offi-cinalis sur Helianthus annuus) (fig. 7 : 1,2, 3,4, 5). — Le résultat ici est moins bon. Plusieurs greffons ont végété longtemps à l’état maladif. L’un d’eux cependant est arrivé à donner une fleur qui s’est épanouie normalement et a donné des graines.
- Aster sur Soleil vivace (Aster Amellus sur Ilélianthus multiflorus) (fig. 8 : 2). — Le développement est lent mais régulier.
- Mauve sylvestre sur Rose trémière (Malva syl-vestris sur Althœa rosea (fig. 2:1). — Cette Mauve se greffe facilement sur la Rose trémière. Nous avons obtenu des fleurs et des graines.
- Quarantaine sur Giroflée jaune (Matthiola annua sur Cheiranthus Cheiri) (fig. 2 : 2). — Le développement du greffon se fait assez lentement, mais le résultat est parfait. La Quarantaine donne de magnifiques siliques avec des graines normales.
- Ibéris sur Monnaie du Pape (Iberis umbellata sur Lunaria biennis) (fig. 3:1). — Cette greffe est particulièrement curieuse, car l’inflorescence de l’Ibéris ne ressemble en rien à celle de la Lunaire. Au point de vue ornemental on pourrait entourer le pied de la Lunaire d’une couronne d’Ibéris et obtenir par ces greffes un bel effet floral. Cette greffe réussit admirablement. L’Ibéris vit sur la Lunaire aussi bien que sur pied franc et donne des fleurs et des fruits qui contrastent avec les fruits bien connus de la Lunaire.
- 1. Cette greffe et les suivantes ont été faites dans le Jardin botanique du collège Saint-Charles, à Juvisy (S.-ot-O.).
- Chou de Bruxelles et Chou Quintal d'Alsace sur Iberis umbellata. Chou Quintal d’Alsace sur Monnaie du Pape (fig. 3:2). — Les greffons ont donné plusieurs feuilles nouvelles et semblaient devoir poursuivre leur développement normal, malheureusement entravé par la sécheresse et les altises qui se sont attaquées aux feuilles des greffons, Malgré nos soins nous n’avons pu les sauver.
- Dotice amère sur Datura (Solanum dulcamara sur Ratura Stramonium) (fig. 4 : 1). — Cette greffe réussit parfaitement. Bien que le Ratura ait une tige molle la Rouce-Amère y développe admirablement sa tige lignifiée. Les greffes entre solanées sont d’ordinaire faciles à réaliser.
- Tabac blanc odorant sur Datura (Nicotiana affinis sur Ratura Stramonium) (fig 4:2). — Le développement du greffon se fait très lenlemcnt et donne un faisceau de feuilles ramassées au lieu de donner la tige ordinaire du Tabac, allongée et à feuilles espacées.
- Nous n’avons pu obtenir de fleurs de ce Tabac plus ou moins intoxiqué.
- Coqueret sur Douce-Amère (Physalis alkekengi sur Solanum dulcamara) (fig. 5 : 5). — Le développement est très lent. Les feuilles sont également ramassées en faisceau. Nous n’avons pu obtenir de fleurs.
- Douce-Amère sur Coqueret (Solanum dulcamara sur Physalis Alkekengi) (fig. 5:5). — Cette greffe inverse de la précédente se développe parfaitement. La Rouce-Amère donne de longues tiges ramifiées avec des fleurs nombreuses et des fruits.
- Pomme de terre sur tomate (Solanum tuberosum sur Solanum Lycopersicum) (fig. 5:1). — Cette greffe bien connue se développe normalement.
- Au cours de ces essais nous avons effectué un grand nombre d’autres greffes. Elles ont pour la plupart opéré leur soudure, mais les greffons vivant à l’état maladif ne se sont pas développés notablement et sont morts au bout de quelques semaines. Il faut citer dans ce cas le Kerria Japonica dont le greffon enté sur Rosier a vécu près de deux mois sans se développer ; le Physalis Alkekengi sur Tomate, le Souci sur Soleil vivace. Bans beaucoup de grelfes la soudure ne se fait même pas, comme dans le cas du Coquelicot greffé sur Pavot, cependant si voisins. B’autres expérimentateurs seront peut-être plus heureux dans ces essais difficiles.
- Les horticulteurs pratiquent la greffe surtout en vue de l’ornementation. Ils obtiennent des sujets de plus belle venue sur un porte-greffe vigoureux. Les greffes hétérogènes sont pour eux intéressantes, car elles permettent d’obtenir la réunion de plantes aux inflorescences et aux couleurs variées. Elles le sont aussi dans un but pratique. Certaines plantes qui ne peuvent végéter dans tel terrain pourraient admirablement se développer si elles étaient greffées sur des sujets convenables, acclimatés au terrain défectueux pour l’épibiote, '
- Il est en outre des cas où une plante greffée résiste plus facilement aux intempéries et spéciale-
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- Fig. 2. — i. Greffe de Mauve sylvestre sur Rose trentière (*). — 2. Greffe de Quarantaine sur Giroflée.
- Fig. 3. — 1. Greffe d’Iberis sur Monnaie du Pape. — 2. Greffe de Choit de Bruxelles sur Iberis.
- Fig. 4— 1. Greffe de Douce-Amère sur Datura Stramonium. — 2. Greffe de Tabac blanc odorant sur Datura.
- Fig. 5. — 1. Greffe de Pomme de Terre sur Tomate. — 2,4. Greffe de Physalis Alkekengi sur Tomate. — 3. Greffe • de Physalis Alkekengi sur Douce-Amère. — 5. Greffe de Douce-Amère sur Physalis Alkekengi.
- Fig.b. — 1,2.3. Greffe d’œillet d’Inde Légion d’honneur sur Cosmos hybride {l’œillet d’Inde commence à fleurir). Fig.<. — 1, 2,3,4,5. Greffe de Souci double sur Soleil annuel. — 6, 7,8, g. Greffe de Soleil vivace sur Soleil annuel. — 10,11,12. Greffe de Cosmos sur Soleil annuel.
- Fig. 8. — 1. Greffe d’Armoise commune sur Soleil vjvace.— 2. Greffe d’Aster sur Soleil vivace. — 3. Greffe d’Iberis sur Monnaie du Pape (cf. lig. 3). —4. Greffe de Choit de Bruxelles sur Iberis (cf. lig. 3). 5. Greffe de Chou Quintal d’Alsace sur Iberis.
- \. Ce cliché et les suivants ont été pris au Jardin botanique du Collège Saint-Charles de Juvisy (S.-ct-O.).
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- ment au froid. M. Couderc déclare qu’au Muséum, le Pistachier résiste au froid quand il est greffe sur Térébinthe, tandis qu’il succombe quand il est franc de pied (Bulletin de la Société de Pathologie végétale, VIII, fasc 4, octobre-décembre 1921).
- Ces résultats prouvent une fois de plus tout l’intérêt de la question et nous encourageons nos lecteurs à faire eux-mêmes des essais de greffes. Quelquefois on peut unir par la greffe des plantes
- qui paraissent les moins propres à s’associer, comme le prouve la greffe du Tabac sur Amarante. Voici la belle saison, les jardins prennent leur parure d’été. Les expériences de greffes sont faciles à faire. Connues et centralisées, elles pourraient être étudiées au point de vue de la morphologie et du chimisme. Elles contribueraient alors à faire avancer la science dans ce domaine pratique et économique qu’est l’agriculture. Abbé L. Parcot.
- QUELQUES SOURCES PEU CONNUES D’ALCOOL
- Tous les hydrates de carbone, tous les sucres, peuvent théoriquement être transformés en alcool. Mais de la théorie à la pratique, il y a la question du prix de revient.
- Le besoin d’alcool fut tel pendant la guerre, notamment pour la fabrication des poudres, qu’on fit flèche de bout bois, littéralement, et même d’autres substances végétales plus inattendues encore, d’autant mieux que les sources ordinaires d’alcool : céréales, pommes de terre, betterave, etc., étaient notamment réclamées pour l’alimentation directe, humaine et animale.
- La Nature a déjà publié dans ses Informations maintes notes sur les essais plus ou moins heureux réalisés.
- Aujourd’hui, on peut examiner la question d’ensemble grâce au livre très précieux du Pr Arturo Brultini publié par l’Institut international d’agriculture de Rome sur l’utilisation des déchets et résidus pour l’intensification de la production agricole. Cette source unique de renseignements techniques va nous servir de guide.
- Alcool d’algues. — En 1918, M. Kayser a proposé de traiter certaines algues telles que les Laminaires qui contiennent des hydrates de carbone saccharifiables par l’acide sulfurique à 3 ou 6 pour 100 sous pression, à 122° pendant 30 à 50 minutes.
- Après une neutralisation, on ajoute au jus sucré 2 pour 100 de germes d’orge et on laisse fermenter. M. Kayser a ainsi obtenu de 100 kilogr. d’algue sèche 14,0 litres d’alcool. Le résidu, traité de nouveau en autoclave, a encore fourni 7,53 pour 100 d’alcool.
- Alcool de sciure de bois. — L’idée n’est pas nouvelle, mais les nouveaux procédés promettent des rendements plus élevés, permettant d’envisager le traitement des encombrants déchets des scieries, voire même la création de moulins à farine de bois, dans des cas spéciaux où l’alcool habituel de betteraves de farines ou de pommes de terre ne fera pas concurrence.
- Chimiquement, la transformation du bois en alcool est fort simple : la cellulose, traitée par un acide sous pression, donne du dextrose et d’autres sucres, qu’on fait fermenter; l’alcool produit est séparé par distillation.
- Industriellement on hydrolyse généralement la cellulose, selon le procédé choisi, par l’acide sulfurique, chlorhydrique ou sulfureux en trempant la sciure avec un tiers d’acide à environ 3 pour T 00 ; on chauffe progressivement à 465° et l’on obtient, après deux heures, 200 à 250 kilogr. de sucre (dont 85 pour 100 fermentescibles) d’une tonne de sciure de bois. On lave la pâte obtenue, on neutralise au carbonate de chaux, puis on ensemence de levure de bière et on distille après fermentation.
- 100 kilogr. de sciure donnent dans ces conditions 0 litres d’alcool.
- Le procédé Meisels attaque la sciure en autoclave,
- sous 20 à 25 atmosphères, par la soude caustique cl produit la fermentation par des mucédinées. Son rendement serait de 42 kilogr. de sucre pour 400 kilogr. de sciure et 66 kilogr. de sucre pour 100 kilogr. de paille, ce qui parait exagéré.
- Récemment, dans le Journal of Industrial and Engineering Chemsistry (1921), M. R. C. Haweley s’est livré à une étude statistique de ce que pourraient fournir les forêts des Etats-Unis. Il arrive à cette conclusion que 134 millions de mètres cubes se perdent chaque année comme déchets dans les forêts et les scieries. En y ajoutant 48,4 millions de mètres cubes détruits par les incendies, les insectes et les champignons, il arrive à une disponibilité de 182,8 millions de mètres cubes qu’on pourrait transformer en combustible liquide. Le mètre cube de bois pesant 480 kilogr. et une tonne pouvant donner 62,5 litres d’alcool, il arrive à cette conclusion qu’on pourrait récupérer 87,7 millions de tonnes de bois, soit 54,8 millions d’hectolitres d’alcool. Actuellement, les procédés de transformation sont encore trop imparfaits pour que cette industrie s'étende.
- Alcool de tourbe. — U y a longtemps qu’on a proposé de traiter la tourbe mousseuse riche en cellulose comme la sciure. D’un quintal de tourbe, on pourrait extraire 10 litres d’alcool et utiliser le résidu comme combustible ou comme engrais.
- Alcool de paille. — D’après Hargreaves, directeur de la division de chimie du South Australian Industrial Department, la paille produite dans un rayon de 100 milles autour d’Adélaïde représente plus d’un demi-million de tonnes et pourrait fournir 40 millions de gallons d’alcool utilisable dans les moteurs à explosion.
- Le traitement de la paille pour transformer sa cellulose en alcool est le même que celui de la sciure.
- Alcool de résidus de cellulose. — Dans les fabriques de papier, on a pour chaque tonne de cellulose produite, environ 10 tonnes d’eaux résiduaires contenant des sucres, particulièrement du dextrose, divers acides, de l’alcool méthylique, des matières azotées et des substances résineuses. Ces eaux renferment entre 1,5 et 2 pour 100 de sucres fermentescibles.
- On en élimine d’abord par évaporation l’acide sulfureux qui tuerait les ferments, puis on ajoute de l’extrait de malt et on ensemence. Après quelques jours, la fermentation terminée, on distille et l’on obtient un alcool légèrement dénaturé avec un peu d’alcool méthylique, d’aldéhydes divers et de furfurol. Le rendement serait de 1 pour 100 ou plus de l’eau résiduaire évaporée.
- En Allemagne, pendant la guerre, on utilisa largement de telles eaux. On y créa même douze fabriques pour traiter les eaux provenant de la production de I 287 000 tonnes de cellulose sèche. On en obtint environ
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- QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’OISEAU-LYRE
- 5,2 pour 100 d’alcool qui servit, comme la cellulose, à. la fabrication des explosifs. D’après Bergstrom, pour, chaque tonne de cellulose sèche, on peut obtenir 10 kg. d’alcool méthylique utilisable à la préparation de vernis et de divers produits chimiques.
- Alcool de marrons d’Inde. —En Fi’ance, pendant la guerre, les marrons d’Inde ont largement servi à la production d’alcool et d’acétone, économisant ainsi le maïs, l’orge, les pommes de terre, les mélasses plus usuellement employés. On. se souvient encore de la campagne de propagande pour leur, ramassage par les en-enfants des écoles. Les,.marrons d’Inde moulus sont saccharilîés par un acide ou par du malt, puis additionnés de levure et soumis à la fermentation. Us peuvent également fournir un amidon de bonne qualité et des tanins utilisables dans l’industrie du cuir.
- D’après M. Kayser, 100 kilogr. de marrons d’Inde secs donnent 27 à 28 litres d’alcool.
- Alcool de glands.— Les glands des diverses espèces de chênes contiennent environ 40 pour 100 d’amidon et un peu de saccharose. On les traite comme les marrons d’Inde. M. Kayser les saccharifie à l’autoclave à !20°-122°, pendant une heure avec de l’eau renfermant 2,5 p. 100 d’acide chlorhydrique et 1 pour 100 d’acide sulfurique. Dans ces conditions 100 kilogr. de glands secs entiers donnent de 8,58 à 20,16 litres d’alcool et 100 kilogr. de glands sans cupules donnent 28,5 à 51 litres.
- Alcool d’Arum. —En Italie, on a utilisé deux espèces d’Arums croissant spontanément en abondance dans les baies et les bois de la Haute Italie et des Apennins : Arum maculatum et A. italicum. Leurs rhizomes féculents atteignent, chez Arum italicum, un poids moyen de 80 grammes et maximum de 250 grammes après trois ans de végétation.
- Récoltées pendant la période de repos végétatif, ces plantes que l’on considère comme des mauvaises herbes sans valeur, sont assez riches en fécule.
- Le P1' Pantanelli a extrait des rhizomes frais 18 pour 100 de fécule pure, 20 à 25 pour 100 de glucose, 10 pour 100 d’alcool.
- Alcool d’asphodèles. — Dans les terrains incultes des pays à climat chaud : sud de l’Europe, Afrique du Nord, Asie Mineure, etc., on rencontre abondamment deux liliacées herbacées vivaces à racine tubéreuse comestible : Aphodelus ramosus et Asphodelus luteus.
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- En Arabie, en extrait des racines une excellente colle et on les donne aussi aux animaux domestiques en cas de pénurie de fourrage. Elles servent aussi, après cuisson, à l’alimentation humaine.
- Leur emploi pour la fabrication de l’alcool, depuis longtemps connu, a été repris par E. Pantanelli et par* E. Monaco. Les hydrates dé carbone saccharifîables contenus dans les racines récoltées en décembre donnent 14 pour 100 d’alcool, celles récoltées en août 22 p. 100. Le moment optimum est l’époque de la floraison : mai-juin. Dans la pratique, on tire 6 à 7 kilogr. d’alcool d’un quintal de racines après hachage, pressage, lavage avec 25 pour 100 d’eau tiède et second pressage, ébullition avec 2 à 5 pour 100 d’acide sulfurique, fermentation avec 200 grammes de levure de bière pour 120 litres de liquide, distillation.
- En outre, les tiges vertes écorcées et les feuilles d’As-phodelus ramosus donnent, par rouissage, des fibres textiles et de la pâte à papier.
- Alcool de jacinthe. — Muscari comosum et Hyacin-thus cilialus abondent en Italie et leurs bulbes sont mangées couramment par les paysans de la province de Foggia. E. Pantanelli les a expérimentées pour la production d’alcool destiné à la consommation humaine. 11 y a trouvé 20 à 25 pour 100 de sucres et d’hydrates de carbone saccharifiables donnant 10,5 pour 100 d’alcool dans le cas de Muscari et 8,4 pour 100 dans le cas d’Hyacintkus.
- Les bulbes, récoltés de juin à décembre, doivent être traités immédiatement.
- Alcool de cerfeuil sauvage. — Le cerfeuil sauvage (Antliriscus sylvestris) est une ombellilere spontanée, bisannuelle, très abondante dans les bois. Ses racines, récoltées après la première année de végétation, contiennent 0,96 pour 100 de sucre réducteur, 5,64 de saccharose, 14,50 de fécule.
- A cette énumération de plantes communes mais inutilisées, on pourrait encore ajouter les espèces suivantes, également étudiées pendant la guerre : Au point de vue de la production de|l’alcool : l’épine-vinette (fruits) ; l’airelle (fruits) ;~Empclrum -mgrum (fruits) ; la carotte sauvage racine) ; la berce (racines) ; la gesse (tubercules) ; le chietident rampant ; le roseau à balais (racines) ; Ceratonia sïliqua (fruits), etc.
- Dalniel Claude.
- QUELQUES OBSERVATIONS SUR L'OISEAU-LYRE
- Les ménures, qui doivent leur nom vulgaire à la disposition (chez le mâle adulte) des longues plumes de la queue, incurvées à la façon des montants dmne lyre, ne se voient que fort rarement dans les jardins zoologiques. En Australie même, qui est leur- pays d’origine, on ne les conserve pas facilement en captivité. Aussi leurs mœurs sont-elles mal connues.
- Notre confrère de Sydney, le Sunday Times, qui nous communique aimablement la photographie reproduite sur la page suivante, l’a publiée dans un scs numéros de mars dernier, en l’accompagnant. d’un article auquel nous allons faire des emprunts.
- L’oiseau représenté ici n’a que trois ans. Sa queue, qui n’a encore atteint que la moitié de sa
- longueur, ne prendra sa forme de lyre qu'au cours de la septième année. La couleur est presque uniformément brun foncé. Ce spécimen appartient à l’unc des trois espèces connues du genre, Menura superba, propre à la Nouvelle-Galles du Sud. Notre confrère précise que c’est le seul oiseau-lyre en captivité que l’on puisse voir dans ce département de l’Australie.
- Il fut capturé au nid par M. Jack Coyle, de Springwood, alors qu’il cherchait du miel sauvage dans une vallée écartée. Les parents avaient établi leur nid dails le creux d’un vieil arbre que M. Coyle avait abattu l’année précédente. Il rapporta l’oisillon — une petite boule de duvet — à sa mère, qui -réussit à l’élever en le nourrissant d’œufs et de
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- larves de fourmis. Mais il s’habitua rapidement à chercher sa nourriture aux abords de la ferme, sans jamais tenter de s’échapper. Son maître ne s’occupe plus de lui que pour lui donner un bain quotidien, qu’il prend dans une cuvette. De temps à autre, on ajoute à son menu ordinaire une pâtée faite de viande hachée et de biscuit.
- Les ménures sont réputés pour leur habileté à imiter les cris des autres oiseaux et même la voix humaine. Joë pousse beaucoup plus loin sa faculté d’imitation. Et voici quelques-uns des exploits que
- maître en appliquant une tape amicale sur la croupe d’un cheval ou sur le dos d’un chien ! Voilà qui trahit à la fois un grand esprit d’observation et une belle souplesse des cordes vocales !
- Joë ajoute à sa réelle intelligence un incontestable sens de l’humour. Se cachant près de la porte de la ferme, il sifflera comme M. Coyle fait pour appeler ses chiens, qui s’y laisseront prendre invariablement, et il sortira de sa cachette pour les narguer. Il joue des tours à Mme Coyle mère en imitant le cri de la poule qui vient de pondre, ou
- le représentant de notre confrère a pu enregistrer personnellement :
- Joë aboie comme un chien, miaule comme un petit chat, hennit comme un cheval, caquette comme une poule, bref, imite à la perfection tous les animaux de la ferme, sauf le coq, pour lequel il professe, d’ailleurs, une antipathie très marquée. Il imite non moins parfaitement les cris et les chants de tous les oiseaux en cage qu’il peut entendre : perroquets, rouge-gorge, etc. Il rend avec une intensité extraordinaire le sifflet de la locomotive, ainsi que le sifflet du facteur rural.
- Il mime étonnamment les éclats de rire des enfants, ainsi que les grincements d’une roue de charrette mal graissée. Il est passé maître dans l’art d’exprimer des bruits compliqués. Par exemple, il sait rendre ceux que font plusieurs enfants courant avec de gros souliers sur un plancher, ou encore le son étouffé que produit la main de son
- en lançant le coup de sifflet annonçant l’approche du facteur.
- Cependant, malgré sa virtuosité d’imitateur, il n’a pu apprendre jusqu’ici qu’à prononcer un mot, qui est son nom : Joë. Nous sommes curieux de savoir s’il pourra, avec l’âge, enrichir son vocabulaire.
- Il est familier avec tout le monde, mais surtout avec les jeunes enfants, et aime la compagnie des petits chiens et des poules. Nous avons noté l’exception : sans que M. Coyle ait pu en démêler les raisons, il déteste et méprise le coq de la basse-cour, ignore insolemment sa présence, et refuse d’ajouter un cocorico à son-répertoire!
- Des jardins zoologiques et de riches amateurs ont offert à M. Jack Coyle des sommes importantes en échange de Joë. Mais le fermier le considère comme sa mascotte, et ne veut pas s’en séparer, ce dont nous le louons. V. Foisiun.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuhe, 9, rue de Fleuras. — Paris.
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- LA NATURE. — N° 2519. .:.....o ..'.— 15 JUILLET 1922
- COMMENT LES EXPERTS IDENTIFIENT LES BALLES DES ASSASSINS
- Dignes successeurs des Cartouche et des Mandrin, trois bandits masqués s’introduisirent, pendant une nuit de juillet 1951, dans un wagon du rapide de Marseille afin "d’y rançonner les voyageurs. L’un de ces criminels abattit même, à coups de browning, un courageux officier qui lui résistait. Puis, une fois leur sinistre besogne accomplie, les malandrins actionnèrent la sonnette d’alarme et, grâce au ralentissement de la vitesse du convoi, ils purent prendre la fuite en sautant sur le ballast. La police, d’ailleurs, ne tarda pas à retrouver les fugitifs à Paris, mais, au cours de la lutte que les agents durent engager pour les capturer, deux des dangereux malfaiteurs succombèrent. Seul, l’un d’eux, Me-cislas Charrier, intellectuel dévoyé, comparut aux assises pour y rendre compte de ses méfaits.
- Le magistrat instructeur de l’affaire, voulant verser des preuves irréfutables au dossier de l’accusation, chargea M. Edmond Bayle, chef du Service de l’identité judiciaire, d’examiner toutes les armes saisies afin de pouvoir dire de quel revolver provenait la cartouche dont on avait retrouvé la douille sur le plancher du wagon.
- Dans le récent procès de Mme Bessarabo, le Dr Paul put conclure que la balle, chemisée de cuivre, avait élé tirée à 5 ou 6 cm du cadavre et, dans la plupart des causes criminelles, les médecins légistes doivent résoudre des problèmes analogues. L’actualité nous incite donc à exposer les méthodes, nouvelles et peu connues, qu’emploient les techniciens pour étudier les blessures par armes à feu.
- D’une façon générale, voici les deux cas typiques qui se présentent :
- 1° Une balle a été recueillie sur les lieux du crime par les agents de la Sûreté ou a été retirée du corps de la victime au cours de l’autopsie. Il s’agit d’établir avec certitude l’arme qui a tiré le projectile ;
- 2° D’après les simples traces de coup de feu
- (taches, parcelles métalliques laissées par la balle, incru stations produites par la déflagration de la poudre sur la peau, l’étoffe, le bois, un mur, etc.), reconnaître la nature de la poudre, le genre de la balle et par conséquent le modèle de l’arme utilisée.
- Les premières constatations, relatives au calibre et à la forme, se font aisément sur la balle elle-même ; on en déduit immédiatement si l’on a affaire à un fusil ou à une carabine, à un revolver ou à un pistolet automatique.
- Une fois cette première sélection effectuée, il reste à caractériser, parmi les deux, trois ou quatre armes de même catégorie et de même calibre mises en cause, celle qui a tiré la balle ou éjecté la douille en question.
- Le microscope entre alors en scène et va permettre d’identifier les traces, laissées sur la balle ou sur la douille, par les surfaces de frottement ou de choc. Ces traces se retrouvent, en effet, identiques sur toutes les balles ou douilles émanant de la même arme ; elles sont dues aux fines rayures existant toujours sur certaines pièces métalliques auxquelles l’armurier juge inutile de donner un poli parfait; par exemple, les creusures intérieures du canon, les extrémités du percuteur, du crochet de l’éjecteur, et du butoir faisant chavirer les douilles.
- 3. — 33.
- Fig. i. — Examen d’une balle sous le microscope.
- On insère, le projectile dans un support spècial qui permet de l’orienter à volonté sous le faisceau lumineux d’une lampe puissante.
- 50’ Année. — 2’ Semestre
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- COMMENT LES EXPERTS IDENTIFIENT LES BALLES DES ASSASSINS
- Fig. 2. — Appareil Nachet monté pour la photographie d’une balle d’arme à feu.
- Pour fixer les idées, supposons qu’on ait trouvé à l’autopsie une balle de 7 mm 05 de calibre, de forme cylindro-conique et revêtue d’une chemise de nickel. Elle provient donc d’un revolver ou d’un pistolet automatique. D’autre part, on a saisi chez des individus soupçonnés 3 pistolets automatiques.
- Quel est celui qui a tué? Afin de le savoir, l’expert commence par tirer plusieurs balles avec chaque pistolet en prenant pour cible des sacs bourrés de chiffons ou d’ouate de manière que les projectiles ne reçoivent aucune éraflure et ne subissent aucune déformation. Puis, apposant sur chaque balle, un signe correspondant au pistolet d’où elle provient, il les mélange toutes. Après ces opérations préliminaires, voilà comment le Service de l’Identité judiciaire procède pour distinguer les projectiles, les uns des autres, sans s’inquiéter, bien entendu, de leurs marques distinctives.
- On insère les balles dans un petit support qui, muni d’un ressort, les maintient suffisamment et permet de les orienter à volonté, quand on les dispose sur la platine d’un microscope (fig. 1). En tournant une molette filetée, l’observateur peut présenter successivement à l’objectif tous les sillons creusés dans le projectile par les rayures hélicoïdales du canon.
- Au fond de ces sillons, éclairés par une lampe puissante sise à côté, s’aperçoivent les petites rayures pro-
- venant des défauts de polissage et auxquelles nous faisions allusion tout à l’heure.
- Ces aspérités forment souvent un ensemble présentant une physionomie assez singulière pour qti’onles reconnaisse immédiatement sur toutes les balles de même provenance, mais il faut, pour pouvoir les distinguer, employer un éclairage spécial. Tantôt on projette sur l’objet un faisceau convergent qui, sous une incidence assez forte, met en relief le sommet des rayures à cause des ombres portées. Tantôt on se sert d’un dispositif rappelant celui des métallographes et consistant à illuminer ces striures selon l’axe de l’objectif.
- La plupart du temps, à l’examen au microscope succède la prise d’une micrographie destinée à être annexée aü rapport judiciaire. Elle s’exécute à l’aide d’une chambre Nachet (fig. 2) ajustée sur deux montants verticaux, de façon à pouvoir la
- Fig. 3. — Appareil à . très long foyer pour photographier les 2 balles à comparer avec un grossissement de io à 20 diamètres.
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- Appareil employé par le service de l’identité judiciaire pour maintenir les balles pendant leur comparaison.
- mettre à des hauteurs variables. Le microscope se trouve placé sur une planche servant de hase à l’appareil et un raccord mobile le rattache à ce dernier. De la sorte, on peut effectuer l’éclairage de l’objet, la chambre noire étant séparée du microscope. Mais il arrive parfois que l’examen microscopique
- Fig. 6. — Culots des douilles de cartouches tirées avec les revolvers saisis dans Vaffaire du rapide de Marseille (Juillet icpi).
- I, douille du pistolet n° 2o3e; Q, douille ramassée dans une voiture du train ; I', Q', douilles dont les empreintes alvéolaires du percuteur, — silhouettées sur la photographie —, sont identiques; II, douille du pistolet n° 44.ohô.
- Fig. 5. — Moulage des rayures laissées par les surfaces des balles sur une matière plastique.
- On roule les projectiles en les pressant sur une feuille d’étain.
- ou micrographique ainsi pratiqué ne permet pas d’aftîrmer si la balle en question sort ou non du pistolet considéré. Pour lever les doutes, on juxtapose, en quelque sorte, la surface développée de chaque halle et on constate la coïncidence ou la différence des dessins. Au Laboratoire de l’identité judiciaire, on opère de deux façons.
- Dans la première méthode, au moyen d’un dispositif convenable et d’un objectif à très long foyer (fîg. 5), on photographie, sur la même plaque et sous un grossissement de 10 ou 20 diamètres, les deux balles à comparer. À l’aide d’un appareil à préhension — qui diffère seulement de celui de tout à l’heure parce qu’il a 2 cases au lieu d’une — (fîg. 4), on oppose les projectiles par leur culot et on compare les rayures les unes avec les autres.
- Le second procédé est purement mécanique. Il consiste à prendre un moulage de la surface de la halle en appuyant celle-ci fortement sur un plateau de matière plastique et en la faisant ensuite tourner autour de son axe. Comme substance malléable, on emploie une feuille d’étain. On peut alors, sur un tel diagramme, faire des mesures micrométriques et les juxtapositions permettent d’arriver à une conclusion. Souvent aussi on photographie les moulages ainsi réalisés (fig. 5).
- Revenons maintenant à l’affaire du rapide de Marseille pour voir comment M. Bayle réussit à identifier les douilles. Les scellés, mis à sa disposition, renfermaient : un revolver « automatic pistol » n° 44 056 avec chargeur appartenant au nommé Thomas, un revolver automatique « Alddaza bal » n° 2032 avec deux chargeurs à balles et un autre revolver 7 mm 65 « Saint-Étienne », trouvés tous deux sur le bandit Bertrand, enfin un revolver n° 6675 saisi sur Charrier. D’autre part, on avait recueilli une douille de laiton (marque F. N. de 8 mm 5 de diamètre dans la voiture n° 489 du train 5 et le juge chargea l’expert de rechercher lequel des 4 pistolets avait éjecté ladite douille.
- Le savant spécialiste accomplit sa besogne de la manière suivante. Avec chacun des 4 pistolets ,en cause, il brûla trois cartouches de la marque F. N.
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- et il ramassa' les 12 douilles éjectées afin de les comparer à la douille en question, l’examen direct des effets de percussion lui permit de rapprocher le pistolet n° 6675 (Charrier) de celui de la manufacture Saint-Mienne, car ils portaient des traces excentrées tandis que celles des trois autres étaient bien centrées. Il passa ensuite, sous le microscope, les trois catégories de douilles restées en présence, puis observant successivement les érosions produites par l’éjecteur et le butoir sur chacune d’elles (fig. 6), il put conclure que la douille, ramassée dans la voilure de lre classe du train 5, provenait d’une cartouche tirée avec le revolver n° 2052 appartenant à l'assassin Bertrand.
- Mais, indépendamment de l’identification des halles et des douilles, la justice a souvent besoin de connaître les caractères des plaies d’entrée ou de sortie des projectiles au niveau de la peau, ainsi que les trajets des balles dans les principaux organes. Certaines remarques facilitent, en l’occurence, la tâche des experts. Effectivement un coup de feu, , tiré à courte distance, détermine sur la peau, une auréole de forme et de coloration variables. L’aspect de l’orifice et des alentours des blessures diffère selon la nature de la poudre et la composition de la balle, la distance à laquelle la victime se trouvait de son agresseur, le genre de l’arme, l’obliquité du tir, l’endroit du corps atteint, etc. Ce tatouage est précieux pour
- éclairer les circonstances d’un crime, distinguer les poudres noires des poudres pyroxylées ou sans fumée. Par exemple, on retrouve des fragments de paillettes carrées lamellaires plombaginées autour des blessures produites à faible distance, par des pistolets automatiques, dont on charge d’ordinaire les cartouches avec la poudre T (nitrocellulose et plombagine).
- De même, au cours d’une récente expertise, M. Bayle, en examinant le voisinage du trou de passage de la balle dans le veston d’un individu trouvé mort, a pu établir qu’il ne s’était pas tué accidentellement avec un pistolet automatique comme le prétendait son entourage. Les microscopiques parcelles de poudre noire, recueillies près des lésions superficielles observées, prouvaient qu’on avait assassiné le pauvre diable avec un revolver à barillet !
- Enfin, même si la balle ne figure pas, parmi les pièces à conviction, un technicien habile arrive parfois à percer le mystère. Ainsi, dernièrement, pour éclaircir une affaire passionnelle, il fallait savoir si le criminel s’était servi d’un browning. Or, on recueillit sur un des rideaux de la fenêtre à travers laquelle il avait visé sa victime quelques minuscules copeaux métalliques laissés par la balle au passage! Dans ces traces presque impondérables, Y analyse spectrographique révéla les seules raies du plomb. Le savant spécialiste put, de la sorte, identifier l’arme employée par l’assassin et éclairer la justice.
- Jacques Boyer.
- LES PORTS AÉRIENS (Suite.)
- IL Les aéroports aquatiques.
- Au cours du préeédcnl article (LaNature, n°2515), nous avons présenté les éléments principaux d’un aéroport terrestre; des installations de ce genre ne peuvent convenir qu’à des avions terrestres, c’est-à-dire munis de trains d’atterrissage à roues leur permettant de se poser et de rouler sur le sol.
- Or, il existe une catégorie d’avions dont l’importance ne fait que croître, ce sont les avions destinés à décoller et à se poser sur l’eau, manœuvre que nous appellerons aquarir, vu l’impropriété du mot amerrir qui ne peut concerner les avions de rivières.
- En effet, il apparaît de plus en plus qu’un gros avenir est réservé aux hydravions; ceux-ci se révèlent comme les meilleurs appareils de pénétration dans les pays neufs, tels que l’Afrique, l’Amérique du Sud, etc., qui ne possèdent pas d’aéroports aménagés, mais qui ont de nombreux lleuves, lacs ou rivières permettant des aquarissages faciles; de. plus, les hydravions paraissent tout indiqués pour les voyages intercontinentaux, car la supériorité du transport aérien devient écrasante quand il s’agiLde concurrencer les navires; enfin
- le rôle de l’aviation maritime ne fait que s’accroître dans la lactique navale.
- Un aéroport aquatique comporte approximativement les mêmes organes qu’un aéroport terrestre, c’est-à dire des hangars, des bâtiments d’exploitation, et enfin une surface d’eau au moins aussi importante que celle des terrains. Nous n’insisterons pas sur les manœuvres d’essor et d’aquarissage qui sont identiques à celles des avions terrestres. Signalons toutefois que si les hydravions sont beaucoup plus vite freinés sur l’eau au cours de l’aqua-rissage par suitë delà grande résistance de l’eau sur les llotteurs ou sur les coques, ce même phénomène force les hydravions à décoller de l’eau avec plus de difficultés, et, en conséquence, il est prudent de prévoir des aires d’eau plus importantes.
- S’il est aisé de rouler un avion terrestre sur le sol, soit en le poussant à bras, soit en le faisant remorquer par de petits tracteurs, soit en actionnant les hélices, quel que soit son poids, il est infiniment plus délicat de réaliser les mises à l’eau des hydravions, de même que leur mise à terre et leurs manœuvres sur le sol pour vies abriter sous les hangars. Et nous ne pouvons pas songer un seul instant
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- LES PORTS AERIENS
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- à laisser flotter les hydravions sur l’eau pendant plusieurs semaines, voire même pendant quelques jours.
- Si l’hydravion est en effet muni d’une coque en hois, celle-ci, pour n’être point trop lourde et ne pas constituer un poids mort désastreux, ne peut qu’être d’une construction assez légère; sous l’influence de l’eau, les hois contreplaqués se décollent, se gonflent, donnent lieu à des voies d’eau ou tout au moins à des alourdissements graves qui font perdre aux avions leurs qualités de vol.
- Ces inconvénients qui se manifestent assez lentement sous les climats tempérés deviennent rédhibitoires sous les climats tropicaux, la chaleur et surtout les tarets transforment les coques en écumoires sans cesse en réparations (Congo belge,
- Guyane).
- Si les hydravions étaient munis de coques ou de flotteurs en duraluminium, ils ne pourraient songer à aquarir qu’en eau douce et non sur les mers, l’eau salée attaquant le dur-aluminium dangereusement; on fut donc réduit à expérimenter, comme nous l’avons dit au cours d’articles antérieurs, des coques en tôle d’acier,
- mais cette solution n’est point encore généralisée.
- Il faut donc prévoir le garage des hydravions à terre non seulement pour les réparations, mais même au cours de l’exploitation; il en résulte des manœuvres assez simples tant qu’il ne s’agit que de petits avions, mais des plus délicates s’il s’agit de gros hydravions pesant plusieurs tonnes. Différentes méthodes ont donc été utilisées suivant les avions et les circonstances locales.
- Si les aéroports aquatiques sont installés dans un port maritime disposant d’un outillage puissant, on peut faire appel aux grues mécaniques qui soulèvent l’hydravion de l’eau et le posent sur un chariot à roues.
- On conçoit que cette méthode n’est pratique que pour de petits avions, d’abord en raison de l’outillage nécessaire, puis en raison des difficultés de réaliser l’accrochage d’un câble en un seul ou en deux points de l’avion sans faire subir de déformations dangereuses à sa charpente qui n’est point calculée pour résister à des efforts de ce genre.
- Fig. i. — Mise à l’eau d’un hydravion par grue.
- Au bord des lacs, de certaines rivières et de certaines mers, on peut utiliser des1 plans inclinés appelés « slips », qui descendent sous l’eau et sur lesquels roulent les chariots porte-avions qui, ainsi, peuvent sans difficulté être chargés ou déchargés des hydravions, absolument comme il est procédé pour le lancement des canots de sauvetage côtiers. Cette méthode, est assez délicate pour les très gros avions, de plus, elle n’est guère utilisable sans d’excessifs travaux au bord des rivières ou des mers qui subissent d’importantes variations saisonnières de niveau (Congo, Niger, etc.).
- Dans ce cas, il faut que le slip soit prolongé très avant sous le niveau des hautes eaux, ce qui représente des milliers de mètres au bord de certains
- fleuves.
- D’autres solutions ont été cherchées ; par exemple l’emploi de docks flottants analogues à ceux qui permettent le renflouement des navires, docks qui, par introduction d’eau, s’immergent sous l'avion et qui émergent ensuite en le soulevant, soit que l’eau ait été pompée, soit qu’elle ait été chassée par de l’air comprimé; cette solution nous semble un peu trop complexe pour être utilisée actuellement.
- Enfin les constructeurs d’avions frappés de ces difficultés et aussi de l’inaptitude des avions pourvus d’un seul moyen d’essor terrestre ou aquatique, lorsqu’ils volent au-dessus d’un élément qui n’est point celui pour lequel ils sont construits, tel le cas des avions terrestres actuels Paris-Londres lorsqu’ils passent la Manche, ont essayé de construire des avions ayant la faculté de rouler sur le sol et de flotter sur l’eau, c’est-à-dire des avions amphibies. Pouvoir simultanément atterrir sur les terrains des aéroports terrestres et aquarir sur l’onde des aéroports aquatiques n’était point un problème aisé ; nous pouvons toutefois considérer que la solution pratique est trouvée, elle est d’ailleurs maintenant appliquée sur de nombreux; avions. Les dispositifs amphibies se composent d’une coque normale d’hydravion à laquelle ont été adjointes des roues mobiles qui relevées, restent au-dessus du niveau de l’eau et qui, abaissées, viennent en contact avec le sol ; ces mouvements sont obtenus par un mécanisme très
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- simple, un volant, une vis sans fin, et un secteur commandé sur lequel les roues sont montées.
- Si ce dispositif présente de nombreux avantages de sécurité'et de maniabilité, son montage alourdit quelque peu l’hydravion et entraîne une augmentation de la résistance à l’avancement, tout ceci est à perfectionner et nous ne doutons pas que les hydravions de l'avenir soient tous amphibies. De tels avions gagnent l’eau par leurs propres moyens sur des pentes douces, ils en sortent de même pour gagner leur hangar.
- On peut penser que si les travaux de l’ingénieur
- porte-torpilles ou porle-bombes constituaient des armes offensives et défensives incomparablement plus puissantes que les cuirassés et infiniment moins onéreuses. De hautes sommités navales se demandèrent s’il ne fallait pas plutôt concevoir des flottes d’avions de haute mer et supprimer les mastodontes d’acier qu’une torpille placée par un avion de 3000 kg suffit à anéantir. Mais un obstacle réduit singulièrement la portée offensive de cette nouvelle arme; le rayon d’action d’un avion moderne est assez limité, il est encore plus faible s’il transporte les grosses .bombes ou les torpilles de 500 à
- Fig. 2. — Mise à l’eau délicate d’un hydravion Caproni au moyen d’un slip. (Les flotteurs reposent sur un chariot détachable.)
- allemand Dornier se poursuivent normalement èt que si les coques en tôle d’acier se comportent aussi bien à l’eau douce qu’à l’eau salée, les futurs aéroports aériens seront constitués par une série de petites loges analogues à celles des sous-marins dans les ports de guerre ; ces hydravions ne seraient mis hors eau que pour les réparations ou l’entretien des coques.
- En abordant maintenant la question des navires porte-avions, nous touchons à la grande controverse moderne qui divise les partisans des flottes de guerre de haut bord et l’école plus récente qui préfère les navires - spéciaux tels que les sous-marins et les croiseurs rapides combattant en liaison avec des flottes aériennes. '
- A la suite, en effet, d’expériences menées en France, en Grande-Bretagne, et tout particulièrement aux Ltats-Unis, il fut démontré que les avions
- 1000 kg nécessaires pour défoncer les coques de cuirassés; or, il ne faudrait pas qu’une flotte navale ait le moyen de se garer d’une attaque aérienne en croisant simplement à quelques centaines de kilomètres des côtes ou des ports aériens. La nouvelle tactique aérienne prévoit donc des ports aériens flottants et mobiles, capables d’accompagner les flottes navales au cours de leur déplacement et permettant ainsi aux avions de participer aux combats du large ; on se souvient encore de la hardie attaque anglaise contre Kiel ; les avions offensifs avaient été amenés auprès des côtes allemandes à bord de navires spéciaux.
- Nous pouvons enfin envisager le guidage des tor pilles par T. S. F. du haut d’un avion qui dominera le combat des quelques milliers de mètres nécessaires pour être à l’abri des coups de l’ennemi ; nous ne nous étonnerons donc plus de l’âpreté qui présida
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- aux discussions de Washington, lorsqu’il s’agit de limiter le nombre et la capacité des navires porte-avions, ce sont eux qui décideront des futurs combats.
- Pour rendre ces ports aériens flottants capables de rendre les services qu’on attend d’eux, il fut nécessaire de vaincre certaines difficultés qui, de prime abord, parurent insurmontables, mais qui sont déjà maintenant en partie aplanies ; parmi les plus importantes, citons le départ et le retour des avions et leur garage dans les flancs du navire.
- La solution la plus simple, en ce qui regarde le départ et le retour à bord est évidemment l’usage d’avions aquatiques, qui peuvent être posés sur l’eau ou enlevés de l’eau au moyen de grues spéciales portées par le navire ; malheureusement ces opérations faciles à exécuter par temps calme deviennent bien délicates et longues dès que la houle du large prend un peu de creux.
- Par ailleurs, on cherchait aussi à utiliser de légers avions* sans coques, qui, plus rapides, étaient destinés à éclairer les flottes par leurs reconnaissances, et -on fut amené à disposer sur certains navires des plates-formes de départe
- Les premières de ces plates-formes furent montées sur les pièces mêmes d’artillerie, la photographie ci-jointe (fig. 5) en donne un curieux exemple, mais ce ne fut qu’un aménagement de fortune permettant bien aux avions de prendre leur essor, et avec quels dangers, mais ne permettant pas le retour à bord ; ces petits avions lancés en haute mer étaient donc
- perdus. Ensuite fut envisagé le lancement des avions au moyen de dispositifs procédant de la catapulte et analogues à ceux qui permirent aux frères Wright de lancer dans l’air leurs premiers avions; catapultes à vapeur ou à ressort qui, sur quelques mètres de course, font acquérir aux avions, grâce à une accélération extrêmement rapide, la vitesse necessaire à leur sustentation.
- Cette dernière méthode, moins dangereuse que celle qui n’utilisait que les petites plates-formes mobiles placées sur pièces de canon, tombe toutefois sous la même critique en ce qui concerne le retour des avions à bord et elle paraît devoir soulever d’assez grosses difficultés lorsqu’il s’agira de lancer les lourds avions porte-torpilles ou de bombardement, or, ce sont bien ces types d’avions qui joueront le rôle actif dans les futurs combats navals.
- C’est pourquoi furent créés de véritables ports aériens, flottants et mobiles, soit par la construction d’unités nouvelles bien adaptées à leurs fonctions* soit par la transformation de croiseurs ou de cuirassés non terminés.
- Ces navires porte-avions se composent en premier lieu du port proprement dit, comprenant les soutes où sont garés les avions, les ateliers de réparations et d’entretien, les réserves de projectiles et le logement du personnel ; ils se composent en second lieu de la plate-forme de départ qui recouvre tout le navire dont les superstructures habituelles, cheminées, mâts, passerelles, ont été entièrement supprimées. Les avions sont élevés du fond des soutes jusqu’à la plate-forme au moyen d’as censeurs puissants.
- Nous ne pouvons donner de détails sur les aménagements de ces navires qui appartiennent à notre flotte de guerre, signalons toutefois qu’ils arrivent à constituer des pistes parfaitement plates de 200 mètres de longueur sur 21 mètres de largeur, et qu’au cours des manœuvres de décollage et d’atterrissage des avions, ces pistes peuvent, par modification du cap suivi par le navire, s’orienter nettement face au vent et mettre les avions dans les meilleures conditions possibles.
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- Fig. 5. — L’avion à ailes pliantes Parnall, vu avec les ailes repliées.
- Nous devons dire maintenant quelques mots de certaines facilités exceptionnelles dont bénéficient les avions qui doivent décoller ou se poser sur d’aussi restreints espaces et qui sont de nature à permettre ces manœuvres, même aux plus lourds avions de bombardement, alors que justement ce sont ceux-là qui éprouvent le plus de difficultés dans les conditions normales des aéroports terrestres.
- Nos lecteurs savent que les avions né peuvent voler et se soutenir sur l’air que s’ils ont acquis une vitesse déterminée par rapport à l’air ambiant, et c’est dans le but d’atteindre cette vitesse que ces avions roulent assez longuement sur le sol avant de décoller. Or, si nous supposons qu’un avion torpilleur a besoin de se déplacer par rapport à l’air, avec une vitesse de 80 km à l’heure pour décoller, s’il
- se trouve à bord d’un navire qui avance déjà à la vitesse de 50 km à l’heure, pour se trouver dans de bonnes conditions de décollage, cet avion n’aura plus qu’à acquérir lui-même sur le navire et dans le sens de sa marche, une vitesse de 30 km à l’heure; si, de plus, ce navire avance encore à 50 km à l’heure et contre un vent marin de 30 km, soit de 8 mètres seconde, l'avion, sans même rouler, se trouvera par rapport à l’air ambiant, en situation de décoller sur place. Ce même avion pourrait, en plein vol, se maintenir à quelques mètres au-dessus du navire, sans inconvénients ; des essais de ce genre ont été parfaitement réussis et il semble même nous souvenir d’une photographie tout à fait curieuse représentant un avion en plein vol, dont un expérimentateur pouvait toucher le train d’atterrissage. Effectuées dans ces conditions ou dans des [conditions
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- Fig. 6. — L’avion anglais Parnall (avion marin de grande reconnaissance) avec dispositif amphibie permettant le décollage d’un navire à plate-forme et l’acjuarissage en mei.
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- Fig. 7. — Avion à fuselage pliant Parnall.
- analogues, les manœuvres de décollage et d’atterrissage, peuvent être réalisées sans difficulté sur des plates-formes très réduites. Bien entendu, nous ne tenons pas compte dans cette explication théorique de tous les éléments perturbateurs qui compliquent ces manœuvres, tels que le roulis, le tangage, et enfin, les plus ou moins grandes facilités qu’aurait le navire pour se mettre vent debout, etc...
- D’autres difficultés se sont présentées lorsqu’il s’est agi d’utiliser ces aéroports flottants : les dimensions intérieures d’une coque de navire sont assez restreintes, de plus, les espaces libres sont généralement sectionnés par les couples ou les cloisons qui donnent aux coques leur résistance statique, et on ne pouvait donc songer qu’à garer un très petit nombre d’avions, nombre encore diminué par suite delà nécessité de prévoir l’accès de l’ascenseur pour tout avion sans avoir à effectuer dans l’in-
- térieur de la coque des manœuvre» complexes.
- Les marins demandèrent donc aux constructeurs de concevoir des avions pliants ou tout au moins très rapidement démontables et remontables.
- On peut concevoir les avions pliants de deux manières bien distinctes, ou que ce soient les surfaces portantes qui se plient, telles par exemple, les ailes du grand avion Handley Page ou les ailes de nombreux avions anglais destinés au service naval, ou que ce soit le fuselage même de l’avion qui se plie, ce qui parait toutefois moins avantageux en ce qui concerne l’encombrement; nous pouvons citer l’avion anglais Parnall dont le fuselage se plie en quelques secondes sans avoir à toucher même aux commandes des gouvernes arrière.
- Les avions démontables rapidement sont en particulier quelques avions du type monoplan cantilever dont l’aile unique peut s’enlever par démontage de quelques boulons sans que le réglage en soit affecté tel que le petit avion allemand Gabriel ou que le plus grand avion Fokker, etc.
- Cette solution ne pourrait convenir aux avions gros porteurs, généralement, biplans, car le démontage de la cellule entraînerait trop de complications.
- Il paraît maintenant certain que l’aviation navale est sur le point de détrôner les cuirassés, monstres d’acier trop„ vulnérables et en sommé d’un rendement destructif très inférieur aux armes aériennes, tant en quantité d’explosif : qu’en, portée, le développement des navires porte-avions est donc dans une bonne voie de progression.
- Figs 8. — Avion à aile mobile Gabriel.
- (Petit avion éclaireur allemand dont le plan mobile peut en quelques secondes se placer dans le sens du fuselage.)
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- 42 -..— L’ULTRA SENSIBILISATION DES PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES
- La technique aérienne étant dans une perpétuelle évolution, il est naturel de penser que les aéroports actuels subiront le contre-coup de cette évolution. En' particulier, nous pensons que les manœuvres actuelles de décollage ou d’atterrissage des avions ne présenteront plus les mêmes caractères et que, par exemple, les avions de l’avenir comporteront des dispositifs permettant d’atterrir et décoller avec des vitesses très réduites (surface variable, incidence variable, portance variable, etc.), qui ne justifieront plus l’utilisation de vastes terrains. Peut-être même pour-ra-t-on créer au milieu des grandes villes à desservir des plates-formes aménagées pour le transit ; les pannes de moteur n’existant plus, les terrains de secours seront supprimés ; peut-être tous les avions seront-ils même lancés par des dipositifs du genre catapulte, etc.
- Nos petits-neveux n’en seront pas plus étonnés que nous ne le sommes devant les chemins de fer souterrains que personne n’aurait osé prévoir il y a seulement 50 ans.
- Terminons en souhaitant que le Gouvernement éLudie sérieusement la possibilité de réserver le terrain d’Issy-les-Moulineaux à la navigation aérienne dès qu’elle jouira de moteurs sûrs et qu’on n’y laisse plus construire sans nécessité d’immenses
- usines ou des bâtiments militaires, alors qu’à quelques centaines de mètres se trouvent des terrains vagues inutilisés. Si nous voulons que Paris devienne la plaque tournante aérienne des grandes lignes aériennes d’Europe, il est indispensable que son aéroport réponde véritablement aux nécessités du transport I aérien. Jean-Abel Lefranc.
- V = 30 Km. h.
- Fig. g. — Croquis des vitesses relatives d’un avion et d’un navire porte-avions.
- N, navire porte-avions naviguant à 5o km à l’heure ; A, avion en vol à 8o km à l’heure; v, vent debout de 3o km à l’heure. L’avion A est théoriquement immobile par rapport à la plate-forme du navire, il peut donc décoller ou atterrir sans rouler.
- L’ULTRA-SENSIBILISATION DES PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES
- Depuis l’origine même de la photographie, c’est-à-dire depuis les immortels travaux de Niepce et de Daguerre, la recherche de procédés permettant d’augmenter la sensibilité à la lumière des surfaces photographiques a tenté un grand nombre de savants, voire même d’amateurs.
- Tour à tour, suivant les procédés employés, les corps les plus divers, sous forme de vapeurs, de liquides, de dissolutions, les agents physiques et chimiques ont été utilisés pour accroître la sensibilité des surfaces à la lumière.
- Rappelons simplement pour mémoire quelques procédés antérieurement signalés, par exemple l’accélération constatée par Fizeau des plaques daguerriennes soumises aux vapeurs de brome; l’emploi de sirop de gomme, de dextrine ou de miel dans le procédé à l’albumine, donnant plus de perméabilité à la couche ; l’usage de l’acide gallique dans le procédé au collodion, tanin et dextrine, et la substitution possible du thé et du café au tanin ; l’utilisation d’une solution alcaline (ammoniaque liquide ; solution de carbonate d’ammoniaque ou de soude) dans la préparation de l’émulsion au bromure d’argent, etc.
- MM. Eder et Toth ont donné la formule suivante d’un accélérateur pour plaques au gélatino-bromure (') : Eau, 100 parties ; azotate d’argent,
- 1. Davànne, Traité théorique et pratique de Photographie, tome I, 1886.
- 10; acide citrique, 10. On ajoute ensuite : alcool, 200 parties.
- Les plaques sont immergées dans ce bain, et on doit les faire sécher très rapidement. La sensibilité est plus que doublée, mais la conservation est à peine de 24 heures et somme toute ce procédé n’est guère pratique.
- Voici une autre formule d’accélérateur pour plaques au gélatino-bromure (*) : alcool à 80°,100 ce. solution d’azotate d’argent à 6 pour 100, 1 à2c.c. ; ammoniaque, 20 c.c.
- Immerger les plaques pendant 3 à 4 minutes et sécher rapidement. Utiliser aussitôt. Les plaques ainsi préparées sont cinq fois plus rapides qü’avant l’immersion.
- Ce rappel de quelques moyens, peu employés d’ailleurs, a simplement pour but de montrer, combien l’étude des procédés destinés à augmenter la sensibilité des plaques a excité la sagacité des chercheurs.
- La plaque « autochrome », que connaissent bien tous les praticiens de la photographie des couleurs,' était une de celles pour lesquelles l’accroissement de sensibilité se faisait le plus désirer. La sensibilité est assez faible en raison des conditions de soi} emploi : on l’expose à l’envers, dans la chambre noire, le verre tourné vers l’objectif. La lumière, après avoir traversé le verre, traverse à son tour les
- 1. Photo-Revue, 1er février 1899, p. 80,
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- L’ULTRA-SENSIBILISATION DES PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES ---------- 43
- grains de fécule colorée; enfin l’écran spécial compensateur jaune orangé absorbe un certain nombre de radiations. La sensibilité est ainsi en moyenne 50 à 60 fois plus faible que celle d’une plaque noire rapide ordinaire (type de la plaque « étiquette bleue » de Lumière).
- Dès le 14 juin 1910, M. Simmen présente à la Société française de Photographie un procédé d’hypersensibilisation des plaques autochromes réalisé en combinant plusieurs colorants sensibilisateurs : pinachrome, pinaverdol et pinacyanol, en solutions alcooliques très diluées, avec addition d’ammoniaque. La plaque traitée par ce procédé avait acquis ainsi une sensibilité 4 à 5 fois plus grande, permettant, dans des conditions très particulières d’éclairage, de réaliser des photographies en couleurs à très courte exposition.
- L’hypersensibilisation des plaques « autochromes » ht ainsi, de 1910 à 1912, de grands progrès pratiques. Des procédés furent publiés et M. Adrien présenta à la Société française de Photographie, le 15 mars 1912, un ingénieux matériel permettant à tout amateur d’hypersensibiliser facilement ses plaques « autochromes ».
- Au début de 1912, M. Monpillard, bien connu par l’ensemble de ses travaux photographiques et notamment par ses recherches sur la construction et l’emploi des écrans colorés, fit connaître à M. Léon Gimpel le résultat des premiers essais faits par lui au laboratoire pour accroître la sensibilité des plaques « autochromes ». Ces premiers résultats étaient extrêmement encourageants, montrant un accroissement considérable de la sensibilité (des mesures ultérieures ont prouvé que les plaques ainsi traitées étaient 50 fois plus rapides qu’aupa-ravant). La conservation, toutefois, était bien courte, d’une durée maximum de quelques heures. Cette particularité, bien que constituant un grave inconvénient, permettait cependant des applications nombreuses. M. Monpillard, à la fin de 1912, proposa à M. Gimpel de vouloir bien étudier les applications
- H2"h,' 4 D lï k
- Fig. 2. — Photographie d'un- spectre continu.,
- En haut,, sur plaque rapide (Lumière violette); en bas, sur même plaque ultra-sensibilisée. (Phot. Monpillard.)
- Le temps de pose a été le même pour les deux spectres.. On remarque l’étendue considérable du spectre vers le ' rouge enregistrée par la . plaque ultra-sensibilisée.
- Fig. 1. — Photographie d’une mire colorée constituée par des étoffes aux principales couleurs du spectre et d’étoffes blanche, gris neutre et noire. {Phot. h. Gimpel.)
- En haut, cliché fait sur plaque « violette » normale ; en bas, cliché fait avec une posé moitié moindre, sur plaque « violette » ultra-sensibilisée. Remarquer que la pose a été correcte pour le blanc, le gris et le noir, venus avec -la même intensité dans les deux spectres. Mais remarquer surtout l’extraordinaire action photographique subie par la plaque ultra-sensibilisée dans le rouge, l’orangé et le jaune.
- pratiques du nouveau procédé, et, en même temps, le d 7 janvier 1913, il déposa, à la Société française de Photographie, un pli cacheté lui permettant de conserver la priorité du procédé et la recherche d’améliorations notables pour mieux le mettre à la portée des opérateurs.
- M. Gimpel a appelé cette méthode ultra-sensibilisation pour la différencier des anciens procédés moins efficaces connus sous le nom à’hypersensibilisation.
- Depuis cette époque, M. Léon Gimpel a réalisé un très grand nombre de photographies en couleurs instantanées (au centième de seconde), sur plaques « autochromes » ultra-sensibilisées, et il a poussé très loin l’application du procédé de M, Monpillard.
- Gomme nous le verrons plus loin, il appliqua le procédé aux plaques photographiques, en noir et obtint des résultats si. remarquables qu’un certain nombre de personnalités scientifiques, astronomes et physiciens, entrevoyant le grand intérêt de l’emploi du nouveau procédé dans le domaine scientifique, et en particulier en astronomie, insistèrent pour qu’il soit rendu public.
- Sur ces demandes pressantes, M. Monpillard voulut bien consentir à l’ouverture du pli cacheté déposé par lui en 1913. Ce pli a été ouvert dans la séance du 24 mars 1922 de la Société française de Photographie, et M. Léon Gimpel vient de résumer, dans un long article, très documenté, du Bulletin de la Société française de Photographie, l’ensemble de la question.
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- La différence entre /V/fro-sensibilisation et Y hyper-sensibilisation réside uniquement dans l’introduction d’une petite quantité de chlorure d’argent dans la solution ammoniacale que l’on ajoute au moment de l’emploi à la solution de colorants sensibilisateurs, solution à laquelle rien n’a été changé. Voici les formules :
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- Solutions mères.
- Pinaverdol.................. 1 gr.
- Alcool à 90°........... 1000 gr.
- Pinachrome............. 0,05
- Alcool à 90°............. 1000 gr.
- ( Pinaqanol.............. 0.1)5
- G i Alcool à 90°........... 1000 gr.
- D. — Solution de réserve.
- Solution A. . ..............100 cc.
- B................. . 100 cc.
- — C. ....... V 47 cc.
- Ces trois derniers chiffres, avec l’instabilité des matières colorantes, n’ont rien d’absolu.
- E. — Solution sensibilisatrice concentrée.
- Solution de réserve D............. 400 cc.
- Alcool à 90°...................... 600 cc.
- F. — Solution spéciale a l’ultra-sensibilisation.
- Eau distillée...................... 92 cc.
- Ammoniaque à 22° . . . . 8 cc.
- Chlorure d’argent............'. 0 gr. 2
- G. — Solution sensibilisatrice prête a l’usage.
- Solution concentrée E. . . . 10 cc.
- — spéciale F................. 10 cc.
- Alcool à 22°,5..................... 80 ce.
- Pour l’emploi, un petit matériel spécial est nécessaire, car il faut mener les opérations avec la plus grande promptitude possible : le dessiccation rapide de la plaque estune question de toute importance.
- On devra donc se munir d’un centrifugeur électrique ou hydraulique et d’un ventilateur envoyant un violent courant d’air dans une boite à chicanes où l’on place les plaques à sécher.
- Toutes les opérations doivent être effectuées dans l’obscurité à peu près complète. M. Gimpel, poür le traitement des « autochromes » normales s’éclaire au moyen d’une lanterne munie de trois papiers « Yirida » (1 jaune et 2 verts), la source de lumière étant une lampe électrique à filament de carbone dë 5 bougies. Pour l’ultra-sensibilisation, il sliperposc aux papiers précédents un verre vert cathédrale, mais il laisse tout le matériel de sensibilisation dans l’ombre, à l’abri du faisceau projeté par la lanterne.
- La sensibilisation doit s’opérer à basse tempéra-ture. En été, on placera la cuvette dans un mélange réfrigérant de parties égales d’azotate d’ammoniaque et d’eau.
- La plaque « autochrome » est plongée pendant 3 minutes dans le bain sensibilisateur, transportée aussitôt dans l’essoreuse, puis dans le ventilateur. Le séchage, avec une installation convenable, est effectué en 3 ou 4 minutes.
- On emploiera un objectif de grande ouverture.
- M. Gimpel, pour réaliser ses photographies « autochromes )) instantanées d’objets eu mouvement, a utilisé un objectif d’ouverture F/4, muni de l’écran J.Ha préparé par M. Monpillard, et servant également aux plaques simplement hypersensibilisées.
- Le développateur à employer est la métoqui-none. Des expériences .ont. prouvé qu’on pouvait poser environ 3 fois moins en utilisant ce révélateur qu’avec l’acide pyrogallique.
- Le développement doit être effectué dans le délai le plus rapide : en effet, la durée de conservation des « autochromes » ultra-sensibilisées s’est montrée très irrégulière, sans qu’il ait été possible de poù-voir expliquer ces irrégularités. Le délai le plus long après lequel M. Gimpel a pu développer convenablement une plaque a été de 45 h. 1/2. Il est prudent, en moyenne, de ne pas dépasser 24 heures.
- Le procédé d’ultra-sensibilisation a montré parfois des insuccès dont la cause semble avoir été trouvée récemment par M. Monpillard. Celui-ci, faisant usage de solutions colorantes et de chlorure d’argent ammoniacal préparés en 1914, et conservés à l’abri de la lumière, a obtenu de bons résultats, les mêmes qu’en 1914. M. Monpillard attire l’attention sur le fait qu’il a pris soin de ne procéder à la préparation du chlorure d’argent et à sa dissolution qu’en lumière jaune seulement. M. Gimpel, depuis 1916, avait constaté des insuccès inexplicables : il est possible que le chlorure d’argent commercial dont il faisait usage, bien que conservé à l’abri de la lumière, avait dû auparavant être manipulé au jour.
- M. Monpillard aLtribue à cette cause les insuccès à allure un peu mystérieuse, constatés par M. Gimpel de 1916 à 1920.
- * *
- L’application du procédé de M. Monpillard à la photographie noire a donné des résultats particulièrement heureux, puisqu’elle a permis l'instantané la nuit, avec l’éclairage ordinaire, sans emploi de magnésium.
- Dé boutés les plaques essayées, les plaques « violettes » de la marque Lumière ont donné les meilleurs résultats puisque leur sensibilité, après ultra-sensibilisation, atteint environ 50 fois celle des plaques « bleues ».
- Les essais ont été faits sur un nombre limité de plaques différentes. Il serait intéressant de les étendre à la plupart des marques existantes.
- La figure 1 montre bien le mécanisme de cette augmentation de sensibilité. Elle représente un spectre artificiel, une « mire », formé avec des étoffes colorées correspondant, à peu près, aux sept couleurs classiques du spectre. En outre, à droite, on a placé trois étoffes : blanche, gris neutre et noire. Le spectre du haut a été photographié sur plaque « violette » normale, posée 20 secondes h F/64, l’éclairagë étant fourni par deux lampes à
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- L’ULTRA-SENSIBlLISATION DES PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES = 45
- Fig. 3. — Photographie sur plaque ullra-sensibilisèe, à la seule lumière des lampes à incandescence. (Pose : i seconde à F/4.)
- (Phot. L. Gimpel.)
- Assemblée générale de la Société Astronomique de France du i,r avril 1914. Au Bureau, lisant : M. le comte de la Baume Pluvinel, président; à sa gauche, M. Camille Flammarion, M. Deslandres, directeur de l’Observatoire de Meudon, M. Érn. Belot ; à sa droite, M. P. Appell, recteur de l’Académie de Paris, M. P. Puiseux et M. Boquet, astronomes à l’Observatoire de Paris; derrière M. Boquet, notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume, directeur du Bureau international des Poids et Mesures.
- incandescence de 25 bougies placées de chaque côlé, et à 0m, 20 en avant de la mire.
- L’image inférieure a été obtenue avec une pose moitié moindre (soit 10 secondes) sur plaque étiquette « violette » ullra-sensibilisèe : l’examen comparatif du gris neutre des deux images montre qu’elles ont reçu la pose correcte pour l’interprétation de cette teinte et on constate, pour la pose deux fois plus courte, une augmentation considérable delà sensibilité pour le rouge, l’orangé et surtout pour le jaune. Dans cette couleur, la plaque ultra-sensibilisée paraît 20 fois pins sensible que la plaque ordinaire.
- Le temps de pose pratique découlant de cette expérience correspond à 1/25 de seconde avec une ouverture de F/4.
- En résumé, sous l’action des colorants, il y a exaltation considérable de la sensibilité de la plaque pour les couleurs les moins réfrangibles du spectre. Or, dans la photographie nocturne, on utilise sur!ont ces radiations qui se trouvent en abondance dans les lumières artificielles.
- Il sera du plus haut intérêt de connaître le résullat des photographies de véritables spectres que fait actuellement M. Monpillard.
- Dès maintenant, il nous a fait parvenir les 2 pho-
- tographies de la ligure 2. Elles montrent le phénomène déjà révélé dans la photographie de la mire colorée précédente, c’est-à-dire l'extension de la sensibilité vers le rouge pour la plaque ultra-sensibilisée. Sur ces spectres (lumière de l’acétylène) on a reporté la position des principales raies.
- L’excellent panchromatisme de la plaque « violette » ultra-sensibilisée se révèle dans la photographie ci-jointe (fîg. 4) où l’on voit, au plafond de la salle, avec la même intensité, des tubes au néon et des tubes à vapeur de mercure. Sans l’emploi d’aucun écran compensateur spécial, leur intensité ‘ photographique est venue rigoureusement semblable. Les premiers sont riches en rayons rouges, les seconds en rayons bleus et violets.
- L’altération des plaques noires ul-tra-sensibilisées est moins rapide que celle des plaques « autochromes » ayant subi le même traitement : on peut fixer approximativement à un minimum de 5G heures le délai normal de leur conservation ; le mode opératoire est exactement le même que pour l’autochrome, sauf la durée d’immersion qui doit être portée à 5 minutes en raison de la plus grande épaisseur de la couche sensible; pour la même raison, la dessiccation est plus lente, mais
- Fig. 4. — Inslanlanè lent fait à la main, au 7/4 de seconde, à FI4. sans aucun écran. {Phot. L. Gimpel.)
- Cette vue, d’un bar du boulevard Saint-Denis, a été prise le 3 février 1914. Elle est particulièrement instructive, parce qu’elle montre, avec une égale intensité, les tubes de néon et les tubes à vapeur de mercure disposés en couronnes concentriques au plafond, qui forment l'éclairage principal de l’intérieur du bar. On sait que les premiers émettent surtout des radiations rouges; les tubes à mercure, au contraire, donnent surtout des radiations bleues et violettes.
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- Fig. 5. — Photographie sur plaque ultra-sensibilisée.
- La place de l'Opéra pendant la représentation de gala offerte aux souverains anglais, le 22 avril 1914. Vue prise du Cercle militaire. Pose : 5 secondes à F/4. (Phot. L. Gimpel.)
- reste dans les limites d’une dizaine de minutes.
- La même cause inconnue qui donna lieu aux insuccès avec les plaques « autochromes » a également affecté les plaques noires. Les recherches récentes de M. Monpillard, comme on l’a vu plus haut, semblent avoir éclairci la question. Rien de spécial à dire concernant le développement.
- *
- * *
- M. Monpillard rappelle que dans son procédé ü’ullra-sensibilisation se trouve une réminiscence du principe des plaques Yogel-Orbenetter à l’éosinate d’argent et de la sensibilisation à l’acéto-nitrate d’argent des plaques sans grain de la photographie interférentielle.
- Le nouveau procédé deM. Monpillard, disions-nous, — nous excusant de blesser sa grande modestie — permet d’entrevoir une extension très importante du champ des recherches scientifiques, notamment dans le domaine de l’Astronomie. La plupart des recherches spectroscopiques un peu étendues se rapportent à la région du spectre pour laquelle les plaques photographiques sont le plus sensibles, c’est-à-dire au bleu, au violet et à l’ultraviolet.. La rareté des données correspondant au vert, au jaune, à l’orangé et au rouge tient vraisemblablement au fait qu’on ne possédait pas jusqu’ici d’émulsions suffisamment sensibles dans ces radiations (1). On
- 1. La photographie des spectres stellaires, par P.vtn, W. Merrim. : Publications oj lhe Aslronômical Society of Pacific (traduction dans VAstronomie, mars 1922).
- était limité par l’exagération du temps de pose dès que les étoiles devenaient peu lumineuses.
- L’accroissement de sensibilité des plaques photographiques, surtout dans la partie la moins réfrangiblc du spectre, permettant de diminuer considérablement la durée d’exposition ou bien d’atteindre des astres plus faibles, est donc plein de promesses et déjà plusieurs astronomes se proposent dutiliser le nouveau procédé. *
- Dans un domaine plus pratique, la plaque ultra-sensibilisée, qu’elle soit en couleurs ou en noir, permet d’aborder un nombre considérable de sujets où l’on se trouvait arrêté à la fois par le manque de lumière et la mobilité des objets.
- On doit espérer, en outre, que des travaux plais nombreux vont surgir de divers côtés pour le perfectionnement de ce procédé (’), et à ce point de vue on'doit remercier MM. Monpillard et Gimpel d’avoir publié le résultat de leurs recherches.
- En le faisant, ils se sont rappelé que, depuis la séance mémorable de l’Académie des Sciences du lundi 19 août 1839 dans laquelle Arago fit connaître les procédés de Daguerre et de Niepce, la photographie a toujours été une application de la science à la portée de tous.
- Em. Tocciiet.
- 1. Au moment de mettre sous presse nous apprenons qu’une importante lirme française vient d’entreprendre des essais en' vue de la fabrication de plaques ullra-sensibilisées de bonne conservation. Il n’est pas besoin d'être très versé dans les éludes photographiques pour souhaiter le succès à ces recherches. L’apparition d’une plaque, environ 5 à 6 fois plus rapide que toutes les plaques connues, constituerait un énorme progrès.
- Fig. 6. — Sensibilité comparée d’une Plaque ordinaire (à gauche) et d’une plaque ultra-sensibilisée (à droite).
- Pose' identique pour les 2 vues : 20'secondes à F/4. Premiér tableau de Kismel au théâtre Sarah-Bernhardt, 3 février 1913. (Phot. L. Gimpel.)
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- L’OSTRÉICULTURE AUX ANTIPODES
- ES Australiens sont friands d’huîtres.
- Par tête d’habitant, la consommation est chez eux trois fois plus grande qu’en Angleterre, le pays d’Europe où les savoureux mollusques comptent le plus grand nombre d’amateurs.La population de la Nouvclle-Fig. i. — Le dètroquage. Galles du Sud, qui est
- d’environ 1900000 âmes, dépense annuellement de ce chef plus de 250000 livres sterling.
- Aussi l’ostréiculture s’est-elle considérablement développée dans la région de Sydney, depuis une dizaine d’années. D’après un journal de celte ville, le Sunday Times, qui publie sur le sujet un article bien documenté, cette industrie occupe 965 km de côtes dans la région de la capitale de la Nouvelle-Galles du Sud, et ses terrains d’élevage ont une superficie totale de 615 acres, soit 246 hectares. Les ostréiculteurs de la région exportent leurs produits dans toute l’Australie. De nouveaux parcs sont actuellement en voie de construction.
- L’industrie australienne diffère sensiblement de l’industrie européenne, comme diffèrent-entre elles les espèces élevées dans les deux pays. Les espèces comestibles d’Europe sont hermaphrodites; de plus, les embryons ne quittent la coquille-mère qu’après avoir accompli une certaine période de développement.
- Chez les espèces australiennes, les sexes sont distincts : une huître est mâle ou femelle. Il va de soi qu’ils diffèrent considérablement, au double ï point de vue de la physiologie et de l’anatomie ; mais 'il est matériellement impossible de distinguer une huître male d’une huître femelle par leur aspect extérieur.
- L’époque du frai n’est pas très régulière : elle dépend d’un ensemble de conditions climatériques, ainsi que de l’état de l’eau. Quand .ces conditions et cet état ne lui paraissent pas satisfaisants, la mère retient son frai, et, avec un instinct qu’on n’attendrait pas d’animaux aussi inférieurs, ajourne sa libération jusqu’au moment propice.
- Dans les eaux de la Nouvelle-Galles du Sud, le principal frai se produit pendant les mois de février et mars ; une période secondaire prend place aux environs de Noël. On a constaté plusieurs fois des retards considérables, la principale période étant alors reportée jusqu’en juin.
- Dans l’heure qui suit sa naissance, l’embryon change de forme, et prend une apparence presque sphérique, qui s’allonge plus tard en forme de
- poire. L’œuf continue à se morceler en cellules jusqu’à ce que l’huître embryonnaire ail atteint progressivement la phase de « nage libre ». Elle développe alors une touffe circulaire de longs cils à l'extrémité de son corps, qui sont ses organes de locomotion. .
- Dès quelle en est armée, elle monte à la surface de l’eau, et commence à ramer vigoureusement, dans tous les sens. Son instinct lui dit que cette phase de nage libre sera courte, et qu’elle doit en profiter pour découvrir un support convenable où s’attacher pour la vie. Si elle n’atteint pas ce but dans les délais voulus, soit l’espace de deux ou trois jours, elle perd sa faculté locomotrice, et tombe sur la boue des fonds, où elle meurt misérablement.
- En outre, pendant cette phase, elle est exposée aux attaques des nombreux poissons qui sont friands de naissain _ (huîtres jeunes), et ne se trouve en sûreté qu’après s’être attachée à un support. Tous les objets lui sont bons, à condition qu’ils présentent des surfaces propres et nettes.
- G’est pendant cette période de mobilité que les éleveurs s’efforcent de capturer le naissain. Les méthodes australiennes varient selon les régions. Dans la Rivière George, qui est le grand centre d’ostréiculture de l’ile-continent, on emploie des plaques de. grès longues d’un mètre environ, et larges d’une trentaine de centimètres, placées en angle sur le lit de vase. Le naissain vient s’attacher sur les surfaces inférieures. A la saison suivante, on renverse les plaques, et les jeunes huîtres se trouvent alors sur les surfaces extérieures. Le nouveau naissain (que les Australiens appellent spcit) se fixe comme le précédent sur les surfaces intérieures.
- Enfin, Tannée suivante, ainsi qu’on le fait en Europe, les huîtres attachées sur les surfaces extérieures en sont arrachées (détroquées) (fig. I), pour être transportées dans les parcs d’engraissage. Ceux-ci diffèrent selon les districts. Dans la Rivière George, on emploie des fonds appelés shell beds. Ce sont des lits naturels formés par des amas de vieilles coquilles, et qui sont toujours couverts, même aux plus basses marées. Ailleurs, les mollusques sont déposés sur des grillages en fil de fer soutenus par des pieux. Mais cette méthode a de gros inconvénients. Après trois années de séjour dans l’eau salée, le fil de fer se casse au moindre choc, et les grillages s’effondrent. sous le poids des huîtres, qui tombent dans la vase et meurent.
- Les meilleures huîtres australiennes sont celles de Port Stephens. Une rivière, qui débouche à proximité des parcs, apporte aux mollusques une abondance de nourriture. Dans ce district, pour retenir le naissain, on emploie des branches de manglier, longues d’un mètre environ. Plantées dans la vase, elles sont réunies quatre par quatre en forme de tente. Les jeunes huîtres viennent se fixer à la surface
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- L’OSTREICULTURE AUX ANTIPODES
- intérieure de ces branchés, d’où elles ne sont arrachées que deux ans plus tard, pour passer dans les parcs.
- La qualité supérieure des huitres de Port Stephens est attribuée à leur séjour sur ce bois spécial. Malheureusement, la consommation de manglier noir est très supérieure à la production, et c’est lin arbre dont la croissance demande Une vingtaine d’années. D’après les calculs du département des Pêcheries, cette essence aura pratiquement disparu de la région d’ici deux ou trois ans. -
- Dans les huitriëres de la _ rivière -Hastings, on emploie avec succès,.pour la capture du naissain, de grandes plaques de ciment armé. Cependant, à l’arrachage, ces plaques sont trop souvent détériorées, quelque habiles et expérimentés que soient les ouvriers.
- L’ostréiculture australienne a’fde grands ennemis. On peut placer au premier rang les violentes crues des cours d’eau, lorsqu’elles se produisent à l’époque du frai. En 1920, les hui-triers de la rivière Ilastings furent ruinés par line inondation qui détruisit tout le naissain.
- •. Quatre espèces de poissons spéciales' aux: eaux australiennes (la brème noire, le toadfish ou poisson-crapaud , le poisson porc-épic, le stin-garee), détruisent de grandes quantités d’huîtres en broyantleurs coquilles entre leurs puissantes mâchoires.
- Le, tva fer wovni (le ver. gaufré) est un autre ennemi redoutable. Ce petit mollusque de couleur blanche, un peu plus grand qu’une pièce de cinquante centimes, et qui a l’apparence d’une inoffensive limace, rôde sans cesse
- sur le bord externe de la coquille supérieure. Dès qu’elle se soulève, il se glisse dans l’intérieur, où il dévore lentement le mollusque.
- . On cite encore le mud-worm, ou ver de boue. De très petite taille, il réussit à se glisser entre les valves, et y dépose une petite quantité de vase, dont le mollusque se débarrasse en la recouvrant de nacre. Après chaque visite de l’indésirable, l’huître édifie ainsi un petit monticule. Et la répétition de ce procédé finit par encombrer démesurément sa demeure, qui devient trop étroite. Tôt ou tard, c’est la mort.
- Enfin, comme dans d’autres régions, l'huître australienne est attaquée par des mollusques armés d’une sorte de lime pointue, à l’âide de laquelle ils percent un trou dans la coquille. Y. For.üix.
- big. 3. — Un collecteur à'/iuil/ca.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lauuke, ruede Fleuras,-9, à Paris.
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- LA NOUVELLE COLLECTION DE CRUSTACÉS DU MUSÉUM
- M. le professeur E.-L. Bouvier a créé vers 1900, au Muséum 'national d’histoire naturelle (Galeries de Zoologie), une salle d’Entomologie appliquée, à l’usage du public et extrêmement intéressante. Or les collections de Crustacés et de Reptiles viennent d’être réorganisées sur Je même plan, grâce à l'initiative de MM. les professeurs Ch. Gravier et L. Roule. Nous les présenterons successivement aux lecteurs de La Nature.
- ou conservés dans l’alcool. Aucune notice explicative ne tempérait l’aridité d’une nomenclature latine qui était incompréhensible pour la très grande majorité des gens. En somme, il fallait s’orienter, au prix de laborieux efforts, dans un maquis de vitrines toutes pareilles et contenant la totalité des espèces de Crabes, de Crevettes, de Homards indigènes ou exotiques, utiles, nuisibles ou indifférentes, intéressantes ou non.
- Dans le Bulletin du Muséum du mois de février dernier, M. le professeur Ch. Gravier avait le plaisir d’annoncer la transformation et l’adaptation aux besoins du public de la partie des collections (Vers, Crustacés, Arachnides, Myriapodes), qui dépend depuis 1917 de sa chaire et de son laboratoire.
- Il s’agit, rien que pour les Crustacés, d’une besogne écrasante. Cette collection est, en effet, une des plus riches du monde.
- Pour donner une idée de son importance, il suffit de rappeler que les vitrines qui la contiennent, au nombre de 444, s’étendent sur une longueur de 500 m. ; les explications nécessaires ont exigé déjà plus de 1000 étiquettes.
- La collection de Crustacés du Muséum est aussi la plus justement célèbre par les travaux de Henri et Alphonse Milne Edwards qui y .furent accomplis à la fin du' siècle dernier et par ceux, plus...récents, de M. le professeur Bouvier.
- Malheureusement, selon l’ancienne méthode de distribution des galeries de zoologie, la collection dont il s’agit était à peu près sans utilité pour les visiteurs ordinaires et meme pour les étudiants. 11 y avait un trop grand nombre d’animaux desséchés
- Que fallait-il donc pour adapter la collection du Muséum à l’enseignement populaire? D’abord la dédoubler : d’un côté la collection des savants spécialistes ; de l’autre celle de tout le monde. Cette dernière ne renferme qu’un petit nombre d’objets bien choisis et accompagnés d’explications claires et substantielles. En outre, une abondante illustration (photographies et dessins) a pour but de faire connaître les habitats et les mœurs des animaux. Nous avons fait reproduire dans cet article, grâce à l’extrême obligeance de M. le professeur Ch. Gravier, quelques-unes des plus intéressantes photographies relatives à l’habitat de certains Crabes. Nous avons le ferme espoir qu’elles vous inciteront à gravir les deux étages du grand escalier de la galerie de zoologie, pour aller parcourir, d’ébahissement en ébahissement, le monde si extraordinaire des Crustacés. N’attendez pas le retour des vacances. « La visite attentive de la collection, dit M. Gravier, doit être une manière de leçon de choses ». Et combien intéressante au moment de partir à la mer !
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- Voulez-vous que nous y allions tout de suite dans 4. — 49,
- Fig. i. — La Squilla inantis.
- — N° 2520. — 22 juillet 1922.
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- LA NOUVELLE COLLECTION DE CRUSTACES DU MUSEUM
- la nouvelle collection de Crustacés du Muséum ? Cette idée vient de nous venir en songeant à la petite difficulté qui se présenterait ,1 vous, si vous y alliez sculs-et sans avertissement préalable.
- Jetez un coup d’œil sur le plan ci-joint (fig. 4), qui représente le vaste hall du musée et le balcon du second étage. Les vitrines que nous avons numérotées de 1 à 22 sont en réalité des groupes de vitrines. Elles contiennent les Crustacés dans l’ordre de la classification zoologique, depuis les Macroures à gros abdomen (Homards, Crevettes, Lan-
- Dans la première vitrine se trouve la Squilla niantis de la Méditerranée. C’est un crustacé tout de suite reconnaissable à son Lrès long abdomen et à ses pattes ravisseuses qui autorisent la comparaison avec la Mante religieuse. S’il n’y avait, comme autrefois, dans la collection, que des Squilles desséchées ou conservées dans l’alcool, le visiteur n’apprendrait rien de plus sur ces intéressants animaux. Mais lisez la notice explicative et examinez les deux dessins en couleurs qui l’accompagnent. Vous saurez alors que la Squille porte ses œufs avec scs pattes antérieures, sous sa carapace, jusque sous sa bouche et ne peut manger pendant toute la durée de l’incubation qui dure de dix à onze semaines. Admirable manifestation, n’est-il pas vrai, de l’instinct maternel chez les bêtes.
- Lcs_ vitrines nos 2 et 5 renferment la totalité des Décapodes Macroures. On appelle ainsi les llo-
- Fig. 2. — Ruisseau dans une forêt du Congo belge. — Habitat de Crabe d’eau douce du genre Pota-mon. (D'après II. Lang.)
- goustes, etc.
- jusqu’aux Crabes ou Brachyoures, dont l’abdomen rudimentaire est caché sous le céphalothorax.
- Dans l’intervalle sont exposés les Anomoures et d’autres intermédiaires entre les deux groupes précédents.
- Les vitrines couvertes de hachures sont consacrées à des Etoiles de mer et à des Araignées. Celles que nous avons revêtues d’un pointillé recèlent les der niers vestiges de l’ancienne collection, appelés à disparailre d’ici peu.
- Revenons aux vitrines de 1 à 22. Les dispositions adoptées sont telles que le visiteur pourra parcourir la collection entière de Crustacés sans passer deux fois par le même point et sans jamais revenir sur scs pas. Le trajet obligatoire est marqué sur le plan par un trait interrompu commençant à un point noir et finissant à une croix. On peut seulement regretter que le début de la collection soit placé si loin — tout à l’opposé même — de la porte d’accès au vestibule et à l’escalier. Mais combien ce léger inconvénient s’oublie dès la première minute, en présence d’animaux si extraordinaires par leurs formes autant que par leurs mœurs.
- Fig. 3.—Intérieur a’une forêt de palétuviers, t>rès de Banana, à l'embouchure du Congo. Entre les racines aériennes vivent de nombreuses colonies de Crabes terrestres (sarmatium, sesarma, etc.). {IFaprès H. Lang.)
- mards, les Crevettes, les Langoustes et les Scyilares. Ils ont pour caractères communs d’avoir 10 pattes servant à la locomotion et un abdomen bien développé qui est la partie musculaire et comestible de ces animaux.
- Dans l’ordre zoologique et dans celui de la collection, les Homards et leurs proches parentes, les Ecrevisses, se présenlent tout d’abord, faciles «à caractériser par leurs grandes pinces. Voici le Homard de Norvège qui est pêché, comme son nom l’indique, sur les côtes rocheuses de la Scandinavie, mais que l’on retrouve également en Méditerranée et qui est vendu partout sous le sobriquet de Langoustine. Le Homard vulgaire a perdu ici sa belle teinte bleue qui se transforme en teinte rouge par la cuisson. Il voisine avec un Homard américain
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- d’une soixantaine de centimètres de longueur et avec un Homard du Cap de 14 ou 15 cm. CeLte extrême petitesse conduit insensiblement à la taille normale des Lcrevisses. Nous reparlerons, dans un article spe'cial, de cette Ecrevisse (Cambarus dio-(jenes) des Jitats-Unis, qui creuse des terriers profonds, souvent à une grande distance des cours d’eau, dans les prairies argileuses. Les Écrevisses européennes font parlic d’un autre type. L’espèce principale est Âslacus fluviatilis qui était abondante jadis dans toutes les rivières de notre pays. Mais la « peste des Écrevisses », due vraisemblablement à un bacille, l’a décimée à partir de 1876. Aujourd’hui l’Écrevisse fluviatile est presque partout remplacée au point de vue commercial, par une autre espèce.
- On se représente généralement les Crevettes comme de petits Crustacés. Or il en existe aux AnLilles de 50 cm et pourvues de pinces extraordinairement développées. Vous les verrez côte à côte avec nos Crevettes indigènes : la Crevette rose ou Bouquet et la Crevette grise. Celle-ci est beaucoup moins élégante et peu appréciée des gourmets. Par contre la Crevette rose (Leander serra lus), qui n’acquiert d’ailleurs cette couleur qu’à la cuisson, est transparente à l’état vivant. Sa tête est prolongée par un rostre barbelé en dents de scie. Elle vit en abondance sur les côtes rocheuses, parmi les algues brunes et les zostères, tandis que la Crevette grise habite de préférence les littoraux sablonneux.
- Les Langoustes n’ont pas de pinces, mais, par compensation, de longues cornes en antennes. Il y en a là plusieurs espèces dont certaines très joliment ornées. Une des plus belles est sans contredit la Langouste royale (Palinurus regius), découverte par Brito Capello en 1864, puis oubliée, puis redécrite en 1905 par M. le professeur Bouvier. La Langouste royale ne vit pas dans les mers tempérées ; son habitat exclusif est la côte occidentale d’Afrique. Les langoustiers bretons vont actuellement la pêcher à Port-Étienne, dans la baie du Lévrier (côte du Sénégal). Le voyage de chaque bateau-vivier dure
- Fig. 5. —Dune littorale à l’embouchure, du Congo. Habitat de Crabes terrestres et coureurs du genre Ocypoda. {D’après H. Lang.)
- Fig. 4. — Plan de la collection de Crustacés du Muséum. Le trait discontinu indique le trajet à suivre.
- une quinzaine de jours et rapporte de 5000 à 10 000 Langoustes sur les marchés européens.
- Nous terminerons cette revue succincte des Crustacés macroures en attirant l’attention des visiteurs du Muséum sur les Scyllares ou Cigales de mer. On ne dira pas qu’elles sont peu intéressantes, ces bêtes aux antennes làrges et aplaties en forme de feuilles. L’une d’elles Scyllarus ardus, assez commune sur nos côtes, est parfois une partie constituante de la bouillabaisse des Marseillais.
- La quatrième vitrine de la collection est consacrée aux Anomoures. Nous nous étendrons peu sur ces êtres dont un article de La Nature a déjà traité l’année dernière (1). La réputation des Pagures ou Bernard-l’Ermite n’a d’ailleurs pas besoin d’être faite. D’autre part nous décrirons dans un article ultérieur les mœurs étranges du Birgue larron ou Crabe des cocotiers.
- Tout au moins par son nom, celui-ci nous rapproche des vrais Crabes ou Brachyoures auxquels sont réservés les dix-huit groupes de vitrines qui nous restent à visiter. Que d’étrangetés dans ce vaste monde ! Nous raconterons en détails une autre fois la vie et lés habitudes des Crabes d’eau douce et des Crabes terrestres qui courent avec agilité sur le sol, grimpent aux arbres, creusent des terriers et ravagent les cultures. Aujourd’hui, soyons bref. Mais comment ne pas se laisser entraîner par l’abon-
- 1. La Nature, a9 2433.
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- Fig. 6. — La Ranina (Ranina clentata) est un Crabe ressemblant à une grenouille et probablement fouisseur.
- dance des matières? Comment dire en peu de mots l’immense variété des formes et des coloris?
- Il y a des Crabes ronds,, ovales, carrés, triangulaires, en forme de trapèze et de losange : toute une géométrie.
- Les Calappes (fig. 7) ressemblent à une coquille dont une valve est la carapace et l’autre est constituée par les pinces exagérément aplaties.
- La carapace des Ixes (vitrine 5) est prolongée à droite et à gauche par une apophyse cylindrique. Us sont ainsi trois ou quatre fois plus larges que longs.
- M. le professeur Gravier a bien voulu attirer nôtre attention sur la Ranina (vitrine 5) qui a l’aspect d’une Grenouille — d’où son nom. Cet animal possède en outre des pattes très élargies (fig. 8) qui doivent lui servir à creuser le sol. On ne connaît rien de sûr relativement à ses mœurs. Des récits fantaisistes laisseraient croire que la Ranina s’introduit, par les cheminées, dans les maisons des indigènes du sud de l’Afrique et des rivages de l’Océan Indien.
- Les Leucosies sont des Crabes « en porcelaine ». On peut qualifier d’autre part de Crabes poilus, les Dromies, les Dorippes et les Pilumnes dont le corps est parfois recouvert d’une épaisse . toison. Par exemple, le Crabe chauve-souris (Pilumnus vesper-lilio) a de longs poils bruns et vit dans les mers chaudes.
- Pour la grandeur est au premier rang le Macro-clieira Kampferi (vitrine 12) dorit les pinces attei
- gnent une longueur de 2 m. 50. Nous décrirons ce Crabe géant dans un article spécial.
- Certains Xanlho (vitrine 8) et les Grapscs (vitrine 18) viennent en tète au point de vue du coloris et de l’ornementation. Notamment le Grapse ensanglanté (Grapsus cruenlatus) possède une carapace porcelanée et d’un beau rouge piquetée de jaune, avec des taches jaunes circulaires; les pattes sont jaunes à taches rouges. Le Charybde crucifère, à l’inverse des Croisés qui portaient insigne sur leur poitrine, porte une croix sur son dos : cette croix est blanche sur fond rouge et du plus agréable effet, digne d’inspirer les artistes. Pourraient aussi être appliquées dans l’art les curieuses sculptures de la carapace du Xanlho labijrinlhicus et les formes graciles des Leptopodcs.
- Dans cette revue succincte et rapide de la collection de Crustacés du Muséum, nous ne pouvons cependant passer sous silence quelques Crabes possédant des particularités intéressantes.
- Ainsi les Crabes nageurs (Porlunus et Neplunus) aux pattes larges et aplaties en rames. Le plus commun est l’Etrille (Porlunus puber) que nous nous rappelons avoir vu nager en pleine baie de de Morlaix, loin du fond et du rivage. Vous verrez aussi, dans la vitrine 7, le fameux Neplunus pela-gicus, de l’Océan Indien et du Pacifique, dont le nom d’espèce indique bien les habitudes de nageur de pleine eau.
- Les Gorystes et Atélécyles (vitrine 6) ne sont point nageurs, mais fouisseurs. Ils peuvent séjourner longtemps à l’intérieur du sable, grâce à leurs
- Fig. — Calappa fornicata. Crabe à carapace très bombée en dessus et cachant les pattes à l’état de repos.
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- Fig. 8. — Les Crabes dans Pari.
- hn haut, Grapsus cruentatus à gauche, Neptunus'pelagicus'; à. droite, Charybdis crucifera.
- antennes velues qui forment en se rapprochant un tube respiratoire. Ces animaux vivent sur les cotes de la Manche, de l’Atlantique et de la mer du Nord. De très minimes dimensions, les Pinnothères
- (vitrine 16) s’introduisent dans les coquillages et plus particulièrement dans les Moules, quelquefois aussi dans les tubes de vers marins ou dans les anfractuosités des Coraux. Ils se protègent ainsi
- Fig. 9. — Les Crabes dans Pari.
- A gauche, Xantho labyrintliicus; à droite, Pericira subparallela ; en bas, Lcptopodia sagittaria.
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- contre leurs ennemis. Dn ne peut dire si le sédenta-risme est la cause ou la conséquence de l’atrophie qui se manifeste dans leur carapace molle, leurs yeux rudimentaires et leurs pattes d’une grande faiblesse.
- Tout ce que nous avons dit au cours de cet article ne doit pas vous dispenser, loin de là, de faire une visite ou deux ou même plusieurs à la nouvelle collection de Crustacés du Muséum. Rien ne peut remplacer l’observation directe des animaux eux-mêmes. s
- Cet hiver nous retournerons voir ensemble les
- Crabes d’eau douce et les Crabes lerreslres, les Crustacés qui se déguisent, l’Ecrevisse fouisseuse des États-Unis, le Macrocheira liampferi du Japon, les Cirripèdes dont je ne vous ai pas parlé, etc.
- D’autre part, la collection d’Araignées organisée par M. Fage, puis les collections de Batraciens et de Reptiles qui dépendent de la chaire de M. le professeur Roule, feront l’objet de causeries successives.
- Léon Berti.n,
- Agrégé de l’Université.
- CHRONIQUE
- Films cinématographiques en aluminium. —
- D’après le Scientific Américain, le film en celluloïd ou en acétate de cellulose qui règne en maître, depuis de longues années, dans l’industrie cinématographique, verrait se dresser devant lui un concurrent dangereux. Il s’agirait de films cinématographiques en aluminium, réalisés par un inventeur allemand, M. Werthen. La projection des images positives enregistrées sur ce film s’elïectue par réflexion, et non plus par transparence comme dans les films actuels. Ce système présenterait un grand avantage au point de vue de la projection : le film en celluloïd le plus Iransparent absorbe 15 à 18 pour 100 de la lumière utile ; tandis que l’aluminium réfléchit la presque totalité du faisceau lumineux incident. De plus, la plaque métallique la mieux polie offrant toujours une certaine rugosité, les images projetées sur l’écran présentent des tons mieux dégradés, moins brutalement tranchés qu’avec le film transparent, et l’effet qui en résulte est plus agréable à l’œil.
- Le film métallique présente d’autres avantages évidents : incombustibilité absolue, usure faible ; de plus, on peut l’impressionner sur ses deux faces, ce qui réduit l’encombrement du film et son prix.
- Pour réaliser de tels films, l’inventeur a imaginé un procédé spécial de laminage de l’aluminium, en vue d’obtenir une surface ayant une finesse de grain bien uniforme. Il a réalisé également une émulsion photographique spéciale et surtout un procédé pour la rendre intimement adhérente au métal.
- La peinture sous l’eau de la mer. — Une des
- plus curieuses manifestations de peinture artistique spéciale a été récemment produite à l’étranger, par un paysagiste, M. Zarh Pritchard, dont quelques peintures à l’huile du fond de la mer ont été reproduites par le Sdienlific American.
- Il est bien peu probable que l’exemple de M. Pritchard soit suivi, ou imité par de nombreux artistes, car il faut des aptitudes tout à fait spéciales pour ce genre de spjprt.
- L’artiste utilise un costume de scaphandrier ordinaire avec lequel il descend à des profondeurs variant de quelques mètres à 15 ou 20. 11 est vêtu de vêtements en laine épaisse, porte sous ses semelles des lamelles de plomb, reçoit de l’air par un tuyau flexible en caoutchouc dont il règle lui-même le débit au moyen d’une petite soupape placée à hauteur environ de son oreille droite.
- 11 opère ses descentes très lentement en examinant avec soin les environs ; quand il a choisi le coin le plus confortable pour s’asseoir et disposer son matériel, il tire sur sa corde pour prévenir l’extérieur et sort de leurs étuis ses toiles imprégnées d’tine huile de lin spéciale et ses tubes à couleurs qui sont très épaisses et d’une composition particulière.
- Tous les endroits ne sont pas favorables, ce sont surtout les Bermudes, Tahiti, la mer Méditerranée et, d’une manière générale, les mers à coraux qui lui sont les plus accessibles.
- Au point de vue scientifique, les tableaux de M. Zarh Pritchard sont considérés comme documentaires et récemment, à une exposition de la galerie Georges Petit, le prince de Monaco, qui était l’expert océanographique le mieux qualifié pour juger de la valeur de ces peintures des fonds, en a .acheté plusieurs exemplaires.
- M. Pritchard a toujours été passionné pour les explorations sous-marines.
- L’est à Port-Bello en Ecosse qu’il eut sa première conception et son premier désir de reproduire les beautés sous-marines, mais ce fut à Tahiti qu’il tenta l’expérience à une profondeur de 19 m. 50 ; il était obligé de remonter à la surface tontes les deux heures à cause du froid et de la fatigue.
- Quand il n’y avait pas de courant, il laissait son matériel en place, pour le malin suivaut.
- À Tahiti, il se trouvait du reste dans un des pays qui possède les meilleurs plongeurs du monde : les navires en bois recouverts de cuivre faisaient autrefois gratter leurs carènes par les indigènes sans aucun appareil et ceux-ci le faisaient très bien et 1res rapidement.
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- L’EXPOSITION COLONIALE DE MARSEILLE
- Comme celle de J 906, la nouvelle exposition coloniale de Marseille a été installée dans le parc du Rond-Point du Prado ; mais elle y occupe un espace beaucoup plus vaste : 36 hectares, que le visiteur peut néanmoins aisément parcourir sans fatigue, en louant un léger pousse-pousse, traîné par un agile petit Annamite au pittoresque couvre-chef. Les bâtiments comprennent une cinquantaine de palais et de pavillons divers. Bien entendu, il ne saurait être question de les passer ici tous en revue, et nous devons nous borner à signaler ceux qui s’imposent plus spécialement à l’attention, soit parleur importance, soit par l’originalité de leurs architectures.
- Le palais de l’Algérie offre une synthèse de l’art musulman, avec sa façade d’un blanc éclatant, encadrée de faïences polychromes, sa balustrade ajourée, son minaret, qui reproduit fidèlement celui de Sidi-Abder-Bhaman, et sa tour, qui évoque celle de M’Zab. Après avoir traversé un jardin fleuri et gravi quelques marches, le visiteur pénètre dans un vestibule entouré de colonnes et de njehes, reproduction des entrées des riches demeures mauresques, puis il se trouve dans la salle des céréales, oh figqrent non seulement des échantillons des diverses productions, mais aussi des tableaux et des graphiques indiquant leurs lieux de production et la progression de ces cultures depuis les temps les plus reculés. D’autres salles sont consacrées aux vins, aux huiles, aux alfas et autres plantes industrielles, à l’élevage, au commerce des peaux et des laines. Celle des arts indigènes, avec ses colonnes torses, ses fenêtres bizarrement découpées, ses tapis et ses broderies indigènes, son mobilier oriental et son demi-jour mystérieux, est l’exacte reproduction d’une des plus belles demeures d’Alger. Dans la salle des mines et minerais, on remarquera des échantillons de fer, de zinc, de plomb argentifère, de phosphate, de plâtre, de chaux, de ciment. Un diorama représente une grande exploitation minière algérienne. Res salles, ainsi que celles de l’enseignement professionnel, du commerce, du tourisme et des transports, entourent une cour intérieure — un patio — entouré d’une élégante colonnade et orné, au centre, d’une vasque en onyx d’Algérie. La colonnade abrite des vestiges archéologiques : statues d’empereurs romains et de divinités païennes, notamment celle d’Apollon, mise au jour à Cher-chell, en 1912, et qui passe pour le plus remarquable spécimën d’art ancien découvert jusqu’à présent en Algérie.
- Sur les côtés du palais, des boutiques rappellent celles du M’Zab : on y vend des tapis, des cuirs brodés, des cuivres ciselés, des étoffes et des bijoux, enfin des primeurs de la colonie, légumes, herbages et fruits. Un café maure sert des boissons algériennes et aussi des plats indigènes.
- La Tunisie est représentée par un groupement de
- pavillons divers, reliés par des terrasses, des cours et des rues, oh s’alignent les souks, indépendant ment des salles oh sont rassemblés les produits agricoles et commerciaux, et tout ce qui concerne les beaux-arts, l’archéologie, l’enseignement, les pêches maritimes, les forêts, les Aroies de communication. Partout, à côté des échantillons, des graphiques et des statistiques, dont celle-ci est particulièrement à retenir : « Un quarante ans, sous le régime du protectorat français, le commerce de la Tunisie s’est élevé de 38 millions à un milliard 594 millions ». Les travaux publics et les grandes industries (mines, navigation, outillage économique) occupent une salle en rotonde, surmontée d’un dôme au plafond finement sculpté, qui reproduit une coupole du palais du Bardo. Une terrasse réunit celte salle à celle des Finances. Nous franchissons ensuite un patio d’une sobre décoration, et nous voici dans la section des antiquités, mosaïques et statues. Un coin d’oasis, sur une terrasse surélevée, sert de transition entre ce musée archéologique et le pavillon qui abrite le tourisme, où quatre diorama s mettent sous nos yeux quelques sites particulièrement appréciés. La vie intime indigène est bien représentée par les souks, dont les voûtes abritent des boutiques d’artisans de toute sorte, débitant, comme à Tunis, les produits les plus variés. Un restaurant tunisien est construit suivant l’architecture du pays, avec une profusion de mosaïques et de coupoles, et l’on y trouve une vraie cuisine tunisienne, servie à la mode indigène. Un café maure, exacte reconstitution de celui de la Casbah, à Tunis, est entouré d’une vaste terrasse et offre diverses attractions artistiques, danses arabes et théâtre d’ombres. Tous ces bâtiments reliés les uns aux auti’es constituent une enceinte autour d’un vaste jardin, oh des artisans travaillent axrec un outillage très primitif : nous y voyons, notamment, des potiers dont les vases s’ornent des plus vibrantes enluminures, et aussi des tisserands qui, sous leur tente, confectionnent avec une patience infinie des étoffes et des tapis aux dessins 'compliqués.
- Le palais du Maroc est une grande Kasbah, dont les murs crénelés, de couleur ocre, sont dominés par un minaret identique à celui de la Bou-Anania de Fez. On y pénètre par une immense porle, exacte reproduction de celle de Chella, qui remonte au xiv° siècle. Rien ne pouvait mieux évoquer le Moghreb que cette vieille Kasbah fermée, derrière les murs de laquelle se devine la vie. de toute une cité. La porte franchie, on est dans une cour dallée de faïence bleue donnant accès au bâtiment principal. Avant d’y pénétrer, faisons le tour d’un petit jardin maure, aux allées pavées de céramiques. Tout à côté, une tente marocaine, prêtée par le maréchal Lyautey, et une bergerie oh ruminent de superbes moutons. Nous entrons maintenant dans un palais dont le vestibule, décoré de haifis de faïence, est
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- L’EXPOSITION COLONIALE DE MARSEILLE
- entouré de cartes, dont une en relief. De grandes salles contiennent des échantillons, des graphiques et des statistiques imagées qui font comprendre à tous-la marche ascensionnelle des diverses cultures. Ces salles communiquent avec un patio imité d’un vieux fondait de Fez. Les toitures qui l’entourent, recouvertes de tuiles vertes, sont soutenues par des consoles de bois sculpté ; des piliers de stuc les appuient et forment galerie au premier étage. Les darbouz (balustrades) sont en bois tourné et ajouré. Cette galerie est consacrée à l’urbanisme, si essentiel au Maroc, où des villes entières ont été bâ-
- honneur au talent de l’artiste peintre J. de la Nézière. D’autres panoramas représentent Meknès, Moulay-ldriss, Tadla, le Jardin de la Medersa, Rabat et la Tour Hassan. Si fidèles que soient ces images, elles ne sauraient pourtant nous donner de la vie marocaine une vision aussi exacte que celle de cette rue, qui reproduit minutieusement celle
- Photo I.évv et Neiirdein.)
- Fig. i à à. — T. Le Palais de P Algérie; 2. Intérieur du Palais de V Algérie; 3. Le Palais de la Tunisie; 4. Le Palais du Maroc : Porte d’entrée ; 5. Le Palais du Maroc : La Cour ; 6. Le Palais de Madagascar.
- ties en quelques années ; il a fallu prendre des mesures pour sauvegarder le caractère pittoresque des vieilles cités, tout en établissant à côté d’elles de nouvelles agglomérations, et nous en voyons les résultats dans l’exposition du Service des Plans de villes. Nous les voyons mieux encore dans une autre partie du palais où se succèdent divers dioramas représentant Casablanca, Mazagan, Safi, Mogador, Kénitra, Volubilis, Ouezzan, Taza. Un grand panorama donne une saisissante vision de Fez. La vue est prise au soleil couchant, du haut de la lvasbah des Sultans Mérinides, incomparable décor qui fait grandement
- d’un quartier des plus animés. Rue étroite, mal pavée, selon l’usage, mais combien pittoresque! Les murs sont blanchis à la chaux, et les portes peintes d’outremer sont surmontées de lanternes de cuivre ciselé aux verres multicolores. Les fabricants de plateaux et de buires en cuivre repoussé font un vacarme assourdiss’ant avec leurs maillets de bois. Des musiciens jouent, en chantant, sur d’antiques instruments : Yaoud (luth), le rbab (rebec) et le tambourin. Le porteur d’eau fraîche, le guerbaoui, chargé de son outre, agite vainement sa sonnette, car les visiteurs préfèrent à sa
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- boisson ]e thé à la menthe que sert le cciovadji.
- La section de l’Afrique occidentale française occupe un terrain de plus de 40 000 m2. Le palais principal, avec ses hautes murailles frustes et sa tour massive de 60 m. de hauteur, toute hérissée de perchoirs, rappelle les tatas de Sandansing, de Djénéc et de Tombouctou. Une salle immense
- (Photo Lévy et Ncurdein)
- richesse du Gabon, qui en exporte plus de 150 000t. par an.
- Des meubles de toute beauté montrent la variété des effets que l’on peut obtenir en combinant certaines de ces essences. De hautes vitrines sont réservées au caoutchouc et à l’ivoire. D’autres renferment des minerais et des textiles : fibres d’ananas, sisal, hibisces, raphias, etc., des fibres de piassava pour la brosserie; des gommes, des résines, des plantes médicinales et autres, borassus, tabac, café, cacao,.vanille, noix de coco et quantité'd’autres produits dp v^burn. qui ^ppont îme idée des
- (14x45 m.) contient les plus importants produits de la colonie : au premier rang, les oléagineux, arachides, palmistes, et de nombreux échantillons d’huiles et de tourteaux; puis les textiles, coton, sisal, kapok, laines.
- Une vaste salle polygonale " *
- contient des bois : au milieu, unc bille d’acajou et une bille d’Iroko, provenant de la Côte-d’Ivoire, hautes de plus «le 5 m. et pesant chacune plus de 8 tonnes.
- Tout autour, d’autres échantillons de bois, taillés de manière à présenter trois surfaces différentes offrent des veines très variées. D’autres salles réunissent les multiples objets de l’industrie indigène, notamment des cuirs, des poteries, des vanneries artistement travaillés. Des dio-ramas reproduisent une chute d’eau en Guinée, un paysage du Sénégal, un désert de Mauritanie, le marché de Ouémé, unc lagune à Togo, la foire de Ouagadougou, etc. Au dehors, dans un cadre de verdure, un pièce d’eau sur laquelle flottent des pirogues et un village lacustre, avec des huttes juchées dans les arbres. Plus loin, autour d’une grande place inondée de lumière, des cases soudanaises, où travaillent, sous les yeux du public, divers artisans : bijouliers, cordonniers, tisserands. Avant de quitter les palais, on pourra prendre l’ascenseur qui conduit au sommet de la tour et permet de jeter un coup d’œil d’ensemble sur l’exposition et ses annexes, et même bien au delà, jusqu’aux collines de Montredon.
- Le pavillon de l’Afrique équatoriale est construit entièrement en bois provenant de la colonie. D’autres bois figurent à l’intérieur, et c’est la principale
- Fig. 7 à intérieure
- q. — 7. Palais de l’Afrique Occidentale Cour ; 8. Palais de l’Afrique Occidentale; q. Un coin de l’Afrique Occidentale.
- richesses que la métropole peut tirer de nos colonies équatoriales.
- Le pavillon du Cameroun est une baraque démontable, qui sera offerte, après l’Exposition, aux régions libérées. On sait qu’avant la guerre, le Cameroun était une colonie allemande; une courte statistique fait immédiatement ressortir la profonde différence qui sépare deux mentalités, deux conceptions de la colonisation. On lit, en effet, sur un tableau : « Les Allemands importaient au Cameroun de grandes quantités d’alcool. Les Français en ont interdit l’usage. Alors que le Cameroun consommait 1069 000 litres d’alcool en 1912, il n’en consommait plus que 50282 litres en 1919, et, à
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- l’heure actuelle, la consommation est insignifiante. » La façade du palais de Madagascar est visiblement inspirée de celle du palais d’Argent, à Tana-na'rive. Malgré ses proportions un peu restreintes, c’est un de ceux qui recèlent les plus riches échantillons. Nous y remarquons, notamment, une profusion de pierres précieuses de toutes sortes, les unes brutes, d’autres égrisées ou taillées, puis des minéraux radio-actifs, d’énormes blocs de graphite, des micas, de l’or, du quartz, du cristal de roche, des minerais de cuivre, de nickel, de thorium et de cérium. Une pyramide, formée par des tablettes de bois doré figurant des lingots d’or, montre l’importance de la production annuelle moyenne des gisements aurifères de notre grande île de l’Océan Indien. A signaler aussi les perles fines, des dentelles de haute façon, et les produits principaux du sol malgache : café, vanille, cacao, coprah, riz, tapioca, cire, crin végétal, girofle, etc.
- L’Indo-Chine est majestueusement représentée par une fidèle reconstitution du temple d’Angkor-Yat. La pagode centrale, établie sur un soubassement carré de 70 m. de côté, est entourée d’une colonnade coupée par quatre pavillons précédés de portiques aux frontons étagés. Ses quatre angles sont dominés par des tours en forme de tiares, qui s’élèvent à 40 m. au-dessus du sol. Au centre même, au croisement des travées qui reproduisent la galerie cruciale d’Angkor, s’élance le dôme central, dont la flèche terminale domine de 54 m. le parc de l’Exposition. Huit escaliers monumentaux mènent aux portiques d’accès. Un perron central de 00 marches, coupé de larges paliers, aboutit à l'entrée principale. En avant de l’édifice, deux galeries formées de colonnades, limitées par des pavillons et par des tours semblables à celles du temple, reflètent leurs fines silhouettes dans de larges bassins. Une vaste esplanade, que décorent des mâts cambodgiens aux parasols superposés et aux flammes multicolores, conduit au perron central. Tous ces bâtiments sont minutieusement décorés de sculptures : soubassements, colonnes, portiques, frontons, offrent une surabondance de moulures, de corniches, ' de frises, de bandeaux, de profils, de rinceaux ; les tours apparaissent comme des pyramides aux multiples assises, dont chaque étage se pare d’acrotères, de frontons, de baies, de fleurons innombrables. Le corps sinueux du naga, le serpent heptacéphale, entoure l’esplanade et érige ses têtes au seuil des perrons. Des lions hiératiques gardent les paliers ; des géants, appuyés sur leurs massues, se dressent aux porches. Le long des murs, les gracieuses apsaras déroulent leurs danses légères. Et tout autour du temple, dans les massifs de verdure tropicale, le promeneur rencontre des spécimens de l’art cambodgien, laotien et annamite, entre autres les admirables pierres sculptées que vient de rapporter en France la mission Couloube v, L’intérieur du rcz-de-cbaussée, qui occupe une superficie de plus de 3000 m2, contient les exposi-
- tions de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. La plus importante est celle du riz, dont la production est expliquée par des échantillons, des photographies, des graphiques et plusieurs diora-mas; l’un de ceux-ci met sous les yeux du visiteur une rizière en pleine exploitation; il est frappant de vérité. Autour de la principale céréale de l’Indo-Chine sont groupés les autres végétaux alimentaires : oléagineux et féculents, sucre, thé et café, fruits et légumes divers. D’autres salles sont affectées aux textiles : coton, kapok, jute, ramie, fibres à vannerie et à sparterie, plantes à papier. Ailleurs sont les produits végétaux non alimentaires : matières grasses, résines, colorants, tabac, et surtout le caoutchouc. Pour ce dernier, un tableau nous a particulièrement frappé : il nous apprend que la production actuelle des plantations indochinoises assure à peu près 1 /5 de la consommation française, et que, dans quelques années, l’exploitation normale de ces plantations suffira à toute notre industrie, de telle sorte que celle-ci cessera complètement d’être tributaire de l’étranger, pour une matière devenue indispensable. Enfin, un dernier groupe renferme les produits animaux provenant de lelevage, et notamment la soie; car sériciculture et tissage ont été, de temps immémorial, pratiqués en pays cambodgien et annamite.
- A l’étage supérieur, le visiteur sera surtout attiré par l’exposition artistique. Les bibelots précieux et délicats, bijoux, orfèvrerie, statuettes, nacres, écailles, ivoires, jades, émaux, sont étalés dans de riches vitrines ; les autres sont groupés en ensembles décoratifs ou meublent des reconstitutions d’inté-rieui s indigènes ; nattes et tissus brodés, tentures et coussins, guipures de dentelles,, bois sculptés et laqués, lampes à appliques, panneaux incrustés, nous font apprécier le goût et l’habileLé dis artisans indo-chinois. Et l’art religieux est également représenté, dans deux pagodes : pagode bouddhique pour l’art khmer, pagode du culte des génies pour l’art annamite, avec tous leurs objets rituels.
- Des pavillons distincts sont réservés à la Cochin-chine et au Laos. A gauche du palais central, une rue annamite, sinueuse, est l’exacte reconstitution d’une rue d’Hanoi. Les maisons en sont réellement habitées par des artistes et des ouvriers indigènes.
- Des boutiques sont occupées par des marchands qui vendent les produits fabriqués dans les cours : sculpteurs, laqueurs, luthiers, bijoutiers, tisserands, incrusteurs, fabricants d’éventails, de nattes et de corbeilles travaillent sous les yeux du public. EL contrastant avec cette bruissante activité, les calmes maisons des notables, entourées de petits jardins maniérés, avec des bassins de rocailles et de minuscules statues. Il y a aussi une « Maison commune », et celle-ci a été apportée pièce à pièce de Bien-Iioa. Enfin, le promeneur trouvera dans cette rue un restaurant franco-annamite, où la cuisine extrême-orientale est servie sur des tables
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- de laque rouge qu’abritent des vérandas parées de lanternes polychromes.
- Le palais des colonies autonomes, où sont représentés la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane
- (Photo Lévy et Neurdcin )
- J’arrive à la fin de cet article sans avoir parlé du Grand-Palais, un vaste bâtiment qui a déjà servi à maint usage, et je n’en dirai pas grand’chose, puisqu’il est bondé d’articles européens et ne contient rien de provenance coloniale. La raison qu’en donnent les organisateurs est que, l'Exposition de Marseille constituant une sorte de foire d’échanges, un marché d’interpénétration entre la France et ses colonies, il convenait de montrer, à côté de ce que celles-ci peuvent vendre à la Métropole, ce qu’elles pourront lui acheter. C’est un point de vue soutenable ; néanmoins, je crois que le véritable motif de cette profusion de mobiliers, d’objets d’art, de modes, de machines, de parfumerie, etc., est d’attirer des visiteurs, ou des visiteuses, que ne séduiraient pas suffisamment les exhibitions exotiques. On peut d’ailleurs en dire autant des multiples attractions disséminées dans le parc
- française, la Réunionnes Indes françaises, les Etablissements français de J‘(Icéanie, Sainl-Pierre-ct-Miquelon, la Nouvelle-Calédonie, présente, à son tour, un très vif intérêt.
- Il serait malheureusement trop long de faire l’inventaire détaillé de toutes ces salles, où chaque pays a rassemblé, avec des souvenirs de son histoire, ses travaux d’art, ses produits naturels ou travaillés.
- Nous passerons aussi rapidement dans le palais
- du Ministère des Colonies et dans celui de la Chambre de Commerce. Il y a là surtout des plans, des cartes, des tableaux, des documents.de toute sorte, très utiles, sans doute, au commerce et à l’industrie, mais dont l’analyse ne saurait entrer dans le cadre de cette rapide esquisse.
- Fig. io à 12. — io. Palais dp V Indochine : Reconstitution du temple à’Angkor-Yat; ii. Le Palais de l’Indochine; 12. Une dépendance du Temple d’Angkor. '
- (il y en a pour tous les goûts) ; car il a bien fallu songer aux enfants, et aussi à beaucoup de grandes personnes, dont la mentalité n’est guère plus développée.
- Au reste, ces obligatoires futilités ne sauraient rien changer à l’impression générale qui se dégage
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- de l’Exposition coloniale de Marseille. Ses palais ne sont pas seulement grandioses d’aspect et riches, à l’intérieur, d’érudition et de pittoresque; ils sont surtout remarquables au point de vue si essentiel de l’enseignement colonial et des progrès économiques de nos possessions. Il y a plus, et le général Mangin a très justement mis en lumière le principal mérite de cette exposition : o Démonstration admirable d’unité nationale, par la vue de ce que représente la France dans son prolongement par delà les mers et dans tous les pays où flotte le drapeau fran-
- çais.... Rien n’est plus utile aux Français que ces grandes manifestations coloniales, qui leur montrent la place que la France lient dans le monde. »
- En 1914, s’est affirmée aux yeux de tous l’intime solidarité de la Métropole et de notre Empire colonial; il faut que ce lien se resserre encore dans la paix, instruite des dures leçons de la guerre, et il se resserrera d’autant plus que Français du continent et Français des colonies se connaîtront mieux.
- Ernest Coustet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars et avril 1922.
- Évolution et migration des Turrilclles. — D’après M. L. Guillaume, les Turritelles actuelles ne vivent pas en généra] au-dessous de cent brasses de fond et les fortes espèces ne descendent guère qu’à cinquante brasses. Il s’agit donc là de gastropodes littoraux ou néritiques, à régime herbivore et l’étude des échantillons fossiles semble indiquer que les rapports entre l’Europe et l’Amérique ont cessé à l’Oligocène, alors qu’ils ont persisté avec les mers orientales jusqu’à la fin du Miocène.
- La détermination de la faculté germinative. — Au sujet d’une note antérieure de MM. A. Nemec et P. Du-chou, M. P. Lesage rappelle les publications déjà vieilles de onze ans, qui résumèrent ses propres expériences sur l’emploi de liqueurs de potasse, permettant de vérifier, en moins de quatre heures, la faculté germinative des graines et supprimant ainsi le long temps d’attente qu’impose un essai de germination.
- Un nouvel obturateur d’objectif. — M. Guillemet soumet à l’Académie un appareil formé d’un dispositif sélecteur, laissant passer la lumière pendant un temps égal à celui de la pose (1/200 à 1/300 de seconde), et d’un dispositif d’armement ; le reniement lumineux atteint 90 pour 100 pour les objectifs de 0 m. 2fi de foyer et 60 pour 100 pour ceux de distance focale 1 m. 20.' Dans ces conditions, on peut obtenir des clichés aériens absolument assimilables à des perspectives géométriques.
- La décomposition catalytique de l’acide oléique. — En envoyant des vapeurs d’acide oléique dans un tube en cuivre renfermant des boulettes de cuivre-alumine, chauffées à 600-650°, M. Mailhe obtient un mélange gazeux (CO, CO2, Cil4, C81I4, II, etc.) et des produits liquides à réaction acide qu’il soumet, après neutralisation, à l’action hydrogénante du nickel entre 180 et 200°; il arrive ainsi à des carbures aliphatiques et à des carbures cycliques, parmi lesquels se trouvent la benzine, le toluène et le métaxylène.
- Zinc et cancer. — M. Delezenne a montré que plus un tissu est riche en phosphatides ou en nucléoprotéides plus il contient de zinc et, à son sens, ce métal y joue le rôle de catalyseur pour certains phénomènes d’hydrolyse. En appliquant la technique indiquée par ce savant,
- M. Paul Cristol a étudié des tumeurs cancéreuses (foie, sein, face) et constaté que la teneur élevée de leurs tissus en zinc était fonction de la prolifération et de l’activité cellulaire.
- La pression dans Vatmosphère du soleil. — M. Perot emploie, pour mesurer la pression dans les masses gazeuses, une méthode basée sur la variation avec celte pression du rapport des longueurs d’onde de deux radia -lions émises ou absorbées et qui donne des résultats indépendants de toutes les causes dont l’effet est une variation de longueur d’onde constante pour tout le spectre. Il a pu évaluer ainsi à 35 cm de mercure la pression dans l’atmosphère solaire, résultat qui vient fournir un nouvel argument aux assertions de MM. Fabry et Buisson, touchant le principe de relativité.
- Le tertiaire du stul de Rennes. — Depuis les travaux de Tournouër, de Delage, de Lebesconte et de Vasseur, qui ont porté sur les grandes carrières de la Chaussairie et de Lormandière, exploitées pour les fours à chaux, on considère cette région comme caractéristiques pour l’étude du Rupélien et du Chaitien. MM. L. Dangeard et Y. Milon, viennent de découvrir, dans les feuillets d’argile noire, de nombreux lits à poissons, fournissant notamment des Percoïdes, appartenant au genre Smerdiss Agass. et à fin genre voisin de Properca Sauv.
- Un grand palmier du centre de Madagascar. — 11 s’agit là d’un exemplaire signalé en 1907 par Beccari qui l’avait dénommé Chrysalidocarpus decipiens, en le rapprochant du Neoclypsis basilongus, étudié par M. Henri Jumelle. Les spécimens, récoltés par M. Per-rier de la Bathie, notamment les graines à albumen homogène, viennent de confirmer l’opinion du professeur français qui a toujours vu dans C. decipiens un palmier haut de 10 à 20 m. au tronc légèrement ovoïde, couvert de lichens et d’environ 70 cm. de diamètre. Il y a là un argument nouveau à l’actif des botanistes qui ont soutenu que jadis l’Imerina fut une contrée particulièrement boiséei
- Le facteur de crroection des wattmètres — La puissance vraie, consommée par un appareil fonctionnant sur courants alternatifs, est donnée par une formule, où interviennent, avec la Valeur lue sur la graduation, la
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- différence de phase entre la tension aux bornes et le courant dans le circuit à fil fin du wattmètre et le déphasage propre à l’appareil lui-même. L’application de cette l'ormule exige une série d’approximations successives, peu exactes, tant pour les faibles différences de potentiel que pour les valeurs élevées du déphasage. Un dispositif de M. Henri Chaumat permettra dorénavant l’élimination et la détermination du facteur de correction, par suite l’emploi de watlmètrcs à des fréquences plus élevées que les fréquences industrielles courantes.
- Les perles japonaises cultivées. — MM. J. Galibourg et Ryziger préconisent pour leur identification une méthode qui comprend l’examen de l’intérieur en profitant du trou que comporte la perle pour être employée comme parure, la paroi interne se réfléchissant sur le ménisque d’une gouttelette de mercure. On distingue nettement de cette façon les couches d’apport de l’huître sur le noyau artificiel.
- Sur le chlorure d’ammonium. — Les eaux résiduaires, sorties des colonnes Solvay, renferment une très forte proportion de ce sel, dont on récupère le plus souvent la base par traitement à la chaux. 11 semble qu’il puisse dorénavant être intéressant de retirer le sel par simple cristallisation et les derniers essais de M. Paul Mondain Monval ont porté sur les conditions de cette opération : elles peuvent se résumer à l’aide du diagramme carré de M. Le Chatelier.
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- La recherche de l’or et de l’argent dans les minerais. — A la méthode successivement adoptée par Berze-lius, Harkort, Plattner et Atwood, et qui consiste en une fusion en présence de plomb et de borax, suivie d’une coupellation, M. Ad. Braly substitue un mode opératoire très simple, comprenant une scorification complète en forte flamme oxydante fournie par la lampe à paraffine.
- Un nouveau minerai radioactif. — M. Alfred Schoep signale Un minéral, de couleur jaune terne, parmi les agrégats de la curite de Kasolo (Katanga, Congo belge). La composition s’exprime par la formule
- 12 UO5, 5 SiO2,14 1L-0, soit : SiO2 7,5°/0—• UO386,10 — 11;0 0,50
- et l’inventeur propose pour cette espèce nouvelle le nom de Soddite, en l’honneur du savant anglais.
- Influence du sélénium sur la germination des grains. — D’après M. Stoldasa qui a fait porter ses essais sur Ilordeum distichum, Triticum vulgare, Secale ceréale, Avena saliva, Vicia faba et Pohjgonum fagopyrum, cultivées en présence de sélénite Se 05Na2 ou de sel Se 04Na3, le premier de ces composés se montre déjà vénéneux à la dose d’un millionième d’atome Se, alors' que le second n’a une action nuisible qu’à une dose sept fois plus forte. Pour neutraliser les effets toxiques, la radioactivité du milieu de culture a une importance toute particulière. Paul B.
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- I. — Les pampas de la République Argentine.
- La République Argentine est séparée du Chili | volcaniques qui traversent la Bolivie et la Colombie, par l’immense chaîne des Andes, dont la ligne faî- | Dans la plaine, on constate des plissements diri-
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- 15000
- 20000
- * 25000
- JOOOO M
- Fig. i. — Région de Challaco. — Coupe transversale des falaises.
- tière est presque exactement dirigée suivant le méridien de 75° de longitude.
- Du côté occidental, ces montagnes sont trop voisines du Pacifique pour permettre la formation de terrains stratifiés de quelque étendue; à l’Est, au contraire, les sédiments ont largement empiété sur l’Atlantique et produit les grandes plaines du Brésil et de l’Argentine.
- Dans ce grand territoire on ne voit pas de notables répercussions de l’accident tectonique de la chaîne Andine ; mais il faut considérer celle-ci dans la partie Nord, à partir du parallèle de Buenos-Ayres, comme dédoublée par d’autres chaînons
- gés suivant les parallèles et qui, sans atteindre une grande importance, ont dessiné la direction des grands bassins fluviaux et joué un rôle notable dans l’apparition au jour des sources ou des suintements bitumineux.
- Ces derniers se rencontrent en quelques points à l’Ouest des Andes, mais en beaucoup d’endroits à l’Est de la chaîne dont les nombreux volcans témoignent d’une activité souterraine, aussi intense que continue, des phénomènes chimiques qui s’accomplissent dans la zone ignée.
- Là, par 20 ou 50 kilomètres de profondeur au-dessous de la surface moyenne du sol, s’opèrent
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- ~Cha!Jaco
- A Périmètre de l'Etat B. Syndicat ap Cna/ioco Ç. Société Aatra O, <*' Standart
- E. Syndicat ttu/nicui F Soc Ang/o -Pens/apF
- Fig. 2. — Les exploitations pétrolifères de Challaco.
- d’actives réactions entre le noyau central incandescent et les roches qui le surmontent. La température est voisine de 1200° G., comme en témoignent les émanations volcaniques; le noyau igné est formé de fer carburé impur et en fusion, fort analogue à la fonte sortant de nos hauts fourneaux ; les roches pierreuses sont ramollies et apportent avec elles un peu d'eau salée qui les imprègne ; elles réagissent sur la fonte en formant des scories et en meme temps l’eau décomposée donne naissance à tous les produits qu’on peut obtenir avec cette température et sous haute pression : des expériences récentes montrent que dans ces conditions le carbone se combine directement à l’hydrogène pendant que l'oxygène est absorbé par le 1er, parle carbone, etc.
- C’est par cette voie que sont préparés les hydrocarbures dont on trouve une parlie dans les gaz sortant des volcans, tandis qu’une autre partie s’infdtre dans les cassures et les roches perméables et y prend les formes les plus variées par de nombreuses transformations protéiques.
- l)e pareilles infiltrations peuvent aller très loin du lieu d’élaboration : c’est question de temps surtout; il leur faut en tout cas traverser plus de 20 kilomètres de morts terrains avant d’apparaître sur le sol ou dans les régions accessibles aux fouilles du mineur; mais dans des conditions favorables, elles peuvent bien se manifester à quelques centaines de kilomètres du lieu de leur naissance.
- Pour que des travaux de recherches effectués aux environs des sources puissent donner lieu , à des exploitations pétrolifères, il faut qu’il y ait dans le sous-sol des zones perméables de quelque étendue, car là seulement le naphte a pu s’accumuler en réserve, sous d’autres zones de terres humides et imperméables qui le protègent contre l’action des agents atmosphériques ; et comme ces couches se montrent plus rapprochées de la surfacesur les arêtes des bombements, de terrains que dans les creux, .on comprend pourquoi les sources naturelles se trouvent vers les anticlinaux et pourquoi les efforts
- des sondeurs se portent surtout aux environs de ces accidents tectoniques, quoique les voies profondes de passage soient les synclinaux et les failles.
- Les études géologiques industrielles ont pour objectif, en ce qui concerne les pétroles, de reconnaître à la fois les sources bitumineuses et la disposition des plis anticlinaux favorables à l’implantation des forages.
- En ce qui concerne la République Argentine, les études ont été faites par le service géologique de l’Etat et plus particulièrement par M. Juan Keidel. Ce géologue a reconnu qu’en s’écartant progressivement du pied oriental des Andes, ûn rencontrait des couches successives représentant tous les étages géologiques; il a assimilé ces formations, dans la mesure du possible, à celles qu’on connaît dans ce qu’on appelle le bassin anglo-parisien. Elles commencent par des porphyrites d’où émergent les volcans des Andes et qui plongent vers l’Est, recouvertes par des terrains paléozoïques, puis par le trias, le lias, le jurassique, le crétacé et enfin par des terrains assez indéterminés représentant évidemment à leur base le tertiaire, mais se confondant plus haut avec les alluvions anciens et modernes.
- Dans cette série sédimenlaire il y a plusieurs niveaux de roches perméables, surtout dans la série crétacée, que les plissements anticlinaux amènent à la portée du mineur en quelques points pour constituer des centres pétrolifères. (Dans des assises plus anciennes on trouve des couches de lignites et d’asphalte.)
- Ceux-ci commencent au Nord par ce qu’on peut appeler le bassin bolivien, en raison de son voisinage de la frontière; il est placé dans le synclinal séparant la chaîne principale des Andes des chaines corrélatives de Àconquila et de la Cordoba. Sa distance à la mer Atlantique est de plus de 1500 km, ce qui le rend peu abordable.
- Plus au Sud, le pied des Andes est peu étudié
- Fig. 3. — La région pétrolifère de la République Argentine.
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- jusqu’à la hauteur de Btcnos-Ayres pour le même motif.
- Mais ensuite on arrive aux régions côtières ou semi-eôtières sur lesquelles ont porté les efforts de MM. Sol, Hermite et Vatin.
- Tout auprès de la côte et de l’ha-eienda de Comodoro Rivadavia, au pied d’une falaise .d’érosion taillée dans les étages tertiaires et quartcr-naires de recouvrement, on connaissait un suintement bitumineux : vers 1900 on a attaqué là quelques sondages sans atteindre un niveau productif; mais après un délaissement de plusieurs années MM. Sol et Hermite ont trouvé avec l’aide de l’Etat les ressources nécessaires pour reprendre l’affaire et leur persistance a conduit au succès ; un pli anticlinal peu accusé venant de l’Ouest amène les couches perméables de la hase du crétacé assez près de la surface pour que les sondages puissent les attein- •> >
- dre. -CV ,
- Les exploitations ont commencé en 1907 avec une production de 500 barils, qui s’est élevée chaque année de 10000 barils jusqu’en 1912 ; elle a sauté à 150000 en 1915 et depuis cette époque elle s’accroît de 200 000 barils par an, arrivant à 1 400 000 haiils en 1920 et à 2 millions environ pour 1921. De nouvelles sociétés [s’installent actuellement et font de grands efforts pour développer les moyens de transports. Ceux-ci se font par navires tanks jusqu’à Buenos-
- Fig. 5. — Les Pampas de VArgentine. — Région de Challaco
- Fig. 6. — Les débuts d’une région pétrolifère.
- Habitation au début de iqi8.
- Fig. 4. — Challaco. — Le versant Nord anticlinal et Rio-Seco.
- A y res. Le nombre des puits dépasse maintenant 200, arrivant à des profondeurs de 500 à 600 mètres, et leur production est élevée : les sondages fournissent :
- Puits 17 (Société Astra), 50 mètres cubes par jour; il fonctionne par intermittences à 24 heures
- environ d’intervalle.
- Puits 18 (Société Astra), 400 mètres cubes par jour.
- Puits MG (E-tat) 1()0 mètres cubes par jour.
- Le puits 19 de la Société Astra, en janvier, était à 540 mètres et il est probab'e-ment en production maintenant. Il y a peu de mois, l’Etat argentin a ouvert à ses représentants, un crédit de 1 259000 piastres pour développer leurs travaux et
- améliorer les transports. .........
- La production mondiale en 1921 étant évaluée à 700 millions de barils, on voit que Comodoro Rivadavia commence à entrer en ligne de compte sur les marchés généraux.
- MM. Sol et Hermite, élèves des écoles spéciales françaises, n’ont pas borné là leurs efforts : ils ont obtenu de l’Etat Argentin l’attaque d’un autre pli anticlinal beaucoup plus voisin des Andes j1) et qui s’étend jusqu’au confluent des rios Limay et Neuguen, près de la ville de Neuguen où passe une , voie de chemin de fer de 680 kilomètres de longueur allant
- 1.11 ii est pas sur que le gisement de Comodoro Rivadavia appartienne à la série Est des Andes. Certaines circonstances des sondages semblent montrer qu’il fait partie de la zone de la côte orientale américaine sur l'Atlantique, dont ou trouve d’autres traces au Nord par les Guyanes et les petites Antilles.
- Challaco.
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- LES REGIONS PETROLIFERES DE L’AMÉRIQUE DU SUD
- jusqu’au pied des Andes en traversant le petit bourg de Challaco pour aboutir au port de Bahia Blanea.
- Cet anticlinal est à très faibles pentes, condition favorable au développement étendu des travaux; on peut se rendre compte de cette platitude sur les photographies de la très basse falaise mettant le profd des couches en évidence, d’une manière peu distincte pour d’autres qu’un géologue expérimenté, on le comprend mieux sur la coupe de la figure 1.
- Le sondage n°
- 8, fait par l’Etat, a atteint une bonne zone pétrolifère par 609 mètres de profondeur : le débit en a été d’abord en décroissant, mais on l’estime maintenant à 50 mètres cubes par jour, ce qui est un chiffre très sérieux.
- L’Etat s’est réservé autour du puits n° 1 un périmètre octogonal de 8C00 hectares ; autour de luium syndicat local, dirigé par M. Sol, s’est fait concéder d’abord une étendue équivalente dont il a repassé une partie à la Société Astra et une autre à la Standard Oil C°. Deux autres sondages, dont on voit les derricks sur nos photographies, n’ont pas encore été poussés à la profondeur suffisante pour atteindre le niveau des naphtes, mais tous deux donnent abondamment des gaz combustibles utilisés dès maintenant au chauffage des appareils.
- Le puits 2 de la Société Astra, à 280 mètres de profondeur, en débite 2400 mètres cubes, à l’heure.
- Une pipe line de 680 kilomètres doit bientôt réunir Challaco au port
- de .Bahia Blanea qui sera pourvu des distilleries définitives et des moyens d’embarquement convenables; peut-être fera-t on un travail analogue sur San Antonio, dont la distance à Challaco est plus courte de 100 kilomètres au moins.
- Comme le terrain est en pente continue et très douce, ces travaux sont relativement faciles à créer, et on s’attend à un grand développement des exploitations dans ce groupe : sa distance au pied des Andes n’est que d’une cinquantaine de kilomètres, au lieu de 500 jusqu’à Comodoro Rivadavia ; la liaison souterraine entre ces deux zones pétrolifères est possible mais très douteuse.
- Le climat est très sain sous ce 41e parallèle, à 300 mètres d’altitude, c’est-à-dire dans la même situation que le Nord de l’Espagne ; ce qui manque
- le plus dans cette contrée, c’est l’eau.
- Les pluies sont rares parce que les sommets des Andes arrêtent les nuages venant de l’Ouest, et par conséquent la végétation naturelle fait, presque totalement défaut partout où le sol a un peu de pente l’empêchant de former des marécages sans écoulement. On est en train de faire des prises d’eau au pied même des montagnes où il paraît y avoir de bonnes sources.
- En résumé les circonstances locales permettent de croire que la région de Challaco prendra une grande importance comme production de pétrole.
- F. Rigaud.
- Fig. g. — Challaco.
- Plaza Huincul. — Vue d’ensemble des 3 puits, en septembre igig.
- Fig. 8. — Challaco.
- Plaza Huincul. — Puit n° i (6oç m.) en septembre igig.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahdue, 9, rue de Fleurus. — Paris.
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- LA NATURE. — N° 252!.
- 29 JUILLET 1922 .
- PERLES FINES ET PERLES JAPONAISES "
- • B*
- Nous ne parlerons pas, au cours de cet article, des fausses perles ou perles artificielles que l’homme fabrique de toute pièce, au moyen d’une bulle de verre soufflée, badigeonnée intérieurement d’essence d’orient et remplie de cire blanche. Il ne sera question que des vraies perles provenant des mollusques et notamment de l’huitre perlière. C’est dire tout de suite qu’il n’y a aucune différence, à ce point de vue, entre les perles fines et les perles japonaises, puisque nous n’hésitons pas à les réunir sous le même titre.
- Huître perlière et nacre. — Le principal mollusque producteur de perles est l’huître perlière. Quelques mots de présentation ne seront point inutiles : certains détails anatomiques de l’huitre sont
- en effet indispensables pour comprendre l’origine et la structure des perles fines.
- L’huitre perlière appartient au genre Meleagrina dont les différentes espèces (M. fucata, de Ceylan, M. Martensi, du Japon, etc.), atteignent une grande taille dans la plupart des mers chaudes du globe. Des huîtres de plein rapport ont quelquefois un diamètre de 30 cm et un poids de 10 kg.
- Il ne faut point confondre l’huître perlière avec les huîtres comestibles (Ostrea edulis, Cryphaea angulata) de nos côtes qui ont une taille et, ün poids beaucoup moindre, supportent les eaux tempérées et ne produisent que rarement des perles fines utilisables.
- Cependant l’anatomie étant à peu près la même chez toutes les huîtres, il sera commode de vérifier sur l’huître commune les détails que voici.
- La coquille est en calcaire, ce qui explique qu’elle fait effervescence en dégageant du gaz carbonique
- Coupe schéma-mollusque bi-
- Fig. i. -tique d’un valve.
- b, branchies; c, charnière; v, valves de la coquille; m, manteau.
- sous l’action d’un acide. On dit souvent qu’elle est^ pierreuse,, à cause de son aspect, et cette exprès- '< sion est fort juste. Si l’on songe que l’eau de mer contient au plus 2 gr. de chaux par litre, sous les formes de carbonate et de sulfate, on voit que les huîtres doivent clfectuer une intense concentration de cet élément indispensable.
- Parmi les mollusques, ceux qui nous occupent en ce moment appartiennent à l’ordre des Bivalves ; c’est dire que leur coquille est formée de deux pièces ou valves réunies par une charnière (fig. 1).
- Supposons que nous ayons enlevé avec précaution la coquille d’une huître sans déchirer les tissus sous-jacents. Nous voyons alors que chacune des valves était doublée par un repli du corps que l’on appelle le manteau, en raison de sa forme et de sa disposition sur l’animal. C’est le manteau qui secrète la coquille en accumulant peu à peu de petits grains de matière pierreuse.
- Nous n’approfondirons pas davantage l’anatomie de l’huître, devant nous limiter aux caractères utiles pour comprendre la structure et l’origine des perles fines. Mais, pour la même raison, nous insisterons sur la nacre qui est la couche interne, brillante et miroitante de la coquille.
- En vérité, beaucoup de mollusques possèdent de la nacre. Citons par exemple les immenses Bénitiers ( T ridaena) et les Nautiles des mers chaudes ; les Troques et les Oreilles-de-mer (Halio-tis) de nos côtes; les Jambonneaux (Pinna) de la Méditerranée ; les moulés de rivières (Unio,,
- Margaritina), etc. .
- Mais ce sont les huî-
- Fig. 3. — Origine des différentes sûr tes de perles.
- a, perle de nacre ou perle incomplète ;. t, perle en poire ; c, perle, ronde; e, épithélium sécrétant la 'nacre et la perle; l, couche lamelleüse de la nacre; p, couche prismëe; s, sac perlier.
- 5 — fin.
- 50' Année. — 2" Semestre
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- 66 : ----- PERLES FINES ET PERLES JAPONAISES
- Fig. 4. — Perle de culture japonaise montrant les accidents de surface. (Grossiss. iôdiam.)
- très qui possèdent la pins belle nacre. Encore faut-il distinguer à cet égard l'huître comestible de l'huître perlière (Meleagrina). Tandis que la nacre des huîtres communes est opaque, blanche comme du sucre et dépourvue de miroitement, celle des Méléagrines est transparente et irisée.
- Au point de vue chimique, la nacre contient en moyenne 85 pour 100 de carbonate de chaux ou calcaire, 10 pour 100 de matière organique ou conchyoline et 5 pour 100 d’eau. Ces chiffres, donnés récemment par M. Boutan, dans un livre que nous aurons souvent l’occasion de citer f1) sc rapportent à la couche la plus interne et la plus belle de la nacre. Depuis longtemps, en effet, les conchy-liologistes ont reconnu dans toute coquille l’existence de trois couches superposées : T couche externe; 2° couche moyenne formée de prismes perpendiculaires à la surface; 5° couche interne formée de lamelles parallèles à la surface et perpendiculaires aux prismes de la couche précédente (lig. 5). Ea véritable nacre, à laquelle se rapporte l’analyse chimique de tout à l’heure, est cette couche interne lame lieuse.
- Même limitée à ce que nous venons de dire, la nacre comprend encore deux parties bien distinctes : un squelette ou réseau de conchyoline (matière organique azotée) entre les mailles duquel se trouve le calcaire. La conchyoline est sécrétée par la membrane dé recouvrement ou épithélium du manteau. Au contraire, la substance minérale provient de cellules migratrices qui se faufilent entre les cellules epithéliales. « La construction de la nacre exige ainsi
- 1. Ouvrages récents à consulter sur la nacre et les perles : R. Duiiois (1909), Contribution à l’élude des perles fines, de lu nacre cl des animaux qui les produisent, Raillièrc, Paris; L. Jamksun (1921 ),j The1 japanese artiiieialy indurés pearls, Nature; L. Buutax (1921), Élude sur les perles fuies et sur les nouvelles perles complètes de culture japonaise, Bull. Sta tion biol. Arcachon.
- deux ouvriers de métier différent, un charpentier et un maçon ». Nous retrouverons les memes faits à propos des perles fines.
- L’étude de la nacre ne peut être achevée sans l’emploi du microscope. A un grossissement de 100 diamètres environ, la surface de la nacre présente des accidents caractéristiques, les uns constants, les autres variables avec l’espèce de mollusque dont provient la nacre. Toujours existent des traits entre-croisés dans tous les sens (fig. 2). Ce sont les traits caractéristiques de la nacre.
- Perles naturelles. — En principe, tous les mollusques h nacre épaisse sont susceptibles de fournir des perles. Il existe dans les collections du Muséum une perle de l’huitre commune, de la grosseur d’un petit pois, recueillie à Granville en 1829. Un gisement de moules perlières, fort apprécié des naturalistes, se trouvait jadis à Billiers, près de l’embouchure de la Vilaine ; l’exploitation intensive des moules pendant la guerre l’a fait disparaitre. Plusieurs mollusques perliers d’eau douce sont connus de longue date, en particulier les Unios, les Margaritines*et les Dispas plicatus utilisés, comme nous verrons, par les Chinois du Tché-Kiang. Enfin, les plus belles perles, les vraies perles fines, proviennent des huîtres perlières.
- lor fait. — Toute perle fine contient au centre un noyau opaque n’influant en aucune manière, cela va sans dire, sur ses qualités optiques d’éclat, d’irisation, de lustre et d’orient.
- L’origine du noyau est un petit corps étranger, soit un grain de sable, soit un éclat de nacre, soit un parasite. Disons tout de suite, avec R. Dubois, quitte à le justifier ultérieurement, que « la plus belle perle n’est en définitive que le brillant sarcophage d’un ver ». Il faut entendre que le « ver » dont il s’agit peut être une spore de sporozoaire ou
- Fig. 5. — Perle de culture japonaise très grossie, montrant les lignes ondulées de sa surface.
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- PERLES FINES ET PERLES JAPONAISES
- une larve de douve ou de ténia. Dans les huîtres des îles Touamolou, c e serait le cysticerque d’un ténia de raie et, dans les moules perlières de Billiers, la forme embryonnaire d’une douve de la cane moulière ou Macreuse.
- Il faut concevoir la perle comme un moyen de défense de l’huître contre tout corps etranger qui tente de s’introduire dans ses tissus en se faufilant entre sa coquille et son manteau. La sécrétion de couches calcaires autour du parasite ressemble à la formation d’une galle sur une plante ou d’un tubercule autour d’un amas de bacilles de Koch chez un tuberculeux.
- 2e fait. — Les travaux de M. Boutan ont établi avec la plus grande certitude que les perles fines sont toujours sécrétées par l’épithélium externe du manteau, c’est-à-dire par l’organe de l’huître qui sécrète déjà la nacre. Perle et nacre ont donc la même origine. Mais différents cas peuvent se produire. La figure 5-a est le schéma de la formation d’uiîe perle au contact de la couche nacrée. Dans la figure 5-b la dépression de l’épithélium est plus profonde et la perle n’est plus rattachée à la nacre que par l’intermédiaire d’un fin pédicule (perle en poire). Enfin la troisième figure (5-c) représente le cas où la perle, enfermée dans un sac clos, n’a plus aucun rapport de continuité avec la nacre et est ronde (vraie perle fine).
- 5e fait. — La structure d’une perle varie naturellement avec sa forme. On peut toujours y reconnaître cependant, sur des préparations microscopiques, l’existence d’un squelette de conchyoline à interstices comblés par la matière minérale. La composition chimique des perles ne diffère pas non plus essentiellement de celle de la nacre. En somme, il y a entre ces deux sortes de productions des ressemblances étroites d’origine, de structure et
- Fig. 7. — Haliotis ayant produit une demi-perle après huit mois de culture.
- (Expérience de M. Boutan.)
- Fig. 6. — Demi-perle japonaise très grossie, montrant les lignes ondulées et les traits entre-croisés caractéristiques de la nacre.
- de composition chimique. On est tenté de dire qu’une perle est tout simplement un morceau de nacre à lamelles calcaires concentriques et régulières.
- Un tel jugement a priori est excessif. En effet, la vraie perle fine diffère de la nacre par des propriétés importantes auxquelles les joailliers et bijoutiers donnent les noms de lustre et à’orient. Le lustre, dit M. Boutan, résulte d’une sensation de velouté ; l’orient nous est révélé par une impression de profondeur dans un milieu de tonalité chaude. L’ensemble du lustre et de l’orient constitue Veau des perles fines.
- Demandons-nous à quoi tiennent ces propriétés spéciales. M. Boutan les attribue aux « accidents de surface » des perles. Un de ces précieux objets, vu sous un grossissement de 100 diamètres environ, montre en effet toute une série de lignes ondulées ressemblant à celles de la main ou mieux aux courbes de niveau d’une carte d’état-major. Aucune trace, par contre, des traits entre-croisés dans tous les sens qui caractérisent la nacre (*).
- Les perles incomplètes, unies à la couche nacrée par une large base (lig. 5-a) ont à la fois des lignes ondulées et des traits entre-croisés (fig. 6). Or, précisément, leurs qualités sont intermédiaires entre celles de la nacre et celles des vraies perles fines.
- Pour expliquer la différence d’ « accidents de surface » entre les perles et la nacre, étant donné qu’elles sont produites, les unes et les autres, par le même épithélium, M. Boutan imagine que la présence du corps étranger, noyau de la perle, distend l’épithélium et lui confère une sorte d’inflammation persistante.
- Perles de culture. — Tout objet que l’on introduit entre le manteau et la coquille d’un mollusque nacrier se recouvre de nacre. *
- t. Comparez les figures 2 et 5.
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- 68 — PERLES FINES ET PERLES JAPONAISES
- Les Chinois de la province de Tché-Kiang utilisent cette propriété pour faire nacrer, par un coquillage d’eair douce, le üipsas plicatus, des figurines d’étain
- Fig. U. — Coupe schéma tique d’une demi-perle de culture préparée pour la vente.
- n, noyau de nacre autour duquel s’est déposée la couche perlière c, />; u, s, lentille de nacre ajoutée après coup et collée.
- représentant des bouddhas ou des magots. Il y a, parmi les collections du Muséum, toute une série de bibelots obtenus au moyen de cette sorte de galvanoplastie vivante. En eux-mêmes, ils n’ont pas une grande valeur, mais ils indiquent la voie qui vient de conduire à la réalisation dés « perles japonaises» de culture.
- Avant d’étudier celles-ci, nous dirons quelles furent les premières tentatives sérieuses faites en Europe pour obtenir des perles de culture. Dès 1897, au laboratoire de RoscofT, M. Boutan se servit du mollusque appelé Oreille-de-mer ou Hahotis. Ce coquillage est abondant sur les côtes de la Manche; il atteint une grande taille; sa'coquille est revêtue intérieurement d’une couche nacrée très brillante et parée de vives couleurs. Enfin, contrairement à la plupart des animaux marins, YHaliolis peut résister à des opérations très sévères.
- Les expériences de M. Boutan consistaient à trépaner la coquille et à introduire par l'orifice ainsi réalisé, soit un morceau, soit une petite perle de nacre sans valeur. Le trou était ensuite refermé par du ciment. Au bout de quelques mois, le corps étranger était recouvert pâr des couches nouvelles qui, sans présenter le bistre des vraies perles fines, en avaient au moins l’orient et l’éclat. Les perles de M. Boutan avaient une re'elle valeur artistique. Malheureusement elles étaient rattachées à la nacre de la coquille par un gros et disgracieux pédicule. Nous leur donnerons, avec Fauteur, les noms de perles incomplètes ou de perles de nacre
- (%• 7). . _
- À l’Exposition universelle de 1900, les Japonais exposèrent des perles de culture obtenues sur les huîtres perlières (Meleagrina Martensi) à l’aide d’un procédé analogue à celui de M. Boutan. Il s’agissait encore de perles incomplètes, de demi-perles, qu’il était nécessaire de truquer pour leur donner une grossière apparence de perles fines. La figure 8 montre comment on accolait un hémisphère de la perle de culture à un hémisphère de nacre,
- Perle par devant, nacre par derrière, un tel objet ne pouvait être confondu avec une perle fine. Aussi : les Japonais mirent à l’étude d’autres méthodes cul-I turales. N’oublions pas que le but était d’obtenir , des perles rondes, entières et parfaites à tous points j de vue. Or, ce but est aujourd’hui atteint et les pre-! mières « perles japonaises complètes de culture »
- ^ ont fait leur apparition en Europe au début de l’an-! née dernière
- | Quelles que soient les critiques formulées par les joailliers et les bijoutiers, mécontents de la concurrence des nouvelles productions japonaises sur les J marchés mondiaux, il faut reconnaître, avec ! MM. L. Jameson et L. Boutan que le difficile pro-! blême de la culture des perles fines est désormais I résolu.
- Il riy a aucune différence visible entre une perle japonaise et une perle fine.
- La seule différence est dans le noyau qui est plus volumineux dans la perle japonaise (fig. 9). Mais nous savons que je noyau n’inllue aucunement sur les qualités extérieures de lustre et d’orient. Il faut donc fendre la perle japonaise pour la reconnaître, ce qui est un moyen un peu radical pour estimer sa valeur.
- On sait encore peu de choses sur le procédé qui permet d’obtenir les perles japonaises complètes de culture.
- Le secret industriel exige que les inventeurs s’abstiennent de donner trop de renseignements à des concurrents éventuels. Voici les quelques indications fournies par L. Jameson dans ses deux articles de Nature de,Londres (mai et juin 1921).
- Les huîtres employées vivent dans la baie d’Ago, sur la côte .orientale du Japon. Les eaux toujours calmes et la faible profondeur (fi à lo m.) où se trouvent les bancs permettent les manipulations délicates et minutieuses dont ils sont l’objet. Certaines huîtres perlières sont sacrifiées et enlevées de leur coquille. Leur manteau sert à faire de petits sacs (sacs perliers) contenant chacun un noyau de nacre sans valeur. Puis ces petits sacs sont greffés
- Fig. g. — A gauche, une perle naturelle; à droite et en haut, les deux moitiés d’une perle naturelle : en bas et au milieu, la coupe d’une perle de culture japonaise.
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- LES APPAREILS HAUT-PARLEURS
- dans le tissu sous-épidermique d’autres huîtres que l’on remet à l’eau après l’opération. Quand le greffon a pris sur le porte-greffe, aussitôt la paroi interne des petits sacs accomplit sa fonction habituelle qui est de sécréter de la nacre autour du corps étranger qu’elle recouvre. Ainsi, peu à peu, se réalise une perle fine complète, sans aucune adhérence avec la couche nacrée de la coquille. Les qualités de lustre et d’orient apparaissent dans toute leur intégrité. A conditions identiques de formation correspondent
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- des qualités identiques pour les perles de culture japonaises et les perles naturelles japonaises. « Si je n’avais pas eu, dit M. Boutan, leur certificat d’origine et, dans plusieurs cas, une section de la perle, je me serais trouvé incapable de dire si j’avais affaire à une perle naturelle ou à une perle de culture ». Telle est, sur cette question brûlante d’actualité, l’opinion des savants compétents.
- Léon Bertix,
- Agrégé île l’L’niver.-ilé.
- LES APPAREILS HAUT-PARLEURS
- et leur application à la télégraphie et à la téléphonie sans fil.
- La découverte du téléphone venait à peine d’être réalisée simultanément par Graham Bell et Elisha Gray et complétée par l’invention des microphones de Hugues et. d’Edison que de nombreux savants et chercheurs s’appliquèrent dans tout l’univers civilisé à obtenir de ces appareils le maximum de puissance.
- A l’émerveillement d’entendre balbutier les premiers téléphones succédait le désir vraiment humain, véritable loi du progrès, de les entendre émettre à distance la parole avec la plus parfaite pureté et la plus grande énergie.
- La merveille qui avait demandé des siècles d’enfantement paraissait déjà désuète, le rêve allant son train poussait les chercheurs, et de là, surgirent de nombreux appareils réalisant plus ou moins la solution de ces délicats problèmes.
- Beaucoup de ces études restèrent longtemps dans l’ombre, il fallut l’avènement de cetté autre merveille : la téléphonie sans fil, pour les remettre à l’ordre du jour et les derniers mois écoulés ont vu naître de multiples modèles de téléphones récepteurs à grand rendement que l’on a dénommés haut-parleurs.
- Cependant, il est bon de constater que la plupart des modèles actuels ne sont que des rééditions des appareils du début, dans les conditions de fini et de puissance que permettent les moyens nouveaux de l’outillage moderne.
- Les chercheurs qui désireraient se documenter d’une façon aussi complète que possible sur ces questions devront rechercher deux ouvrages déjà anciens, mais parfaitement traités par Th. du Moncel, le téléphone d’une part; le microphone, le radiophone et le phonographe d’autre part (Q, dans lesquels ils rencontreront des combinaisons extrêmement ingénieuses dont ils pourront s’inspirer.
- Avant d’entrer dans l’étude des appareils, il est bon de rappeler rapidement quelques notions d’acoustique, notions que nous avons plus largement développées dans notre article sur la téléphonie sans fil, du 8 avril.
- 1. Bibliothèque des merveilles, Hachette, éditeur.
- Au point de vue général de la réception des ondes hertziennes par les méthodes sonores, il faut considérer deux sortes de transmissions radicalement différentes dont la nature même détermine les caractéristiques théoriques des récepteurs sonores proprement dits.
- Ces ondes peuvent représenter des sons purs dont la fréquence des vibrations reste invariable pour un poste déterminé et pour une même émission, l’amplitude seule pouvant varier et les signaux transmis étant simplement composés des combinaisons de sons brefs et prolongés correspondant aux points et aux traits de l’alphabet Morse, ce mode d’émission est propre à la seule télégraphie. Nous lui donnerons, pour faciliter la suite du raisonnement, le nom d’ondes sinusoïdales pures, parce que ces ondes se représentent graphiquement par une sinusoïde régulière.
- Lorsqu’il s’agit de téléphonie, nous avons vu dans l’article précédemment cité, que la nature de ces ondes est toute différente et qu’elles se composent en réalité d’un ensemble d’harmoniques de fréquences et d’amplitudes variées et variables qui se superposent à chaque instant pour former des ondes à représentation graphique irrégulière et compliquée. Aces ondes, véhicule des sons musicaux en général et de la voix humaine en particulier, nous donnerons le nom d’ondes complexes.
- Dans tout récepteur téléphonique, il y* a lieu de considérer l’existence de pièces à mouvements mécaniques vibratoires,, lames flexibles, membranes souples tendues sur un cadre approprié ou membranes semi-rigides ; ces pièces forment la liaison nécessaire entre le phénomène électrique alternatif et la masse d’air qui doit communiquer les variations de cet alternatif au tympan, lequel à son tour, par le jeu physiologique de l’oreille, les traduira en sons perceptibles.
- Ces pièces en mouvement possèdent deux caractères physiques principaux : l°une certaine inertie, qui est fonction de leur masse, de leur cohésion moléculaire, ainsi que des liaisons qui les assujettissent aux pièces fixes du récepteur ; 2° une
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- 70 ........-LES APPAREILS
- Fig. i. — Fonctionnement d’un téléphone.
- période propre, c’est-à-dire une fréquence vibratoire qu’elles prennent naturellement à la suite d'un choc matériel initial unique.
- L’inertie est un phénomène gênant à un double point de vue, d’abord parce qu’il amène un certain retard, entre l’instant où l’onde électrique agit et celui où la membrane entre en vibration sous cette influence, ensuite parce que le mouvement de la pièce mobile ne cesse pas instantanément au moment précis où cesse la cause qui le produit.
- Celte inertie amène un léger décalage de phase qui serait insignifiant s’il n’enlevait à l’appareil une partie de sa sensibilité et si, pour les sons complexes il n’amenait une distorsion gênante résultant de l’inégalité des valeurs de décalage des différents sons d’après la fréquence des vibrations qui leur donnent naissance.
- Première conclusion : pour obtenir des récepteurs très sensibles, il est nécessaire d’utiliser des pièces mobiles de très faible masse et, de plus, aussi bien équilibrées que possible.
- Notons que celte dernière condition est mal réalisée dans le récepteur téléphonique ordinaire, puisque sa membrane métallique soumise au flux de l’aimant permanent est constamment sous tension. Ceci nous incite à dire en passant quelques mots sur la théorie du récepteur d’usage courant.
- Par suite de la polarisation permanente de l’électro-aimant, la membrane mince de tôle douce, au lieu d’occuper la position AMB (fig. 1), occupe normalement la position (exagérée à dessein) ANB ; elle ne peut donc osciller qu’autour de cette position moyenne, P amplitude maxima étant représentée par les positions AaB et AùB, amplitude limitée par la nécessité d’éviter le collage sur les pièces polaires.
- Cette déformation permanente serait inexistante si P électro-aimant n’était pas polarisé, mais cette polarisation est nécessaire pour atteindre les deux buts suivants :
- 1° Augmenter la sensibilité de l’appareil.
- 2° Ne pas changer la fréquence du courant circulant dans les bobines.
- Le flux permanent a de plus, pour effet, de multiplier le flux variable, il semble donc naturel d’augmenter ce flux permanent en employant des aimants dont l’aimantation est voisine de la saturation du fer utilisé.
- Il n’en est rien. Si nous considérons la courbe de magnétisme (fig. 2), nous voyons qu’une variation/
- HAUT-PARLEURS ------------------; ---
- de valeur déterminée du flux variable du au courant reçu A, appliquée au point R de la courbe, produit une variation A', tandis que le même flux B appliqué en S sur la partie de la courbe voisine du point de saturation ne produit qu’une variation B' beaucoup plus faible.
- Il y a donc intérêt, et c’est une conclusion dont il faut se souvenir lorsqu’on étudie des parleurs magnétiques à membrane de fer, à se tenir assez loin du point de saturation des aimants..
- Deux autres remarques sont encore à faire au sujet du rendement des téléphones à membrane métallique :
- 1° Veillera ce que cette membrane soit placée de telle manière que le sens de son laminage soit parallèle aux lignes de force des pièces polaires.
- 2° Ne jamais serrer violemment la membrane, ce qui la voile et la déforme.
- Examinons maintenant le second caractère des membranes, leur période propre. Ce caractère nous amène à considérer les phénomènes de résonance ; ceux-ci étant bien connus, nous n’en rappellerons pas la théorie, mais il est facile de comprendre que si, par exemple, une membrane téléphonique recevant un choc, exécute 870 vibrations simples par seconde, émettant ainsi le la-, et que nous l’excitions par un courant alternatif possédant cette même fréquence, l'amplitude des mouvements de la membrane s’accroîtra à chaque petit choc magnétique, celui-ci étant toujours donné au moment précis où les deux mouvements sont en phase, et la membrane oscillera avec le maximum d’amplitude que lui permettent sa rigidité et sa tension. Pour toute autre fréquence, sauf celles des harmoniques du son fondamental, la résonance ne pourra jouer et l’amplitude sera moindre à énergie égale.
- On pourra même, dans certains cas, percevoir des battements résultant de la superposition des deux fréquences, celle de la membrane et celle du courant d’excitation, si " leur différence est très faible.
- Ce phénomène est extrêmement important et
- flux variable
- Fig. 2. — Courbe de magnétisme du fer.
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- c’est sur son observation que repose, en plus grande partie, la perfection du jeu de la plupart des haut-parleurs.
- En effet, lorsqu’il s’agit d’ondes sinusoïdes pures, et surtout lorsque la fréquence de ces ondes peut être, grâce à l’utilisation de l’appareil hétérodyne, modifiée au gré de l’opérateur à la réception, rien de plus facile que de donner à cette fréquence la valeur de la fréquence propre de la membrane, en un mot, les mettre à l’unisson ; dès lors, le phénomène de résonance entre en jeu; l’amplitude devient maxima, et pour ce réglage précis, le son prend une acuité extraordinaire.
- Mais ceci n’est applicable qu’aux émissions télégraphiques, et en particulier aux émissions en ondes entretenues.
- Pour les ondes complexes, les choses se passent tout autrement. Tant que la période propre de la membrane est très différente de celle des ondes reçues, le mal n’est pas bien grand, la réception est à peu près normale; mais si, par malheur, dans les ondes de fréquence musicale reçues existe de temps à autre irrégulièrement, une onde dont la fréquence est identique à celle de la membrane, cette onde seule s’exaspère, détonne, détruit l’harmonie, car elle se complique du phénomène d’inertie : la mélodie devient discordante et la parole nasillarde.
- La résonance, admirable auxiliaire dans le cas de réception télégraphique, devient un véritable ennemi dans le cas de transmissions téléphoniques.
- De là surtout les insuccès de nombreux appareils, insuccès qui sont souvent la faute... de ceux qui les utilisent.
- En Amérique, dit une récente publication transatlantique, sévit une maladie, la « téléphonite », or, comme cette maladie devient de plus en plus française, nous devons en envisager les crises et en indiquer dès à présent le remède.
- La « téléphonite » est, en elle-même, une maladie bénigne et charmante ; quel meilleur passe-temps,
- Fig. 5. — Disposition de l’aimant, des pièces polaires, des bobines et de la lame vibrante du Brown.
- Fig. 3. — Coupe schématique de l'écouteur Baldwin.
- en effet, qu’entendre à domicile d’excellents concerts, de parfaites dictions, des avis sur la pluie et le beau temps, des renseignements commerciaux même, ensemble de réceptions qui constitue ce que nos amis des Etats-Unis ont appelé le « Droadcas-ting »? Cette maladie s’empare de l’amateur sournoisement, à la suite des perfides conseils d’un am-déjà enthousiaste, qui a toujours soin de les assaii sonner d’une bonne audition al home. '
- L’amateur est conquis, se procure en hâte les appareils nécessaires — oh! les plus simples naturellement — et commence à participer aux douces joies du broadeasting, on se passe le téléphone en famille, puis on ajoute des écouteurs... la crise est proche ; un beau soir quelques amis invités déclarent qu’ils ne veulent plus se serrer les tempes dans ces petits instruments, qu’au concert X*** mille personnes entendaient clairement, etc.
- L’amateur a des soucis, le haut-parleur apparaît dans ses rêves : amateurs, méfiez-vous ! la crise est survenue, vous désirez un appareil qui remplisse votre maison d’ondes sonores... et pures; hélas ! cela fera peut-être beaucoup de bruit, mais ce sera au détriment dé la pureté que l’on doit exiger de toute production artistique.
- Alors que faire ? C’est bien simple, ayez un haut-parleur, puisque sa non-possession vous occasionne des nuits sans sommeil; mais de grâce, ne lui demandez pas de crier comme un sourd, n’exigez de lui qu’une honnête amplification ; le peu que vous perdrez en puissance, vous le gagnerez en art et cela compte bien un peu ; donc, ayez un amplificateur puissant, mais n’en usez qu’avec modération, à ce compte-là, la plupart sont bons.
- Le résultat : vos amis diront ; « C’est moins fort qu'à la salle Y***, mais c’est tout de même mieux ! »
- Nous allons mainlenant étudier une série de haut-parleurs divers. Au passage, nous indiquerons les principes qui permettront aux amateurs de ce instruire ou perfectionner certains appareils.
- Fig. 4. — Coupe schématique de l’écouteur Brown.
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- Nous les classerons en cinq genres.d’après les méthodes physiques qui président à leur réalisation.
- 1° Application d’un acoustique bien étudié à un bon téléphone.
- 2° Par relai microphonique.
- 3° Appareils magnétiques différents du téléphone ordinaire.
- 4° Haut-parleur électrochimique.
- 5° Haut-parleur à valves.
- Application d’un acoustique bien étudié à un bon téléphone. — Le premier soin de. la personne qui désire entendre « plus fort » est d’ajouter à son écouteur ordinaire un pavillon de phonographe, lequel est généralement celui d’un « vieux phono ». Résultat défectueux, le son qui était assez pur
- çais. On les trouve en particulier à la maison Dubois, boulevard Saint-Germain, 211.
- Le Baldwin, représenté en coupe par la figure 5, comprend une lame de fer doux M de 25 mm de long sur 20 de large, fixée rigidement à une tige de cuivre verticale G, liée au centre d’une membrane de mica AB maintenue dans un boîtier non figuré, la lame M repose sur l’arête d’un coin de cuivre D et est maintenue en équilibre entre des pièces polaires N' et S' par un léger ressort R.
- En N et S sont les pôles d’un aimant permanent contenu dans le boîtier. En E une bobine comprise dans l’échancrure des pièces-polaires et enveloppant le lame M, bobine comportant un enroulement de ! fil de 5/ 100e, de 2000 ohms de résistance.
- Dispositif du diffusor Pathé.
- devient rauque, la parole est déformée avec accompagnement de bruits accessoires désagréables. Deux raisons fort simples sont la cause de cette déformation ; le pavillon, d’une part, n’a pas été étudié pour ce téléphone, et, d’autre part, construit en feuille métallique très mince, ajoute ses vibrations propres à celles de l’audition, produisant ainsi, de fâcheuses interférences.
- Bon pour la télégraphie, ce système ne peut l’être pour la téléphonie qü’à condition d’observer certaines règles ; comme ce genre de haut-parleur est le plus simple, nous nous étendrons quelque peu sur ce sujet.
- Tout d’abord, il faut un bon téléphone, soit à membrane épaisse et de grand diamètre (80 à 90 mm), soit de construction spéciale.
- Pour le premier type, les maisons Ducretet, Brunet, Després, pour ne citer que les principales, en ont d’excellents. Parmi les téléphones spéciaux et quelque peu originaux, nous citerons et décrirons le Baldwin et le Brown, types moins connus et depuis peu de temps seulement sur le marché fran-
- Cet écouteur, très sonore, est du type à pièces mobiles équilibrées à membrane sans déformation permanente.
- Le Brown, dont la figure.4 représente la coupe et la figure 5 certains détails de montage, comporte comme armature mobile üne lame M très rigide, rigidité augmentée par une nervure médiane supérieure, cette armature est fixée solidement sur un support S et se trouve vis-à-vis des pièces polaires P à noyau feuilleté ; sa course peut être limitée par une vis à hauteur réglable R. L’ensemble des pièces polaires et de l’aimant permanent A est supporté par une pièce L réglable en hauteur parle jeu de lu vis W. Au centre de l’armature en V est fixé un cône d’aluminium extrêmement mince dont les bords sont réunis au boîtier par une couronne de baudruche B collée sur ces deux pièces.
- Pour la téléphonie, qui est rendue d’une manière remarquable par cet écouteur, on règle les pièces polaires de telle sorte que l’armateur ne puisse en aucun cas frapper la vis R ; pour la télégraphie au contraire, on les règle de telle sorte qu’une ampli-
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- tude convenable provoque des chocs entre l’armature et la vis; ces chocs produisent un bruit strident très puissant. On retrouve ici le dispositif utilisé en 1881 par Àder dans sa fanfare.
- Cet excellent écouteur est transformé en haut-parleur du premier type par l’adjonction d’un des deux modèles d’acoustique que représentent les figures 9 et 10.
- L’acoustique de la figure 9, à part sa forme spéciale, présente en outre la particularité d’être non plus en feuille mince, mais en aluminium fondu, raccordé à un pavillon assez épais, ce dispositif évitant la production de vibrations accessoires gênantes.
- De la forme très simple de la figure 7, nous tirerons un procédé de fabrication d’amateur, cette forme en cône tronqué est en effet facile à obtenir, soit en métal, soit en carton épais, puis après lui avoir donné la forme convenable, il suffit, pour éviter les résonances nuisibles, de garnir l’extérieur de l’appareil, soit de plâtre fin mélangé de filasse, pour lui donner de la cohésion, soit de bandes plâtrées, l’ensemble pouvant être ensuite facilement poli et verni.
- Il nous reste à signaler un dispositif acoustique très particulier qu’imaginèrent les frères Lumière et qui est actuellement appliqué d’une manière fort heureuse aux phonographes Patlié; nous voulons parler de l’appareil connu sous le nom de « dif-fusor ». '
- Outre ses qualités acoustiques remarquables, il possède cette particularité spéciale d’être très facile à construire par les amateurs, et nous n’en voulons comme preuve que la réalisation qui en a été effectuée récemment par un de nos amis, M. Vatinet,
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- membre de la Société française d’études de téléphonie et de télégraphie sans fil ; cet appareil a été présenté par nous-même à l’une des séances mensuelles de cette Société, essayé sur émissions de téléphonie qui ont été entendues par plus de 200 personnes. C’est dire l’intérêt véritable de ce dispositif.
- En principe, il s’agit d’un cône de papier adapté par sa pointe à un bon téléphone.
- Pour les amateurs curieux de le construire nous
- allons donner les détails précis de sa réalisation.
- Sur un cercle support (fig. 6 et 7) de métal quelconque, aluminium, zinc, ou même sur un simple cerceau de bois (nous l’avons réalisé nous-mêmes en utilisant comme cerceau une ancienne roue de tri - porteur de 40 cm de diamètre dépourvue de ses rayons), on fixe par un lien, par de la colle forte, par serrage, ou tout autre procédé, les bords de base d’un cône en papier fort (papier à dessin Canson). Le diamètre de ce cône'peut varier de 30 à 40 cm et sa hauteur de 15 à 20 environ.
- A la pointe de ce cône mis en place, on fixe une armature métallique se terminant en pointe ainsi que le montre la figure 9.
- Ce cône de papier étant fortement tendu par un poids appliqué à la pointe est enduit de couches successives de vernis gomme laque (solution à saturation de gomme laque dans l’alcool à 90°) jusqu’à obtention d’une rigidité rappelant celle d’un cône métallique. Après dessiccation complète, l’ensemble est prêt pour le montage.
- Le cercle est muni d’un support s porté par un pied P de forme quelconque.
- En trois points équidistants, A, Mj sur la circonférence du cercle, sont fixés trois bras rigides,
- Fig. 9 et io. — Écouteurs munis d’acoustiques.
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- TM R
- Fig. ii. — Schéma du principe du haut-parleur, relai microphonique.
- aluminium, cuivre ou toute autre matière, qui aboutissent en R à un anneau dans lequel est fixe par trois vis le téléphone récepteur.
- Celui-ci sera un bon téléphone. Dans les exemples choisis, nous avons utilisé des téléphones Brown de 2000 ohms.
- Ce téléphone est réglé de telle manière que sa lame vibrante soit en contact à pression légère avec la pointe portée par le cône de papier laqué.
- Toutefois, il est nécessaire d’éviter la transmission de vibrations entre le téléphone et les bords du cône, et pour ce faire il faut intercaler entre les bras de fixation en A, M4 Nt et le cercle, une rondelle en caoutchouc,
- Pour compléter l’ensemble, une autre pièce est nécessaire, qui adoucira les vibrations propres du cône et lui permettra de donner aux sons une douceur remarquable.
- Cette pièce complémentaire D est constituée par un cercle évidé de métal quelconque fixé par son centre à une pièce diamétrale AB et portant à sa périphérie une couronne d’ « atténuation » ct cl constituée très simplement par une mèche de lampe Pigeon collée à la périphérie de D par un peu de seccotine.
- Ainsi constitué, cet appareil acoustique fort simple donne des résultats absolument extraordinaires et nous nous devions de le signaler à nos lecteurs.
- Utilisation d’un relai microphonique. — L’idée primitive de cette méthode est due à l’inventeur même du téléphone, Graham Bell, qui la signala peu de temps après l’apparition du microphone. Elle a été reprise et perfectionnée par de nombreux chercheurs, parmi lesquels nous citerons le Père Alard ; c’est sa mise en œuvre qui nous a personnellement permis de réaliser en 1912 les premières inscriptions de signaux radiotélégraphiques par application des méthodes acoustiques aux inscriptions graphiques.
- En principe, elle consiste à placer vis-à-vis du téléphone de réception primaire T un microphone très sensible M et à intercaler dans le circuit de ce microphone un second récepteur de faible résistance R ainsi qu’une source de quelques volts. La figure 11 montre cet ensemble.
- Théoriquement, les sons émis par le premier
- | téléphone sont reproduits considérablement amplifiés par le second, la déformation vocale étant du même ordre que celle d’une transmission ordinaire de réseau; théoriquement encore, on peut faire suivre cet ensemble d’un second, identique, et constituer ainsi un amplificateur en cascade à deux étages.
- En pratique, les choses sont en réalité fort compliquées, il est nécessaire d’utiliser des microphones très étudiés, et de plus si ce système convient très bien à la graphie, n’est pas mauvais pour la musique, il devient déplorable pour la parole articulée.
- Et encore, pour obtenir ce résultat moyen, a-t-il fallu résoudre les problèmes suivants :
- 1° Amplifier les seules ondes sonores reçues et non les vibrations ou bruits extérieurs.
- 2° Disposer les éléments microphoniques de telle façon que leur inerlie ne puisse nuire aux mouvements propres de la membrane de l’émetteur.
- 5° Obtenir pour l’élément microphonique un nombre de points de contact invariable.
- 4° Disposer ces points de contact de telle manière qu’ils conservent leur po^-sition respective.
- .5° Obtenir une nappe uniforme d’éléments sensibles.
- 6° Supprimer les « crachements » provenant d’une part de contacts à résist tance irrégulière, d’autre part de la fom mation de fines poussières de carbone.
- 7° Traduire fidèlement les modalités du son.
- 8° Utiliser le minimum de force électro-motrice.
- 9° Stabiliser la réception, cette stabilisation permettant l’emploi du haut-parleur comme relai inscripteur.
- Ces problèmes ont été résolus en employant les dispositifs suivants :
- Utilisation de boîtiers très épais.
- Séparation des membranes (téléphonique et microphonique, cette dernière en carbone poli) par un intervalle d’air de quelques dixièmes de milli-mètre.
- Emploi d’une cupule de carbone circulaire de faible diamètre (5 mm) dans laquelle se distribue une nappe de billes de carbone de 1 mm de dia-
- Fig. i3. — Coupe schématique de l’ampliphone.
- Fig. 12.
- Détail de construction du microphone relai.
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- mètre. Cette cupub est portée par une vis micrométrique, Taxe de la cupule étant excentré par rapport à l’axe de la vis, ce qui permet au centre de membrane de vibrer librement et aux éléments mobiles de balayer la membrane lors des réglages, balayage qui élimine les poussières carbonées nuisibles. La figure 12 montre ces détails.
- D’autres procédés, de relai microphoniques ont été utilisés, tels le Ducrelet- Tcmleigne, utilisant un contact unique situé à l’extrémité d’un court levier équilibré par ressort spiral; ce contact, en graphite, reposant sur une lame vibrante graphitée située en face des pièces polaires de l’électro-aimant deréception. Ce modèle n’est actuellement utilisé que pour la télégraphie.
- Appareils à réaction électro-magnétique différents dù récepteur téléphonique ordinaire. — Ainsi que nous l’avons dit au début, dans la membrane d’un récepteur ordinaire l’amplitude des vibrations est limitée par la valeur de l’entrefer et la nécessité d’éviter le collage sur les pièces polaires.
- Les haut-parleurs dont nous allons nous occuper ne connaissent pas ces limites et leur puissance devient considérable du fait de la possibilité pour leur membrane — non magnétique — d’osciller avec des amplitudes fort importantes.
- Connus, sous les noms de Magnavox (1), Télémégaphone, Âmpliphone, leurs principes sont semblables.
- Les deux premiers sont américains, d’un prix fort élevé et nécessitent en outre un amplificateur d’énergie à valves!
- Nous décrirons en détail Vamplipïione français dont le constructeur M. Quinet a bien voulu nous donner les caractéristiques pour les lecteurs de cette revue.
- En principe, l’appareil est constitué par une
- Représenté en France par la maison Furn, 5 bis, cité d’Uautevillc, à Paris.
- Fig. i5. — Principe de VElectromonographe Edison.
- Fig. 14. — Montage de l’ampliphone.
- légère bobine à carcasse non métallique sur laquelle est enroulée une hélice de fil fin parcourue par le courant sortant de l’amplificateur usuel.
- Cette bobine est fixée au centre d’une large membrane et peut osciller suivant son plan à l’intérieur d’un puissant champ magnétique annulaire.
- D’après les lois bien connues de l’action des champs sur les courants, la bobine oscille, sans autres limites que celles que lui confère la rigidité de la membrane à laquelle elle est liée. L’amplitude des oscillations est proportionnelle à l’intensité du courant parcourant l’hélice, leurs périodes reproduisant fidèlement celles du courant alternatif qui les provoque ; le • phénomène obéissant aux lois de Laplace est en tous points analogue à celui qui sert, de base aux galvanomètres à cadre mobile avec cette différence que l’effet de torsion provoqué par un couple est remplacé par un phénomène de déplacement dont le sens est perpendiculaire au plan des spires de l’hélice.
- La figure 15 montre le schéma de principe de l’appareil.
- Voici les caractéristiques précises de construction.
- Le champ magnétique annulaire, compris entre N SS (fig. 14), atteint 18000 gauss;ilest produit par un enroulement de fil émaillé E absorbant 0 Amp. 8 sous 6 volts (*), c'est-à-dire a peine plus qu’une valve ordinaire.
- L’entrefer annulaire compris entre N et SS est de 2 mm.
- La section du noyau magnétique est calculée de telle sorte que le champ dans l’entrefer est à saturation. •
- La bobine mobile B est en ivoire, elle a 25 mm de diamètre et présente une gorge de 10 mm sur laquelle sont bobinées deux couches de fil de 50/100, cet enroulement étant réuni par un fil souple au primaire d’un transformateur Tr, dont le secondaire
- 1. On peut utiliser la meme source que pour le circuit de chauffage des amplificateurs.
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- très résistant (2000 ohms environ) est branché sur la sortie de l’amplificateur.
- La bobine B est fixée d’une façon rigide par üne armature légère non magnétique au centre d’un diaphragme en mailleehort de 80 mm de diamètre et de 0,3 mm d’épaisseur, ondulé ainsi que l’indique la figure et serré énergiquement sur ses. bords dans une monture à vis. Ce diaphragme est surmonté d’une caisse de résonance spécialement étudiée sur laquelle s’adapte un acoustique à pavillon assez épais pour éviter toutes vibrations propres.
- « Ce haut-parleur, nous dit le constructeur, n’est pas un appareil sensible, il ne renforcera pas des émissions faibles ou moyennes, mais seulement des émissions déjà très fortes qui s’entendent le casque sur la table ; il est préférable de l’employer après
- public un nouveau haut-parleur fort bien compris, qui tient à la fois du téléphone ordinaire et du haut-parleur spécial.
- Cet appareil se compose d’un aimant à champ magnétique puissant qui sature le noyau et les masses polaires de deux bobines sur lesquelles est effectué un bobinage de grande résistance (4000 ohms) destiné à recevoir les courants détectés et, s’il y a lieu, déjà amplifiés par valves. —
- Le rapport en ampères-tours du type normal est calculé de manière à se tenir dans les conditions expérimentales ordinaires, très près du point critique de la courbe magnétique du système aimant-masses polaires. Les masses polaires présentent l’aspect d’un Y-ouvert ; au-dessus d’elles et à très faible distance-,est placée une armature de tôle douce épousant la forme de ces masses.
- A l'amplif.
- Z 200
- Fig. iô. — Montage d’un haut-parleur à valves.
- C, condensateur de 2/1000; r, résistance de 80000 ohms; R, résistance de 3 mègohms; T, Un téléphone récepteur de 4000 ohms (Brown de préférence); En 3 et 4 on a représenté seulement 2 lampes en parallèle; on peut en
- mettre plusieurs.
- de la basse fréquence. Par exemple, dans Paris et la banlieue, pour entendre la téléphonie de F. L. en très haut-parleur sur cadre, il faut deux hautes fréquence suivies de trois basses (*).
- En outre, et notre propre expérience est parfaitement d’accord avec cet avis du constructeur, celui-ci recommande de ne pas demander à l’appareil de fournir toute sa puissance, mais de diminuer légèrement l’amplification en ne se réglant pas exactement sur la longueur d’onde de la téléphonie, dans ces conditions l’amplification définitive est moins puissante, mais la netteté de la parole est considérablement augmentée, ce qui est préférable, ce réglage permettant de reconnaître le timbre de voix de la personne qui cause.
- Cet appareil est également apte à s’ajouter à une réception de téléphonie à fil, à condition d’intercaler entre le récepteur de ligne et le haut-parleur un ou deux étages d’amplificateur à basse fréquence.
- Très prochainement, M. Boutinon, ingénieur des Laboratoires Ella, va mettre entre les mains du
- 1. Ce renseignement fourni avant l’augmentation de puissance des radio-concerts de F. L. est un peu exagéré maintenant et nous estimons qu’il suffit actuellement d’une galène suivie de trois basses fréquence. (Note de l’auteur.)
- A cette armature est fixée une lame vibrante dont la tension est équilibrée par un ressort à tension variable.
- L’ensemble du système forme donc un tout en équilibre situé dans un champ magnétique tri-s intense. La membrane est surmontée d’un acoustique spécial.
- Les avantages de ce système peuvent se résumer à trois :
- Utilisation rationnelle d’un champ magnétique variable.
- Meilleure utilisation de l’énergie magnétique créée par le courant à amplifier.
- Suppression du courant auxiliaire destiné à produire un champ magnétique intense.
- On nous annonce également un haut-parleur de même nature étudié par la maison Besprés à laquelle nous devons de remarquables microphones d’émission, mais nous n’avons pas encore de données précises sur cet appareil.
- ^ Haut-parleurs utilisant des phénomènes électrochimiques. — Avant d’aborder l’étude des appareils à action électro-chimique proprement dite, nous devons rappeler le curieux téléphone imaginé par A. Breguet vers 1880 et basé sur les phénomènes
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- électro-capillaires découverts et étudiés par Lipp-mann ; cet appareil ne parait pas actuellement susceptible d’applications directes en haut-parleur, mais il peut intéresser les chercheurs et c’est à ee titre que nous le signalons.
- De même, des recherches pouvant avoir de précieux résultats pourraient être tentées à la suite de M. Dolbear, de M. Dunaud, de M. Maîche sur l’utilisation des condensateurs parlants.
- Le principe des téléphones électro-chimiques parait avoir été énoncé pour la première fois par Edison en 1877; il est basé sur les différences d’adhérence existant entre une lame métallique
- brane, cette déformation étant permanente tant qu’aucun courant ne passe entre P et C, mais au moindre courant, l’adhérence entre ces deux pièces diminue, la membrane revient en avant et son amplitude est proportionnelle à l’intensité du courant arrivant par A et B.
- Une succession rapide de courants ondulés, même très faibles, tels les courants téléphoniques, provoque des oscillations rythmées de la membrane, laquelle, pouvant être de grand diamètre, peut se mouvoir avec une amplitude relativement considérable, d’où naissent des sons puissants.
- Plusieurs modèles de haut-parleurs dérivant de
- Fig. 17. — Montage de valves pour réception en haut-parleur en public.
- C, condensateur de 4/000; B, 2 lampes R, bis; R, résistances de 4 mègohms; r, résistances de 5oooo ohms.
- glissant à la surface d’un corps semi-conducteur, et ce corps, lorsqu’un courant ondulé même très faible circule entre cette lame et ce corps.
- L’appareil primitif d’Edison qu’il nomma electro-monograph permettait des auditions extrêmement puissantes.
- Il était constitué par un cylindre C (fig. 15) en chaux comprimée avec du phosphate de soude et animé d’un mouvement lent et uniforme de rotation autour de son axe, dans le sens indiqué.
- Une mince lame de platine P était appuyée sur une génératrice du cylindre par là large base d’une vis Y permettant de faire varier la pression de la lame sur le cylindre, cette lame était liée par une tige rigide T au centre d’une membrane de mica MN, des fils A et B amènent le courant téléphonique à amplifier.
- Le jeu de l’appareil se conçoit rapidement. Dans son mouvement de rotation, le cylindre tend à entraîner la lame et cà déformer en arrière la mem-
- cct appareil ont été construits et utilisés avec succès en Amérique et en Angleterre, mais nous n’avons pas connaissance qu’il en existe actuellement en France. Leur étude devrait cependant tenter les chercheurs. **
- A leur intention, nous devons également signaler la publication récente, par Erich Huth à Berlin des applications d’une découverte réalisée par MM. John-sen et Knud Rahbeck, ingénieurs danois.
- Il s'agit d’un phénomène d’aimantation sans fer magnétique, qu’il serait facile de provoquer entre deux lames de métaux quelconques séparées par une lame de pierre lithographique, ceci, sous l’influence de courants extrêmement faibles et sans existence d’enroulement de fds conducteurs.
- Il suffirait, disent les auteurs, d’une énergie électrique ne dépassant pas la 500e ou la 500e partie du courant habituellement utilisé pour obtenir un effet déterminé dans un électro-aimant ordinaire, pour obtenir ce même effet par ce procédé.
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- LES CIMENTS A HAUTE TENEUR EN ALUMINE
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- Les auteurs prétendent également avoir obtenu par applications de ce procédé à des enregistreurs spéciaux une vitesse d’inscription de 200 syllabes à la minute.
- Cette invention, disent-ils, est également applicable à la téléphonie ainsi qu’aux haut-parleurs. C’est à ce dernier titre que nous devions la signaler (').
- Application des valves à trois électrodes aux haut-parleurs. — Un dernier procédé doit enfin retenir notre attention. S’il est un peu complexe à première vue, il a tout au moins l’intérêt de pouvoir être réalisé facilement par les amateurs... qui ne regardent pas à une dépense de courant.
- Il s’agit de l'amplification à grande puissance réalisée en utilisant les propriétés des valves de réception ou d’amplification ordinairement utilisées en T. S. F.
- Le principe consiste à faire suivre un amplificateur ordinaire à haute fréquence d’un amplificateur a basse fréquence à résistance — le plus facile à construire par les amateurs — et à pratiquer des sorties sur lampes en parallèle.
- Ces montages, qui ne sont compliqués que par le nombre des éléments utilisés sont fréquemment employés lors des grandes auditions publiques, ils ont été en particulier étudiés par M. Laüt.
- Les figures 16 et 17 donnent deux de ces montages. Celui de la figure 17 est extrait du n° 5 de l’excellente revue L'onde électrique publiée par la Société des Amis de la T. S. F. Il est spécialement destiné aux grandes auditions des concerts radio-téléphoniques.
- Ces schémas dispensent de toute autre explication.
- Pour résumer, nous voyons que cette question des haut-parleurs est beaucoup plus complexe que l’on ne pense au premier abord, qu’elle aborde beaucoup de problèmes non encore complètement résolus.
- Nous ne pouvons donc que conseiller aux amateurs — et ceci par expérience — de ne pas chercher de trop fortes amplifications d’ordre mécanique, de porter leur effort sur le perfectionnement de leur poste de réception, de préférer l’antenne au cadre et surtout de ne jamais sacrifier la pureté de la réception à son intensité.
- J. Roussel.
- Secrétaire général de la Société française (l’élude de télégraphie et de téléphonie sans fil.
- 1. Note parue clans Les échos du 7 juin 1922. Origine : Francfort-sur-Mcin, Oeder Wcg, 79. Voir La Nature, n°2470, 6 août 1921.
- LES CIMENTS A HAUTE TENEUR EN ALUMINE
- Ces ciments ont été récemment introduits dans la pra-lique de la construction et ils paraissent devoir y jouer un rôle fort important. Voici à ce sujet d’intéressants renseignements extraits du Bulletin de la Société des Ingénieurs civils.
- Ils sont obtenus par la fusion liquide d’un mélange de calcaire très pur et de bauxite ferrugineuse (impropre à la fabrication de l’aluminium et des produits réfractaires) .
- La cuisson s’effectue soit au coke, dans un four à water-jacket (ciment fondu de Ravin de Lafarge), soit au four électrique (ciment électrique de la Société d’Alaxs, Froges et Camargue).
- Le produit obtenu contient une proportion d’alumine beaucoup plus élevée que les ciments ordinaires à prise lente ou à prise rapide ; il ne renferme pas de chaux libre.
- Ses propriétés caractéristiques sont :
- 1° Un durcissement extrêmement rapide avec résistances très élevées; /
- 2° Une résistance absolue aux agents de décomposition.
- La prise débute au bout d’environ deux heures, pour finir entre quatre et cinq heures. Elle classe donc le « ciment fondu » dans la catégorie des liants à prise lente, laissant tout le temps suffisant au gâchage et à la mise en œuvre du mortier ou du béton.
- Mais, la prise une fois terminée, le durcissement est extrêmement rapide; au bout de 24 heures, la résistance dépasse celle obtenue au_ bout de 28 jours avec les ciments artificiels courants.
- L’emploi de ces ciments rend donc possible, dans les travaux en béton armé, un décofîrage rapide, au bout de quelques jours seulement, d’oii économie de boisages et possibilité de sé servir sans délai des ouvrages exécutés. -
- 11 permet,également h fabrication et le transport d’éléments constructifs, tels que panneaux, huisseries, tuiles, pavés et autres agglomérés pouvant remplacer le bois et la pierre.
- 11 permet l’exécution entre deux marées des travaux à la mer, le revêtement, des chaussées, trottoirs, dallages d’usines et tous les travaux urgents de réparation. Il se prête également d’une façon spéciale, en raison dei la compacité des bétons dans la composition 'desquels if entre, à la construction des cuves et réservoirs.
- Une autre qualité du « ciment fondu » et du « ciment électrique » résulte de leur composition chimique. L’absence totale de. chaux libre, la forte proportion d’alumine qu’ils contiennent, les rendent inattaquables par les eaux sulfatées et notamment par l’eau de mer.
- Il en est de même pour les eaux extrêmement pures telles que celles des sources captées en terrains granitiques, qui exercent une action destructive si marquée sur les aqueducs et conduites en béton de ciment, surtout de ciment à prise lente.
- L’emploi de ces ciments demande des précautions spéciales; il y a lieu'de ne pas employer des mortiers trop secs, et, plus encore que pour les autres ciments, de laisser la prise s’effectuer à l’abri de la sécheresse.
- Les chapes ne doivent pas être appliquées avant que le béton de base n’ait fait une prise suffisante, pour que l’eau du mortier de chape ne soit pas absorbée par le béton, qui doit être lui-même largement mouillé avant l’application. Les mêmes précautions sont à prendre, chaque jour «à la reprise du travail, ou en cas de répa-' ration et d’extension des travaux.
- Les surfaces anciennes doivent être décapées avec de l’eau acidulée ou chargée de carbonate de soude; mouillées jusqu’à refus et passées à la barbotine avec un pinceau à long poil.
- . Enfin, et par-dessus tout, il faut éviter tout mélange, même eu proportion infime, avec de la chaux ou du ciment d’autre, composition. Il.est. indispensable de. né se servir pour leur emploi que d’appareils (broyeurs, malaxeurs, bétonnières) et d’outils (pelles, griffes, îou-loirS; auges, etc.) n’ayant servi à la confection d’aucun autre mortier ou ayant été nettoyés à fond.
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- ^Av/AXv//Aw/Av//Avv/Aw/Av//Av//Av//.^//
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- L’EXPLOITATION DES PLACERS EN ALASKA
- SM*'
- Le littoral de l’Alaska est relativement tempéré, au point qu’il se prête, surtout dans le Sud, aux entreprises agricoles. Mais, à quelques lieues dans l’intérieur, loin de l’influence des courants tièdes du Paci-iique, les températures sont normalement si basses que le sol reste congelé à une grande profondeur d’un bout de l’année à l’autre.
- La chaleur d’un éphémère été ne dégèle qu’une mince couche du sol : à '10 centimètres de profondeur, les terres alluvionnaires restent aussi dures et compactes que la roche.
- Les mineurs ne peuvent attaquer un terrain qu’après l’avoir dégelé.
- Jusqu’en ces dernières années, ils ne. disposaient que du procédé primitif qu’ils appellent le burning-out.
- Il est aussi pénible que coûteux, et h’est applicable que dans les régions boisées.
- Il faut édifier un bûcher sur le point où l’on veut creuser. Quand les rondins ont fini de se consumer, ce qui demande de deux à trois heures, la terre se trouve dégelée sur une profondeur qui ne dépasse jamais 30 cm. On enlève cette couche à la pelle; on établit un nouveau bûcher, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on ait atteint le bedrock, ou lit de roche, où se sont accumulées paillettes et pépites.
- Pour les excavations superficielles, le procédé n’est que laborieux. Mais, quarid il s’agit de forer un puits, il devient plus dangereux à mesure que l’on gagne de "fa profondeur. Les fumées et les gaz produits par la combustion du. bois occasionnent des maux d’yeux et de gorge qui gênent considérablement les mineurs. Très souvent, pour cette
- ÏTsT
- Fig. i. — Le burning-out.
- Pour dégeler la terre et creuser un puits, les mineurs édifient et enflamment un bûcher au fond de la fouille.
- raison, les puits doivent être abandonnés définitivement.
- C’esten appliquant ce procédé que d’énergiques mineurs ont pu creuser des galeries s’amorçant sur le fond de ces puits. Point n’est besoin d’insister sur les inconvénients d’un pareil système. On imagine les pénibles a corvées de bois » au fond du boyau, dans un air irrespirable, l’édification d’un nouveau bûcher qui ne dégèlera qu’une couche verticale de 20 à 30 cm d’épaisseur, l’évacuation rapide des déblais, qui ne tarderaient pas à se recongeler.
- Ajoutez à ces inconvénients la tâche d’abattre et de débiter des arbres, et de convoyer par traîneaux les lourdes bûches, et vous comprendrez pourquoi tant de chercheurs d’or ont abandonné les terres aurifères de l’Alaska, dont la population est tombée de 6.4 350 âmes (1910), à 45000 i.. _ ; (1918). Dans la partie canadienne
- (lvlondykc), la population minière a diminué en dix ans de 68,75 . pour 100.
- Le nouveau procédé de dégèle-ment que nous allons décrire parait destiné à relever dans ces régions l’industrie aurifère. Il a, cependant, le désavantage de ne pouvoir être appliqué que par des sociétés bien organisées, et ne saurait venir à l’assistance de ces petites associations de mineurs qui furent les premières à exploiter les terrains vierges du Klondyke.
- Ge système consiste à échaufler le sol au moyen de jets de vapeur. On se sert de tubes en acier étiré, terminés par une pointe en acier trempé
- aux narnis enaisscs. Lrmr rliampfpp
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- L’EXPLOITATION DES
- varie entre 18 et 25 mm, et leur longueur, entre 1 m. 50 et 6 m. 50. Près de la pointe, le tube, appelé steam needle (aiguille à vapeur), est percé de nombreux trous menus par lesquels s’échappe la vapeur surchauffée, produite par un générateur dont le foyer est alimenté au bois. L’autre extrémité de l’aiguille est couronnée d’une tête en acier doux, au-dessus de la jointure où s’attache le tuyau d’amenée de la vapeur. Le tube est enfoncé dans le sol congelé à coups de masse, l'ouvrier s’installant sur une échelle ou sur un échafaudage selon la longueur du tube employé.
- PLACERS EN ALASKA ——
- Il saute aux yeux que les aiguilles à vapeur donnent des résult ats merveilleux pour le percement des galeries. On utilise alors les tubes les plus courts, que l’on enfonce comme des clous dans le fronton. L’un des avantages les plus appréciables pour le mineur, c’est la suppression de la fumée qui l’aveuglait et l’étouffait, avec l’ancien système, malgré les ventilateurs de fortune qu’on pouvait installer à l’orifice des puits. Les ouvriers peuvent travailler sans arrêt, et le réchauffement de l’atmosphère ambiante par les émanations de vapeur ne peut qu’assurer leur con-
- Pour commencer, la pointe n’est enfoncée qu’à une profondeur de 50 à 40 cm. Dès cpie la terre s’est amollie, on l’enfonce plus profond, jusqu’à ce qu’on ait atteint le niveau désiré.
- Nous avons vu que, avec le vieux procédé, un mineur mettait plusieurs heures à dégeler une épaisseur maximum de 50 cm. Avec les aiguilles, on obtient ce même résultat en une vingtaine de minutes. L’aire de dégèlèment s’étend de 70 cm à 1 m dans tous les sens autour de la pointe. Il est inutile, comme avec le système du burning-out, de s’arrêter fréquemment pour enlever les terres désagrégées : on peut continuer l’opération sur une profondeur de plusieurs mètres avant ide procéder à l’enlèvement. Sous l’action des infiltrations de vapeur, la terre reste friable sous toute son épaisseur.
- fort. Signalons encore que certaines régions aurifères étaient absolument inexploitables avec le burning-out (littéralement : creusement par combustion). À 2 ou 5 mètres de profondeur, les mineurs se heurtaient à des formations qu’ils qualifiaient de trea-cherous (traîtresses), et qui refusaient obstinément de se dégeler. Les aiguilles triomphent de cette mauvaise volonté, car elles permettent d’appliquer la chaleur dans une direction déterminée.
- Le nouveau système s’adapte, admirablement à l’exploitation des terrain® par les dragues à l’Australienne, dont les générateurs fournissent toujours un surplus de vapeur inutilisé. La production mondiale du métal jaune est en déficit depuis 1919. L’apport que l’on devra à cette ingénieuse invention sera le bienvenu. V. Foiuux.
- Le Gérant : P. Basson. — Imprimerie Lahïïre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- — N° 2522.
- 5 AOUT 1922
- AU SOMMET DU MONT-BLANC
- M. Jean Lecarme, fidèle collaborateur de M. Vallot, poursuit depuis plus de vingt ans à VObservatoire situé sur lyarête rocheuse du sommet du Mont-Blanc, une série de recherches scientifiques, notamment sur la détermination exacte de l'heure à cette altitude où les pendules et les chronomètres sont déréglés, où la réception des signaux horaires de T. S. F. est elle-même rendue très difficile par la violence des tourbillons de vent, accompagnés il'électricité sous forme d'effluves ou de foudre, la rupture fréquente des fils extérieurs par suite de leur enrobement de glace pendant les tempêtes, le froid intense qui règne en permanence à ces altitudes, et enfin les troubles physiologiques résultant de la faible pression atmosphérique et du manque d'oxygène provoquant chez les opérateurs de l'anémie cérébrale, rendant tout travail extrêmement pénible.
- M. Jean Lecarme vient de 2)ublier le 29 mai 1922 aux Gomples Rendus de l’Académie des Sciences les résultats de ses observations de l'été dernier. Avant qu'il remonte ces jours-ci au som-met du Mont-Blanc, nous lui avons demandé pour n:,s lecteurs les conseils que lui suggère sa longue pratique de t'alpinisme.
- Dans la préface des Annales de Vobservatoire du Mont-Blanc (I. 1895), M. J. Vallot, fondateur et directeur de l'Observatoire, débute ainsi : « 11 faut « avoir été aveuglé par la neige, avoir senti les « mille piqûres de l’électricité des orages, avoir mar-« ché jusqu’au ventre en plein été dans la neige « fraîche, avoir été renversé par le vent, roulé par « les avalanches, pour se rendre compte de l’inten-« sité terrible des phénomènes météréologiques aux « grandes altitudes. C’est alors que l’on comprend « que les puissantes impulsions données à l’air dans « les régions supérieures ne se transmettent en « bas qu’à travers un énorme matelas d’air et de
- Fig, 2. — Le cinématographe sur les cimes. M. Chelle, de ta mission J. Lecarme, opérant en iç2i. au Glacier du Géant (38oo m.).
- Fig. i. — Séracs du glacier du Géant. Passage des crevasses avec les appareils topographiques.
- « vapeur d’eau qui amortit et fausse les indica-« tions. »
- Il faut ajouter à cette description déjà impressionnante, les troubles physiologiques dus à la diminution de la pression atmosphérique et comme conséquence, du manque d’oxygène, dont les effets pénibles et même quelquefois dangereux ou mortels dans certains cas, constituent ce qu’on appelle le « mal de montagne ». Or, plus l’altitude est grande, plus l’alpiniste, surtout s’il doit effectuer en plus du travail de l’ascension, des mesures et des observations scientifiques, se trouve obligé de posséder tous ses moyens, physiques et intellectuels. C’est précisément l’inverse qui se produit, et il arrive que l’anémie cérébrale devient telle que le sommeil incoercible s’impose, accompagné de céphalalgie intense au moment des plus grands efforts.
- Disons en passant, que le rayonnement solaire, même en plein brouillard, produit des érythèmes cutanés provoquant de la fièvre et des douleurs vives, et que l’on sait heureusement les éviter en se noircissant la peau au moyen de charbon très fin obtenu par un bouchon de liège que l’on brûle avec une bougie et dont on se frotte le visage, le' cou, les mains et les bras, procédé simple et peu coûteux-* très efficace, car il permet la transpiration cutanée de s’effectuer librement et assez permanent pour
- fi. — 81.
- 50* Année. — 2* Semestre
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- 82 ...; AU SOMMET DU MONT-BLANC
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- Fig. 3. — Le sommet du Gré pou {J442 m.) vu de l’Aiguille des Grands Charmoz (3410 m.).
- résister toute une journée s’il a été convenablement appliqué, selon la méthode de M. J. Vallot. Quant aux yeux, le port de lunettes fumées montées sur grillage permettant l’évaporation et l’égalisation des températures intérieure et extérieure, en vue d’éviter le dépôt de buée sur les verres, est absolument indispensable, sous peine de perdre la vue.
- Nous n’insisterons pas sur la technique de l’alpinisme, beaucoup trop longue à décrire, quoique nécessaire à connaître, meme pour des ascensions moyennes ou de. simples excursions glacières, surtout , si l’on n’a pas pris un guide. Or, presque tous les accidents proviennent l’ignorance des règles les mentaires de celte technique, de l’abseiice de toute notion dé géographie physique ou de météorologie, et même du manque d’équipement.
- Il faut bien se convaincre qu’il est pénible et dangereux de s’aventurer en haute montagne si l’on n’est pas muni du minimum d’équipement suivant : souliers imperméables, suffisamment larges pour pouvoir porter 2 paires de chaussettes, dont [une est en grosse laine, superposées, à
- fortes semelles munies de clous et crampons, molletières en drap, genouillères pour les ascensions d’aiguilles, crampons mobiles pour rochers ver-glassés et couloirs de glace, un piolet, une lanterne pliante pour marcher de nuit, une corde, lunettes, allumettes tisons et une bougie. Le sac dit tyrolien est nécessaire pour le transport' facile de tout le matériel accessoire, des vivres, instruments, phar^ rnacie, etc.
- Les difficultés décrites ci-dessus, jointes aux phénomènes admirables et quelquefois terribles que l’on observe sur les grands sommets, ont de tout temps provoqué la curiosité des explorateurs. En outre, en s’éloignant de la plaine, on semble s’approcher du monde astronomique, et ceux qui ont eu le bonheur de passer une nuit calme avec un ciel limpide sur un sommet élevé, peuvent seuls décrire l’aspect féerique de la voûte céleste. En même temps, apparaissent des sensations étranges, qui augmentent avec l’altitude, et qui donnent une petite idée des différences entre les conditions tout à fait spéciales dans lesquelles nous vivons sur la terre, et qui nous faussent les idées, et l’Univers réel, dont seuls les astronomes et les physiciens ont pu faire un tableau théorique et une description.
- L’observateur désireux de se représenter le mieux possible ces réalités ne dispose d’aucun autre moven que de se trouver par un tçmps idéal, ce qui est excessivement rare, au sommet, d’une montagne très élevée, telle que le Mont-Blanc, qui atteint presque 5000 m. (exactement 4807 m.), où il n’entend plus aucun bruit, où la température atteint en été facilement — 20° C, où aucun mouvement ne se manifeste plus, si ce n’est la lente rotation apparente de la terre, et où le manque d’air (pression barométrique de 44 cm.) donne une première impression du vide de l’espace céleste. Ce sont ces impressions qui poussent les explorateurs à rechercher des ascensions toujours plus élevées, et
- Fig. 4. — Sommet de l’Aiguille du Col du Tour (35oo m.). Vue prise en 1004, avant le t rem blemenFde terre.
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- AU SOMMET DU MONT-BLANC
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- ceux qui partent à la conquête de l’Himalaya dans le but d’atteindre les plus hauts sommets du monde (près de 9 000 m.), rapporteront certainement des documents précieux pour la science.
- En ce qui concerne le Mont-Blanc, dont les alpinistes savent vaincre les difficultés, il ne se passe pas d’années, depuis que M. J. Vallot a construit son observatoire (1890), sans que des travaux scientifiques y soient effectués par des savants, dont un des premiers a été M. J. Vallot lui-même. D’autres, avant lui, avaient effectué des tentatives presque désespérées, mais sans moyens suffisants pour réaliser des expériences réellement précises. Le premier de tous fut le célèbre physicien de Saussure (en 1788), dont les exploits ont été bien souvent décrits, et qui, malgré l’absence de tout abri, réalisa cependant des expériences remarquables. Sa statue, érigée sur la place de Chamonix, rappelle aux alpinistes cette page de l’histoire.
- Sitôt que fut décidé l’emplacement définitif de l’Observatoire, aux rochers des Bosses, dernière pointe rocheuse du sommet, apte à recevoir une construction permanente, M. J. Vàl-lot se préoccupa de, réaliser un établissement confortable poulies opérateurs et parfai-
- Fig. 5. — L’Aiguille du Chardonnet (3823 m.), vue du sommet ~....- de VAiguille du Col dit Tour.
- d’une intensité extraordinaire à ces altitudes. A edï
- effet, les parois sont entièrement recouvertes de plaques de laiton ne présentant aucune fissure, ce qui assure complètement l’étanchéité relativement à la pénétration de la neige > qui, sous la pression énorme des tourbillons de vent, parvient à passer à travers les moindres fentes du bois, phénomène qui, joint aux évaporations et cristallisations successives dues aux ' variations de température! produit peu1 à peu le
- Fig. 6. — La première expérience de réception de T.S.F. au- sommet du Mont-Blanc, effectuée en i8yq par • MM. J. et L..Lecarme.
- tement protégé contre les intempéries, qui sont ) remplissage de toutes les cavités par la glacéi
- Fig. /. — Installation de l’antenne de T. S. F. à l’Observatoire Vallot (4365 m.), en 1921.
- Fig. 8. — M. Lecarme dans son laboratoire, à VObservatoire Vallot, en içai.
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- 84 -- : LA PROTECTION DES NAVJRES CONTRE LES TORPILLES'
- C’est ainsi que l’ancien observatoire de M. Jans-sen, établi en 1893 à l’extrême sommet, s’est peu à peu rempli de glace et a dû être démoli sans avoir été utilisé comme on l’avait espéré.
- En outre, dans l’Observatoire Vallot, le revêtement métallique qui est mis en contact avec les rochers (micaschistes), par les câbles des paratonnerres, constiiue un protecteur parfai t contre la foudre, alors que dans l’ancien observatoire Janssen, constitué par du bois et de la toile goudronnée, toutes lès pièces métalliques se trouvant à l’intérieur, ont été trouvés fondues et soudées ensemble, et la foudre globulaire s’y formait plusieurs fois à chaque orage. Quant aux observateurs, on peut juger de leur état, après une nuit passée dans de semblables conditions.
- Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, la
- Fig. 9 et io. — Deux vues de l’intérieur de /’
- Grâce à ceLte installation remarquable, il fut possible d’entreprendre des expéditions scientifiques sérieuses, munies d’instruments précis, et chaque année, depuis cette époque, des savants ont pu réaliser des études intéressantes et nouvelles relatives à la physiologie, à la physique, à l’astronomie et à la météorologie.
- M. J. Vallot a, le premier, effectué des expériences physiologiques en vue de déterminer les effets du mal de montagne, expériences continuées par le Dr Bayeux, et qui l’ont conduit à la découverte qui consiste à combattre le manque d’oxygène dû à la faible pression, en injectant sous la peau quelques cm3 de ce gaz pur, dont l’effet est remarquable. Il suffit d’une injection tous les deux jours pour combattre l’anémie cérébrale.
- Grâce à cette intéressante découverte, dont les
- : la chambre des guides; le salon du directeur.
- situation de l’Observatoire Vallot, sur le sommet d’une arête rocheuse, rend impossible l’ensevelissement dans la neige, qui a été également une des causes de la disparition des observatoires antérieurs.
- Quant à l’intérieur de l’Observatoire, on peut juger du confortable par les photographies récentes, prises en 1921, qui montrent l’installation et les décorations artistiques exécutées par MM. J. etL. Le-carme en 1898, encore en parfait état 25 ans après.
- détails ont été publiés à l’Académie des Sciences, les savants et les opérateurs peuvent réaliser plus facilement leurs expériences sans risquer des troubles quelquefois très graves et toujours très pénibles.
- La série des études faites depuis 1898 a été publiée dans les Annales de l'Observatoire du Mont-Blanc, publiées par M. J. Vallot, on l’on trouvera l’exposé des nombreuses recherches réalisées jusqu’à ce jour. Jean Lecakme.
- LA PROTECTION DES NAVIRES CONTRE LES TORPILLES
- Comme il était tout indiqué après les cruelles expériences de la guerre sur mer, les constructeurs de navire ont cherché à protéger les navires nouveaux qu’ils sont chargés de mettre à flots, contre les ravages des torpilles qui ont fait tant de victimes.
- Il est à noter d’ailleurs que les différents modes de protection envisagés dans ce but seront également efficaces contre les. accidents ordinaires de navigation, abordages, échouages, rencontres de
- glaces, etc... Ils auront, souhaitons-le tout au moins, plus à servir dans ces dernières et diverses éventualités que dans la première.
- Pendant les dernières années de la guerre, on s’était occupé de prendre des mesures dans les marines militaires, tant pour les navires neufs que pour ceux déjà en service, en vue de limiter, sinon de faire disparaître, le danger provenant de l’explosion d’une torpille. Mais rien n’avait été fait pour les navires de commerce et c’est à ce point de vue
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- LA PROTECTION DES NAVIRES CONTRE LES TORPILLES . 85
- qu’il est intéressant de noter une initiative de la marine royale italienne, qui vient de faire construire un nouveau type de vapeur pétrolier conçu d’après une idée très intéressante. Il n’est pas douteux que l’exemple ainsi donné sera suivi par les constructeurs de navires à marchandises et à passagers.
- Le pétrolier en question porte le nom de Brennero (fîg. d). Son déplacement est de 10600 tonnes avec 100 m. de longueur.
- Sa description complète est donnée par le Courrier des pétroles du 29 octobre 1921 et répétée par la Revue maritime dans son numéro de janvier 1922. Nous en donnerons ici seulement les dispositions principales.
- La protection est réalisée par un dispositif spécial s’étendant sur une longueur de 60 m. sur les deux flancs de la partie centrale du navire. Il
- au cas ou une torpille, mine ou projectile quelconque, vient frapper la coque, c’est-à-dire le cylindre E.
- La partie extérieure de celui-ci cède sous le choc, mais le pétrole renfermé dans la partie du cylindre intérieure (laquelle est d’ailleurs limitée par les cloisons transversales) empêche les projections de fragments de projectiles vers l’intérieur. De plus, le cylindre À qui est vide reçoit sur sa surface la pression considérable produite par l’explosion et s’écrase en absorbant l’énergie développée. De sorte que la partie intérieure du cylindre E, renforcée en épaisseur comme il a été dit plus haut, résiste et constitue une coque intérieure avec laquelle le bâtiment pourra continuer à naviguer ou tout au moins gagner sans danger un port où se réparer.
- Notons que la partie intérieure du cylindre E
- cm I nz] cm
- Fig. i.
- Vue en plan du Brennero.
- se compose d’un cylindre E (fîg. 2”et 5), terminé à ses deux extrémités par une calotte sphérique G (fîg. 5.)
- Un autre cylindre A ayant le même axe que le premier et de diamètre moitié plus petit est placé à l’intérieur du cylindre E.
- Des cloisons d’acier perpendiculaires à l’axe commun divisent ce cylindre A en tronçons de 3 m. de longueur et le cylindre E en tronçons de 9 m. de longueur.
- Les tôles du cylindre E ont une épaisseur de 14 mm. dans la partie où il forme la coque du navire (fig. 2), et de 23 mm. dans la partie placée à l’intérieur.
- L’épaisseur du cylindre A est uniformément de 7 mm.
- En temps de paix, les deux cylindres A et E sont utilisés comme citernes à pétrole. En temps de guerre, on conserve vide le cylindre intérieur A, et voici comment fonctionne ce système de protection
- Fig. 2. — Coupe transversale dans la coque montrant la disposition des 2 cylindres.
- est solidement reliée au reste de la coque du navire, notamment par une cloison L (fig. 2), qui renforce en outre singulièrement la structure générale.
- Des expériences de ce système ont été faites en Italie sur un caisson construit comme une tranche du Brennero. Elles ont donné les résultats les plus concluants.
- Les parties du bâtiment à l’avant et à l’arrière qui ne sont pas garanties par le double cylindre en question et qui intéressent une vingtaine de mètres sont compartimentées de façon à ne pas craindre d’avaries graves.
- Il n’est pas douteux que le système de protection adopté pour ce navire pourrait être étendu à tous les genres de bâtiments, et qu’il fait honneur à l’ingéniosité, bien connue d’ailleurs, des ingénieurs des constructions navales italiens.
- Cl Sauvaire Jourdan.
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- LE TRAITEMENT DE L’EAU D’EGOUT
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- L’observai ion des lois édictées, en faveur de la salubrité publique, n’est pas toujours aisée et impose souvent aux municipalités des charges, très lourdes. L’assainissement d’une ville et le traitement ultérieur des eaux d’égout sont un des chapitres les plus lourds du budget de l’hygiène municipale.
- La densité de la population urbaine tend à s’accroître, la crise du logement en est une preuve. La question qui se pose pour chaque ville, l’assainissement proprement dit étant résolu, est de rechercher les moyens de se débarrasser de l’énorme volume liquide et boueux constitué par les eaux d’égout.
- Bien des cités françaises se sont grevées de frais considérables pour leur « tout-à-l’égout », ayant comme seule préoccupation l’assainissement intérieur de la ville et ont souvent perdu de vue le déversement de l’émissaire général du réseau d’égouts.
- Comment pratiquë-t-on cette deuxième phase de l’assainissement?
- L’élimination des eaux ménagères et résiduelles dans une grande ville est réalisée au moyen d’un réseau d’égouts avec un émissaire général dont l’écoulement peut se faire suivant la situation géographique soit à la mer, soit dans un fleuve ou une rivière.
- La mer semblerait être en principe l'exutoire le plus propice, bien que parfois les mouvements du refiux rendent le problème moins facile à résoudre que l’on ne pense, surtout sur les rivages de l’Océan.
- Plus souvent il arrive que ces eaux d’égout en volume assez considérable sont rejetées dans des petits cours d’eau àdébit très variable, presque nul dans les saisons sèches ; l’action auto-épuralrice de ces rivières servant d’exutoire ne peut empêcher leur pollution et il en résulte une cause d’insaju-brilé pour tous les riverains d’aval.
- Bans les grands lleuvcs d’Amérique le déversement des eaux d’égout ne semblé pas présenter de réels dangers et la dilution produit Une réelle épuration par suite de nombreux phénomènes qui aboutissent à la minéralisation de la matière organique et à la destruction des germes pathogènes. On sait que le pouvoir épurant d’une rivière est limité par la quanti lé d’oxygène soit libre, soit en combinaison facilement réductible que ces eaux renferment comparativement à la quantité de matière organique à oxyder. Lorsque ce point critique est dépassé, au lieu d’oxydation,, on constate des réduel ions avec production de gaz à odeur désagréable (amines, mercaptans, etc.) et la putréfaction prend la place de l’épuration. Ces phénomènes ont été étudiés pour la Tamise dans la traversée de Londres et pour la Seine à travers Paris et le département de la Seine.
- Aussi pour obvier à ces difficultés inévitables sur les lleuves et les rivières européennes d’un débit
- inférieur et traversant des agglomérations urbaines très rapprochées, les villes ont été amenées à pratiquer l’épuration des eaux d’égout avant le rejet dans les cours d’eau.
- Avec nos connaissances sur la propagation des maladies, on ne saurait tolérer le simple déversement des déchets susceptibles de contaminer les nappes aquifères et de polluer les cours d’eau vers lesquels en dernière analyse aflluent tous ces résidus de l’activité vitale.
- Le déversement des eaux d’égout sur des terrains agricoles ne peut se faire qu’en proportions très limitées. Elles y subissent sous l’influence des microorganismes du sol quand celui-ci a une épaisseur et une perméabilité suffisante, une véritable épuration dans laquelle les organismes pathologiques sont détruits en même temps que les matériaux les plus altérables et par suite les plus propres au développement microbien.
- En dehors de cette action épurative, les eaux d’égout contiennent des matières fertilisables qui ont une influence favorable sur les cultures qu’elles arrosent. Malheureusement la perméabilité du sol diminue peu à peu et rend le déversement des eaux difficile au bout de quelques mois. C’est pourquoi pour avoir un déversement prolongé des eaux, il faut rechercher des terrains perméables ou les constituer. Il semble au premier abord que l’irrigation terrienne pour les villes ayant à leurs portes de grandes superficies de terrains sableux infertiles à bon marché serait la. méthode la plus avantageuse et la plus simple, si le colmatage plus ou moins rapide ne la rendait malheureusement onéreuse. L’achat du terrain, les premières dépenses pour la création et l’aménagement des surfaces d’épandage, la construction d’un bon drainage en vue de l’évacuation des eaux souterraines, le prix de la main-d’œuvre pour la manipulation des boues ou pour leur séchage mécanique ou pour leur incinération, une fois mélangées aux gadoues ou à une petite quantité de combustible, l’achat plus ou moins éloigné de nouveaux terrains pour pallier au colmatage de ceux en service finissent par créer des charges très lourdes.
- D’ailleurs, ce procédé a de nombreux inconvénients d’autant plus sensibles que l’on se trouve plus près de la période où la perméabilité du sol est prête à s’annuler. Du fait de la,stagnation des eaux nécessairement une odeur nauséabonde se dégage de l’atmosphère malsaine de ces dépôts qui peuvent constituer par eux-mêmes un centre épidémique par. suite du développement des mouches, moustiques, etc. • >
- Pour diminuer les superficies exigées par l’épandage, on a recours à la filtration intermittente au travers de lits de sable à gros grains. Tout en nécessitant des approvisionnements faciles en sable, cette méthode réalise une épuration beaucoup plus
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- LE TRAITEMENT DE L’EAU D’ÉGOUT
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- Fig. i. — ( Fitchburg
- intense et plus rapide, de sorte que sur des surfaces plus restreintes on peut amener à un degré de pureté des volumes d’eau d’égout encore considérables.
- Aux Etats-Unis ce procédé est très en faveur : on envoie l’eau d’égout sur‘des lits de sable profonds d’environ deux mètres à intervalles réguliers, ce qui permet aux microbes de se développer plus ou moins rapidement et de transformer la matière organique.
- Ce qu’il faut éviter dans tous les procédés, c’est la présence des matières solides en suspension et cette suppression peut être obtenue en partie grâce aux lits bactériens de contact et à percolation. Sur ces lits bactériens les organismes nitrifiants jouent un rôle important : ils sont toujours accompagnés d’organismes de natures diverses qui produisant de leur côté une combustion parallèle à celle des organismes nitrifiants, n’ont pas le môme processus d’oxydation, ne peuvent pas fixer l’oxygène ou l’azote etéliminent ce dernier à l’étatgazeux. Il en résulte que par cette épuration biologique, la majeure partie de l’azote disparaît.
- Dans la méthode anglaise par fosses septiques (septic tanks ou chambre de putréfaction), la fermentation a pour rôle de réduire partiellement la matière boueuse sous l’action des bactéries ou microbes anaérobies divers.
- On complète ce système biologique par le déversement du liquide sur lits bactériens où les microbes aérobies agissent alors.
- Les inconvénients de toutes ces méthodes sont multiples : pour une ville de 100000 habitants, l’épandage nécessite une superficie de 9 hectares tandis que le système biologique ou bactérien arrive à se contenter de 4 hectares.
- Pour obvier en partie au colmatage des surfaces, on s’est adressé à la décantation préalable : le dépôt des particules solides en suspension dans un courant
- mssigm
- Fig. 2. '— Station de filtration de Baltimore (États-Unis).
- Deux tambours filtrants continus traitent les eaux d’égout après passage dans des décanteurs et avant leur envoi clans des lits bactériens.
- Vue d’une installation de traitement des eaux d’égout Massachussetts, États-Unis). Décantation des boites dans les réservoirs Imhoff.
- liquide est provoqué par une diminution de vitesse de façon à pousser au maximum l’effet d’attraction par gravité de ces particules, ce qui normalement résultera de l’augmentation de la surface transversale de la nappe liquide.
- Dans la décantation continue des eaux d’égout, on fait usage de décanteurs de types très variés. Les réservoirs de dépôt Imhoff (fig. 1) sont constitués par des cylindres verlicaux en tôle ou en ciment armé au centre desquels sur une certaine hauteur se trouve un cylindre concentrique de diamètre légèrement inférieur. Ce cylindre est terminé par un cône renversé dont la génératrice fait un angle d'environ 42° avec l’axe et dont le sommet est terminé par un orifice circulaire étroit susceptible de débiter le volume du liquide qui l’alimente. A la partie inférieure une pyramide hexagonale ou conique renversée reçoit la houe tandis que l’effluent clarifié remonte dans l’espace annulaire entre les deux cylindres. Par une tuyauterie centrale avec un ajutage normal placé à quelque hauteur du bas du réservoir, la boue sur laquelle pèse tout le liquide surnageant est rejetée par intermittence au moyen de robinets ou de valves spéciales. La réduction de la proportion des solides en suspension dans l’eau d’égout serait d’environ 25 pour 100.
- Le décanteur Dorimund est analogue ; en général de section carrée, terminé par une trémie pyramidale, le liquide boueux est déversé au centre par des tuyauteries qui l’écoulent à mi-profondeur du réservoir. La tuyauterie de vidange de la boue prend au centre même du sommet de la pyramide, monte verticalement et traverse horizontalement le réservoir à 60 centimètres au-dessous du niveau supérieur liquide. Ce système de décantage offre une efficacité voisine de celle du précédent.
- La rétention nécessaire pour oblenir un dépôt satisfaisant nuit naturellement au rendement volumétrique des décanteurs, car on se trouve en présence d’énormes volumes d’eau d’égout; de plus, la nature colloïdale des eaux permet aux matières solides de se tenir en suspension et comme dans ce traitement il s’agit d’opérer le plus rapidement pos-
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- Fig. 3. — Tambour tamisant Dorrco.
- sible, la décantation est une opération très difficile.
- C’est pourquoi on a cherché de différents côtés à procéder à la filtration ou au tamisage mécanique. Les essoreuses et les centrifugeuses n’ont donné qu’un résultat très minime avec des frais importants comme force motrice. Avec les tambours filtrants (fig. 2) continus et automatiques, on est arrivé à des résultats plus intéressants parce qu’ils ont permis d’exclure la main-d’œuvre et d’obtenir le traitement des eaux sur une très grande échelle.
- Mais ces dernières années, on s’est surtout tourné vers les appareils filtrants de'grossisseiirs effectuant le tamisage mécanique de l’eau d’égout, opération préliminaire, indispensable pour éliminer lés parties excrémentielles et une partie des matières colloïdales en suspension en vue de l’épuration biologique subséquente, si elle est jugée nécessaire. Dans ce cas ces appareils permettent de réaliser des économies notables, soit au point de vue des surfaces d’épandage, soit pour les volumes d’air nécessaires à l’oxydation de l’effluent en vue de la destruction complète des bactéries.
- Le tambour tamisant Dorrco (fig. 3) est constitué par un cylindre tournant à axe horizontal recouvert de plaqués métalliques perforées d’orifices de 25 mm de diamètre environ. Du fait de sa rotation rapide dans l’eau d’égout, les particules de dimension moyenne sont retenues à l’extérieur du tamis et, entraînées par lui; elles viennent tomber dans une chambre de dépôt à l’avant du tambour tandis que l’effluent le traverse et s’écoule dans un canal figurant sur le côté.
- Le système Riensch-Wurl à disques tamisants rotatifs a paru donner dans ses essais pratiqués à Broo-klin des résultats très supérieurs à toutes les méthodes de décantation expérimentées parallèlement.
- L'installation de filtration mécanique W. B. consiste en un disque plat circulaire et une partie centrale tronconique (fig. 4) garnis de plaques tamisantes avec fentes , rectangulaires. Le disque (fig. 5) est placé avec une inclinaison de 10° à 25° sur l’horizontale dans le sens du courant liquide, de façon à intercepter complètement la section d’amenée
- du liquide à filtrer. La partie inférieure est immergée dans le courant liquide tandis que la partie supérieure émerge. Les particules solides retenues sur les tamis constitutifs du filtre par le fait du passage du liquide et entraînées hors du disque dans le mouvement lent de rotation sont ramassées sur la surface émergente au moyen de balais rotatifs (fig. 7) qui poussent devant eux la boue et la rejettent en dehors du disque dans un réservoir ad hoc ou sur un dispositif de transport.
- Les plaques tamisantes du disque et du cône sont perforées et sont constituées par des segments que l’on pose sur une solide ossature métallique soigneusement tournée sur la périphérie pour réaliser un joint aussi étanche que possible avec les parois du canal.
- La vitesse du disque varie de 1/4 à 1, révolution par minute suivant le diamètre. Dans les grands modèles, on emploie un moteur à vitesse variable que l’on peut contrôler automatiquement.
- L’axe incliné du disque vient se loger sur le milieu d’un pont-passerelle métallique solidement fixé dans la station de filtration. La lubrification se fait facilement sur ce pont. La consommation est minime eu égard aux faibles vitesses demandées pour tout l’ensemble mécanique.
- Suivant les liquides résiduaires à filtrer, les plaques sont en métal ou en alliage approprié et les ouvertures constituées en général par des fentes rectangulaires sont de dimension plus ou moins étroites; leur largeur est déterminée par le degré de clarification que l’on désire. D’ordinaire, les fentes de 8/4 0es à 15/10CS de millimètre sont les plus employées; les ouvertures doivent assurer un libre passage et améliorer l’effet hydraulique du disque tournant tandis que les espaces pleins permettent aux balais nettoyeurs (fig. 8) de parcourir le plus possible un chemin parallèle à leur longueur. Le disque constitué par de larges plaques perforées soigneusement dressées offre une surface plane sans aucune saillie pouvant favoriser l’accumulation de
- Tig. 4. — Disque tamisant Riensch-Wurl.
- Vue de la surface tamisante constituée en plaques perforées. Diamètre du disque : 8 mètres.
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- LE TRAITEMENT DE L’EAU D’ÉGOUT —...... 89
- solides. L’ossature supportant les segments est constituée par des plaques d’acier renforcées dessinées de façon à ne subir aucune déformation, ni déplacement dans sa position inclinée quand elles travaillent sous des courants plus volumineux ou de densité plus élevée, c’est-à-dire avec des poussées bien supérieures à celles offertes par le débit normal du disque tamisant. Pour des filtres plus petits, cette charpente est construite en fonte.
- Les balais sont constitués par des brosses cylindriques montées à égale distance d’un moyeu central qui, dans sa rotation, entraîne radialement une série de bras au bout desquels sont fixés les axes de chaque balai.
- Ces brosses (fig. 7), en dehors de leur rotation autour de cet axe, parcourent un cercle incliné en sens inverse du mouvement du disque mais sur le même plan. Leur parcours sur la partie émergente du disque a pour but le rejet des boues recueillies.
- Les axes du moyeu supportant les bras et les brosses qui les terminent et du disque tamisant sont parallèles.
- Pour obtenir un nettoyage continu, le moyeu entraîne plusieurs bras de façon qu’aucune plage du disque ne soit oubliée par une brosse en mouvement. Chacune de ces brosses en quittant la surface du disque rejette la houe fluide dans une auge en tôle d’acier avec partie circulaire concentrique conforme au chemin circulaire parcouru par les balais.
- Cette auge a une ouverture de vidange qui permet de déverser la boue sur un élévateur convoyeur ou dans un réservoir.
- Les balais sont construits avec des fils d’aluminium dont les bouts sont d’un côté encastrés dans des trous ménagés sur une carcasse cylindrique en fonte.
- Le tamis rotatif R. W. peut être conduit par un moteur électrique, machine à vapeur ou turbine. C’est en général à l’arbre porteur des balais qu’est appliquée la force motrice et pour réaliser la faible vitesse du tamis rotatif on a recours à une réduction de vitesse. On assure l’étanchéité du canal avec la périphérie du disque rotatif (condition essen-
- Fig. 5. — Disposition générale d’un disque tamisant rotatif Riensch-Wurl à nettoyage automatique et continu.
- tielle pour réaliser la séparation complète des solides dans tout le courant liquide et éviter les pertes de boue) au moyen d’une semelle métallique qui s’ajuste exactement avec un segment en fonte boulonné et scellé dans une maçonnerie en ciment garnissant la paroi de la chambre où est logé le disque. De cette façon, le jeu entre le disque et le canal est réglable avec une grande précision.
- La 5pratique courante semble avoir donné les meilleurs résultats quand l’eau résiduaire a une vitesse de 300 mm à la seconde. Avec des eaux d’égout par exemple on peut atteindre une vitesse double pendant la période d’orage. Le nombre d’unités dépend du rapport entre le débit normal et le débit maximum. Une installation qui traite d’ordinaire un débit de 4500 mètres cubes d'eau d’égout à l’heure, pourra passer avantageusement un volume de 12 500 mètres cubes avec trois disques rotatifs susceptibles de traiter chacun le débit normal sus-indiqué.
- 11 résulte de ce qui précède que la filtration ou la décantation ou le tamisage mécanique fournit en fin de compte une boue très humide et un efiluent plus ou moins limpide.
- Que faire de la boue d’égout? Il ressort de nombreuses analyses de cette matière que l’on se trouve en présence d’un engrais et d’un combustible de composition d’ailleurs très variable.
- Un mètre cube d’eau d’égout contiendrait de 2,30 à 6,4 gr. de boue répondant à la composition moyenne suivante à l’état sec.
- Carbone . . . ... . .31.04
- Hydrogène . . . . . . ; 3.95
- Azote.................... 2.87
- Oxygène..................20.73
- Cendres ......................41.41
- Acide phosphorique. ... 1.63
- Potasse . . . . . . . . 0.42
- Fig. 6. — Nettoyage du disque Riensch-Wurl. avec un pouvoir calorifique de 2908 calories. Mécanisme avec bras supportant à leur extrémité le balai rotatif. Les58,59°/0 de matières combustibles supposées
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- LE TRAITEMENT DE L’EAU D’ÉGOUT
- exemptes de cendres et d'humidité auraient la composition centésimale suivante :
- Carbone ................52.97
- Hydrogène ....... 6.4-4
- Oxygène ...... . . 55.40
- Azote................ 4.89
- avec une valeur calorifique de 4963 calories.
- A première vue, cette composition rapprocherait la boue d’égout de la tourbe avec cette différence que la quantité d’azote y est presque le quadruple.
- Au point de vue agricole, comparée au fumier d’écurie, la boue contenant 25 pour 100 de matières sèches fournit les résultats suivants :
- Pour 100. Pour sèclie. Fumier écurie.
- Eau 75 r 75 r
- Azote 0.75 0.50
- Acide phosphorique . . 0.40 0.25
- Potasse ....... 0.10 0.45
- Cendres. . . . . . . 10.55 4.76
- Substances organiques. 14.60 20.24
- On peut dire que pour.les régions agricoles les plus rapprochées de la ville, la boue fraîche est un engrais intéressant.
- La boue d’égout dans certaines villes peut contenir 8 à 12 pour 100 de graisse; séchée dans un sécheur rotatif aussi rapidement que possible pour ne pas détruire les composés ammoniacaux, la boue est utilisée comme « poudrette ». Si l’on dispose de grandes superficies agricoles et que le transport soit facile par eau ou par terre, on peut enfouir la boue dans de grandes tranchées et arroser la surface avec de la chaux pour désinfecter ou arrêter la fermentation s’il est nécessaire.
- Si l’on tient à se débarrasser quotidiennement de ce volumineux précipité boueux, on peut l’incinérer après dessiccation préliminaire.
- Soumise à la distillation en vase clos, cette boue transformée après dessiccation en briquettes produirait du gaz d’éclairage.
- Des boues desséchées des fosses septiques auraient donné un gaz répondant à la composition suivante :
- Hydrogène sulfuré .... 15.55
- Acide carbonique.......... 2.55
- Oxygène .................... 5.54
- Hydrocarbures C"Hïn ... 0.56
- Oxyde de carbone .... 27.45
- Méthane ................... 24.48
- Hydrogène.................. 9.60
- Une tonne de boues sèches donnerait 42 m3 de gaz brut à 3500 calories.
- A l’Usine municipale à gaz de Brunn où les eaux d’égout étaient filtrées à un tambour filtrant continu, on obtint, après purification, .28 m3 de gaz pour 100 kg de boue. L’analyse de ce gaz était représentée par :
- Anhydride carbonique. . . 0.5
- Acétylène, benzol, etc. . . 11.5
- Oxygène............... 1.5
- Oxyde de carbone .... 11.6
- Hydrogène............. 45.7
- Méthane............... 25.6
- Azote................. 7.6
- Le pouvoir calorifique du mètre cube de gaz était d’environ 4300 calories.
- Le pouvoir éclairant était excellent par suite de la présence de graisse et des hydrocarbures riches.
- On atteignit 0 kg 957 d’ammoniaque pour 100 kg de boue, c’est-à-dire le triple et le quadruple de ce qui serait donné pour le même poids de houille.
- Le coke résultant ne fut pas très brillant; mais il avait encore jm pouvoir calorifique de 2400 calories, malgré ses 65,50 pour 100 de cendres.
- Toutes ces considérations amenèrent d’ailleurs la ville de Brunn à envisager la création d’un atelier municipal de filtration avec distillation de briquettes de boue à l’Usine à gaz.
- D’après les frais de premier établissement, de main-d’œuvre, entretien et exploitation annuelle, une ville de 100000 habitants pouvait faire fonctionner avant la guerre une usine de purification d’eaux d’égout sans bourse délier, c’est-à-dire que son assainissement n’aurait pas coûté un centime aux contribuables et de plus un quart du combustible nécessaire à la fabrication du gaz indispensable à la population pouvait être produit par ce traitement préliminaire des eaux d’égout. Naturellement, il faut tenir compte que la composition chimique des eaux d’égout est très variable et que le traitement de la boue d’égout en vue de la distillation doit être étudié avec le plus grand soin.
- Mais il va de soi que cette solution paraît au point de vue de l’hygiène très intéressante, et certes les intérêts agricoles et gaziers ne seraient pas lésés, puisque l’usine à gaz qui distillerait les briquettes de boue comprimées récupérerait la majeure partie de l’ammoniaque sous forme d’engrais et distribuerait le gaz produit en économisant un quart du combustible normalement nécessaire.
- Comme on peut en juger, l’utilisation de la boue d’égout est des plus variées.
- Que faire de l’eau d’égout?
- A-t-elle une valeur agricole ?
- Le laboratoire répond affirmativement et la regarde comme une eau d’arrosage riche en éléments fertilisants.
- Un mètre cube d’eau d’égout filtrée contiendrait :
- Srs.
- Azote ammoniacal .... 21.61
- Azote organique......... 7.66
- Azote nitrique.......... 0.73
- Acide phosphorique. . . . .12.00
- Potasse.................45.95
- ce qui, à titre indicatif, en attribuant à chaque
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- LA SACCULINE r:~; :.....-—..;.... » 91
- élément sa valeur au point de vue fertilisant, don-
- nerait :
- fr.
- Pour l’azote ...... 0,157
- Pour l’acide phosphorique. 0,019 Pour la potasse.................0,025
- Cette eau peut donc être distribuée pour l’irrigation agricole sur ses surfaces incultes ou dépourvues de travaux d’irrigation par suite de la pénurie d’eau d’arrosage. Une terre nue s’enrichit surtout en potasse et en acide phosphorique et, couverte de végétation, l’azote soluble est fixé en grande partie par celle-ci.
- Dans quelques villes américaines et allemandes, on poursuit plus loin l’épuration de l’eau d’égout
- rement envoyé par des compresseurs ou des ventilateurs puissants consommant de l’énergie.
- L’utilisation des grands volumes d’effluent purifié biologiquement a trouvé en Amérique des solutions curieuses. Nous signalerons, par exemple, que le développement des canaux commerciaux, parfois résulte de mesures sanitaires. C’est a.nsi que le New York State Barge Canal qui prend naissance à Buffalo et entretient un trafic toujours croissant avec New York et Brooklin est alimenté en partie avec des eaux d’égout purifiées.
- Les soins apportés au contrôle de l’efficacité des méthodes de traitement des boues d’égout et de l’épuration des eaux ont eu une heureuse répercussion pour toutes les villes qui ont voulu résoudre
- Fig. ".— Coupes transversale et longitudinale du balai rotatif Riensch-Wurl montrant le mécanisme intérieur.
- Fig. 8. — Mode de nettoyage de la surface tamisante du disque Riensch-Wurl. Diagramme des chemins parcourus par les balais rotatifs.
- avant de la rejeter dans des cours d’eau à faible débit. On procède à la purification biologique.
- A Urbana (Illinois) où l’on emploie le procédé Dorr-Pecli qui envoie dans l’eau d’égout un courant d’air finement divisé de façon à activer la digestion aérobie de toutes les impuretés, l’agitation mécanique de très fines huilés d’air permet de réduire la consommation d’oxygène d’environ 50 pour 100, ce qui n’est pas négligeable, car l’air est nécessai-
- avec sagesse et économie le. problème parfois si angoissant de l’hygiène publique.
- Nous voudrions que les municipalités l’étudient comme il le mérite et qu’elles ne soient pa.s guidées seulement par la solution immédiate et incomplète de la question de l’assainissement, mais surtout par la préservation efficace des populations à venir au point de vue salubrité générale.
- Léomce Fabre.
- Un beau cas de dégradation parasitaire.
- LA SACCULINE
- A qui n’est-il pas arrivé, en vacances au bord de la mer, d’aller à marée basse faire la chasse au crabe ? C’est un sport simple, riche en surprises et à la portée de tout le monde. Point, n’est besoin d’apprentissage préalable ou d’une adresse particulière. Il suffit de se promener le long des grèves, sur le sable et dans les rochers, de retourner les pierres
- pour, avec un peu de persévérance, rapporter un butin... comestible, si les crabes rencontrés en valent la peine. Evidemment, il peut arriver les premières fois qu’on se fasse pincer, mais ce n’est qu’un petit désagrément toujours anodin et qu’on évite le plus facilement du monde : il suffit de savoir s’y prendre ou plutôt, de savoir prendre le crabe,
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- LA SACCUL1NE *:
- entre le pouce et l’index par les côtés de la carapace.
- L’espèce qu’on rencontre le plus fréquemment ainsi est l’animal bien connu sous le nom de « crabe enragé » ; il doit ce nom à une ardeur particulière à pincer et à jouer de ses appendices. C’est lui que les zoologistes appellent Carcinus mænas et qui attire notre attention aujourd’hui.
- Ce joli petit crabe, qui peut mesurer de quelques millimètres à 7 et 8 cm. de large, est souvent paré des plus vives couleurs allant du vert bronze au rouge brique ; il a sur le dos des taches noires formant avec des points jaunes de curieux dessins.
- Il possède, comme tous les crabes d’ailleurs, un abdomen court et plat. C’est cette sorte d’écusson plumeux qui, chez les autres crustacés, forme ce que l’on appelle la queue et qui chez les crabes est replié et étroitement appliqué sur la face ventrale de la carapace, entre les pattes postérieures.
- Or il arrive souvent que l’on rencontre des Carcinus mænas chez lesquels l’abdomen est soulevé et incurvé par une masse molle, jaune ou violette, ovoïde et dont la grosseur varie depuis la taille d’un petit pois jusqu’à celle d’un œuf de pigeon.
- Elle est attachée par un étroit pédicule sur l’un des articles ou anneaux de l’abdomen, près de la base (lîg. 1). Les pêcheurs appellent parfois cette excroissance du nom d’ « œuf de crabe » et la distinguent des œufs véritables (très petits et très abondants) qu’ils appellent « graine ».
- Ce sac ovoïde a longtemps été pris pour une tumeur formée par le crabe et contenant des œufs déposés à l’intérieur du crustacé par un parasite que l’on avait vu fixé sur le tégument du crabe (Cavolini 1787). L’observation mieux conduite a prouvé qu’il n’en était rien. Ce n’est qu’en 1836 que Thompson reconnut dans cette production un être organisé. Mais on ne sut rien de précis sur l’évolution de cet animal jusqu’au jour où Yves Dé- I
- lage en 1881 entreprit d’étudier le développement du parasite qu’on avait appelé SaccuJina carcini, du nom de son hôte.
- Yves Delage entreprit là un travail considérable qui lui demanda 3 ans de labeur, et au cours duquel il rencontra des difficultés énormes et de nombreux échecs. Il mena à bien ces recherches à la Station biologique de Roscoff qui existait depuis dix ans à
- peine et à proximité de laquelle la sacculine est extrêmement abondante.
- Le mémoire ne fut publié qu’en 1884 (') après la dissection d’un nombre considérable de crabes et l’élevage de plusieurs générations.
- *
- * *
- Nous allons essayer de résumer brièvement et le plus simplement possible le cycle évolutif de l’étrange parasite dont il s’agit.
- De l’œuf sort une larve qu’on appelle Nau-plius (fig. 2), mesurant environ 2/10 de mm. Ce nauplius chez lequel on reconnaît facilement un crustacé, nage librement dans la mer pendant 5 jours, au bout desquels se produit une mue qui libère l’animal sous une forme un peu différente c’est le stade Cypris. Cette Cypris va se fixer sur le crabe. Elle ne peut attaquer un Carcinus qu’après au moins trois jours de vie libre, n’attaque que des jeunes de 3 à 12 mm. de large et se fixe par Lune de ses antennes à un poil du crabe au moyen du crochet qui termine cette antenne. Là, commence une modification profonde de la Sacculine.
- Celle-ci rejette tout son thorax et son abdomen avec la plupart de ses organes. Le reste, c’est à-dire la tête, subit ce que l’on appelle une histolyse : les tissus se résolvent en une masse protoplasmique semi-fluide et informe, contenue dans le sac ecto-dermique de l’animal.
- Puis il se forme sur le tégument du parasite une saillie creuse qui s’allonge pour constituer une sorte
- 1. Archives de zoologie expérimentale et générale, 1884.
- Fig. i. — En haut, le « Crabe enragé » (Carcinus mænas) vu par sa face dorsale; en bas, le même, renversé sur le dos, et montrant sur sa face ventrale son abdomen (abd.) soulevé par la Sacculine (sac.).
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- de canule puissante et acérée, capable de percer l’enveloppe du crabe. Cette enveloppe est molle à la base des poils et c’est pour cette raison que le parasite se fixe à ce niveau.
- Par cette aiguille creuse, le contenu désorganisé de la larve dite Kentrogone va passer à l’intérieur du crabe. L’organisme ainsi injecté voyage dans la cavité cœlomique, c’est-à-dire entre les organes et la paroi du corps. Il se fixe sur un point déterminé de l’intestin, près de l’abdomen, et là, se réorganise, prend la forme adulte et émet à ce moment des racines extrêmement fines et ramifiées qui envahissent tous les organes du crabe jusqu’à l’extrémité des antennes, des pattes et jusqu’aux pédoncules des yeux. Ces racines, qui sont d’ailleurs microscopiques, servent à la nutrition du parasite aux dépens de son hôle.
- Puis un beau jour, ou plutôt une nuit, la saccu-line perfore la carapace de l’un des anneaux de l’abdomen du crabe et paraît au dehors en soulevant cet abdomen.
- A partir de ce moment, elle s’accroît et mûrit ses produits sexuels jusqu’au moment de la ponte — au cours de la deuxième année de sa vie — où les larves (nauplius) sont émises par un orifice. Des larves ainsi abandonnées dans la mer, beaucoup vont disparaître, mangées par d’autres animaux ou pour toute autre cause ; pour celles qui atteindront le stade Cypris, on imagine aisément combien rares sont les chances pour qu’elles rencontrent au moment voulu un crabe qui soit dans les conditions requises pour leur servir d’hôte; c’est parce que ces larves sont pondues par centaines de mille à la fois que la conservation de l’espèce est assurée. La sac-culine peut pondre une, deux, ou trois fois dans cette saison, les pontes étant espacées de 4 à 5 semaines. Pendant l’hiver, la ponte cesse pour reprendre au printemps. Puis, dès le mois d’août, les sacculines commencent à mourir, âgées d’environ trois ans.
- Tel est, en gros, le cycle évolutif de ce curieux crustacé.
- On s’est demandé naturellement, quelle était
- Fig. 3. — I, abdomen d’une femelle de Carcinus; II, abdomen normal d’un mâle : les articles numérotés 3, 4 et 5 sont soudés entre eux; IIIj.- abdomen modifié d’un mâle parasité : tous les anneaux sont articulés, comme chez la femelle.
- Fig. 2. — Le stade nauplius de la Saccitline.
- l’action de la sacculine sur le crabe. On a souvent exagéré la nocuité de ce parasite.
- Ce qui paraît certain à l’heure actuelle, c’est que la sacculine, à partir du moment où elle s’extériorise, empêche le Carcinus de muer et par conséquent de s’accroître.
- Par contre, dès qu’elle est morte, les mues reprennent leur cours et le crabe recommence à grandir. Il semble, de plus, être relativement immunisé contre une nouvelle attaque.
- On trouve assez souvent 2, parfois 5 (Delage en vit une fois 4) sacculines sur le même hôte. Contrairement à ce que l’on a affirmé, il semble bien que, dans la majorité des cas, les organes génitaux du crabe ne sont pas attaqués ; cependant, ils sont quelquefois en partie ou totalement atrophiés.
- Un fait curieux, et qui offre, de plus, la particularité de n’èlre pas constant, réside dans la modification que fait subir la sacculine à la morphologie de l’abdomen du Carcinus (4).
- Chez le mâle, les articles 3, 4 et 5 sont soudés ensemble (lig. 5), tandis que chez la femelle tous les anneaux sont articulés entre eux. Au contraire, chez le crabe saeculiné, le mâle n’a pas d’anneaux soudés et son abdomen se présente comme celui d’une femelle. On ne sait pas exactement quel est le mécanisme de cette modification, due évidemment à la présence du parasite.
- Trouve-t-on la Sacculine sur d’autres crustacés que le Carcinus mænas‘1 Oui.
- On la rencontre notamment sur un petit crabe très curieux et assez rare : le Stenorhgnchus, qui ressemble un peu à une araignée à longues pattes et n’est guère plus gros. En général on le trouve sur tous les crustacés de l’ordre des crabes (Portunus,
- 1. R. Courrier. Sur le déterminisme des caractères sexuels secondaires chez les Arthropodes. Acad. Sc. 1921, p. 668.
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- 94 L’ASTRONOMIE DANS UN RÉVEIL
- Xanlho, Galalhea). De même, les Bernard-FErmite (Pagurus Bernhardus), et les Tourteaux (Cancer Pagurus) peuvent être atteints par une espèce 1res voisine de Sacculina Carcini.
- Voici, tracée à grands traits, l’histoire de ce curieux animal qui nous a paru intéressant parce qu’il montre d’une manière ITappante jusqu’à quel point l’élat de parasitisme peut dégrader un organisme.
- Nous nous trouvons, en effet, en présence d’une larve organisée comme celle d’un crustacé quelconque et qui, à partir du moment où elle se fixe sur un autre animal, évolue dans un sens tellement différent des autres crustacés qu’elle aboutit à n’être plus qu’un sac bourré d’œufs, se nourrissant par
- des racines plongeant dans .toutes les parties du crabe; les organes des sens ont totalement disparu et le système nerveux se réduit à un seul ganglion.
- Il ne manque pas d’ailleurs d’autres exemples de cette sorte de dégradation, surtout chez les crustacés. Mais nous avons choisi celui-ci pour deux raisons : la première c’est qu’il s’agit d’un animal que tout le monde peut rencontrer et qu’il a intrigué bon nombre de personnes non prévenues.
- La seconde, c’est que peu d’autres parasites subissent aussi complètement et d’une manière aussi frappante la rétrogradation, qui est générale d’ailleurs, chaque fois qu’un animal se fixe pu devient parasité, d’un bout à l’autre de la série zoo-logique. Jean Solatu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et de mai 1922.
- Etal magnétique de basaltes arctiques. — La note rédigée par M. Mercanton marque l’intérêt que présente l’aimantation permanente de roches éruptives, et résume l’étude de deux séries de basaltes prélevées l’uue dans la nappe d’âge tertiaire où, dans File de Disco (Groenland oec.), coule le canon de la Rodeln, l’autre dans la falaise de Jan Mayen. Pour les premiers échantillons, M. Mercanton a constaté une inclinaison australe, pour les seconds, elle est de sens contraire : il semble' ainsi que de l’époque des basaltes de Disco aux temps modernes des roches de Jan Mayen, l’inclinaison magnétique terrestre a, dans les régions boréales, changé de sens.
- A propos de Vamylocellulose. — Attaqués par l’acide chlorhydrique, la fécule et l’amidon laissent des flocons insolubles dont la calcination fournit des cendres nette-
- ment siliceuses. Pour MM. Maltitano et Galoire, les différents produits amylacés seraient des composés d’acide silicique, phosphorique ou simplement d’eau, avec le groupement C° II10 O’, et la résistance remarquable à l’hydrolyse que présentent les membranes des grains de fécule serait due à la présence de l’anhydride SiO2.
- Le traitement des mélasses de sucrerie. — Au sujet du mémoire de MM. Deguide et Paul llaud qui résume un nouveau procédé de fabrication industrielle de la baryte, pour la récupération du sucre cristallisable, voir La Nature, n° 2510.
- Election. — Le mois d’avril a été marqué par l’élection de M. René Baire, en qualité de correspondant pour la section de géométrie.
- Paul B.
- L’ASTRONOMIE DANS UN RÉVEIL
- C’est un joli petit tour de force que vient de réaliser M. Henri Wuilleumier, horloger à Marseille.
- Il a pris un réveil ordinaire, un réveil de ce type que l’on appelait couramment' américain avant la guerre, probablement parce qu’il nous arrivait d’Allemagne en droite ligne; et sans altérer le moins du monde ses fonctions, il lui a fait indiquer tout ce qui suit :
- 1° Les phases de la lune;
- 2° L’âge de notre satellite ;
- , 3° Les heures de son passage au méridien ;
- 4° Sa position sur le Zodiaque parmi les constellations ;
- 5°- La position du soleil dans le ciel, son ascension droite et sa déclinaison, les équinoxes, solstices et saisons ;
- 0° L’équation du temps, c’est-à-dire l’heure du passage du soleil au méridien ;
- 7U Les heures de lever et de coucher du soleil
- pour tous les jours de l’année et la durée des jours et des nuits ;
- 8° L’heure sidérale.
- Cela peut passer pour incroyable ; mais les deux photographies que nous donnons ici lèveront tous les doutes possibles. Dans la première, M. Wuilleumier nous montre son réveil vu de face. C’est bien un réveil ordinaire comme nous en avons à peu près tous; mais ;son cadran porLe les indications énoncées ci-dessus. Dans la seconde, on voit les additions faites par l’ingénieux horloger en vue de permettre ces indications. On voit aussi que tout le mécanisme du réveil a bien été conservé, tel qu’on le peut voir en enlevant le cadran!
- Bien entendu, M. Wuilleumier ne s’est pas proposé de faire une horloge astronomique de haute précision comme celle dont Schwilgué a doté la cathédrale de Strasbourg! Il a simplement voulu faire de son réveil une curiosité, pour son agrément
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- L’ASTRONOMIE DANS UN REVEIL
- personnel. Et il verra sans déplaisir ses confrères î’imiter, s’ils en ont la patience!
- Le cadran le plus compliqué du réveil de il. Wuil-leumier est celui du bas. Son aiguille indique sur un cercle divisé en 24 parties l’heure du passage de notre satellite au méridien. Cette aiguille fait un tour en 29 jours et demi et indique en même temps les phases de la lune. Ces phases sont représentées par des images exactes disposées comme l’indique la figure. On remarquera que cette représentation des phases diffère complètement de celle donnée par les montres dites à phase de lune et dans lesquelles les échancrures ne ressemblent en rien à la réalité. A l’intérieur des images des phases, des divisions de 1 à 29 1/2 indiquent l’àge du satellite.
- A l’intérieur de ces divers cercles se voit un disque en deux nuances, l’une claire et l’autre foncée, autour duquel est inscrite une division en 24 heures accompagnée des images des signes du Zodiaque. Ce disque représente l’écliptique. Il fait un tour en un an, en sens inverse de l’aiguille lunaire, présentant successivement ses indications en face d’un index fixe doré. Le diamètre qui, sur le disque, sépare les deux nuances claire et foncée, représente l’équateur. Parallèlement à cette ligne équatoriale sont tracées des parallèles représentant les cercles de déclinaison céleste de 0° à 25° 27’, avec le signe-b dans la région blanche, avec le signe — dans la région sombre. Enfin, le disque est partagé en quatre quarts correspondant aux quatre saisons. On voit que l’index indique à chaque moment l’ascension droite et la déclinaison du soleil. Le signe du zodiaque est indiqué de même ; pour la lune, il l’est par l’aiguille lunaire.
- Le cadran qui se trouve au-dessus de celui luni-solaire, dont nous venons de parler, sert, comme
- Fig. 2. — Le réveil astronomique après enlèvement du cadran.
- Fig. i. — Réveil ordinaire transformé en pendule astronomique par M. Wuilleumier.
- dans tous les réveils, à marquer l’heure de la sonnerie. MaisM. AVuilleumier lui a ajouté une graduation en minutes (de 20 à 55), sur laquelle une aiguille spéciale donne l’équation du temps, c’est-à-dire l’heure à laquelle le soleil passe au méridien de Marseille en temps moyen de Greenwich.
- Le cadran de droite est chargé d’indiquer les heures de lever et de coucher du soleil. Il le fait au moyen de deux aiguilles se déplaçant symétriquement, s’élevant et s’abaissant successivement entre 8 et 4 pour le lever, entre 16 et 20 pour le coucher. Par suite, ces deux aiguilles donnent la longueur du jour et de la nuit.
- Le cadran de gauche donne le temps sidéral.
- IVoublions pas de faire remarquer l’heureuse disparition des heures sur le cadran principal et leur remplacement par de gros points noirs.
- On n’a pas de peine à voir que l'heure et la minute se lisent aussi bien que sur un cadran ordinaire, sinon beaucoup mieux. On constate de plus que le cadran circulaire, dont le propre est de présenter une parfaite symétrie, atteint ce but beaucoup mieux qu’avec des indications chiffrées, dont les unes sont quatre et cinq fois plus fortes que les autres. Le cadran sans heures, avec points identiques pour chaque division horaire est, à mon avis, le cadran qui s'impose, non seulement pour les pendules et les réveils, mais pour les horloges pu-.bliques. Il suffit d’ailleurs d’aller en Alsace pour se rendre compte combien ce système est rationnel.
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- L’ASTRONOMIE DANS UN RÉVEIL
- Fig. 3. — Transformation simple du temps solaire en temps sidéral.
- Ce qui caractérise le curieux travail de M. Wuil-leumier, c’est que, pour l’exécuter, il s’est astreint à n’employer que les moyens de fortune auxquels peut avoir recours un horloger habile, possesseur d’un outillage ordinaire, et bien au courant des données astronomiques.
- Pour donner une idée des difficultés que présentait la réalisation de son projet, nous indiquerons comment il est parvenu à passer simplement du temps moyen au temps sidéral. Négligeant la fraction de jour, il a adopté pour le rapport des deux temps 566/365. En procédant ainsi, on simplifie considérablement le problème, mais on n’introduit qu’une erreur fort peu importante dans une pièce d’horlogerie comme un réveil. L’erreur est de une seconde par semaine environ, soit 57 secondes 3 par an.
- La simplification de M. Wuilleumier est d’autant plus admissible que nous la retrouvons dans une pièce bien plus précise que son réveil, la montre mixte construite par la maison Cornélius Knudsen, de Copenhague, sur les données de MM. Elis Strom-gren, directeur de l’Observatoire danois, et Jens OIsen, contremaître de l’usine.
- Afin d’obtenir son rapport, M. Wuilleumier a simplement décomposé 366 et 365 en leurs deux facteurs 6 et 61, 5 et 73, et multiplié par 2 les nombres 6 et 5 représentant les pignons. 11 a eu de la sorte un pignon (ou chaussée) de 12 ailes engrenant avec une roue de 75 dents. Celle-ci en entraîne une autre de 61 dents, laquelle conduit elle-même un pignon (ouchaussée) de 20 dents. Le rapport des vitesses des deux chaussées est donc de 732/750 ou 366/565. La figure 5 indique la disposition adoptée. D est la chaussée de 12 ailes.
- R'la roue de 75 dents, R celle de 61 dents et A la chaussée de 10 ailes.
- Le système ABC constitue la minuterie du cadran sidéral. La difficulté était pour l’artiste de tailler les roues de 61 et 73 dents. 11 y est parvenu en se servant d’une petite machine à arrondir, transformée en machine à diviser de la manière suivante.
- A la broche supérieure de la machine, M. Wuilleumier a substitué le dispositif représenté par le croquis de
- la figure 4. Une roue d’un nombre quelconque de dents, embrochée sur un tube de laiton de la grosseur de la broche, et engrenant sur le côté avec une vis sans fin S, calée sur un axe, lequel se termine d’un côté par un bouton moleté, de l’autre par une aiguille mobile sur un cadran partagé en 100 divisions. La roue R ayant 84 dents (c’est une roue prise dans les fournitures ' courantes d’horlogerie), la vis sans fin a été prise très fine, de manière qu'entre deux dents de la roue, il passe deux filets. Par suite, a chaque avance d’une dent de la roue correspondent deux tours complets de l’aiguille, soit 200 divisions. Le passage des 84 dents correspondra donc à 16 800 divisions. Si l’on veut tailler, avec la fraise Fde la machine, une roue de 75 dents, on passera pour chaque dent 16 800/75, ou 250divisions 10/73. On prendra seulement 230divisions pour chaque dent, sauf pour les dents 7, 14, 21, etc. , qui en auront 251. Il y aura un reste de 3/75 de division en moyenne pour chaque dent, soit 5 divisions, c’est-à-dire un chiffre insignifiant pour la roue entière. De même pour la roue de 61 dents, on devrait prendre pour chaque dent 16800/61 =275 divisions 4. On en prendra en réalité seulement 275, sauf pour les dents 5, 10, 15, qui en auront 277. Le travail de M. Wuilleumier lui a pris plusieurs années, ayant été. exécuté à temps perdu. II méritait d’ctre signalé. Il constitue un petit chef-d’œuvre d’adresse et d’ingéniosité. Rien n’empêcherait d’ailleurs un constructeur avisé d’entreprendre la construction régulière de cet appareil d’une conception si originale. Léopold Reverchon.
- Fig. 4, — Transformation d’une machine à arrondir en machine à diviser.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie Lahuke, 9, rue de Fleuras. &— Paris.
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- I. — Configuration, aspects pittoresques, climat. — La Basse-Auvergne constitue une des régions naturelles les plus caractéristiques de la France : région composite, mais qui forme un ensemble très net et bien délimité, comprenant grosso modo le département du Puy-de-Dôme et l'arrondissement de Brioude (rattaché artificiellement au Puy, mais incontestablement auvergnat).
- Au centre, la vallee spacieuse de 1 Allier —-orienté du sud au nord — la Limagne, présente en amont de larges cuvettes successives reliées par des défilés, — bassin de Brioude, Lembron et bassin d’Issoire, — et s’épanouit en aval dans une vaste plaine; elle est hérissée çà et là, au centre et au sud, de petits pics calcaires, aux formes bizarres, coiffés de calottes basaltiques et s’ouvrant en éven-
- Fig. 2. — Murols : le lac Chamion et les Monts-Dore (photo Parassac)
- 50- Année. - 2“ Seme.tre- — N° 2523. — 12 août 1922-
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- Fig* 3. — Les puys de la Vache et de Lassolas {d’après M. Boule).
- ‘ tail à leur base ; Nonette, Usson, Corent, Mont-; lognon, etc. A l’est, un massif de montagnes granitiques, sillonné par la vallée de la Dore, ondulé et brisé comme les Vosges, abaisse en pentes douces ses pentes mamelonnées. À l’ouest, brusquement redressés, les plateaux semblent" nivelés au rabot : (( chaus » (‘), du Broc, dii Perrier, etc., entre lesquels se creusent les couloirs de vallées aux concavités parfaites ; sur ce socle se dresse au sud le Luguet, puis le massif du Sancy, à l’aspect et à la configuration alpestres, tandis qu’au nord, échelonnés comme d’énormes pâtés de sable, les volcans éteints, aux cratères plus ou moins égueulés, s’alignent avec les dômes bombés sous la houlette du Puy de Dôme qui les domine de sa double bosse.
- Tel est l’aspect d’ensemble du pays. Mais combien sa physionomie devient-elle plus intéressante et plus vivante lorsque la géologie nous aura montré comment elle s’est formée, trait pour trait.
- Les granits se sont soulevés les premiers, sur deux chaînes parallèles, dont l’une forme le soubassement des anciens volcans; entre elles, sur remplacement de la Limagne, une mer intérieure déposa, à l’époque éoeène, d’épais sédiments calcaires qui, peu à peu, exhaussèrent la dépression. Puis les éruptions commencèrent sur la chaîne occidentale : les premières, les plus puissantes, formèrent notamment le massif des monts Dore dont les immenses coulées de basalte s’épandirent longue ment à l’est, avec, pour réplique, les petits volcans basaltiques de la Limagne (2); viennent ensuite les dômes, résultant de l’accumulation, sur place, de rochestrachytiques ; enfin les volcans à cratères, du type moderne, ayant vomi la lave poreuse. Les coulées du premier modèle, immenses et horizontales,
- \. Ce mot, qui n’a rien à voir ni avec chauv, ni avec chaume, paraît être un ancien mot gaulois cal-mis (féminin). Ou le trouve, plus ou moins déformé, dans des noms de lieux de toute la France (Le Calm,
- Monte,alm, Le Chaume, Lccliamp, etc.). ‘
- 2. Les géologues considéraient naguère les petits pics basaltiques de Limagne (Nonette, Usson, etc), comme des débris de la coulée des Monts Dore. Nous avons toujours estimé, au contraire, par simple comparaison de configuration avec les volcans vivants (Usson rappelle étonnamment le Vésuve) , que c’étaient des volcans éteints. Les géologues de la nouvelle école nous ont donné raison. .
- ont donné lieu aux plateaux des chaus, découpés et corrodés par le travail postérieur des glaces et des eaux, réduits parfois à la longue arête d’une serre (p. ex. la serre du Grest) ; même mot que la sierra espagnole ; les trachytes sont restés sur place; quant aux laves, leurs coulées, souvent appelées cheires dans la région, sont encore très apparentes ; on trouve également des coulées de cendres et pouzzolanes, les plus récentes (p. ex. à Gravenoire, près Royat).
- Après le feu, le froid. Un refroidissement du climat combiné avec l’humidité de l’atmosphère : et voici les glaciers de l’époque mouslérienne succédant aux coulées de basalte, tout autour du massif des monts Dore, creusant au nord-ouest la-vallée de la Bourboule, à l’est, celles du Couze : ils trillent la vallée, coupent les plateaux basaltiques et leurs soubassements calcaires : les blocs de-trachytes entraînés sur- les pentes de la vallée de Perrier sont les témoignages vivants des anciennes moraines. La précipitation des eaux achève l’œuvre de la glace : la grande artère médiane de l’Ailier, complétée par les fossés symétriques de la Sioule et de la Dore, dessine, avec les affluents transversaux, la physionomie hydrographique, désormais fixée, de la région, tandis qu’à l’ouest du Sancy, les vallées tributaires de la Dordogne s’orientent vers l’Océan.
- De ce qui précède, il résulte que la Basse-Auvergne offre les aspects les plus variés. La Limagne du Nord, avec ses champs de céréales piquetés.de noyers, rappelle le Bourbonnais voisin et le Poitou oriental; les grasses prairies ombragées de pommiers de Canada, sur les bords de la Morane et des Couze, évoquent les vergers normands ; les pinèdes. du Limadois mamelonné, aux vastes horizons où s’empourpre le soleil couchant, ont un aspect très caractéristique et plus personnel ; le massif des Monts Dore est une petite Auvergne alpestre, avec une découpure analogue des cimes et des vallées, des alpages, on observe des hêtraies et des sapinières, des cascades bondissantes et une perspective tourmentée.
- Fig. 4/.ÿ~ La Pierre de la Rancune, vallée de Chaüdetour •1/&A' {d’après M. Boule).
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- Mais ce que la Basse-Auvergne offre de plus original, ce que les touristes doivent voir avant tout comme curiosités naturelles, ce sont les témoins des manifestations éruptives des divers âges, ce sont les volcans éteints et leurs majestueux débris. L’ancien appareil du Sancyest complètement effondré et disloqué et il faut, pour le reconstituer, toute la science du géologue; mais les petits volcans basaltiques de Limagne sont toujours debout, surtout le curieux Usson, au cône largement éployé à la base comme son voisin Ybois. Les dômes les plus caractéristiques sont le Puy de Dôme, et les débris grandioses
- descendue des puys, celui de Chambon, par l’éruption duTartaret. Enfin, près de Clermont, le puy de la Poix offre encore des suintements hitumeux et sulfureux : dernière étape d’une formidable activité volcanique qu’on peut croire définitivement assoupie.
- Les volcans éteints tapissés de gazons sauvages, les vastes landes de bruyères où paissent les troupeaux de moutons, dans un immense horizon inculte et inhabité, entre les silhouettes étranges du pays, forment un tableau mélancolique et saisissant, en contraste complet avec les paysages de la grasse Limagne aux riches cultures, parsemée de villages.
- Fig. 5. — Murols : route de Saint-Nectaire.
- appelés Luilière et Sanadoire (au nord du Mont-Dore). Parmi les volcans de la troisième période, les plus curieux peut-elre, parce que mieux conservés, il faut citer surtout le Nid de la Poule, ouvert au liane du Puy de Dôme ; lePariou, qui offre la forme la plus parfaite et qui, comme quelques autres, est emboîté dans un aulre volcan, plus bas et plus .ancien; le Louchadière('),le plus grand de la série et largement égueulé; enfin le Pavin, type du volcan, ouvert presque au ras du sol, et dont un lac (comme celui d’Aguano, aujourd’hui vidé, près de Naples), occupe le vaste cratère. Les autres lacs d’Auvergne sont du même ordre (Chauvet, la Godivelle, etc.), ou ont été formés par des barrages généreusement volcaniques : celui d’Aydat, par une puissante cheire
- 1. C.-ù-d. le fauteuil (la ichodeiro ou chodiero), métaphore pittoresque.
- Le climat de la Basse-Auvergne n’est pas moins variable que sa configuration. Le pays a la réputation d’être froid ; ce n’est vrai que pour la-montagne. La Limagne est essentiellement tempérée : non seulement l’été est plus chaud, mais la moyenne de l’année est plus élevée à ïssoire qu’à Paris, et les fruits, surtout les abricots, les pêchefj et le raisin, mûrissent mieux dans la Limagne que dans l’Ile-de-France ; la température est aussi plus sèche, le printemps étant la seule époque! qui donne des précipitations'aqueuses assez abondantes. Dans la montagne, c’est tout différent ; le Mont-Dore, à 1000 mètres, a un climat nettement alpestre, à changements brusques, à hivers très froids avec une longue période neigeuse ; il en Va à peu près de même à Saint-Germain-l’Heur qui occupe, dans le massif oriental, une altitude égale, mais sur un plateau
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- LA BASSE-AUVERGNE
- Fig'. 6. — Les gorges d’Enval..
- qui amène moins de neige et plus de vent. Le versant occidental des Monts Dore et de la chaîne des puys, qui est déjà exposée aux vents océaniques, est plus humide et offre, comme le Limousin voisin, une verdure plus luxuriante et de belles châtaigneraies.
- II. La race et ses caractères; l’art; les villes; l’activité sociale. — La population et la vie sociale achèvent de délimiter la région naturelle. A cet égard, la Basse-Auvergne dire une frontière très nette à l’est, un peu moins au nord, plus flottante à l’ouest et au sud. Du côté du Forez.de vastes forêts et d’immenses espaces inhabités séparent deux races, deux langages ; par rapport au Bourbonnais, où pourtant, la limite géographique semble incertaine, c’est la démarcation entre le Nord et le Midi, langue d’oïl et langue d’oc (J), maison fran-
- France. Du côté du Limousin, au contraire, il n’y a pas en réalité de limite ethnique, mais des zones de transition : c’est par pur hasard et par suite de circonstances historiques fortuites que le versant occidental des Monts Dore est resté auvergnat. La configuration de la Haute-Auvergne et du Yelay assure à l’un et à l’autre, une individualité bien distincte, mais ici encore, la parenté reste marquée, en dépit de différences de. race et de caractère assez sensibles.
- La première population historiquement connue de la Basse-Auvergne a été ligure. Les Celtes ont fortement colonisé le pays ; ils occupèrent surtout les points stratégiques dominant les vallées, sur lesquels ils avaient bâti leurs villes fortes, comme Ger-govie. Les Romains se sontimplantés très nombreux en Limagne, comme le prouve l’abondance des noms de lieux en -at (suffixe-aeews), villages créés à l’époque gallo-romaine. Enfin les Goths etles Francs, aux ve et vie siècles, établirent des colonies dans la basse Limagne.
- Dans l’ensemble, bien que les Auvergnats arrivent à se réclamer des Celtes, ceux-ci ont laissé très peu de chose dans le langage, et leur type racial n’appa-rait guère parmi la population (*). Les types les plus accusés sont, d’une part, dans la montagne, le type préceltique, sans doute ligure, petit, osseux, brun, à la peau tannée, brachycéphale à tête ronde, souvent à pommettes osseuses, et dont on trouve la réplique dans les Alpes Grées et le Haut Valais, — d’autre part le type latin ou gallo-latin, très répandu en Limagne.
- De même au point de vue psychique, on chercherait en vain en Basse-Auvergne l’idéalisme des Celtes, leur penchant à la rêverie, leur goût pour l’aventure. L’Auvergnat de Basse-Auvergne est essen-
- 1. Il n’y a guère que dans certains côtés de la Haute-Auvergne, spécialement la Planèze, qu’on retrouve le type celtique assez pur.
- eienne et maison gallo-romaine
- la
- maison d’Aigueperse ressemble plus à celle de Provence qu’à celle de Cusset ou de Saint-Pourçain, qui accuse déjà le type de l’Ile-de-
- 1. Le bourbonnais appartient à la langue d’oïl, le Forez au franco-provençal, l'Auvergne et le Limousin à la langue d’oc dont ils constituent deux rameaux étroitement .apparentés.
- Fig. 7. — Cour de ferme à Murais {cliché Parassac).
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- tiellement réaliste, attaché moins à la terre qu’au gain. II a de grandes qualités : laborieux, tenace, dur à lui-même comme aux autres, sobre, économe, doué de l’esprit de famille, il a su féconder, par son travail un sol ingrat et rebelle. En revanche, il a l’horizon borné, l’esprit routinier, difficile à éveiller aux conceptions artistiques et désintéressées. Non qu’il manque d’intelligence, bien au contraire : mais il lui faut un but pratique et évaluable en profits matériels.
- Très casanier, seul l’appât des hauts salaires l’attire à la ville. Dans la montagne l’esprit est généralement ouvert, car le pays, jadis pauvre, a longtemps contraint ses habitants à l’émigration temporaire. Le caractère varie d’ailleurs sensiblement d’une contrée à l’autre : l’habitant du Lem-bron et d’Issoire est plus gai, plus expansif, plus latin que celui de la demi-altitude ou de la région de Clermont. Les villes et leurs environs se sont éveillés, surtout Clermont, à l’esprit d’initiative; la routine et l’archaïsme atteignent leur maximum dans le Marais (à l’est de Riom).
- Politiquement, la féodalité et la noblesse d’ancien régime ont été très haïes dans cette région, oii les exactions des hobereaux avaient continué après les grands jours d’Auvergne. Ces sentiments, bien qu’atténués, restent encore vivaces, et le paysan vote généralement contre le château, ce qui le distingue de son voisin de la Haute-Auvergne et du Yelay. Démocrate avancé, anticlérical en majorité,
- Fig. 8. — Royat {Puy-de-Dôme).
- mais avant tout petit propriétaire, il répugne au socialisme intégral.
- L’exode des ruraux vers les villes s’est manifesté dans la Basse-Auvergne, depuis un siècle, dans des proportions inquiétantes. En quatre-vingts.ans, de 1851 à 1911, la diminution de la population rurale a été de près de 120000 âmes dans le seul département du Puy-de-Dôme (*) ; tandis que Clermont-Ferrand passait de 50 000 à 65000 âmes, certains villages voyaient leur population baisser de plus de moitié. Le mouvement s’est encore accéléré avec la guerre, qui a pompé les villages pour peupler les usines. Néanmoins, dans l’ensemble, depuis cent ans, la surface des terrains cultivés va plutôt en augmentant, grâce cà l’amélioration, très lente ici, mais continue, des procédés de culture. Le morcellement de la petite propriété, l’esprit individualiste, la routine, l’avarice à courte vue, et aussi la configuration du territoire font obstacle au progrès" agricole.
- Non que le paysan de la Basse-Auvergne soit, comme le Breton, traditionnaliste par principe : la nouveauté ne l’effraie pas, mais à condition qu’elle ne dérange pas ses habitudes et qu’elle ne touche pas à sa bourse. Le développement des idées a été ici assez rapide. Les superstitions appartiennent à un passé déjà lointain : dans l’ensemble, il y a près d’un demi-siècle qu’a disparu la dernière génération des vieilles femmes qui croyaient aux lutins et aux sorciers. Les anciennes coutumes disparaissent très vite : voilà longtemps qu’on ne danse plus la bourrée (qui était du reste d’origine bourbonnaise, comme l’indique son nom patois) ; les jeunes gens n’en connaissent même plus le pas. Les costumes traditionnels des femmes ont résisté plus longtemps, spécialement le « bonnet rond » et le châle retombant en pointe dans le dos, qui
- 1. Voir à ce sujet la Crise de nos campagnes. (Revue du mois, juin 1919.)
- Fig. ç. — L’église d’Issoire (d’après M. Boule).
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- sont encore portés par de nombreuses paysannes d’un certain âge.
- La Basse-Auvergne offre deux types très différents d’habitations rurales. Le premier, le plus répandu, se rattache au type gallo-romain : c’est celui qu’on voit, à quelques différences près, dans tout le midi de la France, et qui est caractérisé surtout par le toit à faible pente, souvent à un pan, couvert de grosses tuiles fortement incurvées ; il s’arrête au nord exactement sur les confins du Bourbonnais. Le jsecond, visiblement en recul continu depuis des siècles, n’existe plus que dans la chaîne des Monts Dore et des puys : le toit est en chaume, formant un pignon très aigu : ce type est le plus archaïque et il se rattache à celui de la maison gauloise, mais singulièrement perfectionné au cours des âges. Un caractère commun à la plupart des maisons rurales d’Auvergne, c’est l’absence de crépissage qui laisse à nu les apparats frustes et irréguliers des laves ou basaltes noirs et des grès roux : ces maisons rudes, aux disparates criardes, rebelles à toute coquetterie de décoration, — et qu’on rencontre aussi dans les villes, — donnent un cachet âpre et pittoresque, très personnel, aux villages auvergnats.
- Les villes auvergnates, construites surtout en pierre volcanique, ont en général un aspect sombre et revêche, encore accusé par le dédain de l’ornementation et de l’élégance : en revanche, elles ont une puissante couleur locale, une personnalité et un relief singuliers. Même avec ses quartiers neufs, Clermont a encore beaucoup de caractère. Mieux conservé, Montferrand est resté la vieille bastide cristallisée après la Renaissance, qui lui a laissé une série remarquable de beaux hôtels. Riom, siège des cours de justice, est la ville austère de la vieille magistrature. Mais la plus pittoresque est Thiers, cité des couteliers, qui accroche au flanc d’une gorgé sauvage ses pittoresques échoppes d'artisans et ses vieux logis de bois. Issoire, rasé (sauf l’église) lors des guerres de religion, jette une note plus gaie et plus méridionale, mais beaucoup plus banale.
- Le Bas Auvergnat n’est ni imaginatif, ni artiste; on ne trouve chez lui aucun poète, musicien, sculpteur ou peintre digne de ce nom : Delille fut un médiocre versificateur, et Chabrier était ambertois, presque forézien (1). Mais la région enfanta jadis de grands architectes.
- L’art roman des églises auvergnates mérite de compter au premier rang des écoles originales de l’époque par son originalité, son sens des proportions et de l’ensemble comme par le fini de l’exé m-tion. Il est caractérisé, notamment, par la tour centrale polygonale éclairée de nombreuses fenêtres,
- \ '•.
- 1. La petite région d’Ambert est ‘aussi la seule qui ait
- donné un poète patois (Michalien) à ItrvBasse-Auvcrgne. ‘ Les grands hommes du passé sont presque touVdes logiciens, mathématiciens, théologiens ou jurisconsultes'(Pascal, ijlichci de l’Hospital, les Arnaud. Dornat., etc.), des historiens (Grégoire
- Tours, Dulaure, de Barante), des hommes d’épée (Vercingétorix, d’Assas, Desaix).
- par l’ingénieux soutènement de la nef médiane qu’équilibrent des demi-berceaux et par l’importance et le soin accordés à l’abside, agrémentée d’ab-sidioles et finement décorée. Notre-Dame-du-Port de Clermont, Saint-Paul d’Issoire, Saint-Julien de Brioude, les églises d’Orcival et de Saint-Nectaire sont les édifices les plus marquants. L’époque gothique a apporté l’influence du nord : l’élégance de cet art a été imparfaitement assimilée : la cathédrale de Clermont est lourde comme celle de Lyon, mais non sans intérêt (« cathédrale des charbonniers », écrivaient irrévérencieusement les Goncourt dans leur Journal). Les hôtels de Montferrand montrent combien la Renaissance est devenue ici sévère, tout en gardant le Culte des belles lignes. L’architecture militaire féodale convenait mieux au génie de la race : à travers leurs ruines, les châteaux de Murols, Tournoël, etc., apparaissent encore comme de magnifiques morceaux. Mais beaucoup furent rasés par Richelieu et les rois de France (Usson, Wonetti, etc.).
- L’agriculture est très variée. Le Puy-de-Dôme est un des rares départements français qui pourraient se suffire. La montagne, jadis pauvre, pratique l’élevage du bœuf et du mouton qui l’a singulièrement enrichie, et la fabrication des fromages (Pont-gibaud, Saint-Nectaire, fourme d’Ambert). La Li-magne a beaucoup souffert de la crise du phylloxéra qui a ravagé ses vignobles à la fin du siècle dernier : ceux-ci ont été replantés en grande partie, avec une ténacité inlassable, malgré les assauts répétés du mildew, du cochylis et les intempéries d’un climat fertile en gelées printanières et en grêles estivales. La culture du mûrier a disparu depuis la Révolution (*). Céréales, prairies naturelles et artificielles, betteraves, légumes prospèrent aux altitudes basses et moyennes. La culture des fruits (pommes de table, noix, abricots, pêches, celles-ci en forte diminution depuis l’arrachage des vignes) produisent des revenus qui seraient considérablement augmentés si l’écoulement des produits était mieux assuré.
- La Basse Auvergne possède deux petits bassins houillers assez importants, qui se sont encore déve-' loppés depuis la guerre, celui de Saint-Lloy aux confins du Bourbonnais, celui de Brassac entre Issoire et Brioude. On extrait du plomb argentifère à Pontgibaud et on espère trouver du pétrole dans le sous-solde la Limagne. Une des grandes richesses de la région, ce sont ses eaux minérales atix teneurs des plus variées : si Vichy est bourbonnais, la Basse-Auvergne possède les cinq grandes stations de Châtel-guyon (carbo-gazeuses, à base de magnésie pour l’intestin), Royaf(bicarbonatées : rhumatismes, etc.), la Bôurboule (arsenicales : lymphatisme), le Mont Dore'(bicarbonatégs^sodiques siliceuses : voies respiratoires) et Saint-Nectaire (chlorurées sodiques :
- 1. Qui avait provoqué la fermeture des fabriques de soie de Lyon, débouché des magnaneries auvergnates; les mûriers de Limagne furent albrs arrachés. . ’
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- albuminurie, etc.). Ces stations présentent en outre l’agrément d’être placées, surtout les quatre dernières, dans des situations pittoresques et de constituer en même temps de beaux centres d’excursions. Elles ont chacune leur caractère : Châtelguyon et surtout Royat, si voisin de Clermont, est plus animé et plus mondain; la Bourboule est la ville d’eau de famille; le Mont Dore, plus montagnard, est en même temps une station d’altitude et le rendez-vous des grimpeurs ; Saint-Nectaire est une villégiature simple et paisible. La route thermale, desservie l’été par les autos-cars du P.-L.-M., relie directement Vichy à ces divers centres balnéaires par un beau trajet à travers vallées et montagnes.
- La Basse-Auvergne possédait depuis longtemps des industries locales caractéristiques, comme la taillerie des pierres fines (améthyste, etc.) à Royat, les fruits confits, à Clermont, et surtout la coutellerie, à Thiers, oh Démoulage se fait encore en maint atelier, dans des conditions pittoresques, sinon hygiéniques, 1‘ouvrier étant allongé à plat ventre, devant sa meule, au-dessus de la Durolle. Depuis la guerre surtout, Clermont est devenu une métropole industrielle importante, grâce au développement qu’y a pris l’industrie du caoutchouc et des pneumatiques.
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- On se souviendra que le Quest, en route vers le Pôle Sud avec Robert Shackleton et ses intrépides compagnons, jeta l’ancre dans la baie de Cumberland, sur les côtes de la Géorgie-du-Sud, pour réparer ses avaries, et que l’infortuné explorateur mourut subitement le 5 janvier 4922, au moment même où le petit navire se remettait en route.
- Laie où Shackleton dort son dernier sommeil aurait pu devenir un véritable paradis pour les naturalistes, n’étaient les massacres abominables dont elle a été le sanglant théâtre depuis quarante ans. Le Dr Robert Cushman Murphy, de l’Ame-rican Muséum of Natural History, est un des très rares savants qui aient exploré cette île perdue en plein océan (à 1700 km àl’estdu CapHorn). Il nous fournit sur ce sujet des chiffres navrants, en un remarquable article publié par le National Géographie Magazine.
- Quand le célèbre Capitaine Cook la découvrit (janvier 1775), l’île était habitée par des multitudes de phoques (éléphants de mer et phoques à fourrure, qu’il appelait ours de mer), de pingouins, et d’immenses colonies d’oiseaux nichaient sur ses falaises. Les baleines et autres cétacés pullulaient dans ses parages.
- Pendant un quart de siècle, personne n’aborda dans l’île. Mais la publication des relations de l’illustre navigateur excita les convoitises de plusieurs armateurs de la Nouvelle-Angleterre, et une expédition s’en fut identifier ces sea-bears dont Cook avait
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- En un quart de siècle l’esprit de la cité, tradition-naliste, sévère et bourgeoise, s’est complètement métamorphosé : c’est aujourd’hui un foyer d’initiatives et d’action, un centre économique en même temps qu’un centre de tourisme de premier ordre, au point de convergence de nombreuses voies ferrées et routières ('). Albert Daüzat.
- i. Mémento biri.iographique. — Histoire : P. Audigier, Histoire d'Auvergne, 1899; An. Michel, L’ancienne Auvergne et le Velay, 3 vol., 1845-1847. — Géographie, géologie, guides : .Iai.mfier, U Auvergne. 1876; M. Boüi.e, Le Massif central de la France, 1896; Gi.angeaud, Les volcans d'Auvergne, Les éruptions de la Lim.agne, 1908; Ardouin-Dumazet, Voyage en France, 33° série; Boule, Gi.angeaud, Bouchon, Vernière, Puy-de-Dôme et Vichy, guide du touriste, du naturaliste, de l’archéologue;. Guides Bleus, Auvergne et Centre, éd. 1920. — Archéologie : II. du Ranquet, Cours d’art roman auvergnat, 1900 ; Desdevizes du Dkzert et Brkhier, Clermont et Montferrand (Collection des villes d art célèbres). — Langage et littérature populaires : A. Dau-zat. Études linguistigues sur la Basse-Auvergne (4 vol., 1897-1914); Mictiausse, Essai de grammaire auvergnate, Eas de d'eien p aïs an (Ambert, 1907-1908); pour le folklore, voir ïAncienne Auvergne et le Velay, et surtout la Revue des traditions populaires, passim (spécialement entre 1890 et 1905, Études du Dr Pommeroi. et de A. Dauzat). — Anthologie : Louis-Bréiiikr. L’Auvergne (Collection des provinces françaises).
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- vanté la fourrure. Et le massacre commença. En une première saison (1801), les équipages américains tuèrent 112000 phoques à fourrure, et le carnage se répéta sur la même échelle pendant vingt années, jusqu’à complète extermination de l’immense troupeau.
- Cinquante ans plus tard, le massacre recommença : quelques bandes, venues d’autres terres lointaines, s’étaient multipliées sur les rivages de South-Georgia. Le nouveau troupeau fut rapidement exterminé. En 1875, les chasseurs ne récoltèrent que 200 peaux. En 1892, une expédition ne découvrit qu’une vingtaine de phoques. Tardivement, les autorités coloniales anglaises prirent l’espèce sous leur protection. Mais, en 1907, des braconniers massacrèrent les quelques centaines de phoques à fourrure qu’ils découvrirent sur les plages. Depuis cette date, aucun représentant de l’espèce n’a été rencontré dans l’île.
- Le même sort est-il réservé aux éléphants de mer? Le D1' Murphy répond par l’affirmative et prédit que ces géants auront disparu avant peu de la Géorgie-du-Sud, comme ils ont disparu déjà de bien d’autres îles, si des mesures de protection énergiques ne sont pas prises immédiatement.
- Ce n’est point ici une question de fourrure précieuse qui intervient, puisque la peau de ces gigantesques phoques est complètement nue. Mais leur corps est enveloppé d’une épaisse couche de graisse qui fournit en quantité une huile comparable
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- Fig. i. — Le phoque à trompe vu de face dans un moment de colère.
- à celle de la baleine franche. Or, depuis une quinzaine d’années, la Géorgie-du-Sud est devenue le plus grand centre de l’industrie baleinière dans le monde.
- En une seule année (1915-1916), ses usines ont traité 5510 baleines. De 1910 à 1920, le nombre des victimes s’est élevé à plus de 40 000. Les 50 millions de dollars qu’ont rapportés ces prises devraient suffire aux compagnies. Elles ajoutent à leur butin d’huile des milliers d’éléphants de mer, dont les colossales carcasses, dépouillées de leur enveloppe de graisse, pourrissent sur les plages.
- Seuls, les mâles adultes portent l’appendice nasal qui a valu son nom vulgaire à l’espèce. Ils atteignent des dimensions imposantes. Les individus longs de 6 m. sont communs, et le D' Murphy en a mesuré plusieurs qui avaient 7 m. Les femelles ne dépassent guère 5 m. de longueur, avec un poids de 500 kg en moyenne, alors qu’un vieux mâle peut peser plus de deux tonnes.
- Les mœurs de ces animaux ne sont qu’imparfaitement connues, car ils passent une partie de leur existence au large, probablement à des centaines de kilomètres de distance, dans les parages de l’Océan Antarctique où ils savent trouver en abondance les mollusques et crustacés qui forment leur nourriture.
- L’exode s'effectue en décembre, soit à l’approche de l’été austral. Rares sont les individus qui renoncent au lointain voyage, et qui demeurent dans le voisinage de l’ile. Ces paresseux ou ces malades prennent un aspect squelettique, tandis que leurs compagnons, qui commencent cà revenir vers la mi-février, ont accumulé une épaisse couche de graisse.
- Les petits, généralement uniques, viennent au monde en septembre, et l’exode ne prend place qu’après qu’ils ont acquis la force de suivre les mères au large. Elles les préparent au grand voyage en les entraînant chaque jour un peu plus loin de la côte.
- Ces grands phoques, si gauches et si lourdauds à terre, sont, dans l’eau, d’une agilité surprenante. Malgré leur masse, ils nagent avec aisance et rapidité,, plongeant à travers l’inextricable fouillis d’algues gigantesques où ils cherchent leur nourriture.
- Leur indolence se manifeste dès qu’ils sortent de l’eau. Ils rampent lentement sur le sable, en laissant les vagues les pousser en avant. Ils gagnent ainsi la partie élevée du rivage, où ils se redressent de toute leur hauteur pour examiner les environs. S’ils aperçoivent des congénères, ils s’en approchent, car ils détestent la solitude.
- Cependant, les mâles sont très batailleurs, et les duels sont fréquents. Dressés le plus haut possible sur le ventre, les adversaires retombent avec violence l’un sur l’autre, en se portant de furieux coups
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- de canines, tout en lançant de curieux beuglements. Bien que protégés sur le devant du corps par un cuir épais de 2 cm. 5, ils s’infligent de terribles blessures, et la plupart des mâles portent de profondes cicatrices au cou et sur les épaules. Un vieux mâle, abattu par le D‘ Murphy, avait le museau à moitié emporté.
- En terrain plat, ils peuvent ramper aussi rapidement qu’un homme marche. Poursuivis, ils exécutent un étrange galop ; une succession de mouvements tend l’épine dorsale comme un arc, et projette le corps en avant, tandis que les nageoires pectorales, faisant office de jambes, arpentent furieusement le terrain. Le spectacle qu’offre alors le monstrueux phoque est d’autant plus comique que les amas de graisse que soutiennent ses flancs sont ballottés de haut en bas, et de bas en haut, à chaque élan.
- Fig. 3. — Jeunes éléphants de mer dormant sur une plage de la'Cumberland Bay.
- Aux abois, l’inoflensif rage, et meurt bravement. Dressant à la fois sa tête et son arrière-train, il pivote avec rapidité sur son ventre, et fait face à l’ennemi. Les baleiniers s’amusent cruellement de ses efforts, et lui règlent son compte d’un coup de lance.
- En somme, ces pesants animaux, si pauvrement outillés pour la locomotion terrestre, montrent une agilité surprenante. Ils n’hésitent pas à escalader des pentes assez roides pour
- géant se défend avec cou-
- Fig. 4. — Capture d’un phoque
- Fig. 5. — Un phoque nageant.
- atteindre certaines plantes dont ils sont friands.
- Le Dr Murphy en a sou-s, ! vent rencontré des ban-^ des sur des sommets de 40 à 50 m. Surprise par des chasseurs, une femelle se précipita dans le vide, d’une hauteur d’une trentaine de mètres, et se traîna jusqu’à la mer, où elle s’éloigna en nageant vigoureusement. Son enveloppe de graisse avait sans doute amorti la chute.
- Le sommeil tient une large place dans l’existence de l’éléphant de mer, surtout durant la saison chaude. Il dort même sous l’eau, son corps conservant un parfait équilibre hydrostatique entre la surface et le fond, près du rivage, ou dans les petits lacs alimentés par les puissants glaciers de l’ile. Il peut rester longtemps sous l’eau sans renouveler la provision d’air de ses poumons.
- A terre, il dort presque constamment, surtout pendant le jour, et généralement sur le dos, le ventre en l’air. Le D1 Murphy a fait à ce sujet de curieuses remarques. Le grand phoque ne respire alors qu’à de longs intervalles, et tient ses narines hermétiquement closes, comme s’il était sous l’eau. Le plus souvent, il ne respire que par une seule narine, qui s’ouvre et se ferme à chaque aspiration, l’autre restant obstinément fermée.
- Le sommeil d’un éléphant de mer est un spectacle peu banal. L’aspiration et l’expiration de l’air s’accompagnent de sifflements bruyants, et, par moments, le corps est secoué de frissons violents. Les nageoires pectorales sont constamment en mouvement pour gratter les flancs, le ventre ou la tête, ou pour se gratter mutuellement. Très flexibles,
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- les'doigts ont'alors'comme'une apparence humaine, et, fort adroitement, ils aspergent le corps d’une pluie de sable ou de boue. Les nageoires postérieures s’élargissent en éventail, ou se dressent en l’air, ou se frottent et s’étreignent l’iine l’autre, comme deux mains maladroites.
- Tous ces mouvements s’exécutent sans que le sommeil s’en trouve interrompu, et il est. très difficile de réveiller les dormeurs.
- « Il m’est arrivé, conte le Dr Murphy, de lancer une poignée de sable dans les narines d’un mâle endormi, et de provoquer chez lui un accès de toux, mais: sans réussir à lui faire entr’ouvrir les paupières. Alors que ma tente était dressée sur le bord d’un ruisseau, j’avais pour voisins un groupe de neuf phoques, qui n’avaient pas atteint leur complet développement, et que je m’efforcais de ne point alarmer. Je crois que, durant dix jours, aucun ne se déplaça de la longueur de son corps, bien qu’ils se querellassent de temps en temps, et qu’ils échangeassent des coups.... ))
- On comprend, après cette description, que les massacreurs trouvent une besogne facile. On s’explique que les gigantesques phoques, jadis si abondants dans tout le Pacifique oriental et dans le Sud de l’Atlantique, aient disparu presque partout. Il y a une dizaine d’années, ils formaient encore des
- bandes énormes dans Tune de nos possessions océaniennes, les îles Kerguelen, où Ton est en train de les exterminer.
- Mais une bonne nouvelle nous parvient, par l’intermédiaire du Zoological Society Bulletin : les efforts combinés de grands quotidiens, comme le Times, et de revues et sociétés savantes britanniques, ont enfin obtenu que l’ile Macquarie, située au Sud de la Tasmanie, devienne un inviolable asile, un sanctuaire, selon la touchante expression anglo-saxonne, pour la faune antarctique.
- Cette île avait été affermée à des fabricants d’huile qui massacraient annuellement un million et demi de pingouins! En 1905, le Congrès International d’Ornithologie avait protesté énergiquement contre ce massacre, mais sans obtenir gain de cause. La campagne de presse a finalement triomphé de l’indifiércnce du Gouvernement Tasmanien.
- Les Iles Kerguelen pourraient devenir à leur tour un sanctuaire pour les colosses de la faune antarctique, et pour tant d’autres formes animales menacées d’extinction totale.
- Les photographies reproduites au cours de cet article sont l’œuvre du I)1' Robert Cushman Murphy; nous remercions le très distingué savant d’avoir bien voulu nous les communiquer pour La Nature.
- V. Forbin.
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- permettant de prendre 50 000 images par seconde.
- Perfectionnant l’originale méthode, qui lui avait I déjà permis d’obtenir 15000 à 20 000 photographies par seconde (*), M. Bull vient de vaincre le principal obstacle qui s’opposait au progrès de cette technique, c’est-à-dire la dissociation suffisamment rapide des images.
- La surface sensible des installations cinématographiques de ses prédécesseurs se composait d’un
- 1. Voir la description de cette méthode dans un de nos précédents articles. (La Nature, n° 2411,19 juin 1920, p. 337-41.)
- Fig. i. — Le nouvel appareil chronophotographique Bull.
- | film enroulé autour d’un cylindre qu’on faisait tourner rapidement. Vu la quasi-instantanéité de l’étincelle, l’image apparaissait très nette malgré le mouvement de la pellicule. Toutefois avec un cylindre tournant, on dépasse difficilement la vitesse de 100 m. par seconde et dans ces conditions, si les étincelles se succèdent à des intervalles de 1/50 000 de seconde par exemple, chaque photographie a seulement 2 mm de largeur.
- Aussi dans le dernier modèle de son appareil
- Fig. 2.— L'appareil vu- avec ses 2 portes ouvertes. '
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- Fig. 3. — Schéma de l’appareil Bull.
- F, cercle d'aluminium de i m. de diamètre, maintenant le film; O, objectif; P, prisme réflecteur mobile.
- chronophotoçjraphique (fig. \ ), récemment présenté à l’Académie des Sciences de Paris, M. Bull s’est-il proposé d’agrandir les images en les dissociant. Son film (schéma fig. 2) reste immobile, maintenu par
- Fig. 5. — Dispositif d’éclairage électrique'.
- A gauche, condensateur de grande capacité ; au-dessus, bobine etj voltmètre ; à droite, soupape de Viliard et source lumineuse.
- Fig. 4. — Schéma du dispositif d’éclairage électrique de M. Bull.
- B, bobine d’induction ; C, condensateur de grande capacité ; E, éclateur ; I, interrupteur; c, petit condensateur ; R, résistance.
- un cercle en aluminium F de 1 m. de diamètre autour d’un prisme P, sis en arrière de l’objectif 0 par rapport à la source. L’axe optique du faisceau lumineux est perpendiculaire au plan du cercle et le prisme se trouve orienté de façon à réfléchir à angle droit sur le film, les rayons, issus de l’objectif. Un petit moteur électrique, fixé derrière le bâti de l’appareil, imprime au prisme une rotation de 160 tours par seconde. Comme l’axe de ce dernier et l’axe optique coïncident, la série des images, que donne l’objectif, aÿi cours d’une révolution du prisme, s’étale sur toute la longueur de la pellicule, soit sur plus de 5 m.
- Pour produire des étincelles à intervalles réguliers et très courts, le savant ciné-matographiste emploie un dispositif électrique ressemblant à celui de 1920, mais comportant quelques différences d’appareillage. Sa nouvelle installation comprend 5 éléments de condensateur de grande capacité C (schéma 5 et fig. 4) chargés à l’aide d’une bobine d’induction B, un voltmètre situé au-dessus, une soupape 1 de Viliard vue à droite du dernier
- condensateur et portée à un potentiel V de 10 à 12 000 volts, de manière à constituer une importante réserve d’électricité. D’autre part, un circuit, formé d’une forte résistance (100000 ohms, par exemple) et un interrupteur, relie ce condensateur à l’éclateur E sur lequel on met en dérivation un petit condensateur c de faible capacité. Supposons le grand condensateur chargé et fermons l’interrupteur, l’électricité s’écoule à travers le circuit et charge le condensateur, en un temps fonction du potentiel V, de la résistance R et de la capacité c. Ensuite, quand le potentiel du petit condensateur atteint une valeur suffisante pour franchir l’espace entre les électrodes, l’étincelle éclate et celui-ci se décharge. Puis, le cycle recommence, et au fur et à mesure que la charge du grand condensateur C diminue, les étincelles se suivent, de moins en moins fréquemment. D’ailleurs, en soufflant les étincelles avec
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- Fig. b. — La prise de photographie d’une balle de revolver.
- un jet d’air comprimé pour éviter la formation d’un arc et tout en maintenant constants les facteurs Y et c ainsi que la longueur des étincelles, on règle la fréquence de ces dernières avec urfe extrême précision. On dispose les électrodes entre lesquelles jaillissent les étincelles au foyer principal d’un miroir parabolique en verre argenté. Ce miroir réfléchit la lumière émise en un faisceau de rayons parallèles sur une lentille plan convexe qu’on place à 3 m. en avant et qui fait converger le faisceau dans l’objectif de l’appareil chronophotographique. Pour ne pas briser les instruments pendant le tir et ne rien perdre du champ, on installe l’arme de façon que la trajectoire du projectile passe à égale distance entre le miroir et la lentille.
- Quant au nouvel appareil chronophotographique (fig. 5), il diffère très notablement de celui précédemment utilisé par M. Bull, comme nous l’avons rapidement noté plus haut. C’est une grande caisse en bois avec 2 portes séparées par un battant fixe, au milieu duquel se trouve l’objectif; derrière lui,
- se voit le prisme réflecteur mobile, tin grand cercle en aluminium de 1 m. de diamètre maintient le film fixe pendant toutes les prises de vues, tandis que celui-ci, entraîné par un petit moteur électrique sis en arrière tourne très rapidement. De la sorte, au cours de cette rotation, les images successives fournies par l’objectif se dissocient sur la pellicule à une vitesse de 500 m. par seconde et, tout en ne se recouvrant pas l’une l’autre, leur largeur est beaucoup plus grande que dans le premier chronophotographc inventé par M. Bull. Il y a toutefois une ombre au tableau, les images ne demeurent pas parallèles entre elles d’une extrémité de la bande à l’autre, elles tournent sur elles-mêmes en même temps que le prisme et avec la même vitesse angulaire. Quand on analyse les phénomènes balistiques, cette rotation n’offre pas d’inconvénients, mais si on veut en faire la synthèse pour la projection, il faut rectifier la position des photographies.
- Avec son nouvel appareil, M. Bull peut obtenir jusqu’à 50 000 images par seconde sur des chrono-
- Ftg. 7. — Le système de- déclenchement du revolver.
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- .....— LES MÉTIERS
- pbotogrammes relatifs à des balles de revolver, qu’il arrête dans une caisse, après leur passage rapide dans le champ photographique (fig. 6).
- Comme précédemment, il établit directement sur la gâchette même déclenchant le percuteur de son pistolet (fig, 8), un contact électrique destiné à commander l’obturateur. Celui-ci s’ouvre pendant l’inflammation de la charge de poudre et le mouvement de recul libère les étincelles. D’autre part, une petite masse pesante, susceptiblede glisser librement à l’intérieur d’un tube fixé directement sur le canon, porte à son extrémité antérieure une tige effilée. Avant l’expérience, une mince feuille isolante sépare cette pointe d’un contact enplomb également fixé sur le canon, mais isolé électriquement de lui. Au départ du coup, le contact en plomb, après avoir percé la feuille isolante, se pique sur la pointe de la petite masse qui ne bouge pas par suite de son inertie. Alorsle circuit, reliant les 3 éléments du grand condensateur à l’éclateur, se ferme immédiatement,
- ACADÉMIE L
- Séances d’avril
- La composition des vins de lies. — Lors du premier soutirage des vins de goutte, il reste au fond des cuves un liquide bourbeux, qui se sépare bientôt d’une niasse à passer dans des sacs que l’on exprime au pressoir. Ce nouveau vin, riche en extraits et en cendres, est pauvre en crème de tartre, alors que les lies se caractérisent par une grande abondance en tartrale de chaux. L’étude très approfondie faite à ce sujet par M. Semichon montre qu’il serait, en pratique, avantageux de passer de suite au filtre-presse les lies bourbeuses que laisse un premier soutirage et de ne pas provoquer une longue digestion, au contact de cellules vieillies, du vin qui, ne perdant ni alcool, ni acide tartrique, garderait une composition voisine de celle du vin de soutirage.
- A BRODER :.. — 109
- tandis que la série dés étincelles commence. Quant au cadre de bois que nous apercevons, à une certaine distance du tireur, il sert à repérer les opérations. Il porte, en effet, deux fils conducteurs, situés en dehors du champ, mais dans Taxe du tir, et que le projectile coupe au passage La rupture du premier arrête les étincelles, tandis que celle du second ferme l’obturateur.
- Naturellement, pour que la pellicule sensible puisse enregistrer de 5000] à 50000 images environ par seconde pendant les temps très courts que mettent les balles à parcourir le champ de l’objectif, M. Bull a dù assurer, avec une extraordinaire précision, l’étroite liaison entre les différentes parties chronophotographiques, électriques ou optiques de son dispositif expérimental, et il espère déduire d’intéressantes constatations balistiques, des curieux chronophotogrammes qu’il prend actuellement.
- Ja.cques Boyer.
- ES SCIENCES
- et de mai J922.
- La composition chimique de l'eau de mer. — La salinité sert de base à l’étude du déplacement desmasses océaniques, et l’on connaît son importance sur la composition et l’abondance du plankton. Le mémoire de MM. Bertrand et Freundler établit qu’il est peu sûr de la déterminer par évaporation et par pesée et, en titrant l’ensemble des halogènes et des alcalino-terreux (Ca et Mg) ces chimistes montrent que pour suivre la marche des courants marins, les méthodes actuelles d’évaluation de la salinité, par l’application des tables de Knudsen, sont nettement insuffisantes et ne donnent des indications de quelque valeur que pour les besoins de la pèche et certaines recherches biologiques.
- Paul B.
- LES MÉTIERS A BRODER
- Les métiers à broder de 110s grand’mères étaient de simples cadres en bois, destinés à tendre l’étoffe pour en faciliter le maniement. Dans ce domaine, comme dans tous ceux de l'industrie textile, la mécanique a mis son ingéniosité au service de l’élégance féminine pour réaliser des machines fabriquant à meilleur compte et en grandes quantités, une infinie variété de modèles. Quiconque n’a pas visité une usine moderne de broderies, imagine volontiers, pour un travail aussi délicat, des métiers, à la vérité complexes et perfectionnés, mais de dimensions restreintes; et l’étonnement est grand lorsque l’on se trouve en présence d’énormes machines, répétant des milliers de fois, sur une pièce d’étoffe longue de près de 15 m., un même motif, si fin et délicat soit-il.
- Les plus grands métiers à broder, dits de 15 yards (parce qu’ils permettent de broder sur une longueur de 15 yards, soit 15 m. 50 environ), ont 17 111. 50 de long, 5 m. 50 de haut et pèsent plus de 15 tonnes!
- Deux firmes seulement fournissent, à l’heure actuelle, les métiers à moteur du monde entier : la maison Saurer, spécialisée depuis trois générations dans cette fabrication à Àrbon (Suisse) et dont les usines de Suresnes et de Lyon fabriquent les camions automobiles bien connus, et la firme allemande Plauen. Les descriptions et illustrations de cet article se rapportent toutes aux métiers Saurer, avec lesquels les métiers allemands présentent d’ailleurs une grande analogie.
- Les premiers métiers à broder, mus à bras,
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- LES MÉTJERS A BRODER
- encore en usage à l’heure actuelle, sont à un seul fil : une aiguille, piquée dans l’étoffe, est saisie de l’autre côté par des pinces et tirée de toute la longueur du fil; le point obtenu est identique à celui de la broderie à la main, mais il est nécessaire de réenfiler l’aiguille fort souvent; cette opération doit se faire sur une machine spéciale qui munit chaque aiguille d’une longueur de fil identique. D’autre part, les diverses fonctions étant commandées par les mains et les pieds de l’ouvrier, il n’est pas possible de dépasser une vitesse de 40 points à la minute, ni une longueur de broderie d’environ 6 m.
- Les métiers modernes à moteur sont du type dit « à fil continu » ou à deux fils et font le point de machine à coudre ; il faut un œil exercé pour distinguer ce point de celui qui est fait à la main et le rendement est considérablement augmenté du fait qu’une grande longueur de fil est bobinée sur les navettes et sur les broches et ne doit être renouvelée que de temps à autre.
- Le ti^su étant disposé dans un plan vertical '(fig. 1), l’aiguille se déplace horizontalement d’un côté et la navette, à peu près verticalement de l’autre; le fil, enroulé sur la broche, passe d’abord sur un rouleau garni d’émeri dont l’axe est convenablement freiné, puis sur un tendeur formé de deux tiges horizontales s’écartant et se rapprochant à chaque point, de manière cà fournir à l’aiguille la quantité de fil qu’il lui faut. L’aiguille a un mouvement rebondissant pour faciliter la formation de la boucle dans laquelle vient s’engager la navette.
- Le point, dans la broderie, étant perpendiculaire à la direction du dessin, et celui-ci affectant d’ailleurs les formes les plus variées, le tissu, tendu sur un cadre, se déplace entre chaque point, dans la direction voulue et de la quantité nécessaire, pendant que l’appuie-pièce se soulève pour pcrmetlrc ce déplacement.
- Les organes accessoires principaux sont disposés sous l’aiguille : le perçoir, formé d’une pointe dont la section est un quadrilatère curviligne à arêtes coupantes, de manière à sectionner les fils entre lesquels elle pénètre, sert à faillies jours dont les bords seront, un instant plus tard, garnis de points de broderie. Le poinçon, de section ronde, vient parfaire les jours de forme circulaire après que leurs bords ont été brodés. Il existe encore un appareil à soutacher, un appareil à poser le cordon pour border les entre-deux, un dispositif à faire le point de feston, etc....
- Ayant ainsi sommairement décrit les organes élémentaires, voyons maintenant comment ils sont réunis et disposés sur le métier et comment on les met en œuvre.
- La machine comprend deux rangées de broches ou étages, visibles sur les figures 2 et 5 et dont chacun compte parfois un demi-millier d’aiguilles et autant de perçoirs et de poinçons, reproduisant simultanément le même motif.
- Le tissu à broder est tendu sur un immense cadre qui atteint 5 m. 50 de haut et dont la longueur est d’une quinzaine de mètres pour le modèle dit de 15 yards (fig. 5) et d’une dizaine de mètres pour le modèle de 10 yards (fig. 2). C’est la traverse supérieure de ce cadre, faite de deux tubes entretoisés, que l’on voit sur les figures, formant le haut de la machine. La rigidité est la première
- qualité que l’on réclame du cadre ; la légèreté ensuite : garni de tissu, un cadre de 15 yards pèse 520 kg environ. Et ce n’est pas un des moindres tours de force réalisés dans ces machines, que de parvenir à déplacer une telle masse parallèlement à elle-même, avec une précision de l’ordre du dixième de millimètre, à une cadence qui peut atteindre 120 points à la minute.
- Les déplacements du cadre sont commandés par un système de leviers articulés dit « pantographe », que l’on voit à gauche sur la figure 2 et qui est mis en mouvement par un ouvrier, suivant un schéma à grande échelle tracé sur une feuille de papier verticale.
- 'De sa place, l’ouvrier commande également la mise en œuvre des organes accessoires à percer, à soutacher, etc., et tous les réglages qui doivent être modifiés pendant la marche, comme le tendeur de fil, la profondeur de perçage, le mouvement ralenti, etc. II faut une grande habileté pour diriger ainsi sans erreur un métier h broder, en se guidant sur le bruit cadencé de la machine pour déplacer le cadre au moment voulu.
- Aussi voit-on se généraliser de plus en plus l’emploi des métiers automatiques dans lesquels tous les mouvements du cadre, tous les réglages sont commandés par une bande de carton perforé que'l’on aperçoit sur la figure 5, à la place du pantographe.
- La machine spéciale sur laquelle sont perforées les bandes est représentée figure 4 : on y voit le pantographe dont la pointe suit le schéma vertical, et, sur la gauche, un petit métier en réduction, à 15 broches, donnant immédiatement un échantillon du travail. La figure 5 représente la même
- . /Vavef/e
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- Fig. i. — Mécanisme du métier à broder.
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- LES MÉTIERS A BRODER —.. ...-. - III
- Fig. 2. — Métier à /autographe de 10 yards.
- machine vue de dos et montre les rouleaux de bandes vierges et perforées, ainsi que l’arrière du cadre avec les glissières des navettes.
- On conçoit l’économie réalisée par l’emploi des métiers automatiques, puisque deux femmes suffisent à les desservir : la fileuse qui, lorsqu’elle est habile, peut réenfiler les aiguilles même en marche, et la navetteuse qui n’est en général qu’une apprentie. La puissance nécessaire pour faire fonctionner cette énorme machine de 15 tonnes est infinie r un moteur d’un cheval et quart y suffit; encore n’est-il
- employé à pleine puissance qu’au moment -du démarrage. C’est donc avec une dépense de courant de quelques centimes que ces deux femmes arrivent à effectuer en 1 heure sept millions de points de broderie !
- L’industrie de la broderie à la machine, qui a pris naissance en Suisse, près de Saint-Gall, avait, en France, deux centres principaux dans le département du Nord et dans la région de Saint-Quentin ; c’est-à-dire que la guerre l’a complètement ruinée : sur 1500 métiers à fil continu existant dans ces
- Fig. 3. — Métier automatique de i5 yards.
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- Fig. 4. — Machine à perforer les bandes, vue avant.
- deux régions en 1914, il en est resté à peine 2 ou o que, par le plus grand hasard, le marteau des démolisseurs boches avait épargnés.
- Actuellement plus de 400 métiers sont remontés,
- mais il est malheureusement à prévoir que le chiffre d’avant-gucrre ne sera pas atteint d’ici longtemps, en dépit des affirmations tendancieuses de certaine presse d’outre-Rhin. J. de Lexs.
- Fig. 5. — Machine à perforer les bandes, vue arrière.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- — N° 2524. ..................................:........- 19 AOUT 1922
- LE VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES BOIS PAR L’OZONE
- Fig. 1 . — Gerbage et épinglage des bois dans une des étures de vieillissement de la Compagnie française des bois à Paris.
- Les bois verts ne s’utilisent guère dans l’industrie. Il faut, avant de songer à les travailler, les déshydrater partiellement et, en outre, leur enlever certaines substances altérables, qu’ils renferment à l’état frais. Effectivement, les objets fabriqués avec des arbres récemment abattus jouent et se déforment à la longue, sans compler que la pourriture et les insectes xylophages se chargent de les détruire rapidement.
- Jusqu’à une époque assez récente, on s’adressait uniquement au séchage naturel pour faire vieillir les chênes ou les hêtres, les sapins ou les ormes (1). Les bûcherons, après avoir jeté par terre les vétérans de nos forêts, les tronçonnaient et les sciaient. Ensuite, on abandonnait ces billes ou ces planches soit à l’air libre, soit sous un hangar pendant un laps de temps très variable : 4 à 10 ans selon les essences et suivant la fabrication envisagée. On conçoit sans peine quelle immobilisation considérable de capitaux nécessitaient ces primitifs procédés. Puis, afin de diminuer l’importance des stocks, les techniciens imaginèrent le séchage artificiel. Certains spécialistes se contentèrent d’accélérer, par la chaleur et une énergique ventilation, le processus naturel de la dessiccation du bois mis dans des étuves, d’autres praticiens proposèrent le llambage ou l’injection sous pression.
- Mais toutes ces méthodes donnèrent des mécomptes car le vieillissement du bois par exposition à l’air n’est pas seulement un séchage. Indépendamment
- 1. Voir dans La Nature, n° 2374 (27 septembre 1919), p. 104-5, 1 article : Pour reconnaître les bois secs.
- de l’évaporation de l’eau, d’autres phénomènes chimiques se produisent dans les fibres ligneuses. Les matières composant la sève s’oxydent et se résini-fient tandis que les substances amidonnées, sucrées et albuminées disparaissent. Le séchage accéléré à la vapeur ne sénilise donc pas le bois ; il le déshy-trate, vide les cellules tout en laissant l’amidon, qui continue à allécher les larves et autres bestioles destructrices.
- Le contlit mondial devait attirer l’attention sur cet ardu problème technique. L’impérieuse nécessité de se procurer des bois secs, indispensables pour les fabrications de la guerre, amena M. Otto (mobilisé alors comme capitaine d’artillerie) à s’occuper de la question. Après de multiples essais, ce savant ingénieur parvint à industrialiser une méthode originale de sénilisation des bois par l'ozone. Ce procédé est exploité aujourd’hui, en France, par la Compagnie française des bois, qui possède déjà 2 étuves en marche à Paris séchoirs, de dimensions analogues, à Sérogno, près de Milan (Italie), pour le compte d’une société de sciage; il consiste, en principe, à. oxyder les résines de la sève, au moyen de l’air ozoné.
- Grâce aux actions combinées de la chaleur et de l’ozone, des bois fraîchement abattus vieillissent en 2 ou o semaines, aussi bien que s’ils restaient exposés à l’air pendant des années. L’installation parisienne actuellement réalisée (fig. 1 ) comprend deux étuves séparées, mais à Sérogno, les 4 séchoirs ont là forme de tunnels 8. — 115.
- 50* Année. — 2* Semestre.
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- 114 .... : LE VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES BOIS PAR L’OZONE
- et sont munis de dispositifs d’ouverture et de fermeture. Une voie, régnant au milieu de chacun d’eux, permet d’y recevoir des wagonnets remplis de bois afin de faciliter les manutentions. Le ger-bage dans les étuves se fait donc soit à la main, soit mécaniquement ; en ce cas, on épingle le bois sur des plates-formes roulantes avant son introduction dans l’enceinte de dessiccation. De toutes façons, on le soumet, pendant le temps voulu, à l’action combinée de l’air chaud et de l’air ozone par son passage à travers une batterie à.’ozoneurs système Otto (fig. 2), semblables à ceux qui servent cà stériliser l’eau d’alimentation de nombreuses villes françaises ou étrangères.
- Le dispositif de chauffage comprend des radiateurs à vapeur établis sous le plancher à claire-voie' de, chaque chambre. Une pompe aspire l’air dans des colonnes en grès (fig. 5) renfermant du chlorure de calcium afin de le dessécher avant de l’envoyer dans la conduite reliée au ventilateur, lequel le dirige, à son tour, sur Yozoneur. Comme ouïe sait, cet appareil se compose d’électrodes constituées par des plateaux en fonte, qui sont refroidis par l’eau et séparés par des glaces formant diélectriques.
- D’autre part, on produit, au moyen d’une dynamo et d’un transformateur, de l’électricité à une tension de 20000 volts et on l’amène aux ozoneurs. Des effluves jaillissent ainsi entre chaque plateau central par où arrive le lluide électrique et deux autres disques creux également en fonte, placés de part et d’autre du précédent. Quatre plaques de verre, garnies de feuilles d’étain collées à leur surface se trouvent disposées entre ces plateaux.
- La pompe envoie le courant gazeux, préalablement desséché par son passage à travers les deux colonnes de grès (fig. 3), dans la cage de verre renfermant les batteries d’ozoncurs et l'effluve ozo-nifie alors partiellement l’oxygène de l’air. Cette ozonisation détermine un dégagement de chaleur considérable et on doit refroidir les plateaux de fonte au moyen de filets d’eau, qui tombent d’un réservoir surmontant l’appareil.
- Pendant le jour, un ventilateur (fig. 4) entraîne l’air ozoné à 2 pour 100 dans l’étuve où les bois séjournent ; durant la nuit, on arrête les machines,
- mais on maintient, dans l’enceinte, une température de 30° environ, au moyen de radiateurs disposés sous le plancher (fig. 5).
- Le traitement dure en moyenne 40 à 15 jours pour, des épaisseurs inférieures à 27 mm et trois semaines pour les madriers jusqu’eà 90 mm. Au-dessus de cette épaisseur, la sénilisation exige 25 à 35 jours. Des, thermomètres et des hygromètres indiquent automatiquement la température et le degré d’humidilé de l’atmosphère des étuves; en outre, quand on aalfaire à des objets de minime dimension, un manomètre, relié à une balance, mise dans le séchoir et contenant un échantillon sur un de ses plateaux, enregistre à chaque instant, le poids de ce témoin d’où l’ingénieur peut déduire l’état d’avancement de la dessiccation du lot.
- Grâce à l’envoi alternatif d’air ozoné .et d’air sec dans l’étuve, les bois subissent une déshydratation parfaite; en outre, les différentes substances renfermées dans leurs cellules telles qu’amidon, sucres, albuminoïdes, etc., se trouvent oxydées et rési-nifiées. Des essais poursuivis en 1920 au Laboratoire des Àrls et Métiers, sur des morceaux de chêne et de noyer prouvent que les bois traites par l’ozone ont une teneur de 6 à 15 pour 100 d’eau, taux nécessaire pour qu’ils puissent se travailler aisément. En outre, ce traitement ne modifie pas leur couleur ; par contre, il rend imputrescibles certaines matières dont les autres modes de séchage provoquent la disparition.
- D’autre part, si on examine au microscope des coupes de bois verts traités par l’ozone., elles présentent les caractères distinctifs des bois vieillis naturellement. Dans un arbre récemment abattu, on distingue, en effet, des tissus jeunes, l’aubier, formé par les plus récents accroissements et des tissus physiologiquement vieux, le cœur, constitué par les formations antérieures. Mais quand on procède cà une analyse micrographique de l’aubier, les cellules de parenchyme contiennent beaucoup d’amidon, de sucres, d’huiles et de matières albuminoïdes qui existent en bien moindre quantité dans le cœur où des produits de transformation, comme le tanin, les ont remplacées. Et ces substances amidonnées, sucrées, grasses et albuminoïdes
- Fig. 3. — Colonnes de dessiccation cl pompe d’aspiration
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- LE VIEILLISSEMENT ARTIFICIEL DES BOIS PAR L’OZONE = 115
- Fig. — Ventilateur pour l’évacuation des vapeurs humides de l’étuve et conduite de brassage de l’air ozonë.
- A droite, un peu en avant, tableau général de distribution électrique.
- ont pratiquement, disparu dans les bois vieux.
- Des réactifs appropriés permettent de se reconnaître facilement au milieu de ce dédale. Ainsi, on décèle l’amidon à l’aide de l’iode dans le chêne, le frêne, le hêtre ou l’orme récemment abattu. Dans ce dernier, on recherche les sucres au moyen de la liqueur deFehhng. Sur une coupe micrographique de peuplier traité par le Soudan 111, on voit se former des taches d’huile dans les rayons médullaires. Quant aux sapins et autres résineux encore verts, l’acétate de cuivre leur donne une vive coloration émeraude, tandis que les résines des vieux échantillons de ces essences sylvicoles se teintent seulement en jaune verdâtre. Or les bois traités par le procédé Otto se comportent de la même façon ; ils présentent des réactions identiques à celles des vieux bois ; comme eux, ils possèdent une parfaite sonorité et, soumis à l’essai classique du serrage à l’étau, se révèlent de très bonne qualité.
- D’ailleurs, en marchant d’une façon continue, chacune des étuves parisiennes de la Compagnie traite environ 1200 m3 de bois par an et exige sim-
- Fig. 5. — Dispositif de ventilation à l’intérieur d'une étuve.
- On a enlevé quelques lattes du plancher„pour montrer les radiateurs de chauffage.
- plement 5 ouvriers spécialisés pour la surveillance des appareils de chauffage et de production de l’ozone. Il faut, en outre, une équipe de quelques manoeuvres pour l’épinglage et le désépinglage des bois, mais si l’usine de vieillissement se trouvait annexée à une scierie ou à un chantier, comme on charge et on désétuve seulement tous les quinze jours ou toutes les trois semaines, leur personnel, employé entre temps à d’autres besognes, suffirait;! alimenter le séchoir. Aussi, d’après les chiffres obtenus par une marche de plus d’un an, l’ozonifî-eation d’un mètre cube de bois coûte actuellement 18 à 50 francs suivant l’épaisseur. La Compagnie compte abaisser ce chiffre h 10 ou 20 francs dans les importantes usines qu’elle se propose d’installer d’abord à Saint-Denis, puis à Montereau, et à proximité des forêts vosgiennes, car elle y aura à bien meilleur compte, le chauffage, l’électricité, et la main-d’œuvre. D’un autre coté, on peut transformer, sans grands frais, des séchoirs à vapeur ou à air chaud en étuves à traitement ozone. Or cette modification est intéressante à réaliser, vu les avantages du bois vieilli par le procédé Otto par rapport au bois séché à la chaleur.
- La différence entre le prix du mètre cube de bois vert et celui du mètre cube de bois vieux, — presque introuvable à l’heure actuelle, — incitera également les marchands et les industriels à adopter le nouveau système de sénilisation, car cet écart dépasse 150 francs. Et dans certaines industries particulières où le séchage des bois joue un rôle capital, l’adoption de la méthode s’impose. . Prenons, par exemple, les formes de chaussures. On emploie d’ordinaire le charme pour les fabriquer et il faut, pour obtenir un bon résultat, ébaucher d’abord le bois, puis l’amener à un état de siccité convenable pour pouvoir le tourner et le finir. Or les différentes méthodes de séchage, depuis l’exposi-
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- 116 — LES HIEROGLYPHES
- tion à l’air libre jusqu’aux procédés plus perfectionnés de chaleur sèche ou humide, ne donnaient pas satisfaction aux intéressés.
- Le séchage en plein air exige, dans le cas présent, deux ou trois années; il demande donc un temps considérable et une immobilisation de fonds peu compatibles avec les exigences de l’industrie moderne. Si on s’adresse aux méthodes artificielles, elles présentent deux inconvénients principaux : le fendillement et la déshydratation incomplète des ébauches. À la vérité, on remédie partiellement au premier par une conduite méLieuleuse des étuves, mais on a toujours 20 à 25 pour 100 de déchets; par contre, les praticiens n’avaient pas encore trouvé les moyens de corriger le second défaut, car si la chaleur active l’évaporation de l’eau renfermée dans le bois vert, l’oxygène ne pénètre pas jusqu’au cœur pour aller effectuer son travail d’oxydation dans les cellules les plus profondes. Il s’agissait donc, après avoir déshydraté les ébauches, d’oxyder les matières organiques résinifiables qu’elles contenaient encore et non de les détruire, comme le fai-
- LES HIÉROGLYPHES
- Le 11 juillet dernier fut fêté dans le'grand amphithéâtre de la Sorbonne le centenaire de la fondation de la Société Asiatique et celui du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens par Champollion le jeune.
- Ce n'est en effet qu’en septembre i 822 que Champollion, étudiant la stèle de Rosette et se servant des recherches antérieuresde Sylvestre de Sacy et de Yung, révéla, dans une lettre célèbre à Dacier, le mystère des hiéroglyphes égyptiens.
- La stèle de Rosette, trouvée par nos soldats en 1799 pendant la campagne d’Égypte, contenait trois sortes de caractères : hiéroglyphiques, démo-tiques et grecs. Champollion y avait remarqué un cartouche contenant le nom de Ptolémée, puis sur un autre cartouche copié sur un obélisque les noms de Ptolémée et Cléopâtre. La comparaison des lettres P, T, L, communes aux deux noms lui donna la clé des premières lettres. Les autres suivirent, et le 17 septembre 1822, il présentait à VAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres la première transcription de l’alphabet égyptien.
- Cette découverte permit de lire les inscriptions des monuments, des objets, des papyrus de l'ancienne Égypte et de reconstituer jusque dans ses détails cinq mille ans d'histoire, une des plus anciennes et des plus intéressantes civilisations.
- L’étude suivante explique les caractères de Vécriture hiéroglyphique.
- Lorsque les anciens peuples de l’Orient essayèrent, pour la première fois, d’exprimer leur pensée par l’écriture, ils dessinèrent ou peignirent la chose
- E L’ÉGYPTE ANTIQUE —................
- saient les anciens procédés. L’ozone devait parfaitement résoudre la difficulté. C’est, en elfet, le seul corps auquel son état gazeux et sa constitution chimique permettent de produire une oxydation profonde sans laisser de résidus. En s’insinuant à travers les fibres, il transforme la sève en résine, conserve au bois son élasticité et oppose aux insectes ainsi qu’à l’humidité un solide obstacle comme nous le notions plus haut. Déjà plus de 150 000 ébauches de chaussures ont été séchées par le procédé Otto et avec très peu de déchets. En outre, le bois acquiert de la sorte un remarquable aspect, son grain os resserre et les formes finies se polissent comme l’ivoire. Ce raffermissement des ébauches nécessite même un affûtage souvent répété des outils, mais c’est le seul reproche qu’on puisse adresser à la méthode et il s’efface devant ses autres avantages.
- En définitive, le vieillissement par l’ozone semble remporter, d’une façon générale, sur les autres méthodes de séchage ou de préservation des bois.
- Jacques Boyer.
- E L’ÉGYPTE ANTIQUE
- dont ils voulurent donner l’impression ou éveiller le souvenir. Le temps altéra ces caractères rudimentaires. Des simplifications successives en renouvelèrent la forme originale. En Assyrie, aux Indes, en Chine, en Chaldée, quelques siècles d’élaboration réduisirent ces images à des signes conventionnels. En Égypte, par contre, l'aptitude artistique de la race maintint la silhouette primitive du dessin dans toute sonintégrité. Aussi les inscriptions des antiquesmonu-ments égyptiens peuvent-elles, seules, renseigner sur la façon dont s’est constituée une écriture symbolique très complexe en apparence et cependant si simple, en réalité.
- D’après les Grecs, en effet, la croyance s’était répandue que l’écriture égyptienne, dont nous avons qualifié les éléments d’hiéroglyphes (sainte écriture), ne pouvait être interprétée que par les prêtres et que la foule en ignorait complètement le mécanisme. Ur, l’écriture hiéroglyphique fut connue de l’Égypte entière, sans distinction de caste ou d’initiation.
- A la première heure, elle fut tout naturellement une peinture des idées ou idéographie.
- La chose dont on voulait parler fut représentée dans son ensemble : on créa Vidéogramme.
- Mais s’agissait-il d’exposer une idée abstraite, ou l’image était-elle complexe, la figuration imitative présentait de grosses difficultés de mise en œuvre et le dessinateur se heurtait à la minutie du rendu. Spiritualiste, par nature, l’Egyptien eut vite recours à des figures grammaticales. Il employa la synec-doche, la métonymie, la métaphore, Vénigme. Il montra la partie pour le tout : la branche de bois pour l’arbrp, la boucle de cheveux pour la eheve-
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- Fig. i. — Les idéogrammes.
- i, Varbre, les régions boisées ; 2, la cassolette d’où monte une flamme, le l'eu, la chaleur, la flamme ; 3, la tête de veauJ ' la respiration; 4, le bras armé, tout ce qui nécessite l’emploi de la force; 5, la jambe prise au piège, la ruse, la défaite;! : 0, la palette de scribe, l’écriture, la pensée; 7, le taureau, la vaillance, la virilité; 8, la cuisse de bœuf, la bravoure ; V 9, les jambes, la marche en tous sens ; 10, le chemin planté d'arbres, la marche ; n, Y œil, la vue, la science ; 12, la branche '
- de fleur, les herbages, les plantes; i3, la momie, les rites religieux et funéraires; 14, le. plan de la maison, les édifices; 15, la voile gonflée, le vent; 16, le moineau, la petitesse ; 17, l’hirondelle, la grandeur; 18, l’homme-, 19, la femme-, 20, 21, 22, le dieu, la déesse, la hache divine, les dieux; 2,1, le lambeau de chair, les membres; 24, l'oie, les oiseaux, le fils; 25, l’enfant portant le doigt à la bouche, l’enfance, la faiblesse; 26, le chef assis tenant le fouet, les rois, les ancêtres; 27, l’homme ou la femme les bras pendants, la faiblesse; 28, 29, l'homme en adoration, le culte; 3o, l’homme élevant les bras; 31, l'homme s’appuyant sur un bâton, le chef; 32, la boucle de cheveux, la chevelure, le deuil; 33, le disque solaire, le Soleil, la lumière ; 34, le plafond dit ciel, le ciel, l’clèvation, la supériorité ; 35, la Terre, les pays de plaine, l’Égypte; 36, le bassin, l’eau, la purification ; 87, les champs coupés de sillons, les provinces ; 38, le plan de ville, les villes; 89, le vase; .40, l'œuf, la déesse considérée comme mère; 41, la langue, l’alimentation, la parole;
- 42, la montagne, les pays montagneux.
- litre. Il retraça l’effet pour la cause ou la cause pour l’effet; l’instrument pour le travail accompli : l’étoile signifie la nuit; le hoyau, la culture des champs; l’idée de massacre est tîgurée par un liras armé d’une massue. Il peignit l’objet n’ayant qu’un rapport lointain avec la proposition énoncée : le lézard personnifie les multitudes; la tête de lion, le courage; la tête de veau, la respiration. Il demanda enfin le symbolisme au dessin n’ayant plus que des liens fictifs avec le mot qu’il synthétise : l’éper-
- vier sera l’emblème du soleil levant; deux doigts seront celui de la justice; le vautour, celui de la maternité.
- En réunissant plusieurs figures élémentaires qu’un seul symbole ou idéogramme simple ne pouvait rendre, on passa aux idéogrammes composés. Le sceau, symbole du mystère, placé sur le coin du ciel, caractérisa le mystère de l’au-delà. L’étoile, suspendue au plafond céleste, représenta le ciel nocturne, voire même le ciel infernal.
- Am Ba Dou Fa Ber Khà Ma Nou Ouab PeAh
- À % û—û ÆL f\ > D r ?
- /u 2 JL t7 A [/ -"v| 3
- J <£? ©. DJet Fï.
- 513 * Nehm F Nehm 5 P Ankh 4 1 ! —t—
- Fig. 2. — Les syllabiques ou les idéogrammes représentant des sons.
- Le son ou syllabique Am sera représenté, suivant les cas, suivant le sens de la.phrase, par l’arbre, 1 ; les bras étendus, 2; le soleil et ses rayons, 3 la charpente, 4; qui sont des idéogrammes. Il en sera de même pour les.autres syllabes
- Ba, Dou Fa, Hèr, etc.
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- 118 — LES HIÉROGLYPHES DE L’ÉGYPTE ANTIQUE
- A A A A 1 I U U F B P
- 1k «ssmseP XJ M w @ \ 1
- M M AÎ M N N R L H H’ Kh
- T \AAAA % <JJ> m \ B
- S- S Sh K K T T D Dj
- r 1 S’^v 1 Zl K 0 » ^ r*g=r~^î
- Fig. 3. — L’alphabet égyptien ou l’idéogramme correspondant à une lettre, à un caractère.
- Avec le temps, cette langue exprime les sens figurés aussi facilement qu’elle avait su exprimer les sens réels. Mais, quels que furent les systèmes adoptés, de l’heure où s’élèvent les pyramides à celle où, sous les Romains, s’éteignit la civilisation égyptienne, le principe
- .giyphes
- retrouve
- idéogrammes
- sub-
- tou-
- des liiéro sistc ; on jours ces
- primitifs dont le tableau (lig. 1) indique les principaux accompagnés de l’idée correspondant à chacun d’eux.
- Il était cependant impossible de transmettre la pensée en accouplant des symboles à d’autres symboles, sans les rattacher par aucun lien rationnel définissant leurs
- rapports réciproques. Il fallait une interprétation phonétique, même rudimentaire, de la formule écrite. À chacun de ces emblèmes qui n’avait aucune lecture effective s’adapta le mot servant à nommer, dans le langage usuel, la chose qu’il représentait : ce fut le syllabique qui fit corps avec l’idéogramme et en donna le phonétisme.
- Le tableau (fig. 2) réunit quelques syllabiques. À chaque syllabique correspondent plusieurs idéogrammes.
- Ce sont toujours des idéogrammes, mais des idéogrammes auxquels l’usage a enlevé leur sens primordial, des idéogrammes qui rappellent, en même temps que l’idée, une vocalisation.
- Le phonétisme ne fut, au début, qu’un rébus où le son tint la première place, où les images alternèrent sans considération de leur signification initiale, où les mots, de même prononciation eurent une orthographe commune. En assem-
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- Fig. 4 cl 5. — L’idéogramme représentant l’objet précédé des caractères alphabétiques correspondant au syllabique servant à l’énoncer.
- as, la chaise (fig. 4) s’exprime par les caractères a (1) et s (2) suivis de l’idéogramme représentatif qui devient un déterminatif.
- L’ensemble de la figure 5 représente le nom de la déesse Isis. L’idéogramme chaise (1) suivi de la lettre t (2) désinence du féminin, de l’œuf (3), symbole de la déesse et l’idéogramme de celle-ci (4'.
- blant des signes divers, on composa des phrases dont les lettres n’avaient rien à voir avec leur origine. Ces lettres ne furent plus que de simples syllabiques dont l’idéographie n’existe plus. Seuls, les idéogrammes proprement dits, placés à la fin
- des mots auxquels ils se rapportaient, précisèrent au lecteur le sens de la phrase. Ainsi appliqués, les idéogrammes constituèrent des déterminatifs.
- Mais, outre les syllabiques et les détermina tifs,certains idéogrammes formèrent un alphabet complet, jouant le rôle de signes orthographiques, de lettres radicales servant à compléter le sens des déterminatifs el suffisant par suite à tous les besoins du discours -(fig. 5). _
- Le soleil, lia est représenté par le disque solaire, alors que son orthographe se ramène à celle des lettres r et a. L’idéogramme œil ou un œil dessiné représente le mot ar, voir, alors que l’alphabet peul
- Fig. 6. — Une inscription hiéroglyphique où les idéogrammes, sont employés à la fois comme idéogrammes proprement dits, comme syllabiques et comme caractères alphabétiques.
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- y suffire. Très souvent, et, à mesure que l’on approche de la décadence, les mots se composent des idéogrammes et de syllabiques que vient compliquer la présence d’idéogrammes considérés comme caractères alphabétiques.
- Le mot as, chaise, avait deux notations différentes. Lorsqu’il s’agissait du siège, l’idéogramme seul remplissait les conditions désirées. Dans d’autres cas l’idéogramme n’est plus que déterminatif et précédé des lettres alphabétiques a et s. S’il s’agit de la déesse égyptienne Isis assise, l’idéogramme chaise est suivi de la lettre t désinence du féminin, de l’œuf, symbole de la déesse et de la figurine de celle-ci, c’est-à-dire de son idéogramme. Les figures 4 et 5 permettent de saisir ces nuances.
- Enfin, le signe sera quelquefois polyphone et son sens sera subordonné à sa prononciation. L’idéogramme ciel précédé du syllabique her et de la lettre r se lira her-, précédé du p) et du l, il se lira pet.
- Partant de ces principes, le texte hiéroglyphique représenté par la figure 6 pourra s’interpréter de la manière suivante :
- Le premier groupe se compose des syllabiques sou (roseau) et net (abeille) accompagnés du t. Le second groupe des deux syllabiques simples neb (corbeille) et cir (l’œil). Puis vient le troisième groupe de deux lettres alphabétique, kh et t. Le membre de phrase suivant répète la corbeille, puis vient la cuisse de bœuf kopesch. Enfin, un signe spécial ou cartouche destiné à recevoir un nom de souverain. La lecture se poursuit ainsi :
- l’oie, sa et le disque solaire va, le bassin (mer), la lettre f (serpent). Le second cartouche contient le nom dynastique ; puis les signes dou, le pain d’offrande; ankh, la croix ansée; ma, le vase suspendu, ra, djet, le grand serpent, la lettre D (la main). Le syllabique ar (l’œil), la lettre N, la lettre f, men, le peigne, nou, les trois vases, la lettre f, les lettres n, t, f. La lettre a (la feuille), men, le peigne, ra, le disque solaire, la lettre n.
- L’ensemble se lit :
- Sou-t net neb ar khetneb khopesh... sa ra mer ef dou ankh, ma ra d’jet ar nef men nou f netef Amen Ra.
- Et dont la traduction littérale se résume ainsi :
- Le souverain (du pays) des roseaux et des abeilles, le créateur celui qui est brave... le fils du soleil qui engendre la vie fait des offrandes au créateur Amou Ra. (Amou Ra est le grand dieu de l’Égypte).
- Il faut noter que les encadrements ou cartouches, dans les diverses inscriptions égyptiennes, renfer ment des noms de rois ou de reines comme le montre le dessin de la figure 7.
- Cet aperçu élémentaire ne permet pas d’indiquer les règles de la grammaire et de la syntaxe de la langue égyptienne qui nécessiteraient un long développement philologique; il n’a d’autre prétention que de donner l’idée de ce que fut, dans son ensemble, le système de l’écrilure hiéroglyphique dont la loi d’évolution est logique et reste celle de toutes les langues primitives.
- Charles Legrand.
- Fig. p. — Un Cartouche renfermant le nom de la reine Cléopâtre composé d’idéogrammes devenus caractères alphabétiques : q, 1, a, o, p, a, d, r, at.
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- Ce n’est pas sans un sentiment de profonde surprise que le voyageur, après avoir quitté Saint-Arnaud, coquette petite ville du département deCons-tantine, et cheminé péniblement, pendant quelque 35 kilomètres, sur une roule brûlée par le soleil, à travers des montagnes abruptes, découvre soudain Djemila et les ruines de l’antique Cuicul, ruines si belles, si intéressantes, si évocatrices de la période romaine, et cependant à peu près inconnues du touriste et même de l’archéologue. L’étonnement grandit encore lorsqu’on visite, même sommairement, la ville, et qu’on se trouve en présence d’une cité, pas très considérable, il est vrai, mais renfermant de beaux monuments et tout ce qui était nécessaire à la vie et au confort des habitants d’autrefois. Quelles idées présidèrent à la fondation de cette charmante petite ville? Pourquoi s’est-elle développée si loin de toutes voies de communication,- au milieu des montagnes? Quelles merveilles vont encore sortir de ce
- sol? C’est là le mystère de demain. Une savante archéologue, Mme de Cressoles, a vaillamment remplacé, dans la direction des fouilles, son mari mort à la tâche. Bravant la solitude, le peu de sécurité de la contrée, le climat très froid l’hiver et torride l’été, elle dirige courageusement les quelques Kabyles et Arabes que la maigre subvention du Service archéologique lui permet d’embaucher, et il ne se passe pas de jour que quelque merveille, protégée pendant des siècles par l’épaisse couche de terre qui la recouvrait, ne surgisse de terre, admirablement conservée.
- La vie de la petite cité renaît tout entière au hasard de la promenade, et point n’est besoin, ici, de connaissances archéologiques pour mettre un nom sur les monuments que l’on découvre à chaque pas, ni pour déterminer leur destination première. Leur conservation en est si parfaite, l’ensemble en est si cohérent, que c’est sans la moindre peine que
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- l’on ressuscite la vie d’autrefois et que l’on peut s’imaginer voir circuler sur les énormes dalles de ses Forum et les pavés des rues, autour des fontaines, sous les portiques aux colonnes du style le plus pur, la foule animée et bruyante des petites cités antiques.
- Autant qu’on peut le conjecturer dans l’état actuel des fouilles, Cuicul doit sans doute son origine à une de ces colonies fondées par Trajan ou par un de ses successeurs immédiats, colonie destinée à surveiller les populations belliqueuses de la région au milieu de laquelle elle était placée. On sait que ces colonies étaient, tout d’abord, composées d’anciens soldats libérés à qui on accordait le droit de s’y établir à demeure et d’y fonder une famille, tout en restant
- lièrement. La porte franchie, se trouve, à droite, une gracieuse fontaine, aux margelles usées par les cordes des seaux, prête à accueillir le voyageur fatigué par une longue course et à lui permettre de se désaltérer. A droite des boutiques et devant soi, une vaste place, dallée d’énormes pierres, que les mouvements de terrain et les tremblements de terre ont disjointes en plusieurs endroits. C’était là le centre de la vie de Cuicul. Une colonnade aux chapiteaux corinthiens du style le plus pur la borde au Nord ; elle est légèrement surélevée au-dessus de la place pour permettre de dominer celle-ci. Juste en face, du côté sud, se trouve le grand temple de Septime Sévère (fig. 2 et 3), majestueusement placé au sommet d’un escalier assez
- Fig. j. — Vue d'ensemble des ruines.
- cependant à la disposition de l’autorité en cas de troubles toujours possibles. En général, ces colonies étaient fondées sur l’emplacement d’un village déjà existant, mais l’autorité qui les constituait y édifiait, comme nous le faisons encore lorsque nous créons un centre, quelques monuments destinés à attirer '•e plus'grand nombre possible d’habitants et à rendre la vie plus douce à ceux que l’on y installait. Petit à petit, les vétérans faisaient souche, des commerçants arrivaient, des fortunes se créaient, la ville devenait une ville deluxe et, suivant l’habitude de l’époque, les gens riches se plaisaient à embellir avec amour leur petite cité, faisant édifier les plus beaux monuments possibles, suivant l’importance de leurs moyens.
- On débouche sur le Forum principal de Cuicul après avoir franchi un arc de triomphe dédié à Caracalla, du même style, mais plus riche et plus orné que celui de Timgad. Caracalla, bien qu’empereur sanguinaire et tristement célèbre, fut un des bienfaiteurs de l’Afrique du Nord et ce fut lui, notamment, qui donna le droit de cité à tous ses habitants. Aussi le vénérait-on tout particu-
- raide, bordé de rampes en pierres dont la main courante est détruite. Tout autour du temple, des colonnades et des promenoirs; contre un mur, T « album » des magistrats où l’on écrivait sur du plâtre les ordres des édiles, ce que nous appellerions maintenant les « arrêtés municipaux ». Au fond de la place une double porte, permettant de se rendre au théâtre situé à quelque distance de là, au flanc de la colline.
- A voir le goût avec lequel les différents monuments sont répartis autour de cette place, à voir leur riche ornementation et surtout leurs exactes proportions par rapport à l’ensemble, on ne peut s’empêcher d’admirer la civilisation de l’Afrique du Nord à cette époque reculée. Il ne faut pas oublier, contrairement à une opinion très répandue, que les populations de ces contrées n’avaient de romain que le nom. Les Romains, originaires de l’Italie, ne formaient, en effet, même au commencement de l’ère chrétienne, qu’une infime minorité. L’armée, cet organisme éminemment national, ne se composait guère que d’étrangers ou d’indigènes. Réduite à 13000 hommes environ, pour ce qui représente ac-
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- tuellement l’Algérie et la Tunisie, elle se recruta sur place à partir du me siècle, et même la plupart de ses chefs étaient africains. Or, rien rTest plus curieux, étant donné cet état de chose, que de voir ces modestes provinciaux imiter d’une façon scrupuleuse
- allait aux nouvelles, que l’on prenait les leçons des professeurs, que l’on voyait les mimes exercer leurs talents, les charlatans vendre leurs remèdes illusoires ?
- A gauche de la place, entre la colonnade et la
- Fig. 2 à y. — En haut, à gauche, Temple de Septime Sévère; à droite, Temple de Septime Sévère, côté Est, près de lui, une colonnade. — Au milieu, à gauche, Le Cardo Maximus; à droite, Le marché, la fontaine centrale. — En bas, à gauche, Le marché, les tables des vendeurs; adroite, La porte conduisant au quartier
- populaire que l’on aperçoit dans l’encadrement.
- tout ce qui se faisait dans la ville éternelle. Cette place de Cuicul n’est-elle pas un « Forum roma-num », moins riche, mais conçu de la même manière et servant aux mêmes usages, n’y rendait-on pas la justice comme dans l’autre, les oisifs n@ s’y promenaient-ils pas et Horace n’aurait-il pas pu y rencontrer le fâcheux dont il nous a si spirituellement parlé ; n’est-ce pas sous ces portiques que l’on
- fontaine, une porte donne accès au Cardo Maximus (fig. 4), bien dallé et pourvu dans son milieu d’un égout collecteur, dissimulé sous des pavés soigneusement jointes. Derrière la porte, encore une délicieuse petite fontaine, puis une colonne votive sculptée avec le plus grand soin. On la dirait faite d'hier et elle représente les phases du sacrifice. Voici d’ahord le foyer sur lequel on voit le feu sacré,
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- puis la faucille qui a servi à couper une touffe de I poils sur le front de la victime, le vase à anse d’un galbe délicat qui renferme l’eau lustrale, le coq symbolique, enfin la victime, un puissant taureau dont la tête est inclinée vers la terre à l’aide d’une corde admirablement rendue, et que le sacrificateur, la masse levée au-dessus de la tête, les muscles tendus, s’apprête à assommer. Un peu plus loin, la prison, fraîche et obscure; le « Macellum » ou marché, avec les tables de pierre des vendeurs (fîg. 5 et 6), les mesures de longueur et de capacité, encore prêtes pour l’usage, la boucherie et ses crochets, la fontaine centrale pour y laver les légumes. Derrière le Cardo, les nombreuses maisons des habitants, toutes petites ; des thermes où l’on distingue avec la plus grande facilité et l’hypocauste ou chambre de chauffage et le caldarium, avec ses petites colonnettes de briques qui supportaient le plancher et le frigidarium avec sa piscine soigneusement cimentée. Enfin un peu plus loin, dissimulées au fond d’une ruelle, des latrines publiques, où l’eau courante fort intelligemment distribuée assurait une hygiène parfaite (üg. 8).
- En continuant à suivre le Cardo et après être passé sous une porte bien conservée (fig. 7), on arrive à un autre Forum (fig. 9), plus récent que celui que nous avons déjà rencontré et qui a dù le remplacer lorsque le premier n’aura plus été à la mode. Là encore, la disposition est sensiblement la même, des portiques aux riches colonnes, un autel au centre de la place (fig. 9 et 10), une vaste place dallée dont le pavage semble fait d’hier. La ville se termine enfin, de ce côté, avec la croupe rocheuse qui la supporte, par un quartier plus modeste, le quartier populaire sans doute, mais qui a comme l’autre ün temple, une basilique, des thermes.
- Si nous revenons à la place principale, nous trouvons, escaladant la colline, du côté sud, une large voie, qui conduit aux grands Thermes. Avant d’y pénétrer, on passe devant une fontaine des plus originales (fig. 12). Une colonne de pierre a été évidée sur un de ses côtés, pour laisser passage à un tuyau de plomb qui débouchait au sommet. De là, l’eau ruisselait sur toute la colonne et tombait dans une vasque qui, à l’époque de la splendeur de Cuicul, devait être fort achalandée, car là encore les cordes des seaux ont usé lentement la pierre de la margelle. Les grands thermes occupent
- une surface considérale. On sait que les anciens y passaient des journées entières, que l’on y trouvait des bibliothèques, des salles de lecture ou les poètes faisaient connaître leurs œuvres, des gymnases. Ceux de Cuicul se signalent par de merveilleuses mosaïques, dont les plus belles ont été transportées au petit Musée des ruines et par une grande salle, complètement revêtue de plaques de marbre et de jaspe rouges derrière lesquelles circulait l’air surchauffé.
- Je viens de parler de mosaïques, Cuicul est, par excellence, la ville des mosaïques. Celles-ci sont à grains très fins, composées soigneusement de pierres très dures et de marbre. La figure humaine et le nu y sont fort bien représentés, soit au point de vue dessin, soit au point de vue couleur. Rien de plus amusant que de contempler au Musée, où on l’a transportée, la grande mosaïque de la pêche. Des quantités de poissons voguent dans l’onde azurée et il n’est rien de plus facile que de leur donner un nom, tant la ressemblance est frappante. Voici l’anguille sinueuse, la murène, le poulpe avec ses tentacules et ses gros yeux ronds, la sole, le rouget, le thon. Ils évitent avec peine les filets et les lignes. Un pêcheur armé d’une gaule, un peu plus courte, mais en tout semblable à celle de nos pêcheurs modernes, vient de prendre un joli poisson argenté et on voit le contentement de sa prise paraître sur son visage. Une divinité marine, à cheval sur un triton, préside à toute cette scène.
- ’Le théâtre se trouve du côté opposé aux thermes, à flanc de coteau. Il se compose de 25 rangs de gradins, qui sont encore à l’heure actuelle en parfait état de conservation. L’acoustique y est particulièrement bonne; une personne, placée au milieu de la scène et parlant à voix basse, entend sa voix amplifiée, renvoyée par la concavité des gradins sans le moindre écho déformant. Les spectateurs, de leur côté, si haut placés qu’ils soient, ne perdent pas la moindre inflexion des voix des acteurs.
- Enfin, sur le sommet de la colline, les fouilles viennent de faire découvrir une importante basilique chrétienne. Elle possède un baptistère disposé pour l’immersion totale qui se pratiquait aux premiers temps du christianisme, et des murs en briques creusés de nombreuses niches. Elle n’est pas encore tout à fait dégagée. Un champ de blé la sépare de la ville proprement dite, champ qui recouvre tout un quarlier et que l’on fouillera bientôt. D’autres
- Fig. 8. — Les latrines.
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- basiliques se trouvent d’ailleurs dans la partie de la ville que nous avons déjà Usitée. Cuieul ne posséda une église et un évêque qu’à partir du ive siècle, aussi les basiliques sont-elles plus modernes que les temples païens ; la brique y est souvent employée, et ce ne sont pas ces belles briques blanches grandes et bien planes que l’on remarque surtout dans les murs des thermes, mais des briques, rouges, petites et irrégulières.
- Cette description des plus sommaires ne saurait rendre le charme prenant qui se dégage de la vieille Cui- I
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- délicatement ajourées qui servaient à l’écoulement de l’eau des piscines : que d’autres choses encore pour la description desquelles il faudrait des volumes. Qu’il nous suftise d’avoir attiré l’attention sur ces ruines, qui, bien que moins somptueuses que celles de Pompéi, les dépasseront dans quelques années et seront les plus belles de celles que l’antiquité nous a laissées. Elles sont malheureusement un peu en dehors des voies suivies ordinairement par les touristes, mais elles n’en sont que plus belles dans leur solitude où, au milieu de silence, ne
- Fig. g à 12. — En haut, à gauche, Le Forum, autel central; à droite, Le Forum, vue du Nord. En bas, à gauche, Le théâtre-, à droite, Fontaine jaillissante.
- cul. Que de merveilles passées sous silence ; tel, ce charmant petit édifice, qui, dans un vallon, recouvrait la source principale ; telles ces grilles des thermes, si Ton peut ainsi nommer les pierres
- se fait encore entendre que la flûte du pâtre arabe, qui rappelle étrangement la voix de celles qui, il y a 18 siècles, célébraient les mystères païens dans les temples de Cuieul. Henri Sounes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1922.
- Les reptiles du bassin de Paris. —• Les dépôts néocomiens et albiens de cette région renferment des dents et de$ ossements d’individus marins (Sauroptéry-giens), d’eau douce (Chéloniens et Crocodiliens), terriens (Dinosauriens) et aériens (Ptérosauriens). La note de M. G. Corroy précise la répartition générale des reptiles aux différents étages du crétacé inférieur. À cet âge, on touche à l’extinction du groupe des Ichthyo-
- saures et les Plésiosaures persistent, tandis que les Dinosauriens commencent à disparaître.
- La becquerélite. — M. Alfred Schoep poursuit activement l’élude des minerais de Kasolo, au Ka tanga (Congo belge) et, dans la croûte cristalline qui enveloppe certains morceaux de pechblende, il vient de découvrir un minéral, hydroxyde d’uranium, souillé de silice, d’oxyde
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- de plomb et de fer, dont les échantillons appartiennent au système rhombique et répondent à la formule U03,2H:’0. La radioactivité diffère peu de celle de la pechblende et,- pour ce minéral jusqu’ici inconnu, son inventeur propose un nom rappelant le savant français qui s’illustra clans la séparation des corps rares.
- La perte au feu et la porosité des argiles et des bauxites. — Les essais de M. À. Bigot ont porté sur des kaolins des Eyzies et d’Algérie, et sur des bauxites du Yar ou de Maussanne. Le pourcentage d’eau absorbée a été déterminé à la balance hydrostatique et l’étude de
- la perte au feu indique que, pour ces produits destinés à la céramique, il y a un hydrate fixe qui se décompose à 600° et renferme 14 pour 100 d’eau.
- La faune des sables de Chagny. — Le grand nombre de mammifères trouvés dans cette partie du pliocène de Saône-et-Loire confirme pour M. Lucien Mayet, l’âge villafranchien de ces strates ; il lui parait difficile d’accepter l’opinion de Mlle de Boisse de Black qui considère la faune de Perrier, comme une faune de passage du Plai-sancien à l’Astien et celle de Chagny, comme un moyen ' terme entre l’Astien et le Sicilien. Paul B.
- L’UNITÉ DE LA MATIÈRE
- Désintégration artificielle et évolution des éléments.
- Sir Ernest Rutherford est parvenu à démontrer expérimentalement Yunité de la matière. De corps simples tels que l’azote, il a réussi à extraire de l’hydrogène. Dans sa simplicité et dans sa brièveté, cette affirmation tient pour établie l’une des plus grandes théories de la physique. Prouver l’unité de la matière, c’est réaliser une expérience dont les conséquences apparaissent sans limite; et cet événement mémorable dans l’histoire de la science doit retenir l’attention de tout homme qui {Jense.
- Pour mieux comprendre la suite des raisonnements de Rutherford et les méthodes employées, comme pour mesurer la portée des faits observés, il est indispensable de rappeler tout d’abord les conceptions essentielles de la physique moléculaire et atomique, de passer ensuite aux notions élémentaires relatives à la radio-activité, pour exposer enfin les expériences du célèbre savant anglais.
- 1. L’atome est une réalité physique. — Bien que l’idée première d’atome soit déjà très vieille, les philosophes et les penseurs de l’antiquité n’ont jamais pu atteindre que des conceptions purement spéculatives et erronées. C’est seulement depuis les expériences de Dalton (vers 1800), que la théorie atomique est entrée dans le domaine de la réalité et de la science. Depuis lors, elle n’a pas cessé d’y occuper une place de plus en plus prépondérante. La plupart des savants admettent aujourd’hui avec raison que les symboles atomiques auxquels ils font constamment appel, particulièrement dans le domaine de la chimie, correspondent véritablement à des réalités physiques. D’ailleurs, si l’atome est d’un ordre de grandeur trop petit pour que nous puissions jamais espérer en avoir une perception directe, dans beaucoup de cas, il prend cependant aux yeux du physicien une existence réelle : on peut souvent déceler la présence d’un seul atome isolé, déterminer sa position, et étudier ainsi, en les voyant, les vicissitudes de sa trajectoire et de sa vie.
- 2. 11 y a autant de sortes d’atomes qu’il y a de
- corps simples. — La théorie atomique a trouvé son origine dans les premières recherches de la chimie. En essayant de décomposer tous les corps connus en éléments plus simples, les chimistes ont découvert un certain nombre de corps indécomposables qui, pour celte raison, ont été appelés corps simples, ou éléments. Les lois auxquelles ils obéissent forcèrent bientôt à admettre que les corps simples sont formés d’atomes semblables, contenant chacun une quantité constante et déterminée de matière, ayant chacun les propriétés caractéristiques de l’élément étudié. Ces atomes sont des individualités indépendantes les unes des autres. En particulier, ils possèdent une forme et des dimensions propres. Les atomes des différents corps simples, en se combinant ensemble par petits groupes, forment des molécules, ou ensembles de plusieurs atomes solidement réunis. Si une certaine quantité de matière se résoud en un grand nombre de molécules semblables, chacune étant constituée par les mêmes atomes en même nombre, on est en présence d’un corps composé pur. Les molécules, comme les atomes, sont des individualités isolées. Dans les gaz, elles sont complètement libres (Théorie cinétique des gazl. Dans les milieux fluides ou solides, malgré l’apparente continuité delà matière, elles sont encore fort éloignées les unes des autres : elles sont en équilibre sous Faction des forces qui maintiennent la cohésion de la matière.
- o. Il n’y a pas autant d’espèces de matière qu’il y a de sortes d’atomes, tous les corps sont composés des mêmes particules : la matière est une. — Ayant défini la notion d’atome, la plus petite quantité d’un corps simple pouvant exister à l’état libre, un problème d’une haute importance théorique se présente à nous : puisque les propriétés de tous les atomes ne sont pas les mêmes, c’est sans doute que leurs natures sont différentes : comment diffèrent-elles ?
- On a pu croire, d’abord, que chaque espèce d’atome est constituée d’une espèce de matière différente essentiellement des autres. L’atome ainsi
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- conçu est une mystérieuse petite parcelle de matière d’essence impénétrable. C’était une façon un peu simpliste de concevoir les choses. Vers la fin du siècle dernier, et, surtout depuis quelques années, on a découvert que tous les corps peuvent émettre les mêmes particules dans des conditions semblables. (Hayons calhodiques, effets photo-électrique et thermo-ionique, radio-activité, expériences de Rutherford). C’est donc que les différents éléments connus ne sont pas aussi essentiellement différents qu’on le croyait. On se demanda alors, s’il y avait réellement autre chose dans la matière, en dehors des particules universelles, qu’on peut toujours en faire sortir. Et comme l’expérience s’est toujours montrée conforme à cette idée, qu’il n’y a rien de plus, on admet aujourd’hui que l’atome est simplement la réunion d’un certain nombre de ces particules universelles, en nombre limité; les propriétés atomiques dépendent seulement de sa structure, c’est-à-dire du nombre et de l’arrangement de ces particules.
- La première solution, très métaphysique, n’expliquait d’ailleurs absolument rien : elle ne donnait pas la raison profonde de l’existence des atomes : pourquoi une espèce de matière déterminée existe-t-elle. et pourquoi se présente-t-elle sous forme d’atomes ayant un diamètre et une masse déterminés, plutôt que sous toute autre forme ? elle permettait de concevoir des corps simples en nombre indéfini. Il ne peut y avoir dans ces questions de faits inexplicables (*). La seule explication possible rend la deuxième solution nécessaire. L’atome n’est ni mystérieux, ni impénétrable; il est soumis à des lois. Ces lois déterminent scs dimensions, ses propriétés et le nombre de corps simples possibles.
- L’expérience a montré, nous le verrons plus loin, que les atomes ne sont bâtis qu’avec deux espèces de particules élémentaires, l’électron ou particule élémentaire d’électricité négative, et une particule qui n’a pas encore été baptisée d’une façon définitive, mais qui est la particule élémentaire d’électricité positive. Et comme l’union d’une particule de chaque espèce forme le plus simple de tous les atomes, l’atome d’hydrogène, on est fondé à croire que tous les atomes sont constitués uniquement à partir de celui-ci. Connaissant les propriétés des atomes à partir de leur constitution, on peut en déduire, par l’intermédiaire des molécules, toutes les propriétés de la matière sous ses multiples aspects. C’est en cela que l’on peut parler de son unité.
- 4. L’atome n’est pas immuable; il peut subir des altérations. — Une conséquence très importante se
- I. Gomme nous l’avons vu un peu plus haut, c'cst uniquement l’expérience qui a lentement guidé le physicien dans le développement de cette conception. La chimie a appris que les éléments sont simplement apparentés les uns aux autres, que leurs poids atomiques sont presque des nombres entiers. La physique a montré que tous les atomes sont susceptibles de présenter les mêmes phénomènes -sous des formes analogues, par exemple : la disposition des raies spectrales des différents atomes. La découverte des particules universelles a fait faire le plus grand pas à ces idées. Les expériences de Rutherford sont particulièrement instructives à ce sujet.
- dégage de ces considérations. L’idée la plus simple et la plus naturelle —celle que l’expérience a toujours vérifiée — c’est que les particules élémentaires dont l’atome est constitué, sont en équilibre à l’intérieur de celui-ci, sous l’action de forces qui en maintiennent l’intégrité. Mais alors, rien ne s’oppose à ce que l’atome puisse subir des transformations. Il ne doit pas être rigoureusement immuable. Pour le transformer, il doit suffire d’exercer sur lui des forces supérieures à celles qui y régnent. Et si nous constatons qu’il en est bien ainsi, n’aurons-nous pas la preuve certaine de la validité de nos conceptions? Or, c’est ce que l’expérience a pleinement vérifié.
- Supposons, par exemple, qu’en faisant agir sur un atome des forces extérieures assez puissantes, on détruise l’équilibre qui y règne. Des particules pourront être arrachées, d’autres ajoutées, et la nature du nouvel ensemble sera changée (J). I\ous devons nous attendre à trouver, soit un corps nouveau, sans doute un élément simple déjà connu, mais obtenu par transmutation, soit un corps ayant des propriétés chimiques semblables, mais des propriétés physiques différentes. Les deux phénomènes ont été observés. L’expérience a montré qu’il existe dans l’atome deux sortes de transformations, deux domaines différents où les forces intra-atomiques n’ont pas la même importance.
- Dans le premier domaine, où les forces sont faibles, les modifications sont temporaires : les propriétés physiques de l’atome sont superficiellement modifiées, ses propriétés chimiques restent les mêmes (production d’ions). On peut dire qu’on reste en présence de la même espèce d’atome. Dans le second domaine, les forces intra-atomiques sont considérablement plus grandes (peut-être un million de fois supérieures). Les modifications sont extraordinairement difficiles à produire. Mais dès qu’elles le sont, elles deviennent permanentes, l’individualité de l’atome a été très profondément modifiée; on se trouve en présence d’une espèce chimique nouvelle, d’un nouvel élément simple.
- 3. Représentation de l’atome. — Ces deux domaines, essentiellement différents par leur rôle, ne sont pas de pures abstractions. Ils sont parfaitement définis et la connaissance que nous en avons se développe chaque jour. On sait aujourd’hui que l’atome est composé à la manière d’un système solaire : des électrons, ou particules négatives de très faible masse gravitent autour d’un noyau central positif de masse beaucoup plus considérable lui-même complexe et dans lequel se trouve concentrée presque toute la masse matérielle de l’atome. Le domaine des électrons planétaires ou périphériques est celui où régnent les forces les plus faibles. Le domaine du noyau central est celui où régnent les
- 1. C’est, ce qui arrive quand un corps est bombardé par les rayons « ou p d une substance radioactive, ou quand on fait éclater une décharge électrique dans un gaz, ou encore quand un corps est frappé par de la lumière ultra-violette, des rayons X ou des rayons y : il y a émission d’électrons et production d’ions électrisés positivement.
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- forces les plus grandes. On peut modifier le nombre et la disposition des électrons planétaires. Dès que l’action perturbatrice a cessé, l’organisation primitive réapparaît. Ce fait provient de ce que le noyau seul détermine l’arrangement et le nombre des électrons planétaires; quand on se contente de modifier ce qui lui est extérieur sans toucher à la cause profonde qui est en lui, on n’a rien fait du tout. Le noyau est le domaine le plus important, c’est lui qui doter- ; mine les propriétés caractéristiques de chaque atome, j C’est un ensemble très complexe, dont la charge j positive totale est égale à la charge totale des élec- j trons planétaires négatifs, et cela, afin que l’atome j soit neutre dans son ensemble. C'est la valeur de j cette charge positive qui détermine le nombre des électrons, et aussi leur arrangement, car, pour se maintenir autour du noyau, les électrons entre lesquels existent des forces électriques, doivent se disposer de telle façon que l’ensemble soit en équilibre (1). Donc, seule, une modification opérée sur le noyau peut transformer l’atome de façon permanente. C’est ce qu'ont prouvé les phénomènes radioactifs, et c’est aussi ce que semblent démontrer les expériences de Sir Ernest Rutherford (2).
- Excepté le noyau d’hydrogène, qui est, si l’on veut, l’électron positif, tous les noyaux doivent nous apparaître comme un ensemble compliqué, de grande masse, chargé d’électricité positive. Les noyaux des atomes diffèrent suivant les corps, mais ils doivent être constitués tous avec les memes matériaux : ils sont formés, en dernière analyse, de noyaux d’hydrogène et d’électrons. Ces électrons n’ont pas les memes fonctions que les électrons planétaires, aussi les appelierons-nous nucléaires (:’). Nous ne savons malheureusement que peu de chose relativement à l’arrangement des particules universelles à l’intérieur du noyau. C’est qu’il est difficile d’y pénétrer. On sait seulement qu’il s’y trouve des noyaux d’hydrogène, des électrons et des unités secondaires, les noyaux d’hélium, formés de 4 noyaux d’hydrogène et de 2 électrons.
- Les premiers renseignements obtenus sur le noyau ont été fournis par les phénomènes radioactifs. De plus nous verrons bientôt que les phénomènes radioactifs ont seuls donné des moyens assez puissants pour rompre l’équilibre existant dans les noyaux de
- 1. La charge du noyau évaluée eu prenant la charge de l’électron comme unité est le nombre atomique. C’est lui qui détermine la place de l'élément dans le tableau de Mcn-cteleeff. Le poids atomique, qui varie sensiblement comme le double du nombre atomique, est une indication beaucoup moins précise et moins caractéristique.
- 2. A proprement parler, Rutherford ne s’est pas préoccupé de savoir ce que représente le reste de l’alome auquel il a l'ait perdre un noyau d’hydrogène. L'expérience aura pleinement confirmé nos conceptions quand elle aura déterminé quel atome on obtient en retranchant un noyau d’hydrogène au noyau d’un atome déterminé. On obtient sans doute l’atome qui le précède immédiatement dans le tableau de Mendeieeiî, mais on ne l’a point encore vérifié.
- 3. Il ne faudrait pas s'imaginer qu'il y a des électrons de deux sortes. Ils sont tous pareils, mais ils occupent des places où leurs rôles ne sont pas les mêmes.
- LA MATIÈRE ..........
- paisibles atomes. Ces phénomènes sont donc très importants.
- 6. La radio-activité.—La radio-activité est, comme on sait, nn phénomène spontané de transmutation, présenté par certains corps simples. En particulier, le radium À, bien qu’il soit, au point de vue chimique, un élément simple, s,e décompose en donnant deux attires corps simples, le radium 15 et de l'hélium.
- Radium A — Radium R + Hélium.
- La radio-activité est une propriété atomique des corps. C’est même une propriété nucléaire. La radio-activité est, en effet, indépendante des combinaisons dans lesquelles le corps est engagé. Or la région affectée par les combinaisons chimiques est uniquement la région périphérique des électrons planétaires. La radio-activité est donc une manifestation d’ordre beaucoup plus profond ; elle vient, du noyau. On doit, d’ailleurs, avouer la complète impuissance des savants à lui assigner une cause.
- H est absolument impossible d’altérer les vitesses de transformation des corps radioactifs. On doit conclure de Là que les forces régnant dans le noyau sont d’un tout autre ordre de grandeur que celles dont nous disposons. Dans tous les cas, ces forces, dès qu’elles ne servent plus à maintenir l’intégrité du noyau, sont capables de produire un travail considérable. Pendant l’explosion de l’atome radioactif, l’atome d’hélium est expulsé à l’état de noyau d’hélium avec une vitesse considérable. C’est cette particule qui constitue un rayon a. L’énergie emmagasinée dans une particule a est considérable. C’est grâce à ce fait que les expériences de Rutherford utilisant les particules <x pour bombarder des atomes, ont été couronnées de succès. Comme nous aurons, plus loin, à faire appel aux propriétés des rayons a, nous allons les résumer rapidement.
- 7. Les Rayons x. Principales propriétés. — Les particules a émises par un élément radioactif déterminé ont toutes sensiblement la même vitesse au départ.Cette vitesse est énorme, de l’ordre de ‘20 000 km par seconde. £omme la masse d’une particule a est importante, l’énergie disponible au départ, dans cette particule est formidable. Aussi le bombardement par les particules a est-il le moyen le plus puissant dont nous disposions actuellement pour, agir sur la matière; c’est le seul qui permette de tenter la démolition des noyaux. Dans le vide, et en l’absence de champs électrique et magnétique, les particules a ont une trajectoire rectiligne et une viLesse constante. Mais dans les milieux matériels, le choc des particules a contre les molécules rencontrées les arrête rapidement.
- Dans , un milieu déterminé, les particules a ont ainsi une certaine portée au bout de laquelle leur vitesse s’annule. L’étude de la propagation d’un faisceau de rayons a a montré que lés différentes particules du faisceau ont toutes la même portée. Le faisceau reste homogène jusqu’au bout. Cette portée maximum ou parcours p est une fonction simple de
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- L’UNITÉ DE LA MATIÈRE
- la densité c et du poids atomique P du milieu traversé. L'expérience a donné
- T
- P
- =C_ lvij-
- C étant une constante.
- Cette relation permet de prévoir le parcours d’un faisceau a quand on ne peut pas le mesurer directement. Lorsqu’une particule oc rencontre un atome, elle peut lui arracher un électron planétaire : il se forme un ion positif. Mais la particule a peut rencontrer un noyau d’atome, et, en vertu de sa vitesse considérable, pénétrer à l’intérieur. L’étude systématique de ces chocs, dans le cas d’hydrogène, a montré que la particule oc possède une structure bien définie. A l’intérieur d’une certaine surface fermée entourant la particule, il règne un champ de forces répulsives considérables, beaucoup plus élevé que celui que l’on pouvait prévoir en appliquant la loi simple qui indique que la répulsion entre 2 particules électriques de même signe est inversement proportionnelle au carré de leur distance. Aussi quand une particule a vient heurter un noyau d’atome, si elle y rencontre un des noyaux d’hydrogène qui le composent, le noyau d’hydrogène, par suite de son inertie, pénètre dans le domaine de répulsion de lj^ particule a et, si la répulsion est suffisante, le noyau d’hydrogène pourra être violemment expulsé de l’atome. Telle est l’idée qui a guidé Rutherford dans ses expériences. Elles ont pleinement justifié ces vues. En bombardant des corps simples, tels que l’azote ou l’aluminium, par des rayons a, il a obtenu une production de rayons formés de noyaux d’hydrogène violemment expulsés des noyaux des atomes rencontrés.
- 8. Expériences de Rutherford. — Principe. — Le principe des expériences est le suivant : une source radioactive plane émet des rayons a, qui, dans le milieu ambiant ont un parcours maximum p. Si on interpose sur le trajet des rayons a, à une distance inférieure à p, un écran de sulfure de zinc, chaque particule, en le rencontrant, produit une scintillation au point d’impact, et l’on voit ainsi une pluie de points brillants. Si l’on éloigne peu à peu l’écran, on s’aperçoit qu’à une certaine distance de la source, l’écran ne présente plus aucune scintillation. On a dépassé la distance maximum p. Peut-être' existe-t-il encore quelques rares scintillations — et c’est l’étude de ce phénomène qui a conduit* Rutherford à d’intéressants résultats,— qiais à partir d’une certaine distance, le nombre des scintillations diminue brusquement, indiquant ainsi l’arrêt des particules a. D’ailleurs, s’il y a des corps pour lesquels les scintillations ne cessent pas brusquement et complètement, les expériences faites sur l’oxygène, pour lequel ce phénomène n’a pas lieu, ont permis de déterminer de manière très précise la valeur p du parcours maximum ; c’est ainsi qu’on est parvenu aux lois que nous énoncions plus haut pour les rayons a. Cette remarque a une grande importance, car elle donne une valeur démonstrative réelle aux expériences de sir Rutherford.
- Les noyaux d'hydrogène. — Sir Ernest Rutherford s’est posé la question suivante : à quoi sont dues les scintillations observées sur l’écran dans le cas de certains gaz comme l’azote, à une distance supérieure à la distance p que les rayons a ne doivent pas dépasser,r(p étant, par exemple, calculé aumoyen de la formule (1). Il a trouvé que ces scintillations sont dues à des noyaux d’hydrogène animés d’une très grande vitesse (1).
- On pouvait se demander si ces noyaux d’hydrogène n’étaient pas émis par la source elle-même. Mais comme ils disparaissent complètement quand on remplace par exemple l’azote pur par de l’oxygène pur, et comme le parcours maximum de ces noyaux serait le même à travers les deux gaz (ils ont sensiblement même densité et même poids atomique) on est obligé d’admettre qu’ils ne proviennent pas de la source, mais du gaz traversé. Remarquons que ce résultat confirme bien les lois énoncées pour les rayons a, puisque l’on aurait trouvé des noyaux d’hélium et non des noyaux d’hydrogène si les scintillations leur étaient dues (2). Mais ces noyaux pouvaient encore provenir d’impuretés d’hydrogène contenues dans les gaz et placées sur le trajet des particules a. Rutherford reprit donc avec soin les expériences commencées. Il étudia d’abord l’effet produit sur de l’hydrogène par le bombardement de rayons «. Voici l’appareil employé et les résultats obtenus : il consiste — fig. 1 — en un tube de laiton de 5 cm de diamètre pourvu de robinets pour permettre la circulation des gaz desséchés. A une extrémité du tube se trouve un trou recouvert d’une plaque d’argent mince. L’écran de sulfure du zinc est fixé à une distance de 1,5 mm de l’ouverture, laissant ainsi un espace vide dans lequel on peut insérer des écrans absorbants en mica. La source radioactive est placée à l’extrémité d’une tige, de manière que sa. distance à l’écran puisse varier à volonté. On observe les scintillations sur l’écran au moyen d’un microscope à très grand champ et à faible pouvoir grossissant. La source radioactive consiste en un disque de laiton recouvert sur une face d’une couche invisible de radium G. Connaissant la densité et le poids moléculaire des gaz introduits dans l’appareil, d’où l’on déduit p, on s’arrangera dans les expériences qui vont suivre, pour que les particules a ne puissent atteindre l’écran en aucun cas. U suffit d’ailleurs pour cela d’établir entre la source et l’écran une distance supérieure au maximum de parcours p des rayons a. C’est à cet effet que la source est mobile sur une tige.
- 1. Il est très facile de calculer la charge électrique cl la masse d’une particule en mouvement. On étudie les déviations qu’elle subit dans un champ électrique et dans un champ magnétique. C’est ainsi qu’on a pu déterminer la nature des particules produisant les scintillations dont nous nous occupons..
- 2. On vérifie ainsi très bien que la. formule (1) est exacte dans tous les cas, même lorsque les scintillations se prolongent au delà de la distance p. On ne saurait donc avoir de doute icce sujet.
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- L’UNITE DE LA MATIÈRE
- Supposons qu’on introduise de l’hydrogène dans l’appareil. On constate sur l’écran une abondante production de scintillations dues aux noyaux d’hydrogène projetés par le choc d’une particule a et d’un atome d’hydrogène. Entre la lame d’argent et l’écran, on interpose des feuilles de mica de manière que les scintillations disparaissent complètement. Ayant pris cette précaution, on est sur que les scintillations que seront observées par la suite ne sont pas dues à des impuretés d’hydrogène, puisque les noyaux d’hydrogène provenant de l’hydrogène pur ou en combinaison, ne dépassent pas la barrière d’écrans placée sur leur trajet. Dès lors, on n’a plus à s’inquiéter des impuretés d’hydrogène qui peuvent se trouver dans les gaz ou les corps étudiés.
- On remplace l’hydrogène par de l’oxygène. On n’observe rien. On met ensuite de l’azote. On voit alors apparaître une série continuelle de scintillations. Des mesures de déviation électrique et magnétique montrent que ces scintillations sont bien dues à des noyaux d’hydrogène. Mais comme nous sommes à l’abri des noyaux d’hydrogène pouvant provenir des impuretés, nous sommes obligés d’admettre qu’il pro\iennent d’atomes cl’azote désintégrés
- par le choc d’une particule a, d’après le processus que nous avions imaginé plus haut. Il n’y a d’ailleurs rien d'étonnant à ce que les rayons de noyaux d’hydrogène provenant d’atomes d’azote soient plus pénétrants que ceux qui sont dus au choc des particules a contre les atomes d’hydrogène libre et qu’ils franchissent les écrans interposés. On imagine facilement une sorte d’explosion du noyau de l’atome d’azote rencontré ; tandis que le simple choc de la particule a et d’un atome d’hydrogène libre ne communique pas au noyau l’énergie pouvant provenir de cette explosion. C’est, en particulier, ce qu’on observe très nettement dans le cas de l’aluminium : sous le bombardement de particules a, quelques uns de ses noyaux sont démolis par ces projectiles, et des particules d’hydrogène sont projetées hors de l’atome; les rayons d’hydrogène produits ont un parcours maximum 5 ou 4 fois plus long que le parcours correspondant à l’hydrogène libre : 80 cm au lieu de 29.
- L’émission d’hydrogène par désintégration du noyau atomique a encore été observée pour d’autres corps. Ce sont le bore, le fluor, le sodium, et le phosphore. On n’a pas encore étudié le phénomène pour la plupart des corps simples de poids atomique supérieur à 51.
- Il est intéressant de noter que seuls les éléments dont la masse atomique est un multiple de 4 plus 2
- Fig. i.— L'appareil dans lequel Sir Ernest Rutherford désintègre les corps simples par le bombardement au moyen de rayons a.
- ou un multiple de 4 plus 3 sont susceptibles d’émettre des noyaux d’hydrogène dans les conditions de l’expérience de sir Ernest liutherford.
- Le carbone (12), l’oxygène (16), le soufre (32) dont la masse atomique est un multiple de 4 n’en donnent pas.
- 9. Conclusions. — Ces expériences confirment d’une façon remarquable l’idée d’une constitution simple de la matière, au moyen d’électrons et de noyaux d’hydrogène (les noyaux d’hélium ou particules a, mises en évidence dans les phénomènes radioactifs, constituent une unité secondaire formée de 4 noyaux d’hydrogène et de deux électrons). La classification des corps simples donnée par Mendc-leefl et où l’on a la surprise de trouver les corps groupés à la fois par familles de propriétés identiques et par ordre de nombres atomiques croissants, ne nous apparaît plus comme une distribution fortuite. Elle s’explique, au contraire, tout naturellement : c'est le résultat et la preuve d’une évolution
- des éléments. Depuis l’atome d’hydrogène, le plus léger des atomes, composé d’un noyau d’hydrogène et d’un seul électron, jusqu’à l’atome d’uranium, le plus lourd des atomes, formé de 92 électrons planétaires et d’un noyau très compliqué, on passe d’un élément à l’autre en augmentant d’une unité la charge positive du noyau et en ajoutant un électron planétaire. On peut donc dire, comme nous l’avons déjà annoncé, que tous les atomes sont formés au moyen d’atomes d’hydrogène. D’ailleurs, il nous est donné, sinon de créer, du moins de constater cette évolution : dans les étoiles, nous voyons apparaître d’abord l’hydrogène, puis l’hélium, puis tous les autres corps, par ordre de nombre atomique croissant, et à mesure que l’astre vieillit.
- Le physicien voit s’étendre devant lui un domaine d’un intérêt passionnant. La découverte de l’unité de la matière a suffi à le lui ouvrir. C’est là un fait remarquable qui illustre, mieux que tout autre, la valeur des méthodes employées et la beauté de la science^).
- 1. Bien que la transmutation artificielle «les éléments ne soit pas impossible, il y a lieu dose défier dos communications diverses faites par de nombreux savants. En utilisant le. moyen de désintégration le plus puissant actuellement connu, en bombardant de l'aluminium par les rayons a issus d’un gramme de radium, on ne libérerait pas plus de 1/1000® de mm3 d’bydrogènc par an; on ne saurait donc être trop sceptique au sujet des résultats proclamés par de modernes alchimistes.
- Max Morand.
- Élève de l'École Normale supérieure.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahcre, 9, rue de Fleurus. — Paris.
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- LA NATURE.
- 26 AOUT 1922
- — N° 2525.
- Les régions géographiques.
- LE VALAIS
- I. Configuration, aspect pittoresque, climat. —
- Aucune région naturelle n’est mieux délimitée que le Valais, constitué par la haute vallée du Rhône, qui, en amont du lac de Genève, est encastrée profondément entre des barrières de montagnes formidables.
- La vallée est longitudinale des sources du Rhône à Martigny, orientée de l’E.-N.-O. à l’O.-S.-O : très étroite dans la partie supérieure jusqu’à Brigue(connue sous le nom de vallée de Conches), plus large dans la partie centrale, elle est accompagnée au nord, jusqu’à Martigny, par la puissante chaîne des Alpes bernoises, énorme muraille presque rectiligne qui serre de près le lleuve en tombant par des contre-forts très brusques sur la vallée. Au sud, au contraire, entre Brigue et Martigny, se creusent de profonds sillons latéraux transverses, souvent accouplés par deux, voire par trois : vais de Soras et de Zermatt, de Tourtemàgne, d’Anniviers, d’Hérens et d’Uirémeuse, des trois Dranses. A Martigny, changeant brusquement d’orientation, le Rhône, se dirigeant au nord-ouest, coupe la barrière montagneuse qui l’enserrait, pour gagner le lac de Genève par un couloir étroit. Dans l’ensemble, le Valais forme un
- 1. Mémento uiiïmoghapiiique. — Dictionnaire géographique de la Suisse, arlicle Valais [abondante bibliographie jusqu’en 1910] (Neufchâtel, Atl.ingei'). — Histoire : llilaire Gay, Ifis toire du Valais (Genève, 2° édit., 1903). — Géographie, descriptions, guides : F. Boissonnas, La Harpe, Les Alpes valai-sanes (Lausanne, 1911); Solandien, Le Valais pittoresque, (Lausanne, 1910); L. Courtbion, Le peuple du Valais ; A. Dau-zat, Un mois en Suisse, cliap. I1I-V (Paris, Hachette, 1920); J . Monod, Guide illustré du Valais (Genève, Georg) ; Guides bleus : Suisse (Paris, Hachette, éd. 1920). — Folk-lore : Tscheinen et Rappen [Wallische Sagen (2e éd., Brigue, 1908). — Patois : J. Gillièron, Patois de Vionnaz et Petit atlas phonétique du Valais roman (Paris, Champion).
- Fig. i. — Chemin de fer de Martigny àTrient.
- trapèze assez régulier, prolongé, de chaque côté de sa plus grande base, par deux couloirs.
- Dans de telles conditions orographiques, on comprend que les voies d’accès dans le Valais soient peu nombreuses et généralement difficiles. La principale est évidemment la trouée qui s’ouvre en aval vers le lac de Genève. Une autre trouée
- symétrique, vers les sources du Rhône, s’insinue, non plus transversalement, mais longitudinalement entre les plissements de deux hautes chaînes, reliant la vallée supérieure du Rhône à celle de la Reuss par un seuil naturel de grande altitude, qui culmine au col de la Furka (2456 m. ). Des passages moins élevés s’ouvrent à l’ouest, marquant les dépressions entre des plissements plus ou moins parallèles, Alpes du Chablais, Dent du Midi, Mont-Blanc, Pennines : le plus bas est le col du Montets (1462 m.) entre Chamonix et Martigny. au N.-O. du Mont-Blanc. Au contraire, la chaîne des Peninnes, comme celle des Alpes bernoises, oITre une barrière ininter-
- Fig. 2. — -Neubruche et le Balfrin (ligne de Viége à Zermatt). Photo Schvegg, .Lausanne.
- rompue, plus haute encore, échancrée seulement de quelques cols d’accès dif-
- 9. — 129.
- 50'* Année — 2* Semestre*
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- 130 . .....__ LE VALAIS
- Fig. 3. — La Fui ka-Mullhorn, 3io3 ni. (massij du Saint-Gothard). Cliché B F. D
- ficile : le Grand Saint-Bernard, cote encore 2472 ni. ;
- le moins élevé, à l’est, le Simplon, atteint 2001 m. La principale coupure des Alpes bernoises est, au centre, la Genimi (2559 m.), à l’est, le Gritnsel (2 i 82 m.), qui relie les sources du Rhône à la haute vallée de l’Aar.
- La géologie complète les enseignements de la géographie. Elle nous apprend notamment que les massifs, situés au nord-ouest du Mont-Blanc ainsi que la moitié occidentale des Alpes bernoises qui les prolongent, sont composés d’énormes sédiments calcaires redressés à des hauteurs considérables dans le plissement des préalpes. L’épine dorsale du système alpestre, suivant l’expression imagée et juste de M. Deffontaine, est constituée par les massifs cristallins à noyaux granitiques, qui sont d’ailleurs de contextures variées : tandis que le Mont-Blanc, le groupe du Finsteraarhorn (E. des Bernoises) et celui du Gothard présentent le type des massifs en éventail, à violents redressements verticaux, les Pennines sont le modèle de la chaîne aux plis développés en forme de nappes et entre lesquels s’introduisent des charriages sédimentaires.
- Le Valais présente les aspects les plus parfaits de la grande montagne alpestre. 11 est situé au cœur des Alpes, entre les plus hauts sommets de l’Europe (Caucase à part) : le Mont-Blanc, qui culmine à 4807 m., le Mont-Rose à 4058 m., le Cervin (4505), la Dent Blanche (4564), le Grand Combin (4517), etc. ; plusieurs pics du massif del’Aarhorn dépassent 4000 m.
- La caractéristique essentielle de la région, c’est le nombre et l’importance des glaciers. A l’époque moustérienne, le glacier du Rhône, qui s’avança jusqu’à Lyon, puis creusa la cuvette du lac de Genève, remplissait, avec ses ramifications latérales, toute la vallée. Aujourd’hui, des glaciers occupent encore la partie supérieure des hautes vallées, sauf au nord-ouest : il en descend du Mont-Blanc, des Pennines surtout et du massif de l’Aarhorn, d’où s’épand
- vers le Valais le plus grand glacier des Alpes, celui d’Aleisch. Zermatt est au centre d’un prodigieux cirque glaciaire.
- Grâce à ses différences considérables d’altitude et d’orientation groupées sur un petit espace, le Valais est avant tout le pays des contrastes. A quelques lieues des glaciers, la vigne mûrit sur les coteaux de Sion et de Sierre, dans un paysage sec et pierreux d’aspect tout méridional. C’est ici la nature sauvage, au relief le plus tourmenté qu’on puisse rêver : vallées profondes, prodigieusement encaissées, qui dégringolent du glacier à l’alpage, de l’arolle (*) au sapin, du châtaignier au noyer et à la vigne, à travers toutes les zones de végétation étroitement juxtaposées; en haut, les solitudes glacées en plein été, terre classique des alpinistes, puis l’âpreté des gorges, la magnificence des forêts, le charme des prairies, l’opulence des cascades qui jaillissent de toutes parts en formidables châteaux d’eau; en bas, une chaleur estivale digne des plaines lombardes, les cures autom-
- 1. Ou pin cembre, une des curiosités végétales de la région et <|u’on retrouve aussi dans la région des (irisons; cet arbre est à peu près inconnu dans les Alpes occidentales.
- Fig. 4. — Le glacier du Rhône, près du Belvédère. Photo. J. Gaberell, Thalwil.
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- nales de raisin, Sierre, ville d’hiver.
- Les curiosités naturelles du Valais sont innombrables : chaque vallée a son caractère particulier, ses beautés personnelles. Mais il faut mettre hors de pair la vallée de Zermatt, dominée au fond par le fascinant Cervin en bec d’aigle, et le splendide panorama de Corner grat, un des plus impressionnants paysages glaciaires qui soit facilement accessible à tous ; les vallées de Soras et d’Anniviers, particulièrement grandioses et farouches, celle d’IIérens, plus riante, comme celle de Bagues, qui donne accès à un des plus intéressants refuges d’alpinistes, la cabane de Chaurion (*). Comme passages, les plus beaux sont les routes du Simplon et de Grimsel, qu’on a tort de « brûler » avec l’auto trop rapide et qu’il est bien préférable de savourer par petites étapes, et le col muletier de la Gemmi, à la montée vertigineuse du côté valaisan. La vallée de Conches offre deux merveilles : le glacier du Rhône, splendide cascade de séracs étincelants (vue du belvédère), et le lac de Maerjelan (au-dessus de Fiescli), d’aspect polaire avec l'énorme glacier d’Aletsch qui détache des blocs dans ses eaux.
- Le climat du Valais varie à l’extrême suivant l’altitude et l’orientation : alpestre et subalpestre, dans la haute et la moyenne altitude, il offre, dans la basse vallée centrale, des étés très chauds, des automnes tièdes et des hivers assez doux. Un vent périodique très curieux règne, l’été, dans la région
- 1. A conseiller à tous les bons marcheurs qui veulent avoir la sensation d’une nuit passée en montagne. Signalons aussi l’ascension facile, mais assez dure, de l’Eggishorn (2934 m.), qui ollrc un coup d’œil incomparable sur le massif glaciaire des Alpes bernoises.
- I
- Fig-. 5. — Hospice et lacs du Grimsel.
- Photo J. Gaberell, Thalwil.
- de Brigue ('). La dominante générale du climat, c’est la sécheresse. En dehors des hautes vallées, surtout des vais latéraux du sud qui jouissent de précipitations assez abondantes et sont d’ailleurs arrosés par les torrents glaciaires, la plus grande partie du Valais manque de pluie : quatre grands écrans de montagnes arrêtent et brisent les nuages ; à peine les vents du nord-ouest peuvent-ils s’engouffrer par la fissure de Saint-Maurice. L’irrigation a toujours été un problème vital (*) : il a fallu dévier les eaux du Rhône ou des torrents dans des canaux coûteux, les bisses, longs aqueducs en bois on en pierre qui s’enrubannent sur des lieues de long, au liane des pentes assoiffées. '
- II. La race et ses caractères; les villes, l’activité sociale. — Terre des contrastes, le Valais est en même temps le refuge de l’archaïsme. Situé dans | la partie la moins accessible des Alpes, près du « pôle de répulsion )> de la chaîne, il a été le refuge et l’abri des populations primitives refoulées, des formes antiques d’habitation, des vieilles coutumes, des langages du passé.
- A l’époque gauloise, les populations indigènes qui habitaient le Valais étaient ligures; elles appartenaient au même type préceltique qu’on rencontre dans les parages les plus reculés des Alpes occidentales et dans certaines parties de l’Auvergne (5), type bien conservé dans le centre-sud du Valais, particulièrement rebelle aux influences extérieures (Hérons, et surtout Anniviers). Auguste
- t. Cf. La Revue scientifique, 2 mai 19:14, ]). 357 et suivantes. [Les vents de montagne dans les Alpes.)
- 2. Voir à ce sujet 1,. Lehmarm. L'ivriga-hon dans le Valais (Paris, Delagrave, 1912).
- 3. Voir mon article précèdent, n° 2523.
- Fig. 6. — Type de village du haut Valais: Niederwdld (vallée de Conches). Cliché B. F. D.
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- Longnon et M. Camille Jullian (*) estiment que la pointe orientale du lac de Genève formait la limite du domaine celte. Une peuplade celtique (Nantuates ou Gésates) remonta bien le Rhône par la trouée de Saint-Maurice pour fonder Octodurus, l’ancêtre de Martigny, mais ne s’implanta pas profondément dans la région. L’influence romaine fut, au contraire, plus profonde : la grande voie de Milan à Mayence, par Aoste et Àvenches passait par le Grand-Saint-Bernard. Tout le pays fut peu à peu latinisé.
- L’invasion germanique alemane acheva de donner au Valais sa physionomie sociale, et provoqua une scission que la nature n’avait pas prévue. Débordant de l’O-berland bernois par la haute vallée de l’Àar et le col d u G ri m sel, le s A1 a-mans, vers le vme siècle, s’installèrent dans le haut Valais, en occupant progressivement la vallée de Conches et la région dè Brigue, puis les districts de Rarogue et la Viège (avec les vallées de Saras et de Zer-matt), enfin Loèche et la vallée de Tourtemagne.
- La germanisation du Valais oriental paraît avoir été achevée au xve siècle ; des colonies alama-niques se fixèrent même à Sierre et à Sion où, depuis un siècle, elles se résorbent peu à peu.
- En dépit de sa dualité linguistique, le Valais a gardé toujours une unité politique (1 2) et sociale (évêché de Sion, puis canton suisse depuis 1815). De nombreux caractères sont communs aux Valaisans romans et germaniques.
- Les dialectes valaisans sont d’un archaïsme remarquable; l’isolement respectif des vallées a créé une diversité extraordinaire. Ces deux caractères sont beaucoup plus accusés du côté roman (appartenant au groupe franco-provençal) : le val d’Anniviers est la seule région romane qui ait conservé la distinction entre le cas sujet et le cas régime de l’arlicle. L’allemand, tard venu, s’est moins différencié et a assimilé un grand nombre de mots romans et préromans.
- Au physique, le Valaisan est robuste, lourd, d’une
- 1. G. Jullian, Histoire de la Gaule, II, p. Il, n° 5, Cf. aussi, d. I, 180-181.
- 2. A l’exception de la rive droite du Rhône, qui est vaudoise en aval de St-Maurice.
- force peu commune. Au moral, il est avant tout tradilionnaliste : c’est le Breton de la Suisse et des Alpes. Profondément catholique et conservateur, la religion a maintenu chez lui l’obligation du repos dominical dans toute sa rigueur : même en cas de menace de pluie, un petit propriétaire ne peut rentrer son foin le dimanche sans une permission spéciale des autorités communales. La population, surtout dans le centre-sud, est la plus arriérée de la Suisse : la propreté et l’hygiène laissent fort à désirer chez les indigènes. L’âpreté au gain et l’avaricet à'[courte vue sont for accusés : il y a une quarantaine d’années, la commune de Saint-Nicolas (vallée de Zermatt) s’opposa à l’établissement de la route qui devait ruiner, pensait-elle, le commerce des muletiers ; voici dix ans environnes « bourgeois » de Zermatt s’opposaient à la création du refuge Solony sur le Cervin, par crainte de faire tort aux guides. En revanche, le Valaisan est travailleur, patient, économe, dur à la fatigue, et très loyal : on peut se fier à sa parole ; contrats et ventes ont été longtemps passés oralement, sans donner lieu à contestation. La vie de montagne, la nécessité de se grouper pour lutter contre les éléments hostiles a développé chez lui un esprit très profond de solidarité (*).
- Suivant les régions, il y a des différences sensibles de caractère. Le Valaisan des Dranses est particulièrement accueillant, doux, affable; dans les vais d’Hérens et surtout d’Anniviers3 il est plus méfiant et craintif, surtout les femmes. Le Valaisan germanique est plus fermé et plus rude, particulièrement du côté de Zermatt.
- Si les anciens costumes masculins ont disparu, ceux des femmes en revanche sont, presque partout admirablement conservés. Le Valais présente la plus grande variété de coiffes et de chapeaux féminins anciens qu’on puisse trouver dans l’Europe occidentale. Les modèles les plus curieux sont ceux de Champéry, où les femmes portent le pantalon et
- i. Le Valais conserve cle nombreux restes de la propriété collective primitive (pour les alpages, la fromagerie organisée en consortages, pour les bisses, entretenus par un groupement de propriétaires, etc.).
- Fig. — Type de village du haut Valais ; Un coin de Fiesch (vallée de Conches) Cliché B. .F. D.
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- sont coiffées d’un petit bonnet rouge; du val d’Hérens, où les mères filent et tissent leurs robes et celles de leurs enfants et couvrent leurs bonnets blancs de chapeaux de paille plats ; du val d’Ànni-viers, dont la coiffure étrange rappelle un gibus cabossé qui serait roulé dans du tulle gaufré (‘). À Zermatt, les femmes fument la pipe et portent des châles et mouchoirs à ramages vifs, d’un aspect tout italien qui contraste singulièrement avec leur rude parler germanique.
- Le Valais a conservé un des modèles d’habitations les plus antiques de nos contrées. C’est le mazot construit en poutres brunes de sapin ou de mélèzes, grossièrement équarries et qui font saillie sur les façades, montées sur pilotis, pour être à l’abri du ruissellement des eaux; le toit en pente faible, à deux pans, est recouvert de bardeaux ou de schistes. Ces mazols ne servent plus que pour conser-, ver le foin et les récoltes, mais nul doute qu’ils ne soient le type de l’ancienne demeure ligure alpestre. La maison valaisane ac-tuelle’de la montagne en dérive visiblement : le pilotis est remplacé par des fondations en pierre, les ouvertures sont plus soignées, mais l’ossature générale et la couverture de la maison restent identiques. Les demeures sont serrées étroitement dans les villages, qui s’accrochent en grappes sombres au flanc des vallées, dans les dépressions, sur les « replats ». — La maison gallo-romaine, adaptée à la région, et modifiée plus tard par les influences bur-gondes prépondérantes dans le pays de Vaud, a gagné le bas Valais en remontant le Rhône jusque vers Brigue. Nulle part le folk-lore n’est plus riche et plus régionaliste que dans le Valais. Les anciennes coutumes sont encore très vivaces. On trouve toujours, du côté de Monthey, de vieilles tables en bois épais, dans lesquelles sont creusés des trous — précurseurs des assiettes et des verres — où l’on mange, où l’on boit, et qu’on racle de temps en temps (2).
- Le Valais a peu de villes. Dans le couloir de sor-
- 4. Sur ces deux types, les plus curieux, cf. A. Dauzat, Un mois en Suisse, pp. 73-75.
- 2. Signalons aussi le nomadisme saisonnier très curieux des Anniviards qui habitent suivant la saison et les besoins du travail agricole, dans des villages d’été, d’hiver, etc.
- tie s’est développé Saint-Maurice, boulevard du christianisme, autour de son abbaye : petite cité romane, d’allure plutôt sévère. Martigny n’est qu’un gros bourg. Sion, la petite métropole d’aspect très méridional, est extrêmement pittoresque, vu de loin, avec les deux buttes escarpées qui dominent la ville et qui portent l’une l’église de Valère, l’autre le château féodal de Tourbillon; le panorama rappelle quelque peu celui du Puy. Mais la ville s’est fort modernisée, de même que Loèche et Sierre, où l’on rencontre encore quelques vieux hôtels seigneuriaux. Brigue est encore plus composite.
- Il ne faut pas chercher d’œuvres d’art dans le Valais. Même l’architecture est faiblement représentée. Le clocher roman de Saint-Maurice et surtout l’église de Valère, à Sion, ro-mano-gothique, sont les seuls représentants intéressants de l’art religieux du moyen âge.
- L’architecture militaire a laissé quelques châteaux forts, lourds, plus ou moins ruinés, dont le plus important est celui de Tourbillon.
- L’influence italienne s’est fait sentir, à partir de la Renaissance, dans la région de Brigue, où elle est visible dans les loggias du château Stockalper et à l’hôtel de ville, de style lombard.
- Le Valais possède une station thermale depuis longtemps renommée, Loèche-les-Bains (eaux sulfatées calciques : affections'de la peau, rhumatismes). Dans la partie vaudoise, se trouvent les salines de Bex, exploitées depuis le xvie siècle, et dont les eaux mères ont des propriétés curatives analogues à celles de Salies. Hors ces deux endroits, le sous-sol n’est pas très riche, et l’industrie est à peu près absente. La houille blanche n’est pas encore mise en valeur, — pour la grande joie des amis de la nature.
- L’agriculture est prospère dans la vallée du Rhône, étroite, mais très fertile en aval de Brigue. La vigne prospère sur les pentes exposées au sud et donne des vins blancs capiteux qui voyagent mal, aux crus fameux qu’il faut déguster sur place : dôle, fendant, vin du glacier (*) et surtout malvoisie.
- 1. Ce vin, récolte aux environs de Sierre par les Anniviards, propriétaires des vignobles, est conservé en tonneaux dans des cuves très froides de la haute vallée d’Anniviers, où on le boit au bout de clix à quinze ans.
- Le Rhône, la route et la ligne de la Furka. Cliché B. F. D.
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- L’asperge occupe de vastes espaces sur le soi sablonneux des environs de Saxon.Mais, dans l’ensemble, la principale richesse du pays est l’élevage des bovidés (spécialement de la race petite et musclée d’Hérens) et les sous-produits du lait (beurre, surtout fromage et lait condensé, celui-ci fabriqué à Lausanne, Yevey, etc.). >
- L’industrie hôtelière, depuis une trentaine d’années, a développé la prospérité de la région. Elle a été créée par quelques Yalaisans de la basse vallée (par exemple de Viège) et surtout par les Genevois, qui lui ont assuré une organisation excellente. D’importantes stations d’altitude et d’alpinisme se sont développées à Zermatt, Saras, Zion, Montàux, Evo-lène, Firminy, Trient, Salvan, Champéry, les Dia-blerets, etc;.; à Gletsch (glacier du Rhône), une agglomération s’est formée de toutes pièces pour les besoins du tourisme. Des hôtels de montagne se sont élevés à de grandes altitudes, par exemple au Belvédère (glacier du Rhône, 2272 m.), sur Eggis-horn (2193 m), surtout aux environs de Zermatt, jusqu’au Gornergrat (3093 m.) et sur les flancs du Cervin (3290 m.). Les sports d’hiver sont organisés ù-Montaux, Champéry et, du côté vaudois, à Gryon-Yillârds, les Diablerets et Leysin qui est, avec Montaux, une station pour tuberculeux pourvue d’importants sanatoriums. Comme dans toute la Suisse, l’industrie hôtelière a traversé, depuis la guerre, uné crise très grave, prolongée par la tension des changes, mais dont elle sort peu à peu, grâce à la réduction des prix.
- Le développement des voies de communication s’estaccéléré à l’époque moderne et a profondément influencé la vie sociale. Le grand débouché du Yalais, presque le seul jusqu’à nos jours, a été le couloir de Saint-Maurice : parla, comme l’a montré M. Gauchat, sont remontés les immigrations et lés courants commerciaux, les Celtes, les Romains, le christianisme, les mots et les formes, les idées et les objets nouveaux, bref toute la civilisation. C’est un hasard si l’invasion germanique a déferlé par le 1. La seconde galerie n’a été achevée qu’en 1921.
- Grimsel; la voie romaine du Grand-Saint-Bernard, surtout militaire à l’époque latine, ne servit guère qu’aux pèlerins au moyen âge ; l’influence italienne, on l’a vu, passa à peine le Simplon. La route du Simplon- fut conçue et mise en chantier par Napoléon Ier,' celle du Grand-Saint-Bernard et celle des Montets lui sont un peu postérieures ; celles du Grimsel et de la Furka ont suivi peu après, — toutes parcourues bientôt par des diligences, que viennent de remplacer les autos postales.
- Mais c’est la voie ferrée qui a joué le rôle le plus important. Le rail est d’abord arrivé, en remontant le bas Rhône, jusqu’à Sion et Brigue. Le grand événement fut la percée du Simplon (1898-1906) (') qui abattait la muraille du côté de l’Italie, et qui fut prolongée vers le nord par le Lœtschberg(1915), établissant une communication directe avec Berne. La ligne de la Furka, ouverte en 1915 jusqu’à Gletsch, et qui sera terminée en 1924, sera la grande transversale, d’intérêt touristique et économique, reliant le Yalais aux Grisons par Andermatt. Enfin, des voies latérales de pénétration se sont construites : au sud pour Champéry, le Châtelard (raccordé à Chamonix), Orsières, Zermatt (et le Gornergrat) ; au nord, pour Leysin, les Diablerets, Yillars-Bretaye, Chesières, Montana et Loèche.
- La grande ligne a accentué la pénétration romande de Genève et Lausanne vers le Yalais germanique. Les percées du Simplon, du Lcelschberg èt la construction des lignes de montagne ont provoqué, dans des proportions imprévues, par suite de l’emploi de la main-d’œuvre lombarde, piémontaise, etc., une infiltration italienne qui s'affirma par la création de colonies permanentes et de villages italiens, comme celui de Naters (près Brigue), qui a submergé le noyau valaisan; Brigue est devenue une ville trilingue. D’autre part, le Lœtschberg a ameftp dans le Yalais de nombreux Bernois, presque ^kslusi-vement des touristes, qui viennent resserrerflavec leurs frères de race des relations un peu relâchées depuis l’exode du vnie siècle.
- Albert Dauzat.
- LA RESTAURATION DES RÉGIONS DÉVASTÉES BELGES
- On sait trop l’indescriptible état de désolation dans lequel se trouvaient, à l’armistice, toutes les zones du front, et trop nombreuses et profondes, hélas ! demeurent les blessures à panser pour qu’il ne soit pas cruel de parler de ce sujet; il faut bien cependant que je ravive le souvenir de quelques chiffres concernant la Belgique, pour que l’on se rende compte d’une façon suffisante de l’effort que ce pays a fourni jusqu’à présent, dans la restauration de ses régions dévastées, ainsi que de la tâche qu’il y a accomplie et qui, je crois, a certains points de vue, peut être citée en exemple.
- La rapidité de la marche en avant des armées
- allemandes, au commencement de la guerre. ^ l’entrée presque immédiate de ces armées en teffü française, en portant pour ainsi dire immédiatement la ligne des combats au delà de la frontière belge, avaient eu pour résultat de mettre d’emblée la Belgique en dehors des dévastations de guerre proprement dites, de telle sorte que seule une petite partie de la Flandre occidentale s’est, en fait, trouvée le théâtre de grands combats et que l’on ne pourrait, cela va de soi, comparer les désastres subis par ce pays à ceux qui ont meurtri la France. .
- Mais, au cours même de l’invasion, plusieurs localités avaient grandement souffert soit des bom-
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- bardements, soit des ravages allemands; pendant toute la durée de l’occupation, les déprédations de tout genre aggravèrent les dommages du début; et, dans leur retraite, les armées en déroute surent accentuer encore, avec une promptitude de destruction stupéfiante, les dégâts résultant de quatre années et demie de luttes implacables.
- Dans toutes les régions de la zone d’opérations, les voies de communication avaient été systématiquement anéanties; les voies ferrées étaient détruites, les ouvrages d’art, mis hors d’usage, les voies défoncées ; un millier de kilomètres de voie de chemin de fer, autant pour ce qui concerne les
- région de l’Yser, 200 à 300 autres ayant subi des dégâts considérables; 65 000 habitations totalement anéanties, 13 000 endommagées au point d’être inhabitables, un nombre considérable d’autres plus ou moins gravement atteintes, une cinquantaine de monuments de grande valeur historique, une centaine de maisons communales, 200 églises, 300 à 400 écoles, plusieurs centaines d’édifices publics divers; et, par là-dessus : tous les établissements industriels de quelque importance entièrement vidés de leur outillage. *
- * *
- La tâche de réparer ces dégâls immenses était
- Ftg’. i. — Reconstruction de maisons à Ypres.
- lignes vicinales, tout le réseau télégraphique et téléphonique, 600 km de voies navigables, 1200 km de routes, sur un total de 8000 km de voirie routière, telles étaient les grandes destructions.
- L’administration des chemins de fer avait perdu tout son système de signalisation; les grands travaux télégraphiques et téléphoniques étaient démontés, câbles coupés, matériel disparu ; comme matériel roulant, il ne restait que des locomotives inutilisables, des voitures démantibulées; de nombreux bâtiments et ouvrages d’art étaient en ruines ; pour ce qui est des voies navigables, 250 ponts et passerelles avaient été détruits, une soixantaine d’écluses et de barrages; les ports de la côte avaient considérablement souffert.
- Ajoutons à cela la destruction à peu près complète d’une centaine de villes, la plupart détruites au point d’avoir disparu complètement, dans la
- énorme, pour un petit pays dont toute l’activité avait été paralysée pendant les 51 mois de guerre et qui restait dépouillé de tous ses moyens d’action; la remise en état des voies de communication, le rétablissement des ouvrages d’art, la réfection des ports, tout ce qui appartenait aux services, organisés de longue date, de l’Etat et des Provinces, pouvait être laissé aux soins des autorités normales ; mais il ne parut pas possible d’abandonner les communes et les particuliers à eux-mêmes : un Office spécial des Régions dévastées fut en conséquence créé pour les aider.
- Les administrations de l’Etat et des Provinces ont opéré avec une habileté à laquelle on doit rendre hommage ; le réseau des chemins de fer, le système télégraphique et téléphonique, les voies navigables, les ports, les routes, etc., peuvent être considérés comme réfeclionnés, du. moins dans une mesure
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- I" ig. 2. — Vue générale des travaux à Y près.
- suffisante, pour répondre aux besoins actuels du 1 commerce et de l’industrie, besoins malheureusement demeurés au-dessous de la normale par suite de la crise générale ; quant à l’œuvre accomplie par les Services de l’Office des Régions dévastées — c’est celle-là que je me proposais d’analyser spécialement — je vais essayer d’en donner ci-après une peinture sommaire.
- L’une des toutes premières missions dont ces Services se sont occupés, a été la réintégration des évacués dans leurs foyers; la destruction des habitations ayant privé la population des logements nécessaires, il a naturellement fallu tout d’abord fournir des abris aux rapatriés ; 10 000 ou 12000 baraquements en bois ou en métal leur ont été fournis dans ce but, indépendamment de quelques centaines de constructions provisoires du meme genre, affectées à l’installation des services communaux, des services de police, des services religieux, des services de l’enseignement, etc.
- La population de la région dévastée de la Flandre étant essentiellement une population agricole, il importait de lui rendre ses moyens d’existence en restituant les terres à l’agriculture ; 82 000 hectares environ de terre avaient été ravagés, soit par les eaux, soit par les obus, au point qu’au début, beaucoup de spécialistes les avaient crus perdus à jamais pour
- l’agriculture; avec l’aide de l’Office des Régions dévastées d’abord, puis par les soins des Services de l’Agriculture, ces terres ont néanmoins été remises en état d’une façon irréprochable et elles sont aujourd’hui à peu près totalement livrées à l’exploitation.
- Il y avait aussi à fournir des mobiliers, du linge aux rapatriés rentrés au pays après 4 années d’exil et dans un dénùment généralement total ; des services spéciaux ont été créés à cette fin, qui ont organisé des magasins dans un certain nombre de localités, distribuant les objets d’utilité courante soit à titre de don, soit en acompte sur les dommages de guerre, soit contre paiement, à terme ou au comptant, selon les circonstances.
- Enfin, il fallait mettre à la disposition des sinistrés, désireux de reconstruire, des matériaux de
- Fig• 3. — Cité ouvrière reconstruite à Ypres.
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- Fig. 4.— Petite ferme reconstruite en Flandre (Moorslede), par l’Office des Régions Dévastées (architecte ApersV !
- construction; pour éviter la spéculation, l’jtilat a fait lui-même des achats en grand et a créé des magasins pour la distribution des bois, briques, tuiles, etc., qu’il acquérait ou dont il provoquait la fabrication; en outre, les moyens de transport étant à ce moment à peu près nuis, il a créé des services spéciaux de transport, en reprenant à cette fin les réseaux de voie Decauville des armées, ainsi qu’un matériel automobile abondant.
- * '
- Ce n’étaiènt là cependant que mesures préparatoires ; la tâche véritable de l’Office des Régions dévastées et de ses services extérieurs devait consister surtout à provoquer ou à entreprendre la reconstruction des édifices com-
- munaux détruits et des habitations privées sinistrées; au début, il avait paru nécessaire, pour permettre le prompt relèvement du pays, de confier la tâche à des autorités investies de pouvoirs très étendus : on avait créé dans ce but les Hauts Commissaires Royaux; à mesure que la situation se stabilisait, les prérogatives de ces autorités ont été amoindries; aujourd’hui, les Hauts Commissaires Royaux ne sont plus en réalité que des fonctionnaires dépendant de l’administration centrale. Ces fonctionnaires peuvent intervenir dans la reconstruction des édifices communaux soit directement, en prenant en main la reconstruction, soit indirectement, par exemple octroi de subsides ; dans les localités de la Flandre, avant de pouvoir recommencer la reconstruction, ils ont du se livrera des travaux préparatoires d’une grande importance, comme le déblaiement des ruines.
- Bien que la première année de leur activité eût été absorbée, dans la plupart des cas, par ces travaux préparatoires, ils ont pu mettre en reconstruction jusqu’à ce jour environ 500 édifices publics : maisons communales, égli ses, écoles, etc.
- Pour la reconstruction des habitations particulières, les services de l’Office des Régions dévastées peuvent intervenir de deux façons : en mettant des fonds à la disposition des sinistrés, à valoir sur ses dommages de, guerre ; ou bien en se chargeant de la reconstruction, l’habitation reconstruite étant cédée ensuite au sinistré à titre de réparation en nature; bien entendu, l’Etat ne construit pas lui-même : il met les travaux en adjudication publique et c’est l’industrie privée qui se charge de l’exécution, sous le contrôle des services administratifs.
- Le système des avances 11’est applicable que pour des travaux assez modestes; il ne visait d’ailleurs,
- Fig. 6. — Petite maison reconstruite en Flandre.
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- en principe, que la remise en état d’habitabilité rapide des maisons ne demandant que des réparations plus ou moins sommaires ; près de 12000 avances de l’espèce ont été allouées jusqu’à ce jour, pour une somme de 161 millions de francs environ.
- Le système des reconstructions par l’État a été particulièrement utile pour provoquer le réveil de l’industrie de la construction dans les localités totalement détruites, dans celles où les voies de communication étaient mauvaises et dans les villages qui se trouvaient éloignés des centres ; il a l’avantage de permettre d’organiser des entreprises d’ensemble, pour lesquelles les frais de création des chantiers, d’organisation des transports, etc., sont proportionnellement moins onéreux ; n’étaient les inconvénients inhérents à toute affaire gérée administrativement, ce système aurait pu être le plus efficace et le plus économique ; il l’est resté dans beaucoup de cas.
- Tandis que le système des avances était pratiqué dans certaines régions à peu près à l’exclusion de l’autre, le système de la reconstruction par l’État a été appliqué ailleurs sur une grande échelle : dans les villes du littoral par exemple, à Ypres, dans les provinces de Liège, de Namur et de Luxembourg : environ 7200 maisons pour une somme de 314 millions approximativement ont été reconstruites dans ces conditions ou sont en reconstruction.
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- Outre de nombreuses localités de moindre importance, dans la Flandre occidentale ou dans les autres provinces, où les restaurations ont marché à bonne allure si bien que la vie y a repris son cours normal, on peut citer, parmi les villes les plus importantes que les Services de l’Office des régions dévastées ont fait renaître de leurs ruines, Ypres, Fûmes, Roulers, Dinant, Visé, etc.
- Le déblaiement et la réfection des rues, l’enlèvement des ruines, la reconstruction des édifices publics — Ypres, à cet égard, est un joyau, on le sait — celle des habitations publiques et la reconstitution des réseaux d’égouts et de canalisations d’eau de ces grandes mutilées étaient, cela va de soi, le gros de l’œuvre à accomplir; les Services de l’Office des Régions dévastées ont, à côté de cela,
- Fig. 7. — Habitation reconstruite dans le Luxembourg belge
- réalisé quelques tâches très intéressantes ; sont à citer, en particulier, la construction de ce que l’on a appelé les habitations semi-définitives et la construction des cités ouvrières.
- L’habitation semi-définitive est une habitation de construction simplifiée, réalisée au moyen de matériaux à bon marché ; une ossature en bois, des murs en pisé, par exemple ; on a standardisé les ossatures, les portes, les fenêtres, etc., ainsi que les plans et méthodes d’exécution, si bien que l’on parvient à construire pour 8000 à 10 000 francs, prix qui est du même ordre que celui des baraquements, des habitations de 9 m. sur 6, et comprenant une salle commune, une laverie, trois chambres à coucher, un réduit, un grenier, avec une fosse d’aisances en béton armé; l’ossature, qui vaut
- 2000 francs, est donnée à titre de prime ; 3750 habitations de cette espèce ont été exécutées jusqu’à présent, dont 525 environ montées sous le contrôle de l’Office, à titre de modèles.
- Quant aux cités ouvrières, 1 e-dification en a été entreprise dans plusieurs localités industrielles, en vue du remplacement de quartiers anciens détruits et
- qu’il n’était pas possible de reconstruire, les exigences de l’hygiène s’y opposant formellement; des cités ouvrières sont en construction à Roulers, à ’ Ypres, à Nieuport, à Moorslede, à Gomines, à Zonne-beke, à Dixmude; les plus typiques sont celles de Roulers, d’Ypres et de Nieuport; les deux premières sont en partie habitées déjà; en tout, 625 habitations y sont prévues.
- Par la construction de ces habitations ouvrières et des semi-définitives, l’Office des Régions dévastées a, peut-on dire, complété le cercle de son activité.
- On admet qu’à l’heure actuelle, en comptant les travaux de restauration et de reconstruction entrepris par l’initiative privée, les 2/3 approximativement des reconstructions et restaurations sont terminées ou en cours et que, dans 2 ou 3 ans, au plus, la restauration de la Belgique sera virtuellement terminée. Ge qu’il en aura coûté au pays d’efforts et de fonds, il n’est pas encore possible de le dire.
- Henri Marchand (1).
- 1. Je dois une partie des documents photographiques illustrant celte note à MM. les Hauts Commissaires Hoyaux, baron Delvaux de Fenll'e, à Liège, et Moreau, à \pres.
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- LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS DU CINÉMATOGRAPHE
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- La vulgarisation croissante de la cinématographie la fait utiliser dans un grand nombre de cas nouveaux où, hier encore, on ne soupçonnait pas qu’elle pût rendre des services. Le cinéma pénètre largement aujourd’hui dans les laboratoires, les écoles, l’armée, etc. D’autre part, l’engouement du public pour les spectacles animés ne fait que croître. Si bien que l’industrie cinématographique se trouve constamment en face de besoins qui l’obligent à des adaptations variées du matériel qu’elle construit.
- C’en est Uni de l’appareil cinématographique à tout faire de l’époque de Marey, Demeriy, etc. 11 faut maintenant, je ne dirai pas autant d’appareils que d’applications, mais au moins des types très divers allant du cinéma de la salle des grands boulevards de Paris, machine à grand rendement, tournant toute la journée presque sans interruption, au cinéma d'école qui doit forcément être simple et peu coûteux.
- Laissant de côté ici les adaptations très spéciales dont La Nature a maintes fois entretenu ses lecteurs : cinéma ralenti, cinéma ultra-rapide, cinéma microscopique, cinéma en couleurs, et bientôt peut-être cinéma en relief, nous signalerons surtout les
- Fig. 2. — L’appareil Pathé-Mundial pour professionnels
- Fig. i. — Schéma d’un poste professionnel.
- perfectionnements et les simplifications qu’il a fallu réaliser pour adapter le cinéma à l’enseignement et obtenir un appareil simple, de fonctionnement sûr, pouvant être confié à n’importe quel opérateur, même peu au courant de la mécanique.
- Nous prendrons comme exemple le dernier appareil conçu et réalisé par les établissements Contin-souza sous le nom de « Pathé-Mundial ».
- L’appareil se présente sous deux formes différentes suivant qu’il est destiné à un poste professionnel ou à une école.
- Le poste professionnel comporte un pied de fonte A (fig. 1) surmonté d’une pièce de fonte pivotante B permettant l’orientation verticale de la projection ; celle-ci porte la boite C sur laquelle sont fixés le moteur F, sa résistance G, la lanterne H avec lampe à arc et l’appareil de projection D surmonté de la boite à films E. Le tout forme un. ensemble trapu et entièrement protégé dans lequel le film passe à l’abri des tiraillements et de la poussière (fig. 2).
- Le poste d’enseignement, beaucoup plus petit, se place sur une table (fig. 5). Le socle en fonte A supporte la boîte B surmontée de la lanterne E éclairée par une lampe à incandescence et de l’appareil de projection D qui domine la boite C. Gomme le poste professionnel, le poste d’enseignement est complètement fermé de façon à protéger le film pendant tout son parcours (fig. 4) et supprimer les risques d’incendie. ' .
- Nous n'étudierons pas en détail l’ensemble de ces postes dont la partie la plus intéressante est
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- l’appareil de projection. Nous signalerons seulement les points particuliers par lesquels ils diffèrent des réalisations antérieures.
- Arrêt du film. — On a désiré arrêter la projection sur une image quelconque, de façon à transformer la vue animée en vue fixe quand un détail doit être observé longuement et avec soin.
- La possibilité d’exposer une image de la pellicule arrêtée a entraîné dans l’appareil un certain nombre de transformations. En effet, si l’on utilise une source lumineuse d’intensité assez grande, il est impossible d’immobiliser la bande cinématographique pendant plusieurs minutes ni même quelques secondes, sans en déterminer l’inflammation.
- On avait déjà utilisé dans ce but des cuves remplies d’un liquide à haute température d’ébullition, des verres colorés spéciaux, des dispositifs électriques faisant entrer des résistances dans le circuit de la source lumineuse au moment de l’arrêt de la bande, etc. Tous ces dispositifs ont l’inconvénient d’absorber une assez grande quantité de lumière qui est presque proportionnelle à la quantité de chaleur absorbée et il en résulte deux graves inconvénients : 1° on est, dans le cas d’arrêt de la bande, limité à l’utilisation d’une faible quantité de lumière frappant l’image, et par suite à un écran de surface réduite; 2° on provoque entre la projection animée et la projection fixe du film des différences d’éclairement d’écran assez sensibles.
- Le procédé le plus pratique pour obtenir la réfrigération de la bande pendant son immobilisation devant le faisceau lumineux est, de beaucoup, celui qui consiste à souffler de l’air sur le film. Cette façon de faire permet, si l’on a besoin de laisser tourner l’obturateur de l’appareil pendant l’arrêt de l’image, d’obtenir un écran toujours éclairé de la même façon.
- Le problème mécanique qui se pose lorsque l’on veut obtenir un tel résultat est le suivant. Dans un appareil dont tous les mobiles sont calés angulaire-ment l’un par rapport à l’autre il s’agit d’arrêter la partie du mécanisme qui sert à l’entraînement du film et de la remettre eh route au bout d’un temps variable à la volonté de l’opérateur sans, pour cela, nuire au synchronisme entre la période d’escamotage de la croix de Malte et l’obturation. Ce résultat a été obtenu au moyen d’un embrayage qui tout en étant positif possède un système amortisseur per-
- mettant de supprimer les chocs dus aux inerties des pièces à remettre en mouvement au moment du passage de la projection fixe à la projection animée.
- L’insufflation d’air pouvait être faite soit par un ventilateur venant se greffer sur l’appareil et entièrement constitué, ce qui entraîne une complication de mécanisme; soit en utilisant le mécanisme de l’appareil lui-même, ce qui diminue les chances de non-fonctionnement. C’est cette deuxième solution qui a été adoptée. L’obturateur est utilisé pour la ventilation; sa forme et sa position conviennent d’ailleurs très bien à cette utilisation.
- Un dispositif de débrayage permet d’immobiliser par une manoeuvre simple de levier les organes d’entraînement du film, l’obturateur continuant à tourner entraîné par la commande au moteur ou à la main.
- L’obturateur joue en même temps le rôle de ventilateur et refroidit énergiquement le film pendant cette opération. L’éclairement de l’image de projection fixe est de ce fait de même intensité que celle de la projection animée. On est parvenu avec cette disposition à protéger le lilm contre toute détérioration causée par la chaleur émanant des sources lumineuses fournies par les lampes à incandescence les plus puissantes actuellement utilisées en projection cinématographique et même par l’arc jusqu’à une intensité de 50 ampères.
- Un dispositif spécial commandé par un levier permet de présenter devant la fenêtre une série d’images consécutives et de les faire défiler sur l’écran à une allure quelconque, leur durée d’exposition variant à la volonté de l’opérateur.
- Ces deux derniers perfectionnements sont particulièrement intéressants dans le cas de l’emploi de l’appareil pour l’enseignement.
- Obturateur, — L’obturation, dans les appareils cinématographiques, subit les mêmes lois que dans l’appareil photographique ; dans tous ces appareils, la position de l’obturateur ne doit pas être quelconque. Les obturateurs donnant les meilleurs résultats sont, comme on le sait, de deux catégories, obturateurs d’objectifs et obturateurs de plaques. On ne peut songer dans les appareils cinématographiques à utiliser les obturateurs d’objectifs, ceux-ci devant théoriquement passer au centre optique de l’objectif provoqueraient de par leur mouvement des entraînements de poussières qui rendraient difficile l’entretien en état de propreté du système optique.
- Fig. 3. — Schéma d’un poste d’enseignement.
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- D’ailleurs les objectifs utilisés en projection sont de longueurs focales très variées et par conséquent doivent être placés à des distances variables du film à projeter : on conçoit de ce fait la difficulté qui se présenterait pour commander un obturateur placé dans de telles conditions. L’obturateur de plaque est beaucoup plus simple à réaliser.
- Dans les anciens appareils de projection cinématographique l’on avait l’habitude de mettre l’obturateur en avant de l’objectif aussi près que possible de celui-ci. Cette façon de faire avait l’inconvénient de placer l’obturateur dans une position dangereuse pour sa sécurité (cet organe étant généralement fragile) et pour son réglage, un léger choc pouvant fausser l’axe et l’obturateur en saillie sur l’appareil.
- De l’examen de ces différentes considérations, on a abouti à réaliser les conditions suivantes :
- 1° Mécanisme d’obturation permettant de l’assimiler à un obturateur de plaque; 2° Encombrement réduit permettant de le loger dans l’appareil et par suite de le protéger ; 5° Forme appropriée à l’utilisation éventuelle de l’obturateur comme ventilateur.
- La figure 5 montre de quelle manière a été réalisé l’obturateur. C’est un tronc de cône dont les génératrices ( I ) servant à l’obturation viennent pendant la rotation tangenter un plan vertical parallèle au film et aussi rapproché que possible de celui-ci. Il est muni d’ailettes (2) lui permettant de faire office de ventilateur et se trouve enfermé dans une carcasse (3) de forme appropriée qui en fait un ventilateur
- Fig. 5. — L’obturateur-ventilateur.
- Fig. 4.— L’appareil Pathé-Mundial pour enseignement.
- complètement constitué dont l’aspiration se fait par le centre et le refoulement contre le film.
- Cadrage fixe. — Le choix du cadrage du film pendant son passage devant l’objectif a une importance au double point de vue du rendement et de la valeur de la projection. Le cadrage mobile, en effet, a l’inconvénient de nécessiter une dépense de lumière plus grande et d’entraîner une obturation plus mauvaise. Les différents systèmes de cadrages fixes employés jusqu’à ce jour peuvent se classer en trois catégories :
- 1° Cadrage par déplacement de tout ou partie du mécanisme d’entraînement ; 2° Cadrage par rotation de la croix autour du doigt ; 5° Cadrage par rotation du doigt autour de la croix.
- Les types 1 et 2 ont l’inconvénient d’éloigner le tambour de croix de l’extrémité des aciers, pour certaines positions au cadrage et de laisser entre eux une certaine longueur de film non maintenu entre-le châssis presseur et les aciers, ce qui nuit à la fixité de la projection.
- Le troisième type bien préférable aux deux autres offre cependant un inconvénient qu’il fallait supprimer. Le fait de déplacer l’axe du doigt d’entraînement autour de la croix pour imprimer à celle-ci un mouvement de rotation entraîne un décalage du doigt par rapport à la période d’obturation; ce décalage des deux organes doit être corrigé et il ne
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- l’a été, jusqu’à présent, qu’au prix de grosses complications mécaniques.
- Le système de cadrage employé se caractérise en ce que la rotation du tambour denté et par suite de la croix autour de son axe n’entraine aucune perturbation dans le synchronisme entre le système d’entraînement du film et le système d’obturation ; le problème mécanique réalisé est la supression des réactions angulaires qu’un pignon central imprime à son satellite dans un mouvement planétaire. Ces réactions sont absorbées par un mouvement de translation sur son axe du pignon central.
- Graissage automatique. — Pour un appareil destiné à être mis entre toutes les mains, même Inexpérimentées, le problème du graissage était capital et a conduit à adopter un système de graissage automatique de grande simplicité. Le bas de l’appareil faisant office de réservoir d’huile, les pignons et roues dentées servant à l’entraînement des différents organes, sont répartis de telle sorte qu’ils élèvent l’huile à la partie supérieure de l’appa-
- reil où un lécheur la recueille et la fait ruisseler le long de la toile centrale du bâti sur tous les organes. Il n’y a donc aucune tuyauterie et aucun danger d’obstruction et de non-fonctionnement.
- Grâce à ces divers perfectionnements, l’appareil Pathé-Mundia se présente extérieurement comme un bloc blindé où rien n’apparaît, où tous les mécanismes et le film sont à l’abri de la poussière.
- Intérieurement, son système d’obturateur-ventilateur à une seule aile couvrant 180° et tournant trois fois plus vite que dans les appareils habituels donne une projection nette, sans scintillements, que l’on peut arrêter à volonté sur telle ou telle image.
- Au point de vue mécanique, c’est une merveille de construction, surtout si l’on ajoute que toutes les pièces sont assemblées sans goupilles, de façon à pouvoir les changer rapidement.
- Un tel appareil montre bien tous les progrès accomplis depuis les appareils photographiques de Muybridge, le fusil photographique de Marey, voire même son pholo-chronographe. A. B.
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- Nous avons rarement lu une relation aussi intéressante que celle qu’a publiée récemment le Zoo-logical Society Bulletin, sous ce titre : la Vie d’un Gorille dans la Civilisation. C’est un docitment que nous aurions aimé à traduire en entier, sans craindre de lasser l’attention de nos lecteurs.
- L’auteur est Miss Alyse Cunningham. Son neveu, le commandant-aviateur Rupert Penny, de l’armée anglaise, fit, en décembre 1918, l’acquisition d’un jeune gorille, âgé apparemment de moins de trois ans, que le capitaine d’un navire français avait apporté du Gabon, et qui venait de passer quatre mois dans un magasin de nouveautés de Londres, auquel il servait de réclame vivante. Enfermé dans une cage spacieuse, il faisait les délices de la clientèle. Un peu avant Noël, il contraeta l’influenza. Quand le Major Penny l’acheta, dans un but purement scientifique (pour, étudier les facultés intellectuelles des grands singes anthropomorphes), la maladie l’avait affaibli et amaigri : il ne pesait que 32 livres et ne pouvait se dresser sur ses jambes qu’au prix d’un effort.
- Jean Gorille fut transporté dans l’hôtel particulier que Miss Cunningham et son neveu occupaient à Londres (15, Sloane Street). On. lui prépara une petite chambre dont les deux pdl-tes furent remplacées par des barreaux. L’une des fenêtres fut enlevée et l’ouverture fut barricadée par plusieurs épaisseurs de mousseline destinées à filtrer l’air extérieur. La « cage » fut chauffée à l’aide d’un radiateur électrique.
- La santé du malade s’améliora rapidement. Mais il passait presque toutes lès nuits à crier, terrifié par la solitude. M. Penny se décida à faire installer
- son lit dans la chambre contiguë et, dès ce jour, John Gorilla se montra satisfait. Il dormit mieux, mangea de meilleur appétit, engraissa à vue d’œil.
- « Je ne tardai pas, écrit Miss Cunningham, à m’attacher, à John. Je lui lavais la face, les mains et les pieds deux fois par jour, peignais et brossais son poil, ce qu’il essaya bientôt de faire lui-même, chaque fois qu’il pouvait s’emparer du peigne et de la brosse. Mon ambition était de l’admettre le plus tôt possible dans le cercle de la famille, et j’entrepris de lui faire contracter des habitudes de propreté... »
- 11 ne fallut pas moins de six semaines pour lui faire comprendre ce qu’on attendait de lui et, dès qu'il l’eut compris, on put lui ouvrir sa cage et le laisser libre de ses mouvements. Sur ce chapitre de la propreté, il ne commit plus jamais un oubli. Tournant le bouton de la pièce où il se trouvait, il grimpait au second étage, s’enfermait dans le balhroom et, dignement, redescendait au salon !
- Son appétit avait de curieuses exigences. A part le lait tiède, il se lassait rapidement d’une nourriture.
- Il aimait à choisir parmi une grande variété de fruits : bananes, oranges, raisins, dattes, fraises, framboises, etc. Mais il préférait les fruits légèrement chauffés. Il refusait tout fruit qui avait été coupé depuis une ou deux heures, et repoussait également un pot de confiture entamé de la veille. Il aimait les roses, moins pour leur odeur que pour leur saveur, mais ne les mangeait que fraîches. Il grignotait avec plaisir les bourgeons des arbres.
- Quand on lui présenta pour la première fois une noix de coco, il comprit de suite qu’elle contenait quelque régalret il tenta de la briser en la cognant
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- contre le parquet. Après de vains efforts, il la rapporta à ses maîtres et leur fit comprendre ce qu’il attendait de leur intervention. Ils lui offrirent un marteau, qu’il apprit à utiliser dans ce but.
- Il était très llatté de recevoir des visites, prenait les personnes par la main, et leur faisait visiter les chambres de l’étage. S’il remarquait une sensation d’effroi chez un visiteur, il éprouvait du plaisir à bondir autour de lui et a lui donner des bourrades sur les jambes; ses traits reflé-laient alors comme une joie moqueuse.
- Il prit rapidement — si l’on me permet l’expression — des habitudes de cabotinage.
- Très sensible à l’admiration du public, il ouvrait lui-meme une fenêtre et s’exhibait devant la foule amassée devant la maison, témoignant de sa satisfaction en battant la caisse sur sa poitrine, de ses deux mains à moitié fermées.
- Il comprenait fort bien le danger que l’on court en se penchant sur le vide.
- Quand des personnes se penchaient à une fenêtre près de lui, il les repoussait. S’il était alors éloigné d’elles, il accourait, très ému, et les tirait en arrière.
- Un de ses jeux favoris était de se prétendre aveugle.
- Les paupières étroitement closes, il courait alors dans l’appartement, en heurtant tables et chaises. 11 aimait à vider la corbeille aux papiers, dont il étalait le contenu sur le parquet et, dès qu’il en recevait l’ordre, remettait le tout, morceau par morceau, dans le panier, mais sans enthousiasme.
- Il adorait les enfants et montrait un vif attachement envers une nièce de Miss Cunningham, une fillette de trois ans. Il jouait avec elle pendant des
- heures et semblait comprendre ce qu’elle désirait lui voir faire. Si l’enfant se mettait à pleurer, il s’ingéniait à la distraire,
- Jamais il ne manifesta le désir de s’évader. Ses maîtres l’emmenèrent par le train à leur maison de campagne « comme un voyageur quelconque », sans le tenir en laisse. Ils constatèrent que les promenades à travers champs, ou en terrain découvert, déplaisaient à cet « homme des bois ». Mais il
- aimait les excursions en forêt et les flâneries dans le jardin de la propriété.
- La vue d’un mouton, d’une vache ou d’un cheval l’épouvantait ; cependant, il prenait un plaisir manifeste à se trouver en présence de jeunes animaux : poulains, veaux et agneaux, Il se comportait fort décemment aux repas, pris en famille, se servait sans précipitation, mangeait peu et lentement.
- Il n’avait pas de penchant pour le pain, sauf au thé de l’après-midi, où il mangeait volontiers une tartine de confiture.
- Il buvait beaucoup d’eau, qu’il allait prendre dans sa timbale au robinet, qu’il n’oubliait jamais de refermer.
- Son maître, pour lui faire faire de l’exercice, imagina des parties de cache-cache du haut en bas de la maison, le matin et le soir. Jean Gorille. affectionnait ce jeu, et, pour traduire ici une expression de l’auteur, se tordait de rire, quand c’était à son tour d’être poursuivi. Mais il appor-. tait à ce jeu une extrême prudence : quand il avait à traverser une pièce obscure, il n’y péné-, trait qu’après avoir tourné le boulon de la lumière électrique !
- Il se couchait régulièrement à 8 heures, montait seul dans sa petite chambre, contiguë avec celle du Commandant Penny, et s’étendait dans son lit. S’il
- Fig. i. — Jean Gorille, monté au Muséum of Natural Hfitory.
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- Fig. 2. — Le gorille dans sa cage.
- avait à se lever la nuit, il se recouchait, après avoir remis en ordre les couvertures. De grand matin, il s’amusait, comme font les enfants, à se dresser sur la barre du lit et à faire la culbute sur le matelas.
- Il aimait à prendre un bain chaud et à s’épon-ger.
- Miss Cunningham insiste sur ce point important : ni elle ni son neveu ne cherchèrent à faire de lui un animal savant. S’il apprit à exécuter certains actes par esprit d’imitation, il acquit d’autres habitudes spontanément, ou, si l’on préfère, par raisonnement.
- L’auteur cite deux traits qui donnent la mesure des facultés mentales de Jean Gorille. Un jour que Miss Cunningham s’était habillée pour aller en visite, le singe s’approcha pour s’asseoir sur ses genoux.
- — Non! fit-elle en le repoussant, car elle craignait qu’il n’abîmât sa robe claire.
- Il tomba sur le parquet, et se mit à pleurer et à gémir, comme un enfant. Puis, se relevant, il regarda autour de lui, aperçut un journal, l’ouvrit, l’étendit sur les genoux de sa maîtresse et s’y installa câlinement. Quatre personnes, outre l’auteur, assistèrent à cette scène.
- Le second trait n’est pas moins curieux. Le boucher venait d’apporter un filet de bœuf. De temps en temps, Miss Cunningham donnait au gorille une petite bouchée de viande crue et, cette fois, elle lui offrit une parcelle de la partie la moins line de la pièce.
- « Il y goûta, conte l’auteur, puis me rendit gravement le cadeau, et, prenant ma main, la posa sur la partie la plus tendre du blet. J’en découpai un lambeau, qu’il mangea de bon appétit. A son retour, mon neveu accueillit mon récit avec incrédulité. Je recommençai donc l’expérience, et avec les mêmes résultats, sauf que John se dispensa de goûter au morceau de viande de qualité inférieure ».
- Malheureusement, Miss Cunningham et son neveu, à ,leur grand regret, durent se résoudre à se séparer de leur élève, dont ils étaient devenus les esclaves. Ils avaient cherché en vain quelqu’un qui pût s’en occuper en leur absence, et ils acceptèrent les offres d’un Américain, sur l’assurance que Jean Gorille coulerait des jours heureux dans un parc privé en Floride.
- Ils apprirent trop tard la vérité : l’anthropomorphe était acheté en réalité parle directeur d’une ménagerie ambulante.
- Et, quelques semaines après la cruelle séparation, à la fin d’avril 1921, le pauvre singe mourait de chagrin à New-York.... Sa dépouille fut achetée par Y American Muséum of Natural Jlislory et montée par les artistes de cette institution. Nous en reproduisons la photographie, que nous devons h la courtoisie de notre confrère new-yorkais, Natural llis-iory (fig. 1). V. Forbin.
- Fig. 3. — Jean Gorille se frappant la poitrine.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2526. ...—-... ..................2 SEPTEMBRE 1922
- LES CONSERVES INDUSTRIELLES DE POIS EN BOÎTES
- Grâce aux perfectionnements apportés dans leur outillage, les usines françaises de conserves de pois en boites ont pris une assez grande importance au cours des dernières années. Les nouvelles machines, qui y remplacent une main-d’œuvre saisonnière de plus en plus rare, ont permis à ces établissements d’abaisser leur prix de revient et de se livrer à une fabrication intensive, tout en obtenant des produits de meilleure qualité.
- Aujourd’hui, en effet, la conservation des ali-
- la propreté' joue un rôle primordial dans la préparation de mets destinés à être gardés en réserve pour une consommation plus ou moins lointaine.
- En définitive, pour conserver les aliments, il faut, d’après des théories pastoriennes, empêcher leur fermentation. Jadis, afin d’atteindre ce but, on n’utilisait guère que les antiseptiques comme le sel, le sucre ou le vinaigre, — quitte à faire perdre aux produits ainsi traités leur aspect et presque toute leur saveur. Mais actuellement, au moins pour
- Fig. i. — Installation de plain-pied pour la réception, Vècossage et le criblage des pois à l’usine Olida
- à Levallois-Perret.
- ments repose sur des considérations scientifiques. Au lieu de recettes séculaires et empiriques, les techniciens de cette industrie emploient maintenant des méthodes rationnelles, pour empêcher les denrées de se putréfier. Ils s’adressent à la dessiccation, à la salaison, à la stérilisation et au froid pour mettre légumes ou poissons, viandes ou fruits à l’abri des altérations microbiennes, tout en respectant leurs qualités nutritives. Les spécialistes de la conserve connaissent à présent leurs plus terribles ennemis: les infiniment petits. Ils n’ignorent plus les conditions qui favorisent oü qui gênent le développement des bactéries; ils savent comment ces êtres minuscules supportent les diverses températures, l’humidité, les réactions de milieux, etc. Surtout l’expérience journalière leur a enseigné que
- les légumes, on se sert le plus souvent, de la méthode inaugurée par François Appert et qui consiste à les soumettre à l’ébullition, dans des récipients hermétiquement clos.
- On applique, en particulier, ce procédé sûr au Pois (Pisum sativum L.) dont les conserves se fabriquent à présent sur une très vaste échelle el auxquelles nous nous proposons de consacrer l’étude suivante. La culture de cette savoureuse Légumi-neuse se pratique en plein champ, dans diverses régions de notre pays, principalement aux environs des grandes villes du centre, de l’ouest et du midi (Paris, Limoges, Le Mans, Nantes, Bordeaux, Quimper, Romorantin, Yilleneuve-sur-Lot, Toulouse, Avi gnon, Cavaillon, etc.).
- Pour distinguer, ‘parmi les nombreuses races
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- 50* Année, — 2* Semestre.
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- LES CONSERVES INDUSTRIELLES DE POIS EN BOITES
- naines et demi-naines de pois à écosser, les mieux appropriés à une telle destination, le Comice agricole de Yilleneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) poursuivit, il y a quelques années, une série d’expériences comparatives sur diverses variétés à grains ronds et voici les utiles indications qu’elles fournirent aux intéressés. Le Serpette ou Pois crochu vert, introduit en France par un sélectionneur anglais, M. Laxton, se révéla vigoureux et très productif, mais moins précoce que les autres variétés ; ses cosses longues de 7 â 9 cm, droites avec une pointe courte et brusquement recourbée, donnent de gros grains un peu oblongs et restant vert foncé à la maturité.
- De même, le Pois d'Auvergne, voisin du précédent, est une bonne espèce à cultiver en vue de la conserve. Race peu difficile comme terrain, elle se distingue par la finesse de ses grains, de grosseur moyenne, très ronds et qui, mûrs, prennent une coloration blanche légèrement saumonée.
- Le Pois de Clamart, dont les cosses ne dépassent guère 5 à 6 cm de longueur, et renfermant chacune 6 h 8 grains aplatis sur deux faces, convient surtout pour les conserves de choix. Très estimé, il arrive sur le marché au début de la deuxième saison. De son côté, le Poids Michaux de Hollande se place en tête de tontes les variétés de grande culture, précoces et rustiques. Sa tige mesure 1 m. de hauteur en moyenne, ses cosses un peu courles mais bien remplies, renferment 8 à 9 grains moyens presque ronds et blancs à la maturité. Quant au Pois Léopold II, dont les cosses se forment et se remplissent avec rapidité, il craint la sécheresse ; en outre, comme sa floraison ne se prolonge pas plus d’une quinzaine de jours, il donne une récolte qu’il faut traiter rapidement,
- sous peine de voir les grains sécher très vite.
- Dans les environs de Nantes où se trouvent d’importantes fabriques de conserves de légumes, on rencontre encore le Prince Albert, le plus précoce de tous les pois de France. Sa tige grêle ne dépasse pas 80 cm de hauteur ; elle porte 6 à 8 étages de cosses droites, longues de 4 à 5 cm, larges de 12 mm., un peu carrées du bout et qui contiennent chacune G à 7 grains très ronds, restant un peu verdâtres ou prenant une teinte saumonée, lors de leur maturité. On voit aussi, chez les maraîchers de la Loire-Inférieure, du Morbihan et de nos départements du sud-ouest, des variétés très voisines du Prince Albert : le Pois caractacus, moins précoce mais plus productif que lui, le Pois Express qui s’en distingue surtout par la couleur glauque de ses grains et le Pois Alaska aux cosses longues de 7 à 8 cm, renflées, droites, renfermant en moyenne 6 grains verts ronds, un peu plus gros et plus colorés que ceux de l’Express.
- D’une façon générale, on choisit, pour la culture des pois, destinés aux usines de conserves, des terres fertiles et de consistance moyenne, sur lesquelles, après avoir répandu du fumier frais, on passe la charrue brabant, Une fois ce labour achevé, on y met comme engrais, un mélange à base de potasse et d’acide phosphorique. On herse ensuite. Après quoi, on rayonne le champ, en lignes distantes de 60 cm les unes des autres et entre lesquelles on sème, de février à mars, des pois nains et demi-nains par paquets de 7 à 8 grains, à 15 cm environ d’intervalle sur la ligne. On recouvre alors au râteau et après la levée on procède à un binage avec la houe à cheval et plus tard, lorsque les
- Fig. 3. — Une machine à écosser à grand rendement.
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- Fig. 4. — Bassines basculantes chauffées à la vapeur pour blanchir
- les pois.
- plantes atteignent 15 cm de hauteur, on bine une seconde fois avec la houe à main et souvent, au cours de la végétation, les pois reçoivent un buttage sérieux afin d’entretenir la fraîcheur et de donner de la vigueur aux plantes.
- D’autre part, pour échelonner les récoltes, les horticulteurs effectuent des semis successifs avec des variétés à précocité différente. Par exemple, on sème d’abord des Alaska, puis des Express, des Michaux de Hollande et des pois de Clamart. Les maraîchers répartissent ainsi mieux la main-d’œuvre et espacent leurs envois aux fabriques sur deux à trois mois. Généralement, la cueillette commence vers la première quinzaine de juin, quand les grains sont suffisammentformés, sans avoir atteint toutefois leur entier développement. La plupart des producteurs français confient ce travail à des femmes (fig. 2), chacune d’elles pouvant ramasser 5 à 8 kg de pois par heure, selon son habileté et l’état des cultures. Elles doivent d’ailleurs procéder à la récolte, juste au moment voulu, c’est-à-dire lorsque les gousses ont pris une coloration verte caractéristique ; si on les cueille tardivement, les grains jaunissent, durcissent et deviennent trop gros, ce qui en diminue beaucoup la valeur pour la vente aux fabricants.
- Après leur cueillette, les pois sont ensachés, puis acheminés, le plus vite possible, vers les usines. Là, différentes machines vont s’en emparer successivement pour les écosser, les classer, les cuire et les mettre en boîtes. En outre, pour réaliser une conserve de choix, on part non seulement de produits fins, mûrs et bien frais, mais encore on les traite avec autant de rapidité que de soins. Il ne faut pas blesser les grains au cours de l’écossage. On doit assurer leur parfait nettoyage pour ne pas avoir de jus trouble et leur criblage rigoureux afin d’obtenir le rendement maximum dans les qualités
- fines. On opère ensuite leur cuisson d’une manière très régulière d’après leur grosseur et leur maturité et les industriels dosent exactement l’emboîtage, afin de ne pas tromper les acheteurs, tout en sauvegardant leurs intérêts.
- Dans les grandes fabriques de conserves de pois, les manutentions s’effectuent aujourd’hui d’une façon plus ou moins automatique afin d’abaisser le prix de revient et de fabriquer vite pour empêcher la marchandise de se déprécier. Aussi dans les installations de plain-pied (fig. 2), on verse les sacs de pois sur une petite plate-forme près de laquelle se tient une ouvrière, qui les pousse sur un toboggan, destiné à les élever automatiquement jusqu’au sommet de la machine à écosser. Cette femme, tout en alimentant l’élévateur, enlève les mottes de terre, pierres et autres impuretés qu’elle aperçoit parmi les cosses. A leur arrivée dans récos-seuse Navarre, celles-ci tombent dans un tambour rotatif cylindrique dont la paroi est perforée et à l’intérieur duquel se meut un arbre, muni de trois croisillons soutenant des lattes en bois disposées en hélice. Le cylindre et les tringles hélicoïdales tournent en sens inverse forçant, les cosses, roulées ainsi sur elles-mêmes et prises entre des surfaces animées de déplacements contraires, à s’ouvrir pour laisser échapper les grains par les trous du tambour.
- Les cosses vides sont alors poussées vers une des extrémités de la machine où se trouve une planche trépidante inclinée, qui les déverse dans une goulotte d’évacuation. Les grains tombent, d’autre part, dans un cribleur situé au-dessous de l’écosseuse et qui les divise en un certain nombre de grosseurs.
- Il existe plusieurs types de ces appareils et quelquefois la machine à écosser est séparée du cribleur.
- Fig. 5. — Grand cribleur classant les pois en 5 catégories : extra-fins, fins, mi-fins, moyens et gros.
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- Par exemple, dans le modèle d’e'cosseuse Navarre à grand rendement (fig. 5) les sacs de pois sont simplement versés à la main par une ouvrière se-tenant debout sur un balcon, fixé au bâti de la machine. Au sortir du tambour, les grains tombent sur une toile fine qui les déverse dans des boites emportées au cribleur, au fur et à mesure de leur remplissage tandis que les cosses vides s’évacuent latéralement sur un secoueur incliné et de là, dans des paniers. Une femme facilite l’écoulement des déchets et récupère les quelques pois entraînés au milieu des cosses vides. Tous les organes de cette machine sont ingénieusement combinés. Le montage des arbres sur paliers avec roulement de billes assure un mouvement très doux avec le minimum de puissance absorbée et de soins pour le graissage.
- Les commandes principales de transmission se font par chaînes d’aciers travaillant sans fatigue avec réglage de tension, ce qui procure une très grande sécurité au point de vue de l’entraînement.
- Quant à la visite des tambours et de leurs annexes, elle se fait aisément , par les panneaux supérieurs métalliques montés sur charnières et munis de dispositifs les maintenant ouverts à volonté. Aussi la grande écosseuse Navarre, servie simplement par 5 personnes, atteint l’énorme rendement de 3000 à 4500 kg de pois à l’heure, ce chiffre varie naturellement selon la variété et la maturité.
- On porte ensuite les pois écossés dans la trémie d’un grand cribleur (fig. 5) qui les distribue à l’intérieur d’un cylindre de 1 m. 50 de diamètre, en tôle percée de trous, emboutis à l’intérieur et rebordés à l’extérieur. Ces orifices forment ainsi des espèces de cuvettes et facilitent la sortie des grains, qu’abîmaient jadis les bordures aiguës des systèmes de perforation ordinaire. Ce tambour à claire-voie, légèrement incliné sur l’horizontale, comprend 12 compartiments dont les dimensions des ouvertures vont en croissant et il tourne lentement, entraîné par un arbre central muni de roulements -à billes aux extrémités et au milieu de sa longueur. Les cercles d’enroulement des tôles de chacun des segments sont montés sur des bagues que porte Taxe central et Tenseiùhle du trieur reposé sur un solide bâti en fers assemblés, rivés et- boulonnés.
- Au fur et à mesure de leur progression dans le cylindre, les pois se séparent de leurs impuretés et tombent classés par grosseur dans des caisses en bois qu’on dispose sous la machine. Pour la vente, les marchands en gros distinguent leurs produits : en pois extra-fins (cribles nos 22 à 24) d’un diamètre moyen de 6 mm; en pois fins (cribles nos 25 et 26), diamètre moyen 7 mm ; en pois mi-fins (cribles 27 et 28), diamètre 8 mm environ; en pois moyens (crible n° 29), diamètre moyen 9 mm et gros pois renfermant les grains d’un diamètre supérieur à 9 mm 4.
- Pour les établissements moins importants, la maison Navarre et fils, de Paris, construit plusieurs modèles de machines à écosser dont le débit varie
- de 100 à 2000 kg de pois en gousses à l’heure. Il existe également des cribles diviseurs plus petits à 6, 8 ou 10 compartiments. Tous ces appareils reposent sur le même principe et ne diffèrent que par les di-mensions de leurs organes. En outre, comme malgré son habileté , l’ouvrière placée devant la table de l’ccos-seuse ne parvient pas à retirer tous les débris des gousses mélangés aux grains, on a imaginé d’annexer à cette machine un ventilateur-nettoyeur, qui, parachevant le travail, enlève les déchets de tous genres, facilite le criblage et permet d’obtenir des jus très clairs.
- Voici nos pois écossés et triés par grosseur, nous allons examiner, à présent, les différentes opérations qu’ils doivent subir pour qu’après cuisson, on puisse .les conserver en boîtes métalliques.
- On commence par les blanchir dans de grandes bassines basculantes chauffées à la vapeur (fig. 4). Les ouvriers versent 50 litres de poids écossés dans autant de litres d’eau bouillante et remuent avec de longues spatules jusqu’à ce que toute la masse commence à bouillir, puis ils laissent l’ébullition se prolonger durant 5 à 8 minutes selon la grosseur des grains. La conduite de cette manipulation exige du doigté de la part des cuisiniers, car un blanchiment normal empêche les jus de se troubler, attendrit les pois, enlève la substance visqueuse de leur enveloppe et permet d’abréger le temps de la stérilisation ultérieure. Une fois les grains blanchis, les hommes les rafraîchissent au moyen d’un courant
- Fig. 6. — Atelier d’emboîtage, de sertissage, et de stérilisation des pois à l’usine Olida.
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- d’eau froide, puis les mettent dans des récipients en fonte émaillée, reposant sur 4 pieds à roulettes et destinés à faciliter leur transport jusqu’à l’atelier d’emboîtage (fîg. 6).
- Dans cette salle, les ouvrières remplissent les boîtes en prenant les pois dans les chariots amenés à proximité des tables et elles ajoutent ensuite la quantité de jus convenable dans chaque récipient. A l’usine de la maison Olida, de Levallois (Seine), les boîtes, déposées dans les plateaux par série de 15, sont mises sur un convoyeur à rouleaux et une fois pleines, les femmes les dirigent par gravité vers les machines à sertir, installées dans la même pièce.
- Pour fermer les boîtes de fer-blanc, dans lesquelles ils mettent les pois, les fabricants les soudent ou mieux les sertissent. Gette dernière opération s’effectue toujours à la machine. Le plus souvent on interpose entre le vase et son couvercle une bague d’étain, puis on place le tout dans la sertisseuse, qui presse les 2 pièces et les fait tourner pendant que plusieurs molettes viennent agir successivement sur le pourtour à clore. Les surfaces à joindre se trouvent alors fortement appliquées l’une contre l’autre, de façon à obtenir un ensemble impénétrable à l’air.
- Après le sertissage, vient la stérilisation. On place les boîtes pleines et fermées dans des paniers métalliques que des engins de levage permettent de mettre dans des autoclaves où on les abandonne pendant une demi-heure environ à la température de 112-115°. Plusieurs types de ces appareils sont munis de serpentin à barbotage, de façon à pouvoir marcher à la vapeur sèche ou avec une certaine quantité d’eau intérieure, utilisait ainsi intégralement les calories et réalisant une sensible économie de charbon.
- Enfin la maison Navarre et fils a conçu récemment une installation en cascades ayant pour but d’opérer, d’une façon entièrement automatique, le travail du pois. A leur arrivée à l’usine, les cosses sont élevées jusqu’au grenier du bâtiment. De là, elles tombent dans les écosseuses sises à l'étage en
- dessous. Les grains sortent de ces machines et arrivent ensuite par des conduites dans les cribles diviseurs du troisième étage, tandis que d’autres tuyaux en bois évacuent les cosses à l’extérieur de l’usine.
- Chaque trieur déverse les pois classés par grosseur, dans un des cuiseurs continus du second étage. Ce blanchiment mécanique,, tout en diminuant la main-d’œuvre, en économisant l’eau et la vapeur, permet d’obtenir une régularité parfaite des produits, à raison de 15000 à 30 000 kg de pois par 10 heures de marche. Enfin au rez-de-chaussée, se trouvent les emboîteuses, sertisseuses et chaudières de stérilisation. Les pois arrivent dans la trémie d’alimentation d’une des emboîteuses automatiques et sont distribués, sans aucune intervention d’ouvriers, dans les boîtes, qu’un réservoir remplit du volume de saumure nécessaire. Un homme règle, par la manœuvre d’un simple volant, les quantités de pois et de jus. La distribution et l’avancement des boîtes s’effectuent sans arrêt pendant qu’au fur et à mesure de leur passage un appareil sertisseur s’en empare pour les boucher. Il ne reste plus qu’à insérer dans l’autoclave, en vue de la stérilisation, les paniers remplis des boites pleines et fermées.
- Ajoutons toutefois que le travail du pois en cascades n’a pas été réalisé jusqu’ici d’une façon complète. Il exige encore une certaine mise au point technique pour les cuiseurs continus et les emboîteuses. Le puissant rendement de ce système dépasse, çroyons-nous, la capacité de production des plus importantes usines françaises de conserves, auxquelles les machines perfectionnées, ci-dessus décrites, suffisent pour l’instant. Souvent aussi, ces fabriques ne possèdent pas assez d’étages pour que le travail en cascades puisse s’y appliquer intégralement; tantôt on l’effectue jusque et y compris le criblage, tantôt jusques et y compris la cuisson. Après quoi, des transporteurs et des élévateurs spéciaux, aménagés selon la disposition des lieux, assurent l’automatisme des opérations ultérieures;
- Jacques Boyer.
- LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES MÉTAUX AUX BASSES TEMPÉRATURES
- La détermination des caractéristiques mécaniques des matériaux, et tout particulièrement celles des métaux, se fait généralement à la température ordinaire : c’est à cette température que les essais sont réalisés le plus facilement et c’est également dans ces mêmes conditions que le plus grand nombre des matériaux sont utilisés.
- Beaucoup d’entre eux sont toutefois soumis lors de leur emploi à des températures très différentes, et les métaux, tout particulièrement, sont communément employés à des températures élevées. On a cherché à déterminer leurs caractéristiques mécaniques à ces températures et l’on est, à l’heure actuelle, assez bien fixé sur leurs variations.
- Les emplois beaucoup moins considérables des matériaux aux basses températures n’ont pas suscité un grand nombre de recherches dans ce sens. Toutefois, en raison des applications du froid artificiel et du développement des constructions aéronautiques, dans lesquelles les aéroplanes sont soumis à des températures extrêmement basses aux hautes altitudes atteintes couramment, il est' hors de doute qu’il y a intérêt à bien connaître comment se comportent les matériaux à ces températures. Il est incontestable qu’ils subissent des modifications profondes et la fragilité que certains d’entre eux prennent après un séjour de quelques instants dans de l’air liquide le prouve clairement.
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- Dès l’année '1904, Dewar et Hadfield avaient procédé à un certain nombre de déterminations sur certains alliages en vue de déterminer comparativement la lénacité et les allongements de ces métaux à la température ambiante et à celle de l’air liquide.
- Ils avaient trouvé que, pour le fer, la ténacité est presque doublée et l’allongement tombe de 20 à 0 lorsqu’on passe de la température ordinaire à celle de l’air liquide.
- Pour les aciers ordinaires et les aciers spéciaux ne renfermant pas de nickel, la ténacité est très fortement augmentée, la ductilité disparaissant complètement ou presque complètement.
- Pour les aciers au nickel (renfermant environ 0,2 p. 100 de carbone), les résultats diffèrent : la ténacité croît toujours en assez forte proportion, mais il suffit d’une très faible quantité de nickel pour atténuer fortement la chute des allongements : pour 0,58 p. 100 de nickel, les allongements ne sont pas complètement annulés; pour 1,92 p. 100, ils ne tombent plus que de 20 à 12; pour 5,82 p. 100 et les teneurs supérieures allant jusqu’à 24,5 p. 100, la ductilité reste pratiquement invariable; des aciers manganèse-nickel, à environ 1 p. 100 de carbone et 6 p. 100 de manganèse, voient également leurs allongements dépendre étroitement de la teneur en nickel, mais il faut atteindre ici la proporlion de 22 p. 100 pour que la ductilité reste constante ; pour des teneurs supérieures, les allongements augmentent; le manganèse atténuerait donc considérablement l’effet du nickel ; quant aux aciers nickel-chrome à haute ténacité, leurs propriétés de résistance à la traction et de ductilité ne varient pas aux basses températures, à part une augmentation de lénacité peu importante pour les faibles teneurs en éléments secondaires.
- Erdin, pour le nickel forgé, 0,09 p. 100 de carbone, la ténacité s’élève de 45 à 73, et les allongements croissent de 45 à 51 ; — pour le cuivre à 99 p. 100, faible majoration de ténacité, allongements constants; — pour l’aluminium à 99,5 p. 100, ténacité presque doublée, forte augmentation des allongements de 7 à 27.
- D’autre part, M. Chevenard, Directeur des Laboratoires des Aciéries d’Imphy, s’était occupé depuis plusieurs années de déterminer les alliages qui paraissaient les plus favorables pour la construction des machines frigorifiques. Il avait notamment trouvé qu’il faut que la teneur en nickel soit supérieure à 50 p. 100 pour que le métal n’offre pas de fragilité à température basse.
- MM. Guillet et Cournot viennent de reprendre ces essais et d’en rendre compte, dans une des dernières réunions de l’Association Franco-Delge pour Fessai des Matériaux. Ces essais ont été exécutés par les deux distingués expérimentateurs avec d’autant plus d’intérêt que l’un d’eux, capitaine aviateur pendant la guerre, en était revenu avec l’idée que des ruptures de longerons d’avions en duralumin avaient eu pour cause les basses températures auxquelles ces pièces avaient été soumises aux hautes altitudes.
- MM. Guillet et Cournot ont opéré aux températures de — 20°, obtenue par un mélange de glace et de chlorure de calcium ; —80°, obtenue par la neige carbonique ; —190°, obtenue par l’air liquide, sur du fer électrolytique, des aciers ordinaires, des aciers spéciaux au nickel et nickel-chrome, des ferro-nickel, du cobalt, du cuivre, des laitons, de l’aluminium, des alliages d’aluminium et zinc et du duralumin (alliage d’aluminium, cuivre, magnésium et manganèse).
- Ils ont d’abord mesuré la dureté en procédant à un essai à la bille, l’éprouvette de métal étant maintenue
- dans le milieu réfrigérant au moyen d’un dispositif spécial qui se composait d’une sorte de petit calorimètre placé sur le plateau de la machine; l’échantillon était sorti du récipient réfrigérant et rapidement transporté dans la petite cuve de l’appareil préalablement refroidi, où on le centrait automatiquement en engageant sa base dans une cavité circulaire ménagée dans la plaque de fond; l’espace disponible était immédiatement rempli du liquide ou du mélange réfrigérant; au bout de quelques instants, on effectuait l’essai; la lecture du diamètre de l’empreinte se faisait à la température ambiante.
- Ils ont ensuite déterminé la résistance au choc au moyen d’un mouton rotatif Guillery. Par suite de l’impossibilité de réaliser un dispositif analogue au précédent, la température de l’essai était très légèrement supérieure aux températures de refroidissement. Le disque de la machine étant lancé, on retirait très rapidement l’éprouvette du mélange réfrigérant et la portait à sa position de choc; la rupture était produite immédiatement; il ne fallait pas plus de cinq secondes pour effectuer cette opération.
- Des nombreux essais exécutés, on a déduit qu’au point de vue dureté, il y a une augmentation générale aux basses températures et que cet accroissement est particulièrement appréciable pour les alliages de fer.
- Au point de vue de la résistance au choc, les alliages ne renfermant pas de fer ne sont pas sensiblement atteints par l’abaissement de température; l’aluminium et le duralumin, points de départ de ces recherches, présentent plutôt une très légère augmentation de résilience, ce qui détruit l’hypothèse précédemment énoncée, cl: rejette sur des facteurs extérieurs les causes des accidents signalés.
- L’étude plus approfondie des produits sidérurgiques conduit encore à des observations complémentaires d’un certain intérêt. On peut distinguer deux cas :
- 1° Le fer se trouve totalement à l'état de ferrite.
- L’augmentation de la dureté aux très basses températures est considérable, et cet accroissement ne se manifeste que lorsqu’on est descendu au-dessous de — 80° : quelques essais supplémentaires, effectués aux environs de — '110°, montrent que l’effet du froid commence à se faire sentir entre —80° et —110°; il semble d’ailleurs que l’amorce de la variation se produit à une température d’autant plus basse que l’alliage est plus riche en fer.
- On voit, d’autre part, très nettement, d’après les résultats obtenus sur fer électrolytique ét aciers ordinaires, que l’augmentation de dureté est d’autant plus considérable que la teneur en ferrite est plus forte; quand on va du for électrolytique à l’acier eulectoïde, les chiffres de Brinell s’échelonnent en effet de 80 à 230 à la température ordinaire, et seulement de 2(19 à 330 dans l’air liquide.
- La diminution de résilience aux basses températures est encore plus impressionnante ; ici, l’abaissement est déjà considérable lorsqu’on atteint —80°; pour le ferélec-trolylique, il commence dès la température ordinaire pour être presque complet à cette températurede -—80°; on remarque encore que cette chute de résilience est d’autant plus rapide que la teneur en ferrite est plus forte ; l'intervalle 51,9-15,1 à température ordinaire tombe à 1,8-3,7 dans l’air liquide.
- Les aciers perlitiqucs au nickel présentent aussi une grande fragilité aux basses températures; on note une similitude frappante entre les courbes de dureté et de résilience des aciers de cémentation ordinaire et à 2,5 p. 100 de nickel.
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- 2° Le fer se trouve, partiellement ou totalement, à l'état austénitique.
- [/augmentation de dureté encore très sensible — toujours au-dessous de —80° —pour un acier martensitique trempant à l’air, est assez fortement réduite avec les ferronickcls, et ceci d’autant mieux que la teneur en nickel est plus importante.
- Quant à la résilience, celle de l’acier trempé à l’air n’est pas atteinte, celle du ferronickel varie, comme la dureté, avec le pourcentage en nickel; la fragilité est augmentée à moins de 50 p. 100 dé ce métal; elle parait plutôt diminuer à une teneur plus forte.
- • On note donc, en résuiîié, l’influence prépondérante de la ferrite qui cause une augmentation de la dureté au-dessous de —80°, et une chute de résilience dès les environs de 0°.
- En comparant les résultats de leurs essais avec ceux précédemment cités, MM. Guillet et Cournot font les remarques suivantes, remarques d’ailleurs approximatives en raison de la non-similitude des compositions d’alliages dans les deux séries de recherches :
- Dans les conditions dé ces expériences, la ténacité varie toujours clans le môme sens que la dureté, et la constance de l’une s’accompagne de l’invariabilité de l’autre, mais le coefficient de proportionnalité de ces deux quantités varie étrangement avec la température; pour le fer. électrolytique recuit, ce coefficient tombe de 0,34 à environ 0/19 quand on passe de la température ordinaire à celle de l’air liquide; pour l’acier cloux recuit, au contraire, il semble s’élever légèrement pour atteindre une valeur voisine de 0,40.
- Quant au parallélisme entre les allongements et la résilience, s’il est à peu près vérifié pour le fer électrolytique, les aciers ordinaires, les aciers trempés à l’air et le cuivre, il est complètement en défaut pour les aciers au nickel, le nickel pur et l’aluminium. Nous avons vu
- en effet que, d’après les essais de Dewar et Iladficld, la ductilité était déjàinvariablepour la teneur de 3,82 p. 100 dans des aciers au nickel à 0,2 p. 100 de carbone ; nous avons au contraire trouvé qu’un acier de cémentation au nickel à 0,06 p. 100 de carbone et 2,30 p. 100 de nickel voyait encore sa résilience tomber de 31,2 à 5,1, et qu’un acier nickel-chrome recuit à 0,11 p. 100 de carbone, 5,74 p. 100 de nickel et 1,74 p. 100 de chrome présentait lui aussi un abaissement de 90 p. 100 environ, de 11,8 à 1,9; pour annuler la résilience, il fallait atteindre pour des ferronickels, il est vrai exempts de carbone, la teneur de 50 p. 100; enfin, les allongements du nickel à 99 p. 100 s’élèvent de 45 à 51 tandis que sa résilience tombe de 47,5 à 40,6, et les allongements de l’aluminium augmentent considérablement de 7 à 27 alors que sa résilience reste à peu près constante. 11 en résulte qu’aux températures envisagées, les variations des allongements et de la résilience n’ont aucun rapport dans un grand nombre de cas.
- M. Mesnager, Président de 'l’Association Franco-Belge pour l’essai des Matériaux, a montré tout l’intérêt pratique,, que présentaient ces essais en ajoutant qu’ils expliquaient les ruptures de bandages constatées dans les chemins de’fer qui sont très variables suivant les mois de l’année: ces ruptures sont en effet de 5 p. 100 d’avril à novembre, puis elles montent progressivement pour atteindre 51 p. 100 au mois de janvier.
- Si l’on considère que ces essais ont également détruit l’hypothèse de la fragilité aux basses températures des alliages légers d’aluminium employés en aéronautique, fragilité à laquelle on avait parfois attribué des accidents mortels, et que d’autre part, avec les applications sans cesse croissantes du froid artificiel il est utile de connaître les caractéristiques des matériaux employés, on voit l’importance des travaux que nous avons résumés et l’utilité de les multiplier. René Guérin.
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- L’emploi de la boussole pour les voyages en aéroplane est devenu plus courant au fur et à mesure que les voyages devenaient possibles sur de plus grandes distances.
- La boussole a été employée au début par les officiers de marine aviateurs, qui avaient évidemment la pratique de cet appareil. C’est l’emploi de là boussole qui a permis, il y a quelques années, aux aviateurs Rénaux et Se-nouque, d’accomplir le voyage de Paris au Puy-de-Dôme et de gagner le grand prix Michelin.
- Ceci se passait en 1911 et la boussole employée était du modèle que l’on utilise sur les bateaux exposés à naviguer par brume; une boite étanche est remplie d’un mélange d’eau et d’alcool, ce qui a pour effet d’amorlif les mouvements trop vifs de
- la rose et de rendre plus facile la tenue de la route.
- La dimension des boussoles employées pour les avions est forcément faible et les aimants sont relativement peu puissants. Ceci a l’inconvénient de rendre le système magnétique plus sensible aux influences extérieures, et si la boussole se trouve à proximité de masses métalliques, il en résulte des erreurs dans les indications. Le remède consiste à avoir des aimants de compensation qui soustraient le système magnétique de la boussole aux influences extérieures, mais on ne peut aller très loin dans cette voie, sous peine d’arriver à un poids et à un encombrement importants.
- Pour la navigation maritime, ceci n'offre pas d’inconvénient, car il est toujours possible de placer
- Cable électrique
- Fig. i. — Disposition de la boussole lumineuse sur l’aéroplane.
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- Fig. 2. — Pour aller dans une direction faisant l’angle a avec la direction S.-N: le pilote oriente la caisse de la boussole dans cette direction par le commutateur. Le pilote doit alors orienter l’avion de façon que l’aiguille de l’indicateur soit verticale.
- la boussole dans un endroit qui ne comporte pas de pièces métalliques à proximité ; la question d’encombrement et de poids est secondaire, ce qui permet d’avoir une boussole avec des masses magnétiques importantes.
- Dans un avion, pour éviter toute chance d’erreur, il est donc nécessaire de placer la boussole dans les endroits de l’avion où ne se trouvent pas des appareils susceptibles de provoquer des fautes d’indication par leur influence magnétique.
- La place idéale est évidemment l’extrémité du fuselage, mais alors l’observateur éprouve de grandes difficultés et rencontre même une impossibilité à lire les indications de la boussole. Il en serait de même si l’on plaçait cet appareil sur les ailes.
- Pour résoudre le problème de l’emplacement de la boussole, un appareil original utilise les propriétés électriques du sélénium. Cet appareil est d’invention allemande et a été imaginé par M. C. Bamberg.
- Le système magnétique de la boussole est le même que celui des appareils similaires en usage dans les sous-marins ; il permet d’avoir des qualités de stabilité spéciales et de conserver une précision toujours identique quel que soit l’état de l’atmosphère pendant la traversée.
- Il est placé dans un mélange d’alcool et d’eau qui est contenu dans une caisse. Dans le fond de cette caisse se trouvent deux systèmes éclairants qui sont munis d’une petite lampe à incandescence
- et d’un condensateur. Ce eondensateur projette des rayons lumineux à travers le liquide de la caisse. Les rayons lumineux viennent frapper deux éléments en sélénium qui se trouvent placés à la partie supérieure de la boîte, ils sont maintenus par une pièce qui forme pont au-dessus de la caisse.
- On sait que la résistance électrique du sélénium diminue quand cette matière est soumise à l’action de rayons lumineux, et si ce sélénium fait partie d’un circuit électrique, le courant qui passe devient plus intense lorsque le sélénium est éclairé. Ce courant est envoyé dans un galvanomètre de précision avec des divisions placées sur un cadran luminescent, de façon à permettre la lecture même par une nuit obscure.
- Le système magnétique porte des écrans qui couvrent des fenêtres et obturent les faisceaux lumineux lorsque l'équipage mobile se trouve en position Nord-Sud. Si l’on écarte l’équipage mobile de - . cette direction,les écrans
- isâà découvrent les rayons
- lumineux et le courant électrique qui passe dans les éléments de sélénium, va impressionner le galvanomètre.
- De cette façon, chaque déviation de la caisse de la boussole est lisible sur l’indicateur de direction et la proportion des déviations se correspond dans l’un et dans l’autre appareil.
- Le pilote est donc obligé de modifier la direction de l’avion, de façon à ramener l’aiguille de la boussole à l’index Nord-Sud indiqué sur la boite. A ce moment les écrans viennent obturer les rayons lumineux qui frappent les éléments de sélénium et l’aiguille de l’indicateur revient alors au zéro.
- De cette façon, la boussole peut être placée dans le fuselage de l’avion tout à fait à l’arrière ; elle est contenue dans une boite en bois qui est soustraite aux influences de l’atmosphère et du vent, et elle
- Fig. 4. — Liaison du commutateur avec la boussole 1 ...... par un flexible.
- Fig. 3. — La boussole dans sa boite est placée à l’arrière de l’avion.
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- Fig. 5. — Commutateur manœuvré à la main pour changer la direction à suivre.
- est suspendue par un dispositif à la cardan, de manière à conserver toujours la position horizontale.
- Un câble électrique se rend de la boussole jusqu’à l’indicateur de direction, lequel peut sans inconvénient se trouver placé devant le pilote.
- Le courant nécessaire à l’éclairage des lampes à incandescence est fourni par une dynamo qui est actionnée par une hélice, laquelle se met en mouvement quand l’avion se déplace. Cette dynamo a un enroulement double ; elle fournit un courant de 8 volts 2 ampères nécessaire pour les lampes électriques, et un courant de 40 volts 6 milliampères qui alimente le circuit qui passe par les éléments de sélénium et qui se rend à l’indicateur. Cette dynamo ne pèse que 1 kg 800.
- On peut donc en changeant l’orientation de la boîte de la boussole et en la faisant tourner d’un angle déterminé, provoquer immédiatement le changement de direction de l’avion, le pilote n’a alors pas autre chose à faire qu’à manœuvrer son appareil de façon à ramener l’aiguille de l’indicateur au zéro.
- Cet indicateur a de plus l’avantage de permettre, une lecture plus facile, car les indications sont amplifiées dans de grandes proportions ; alors que 1 cm de différence pour la rose représente une déviation de 15°, cette même déviation vaut 5 cm à l’indicateur.
- Les lectures sont donc amplifiées 5 fois et le pilote peut lire avec plus d’exactitude et moins de fatigue les divisions de l’indicateur.
- La boussole étant située tout à l’arrière de l’avion, pour changer l’orientation de la boîte, il serait difficile de le faire dans les conditions normales. Pour cela, on prévoit un appareil de manœuvre qui se trouve devant le poste des passagers ou devant l’observateur.
- Au moyen d’une manivelle qui actionne une
- placés dans la boussole.
- aiguille indicatrice, puis fait tourner un arbre flexible, on peut faire dévier la caisse de la boussole par un jeu d’engrenages; l’observateur peut modifier ainsi sans se déplacer la direction de la caisse de la boussole.
- On peut même disposer plusieurs appareils de ce genre et en installer près des différents postes des passagers ou des observateurs.
- Ils sont alors placés en série, ' et le passager peut modifier la route suivie par l’avion à volonté sans avoir à fournir aucune autre indication au pilote que le déplacement de l’aiguille de l’indicateur.
- Ce déplacement est produit, comme nous l’avons indiqué précédemment, par le changement d’orientation de la caisse de la boussole.
- Le poids d’un appareil com- * plet comprenant la boussole avec sa boîte, deux commutateurs de direction, un indicateur, le générateur et les câbles, ne pèse pas plus de 9 kilogrammes.
- Des installations de ce genre ont été montées sur des avions allemands en 1918, et le fonctionnement en a été satisfaisant pour les grands déplacements que devaient faire les appareils à cette époque.
- Actuellement des appareils du même genre sont placés sur des avions de transport, et donnent des résultats satisfaisants. Il nous, a paru intéressant de signaler cette nouvelle application du sélénium, d’autant plus qu’elle paraît de nature à apporter aux pilotes de navires aériens une aide sérieuse,-en augmentant la fidélité de leurs boussoles et par suite la confiance qu’ils peuvent accorder à ce guide précieux.
- E. Weiss.
- Fig. 6.— Indicateur galvanomètre placé devant le pilote.
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- L’ORGANISATION RATIONNELLE DES GRANDES GARES DE VOYAGEURS
- Parmi les questions qui sollicitent plus particulièrement l’attention des dirigeants des chemins de fer, celle de l'aménagement des grandes gares de voyageurs apparaît comme l’une des plus actuelles. En France, l’opinion publique se préoccupe vivement de la réalisation des stations modernes, appropriées au trafic intensif normal et au surtrafic saisonnier. Il ne lui échappe pas, en effet, qu’un grand nombre de nos gares, en dépit de travaux complémentaires habiles, ne répondent plus aux exigences de l’époque. On n’avait pas prévu assez grand et la capacité de débit de ces installations est insuffisante, comme celle d’ailleurs, des exutoires
- tuent pas, en effet, exclusivement des têtes de lignes. Dans bien des cas, elles fonctionnent comme haltes de passage. La gare de Lille ou celle de Marseille ne représentent en réalité que des stations d’arrêt sur les grandes voies de Paris-Tourcoing ou de Paris-Nice. Il importe donc de bien préciser la valeur des termes employés.
- La gare à rebroussement est celle où les voies de circulation n’ont qu’une liaison unique, où le rail est limité à un trottoir. De cette catégorie relèvent les installations maitresses de Paris (Nord, Est, P.-L.-M.,,Orsay, Saint-Lazare, Invalides, Vincennes), les gares d’Orléans-ville, Tours, Brest, Cherbourg,
- Voies de garage ou de
- Voies principales......... _
- . ..de manœuvres......... _
- ..»... réservées aux express_
- Matériel de chauffage ~
- iuôud.
- Fig. i. — Type de gare à boucle. — La gare de Broad Street à Richmond (États-Unis).
- du métropolitain, de création cependant plus récente.
- Malgré la transformation de la gare Saint-Lazare, entreprise il y a vingt ans, les moyens de réception et d’évacuation de la station n’ont cessé d’être médiocres du fait de l’exode de la population dans la banlieue ouest. Le développement de la circulation entre Paris et le sud-est a contribué à embouteiller la gare de Lyon-Perrache.
- La gare Saint-Charles, à Marseille, est trop étroite pour la fonction qui lui incombe désormais. La vétuste station de Cherbourg ne se prête pas au rôle de gare transatlantique. L’exploitation est pénible à Lille. Bref, la nécessité s’impose de modifications considérables. Quelles directives convient-il d’adopter à cet égard d’après les leçons de l’expérience ?
- On doit tout d’abord observer que les grandes gares à voyageurs appartiennent à trois types différents : les gares à rebroussement, les gares de passage et les gares à boucle. C’est à tort qu’on range les gares terminus seulement dans la première catégorie. Les installations en cul-de-sac ne consti-
- le Havre, Marseille, en France ; Anvers et Bruxelles en Belgique, Madrid, Barcelone et Valence en Espagne; Rome-T., Turin, Milan et Naples en Italie; Christiania, Rotterdam, Porto, Leipzig, Zurich, Lucerne.
- Dans les gares de passage, les voies sont reliées au réseau à leurs deux extrémités, c’est le cas le plus fréquent.
- Enfin la gare à boucle pourrait être assimilée à la station de passage, avec cette différence, toutefois, que les voies s’y replient sur elles-mêmes. Les trains d’arrivée se trouvent ainsi automatiquement en position de départ, sans aucune manœuvre.
- Paris possédait autrefois une installation de ce modèle (gare Denfert), dont les humoristes de 1860 ont fait des gorges chaudes. Les hommes de notre génération conservent le souvenir du « serpent qui se mord la queue » comme l’appelaient les revuistes de l’époque. L’Amérique possède une grande gare de ce genre à Richmond, en Virginie.
- Il arrive fréquemment que des gares de passage soient utilisées comme terminus, et qu’on y adopte le rebroussement pour certaines directions. Celte
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- L’ORGANISATION RATIONNELLE DES GRANDES GARES DE VOYAGEURS 15 5
- remarque s’applique aux stations de Copenhague, Salamanque, Bâle, Amsterdam-centre, Bologne, Strasbourg, Metz, Lyon-Perrache. Le type le plus complet en l’espèce est celui de la gare centrale de New-York, le plus grand établissement à deux étages du monde.
- Il n’est pas douteux que la gare en cul-de-sac présente de sérieux inconvénients. En effet tous les mouvements de matériel y sont commandés forcément par un goulot. D’où un ralentissement fatal des manœuvres et une source d’encombrements à certains moments. Le développement des quais, leur nombre n’ont plus, en l’occurence, qu’une impor-
- chargent sur la face opposée de la boucle, à moins qu’ils ne soient remisés.
- On remarquera que nos métros n’opèrent pas autrement à la Nation ou à la Porte Maillot.
- Les Américains tendent à généraliser cette conception. La nouvelle gare de Milan comportera également un dispositif analogue pour les machines. La Compagnie du Nord a, cependant, préféré édifier à Lille une simple gare de passage, en remplacement du terminus actuel en cul-de-sac.
- On peut, à la vérité, adresser certaines critiques à la gare à boucle. Il semble que cette combinaison I tende à multiplier les voies de quai. On constate,
- Gare commune
- Arrivée des . voyageurs
- Fig. 2. — Type de gare à rebroussement. La gare de Washington D. C.
- tance relative. Les facilités qu’ils procurent peuvent être annihilées par l’exiguïté du goulot.
- Dans la gare de passage ou à boucle, les opérations sont naturellement accélérées, puisqu’un convoi peut suivre immédiatement celui qui le précède, et même s’accoler à sa suite à quai. Par conséquent, à nombre de voies égales, la gare de passage pourra débiter beaucoup plus qu’une station en cul-de-sac.
- Mais sa supériorité à ce point de vue ne sera elfective que lorsque les stationnements seront courts.
- Le trafic de banlieue s’accommode donc malaisément de la gare à rebroussement.
- C’est la raison pour laquelle on est revenu à la formule, jadis décriée, de la boucle, et à son adaptation aux installations en cul-de-sac.
- A New-York, on. semble avoir obtenu un rendement maximum ; les trains de banlieue arrivent sur un côté de la boucle, déposent leurs voyageurs, et
- par exemple, à New-York, 17 voies de quai pour 2 de circulation dans chaque sens.
- Quoi qu’il en soit, quelques chiffres précis, présentés au Congrès international des chemins de fer (Borne, 1922) par M. Baldwin, président dé l’Illinois Central, montrent lumineusement les différences de capacité des gares suivant les types adoptés.
- Il a été enregistré, pour les gares à rebroussement 101 trains à l’heure à Boston, 50 à Chicago, 69 cà Saint-Louis; la gare de passage a accusé 65 trains à l’heure à New-York, 41 à Kansas-Cily. Des gares h types combinés ont fourni 67 trains (New-York) et 50 (Washington). Mais alors que le rendement maximum possible ne saurait excéder 5,61 par voie et par heure, à Boston, 4,19 à Chicago, 2,16 à Saint-Louis, il atteint 4,24 à New-York (gare de passage) et 5 à Richmond (gare à boucle).
- Le Congrès de Rome a admis que, lorsque des conditions locales ne s’opposent pas à l’extension
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- des stations — elles interviennent très fréquemment, ne l’oublions pas — il j a intérêt, en vue d’augmenter le-débit et d’améliorer l’exploitation, à créer des installations considérables et nouvelles, des gares à boucle par exemple, propres à un dégagement rapide des voies.
- Mais, comme des considérations financières peuvent entraver l’exécution d’un tel programme, on doit rechercher si des mesures de détail, qui ne seraient pas des expédients, seraient susceptibles de donner des résultats caractéristiques, particulièrement dans les gares en cul-de-sac.
- Nous devons reconnaître qu elles ne manquent pas.
- Tout d’abord, si nous envisageons la manœuvre des locomotives, nous observerons que des dispositions variées ont été expérimentées avec succès. On
- nellement la formation, le nettoyage, le remisage du matériel. Les faisceaux de formation sont, dit M. Baldwin, « les poumons des grandes gares ». On déclare aujourd’hui que les faisceaux de remisage doivent toujours comporter assez de voies, pour faire face au trafic maximum, même saisonnier, et que ces voies doivent pouvoir recevoir les rames les plus longues.
- Il y aurait évidemment intérêt à placer les faisceaux et les dépôts de machines dans la gare même, entre les voies principales. Mais il n’est pas toujours aisé d’étendre les emprises du chemin de fer. Aussi est-on bien souvent dans l’obligation d’éloigner faisceaux et dépôts.
- Dans cette alternative, le Congrès de Rome a considéré qu’il serait souhaitable de réaliser des installations auxiliaires, à proximité de la station.
- Plaque tournante
- Force motrice
- Faisceau ouest { Sous-station postale
- Remisage de la gare
- ' Salle des express
- Votes souterraines
- Fig. 3. — Gare commune de Saint-Louis (États-Unis), gare à étages.
- peut, à l’occasion, établir une voie intermédiaire entre voies à quai jumelles, et la relier à ces dernières par une bretelle. Lorsqu’il n’y a pas de trottoir de tête, comme à Paris-Orsay, on aura un sérieux avantage à aménager un transbordeur électrique de machines, circulant sur toute la lar-gueur du faisceaux de voies. Dans ce cas une voie unique de dégagement peut suffire. On peut se servir au besoin de chariots transbordeurs, comme à Paris-Luxembourg ou Bastille. On préconise également, pour faciliter les manœuvres de matériel dans les gares de rebroussement, l’installation d’un triangle entre la gare et le remisage. Sans doute cette méthode permet des inversions de direction sans modification de la composition des convois, mais elle ne vaut pas celle de la boucle.
- Les procédés en usage pour l’évacuation des locomotives peuvent aussi servir à l’adjonction ou au retrait des véhicules. Partout le chariot transbordeur électrique se substitue à la plaque tournante. Celle-ci n’a plus de raison d’être que dans des stations de minime importance et de trafic réduit.
- Mais il n’importe pas moins d’organiser ration-
- pour y alimenter, virer et garder les locomotives en attente de départ.
- Une gare méthodiquement conçue isolera les installations de la poste et des messageries. C’est ainsi qu’à la gare de Lyon, à Paris, un parc spécial a été réservé pour le stationnement et le chargement des ambulants. A Paris-Saint-Lazare, les voitures de la poste sont placées sur des voies intermédiaires, séparant les voies de quais. De même il y a avantage à manipuler les colis en dehors des quais accessibles au public. Les manœuvres sont évidemment accrues de ee chef, mais l’arrivée ou la sortie des voyageurs sont accélérées et les manutentions ne sont pas entravées par la foule.
- D’ailleurs, il importe de hâter les chargements, déchargements et transports de colis, afin d’immobiliser les fourgons le moins de temps possible. L’emploi de tracteurs électriques dans les stations a constitué un progrès de premier ordre.
- Le tapis roulant a aussi des partisans. On peut, en outre, avoir des quais spécialisés pour les bagages.
- Comme il est désirable d’isoler les services des voyageurs des services postaux et des messageries,
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- LES FORETS AU POINT DE VUE BIOLOGIQUE ===== 157
- il y a intérêt à ne pas conjuguer les lignes de banlieue et les grandes lignes. Une formule idéale consisterait à avoir des gares distinctes pour le trafic à longue distance et les transports suburbains. Faute de place, il n’est pas toujours loisible de réaliser ce programme. Aussi a-t-on été incité à construire des gares à étages. Les Etats-Unis ont institué plusieurs stations de ce type. On procède actuellement à Naples à l’édification d’une gare où les services métropolitains de la ligne Naples-Home seront concentrés à l’étage inférieur, le palier supérieur étant réservé aux autres lignes. 11 est question aussi de concentrer à Paris-Saint-Lazare, les services de la banlieue dans une gare située au-dessous des voies de Normandie.
- Il n’est pas douteux que l’électrification de la traction faciliterait grandement l’exploitation des gares importantes.
- Il faut, en effet, observer que la locomotive électrique fonctionne aussi bien dans un sens que dans l’autre, qu’elle n’a pas besoin de se ravitailler en eau ou en charbon, qu’elle ne comporte pas de décrassages. Pour les lignes de banlieue en particulier, il y a un gros avantage à pouvoir utiliser le matériel sans modifier en quoi que ce soit sa com-
- position. Il faut, en effet, agir vite, pour multiplier les convois. La traction électrique se prête à ces opérations, que les trains soient pourvus en tête et en queue de tracteurs ou d’automotrices, soit qu’on adopte le système des unités multiples. La capacité des stations peut être sensiblement étendue par l’électrilication. On l’a bien vu à Philadelphie où le bénéfice a dépassé 8 pour 100.
- Enfin, de même qu’une usine moderne doit fonctionner sans retour en arrière, que les fabrications doivent s’y enchaîner, il apparaît désormais que dans les gares de chemins de fer les installations doivent être disposées dans leur ordre d’emploi et non au petit bonheur. Les manœuvres seront grandement simplifiées si les refoulements sont l’exception.
- En résumé, si l’on ne saurait fixer des règles absolues pour l’établissement des grandes gares à voyageurs, particulièrement pour les stations dites terminus, du moins est-il aujourd’hui avéré qu’une organisation tout à fait rationnelle des moyens dont on dispose peut remédier, dans la plus large mesure, aux imperfections constatées, et aux impossibilités résultant de sujétions locales et de considérations financières. Auguste Pawlowski.
- LES forêts au point de vue biologique
- Au point de vue biologique, les Forêts, où, en ce moment, tant de personnes aiment à se reposer des fatigues de la ville, sont intéressantes non seulement en elles-mêmes, mais encore par leur influence sur la flore qu’elles abritent. Il y a, d’ailleurs, beau temps que celles qui couvraient, autrefois, presque toute la Gaule, ont cédé leur emplacement aux cultures; là, où, sous forme de lambeaux épars plus ou moins étendus, elles ont subsisté, elles ont été modifiées par les sylviculteurs au point que presque pas une seule, aujourd’hui, ne peut être considérée comme véritablement naturelle. Quelle que soit l’origine des forêts actuelles, il n’en est pas moins vrai qu’elles constituent un « milieu biologique a très particulier, qui diffère, d’un lieu à un autre, avec les essences forestières qui la composent et qu’il est bon de connaître; d’autre part, les sylviculteurs, pour la bonne venue et l’entretien des forêts dont ils ont la charge, doivent tellement tenir compte des moindres nécessités vitales des arbres que leur groupement peut être considéré comme de la « géographie botanique expérimentalej » et une imitation aussi ser vile que possible de la nature.
- En France, la régénération des forêts est, généralement, basée sur le principe delà régénération naturelle, laquelle est obtenue sous l’influence des seules actions de la nature, et, très exceptionnellement, sur celui de la régénération artificielle, qui s’effectue par des plantations ou des semis exécutés à main d’homme. La conservation des forêts — malgré les coupes — se base donc, chez nous, soit sur la dissémination naturelle des graines des arbres (futaies), soit sur les rejets qui s’élèvent des souches (taillis simples), soit sur les deux réunis (taillis sous futaie).
- Les arbres des forêts — suivant la manière dont les rameaux s’étalent et l’abondance des feuilles qu’ils portent donnent des ombrages plus ou moins obscurs . Chacun sait, par exemple, que, sous les Chênes ou les Hêtres, l’ombre est plus épaisse que sous les Bouleaiuv ou les Pins. Lorsque des arbres d'essences différentes sont mélangés dans les forêts, ou, comme on dit, lorsque les peuplements sont composés, il s’établit, naturellement, plusieurs étages de cimes étalées produisant de l’ombre et dont la distance au sol varie avec la taille des arbres. Il est très rare jqu’il y ait plus de deux de ces étages, le plus élevé constituant Yétage dominant et le plus bas, l'étage dominé, lequel reçoit seulement la lumière que l’autre a laissé tamiser et qui, par suite, est défavorable aux espèces de lumière (Bouleau) et, au contraire, favorable aux espèces d’ombre (Sapin).
- La « culture » des forêts diffère de celle des autres plantes utiles à l’homme en ce que le sol n’est jamais labouré ni additionné d’engrais. Cela tient à ce que la quantité de bois que l’on enlève est, généralement,* insignifiante, et que, par suite, la production forestière est beaucoup moins épuisante que les autres cultures. D’autre part, la fertilité du sol des forêts s’entretient d’elle-même, grâce à' la couverture qui en constitue la couche superficielle : celle-ci comprend un tapis végétal ou couverture vivante constituée de plantes herbacées — c’est la flore assez peu variée des bois — et une couverture morte, formée par des débris plus ou moins décomposés de feuilles, de brindrille, de branches mortes, de lambeaux d’écorces, de mousees mortes, etc. qui restituent à la terre les matières minérales grâce auxquelles les arbres s’étaient édifiés. Cette couverture est énorme ; ainsi,-dans des mesures effectuées par E. Henry,
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- 158 ======== LES FORÊTS AU POINT DE VUE BIOLOGIQUE —
- le poids de Ja couverture morte récoltée, au mois de novembre, dans des taillis sous futaie de vingt ans, aux environs de Nancy, variait, suivant les sols, entre 4600 et 5500 kilogrammes à l’hectare ; et, dans les futaies de Hêtre de la même région, elle pouvait atteindre 7000 à 8000 kg.
- Cette couverture est précieuse au point de vue physique. Comme l’a résumé Ebermayer : 1° elle offre de nombreux espaces capillaires, des sortes de canaux, qui la rendent comparable à une éponge et lui permettent de retenir une grande quantité d’eau par imbibition, quantité qui, parfois, peut atteindre deux fois et demie son propre poids ; 2° elle protège le sol contre l’accès direct de l’air et la met, partiellement, à l’abri des mouvements de l’atmosphère, empêchant ainsi une trop active évaporation; 3° enfin, l’air renfermé dans ces canaux agit, comme dans le cas de la neige, en rendant la couverture peu conductrice pour la chaleur et diminue de la sorte, tantôt le rayonnement du sol, tantôt la quantité de chaleur qu’il absorberait s’il était à nu ; la couverture empêche donc la couche superficielle du sol de s’échauffer ou de se refroidir trop rapidement ; elle s’oppose aussi au tassement du sol, prévient le ruissellement des eaux et le ravinement des terres ; de plus, elle facilite la pénétration de l’eau de pluie dans les couches profondes.
- Les débris ainsi accumulés sont, peu à peu, transformés par des bactéries, les unes aérobies, les autres, les plus importantes, anaérobies, et des moisissures en un terreau ou humus dont tout le monde a senti la délicieuse odeur dans les bois. Cet humus est susceptible d’absorber et de retenir une quantité d’eau beaucoup plus considérable que n’importe quel autre élément terreux; mais, aussi filtrant qu’hygroscopique, il reste toujours simplement frais et n’est jamais « mouilleux », comme disent les sylviculteurs. De plus, il donne quelque cohésion aux sables les plus pulvérulents et, au contraire, divise les terres trop compactes.
- L’humus, au point de vue chimique, est un véritable fumier. Yoici, par exemple, quelques chiffres recueillis par E. Henry pour la couveiture morte de forêts domaniales des environs de Nancy, dans un peuplement de vingt ans.
- en sol calcaire. en sol argileux.
- Acide phosphorique. . 23 kg 29 kg
- Potasse............... 16 kg 55 kg
- Azote, environ ... 43 kg dans l’un et l’autre sol.
- Cela représente l’équivalent de 6000 kg de fumier de
- ferme. L’azote provient, en faible partie, de la décomposition de la substance même des bacilles, et surtout, des microorganismes qui s’v développent et fixent celui de . l’air.
- Les divers terreaux des forêts ne sont pas tous identiques et varient suivant les terrains et la nature des arbres qui y poussent. Comme disent Boppe et Jolizet,
- « il suffit de regarder la couverture pour constater que certaines feuilles comme celles du Hêtre ou les aiguilles de Y Epicéa, de consistance coriace, se décomposent très lentement ; que d’autres, au contraire, comme les feuilles du Charme, de Y Orme, du Frêne, dont lé bétail se montre très avide sous forme de feuillage vert, sont, en même temps, les plus recherchés, à l’étal sec, par les ' plantivores du sol, notamment par les Lombrics. Cela explique pourquoi ces dernières ont disparu depuis long- j temps, annualisées dans le terreau, quand les autres sont encore presque entières sur plusieurs lits superpo-
- sés. D’autre part, quand l’eau est en excès, l’action de l’oxygène et de la chaleur se trouve diminuée ; la décomposition des débris organiques devient extrêmement lente et reste toujours incomplète ; les combinaisons acides se produisent abondantes et il en résulte un résida analogue à la tourbe, dans laquelle, parmi nos grandes essences forestières, Y Aune, le Bouleau, le Tremble, le Pin de Montagne peuvent seules résister.
- Inversement, quand il y a excès de sécheresse, le terrain se brûle et devient charbonneux, poudreux ou fibreux. Cette poussière, brune ou noire, de décomposition ultérieure très difficile, est une véritable tourbe sèche avec tous ses inconvénients; elle se rencontre surtout dans les terrains siliceux, auxquels elle se mélange pour donner ce que l’on appelle les terres de bruyères.
- Pour les forêts, bien qu’en partie guidée par l’homme, l’action de la nature, toujours et partout, est prépondérante.
- Les arbres sont très peu exigeants au point de vue de la richesse minérale du sol ; mais, par contre, les qualités physiques de celui-ci sont essentielles, notamment au point de vue de leur profondeur, de leur perméabilité de leur pouvoir d’absorption et de rétention de l’eau des pluies, des neiges et de la rosée. À cet égard, on peut classer les sols des forêts en siliceux, argileux et calcaires, suivant que la silice, l’argile et le carbonate de chaux prédomine.
- . Les sols siliceux, lorsqu’ils sont constitués de sable fin, sans mélange de matières organiques, sont meubles, aussi bien à l’état sec que sous l’influence de l’humidité qui ne leur donne jamais qu’une faible cohésion. La surface n’offre aucune résistance à l’érosion par les eaux et même par les vents.
- Les arbres y sont peu solidement installés, et encore, pour s’y maintenir, doivent-ils émettre de longues racines et les étaler amplement.
- Par suite de la facilité avec laquelle l’air pénètre entre les grains qui le constituent, le sable suit rapidement les variations de température de l’atmosphère : il s’échauffe et se refroidit très vite ; il dessèche, également, rapidement sous l’influence des vents et des rayons du soleil. Les accidents dus aux gelées y sont plus à craindre qu’ailleurs. Les plantes basses qui poussent sur les sables siliceux sont plus variés en espèces, mais, par contre, une fois installées, les plantes sociales sont difficiles à eu être expulsées, soit par les grands arbres, soit par l’homme lui-même; c’est ainsi que se forment les landes et les. maquis , où dominent les espèces herbacées comme la Fétuque bleue, et surtout, des espèces demi-ligneuses, comme les Genêts, les Ajoncs, Y Airelle Myrtille, la Collune, les Bruyères.
- Les sols siliceux peuvent, cependant, permettre l’établissement de forêts obtenues par le semis et ou les souches ne rejettent que médiocrement.
- Les propriétés des sols siliceux peuvent être modifiées — en bien ou en mal — suivant les circonstances. Les sables les plus tenaces, pourvu qu’ils soient mélangés d’un peu de terreau, conservent une fraîcheur constante et les arbres peuvent y atteindre des hauteurs énormes, posséder des fuis bien cylindriques et se régénérer facilement par les semences qui tombent des branches ; tel est le cas des belles forêts de Yillers-Cotterets, de Lyons, de liellême, de Bercé, de Senonehes, de Tronçais, qui reposent sur Y argile à silex, laqut-lle, malgré son nom, rentre dans la catégorie des sables siliceux. Il ' il est de même des sapinières qui poussent sur les grès dans les Basses-Vosges. Parfois aussi, comme dans les landes de
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- UNE BIBLE GIGANTESQUE MANUSCRITE
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- Gascogne, le sous-sol est composé par du sable agglutiné en une sorte de roche compacte, imperméable, de couleur brune, renfermant un ciment organique et des sels de fer. Cet aiios, comme on l’appelle, provoque une très mauvaise'végétation, aggravée encore par les accidents fréquents des gelées printanières ou hivernales.
- Les .vo/.s argileux] sont froids, humides, et leur surface, sous 'l'influence du vent et du soleil, devient dure et crevassée. Si la pente fait défaut, l’eau y séjourne, et, dès lors, l’excès d’humidité et le manque de chaleur retardent la végélalion, tout en entravant la décomposition des débris organiques, ce qui donne un terreau acide. Bien que les sols argileux soient, en général, profonds, les racines des arbres ne peuvent, vu la compacité de la masse, s’y enfoncer bien profondément. Cependant, l’accès modéré de l’air et du soleil, leur donne plus de fertilité, laquelle est facilitée par leur leneur suffisante en sels nutritifs et leur fraîcheur constante : on applique, généralement, aux forêts feuillues qui poussent sur eux, le traitement en taillis sous futaie ou même en taillis simples. C’est là que poussent bien le Chêne pédonculé, le Frêne, les Tilleuls, les Aunes, les Saules, les Trembles, etc., qui y rejettent bien des souches.
- A leur pied, poussent des Joncs, des Graminées, des Carex, des Mousses en tapis épais, VEpine-noire, la Bourdaine, T Aubépine, etc. C’est dans les sols argileux que rentrent les terrains feldspaihiques, lesquels proviennent de la décomposition des granités et autres roches éruptives analogues : les éléments argileux contiennent de menus cristaux, des quartz en particulier : dans les régions montagneuses, où on les rencontre particulièrement, ils sont couverts de belles sapinières.
- Les sols calcaires sont de ténacité moyenne. Très avides d’humidité, ils se délayent rapidement en une boue qui ss dessèche très vite et finement pour finalement tomber en poussière. Ils s’échauffent avec grande facilité et, lorsque l’humidité ne fait pas défaut, la couverture morte s’y décompose rapidement et les acides organiques sont neutralisés. Bien que manquant, en général, de profondeur, et quoique très perméables et exposés au dessèchement par suite de la nature fissurée des roches sous-jacentes, ils conviennent., tout particulièrement, à la végétation ligneuse parce qu’ils sont toujours riches en principes nutritifs. Ce qui importe surtout, c’est la profondeur ; si elle-n’est pas suffisante, on ne peut cultiver que des espèces à racines trayantes.
- Dans les.régions méridionales, en cultive, généralement, dans les sols calcaires, 1F Chêne-Yeuse et le Chêne-blanc, traités en taillis simples et que le Pin d'Alep accompagne souvent ; la flore basse qui les accompagne (plantes herbacées, arbrisseaux, arbustes, etc.), est toujours très variée.
- Les troncs, branches et rameaux des arbres devant toujours contenir au moins -40 pour 100 de leur poids d’eau, on comprend que celle-ci joue un rôle prépondérant dans l’établissement d’une forêt. On peut dire que la patrie des belles et bonnes forêts est la même que celle où, grâce à son climat humide, l’herbe demeure toute l’année.
- La forêt abaisse un peu la température moyenn* de l’année, mais, par contre, régularise le climat en diminuant l’intensité des grands froids et les chaleurs extrêmes. D’autre part, elle facilite la condensation des | vapeurs et la transpiration des feuilles augmente la | quantité de vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère ; j elle active la chute des pluies et le dépôt de la rosée. Des expériences faites à l’Ecole forestière de Nancy, depuis 1807, ont montré que :
- 1° En forêt, pour les environs de Nancy, la température moyenne annuelle est d’environ un demi-degré plus basse que dans les terres agricoles voisinès. ,,,
- | 2° Cet abaissement, très faible pendant^lès mois
- j d’hiver, est surtout sensible en été; 4
- | 5° La moyenne annuelle des minima èst même relevée
- de près d’un degré, tandis que celle des maxima est abaissée de deux degrés environ, d’où une diminution ' dans l’écart entre les îiiüxima et les minima atteignant , presque trois degrés ;
- I 4° Les hauteurs d’eau pluviale dans une clairière de ] forêt, à la lisière d’un massif, et dans une région fran-! chement agricole voisine, sont entre elles comme les I nombres 100, 95 et 77. .
- j 5° 11 pleut davantage sur la lisière Sud-Ouest d’un ! grand massif forestier que sur la lisière Est; mais c’est ; le centre du massif qui reçoit le plus d’eau ;
- ; 0° Le couvert des arbres feuillus intercepte, en été,
- environ 8 pour 100 de l’eau pluviale, mais, comme , la forêt reçoit 22 pour 100 d’eau en excès sur les champs voisins, c’est encore un bénéfice de 14 pour 100, en faveur du sol forestier, par rapport au sol agricole.
- Henri Couhn.
- UNE BIBLE GIGANTESQUE MANUSCRITE
- On peut admirer cette Bible à Londres au siège de la Société de la Croisade de la Bible.
- Debout, elle a une hauteur de 1 m. 57. Sa largeur est de 1 m. 06 et son dos mesurant O m. 25, elle atteint 2 m. 57, lorsqu’elle est ouverte à plat.
- Pour sa reliure qui est en superbe maroquin rouge, ce volume extraordinaire a exigé douze grandes peaux de chèvres.
- Dans le pourtour du plat extérieur sont incrustées en maroquin hleu les armes des comtés d’Angleterre et d’Ecosse, rehaussées de filets d’or. Sur le dos sont représentées les armes des comtés du
- pays de Galles, exécutées de la même façon. Au milieu du plateau extérieur se trouve un panneau en maroquin bleu roi portant en son centre un écusson aux couleurs héraldiques, sur lequel on a gaufré les armes royales.
- Le livre comprend 175 feuillets de carton extrafort. Ainsi qu’on le voit sur notre photographie, on a fixé sur ces feuillets le texte manuscrit de la Bible, à l'établissement duquel ont contribué 12 000 personnes.
- On a calculé qu’il faudrait exaclement 4476 exem plùircs de la bible petit format éditée par YOxford
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- Fig. i. — La Bible gigantesque ouverte aplat; elle mesure 2 m.3j de large.
- Press, pour occuper l’espace couvert par cette « édition » unique.
- On lui a donné d’aussi gigantesques proportions, afin de frapper davantage l’imagination et rappeler ainsi, à tous, la place légitime que doit occuper dans la vie nationale anglaise, comme dans la vie privée, la Bible, le livre par excellence, car elle est la seule révélation provenant de Dieu, la seule révélation de Dieu au genre humain.
- Enfin, dernier détail.
- Les promoteurs de la Croisade ont l’intention de promener, à travers toute l’Angleterre, ce manuscrit monumental. Le transport et l’exposition de ce saint, mais encombrant volume n’iront pas sans difficultés. Comme il faudrait six hommes robustes pour le porter, on a fait construire une automobile spéciale munie d’une plate-forme surmontée elle-même d’un pupitre pliant sur lequel sera placée la Sainte Bible. Ce sera une reconstitution originale et bien moderne de l’Arche Sainte d’Israël. L. Kluüntz.
- Fig. 2. — La Bible gigantesque vue debout.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleurus. — Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2527.
- 9 SEPTEMBRE 1922
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ACÉTYLÈNE DISSOUS
- L’acétylène, découvert par Humphry Davy en 1 856, resta confiné dans les laboratoires jusqu’à ce que Moissan, grâce au four électrique, put obtenir, en assez grandes quantités, le carbure de calcium, qui sert à le préparer et dont son élève Bullier rendit pratique la fabrication industrielle en 1894?. Depuis cette époque, les applications de ce gaz se multiplièrent beaucoup. On remploie aujourd’hui pour l’éclairage des automobiles comme pour le ch au liage, pour alimenter les postes de soudure- autogène, les lampes de mines ou les phares destinés à faciliter l’atterrissage nocturne des avions.
- Au point de vue chimique, l’acétylène est un carbure d’hydrogène qui renferme 92,3 pour 100 de carbone et 7,7 d’hydrogène.
- On le retire en décomposant le carbure de calcium au contact de l’eau selon la formule : '
- CaC2H-Il20 = CaO-f- C2IP Carbure de calcium -f- Eau = Oxyde de calcium -h Acétylène.
- Purifié, l’acétylène possède une odeur rappelant quelque peu celle de l’éther; il se dissout dans de nombreux liquides et en particulier dans Xacétone, propriété qui donna naissance à une industrie des plus prospères actuellement. Quant à l’oxyde de calcium, résidu de la réaction précédente, on l’ulilisc en agriculture comme anlicryptogamique et surtout dans la fabrication de la cyanamide.
- La Société YOxylithe a récemment installé dans son usine d’Asnières un appareil à 0 générateurs (Jig. 1), qui fournit 60 000 litres d’acétylène à l’heure.
- Pour le mettre en marche, un ouvrier verse à la pelle 20 kg de carbure dans des boîtes rectangulaires, fermées par un couvercle perforé et muni d’un manche. Puis il introduit successivement chacune de ces cuillères (ainsi se nomment ces boîtes), dans un des bacs qu’on voit sur le devant de l’installation.
- Il prend soin de faire passer les-dits récipients au-dessous des cloisons qui partagent les générateurs, dans le sens vertical.
- L’acétylène se dégage aussitôt, on le recueille alors dans la partie supérieure du générateur, delà il passe dans les tours de lavage et finalement, dans des caisses rectangulaires, situées au dernier plan de notre illustration et qui contiennent une masse épurante.
- Un des points les plus importants dans la fabrication de l’acétylène dissous est, en effet, la purification du gaz avant sa compression. Comme les expériences de Berthelot et Vieille l’ont montré, P acétylène, par suite de sa formation endothermique à partir des éléments, est un composé instable; il devient même explosif dès qu’on le comprime au-dessus de 2 atmosphères, car :
- C2-f~H2 — C2H2— 58,1 calories.
- À l’usine d’Asnières, l’épuration s’opère de la manière suivante. L’acétylène impur qui sort des générateurs subit d’abord une oxydation afin de lui enlever le gaz sulfhydrique et l’hydrogène phos-phoré, puis on le traite par le chlorure de calcium desséché ou par la chaux vive pour en éliminer la vapeur d’eau. Comme oxydant, on emploie soit le calaiysol (à base de chlorure ferrique et d’oxyde de
- 11—161.
- Fig. i. — Appareil générateur fournissant 60000 litres d’acétylène à l’heure.
- (Sur le devant de l’installation on aperçoit les boites ou cuillères dans lesquelles on met le carbure de calcium.)
- 50* Année
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- Fig. 2. — Remplissage des bouteilles à acétylène avec de la bourre de soie ou de kapok.
- 1er artificiel) capable' d’absorber les impuretés de l’acétylène sans décomposer celui-ci, soit des substances à base de chlorure de chaux, soit Yépuralol ou Yhératol, épurants à base d’acide chromique. Les hydrogènes sulfuré et phosphore proviennent de la présence de sulfures et de phosphures dans le carbure de calcium; ils réagissent avec l’acide chromique et donnent naissance à des acides sulfurique et phosphorique qui restent dans la masse.
- Le contremaître suit facilement la marche de la réaction, la coloration rougeâtre de l’acide chromique se changeant en un vert vif dù à la formation des sels d’oxyde de chrome Cr2 O3.
- Toutefois le catalysol semble présenter quelques avantages sur les autres épurants, car après épuisement, on peut le régénérer par simple exposition à l’air durant 24 heures et cela jusqu’à o ou 4 fois. La régénération ne se ralentit (comme, du reste, la puissance d’épuration) que quand les impuretés fixées dans sa masse font obstacle aux diverses réactions qui doivent s’y succéder.
- Un agent catalyseur, le bichlorure de mercure, rend oxydant l’oxychlo rure ferrique, l’hydrogène phosphoré passant sur le catalysol s’empare de l’oxygène de ce dernier, lequel se transforme en oxychlorure ferreux.
- Mais, en réalité, les choses ne se passent pas si simplement ; des phénomènes secondaires viennent compliquer les transformations précédentes.
- Ainsi, si on ne prend pas certaines précautions, la masse épurante, tout en agissant sur l’hydrogène phosphoré, attaque l’acétylène et le change partiellement en chlorure d’acétylène,
- lequel produit de l’acide chlorhydrique à la combustion. Afin de remédier à cet inconvénient, on incorpore au catalysol un peu d’acide manganeux. Ce composé joue le rôle de second agent catalyLique, empêche la formation de chlorure d’acétylène et se régénère constamment. Enlin un troisième et dernier catalyseur intervient pour régler la vitesse des réactions.
- De même, il faut déshydrater soigneusement l’acétylène avant de le mettre en contact avec l’acétone, car celui-ci étant très avide d’eau absorberait beaucoup moins d’acétylène.
- Après son épuration complète, l’acétylène se dissout très bien dans l’acétone à raison de 25 litres par litre d’acétone et par atmosphère. Autrement dit à 15 atmosphères de pression, un litre d’acétone dissout 300 litres d’acétylène. D’autrepart,quand onl’aimmobilisée dans une matière poreuse, cette dissolution offre une beaucoup plus grande stabilité que l’acétylène comprimé. Aussi la Société l’Oxylithe en remplit des bouteilles très résistantes en acier étiré ou embouti.
- Jadis on employait, comme matière poreuse, des briques céramiques, des agglomérés à base de ciment, de charbon spécial, d’amiante ou de Kiesel-guhr, mais aujourd’hui on préfère se servir de l’amiante en longues fibres, de la bourre de soie ou du Kapok (fig. 2). Au moyen de tige et de poinçons de fer, les ouvriers tassent la substance poreuse dans les bouteilles par l’orifice du raccord, qui contient le pointeau de fermeture et sur lequel se vissera ultérieurement un robinet amovible.
- Une fois donc les bouteilles ainsi préparées et mu-
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- nies de leurs robinets spéciaux, on y fait le vide pour en chasser tout l’air, puis on y introduit, sous pression, de l’acétone chimiquement pure et dosée très exactement. Le volume de chacune d’elles se décompose alors delà façon suivante : 20pour 100 de bourre de Kapok, 40 pour 100 d’acétone répartie dans la masse, 25 pour 100 comme place réservée à l’acétylène et 15 pour 100 comme espace nécessaire à la dilatation.
- A ce moment, on dirige les cylindres vers l’atelier de remplissage. Là, se trouvent des rampes de chargement (fig. 5), sorte de chevalets où ces récipients se posent côte à côte et horizontalement de manière que la surface de dissolution oflèrle au gaz soit aussi grande que possible. Les collecteurs généraux de distribution de l’acétylène, vus à droite et à gauche de l’allée centrale, communiquent avec chaque récipient par un raccord soupleditcn « cor de chasse » et y amènent sous pression l’acétylène épuré.
- La dissolution de l’acétylène dans l’acétone commence aussitôt avec un certain dégagement de chaleur qui retarde d’autant le remplissage complet de la bouteille. Depuis l’application de la journée de 8 heures à l’usine d’Asnières, il faut 2 jours en hiver et 5 jours en été pour obtenir fa saturàlipn complète ;r la pression de 15 atmosphères, — pression maxima autorisée en France à l’heure actuelle. Dans d’autres pays, notamment en Espagne, la pression normale de charge peut atteindre 20 atmosphères et néanmoins le nombre des accidents — du reste fort rares — n’est pas plus élevé qu’ici.
- Quant à la compression du gaz, elle doit se faire avec les plus grandes précautions, car l’acétylène devient explosif lorsqu’on le comprime au-dessus de
- 2 kg. Or, pour obtenir un rendemènt industriel convenable, il faut charger sous une pression de J 5 kg. On, opère donc le remplissage des bouteilles avec prudence afin d’empêcher le moindre amorçage d’une réaction explosive, tant à l’intérieur du compresseur que des conduites d’amenée du gaz. On commence d’abord ,par éviter tout échautfement excessif pendant la. compression en effectuant celle-ci très lentement et en deux,phases. On obtient ce résultat en refroidissant fortement la canalisation et
- les bouteilles pour se rapprocher d’une compression isothermique. En outre, on veille égaleraient aux fuites d’acétylène par les, pistons des machines.
- . Les compresseurs ,de l’Oxy-lithe (lig. 4) ont été spécialement étudiés pour remplir ces diverses conditions théoriques, aussi bien le type horizontal à 2 phases de 50 m3 à l’heure que le type vertical de 20 m3 également à 2 phases.
- Ils comportent, en particulier, un dispositif qui permet de recueillir et de reconduire à l'aspiration l’acétylène qui s’échappe toujours, mais en minime quantité d’ailleurs, au travers des segments des pistons.
- Au sortir de l’atelier de remplissage, on munit les bouteilles d’acétylène de leur plomb de garantie et élles n’àltendent plus alors que les clients.
- Ces derniers ne manquent pas à présent, car les applications de l’acétylène'dissous se sont considérablement développées pendant et depuis la guerre. Avec ce gaz, contenu dans une bouteille dont on n’a qu’à ouvrir le robinet, on alimente aisément les chalumeaux oxy-acétyléniques destinés à souder et à couper des métaux. En outre, circonstance très favorable, comme l’acétylèine dissous est rigoureusement, exempt de soufre et de phosphore, on n’a
- Fig. 4. — Compresseurs d’acétylène, lyp'e O.vylilhe.
- (Dans le fond compresseur horizontal à 2 phases de 5onr’ à l’heure; à droite, - compresseur vertical à 2 phases de 20 m3 à l’heure.)
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- NACRE ET PERLES DE SYNTHESE
- pas à craindre qu’en attaquant l’acier ou le fer, il ne nuise à la résistance des soudures.
- D’autre part, Dusage de l’acétylène dissous se généralise de plus en plus pour l’éclairage des automobiles, soit en totalité (phares et lanternes d’avant ou d’arrière), soit même comme éclairage restreint et de, secours pour les voitures éclairées électriquement. En Amérique, ce système fonctionne depuis quelque temps déjà et sur une vaste échelle. La société la « Prest-O-Lite », entre autres, possède 25 000 dépôts disséminés sur tout le territoire des Etats-Unis et dans lesquels on peut échanger, moyennant une faible somme, une bouteille vide contre une pleine. En France, nous sommes bien moins avancés sous [ce rapport, car^il existe encore très peu de stations de rechargement.
- Aussi les garagistes doivent expédier par chemin fer de jusqu’à l’établissement le plus proche les cylindres vides laissés par leurs clients. Or beaucoup de types de bouteilles actuellement en usage ont un manomètre et un robinet apparents. La délicatesse de ces organes exigeait jusqu’ici l’emballage de ces cylindres dans une caisse en bois pour l’aller et pour le retour. Afin de remédier à cet inconvénient, la Société l’Oxylithe construit maintenant de nouveaux récipients à acitylène dissous ; grâce à un artifice ingénieux, on peut enlever leur robinet et leur manomètre sans qu’il y ait fuite de gaz ou d’acétone.
- Sur une de nos illustrations, nous voyons un coin du quai d’expédition de l’Usine d’Asnières (fig. 5) où se trouvent à gauche des bouteilles ancien mo-
- dèle, dans leur emballage et à droite, de nouveaux cylindres susceptibles de voyager sans emballage. Dans ces derniers, M. Georges F. Jaubert a remplacé le robinet par un simple raccord qui contient le pointeau de fermeture, raccord fermé lui-même par un bouchon à vis, jouant le rôle de chapeau métallique. Sur ce raccord, vient se fixer le robinet proprement dit, comprenant lui-même 2 organes : une clé pour la manœuvre du pointeau logé dans le raccord soudé sur la bouteille et une vis micrométrique permettant de régler avec précision l’écoulement du gaz-
- Ce perfectionnement supprime donc la sujétion de l’emballage et facilitera le développement de l’industrie de l’acétylène dissous.
- Après avoir acheté une bouteille avec son robinet, un client n’a plus, après usage, qu’à dévisser celui-ci et à retourner le récipient vide, en replaçant sur le raccord le chapeau de protection formé d’un écrou à 6 faces.
- Quand la bouteille lui revient de l’usine après remplissage (ou lorsqu’il l’a échangée contre une pleine' chez son garagiste), il lui suffit pour l’utiliser d’enlever le bouchon à 6 pans, de le conserver par devers soi et de visser à sa place le robinet de déversement. Il existe actuellement trois . séries de ces nouvelles bouteilles, l’une d’une capacité de 1250 litres pour le grand tourisme, la seconde de 600 litres pour voiture ou voiturette et la troisième de 500 litres pour side-car et motocyclettes.
- Jacques Boyer.
- Fig. 5. — Expédition des bouteilles d'acétylène dissous.
- A gauche, bouteilles ancien modèle dans leur caisse ; à droite, bouteilles nouveau modèle pouvant voyager sans emballage.
- NACRE ET PERLES DE SYNTHÈSE
- M. Daniel Berthelot a présenté récemment à l’Académie des Sciences, un travail fort intéressant de MM. Clément et Rivière, les spécialistes bien connus en matière de vernis cellulosiques. 11 s’agit de la synthèse, parfaitement mise au point, de la nacre et des perles et non d’une vulgaire imitation. Qui de nous n’a pas admiré les brillantes irisations de la nacre et des perles naturelles ?
- Aussi, dès un temps assez reculé, les imitations
- de la perle (qui n’est en somme que la matière de la nacre, mais disposée différemment) ont-elles tenté l’industrie.
- « L’essence d’orient » n’est autre chose qu’une dissolution ou plutôt une suspension colloïdale dans l’ammoniaque, d’écailles d’ablettes, qui possède un aspect chatoyant et nacré.
- L’écaille d’ablettes est constituée chimiquement par des dérivés de la xanthine, produit d’excré-
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- NACRE ET PERLES DE SYNTHÈSE
- lion de l’animal. On compte qu’il faut traiter 70000 ablettes environ pour obtenir 1 kg « d’essence d’orient ».
- L’essence d’Orient était mélangée, dans le passé, avec de la gélatine, pour l’emploi, et cette mixture, s’étendant à l’intérieur de boules de verre minces, formait la perle artificielle. Par la suite, l’essence d’orient fut mise en suspension dans des vernis à la nitrocellulose ou à l’acétate de cellulose. L’irisation est obtenue par le tétrachlorure de Titane, Ti Cl4, agissant sur le verre à 120° ou bien par une pellicule mince de nitrocellulose donnant les phénomènes d’interférences.
- Clément et Rivière, qui ont abordé le problème, en s’inspirant, comme nous le verrons plus loin, des conceptions du Pr Raphaël Dubois et aussi des idées du Pr Leduc, ont effectué la précipitation du carbonate de calcium, en un milieu colloïdal, analogue à celui où se produit naturellement la formation de la nacre. Ce milieu se nomme la « conchyoline » ; c’est un albuminoïde de la nacre.
- La composition de la nacre naturelle, peut être
- résumée comme il suit :
- Conchyoline................... 5 °/0
- Carbonate de calcium..........75 %
- Eau.................. ... 25 %
- La nacre possède une sorte de charpente albuminoïde constituée par la conchyoline : les grains ou cristaux de carbonate de chaux viennent s’empiler dans cette charpente et constituent, suivant la structure du substratum, soit la nacre, soit la perle.
- Dans la perle, la charpente ci-dessus décrite, en conchyoline, est rayonnante, au lieu d’être lamellaire comme dans la nacre. C’est pourquoi on peut, jusqu’à un certain point, cliver la nacre et la perle. Tantôt les irisations produites par la nacre et la perle sont violentes et d’aspect métallique; tantôt
- Fig. 2. — Vue au microscope d’une plaque nacrée à réseau très serré et irisations chatoyantes.
- Fig. i. — Vue au microscope dune plaque nacrée de formation artificielle, à files peu. serrées et reflets métalliques.
- elles sont d’un aspect chatoyant et doux. Nous verrons plus loin les causes de ces différences.
- La formation du carbonate de chaux dans la coquille du mollusque a lieu dans un milieu colloïdal hydraté qui est la conchyoline, albuminoïde analogue à la kératine.
- Clément et Rivière l’ont prouvé par l’expérience suivante. Ils font une dissolution de gélatine de la
- composition :
- Eau........................... . 80 °/0
- Gélatine........................ 5 %
- Sel de calcium ................15 %
- Ils étalent cette dissolution, en couches régulières et successives, sur une plaque de verre; la prise en gelée a lieu : ils laissent alors couler lentement et régulièrement sur cette gelée, un peu de la
- dissolution suivante :
- Eau.............................. 80 %
- Carbonate de sodium................9,6 %
- Phosphate trisodique. .... 2,4%
- Albumine, caséine, gélatine ou
- autre colloïde i ................ 8 %
- Cette dissolution s’étend en nappe sur la gélatine : le carbonate de calcium se précipite au sein de ce milieu colloïdal, comparable à la conchyoline.
- Après 30 minutes de contact, on lave la plaque à l’eau et l’on formolise pour insolubiliser la gélatine, caséine ou albumine.
- Les irisations splendides obtenues, sont alors de deux sortes ainsi que nous le disions plus haut.
- Tantôt apparaissent des irisations accompagnées de reflets métalliques : cela a lieu avec des gélatines calciques à haut pourcentage d’eau et une grande quantité de liquide alcalin.
- Tantôt, 'dans le cas opposé, les irisations sont d’un aspect moins métallique et plus chatoyant.
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- DaiiS' le 1e,: cas, la plaque nacrée apparaît au microscope, comme formée d’une série de files parallèles de carbonate de chaux, peu serrées, for-inanf un réseau capable de produire les effets inter-férçntïels, qui sont le propre de la nacre et des perles.
- | Dans, le 2e cas, les files de carbonate de chaux étant excessivement serrées, l’aspect métallique du Ie1' cas est, transformé en aspect chatoyant, soyeux et irisé. La photomicrographie montre qu’il s’agit d’uu réseau très serré de carbonate de chaux contenant 1000 traits au millimètre.
- Si rônfpousse à l’extrême la haute proportion d’eau, si l’on dépasse par exemple 80 pour 100, le carbonate de chaux se précipite sous une forme amorphe. Si la proportion d’eau est de beaucoup inférieure à 80 %> il n’y a presque pas de précipité, et le nacrage est presque nul.
- Clément et Rivière sont ainsi arrivés à produire à volonté, suivant les conditions de leurs expériences, tantôt l’aspect peu désirable au point de vue ornemental, de la coquille blanche peu ou pas nacrée de l’huître ordinaire, tantôt la coquille admirablement irisée des mollusques nacriers. S’ils opèrent sur une sphère de verre, garnie de gélatine, ils obtiennent des perles qui donnent l’illusion de la perle vraie et rappellent les perles de nacre ou perles japonaises. Si, sur la surface déjà nacrée, ils déposent une deuxième couche de la solution de gélatine, ils augmentent sensiblement le nacrage.
- La nacre et la perle, chauffées longtemps vers 50°, s’opacifient, plus ou moins; il en est de même de la nacre artificielle de Clément et Rivière. C’est l’analogue de ce que l’on appelle vulgairement « la mort de la perle ». C’est le cas de tout corps organisé soumis à une déshydratation, même partielle.
- Dans le milieu des spécialistes de la perle, ne dit-on pas, à tort ou à raison, que le vrai lieu
- CHASSEURS DE TÊTES =..........................——
- d’élection d’un collier de perles est l’épiderme féminin délicat sur lequel il s’épanouit?
- M’y aurait-il pas là une hydratation due aux liquides sudoripares?
- En tout, la poésie n’a-t-ellc pas ses relations intimes avec la réalité?
- En somme, la nacre artificielle de Clément et Rivière a pu être revivifiée par une hydratation subséquente. Ces chimistes ont cherché à expliquer certains points de leur découverte, en se rapportant à des travaux précédents sur un sujet connexe : (( La précipitation périodique » étudiée par Lise-gang et Leduc :
- Introduisons dans un tube à essai une' solution de gélatine à 5°/0, contenant 1/1000 de sel de calcium.
- Une fois que la prise en gelée a eu lieu, ajoutons, à la surface, une solution saturée de carbonate de soude. Le lendemain, on observe què'cctte dernière s’est diffusée sur un centimètre de lorigtfeur, produisant une zone dè carbonate de chaux. L'es jours suivants, des anneaux parallèles de carbonate de chaux se produisent, distants de I demi-cèritimètre.
- Dans certains cas, ils sont assëz rapprochés pour donner des irisations. L’explication de ces phénomènes se rattache à la théorie des parois semi-perméables. Il n’y a nul doute que Clément et Rivière ne soient arrivés à la résolution pratique du nacrage industrialisé. Nous avons vu leurs résultats à la dernière Foire de Paris; ils sont très satisfaisants. Leurs perles artificielles rappellent beaucoup l’aspect des perles de nacre ou perles japonaises; elles ont un aspect beaucoup plus agréable que les imitations à l’essence d’orient : l’irisation y est plus douce et plus progressive.
- En un mot, il y a là un travail des plus intéressants pour les industries françaises et parisiennes surtout, de la démocratisation du luxe.
- Albert IIutin.
- CHEZ LES DAYAKS, CHASSEURS DE TÊTES
- M. Cari Lumholtz est incontestablement un des plus brillants explorateurs de notre époque, et l’on doit s’étonner que son nom et ses travaux ne soient pas plus connus du public français.
- Norvégien de naissance, il fut attiré de bonne heure par la botanique et la zoologie, et, à l’âge de vingt ans, fut chargé d’une mission scientifique en Australie par l’Université de Christiania.
- Il étudia la faune et la flore du Queensland,' découvrit de nombreuses espèces inconnues, passa de longs mois dans la compagnie des indigènes cannibales de cette colonie, et rapporta de son expédition de nombreux spécimens d’animaux et de plantes, ainsi que la matière d’un volume : Au pciys fies Cannibales, qui fut publié simultanément en 1889, à Londres, Paris et New-York.
- En 1890, il entreprit, grâce au concours de
- VAmerican Muséum of Natural Hislory, l’exploration du Mexique inconnu. Il réussit à entrer en relations avec plusieurs tribus des hautes vallées de la Sierra Madré qui n’avaient encore eu aucun contact avec la race blanche, et qui vivaient dans des cavernes inaccessibles.
- Ses expéditions successives se prolongèrent jusqu’à la fin de 1910. Les études qu’il publia à son retour soit chez Charles Scribner Sons, les grands éditeurs new-yorkais, soit dans les périodiques de l’American Muséum, eurent un retentissement considérable dans les milieux scientifiques. ;
- Le désir d’explorer l’intérieur de la Nouvelle-Guinée le hantait depuis longtemps. Il se vit sur le point de réaliser ses projets.
- Le roi de Norvège et plusieurs sociétés géographiques (celles de Norvège, d’Angleterre et de Hol-
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- CHE:Z LES DAYAKS, CHASSEURS DE TÊTES ====== 167
- lande) s’étaient unis pour couvrir les dépenses de l’expédition. Il débarquait à Batavia en août 1014, et pour apprendre que la guerre s’était déchaînée sur le inonde. Le gouverneur général des Indes Hollandaises s’excusait de ne pouvoir lui donner l’escorte militaire sur laquelle il comptait, et lui conseillait d’attendre des jours plus favorables. Persuadé — comme tant d’autres ! — que la guerre ne durerait que quelques mois, M. Cari Lumholtz s’en allait visiter l’Inde Anglaise.
- De retour à Batavia, en 1910, il se heurtait au même refus, en ce qui concerne la Nouvelle-Guinée, mais obtenait l’autorisation d’explorer l’intérieur de Bornéo, avec une escorte de six soldats javanais commandés par un lieutenant hollandais.
- M. Cari Lumholtz vient de publier sa relation de voyage, sous le titre de : A travers Bornéo. — Deux années chez les Chasseurs de têtes (l). C’est à cette œuvre remarquable que nous allons faire des emprunts, non sans remercier l’auteur et l’éditeur d’avoir bien voulu nous communiquer les photographies reproduites sur ces pages.
- Rappelons que Bornéo, l’une des plus grandes îles de l’insulinde (ou Archipel Malais), est d’une superficie de 735 000 kilomètres carrés environ, dont plus des cinq septièmes appartiennent à la Hollande, le restant dépendant politiquement de l’Angleterre. La population, qui n’a été recensée qu’une fois (en 1905), et seulement dans les régions administrées directement par Anglais ou Hollandais, doit s’élever à plus de 2 millions.
- (1) Charles Scribner Sons, éditeurs, New-York.
- Fig. 2. — Un Dayak jouant de la musique dans un instrument rudimentaire.
- Traversée par l’équateur, l’île offre un contour’— massif, de forme triangulaire. De nombreux massifs montagneux la parcourent et certains sommets dépassent l’altitude de 4000 mètres. Elle est presque entièrement recouverte d’épaisses forêts où abondent de brillantes orchidées, et sa faune est d’une richesse exceptionnelle, avec ses éléphants, ses rhinocéros, ses orang-outans, et bien d’aulres espèces.
- Dans le nombre, il convient de citer le nasique (Nasalis Jarvatus), singe semnopithèque caractérisé par un appendice nasal qui, chez les vieux males, atteint une longueur de dix à douze centimètres.
- La photographie que nous en publions (fig. 1) montre l’aspect humain, exagéré dans le sens de la caricature, que présentent ces animaux. Nous devons ce rare document, pris par le docteur Lumholtz, à la courtoisie de notre confrère new-yorkais, Nalural History.
- Dans un article publié récemment par cette revue, l’explorateur 'norvégien consacre quelques lignes aux mœurs de ces étranges créatures, dont la taille dépasse un mètre, avec une longueur égale pour la queue. Elles vivent par tribus d’une centaine de têtes et parcourent des distances relativement considérables dans les forêts, en sautant de branche, en branche.
- Nous pouvons dire, à propos de cette faune bor-néenne très imparfaitement connue, qu’on a le droit d’admettre que la zoologie s’enrichira de nouvelles espèces de grande taille, quand nous aurons terminé' l’exploration de notre planète. Au cours de cet article de Natural History, M. Cari Lumholtz expose sa conviction qu’il existe dans l’intérieur du Queensland un grand marsupial carnivore* que les indigènes australiens appellent yarri, et. qu’il était, croit-il, sur le point de découvrir, quand les menaces des cannibales précipitèrent son retour vers là côte.
- L’ethnographie de Bornéo n’est guère mieux connue que sa faune. La race dominante est celle des Dayaks, type de la famille indonésienne que l’on croit être originaire du Nord-Ouest de l’Indochine.
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- 168 ............. CHEZ LES DA YAKS,
- On la partage en deux groupes : les Dayaks maritimes, qui furent longtemps de redoutables pirates, et les Dayaks terriens, qui vivent dans rinlérieur, et sont moins civilisés que les premiers, qui se sont dégrossis au contact des races immigrées (Chinois, Arabes, Hindous, Malais) fixées depuis des siècles sur la côte.
- Les Kayans, qui vivent isolés dans les montagnes du Nord, ne sont pas des Indonésiens. Plusieurs explorateurs, dont M. Harrison W. Smith, croient qu’ils sont d’origine caucasique, mais qu’ils subirent des mélanges avec des races mongoloïdes au cours de leur longue migration à travers l’Asie méridionale.
- On croit qu’ils séj ournèrent longtemps en Basse - Birmanie,
- 011 plusieurs de leurs bandes se fixèrent, car les Karens de ce pays leur sont manifestement apparentés. Les Kayans, surtout la classe noble, offrent parfois des traits nettement européens.
- Leur teint est à peine bronzé.
- Leur religion rappelle celle de la Grèce antique, avec ses nombreuses divinités commandées par un dieu suprême.
- Leurs devins consultent le vol des oiseaux et les entrailles des animaux sacrifiés.
- Une autre race mystérieuse, et peu connue, est celle des Pounans, qu’il faut ranger parmi les aulo-chtones de Bornéo. Ils mènent une existence primitive au fond des forêts, ignorent absolument l’agriculture, et ne vivent que des produits de la jungle : plantes sauvages et petit gibier. Us n’ont d’autres armes que des couteaux de pierre et des sarbacanes et lancent de petites flèches empoisonnées qui manquent rarement leur but à une distance d’une trentaine de mètres. Un homme touché par un trait expire dans les deux heures.
- Ces Pounans sont de petite taille, et les huttes qu’ils se construisent sont de simples hangars de feuilles. Ils les abandonnent dès qu’ils ont épuisé
- CHASSEURS DE TÊTES .....—
- fruits et racines sauvages dans un certain rayon. Ces détails, joints à l’emploi de fléchettes empoisonnées, indiqueraient qu’ils font partie de la race « Negrito », race naine négroïde dont on retrouve des rameaux isolés dans- l’intérieur de presque toutes les grandes îles situées au Sud-Est de l’Asie, soit de Ceylan aux Philippines et à la Nouvelle-Guinée.
- Toutes ces races bornéennes cherchent depuis des siècles à s’exterminer les unes les autres. Les massacres ont diminué dans les régions dominées par
- les Européens ; mais la « chasse aux têtes » se pratique encore communément. M. CarlLumhollz explique presque plaisamment celte horrible coutume, au moins en ce qui concerne les Dayaks.
- Ces tri Im s croient en une vie future, qui diffère fort peu de la vie terrestre. Quand ils coupent la tête d’un ennemi, ils lui adressent des paroles flatteuses, moins à la victime — ce serait pousser la sinistre comédie un peu loin ! — qu’à son âme, afin qu’elle reste dans la maison du vainqueur.
- Elle fait désormais partie de la famille et devient sa protectrice, en jouant le rôle d’intermédiaire auprès des mauvais esprits.
- Aussi, les têtes, où les âmes continuent à résider, sont-elles l’objet de soins attentifs. On les suspend à la place d’honneur, dans les maisons, et on leur offre périodiquement des fêtes. Nous en donne-nerons une rapide description, d’après le récit de M. Harrisson W. Smith.
- « Deux vieilles femmes, raconte-t-il, décrochèrent une des têtes pendues au-dessus du foyer, et lui emplirent la bouche de riz bouilli. Une cigarette allumée prit place dans un coin des lèvres, et un fragment de pâte de bétel, dans l’autre coin. L’âme pouvait donc se réjouir, puisque sa tête mangeait, fumait et chiquait tout à la fois !
- Fig. 3. — Un Dayak.
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- CHEZ LES DAYAKS, CHASSEURS DE TÊTES
- « Puis, on la régala d’une petite promenade. Les vieilles femmes l’emportèrent devant la maison, en la tournant de-ci de-là, comme pour lui faire admirer le paysage. Ensuite, elles la firent danser, tout en psalmodiant une chanson monotone qui suppliait son esprit d’apporter des bénédictions à la famille___»
- Le Gouvernement hollandais et le Radjah de Sara-wak (principauté soumise à l’influence britannique) s'efforcent de supprimer cette « chasse aux têtes ». Mais on aperçoit ici une des difficultés auxquelles se heurtent trop souvent les auto-rités coloniales dans les pays sauvages : un Dayak poursuivi pour avoir « pris une tête » a le droit de crier à la persécution religieuse!
- Le meurtre d’un homme — même lorsqu’il a été assassiné lâchement par surprise — est un acte religieux et glorieux, qui assure au meurtrit r le privilège de porter des tatouages sur le dos de ses mains.
- Un jeune homme qui ne peut montrer ces décorations est la risée des femmes.
- Alors que M. IL W. Smith parcourait l’intérieur du Sara-wak, huit Dayaks employés à récolter le caoutchouc dans la jungle, rencontrèrent un campement de Pounans. Les hommes étaient partis à la chasse, laissant 24 femmes et enfants et un vieillard, qui furent tous tués par les Dayaks. L’horrible butin de têtes trahit bientôt les assassins, qui, livrés aux agents du radjah, furent exécutés.
- La tribu à laquelle appartenaient les meurtriers dut verser aux autorités de lourdes amendes, qui furent reversées à la tribu de Pounans. La paix fut rétablie entre les deux camps au moyen d’une curieuse cérémonie. Comme le massacre avait eu lieu dans un territoire appartenant aux Ray an s, des représentants des trois races se réunirent devant le
- fort, où le représentant du Radjah de Sarawak les avait convoqués.
- Ils s’accroupirent solennellement autour d’un porc entravé, et, à tour de rôle, lui tinrent des discours, chacun en sa langue. Ils le priaient d’être un bon et honnête cochon, quand le couteau du sacrifice aurait libéré son « âme », et de porter leurs prières et compliments à Bali Penyalong, le Grand Esprit. Ils comptaient sur lui pour leur livrer I un foie ennemi du mensonge, et qui leur fournirait
- un oracle de tout repos. Fréquemment, l’orateur chatouillait, du bout d’une baguette, les côtes de l’animal, qui répondait d’un grognement, preuve qu’il prêtait la plus vive attention au discours.
- Enfin, le pauvre cochon polyglotte fut immolé et dès experts consultèrent son foie. Ils y découvrirent deux sillons qui se rejoignaient presque sans se couper, et ils interprétèrent ce signe : Dayaks et Pounans se rap-procheraient dans la paix, et pourraient même, tôt ou tard, faire échange de femmes.
- Une constatation étrange est relevée dans les récits de tous les voyageurs : ces Dayaks, si cruels quand il s’agit pour eux de conquérir des têtes, sont normalement des hommes estimables, très bons, très doux, loyaux envers leurs amis, toujours prêts à rendre service, pères et maris exemplaires.
- « Ces sauvages de Bornéo, proclame M. Cari Lumholtz, ignorent le mensonge et le vol. Dérober un objet quelconque leur apparaît une très mauvaise affaire, puisque, dans l’autre monde, le voleur est condamné à porter sur le dos les produits de ses larcins, ce qui le rend ridicule et méprisable. Les Dayaks sont hospitaliers, généreux et loyaux, et les disputes sont rares entre eux. Pendant les deux années que j’ai passées parmi ces primitifs, je n’ai
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- jamais vu dos enfants se battre ou même se quereller.... »
- M. Cari Lumholtz croit qu’il existe dans l’intérieur de l’ile une race d’hommes noirs pourvus d’un appendice caudal assez prononcé. C’est possible, et même probable. Dans l’intérieur de l’archipel voisin, les Philippines, on a pu constater chez une tribu de nombreux cas de cette « anomalie ». Je possède dans mes collections quatre photographies prises dans cette région par un anthropologiste américain, et qui montrent que le moignon caudal, chez ces indigènes, peut dépasser cinq centimètres.
- Le très distingué savant et explorateur n’a pas abandonné son projet d’expédition dans l’intérieur de la Nouvelle-Guinée. Ses plans sont arrêtés : il veut traverser la plus grande île de la terre du Sud au Nord, et c’est là un itinéraire qui se déroulera
- presque en entier dans de vastes régions absolument inconnues. Il devra franchir, par un col élevé de plus de 5000 mètres, une chaîne dont un des rares sommets mesurés atfeintune altitude de 5800 mètres.
- Une pareille expédition promet d’être fertile en résultats scientifiques. On ne connaît l’ethnographie et la faune de la Nouvelle-Guinée que très imparfaitement, et seulement pour les régions voisines du littoral. Les voyageurs qui ont pu pousser plus avant, et revenir à la côte sans avoir été mangés par les cannibales — ce qui est une exception ! — ont tous rencontré des races humaines ou animales entièrement nouvelles pour la science.
- Nous souhaitons ardemment que le docteur Cari Lumholtz rencontre bientôt le Mécène qui l’aidera à réaliser son très intéressant projet.
- Y. Foiumn.
- LE CHANT DES FILS TÉLÉGRAPHIQUES
- A diverses reprises La Nature a discuté de cette question, notamment dans le n° 2471 du 45 août 1921, tant au point de vue de la gêne que ce bruit continu apporte aux habitants des immeubles sur lesquels sont fixés des poteaux télégraphiques, qu’à celui des interprétations diverses qu’on a données de ce chant.
- M. le professeur Agamennone, de l’Observatoire géodynamique de Rocca di Papa, vient de faire connaître dans une étude publiée par la Meteorologica Pratica, revue de l’Observatoire de Montecassino, les récents travaux de M. Respighi qui semblent juger la question d’une manière définitive.
- Nous lui empruntons les renseignements suivants.
- La question semble dater d’une vingtaine d’années, exactement d’une publication de M. Laska au Meteoro-logische Zeitschrift de Vienne, en 1902.
- M. Laska. rappelait que, Je premier, le Dr Eydam, à la suite d’observations continuées pendant plusieurs années, crut avoir prouvé que les sons rendus par les fils télégraphiques annoncent toujours le mauvais temps, et précisément deux jours avant s’ils sont graves, et seulement quelques heures avant s’ils sont aigus. Souvent, tandis que l’air est violemment agité, l’on n’entend aucun son et, contrairement à l’attente générale, les sons sont intenses dans une atmosphère calme. M. Laska dit que tout ceci n’est ni infirmé, ni confirmé ; mais que pour si extraordinaire que ce fait puisse paraître, cela n’est pas tout à fait impossible et mérite d’être examiné plus attentivement. Les recherches de Strouhal montrent qu’un vent assez fort peut faire vibrer les fils télégraphiques, et il est certainement singulier que leurs vibrations se produisent quand l’air est calme ; mais il n’est pas inexplicable, ajoute M. Laska, que ces dernières soient le pronostic d’un changement du temps, comme l’arrivée de la pluie, de la neige, du vent, ou d’une tempête, suivant les idées du Dr Eydam; phénomènes qui accompagnent, comme il a été constaté, les dépressions barométriques.
- Les observations faites avec le pendule horizontal ont prouvé que les plus petits mouvements barométriques peuvent, dans certaines circonstances, et même à plus d’une centaine dé kilomètres de distance, produire des
- vibrations du sol, bien connues des géophysiciens sous le nom d’agitation microsismique, durant laquelle la terre vibre avec un mouvement dépendant de la nature du sol et dont la période'varie au plus de 2 à 5 secondes. Si l’on admet que les fils télégraphiques prennent part à cet état vibratoire du sol, le phénomène en question est tout expliqué. Les fils du télégraphe pourraient même remplacer le pendule horizontal et prendre place parmi les instruments météorologiques.
- *
- * *
- a J’ignore, dit M. Agamennone, si M. Laska ou d’autres sont revenus sur cette question et avec quels résultats, mais je suis heureux de pouvoir aujourd’hui être à même de faire la lumière complète sur le phénomène, sur lequel le Dr Eydam a appelé l’attention des météorologisles, et que le professeur Laska a cherché d’expliquer par les mouvements microsismiques, suscités par les dépressions barométriques. »
- L’ingénieur L. Respighi, chef du service technique téléphonique du Ministère des Postes et Télégraphes italiens, préoccupé des vibrations qui se produisent sur les poteaux des fils télégraphiques, et qui sont particulièrement gênantes sur les habitations privées, voulut en rechercher la cause, puisque les différentes hypolhèses déjà faites pour expliquer le phénomène étrange (glissement du fil sur les isolateurs, variations de température, coups de vent, tempête, etc.), restaient problématiques, incomplètes et en contradiction avec les circonstances et les données de faits. Ses considérations, observations et expériences ont conduit, au contraire, à une explication naturelle et précise dans tous les détails de ce phénomène essentiellement harmonieux des vibrations transversales, dues au frottement continuel de Pair qui agit comme un archet de violon sur les fils et les fait vibrer plus ou moins sensiblement suivant les conditions atmosphériques, mais principalement dans les circonstances suivantes : direction du vent, normale ou presque à celle des fils; vitesse modérée, comprise entre un peu moins d’un mètre et pas plus de 5 à 4 m. à la secondé, courant aérien constant et tranquille. »
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- L’UTILISATION PRATIQUE DU VOL A VOILE
- Les vibrations des cordes harmoniques par l’effet des courants d’air, étaient déjà utilisées par les anciens dans les haipes Eoliennes; et même récemment on a essayé de former des instruments musicaux avec des cordes vibrant sous l’action d’un courant d’air. Si l’on expose un violon au souffle d’un ventilateur, ses cordes vibrent avec la plus grande intensité, quand l’air les traverse à angle droit, elles vibrent moins quand le courant est oblique, elles ne vibrent pas quand le courant est dans le sens de leur longueur, ou encore quand il est normal à la caisse du violon. C’est pour la même raison que les fils tendus tout près d’un mur ne rendent presque pas de son.
- Portant son attention sur les nombreux fils qui sont au sommet d’un central téléphonique, M. Respighi trouva que parmi les réseaux qui se dirigent dans tous les sens, seuls vibrent de la même façon les fils qui se trouvent dans la môme direction, normalement au vent ; ils ne vibrent pas quand l’air est complètement calme, et ne vibrent que d’une manière peu appréciable quand l’air souffle trop faiblement. Ils commencent à produire le rythme harmonique caractéristique lorsque le vent atteint une certaine force, mais celle-ci ne doit pas dépasser une limite donnée, parce qu’alors l’air glisse sans adhérer sur les bords du fil et, en outre,, la pression frontale, l'emportant sur le frottement, amortit les vibrations et produit seulement de lentes oscillations pendulaires sans donner de sons. Tout ceci a été confirmé par de nombreuses expériences faites en imprimant des vibrations aux fils téléphoniques au moyen d’un archet de violon. 11 faut déplacer celui-ci lentement et régulièrement, sans trop appuyer sur le fil ; si l’archet appuie tiop, il ne laisse pas le fil vibrer et rend à peine le son du « râcleur », si l’archet appuie trop, et s’il glisse trop vile, il rend un o sifflement » sans produire aucun son.
- Ce moyen de faire vibrer de longues rangées de fils, en reproduisant exactement les sons provoqués par le vent, permet non seulement d’analyser les particularités
- du phénomène, mais d’étudier aussi les moyens d’empêcher les sons en question qui pourraient être gênants. Une longue rangée de fils, par suite de son étendue, n’obéit pas immédiatement, comme une corde harmonique, à l’action d’un archet; cependant après quelques secondes commencent les vibrations qui en peu de temps deviennent plus intenses, pareilles à celles qui se produisent sur les lignes télégraphiques. Quand le frottement cesse, les fils continuent encore à vibrer pendant 1 ou 2 minutes, et ceci explique comment, même avec quelques fluctuations dans la force du vent, la continuité du son persiste, spécialement dans les poteaux chargés d’un nombre considérable de fils. Les rangées de ces derniers vibrent surtout avec des harmoniques de petite longueur d’onde, et puisque le son est produit par de faibles actions mécaniques, celles-ci peuvent être supprimées par une légère et opportune résistance d’inertie.
- M. Respighi procéda aussi à des recherches de laboratoire, en expérimentant sur un fil de bronze de 1,25 mm de diamètre et de 1 m. 50 de longueur tendu sur deux morceaux de bois et exposé au courant d’air d’un petit ventilateur, ou au frottement d’un archet de violon.
- Le résultat de ces expériences confirma non seulement les lois déjà trouvées par les observalions sur les fils téléphoniques, mais il servit à l’invention d’un type de sourdine qui se caractérise non seulement par sa légèreté et sa simplicité, mais aussi par son prix minime, par son extrême facilité de montage et de maniement. Expérimenté largement sur le réseau téléphonique de Rome et ailleurs, et soumis au contrôle pendant plus d’un an dans ses différents conditions de pose et dans chaque état de l’atmosphère, il a montré qu’il répondait parfaitement au but.
- Le problème du chant des fils télégraphiques est donc résolu. Si ce chant ne peut servir à prédire le temps, tout au moins peut-il èlre supprimé par un moyen simple, en amortissant les vibrations. . A. R.
- L’UTILISATION PRATIQUE DU VOL A VOILE
- Les expériences du puy de Combegrasse et de la Rhôn viennent de donner un renouveau d’actualité à la question jadis si controversée du vol à voile. On peut se demander jusqu’à quel point le vol à voile pourra, dans l’avenir, devenir un mode pratique de transport. Ne sera-t-il jamais qu’un simple sport destiné à intéresser quelques amateurs ou entrera-t-il Lout à fait dans le domaine commercial et industriel?
- Il faut, pour avoir une opinion quelconque à ce sujet, se bien rendre compte de la manière dont les oiseaux pratiquent le vol à voile. Or, ainsi que l’ont montré nos expériences faites en Afrique, ce genre de vol (en réservant toutefois le cas encore obscur de l’Albatros que nous comptons étudier prochainement) est uniquement dû à l’utilisation savante des courants ascendants.
- Les appareils de différents modèles que nous utilisons, et qu’on trouvera décrits dans YAéro-
- phile (‘), permettaient d’enregistrer d’une façon continue les variations de vitesse horizontale et verticale du vent.
- C’est ainsi que nous avons pu constater que toujours, et sans exception, les oiseaux qui se soutenaient en l’air sans perdre de hauteur et sans battre des ailes se trouvaient dans une zone où le vent avait une composante verticale ascendante. Les diagrammes ci-joints, empruntés à Y AérophUe et qui sont la reproduction de ceux de nos enregistreurs, montrent l’existence et l’utilisation de semblables courants.
- Mais à quoi sont dus ces courants, ces remous ascendants? Ici deux cas se présentent. Le premier se trouve réalisé dans les pays chauds ; c’est donc le cas général, car dans les pays froids et tempérés,
- 1. Etude expérimentale du [vol à voile, par P. Idrac. Thèse présentée à la Faculté des Sciences de Paris. IJ Aérophile, Janvier et mars '1922.
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- L’UTILISATION PRATIQUE DU VOL A VOILE
- Fig. i. — Diagrammes en coordonnées polaires donnant l’inclinaison du vent sur l’horizontale (rayons vecteurs), en fonction du temps (angles polaires).
- Les traits épais v indiquent que des oiseaux volaient à voile à ce moment au voisinage immédiat du cerf-volant. Un tour du disque enregistreur correspond
- à 25 minutes.
- le vol à voile n’est qu’une exception. C’est uniquement dans les-régions tropicales que l’on peut assister au merveilleux spectacle déjà décrit bien des fois de ces oiseaux à grande envergure qui par centaines évoluent dés heures et même des journées entières sans donner le moindre coup d’aile. Ici les remous qu’ils utilisent sont des remous de chaleur. Le fait nous a été révélé par le thermomètre ultrasensible que nous utilisions et qui était fondé sur les variations de la conductibilité électrique d’une spirale de platine emmenée près des oiseaux par un cerf-volant (4).
- La différence de température nécessaire à l’entretien de ces remous est d’ailleurs minime, et de l’ordre de 1 degré.
- Les courants ascendants ainsi créés sont faibles en général, et d’une grandeur voisine de 1 mètre par seconde, les valeurs de 2 à 5 mètres ne se rencontrant que rarement. Ils sont néanmoins très suffisants pour les voiliers de ces pays et le grand vautour d’Afrique s’en contente largement.
- 1. L’Aérophile. Loc. cit.
- Une autre source de courants ascendants réside dans les inégalités de la surface du sol. Il est bien évident que la pente d’une montagne qui fait face au vent doit être la cause d’un courant ascendant, mais d’autres circonstances plus ou moins imprévues peuvent également les occasionner. C’est ainsi qu’une meule placée au milieu d’une plaine unie occasionne un courant ascendant non seulement à la partie avant située face au vent, mais aussi à la partie arrière située sous le vent, cette dernière colonne ascendante étant due à la rencontre des filets d’air tels que abc, a'b'c ayant passé à droite et à gauche de la meule et se rencontrant ensuite (fig. 3).
- J’ai également constaté l’existence de colonnes ascendantes à la rencontre de deux vallons, même faiblement prononcés, pour certaines directions de vent, etc...
- Ces courants se font sentir à des hauteurs très grandes par rapport aux inégalités du sol, ainsi que me l’ont montré des observations de ballons-pilotes.
- Ce second mode de courants ascendants que nous appellerons courants ascendants dynamiques par opposition avec les courants thermiques des pays chauds, peut présenter, dès que le pays est un peu fortement accidenté, une importance beaucoup plus grande que les premiers et des courants de l’ordre de plusieurs mètres par seconde n’y sont pas rares.
- Ce sont eux qu’utilisent les condors de la Cordillère des Andes et les aigles de nos Alpes. Ce sont eux également qu’utilisent ces nouveaux voiliers humains qui sont les premiers pionniers de l’aviation sans moteur.
- v v v v
- Inclinaisons '<- du vent sur A _ / horizontale
- \ Variations "f" de température,
- \21 minutes
- L Inclinaisons j-- du vent sur
- j../'horizontale
- j _ Variations \ de température
- Courbes donnant simultanément les variations de tempèratîire et les variations d’inclinaison du vent.
- Fig. 2.
- (Hachures au-dessus de a courbe en v, v == oiseaux volant à voile au voisinage immédiat des appareils.)
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- L’UTILISATION PRATIQUE DU VOL A VOILE
- Mais ces divers courants n'étant que locaux, comment font les oiseaux voiliers, lorsque, non contents de se promener tranquillement en l’air en décrivant leurs orbes au-dessus d’une même région, ils veulent se déplacer et parcourir du chemin?
- En général, voici le procédé qu’ils emploient : l’oiseau, ayant trouvé une colonne d’air ascendante l’utilise en décrivant les orbes bien connus qui n’ont d’autre but que de le maintenir dans la zone favorable à son ascension; puis, lorsqu’il a atteint une hauteur suffisante, il se laisse glisser dans la direction qu’il "veut suivre jusqu’à ce qu’il rencontre une nouvelle colonne d’air montante et ainsi de suite. Parfois il se contente de louvoyer entre les divers courants de manière à demeurer le maximum de temps possible dans les zones sustentatrices et le minimum dans les zones à courant descendant, tel le marin qui règle sa route en mer de manière à utiliser au mieux les courants marins. Au-dessus de Constantine, j’ai eu l’occasion de constater que des groupes de vautours qui traversaient d’un bout à l’autre l’horizon et dont j’avais relevé les trajectoires par des triangulations sommaires, se maintenaient à grande hauteur au-dessus du faite d’une ligne de collines située au-dessous d’eux (fig. 4).
- Pour utiliser ces courants ascendants avec profit, il faut que l’oiseau ait un sens de ces mouvements de l’air, une intuition des endroits où l’air porte, ainsi le chameau et même l’Arabe dans le Sahara pressentent de loin l’emplacement des puits au milieu des dunes mouvantes de sable.
- L’oiseau, disait déjà Mouillard, a la prescience des mouvements de l’air, et c’est fort juste. Il m’a été donné plus d’une fois de constater l’arrivée d’un groupe d’oiseaux volant à voile au voisinage de mes appareils enregistreurs aériens, au moment précis où. ceux-ci commençaient à indiquer la naissance d’une colonne d’air montante.
- L’homme est-il capable d’une pareille intuition? Il est encore prématuré de répondre à cette question. Des vols de deux heures consécutives, comme ceux qui viennent de se produire récemment semblent néanmoins indiquer que l’homme comme l’oiseau saurait s’adapter à ce nouveau genre d’exercice.
- Dans les vols humains, toutefois, les performances qui ont été accomplies se sont toujours localisées dans un cercle fort restreint, de quelques kilomètres à peine, et tel n’est pas le but que l’on doit se proposer dans l’avenir si l’on veut utiliser le vol à voile comme moyen de transport.
- Or, à l’heure actuelle, les courants dynamiques semblent seuls utilisables par l’homme, car seuls ils paraissent pouvoir atteindre d’une manière un
- Fig. 4. — La trajectoire d’un oiseau voilier.
- peu continue des vitesses de plusieurs mètres par seconde. Mais ils ne se rencontrent que dans des régions restreintes du globe, et, sauf certains cas très spéciaux comme la Cordillère des Andes qui offrirait un chemin admirable tout le long de la côte ouest des deux Amériques, il ne semble pas qu’en général ils soient utilisables autrement que pour une promenade de touriste dans des régions assez limitées.
- Les courants des pays chauds, au contraire, seraient d’autant plus intéressants à utiliser qu’ils se rencontrent dans des pays oùles moyens de locomotion et de ravitaillement sont des plus restreints, où l’essence est rare et les centres civilisés éloignés les uns des autres. Mais ils ont beaucoup moins d’intensité et dépassent rarement deux mètres.
- Les courants thermiques exigeront donc des appareils ayant un bien meilleur angle de glissement que les courants dynamiques.
- Il ne faut pas oublier que nos études ont montré que les voiliers d’Afrique avaient un angle de glissement d’environ 1/16, avec une vitesse horizontale de 7 à 11 mètres à la seconde.
- Il paraîtrait donc désirable que dans les concours de vol à voile, des comparaisons soient établies entre les appareils au point de vue de leur angle de glissement. Il faudrait pour cela comparer des vols planés un jour où l’atmosphère est parfaitement calme, ou mesurer, un jour de vent, la composante ascendante aux points d’évolution des appareils.
- Enfin n’oublions pas, en ce qui concerne l’utilisation des courants thermiques que les colonnes d’air montante dues à l’air chaud, quoique réparties en grand nombre, ont individuellement des dimensions restreintes de 100 à 500 mètres de largeur
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- en généra], et que le diamètre des orbes de voiliers qui y évoluent est faible* et d’ailleurs relativement constant. Nous .l’avons., presque toujours, dans nos triangulations, trouvé compris entre 30 et 50 m.
- Pour ces diverses raisons Tutilisation des cou-ranls thermiques des pays chauds paraît encore bien problématique et lointaine. Par contre les cou-
- rants dynamiques pourront fournir des résultats plus immédiatement intéressants, et les grandes chaînes de montagne comme les Pyrénées et surtout la Cordillère des Andes constituent de véritables routes aériennes qui pourront permettre, par vent favorable, d’opérer de longs voyages aériens.
- P. IllIUC.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1922.
- Le rendement des (/raines et la chaux. — Opérant sur le pois gris, la lentille, le radis et les céréales comme le maïs, le blé et le sarrasin. MM. Maquenne et Cerighelli se sont proposé de reprendre les essais de M. Demoussy. Leurs résultats confirment ceux de ce savant : la chaux n’a qu’une faible influence sur l’organisation des réserves et 11e favorise guère la germination en facilitant l’oxydation de la graine, mais son action bienfaisante se fait sentir sur le poids et l’accroissement en longueur des organes alors élaborés.
- Le rendement des stations de T. S. F. — M. À. Abraham et Planiol soumettent à l’Académie une méthode déjà vérifiée par un essai industriel entre Nantes et Paris et qui permet sans augmentation de dépense de doubler l’intensité du trafic, un poste transmetteur muni de circuits résonnants spéciaux remplissant le même office que dans deux stations distinctes de même puissance.
- Lés pertes d'énergie dans quelques diélectriques industriels. — A l’aide d’un électromètre à miroir par-
- ticulièrement sensible et de condensateurs à air formés de plateaux semblables à ceux des appareils Abraham-Villard, M. Augustin Frigon a fait porter un ensemble d’essais sur des éprouvettes (long. 40 cm, diam. 20 mm) de papier imprégné de vaseline et de résine ; ses résultats, d’un grand intérêt, viennent apporter une contribution importante à l’établissement de lois quantitatives encore à formuler.
- La réduction des oxydes par l’hydrogène. — L’oxyde NiO a retenu l’attention de tous les chimistes qui mettent à profit les travaux de M. Paul Sabatier et emploient le métal Ni comme catalyseur. Pour M. F. Berger, . la discontinuité, observée dans les courbes de réduction sous l’action de l’hydrogène, ne serait pas forcément due à la formation d’un composé intermédiaire; elle pourrait être la conséquence par exemple, soit d’un mélange de*, deux polymères d’activité différente, soit de l’existence d’une épaisseur limite dans la perméabilité au gaz H de la couche de métal réduit.
- Paul B.
- LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE L’AMÉRIQUE DU SUD
- II. — Brésil, Pérou, Venezuela, Antilles.
- Après avoir décrit les gisements argentins de Comodoro llivadavia et de Challaco (voir n° 2520), nous pouvons examiner rapidement la situation et l’avenir de leurs congénères : la question des combustibles joue un rôle si considérable dans la civilisation mondiale que personne ne peut s’en désintéresser.
- Disons tout de suite qu’il n’y a pas de raison pour être aussi pessimistes que les ingénieurs américains, qui ne pensent qu’au sol des Etats-Unis : et dans cette grande contrée où les énormes distances rendent nécessaires des communications mécaniques rapides, on se livre à une débauche de véhicules mécaniques qui dépasse notre imagination, sans arriver cependant à satisfaire à tous les bèsoins des transports.
- De là résulte une attaque intensive de toutes les réserves que pouvait contenir le sous-sol ; quoique les ingénieurs aient ajouté aux terrains de Pennsylvanie les fructueuses exploitations de pétrole du Texas et de Californie et soient ainsi parvenus à mettre annuellement sur le marché les 2/5 sinon
- les 3/4 de la production mondiale, ils n’arrivent pas à suffire aux demandes de leurs concitoyens, et cependant, ils exploitent leurs mines avec une telle ardeur que les réserves seront épuisées dans une vingtaine d’années, même en supposant que les productions mexicaine et canadienne compenseront l’accroissement de la consommation.
- Mais il y a encore beaucoup de ressources en dehors des Etats-Unis, et de grands champs en voie d’attaque ou à l’étude, ou complètement ignorés, et ce sont ces régions qui sont l’objectif principal de l’examen auquel nous mous livrons ici.
- De plus, il y a un phénomène probable, mais qu’on n’a pas encore pu constater, c’est le renouvellement possible des imprégnations de pétrole dans certaines contrées. Quelle en peut être l’importance dans l’avenir? C'est ce que personne ne peut dire ; clc pareilles additions sont certainement très lentes et par conséquent peu productives annuellement : mais comme elles agissent un peu partout, peut-être fourniront-elles un appoint notable aux besoins industriels quand l’écorce terrestre sera
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- partout percée comme une écumoire et jusqu’à de grandes profondeurs.
- Il est bien certain que, jusqu’ici, on s’est attaqué aux contrées de facile accès, de forages faciles, de production élevée : dans un avenir peu éloigné on entreprendra des travaux sur ce qu’on néglige aujourd’hui, parce que le combustible arrivera progressivement à des prix terriblement élevés par rapport à tous autres objets de consommation. Dans ces nouvelles situations économiques il est probable que les Etats-Unis souffriront plus de la crise que les vieux pays d’Europe.
- Pour l’Amérique du Sud, nous avons dit déjà que les gisements de pétroles s’étendent presque forcément au long de la chaîne des Andes, côté oriental, bien au delà de la région patagoniennc où on les attaque aujourd’hui.
- Celte traînée de combustibles vierges paraît s’élargir beaucoup en marchant vers le nord où ils sont inattaqués, mais où des reconnaissances provisoires paraissent annoncer la présence dans le sous-sol de couches de schistes bitumineux ou d’asphaltes, et très probablement celle d’un certain nombre de bassins houillcrs : de grands sondages seront nécessaires pour en amener la découverte définitive, parce qu’il ne semble pas y avoir dans ces régions, de grands plissements analogues à ceux de l’Angleterre, du Nord de la France et de l’Allemagne; car ce sont ces plissements, généralement (et vaguement) parallèles à l’équateur, qui ont amené près du niveau des mers ou au-dessus, par leurs plis anticlinaux, les couches profondes des terrains stratifiés où existaient des accumulations anciennes hydrocarbonées. Des gisements utiles ont été mis par ces accidenLs, à portée des recherches des mineurs : car si les couches du bassin franco-belge, par exemple, étaient restées à quelques milliers de mètres de profondeur, il est probable qu’elles seraient encore ignorées aujourd’hui ; et c’est dans des profondeurs de ce genre qu’elles ont du se former à l’époque de leur genèse, en comptant les couches du permien, du trias, du lias, du jurassique, du crétacé et du tertiaire qui se sont successivement déposées depuis les temps carbonifères, pendant que la llore tropicale reculait d’une trentaine de degrés vers le Sud !
- Il y aura donc lieu, quand les nécessités y forceront, de procéder à de grandes opérations de perquisitions dans le nord de l’Argentine.
- On peut dire, presque à coup sûr, qu’il y a là de très grandes réserves de combustibles minéraux, mais la recherche en sera très onéreuse, donc aléatoire. Espérons, pour nos petits neveux, qu’elle sera fructueuse !
- Le maximum de probabilités nous semble vers la terminaison nord de l’Argentine, avant son contact avec la Bolivie; mais quand on atteint la frontière, les choses changent de face : au lieu de la plaine, on trouve successivement plusieurs chaînes alignées Ouest-Est, faisant sans doute partie du plissement
- qui dessine la côte nord du Venezuela, l’effondrement de la mer des Antilles, puis la chaîne des Grandes Antilles avec quelques prolongements dans le Nicaragua et le Mexique. C’est là un bouleversement spécial qui traverse un peu irrégulièrement les deux mondes, et produit de larges déviations dans l’ensemble de la chaîne des Andes.
- Au bord sud de l’effondrement on trouve de belles mines de houille (côte du Venezuela) inexploitées à cause surtout des moustiques, entre la lagune de Maracaïbo et l’ile de Trinidad. A Maracaïbo les sources de naphte sont abondantes, et on essaie d’y trouver les éléments d’une exploitation industrielle, mais on n’y a pas encore nettement réussi : à Trinidad on connaît un lac d’asphalte; c’est un vrai cratère dans lequel monte constamment un remplissage d’asphalte assez dur qu’on exploite au fur et à mesure de son émersion. On estime à 50 000 tonnes la quantité ainsi prélevée chaque année. C’est là un vrai phénomène de renouvellement continu, sans limite à prévoir comme durée.
- Des travaux de forages ont été entrepris dans cette région ; les résultats en sont mal connus, mais ne paraissent pas encore brillants.
- L’ile de Trinidad n’appartient pas aux dépendances des Andes comme les autres gisements d’hydrocarbures précités : il s’agit ici d’un autre accident Nord-Sud, moins accusé que les hautes Andes, mais qui se dessine longuement vers le Nord, par la chaîne des Petites Antilles, la Floride et probablement beaucoup plus loin dans lUAmérique du Nord dont nous parlerons plus tard. Quant à la direction Sud, passant derrière les régions aurifères de la Guyane, elle arrive au Brésil et on a annoncé la découverte dans ce pays de grandes couches de schistes bitumineux à 56 pour 100 de bitume, c’est-à-dire très probablement un lignite gras cendreux. Si cela est vrai, il y a des chances pour qu’un grand sondage fasse rencontrer, dans la plaine de l’Amazone, des couches plus anciennes de lignite et de houille, et peut-être de bons pétroles.
- Au pied du versant occidental des Andes, sur toute la longueur du Chili et le Sud du Pérou, les indices d’émanations pétrolifères ne manquent pas, mais les probabilités sont faibles de rencontrer là des gisements de pétrole susceptibles d’une large exploitation industrielle : la grande faille correspondant à l’effondrement Pacifique a fait descendre à des milliers de mètres de profondeur les régions où ont dû se former les dépôts sédimenlaires à zones perméables, où les hydrocarbures ont pu s’accumuler, et qu’on n’ira probablement pas chercher là. Une très grande partie de ces précieux gisements est, nécessairement perdue pour l’industrie humaine puisque les mers recouvrent les trois quarts de la superficie du globe.
- A la latitude où commence le Pérou, les Andes se divisent en fournissant les Cordillères; entre ces chaînes on connaît de beaux gisements métallifères,
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- 176 .. LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE L’AMÉRIQUE DU SUD
- 5300'
- ma'/bo
- Caracas
- Fig. i. — La région Nord de l’Amérique du Sud.
- et il ne semble pas que le pétrole y soit bien développé. Mais le terrain s’élargit un peu entre le pied occidental des montagnes et le Pacifique, et aussitôt on voit apparaître les sources de pétrole. L’une d’elles est très remarquable, celle de Piura, au nord du Pérou, et témoigne d’une grande activité productrice. Malheureusement le pétrole qui en sort est très sulfureux, et quand il arrive à l’air, sous le brûlant soleil, le soufre brûle à froid, le pétrole s’épaissit et se transforme en bitume asphaltique, ressemblant plutôt à de la houille qu’à un naphte. La présence de ce soufre a longtemps empêché de tirer parti de ce combustible, mais on a récemment commencé une exploitation, que le système de séparation du soufre par voie catalytique ou chimique (1) permettra probablement de développer assez largement tant dans le Nord du Pérou que dans l’Equateur où le gisement se prolonge près de la mer.
- C’est en 1902 que les sondages ont commencé dans le désert de Piura; la production s’y est accrue rapidement dans ces dernières années, passant de 11000 tonnes en 1902 à 255 0C0 en 1919 et à 500 000 en 1921, y compris celle des travaux de l’Equateur ; dans ceux-ci la densité des naphtes brutes est d’environ de 0,87 tandis qu’à Piura elle approche de 0,90. Ce sont donc des pétroles lourds, mais la production de 2 1/2 millions de barils est déjà un chiffre sérieux.
- Plus au Nord, en Colombie, la présence de couches pétrolifères n’est pas démontrée industriellement.
- 1. Un ingénieur français a récemment fait connaître un procédé d’élimination du soufre et de réduction, qui paraît devoir être plus économique que ceux étudiés antérieurement (emploi du fer spathique). Il n’est pas impossible que le gisement pétrolifère du Comodoro Kivadavia appartienne plutôt à cette traînée Atlantique qu’à la zone Andine ; les futurs sondages examineront cette question qui a une grande importance pour le développement de l’industrie des napldcs dans toulc la partie Est de l’Amérique (lu Sud.
- quoiqu’on ait trouvé dans les Cordillères à la latitude de Buonaventure, des indices de couches de lignite asphaltique.
- L’ensemble des gisements de ce bord occidental des chaînes andines nous paraît appartenir à la catégorie renouvelable, comme à Trinidad et à Maracaïbo ; c’est-à-dire que les fouilles seraient en communication assez directe avec les fissures d’émissions pétrolifères permanentes, plutôt qu’avec des couches perméables d’accumulation, et cela augmente beaucoup l’intérêt de ces recherches au point de vue de l’avenir lointain. F. Uigaud.
- y coloai
- Piura
- PX'E \r\0
- Fig. 2.
- Région du Pérou de l’Équateur et de la Colombie.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiukk, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2528.
- -16 SEPTEMBRE 1922^
- Les régions géographiques.
- LE PAYS DE GAUX
- I.Configuration, aspects pittoresques, climat (J).—
- Le pays de Caux est line des régions côtières les mieux délimitées de France, et dont la physionomie présente une individualité particulièrement caractérisée. Il affecte grossièrement la forme d’un triangle dont l’angle le plus aigu est formé par le cap de la
- fondes sinuosités. À l’est, les confins sont moins nets : c’est d’abord la vallée de la Bresle, qui depuis l’époque gauloise a constitué une frontière plus historique et sociale que géographique ; plus au sud, le pays de Bray, assez profondément vallonné, forme un rentrant qui, avec le Roumois, vient
- Fig. i. — La cathédrale de Rouen. (Photo Levy et Neurdein.)
- Fig. 2. — Montivilliers. — Les bords de la Lézarde. (Photo Levy et Neurdein.)
- Tlève ; la tôle, du Havre au Tréport, est assez fortement curviligne, tandis que la base, représentée par la basse vallée de la Seine, est découpée en pro-
- 1. — Mémento mbliograpiiique.— Géographie, description, guides; Leearpentier, Le -pays de Caux (Rouen, 1906); Ardouin-Dumazet, Voyage enFrance, 6° et 17e séries; H. Prenlout, La Normandie (collection des régions de la France) ; Paul G rayer, Un mois en Normandie (Paris, llaehetle, 1922) ; Guides Bleus, Normandie (éd. 1919). —Histoire: Albert Polit, Histoire de Normandie (Paris, Boivin, 1911). — Archéologie : Enlart, Hou en (collection des Ailles d’art). — Anthologie : H. Prenlout, La Normandie (Paris, Laurens, collection des anthologies). — Linguistique : A. Longnon, Les noms de lieux de la France, 2° l'asc. (Paris, Champion, 1922); Ch. Jorct, Des caractères et de Vextension du patois normand, Paris, 1883.
- rejoindre la Seine aux abords de Rouen.
- Le pays de Caux est le type du plateau de faible altitude. Sa hauteur varie entre 100 et 200 m, environ. Très uni surtout à l’ouest, un peu plus ridé à l’est aux approches du pays de Bray, il tombe brusquement, tant sur la mer que sur la Seine, par un rebord, à cassure nette, de falaises escarpées. Les eaux s’écoulent par des sillons à peine apparents au centre du plateau, mais qui se creusent rapidement vers la mer pour déboucher par des valleuses encaissées, une des caractéristiques de la région ; les dépressions sont moins accusées du côté de la Seine. La seule vallée intérieure importante est celle de l’Arque, qui apporte à Dieppe les
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- 50° Année. — 2' Semestre.
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- Fig. 3. -— Harfleur. — Le clocher; vieilles maisons. (Photo Levy et Neurdein.)
- eaux de trois rivières conjuguées, au cours supérieur parallèle. Tous les cours d’eau qui vont à la côte sont orientés du sud-est au nord ou au nord-ouest ; vers la Seine, du nord au sud.
- Le plateau cauchois est formé par une grande épaisseur de sédiments calcaires, craie blanche, plus rarement marneuse (par exemple à l’est de Dieppe) appartenant aux étages supérieurs du crétacé. Çà et là sur le plateau, quelques nappes de tertiaire attestent la présence de dépôts postérieurs de faible épaisseur.
- Les falaises marines et aussi celles, moins réputées mais non moins intéressantes qui bordent la Seine, constituent l’élément le plus pittoresque du pays de Caux. Elles atteignent leur plus grande hauteur à Senneville (126 m.) et au cap d’Àntifer (MO m.). Les plus belles découpures s’observent à Etretat, où les arches naturelles de la Manneporle et de la Porte d’Aval forment, avec l’Aiguille, isolée dans la mer, un paysage justement célèbre. Le magnifique coup d’œil qu’olfre le cap de la Hève sur l’estuaire de la Seine et la côte de Honfleur a été comparé par Chateaubriand à celui de la Corne d’Or. — Les falaises crayeuses, à strates horizontales, sont coupées de nombreux bançs de silex qui, arrachés par l’érosion et roulés par la mer, garnissent les petites plages ou criques au débouché
- des valleuses ; les cailloux roulés descendent souvent par étages brusques dans la mer, comme à Étretat et Fécamp. — Les falaises de la Seine sont particulièrement imposantes aux abords de Rouen et de Duclair. La descente en bateau de Rouen au Havre compte parmi les plus belles traversées fluviales de l’Europe.
- Le cours de la Seine, de Rouen au Havre, lent et régulier, a été utilisé depuis l’époque historique par la navigation. Près de l’embouchure, le flux de la mer, heurtant le courant, produit une barre, ou mascaret, qui atteint de fortes proportions lors des grandes marées d’équinoxe et que les touristes vont voir à Caudebec, où elle mesure son maximum d’amplitude.
- Le climat du pays de Caux est essentiellement maritime, avec prédominance des vents d’ouest et abondance des pluies qui font la richesse en pâturages de la verte Normandie. Los hivers sont relativement doux sur la côte et les étés assez frais, l’automne précoce. Mais de la configuration du plateau sans aucun abri, comme de l’exposition de la côte au nord, il résulte une température moyenne plus froide qu’en basse Normandie ou en Cotentin; les vents sont généralement très vifs. La vallée de la Seine est plus abritée.
- Dans l’ensemble, la végétation est assez septentrionale. Le hêtre est l’essence principale des forêts, avec le bouleau ; le sapin, qui ne semble pas indi-
- Fig. 4. — Rouen. — Église Saint-Maclon. (Photo Levy et Neurdein.)
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- gène, s’est fort bien acclimaté et prospère comme dans les Vosges.
- II. Population, caractères; l’activité sociale; les villes et l’art. —
- Dès l’époque gauloise, le pays deCaux avait déjà son unité sociale : il était occupé par les Caletes (qui lui ont donné son nom), tribu celtique, du rameau belge, peu importante et qui a joué un rôle ell'acé. Il semble qu’à cette époque la région, couverte de forets, était peu cultivée, et que la côte, entre la Somme et la Seine, de nature inhospitalière, ne renfermait aucun port p1). Ratumagus (en latin Rotomagus), le futur Rouen, port d’embarquement pour la Grande Bretagne, sur les confins des Caletes et des Yeliocasses, appartenait à ces derniers (qui ont laissé leur nom au Vexin). Le chef-lieu des Caletes fut Juliobona, sur la Seine (aujourd’hui Lillebone), fondée sans doute par les Romains (2) dont il est resté les ruines imposantes d’un théâtre, seul vestige important de l’époque latine dans la contrée. Ce sont les Romains qui ont commencé à développer Rouen, simple village dont César ne fait même pas mention, et qui devint métropole de la deuxième Lyonnaise.
- Il semble que des pirates saxons fondèrent quelques établissements sur les côtes cauchoises aux et vie siècles : telle est du moins l’opinion de Longnon. Mais c’est la colo-
- 1. C. Jullian, Histoire de Lu Gaule, II,
- 481.
- 2. Juliobona, dont le second élément est celtique,, paraît signifier « la fondation de Jules »• | msatlOll des INorlhmanS qui fixa la physionomie
- ethnique et sociale du pays et lui assura- la, prospérité. Dès la fin du ixe siècle, les chefs northmans avaient pris Rouen pour base d’opérations et de ravitaillement et commençaient à s’installer dans le pays : le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) consacra sur ce point une situation acquise, en étendant par ailleurs les possessions des nouveaux ducs de Normandie.
- 11 est acquis aujourd’hui que la colonisation normande se porta de préférence sur certaines parties du duché, en raison de la richesse des terres, mais surtout de la proximité des capitales, Rouen et Caen, et de la densité de la population préexistante : les conquérants s’établirent dans la basse Normandie et surtout,
- Fig. 6. — Êlrelat. — La falaise. (Photo Levy et Neurdein.)
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- chez de nombreuses personnalités de tout ordre, architectes, sculpteurs, écrivains (Corneille, Haubert, etc.), musiciens (lloïeldieu, Saint- Saens), peintres (4). Son esprit pratique, ainsi que celui du Suisse, se concilie fort bien avec un certain idéalisme, comme en
- témoigne le
- grand essort religieux des \i1'-\v
- sie-
- Fig. p. — Rouen. — Vue prise du pont transbordeur. (Photo Levy et Neurdein.)
- au nord de Rouen, dans le pays de Caux, alors faiblement peuplé et qui fut défriché par leurs soins. L’analyse des noms de lieux est absolument probante : c’est la région cauchoise qui renferme, de beaucoup, la plus forte proportion de noms norois de toute la Normandie; on y retrouve, dans la finale, bec, ruisseau (Caudebec, qui devint le chef-lieu du pays, signifiant ruisseau froid (’) etc.) ; beu, altéré en beuf, cabane (Lindebeuf, cabane des tilleuls...) ; dalle, vallée (Dieppedallc, profonde vallée); mare, étang, 1res fréquent, ainsique tôt (norois toft), masure (llouquetot, masure du hêtre). Les noms en ville, qui forment presque le tiers des communes de la Seine Inférieure, ont été créés au début de l’époque normande.
- C’est donc dans le pays de Caux qu’il faut chercher le type le plus pur et les caractères les plus accusés de la race normande. Hommes grands et forts, aux yeux clairs, au teint haut en couleur, aux cheveux blonds ou roux, femmes fraîches, plantureuses, voilà pour le physique. Au moral, le Cauchois est méfiant, et assez renfermé, peu expansif, sauf dans les fêtes de famille ou de village ; il aime son intérieur, qui est propre et bien tenu. Apre au gain, mais d’esprit ouvert, il a des dispositions commerciales bien connues ; il est en même temps accessible aux initiatives et il sait semer pour récolter. L’esprit aventureux des ancêtres nordiques s’est conservé surtout sur la côte, où s’est formée une race de hardis marins. Sous une écorce rude, le Cauchois a des dispositions artistiques qui se sont développées
- 1. Le premier élément ilu mot, qui pourrait faire illusion, est le norois kaki, même tonique l’allemand hall et l’anglais cold.
- clés, qui multiplia dans toute la Normandie les belles églises et les riches monastères.
- Le patois normand forme un groupe assez bien délimité dans la langue d’oïl et a de nombreux traits communs avec le picard, notamment la conservation de c (k) devant a latin (canter, chanter; kièvre, chèvre) et ch correspondant au c as si-bilé parisien (chent, cent). Le dialecte normand eut une brillante littérature au moyen âge, mais tomba au rang du patois dès les xve-xvie siècles. Après avoir gardé jusqu’à nos jours son individualité propre, il est, depuis un demi-siècle, rapidement altéré par le français de Paris. Les patois du pays de Caux, toutefois, résistent mieux que ceux de la basse Normandie. Le normand a donné au français la plupart des termes relatifs à la mer, qui manquaient naturellement au langage primitif de l’Ile-de-France (2).
- Les anciens costumes ont à peu près disparu. Les derniers témoins étaient les magnifiques coiffes cauchoises, aux formes variées, apparentées, dans les terres, au hennin médiéval, hautes et majestueuses avec de longues ailes comme des voiles de navi-
- 1. Voir J. Heuzey, La Normandie et ses peintres (Paris, 1909).
- 2. Les autres sont venus de Provence, assez peu de l’Ouest. — C’est par Dieppe que les premiers poissons et crustacés marins sont venus et ont été connus à Paris. Crevette est la forme cauchoise de « chevrette » (nom indigène de la crevette dans l’Ouest).
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- Fig. 8. — Dieppe. — Le château. (Photo Levi et Neurdein )
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- res~—, éployées en éventails auréoles sur la côte de Dieppe comme à Boulogne : il s’en trouve encore beaucoup, conservées avec soin, dans les armoires des aïeules. Sur la côte, quelques vieilles portent encore le bonnet de coton à pompon, qui n’est pas ici l’attribut nocturne du sexe masculin.
- Comme partout, on trouve d’anciennes coutumes, mais moins caractérisées qu’ailleurs. Le folk-lorc, sauf sur la côte, n’est pas très riche et sa tradition se perd rapidement.
- Le Cauchois est bien trop pratique pour s’amuser au récit des. légendes et trop avisé pour croire aux superstitions et aux fables.
- S’il va encore chez le rebouteux, c’est qu’il le considère comme un habile homme.
- L’habitation rurale est très caractéristique. Comme en basse Normandie, les colons nordiques ont marqué ici profondément leur empreinte sur les traditions gauloises conservées jusqu’à eux : c’est peut-être la région de France où l’influence latine est le plus complètement absente dans ce domaine. La maison normande, et spécialement la maison cauchoise, est caractérisée surtout par les poutres apparentes entre le crépissage, tradition nettement germanique, et par le toit à deux pans très inclinés, couvert en chaume, plus récemment en ardoise. Dans les villes, les. vieilles maisons, à plusieurs étages à encorbellement, avec pignons ou auvents, offrent, surtout pour les xv’-xvi6 siècles, toute la fantaisie de l’art médiéval avec une ornementation très délicate.
- La spécialisation des travaux a divisé, depuis huit à dix siècles, la population en deux catégories bien nettes : agriculteurs du plateau, pêcheurs et marins des côtes. Ici et là, les villages sont également fort dissemblables. Le village rural du pays de Caux est
- un des plus caractéristiques de France : il s’étale sur un vaste espace, chaque ferme avec ses dépendances occupant généralement le centre d’un clos de pommiers entouré d’une épaisse haie et d’un haut rideau de hêtres qui bordent les jolis chemins creux ; chaque exploitation est une petite unité économique, où la famille, domestiques compris, vit chez soi, isolée des voisins (*). C’est, à la coquetterie près, le cottage, c’est aussi le home anglais, si différent de la conception du Midi latin, où l’on vit en grande partie dans la rue. Les endroits de réunion sont les marchés et les foires, qui ont en Normandie une importance sociale et aussi une couleur locale particulières. La race aime la bonne chère et la vie plantureuse, caractère commun avec la Flandre. La principale richesse du pays est l’élevage du bœuf et du mouton, la fabrication du beurre et du fromage, ensuite les céréales, le colza, et le cidre, qui est la boisson nationale : les pommiers prospèrent dans les plis de terrains ou à l’abri des rideaux de hêtres.
- Pêcheurs et marins des côtes sont les descendants directs des colons saxons et north-mans ; l’apport latin n’existe que dans la vallée de la Seine. Toutes les criques ont été utilisées pour abriter des villages, grands ou petits, plus tassés que ceux du plateau en raison de la configuration du sol ; d’anciens procédés sont encore en usage, comme le halage des barques au cabestan sur la côte d’Yport. Les ports de commerce se sont développés dans les dépressions les plus importantes. Dieppe prit d’abord la
- 1. Consulter : L. Guitton, Une ferme du pays de Caux (Beauvais, 1910); André Siegfried,[Z,e régime el la division de la propriété dans le pays de Caux ((Paris, Rousseau, 1909). C’est le régime de la grande propriété et du fermage ipii domine encore.
- Fig. io. — Rouen. — Palais de Justice. (Photo Levi et Neurdein.
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- tête; l’àme des anciens Vikings revécut dans ses hardis corsaires ; mais la destruction de la ville en 1694 par la flotte anglaise lui porta un coup terrible. Fécamp s’est spécialisé dans la pèche de la morue à Terre-Neuve. Le Havre est une création réfléchie de François Ier pour commander l’estuaire de la Seine ; ce n’est qu’au xixe siècle qu’on creusa, pour le grand commerce, la magnifique rade qui en a fait le second port maritime de France (après Marseille). Le port de Rouen, rendu accessible aux bateaux de fort tonnage, est devenu le point de jonction entre la batellerie fluviale et le transport maritime. Ce sont aujourd’hui nos principaux points de transit avec l’Angleterre et, pour le Havre, avec l’Amérique du Nord. L’esprit d’initiative des llavrais, plus encore que des Rouennais, peut rivaliser avec l’audace des anciens Dieppois et des Fécampois.
- La côte cauchoise est le berceau des bains de mer français. Au xvne siècle, quelques gens de qualité allaient se plonger à Dieppe dans les flots marins pour se guérir de la rage. Mais ce fut la duchesse de Berry, Napolitaine d’origine, qui créa la station balnéaire de Dieppe sous la Restauration. Vers la même époque, le peintre Isabey s’installait à'Ltre-tat, qu’il fit connaître par ses marines, et que l’écrivain Alphonse Karr lançait définitivement sous Louis-Philippe. Le second Empire accrut la vogue de Dieppe, en même temps qu’il mettait à la mode Deauville et Trouville. Depuis un demi-siècle, le goût des bains de mer a gagné la bourgeoisie et les employés des villes. Tous les villages de la côte sont devenus' des villégiatures estivales, où l’on trouve tous les intermédiaires entre la plage mondaine, comme Etretat, et le « petit trou » ... jadis « pas cher » : Dieppe, Sainte-Adresse, Le Tréport, Saint-Valéry, Yport, etc.
- L’industrie est active, surtout dans la vallée de la Seine. La région de Rouen s’est spécialisée dans la fabrication des cotonnades ; les fdatures sont nombreuses entre Rouen et Yvetot; les draps de Monti-villiers étaient célèbres aux xive et xvc siècles. Depuis quelques siècles il est de tradition, à Dieppe, d’ouvrer l’ivoire. Plus récemment, la métallurgie et les chantiers maritimes se sont développés au Havre et à ses abords. Fécamp fabrique la bénédictine qui tire son nom des anciens religieux.
- Le pays de Gaux a des villes de première importance sur son pourtour. Si Rouen n’est pas cauchois à proprement parler, il est à’ia lisière du pays dont il constitue le débouché naturel. : L’opposition est saisissante entre Rouen et le Havre, .les deux métropoles rivales de la région, à population à peu près égale.
- Rouen est la vieille cité, qui garde ses traditions et ses édifices d’ancienne capitale d’un duché parfois plus puissant que le jeune royaume de France : ville historique, qui évoque le supplice de Jeanne d’Arc et un long régionalisme; ville d’art, possédant un ensemble de monuments et de musées
- unique en France (Paris à part) et qui la place même avant Toulouse. Le cachet ancien, de l’ensemble comme des détails (il y a une série unique de viedles rues(‘), s’est fort bien conservé, bien que la ville se soit modernisée, mais judicieusement et sans disparate, dans ses grandes artères.
- Le Havre, au contraire, est le type de la cité .moderne, avec des voies spacieuses et rectilignes, des édifices qui semblent tous neufs et où tout évoque l’activité et les besoins du présent, rien du passé ; les bassins du port, et la plage contiguë dp Sainte-Adresse lui donnent, autant de vie que d’agrément.
- Dieppe représente l’ancien port marchand, auquel le xixe siècle a adjoint un front d’élégants hôtels et villas; Fécamp, en plus petit, offre les mêmes caractères. Étretat, au contraire, est la station bal-héaire contemporaine, qui a étouffé l’ancien village. Eu est, avec Yvetot, le spécimen de la petite ville rurale. •
- L’art architectural de la région cauchoise est extrêmement riche. Si Rome n’a presque rien laissé, en revanche le moyen âge a déposé une floraison de chefs-d’œuvre : châteaux forts, tantôt ruinés comme à Arques, tantôt consolidés comme à Dieppe ; abbayes somptueuses, affectant éneore la sévérité romane (Jumièges) ou épanouies dans la gothique de Saint-Wandrille. G’est dans le style gothique fleuri que l’art normand donne toute sa mesure. Déjà, dès le xme siècle, il a une tendance très nette, à Eu comme à Rouen, à embellir l’édifice, à multiplier les sculptures, à affiner la décoration, à alléger les parties de soutien.
- Rouen possède un ensemble gothique de premier ordre : sa splendide cathédrale a une façade et un portail (celui des Libraires) d’une majesté et d’une somptuosité sans égales ; Saint-Maclou est un bijou de grâce et d’élégance; Saint-Ouen, un chef-•d’œuvre de légèreté et de luminosité. Le Palais de Justice offre toute la richesse du flamboyant, déjà épuré par la Renaissance, qui s’affirme davantage encore dans l’hôtel du Bourg-Théroulde.
- Faut-il citer encore Saint-Jacques de Dieppe et sa superbe tour, l’église d’Arques et son jubé classique, l’Ensevelissement du Christ à Eu, le clocher de Har-fleur qui se reflète pittoresquement dans la Lézarde? Si sombre dans la France centrale, le xve siècle fut ici un siècle de richesse, apothéose de la dynastie anglaise à la veille de sa défaite. La pure Renaissance a peu laissé : originale au manoir d’Ango, un peu lourde à la Grosse Horloge, elle est très exubérante dans les chapelles de Fécamp. Le représentant le plus complet du style du xvne siècle, le château d’Eu, a été incendié au début du siècle et assez bien reconstitué. Combien d’autres clochers brodés, beaux logis, ruines émouvantes ! Il est peu de régions où l’artiste et l’archéologue retrouvent autant de témoins éloquents du passé.
- Albert Dauzat.
- 1. En première ligne l’étrange rue Eau-dc-Robec, bordée par le ruisseau que coupent d’antiques passerelles.
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- UNE PERLE FINE DE CULTURE SANS NOYAU DE NACRE
- Dans noire N° 2521 du 29 juillet 1922, M. L. Berlin a expliqué très clairement ce que sont les perles cultivées dites perles japonaises. Celles-ci ne présentent aucune différence visible avec les perles fines véritables. Mais si on les coupe, on trouve en leur milieu un noyau de nacre qui ne s’observe pas dans la perle naturelle.
- M. L. Boutan vient d’annoncer a VA cadémie des Sciences dans sa séance du 21 août, 1922 qu’il avait eu entre les mains une perle de culture sans noyau. Dès lors il y aurait identité entre les perles japonaises et les perles véritables. Nous reproduisons ci-dessous la note, de M. Boutan.
- Dans un Mémoire publié l’année dernière (‘), je m’étais préoccupé de l’étude du noyau dans les perles fines naturelles et de culture japonaise. J’arrivais à celte conclusion que les caractères du noyau, invisible exlérieurement. ne pouvaient fournir un critérium, ni important ni accessoire, à la définition de la perle fine.
- J’ajoutais qu’il me paraissait inutile, comme l'avaient suggéré Lyster-Jameson (1 2) et Mlle Lemaire (3) de substituer dans la culture, au noyau de nacre généralement employé par les Japonais, une petite perle naturelle ; car cela ne constituait qu’une satisfaction purement théorique, puisque le noyau n’avait pas d’influence sur la beauté de la perle fine.
- Ce noyau de nacre n’en restait pas moins le seul caractère, qui/sur une coupe, permit de différencier la perle de culture de la perle naturelle et MM. Galibourg et Rysiger (4) ont imaginé un appareil qui, selon les auteurs, rend possible de reconnaître, dans les perles perforées, les perles japonaises cultivées des perles naturelles.
- Cet appareil pourrait ne pas être appelé à un long avenir.
- Il semble, en effet, que M. Mikimoto, qui a si ingénieusement trouvé la méthode de culture des perles complètes, a prévu, depuis plusieurs années, les objections que l’on pouvait faire à la présence dans les perles de culture d’un noyau de nacre. Or, il ne faut pas oublier que le choix du noyau reste à la discrétion du cultivateur, qui peut le modifier à son gré.
- Par l’intermédiaire de M. L. Pohl, qui m’a déjà fourni tant de documents précieux, j’ai reçu récemment pour l’étude un échanlillon de perle sectionnée qui porte comme indication : « perle obtenue par culture sans noyau de nacre » (les deux moitiés réunies pèsent 15,68 grains).
- Ce bel échantillon de forme allongée, en forme de poire un peu irrégulière, atteint 1 cm,5 environ dans sa plus grande longueur. Il porte à son extrémité élargie deux sillons longitudinaux et sur le côté droit de la portion élargie, une petite boursouflure noire. Ses caractères extérieurs l’éloignent des perles du Japon et le rapprochent des perles obtenues avec la grande Meleagrina margari-
- 1. Louis Boutan. Etudes sur les perles fines, et, en particulier, sur les nouvelles perles complètes de culture japonaise (Bull. Soc. Scient. d’Arcachon, 1921).
- 2. Lyster-Jameson. The Japanesc arlificially induced pearl (Atature, Londres, mai 1921).
- 3. Mlle Lemaire. La production industrielle des perles fines au Japon (Bulletin de la Société Franco-Japonaise, ri0 48, 1921).
- 4. Galibourg et Rysiger. Sur une méthode permettant de reconnaître les perles japonaises cultivées (Comj)tes rendus, t. 174, 1922, p. 1012).
- tifera. Il rentre donc dans la catégorie du type n° 2, avec courbes de niveau et points sur fond uni (*).
- C’est, au point de vue des caractères extérieurs, une perle fine typique.
- Laseclion qui a été faite selon le grand axe de la perle permet de se rendre compte de la structure de l’échantillon.
- Correspondant à l’axe, on aperçoit au centre un dépôt calcaire blanchâtre. Il se présente sous forme de petites masses d’apparence irrégulière d’une longueur de 1cm,2, sur une largeur maximum de 1 millimètre et une largeur d’un quart de millimètre environ.
- Ce dépôt est cerné par des couches de matière perlière, régulièrement disposées sur la plus grande partie de la perle. Les premières couches internes sont teintées en noir par des (races de matière organique, sur le pourtour du dépôt.
- La teinte noire s’atténue progressivement vers l’extérieur, passant graduellement, par place, à une teinte brune plus ou moins foncée. Les couches les plus externes de matière perlière, sans coloration spéciale, ont une épaisseur moyenne de 2 millimètres environ. La disposition est moins régulière et la teinte noire et brune est plus étendue dans la partie qui correspond à la portion élargie de la perle. On n’aperçoit aucune trace de noyau de nacre et les couches perlières sont nettement concentriques. L’aspect de la section rappelle celui des sections de perles fines naturelles de forme allongée, où l’on trouve souvent une portion granuleuse centrale-et un noyau secondaire parfois très développé.
- Bien, ni dans l'aspect extérieur, ni dans l’aspect de la section de l’échantillon, ne me paraît le distinguer d'une production naturelle.
- Si l’échantillon représente réellement une perle de culture, ce qui est probable, mais ce que je ne puis vérifier scientifiquement comme dans les perles de culture à noyau de nacre, les trois conclusions suivantes s’imposeraient :
- 1° On peut obtenir des perles complètes de culture, identiques de tous points à des perles fines naturelles, en greffant dans le Mollusque le sac perlier sans noyau.
- 2° L’appareil Galibourg et Rysiger indiquerait dans ce cas une perle naturelle, puisqu’il n’y a plus, de noyau de nacre.
- 3° L’assertion, si souvent formulée dans ces derniers temps, que la perle de culture n’a jamais pu dépasser le poids de 6 grains serait inexacte, puisque l’échantillon examiné ci-dessus pèse plus de 15 grains.
- En dehors de ces conclusions, il reste à formuler une remarque intéressante.
- Dans une Communication récente, fortement documentée, M. Cazeneuve (2) posait la question suivante : « Je suppose l’identité complète absolument démontrée, une question se pose aussitôt. Un commerçant a-t-il le droit, en raison de l’identité absolue, de substituer une perle de culture a une perle naturelle spontanée?
- Si le nouveau procédé de M. Mikimoto donne réelle-
- 1. Boutan. Étude sur les perles fines, et, en particulier, sur les nouvelles perles complètes de culture japonaise, p. 79
- (fig. *)•
- 2. Cazeneuve. Les perles de culture et l’application de la I loi du 1er août 1905 (Annales de Falsifications et des I Fraudes, n° 160, 1922, p. 112).
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- L’OURS DE L’ALASKA
- ment des perles de, culture sans noyau de nacre, par le fait même que l'opération de culture porte sur des méléagrines susceptibles de contenir des per les naturelles, M. Mikimolo lui-même ne pourra jamais affirmer avec une certitude complète que les perles récoltées sont des perles de culture. Il n’aura même plus, comme pour
- les perles de culture à noyau de nacre, la ressource de les couper pour les distinguer des perles naturelles. Comment, dans ces conditions, un commerçant pourrait-il susbstituer une perle de culture à une perle naturelle spontanée ?
- L. Bouta.n.
- Le plus grand carnivore.
- L’OURS DE L’ALASKA
- Ce fut au commencement de ce siècle qu’on si- Muséum Quarterly une relation à laquelle nous •gn'ala pour la première fois l’existence d’un ours ferons des emprunts, avec la courtoise autorisation
- Fig. 1. — Quelques dépouilles de M. R. H. Rockwell, chef taxidermiste du Musée de Brooklyn.
- brun gigantesque dans la péninsule de l’Alaska et les îles avoisinantes. Il fut bientôt décrit par les zoologistes, et reçut le nom de Ursus gigas. Durant ces vingt dernières années, plusieurs expéditions scientifiques ont été organisées dans le but d’étudier ses moeurs sur le vif et de rapporter ses dépouilles.
- C’est à la plus récente de ces expéditions, dirigée par M. Robert H. Rockwell, membre du Brooklyn Muséum, que nous devons les photographies reproduites sur ces pages.
- M. Rockwell vient de publier dans le Brooklyn
- de M. William Henry Fox, directeur de la savante institution.
- Ursus gigas est le plus grand des ours en existence; il est aussi le plus grand des mammifères carnivores connus. Le grizzli (Ursus horribilis) pèse rarement plus de 500 kilogrammes, alors que le poids d’un ours brun de l’Alaska peut dépasser 750 kilogrammes. La hauteur de ce monstre, quand il sé tient debout, atteint 3 mètres. Comme l’observe M. Edward W. Nelson, chef de l’U. S. Biolo-gical Survey, on ne peut le comparer « qu’aux grands ours des cavernes qui furent en Europe la
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- Fig. 2. — Le volcan Pavlof (8000 pieds) près duquel furent, tués plusieurs ours.
- terreur des hommes de l’Age de la Pierre Taillée ».
- La couleur de la fourrure varie du jaune sombre au ,brun obscur, et tourne presque au noir chez certaines variétés géographiques. En raison de la coloration, on le confond parfois avec les grizzlys de grande taille, car les deux groupes voisinent au point d’attache de la presque île d’Alaska.
- Mais le premier est nettement caractérisé par les griffes des pattes antérieures, plus courtes, plus épaisses, et plus fortement recourbées.
- L’habitat du groupe s’étend sur les rivages de l’Alaska, depuis la Baie de Norton (au Nord) jusqu’aux Iles Sitka, et englobe la presque île d’Alaska et les plus grandes des Iles Aléoutiennes, ainsi que l’Ile Kodiak, où se rencontre une espèce (U. mid-dendorffi.) possédant des caractères spéciaux. Bien qu’essentiellement ter-ricoles, ces ours géants ne paraissent pas s’aventurer fort loin dans l’intérieur des terres. Il semble que le voisinage de la mer et des embouchures de rivières soient indispensable à leur mode d’existence. Cependant, les récits des Indiens et des explorateurs s’accordent sur ce point : s’ils aiment l’eau, c’est... de loin! Pour être plus précis, on ne les a jamais vus nager ou se baigner.
- - Si la férocité de ces monstrueux animaux était égale à leur force et à leur taille, l’homme trouverait
- en eux des ennemis redoutables. Dans la monographie publiée par le National Géographie Magazine, sous la signature de M. Edward W. Nelson, ils nous apparaissent « comme d’inoffensifs géants, qui s’enfuient dès qu’ils soupçonnent l’approche d’un homme ». La moindre senteur humaine apportée par la « brise suffit à provoquer en eux une terreur folle et à les lancer en une fuite éperdue ».
- On cite, il est vrai, quelques cas où des Indiens ont été brusquement et férocement attaqués. Mais M. Nelson note que ces cas sont extrêmement rares. Par contre, il arrive fréquemment qu’un purs blessé se défende avec une funieuse énergie.
- « Nombreux sont les Indiens et les chasseurs de race blanche qui ont trouvé la mort dans de pareilles rencontres, note le distingué naturaliste. Dans les çorps-à-corps,la grande taille de ces .ours, leur force, leur agilité (surprenante chez ces animaux à l’aspect lourdaud), en font de terribles antagonistes. »
- Les ours bruns de l’Alaska habitent, selon les espèces, soit les plaines accidentées (ou toundras), soit les montagnes couvertes de glaciers et de neiges éternelles. Avant la fin de l’automne, ils se retirent tous dans les collines, cherchent une caverne, ou se creusent un abri. C’est là que les mères mettent bas deux ou trois petits, et que toute la famille somnole en léthargie jusqu’à la fin d'avril.
- Dans les premiers jours de mai, les ours recommencent à vagabonder sur les plaines et les montagnes encore recouvertes de neige, et c’est l’époque la plus propice pour les chasseurs, car la silhouette sombre des ours se détache très nettement sur la blancheur du sol, et les empreintes que leurs larges pattes impriment dans la neige permettent de les découvrir facilement.
- On est surpris d’apprendre que ces colosses passent la plus grande partie de leur temps à poursuivre
- Fi.g 3. — Un ours abattu, pesant 1200 livres.
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- lin gibier aussi modeste que la souris, l’écureuil ter-ricole (CitéUus) et la marmotte, qu’ils capturent dans leurs terriers défoncés avec une rapidité extraordinaire. Au contraire, les grizzlys s’attaquent à de grosses pièces, voire aux troupeaux de bœufs du Far-West, qu’ils déciment.
- Ursus gigcis aime à varier son régime. A l’époque où les saumons remontent les cours d’eau pour frayer, il établit ses quartiers sur le bord des rivières, et, couché sur le ventre, il pêche fort habilement, à coups de griffes, les poissons qui passent à sa portée. Il en mange de telles quantités qu’il en engraisse à vue d’œil.
- Enfin, après l’été, et jusqu’à l’heure de l’hivernage, il fait une cure végétale, broute l’herbe des prairies naturelles, et recherche avidement les mûres et autres fruits sauvages.
- A peine découvertes pour la science, ces gigantesques formes paraissent déjà menacées d’extinction. Tous les chasseurs de gros gibiers brûlent du désir d’ajouter une peau d’ours brun à leurs collections de trophées, et des centaines de ces géants ont été massacrés depuis une dizaine d’années. Un Gouverneur de T Alaska, s’exagérant leur férocité, décréta même leur extermination totale.
- On ignore l’importance numérique du groupe. Mais il n’est que trop certain que ses représentants ont disparu de plusieurs régions où ils abondaient, d’après les dires des Indiens, il y a une vingtaine d’années. Une expédition montée à grands frais, quelque temps avant la guerre, ne put se procurer, après un séjour de plusieurs semaines dans l’ile Kadiak, que les dépouilles d’une femelle et de ses deux oursons.
- Plus heureuse, et, très probablement, mieux organisée, l’expédition du Brooklyn Muséum a pu rapporter cinq spécimens, dont un mâle de taille colossale, destinés à un de ces groupes que nous avons présentés l’an dernier aux lecteurs de La Nature, et qui rendent si attrayantes les collections des muséums américains.
- L’expédition avait choisi comme terrain de chasse la baie de Pavlof, située au pied du volcan de même jnom, à l’extrémité de la presqu’île d’Alaska. A Seattle, elle fit rencontre avec une autre expédition organisée dans le même but par l’Oklahoma State Muséum, sous la direction de M. C. E. Sykes. Partis de Seattle le 23 avril à bord d’un vapeur, les chasseurs, au nombre de quatre, atteignaient, le 30 du même mois, le village de Cordova, où ils s’embarquaient le lendemain sur un petit navire actionné par un moteur à pétrole.
- Longeant la côte par une mer agitée, ils apercevaient, le 4 mai, le grand volcan de Katmai, dont le sommet fut emporté en 1912 par une formidable éruption : la petite ville de Kadiak, située à 130 kilomètres de distance, fut ensevelie sous deux mètres de cendres.
- Deux jours plus tard, ils atteignaient le village d’Unga, qui ne saurait passer pour un centre de
- villégiature ! on y enregistre une moyenne annuelle de 272 jours de pluie, de brouillard ou de neige. Ses 200 habitants vivent de la pêche à la morue et au saumon. L’expédition en engageait trois comme guides, et quelques autres comme porteurs. Enfin, le 10 mai, le petit navire jetait l’ancre dans la'Baie de Pavlof, et les chasseurs établissaient leur camp à cinq kilomètres du volcan de même nom.
- Cette montagne est formée de deux énormes cônes jumeaux, d’une altitude de 2600 mètres. L’un d’eux émet fréquemment des jets de fumée noire; mais le volcan paraît être dans une période de demi-sommeil, car on ne remarque sur ses flancs aucun indice d’éruptions récentes.
- Inhabitée par l’homme, cette région désolée est très giboyeuse. M. Robert 11. Rockwell y rencontra de nombreux troupeaux de caribous (renne canadien), comprenant jusqu’à 100 têtes, des bandes de mouflons, et une grande variété d’oiseaux. Les grands ours bruns paraissent abonder dans les parages du volcan.
- Nous ne saurions conter tous les incidents d’une partie de chasse qui dura 28 jours. Le nombre des ours abaltus s’éleva à dix-sept, et le nombre total des ours rencontrés ou aperçus dans un rayon de quelques lieues autour du camp fut d’une trentaine, ce qui montre que cette gigantesque espèce n’est pas encore en voie d’extinction, tout au moins dans certaines régions de l’Alaska.
- La relation de M. Rockwell confirme les remarques que nous avons empruntées à la monographie de M. Edward W. Nelson. Tous les ours rencontrés s’enfuirent au galop à l’approche des chasseurs, et la plupart furent abattus à une distance supérieure à cent mètres. Certains furent tués alors qu’ils somnolaient au soleil, dans la neige.
- Ces animaux étaient encore sous l’influence du long sommeil léthargique de l’hivernage, et la recherche de la nourriture les inquiétait médiocrement. En disséquant les carcasses, M. Rockwell constata que l’estomac était généralement à vide, ou ne contenait qu’un peu d’herbe ou de varech. Les estomacs des 17 ours abattus se terminaient par une couche de graisse épaisse de 7 à 8 centimètres, et pesant de 5 à 6 livres. Le corps était enveloppé d’une épaisseur de graisse qui atteignait ou dépassait 6 centimètres sur le dos et sur la croupe.
- Nous avons indiqué, au début de cet article, que le plus grand des ours fut découvert en 1900. Par une coïncidence curieuse, ce fut en cette même année,qu’on découvrit l’existence d’une espèce minuscule, qui forme un étrange contraste avec Ursus gigas. Mais ce « plus petit des ours » n’est encore connu que par plusieurs peaux et un crâne, et l’espèce attend encore une description.
- Nous empruntons l’anecdote au récit publié dans un rapport annuel de la Société Zoologique de New-York. Le Directeur de cette savante institution, M. William T. Hornaday, naturaliste d’une réputation universelle, en visite chez un marchand de four-
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- rares en gros, M. Boskowitz, remarqua une très petite peau d’ours blanc à laquelle adhérait la boîte crânienne. 11 en fit l’acquisition, et apprit du négociant qu’elle provenait de la région de la rivière Nass (Colombie Britannique).
- M. Hornaday soupçonna, après l’étude des dents dont l’usure indiquait l’âge adulte, qu’elle appartenait à une forme inconnue, et qu’il ne pouvait être question, en raison de la dentition, d’un jeune ours polaire. Prudemment, il attendit de nouvelles informations avant de révéler sa découverte au monde scientifique.
- Cinq années plus tard, le directeur du muséum de Victoria (Colombie Britannique), M. Francis Ker-mode, obtint trois peaux identiques à la première, et provenant de la même région. 11 fallut bien admettre qu’elles appartenaient à une espèce inconnue d’ours blanc, que l’on nomma Ursus kermodei. Jusqu’à plus ample informé, l’espèce demeure inconnue, car la région d’où proviennent ces peaux n’a pas encore été explorée par des savants ou par des collecteurs d’histoire naturelle.
- La longueur de l’animal, du bout du nez à la racine de la queue, serait, d’après les peaux, d’une quarantaine de pouces, soit environ un mètre. La
- LA CIRCULATION
- Nécessité de
- Toutes proportions gardées, les mers du globe ou du moins quelques-uns de leurs parages présentent déjà ou présenteront dans un avenir plus ou moins éloigné des conditions semblables à celles qu’il nous est donné de subir dans certains carrefours ou voies de notre capitale.
- La navigation s’est, en effet, intensifiée de telle sorte depuis le commencement de ce siècle qu’il s’est créé sur nombre de points des encombrements en tout comparables à ceux qui étaient arrivés à rendre toute circulation très difficile, à Paris, vers 1885, du fait de l’augmentation du nombre des véhicules, avant que l’Administration se décidât à réglementer ce chaos.
- Nous relevons quelques-uns de ces parages d’encombrements maritimes dans l’Atlantique Nord entre les ports du Nord de l’Europe et ceux des États-Unis, New-York, Boston, le Saint-Laurent, New-Orléans, ou entre Gibraltar et les côtes d’Amérique Nord et Sud, ou encore dans la Méditerranée parcourue de l’Est à l’Ouest et inversement par la longue file des vapeurs qui gagnent le canal de Suez ou en proviennent. Il existe beaucoup d’autres parages périlleux, mais à un degré moindre.
- Mais le plus dangereux de tous est celui que présente notre presqu’île bretonne avec ses avancées de l’ile d’Ouessant et de la longue chaussée des récifs de Sein, ses brumes et ses courants violents qui y rendent la navigation si difficile.
- dentition est très différente de celle de l’ours polaire, et indiquerait une parenté avec l’ours noir (Ursus americanus). Les griffes sont blanches, minces, fortement recourbées en un parfait arc de cercle. Le pelage est identique, comme teinte et comme constitution, à celui d’un ours polaire ; le poil est blanc jusqu’à la racine.
- Un négociant en fourrures, établi en Colombie Britannique, a informé M. Kermode que de nombreuses peaux analogues étaient passées par ses mains, et qu’il les avait toujours expédiées à ses agents comme « peaux d’ours polaires ». Il est probable que les trappeurs de la Colombie Britannique ont toujours cru que ces minuscules animaux étaient des nouveau-nés de cette espèce, bien que près de 4000 kilomètres s’étendent entre la Mer de Behring, limite méridionale de l’habitat du véritable ours blanc, et l’habitat présumé de son minuscule sosie.
- Ainsique le remarque le D1' Hornaday,l’immense territoire que forment la Colombie Britannique, le Yukon et l’Alaska, attend encore que des expéditions scientifiques en étudient la faune. Il ne serait pas surprenant qu’elles y découvrissent de nouvelles formes totalement inconnues. V. Forbin.
- SUR LES MERS
- réglementer.
- Et cependant, comme l’indique la carte ci-dessous (fig. 1), tout navire provenant des côtes Est et Sud d’Angleterre, de tous les ports de la Baltique, de la mer du Nord, des côtes de Danemark, Suède, Norvège et devant gagner les mers de Chine, les Indes, les côtes Est de l’Afrique, les ports de la Méditerranée comme ceux de la côte Ouest et Sud d’Afrique doit obligatoirement venir reconnaître les avancées du Finistère et les contourner.
- Il en est exactement de même pour tous ceux qui font le trajet en sens inverse. On peut donc dire que plus de la moitié des vapeurs du monde passent en vue des phares de Creach et d’Ar-Men qui marquent l’île d’Ouessant et l’extrémité de la chaussée de Sein. En outre, chaque capitaine cherche à abréger sa route le plus possible en serrant la côte du plus près qu’il peut.
- Il en résulte qu’avec, la brume si fréquente en ces parages et les courants irréguliers et violents qui les balaient, les risques d’abordage entre navires montants et descendants sont considérables et vérifiés, d’ailleurs, par une longue liste de catastrophes dont je ne citerai que la dernière, celle du paquebot anglais Ecpjpt, abordé le 20 mai 1922 au large du raz de Sein et coulant en quelques minutes avec 102 passagers et marins de son équipage.
- Toutes les fois qu’un accident de ce genre se produit, une immense clameur, très justifiée, s’élève dans le monde entier. « Comment, avec les progrès
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- MER
- NORD
- Fig. i. — Dans les parages de la presqu’île bretonne la navigation a une densité exceptionnelle.
- actuels de la science, de pareils drames peuvent-ils encore se produire?«Puis le temps passe,le souvenir du malheur s’estompe, s’efface jusqu’au jour où un nouveau naufrage ramènera les mêmes récriminations, avec la même stupéfaction douloureuse.
- Il serait injuste cependant de dire que rien n’a été fait dans cet ordre d’idées, comme nous le verrons tout à l’heure à propos de la traversée de l’Atlantique Nord.
- Dès 1881, un grand effort avait été tenté par un homme de bien, le capitaine de frégate en retraite Albert Riondel. Il entreprit une campagne pour que fussent prescrites des mesures en vue d’éviter la destruction de navires et de vies humaines par collisions en mer, mesures que rendaient possibles les progrès de la science.
- Parmi celles que préconisait le capitaine Riondel, figurait l’établissement de routes maritimes obligatoires d’aller et de retour après étude et entente préalables.
- L’exposé des idées du commandant reçut l’accueil le plus chaleureux. Les Etats-Unis, la Grèce, la Russie, le Portugal, 25 Chambres de commerce de
- toutes nations adhérèrent aux propositions ou émirent le vœu de les voir adopter. Les Conseils généraux français, le Parlement entendirent des discours enthousiastes et des rapports dont les conclusions furent adoptées à l’unanimité. C’était en 1887. — Puis on oublia. — On y revint en 1891, avec l’amiral Vallon, toujours avec la même ardeur. Et on oublia encore et le brave commandant Riondel mourut à 82 ans, toujours combattant pour son idée que tout le monde trouvait admirable, mais que personne ne voulut se donner la peine de faire aboutir.
- Ce n’est pas une raison pour ne pas la reprendre, après avoir rendu à son auteur l’hommage qu’il a si bien mérité par ses justes vues et sa ténacité.
- Les raisons qui paraissaient déjà bonnes lorsque le commandant Riou-del les faisait ressortir n’ont assurément fait que prendre plus de valeur.
- La science a continué à progresser. La télégraphie et la téléphonie sans fil, les études sur les ondes sonores, et d’autres découvertes sont venues à la rescousse. D’autre part, le nombre des navires qui sillonnent les mers dans les parages reconnus dangereux s’est accru formidablement et augmentera toujours.
- Leur vitesse a suivi la même progression et, en conséquence, les chances de collision se multiplient dans la même proportion.
- Le moment est venu de faire quelque chose pour épargner ces vies humaines plus précieuses que jamais après l’horrible hécatombe qui en a été faite, et un matériel naval dont le renouvellement coûte fort cher.
- En jetant un coup d’œil sur la carte (fi g. 2), lasitua-
- Fig. 2. — Les côtes du Finistère et la circulation maritime dans leurs parages.
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- tion apparaît bien nette et son remède bien simple.
- Venant du Nord ou du Sud tous les navires doivent contourner le promontoire breton et comme tous veulent gagner du temps, c’est-à-dire épargner du charbon, donc de l’argent, chacun serre la côte du plus près qu’il peut. C’est donc bien là un de ces carrefours maritimes où la foule se presse et où il doit se produire le plus d’accidents.
- Ne nous occupons pas des navires qui, à leurs risques et périls, voudront continuer à chercher leur route par le passage du Four entre Ouessant et la côte, et le raz de Sein. Ils ne la raccourcissent d’ailleurs ainsi que de 15 milles.
- Pour les navires qui font le tour d’Ouessant et de la Chaussée de Sein on édicterait les règles suivantes :
- Les bâtiments venant du Sud devraient obligatoirement passer à moins de 15 milles de l’extrémité de la Chaussée de Sein, marquée par le phare d’Ar-Men, puis à la même distance du phare de Créach qui signale Ouessant,
- Les navires venant du Nord devraient obligatoirement passer à plus de 50 milles de ces mêmes phares.
- On instituerait ainsi entre les deux routes montantes et descendantes une zone neutre de 15 milles de largeur suffisante, semble-t-il, pour éviter les rencontres inopinées.
- Elle serait d’autant plus suffisante que les capitaines trouvent à cette extrémité de la presqu’île bretonne des moyens nombreux et variés de fixer leur position sur la carte sans se rapprocher de terre.
- Ils ont, en effet, outre les phares et balises très rapprochés sur cette côte, des postes radiogoniomé-triques officiels judicieusement placés et dont ils peuvent faire l’usage le plus utile. Je signale à ce sujet qu’un important perfectionnement a été apporté récemment à la détermination de la position d’un . navire en mer par poste radiogoniométrique. Il est dû à deux membres de notre précieux corps d’ingénieurs hydrographes de la marine : MM. Drian- court et Marti.
- Ce système repose sur l’explosion provoquée par le navire, d’un pétard sous-marin, et l’émission simultanée, par lui, d’un signal de T. S. F. Le poste radiogoniométrique enregistre l’heure de l’ar-
- Fig. 4. — Le Saint-François-cFAssise en perdition contre un iceberg.
- Fig. 3. — Reproduction d’une Pilot-Chart.
- rivée de l’émission T. S. F, et celle de l’arrivée du son de l’explosion du pétard. La connaissance de la vitesse de la transmission des sons sous l’eau lui fournit la distance du navire et le signal de T. S. F. son relèvement. Ces deux éléments sont transmis par T. S. F. au navire qui fixe ainsi sa position par rapport au poste radiogoniométrique. (Voir La Nature n° 2472, 21 août 1921.)
- Comme exemple de ce qui pourrait être fait au large de Brest et sans doute aussi sur beaucoup d’autres points du globe, je peux citer ce qui se passe actuellement dans l’Atlantique Nord.
- En 1898, sur l’initiative de la Compagnie anglaise Cunard, toutes les Compagnies de navigation européennes et américaines faisant circuler des navires entre l’Europe et le continent Nord américain ou les Antilles, convinrent de fixer, pour tous leurs bâtiments, des routes obligatoires pour l’aller et le retour. Ces routes sont séparées par un espace neutre de 40 milles qui suffit, avec la précision actuelle de la navigation, pour écarter tout danger de rencontre inopinée.
- Cet accord a toujours été fidèlement exécuté. La surveillance est faite par les intéressés, les bâtiments qui rencontrent des camarades en des points où ils ne devraient pas être, rendent compte à leurs compagnies respectives qui préviennent les compagnies des délinquants. Lne admonestation aux capi taines fautifs suffit pour tout remettre en ordre.
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- Fig. 5. — Un iceberg en pleine mer.
- Deux routes obligatoires sont donc prévues, une pour l’aller, l’autre pour le retour, espacées de 40 milles, sauf bien entendu aux points extrêmes d’aboutissement où ces routes se rejoignent. Sur chacune d’elles on prend sa droite, comme dans le système français de circulation. Ces routes sont tracées sur ces admirables Pilot-Charts que public tous les mois le Service Hydrographique de la Marine américaine (fig. 5) et sur lesquelles on Irouve tous les renseignements susceptibles d’aider les navigateurs, régime des vents, trajectoires des cyclones et des dépressions, courants, variations magnétiques, situation des glaces et des épaves errantes, stations de télégraphie sans fil et tant d’autres.
- La particularité de celte organisation est que cés routes ne sont poinllesmêmes tout au long de l’année.
- Le système des deux routes aller et retour change, en ell'et, de latitude suivant les saisons pour éviter, autant que possible, les rencontres des glaces bottantes ou icebergs, capables de provoquer des catastrophes, comme La trop démontré le naufrage du Titanic, le 15 avril 1912, qui causa la mort de 1600 personnes.
- Un mot sur la provenance et la circulation de ces écueils flottants sera sans doute, ici, à sa place.
- Sous la poussée perpétuelle des glaces des sommets, d’énormes blocs se détachent des glaciers du Labrador et tombent à la mer où ils bottent naturellement. Us sont donc constitués par de la glace d’eau douce et on en a vu qui emportaient avec eux dans leur navigation vagabonde des rochers gigantesques et même des ours blancs qui n’auraient jamais pu s’attendre à se voir lancés dans des aventures pour lesquelles ils n’étaient point faits.
- Ces icebergs (montagnes de glaces) sont saisis par le courant polaire et commencent par se diriger vers le Sud entre 40 et 50 degrés de longitude Ouest. Arrivés dans le rectangle que ces deux méridiens forment avec les 40 et 50 degrés de latitude Nord, ils rencontrent le Gulf Stream qiji les remonte vers le Nord-Est jusqu’à ce que de nouveau le courant polaire s’en saisisse.
- Sous ees forces opposées, les icebergs finissent
- par tourner en rond dans cet immense, espace où ils s’accumulent. La plupart y disparaissent en fondant, mais quelques-uns, sous la poussée des vents violents, s’échappent de la ronde et descendent vers le Sud. On en a vu jusque devant l’entrée de New-York. Cette théorie du mouvement giratoire des icebergs a été magistralement établie par le capitaine de frégate Poncelet, ancien commandant des paquebots Lorraine, Provence et France, et a paru dans La Nature, n° 2031, 27 avril 1912.
- Le rectangle des 40-50 degrés possède une assez fâcheuse réputation auprès des capitaines des paquebots qui l’ont baptisé en anglais, le rolliny forties (les 40 où l’on roule), ou le de vil's hôte (irou du diable) et en français gueule d'enfer, et qui, au cours de leur navigation, ont grande hâte de s’en voir sortis. On y trouve, en effet, en abondance tout ce qui peut être le plus désagréable à des navigateurs : la brume, la grosse mer, les icebergs, les coques errantes, les plus mauvais coups de vent.
- Du 24 août au 15 janvier, le groupe des routes aller et retour dites Nord, coupe le banc de Terre-Neuve. On a essayé d’obtenir que le banc fût respecté, en raison des dangers que courent nos pêcheurs de morue du fait du passage des navires à grande vitesse sur leurs lieux de pèche. Mais il s’agissait là d’intérêts purement français et il est assez triste de dire que devant un allongement de la route de quelques centaines de milles, la question d’humanité n’a pas prévalu.
- Du 15 janvier au 24 août, on doit suivre à l’aller et au retour, le groupe des routes dites Sud, distantes du groupe Nord de 60 milles, et qui passent à 60 milles au Sud de la queue du banc de Terre-Neuve.
- Je dois ajouter que les éludes sur les glaces flottantes et leur marche sont faites de façon remar-
- Fig. 6. — Un champ de glaces floltanles.
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- quable et continue par le service Hydrographique de la Marine américaine qui y emploie un petit navire, le Senéca, chargé uniquement de la surveillance de ces écueils flottants. Les renseignements qu’il recueille sont immédiatement transmis aux navires intéressés.
- Le chemin des ports de l’Amérique du Nord à ceux d’Europe n’est pas le seul sur lequel on ait tenté de réglementer la circulation des navires.
- Les routes d’Europe aux Antilles, celles d’Amérique «à Gibraltar comportent également un trajet pour l’aller et le retour. Mais l’intérêt en est évidemment moindre que pour la traversée NeAV-York-
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- Manche. Les résultats obtenus sur cette ligne, la discipline qui s’y est éatblie presque automatiquement et grâce à laquelle bien des désastres sont sans doute évités, impliquent qu’une entente du meme genre pourrait facilement être établie internationalement pour les parages de Brest.
- A défaut d’une intervention de l’État, une organisation puissante et agissante comme le Comité Central des Armateurs de France aurait sans doute l’autorité nécessaire pour introduire celle question devantun prochain Congrès international. Elle est d’un intérêt indéniable. Cl Sauvaire Jourdax.
- L’IMITATION DE CELLULES SANS LABORATOIRE NI APPAREILS
- Le perfectionnement de mes anciens procédés pour imiter les cellules à l’aide de gouttes de solutions ou d’alcool qui s’écrasent sur une nappe de silicate, ou bien au
- moléculaires, les tourbillons cellulaires de Dauzère et se sédimentent ou se collent, rendant visibles et fixes les détails les plus intimes des mouvements internes des liquides et
- contraire, de gouttes de silicate de sodium tombant sur alcool ou sur solutions salines, m’a permis tout dernièrement la production de remarquables imitations cytologiques, que chacun peut répéter, même les amateurs, sans besoin de microscope ni de laboratoire.
- Les solutions se préparent avec les substances les plus vulgaires, que l’on trouve dans toutes les drogueries, et les professeurs, les étudiants et les amateurs seront amplement récompensés de leurs dépenses, bien modestes, faites pour réaliser ces imitations macroscopiques, qui n’exigent ni pratique ni préparation technique spéciale. Cela permet aussi la vulgarisation des idées physico-chimiques appliquées à la biologie. Voici la technique que l’on devra adopter :
- On mélange dans le fond d’une coupe du lyçopode et du silicate de potassium ou de sodium liquide (verre soluble) marquant 50° à 40° Baume, c’est-à' dire, ayant une consistance de sirop, .a l’aide d’un pinceau ou blaireau, jusqu’à préparer une émulsion intime, de coloration uniformément jaune, de consistance sirupeuse. Ensuite on verse des gouttes de cette émulsion, avec une pipette de plume-réservoir ou un compte-gouttes, sur papier ou carton noir ou sur une plaque de verre de 10 à 100 cm par côté. i
- Les spores du lyçopode, grâce à leur excessive légèreté, suivent avec grande docilité les courants
- sans besoin du microscope, à l’œil nu ou avec une loupe on observe les structures, qui sont dues aux modifications de la tension superficielle, aux tourbillons cellulaires, à l’action répulsive de l’alcool, à la coagulation du silicate colloïdal, à la formation d’un alcoogel sili-ciquc, etc. La diffusion a ici une importance de premier ordre et il ne faut pas oublier les résultats bien connus de Leduc oblenus avec l’encre de Chine et les solutions salines se diffusant sur la gélatine liquide, mais plus difficiles à conserver. Les graisses, la cire et la paraffine fondues additionnées de lyçopode montrent aussi les tourbillons cellulaires sans besoin d’illumination spéciale. Ces imitations peuvent être fixées par pulvérisation de solution alcoolique de résine sur le carton. Les figures formées sur le verre restent fixes et inaltérables par effet de la dessiccation et l’attaque du verre.
- Voici maintenant les principaux résultats enregistrés et dont la variété est étonnante :
- imitation en plan de cellules nucléées, aux radiations délicates, imitant des dentelles d’une grande finesse (lig. 1); cellules végétales et parenchymes (fîg. 2), les gouttes se déformant par la pression réciproque ; cellules discoïdales transparentes avec cordons protoplasmiques, formant un tissu rectangulaire; figures radiées avec noyaux compliqués (fig. 5); monères aux pseudopodes d’une extrême délicatesse; noyaux avec chromosomes et réseaux
- Fig. i. — Imitation de cellules nucléées.
- Collodion dilue et lyçopode (.S gr.l, diffusion de 2 gouttes sur un verre humecté d’alcool.
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- Fig. 2. — Imitation de cellules végétales. Collodion dilué additionné de chlorure de calcium (Ca Cls) et de fluosilicate de potassium.
- chromatiques, aspect de division cellulaire et filaments achromatiques, etc.
- La dilution de l’alcool, la hauteur de chute des gouttes, les dimensions du verre, la concentration du silicate ont une grande influence sur les résultats. On peut observer aussi des vacuoles radiantes, mimant très bien les vacuoles de certaines cellules végétales. L’imitation des Reliculaira et Radiolaria (Rotalia, Globigerina, Raphidiophrys) est singulière et reproduit, je crois, pour la première fois, les détails intéressants des pseudopodes et leurs anastomoses. Pour les préparer il faut diffuser une grande quantité d’alcool sortant du bec d’une pipette
- Fig. 4. Imitation d’amibes.
- Gouttes de silicate et de lycopode s’écrasant sur un vèrre humecté avec une solution de chlorure de calcium de densité 1,027.
- sur une plaque de verre de 20 à 30 cm de côté bien humecté du mélange de silicate et de lycopode.
- Par diffusion sur alcool ou sur papier huilé (technique de Herrera) ou par dessiccation sur verre (technique du Prof. L. Buscalioni), le collodion normal additionné de lycopode produit aussi des cellules, mitoses et môme tissus polygonaux et précipités périodiques aux énormes cellules carrées.
- Les spores de lycopode prennent alors les allures des invisibles molécules et font voir les tourbillons, les courants internes des liquides, les interférences des courants produisant les parois et les figures polyédriques, les sédimentations longitudinales qui sont la cause des ondes périodiques, nous amenant de la sorte à son explication, tout à fait mécanique, des lignes concentriques des agates, fluorosilicates. coquilles, perles, plumes, calcédoines, etc.
- J’ai dit ailleurs que, métaphoriquement, les cel-
- Fig. 3.
- Gouttes de silicate de sodium à 3o° B et lycopode s’écrasant sur un carton noir humecté d’alcool.
- Iules et môme les organismes sont la forme cadavérique des solutions et ces expériences montrent, en effet, que les structures cytologiques les plus variées et compliquées sont le résultat de causes mécaniques, des courants internes et des tourbillons des solutions, plus fines lors de la cristallisation au sein des colloïdes (fluorosilicate de calcium)^ sans besoin de forces spéciales.
- L’emploi du silicate colloïdal, par sa composition inorganique, élimine les hypothèses classiques sur le rôle cytogénique des protéines, au moins comme tentative d’explication unique des formes cellulaires. Enfin, ces expériences devront avoir une place dans renseignement et l’on peut faire des collections de préparations pour les muséums et les écoles.
- A. L. IIl'àKHHItA.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, 9, rue de Fleurus. — Paris.
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- LA NATURE.
- 2z± 23 SEPTEMBRE 1922
- — N° 2529.
- LE PROBLÈME DU CIMETIÈRE PARISIEN
- Pendant que la population parisienne, comme beaucoup d’autres, se débat dans la crise du logement : c’est-à-dire en arrive à ne pas savoir comment elle pourra s’assurer un toit, — un problème symétrique se pose à l’égard de nos morts que nous ne savons plus où enterrer.
- Grâce à l’usage des « concessions à perpétuité », nos champs funéraires deviennent chaque jour plus étroits, et menacent de nous expulser pour substituer leurs tombes à nos habitations.
- Une solution se présente à nombre de personnes ; le retour à l’antique usage de la crémation; mais, on ne peut se dissimuler la profonde répulsion que la grande majorité de nos contemporains manifeste pour l’incinération, au point que l’Administration est d’avis que pratiquement, il n’y a plus à y penser.
- C’est dans ces conditions que je me suis risqué à faire une proposition, qui dérive des notions géologiques acquises dans l’étude de la région parisienne, depuis Cuvier et Élie de Beaumont, par l’ensemble des naturalistes.
- Chargé par le Conseil d’Ilygiène publique et de Salubrité du département de la Seine, de préciser les conditions auxquelles doivent se soumettre les cimetières, j’ai pu constater que, si l’on hésite à se placer au point de vue géologique que j’ai proposé bien des fois, pour accorder les licences sollicitées,
- Fig. 2. — Le calcaire grossier ou pierre à bâtir, à Saint-Vaast-les-Mello (Oise).
- Remarquer à la partie supérieure les poches créées par la dissolution du calcaire.
- 50e Année- — 2' Semestre
- Fig. i. — L’argile plastique dans une carrière à Arcueil (Seine).
- c’est surtout parce qu’il faudrait beaucoup de temps pour passer à un état de choses entièrement satisfaisant, et qu’on est ainsi conduit à user de procédés transitoires, c’est-à-dire à continuer provisoirement les errements actuels.
- Nous n’en appellerons pas moins l’attention des lecteurs de La Nature sur un sujet auquel tout le monde est intéressé.
- Il y a déjà longtemps que deux géologues qui ont compté parmi les plus perspicaces observateurs, Elie de Beaumont et Dufrénoy, ont résumé, en traits décisifs, la structure générale de la France, parfaitement visible sur la carte géologique qu’ils en ont tracée.
- A peu près sur le même méridien, se trouvent deux régions remarquables par leurs profonds contrastes : le « massif central », dont le point culminant est à 1800 m. au-dessus du niveau de la mer, et que nos auteurs qualifient de « pôle répulsif », parce que des écoulements d’eau en irradient en tous sens, avec activité; et le « bassin de Paris », vaste dépression qui, dans le même ordre d’idées, est un « pôle attractif » vers lequel s’acheminent les cours d’eau et, avec eux, les éléments de la fertilité et les masses humaines en conséquence logique.
- Les roches volcaniques de l’Auvergne, lourdes, noirâtres, peu variées, se prêtant à peu d’applica-
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- LE PROBLEME DU CIMETIERE PARISIEN
- Fig. 3. — Les grès de Beauchamp à Ormoy (Oise) comme type de pierre.
- lions, condamnent les habitations à des charpentes assez massives pour n’être pas écrasées par les dalles du gneiss et des laves dures à tailler, et sont en contraste complet avec les roches parisiennes qui s’exploitent sans effort et entrent, comme d’elles-mêmes, dans la construction des maisons les plus légères, comme dans l’édification des châteaux et des cathédrales.
- On les connaît bien, ces pierres vulgaires et précieuses :
- h’argile plastique (fig. 1) ou terre glaise, qui donne sans compter la matière première des briques, des tuiles, des tuyaux à canaliser les eaux ;
- La pierre à bâtir (fig. 2) ou calcaire grossier, qui a été extrait du sol avec une avidité dont témoignent les vides immenses des catacombes ;
- La pierre à plâtre ou gypse, qui cimente les uns aux autres les moellons, les pierres d'appareil ou les briques aussi bien qu’elles fournissent le revêtement, à peu de frais, des murailles, les moulures d’ornement, parure qui a valu à notre ville le nom de Lutèce (la blanche) Xeuxott,; ;
- La pierre à paver (fig. 3), ce grès, dont le nom, dans la langue des Gaulois, signifiait la pierre par excellence ;
- Les marnes (fig. 4) dont le loess est une variété, les meulières, la craie, les galets et les graviers, en gisements facilement exploitables.
- Tout est réuni dans cette région, prédestinée à l’établissement de la capitale, pour attirer des populations progressivement plus nombreuses et que leur réunion a fait profiler des bénéfices de l’association et de la collaboration.
- A l’époque ou écrivaient Elie de
- Beaumont et Dufrénoy, il n’existait pas encore ces chemins de fer, cette télégraphie qui ont si radicalement modifié pour l’homme, les premières dispositions de la nature. A la surface du Massif central, cet état de choses devait persister bien longtemps encore : à cause des conditions inhospitalières de la météorologie, à cause de l’absence des moyens de transport, il ne parvenait là-haut rien ou presque rien, pendant l’hiver, de ce qui est indispensable au déploiement de la vie, telle qu’elle était dans des lieux plus favorisés.
- Tous les vieux Parisiens se rappellent la nécessité où se trouvaient les jeunes hommes de l’Auvergne de descendre pour gagner leur vie vers des lieux plus cléments ; ils affluaient vers le bassin parisien, où il était si facile d’arriver. Des rassemblements d’Auvergnats se faisaient devant l’Hôtel de Ville, sur la Place de Grève, pour offrir leurs bras de maçon et d’hommes de peine à qui voulait les utiliser. Et après plusieurs mois d’un travail rémunérateur, ils regagnaient leurs montagnes. Nul doute que cette venue annuelle de solides ouvriers ne fût en usage depuis longtemps et qu’elle n’ait contribué à la série des agrandissements et des embellissements de Paris.
- D’ailleurs, de toutes les provinces, on venait à la grande ville, à la capitale où, d’âge en âge, se centralisèrent les organismes sociaux, où s’installèrent les administrations de toute la France, les musées, les bibliothèques, les grandes écoles, le commerce, les usines et les laboratoires, débordant toujours les fortifications qu’elle opposait aux entreprises de l'étranger. Et depuis le siècle dernier, la circulation y est devenue plus intense qu’on n’eût jamais pu le prévoir ; grâce à la création du chemin de fer
- Fig. 4-
- Le loess à Villejuif (Seine), comme type de la terre à faire les tuiles.
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- LE PROBLÈME DU CIMETIÈRE PARISIEN
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- métropolitain et à celle des tramways urbains et suburbains, grâce à son immense banlieue, surpeuplée d’employés et d’ouvriers, ajoutés à ses bourgeois. En outre, on a successivement remplacé des rues étroites par des avenues et des boulevards spacieux; des quartiers sombres et malsains par des squares et de larges places; de sorte que, pour un plus grand nombre d’habitants, il y a moins d’espace pour les habitations proprement dites, et que l’on peut entrevoir le jour où l’extension sera irrémédiablement empêchée.
- Cet afflux de vie vers Paris aune autre conséquence non moins grave; c’est la revendication, faite aü nom des morts, par les Parisiens et par ceux qui, étant venus dans ce pays privilégié chercher une maison pour eux et leurs enfants, liennent à y con-
- 1° Le sol du cimetière devra être de nature à réaliser, dans le minimum de temps, la destruction de toutes les substances putrescibles. Il devra être propice à la végétation de plantes, arbres et arbustes, de croissance active et rapide;
- 2° Son sol sera éminemment perméable à l’eau ; l’écoulement des liquides contaminés se fera promptement, dans les profondeurs souterraines, ce qui supposé que l’épaisseur du sol absorbant sera notable, à l’égard des eaux de pluie et de fonte des neiges et des glaces. Il subira un lavage vertical fréquemment répété ;
- '4U IJn drainage efficace sera en outre établi, pour dériver jusqu’aux égouts les infiltrations surabondantes;
- b0 Autour du cimetière et des . terrains'.qui lui
- Fig. 5 et 6. — Quelques aspects de la région d'Ermenonville, photographiés au cours d’excursions géologiques du professeur Stanislas Meunier pour montrer le contraste des points favorables aux inhumations et des points où les tables souterraines de grès empêchent une pareille application.
- server une tombe d’accès facile pour eux et pour leurs descendants. On n’est vivant qu’un instant; on est mort pour longtemps, dit le proverbe.
- Or, la salubrité publique exige, pour l’établissement d’une nécropole, des précautions qui ne peuvent être prises au milieu d’une agglomération nombreuse. Nos morts ne doivent pas cohabiter avec nous. Les fosses souilleraient inévitablement, de microbes et de toxines, la: terre et les eaux. Aussi, avant de décider de la place d’un cimetière et de procéder aux premiers travaux, se livre-t-on à une enquête géologique.
- Encore jusque dans ces derniers temps, quand une localité du département de la Seine se voyait sur le*poinl de manquer de place pour les inhumations, le Conseil Municipal de la Commune intéressée envoyait une pétition à la Préfecture et celle-ci chargeait le Conseil d’Hygièné de lui fournir un Rapport: sur l’opportunité de la demande.
- En ma qualité de géologue, j’ai donc été amené à éludier la question des cimetières. Durant de nombreuses années, me prouvant en présence de cas de « force majeure)), je concluais à la possibilité d’une autorisation, strictement subordonnée à l’observance de plusieurs règles élémentaires :
- seront annexés, il y aura une muraille qui le séparera des régions environnantes ;
- 6° Les zones réglementaires de protection de 55 et de 100 m. seront correclement ménagées; on n’y tolérera aucun puits.
- A ces règles, il faut en ajouter d’autres pour le cimetière idéal, qui sera sans doute réalisé dans l’avenir.
- 7° Il sera construit à une distance de Paris accessible, facilement pour le temps comme pour la dépense nécessaires, d’où il résulte qu’il faudra sans doute réserver une voie funéraire à laquelle on pourra s’abonner et où les convois seront admis à des prix aussi réduits que possible;
- 8° Ce cimetière sera cependant assez distant pour ne porter aucun préjudice à la ville par les eaux ou par les exhalaisons gazeuses ;
- 9° Sa surface devra pouvoir au besoin s’élendre d’une façon pratiquement indéfinie, ce qui veut dire que ses entours, sur une largeur assez grande, seront mis à l’abri, par des dispositions explicites, contre rétablissement de constructions qui pourraient gêner les extensions futures;
- 10° Il sera d’aspect agréable afin dt: permettre la station prolongée à des époques telles que les anni-
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- versaires intéressant les familles pour les visites aux tombes des parents et des amis regrettés. Et il offrira des points de vue diversement orientés qui permettront le repos des visiteurs et favoriseront leurs méditations.
- Comment pouvons-nous envisager aujourd’hui la possibilité d’une réalisation où toutes ces conditions seraient satisfaites?
- Nous disions tout à l’heure que la grandeur de Paris était due à la présence, au lieu de son emplacement, des matériaux propres aux constructions, sous forme de variétés spécialement favorables.
- Il se trouve que le quelque chose, la « qualité providentielle » pour l’établissement d’une nécropole digne de la ville vivante dont nous jouissons, surgit devant nous, et d’une façon si saisissante, qu’elle vient, pour ainsi dire, nous permettre de réparer l’aveuglement qui nous a empêchés, autrefois, d’en profiter.
- Il se trouve, en effet, que la région de Meudon remplissait alors les conditions énumérées, et que si nous devons maintenant nous en passer, c’est que les développements de Paris ont déterminé dans cette charmante localité la création d’innombrables constructions qui comptent parmi elles des villas luxueuses et même de véritables châteaux, et il n’y a qu’à la féliciter qu’on n’ait pas songé à y mettre nos Morts.
- Mais la géologie des environs plus éloignés de la grande ville et tout de même d’un accès des plus faciles, m’a conduit à rechercher si nous ne jouirions pas d’un nouveau Meudon, qui pourrait avoir les avantages du premier, et plus grands encore, étant donnés les progrès des moyens de communication. Il est, en effet, des régions qui, tout en étant cinq fois plus éloignées de Paris que Meudon, sont vingt fois plus faciles à atteindre.
- Au cours de mes nombreuses investigations, mon attention fut spécialement attirée par de longues et larges bandes de sable, affleurant dans les entours de la pittoresque Ermenonville, dont la grâce sauvage sut charmer Jean-Jacques Rousseau, qui s’y fit enterrer, sans prévoir le Panthéon.
- Il y a là, au nord de Paris sensiblement la situation stratigraphique que présentent au sud les sables de Meudon. Ermenonville, en effet, est bâtie sur la formation géologique qui succède dans l’ordre théorique au calcaire grossier.
- Elle est essentiellement sableuse, mais bien plus ancienne que le sable de Meudon, qu’on nomme supérieur, tandis que nous sommes maintenant en présence du sable moyen, ce qui n’a aucune importance pratique. Ce sable moyen, dit aussi barthonien, est très riche en coquilles fossiles qui prouvent qu’il s’est jadis déposé dans la mer.
- Au point de vue où nous sommes placés, on peut noter tout de suite que ce sable est remarquablement facile à travailler, soit à la pioche, soit à la pelle et par conséquent très favorable au terrassement, tel qu’en demandent les inhumations. Par
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- places, il est même d’une finesse de sucre en poudre; ailleurs, il est associé à des graviers arrondis comme les galets des mers actuelles; mais alors, on aura soin de l’éviter pour y creuser des fosses et il recevra des massifs décoratifs ou des constructions de divers genres. De même, on évitera des zones qui se sont cimentées en rognons de grès et qui pourront aussi contribuer au pittoresque dont nous avons noté l’utilité. D’ailleurs, on ne commencerait pas à creuser les tombes avant d’avoir relevé la constitution de chaque point et d’en avoir conclu le choix du terrain d’inhumation. Les déserts de Jean-Jacques Rousseau pourraient servir aux premières études. La végétation n’y est pas abondante, et les zones de sables homogènes alternent avec des amoncellements de grès, qui varient les horizons par des accidents pittoresques, bien propices aux réflexions des visiteurs de tombes, comme ils l’étaient autrefois à celles de l’auteur des Confessions.
- Des objections sont faites au projet d’éloigner les morts, comme à celui de les brûler. Les tombes, dans les cimetières actuels sont l’objet de fréquents pèlerinages. On sait quelle foule les emplit à des dates consacrées. Mais nous avons déjà dit que le développement des moyens de locomotion pourrait suffire à ce pieux besoin. Des services spéciaux de chemin de fer permettraient de franchir en bien moins d’une heure, et à faible tarif, les 50 km qui séparent Ermenonville de Paris.
- La poésie de cette région solitaire, la beauté de la nécropole dont on pourrait faire un parc romantique, avec l’architecture si variée des monuments funéraires qui, du moins tout d’abord, ne seraient pas alignés en rangs serrés, compenseraient certainement pour les visiteurs l’inconvénient du voyage. Il est des cimetières en Orient où les tombes sont le centre de réunions amicales. A Constantinople, les femmes et les enfants vont goûter sous les cyprès; la mort n’a point là l’horreur du gouffre noir vers lequel s’avancent, épouvantés ou farouches, les personnages de Bartholomé, au Père Lachaise.
- Mais ce qui doit nous intéresser davantage en ce moment, c’est que les sables d’Ermenonville se présentent avec des particularités qui donneraient au cimetière la totalité des caractères énumérés plus haut.
- Pour le premier, et le plus important, il n’y a qu’à regarder les environs d’Ermenonville dans les points où ils sont constitués par le sable moyen et l’on verra avec quelle rapidité disparaît la pluie, véritablement bue au fur et à mesure de sa chute par le sol absorbant. Et le contraste sera frappant là où le sable est recouvert par le travertin marneux dit de Saint-Ouen qui apparaît dans les endroits où il n’existe pas de lacune stratigraphique.
- II nous reste à faire valoir un point pratiquement fort important et qu’il serait regrettable de négliger ;
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- L’INDUSTRIE DU MIEL DE RAISIN
- c’est la question du prix de revient du cimetière dont il s’agit:
- Les localités que nous avons signalées sont, pour la plupart, des régions qui furent boisées et dont le caractère champêtre et cultural est acquis par la suppression de portions d’une forêt réduite maintenant aux futaies actuelles.
- Gomme la végétation arborescente s’oppose le plus souvent à l’étude des qualités géologiques des sols qui la nourrissent, nous avons eu tout avantage à considérer d’abord une localité dont la forêt a à peu près disparu, sachant bien que cette première étude menée à bien, il suffira d’en transporter les résultats dans des régions non encore déboisées. Pour prendre un exemple, nous pouvons maintenant décider que tels ou tels points des forêts d’Erme-
- nonville, de Senlis, d’Orry, de Chantilly, privés de leur végétation arborescente, seraient à notre point de vue identiques aux Déserts de Jean-Jacques Rousseau.
- Or, autant l’acquisition de localités cultivées maraichairement, suppose des dépenses considérables, autant les parties de forêts sont d’achat abordable, si même elles ne sont déjà la propriété de l’Etat. On pourrait, en outre, pratiquer des abatages d’arbres, dont la vente viendrait en aide aux frais de l’entreprise. Tout le temps serait à la disposition de l’Administration pour commencer, quand on le jugerait opportun, l’opération dont nous venons d’indiquer l’allure générale.
- Stanislas Meunier.
- Professeur honoraire au Muséum.
- L’INDUSTRIE DU MIEL DE RAISIN
- Une nouvelle industrie viticole se crée actuellement dans le Sud-Est de la France, industrie intéressant notamment les régions — comme celle des Pyrénées-Orientales, par exemple — où l’on cultive des cépages variés et à haute teneur en sucre.
- Dans la région de Banyuls, le raisin contient des principes alimentaires très intéressants en thérapeutique, indépendamment du sucre. En outre, le vin de Banyuls ne se vend que difficilement et déjà les viticulteurs ont pris l’habitude de vendre leurs raisins au lieu de les vinifier.
- Cette nouvelle utilisation du raisin présente un très grand intérêt au triple point de vue scientifique, économique et financier, et elle est susceptible de prendre un grand développement.
- La concentration du moût-de raisin et des jus d’autres fruits, pour obtenir un produit ayant de nombreux usages alimentaires, a été mise au point récemment, par M. J. Guyon, ingénieur à Carcassonne, perfectionnant le procédé industriel imaginé par M. Monti, professeur italien, qui le fit employer en Amérique.
- Le procédé Guyon réalise la concentration du jus de raisin, et même du lait, sans recourir à la stérilisation et sans détruire les vitamines, en partant de ce principe qu’un produit dans lequel les vitamines existent^ où tous les éléments n’ont pas élé détruits, se conserve très facilement, du moment que l’on ne modifie pas le milieu non seulement chimique mais physiologique, et que dans ces conditions, il conserve toute sa valeur alimentaire.
- Le jus de raisin concentré, dans lequel les ferments ne sont pas tués, constitue donc un produit vivant, de facile conservation. Amené vers 40° Baumé, il cristallise, au bout d’un certain temps, absolument comme le miel d’abeille, par suite des mêmes proportions de saccharose, glucose et lévulose. Ramené au tiers ou au cinquième de son volume, le jus de raisin, dont on a enlevé une partie importante de l’eau de végétation, est infermentescible, ne nécessite qu’un logement réduit, peut être transporté économiquement.
- Les frais de concentration sont largement compensés par la différence entre les frais de transport du jus normal et ceux du jus concentré.
- Le miel de raisin se prête à de nombreux usages.
- En poussant la concentration moins loin on obtient un sirop très agréable.
- En épuisant les marcs non fermentés on peut préparer des gelées. On peut traiter les marcs de pommes à peu près de la même façon.
- La concentration perfectionnée maintient les propriétés physiologiques du jus de raisin frais.
- Le jus concentré n’est pas altéré dans sa composition : les matières protéiques, les vitamines, les enzymes subsistent; on a donc un aliment de grande valeur et hygiénique.
- Le traitement de 25 000 hectolitres de moût donne 6500 quintaux de miel de raisin et 500 quintaux de sirop, avec un moût de richesse moyenne, pouvant donner un vin de 10°.
- Indépendamment de ses nombreux usages dans l’alimentation, le miel de raisin, additionné d’eau, donne le jus de raisin frais. Par sa propriété dissolvante, il peut servir à préparer de nombreuses spécialités alimentaires et pharmaceutiques. On peut y incorporer de la pulpe de viande, des œufs, du lait entier, du lait écrémé, du sang, etc., l’employer à la préparation des confits, pains d’épices, gâteaux fourrés au miel, plum-pudding, et en confiserie. Le miel de raisin a aussi la propriété de dissoudre les extraits médicamenteux d’un usage courant.
- Le sirop de raisin est un débouché important offert à l’industrie du miel de raisin, notamment dans les pays où les lois de prohibition ou de restriction de la consommation des boissons alcooliques font rechercher les produits dérivés des fruits : aux États-Unis, au Canada (où la concurrence de la Californie n’est pas à craindre, la qualité des raisins produits dans ce pays étant inférieure à celle des raisins français). L’Angleterre, la Hollande, la Suède, la Norvège, la Suisse, etc., offrent de même des débouchés intéressants.
- Avec le miel de raisin, on a la possibilité d’effectuer la cure de raisin non pas seulement au moment des vendanges, mais à toute époque de l’année.
- On estime que, pour le traitement de 25 000 hectolitres de moût de raisin donnant 6500 quintaux de miel et 500 quintaux de sirop, il faut compter 850 000 francs
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- en frais de fabrication et divers; 2 000 000 de francs en achat de moût (25000 hectolitres à 80 francs l’hectolitre), soit une dépense totale de 2 850 000 francs.
- On compte 750 000 francs pour la vente de 1500 quintaux de miel de raisin, à 5 francs le kilogramme, en France; 5 000 000 de francs pour 5000 quintaux exportés a rai<on de G francs le kilogramme; et 250 000 francs pour la venle de 500 quintaux de sirop, au prix moyen de 5 francs le kilogramme, soit, en recettes : 4000 000 de francs.
- dette industrie procurerait donc un bénéfice brut annuel de h 000 000 — 2 850 000 = 1 170 000 franc, pour 25 000 hectolitres de moût traité.
- Dans cette estimation n’est pas comprise la valeur des sous-produits : environ 200 tonnes de marc de. raisin, sec, non fermenté, vendu au minimum 50 francs la tonne, soit 10 000 francs; et 5000 à 10 000 kg de. crcme de
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- tartre vendue à raison de 5 francs le kilogramme, soit environ 20 000 francs.
- Les viticulteurs, en s’intéressant à l’industrie du miel de raisin, éviteront les aléas de la conservation des vins en cave, les crises résultant des fluctuations des cours du vin et de la mévente en année de surproduction. La transformation d’une partie de la surproduction en miel et sirop aura comme conséquence de diminuer la quantité de vin et, par suite, d’en stabiliser, d’en régulariser le cours.
- Au triple point de vue scientifique, économique et financier, l’industrie du miel et du sirop de raisin est d’un grand intérêt pour l’alimentation publique, de même que [tour la viticulture et. les capitalistes, car elle doit assurer une large rémunération des capitaux engagés et augmenter d’une nouvelle source de richesse le patrimoine national. IIenui Hlis.
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- Par-dessus le dôme imposant de la vaste foret dont les cimes mobiles ondoient sous le vent du matin qui se lève, des raies de soleil s’allongent, chatoyantes, dessinantdans la brune floconneuse non encore dissipée, mille traits lumineux }qui dorent les bourgeons frais sortis de leur enveloppe.
- Dans le fond du bois tout vaporeux, agrippé à un vieux tronc vermoulu, un pic vert que l’aurore a fait surgir du creux d’arbre oii il passa la nuit, sonne la diane et la sonorité de son rire éclatant, qui est presque un hennissement et qui fuse joyeux, réveille avec l’écho qui vibre les oiselets qui à l’abri des épicéas nombreux dormaient encore, la tête sous l’aile, peliles boules soyeuses de plumes molles.
- Au sommet de grands pins, dont la massesombre se détache dans le brouillard, des corneilles moroses, s’épouillent en caquclant, avant de gagner, par troupes, les champs du pays plat, où, égaillées, elles marauderont tout au long du jour. Tout proche de leur bande endeuillée, sur les basses branches des résineux, des geais bruyants ont déjà repris leurs querelles de la veille et s’apostrophent aigrement.
- Soudainement ils interrompent leurs disputes : un chevreuil, preste, se fautile entre les troncs rougeâtres. La brusque venue du gracieux quadrupède les surprenant désagréablement, a mis pour un instant la panique en leur bande inquiète. Mais tôt revenus de leur émoi, à plein gosier, sans perdre de temps, ils n’hésitent guère à injurier pepieusement, en leur langage peu amène, le fauve qui s’éloigne à pas menus et légers, regagnant son gîte.
- Des ramiers se hâtent vers la source proche et leurs battements d’aile qui claquent dans l’air calme, font sursauter un écureuil roux qui à la eointe d’un épicéa, épluche un cône desséché, dont los écailles, en descente vrillée, viennent, pluie
- d’or, s’étaler doucement sur un tapis de mousse oîi des teintes sanglantes se marient superbement à l’émeraude de pousses nouvelles.
- Dans un bosquet de chênes qui dressent leur ramure tourmentée parmi les essences variées de la forêt, une buse indolente, perchée sur la plus haute branche, s’olfre tout entière au soleil levant, prenant le bain de lumière dont sa race se montre friande. Insoucieuse, elle s’ébourilfe et, avec de très lents mouvements de tête, lisse ses plumes rudes, que pénètre la chaleur solaire. Parfois se redressant, elle étend, Tune après l’autre, de toute leur longueur, chacune de ses grandes ailes brunes, poussant à. l’extrême le mouvement par la détente complète de la patte horizontalement étendue sous elles.
- Enfin quittant son perchoir, elle s’élance vers l’espace. A grand bruit, elle troue la ramée de son envolée puissante, bat de l’aile un instant au-dessus de l’arbre qu’elle vient d’abandonner, pour aussitôt en larges cercles concentriques s’élever progressivement dans l’azur du ciel dégagé des brumes, s’égosillant en allègres miaulements qui se répercutent très loin.
- Deux corneilles énervées, obéissant à la haine ancestrale qui divise depuis toujours corvidés et rapaces, piquent droit sous elle, s’excitant par un rauque cri de colère et s’épuisant en vains etforts pour rejoindre l’oiseau de proie qui virevolte, impassible, les ailes étendues, presque immobiles, se haussant toujours plus haut dans la nue où bientôt il n’est plus qu’une imperceptible tache. Mais bientôt satisfait de son ascension matinale, lentement le rapace redescend vers le sol, obliquant soudain pour se jeter vers la lande embruyérée que domine une roche capricieusement tourmentée; léger, d’un dernier coup d’aile, il se pose enfin sur le granit.
- Paresseusement, l’oiseau de proie inspecte les
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- alentours, clignotant de l’œil, les ailes agitées de courtes saccades brèves.
- Mais voilà que, soudain redressée, l’œil arrondi, notre buse fonce vers les broussailles voisines, s’y jette lourdement, les repoussant du crâne, se livrant à d’étranges contorsions, tantôt virant brusquement sur elle-même, tantôt s’affairant en larges enjambées maladroites, écartant de l’aile mi-ouverte les hautes tiges des plantes emmêlées, pour enfin avec un bref cri de contentement relever la tête, le cou tout étendu, avec, entre les mandibules serrées, une couleuvre qui se tord désespérément, enchevêtrant furieusement ses anneaux qui se contractent.
- Sans souci des efforts du reptile dont la queue mobile fouette l’air, à moins qirelle ne s’enroule autour du col de son ravisseur, le volatile regagne le roc solitaire. Sitôt posé, d’un geste rapide, il happe sa victime d’une serre qui se fait rude et se crispe nerveusement, et du bec impitoyablement, martelle la tête du serpent qui bientôt, pantelant, allonge sur le quartz dur, ses anneaux dont la vie se retire et qui se dénouent.
- La buse a conquis son déjeuner.
- Posément, elle répare le désordre de son plumage, puis saisissant sa proie inerte entre ses mandibules, s’envole vers la touffe de chêne d’où elle s’échappa tout à l'heure, et sur un vieux nid établi à mi-hauteur de l’un d’eux et qui, l’année précédente, vit s’élever une nichée de milans, va s’abattre sans se préoccuper des cris d’alarme et de colère qu’à son passage poussent quelques corbines attardées sous bois où elles dévoraient la carcasse d’un lapin trépassé.
- À présent la buse' dans l’aire, se repaît de la couleuvre qu’en tronçons sanguinolents elle dépèce sans hâte et dont elle avale les fragments déchiquetés, d’un grand effort du gosier. Son repas terminé, elle se débarrasse le bec et les serres des débris de chair qui les souillent, s’installe commodément, ramassée sur elle-même, le cou rentré, les ailes basses, et digère sa proie dont des restes informes gisent encore à ses côtés.
- Quiète, elle somnole lorsqu’en trombe à la file les uns des autres, surviennent quelques geais, en quête d’aventure, qui s’éparpillent sur les branches de l'arbre, refuge du rapace. L’un des oiseaux l’apercevant, brusquement s’immobilise, huppe hérissée, et lance, abaissant la tête qui ensuite se relève brusquement d’une saccade, une rauque clameur d’alerte, qui alarme toute la tribu errante. Sans s’être rendu compte du danger qui peut les menacer, ses compagnons aussitôt font entendre à leur tour, plus perçant le farouche cri de guerre de leur race combative. Tous scrutent la ramure .cherchant à pénétrer la cause de l’émoi de celui des leurs qui les mit sur leurs gardes. La buse est aperçue et les geais énervés, sautillant de branche en branche, l’encerclent, la harcelant de leurs furibondes criailleries. L’oiseau de proie semble
- cependant n’avoir cure de ces manifestations hos: tiles. Il s’est lentement redressé, ouvrant tout larges ses grands yeux bruns qui surveillent sans témoigner de nulle frayeur, la troupe hargneuse. Et c’est à peine si ses serres étreignent plus fortement les bûchettes qui constituent le fond de l’aire. Gomme l’un des geais, enhardi, s’approche d’elle de trop près à son gré, lentement la base incline le corps en avant, tend un peu le cou et entr’ouvrant légèrement les ailes, fait claquer ses mandibules d’un air de mauvaise humeur si expressif, que le geai décontenancé, à petits pas brefs et nerveux, s’écarte aussitôt, glissant silencieusement le long de la branche sur laquelle il est perché.
- L’attitude de la buse en impose selon toute vraisemblance aux corvidés, à moins qu’ils n’estiment vaines leurs tentatives d’intimidation, car après avoir vociféré quelques instants encore, tous, brusquement devenus muets, disparaissent dans les rameaux de l’arbre. Dans le lointain, sous bois, de leurs pareils, comme un écho tardif, donnent cependant encore la réplique à leurs premières clameurs, par des cris déplaisants qui disent la solidarité de l’engeance. Quant au rapace, nonchalamment, il reprend sa pose première et achève sa sieste.
- Tout à l’heure, il s’ébrouera brusquement pour immédiatement, à larges et lents coups d’aile, gagner un pré en lisière de la forêt, où il se mettra à l’affût d’un petit rongeur vagabond ou d’une taupe dont il surveillera, posé sur une vieille barrière, un pieu de clôture, un tertre herbeux, les travaux souterrains et qu’il saura saisir, d’un coup de serre prompt, au moment propice.
- C’est l’habitude courante chez les oiseaux de proie, que de se choisir de vieux nids en guise de salle à manger et d’y venir, en paix, festoyer. Aussi, de temps à autre ees nids recèleront-ils des proies diverses qu’ils y déposeront provisoirement, en attendant que l’appétit leur vienne. En ces aires, désertées après la saison de nidification, on pourra découvrir les cadavres de tous les petits animaux qui animent les champs et les bois : campagnols, mulots, lézards, grenouilles, des couleuvres quelquefois encore animées d’un reste de vie, aussi des oiselets à^demi déplumés, lorsque le chasseur ailé est un hobereau plus agile, ou, cas moins fréquent, un épervier.
- Parfois aussi on y rencontrera les débris d’un lapin, d’un faisan... Seront aussitôt renforcées les accusations portées contre la buse par les gardes et les chasseurs. On constatera, sans plus; Ton ne se demandera pas si ces animaux-gibier n’étaient pas malades ou handicapés par quelque autre cause, un coup de fusil qui ne les tua pas net, par exemple, ce qui permit à la buse de les capturer aisément. En réalité, on s’aperçoit par l’examen de son nid qu’il est rare que ce rapace s’attaque au gibier disposant de tous ses moyens. Son garde-manger attestera que de coutume ses
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- Fig. 1. — Un appel au printemps.
- proies sont constituées, par de petits quadrupèdes que l’on considère comme nuisibles.
- Peut-être aussi découvrit-elle ces animaux-gibier se .corrompant sous- la feuillée, n’ayant pas été retrouvés par le chasseur. En effet, la buse ne fait point fi des charognes. Très souvent, accomplissant ainsi son rôle sanitaire, elle se fait pincer les pattes dans un piège amorcé d’un quelconque débris animal et est envoyée s ad patres » par le garde qui voit en elle un ennemi indigne de pitié. Il a tort : la buse est l’un de nos oiseaux les plus utiles.
- Ce sera un de ces mêmes nids anciens que les buses choisiront pous y faire souche. Sans grand soin, le couple le réparera sommairement, ajoutant à ce qui subsiste de la charpente, des branchettes mortes qu’il récoltera sur des arbres proches : chênes, hêtres, bouleaux lui fournissent les matériaux sans distinction d’essence. Nos oiseaux empilent simplement les ramilles sur les ruines de cette aire abandonnée ; ils cherchent seulement à la consolider et ne déblaient pas les débris qu’elle pourrait contenir, recouvrant du matériel neuf qu’ils y transportent des écales d’œufs provenant d’une couvée antérieure, des restes de petits animaux qui ont nourri une nichée de l’année précédente, des déchets qu’eux-mêmes y auront amassés lorsque la période nuptiale n’était pas commencée. J’ai ainsi découvert sous des bûchettes d’apport récent, affermissant une vieille aire, les cadavres momifiés de deux petites buses, victimes d’un garde qui pour purger son cantonnement des « gros éperviers », avait lâché, dans l’amas de branchettes, ses deux coups de fusil.
- C’est sans aucun doute cette façon d’agir qui a fait croire à quelques naturalistes que ces rapaces rembourraient leur aire de plumes ou de poils. En fait, ces matières ne sont jamais, intentionnellement, utilisées par les oiseaux de proie pour garnir leur home et si l’on y relève la présence de plumes, du duvet notamment, elles appartiennent à la couveuse et s’y sont amassées par l’effet de la mue.
- Dès que les buses ont choisi faire où elles nicheront, elles semblent vouloir en indiquer la prise de possession de manière originale. Elles la garnissent de feuillage vert. Vers la mi-mars, le temps étant favorable, il vous est loisible déjà de savoir quel est le vieux nid qu’elles ont jugé à leur convenance.
- La buse, très rarement, construira entièrement son nid ; elle utilise une vieille aire, à moins qu’elle ne préfère un ancien nid de corneille, d’écureuil, auquel elle ajoute des ramilles sèches pour l’adapter à sa taille.
- Dès que l’aire est choisie, le couple évolue constamment dans ses environs, décrivant souvent au-dessus du bouquet d’arbres qui dissimule le futur berceau, de grandes circonvolutions, se jouant dans les airs, planant, virevoltant, se poursuivant en des joutes amicales, et ce, plusieurs semaines avant la ponte. Du jour où elles en agissent ainsi, visitez les nids repérés en cet endroit, et celui où s’élèvera la prochaine nichée dévoilera sa destination par les branchettes garnies de feuilles vertes qui, placées par-dessus les matériaux secs, la décoreront. Si la prise de possession date de quelques jours, il ne sera même pas nécessaire de faire l’ascension de
- Fig. 2. — A l’affût dans un pré.
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- l'arbre supportant le nid. Sur le sol, au pied de Farbre, accrochés dans ses branches, on verra de ces rameaux verts que l’oiseau rejette du nid dès qu’ils se fanent ou qu’il remplace simplement par d’autres, sans nécessité, apparait-il, puisque le nid ne contient ni œufs, ni jeunes. Cette singularité des mœurs de la buse est caractéristique, bien qu’usitée aussi par d’autres oiseaux de proie.
- Toutes essences sont bonnes à la buse pour parer ainsi son logis.
- Néanmoins une seule essence est utilisée par le même oiseau, les brindilles de chêne ne se trouvant pas mélangées à du hêtre, ni des fragments de résineux à du bouleau, par exemple.
- Nous disions que l’apport de matériaux frais se faisait parfois sans nécessité apparente. En diverses aires construites dans des bois où feuillu et résineux croissaient pêle-mêle, nous avons en effet remarqué, à plusieurs reprises, des extrémités de branches de pin ou d’épicéa. Or, bien que les aiguilles de ces essences demeurent fraîches très longtemps, ces rameaux étaient quotidiennement, ou à peu près, remplacés par de nouvelles branchettes de même sorte. À quel besoin les oiseaux obéissent-ils en l’occurrence? Il n’apparaît pas que ce soit pour dissimuler des œufs que des oiseaux pillards enlèveraient pendant une absence de la couveuse, ce d’autant moins que les jeunes étant éclos, cet ap-
- Fig. 4. — Un poste favori dans la montagne.
- port de feuillage se continuera quelque temps.
- La buse veut-elle entretenir dans le nid quelque fraîcheur? C’est plausible, car longtemps avant la ponte, l’oiseau vient séjourner dans l’aire, s’y installant tout comme s’il couvait, passant le temps à en arrondir la coupe de la poitrine, ou plutôt à creuser au milieu des bûchettes l’excavation-plus ou moins prononcée qui constituera cette coupe, ou encore arrangeant du bec les matériaux qui composent l’aire.
- Des observateurs signalent, dans des nids de buses, la présence de brins de Ferre ou de gui.
- L’aire étant choisie depuis quelques jours, gisent aussi, au pied de l’arbre, de nombreuses branchettes sèches, échappées du bec de l’oiseau ou ayant chu des bords du nid. Pas plus que les rameaux frais qui viennent à choir de la même façon, la buse ne prend la peine de les ramasser.
- La buse ne marque aucune prédilection spéciale en ce qui concerne l’espèce d’arbre sur lequel elle établira son aire, elle nichera tout aussi bien sur un chêne que sur un bouleau, sur un hêtre que sur un épicéa ou un pin. Dans l’Hertogenwald beige, existe une aire bâtie sur un aulne, très élevé et à demi vermoulu.
- Néanmoins, l’aire sera installée plus communément dans le feuillu que dans les résineux et très souvent dans une vallée quelque peu encaissée, à proximité d’un cours d’eau où volontiers la buse fera ses ablutions.
- Peu importe d’autre part que la base qui servira d’assise au logis momentané de l’oiseau se trouve en plein bois ou en lisière de celui-ci, qu’elle soit sise dans une vaste forêt ou dans un boqueteau. Si l’endroit plaît aux oiseaux, ils ne s’inquiètent guère de sa situation et même la vallée ne les tentera plus si au haut de la montagne existe un emplacement qui leur convienne mieux.
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- Souvent une même aire sera habitée de longues années consécutives, soit par un même couple, soit par une paire d’oiseaux autres que les anciens propriétaires. Quelquefois entre deux couvées de buses, prospérera, dans cette aire, une nichée d’autour, de bondrée, de milan, la place étant au premier occupant. Comme à chaque époque nuptiale, ce nid est réfeclionné, il atteindra parfois un extraordinaire volume.
- Un de ces nids qui existait aussi dans l’Herto-genwald helge, fut longtemps un objet d’étonnement pour les observateurs : l’arbre qui le supportait, un hêtre, ayant été abattu, on constata que les matériaux qui le composaient représentaient un volume de près d’un mètre cube.
- La hauteur à laquelle le nid est placé semble d’autre part avoir également petf d’importance pour la buse : il s’en trouve à 5 ou 6 m. du sol aussi bien qu’à 25 m. de hauteur. En aucun cas, il n’est placé à la cime de l’arbre. Il s’étale de coutume entre de grosses branches formant fourche, de temps à autre sur une branche horizontale dont les rameaux latéraux sont suffisamment résistants pour soutenir la construction et éventuellement son contenu, des oisillons très remuants, surtout lorsque les plumes leur poussant, ils assouplissent les muscles de leurs ailes qu’ils agitent continuellement comme si déjà ils aspiraient à prendre leur essor.
- L. COOPMAN.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai et juin 1922.
- Elections. — Dans la séance du 29 mai, M. Henri Lebesgue a été élu membre de la section de Géométrie en remplacement de' M. G. Jordan, qui appartenait à l’Académie depuis 1881.
- A propos des métaux rares. — Interrompues en août 1914, les études de Moseley, tue'depuis aux Dardanelles, n’ont pu être publiées, et c’est ainsi que les expériences faites par lui, en collaboration avec M. G. Urbain, au laboratoire de Townsend, à Oxford, ont été reprises par M. A. Dauvillier. Il reste maintenant acquis que le néovüerbium, le lutécium et le celtium ont pour numéro atomique respectif : 70, 71, 72 et, du point de vue élément, la question des constituants de l’ancien ytterbium de Marignac est réglée de façon définitive.
- La nocuité du terreau de fumier. — Un lavage préalable semble augmenter sa fertilité; il est cependant des végétaux qui tirent peu de profit d’un tel traitement, et il en est même, d’après M. Petit, qui en souffrent. Les essais de cet agronome ont porté sur la calcéolaire rugueuse, qui devient chlorotique quand on dilue le terreau avec du sable lavé et ne se développe normalement qu’en présence d’une addition de terre argileuse.
- La fixation des graisses par les matières sébacées. — On sait qu’en mélangeant à la nourriture d’un animal du rouge écarlate, d’ailleurs inoffensif, on colore certains organes adipeux et, en particulier, les glandes sébacées. La note de M. A. Policard et de Mlle J. Tritchkovitch précise le processus de la fixation directe de la graisse sanguine, fixation qui, étudiée sur la souris blanche, paraît liée à l’interversion colloïdale.
- L'attaque des minerais par les bactéries. — Depuis les travaux de Boulanger, de Demolon, de Lippmann et de Winogradskv, on retient que l’oxydation du soufre dans le sol est due à des bactéries. Les expériences de MM. Helbronner et W. Rudolfs ont porté sur une blende à 46 pour 400-de zinc et montré : 1) que ce sulfure se transforme en sulfate sous l’action fies bactéries de Lippmann; 2) que la présence du soufre favorise l’oxydation; 3) qu’il peut se produire assez d’acide S04H2 pour
- solubiliser les silicates et le carbonate naturel de zinc, action qui, dans le cas d’un minerai mixte, Pb -j- Zn, 11e porte que sur le second métal et fournit ainsi un mode de séparation.
- Sur la végétation dans les milieux pauvres en oxygène. — MM. Maquenne et Demoussy ont déjà montré que les plantes se contentent de la faible quantité d’oxygène en dissolution dans l’eau ou de celle que libère sous l’action réductrice de la chlorophylle, l’anhydride produit par la respiration nocturne. De nouvelles expériences ont porté sur le Pois, le Radis, le Blé, le Colza, l’Oseille et l’Aucuba ; elles établissent que, chez certaines espèces, les feuilles peuvent garder leur vitalité en l’absence d’air, pendant un laps de temps supérieur à celui que les plantes annuelles mettent à parcourir le cycle entier de leur évolution. Cela indique que les graines ne sont pas les seuls organes susceptibles de vivre longtemps après qu’on les a séparés de la plante mère.
- L’introduction de l’ion Iode chez l’homme et son élimination. — Pour libérer des cicatrices adhérentes; M. G. Bourguignon et Conduché, ont eu recours à l’élec-trolyse en localisant autant que possible le courant au foyer de la blessure. Il leur a paru que, dans le cas d’un sujet porteur de cicatrices multiples, le traitement d’une seule de celles-ci améliore sensiblement les autres. La note qu’ils soumettent à l’Académie étudie le déterminisme de ces phénomènes et fixe, avec le processus de l’élimination dans l’urine, après accumulation dans le corps thyroïde, la quantité de métalloïde que peut introduire dans l’organisme, un courant rigoureusement déterminé.
- La thorlvéitite de Madagascar. — Il s’agit là d’un minerai qui résiste aux acides minéraux et aux bisulfates ; ' seule, la soude fondue en provoque la désagrégation, mais il faut souvent répéter deux ou trois fois l’attaque. Les échantillons remis par le professeur Lacroix à MM. C. Boulanger et Urbain ont fourni à l’analyse les résultats suivants (pour 100).
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- Si O2 : 44,1 - Sc203 : 42,4 — ZrO* : 8,4 — AP O3 : 5,5 — Fe203 : 2.
- Les eaux clés ç/laciers cTArgenture et des Bossons.
- Les recherches effectuées par MM. d’Arsonval et Tou-plain montrent que la conductibilité spécifique peut varier du simple au double entre deux échantillons prélevés au même torrent et à un quart d’heure de distance ; elle dépend en effet des apports d’eau qui augmentent le débit en accroissant l’action mécanique exercée sur les roches ou sur le sol. Enfin, la composition des matières minérales recueillies par évaporation est aussi variable que celle des sources ordinaires.
- Thermostat à enceinte multiple. — L’appareil imaginé par M. A. Tian, pour l’étude de l’hydrolyse lente des sels, permet d’éviter l’agitation continue; l’amortissement des oscillations thermiques y est complet, enfin on y réalise sans difficulté l’uniformité thermique du bain thermosta-tique, soustrait d’ailleurs à tout échange direct de chaleur avec l’extérieur.
- Une lampe à formol. — Malgré les propriétés antiseptiques de l’aldéhyde étudiée par M. Trillat et préparée par oxydation de l’alcool mélhylique, passant sur un catalyseur, les appareils successivement préconisés par MM. Tollens et Bouhard ne pouvaient s’employer à la désinfection des locaux, dans les conditions fixées par les règlements du Conseil de* l’Hygiène publique. La lampe, imaginée par M. E. Berger, marque un gros progrès et,
- soit que le catalyseur comprenne un comprimé fait de noir de fumée (80 pour 100) et d’oxyde CuO (20 pour 100), soit que le mélange d’air et de vapeurs de méthylène passe sur un cylindre de carton d’amiante argenté, on atteint un rendement de 25 ou de 40 pour 100 ; ce qui permet avec une lampe de 500 eme de désinfecter un local de 20 me en 15 ou 18 heures selon les cas.
- Un nouvel électromètre à index rigide. — Pour la mesure des radiations, M. B. Szilard soumet à l’Académie un appareil dont l’aiguille, servant à la fois d’équipage mobile et d’index rigide, est électriquement reliée à la cage : suspendue par un ruban fin et tendu, dont la torsion sert de coup'e anlagonistc, elle est attirée par un cadran de forme spéciale, isolé et chargé d’élcclricité au moyen d’une minuscule machine à frottement.
- Le turbo-compresscur pour moteurs d’avions. — Créé par M. A. Rateau pour la suralimentation des moleurs, dont il accroît la puissance dans les vols à haute altitude, le turbo-eompresseur se compose d’une turbine motrice qui reçoit la totalité ou seulement une partie des gaz d’échappement et d’un ventilateur centrifuge, dont la roue mobile est calée sur le même arbre que la roue de la turbine et qui aspire l’air de l’atmosphère environnante pour le refouler au moteur après en avoir élevé la pression. La dernière note de M. Bateau donne la théorie générale du fonctionnement de la machine et établit la formule fondamentale qui relie entre elles les diverses quantités qui s’y rapportent. Paul B.
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- Le froid artificiel joue dans la civilisation moderne un rôle qui prend chaque jour plus d’ampleur. Ses applications se multiplient : pour montrer son importance, il suffira sans doute de rappeler les immenses transports de viandes frigorifiées qui, pendant la grande guerre, ont contribué à assurer le ravitaillement des pays alliés.
- Les machines frigorifiques qui servent à produire le froid utilisent, presque toutes, le froid produit par l’évaporation d’un liquide approprié : les liquides pratiquement les plus employés sont l’ammoniac, l’acide carbonique, l’acide sulfureux et le chlorure de méthyle. Un kilogramme d’ammoniac, par exemple, sous une pression de 2 kg par cm2 s’évapore à — 20° environ en absorbant 500 calories environ. Le vase clos où s’effectue cette évaporation sert de réfrigérant; il emprunte au milieu à refroidir les calories nécessaires pour produire l’évaporation ; la vapeur est reprise par un compresseur, comprimée et condensée ; le liquide est refroidi et ramené dans le vase évaporatoire.
- Les machines de ce type fonctionnent aujourd’hui d’une façon parfaite; elles ont cependant des inconvénients : les corps qu’elles utilisent sont coûteux, et peu communs : leur remplacement est donc difficile lorsqu’on est loin d’un centre industriel. Sur les navires effectuant de longues traversées, ce peut être une difficulté sérieuse.
- De plus l’ammoniac, l’acide sulfureux sont des produits toxiques ; les fuites constituent un danger sérieux pour le personnel, en même temps elles exposent les produits à refroidir à des contaminations dangereuses s’il s’agit de produits alimentaires. Aussi les installations frigorifiques à ammoniac ou acide sulfureux exigent-elles une rigoureuse étanchéité, qui en rend l’exécution délicate et coûteuse. L’acide carbonique, très employé à bord des navires, n’a. pas les mêmes inconvénients; mais il exige des pressions très élevées; il évolue, en effet, entre les pressions de 20 et 60 kg. Aussi le compresseur d’acide carbonique exige-t-il une construction excessivement soignée.
- Depuis longtemps, on cherche à réaliser des machines frigorifiques fonctionnant au moyen de corps usuels, d’un ravitaillement facile.
- Dans cet ordre d’idées, M. M. Leblanc a réalisé en d 907 la première machine frigorifique industrielle à évaporation d’eau (Voir La Nature, n° 1954, 1 8 juin 1910). Cette machine a reçu de nombreuses applications à bord des navires pour le refroidissement des chambres à vivres et des soutes à munitions.
- Mais son compresseur est conslitué par des éjec-teurs à vapeur, appareils d’un très mauvais rendement, et dont l’emploi ne peut être envisagé que là où le prix de revient de la vapeur motrice n’inler-I vient pas. Les machines frigorifiques à vapeur d’eau
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- et à électeurs n’ont pu, à terre, concurrencer les machines usuelles.
- Mais il est un autre corps frigorifique, plus commun encore que la vapeur d’eau, et dont l’usage est entièrement gratuit, c’est l’air : il n’est pas toxique, et n’attaque pas les pièces des machines. Ce serait donc l’agent frigorifique idéal, si on pouvait l’utiliser économiquement pour produire du froid.
- Tout le monde sait que de l’air, préalablement comprimé, et ramené à la température ambiante produit en se détendant un froid intense : au temps où fonctionnaient à Paris des tramways à air comprimé, on pouvait voir les cylindres des moteurs se recouvrir d’une forte couche de givre.
- Aussi a-t-on depuis longtemps songé à utiliser le froid produit par la détente de l’air. Les machines à air ont meme précédé les machines à évaporation dans la pratique industrielle. Il y a une trentaine d’années on construisait encore couramment des machines frigorifiques à air pour les navires; leur fonctionnement était très sûr et certaines d’entre elles sont encore en service aujourd’hui. Mais ces machines avaient un inconvénient énorme qui a entraîné peu à peu leur abandon : elles étaient fort encombrantes et d’un rendement très faible.
- M. Maurice Leblanc à qui l’on doit tant d’inventions dans tous les domaines, vient de reprendre le problème de la machine frigorifique à air, en lui donnant une solution toute nouvelle ; dans une récente communication à l’Académie des Sciences, il en a fait connaître le principe, et montré que, théoriquement tout au moins, les rendements que l’on est en droit d’attendre de cette nouvelle machine seront du même ordre que ceux des excellentes machines actuelles à ammoniac ou à acide carbonique. Une machine d’étude a été construite et fonctionne : les premiers résultats des essais ont confirmé les vues de l’inventeur : bien que la mise au point de divers détails soit encore nécessaire pour faire de la machine d’étude un engin commercial, on peut dire dès maintenant qu’un nouveau type de machine frigorifique est né.
- Les anciennes machines frigorifiques à air. —
- Pour en bien faire comprendre le fonctionnement, il nous faut tout d’abord rappeler en quoi consistaient les anciennes machines frigorifiques à air, et indiquer les défauts qui les ont condamnées.
- Le principe du refroidissement par l’air est très simple ; prenons 1 kg d’air à la pression absolue Pt et à la température initiale absolue Tj (4) ; déten-dons-le adiabatiquement, c’est-à-dire sans échange
- Fig. i. — Cycle théorique de la machine à air.
- i. Rappelons que la température absolue T est la température exprimée en degrés centigrades et augmentée de 273. Un corps à température de 10° C a une température absolue égale à 283.
- de chaleur, en le faisant travailler dans le cylindre d’une machine à piston; sa température s’abaisse. Nous arrêtons la détente lorsque la température a atteint une valeur choisie à l’avance T2; l’air ainsi refroidi est à la pression P2 ; nous le faisons alors circuler dans un échangeur de chaleur, qui est l’appareil où l’on utilise le froid emmagasiné dans l’air; celui-ci s’y réchauffe en abandonnant des frigories aux substances à refroidir : la pression reste constante, mais l'air se réchauffe jusqu’à une température Ts ; nous le comprimons alors adiabatiquement pour le ramener à la pression initiale 1^ ; cette compression provoque une forte élévation de température de l’air, qui atteint la température ; il nous faut le refroidir, au moyen d’une circulation d’eau par exemple afin de la ramener à la température initiale T,. Puis le cycle des opérations recommence.
- Si l’on représente les états successifs de ce kilogramme d’air par une courbe, dans laquelle la pression est portée en ordonnées, et les volumes en abscisses, l’air décrit le cycle représenté sur la figure 1 ; c’est le cycle théorique de la machine frigorifique à air.
- Pour fixer les idées, supposons la pression Pt égale à 17 kg absolus (c’est la pression qui règne dans le condenseur d’une machine à ammoniac), et la température T., égale à 286, c’est-à-dire 13° C. C’est celle que l’on peut obtenir aisément avec un courant d’eau refroidissante à 10° C. Nous voulons, pour faire de la glace par exemple, abaisser la température de l’air jusqu’à 243, c’est-à-dire à — 30° C. ; un calcul simple montre que la détente doit être poussée jusqu’à P2= 0,5710 Pj c’est-à-dire sensiblement la moitié de la pression initiale.
- On peut admettre que l’air, dans le réfrigérant, se réchauffe jusqu’à 275 ou 5° C. La température T4 à la fin de la compression est alors de 323 ou 50° C.
- Le rendement théorique de ce cycle n’est nullement inférieur à celui des autres machines frigorifiques.
- Dans l’exemple que nous avons choisi, le travail mécanique dépensé sur le kilogramme d’air décrivant le cycle est de 570 kgm; il est représenté par la surface du cycle de la figure 1 ; et l’on doil théoriquement recueillir 7,6 frigories utiles, soit 3600 frigories par cheval-heure.
- Ce chiffre ne diffère pas du chiffre théorique que l’on trouverait pour une machine à ammoniac fonctionnant entre les mêmes températures. Un point important toutefois est à noter ; le travail qu’absorbe 1 kg d’air décrivant le cycle est très faible par rapport à celui qu’absorbe 1 kg d’ammoniac décrivant le cycle d’une machine à glace; celui-ci est d’environ 21 000 kilogrammètres. Une machine frigorifique à air doit donc mettre en mouvement des volumes
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- LA MACHINE FRIGORIFIQUE A AIR LEBLANC : ..:.r= 205
- gazeux beaucoup plus considérables que la machine à ammoniac.
- Mais nous avons raisonné jusqu’ici sur un cycle idéal; pratiquement les anciennes machines à air le réalisaient de la façon suivante (fig. 2). Elles comportaient un compresseur et un détendeur associés, chacun à double effet, par exemple.
- C représente un compresseur à piston, À un détendeur à piston.
- Les deux pistons sont solidaires l’un de l’autre ; quand ils se déplacent dans le sens de la flèche, le piston du compresseur comprime l’air sur sa face avant, tandis que sa face arrière aspire dans le réfrigérant B de l’air détendu. L’air comprimé et chaud est refoulé par le compresseur dans le refroidisseur D, oîi il est refroidi à la température de départ.
- Sur la face arrière du piston du détendeur À, l’air à la pression P4 se détend jusqu’à la pression P2, en se refroidissant, tandis que par sa face avant le piston refoule dans le réfrigérant l’air froid détendu au temps précédent.
- Le travail produit par la détente est récupéré par le compresseur ; mais on voit que le détendeur et le compresseur ont à effectuer non seulement les travaux de détente et de compression adiabatiques qui constituent une partie du cycle idéal de la figure 1, mais ils ont encore à assurer le transvasement de l’air comprimé ou détendu, entre les chambres des cylindres et les échangeurs de chaleur, transvasement au cours duquel il règne constamment entre les deux faces des pistons une différence de pression égale à Pj-Pg.
- C’est là que réside la cause profonde du faible rendement effectif des machines à air. Relevons en effet sur les pistons du détendeur et du compresseur, le diagramme de Watt; c’est, on le sait, une courbe sur laquelle sont inscrits en abscisses les déplacements du piston, en ordonnées les pressions correspondantes sur l’une des faces du piston; ces diagrammes sont représentés sur la figure 5, et le cycle utile décrit par l’air pour produire l’effet frigorifique est leur différence.
- Or, dans les limites de température où travaillent les machines frigorifiques, cette différence est très faible par rapport à la surface de chacun des diagrammes.
- Cela signifie que le compresseur et le détendeur pris isolément sont des machines très puissantes,
- Fig. 3. — Diagrammes du compresseur et du détendeur dans les anciennes machines à air.
- Refroidisseur•
- Pression P,
- firoir
- • (Volume engendré par te piston Vt
- Réfrigérant
- Fig. 2. — Représentation schématique des organes d’une ancienne machine frigorifique à air.
- par rapport à la puissance frigorifique produite.
- Dans l’exemple numérique choisi précédemment, pour une puissance de 1 cheval-vapeur utile communiquée à l’air, il faut associer un détendeur et un compresseur dont la puissance totale est de 16,39 chevaux.
- En supposant que le rendement mécanique de ces machines soit de 92 pour 100, ce qui est un rendement excellent, les pertes qu’elles entraînent sont de 1, 3 cheval, c’est-à-dire très supérieures au maximum théorique de la puissance utile de la machine.
- On voit par là que les anciennes machines frigorifiques à air ont un encombrement énorme, et un rendement plus que médiocre. Dans la pratique leur rendement était 10 fois plus faible. que celui que réalisent les machines à gaz liquéfié. Aussi, malgré des avantages évidents, ont-elles dû céder la place à ces dernières.
- La machine frigorifique à air Maurice Leblanc. — Cette nouvelle machine comporte essentiellement un cylindre à double effet, dans lequel un piston se déplace d’un mouvement alternatif.
- Pendant le mouvement de piston, l’air se détend adiabatiquement sur l’une des faces du piston, tandis qu’il est comprimé sur l’autre; ainsi le travail produit par la détente, est récupéré pour la compression dans le meme cylindre qui de ce fait, ne consomme pas de travail, sauf celui qu’absorbent les frottements, M. M. Leblanc donne à cette partie de sa machine le nom pittoresque de détendeur déwatlé.
- Lorsque le piston est à l’un de ses fonds de course, dans la position représentée par exemple sur la figure 4, l’air est comprimé et chaud dans la partie À ; il est détendu et froid dans là partie B ; à ce moment s’ouvrent, nous verrons plus loin par quel mécanisme, des lumières ménagées dans les parois du cylindre : les lumières a dans la chambre A, la lumière b dans la chambre B. Supposons alors
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- que le piston reste immobile quelques instants. L’air comprimé chaud qui est en A est balayé au moyen d’un ventilateur \\ qui l’envoie au refroi-disseur, et le remplace par un égal volume d’air à la même pression venant de ce même refroidis-seur et ramené par lui à la température initiale.
- De même l’air détendu et froid qui est en B, est balayé au moyen du ventilateur Y2 qui l’envoie au réfrigérant où il abandonne son froid au corps à refroidir et qui le remplace par un égal volume d’air à la même pression sortant de ce réfrigérant où il est réchaullë.
- Au temps suivant, le piston part en sens inverse, comprime en B l’air détendu et détend en A l’air comprimé. Un mécanisme particulier de distribution fait alors communiquer les lumières a avec le réfrigérant et le ventilateur V2, les lumières b avec le refroidisseur et le ventilateur Ny : et le balayage s'effectue comme précédemment, le piston restant immobile à son fond de course.
- La caractéristique essentielle de ce dispositif est que le transvasement de l’air après chaque détente ou compression est effectué non plus par les pistons, Iravaillant sous une différence de pression considérable, toujours égale à P,-P2, mais par des ventilateurs effectuant de simples balayages de masses d’air à des températures différentes mais à la même pression. Le travail exigé par cette opération est très faible, et peut être réduit pour ainsi dire autant qu’on le veut, car il ne dépend que de la vitesse avec laquelle l’air franchit les lumières et l’on calculera la vitesse de la machine pour que ce travail de balayage n’absorbe qu’une fraction faible et acceptable du travail total.
- Ce mode de balayage est assez analogue à celui qui. est employé dans les moteurs à explosion à 2 temps ; c’est du reste l’étude approfondie du moteur à 2 temps qui a conduit M. M. Leblanc à cette nouvelle conception de la machine frigorifique à air et qui lui a donné l’idée d’interjeter appel contre la condamnation que lui-même avait prononcée contre elle au Congrès du Froid de 1912.
- Il y a lieu de faire immédiatement une remarque importante : quand le ventilateur Vd substitue à l’air comprimé chaud, contenu dans la chambre A, un volume égal d’air à la même pression mais refroidi, il fait entrer dans cette chambre une masse d’air plus grande que celle qu’il en a extraite : quand ensuite, après détente de l’air, le ventilateur V2 refoule cet air froid dans le réfrigérant, pour le remplacer par un égal volume d’air, mais plus chaud, il restitue à cette chambre une masse d’air plus petite que celle qu’il lui a enlevée; le poids
- Fig. 4. — Représentation ment du détendeur déwatlé
- d’air introduit ainsi au premier temps est du reslc exactement égal au poids d’air ainsi soustrait au second temps. Le détendeur dévvalté fait donc constamment passer de l’air du refroidisseur à haute pression au réfrigérant à basse pression.
- La pression tendrait ainsi à s’égaliser entre les deux échangeurs de chaleur : aussi l’inventeur a-t-il prévu un compresseur spécial qui reprend cet air à la sortie du réfrigérant, le comprime et le renvoie à l’entrée du refroidisseur.
- Le compresseur dont la construction est celle d’un compresseur à air ordinaire est appelé compresseur vjatté, parce que tout le travail qu’il absorbe est communiqué à l'air, sans avoir à être récupéré partiellement.
- La machine frigorifique à air Leblanc comprend donc, outre les échangeurs de chaleur : réfrigérant et refroidisseur communs à toutes les machines frigorifiques.
- 1° Un compresseur déwatlé qui ne consomme pas de travail, sauf celui de ses frottements ;
- 2° Un compresseur watté ;
- 3° 2 ventilateurs de balayage n’absorbant qu’une faible fraction du travail total.
- On voit que, abstraction faite des pertes mécaniques et du travail de balayage, tout le travail communiqué à l’air pour produire du froid est celui qu’absorbe le compresseur watté.
- L’examen des diagrammes va nous éclairer immédiatement sur les avantages de cette disposition.
- Le cycle théorique décrit par 1 kg d’air est toujours celui de la figure 1 ; il est reproduit à droite de la figure 5 ; le compresseur watté inscrit le diagramme représenté au centre de cette figure : le volume qu’il engendre par kilogramme d’air n’est que V3-Vs et Faire de ce diagramme marquée en hachures, est égale à Faire du cycle théorique; elle représente le travail théorique absorbé par la machine. Le diagramme du détendeur dévvatté est représenté à droite : il se compose de deux courbes, l’une de détente, l’autre de compression, infiniment voisines; son aire est nulle; le volume qu’il engendre est V2-Yt. La somme des volumes engendrés par les deux appareils n’est que \\-\i par kilogramme d’air, tandis qu’avec les anciennes machines elle était Y3 -f V2.
- Le compresseur watté a exactement la puissance théorique nécessaire pour faire décrire à l’air le cycle de la figure 1. Le détendeur déwatté, dans les conditions de l’exemple numérique ci-dessus a une puissance apparente totale égale à 1,29 fois celle du compresseur watté.
- La puissance totale des compresseurs et déten-
- schématique du fonctionne-de la machine à air Leblanc.
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- LA MACHINE FRIGORIFIQUE A AIR LEBLANC ===== 207 •
- Balayages
- Balayages
- v3-v2
- Fig. 5 — A gauche, cycle théorique de la machine à air; au centre, diagramme du compresseur wallè
- de la machine Leblanc; à droite, diagramme du compresseur déwatté.
- deurs de la machine Leblanc est par suite seulement 2,29 fois la puissance théorique ; nous sommes donc loin de l’ancicnnne machine à air qui exigeait, rappelons-le, la mise en œuvre d’une puissance 16,59 fois plus grande.
- On comprend dans ces conditions que la machine à air Leblanc puisse réaliser un rendement bien supérieur à celui des anciennes machines, et comparable à celui des machines modernes à gaz liquéfiables.
- Description de la machine frigorifique Leblanc. — Le‘détendeur déwatté en constitue la partie originale au point de vue mécanique : les autres organes : compresseur watté et ventilateurs sont
- Réfrigérant
- Compre-bseur WoilÉ
- Fig. 6. — Coupe montrant la disposition et le fonctionnement des organes de la machine à air Leblanc.
- des appareils de construction courante. Nous nous bornerons donc a décrire le déLendeur : il est d’une simplicité fort ingénieuse : c’est en effet le piston lui-même qui assure la distribution en découvrant ou en obLurant des lumières convenablement percées dans la paroi du cylindre.
- Le détendeur déwatté se compose de deux cylindres jumelés At A',; A2A/2 (fig. 6) à double effet : leurs fonds Aj A2 communiquent entre eux, de meme leurs fonds À', A'2. Dans les parois des cylindres sont pratiquées des lumières c1 c\ dt pour le premier, c2 c\ et r/2 pour le second : elles se développent le long de circonférences : la lumière (f est au milieu des lumières Cj c\.
- Dans les cylindres se meuvent ensemble deux pistons identiques, jumelés, dont les tiges sont reliées à l’extérieur et commandées par une même bielle. Ces pistons sont creux ; chacun d’eux est muni de deux lumières, dont la distance est égale à celle des lumières cL, <7, ; elles s’étendent le long de la section du piston et communiquent respectivement avec les fonds de cylindre les plus voisins d’elle par les canaux pratiqués à l’inlérieur du piston.
- * Celte disposition qui a pour but de réaliser la distribution permet en même temps d’effectuer un balayage méthodique et complet des fonds de cylindre à la fin de chaque temps de compression ou de détente.
- Sur la figure 6,"les pistons sont représentés à leur fin de course L’air est comprimé dans les chambres de droite A\ À'2, détendu dans» les chambres de gauche A, A2.
- A ce moment les lumières de droite des pistons sont en face des lumières c\ c\ qui sont donc ouvertes ; leurs lumières de gauche,
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- 208 ===== LA MACHINE FRIGORIFIQUE A AIR LEBLANC
- ouvrent de même les lumières centrales d1 d\ ; les lumières c2 ménagées sur la gauche du cylindre sonl alors obturées par les parois des pistons.
- Entre les lumières c\ c\ est branché un circuit pour la circulation de l’air comprimé comprenant le refroidisseur Rj et le ventilateur de balayage V* ; l’air refroidi venant du refroidisseur est refoulé par ce ventilateur dans les chambres A’2, en passant par la lumière c\ et les canaux du piston creux qui lui fait face : il chasse l’air comprimé chaud contenu dans ces chambres, et l’en fait sortir par les canaux de l’autre piston et la lumière c\.
- Entre les lumières dt est branché le circuit de
- La figure 6 représente également le compresseur déwatté branché entre la sortie du réfrigérant et l’entrée du refroidisseur.
- Nous avons dit, plus haut, que les pistons du dé-teudeur déwatté, doivent rester immobiles à chaque fin de course pendant que s’effectuent les balayages. C’est là en effet la disposition idéale qui assurerait,le meilleur rendement. Elle peut être réalisée au moyen de diverses combinaisons mécaniques, mais au prix de complications. Aussi, sacrifiant la perfection à la simplicité, M. Leblanc se contente-t-il, dans sa machine actuellement à l’essai, de commander les pistons par un simple système de bielle et manivelle.
- Fig. y. — Vue du détendeur déwatté de la machine à air Leblanc.
- l’air détendu, comprenant le réfrigérant R2 et le ventilateur Y2, dont le courant d’air pénètre dans la machine par la lumière c2, traverse les pistons creux et sort par la lumière dlt chassant l’air froid des chambres Ad A2 et le remplaçant par de l’air venant du réfrigérant où il a abandonné ses frigo-ries aux corps à refroidir. Au temps suivant, les pistons repartent vers la gauche, ferment les lumières c\c,idl d%, compriment l’air dans les chambres Ai A2 et le détendent dans les chambres A\ A'2.
- A la fin de la course, les lumières de droite des pistons découvrent les lumières centrales dx d<, du cylindre et mettent les chambres A't À'2 en communication avec le circuit d’air détendu ; les lumières dé gauche des pistons découvrent les lumières de gauche ci c\ du cylindre et mettent les chambres Àj A2 en communication avec le circuit d’air comprimé; et ainsi de suite.
- Cette description permet de se rendre compte du fonctionnement de la nouvelle machine. On voit que c’est une classe toute nouvelle de machines qui apparaît.
- Nous ne pouvons nous livrer ici à la comparaison détaillée de cette machine avec les machine à gaz liquéfiés, ni à l’étude du mode d’emploi de l’air comme agent frigorifique, comparé aux liquides volatils.
- Il nous suffira de dire que de l’examen approfondi de ces questions, auquel a procédé M. M. Leblanc, il résulte que la machine frigorifique à air possède, outre un rendement industriellement acceptable, un ensemble de qualités et de caractéristiques qui paraissent devoir lui assurer, dans un avenir prochain, un domaine d’applications pratiques étendu.
- A. Troller,
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2530.
- 30 SEPTEMBRE 1922
- LE PANDA A FOURRURE ÉCLATANTE
- Bien qu’entré dans la science il y a près d’un siècle, en 1825, par la description et la figure données par Frédéric Cuvier dans ses Mammifères, publiés par livraisons in-folio, d’après les animaux vivants à la ménagerie du Jardin des Plantes, le Panda (Ailurus fulgens), est encore très mal
- atteignent de 7 à 12 000 pieds de haut, et sont couverts de forêts et de rochers. Ce pays d’ailleurs, sorte de Suisse orientale, est très peuplé; la capitale, Yunnan-Fou, compte 200 000 habitants. C’est dans cette région que les colons français d’Ilanoï, qui ne sont pas retenus dans cette ville par leurs
- Fig. i. — Le Panda.
- connu, les descriptions nombreuses et les figures qui les accompagnent dans les traités de zoologie et les périodiques étant toutes faites, jusqu’ici, d’après des jeunes dont les formes, la taille et les couleurs du pelage diffèrent notablement de celles de l’adulte, et ne donnent qu’une idée très inexacte de l’animal.
- Cela tient à ce que ce joli Carnivore habite une région de l’Asie orientale jusqu’à ce jour peu explorée par les naturalistes européens. C’est le Sud-Est de la Chine, qui confine à notre colonie du Tonkin, et qu’on appelle le Yunnan, pays formé par les contreforts orientaux des Monts Himalaya qui y
- fonctions ou leurs affaires, vont passer les trois m^is d’été, pour échapper à la chaleur tropicale qui règne au Tonkin dans cette saison. C’est à Yunnan-Fou que Mme Charlotte Lochard, femme de l’Ingénieur en Chef des Mines de l’Indochine, a pu faire l’acquisition d’une belle peau de Panda bien adulte, qu’elle a offerte au Muséum de Paris, et qui montée avec art par le préparateur Hanson, figure actuellement dans nos collections nationales.
- Le jeune, qui représentait seul jusqu’ici l’espèce dans les Musées et les jardins zoologiques, est uniformément rouge-bai en dessus et noir en dessous y
- 14.— 209.
- 50‘ Année. — 2* Semestre*
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- LE CANAL DU NORD-EST ET LILLE PORT DE MER
- compris les pattes ; mais notre nouveau spécimen, plus âgé, prouve que, chez l’adulte, le noir profond des flancs remonte sur les épaules en formant avec l’autre côté une élégante écharpe qui fait ressortir le rouge du sommet de la têle et de la parlie postérieure du dos, qui simule une sorte de housse. La queue, très cylindrique avec ses longs poils, qui lui donnent 10 cm de diamètre, est annclée alternativement du noir du ventre et du rouge du dos. Le museau, les joues et le tour des yeux sonL seuls d’un hlanc pur; une touiïe de longs poils mêlés de blanc et de noir, en forme de favoris, orne les joues et tombe au-dessous du menton ; celte touffe manque chez le jeune. Les oreilles courtes et arrondies sont bordées de poils semblables, mais beaucoup plus courts.
- L’animal est plantigrade et ses ongles sont demi-rétractiles. Les naturalistes se sont montrés embarrassés pour le classer d’après ses affinités naturelles. Ses dents, à canines assez courtes, indiquent un régime omnivore. Blanford le rapproche du Raton (Procyon) de LAmérique du Nord, tandis que Ray Lankester voit en lui un parent de Y Ailuropus, petit Ours du Thibet, dont il a les pattes,, et dont il diffère-surtout par sa longue queue. On peut dire que c’est un Petit-Ours à queue.
- Il est à remarquer que les yeux sont très petits, comme chez les Ours, ce qui indique des habitudes diurnes, tandis que le Raton est plutôt nocturne. En outre, le museau est court et arrondi, ce qui donne au Panda un peu de la physionomie d’un Chat, tandis que le Raton a le museau pointu, et la queue plus courte.
- La taille atteint, chez l’adulte, les dimensions d’un jeune Renard : du bout du nez à la racine de la queue, 70 cm, et la queue 40 cm.
- Le Panda, comme je l’ai dit, habite la région montagneuse et boisée du Yuunan, établissant son gite dans le creux d’un tronc d’arbre, ou dans une crevasse de rocher; son pelage touffu le protège contre le froid de ces hautes contrées. 11 dort roulé
- en rond et la queue rabattue sur le front, comme les Chats. Le soir et le matin il vague à la recherche de sa nourriture, surtout végétale, consistant en fruits, en racines, auxquelles il ajoute à l'occasion des œufs d’Oiseaux et des larves d’insectes. Bien' qu’à l'aide de ses grilles il grimpe facilement aux arlires, il ne semble pas difficile à capturer, car les Lepchas, indigènes des environs de Darjiling, en vendent couramment la peau aux voyageurs. Sa voix ordinaire est assez faible et comparable à celle d’un oiseau, mais à l’époque de la reproduction elle se change en un cri plus fort et plus sauvage et l’animal souffle en crachant comme un Chat. Les jeunes, au nombre de deux, naissent au printemps.
- La belle fourrure du Panda est encore assez rare en France, bien que la teinte d’un marron pourpré que fait ressortir le noir profond qui l’encadre, — couleur exceptionnelle chez les animaux à fourrure, — attire l’attention dans la toilette d’une dame. Cette teinte n’a d’ailleurs rien de criard ni de trop voyant. Les manchons et les tours de cou, dont le rouge et le noir s’allient avantageusement, constituent, pour l’hiver, une" parure élégante et déjà très recherchée, depuis que les Européens revenant d’Indochine l’ont fait connaître. En outre, cette fourrure est serrée, moelleuse, et défend bien contre le froid.
- Les géologues ont trouvé dans les couches tertiaires d’Europe, en Hongrie et en Angleterre, des débris fossiles dont la dentition est la même que celle du Panda, mais indiquent une taille deux fois plus forte. Le paléontologiste Schlosser en a fait un genre à part sous le nom de Parailurus anglicus. Plus récemment, Woodward a décrit, sous le nom d'Ailuroïdopus baconi, d’autres fossiles provenant des cavernes de Birmanie, qu’il rapproche aussi du Panda. Cela prouve que, dans le Pliocène, le groupe des Procyonidés ou « Pelits-Ours », actuellement presque exclusivement américain, à l’exception du Panda, était plus largement représenté sur l’Ancien Continent. E. Tuouessaht,
- IVollisscur au Muséum National.
- LE CANAL DU NORD-EST
- On est, aujourd’hui, d’accord en France sur la nécessité de pourvoir le pays de l’outillage collectif indispensable à son relèvement économique et, à son futur développement industriel et commercial. On a reconnu également combien avait été préjudiciable à l’intérêt national une politique d’abstention à cet égard, une politique qui mesurait au compte-gouttes les crédits destinés à l’amélioration de la voie fluviale, des ports, du rail, du matériel de circulation et de manutention.
- Aussi envisage-t-on l’exécution de grands travaux pour remédier aux errements du passé. L’un de ceux qui paraissent devoir s’imposer avec le plus
- ET LILLE PORT DE MER
- d’urgence consiste dans la réalisation du canal du Nord-Est, dont les récents Congrès de Navigation ont réclamé énergiquement la création.
- Le canal du Nord-Est dans le passé. — Dès 1871, au lendemain de la perte de l’Alsace-Lorraine, le gouvernement faisait étudier l’aménagement de la Chiers, de Mont-Saint-Martin, à la frontière luxembourgeoise, à Rémilly, sur la Meuse, soit sur 85 km d’étendue, et, en 1875, le Ministre des Travaux Publics approuvait l’avant-projet élaboré par ses ingénieurs.
- M. de Freycinet comprit cette artère dans son vaste programme de 1879, en complétant le canal
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- par une jonction Meuse-Escaut, de Mézières à Denain (154 km).
- Des lois de juillet 1881 et 1882 déclarèrent ces voies d’utiliié publique. Les industriels intéressés devaient, toutefois, garantir une recette annuelle de 500 000 francs. Malheureusement, la médiocrité des ressources du Trésor empêcha le gouvernement d’entreprendre les travaux.
- En 1900, cependant, MM. Millerand et Baudin, reprenant, sur de nouvelles bases, le plan Freycinet, furent amenés à proposer au Parlement l’exécution du canal, auquel ils donnèrent même la préférence sur le canal du Nord. C’est qu’en effet, en 1900, le Conseil Supérieur du Commerce et le Congrès des Chambres de Commerce de l’Est s’étaient prononcés
- ET LILLE PORT DE MER ------------------ 211
- D’ailleurs, dès cette époque, on pouvait se rendre compte que le primitif tracé de la Chiers ne répondait plus aux exigences de l’heure. Un groupement d’industriels de l’Est avait justement fait valoir que le canal de la Chiers ne desservait que Longwy, que les mines et usines de l’Orne en seraient distantes de 20 à 40 km, et que celles-ci n’auraient aucun avantage à récupérer d’une voie d’eau aussi éloignée. « L’intention du gouvernement, disaient les métallurgistes, est-elle de tirer réellement le nouveau bassin de Briey de son isolement actuel? Il faut pour cela qu’à Longuyon le canal se divise en deux branches, l’une, déjà prévue, allant jusqu’à Longwy, l’autre joignant l'Orne par la vallée de la Crusne, et passant par Pierrepont, Landres et
- ,SEDAN
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- DIFFERENTES SOLUTIONS DE LA JONCTION DE LA MEUSE A LA MOSELLE
- Canaux existants Canaux èJetude , 4. • Canal du Nord-Est % Distances à Sedan 0.00) Altitudes
- METZ
- Fig. 1. — Différentes solutions de la jonction de la Meuse à la Moselle.
- pour la mise en œuvre immédiate d’une artère qui devait desservir les dépôts miniers de Lorraine et Briey, apporter à la métallurgie de Meurthe-et-Moselle les cokes du Nord, et acheminer sur les Flandres les fontes et aciers ébauchés de l’Est. La Chambre vota, en 1902, le projet qui lui était soumis, mais avec la réserve que la branche ouest (canal Escaut-Meuse) ne pourrait être établie postérieurement à la branche est (canal de la Chiers). On craignait l’invasion de la France par les produits belges dans le cas où la Chiers serait seule aménagée,
- La Chambre avait, en outre, fixé que les intéressés assureraient 50 pour 100 de la dépense, évaluée à 130 millions.
- Le refus de participer à l’opération, formulé par les industries du Nord, qui entendaient garder leurs ressources pour le canal du Nord — celui-ci ayant pour objet de faciliter les expéditions de charbons sur Paris — l’impossibilité de recueillir dans l’Est seul la contribution financière exigée par le Parlement déterminèrent le Sénat à éliminer le canal du Nord-Est du programme de 1905.
- Tucquegnieux. Cette branche pourrait, de plus, être considérée comme le premier tronçon d’un canal de la Chiers à l’Orne et à la Moselle, aboutissant à Pagny, par lequel le gisement lorrain serait plus tard relié aux usines de Nancy, du Centre et du Midi de la France » (lettre au Ministre du 30 juin 1901). La Société de Denain-Ànzin s’associait ultérieurement à ces conclusions.
- On considérait alors que 2 500 000 à 5 000 000 t. de minerais seraient expédiés de Briey « presque en totalité par le canal » qui aurait, en outre, à véhiculer 1.500 000 t. de fonte et d’acier, et le combustible correspondant à leur fabrication (rapport de M. Villain au Congrès de Nancy).
- Aussi, M. Barthou reprit-il la question en 1908, et M. Jozon rédigea un rapport documenté pour le Conseil général des Ponts et Chaussées, dans lequel il aboutit aux estimations suivantes. La dépense atteindra 118 millions pour la section Escaut-Meuse, 32 pour la Chiers jusqu’à Longuyon, 25 de Longuyon à Longwy, 55 de Longuyon à Briey et Jœlif. Il recommandait, en fin de compte, l’exécution rapide de la voie entre Denain et Longuyon.
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- 212 LE CANAL DU NORD-EST ET LILLE PORT DE MER
- Mais il manquait toujours l’essentiel, l’argent. La Société d’Etudes du canal de Paris à la mer et d’amélioration des grandes voies fluviales de France vint au secours des industriels lorrains en 1911 et proposa de réaliser la voie sans garantie, ni concours, suivant de nouveaux plans de M. l’inspecteur général Renaud.
- Celui-ci, reconnaissant que la branche de Conflans à Longuyon présenterait de grandes difficultés techniques, avait suggéré de prolonger le canal de la Chiers de Longuyon à Pierrepont, et d’établir en ce point un port, rattaché au bassin par des chemins de fer miniers ou des càhles aériens.
- Par contre, il portait à 600 t. la capacité des bateaux devant utiliser la future voie.
- La guerre survint avant qu’aucune décision fût intervenue.
- Les nouveaux projets et les tracés de M. Drogue. — Depuis l’armistice, néanmoins, le problème a été remis sur le tapis. M. l’inspecteur général Drogue a examiné, pour le Comité d’Etudes des canaux du Nord et du Nord-Est, la question, et il a cru devoir adopter une formule toute nouvelle. Au Congrès de la Navigation intérieure de Strasbourg, tenu en 1919,
- M. l’ingénieur en chef Imbeaux avait préconisé le prolongement du canal de l’Orne à l’amont de Conllans jusqu’à l’étang d’Armel (cote 212), puis jusqu’à la Loison, affluent de la Chiers, et, par la vallée de cette rivière jusqu’à Brouennes, près de Montmédy (65 km au total) — cette voie remplacerait le canal de Longuyon à Conflans, — la création des canaux de l’Orne et de la Fentsch, enfin la canalisation de la Moselle, de Metz à Thionville, et de la Sarre.
- M. Drogue admit une partie de ces vues. Toutefois, il jugea que la canalisation de la Moselle et l’ouverture de l’artère de l’Orne seraient insuffisantes pour l’objet qu’on se proposait. Le débouché du canal de l’Orne dans la Moselle serait, en outre, à 511 km de Paris, à 725 de Rouen, et le trafic d’Alsace-Lorraine serait écoulé péniblement.
- Il siérait donc, d’après lui, de prolonger le canal de l’Orne de Conflans à Mouzay sur la Meuse (66 km) et de la Meuse au Chesne (58 km) sur le canal des Ardennes. Dunkerque se trouverait ainsi à 543 km
- par eau, de la Moselle, Rouen à 580 km de Thionville, Paris à 592 et Anvers à 559. M. Drogue se ralliait, par 'ailleurs, pour la desserte de Briey, à la solution Renaud précitée, et demandait l’exécution d’une bretelle Sarre-Moselle.
- Ce projet prête à des critiques sévères. D’abord il supprime effectivement l’ancien canal du Nord-Est. En second lieu, il reporte à une date indéfinie la réalisation de la voie Escaut-Meuse, en détournant le trafic vers le Sud ou le Nord. En outre, il tend surtout à drainer vers Paris les charbons de la Sarre. M. l’ingénieur Stohl, de Lille, a mis lumineusement ces arguments en valeur au Congrès de Rouen en 1921.
- Il faut, également, observer que la conception de M. Drogue — avec un relèvement du gabarit à 600 t. — impliquerait la transformation de 402 km de voies en service en direction de Dunkerque, 111 en direction de Rouen, 101 entre Briey et Lens. Enfin, le projet rejette sur le canal de la Marne au Rhin, impuissant, une partie notable des transports.
- Malgré ces objections décisives, mais encore inexprimées, le Comité d’Etudes officiel se prononça pour la formule de M. Drogue, et, éventuellement, la continuation du canal de la Chiers de Longwy à Sierck, sur la Moselle, à travers le Luxembourg. Afin de hâter la conclusion d’un litige vieux de 50 ans, les Chambres de Commerce de Nancy et Metz donnèrent leur approbation à ce dispositif en 1920.
- La nécessité du canal et le développement industriel de l’Est. — Plus que jamais il semble que la réalisation de voies d’eau s’impose dans la Lorraine et le Nord-Est. M. Dreux, l’éminent maiire de forges, et président de la Chambre de Commerce de Nancy, l’a démontré éloquemment au Congrès de Rouen, dans un exposé d’une ampleur saisissante, auquel nous avons emprunté plusieurs des détails précédents.
- Dès avant la guerre, le bassin de Briey extrayait 15100 000 t. de minerais, et celui de Longwy 2904000, soit 18 millions de tonnes aü total.
- 60 hauts fourneaux — dont 44 pour Longwy — produisaient 2 686 000 t. de fonte et 5 000 000
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- Fig. 2. — Production du minerai de fer du bassin de Briey depuis jçoo.
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- LE CANAL DU NORD-EST ET LILLE PORT DE MER :...... 213
- FMuction totale des minemk ’ en France depuis 186fr—-Production des minerais
- de fer en Meurthe-et-Moselle-(en milliers de tonnes )
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- Fig. 3. — Production totale du minerai de fer en France depuis i865.
- d’acier. Pour la préparation du métal, il n’a pas fallu moins de 3 700 000 t. de coke (5 000 000 t. de charbon), qu’on a dû importer.
- D’un autre côté, il ne faut pas oublier que le Nord et le Pas-de-Calais, avec leurs 26 hauts fourneaux, livraient 935 000 t. de métal. L’épuisement du bassin du Boulonnais a contraint la sidérurgie du Nord à emprunter à l’Est la majeure partie des 2 100 000 t. de minerais traités par elle.
- D’un autre côté, nous voyons que Longwy a exporté en 1913 604 000 t. de minerais, Bricv 12 625 000 t., Nancy 344 000, cependant que les expéditions de fonte de ces bassins atteignaient pour Meurthe-et-Moselle 1 166 000 t. et celles d’acier 1 810 000 t. Ainsi Meurthe-et-Moselle acheminait au dehors avant la guerre 16 518 000 t., soit un trafic de 21 700 000 t. en y comprenant les combustibles réclamés par la métallurgie.
- Mais la paix nous a rendu P Alsace-Lorraine. Notre extraction normale de minerais doit ainsi s’équili- j hrer à 46 millions de tonnes pour le pays lorrain
- seul; corollairement il faut escompter une exportation de 10 millions de tonnes de minerais.
- Avec la Sarre, placée sous notre contrôle, notre fabrication de fonte devra s’élever à 10 ou 12 millions de tonnes ; il ne semble pas que nous devions consommer plus de 7 ou 8 millions de tonnes, d’où l’obligation d’acheminer sur l’étranger 3 à 4 millions de tonnes de fonte et autant d’acier, mettons 7 000 000 au total.
- Pour traiter les minerais, force nous sera d’envoyer dans l’Est 10 à 12 000 000 de tonnes de combustibles, la Sarre ne pouvant nous fournir à cet égard que 6 à 8 000 000 de tonnes.
- En un mot, il faut envisager un trafic de 30 millions de tonnes contre 450 000 prévues en 1871, 2 000 000 en 1881, 4 000 000 en 1908. Le rail sera impuissant à l’assurer; déjà en 1914 on parlait de quadrupler la ligne de Longwy à Mézières. D’autre part, les prix des chemins de fer sont,
- ! aujourd’hui, prohibitifs, — 20 francs par tonne de Dunkerque à Longwy, ce qui a déterminé la sup-
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- Meurthe-et-Moselle depuis 1864- _ _______Production de lingots docier
- en Meurthe-et-Moselle depuis 1888 (en milliers de tonnes >
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- Fig. 4, — Production de la- fonte et de l’acier en Meurthe-et-Moselle.
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- LE CANAL DU NORD-EST ET LILLE PORT DE MER
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- pression de tout envoi de l’Est sur la mer du Nord. Or, la France est contrainte d’envisager une exportation intensive du métal et du minerai de l’Est. C’est pour elle une question de vie ou de mort. De plus, il faut mettre Longvvy-Bricy en communication avec les houillères de la Campine, où nous nous approvisionnerons demain, la métallurgie lorraine avec la ferronnerie des Ardennes, bref relier les minières aux houillères, les établissements producteurs de fmle et d’acier aux centres de transformation des Ardennes et des Flandres.
- M. l’inspecteur général Jozon a très justement précisé l’urgence de l’opération en ces termes :
- « L’intérêt qui s’attachait il y a quarante ans à la construction du canal du Nord-Est s’est affirmé et accru, depuis l’origine, à mesure et dans la proportion du développement prodigieux qu’a pris le bassin de l'Est.
- Et cet intérêt a pris une importance capitale avec le bassin de Brie y. On a pn dire avec raison que l’ensemble de ce bassin fer-rifère lorrain dépassait en richesses minérales et en importance les plus grands d’Europe.
- « Or, c’est ce bassin, d’une puissance incom-p ara b le, qu’il s’agit de relier par les voies navigables, d’une part avec nos riches bassins houil-lers du Nord et du Pas-de-Calais, et avec nos grands ports, et, d’autre part, avec la Moselle et le bassin de Sarrebruck, et ultérieurement, avec le Bhin. Ce sont ces mêmes bassins de Longwy et Briey qui alimentent en minerais de fer les nombreux hauts fourneaux du Nord et du Pas-de-Calais (Aulnoye, Louvroil, Hautmont, Valenciennes, Denain, Anzin, Pont-à-Vendin, Isbergues), lesquels ont le même intérêt que les usines de l’Est à pouvoir disposer d’une grande voie navigable. »
- Et il concluait avec raison : « L’intérêt de cette œuvre est tellement manifeste et si considérable qu’il ne se discute même pas ».
- Faut-il ajouter que d’autres industries ont avantage à voir s’ouvrir une voie d’eau vers la mer : la faïencerie de Longwy, la cimenterie, les tuileries, la briqueterie de laitier, si florissante, la minoterie, la scierie.
- Aucune des critiques jadis formulées ne saurait
- aller à l’encontre de ces vérités. Aussi le Congrès de Rouen, après celui de Strasbourg, a-t-il revendiqué la réalisation rapide du canal du Nord-Est, de la branche de Pierrepont et du canal de la Moselle à l’Orne et à la Meuse (projet Drogue) pour bateaux de 600 t. avec prolongement du canal de la Chiers jusqu’à la Moselle.
- Il faut espérer que le Parlement saura maintenant faire son devoir.
- Le prolongement du canal de l’Escaut et le canal maritime de Lille à la mer. — Le canal Escaut-Meuse doit s’arrêter à Denain. Le projet est, à cet égard, manifestement insuffisant, car les canaux d’accès à la mer du Nord, à moins qu’on ne dirige les produits destinés à l’exportation surGand, ce qui serait illogique, sont manifestement hors
- d’état de jouer le rôle capital qu’on voudrait leur imposer.
- Les voies de la Sensée et de la haute Deule débiten-t déjà 12 000 bateaux par an. Elles n’en pourraient porter que 15 000. Ce supplément de 5000 unités est insignifiant pour le trafic dont nous avons parlé.
- On doit donc envisager la création d’une nouvelle voie de Denain à Dunkerque.
- C’est, pour répondre à cet objet que MM. Scrive-Loyer, Bourdeix et Wibratte, de Lille, ont conçu le projet d’une voie fluviale Valenciennes, Saint-Amand, Orchies, Roubaix, et d’un canal maritime analogue à celui de Gand à la mer et de Bruxelles au Rupel — 100 m. de large, 8 à 9 m. de profondeur — de Roubaix à la mer.
- De Lille à Armentières, celte artère suivrait la voie ferrée; à partir d’Armentières elle emprunterait la vallée de la Lys, la région du canal de Neu-fossé jusqu’à Saint-Omer, et s’embrancherait vers Gravelines au canal prévu par la Chambre de Commerce de Dunkerque.
- Sa longueur voisinerait 106 km, à peu près la distance de Rouen au Havre. Ce projet ne compléterait pas seulement celui du canal lorrain. Il favoriserait singulièrement l’extension de la métallurgie du Nord. La conjonction du minerai de l’Est et des houilles du Nord ou d’Angleterre provoquerait, à coup sûr, la création de nouvelles et puissantes
- CANAL MARITIME DES FLANDRES
- en prolongement du Conal du NORD-EST
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- Fig. 5. — Projet du canal maritime des Flandres.
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE A L’ARC
- usines au voisinage des grands ports de Lille, Roubaix et Tourcoing. Ceux-ci pourraient, en outre, importer à bon compte les produits les plus nécessaires à leurs industries textiles.
- La dépense — un milliard environ — n’est nullement disproportionnée aux résultats à espérer. D’ailleurs, elle exclurait la réfection de 402 km de voies anciennes, prévue dans le projet Drogue, et qui coûterait plus de 500 millions.
- De plus, les auteurs du projet, ont pensé qu’on pourrait utilement grouper les départements, villes, Chambres de Commerce, Syndicats intéressés, et que ceux-ci pourraient, réunis en
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- Compagnie, comme celle du Rhône, affecter cà l’entreprise partie de leurs dommages de guerre non employés. On pourrait aussi recouvrer les plus-values de la zone de terrain influencée par le futur canal.
- L’heure est aux initiatives fécondes. L’établissement du canal du Nord-Est et de la voie maritime Lille-Dunkerque rendrait indéniablement au pays des services inappréciables. Or, tandis qu’on va dépenser des milliards dans le Sud-Est et le Centre-Ouest, est-il permis de croire qu’on ne tentera rien pour la grandeur des régions envahies.
- Auguste Pawi.owski.
- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE A L’ARC
- Nous avons décrit précédemment le procédé de soudure électrique par résistance. Ce procédé ne peut s’appliquer que lorsque les pièces peuvent être montées sur les machines spéciales à souder, aussi pour certaines applications emploie-t-on de préférence le procédé de soudure à l’arc électrique. C’est celui-ci que nous décrirons aujourd’hui.
- Généralités et historique. — Les premiers essais pour souder le métal par l’électricité furent entrepris en 1860 par l’anglais Wilde, mais sans résultat pratique. En 1885, le procédé Thomson permit d’exécuter des soudures par résistance.
- Les premiers succès avec la soudure électrique à l’arc furent obtenus, il y a une quarantaine d’années, par l’ingénieur russe Bernardos.
- Il formait un arc entre un crayon de charbon et la pièce à réparer qui étaient reliés aux deux pôles d’une dynamo.
- Le métal d’apport servant à la réparation était fondu par la chaleur de l’arc. Ce procédé est encore employé dans certaines aciéries pour boucher lés soufflures dans les pièces d’acier moulé. Cette méthode imparfaite permet simplement de déposer un métal très oxydé et ne peut être employée pour la soudure de pièces soumises à un effort mécanique. Elle présente, en effet, deux graves défauts.
- Tout d’abord, il est impossible d’empêcher la combinaison du métal d’une part avec le carbone de l’électrode, ce qui le rend très dur et difficile à usiner, et d’autre part avec l’oxygène de l’air, ce qui donne une soudure peu résistante.
- En outre Tare dégage une chaleur considérable, on brûle fréquemment le métal d’apport et il arrive
- que la pièce soudée se déforme au refroidissement.
- Dans l’appareil Zerener (fig. 1), Tare se produisait entre deux électrodes en charbon, avec tous les inconvénients du procédé Bernardos.
- Dans le procédé Sla-vanioff (un autre ingénieur russe), l’électrode de charbon était remplacée par une électrode métallique qui fournissait le métal d’apport.
- Une partie des défauts du procédé Bernardos était ainsi supprimée, mais l’oxydation des soudures était toujours possible. En outre, Tare avait une direction capricieuse et jaillissait de tous les côtés à la fois.
- Ce n’est qu’après 25 ans de recherches que Kjellberg arriva à la solution actuelle du problème de la soudure électrique par Tare et réalisa une soudure électrique comparable à la soudure oxy-acétylénique.
- Dans le procédé Kjellberg (fig. 2) on stabilise la direction de Tare en enduisant, au préalable, l’électrode métallique de matières non conductrices et peu fusibles qui fondent moins vite que le métal, constituent autour de l’électrode une gaine s’opposant aux déplacements de Tare et l’obligeant à se diriger dans le sens de Taxe de la baguette. Dans ces conditions, il est facile de déposer le métal à l’endroit désiré.
- L’enduit qui recouvre la baguette peut comporter des matières susceptibles d’améliorer la soudure soit en décapant les pièces à souder, soit en modifiant la composition du métal déposé, mais le principe du procédé réside surtout dans l’emploi de la gaine non conductrice.
- Il est particulièrement important de marteler la soudure pendant l’opération; ce martelage améliore
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- Fig. 2. — Soudure électrique, procédé Kjellberg.
- beaucoup la soudure, mais il doit être fait très soigneusement. Dans-le but d’éviter cette opération, divers inventeurs ont essayé des enrobages différents de celui de Kjellberg. Les résultats les plus intéressants ont été obtenus par MM. Strohmenger et Le Chatelier. Le procédé Strohmenger est généralement appelé Quasi-Arc. Un fil d’amiante bleue trempé dans des solutions dont la nature varie avec l’usage auquel est destinée l’électrode sert d’enrobage à celle-ci. Un fil d’aluminium, placé le long de la baguette avant enrobage, servira de désoxydant.
- Par ce procédé on obtient une scorie volumineuse qui protège le métal fondu contre l’oxydation. Si l’on soude sur une surface horizontale, le bout de l’électrode reste dans la scorie fondue et l’arc se produit à travers celle-ci. De cette façon, le métal est fondu et déposé à l’abri de l’air.
- Malheureusement quand on soude par en dessous, les scories deviennent plus gênantes qu’utiles.
- Ue procédé Le Chalélier réalise un enrobage avec des composés chimiques convenablement choisis de façon à former des scories de fusibilité variable suivant les besoins.
- Cet enrobage à base de silice et d’oxydes métalliques a une faible fusibilité et une faible conductibilité comme celui de Kjellberg et permet d’obtenir des scories dont le point de fusion peut varier de 1000° à 1500°. L’enrobage contient aussi un désoxydant à base de silicium.
- Pour la soudure horizontale, on emploie des enrobages à scorie fusible qui facilitent le travail, et pour la soudure par en dessous, des enrobages à scorie peu fusible qui donnent une meilleure direction de l’arc.
- Les enrobages peuvent être minces ou épais. Avec ces derniers, on peut travailler comme dans le procédé quasi-arc en maintenant l’extrémité de l’électrode dans la scorie fondue.
- La composition du métal de l’électrode est aussi très importante. Pour souder le fer ou l’acier il faut employer un métal d’apport contenant peu de soufre ou de phosphore.
- Exécution des soudures. — La façon d’opérer pour souder à l’arc électrique ressemble beaucoup à celle usitée dans la soudure oxyacétylénique ; aussi un soudeur au chalumeau apprend-il très rapidement la soudure à l’arc électrique.
- D’ailleurs dans beaucoup de travaux, on emploie les deux modes de soudure. Les deux procédés ne se concurrencent pas : ils sc complètent.
- Prenons comme exemple une pièce de fortes dimensions présentant une cassure. Il est indispensable d’atteindre avec l’électrode toute la surface de la cassure. Pour cela, il faut pratiquer avant de commencer la soudure un chanfrein comme l’indique la figure 4.
- L’enlèvement du métal en excès peut se faire au burin, de préférence pneumatique pour plus de rapidité, ou à la rigueur par découpage électrique ; mais, Lorsqu’on dispose d’un chalumeau oxyacétylénique, il sera plus avantageux de l’employer pour le découpage quitte à rafraîchir ensuite les bords du chanfrein par quelques coups de burin. '
- Passons maintenant à l’exécution de la soudure.
- Nous supposons l’arc bien réglé. Examinons comment on l’allume.
- L’opérateur amène son électrode jusqu’au contact de la pièce, puis l’en écarte légèrement. L’arc jaillit et le métal de l’électrode commence à fondre. L’électrode est alors éloignée de 4 à 5 mm. de la pièce à
- Fig. 3. — Soudure au-dessusjde'da tête de l’ouvrier.
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- Fig. 4, 5 et 6. — Réparation d’une cassure par la soudure.
- souder. Cette distance doit être maintenue aussi constante que possible de façon à éviter des variations des débits à la dynamo et à obtenir une fusion plus régulière.
- On prend rapidement l’habitude d’avancer l’électrode au fur et à mesure de sa fusion de façon à conserver la distance nécessaire.
- Lorsque l’électrode est trop rapprochée, elle se soude à la pièce à réparer et il faut faire effort pour la détacher.
- En outre, le déhit de la dynamo augmente et les appareils électriques placés dans le circuit peuvent s’échauffer d’une façon exagérée.
- L’électrode doit être maintenue perpendiculairement à la pièce à souder pour provoquer une fusion régulière du métal et de l’enrobage.
- Pour travailler, le soudeur tient dans la main gauche la pince
- porte-électrode et se protège le visage par un masque à verres rouges qu’il tient de la main droite.
- Lorsque l’ouvrier a fait un apport de métal suffisant, il interrompt son arc, pose son masque, et marLèle vigoureusement la soudure sans lâcher son porte-électrode.
- Le martelage doit être arrêté avant que le métal d’apport soit revenu au rouge sombre (700°), sinon on risquerait de modifier les propriétés mécaniques du métal et de le rendre cassant.
- Fig- 7 — Cassure dans une pièce de fonte, préparée pour recevoir la soudure.
- Fig. 8. — Poste de soudière sur courant continu.
- G, dynamo; i, i, interrupteurs ; V, voltmètre; A, ampèremètre ; R, résistance de réglage ; e, électrode ; C, pièce à souder.
- Il est nécessaire de commencer la soudure sur une partie légèrement réchauffée (150 à 200°). Pour réchauffer cette partie, on peut soit poser dessus une pièce de forles dimensions chauffée à la forge, soit employer une lampe à souder à essence ou un chalumeau oxvacétylénique.
- On dépose une première couche de métal d’apport (fîg. 5), d’épaisseur de 6 à 8 mm.
- Cette première opération terminée, il faut rafraîchir au burin la surface du métal d’apport et continuer jusqu’au remplissage complet du chanfrein (fig. 6).
- Dans le cas où la pièce devra subir de gros elforts, il est prudent de rapporter une surépaisseur de métal. La pièce est ensuite retournée pour le bouchage du deuxième chanfrein dans les mêmes conditions que pour le premier. La soudure d’une telle pièce peut être arrêtée en cours de travail sans inconvénient ; mais à la reprise de l’opération, il est nécessaire de procéder à un réchauffage local à l’endroit où l’on veut recommencer.
- Influence de la nature du courant. — Sauf dans certains cas spéciaux, on peut employer du courant continu ou du courant alternatif. La fusion du métal par la chaleur de l’arc est la base du procédé et le transport des molécules d’un pôle à l’autre n’intervient que faiblement.
- La question la plus importante dans certaines applications est celle de la température et c’est là qu’apparaît la supériorité du courant continu. En effet, dans un arc, le pôle négatif a une température beaucoup moins élevée que celle du pôle positif. C’est pour cela qu’on relie l’électrode au pôle négatif lorsqu’il s’agit d’exécuter une soudure au-dessus de la tête de l’ouvrier. Si l’on opérait autrement, le métal fondu au pôle positif serait trop fluide et la plus grande partie retomberait en gouttelettes autour de l’opérateur, tandis qu’en reliant l’électrode au pôle négatif, la température obtenue est juste celle nécessaire pour avoir l’adhérence du métal d’apport sans pertes inutiles dues à une trop grande chaleur. Dans le cas où l’on veut, au contraire, faire un apport de métal horizontalement sur une pièce de forte masse, il est préférable de relier l’électrode au pôle positif. En n’opérant pas ainsi, la température de l’électrode pourrait être insuffisante et le métal d’apport collerait au lieu de se souder.
- Lorsqu’on dispose de courant alternatif, il est
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE A L’ARC
- Reseau
- 110 vofts
- Interrupteur
- Fig. 9. — Poste de soudure à courant continu avec bobine de self.
- évident que les deux pôles de l’arc sont à la même température.
- Il est bon de remarquer que la température n’est pas le seul facteur qui intervient lorsqu’on exécute une soudure au-dessus de l’ouvrier. La nature de l’enrobage joue aussi un rôle qu’on ne peut négliger sans s'exposer à de graves mécomptes.
- Application de la soudure électrique aux fonderies d’acier. — Les pièces en acier moulé présentent souvent des trous dans le métal appelées soufflures qù’il est indispensable de faire disparaître pour rendre ces pièces utilisables.
- Pendant longtemps on a employé dans ce but les procédés Bernardos et Slavanioff. Nous en avons déjà signalé les inconvénients.
- Le procédé Kjellberg permet d’utiliser les pièces manquées à la coulée en leur restituant les qualités du métal neuf. Il suffit pour cela de faire disparaître toute trace de sable de fonderie, de réchauffer ensuite la pièce et de marteler avec soin le métal d’apport comme nous l’avons déjà indiqué. Si la réparation est exécutée dans ces conditions, le métal d’apport se travaille facilement et a, si l’on a employé un enrobage approprié, les caractéristiques mécaniques du métal même de la pièce.
- Soudure du cuivre et du bronze. — La grande conductibilité du cuivre et du bronze en rend la soudure plus difficile.
- Lorsqu’on emploie le chalumeau oxyacétylénique, la chaleur de la flamme se propage dans la masse sans échauffer suffisamment l’endroit à souder. Il en résulte des dilatations impossibles à éviter et des cassures au refroidissement, ce qui rend le succès de l’opération incertain. En outre la quantité de gaz consommée est exagérée.
- La soudure électrique résoud le problème.
- Grâce à la haute température de l’arc, la fusion du métal d’apport et sa soudure avec la pièce à réparer sont presque instantanées.
- Les baguettes de soudures qui servent d’électrodes sont presque toujours constituées par du cuivre rouge pur convenablement enrobé. Lorsqu’on emploie le courant continu, il faut les relier au pôle positif de la source.
- Le martelage doit être plus fréquent que pour le
- fer et peut être poussé sans inconvénient à une température très basse. Il est nécessaire de nettoyer comme d'habitude la surface de chaque épaisseur de métal d’apport et, pour les pièces soumises à un effort mécanique, il sera bon d’apporter une surépaisseur de métal.
- Soudure de la fonte. — La soudure de la fonte peut s’exécuter soit avec des baguettes de fonte recouvertes d’un enrobage spécial, soit avec des baguettes d’acier.
- Il est nécessaire de travailler lentement de façon à éviter de trop échauffer la pièce, car le retrait qui se produirait au refroidissement pourrait en amener la rupture. Pour surveiller réchauffement de la pièce, il suffit de poser de temps en temps la main sur la pièce que l’on travaille.
- Si l’on a besoin d’obtenir une grande résistance, on emploie une disposition spéciale qui consiste à fixer des goujons en acier de chaque côté du chanfrein pratiqué pour la soudure (fig. 7).
- Les électrodes sont ensuite fondues de façon à entourer les goujons tout en remplissant complètement le fond du chanfrein.
- Montage des postes de soudure. — Emploi (lu courant continu à 110 volts. — L’emploi du courant continu pour la soudure à l’arc est toujours très simple. Il l’est particulièrement lorsqu’on dispose de courant à 110 volts.
- Pour monter un poste de soudure dans ce cas, on a uniquement besoin d’une résistance que l’on monte en série dans le circuit comme l’indique la figure 8.
- Cette résistance doit être facilement réglable de façon à fournir exactement le voltage convenable, car des variations même faibles de celui-ci ont toujours une grande importance.
- 11 est bon de vérifier fréquemment les caractéristiques du poste.
- Pour les travaux sérieux, il est indispensable d’éviter les résistances liquides et celles qui sont constituées par des grilles en fonte. Les unes et les autres ont, en effet, l’inconvénient d’avoir une résistance électrique variable avec la température et leur
- 40 vo/ts
- Interrupteur
- —
- 'pfflrnmvp—
- P-et'ne c/e se/P
- Z
- P/ectrc de
- ' P/èce a souder
- Fig. 10. — Montage sur courant continu à 22o volts, dont la tension a été au préalable abaissée à 40 volts.
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE A L’ARC ========== 219
- souplesse de réglage, surtout pour les résistances liquides, est plus apparente que réelle.
- Les meilleures résistances sont celles fabriquées avec du maillechort ou du ferro-nickel. Elles doivent être construites de façon que leurs premiers éléments permettent d’abaisser jusqu’à 40 volts environ la tension aux bornes de l’arc, le réglage complémentaire étant fait par une quantité au moins égale d’éléments.
- Si l’on emploie, par exemple, une résistance à sept plots, les deux ou trois premiers serviront à ramener le voltage à 40 volts entre les bornes de l’arc et on en réservera quatre ou cinq pour le réglage complémentaire.
- Influence d'une bobine de self-indue lion sur la soudure à l'arc électrique par courant, continu (fig. 0). — L’emploi d’une bobine de self-induction en série dans le circuit d’un poste de soudure électrique par courant continu améliore sensiblement le régime de l’arc. L’allumage est plus facile et l’arc plus stable. On évite les projections de métal dues à une augmentation momentanée du voltage.
- Cette disposition doit être employée toutes les fois que la soudure électrique sert à la fabrication de pièces en série ne subissant aucun usinage après la soudure.
- Emploi du courant continu à 220 volts et aux voltages plus élevés. — Les secteurs électriques distribuent souvent le courant continu sous 220 volts ou même sous une tension plus élevée.
- On ne peut ramener le courant à la valeur convenable par des résistances. Cette pratique serait vraiment trop onéreuse. Elle serait aussi dangereuse.
- Sans doute l’on n’a que 50 volts entre les bornes de l’arc, mais au moment de la rupture de celui-ci, la différence de potentiel est beaucoup plus élevée
- Fig. 12. — Torpilles à ailettes soudées à l’arc électrique.
- 1tO vo/ts
- Transformateur
- f/ectroc/e
- 'y S vo /ts
- P/e'ce a souc/er
- Fig. ii. — Poste de soudure sur courant alternatif à no volts.
- entre l’électrode et la pièce à souder et peut même atteindre une valeur dangereuse pour l’opérateur. Il faudrait donc prendre des précautions spéciales pour la protection du soudeur.
- Il est plus prudent et aussi plus économique de transfôrmer le courant distribué.
- Puisqu’il s’agit de courant continu, on ne peut employer des transformateurs statiques et on a recours à un transformateur rotatif ; un moteur mû par le courant à 220 volts entraîne une dynamo à basse tension; dans ce cas, on abaisse en même temps la tension jusqu’à 40 volts (fig. 10).
- Emploi du courant alternatif. — Le courant alternatif pouvant se présenter sous diverses formes nécessite l’emploi d’appareils de types différents.
- La solution à première vue la plus simple consiste à transformer le courant alternatif en courant continu au moyen d’un appareil rotatif (moteur et dynamo). Elle est générale et s’applique à tous les genres de distribution : monophasée, diphasée ou triphasée, mais elle coûte assez cher comme dépense de courant et comme entretien.
- Cette solution n’est donc à envisager que lorsque la ligne di- ou triphasée dont on dispose n’est pas assez puissante pour permettre l’installation sur une seule phase. Lorsqu’on dispose de courant monophasé, cette solution est toujours à rejeter.
- Emploi du courant alternatif à 110 volts. — En général, on dispose toujours d’une énergie suffisante, dans le cas de courants polyphasés, pour se monter sur une seule phase.
- Le problème se réduit alors à l’emploi de courant monophasé.
- Plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- 1° Montage d’un poste de soudure avec une résistance ;
- 2° Montage d’un poste de soudure avec une bobine de self-induction ;
- 3° Montage d’un poste de soudure avec une résistance et une bobine de self-induction ;
- 4° Montage d’un poste de soudure avec un transformateur.
- Montage avec une résistance. — Cette solution qui est la même que celle employée lorsqu'on dispose de courant continu est simple, mais peu économique. Le montage est le même que celui de la
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- 220 =—.....— LA SOUDURE ÉLECTRIQUE A L’ARC
- figure 8. Elle n’utilise que le tiers de la puissance mise en jeu, les deux autres tiers étant perdus dans la résistance.
- Montage avec une bobine de self-induction. — Une bobine de self-induction placée dans un circuit parcouru par un courant alternatif produit le même effet qu’une résistance, mais l’énergie qu’elle absorbe est pratiquement nulle. Malheureusement les compagnies de distribution d’électricité en prohibent l’emploi à moins de conventions spéciales, parce qu’elles ont un faible facteur de puissance, ce qui diminue la capacité de- transport des lignes sur lesquelles elles sont branchées.
- Montage avec une résistance et une bobine de self-induction. — En combinant les deux systèmes précédents, on arrive à une solution qui concilie les intérêts opposés du réseau et du consommateur.
- La résistance a pour but de donner un facteur de puissance convenable et la bobine de self-induction facilite le réglage complémentaire sans absorption inutile d’énergie.
- Montage avec transformateur. — Jusqu’ici, nous avons raisonné comme si 110 volts étaient nécessaires pour avoir un arc stable.
- En réalité, il n’en est pas ainsi.
- Le courant alternatif exige pour l’allumage de l’arc une tension plus élevée que le courant continu, mais on peut néanmoins se contenter de 75 volts poür travailler convenablement.
- On comprendra facilement qu’un appareil économique pourra être réalisé de la façon suivante :
- Un transformateur ramènera de 110 à 75 volts la tension du courant dont on dispose.
- On emploiera ensuite les mêmes moyens que précédemment : bobine de self-induction et résistance pour régler l’arc en conservant un facteur de puissance acceptable.
- Généralement les transformateurs sont constitués de telle façon que le voltage étant de 75 volts, à vide, il tombe à 50 volts au moment où l’arc est amorcé.
- Emploi du courant alternatif à 190, 200 et 220 volts.
- Les considérations qui précèdent s’appliquent également lorsque le voltage est supérieur à 110 volts. Les appareils d’utilisation sont identiques en principe à^ceux que nous avons décrits, mais ils en diffèrent par leurs dimensions.
- Les deux premières solutions que nous avons j
- envisagées, c’est-à-dire celle comportant l’emploi d’une résistance et celle comportant l’emploi d’une bobine de self-induction, ne sont pas à recommander.
- La meilleure solution consiste à employer un transformateur pour abaisser la tension du courant à 75 volts.
- Quand on dispose de courant triphasé à 190 volts et qu'il est possible de se brancher sur le fil neutre, on a tout avantage à le faire de façon à disposer d’une tension de 110 volts pour laquelle les appareils sont d’un type plus courant.
- Applications de la soudure à l’arc. — Ce procédé de soudure a reçu de nombreuses applications.
- Cependant il n’est généralement pas avantageux de se servir de la soudure à l’arc pour des tôles minces, à moins d’applications spéciales. Il est préférable de recourir à la soudure par points ou à la soudure continue. Kjellberg lui-même ne recommande pas l’emploi de son procédé pour des tôles dont l’épaisseur est inférieure à 6 mm.
- La soudure électrique à l’arc est employée avec avantage dans la plupart des travaux de chaudronnerie; elle est d’un emploi extrêmement commode dans toutes les parties d’un navire : coque, machines et chaudières.
- Dans les machines, on répare les pièces cassées, on bouche les corrosions sur les arbres porte-hélices, on rapporte du métal sur les parties usées par le frottement.
- Les réparations des chaudières sont les plus fréquentes. La soudure électrique permet de remplacer les tôles corrodées et d’aveugler les fuites aux parties rivées. S’il se produit des cassures aux arrondis des tôles de chaudières, la réparation se fait sans difficulté grâce à l’absence de dilatation que nous avons signalée.
- La soudure électrique à l’arc permet non seulement d’effectuer des réparations, mais aussi d’exécuter des travaux en série. Nous prendrons comme type de ces travaux la fabrication des aprojectiles destinés à l’artillerie de tranchée. Ceux-ci (fîg. 12) sont constitués par un corps en tôle roulé et soudé et un certain nombre d’ailettes qui assurent la régularité du tir. La fabrication des corps et leur jonction avec les calottes étaient faites au chalumeau oxyacétylénique, la soudure des ailettes était faite à l’arc électrique.
- B. Verdier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin et de juillet 1922.
- Elections. — Le mois de juin a été marqué par pondant pour fa section de Chimie en remplacement de
- l’entrée à l’Académie de M. Ch. Gravier, professeur M. Ph. A. Guye.
- au Muséum d’ïïistoire naturelle, qui occupera dans la section d’Anatomie et Zoologie la place vacante par le décès de M. Ranvier, et de M. Aimé Pictet, élu Corres-
- La cristallisation du tellure amorphe. — Pour certains, on doit définir amorphe un corps en état méta-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES —..... ....... T>1
- stable, où sa vitesse de cristallisation est nulle; pour d’autres, notamment Tammann, sous une pression donnée, l’état cristallin est limité aux basses températures par l’état solide amorphe qui y serait alors stable, comme il l’est aux températures élevées par l’état liquide. Or, tandis qu’en général, tout passage de l’état liquide à l’état solide s’accompagne d’un dégagement de chaleur, le tellure présente une exception. M. Damiens fait la critique des expériences de Berthelot et Fabre et, pour lui, toutes les analogies que l’on a voulu mettre en évidence entre le tellure et le soufre, par la comparaison des phénomènes d’allotropie, ne doivent plus être retenues, car le tellure amorphe rentre dans la règle générale : c’est une forme métastable, pour laquelle toutes les températures, où le métalloïde est solide, sont inférieures à celles où il peut être stable.
- Le musculomètre artificiel. — M. Gabriel llidou a construit toute une série d’appareils utilisant, pour obtenir les données nécessaires à la récupération fonctionnelle, des mesures purement géométriques d’angles et de longueurs. Comme il s’agit de remplacer ou de suppléer un segment du membre déficitaire, l’étude de la force nécessaire à la commandé artificielle est une des bases de la méthode indiquée. Le musculomètre présenté par M. Daniel Berthelot, au nom de M. G. Biclou, permet de déterminer et, en même temps, d’étalonner le ressort-muscle artificiel de rcmpla'cement.
- La coloration naturelle de la soie chez le Bombyx mori. — MM. Clément Vaney et Jean Pelope établissent que la coloration du sang et des cocons de ce lépidoptère vient des pigments xantophylliens de la feuille du mûrier qui, après avoir dialysé à travers la paroi intestinale, s’oxydent dans le milieu sanguin, sous l’action de la tyrosinase sécrétée par les leucocytes. Suivant les degrés de cette réaction, la coloration passera du jaune au blanc verdâtre et ce caractère, en relation avec une sécrétion plus ou moins abondante de tyrosinase, sert souvent à différencier les races de vers à soie.
- La période contagieuse clans la fièvre aphteuse. — Les règlements de police sanitaire imposent, on le sait, une « quarantaine », d’au moins quinze jours après la guérison du dernier cas de fièvre aphteuse apparu dans une exploitation. La conclusion qui ressort des expériences de M. Lebailly est que la propagation se fait par les animaux malades aux seules périodes d’incubation et d’invasion, et cela pendant un temps très court. En période épidémique, il faut se méfier beaucoup moins des animaux qui bavent depuis quatre jours — car ils ne présentent alors aucun danger puisque le virus meurt sur place— que des animaux en apparence indemnes. C’est à ceux-là, semble-t-il, qu’on devrait toujours imposer une quarantaine avant de les mettre au contact d’un troupeau sain.
- Pressions et poids spécifiques cle Pair en atmosphère normale. — On sait que toutes les forces qui prennent naissance dans un aéroplane (sustentation, traction de l’hélice, pression sur les pistons, etc.) dépendent du poids spécifique de l’air ambiant, il semble donc indispensable de connaître, avec quelque précision, les variations de celui-ci avec l’altitude. La note de M. A. Bateau reprend les indications données à ce sujet par MM. Gamba, Soreau et Lapresle et montre que les divergences qui semblent séparer les résultats fournis par ballons-sondes
- de ceux qu’a donnés l’observatoire de Lindenberg, ne sont qu’apparentes et, jusqu’à une altitude de 11 000 mètres, on peut aujourd’hui déterminer les conditions de l’atmosphère normale.
- La polarité de l’arc électrique. — L’émission d’électrons par la cathode est indispensable au fonctionnement de l’arc électrique et, si l’une des électrodes est systématiquement refroidie, il est naturel qu’elle joue le rôle d’anode. Cependant, dans l’arc Garbarini, le charbon positif est porté à très haute température tandis que la couronne métallique de la cathode est parcourue par un courant d’eau ; enfin, dans un redresseur à vapeur de mercure, on peut sans inconvénient faire rougir les anodes alors que le métal Hg, du pôle négatif, reste à une température bien inférieure à 560°. La dernière note de MM. L. Dunoyer et P. Toulon confirme la doctrine classique du fonctionnement de l’arc et montre comment on peut expliquer le paradoxe que présentent l’arc Garbarini et la lampe à vapeur de mercure.
- La triboluminescence du saccharose. — Alors que différents auteurs, notamment J. Burke, croient que le spectre obtenu dans l’étude de la triboluminescence est continu, M. Henri Longchamhon, étudiant le cas du saccharose, obtient une série de bandes très étroites et bien séparées présentant les constituants du spectre de l’azote. H semble ainsi que pour le sucre, doué de proprié lés pyroéleclriques, la triboluminescence est due à un effluve s’éffectuant dans l’air entre deux particules solides qui viennent d’être séparées brusquement et se trouvent chargées électriquement.
- La vaccination préopératoire. — Au cours de la guerre, pour prévenir certains phénomènes anaphylac-toïdes, consécutifs parfois à de simples débridements, on a préconisé avec raison des injections préventives, notamment de sérum Leclainche et Vallée. MM. Pierre et Louis Bazy estiment que ces méthodes doivent être suivies dans la pratique civile et soumettent à l’Académie les.heureux résultats obtenus, dans des cas d’infections plus ou moins étendues ou localisées de l’appareil urinaire, par l’auto-vaccination' préopératoire, les doses injectées variant entre 250 millions et 10 milliards de microbes, suivant les cas.
- Les acides de l’arsenic. — En déterminant la susceptibilité moléculaire des composés les plus variés de l’arsenic : cacodyles, arsénites, cacodylates, arsonates (B.AsO (0M(2), arséniates, dérivés de l’arsénobenzène.... M. Paul Pascal a vérifié pour l’arsenic pentavalent l’exactitude de la loi qui veut que, dans chaque famille naturelle, le logarithme de la susceptibilité atomique d’un élément soit une fonction linéaire du nombre atomique, et établi une parenté plus étroite qu’on ne se l’imaginait entre As et Sb.
- La température des eaux du lac du Bourget. — Opérant avec un appareil de son invention qui lui a permis de faire, en vingt-huit heures, 500 mesures réparties en 68 stations sur les 45 kmq. du lac, M. Ch. Gorceix a pu établir l’identité des fermes des courbes de répartition, suivant la verticale, de tous les points de la masse et le faible écart qu’elles présentent entre elles, le même jour, le point d’inflexion correspondant à la couche clu saut de ftichter, s’abaisse au fur et à mesure de l’emmagasi-nement de la chaleur ; les courbes de deux points à
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- 222 . LA NOUVELLE POMPE MOLÉCULAIRE “ HOLWECK
- températures superficielles inégales, se coupent de façon à présenter sensiblement des aires égales, c’est-à-dire que la quantilé de calorique par unité de surface e.-t à peu près conslante.
- La structure delà cellule chez les fris. — Delà longue élude à laquelle il s’est livré et qui a fait l’objet de plusieurs communications, M. P. A. Dangeard, conclut que, formalions nettement indépendantes, le plasliclome et
- le sphérome, ont une existence aussi générale que le noyau dans la cellule végétale et qu’ils se transmettent parallèlement à travers les générations successives sans avoir aucun point de contact; ils existent dans les grains de pollen et dans le sac embryonnaire et, leur présence dans l’œuf ne pouvant être mise en doute, il est indispensable d’en tenir compte au point de vue de la transmission des caractères héréditaires.
- Paul B.
- LA NOUVELLE POMPE MOLÉCULAIRE “ HOLWECK ”
- Dans les laboratoires scientifiques et dans certaines usines telles que les fabriques de lampes électriques et surtout celles de tubes à rayons X ou d’audions pour la télégraphie sans fil, on a besoin d’obtenir des vides très élevés.
- Afin de les réaliser,on s’adresse soit à des pompes à entraînement mécanique (système Gaede et autres), soit à des pompes de diffusion ou de condensation utilisant la vapeur de mercure. Les instruments du premier genre se démontent avec difficulté et l’huile de graissage, s’infiltrant assez facilement dans leurs paliers, rend leur réglage assez délicat. Quant aux appareils de la deuxième catégorie, qui paraissent plus simples, ils nécessitent l’usage d’un réfrigérant plongé dans l’air liquide ou dans la neige carbonique, destiné à arrêter les vapeurs mercurielles, dont la pression atteint 105 mm de mercure environ à la température ordinaire.
- La nouvelle pompe moléculaire Holweck (fig. 1), l’emporte sur ses devancières par la simplicité de son fonctionnement, ses facilités de. montage et de démontage tandis que sa disposition intérieure lui assure une grande rapidité de succion et que l’emploi des roulements à billes permet de supprimer presque complètement le graissage de ses paliers. Son fonctionnement peut se résumer de la façon
- suivante : elle entraîne les molécules gazeuses par chocs successifs contre une paroi qui se déplace à grande vitesse vis-à-vis d’une autre surface fixe.
- Cette pompe ne travaille utilement et avec un bon rendement que sur un vide préliminaire déjà assez poussé; comme les autres appareils à vide élevé, il faut lui associer une pompe dite préliminaire , d’un type du reste quelconque. La pompe moléculaire extrait les gaz du récipient à vider et les comprime jusqu’à une certaine pression ; la pompe préliminaire les reprend ensuite et les comprime suffisamment pour les refouler à l’extérieur contre la pression atmosphérique.
- En principe, la pompe Holweck comprend un tube (fig. 2) dont les parois se composent d’un feuillet hélicoïdal fixe creusé dans un corps cylindrique et d’un tambour lisse mobile, tournant à l’intérieur du précédent. Entre ces deux cylindres, n’existe qu’un très faible jeu.
- Aussi pour un sens de rotation convenable et bien que la vitesse linéaire du tambour soit faible devant la vitesse moyenne d’agitation thermique des molécules gazeuses (35 m. par seconde au lieu de 500 m. par seconde environ), celles-ci se trouvent entraînées par les chocs successifs contre le tambour, cheminent le long des filets hélicoïdaux
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- Fig. 2. — Les différentes parties dont se compose la pompe Holweck.
- De gauche à droite : le cylindre lisse mobile en duraluminium portant, en bout d’arbre, le rotor du moteur électrique d’entraînement; le corps de pompe cylindrique filctc intérieurement; les joues fermant le corps de pompe; le stator du
- moteur électrique.
- et finalement la pompe préparatoire les évacue.
- La coupe schématique (fig. 5) indique la place respective des différents organes de la pompe moléculaire proprement dite. On y distingue : d’abord un corps de pompe cylindrique À, en bronze spécial dont l’intérieur est cylindrique. Dans sa paroi interne sont creusées deux rainures hélicoïdales IIj, Hj à pas contraire et de profondeur décroissante, fonctionnant en parallèle.. Les filets des deux hélices se réunissent au milieu de l’appareil et communiquent par un gros canal d’aspiration C avec le récipient à vider. Sur notre photographie figure 4, l’opérateur a monté la pompe pour faire le vide dans une soupape radiologique de Villard.
- Les deux autres extrémités des hélices de la
- A..
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- D-- yrwy/A il U 1 * *1 ! L ii ii ii " ii
- Fig. 3. — Coupe schématique de la pompe
- A, corps de pompe cylindrique portant les rainures hélicoïdales;
- B, Bo, joues en bronze; C, orifice du canal d’aspiration communiquant avec'le récipient à vider; D, enveloppe du rotor du moteur d’entrainement; É, support, du stator du moteur; I-I,HS, rainures hélicoïdales; I, canal ; J, ajutage communiquant avec la pompe à vide préliminaire ; R, R?, roulements à bille; R, rotor du moteur; S, stator du moteur;
- T, tambour lisse.
- machine aboutissent près des bords du cylindre, communiquant entre elles à l’aide d’un canal I creusé dans la paroi du corps de pompe et sont en relations par un deuxième ajutage J, avec la pompe à vide préliminaire.
- On a calculé la profondeur décroissante des hélices pour tenir compte de la diminution du libre parcours des molécules de gaz, par suite de la variation de pression qui se produit lorsqu’on passe Jde la dépression préalable au vide final, é Des joues en bronze spécial Bt, B2, viennent - s’emboîter intérieurement de chaque côté du corps de pompe et ferment celui-ci .à l’aide de deux grands rodages, maintenus par quelques vis. Ces joues portent en leur centre des logements recevant les roulements à billes Rp R,, qui assurent la rotation du cylindre intérieur.
- Le cylindre lisse T en duraluminium, composé d’un tube et de ,-n deux pièces solidaires d’un arbre
- reposant sur les deux roulements à billes du corps de pompe, forme la partie tournante, entraînée par un moteur électrique.
- Les parois de ces deux cylindres sont tracées d’une façon géométrique parfaite et le jeu existant entre eux ne dépasse pas 3/100 de millimètre.
- D’autre part, l’entraînement du cylindre tournant est réalisé par le petit moteur asynchrone D dont le rotor B est dans le vide préliminaire, tandis que le stator S est extérieur et que son champ agit à travers la paroi qui enferme le rotor.
- Celui-ci se monte à l’extrémité de l’arbre du cylindre tournant, tandis qu’une cloche étanche mince en
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- LA NOUVELLE POMPE MOLÉCULAIRE • HOLWECK ’
- métal très résistant est placée entre le rotor et le stator en passant par l’entre-fer ; ce globe aplati s’applique contre une des joues du corps de pompe à l’aide d’un rodage et de quelques vis de fixation.
- L’organe mobile de la pompe tourne donc entièrement dans le vide, monté sur des roulements à billes bien calibrés et très légèrement lubréfiés à l’aide d’une goutte d’huile de vaseline au moment du montage.
- Ces derniers ne supportent aucun effort de
- De son côté, le stator du moteur d’entraînement, retenu par 5 écrous de fixation, se monte sur une pièce en fonte E (fig. 3), venant s’emboîter sur l’une des joues du corps de pompe afin d’assurer un excellent centrage par rapport au rotor.
- Normalement la vitesse de rotation de la pompe devant atteindre au minimum 5000 tours par minute, on alimente directement le champ tournant du dispositif d’entraînement par du courant triphasé de 50 périodes au moins et on travaille avec un bon vide préparatoire. Lorsqu’on ne dispose pas d’une
- Fig. 4. — Pompe Holweck faisant le vide dans une soupape Villard.
- traction, vu le système d’entraînement employé et, par suite, ils peuvent rester de nombreux mois sans nouveau graissage, ce qui constitue un perfectionnement très appréciable, aucune rentrée d’huile n’étant possible. L’arrêt et la mise en marche peuvent alors se faire à un moment quelconque, le vide préalablement existant ou n’existant pas à. l'intérieur de l’appareil. Aussi grâce à ce parfait équilibrage, lorsque le cylindre tourne dans le vide à 4000 tours, la puissance nécessaire pour entretenir la rotation ne dépasse guère 10 watts.
- Et même quand le vide préparatoire est bon, le cylindre lancé à 4000 tours et abandonné à lui-même met parfois plus de 5/4 d’heure pour s’arrêter.
- telle source électrique, il faut employer une petite commutatrice transformant le courant continu en bi- ou triphasé à 75 périodes. La machine fonctionne alors à 4500 tours dans d’excellentes conditions.
- En résumé, la pompe moléculaire Holweck offre, entre autres avantages, une grande facilité de montage et d’entretien, un entrainement très doux sans lien mécanique; elle permet d’obtenir un vide limite élevé et un débit considérable sans nécessiter l’emploi d'un réfrigérant à basse température. Elle ne tardera donc pas à supplanter les pompes à mercure aussi bien dans les laboratoires que dans les établissements industriels.
- Jacques Boyeiu
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, nie de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2531.
- L’INDUSTRIE RESINIERE ET L
- 7 OCTOBRE 1922
- PHRE SYNTHETIQUE
- Principe immédiat, dû peut-être à un phénomène d’ordre pathologique, cette cétone qu’est le camphre C10II1(iO a été introduite dans la thérapeutique aux premiers siècles de l’ère chrétienne et, jusqu’aux environs de 1905, ses seuls pays d’origine ont été l’intérieur de la Chine, l’île de Formose et lé Japon.
- De la famille des Cinnamomcs ou des Dryoba-lanops, le camphrier a pour principal représentant le Laurus Camphora qui pousse librement en forêt et dont on crut longtemps qu’il lui fallait
- dipentène... et un produit lourd (de 240 à 280°) chargé de safrol et d’eugénol. Généralement, une sublimation lente à 190° termine les opérations.
- Tant qu’il s’est agi d’un produit pharmaceutique d’une assez grande valeur marchande bien qu’il s’employât sous trente ou quarante formes différentes, on a pu se satisfaire d’un mode d’obtention des plus rudimentaires. Mais le jour où le camphre fut mis à la base d’un produit de grande consommation, comme le celluloïd, les industriels européens sentirent le danger qui les menaçaient d’une
- Fig. i. — Une exploitation résinière dans les Landes.
- attendre 200 ou 250 ans, avant d’être d’un rendement rémunérateur. L’extraction du stimulant cher à Baspail est des plus rudimentaires : on taillade le bois en copeaux ou en minces bûchettes que l’on met à bouillir, avec de l’eau, dans une chaudière dont le chapiteau est doublé de paille de riz ; sur celle-ci se rassemble bientôt une masse pâteuse et grise qui représente environ 3 p. 100 de la matière traitée.
- C’est là un produit impur qui doit subir un raffinage, soit qu’on le lave à la vapeur d’eau à tla centrifugeuse, soit qu’on le soumette à la pression après l’avoir exposé dans de vastes chambres contenant des terrines pleines de chlorure de calcium fondu. On en sépare ainsi une huile de camphre qui fournit, au rectificateur, une essence légère (entre 170 et 180°), riche en pinène, camphène,
- hausse constante, dont la guerre russo-japonaise ne tarda pas d’ailleurs à leur fournir la preuve indéniable : le kg de camphre qui valait, en 1903, 5 fr. 50 se vendit, en 1907, 14 francs; or, à cette dernière époque, la fabrication des plastiques et des vernis en demandait déjà de 1500 à 2000 tonnes chaque année.
- Les travaux successifs de Marcelin Berthelot (1859), de Dertram et Walbaum (1892), de Stefan, de Herse, de Wagner, de llunsalz, enfin du P1' A. Ilaller furent repris dans des directions diverses et bientôt quelques méthodes de synthèse réalisées au laboratoire passèrent sur la scène industrielle.
- La matière première demandée par chacune d’elles est le pinèite, terpène bivalent, c’est-à-diré à fonction éthylénique, de formule C10ll10 qu’on doit, d’après Bredt, développer ainsi :
- 15.— 225.
- 50° Année. — 2° Semestre.
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- 226 —- L’INDUSTRIE RESINIERE ET LE CAMPHRE SYNTHÉTIQUE
- vers le Serpentin
- Trou de
- Chargement
- DZGIIX^jDaO' o o
- Pomme
- d'arrosoir amenant la vapeur d'eau
- Echappemen,
- Trou de Cou/ée
- Fig. 2. — Extraction de ta térébenthine. Alambic de Darroman.
- C — CH3
- Il se présente sous deux formes différant seulement par le sens de leur pouvoir rotatoire mais, comme son équilibre est particulièrement instable, son isomérisation est facile, ainsi d’ailleurs qu’une gamme de polymérisations.
- La source la plus abondante de ce carbure, du reste signalé dans un grand nombre d’huiles végétales (fenouil, sauge, eucalyptus), est l'essence de térébenthine, extraite de la gemme qui se coagule lorsqu’on met à nu les canaux de l’aubier de certains conifères, comme le long-leaf pine de l’Amérique du Nord, le pin de Cuba, le pin d’Alep, le pin sylvestre de Russie, enfin le pin maritime dont les premiers semis sur les dunes de la Guyenne sont dus à Thomas Brémontier (1790 à 1800). Mais, alors que les térébenthines américaine, australienne, russe et allemande fournissent le pinène droit (ess. d’Alep fraîche 95 p. 100), les produits français sont particulièrement riches en carbure gauche. Comme notre pays occupe le second rang sur les statistiques mondiales, avec une production annuelle de 250001. d’essence et qu’il consacre, au pin maritime, près de 900 000 hectares, nous nous arrêterons ici sur l’industrie qui a fait la richesse des régions jadis désertiques allant, le long de la côte, d’Arcachon à Biarritz et s’étendant à l'intérieur des terres jusqu’aux plaines fertiles de la Chalosse.
- Industrie résinière française. — Au début, sur une largeur de 10 cm., pour une longueur de 20 à 25, la blessure ou « care » faite au tronc de l’arbre âgé de 65-70 ans, à l’aide d’une hache au tranchant recourbé dénommée habschott, laisse suinter en gouttes brillantes les sucs résinileres qui s’épaississent à l’air et coulent le long d’une bande de zinc ou « crampon », pour se rassembler le plus souvent dans un pot en terre vernissée d’une capacité de 500 cmc. Ce mode de récolte n’a guère varié depuis plus d’un demi-siècle, malgré les différents dispositifs qui ont été préconisés par MM. Hue et Sourgen ou la Société de la Térébenthine française. L’accrochage du système le plus répandu (pot Hugues) est des moins sûrs; le crampon exige une rainure dans le tronc qui provoque des bourrelets et des nœuds, ce qui déprécie le bois ; la gemme se mélange avec l’eau de pluie ; enfin l’appareil est fragile et d’un transport peu facile. Mais les gem-meurs landais sont très attachés à leurs habitudes ; de père en fils, ils exploitent les mômes coins d’une « pignada » et, malgré un outillage qu’ils persistent à garder rudimentaire, chacun d’eux arrive à surveiller 4500 ou 5000 pins qui couvrent de 15 à 20 hectares et dont les 11000 ou 12 000 cares sont examinées au moins une fois par semaine. Au bout d’une vingtaine de jours en moyenne, le pot Hugues, Sourgen ou Iluc est rempli; l’ouvrier qui effectue 1’ « amasse » recueille la production de chaque arbre dans son seau de bois ou « quarte » et rassemble les produits dans des réservoirs aménagés en pleine forêt.
- Il renouvelle sa tournée six à huit fois par an. Sa dernière récolte est la moins abondante; d’ailleurs elle porte sur la gemme solidifiée contre l’aubier, le « barras », qui, soumise à l’action de
- vers les Appareils de
- condensation
- Chaudièrt
- Echappement Trou de Coulée Fig. 3.
- Extraction de la térébenthine. — Alambic de Ropars.
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- L’INDUSTRIE RÉSINIÈRE ET LE CAMPHRE SYNTHÉTIQUE
- l’air pendant plusieurs mois, est très fortement j colorée et d’un rendement peu élevé en essence de térébenthine.
- On ne peut guère fournir, pour le rendement en produit brut, qu’un ordre de grandeur ; il dépend à la fois de la température moyenne de l’année, de l’âge des arbres et même de la nature du terrain qui les porte ; notons aussi que l’exploitation n’est pas continue et que, chaque lustre, on doit laisser au pin une période de repos parfois de deux années. Nous admettrons cependant que les chiffres de M. J. H. Ricard, pour unepignada du Marensin, constituent une moyenne : ils donnent G barriques pour 1000 arbres couvrant 5 hectares.
- Avec l’amasse finit le travail de l’ouvrier gem-meur. Ses produits arrivent sur les marchés de Dax ou de Bordeaux, et de là ils sont envoyés dans les distilleries qui vont en retirer : d’une part l’essence de térébenthine (20 à 22 p. 100), d’autre part le brai ou colophane (78 â 80 p. 100).
- Une première opération débarrasse la gemme de toutes ses impuretés solides en lui faisant subir une sorte de filtrage, soit à froid, soit à chaud; mais dans les usines de quelque importance, on substitue à cette opération grossière, qui laisse une colophane chargée de matières terreuses, la « préparation à térébenthine ».
- Dans ce but, on additionne simplement le produit brut, tel qu’il sort des tonneaux, d’un peu d’essence venue d’une opération précédente — environ 20 p. 100 — et l’on opère en chaudière fermée à 80-85°. Dès que la masse est entrée en fusion, on la verse dans un bassin où elle se répartit en couches très séparées, par simple différence des densités ; on décante la couche supérieure qu’on filtre rapidement au travers de claies de jonc et c’est sur elle que vont porter les opérations de distillation proprement dite. Pour mieux effectuer la séparation, tandis qu’on « allège » la gemme à l’aide d’essence, on pi'ut « alourdir » l’eau par addition de sel marin ou de soude Solvay.
- Si simple qu’elle paraisse, la distillation n’en
- Serpentin
- Chargement
- Echappement Coulée Injection etc vapeur
- Fig. 5.
- Extraction de la térébenthine. — Alambic de Lagrolet.
- vers te Serpentin j
- Faisceau
- horizontal
- Crible
- Vapeur de chauffage
- Echappement
- de vapeur
- Coulée
- surchauffée
- Pig. 4.—Extraction de la térébenthine.—Alambic de Col.
- demande pas moins une technique spéciale, car il est de quelque intérêt de ne pas dépasser une température de 150°. Or, prenons pour fixer les idées une gemme à 74-75 p. 100 de brai; son point d’ébullition sera voisin de 180°, c’est-à-dire trop élevé pour qu’il n’y ait pas décomposition de la colophane dans la cucurbite et coloration de l’essence recueillie au serpentin. Il est indispensable alors d’opérer entre 140 et 150° et, pour cela, une addition d’eau est nécessaire ; dans le cas qui nous occupe, on la calcule de façon à avoir un mélange entrant en ébullition vers 97-98° et donnant au condenseur, pour 10 litres d’eau, 4 litres, 8 d’essence. Comme la température s’élève dans la chaudière au fur et à mesure que la proportion de térébenthine diminue, on force l’arrivée d’eau ou de vapeur jusqu’à ce que l’extraction ait été complète.
- Cette obligation d’ « étendre » la gemme a poussé certains usiniers à opérer « à cru », c’est-à-dire à supprimer le traitement préliminaire de filtration. L’idée est parfaitement acceptable, puisque les premières manipulations entraînent toujours quelques pertes, mais on laisse ainsi dans les brais tous les détritus — griches et poivre — et les opinions sont aujourd’hui nettement tranchées : le fabricant qui recherche une forte proportion d’essence, sans se préoccuper de la qualité des produits secs, doit distiller « à cru » ; celui qui tient à produire de belles colophanes distille « à térébenthine » c’est-à-dire après l’opération que nous avons indiquée plus haut.
- Dans les petites installations qu’on rencontre encore dans le Marensin, les alambics sont chauffés à feu nu et l’on introduit l’eau chaude dès que la température atteint 100-110° — parfois on envoie un jet de vapeur dans la masse — on obtient toujours une forte proportion d’essence, mais elle est de qualité médiocre et les colophanes résiduelles sont fortement colorées. Pour avoir un produit se prêtant à une rectification rapide, dans le but d’en isoler les terpènes destinés à la synthèse du camphre, on doit employer les appareils Borian, Vielle, Ger-mot, Darroman, Ropars, Col, Lagrolet ou Castets.
- - Déjà vieux d’une vingtaine d’années, l’alambic
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- L’INDUSTRIE RESINIERE ET LE CAMPHRE SYNTHÉTIQUE
- de Darroman répartit uniformément le chauffage de la gemme raffinée, à l’aide d’un serpentin de cuivre, tandis qu’un injecteur en forme de pomme d’arrosoir amène la vapeur d’eau saturée. Il a paru commode de remplacer le serpentin par des tubes verticaux, comme dans l’abambic de Ropars, ou par les tubes horizontaux qui caractérisent les appareils de Col et de Lagrolet. Les charges moyennes sont de 500 kgs.-et la température maxima ne dépasse que rarement 150° (fig. 2, 5, 4 et 5).
- Pour réduire au minimum les risques d’oxydation de la colophane, on a préconisé la distillation sous faible pression ; cela permet d’abaisser la température moyenne à 150°, mais risque par contre de produire des mousses abondantes arrivant jusqu’au condenseur. Cependant l’alambic Castets, où l’essence montant dans un faisceau tubulaire chauffé par la vapeur s’y débarrasse du brai entraîné, fournit des essences d’excellente qualité et des brais incolores ; il est aujourd’hui d’emploi courant.
- Quant à la condensation des vapeurs, elle se réalise dans des tubes terminés par des récipients genre florentin,, où la séparation de l’eau et de l’essence est immédiate.
- Liquide incolore, d’odeur aromatique et très réfringent, l’essence de térébenthine française représente sur le marché le type du produit de bonne qualité; elle est de beaucoup supérieure aux différents produits de fabrication allemande ou grecque, généralement additionnés de white-spirits ou d’huiles, blondes, bleues ou vertes, fournies comme le pinolène par une distillation des brais. La séparation de ses constituants n’en a pas moins demandé à M. Vèzes, qui fait autorité en la matière, la construction d’appareils spéciaux et, d’après ce savant, la composition des essences landaises est voisine de :
- « Pinène gauche 62,5 °/o
- p Pinène (nopinène gauche) 27
- Queues 10
- L’étude des résidus est particulièrement difficile.
- Un fractionnement minutieux a permis cependant d’y déceler : 1° un sesquiterpène dextrogyre donnant un nitrosile bleu fondant à 109-110°; 2° des constituants oxygénés, tels qu’une cétone et de l’hydrate de pinol ; 5° des carbures terpéniques monocycliques, notamment du dipentène et un carbure fortement dextrogyre.
- Gomme le nopinène a conduit pour les synthèses de la terpine, du terpinéol a et du bornéol, à des rendements au moins égaux à ceux du pinène, il n’est pas utile, dans le cas qui nous occupe, de séparer les deux carbures et nous devons voir dans l’essence de térébenthine fraîchement distillée un produit riche à 90 p. 100 de matière propre à lfi synthèse de la cétone camphre.
- Passage du pinène au camphre. — Toutes les méthodes qui ont connu quelque développement industriel se ramènent à trois types, suivant qu’elles
- prennent l’un ou l’autre des processus qui suivent :
- A) Pinène —>chl. depinène ->camphène^camphre.
- B) — — acétate d’isobornéol.
- -^camphre.
- C) — isobornéol camphre.
- Nous allons les décrire dans leurs grandes lignes. A. — Sous l’action de l’acide HCl gazeux et sec, le pinène se transforme sans difficulté en chlorhydrate.
- CIP
- # CIP
- lie # I
- CIP —c -
- pc. !
- Clt
- Cil
- CIP
- + IIC!^
- IPC
- IPC
- CIP
- ipc—c -— cir
- -----C----
- II
- C —c
- CIP
- U
- Ce nouveau sel est à tout prendre le chlorure de bornyle dérivé de l’alcool C10Hl7OH ou bornéol qui, sous sa forme droite, s’extrait de Dryobalanops camphora (Camphre de Bornéo) et, sous sa forme gauche, d’ailleurs signalée dans la valériane, vient de Blumea balsamifera (Camphre de Ngaï).
- Il semblerait donc qu’une saponification dut former cet alcool, dont l’oxydation ménagée laisserait la cétone ou camphre.
- Or, toute saponification par la potasse caustique, un phénale (Badische anilin und soda Fabrik), la pyridine (Clayton Anilin Cy), voire la nicotine qui retient IICl à l’état de sel cristallisé (Société des Matières plastiques), fournit le camphène Cl0IIHi. Il y suffit alors d’oxyder cet isomère du pinène, soit par électrolyse de sa solution sulfurique diluée, soit par l’acide CrO5, soit même par l’ozone.
- CIP CIP
- C
- IIC
- IPC
- \
- Il II
- \ /
- 'C
- \ 11 II
- • \Y
- \
- C = C1P
- Cll
- (camphre)
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- L’INDUSTRIE RÉSINIÈRE ET LE CAMPHRE SYNTHÉTIQUE :——: 229
- CH*------CIL-----CIP
- I I I
- + 0=| CIP — C — CIP I
- CIP------C '-----G = 0
- B. — Pour obtenir l’isobornéol (Béhal, Magnier et lissier), on chauffe le chlorhydrate de pinène initial à l'autoclave à 1 80° en présence d’acétate (CIPCOO)2 Pb et d’acide SOTP ; avec un rendement de 50 p. 100, on arrive à l’acétate d’isobornyle. Ce sel saponifié fournit l’isobornéol, à fonction alcool, qu’il suffit de soumettre à une oxydation ménagée par le permanganate ou l’air chaud.
- CIP • COOC‘01P’ + 1PO = CIP • C00II + Cl0iP70II.
- C10 H" OH + 0 = C10 H1» 0 + H2 0.
- L’action de l’eau sépare enfin l’oxychlorure du hornéol, et il ne reste qu’à oxyder doucement ce dernier.
- II
- II,
- — C — C — O — Mg — Cl
- ,011
- + lP0>^Mg( +
- \ci
- — C - CIIOII
- — C —
- — c —
- C. —Pour passer directement du pinène à l’iso-hornéol ou à l’un de ses sels, on emploie généralement un acide. On a pensé à l’acide benzoïque (Àusterweil) et à l’acide salicylique (Van Hevden), mais il semble que les meilleurs résultats ont été obtenus par la Société Electro-Chimique (de Port Chester) qui, traitant l’essence par l’acide oxalique anhydre, puis la chaux, obtient un mélange de camphre déjà formé et d’isobornéol qu’on sépare à la vapeur d’eau, pour oxyder à son tour l’alcool. Il y a avantage à opérer en présence d’un agent condensant, APC16, IrCl2, PCP (usines de Laire, Chemische Fabrik auf Aktien).
- Dans un ordre d’idées analogue, on peut traiter l’essence par l’acide CIPCOOH, en milieu sulfurique pour arriver à un mélange de dipentène, de cam-phène et d’acétates (terpinyle, bornyle, isobornyle), qu’on transforme en camphre par oxydation.
- En dehors de ces trois groupes, bien qu’il n’ait pas servi de base à une véritable exploitation, nous rappellerons le procédé Grignard et Barbier qui fait intervenir un composé organomagnésien.
- Le métal Mg agit d’abord sur le chlorhydrate de pinène.
- 11 II
- —- c — 1 C — Cl — C —
- 1 — C -1 + Mg +-> — C —
- Puis le nouveau dérivé est soumis à un courant d’oxygène.
- II II
- c— ( 1 I — Mg — Cl — c-c
- 1 — c- 1 + 0»-»- -G-
- c — C —
- Malgré sa grande simplicité, cette méthode, comme nous l’avons dit, n’a pu entrer dans la pratique industrielle, par suite semble-t-il de l’emploi qu’elle comporte d’une assez grande quantité d’éther.
- Quel peut être l’avenir du camphre synthétique ? Si le celluloïd doit lutter contre une foule de succédanés — caséine formolée, bakélites, etc. —, il n’en garde pas moins la faveur de la clientèle par la facilité de son travail au tour et de son polissage ; si bien que les trois principaux producteurs — États-Unis, France et Allemagne — donnent un total annuel de 28000 tonnes —. On pourrait ajouter que les emplois du camphre s’étendent chaque jour à la fabrication de nouveaux vernis, notamment des vernis aux acétates de cellulose. Le marché semble donc largement ouvert à un produit qui, malgré ses multiples usages, cote de 20 à 21 francs le kg sur les places européennes. Mais l’industrie de la cétone de synthèse voit aujourd’hui se dresser devant elle, moins les marchands asiatiques que les planteurs américains, car il est à remarquer que les États-Unis, gros producteurs de pinène puisque le tonnage de l’essence de térébenthine atteint 150 000 000 kgs, exploitent depuis seize ans le camphre naturel. En effet, vers 1906,
- I le Département de l’Agriculture décida de développer la culture du camphrier, aux fins industrielles, notamment dans certaines régions argileuses de la i Floride. Dès leur cinquième année, les plants y sont exploitables et, au lieu de détruire l’arbre comme c’est le cas à Formose ou en Chine, on soumet simplement à l’infusion, puis à un entraînement à la vapeur d’eau, les feuilles et les rameaux; un hectare produit de 180 à 200 kg de camphre brut et, cultivé depuis 1875 comme arbre d’ornement,
- | Laurus Camphora est aujourd’hui un arbre d’excel-i lent rapport.
- I En ce qui concerne l’industrie française, la richesse de nos forêts landaises nous fournit chaque I année 25 000 t. d’essences, mais celles-ci se prêtent
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- LE LIN MAROCAIN
- à une foule d’emplois avantageux : peintures, linoléum, vernis, etc., et les deux cinquièmes de notre production passent la frontière. Aurions-nous un intérêt certain à retirer le pinène pour le diriger vers les quelques usines qui fabriquent le camphre, alors que le marché de ce dernier produit subit fort souvent les variations les plus
- brusques ? Il faut répondre par la négative. Il se peut que, protégée par des tarifs de douanes, l’industrie de synthèse supporte la concurrence, à la façon de nos usines d’iode que le syndicat chilien n’a pu complètement arrêter, mais aucun développement ne doit, à notre sens, être envisagé pour un avenir prochain. Xavier Lafarcue.
- LE LIN MAROCAIN
- L’industrie du lin a débuté au Maroc en 1917-1918, sous l’impulsion de plusieurs industriels du Nord, MM. Boutemy, Defives, Danselte, Lestienne.
- Les premiers essais ont été faits en 1918 sur une trentaine d’hectares. Les résultats ayant été satisfaisants tant au point de vue agricole qu’industriel, la surface fut portée à 500 hectares en 1919, à
- français n’ont pas dépassé 3000 kgs. Il s’agit du rendement en paille brute à l’hectare.
- Au Maroc on a l’avantagé d’avoir des prix de culture assez réduits comparativement à ce qui se passe en France. De plus la main-d’œuvre ne fait pas défaut comme en France et à la période délicate de l’arrachage on peut facilement trouver dans une
- Fig. i. — Vue générale d’une usine de traitement de lin au Maroc.
- 700 en 1920 et cette année on a pu arriver au chiffre de 1800 hectares.
- Indépendamment des conditions spéciales de culture qui sont inhérentes au climat, à la qualité des terres, à la nature de la main-d’œuvre et aux conditions de développement de la plante, on peut indiquer que la culture de la plante est faite d’abord directement par une société sur des terrains Joués ou lui appartenant, ensuite par les colons ou les indigènes avec lesquels elle contracte des engagements d’achat de la paille de lin en leur fournissant les semences importées de l’extérieur (Russie, Belgique, Hollande ou Nord de la France).
- La culture indigène n’est pas toujours faite avec les mêmes soins qu’en France ; mais on a heureusement affaire à des terres encore neuves, d’une richesse remarquable, et malgré le peu de soins généralement apportés, les cultures des contractants atteignent des rendements semblables à ceux des cultivateurs français.
- Les indigènes ont atteint cette année 3200 kgs de paille à l’hectare et les Européens environ 4800.
- On a pu noter comme rendement maximum sur une parcelle assez importante 5250 kgs à l’hectare ; ces chiffres ne paraissent pas formidables eu égard à certains rendements français qui atteignent 7000 kgs à l’hectare, mais il faut reconnaître que pour la campagne écoulée les rendements moyens
- région assez restreinte les 12 ou 1500 ouvriers dont on a besoin.
- La paille de lin arrachée, séchée et mise en bottes de la même façon que cela se pratique en France, est ensuite transportée à l’usine.
- Au début une petite usine a été installée aux portes de Casablanca, qui pouvait traiter la récolte de 150 hectares environ ; mais depuis la constitution de la Société cette usine a grandi et peut absorber la récolte de 1000 hectares.
- Une deuxième usine un peu plus éloignée absorbe la récolte de 600 hectares, et, après essais, on va créer une troisième usine dans « le Gharb », une des régions lès plus favorisées du Maroc au point de vue agricole.
- Le Maroc, après avoir vécu pendant un certain temps presque uniquement de la culture des céréales (passons sous silence quelques plantes accessoires telles que : cumin, coriandre, ricin, etc..., qui ne sont pas appelées à un très grand développement), devra bientôt envisager, et le besoin s’en fait déjà sentir, l’établissement d’un assolement rationnel qui contribuera à une production de plus en plus intensive sur une surface déterminée, ceci combiné avec l’apport d’engrais dont le plus important est constitué par des phosphates que des gisements, qui commencent à être exploités, vont fournir à des prix abordables.
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- LE LIN MAROCAIN
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- Au Maroc, la culture du lin est appelée à un grand avenir.
- En effet, avant la guerre, sur les 80000 tonnes environ de lin teille qu’absorbait la filature française,
- 60 000 tonnes venaient de Russie, le reste était produit par la France, où une extension de cette culture coûteuse n’est guère possible, étant donné la rareté et le prix élevé de la main-d’œuvre.
- Dès que la situation sera redevenue normale, et que la consommation aura établi des cours définitifs, la production de lin sera inférieure aux besoins de la consommation et nous ne pourrons pas faire appel immédiatement à la Russie qui de longtemps encore n’aura pas recouvré l’intégrité
- [Fig. 3. — Atelier de teillage (vue intérieure)
- de ses moyens de production. Le Maroc a une place à prendre. Si par extraordinaire la Russie recouvrait instantanément ses moyens de production et venait nous concurrencer sur le marché, le Maroc pour- j rait très avantageusement soutenir la lutte commerciale qu’elle nous offrirait. En effet, ses produits sont bien mieux travaillés et de qualités supérieures aux siens.
- Actuellement, les lins marocains se vendent 1 à 2 francs par kg de plus que les lins russes d’importation récente, de plus le fret et les frais de transport sont moins élevés.
- Ceci étant posé, voici quelques indications sur la façon d’opérer au Maroc.
- Les lins récoltés sont transportés à l’usine, mis en meules et passent
- Fig. 2. — Bacs de rouissage.
- par les différentes phases suivantes : 1° égrainage, 2° rouissage, 5° teillage, 4° mise en balles et expédition.
- L’égrainage s’opère soit à la main, soit à l’aide d’égraineuses mécaniques semblables à celles qui sont employées dans -les industries analogues du Nord de la France.
- L’égraineuse à la main est composée de trois cylindres tronconiques superposés tournant en sens inverse à un écartement parfaitement réglé, et entre lesquels on fait passer plusieurs fois la paille de façon que les capsules soient écrasées sans que la paille ait à souffrir.
- Cette opération donne d’un côté la paille de lin égrainée qui est triée suivant qualité et longueur, puis envoyée au rouissage, et, de l’autre côté, une graine insuffisamment mûrie destinée à l’huilerie, puis des résidus de capsules mélangés à des graines imparfaitement constituées qui donnent ce que l’on appelle
- Fig. 4. — Lin roui séchant en plein air.
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- L’AVIATION CONTRE LES INSECTES NUISIBLES
- la lineüc, 1res. intéressante pour ia nourriture des animaux; ce produit est d’ailleurs coté et se vend en France de 18 à 22 francs les 100 kgs.
- Le rouissage s’opère dans de grandes cuves en ciment armé pouvant contenir environ 4000 kgs de paille et à l’intérieur desquelles des canalisations judicieusement; aménagées permettent d’introduire à volonté de l’eau chaude ou de la vapeur. Ce produit peut être rapproché du procédé Rossi, sans toutefois en présenter les particularités.
- La fermentation s’exécute suivant la qualité de paille, les saisons, etc., en 80 heures environ.
- Au sortir de la cuve, les bottes de lin sont déliées
- et mises à sécher au dehors, en moyettes, dont un aspect se trouve présenté sur l’une des photographies, puis elles passent ensuite au teillage.
- Le teillage s’exécute au moyen d’un moulin flamand couramment employé par des indigènes qui, après quelques mois d’apprentissage, arrivent à travailler de façon satisfaisante si l’on sait en faire un choix judicieux et se les attacher.
- Les essais de teilleuses mécaniques faits au Maroc sont encore trop prématurés pour qu’on puisse en faire mention. Le rendement en filasse des pailles est excessivement variable, suivant la qualité et le mode de culture. Dans certains cas on atteint les meilleurs rendements français et pour une filasse dont la qualité peut être comparée au bon lin moyen de Normandie.
- Après le teillage les lins sont mis en magasin et repris par des spécialistes qui font un classement, des lins et des étoupes par qualités, en vue de l’expédition sur les filatures du Nord de la France.
- Nous devons ces renseignements à l’obligeance de M. Gaston Lebault, le directeur général de la Société agricole des textiles marocains qui contribue ainsi puissamment à la mise en valeur de ce pays.
- E. Wîuss.
- L’AVIATION CONTRE LES INSECTES NUISIBLES
- Une. expérience du plus haut intérêt, digne d’attirer l’attention des propriétaires de forêts et d'es administrations, publiques, s’est effectuée récemment dans les . environs de Troy (Ghro). Elle fut organisée par la Station Expérimentale d’Aviation du Mc Cook Field, aérodrome militaire de Dayton, patrie des frères Wright. C’est grâce à la courtoisie de M. le colonel T.-H. Bane, directeur de l’aérodrome, que nous avons pu obtenir communication du rapport officiel, ainsi que des photographies qui l’accompagnaient. Elles furent prises par le capitaine A.-W. Stevens et par M. J.-S. Iiouser, entomologiste.
- Nous rappellerons brièvement que les larves de trop nombreux insectes vivent aux dépens des arbres. Parfois, l’invasion prend les proportions d’un véritable fléau, et des hectares de forêt sont ravagés. L’unique moyen de lutte consiste à arroser le feuillage avec un liquide insecticide. Mais le procédé n’est applicable que dans certaines circonstances.
- Pour asperger les arbres élevés, il faut employer de puissantes pompes actionnées par un moteur. Dans la plupart des cas, il est impossible de les
- véhiculer dans l’intérieur d’un bois, et beaucoup d’arbres échappent à l’action de l’insecticide. La manœuvre de ces pompes et de leurs longs tuyaux entraîne l’emploi d’un nombreux personnel. Enfin, un agencement bien conditionné coûte fort cher : jusqu’à 5000 dollars aux États-Unis.
- Ces considérations inspirèrent à un haut agent
- Fig. i.
- Le réservoir à poussière d’arséûiate à bord de l’avion.
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- L’AVIATION CONTRE LES INSECTES NUISIBLES 233
- forestier de l’Ohio, M. C.-R. Neillie, l’idée d’utiliser les aéroplanes ou les ballons dirigeables à la lutte contre les insectes. Il s’en ouvrit à M. J.-S. Ilouser, qui, en collaboration avec la station d’aviation de Mc Cook Field, mit aussitôt le projet à l’étude.
- Les novateurs — ce qui est très humain — eurent à lutter contre l'indifférence des uns, contre les sarcasmes des autres. Entreprendre par la voie des airs la destruction des insectes nuisibles, quelle étrange utopie! Mais l’opposition ne les découragea
- l’été, cette série de métamorphoses se déroule en l’espace d’un mois. Normalement, deux générations se succèdent pendant le même été, dévorant les premières feuilles du catalpa, puis les secondes qui ont pu repousser.
- Exceptionnellement, une troisième génération se produit vers la fin d’un été anormalement chaud. Dans le cas dont il s’agit ici, l’expérience s’effectua contre les chenilles de la deuxième génération.
- Suivant la description qu’en donne M. Ilouser, le
- Fig. 2. — Le Sphinx catalpa.
- En haut : à gauche, œufs sur une feuille; à droite, larve. — En bas : à gauche, pupe; à droite, papillon.
- point. Et, quand l’occasion s’offrit soudain de mettre à l’épreuve leur conception, ils furent prêts.
- L’occasion fut la brusque invasion de vastes pépinières, situées près de Troy, par un insecte redoutable, le sphinx catalpa (Ceralomia catatpœ). Ce papillon nocturne dépose ses grappes d’œufs sur les feuilles du catalpa, bel arbre américain qui commence à se répandre en France. Après quelques jours, les œufs donnent naissance à de menues larves, qui se nourrissent de la feuille. Elles se répandent bientôt sur l’arbre entier, et se transforment en énormes chenilles, longues de 75 mm. Elles se terrent ensuite dans le sol, où elles se métamorphosent en nymphes. Elles sortent de leurs cachettes sous la forme de grands papillons. Durant
- bois contaminé, de forme rectangulaire, avait 800 pieds de long et 525 de large, ce qui équivalait à 6 acres (un acre mesurant 4046 m2), et comptait 4815 arbres, dont la hauteur variait entre 8 et 10 m. Des champs de blé et de maïs s’étendaient autour. Les chenilles avaient déjà dévoré environ 75 pour 100 du feuillage, condition qui contribua au succès de l’expérience en favorisant la dispersion du poison.
- Le poison employé fut de l’arséniate de plomb à l’état de poussière impalpable. Ce produit remplissait une trémie accrochée à l’extérieur du coffre de l’aéroplane (du type Curtiss J (M-6), près de la place du passager. Une porte à glissière, commandée par une tirette dont la poignée était à la portée
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- L’AVIATION CONTRE LES INSECTES NUISIBLES
- 234
- Fig. 3. — L'avion
- du passager, réglait l’ouverture pratiquée en bas du réservoir et sur sa face arrière. Pour régulariser l’écoulement de la poudre d’arséniate et l’empêcher de faire bloc, une petite hélice avait été installée au fond de la trémie, vis-à-vis de cette ouverture ; elle était actionnée par le passager au moyen d’une manivelle. Tous ces détails sont exprimés par l’une des photographies de M. Houser, reproduite ci-contre.
- L’expérience fut tentée entre 3 et 4 heures de l’après-midi, dans des conditions météorologiques excellentes : brillant soleil (favorable à la prise de vues) et vent régulier d’une vitesse de 3 m. à la seconde. L’aéroplane, que pilotait le lieutenant J.-A. Macready, vola à la vitesse de 120 km à l’heure, en se maintenant à une altitude de 9 à 11 m., et à une distance d’une cinquantaine de mètres de la limite du bois, du côté d’où soufflait le vent.
- En s’échappant de la trémie, la poussière d’arséniate, entraînée par le violent courant d’air produit par l’aéroplane, forma une longue traînée que le vent, soufflant à angle droit, emporta sur le bois. On pouvait redouter que l’insecticide ne fut arrêté par les premières rangées d’arbres; mais on remarqua aussitôt que de petits courants d’air s’élevaient de terre, tendant à soulever la poussière, que le vent régulier repoussait alors plus loin. Cette lutte entre la brise, les courants terrestres et la densité de la poudre assurait donc une parfaite distribution de celle-ci.
- On s’assura de ce résultat dès la fin de l’expérience en grimpant au sommet des arbres sur plusieurs points du bois : toutes les feuilles portaient
- traitant un bois.
- Fig. 4. — Un bois de Catalpa, le 3o juin jqu ; toutes les feuilles détruites par les larves
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- LES “ PIÈCES INTERCHANGEABLES ” DANS LES FABRICATIONS EN SÉRIE 235
- des particules d’arséniate de plomb. L’aéroplane 1 était repassé 6 fois le long du bois, chaque trajet ; prenant 9 secondes. L’opération avait donc duré j 54 secondes, et distribué pendant ce temps 175 livres d’insecticide sur plusieurs hectares de forêt. On peut juger du temps qu’il aurait fallu pour obtenir le même résultat avec des pompes.
- Ce résultat se manifesta matériellement dès le lendemain matin : des chenilles avaient déjà succombé et d’autres agonisaient. 46 heures après la distribution du poison, on put constater que le massacre avait été général. En sa qualité d’entomologiste, M. llouser avait prévu que, seules, les larves seraient Luées, car il est reconnu que les chenilles complètement développées sont presque toujours réfractaires aux poudres ou liquides insecticides. Mais il s’était heureusement trompé dans ses prévisions.
- Par millions, ces énormes chenilles jonchaient le sol, et des quantités d’autres restaient accrochées aux branches ou à l'écorce des troncs. Sur un drap d’un mètre carré, on compta 100 de leurs cadavres ; mais la photographie est inhabile à montrer l’importance du massacre, car de nombreux insectes utilisaient leurs dernières forces pour se traîner hors du drap et mourir « en paix », sous les débris végétaux jonchant le sol. Une enquête méthodique montra que toutes les larves non complètement
- développées avaient péri et que la proportion des grandes chenilles qui avaient survécu sur les arbres ne devait pas dépasser 1 pour 100.
- Remarquons qu’il s’agit ici d’un début, d’une expérience organisée avec des dispositifs imparfaitement étudiés. Par exemple, la forme de la trémie devra être modifiée, car elle forme résistance à Pair et fait pencher l’aéroplane de son côté. D’autres problèmes devront être solutionnés, notamment quant à la meilleure utilisation des courants aériens, la quantité d’insecticide à répandre sur une surface donnée, la composition de ce poison, etc.
- Mais, dès à présent, on peut dire que la méthode innovée par les aviateurs et entomologistes américains est d’une efficacité incontestable pour le traitement des grands arbres, dans les parcs comme dans les régions forestières. Il reste à savoir si elle pourra s’appliquer à la désinfection des plantations d’arbustes (cotonniers) et à celle des immenses vergers de l’Ouest Américain. On sait que des millions de dollars sont dépensés annuellement en Californie pour y défendre les arbres fruitiers contre les insectes.
- Quoi qu’il en soit, il n’est point exagéré de proclamer que l’Aviation américaine a bien mérité de l’humanité en dotant l’agriculture d’un nouveau moyen de défense contre ses pires ennemis, moyen que l’on saura mettre au point. V. Fôrbin.
- LES ‘ PIÈCES INTERCHANGEABLES ” DANS LES FABRICATIONS EN SÉRIE
- Une des caractéristiques les plus frappantes des productions mécaniques modernes est l’identité rigoureuse vers laquelle tendent progressivement les « individus » issus d’une même « série )) : dans le cas d’une fabrication idéale, un numéro d’ordre seul permet de distinguer entre eux les divers objets d’un même type.
- A première vue, il n’apparaît pas comme évident qu’une telle fabrication soit la plus économique ; les études préalables qu’elle nécessite, les frais d’outillage spécial qu’elle entraîne représentent un capital élevé, dangereux à engager, et, de plus, elle n’entre en période de rendement qu’après un temps mort parfois prohibitif (lorsque, par exemple, la demande est urgente ou qu’il faut profiter de bonnes, mais fugitives, dispositions du marché commercial) :
- Cependant, sous réserve d’examen du prix de revient dans chaque cas d’espèce, il est certain qu’une parfaite identité des objets fabriqués comporte de grands avantages et constitue un progrès.
- Nous nous proposons de résumer ici diverses considérations générales montrant qu’il en est bien ainsi et faisant ressortir l’enchaînement des idées qui mènent à la notion fondamentale de « pièces ^2 interchangeables » ;
- nous indiquerons égale-' ment le principe des méthodes qui permettent l’emploi industriel de cette notion.
- Rappelons que, dans l’industrie, chaque pièce, chaque organe de machine fait l’objet d’un dessin sur lequel toutes les dimensions sont indiquées au moyen d’un nombre appelé « cote » (l’ouvrier ne devant jamais avoir à mesurer une dimension sur le dessin) :
- Fig. i. — Jeu et serrage dans une portée cylindrique.
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- 236 LES “ PIÈCES INTERCHANGEABLES” DANS LES FABRICATIONS EN SÉRIE
- Emmanchement
- libre
- JEUX
- (en Vwo esde m.m.)
- Ajustage
- glissant
- Ajustage
- —DIAMÈTRESfe^my
- Assemblage
- bloqué
- (démontable)
- Assemblage è la presse (fixe)
- 5 ICO 1
- SERRAGES )
- (en ’/ioo esdem.mj'
- Fig-. 2. — Graphique des jeux et serrages.
- Dans ce qui suit, nous désignons par cote nominale d’un assemblage (diamètre nominal, par exemple) la cote — généralement, un nombre rond de millimètres — portée sur les dessins et commune aux surfaces en contact de deux organes agissant l’un sur l’autre dans un mécanisme.
- Jeux et serrages. — Leur importance. — Raisonnons, pour fixer les idées, sur le cas particulier important des portées cylindriques (arbres ou tourillons tournant dans des paliers ou des coussinets, tiges coulissant dans des douilles, frettes des canon, etc.).
- Les diamètres réels des cylindres limitant les pièces « mâle » et « femelle » ne sont, pour ainsi dire, jamais égaux : si les deux pièces doivent se mouvoir l’une par rapport à l’autre ou si elles forment un assemblage qui se démonte sans effort, il existe entre elles (fig. \, en haut) un léger jeu J (diamètre mâle << F, diamètre femelle) ; si ces pièces constituent un assemblage invariable, elles se montent l’une sur l’autre (fig. 1, en bas) avec un serrage s (diamètre mâle M2>- F, diamètre femelle avant assemblage) qui fait intervenir, au montage, les propriétés élastiques des substances.
- C’est de la réalisation de jeux ou serrages judicieusement choisis, bien plus que d’une stricte détermination des cotes nominales, que dépend le fonctionnement des machines : ainsi, entre arbres et coussinets, un jeu exagéré réduit l'aire d’appui
- des pièces l’une sur l’autre (*), ce qui provoque une usure anormale et favorise les chocs (la machine « cogne ») ; un jeu trop faible s’oppose au graissage et fait naître des frottements anormaux (la portée chauffe et finit par « gripper ».
- Choix des jeux et serrages. — Ce choix dépend principalement :
- Du rôle que jouent les deux organes en contact ;
- Du diamètre nominal de la portée ;
- Des efforts transmis d’un organe à l’autre ;
- 1. Le contact entre deux cylindres n’est linéaire (ju’en théorie (en supposant les solides indéformables). Dans la réalité des ell'orts transmis font jouer l’élasticité des pièces en présence, et la surface d’appui prend une valeur finie.
- A+£s
- t<------->;
- Fig. 3. — Calibres à tolérances.
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- LES “ PIÈCES INTERCHANGEABLES ” DANS LES FABRICATIONS EN SÉRIE 237
- Trop faible
- Trop fort
- Bon
- Fig. 4. — Schémas montrant
- Bon
- la vérification d’un alésage et de l’axe correspondant.
- De la rapidité des déplacements relatifs;
- Du type de machine considéré, de ses dimensions moyennes, des conditions de son fonctionnement;
- Du degré de précision de la construction, du fini des surfaces et de leurs écarts par rapport à la surface géométrique idéale.
- Le graphique que nous donnons (fig. 2) indique (un peu arbitrairement, il va sans dire) les jeux et serrages extrêmes (traits pleins) et moyens (traits interrompus) qui permettent de réaliser les types courants de portées cylindriques (*).
- 1. Les jeux et serrages ne sont pas proportionnels aux diamètres, mais croissent moins vite que ces derniers.
- D désignant les diamètres mesurés en millimètres, les jeux et serrages donnés par les droites du graphique variant comme y'D + G.
- Fig. 5. — Vérification d’un calibre au moyen de son rapporteur.
- A gauche, le calibre est bon tant que la broche rapporteur peut rester suspendue entre les touches; à droite, calibre use, la broche rapporteur tombe.
- Les indications-moyennes de ce graphique correspondent à peu près aux machines de la taille et de la précision des moteurs d’automobile. Pour les machines de grande taille (locomotives, par exemple), et celles fonctionnant normalement dans de mauvaises conditions (entretien et graissage défectueux, installations volantes, etc.), il convient de prendre des jeux voisins des limites supérieures ; pour les mécanismes de haute précision, au contraire, il faut tendre vers les limites inférieures.
- Ajustage. — La réalisation matérielle de jeux ou serrages adéquats constitue l’objet principal de l’ajustage, opération souvent longue et délicate au cours de laquelle on amène, par retouches successives, les différents organes en présence à s’adapter convenablement les uns aux autres ; ils forment alors un tout dans lequel existe, au besoin, une compensation des erreurs d’usinage.
- L’ajustage coûte toujours cher ; il subordonne la fabrication à l’habileté et au bon vouloir d’ouvriers spécialistes ; bien qu’on soit souvent obligé de lui tolérer une certaine importance dans les fabrications qui procèdent par exemplaires uniques ou peu nombreux, on s’attache à le supprimer : cela se fait, dans les fabricati.-ns en série, en rendant les pièces interchangeables.
- On dit qu’une machine fabriquée en série comporte des pièces interchangeables quand le montage
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- 238 LES “ PIÈCES INTERCHANGEABLES ” DANS LES FABRICATIONS EN SÉRIE
- ou l’assemblage de ces pièces peut se faire sans choix ni retouche. Tous les exemplaires d’une môme pièce, d’un même organe interchangeable peuvent, dans ce cas, se substituer les uns aux autres dans toutes les machines de la série, sans subir un ajustage individuel.
- Le montage initial, ainsi que les réparations appelant des pièces de rechange, se simplifient énormément par l’interchangeabilité ; celle-ci comporte, naturellement, la réalisation des jeux ou serrages qui conviennent aux diverses fonctions mécaniques employées dans la machine construite, réalisation que rend pratique l’emploi des « tolérances ».
- Réalisation de pièces interchangeables. -— Il est commode de n’avoir, pour chaque couple de pièces, qu’une seule cote à faire jouer : en principe, on usine donc l’une des deux surfaces en contact à la cote nominale, aussi exactement que le permettent les procédés de fabrication ; il semble un peu plus commode d’attribuer cette cote à la partie femelle, autrement dit, à Y-alésage, et nous nous placerons dans cette hypothèse (*) (système dénommé : de Y alésage normal).
- L’alésage étant supposé réalisé rigoureusement au diamètre nominal, il suffit, en théorie, d’amener la pièce mille à un diamètre égal au diamètre nominal diminué du jeu ou augmenté du serrage.
- Mais, en pratique, la précision des usinages a des limites ; ceci oblige à tolérer un certain écart entre les cotes obtenues sur les pièces d’une série et la cote idéale qu’on désirait avoir, à prévoir des « tolérances » de part et d’autre, de cette dernière cote : le jeu ou serrage optimum ne peut donc être réalisé, dans chaque assemblage, pour une série de machines montées en pièces interchangeables, qu’en moyenne.
- Les plus grands écarts par rapport à cette moyenne doivent, d’ailleurs, rester assez faibles pour que tous les assemblages possibles réalisés avec des groupes de pièces prises au hasard demeurent conformes aux types * choisis (tournant, glissant, etc.) (1 2).
- Calibres à tolérances. — Les mesures, souvent très précises, que l’ouvrier doit faire pour s’assurer du bon réglage de sa machine s’effectuent au moyen d’instruments fixes appelés calibres et supprimant les erreurs instrumentales des appareils à cote variable (pieds à coulisse, palmers, etc...) ainsi que l es inconvénients des lectures de graduations.
- En général, chaque calibre est double et dissy-
- 1. L'hypothèse contraire [axe normal) a d'ailleurs des partisans et peut être préférée en certaines circonstances.
- 2. En fait, il sc présente parfois un certain pourcentage de cas où le fonctionnement est mauvais ou impossible, le hasard
- accumulant dans le sens le plus défavorable les erreurs tolé-
- rées : il suffit alors de remettre en montage, avec de nouveaux, les éléments incompatibles.
- métrique (Og. 3), l’une de ses extrémités correspondant à la cote maxima (MAX) et l’autre à la minima (min).
- La pièce mâle, de cote idéale M, doit passer librement entre les touches du Max. M —i— e, et ne doit pas passer entre les touches du min. M — z\ du calibre à mâchoires.
- Inversement, dans Y alésage, de cote idéale A, le tampon MAX. A-hs2 ne doit pas entrer, et le tampon min. A — e'2 doit entrer sans effort (4).
- Les pièces ne sont considérées commes bonnes (2) que si elles satisfont aces conditions (fig. 4) : dans ce cas on a la quasi-certitude (pour un choix correct des cote,s M et A et des tolérances e) d’obtenir avec un couple pris au hasard un assemblage du type prévu.
- Fabrication et emploi des calibres (3). — Naturellement, on établit les calibres avec une précision supérieure à celle qu’on envisage pour la fabrication proprement dite : on atteint parfois la précision du micron (p.) ou millième de millimètre.
- On les fabrique en acier, convenablement durci et rectifié sur les surfaces intervenant dans les mesures : la vérification de cette fabrication constitue une véritable opération de laboratoire, opération qu’il faut renouveler de temps à autre (en raison de l’usure possible) (*).
- L’emploi des calibres demande simplement un peu de soin ; les mesures doivent se faire sans forcer et en ayant soin de présenter l’instrument bien d’aplomb sur la pièce ; il faut éviter, en outre, d’échauffer avec la main les calibres un peu grands et, plus généralement, d’introduire des erreurs dues à des différences de température (dilatations).
- Le coefficient personnel est faible, pourvu que l’opérateur soit passable.
- Enfin, on emploie souvent, outre les calibres d'atelier dont dispose chaque ouvrier, une seconde série de calibres analogues que des agenls vérificateurs passent sur les pièces et qui servent de contrôle : dans ce cas, les tolérances des calibres d’atelier doivent se trouver légèrement plus faibles que celles des calibres de vérification.
- M. Gahyln,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- 1. Dans le système de l’alésage normal, les sx sont petits devant les e.,.
- D’autre part, les e et les e' doivent, en bonne logique, avoir meme valeur pour un indice donne.
- 2. En supposant correct le fini des surfaces.
- 3. Le lecteur se reportera avec intérêt à l’article sur les « Etalons industriels de longueur », dù à la haute compétence de M. Cli.-Ed. Guillaume [La Nature, 30 juillet 1910, p. 130).
- 4. On munit fréquemment chaque calibre d’un rapporteur, sorte de contre-calibre servant à déceler 1 usure de l’instrument correspondant. Pour les calibres à mâchoires, par exemple, ces rapporteurs affectent généralement la forme d’une broche à bouts cylindriques (fig. 5).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1922.
- La surface des planètes. — Les observations commencées en 1907, au Revard, ont été continuées celte année à Sélif avec des. appareils permettant de supprimer le spectre secondaire; des observations de M. G. Fournier, que M. ,lorry Desloges soumet à l’Académie, on doit conclure à. l’avantage qu’il y aurait à placer sur le même pied un objectif à deux verres à spectre secondaire très réduit et un objectif fait d’un silicate ordinaire. Les mesures ont porté sur la planète Mars; certaines plages sombres australes sur leur bord sud ont été très difficiles à délimiter et si quelques changements qu’on y a constatés peuvent être en relation avec les saisons de la planète, d’autres ne le sont pas.
- Le spectre d’absorption dît soufre pour les rayons X. — L’appareil employé par M. Axel Lindh a été construit par M. Siegbahn et, comme réseau, l’opérateur a employé un cristal de calcite ; scs essais ont porté sur des combinaisons on la valence du soufre va de la valeur 2 à la valeur 6 et, comme dans le cas du chlore déjà étudié, les limites d’absorption se déplaçaient vers les longueurs d’ondes plus courtes pour les hautes valeurs. Pour le métalloïde rhomboïque, la limite a la même valeur que pour le soufre divalent.
- La transformation du gypse en sulfate d’ammoniaque. — La double décomposition du sulfate de chaux
- par le carbonate GO3 Am2 a été signalée par Lavoisier et, depuis plus d’un demi-siècle, elle a été proposée par Margueritte pour l’utilisation des eaux alcalines des usines à gaz. La communication de MM. Matignon et Fréjacques résume les mesures faites par ces savants pour établir la statique et la cinétique de la réaction, généralement totale après deux ou trois heures d’agitation et qui semble présenter deux phases bien distinctes, dé vitesse très différente.
- Les côtes de la Basse Provence. — Les études de M. G. Donizot ont porté sur la Camargue, le golfe de Fos, l’étang de lierre et les dépôts marins du Vieux Port, à Marseille. Elles établissent qu’après la Basse-Terrasse représentée par la terrasse marine à 9 m. près de Martigues (Collot) et les Terrasses de 8-10 m. sur le Récent dans la vallée du Rhône, la mer s’est abaissée vers la cote — 25 (creusement de l’étang de Caronte et de la cuvette de Rerre, rattachement au continent des îles Pomègues et Ratouneau. Les dernières terrasses ont dû s’édifier au début de l’époque historique et, depuis lors, la mer serait, dans l’ensemble des régions précitées, en voie de régression. Au total l’apparente fixité du niveau marin depuis l’antiquité résulterait de la superposition de deux petits mouvements de sens contraire, avec faible variation au voisinage du maximum. Paul B.
- UNE NOUVELLE ÉCRITURE D’AVEUGLES EN CARACTÈRES USUELS
- L’alphabet Cantonnet-Nouet.
- Les aveugles se servent d’une écriture en pointillé et en relief : l’écriture Braille, celle de Valentin Ilaüy, de même que celle de Mlle Mulot (d’Angers) n’ont pas été généralisées, car elles sont en trait continu; l’aveugle le sent moins que le pointillé.
- L’écriture Braille a fait le tour du monde depuis un siècle (1826) que Louis Braille l’a créée.
- Mais elle a un défaut capital : elle est en caractères conventionnels, comme l’alphabet Morse. Seuls, les initiés peuvent s’en servir. Comme personne, ou presque, ne la connaît, en dehors de l’entourage immédiat de chaque aveugle, le cercle de la correspondance possible des aveugles est extrêmement réduit. Ils peuvent bien écrire « en noir » avec un crayon ou une plume, guidés par un « guide-main » ; mais alors il ne peuvent se relire et lire la réponse de leur correspondant. Il leur faut le secours d’un voyant, intermédiaire qui n’est jamais désirable.
- Nous avons cité déjà 5 noms français. En voici d’autres; c’est à la France que revient le mérite d’avoir ouvert un peu la prison de ces infirmes si intéressants.
- Braille lui-même avait essayé de réaliser une écriture en caractères usuels lisibles par tous et du premier coup, sans apprentissage ; il n’en vint pas
- à bout. Après lui le Français Ballu, le frère belge Clé, le professeur de philosophie d’Epernay, Roya (1906), moi-même (1917), le chanoine Nouet (1919) ont abordé ce problème plus difficile qu’il ne le paraît au premier abord.
- Le 5 avril 1917 le professeur Achard présenta mon écriture en caractères usuels à l’Académie de Médecine; je la présentai en juin 1917 au Congrès international des mutilés, sous la présidence de M. Brieux de l’Académie française et le Congrès, sur proposition du professeur de Lapersonne, émit à l’iinanimité, le vœu : « L’écriture du D1 À. Can-tonnet mérite d’être adoptée ».
- En 1919, le chanoine Nouet simplifia certaines de mes lettres; il étendit aux caractères slaves, grecs et hébreux, ainsi qu’au chant grégorien, cette méthode de représenter des lettres par des signes leur ressemblant, et non par des signes purement conventionnels.
- Récemment, en 1922, les écritures en caractères usuels du D1' À. Cantonnet et du Chanoine Nouet se sont fusionnées, pour n’offrir à l’aveugle qu’un seul alphabet « en usuel » en face du Braille conventionnel. Cette modification a porté ses fruits puisque le Congrès national pour l’amélioration du sort des aveugles vient, le 21 juillet 1922, de prendre à
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- 240 UNE NOUVELLE ÉCRITURE D’AVEUGLES EN CARACTÈRES USUELS
- l’imanimité de plusieurs centaines de votants la décision suivante :
- a L’écriture en pointillé, en relief et en caractères usuels du D1' Cantonnet et du chanoine Nouet est bonne pour la correspondance entre l’aveugle et le Aroyant. Il est opportun qu’elle soit enseignée, à titre de complément du Braille classique ou conventionnel, dans les écoles d’aveugles. ».
- Cette écriture est simple, c’est son principal mérite ; un voyant n’en ayant jamais entendu parler la lit du premier coup.
- Il faut pour l’écrire un quart d’heure d’apprentissage au voyant et 30 ou 40 minutes à l’aveugle.
- On se sert -d’une planchette Braille ordinaire ; la réglette Cantonnet-Nouet vaut 5 francs et est en vente chez M. Garin, 65,rue de Bennes, ou à l’Institution nationale des Jeunes Aveugles,
- 56, boulevard des Invalides, à Paris.
- Si nous numérotons les points à piquer par le poinçon comme ils le sont dans le Braille, c’est-à-dire
- 1 4 7
- 2 5 8
- 3 6 9
- on écrira l’I par les points I, 2, 5, l’L par 1, 2, 3, 6, le T par 1, 4, 5, 6, 7, le Y par I, 2, 6, 7, 8, etc., les lettres presque toutes des majuscules occupent suivant les besoins une, deux ou trois colonnes verticales. L’examen de l’alphabet ci-joint montre rapidement que les points piqués simulent la lettre voulue.
- Les chiffres sont variables : sur les enveloppes de lettres, ils reproduisent les chiffres romains; dans le texte, ils peuvent au choix de chaque aveugle et de ses correspondants être: de 2 ordres : soit, à points comptés (formule Cantonnet), autant
- de points que d’unités dans le chiffre, soit en « usuel » (formule Nouet), c’est-à-dire reproduisant la forme du chiffre voulu.
- Tous les signes mathématiques sont précédés du signe (( numérique ouvert » et suivis du « numérique fermé ».
- Cette écriture peut s’écrire de gauche à droite ; pour la lecture le voyant regarde les saillies dans une glace et l’aveugle tient la feuille sons la planchette, les saillies tournées vers le sol. Il est plus simple d’écrire de droite à gauche; alors le voyant lit directement et l’aveugle place la feuille sur la table, les saillies en l’air.
- Voici donc adoptée par le Congrès des Mutilés et le Congrès national des Aveugles, à l’unanimité, cette écriture Canton-net-Nouct qui va être officiellement enseignée dans les écoles d’aveugles.
- Son plus grand mérite est la simplicité, d’où découle l’extrême rapidité de l’apprentissage.
- Le cercle de correspondance de l’aveugle va être considérablement accru.
- Le Braille a des avantages indiscutables sur cette écriture; l’aveugle doit continuer à s’en servir pour son instruction et pour correspondre plus vile avec les autres initiés en Braille; mais il lui faut en outre une écriture facile, lisible du premier coup d’œil par tous.
- L’écriture Cantonnet-Nouet est cette écriture-là, sœur et non ennemie de l’écriture Braille classique ou conventionnelle.
- D1' A. Cantoanut,
- Ophtalmologiste de l'hôpital C.ocl.in.
- LETTRES.
- »• ••
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- PONCTUATION.
- ? 1 «
- Numériques : ouvert
- 1. Chiffres « » •
- à points comptés ; 1 2 3 *4
- 8 9
- 2. Chiffres
- en caractères usuels :
- 3. Chiffres romains
- Signes
- Malhématii/ues :
- 6 7 8 ' 9 0
- I 11 111
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- • •
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- • O
- VII
- IX
- X L (50) C(100)
- Fr,
- ••• •••
- + —
- • « • •
- v- (
- L'alphabet Cantonnet-Nouet.
- Le GérantP. Masson. — Imprimerie Laucuf,, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- N" 2532. : -.............. 14 OCTOBRE 1922
- LA FABRICATION MODERNE DU VINAIGRE
- Le vinaigre est, on le sait, une solution plus ou moins pure d’acide acétique, contenant de 6 à 8 pour 100 d’acide.
- On l’obtient en oxydant l’alcool au moyen d’un microorganisme spécial, le Mijcodermci aceli (%'!)•
- La formule de cette transformation est :
- GH3. CH*OH + 20 = CH3.COOH +-H*0. alcool. ac. acétique.
- Le Mycoderme produit cette transformation quand il est en présence d’une solution alcoolique faible (moins de 10 pour 100 d’alcool), à une température de 25 à 30°, en milieu très aéré, suffisamment riche en matières azotées et en phosphates pour faciliter sa pullulation.
- Le vin fournit au Mycoderme un milieu complexe satisfaisant, mais on peut aussi traiter des solutions alcooliques pures en y ajoutant un peu de mélasse de canne à sucre qui apporte les matières azotées et les phosphates indispensables.
- Préparation ménagère. — Certains ménages, surtout dans les régions vinicoles, utilisent les vins de lie et les vins piqués pour la préparation domestique du vinaigre. On emploie un baril de chêne ou de châtaignier, bien propre, d’une capacité de 20 à 25 litres, muni dans le bas d’un robinet de bois et dans le haut d’un orifice de 4 à 5 cm de diamètre. On y verse 3 litres de vinaigre bouilli et chaud dont on mouille toutes les parois, puis, le lendemain, on ajoute 3 litres de vinaigre bouilli et 3 litres de vin qu’on ensemence à partir d’un autre baril à vinaigre déjà en fonctionnement. À défaut de ceci, on peut laisser le tonnelet au repos ; l’air contient toujours des germes de Mycoderme en suspension qui finiront par tomber dans le liquide et s’y multiplieront. Après une semaine, on ajoute 2 à 3 litres de vin en ayant soin de ne pas noyer le voile de mycodermes (mère du vinaigre) qui s’est formé. On continue chaque semaine jusqu’à ce que le baril soit rempli aux trois quarts. À partir de ce moment, on peut tirer régulièrement chaque quinzaine 2 ou 3 litres de vinaigre et les remplacer par une quantité égale de vin. Le vinaigre recueilli est clarifié par collage et mis en bouteilles bouchées.
- Préparation industrielle. — Les procédés indus-
- Fig. 2. — Méthode orléanaise. A, tonneau-; B, chais; D, œil.
- triels ne font que répéter en plus grand la préparation ménagère, mais avec diverses variantes intéressantes.
- On peut les classer en trois catégories : procédés
- Fig. i. — Mycoderma aceti.
- à liquide fixe, procédés à écoulement du liquide, procédés rotatifs.
- a) Procédés à liquide fixe. — Le plus ancien est la méthode d’Orléans. Il est pratiqué depuis longtemps en France pour la fabrication du vinaigre de vin.
- On emploie des tonneaux de 400 litres environ, appelés mères (fig. 2) percés d’un trou de 5 cm 5 de diamètre, appelé œil, en haut de la paroi verticale qui est en avant.
- Le vin a été préalablement conservé dans des tonneaux munis d’une couche de copeaux de hêtre où il s’est décanté.
- On verse dans la mère 100 litres de bon vinaigre bouillant qu’on y laisse 8 jours, puis on ajoute chaque jour 10 litres de vin décanté jusqu’à ce que l’on ait fait le plein. Après 15 jours, on soutire 200 litres de vinaigre qu’on remplace par autant de vin, et ainsi de suite. Les mères sont groupées dans un cellier où l’on maintient une température de 50°.
- Comme on le voit, le procédé est simple; il donne un produit excellent, mais il est malheureusement lent.
- Pasteur l’a amélioré, en le rendant plus rapide et en empêchant le développement des anguillulês qui se nourrissent du Mycoderme et arrêtent la fermentation .
- Claudon a repris les idées de Pasteur et a imaginé un appareil industriel où l’acétification se fait dans de larges cuves plates.
- h) Procédés à liquide mobile. — Le défaut du procédé d’Orléans est sa lenteur. On a donc cherché à activer l’oxydatioii de l’alcool en faisant circuler le liquide au contact de l’air.
- Le procédé allemand emploie un tonneau ou un
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- Fig. 3. — Méthode allemande.
- récipient en bois, cylindrique ou tronconique, de 2 à 5 m. de haut sur 1 m. à 1 m. 50 de diamètre (fig. 5). CetLe cuve porte, en plus de ses fonds, deux faux-fonds. Celui du bas est percé de nombreux trous, dont un plus gros communique par un tuyau t qui traverse tout l’appareil, avec l’air extérieur. Le faux-fond du haut est également perforé et porte un tube t' par où l’on verse le liquide alcoolique. L’espace entre les deux faux-fonds est garni de copeaux de hêtre.
- Pour la mise en route, on stérilise le récipient ou on le lessive avec du vinaigre chaud, puis on verse lentement le liquide ; celui-ci descend goutte à goutte, en cascade et s’oxyde au contact de l’air venant du bas. Il se rassemble à la partie inférieure d'où on le soutire périodiquement par le robinet r.
- Ce procédé est employé principalement pour la fabrication des vinaigres d’alcool. Plus rapide que le procédé d’Orléans, il permet de traiter de plus grandes quantités, mais donne des produits de moins belle qualité.
- Le procédé allemand donne des vinaigres contenant encore de l’alcool quand la fermentation n’est pas assez active. II faut, dans ce cas, reverser le vinaigre incomplètement transformé sur un deuxième et même sur un troisième récipient. Mais, à chaque passage, un peu d’acide acétique est entraîné par le faible courant d’air établi dans l’appareil.
- Le procédé anglais remédie à ces inconvénients. Il ne diffère pas dans son principe du procédé allemand, mais les cuves sont beaucoup plus grandes et la circulation d’air s’y fait en sens inverse, c’est-à-dire de haut en bas. Le courant d’air est établi par aspiration au moyen de deux cloches pneumatiques dont l’une s’emplit d’eau, tandis que l’autre aspire l’air de la cuve de fermentation. Cet air y arrive après avoir barboté dans l’eau où les vapeurs acides se dissolvent. De celte façon, on récupère l’acide acétique entraîné. De plus, le liquide alcoolique est versé sur les copeaux de hêtre au moyen
- d’un tourniquet hydraulique qui assure une répartition régulière. On obtient ainsi un meilleur rendement.
- Le procédé Barbe ne diffère du procédé allemand qu’en ce qu’il diminue la main-d’œuvre, les récipients groupés en batterie étant alimentés automatiquement et d’une façon intermittente.
- c) Procédés rotatifs. — Tout autres sont les appareils modernes, industriels, dont nous allons nous occuper maintenant. Ils sont caractérisés par •le fait que le tonneau et le liquide sont tous deux mobiles, ce qui assure un contact et une aération beaucoup plus parfaits.
- Ils dérivent de l’appareil Lacambre, vieux de près d’un siècle. C’est un tonneau dans lequel l'air peut pénétrer au moyen d’un tube en bois axial percé d’ouvertures latérales. H est muni à sa périphérie de 8 palettes en bois axiales assez peu larges et il est rempli de copeaux de hêtre. Le fond antérieur est pourvu de deux robinets placés aux deux extrémités d’un même diamètre. La fermentation étant préparée comme dans le procédé d’Orléans, on place le tonneau sur des chantiers de bois, puis, plusieurs fois par jour, on le roule de façon à mouiller tous les copeaux. La fermenta!ion s’en trouve activée bien que le système d’aération soit tout à fait insuffisant-
- Michaélis a remédié à ce dernier inconvénient en ouvrant un tube axial beaucoup plus large et en séparant par une rcloison perforée les copeaux et le liquide. La chambre à copeaux, placée à la partie supérieure, communique avec l’air extérieur par un orifice. Toutes les 5 heures, on fait faire un tour complet au tonneau, mouillant ainsi les copeaux qui s’égouttent ensuite peu à peu dans la chambre inférieure à liquide.
- En outre, Michaélis a monté son tonneau sur des roues à engrenage pour faciliter les rotations, mais il n’a pas ainsi évité la main-d’œuvre dont le coût est sensible dans ce procédé.
- MM. Àgobet, d’Orléans, ont perfectionné l’aération du tonneau Michaélis, et Brissaud a appliqué ces procédés rotatifs à des tonneaux de grande capacité, atteignant 100 à 120 hectolitres.
- La difficulté qui se présente alors est d’assurer la rotation des tonneaux, l’emploi des galets ou des
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- Fig. 4. — Appareil rotatif Lacambre.
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- roues à engrenages n’assurant pas une base étendue et solide.
- On arrive ainsi aux appareils industriels récents à grand rendement.
- Il y a quelques années, est apparu l’acétificateur Yilon constitué par une lame métallique recouverte d’émail ou de caoutchouc, d’environ 50 m., enroulée en spirale. Entre les spires sont disposés des copeaux de hêtre ou du charbon de bois. La dernière spire au centre forme tuyau. Cette spirale plonge par le bas dans une cuvette contenant le liquide alcoolique ou le vin. Mise en rotation lente
- La figure 5 montre l’aspect d’une batterie de ces appareils, dénommés M. t. C.
- Ce sont des foudres en chêne d’une capacité de 20 hectol., qu’on peut porter à 60 hectol. dans les vinaigreries d’alcool. Fortement cerclés, ils sont montés sur deux croisillons reliés entre eux par quatre tiranLs serrés à bloc qui forment un ensemble rigide et indéformable. Chaque croisillon porte en son centre un tourillon qui repose sur un coussinet soutenu par un solide bâti métallique. Le tourillon antérieur porte en outre une roue dentée engrenant avec une vis sans fin fixée sur un arbre
- Fig. 5. — Acétificateur rotatif M. T. C.
- par un moteur, elle vient à chaque tour prendre une quantité déterminée de liquide qui circule de spire en spire à travers les copeaux de hèti'e jusqu’à son arrivée au tuyau central. Pendant la portion de tour où l’orifice périphérique ne plonge pas dans la cuvette, il laisse entrer de l’air, aspiré par une pompe connectée au tuyau central, si bien que liquide et air cheminent dans le même sens, intimement mêlés. Les appareils Vilon sont couplés et le liquide qui a circulé dans le premier dans le sens eentripète parcourt ensuite le second dans le sens centrifuge. On peut obtenir ainsi 10 hectol.. de vinaigre par journée de 18 heures.
- Un nouvel acétificateur rotatif vient de paraîlre, qui permet de produire des quantités encore plus considérables : 20 et même 60 hectol. de vinaigre par jour.
- de transmission horizontal. Une démultiplication actionne tous les foudres d’une batterie d’un mouvement lent et régulier.
- Chaque foudre est rempli de copeaux de hêtre enroulés en spirale, sauf une série de chambres à air communiquant avec l’extérieur par une ouverture centrale.
- La fabrication des vinaigres avec ces acétificateurs est des plus simples. Les batteries d’acétificateurs étant installées, on commence par verser dans chaque appareil le chargement dit d’acétification et l’on opère plusieurs révolutions à intervalles réguliers dans la journée. Le deuxième jour, on complète le chargement avec un moût constitué soit par une dilution d’alcool et d’eau dans laquelle on aura ajouté les produits nutritifs nécessaires au développement du Mycoderme, soit par du vin, du malt ou
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- de la bière, etc., qui apportent avec eux les éléments nutritifs nécessaires. La salle est chauffée à la vapeur ou par tout autre système de chauffage permettant de porter la température de début à 28 ou 50° centigrades.
- Les jours suivants on fait 2 rotations par jour et lorsque les thermomètres des acétificateurs rotatifs marquent 28° centigrades, on fait 5 révolutions.
- Lorsqu’ils marquent 50°, on fait 4 révolutions et pour 54 à 55°, une révolution toutes les 4 heures, soit 6 révolutions par 24 heures.
- La transformation totale du liquide alcoolique en vinaigre est terminée en 15 jours environ, et l'on soutire alors toute la quantité du liquide introduit transformée en vinaigre.
- Les opérations suivantes se font sans chargement d’acétification, le Mycoderme étant alors suffisamment développé sur les copeaux de hêtre pour permettre une nouvelle misé en route. Il suffit de
- charger les acétificateurs rotatifs avec la dilution alcoolique, et d’ajouter, si l’on opère sur des solutions alcooliques industrielles, les éléments nutritifs nécessaires.
- Ces nouveaux appareils fournissent un débit énorme. Us permettent de traiter toutes les solutions alcooliques : vins, alcools, malts, cidres et d’en obtenir des vinaigres qui ont conservé le parfum spécial à la matière première traitée.
- Ils présentent un encombrement réduit : 1 m. 85 X2 m. pour un foudre de 20 hectol., comparé à celui des caves où l’on emploie le procédé d’Orléans.
- Ils nécessitent une main-d’œuvre très réduite, un seul homme suffisant à conduire toute une batterie.
- Il y a loin, comme on le voit, de ces procédés industriels récents aux antiques méthodes orléa-naise ou allemande et même aux premiers essais d’acétiflcateurs rotatifs de Lacambre ou de Mi-chaélis. À. B.
- LA PRODUCTION DE L’HYDROGÈNE EN FAIBLES QUANTITÉS
- Les besoins d’hydrogène sans cesse grandissants dans l’industrie : fabrication synthétique de l’ammoniaque, hydrogénation des huiles, etc..., orientent les recherches vers les procédés de fabrication capables d’une production de plus en plus importante. Il convient de ne pas négliger cependant les cas d’utilisation de faibles quantités d’hydrogène et les moyens d’y pourvoir.
- À l’occasion des grands raids aériens de l’an dernier, on a envisagé de doter les équipages d’un ballonnet qui, gonllé d’hydrogène, aurait soutenu en cas d’atterrissage forcé une antenne de T. S. F. Il fallait donc un générateur de faible capacité ou un procédé simple d’emmagasinement.
- Les mailles du réseau des postes de sondages aérolpgiques s’étendent chaque jour et entraînent rétablissement de stations de plus en plus éloignées de la métropole. Pendant la guerre, le ravitaillement des postes existants fut opéré par bouteilles d’hydrogène comprimé. Mais ces dernières constituent un matériel lourd, volumineux, d’un transport fort coûteux et peu facile pour un grand nombre de stations. La nécessité se fait donc sentir de moyens faciles d’emmagasinement ou d’un appareil simple et portatif qui permette la production de l’hydrogène sur place.
- Nous allons examiner quelques-unes des solutions de ces problèmes.
- Voici d’abord un appareil italien conçu dans ce but.
- Appareil Helbig. — Le Dr Helbig a mis au point, récemment, un appareil dénommé le « Générateur H-H » dans lequel il fait application d’une réaction signalée en 1825 par Berzélius : l’attaque du silicium par les lessives de potasse ou de soude est accompagnée d’un dégagement d’hydrogène. La
- réaction principale est l’oxydation du silicium aux dépens de l’oxygène de l’eau, ce qui entraîne la mise en liberté de l’hydrogène. La présence d’alcali est nécessaire pour que l’attaque se produise.
- Les formules suivantes expriment la réaction :
- (I ) Si + 2 Na OH + H* 0 = SiO3 Na2 + 2 H2.
- Résidu : silicate basique, excès de soude.
- (2) Si -+- Na OH H- 2 II2 O = Si O3 Na H + 2 II2.
- Résidu : silicate acide, soude strictement nécessaire.
- Ces équations monLrent que les quantités mini-ma de soude et de silicium à mettre en présence pour obtenir un mètre cube d’hydrogène sont :
- 0 kg 690 de silicium pur.
- 0 kg 900 de soude Na OH pure.
- La réaction (2) pour le même poids de silicium et pour la même quantité d’hydrogène fabriquée utilise moitié moins de soude, cette formule sert de base aux brevets français (Lelarge-Jaubert).
- Dans la réalisation industrielle, on fait agir une solution d’alcali caustique, soude caustique en général, à haut point d’ébullition sur des combinaisons ou alliages de silicium, ferro-silicium le plus souvent, en vue de retenir et d’emmagasiner dans le bain même toute la chaleur dégagée par l’action du silicium sur la soude de façon à supprimer tout apport de calorique par chauffage extérieur. La réaction est en effet exothermique, néanmoins elle ne débuLe pas à froid mais seulement à 60°-70°.
- Les quantités théoriques de réacLifs sous leurs formes industrielles, nécessaires pour obtenir 1 m5 de gaz sec, à 0° et sous 760 mm, sont :
- 0 kg 700 de ferro-silicium à 90 pour 100.
- 1 kg 250 de soude caustique à 70-72° anglais, soit 85 pour 100 de NaOII libre.
- Pratiquement, le gaz est évacué en moyenne à
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- 15° C. et saturé d’eau; les quantités de réactifs à employer sont alors de :
- 0 kg 670 de ferro-silicium à 90 pour 100.
- 1 kg 200 de soude à 70-72° anglais.
- Nous avons dit que la soude était employée en lessive, il y a lieu d’ajouter que le degré de concentration de cette dernière est très important. Une dilution trop grande ne permet qu’un faible dégagement de gaz et provoque au moment où se produit la réaction une abondante formation de mousse. D’autre part, une concentration trop grande a pour conséquence un mélange trop épais et même tout à fait solide avant que la totalité de la soude ait réagi en présence de la quantité convenable de silicium. Il en résulte encore un faible dégagement d’hydrogène. Les expériences ont montré que les résultats les plus économiques étaient obtenus quand on emploie une solution de soude caustique à 40 pour 100 et lorsque le rapport du silicium à la soude est approximativement de 1 à 1,6.
- De même la qualité du ferrosilicium employé ainsi que son degré de pulvérisation ont une très grande importance.
- Ce corps, s’il est de faible teneur, donne une production bien inférieure à la quantité de gaz qui pourrait théoriquement être obtenue en présence du silicium qu’il contient. Ceci est la conséquence de la présence des impuretés qui enrobent des parties de silicium et les protègent contre l’action de la soude. Les expériences ont montré à ce sujet que, même pour obtenir une efficacité faible, il faut employer un ferro-silicium renfermant plus de 80 pour 100 de silicium. De plus, il est établi que la quantité de certaines impuretés contenues dans les alliages de silicium et en particulier les phosphures, varie en sens inverse de la teneur en silicium. La cause en serait dans la température plus basse du four électrique, à laquelle les alliages pauvres sont fabriqués. Ces phosphures, qui proviennent des phosphates contenus dans le sable ou les cendres de charbon, matières premières dans la fabrication du silicium ou de ses alliages, forment, au contact de l’eau, de l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable et qui se transforme en acide phosphorique à l’intérieur des ballons de grande capacité.
- Le degré de pulvérisation du ferro-silicium est important, non pas tant par suite de son effet sur l’émission totale de gaz qu’en raison de son influence sur la rapidité de la production, laquelle est en
- raison directe de la finesse des grains. Un ferrosilicium en poudre provoque une réaction tumultueuse, accompagnée d’un grand dégagement de chaleur.
- Employé en gros grains, il ne détermine plus qu’une émission lente de gaz, la température s’abaisse au point que la réaction s’arrête. On aurait donc avantage à utiliser des poudres très fines, mais il faut tenir compte qu’elles ont la propriété de conserver dans leur masse, par adsorption, des quantités d’air considérables. L’emploi d’une poudre trop fine aurait donc pour résultat l’introduction dans le générateur d’une quantité d’oxygène non négligeable.
- Dans le générateur ÎI-II le Dr Ilelbig utilise du ferro-silicium en deux grosseurs différentes de grains, en poudre et en granules.
- Quand sur un mélange ainsi constitué, additionné de soude caustique en plaquettes, on verse la quantité nécessaire d’eau bouillante, la soude se dissout et le silicium pulvérulent entre immédiatement en réaction violente. La chaleur élève en peu d’instants tout le liquide à l’ébullition et l’attaque se porte alors sur le ferrosilicium en grains donnant lieu à un dégagement d’hydrogène (mélangé de vapeur d’eau) moins rapide mais plus régulier et qui se maintient tel jusqu’à épuisement des matières premières.
- L’appareil « H-H » se compose (fig. 1) d’un générateur A, d’une contenance d’environ 4 litres, en acier, surmonté d’un col ample que l’on peut fermer par un poids C, muni sur sa face inférieure d’un disque de caoutchouc aspirant l’étanchéité de l’obturation.
- Un tube réunit le col et la partie médiane de la colonne de lavage D. A ce scrubber est imparti le rôle de retenir les impuretés qui souillent l’hydrogène produit dans A : émulsion du liquide alcalin, vapeur d’eau en grande quantité, hydrogène phosphoré, etc....
- Un réservoir d’eau élevé est mis en communication avec E, tuyau qui se termine à l’intérieur de la colonne par une pomme d’arrosoir perforée. L’eau se trouve ainsi distribuée en minces filets. Elle parcourt la colonne de haut en bas en cheminant par les mailles d’un grossier réseau métallique disposé en rouleau de telle sorte qu’il remplisse la cavité interne de la colonne sans laisser d’espace nuisible, où le gaz pourrait circuler sans lavage. La grande superficie due aux éléments du réseau, confère à ce dispositif simple une grande efficacité.
- Le D1' Ilelbig indique que pour obtenir un gaz
- Fig. i.
- Le générateur d’hydrogène H-II.
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- d’une grande pureté, 1/2 à 1 litre d’eau de lavage suffit par minute suivant la température du liquide admis en E à l’entrée de la colonne.
- L’eau chaude résiduaire abandonne le scrubbcr par la soupape hydraulique F et le tube de déversement L, tandis que l’hydrogène pur, froid et prêt pour l’usage, est recueilli en H. Les boues sont évacuées par le robinet IL On rince l’appareil après utilisation avec 2 ou 5 litres d’eau froide.
- La mise en service de l’appareil est très simple : des charges de réactifs sont préparées pour l’emploi et livrées telles quelles au poste utilisateur. On introduit dans A une charge de ferro-silicium composé de 75 gr. de matière en poudre et 65 gr. de matière en gros grains. On ajoute la charge de soude caustique en plaquettes correspondantes, soit 225 gr. Puis on établit le courant d’eau dans la colonne de lavage. L’appareil est alors prêt à fonctionner.
- Huit décilitres d’eau bouillante sont versés dans le générateur A que l’on ferme par le poids C. Le dégagement commence aussitôt.
- Avant utilisation, il est nécessaire d’attendre une ou deux minutes que le générateur soit purgé d’air par le courant du gaz dégagé.
- D’après l’inventeur, 10 à 20 minutes suffisent pour donner à un ballon de sondage du poids de 50 gr. la force ascensionnelle normalement requise, soit 100 gr. environ.
- L’appareil, tout en fer et très robuste, peut résister aux traitements les plus durs. Sa manipulation est simple et peut être confiée à un opérateur non pourvu de connaissances spéciales. Les fausses manœuvres mêmes n’offrent pas de réel danger. En effet, on peut fermer le robinet II de dégagement de l’hydrogène, ce gaz sera évacué par L avec l’eau de lavage et si la soupape hydraulique F offre trop de résistance à son passage, il soulèvera le poids C qui fonctionnera alors comme soupape de sûreté.
- En ce sens, l’appareil Ilelbig présente de grandes améliorations sur les appareils basés sur la même formule générale et utilisés encore actuellement dans certains ports d’attache de dirigeables, mais il est moins économique, donne un gaz moins pur, dont les postes de sondages météorologiques peuvent néanmoins se satisfaire.
- L’hydrogénite. — Très rapidement après la mise en œuvre de la réaction du ferro-silicium sur la soude caustique, on en vint à examiner si le prix de revient de l’hydrogène libéré ne serait pas réduit par l’emploi, comme produit basique, de chaux éteinte au lieu de soude caustique.
- En effet, on obtiendrait l’équation suivante :
- Si -F- Ca (OH)2-f-H20 = Ca Si O3-h 2IR
- Des expériences de laboratoire ont confirmé la réaction ci-dessus et montrent qu’en employant une partie de ferro-silicium à 92 pour 100 de silicium pour 2 parties 4/2 de chaux éteinte et 10 parties d’eau on obtient sans apport de chaleur une production de 0,043 m3 d’hydrogène pour 454 gr. de
- ferro-silicium. Théoriquement, dans les conditions de l’expérience, on devrait obtenir 0 m3 711.
- Mais, d’autre part, la chaux éteinte décompose le silicate de sodium avec production de soude caustique et de silicate de calcium suivant la formule :
- Na2 Si O3 + Ca (OH)2 = 2 Na OH + Ca Si O3.
- Si donc, on fait réagir du ferro-silicium sur un mélange de chaux éteinte et de soude caustique, il en résultera les réactions suivantes :
- ( 1 ) 2 Si2 Na OH+ 5 II20 = Na2 Si2 Os -F- 4112 (2) . Na2 Si3 Os -h Ca (OH)2 = 2 Na OH -+- Ca Si2 O3.
- Etant données ces égalités qui indiquent que la soude caustique est régénérée après avoir réagi en présence du ferro-silicium, il était indiqué d’éludier s’il ne serait pas possible de réduire la proportion de soude employée.
- Les expériences dont les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous ont montré que la production d’hydrogène à poids égal de ferro-silicium était beaucoup plus grande avec un mélange de soude caustique et de chaux qu’avec la soude caustique seule.
- Rapport du silicium Rapport Volume d’iiydro^èiu'
- à la soude du silicium libéré par l<s
- caustique pure. à la chaux. de ferro-silicium.
- 1 àÜ.426 1 àl,52 0?423
- Id. 4 à 2,72 0.451
- Id. 4 à 5,04 0.431
- Le mélange a été préparé industriellement par la Société l’Oxylithe sous le nom d’hydrogénite. Il contient 25 parties de ferro-silicium à 90-95 pour 100 de silicium, 60 parties de. soude caustique et 15 parties de chaux sodée.
- C’est une poudre grise, de densité apparente 1. Elle est généralement mise en vente sous forme de pains moulés. Dans ces conditions 1 kg dégage 800 litres d’hydrogène de force ascensionnelle atteignant 1.180. L’hydrogénité se conserve indéfiniment sans perdre ses propriétés, mais elle doit être stockée dans un endroit sec et en boîtes métalliques fermées.
- Un appareil a été mis au point qui pourrait être utilisé pour satisfaire les besoins particuliers que nous envisageons. La combustion a lieu en vase clos. La réaction est amorcée par chauffage ou par allumage d’une petite quantité de poudre spéciale inflammable à l’allumette et placée à une extrémité de la cartouche. La réaction se propage d’elle-même à travers la masse sans production de flamme. L’appareil est entouré d’un réservoir d’eau, récupérant pour la production de vapeur, la chaleur dégagée par la combustion des pains. Vers la fin de la réaction, la vapeur est admise dans le générateur où elle sert à accélérer la production et où son excès éteint la masse.
- Une cartouche de 50 kg met 10 minutes à se consumer.
- Des mélanges ont été également indiqués qui permettent un dégagement d’hydrogène à haute
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- température en absence d’eau; ils sont constitués par du ferro-silicium en excès, un agent oxydant et un hydrate. Par exemple, 20 parties de limaille de fer, 10 parties de chaux sodée et 6 parties de per-chlorate de potassium ou encore 20 parties de ferrosilicium à 75 pour 100 de silicium, 10 parties de litharge, 60 parties de chaux sodée composée pour les 2/5 de soude caustique, ou encore 20 parties de ferro-silicium, 5 parties de chaux, 5 parties de chlorate de potassium, 5 parties d’amidon.
- Ces derniers mélanges n’ont pas fait l’objet, que je sache, de réalisation industrielle, tandis que l’hydrogénite fut utilisée avant la guerre pour gm-11er des ballons de grande capacité.
- L’hydrure de calcium. — L’hydrure de calcium Call2 découvert par Moissan est une combinaison de calcium et d’hydrogène et joue avec l’eau le même rôle à l’égard de l’hydrogène que le carbure de calcium dans la fabrication de l’acétylène.
- Ca H2 -h- 2 H* O =* Ca (OH)2 + 2 IP
- Le procédé indiqué par Moissan pour préparer l’hydrure de calcium consiste à faire agir au rouge sombre de l’hydrogène pur et sec sur du calcium métallique qui absorbe à chaud un peu plus de 1 molécule d’hydrogène. *
- D’après M. Guntz (Annales de Chimie et de Physique, 1905), le procédé suivant de préparation de l’hydrure de baryum peut être appliqué à l’hydrure de calcium. Dans ce procédé, on électrolyse un bain de mercure en prenant comme anode une solution saturée de chlorure de baryum ou bien on fait agir sur l’amalgame de sodium une solution saturée de chlorure de baryum. De toute façon, on obtient un amalgame de baryum et l’on déplace ensuite le mercure par distillation dans le vide. On fait arriver l’hydrogène lorsque le baryum ne contient plus que 3 à 4 pour 100 de mercure.
- La réalisation industrielle a été effectuée par la Société l’Oxylithe qui met le produit en vente sous le nom d’hydrolithe.
- La fabrication se divise en deux phases :
- 1° Fabrication du calcium métallique. Elle a lieu par électrolyse du chlorure de calcium fondu. Le courant électrique nécessaire pour préparer 100 kg de calcium par 24 heures est d’environ 7800 ampères sous 40 volts.
- 2° Fabrication de l’hydrure de calcium. La préparation consiste à faire passer un courant d’hydrogène gazeux sur le calcium métallique chauffé à haute température. Le gaz est peu à peu absorbé et le métal se transforme en hydrure.
- Chimiquement pure, c’est une matière blanche, cristalline, sans dissolvant connu. Elle dégage 1140 litres d’hydrogène par kilogramme de matière.
- Préparée industriellement, elle titre environ 90 pour 100 de produit pur, le reste étant formé en majeure partie d’oxyde et d’azoture. Elle se présente sous forme de morceaux irréguliers, gris ardoise et libère environ 1000 litres d’hydrogène par kilogramme avec une consommation de 780 gr. d’eau. !
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- L’utilisation de l’hydrolithe a été envisagée pour la production de faibles quantités d’hydrogène. L’appareil le plus simple qui ait été conçu consiste en une sorte de sac en étoffe caoutchoutée muni d’un ajutage de dégagement du gaz et d’une sorte de col large, muni de deux ligatures permettant en quelque sorte d’écluser les réactifs, en vue d’éviter les pertes de gaz et de diminuer les rentrées d’air.
- L’expérience a été tentée avec des eaux polluées, de l’eau de mer, etc., le dégagement d’hydrogène s’est toujours effectué normalement, et l’appareil semble pouvoir donner entière satisfaction aux besoins que nous avons envisagés.
- L’hydrure de calcium permet une production importante d’hydrogène par rapport au poids des réactifs transportés. Le mètre cube de gaz produit aurait une force ascensionnelle de 1 kg 170 environ, pour un poids de réactif de 1 kg 000 4- 0 kg 780 = 1 kg 780-
- Dans un autre ordre d’idées, et nous nous permettrons cette digression en raison de l’intérêt qu’elle présente, si on employait l’hydrure de calcium au renflouement des dirigeables pendant leur navigation, avec de l’hydrogène produit à bord même du ballon, on augmenterait la llottabilité de l’aéronef de : 1 kg 170 4-1 kg 780 = 2 kg 950 pour chaque kilogramme d’hydrure et de quantité correspondante d’eau utilisés. Mais alors il y aurait lieu, étant donnée la destination du gaz produit, de prendre certaines précautions de fabrication. La quantité de chaleur dégagée par la réaction provoque une abondante formation de vapeur d’eau et il est très difficile d’éliminer l’ammoniaque qui souille l’hydrogène libéré (environ 5 lit. par mètre cube) et qui provient de la décomposition de l’azo-ture de calcium dont la formation semble inévitable pendant l’électrolyse du chlorure de calcium :
- Ca3 Az2 + 6 IP 0 = 3 Ca (OH)2 + 2 Az H3
- Mais, ces deux inconvénients disparaissent par lavage dans un scrirbber garni de spirales de cuivre, la vapeur d’eau se condense et l’ammoniaque, très soluble dans l’eau, disparaît dans le laveur.
- Un appareil a été breveté, dont le principe consiste à attaquer successivement et progressivement l’hydrolithe d’abord par le liquide ou l’eau, ensuite par le mélange de vapeur d’eau produite et de gaz dégagés dans le but de faire croître la proportion de gaz hydrogène au fur et à mesure que diminue la teneur en eau et vapeur d’eau et d’obtenir ainsi de l’hydrogène sec, pouvant être facilement refroidi du fait de l’absence de toute vapeur condensable. La quantité d’eau utilisée se rapproche ainsi de la quantité théoriquement suffisante.
- Une modification intéressante a été apportée au procédé par Bamberger, Bock et Wanz, ils remplacent l’addition d’eau par l’incorporation à l’hydrure de substances aqueuses ou contenant de l’anhydride carbonique : gypse, bicarbonate de sodium, etc.... (Brevet allemand n° 218257 de 1908 aux noms ci-dessus.)
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- Le dégagement de l’hydrogène s’obtient par simple chauffage à une température supérieure à 80° G.
- L’idée qui a conduit à la préparation de Fhydrure de calcium est plus séduisante encore si on l’applique au lithium :
- Li H2 4 fl* 0 = 4 Li 0 H + o H* Théoriquement 1 m3 d’hydrogène (à 760 m/m et 0° C) est produit par 0 h g 447 d’hvdrure et un litrê d’eau). „
- Mais la rareté du lithium rend la réalisation industrielle du procédé presque impossible dans
- l’état actuel de sa métallurgie ou des méthodes de préparation de son hvdrure.
- On voit, par ce qui précède, que des méthodes intéressantes existent pour produire de faibles quantités d’hydrogène, en vue par exemple de satisfaire aux besoins des postes de météorologie installés dans des régions isolées ou désertiques. Ces méthodes ne sont pas économiques, certes, mais elles sont simples, pratiques et ne nécessitent ni matériel compliqué ni connaissances spéciales, et dans bien des cas, l’économie doit être subordonnée à ces derniers avantages. Max Verneuii,.
- 3§'3si.^,§fc
- L’INONDATION ET LE DENOYAGE DES MINES DU NORD DE LA FRANCE
- Les installations des mines du nord de la France, situées à la surface du sol ont été bombardées par l’artillerie allemande quand elles se trouvaient dans l’intérieur de nos lignes ou détruites systématiquement par l’explosif, sans aucune nécessité militaire, quand elles étaient dans les régions occupées par l’ennemi. Les Allemands ont voulu s’attaquer aussi au gisement houiller lui-même. Le moyen le plus puissant qu’ils aient employé à cet effet fut l’inondation des galeries souterraines. Pour provoquer rapidement l’envahissement des eaux, il a fallu user de méthodes non seulement violentes, mais encore scientifiques. Il a fallu bien plus d’énergie encore et de science aux ingénieurs français pour épuiser quelque cent kilomètres cubes d’eau qui avaient envahi les couches de houille.
- Nous nous proposons de montrer comment l’inon-
- Exp/osifs
- ^Niveau
- puve/age^
- dation a été organisée, comment elle a été combattue et sera prochainement-Vaincue Z1).
- 1. On trouvera de très intéressants documents sur l’ensemble de la reconstitution des mines sinistrées dans diverses conférences faites par M. Cuvelctte, directeur général des mines de Lens au Conservatoire des Arts et Métiers, par MM. Parent, Georges et Stouvenot, ingénieurs en chef des mines, devant les sociétaires de l’Industrie Minérale.
- Monolithe artificiel imperméable
- Cuve la g*.
- Cuve/age
- intact
- Ga fériés
- Fig. i et 2. — A gauche, procédé de destruction du cuvelage employé par les Allemands ; à droite, reconstitution des cuvelages étanches.
- Galerie
- IllUW.W
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- L’INONDATION ET LE DÉNOYAGE DES MINES DU NORD.DE LA FRANCE 249
- Organisation de l’inondation des galeries souter raines. — On peut dire que le gisement houiller du Nord de la France repose au fond d’un immense lac souterrain qui menace constamment de l’envahir.
- Les assises du terrain carbonifère sont, en effet, séparées de la surface par un manteau de craie fissurée épais d’environ 1 50 mètres.
- Ce manteau perméable et fissuré est complètement imbibé d’eau et l’on voit que la pression de cette eau, au niveau du terrain carbonifère, atteint une quinzaine de kg par centimètre carré. Ajoutons que d’autres couches de calcaires viennent se glisser sous le gisement houiller donnant, passage à l’eau venue de la craie et que cette, eau y atteint, par l’effet de la grande profondeur, des pressions très élevées.
- Les puits destinés à l’extraction du charbon doivent donc traverser la craie .aquifère avant d’atteindre les couches de combustibles et leur creusement a été rendu très difficile par les eaux qui ne cessaient de les envahir. Il a même fallu renoncer dans quelques cas à parvenir jusqu’aux couches de houille. On a eu à faire face, dans d’autres cas, à des torrents d’eau qui déversaient dans le puits en fonçage jusqu’à 40 mètres cubes d’eau à la minute (aux mines de Yendin notamment).
- Les puits sont naturellement munis, jusqu’au niveau où ils quittent la craie et pénètrent dans les couches imperméables, d’un revêtement étanche
- ou « cuvelage ». Ces cuve-
- lages sont construits en maçonnerie, en béton, en bois
- ou en fonte. Malgré les soins consacrés à assurer leur étanchéité, il s’infiltre encore dans les travaux
- Fig. 3. — Une pompe centrifuge employée pour le dénoyage des mines du Pas-de-Calais. Cette pompe, construite par les ateliers de Jeumont, débite 240 m3 à l’heure à 3oo mètres avec moteur de 400 HP à 1450 tours.
- des quantités d’eau assez importantes et, avant la guerre, les mines du Pas-de-Calais devaient pomper en moyenne près d’une demi-tonne d’eau pour chaque tonne de charbon extraite.
- Pour provoquer l’inondation des mines du Nord de la France, il a donc suffi aux Allemands d’ouvrir des brèches dans les cuvelages. C’était parfois chose moins aisée qu’on ne pourrait croire ; car, dans bien des puits, on avait imperméabilisé le terrain crayeux dans les environs immédiats du cuvelage au moyen de carapaces de béton ou d’injection de ciment hydraulique sous pression. Il était donc nécessaire de disloquer cette carapace imperméable en même temps que l’on brisait le cuvelage. Pour exécuter ces destructions barbares, les Allemands firent apppel à des spécialistes et s’aidèrent des documents relatant les difficultés rencontrées par nos ingénieurs au cours du fonçage de leurs puits.
- Parmi les travaux qui révèlent avec le plus d’éclat le génie destructeur de nos ennemis, on peut citer l’inondation de la fosse n° 9 des mines de Courrières et celle de la fosse n° 8 des mines de Béthune. Cette dernière se trouvait dans les premières lignes allemandes à une distance de 500 mètres de la tranchée de l'e ligne. Des travaux importants y étaient, par suite, difficiles à exécuter.
- L’irruption des eaux y fut préparée de la manière suivante : des trous de sonde de 25 cm. de diamètre furent creusés à 1 m. du cuvelage et poussés à une profondeur un peu supérieure à 50 m. On les bourra d’explosifs à 2 niveaux situés respectivement à 15 m. et 50m. de profondeur. Des charges puissantes furent également
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- placées dans le puits au niveau de 40 m. et de 45 m.
- Ces profondeurs ne furent pas choisies au hasard. Les cuvelages métalliques sont d’énormes masses pesant, dans le cas que nous étudions, environ 10 tonnes par mètre courant. Il est indispensable de les ancrer solidement dans le terrain environnant. On y parvient en asseyant le cuvelage de distance en distance sur des anneaux pénétrant dans le terrain. Ces anneaux ou trousses constituent donc des parties spécialement importantes du cuvelage. Or, les 2 premières trousses avaient précisément été établies à 50 m. et à 40 m. de profondeur exactement aux niveaux des charges explosives. Quant à la profondeur de 15 m. où se trouvaient placées les premières charges du sondage dynamiteur, c’est précisément celle où, lors du creusement du puits, l’afflux d’eau venant de la craie atteignit sa valeur maxima.
- L’explosion eut lieu dans les derniers jours du mois de septembre 1917, plus d’un an avant l’évacuation du carreau de la fosse par l’ennemi. On jugera de la rapidité avec laquelle les travaux du fond furent noyés en se rappelant que l’une des brèches du cuvelage mesurait 5 m. de hauteur sur 2 m. de largeur et qu’au moment où la compagnie des mines de Béthune avait creusé ce puits (en 1891) la venue d’eau y avait dépassé 700 mètres cubes à l’heure.
- Ce travail d’inondation se compléta de lui-même par la création d’entonnoirs qui détruisirent la tête des 2 puits de la fosse et précipitèrent au fond un matériel considérable et notamment le chevalement et la machine d’extraction. Au mois d’octobre 1918 on ne retrouva à l’emplacement de la fosse que deux immenses entonnoirs pleins d’eau ayant l’un 25 m. et l’autre 16 m. de diamètre.
- Dans ce même puits et dans d’autres, des chargés d’explosifs furent placées non plus à l’extérieur du cuvelage, mais contre sa paroi interne. On les fixait aux extrémités d’une poutre dont la longueur était égale au diamètre du puits. Cette poutre était d’abord descendue verticalement, puis placée horizontalement suivant un diamètre, ce qui amenait les explosifs au contact de la paroi (fîg. 1).
- Dans certains cas (à la fosse n° 6 des mines de Lens), les irrégularités du niveau hydrostatique firent que les eaux débouchèrent à la surface et, débordant du puits, transformèrent.en lac la plaine .environnante.
- Organisation du dénoyage. — Le plan du dénoyage des mines fut organisé dès l’année 1917, bien avant leur évacuation par l’ennemi. Quand la victoire de 1918 libéra les carreaux des fosses, on mit à exécution un programme mûrement étudié et on n’eut qu’à amener et à installer un matériel spécialement commandé à cet effet.
- Citons à ce propos un beau trait d’énergie : M. Reumaux, Directeur général des mines de Lens, était resté dans la région envahie auprès des mines qu’il avait si puissamment développées et qui furent anéanties presque sous ses yeux. En 1917, il rega-
- gna la France libre en passant par la Suisse ; malgré son grand âge, il prit le temps de s’arrêter en Suisse pour commander une partie du matériel destiné à dénoyer ses puits. Il aura la satisfaction de voir bientôt sa compagnie reconstituée.
- Il était indispensable, avant de commencer l'épuisement, d’aveugler les brèches par où l’eau franchissait les cuvelages. C’était un travail d’autant plus difficile que beaucoup de ces brèches étaient elles-mêmes sous le niveau d’eau et que les terrains environnant les cuvelages étaient parfois disloqués par les explosions au point de n’avoir plus aucune consistance. Parfois même (à la fosse n° 9 de Cour-rières, entre autres), l’irruption des eaux avait entraîné dans le puits ces terrains et les immenses bâtiments qu’ils supportaient.
- Les opérations de dénoyage comportent donc deux séries de travaux successifs.
- a) Reconstitution des cuvelages étanches ;
- b) Epuisement des eaux.
- a) Reconstitution des curetages étanches. — Nous prendrons comme exemple, la fosse n° 8 des mines de Béthune dont il a déjà été parlé précédemment. Avant de reconstituer le cuvelage, on a dû combler l’entonnoir énorme qui avait arraché la tête du puits et consolider les terrains sur lesquels devaient s’appuyer le nouveau cuvelage et les massifs de comblement de l’entonnoir. On y parvint grâce à un emploi intensif du procédé de la cimentation.
- Les terrains n’étaient plus qu’un amas de petits blocs de craie baignant dans l’eau. On noya ces blocs dans d’énormes quantités de ciment hydraulique qui, se substituant à l’eau dans leurs interstices, fit prise et créa ainsi un vaste monolithe artificiel complètement imperméable à l’eau. Sur ce monolithe on put asseoir les plates-formes de maçonnerie supportant les installations de la tête du puits. On fit descendre les injections de ciment jusqu’à une profondeur considérable (environ 100 m.), de sorte que le monolithe imperméable enserrait à la fois les parties blessées du cuvelage et celles qui étaient restées étanches. De cette manière, les eaux remplissant le puits et la mine étaient complètement isolées du niveau aquifère imbibant la craie et l’on pouvait commencer à vider la mine (fig. 2).
- L’injection du ciment se- fit par des trous de sonde régulièrement espacés dans les terrains ébou-leux. Elle eut lieu presque exclusivement sous une pression de 4 à 15 kg par centimètre carré. On ne creusa pas moins de 125 sondages dont 24 ayant une profondeur de 17 m., 54 une profondeur de 25 m. et 24-descendant jusqu’à 85 et même 95 m. L’opération absorba près de 5500 tonnes de ciment. Elle fut si bien réussie que la venue d’eau dans le puits est tombée actuellement à quelques mètres cubes par jour.
- Dans leur ensemble les opérations de cimentai ion furent achevées vers la fin de l’été 1920 et c’est alors seulement que l’on put commencer en grand l’épuisement des eaux.
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- b) L'épuisement des eaux. — Au cours d’une opération qui porte sur des masses liquides aussi considérables, on peut dire que rien n’est facile. Il fallait :
- 1° Créer et installer des pompes capables de refouler l’eau à grande hauteur touten travaillant dans des conditions très difficiles à cause de l’humidité ;
- 2° Amener aux moteurs de ces pompes, fonctionnant dans*une région complètement désolée par la guerre, l’énergie électrique énorme nécessaire à leur fonctionnement;
- 3° Assurer l’évacuation des quantités d’eau considérables à extraire, dans un pays où les rivières étaient rares et peu importantes.
- Pour les seules compagnies de Lens, de Carvin et de Liévin, dont les travaux constituaient comme d’immenses vases communicants, on évaluait à environ 60 millions le nombre des mètres cubes d’eau qui remplissaient les travaux, dont 35 millions de mètres cubes pour la seule compagnie de Lens. Dans l’ensemble, c’était une centaine de kilomètres cubes d’eau qu’il s’agissait de renvoyer dans les rivières des Flandres. Signalons que la Souchez, une des rares rivières de la région, n’a qu’un débit de 30 litres par seconde à l’étiage et de 100 litres dans les conditions normales.
- Les pompes de dénoyage fonctionnent nuit et jour. Elles sont au nombre de 42 et permettent de remonter directement au jour l’eau venant de diverses profondeurs variant de 250 jusqu’à 375 mètres. Elles sont du type centrifuge et mises en mouvement par des moteurs électriques développant de 250 à 700 chevaux.
- La puissance totale des seuls moteurs des pompes dépasse 23000 chevaux. Les pompes sont descen-dues'^dans les puits au moyen d’un câble actionné par un cabestan électrique d’une centaine de chevaux qui leur permet ainsi de suivre les variations de niveau des eaux.
- L’ensemble de la pompe et de son moteur mesure une douzaine de mètres de hauteur et est représenté sur la figure 5. -
- Les gros modèles, avec leurs quelques accessoires (câble d’arrivée du courant alternatif à 52 000 volts et colonne de refoulement de l’eau), pèsent 80 tonnes, le poids d’une locomotive Pacific en ordre de marche sans sou tender. Le tout est suspendu au
- câble du cabestan. C’est là un matériel entièrement nouveau qui a été créé spécialement en vue du dénoyage.
- Le courant électrique nécessaire à un ensemble aussi puissant suffisait à légitimer la spécialisation d’un réseau de distribution réservé aux seules opérations de dénoyage. Ce réseau particulier fut construit peu après l’armistice. Il reçoit son énergie des deux centrales de la Compagnie des Mines de Béthune et de la Compagnie des Mines de Dourges. Les cinq artères principales qu’il comprend ont à elles seules une centaine de kilomètres de longueur.
- Pour l’évacuation des volumes d’eau considérables remontés par les pompes, il fallut construire à la surface du sol certains aqueducs spéciaux et élargir par endroits des rivières.
- Les résultats obtenus. — Il y aura bientôt 4 ans que l’armistice a été signé. Où en sont aujourd’hui les opérations de dénoyage1? Quand peut-on espérer les voir achevées ‘?
- Dans certaines mines, le dénoyage est pratiquement terminé. Dans la plupart, le niveau de l’eau s’est abaissé à une distance variant généralement de 250 à 400 mètres au-dessous de la surface. On a extrait environ 50 kilomètres cubes d’eau. Les dépenses faites s’élèvent à peu près à 150 millions de francs.
- D’une manière générale, on estime que la dépense totale que réclamera le dénoyage sera de l’ordre de 230 millions et que la quantité d’eau qui restait à extraire au début de la présente année n’était guère inférieure à celle qui avait déjà été extraite, soit à une cinquantaine de kilomètres cubes. On compte que les opérations seront terminées vers la fin de l’année 1925.
- Quand le dénoyage aura été achevé, il restera à accomplir une tâche plus lourde encore, la remise en état des galeries abandonnées par les eaux, et qui, sous l’influence de la pression des terrains, et à cause de la putréfaction et de la rupture des bois de soutènement sont presque complètement écrasées. Si l’on veut bien songer que c’est un immense labyrinthe, de 2200 kilomètres de longueur environ, qu’il s’agit de reconstituer, après l’avoir délivré des eaux, on appréciera comme il convient l'effort des Ingénieurs des Mines sinistrées du Nord de la France.
- Pii. Schereschewsky.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1922.
- Cultures en milieu pyruvique. — MM. Cainbier et Aubel ont opéré sur un milieu type, riche à 20 pour 100 de pyruvate de soude, avec des' colonies de bacille pyocyanique, de bacille fluorescent de Fliigge et de colibacille. Ils ont pu établir ainsi, comme l’avaient signalé
- Neuberg et Rewald, que le processus de dégradation des acides cétoniques par les bactéries diffère essentiellement de celui effectué par la levure. Pour l’acide pyruvique, ils ont marqué le stade intermédiaire : acide lactique, aboutissant au terme ultime : acide propionique. Paul B.
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- DANS L'IMPÉNÉTRABLE AFGHANISTAN
- C’est un pays auquel on fait peu de publicité, et qui n’en demande pas. Fermé pendant des siècles à la pénétration étrangère, il trie encore sur le volet les rares voyageurs admis à franchir ses frontières. Mais certains faits sembleraient indiquer que son « splendide isolement » commence à lui peser : depuis plusieurs mois, un agent diplomatique le représente en France, et, mémorable innovation, Paris compte désormais une colonie afghane, avec l’arrivée d’une cinquantaine de jeunes nobles qui suivent les cours du lycée Michelel. Le propre fds de l’Émir, prince héritier, fait partie de la colonie.
- Et c’est là, moins aux yeux du grand public qu’à ceux des personnes familières avec les questions orientales et islamiques, un événement considérable. Que le souverain d’un royaume aussi fermé, que le dernier survivant des potentats musulmans envoie son fils s’instruire en Europe, et qu’il lui ait choisi comme initiatrice la culture française, voilà qui prend l’ampleur d’un événement révolutionnaire et mondial.
- Comme nous ne faisons point ici de politique, nous nous contenterons de rappeler que le roi d’Afghanistan, S. M. Emanoullah Han, monté sur le trône en février 1919 à l’àgè de 27 ans, est un prince dont la belle intelligence naturelle s’est ouverte de bonne heure aux idées de progrès. Noblement ambitieux de modeler de nouvelles destinées à son pays, il s’empressa, dès son avènement, d’appeler auprès de lui d’éminents officiers turcs que l’armistice venait de libérer du service actif. À la tête de cette mission ottomane qui allait réorganiser l’armée, les hôpitaux et les écoles du royaume, se trouvait un sincère ami de la France, le Général Djémal Pacha, et c'est à son influence que nous devons d’avoir pour hôtes le fils de l’Emir et la fleur de la noblesse afghane.
- Je ne résiste pas au désir de conter ici une anecdote personnelle. Vers la fin de 1920, j’appris d’un voyageur américain que le nouveau roi était un fervent de la photographie, et je complotai aussitôt d’obtenir des preuves de son habileté. Je rédigeai ma supplique en anglais, en ma conviction que personne n’entendait notre langue dans toute l’étendue de son royaume.
- De longs mois s’écoulèrent, et je ne songeais déjà plus à ma folle démarche, quand le courrier des Indes m’apporta la réponse inespérée, sur grand papier orné des armes royales. La lettre était dactylographiée en un français impeccable, et une plume attentive avait ajouté les accents qui manquaient au clavier. J’ai su depuis, en lui serrant la main à Paris, que l’auteur de la missive était un vieil ami, le colonel Ismet Bey, aide de camp du général Djémal Pacha, et qui ne sait plus au juste combien de langues il parle et écrit !
- La lettre m’annonçait l’envoi prochain des royales
- épreuves. Elles n’atteignirent Paris qu’après s’être promenées à travers l’Asie Centrale, la République des Soviets et l’Allemagne. Nous en reproduisons ici quelques-unes, en avouant, non sans vanité, notre satisfaction d’apporter à La Nature une collaboration aussi illustre : celle d’un photographe dont le pouvoir absolu s’étend sur près de sept millions d’âmes !
- C’est là un chiffre approximatif, comme l’est aussi celui qui concerne la superficie de l’Afghanistan. On évalue son étendue à moins de 600000 km carrés, divisés en sept provinces. Kaboul, la capitale, n’a que 150000 habitants, et les deux autres villes d’importance, Kandahar et Ilérat, n’en comptent respectivement que 31000 et 20 000. Voilà qui nous indique déjà que la population est beaucoup plus rurale que citadine. De fait, elle est presque exclusivement agricole et pastorale, et l’industrie est familiale et primitive (tapis, tissage du poil de chameau, etc.), sauf à Kaboul, où fonctionnent quelques ateliers organisés par le souverain actuel (fabriques de chaussures, de savon, de drap, etc.).
- Nous ne pouvons donner qu’un rapide aperçu de l’histoire de l’Afghanistan fort peu connue jusqu’à la période moderne, ou, pour être plus précis, jusqu’au xvme siècle. Il partagea longtemps les destinées de la Perse, dont il était la Marche Orientale, et l’on attribue la fondation du Hérat et de Kandahar à Alexandre le Grand. Des ruines de monuments grecs se rencontrent dans la vallée de Kaboul, que suivit le conquérant macédonien pour atteindre la fameuse passe de Khiber et envahir l’Inde.
- La possession de cette grande route historique fit le malheur et le bonheur de l’Afghanistan. Il fut dévasté fréquemment par les hordes de barbares qu’attiraient les richesses de l’Inde : paF les Turcs (vie siècle), par les Arabes (vme siècle), puis successivement par Gengis-Khan, Timour et Baber. Mais, chaque fois, la population évitait le massacre en se réfugiant dans le formidable massif de montagnes qui recouvre tout le Nord et l’Est du pays, et elle en redescendait bientôt pour conquérir ses domaines et son indépendance.
- A leur tour, les Afghans se lançaient à la conquête de l’Inde, qu’ils dévastaient, ou même qu’ils occupaient. Parfois, sous la conduite d’un chef habile, ils étendaient leur domination jusque sur la Perse. Peuple guerrier et aventureux, ils jouèrent dans cette partie de l’Asie un rôle analogue à celui des Normands du moyen âge en Europe. Ils fondèrent des royaumes et des dynasties jusque dans le Bengale, s’établirent à Dehli, régnèrent sur l’Inde entière.
- Après une période d’anarchie et d’abaissement, ils connurent de nouveaux jours de gloire avec
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- = DANS L’IMPÉNÉTRABLE AFGHANISTAN 253
- l’avènement de la dynastie nationale des Douranis (1747), qui reconstitua la puissance afghane. Mais, dès les premières années du xixe siècle, le royaume se vit menacé dans son indépendance par les progrès de la Russie en Asm Centrale, et par les insatiables convoitises de l’Angleterre, qui projetait d’annexer l’Afghanistan à son Empire Indien.
- En 1859, une armée anglaise, forte de près de 20000 hommes, occupa Kaboul.
- Moins de deux ans plus tard, cette armée était anéantie par les Afghans révoltés ; un seul survivant échappa au massacre.
- A plusieurs reprises, l’Angleterre renouvela ses coûteuses tentatives, tandis que la Rv commença gri gnoter royaume par le Nord.
- L’écroulement de l’Empire des Tsars ne pouvait que consolider l’indépendance de l’Afghanistan, qui, d’autre part, a réglé récemment ses différends avec l’Angleterre.
- Le problème ethnographique apparaît passablement compliqué dans ce vaste pays.
- La raçe dominante est celle des Pahtos (ou Pathans),_ connus sous le nom d’Afghans. Partagée en de nombreuses tribus, dont les plus puissantes sont celles des Douranis et des Ghilzais, elle parle une langue iranienne (le pouch-tou ou pachtou), et habite les districts montagneux.
- On discute encore son origine ethnique, après avoir longtemps admis qu’elle appartenait à la grande famille sémitique. Ses traits physiques tendraient à prouver qu’elle est issue de mélanges entre des tribus touraniennes (turques) et des autochtones iraniens (perses). On évalue son nombre à plus de 5 millions d’âmes.
- Par leur importance numérique, les Tadjiks, au nombre d’un million, occupent le deuxième rang. C’est une race aryenne, qui devança probablement dans le pays les Afghans. Elle abonde surtout dans l’Ouest, mais forme partout la population des villes. Elle fournit la majeure partie des artisans et ouvriers.
- Les ïlazaras, Mongoles métissés de Turcs,
- habitent les hauts plateaux entre Hérat et Kaboul.
- Plus au Nord, vivent les U zbegs, qui sont des Turcomans.
- Dans les plaines désertiques du Sud, se rencontrent des tribus nomades, les unes aryennes, les autres sémitiques.
- Dans la partie septentrionale de l’Hindou-Kouch, les hautes vallées sont peuplées de Kafirs, mot persan qui signifie idolâtres.
- Ces tribus de belliqueux montagnards n’ont jamais été étudiées ; mais il est probable qu’elles appartiennent à la race aryenne.
- Converties à l’islamisme par les conquérants arabes, elles retombèrent plus tard dans le paganisme.
- Le colonel Is-met Dey m’a appris qu’elles retournaient progressivement à la loi du Coran. En parcourant une partie du Ivafiristan, il a rencontré des indigènes aux yeux bleus et aux cheveux blonds, et suppose qu’ils descendraient de soldats grecs, ce qui n’est pas invraisemblable.
- Ainsi que nous l’avons indiqué dans un article sur THindou-Ivouch, ce territoire du Kafiristan, presque entièrement inexploré, nous réserve probablement des surprises. Ismet Bey m’a signalé l’existence de « stations préhistoriques », cavernes dont les parois sont sculptées de dessins gigantesques. J’ajouterai que les plaines du Turkestan Afghan
- Fig. i. — Le château de Tchil Souloun, près de Kaboul.
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- 254 DANS L’IMPENETRABLE AFGHANISTAN
- présentent d’imposantes ruines qui solliciteront tôt ou tard l’attention des archéologues. Les légendes locales en font des temples du feu fondés par Zo-roastre.
- La petite ville de Balkh aurait été reconsruite par quatre civilisations successives, et l’ont pourrait la considérer comme l’une des plus vieilles cités de l’Asie et du monde.
- La religion dominante est le mahométisme sunnite. Les Afghans sont donc généralement polygames, et le dernier Emir (assassiné en 1919) possédait une centaines d’épouses. Avec ses idées modernes, le nouveau souverain s’est abstenu de suivre l’exemple paternel : il n’a qu’une femme. Rompant avec une autre tradition, qui veut que le beau sexe reste illettré, il avait choisi pour épouse une des rares princesses qui sussent lire et écrire le persan, qui est la langue littéraire de l’Afghanistan. Gomme son royal époux, la jeune reine est avide de savoir, et nous commettrons l’indiscrétion de révéler qu’elle figure personnellemeut parmi les abonnés d’une grande publication parisienne.
- Mais c’est Là une exception. La loi corannique est appliquée plus sévèrement en Afghanistan que dans tout autre pays musulman. Les femmes restent cloîtrées dans les harems ; elles n’en sortent que pour se rendre à la mosquée, et se cachent alors le visage et la tête sous un voile très épais. Cette règle est absolue dans les villes et les villages ; mais les tribus nomades laissent leurs femmes montrer leurs traits.
- Les écoles des bazars et des mosquées ne sont ouvertes qu’aux garçons, qui mènent de front, dès le jeune âge, l’étude et les exercices physiques. Dès leur dixième année, ils savent monter à cheval et tirer le fusil. Ils se marient de bonne heure : parfois à quatorze ou quinze ans. En général, ils ne voient la fiancée — une fillette —. que le jour du mariage, coutume qu’observent beaucoup de peuples asiatiques.
- L’instruction est encore rudimentaire. Les écoles sont dirigées par des prêtres (moullahs) qui, lorsqu’ils ont appris à leurs élèves à lire et à écrire le persan, et à commenter le Coran, sont au bout de leur rouleau. Les familles riches envoient parfois leurs fils s’instruire dans les collèges des Indes. Mais l’Afghan ne s’expatrie pas volontiers, ne fùt-ce que pour quelques mois. Jusqu’en ces dernières années, on citait comme un exploit extraordinaire le voyage en Angleterre qu’accomplit en 1895 un des oncles de l’Emir actuel.
- Une exception est digne d’être signalée. Depuis une quinzaine d’années, l’Australie possède une colonie de plusieurs centaines d’Afghans qui conduisent, à travers les déserts australiens, les caravanes de chameaux employées pour le transport des vivres et marchandises.
- Les Afghans mènent une vie primitive et saine. C’est aux exercices physiques et aux sports de plein air qu’ils demandent leurs distractions. La chasse,
- l’équitation, la lutte, la gymnastique, sont en faveur dans toutes les classes. De jeunes étudiants retour des Indes ont introduit le football à Kaboul. Les combats de béliers, de coqs et de cailles suppléent à l’absence de théâtres. Les troubadours qui chantent ou déclament des récits belliqueux sur les places publiques, sont toujours entourés d’une audience enthousiaste.
- La nourriture du peuple est presque exclusivement végétarienne : pain, fruits et légumes très variés, lait crû, lait aigre, fromage. Le riz, le mouton et la volaille ne figurent guère que sur la table des riches. Le thé, sucré ou non, est la boisson nationale, et l’alcoolisme n’est pas une plaie afghane. 1 .
- Les moutons du pays sont caractérisés par leur queue énorme, qui supporte une masse de graisse, produit que l’on emploie en guise de beurre. Les terres arables paraissent être d’une fertilité remarquable, car elles produisent chaque année deux récoltes : céréales (froment., orge, riz. millet) et légumineuses (haricots, pois, lentilles, etc.) Toutes les espèces d’arbres fruitiers (y compris la vigne) connues en Europe sont représentées en Afghanistan, et les voyageurs s’accordent à dire que leur rendement y est phénoménal. L’exportation aux Indes des fruits secs (pommes, poires, abricots, raisins, amandes, noix, etc.) forme, avec la laine et les peaux de mouton, la principale ressource du pays.
- Ses richesses minéralogiques sont peu connues, et pratiquement inexploitées, à la seule exception d’un gisement de quartz aurifère situé près de Iiandahar, que l’Emir fait exploiter par un ingénieur anglais. De faibles quantités de. pépites sont recueillies par les indigènes dans les sables de plusieurs torrents. Le cuivre et le plomb paraissent abonder dans certaines montagnes, et l’on a découvert dans le district de Farmuli du minerai de fer de qualité supérieure.
- L’Afghanistan est le seul pays asiatique qui ne possède pas une voie ferrée (le seul depuis que la Perse a inauguré les dix kilomètres de la ligne Téhéran-Shah-Abdul-azim). Il traite avec le même dédain le télégraphe. Cette hostilité s’inspire autant de la xénophobie de la population que de la crainte de faciliter l’invasion du pays par des armées ennemies. Nous devons ajouter que le royaume-ermite ne fait pas partie de l’Union Postale. La correspondance venant de l’étranger est concentrée dans une ville indienne voisine de la frontière. Le directeur de la poste afghane expédie les lettres à Kaboul deux fois par semaine par coureurs. La distance étant de 250 km. environ, elles n’atteignent la capitale — quand elles l’atteignent ! — qu’avec un délai decinq à six jours. Imprimés et colis attendent le départ d’une caravane.
- A l’exception de la brouette, les véhicules sont pratiquement inconnus. (Une autre exception nous est fournie par les 58 automobiles que possède le jeune Emir, qui passe pour être un excellent
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- « chauffeur »). Tout le transport des marchandises, comme aussi celui des voyageurs, s’effectue à dos de chameau ou de cheval. On emploie aussi quelques éléphants.
- Les routes de caravanes sont bien entretenues, et se prêteraient au tourisme automobile. Jusqu’en ces dernières années, le commerce était mis en échec par lés fréquentes attaques de bandes de brigands, surtout à la traversée des régions désertiques. Mais les troupes royales, réorganisées par les officiers du général Djémal Pacha, ont supprimé le banditisme.
- Le châtiment réservé aux brigands est effroyable : on'les enferme dans des cages en fer si haut perchées sur des poteaux que leurs amis ne peuvent leur apporter ni eau ni nourriture. La cage reste exposée à perpétuité près de l’endroit où se déroula l’attentat, même lorsqu’elle ne contient plus que des os tombant en poussière. C’est une impressionnante leçon de choses !
- Avant la guerre, ou plus exactement avant le triomphe des bolcheviks et la désintégration économique de l’ancien Empire des Tsars, les relations commerciales entre l’Inde et le Turkestan étaient très actives, et de gigantesques trains de 10001)0 à 120 000 chameaux assuraient les échanges entre ces pays à travers les montagnes afghanes.
- Maintenant, la seule grande route commerciale de cette partie de l’Asie est celle qui suit la vallée de la Rivière de Kaboul pour emprunter la Passe de Khyber.
- La traversée de cette célèbre passe est strictement réglementée. La route n’est ouverte que deux jours par semaine, le mardi et le vendredi, du lever au coucher du soleil. La matinée est réservée aux caravanes venant des Indes, et l’après-midi, à celles qui vont dans le sens opposé. Elles comprennent des milliers de chameaux et un nombre correspondant de chameliers et de guides armés. Celles qui viennent de Kaboul, poussent généralement devant elles d’énormes bandes de chevaux, que les Afghans vendent à la remonte anglo-indienne
- Fig. 2. — Le nain de l’Émir.
- et aux joueurs de polo. A la frontière, les agents de l’Emir inspectent rigoureusement toute personnes qui veut entrer dans le pays. Les conducteurs indiens doivent rebrousser chemin ; on les remplace par des soldats afghans.
- Nous avons indiqué que le régime politique est la monarchie absolue. Le roi possède une armée régulière, recrutée principalement parmi les Tad-jiks, citadins de race aryenne, et qui compte 98 000 soldats (dont 18 000 cavaliers). Ce sont ces forces permanentes que la mission du général Djémal Pacha est en train de transformer en armée moderne, et qu’elle a déjà dotées de plusieurs batteries d’artillerie de campagne.
- Cette armée royale peut s’appuyer, en cas de besoin, sur les malkis (ou territoriaux), troupes irrégulières que lèvent et organisent les grands vassaux ou gouverneurs de province, et qui constituent, en réalité, l’élément guerrier du pays, car elles se recrutent parmi les Afghans proprement dits, ou Pathans.
- Ce sont tous des musulmans fanatiques, des tireurs incomparables, et des batailleurs invétérés.
- Quand les tribus frontières, qui sont de leur race (Afridis, Maehouds, Waziris), se soulèvent contre les
- Fig. 3. — Palais royal de Djélal Abad.
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- Fig. 4.
- Le régiment modèle afghan, instruis par des officiers turcs.
- Anglo-Indiens — ce qu’elles font presque chaque année— des milliers de ces montagnards se joignent secrètement aux révoltés pour s’offrir les émotions de quelques semaines de guérilla.
- C’est là une réserve de forces combattantes indisciplinées, mais guerrières dans Famé, qui pourrait, le cas échéant, tripler au moins les ressources militaires de l’Afghanistan.
- Je ne crois pas trahir un secret en notant que plusieurs officiers de la mission turque se consacrent actuellement à l’instruction de ces malkis.
- Nous ne savons pas ce que l’avenir réserve à notre monde, si brutalement secoué par la 1 Grande Guerre qu’il n’a pas encore rétabli son 1 équilibre. j
- En particulier, nous ignorons comment se ter- j minera le drame asiatique, dont le prologue déroule ;
- déjà d’impressionnants prodromes. En condamnant à six années de réclusion ce Ghandi que des millions d’hommes appellent « le Christ de l’Inde », les Anglais auront-ils supprimé, ou relardé, ou précipité le dénoûment du drame?
- Personne ne doit souhaiter que l’Inde, par une révolte générale, ouvre ses portes à l’anarchie. Mais, si le fait se produisait, l’Afghanistan serait certainement appelé à jouer un rôle décisif dans le bassin de l’indus. Quand on le voit procéder fébrilement à la réorganisation de ses forces militaires, on serait tenté de dire qu’il sent le vent de ses destinées... (Q.
- Y. Fomu;\.
- 1. On pourra consulter utilement Jes ouvrages suivant : Autour de VAfghanistan, par le Commandant IKicili.ane de Lacoste, 1 vol., Hachette, Paris, 191G ; Constitution and Laws ofA fghanislan, par le Sultan Mohamed Khan, 1 v., Londres, 1910.
- Fig. 5. — Manœuvres d’artillerie. (Photographies de S. M. Emanoullah Han, Émir d’Afghanistan.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I aiiuke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- — N° 2533. 21 OCTOBRE 1922
- MŒURS CURIEUSES ET PÊCHE DU GOUJON MALGACHE
- Le petit, poisson que les Malgaches de l’Emyrne appellent « touhou », que les Sihanakas du Grand lac Alaotra nomment « débo », habile les rivières de la chaîne centrale de la Grande Ile et celles de la côte orientale; il appartient à la famille des Go-biidés et non à celle des Cyprinidés comme le goujon de France. Sa taille, son allure générale et l’excellence de sa chair lui ont valu de la part des résidents européens le vocable de goujon parce qu’il fait, comme le petit poisson des cours d’eau de la métropole, une friture estimée ; c’est là tout ce que ces deux espèces ont de commun.
- Dans la famille des Gobiidés, le goujon malgache appartient au groupe des Éléotris dont les nageoires pectorales restent séparées et ne sont pas soudées en disque comme chez les gobies ; il avait reçu à tort de Sauvage le nom d'Eléotris gobioïdes, que J. Pellegrin remplaça par celui d’E. Legendrei. Sa taille moyenne est de 8 cm; son poids moyen de 12 gr. ; les plus gros spécimens atteignent 12 cm et 25 grammes.
- Sur le marché de Tana-narive, où il provient dés marais et canaux du district, le « touhou » frais est peu abondant ; il représente le 1/10 en poids du poisson vendu. Il y ligure à tous les âges et toute l’année, la pêche étant libre en toute saison comme au temps de l’administration malgache. Le goujon nomadise dans les cours d’eau auxquels la déforestation a donné un caractère désertique; il fréquente davantage et en tout temps les marais et les canaux où il y a flore et faunule, et, à la saison des pluies, les rizières qui ne sont que des marais artificiels labourés, fumés, où la couche d’eau de 0 m. 15 à 0 m. 50, la végétation régulière et touffue de la céréale créent un milieu biologique extrêmement favorable au développement des
- Fig. i. — Le goujon malgache (Eléotris Legendrei),
- insectes et des entomostracés, dont il fait sa nourriture en été. Pendant la longue saison sèche, d’avril à novembre, le goujon se cantonne dans les marais et les canaux principaux du système aquifère.
- L’Éléotris est un poisson d’été, c’est-à-dire qu’il pond de janvier à février, été de l’hémisphère austral; il recherche presque exclusivement, pour y déposer ses œufs, au nombre de 2000 environ, les pieds d’un cypérus (Cy-perus lalifolius) appelé « hérane » en langue indigène ; il les fixe sur la face interne de la feuille formée en gouttière dans sa partie basse, le mâle se tient en permanence dans cette chambre et y monte la garde jusqu’à éclosion des œufs. En rassemblant les feuilles dans la main et en arrachant la plante, il m’est arrivé plusieurs fois de capturer le gardien avec la ponte.
- À défaut du cypérus à feuilles larges, l’éléotris pond sur les touffes de riz isolées dans les rizières en friche, si elles ont la profondeur nécessaire, 0 m. 30; je n’ai jamais trouvé son nid dans les rizières en culture. Sur l’une ou l’autre frayère, les œufs, en forme de ballonnets, sont groupés sur une aire de la'feuille et fixés par un court support autour duquel ils oscillent comme de petites bouées. Naturellement les Malgaches ignorent tout de la ponte/du goujon comme de celle des autres poissons.
- La sollicitude de l’éléotris pour ses œufs ne l'empêche pas, quelques mois plus tard, d’exercer son appétit aux dépens de ses semblables. Le développement de la mâchoire inférieure, très accusé chez lui, n’indique généralement pas des mœurs très douces ; de fait, le goujon n’est qu’un petit « pirate », ainsi que me l’ont montré de nombreux examens du contenu de son tube digestif. Pendant l’hiver il fait une grande consommation d’alevins de son es-17. - 257.
- Fig. 3. — Marais de Cypérus lalifolius {hérane), frayère préférée du goujon malgache. (Cliché J. L.)
- A' gauche? les mêmes grossis montrant l’embryon.
- 50’ Année. — 2’ Semestre.
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- 258 --- MŒURS CURIEUSES ET PÊCHE DU GOUJON MALGACHE
- Fig. 4. — Pecheau chalut à main dans une rizière après la récolte. (Cliché J. L.)
- pèce, âgés de 5 à 6 mois, longs de 25 à 50 mm.
- Le cannibalisme est la caractéristique de son régime [alimentaire hivernal. La victime est généralement avalée tète prémière; quand elles sont deux, ce qui n’est pas rare, elles sont disposées tête bêche dans l’estomac. La diminution rapide du cannibalisme en automne, puis la cessation complète à la fin de cette saison sont peut-être dues à l’absence de proies assez petites pour la capacité stomacale du petit cannibale.
- Pendant qu’il commet ces déprédations dans sa lignée, le « débo », que la perche attaque rarement, serait bien tranquille s’il n’avait sur terre un ennemi terrible, le Malgache, qui le capture sans souci de son âge et de sa taille et drague dans les eaux basses des alevins de 3 à 4 cm dont il ne faut pas moins de 200 pour une friture à l’usage d’une personne. L’ëléotris, heureusement pour la conservation de l’espèce, est apte à la reproduction à l’âge d’un an.
- Jusqu’à l’automne, la cavité abdominale du goujon est remplie d’une graisse blanche et line qu’il résorbe presque entièrement à cette époque, comme le zébu résorbe sa bosse et pour , la même raison, la disette. La saison pluvieuse et chaude est une nouvelle période d’abondance ; le goujon ne touche pas aux alevins de perche et de cyprin qui abondent dans les eaux qu’il habite, il préfère se nourrir d’insectes (vers de vase, larves de moustiques, noto-
- nectes, éphémères), rarement de crevettes et de vers de terre.
- Il n’est pas rare de compter dans son estomac 50 vers de vase, fréquemment 10 à 12, ce qui tient à ce que ces insectes vivent en colonies.
- Il visite fréquemment les rizières où il va faire des razzias d’insectes, mais il n’y séjourne pas. Si on l’y parque, ce que j’ai fait à titre d’expérience de rizipisciculture, il trouve le moyen de s’enfuir.
- Pêche. — On le pêche à la nasse fixe, au barrage mobile ou à la nasse traînante. Le dernier engin, petit chalut à main fait de brins végétaux serrés, est manié par les femmes dans les eaux peu profondes.
- Dans les rizières, le barrage mobile est formé d’un rouleau de chaume et d’herbes qu’on pousse d’un bord vers le bord opposé où on cerne le poisson, qui est en majorité du cyprin.
- Cette pêche se pratique quelque temps après la récolte du riz, avant l’asséche-ment des rizières.
- Le goujon est surtout consommé à l'état frais, mais on vend aussi beaucoup de « debo » fumé provenant du grand lac Alaotra où les marchands de Tananarive viennent l’acheter aux Sihanakas riverains de cette belle prairie aquatique.
- L’éléotris vit très bien en captivité, j’en ai conservé dans un bassin cimenté en leur donnant une fois la semaine quelques vers de terre. Ils perdent
- Fig. 6,. — Relèvement des nasses
- posées sur un barrage dans un canal d’irrigation, à Tananarive. (C.licbé J. L.)
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- LE VOL A VOILE —........ .......1 259
- en prison leur goût de cannibale, les gros ne mangent plus les jeunes qu’on met avec eux, leur malheur commun réalise « l’union sacrée ». Le pseudogoujon s’apprivoise très bien, il reconnaît son nourrisseur et lui fait face quand il approche; j’en ai gardé un pendant six mois dans un cristallisoir
- contenant moins de deux litres d’eau, il était dexrenii tout à fait familier; quand j’ai quitté Tananarive, je lui ai rendu la liberté en reconnaissance des observatipns qu’il m’avait permis de faire sur: la: psychologie des poissons.
- D1' .Jean Legexdre.
- LE VOL A VOILE
- Sachons copier la nature.
- Apres les exploits retentissants des Allemands à la Rhôn succédant aux nôtres, plus modestes, accomplis à Combegrasse, la question du vol sans moteur se pose à nouveau et se diffuse dans tous les milieux.
- Il est reconnu généralement que le vol à voile est pratiqué par les oiseaux. Ce phénomène n’est plus contesté.
- Toutefois l’opinion, décidément prudente, est loin d’admettre la possibilité de ce vol par tous les vents. Il y faut, affirme-t-elle, du vent ascendant.
- Quant au vol sans moteur de l’homme, il n’apparaît pas immédiatement réalisable, à moins de circonstances exceptionnelles.
- Non seulement ce vol serait limité par la nécessité d’un vent favorable, en terrain choisi ; mais le pilote lui-même y serait un obstacle, n’ayant pas encore acquis l’adresse et les réflexes de l’oiseau.
- Au surplus, l’étude du vol à voile ne saurait fournir le moindre enseignement applicable au vol mécanique, lequel procède de données bien différentes.
- Et d’ailleurs pourquoi copier la nature?
- A-t-elle inventé la roue dont dérivent le railway, la bicyclette, l’automobile qui ont si complètement transformé notre existence.
- Et n’avons-nous pas, en somme, réalisé le meilleur avion à moteur, issu lui-même d’expériences de planeurs?
- Telles sont à peu près résumées les objections élevées contre le vol à voile, dans cette nouvelle querelle des anciens et des modernes.
- Au fond, les uns et les autres sont d’accord.
- Il y a un malentendu.
- Essayons de le dissiper.
- Avant d’entrer dans le vif du sujet, débarrassons-
- Fig. 2. — Coupe d’aile voilière de marabout. (Leptoptilus crumenifer.)
- nous du préjugé le plus tenace, celui du vent ascendant.
- Bien qu’ayant observé, personnellement, des vols à voile par vent horizontal ou descendant, soit en mer, soit sur le continent africain, je passerai la
- s A rnmmmm mæsMmt
- B .
- Fig. /• — Buse en vol plané.
- plume à Mouillard dont les observations furent parfaitement sincères.
- En quelques mots pleins d’humour il dit son fait à la théorie un peu simpliste du vent ascendant : « Il a été souvent parlé de ce genre de courant d’air. On a mis sur son compte beaucoup d’explications qui, sans lui, seraient restées en détresse.
- Il est au reste d’un emploi commode dans le vol plané, car il simplifie tout.
- Avec le courant ascendant, il n’y a plus de difficulté d’ascension. Donnez-lui une certaine puissance et tout monte en l’air, même les pierres, même les toits des maisons. »
- Telle fut l’opinion de Mouillard.
- Est-ce à dire que l’oiseau n’utilise pas le vent ascendant?
- Il l’utilise le plus souvent possible. Mais encore faut-il qu’il le rencontre. Or, si ce vent existe parfois au-dessus des continents, il n’y en a pas en pleine mer.
- L’albatros, le goéland, qui évoluent à quelques mètres au-dessus des vagues, ne rencontrent guère que des vents horizontaux ou même descendants... et ils font d’excellent vol à voile.
- Ainsi, logiquement, doit pouvoir faire l’homme.
- A cette autre objection : « la nature n’a pas inventé la roue », il sera tout aussi facile de répondre :
- Si la nature n’a pas inventé la roue — la roue rigide — c’est parce que ce moyen, ou cette forme, n’était pas-nécessaire sur une planète couverte d’eau, dé" limon ou de forêts.
- Et si l’homme a été poussé vers cette invention, s’il a créé la roue motrice, c’est parce qu’il avait déjà trouvé et utilisé la route. Il se plaçait ainsi
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- hors des conditions où se trouvait à l’origine la nature elle-même.
- D’ailleurs est-il bien sur que la forme « roue » n’ait pas été créée par la nature?
- Il fallait à l’arbre géant qu’est YEriodendron an-
- Fig. 3.
- Coupe de l'aile voilière en vol.
- fractuosum un moyen simple de semer au loin sa graine.
- Celle-ci fut donc suspendue au centre d’une sphère de duvets qui, poussée par le vent, roulait avec légèreté sur ses pointes multiples eflleurant les étendues limoneuses. Ces duvets étaient hydrophobes pour résister à l’imbibition.
- Ainsi la roue transportait au loin la graine qui n’aurait pu se développer normalement à l’ombre de l’arbre.
- Cette sphère-roue porteuse, était même à double fin et — admirez ici l’ingéniosité de la nature — les duvets ou rayons étaient des tubes emplis d’air!
- Le moindre tourbillon enlevait notre sphère qui, dès lors, se comportait dans l’espace comme un vrai ballon sphérique.
- Mais revenons à nos planeurs voiliers.
- L’opinion oppose parfois l’avion sans moteur, déclaré sans avenir, à l’avion à moteur, seule formule pratique.
- C’est là une tendance que tout véritable ami de l’aviation doit s’empresser de combattre.
- Loin d’opposer l’une à l’autre ces deux conceptions, les chercheurs les rapprochent, et, vraiment, il ne saurait venir à l’esprit d’aucun d’eux de partir en guerre contre le moteur.
- Les raisons de cette attitude raisonnable font précisément l’objet même de la présente élude qui est écrite, nous l’avons dit, pour dissiper les j malentendus.
- C’est la surface actuelle de l'avion que les chercheurs critiquent et désirent modifier.
- La surface seule et non pas le moteur, lequel au contraire devra être étudié sans relâche et poussé jusqu’à l’extrême puissance.
- La surface d’avion actuelle. — On trouvera dans La Nature du 14 août 1920 ces lignes qui étaient la conclusion d’un article sur le « vol à voile » :
- « Notre industrie aéronautique n’a pas dit son dernier mot et, s’inspirant des principes du vol à voile, elle va, sans doute, doter de nouvelles ailes notre aviation naissante. »
- Qu’a fait depuis lors notre industrie aéronautique?
- Elle est restée au fond de l’impasse où elle s’était engagée en 1908. Avec ses surfaces rigides, un peu
- simples, tirées par un moteur, elle a obtenu quelques résultats intéressants. Mais aussi au prix de quel gaspillage! Gaspillage de force motrice surtout, entraînant tout un cortège d’autres gaspillages dont la résultante fut et — est encore — le coût énorme des transports aériens.
- Tel est le bilan après quatorze années de travaux !
- Certes, la nature se fut montrée plus ingénieuse.
- Et précisément, au point de vue aviation, elle le fut en effet et nous le démontre assez souvent.
- Il suffit d’assister au vol à voile d’un « Gyps Riip-pel » ou d’un marabout (Leptoptilus crumenifei’), de ce dernier surtout dont le poids atteint une dizaine de kilogrammes et dont l’envergure dépasse souvent 3 mètres !
- Le vol de ces magnifiques oiseaux, silencieux, régulier, puissant et cependant sans battements, sans aucun travail dépensé, ne saurait évoquer même de loin, l’impression pénible de l’effort que produit la translation lourde de nos avions déchirant l’atmosphère dans un vrombissement infernal !
- Rien de plus instructif que ce spectacle offert par la nature et aussi rien de plus propre à ramener l’homme vers plus de modestie.
- Et quelle simplicité dans les moyens !
- Pour avancer, l’oiseau voilier se sert de la résistance de l’air; il s’appuie constamment sur les forces aériennes; il est poussé par elles, ces forces se combinant avec la pesanteur même. Il existe une énergie interne de l’oiseau qui annihile les résistances frontales.
- L’avion, au contraire, voit grandir ces résistances auxquelles il se heurte de plus en plus brutalement en raison même de sa vitesse, en sorte que sa propre vitesse lui devient un obstacle à la pénétration. Quoi de plus illogique?
- L’oiseau voilier possédant à tout instant une vitesse-acquise, ne saurait subir la perte de vitesse.
- L’avion ne la subit-il pas?
- L’oiseau voilier ne peut ni se cabrer, ni piquer.
- L’avion possède-t-il cette stabilité?
- Voilà, n’est-ce pas, bien des imperfections dans l’œuvre de conception humaine !
- La surface d’avion actuelle est, sans doute, beau
- Fig. 4.
- Un héron en vol.
- coup plus le fruit de l’imagination que le résultat de découvertes.
- Cependant l’homme peut-il arguer que c’est loin des œuvres naturelles qu’il chercha son modèle?
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- LE VOL A VOILE
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- Dans la forme générale, rien ne ressemble plus à un oiseau voilier qu’un avion monoplan. La ressemblance s’accentue si l’avion est en vol.
- Donc, quoi qu’il en dise, et tout en restant de bonne foi, l’homme a subi une tendance vers l’imitation de la nature. Je connais maints constructeurs qui l’ont tout simplement copiée.
- Mais, pressé d’obtenir de la machine aérienne le meilleur rendement — possible par l’amélioration du moteur — l’homme a négligé l’objet même de sa copie, c’est-à-dire l’aile et il s’est contenté d’une ressemblance « approchée ».
- Il a fait une mauvaise copie.
- La surface peut s’améliorer. — Oui, l’homme a fait de l’oiseau une bien mauvaise copie dont se ressent depuis trop longtemps la construction des surfaces.
- Mais ces surfaces peuvent s’améliorer.
- C’est pourquoi, aujourd’hui, les observateurs sincères viennent — après de nombreux avertissements restés vains — dire aux constructeurs :
- « Suivez attentivement les essais de vol à voile, vous y puiserez des idées touchant l’amélioration de vos surfaces. » ai/e Fauase
- 11 est hors de doute,
- en effet, que ces pla- Fig. 6.
- neurs voiliers, livrés à leur propre pesanteur
- tracteurs qui ont lutté valeureusemeut et donné à la France de 1914-1918 une aviation victorieuse.
- ai/e Fauase
- ai/e vivante
- dans l’atmosphère, doivent un jour prochain reproduire le vol à voile des oiseaux
- Quand cette preuve nous sera fournie, l’aile nouvelle, l’aile victorieuse, pourra être utilement copiée par les constructeurs qui dès lors, indifféremment, fourniront au public avions à voile et avions à moteurs.
- Tous les appareils posséderont la même aile qui produira le vol économique grâce à sa propre conformation.
- Le mauvais modèle. — Il faut reconnaître que le métier de constructeur n’est pas facile.
- La réalisation d’une idée originale, c’est souvent le saut dans l’inconnu, avec tous les aléas qui peuvent se répercuter sur la vie même de l’entreprise.
- C’est surtout en aéronautique qu’on ne saurait
- Fig. /. — Coupe de la main ou fouet.
- x, composante sustentatrice;
- y, composante retardatrice.
- être trop prudent, du moins en tant qu’industriel. Ces considérations sont à l’avantage de nos cons-
- Fig.5.
- a, angle positif; b, angle nègatit.
- Et puis il y a la question du modèle.
- Les constructeurs ont certainement eu l’occasion de jeter les yeux sur les oiseaux voiliers dits « naturalisés ».
- Peut-être ont-ils pensé, jadis, qu’ils avaient là de bons modèles à reproduire.
- Ils ont vu un oiseau empaillé, les ailes étendues dans l’attitude du vol plané. Ils ont remarqué la forme de gouttière présentée par la surface
- inférieure de l’aile.
- Plusieurs observations furent faites ainsi sur ces oiseaux aux y' L—.— -----------muscles raidis, aux ré-
- r miges figées par le for-
- ai/e vivante mo}
- Or, je puis le dire, rien dans ces modèles ne rappelle l’aile voi-lière vivante si ce n’est générale et tout à fait superfi-
- x'
- une ressemblance cielie.
- Voici (fig. 1) une gravure représentant une buse en vol plané; je puis certifier que la forme des ailes est parfaitement inexacte.
- Tel fut pourtant le genre de modèles soumis jusqu’ici à nos réalisateurs ! ! !
- Et comment s’étonner du dépit qu’éprouva un jour ce Parisien qui voulait assister au planement d’un vautour empaillé. Il le jeta par la fenêtre, ailes étendues dans la position du vol à voile ; mais, ô surprise, le vautour alla s’écraser sur le bec, dans la rue, après une brève trajectoire! ! !
- L’aile voilière vivante, bon modèle. — J’ai parlé tout à l’heure du marabout. C’est parce que c’est un modèle merveilleux d’oiseau voilier.
- Tout le monde connaît — du moins de réputation — ce bel oiseau qui fournit les plumes délicates, mousseuses, dénommées « marabout » dans le commerce.
- Nous allons l’examiner, vivant.
- Et d’abord étirons son aile.
- Nous remarquons une torsion du bras, sur son axe, suivie de celle de l’avant-bras. Tout au bout, la main, dans laquelle sont implantées les rémiges primaires, forme avec l’axe longitudinal du corps un angle positif accentué.
- Les rémiges implantées dans le bras sont plus faibles, plus souples, plus larges que les rémiges
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- 262 ----- : LE VOL
- implantées dans l’avant-bras. Ces dernières le sont plus encore que les rémiges de la main ou fouet
- Fig. H.
- D, poutre cloisonnée; V, contreplaqué fixé par des rivets ou collés ; p, point, en arrière de la poutre D, où s’exercent les poussées de l’air; v, vent; v', air en détente sous le bord de fuite.
- qu’on pourrait comparer à de grands couteaux, des couteaux arqués.
- Si l’on place l’oiseau sur le ventre — ailes étendues — et. qu’on exerce, de bas en haut, par conséquent sous l’aile inférieure, une pression égale en tous points, on constate une déformation de l’aile; chaque rémige réagissant avec une intensité différente de celle de sa voisine.
- Si on fait une pression dirigée de haut en bas, sur le bord môme d’attaque, on remarque aisément que par leur extrémité les fouets ou rémiges primaires s’opposent à cette pression en prenant fortement appui sur la table. Tandis que, au contraire, les rémiges de l’avant-bras et surtout celles du bras pendent mollement.
- D’où celte distinction faite entre les groupes de rémiges :
- 1° Le fouet ou main (rémiges primaires);
- 2° L’aile* voilière (rémiges du bras et de l’avant-bras).
- Au repos, la surface inférieure de l’aile présente la forme d’une gouttière, d’un véritable canal, constitué d’un côté par la membrane alaire antérieure a (fig. 2), et d’autre côté, par les rémiges r formant la surface Y qui complètent en arrière la forme concave.
- On comprend que rien ne serait plus propre à égarer les chercheurs que la forme si curieuse de cette surface à la condition qu’elle fut lîxée selon la coupe de la figure 2.
- Une bonne dose de formol en injection dans les muscles et voilà notre modèle rendu indéformable dans sa fausseté... une fausseté statique, car, en vol, le modèle change de forme !
- Déformation de l'aile en vol à voile. — Examinons le marabout dans l’acte de vol à voile.
- Tout est changé ! La gouttière a disparu. L’air n’est plus retenu par le bord postérieur qui s’est relevé selon la figure 3, où l’on voit que la surface postérieure V de l’aile voilière fait, avec latrajectoire, un angle négatif et s'efface au vent horizontal v dont elle est abritée par la membrane antérieure fixe a.
- Les mains, ou fouets, conservent leur incidence
- A VOILE . . ..........
- positive — quoique atténuée — par rapport à la trajectoire.
- Cette aile vivante n’a plus, en vol, aucune ressemblance avec l’aile rigide des naturalistes.
- Je donne (fig. 4) une gravure représentant un héron naturalisé, fixé dans l’altitude du vol à voile. Les ailes sont placées dans une position anti-naturelle.
- Dans le croquis au-dessous le même oiseau est dessiné en position naturelle.
- On remarque sur la gravure (1) la « gouttière » formée par la surface inférieure V, sur la ligne AB. Cette gouttière a disparu sur le croquis (2).
- On conviendra qu’il y a une différence!
- Cette différence est plus sensible encore si l’on représente en coupe l’aile vorlière vivanle à côté de l’autre, toutes deux dans la position du vol (fig. 5).
- Par là, il est facile de juger des écarts que les formes défectueuses ont pu engendrer, surtout si l’on compare entre elles leurs composantes (fig. 6).
- Nous avons : pour l’aile fausse, une composante sustenlalrico x et une composante retardatrice y, tandis que l’aile voilière vivanle donne naissance à une Composante sustentatrice x' et une composante propulsive y .
- Celte constatation peut donner à réfléchir aux constructeurs.
- J’ajouterai que les forces issues de la main ou fouet ne sont pas modifiées. Dans l’un et l’autre cas elles restent celles représentées figure 7.
- Voilà donc prise sur le vif notre aile naturelle, celle qui aurait dû guider nos travaux dès 1907.
- C’est celle-là qui sert de modèle aux actuels tenants du « vol à voile » et que finira bien par copier — dans ses principes — notre industrie aéronautique, laquelle n’a pas, je pense, dit son dernier mot....
- Mais il faut savoir copier la nature....
- Aile nouvelle d’avion. — Se basant sur ces principes, il est facile de concevoir une aile d’avion soit qu’elle doive servir à un planeur voilier, soit qu’elle soit destinée à un avion muni d’un moteur. C’est la même surface.
- J’en donnerai donc un croquis. N’étant pas inven-
- Fig. 9.
- C, arbre de commande de la main ou fouet.
- teur je n’ai d’autre ambition que de fixer les idées.
- Pour le planeur voilier, je proposerai donc une aile souple, légère, comportant une poutre creuse
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- LA FILATURE DU COTON
- unique, formant bord d’attaque, de la forme de la figure 8.
- A cette poutre creuse D est suspendu le pilote, soit dans un fuselage, soit sur un simple siège.
- Voilà l’aile voilière.
- On remarquera que les pressions de l'air se font en arrière des points d'attache de l'aile sur le longeron unique (poutre D), exactement comme sur l'oiseau voilier.
- Passons à la construction de la main ou fouet.
- Elle est commandée par le pilote. Elle sera donc fixée à un arbre — creux — qui peut être placé dans l’intérieur de la poutre T), par exemple comme ceci (fig. 9) :
- La main sera en contre-plaqué, comme l’aile voi-lière, mais plane. Le contre-plaqué sera un peu plus épais et robuste, quoique présentant un bord d’attaque très tranchant. Un « sandow » placé sur la commande même devra ramener cette surface à f angle positif par rapport à la trajectoire de l’appareil.
- Pour être utilisée sur un avion à moteur, la surface décrite ci-dessus devra être renforcée en plusieurs de ses parties.
- Il est facile de concevoir divers dispositifs qui, tous, seront susceptibles de reproduire les attitudes de l’aile vivante.
- L’essentiel est de ne pas s’écarter des principes du vol à voile qui — dans la construction — se traduisent par les caractéristiques suivantes :
- = 263
- 1° Mode de suspension de la masse à un longeron unique formant bord d’attaque ;
- 2° Déformation de l’aile pendant le vol (deux incidences).
- N’oublions pas que le vol à voile est l'effet de la conformation spéciale de l’aile, en réaction sur les forces vives du vent.
- Conclusion. — 11 importe qu’on cesse d’opposer lune à l’autre l’aviation à voile et l’aviation à moteur. Utilisant la même aile elles auront la même destinée.
- En d’autres termes, c’est grâce aux recherches entreprises sur le vol à voile que va s’améliorer l’aviation à moteur. Quant au moteur lui-même dont les forces ne seront plus gaspillées, il a devant lui le plus brillant avenir, car on ne saurait limiter sa puissance.
- Nous allons vers une aviation toute neuve, économique et pratique, dont tout le monde profitera. Avant une année, nous verrons des « vélivoles » sillonner les airs :
- Aviettes-vélivoles mues par des pédales, comme la bicyclette; Moto-aviettes-vélivoles dont le moteur sera emprunté à la motocyclette; Avionnettes et avions vélivoles aux gros moteurs.
- Tous ces engins, pourront faire du vol à voile, c’est-à-dire voler économiquement et loin, grâce à l’aile nouvelle, reproduction de l’aile vivante, Ce chef-d’œuvre de la nature dont nous avions fait une si mauvaise copie. Henri Liurette.
- LA FILATURE DU COTON
- Du coton brut au fil de coton.
- La filature, ou transformation en fils des diverses matières textiles susceptibles de donner des étoffes par le tissage, a dû s’opérer, pendant des siècles et des siècles, à l’aide de la quenouille, sur laquelle était fixée une certaine quantité de cette matière textile, généralement alors de la filasse de chanvre ou de lin, et du luseau, que les doigts: de la fileuse faisaient tourner, et autour duquel s’enroulait le fil qu’elle tirait peu à peu de la quenouille et tordait entre ses doigts.
- Ce fut, évidemment, une prodigieuse invention que celle du rouet, qui parut à une date indéterminée, mais existait déjà au xme siècle, si l’on en croit ce curieux passage d’un fabliau recueilli par Jnbinal :
- « Et les dames et les puceles, qui souvent sont encolorées, appareillies et mirées, et atfublées au rouet. »
- C’était, ce rouet, une petit machine rotative mise en mouvement par .le pied, au moyen d’une pédale et d’une manivelle; il possédait une broche et une bobine, avec mouvement différentiel, celle-la tournant à plus grande vitesse que celle-ci, et provoquant la torsion du fil tiré de la quenouille par la fileuse avant son enroulement sur U bobine. Il
- contenait, en germe, et très simplifiés, les principaux organes de nos métiers modernes à filer, et son apparition dut constituer une véritable révolution.
- Ce rouet n’était, et n’est encore employé, en quelques contrées, que pour le filage du chanvre, du lin et de la laine. Le coton ne fut connu que beaucoup plus tard, et ne fut guère introduit qu’au xvie siècle en Angleterre, où il fut filé et tissé à la main jusque vers la seconde moitié du xvme siècle. Le premier métier à filer fut inventé par Thomas lliglis, qui l’appela Jenny, du nom de sa fille, et fut plus connu sous le nom de « Jenny la Fileuse (Spenning Jenny). Il servait à filer la trame et la chaîne. Highs inventa ensuite le « throstle » ou métier continu, qui pouvait également filer la chaîne et la trame.
- Quelques années plus tard, Crompton imagina la nmle-Jenny, et, grâce à l’invention des machines à vapeur, la filature du coton prit un développement considérable en Angleterre, où la première filature à vapeur fut montée à Nottingham, en 1785,. et fut le point de départ de celte industrie si importante aujourd’hui chez nos alliés.
- Dès l’année précédente, c’est-à-dire en 1784, un
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- LA FILATURE DU COTON
- Fig. i. — Hall d’arrivée des balles de coton. .
- Ces balles, pesant de 200 à 240 kg, sont déposées dans un immense hall.
- industriel d’Amiens, Martin, avait fondé au Moulin-de-rÉpine, près d’Arpajon (Seine-el-Oise), une filature mécanique de coton, qui fut la première de France. La Révolution, malheureusement, arrêta l’essor de cette industrie, qui ne recommença à se développer que sous le Consulat et l'Empire, et notamment de 1802 à 1806, grâce à l’intelligente impulsion de Richard et de Lenoir-Dufresne. C’est en 1802 que fut fondée en Alsace, à Wesserling, la première filature mécanique de coton. Un grand nombre d’autres filatures étaient créées, à la même époque, en diverses localités de France. Enfin, en 1817, MM. Nicolas Schlumberger etCie fondaient la première filature de fil fin, et, malgré la terrible crise qui, après les événements de 1814 et 1815, et la libre introduction des tissus anglais de coton, provoqua l’arrêt de nos industries et causa la ruine de Richard, connu alors sous le nom de Richard-Lenoir, nos filatures 11e tardèrent pas à se relever et à se développer.
- Le traité de Versailles, en nous rendant l’Alsace-Lorraine, a considérablement augmenté le nombre de broches mises en œuvre dans nos filatures françaises. C’est dans une des plus grandes filatures d’Alsace que nous conduirons nos lecteurs pour les faire assister aux différentes phases de la transformation en fils des balles de coton expédiées d’Amérique.
- Opérations de contrôle. — Ces balles de coton fortement comprimées ont la forme d’un parallélépipède rectangle d’environ 1 m. 5 X0 m. 65 X 0 m. 60, et pèsent de 200 à 240 kg. Elles sont enveloppées d’une toile grossière et cerclées
- de liens de fil de fer. Entassées dans un immense hall à leur arrivée à l’usine (fig. 1), elles font l’objet,après la pesée de contrôle, d’une prise d’échantillon. Cet échantillon est examiné surtout au double point de vue de la longueur des fibres et de la propreté. Ces fibres, toujours fort courtes, comparativement à celles du lin et du chanvre, peuvent avoir de 1 à 32 mm. Mais les libres de moins de 25 mm sont plus rares et la longueur de ces fibres varie plutôt entre 25 et 32 mm donnant une moyenne de 25 à 30. Même dans ces conditions, ce sont des fibres courtes, ce qui explique les difficultés de la filature du coton.
- Ouvrage. — Les balles vérifiées et contrôlées vont subir l’opération de l’ouvrage. Nous avons vu, en effet, que le coton arrive à l’usine fort comprimé. Il est, de plus, souillé d’un grand nombre de matières étrangères : poussières, débris de graines, etc. Il faut donc « ouvrir » ce coton, c’est-à-dire le décomprimer, et éliminer ces impuretés. Pour cela, les balles de coton, au nombre d’une vingtaine généralement, et provenant de différents lots, sont amenées dans la salle du mélange, où se trouve le brise-balles, et débarrassées de leurs liens et enveloppes.
- On ouvre ensuite chaque balle, c’èst-à-dire on replie la couche supérieure vers l’arrière et l’on opère le triage des balles d’après la propreté et la longueur des fibres. Pour faire un mélange, il faut tenir compte de la sorte des filés à produire. Pour les chaînes fines, on emploie les cotons fins, nerveux et de longues soies, et les fibres plus courtes
- Fig. 2. — Brise-balles.
- Ces machines décompriment le coton, le nettoient sommairement et l’envoient aux étages supérièurs.
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- pour les chaînes et trames plus grossières. Un lot de coton, en effet, contient généralement des balles de longueurs de soies assez différentes.
- Le triage terminé, on fait passer au brise-balles les balles devant servir à constituer le mélange. Pour cela, l’ouvrier soulève alternativement une couche de chaque balle pour l’introduire dans le brise-balles et le mélange se trouve ainsi opéré automatiquement.
- Le brise-balles est une machine (fig. 2) qui, au moyen de toiles sans lin, munies de palettes et de pointes fixées à des traverses en bois, ouvre ces couches, c’est-à-dire, si l’on peut employer cette expression, décomprime le coton et lui rend sa légèreté et son volume, cependant qu’un ventilateur aspire les poussières. Le coton se débarrasse déjà ici d’une partie de ses grosses impuretés : graines par exemple, en frôlant à la sortie du brise-balles les barreaux d’un grillage.
- Le brise-balles est généralement placé au rez-de-chaussée. Le coton ouvert est monté et distribué, au premier, par un élévateur et une toile sans lin qui le déverse, automatiquement, suivant la longueur de sa fibre, dans l’un des nombreux et immenses casiers à claire-voie destinés à cet usage, et dont on aperçoit un angle sur la figure 5.
- Le coton est empilé dans ces casiers qui ont généralement, chacun, une centaine de mètres cubes. Il y est repris par des ouvrières et fourni à des machines, appelées « chargeuses et ouvreuses préliminaires » (fig. 3) qui continuent le travail commencé
- Fig. 4. — Ouvreuse principale (système Crighton), à gauche;
- batteur intermédiaire, au centre; batteur finisseur, à droite.
- Ces machines battent le coton, le nettoient, et le mettent en rouleaux.
- Fig. — Chargeuse et ouvreuse préliminaire. L’ouvrage et le nettoyage du coton sont continués par cette machine.
- au rez-de-chaussée par le brise-balles, c’est-à-dire qui, elles aussi, rendent au coton sa légèreté et son volume, et le débarrassent de ses impuretés : graines, petits cailloux, feuilles et poussières.
- Battage. —Le coton qui a passé aux chargeuses et ouvreuses préliminaires est envoyé ensuite aux « batteurs » au nombre de trois, qui portent les noms d’ « ouvreuse principale » ou « batteur étaleur », « batteur intermédiaire » ou « batteur tripleur » et « batteur finisseur » (fig. 4). Ces trois machines coitiportent, en principe, une toile sans fin sur laquelle est déposé le coton à travailler, et qui le conduit aux cylindres alimentaires, au nombre de deux, aux axes parallèles, tournant en sens inverse à la façon des cylindres de laminoir, et qui entraînent le coton entre eux. A sa sortie de ces cylindres, la nappe de coton est soumise à l’action de lames d’acier, tournant avec une grande rapidité autour d’un axe, qui le battent violemment de façon à en séparer les brins et à continuer l’expulsion des matières étrangères. Ainsi divisé, le coton est aspiré par deux tambours perforés qui le portent à un autre système de cylindres lamineurs, à la sortie desquels il subit un second battage à l’aide des lames du volant, après quoi le coton est mis en nappe et enroulé autour d’un axe, formant ces gros cylindres de 900 mm de haut sur 420 mm de diamètre, et pesant 15 à 14 kg, que montre notre figure 4.
- Les trois batteurs font le même travail, mais, aux deux derniers passages, on fait généralement un doublage de quatre rouleaux, ce qui sert
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- à égaliser le mètre courant de nappe quant au poids.
- Cardage. — Un examen sommaire des rouleaux venant des batteurs pourrait laisser croire que le coton y est parfaitement pur et homogène. Il n’en est rien cependant. Il contient encore quelques fines impuretés, et il s’y trouve des paquets, des nœuds de fibres enchevêtrées. C’est le cardage, auquel il va être soumis, qui va enfin l’épurer complèlement et l’homogénéiser, enlevant les filaments trop courts, appelés duvet, redressant et parallélisant les fibres, et transformant la nappe en un ruban d’un poids donné pour une certaine longueur.
- La cardage n’est autre chose qu’un passage de la nappe entre des cardes, ou surfaces placées en face l’une de l’autre, et garnies d’aiguilles courbes disposées en sens contraire. C’est, en somme, l’opération que font subir à la laine les cardeurs de matelas.
- La carde, en principe, comprend tout d'abord deux cylindres parallèles, dits cylindres al imen tair es, tournant en sens inverse, entre lesquels est engagée l’extrémité de la nappe, et qui l’attirent pour la fournir au briseur, sorte de gros cylindre dont la garniture est constituée par un ruban d’acier taillé en dents de scie qui se place dans une rainure en spirale pratiquée autour de ce cylindre. Ce briseur tourne à grande vitesse et projette les duvets et autres impuretés de la nappe à travers les barreaux d’un grillage qui entoure lè briseur dans sa partie inférieure. La nappe ainsi ouverte est projetée ensuite vers le grand tambour horizontal, hérissé de pointes recourbées qui l’accrochent et J'entraînént. Sur ce tambour, et parallèlement à une partie de sa périphérie, tourne le chapeau de. carde, for nié de lamrs articulées, hérissé, lui aussi, de pointes recourbées disposées, en sens contraire, de celles du tambour et mainlenues parallèlement à la distance voulue du tambour. Les filaments de coton, entre ces pointes, sont rendus rectilignes et parallèles.
- Le grand tambour, qui tourne a grande vitesse (150-180 tours par minute) rend le coton au pei-gneur, sorte de tambour de diamètre plus petit tournant lentement, garni également d’aiguilles recourbées en sens inverse de celles du tambour, et disposé à l’avant de la carde.
- Un peigne oscillant à grand nombre de coups (1200) dégage du peigneur le coton qui en sort sous la forme d’une nappe vaporeuse et légère, presque aussi ténue qu’une toile d’araignée et enfin débarrassée à peu près des dernières impuretés. (Ce n’est qu’en peignant le coton qu’on arrive à l’en débarrasser entièrement, ainsi que des fibres courtes.)
- Cette nappe arachnéenne, attirée par deux cylindres, pasœ par un entonnoir. Elle en sort sous la forme d’un ruban qui va s’entasser dans un pot tournant, cylindrique et de forme haute, où il s’enroule.
- Étirage. — Pour donner au ruban plus d’homogénéité, pour redresser encore ses filaments et les
- rendre plus parallèles, ce ruban va maintenant passer à l’étirage. En même temps qu’a lui, et de façon à compenser les variations de poids qu’ils pourraient présenter, on fait subir la même opération à d’autres rubans. Généralement, ces rubans travaillés ensemble sont au nombre de 8, réunis dans une sorte d’entonnoir (fig. 6).
- Us passent entre 4 paires de cylindres recouverts de drap et de cuir, tournant à des vitesses différentes et toujours plus grandes à partir de l’arrivée des rubans. C’est cet accroissement de vitesse entre la première paire de cylindres et les paires suivantes qui produit précisément cet étirage. Celui-ci a pour but de parallé-liser encore les filaments et d’affiner le ruban.
- Chaque passage comprenant en même temps un doublage de rubans, on donne à cette machine le nom de « doubleur étireur ». Si l’on songe que le nombre des passages aux étirages est généralement de trois, et qu’à chaque passage 8 rubans ont été réunis en un seul, on en conclut aisément que le ruban définitif obtenu est formé de la réunion de 512 rubans primitifs. Cette simple constatation donne une idée de l’homogénéité qui a pu être réalisée.
- Filage. — jusqu’à présent, les filaments de coton ne se tiennent encore que par suite des pressions qu’ils ont subies, et ils ne forment qu’une agglomération de fibres parallèles auxquelles on donne communément le nom de ruban. Ce ruban,
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- Fig. 6. — Batterie de doubleurs èlireurs.
- Les rubans donnés par les cardes sont doublés et étirés sur ces machines.
- maintenant, va subir, aux bancs à broches, une j qui ont pour but de le doubler, de l’étirer et de série de passages, généralement au nombre de trois, ] l’affiner encore, tout en lui faisant subir une légère
- Fig. 7. — Bancs à broches {en gros).
- Les rubans sont étirés et tordus, et transformés en mèches enroulées sur bobines.
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- 268 =.::: . . =r LA FILATURE DU COTON
- Continu ’’ à broches inclinées pour filer la trame.
- Fig. 8. — Métier à filer
- érosion destinée à lui donner plus de résistance, et à lui permettre de supporter les opérations subséquentes. Dès qu’il a été soumis, sur le banc à broches, à cet étirage combiné à la torsion, le ruban prend le nom de « mèche ».
- Après avoir subi trois fois l’action du doubleur étïreur, le ruban qui se trouve dans les pots d’étirage est porté aux bancs à broches qui, à Mulhouse, aux usines Schlumberger et Cie, sont au nombre de 77 ; 9 bancs en gros,-18 intermédiaires et 50 bancs en fin.
- Au premier passage, c’est-à-dire au banc en gros, le ruban des pots d’étirage est transformé en mèche qui est enroulée sur bobines (fig. 7). Ici, nous avons donc simplement étirage et torsion, car on ne double pas au banc en gros.
- Ce n’est qu’aux deux passages suivants, au banc intermédiaire et au banc en fin, que l’on pratique un doublage de deux bobines, combiné avec étirage et torsion.
- Les bobines provenant du passage précédent sont placées sur les râteliers du banc suivant et fixées sur des brochettes qui permettent aux bobines de se dévider..
- Un banc à broches est une machine fort complexe dont il serait trop long de donner une description. Nous dirons simplement que le :ruban au banc en gros et les deux mèches réunies aux bancs intermédiaire et
- fin viennent passer entre 5 cylindres étireurs pour être affinés. Ruban ou mèches ainsi étirés passent dans une ailette creuse qui, placée sur une broche verticale, tourne à une vitesse de rotation uniforme, transmise par l’arbre moteur, et qui donne à la mèche la torsion nécessaire.
- La bobine sur laquelle se renvide le coton est placée sur la broche verticale qui porte l’ailette. On lui imprime également une vitesse de rotation qui varie à chaque couche avec l’accroissement de son diamètre. C’est la différence entre le nombre des tours de l’ailette et de la bobine qui produit le renvidage de la mèche délivrée par les cylindres étireurs.
- La mèche se renvidant au sortir de l’ailette sur
- Coton brut changé ( gua/tté inferieure) HkJfPpt-* ; 'WmLilz* -wr il Coton bout (çua/ife ordinaire) Rou/eau de Carde {3^èsbSfiîîP7 auJ Ruban Calant, nasseûè aux artreqeé )
- y ’ Ruban , - - en gros -intermègiaire-, - .«Jp F,n‘fh
- - Mèche de Ban&.a 'Broches <~f'
- Fig. 9. — Transformation en fils des balles .de colon brui. Coton aux phases successives du travail.
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- EXPLOSION PROCHAINE POUR L’ÉTUDE DE LA PROPAGATION DU SON 269
- la bobine inférieure, il est évident que cette bobine doit se déplacer, dans le sens vertical, et pour chaque tour de la bobine, d’une longueur égale au diamètre de la mèche. Ce mouvement est obtenu à l’aide d’un chariot horizontal sur lequel reposent toutes les bobines du banc, et qui est animé d’un va-et-vient vertical permettant, le renvidage par spires contiguës.
- D’autre part, le diamètre de la bobine augmentant, a chaque couche, d’une longueur égale à deux fois le diamètre de la mèche, la vitesse de rotation de la bobine doit évidemment diminuer au fur et à mesure et en proportion de son diamètre. La vitesse du déplacement du chariot donnant à la bobine son mouvement vertical de va-et-vient doit enfin diminuer au fur et à mesure que le diamètre de la bobine augmente et que, par conséquent, sa vitesse de rotation diminue. Tous ces mouvements sont réalisés dans le banc à broches dans des conditions suffisamment précises par l’emploi de deux cônes combinés et du mouvement différentiel. Ce seul aperçu montre la complication de ces machines dont nous n’avons pu que décrire très succinctement le fonctionnement en ce qu’il a d’essentiel.
- La mèche tordue et affinée à chaque passage a atteint, après le troisième passage au banc à broches, la régularité et la finesse voulues. La torsion que l’on est forcé de donner à ces mèches de préparation n’est qu’accessoire. Il faut que la mèche ait suffisamment de résistance pour permettre à la
- bobine de se dévider du râtelier au cylindre étireur.
- Les mèches de coton venant des bancs à broches sont transformées ensuite en filés par un dernier étirage et une torsion déterminée aux métiers à filer « Selfacting » ou sur métier continu.
- Au Selfacting (renvideur), les différentes opérations du laminage, de la torsion et du renvidage en canettes ou bobines se font successivement. Dans les métiers continus (ring-throstles) ces opérations s’opèrent simultanément. Nous verrons, ultérieurement, comment ce fil est transformé en tissus.
- On sait qu’un titrage français adopté en 1878 au cours d’un Congrès tenu à Paris a décidé que le numéro d’un fil de coton indique le nombre de kilomètres de ce fil pour un poids constant de 500 gr. Le fil n° 5, par exemple, a donc une longueur de 5000 m. aux 500 gr. Pour donner une idée des progrès accomplis par cette industrie, nous dirons simplement que la production annuelle d’une broche en chaîne 28, qui n’était 'que de 4 kg 500 en 1815, pour atteindre 10 kg 65 en 1835, 18 kg en 1865, dépasse aujourd’hui 20 kg.
- Cela permet d’imaginer ce que peut être la production d’une filature comme celle que. nous venons de visiter, et, à plus forte raison, ce que peut être la production d’une province entière, comme l’Alsace reconquise, qui possède, dans toutes ses filatures réunies, environ 1 742 500 broches donnant du travail à 22 500 ouvriers et ouvrières.
- Georges Lanorville.
- UNE FORTE EXPLOSION PROCHAINE POUR L’ÉTUDE DE LA PROPAGATION DU SON
- À l’occasion des grandes explosions, on a constaté plusieurs fois des anomalies dans la propagation du son (zone d’audibilité, zone de silence, nouvelle zone normale d’audibilité au delà de 100 à 160 km.).
- Souvent il est évident qu’il y a une corrélation nette entre ces anomalies et la situation atmosphérique (vent, gradient vertical de la température) mais faute d’observations suffisantes, dans la plupart des cas, on n’a pas pu appliquer quantitativement les lois physiques qui gouvernent la propagation du son. Dans d’autres cas, il semble difficile d’expliquer complètement les phénomènes observés par les conditions existant dans la partie inférieure de l’atmosphère, sans utiliser ce qu’on sait de la constitution de l’atmosphère dans ses plus hautes régions.
- Les. deux théories principales proposées pour . l’explication des phénomènes sont celle de l’inflexion de la surface ondulatrice sous l’influence du vent et de la variation de température (Rayleigh, Stokes) et celle de la réfraction des ondes sonores par la variation en hauteur de la constitution de l’atmosphère (v. d. Borne, Wegener). Les objections théoriques contre celte dernière théorie ne sont pas tout à fait convaincantes. Récemment on a fait remarquer de divers côtés que la diffraction du son doit entrer dans la discussion.
- Dans ces circonstances la solution du problème ne
- semble guère possible sans une étude expérimentale de la propagation du son après une explosion prévue, effectuée à un moment choisi et annoncé d’avance.
- En outre, une expérience de cette sorte ouvre en même temps la possibilité d’arriver à ces conclusions sur les conditions atmosphériques à des hauteurs inac cessibles aux explorations aérologiques.
- C’est pour ces raisons que la Commission internationale pour l’exploration de la haute atmosphère, sur la proposition de M. de Quervain, a chargé une sous-commission, composée de MM. van Everdingen, Fujiwhara, Jaumotte, Maurain, Oddone et de Quervain, d’essayer d’organiser une telle explosion (Q.
- La commission, après avoir élu M. de Quervain président, s’est adressée à divers ministères de la guerre pour obtenir leur collaboration dans le cas de destruction obligatoire d’explosifs. La première réponse favorable est venue du Ministère de la Guerre des Pays-Bas.
- Quoique la proximité de la mer et l’impossibilité de trouver un terrain favorable dans la partie méridionale de ce pays diminueront peut-être la valeur des résultats, la commission a accepté volontiers d’occasion de com-
- 1. C’est surtout M. Oddone cjui a attiré l’attention sur l'importance d’obtenir des résultats pour l’étude des tremblements de terre en utilisant les explosions.
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- mencer son travail, convaincue que cel exemple sera suivi par d’autres dans des régions plus favorables.
- La date ne pouvant- être fixée longtemps à l’avance, si l’on veut profiter des circonstances météorologiques les plus favorables, elle vient d’établir le programme suivant, qui sera exécuté dès que les préparations nécessaires auront été terminées : l’Institut Météorologique Royal des Pays-Bas choisira un jour favorable (si possible, haute pression atmosphérique dans l’Europe centrale et occidentale) et indiquera le moment choisi un jour d’avance par télégraphe aux bureaux météorologiques et sismiques voisins, qui le communiqueront au public par la presse et la T.S.F. (après les dépêches météorologiques collectives).
- Les divers bureaux météorologiques recueilleront ensuite les observations de leurs réseaux et les transmet! ront au Bureau Central à De Bilt, qui les coordonnera et en publiera un résumé, avec les résultats préliminaires. Les données complètes seront à la disposition de tous ceux qui voudraient entreprendre la discussion scientifique.
- Pour ceux de nos lecteurs de la Belgique et du Nord de la France qui voudraient collaborer à cette expérience en notant ce qu’ils observeront au moment de l’explosion, voici les données établies parla Commission internationale.
- Sur le champ d’exercice de l’artillerie, à Oldebroek, près de la ville de Zwolle (endroit exact ou 1 Paris = 5°59'25" ; À — 5°59'40"E ; p = 52°29'56"), on fera exploser à 19 h. 50 (temps de l’Europe occidentale) 3000 à 10 000 kg de perchlorate d’ammonium. Cette explosion sera précédée à 19 h. 25 d’une explosion plus petite portant sur une masse de 500 kg.
- On prendra soin d’enregistrer aussi exactement que possible le moment de l’explosion.
- On recommande les observations suivantes :
- a) Observations personnelles ou instrumentales du son, possibles probablement dans certaines directions jusqu’à 250 km. (Cuxhaven, Hannover, Coblence, Binant, Ostende).
- Noter :
- 1° L’heure exacte (au moins à la seconde) lue sur de bonnes montres, dont la correction a été déterminée peu après ou avant l’observation et, quand il ne s’agit pas de montre de précision avec marche connue, aussi le jour avant ou après (comparaison avec les horloges d’observatoires astronomiques, signaux horaires par T.S.F.) L’indication de la précision obtenue sera très appréciée.
- 2° Direction d’où semble venir le son (azimut et distance du zénith).
- 5° Intensité du son_: 1. Presque inaudible même pour un observateur prévenu. 2. Assez audible. 3. Audible même pour un observateur imprévu. 4. Assez fort. 5. Fort inquiétant. 6. Effrayant. 7. Accompagné de tremblements (fenêtres, portes). 8. Faisant impression de tremblement de terre.
- (Il importe d’observer que dans la zone anormale d’audibilité les tremblements 7, parfois même 8, peu-
- vent arriver sans accompagnement d’un son appréciable) .
- 4° Caractère du son. Dédoublement, prolongement, durée des intervalles.
- 5° Le temps pendant l’audition [vent (force et direction), état du ciel, direction des nuages, température de l’air |.
- La constatation qu’un observateur attentif situé à l’intérieur du cercle de 250 km. n’a pu rien ouïr est importante.
- b) . Observations aérologiques.
- Vu qu’il est nécessaire de connaître les condilions atmosphériques au moins jusqu’à la hauteur de la stratosphère et que le succès des sondages et l’endroit où les ballons-sondes atteindront leurs hauteurs normales ne sont pas connus d’avance, il est désirable de choisir une surface un peu plus grande (rayon de 400 à 500 km.) pour les observations.
- Les observations, désirées, aussi près que possible du moment de l’explosion, sont :
- 1° Des ascensions de ballons-pilotes, de ballons-sondes ou de ballons captifs (cerf-volants, aéroplanes) aussi haut que possible;
- 2° Des observations de la direction et de la vitesse des nuages.
- Il va sans dire que des observations de la surface pourraient suppléer les observations aérologiques.
- A l’intérieur du cercle de 200 à 250 km., des observations du son en ballon libre seraient également très intéressantes.
- c) Observations sismiques.
- Les stations sismiques sont priées d’observer avec toute la précision possible le moment d’arrivée des ondes sismiques ou des ondes sonores transmises par l’air, et si possible de mettre en fonction des appareils spéciaux de grande sensibilité.
- Dans divers cas, on a enregistré des explosions à l’aide de sismographes jusqu’à une distance de plusieurs centaines de kilomètres (par exemple à de Bilt, les ondes sonores de l’air avec les sismographes Wiechert (V =180) et Galitzine, lors de l’explosion de Kent (distance 350 km) et de l’explosion du nord de l’Angleterre, d’octobre 1917 (distance : environ 5u0 km.) ; les ondes terrestres : lors de l’explosion d’Oppau, en septembre 1921 (distance 370 km.). Les instruments à agrandissement modéré (100 à 200) et vitesse d’enregistrement ordinaire (1 à 2 cm. par minute ne peuvent donner que peu de détails; c’est avec les instruments comme le pendule de 17 000 k. G. de Wiechert à Gottingen ou les instruments Wiechert-Minlrop, qu’on obtient les meilleurs résultats.
- L’installation d’instruments de ce dernier type, pas trop loin de l’endroit de l’explosion, et de chronographes dans le voisinage immédiat serait très désirable. On s’attend à une vitesse apparente des ondes dans le sol de 5 à 6 km. par seconde et dans l’air de 540 à 250 mètres par seconde. A. B.
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- Séances de juillet 192a.
- L'ohm international. — Depuis 1910, à la suite de la conférence de Washington, la plupart des laboratoires étrangers ont construit de nouveaux prototypes mercuriels de l’unité de résistance. Les étalons français, établis
- en 1884 par Raoul Benoît, ont été repris par ce dernier qui, assisté de MM. Jouaust, Maudet et Pérard, a pu achever le montage de dix tubes qu’on vient de comparer deux à deux. Dans la note présentée par M. P. Janet,
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- LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE L’AMÉRIQUE
- ce savant indique que les différences entre les valeurs mesurées par les méthodes électriques et celles qu’on peut déduire des dimensions géométriques n’excèdent pas deux-cent-millièmes.
- La cuisson des produits céramiques. — En opérant avec des fours électriques comprenant une résistance formée soit d’un fil métallique, soit de charbon granulé, M. Albert Granger a constaté que le carbone qui teinte parfois la porcelaine en gris peut être transformé en acide carbonique par de l’oxyde de carbone, d’après la réaction CO2 + C = 2C0, facilitée probablement par la nature poreuse des produits à cuire et des matériaux composant le four.
- La présence du cobalt et du nickel dans la terre arable. — Les recherches de MM. Maquenne et De-inoussyont. déjà indiqué des teneurs assez importantes en cuivre et l’application de leur méthode « au zincate de calcium » a montré à MM. G. Bertrand et Mocragnatz que,
- contrairement à ce qu’on croyait, le cobalt et le nickel, ne sont pas localisés, en grande profondeur, dans l’écorce terrestre. C’est ainsi que de la terre de Pantchevo, près de Belgrade, contenait par kg : Og. 0028 CO et 0 g.0156 Ni, alors qu’un échantillon provenant du jardin de l’Institut Pasteur a fourni, pour cette môme quantité (L000 gr.) : 0 g. 0057 CO et 0 g. 0,74 Ni.
- A propos de certaines lampes à trois électrodes. — Dans ces appareils (anode, cathode et grille intermédiaire) où le courant est transporté par des ions, une douzaine de volts suffit à faire passer des centaines d’ampères; mais on ne saurait les utiliser comme les lampes où le courant est transporté par des électrons. La note de M. Maurice Leblanc indique quelques applications telles que la transformation d’un courant continu en courant alternatif de fréquence élevée ou la transformation d’alternatifs de fréquence élevée en courants de môme nature de fréquence usuelle et variable à volonté.
- Paul B.
- LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE L’AMÉRIQUE
- Ilf. — Le Mexique.
- Nous avons vu déjà que les chaînes côtières du Pacifique sont interrompues par un grand accident perpendiculaire au méridien et qui a été bien près d’ouvrir à la navigation le canal de Panama sans attendre l’insuffisante collaboration de M. de Les-seps.
- La zone montagneuse ne disparait pas pour cela, mais elle est déviée de plusieurs centaines de kilomètres à l’Ouest, avant de reprendre son allure générale au Nord.
- Comme il arrive en petit dans les mines, la déformation est accompagnée par un étranglement ; ici cet écrasement est représenté par les petits états de Panama, Costa-Rica, Nicaragua, Honduras, Guatemala et même par la partie Sud du Mexique. C’est seulement à la hauteur de Vera Cruz que le groupe montagneux reprend toute son ampleur.
- Il forme alors trois chaînes importantes qui se prolongent au delà des frontières du Mexique, pénètrent dans les Etats-Unis, et arrivent au Canada en commençant à se rapprocher, en raison de la réduction progressive dé distance entre les méridiens voisins; puis aux limites extrêmes de l’ancienne Amérique Russe, elles subissent une nouvelle inflexion très brusque vers l’Ouest.
- De pareils plis sont toujours accompagnés de fissures de la croûte terrestre, et il n’est pas étonnant que cette gigantesque déformation ait offert des passages jusqu’à la zone plutonienne, formant des cheminées volcaniques aussi nombreuses que puissantes, autour desquelles la métallurgie infernale travaille à outrance, et doit produire en abondance les intéressants comburants!
- Cependant, ici comme dans l’Amérique du Sud, les montagnes, fort riches en fdons métallifères, n’ont pas laissé entre elles et le Pacifique de grandes places pour dépôts sédimentaires, ni formé des plis anticlinaux transverses pour mettre les vieilles couches combustibles à la portée des avides mineurs.
- Les émanations hydrocarburées ne semblent connues actuellement que du côté oriental de la zone montagneuse, région où les terrains stratifiés descendent avec quelque lenteur sous la mer des Antilles : on travaille depuis quelque temps au Nicaragua et au Honduras avec de bonnes espérances, mais c’est plus au Nord, au bord du Golfe du Mexique, qu’on a obtenu des résultats très remarquables.
- Deux centres principaux se sont révélés auprès des ports de Tuxpan et de Tampico et c’est là que de grands sondages allant jusqu’à près de 1000 m. ont fait jaillir des flots de naphtes suffisants pour menacer le pays d’une inondation d’huile ; on a essayé d’arrêter ce torrent en le recevant dans des bassins, mais dans quelques cas on n’a pas trouvé d’auLre moyen pour éviter le débordement que de mettre le feu à ces lacs... quand ils n’ont pas flambé spontanément.
- Plusieurs puits ont été bouchés, d’autres se sont calmés... relativement... car il y en a parmi eux qui débitent dans les 100 000 barils (de 160 litres) par jour : cette brusquerie de production intense a provoqué une extraordinaire perturbation du marché des pétroles et de la navigation qui ne suffit pas pour enlever la production actuelle.
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- Mais il y a eu ensuite une panique en sens contraire : certains puits, au bout de quelques mois de marche intense, se sont mis à débiter des torrents d’eau salée avec ou sans mélange de pétrole : on se demande maintenant si l’avenir de ces gisements n’est pas très limité.
- Pour répondre à cette question il faudrait connaître mieux les conditions de cette précieuse production, et savoir ce que donneront les futures explorations : car les districts desservis par les ports de Tampico, Tuxpan, Port Mexico ne sont pas les seuls en travail et nous considérons comme probable que la région Mexicaine à pétroles s’étend
- leur imposant une pression soulevante, qui pour la profondeur de 1000 mètres serait de 100 atmosphères ; la charge due au poids du naphte lourd et peu gazeux est de 9/10 de ce chiffre, de sorte que l’écoulement doit se faire sous une pression effective de 10 atmosphères environ : c’est la pression de l’eau qui fait jaillir l’huile; l’arrivée de l’eau elle-même montre qu’il y a épuisement des réserves, au moins en partie, mais il est probable que cela n’empêche pas les émanations de continuer, avec une vitesse inconnue.
- Nous espérons qu’en raison de l’importance des phénomènes volcaniques sur une énorme étendue,
- Fig. i. — La région du Mexique.
- très loin au Nord et au Sud, sur la presqu’île du Yucatan probablement, et de là jusqu’au voisinage de la Sierra Madré orientale, sans parler des possibilités de trouvailles plus à l’Ouest, entre les deux grandes Sierras et au long du Golfe de Californie.
- Pour ne parler que de la région du Golfe, il nous semble que les sondages ont pénétré dans une très grande masse de roches volcaniques broyées et peu agglomérées. Ces terrains sont vraisemblablement en relation assez directe avec les cheminées volcaniques et les fissures corrélatives; c’est par celte voie qu’ils ont reçu les émanations hydrocarburées, assez mal retenues faute de recouvrements schisteux imperméables; il en résulte que les produits volatils ont disparu et que le pétrole du Mexique est. du type lourd à 0,90 de densité.
- Mais les fissures n’amènent pas seulement du naphte : elles donnent passage à de larges infiltrations, passant de préférence sous les huiles, et
- en raison du voisinage et des liaisons certaines par fractures, le Mexique a un long avenir : dans 10 ou 20 ans on commencera à pouvoir juger quel est le débit approximatif annuel des nouvelles émanations.
- Le présent est évidemment très beau et les développements sont rapides : pendant ces dernières semaines, on a tiré des puits environ 500 000 barils par jour ; en 1920 on a expédié par les ports de Tampico. 13 millions de t. 70 millions de barils. Tuxpan^. 8 1/2 — 40
- Port Mexico 1/2 — 2 1/2 —
- En tout 112 1/2 —
- c’est-à-dire 1/8 environ de là production de l’Amérique du Nord.
- Mais, en 1921, la production du Mexique a, atteint 160 millions de barils sur la quantité mondiale de 700 millions, soit 23 pour 100.
- F. Rigaud.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- B
- Fig. i. — A, empreintes pendant la marche libre;. B, empreinte pendant la marche, le sujet étant chargé.
- On voit que, dans ce dernier cas, la cambrure du pied s’est accusée au point, que le bord externe du pied n’entre plus
- au contact du sol dans toute son étendue.
- DIVERS MODES DE LOCOMOTION DE L’HOMME
- U intéressante étude suivante vient de paraître dans la Presse Médicale que nous remercions d'avoir bien voulu nous autoriser à la reproduire.
- Avec la collaboration des moniteurs de l’Ecole de gymnastique de Joinville, j’ai repris un certain
- Fig. 2. — A, pied gauche; B, pied droit. Empreintes prises pendant la marche.
- 'On voit que le pied gauche est plus appuyé. Son bord externe a été au contact du sol dans toute son étendue. Le sujet a une attitude légèrement hanchée à gauche.
- nombre d’expériences instituées par Borelli, Barthez, Gassendi, Gerdy, Giraud-Teulon, Carlet, Marey et Démeny, en vue d’analyser les divers modes de locomotion de l’homme. Les observations faites par ces auteurs sont trop connues pour qu’il soit besoin d’y revenir ici. Elles demeurent des modèles d’analyse expérimentale.
- Je n’ai en vue, dans cet exposé, que l’énoncé de quelques faits que la méthode des empreintes plantaires révèle. J’ai fait parcourir aux diverses allures, par des sujets experts dans l’art de la marche et des courses, de longues bandes de papier exactement étalées sur le sol. Les locaux où avaient
- Fig. 3.
- Empreintes des deux pieds dans la station debout. Égalité des pressions.
- Los surfaces au contact du sol' sont sensiblement équivalentes.
- lieu ces observations — en l’espèce, les nouvelles salles de l’Ecole de Joinville, longues de 50 m., — étaient assez vastes pour permettre d’obtenir des empreintes à toutes les allures. Les pieds des coureurs et des marcheurs étaient enduits d’encre d’imprimerie. Voici, succinctement rapportés, les résultats de ces observations.
- Fig. 4. — 50' Année
- Empreintes prises pendant une course de vitesse. Elles se réduisent d celles de l'extrémité.
- - 2' Semestre* — JN° 2554. — 28 octobre 1922. 18. — 275.
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- DIVERS MODES DE LOCOMOTION DE L’HOMME
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- Fig. 5.
- Empreintes pendant la marche, le sujet portant 20 kg à chaque main. Cambrure des pieds.
- Le bord externe de chaque pied n’entre plus au contact du sol dans toute son étendue.
- I. Empreintes plantaires pendant la marche. — Dans ce genre de locomotion, le pied se pose sur le sol par le talon. Sa partie moyenne, sa plante, s’y applique ensuite fortement. L’extrémité antérieure s’en détache la dernière. Comme l’a dit Curlet, le pied se déroulé sur le sol. Au moment où le talon de l’un des deux pieds touche le sol, la pointe de l’autre pied y adhère encore, de telle sorte que le corps n’abandonne jamais entièrement le contact du sol. Dans un meme pas, il y a un instant où les deux jambes appuient simultanément sur le sol; ce temps du « double appui » est d’environ 5/10 de seconde dans la progression lente faite à raison de 70 pas par minute.
- Il est presque toujours un pas plus long que l’autre : celui qu’exécute la jambe droite, chez les droitiers, la jambe gauche chez les^gauchers.
- Fig. ~. — Empreintes pendant une course de fond, en grandes foulées.
- Le talon ne rencontre plus le sol. Le pied n’entre plus en contact avec lui que par la région métatarso-phalangienne.
- L’appui de chacun des pieds sur le sol pendant la marche n’est pas également réparti chez tous les sujets. Très fréquemment, les empreintes données par l’un des pieds, tantôt le droit et tantôt le gauche, sont plus accusées que celles données par l’autre pied (lîg. 2). Ceci ne tient pas à une conformation anatomique propre à celui des deux pieds donnant l’empreinte la plus accusée. En effet, chez de tels sujets, la station debout, dans l’immobilité, révèle une similitude complète des empreintes des deux pieds (lig. 5). C’est seulement pendant la marche et la course lente (pas gymnastique) que se révèle cette particularité. Sa cause réside dans une attitude hanchée observée chez quantité de sujets. Elle caractérise et individualise leur démarche. Le coureur B..., qui nous a fourni les empreintes de la figure 2, avait le buste légèrement penché à gauche. Son membre inférieur, du même côté, appuie plus fortement sur le sol; le dynamomètre le démontre ; l’observation de ses empreintes le faisait soupçonner. De tels sujets se fatiguent plus vite que ceux qui présentent une égalité d’appui sur les deux membres. La fatigue est d’abord ressentie
- Fig. 0. — Empreintes attestant que l'allure s'accélère.
- Le bord externe du pied ne touche plus le sol que dans sa moitié antérieure et l'empreinte du talon devient de plus en plus légère. L’allure s’accélère progressivement de A en C. En a’ on aperçoit l’empreinte très réduite du talon.
- par le membre qui supporte les plus fortes pressions.
- A la fin d’une- longue marche, les empreintes plantaires deviennent plus étalées. La voûte plantaire s’affaisse et le pied entre en contact avec le sol par une plus grande surface.
- II. Empreintes pendant la marche, le sujet étant chargé. :— Si l'on charge pesamment (20 kg à chaque main) un sujet et qu’on le fasse marcher, on pourrait s’attendre, a priori, à ce que ses empreintes indiquassent un étalement du pied.
- C’est le contraire que l’on observe. Les muscles du mollet et du pied se contractent énergiquement pour résister à l’affaissement de la voûte plantaire que tend à produire l’accroissement artificiellement provoqué du poids du corps. Le bord externe du pied entre à peine ou môme n’entre pas du tout en contact avec le sol (lig. 1 et 5). La cambrure des pieds s’accuse. La voûte plantaire est sous-tendue
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- plus énergiquement par les tendons qui la croisent. Toutefois, à la longue, après un temps qui varie avec la résistance musculaire des sujets observés et l'importance des poids additionnels dont on les a surchargés, la voûte plantaire finit par fléchir. Le pied s'affaisse peu à peu, comme a la suite d’une longue marche et on observe des empreintes plantaires qui traduisent l’étalement du pied. Four provoquer la cambrure des pieds mal fails, il est donc justifié de faire marcher les sujets après les avoir chargés de poids additionnels, mais pendant de très courts instants à chaque séance. Les séances peuvent être fréquemment répétées.
- C’est Là un traitement excellent du pied plat.
- III. Empreintes pendant la course. — Si Ton fait courir un sujet à faible allure (pas gymnastique), le pied rencontre encore le sol par le talon et les empreintes ont sensiblement les mêmes caractéristiques que pendant la marche naturelle.
- Toutefois, ' lorsqu’elles existent, les inégalités de pression dues au hanchement apparaissent ici plus nettement encore que pendant la marche.
- Si Ton fait accélérer l’allure, on constate que peu à peu, le contact du talon avec le sol devient de moins en moins large, de moins en moins perceptible. On obtient des empreintes intermédiaires entre celles de la marche et celles que nous allons trouver plus loin (fig. 6).
- Lorsque Tallure atteint une certaine vitesse, le talon ne rencontre plus le sol ; le pied n’entre plus en contact avec lui que par la région métatarso-phalangienne (fig. 7). Enfin, aux allures très rapides telles que celles des coureurs de vitesse, l’empreinte se réduit à celle de l'extrémité antérieure du pied (fig. 4 et 8).
- En adoptant ces allures, l’homme progresse à la manière des animaux digitigrades. Ses pieds fonctionnent comme les extrémités postérieures des animaux coureurs qui n’appuient sur le sol que leurs doigts, ou même les extrémités de leurs doigts. Chez eux, il y a redressement plus ou moins complet de l’extrémité du membre. Cette disposition du tarse et du métatarse a pour avantages d’accroître :
- 1° La rapidité de la course, puisque le contact des extrémités avec le sol est bref et assuré instantanémen t ;
- 2° L’élasticité de la démarche ; les chutes sont amorties à chaque bond, parce qu’il y a un plus grand nombre d’articulations interposées entre le corps et le sol.
- Dans la marche et la course lente, la progression de l’homme est comparable à celle des plantigrades; au contraire, la course aux allures vives lui fait adopter l’attitude des animaux digitigrades. ou coureurs.
- Maurice Boigey,
- Médecin-chef de l’École de gymnastique de Joinville.
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- Fig. 8. — Empreintes prises pendant une course de vitesse et réduites à celles de l’extrémité antérieure du pied.
- LA THÉORIE DES IONS 11
- Lorsqu’on étudie le passage du courant électrique à travers les solides métalliques et les solutions aqueuses de corps chimiques, on constate que le mécanisme du phénomène doit être entièrement différent dans les deux cas, car dans le deuxième, on observe une modification chimique profonde de la solution en expérience.
- Faraday a donne aux corps chimiques qui, en solution, conduisent le courant électrique, le nom d’électrolytes..Le fait que les produits de la décomposition n’apparaissent qu’aux électrodes avait conduit Faraday à admettre l’existence d’ions à l’intérieur du liquide, c’est-à-dire de particules chargées électriquement se déplaçant sous l’action de la force
- 1. Consulter sur celte question : W. M. Clark. The Détermination o f Hydrogen Ions. Williams and Wilkins Cv, liai timoré.
- électromotrice appliquée. Le mouvement de ces particules constitue le courant.
- On a constaté que tous les électrolytes se séparent en deux parties, Tune qui se déplace dans le sens du courant (cation), l’autre en sens inverse (anion). Les calions sont chargés positivement et les anions négativement.
- (Irotlhuss avait cherché à expliquer le mécanisme du passage du courant en supposant que les molécules neutres de la substance dissoute se disposent en chaînes sous l’influence de la force électrique et échangent leurs constituants afin de libérer les termes extrêmes de la chaîne.
- Par exemple, pour l’acide chlorhydrique en solution, sous l’influence de la force électrique, les molécules s’orientent comme suit :
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- LA THEORIE DES IONS
- et, par un léger changement, un échange de leurs constituants donne :
- - U (GUI) (GLU) (GlII) (ClII) Cl, libérant de l’hydrogène d’un côté et du chlore de l’autre.
- Les corps qui en solution conduisent le courant, sont les acides, les hases et les sels, et c’est à eux que s’appliquent les lois de Faraday.
- *
- * *
- Dans un domaine tout différent, celui de l’abaissement des points de congélation des liquides purs par addition de corps solubles, Raoult, en 1882, avait montré que l’abaissement moléculaire du point de congélation est à peu près le même pour tous les corps dissous dans le même solvant.
- Par abaissement moléculaire, on entend celui produit par une molécule-gramme dissoute dans 100 gr. du solvant par exemple j1).'
- Or, si un grand nombre de composés organiques, solubles soit dans l’eau, soit dans le benzène, soit dans l’acide acétique, etc,..., suivent la loi de Raoult, on trouve que justement les acides, les sels et les bases donnent des valeurs anormalement élevées, et Van’t Hoff qui étudia thermodynamiquement ce phénomène, ne put en donner d’explication satisfaisante.
- En étudiant la pression osmotique des solutions, Van’t Hoff a montré que la relation qui rend le mieux compte des phénomènes daus le cas des solutions diluées, particulièrement de substances organiques, est :
- P = RTc,
- P étant la pression osmotique produite par une solution de concentration c à la température T, R étant la constante des gaz.
- Cette loi ne donne plus de résultats conformes à l’expérience si on l’applique aux substances minérales, acides, bases, sels (pouvant même contenir . un radical organique) : on obtient souvent des valeurs expérimentales doubles ou triples de celles données par la formule.
- Les résultats que nous venons de rappeler montrent qu’une certaine catégorie' de corps ne suivent pas les lois simples et que justement ces corps ont comme propriété commune d’être des électrolytes. Par suite, on peut déjà supposer que cette propriété est la cause des écarts observés.
- C’est Arrhenius qui, en 1887, énonça d’une façon
- 4. Remarquons d’ailleurs que les lois de Raoult ne s’appliquent plus, meme pour des concentrations très inferieures à celles correspondant à l’abaissement moléculaire. Ce terme est mal choisi et prête à confusion, il serait préférable de l’appeler « coefficient d’abaissement. »
- complète la théorie des ions et en fixa les lois. Malgré la vive opposition des chimistes de cette époque, cette théorie s’est peu à peu imposée, et actuelle-, ment, elle n’est plus discutée. Il ne faut pas cependant croire qu’à l’aide de la théorie des ions, pas plus que de toute autre théorie, il soit possible de* prévoir et d’expliquer tous les phénomènes et tous les résultats expérimentaux.
- Dans cet exposé, nous ne passerons en revue que les faits acquis à l’heure actuelle, dont l’ensemble forme un édifice théorique absolument remarquable.
- Suivant Arrhenius, tout électrolyte, lorsqu’il entre en solution, se décompose partiellement en radicaux chargés électriquement, les uns, les Cations, chargés positivement, les autres, les anions, chargés négativement. La solution restant électriquement neutre, les charges porLées par les cations et les anions sont équivalentes.
- Si l’on dissout par exemple du chlorure de sodium dans l’eau, il y aura formation d’ions Na- et d’ions CF (le point servant à désigner le cation et la virgule Fanion).
- Si l’on dissout de l’acide sulfurique, les ions formés seront les ions hydrogène et. S O, et, comme il y a deux ions hydrogène IL, il faudra, pour que la solution reste neutre, que l’ion S O4 porte deux charges négatives; on l’écrira S O'1”.
- La totalité de la molécule mise en solution ne se dédouble pas ainsi ; si l’on suppose que l’on ajoute à un solvant une molécule-gramme d’éleetrolyte, une fraction seulement a se dissocie en ions, et, par suite, il reste 1 — a molécule-gramme non dissociée, a est le coefficient de dissociation.
- Comme ce sont les ions, et par suite les molécules dissociées, qui assurent le passage du courant dans une solution, l’étude de la conductibilité des solutions est donc capable de nous renseigner sur l’état de dissociation de l’électrolyte.
- Définissons d’abord quelques grandeurs fondamentales. La conductibilité spécifique d’un électrolyte est mesurée par le courant passant à travers la solution entre deux- électrodes d’un centimètre carré de section, distantes d’un centimètre, lorsque la différence de potentiel entre ces électrodes est d’un volt.
- Bien que cette conductibilité dépende beaucoup delà concentration des solutions, et, par conséquent, de l’état de dissociation électrolytique du corps dissous, son étude ne peut renseigner directement sur la façon dont se comporte la molécule lorsque la dilution varie-
- Au contraire, si l’on rapporte la conductibilité spécifique à la même concentration, par exemple un équivalent par centimètre cube, résultat auquel on arrive en divisant la conductibilité spécifique par la concentration de la solution (exprimée en équivalents-grammes, c’est-à-dire poids moléculaire divisé par la valence), on obtient les conductibilités équivalentes. On ramène ainsi les résultats à ce qu’ils seraient si l’on opérait avec la même masse
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- .................—....... == LA THÉORIE
- du corps dissous, et les variations observées sont bien alors attribuables aux changements dans la nature des particules présentes dans la solution.
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- Lorsqu’on dilue une solution d’électrolyte, le nombre de particules par unité de volume diminue, bien que la quantité d’ions augmente par suite de la dissociation, et finalement, la conductibilité de la solution devient plus faible. .Mais, si l’on calcule la conductibilité équivalente, on trouve au contraire quelle augmente avec la dilution et tend vers une valeur maxima atteinte pour une dilution très grande (en pratique pour une solution millième normale). C’est la conductibilité limite.
- On comprendra toute l’importance de la conductibilité limite lorsque nous aurons dit que le coefficient de dissociation a, pour une dilution v, est donné par le quotient de la conductibilité équivalente pour cette dilution par la conductibilité limite. Une formule plus complète tient compte de la viscosité de la solution).
- Kohlrausch a montré que la conductibilité limite peut être exprimée par la somme de deux termes caractéristiques des ions, et appelés leurs mobilités. C’est dire que la mobilité de l’ion sodium par exemple, est la même dans tous les sels de sodium, celle de l’ion chlore, la même quel que soit le chlorure envisagé.
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- Avant de développer la théorie des ions, il nous, faut justifier cette théorie, ou plutôt passer en revue les diverses manifestations, physiques ou chimiques, qui peuvent être considérées comme des preuves de l’existence réelle des particules électrisées, des ions de Faraday et d’Arrhenius.
- Nous venons d’en rencontrer une, excessivement frappante, dans la loi de Kohlrausch. En effet, si l’expérience conduit à attribuer la même mobilité à ce que l’on appelle l’ion sodium, quel que soit le sel de sodium dont on soit parti pour la déterminer, c’est qu’il existe bien, dans la solution, une « individualité » sodium, indépendante du reste de la molécule.
- La chimie analytique qualitative montre que tous les radicaux acides ou basiques donnent les mêmes réactions, indépendamment du sel particulier dans lequel ils sont engagés; tous les sulfates solubles par exemple, donnent, avec les sels de baryum solubles, la même réaction (précipitation du sulfate de baryum). Ce résultat s’interprète très simplement : les réactions d’analyse sont basées uniquement sur les réactions des ions. Même dans les cas où il semble que la théorie soit en défaut, les expériences électriques ont montré qu’il existe des ions complexes et que la théorie s’applique encore.
- Par exemple, on sait que le précipité formé par
- DES IONS
- addition de cyanure de potassium à un sel d’argent se redissout dans un excès de réactif et ne donne plus la réaction caractéristique de l’ion argent (formation d’un précipité blanc avec un chlorure). Si l’on mesure la mobilité des ions dans un champ électrique, on constate, en analysant le liquide en divers points, que l’argent s’est déplacé, non pas vers la cathode, mais vers l’anode. Il doit donc être engagé dans un ion complexe, au lieu d’exister sous la forme simple d’un cation, et par suite, il ne peut plus donner les réactions caractéristiques du cation argent.
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- La chaleur de neutralisation des acides et des bases fournit une preuve chimique remarquable de l’existence des ions.
- La réaction typique est, par exemple :
- IICl -t- Na OH = Na Cl -f- N20.
- Si nous écrivons cette réaction en supposant que la dissociation de l'acide et celle de la base sont complètes, on a :
- IL + Cl' + Na- H- OH' = Na- -+- CL + H*0.
- Nous n’avons pas écrit H- -|-OH' pour l’eau, car nous savons que l’eau est très peu conductrice, donc ne doit pas donner d’ions en grande quantité.
- Les ions Na- et CL interviennent, des deux côtés de la réaction, de la même manière; on peut par suite ne pas en tenir compte, de sorte que l’équation ionique de la neutralisation d’un acide par une base se réduit à :
- H - -j-0H' = H20.
- Ainsi, si l’on opère en solution diluée, afin que la dissociation puisse être considérée comme complète, quelle que soit la hase et quel que soit l’acide, la chaleur dégagée est due simplement à la formation de l’eau. Elle doit donc être la même pour tous les acides forts et toutes les bases fortes, lorsque l’on rapporte la réaction à la même quantité d’eau formée. C’est bien ce que l’on constate expérimentalement.
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- Si nous reprenons les phénomènes de pression osmotique, celui de l’abaissement du point de congélation ou d’élévation de la température d’ébullition par dissolution d’un électrolyte non volatil dans un solvant, on constate que les substances se classent, non d’après leurs propriétés chimiques, mais d’après le nombre d’ions qu’elles donnent en solution. C’est ainsi, par exemple, que des solutions de concentration équivalente de nitrate d’argent et de chlorure de sodium, bien que très différentes au point de vuè chimique, donnent les mêmes pressions osmotiques, parce qu’elles sont toutes deux des solutions d’électrolytes binaires.
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- Parmi les phénomènes physiques les plus concluants quant à l’existence des ions, nous citerons
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- LES GARES A MARCHANDISES ET LEUR ORGANISATION RATIONNELLE
- enfin celui de l’activité optique des solutions de certains sels organiques qui font tourner le plan de polarisation de la lumière.
- C’est Fanion organique qui est l’élément actif, le métal du sel, le cation, n’ayant aucune propriété optique. Par suite, si la dilution est suffisante pour que la dissociation soit totale, des quantités équivalentes de tous les sels doivent avoir même pouvoir rotatoire (loi de Oudemann).
- C’est ce que l’expérience a vérifié pour tous les sels de quinine et les camphorates en particulier. Pour ces derniers, le pouvoir rotatoire limite, lorsque la dilution augmente, est de 59°, le pouvoir rotatoire de l’acide eamphorique étant de 93°( Comme cet acide est très peu conducteur en solution, et en conséquence très peu dissociable, la valeur 95° est relative à la molécule d’acide eamphorique, tandis que la valeur 39° est caractéristique de Fanion de cet acide.
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- Enfin, nous ne signalerons que pour mémoire les phénomènes catalytiques, qu’on est conduit à attribuer dans certains cas (celui de l’interversion du sucre de canne sous l'influence des acides, par exemple) à l’ion hydrogène et les phénomènes électriques si importants présentés par les piles de concentration (les électrodes réversibles en particulier). La théorie des ions a pu seule les expliquer d’une façon satisfaisante.
- On voit donc, par les quelques propriétés ([lie nous venons de rappeler d’une 'façon très rapide, que si l’on n’a pas la preuve « matérielle a de l’existence des ions, l’individualité de ces particules chargées électriquement se manifeste d’une façon si nette et en même temps si diverse, qu’on peut considérer leur réalité comme démontrée.
- (.4 suivre.) 11. Vigimirox.
- LES GARES A MARCHANDISES ET LEUR ORGANISATION RATIONNELLE ET MODERNE
- S’il est possible d’améliorer la capacité, des grandes gares de voyageurs par des mesures appropriées, très heureusement dégagées au Congrès international des chemins de fer de 1922, il ne doit pas, par ailleurs, être interdit d’envisager un rendement supérieur des gares à marchandises. Celles-ci jouent, il faut y songer, un rôle considérable dans le commerce et l’industrie d’nn pays, et MM. les ingénieurs en chef Mou lier, du Nord et Jullien, de l’Orléans, ont pu écrire récemment :
- « c’est par une installation minutieusement étudiée des gares de marchandises, aussi bien terrestres que maritimes, qu’on peut arriver à limiter au minimum la durée de stationnement des wagons au chargement et au déchargement », tandis que M. G. Kelley, président du grand Trunk américain déclarait « que le transbordement et la livraison des marchandises, constituant un problème de la plus haute importance, nécessitent les moyens d’action les plus perfectionnés et une organisation d’un rendement maximum ».
- Les faisceaux de formation et de triage. — Une grande gare à marchandises comporte essentiellement : des faisceaux de formation ou de triage, des voies de chargement, des halles pour les arrivages et les expéditions ou le transit, un matériel de manutentions. "
- De même qu’une gare de voyageurs, l’établissement à marchandises ne saurait titre étriqué. Il lui faut normalement avoir été prévu pour recevoir tous les trains arrivant pendant une heure de grande activité, et sans qu’il soit nécessaire, sauf exception, de pratiquer des coupures.
- Un second faisceau permettra de procéder à la I
- distribution initiale des wagons. Il doit, évidemment, être placé immédiatement en avant du faisceau précédent. Le triage proprement dit lui fera suite. Un faisceau de sortie complétera l’installation. Mais il sied également d’avoir à sa disposition un parc d’attente ou de remisage pour les opérations différées. Logiquement, le passage d’un faisceau à l’autre doit être facile. C’est là, d’ailleurs, une formule idéale, rarement adoptée. Il importe, toutefois, que la jonction avec les voies de circulation soit aussi parfaite que possible. Il semble, à cet égard, qu’on ait intérêt à installer les faisceaux de manœuvre entre les voies commerciales et les faisceaux de réception et de départ. C’est le dispositif adopté pour la nouvelle gare de Milan-Vitloria. Mais, très souvent, les voies de manœuvre sont aménagées sur un côté de la gare, et même à certaine distance de cette dernière. En Italie, certains triages ont été reportés jusqu’à 60 km de la station (Gênes et Sampierdarena).
- Voies de débord. — Les voies de débord, au contraire, doivent être équipées aussi près que possible du groupe industriel qu’elles sont appelées à desservir. Les Américains estiment, à ce propos, que la dépense supplémentaire, qui résulte fatalement du choix d’une situation centrale, sera compensée par une augmentation du trafic.
- On ne saurait, par avance, envisager un dispositif type. Il faut tenir compte des cas d’espèces. M. Kelley pense que les voies doivent pouvoir répondre aux opérations d’un jour ou deux, qu’il vaut mieux établir de nombreuses voies courtes que des voies démesurément longues.
- Techniquement ces voies sont formées en fais-
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- ceaux, c’est-à-dire qu’elles sont constituées par des rails parallèles, rattachés par des bretelles. Ailleurs, les voies se ramifient en éventail. C’est la formule appliquée aux Queyries (Bordeaux) par l’Orléans, et à Gennevilliers par le Nord. On a longtemps préféré en France le dispositif en N, les deux branches étant tributaires d’une seule plaque tournante. Chaque X pouvait recevoir 6 wagons.
- Il faut également mentionner les voies en épis. Ceux-ci sont tantôt perpendiculaires aux voies de desserte (P.-L.-M. et Nord, Danemark), tantôt parallèles à celles-ci (P.-L.-M.) (fig. 1).
- Dans les gares à faible trafic, on se contente, en général, d’une simple artère de ceinture, contournant la cour des marchandises (fig. 2).
- Les plaques tournantes sont de plus en plus abandonnées, et on leur substitue partout des transbordeurs. Lorsque les stations manutentionnent des poids lourds, on devra les pourvoir de ponts roulants électriques.
- L’expérience a conduit, d’un autre côté, à spécialiser certains chantiers.
- La France, la Belgique, l’Espagne ont des chantiers réservés aux pierres, bois, constructions métalliques. Des grues à portique les desservent. Pour le charbon, le sable, le minerai, on a aménagé parfois des quais surélevés, des estacades. Les pétroles sont manipulés dans des chantiers spéciaux.
- On a été plus loin encore. Bruxelles possède un chantier pour le poisson et l’huile, Louvain un quai à bières, Verviers un quai à laines.
- Il est assez difficile d’évaluer la capacité des voies de débord. Néanmoins, d’après M. Moutier, l’Est français fixerait à 150-200 tonnes la capacité annuelle d’un mètre de voie, l’Orléans à 80 t., le Lyon à 120, le Nord de l’Espagne à 80 wagons, la Compagnie de la Vistule (Hussie) à 125 tonnes.
- Les halles. — Il ne suffit pas qu’une gare à marchandises, pour être bien outillée, comporledes faisceaux nombreux de triage et de formation, des voies d’attente, des liaisons bien comprises, des voies de débord permettant des manœuvres de wagons même au cours des périodes de manutentions précipitées, des transporteurs pour le transbordement des véhicules d’une voie à l’autre, des cabestans pour accélérer le déplacement du matériel, voire des quais spécialisés, une station moderne doit être pourvue de halles répondant aux exigences du commerce et de l’exploitation.
- Les grandes gares disposent en général de plusieurs halles. Les Américains semblent préconiser la spécialisation de certains locaux pour les arrivages, et d’autres pour les expéditions, lorsque le trafic excède 500 t. environ par jour, ou lorsque la longueur du bâtiment dépasserait 120 mètres.
- La halle d’arrivée devra être assez vaste pour faciliter l’emmagasinage, mais non pas exagérée, sans quoi L-s charois y seraient fastidieux. Par exemple, on estime aux Etats-Unis qu’un trafic journalier de 560 t. implique une surface de 8400 m2 ou 565 m. X 25. Les ingénieurs américains ont calculé que la superficie du plancher doit être 25 fois plus grande que celle des quais d’expédition, et qu’il convient d’employer un élévateur par 5700 m2 de surface couverte.
- Les manutentions sont simplifiées si l’on prend soin d’édifier un quai continu de 2 m. 50 à 5 de largeur du côté de la voie. L’encombrement des halles est évité, et l’on n’est point obligé de déplacer les wagons pour les amener au droit des portes de la halle.
- Les halles d’expéditions, du fait d’un stockage plus réduit, n’ont besoin que d’une largeur d’une dizaine de mètres, quant à leur longueur elle sera variable. De grandes halles de 600 m. ont causé des déboires. U n’est pas nécessaire d’établir un quai du côté de la ligne comme pour, les arrivages.
- Dans certains cas, on doit procéder à des transbordements de wagon à wagon, pour des regroupements par exemple. En l’occurrence, on devra utiliser deux voies, séparées
- Cour de débord
- Voies principales
- Fig. 2. — Gare de marchandises. Modèle ordinaire.
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- par un quai couvert de faible largeur (5 à 7 m.).
- Dans l’impossibilité d’éiendre à l’infini les installations dans les grandes cités, on a été conduit à construire des halles à étage. Celles-ci sont nombreuses à l’étranger. Il en existe quelques-unes en France, sur le Nord, l’Esl, l’Orléans et le P.-L.-M. Mais, tout naturellement, la dépense est plus élevée (environ 10 pour 100 de plus).
- Les halles à étages sont desservies, d’ordinaire, par des voies à niveau unique. Mais on se préoccupe de créer des slations où la différence de niveaux des planchers correspondrait à un écart des niveaux du rail.
- Evidemment, les locaux à étage exigent la mise en œuvre d’ascenseurs.
- En Amérique, on généralise, a cet égard, Tem-
- Lorsqu’il s’agit de matières pondéreuses, et de gros tonnages, on a dû recourir à des installations extérieures plus complexes et puissantes : estacades, culbuteurs de wagons, glissières. La Russie avait aménagé des pompes à pétrole dans ses gares du Caucase. La France n’est pas restée en arrière à ce point de vue. Marseille-Arène possède des ensacheurs de grains ; Tourcoing, Roubaix, Saint-Denis, des estacades pour le déchargement des charbons. Sur l’Orléans un porlique automobile à benne preneuse opère chargements ou déchargements.
- Enfin la Compagnie du Nord a adopt un dispositif encore plus perfectionné pour ses gares en réfeciion.
- Des trémies déversent la houille sur un tapis roulant, qui l’entraîne vers un puits central. Le
- ' Bureau des vo)
- Quai de décharg! de dèboro des autos ^----------------*
- Fig. 3.
- New York Central Railroad, Cleveland {Ohio). — Disposition des voies des halles et des voies de débord. A, voies de débord des expéditions; B, voies cl® dèbord des arrivages.
- ploï d’appareils automatiques, pour restreindre le personnel de service.
- Les halles à marchandises sont, la plupart du temps, parallèles aux voies commerciales. On peut doubler ou tripler la ligne de magasins. Parfois, cependant, on a établi les locaux perpendiculairement à la voie principale (Paris-Bercy, Est, Chemins de fer suisses, État danois, Nord espagnol).
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- Les appareils de manutentions. — Le développe» ment du machinisme a déterminé les administrations de chemins de fer à multiplier les engins de manutentions mécaniques, surtout.dans les halles. Sans doute, on voit encore circuler des chariots à main, des diables, des brouettes; mais déjà ont fait leur apparition les transporteurs à courroie, pour grains, les glissières, les gerbeuses qui empilent les balles de laine ou de peau, les appareils à élever les fûts, les transporteurs sur toile, les élévateurs électriques. Tous les Parisiens ont fait connaissance avec le chariot automoteur, d’origine américaine. Mais bien peu ont vu son succédané, le chariot élévateur de Paris-Austerlitz, qui, grâce à son châssis mobile, soulève la marchandise, et le chariot-grue.
- combustible est repris par une chaîne à godets, qui le dépose dans des silos de 40 m3. Les tenders le reçoivent par l’intermédiaire de goulottes. Les briquettes sont emmagasinées d’une manière analogue. Une organisation de ce genre peut débiter 100 t. à l’heure.
- Lorsque le trafic est actif, mais dans ce cas seulement, on a intérêt à développer les embranchements particuliers. Le service des gares s’en trouve allégé, mais le travail des manœuvres est accru, et la rotation du matériel retardée. Il y a, d’ailleurs, lieu de récuser les embranchements en pleine voie, sur des lignes à grand trafic, pour des motifs de sécurité.
- Économiquement, toutefois, l’embranchement a son avantage. Il supprime la double manutention à l’usine et à la gare, et les frais de camionnage.
- L’Italie vient d’innover une formule originale d’embranchements, à Milan (gare Centrale). La gare se trouve surélevée de 7 m. 50. Sôus son plancher, on a installé 116 magasins, desservis, en tunnel, par des voies, elles-mêmes reliées à la ligne par des rampes.
- Les gares maritimes, — Le transbordement entre la voie de fer et la voie d’eau, ou vice versa, exige
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- N!ER DU NO RO
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- L'ALSACE-LONMINE Gare maritime.
- Fig. 4. — Port de Dunkerque.
- des installations sensiblement différentes de celles du rail et des méthodes d’exploitation particulières. Il convient, en effet, de remarquer que la voie maritime est essentiellement irrégulière, en regard du débit continu du chemin dé fer.
- Il faut donc, outre le chantier général indispensable à toute station, des terre-pleins, couverts ou
- non, pour l’entreposage des marchandises en ins-tance de départ, ou stockées par les importateurs.
- II y a lieu de se demander si, pour les échanges entre la mer et le rail, on doit donner la préférence aux longs quais, les plus fréquents, ou aux môles avec quais parallèles. Présentement les avis demeurent partages, quoique le môle facilite l’accostage
- Old Bassens
- )i!o a charbon
- New Bassen
- Réservoir
- Faisceau de classement d'arrivée et de départ 7 voies
- 6voies //vxd
- Faisceau de réception
- (tO voies)
- Parc à charbon
- Parc des machines
- Atelier de réparation
- Faisceau de départ 1 6 vo/es ///
- Fosse àJttpdsr
- big. 5.
- Gare maritime de Bassens {près de Bordeaux).
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- des bateaux et la desserte. Marseille, Dunkerque, Alger, Oran, Philippeville sont ainsi pourvus de môles perpendiculaires ou obliques par rapport à la rive.
- On a calculé que la longueur la plus avantageuse de ces ouvrages ne doit pas excéder 700 mètres, quoique, dans certains pays, on ne craigne pas d’édifier des môles de 1500 mètres. Il importe, à la vérité, de pouvoir accéder directement à chaque poste; or, en allongeant inconsidérément les môles, on obligerait à multiplier les voies d’accès et à encombrer le pivot du môle.
- Quant à la largeur de ces installations, elle doit voisiner 90 à 100 m., surface des halles comprise.
- En principe, les voies de quai sont parallèles : la voie la plus proche de l’eau est réservée à l’embarquement ou au débarquement. Ln arrière, une seconde voie est utilisée (pour l’immobilisation des wagons chargés ou vides. Enfin, la voie de l’intérieur sert au pesage, aux reconnaissances, etc.
- Les rames de véhicules sont triées à une certaine distance des quais.
- Des dispositifs nouveaux ont, toutefois, été envisagés ou adoptés. A Bordeaux-Queyries, par exemple, les voies sont en éventail (fig. 5). A Dunkerque, les voies des môles sont raccordées a un faisceau longitudinal de voies de circulation (fig. 4).
- On peut, de cette façon, enlever successivement les rames chargées et amener du matériel frais, sans interrompre les opérations* de manutentions.
- L’exploitation des gares maritimes réclame un outillage spécial, tant pour les embarquements et débarquements que pour la translation des produits et leur stockage.
- Aux grues, plus ou moins puissantes, aux bigues massives, — celle de Marseille peut lever 120 t. — aux mâts de chargement usités en Amérique, aux tracteurs de halles, aux élévateurs, on adjoint volontiers des appareils à grains, des courroies transporteuses, etc.
- Une station moderne type est celle de Bassens, près Bordeaux, œuvre du génie américain. Les installations de 1917-1918 comprennent 10 postes de 150 m. Ces postes sont desservis par des voies
- ferrées formant boucle, et comportant les voies de l’appontement, un faisceau de réception perpendiculaire au fleuve, et un faisceau de départ rattaché à la ligne de Bordeaux-Paris.
- On projette de porter le nombre des postes à 25, et d’établir un double raccordement avec la voie principale.
- Un certain nombre de postes, réservés au trafic des poteaux de mines, des machines agricoles, des matériaux de construction, toutes matières qui séjournent à quai, seraient desservis par un portique électrique de 50m. de long; un portique de rive de 50 m. et un pont roulant de 20, parcourraient la partie de l’appontement destinée à la manutention de produits transitant immédiatement de wagon à bateau, ou vice versa. Des bennes automatiques, des courroies transporteuses, des silos seraient installés pour le Irafic des combustibles et minerais.
- En Amérique, certains aménagements ont une ampleur particulière. A Curtiss-Ray, le Baltimore et Ohio, en vue de charger rapidement de très grands navires et de dégager simultanément une immense flottille locale, équipa des transporteurs, des culbuteurs, des tours de chargement, et réussit à manutentionner 6550 t. de charbon en oh. 1/2 avec 12 ouvriers seulement.
- Le Pennsylvania, à Canton, emploie aussi des culbuteurs, des chargeurs roulants — véhicules portant une trémie à goulotte — et peut traiter 1350 t. à l’heure. Il faut également citer l’installation de Jersey-City, propre à décharger 400 wagons par jour.
- Ces constatations montrent que des progrès considérables ont été réalisés dans la technique des gares de marchandises. Toutefois, le rendement escompté de ces établissements ne peut être obtenu qu’avec le concours des usagers. Il sied que ces derniers accélèrent les opérations qui leur incombent. C’est pourquoi, à côté des pénalités fixées pour les retards, certains réseaux ont institué des primes à l’accélération. Il faut se souvenir toujours que le meilleur outil ne présente de valeur qu’autant qu’il est judicieusement utilisé.
- Auguste Pawlowski.
- LA MALADIE DITE “ DE L’ENCRE ” DES CHATAIGNIERS
- Il y a quelque temps, M. Louis Maugin, directeur du Muséum d’Hisloire naturelle, fit, à l’Académie d’Àgricul-ture, une communication extrêmement intéressante, par son importance même, sur l’état actuel des châtaigneraies, en France, et les causes de destruction de cette richesse nationale.
- Les châtaigniers disparaissent, décimes par une maladie très grave, encore à l’étude : la maladie dite « de l’encre », et par les coupes de bois faites pour alimenter les fabriques d’extraits tanniques.
- flans une dizaine de départements, en particulier dans l’Ardéche, la Corrèze, la Coise, le Gers, le Lot, la Lo-
- zère, etc., la disparition des châtaigniers est un danger, soit parce que le sol se prête mal h des cultures plus rémunératrices, soit parce que la rareté de la main-d’œuvre ne permet pas la mise en culture des sols défrichés, flans ces départements, la reconstitution des châtaigneraies est une nécessité impérieuse.
- La maladie a de l’encre )) est d’origine parasitaire, bien que l’on ne soit pas encore fixé sur la vraie nature du parasite. Ce que l’on sait, c’est que, suivant l’expies-sion consacrée, si l’on replante, le « trou du mort » est fatal à ses successeurs.
- - Caractères de la maladie. — La dénomination de
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- « maladie de l’encre », ou du « pied noir », vient de ce que les châtaigniers atteints laissent suinter un écoulement muqueux, coloré en noir, et qu’à la base de l’arbre, sous l’écorce, le bois présente entièrement celte même coloration.
- Le mal est facilement reconnaissable aux symptômes suivants :
- Au sommet, les branches se dessèchent, la tète s’affaiblit, accuse un dépérissement déplus en plus marqué; de proche en proche, le mal s’étend jusqu’à la base. Les feuilles passent du vert brillant au vert glauque, elles cessent de croître et tombent dès le mois d’août. Les fruits n’arrivent pas à maturité et restent adhérents au pelon, même après sa chute.
- Les racines deviennent molles, spongieuses et' cassantes ; on y remarque une section rîoirâtre ou violet foncé, veinée de noir, de laquelle s’écoule, suinte, un liquide très astringent, à od-mr empyreumatique très prononcée, analogue à celle de l’esprit de bois, liquide dont le tanin, se combinant avec le fer contenu dans le sol, forme comme de l’encre. Les petites racines sont flétries; leur parenchyme est plissé, non adhérent; elles manquent de résistance et ne paraissent jamais accompagnées du mycélium blanchâtre, analogue à des débiis de fines toiles d’araignée, mycélium dégageant une faible odeur d’oronge frais, qui entoure plus ou moins l’extrémité des radicelles saines, tandis que les radicelles malades sont envahies par des filaments mycéliens, de couleur foncée, qui s’étendent très loin sur h s lacines, en traversant l’écorce et pénétrant jusque dans les îayons médullaires.
- Les racines des châtaigniers sains sont pleines, n r-veuses, souples et relativement élastiques. Quand on les coupe, elles présentent immédiatement des sections d’un blanc jaunâtre, presque mat.
- Sur les châtaigniers qui restent longtemps malades, on remarque, peu de temps avant leur mort, des plaques noires sur le tronc et les branches; ces plaques noires forment des chancres qui s’ouvrent surtout dans le bas et laissent suinter un liquide analogue à celui que l’on voit sur les racines. Ce flux, véritable suppuration morbide, exhale une odeur d’alcool analogue à celle que l’on perçoit dans les celliers ; il noircit à l’air, et tache le pied de l’arbre.
- Les châtaigniers atteints languissent parfois pendant plusieurs années avant de périr, il en est d’autres qui, bien que vigoureux, périssent en quelques mois. C’est alors la décomposition prompte, sous l’action des insectes xylophages, puis l’écorce tombe, les branches desséchées sont abattues par le moindre vent ; le châtaignier n’est plus alors qu’un misérable squelette ayant l'apparence d'un immense perchoir.
- La maladie sévit en tous terrains, mais avec beaucoup plus d’intensité et de rapidité dans les terrains humides, compacts ou imperméables. Sa marche est ordinairement ascendante, c’est-à-dire qu’elle atteint d’abord les arbres situés au bord du ruisseau, dans la plaine ou la vallée, avant d’atteindre ceux de la colline et de la montagne. On constate que les châtaigniers greffés sont plus sujets à la maladie de l’encre que les non greffés. Certaines variétés y sont plus particulièrement sensibles, notamment la Verte, là Hâtive noire, la Hâtive rousse, la Cor rive. En général, les taillis sontpeu atteints.
- La maladie de l’encre frappe les châtaigniers de tous âges, même ceux qui paraissent les plus vigoureux ; ces derniers sont atteints de même isolément, mais d’abord ceux qui se trouvent dans les parties humides des plan-
- tations. On voit des châtaigniers superbes, et qui paraissaient indemnes, frappés comme subitement au lendemain de leur floraison, perdre en quelques semaines leur belle frondaison, san< présenter la moindre plaie extérieure.
- À elle seule, la maladie de l’encre a anéanti, à ce jour, plus de 50 000 hectares de châtaigneraie-;.
- D'après les laborieuses recherches de M. Louis Mangin, la maladie de l’encre a son siège dans les racines ; elle est causée par un champignon microscopique, un Oomy-cète, le Mycelocepliagus caslaneæ (invcélocephage du châtaignier).
- Ce micro-organisme détruit les mycorhizes au fur et à mesure de leur apparition ; il provoque une nécrose progressive des racines, qui se propage au moins jusqu’à la base du tronc. Les racines, au lieu de présenter une surface couverte de poils absorbants, sont devenues plus épaisses, charnues cl entièrement engainées dans une matière fongique qui inet obstacle au développement des poils absorbants.
- Ces formations, bien connues sous le nom de ni y cor -hizes, « constituent — dit M. Louis Mangin — une association à bénéfice^ réciproques entre les racines et les champignons, une symbiose qui permet aux arbres buinicoles de végéter dans de bonnes conditions dans un sol riche en matières organiques. Le champignon qui envehq pe les mycorhizes d’un revêtement continu, remplace les poils absorbants en absorbant l’eau et les matières minérales et, en outre, il se nourrit de matières organiques, qu’il cède à l’arbre avec l’eau et les sels minéraux. »
- La mycorhize est donc un organe particulier, formé d’une extrémité de radicelle dépourvue de poils absorbants et revêtue de filaments mycéliens auxquels elle est intimement et constamment associée. Il en résulte un exemple de symbiose par pénétration constituant un milieu complexe hétérogène formé par les tissus radiculaires et ceux du mycélium. Les mycorhizes normales sont coiffées d’un capuchon d’où se détachent en tous sens un certain nombre de filaments bruns, qui se continuent avec un mycélium gris ou brun, floconneux, extrêmement abondant entre les radicelles. Les fausses mycorhizes sont dépourvues de ces formations. Quand la mycorhize vieillit, les manchons mycéliens deviennent noirs, puis des amas de substance gommeuse et réfringente se déposent dans les cellules latérales, persistance de la coiffe, la présence de ces dépôts diminue peu à peu la perméabilité des tissus, l’activité de la radicelle s’épuise et elle meurt en devenant la proie de nombreux parasites ou saprophytes. De ces derniers, le Myceloce-phayus castaneæ e-t le plus redoutable. Il détruit la mycorhize et la jeune radicelle au fur et à mesme qu’elle se développe.
- M. Louis Vlangiii a constaté la présence de ce parasite dans les régions les plus diverses et seulement là où sévit la maladie; mais si les probabilités sont en laveur de ce parasite, du moins la démonstration rigoureu-e du parasitisme n’a pu être faite, le- résultats des recherches faites dans ce sens ne pouvant constituer qu’une présomption.
- Remèdes proposés. — Pour traiter les châtaigniers et enrayer le mal, deux solutions ont été envisagées : le traitement contre la maladie elle-même et la plantation do variétés qui y soient réfractaires.
- On a constaté, lors des essais de traitements curatifs, que les antiseptiques ne réussissent pas : ils tuent l’arbre ! 11e tuant le champignon parasite. Toutefois, M. Mangin a
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- LA QUATRIEME CAMPAGNE D’AMUNDSEN
- fait essayer l’arrosage des trous de plantation et de la terre d’extraction, avant plantation, avec une dissolulion de sulfate de fer à 20 pour 100. L’essai fut fait sur douze trous. Les six arbres témoins plantés sans sulfate de fer succombèrent rapidement, les six arbres traités résistèrent ; deux sont très bien venants après dix ans. Néanmoins, M. Mangin ne croit pas pouvoir conclure à l'efficacité absolue de ce traitement.
- L’assainissement du sol, la destruction des germes de la maladie — opération indispensable pour la replanla-tion — n’est pas chose facile. Cependant, les essais effectués par M. Mangin, notamment en Corse, permettent d’envisager la possibilité de résoudre la question par l’emploi du sulfate de protoxyde de fer.
- Le procédé de replantation dans les terrains contaminés consiste à introduire des châtaigniers exotiques résistant à la maladie.
- M. Prunet, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, a eu le premier l’idée de recourir à ce procédé ; il a introduit, depuis plus de quinze ans, des variétés japonaises de Castanea dentata qui, jusqu’à présent, ont résisté à la maladie.
- Mais un autre obstacle surgit et complique le problème. Aujourd’hui, les châtaigniers du Japon et de la Chine sont attaqués par un parasite redoutable, un champignon ascomycète, YEndothia parasitica, qui se développe sur ie tronc et les branches et fait périr l’arbre rapidement. Ce champignon a fait de grands ravages dans les p'anta-tions américaines.
- En Chine, une variété de châtaignier, le Castanea mollissima, résiste à ce parasite.
- Aux Ktats-Unis, ont été établies des pépinières destinées à l’introduction de cette espèce pour combler les vides causés dans les châtaigneraies par YEndothia para-sitica.
- Pour se prémunir contre cet autre parasite, il a fallu interdire l’entrée,en France aux plants et aux semences du Japon, ou tout au moins ne les admettre que dans des centres d’observations soumis au contrôle du Service de Phytopathologie.
- Dans les terrains dévastés par la maladie de l’encre, il conviendrait, tout en favorisant les recherches sur la maladie, la lutte par les oxydants, les essais de stérilisation du sol au moyen du sulfate de fer, ou d’autres produits, de planter des variétés du Castanea dentata ou du Castanea mollissima pour éprouver, d’une part, leur résistance à la maladie, et d’autre part, pour essayer, par le greffage, d’améliorer les fruits de ces châtaigniers exotiques. Mais en raison du danger de l’introduction de YEndothiaparasitica, il importe que ces estais de plants exotiques soient soumis à une réglementation rigoureuse. L’importation et le commerce des fruits ou des plants d’espèces chinoises ou japonaises devront être interdits. Seules les pépinières placées sous la surveillance immédiate du Servicephytopathologique devront être autorisées à recevoir des semences ou des plants soumis à une minutieuse désinfection à l’arrivée.
- Il y aurait lieu d’essayer l’excellente variété japonaise dite Tambou, en foyers infectés, afin d’éprouver sa résistance à la maladie et de l’employer, si possible, comme producteur direct ou comme porte-greffes, ou de tenter l’hybridation qui serait sans doute recommandable en vue de lutter contre YEndothia parasitica.
- L’étude des bonnes espèces de châtaigniers japonais, poursuivie dans le même sens, permettra d’apprécier leur valeur et l’importance des services que ces exotiques pourront rendre à la sylviculture, dans la multiplication du châtaignier.
- Depuis une dizaine d’années, bon nombre de petites châtaigneraies ont été reconstituées en terrains sains. Le Syndicat des Fabricants d’extraits tanniques encourage, par des primes, les propriétaires disposés à faire de nouvelles plantations.
- La Commission de la Reconstitution des Châtaigneraies, instituée au Ministère de l’Agriculture, a une belle œuvre à accomplir, une œuvre d'intérêt national, à laquelle la science apportera, sans nul doute, le précieux concours de son dévouement, le fruit de ses persévérantes études et de ses expériences.
- Henri Blin.
- LA QUATRIÈME CAMPAGNE D’AMUNDSEN DANS L’OCÉAN GLACIAL
- et son projet de raid aérien vers le Pôle.
- Un homme que la mauvaise chance poursuit depuis quatre ans, c’est le célèbre explorateur, Roald Amundsen. Après avoir effectué le passage du Nord-Ouest et conquis le Pôle Sud, l’illustre Norvégien résolut en 1918 d’ajouter le Pôle Nord à la série de ses victoires sensationnelles. Pour cela il décida d’accomplir, à l’exemple de Nansen, une dérive à travers le bassin arctique, mais d’une manière plus complète que son éminent prédécesseur dans cette voie ; il voulait entrer dans les glaces au Nord-Ouest du détroit de Bering et se faire ensuite véhiculer avec elles par le courant marin qui se manifeste en direction Nord-Ouest depuis les abords septentrionaux de ce bras [de mer jusqu’à la côte Nord-Est du Grônland, en passant par le Pôle. Une fois aux environs de ce point, Amundsen se proposait d’abandonner son navire et
- d’atteindre le Pôle en cheminant sur la banquise, puis de rallier ensuite la côte Nord de l’archipel polaire américain, oit un dépôt de vivres serait installé à son intention, tandis que son bateau poursuivrait sa route vers le Grônland, sous l’impulsion du courant.
- Pour gagner les approches nord-ouest du détroit de Bering, l’éminent exploratenr résolut de traverser la mer de Kara et de longer la côte septentrionale de Sibérie, comme l’avaient fait avant lui Nordens-kiôld en 1878 lors de son célèbre voyage à bord du Vega et plus tard Nansen avec le Fram en 1895. En conséquence il quittait la Norvège dans le courant de l’été 1918, sur le navire Maucl.
- Quels déboires il a rencontrés dans cette navigation, nous l’avons déjà raconté ici même. Rappelons seulement qu’en 1918, les banquises très’ abon-
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- : LA QUATRIEME CAMPAGNE D’AMUNDSEN
- dantes dans l’Océan Glacial de Sibérie empêchèrent l’expédition norvégienne de dépasser le cap Tché-liouskine, le promontoire le plus septentrional de l’ancien monde. En 1919 un état des glaces non moins défavorable contraignit Amundsen à un second hivernage sur la côte de Sibérie. Dès qu’au printemps 1920 l’explorateur eut reconquis sa liberté de manœuvre, il alla se ravitailler à Nome, sur la côte Nord-Ouest de l’Alaska ; après quoi courageusement il reprit la direction du Nord. En 1920, les glaces n’étaient pas moins épaisses que les deux années précédentes et pour la troisième fois l’expédition fut bloquée sur la côte de Sibérie, à l’entrée nord-ouest du détroit de Bering. A la suite de ce nouvel insuccès, Amundsen revint au Sud en 1921 faire réparer son navire à Seattle, le grand port du Nord-Ouest des Etats-Unis sur le Pacifique.
- Cette succession d’échecs n’était pas venue à bout de son indomptable énergie, et avec cette inlassable persévérance qui est une des qualités les plus remarquables du caractère norvégien, l’explorateur résolut de livrer en 1922 un quatrième assaut aux banquises, mais en apportant une profonde et intéressante modification à son plan primitif.
- D’après son nouveau programme, après avoir franchi le détroit de Bering, au lieu de se diriger vers la zone du courant polaire située dans le Nord-Ouest de cette' Manche boréale, le célèbre Norvégien se proposait de faire route au Nord-Est pour gagner la pointe Barrovv. Sur ce promontoire le plus septentrional de l’Alaska, il comptait débarquer et de là
- 100 £00 300 400 <5OOffn
- Fig. i. — La région où le Maud transportera Amundsen et son avion.
- essayer d’atteindre le Pôle en avion, tandis que son navire reviendrait vers le Nord-Ouest afin de commencer la dérive à travers le bassin polaire que les glaces l'avaient jusqu’ici empêché d’entreprendre.
- Fort intéressante, celte entreprise est en revanche singulièrement dangereuse.
- A tous ceux qui ne connaissent pas les régions polaires, l’emploi de l’avion dans l’exploration de l’extrême Nord semble offrir la solution de tous les problèmes géographiques que présente cette partie du monde. N’est-ce pas le seul moyen de locomotion dont la progression ne puisse être arrêtée par les glaces ? D’accord, mais il ne suffit pas de pouvoir survoler une légion, il faut encore qu’un atterrissage y soit possible. Or, les banquises ne présentent nullement une surface unie comme la croûte solide qui recouvre en hiver les lacs de nos pays, ainsi qu’on le croît généralement ; tout au contraire, elles sont hérissées de blocs énormes, de monticules abrupts, bref d’aspérités de toutes formes et de toutes dimensions; fort rarement on y rencontre un espace plan d’un ou deux kilomètres. Donc si un avion descendait sur ces glaces, il s’y briserait ou'tout au moins y subirait de si graves avaries qu’il ne pourrait plus repartir. D’autre part, aucun moyen de se ravitailler en essence. Eu admettant qu’à l’avance, on aille installer un dépôt d’huile sur le bord d’une des rares nappes unies de la banquise, ce serait peine perdue; la banquise se déplaçant constamment
- Alaska
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- EU RXiPE
- Fig. 2. — L’itinéraire projeté par Amundsen pour son vol au Pote Nord.
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- LA QUATRIEME CAMPAGNE D’AMUNDSEN
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- sous l’impulsion des vents et des courants, l’aviateur ne pourrait retrouver ce dépôt. Dans ces conditions, pour qu’un raid vers le Pôle Nord par la voie des airs présente quelque chance de réussile, il est de toute nécessité que l’avion employé possède un grand rayon d’action pour qu’il puisse soit revenir à son point de départ, soit atterrir sur une autre île du bassin arctique de laquelle on pourra battre en retraite vers les régions habitées. Aussi bien Amund-sen a-t-il fait choix d’un appareil métallique Larsen pouvant tenir l’air pendant trente-deux heures (1).
- Dans un communiqué qu’il a envoyé à la presse norvégienne, l’explorateur annonce que comme point de départ de son vol vers le Pôle il a choisi la pointe Barrow, le cap le plus septentrional de la côte nord de l’Alaska, et que du Pôle il viendra ensuite atterrir au cap Columbia, le promontoire le plus septentrional de l’archipel polaire américain, d’où un dépôt de vivres installé-précédemment à son intention lui permettra de rallier les établissements danois de la côte occidentale du Grônland.
- En seize heures, un Larsen peut couvrir la distance de la pointe Barrow au cap Colombia en passant par le Pôle ; étant donné que cet avion tient l’air pendant trente-deux ^heures Amundsen dispose donc d’une marge de temps considérable. Par suile, on lui prête le projet de venir prendre terre, non plus au cap Columbia, mais sur la côte occidentale du Spitsberg. En tout cas, au début de l’été dernier, le chef de l’aviation militaire norvégienne est allé reconnaître les terrains d’atterrissage que présente cet archipel. D’après une note publiée par le journal Afienposten, de Kristiania, cet officier en a découvert deux sur les rives de l’entrée de la King’sbay; celui situé sur la côte sud de ce fjord est particulièrement favorable, en raison de sa proximité du charbonnage norvégien Ny Aalesund. Non loin de là, au centre du Spitsberg occidental fonctionne depuis plusieurs années une puissante station radiotélégra-phique ; l’avion d’Amundsen est de son côté muni d’appareils de T. S. F. Sa marche vers cet archipel pourra donc être guidée par des signaux lancés par le poste en question.
- Ajoutons qu’Amundsen emmène comme pilote le lieutenant de vaisseau Omdal, un des aviateurs norvégiens les plus expérimentés et que son appareil emporte les vivres et le matériel nécessaires pour effectuer, en cas de panne, une retraite sur la banquise vers la terre la plus proche.
- '1. On sait que les records olticiels de durée de vol sont respectivement de 26 heures (30 décembre 1921, à New-York) cl de 54 heures (14-15 octobre 1922, Le Bourget. — François Bossoulrot et Drouhin). D’aulre part, à San Francisco, le 7 octobre 1922, deux aviateurs américains auraient, dit-on, tenu l’air pendant 55 heures. I
- Afin de mettre en exécution cet intéressant programme plein de promesses pour l’avenir de l’exploration polaire, l’expédition norvégienne quittait Seattle le 5 juin dernier, en route de nouveau vers le détroit de Bering. Mais un destin implacable paraît aujourd’hui s’acharner contre Amundsen, comme s’il voulait , lui faire expier les faveurs dont la fortune l’a comblé dans ses précédentes explorations. Encore une fois, cette année, il a rencontré un état des glaces extrêmement défavorable. Alors que dès le début de l’été, la côte nord de l’Alaska est ordinairement ouverte à la navigation, au commencement de juillet dernier, d’épaisses banquises en défendaient l’accès. Aussi bien, à peine sortie du détroit de Bering, l’expédition s’est trouvée bloquée dans le Ivolzebue Sound située immédiatement au nord de ce goulet, et, tandis que son chef pensait arriver à la pointe Barrow, dans les premiers jours de juillet et commeneer immédiatement son raid vers le Pôle, il était contraint de demeurer inactif au mouillage pendant plus d’un mois.
- A la fin du mois, la glace demeurait encore fixe à la côte au delà de la pointe Lay, en direction de l’est; il était donc impossible de songer à atteindre le cap choisi comme point de départ du raid aérien vers le Pôle. A s’obstiner à attendre la débâcle avec toute son expédition, Amundsen s’exposait à perdre la majeure partie de l’été et à laisser échapper pour son navire une occasion favorable de gagner la zone du courant polaire. Dans ces conditions, il prit le parti de se séparer de ses compagnons.
- Il donna l’ordre à son navire le Mciucl de faire route au nord-ouest pour essayer de commencer sa dérive à travers le bassin polaire, tandis que'lui-même avec son pilote et son aéroplane s’embarquaient sur une goélette américaine rencontrée dans ces parages, afin d’essayer de gagner la pointe Barrow.
- Cet espoir a été déçu. Durant le mois d’aoùt, contr.iircment à ce qui se produit les années normales, la banquise ne s’est pas disloquée le long de la côte nord de l’Alaska et Amundsen n’a pu parvenir à destination. Aux dernières nouvelles, il avait débarqué avec son avion et son pilote dans la baie Wainwright, à 100 milles marins au sud-ouest de la pointe Barrow, où il comptait hiverner. Le raid aérien est donc remis à l’an prochain. Pour la qua-trière fois, les projets de l’éminent explorateur se trouvent anéantis par un état des glaces extraordinairement défavorable.
- Le Maud a-t-il été plus heureux? D’après le dernier radio reçu de lui, il se trouvait près de l’ile Wrangel ; mais a-t-il réussi à rencontrer le courant propulseur désiré? Mystère.
- Charles Rarot.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et août 1922.
- La métallisation par projection cathodique. — Pour de faibles surfaces, comme les lames d’interféromètre ouïes miroirs de galvanomètre, le dispositif de MM. Fabry et Buisson convient parfaitement, mais il ne pourrait suffire par exemple pour des miroirs de télescope. MM. Pierre Lambert et A. Audant ont réalisé un appareil de grandes dimensions sans joints graissés et formé de deux cloches concentriques en verre, 011 le vide s’obtient au moyen d’une pompe à mercure de Gaede associée à une pompe préparatoire. Sur la cathode formée d’un disque de fer, on applique une feuille mince du métal à projeter; d’autres fois, on emploie un fil fin enroulé en spirale et fixé par des agrafes sur un plan de mica. Avec le courant à 5000 volts redressé, on peut substituer au kénotron une lampe de T.S.F. à trois électrodes de 250 watts.
- L'acide acétique et le mélange chromique. — Des recherches de M. L. .1. Simon il résulte que, si l’on s’astreint à certaines conditions de température et de milieu, on peut affirmer que l’acide CH5 CO OU ne subit aucune oxydation de la part du mélange S04ll2 -f-CrO3 alors que, dans les mêmes limites de température et de durée, le chromate CrO4 Ag suffit à réaliser en totalité la réaction Cil3 COOIl + 2 O2 = CO2 + 2 IP 0.
- L'électrification des chemins de fer. — C’est là un des plus gros problèmes de l’outillage national et la richesse hydraulique de ses chaînes montagneuses met la
- France dans une situation particulièrement favorable. La longue note que M. Maurice Leblanc présente à ce sujet à ses confrères de l’Institut montre une application possible des ampoules à trois électro les de grande* puissance, pour produire ou transformer les courants alternatifs de fréquence élevée. Le système piéconisé par l’éminent ingénieur dispense de l’emploi des contacts glissants et permet d’envoyer dans la ligne de transpoit des courants de très haute tension, pour recueillir des courants de tension modérée sur le train (75 volts environ par voiture). On peut eu effet, en n’utilisant que des moteurs d’induction à cage d’écureuil et des appareils de transformation statiques, réaliser avec la ligne le circuit primaire d'un transbouteur, dont le secondaire serait formé par l’induit des voitures.
- Nouveau procédé pour déceler la présence d'un sous-marin. —• Jusqu’en 1917, la plupart des méthodes successivement préconisées étaient basées sur la perception, à l'aide de microphones appropriés, du bruit causé par le bateau. Le pli cacheté, déposé en avril 1917 par MM.PaulSacerdole et Pierre Lambert, et récemment ouvert en séance publique sur la demande de ses auteurs, contient l’essentiel d’un procédé tout différent et qui, d’ordre électrique, demande l’immersion de câbles conducteurs nus permettant, lors du passage du sous-marin, de révéler sa présence par la différence de sa conductibilité avec celle de l’eau de mer. Paul B.
- CURIEUSE HERSE A DISQUES ROTATIFS
- Les herses rotatives se composent, en principe, d’un châssis circulaire, parallèle à la surface du terrain à ameublir. Ce bâti supporte les dents de l’instrument et pivote autour d’un axe vertical, en même temps qu’il chemine dans la direction du déplacement de l’attelage. Dans les modèles les plus simples, la traction s’applique, par l’intermédiaire d’un collier, au pivot central sur lequel s’articule une tige munie d’un contrepoids et dont on peut régler l’orientation à volonté. Parfois on accouple, au moyen d’une traverse, deux herses circulaires identiques tournant en sens inverse.
- Mais jusqu’ici, malgré leur ingéniosité, ces divers appareils de culture n’avaient guère eu de succès. On leur reproche, en particulier, l’irrégularité de leur travail, car les dents situées au voisinage des contrepoids s’enfoncent plus profondément dans le sol que les autres. Alors quand les animaux tirent une herse rotative, celles-ci éprouvent une résistance plus grande ; par suite, au fur et à mesure de l’avancement de§ pivots, les châssis tournent rapidement autour des dents les plus enfoncées, qui jouent pour eux le rôle d’axes instantanés de rotation, comme le remarque M. Gaston Coupan. En outre, les sillons tracés (ressemblant approximativement «à des cycloïdes) se trouvent très rapprochés
- sur les deux bords du train et plus éloignés sur sa partie moyenne.
- Afin de remédier à l’inégalité d’enfoncement des dents, certains spécialistes ont eu l’idée de monter leurs herses sur un châssis parallèle au sol et de lui communiquer le mouvement de rotation, au moyen d’engrenages commandés par les roues porteuses. Toutefois, avec les instruments de ce genre, on n’obtient pas un écartement beaucoup plus régulier des sillons. Aussi un inventeur américain, M. Iliram J. Wilcox, vient-il de s’atteler encore à cet ardu problème et en supprimant le contrepoids dans sa machine, il a réalisé des hersages parfaits.
- Son nouvel engin a d’ailleurs un but spécial : le nettoyage du sol des vergers et en particulier l’arrachage des mauvaises herbes, là où on ne peut passer une herse ordinaire sans risquer d’abîmer des troncs, de casser des branches ou de faire tomber des fruits.
- Cette herse à disques rotatifs (fig. 1) est constituée par une série de longues pointes, fixées à angle aigu aux rayons de trois disques rotatifs dont deux ont un diamètre de 5 pieds (1 m. 50 environ) et le plus petit, situé en avant des précédents, un diamètre moindre.
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- CURIEUSE HERSE A DISQUES ROTATIFS
- Fig. i. — Herse à disques rotatifs au travail dans un verger.
- Les grands disques portent chacun 42 dents et l’autre 20 seulement. Grâce à des engrenages, ils peuvent tourner tous les trois aulour de leurs axes respectifs, encastrés verticalement dans un bâti en bois. Le petit disque et deux roues supplémentaires, deslinées à faciliter les manœuvres, soutiennent le timon de la herse, que tirent deux chevaux. Les grands disques sont disposés en arrière, symétriquement au timon, et deux tiges verticales les rattachent à une poutre perpendiculaire, à ce dernier.
- Par suite du mouvement rotatif imprimé aux 104 dents écraseuses pendant le hersage, la terre se trouve pulvérisée sous leurs chocs répétés tandis que les mauvaises herbes sont toutes arrachées. En
- outre, vu la forme circulaire des disques rotatifs, on peut approcher l’instrument jusqu’au pied des arbres sans endommager leur écorce et nettoyer ainsi la surface entière du verger.
- D’autre part, pour amener la herse à l’endroit voulu et la rentrer à la ferme, une fois la besogne achevée (fig. 2), il suffit de déboulonner les axes des grands disques, puis de les replacer verticalement afin de s’en servir comme roues. De même, on relève le petit disque pour qu’il ne touche pas le sol de la roule et le fermier remise ainsi, sans peine, cette curieuse machine, à laquelle nous souhaitons de trouver, auprès des agriculteurs, un meilleur accueil que ses devancières. Jacques Boyer.
- Fig. 2. — Ilerse Vilcox, les 2 grands disques arrière relevés pour la marche sur roule.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahike, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2535.
- 4 NOVEMBRE 1922
- LES FORÊTS SUBMERGÉES DE BELLE-ILE-EN-MER
- Les changements de niveau relatifs de la terre ferme et de l’océan, entraînant l’immersion de forets souvent très étendues, ont été signalés depuis longtemps en Angleterre, en Ecosse, dans la Haute-Autriche, en Hollande et en France, sur tout le littoral océanien, en particulier en Bretagne.
- Les géologues ont attribué la situation actuelle de ces forêts, fort au-dessous du flot moyen et-même du niveau des plus basses marées à trois causes principales :
- 1° Ecoulements; 2° suppression d’une barrière :
- Sur ces entrefaites, d’autres chercheurs furent attirés par le sujet sur le continent. Parmi les premiers travailleurs nous voyons Gunnard Andersson et L. von Post, en Suède ; Hartz, en Danemark, et Cari Weber en Allemagne : plusieurs autres suivirent.
- Ces travailleurs s’occupèrent surtout des dépôts de tourbe. En 1892, Gunnard Andersson, de concert avec Nathorst, publia l’exposé d’une nouvelle méthode de traiter la tourbe, au moyen d’acide nitrique et d’alcool. Cette méthode, qui s’appli-
- banc de galets, chaîne de dunes protégeant la forêt contre l’envahissement de la mer; 3° compression de la couche inférieure du sol.
- Ils évitaient ainsi de parler d’aftaissement ou de soulèvements..
- Une méthode de recherches nouvelles fut inaugurée par le grand paléobotaniste suédois, Nathorst ; elle consistait à étudier et à déterminer scientifiquement les restes d’animaux et de plantes subfossiles contenus dans les tourbières formées par les forêts submergées.
- L’intérêt de ce savant fut d’abord amorcé par sa découverte, en 1870, de plantés fossiles, à Alnays, en Suède. En 1872, il découvrit le Douleau arctique (Betula nana) à Mundeslaÿ, en Angleterre. En 1891, nous le trouvons voyageant en Russie et dans l’Allemagne du Nord. Ses dernières publications sur le sujet datent de 1910 et 1912, à l’occasion du Congrès international de Géographie en Suède.
- quait particulièrement à l’étude des grains de pollen, entre les mains des travailleurs Scandinaves, conduisit à ces brillantes recherches qui ont tant fait pour élucider les variations du climat du Nord de l’Europe pendant les périodes glaciaires et posi-glaciaires.
- L’un des premiers chercheurs qui s’attacha aux méthodes de Nathorst fut Clément Reid en Angleterre. Encouragé et dirigé par Nathorst, il commença en 1878 l’étude des restes de plantes du Cromer Forest-Bed (Pliocène).
- L’étude ainsi commencée fut continuée par Clément Reid pendant le reste de sa vie; il découvrit des applications plus pratiques de la méthode de Nathorst et en particulier après la découverte, en 1907, par Mme Eleanor-M. Reid, qu’il avait associée à scs travaux et qui les continue actuellement avec, le plus grand succès, d’un procédé permettant de désagréger les tourbes paraissant les plus intrai-
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- 50” Année- — 2” Semestre.
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- LES FORÊTS SUBMERGÉES DE BELLE-] LE-EN-MER
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- tables ainsi que les lignites. Clément Reid étendit graduellement ses investigations jusqu’à l’étude des lits appartenant à plusieurs étages tertiaires (glacial, post-glacial). Les résultats obtenus par ces études offrent un intérêt archéologique et historique, en même temps qu’au point de vue naturaliste (').
- Actuellement ce genre d’études se poursuit en Allemagne, avec lvransel à Francfort, Menzel à Dresde, Polhun à Berlin. Elles s’appliquent au Tertiaire.
- Il me sera permis de rappeler, en terminant cette rapide esquisse, que guidé par Clément Reid, je suis le premier à avoir appliqué cette méthode en France où j’ai été suivi depuis par M. Jules Welscb, de Poitiers.
- Dès 1 905, au cours de mes études sur la llore de Belie-Ile-en-Mer (2), je rappelais l’existence, à l'extrémité seplentrio- „ nale de l’ile, de souches d’arbres puissamment enracinés dans le sol et recouverts de 6 mètres d’eau, à la pleine mer. Dans mon supplément, publié dans les mêmes mémoires en 1905-1906, je donnais des détails plus étendus sur les tourbes submergées de Ster-Vras avec une liste de 23 espèces recueillies par moi dans ces tourbes, dont 5 n’existent plus dans Pile, quoique connues dans l’ouest de la France. Clément Reid, dans ses Forêts submergées, considéra cette découverte comme l’une des plus intéressantes faites sur les côtes françaises.
- Encouragé par celte appréciation, je poursuivis mes recherches à Belle-Ile pendant les années sui-vanles et, en 1916, je donnais, dans le Bulletin de J'Instilut Océanographique, une nouvelle liste comprenant cette fois 49 espèces subfossiles.
- Dans ma communication du 3 juillet 1916, à l’Académie des Sciences, j’exposai le sujet plus largement. Enfin une subvention sur le Fonds Bonaparte me permit d’étudier d’une façon approfondie, sur place, en 1917-1918, malgré les difficultés créées par la guerre, cette intéressante question. Je rendais compte, en novembre 1918, dans une nouvelle communication à l’Académie des Sciences, des résultats auxquels j’avais pu aboutir et dont l’exposé détaillé fut publié en 1919 dans le Bulletin biologique de la France et de la Belgique (s).
- 1. Ci.kmkxt Iikiii a condensé le fruit de ses travaux eu deux ouvrages principaux :
- T The Origin of (he thitisk Flora, London, Dulau, (1899) ; 2° Sulnnerged For ests, Cambridge University (1913).
- 2. Fusai. . de Géographie botanique sur Belle-lle-en Mer (Extr. Mém. Soc. Se. naturelles et mathématiques, Cherbourg, t. XXXlll, 2e fasc. 1903).
- 5. T. LUI, fasc. 2, p. 276-507.
- Cette dernière publication résume mes travaux ; l’intérêt principal de mes recherches réside surtout en ces deux points :
- 1° Une connaissance aussi complète que possible de la flore actuelle de Belle-Ile, exposée dans mon Essai, permettait des comparaisons instructives.
- 2° L’âge de ces tourbières s’est trouvé établi par la découverte d’objets préhistoriques néolithiques.
- Les tourbes submergées de Ster-Vras sont situées à l’extrémité nord-ouest de Belle-Ile dans un lieu dit Port du Vieux-Château où aboutit le vallon de Bor-tifaouen (en breton la borde ou le port du Hêtre), traversé par un ruisseau qui, de nos jours, tarit en été, comme la plupart de ceux très nombreux, de l’île, mais dont l’ancien nom breton de Ster- Vras (la grande rivière) semble trahir dans le passé une certaine importance. Ce ruisseau reçoit à son embouchure celui de Ster-Vouen (la rivière étroite). C’est à ce confluent que s’étend l’anse de Ster-Vras dont la tourbière occupe toute la largeur : 140 m. environ, orientée N.-E-S.-O.
- Le banc de tourbe se prolonge en mer à une distance qu’on ne peut constater. Tout à fait au large, à 60 mètres environ de la limite du flot, la tourbe apparaît souvent à nu, trouée par les Pholas dont on trouve les coquilles dans les loges qu’elles se Sont creusées, ainsi que j’ai pu le constater aux grandes marées d’équinoxe, en particulier le 2 septembre 1917 où le niveau est descendu à 0 m. 10 au-dessus du zéro des cartes marines. Le banc est ainsi recouvert de 5 mètres d’eau à haute mer.
- Ces tourbes submergées sont formées de couches très épaisses de feuilles superposées ayant subi une énorme pression : la forme et la dentelure de ces feuilles se voient encore, sur le frais, au clivage, mais leur enchevêtrement et leur degré de décomposition ne permettent pas d’y reconnaître des contours assez nets pour les soumettre au moulage. D’innombrables graines y sont répandues ainsi que des troncs couchés et des branches d’arbres. Ces tourbes constituent les Tourbes feuilletées, qui ont reçu le nom de Forêts sous-marines, parce que les premiers gisements ont été constatés sur les côtes maritimes, à un niveau inférieur à celui des eaux. Elles sont émaillées de nombreux élytres d’insectes qui ont conservé leurs couleurs variées, vives, brillantes. L’importance de celte tourbière a permis à une société industrielle d’en extraire en 1917 de 80 à 100 tonnes de tourbe pour le chauffage.
- J’ai soumis à l’examen de M. le Professeur Capi-tan et communiqué ensuite à la Société d’Anthropo-
- Fig. 2. — L’exploitation de la tourbe en igr7.
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- LES FORÊTS SUBMERGÉES DE BELLE-] LE-EN-MER.... 291
- logie de Paris, dans sa séance du 21 février 1918 (l), un certain nombre d’objets trouvés dans la tourbière de Ster-Vras et dans une autre tourbière située au fond du port du Palais : au Potager; ce sont cinq lames ou couteaux en silex gris, un grattoir? en silex rose, des fragments de poterie : un crâne humain, trouvé par le R. P. Le Galien, alors maire de Sauzon, incrusté en pleine tourbe à côté d’un percuteur usagé à Ster-Vras. Tous ces objets ont été reconnus comme néolithiques (2). De ce chef, nos tourbières se trouvent donc datées et l’étude de la flore de la forêt submergée pouvait jeter quelque lumière sur cette période néolithique, aux points de vue du climat, de la faune, de la flore et même de l’homme néolithique.
- .l’ai été aidé par des collaborateurs de haute valeur tels que Mme Eleanor Reid, M. André Thil et M. P. Lesne.
- Mme Reid a bien voulu se charger de la tâche ardue et délicate d’extraire, par des procédés de son invention, les graines et les insecles de ces tourbes très difficiles à désagréger. Elle a, de plus, déterminé les graines, et ses déterminations pour la plupart vérifiées par moi, se sont montrées d’une précision au-dessus de tout éloge. Le regretté André Thil, avec sa compétence habituelle, a déterminé les bois, et M. P. Lesne, assistant au Muséum
- \. Y. Bulletins et mémoires de ladite Société à cette date.
- ‘2. On peut les voir au Musée Archéologique de Nantes, dont le conservateur M. de Liste m’a écrit qu’il considère les lames de silex comme franchement magdaléniennes.
- Fig. 4. — Couteaux, grattoirs et autres objets néolithiques trouvés à Ster-Vras.
- LePalais
- Bangor
- Fig. 3. — Carte de Belle-Ile, montrant l'emplacement de la tourbière de Ster-Vras.
- National, les insectes (*). J’ai pu ainsi arriver à des conclusions que je crois intéressantes.
- Les arbres submergés ont été constatés à Belle-Ile, en premier lieu, par Le Ray, auteur d’une très bonne histoire de l’ile publiée en 1878; il les a examinés depuis lui-même en 1880, et constaté qu’ils étaient debout, enracinés dans le sol par de puissantes racines, près du village de Borderri (en breton borde ou port des Chcnes). Depuis, en 1900, le R. P. Le Galien réussit à voir, aux mêmes lieux, un tronc d’arbre planté solidement, de 50 à 60 centimètres de diamètre qui a été coupé au ras du sol. Un échantillon de cet arbre a été reconnu par Fliche, alors directeur de l’Ecole Forestière de Nancy, comme un chêne à feuilles caduques.
- Malgré des tentatives réitérées je n’ai pu, pendant mes séjours dans l’ile, réussir à voir ces arbres in situ, mais mon ami M. Damon, de Sauzon, plus heureux que moi, a pu constater, toujours près de Borderri, la présence de nombreuses racines enchevêtrées, de branches d’arbres et d’un tronc enraciné debout dans la glaise. Le bloc tout entier, retiré du sol submergé, sous 5 mètres d’eau à marée haute, m’a été adressé en 1918, dans une caisse, au Muséum de Paris. Ce bloc se composait d’une terre glaise, onctueuse, fortement micacée, englobant d’assez nombreux fragments de quartz non roulés, résultant de la décomposition de la roche sous-jacente (schiste séricitique). Dans cette roche, des racines tortueuses, noires, de 6 à 8 centimètres de diamètre et plus, sont fortement encastrées. Le tout représente la souche d’un arbre debout, en place, solidement enraciné, dont le tronc pouvait avoir 50 à 40 centimètres de diamètre. Cet arbre a été déterminé par André Thil comme Pommier.
- J’ai donné, dans le Bulletin biologique- de France et Belgique les plans indiquant l’endroit précis de ces trouvailles.
- 1. Ces documents sont déposés au Laboratoire de Botanique du Muséum national.
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- L’analyse de la liste des plantes que j’ai pu déterminer et qui constituent la florule de la forêt submergée de Ster Vras montre que sur les 70 espèces dont elle se compose, 16 sont des silvestres, 7 des rudérales et le plus grand nombre (41) des hydro-pbytes (aquatiques) ou des hygrophiles (des lieux humides) ; 4 espèces vivent dans les eaux saumâtres et témoignent que la mer n’était pas très éloignée.
- Les espèces méridionales et même méditerranéennes actuellement vivantes à Belle-Ile, énumérées au nombre de 54 dans mon Essai, sont complètement absentes, alors que d’assez nombreuses espèces de l’intérieur de l’ile apportées par le cours d’eau ou par les oiseaux figurent dans notre liste.
- Enfin sur nos 70 espèces, 58 existent dans le tableau des espèces des tourbières néolithiques de l’Europe, dressé par Clément Reid. Dans l’ensemble, cette flore subfossile est septentrionale, quoique nullement arctique. Elle concorde bien avec le « pauvre assemblage » que M. C. Reid trouve ordinairement dans les forêts submergées au Sud de l’Angleterre. Elle . correspond aussi assez bien aux espèces relevées par M. J.Welsch dans les autres dépôts de tourbe littorale de l’Ouest de la France.
- En résumé, les tourbes submergées de Ster-Vras sont aujourd’hui recouvertes de 5 mètres d’eau aux
- grandes marées d’équinoxe. Les arbres enracinés
- debout de Borderri sont à peu près situés à la même profondeur. Il ne saurait donc être question ici d’une compression de la couche sous-jacente, puisque ces arbres sont enracinés sur les débris de la roche elle-même. Nous sommes incontestablement en présence d’un changement de niveau dû à l’affaissement du sol ou à l’empiétement de la mer.
- Vers la fin de la période pléistocène, l’humidité extrême engendrée d’abord par les pluies de la période glaciaire a reparu et c’est alors que le régime des tourbières s’est établi : la civilisation néolithique était alors dans son plein. Toutes mes observations concourent à rattacher nos tourbières de Belle-Ile à cette époque (').
- En dehors des silex travaillés et autres objets préhistoriques relevés dans ces tourbes, la présence de l’homme y est attestée par le crâne humain de
- 1. Clément Reid incline toutefois à penser que ces allu-vions de Belle-Ile sont plus anciennes (paléolithiques).
- Ster-Vras, par les débris de charbon d’aulne et de chêne, à structure bien conservée et cet homme était déjà arrivé à un certain commencement de civilisation, ainsi qu’en témoignent les bois coupés par un instrument tranchant, les insectes copro-phages déterminés par M. Lesne, impliquant la présence de mammifères herbivores, peut-être animaux domestiques, les plantes rudérales qui semblent accompagner l’homme dans ses migrations.
- Le changement des conditions climatiques depuis cette période néolithique est ici mis en évidence de la façon la plus neLte. Le caractère de la flore actuelle de Belle-Ile est absolument xérophile. Tous les Ilydrophytes y sont rares ou font défaut. Sur les 70 espèces subfossiles de Ster-Vras, 28, pour la plupart Hydrophytes, n’ont jamais élé constatées
- par moi dans File au cours des explorations poursuivies en toutes saisons pendant onze années pour l’établissement de mon Essai de géographie botanique.
- Par contre, comme je l’ai dit plus haut, aucune des 54 espèces méridionales et même méditerranéennes qui remontent aujourd’hui jusqu’à Belle-Ile, aucune, dis-je, ne figure dans la florule subfossile.
- Cette absence si frappante semble indiquer qu’à l’époque de nos forêts submergées, le Gulf-Stream n’existait pas encore.
- L’emploi de la granulite et des silex pour la confection des outils préhistoriques (roches n’existant pas actuellement dans l’ile) est très remarquable. La granulite, en effet, (quoique d’importantes venues de cette roche entourent l’ile, sous la mer) ne s’est pas fait jour dans l’ile elle-même. Quant aux silex, on ne les trouve que sur les côtes, à l’état d’épave, abondamment rejetés par la mer et pro-A'enant probablement de quelques gisements de crétacé actuellement submergés.
- Ces considérations, de même que la présence fréquente du Chêne et de l’Orme dans les dépôts supposant une vallée relativement abritée des vents de mer que ces arbres redoutent, m’ont semblé constituer tout au moins une présomption en faveur de l’hypothèse qu’à l’époque néolithique Belle-Ile faisait partie du continent.
- *
- * *
- M. Jules Welsch, professeur à l’Université de
- Fig. 5. — Le crâne humain de Ster- Vras.
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- LA THÉORIE DES IONS
- Poitiers, a étendu ces études aux côtes occidentales de la France avec le concours de Clément Reid. Elles font très visiblement suite à mes travaux sur Belle-Ile. Il a condensé les résultats de ces recherches dans un mémoire publié en 1917, dans Y Anthropologie sous le titre : Les lignites du littoral et les Forêts submergées de Y Ouest de la France . Elles s étendent depuis Le Croisic (Loire-Inférieure) jusqu’au Sud de Biarritz (Basses-Pyrénées).
- M. Welsch considère avec raison les lignites et les tourbes comme de précieuses archives d’histoire naturelle et même d’archéologie. Dans une classification qu’il donne, nous dit-il, à titre d’essai (loc. cit., p. 204) il classe les lignites des Basses-Pyrénées comme pliocène moyen ; les tourbes et lignites
- de la Gironde, comme pleislocénes ; les tourbes du Croisic, de la Gachère (Vendée), de la Péroche (Oléron) comme néolithiques. La florale de ces derniers dépôts est analogue à celle de Belle-Ile, c’est-à-dire septentrionale, sans aucun mélange d’espèces méridionales, mais celle du pliocène moyen de Bidart (Basses-Pyrénées) est tout à fait différente de ce qui a été trouvé jusqu’ici en France : quelques-uns des fruits appartiennent à des espèces éteintes du Limbourg hollandais; toutefois, les seuls types non européens trouvés sont du genre Brasenia qui possède une aire presque mondiale, quoique ne vivant plus en Europe, et du genre Proserpinaea qui est exclusivement américain, quoique trouvé fossile en Limbourg. Émile Gadegeau.
- Correspondant du Muséum National.
- LA THEORIE DES IONS (Suite).
- Dans un grand nombre de réactions, les ions jouent un rôle chimique important. Nous en donnerons simplement quelques exemples typiques.
- Le plus connu est celui de l'électrolyse du chlorure de sodium en solution aqueuse, qui donne, suivant les conditions dans lesquelles on opère, la soude, 1 hvpochlorite ou le chlorate, la réaction fondamentale de la cathode étant :
- Na- H- 1PO = NaOH -F-IL
- Il peut également se produire des réactions à l’anode. Par exemple, si l’on électrolyse l’acétate de sodium en solution concentrée, on peut avoir formation de plusieurs produits, dont l’éthane :
- 2 (ÇH3C02)’ = C2H6-f~ 2 CO2 et en même temps un peu d’éthylène C2H4 par réaction de Fanion acétique sur l’hydroxyde OH’ :
- 2 (CH3 CO2)’ -+-20H’ = CSH* -t- 2CO2 + 2IPO.
- On peut également avoir formation d’éther :
- 2 (CH3C02)’ = GH3 CO2 CH3 -f- CO2.
- En élcctrolysant un acide organique en présence d’un sulfate alcalin, ou mieux d’un perchlorate, on a formation d’alcool (IL Hofer et M. Moest). Dans le cas de l’acétate de sodium électrolysé en présence de perchlorate de sodium, la réaction ionique qui se produit est la suivante :
- (UIUCO2)’ -f~ (CIO*)’ -h H*0 = HCfPOIJ
- -F-.C10MI-+-C02.
- Un certain nombre de réductions organiques peuvent également être accomplies électrolytiquement en milieu acide, et la théorie des ions fournit encore l’explication simple du phénomène.
- Ainsi, une solution de nitro-benzène dans l’alcool, ajoutée à une solution d’acide sulfurique et électro-lysée, donne directement l’aniline.
- Enfin, signalons, parmi la multitude des préparations électrolytiques, la méthode générale de Lob d’obtention des dérivés azo par électrolyse d’un mélange d’une amine, d’un nitrite et d’un troisième corps comme le phénol. La réaction ionique est :
- RN II2 -h (NO2)’ -> RN = N OH -+- OH’.
- Ces quelques exemples, quelque incomplets qu’ils
- soient, permettent cependant de se rendre compte des services que peut rendre la théorie des ions dans l’explication des réactions qui se produisent sous l’influence du courant électrique.
- *
- Puisque l’on peut avoir des réactions entre molécules, atomes et ions et que ces derniers semblent jouer un rôle chimique, on a cherché à leur appliquer les lois établies pour les réactions entre molécules, et en particulier la loi d'action de masse.
- Rappelons, en quelques mots, en quoi consiste cette loi.
- Supposons que deux corps A et B réagissent pour donner deux corps C et D, la réaction, n’étant pas totale et aboutissant à un état d’équilibre. Le système final comprend alors les quatre corps A, B, C, D, en certaines proportions. Remarquons que ces réactions sont de beaucoup les plus fréquentes.
- La conception de Guldberg et Waage est que Fétat d équilibre atteint est un état stationnaire, ün état de régime, les corps A et B se transforment à chaque instant en les corps G et D, mais inversement, les corps G et D sè recombinent pour redonner les mêmes quantités des corps A et B. On écrit la réaction sous la forme :
- A -h B_>_ C -}- D ;
- . . |l) (2)
- Un raisonnement cinétique très simple montre que la vitesse de transformation du système (1) dans le système (2) est proportionnelle au produit des concentrations des corps A et B. On a : vi — K, [A] [B].
- les [] représentant les concentrations.
- De même, la vitesse de transformation du système (2) dans le système (1) peut s’écrire : >«,=^K,[CJ[D]. .
- Quand 1 état d’équilibre est atteint, cela veut dire que les deux vitesses et v2 sont égales. Donc :
- K1[A][B] = K1[C'][D] . ,
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- LA THÉORIE DES IONS
- ou
- [A][B],
- [C][l)]~ 0 K° étant égal au quotient
- Considérons maintenant une substance AB donnant deux ions À1 et B’. Puisque les substances dissoutes se comportent, si elles sont suffisamment diluées, comme des gaz, appliquons la loi d’action de masse, qui a été vérifiée dans le cas des gaz. On a :
- K
- [A'][B’j
- [AB]
- K est la constante d’équilibre qui, dans le cas présent, est la constante de dissociation. Or, nous savons que si une molécule-gramme est dissoute dans v litres et si a est son coefficient de dissociation, elle donne 2 a ions et (1—a) molécules non dissociées. En explicitant les concentrations dans la formule précédente on a :
- iv —-----
- (1—a)e
- C’est la loi de dilution d’Ostwald; on constate expérimentalement que Iv est indépendant de v, mais est fonction de la température. Cette loi. ne s’applique qu’aux cas extrêmes, quand la dissociation est, soit très forte, soit très faible ; pour les cas intermédiaires, elle est mal suivie, et elle n’est pas vérifiée pour un certain nombre d’électrolytes forts.
- Quoi qu’il en soit, la loi de dilution est un guide précieux dans un grand nombre de circonstances, et nous ne citerons comme exemple que l’étude de la répartition des acides entre deux bases où la neutralisation de deux ou plusieurs acides par une même base.
- *
- * *
- Bans ce qui précède, nous avons considéré l’eau comme un milieu inerte. Or, on sait que l’eau est légèrement dissociée en ions H- et OH’, et ceux-ci interviennent dans certaines réactions dites réactions d’hydrolyse.
- La loi de dilution d’Ostwald :
- [H-][ori
- LH2 0]
- se simplifie ici, car la concentration des molécules d’eau étant sensiblement constante dans les solutions diluées ou dans l’eau pure, on peut simplement écrire :
- K0 = [H][OH’].
- Le terme K0 est appelé le produit ionique. Comme dans l’eau pure ou dans les solutions neutres, on a [IL] = [OH’], il s’ensuit que la concentration des ions est égale à la racine carrée du produit ionique dont la valeur numérique, fonction d’ailleurs de la température, est de l’ordre de grandeur de 10~u. L’expression :
- [H*] [HO’] = 10~u
- s’applique à toutes les solutions aqueuses.
- Dans une solution acide centinormale, par
- exemple, [H*] est égale à 10~2; [OH’] doit donc être égal à 10~12. (Nous ne considérons ici, pour plus de simplicité, que l’ordre de grandeur des concentrations. Dans l’exemple actuel, la valeur exacte, à 18° est 0,95 10~2). Une solution normale d’alcali, dans laquelle [OH’] = 10°, contient encore quelques ions IL dont la concentration est de l’ordre de grandeur de 10~u. Le tableau suivant donne les
- ncentrations en ions correspondantes pour di-rses concentrations (C+), Si
- J-r'101 [Oll’J = 10-" Ci: = + 1
- = 10° (sol. ae. norm.) = to-14 9
- — 10_1 (sol. N/10) = 10 -« — 1
- = 10~2 (sol. N/100) =io-12 •>
- = UH = lü~11 — 7>
- = UH =-10-"’ — 4
- ~ 10-r' = io-n — 5
- =io-6 = io-8 — 0
- rr'10-1 (sol. neutre.) = 10-7 — 7
- = 10 » = 10-° — 8
- = 10-9 =10-* — 9
- = 10-'° = 10 -* — 10
- = .J0-3 — Il
- — 10-12 = 10-2 (aie. N/100) — 12
- = ÎO-I3 — UH (ale. N/10) — 13
- = io-14 = 10 0 (ale. norm.) — 14
- L’acidité actuelle d’une solution est souvent désignée par l’exposant négatif de la puissance de 10 donnant la concentration des ions hydrogènes. L’eau se trouve au milieu de l’échelle et est caractérisée parC^ = 7, qui est le point d’exacte neutralité et le point final de tous les dosages dans lesquels les sels ne sont pas hydrolisés.
- Très peu d’indicateurs changent de couleur exactement à ce point. Ce sont des acides ou des bases très faibles, dont la structure se modifie pour une concentration définie en ions hydrogène dans la solution, le C+ pour lequel se produit le virage varie d’ailleurs considérablement de l’un à l’autre, et il faut tenir compte de ce fait dans les analyses chimiques. Par exemple, l’acide rosolique vire à 7, le méthyl-orange à 2 (et par suite, a, dans l’eau, sa coloration basique), la phénolphtaléine vire à 9.
- Une autre façon d’exprimer la concentration en ions hydrogène a été proposée par Sorensen et tend à se généraliser.
- Comme dans la formule que l’on applique pour déduire la concentration en ions hydrogène des mesures de force électromotrice, ainsi que nous le verrons plus loin, cette concentration apparaît sous 1
- la forme log Sorensen a désigné cette expression
- CH
- par //+.
- Par exemple, une concentration 4,52 10~G en ions hydrogène donnera :
- =log' WÎÏFï = 5’365'
- Bien que ce résultat soit très simple, il n’a pas comme Ch de signification physique directe. Nous donnons ci-dessous quelques correspondances entre QT et p* pour la température de 18°,.
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- LA THEORIE DES IONS
- 295
- C+ Pt
- 1,00 N HCl 0,8 10° 0,10
- 0,1 N HCl 0,84 10-1 1,07
- 0,01 N HCl 0,95 10-2 2,02
- 0,001 N HCl 0,97 10-3 5,01
- 0,0001 N HCl 0,98 10-* 4,01
- 1,00 N Cil3 CO2 II 4,3 10-3 2,37
- 0,1 N — 1,7,6 10~3 2,87
- 0,01 N — 4,7, 10-* 5,37
- 0,001 N — 1.36 10 4 3,87
- 1,00 N Na 011 0,9 10-“ 14,05
- 0,1 N — 0,86 10-J3 15,07
- 0,01 N — 0,76 10-|a 13,12
- 0,001 N - 0,74 10-“ 11,13
- 1,00 N Nil3 1,7 10-12 11,77
- 0,1 N — 5,4 KH12 11,27
- 0,01 N — 1,7 10-“ 10,77
- 0,001 N — 5,4 ÎO-10 10,27
- La mesure de la concentration des ions hydrogène, qui renseigne sur l'état d’acidité d’une solution, rend de grands services non seulement dans les laboratoires de bactériologie et de biologie, car elle seule permet de suivre les modifications imperceptibles des liquides physiologiques, mais encore dans l’industrie. Nous ne citerons que quelques applications parmi les plus typiques.
- Dans les industries de fermentation, elle permet de suivre le développement des cultures et d’arrêter l’opération au stade désiré.
- Dans le laboratoire d’analyse, comme l’ont montré les travaux de Kelly et de ses collaborateurs dans le cas des aciers, elle permet de doser rapidement et avec exactitude même des traces de métaux.
- Le contrôle de l’acidité du lait, si difficile par les méthodes ordinaires par suite de l’opacité du milieu, est extrêmement simple par cette méthode, etc.
- trodes soient métalliques, elles peuvent être gazeuses, et, en particulier, on utilise fréquemment l’électrode à hydrogène.
- Cette électrode est réalisée pratiquement en prenant une lame de platine recouverte de noir de platine, plongeant dans une solution contenant des ions hydrogène.
- La lame de platine, reliée au circuit électrique extérieur, est maintenue saturée d’hydrogène en faisant arriver continuellement des bulles de gaz à son contact.
- La figure 1 montre un certain nombre d’électrodes à hydrogène.
- D’autre part, les deux liquides de la pile peuvent être constitués par un même corps dissous dans le
- même liquide,
- d
- p
- -__r*p.t
- ”b
- mais à des concentrations différentes.
- Enfin, les deux électrodes peuvent être identiques, des électrodes à hydrogène par exemple. On a alors ce que l’on appelle une pile déconcentration à hydrogène.
- Cette pile peut être représentée par le schéma suivant :
- Électrode à hydrogène
- Fig. i. — Divers types d’électrodes d’hydrogène (d’après Clark).
- *
- * *
- Comment peut-on effectuer cette mesure? C’est ce que nous allons expliquer rapidement.
- On sait que l’on explique la force électromotrice des piles par l’existence d’une différence de potentiel entre un métal et une solution dans laquelle il plonge, et entre deux solutions différentes au contact, par l’intermédiaire d’une paroi poreuse par exemple.
- Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que les élec-
- Klectrode à hydrogène
- Solution du corps A donnant des ions H- à la concentration 1
- Solution du corps A donnant des ions H- à la concentration Ca
- \î
- On conçoit facilement que la force électromolrice d’une telle pile est fonction des concentrations Ct et C2.
- En particulier, si la demi-pile de gauche I est toujours la même, on pourra d’après la mesure de la force électromotrice de la pile totale, déduire la valeur de la concentration (inconnue) C2.
- Tel est le principe de la mesure de la concentration des ions hydrogène, et un grand nombre d’appareils ont été proposés pour sa réalisation pratique.
- Nous ne décrirons comme exemple que le dispositif de Elliott-Acree (fig. 2). Les deux électrodes à hydrogène E et E' son reliées par un tube en U, T, et sont en communication avec deux réservoirs R et R' dont elles peuvent être isolées par des robinets.
- Dans le réservoir R, on met un liquide dont la concentration en ions hydrogène est connue. On introduit ce liquide dans l’électrode E en agissant sur les robinets a et b. L’hydrogène arrive par le circuit H et le robinet b; son débit est réglé par le robinet g.
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- LA THEORIE DES IONS
- au voltmètre
- Fig. 2.— Dispositif de Elliott-Acree pour la mesure électrométrique du Pu
- Le tube T est rempli par la tubulure C, en relation avec un réservoir (non figuré) renfermant une solution colorée de chlorure de potassium et en agissant sur les robinets a, b et cl; il est facile d’établir une surface de séparation nette entre cette solution et le liquide de l’électrode à hydrogène.
- Dans le réservoir R' on place la solution inconnue dont on veut mesurer la concentration en ions hydrogène, et, en agissant sur les robinets a' b' d', on réalise une surface de séparation nette entre le liquide de l’électrode et celui du tube T.
- L’avantage de l’introduction entre les deux électrodes à hydrogène d’un liquide intermédiaire, comme le chlorure de potassium, est de réaliser des surfaces de séparation nettes et de supprimer toute cause d’erreur provenant de là diffusion des liquides l’un dans l’autre. '
- La lecture faite à un millivoltmètre donne la force électro motrice de la pile et il est facile d’en déduire par le calcul la valeur cherchée des ions hydrogène ou le produit jrtf.
- *
- * *
- Nous avons signalé précédemment que la dissociation de l’eau, bien que faible, pouvait cependant intervenir et donner lieu à des réactions dites hydrolytiques.
- Ces réactions se produisent lorsque l’on opère sur p.n sel en solution dont l’acide ou la base, ou les deux, sont faibles. C’est à elles qu’il faut attribuer le caractère acide, basique ou neutre que présentent les solutions de certains sels.
- Sôrensen, puis Clark ont utilisé les changements de coloration de certains sels organiques pour mesurer le pa de nombreuses solutions, surtout quand elles
- sont limpides, la figure 5 indique les zones de virage de teinte des colorants préconisés par Clark et la concentration normale en ions hydrogène de divers liquides organiques.
- Pour terminer ce rapide exposé de la théorie des ions, nous donnerons quelques indications sur les phénomènes ioniques qui se produisent dans les solvants autres que l’eau. Ces phénomènes sont souvent en apparence contradictoires et servent d’arguments aux adversaires de la théorie des ions.
- Le fait le plus important est le rôle joué par le solvant qui n’intervient que d’une façon secondaire dans les solutions aqueuses. Parfois, comme pour l’acétone, la conductibilité moléculaire est supérieure à celle mesurée dans l’eau pour les mêmes dilutions, tandis que les mesures cryoscopiques indiquent au contraire que la dissociation y est moindre. On essaie d’expliquer cette contradiction en faisant intervenir la viscosité du milieu et en admettant que les ions, dans leur déplacement, entraînent un nombre plus ou moins grand de molécules du solvant.
- La loi de Kolhrausch et la loi de dilution d’Ost-wald semblent également ne pas s’appliquer à un grand nombre de solvants autres que l’eau et l’on est ainsi conduit à supposer que les ions ont des propriétés qui ne sont plus indépendantes de la
- Suc
- gastrique
- Limite de la levure
- Agglutination du paratyphyque.
- Aggl- du typhyque limite du o. coli Aggi°.ndu pneumocoque
- Caséine
- Neutralité
- Eau de mer
- Dissociation %
- Fig. 3. — Les réactifs employés pour la mesure colorimétrique du PH et leurs zones de virage (d’après Clark).
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- nature chimique du solvant ni de celle du corps dissous.
- Quelles que soient les difficultés qu’on rencontre lorsque l’on veut appliquer la théorie des ions à tous les équilibres chimiques et à la cinétique chimique, il n’en reste pas moins vrai que l’hypothèse
- d’Arrhenius a permis de rapprocher, de classer, un grand nombre de faits expérimentaux en apparence très distants et d’en fournir une explication logique. C’est ce qui fait la valeur de cette hypothèse, car, suivant la belle pensée de Lord Rayleigh, la Science n’est rien sans généralisation. H. Vigneron.
- L’ÉLECTRIFICATION DES RÉSEAUX NATIONAUX
- La nouvelle locomotive électrique 1500 volts continu du Midi.
- Dans le but d’uniformiser la traction sur le rail français, une Commission d’études, instituée par le Ministère des Travaux publics, fut chargée de reeher-
- produire du courant monophasé 6000 volts, 16,66 périodes.
- En raison de l’arrêté ministériel, la Compagnie du
- cher les mesures les plus rationnelles à adopter à cette fin. À la suite de ses travaux, le Ministre prenait le 29 août 1920 une décision, aux termes de laquelle le courant continu à 1500 volts serait imposé pour la traction des trains sur nos voies électrifiées, le courant primaire devant être du triphasé 50 périodes.
- À ce moment, la Compagnie du Midi disposait des stations hydro-électriques de la Cassagne et Fontpé-drouse (Pyrénées-Orientales), qui fournissaient du continu 800-850 volts et du triphasé alternatif 25 périodes 490-510 volts. D’autre part, l’usine de Soulom (Hautes-Pyrénées) avait été équipée pour
- Midi prit aussitôt ses dispositions pour transformer ses installations de Soulom, en vue de livrer du triphasé 10500 volts 50 périodes. En même temps, elle confiait à la Société* des Constructions électriques de France la commande de 50 locomotives conformes au programme officiel.
- L’inauguration du premier de ces tracteurs a eu lieu le 30 octobre, entre Pau et Tarbes, sous la présidence du Ministre des Travaux publics, qui s’intéresse tout particulièrement à l’électrification de Uos voies ferrées. . .
- La nouvelle machine est à récupération d’énergie ; elle est portée par deux bogies moteurs, les moteurs
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- étant suspendus par le nez. Le poids en est de 72 tonnes, à adhérence totale. Elle permettra de remorquer en unité simple, ou en multiples, les plus lourds convois de marchandises et les trains omnibus. à une vitesse accélérée. On se propose également de l’atteler à certains express sur des profils accidentés.
- Les caractéristiques principales de la locomotive sont les suivantes: poids par essieu 18 tonnes; puissance unihoraire 1400 chevaux ; puissance continue 1000 che-
- Le disposilif de contrôle appartient au type arbre à Cames, qui opère mécaniquement l’ouverture et la fermeture des contacteurs. Cet arbre est actionné par un moteur pilote, lui-même commandé électriquement par le contrôleur principal.
- La fermeture et l’ouverture des contacteurs étant effectuées mécaniquement, il est matériellement impossible que les organes fonctionnent dans un ordre anormal.
- De ce chef, les verrouillages
- x ' * , *
- vaux; effort de traction 15000 kg ; vitesse maximum 90 km à l’heure.
- Les locomoteurs, soigneusement étudiés, offrent des particularités mécaniques remarquables. Les deux bogies accusent une similitude parfaite quant à la suspension, à la propulsion et au freinage.
- D’où des facilités d’interchangeabilité sans dispositifs spéciaux.
- En second lieu, la caisse est absolument indépendante du châssis des bogies, et l’on a employé deux pivots sphériques inversés sans patins latéraux.
- Les constructeurs ont sensiblement abaissé
- le centre d’oscillation de la caisse par rapport au châssis des bogies, et les deux châssis des bogies et de la caisse sont munis d’équilibreurs élastiques, ce qui permet aux bogies de se balancer sans cabrer la caisse ou coincer lçs pivots.
- Les moteurs, au nombre de 4, peuvent développer une puissance de 550 chevaux. Ils sont à ventilation forcée. L’énergie est transmise à l’essieu correspondant par deux jeux d’engrenage à simple réduction, disposés à chaque extrémité du moteur.
- Ces moteurs ont été prévus pour fonctionner avec shuntage des inducteurs, ce shuntage pouvant atteindre 60 pour 100 avec une commutation parfaite.
- Fig. 2. — La locomotive électrique,< vue de face.
- sont réduits au minimum.
- Le moteur-pilote, agissant sur l’arbre à cames, entre en fonctionnement dès que le mécanicien avance la manette du contrôle principal. La rotation de l’arbre à cames provoque la fermeture et l’ouverture des contacteurs, permettant de réaliser les connexions du circuit de puissance correspondant aux divers crans du contrôleur.
- La manette du contrôleur principal étant ramenée en arrière, un inverseur de courant modifie automatiquement le sens de rotation du moteur-pilote, et corollairement celui de l’arbre à cames.
- Le contrôleur n’opère que sur les circuits à basse tension ; le courant à 120 volts est fourni par une dynamo qu’entraîne un moteur alimenté par le courant de ligne à 1500 volts.
- . Le courant 120 volts est utilisé pour tous les circuits auxiliaires, l’éclairage, le chauffage, les moteurs à compression, etc.
- Le même moteur actionne les deux ventilateurs qui fournissent l’air nécessaire à la ventilation forcée des moteurs de traction de 1500 volts, ainsi qu’une seconde génératrice, à tension variable, laquelle assure le courant exigé pour l’excitation des moteurs principaux pendant la machine en récupération.
- La machine est, en toutre, pourvue d’un démar-
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- Fig. 3.— Une' turbine hydraulique de 10000 HP, pour Vélectrification des chemins de fer du Midi en construction à l’usine de Tarbes.
- reur automatique. Un interrupteur permet, d’autre part, la mise en parallèle du eôté basse-tension des groupes moteur-générateur lorsque deux locotracteurs fonctionnent en unités multiples.
- L’équipement électrique comprend, enfin, tous les appareils indispensables à la manœuvre, à la protection et à la surveillance des moteurs principaux, ainsi que des moteurs et génératrices auxiliaires.
- Edifiés au lendemain de la guerre, spécialement en vue d’établir du matériel électrique pour le réseau et la région du Midi, les ateliers de Tarbes, exploités par la grande Société des Constructions électriques de France, procèdent présentement à la mise en œuvre non seulement. de 90 locomotives du type précité, mais encore de deux machines à grande vitesse, susceptibles d’atteindre une marche de 120 kilomètres à l’heure, et de 31 automotrices de chemins de fer.
- Ces dernières sont munies d’un dispositif de contrôle analogue à celui que nous avons décrit : toutefois elles ne comportent pas la récupération. Du moins sont-elles pourvues d’un freinage rhéosta-tique.
- Les moteurs sont à refroidissement naturel et susceptibles de développer une puissance de 175 chevaux, soit 700 chevaux par automotrice.
- Enfin, les usines de Tarbes s’occupent de construire des turbines de 10000 chevaux, dont nous donnons ci-contre un modèle, pour les nouvelles stations du Midi.
- L’inauguration du 30 octobre marque incontestablement un nouveau progrès dans le développement de l’industrie française de la construction électrique.
- Libourne
- Gourdon
- Jdarmsnde
- Villeneuve S'Loi
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- ESPAGNE
- Fiq, 4. — Les lignes électrifiées du réseau du Midi.
- Elle atteste que nos industriels sont désormais parvenus, en matière de traction. électrique, à égaler leurs concurrents étrangers. L’électrification du rail français pourra donc être poursuivie sans que la France soit tributaire de la fabrication étrangère
- C’est là une constatation dont il convient de se féliciter, et le Ministre des Travaux Publics était fondé à donner à la manifestation de Pau-Tarbes le caractère d’une cérémonie nationale.
- Nous rappellerons, pour terminer, que l’énergie électrique sera assurée au réseau du Midi par les stations des Pyrénées-Orientales, qui seront renforcées, l’usine d’Eget (35000 chevaux) en voie d’achèvement, celle de Soulom (21000 chevaux) en service; les trois stations de la vallée d’Ossau (130 000 chevaux) en cours de réalisation, enfin les trois autres centrales de la Haute-Ariège (100000 chevaux) en projet.
- Le courant triphasé (60 000 volts) sera élevé à 150 000 volts au Hourat, à Lannemezanet à Ax-les-Thermes et transporté par trois feeders — Laruns-Bordeaux (250 km), Lannemezan-Toulouse (113) et Ax-les-Thermes-Toulouse (110) — constitués chacun par trois câbles de cuivre de 143 mm2 de section et supportés par des chaînes de 9 isolateurs en porcelaine, suspendues elles-mêmes à des pylônes métalliques.
- Le courant 150000 volts sera ensuite abaissé à 60 000 volts aux postes de Pessac, Dax et Portet-Saint-Simon, qui seront pourvus de transformateurs statiques en plein air. Les postes de Pessac et Hourat (à Laruns) comporteront 7 appareils de 6600 kw. Ceux de Dax, Lannemezan et le Portet-Saint-Simon n’en auront que quatre. En outre, Pessac, Dax et Portet disposeront de moteurs synchrones (2 groupes de 8000 ou 15000 kw.)
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- 300 .-. z---- r LA LUMIÈRE DU VER LUISANT
- agissant comme compensateurs de phase et régula-risateurs de tension.
- Les lignes à 80000 volts suivront tout le parcours des voies électrifiées. Le triphasé sera converti, enfin, en continu 1500 volts pour ralimentation des tracteurs dans des sous-stations éloignées de 15 à 51 kilomètres. Ces sous-stations seront munies soit de commutatrices de 750 volts en série, soit de commutatrices donnant directement 1500 volts, soit de redresseurs à mercure à 1500 volts.
- Les locomotives reçoivent le courant par l’inter-
- | médiaire d’une ligne aérienne • à double chaîne.
- ! D’ici peu de temps la traction électrique sera généralisée entre Pau et Montréjeau ; on escompte qu’en 1925 elle sera poussée jusqu’à Toulouse et Dax, pour atteindre Bordeaux en 1925, au plus tard.
- La construction des lignes de transport est activement menée dans ce but, même sur le trajet Dax-Bordeaux. Dans 5 ou 6 ans, l’électrification de la région pyrénéenne sera un fait acquis.
- Auguste Pawlowski.
- LA LUMIÈRE DU VER LUISANT
- Le grand J.-H. Fabre a décrit les mœurs du Lampyre, I plus connu sous le nom de ver luisant. Ce coléoptère, qui en France vit d’escargots, a-le -pouvoir singulier d’anesthésier instantanément sa proie; puis, par un mécanisme mystérieux, il en liquéfie la chair, et s’en abreuve. A la saison des épousailles, il devient un véritable phare vivant. Fabre a montré que cette lumière accompagnait un phénomène d’oxydation, dont il n’a pu du reste préciser la nature.
- Ce petit insecte recèle donc bien des secrets, qui ont toujours vivement intrigué les savants.
- Un physicien américain, M. II. E. lves, vient d’étudier avec soin la qualité de la lumière émise par le ver luisant. Il a opéré en laboratoire suivant les méthodes mêmes que l’on emploie pour l’étude des sources de lumière industrielles.
- Les expériences ont porté sur ,1a larve du ver luisant de Pennsylvanie, qui a la propriété de rester constamment lumineuse ; l’insecte ailé ne l’est que par intermittences et, semble-t-il, à volonté, aussi se prêterait-il fort mal aux mesures de laboratoire.
- Yoici les résultats résumés d’après un article publié dans le Journal of the Franklin Institute : l’émission lumineuse spécifique ou éclat intrinsèque du ver luisant est sensiblement de 0,0144 lumen par cm2 (en supposant la surface émettrice plane, ce qui est sensiblement exact).
- Rappelons que c’est cet éclat intrinsèque qui mesure le mieux la valeur pratique d’une source de lumière, à condition toutefois que la lumière soit de qualité convenable, c’est-à-dire comprise dans une région déterminée de spectre.
- A titre de comparaison, l’émission lumineuse spécifique d’une lampe à incandescence est de 500 lumens par cm2; celle du ciel est de 1 lumen par cm2.
- L’émission du ver luisant est donc très faible : mais cela ne veut pas dire qu’elle soit pratiquement inutilisable.
- La plupart de nos sources artificielles de lumière, ont, dit M. Ives, un pouvoir émissif si élevé que l’on doit réduire leur éclat au moyen de verres diffuseurs ou de surfaces réfléchissantes ; ce quiâ importe ati point de vue pratique, c’est l’éclairement produit sur une surface à une distance donnée de la source, et celui-ci dépend à la fois de l’éclat intrinsèque delà source et de ses dimensions.
- M. Ives montre qu’un disque de 2 mètres de diamètre
- I tapissé de vers luisants donnerait le même éclairement qu’une source de 29 bougies à 1 mètre. Ce serait suffisant pour l’éclairage normal d’une chambre de lecture.
- M. Ives calcule aussi que pour produire celte lumière, le ver luisant ne dépense qu’une puissance de 0,00025 watt, ce qui représenterait un rendement énergétique de 90 pour 100, bien supérieur à celui de toutes les sources lumineuses connues : Jes plus économiques ont un rendement qui ne dépassé pas 5 pour 100.
- Pour établir le chiffre ci-dessus, M. Ives a dû, bien entendu, fa're un certain nombre d’hypothèses ; caron n’a pas de moyens directs pour évaluer l’énergie absorbée par le ver luisant pour produire sa lumière.
- M. Ives raisonne comme il suit : un homme pesant 75 kg met en jeu d’une façon continue une puissance de 75 watts, soit 1 watt par kg.' “ ,
- En admettant la même proportion pour le ver luisant qui pèse 0,25 gramme, on trouve 0,0025 watt pour la puissance totale mise en jeu dans l’insecte. •
- Or 1/10 environ du tissu de celui-ci est consacré à l’émission de la lumière ; d’où une puissance de 0,00025 w dépensée pour alimenter .le phare du ver luisant.
- M. Ives a analysé également la qualité de la lumière du ver luisant par les procédés de la spectrophotographie et de la phosphorescence. 11 a constaté qu’elle se compose de radiations cantonnées dans une bande très étroite du spectre visible : les longueurs d’onde ont des valeurs comprises entre 0,56 et 0,57 micron environ. C’est précisément la région du spectre la plus avantageuse au point de vue lumineux ; là encore le ver luisant manifeste unesu-périorité incontestable sur toutes nos sources artificielles de lumière, celles-ci émettent tout un cortège.de radiations allant parfois de l’ultra-violet à l’infra-rouge, " et une très petite partie seulement en est utile au point de vue lumineux ; le ver luisant au contraire n’émet que de la lumière réellement éclairante ; c’est une lumière presque monochromatique de couleur jaune-verte, précisément celle pour laquelle l’œil humain a le maximum d’acuité visuelle. Son seul défaut est de ne pas être blanche.
- On voit que le ver luisant offre un modèle de lampe dont n’approche jusqu’ici aucune de nos sources de lumière artificielle. Si nous réussissons un jour à découvrir et 5 imiter le mécanisme de sa production, un immense progrès sera réalisé.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1922.
- Le sodammonium et les carbures d'hydrogène. — Les expériences de MM. Lebeaa et Picon ont porté sur les composés lis plus divers : acycliqu'S, benzéniques, ter-péniques, polycycliques. Elles ont permis de redresser une erreur de Schluback et rnontié qu’en l’employant sous la l'orme AzIP’Na, le sodium peut se substituer à un autre élément ou, par sa transformation enamidure, conduire à ! des réactions d’hydrogénation. 1
- Le calcium et la germination des graines. — L’iii-lluence de l’élément La se fait senlir, comme l’ont établi MM. Maquenne et Dem mssv, à dose si faible qu’une solution de l’un de ses sels — carbonate ou oxalatc — se montre déjà, par rapport à l’eau pure, nettement favorable. Les derniers essais pratiqués par ces savants montrent que la chaux est à peu près sans influence sur la solubilisation des réserves contenues dans la semence;' elle doit agir surtout sur la phase synthétique delà germi-
- nation, comme adjuvant des diastases de condensation encore inconnues, sans préjudice on le conçoit, des changement* de perméabilité, causés par la floculation des principes colloïdaux, et par suite de la variation de vitesse de trampirt des matières solubles.
- Le sel étalon radifère. — Il y a gros intérêt à remplacer les solutions, d’une préparation et d’une conservation difficiles, par un solide, stable, point hygrosco-pique et susceptible de garder constante sa teneur en élément Ra. Les premiers résultats donnés par le chlorure de baryum radifèie n’ont pas été satisfaisants; aussi Mlle Chamié et M. Yovanovilch ont-ils préconisé le carbonate C03Ra, obtenu dans le dispositif de M. Jolibois, et qui, très homogène, permet la préparation d’un sel actif pouvant servir d’étalon de comparaison pour la mesure de quantités de radium relativement faibles.
- Paul B.
- FUMEROLLES HUMIDES ET CONDENSATION
- Les ciceroni zélés qui guident les visiteurs dans la Solfatare célèbre de Pouzzoles, près de Naples, ont — depuis quand? — l’adresse de corser leurs explications par une expérience qui ne manque jamais son effet de surprise sur le voyageur : ils approchent des évents par lesquels le vieil appareil volcanique expulse encore des masses considérables de gaz tièdes, une torche ou même un simple chiffon de papier enflammé. Instantanément le flot d’émanations, jusqu’ici à peine visible, se mue en un épais brouillard, dans lequel le touriste déconcerté se voit soudain perdu. Le phénomène se déclenche à la seconde même où les fuligines rencontrent les vapeurs de la fumerolle et il persiste autant que dure leur apport (fig. 3).
- Chose curieuse, celte expérience si frappante ne paraît pas avoir retenu l’altention des vulcanologues; je ne l’ai vue signalée nulle part et Albert Brun, dans son si remarquable et complet ouvrage sur 1’ « Exhalaison volcanique », ne mentionne rien de pareil. Cependant le phénomène ne doit pas être rare; en tout cas je l’ai recherché, et retrouvé, dès ma première ascension de l’île aux Œufs, à Jan Mayen, en août 1921. Cette île aux Œufs, qui d’ailleurs ne mérite plus ce qualificatif géographique car elle est actuellement reliée à la terre de toute sa largeur, est le reste d’un ancien cône volcanique, d’âge plutôt récent. Il est entièrement fait de matériaux friables, cendres et tufs, dont l’Océan a dévoré déjà plus de la moitié, égueulant le volcan vers le large. Sa crête domine la mer d’environ 200 m. Au culmen de son pourtour en arc de cercle, on voyait des alignements de petites ouvçrture|^ accusant à la surface du sol, sur quelques dizaines
- de mètres de longueur, l’exislence de trois à quatre fissures transversales à la crête.
- Deux de ces files étaient particulièrement marquées. Les trous ronds ou allongés, larges de quelques centimètres seulement, constituaient autant d’évents minuscules livrant continuellement passage à de la vapeau d’eau. La température et l’abondance de ces émissions étaient très variables à la fois d’une bouche à l’autre et d’un jour à l’autre aussi. J’ai mesuré 35° seulement à 50 cm de profondeur dans l’une d’elles, tandis qu’ailleurs et un autre jour, le thermomètre montait à 50° et même 60°. Avec un peu de patience, on arrivait à cuire à peu près un œuf. Le débit semblait plus fort après les périodes pluvieuses. Ce fait et l’absence d’autres gaz dans l’exhalaison (elle était absolument inodore et ne noircissait pas les objets en argent; quelques mousses florissaient aux lèvres mêmes des bouches) assignent à cette vapeur une origine indu-, bitablement météorique.
- La plupart du temps, ces émanations étaient à peine visibles ; hien que les évents fournissent d’une façon continue un jet d’une rapidité notable, ce jet ne devenait apparent que fugacement et parfois semblait faire totalement défaut.
- Mais il suffisait qu’on approchât d’une quelconque de ces petites bouches un corps en combustion, allumette, papier enflammé, pipe allumée, pour produire immédiatement et infailliblement chez toutes l’apparition d’un nuage blanc très opaque. On pouvait même provoquer cette condensation d’une distance de plusieurs mètres en ayant soin de dirigée convenablement les produits de combustion.
- IHftffKâkioùt 1921 je me suis diverti à mesurer ainsi
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- UNE CUEILLEUSE ÉLECTRIQUE DE COTON
- Fig. i et 2. — Reproduction au laboratoire de la condensation des fumerolles.
- la vitesse de la faible brise du sud-est qui balayait le sommet. Placé sur le vent d’une des ouvertures et aune vingtaine de mètres d’elle, chronomètre en main et pipe à la bouche, j’ai parfaitement pu mesurer l’intervalle de temps écoulé qui s’écoulait entre l’émission d’une bouffée de tabac et la réaction de condensation de la vapeur. J’ai trouvé ainsi H m. par seconde. Voilà certes un procédé d’anémo-métrie quelque peu inattendu ! Peut-être trouvera-t-il son application un jour ou l’autre en aérodynamique.
- Ces manifestations fumerolliennes si pittoresques et de prime abord un peu déconcertantes ne sont en définitive que là transposition dans la grande nature d’un phénomène que les physiciens produisaient déjà dans l’espace restreint de leur laboratoire.
- C’est la condensation de la vapeur d’eau sursaturée par les produits, ionisés à chaud, de la combustion, phénomène qui a suscité aux temps des Ailken, des Bottomley, etc., des discussions passionnées.
- Je n’ai pas eu de peine à reproduire expérimentalement les nuages de la Solfatare et de l’ile aux Œufs : il m’a suffi de veiller à ce que le chauffage de l’eau à vaporiser n’entraînât pas la libération d’ions perturbateurs.
- Un simple réchaud électrique de mé-
- nage a rempli cette condition. En outre, pour assurer une sursaturation favorable, la vapeur formée dans un récipient de verre conique (fig. 1 et 2) s’en échappait à travers quelques morceaux de toile métallique qui régularisaient sa détente. On pouvait d’ailleurs s’en passer. Il suffisait d’envoyer vers l’échappement de vapeur les produits de la combustion d’un morceau de mèche de fumeur pour provoquer immédiatement l’épaississement delà colonne de vapeur.
- L’expérience est très facile à répéter et peut être montrée à un auditoire en silhouettant sur l’écran la nappe gazeuse au sortir du bouilleur.
- On retrouvera sans doute chez d’autres appareils volcaniques le phénomène ici décrit pour deux d’entre eux. Le météorologue pourrait y prendre quelque intérêt, car la condensation des fumerolles aqueuses et les aspects des panaches blancs qui les „révèlent de loin, dépendent donc de la teneur en ions condensateurs de l’air qui balaie le volcan. Cette teneur et ses conséquences pour la fumerolle varient sans doute avec la provenance de l’air, donc avec la direction du vent et il y aurait peut-être dans I l’observation des fumerolles un moyen d’investigation aérologique. J’ai suggéré aux météorologues de la Station de Jan Mayen, voisine de l’ile aux Œufs d’en tenter l’utilisation. pA[JL.Ij0ÜIS Mercxxton.
- Professeur à l’Université de Lausanne.
- Fig. 3. — La condensation des f umerolles à la Solfatare de Pouzzoles.
- La culture du coton, dans laquelle la main-d’œuvre humaine a, de temps immémorial, joué le plus grand rôle, va sans doute être révolutionnée par l’avènement d’une cueilleuseélectrique inventée en 1917 et mise au point définitivement, cette année, par MM. Stuckenborg de Memphis, Tennessee
- (E. U.) et dont le hrevét est exploité par la Compagnie électrique de Scheneetady (fig. 1).
- ’Cette machine consiste en un jeu de deux brosses cylindriques rotatives commandées par un arbre llexible long d’un mètre environ et emboîtées dans un châssis métallique de la grosseur de deux poings
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- UNE CUE1LLEUSE ÉLECTRIQUE DE COTON
- avec une ouverture assez grande pour donner passage à une capsule de cotonnier.
- Le châssis est fixé à un tuyau souple de 5 cm de diamètre et long de 6 m. environ. Ce tuyau relie le châssis à un sac qui réceptionne le coton au fur et cà mesure que la machine le ramasse. À mi-chemin du tuyau est installé un petit moteur électrique actionnant l’arbre ilexihle qui fait tourner les brosses. Derrière les brosses et dans le tuyau est un système d’aspiration combiné avec une séparation centrifuge mûs par un autre moteur.
- Le dispositif tout entier est monté sur un support
- Aussitôt que le coton est détaché de la plante, il est aspiré dans le tuyau et amené jusqu’à l’extrémité de ce dernier, où se trouve la séparation centrifuge qui rejette les feuilles et tous les déchets. Ainsi nettoyé de ses plus grosses impuretés, le coton tombe de son propre poids dans le sac fixé au tracteur, juste au-dessous de la séparàlion centrifuge.
- Cette nouvelle invention, qui est le fruit de quinze années de recherches, a été mise à l’essai sur une plantation près de Little Rock, Arkansas. Les résultats à la fois pratiques et concluants de cet essai que l’on a prolongé pendant une période de six semaines
- d’une souplesse telle qu’un enfant peut le manant- j vrer dans n'importe quelle direction nécessaire pour | meLtre les brosses en contact avec les capsules cotonnières.
- Une machine complète se compose de quatre de ces dispositifs qui sont placés sur un tracteur actionné par un moteur à gazoline. Ce moteur conduit à la fois le tracteur à travers le champ de coton et entraîne un générateur qui fournit l’électricité exigée pour le fonctionnement des moteurs électriques.
- Recette façon, la cueilleuse travaille à une vitesse constante et uniforme, indépendante du mouvement* du tracteur.
- L’équipement électrique est contrôlé par un petit tableau de distribution.
- On couvre huit rangées à chaque voyage, pendant lequel les ouvriers chargés de la cueillette dirigent les quatre tuyaux ou lances sur chaque plante individuelle (lîg. 2). Les brosses tournent l’une contre l’autre et lorsqu’on les met en contact avec la plante, elles en enlèvent le coton d’un mouvement semblable à celui d’un peigne (fig. 5 et 4).
- ont été les suivants : D’abord, la .cueilleuse est remarquable par la rapidité avec laquelle elle travaille. D’une façon générale, un ouvrier peut cueillir à la main, en moyenne, de 70 à 150 livres de coton par jour, alors qu’avec la machine, il peut en ramasser de 5 à 700, après quelques jours seulement d’entraînement. Cette rapidité est d’une importance pri* mordiale pour le planteur de coton et voici pourquoi.
- Les capsules cotonneuses qui remplacent les Heurs mûrissent rapidement, s’entr’ouvrent et se coiffent de cette houppe légère qui ressemble à un flocon de neige et qui est le coton. L’heure de la cueillette est arrivée. Il faut se hâter,'car, en quelques jours, le fragile duvet se détériore sous l’action de l’air, des vents secs ou froids et surtout de la pluie, toujours à redouter à l’époque de la maturité qui a lieu en octobre aux Etats-Unis. On estime à plus de 50 millions de dollars les pertes occasionnées, ainsi, chaque année ! De plus, le cotonnier produit trois récoltes qui s’étendent sur une période de 80 à 100 jours. Comme les fruits ne s’ouvrent pas tous à la fois, il faut, à chaque récolte, passer à plusieurs reprises
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- Fig. 2. — La cueilleuse au travail dans un champ.
- dans les champs, à quelques jours d’intervalle. Aussi est-il difficile de se procurer la main-d’œuvre nécessaire pour ce genre de Iravail, tout à fait spécial et limité à une seule période de l’année.
- La cueilleuse électrique remédiera également à ce grand inconvénient.
- Grâce à cette machine, non seulement le planteur doublera sa récolte et fc;a une économie considérable de main-d’œuvre, mais il obtiendra, par la même occasion, un produit de qualité supérieure.
- En effet, ramassé avec la cueilleuse électrique, dès sa maturité, le coton contiendra moins d’impuretés et de déchets que lorsqu’il est ramassé à la main (fig. 5). C’est là un avantage très précieux, la propreté étant le fait dominant dans la récolte du coton. Du reste, la plus-value ainsi obtenue est souvent de dix et même de qu'une dollars par balle de 500 livres.
- Enfin,. le coton cueilli à la main forme de petits pelotons enchevêtré» et lorsqu’il passe à la machine à égrener qui sépare les fibres d’avec les graines, les écorces et les débris végétaux, les duvets floconneux sont fréquemment abîmés par les dents acérées de l’égreneuse. Celles-ci coupent même assez souvent
- Fig- 4-
- Les brosses arrachant le duvet du coton.
- Fig. 3. — La façon de travailler d’un des tuyaux.
- des graines qui se mélangent au coton mis en balle.
- Ce sont là autant de défauts préjudiciables à la qualité et à la valeur de la marchandise et ces inconvénients très ennuyeux augmentent lorsque le coton reste sur la plante à sa maturité.
- Par contre, ramassé par la cueilleuse électrique, au fur et à mesure qu’il mûrit, le coton donne des fibres lisses et moelleuses qui, n’ayant pas élé exposées à l’air, conservent tout leur poids et en même temps, leur belle couleur blanche. Telle est cette nouvelle invention dont les qualités que nous venons d’énumérer très succinctement font espérer qu’elle va provoquer un changement radical dans la culture du coton aux ütats-Unis.
- Ce changement aurait du reste, une répercussion très heureuse sur l’industrie cotonnière du monde entier. En effet, produisant à moins de frais la matière première dont ils monopolisent, en réalité, l’approvisionnement dans les usines et dont ils contrôlent les cours, puisqu’ils fournissent, chaque année, 76 pour 100 des exportations mondiales, les Américains pourraient réduire leurs prix d’une façon avantageuse pour tout le monde.
- L. Kueintz.
- Fig. 5. — A droite, colon cueilli à la main; à gauche, colon cueilli avec la nouvelle machine.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Laiiobe, 9, rue He Fleurus, à Paris.
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- N° 2536.
- I NOVEMBRE 1922
- UN BATEAU PARADOXAL
- qui navigue grâce au vent contre vent et courant.
- La Direction des Recherches Scientifiques et Industrielles et des Inventions vient de terminer avec succès une série de longues et coûteuses expériences dont les résultats peuvent modifier profondément d’ici peu les conditions de la navigation à voile.
- Il s’agissait de savoir si, oui ou non, il était possible d’utiliser le vent à la propulsion des bateaux dans tous les azimuts et particulièrement contre le vent.
- Cette possibilité avait été niée par des mécaniciens et des savants jouissant d’une grande autorité.
- Les voiliers actuels utilisent le vent pour leur propulsion depuis lèvent arrière jusqu’au plus près, comme disent les marins, mais il y a toujours un certain angle (l’angle mort), compris entre le plus près et le vent debout, où jusqu’ici il était impossible d’utiliser le vent directement. Pour faire route dans cette direction, les bateaux doivent tirer des bordées ou louvoyer, marche qui consiste à remplacer la ligne droite, impossible à parcourir, par une ligne brisée qui l’enlace, mais qui forcément est plus longue.
- Une autre infériorité du voilier actuel réside aussi dans l’impossibilité où il est de franchir un chemin fixé d’avance, entrer dans une passe, suivre un chenal, si le vent n’est pas orienté dans les conditions définies plus haut.
- C’est à ce problème délicat que s’est attaquée la Direction des Inventions. Elle l’a maintenant pratiquement résolu.
- La méthode naturelle qui se présente à l’esprit pour le résoudre est évidemment la substitution aux voiles fixes de voiles mobiles ou voiles tournantes semblables aux ailes des moulins à vent. Aussi qu’y a-t-il de nouveau sous le soleil? Il est probable que bien des techniciens y avaient déjà pensé. Il y a, paraît-il, dans le musée de* Dunkerque, un tableau représentant une flottille dont les roues à aubes qui devaient propulser les bateaux sont elles-
- mêmes actionnées par des moulins à vent. L’inventeur aurait présenté ce projet à Napoléon Ier comme un moyen de surprendre la flotte anglaise par vent contraire. Dans tous les cas, nous ne savons pas si des expériences ont été faites et quels résultats elles ont donnés.
- A notre connaissance, la première démonstration pratique du fait que l’on peut marcher directement contre le vent,
- * * ~ - t- - s. en se servant du vent comme seule force motrice, est due à un ingénieur français, M. Constantin, qui construisit en 1901 un petit jouet en presspahn, lequel, placé sur une table, avançait vivement contre le vent lorsqu’on soufflait dessus..
- Qu’on ne s’y trompe pas ; ce jouet contenait en germe l’application aux bateaux dont il est question ci-dessus. Il comprenait, en effet, comme elle, un moteur à vent, une transmission et un propulseur.
- Ce propulseur était une paire de roues et non une hélice marine, mais ce qu’on gagnait en rendement avec le propulseur à roues au lieu de l’hélice était largement compensé par un moins bon rendement du moteur à vent et de la transmission.
- Plus lard, en 1909, M. Constantin eut l’occasion de lire et d’étudier la remarquable théorie des hélices de M. Drzewiecki. Il appliqua celte théorie à son jouet et se convainquit que les rendements qu’on pouvait obtenir de la turbine à vent permettraient d’obtenir des résultats industriels (Q. C’est alors qu’il prit son premier brevet (24 février 1910) « sur un bateau muni d’un moteur à vent et d’une hélice marine, et pouvant avancer contre le vent sans louvoyer. »
- En même temps, il fit construire un petit chariot de démonstration au sujet duquel d’ardentes polémiques s’engagèrent dans divers journaux, entre
- 1. Les résultats obtenus à cette époque par M. Constantin furent l’objet de deux importantes études de notre regretté collaborateur Chassériaud dans les n09 1973 et 1995.
- 20. — 505.
- Fig i.
- La Drésinette, à Nantes.
- 50” Année. — 2* Semestre.
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- autres dans La Vie Automobile et La Technique Aéronautique.
- Ce petit'chariot excita vivement l’intérêt de plusieurs savants et mécaniciens de l’époque : Henri Poincaré, M. d’Arsonval, M. le lieutenant-colonel Renard, M. le lieutenant-colonel Espitalier, M. Branly, M. Aimé Witz, M. Ch.-Ed. Guillaume, M. Soreau, M. Rateau, M. Maurain, M. Boyer-Guillon, M. Daloz, etc...
- M. Rainlevé lui consacra un article dans La Technique Aéronautique et M. Lecornu en introduisit la description dans son cours de l’École polytechnique.
- Faute de moyens financiers suffisants, M. Constantin fut dans l’impossibilité à cette époque de passer de son expérience Nie démonstration à un essai en vraie grandeur.
- Pourtant, en 1915, sur l’initiative de certaines personnalités belges, dont M. AdhÇfêR^de la Hault, fut fondé un Syndicat que voulut bien présider l’éminent ingénieur, M. Rateau, pour éfla^gr ce même problème et un certain nombre d’autres, connexes, et également de grand intérêt.
- Puis vint la guerre, qui interrompit tout travail et fit dissoudre le Syndicat.
- Ces dernières années, MM. Constantin et Joessel reprirent la question.
- Ces deux ingénieurs ne se connaissaient pas; chacun d’eux n’a rien connu des travaux de l’autre et tous deux, vers la même époque, suivant des voies parallèles sans le savoir, ont abouti à des solutions très voisines et à des résultats comparables.
- En 1917, M. Constantin, rappelé "dû front et* nommé membre de la Section d’Aéronautique du Sous-Secrétariat d’État des Inventions, aux destinées duquel présidait déjà M. J.-L. Breton, montra son chariot à ses collègues, puis au Sous-Secrétaire d’État lui-même. Il en reçut de vifs encouragements à poursuivre la mise au point 'industrielle du dispositif. M. Breton semble avoir admis, dès le début,l’importance des applications qu’on pouvait en tirer et il se déclara prêt tout de suite à consacrer une partie des crédits dont il disposait à en étudier une réalisation.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, ‘vers la même époque, un autre ingénieur, M. R. Joessel, fils de Péminent ingénieur de la Marine qui, outre des travaux de machines et chaudières, a étudié le fonctionnement des gouvernails de bateaux et a donné la formule de Joessel, bien connue des aéro-dynamiciens, s’attaqua au même problème.
- M. Joessel fit d’abord des essais de laboratoire et, dès septembre 1917, il présentait, devant de nombreuses personnes, parmi lesquelles des ingénieurs, des radeaux d’expérience qui progressaient contre j le vent à des vitesses de 0 m. 500 à 0 m. 8.00 par j seconde par vent de 7 à 8 mètres.
- M. Bertin, Inspecteur général duGénie Maritime,
- M. Laubeuf, Ingénieur en chef de la Marine, furent avisés de ces expériences.
- Le problème était donc résolu.
- En 1918, M. Joessel arma un petit sloop de 2 tonneaux environ, La Drésinette, du port de Nantes (fîg. 1).
- Ce bateau fut muni d’une hélice aérienne de 5 m. de diamètre pouvant s’orienter sous tous les angles. Cette hélice était à surface variable et se développait ou se réduisait à volonté pendant sa rotation et cela presque instantanément.
- Cette hélice commandait, par l’intermédiaire d’arbres, de roues d’angles taillées et d’une boite de vitesse, une hélice aquatique en bronze de 0 m. 60 de diamètre, réversible La partie mécanique était très soignée et on n’avait utilisé que des roulements à billes.
- L’auteur, pendant une courte permission militaire, put, en septembre 1918, naviguer sur la rivière l’Erdre, près de Nantes, avec plusieurs personnes à bord, et il acquit la conviction que cette navigation était essentiellement pratique. Des essais consécutifs eurent lieu sur la Loire en 1919. L’ensemble de ces travaux est consigné dans,un mémoire, déposé à l’Office des Inventions, où les avantages de ce genre de navigation sont exposés très complètement, etdans deux brevets, l’un du 19 avril 1918, sous le n° 497 312, sur « un système de propulsion des navires utilisant la poussée du vent pour remonter directement contre lui. ».
- M. Joessel dut abandonner ses concluantes expériences, étant données les dépenses déjà faites et l’augmentation des prix de toutes choses, et par suite surtout de ses occultations absorbantes dans la direction d’une importante firme métallurgique.
- M. Constantin abords de son côté le problème pratique. Pour arriver'plus sûrement à son but, il demanda le concours de M. Daloz, dont il connaissait l’esprit inventif, la grande expérience pratique et le sens très sûr des réalités mécaniques.
- “ Gette nollnboration-devait.avoir d’heureux résultats. Grâce aux crédits accordés, et sous la direction éclairée de M. André Broca, chef du Comité technique de Navigation et Génie de la Direction des Inventions, M. Daloz imagina et exécuta plusieurs dispositifs pratiques indispensables, mit sur pied diverses expériences préliminaires qu’il conduisit méthodiquement et scientifiquement, et confirma d’une façon irréfutable que le principe de la marche contre le vent au moyen d’une turbine et d’un propulseur était aussi susceptible d’applications sur l’eau que sur terre.
- Mais M. Breton voulait à son tour vider la question sans appel : il voulait montrer un vrai bateau gréé avec le nouveau système et en démontrant les nouveaux avantages. A cet effet, la Direction des Inventions a acquis le bateau pilote le Bois Rosé, petit bateau de 5 tonneaux, de 8 m. 50 de longueur et de 1 m. 80 de tirant d’eau, pouvant porter 45 m. de voilure (fig. 2).
- On installa sur ce bateau un pylône d’acier portant une turbine aérienne Levasseur de 9 m. de dia-
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- mètre. Cette turbine commande, par l’intermédiaire de deux trains d’engrenages coniques et d’arbres montés sur roulements à billes, une hélice immergée en bronze de 1 m. 05 de diamètre.
- La turbine et l’hélice ont des pales à pas variable. Une girouette montée à l’extrémité du mât-pylone portant la turbine éolienne transmet électriquement au mécanicien la direction que doit avoir l’éolienne pour faire face au vent relatif résultant du vent réel et du déplacement du bateau.
- Un gouvernail ordinaire à flèche permet de conduire le bateau dans tous les vents, tandis que, par la manœuvre du volant d’orientation, le mécanicien, renseigné par la girouette électrique , maintient l’éolienne dans la direction favorable à son fonctionnement et cela, quelque soit le vent pris par le bateau.
- Le 15 septembre dernier,
- M. Breton, tenant à juger par lui-même de la maniabilité du nouveau système, prenait la barre du bateau et tous les promeneurs qui suivaient les rives de la Seine entre le pont de Saint-Cloud et le pont de Sèvres, aussi bien que les nombreux passagers des bateaux parisiens, purent voir évoluer avec aisance dans tous les vents et contre
- le vent le Bois Bose qui navigua sans incident ei pendant deux heures dans ce bassin, sans causer aucun dérangement à l’active navigation des bateaux parisiens et des trains de péniches remorqués. Le Bois Rosé évoluait avec la même facilité qu’aurait eue un bateau ayant à son bord un moteur thermique actionnant son hélice. Dans ce premier essai, aucune mesure n’ayant été faite, nous ne pouvons donner de chiffres précis, soit sur la vitesse du
- vent, soit sur celle du bateau, mais tous les passagers sont d’accord pour estimer à environ 2 m. seconde la vitesse du bateau et à 7 m. celle du vent.
- À titre de ren-seignements, nous rappelons que les grands voiliers à quatre m àts qui vont chercher les nitrates en Amérique n’ont pas une vitesse moyenne supérieure à 2 m. seconde.
- La conclusion de ces belles expériences, en plus de l’intérêt propre qu’elles offrent par elles-mêmes est la démonstration évidente de la nécessité d’avoir en France une organisât ion puissante pour l’étude et la mise au point de ces problèmes paradoxaux, dont les solutions sont trop aléatoires pour tenter les industriels. A. B
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA SISMOLOGIE
- En ces quarante dernières années, la sismologie, ou la science des tremblements de terre, jusqu’alors et depuis Aristote, humble annexe de la météorologie, parce que lés commotions terrestres passaient pour dépendre de eau-es atmosphériques ou cosmiques, a fini par conquérir de haute lutte son autonomie, et, dès lors, ses progrès se sont tellement développés que les mouvements du sol, n'étant plus les phénomènes mystérieux d’autrefois,
- méritent que, franchissant les limites du cercle un peu fermé des sismologues professionnels, on expose au grand public les résultats considérables déjà obtenus.
- Les diverses espèces de tremblements de terre. — En prenant le mot tremblement de terre dans son sens littéral, tout mouvement de l’écorce terrestre, petit ou grand, forme le domaine de la sismologie. Mais dès l’invention des sismographes, c’est-à-dire des appareils des-
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- tinés à enregistrer de façon durable les frémissements du sol pour substituer quelque chose de précis et surtout de mesurable aux fugaces et trompeuses impressions de nos sens imparfaits, on s’est yite aperçu qu’en outre de mouvements sensibles ou parfois destructeurs, il en existe une multitude d’autres insensibles à l’homme, et que la surface de la planète est pour ainsi dire -en état de perpétuelle agitation, et cela en tous lieux, même dans des pays non seulement jamais exposés au danger sismique, mais encore dans lesquels l’homme ne sent qu’exception-nellement le sol onduler sous ses pieds. Ce sont ce que l’on appelle les microséismes, par opposition aux macroséismes, c’est-à-dire aux tremblements de terre, phénomène naturel qui ne réclame aucune définition.
- Sans doute il semblera que cette classification est tout simplement arbitraire, car elle repose apparemment sur une question de degré d’intensité par rapport à l’impressionnabilité de nos sens. En réalité, il n’en est rien. Les microséismes résultent, en effet, d’un grand nombre de causes : vents ; température atmosphérique et inégales dilatations des couches terrestres externes; variations de la pression atmosphérique ; vagues et marées montant à l’assaut des côtes; attraction luni-solaire produisant de véritables marées de l’écorce malgré sa solidité ; frémissements résullant de l’activité humaine : les moteurs industriels, les chemins de fer et les tramways, les coups de canon, les explosions pour l’exploitation des mines, voire même les sonneries de cloches, etc., etc. Enfin les tremblements de terre eux-mêmes ébranlent toute la masse teirestre, en s’enregistrant à distance du foyer sous la forme de microséismes.
- 11 s’est ainsi formé tout un vaste domaine de sismologie, qui intéresse surtout les géophysiciens et comprend l’étude de la propagation des vrais tremblements de terre loin de leur foyer et à toute profondeur au travers de la masse planétaire. Les propriétés physiques des matériaux terrestres interviennent directement dans cette étude, ce qui oblige à faire appel à une des parties les plus ardues de la mécanique rationnelle, la théorie mathématique de l’élasticité. Mais, inversement, de ces phénomènes de propagation observés au moyen des sismo-grammes, représentation géométrique des mouvements propagés, on peut remonLer aux propriétés physiques et élastiques des matériaux terrestres tant superficiels que profonds. C’est ainsi que l’on a pu démontrer par l’observation que, dans son ensemble, notre globe est un corps dont la rigidité est plus grande que celle d’un bloc de l’acier le plus dur. En raison des colossales pressions de gravité qui, jusqu’au centre, se développent dans la masse, cela suppose aux matériaux (probablement du fer presque pur), un état dont les propriétés nous restent inconnues et à peine concevables, auquel on a donné le nom d’hijpersolide, qui ne saurait guère être déduit par extrapolation de l’état de la matière, tel que nous l’étudions dans nos laboratoires de physique et de résistance des matériaux. Combien n’est-on pas loin de l’antique conception du noyau central fluide parce qu’incandescent! De toute cette sismologie instrumentale et mathématique, ce résultat est le seul qui puisse intéresser le pùblic instruit, si nous y ajoutons cependant qu’environ au sixième du rayon terrestre, à partir de la surface, il doit y avoir un changement brusque de la constitution et de la densité des matériaux de la planète. Enfin l’étude d’un sismogramme permet dans un observatoire quelconque de calculer les coordonnées géographiques du point où s’est produit le tremblement de terre, et même sa profondeur au-dessous de la surface.
- Si ces résultats peuvent et doivent remplir de satisfaction et même d’orgueil les sismologues mécaniciens et mathématiciens, on ne voit rien jusqu’à présent qui touche au véritable tremblement de terre, parce qu’en étudiant loin du foyer sismique les mouvements propagés on n’a affaire qu’à un effet consécutif du séisme. Si l’on voulait à distance déterminer de quel instrument joue un musicien que l’on ne voit ni n’entend, installera-t-on un appareil enregistreur des vibrations sonores de l’atmosphère pour en interroger les diagrammes? Toute la question est là et peut-être que la solution de ce problème-ci serait plus facile que celle de celui-là, dont on demande la solution aux sismogrammes. En fait, si, comme nous allons le montrer, nos connaissances sur la cause des tremblements de terre ont fait de très grands progrès, c’est par une toute autre voie que l’on y est parvenu depuis un peu plus d’un tiers de siècle. Les innombrables sismogrammes étudiés et mesurés dans les 325 stations sismologiques disséminées sur toute la surface du globe n’y ont contribué en rien, pas plus que les non moins innombrables microséismes enregistrés, même quand leur fréquence en un temps donné est assez grande pour que Ton puisse parler de tempêtes microsismiques.
- La géographie des tremblements de terre. — Le tremblement de terre étant un phénomène propre à l’écorce, ses causes apparaissent a priori comme devant être recherchées dans ce milieu, et non ailleurs, ce qui fait soupçonner qu’elles sont de nature géologique. Comme, même en dehors de toute investigation scienli-fique précise, il est bien connu qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène universel et qu’il y a des régions privilégiées dans lesquelles il ne tremble jamais au regard d'autres cruellement exposées, le problème à résoudre s’est présenté sous une forme simple qui, pour être mise, en œuvre, n’a point nécessité d’effort compliqué d’intelligence, l’usage du plus ordinaire bon sens y suffisant très amplement. Il s’imposait d’établir une géographie sismologique et en déduire, s’il y en avait, les caractères géologiques différenciant les régions à tremblements de terre de celles qui n’y sont point sujettes. Que si l’on découvrait de telles différences, c’est que le chemin tenté était le bon et, comme nous allons le voir, il en était bien ainsi.
- Celte première étape a été parcourue en portant sur les cartes les foyers d’un nombre énorme de tremblements de terre, pas beaucoup moins de deux cent mille, que l’on a rencontrés dans les catalogues spéciaux et dans une infinité de recueils de tout genre : bulletins météorologiques, chroniques, histoires, voyages, etc. Ce travail préliminaire ne pouvait être réalisé qu’à notre époque^ maintenant que toute la surface terrestre est connue partout et soumise aux investigations scientifiques. La récompense ne s’est point fait attendre. Par de simples lectures qui auraient été à la portée de tous, on a constaté d’une part que la surface terrestre se décompose en régions partielles strictement délimitées et qu’on appelle sismiques, pénésismiques et asismiques, qualifications qui s’expliquent d’elles-mêmes, sans qu’il soit ici besoin d’entrer dans plus de détails techniques, et, d’autre part, que chacune de ces régions est restée telle depuis que l’homme en a une connaissance scientifique suffisamment documentée. En d’autres termes, la sismi-cité d’une région géographique est constante au regard des temps historiques, — nous ne disons pas géologiques, — et qu’il en est de même pour leur ensemble, c’est-à-dire la surface terrestre totale, ce que le vieux natura-
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- liste Pline avait déjà su énoncer en disant que là où il a tremblé, il tremblera.
- Dans ce dernier ordre d’idées, on est arrivé à certains résultats qui ne manqueront pas d’intéresser le public. Chaque année, le nombre total moyen des secousses sismiques sensibles à l’homme atteint environ trente mille et, parmi elles, il y en a trente et une destructives à quelque degré, petit ou grand, depuis celles qui renversent quelques vieilles murailles jusqu’à celles qui font écrouler des villes entières sur des milliers de victimes. D’ailleurs partout la fréquence et l’intensité des plus fortes secousses auxquelles un pays est exposé, vont de pair sans que l’on puisse énoncer la proportionnalité mutuelle de ces deux éléments, la nature ne nous offrant jamais de lois ausd simples.
- Grâce à la géographie sismologique, on a vu immédiatement que les régions sismiques jalonnent les grandes chaînes de montagnes et que la sismicité croit avec la raideur des pentes de leurs versants et avec leur relief absolu, c’est-à-dire l’altitude de leurs crêtes au-dessus des plaines environnantes ou des fonds des abîmes océaniques voisins, suivant les cas. Les régions sismiques figurent ainsi, de même que les chaînes elles-mêmes, de longues bandes linéaires instables. Les régions pénésis-miques se disposent le long de ces fuseaux terrestres, quand elles ne caractérisent point des surfaces plus étendues de faible relief, tandis que les régions asis-miques correspondent aux grandes aires plates.
- La cause des tremblements de terre. Les tremblements de terre orogéniques. — La sismicité est donc fonction du relief ; mais cette observation ne nous fournit encore aucune lumière sur la cause intime des tremblements de terre. Heureusement on a vu aussi que les chaînes et leurs abords immédiats ne sont pas également instables; ils le sont d’autant plus, mnetis parïbus, qu’elles sont plus jeunes géologiquement parlant. Aussi a-t-on pu dire que la sismicité est un critérium de l’âge d’une chaîne. Et nous voici tout de suite amenés à lier l’acte de la surrection d’une chaîne avec la fréquence et l’intensité des tremblements de terre qui l’agitent.
- Or, quel est le phénomène géologique concomitant de la surrection d’une chaîne? C’est le plissement des couches terrestres, cette expression prise dans son sens le plus général, c’est-à-dire comprenant tous les genres de dislocations, plissements proprement dits, fractures, failles, chevauchements et charriages, en un mot les accidents tectoniques. Comme, d’autre part, les grands tremblements de terre sont souvent accompagnés de la formation de semblables accidents, principalement de fractures et de failles, qui parfois s’étendent sur des 200 et 300 km de longueur, franchissant monts et vallées, on a pu dire sur la foi” des observations que les séismes correspondent à une phase ultime des surreclions. Cela est tellement vrai que le mouvement de surrection n’a pas affecté uniquement les couches terrestres du fuseau soulevé en chaîne de montagne; il s’est aussi étendu aux régions avoisinantes, mais avec une amplitude verticale moindre, de sorte que celles-ci sont beaucoup moins disloquées et plissées, et partant moins instables, c’est-à-dire qu’on y trouve des régions seulement pénésis-miques. ....
- Maintenant on va pouvoir comprendre la relation constatée entre le relief absolu et la sismicité, en se reportant au mécanisme même de la surrection. D’une façon schématique, ces grands épisodes géologiques se sont produits de la manière suivante. D’abord s’est creusé un fossé linéaire et très profond au sein des mers. C’est
- pour cela que les strates correspondant à l’axe de la chaîne ont été sédimentées à de grandes profondeurs, comme le démontrent les formes fossiles qu’on y rencontre. Ce sont les couches dites bathyalés, ou abismalcs. A droite et à gauche, se sont déposés des sédiments de moindre profondeur, reconnus comme tels par leurs fossiles, restes d’êtres vivants dans des mers relativement peu profondes ou néritiques. Puis le tout s’est resserré dans le sens perpendiculaire à l’axe, de sorte que les plissements et les dislocations ont été d’autant plus énergiques que l’on considère des points plus rapprochés de la crête et partant soulevés à une plus grande altitude. Ainsi se manifeste la relation entre le relief, l’intensité des perturbations tectoniques et la sismicité, tous éléments qui décroissent progressivement de l’axe d’une chaîne à ses versants jusqu’au soubassement.
- Mais revenons aux régions pénésismiques qui, elles, ne sont point l’apanage exclusif des abords des chaînes. On les rencontre, en effet, loin de ces bandes soulevées du fond des anciennes mers, car sous le nom de pénéplaines, elles forment des contrées de peu de relief actuel et qui, à ce point de vue, sont intermédiaires entre les chaînes et les plaines. Or la géologie nous apprend que le plus souvent ces pénéplaines représentent d’anciennes chaînes aux strates plissées et disloquées, mais qui, malgré leur altitude d’antan, ont été arasées jusqu’à un niveau plus ou moins bas par l’action prolongée des agents de destruction, l’érosion et la dénudation. Les efforts de corru-gation de l’écorce y sont presque morts, tant est grand le temps géologique écoulé depuis la surrection et les dislocations y ont perdu toute mobilité ; les tremblements de terre y sévissent peu, en tout cas jamais désastreux.
- Ailleurs ces vieilles chaînes ont été dénivelées au point de se confondre avec les plaines environnantes, les géologues étant seuls capables d’y retrouver les racines d’anciennes Alpes complètement disparues. Les tremblements de terre y sont inconnus; ce sont des régions asismiques.
- Considérons enfin certaines grandes surfaces planes, aux strates très anciennes, peu disloquées et ayant conservé à peu près tout au moins l’horizontalité de leur dépôt. Là encore on aura affaire à des régions asismiques. Tel est le cas de la plate-forme russe.
- Un triple exemple devenu classique en ce qui concerne les chaînes, est celui des Pyrénées, des Alpes et des Apennins. De la plus ancienne à la plus jeune, elles se rangent dans cet ordre. C’est aussi celui de leur relief croissant pour les Pyrénées au-dessus du bassin aquita-nien, pour les Alpes au-dessus du fond de la vallée du Pô, et pour les Apennins au-dessus des abîmes de la mer Tyrrhénienne. Or l’Aquitaine, exempte de tout danger sismique, est simplement pénésismique quant au nombre non négligeable cependant de ses secousses. Les pays subalpins n’ont connu que de rares tremblements de terre désastreux et, quant aux Apennins, de fréquentes catastrophes italiennes en accusent l’extrême sismicité.
- La sismicité et la pénésismicité caractérisent donc les régions d’architecture plissée, suivant leur jeunesse plus ou moins grande. L’asismicité est le propre des régions plissées très anciennement et de celles d’architecture tabulaire. Que si l’on descend dans le détail, on trouve que partout et toujours* les circonstances de stabilité ou d’instabilité d’un pays ïéflètent fidèlement l’histoire géologique de l’évolution de son relief.
- Les longues et profondes fosses sous-marines des océans du passé et du fond desquelles ont surgi des chaînes par resserrement latéral portent le nom de géo-
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- synclinaux par opposition à celui de géoanticlinaux appliqué aux chaînes elles-mêmes, mais ce resserrement ne s’explique que par la contraction de l’écorce terrestre au cours des périodes géologiques antérieures. Ainsi le refroidissement séculaire de la planète apparaît en fin de compte comme la cause profonde et générale des tremblements de terre. En un mot, le problème sismologique est ramené à un problème purement géologique, à savoir celui do la surrection des chaînes de montagnes au sein des géosynclinaux, quoique le mécanisme intime des actions de plissement reste encore bien mystérieux. Quoiqu’il en soit, on est en face d’un considérable progrès acquis récemment et qu’aucun sismogramme n’aurait pu même faire soupçonner.
- Si, dans le détail, ces conditions sont très généralement confirmées sur toute la surface du globe, moyennant des exceptions obligées, car les grandes lois naturelles ne sont jamais aussi simples que leurs énoncés déduits de nos faibles connaissances, il ne s’ensuit pas moins que les tremblements de terre résultent de la brusque résolution d’efforts de tension et de compression lentement accumulés, efforts tectoniques, ou de plissement, que l’acte de la surrection a laissés en activité après lui. Il serait donc intéressant et même nécessaire de constater l’existence de ces efforts.
- Les phénomènes de siratoclase. — C’est à quoi l’on est arrivé par l’étude des phénomènes de stratoclase. Ces phénomènes sont de deux genres. Quand on a extrait de certaines carrières de grands blocs de roches compactes, ils se dilatent, se recourbent et l’on ne pourrait plus les replacer dans l’espace vide qu’ils occupaient. Il leur arrive même d’éclater et de se réduire en fragments qui, lancés en l’air, blessent ou même tuent les ouvriers carriers. Ainsi les fameux grès de Monson, Massachusels.
- Pendant les travaux de percement de mines, ou de tunnels, on entend souvent des bruits étranges — on dirait des éclatements — les boisages s’incurvent, fléchissent et vont jusqu’à se rompre, les parois des excavations se bombent et finissent par éclater en projetant des éclats tout aussi dangereux qu’aux carrières de Monson. Parfois, quand ces phénomènes prennent encore plus d’ampleur, ils se traduisent à la surface par de très petits tremblements de terre, à la vérité de peu d’extension. Puis tout s’apaise pour se répéter plus tard. On voit 1res bien les tensions et les compressions s’êtré résolues avec l’exacerbation des phénomènes de stratoclase, ou de ruptures de roches. Les couches terrestres reprennent leur équilibre, les efforts se réaccumulent et dès qu’ils sont arrivés à dépasser les limites d’élasticité de ces roches, celles-ci se rompent de nouveau en ébranlant le sol. Mais ces efforts ne sont pas autre chose que la survivance de ceux de plissement; ils résultent aussi de l’empilement vertical des couches soulevées des montagnes et en équilibre instable en conséquence des dislocations tectoniques dont sont affectées leurs si rates. Il est donc on ne peut plus logique d’admettre que le long des fuseaux de surrection, et, dans une mesure moindre, à quelque distance d’eux, c’est bien ainsi que se produisent les tremblements de terre, tout cela étant confirmé par la répartition géologique et géographique des régions sismiques, pénésismiques et asismiques, surtout si l’on se rappelle comment intervient le temps écoulé depuis les événements géologiques qui ont façonné le relief terrestre.
- Notons en passant que les phénomènes de stratoclase sont connus depuis une très haute antiquité des mineurs, mais c’est seulement en ces dernières années que l’on a
- songé à les considérer en sismologie. Les mineurs, ignorants et ne pouvant en déterminer les causes, les on expliqués en les attribuant à des êtres surnaturels aux noms divers, nains, lutins, petits mineurs, gnomes, koholds et démons des mines, ce qui a donné lieu à tout un folklore spécial et très intéressant, qui n’a pas encore disparu des croyances des gens du peuple que sont les mineurs. El l’on a pu dire en toute vérité que les observations de stratoclase avaient permis de surprendre en flagrant délit le Démon des tremblements de terre, c’est-à-dire expliquer les commotions terrestres.
- Pour extrêmement plausible que paraisse cette théorie, dans une très large mesure confirmée par l’observation directe et par la géologie, il y aurait cependant une objection à lui faire. Quelle est, en effet, la relation géographique existant entre les régions à tremblements de terre et les pays dont les mines présentent les phénomènes de stratoclase? On l’ignore. Certainement la coïncidence n’en paraît même pas approchée. Il y a donc là tout un vaste champ de recherches à explorer. D’ailleurs et, a priori, on doit supposer que la complexité des lois naturelles ne favorisera pas une exacte coïncidence de ces régions, de même que n’est pas résultée mathématiquement exacte celle des zones sismiques et géosyn-clinales.
- Tout ce qui précède correspond aux tremblements de terre appelés indifféremment tectoniques, de plissement, orogéniques et glyplogéniques, c^est-à-dire de sculpture (du relief terrestre), quand on veut surtout en accentuer l’intervention, soit par leur origine, puisqu’ils sont liés aux surrections, soit par leurs effets, failles et fractures que ces tremblements de terre ouvrent dans l’écorce. N’y en existe-t-il pas d’autres, c’est ce qu’il s’agit maintenant de rechercher, notant en passant cette opinion généralement courante que ces séismes d’origine géologique sont quant aux autres dans une proportion très prédominante, celle de mille à un, peut-être, parmi les 50 000 qui annuellement ébranlent la surface du globe. Ces autres tremblemenls de terre sont ceux d’écroulements souterrains et ceux volcaniques.
- Les tremblements de terre d’effondrement. — Les tremblements de terre d’écroulement ou d’effondrement sont réputés se produire lorsque les eaux souterraines, ayant suffisamment érodé et dissous les couches plus ou moins profondes de l’écorce, à la faveur des fractures, ou diaclases, qui, en très grand nombre, rompent la continuité des couches, il s’établit de grands vides, dont les plafonds, dès lors en porte-à-faux, s’écroulent ; et la force vive île leur chute, quand les matériaux arrivent au sol de ces cavernes, se transforme en mouvement ondulatoire de la masse terrestre. Rien de plus simple en apparence. Mais les spéléologues n’ont jamais rencontré de vides ni de traces d’éboulements dont la grandeur fut adéquate à l’effet imaginé, ces vides n’étant le plus souvent que d’étroites fentes, ou diaclases, comme disent les géologues, qui se sont à peine élargies par l’érosion des rivières souterraines qui les parcourent et les approfondissent. On notera d’ailleurs qu’à l’air libre on observe souvent dans les pays de montagnes des éboulements de pente qui sont gigantesques tant par la masse des matériaux déplacés que par la hauteur de laquelle ils sont tombés jusqu’au fond des vallées. Cependant malgré l’énorme force vive dont ces masses sont animées à la fin de leur chute, il ne s’en est jamais suivi, et encore très rarement, autre chose que de très faibles secousses. Si ce processus est incapable d’ébranler la surface terrestre, ou à peu près, pourquoi, s’il se présentait dans les pro-
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- fondeurs souterraines, en serait-il autrement? Les pays qui sembleraient devoir être a priori le plus exposés aux secousses de celte origine sont ceux de topographie karstique. Or la répartition géographique de ces régions n’a aucun rapport avec celle des régions sismiques. Parmi elles, il y en a d’absolument stables comme le Yucatan, et d’autres instables comme la Dalmatie et Pis trie. Enfin si un séisme d’écroulement souterrain résultait d’une chute assez considérable de malériaux, la surface ne devrait-elle pas s’affaisser? Or, cet effet, apparemment obligatoire, ne s’observe pas. Il faut toutefois signaler que dans certains pays de mines on a parfois observé de semblables phénomènes, de grands éboulements de galeries ayant été suivis de minuscules secousses, accompagnés par la suite de très légers affaissements de la superficie très lentement produits; c’étaient donc des effets consécutifs et non des causes de ces petites secousses. 11 faut donc jeter un doute sérieux sur ce genre de commotions séismiques. Cette cause de tremblements de terre avait tellement de vogue autrefois, qu’on n’hésitait point à la mettre en avant toutes les fois qu’il avait tremblé après une forte pluie qui avait dû préparer l’effondrement souterrain.
- Les tremblements de terre volcaniques. — Reste à nous expliquer sur les tremblements de terre volcaniques. 11 serait puéril d’en nier l’existence, absurdité dont on a accusé les sismologues et les géologues qui ont établi l’indépendance des phénomènes sismiques et volcaniques. Mais il y a eu de formidables éruptions qui n’ont été accompagnées d’aucune secousse, même la plus insignifiante, ainsi par exemple celle du Mont Pelé qui a d’un coup rayé la ville de Saint-Pierre de la Martinique de la surface terrestre. Il y en a eu par contre beaucoup d’autres qui se sont' manifestées avec d’innombrables commotions, parmi lesquelles il n’en a pas manqué de désastreuses. Mais ces secousses sont toujours centrées sur le foyer volcanique en activité et leur aire d’ébranlement, jamais très étendue, est à peu près circulaire. Au contraire, les surfaces secouées par les grands tremblements de terre tectoniques prennent le plus souvent la forme d’ellipses très allongées, c’est-à-dire de fortes excentricités ; leur axe jalonne l’accident tectonique linéaire qui, en rejouant, a donné lieu aux séismes. Ces surfaces sont parfois énormes, atteignant plusieurs millions de kilomètres carrés. D’autre part, si les mappemondes des régions sismiques et volcaniques semblent se présenter identiques, dans le détail des cartes la répartition géographique des deux genres de phénomènes se montre fort différente. On comprend bien maintenant ce que l’on entend par l’indépendance des deux phénomènes, opinion très généralement acceptée des géologues et des sismologues.
- Autrefois cependant, tout tremblement de terre était prétexte à rechercher le volcan et, à son défaut, on se contentait du simple voisinage de roche» plutoniques, tant prédominait la théorie volcanique, théorie qui avait ses racines dans la croyance au noyau fluide incandescent de la planète. Il y avait donc aussi des commotions dites plutoniques, dues à des explosions d’origine chimique au sein de ces matières, mais cette manière de voir a été ruinée du fait que ce noyau ne pouvait être qu’un milieu sous-jacent à toute la surface terrestre, ce qui implique contradiction avec l’étroite répartition géographique des régions à tremblements de terre. Celte même difficulté insurmontable s’étend aussi à toutes les influences météorologiques et cosmiques si longtemps énoncées sur la cause des tremblements de terre, puis
- ces phénomènes sont universels, eux aussi. Quant aux explosions au sein du magma, on peut, au moins jusqu’à nouvel ordre, les conserver à titre d’hypothèse plausible pour les tremblements de terre volcaniques en admettant qu’elles se produisent au sein du magma supposé exister dans les maculai au-dessus desquelles se trouveraient les volcans, ou plutôt leurs groupes.
- Malgré tout, la répartition des volcans manifeste une certaine relation avec les grandes lignes de corrugation de l’écorce, mais avec cette restriction qu’ils se rencontrent plutôt sur leurs bords, tandis que les l égions sismiques les jalonnent étroitement. Il y a donc une vague parenté géologique entre les phénomènes sismiques et volcaniques puisque les uns et les autres sont liés aux lignes de moindre résistance de la surface du globe. Leur indépendance plus haut énoncée s’accentue encore du fait des gigantesques épanchements éruptifs qui, par exemple au Dekkan, se sont produits à la fin de l’ère secondaire, c’est-à-dire à une époque de grande tranquillité tectonique, du moins en ces lieux.
- Au commencement de cet article, nous avons suggéré que les shmogrammes ne peuvent donner la clef du problème sismique parce qu’ils figurent seulement un mouvement moléculaire consécutif au tremblement de terre, ce qui paraît devoir leur interdire de refléter le mouvement originel. Et, en effet, ils se présentent avec les mêmes formes pour les commotions tectoniques ou volcaniques. On a cependant avancé que pour celles-ci le premier .mouvement est centrifuge par rapport au foyer, ce que suggère bien un effet explosif, tandis qu’il serait centripète pour celles-là. Mais cette différenciation n’est pas admise par tous les sismologues. S’il en était ainsi, la forme des sismogrammes fournirait bien, au moins dans ce cas, une certaine lumière sur la nature du mouvement dynamique initial du tremblement de terre. Aclhuc sub judicio lis est.
- Comme nous l’avons vu, les séismes orogéniques ou tectoniques sont intimement liés à la survivance atténuée des efforts qui ont tant contribué à l’évolution du relief terrestre, autrement dit à sa sculpture, d’où le nom de glyptogéniques qu’on leur donne. Les modifications de relief de cette origine se caractérisent par la forme étroite et allongée des surfaces qu’elles affectent et par l’amplitude notable des déplacements dans le sens vertical. Il en est de même pour les aires ébranlées par les tremblements de terre correspondants. Mais, au cours des temps géologiques, des modifications importantes de la Face de la terre ont été la conséquence d’autres mouvements : ce sont les transgressions et les régressions de la-mer. Elles sont caractérisées par une grande extension dans tous les sens et une amplitude verticale très faible relativement. On donne à ces mouvements de l’écorce le nom d’épéirogéniques parce qu’à une époque géologique déterminée, ce sont eux qui définissent les contours des continents. Il y a tout lieu de penser que les mouvements épéirogéniques, eux aussi, se survivent encore mainte liant en donnant-lieu à des tremblements de terre de môme origine. Ils seraient, donc liés à la sculpture du relief terrestre parallèlement à ce qui se passe pour les tremblements de terre orogéniques. On entre là dans un domaine encore à peu près inexploré de la sismologie géologique. Quoiqu’il en soit, l’existençe de ccs tremblements de terre, glyptogéniques eux aussi, est confirmée par le fait qu’à l’occasion de certains grands séismes, on a observé des soulèvements et des affaissements d’extensions assez considérables, de même que le caractère tectonique d’autres s’est décelé par le fait qu’ils étaient
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- accompagnés de la formation d’accidents tectoniques. Si l’échelle de ces mouvements n’a pas été comparable à ce qui s’est passé pour les mouvements épéirogéniques des transgressions et des régressions marines, l’extension dans tous les sens et la faible amplitude verticale des dénivellations ont donné le droit d’appliquer la même qualification à ces tremblements de terre.
- Par le développement de tous ces faits, le mystère sis-
- mique, une fois débarrassé de ses entraves météorologiques et cosmiques, disons le mot astrologiques, s’est considérablement éclairci en ces dernières années et l’épilogue en est que, parodiant un vieil adage des philosophes classiques, nous dirons d’un observatoire sismologique : Que nul n’entre ici, s’il n’est géologue.
- De Montessos de Ballork, Directeur du Service sismologique du Chili.
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- La Nature a déjà signalé la construction en Suisse d’une locomotive d’essai mue par une turbine à vapeur.
- L'Engineering publie la description d’une autre locomotive du même principe construite en Suède
- de ce réseau; elle y a déjà subi l’épreuve d’un long service courant. Elle est remarquable par le soin avec lequel ont été poussées les études de chaque détail.
- Elle constitue une véritable usine à vapeur
- Fig. j. — Vue d'ensemble de la locomotive à turbine Ljungstrom.
- Elle est cornp )sèe de 2 véhicules. Le véhicule avant porte la chaudière, les réchauiïeurs d’air et le magasin à charbon. Le véhicule arrière à 3 cssieus-moteurs porte la turbine, les engrenages réducteurs de vitesse, le condenseur
- et les réchauiïeurs d’eau.
- par les frères Ljungstrom, les inventeurs d’une turbine à vapeur qui a pris un sérieux développement en ces dernières années.
- Comme nous l’avons déjà expliqué, le but poursuivi en substituant la turbine à la machine à vapeur alternative est de réaliser un ensemble de meilleur rendement que celui de la locomotive actuelle à pistons. Celle-ci a de précieuses qualités de souplesse et de simplicité de manœuvres. Mais elle consomme beaucoup de charbon : son rendement global est d’environ 6 pour 100; autrement dit 94 pour 100 de l’énergie calorifique du charbon sont gaspillés. Les grandes centrales modernes à vapeur par contre réalisent • des rendements de 20 p. 100. La locomotiye, engin de puissance relativement modeste, ne peut évidemment prétendre atteindre ce record réservé à des unités ultra-puissantes; mais entre 6 et 20 pour 100 il y a une large marge qui laisse la voie ouverte à bien des perfectionnements.
- La' locomotive Ljungstrom a été construite pour les chemins de fer de l’Etat Suédois ; sa puissance est de l’ordre de celle des plus puissantes machines
- 1 mobile, équipée avec les dispositifs les plus modernes. Le succès semble avoir couronné cet effort, puisque les essais poursuivis pendant plusieurs mois ont montré que la consommation de charbon de cette locomotive est la moitié de celle d’une locomotive ordinaire.
- La locomotive Ljungstrom est composée de deux véhicules : l’un d’eux a l’aspect général d’untender, il porte la turbine, les machines auxiliaires et les appareils de condensation : l’autre, placé à l’avant du premier, a l’aspect d’une locomotive ordinaire : c’est, lui qui porte la chaudière, le foyer, les appareils de tirage, les surchauffeurs, le magasin à charbon.
- L’ensemble pèse 126 tonnes en ordre de marche et mesure près de 22 mètres de long. Le tender-moteur pèse 64 tonnes dont 48 sur essieux moteurs. La turbiné développe une puissance de 1800 HP, qu’elle communique à 3 paires d’essieux couplés. La vitesse maxima est de 110 kilomètres à l’heure.
- La turbine, placée à l’avant du tender, son axe parallèle aux essieux, commande les essieux des roues motrices par l’intermédiaire d’un double
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- »,Echappement auxiliaire a la turbine principale
- Va peur à lapression atmosphérique provenant tde/apompe de condensation. deléjecleur d’air \du condenseur, de féjecteur du frein à vide •
- \ .... v
- vers les presseétoupes de la turbine princip h
- fbmnedàlimentation napeua saturée de la çAaudièrsm,
- Vapeurtv/vesün!haüfi&
- Fig. 2. — Figure schématique montrant comment circulent la vapeur et l’eau d’alimentation dans les divers organes de la locomotive.
- engrenage réducteur de vitesse et de bielles d’accouplement.
- La turbine elle-même n’offre pas dans son ensemble de dispositions spéciales : c’est une turbine combinée à impulsion et réaction, la vapeur circulant parallèlement à l’axe de la machine. Les constructeurs n’ont pas fait usage de la turbine à double rotation que nous avons déjà décrite et qui a rendu leur nom célèbre.
- Notons toutefois une particularité importante : après avoir parcouru la longueur de la turbine, parallèlement à l’arbre, en travaillant sur les roues successives, la vapeur au lieu de sortir à l’autre extrémité du carter, est ramenée en arrière ; la dernière roue porte une double couronne d’aubes. La vapeur, après avoir changé de direction, revient agir' sur la couronne supérieure pour sortir enfin de la turbine au centre du carter. Cette disposition a pour but de raccourcir la turbine et de lui donner un encombrement assez réduit pour la loger aisément sur la locomotive.
- La turbine développe sa puissance maxima de 1800 HP, à 9200 tours. Elle est alimentée par de la vapeur à la pression de 20 kg par cm2 et surchauffée ; celle-ci est amenée du véhicule-chaudière
- au moyen de conduites flexibles. Nous allons examiner successivement le mode de production à la vapeur, sa condensation et le mécanisme de transmission du mouvement de la turbine aux roues motrices de la locomotive .
- 1. — Production de la vapeur. — Chaudière et réchauffeur d’air, triage. — Tout l’ensemble de la chaufferie est concentré sur le véhicule avant et comporte les dispositifs les plus perfectionnés en usage dans les grandes centrales thermiques fixes, qui pratiquent systématiquement la chasse aux calories perdues.
- La chaudière est à tuhes de fumée comme dans toutes les locomotives.
- La surface de grille est de 2,6 m2; la surface de chauffe de 10 ms. La chaudière est munie de 160 tubes donnant une surface de 105 m2. Ceux-ci ont seulement 5 mètres de longueur. Ce sont les 2/5 de la longueur généralement admise.
- Mais on sait depuis longtemps que les extrémités des tubes des chaudières de locomotives ne produisent qu’une faible vaporisation : le coefficient de transmission de chaleur y tombe à une valeur très faible. Les gaz du foyer dans la locomotive Ljunstrôm sortent donc plus chauds du faisceau tubulaire que dans les locomotives ordinaires.
- Mais la chaleur qu’ils contiennent est récupérée ainsi qu’on va le voir et la chose est par suite sans inconvénient.
- La température des gaz à la sortie des tubes est de 520t)C. Elle est ramenée à 150° C, après passage des gaz dans un réchauffeur d’air qui échauffe l’air destiné à assurer la combustion et l’amène aux environs de 150°.
- Ce réchauffeur d’air est composé d’un faisceau tubulaire en laiton placé sous la boîte à fumée, et comprenant 650 tubes d’une surface totale de 166 m2.
- Le réchauffage de l’air de la combustion commence à être employé dans les centrales modernes.
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- C’est la première fois qu’il est adopté sur uue loco- ! état de propreté, sans qu’il soit besoin d’immobi-
- motive.
- Rappelons que dans les locomotives ordinaires, les gaz chauds s’échappent dans la cheminée à une température de 500° au minimum; la locomotive ; Ljunstrom réalise donc un progrès important au ! point de vue de l’utilisation des calories contenues dans ces gaz. Un autre avantage qui résulte de leur . faible température de sortie est le suivant : leur ; volume est au moins moitié moindre de celui qu’il ; faut expulser d’une locomotive ordinaire. ;
- Mais cette température n’est pas suffisante pour j assurer le tirage naturel par la cheminée : d’autre j part, comme on condense la vapeur, on ne dispose plus de vapeur d’échappement à projeter par bouffées dans la cheminée pour produire le tirage conformément au dispositif adopté ne varietur sur toutes les locomotives depuis Stephenson ; aussi l’aspiration de l’air frais, son refoulement dans le réchauffeur, et l’expulsion des gaz brûlés sont-ils assurés au moyen d’un petit ventilateur, placé à l’entrée de la cheminée; ce ventilateur est à une seule roue ; il est commandé par une petite turbine à vapeur, le tout placé dans un bâti à l’avant de la locomotive, de façon à profiter du refroidissement par le courant d’air qui sévit aulour de la locomotive en marche.
- La turbine est une turbine à impulsion à deux roues; elle ne mesure que 120 mm. de diamètre; elle communique au ventilateur une vitesse de 10 000 tours par minute. Elle est alimentée par la vapeur à haute pression venant de la chaudière ; la vapeur échappe à la pression de 5 kg dans un réchauffeur d’eau d’alimentation.
- Pour en finir avec la production de la vapeur, disons que celle-ci avant d’arriver à la turbine, est surchauffée par les gaz du foyer dans un surchauffeur de 80 m2 de surface, du type ordinaire employé sur les locomotives.
- Nous avons vu que l’air admis dans le foyer est réchauffé au préalable. De même l’eau, admise dans la chaudière, est chauffée au préalable dans des réchauffeurs d’eau d’alimentation et amenée à une température aussi voisine que possible de la température d’ébullition à la pression de la chaudière.
- Cette eau provient de la vapeur condensée dans le condenseur. Ainsi, c’est toujours la même eau qui circule à l’état de vapeur entre la chaudière et la turbine, puis est ramenée à l’état liquide dans le condenseur et renvoyée après réchauffage à la chaudière.
- Les appareils de réchauffage sont, ainsi que le condenseur et la turbine, placés sur le véhicule arrière.
- Pour terminer la description du véhicule-chaudière, notons que la chaudière est munie d’un appareil à jet de vapeur pour expulser la suie hors des tubes. Le mécanicien peut manier cet appareil à volonté chaque fois que le besoin a’en fait sentir.
- Les tubes peuvent être ainsi maintenus en parfait
- liser la machine pour le nettoyage.
- Enfin le wagon-chaudière est enveloppé à l’arrière par un magasin à charbon qui forme une sorte de housse autour de lui , et qui contient 7 tonnes de combustible. La position de ce magasin rend aisé le travail du chauffeur chargé d’alimenter le foyer.
- IL — Condensation delà vapeur. —Réchauffage de l’eau d'alimentation. — Le condenseur occupe à peu près tout le véhicule arrière, à l’exception de la place très réduite occupée par la turbine et ses engrenages.
- Le condenseur est un organe d’une importance capitale dans toute installation de turbines à vapeur. Le rendement de celles-ci dépend, en effet, essentiellement du maintien d’un bon vide dans le condenseur.
- Le condenseur de la locomotive Ljungstrom est à refroidissement par l’air, contrairement à l’usage général dans les installations fixes, où le refroidissement s’effectue par un courant d’eau. Mais il eût fallu trop d’eau, à bord d’une locomotive.
- Le condenseur comporte un grand cylindre inférieur occupant toute la longueur du tender, surmonté d’un autre cylindre de diamètre beaucoup plus petit placé au sommet du véhicule. Le grand cylindre est toujours à moitié plein d’eau condensée. La vapeur entre d’abordrdans~celui-ci, puis gagne le cylindre supérieur par 2 courts conduits de grand diamètre : elle se condense partiellement dans ces deux cylindres ; puis elle traverse un faisceau de tubes étroits et nombreux offrant une grande surface extérieure, et refroidis extérieurement en partie par le courant d’air que crée la locomotive en marche, en partie par le courant d’air artificiel créé par trois puissants ventilateurs. Ceux-ci sont mus par la turbine elle-même au moyen d’une transmission spéciale qui permet d’en régler la vitesse.
- La vapeur est condensée complètement dans ces tubes et l’eau retombe dans le cylindre inférieur, où la température moyenne est de 55°. La masse d’eau accumulée dans ce cylindre constitue une réserve d’eau d’alimentation et en même temps une sorte de réserve de froid, facilitant la condensation pendant les périodes de surcharge de la locomotive.
- L’eau est extraite du condenseur par une pompe rotative que commande une turbine auxiliaire ; elle traverse les réchauffeurs d’eau d’alimentation, et est refoulée dans la chaudière par une autre pompe que commande également une turbine auxiliaire. À son retour cà la chaudière, l’eau est- à la température de 155° C.
- On sait que, pour obtenir une bonne condensation, il faut continuellement extraire du condenseur l’air qui y est entraîné avec la vapeur et s’y sépare de celle-ci, en augmentant la pression au-dessus de l’eau condensée. Cette extraction s’effectue au
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- Fig. 4. — Les engrenages réducteurs de vitesse.
- moyen d’un éjecteur à vapeur, ali-, mente par de la vapeur saturée venant directement de la chaudière.
- Le réchauffage de l’eau d’alimentation se pratique dans trois réchauffeurs en série, dans lesquels on récupère la chaleur de condensation des vapeurs d’échappement provenant des appareils auxiliaires : le premier réchauffeur reçoit les vapeurs sortant de l’éjeeteur et de la turbine qui commande la pompe d’extraction d’eau condensée ainsi que celle qui sort des autres réchauffeurs : la pression y est de 1,1 atmosphère et la température de 90°. Le deuxième réchauffeur reçoit la vapeur sortant de la turbine qui commande la pompe de refoulement : la pression y est de 1,6 atm., l’eau y est portée à 110°; le 3e réchauffeur reçoit la vapeur sortant de la turbine qui actionne le ventilateur de tirage; la pression y est de 5 atm. ; l'eau en sort à 145°.
- 111. — Mécanisme de commande des essieux moteurs et marche arrière. —À sa vitesse maxima, la turbine motrice tourne à 9200 tours par minute; c’est une vitesse trop grande pour être transmise aux essieux moteurs. Aussi la turbine est-elle munie d’un réducteur de vitesse comprenant un double jeu d’engrenages ; un premier jeu commande un arbre intermédiaire, qui lui-même entraîne par un autre jeu d’engrenage un faux essieu tournant 22 fois moins vite que l’arbre de la turbine, soit à 420 tours par minute pour la vitesse maxima.
- Le mouvement de rotation de ce faux essieu est transmis aux essieux moteurs par un dispositif de manivelle et bielle.
- Les pignons à grande vitesse montés aux deux
- extrémités de l’arbre de la turbine ont des dents taillées de façon à offrir une certaine flexibililé, extrêmement faible il est vrai, mais suffisante pour assurer un contact parfait avec les dents des roues intermédiaires, et par suite une répartition uniforme de la pression tout le long du profil des dents. Ceci est obtenu en donnant aux dents une hauteur plus grande que la hauteur usuelle.
- Les roues d’engrenages intermédiaires sont montées sur l’arbre qu’elles commandent au moyen d’une liaison élastique à ressorts, qui permet au couple moteur de la turbine de rester constant, malgré les légères irrégularités périodiques du couple résistant créées par le jeu des bielles et manivelles.
- Le mécanicien règle à volonté la vitesse de la turbine en agissant a la main sur l’admission] de la vapeur.
- La turbine tourne toujours dans le même sens ; un dispositif spécial de changement de marche est donc nécessaire.
- 11 est réalisé de la façon suivante : un très léger déplacement du faux essieu fait désengrener celui-ci avec l’arbre intermédiaire; et son mouvement lui est alors transmis par une roue dentée folle placée latéralement que l’on met en prise à la fois avec l’arbre intermédiaire et le faux essieu.
- Cette manœuvre est effectuée automatiquement, au moyen d’un dispositif hydraulique fort ingénieux, que le mécanicien manœuvre en agissant sur une simple poignée. La rapidité de la manœuvre est la même que sur une locomotive ordinaire.
- Tous les organes de la turbine, du réducteur de vitesse et du changement de marche sont enfermés dans
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- des carters bien étanches à l’abri des chocs et des souillures.
- Il en- est de même, contrairement à la pratique usuelle, des bielles de commande des essieux moteurs.
- Ajoutons enfin que le graissage de tous les organes de la locomotive s’effectue sous pression.
- Ces dernières dispositions ont pour but de réduire les dépenses d’entretien de la machine qui sont considérables sur les machines usuelles.
- Dans cette rapide description d’un type de machine tout nouveau et étudié dans ses moindres détails, nous avons dû passer sous silencè bien des particularités de construction intéressantes. Le lecteur aura pu se rendre compte toutefois que le problème si important aujourd’hui de la locomotive à turbine a été abordé par les constructeurs Suédois à la fois avec autant de science que d’audace.
- Les résultats enregistrés au cours d’essais poursuivis pendant plusieurs mois en usine, puis en service courant, démontrent que les espérances de ces savants ingénieurs ont été réalisées.
- La locomotive Ljungstrdma un rendement global de 14 pour 100 au lieu de G pour 100 pour une locomotive ordinaire, employée dans les mêmes coéditions et utilisant le même charbon. A puissance égale, elle consomme donc moitié moins de charbon que celle-ci. C’est là un avantage énorme, ce n'est pas le seul.
- La chaudière est toujours alimentée avec la même eau, pratiquement pure, elle ne se détériore pas et n’exige que très peu d’entretien ; d’autre part, il n’y a pour ainsi dire pas à se préoccuper des réapprovisionnements d’eau sur les longs parcours, car les perles d’eau sont très faibles. Grâce à la faible consommation de charbon de la machine, les rechargements en combustibles sont moins fréquents qu’avec une machine ordinaire : d’où économie de temps et de main-d’œuvre.
- Enfin, l’effort de la traction développé par la locomotive à turbines est plus grand que celui que l’on obtient sur une locomotive ordinaire, cela grâce à la parfaite régularité du couple-moteur développé par la turbine. L’effort maximum réalisable au démarrage avec la nouvelle machine est supérieur à 13 tonnes.
- Il est à souhaiter que la question de la locomotive à turbines reçoive en France l’attention qu’elle mérite. Nos chemins de fer comptent et compteront longtemps encore parmi les plus gros consommateurs de charbon, il y a un intérêt capital à réduire au maximum leurs dépenses de combustible; on améliorera ainsi leur situation financière si précaire et si lourde aux finances du pays.
- Il ne faut pas, en outre, oublier que pendant de longues années encore la disette de charbon sera comme une épée de Damoclès menaçant la France convalescente. .R. Yillers.
- LE HÉRISSON
- Les oiselets qui, durant la journée, ont animé la ramure, se sont tus. Dans les vergers, les chevêches s’étirent suivies basses branches des pommiers dans les creux desquels elles ont sommeillé tout le jour. Des merles inquiets, sautillant dans les buissons, lancent leurs derniers appels, , sonores et métalliques, avant que d’aller se brancher pour la nuit. C’est le soir qui tombe....
- Et voici que commencent à s’agiter tous les petits hôtes des bois et des champs qui ne se risquent hors de leurs gîtes qu’après le coucher du soleil. De-menus muridés trottinent, agiles, parmi la rouille des feuilles mortes. Un loir, gymnaste incomparable, gambade au faîte du vieux chêne qui allonge ses branches tordues au-dessus du sentier serpentant à l’orée de la forêt. Des lérots courent le long des espaliers en quête de fruits mûrs.
- Un. blaireau dodu, dans le pré en bordure du boccage, déambule paresseusement. Emmi les rocailles du coteau, compère renard, sorti de son terrier, prend le vent.
- Dans le champ de trèfle, un lièvre peureux qui grignotte des jeunes pousses, tressaille au moindre bruit, redressant ses longues oreilles et aux abords de la garenne, des lapins, petits et gros, s’ébattent
- gentiment, attendant le clair de lune pour gagner le pacage.
- Du creux d’un vieux hêtre,, une chauve-souris s’est échappée et sans s’éloigner beaucoup de son refuge diurne, en de grands cercles irréguliers, virevolte sans trêve, d’un vol saccadé, battant rapidement l’air de ses grandes ailes parcheminées et faisant la chasse aux insectes nocturnes qu’animtnt tous les instincts communs à la gent animale.
- Tout proche, sur un pieu de clôture, un engoulevent « bourdonne» interminablement,tandis que, très haut dans la nue, des oiseaux aquatiques passent, faisant vibrer l’air sous d’énergiques coups d’aile et regagnent les lieux où ils passeront la nuit.
- Soudain les broussailles s’agitent, et, preste, de la haie enchevêtrée surgit un petit animal singulier. Sous ses pattes griffues les feuilles sèches frémissent et, dans la nuit, son trottinement s’ouït à distance. Sous lalune, son ombre bizarre s’arrondit. Un instant, il s’immobilise en bordure du chemin, sa silhouette globuleuse se découpe, opaque, sur la poussière-blanche de la voie charretière; il inspecte là route avant de se hasarder plus avant. Nul danger. Aussitôt, à vive allure, il fonce devant lui et, rapide, se perd dans le fossé qui borde le fourré voisin,
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- LE HÉRISSON
- bousculant brindilles et branchettes desséchées qui bruissent sur son passage.
- C’est un hérisson qui cherche fortune. Le nez au vent, il vagabonde à la recherche de vermisseaux, d’insectes ou d’un petit cadavre dont il se délectera. La limace qui rampe à l’orifice du caniveau à demi obstrué, le corps putréfié d’un mulot qui gît sur la mousse, sont pour lui trouvailles appréciées. Ce goût des bêtes mortes lui sera parfois fatal, car de
- nulle estime. Il est vrai que si les insectes lui sont friandise, il n’hésite pas, l’occasion se présentant, à gober sans scrupule, les œufs des oiseaux nichant sur le sol ou à faire passer dans son estomac les oisillons trop faibles encore pour voler. Il lui arrive même de s’emparer de la pondeuse et de se la mettre sous la dent sans s’inquiéter de ses cris de détresse. Si les souriceaux des champs ne trouvent pas miséricorde devant lui, on l’accuse de ne faire
- Fig. i à 4. — Le hérisson :
- 1. En promenade, traversant une route; 2. Dans son nid, au pied d’une haie; 3. En famille;
- 4. Un jeune âgé d’un jour.
- temps à autre, au malin, nous en découvrirons un aplati sous la planche d’un assommoir dont l’amorce le tenta, pour son malheur.
- Il est bien peu de promeneurs amis de la forêt qui ne connaissent le hérisson.
- Rondelet sous son armure de piquanls, souvent très gras, la physionomie éveillée néanmoins, grâce à ses petits yeux noirs qui brillent en haut de son museau effilé et terminé par une « truffe » de jais, il n’a pas trop mauvais air lorsqu’il’ s’insinue à travers les buissons emmêlés, en lisière des bois le plus souvent.
- Par contre, les gardes forestiers n’ont pour lui
- entre ceux-ci et de jeunes levrauts momentanément abandonnés par leur mère nulle différence.
- Que le hérison soit insectivore u’est plus mis én doute, qu’il soit carnivore est, pour ceux qui sont entrés dans son intimité, un fait également établi. Il est moins connu qu’il est également apivore. Il déterre en effet les nids de guêpes, de bourdons pour en dévorer les gâteaux, creusant le sol pour en extraire ceux-ci, sans se soucier du dard des hyménoptères furibonds qui l’assaillent. Il est vrai qu’il est à l’abri de leurs aiguillons, sous sa rude enveloppe épineuse et que les poils durs, qui garnissent les parties de son corps non cuirassées, le
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- - LE HÉRISSON
- protègent efficacement. D’autant mieux qu’il sait à propos, par des mouvements rétractiles brusques, contrecarrer les assauts de ses adversaires ailés. Au surplus, on affirme qu’il jouit d’une immunité spéciale en ce qui concerne l’effet des venins, ce qui lui permettrait de s’attaquer à la vipère, sans aucun risque.
- N’ayez pourtant nulle foi dans les dires du fermier, môme si, sérieusement, il vous affirme que les hérissons sont engeance maudite et qu’ils vont têter goulûment les vaches dormant béatement par les belles nuits d’été étendues dans l’herbe fraîche des prés. Ne croyez pas non plus le cultivateur qui vous racontera avoir surpris l’un ou l’autre de ces mammifères se roulant sur les fruits tombés des arbres du verger, pour en emporter en son logis autant qu’il pourra en ficher sur ses piquants. Ce ne sont là que contes à dormir debout et prétextes pour massacrer la pauvre bête si d’aventure le campagnard la rencontre sur son chemin.
- Chacun sait que le hérisson, dès qu’il se croit en péril, se roule en une boule épineuse, d’aspect fort rébarbatif, qu’on ne peut saisir sans précaution.
- Rentrant tête et pattes sous le ventre garni de poils raides et grossiers, il se barde., en une brusque contraction de tous ses muscles, d’une forêt de petits dards aigus. Si cette manœuvre le met quelque peu à l’abri des crocs d’un chien ou d’un animal de rapine, elle ne le sauve pas toujours des entreprises de l’homme cruel qui tue pour le plaisir de tuer et qui l’éventre d’un coup de bêche ou le précipite à l’eau pour le voir reprendre forme de bête et finalement... se noyer.
- D’ordinaire, le hérisson qui s’est transformé ainsi en une gigantesque châtaigne, n’oppose, à son ennemi qu’une résistance passive dont néanmoins certains chiens aguerris et aussi le renard, ont de temps à autre raison, non sans s’être, au préalable, quelque peu mis le museau en sang.
- Assailli, le hérisson se horne à présenter, de quelque côté qu’on le retourne, la multitude de ses piquants qui donnent à réfléchir à qui n’est pas accoutumé à manier semblable pelote.
- Cependant, il est des cas où le hérisson use d’un procédé de défense moins banal.
- Vraisemblablement, ce sont de vieux chevronnés, qui en ont déjà vu de toutes les couleurs, qui emploient cette tactique. Roulé sur lui-même, le gaillard ne parait pas autrement dangereux que le commun de ses pareils. Mais vient-on à le toucher, d’un soubresaut inattendu, que l’on dirait provoqué par un contact électrique, il se détend, projetant en avant le hérissement des pointes acérées de ses dards. Tant pis en ce cas pour le chien dont le nez fait ainsi fort désagréablement connaissance avec la cuirasse de l’animal. Il ne se frottera plus de longtemps à des « boules » de ce genre qui ne lui diront plus rien qui vaille :
- Ce mouvement défensif est-il concerté ou n’est-ce qu’un réflexe? Il serait malaisé de le dire. Ce qu’il
- y a de certain, c’est qu’il nous est arrivé de faire exécuter ce soubresaut, à maintes reprises, à des hérissons que nous taquinions du bout d’une canne. Pour le surplus, l’animal témoignait de sa mauvaise humeur en accompagnant ces mouvements de quelques grognements peu amènes. Ces petits cris de colère sont les seuls indices que les secousses de la bête sont voulues et constituent des mouvements défensifs.
- En dépit de son apparence revêche, dame Hérisson est bonne mère et c’est spectacle charmant et surprenant de voir, à la vesprée, ce hirsute quadrupède, déambuler allègrement, farfouillant partout du nez, en compagnie de cinq ou six rejetons qui sont en miniature son fidèle portrait. Tous la suivent comme les poussins la mère poule, accourant à ses grognements adoucis, pour se partager une proie découverte par leur conductrice, en l’un ou l’autre recoin. Sitôt qu’ils ont la force de suivre leur mère, les jeunes hérissons savent déjà imiter à ravir l’enroulement caractéristique de l’espèce, dès que vous faites mine de les saisir.
- Dans leur prime jeunesse, les petits hérissons ne possèdent que des simulacres de piquants, point raides du tout, bien incapables de vous blesser. Ces dards ne prennent de consistance que quelque temps après la naissance des jeunes animaux. Ceux-ci peuvent suivre leur mère peu après leur venue au monde. «
- Durant le jour, les hérissons se dissimulent dans des cachettes variées : broussailles, tas de pierre, parfois dans le creux d’un vieil arbre, dont la cavité afHeure le sol. Ils n’abandonnent leur retraite, au cours de la journée, que.lorsqu’ils y sont forcés.
- L’hiver, ces mammifères se constituent une sorte de nid, fait d’herbes sèches, de feuilles mortes, de mousse, dans lequel ils s’enroulent avant de s’endormir d’un sommeil hivernal qui persiste durant toute la mauvaise saison.
- Ces « nids » sont dissimulés dans le plus profond des' buissons, dans le pied d’une haie épaisse et touffue.... - _ '
- Pas plus que divers petits rongeurs qui entrent en léthargie pendant l’hiver, ils ne prennent, en cet état, de nourriture, vivant sur leurs réserves graisseuses.
- Ces nids forment toujours un amas hétéroclite assez volumineux dont on ne reconnaît la nature qu’avec quelque pratique.
- En captivité, le hérisson se familiarise aisément, se nourrissant de tous les déchets de cuisine qu’on lui présente : débris de viande, cuite ou crue, pommes de terre cuites, pain 'détrempé. Il se montre aussi friand de lait. Souris et petits oiseaux morts paraissent être un régal pour lui.
- On l’habitue aisément à répondre au nom dont on l’a gratifié et il reconnaît parfaitement son maître, ne témoignant nulle crainte à son égard et venant, confiant, prendre en sa main l’une ou l’autre friandise.
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- L’EPJDACTYLOSCOPE
- Pour l’amour des bêtes, il ne faut pas tuer le hérisson, quelque mal que l’on en dise... à moins que vous ne le surpreniez en votre poulailler, ce qui à la campagne se produit parfois lorsque l’on omet de clore le logis de la volaille comme il convient.
- Le hérisson est en fait grand amateur d’œufs et de chair fraîche et, l’occasion se présentant, il n’hésite pas à se restaurer copieusement au détriment du fermier, dégustant non seulement les œufs, mais étranglant proprement un poulet s’il 'parvient à l’approcher. De plus il a tôt pris de mauvaises habitudes, revenant une nuit après l’autre, sur les lieux de ses méfaits, perpétrant crime sur crime,
- jusqu’au jour où il est envoyé dans le royaume de ses aïeux défunts.
- Au fond, si sa réputation de mammifère insectivore utile est quelque peu surfaite, on le fait en vérité aussi quelquefois plus noir qu’il n’est.
- Ceci est au surplus commune aventure pour beaucoup de petits hôtes de la forêt, indifférents en général. Il faut une raison pour justifier leur mort et faute d’un motif valable, il en coûte bien peu d’inventer un quelconque prétexte. Si ceux-ci font honneur à notre imagination, ils ne sont pas toujours en faveur de notre intelligence d’animal supérieur. L. Goopîiajn.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1922.
- Le pliocène marin sur les côtes de l'Espagne. —Les observations de MM. Gignoux et Pallot ont porté sur la zone comprise entre Barcelone et Alméria. Elles ont montré que tous les dépôts paléonlologiqucmcnt définis du Pliocène se rapportaient au Pliocène ancien classique, sans traces de Calabricn ; les altitudes maxima comprises entre 250 et 350 mètres (bassins de Mazavron et de Vera) atteignent 495 mètres à Purias, et il semble que la zone qui va de Carthagène à Tortosa ait eu une his-
- toire différente de celle de la plupart des cotes méditerranéennes.
- Les sucs végétaux. — Les expériences de M. G. André établissent que la tiltration de ces liquides au travers d’une membrane de collodion peut renseigner sur la nature des substances qu’ils tiennent en dissolution. Elles ont porté sur le suc des tubercules de pommes de terre de composition assez variable, nolammenten matières azotées et phosphorées. Paul B.
- L’ÉPIDACTYLOSCOPE
- Nouvel appareil pour l’exarnen des empreintes digitales.
- Les empreintes digitales ou traces que laisse le contact des crêtes papillaires sur une surface lisse constituent le procédé le plus infaillible d’identification des criminels, car il n’existe pas, dans le monde, deux doigts humains possédant des dessins épidermiques semblables. En conséquence, les policiers enquêteurs doivent examiner avec soin les meubles, les vitres, les verres, les bouteilles ou les papiers qu’a pu saisir le délinquant. Puis, pour enlever toutes ces pièces à conviction, il [leur faut les prendre par des endroits] que la main de l’individu soupçonné n’a pas touché.
- S’agit-il d’une bouteille, ils s’en emparent en plaçant l’index droit dans le goulot et les autres doigts dans le fond, sans en poser aucun sur les côtés du récipient. Pour manipuler un débris de vitre, ils le pincent par ses bords tranchants, en évitant de le maintenir par ses surfaces planes, tandis qu’ils déplacent un verre à boire en mettant les quatre doigts sous le fond -et-le pouce sur le bord, ou inversement, de façon à ne pas effleurer son pourtour.
- Ensuite, pour transporter jusqu’au laboratoire les objets ainsi maquillés d’empreintes digitales, la Préfecture de Police de Paris a fait construire une |
- petite mallette dans laquelle on peut assujettir les débris de vitres entre des écrous1 à gorges coulissant sur des glissières, les bouteilles et les verres au moyen de petits tasseaux destinés à les immobiliser afin d’empêcher tout frottement des surfaces, revêtues des authentiques « signatures » du voleur ou de l’assassin.
- Lorsque les traces digitales se voient sur des murs, une glace d’armoire, un coffre-fort ou des meubles intransportables, oh les relève sur place de la manière suivante. Après avoir coloré l’empreinte, soit en y projetant de la céruse (carbonate de plomb), si elle se trouve sur fond i>oir, soit de la céruse sulfurée, si elle se dessine sur fond blanc, on enlève l’excès de poudre avec un pinceau très fin, puis on la photographie, à moins qu’on ne la dé calque à l’aide d’un papier gélatine spécial.
- En outre, les traces laissées par les doigts. du coupable sur les objets de toutes sortes étant peu visibles, les laboratoires de police emploient des méthodes spéciales pour pouvoir les photographier en les agrandissant. En possession de ces,documents, des spécialistes les étudient et les comparent, à tête reposée, avec la fiche de l’individu soupçonné.
- Jusqu’à présent cet examen des empreintes digi-
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- L'ÉPI DACTYLOSCQPE
- Fig. i.
- V Épidactyloscope.
- taies, tant pour l’identification des malfaiteurs que pour l’établissement de leur fichier signalétique se faisait à la loupe, peu indiquée cependant pour cet usage. Il faut effectivement, en l’occurence, un instrument d’optique ayant un vaste champ, pour pouvoir embrasser l’ensemble du dessin et un assez fort grossissement pour en découvrir les détails.
- V épidactyloscope récemment construit par M. Massiot sur les indications de M. Bayle, directeur du Service de l’identité judiciaire, remplit avantageusement ces deux conditions. Le nouvel instrument (fig. 1) rendra moins pénible le fastidieux travail des dactyloscopes parisiens chargés de classer plusieurs millions de fiches signaléliqucs, de les compulser et de les compléter sans cesse. Il permet, en effet, de projeter immédiatement sous les yeux de l’employé et avec une grande luminosité une empreinte digitale, agrandie 10 fois.
- Comme organe essentiel, l’épidac-tyloscope comprend un chariot disposé sous le corps principal et destiné à recevoir la fiche dont on peut présenter successivement toutes les parties devant une fenêtre, vivement éclairée par une forte lampe à réflecteurs de 1000 bougies environ. Un objectif, placé au-dessus de cette lucarne et conjugué avec un miroir mobile, projette l’image de
- l’empreinte digitale sur la tablette portant le pied de l’appareil. On obtient ainsi un agrandissement sur lequelle préposé se livre sans fatigue à toutes les observations et mensurations désirées : dénombrements des lacets, cicatrices et autres signes caractéristiques. En particulier, on compte aisément de la sorte les sillons papillaires ou nombre de lignes existant entre deux points singuliers de l’empreinte. Cette numération constitue, pour la classification dactyloscopique, un excellent élément de subdivision. Les techniciens du service de l’Identité judiciaire reçoivent donc l’image de l’empreinte digitale à examiner, sur un grand disque de papier bristol qu’un trait à l’encre noire traverse suivant un diamètre (fig. 2). Us disposent la feuille de manière que la ligne diamétrale passe par les deux points singuliers et il leur suffit de compter, en s’aidant d’une pointe ou d’un crayon, les lacets papillaires coupés par la droite entre ces deux points.
- D’autre part, pour identifier les traces digitales laissées sur des objets par un malfaiteur, on place leur photographie sur une deuxième platine, sise en regard du premier chariot ci-dessus mentionné, et sur lequel se trouve insérée la fiche signalétique de l’individu soupçonné. Les empreintes des deux documents viennent alors se projeter,, côte à côte, sur la feuille de papier posée sur la planchette. Les opérateurs, en les comparant tout à loisir, peuvent les identifier beaucoup plus vite et avec moins de fatigue qu’à la loupe. Spécialement construit pour l’étude des empreintes digitales, l’épidactyloscopc ne tardera sans doute pas à trouver d’autres applications scientifiques et industrielles, car il permet d’observer, considérablement agrandi, n’importe quel dessin ou objet. Jacques Boyer.
- Fig. 2.
- Employé du Service de VIdentité judiciaire comptant les lacets papillaires d’une empreinte digitale au moyen de Vépidactyloscope.
- I.c Gcianl : P. Masson. — Imprimerie I.aiiihe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N” 2537
- 18 NOVEMBRE 1922
- L’AUTOMOBILE A SIX ROUES
- L’intensité toujours croissante des transports automobiles et les charges de plus en plus lourdes à transporter donnent un intérêt tout particulier à la recherche d’un châssis susceptible de supporter les fatigues et les trépidations auxquelles sont soumis ces véhicules.
- L’intérêt n’est pas moindre lorsqu’il s’agit, en aidant au développement que prend chaque jour ce mode de transport, de rechercher le remède contre l’usure prématurée des roules qui souffrent énormément sous le régime auquel elles sont actuellement exposées et, par contre-coup, créent une
- ceur incomparable du roulement jointe à la facilité d’employer une carrosserie des plus confortables.
- L’économie des transports sur route dépend essentiellement des points suivants : rapport entre le poids du véhicule et sa charge, entretien du véhicule, consommation d’essence, salaires du personnel affecté à son fonctionnement, usure réduite des principaux organes.
- Prenons comme exemple un camion de 4 tonnes de charge utile.
- Cette voiture se compose d’un châssis, de 4 roues munies de leurs bandages, d’un moteur avec sa
- Fig. i. — Vue perspective d’un châssis de voilure à six roues.
- usure également prématurée des pneus ou bandages et une fatigue anormale des ressorts et du châssis tout entier.
- La question se pose donc de trouver un véhicule capable de transporter le maximum de poids avec le maximum d’économie, tout en réduisant sensiblement l’usure de la route proportionnellement au trafic qu’elle supporte.
- Un seul remède semble pratique pour atteindre ce but (remède déjà adopté depuis longtemps par les Compagnies de chemins de fer) c’est l’augmentation des essieux, c’est-à-dire du nombre de roues de chaque voiture.
- Il ressort de ce qui précède que si la modification proposée n’intéresse guère les voitures légères (taxis, voitures particulières moyennes, etc.), elle se recommande au contraire dès qu’il s’agit de voitures pour transports en commun, voitures de livraison, et surtout de camions, sans oublier les voitures de grand tourisme et les voitures d’ambulance pour lesquelles sont très appréciables la dou-
- 50” Année. — 2” Semestre.
- magnéto, d’un radiateur, d’un changement de vitesse, d’un pont arrière, d’une carrosserie ou plateforme et de quantités d’accessoires. Son poids mort sera sensiblement égal à celui de la charge utile, c’est-à-dire 4000 kg, soit un total de 8000 kg à transporter.
- Ce camion emploiera un chauffeur et un aide.
- Si au lieu de 4 tonnes, on doit en faire transporter 6 ou 8, il faudra deux voitures, chacune avec son équipement de 4 roues complètes, moteur, etc., et ses 2 hommes, soit doubles frais d’entretien, d’exploitation, de local pour garage et d’impôts.
- jetant donné que dans la presque totalité des types de camions, la charge porte sur les roues arrière placées à peu près sous le centre de la plateforme, il est évident que si l’on place 4 roues au lieu de 2 sous cette plate-forme, la charge utile pourra être augmentée en proportion alors que l’on n’aura toujours que l’entretien, la main-d’œuvre et la consommation afférentes à un seul véhicule, sauf peut-être à augmenter quelque peu la force du mo-
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- 322 ' ..~LES COLLOÏDES EN MÉDECINE
- leur et, si l’on vent, les dimensions de la plateforme; or, la construction d’une voiture à 6 roues étant de Beaucoup moins onéreuse que celle de 2 voitures à 4 roues, cette économie de premier établissement très appréciable s’ajoute aux autres.
- Ce sont ces considérations qui, depuis longtemps déjà, ont incité quelques constructeurs à chercher une solution rationnelle du problème en augmentant non pas le nombre des voilures, mais leur capacité de transport par augmentation du nombre de roues, aucun doute n’étant plus permis que ce moyen est celui qui donnera les résultats les plus pratiques en même temps qu’économiques. 11 y a près de 20 ans déjà- .qu’une voiture à 6 roues a figuré pour la première fois au Salon de l'Automobile de Paris. Récemment, la Compagnie des Omnibus a procédé aux essais d’un autobus à 6 roues et cela avec succès.
- Voici, sur le même principe, une voiture construite à Christiania (Norvège) en 1916-1017 et qui a fait un service constant, hiver comme été et sur des routes de toutes sortes ; depuis la fin de juillet 1917, elle a toujours fonctionné à la satisfaction du constructeur.
- On peut donc affirmer sans crainte de contradictions que le problème de la construction des voilures automobiles à 6 roues donnant toute satisfaction est pratiquement résolu. Les caractéristiques de la voiture norvégienne sont :
- Voilure de grand tourisme à onze places, munie d’un moteur de 6 cylindres 100 X 150 à soupapes renversées, construction Mustad, donnant au frein environ 85 IIP et permettant d’atteindre 90 km à l’heure tout en montant la plupart des côtes en prise directe.
- Consommation d’essence pour la voiture chargée : 25 à 26 litres aux 100 kilomètres.
- Les 4 roues arrière sont motrices, les deux premières d’entre elles prenant en même temps part à la direction dans la proportion voulue. Elles sont
- munies de freins à serrage égal sur chacune d’elles.
- Le roulement de la voiture est très doux, la partie arrière du châssis étant suspendue sur pivots entre les deux paires de roues arrière.
- La conduite est extrêmement facile et douce et la voiture tient très bien la route, même aux plus grandes vitesses.
- Le braquage des roues antérieures doit-être plus imporlant que celui des roues du milieu qui sont également directrices et ceci est obtenu au moyen d’une bielle de commande dont le point d’attache est plus près du pivotement pour les roues du milieu.
- La suspension arrière est assurée au moyen de 4 ressorts et un train de joints universels est monté
- sur les arbres de transmission pour permettre tous les débattements des ponts arrière par rapport au châssis et l’un par rapport à l’autre.
- En mettant en parallèle un camion de 4 t. et un camion de 8 t. à 6 roues, en admettant que les bandages soient les mêmes et qu’ils soient susceptibles de couvrir 15 000 km, le prix de revient pour la tonne kilométrique en bandages, essence, huile et personnel ressort à 0,35 pour le camion normal et seulement à 0,21 pour le système à 6 roues précédemment décrit.
- Il y a donc là une économie de 40 pour 100 et cet avantage joint à l’augmentation du confort et de la sécurité montre cfue la voiture à 6 roues ainsi comprise constitue un progrès en matière de suspension et d’économie d’entretien.
- Un point qui n’est point négligeable mais qui laissera peut-être le propriétaire de la voiture indifférent du moins pendant un certain temps, c’est l’usure moindre de la route sous l’action du passage d’une voiture de ce genre à trois essieux.
- E. Weiss.
- Fig. 2. — Vue arrière de la même voiture.
- LES COLLOiDES EN MÉDECINE
- Les progrès rapides de la science colloïdale, enregistrés dans l’industrie, dans la chimie et dans la biologie, devraient à leur tour se manifester en médecine. Quoi de plus naturel? L’organisme vivant s’est montré composé de colloïdes ; les lois colloïdales lui sont donc appli-
- cables ; il faut les connaître, les étudier, tirer des résultats obtenus les conséquences. Or, ces lois sont en plusieurs points différentes de lois de la chimie générale ; rien de surprenant alors que les conceptions chimiques anciennes, soit au sujet des causes provoquant des états
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- LES COLLOÏDES EN MÉDECINE ==:------ 323
- morbides, soit au sujet de leurs traitements, aient dû être modifiées, au fur et à mesure qu’on approfondissait l’étude des colloïdes biologiques.
- Chose remarquable — en médecine, plus que dans d’autres sciences, — les idées nouvelles accusent, pour y pénétrer, un retard déplorable ; pourtant, quoi de plus passionnant, quoi de plus noble que l’étude de l’organisme humain? Ces temps derniers, une activité fiévreuse s’est manifestée dans ce domaine, un nombre considérable de travaux ont été publiés et ils ont donné naissance à des théories intéressantes concernant certains états pathologiques. A la hase de ces théories et de ces idées sont nos travaux sur le rôle des réactions colloïdales dans le phénomène de l’anaphylaxie. Nous en avons ici même longuement parlé l’année dernière.
- La méfiance témoignée par les biologistes et les médecins à l’égard des colloïdes a une excuse ; on a lant travaillé sur de nombreuses questions physico-chimiques. Les recherches sur la crvoscopie, sur la réfractométrie, sur l’osmose, sur la viscosité, ont tellement pullulé et sont restées tellement infructueuses, lorsqu’on cherchait à les appliquer à la biologie ou à la médecine, qu’on s’est découragé complètement pour cette science tant vantée. On est prudent aujourd’hui et on se demande toujours si l’on peut vraiment appliquer les expériences in vitro aux recherches in vivo?
- Cette méfiance est injustifiée, et voici pourquoi : chaque facteur physico-chimique qu’on a cherché à étudier séparément, ne pouvait pas, dans l’élat de nos connaissances d’hier, être mis en corrélation avec d’autres ; seul, il ne pouvait pas constituer la cause des troubles morbides fonctionnels; autrement dit, la base manquait. Cette base, c’est l’état colloïdal avec toutes les lois qui le régissent; la connaissance de ces lois permet de relier les différents facteurs physiques et d’expliquer comment et pourquoi ils peuvent troubler l’équilibre fonctionnel. A la lumière de faits nouveaux, apportés par l’étude des colloïdes, toutes les recherches sur la mesure par la cryo-scopie du poids moléculaire des humeurs organiques ont été déclarées nulles et non avenues; la plupart des données numériques concernant la viscosité ont été reconnues fausses, car de nombreux facteurs avaient été négligés dans leur établissement.
- Néanmoins tous ces travaux ont donné quelques résultats. Résumons-les.
- 1. Pression osmotique. — Depuis les travaux de v. Koranyi, Claude, liallhazard, Roth, Tangl, Bugarszky, Albarran, Bousquet, etc., on peut dire que la cryoscopie a permis de diagnostiquer certains états pathologiques; ainsi, elle permet de distinguer l'insuffisance cardiaque d’une insuffisance rénale. Dans les insuffisances cardiaques, la pression osmotique du sérum est grande et la teneur en chlore faible; en même temps le point cryoscopique de l’urine peut osciller entre les valeurs normales., (A = 1,0 à A = 2,0); mais cette pression osmotique baisse lorsqu’on soumet le sujet aux inhalations d’oxygène. Par contre lorsque nous sommes en présence d’une insuffisance rénale, le point cryoscopique du sérum est également haut (au-dessus tfg — 0,58), mais il ne cède pas aux^inhalations d’oxygène ; en même temps le point cryoscopique d’urine est bas (au-clessous de — 1,0 à la condition que la diurèse soit normale).
- Dans ce dernier cas, il peut arriver que seulement l’un des deux reins soit malade; alors, d’après Bottazzi, seule la séparation des urines peut trancher la queslion ; si l’un des deux reins fonctionne bien, l’opération envisagée peut ayoi*du succès.
- En déterminant pour l’urine le coefficient de von Ko-
- .A
- ranyi^jon peut non seuleûient diagnostiquer une insuffi-
- sancè cardiaque dans le stade de compensation, majs^ encore déterminer la somme de travail que le malade peut fournir, sans fatiguer son cœur.
- Parallèlement avec les mesures d’abaissement du point cryoscopique d’urine, dans lesquelles, soit dit en passant, il faut employer l’urine bien filtrée et débarrassée des urates par la filtration'a froid (5° C.), il est conseillé par plusieurs auteurs clé calculer la diurèse moléculaire . v ^
- Dto'=;A.V. (V= quantité d’uhne en 24 heures).
- La valeur de cette constante ne ressort pas bien nettement des recherches effectuées. ;’4
- 2. Viscosité. — Les considérerions hydrodynamiques nous forcent d’admettre qu’une circulation normale nécessite une viscosité normale du sang. La viscosité du sang est sujette à des variations journalières assez accentuées : elle accuse un minimum pendant la digestion, puis remonte ; un travail musculaire modéré fait diminuer la viscosité du sang ; par contre un travail fatigant, l’alcool et le café l’augmentent, suivant les données de Determann.
- Les substances médicamenteuses peuvent changer la viscosité dans des proportions notables ; d’après Scheillin, gélatine, adrénaline — en injections intraveineuses ; alcool sinapisé — en applicat ions locales, provoquent une augmentation de la viscosité du sang respectivement de '15 pour 100, 55 pour 100 et 12 pour 100. Les recherches cle cet auteur démontrent que dans différentes maladies des chevaux, la viscosité varie considérablement; ainsi dans les maladies du poumon elle est forte ; dans les anémies, faible. Les expériences de Miiller, Durton-Opilz, Ferrai, Kottmann, sur l’homme, n’ont pas encore fourni de résultats concordants.
- Par contre, un fait est bien établi par Hamburger : l’augmentation de la viscosité du sang par le bioxyde de carbone, qui agit par accroissement du volume des globules rouges. La teneur du sang en matières protéiques influe également sur sa.viscosité : elle est d’autant plus forte que cette teneur est grande.
- Il apparait donc nettement que les mesures de la viscosité du sang n’ont qu’une valeur médiccré, si en même temps nous ne cherchons pas à les mettre en corrélation avec le nombre des globules rouges et blancs, avec leur volume, qui dépend à son tour de la teneur du sang en bioxyde de carbone, de la concentration moléculaire du sang, etc., avec leur teneur en hémoglobine et avec la richesse du sang en matières albuminoïdes, car ces substances modifient leur viscosité suivant le degré d’ionisation du milieu.
- Ces conditions seront bien déterminées par la viscosité, la pression osmotique, l’indice réfractomélrique, le degré de dissociation électrique et la numération des élémènts figurés. Alors seulement la viscosité du sang permet de tirer des conclusions valables.
- D’autre part, les mesures de la viscosité que nous effectuons ne nous renseignent pas sur le coefficient du frottement intérieur entre les tissus et le sang; et sur ce sujet nous nous perdons aujourd’hui à la recherche d’une méthode expérimentale.
- 11 nous semble donc qu’actuellement, à moins de s’entourer de toutes les mesures précédentes, les mesures de. la viscosité du sang sont sans valeur, car même, lorsqu’elles sont effectuées à des moments déterminés, chez des individus soumis à un régime, il n’est
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- pas possible de se rendre maître de toutes les conditions qui peuvent amener des fluctuations de viscosité pour ainsi dire physiologiques (travail musculaire, état nerveux, etc.). 11 est donc préférable de mesurer la viscosité du sérum, qui se présente comme beaucoup moins variable. En effet les éléments figurés étant éliminés, leur nombre, leur tonicité, la teneur en CO2, sont sans aucune importance; les seuls éléments nécessaires à connaître demeurent la quantité de substances protéiques et le degré de dissociation électrique. Elles s’obtiennent facilement et rapidement par la mesure d’index réfrac-loinétrique et de la conductivité électrique du sérum.
- Le degré de viscosité du sang a une importance au point de vue de la sécrétion urinaire. Les recherches de Lamy et Mayer semblent démontrer que la viscosité forte du sang constitue un obstacle ou tout au moins une difficulté pour le travail rénal ; par contre la quantité d’urine augmente lorsque le sang est moins visqueux.
- 3. Radiations. — Les différentes radiations ont été largement appliquées en biologie et surtout en médecine. Il est superflu d’insister sur l’héliothérapie, sur la radiumthérapie, sur l’utilisation des rayons rouges, ultra-violets et des rayons X. Mais, il faut l’avouer, cette thérapeutique est aveugle, empirique, il lui manque une base expérimentale ; le « pourquoi » des actions curatives, exercées parfois par ces radiations sur l’organisme malade, reste inconnu. Seule l’étude expérimentale des colloïdes nous en donnera la clef et l’explication.
- La seule application ayant une base expérimentale, importante et éminemment pratique, est la possibilité de stériliser l’eau grâce aux propriétés destructives des rayons ultra-violets. Y. Henri a fixé qu’une irradiation de 5 à 00 secondes suffit, dans des conditions déterminées, pour tuer tous les microbes. En faisant couler de l’eau, filtrée préalablement, dans un conduit éclairé par de nombreuses lampes en quartz à vapeur de mercure, on peut très bien stériliser cette eau.
- Sous l’influence des radiations ultra-violettes, les propriétés toxiques, feçmentatives, sensibilisatrices, précipitantes des sérums sont détruites ou plus o.u~,moins fortement atténuées. La même atténuation s’observe avec la chaleur. Ne serait-il pas possible d’affaiblir les sérums curatifs de leur nocivité par les radiations; de préparer des vaccins atténués également par ce moyen? L’expérience n’a pas été tentée.
- 4. Réfractométrie. — De nombreux travaux ont été consacrés à l’étude de cette propriété. Mais tous ces Iravaux n’ont abouti qu’à un seul résultat pratique : la détermination du taux des substances protéiques dans le sang.
- . Toutes les recherches sur l’indice réfractométrique des urines, du sérum et des humeurs dans des états morbides variés n’ont abouti à aucun résultat positif,
- 5. Tension superficielle. — Au début de notre siècle, Chauffard, Frenkel et Cluzet tirent de l’oubli la réaction de Hay et éveillent’ de nouveau la curiosité des médecins sur cette question.
- De nombreux expérimentateurs cherchent à établir la valeur de la tension superficielle des urines normales et pathologiques, les relations en Ire leur toxicité et les autres constantes; citons ici les travaux d’Amman, Billard, Duhôt, Doumer, etc. D’autres auteurs ont cherché à établir les valeurs de la tension superficielle pour le lait, le sérum, les humeurs, etc.
- Le véritable point de départ des travaux sur la
- tension superficielle en biologie, il faut 'le chercher dans les recherches de Traube. Cet auteur s’est attaché tout d’abord à éclaircir le mécanisme de l’action des anesthésiques et celui de la narcose; il a émis l’hypothèse que la narcose est en relation étroite avec la tension superficielle. Celte conception a trouvé un nombre considérable de partisans. Lapicque et Legendre, puis nous-mème avons apporté des expériences qui semblent venir à l’appui de cette hypothèse. Pourtant des discordances ont été signalés par Boubanovic et Yiale. La question n’est pas tranchée.
- G. Conductivité électrique dans les états pathologiques. .— En dehors des recherches de Viola, ce sujet n’a pas été abordé. Viola a signalé que la conductivité électrique K varie d’un sujet à l’autre, de 99,96 x 10-4 à 118,28 x 10-4 (à 25°) ; l’état de la digestion n’influe pas considérablement :
- K= 99,90 x 10 4 à 1 1 heures K — 99,73 — à 15 heures E = 101,35 — à 17 heures.
- Les mesures que nous avons eu l’occasion d’effectuer nous ont montré qu’il n’y a pas de variations notables de celte constante dans la syphilis (15 mesures), dans le cancer (7 mesures), ni dans l’azotémie (3 mesures). Cela ne veut nullement dire qu’il en soit de même dans d’autres étals pathologiques. Au contraire, l’étude de la conductivité électrique peut, probablement, être instructive dans les états accompagnés de déminéralisation du tissu (tuberculose). Dans les états pathologiques Yiola a trouvé des variations plus sensibles : K — 98,29 x 10 4 (urémie), jusqu’à K— 142,01 X10 4 (pleurésie).
- En résumé, ces résultats, eu égard à la somme considérable d’efforts qu’ils ont coûtée, sont vraiment minimes. Rien donc de surprenant qu’on restât sceptique à l’égard de la chimie physique. La face des choses a changé d’un seul coup, avec les progrès de nos connaissances sur l’étal colloïdal.
- En étudiant les réactions ayant lieu entre les colloïdes, on est arrivé à les grouper et à connaître leur mécanisme. C’est ainsi qu’on a appris l’importance de la charge élec-Iriquc, de la tension superficielle, de la viscosité dans la floculation colloïdale; celle de la concentration ionique dans le gonflement; celle de la charge électrique dans la perméabilité des membranes. Et la connaissance de ces facteurs isolés — de la viscosité de la tension superficielle, delà charge électrique, etc.— devenait indispensable à la compréhension des réactions colloïdales, donc des réactions vitales.
- En quelques années les progrès réalisés dans les études de Tétiologie des états palhologiques et dans leur thérapeutique, ainsi qu’en biologie générale, dépassaient les résultats du siècle précédent.
- Tout comme jadis l’application des notions claires sur l’osmose a permis à la botanique d’expliquer les phénomènes les plus importants de la vie Végétale, de même l’étude des colloïdes fournira sans doute la solution de maints problèmes touchant la vie animale. Cela n’est pas d’un optimisme philosophique, c’est la conviction de tous les savants qui ont pu aborder les queslions vitales de ce côté.
- Du reste un résumé rapide de ce qui a déjà été réalisé, grâce à la possession de données précises sur les colloïdes dans les sciences médicales, montrera sur quoi s’appuie notre opinion.
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- Les premiers travaux ouvrant une brèche dans les conceptions anciennes d’étiologie sont d’un médecin américain, M. Martin Fischer, sur les œdèmes et les néphrites ; le point de départ en est le phénomène du gonflement des gels colloïdaux.
- 1. Etats pathologiques par modification du gonflement des tissus. — L’explication des œdèmes, aujour- j d’hui encore admise dans beaucoup de milieux médicaux, est basée sur la gène apportée à la circulation veineuse, d’où la différence entre la pression artérielle et la pression veineuse, d’où, à la longue, diminution de la résistance vasculaire et augmentation de leur perméabilité.
- 11 est possible que ces facteurs jouent dans la produc-lion des œdèmes; mais les travaux récents de Martin Fischer apportent sur ce point des considérations importantes à connaître, notamment en ce qui concerne le rôle du pouvoir gonflant des tuniques vasculaires et des tissus en général, pouvoir que les modifications chimiques ou physiques peuvent influencer profondément.
- Voici une expérience de cet auteur : faisons une ligature autour d’une des extrémités inférieures de la grenouille et plongeons-les dans l’eau ; nous verrons que l’extrémité ligaturée gonfle dans des proportions très accentuées; conservons l’animal dans l’air sec et celte extrémité se desséchera, mais gonflera de nouveau lorsque, après l’avoir sectionnée, nous la plongerons dans l’eau. Il s’agit donc ici non seulement de modifications de la pression vasculaire ou de la perméabilité des tissus, mais, surtout et avant tout, de modification du pouvoir gonflant de ces tissus.
- Pour M. Fischer, tout réside dans des variations de la quantité d’acide présent dans les tissus : augmentation due par exemple à la diminution des processus oxydatifs de l’organisme et qui provoque un plus grand gonflement des tissus.' Ces processus oxydatifs diminuent dans les anémies, dans les maladies du système circulatoire, cachexie, etc., et aussi après l’introduction de certains poisons, tels que morphine, strychnine, cocaïne, arsenic et aulres. Les constatations physiologiques sont d’accord avec la clinique et nous connaissons bien les œdèmes dans les empoisonnements par l'arsenic, ainsi que la diminution de la sécrétion urinaire après les injections de morphine, d’éther, de chloroforme. M. Fischer a vérifié ces données sur un œdème expérimental, le glaucome des yeux du bœuf, et a pu a volonté produire ou supprimer cette maladie ; au laboratoire, il a obtenu des œdèmes locaux, l’appelant les piqûres des insectes, par l’instillation de gouttelettes d’acide formique dans des plaques de gélatine.
- Sans nous attarder à cette théorie qui a soulevé une très vive discussion, nous devons souligner tout d’abord que la formation des acides dans l’organisme œdématié ne doit pas être recherchée par nos moyens chimiques habituels, par exemple au moyen des indicateurs, car les ions acides sont tout de suite adsorbés. Bien plus, il est hors de doute que non seulement les ions dissociés, mais la partie non dissociée des acides joue un rôle important dans le gonflement des colloïdes ; c’est le cas également pour bien d’autres processus biologiques. L’argument si souvent utilisé contre les conceptions originales nouvelles de la non-équivalence entre les expériences in vitro et les processus in vivo, juste en soi-même, concerne en réalité toute l’expérimentation biologique et beaucoup des données classiques prouvées et approuvées devraient alors être supprimées : nous éxpérimen-
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- tons, en effet, sur un cœur en dehors de l’organisme pour connaîlre les propriétés physiologiques d’une substance ; sur un nerf isolé nous établissons des lois de la fonction nerveuse et nous appliquons tout cela à un organisme vivant.
- Nous ne voulons pas dire que la théorie de M. Fischer doit être reconnue comme exacte, car beaucoup des faits parlent contre sa généralisation et contre l’exclusivité du seul facteur de gonflement (Ilœber, Kurt Zigler) ; elle reste néanmoins une des plus intéressantes applications des lois colloïdales à la médecine, et déjà des résultats thérapeutiques inespérés ont été obtenus avec des moyens simples,,Nous les signalerons dans le chapitre suivant.
- 2. Eiats pathologiques par troubles du pouvoir filtrant. — L’application des données sur les colloïdes a conduit à une orientation nouvelle de la pathologie de la sécrétion urinaire. Pour Bechhold la fonction rénale est composée de trois opérations : intrafiltration dans les glomérules, excrétion dans les tubes contournés et concentration dans les canalicules sécrétoires. L’augmentation de l’acidité conduit à l’albumine, d’après Martin Fischer, car l’acide forme des complexes avec les matières proféiques, ayant probablement un moindre degré de dispersion. Cette augmentation d’acidité se rapporte à son tour à des causes que nous avons énumérées plus haut, à propos de la production des œdèmes. Les applications thérapeutiques qui en découlent et qui sont diamétralement opposées à la thérapeutique courante achlorurée et antiaqueuse, ont donné des preuves à l’appui des conceptions de M. Fischer. En France, non seulement cette thérapeutique n’a pas été appliquée, mais les travaux de M. Fischer y sont presque totalement inconnus.
- En poursuivant des recherches avec A. Sykes, l’auteur américain a démontré que les substances hygroscopiques, telles que glycérinp, alcool, acétone, sucres, etc., injectées dans le sang, produisent une diurèse manifeste ; on sait, d’autre part, que ces substances provoquent la rétraction des colloïdes en états de gels.
- Voilà une coïncidence entre le diabète et se? manifestations, et peut-être l’explication de la sensation de la soif, de la polyurie, etc.
- 5. Troubles de la perméabilité. — Le problème de l’inflammation a reçu par le travail d’Osvvald une nouvelle impulsion. Cet auteur attribue aux modifications de la perméabilité des membranes tissulaires un rôle important. Il apporte à l’appui de cette hypothèse des résultats expérimentaux sur l’ordre d’apparition des substances albuminoïdes dans les exsudais qui correspondent bien à leur degré de dispersion micellaire et à leur viscosité.
- 4. Modification du degré de dispersion des colloïdes biologiques. — Les travaux de Bechhold tendent à prouver que les manifestations de la goutte proviennent de la formation d’un urate monosodique à un état de dispersion tel que le rein est incapable de l’éliminer. Les travaux de H. Schade,Wo. Pauli le prouvent de même pour la formation des calculs biliaires, uriques, etc. La thérapeutique de ces états doit s’inspirer du fait que toutes ces substances sont plus dispersées en présence des solutions des corps protéiques qu’en présence de l’eau.
- Une théorie colloïdale du processus d’ossification proposée par Wo. Pauli et Samiée, basée également sur le degré de dispersion des sels calcaires en présence des albumines et appuyée par les expériences de Pfaundler,
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- Munk, Liesegang, etc., permet d’expliquer, suivant Bechhold, le rachitisme et l’ostéomalacie.
- Pour finir, mentionnons que l’étiologie du goitre exophtalmique a été l’objet d’une hypothèse colloïdale tentée par Bircher.
- 5. Etats morbides par trouble d’équilibre colloïdal des humeurs. — Dans un autre ordre d’idées nous avons entrepris des recherches sur le rôle des colloïdes dans les manifestations pathologiques. Partant de la constatation que la syphilis s’accompagne de l’augmentation de la tension superficielle du sérum par rapport au sérum normal et de l’inversion de la charge électrique des « globulines », nous nous sommes demandé, si certaines manifestations morbides n’ont pas pour cause les modifications de l’équilibre colloïdal des tumeurs. Dans les maladies infectieuses, les microbes, tout en étant la cause primaire, envahissante, agiraient par les modifications de cet équilibre physico-chimique des humeurs grâce à leurs produits de sécrétion ; dans d’autres cas, sans qu’un microbe ou un autre parasite soient connus, ces troubles d’équilibre pourraient être provoqués par des substances, provenant soit de l’extérieur, soit sécrétées dans des conditions anormales par les différentes glandes.
- Autrement dit, nous nous sommes proposé d’aborder l’étude du a pourquoi » des actions microbiennes, sans nous contenter de mots tels que toxines, antitoxines, , etc., ni vues, ni connues.
- Et en effet, en dehors.de la syphilis, nous avons constaté avec Roffo que le cancer expérimental de la souris et du rat blanc s’accompagne d’une diminution très marquée de la tension superficielle du sérum, allant jusqu’à 5-(i dynes; mais, par contre, il n’v a aucun changement de la charge électrique des « globulines ». Plus tard avec M. Fornara nous avons vérifié le cas dans le cancer humain avec les mêmes résultats.
- En poursuivant nos études, nous avons vu que dans plusieurs cas de tuberculose ouverle avec cavernes, la tension superficielle du sérum est netlementaugmentée.
- Dans ces recherches, nous nous sommes contenté, pour le moment, d’examiner les modifications de la tension superficielle, sans aborder ni la viscosité, ni la concentration ionique, ni l’indice rél'ractométrique, ni l’examen ultra-microscopique, ni la pression osmotique, etc., et il est évident que seul l’ensemble de ces caractères peut donner des indications nettes au sujet des modifications cl’équilibre colloïdal des fumeurs.
- 6. Etats de chocs par contact. — Ce chapitre de la pathologie humaine a acquis récemment une importance considérable. Un nombre appréciable d’états pathologiques à étiologie obscure a été classé sous l’étiquette de choc. Les phénomènes de choc ont pu être étudiés, grâce à l’application des progrès rapides de nos connaissances sur l’état colloïdal. La clef pour une explication physique de ces phénomènes a été fournie par notre théorie physique d’anaphylaxie. Sans entrer dans les détails de cette théorie (*), disons qu’elle explique le choc anaphylactique par la formation d’une floculation des micelles colloïdales, survenant à la suite d’inlroduc-
- 1. Voir Wi Kopaczkwski. La Nature, 25 juin 1921.
- lion d’une substance^ hétérogène à notre milieu humoral. Cette théorie, ayant une base expérimentale solide, a trouvé des adhérents parmi lesquels Danysz, Widal, Billard, Pesci, Lumière, etc.; elle a permis d’inaugurer une thérapeutique appropriée, expérimentale, des états de chocs. Tous les faits que nous avons relatés à l’appui de cette théorie de floculation comme cause des chocs par contact, ont été confirmés. Grâce à cette orientation il a été possible d’étudier plus en détail le mécanisme de ces phénomènes et d’y découvrir des différences, importantes à connaître. C’est ainsi que, en dehors des chocs produits par la floculation des colloïdes, on a établi l’existence d’états morbides provoqués par l’hémolyse des globules du sang, à la suite d’introduclion de substances qui par un mécanisme encore indéterminé provoquent la sorlie de la matière colorante des globules et leur incapacité respiratoire consécutive; d’où mort rapide par asphyxie. A côté de ce choc lytique il y a des chocs produits par la coagulation intravasculaire, lorsqu’on introduit dans le sang des précipités, des suspensions, telles que les dangereuses « collobiases » du commerce, ou des microbes tués ou vivants. Ce choc thromboplastique se rencontre en médecine à la suite d’injections thérapeutiques de suspensions ou à la suite de la pénétration, en masse, de microbes dans le sang à la faveur de traumatismes-violents, etc.
- Cette différenciation :/) des états de choc par contact n’est probablement pas définitive et complète ; des études ultérieures la préciseront. Mais, dès à présent, elle offre la possibilité d’appliquer des méthodes thérapeutiques rationnelles, basées sur l’étude physico-chimique du problème ; et, en plus, elle trace une ligne de conduite pour les recherches svstémaliques. Les acquisitions de cette thérapeutique sont chaque jour plus nombreuses. .
- Ces acquisitions récentes en médecine nous permettent l’utilisation des résultats des recherches physicochimiques, effectuées auparavant et qui, ainsi que nous l’avons dit au débu'; n’avaient presque aucune signification. Actuellement on comprend quel parti intéressant on peut tirer des données concernant la préssion osmotique, la tension superficielle, la viscosité, la concentration ionique de nos humeurs ! Tous ces facteurs, au lieu d’èlre isolés, se ratlachent aux phénomènes de la stabilité des colloïdes; ils interviennent chacun à part ou combinés dans les phénomènes de floculation, de gonflement, de synérèse, de dispersion, etc.
- Il n’est donc pas exagéré de dire que les colloïdes révo-lulionnent nos conceptions anciennes. L’édifice de la classification des faits basé sur des signes d’auscultation, de percussion, sur des réflexes, sensations, etc., croule; il sera remplacé dans peu de temps par la balance, par le viscosimètre, par le tonomètre, par les appareils électriques. Après avoir voulu trouver partout et dans toutes les maladies des microbes, même invisibles, il est temps de se demander comment agissent ces microbes. La réponse à cette question, voilà le problème de ce siècle.
- \V. Kopaczkwski,
- Docteur ès sciences, Docteur en médecine.
- 1. W. Koi'aczhwski. Revue de Médecine, mars 1922.
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- EN SKI, AU FINSTERAARHORN
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- Le Finsteraarhorn, on le sait, est le sommet le plus élevé des Alpes Bernoises, à l’est de la Jungfrau qu’il dépasse de plus de 100 m. (4275 m. au lieu de 4167).
- On le considère comme un des plus beaux buts d’ascension des Alpes, qui n’en manquent point, et son escalade nécessite un sérieux entraînement qui ne permet qu’à peu de touristes d’y atteindre.
- Jusqu’ici, les non-alpinistes devaient se contenter des récits — toujours magnifiques — de ceux qui y avaient été et ne pouvaient songer à vérifier leurs dires, ni à vivre leurs exaltantes prouesses.
- Le cinématographe a changé tout cela. Déjà, dans le n° 2322 du 5 août dernier, La Nature publiait, par la plume de M. Lecarme, les essais de celui-ci pour cinématographier l’ascension du Mont-Blanc. Aujourd’hui, la maison Gaumont nous révèle, par un film sensationnel, la montée au Finsteraarhorn.
- Film sensationnel par sa beauté d’abord et la hardiesse de ses prises de vues. Qu’on s’imagine ce que peut être la montée de l’appareil et des pellicules à travers les champs de glace et les arêtes de rochers jusqu’à un tel sommet. Qu’on songe à l’effort de « tourner » lorsque la respiration est difficile, le vertige fréquent, quand on ressent au moindre effort le mal des montagnes !
- Puis, document incomparable de météorologie et de physique du globe. Un passage impressionnant montre le foehn, vent du sud-ouest arrivant du bout de l’horizon, sur un glacier éblouissant de soleil. Il se révèle d’abord sur l’écran par l’envolée de quelques cristaux de neige, qui augmente et se transforme en une avalanche de nuages submergeant peu à peu tout le paysage.
- Un autre phénomène se situe vers 3000 m.Dans la lumière éclatante, quelques sommets seuls émergent, immobiles, sur la mer des nuages, houleuse, moutonneuse, dont la ressemblance avec la mer aqueuse se complète par le déferlement des vagues sur le bord du glacier.
- Bien entendu, l’ascension montre successivement tous les aspects de la neige : glaciers, séracs, névés, crevasses, grottes, etc. La blancheur immaculée du paysage fait ressortir les alpinistes en silhouettes noires, au milieu des modelés changeants à mesure qu’ils s’élèvent.
- A cette documentation scientifique, ce film ajoute un intérêt sportif de premi^ ordre en montrant tout ce qu’on peut obtenir du ski.
- La Nature a déjà vanté les mérites de cet instrument de sport (n° Jl967, 4 février 1911), et a indiqué les moyens pratiques de le construire et de s’en servir.
- Au moment où va débuter dans toutes les montagnes la saison des sports d’hiver, on nous permettra d’y revenir ici en nous servant de quelques clichés du film du Finsteraarhorn, obligeamment commu-
- niqués par la maison Gaumont, pour illustrer nos dires.
- Le ski est, selon les uns, vieux comme le monde, selon les autres, presque aussi jeune que ce siècle.
- Il est certain que depuis fort longtemps, l’homme s’est aperçu que la neige fraiche le porte très mal, qu’il y enfonce de tout son poids, que ses jambes s’y emprisonnent et ne peuvent plus se mouvoir rapidement, ni sans grands efforts. En agrandissant sa base de sustentation, il diminue la pression par unité de surface et parvient ainsi à se maintenir. Le ski, le luge, le traîneau, le bobsleigh réalisent cette, solution par des moyens différents.
- Les historiens du ski1 n’hésitent pas à chercher ses titres de noblesse jusque dans Xénophon qui raconte, 400 ans avant Jésus-Christ, avoir observé chez des montagnards arméniens, pendant la retraite des Dix Mille, qu’ils attachaient des sacs sous les pieds de leurs chevaux, pour les empêcher d’enfoncer dans la neige.
- Strabon, 20 ans avant l’ère chrétienne, signale chez les mêmes Arméniens, l’emploi des disques contre l’enlisement dans la neige.
- Quoi qu’il en soit, le ski est vraisemblablement né dans le Nord, en Scandinavie, en Laponie ou en Sibérie.
- On en ] arle, en Norvège, couramment dès le xe siècle, on le compare au bateau sur la mer, et même le poète Grolhorn-Sindac va jusqu’à appeler le vaisseau « le ski de la mer ».
- En Europe centrale, on en trouve trace très tôt également. Valvassor, qui écrivait à Laybach vers 789, parle de l’invention des paysans de la Carniole qui descendent les pentes avec un fort « bâton sous l’épaule » sur deux petites planchettes épaisses d’un quart de pouce, larges d’un demi-pied et longues d’environ cinq pieds. « 11 n’y avait pour eux, dit-il, aucune montagne trop raide ou trop plantée de gros arbres qu’ils ne pussent traverser par ces moyens; ils tournaient et ils viraient comme des serpents quand quelque obstacle les gênait dans leur trajet. La route était-elle libre, ils descendaient tout droit devant eux... ». C’est ainsi que s’exprime Richard Valvassor dans son ouvrage sur La gloire du grand duché' de Carniole. Telle est la première trace du ski dans l’Europe centrale. Elle fut complètement effacée dans le duché lui-même jusqu’à ce que le professeur Frischauf eut remis au jour l’ancien texte.
- Les écrivains de l’Europe méridionale n’ignoraient nullement, dans les premiers siècles de notre ère, que les Scandinaves allaient à ski. Le Grec Procope et le Goth Jordan savaient déjà que les Normands donnaient à leurs voisins les Finlandais et les Lapons le surnom de « Skridfinnen (Skrida: veut dire glisser).
- Au xvie siècle, le ski était utilisé comme sport et non seulement comme moyen de transport. Olaus
- 1. Fendricii. Les sports d'hiver, Hachette et Cie, éditeurs
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- EN SKI, AU F1NSTERAARHORN
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- Magnus le prouve, en 1555, dans son ouvrage sur les peuples du Nord. 11 y signale, en effet, dans un latin très confus, que des concours de skis furent
- Christiania, furent d’abord conquis au ski sportif lorsque les affaires, les exigences de la civilisation leur firent sentir la nécessité des exercices corpo-
- Fig. là 6.
- i. 2. A l’entraînement avant la départ. L’exercice du saut en ski; 3. 4. Le passage d’une crevasse sur la glace; 5. Au-dessus de la mer 'des nuages : une pente abrupte. La montée en échelons; 6. L’arrivée au sommet.
- (Film Gaumont.)
- organisés et que « des femmes aussi agiles que les hommes allèrent à la chasse par ce moyen ».
- Le sport norvégien du ski des temps modernes ne date cependant que d’environ quarante ans. Les citadins, en particulier ceux de la grande ville de
- rels. Les débuts furent là-bas, en 1870, à peu près aussi singuliers que dans la Forêt-Noire, dans le Mont des Géants ou dans le Harz. Ce fut seulement en 1879, lorsqu’un fils de paysans de Telemark, un jeune cordonnier, passa d’un saut vigoureux et
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- Fig. 7 à 14-
- 7. Au-dessus de la mer des nuages : la place manquant pour virer, le skieur se soulève et change de d.irection surplace; 8. Une surprise de la descente, où il faut savoir s’arrêter net ; Le freinage latéral ; 10. Un autre
- genre d’arrêt sur place; 11. Une belle descente, sans incidents; 12. Le patinage en ski; 13. Quelques virages savants suivis d’arrêts brusques; 14. Un moment désagréable : le retour dans la zone des premiers arbres.
- (Film Gaumont.)
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- élégant le tremplin du Iver Slokken, près de Christiania, que commença l’ère nationale du ski norvégien. « Ainsi qu’un météore, il tomba au milieu de la foule ébahie qui se tenait là comme ensorcelée... » (( Les habitants de Telemark furent invités et vinrent aux courses de Christiania, les hourras montèrent aux cieux, l’air en trembla et les vieux arbres qui entourent le Husby tlugel en tressaillirent. » Ainsi écrit Huitfeld, qui était au nombre des spectateurs.
- Les chemins de fer et la poste n’apportèrent pas seulement la nouvelle du nouveau sport dans les montagnes de l’Allemagne du Nord. Des skieurs norvégiens y firent bientôt leur apparition. Mais les quelques individus de la Forêt-Noire, des Monts des Géants et de la Suisse, qui, tout d’abord, s’étaient attachés aux pieds les longues planches venues de Norvège, firent de piètres débuts. Vers 1890, on commença seulement à progresser lentement, très lentement. C’est alors que parvint la nouvelle de l’expédition de Nansen à travers le Groenland avec des skis et, bientôt après, parut son ouvrage accompagné d’une histoire et d’une technique du ski. L’influence des travaux accomplis par Nansen et de son ouvrage eut raison des hésitations qui subsistaient au sujet du sport nouveau. Un élan inouï se manifesta, qui parvint à son apogée lorsque des étudiants norvégiens, .à Darmstadt, montrèrent, dans la Foret-Noire comment on peut utilement se servir des skis. Pendant longtemps, les skieurs de cette région furent à la tête du mouvement.
- De nombreux groupements de skieurs formèrent en Autriche des associations nationales qui comptent actuellement près de 10000 membres.
- Le mouvement gagna la Suisse, puis la France, où une école normale naquit à Briançon en 1903, suivie d’un premier concours international, au Mont Genèvre, en 1907. L’armée française a aujourd’hui dans les Alpes, des bataillons de skieurs réputés et, grâce aux efforts du Club alpin et du Touring Club, nos stations de sport d’hiver, qu’elles soient dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura, les Vosges ou le Massif Central, ont presque toutes un terrain réservé à ce sport.
- Des records ont été établis. Celui du monde de saut en ski est actuellement détenu par O. Gundersen, avec 42,16 m.
- Le film que présente la maison Gaumont constitue un véritable manuel de ce sport. Au cours de leur ascension du Finsteraarhorn, ses alpinistes nous montrent tous les secrets de leur art. -
- Avant le départ, ils s’entraînent.
- On les voit pratiquer le saut sur un tremplin de neige placé sur une pente. Us descendent en vitesse accélérée, se baissent en abordant la plate-forme, se redressent en quittant le sol et maintiennent leur équilibre pendant le saut par une rotation verticale
- des bras, qui les soutient bien droits jusqu’à ce qu’ils retrouvent le sol, à quelque dix ou vingt mètres plus bas.
- Puis ils montent, pas à pas, parmi les arbres couverts de neige, lentement, portant leurs skis alternativement l’un devant l’autre.
- Quand la pente augmente, il faut marcher en ; échelon, les pieds et leurs skis en travers pour poser de toute leur surface sur le sol.
- Vienne un vallonnement, la glissade commence, qui, par l’accélération acquise, permet de remonter une bonne partie de la pente opposée.
- Sortis de la zone des arbres, et surtout au-dessus de 2000 m. la montée devient prudente. Il faut sonder la neige pour savoir si elle porte ou si elle recouvre quelque crevasse profonde ; il faut franchir les fentes de la glace en se servant du ski. comme d’un pont. Il faut, au beau milieu d’une descente en vitesse, freiner brusquement pour s’arrêter au bord d’un gouffre : les skis se placent alors en travers et s’enfoncent dans la neige comme un soc de charrue, faisant gicler tout autour les mottes de glace.
- Près du sommet, à 4000 m. les parois deviennent abruptes, le ski ne peut plus servir. On détache les raquettes qui viennent s’ajouter aux bagages portés à dos, et l’on monte, le plus souvent, par des escaliers taillés au piolet dans le mur de glace presque vertical.
- Un dernier effort, et le sommet est atteint! On y domine une immensité blanche, sortant de la mer moutonneuse des nuages, dans un silence impressionnant.
- Maintenant, il faut descendre. Les premiers pas sont aussi difficiles qu’en montée, puisqu’il faut reprendre les escaliers de glace taillés pendant l’escalade.
- Mais bientôt, on retrouve les longues pentes de neige qui vont être le triomphe du ski. Il n’y a plus qu’à se laisser porter à des vitesses folles qui atteignent par moments celle d’un train en marche. Tantôt, on déboule parmi les masses de neige détachées du sol qui descendent encore plus vile, grossissant à mesure en petites avalanches ; tantôt, quand la pente est trop raide, on zigzague comme dans un sentier de montagne; ou bien, on patine,, d’un pied sur l’autre, pour ne pas trop entrer dans le sol mou.
- Pour virer rapidement sur une pente, le skieur se soulève sur ses deux piolets et tourne en l’air avant de reprendre terre dans la nouvelle direction.
- La vitesse de la descente, le charme de cette immense glissade sans grands efforts, récompense delà montée lente et pénible. On retrouve bientôt les arbres, puis la neige molle, les ruisselets qui naissent de sa fonte.
- 11 ne reste plus que le désir de recommencer cette prouesse, pour la mieux goûter... assis dans son fauteuil, devant l’écran. A. B.
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- « C’est à l’initialive cle la Société de Chimie Indus-ci trielle qu’est dù le Congrès qui s’ouvre aujourd’hui, a Son succès, que suffit à affirmer la nombreuse assis-« tance d’élite qui remplit cette salle, celui de la « superbe exposition qui en est pour ainsi dire l’illustra-« tion et la mise au point, fait le plus grand honneur « au distingué président de la Société, M. Paul Kestner, « ainsi qu’à son actif secrétaire général, M. Gérard et « à leurs dévoués collaborateurs)). Tels sont les premiers mots par lesquels, M. le professeur Sabatier, membre de l’Institut, l’une des gloires de la chimie universelle, ouvrait ce Congrès où se trouvaient représentées plus de vingt nations, en présence du représentant du ministre du Commerce empêché. Elles rendent un juste hommage à l’effort de la jeune et vivante Société de Chimie Industrielle, qui fut couronné d’ailleurs du plus grand succès.
- I. — L’exposition des combustibles liquides. — Huit jours avant l’ouverture du Congrès, les congressistes et de nombreux visiteurs avaient déjà pu admirer l’exposition, placée dans un grand pavillon entourant la vaste salle de réunion du Congrès. Cette exposition comprenait; deux sections : celle de production des combustibles liquides et celle d’utilisation.
- En entrant, les visiteurs étaient tout particulièrement intéressés par le stand de la seule mine française de pétrole, celle de Pechelbronn, exploitée depuis près de deux siècles et la plus ancienne de toutes les mines de pétrole.
- Des coupes de puits, de galeries, des maquettes rendaient claire aux visiteurs l’exploitation dirigée de la manière la plus scientifique pour retirer le pétrole de terres avares, ne laissant suinter ce liquide qu’avec parcimonie et où parfois les sondages rencontrent une poche plus riche, d’où jaillit le pétrole comme dans les régions plus fortunées mais en proportions beaucoup moindres. Les exploitations de Galicie, de Pologne avaient également exposé des maquettes et une collection de leurs produits. Les puissantes Sociétés pétrotifèies avaient bien mis en évidence l’importance de leurs richesses et à côté des producteurs directs, on pouvait admirer les produits préparés par les raffineurs; ces collections présentées étaient des plus intéressantes.
- Pi ès du pétrole, le plus important des combustibles liquides, se trouvaient les schistes, les dérivés du goudron et ceux du lignite tout aussi remarquablement présentés. La vieille Société des schistes d’Autun, la doyenne de toutes les sociétés similaires, possédait un stand remarquable.
- L’alcool, produit au jour le jour, qui ne provient pas, comme les combustibles liquides précédents de réserves naturelles, figurait en bonne place, quoiqu’il n’entre que pour une part assez faible, rarement pour la moitié, dans la composition de certains carburants ; l’exposition du Ministère des Finances retenait l’attention, non point seulement par les échantillons des divers produits étudiés pour diminuer la consommation de l’essence, mais encore par leur utilisation immédiate.
- Un banc d’essai avec moteur et dynamomètre, fonctionnant à l'aide d’un carburant, montrait quelle était la valeur du carburant préparé.
- Les producteurs de pétrole avaient en outre illustré la section de production par l’exposition d’un grand nombre d’appareils de sondage à percussion, à rotation, de dispositifs le captage de gaz, de pompes poui amener le
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- pétrole brut à la surface, de dessins relatifs à l’emmagasinage et la manutention des produits lourds et légers après raffinage. Des appareils de filtration, de centrifugation permettaient de voir comment, élaient purifiés les produits séparés par des distillations, des fractionnements méthodiques et le matériel employé pour ces diverses opérations était bien représenté. Il en était de même pour tout ce qui concerne la production, la distillation et le raffinage des autres combustibles liquides.
- Des compagnies de navigation et un certain nombre de producteurs de pétrole avaient tenu à compléter cet ensemble des plus intéressants par la présentation de maquettes de navires pétroliers.
- Une promenade dans cette section en apprenait plus aux visiteurs que la lecture des meilleurs articles de vulgarisation. Leur attention était retenue d’une manière plus captivante encore par la section d’utilisation : brûleurs et moteurs. Les brûleurs ont été particulièrement remarqués et il a paru à tous les spécialistes que dans cette branche de l’industrie des combustibles liquides, de remarquables progrès avaient été réalisés. Des fours de boulanger peuvent être chauffés aux huiles lourdes sans modification et il n’est pas jusqu’au chauffage domestique où d’importants progrès n’aient été réalisés.
- Les moteurs appartenaient presque tous aux types Diesel et semi-Diesel, qui. comme nos lecteurs le savent, permettent d’utiliser avec le plus haut rendement connu des combustibles liquides dédaignés naguère.
- Tous ces moteurs, comme les brûleurs, fonctionnaient avec la plus grande régularité. A côté des moteurs Diesel et semi-Diesel de grande puissance et devenus classiques, on pouvait voir des moteurs de puissance moyenne et même de très faible puissance, à deux et à quatre temps. Quelques-uns, comme le Diesel de la Société Sulzer, étaient de véritables nouveautés.
- II. — Les Conférences. — Le carburant national. — Avant même que le Congrès eût ouvert ses séances, les congressistes pouvaient entendre des conférences remarquables relatives à l’utilisation des combustibles liquides pas des techniciens de grande valeur. M. Pillard remplaçant M. Godard, MM, Masméjean et Poincet qui, les premiers, ont utilisé dans la marine de guerre les moteurs Diesel. Ils ont retracé le développement de l’utilisation des combustibles liquides, celui des moteurs Diesel et semi-Diesel et leur application à la marine. M. Eugène Brillié a traité de l’application du moteur à hydrocarbures à la traction sur les voies ferrées avec la compétence que tous lui connaissent. Avant ces confér-rences M. Guiselin avait parlé de l’industrie du pétrole à travers le monde, et, dans un liés intéressant exposé, M. Dufour, le distingué chef de travaux de machines au Conservatoire national des;Arts et Métiers, avait décrit le développement des moteurs et des brûleurs, fonctionnant avec les divers combustibles liquides.
- Pendant ce laps de temps et ensuite, au cours du Congrès, tous les ministres visitèrent en détail l’exposition. Le chef de l’État a tenu également à l’honorer de sa présence. Tous les membres du Gouvernement ont affirmé ainsi leur intérêt pour cette question des combustibles liquides dont l’importance a été capitale au cours de la guerre et qui à l’heure actuelle préoccupe à juste titre toutes les nations et ont approuvé par leur visite le remarquable effort réalisé par la Société de Chimie Industrielle.
- M. le professeur Sabatier, après avoir déclaré ouvert le
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- Congrès, a donné la parole à M. Daniel Berlhelot, membre de l’Institut. Ce grand savant a exposé avec une rare éloquence la question du carburant national, qui s’est, posée d’abord- chez les nations privées de combustibles liquides naturels ou trop pauvres en ces produits et qui se posera demain chez les nations les plus riches aujourd’hui, puisque les gisements de pétrole s’épuisent rapidement. Il a montré comment avait été résolu le problème en France par addition d’alcool à l’essence, soit en prenant l’alcool à 95-90° et en utilisant un liquide unisseur, un agent de liaison, l’alcool méthylique, le cyelohexanol, soit en déshydratant totalement l’alcool qui dans ce cas est miscible en toutes proportions à l’essence, soit enfin en ne prenant que des essences très légères relativement rares, obtenues par la condensation des gaz naturels ou autrement.
- 111. — L’unification de la terminologie. — Les travaux du Congrès ont commencé aussitôt par l’étude de la question la plus délicate inscrite à l’ordre du jour et dont l’illustre président du Congrès avait souligné l’importance dans les termes suivants :
- a L’immense variété des combustibles liquides, de « leurs modes d’emploi, ainsi que de leurs lieux d’ori-« gine, a conduit à leur donner des noms très variables, « consacrés par des usages locaux ; une même dénomi-« nation s’applique fréquemment à des produits de « natures et de valeurs extrêmement différentes et dans « la multitude des termes usités il est difficile de voir « clair. De graves difficultés en résultent pour les tranci sachons commerciales et pour l’emploi pratique de « ces diverses matières.
- « Une autre conséquence de ces grandes différences « entre les combustibles liquides a été une extrême va-« riéLe dans les méthodes d’analyses qui leur sont conte sacrées et il en résulte des confusions très préjudice ciables à leur usage.
- « Il serait donc extrêmement désirable d’unifier la « terminologie des combustibles liquides, ainsi que les cc méthodes rationnelles d’analyse pour la détermination « précise des caractères de chacun d’eux.
- cc Poursuivre ce double but, telle doit être l’œuvre « principale de ce Congrès, qui ne pourra certainement « atteindre du premier coup l’unification nécessaire, cc mais qui devra tout d’abord, comme première étape cc dans le progrès, demander à chaque pays de stabiliser cc la dénomination des produits en fixant leurs caracté-(( ristiques ainsi que les procédés analytiques capables de cc les contrôler. »
- C’était par une des plus hautes autorités scientifiques, l’approbation des travaux de la Commission française, nommée par le Comité d’organisation et composée de M. Daniel Berthelot, président, de MM. Bordas, Etienne, llardel, Schlumberger et Siegler. Elle devait préparer pour la France le travail de terminologie. Il fut exécuté par M. Schlumberger pour les producteurs de pétrole, par M. Siegler pour les schistes, par M. Mallet pour les benzols et dérivés des goudrons de houille et par M. Bordas pour les alcools. Tout l’ensemble de ces efforts a été résumé et a fait l’objet d’un remarquable rapport de ce dernier qui, après approbation de la Commission, a été lu à l’Assemblée générale et choisi pour base des recherches.
- Une Commission internationale a été nommée par cette Assemblée, elle était formée des délégués de toutes les nations participant au Congrès. A ces délégués était jointe la Commission française nommée par le Comité d’organisation à laquelle, sur la demande des raffineurs
- français et à la suite de la proposition de M. Chesneau, ont été adjoints MM. Halphen et Guiselin pour représenter l’un, la Commission de Standardisation, présidée par M. Chesneau et l’autre, les producteurs français de pétrole. Cette Commission internationale, après avoir entendu les arguments pré-entés par MM. Guiselin et Halphen, s’est ralliée » l’unanimité des nations représentées aux conclusions du rapport approuvé par la Commission française. Elle a rédigé en outre un formulaire afin de rendre plus facilement comparables les travaux effectués dans les différentes nations et de faciliter le travail d’unification qui s’imposera de lui-même, sans entraver les progrès de la science et de l’industrie.
- IV. — Travaux des sections. —Pétrole. —Les diverses sections ont ouvert dans l’intervalle leurs séances. Dans la première et l’une des plus importantes naturellement, celle du pétrole, un grand nombre de communications se rapportaient à la technique de l’extraction de ce précieux combustible. Le mémoire de M. de Chambrier était particulièrement intéressant; consacré spécialement aux gisements de Pechelbronn, il montre quel parti on peut tirer du drainage souterrain pour extraire la totalité du pétrole. M. Schlumberger a montré comment on pouvait l’appliquer sans danger. C’est également avec beaucoup d’intérêt que les congressistes ont entendu parler des pétroles de Galicie, de Roumanie, des sables bitumineux et asphaltes de Madagascar par MM. Saladin, Gane, Gault et Merle.
- L’épuration des huiles brutes par centrifugation a été étudiée par M. Berline et la séparation de produits de densités peu différentes est réalisée avec une extrême facilité grâce à l’énorme vitesse périphérique des cen-trifugeurs Sbarples, qui multiplient par plusieurs mille les écarts entre les poids spécifiques.
- M. Mailhe décrit les procédés d’enrichissement des pétroles pauvres en essences légères par la fixation d’hydrogène au moyen du craking et de la catalyse, leur développement paraît devoir être considérable. Un procédé analogue et plus ancien, celui de Bergius, a été exposé en détail par MM. Connerade et Watermann à des points de vue differents : par M. Connerade pour la transformation des houilles, qui sont déjà, suivant la belle expression de M Amé Pictet, le grand savant genevois, de véritables éponges de carbone imprégnées de pétrole, faciles à exprimer ; par MM. Watermann et Perquin sur l’influence des différents facteurs qui interviennent dans le procédé Bergius et sur . la nature des produits obtenus. M. Gaudouiu décrit les appareils Seigle pour la dépolymérisation des hydrocarbures lourds.
- Les gaz formés dans les divers modes de traitement de pétroles ou dégagés naturellement out été étudiés par divers techniciens qui ont montré tout l’intérêt présenté par leur récupération, non seulement pour l’utilisation sur place, mais aussi pour leur dissolution, afin d’augmenter le pouvoir calorifique de certaines essences. Quelques précautions doivent être prises pour les emmagasiner et les détendre avant utilisation.
- Naturellement les combustibles lourds et le mazout, dont on a tant parlé, ont été étudiés dans diverses communications au point de vue de leur emploi dans les divers moteurs à combustion interne dérivés du Diesel ou dans les brûleurs. M. Granger a indiqué les résultats des essais entrepris à la manufacture nationale de Sèvres et à la manufacture de Copenhague pour cuire les porcelaines à l’aide du mazout.
- Il convient en outre de citer l’élude des problèmes
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- relatifs à la manutention de ces divers produits par M. Mauclère, et celle des huiles et produits de graissage par MM. Gaudouin et Harold Moore.
- M. Enrique Hauser entretient la section des succédanés de l’essence de pétrole employés dans les lampes de mine et expose son élégante méthode pour le dosage du soufre, dont la présence est nuisible. Une étude de la viscosité et des viseosimètres par M. Gaudouin et des points d’inflammations des combustibles légers par MM. W.-R. Ormandy et É.-G. Craven intéressent vivement l’assistance.
- Schistes. — Malgré leur rôle plus modeste, les hydrocarbures retirés des schistes prennent en ce moment une importance plus grande qu’autrefois à cause de l’appauvrissement général de certains pays, la France notamment, en combustibles de toutes sortes.
- Aussi voit-on s’intensifier en Ecosse et renaître dans le bassin d’Autun l’indnstrie des schistes. La remarquable communication de l’amiral Philip Dumas et de M. Cuningham Craig traite de l’industrie des schistes et des torbanites dans son ensemble. De son côté, M. l’ingénieur Brunschweig a établi le bilan des richesses de la France en schistes. 11 l’évalue à 50 millions de tonnes dont la moitié se trouve dans le bassin d’Autun et le reste dans l’Ailier, l’Ardèche, le Var et les Basses-Alpes. M. de Jarny entretient les congressistes des schistes d’Eslhonie.
- Le commandant Veyrier décrit les schistes de Syrie, expoités par les Allemands pendant la guerre. Leur richesse est telle qu'ils peuvent servir de combustibles pour chauffer les cornues. Elle dépasse souvent 20 pour 100, alors que la teneur moyenne en hydrocarbures liquides des schistes français varie entre 5 et 15 pour 100. Le résidu de la distillation est de la chaux hydraulique. Il serait intéressant de voir poursuivre ces recherches. Une élude des produits de distillation fournis par les divers combustibles solides a été présentée par M. Gaudouin.
- M. Cambray, l’éminent directeur des Mines d’Autun, retrace les progrès de cette industrie dont le berceau est à Autun même. Les questions qui se posent pour améliorer la distillation des schistes, afin de diminuer le prix de revient d’une part, et d’autre part accélérer le départ des produits volatils par renouvellement des surfaces chauffées, sont exposées par M. Charles Berthclot et par MM. Loisy et Grance.
- Le premier décrit un four cylindrique horizontal muni d’un malaxeur à palettes et chauffé extérieurement, les seconds montrent comment il est possible de chauffer directement le schiste, dans un four à cuve à l’aide des gaz provenant de la gazéification du carbone résiduel des schistes déjà distillés.
- Lignites et tourbes. — Comme dans la section précédente, les relevés de l’ensemble des richesses en ces combustibles inférieurs ont été effectués dans les divers pays, en France, en Serbie, en Bohème, par MM. de l'riizbuer, Carteret, Kavan et Schulz.
- Pour la France, la question a vété reprise dans son ensemble par M. Brunschweig. Les réserves s’élèveraient à 1 ou 2 milliards de tonnes dont la moitié et la meilleure se trouve dans les Bouches-du-Rhône, bassin de Fuveau. Ce lignite est consommé à la place de houille, mais pourrait fournir par distillation des hydrocarbures liquides. Les autres lignites sont de moindre valeur et inférieurs aux lignites allemands dont l’exploitation a été intensifiée.
- L’étude des divers lignites a été effectuée par
- MM. Emilio Damour et Lafargue à l’aide d’un appareil de laboratoire qui leur permet de fixer le mode de traitement industriel de chacun d’eux et d’éviter tout mécompte. M, Marillier décrit les procédés de récupération des sous-produits de distillation du lignite; leur épuration, leur distillation et les différents appareils.
- M. Berthelot, après avoir comparé les avantages et les inconvénients des divers fours utilisés pour carboniser les lignites, considère comme les plus avantageux les fours horizontaux dont il a été parlé précédemment.
- 11 est intéressant de rappeler que les Allemands ont étudié d’une manière toute particulière à l’Institut de Mühlheim les modes de traitement des combustibles inférieurs : lignites et tourbes. Quoique ces dernières sortent un peu du cadre du Congrès, elles sont l’objet de quelques communications très écoulées. Le grand problème à résoudre est celui de la dessiccation économique de la tourbe, afin d’abaisser sa teneur en eau à 20-25 pour 100.
- Les deux milliards de mètres cubes que peuvent produire en France les 00 000 hectares de tourbières fourniraient environ 500 millions de tonnes de tourbe desséchée, si le problème était résolu. MM. Tonnelle, Ilellèmans, Emilio Damour et Lafargue étudient avec beaucoup de compétence la question de l’utilisation industrielle des tourbes.
- Goudrons et Benzols. — M. Mallet, l’éminent président de cette section, retrace en quelques mots et d’une manière saisissante, la production mondiale des benzols et montre quelles quantités pourraient fournir la Sarre et la Tchéco-Slovaquie. L’importance du benzol comme carburant et surtout comme matièie première des explosifs souligne tout l’intérêt des communications présentées à cette section pour augmenter la production de benzols par une hydrogénation préalable, par une carbonisation spéciale et en évitant ensuite toute perte parundébenzolage complet. M. Umneiade décrit à nouveau le procédé de Bergius plus ou moins modifié. MM. Baril, Gregory et Berthelot indiquent les moyens de récupérer la plus grande quantité possible de benzols. D’après ce dernier, le procédé au crésol avec réfrigération serait le meilleur.
- D’après M. Erhard les combustibles devraient être classés en diverses catégories et la totalité des charbons gras devrait être distillée avant d’être livrée à la consommation. Des communications diverses relatives à l’emploi des benzols comme carburants, seuls ou additionnés de naphtaline, sont complétées par deux communications l’une de M. Lormand relative à l’hydrogénation de la naphtaline avec laquelle les Allemands, ont préparé deux combustibles liquides : la tétroline et la décaline, et l’aütre due à M. Brochet sur la fabrication ducyclohexa-nol et des méthylcyclohexanols par hydrogénation du phénol et des crésols. Ces produits possèdent des propriétés dissolvantes merveilleuses et permettent,- même à faible dose, de rendre miscibles l’alcool et les essences de pétrole ou même le pétrole. Leur emploi dans la préparation du carburant national est par suite tout indiqué.
- Alcools. — L’importance de ce combustible liquide s’est affirmée maintes fois ; son prix dépend de divers facteurs et, pour l’abaisser, il faut en multiplier les sources. Sir Frédéric Nathan montre les efforts tentés en Angleterre pour augmenter la production d’alcool par la culture de végétaux spéciaux, par l’utilisation de la cellulose. C’est également de l’utilisation des déchets cellulosiques pour la fabrication de l’alcool dont parlent MM. Vernet et Meunier. M. Harnist montre quel parti on a pu tirer des lessives résiduaires de la pâte de bois
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- sulfitée et M. Lanee Robert de la carbonisation du bois pour préparer de l’alcool.
- Les autres communications ont toutes trait à l’utilisation de l’alcool comme carburant, par mélange avec d’autres hydrocarbures plus riches. Le problème de la miscibilité complète se pose alors et les diverses solutions obtenues sont étudiées par de nombreux auleurs, MM. W.-R. Ormandy et Craven, M. W.-G. Walson, MM. Godechot, Pasquet, Robert et Gay, M. Rothen et Boulier, M. Loriette et tout particulièrement par M. Baume^ qui résume l’ensemble des recherches.
- Enfin M. Savarit présente une étude graphique des colonnes à distiller les mélanges binaires et ternaires.
- Huiles végétales. — Ces liquides jusqu’ici ne semblent guère devoir entrer dans la catégorie des combustibles. MM. Mathot, Jumelle et M. Luc montrent quel parti on peut tirer dans des moleurs appropriés des huiles d’arachide, de palme, de coton pour la traction mécanique dans les colonies. M. Leduc décrit un pulvérisalcur-injecteur pour moteurs à grande vitesse alimentés par ces huiles végétales. Aussi M.Yves Henry a-t-il pu appeler l’huile végétale le carburant colonial. De nombreux auteurs indiquent les caractéristiques de diverses huiles et les quan- -tités que peuvent produire les diverses colonies françaises, en organisant sérieusement leur culture; Mlle Bony,
- M. Charles et surtout MM. Luc et Adam montrent comment on peut préparer de l’huile de palme neutre.
- M. Prudhomme, directeur de l’fnstilut National d’Agro-nomie coloniale qui présidait, cette section, a souligné le grand intérêt que présentent au point de vue français toutes ces communications.
- Clôture du Congrès. — Après achèvement des travaux des sections, l’Assemblée générale, à l’unanimité, a émis le vœu que « dans chaque nation une Commission établisse un inventaire de tous les combustibles liquides commerciaux nettement séparés par origine, avec l’indication précise de leurs constantes physiques, physicochimiques et chimiques des méthodes suivies et des instruments utilisés pour déterminer ces constantes, ordonnées suivant un formulaire établi par la Commis-ion internationale.
- (( Que ces inventaires soient centralisés par les soins de la Société de Chimie industrielle et présentés à Cambridge, lors de la IVe conférence internationale de la Chimie en 1925 par les délégués nalionaux.
- « Que pour faciliter le travail ultérieur de comparaison, les délégués nommés dans chaque pays établissent pour leur propre pays une feuille annexée à l’inventaire où seront formulées les aspirations et les propo-ilions ayant pour but d’éviter à l’avenir les dénominations multiples imprécises ou équivoques actuellement existantes. »
- A la séance de clôture, présidée par un représentant du Ministre des Colonies, M. Mailhe a exposé dans une magnifique conférence ses recherches sur la transformation des huile; végélaleset animales en hydrocarbures gras, benzéniques, cycliques qui se retrouvent tous en mélanges divers dans les divers pétroles. L’action des catalyseurs mixtes, à la fois déshydratants et ' déshydrogénanls, provoque vers 600-050° une déshy-dratalion et une déshydrogénation qui transforment toutes les huiles ou plutôt leurs acides gras, ce qui permet d’en séparer la glycérine, d’abord en gaz renfermant notamment de l’oxyde de carbone et un liquide acide commençant à bouillir vers 40°. Ce liquide est distillé, ses produils sont catalysés et le liquide volatil, après neutralisation, est hydrogéné sur métal à 180°. Le liquide obtenu est semblable au pétrole naturel. Le
- conférencier montre que ces recherches permettent de concilier les hypothèses contradictoires sur l’origine des pétroles. Et le Congrès se termine sur le magnifique espoir de voir bientôt, grâce aux travaux de l’éminent élève de l’illustre maître, président de ce Congrès, transformer en pétrole les huiles produites tous les jours sous l’action de la chaleur solaire au moment même où de tous côtés les puils connus s’épuisent et où le sous-sol trop fouillé devient de plus en plus avare.
- Excursions et visites. — Deux excursions et des visites d’usines avaient été organisées, les unes à Paris et aux environs, les autres en Alsace. A Paris, les congressistes ont assisté à des expériences d’exlinclion automatique de feux d’hydrocarbures et ont visité avec le plus grand intérêt dans une première journée la Société générale de Constructions mécaniques, les Etablissements Delaunay-Belleville et la Compagnie de Constructions mécaniques Procédés Sulzer. Ils ont vu dans deux de ces usines les phases de la construction des moteurs du type Diesel et semi-Diesel et dans l’autre ils les ont vus fonctionner. Le lendemain, les congressistes ont parcouru les mines de la Société du gaz de Paris au Landy et assisté aux opéra-lions de chargement et de délutage des cornues. La journée s’est terminée par la visite de la Distillerie coopérative de Nesles-la-Vallée.
- A Strasbourg, où les attendait une aimable réception de M. le Doyen Muller à l’inslilut de Chimie et de la Société des Amis de l’Université, les congressistes se sont préparés à la visite de Pechelbronn, la plus ancienne des mines de pétrole. Les uns ont visilé les galeries, les autres ont assisté aux opérations de sondage, vu les puits jaillissant encore par intervalles et visité la magnilique raffinerie, installée par des techniciens français sous la direclion d’un chef incomparable, M. de Chambrier. La journée s’est achevée par la visite des usines de Die-trich à Niederbronn, en traversant NVœrth, Reichshoffen et Zinsxvilier, où s’est effectuée devant eux la coulée de œimbreuses et importantes pièces et l’émaillage d’autres. Enfin, le mardi, les congressistes ont été reçus par la Direction des mines domaniales de la Sarre et ont visité les usines Erhard et Schimer. Dans ces dernières usines, les congressistes ont assisté à la coulée du bâti de l’un des moteurs géants que peuvent construire ces usines. Le matin, ils avaient entendu un lumineux exposé du problème résolu dans la Sarre par nos ingénieurs pour transformer en un coke métallurgique de valeur le charbon extrait des minés de la Sarre, qui était dédaigné par les Allemands pour cette utilisation. Deux voies différentes s’ouvrent pour atteindre ce but : l’une utilise les fours à coke ordinaires, l’autre cherche un four à coke spécial pour le charbon sarrois. Les mines de la Sarre ont travaillé dans ces deux voies. La première consiste à mélanger des fines maigres aux fines à coke de la Sarre pour éviter de demander à d’autres mines les fines maigres, la direclion des mines a eu l’idée originale de soumettre les charbons à une semi-distillation à basse température et d’employer ces charbons semi-dislillés comme fines maigres* ce qui procure en outre l’avantage de récupérer les goudrons produits à basse température. La seconde est la réalisationpratique du procédé ma-giné par M. Gharpy, consistant à carboniser les houilles riches en deux temps, à basse température d’abord, puis à haute température, à l’aide de deux fours différents. Dans l’un des fours, le charbon se déplace et., après avoir élé maintenu à 5 ou 600°, est poussé dans une autre partie du four portée à 800° et 1000°. Dans l’autre système, le charbon reste fixe. Il est chargé dans deux
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- fours accouplés dont l’un est chauffé à 5 ou (300° et l’autre à 800° et 1000°; quand la cuisson 'a basse température est terminée, on inverse les températures et on
- charge alternativement les fours.
- Grâce aux remarquables efforts de la Direction des mines domaniales, la proporlion des bémols préparés
- préparation d’un bon coke métallurgique sera réalisée.
- Comme on peut le voir par ce résumé trop court, le Congrès intei national des Combustibles liquides a été un magnifique succès dont tous doivent être reconnaissants à la Société de Chimie industrielle.
- PAUL Nrr.OLARDOT, répétiteur à l'École Polytechnique.
- MŒURS CURIEUSES ET PECHE DE LA PERCHE MALGACHE
- La perche de Madagascar (Paralilapia polleni Bleeker, en langue indigène « marakelle » ou a foune ») n’a pas les formes élancées de la perche de France, elle est plus haute et moins longue; c’est qu’elle navigue peu, elle se cantonne dans les lacs et les marais, à l’inverse du poisson de nos cours d’eau qui, s’il n’est pas un long-courrier, fait tout de meme d’assez longues traversées et ne craint pas les courants...,
- »—"La’perche est le poisson de luxe «à Tananarive; elle ne dépasse guère 22 cm de long et 1 kg de poids pour les gros spécimens; sa chair blanche, savoureuse, ne contient que quelques grosses arêtes costales faciles à enlever.
- La coloration de l’adulte est très variable, le plus ordinairement bronzée ou vert-olive, parsemée de nombreuses taches lenticulaires d’un vert métallique ; les jeunes ont sur les flancs, comme la perche de France, cinq ou six bandes noires verticales.
- À l’époque de la fraie, la perche fait comme les oiseaux à la saison des amours et se pare d’une robe de noce semée de taches bleu ciel sur fond bleu noir.
- La ponté a lieu pendant l’été de l’hémisphère
- austral; elle est précédée d’une période de fiançailles qui dure une quinzaine de jours pendant lesquels le
- Fig. 2. — Cases d’un village de pécheurs, au bord du lac Alaotra,
- (Les parois et les toits des cases sont faits de roseaux et autres graminées croissant sur les bords du lac.)
- Fig. i. — La perche malgache (Paratilapia polleni)
- couple ne se quitte pas; on les voit toujours ensemble à l’endroit qu’ils ont choisi pour frayer, se tenant immobiles, à fleur d’eau, l’air rêveur. L’amour leur fait perdre l’appétit, ils dédaignent la nourriture qu’on leur offre, se laissant approcher, mais se jettent sur le doigt de l’intrus qui vient troubler Jeur idylle.
- Les nids sont de découverte malaisée; les oeufs, légèrement aplatis et de la grosseur d’un grain de mil, sont agglutinés en grappes sur les racines de graminées ; ils ne sont pas livrés aux hasards de la nature, la garde en est assurée par un seul des parents ou par les deux, sans interruplion dans le service de veille. Après l’éclosion, les nouveau-nés ont l’apparence et les mouvements rythmés de jeunes télards.
- À 9 jours ils sont capables de nager ; toute la nichée se déplace alors à fleur d’eau sous la garde j d’un des parents qui se tient au-dessous et la suit I comme une poule suit ses poussins. Si quelque gre- j nouille s’aventure dans la zone surveillée, elle est! happée dans la bouche en accordéon du marakelle.q La sollicitude de ces parents pour leurs petits ne i s’étend pas au delà d’un mois, âge auquel ils sont abandonnés à eux-mêmes.
- Chez d’autres poissons de la même famille, la garde des œufs est encore assurée plus strictement
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- Fig. 3.—Pirogue de pêche du lac Alaolra (26 000 hectares) montée par une femme Sihanaka.
- mac de perches il s’agissait : 84 fois de cyprins, 7 fois de gobies et 5 fois seulement de perches. On se demande comment, avant l’acclimatation du cyprin, la perche composait ses menus ; elle recherche également les insectes de toutes sortes, surtout les vers de vase et les larves de moustiques.
- Les Malgaches de Tananarive, les Hovas, pêchent le maraIcelle à la ligne amorcée au ver, à la nasse dormante et à la nasse traînante. Celle-ci est une sorte de petit chalut à main, fait de brins végétaux serrés, avec lequel les femmes draguent les eaux peu profondes et détruisent les alevins les plus minuscules. Les Sihanakas, riverains du grand lac Alaotra (26 500 hectares), plus experts que les Hovas en matière de pèche, emploient également le trident qu’ils lancent avec adresse. Mais la grande pêche au « foune », c’est ainsi qu’ils nomment la perche,
- que chez la perche, ils sont conservés dans la bouche du mâle jusqu’à l’éclosion.
- Comme sa congénère de France, la perche malgache a un appétit très prononcé pour les autres poissons : elle fait un grand carnage de cyprins dorés ou poissons rouges, espèce dont Jean Laborde, en 1861, offrit à la reine 7 spécimens qu’elle fit jeter dans le lac Anosy d’où ils ont émigré dans tous les canaux et marais, où ils se sont multipliés comme des lapins.
- Sur 94 poissons trouvés dans l’esto-
- Fig. 5. — Flambage des poissons sur un feu d'herbes, au bord du lac Alaotra.
- Femmes pêchant à la nasse train ante dans un canal
- se fait à la ligne. Au petit jour, les pêcheuses quittent les plages dans leur pirogue à une place, relèvent les nasses, puis se mettent à pêcher à la ligne en plein lac. Elles tiennent de chaque main une gaule de 1 m. 20 environ portant une ligne de 1 m. 50 montée sur un gros hameçon en fer; l’appât est une larve de libellule, vulgo demoiselle. Avec cet engin grossier agité constamment et rythmiquement pendant quelles chantent une onomatopée qui rappelle le roucoulement de la tourterelle, les pêcheuses Sihanakas ramènent beaucoup de gros « founes » attirés, sans doute, moins par le chant que par la curiosité près de l’hameçon où ils s’enferrent. Tout le poisson qui n’est pas consommé à l’état frais est écaillé, vidé, mis en brochettes, fumé et ilambé au-dessus de quelques poignées d’herbes sèches pour l’exportation sur Tananarive.
- Malgré les richesses de leur beau lac, les Sihanakas ne pêchent pas tous les jours, chaque semaine deux jours prétendus néfastes (fady) sont consacrés au repos que le Sihanaka aime autant que la perche aime le cyprin. La perche est très localisée dans certains districts à cause de la difficulté de la transporter à l’état vivant ; Malgaches et Européens avaient échoué jusqu’à présent, j’ai pourtant réussi à en faire parvenir jusqu’à 200 km de Tananarive dans des lacs et marais étendus où elle prospère, à la satisfaction des pêcheurs et consommateurs. Dr Jkan Legeindre.
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2538.
- 25 NOVEMBRE 1922
- La lutte pour la vie est tout particulièrement accentuée au sein des eaux marines. Il y a, en effet, tant d’êtres vivants dans la mer qu’ils se livrent des combats incessants pour la nourriture et le gîte. Nous avons déjà retracé ici même (n° 2433) quelques)péri-péties des luttes entre Tourteaux, Pagures et Gala-thées, au laboratoire de Roscoff.
- Le vaste monde des Crabes, auquel tous ces animaux appartiennent, est le plus fertile en pugilats, mais aussi en ruses guerrières. La force n’y prime pas nécessairement. Elle se heurte, en quelque mesure, à l’instinct de la dissimulation et du déguisement. Ainsi des Pagures, à l’abri de leur coquillage, défient les pinces, cependant redoutables, des plus gros Crabes. De même une Galathée peut trouver au besoin, dans une coquille vide, une protection suffisante contre ses ennemis.
- Essayons de graduer les moyens de défense en usage chez les Crabes les pluscommuns de nos côtes.
- La plus simple parmi les ruses ou astuces dont ils se servent est la dissimulation sous une pierre ou dans une anfractuosité de rocher. Cetle ruse est aussi la plus fréquente. Le moindre bloc que l’on soulève à marée basse abrite toute une population grouillante de Porcellanes et de Galathées. Les flaques d’eau laissées à la surface du sable par le retrait des flots servent de refuge temporaire — au moins contre la dessiccation — à des Crabes plus volumineux et mieux connus du public que les précédents ; tels que l’Etrille (Portunus puber) et le Crabe enragé (Car-cinus maenas). Enfin, tout à la limite des plus basses mers d’équinoxe, dans la zone des Laminaires et des Himanthalia, commencent à apparaître les grands Crabes comestibles. Or, ceux-ci, quel que soit le genre auquel ils appartiennent — Tourteaux (Platycarcinus pagurus) ou Crabes araignées (Maia squinado), — se cachent également sous des pierres.
- En vérité, le fait de se blottir dans une cachette
- Fig. 2. — Platycarcinus pagurus (tourteau), recouvert d’huîtres.
- Collection d'entomologie appliquée du Muséum.
- Fig. i. — Pisa tetraodon. Crabe oxyrhynque recouvert d’algues calcaires et de polypes. D’après un dessin de Millot.
- quelconque est à la portée de tous les animaux et n’atteste pas forcément l’existence d’instincts de la conservation sortant de l’ordinaire.
- La même chose ne peut être dite au sujet des Pagures et de leurs voisins, les Cénobites, habitants des mers chaudes (Antilles). Ceux-là ont reçu le sobriquet de bernard-l’ermite ; ceux-ci répondent à la désignation zoologique de Cœnobita diogenes. Nous signalons ces termes parce qu’ils ont tous le même sens, d’ailleurs fort net. Comme Diogène dans son tonneau, ou bien à la manière des cénobites dans leurs cellules et des ermites qui vivaient retirés et solitaires au fond des grottes d’une thébaïde, ces Crabes ont pour habitation constante des coquilles vides de mollusques qu’ils choisissent à leur taille.
- Suivant la grosseur du locataire, la coquille servant de demeure ambulante est celle d’un Bigorneau, d’un Murex ou d’un Buccin. Les Cénobites, de plus grandes dimensions que les Pagures, abritent leur abdomen entièrement mou dans des coquillages plus volumineux.
- Comme s’il n’était pas suffisant de porter sur son dos un logis fort solide, la plupart de nos Pagures (Eupagurus bernhcirdus, E. Prideauxi) prennent grand soin de le revêtir ^ d’Anémones de mer et d’autres animaux fixés. En terme de guerre, cela s’appelle « camoufler une cagna ». Les intelligents Pagures ne procèdent pas autrement-que des fantassins pour se dissimuler aux yeux de leurs ennemis.
- L’avantage de recourir aux Anémones de mer est accru du fait que ces êtres, appartenant au groupe inférieur des Cœlentérés, font des piqûres douloureuses à qui les approche. Les Pagures ont en quelque sorte la situation défensive d’un homme qui vivrait dans un fortin entouré de ronces, d’orties et de fils de fer barbelés.
- Quant au malheureux mollusque’ qui a fourni sa coquille, il est mort — de sa mort naturelle ou de mort violente. Peut-être a-t-il constitué la ma-
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- 50’ Année
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- LE DÉGUISEMENT CHEZ LES CRABES
- tière d’un festin à celui qui devait hériter de ses dépouilles opimes.
- Il y a de ces drames dans la mer — et cependant tout n’y est point lutte à mort. Quelquefois, c’est Fentr'aide qui régit les rapports les plus étroits entre deux animaux. Ainsi le Pinnothère (Pinnotheres pisum), tout petit Crabe des côtes de France et d’Angleterre, est tellement chétif qu’il ne pourrait vivre seul. Vous l’avez certainement rencontré en ouvrant quelque moule. C’est entre les branchies et à l’abri de la coquille de ce Bivalve que le Pinnothère vit exclusivement. Les deux associés, loin de se nuire, se rendent quelques menus services. Il est certain, par exemple, que le crabe se nourrit des détritus alimentaires de la moule et nettoie les branchies de son hôte.
- Les savants ont appelé symbiose (de <ruv, ensemble et fhoto, je vis), l’association à bénéfices réciproques de deux êtres vivants : ainsi l’union du Pinnothère et de la moule.
- De même ils ont forgé les expressions mimétisme et homochromie (de op.oç, semblable et ypwu.a, couleur), pour désigner la ressemblance entre certains animaux et le milieu dans lequel se passe leur existence.
- Le mimétisme, avec les restrictions que nous dirons tout à l’heure, est un moyen de protection qui revient au camouflage de l’individu et non plus de son logis. Les Crabes vont nous en offrir maints exemples intéressants.
- iNous avons déjà cité, à propos de la dissimulation sous les rochers, les grands Crabes comestibles delà « zone des Laminaires » ; les Araignées (Maia squi-ncido, M. verrucosa), et les Tourteaux (Platycar-cinus pacfurus), Le déguisement mimétique est très commun chez les mêmes espèces. Il n’est point difficile, avec un peu de patience, de découvrir tel ou tel de ces, animaux dont la carapace, les pattes et les pinces sont recouvertes de différents objets choisis parmi la végétation ou la faune d’alentour. Algues, éponges, polypes, bryozoaires, tuniciers, huîtres et moules, servent à tour de rôle de vêtement protecteur. Les Crabes Oxyrhynques, à bec pointu, dontles Maia sont le type, ont uneaptitude particulière au camouflage. Une vitrine tout entière leur a été réservée dans la nouvelle collection de Crustacés du Muséum)1). En plus des échantillons présentés au public se trouve un très joli dessin que nous reproduisons dans cet article (fîg. 1). 11 s’agit d’un Pisa
- 1. La Nature, n° du $2 juillet 1922.
- letraodon pêché à Roscoif. Son corps entier est garni de polypes et d’algues calcaires du groupe des Corallines. Voici, d’autre part (fig. 2), un Tourteau vêtu de coquilles d’huitres.
- Qu’on ne dise point que les Crabes ne jouent aucun rôle actif dans le choix et la croissance de leur armature mimétique. L’observation en aquarium et des expériences de Minkiewicz mettent au contraire en évidence un véritable instinct — peut-être une compréhension — du camoutlage.
- C’est au moyen d’un mucus sécrété parleur cavité buccale, et grâce aux crochets en hameçons barbelés de leur carapace, que tous les Oxyrhynques (Maia, Pisa), font tenir leurs boutures d’algues et d’animaux destinés à les protéger.
- Placées dans des a-quariums de différentes couleurs, et ayant à leur disposition des morceaux de papier de ces mêmes couleurs, les Araignées de mer se recouvrent seulement de papier ayant la même teinte que le fond de l’aquarium où elles se trouvent.
- Exemple : une Maia est mise dans un bac à fond rouge. On y a disséminé des morceaux de papier rouge, vert, jaune, bleu, etc. L’animal ne s’y trompe pas. Il choisit exclusivement les morceaux rouges et les colle sur son dos. Puis il reste immobile dans un coin.
- Le sens des couleurs ne peut être nié chez les Crabes.
- Une Maia provenant d’un aquarium rouge et plongée subitement dans un autre aquarium à fond mi-partie rouge et vert se dirige aussitôt vers la zone rouge et y demeure obstinément. Les expériences ont été encore plus nettes quand on s’est servi de Pagures, jl existe pour ces êtres une gamme chromatique : noir —>- rouge -> jaune —> bleu violet —> vert —>- blanc telle qu’un Pagure, mis en présence de deux régions différemment colorées, opte pour celle dont la couleur est écrite à droite de l’autre dans la gamme précédente.
- Fait remarquable, des Pagures intoxiqués par un assez long séjour en eau stagnante renversent leur sens des couleurs et obéissent à la nouvelle gamme : blanc —> vert —>- violet —y bleu —> jaune —> rouge —>-noir. m
- Les biologistes voient dans ce phénomène une sorte de changement d’équilibre du système nerveux sous l’influence de toxines et le comparent, à juste raison, au rythme de certains phénomènes
- Fig. J. — Parthcnope spinosissima. Ce crabe et tous ceux du même genre ressemblent à des pierres carriêes ou anguleuses.
- Collection de Crustacés du Muséum.
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- LES COURANTS TELLURIQUES
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- vitaux, comme notre respiration, la mémoire des Convoluta (1), etc.
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- Le mimétisme et son cas particulier, l’homo-chromie, ont été envisagés au cours de cet article comme de véritables moyens de défense des animaux. C’est en effet la conception la plus répandue et la plus séduisante. Quand on voit un crabe se recouvrir d’algues et prendre l’aspect du fond sur lequel il vit, on est tout naturellement porté à croire qu’il agit en vue de se dissimuler et de tromper ses adversaires.
- D’ailleurs aucun doute ne vient à l’esprit sur l’efficacité d’une telle ruse.
- Or, n’y a-t-il point, dans un tel jugement a priori, une forte dose d’imagination, d’illusion, et, pour tout dire, d’anthropomorphisme? C’est en comparant les animaux à l'homme qu’on ose affirmer : 1° leur sciencedu déguisement; 2° l’ineptie de leurs ennemis qui se laissent tromper par des ruses grossières. De ce que l’homme, avec ses yeux seuls, distingue difficilement parmi les algues une Araignée de mer couverte de ces mêmes algues, on se croit autorisé à conclure qu’elle est réellement invisible pour tout le monde. Mais qui ne voit le
- 1. La Nature, n° du 18 février 1922.
- sophisme — au moins l’excès de langage — contenu dans cette proposition?
- Les agresseurs éventuels, contre lesquels le mimétisme aurait pour fonction de protéger, n’ont pas des organes sensoriels rigoureusement identiques aux nôtres. Surtout, ils ne font pas intervenir la vue seulement, à l’exclusion des autres sens. L’odorat leur est aussi très utile, ainsi que d’autres organes, dont le fonctionnement nous échappe,mais qui leur permettent des distinctions inappréciables pour nous.
- « Il ne suffit pas, écrit M. Rabaud ('), qu’un animal se dissimule à la vue pour éviter ses ennemis, les ruses humaines sont vraiment trop grossières, et trop subtils aussi les sens que l’homme ignore. »
- Enfin, « même si le mimétisme atteint sou plus haut degré de perfection, il ne procure l’invisibilité à un être quelconque que dans la mesure où cet être conserve l’immobilité. »
- Avec;de telles restrictions, le mimétisme perd en
- somme à nos yeux toute sa valeur utilitaire. Il reste
- un phénomène curieux dont nous ne connaissons ni
- l’origine, ni le rôle. T . _
- ° Leon Bertin.
- Agrégé de l’Université.
- 1. E. Kadaüd. Qu’est-ce mois, 1912.
- (|ue le mimétisme? Revue du
- LES COURANTS TELLURIQUES
- Historique. — La surface du globe terrestre est constamment parcourue par des courants électriques d’intensité et de direction variables.
- Ampère attira le premier l’attention sur ces courants en démontrant que l’action électromagnétique terrestre était susceptible de provoquer la rotation continue d’un équipage mobile traversé par un courant continu.
- Faraday imagina un instrument très simple, permettant de prouver que la rotation d’un équipage mobile, soumis à l’action du champ terrestre, était d’autant plus rapide que l’expérience était faite plus près du pôle terrestre ; tandis que cette rotation se ralentissait en se rapprochant de l’équateur.
- Barlow construisit une sphère en bois, sur laquelle il posa des conducteurs traversés pâr des courants destinés a reproduire les courants telluriques terrestres. On pouvait y analyser leurs effets, à l’aide d’un petit équipage aimanté asiatique que l’on promenait sur les divers points du globe.
- Bàrloxv fit également les premières recherches sur les courants telluriques dirigés dans les principaux azimuts ; il constata que les variations diurnes et nocturnes, ainsi que les perturbations, se produisaient en même temps dans les diverses directions. Il observa aussi, que les courants atmosphériques produisent des courants telluriques dont la direc-
- tion est inverse de celle des courants de T atmosphère.
- A la suite du Congrès d'électricité de Paris de 1881, diverses nations entreprirent des recherches méthodiques dans les directions N.-S. et E.-O. ; en utilisant des câbles télégraphiques hors de service.
- Le comité des courants telluriques fit à ce sujet des observations intéressantes en Allemagne, à l’aide de deux longues lignes souterraines. Mais les recherches les pins importantes furent faites par Blavier en France et par Walker en Angleterre.
- Blavier utilisa dans ses recherches, un galvanomètre Deprez et d’Arsonval et un enregistreur photographique.
- Il déduisit de l’étude de ses graphiques que la direction et l’intensité des courants telluriques dépendent uniquement de la différence de potentiel entre les deux points où le fil conducteur est en communication avec la terre et sont indépendants de son trajet.
- H constata par exemple, que de Paris à Nancy, deux fils, l’un aérien passant par Chalons, et l’autre souterrain passant par Beims, fournissaient toujours des courbes identiques.
- Il constata également que les courants telluriques variaient constamment de sens et d’intensité. Il observait parfois, pendant une période de calme,
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- un accroissement progressif du courant pendant une heure ou deux, suivi d’une décroissance et d’un changement de direction.
- En généraldans les courants nord-sud, l’intensité maxima était atteinte à 10 h. 50.
- Walker déduisit de ses recherches en Angleterre, qu’il existe à tout moment des courants électriques circulant dans le sol dans des directions définies, qui ne dépendent pas de causes locales.
- 11 n’y a pas de différence apparente, sauf dans l’intensité, entre les courants observés pendant les grandes perturbations magnétiques et ceux des périodes ordinaires de calme. Les directions les plus fréquentes sont sensiblement le N.-E. et le S.-E.
- Walker ne signale pas de différence marquée de fréquence de durée et d’intensité, entre les courants allant du N.-E. au S.-0.
- Pendant les périodes de calme, cet observateur a constaté des courants définis moins fréquents, partant de points déterminés, dans les quadrants respectifs S.-E. et N.-O.
- La direction du courant dans une région déterminée d’un plan (pour la partie S.-E. de l’Angleterre, tout au moins) coïncidait avec la direction du courant dans une autre région du plan. Si la direction changeait en un point, elle changeait en tous les points du plan.
- L’intensité d’un courant dépendait des conditions météorologiques locales. D’autre part, l’intensité d’un courant de longueur déterminée, dans une direction donnée, n’est pas nécessairement la même que celle d’un courant de même longueur circulant dans le prolongement du premier.
- L’intensité dépendait également de la nature du sol que traversait le courant.
- Walker a conclu de ses recherches que les courants dérivés n’existaient pas dans l’atmosphère voisine du sol, et qu’ils ne provenaient pas d’une force électromotrice, ni d’une polarisation des plaques de terre.
- Les courants terrestres exercent sur le magnéto-mètre une action directe, comparable à celle des courants que l’on fait circuler dans les lignes conductrices.
- Lemstrôm et Biese se servirent en Norvège des lignes spéciales en connection avec l’expédition polaire de 1882-1885.
- En Italie, des recherches furent effectuées par Battelli sur une ligne de 1 kilomètre.
- Les Observatoires de Greenwich et du Parc-Saint-Maur à Paris obtinrent des résultats importants avec des enregistreurs photographiques utilisés dans l’étude des courants telluriques et des éléments magnétiques. Après quelques années d’observation, l’apparition de lignes de tramways électriques rendit impossible la continuation des recherches.
- En Espagne, Landerer obtint d’importants résultats à l’Observatoire de Tortosa.
- Les résultats furent les suivants :
- 1° Le potentiel qui se rapporte au courant tellurique est extrêmement faible ;
- 2° Le vent a pour effet d’électriser, non pas précisément le fil d’une ligne aérienne, mais bien la terre, où il développe un courant de même sens que lui, qui occupe une très large section.
- Suivant Landerer, la cause du magnétisme terrestre ne peut pas siéger dans le courant local ou régional de nos contrées, les inversions de ce courant ne pouvant se concilier avec l’orientation à peu près permanente de l’aiguille aimantée.
- Landerer pensait que les alizés, les moussons et les vents constants du grand Océan, présentaient toutes les conditions de portée et de persistance d’action.
- Le siège des forces électriques mises en jeu ne serait donc pas au-dessus de l’aiguille, mais au-dessous.
- Une variation de la direction et de l’intensité des alizés entraînerait la variation de la direction de l’aiguille et en définitive le phénomène serait commandé par des variations de l’intensité des radiations solaires.
- Les recherches sur les courants telluriques ne furent reprises qu’en 1907, par Marchand à l’Observatoire du Pic du Midi et par Brunhes à l’Observatoire du PuydeDôme. La ligne des Pyrénées était orientée suivant la direction Nord-Sud, tandis que celle du Puy de Dôme était située dans la direction Est-Ouest.
- Marchand constata dans la direction N.-S. des variations diurnes bien nettes, tandis que Brunhes n’observa que de faibles variations dans la direction E.-O.
- Le courant N.-S. est sujet à des renversements de signe, même par temps calme; tandis que le courant E.-O. se propage toujours dans une même direction E.-O.
- Ces observateurs purent également se rendre compte que la différence d’altitude, entre les deux prises de terre, avait une grande influence sur le sens et l’intensité du courant : celui-ci tendant à se diriger dans la ligne conductrice, du point le plus élevé au point le plus bas.
- On a constaté effectivement, qu’aux altitudes élevées, il existe une charge positive ; tandis que la charge est négative au voisinage du sol. Il existe donc une différence de potentiel dirigée du point le plus élevé vers le point le plus bas.
- Depuis une quinzaine d’années, des observations et des mesures journalières sont faites à l’Observatoire de Tortosa près de l’Èbre, par les B. R. P. P. Jésuites, sous la direction du R. P. Ciréra.
- Les observations d’électricité y sont dirigées par le R. P. Garcia Mollà.
- Les recherches sur les courants telluriques y sont effectuées à l’aide de deux lignes télégraphiques tendues aux environs de l’Observatoire, dans les directions N.-S. et E.-O., à une altitude sensiblement égale; les mesures sont faites à l’aide d’ins-
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- LES COURANTS TELLURIQUES
- truments très précis, à enregistrement photographique.
- L’éloignement des circuits électriques de l’Observatoire de Tortosa, écarte toutes causes d’erreur dues aux courants dérivés dans le sol par des circuits industriels. Il résulte des observations de Tor-losa que les variations des courants telluriques dans la direction N.-S. sont en relation avec celles de la déclinaison magnétique, et qu’une relation semblable existe entre les courants telluriques d’orientation E.-O. et la force horizontale. Les deux composantes N.-S. et E.-O. présentent une double oscillation, analogue à celle des éléments magnétiques. L’entente n’est pas encore établie sur les heures de maxima et de minima. Un désaccord semblable existe sur la direction du courant résultant.
- Battelli avait déduit de ses observations que la direction résultante était celle du N.-E. au S.-O.
- Blavier constata, au contraire, que la direction prédominante était en France, du N.-O. au S. E. ; le R. P. Garcia arriva à une conclusion semblable à celle de Blavier. Il paraît probable que la direction prédominante dépend de la position géographique du lieu d’observation.
- Marchand et Weinstein découvrirent, indépendamment l’un de l’autre, des variations annuelles bien marquées, dans l’intensité des courants telluriques.
- Un maximum principal se produit entre mars et avril, vers l’équinoxe du printemps ; un autre maximum secondaire se présente entre juin et juillet, et un troisième plus petit vers l’équinoxe d’automne. On observe le principal minimum en décembre pendant les jours les plus courts; un autre minimum entre mai et juin, et un troisième entre août et septembre.
- L’origine des courants telluriques. — On voit que l’étude des courants telluriques a été faite d’une façon assez complète, mais qu’on n’a pas encore de données précises sur leur cause réelle.
- Ampère attribuait ces courants à des actions chimiques exercées irrégulièrement par l’eau et divers autres agents, sur la partie intérieure non oxydée de la croûte terrestre.
- Seebeck pensait que les actions énergiques qui se produisaient dans les grandes séries volcaniques signalées par de Bueh, constituaient la principale origine des courants telluriques.
- Masson voyait l’origine de ces courants dans l’action thermo-électrique du noyau en fusion sur les parties les plus profondes de la couche solide.
- D’autres physiciens recherchèrent leur origine dans des phénomènes thermo-électriques dus à la chaleur solaire.
- D’autre part, on a observé que les courants N.-S. peuvent atteindre une grande intensité pendant les aurores boréales et les fortes perturbations magnétiques. Par exemple en 1859, sur la ligne télégraphique de Portland à Boston (110 milles), on
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- put utiliser le courant tellurique au même titre que celui des piles, pour les transmissions télégraphiques.
- Dans d’autres circonstances, on mesura sur des lignes de 400 km. des courants dont la force électromotrice atteignait la valeur considérable de 800 volts.
- Les courants telluriques sont susceptibles de variations parfois si rapides qu’il est impossible de les observer et de les enregistrer directement. Preece eut l’idée, en 1893, de les mettre en évidence par un téléphone intercalé dans la ligne. Cet instrument émettait dans ces circonstances un bruit strident, correspondant parfois à des notes musicales très élevées.
- Dans les diverses hypothèses qui furent émises sur la production des courants telluriques, aucune ne rend compte des variations diurnes, mensuelles et annuelles de l’aiguille aimantée, variations qui paraissent directement liées à la marche du soleil.
- Des résultats récents permettent, en effet, d’attribuer au soleil l’origine probable des courants telluriques et du magnétisme. On observe souvent que les grandes perturbations telluriques et magnétiques concordent avec le passage de gros foyers en activité au méridien central du soleil, bien que le mécanisme de cette action à distance soit encore inconnu.
- Les dernières recherches sur les courants telluriques. — De récentes recherches furent faites pendant l’été de l’année 1921, dans le domaine d’Aussüe, près de Sauveterre de Béarn. Cette localité, éloignée de tout circuit électrique industriel, était favorable à ce genre de recherches.
- Le terrain argileux de cette région s’y trouve dans un état constant d’humidité, grâce à la présence de sources nombreuses, allant au Gave qui coule au pied du domaine.
- Des poteaux télégraphiques furent posés dans une vaste prairie, dans les quatre directions : Nord-Sud ; Est-Ouest, Sud-Ouest, Nord-Est; et Sud-Est-Nord-Ouest.
- Des lignes de cuivre furent tendues sur les poteaux, et isolées par des cloches en porcelaine; l’une des lignes dirigée du Nord au Sud, isolée sous gutta-percha, fut posée sur des isoloirs au fond d’une tranchée.
- Une autre câble isolé fut tendu, dans la même direction N.-S. sur des poteaux télégraphiques. Les prises de terre des diverses lignes furent établies au pied même des poteaux, à l’aide de grandes plaques en zinc, profondément enfouies dans la terre humide j1).
- Toutes ces lignes aboutissaient à un petit observatoire, placé dans l’une des pièces du château au nord de ces lignes.
- 1. Les forces électromotrices opposées, provenant des deux plaques de zinc, s’annulent complètement; clics n’amènent aucun trouble dans les mesures.
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- La pièce d’observation était close, de façon à permettre d’y poursuivre des recherches pendant la journée, à l’aide de divers instruments demesure.
- Les spots lumineux étaient projetés au moyen de lampes, sur une échelle graduée disposée contre la muraille, à une distance de cinq mètres.
- Les instruments utilisés dans ces recherches furent les suivants :
- 1° Un électromètre à feuille d’aluminium, chargé d’une façon permanente par une pile sèche à colonne, enfermé dans une cage métallique entièrement close (*).
- Cet électromètre permettait de mesurer l’intensité relative des ultraradiations émises par les hautes régions de l’atmosphère; radiations probablement liées à l’activité solaire, .
- 2° La composante horizontale du magnétisme terrestre fut étudiée à l’aide d’un magnétomètre, très sensible aux plus faibles variations de l’intensité magnétique.
- Le magnétomètre se composait d’un équipage aimanté très léger, muni d’un petit miroir plan. L’équipage était suspendu à l’extrémité d’un ruban métallique de très faible épaisseur. Ce ruban formait une sorte de bifdaire, que l’on tordait à l'aide d’une vis de réglage, de façon à maintenir l’équipage aimanté dans une direction sensiblement perpendiculaire à celle du méridien magnétique.
- 1. Cet instrument a été déjà décrit dans un article sur les ultraradiations. {La Nature, n° 2493, 1922.)
- Une lentille à court foyer disposée entre le miroir et la source lumineuse projetait l’image d’un fd vertical sur l’échelle graduée.
- On constatait que ce magnétomètre extrêmement sensible était en mouvement continuel.
- Un second magnétomètre semblable au précédent était muni d’une longue aiguille en aluminium se déplaçant devant une échelle graduée circulaire.
- Les courants telluriques et la conduction terrestre furent mesurés avec un milliampèremètre périodique de Chauvin et Arnoux. Cet instrument permettrait d’apprécier un courant de 0a,0002, dont il indiquait également la direction.
- On utilisait, dans la mesure de la conduction terrestre, un élément Leclanché, dont on connaissait la force électromotrice ainsi que la résistance du milliampèremètre, ce qui permettait d’en déduire la conduction du sol.
- Enfin les observations solaires étaient faites à l’aide d’une petile lunette astronomique dont l’oculaire était recouvert d'une bonnette en verre noir.
- Divers autres instruments, tels que baromètres, thermomètres, hygromètres permettaient de compléter les observations.
- Les nouvelles recherches sur les courants telluriques donnèrent des résultats que nous décrirons dans le prochain numéro.
- Albert Nodoiv.
- (A Suivre.) Docteur ès sciences, Président
- ' ' de 1 1 SociéLé astronomique de Bordeaux.
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- Le centre radioélectrique de Paris.
- Dans la patrie des Branly et des Ferrié où elle prit naissance, la télégraphie sans fil continue son merveilleux essor. Noblesse oblige! Petit à petit, le réseau radioélectrique français s’étend et se perfectionne. Les colossales stations, édifiées en divers points de notre territoire, émettent maintenant des ondes qu’on peut recueillir en n’importe quel lieu du globe. De son côté, l’étranger fait appel à nos techniciens pour construire de grands postes télé-sanfiliques à Prague, à Bucarest, à Belgrade et jusqu’au Japon.
- Hier notre station de la Croix d’Hins, près de Bordeaux, avec 500 kvv dans son antenne, l’emportait déjà sur les institutions similaires d’Europe ou d’Amérique. Mais, depuis quelques mois, le, Centre radioélectrique de la Ville-Lumière (dont les appareils d’émission de Sainte-Assise sont 50 fois plus puissants que ceux de la Tour Eiffel) bat ce record de très loin. Dans ce domaine, comme en tant d’autres, la France marche aujourd’hui à la tête du progrès!
- Construit à la suite d’une convention passée en octobre 1920 entre l’État français et la Compagnie générale de Télégraphie sans Fil, le Centre radio-
- électrique de Paris fut inauguré, le 7 août 1922 par l’envoi, à travers l’Atlantique, d’un message de . M. Millerand au président Harding. Selon les termes mêmes de ce radiotélégramme, le nouvel établissement a pour but de « rendre chaque jour plus faciles et plus rapides les communications entre les États-Unis et la France ;
- En réalité, il comporte trois organismes distincts : le Bureau central radioélectrique de Paris, le Centre d'émission de Sainte-Assise et les pavillons deréception de. Villecresnes, que nous allons successivement visiter, en nous attachant surtout à en montrer l’impeccable fonctionnement. ;
- Entrons d’abord dans le Bureau central radioélectrique de Paris qui occupé un immeuble entier, sis rue Montmartre, en plein coeur des affaires. On né fait là que de la télégraphié ou de la téléphonie ordinaires avec fils. C’est en quelque sorte le*centre de groupement des télégrammes à-expédier et lé centre de répartition des messages reçus. Des lignes directes relient ce bureau à Sainte'-Assise ainsi qu’à Villecresnes et ses appareils transmetteurs à grande vitesse commandent automatiquement de Paris les I émissions d’ondes hertziennes qui s’effectuent à
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- Fig. i. — Le bureau central radioélectrique de Paris.
- (Réception an moven d’un Baudot quadruple des télégrammes à transmettre par T. S. F.)
- Sainte-Assise. On y effectue aussi, de la même façon, l’enregistrement des signaux arrivant du centre de réception.
- Le service est organisé pour assurer le maximum de rapidité à la transmission et à l’émission des ra-diotélëgrammes ; inversement il doit perméjttre de recevoir aisément des radios transmis à grande vitesse.
- Les dépêches à expédier sont déposées directement aux guichets du Central ou proviennent du réseau télégraphique général et des stations auxiliaires de transit. Les messages peuvent aussi être téléphonés ; le Central possède un multiple téléphonique à batterie centrale à J 00 directions privées et 10 directions réseaux qui le relient au système téléphonique général.
- D’autre part, les radios reçus par le Central sont dirigés soit sur le réseau télégraphique général, soit sur des postes intermédiaires d’émission, soit sur le service de distribution de la Capitale. En oulre, des fils télégraphiques particuliers rattachent le Bureau central de la rue Montmartre au Central télégraphique parisien et des installations de secours le font également communiquer avec le centre de réception.
- En un mot, l’organisme parisien de la Compagnie radioélectrique assure tout le trafic, en recevant les télégrammes de ses clients d’un côté et en les transmettant à l’antenne émettrice de Sainte-Assise ; en enregistrant d’autre part les messages reçus à Ville-cresnes et en les acheminant vers leurs destinataires. Il dispose d’un appareil télégraphique Baudot quadruple (fig. 1 ) et de trois Hughes (fig. 2) qui servent
- à recevoir les messages télégraphiques provenant du réseau général et qui seront ensuite retransmis comme nous allons le voir à Sainte-Assise. Ces appareils facilitent également l’expédition des messages reçus aux destinataires. Le Baudot quadruple permet d’envoyer ou de recevoir 4 télégrammes à la fois, aux moments de trafic intense, tandis qu’aux heures moins chaînées, les employés se servent seulement d’un des appareils Hughes.
- . Suivons maintenant le voyage d’un télégramme déposé par l’expéditeur au Bureau central jusqu’à sa remise à l’intéressé^ Quelle que soit son origine, il arrive d’abord à la gare re’partitrice (fig. 3) d’où, après son collationnement, des employés l’acheminent par des tubes pneumatiques vers une des tables de la salle de trafic (fig. 4). Là, divers appareils, entraînés par des moteurs électriques, vont se charger de sa transmission automatique -à l’antenne de Sainte-Assise. Chacune de ces dépêches est d’abord traduite en alphabet Morse à l’aide d’une perforatrice Kleinschmidt, sur une bande de papier où le point se trouve représenté par deux trous également alignés et le trait par deux orifices obliques, avec une rangée continue d’encoches d’entraînement, au milieu. Pour cela, les touches d’un clavier de machine à écrire sont supportées par des leviers poussant dès tiges, qui se glissent derrière les poinçons de perforation, Un marteau, qu’actionne un électro-aimant, projette sur ces derniers les extrémités des barres ainsi soulevées et l’électro fonctionne seulement
- Fig. 2. — Le bureau central radioéleclrique de Paris. Les appareils Hughes pour la réception des télégrammes.
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- Fig. 3. — Le bureau central radioélectrique de Paris. — Un coin de la salle de trafic.
- C’est là que les télégrammes sont traduits en Morse, puis transmis directement et automatiquement sur l’antenne émettricc de Sainte-Assise. C’est là aussi que les radios à destination de la France, cajüt-é's à Yillecresnes.sont retraduits en langage clair et retransmis à leurs destinataires. .
- quand le télégraphiste appuie sur une touche.
- La bande perforée se déroule alors jusqu’à l’appareil transmetteur. Une ligne télégraphique ordinaire que parcourt le faible courant de quelques piles relie cette machine à la station émettrice de Sainte-Assise. D’autre part, au-dessous de la bande, se déplacent deux aiguilles animées d’un mouvement rapide de va-et-vient. Quand elles touchent le papier elles s’arrêtent et le courant ne se trouve pas modifié dans la ligne, mais lorsque ces styles rencontrent un trou, elles continuent leur chemin et, grâce à un ensemble de leviers, interrompent le courant plus ou moins longtemps selon que ces orifices correspondent à des points ou à des traits de l’alphabet Morse.
- L’émission des ondes hertziennes de Sainte-Assise obéit aux ordres de cette machine et la bande perforée qui se meut rue Montmartre déclanche ainsi le radio à travers l’espace.
- Voyons maintenant comment se fait à Paris l’enregistrement des radios captés à Villecresnes où ils. produisent sop courants électriques retransmis directement au Central parisien.
- L’enregistrément des signaux s'effectue, grâce à l’un des trois systèmes perfectionnés suivants : l’inscription ondulée, la photographie ou l’impression ordinaire.
- Le premier dispositif comprend un relais très
- Fig. 4. — Le bureau, central radioélectrique de Paris.
- La gare réparatrice des dépêches.
- Après collationnement, les télégrammes reçus sont acheminés par des tubes pneumatiques vers la isalle de trafic.
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- sensible commandant les déplacements d’un siphon qui trace un trait continu sur une bande de papier entraînée électriquement. Le second mode d’enregistrement, réservé spécialement à la réception des signaux à très grande vitesse, ne s’utilise guère que pour contrôler le fonctionnement des autres organes récepteurs. Mais, le plus souvent, on s’adresse au troisième procédé. Les courants télégraphiques venant du centre de réception actionnent alors la perforatrice ci-dessus décrite. De cette machinerie ruban sort convenablement ajouré et passe ensuite dans un appareil Wheatslone conjugué reproduisant le texte du message en caractères d’imprimerie ordinaires (fig. 5).
- De toutes façons, les appareils enregistreurs du Bureau central se trouvent placés, à côté les uns des autres, sur les mêmes tables de manipulation. On évite, de la sorte, tout délai pour les répétitions ou appels de service télégraphistes suivent, à chaque instant, sans le moindre retard, les* transmissions et réceptions
- s.*/
- Fig. 5.
- Le bureau central radioélectrique de Paris. Réception des radios.
- Télégraphe Wheatstone reproduisant le texte du message en caractères romains ordinaires.
- Les
- qui s’opèrent simultanément. Ils règlent sans peine l’émission des signaux et assurent, avec sûreté, la rapidité du service commercial.
- Fig. 6. — Vue extérieure de la station transcontinentale de Sainte-Assise. L’antenne est supportée par 16 pylônes de 25o mètres de haut.
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- Abandonnons maintenant la Capitale et transportons-nous à l’autre extrémité du fil, au centre d’émission de Sainte-Assise, dont les bâtiments et les pylônes s’élèvent au milieu d’un vaste domaine de 300 hectares, situé sur la rive droite de la Seine entre Corbeil et Melun, à une quarantaine de kilomètres de Paris. Voici grosso modo comment ses appareils fonclionnenl. La ligne [partant du bureau central de Paris aboutit à un relais disposé entre l’alternateur qui produit les ondes hertziennes et l’antenne. Ce relais, composé d’un électro-aimant parcouru par un courant venant du bureau parisien, attire ou repousse une armature métallique lorsque les aiguilles du transmetteur rencontrent un plein ou un vide dans le papier ajouré de la perforatrice à laquelle nous faisions allusion plus haut. Selon l’un ou l’autre cas, la communication entre l’alternateur et l’antenne se trouve établie ou coupée.
- De son côté, un moteur électrique entraîne l’alternateur, qui produit un courant de haute fréquence envoyé dans l’antenne; on règle la puissance de l’alternateur en intercalant entre lui et l’antenne un transformateur à rapport variable qui se compose de deux grosses bobines plates constituées par des spires de cuivre (fig. 7) ; on fait varier la self-induction en réglant leur écartement. Le courant de l’alternateur traverse l’une «de ces bobines tandis que l’autre, reliée à l’antenne et à la terre, sert à réaliser l’accouplement. Il faut même ajouter plusieurs tours de spires à la seconde bobine quand on veut travailler sous une tension de 60 000 à 120 000 volts. De ces rubans de cuivre partent les fils qui montent vers la plus grande antenne du monde. Cette immense et solide « toile d’araignée » métallique, traversée souvent par un courant de 1500 ampères, essaime à travers l’espace des trains d’ondes entretenues, que peuvent recueillir toutes les stations de T. S. F. du globe.
- Tel est le fonctionnement général de Sainte-Assise dont les agents s’occupent seulement de la réception ou de la production de l’énergie nécessaire à l’entretien des oscillations dans la colossale nappe aérienne. Ce personnel ignore tous les messages
- issus de Paris et que rayonne la gigantesque antenne à la vitesse moyenne d’une centaine de mots par minute. Toutefois, vu les exigences du trafic commercial, les rouages de ce centre radioélectrique sont un peu plus complexes, car il comprend, en réalité, 3 stations d’émission : l’une continentale, la seconde transcontinentale et la troisième dite annexe, qui assure la liaison Paris-Londres.
- Destinée à relier la France aux divers pays d’Europe, à l’Afrique du Nord et au proche Orient, la station continentale est équipée avec 4 groupes à haute fréquence, système S. F. IL capables de débiter chacun une puissance de 25 kw. Ces machines peuvent fonctionner soit isolément, soit
- couplées; par suite, elles permettent d’opérer une seule transmission avec une puissance de 12 à 100 kw dans
- l’antenne ou deux ransmissions simultanées avec une puissance unitaire comprise entre 12 et 75 kilowatts.
- L’énergie électrique provient d’un secteur parisien. Elle arrive à la station continentale, sous iorme triphasée, 50 périodes à la tension de 14500 volts, mais des transformateurs statiques et des convertisseurs tournants en modifient les caractéristiques de façon à alimenter les groupes à haute fréquence avec du courant continu à 220 volts
- La station continentale comprend en outre deux moteurs Diesel de 180 HP entraînant chacun une dynamo capable de fournir, en marche continue, 500 ampères sous 220 volts et, pour les services auxiliaires, un groupe convertisseur de 10 kw, destiné à charger une batterie d’accumulateurs.
- Chacun des 4 groupes à haute fréquence se compose d’un moteur shunt de 60 HP, entraînant directement l’alternateur et on peut en régler la vitesse à toute valeur comprise entre 5000 et 6500 tours par minute, au moyen d’un régulateur de vitesse, système Thury, qui agiL sur l’excitation du moteur. Chaque alternateur à haute fréquence débite dans le primaire d’un transformateur sans fer à self réglable, comme il a été indiqué ci-dessus Les secondaires de ces 4 transformateurs sont reliés d’une part, à l’antenne par l’intermédiaire d’une self d’antenne (fig. 9) et d’autre part, au contre-
- Fig. 7. — La station de Sainte-Assise. — Transformateurs à haute fréquence de la station intercontinentale.
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- poids ou à la prise de terre. Enfin on fait varier à volonté de 8600 à 11 000 mètres la longueur d’onde utilisée, en agissant sur la vitesse de l’alternateur à haute fréquence.
- D’un pupitre (fig. 9), oh se trouvent groupés tous les appareils de contrôle et de commande, le personnel exécute les manœuvres concernant le démarrage, le réglage, le couplage et autres manipulations.
- Le pylône qui soutient l’antenne, mesure 250 m. de hauteur; de section carrée de 2 m.de côté, il repose directement sur un massif de béton ; sa charpente métallique, connectée à la prise de terra générale, a été calculée pour .résister aux vents les plus violents de la région parisienne et un treuil, placé à sa hase, permet de manœuvrer l’antenne. Celle-ci s’utilise sous forme d’un parapluie en 2 nappes de 9 brins et sa longueur d’onde propre est de 4000 m. environ. Chaque nappe comporte une descente aboutissant à une sortie d’antenne distincte et deux hâtons de porcelaine, prévus pour supporter une tension de \ 50 000 volts, isolent les brins d’antenne du câble de retenue.
- A 300 m. environ du poste continental de Sainte-Assise, s’élève la station transcontinentale (fig. Î0) qui assurera les communications lointaines entre la France et les autres continents. Ses bâtiments abritent : 2 groupes d’émission à haute fréquence de 500 kw (fig. 10) qu’on peut coupler en parallèle de façon à débiter 1000 kw dans l’antenne; 2 autres groupes d’émission à haute fréquence de
- big.
- La station continentale de Sainte-Assise.
- Fig. ç. — La station de Sainte-Assise.
- Au premier plan, table de manipulation et table d’émission de la station continentale; au second plan, la self d’antenne.
- Les alternateurs à haute fréquence de 25 kilowatts entraînés par moteur
- électrique.
- 250 kw seulement et une centrale thermique de secours. Grâce aux dispositions prises et à l’association convenable des appareils, cette station émet à volonté un message ou simultanément deux messages avec une puissance-antenne unitaire comprise entre 100 et 1000 kw.
- L’alimentation de la station transcontinentale s’opère soit par le secteur régional, qui fournit le courant triphasé à 50 périodes sous 14 500 volts qu’on abaisse à 3000 volts, puis qu’on transforme en courants continus 500 et 110 volts nécessaires au fonctionnement des groupes à haute fréquence et des services auxiliaires.
- La centrale thermique comprend : 2 moteurs Diesel de 1800 HP du type vertical à 4 cylindres et à 2 temps (fig. 11), entraînant chacun directement une génératrice à courant continu ; puis 2 autres moteurs Diesel de 90 HP (type vertical à 2 cylindres et à 4 temps) dont chacun actionne aussi une génératrice à courant continu destinée à fournir, le cas échéant, l’électricité nécessaire aux excitations et aux services annexes. On a installé, en outre, dans un coin de la même salle, un groupe convertisseur prévu pour la charge d’une batterie d’accumulateurs. Enfin l’appareillage de toutes les machines d’alimentation de la centrale se trouve réuni sur un tableau de distribution unique établi sur une passerelle surélevée. .
- Les groupes à haute fréquence de 500 kw se composent chacun de 2 moteurs à courant continu alimenté sous 500 volts, accouplés, de part et
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- Fig. io. — La Station transcontinentale de Sainte-Assise.
- Vue d’un alternateur de 5oo kilowatts à haute fréquence entraîné par un moteur à courant continu.
- d’autre, à un alternateur à haute fréquence, système S. F. R., dont le rotor tourne dans une atmosphère raréfiée au moyen d’une pompe à vide. Une circulation d’huile, convenablement entretenue par des machines auxiliaires ou par le groupe lui-même, refroidit le stator ainsi que le rotor et assure le graissage des paliers pendant la marche, tandis qu’un régulateur système Thury limite au millième la variation de vitesse du moteur.
- De leur côté, les groupes à haute fréquence de 250 kw sont constitués chacun par un moteur à courant continu alimenté sous 500 volts et entraînant un alternateur analogue à ceux de 500 kw précédemment décrits. En outre, chaque alternateur de l’un et de l’autre type se trouve relié à un transformateur sans fer comprenant plusieurs éléments mobiles et indépendants, de manière à permettre un accouplement variable avec la self-inductance secondaire de celui-ci et par suite d’équilibrer les charges des diverses sections des machines. La station transcontinentale utilise les longueurs d’onde variant de 19 400 à 22 600 m. pour les groupes de 500 kw et de 15800 à 16 200 m. pour ceux de 250 kw.
- De manière à éviter le va-et-vient d’un nombreux personnel, les appareils de commande, de contrôle et de réglage des groupes 500 kw et 250 kw se trouvent rassemblés sur deux pupitres métalliques avec les manettes pour leur démarrage automatique à distance, leur freinage et le réglage de l’alimentation. Indé-
- pendamment de ces installations qui facilitent beaucoup les manœuvres, des tables spéciales supportent les organes principaux et auxiliaires de manipulation.
- Quant à l'antenne de cette station (fig. 6), 16 pylônes métalliques, de 250 m. de hauteur et de construction identique à celui du poste continental, la soutiennent. Les deux demi-nappes en L qui la constituent servent isolément pour le travail en duplex ou couplées pour une émission unique.
- Enfin dans les anciennes dépendances du château de Sainte-Assise, la Société française radio-électrique a installé un poste d'émission à valves pour le trafic avec l’Angleterre. Il comprend deux ensembles émetteurs à lampes utilisant des ondes variant de 1800 à 4800 m.
- L’alimentation se fait, soit par le secteur électrique local dont un transformateur de 100 kw abaisse la tension de 14 500 à 200 ou 115 volts, soit par un groupe électrogène à essence composé d’un moteur de 30 IIP entraînant une génératrice à courant continu de 25 kw à tension variable de 110 à 160 volts. Un moteur triphasé à 50 périodes alimenté sous 500 volts par le transformateur peut aussi actionner cette génératrice, destinée à charger une batterie d’accumulateurs. En outre, 3 groupes convertisseurs spéciaux, comprenant chacun un moteur à courant continu alimenté par ladite batterie et entraînant un alternateur monophasé à 600 périodes, transforment le
- Fig. ii.
- Un des moteurs Diesel de 1800 HP de la station transcontinentale de Sainte-Assise.
- Ce moteur actionne une génératrice de courant électrique continu destine à alimenter le moteur du groupe à haute fréquence.
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- courant continu en alternatif à 600 périodes. D’autre 'i part, un meuble renferme les commandes des appa- ' reils émetteurs qui permettent une vitesse de manipulation d’environ 120 mots par minute.
- Enfin au centre cle réception de Villecresnes, situé à mi-distance entre Paris et Sainte-Assise, les appareils se trouvent répartis dans 6 pavillons éloignés d’une centaine de mètres les uns des autres. Chacun d’eux abrite un cadre de 4 m. qui sert d’antenne et des récepteurs à grande sélection avec dispositifs antiparasites réunis sous le cadre, dans une cabine blindée, formant cage de Faraday. Parmi ces 6 petites stations, 2 assurent les communications européennes, 3 celles avec les Amériques ou l’Extrême-Orient et la 6e sert de laboratoire d’essais pour le personnel. En outre, le centre de réception comporte une petite usine pour la charge des accumulateurs et un grand bâtiment central destiné à abriter les bureaux ainsi que les tableaux de répartition des lignes permettant le transport
- direct des signaux au central radioélectrique de Paris qui,, en définitive, commande ce merveilleux ensemble télésanfilique.
- Remarquons pour terminer que l’adoption des alternateurs à haute fréquence a simplifié considérablement les postes radiotélégraphiques. Les stations continentale et transcontinentale de Sainte-Assise ressemblent à des centrales électriques ordinaires. Elles possèdent tous les caractères des établissements industriels fonctionnant dans les meilleures conditions économiques. On y voit effectivement des machines à rendement élevé avec un personnel technique très réduit pour les surveiller. La Compagnie Radio-France peut donc être Hère de son œuvre. Comme le disait récemment son éminent directeur, M. P. Brenot, grâce à elle et à ses savants ingénieurs, « le drapeau de la télégraphie sans fil française flotte maintenant dans tous les coins du monde ».
- Jacques Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1922.
- La composition chimique de l’aérinite. •—• C’esl. là une substance,bleue, compacte, attaquable par les acides, mais peu homogène ; elle a déjà fait l’objet de recherches de la part de Des Cloizeaux et de M. Lacroix. Les échantillons étudiés par M. Orcel et provenant de Casserras, Huesca (provinced’Aragon), contiennent59,26p. 100 SiO3, contre : 19,80 A1203 ; 7,13 Fe2 O5 ; 9,08 CaO ; 0,07P2 O5 et environ 20 p. 100 IPO. Sans doute peut-on envisager ce minéral comme un type nouveau de leptochlorite.
- Les minéraux de la région d’Oudjda. — Dans les calcaires dolomitiques du Gebel Mahser, qui reposent sur un substratum schisto-cristallin paléozoïque, on a ouvert une mine de galène qui a présenté, à M. J. Bar-thoux, un grand nombre d’échantillons offrant les associations suivantes : galène et cérusite — vanadinite — wulfénite, pyromorphite et aragonite, la dolomite se trouvant indifféremment dans toutes les géodes.
- Un nouveau pyrénomycète marin. — Sur une Floridée marine Dilsea edulis Stackh., MM. R. Maire et E. Chemin ont,étudié un champignon qui apparaît en juillet pour disparaître en octobre; il se développe radialement à partir au point de pénétration et, sa croissance se poursuit de façon si régulière qu’à chaque moment, il dessine un cercle à peu près parfait.dont le diamètre peut atteindre 2 cm. Il s’agit là d’un Pyrénomycète avec péri-thèces, asques et spores, qui ne saurait entrer dans le genre Hyponectria et pour qui les auteurs proposent le nom de Mycaureola Dilseae, rappelant les stries concentriques et colorées particulièrement visibles.
- Les bacilles tuberculeux et le brome. — Sur les différentes formes (bac. bovins, bac. humains, bac. aviaires), Mlle T. Duboc a étudié l’action d’un composé cyclique, le tribroinoxylénol, alors qu’on n’avait jusqu’ici expérimenté que l’eau chargée du métalloïde Br. Cette action entraîne
- la disparition de l’acidorésistance, puis la dissolution complète ; elle est d’ailleurs plus rapide sur les bacilles humains ou bovins que sur les bacilles aviaires du même âge.
- Le néphélectromètre. — On sait que le degré de dispersion d’un système colloïdal est fonction de certaines de ses propriétés intrinsèques et qu’on peut suivre les changements d’agrégation par la variation de la transparence. Cette dernière doit se constater par l’appareil que M. Newton Kugelmass soumet à l’Académie et qui, se composant d’une lampe électrique, d’une petite cuve et d’une cellule photo ou thermo-électrique, permet ainsi une étude rapide des modifications que vient à subir la stabilité d’une solution.
- La réaction de Grignard et le chlorhydrate de pi~ nène. — La Nature a signalé (n° 2531) l’importance des carbures constituants de l’essence de térébenthine, dans l’industrie du camphre synthétique. En formant le composé magnésien du chlorhydrate de pinène, puis en le soumettant à l’oxydation, MM. Yavon et Berton ont obtenu un mélange, en proportions variables et fonctions de la température, de bornéol et d’isobornéol, mais il ne leur est pas encore possible de dire si les deux isomères preéxistect dans le sel initial ou s’ils prennent naissance dans la suite des réactions.
- La destruction des charpentes par les champignons. — L’architecte du Palais de Versailles, M. Chaussemiche, a soumis au Professeur L. Mangin des débris de poutres provenant d’une aile du château et réduits en charpie par les actions simultanées de parasites, destructeurs des bois presque aussi redoutables que le Mérule; mais la, dessiccation et la lumière suffisent à atténuer dans de grandes proportions leurs ravages.
- Paul B.
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- Un grand problème d’actualité.
- LA CANALISATION DE LA MOSELLE EN LORRAINE
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- On reconnaît aujourd’hui, dans tous les milieux, que la France ne dispose pas des moyens d’action nécessaires à sa vitalité et à son développement économiques. En particulier, sa voie d’eau est archaïque dans la plupart des cas et insuffisante. Non seulement les artères navigables modernes lui font presque totalement défaut, mais des communications essentielles n’ont jamais été réalisées, comme le canal de la Lorraine à la mer du Nord. Les embarras financiers dans lesquels nous nous débattons ne facilitent pas l’exécution de nouvelles voies, et, de ce chef, nous tournons dans un cercle vicieux. Les intéressés en sont donc venus à envisager des solutions plus radicales, plus pratiques que celles qui avaient été préconisées dans le passé. Les résolutions récemment prises dans le département messin, pour la canalisation de la Moselle, sont, à cet égard, lout à fait caractéristiques, et constituent un précédent qu’il importe de mettre en lumière.
- La Moselle en Lorraine désannexée. — La Moselle moyenne, de Frouard à Conz, près du confluent de la Sure, mesure 158 km. 500 de longueur, dont 34 en Meurthe-et-Moselle. Sa pente, après le tribut de la Meurthe, se maintient presque uniformément à 0,35 pour 100. Son régime diffère complètement de celui du Rhin. Elle n’est, en effet, alimentée par aucun glacier, mais seulement par des pluies fréquentes et les neiges des Vosges.
- Aussi ses hautes eaux sont-elles comprises entre les mois d’octobre et de mars, ses étiages en été. On a évalué ses débits d’étiage à Metz à 20 m3; en moyenne elle roule 80 m3, mais peut atteindre 1500 m3, quoique les crues y soient relativement rares. Une canalisation de la rivière ne présente techniquement pas de difficultés, d’autant que la Moselle ne charrie pas.
- Historique de la question. — Aussi, dès avant la guerre de 1870, la France avait-elle prévu l’aménagement de laMoselle jusqu’à Thu>nville. Le décret du 10 avril 1867 avait déclaré d’u':ülé publique le projet de canalisation entre Frouard et Thionville, avec embranchements sur Hayange (vallée de la Fentsch) et Moyeuvre (vallée de l’Orne). La France exécuta ultérieurement le tronçon Frouard-Pa-SnY-
- Les Allemands, qui après 1870, avaient adopté la transformation du canal de la Marne au Rhin sur le territoire alsacien, consentirent, à la suite de pénibles négociations, à pousser la canalisation de la Moselle dePagnyjusqu’àMetz, sur 15 800 mètres;
- 3 écluses — plus celle de Metz à l’issue de la voie — furent construites pour racheter les 7 m. 50 de dénivellation et former des biefs navigables.
- L’Allemagne montra toujours une vive résistance lorsqu’il s’agit de prolonger le canal vers l’aval. Elle craignait de sacrifier les intérêts de la Rühr prussienne à ceux de la Lorraine.
- Cependant, les ingénieurs procédèrent à de nombreuses études à ce sujet. En 1885, MM. Pasquay et Friedel avaient imaginé de créer un chenal de 25 mètres de large et 2 mètres de mouillage, pourvu d’écluses de 59 mètres sur 8. Toutefois, le nombre des barrages envisagés était prohibitif (32).
- Le développement de l’industrie dans la Moselle détermina, en 1903, les ingénieurs officiels prussiens à préparer un nouveau projet pour bateaux de 600 tonnes. Celui-ci comportait : un chenal de 40 mètres de largeur, un mouillage de 2 m. 50, des courbes de 325 mètres de rayon, et toujours 32 écluses de 240 mètres sur 10 m. 60. Entre Metz et Perl (60 km), 8 écluses étaient prévues. Des ports devaient être établis à Metz, llagondange, Uckange et Beauregard. La dépense totale était estimée à 75 millions de marks, dont 20 millions pour le parcours Metz-Perl.
- L’industrie de la Rühr fit opposition à ces vues. La Lorraine avait, pourtant, mené une vive campagne en faveur du projet. La Chambre de Commerce de Metz, dès 1902, appuyée par les autres assemblées consulaires de la province d’Empire, avait adressé une requête documentée, priant la délégation d’Alsace-Lorraine « de vouloir bien déclarer, comme étant d’une nécessité économique urgente, l’exécution à bref délai de la canalisation de la Moselle de Metz à Thionville. Si la Lorraine, disait le manifeste, ne trouve pas une voie à taxe réduite vers le littoral, ainsi que vers l’Allemagne du Sud, et n’arrive pas, par conséquent, à étendre son marché, elle aura à soutenir une lutte pénible et sans chances de succès contre la Sarre, la Rhénanie et la Westphalie, mais tout particulièrement contre l’envahissement des produits anglais et américains de l’industrie du fer. Etant donnée sa situation géographique défavorable, la Lorraine doit essayer par tous les moyens de remédier à cette infériorité ».
- Sous la pression des maîtres de la Rühr et de la direction des Chemins de fer, le Parlement d’Empire rejeta la proposition (loi du 24 décembre 1911). La Lorraine ne se tint pas pour battue, et prépara un nouveau travail pour la réalisation à ses frais d’un canal de Metz à l’aval de Thionville. Celui-ci aurait eu 25 mètres de large, 4 m. 20 de profondeur, et eût comporté 6 écluses de 100 mètres sur
- 10 m. 60 pour bateaux de 300 tonnes. Il n’en aurait coûté, pour 36 km. d’étendue, qu’un peu plus de
- 11 millions de marks.
- La guerre survint sans qu’aucune décision eût
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- LA CANALISAT]ON DE LA MOSELLE EN LORRAINE ......— 351
- été prise. Pendant les hostilités, toutefois, les Allemands s’aperçurent de leur erreur, et, en 1918, ils chargèrent une Commission d’ingénieurs d’étudier une nouvelle formule. Le projet Sympher prévoyait un mouillage de 2m. 60, une largeur de 40 mètres, des courbes de 600 mètres de rayon, des écluses de 220 mèLres sur 12, avec 5 mètres d’eau sur les buses, et 20 écluses seulement au lieu de 52, dont 5 à l’amont de Thionville.
- Cette 'voie eût été susceptible de porter les bateaux de 1500 tonnes du Rhin, et, pour la première fois, on songea à utiliser la force motrice disponible sur le parcours.
- Le traité de Versailles mit fin à ce rêve germanique.
- Après l’armistice, cependant, l’examen de la question fut à nouveau entrepris. Une décision ministérielle du 9 mai 1919 prescrivit de reprendre d’urgence l’étude du canal.
- La commission spéciale instituée se rallia en partie aux conclusions de M. Sympher ; mais elle réduisit à 95 X 12 mètres les dimensions des écluses, à 2 m. 56 la hauteur d’eau sur les buses, à 25 mètres provisoirement la largeur du chenal, à 2 m..40 son mouillage initial. Par contre, le rayon minimum des courbes fut porté à 1000 m. La dépense a été fixée à 16 millions et demi, le prolongement de la voie sur Kœnigmacker (9 km. 5) devant coûter 5 millions et demi, aux taux d’avant-guerre, ou 66 millions aux cours actuels.
- Des branches sur l’Orne et la Fentsch étaient envisagées. Il convient immédiatement d’observer que l’article 562 du traité de Versailles autorise la Commission du Rhin à étendre sa juridiction à la Moselle, de la frontière franco-luxembourgeoise à Coblence — après accord avec le grand Duché — et à tous canaux latéraux pouvant être établis. Il y a donc lieu de prévoir la possibilité d’une extension ultérieure du gabarit des bateaux.
- Un avant-projet définitif fut, finalement, soumis à l’enquête en 1920, mais la question des embranchements fut réservée, en raison de sa connexion avec la création de voies nouvelles en direction du Nord.
- Le projet définitif de canalisation. — L’étude à laquelle se sont livrés les fonctionnaires de l’Etat français a abouti aux conclusions que voici :
- Le chenal en rivière aura 40 mètres de largeur et 2 m. 60 de profondeur, mais en attendant une décision relative à l’aménagement de la Moselle inférieure, on se contentera d’une largeur de 25 m. et d’un mouillage de 2 mètres. Le rayon des courbes minimum sera de 1000 mètres. Les écluses mesureront 95 m. de longueur utile, 12 de large, et devront pouvoir être allongées à 220 mètres. Le tirant d’air sous les ponts a été fixé à 5 mètres au moins aux hautes eaux.
- Mêmes caractéristiques pour la Fentsch (6 km.)
- et l’Orne (50 km.) si ce n’est que pour l’Orne le canal ne recevra plus, à l’ouest de Moyeuvre, que des bateaux de 600 tonnes, et qu’on pourra réduire la largeur de la cuvette à 20 mètres, sa profondeur à 2, le rayon à 585 mètres, le tirant d’air à4m. 50, les écluses à 70 X 9 mètres.
- Le canal principal empruntera le bras navigable de la Moselle à l’amont de la digue de Wadrineau (Metz), se développera sur la rive gauche jusqu’à Thionville, et utilisera le lit de la rivière quand il sera possible.
- Au delà de Thionville, la voie passera sur la rive droite.
- L’alimentation sera assurée par la Moselle et ses tributaires, et des emprunts aux étangs voisins.
- De Metz à Thionville — embranchements exclus — la dépense doit être évaluée à 77 millions. Aucune taxe de circulation ne serait perçue sur la Moselle.
- Des raccordements avec le rail sont prévus à Metz, Mézières, Hagondange. Richemont (entrée du canal de l’Orne), Uekange, à l’embouchure de la Fentsch, et à Thionville, amont et aval
- Le trafic futur du canal. — Le canal doit jouer, semble-t-il, un rôle économique de premier plan. On sait le développement, de l’industrie minière dans l’Est français, ainsi que l’ampleur de sa sidérurgie. Or, presque tout le charbon à coke employé en Lorraine (Moselle et Meurthe-et-Moselle), vient de la Ruhr.
- On a calculé qu’il faut normalement de ce chef 10500 000 tonnes de fines à coke, plus 3 500 000 pour le Luxembourg. Sur les 20 millions de tonnes de minerais exportables, 10 millions devraient emprunter la voie d’eau.
- Rien que les pour combustibles et le minerai, les chemins de fer apparaissent aujourd’hui impuissants à assurer un trafic normal, et la Zeitschrift für Binnenschiffahrt en avril 1913 avouait que, pour outiller le rail suivant les besoins, il faudrait débourser une fois et demie plus que pour ouvrir la Moselle entière à la navigation.
- Mais il faut remarquer que la métallurgie de la Ruhr a organisé l’industrie du fer en Lorraine de façon à traiter le minerai sur place et à le transformer en NVestphalie.
- L’intérêt de la France est de poursuivre cette politique, et d’expédier beaucoup de fonte et d’acier par le Rhin, comme elle le faisait avant 1914. Elle a d’ailleurs tenté de rétablir ce courant commercial, et la reprise de l’activité métallurgique depuis juin 1922 résulte,, en grande partie, de ses envois de demi-produits en Westplialie. Il y a là un énorme tonnage à escompter. La Moselle espère également approvisionner Paris de fers, convoyer par voie d’eau ses ciments* de laitier recherchés par l’agriculture, ses briques -, ses portlands, et recevoir des grains et des denrées d’alimentation, des produits chimiques, etc.
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- Fig. i. — La Moselle à Metz.
- Le Pont des Morts el le Mont Saint-Quentin.
- Le canal doit aussi servir de trait d’union entre les usines de l’intérieur, les ravitailler mutuellement en coke, en métal, en minerais.
- Enfin, il ne faut pas oublier que les charbons de la Sarre utiliseraient cette voie à l’origine de sa section navigable, le tracé, imaginé par M. le Dr Imbeaux, entre Neunkirchen et Argancy-sur-Moselle, ayant été abandonné comme d’une exécution difficile et coûteuse (t). Or la Sarre pourra nous livrer 10 à 12 millions de tonnes de combustibles.
- Peu de voies seraient susceptibles d’escompter un trafic de cette envergure.
- Les moyens d’exécution. — Le projet de loi du 18 octobre 1921 a envisagé de demander aux collectivités intéressées l’avance à l’Etat du capital nécessaire; celle-ci devant être remboursée au moyen d annuités inscrites au budget, conformément aux idées exprimées en 1913 par le président de la Commission extraparlementaire des Travaux Publics.
- Les collectivités, sous la garantie de l’Etat, pourraient, croit-on, émettre des emprunts locaux à des taux avantageux.
- Désireuse, à juste raison, de voir hâter la réalisation du canal, la Chambre de Commerce de Metz, répondant au vœu formulé le 11 dé-
- 1. Le canal aurait emprunté la vallée de Sulzbach, la Sarre de Sarrebruck à Yolk-lingen, la vallée de la Rosselle jusqu’à Geislautern, la vallée de la Rist — après avoir franchi en tunnel les coteaux riverains — jusqu’à TJberherrn, les vallées de Grossbach et du Weyerbach, le ruisseau d’Otlonville, la vallée de la Nied, jusqu a Condé-Northern, le ruisseau de Hayes, enfin la vallée de la Bévotte. Longueur : 56 k. 1, dont 13 en Sarre, pour la jonction Sarre-Moselle.
- cembre 1921 par nombre de ses ressortissants, réunit les délégués des banques de la Moselle et des associations des mines et de la métallurgie d’Àlsace-Lorraine, ainsi que les représentants de Metz.
- Après plusieurs conférences, les intéressés se sont mis d’accord en août 1922 pour former un consortium, et proposer à l’Etat de lui avancer les 77 millions prévus.
- Le Parlement aura donc à se prononcer à très bref délai sur cette requête, à laquelle il sera sans aucun doute donné satisfaction. La voie pourra ainsi être achevée dans trois ou quatre ans.
- Bien que l’usage de la voie doive être gratuit, on doit en attendre une double source de revenus : tout d’abord les recettes devant provenir du halage électrique, qui sera concédé, et, de plus, la vente de l’énergie électrique produite par les stations accolées aux barrages.
- La chute totale, entre Metz et Thionville, atteignant 15 m. 50 à 10 mètres et le débit dérivé oscillant entre 10 et 40 m3, on obtiendrait de 1550 à 4000 chevaux.
- Entre Thionville et Sierck, pour une dénivellation de 6,50 à 5 mètres, on ne recueillerait que de 650 à 2000 chevaux. Ce ne sont, toutefois, pas là des ressources méprisables, si l’on songe que la canalisation de la Sarre ne procurerait que de 1600 à 2400 chevaux.
- Quoi qu’il en soit, la décision des Messins accuse une valeur pratique indéniable, et elle hâtera singulièrement la création d’une voie dont la nécessité, reconnue dès avant 1870, s’impose aujourd’hui plus encore que par le passé.
- Auguste Pawlowski.
- Le Gérant : P. Masso.n. — Imprimerie Lamure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2539.
- 2 DÉCEMBRE 1922
- LA CÉRAMIQUE BELGE
- Récemment, des délégués céramistes français ayant assisté au Congrès de la Céramique tenu à Paris ont fait un voyage d’étude en Belgique. Ils ont visité diverses installations usinières, voire des gisements de terre plastique ou de silex, des cours professionnels, etc. Bref, pour rapide que fût leur voyage, il leur laissa la meilleure impression et il suffit pour s’en convaincre de consulter les rapports qui parurent dans diverses revues de technique professionnelle.
- À dire vrai, cette conclusion avantageuse ne doit pas surprendre et nous allons même jusqu’à penser que le développement des industries dites de là terre plastique en Belgique, doit intéresser la France. Non seulement il y a entre les deux pays, une sorte d’intimité de destin et d’action qui doit engager les deux peuples à se mieux connaître et surtout à s’estimer profondément, mais le rôle économique de la Belgique en matière d’industrie céramique n’est pas du tout négligeable. C’est ainsi qu’en ce moment encore, la reconstruction des régions dévastées du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, doit son activité relative à l’appoint considérable des matériaux de construction importés en Belgique. Et on peut ajouter que le trafic belge en faïence, porcelaine, grès, poteries —- et sans en excepter les colonies, — est considérable, malgré les droits parfois presque prohibitifs établis en France en vue de protéger les industries nationales.
- Bref, pour toutes ces raisons, il paraît intéressant de résumer en quelques pages ce qui constitue l’industrie de la Céramique belge.
- Au surplus, faut-il faire remarquer que cette industrie, en raison des richesses extractives dont elle doit tirer parti, les diverses argiles, les silex,
- les kaolins, etc., en raison des modalités spéciales de ces fabrications, est une industrie un peu spéciale qui mérite de retenir, ici même, l’attention. Enfin, malgré les gisements qu’elle possède, la Belgique est tributaire de la France, pour nombre de facteurs de ses fabrications, certaines terres, les émaux, etc.
- Actuellement un important mouvement se produit en Belgique en vue d’assurer à la céramique nationale un essor nouveau. Les fabrications se perfectionnent et s’étendent Les céramiques décoratives créent des modèles nouveaux. Il semble que l’on veuille favoriser une plus généreuse participation de la céramique à la création d’un art décoratif national. Et aussi des usines nouvelles se créent qui abordent résolument la production artistique, même dans la fabrication de la poterie. Des comités s’établissent. On demande au Gouvernement d’assurer un développement aussi étendu que possible de l’enseignement professionnel de la céramique, de créer des laboratoires d’essais et recherches, d’organiser des expositions desquelles ne serait plus bannie la céramique décorative.
- Il y a donc une sorte de renouveau. En noter les caractères n’est pas déplacé ici. ,
- Les industries céramiques belges assurent toutes espèces de fabrication des produits de la terre plastique moulée. Elles produisent la terre cuite ordinaire, la terre réfractaire, les grès mats, la faïence, la porcelaine, toutes diversités de pièces décorées ou non décorées.
- Pour assurer à ces multiples productions les matériaux nécessaires, la Belgique offre maintes argiles et du silex. Mais c’est tout ou presque. Les pâtes fines, les argiles^ réfractaires tout à fait spéciales, le kao-23. — 355.
- Fig. 2. — Un cours de peinture sur céramique.
- 50" Année. — 2' Semestre.
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- LA CERAMIQUE BELGE
- Fig. 3. — La salle des essais physiques à l’Institut provincial des Industries chimiques de Saint-Ghislain.
- lin, viennent de l'étranger et particulièrement de la France.
- Les gisements utilisables sont éparpillés dans tous les coins du pays, ce qui permet une décentralisation et des diversités de production intéressantes. Cependant, les principaux gisements, ceux qui permettent des groupement d’usines, sont mieux délimités. On les rencontre sur les rives de l’Escaut et du Rupel, près d’Anvers, en Campine, dans les bassins d’Andenne et de Baudour à deux pas de la frontière française, dans les environs de Courtrai, proche de la Flandre française, etc.
- Quelques mots des centres de fabrication.
- La production des briques, tuiles, carreaux communs, etc., se rencontre dans tous les coins du pays. Cependant dans la région de Boom, près d’Anvers et en raison de la richesse spéciale des argiles, la fabrication est plus développée.
- Les matériaux réfractaires, fabriqués avec des argiles pures, silicieuses, résistant aux températures élevées, se fabriquent surtout dans la région de Saint-Ghislain et d’Andenne. La France seule prend environ un quart de la production et des firmes belges se sont même établies sur le territoire français, dans le Nord. Elles travaillent en partie dans ces fabriques les argiles extraites dans les gisements de Belgique.
- Les dalles d’usine, les carreaux ordinaires, les carreaux fins genre Sarreguemines, se fabriquent surtout dans le pays de Saint-Ghislain.
- En grès émaillé et surtout en produits de luxe, la fabrication est minime. On ne compte que quelques fabriques, cl encore, de production réduite.
- Par contre, la production de la poterie dite de grès commun est importante. On distingue dans le pays,
- trois genres de ces produits : les appareils de toute espèce destinés aux industries chimiques, qui sont la spécialité de quelques établissements d’Andenne, les tuyaux d’égouts, les pièces accessoires, dont les usines sont surtout situées à Châtelet et Bouf-fioulx et dans la région de Charleroi. Enfin, cette poterie commune est surtout destinée àla consommation locale.
- La confection des poteries, telles que pots à fleurs, ustensiles de ménage, etc., est très répandue dans le pays. Elle se pratique dans une foule de localités. Une matière première abondante se rencontre dans beaucoup de régions. En outre, ces objets de peu de valeur, assez lourds et fragiles, demandent à être produits sur les lieux de consommation. Un certain nombre de maisons joignent à leur fabrication courante celle des potiches, cache-pots, statuettes et autres articles de fantaisie, certaines spécialités de caractère parfois décoratif. Ces objets artistiques et poteries s’exportent dans plusieurs pays et spécialement en Angleterre, en France, etc.
- Pour l’industrie de la faïence, les matières premières, argiles pures et kaolins, manquent en Belgique. La plupart des terres employées dans cette industrie sont d’origine étrangère. La France en livre beaucoup.
- La majeure partie de la fabrication concerne les articles de ménage. On fait aussi, en faïence, des carreaux de revêtement pour intérieur et des objets de fantaisie. Ces produits, lorsqu’ils sont richement décorés, rentrent dans la catégorie des majoliques. On note comme centres de production : La Louvière (Kéramis), Hasselt, JNimy, Saint-Ghislain, Wasmuel, Thulin, Baudour, Mons, etc., etc. Mais les importations belges sont supérieures aux exportations.
- Fig. 4. — Majoliques d’art
- exécutées par les élèves des cours céramiques de Saint-Ghislain.
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- LES COURANTS TELLURIQUES
- Enfin, on porcelaine ce sont les articles de vaisselle et objets divers qui entrent, pour la plus grande part, danslaproduction. A signaler la production d’isolateurs et d’interrupteurs électriques dans quelques fabriques, dont les deux principales sont à Baudour. Une certaine partie de la production est expédiée à l’étranger, mais fort peu. À dire vrai, il n’existe en réalité que trois fabriques en Belgique, dont deux dans la région de Sainl-Ghislaiu.
- Il y a fort peu à dire de la technique môme de la fabrication dans les diverses industries dont nous venons de parler. A part quelques exceptions, cette industrie belge est en général routinière. Elle procède souvent par empirisme bien plus qu’à l’aide de procédés scientifiques exigeant de constantes recherches, dans la paix des laboratoires.
- Il convient aussi de faire remarquer que les usines considérables sont rares. Dans la spécialité des briqueteries ordinaires notamment, les fours continus sont peu nombreux. Ils sont loin d’être généralisés. On les rencontre surtout dans les vastes usines de la région de l’Escaut et du Bupel, sur le littoral. Mais dans l'agglomération bruxelloise où la production est importante, ce sont encore les anciennes cuissons libres qui sont les plus utilisées. Il en est de même pour le moulage de la terre.
- En faïencerie, il exisle bien deux ou trois fabriques importantes qui occupent de 250 à 1200 ouvriers et qui utilisent des techniques modernes perfectionnées, soit dans la préparation des pâtes, soit dans les cuissons, soit dans la décoration. Mais en général les fabriques sont modestes, pourvues d’un appareillage relativement embryonnaire et de personnels peu nombreux.
- En ce qui concerne la fabrication des réfractaires il n’en va pas autrement. Pour quelques fabriques installées suivant les dernières recherches de la science, combien sont établies avec un appareillage plus que modeste, avec des fours anciens, etc.
- Bref, 1’ « usinage » n’est pas établi — à part quelques exceptions, répétons-le — en tenant compte des perfectionnements que la chimie, la mécanique et l’électricité ont mis à la disposition de l’industrie des terres plastiques.
- Et nous ajouterons qu’au point de vue artistique, il convient de faire également des réserves. On a l’impression que toutes les fabriques indistinctement ne s'efforcent pas de participer par la création
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- de décors originaux, modernes, au mouvement d’art décoratif rénové, éloigné des copies anciennes, qui exalte, dans d’autres pays, tant de belles initiatives. Certes, il y a çà et là, quelques beaux efforts. Ils ne sont pas généralisés suffisamment, et dans les milieux artistiques belges, on estime que la céramique belge devrait plus généreusement concourir à la création d’un art décoratif national.
- Mais ces réserves comportent une sorte de restriction : il ne convient pas, en effet, d’en rendre responsables exclusivement les industriels. Ceux-ci n’ont pas toujours, en effet, été encouragés par les pouvoirs publics. D’autre part, il n’y a pas, entre les artistes au sens propre du mot et les industriels, la corrélation d’elforts qui serait si utile à l’adaptation de l’art aux produelions. Dirons-nous aussi le manque d’organismes pratiquant pour les industriels les essais et recherches des matières premières, des produits, etc., à l’exemple des laboratoires de France, d’Allemagne, etc. Il n’existe qu’un seul établissement spécialiste dans ces recherches ; le laboratoire annexé à l’Institut provincial des industries chimiques de Saint-Ghislain.
- Et enfin il n’y a en Belgique que 2 ou 5 écoles où l’on enseigne — et encore pour les contremaîtres et les ouvriers seulement — la technique de la céramique, à SainL-Ghislain, notamment à l’Institut des Arts et Métiers. C’est trop ppu, manifestement trop peu.
- Et pourtant la céramique belge mérite mieux, non seulement parce que la qualité de sa fabrication est reconnue, mais encore parce qu’elle est, au point de vue de l’essor économique, une force. Pensez donc : elle occupe des milliers et des milliers d’ouvriers et c’est par millions que se chiffrent ses trafics.
- Cette situation va-t-elle se modifier1? Peut-être. Il semble qu’il y ait en ce moment une tendance à ne plus sous-évaluer une force industrielle aussi considérable. On émet le vœu devoir étendre l’enseignement professionnel, créer des laboratoires d’essais et recherches, favoriser la participation de l’art à l'industrie, encourager les fabricants, etc.
- Ce sont là d’excellentes choses qui assureront sans doute à la céramique belge un essor nouveau.
- Marius Iîk.naui),
- Directeur des Arts et Métiers du HuiuauL Député penniiiieut du Brib-nt.
- LES COURANTS TELLURIQUES (Suite).
- Résultats. — Les courants telluriques qui circulent de l’Est à l’Ouest ont une direction invariable. L’intensité de ces courants est le plus souvent assez faible; elle subit des variations continuelles, parfois importantes.
- Ces variations sont inverses de celles des courants N.-S.
- " Les courants qui circulent du Sud-Ouest au Nord-Est ont une intensité sensiblement plus élevée que celle des courants E.-O. ; ils subissent des variations continuelles et importantes qui sont en général de même sens que celles des courants N.-S. et inverses de celles des courants E.-O.
- Par leur intensité et par la fixité de leur direction,
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- LES COURANTS TELLURIQUES
- 16 17 !8 19 20 2/ 22 23 24 25 20 27 28 29 30
- Activité ôo/â/re Croissante J —“ Composante horizontale)
- •i. ^« t » i-i»»» « a o jt* j\i /) ' f")p^r*o/^j
- ••• Courant SE-MO - Courant S.O -ME J
- Fig. i. — Courants telluriques.— Activité solaire et magnétisme.
- les courants S.-O.-N.-E. doivent jouer un rôle dans la physique du globe ; tout au moins dans les régions occidentales de l’Europe. Leur direction correspond aussi à celle des vents dominants, venant de l’Océan.
- Les courants se dirigeant du Sud-Est au Nord-Ouest, sont très variables en intensité et en direction. Ces courants paraissent être la résultante des courants Sud-Ouest, Nord-Est, et des courants Sud-Nord.
- Les courants N.-S. sont extrêmement variables en intensité et en direction ; ils paraissent provenir de deux origines distinctes ; l’une d’ordre général, l’autre d’origine locale. Lorsque la situation générale est calme, l’eil'et dominant est provoqué par le courant général circulant du Sud au Nord. Quand la situation météorologique se modilie, il se produit des courants locaux susceptibles soit d’accroître l’intensité du courant général S;-N. soit de la diminuer. Le plus souvent, les troubles atmosphériques dans les régions ouest de l’Europe produisent des courants de direction inverse à la direction principale; les passages de la direction S.-N. à la direction N.-S. annoncent l’approche du mauvais temps dans l’Ouest de l’Europe.
- Des changements de direction se manifestent sur les courants Nord-Ouest, Sud-Est en concordance avec ceux des courants S.-N.
- Conduction terrestre. — Le sol terrestre présente une très faible conductibilité, d’ordre spécial, que l’on pourrait comparer cà celle des électrolytes, provenant de solutions salines très diluées. La nature même du sol, au point de vue physique, lui donne des propriétés particulières vis-à-vis des radiations de très faibles longueurs d’onde, qu’on pourrait comparer aux propriétés de substances
- granulées semi-conductrices jouant le rôle de cohé-reurs sous l’action des ondes hertziennes.
- La conduction tcrresle augmente quand les ultra-radiations solaires deviennent plus intenses; elle s’accroît également quand le sol est parcouru par des courants dont la force électromotrice est plus élevée.
- L’état d’humidité plus ou moins grand ainsi que la nature du sol, ne paraissent jouer qu’un rôle secondaire.
- Lorsque les ullraradiations augmentent d’intensité (diminution de la charge négative de l’électro-mètre), la conduction tellurique N.-S. augmente également; il en est de même de la conduction dans les directions S.-O. et S.-E. (lîg. J et 2); tandis que les variations qui se produisent dans la conduction E.-O. sont sensiblement plus faibles que les précédentes.
- Des effets inverses se produisent quand l’intensité des ultraradialions diminue.
- Lorsqu’il se produit un accroissement rapide dans l’intensité des ultraradiations, il se produit en 'même temps une inversion dans la direction des courants N.-S. et S.-E.-N.-O. Un fait semblable fut par exemple observé du 25 au 30 septembre 1921.
- Les variations de conduction terrestre ne suivent pas toujours celles de l’intensité des courants corres pondants.
- Pendant les périodes de troubles généralisés, tels que ceux qu’on observe dans l’Europe occidentale, on constate de grandes variations dans l’intensité des courants telluriques et dans la conduction terrestre.
- Les changements, souvent brusques, qu’on
- Beau Troubles orag. Beau Orages Beau
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- Septembre Ig2/
- / «—Activité sot aire Croissante
- 2 ^ Composante horizontale
- 3 Charge de tèlectromètre
- 4 -----Conduction Mord-Sud
- 4 n»'1"1 Inversion du courant N-S
- 5 ..... Conduction Est- Ouest ^
- Fig. 2. — Conduction terrestre. — Activité solaire électromagnétique.
- t \
- ? Décroîs.
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- observe alors dans la direction des courants N.-S., provoquent des troubles très accentués dans le magnétisme terrestre (fig. 3, 4, 5).
- On constate des troubles analogues dans la conduction N.-S. et dans la conduction terrestre pendant les périodes orageuses.
- Le o août 1921, à 7 heures du matin, pendant un orage, on observa des variations continuelles dans l’intensité du courant N.-S. On constata des diminutions brusques et passagères de ce courant, après chaque coup de tonnerre. Le courant S.-N. devenait quelquefois nul, puis changeait de direction.
- Il s’agissait, dans ces circonstances, de courants locaux de direction Nord-Sud, d’intensité variable
- tellurique ; et l'on observe alors des variations concordantes dans les deux ordres de phénomènes.
- Les vents qui soufflent du Sud dans la région pyrénéenne, pendant les périodes orageuses, concordent également avec la direction Sud-Nord qu’on observe alors dans celle des courants N.-S.
- Les vents du Nord et du Nord-Est, lorsqu'ils soufllent d’une façon durable, sont au contraire accompagnés de couranls intenses dans la direction N.-S. ; ce fait a été constaté pendant la plus grande partie de l’été 1921. On observe le plus souvent ce fait après les orages, lorsque le régime des vents passe du Sud au Nord; les courants telluriques subissent alors la même inversion.
- 24-25 Mai
- 2 J eu 25 Nov. ly/6
- Fig.
- Fig-. 4.
- Fig. 5.
- Schémas extraits des Annales de l’Observatoire de l’Ebre.
- Les schémas ci-joints (fig. 3, 4 et 5), extraits des Annales de VObservatoire de l’Ebre, ont été pris parmi beaucoup d’autres, aiin de montrer les étroites relations qui existent entre les troubles solaires, les courants telluriques, le magnétisme et l'état, de l’atmosphère. — On remarque que les courants Nord-Sud (N.-S.) et Est-Ouest (E.-O.) varient en sens inverse, et que les variations N.-S. sont beaucoup plus accentuées que les variations E.-O. Les variations de la composante horizontale (LI) sont de même sens que celles du courant N.-S. (elles sont inversées sur les schémas). Toutes les pointes correspondent à un trouble solaire. On remarque, en particulier sur la figure 5, que les courants telluriques et le magnétisme sont calmes; le temps est beau, et le rayonnement solaire régulier, le 23 et le 24novembre 1916; lorsque brusquement, le 26 novembre, il se manifeste une forte perturbation solaire, qui provoque aussitôt de forts troubles électromagnétiques et un changement rapide dans Xétat de l'atmosphère. Des changements atmosphériques correspondants se produisirent le 25 mai 1910 et le 5 janvier 1917, après la formation des pointes.
- et de direction inverse du courant général Sud-Nord, dont l’intensité restait sensiblement constante.
- Pendant les périodes pluvieuses, alors que le ciel est couvert d’épaisses nuées et que le vent souffle de l’Ouest, on constate que les ultraradiations parviennent plus affaiblies et plus régulières à la surface du sol. La conduction terrestre décroît également d’une façon sensible, ainsi que l’intensité des courants N.-S, S -O.-N.-E. et S.-E-N.-O. ; tandis qu’au contraire la conduction terrestre et l’intensité des courants E.-O. augmentent.
- Il semble que l’origine des courants E.-O. soit I différente de celle des autres courants telluriques ; on est amené à admettre avec quelque vraisemblance que ces courants doivent être placés sous la dépendance plus ou moins directe de ceux qui circulent dans la haute atmosphère.
- On constate également que les courants locaux sont influencés par la direction des vents de surface. Quand le vent souffle en tempête du Sud-Ouest par exemple, les courants telluriques S.-O. subissent un accroissement très net, ainsi que la conduction
- Le 12 octobre 1921, on constatait, par exemple, que le courant tellurique Sud-Nord était intense et que la conduction terrestre était bonne. Les ultra-radiations présentaient une grande activité et subissaient des variations continuelles. Le temps était beau, chaud et sec ; le régime des vents était mal établi, bien que les courants dominants fussent N. et N.-E.
- À partir du 12 octobre, le courant S.-N. diminua progressivement d’intensité ainsi que la conduction terresLre et les ultraradiations. Le temps, quoique | beau encore pendant la journée, devint brumeux dans les matinées.
- Le 17 octobre, le courant S.-N. fut nul ; et à partir du 18 sa direction fut renversée.
- Il circula du Nord au Sud au lieu de circuler du Sud au Nord. Les ultraradiations diminuèrent, et le temps se couvrit progressivement. Ces symptômes avaient permis de prévoir, dès le 13 octobre, un changement prochain dans l’état de l’atmosphère.
- Ce fut en effet, à partir du 20 octobre, la fin du régime d’été ; il s’établit un régime de vent de
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- Sud-Ouest; le ciel se couvrit et la pluie apparut, accompagnée d’un abaissement général de la température. L’intensité du courant N.-S. augmenta, et la conduction terrestre diminua progressivement.
- A partir du 25 octobre jusqu’au 0 novembre, le régime atmosphérique se modilia entièrement dans l’Europe occidentale.
- Le courant tellurique se maintint dans la direction N.-S., la conduction terrestre resta faible. Les ultraradiations furent peu actives et sensiblement constantes, pendant une période très troublée qui donna lieu à des bourrasques violentes sur la Manche et dans le Nord de l’Europe.
- À partir du 6 novembre, on obverva une diminution de l’intensité du courant N.-S., un accroisse-mentde l’intensité des ultraradiations; et uncaractère oscillatoire de ces radiations.
- Ces pronostics annoncèrent la tin prochaine des troubles atmosphériques. Effectivement, le beau temps revint le 8 novembre. Le soleil ne présenta pas, pendant celte recrudescence d’activité, d3 foyers visibles.
- Les courants terrestres et la physique du globe. — Les résultats que nous venons d’exposer permettent de faire quelques conjectures quant à l’origine et au rôle probables des courants électriques dans l’atmosphère et dans le sol.
- Les observations les plus récentes permettent de supposer que les actions électriques dans l’atmosphère et dans le sol dépendent directement de l’action solaire.
- Les ultraradiations provoqueraient respectivement dans la haute atmosphère, dans les couches moyennes, au voisinage du sol et dans le sol lui-mème, des effets d’ionisation en y libérant des charges électriques de signes différents. ,,
- Lorsque l’émission ultraradiante se manifeste, pendant une période prolongée, avec une énergie suffisante, ainsique cela eut lieu pendant l’été 1921, il se produit une ionisation continue, en présence des gaz de la haute atmosphère ; ces gaz probablement constitués par de l’hélium et de l’hvdrogène, sont extrêmement raréfiés. Les ions négatifs très mobiles s’accumulent dans ces régions supérieures, où la charge négative atteint une valeur élevée, tandis que les ions positifs, beaucoup moins mobiles, restent localisés dans les régions moyennes situées entre 5000 mètres et 12000 mètres, où la conductibilité de l’air est encore suffisante pour permetlre aux charges positives de se fixer. Ce fait concorderait avec diverses observations qui permettent de constater de fortes charges positives dans les régions atmosphériques d’altitude moyenne et une diminution de la charge au-dessus et au-dessous de celle altitude.
- Au voisinage du sol, les ultraradiations libéreraient une charge négative se localisant dans les couches profondes de l’atmosphère, ainsi que des ions positifs refoulés vers le sol où ils provoqueraient des effets de radioactivité énergiques.
- La rotation terrestre, entraînant avec rapidité les charges négatives supérieures, produirait un champ électromagnétique, se traduisant par un courant intense dirigé de l’Ouest à l’Est.
- La résultante magnétique de ce courant serait vraisemblablement l’origine principale du magnétisme terrestre.
- Les charges positives, accumulées dans les régions atmosphériques moyennes, produiraient également, sous l’action de la rotation terrestre, un champ électromagnétique de sens inverse au précédent, dont l’effet serait partiellement annulé par le champ créé au voisinage du sol par le déplacement des charges négatives qui y sont accumulées, sous l’action de la rotation terrestre.
- 11 doit se produire en outre, sous l’action de puissants courants d’air ascendants et descendants et des grandes circulations atmosphériques, des apports continuels de charges positives île l’atmosphère moyenne au voisinage du sol.
- Ces effels varieraient d’une localité à une autre, suivant la direclion des courants atmosphériques dans chacune d'elles.
- Le courant tellurique qui circule dans la direction Est-Ouest donnerait naissance à une résultante magnétique, dont l’effet s’ajouterait à celui du courant supérieur dirigé de l’Ouest vers l’Est; tà la condition toutefois de considérer ces deux actions magnétiques par rapport à une aiguille aimantée, disposée entre les deux courants, ce qui semble être le cas habituel.
- Il existerait une concordance parfaite dans la position des pôles magnétiques et terrestres, si des effets électromagnétiques secondaires ne venaient pas troubler les effets généraux que nous venons de signaler.
- Il se produit en effet, dans le sol, des courants souvent intenses dirigés du Sud au Nord et d’autres du Sud-Ouest au Nord-Est. Ces courants telluriques, pourraient trouver une explication dans un apport continuel de charges positives de l’équateur vers les pôles, à travers le sol, suivi d’un transport continu des charges positives terrestres des pôles vers les charges négatives polaires de la haute atmosphère
- Sous l’action ionisante des ultraradiations solaires, les charges négatives des régions supérieures de l’atmosphère, ainsi que les charges positives des régions moyennes, atteindraient, pendant les périodes de forte activité solaire, une intensité suffisante pour permettre une recombinaison partielle de ces charges opposées au sein de l’atmosphère supérieure, dans les régions polaires dont la résistivité est moindre.
- Ces décharges secondaires, qui se produisent entre l’atmosphère moyenne et le sol, provoquent dans la terre des courants intenses se dirigeant de l’équateur vers les pôles.
- L’ensemble des actions électromagnétiques se traduit, en effet, par de grandes variations dans l’intensité du magnétisme terrestre et par de fortes oscillations de l’aiguille aimantée.
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- Les courants dirigés du Sud au Nord et du Sud-
- O
- Ouest au Nord-Est, tendent à donner naissance à des pôles magnétiques secondaires inclinés sur le méridien central; mais l’intensité de ces champs magnétiques secondaires étant beaucoup plus faible que celle du champ principal, ils ne produisent qu’une faible déviation du plan magnétique.
- Les variations qui se produisent dans les champs magnétiques secondaires sont décelées par des magnélomètres munis d’équipages inclinés sur le plan du méridien.
- Pendant la durée des troubles électromagnétiques, on observe des courants telluriques intenses dans les directions S.-N. et S.-O.-N.-E., ainsi qu’un accroissement de la conduction terrestre dans les mêmes directions. Les ultraradiations acquièrent alors une intensité plus considérable et le magnétisme terrestre accuse des variations concordant avec celles des divers phénomènes précédents.
- Le fait caractéristique de ces observations simultanées est une concordance remarquable. On constate, en effet, qu’un accroissement très rapide de l’intensité du courant tellurique N.-S. correspond à un accroissement correspondant du courant S.-O.-N.-E., ainsi qu’à un accroissement de la conduction terrestre; tandis qu’un effet opposé se manifeste dans les courants et la conduction, dans la direction Est-Ouest.
- Nous retrouvons des effets analogues pendant les cyclones, les tornades et les ouragans.
- Ces météores prennent naissance le plus souvent dans des régions maritimes tropicales voisines des continents.
- Il se produit, dans cès régions chaudes et humides, de puissants courants d’air ascendants saturés d’humidité, doués d’une semi-conduction favorable aux phénomènes électriques. Ces masses d’air conductrices s’élèvent jusqu’à 5000 et 6000 mètres d’altitude, où sont localisées de fortes charges positives. *
- S’il se manifeste alors une grande activité solaire, provoquant l’émission d’ultraradiations intenses, il se produit des décharges électriques entre les hautes couches atmosphériques et la terre, à- travers les masses d’air conductrices- Ces décharges sont soumises à l’action du champ terrestre qui provoque la rotation des masses d’air; tels sont effectivement les phénomènes observés pendant les cyclones.
- Les instruments de mesure : électromètres, magnétomètres et galvanomètres indiquent, pendant toute la durée de ces phénomènes, des perturbations analogues à celles que l’on observe pendant les aurores polaires.
- A une échelle plus réduite, on observe des effets locaux analogues pendant les orages qui se produisent dans les périodes d’activité solaire, lorsque l’émission des ultraradiations est énergique.
- L’état de l’atmosphère paraît du reste avoir j une influence importante sur les ultraradiations. |
- Lorsque le ciel est clair, ces radiations subissent i
- des variations continuelles, qui font constamment osciller l’aiguille de l’électromèlre.
- Lorsque le temps se met à la pluie et que le ciel se couvre de nuages, l’intensité des ultraradiations diminue et les oscillations cessent de se produire.
- Les courants telluriques subissent des variations analogues dans les directions N.-S. et S.-O.-N.-E.
- Toutes les recherches précédentes sur les courants telluriques paraissent avoir été dirigées vers l’étude des phénomènes terrestres ; mais il semble qu’il y aurait un grand intérêt à les étendre à l’étude des phénomènes marins. Il semble probable j que les causes qui produisent les courants terrestres I doivent donner naissance à des courants marins analogues. Comme la conduction de la mer est beaucoup plus élevée que celle du sol, il se pourrait que ces courants eussent une intensité bien supérieure à celle des courants terrestres.
- Peut-être même cette intensité serait-elle suffisante pour que l’on put songer à en tirer un parti industriel. L’expérience seule pourrait nous fixer à cet égard.
- Il semble que ces questions présentent un intérêt suffisant pour provoquer quelques recherches expérimentales. Celles-ci pourraient être faites entre deux navires de guerre suffisamment éloignés l’un de l’autre, maintenus en communication électrique à l’aide d’un fil isolé, supporté par de petites bouées. Signalons également l’intérêt que pourrait présenter l’étude des courants telluriques dans Y agriculture.
- Diverses recherches ont déjà démontré que le développement dos p’antes est favorisé par les effluves et par des courants souterrains artificiels.
- Il semble rationnel de penser que les courants telluriques peuvent avoir une action marquée sur le développement des plantes, par leur passage à travers les racines et les radicelles.
- L’influence de courants de direction constante, tels que ceux qui circulent de l’Est à l’Ouest, ne doit probablement pas être semblable à celle des courants de direction variable, tels que ceux du Nord au Sud.
- Une étude méthodique de ces divers phénomènes serait peut-être susceptible de conduire à des applications industrielles intéressantes ; soit par l’emploi de sources industrielles, soit plus simplement encore, au moyen de courants puisés dans l’atmosphère elle-même.
- En résumé, ce rapide exposé montre quel intérêt présente l’étude des courants telluriques, ainsi que celle des ultraradiations et de l’action solaire dont ils paraissent dépendre.
- Nous avons vu que les observations peuvent être faites à.l’aide d’un matériel relativement simple et peu coûteux ; ce qui engagera peut-être quelques chercheurs à poursuivre des études qui présentent le plus vif intérêt pour la physique du globe, la météorologie, la prévision du temps et l’agriculture.
- Albert Nonox.
- Docteur ès sciences,
- Président do la Société astronomique d.: Bordeaux
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- L’ÉLEVAGE DES ORCHIDÉES
- Applications industrielles d’une grande découverte botanique française.
- Fig. 1. — Fleurs de Gypripedium stonci.
- Tout le monde a pu admirer dans les expositions d’horticulture et dans les vitrines des fleuristes les fleurs merveilleuses de la flore tropicale qui appar-
- tiennent au groupe des Orchidées : les Cattleya à la grande corolle enroulée en cornet, les Cypripedium dont le labelle justifie le nom de Sabot de Vénus,
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- L’ÉLEVAGE DES ORCHIDÉES
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- les Oncidium dont certaines espèces ressemblent à des papillons (fîg. 1).
- Les Orchidées ne sont pas moins remarquables par la difficulté de leur élevage que par la structure et le coloris de leurs fleurs. Peu de plantes sont aussi prodigues de leurs semences ; elles produisent par myriades des graines minuscules, qui remplissent d’une poussière impalpable la cavité de leurs fruits. Mais ces graines, dépourvues de réserves nutritives et dont le germe se réduit à quelques cellules indifférenciées, sont, en règle générale, incapables de germer. « Avec leur embryon rudimentaire, dit Noël Bernard, elles paraissent à peine viables ; elles sont comme ces enfants mis au monde avant le terme de leur développement, dont des soins minutieux n’assurent pas toujours l’existence précaire. » Pour certaines Orchidées, telles que les Cattleya ou les Cypripedium, les horticulteurs arrivent tant bien que mal à réussir quelques semis, mais pour d’autres, comme les Odontoglossum, les Phalænopsis, les Vanda, la germination est réputée à peu près impossible, même par les praticiens les plus habiles. Aussi n’avait-on d’autre ressource, pour se procurer des échantillons de ces plantes, que d’aller les récolter à prix d’or dans les forêts vierges impénétrables où elles croissent spontanément.
- Il appartenait à un savant français, Noël Bernard, enlevé tout jeune par la mort au moment où il allait recueillir le fruit de ses travaux, de percer le mystère du développement de ces semences rebelles, et de découvrir une technique précise qui permet d'en obtenir à coup sur la germination.
- Jfe.-js.’L.-a.-
- Fig. 3. — Peloton de Rhizoctonia repens, isolé d’une jeune germination de Cattleya (cliché Bultel).
- Fig. 2. — Coupe à travers une jeune plantule d’Otontoglossum, un mois après son infestation par le Rhizoctonia languinosa, d’après Noël Bernard. Peloton s de filaments du Champignon dans les cellules.
- Cette découverte est le résultat de recherches persévérantes, aussi admirables par l’audace et. la profondeur des vues qui les ont guidées que par la rigueur de la méthode expérimentale mise en œuvre. Il est nécessaire d’en rappeler brièvement le principe, avant d’exposer les importantes applications qui en découlent dans l’industrie horticole.
- *
- * *
- On sait depuis longtemps que les Orchidées sont constamment envahies par des Champignons filamenteux, qui forment dans les cellules; de leurs racines des pelotons microscopiques. Ces Champignons ne diffèrent pas essentiellement de ceux qui causent la plupart des maladies contagieuses des plantes telles que rouille, charbon, mildew, etc. Ort peut donc considérer les Orchidées comme atteintes d’une sorte de maladie cryptogamique ; mais tandis que tous les blés n’ont pas la rouille, ni toutes les vignes le mildew, toutes les -Orchidées, au contraire, sont indistinctement atteintes de cette étrange maladie qui attaque leurs racines.
- Par une intuition géniale, Noël Bernard a compris, dès le début de ses recherches, que cette maladie en quelque sorte obligatoire était nécessaire au développement des Orchidées. Il a constaté, en
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- L’ELEVAGE DES ORCHIDEES
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- effet, que dans les cas d'ailleurs rares où des graines d'Orchidées germent spontanément, les planlulcs qu’elles produisent sont envahies, dès les stades les plus pre'coces de leur développement, par le Champignon qui habite normalement les racines de la plante adulte (fig. 2). D’où cette conclusion, que les graines d’Orchidées ne germent que si elles sont pénétrées par ce Champignon.
- Noël Bernard s’est attaché à vérifier expérimentalement cette hypothèse; à cet effet, il a extrait les Champignons des racines et les a cultivés isolément, en culture pure, sur des milieux nutritifs convenables, où ils se développent en formant un duvet de filaments enchevêtrés comparable à une moisissure (fig. 3). D’autre part, il a semé des graines d’Orchidées dans des tubes.stérilisés, pareils à ceux que les h actériologistes emploient pour la culture pure des microbes.
- Les graines ainsi semées isolément ne germent jamais, mais il suffit de transporter dans le tube qui les renferme le Champignon extrait des racines pour les voir se développer en grand nombre, dès que les filaments du Champignon les atteignent (fig. 4 et 5). Noël Bernard obtenait ainsi dans ses tubes « des germinations plus rapides et plus régulières qu’aucune de celles qu’on voit dans les serres ». La même espèce de Champignon fait germer les graines des Orchidées les plus diverses ; seuls quelques types (Odonioglossum, Phalænopsis, Vanda) exigent des Champignons spéciaux, mais il suffit de les leur fournir pour obtenir aisément la germination de leurs graines, jusque-là tenue pour impossible.
- Il semblait dès lors que le problème de la culture des Orchidées fût résolu. Mais Noël Bernard s’est bientôt heurté à une difficulté imprévue, qu’il ne devait pas tarder à surmonter, et d’où devait sortir une de ses plus belles découvertes II avait conservé au laboratoire des cultures de ces mêmes Champignons qui avaient fait merveille pour la germination des Orchidées, et il constata qu’au bout d’un certain temps, ces cultures étaient devenues incapables de provoquer la moindre germination. Il eut alors l’idée de comparer cette disparition de l’activité du Champignon à l’atténuation de la virulence décou-
- verte par Pasteur chez les Bactéries. On sait, en effet, que beaucoup de microbes capables de produire des maladies graves chez les animaux et chez l’Homme perdent peu à peu ce pouvoir quand on les cultive au laboratoire ; la virulence perdue peut être récupérée par inoculations successives des microbes atténués à des animaux sensibles. On sait enfin comment Pasteur a eu l’idée géniale d’utiliser comme vaccins les cultures atténuées de microbes, qui provoquent des maladies bénignes grâce auxquelles l’organisme devient réfractaire à des atteintes plus graves. v
- Partant de là, Noël Bernard a montré de même que, si l’activité, ou, si l’on veut, la virulence des
- Champignons s’atténue au bout d’un certain temps de culture en tube, elle s’exalte inversement, par la vie dans les tissus des Orchidées. Il y a plus ; des semis inoculés avec un Champignon inactif deviennent après quelques jours incapables de se développer quand on y introduit un Champignon actif qui à lui seul aurait produit la germination. Les graines sont vaccinées par le Champignon atténué, et rendues par lui réfractaires à l’action du Champignon virulent.
- L’application pratique de la découverte du rôle des Champignons dans la germination n’est donc pas aussi simple qu’on eût pu le croire tout d’abord. Il ne suffit pas de conserver en cùlture les Champignons convenables, pour les distribuer, suivant les besoins, aux horticulteurs ; il faut encore maintenir leur virulence en les faisant vivre continûment dans de petites plantes d’Orchidées. « Ce travail, écrivait Noël Bernard dès 1908, ne serait possible qu’à un laboratoire spécial, annexé à une serre assez riche pour fournir en tous temps les graines de diverses espèces nécessaires à ces expériences continues.... J’ai la conviction profonde que des laboratoires horticoles existeront un jour, mais la symbiose de la science pure et de l’horticulture pratique est trop encore dans l’enfance pour que leur utilité s’impose aux esprits. »
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- Le jour prédit par Noël Bernard est arrivé; les
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- L’ÉLEVAGE DES ORCHIDÉES
- renseignements que nous tenons des divers pays étrangers, et l’enquête personnelle que nous avons menée en France nous ont montré que les laboratoires horticoles, dont il entrevoyait la création, existent aujourd’hui et que la nécessité des méthodes scientifiques s’est enfin imposée à l’esprit des éleveurs d’Orchidées. C’est assurément un des événements les plus inattendus de l’heure présente que des techniques si compliquées et si délicates aient pu entrer dans le domaine pratique.
- En Angleterre, les méthodes de Noël Bernard sont appliquées sur une grande échelle, grâce aux efforts remarquables d’un grand horticulteur, M. Charlesworth. La photographie (fig. 6) publiée par l'Orchid Review, de mars 1922, permet de se rendre compte de l’amplitude des cultures pures de Champignons et de germinations aseptiques mises en train avec succès à la ferme de Haywards Heath.
- Nous avons eu des échos de résultats analogues obtenus en Belgique. Les publications de M. le Dr Burgeff, qui a su le premier appliquer les découvertes de Bernard, sont des témoignages pour l’Allemagne.
- En France, c’est certainement le nom de M. Bultel qui doit être cité au premier rang, car il a su organiser les serres deM. Edmond de Rothschild, au château d’Armainvilliers, sur un type nouveau et tout à fait intéressant.
- M. Bultel a annexé à ses serres un véritable laboratoire, créé avec dos moyens de fortune (fig. 7), où il a réussi à appliquer, dans toute leur rigueur scientifique, les techniques les plus délicates de Noël Bernard : semis aseptiques de graines sur milieux gélosés stérilisés, isolement et inoculation des Champignons (fig. 8). Le succès a été merveilleux ; « ce procédé, écrit M. Bultel, présente sur tous les autres le grand avantage d’une réussite assurée, et aussi celui de ne demander aucun soin
- Fig. 6. — Serres de la maison anglaise Charlesworth où l’on élève dans des multitudes de flacons des graines d’Orchidées en contact avec des cultures pures de champignons (d’après Orchid Review).
- Fig. 5. — Cultures de Cattleya dont les graines ont été ensemencées avec le Rhizoctonia. A gauche, cultures de 2 mois; à droite, cultures de 4 mois (cliché Bultel).
- depuis le jour du semis jusqu’au moment du repiquage des jeunes plantules — soit plusieurs mois après ». Les laboratoires des serres d’Armainvilliers sont complétés par un petit musée (fig. 9) de documents précieux concernant les expériences en cours; on y voit notamment une collection de microphotographies des plus remarquables.
- Nous avons été véritablement saisis d’admiration par l’habileté dont M. Bultel a fait preuve dans toutes ses entrëprises, par la perfection de tout ce qu’il a réalisé. Nous lui sommes reconnaissants de tous les documents photographiques qui accompagnent cet article; ils permettront au lecteur d’apprécier les prodigieuses transformations opérées dans les serres de M. de Rothschild, qui sont assurées de tenir le premier rang, quand, dans un avenir prochain, les floraisons de toutes les nouveautés se produiront.
- Nous savons que des résultats analogues ont été obtenus chez M. Julien Potin. Enfin, M. Yacherot a appliqué, lui aussi, avec le même succès la technique de l’isolement des Champignons et de l’inoculation aux graines récoltées aseptiquement ; nous avons pu admirer, dans son établissement de Boissy-I Saint-Léger, les résultats remarquables qu’il a obte-nus (fig. 10).
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- L’ÉLEVAGE DES ORCHIDÉES
- Fig. 7. — Salle de l’autoclave et de l’étuve, annexée aux serres d'Armainvilliers (cliché Bultel).
- En un mot, nous avons eu l’impression, en causant avec la nouvelle génération de praticiens, que nous nous trouvions en présence d’hommes mûris d’une manière précoce par la guerre, et qui, par leur esprit d’initiative et la souplesse de leur intelligence, étaient dignes du succès auquel ils parvenaient. Nous avons senti, au cours de nos visites, que nous assistions à l’éclosion d’un esprit nouveau. Souhaitons qu'il se manifeste dans toutes les bronches de l’activité industrielle française. Il serait toutefois inéquitable de ne pas rappeler ici les noms des ouvriers de la première heure, de ceux qui ont tendu une main se-courable à Noël Bernard et qui ont tout fait pour le soutenir sur le chemin parfois un peu rude et abrupt qu’il gravissait et qui devait le conduire à ses belles découvertes : MM. Magne, Denis,etc.
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- Toutes ces constatations ne doivent pas nous surprendre, car les semeurs d’Or-chidées ont toujours été des praticiens habiles et des observateurs très sagaces. Sans bien comprendre le» faits
- qu ils constataient, par empirisme, ils avaientiini par savoir qu’en semant les graines d’Orchidées sur le compost du pot renfermant la plante mère, ils réussissaient souvent la germination. Ce procédé, dont ils gardaient jalousement le secret, a été perfectionné, au cours du siècle dernier, par Dominy, Swan, Mylam, le colonel Clay, Barker, en Angleterre; Bleu, en France, etc.
- La découverte de Noël Bernard éclaire d’un jour nouveau ce que ces pratiques avaient de mystérieux ; en même temps, son application met à l’abri des incertitudes que comportaient les méthodes empiriques. Elle explique enfin des faits qui pouvaient paraître singuliers : dans les serres consacrées exclusivement à l’élevage des Cattleya, les graines de ces Orchidées germent communément sur un compost neuf (sciure de bois), apparemment indemne de Champignons ; mais les spores de ce dernier existent en pareil cas dans l’atmosphère de la serre, et l’inoculation des semis se fait toute seule; l’étude microscopique des plantes révèle, d’ailleurs, la présence du Cham-
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- Fig. C). — Musée des serres d’Armainvilliers.
- Collection de microphotographies et de racines d’Orchidées infestées (cliché Bultel).
- pignon dans leurs cellules. Que l’on vienne à repeindre une de ces serres qui donnait de bons résultats, et il pourra arriver que de nouveaux essais conduisent à des échecs répétés : le Champignon aura été détruit par la peinture.
- M. Bultel nous a signalé des faits de cet ordre ; Noël Bernard, de son côté, avait constaté que, pour des raisons analogues, des serres mal tenues fournissaient plus de Champignons actifs que les serres les mieux soignées.
- L’intervention du Champignon explique donc tous les mystères qui avaient fait la fortune des anciens semeurs. Noël Bernard, intimement convaincu que tous les phénomènes biologiques sont subordonnés à des lois physico-chimiques, a voulu aller plus loin dans l’explication des faits.
- « L’art humain, écrivait-il, en 1908, a souvent déjà surpassé la nature en créant des méthodes inusitées par elle. De même que l’on sait aujourd’hui faire développer des œufs d’animaux marins n’avant subi aucune action fécondante de spermatozoïdes, j’ai réussi à faire germer sans Champignons des Orchidées qui, dans la nature, n’en sont
- jamais dépourvues. » La méthode employée à cet effet consiste à semer aseptiquement les graines sur des milieux fortement concentrés ; avec des concentrations de plus en plus fortes, on accélère le développement, comme on l’accélérait en employant des Champignons de plus en plus virulents.
- M. Bultel et récemment M. Vacherot ont fait des constatations absolument confirmatives de ce qu’avait vu, dans ce sens, Noël Bernard.
- Il faut, selon M. Bultel, des concentrations plus fortes pour les Odontoglossum et les Phatænopsis que pour les Cattleyées.
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- Nous espérons avoir montré que l’heure du triomphe a enlin"sonné pour Noël Bernard. Au début de ses recherches, certains scientifiques, peu satisfaits de voir se dresser une gloire grandissante, ont cherché à dénigrer les efforts d’un homme qui a été aussi grand par le désintéressement que par la puissance intellectuelle ; certains praticiens ont accueilli avec scepticisme les résultats étonnants qu’il leur apportait. Ce scepticisme n’est plus de mise aujourd’hui ; seuls des chercheurs qui n’au-
- Fig. io. — Serres de M. Vacherot, à Boissy-Sainl-Léger. Cultures artificielles de Cattleya (cliché 'Vacherot).
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- raient pas l’habileté technique suffisante pour répéter les expériences délicates de Noël Bernard pourraient encore se hasarder à en contester les résultats. Tel est M. Knudson, auteur d’un mémoire récent sur la question ; après avoir tenté de battre en brèche les théories de Bernard, il avoue ingénument avoir, échoué dans toutes ses tentatives d’isolement du Champignon des Orchidées : « Unfortu-nately, I hâve not as yet succeeded in satisfactorily isola!ing lhe organism stated as necessary by Bernard ».
- Des critiques aussi dénuées de fondement ne sauraient prévaloir contre les innombrables et rigoureuses expériences de Noël Bernard, contre les confirmations qu’elles ont reçues de toutes parts (Burgeff, Costantin et Dufour (*), etc.), ni surtout contre les succès des horticulteurs qui appliquent sur une grande échelle les méthodes qui en découlent,
- 1. L’un de nous a retrouvé dans le Vanila cœrulea le même champignon que Noël Bernard avait isolé du Vanda tricoter, et'a isolé,'d’iimoinl.>rahlcs stations de Goodyera repens, Orchidée qui croit en abondance dans la foret de Fontainebleau, une espèce fungique voisine.
- et dont nous avons tenu à recueillir et à publier les témoignages.
- En somme, grâce à ces nouvelles méthodes industrielles, on verra, il faut l’espérer, baisser le prix: des belles fleurs qui ornent les serres. Les splendeurs les plus merveilleuses des régions équatoriales pourront, sinon pénétrer dans la dernière chaumière, du moins figurer dans les demeures les plus modestes. De plus, en fournissant aux praticiens une technique pour mieux élever les plantules d’Orchidées, en mettant ces germinations délicates à l’abri des dangers qu’elles courent, Noël Bernard aura contribué à donner de l’essor aux recherches d’hybridation ; or, les hybrides d’Orchidées sont certainement les créations les plus extraordinaires des horticulteurs. Ils sont parvenus à fabriquer de toutes pièces un nombre invraisemblable d’ètre nouveaux dont l’étude jette des lueurs inattendues sur la Biologie générale et dont les caractères sont de la plus haute importance pour la connaissance des êtres vivants. Costantiin et Maurou.
- Membre de l'Institut., de l'Institut Professeur nu Muséum. Pnsteur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août et de septembre 1922.
- Les hydrates de carbone et la chute des feuilles. — D’après Sachs, les feuilles des arbres de nos régions tombent à l’état d’un squelette formé de substances inutilisables pour l’organisme végélal. Cette théorie déjà mise en doute par Wehmer, Tollens cl, Michel-Durand, ne sauraitêtre adoptée après les expériences deMlle Koliler et de M. Combes, sur le rôle que joue la respiration dans la diminution automnale des hydrates de carbone, au moment du jaunissement ou du rougissement des feuilles.
- A propos des amphiboles bleues et de certaines hornblendes. — En faisant intervenir le lacics, le mode de gisement, la composition chimique et les propriétés optiques, M. G. Murgoci range en dix catégories les premiers minéraux et prépare une classification des secondes — barkeviciles et hornblendes — d’après leur teneur en sesquioxydes (AP Ü3, Fe2 O3) et le rapport p Fe2 O5 : q AP O3.
- La destruction des moustiques. — L’emploi du pétrole n’est pas toujours possible et les Cvprinidés qui dévorent d’énormes quantités de larves exigent, pour y vivre, des eaux bien aérées et relativement pures. La note du professeur R. Dubois montre l’énorme intérêt que pourraient présenter, pour l’hygiène publique, les jeunes anguilles, extrêmement abondantes dans les estuaires et les étangs saumâtres. Ces poissons s’accommodent même d’une eau d’égout très polluée et sont particulièrement voraces, au début du printemps, au moment où les larves des insectes nuisibles passent à l’état d’insectes parfaits.
- Sur la composition des marnes irisées. —Les analyses de M. Thiébaut ont porté sur des échantillons du Keuper, à l’est du bassin parisien ; elles indiquent comme con-
- stituants : des carbonates (dolomite ou calcite), un silicate que sa composition rapproche de la céladonite et de la bravaisile, enfin des éléments détritiques, dans lesquels domine le mica blanc, accompagné de quartz. L’élément essentiel de la partie argileuse serait ainsi un silicate complexe où le fer était primitivement à l’état de protoxyde; ce minéral agit sur la lumière polarisée, il oltéit à l’aimant et se rapproche de certaines variétés de glauconie.
- Le cobalt et le nickel chez les végétaux. — Ayant perfectionné la méthode analytique qui leur a permis de déceler ces métaux dans la terre arable, MM. G. Bertrand et M. Mokragnatz l’ont appliquée à l’élude des cendres de phanérogames et de cryptogames. Les résultats ont été constamment positifs avec toutes les plantes et n’ont échoué pair le cobalt qu’avec l’avoine et la carotte; les proportions sont néanmoins extrêmement faibles. Rapportées au kg de matières fraîches, elles ont été comprises : pour le cobalt entre moins de 1/200° mg et 0 mg 3 et pour le nickel entre Oing 01 (tomate) et 2 mg (pois).
- Le magnétisme terrestre dans le bassin de Paris. —
- A l’aide du théodolite-boussole et de l’aiguille d’inclinaison de Brunner, M. L. Eblé a repiis les mesures ae Moureaux; aux 41 stations que celui-ci avait marquées, il a ajouté Arpajon, Montlhéry, Crèvecœur-le-Grand et Nangis. La variation séculaire ainsi établie sur une période de 20 années serait en moyenne de : —2° 58' pour la déclinaison, — 0°52' pour l’inclinaison et de + 0,0014 pour la composante horizontale.
- 11 en résulte que l’anomalie magnétique du bassin de Paris ne parait pas s’être déformée, du moins dans la partie septentrionale.
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- LA COULEUR ET LA TRANSPARENCE DE LA MER ===== 3<57
- La culture des perles. — M. Louis Boutan présente l’étude d'une perle pesant près de 14 grains, à rapprocher des produits de la grande Meleagrina man/ari-iifera et qui donne à penser qu’on peut obtenir des perles complètes de culture, identiques à des perles fines natu-
- relles, en greffant, dans le mollusque, le sae perlier sans noyau. Dans ces conditions, il deviendrait absolument impossible d’employer, comme instrument de contrôle, le dispositif imaginé récemment par MM. Gali-bourg et Rysiger. Paul B.
- LA COULEUR ET LA TRANSPARENCE DE LA MER &
- La couleur de la mer. — La couleur de la mer a frappé de tout temps les hommes, mais ce n’est que lout récemment que l’on a songé à transformer celle impression artistique en notion scientifique.
- La couleur de la mer est variable d’un moment à l’autre, suivant la couleur du ciel qu’elle reflète, — et c’est ce qui fuit son charme, -- mais les eaux d’une région ont certainement une couleur propre, qui ne varie pas et qui constitue un caractère de la région.
- Bien que difficile à évaluer d’une façon précise, surtout s’il s'agit d’apprécier des nuances très voisines, la couleur de la mer présente parfois des caractères si nettement tranchés qu’ils permettent de déceler l’approche des bancs ou des dangers pour la navigation. Le plus souvent, les gradations sont insensibles : on passe du bleu au vert, du vert au jaune, peu à peu; toutefois les changements se produisent généralement toujours à la même place.
- La c iuleur naturelle de l’eau de mer, comme celle de l’eau douce, est le bleu. L’eau de mer absorbe les rayons lumineux en proportions inégales ; mais, pour une même épaisseur d’eau, les rayons bleus sont dix fois plus absorbés que les rayons rouges. C’est pourquoi l’eau transparente paraît bleue, un objet blanc, vu à travers l’eau, devient bleuâtre, et c’est aussi la raison de la belle couleur bleue de certaines grottes des rivages : les rayons qui les éclairent ont traversé l’eau de mer à l’entrée de la grotte, et ces rayons 'sont des rayons bleus, les autres ayant été plus ou moins absorbés.
- La couleur naturelle bleue est troublée par les particules en suspension. Ces particules sont soit des animaux marias infiniment petits et en nombre infiniment grand, qui constituent ce que l’on appelle le plcuiklon. Ce sont aussi des particules solides arrachées aux continents et qui tombent lentement sur le fond. Les particules animales ou inorganiques ont presque toutes une couleur tirant sur le jaune ou le vert, et c’est à elles que la mer doit sa couleur verdâtre.
- Au voisinage des côtes, auprès de l’embouchure des lleuves, ou sur les bancs de faible profondeur perpétuellement brassés par les vagues ou les courants (2), les particules inorganiques sont tellement abondantes que l’eau de mer prend des couleurs jaunâtres ou rougeâtres, suivant la nature des sédi- j
- I
- 1. Nous avons extrait cet article du Manuel d Océanographie physique de M. J. Rocca qui vient de paraître chez Masson et Cio, éditeurs, Paris, 1922.
- 2. C’est le cas, par exemple, de nos côtes de la mer du !
- Nord. • . j
- ments qu’elle charrie, couleurs si caractéristiques que des mers entières leur doivent leur nom [mer Jaune(’)].
- Il arrive aussi que les particules végétales ou animales, transportées par la mer, s’accumulent en traînées qui ont un aspect blanchâtre, rougeâtre ou jaunâtre, et qui couvrent des étendues parfois considérables. Par exemple, la mer prend l’aspect d’une vaste plaine de neige éclairée d’un reJlet crépusculaire (mer de lait), et les larges traînées rougeâtres, constituées par des milliards de petits copépodes, sont bien connues des pêcheurs, qui les appellent la nourriture de baleine.
- Les eaux bleues ne contenant pas autant de particules en suspension (et par suite de plankton) que les eaux vertes, on a pu dire qu’elles constituaient à la surface des océans des sortes de déserts, car les animaux marins sont abondants dans les régions où le*plankton, qui constitue leur principale nourriture, est lui-même abondant (2).
- D’une façon générale, les eaux de la mer sont d’un beau bleu dans les régions équatoriales et tropicales (la mer la plus bleue est la mer des Sargasses) ; elles sont vert-bouteille dans les hautes latitudes, vert-olive dans l’Océan Antarctique à cause de l’abondance des diatomées, et d’un vert jaunâtre au voisinage des côtes. La figure 1 donne la carte dressée pour l’Océan Atlantique, d’après 1‘échelle de Forel.
- Phosphorescence de la mer. — A la couleur de la mer peuvent se rattacher les phénomènes bien connus de la phosphorescence et de l’écume.
- Pendant les nuits d’été dans nos régions, surtout quand le temps est orageux, on aperçoit très souvent des reflets lumineux à la surface de la mer, et,
- 1. Il ne faut, pas attribuer trop d’importance à ces dénominations et chercher à leur donner, après coup, une hase scientifique. La couleur ries populations riveraines, la première impression toute fortuite des premiers navigateurs ont été souvent, autant et plus que la couleur de la mer, la raison de ces appellations. La mer Rouge n’est pas plus rouge que la mer Noire n’est noire, ou-que la Terre de Feu n’est embrasée.
- 2. Que d’observations discordantes encore! Pour n’en citer qu’une, très célèbre, sinon en océanographie, mais en littérature, je rappellerai la page admirable rie Pierre Loti, intitulée Après une lecture de Michelet :
- « Cette eau chaude, aux pesanteurs d'huile, qui vous berçait comme une plume légère, était d’un bleu si intense qu’on l’eùt dite colorée par elle-même, teinte à l’indigo pur. Si l’on se penchait pour en prendre un peu dans le creux de la main, ou voyait qu’elle était pleine de myriades de petites plantes ou dé petites bêtes ; q'u’clle était encombrée et comme épaissie de choses vivantes. »
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- dès qu’un objet quelconque remue l’eau, il fait naître des myriades de particules lumineuses. La mer est alors phosphorescente. Le phénomène est général et s’observe dans toutes les mers du globe.
- La phosphorescence de le mer est causée par des animalcules marins, qui jouissent de la propriété d'être lumineux. Certains d’entre eux doivent même leur nom à celle propriété : ce sont les noctilufjues, qu’on a justement comparés à un grain de tapioca cuit (Joubin). La phosphorescence est donc un signe de plankton abondant.
- L’écume. — L’eau douce pure agitée ne donne pas d’écume.
- Pour que l’écume se manifeste, il faut que l’eau contienne des matières organiques. Peut-être la présence de sels dissous est-elle favorable à la production d’écume. L’écume est non seulement produite par le brassage énergique de la mer sous forme de vagues, mais aussi par la rencontre d’eaux de nature différente, par exemple à l’embouchure des fleuves, au contact de l’eau douce et de l’eau salée. Depuis longtemps, les navigateurs ont signalé les lignes d’écume qui séparent parfois des zones de courant différent. La température et la densité varient en effet, souvent de façon importante, de part et d’autre des lignes d'écume. A la rencontre des eaux froides des fjords de Norvège avec les eaux relativement chaudes et plus salées transportées par la dérive de l’Atlantique Nord, on observe aussi une lisière d’écume.
- La transparence de la mer. — La transparence mesure en quelque sorte la quantité de particules et d’animalcules contenus dans la mer. Ce que nous avons dit jusqu’ici nous permet de déduire que les eaux bleues sont plus transparentes que les eaux vertes.
- La transparence mesurée en mètres est reliée à la couleur de l’eau de mer par la relation suivante :
- Eaux vertes (échelle 9-10 de Forel) : transparence moyenne 16 mètres.
- Eaux bleu verdâtre (5-9) : transparence 17 m.
- Eaux bleu clair (2-5) : transparence 25 mètres.
- Eaux bleues (0-2) : transparence 28 mètres.
- Quant aux eaux limoneuses des régions côtières, il est évident que la transparence y est à peu près nulle.
- Le disque blanc, qui sert à mesurer la transparence, st voit parfois à des profondeurs très grandes : ainsi, dans la mer des Sargasses, au milieu de l’Atlantique Nord, Krümmel l’a vu disparaître. à
- 66 m. 50. En Méditerranée, la transparence la plus grande observée a été de 35 m. La transparence est souvent très variable : dans les mers australes, en des points pas très éloignés les uns des autres, nous avons observé des transparences variant de 9 m. à 40 mètres.
- Si un disque blanc se voit jusqu’à 20 m., un disque jaune ne sevoitqu’àl7m., un disque rouge à 15 m. et un disque gris à 15 mètres.
- Les scaphandriers ont signalé que l’intensité de la lumière décroît rapidement dès qu’on quitte la surface de la mer. Des expériences précises, faites à l’aide de plaques photographiques, ont montré que la^lumière du jour ne pénètre pas à plus de 400 m. de profondeur. Plus bas, la mer est dans une obscurité complète et ne peut être éclairée que par les appareils lumineux portés par les animaux qui y vivent (Q. J. Roue,h.
- Professeur à l’Ecole Navale.
- 1. Des expériences récentes d’IIclland-IIansen ont montré qu’une plaque photographique 1res sensible élait encore impressionnée à 1000 m. de profondeur après une exposition de 80 minutes. A 1700 m., une exposition de 2 heures n’a donné aucun résultat.
- L’étude de la transparence de la mer a eu tout récemment une application directe, et très intéressante, dans la recherche des hauts fonds par la photographie aérienne. (Voir l’étude de M. Voljiat, Annales hydrographiques de 1919-1920.)
- 80 °W.
- 40°N
- 40°S
- 80°W. 40° 0°
- illilllllllllli Eaux vertes (g de l'éeheJ/e Fore!)
- Eaux bleues (o-2>
- Fig. i. — Répartition des eaux vertes et bleues dans VAtlantique.
- 40°N
- 40°S
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2540.
- 9 DÉCEMBRE 1922
- LE FREINA
- T0M0BILES
- commandant les 4 roues d’une automobile.
- plus vrai que la vitesse de la voiture sera plus grande.
- 7 On évite d’ailleurs ainsi le dérapage et le retournement de la voiture.
- Etant donné que les règlements exigent la présence de deux freins indépendants sur une voiture automobile, on est arrivé à combiner le freinage sur les quatre roues, surtout sur les mitures un peu lourdes, de manière à utiliser l’adhé-
- Le conducteur d’une voiture automobile doit rester toujours maître de sa voiture : ce sont les termes mêmes du Code de la route. Par conséquent, le conducteur doit pouvoir ralentir et même arrêter très brusquement : c’est le but des freins.
- Au début, on employait les freins à courroie en poil de chameau, mais vers 1905 on les remplaça par des freins à serrage intérieur, par expansion de segments. Ces freins se trouvent montés d’abord sur l’essieu arrière, puis également sur l’arbre de commande, vers la boîte de vitesse : c’est ce qu’on appelle « frein sur différentiel ».
- Plus récemment on a appliqué également les freins sur les roues avant, ce qui est beaucoup plus rationnel. En effet, lors du freinage, la voiture continue à se déplacer par son seul élan et la réaction sur le soi change de sens; la voiture tend à se soulever à l’arrière et l’essieu avant se trouve le plus chargé.
- C’est donc sur lui que le freinage sera le plus actif et eda sera d’autant
- IL fi
- Fig. 3. — Commande hydraulique de freins par cylindre placé à l’intérieur d’un tambour.
- P, piston; A, arrivée du gaz comprime ; R, ressorts de rappel; M, mâchoires de freins; T, tambour fixé à la roue; C, came de mâchoires de freins ; B, biellette réglable; L, levier-came actionné par la biellette sous l’action des gaz comprimés.
- rence totale du véhicule. Mais l’installation du frein sur une roue avant est une chose délicate, car cette roue pivote sur l’extrémité de l’essieu et il est nécessaire de prévoir des liaisons mécaniques spéciales pour les commandes.
- Le freinage sur les roues avant fut appliqué pour la première fois en 1904 sur une Mercédès du Salon* puis en 1908 seulement sur Àrgylls et Isotta Fras-chini. En France, le point de départ date du grand prix de 1914, oit Peugeot appliqua ce système sur ses voitures, malgré les critiques de l’époque.
- Plusieurs procédés sont employés pour la commande du frein sur l’avant ; Allen Liversidge fait coïncider l’axe de pivotement avec celui de la roue, ou bien, dans une autre disposition, le pivot d’essieu est incliné de façon que son axe passe par le point de contact de la roue avec le sol. Isotta Fraschini commande les segments de frein par un carré à rotule, dont le centre se trouve sur l’axe de pivotement de l’essieu. Enfin Perrot-Argylls a les axes de pivotement inclinés, et le décalage des freins au moment du braquage est obtenu par un mouvement différentiel automatique (fig. 1).
- Une commande mécanique ingénieuse est celle de Wattcl-Mortier, qui utilise le déplacement d’un pivot conique sur une rampe hélicoïdale portée par le moveu.
- 50’ Année.
- 2’ Semestre.
- 24. — 5IÏ9.
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- LE FREINAGE DES AUTOMOBILES
- Fig. 4 — Commande hydraulique de freins par diaphragme agissant sur les timoneries.
- A, arrivée de l’air comprimé-; C, diaphragme en caoutchouc; T, tiges de commandes de freins.
- Le développement de la voiture de sport, qui a aujourd’hui les caractéristiques de la voiture de course, exige une puissante action des freins et par suite un effort anormal pour le conducteur, surtout s’il doit agir simultanément sur les quatre roues, alors que la force musculaire limite l’action du freinage. On a donc été amené à étudier un servofrein, qui permet au conducteur, avec un effort faible, de régler à volonté l’intensité du freinage. Ces appareils auxiliaires sont, soit simplement mécaniques, soit hydrauliques, soit pneumatiques.
- Dans le frein auto-régulateur Hallot (lig. 2), un ruban forme serrage sur une poulie, grâce à la traction exercée par la pédale de commande des freins. Pour éviter tout calage de la roue, des segments sont montés à la sortie de la boite de vitesse, et ils viennent sous l'action de la force centrifuge s’appliquer sur le tambour où passe le ruban. Quand on agit sur la pédale, on applique le ruban sur le tambour, qui est cnlrainé par les segments, ce qui provoque le serrage du ruban, lequel est relié par son autre extrémité à la timonerie des freins sur les quatre roues.
- Lorsque le véhicule ralentit, la force centrifuge diminue et il y a un glissement de tambour sur les segments. L’effort d’entraînement du ruban et, par suite, l’action dufreinage vadoncendiminuantau fur et à mesure que la vitesse de la voiture baisse. On évite ainsi le calage et si l’on relie l’extrémité du ruban à un point fixe, on réalise un frein auto-régulateur de mécanisme, qui ne peut jamais caler les roues.
- Le servo-frein Birkigt comporte un tambour corn mandé, avec une grande démultiplication, par l’arbre de la voiture. La pédale applique un segment à l’intérieur de ce tambour et ce segment commande à son tour un bras sur lequel sont calés les leviers de commandes des freins. Plus on agit sur la pédale et plus on applique avec force le segment sur le tambour, celui-ci tend d’autant plus à l’entraîner que l’adhérence est plus grande. - ^
- Dans le système hydropneumatique Rolland-Pilain, la pédale actionne une pompe à huile placée dans le corps de l’essieu. Les pivots verticaux des roues avant sont creux et constituent des cylindres j dans lesquels l'huile envoyée par la pompe déplace J un piston; celui-ci agit par deux biellettes sur
- l’extrémité des segments du frein. Ce freinage n’est, aucunement influencé par l’orientation des roues, et il ne gêne en rien la douceur de la direction (lig. 5).
- Dans le freinage pneumatique Westinghouse, la pédale de freinage provoque l’envoi de l’air comprimé, emmagasiné dans un réservoir, jusqu’à des cylindres, dont les pistons en se déplaçant viennent provoquer le serrage des segments de frein (lig. 5).
- Il élait intéressant de chercher à appliquer Pair comprimé pour la manœuvre des freins de voitures automobiles, étant donné surtout que ce système est employé couramment pour le freinage de véhicules à grande vitesse, tel que le freinage des wagons de chemins de fer.
- Sur le châssis de la voiture, on s’est heurté à des difficultés assez grandes, car on ne pouvait songer à employer une bouteille d’air comprimé d’un poids élevé et d’un usage limité ; il fallait donc un petit compresseur fonctionnant avec le moteur.
- La première application de Pair comprimé a été le démarrage automatique du moteur, grâce à l’emploi d’un distributeur qui introduit Pair dans le cylindre afin d’entraîner les. pistons jusqu’après la période d’aspiration. Le compresseur est installé de manière qu’il puisse s’adapter à un moteur quelconque de voiture de la même façon que la dynamo d’éclairage ou que tous autres organes accessoires.
- La première voiture équipée en France suivant ce système a été la voiture « Slim » dans laquelle le compresseur, fonctionnant sans arrêt, charge Pair dans deux réservoirs, l’un à haute pression pour le
- Fig. 5. — Compresseur Westinghouse installé sur un camion Saurer pour freinage d’un /rein routier.
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- LE FREINAGE DES AUTOMOBILES
- démarrage, et l’autre à pression basse pour les autres applications.
- Dès que ces réservoirs sont remplis, le compresseur qui continue à fonctionner marche à vide ; ceci est réalisé au moyen d’un espace mort dans le compresseur, calculé de façon que la pression ne puisse dépasser une valeur déterminée à l’avance; l’air comprimé quand il est pris dans les réservoirs est automatiquement remplacé par le compresseur sans qu’on ait à manœuvrer aucun dispositif.
- Pour mettre en marche, il sultil, au moyen d’un levier, d’envoyer l’air comprimé dans les cylindres du moteur de la voiture grâce à un distributeur Lelombe constitué par une sorte de tiroir circulaire entraîné par l’arbre à cames ; ce tiroir a pour effet d’envoyer l’air comprimé dans celui des pistons qui se trouve en position d’admission; dès qu’une explosion se produit dans l’un des cylindres, la soupape d’admission se ferme, ce qui arrête l’envoi de l’air comprimé et le mécanicien peut alors lâcher son levier, car le moteur est démarré.
- Mais pour le freinage, il suffit d’avoir une pression beaucoup plus faible qui peut aller de 2 à 6 kgs et qui dépend de l’effort de freinage que l’on veut obtenir ; la manœuvre du frein à air comprimé
- sur la voiture se fait, comme pour les freins ordinaires, au moyen d’une pédale.
- Ce freinage peut s’exercer sur deux ou quatre roues, mais il faut remarquer que l’application de l’air comprimé au freinage sur les roues avant est particulièrement facile; on n’a pas à chercher de réalisation mécanique spéciale comme cela se rencontre dans les freins avant mus mécaniquement. Les types de freins à air comprimé sont de deux natures suivant que les cylindres de freins sont montés à l’intérieur des roues ou que des diaphragmes sont installés sur les cotés de la voiture. Quand le cylindre de frein est placé à l’intérieur du tambour de chaque roue,- un piston de ce cylindre actionne l’écartement des mâchoires de frein à l’aide d’un levier came, des ressorts ramènent les mâchoires à leur position de repli. Lorsque l’air comprimé a cessé d’agir, cet air est refoulé jusqu’à la soupape d’échappement située près de la pédale de commande du frein (fig. 7).
- Dans certains cas, spécialement pour les poids lourds, l’air comprimé n’est utilisé que pour le freinage et on peut employer alors un appareil spécial d’application des gaz sous pression qui évite l’emploi de compresseur. Les freins sont actionnés par un système de boites à diaphragmes monté sur le châssis ; un réservoir principal installé sur le tracteur ou le camion peut alimenter un réservoir installé sur une remorque et on a la possibilité de freiner automatiquement une remorque. Des valves
- Fig. /. — Freinage pneumatique sur roues avant de voiture légère par cylindre dans les tambours.
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- LE FREINAGE DES AUTOMOBILES
- d’un dispositif spécial à l’entrée de chaque réservoir commandent les freins et obéissent à la pédale de manœuvre progressive.
- Dans le cas de rupture d’attelage, la valve du réservoir de la remorque provoque la détente des gaz comprimés dans les diaphragmes de frein de celle-ci, ce qui entraîne un bloquage immédiat des freins analogue à ce qui se passe dans les trains de wagons de chemins de fer (fig. 4).
- La puissance d’un appareil de freinage à air comprimé sur les quatre roues d’un véhicule automobile est particulièrement grande tout en restant souple.
- Des essais sur des châssis munis de freins de ce genre ont pu arrêter en 18 mètres une voiture de 2000 kgs lancée à 100 km à l’heure. La répartition égale de la pression sur les roues avant, le dérapage et la progressivité du freinage font que la roue ne se bloque pas, mais ralentit son mouvement pour s’arrêter en même temps que la voiture.
- On n’a donc pas d’arrachements de bandages et la durée de ceux-ci est ainsi considérablement accrue; les voyageurs n’éprouvent pas la sensation delre projetés en avant comme cela se produit si fréquemment dans le cas de coups de freins brusques, mus par des dispositifs mécaniques.
- Il est possible de prévoir que l’air comprimé pourra s’utiliser également pour la suspension des voitures et pour des combinaisons diverses dans l’agencement de la carrosserie.
- Quel que soit le système employé, on peut combiner de façons très différentes le freinage sur les quatre roues.
- Dans le freinage sur les roues arrière et sur le | différentiel, la> pédale agit généralement sur ce dernier alors que le levier à main actionne le frein sur roues. Avec le freinage avant, beaucoup de constructeurs disposent également un frein sur roues arrière et un frein sur différentiel ; on a alors trois freins pour la voiture, mais quelquefois le freinage sur les quatre roues forme un tout et il constitue à lui seul un système de freinage. . _
- Il est évidemment plus logique de commander le frein sur différenliel par la pédale, car le freinage, se produisant sur des pièces tournant à une grande vitesse, l’effort nécessaire pour appliquer les segments en vue de produire un effet donné a besoin d’être moins énergique. Au contraire, le levier qui produit un plus grand effort commandera les freins sur les roues, mais ce raisonnement ne
- s’applique plus quand on agit sur les freins par l’intermédiaire d’un servo-frein.
- Quand la commande est unique pour deux roues, comme dans les dispositions où les freins avant et arrière sont accouplés en diagonale, il est nécessaire d’équilibrer le serrage, et on y arrive par un palonier compensateur, par un câble souple ou quelquefois même par un différentiel. Cet équilibrage est automatique quand on a des freins hydrauliques ou pneumatiques, car le fluide régularise les actions (fig. 8).
- Ces derniers systèmes ont donc une action très puissante, tout en restant extrêmement souple.
- En ces dernières aimées, la question du freinage a été très étudiée et on a pu lire un peu partout que les Salons de l’Automobile de 1921 et 1922 avaient été des salons du freinage.
- Posséder de bons freins est souvent pour un conducteur une véritable assurance sur la vie, aujourd’hui surtout que les vitesses sur routes atteignent des chiffres impressionnants, les incidents de route les plus minimes peuvent alors prendre des proportions dangereuses et provoquer des dérapages parfois mortels ; un croisement masqué par un bouquet d’arbres, un coude brusque, un chariot qui se met en travers et c’est la catastrophe inévitable, si des freins puissants ne peuvent entrer immédiatement en jeu.
- On conçoit que le freinage ait préoccupé les constructeurs, puisque notre mentalité veut que toute voiture qui ne peut faire du 100 ne soit qu’un véhicule de roi fainéant.
- Aussi le freinage sur les quatres roues se généralise-t-il de plus en plus, car aux grandes vitesses le freinage sur les roues avant est le seul vraiment efficace, sans être dangereux par suite d’un coup de pédale donné trop brusquement.
- Evidemment le dispositif du frein sur l’avant entraîne une complication et par suite une élévation de prix de la voiture et la solution peut-être économique serait celle qui consisterait à rendre l’essieu avant moteur fixe,- alors que l’essieu arrière ne deviendrait plus qu’un essieu directeur et porteur.
- Ce serait une petite révolution dans l’anatomie de la. voiture et celle-ci ne serait plus alors en aucune façon l’adaptation des voitures à traction animale.
- Ë. Weiss.
- Fig. 8.
- Timonerie d’équilibrage Mory.
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- Un nouveau combustible.
- LE CHARBON BLANC OU MÉTA
- On trouve dans le commerce, depuis quelque temps, un nouveau combustible qui se présente sous forme de petits comprimés solides, d’un blanc pur. Si l’on on approche une allumette, il s’enflamme aisément, sa flamme bleuâtre est analogue à celle de l’alcool, il brûle sans odeur, sans fumée, sans se désagréger et ne laisse aucun résidu. Si l’on souffle, il s’éteint facilement, en dégageant alors une légère odeur de pomme ; ce qui reste du bloc non bridé pourra être à nouveau utilisé.
- Il n’est ni volatil, ni soluble dans l’eau; il brûle même dans l’eau.
- Sa chaleur de combustion est du même ordre que celle de l’alcool pur.
- Voici donc un combustible précieux, par la commodité de son emploi, et qui apparaît comme le moyen de chauffage idéal notamment pour tous les appareils portatifs ; réchauds, fers à friser, à repasser, appareils de stérilisation, etc.? Sa supériorité sur l’alcool liquide est manifeste :
- Qu’est-ce que ce combustible? La Société qui le fabrique, la Société suisse de produits chimiques, la Lpnza, lui a donné le nom de Méta ; abréviation de son nom scientifique : métaldéhyde. Elle le baptise aussi de la dénomination pittoresque de charbon blanc.
- L’histoire de ce corps et de sa fabrication sont fort instructives.
- I. —L’alcool solidifié.— Depuis longtemps déjà on a cherché à solidifier l’alcool pour réaliser un combustible solide, propre, facilement transportable et inflammable.
- Comme premier résultat des efforts entrepris dans ce domaine, est apparu sur le marché l’alcool solidifié. Le premier produit obtenu contenait comme matière solidifiante des savons mousseux, parfois perfectionnés par l’adjonction de laque, d’axonge de cerf, de stéarine, d’acide stéarique. Plus tard, on solidifia l’alcool au moyen de collodion ou d’acétate de cellulose ou par la gélatine extraite de l’agar-agar.
- Pendant la guerre, on employa ces différents combustibles en grande quantité, leur emploi était en effet, malgré quelques défauts, plus commode que celui de l’alcool liquide. Le principal défaut de tous les. alcools solidifiés est que l’alcool reste volatil; il faut donc les conserver dans des récipients hermétiques, sous peine de leur voir perdre leur pouvoir calorifique. L’alcool solidifié au moyen de savon fond pendant la combustion, ce qui rend son emploi impossible dans beaucoup de cas. D’autre part, il laisse des cendres.
- On a ensuite recommandé l’emploi de la paraformaldéhyde et de l’urotropine (hexaméthylènetétramine) comme combustibles. Le premier dégage, après extinction, de fortes vapeurs de formaldéhyde et celui qui les a senties une fois ne les oublie plus. L’urotropine ne fut qu’un moyen de fortune essayé pendant la guerre, car les substances dont elle se compose, la formaldéhyde et l’ammoniaque sont d’un prix élevé, d’autant plus qu’en extrayant l’eau de ces substances, leur poids diminue de moitié. De plus l’urotropine est soluble dans l’eau. 11 semble qu’on a aussi recommandé l’uréthane comme combustible, mais il ri’a pas eu grand succès.
- II. — Le Métaldéhyde.—Ses propriétés physiques et chimiques. — La solution adoptée par les usines électriques de la Lonza offre celle particularité remar-
- quable de faire appel à une substance qui jusqu’à présent n’était pas sortie du domaine scientifique et du laboratoire.
- Le métaldéhyde est un isomère de l’aldéhyde éthylique ou acélal, qui possède encore un autre isomère, le paraldéhyde dont nous aurons à parler plus loin.
- La préparation du métaldéhyde comme combustible n’a été possible que depuis que la fabrication de l'acétaldéhyde en partant du carbure de calcium est entrée dans la pratique courante.
- Ce fut Liebig qui découvrit le métaldéhyde en 1835, son existence a été confirmée par Fehling en 1838 et ses propriétés ont été étudiées en détail par Kékulé et Zincke en 1872. Le métaldéhyde se forme comme sous-produit au cours de la polymérisation de l’acétaldéhyde en paraldéhyde au moyen d’acides ou de sels ; à la température ordinaire, on oblient une solution à faible concentration de métaldéhyde dans le paraldéhyde ; à une température plus basse, il se forme de fines aiguilles blanches de métaldéhyde, qui peuvent grossir jusqu’à devenir des cristaux assez gros, pourvu qu’ils se forment suffisamment lentement.
- Le métaldéhyde ne fond pas à la pression ordinaire. Entre 112 et 115°, il commence nettement à sublimer sans fondre. Au-dessus de 160°, il parait possible de le fondre en tube scellé (Roozeboom 18-4°, Hollmann 167°, Smiths et de Loeuw ,246°). Le métaldéhyde, s’il est impur et conservé non enfermé, se volatilise, à la longue, surtout en été, sous forme d’acétaldéhyde. Dans un récipient fermé, il se transforme en paraldéhyde. Le métaldéhyde à l’état tout à fait pur semble pouvoir se conserver indéfiniment. Le poids moléculaire correspond d’après les nouvelles recherches à la formule (CIPCOII4). Le pouvoir calorifique est d’environ 6000 calories par kg.
- Le métaldéhyde n’est que peu soluble dans la plupart des dissolvants, par exemple dans le sulfure de carbone, l’acétone, l’acide acétique, l’eau, etc. L’acétaldéhyde à 19° en dissout 0,25 pour 100, le paraldéhyde à 12°, 0,06 pour 100, l’alcool bouillant 1,8 pour 100, l’éther bouillant, 0,5 pour 100, le benzol à 25°, 13,5 pour 100.
- 111. —La fabrication du Méta. — La transformation fortement accélérée par calalyse de trois polymères l’un dans l’autre (l’acélaldéhyde pur peut, comme on le sait, être abandonné longtemps à lui-même sans se transformer en paraldéhyde, qui donne naissance au métaldéhyde), a poussé quelques savants à en approfondir Je processus physico-chimique (*).
- Voici les conclusions qui se dégagent de ces études ainsi que des travaux poursuivis pour réaliser la fabrication industrielle du Méta.
- Si l’on mélange l’acétaldéhyde à la température ordinaire avec des catalyseurs en très petite quantité (en général une proportion de 0,1 pour 100 est suffisante), celui-ci se polymérise plus ou moins rapidement suivant la puissance du catalyseur et donne naissance à du paraldéhyde et à du métaldéhyde jusqu’à réalisation d’un équilibre dépeudantdela température, mais non de la nature du catalyseur. L’équilibre est déterminé par les réactions suivantes : soit : — Acé-aldé hyde Paraldéhyde, Acétaldéhyde ^ Métaldéhyde,
- 1. R. Hollmmank. Z. Physik, Chem.yol. 43, p. 129 (1903), A. Smith et IIl. de Loeuw. Ibid., vol. 77 p. 269 (1911).
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- 374 LE CHARBON BLANC OU META
- Paraldéhyde-)/1-Métaldéhyde, que. nous représenterons par le schéma :
- Acet
- // w // \\.
- Par ——r Met
- Si l’on mélange de l'acétaldéhyde pur avec le catalyseur nécessaire, le résultat final sera à 15 degrés un mélange liquide des trois substances, dans lequel le paraldéhyde prédominera très fortement (92 pour 100 environ), tandis que le métaldéhyde ne s’y trouvera qu’en quantité tiès faible, inférieure en tous les cas à celle nécessaire pour obtenir une solution saturée (c’est-à-dire moins de 0,00 pour 100). Le métaldéhyde ne se produit pas en quantités visibles au cours des réactions intermédiaires à la]lempérature de 15 degrés, ce qui indique que la quantité produite ne dépasse pas celle que peut dissoudre l’acétaldéhyde (c’est-à-dire pas plus de 0,25 pour 100).
- Il en est autrement aux basses températures. La solubilité de métaldéhyde dans l’acétaldéhyde diminue avec la température ; on peut alors, en choisissant des catalyseurs appropriés, arriver à ce que la limite de solubilité du métaldéhyde dans l’acétaldéhyde et dans le paraldéhyde soit temporairement dépassée el que le métaldéhyde se sépare sous forme de substance solide. Cependant, comme le point d’équilibre des substances en présence ne varie pas, on risque, si l’on attend que cet. équilibre se rétablisse, de voir disparaître le Mêla solide qui s’élait produit.
- Il existe toute une série de substances qui semblent activer la réaction partielle acel-Ymet, au détriment de la réaction parallèle acet—vpar; ce sont les seules qui puissent entrer en ligne de compte p^ur la production du métaldéhyde à l’état solide. Dans celle catégorie, il faut ranger presque tous les acides forts, en particulier l’acide sulfurique et quelques sels. 11 ne faut évid> m-ment pas laisser se prolonger trop longtemps la réaction, mais l’arrêter dès que l’on a atteint la précipitation optimum de métaldéhyde, sans quoi ce dernier disparaîtrait.
- De toutes ces | articularités, résulte pour la fabrication une série de complications et de problèmes dont la solution n’est pas toujours aisée. Tout d’abord le choix du cataly.'eur approprié : une substance donnée peut agir différemment sur chacune des trois réactions en question ; elle peut, par exemple, accélérer la réaction 1,
- être sans effet sur les réactions 2 et 5, ou encore les
- retarder; elle peut les accélérer toutes les trois ou en
- accélérer deux et pas la troisième, ce qui représente
- 24 cas possibles pour chaque substance envisagée. Ces différentes actions du catalyseur peuvent en outre être influencées de manière différente par la température. Dans certains cas, un catalyseur n’agit presque pas à une température inférieure à 10 degrés, tandis qu’à une température élevée il agit intensément. En outre, la solubilité du métaldéhyde dans le paraldéhyde ét l’acétaldéhyde qui détermine sa précipitation dépend beaucoup de la température, mais à des degrés divers. A des | températures très basses, il faut surveiller le point d’équilibre de façon à ne pas obtenir le paraldéhyde en trop grand excès, si l’on ne veut pas risquer que ce dernier, dont le point de congélation est -j- 12,5°, ne passe à l’état solide.
- Ainsi qu’il ressort de ce qui précède, le métaldéhyde est métastable à la température ordinaire; il faut par conséquent, pendant qu’on l’isole, faire obstacle à son
- retour à l’état paraldéhyde ou acétaldéhyde. Le réglage de la température pendant l’opération est délicat. La réaction est exothermique. Dans de grands appareils, il se forme facilement des foyers de haute température qui, s’ds ne sont pas détruits immédiatement, produisent une forte accélération locale de la formation de paraldéhyde avec dégagement de chaleur intense et dangers d’explosion. Il peut arriver que tout le contenu d’un grand appareil de réaction entre en ébullition en quelques minutes, ce qui doit être évité à tout prix, en raison de l’inflammabilité de l’acétaldéhyde.
- On vidange le mélange de réaction lorsqu’on a obtenu le maximum de précipité de métaldéhyde et l’on élimine par essorage le mélange paraldéhyde •— acétaldéhyde, qui adhère encore au produit. Le liquide est retransformé en acétaldéhyde pour être à nouveau employé, ou bien il est transformé en paraldéhyde pur.
- Le métaldéhyde ne pourrait être employé comme combustible sous la forme que nous venons de décrire. Il se présente alors comme un a nias d’aiguilles d’autant plus fines que la production a été plus rapide. Une fois séché, c’est une poudre très volumineuse et très inflammable qui serait dangereuse pour les emplois domestiques et qui brûle si rapidement et avec une si forte flamme qu’on ne pourrait pas utiliser complètement son pouvoir calorilique. C’est en le comprimant très fortement qu’on arrive à en faire le combustible si pratique dont nous avons énuméré plus haut les qualités. 11 ne s’enflamme alors pas aus-i instantanément que l’alcool à briller; il faut, pour l’allumer, le soumettre à l’action de la flamme d’une allumette, pendant quelques dixièmes de seconde.
- IY. — La combustion du métaldéhyde comprimé et ses curieuses particularités. — Les comprimés de métaldéhyde brûlent d’une façon toute spécia'c. Ce n’est pas précisément le métaldéhyde qui brûle, car sous l’action de la chaleur que la flamme lui renvoie, il se transforme en acétaldéhyde et c’est cet acétaldéhyde qui biûle. Il se forme autour du comprimé qui brûle une auréole de gaz frais, qui empêche que la flamme ne vienne en contact avec le combuslible. Ceci ajouté au caractère endothermique de la réaction Met—>-Acét maintient toujours froid le comprimé qui brûle, assez froid pour qu’on puisse éteindre la flamme sans crainte de se brûler en enfermant dms la main le comprimé enflammé. La trans’formation en acétaldéhyde pendant la combustion, se règle d’elle-mème ; en effet, s’il arrivait que le dégagement de gaz augmente, la flamme s’éloignerait du combustible, la chaleur rayonnée aurait moins d’effet sur lui et le dégagement de gaz diminuerait. La flamme des comprimés Méta est donc autorégulatrice et, par conséquent, particulièrement tranquille et régulière.
- Le dégagement de gaz pendant la combustion est accompagné d’un fait entièrement nouveau qui n’apparaît aussi nettement dans aucun des combustibles connus jusqu’à ce jour ; c’est l’influence d’un phénomène de catalyse sur la combustion. Si l’on comprime la poudre de métaldéhyde, telle quelle sort de la fabrication, c’est-à-dire non lavée, les comprimés obtenus dégagent, même sans être échauffés, une légère odeur d’acétaldéhyde, témoignant d’une lente désagrégation du métaldéhyde; cette odeur est particulièrement forte immédiatement après l’extinction du comprimé, pendant quelques minutes, mais seulement s’il s’agit de métaldéhyde non lavé. Gela provient des catalyseurs employés, dont des traces de l’ordre de grandeur du millionième pour cent adhèrent encore aux cristaux de Méta.
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- LA PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR .... • .....=. 375
- On n’a pas cherché à purifier davantage le Méta, car un tel degré de pureté est chose à peu près inconnue pour des produits de la grande industrie; par contre on est arrivé à neutraliser l’effet des catalyseurs par d’autres moyens.
- On peut supprimer leur influence catalysante par l’addition d’autres substances : transformer par exemple l’acide sulfurique en sulfate de baryum, l’acide chlorhydrique en chlorure d’argent, l’acide sulfurique par addition d’ammoniaque en sulfate d’ammonium etc. etc.; un autre moyen de neutralner cette influence serait de supprimer complètement la phase liquide.
- Ce dernier procédé est facilité par la propriété du Méta de n’ètre ni hvgroscopique, ni soluble dans l’eau. Si l’on veut brûler du Meta qui soit absolument exempt de produits catalytiques, par exemple du Méta purifié par sublimation dans le vide, ou par recristallisation ou bien du Mêla dans lequel le catalyseur est complètement atone, on éprouve des surprises. Tel produit s’allume beaucoup plus difficilement que le produit moins pur, la flamme lèche le comprimé, qui s’échauffe fortement. Si on l’éteint en soufflant dessus, il se forme un nuage de métaldéhyde sublimé qui reste en suspension dans l’air pendant longtemps, comme le plus léger duvet. Cette sublimation aurait encore un autre inconvénient : elle provoquerait des dérangements dans les pièces délicates des brûleurs utilisant le Mêla, en particulier dans les dispositifs de réglage.
- Ainsi donc, pour brûler le combustible, le catalyseur est nécessaire, tandis que pour le conserver il e>t non seulement superflu, mais indésirable. On a réussi à concilier ces deux exigences contradictoires ; on*a trouvé en effet le moyen de rendre le catalyseur inactif aux températures inférieures à 30 ou à 40 degrés, fout-en lui maintenant ses propriétés pour les températures de 00°. On lui permet ainsi, lorsqu’on approche l’allumette enflammée qui met le feu au Mêla, de réaliser la dissociation nécessaire à la production de la flamme; il redevient inerte lorsque la température tombe.
- Par ce procédé, l’odeur du produit disparait à p» u près complètement; les quelques traces qui subsistent peuvent être masquées par l’adjonction de parfums en quantités juste suffisantes pour couvrir l’odeur propre du Méta, sans lui communiquer un parfum déterminé ; cette adjonction ne gêne en rien la combustion.
- Les détails qui précèdent montrent tout l’intérêt qui s’attache au nouveau combustible. Quoique tout nouveau-né, il a déjà de nombreuses applications. Il peut s’utiliser sans aucun appareil, être brûlé sur n’importe quel support de fortune, mais on construit aussi toute une série d’appareils spécialement adaptés à son usage et utilisant judicieusement les propriétés du produit : réchauds pliants, chauffe-fers, bouillottes, petits brûleurs de poche, etc. ; cette liste ira certainement en s’augmentant au fur et à mesure que le Méta sera mieux connu du grand public. R. Yillers.
- LA PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR
- Juin : le ciel bleu, des fleurs qui s’épanouissent, des pépiements dans les buissons, des bourdonnements dans les airs. Dans les broussailles, des chuchotis incessants ; mille bruissements dans les feuilles mortes....
- À l’abri d’un roncier étoilé de fleurettes qui trouent, se lançant vers la lumière, son feuillage rude tout encapuchonné de grandes herbes folles dont les panaches flottent allègrement, des pouil-lots menus ont construit leur nid. Inlassables, ils s’empressent, le bec encombré d’insectes qu’ils vont dispenser à une nichée éveillée. Ils sautillent, alertes et enjoués, pourchassant sans répit leurs proies minuscules, et purgeant tous les alentours de la vermine qui taille, ronge, met à mal la végétation, s’emparant aussi des petits insectes chasseurs qui livrent bataille sans merci à ceux des leurs dont ils ont coutume de se repaître. Nuisibles ou utiles, si tant est qu’en ces lieux incultes, les insectes ont une nocuité ou une utilité quelconque, tous sont jugés de bonne prise par les passereaux qui n’ont pas le loisir de s’attarder à des distinctions subtiles. Pour eux, les uns et les autres sont butin précieux et rassasieront de jeunes affamés qui sans relâche réclament une becquée toujours insuffisante.
- Mais voici que d’un églantier voisin, tout vibrant aussi des voix perçantes d’oisillons exigeants, s’échappe un élégant volatile, approximativement de la taille d’une alouette des champs,"casqué de
- ] cendré bleuâtre, un pimpant habit marron sur les épaules. Un petit bec, trop crochu cependant, de mignonnes serres, mais combien acérées, un bel œil brun, malicieux et rusé, souligné par une forte j moustache noire, s’ils ne nuisent pas à sa parure,
- ! ne lui donnent néanmoins que trop la mine qu’ont de coutume les audacieux pillards emplumés qui sont la terreur des frêles hôtes des bois et des champs, dépourvus de moyens de défense.
- C’est une pie-grièche écorcheur (Lanius collurio collurio L.) qui dans le rosier sauvage a construit un nid aujourd’hui plein à bord d’une nichée gran-delette, bruyante à l’excès et dont les clameurs troublent tous les alentours, dénonçant sa présence à tous venants. Père et mère pie-grièche ont fort à faire pour sustenter cette lignée tapageuse et le travail ardu que nécessite le ravitaillement j de leurs rejetons n’est certes point pour adoucir ! les mœurs carnassières propres à leur espèce.
- L’oiseau surgi du buisson épineux explore en voltigeant tout le voisinage. Voici qu’il approche du roncier où les pouillots ont, en leur nid arrondi de toutes parts, les petits qui pour l’instant sont leur unique préoccupation. Sur une branche sèche, sortant rigide, de la broussaille, la pie-grièche se pose avec grâce. Tandis que son regard fouille la verdure, sa queue, d’un mouvement rythmé, s’agite sans trêve. C’est habitude familière pour elle, de se percher ainsi sur un rameau dégarni, d’où elle inspecte son terrain de chasse.
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- LA PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR
- Fig. i. — Bourdons empalés.
- Anxieux, les pouillots qui connaissent bien la férocité du petit rapace volètent autour de lui, à bonne distance, émettant, angoissés, la plainte désolée des oiselets en peine qu’un danger menace, eux ou leur nichée. Ils ne savent que trop, hélas! combien est à craindre la pie-grièche, aux instincts sanguinaires qui en font une miniature trop fidèle du plus redoutable ennemi de l’inoffensive gent ailée, le faucon.
- Attentive soudain, les pattes raidies, la pie-grièche prête l’oreille, la tête à demi inclinée et brusquement immobilisée : un crissement à peine perceptible trahit le passage furtif dans les feuilles sèches, d’un mignon muridé, tout menu, qui, agitant à peine les brins d’herbe qu’il frôle, se faufile sans appréhension à travers l’inextricable fouillis des plantes exubérantes du fossé. La bestiole se hâte vers un trou proche, aussi rapidement que le lui permettent ses pattes fines. Le pauvret ne se doute guère qu’il accomplit sa dernière promenade et que plus jamais il ne reverra son minuscule terrier où il faisait bon dormir sur un lit de mousse. Le bruit de sa course a mis'en éveil la pie-grièche. De décision prompte, elle plonge, ailes et queue étendues, puis brusquement réfermées et fonce vers le rongeur. Surpris, le mulot a dans sa course un moment d’hésitation ; il veut tout d’abord rebrousser chemin ; puis se ravisant, il oblique vers une grosse racine, sortie de l’humus, qui lui serait peut-être un abri propice. /
- Cette indébision, si brève cependant, lui est fatale. L’oiseau est sur lui en un clin d’œil ; ses serres se crispent sur les épaules de l’infortuné quadrupède, lacèrent ses chairs qui se meurtrissent. Un cri, un seul, aigu, lamentable, clameur d’agonie,
- dénonce la terreur, la détresse suprême de la malheureuse bête qui, vainement, la tête redressée en un brusque et instinctif mouvement de défense, tente de mordre aux pattes son bourreau. C’est inutilement qu’elle se tord sous l’étreinte de son adversaire qui, les ailes frémissantes, du bec lui laboure le crâne, rageusement. La lutte, inégale, est courte; la force et l’adresse du volatile ont vite raison de la faible et inutile résistance du muridé qui bientôt cesse de se débattre.
- Satisfaite, la pie-grièche secoue son plumage, se redresse un instant, puis saisissant le petit corps dans ses griffes, s’évade du buisson, s’aidant du bec, des ailes, s'agrippant d’une patte, qu’elle libère parfois, aux branchettes. Enfin au haut du roncier, assurant sa prise, lourdement elle s’envole, image frappante, à la taille près, d’un rapace emportant son gibier. Pesamment, quelque peu embarrassée par le volume de sa proie, elle se hâte autant qu’elle le peut, vers une touffe d’aubépine, haute et fournie, qui croît dans la haie négligée, pas très loin de son nid, et dans laquelle elle pénètre.
- Entre les feuilles, on la voit qui s’agite, déploie une activité fébrile. Après s’être posée sur une des fortes branches du buisson, là où, acérées, de longues épines hérissent les tiges de l’arbuste, elle s’efforce de transpercer de l’une d’elles le muridé défunt.
- L’opération n’est pas aisée, mais du bec et des pattes, la pie-grièche s’y emploie avec tant de dextérité et d’à-propos, qu’enfin empalé, le souriceau
- Fig. 2. — Les jeunes pouillots en réserve.
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- LA PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR
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- est, comme à l’étal d’un boucher, suspendu au dard qui lui traverse la poitrine de part en part. Le cadavre fluet est sillonné de blessures, son sang qui a coulé souille le pelage tout ébouriffé et, sanguinolent, le petit corps pendille, pitoyable, les membres détendus, la tête inclinée, une gouttelette de sang entre les incisives.
- Cette singulière besogne accomplie, la pie-grièche sort de l’aubépine et d’un coup d’aile, s’élance vers une branche folle qui rompt l’ordonnance du buisson ; elle s’y perche, prestement. D’un geste vif, saccadé, elle s’essuie le bec sur la branchette, se nettoie les pattes, soigneusement, puis, la queue branlante, un moment elle observe les alentours, semblant indécise.
- Brusquement, elle pénètre à nouveau dans l’épine blanche, y dépèce le mulot et par fragments, l’apporte
- à ses descendants qui piaillent éperdument et qui,
- à chacune de ses apparitions, projettent ver s elle, cou tendu, de petits gouffres béants.
- Notre oiseau se remet en chasse.
- En quête d’une nouvelle proie, il va posément fureter dans les hautes broussailles. Deux ou trois insectes lui apparaissent qu’il avale sur le champ. Il n’est pas que l’appétit de ses jeunes qu’il doit contenter. Puis l’oiseau file vers un pré proche et choisit un perchoir favorable, sur une branche morte fichée par le cultivateur, en guise de clôture, en bordure des herbages.
- Des bourdons butinent sur les trèfles. C’est pour lui aubaine qu’il apprécie. Il se précipite vers l’un d’eux, le saisit du bec, lui broie le corselet d’un coup de mandibules. Comme la nichée est repue, le bourdon sera mis en réserve,
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- 1. De nid; 2. Un jeune; 3. La Jemelle; 4. Le ma le; 6. Oisillons dans le nid.
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- LA PIE-GRIECHE ECORCHEUR
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- fiché toujours sur un des piquants de l’aubépine (fig. 1). Deux ou trois de ses pareils viennent tôt l’y rejoindre, ainsi qu’une grande sauterelle verte qui crissait dans la haie et qui, la poitrine transpercée, ses ailes transparentes à demi ouvertes, tragiquement, agite longtemps, une de ses grandes pattes.
- À présent, jugeant les provisions suffisantes, la pie-grièche, sur le pieu d’une barrière, est à nouveau à l’affût pour son compte. De petites sauterelles courent, paisibles, dans les herbages, grimpent agilement le long des graminées, disent leur joie de vivre en d’interminables grésillements. La pie-grièche à chaque instant s’enfonce dans l’herbe haute, y sautille un moment, happant à droite, à gauche, un, deux, trois orthoptères, retournant de temps à autre sur son piquet-observatoire croquer à l’aise sa dernière capture. Plusieurs fois, elle renouvelle ce manège ; puis, son appétit assouvi, fait la sieste, les yeux mi-clos. Un ramier qui passe, retour du champ voisin, par ses battements d’aile, la tire de sa rêverie et aussitôt elle songe à son rôle de nourricière.
- Sur le haut du pieu, elle se balance quelques instants d’une patte sur l’autre, se tournant dans toutes les directions, lance un appel qui fait songer à celui, amplifié, de la fauvette, puis prenant son vol, gagne l’aubépine garde-manger, arrache violemment de son pal un des bourdons, le triture du bec, lui faisant exécuter entre les mandibules un mouvement de va-et-vient latéral et s’empresse d’aller l’offrir à sa nichée qui, comme de coutume l’accueille par d’étourdissantes criailleries. Tour à tour, tous les hyménoptères, puis la sauterelle verte sont enfournés dans le gosier, qui paraît sans fond, des oisillons jamais repus,
- Et la chasse recommence.
- Le boucher ailé, d’un vol ondulé, gagne la lisière du bois proche. Des faisandeaux, éclos de deux jours à peine, en compagnie de leur mère, grapil-lent, tout en pépiant, dans l’herbe courte qui feutre le pied des grands arbres en bordure, de menus vermisseaux, des semences de graminées, essayent la force de leur petit bec sur des brins d’herbe tendre. La famille picore en toute quiétude, la faisane n’ayant pas aperçu, survenant derrière un rideau feuillu, la pie-grièche qui s’est perchée sur un rameau d’épicéa, auprès d’une sente sur laquelle viennent incidemment s’ébattre ses poussins.
- Sécurité trompeuse.... Un faisandeau, de toute la vitesse de ses pattes, traverse le sentier, poursuivant un moucheron qui zigzague. Mais l’insecte agile disparaît par-dessus les plantes folles et l’oisillon déçu brusquement s’arrête, tête levée. Il n’a pas le loisir de retourner sur ses pas. D’un vol plongeant, la pie-grièche, d’un trait, est descendue du résineux, s’est, d’un élan brutal, lancée sur l’insouciante et imprudente bestiole qui si mal à propos s’est trop écartée de sa mère. Le pauvret, du choc, plie sur les pattes, roule sur le flanc et le cou allongé, le bec grand ouvert, jette un appel
- désespéré. Tandis que ses ongles labourent faible ment la poussière du chemin, l’oiseau de rapine lui fouille la nuque de son bec. A la plainte angoissée de la petite victime, la faisane, en un fol émoi, répond par le cri d’alarme de sa race, avertissement qui fait, en un clin d’œil, s’enfoncer dans la broussaille touffue toute la nichée qui s’y dissimule avec une étonnante prestesse.
- Puis les ailes mi-ouvertes, les plumes hérissées, la pauvre mère se précipite vers l’agresseur. Trop tard cependant. La pie-grièche, d’un brusque effort, enlève déjà sa proie et fuit, bientôt hors de portée. Le gallinacé fait dans sa direction quelques pas rapides, mais se rendant compte de son impuissance, à regret, abandonne presque aussitôt la poursuite, d’autant plus qu’elle appréhende maints dangers pour ses autres petits livrés à eux-mêmes et qui déjà font entendre les cris qu’émettent les oisillons en détresse.
- Elle sait aussi, une cruelle expérience le lui ayant enseigné, que vains seront ses efforts contre un ravisseur qui déjà, lors de précédentes années, sut lui enlever, de façon identique, de ses enfantelets.
- Tout comme le souriceau, le jeune faisan passera par le garde-manger épineux, .avant que, mis en pièces, il satisfasse l’appétit des jeunes pies-grièches.
- Associés à de coriaces élytres de coléoptères, au poil des petits rongeurs, parfois à des fragments de végétaux qui accompagnaient l’une ou l’autre proie saisie dans les herbages, l’observateur retrouvera au pied du buisson qui abrite le nid, les ossements ténus de l’oisillon, débris indigestes que, pêle-mêle, en des « pelotes » oblongues, dégorgent les jeunes pie-grièches.
- Mais il n’est pas que le père de cette turbulente nichée qui s’occupe de ravitaillement. La femelle rôde à cent mètres à la ronde. Partout, son apparition, présage de catastrophes, jette l’eflroi parmi la gent ailée. Et cette terreur n’est que trop justifiée.
- Dans l’enchevêtrement serpentin d’une clématite broussailleuse, une jeune fauvette grise, à peine évadée de son nid, sautille et volète gauchement, éprouvant la force de ses pattes et de ses ailes. De temps à autre, ses parents viennent encore l’abec-quer. Et voici que ceux-ci émettent soudain le cri monotone et douloureux qui avise leurs petits de la présence d’un ennemi.
- Aussitôt la jeune fauvette s’aplatit sur un rameau, rentre la tête dans les épaules, s’immobilise, anxieuse, et ses petits yeux bruns s’écarquillent.
- Attirée par les allées et venues des fauvettes, la mégère emplumée a pressenti une proie possible et, fureteuse, a aperçu l’oiselet. Assailli du bec et des griffes, l’infortuné ne lui résiste guère; un instant plus tard, son petit cadavre oscille misérablement, enfilé sur un dard d’épine noire, à vingt pas du nid. Les pies-grièches chassent encore, chassent toujours. Cinq jeunes robustes requièrent de la nourriture à profusipn et c’est lourde tâche pour les laniidés que de les satisfaire. Progressivement,
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- LA PIE-GRIECHE ECORCHEUR -------- ------ - 379
- chaque jour, le champ (l’action des oiseaux bouchers s'étend. Au hasard de leurs recherches, ils capturent tout ce qui se meut : chenilles, coléoptères, hyménoptères, aussi bien les gros hannetons qui dorment sous les feuilles, que la svelte libellule qui zigzague aux abords de l’étang ; si la quête est favorable, encore des oisillons. Et leurs petits engloutissent tout ce qui leur est offert, gloutonnement.
- Leur fringale semble ne faire trêve que lorsque, d’un haut-le-corps, ils régurgitent les petites pelotes de poil, plumes, os ou élytres que n’a pu assimiler leur estomac, robuste cependant.
- Il semble qu’aux alentours du nid, ne doivent plus subsister le moindre gibier.
- Quelques jours, par ou ne sait quel miracle, les jeunes pouillots qui grandissaient au fond du roncier, ont échappé aux inlassables investigations des rapaces, d’autant plus actifs, que leurs rejetons croissent en taille.
- Mais voici qu’un malin, une des pies-grièches a surpris, alors que leurs parents venaient les gaver, le doux pépiement des mignonnes créatures qui s’emplument. Son attention éveillée, c’est, en vain que les pouillots adultes essaieront d’écarter l’implacable ennemi, voletant au-devant de lui pour l’attirer à leur suite, en gémissant lamentablement. La pie-grièche a trop d’expérience pour se laisser leurrer. Patiemment, elle explore les moindres recoins de l’épineux fouillis et le nid des pouillots n’échappe pas longtemps à ses recherches. Enfonçant la tête dans l’ouverture du petit home douillet, elle happe du bec l’un des jeunes qu’elle extrait du nid, le tiraillant par une aile. Un instant, le gentil volatile se débat, mais tout meurtri de coups, il ne tarde pas à succomber et, sans vie, est emporté par son bourreau que les adultes poursuivent quelques mètres, en jetant des cris éperdus. C’est là un nid voué à la destruction complète. La pie-grièche y reviendra et renouvellera la triste tragédie sylvestre, tant qu’un pouillot sub-
- sistera. Et les jours passeront, invariablement marqués des mêmes drames.
- Puis les petites pies-grièches, un clair malin ensoleillé, sortiront du nid et installées, souvent, dans un arbuste épineux, garde-manger éventuel, croîtront en force et en joliesse. L’àge leur venant, les instincts bizarres de leur espèce s’affirmeront, développés par les exemples de leurs parenls qui leur laisseront bientôt le soin, d’enlever des épines de l’arbuste, les proies qu’elles apprendront aussi à dépecer.
- Il est vrai qu’en ceci les leçons de l’expérience leur seront inutiles. Il semble qu’en cette manie sanguinaire, elles ne doivent avoir pour maître
- qu’un instinct ancestral qui ne s’explique pas bien et dont on ne perçoit guère l’utilité pour la conservation de l’espèce. Cette étrange façon d’agir est en effet innée chez les pies-grièches écorcheurs.
- Prises toutes jeunes au nid, dès qu’elles en auront la force, sans que jamais nul ne leur ait enseigné cette pratique, elles empaleront les proies offertes sur les clous dont vous aurez garni une perche de leur cage ou sur la branche épineuse que vous aurez mise à leur disposition.
- Quant à l’utilité de la pie-grièche, il serait malaisé d’émettre une opinion. Utile, elle l’est certes par la destruction qu’elle accomplit, des petits rongeurs si néfastes aux cultures et des gros insectes auxquels les oiseaux dits insectivores ne s’attaquent pas volontiers. Nuisible elle pourrait l’être étant donné quelle n’épargne pas les insectivores. Reste à savoir si là où ces derniers vivent, lieux incultes ou broussailles, ils rendent effectivement les services que l’on pourrait leur demander. Vraisemblablement, comme tant d’autres, les pies-grièches ne sont que ‘des oiseaux indifférents pour l’homme, destinés peut-être à rétablir dans la Nature un équilibre que des espèces trop prolifiques pourraient compromettre. L. Coui’MAN.
- Fig. 4..— Mutidés au garde-manger.
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- LES THÉORIES MODERNES SUR LA STRUCTURE ATOMIQUE
- On admet généralement aujourd’hui que les atomes sont formés d’un noyau positif autour duquel gravitent des électrons. La question qui se pose naturellement à l’esprit est la suivante : quelle est la structure du noyau positif et comment sont constitués les systèmes planétaires électroniques qui gravitent autour de ce noyau?
- Les théories émises peuvent se ranger en deux classes. Dans l’une, on range les théories, dues surtout à des physiciens, J.-J. Thomson, Rutherford, Bohr, Nicholson, dans lesquelles on suppose que les électrons planétaires tournent ou vibrent en décrivant des orbites fermées autour du noyau. Ces théories ont eu pour objet principal de rendre compte des phénomènes de radiation, des chaleurs spécifiques, de l’effet photo-électrique et des rayons X caractéristiques. Elles ne fournissent par contre aucune explication des propriétés atomiques chimiques des atomes.
- Dans une seconde catégorie de théories, au contraire, on s’appuie sur les analogies des propriétés chimiques révélées par la classification périodique. G.-N. Lewis et Langmuir en particulier ont établi une théorie dite de « l’atome cubique » qui non seulement est satisfaisante au point de vue chimique, mais encore fournit l’explication d’un certain nombre de propriétés physiques.
- Nous allons exposer rapidement ces diverses théories, proposées au cours des dix dernières années.
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- L’atome de Rutherford. — Considérons d’abord le modèle atomique proposé par Rutherford. Dans cette conception, l’atome est composé d’une charge centrale concentrée en un noyau, environnée d’une atmosphère d’électrons en rotation suivant certaines orbites, le nombre des électrons de 1’ « atmosphère » n’étant pas très grand.
- Les dimensions du noyau sont très petites par rapport à celles de l’atome. Rutherford estime le diamètre du noyau à 10“12 cm, celui de l’atome étant de 10~s cm.
- Le noyau possède sans doute une structure, mal connue actuellement, mais il est certain qu’il renferme un grand nombre d’électrons fortement liés entre eux, sauf dans le cas des corps radio-actifs
- qui peuvent perdre un certain nombre de ces électrons sous forme de rayons (3. La région périphérique de l’atmosphère d’électrons est celle qui confère à l’atome les propriétés chimiques de valence.
- Les électrons intérieurs sont la source des rayons X, les plus courtes longueurs d’onde que l’atome puisse émettre. Quand un rayon [3 (rayon cathodique) rencontre les électrons d’un atome, ceux-ci sont écartés de leur orbite, et lorsqu’ils y reviennent, il se produit une émission de radiation de très courte longueur d’onde, c’est-à-dire un rayonnement X.
- L’atmosphère extérieure d’électrons en rotation circulaire autour du noyau ne modifie pas sensiblement la trajectoire d’une particule a qui traverse l’atome. Ce n’est que lorsque cette particule vient à rencontrer le noyau central qu’elle est influencée et sa trajectoire rectiligne devient hyperbolique (diffusion des rayons a).
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- L’atome de Bohr. — Une grave objection peut être faite à la conception de Rutherford : l’atmosphère d’électrons qu’il suppose en rotation autour du noyau n’est pas stable au point de vue de la théorie électromagnétique classique. En effet, dans cette théorie, une particule chargée décrivant une orbite fermée émet continuellement des radiations. Par suite, elle perd de son énergie, son orbite diminue de diamètre et, finalement, elle vient au contact du noyau. D’autre part, quand l’orbite se modifie, la longueur d’onde de la radiation émise varie également, ce qui est contraire à l’expérience.
- Bohr a alors modifié la théorie de Rutherford en s’aidant de la théorie des quanta de Plank. Il suppose qu’il peut y avoir toute une série d’états stationnaires stables de l’atmosphère électronique, c'est-à-dire qu’un même électron peut décrire des orbites de diamètres différents et que l’émission ou l’absorption de radiation est due au passage de l’électron d’une orbite à une autre, d’un état stationnaire à un autre état stationnaire.
- Le tableau ci-dessous donne la structure d’un certain nombre d’atomes suivant la théorie de Bohr. Le premier chiffre donne le nombre total des électrons en rotation autour du noyau, les chiffres entre parenthèses donnent la composition des anneaux successifs d’électrons en partant du centre.
- Élément Structure Elément Structuré Élément Structure
- probable. de 1 atome. probable. de l’atome. probable. de 'atome.
- Hydrogène. . ., 1 (1) Fluor 9 (4, 4, 1) Chlore .... 17 (8, 4, 4, 1)
- Ilèlium. . . . 2 (2) Néon 10 (8, 2) Argent .... 18 (8, 8, 2)
- Lithium. . . . 3 (2, 1) Sodium. . . . 11 (8, 2, 1) Potassium. . . 19 (8, 8, 2, 1)
- Berylium . . . 4 (2, 2) Magnésium . . 12 (8, 2, 2) Calcium . . . 20 (8, 8, 2, 2)
- Bore 5 (2, 3) Aluminium . . 13 (8, 2, 3) — ... 21 (8, 8, 2, 3)
- Carbone. . . . 6 (2, 4) Silicium.. . . 14 (8, 2, 4) — ... 22 (8, 8, 2,-4) '
- Azote 7 (4, 3) Phosphore. . . 15 (8, 4, 5) — ... 23 (8, 8, 4, 3)
- Oxygène . . . 8 (4, 2, 2) Soufre .... 16 (8, 4, 2, 2) — ... 24 (8, 8, 4, 2, 2)
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- LES THÉORIES MODERNES SUR LA STRUCTURE ATOMIQUE 381
- Les éléments sur la même ligne horizontale appartiennent au même groupe de la table périodique des éléments.
- On remarque la fréquence avec laquelle se présente le groupement des électrons par huit sur la même trajectoire circulaire. Ce fait est à rapprocher du fait que les propriétés chimiques des éléments de poids atomique faible varient avec une périodicité de huit également.
- Àü contraire, après le groupe du fer, la périodicité dans les propriétés des éléments est 18 et non plus 8, ce qui suggère l’idée que les éléments de poids atomique plus élevé ont une périodi-
- Le magnéton de Parson. —Nous avons supposé, dans ce qui précède, que l’électron est une petite particule d’électricité capable de décrire à l’intérieur de l’atome des orbites circulaires avec une vitesse comparable à celle de la lumière.
- Parson a proposé une nouvelle conception de l’électron dans laquelle l’éleclron est un petit anneau de rayon 1,5 10~s cm portant une charge négative d’électricité en rotation perpétuelle dans son plan, avec une vitesse périphérique du même ordre de grandeur que celle de la lumière. Parson a donné à ce système le nom de magnéton,
- En effet, cette hypothèse est analogue à celle des
- He
- dr
- Fig. i
- Structure de quelques atomes suivait Lewis-Langmuir.
- He = hélium; Li = lithium- Be = Berylium; B = Bore; C = carbone; N = azote; O = Oxygène; F = fluor; Ne = néon; Na—sodium; Mg = magnésium ; Al = aluminium; Si = silicium ; P = phosphore; S = soufre ; Cl = chlore; A = argon , K—potassium; Ca= calcium; Sc — scandium.
- cité de 18 électrons dans les anneaux intérieurs.
- La théorie de Bohr permet également de foürnir une représentation de la molécule. L’est ainsi que la molécule d’hydrogène est formée de deux noyaux positifs portant chacun une unité d’électricité et d’un anneau de deux électrons tournant autour de ces noyaux, la rotation ayant lieu autour de la ligne joignant les deux noyaux.
- La molécule d’eau est constituée par un noyau d’oxygène entouré d’un anneau de 4 électrons et de deux noyaux d’hydrogène, situés sur l’axe de l’anneau et maintenus en équilibre par deux anneaux de plus grand diamètre que celui de l’oxygène et composés chacun de 5 électrons.
- Ces électrons tournent autour de l’axe du système, dans des plans parallèles et de façon que les électrons d’un anneau correspondent aux intervalles entre les électrons de l’autre anneau.
- courants particulaires d’Ampère que l’on rencontre dans la théorie du magnétisme. Par conséquent, le modèle électronique de Parson doit présenter des propriétés magnétiques.
- La charge positive qui doit être présente dans l’atome neutre pour équilibrer les charges négatives des électrons est une sphère d’électrisation positive uniforme dont le volume est proportionnel au nombre des électrons que renferme l’atome.
- Cette sphère est supposée avoir les propriétés d’un solide élastique et être enlourée d'une atmosphère également élastique, mais de très faible densité.
- Dans ces conditions, Parson a montré qu’il faut également des groupes de huit électrons disposés symétriquement autour de la sphère positive pour que la configuration de l’atome soit stable. Cette conception rappelle une théorie de Abegg et Bodlan-der, suivant laquelle le nombre naturel des va-
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- ~ LES THEORIES MODERNES SUR LA STRUCTURE ATOMIQUE
- A-
- F
- 0“
- lences est huit, bien que toutes ne soient pas effectives par rapport à l’atome.
- Un des avantages du modèle de Parson est qu’il fournit une explication rationnelle de la propriété des électrons supposée par Bohr de ne pas rayonner lorsqu’ils décrivent des orbites stables. Mais il a le grave inconvénient de conduire à admettre l’existence d’une sphère uniforme d’électricité positive, c’est-à-dire, ainsi que nous l'avons vu pour le modèle de Rutherford, que l’atome n’est, pas stable. Peut-être pourra-conseiller la théorie de Parson et
- T
- Fig. 2.
- Molécule
- fluor
- de
- t-on arriver a celle de Bohr.
- *
- * *
- Fig. 3. Molécule de phosphore.
- L’atome cubique de Langmuir et M. Lewis. —
- Dans les théories chimiques de la constitution de l’atome, les suppositions sont radicalement, différentes.
- Les électrons sont supposés vibrer ou osciller autour de certaines positions moyennes, de telle sorte que le système d’électrons extérieurs d’un atome donné constitue un arrangement symétrique dans l’espace.
- Les électrons sont supposés disposés aux angles de volumes de cubes, s’emboîtant les uns dans les autres, le premier volume renfermant deux électrons, tandis que les autres tendent à avoir huit électrons placés aux sommets d’un cube, constituant ce que l’on appelle un « octet ».
- Quand les atomes se combinent, cette opération s’effectue par le partage de deux électrons extérieurs des deux atomes qui assurent ainsi la liaison chimique. Dans la molécule, chaque électron de liaison appartient donc au volume externe de deux atomes.
- Les résultats obtenus à partir de celte concept:on interprètent si exactement un grand nombre de résultats expérimentaux, qu’il semble bien qu’il n’y aura qu’à lui apporter de très légers perfectionnements pour qu’elle prenne la place de l’ancienne classification. Aussi, allons nous l’exposer avec quelques détails.
- Fig. 4.
- Molécule .j. * ..J.
- d’oxygène.
- Les propriétés de l’atome sont déterminées par le nombre et l’arrangement des électrons dans la couche extérieure et par la facilité avec laquelle ils peuvent soit perdre, soit fixer des électrons pour donner une forme plus stable.
- Les arrangements les plus stables correspondent aux gaz inertes ; le plus simple est celui de l’atome
- 4 4 ..A 4
- \o \c i 0
- 0 -0
- V
- Fig. 5.
- Molécule d’acide carbonique^
- /r~7T~7f
- \N i 0 i n
- G—- -.0—. -.0.-
- V
- Fig. (> Molécule de protoxyde d’azole (A2 O).
- d’hélium. Parmi les formes stables plus compliquées se présente 1’ « octet », c’est-à-dire le groupement de huit électrons. Tout atome dont le nombre atomique est inférieur à 20 et qui a plus de trois électrons dans sa couche extérieure, tend à fixer des électrons on nombre suffisant pour compléter son octet.
- Deux groupes de huit électrons, deux octets, peuvent avoir un, deux et parfois trois paires d’électrons en commun.
- La figure 1 montre la composition d’un certain nombre d’atomes d’après cette théorie.
- L’hydrogène est constitué simplement par un électron positif entouré par un électron négatif en rotation autour de
- lui.
- L’hélium est formé d’un noyau de quatre électrons positifs (noyaux d’hydrogène) reliés par deux électrons négatifs, ce noyau étant en touré par deux électrons extérieurs (première couche).
- L’atome de lithium est supposé avoir trois électrons et trois charges positives, deux électrons sont intérieurs au cube, formant une paire comme celle de l’atome d’hélium, le troisième électron étant placé à l’un des sommets du cube.
- Dans les autres éléments, on n’a pas indiqué sur la figure, pour plus de clarté, la structure intérieure, représentée seulement dans le cas du lithium.
- On comprend, d’après la structure attribuée au néon, qui a tous les sommets du cube occupés par les électrons, c’est-à-dire qui comprend un octet complet, que ce corps ne peut former aucun composé. En effet, il n’a aucune tendance à prendre ou à donner un électron.
- Au contraire, l’oxygène auquel il ne manque que deux électrons pour former un système saturé aura tendance à les prendre soit de deux . atomes de liihium (donnant Li O2), soit d’un atome de berylium (donnant B0). Ces atomes, par suite
- Fig. 7. — Molécule de peroxyde d’azote (N* O*).
- Fig. 8. — Molécule d’anhydride azotique (N2 (F).
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- LES THEORIES MODERNES SUR LA STRUCTURE ATOMIQUE = 383
- de leur petit nombre d’électrons extérieurs ont plus de tendance à perdre ces «électrons qu’à compléter l’octet.
- De même, l’atome de carbone a quatre sommets disponibles. Il peut donc soit perdre ses quatre électrons, en en donnant par exemple deux à deux atomes d’oxygène (formation de CO2), soit au contraire prendre quatre électrons d’un élément moins complet, tel que l’hydrogène (formation de CH4). Le carbone, qui a ainsi seulement 50 pour 100 des sommets de son cube occupés, a donc autant de tendance à prendre quatre électrons à des éléments moins complets, qu’à perdre ces quatre électrons pour compléter l’octet d’éléments plus complexes.
- S’il est vrai que la théorie rend compte des analogies chimiques, il faut que du sodium à l’argon (deuxième période de la classification des éléments) nous retrouvions des dispositions d’électrons analogues à celles trouvées pour la 'première période.
- Or, les sommets du cube étant tous occupés, il y aura tendance à la formation d’un second octet à l’extérieur du premier. Comme celui-ci est extrêmement stable, les propriétés chimiques seront seulement dues aux électrons extérieurs à cet octet.
- Ainsi, le sodium a Tl électrons, se décomposant en : deux pour le noyau d’hélium, huit pour l’octet stable du néon, et un qui amorce un second octet de la même façon que dans l’atome de lithium un électron amorce le premier octet.
- On voit clairement d’après la ligure que l’analogie se poursuit et, pour le silicium par exemple, on se retrouve dans un cas analogue à celui du carbone, ce qui explique que l’on peut avoir, soit Si H4, soit SiO2.
- Le chlore a 17 électrons, et lorsqu’il en fixe un dix-huitième, le second octet se trouve complété, et on arrive à l’élément inerte l’argon.
- Si on considère la troisième période de la classification, l’analogie avec les éléments correspondants des deux premières périodes se poursuit au début, pour le potassium, le calcium et le scandium. Mais, après le vingt-deuxième élément, le titane, il semble que de nouvelles influences se font sentir, et les analogies des éléments correspondants ne sont plus aussi nettes; au contraire les dissemblances sont très fortes Jusqu’à présent, on n’a pu résoudre cette difficulté.
- ‘ *
- bien que la théorie ne soiL donc pas encore parfaite, elle permet cependant de représenter d’une façon particulièrement heureuse un certain nombre de composés chimiques. Les figures 2 à 8 donnent quelques exemples de ces représentations.
- Tout d’abord, les aLomes des éléments dont l’octet n’est pas complet peuvent se réunir pour former des molécules, assemblages de cubes dont tous les
- sommets sont occupés par des électrons. Nous donnerons comme exemple les molécules de fluor, d’oxygène et de phosphore. Dans le cas des composés chimiques, les constructions arrivent à être quelque peu compliquées. Nous donnons comme exemples CO2, et les oxydes de l’azote.
- À ce propos, nous voyons, en comparant CO2 et N20, que ces deux corps renferment chacun 16 électrons. Par suite, d’après la théorie, il doit y avoir de grandes analogies entre leurs propriétés physiques. La table suivante montre qu’il en est bien ainsi.
- Propriété. N20 CO2
- Pression critique 75 atm. 77 atm.
- Température critique . . . 55,4 51,9
- Viscosité à 20° C 148 ÎO"6 148 10~3
- Conductibilité calorifique à 100° C 0,0500 0,0506
- Densité du liquide à— 20° C. 0,996 0,858
- Densité du liquide à 10u C. . 0,856 1,190
- Indice de réfraction raie D à
- 16° C . . 1,195 1,190
- Constante diélectrique de liquide à 0° C 1,498 1,585
- Susceptibilité du gaz à40 atm. et 16° C. . . . .... . 0,12 T0-fi 0,12 IO-g
- De même, deux autres molécules de nature chimique entièrement différente, mais dont l’arrangement extérieur des électrons de la molécule est le même, l’azote et l’oxyde de carbone, ont des propriétés physiques très voisines.
- Les atomes ou les groupements atomiques qui ont le même nombre d’électrons semblablement disposés sont dits is )tères. Ainsi, le néon, l’ion sodium, et l’ion magnésium sont isolères. De même, le nitrate de soude et le carbonate de magnésium ont le même arrangement électronique, et leurs propriétés cristallographiques ont été trouvées les mêmes. Un autre exemple est celui du fluorure de sodium et de l’oxyde de magnésium qui ont même structure atomique et qui sont isomorphes.
- *
- Nous voyons donc que, dans ces dernières années, nos connaissances sur la structure intime de la matière ont fait de sérieux progrès. Non seulement l’existence des molécules et des alomes ne fait plus de doute, non seulement nous savons leur nombre exact dans une molécule-gramme, d’où leur poids et leurs dimensions; mais encore, poussant plus loin nos investigations, nous savons maintenant quelle filiation les relie les uns aux aulres, et nous entrevoyons que, dans un avenir prochain, le grand mystère de l’évolution de la matière sera entièrement résolu. H. VlGKEROX.
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- UN NOUVEL APPAREIL A RAYONS X TRANSPORTABLE, EXTRA-LÉGER
- Il s’agit d’une récente création du D1’ Coolidge, du Laboratoire des Recherches de la Compagnie électrique de Shenectady (E.-U.), et le créateur du tube Coolidge à vide très poussé et à filament incandescent, aujourd’hui universellement répandu.
- Le nouvel appareil est du même type. Mais il se distingue d’abord par ses dimensions. Alors que le plus petit modèle
- construit jus- ' ' i '*'w-
- qu’ici pèse, au *** *^,*7.*
- moins, 70 kg et ^ '' *
- se compose de quatre parties, celui dont nous parlons constitue un bloc homogène, placé dans une cuve métallique, munie d’un couvercle en bakélite; il est de la grandeur d’une machine à écrire portative et ne pèse qu’une dizaine de kilogrammes.
- L’appareil possède encore un autre avantage.
- Il protège, efficacement, à la fois le patient et l’opérateur, contre tout danger d’é-lectrocution, grâce à l’isolation complète du tube à rayons X, du transformateur à haute tension et du stabilisateur dans la cuve dont l’intérieur est
- rempli d’huile. Cette cuve est montée à cardan sur un bras métallique permettant l’orientation dans toutes les directions, sur un espace considérable, avec juste assez de friction pour assurer la fixité de l’appareil dans n’importe quelle position.
- Le bras peut s’accrocher au mur ou bien, s’il est employé pour la radiographie dentaire, où il trouvera ses applications les plus intéressantes, sur n’importe quel support ou dispositif utilisé dans la chirurgie dentaire.
- Les rayons X passent à travers le sommet du récipient qui est scellé et ils sont dirigés à travers un tube en bakélite fixé au récipient qui sert également de contact mécanique entre le dispositif et
- Appareil à rayons X transportable pour dentiste.
- le patient. Les rayons ne peuvent sortir que par l’orifice de ce tube ; ils peuvent donc être appliqués sur un point bien déterminé et sur celui-là seulement. Le patient et l’opérateur sont protégés contre tout risque d’irradiation intempestive.
- L’appareillage décrit ci-dessus opère sous 40 000 volts 10 milliampères, lorsqu’on l’emploie
- pour des opérations dentaires. S’il doit servir pour la radiographie générale, on le construit un peu plus fort, et il opère alors sous (30 000 volts 50 milliampères.
- Quant au tube servant à produire les rayons X, il est du type auto - régulateur. A part le diaphragme de verre calcaire servant au passage du faisceau utile, l’ampoule est en verre plombeux contenant 55 pour 100 de son poids, de plomb (le plomb est le meilleur protecteur contre les rayons X). Ce tube est lui aussi le plus petit de son genre : il n’a que 146 mm de long.
- Le stabilisateur sert à maintenir constante l’intensité du courant.
- Il est scellé hermétiquement dans une petite cage de bakélite supportée par des isolateurs s’étendant de chaque côté du couvercle de la cuve remplie d’huile.
- Cette huile se dilate lorsque la température s’élève et elle coule à travers un petit tube capillaire dans une chambre à air construite de façon que l’air puisse s’échapper dans la tubulure principale.
- On n’utilise qu’un seul fil pour le circuit de basse tension, le bras métallique servant lui-même de conducteur de retour.
- Ce système n’exige que deux contacts mobiles, l’un à l’extrémité supérieure du bras portant la cuve et l’autre à l’une des extrémités inférieures de ce bras. L. Kuentz.
- Le Gérant : P. KIassun. — Imprimerie Fahuhe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2541. ---------- 16 DÉCEMBRE 1922
- LE NAUFRAGE DU CUIRASSÉ “ FRANCE ” ET LES CARTES MARINES
- La catastrophe qui a privé la marine française d’un de ses meilleurs navires de combat a provoqué une émotion certes légitime, mais dont les manifestations se sont parfois ressenties d’une connaissance vraiment insuffisante des conditions de la navigation sur les côtes et des risques qu’elle comporte nécessairement. Il peut donc être utile d’exposer les pro-
- était celle dite de la Teignouse, fréquentée de toute éternité par tous les bâtiments de guerre et autres, et notamment, pendant la guerre, par une foule de grands paquebots américains amenant du personnel et du matériel.
- Cette passe est jalonnée, sans compter les bouées eL les balises, par 2 phares, celui de la roche de la
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- Fz'£\ i. — La baie de Quiberon et le passage de la Teignouse, d’après la carte du Service hydrographique
- de la Marine.
- cédés par lesquels on a cherché jusqu’ici à déterminer le plus exactement possible le relief des fonds de la mer et plus spécialement de la partie de ces fonds avoisinant le littoral, où les dangers d’échouage sont naturellement plus considérables.
- Je rappelle succinctement les faits.
- Dans la nuit du 25 au 26 août, par temps parfaitement clair et calme plat, le cuirassé France, qui venait d’effectuer au large un tir d’artillerie, se présentait à l’une des entrées de la baie de Quiberon, pour y prendre son mouillage à côté des autres navires de l’escadre de la Méditerranée.
- La passe choisie par le commandant de la France
- Teignouse et celui de Port Navalo (fig. 1). C’est en suivant l’alignement de ces deux feux que les bâtiments évitent les dangers placés à droite ou à gauche de leur route. Leur nombre est impressionnant comme il est facile de s’en rendre compte en jetant un coup d’œil sur la reproduction de la carte marine que nous donnons ci-contre, mais cette impression grandit terriblement lorsque, passant par là à marée basse, on voit des centaines de roches aux arêtes noires et décharnées, surgir de tous côtés sur les Ilots de cette côte bretonne, battue par les grands vents du large et sillonnée par de puissants courants. Grâce à cet alignement du feu de la Teignouse par
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- Fig. 2.
- Croquis montrant la disposition des lignes de sondages dans une baie hydrographique.
- celui de Port Navalo, cette entrée de la passe de Quiberon est plus facile de nuit que de jour. Par temps calme, en elîet, comme c’était le cas, les phares se distinguent, de nuit, avec une netteté que l'on ne trouvœ pas toujours s’il faut, de jour, se guider sur les tours des phares.
- La navigation sur un pareil alignement donne donc assurément le maximum de certitude qu’on se trouve sur la bonne route.
- Pour doubler cette sécurité, le phare de la Teignouse émet un secteur de lumière rouge qui balise encore la passe et définit la voie sur laquelle on ne doit rencontrer aucun danger.
- Et cependant, à 1 heure du matin, alors que la France se trouvait au point marqué d’une croix sur notre croquis et sur lequel la carte assure qu’on ne peut trouver, aux plus basses mers, moins de 16 ni., le navire passa sur une aiguille de roche qui découpa dans son liane, comme avec un rasoir, une mince blessure de 80 m. de long.
- Par celte énorme brèche qui intéressait plusieurs compartiments étanches, une trombe d’eau envahit le navire, éteignit les feux des chaudières, et par suite supprima tout éclairage et tout moyen d’étancher la formidable voie d’eau. Le beau bâtiment, frappé à mort, continua sa route sur son erre, pendant encore 1200 m. Pour éviter d’être porté sur les roches par le courant, le capitaine de vaisseau Guy fit alors mouiller les ancres, et 5 heures après, la mer ayant poursuivi son œuvre à laquelle rien ne pouvait plus s’opposer, la France disparaissait.sous les (lots en chavirant. L’évacuatkm de l’équipage avait pu s’effectuer dans le plus grand ordre, 5 hommes seuls man-
- Fig. 3. — Sondage par cadres.
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- quaient à l’appel. Les recherches par scaphandrier immédiatement prescrites par le vice-amiral Salaün, commandant de l’escadre, et confirmées par celles de M. Marti, ingénieur hydrographe, amenèrent successivement la découverte d’une aiguille de roches de 8 m. 8 qui faisait partie du plateau de 16-19 m. dont j’ai parlé plus haut, et à quelque cent mètres de là, dans la direction du N.-E., et en plein sur l’alignement recommandé, celle d’un autre haut-fond, également de 8 m. 8 qui semble faire partie du dangereux plateau dénommé Goué-Yas.
- L’existence de ces deux écueils redoutables
- les batiments. Beaucoup d’autres aventures du même genre, dont le hasard seul a voulu qu’elles ne tournassent pas à la catastrophe, ont précédé celle de la France, et tout en le souhaitant, il serait vain de croire qu’elles ne se reproduiront plus.
- Cependant on peut judicieusement escompter que le nombre des roches dangereuses encore inconnues diminuera dans des proportions considérables, et qu’en tout cas, les passes que doivent fréquenter les navires deviendront tout à fait sûres, par l’emploi rationnel dans les recherches hydrographiques de
- Fig. 4 et 5. — PhoLo aérienne du Plateau de Belveignou.
- Dans le rond, roche révélée par la photo et non portée Précédemment sur les caries, d’après les Annales
- du Service hydrographique de la Marine.
- Fragment de la carte hydrographique correspondante. (La sonde o,8, indiquée en caractères de plus grandes
- dimensions, correspond au rond de la photo.)
- avait toujours échappé aux nombreux sondages et recherches exécutés dans ces parages.
- Sur ces deux têtes de roche, il restait seulement 8 m. 80 d’eau à marée basse, et c’est sur la première que le destin a fait passer la France dont le tirant d’eau était, ce jour-là, de 9 m. 20. Les scaphandriers constatèrent que la tête de la roche, qui avait tranché la coque du cuirassé, avait été cassée et gisait au fond, portant encore des traces de peinture.
- De cette triste histoire, il ressort, ce que les marins savaient d’ailleurs déjà, qu’il ne peut être donné aucune certitude absolue que les recherches hydrographiques les plus minutieuses et les plus consciencieuses révéleront jamais la présence de tous les hauts-fonds qui peuvent créer des dangers pour
- méthodes nouvelles basées sur les progrès de la science.
- Jusqu’à présent, un plomb fixé au bout d’une corde mesurée conslitue encore le seul moyen mécanique dont disposent les hydrographes chargés de tracer sur les cartes le relief des fonds sous-marins pour mesurer la hauteur de l’eau sur un point déterminé. Ces coups de sonde ne peuvent, de toute évidence, être donnés qu’à des intervalles assez espacés si l’on veut que la besogne puisse être conduite à bonne fin dans un temps acceptable. Le travail de sondage est mené par lignes perpendiculaires au rivage et par conséquent sensiblement parallèles entre elles, de façon à couper normalement les reliefs du fond dont on cherche somme toute à déterminer la configuration (fig. 2). On
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- obtient ainsi une sorte de quadrillage par points bien et dûment sondés, que l’on reporte, au moyen d’une triangulation ordinaire, sur la carte en confection. On voit de suite, par l’inspection du croquis ci-joint, que ce système permet d’acquérir une notion très suffisante du sol sous-marin lorsqu’il se présente sous un aspect régulier. C’est ce qui arrive généralement dans les fonds de sable ou de vase dont la pente est régulière et qui offrent de larges ondulations que les sondages ne manquent pas de révéler. Mais si l’on a affaire à des fonds tourmentés et rocheux, le procédé du plomb de sonde ne peut plus donner de certitude. Il est bien entendu que lorsque les hydrographes auront à travailler sur un terrain de ce genre, ils mulliplieront les coups de sonde et croiseront leurs lignes de sondage de façon à obtenir un quadrillage le plus petit possible. Mais, sauf pour des plateaux très peu étendus et malgré toutes les précautions, ils ne pourront jamais affirmer qu’ils ont acquis la connaissance absolue du fond.
- Des aiguilles de roches, comme on en rencontre dans certaines régions montagneuses (dans la vallée de la Durance notamment), peuvent se dresser presque verticalement sur le fond de la mer et leur présence peut très bien ne pas être soupçonnée si le hasard veut qu’ils se trouvent silués entre deux coups de sonde. En effet, il se peut qu’aucun relèvement progressif du terrain ne révèle leur existence, et si la sonde vient effleurer leurs parois presque droites, le plomb glissera sur elles et descendra jusqu’à leur pied et on ignorera qu’en cet endroit existe un récif peut-être très redoutable.
- On m’excusera de rapporter à ce sujet un fait d’expérience personnelle qui illustre parfaitement ce que je viens de dire.
- En 1895, le commandant de la Défense mobile de Toulon fut avisé que des pêcheurs signalaient l’existence, dans la baie de la Napoule près Cannes, d’une roche sur laquelle on ne trouvait que 1 m. 20 d’eau, située par des fonds de 18 à 20 m., et qui ne figurait pas sur les cartes. Cette roche, placée à environ 100 m. de terre, constituait donc un écueil des plus dangereux. Je fus envoyé avec un torpilleur pour la chercher et déterminer sa position. Parvenu sur les lieux, je me rendis en Berthon (petite embarcation pliante en toile), avec un pêcheur de la localité sur le point déterminé par des alignements à terre, où la roche devait se trouver. Pendant plus d’une demi-heure, sur une surface d’environ 5 m2, nos coups de sonde donnèrent toujours 18 à 20 m. de fond. Tout à coup le plomb s’arrêta à 1 m. 30, nous avions trouvé la roche, mais comme le timonier remuait sa ligne, le plomb qui la terminait, glissa brusquement et de nouveau descendit à 20 m. Nous tenions cependant l’animal ! et sa position put être déterminée exactement. C’était une sorte d’obélisque de 17 m. de haut dont le sommet n’était pas plus large qu’une assiette.
- C’est sur une aiguille de ce genre, mais de dimensions plus fortes, que la France a malheureusement passé le 26 août. Dans le plateau rocheux que la cote indique comme recouvert de 16 à 19 m. d’eau à marée basse, elle monte droit du fond ; son diamètre à la base n’est que de 12 à 15 m. et celui de son sommet de 5 m. 50 environ, ce sommet étant placé lui-même à 8 m. 80 au-dessous du niveau de l’eau aux plus basses mers.
- Le procédé du sondage au plomb se complète par l’emploi, dans certains cas, d’une sorte de cadre formé de 2 filins dont l’inférieur est lesté et le supérieur muni de flotteurs (fig. 3).
- Ils sont réunis par d’autres cordes verticales qui maintiennent le bras horizontal inférieur à la profondeur pour laquelle on veut s’assurer qu’il n’existe aucun écueil. Cet appareil est pris en remorque par deux embarcations qui le promènent normalement sur Taxe de la passe dont on veut s’assurer qu’elle est saine. Des grappins sont attachés sur le brin horizontal inférieur. Leur rôle sera de s’accrocher dans les roches, hauts-fonds, ou obstacles quelconques et, en provoquant l’arrêt de l’appareil, de signaler qu’il existe un danger dans le chenal.
- L’emploi intensif et si profitable qui a été fait des photographies prises en avion, pendant la guerre, pour la reconnaissance du terrain et des ouvrages de défense, a fait naître l’idée que ce procédé pourrait être avantageusement employé dans les levés hydrographiques.
- Yoici ce que dit à ce sujet le chef de la mission photo-hydrographique, M. Volmat, ingénieur hydrographe principal de la Marine, qui a dirigé en 1919 une mission chargée d’étudier les conditions d’application aux levés hydrographiques de la photographie aérienne en hydravion (L).
- « Les fonds marins impressionnent la plaque photographique s’ils sont suffisamment éclairés et si la mer est calme. La plus grande profondeur à laquelle le fond se distingue neLtement sur les épreuves obtenues est de 17 m. au-dessous du zéro des cartes.
- « Les fonds se manifestent sur les photographies par des teintes diverses suivant leurs natures. Les sondages et les échantillons de fonds recueillis montrent que les parties claires correspondent à des fonds de sable, de graviers, de coquilles brisées, des madrépores ; les parties foncées à des fonds de roches.
- Les hauts-fonds rocheux apparaissent sur les photographies comme des taches sombres (fig. 5), les têtes de roches correspondent aux parties les plus foncées. Nous avons relevé sur les photographies des taches foncées auxquelles ne correspondait sur la carte aucun relèvement du fond. L’exécution dans les régions intéressées de sondages et de recherches par les procédés habituels a permis de reconnaître l’existence de plusieurs têtes de roches, lesquelles
- 1. Annales hydrographiques.
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- UNE MACHINE FRIGORIFIQUE DOMESTIQUE
- avaient échappe' aux levés très détaillés cependant effectuées précédemment.
- « Par l’effet des courants, les hauts-fonds provoquent à la surface de la mer une agitation et des remous caractéristiques. Des photos, prises au fort des courants de marée, enregistrant les mouvements superficiels, permettent de découvrir les hauts-fonds qui leur donnent naissance.
- « En résumé, les photographies peuvent fournir d’utiles indications sur la nature du fond de la mer et permettre de découvrir des hauts-fonds dange-
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- phiques agissent avec l’aide précieuse d’avions spéciaux munis d’appareils photographiques installés sous le fuselage et analogues à ceux dont il a été fait si grand usage sur le front pendant la guerre.
- Il a été reconnu que la hauteur de l'avion observateur devait avoisiner 2500 m. pour obtenir les meilleurs résultats.
- L’emploi de tous ces procédés, sonde, cadre, photohydrographie, se complétant les uns les autres, et susceptibles assurément de se perfectionner, doit produire une notable amélioration dans la
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- Fig. 6 et /. — Photographie aérienne de la presqu’île de Kermorvan et région de l’Est du chenal du Four. La zone clapoteuse entourée d’un cercle discontinu correspond à la roche 3,~ du Fulminant.
- En face : Fragment de la carte correspondante.
- La croix entourée d’un rond est située à l’emplacement d'un haut-fond possible correspondant à la zone
- de clapotis entouree d un ce
- reux pour la navigation, soit par l’aspect du fond de la mer, soit par celui de sa surface. »
- En fait, cette mission photographique de 1919 a permis de relever, rien que dans les atterrages de Brest, un certain nombre de roches plus ou moins dangereuses dont l’existence était inconnue. Aussi, depuis cette époque, toutes nos missions hydrogra-
- ; en trait plein sur la photo.
- connaissance que l’on possède actuellement du relief et de la constitution du sol sous-marin dans les parages où ils intéressent la navigation.
- Mais, je le répète, il serait vain de compter qu’ils donneront jamais, à ce sujet, une sécurité absolue.
- Cl Sauvaire Jourdan.
- UNE MACHINE FRIGORIFIQUE DOMESTIQUE
- Il est possible de produire économiquement de la chaleur pour les usages domestiques, aussi bien en petite quantité qu’en grandes quantités. On dispose à cet effet de toute une gamme d’appareils, allant du minuscule réchaud jusqu’à la grande chaudière de chauffage central.
- Rien de pareil pour la production du froid, et cependant quel vaste champ d’applications trouverait un appareil simple et pratique, produisant quelques kilogrammes de glace par jour. L’explication de ce contraste est simple La production artificielle du froid n’est écono-
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- iniquement réalisable que par des moyens mécaniques ; si l’on cherche à diminuer les dimensions d’une machine frigorifique normale, on est vite arrêté par l’encombrement relatif que prennent certains organes essentiels, qui ne peuvent être réduits outre mesure.
- 11 existe actuellement d’excellentes machines frigorifiques de moyenne puissance : nous citerons les petites machines à chlorure de méthyle très employées aujourd’hui par les bouchers, et l’ingénieux frigorigène rotatif Audilîren à acide sulfureux.
- Ces deux machines sont à compression : le froid est produit par l’évaporation de l’acide sulfureux ou du chlorure de méthyle liquide ; les vapeurs en sont reprises par un compresseur qui les ramène à l’état liquide.
- L’écueil des compresseurs ordinaires, lorsqu’on veut les adopter à la réalisation de petites machines,
- velle, est commandé par un dispositif électrique extérieur au cylindre.
- Ce dispositif est représenté sur la figure 1.
- Dans le carter C formant cylindre, un noyau-piston A se meut alternativement sous l’action de deux bobines électro-magnétiques B supportées par le carter.
- L’alternance d’excitation de ces bobines est obtenue à l’aide d’un petit noyau auxiliaire D attiré par la variation du champ électrique créée dans les cavités prévues aux deux extrémités de l’appareil lorsque le piston se meut sous l’action attractive des bobines.
- On conçoit la possibilité, à l’aide de connexions électriques appropriées, d’obtenir une marche continue de l’appareil par la manœuvre d’un simple interrupteur.
- L’agent frigorifique utilisé est le chlorure de
- Fig. i. — Coupe du compresseur Daussan.
- est le presse-étoupe; il faut à tout prix éviter que l’agent frigorifique s’échappe cà l’extérieur, car, c’est un produit coûteux et plus ou moins toxique; d’où l’obligation d’obturer hermétiquement le passage des pièces mobiles à travers les parois de la machine, passage du piston à travers le cylindre dans un compresseur à double effet ; ou passage de l’arbre du compresseur à travers le carter dans un compresseur à simple effet.
- Or les dimensions des presse-étoupes dépendent avant tout de la pression à laquelle ils sont soumis et celle-ci est imposée par le choix de l’agent frigorifique.
- Une petite machine domestique doit donc, avant tout, ne comporter aucun presse-étoupe. C’est ce que réalise la machine Audiffren (voir La Nature, n° 1828, 6 juin 1908). C’est ce que vient de réaliser aussi, mais d’une façon toute différente, M. H. Daussan. La solution qu’il a donnée à ce problème est à la fois simple et hardie.
- Il se sert d’un compresseur à double effet ; mais le piston de ce compresseur au lieu d’être entraîné, comme d’usage, par un système de bielle et mani-
- méthyle ; mais le même dispositif s'appliquerait à l’acide sulfureux ou à l’ammoniac.
- Voici donc un appareil réduit à sa plus simple expression et s’actionnant lui-même : il suffît pour le mettre en marche de le brancher sur une prise de courant électrique, comme l’on ferait pour un simple réchaud électrique.
- Il ne comporte pas d’organes délicats, presse-étoupe, articulations, bielle, vilebrequin, organes de transmission, exigeant une attentive surveillance, incompatible avec les exigences d’un service domestique. Un appareil domestique doit être, en effet, assez robuste et d’un maniement assez simple pour pouvoir êLre confié aux mains les plus incompétentes.
- Le compresseur, bien entendu, ne constitue pas à lui seul toute l’installation frigorifique, il s’accompagne toujours d’un liquéfacteur et d’un réfrigérant; on peut combiner ces organes de diverses façons, soit dans un meuble constituant armoire froide, soit pour réaliser une petite fabrique de glace, ou encore l’un et l’autre réunis.
- R. Villers.
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- LES FLÈCHES EMPOISONNÉES DANS L’ANCIENNE EUROPE
- L’emploi des flèches empoisonnées, si répandu (Voir La Nature, n° 2185) parmi les peuplades sauvages d’Afrique,, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie, ne se rencontre pas, naturellement, dans l’Europe moderne, mais a manifestement existé dans l’ancien temps. Il suffît de lire la mythologie et les œuvres littéraires de l'antiquité pour s’en convaincre.
- Hercule pour rendre ses flèches irrémédiablement meurtrières, les plonge dans la bile de l’hydre de Lerne; elles étaient, certainement, empoisonnées, car son ami Philoctète, qui en hérita, fut blessé par l’une d’elles et la plaie devint si large et si nauséabonde que ses compagnons durent l’abandonner dans l’ile de Lemnos. Auparavant, d’ailleurs, Hercule s’en était adroitement servi en frappant mortellement la centaure Nessus, lors de l’enlèvement de Déjanire.
- Dans Homère, on voit le « prudent Ulysse » voguer vers PEphyra corinthienne « pour y chercher des sucs végétaux homicides, dans lesquels il trempera la pointe de ses flèches d’airain ». Mais Ilus les lui refusa par crainte des dieux. L’usage des flèches empoisonnées était, il faut le reconnaître, mal vu et considéré comme , un acte de lâcheté. On en fit un crime aux archers Paris et Pandarus et cela devint la cause principale de la guerre « où la justice divine devait faire tomber Paris ». Pline jette aussi l’anathème à l’emploi des toxiques : « Qui, en dehors de l’homme, trempe ses armes dans le poison ? Nous en enduisons les flèches et rendons le fer encore plus dangereux qu’il ne l’est déjà. Aucun être, hormis l’homme, ne combat avec du venin qui ne lui soit pas propre. Confessons donc notre faute. Car nous ne nous contentons même pas de cé qui croît, mais nous préparons encore de nos mains d’autres poisons. » L’aveu est net. Aristote remarque que, chez les Celtes, il existe un poison qui détermine une décomposition si prompte que les chasseurs celtes, lorsqu’ils ont frappé d’une flèche un cerf ou quelque autre animal, accourent au plus vite pour exciser la parlie blessée avant la diffusion du poison, afin que l’animal puisse servir de nourriture et aussi pour qu’il ne putréfie par. (1).
- D’après Strabon, on peut croire ce qu’on dit des Belges de la Celtique, « qu’il pousse dans leur pays un arbre semblable au Figuier, dont le fruit est comparable au chapiteau d’une colonne corinthienne; incisé, il laisse couler un suc mortel qui, porté sur les flèches, les rend mortelles ».
- Nos ancêtres avaient des procédés analogues. Pline est très précis à cet égard : « les Gaulois trempent leurs flèches dans l’Ellébore et affirment qu’après l’excision de la partie blessée, la chair des animaux ainsi tués est plus tendre. » Ailleurs, il dit que « les Gaulois nomment limeum une herbe qui sert à enduire leurs flèches de chasse et ils l’appellent, pour cette raison, aussi « poison de cerfs ». Pline parle aussi des propriétés vénéneuses du Taxus, c’est-à-dire de l’If et il ajoute : « Certains pensent que de là on appela « taxiques » les poisons qui servent à enduire les flèches (2). A noter que Celse note les analogies du poison des Gaulois avec le produit des glandes
- 1. Les citations et la documentation de cet article sont empruntées à : G. Lagneau, Recherches toxicologiques sur certaines substances employées par les anciens peuples de VEut ope pour empoisonner leurs flèches [G. R. Ac. Inscr. et R.-L., 1878) et Perrot et Vogt, Poisons de flèches et poisons d'épreuve, Yigot, édit., 1913.
- 2. D’après l’ètymologie, le mot toxique signifiait primitivement poisons de flèches.
- à venin des Ophidiens : « Le venin du Serpent, comme aussi cerlains poisons de chasse dont se servent surtout les Gaulois, sont toxiques, lorsqu’ils pénèlrent par une blessure, mais ne le sont pas, quand ils entrent par la bouche, du moins s’il n’existe par d’ulcération sur les gencives, le palais et autres parties de la cavité buccale. » L’affirmation est, peut-être, sujette à caution.
- Aulu Gelle fait aussi allusion à l’Ellébore : a Nous lisons que les Gaulois enduisent, pour la chasse, leurs flèches d’Ellëbore, parce que le gibier ainsi tué est plus tendre pour la table ; toutefois, à cause de la toxicité de l’Ellébore, iN paraissent exciser largement les parties touchées par les flèches. » 11 ne fait, en somme, que répéter ce qu’avait dit Pline.
- Il semble que les Francs du Mein. vers l’an 588 après J.-C. employèrent des flèches empoisonnées contre les cohortes de l’empereur Maxime, commandées par Quin-t.ilien. C’est, du moins, ce qu’affirme Grégoire de Tours, d’après Sulpice Alexandre : « Les Francs, en petit nombre, mais placés sur des troncs d’arbres entassés, lancèrent de là, comme du haut des tours, ainsi qu’auraient pu le faire des machines de guerre, des flèches trempées dans le suc d’herbes vénéneuses, de sorte que les blessures, n’eussent-elles qu’effleuré la peau, même en dehors des régions essentielles du corps, donnèrent une mort certaine. » Le même auteur nous apprend aussi que, « sur l’insligalion de la reine Frédégonde, deux valets se rendirent, sous un prétexte quelconque, près de Sigebert, qui se trouvait au milieu de son armée réunie à Vilrv, et le frappèrent, des deux côtés, avec de grands couteaux, vulgairement appelés scramasaxes, enduits de poisons ».
- Dans toute l’Europe, on peut, en somme, retrouver l’emploi ancien de flèches empoisonnées. « On dit, écrit Paul d’Egine, que les Daces et les Dalmates enduisent les dards avec ce que l’on appelle helenium et ninum, substances qui. mises en contai-tavec le sang des blessés, les tuent, mais qui, mangées par eux, sont innocentes et ne font aucun mal. »
- Le poison sagittaire des Scythes, d’aprè< Aristote, aurait été préparé avec la vipère : « Les Scythes attrapent les femelles portant déjà des petits, les font macérer quelques jours jusqu’à ce que la putréfaction ait Atteint le degré voulu ; puis ils versent du sang humain dans un petit vase qui est enfoui dans le fumier. Lorsque ce sang est également putréfié, le liquide séreux qui surnage est mêlé au produit putride de la vipère et le tout forme un poison mortel. » Tel est aussi l’avis de Pline. Le « poison des Scythes » semble avoir été très connu. « Un bon archer, dit Lucien, enduit sa flèche avec une substance qui n’est ni le poison des Scythes ni le suc du Figuier sauvage dont se servent les Curètes. »
- Alonzo Martinez do Kspinaz, porte-arquebuse du roi d’Espagne Philippe III, raconte « que les Espagnols fabriquaient pour la chasse un poison de flèche avec la racine de l’Ellébore blanc, qu’on appelait Herbe aux Arbalétriers». Quant à Ambroise Paré, il fait allusion à l’Aconit, mais ne semble en parler que par ouï-clire.
- En somme, on voit que les anciens poisons sagittaires européens provenaient, les uns du règne animal (Vipère), les autres du règne végétal. Parmi ces derniers, l’Hellébore blanc,» l’Aconit et l’If sont nettement caractérisés. Quant au Figuier (qui était peut-être un Pavot), au Limeum, au Ninum et à Y Helenium, leur nature est complètement inconnue. Henri Coupin.
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- LES HAUTS-PARLEURS GAUMONT
- Le 27 novembre dernier, M. le général Ferrié présentait à l’Académie des Sciences une note de M. L. Gaumont au sujet d’un nouvel amplificateur de sons.
- On connaît la mauvaise acoustique de la salle des séances de l’Institut et le brouhaha des conversations particulières, défaut que l’on peut bien publiquement constater, puisque les présidents successifs de l’Académie s’en plaignent périodiquement.
- La voix de commandement du général Ferrié, dès qu’il prend la parole, domine le bruit ’de la salle. Cette fois-ci, elle arrêta net toutes les conversations. Chacun voulait connaître le nouveau haut-parleur inventé par les établissements Gaumont, d’autant ! plus qu’on devait l’entendre dans la salle même, à la fin de la communication. A cet effet, un pavillon de phonographe brillait près du plafond, dans un angle. La communication du général Ferrié terminée, une voix très claire, très nette, intense, emplit toute la salle et déborda même dans la galerie d’attente et l’antichambre.
- Le haut-parleur parlait, il prononçait le texte du règlement des publications de l’Académie et aucun mot, aucun son n’était perdu, ni déformé.
- L’appareil présenté à la séance de l’Institut n’est que le modèle moyen, destiné aux salles pouvant contenir jusqu’à 6000 personnes. Il en existe un autre beaucoup plus puissant que l’on peut observer aux usines de la rue des Alouettes et que les habitants du quartier des Buttes-Chaumont connaissent bien pour l’entendre tous les jours de leurs maisons mêmes ou des rues avoisinantes.
- Nous avons pu constater — de auditu — toutes ses qualités. Installé sur un belvédère, au centre des usines, il déverse sur le voisinage ses ondes sonores : paroles, chants ou musique.
- L'e jour de notre visite, M. Gaumont nous conduisit rue Botzaris, le long du parc des Buttes-Chaumont, à plus de 400 m. du point de projection. Entre lui et nous, s’étendaient les usines Gaumont en activité, puis des immeubles, des rues où passaient des voitures, des camions, des automobiles. Malgré ces bruits divers, interposés entre la source sonore et nous, l’audition fut parfaite et des autos passant sur la chaussée, tout près de nous, ne dominèrent à aucun moment les sons du haut-parleur.
- Pour montrer les diverses applications qu’il envisage dès maintenant, M. Gaumont fit annoncer par l’appareil des renseignements de chemins de fer : « Dijon, dix minutes d’arrêt. Buffet. Les voyageurs pour... changent de train. Départ à telle heure sur la voie 6. Prendre le passage souterrain..., etc. », puis des commandements de bateau : « Largue la misaine. Bâbord amure..., etc. », puis des nouvelles de presse : renseignements météorologiques, faits divers, discours de M. Clemenceau à'Chicago, enfin des chants, un solo de violon, des voix accompagnées au piano.
- Que l’émission fut parlée ou musicale, elle fut parfaite dans tous les cas, sans ces sifflements désagréables des s et des ch de la parole, sans ces battements des notes aiguës du violon qui sont si souvent la rançon des auditions de phonographe.
- Le problème que s’était posé M. Gaumont est donc complètement résolu par lui. On peut aujourd’hui entendre en plein air, dans un rayon d’un demi-kilomètre, une voix humaine ou un instrument, sans que les sons soient déformés ou modifiés par l’appareil d’amplification.
- Comment fonctionne-t-il ?
- Nous ne reviendrons pas ici sur le problème général des hauts-parleurs que M. J. Roussel a récemment traité d’une manière très claire et très complète dans La Nature (n° 2521, 29 juillet 1922). Nous ne décrirons ici que les caractéristiques du nouvel appareil Gaumont.
- On sait qu’un récepteur téléphonique ordinaire est constitué, en principe, par une membrane mince de tôle soumise aux variations du flux d’un électroaimant polarisé. Dans un tel appareil, la membrane métallique, constamment tendue par l’aimantation, subit, de ce fait, une déformation permanente qui nuit à son équilibre; en outre, elle présente une inertie assez grande du fait de sa masse, de sa constitution moléculaire et de sa liaison avec les parties fixes du téléphone.
- Il en résulte que la membrane d’un téléphone ordinaire possède une période propre, de nature à provoquer une distorsion notable des sons émis par suite d’un décalage entre l’instant de la réception du courant microphonique et celui où la membrane téléphonique entre en vibration.
- Ces inconvénients, peu graves tant que l’instrument est traversé par des courants microphoniques,
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- prennent une importance capitale dès que l’intensité du courant atteint une valeur élevée, comme c’est le cas dans un téléphone haut-parleur.
- Dans le dispositif Gaumont, la partie vibrante est constituée par un cône de soie fine, d’un angle de 90° environ, sur lequel est enroulé en spirale, de la base au sommet, en une ou plusieurs couches jointives, un fil conducteur très fin, de préférence de faible densité, en aluminium par exemple. Ce cône est placé dans l’entrefer d’un aimant ou électro-aimant, dont les pôles épousent exactement sa forme. Un collier circulaire fixe la base du cône sur l’un des pôles.
- Toute la membrane est ainsi soumise à l’action d’un champ magnétique très intense ; la forme conique qui a été choisie permet d’utiliser, dans les meilleures conditions possibles, le fiux magnétique.
- Des courants téléphoniques étant envoyés dans l’enroulement conique, celui-ci se met en vibrations sous l’inlluence du champ magnétique et, ne possédant pas de période propre, n’apporte aucune perturbation à la reproduction des sons qui ont engendré ces courants téléphoniques. Pour que les vibrations communiquées par le cône à l’air contenu dans l’entrefer, puissent se transmettre à l’extérieur, le pourtour de l’entrefer a été obturé et des orifices ont été ménagés dans l’un des pôles pour mettre en communication l’air de l’entrefer avec l’extérieur. Ces orifices aboutissent à la naissance d’un pavillon genre porte-voix (fig. 1).
- Les constructeurs sont parvenus à réaliser des membranes extrêmement légères (inférieures à 1 gr.) sur lesquelles, malgré leur petite masse, des forces considérables peuvent être appliquées.
- Fig. 3. — Haut-parleur à cône de n millimètres.
- Fig. 2. — Haut-parleur à cône de 55 millimètres.
- De plus, la force motrice est directement et uniformément engendrée sur tous les points de la membrane, ce qui donne la possibilité de constituer des appareils de grande dimension, dépassant tout ce que nous avons été habitués à voir et à entendre jusqu’à ce jour.
- Au moyen d’un dispositif de ce genre, comportant un cône de 55 mm de diamètre pesant 1 gr. environ (fig. 2), il est possible de faire percevoir aisément une phrase quelconque à toute une salle de 6000 personnes, sans qu’aucune syllabe soit perdue pour l’un quelconque des auditeurs. Au moyen de tels appareils associés à des amplificateurs à trois électrodes convenablement établis, il sera également possible de transmettre des ordres, soit dans une salle des machines en dominant tous les bruits, soit en plein air pour des manœuvres de navires à l’entrée ou à la sortie des ports, ou pour donner des avis dans les gares. Dans les réunions publiques et peut-être même au Parlement, les discours pourront être entendus par tous, malgré l’obstruction bruyante des conversations et des cris.
- Un modèle plus réduit avec cône de H mm peut servir de haut-parleur dans les conversations téléphoniques courantes (fig. 3) et pour faire entendre les émissions de radiotéléphonie à plusieurs personnes à la fois dans une pièce d’appartement.
- Un autre modèle encore est à l’étude pour être utilisé dans la vie courante par les sourds.
- Voici, par exemple, les caractéristiques d’un appareil pouvant être entendu à 50 mètres, sans faire usage d’amplificateurs à_ trois électrodes :
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- Excitation de T électro-aimant : Résistance totale 500 ohms, alimentation à HO volts.
- Membrane : Résistance 380 ohms environ. Poids : 8 décigrammes.
- Microphone transmetteur : Composé de 2 microphones du commerce, absorbant chacun 0,25 ampère sous 6 volts.
- Le même appareil, avec une membrane de 650 ohms, alimenté par un amplificateur à trois électrodes à un étage, absorbant 500 watts, permet une bonne audition à 300 mètres.
- L’apppareil le plus puissant, monté sur les établissements Gaumont, absorbe 1 kilowatt.
- Le nouvel amplificateur de sons est né entièrement aux établissements Gaumont du concours de M. Gaumont et de deux de ses collaborateurs, MM. Guéritot et Ascbel. Il est l’aboutissant d’une longue série de recherches, poursuivies depuis
- 20 ans, pour réaliser la mise au point des projections partantes (phonocinéma).
- Successivement, on y avait créé et essayé des méthodes utilisant les propriétés des flammes, de l’air comprimé, des courants électriques, sans obtenir de résultats vraiment satisfaisants pour la pratique. Les sons émis, aussi bien par ces dispositifs que par tous ceux qui ont été proposés d’autre part jusqu’à ce jour, étaient passables à faible amplification, mais devenaient très médiocres ou mauvais quand l’amplification était considérable. Les sons y étaient en général déformés parce que la masse des parties vibrantes, servant à reproduire et à transmettre le son, était trop considérable.
- Le nouvel appareil, avec son cône vibrant de quelques décigrammes, sans périodes de vibrations propres, a résolu la question.
- A. R.
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- La Terre tremble constamment. Dans les observatoires sismologiques, les appareils enregistreurs, sans cesse en mouvement, indiquent tantôt de simples frémissements, tantôt des commotions violentes dont on n’a pas d’autres nouvelles, parce qu’elles se sont produites dans les océans ou les déserts, tantôt clés secousses auxquelles le télégraphe répond par l’annonce de véritables catastrophes.
- Ces jours derniers, les journaux étaient pleins des malheurs du Chili, dans la région de Coquimbo : villages écroulés, raz de marée submergeant une grande étendue de côte, centaines, peut-être milliers de victimes.
- La disparition de l’île de Pâques. — Mais ce qui nous a frappés le plus dans ces calamités, c’est la disparition de l’ile de Pâques, ou du moins, un écueil en marquant sans doute encore la place, l’anéantissement de sa population tout entière.
- Enfants, au temps heureux où l’on se passionnait pour les Robinsons, nous avons tous rêvé de cette petite terre lointaine, toujours battue par la longue houle du Pacifique, dans la « terreur de l’immense océan » comme disent les vieilles chroniques, qui exagèrent, parce qu'elles parlent du Mont-Saint-Michel ; de cette île si réduite, dont la population n’atteignait plus deux cenls âmes, hors du groupe de la Polynésie à laquelle cependant on la rattachait, par 27°9 de latitude Sud et 11 °45 de longitude Est ; de cette île enfin aperçue en 1688 par' un Anglais, découverte et baptisée du nom de la fête par le Hollandais Roggewinn parcourant les terres australes, reconnue en 1774 par Cook, qui en nota le nom indigène, Vaïhou, qui signifie « les yeux qui regardent le ciel », décrite géographiquement par La Pérouse, visitée depuis par de nombreux navigateurs, même par des pirates, dépouillée par Ta Flore, en 1878, au profit du Muséum d’IIistoire Naturelle, de l’un de ses colosses de pierre.
- Ce n’est point, il s’en faut de beaucoup, la première disparition d’île. Celles qui s’en vont ainsi ne sont pas les solides montagnes,' produits de longs soulèvements, dont un plateau émerge.
- Ce sont des volcans, formations rapides, essentiellement meubles, destinées à s’effondrer aussi facilement
- qu’elles ont poussé. L’exemple classique de ces transformations éphémères du globe est fourni par file Julia, ou île Graham, qui surgit en 1831 d’une éruption sous-marine, entre la Sicile et l’ile de Pantellaria, de sinistre renom dans l’antiquité. Déjà, un pavillon anglais avait été planté sur cette terre nouvelle, mais la mer, en quelques mois, la remporta. En 1863, une autre éruption produisit à la même place un amas de cendres, avec cratère actif, qui ne dura pas non plus. Mais le volcan souterrain continue de temps à autre de se faire entendre et d’émettre des scories dont une partie pourrait s’agglomérer et donner lieu à une terre relativement persistante.
- L’ile de Pâques était un volcan probablement éteint, auquel trois cônes principaux donnaient une forme triangulaire. Il y aurait beaucoup de choses intéressantes à dire et qui ont été dites par les explorateurs, sur sa faune, sa flore et sa population, toutes trois restreintes et presque entièrement dépourvues d’éléments nuisibles; mais nous devons rester dans notre sujet géologique, dont nous ne nous écarterons pas, en nous arrêtant un instant devant ces gigantesques figures de pierre qui constituent un véritable mystère ethnographique (*).
- Cette île qui comptait à peine deux cents habitants, était avant tout une nécropole. Elle contenait, en effet, un nombre incalculable de tumulus funéraires, de chambres sépulcrales et une quantité imposante de ces statues qui ne peuvent être que des dieux, ou de ces symboles religieux, que l’homme partout associe à l’idée de la mort, qui faisaient de l’ile de Pâques un lieu sans pareil au monde.
- Naturellement, les colosses ont causé la stupéfaction des voyageurs qui n’ont pas manqué d’en faire la description. Le Tour du Monde (2) a publié le récit par M. Alphonse Pinart, de la visite du Seignelay à la petite île et publié de nombreuses illustra lions sur les cratères et les statues, auxquelles nous renvoyons le lecteur. Il nous suffira de dire ici qu’il y a à Vaïhou deux centres de sculptures : d’abord le cratèrejle Ronororaka, où sur
- 1. La Nature, n° 2508, 29 avril 1922. ,
- 2. Tome XXXVI (1878, 2e semestre), p. 224.
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- sa pente inférieure, on en compte une quarantaine, se ressemblant toutes, en trois groupes séparés, debout ou couchées. On les taillait à même la montagne, ainsi que s’en rendit compte M. Pinart, dans un -véritable atelier de fabrication où les unes étaient entièrement terminées, les autres à l’état d’ébauche, avec des détails d’exécution qui permettent de comprendre comment ces masses énormes avaient pu être mises en place e£ érigées.
- Dans cet « atelier », gisaient en quantité, des lames d’obsidienne, taillées en grattoirs, couteaux, perçoirs, outils peut-être de ce travail cyclopéen. La plus considérable statue mesurée par l’expédition du Seignelay avait sept mètres de haut, à partir du buste, la partie inférieure du corps étant généralement enfouie, en sorte que ces statues apparaissent, dans le bizarre paysage, à l’état de tètes.
- On trouva comme dimensions dans une statue couchée de l’atelier : hauteur du Dont : deux mètres, longueur du nez : trois mètres quarante, longueur du nez aux lèvres : soixante-quinze centimètres, hauteur du menton : deux mètres, corps : douze mètres.
- Quelques statues étaient trachvtiques, comme la montagne elle-même ; mais il y en avait de taillées dans une roche grise, brèche de cendres et de pierres volcaniques de la catégorie des pouzzolanes et des peperins.
- Enfin, une autre assemblée, celle-là de quatre-vingts statues, dans un amphithéâtre à l’extérieur du cratère, offrait des traits un peu différents, des nez plus longs, des lèvres plus épaisses.
- Une autre localité de nie, Opulu, présentait une terrasse ornée de sculptures et de statues, plus grossièrement taillées que celles du cratère, avec des son.es de mitres sur la tête. La roche est ici particulièrement friable, de cendre volcanique compacte avec graviers et fragments de lave agglutinés. La terrasse renfermait des chambres sépulcrales faites de dalles plates.
- Ces brefs détails nous conduisent à deux remarques : Ie Que toute l’ile était volcanique; 2° que, naguère de très petites dimensions, elle renfermait des centaines de statues colossales et des sépultures à loger les morts d'un empire.
- Platon nous a conté une fable aujourd’hui très à la mode, d’une île immense, située dans l’Océan, du côté des colonnes d’IIercule, qui, riche, prospère, et d’abord aimée des dieux, encourut leur courroux à cause de ses crimes. En une nuit de tempête, Jupiter la lit rentrer sous les flots. La légende contient parfois autant de vérité que l’histoire. Mais Platon, avec son Atlantide, ne sait pas qu’il fait allusion à un événement géologique, antérieur peut-être de deux millions d’années à l’existence de l’homme. Nous, au contraire, nous pouvons concevoir une Pacifiée, c’est-à-dire une grande terre ou un groupe d’iles, occupant le vaste espace entre la Polynésie et le Chili, une formation volcanique telle que les Andes, de même âge, mais poussée du fond de la mer. Aussitôt montées vers le jour, cette terre — ou ces îles — ont été battues par le flot et leurs matériaux, peu résistants, se sont peu à peu émiettés. L’homme, d’abord, ne s’aperçut sans doute pas que son habitation se resserrait. Il travailla, il fit la guerre, il adora les dieux, leur éleva des statues dignes d’eux et logea ses morts avec les idées de grandeur et de durée qui ont animé les anciens Egyptiens. Puis, des tremblements de terre donnèrent à cette terre des secousses plus violentes encore que celles de la tempête ; elle se débita en morceaux séparés par les eaux et de plus en plus réduits ; ses peuples disparurent dans des catastrophes, et seule, la nécropole, gardée par
- ses colosses, persista, pleine d’ossements, donnant asile à quelques Canaques très doux. L’effroyable razde marée, qui dévasta la côte chilienne, se propageant au large, aurait, dit-on, recouvert tètes géantes, squelettes, êtres Avivants. Les « yeux qui regardent le ciel », les cratères que désignait sans doute la poétique appellation, n’ont plus de forme ni d’expression : c’est de la boue qui descend lentement dans les abîmes.
- On comprend qu’un intérêt tout particulier s’attache maintenant, quoiqu’elle fût certainement l’une des plus petites, à la tète de l’ile de Pâques que possède le Muséum, souvenir mélancolique de l’ile perdue « dans la terreur de l’immense Océan ».
- Si poignants que soient les désastres causés par les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, nous les acceptons avec résignation comme les nécessités harmoniques du globe, où, comme dans la vie animale, les phénomènes oscillent de la naissance à la mort.
- La formation des montagnes. —Pour comprendre les convulsions de l’écorce terrestre, nous devons remonter à l’origine même des mondes, à la nébuleuse, au Soleil et aux anneaux qui s’en sont détachés, les planètes, projetées incandescentes dans l’espace, où elles se refroidirent, prirent une enveloppe solide, où de-; terres apparurent au milieu des mers.
- Le noyau igné allant toujours diminuant de volume, sous l’influence du refroidissement, manqua à l’écorce qui, n’étant plus soutenue et cédant à la pesanteur, tend à la suivre. Mais dépourvue d’élasticité, et l’espace devenant de plus en plus étroit pour elle, elle se comprima dans le sens horizontal. De là ces déformations, ces refoulements, ces ruptures, ces failles ou géoclases qui s’ouvrirent dans son épaisseur. Il en résulta des «lames » dont le « charriage» et l’empilement édifièrent les chaînes de montagnes.
- Ces déchirements de l’écorce terrestre, bien qu’ayant parfois des retentissements terribles à la surface, prennent naissance non pas dans les régions inférieures, les plus proches du noyau igné, où les roches, encore plastiques, ne conservent pas de cassures continues. Les géoclases ne parviennent pas non plus jusqu’à la surface du sol, à cause de la nature des roches relativement peu anciennes, et qui, essenliellement compressibles, deviennent de véritables étouffoirs, épuisant les efforts de déplacement. C’est pourquoi les plus grands séismes dont ait souffert le sol, celui de Messine, par exemple, ou celui de San-Francisco, n’ont aucun résultat topographique important et durable. Les écroulements de rochers, les affaissements de terrains occasionnés par les vibrations violentes n’ont rien à voir avec le lent et persistant soulèvement des montagnes, ni avec les bossel-lements généraux qui, au cours des âges géologiques, ont bien des fois changé la place des mers et celle des continents. Si nous pouvons observer directement les cassures de l’écorce, c’e.4 que, dans les régions accidentées, elles ont été amenées au jour par la doub'e influence du phénomène orogénique et de l'intempé-risme, et remplacées dans les profondeurs terrestres par des matériaux qui se trouveront soumis aux mêmes causes de déplacement qu'elles ont subies.
- Les volcans et les tremblements de terre. —: Mais il n’y a pas seulement dans l'écorce terrestre une activité mécanique. Il s’y manifeste une activité chimique tout au'si puissante.
- On sait que les sédiments tombent sans relâche au fond des mers, où ils constituent des dépôts sans cesse recouverts par les nouveaux apports. Chacun de ces dépôts,
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- d’abord tout saturé d’eau, la perd en partie par l’effet de la compression d’accumulations toujours plus épaisses, mais en garde assez pour que dans les mines les plus profondes, les roches restent humides. Elles renferment comme les roches en surface ce qu’on appelle l’eau de carrière. Ainsi, au moment de son extraction, le calcaire terreux en contient 35 pour 100, la craie, 20; l’argile, indépendamment de son eau de combinaison, 19, la pierre à plâtre, 3 à 4, le granit et le gneiss, 3. Durocher, Delesse et d’autres, qui ont fait ces analyses, en ont conclu que la masse des océans ne suffirait pas à hydrater toute la masse du globe supposé refroidi.
- Cependant, les profondeurs de l’écorce devenant de plus en plus chaudes, à mesure qu’elles deviennent de plus en plus grandes, l’eau de carrière y disparaît. Il s’établit donc deux zones concentriques, l’une sèche, l’autre humide, entre lesquelles la limite séparative devient de plus en plus profonde, au cours du refroidissement spontané de la planète.
- Qu’une géoclase se produise, extrêmement oblique, et tout au long, les masses brusquement séparées chevaucheront les unes sur les autres et se recouvriront partiellement : un coin de la zone humide pénétrera ainsi brusquement dans la zone anhydre et, brûlante, déterminant un phénomène dont l’expérience peut donner une idée. Des roches sont soumises dans un tube résistant, à l’action de l’eau surchauffée, qui abaisse le point de fusion de la roche, laquelle .-'associe avec l’eau elle-même, l’absorbant par occlusion, de façon à produire une masse essentiellement foisonnante, dont la composition et les propriétés sont précisément celles des laves volcaniques.
- Dans nos cours, nos conférences populaires, nos articles, nos livres (*), nuis nous sommes toujours plu à comparer la genèse de l’éruption volcanique à l’économie d’une bouteille d’eau gazeuse. « La lave, c’est l’eau, et la matière occluse, propre à déterminer l’éruption, c’est l’anhydride carbonique dissous et n’ayant plus rien de commun avec un gaz. Que le bouchon soit retiré, une violente explosion se produit, même si la bouteille est placée verticalement sur son fond, l’eau pulvérisée est lancée en l’air, comme la cendre volcanique, et le liquide s’élève dans le goulot, entraîné par les bulles de gaz qui s’engendrent dans sa masse, pour venir s’extravaser et se répandre sur la table, comme la lave des volcans s’extravase et s’épanche sur le &ol. Tous les détails de l’un des appareils (à l’exception de ceux qui concernent la température) sont exactement reproduits dans l’autre. »
- Ce bref exposé conduit à l’assertion que les tremblements de terre et les éruptions volcaniques sont dus à la même cause : le refroidissement spontané du globe, l’établissement d’une écorce non contractile dans laquelle se produisent des cassures, des déplacements, des actions chimiques.
- La répartition des volcans et des séismes. — Séismes et éruptions ne se produisent que dans des régions déterminées. Aussi existe-il une géographie sismique et volcanique, rassurante pour les personnes de notre pays qui ont la terreur maladive de ces phénomènes impressionnants. Mais, comme partout, on s’habitue au danger : les Napolitains aiment leur Vésuve et reconstruisent tout ce qu’il a détruit; et l’on s’accommode de la met ace continuelle d’un tremblement de terre, en
- 1. Les convulsions de l'écorce terrestre, par Stanislas Meunier, 6e mille, 1 vol. de la Bibliothèque scientifique. Flammarion, éditeur.
- construisant, comme au Japon, de légères maisons dont la chute est aussi peu dangereuse que possible.
- Contre-coups de la production des montagnes, séismes et éruptions sévissent dans les lieux où elles sont en surrection. Ils cessent, s’atténuent, lorsqu’elles ont achevé leur croissance. Cette croissance s’est faite dans un certain ordre dont nous allons dire un mot :
- Considérons*l’Eurasie : la bande à tremblements de terre et à volcans la traverse du sud-ouest au nord-est, à peu près, car la rigueur géométrique n’existe pas dans la nature. Nous serons plus précis en disant que la région convulsée s’étend surtout au nord de la Méditerranée, dans l’océan Indien et qu’elle fait au Pacifique des rivages de feu.
- Partant du sud-ouest, nous trouvons dans l’Atlantique des îles essentiellement volcaniques, les îles du Cap-Vert, les Canaries où le pic de Teyde élève son cratère à une hauteur de près de 4000 m., les Açores, en face de la côte portugaise, fameuse par le tremblement de terre de Lisbonne (1753), qui se fit sentir dans le nord de l’Afrique et une grande partie de l’Europe et causa un raz de marée qui jeta sur Madère une vague de 15 m. de haut.
- Le sol tremble en Espagne. Il y eut en Andalousie des séismes qui durèrent plusieurs mois (1884-1885). Notre littoral méditerranéen, du côté de l’Italie, a plus d’une fois été ébranlé, et, en Italie, ce sont des millions de victimes qu’ont faits depuis l’antiquité des milliers et des milliers de tremblements de terre et d’éruptions de ces volcans fameux, le Vésuve et l’Etna. L’Italie a aussi les volcans des îles Folinnes et Lipari, qui possèdent ce Slromboli toujours grondant, fumant et brûlant. La Grèce, la Turquie, la Perse, l’Inde sont fréquemment secouées. Elles ont aussi des volcans. Les éruptions de Santorin, dans les Cyclades ont donné lieu à des « îles bridantes ». Ce fut ainsi que l’an 194 avant J.-C. naquit, au milieu de grandes secousses, Hiéra, l’île sacrée qui n’est plus maintenant que Paléo ou Mégalo-Kaïmeni. L’île de Georgios vint au jour de la même manière et se développa.
- Si nous passons dans l’océan Indien, à part les volcans de l’Afrique orientale, dont on ne sait s’ils sont actifs ou éteints, nous trouvons dans les Comores et au nord-ouest de Madagascar, des volcans à éruptions violentes. L’île Bourbon se compose d’une partie volcanique éteinte et du grand pays Brûlé sur lequel le Piton de la Fournaise, à 2528 m., répand une énorme quantité de lave. La ville d’Aden occupe le fond d’un cratère ébréché, qui eut des éruptions contemporaines de l’homme. Dans l’Inde, séismes terribles; on n’a pas oublié celui de 1893 qui détruisit entièrement la jolie ville de Shellong, dans l’As-am. Le Dendour, dans l’Inde, eut une éruption en 1819. Près de Pondichéry, en 1755, un volcan sous-marin donna lieu à une petite île bientôt emportée. La bande convulsée se relève, passe dans l’Asie centrale où il y a des volcans en demi-sommeil; en Chine, où le Chan-Siet le Ho-Nan constituent une région sismique bien définie. L’activité volcanique est terrible au Kamtschatka où la chaîne orientale compte 58 volcans, dont 12 actifs. Le Klintschewskaja a une hauteur de 5000 m. d’ailleurs variable, selon les éruptions, comme dans tous les volcans,— son cratère, enfoui sous la neige,a plus de 500 m. de diamètre. Les Kouriles, avec leur vingtaine de volcans, font la chaîne entre l’extrémité orientale de l’Asie continentale et le Japon. Celui-ci est aussi célèbre pour scs volcans que pour ses tremblements de terre. Le Fusi-Yama, d’une altitude de 4000 m., dont la figure se
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- retrouve dans tant d’objets d’art japonais, est en quelque sorte une montagne sacrée ; même les populations simples ont l’intuition des bienfaits que l’activité volcanique répand sur la terre, les éruptions apportant des éléments fertilisants, vitaux même, des profondeurs à la surface.
- Continuons notre course sur la Mappemonde : partout le feu jaillit du sein du Pacifique : Formose, les Philippines, les Célèbes, les Moluques, les lies de la Sonde, comptent toutes de graves catastrophes. Aussi, la science sismologique est-elle en honneur aux Indes Néerlandaises, comme au Japon. On se rappelle l’éruption du Krakatau qui coûta la vie à plus de 40 000 personnes et dont les cendres, projetées à des hauteurs inimaginables, se répandirent par toute la terre. Les îles Nicobar et Anda-man continuent la chaîne volcanique de Sumatra (19 volcans dont G en activité), le long de la presqu'île de Malacca. Il faudrait citer presque toutes les îles océaniennes : la Nouvelle-Guinée, les lies Salomon, les îles Santa-Cruz, avec le célèbre Tinakoro, les Nouvelles-Hébrides, l’île nord de la Nouvelle-Zélande, les îles des Amis, des Navigateurs. Le Calapagos sur l’Equateur contient plus de 2000 cônes dont deux seulement en activité; enfin, et surtout, l’archipel des Sandwich, dont l’île Hawaï, qui a quatre volcans, parmi lesquels la Mauna-Loa, dépassant 4000 m., séjour de la déesse Pélé, aux longs cheveux b.ancs d’obsidienne et qui est peut-être la plus prodigieuse bouche à feu du monde.
- La côte américaine du Pacifique se rattache à la ligne volcanique de l’Asie par les Aloutiennes, suite des Kouriles, la presqu’île d’Alaska, faisant pendant par ses volcans au Kamtschatka. Sur le continent, le Mont Hélie est le volcan le plus septentrional de la chaîne des Cascades qui compte plusieurs pics dépassant 5000 m. et ayant produit de formidables éruptions. Les Montagnes Rocheuses, volcaniques aussi, semblent n’èlre plus en activité. Mais tout le monde sait à quel point la Californie peut être secouée. En 1?i68, la destruction de San Franck co fut telle qu’on se demanda s’il fallait la reconstruire. En 1906, on aurait pu se poser la même question. Le Mexique, l’Amérique Centrale, le Pérou, le Chili ont des fastes sismiques qui font hésiter à laisser le record au Japon. Le désastre actuel du Chili, si considérable qu’il soit, n’est pas l’un des plus terribles dont il ait souffert. Les volcans mexicains, d’une grande intensité, sont situés tous sur la grande chaîne centrale de la Sierra Madré. Le Tuxla est un volcan côtier, dans l’Etat de Yera Cruz. L’Orizaba, le Popocatepelt, le Toluca, le Colima sont couverts, malgré la latitude équatoriale, de neiges éternelles. L’Amérique Centrale est l’une des régions du monde où l’activité volcanique est le plus intense et le plus constante. Ils sont trop : il vaux mieux n’en nommer que le. dernier né, PIsalco, apparu en 1770 et qui depuis ce temps n’a cessé de brûler, ce qui lui a valu le surnom de Phare de San Salvador.
- Comme il n’y a plus entre l’Atlantique et le Pacifique que la chaîne montagneuse dont nous suivons l’activité, il ne faut point s’étonner que les îles si nombreuses entre les deux Amériques se ressentent de l’activité des profondeurs. Nos Antilles sont à ce sujet tristement célèbres : quoi de plus épouvantable que l’histoire du Mont Pelé, de l’anéantissement total de Saint-Pierre? La Guadeloupe n’a pas subi de pareils cataclysmes. Elle a cependant sa fameuse Soufrière qui, depuis la fin du xvme siècle, eut des éruptions désastreuses, de grands tremblements de terre, dont l’un causa un déluge de boue, provenant d’un cratère-lac. Le M*rne-Garou, dans l’île Saint-Vincent
- un puissant volcan, fit en 1902 plus de 2000 victimes.
- Revenons dans la grande chaîne. Tous les points culminants de la Cordillère, dont la hauteur varie entre 5000 et 6000 m., sont des volcans actifs ou en sommeil. Au nord de l’équateur c’est le Tolima (5400 m.). Au sud de la ligne, le plateau de Quito, à 5000 m. s’étend sur une largeur de 60 km entre deux chaînes volcaniques, toujours menaçantes, qui en font une véritable avenue d’enfer : c’est le Pichincha, le Chimborazo, l’Àntisana, le Cotopaxi, l’El Altar, le Sangay, etc., et il y a des villes et des villages, toujours dans une atmosphère de cendres sur les pentes des cônes les plus dangereux. Quant aux Andes chiliennes, elles comptent, à partir de Coquimbo, une trentaine de volcans, dont quelques-uns seulement sont en activité. Enfin, la Patagonie, la Terre de Feu et les terres australes ont des volcans dont les plus célébics sont l’Erèbe et la Terreur. Il ne faut pas oublier les volcans arctiques, quoiqu’ils soient bien en dehors de nos bandes. L’Islande entière est un produit de ses volcans et de ses geysers. L’IIécla est L* roi de la région.
- Ajoutons que les zones à grande activité, sont pour ainsi dire doublées de bandes grossièrement parallèles, où les tremblements de terre sont de moins en moins intenses, où les volcans sont éteints et où il ne reste enfin que des manifestations atténuées de la chaleur interne : sources chaudes, fumerolles, volcans de boue, etc., particularités que nous résumerons en disant: peu de tremblements de terre et manifestations volcaniques milles dans le nord de l’Europe et de l’Asie.
- Comparons la côte de l’Atlantique à celles de la Méditerranée, de l’Océan Indien, du Pacifique: les premières sont en pente douce ; les autres sont montagneuses, sur de gigantesques géoclases qui ont fendu l’écorce terrestre, avec des effets de refoulement perpendiculaires à leur propre direction. Sur toutes ces lignes de relief, le sol se soulève, produisant presque constamment un séisme ou une éruption. Ici, comme nous l’avons dit, les montagnes sont en voie de sur-reclion.
- La contraction de l’écorce se produit, depuis qu’elle existe, en une série de ridements orogéniques qui en Eurasie se propagent du nord au sud. Dans les bandes que nous venons de suivre, les montagnes, dans toute la force de la jeunesse, continuent à se développer. Elles constituent en Europe ce que l’on a appelé le ndement apennin. Au nord de cette chaîne, il eu est qui ont atteint leur maximum de croissance : c’est la grande chaîne qui commence par les Pyrénées, se continue par les Alpes, le Caucase; le sol y est maintenant dans une tranquillité relative. Pour le géologue, le touriste même, les géoclases sont innombrables et le long de ces plans de fracture sont des glissements de terrains parfois gigantesques. Le ridement qui comprend ces montagnes ne s’est pas produit d’un coup sur toute sa longueur : ainsi, les Pyrénées se sont édifiées avant les Alpes et déjà montrent l’intervention des intempéries qui les a abaissées, a réduit leurs glaciers, supprimé leurs volcans ; les Alpes, quise sont soulevées avantle Caucase, on des sommets moins hauts que les siens; les volcans y sont réduits à leurs racines, tandis que l’Elbrouz, le Kasbeck ont leurs cônes de lapillis.
- Au nord du ridement alpin, c’est le ridement armoricain qui débute en Rretagne par les monts d’Arrée, se continue par les Vosges, les Monls Sudètes, l’Oural, moniagnes tranquilles à séismes anodins, à bonnes sources minérales.
- Vient ensuite le ridement calédonien représenté pa
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- A PROPOS DU RÉCENT SÉISME DU CHILI
- les monts Grampians en Ecosse et les Alpes Scandinaves. Ce sont là de tout à fait vieilles montagnes qui ne s’agitent plus.
- Qu’il nous soit permis d’ajouter que la théorie vocla-nique, qui a occupé ma pensée pendant une grande partie de ma vie. m’a paru confirmée, il y a peu d’années, par l'observation des volcans de la Lune. J’ai eu une véritable joie à me retrouver ainsi dans la Géologie Comparée. Une hypothèse scientifL|ue ne peut être juste qu’à la condition de s’accorder avec toutes les harmonies de la ÎNalure: la géologie terrestre et la géologie céleste s’éclairent mutuellement.
- Les volcans lunaires sont considérablement plus hauts que les volcans terrestres. On sait que la Lune est dépourvue d’atmosphère et d’eau de surface, et toute craquelée de géoclases énormes.
- Beaucoup plus petite que la Terre, elle s’est refroidie bien plus rapidement, sans s’être cependant tout à fait éteinte, puisque des observateurs dignes de foi, William Herschel et Yitkin, à la fin du xvm° siècle, y virent îles points en ignition et qu’en '181)0, le colonel Laussédat crut reconnaître une éruption. L’écorce lunaire a bu ses océans, mais elle renferme encore de l’eau de carrière, cette eau indispensable pour créer, par son sur-échaufieinent, le magma volcanique. Le foyer très réduit de notre satellite maintient brûlante la partie inférieure
- de l’écorce: l’éruption se produit et le volcan continue d’édifier son cône de plus en plus, haut, parce que les intempéries n’existent plus sur cet astre, sans air et sans eau.
- Pourquoi nos montagnes les plus résistantes s’usent-elles? Parce que, sans trêve, elles subissent les assauts des vents et de la pluie, parce que le gel les brise et les pulvérise. Une tempête, un raz de marée, emportent un volcan. Ceux de la Lune ne recevant aucune atteinte, restent immuables dans le vide.
- Lorsque toute vie aura disparu de la Terre, lorsque complètement aride, elle aura perdu ses océans, ses lacs, ses fleuves, toutes ses sources et que l’atmosphère, depuis longtemps sans neiges et sans pluies, aura été elle-même absorbée par l’écorce de plus en plus épaissie, les volcans continueront de flamber et de croître, couvrant la planète expirante de boulons monstrueux.
- Cet ensemble de faits a cette conclusion féconde que les régions diverses de l’Univers sont si intimement rattachées les unes aux autres que l’une d’elles, considérée isolément, est bien rarement compréhensible. C’e-t ce qui explique les erreurs et les hésilalions dans les problèmes naturels. Par le rapprochement mutuel des diverses formes de l’activité planétaire, on voit surgir des faits négligés tout d’abord et qui introduisent successivement la clarté dans toutes les questions.
- Stanislas Mkunikr,
- Professeur lionoraire au Muséum national-
- A PROPOS DU RÉCENT SÉISME DU CHILI
- Il y a des coïncidences curieuses. Le Tl novembre dernier, La Nature publiait une étude de M. de Montessus de Ballore, directeur du Service sismologique du Chili sur L’Etal actuel de la sismologie.
- Ce jour même, se produisait au Chili, sur toute la partie de la chaîne des Andes qui plonge à pic dans l’océan Pacifique, une série consécutive de violents tremblements de terre. Le principal, suivi de quatre formidables raz de marée successifs, avait une intensité telle qu’il détruisait et, par surcroît, noyait les habitations et les populations du port de Coquimbo. Ce petit port, qui se réduit à un accostage rudimentaire, occupe le fond d’une bonne rade foraine, ayant beaucoup d’analogies avec celle de Lorient en Bretagne, à quelque 198 milles marins au nord de Yalparaiso, soit à 15 ou 16 heures de navigation par les services bi-hehdomadaires de steamers transatlantiques côliers.
- A la Serena, La Sereine, assimilable à l’une de nos fortes sous-préfectures, à quelques kilomètres dans les terres en retrait de Coquimbo, son port effectif, les secousses sismiques se succédèrent pendant six minutes, causant de vérilabiés catastrophes, jetant bas de nombreuses maisons et des églises.
- Le Lerritoire le plus éprouvé est approximativement situé dans un rayon de 200 kilomètres allant de Santiago, capitale du Chili, jusqu’à la mer. Le tremblement de terre s’est étendu du sud au nord sur tout le pays compris entre Valdivia, extiême-sud de Yalparaiso et Anlofagasta et Iquique, à l’exrême-nord du Chili, bien au delà de Coquimbo, soit environ sur 1500 milles, au moins.
- Dans toute la partie du nord de la côte, les ports — autant de rades foraines — ont été littéralement rasés par les vagues énormes qui suivirent le cataclysme sismique. A quatre reprises le raz de marée se répéta sur toute la longueur de la côte, balayant les maisons, les submergeant, noyant ceux qui s’y trouvaient.
- A Santiago même, quoique atténuée, la première secousse ressentie dura deux minutes.
- A vrai dire les tremblements de terre de la Cordillère des Andes ne sont ni une surprise, ni une nouveauté.
- Puisque ces lignes sont, de propos délibéré, anecdotiques, je peux rappeler dans Jules Verne la description, imaginée sur des données cependant réelles, d’un tremblement de terre au cours delà traversée des Andes par les enfants du Capitaine Grant, et encore, sous la plume de Daniel de Foë, le légendaire Robinson Crusoé, qui d’ailleurs exisla réellement.
- C’était un matelot écossais, naufragé, du nom d’Alexandre Selkirk. Il avait pu atteindre l’île, vierge alors, de Juan Fernandez qui appartient actuellement an Chili. Elle est située à environ trente heures de bateau à l’ouest de Valparaiso, exactement sur le même parallèle, et jouit du même climat.
- On y voit encore son tombeau, avec une plaque commémorative à la mémoire du naufragé désormais légendaire (fig. 1).
- Juan Fernandez est si intimement liée au sort du continent chilien central, que, lors du cataclysme sismique qui fut ressenti à Santiago et à Valparaiso,
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- les 15 et 14 mars 1896, on publia que celle île avait complètement disparu sous l’Océan, ainsi que d’autres îles chiliennes moindres, appartenant au même groupe. Le capitaine d’un navire marchand, passant dans ces parages à l’époque, aurait affirmé avoir aperçu du côté des îles en question d’énormes llammes sortant de la mer.
- Ce capitaine devait avoir Marseille pour port d’attache. Juan Fernandez est toujours à sa place. J’y suis allé de ma personne.
- Et c’est fort heureux, car cette île est le quartier général de toutes les langoustes de cette région sous-marine du Pacifique. On les y rencontre par millions, pour le plus grand profit des fabricants de conserves établis à Juan Fernandez.
- Au surplus, Robinson Crusoé n’avait pas si mauvais goût. Le climat du Chili central est probablement l’un des plus beaux qu’on puisse imaginer sous le soleil. Figurez-vous par approximation et en mieux, d’un bout de l’année à l’autre, celui de notre Côte d'Azur, la chaleur de l’été en moins. C’est dommage, réellement, qu’il faille de quatre à cinq semaines pour y aller passer nos hivers d’Europe, qui, du fait que les saisons de l’hémisphère austral sont à l’inverse des nôtres, se trouvent être au Chili de radieux printemps, avec des températures maxima de 20 à 22 degrés centigrades.
- Valparaiso qui d’ailleurs signifie : vallée du Paradis, située sensiblement, sur le 35° de latitude Sud, en a tiré son nom.
- Jamais de pluies, jamais d’orages. Là-bas on ne connaît pas le bruit du tonnerre. L’unique revers de la médaille ce sont les tremblements de terre.
- La crainte de la sécheresse a même amené le Chilien du centre à tirer tous les partis possibles de l’irrigation artificielle. La chose était fort aisée puisque, dans le centre, la distance, moyenne des terrains compris entre la base de la Cordillère et le rivage de la mer n’est en moyenne que de 475 km. Son assiduité dans ce genre de travaux a obtenu sa
- Fig. i. — La tombe d’Alexandre Selkirk, héros du Robinson tCrusoè, à l’ile Juan Fernandez.
- VILLES. LATITUDE SUD TOMBÉE D’EAU a.nxiu;li,k. on millimètres.
- Tacna 18° degré. Néant
- Iquique. . 20 — Néant
- Antofagasta 23e — Néant
- Copiapo 27e — 9
- La Serena-Coquimbo. . 50 - 39
- Valparaiso Nord du 55° — 355
- Santiago Sud du 33° — 419
- Consl ilucion . . . a 35e — 536
- Conception 37e — 1364
- Yaldivia. .... 40 — 2558
- Puerto Montât..... 41= _ 2333
- Ancud. 42" — 2035
- Puala Arenas (Magellan). 55e — 495
- récompense. Avec l’aide du climat modéré, du rayonnement lumineux constant, il a fait de la région centrale un superbe grenier d’abondance. Darwin, qui y séjourna, l’appela le Jardin du Nouveau Monde, l’Italie de l’Amérique du Sud.
- Le Chili n’étant qu’un ruban étroit d’à peine deux cents kilomètres, déroulé entre la crête des Andes et la mer, mais excessivement allongé entre les 17e et 56e de latitude Sud, comporte, par ce seul fait, trois zones les plus différentes comme climat.
- Au Nord, non plus qu’au Pérou côtier, il ne pleut jamais. C’est le pays des nitrates de soude, richesse géologique qu’une heure de pluie détruirait. Du 27e ali 55e degré, plus on chemine vers le centre du Chili, plus
- Fig. 2. — Une maison à La Serena. avant le tremblement- de terre.
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- A PROPOS DU RÉCENT SÉISME DU CHILI
- les tombées d’eau annuelles vont en augmentant et, à partir du 36e jusqu’à l’extrême Sud, on retrouve le climat continuellement mouillé de notre Bretagne.
- On s’en rendra un compte fidèle par le tableau de la page précédente, qui fut dressé par B.VicunaMacken-na, sur les bases d’une moyenne de plusieurs années.
- Donc, de la frontière du Péro.u au Nord de Coquimbo et La Serena, de hauts plateaux désertiques étagés entre des chaînes de montagnes gigantesques, abruptes, presque inhabitables.
- Plus au Sud, le Chili central, ce paradis terrestre
- Fort heureusement les grands cataclysmes sont rares. Plusieurs siècles se passent ordinairement sans qu’il s’en présente.
- Le dernier cependant vaut la peine d’être cité, encore qu’il ait été de moindre importance que l’avant-dernier, celui du 17 août 1906, qui mit à bas une partie de Yalparaiso.
- Nos gravures ne donnent qu’une faible idée du désastre que causale tremblement de terre de 1906. Celui qui vient de se produire ne lui est 'peut-être pas inférieur en intensité, pourtant ses ravages,
- Fig. 3. — Le tremblement de terre du ij août iço6 à Valparaiso.
- En haut, la rade avant le cataclysme ; en bas, les maisons du quai, après la secousse.
- dont nous avons parlé. Enfin une région qui rappelle énormément la Bretagne, les Iles Britanniques, la Suède et la Norvège.
- Les secousses sismiques, encore qu’à des degrés d’intensité fort différents, y sont malheureusement de tous les instants. Mais, l’habitude y acclimate les gens èt les bêtes. Cependant quiconque a vu une fois, dans de rares occasions à la vérité, les verres posés sur les tables glisser à terre comme par enchantement et les bassins des fontaines publiques épandre leurs eaux hors de leurs vasques, s’expliquera sans peine la panique qui envahit tous les animaux sans en excepter les hommes, quand les secousses sont trop violentes ou trop prolongées.
- quoique graves, n’ont pas des conséquences sociales aussi désastreuses, parce que les villes de Coquimbo et delà Serena n’étaient composées que d’habitations sans étages. Ce sont bien des villes, mais qui n’ont qu’une lointaine similitude avec les superbes maisons à étages qu’on voit maintenant à Santiago et à Valparaiso.
- Quels que soient les deuils et les perturbations engendrés par le dernier cataclysme, il suffit de connaître le peuple travailleur, ardent et prolifique que sont les montagnards du Chili, pour assurer que le désastre du d I novembre 1922 sera tôt réparé et les immeubles reconstruits.
- Jean-Emile Baumeit.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahere, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- N” 2542.
- LA NATURE.
- 23 DÉCEMBRE 1922
- LA RECHERCHE DES ROCHES SOUS-MARINES EN HYDROGRAPHIE
- La recherche des roches sous-marines en hydro- l graphie constitue une des lâches les plus difficiles de l’hydrographe; et quand les roches sont couvertes d’une quantité d’eau suffisante pour les dérober à la vue, on peut dire que c’est un problème qui n’a pas encore reçu de solution complète et définitive.
- I
- Nous n’avons pas à décrire ici comment se fait
- mètre en mètre au-dessus de 20 mètres (') et terminée par un plomb en forme de tronc de cône qu’un timonier ou gabier lance du haut du navire en marche ou d’une embarcation. Quand le plomb arrive au fond — ce dont on s’aperçoit par le ralentissement de la vitesse avec laquelle file la ligne — on raidit celle-ci et on fait la lecture à vue. Par mer calme et par des fonds ne dépassant pas une quinzaine de mètres, on peut obtenir ainsi la profondeur à une vingtaine de centimètres près ;
- Fig. i. — 1. La Sonde, chaloupe annexe. — 2.-La vedette de VUtile. —
- 3. L Utile. '*
- une carte marine. Nous n’en dirons que ce qui est indispensable pour faire comprendre ce qui a trait à la recherche des roches.
- En ce qui concerne le travail à la mer, le seul dont nous nous occuperons, on commence par couvrir la surface à lever de sondes aussi rapprochées que possible (*). Ces sondes — ou cotes de fonds sous-marins —sont obtenues au moyen d’une ligne en filin graduée de vingt en vingt centimètres (de
- 1. Ces sondes sont toutes écrites sur des minutes à grande échelle. Mais la carte définitive n’en contient qu’une minime partie, celles qui caractérisent le fond : profondeurs minima sur les seuils, maxima dans les mouillages.
- la précision augmente dans les petits fonds et peut atteindre une dizaine de centimètres.
- Un procédé nouveau, fort ingénieux, imaginé par l’ingénieur hydrographe Marti, consiste, à émettre des signaux sonores sous-marins. Ces signaux se réfléchissent sur le fond et reviennent s’inscrire sur un appareil enregistreur. La différence de temps écoulé entre l’émission du signal et son retour sur l’appareil, divisée par la vitesse du son dans l’eau,
- L Pour tenir compte du rétrécissement de la ligne dans l’eau et de son allongement parla traclion du plomb, on doit la mesurer avant et après la sonde, après l’avoir laissée quelque temps à la traîne le long du bateau.
- 26. — 4<fl.
- 50' Année, — 2*' Semestre.
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- LA RECHERCHE DES ROCHES SOUS-MARINES EN HYDROGRAPHIE
- Fig. 2. — Le treitil de sondage.
- donne le double de la profondeur cherchée. Cet appareil est actuellement en essai dans la mission hydrographique du Cotentin et donne d’excellents -, résultats pour les fonds dépassant une quinzaine de mètres.
- Quel, que soit le procédé employé, on sonde ainsi à courir pendant que le navire ou l’embarcation suit, autant que possible, une ligne droite déterminée par un alignement de deux points à terre (Q.
- La position du bateau sondeur est déterminée de distance en distance — au maximum toutes les huit sondes, plus souvent quand les fonds varient rapidement — par des angles pris entre les points à terre préalablement déterminés par la triangulation. (On se sert pour cela d’un cercle hydrographique, instrument analogue au sextant, mais ne donnant, que laminute d’arc etconstruit de manière que le limbe soit tenu horizontalement au lieu d’être tenu verticalement comme pour le sextant.)
- Chaque angle fournit ainsi un lieu géométrique —* segment capable de l’angle observé entre les deux points. — Deux angles bien choisis suffisent donc pour déterminer la position; on en prend généralement trois, le troisième servant de vérification.
- Les routes suivies par le bateau sondeur, dirigées autant que possible normalement à la côte, fournissent ainsi des sortes de profils sous-marins. L’écartement ^ ,
- de ces profils varie suivant la nature ^
- des fonds et suivant l’importance ^
- 1. Aux alignements, souvent impossibles à trouver, en particulier quand on sonde ,-“f
- devant des falaises, il est avantageux de substituer des roules définies par des arcs de cercle correspondant à des angles déterminés entre des points plus ou moins éloignés, angles que l’on suit au moyen du cercle hydrographique. Ce procédé, mis pour la première fois en pratique d’une façon régulière, en 1881, par l’auteur de ces lignes, est devenu depuis lors d’un usage courant dans l’hydrographie française
- nautique des parages à lever ; de 100 à 150 mètres dans les fonds réguliers, vaseux ou sablonneux, cet écartement diminue dans les fonds rocheux ; mais on ne peut guère descendre au-dessous de 50 mètres, sauf dans des cas très spéciaux.
- En tout cas, on voit que, si une roche est située entre deux de ces routes de sondes, elle échappe forcément aux recherches de l’hydrographe. Elle lui échappe encore, même sur la route suivie, si la roche est très accore et se trouve entre deux lancements de la ligne de sonde, ou si le plomb tombant sur le flanc de la roche y glisse jusqu’en bas.
- Le procédé Marti constituera certainement un perfectionnement sérieux pour la recherche des roches sous-marines quand on pourra l’appliquer aux sondes inférieures à 10 mètres. Car les profils obtenus par ce procédé sont à très peu près continus, au lieu d’être constitués par des coups de sonde plus ou moins distants.
- II
- Quand on a obtenu le relief général du fond, on procède aux recherches de détail, principalement aux recherches de roches.
- Les roches qui découvrent à basse mer ne peuvent guère échapper aux recherches de l’hydrographe, au moins quand il s’agit d’un levé soigné.
- Il en est de même de celles qui, sans découvrir, brisent à basse mer ou par mauvais temps. Il suffit de les repérer de loin ; et l’on retourne sonder surleurtête quand la mer est redevenue calme.
- Dans les parages à Courants violents, les roches sous-marines peuvent encore être reconnues — mais plus difficilement — par les remous qu’elles déterminent à la surface.
- Mais où la tâche devient vraiment ardue, c’est quand il s’agit de roches que ne décèlent ni la sonde, ni les brisants ni les remous.
- L’hydrographe qui a couvert la surface à lever
- rnÊStsm^8
- .
- Fig. 3. — Un scaphandrier en plongée auprès de la chaloupe.
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- de sondes méthodiques et suffisamment serrées et qui a tracé sur sa minute les courbes de niveau qui en résultent peut, s’il a du flair, deviner parfois, par l’examen seul de ces courbes, l’endroit approché où peut se trouver une tète de roche.
- Il y retourne à basse mer, de manière à diminuer autant que possible la couche d’eau interposée, avec trois ou quatre embarcations munies chacune d’un matelot sondeur. Chacune de ces embarcations explore une zone déterminée autour de petites bouées en liège qu’on déplace chaque fois qu’on trouve un fond plus petit. La zone d’exploration se rétrécit ainsi de plus en plus, et il est rare que, par ce procédé imaginé par M. Renaud, on ne finisse pas par arriver sur le sommet de la roche cherchée (l).
- C’est par ce procédé, un peu long peut-être mais régulier et sur, que l’on arrive parfois à trouver des roches inconnues même des meilleurs pilotes et des pêcheurs.
- En ce qui concerne les pêcheurs, leur assistance est généralement très utile pour des travaux de ce genre. Elle n’est jamais négligée par les hydrographes.
- Pratiquant toujours les mêmes parages, les pêcheurs finissent par connaître très bien les roches isolées, soit qu’ils veuillent les éviter parce qu’elles déchirent leurs chaluts, soit au contraire qn’i.'s les recherchent pour y mouiller leurs casiers à homards Les hydrographes se font donc accompagner par eux dans
- î. On arriverait plus sûrement — sinon plus rapidement — au résultat en se servant d’un scaphandrier. C’est le procédé qu’employa en 1909 l’ingénieur hydrographe Ficliot pour la reconnaissance de la passe Ouest do Cherbourg. Il s’agissait de trouver des têtes de roche isolées couvertes de 12 mètres d’eau à basse mer. £ette recherche eut été très difficile sans l’emploi d’un scaphandrier qui allait porter le plomb de sonde sur la tête déroché qu’il apercevait sous l’eau (lerayon de visibilité à cette profondeur est d’environ 8 mètres). Il suffisait alors de raidir la ligne de l'embarcation et de prendre les angles à l’aplomb de la ligne.
- Le même procédé a été employé récemment par l’ingénieur hydrographe en chef Courtier au cours de l’exploration qu’il vient de diriger sur les côtes du Cotentin.’
- Inutile d’ajouter que cet emploi du scaphandrier, n’est possible que dans des régions abritées ou par mer absolument calme. Ce n’est donc pas un procédé susceptible d’une sérieuse, généralisation. »
- leurs recherches de roches, ou bien ils prennent auprès d’eux des renseignements sur les marques qu’ils emploient pour s’y rendre.
- Depuis un certain nombre d’années, le Ministère de la Marine alloue aux pêcheurs des primes pour chaque roche nouvelle qu’ils signalent.
- Seulement, comme ils ne se servent pas de cartes et qu’ils ne savent pas les lire, ils ignorent quelles sont les roches qui n’y figurent pas, et cé n’est souvent qu’après un accident arrivé sur une roche inconnue des hydrographes qu’on apprend que tel pêcheur la connaissait.
- III
- On a beaucoup parlé récemment, à propos du naufrage de la France, des dragages qui doivent compléter tout levé hydrographique sérieux au moins dans les passes et dans les parages fréquentés par les grands navires.
- Pendant longtemps on s’est servi uniquement pour ces dragages soit d’espars ou de barres de fer immergés à une profondeur donnée, remorqués par un bateau marchant à petite vitesse, soit de chaînes ou de câbles traînés sur le fond par deux bateaux se déplaçant à la même vitesse et tenant la chaîne ou le câble par chacune de ses extrémités.
- Si l’espars ou le câble rencontrent une roche% ils exercent sur les bateaux une résistance qui arrête ou ralentit sa marche; l’hydrographe est alors averti de la présence d’une roche sur le parcours qu’il suit, et il lui est ensuite relativement facile de la trouver par le procédé que nous avons décrit plus haut.
- Mais ce mode de dragage, très simple en théorie, se heurte dans la pratique à certaines difficultés. Le câble peut se raidir par suite de l’embardée d’un des bateaux qui le maintiennent et sauter par dessus la roche. La barre d’acier qui traîne sur le fond peut se relever si la vitesse du bateau remorqueur augmente : en outre ce dernier procédé ne peut s’appliquer qu’à un chenal très étroit.
- L’ingénieur hydrographe en chef Renaud, qui dirigea de J 896 à 1900 la reconnaissance des abords et des passes de Brest où l’on venait de signaler la présence de plusieurs roches dangereuses, imagina
- lig. 4. — Lrague munie d’un cochonnet {en haut de la figure).
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- LA RECHERCHE DES ROCHES SOUS-MARINES EN HYDROGRAPHIE
- une drague conçue sur un principe tout différent. I
- Cette drague consiste essentiellement dans une sorte de- grand filet d’une centaine de mètres de longueur dont on aurait enlevé les mailles, la partie supérieure étant constituée, comme dans les filets ordinaires, par des petites bouées en liège reliées entre elles par une corde horizontale, la partie inférieure étant constituée par une autre corde à laquelle sont fixés de distance en distance des grappins et des crochets en fer aussi rapprochés que possible ; ces deux cordes ou entremises sont reliées entre elles, tous les vingt mètres, par des lignes ou ovins dont on règle la longueur suivant la profondeur du chenal que l’on veut draguer. L’ensemble est raidi par deux embarcations qui s’amarrent chacune à une des extrémités de la drague, et le tout se laisse dériver au courant.
- Si une roche se trouve sur le passage de la drague à une. hauteur supérieure à celle de l’entremise d’en bas, celle-ci s’y accroche avec ses grappins et est immobilisée en ce point, tandis que le reste, poussé par le courant, vient se rabattre autour de la roche comme sur une charnière. Il est alors aisé de trouver la tête de la roche et d’on déterminer exactement la position et le brassage.
- Cet appareil, quoique un peu encombrant et difficile à éionger ('), a été adopté par VHydrographie Office des Etats-Unis — un des services hydrographiques les mieux outillés qui existent — et sert depuis lors dans les reconnaissances des côtes de ce pays. I
- IV
- Les procédés de dragage que nous venons d’indiquer sont longs, d’une exécution difficile et aucun d’eux ne donne de garantie absolue. Même la drague Renaud peut laisser échapper une roche si celle-ci se trouve entre deux grappins et quelle présente à la drague une surface arrondie sur laquelle l’entremise inférieure passe s’accrocher, surtout si cette surface est recouverte de goémons couchés dans le sens du courant, goémons qui présentent une surface glissante facilitant le passage de la drague.
- Aussi tend-on à revenir aux dragues rigides. Nous croyons savoir qu’on étudie en ce moment des systèmes de cadres constituant en quelque sorte des bateaux-dragues qu’on laisserait dériver en travers du courant dans les passes à reconnaître.
- Mais la question n’est pas encore au point, et nous pouvons ajouter que les étrangers ne sont pas plus avancés que nous.
- 1. Le reproche le plus sérieux qu’on puisse faire à cet appareil est de ne pouvoir guère, servir que dans les parages où les courants sont rectilignes et alternatifs, ce qui est. il est vrai, le cas le plus général dans les passes. Mais dans les régions où les courants sont rotatoires, comme le Raz de Sein où nous l’avons employé, son usage est bien moins pratique.
- On l’a perfectionné récemment en France en munissant les deux extrémités d’un flotteur dénommé cochonnet et d’un plateau de plongée permettant de remorquer la drague, tout en assurant son immersion à la profondeur voulue.
- L’aviation a fourni un nouveau moyen de découvrir les roches sous-marines.
- On sait depuis longtemps que lorsqu’on s’élève à une hauteur suffisante au-dessus de l’eau, pour peu que celle-ci soit claire et calme, le fond apparaît avec une certaine netteté; on distingue en particulier assez facilement les roches qui sont couvertes en général de goémons noirs et qui se détachent ainsi sur les fonds sablonneux qui les entourent. C’est ainsi que les anciens navigateurs avaient toujours soin d’installer des vigies au haut des mâts pour surveiller la route à parcourir dans les mers inconnues ; et même maintenant, on gouverne encore ainsi pour donner dans les passes des pays à coraux.
- On fit d’abord des essais sur l’emploi des ballons captifs. Ces essais montrèrent que dans les eaux de la Méditerranée et avec un éclairement satisfaisant, on pouvait voir-des roches jusqu’à 20 mètres sous l’eau.
- Mais la manœuvre d’un ballon captif, en mer, est très délicate, surtout sur les côtes généralement si.venteuses de l’Océan. Ces essais n’eurent donc aucune suite pratique.
- Cependant la question fut reprise avec les hydravions et aboutit cette fois à une solution plus heureuse. L’emploi, devenu courant pendant la guerre, des photographies prises par les observateurs en avion, appliqué à l’hydrographie donna des résultats intéressants.
- La plupart des missions hydrographiques sont maintenant accompagnées d’officiers aviateurs qui, montés sur des hydravions, prennent des photographies des plateaux de roche et de leurs abords. Ces photographies, après restitution, ont permis plusieurs fois — particulièrement aux abords de Brest — de distinguer des têtes de roche, sous l’eau, qui avaient échappé aux recherches des sondeurs.
- Mais il faut pour cela, comme nous l’avons dit plus haut, des conditions qui ne se trouvent pas toujours, au moins sur nos côtes de l’Atlantique, conditions d’éclairement, conditions de caîine. La moindre ride à la surface de l’eau atténue ou empêche la visibilité sous-marine. En tout cas, au delà d’une certaine profondeur, on ne peut plus rien voir; et nous doutons qu’une roche couverte de plus de 8 ou 10 mètres d’eau puisse être visible sur nos côtes de l’Océan à moins de circonstances exceptionnelles.
- V
- Tout ce que nous venons de dire montre comment il peut se faire que, même dans les passes levées avec le plus grand soin cl qui* ont été fréquentées par un nombre considérable de navires sans qu’on eût jamais signalé d’accident., un navire moins heureux que les autres peut trouver une roche... avec sa quille comme disent les marins. .
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- C’est ce qui vient d’arriver dans la passe de la Teignouse qui donne accès dans cette baie de Quiberon où nos escadres viennent manœuvrer depuis un temps immémorial et où pendant la guerre nombre de navires du plus grand tonnage sont venus mouiller.
- Le levé de la passe de la Teignouse n’était pourtant pas très ancien. C’est en 1897, après qu’un des cuirassés de l’escadre du Nord, le Hoche, eut touché sur une roche inconnue située dans une passe pratiquée par l’Ecole de pilotage au Nord de
- par l’ingénieur hydrographe Marti, cette roche est située à 100 mètres à l’Est de l’alignement du phare de la Teignouse par le phare de Port-Navalo, juste sur la route que donnent les Instructions Nautiques pour faire la passe.
- Elle est actuellement couverte aux plus basses mers de 8 m. 80 d’eau.
- Presque verticale d'un côté, elle forme de l’autre une série de gradins, à peu près comme l’indique la figure 6. La tête a été détachée par le choc et gît au pied de la roche. D’après le scaphandrier
- Fig. 5. — La pointe de la Hague, vue en avion.
- celle de la Teignouse, qu’on chargea une mission hydrographique de procéder au levé des accès de la baie de Quiberon. Cette mission fut dirigée par M. Renaud, ingénieur hydrographe des plus distingués, qui s’était signalé au Tonkin, sous les ordres de l’amiral Courbet, par le levé, des Faï-tzi-long. M. Renaud procéda à ce levé avec sa maîtrise habituelle.
- L’enquête technique dira comment la roche sur laquelle s’est perdue la France a échappé à ses recherches. On peut être sûr en tout cas qu’il n’y eut aucune faute professionnelle de la part de cet ingénieur éminent, aujourd’hui décédé, dont la réputation était — et est restée — hors de pair.
- D’après les observations qui viennent d’être faites
- qui a procédé à l’examen, celte tête peut avoir 0 m. 50 de hauteur, de sorte qu’avant l’accident la roche avait une cote approchée de 9 m. 50.
- Or la France calait, dit-on, 9 m 50; et elle a passé sur la roche aux environs d’une basse-mer exceptionnelle de vive-eau.
- A l’époque où M. Renaud procéda à son levé, aucun navire, au moins en France, n’atteignait un pareil tirant d’eau. On voit donc combien il est nécessaire de refaire — tout au moins de réviser périodiquement — les cartes marines en vue des transformations si rapides du matériel naval, d’autant plus que, les tonnages augmentant toujours, la perte d’une seule unité constitue maintenant soit pour l’Etat, soit pour les compagnies, un véritable désastre. Il n’est pas exagéré de prétendre
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- que pour les entrées des grands ports et des principaux mouillages, toutes les cotes inférieures à 42 mètres devraient être recherchées et vérifiées. (Cette cote de 12 mètres est celle de YAmbrose Channel de New-York et celle que présente aux plus petites marées de quartier l’entrée principale du Havre.)
- Ajoutons que la navigation sous-marine demande des reconnaissances détaillées jusqu’aux fonds de 20 mètres au moins.
- C’est donc une œuvre colossale qui s’impose au Service Hydrographique et aux ingénieurs hydrographes qui en constituent, en quelque sorte, l’armature principale.
- VI
- Le corps des ingénieurs hydrographes, créé il y a un peu plus de rient ans en vue du premier levé des côtes de France exécuté sous les ordres et la direction de l'illustre Beautemps-Beaupré, comprend seulement .17 ingénieurs. Ce corps n’a reçu depuis lors aucune augmentation de cadres, alors que sa tâche s’accroissait dans des proportions considérables.
- La création de notre empire colonial, avec l’immense extension de côtes qui en résulte, nécessita des reconnaissances hydrographiques extrêmement détaillées et nombreuses.
- La Cochinchine, l’Annam et le Ton-kin, la Tunisie, Madagascar, puis le Maroc, maintenant la Syrie, saris compter nos. îles de l’Océanie, présentent un immense développement de côtes qui sont loin d’être encore entièrement reconnues.
- Puis, comme nous l’avons dit plus haut, l’œuvre de Beautemps-Beaupré qui fut un modèle et un chef-d’œuvre pour son époque, faite en vue de la marine à voiles et des navires à tirant d’eau et à tonnage relativement faibles de ce temps, ne répond plus aux besoins de la marine moderne. Elle doit être reprise presque entièrement. Il y a plus de
- vingt ans que ce travail est en cours : interrompu par la guerre, il a été repris aussitôt après. Mais avec les moyens restreints dont on dispose, avec les périodes de mauvais temps, sur lesquels il faut compter, surtout sur nos côtes Nord et Ouest, il n’avance que bien lentement, de 10 à 15 milles par an. Et nos côtes présentent un développement de plus de 1000 milles!
- Ajoutons que le corps des ingénieurs hydrographes doit faire face — non seulement aux levés coloniaux ou métropolitains dont nous venons de parler et dont la rédaction les immobilise pendant un temps au moins égal à celui du levé, mais encore à de multiples besognes, telles que l’étude et les prédictions des marées avec la publication des divers annuaires relatifs aux côtes de France, des colonies I et de l’étranger, la reproduction des cartes étrangères pour les besoins de nos navires de guerre, l’élude et la délivrance à ces mêmes navires des instruments scientifiques tels que les chronomètres, des commissions nautiques relatives à l’amélioration ou la création des ports, leur balisage et leur éclairage, sans parler de missions diverses qu’on lui demande de temps en temps : déterminations de longitudes, déterminations et mesures de bases de vitesse pour les essais de navires et même pour hydravions, etc.
- On voit donc qu’une augmentation des cadres de ce corps s’impose ; et c’est à cette solution que l’on aurait dù en venir depuis longtemps. Ce n’est pas le lieu iei d’invoquer des considérations budgétaires. L’hydrographie doit être considérée comme une prime d’assurance que paie l’Etat pour assurer la sécurité de la navigation au même titre que l’éclairage et le balisage des côtes.
- L’accident de la France montre combien il serait désastreux de lésiner sur ce point.
- Florian La Porte,
- Ingénieur hydrographe en Chef, (G. h. )
- Fig. 6. — La pointe de roche décapitée par « La France ».
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- Aéroports pour dirigeables.
- Au cours de deux articles précédents, nous avons exposé quels étaient les éléments constitutifs des aéroports terrestres (N° 2515) et maritimes (N° 2519) à l’usage des avions; il nous reste maintenant à exposer ce que sont .les aéroports pour dirigeables.
- Il s’agit ici d’une question toute spéciale et qui, malgré certaine apparence assez défavorable, présente toutefois d’autant plus d’intérêt qu’il existe indiscutablement un renouveau de faveur envers des dirigeables rigides ou semi-rigides.
- Eu effet, ces engins de locomotion aérienne
- avaient été au lendemain de la guerre dédaignés par les compagnies de navigation aérienne, qui, maintenant, s’aperçoivent que le transport à longue distance au moyen d’avions entraîne de très lourdes charges financières. L’expérience acquise au cours des trois dernières années permet de faire espérer l’établissement de lignes transcontinentales équipées avec des dirigeables, !dès que sera mise au point la question du gaz léger incombustible. Il paraîtrail, qu’après l’invention de l’hélium si rare, un chimiste américain aurait réussi à isoler un gaz
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- Fig. i. — Manœuvre d’entrée d'un grand rigide dans son hangar. On se rend compte
- que la moindre rafale de vent peut causer de graves accidents.
- un peu moins léger que l’hydrogène pur, mais plus léger que l’hélium, qui aurait de plus l’avantage d’être incombustible et pourrait être produit industriellement à bas prix.
- Toujours est-il, qu’un aéroport pour dirigeable est une organisation fort complexe à établir et ceci pour les principales raisons suivantes.
- Les machines aériennes qu’un aéroport de ce genre doit pouvoir abriter sont de dimensions véritablement colossales eu égard à leur fragilité; ces dimensions sont en effet de l’ordre de 200 m. de longueur et de 25 m. de diamètre pour les rigides modernes. La construction d’un, hangar clos, de pareilles mesures, constitue un travail exceptionnel qui, non seulement soulève les plus grandes difficultés d’ordre technique, mais aussi des difficultés d’ordre financier. Ce sont ces dernières qui font le plus .hésiter, d’autant qu’en raison de la constante évolution du matériel aérien, il se pourrait que des dimensions analogues à celles que nous indiquons plus haut soient très sensiblement dépassées dans de quelques années.
- De plus, ces dirigeables sont extrêmement fragiles, qu’il s’agisse d’ailleurs des souples dans l’enveloppe desquels la moindre déchirure, occasionnée par une friction quelconque sur un hangar, entraîne de graves avaries difficiles à réparer, ou qu’il s’agisse des rigides dont l’armature si frêle n’est robuste que pour combattre les efforts calculés en travail normal et non. pour résister aux chocs occasionnels ou aux frottements. Ainsi le dirigeable Méditerranée subit-il une grave avarie au cours d’une de ses sorties du hangar de Saint-Cyr. Il faut donc prévoir des entrées largement ouvertes et des dispositifs de guidage parfaitement sûrs.
- A cette fragilité extrême de la charpente, nous
- devons malheureusement ajouter des difficultés considérables de maniabilité au sol qui compliquent encore sérieusement le problème des aéroports. On ne saurait mieux assimiler, en effet, les gros dirigeables actuels qu’aux paquebots de grand luxe, qui, en pleine mer, peuvent défier les plus grandes tempêtes, mais qui dans les ports ne peuvent plus manoeuvrer, faute de pouvoir prendre de la vitesse. De fait, rien n’est plus délicat que de faire pénétrer un dirigeable dans son hangar qui est toujours trop exigu, surtout si le vent souffle latéralement.
- Enfin, une question nouvelle se pose, que nous n’avons pas eu à examiner en ce qui concerne les aéroports pour avions, c’est celle du ravitaillement en élément sustentateur, c’est-à-dire en hydrogène.
- Les ballonnets intérieurs ou les parois d’un dirigeable sont, malgré toutes les précautions prises, plus ou moins perméables aux gaz subtils qui permettent aux aéronefs de s’évader, en apparence, de la commune loi de la pesanteur et leur seul stationnement sous hangar nécessite un apport journalier de gazfrais pour compenser ces pertes; de plus, chaque voyage aérien entraîne des dépenses de gaz souvent considérables s’il s’agit de longs vols ; il faut donc prévoir parmi les installations de l’aéroport une usine à hydrogène et un stockage de gaz toujours prêt à être utilisé.
- En dehors de ces questions bien particulières des hangars à grandes dimensions et de l’approvisionnement en gaz ascensionnel, les aéroports pour dirigeables comportent à peu de chose près les mêmes services que ceux que nous avons examinés lors de nos articles antérieurs.
- Nous verrons que les hangars peuvent être fixes ou mobiles ; quelle (jue soit leur catégorie, les ingénieurs ont eu recours le plus souvent et jusqu’à ces temps derniers au fer, sous forme de grandes fermes réunies par de solides poutres longitudinales. Le
- un dirigeable rigide.
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- Fig. 3. — Fiœ extérieure d’un grand hangar pxe métallique Portes fermées.
- revêtement extérieur a généralement été. réalisé avec des tôles ondulées, l’ouverture étant close par des portes en deux parties roulant sur des rails et soutenues par des contreforts. Par le traité de paix, la France s’est réservée le droit de démonter certains hangars métalliques allemands qui doivent être réédifîés sur le territoire français. Mais lorsqu’il s’est agi, après la guerre, de jeter les premières bases des aéroports pour dirigeables, en raison du prix du fer et de sa rareté qui entraînait des délais excessifs de livraison, on fit appel au ciment armé pour construire ces immenses voûtes ; notamment à Orly, sont en cours de terminaison deux hangars en ciment qui élèvent hardiment vers le ciel d’impressionnants arceaux. Ceux-ci réunis formeront des hangars de 500 m. de longueur sur 50 m. de hauteur. Permettons-nous de rappeler que la nef principale de Notre-Dame de Paris n’a que 130 m. de longueur sur 34 m. de hauteur. La largeur des hangars d’Orly sera de 70 m.
- La plupart des derniers hangars allemands avaient été prévus avec une largeur de 75 m., dimension qui permettait le garage sous le même hangar de deux dirigeables placés côte à côte. Cette formule avait été adoptée, d’abord par mesure d’économie, car un hangar double revient à un prix bien moins élevé que deux hangars simples, bien que les difficultés techniques soient très accrues, ensuite parce que cette grande largeur d’ouverture facilitait l’entrée des unités qui couraient ainsi moins de risques de heurt contre les parois du hangar, enfin les Allemands considéraient sans doute qu’il était prudent, en vue des augmentations de dimensions des dirigeables de l’avenir, de donner une grande largeur car il est toujours possible d’allonger un hangar en lui ajoutant des fermes supplémentaires, il est même encore possible d’augmenter sa hauteur en creusant son sol, mais qu’il n’est nullement possible d’augmenter sa largeur sans le démolir entièrement.
- Cette solution est d’ailleurs d’au-
- tant plus économique que pour faciliter l’entrée des dirigeables, il faut déjà prévoir les dimensions d’ouverture du hangar au double du diamètre du ballon, soit une ouverture d’une cinquantaine de mètres pour un zeppelin actuel; il suffit donc d’augmenter celte dimension de 50 pour 100 pour avoir un hangar double.
- Le seul inconvénient de cette formule est d’accroitre dans une forte proportion les conséquences redoutables, des incendies ou des bombardements éventuels.
- Il faut que les hangars soient orientés dans le sens même des vents dominants de la région où ils sont édifiés, de façon qu’au cours des manœuvres d’entrée et de sortie, le dirigeable ne soit présenté que le nez au vent, il faut en effet éviter à tout prix le vent de côté qui rend ces manœuvres extrêmement dangereuses en raison de la surface latérale énorme que ces monstres présentent dans ce cas au vent, cette surface atteignant environ 5 à 6000 mètres carrés.
- Toutefois, il peut arriver que les vents souflient autrement que dans le sens dominant, aussi de nombreuses méthodes ont été essayées pour faciliter l’entrée ou la sortie dans les hangars fixes.
- La méthode élémentaire dérive de la manœuvre des ballons libres ; il faut en moyenne 500 à 400 hommes pour maintenir et diriger un rigide au sol, encore ce nombre devient-il insuffisant si le vent fraîchit ou souffle par rafales. Au cours de cette manœuvre par le vent, le dirigeable peut menacer de's’échapper des mains qui le tiennent par ses amarres, il peut heurter violemment le sol, écrasant les hommes de manœuvre, enfin lorsque le vent est de sens irrégulier, les hommes doivent effectuer des évolutions complexes- et fort dangereuses.
- Fig. 4. — rigide
- Vue intérieure d’un hangar métallique pour dirigeable montrant le dispositif adopté pour la construction.
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- Fig. 5. — Hangar à dirigeable d’Orly (type Limousin).
- Construction du cintre en bois servant au moulage; ce cintre une fois terminé sera surélevé de 12 mètres pour se mettre dans le prolongement des amorces et former la courbure inférieure de la voûte. (Hauteur : 5o m. ; largeur: 70 mètres; longueur : 3oo mètres ; prix de revient approximatif : 8 à 10 millions 35ooooo tonnes de béton.
- Cette méthode fut considérablement améliorée, lorsqu’au lieu de confier les amarres à dos mains humaines, on les fixa sur des chariots roulant sur rails et qui par le moyen de contre-rails ne peuvent s’arracher du sol, quelle que soit la violence des rafales. Le dirigeable une fois amarré ainsi, les chariots suivent les rails qui les conduisent sous le hangar sans que la fragile carcasse puisse risquer de heurts fâcheux. Des difficultés se présentent cependant au moment de l’amarrage du dirigeable aux chariots du fait possible du non-parallélisme des rails et du sens du vent ; on doit pouvoir y pallier par la construction de voies courbes et par l’amarrage des câbles sur des treuils électriques.
- Une seconde méthode, destinée à soustraire les dirigeables aux effets des vents au moment des manœuvres consiste à créer d’immenses paravents, tant par la disposition même des hangars que par l’adjonction de grands panneaux, de telle manière que soient ainsi créées de véritables rades abritées des houles aériennes comme sont abritées les rades marines des houles de haute mer. Nous voyons de suite que cette solution n’est applicable que pour l’aménagement des aéroports importants comprenant plusieurs hangars. Les prix de revient et d’entretien de ces paravents sont fort élevés et restreignent leur usage.
- Enfin, les Allemands avaient projeté — et nous ne savons si ce projet n’a pas reçu un commencement d’exécution pendant la guerre — d’établir sur les aéroports importants, des batteries de hangars disposés en étoile comme les rayons d’une roue et desservis par un hangar mobile pouvant être orienté lace au vent pour recevoir dans de bonnes condi-
- tions le dirigeable soit directement, soit par l’intermédiaire d’un des hangars fixes convenablement orienté par rapport au vent, ce hangar mobile pouvait ensuite pivoter avec le dirigeable et permettre le passage dans un hangar mal orienté sans qu’il puisse en résulter le moindre risque pour la frêle carcasse. Ces manœuvres peuvent paraître excessives en raison du temps qu’elles nécessitent, elles ont toutefois l’avantage d’éliminer l’un des plus graves inconvénients des aéroports ordinaires. Cette solution ne peut s’appliquer qu’aux aéroports d’au moins 6 ou 7 hangars, elle n’est donc guère intéressante pour la navigation marchande.
- Nous en arrivons à la solution des hangars mobiles que les Allemands ont appliquée avant et pendant la guerre, elle peut se concevoir avec des hangars montés sur rails de roulement par l'intermédiare de galets ou avec des hangars montés sur flotteurs reposant sur des caniveaux d’eau.
- Ces installations sont naturellement très coûteuses et il ne semble pas qu’elles aient donné tous les résultats pratiques que les Allemands en attendaient. S’il est en effet déjà délicat d’établir de bonnes charpentes fixes, à plus forte raison les constructeurs rencontrent-ils d’énormes difficultés pour obtenir la rigidité de hangars de 200 m. de long, qui, au cours des manœuvres de rotation, peuvent être appelés à subir d’importants effets de torsion ou de déséquilibrage.
- Nous voyons, que toutes ces con-
- Fig. 6. — Hangars d’Orly.
- Vue des amorces de voûte en ciment armé.
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- Fig. 7. —Hangar à dirigeable d'Orly (type Limousin). Amorces des arceaux de voûte (ciment armé).
- structions, quel que soit le type ou la méthode adopté, entraînent de considérables immobilisations de capitaux et de longs mois d’édification. C’est pourquoi les Anglais, au cours des études qu’ils ont menées pour la création des lignes Londres-Les Indes, ont été dans l’obligation de concevoir des aéroports secondaires pour dirigeables ; nous avons d’ailleurs déjà décrit de semblables installations dans deux articles antérieurs (La Nature, nos 2384 et 2387 de 1919). Il s’agit, en effet, des mâts d’amarrages, si pratiques, qui permettent de maintenir contre n’importe quel vent les dirigeables qui y sont fixés par leur proue sur une espèce de calotte mobile; nous avons vu que, ainsi fixés, les dirigeables s’orientent automatiquement comme une girouette dans le lit du vent présentant un minimum de résistance.
- Cependant ce dispositif séduisant présente certains inconvénients que nous avions signalés jadis et qui se sont confirmés depuis. En premier lieu, ce dirigeable qui campe ainsi en plein air n’est point sans souffrir assez gravement des intempéries, recevant directement les rayons du soleil, l’enveloppe extérieure se détériore peu à peu, le gaz ascensionnel s’échauffe et se dilate, il faut alors en libérer une partie qui se perd dans l’atmosphère; la nuit, le froid survenant, le gaz se contracte et l’on est obligé de rééquilibrer constamment le dirigeable; de plus, cette enveloppe extérieure qui souffre déjà
- du soleil, subit également les pernicieux effets des pluies, elle s’alourdit et ses fibres peu à peu imprégnées d’eau perdent leurs qualités de résistance.
- Enfin, la position même du dirigeable fixé par son avant et en contact seulement par l’intermédiaire de ce point avec le sol rend les réparations assez difficiles, surtout s’il s’agit de changer ou de réparer les moteurs qui généralement sont placés dans les nacelles suspendues sous la carène, dans le vide. De même, il est particulièrement difficile de réparer l’enveloppe extérieure et quant aux réparations de la charpente elles sont rendues impossibles puisqu’elles demandent un dégonflement au moins partiel.
- On supposa même pendant quelque temps que la si lamentable fin du grand rigide anglais qui, nos lecteurs doivent s’en souvenir, se brisa en l’air à la veille de son départ aérien pour les États-Unis, pouvait être imputée au fait que ce dirigeable avait séjourné, pendant plusieurs semaines, au mât de Pulham, subissant ainsi une période de grands vents qui auraient pu fatiguer l’armature. Des essais ultérieurs démontrèrent qu’il n’en était d’ailleurs rien.
- Nous pourrions comparer les diverses situations d’un dirigeable à celles d’un navire; à la cale de radoub, correspondrait dans ce cas le hangar clos; au mât d’amarrage, le quai d’un port et enfin à l’ancrage d’un navire en pleine eau, correspond une situation similaire pour le dirigeable qui peut camper en pleine campagne, mais cette situation est tout particulièrement dangereuse, en raison de la mobilité de cette masse dans les trois directions de l’espace.
- Ce campement est constitué par trois câbles fixés au sol aux trois sommets d’un triangle, ces câbles se réunissent à l’avant du dirigeable ; celui-ci peut donc s’orienter face au vent aussi facilement que s’il était amarré au sommet d’un mât, cependant il manqu-e à cette fixation un caractère essentiel de la sécurité, c’est la rigidité de l’attache. Il est toutefois possible de tendre les câbles vers le haut en délestant le dirigeable qui prend alors une inclinaison désagréable pour l’équipage et fâcheuse pour la résistance de la charpente.
- Le raidissement des câbles vers le haut ne pro-
- Fig. 8. — Vue d’un double hangar tournant pour Zeppelin, à Nordholz.
- Long.-: 200 mètres; larg. : 70 mètres; hauteur : 3o mètres. . (Remarquer les rails de roulement.)
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- Fig. g. — Grand dirigeable rigide amarré à son mât.
- On voit combien l’accès des nacelles motrices est difficile notamment pour les réparations.
- cure cependant aucune rigidité au système d’amarrage, aussi doit-on craindre que les rafales de vent n’abaissent subitement le dirigeable, puis le relevant aussitôt ne causent de violents à-coups qui peuvent causer la rupture des câbles ou tout au moins la déformation de la charpente; ces mouvements sont susceptibles d’atteindre une grande amplitude et la carène peut venir en contact avec le sol.
- Ce système de campement ne peut donc être utilisé que comme dispositif de fortune au cas où un dirigeable a été forcé d’atterrir par suite d’avarie grave.
- 11 est encore plus dangereux d’essayer de fixer directement le ballon au sol, en raison de la prise considérable qu’il donne aux vents latéraux ; les équipes de manœuvres seraient obligées de se déplacer constamment pour met Ire la carène face au vent et ces mouvements entraînent des accidents fréquents.
- Nous pouvons par ce court aperçu nous rendre compte que l’établissement des bases pour dirigeables soulève de grosses difficultés et encore n’avons-nous vu que les aéroports terrestres. Il existe, en effet, d’autres besoins de garage qui concernent les dirigeables affectés à l’éclairage des flottes de guerre.
- Personne ne peut plus, en effet, contester les immenses services que rendent ces observatoires volants à 6000 ou 7000 m. d’altitude, hors de la portée de l’artillerie anti-aérienne et presque hors de portée des avions de combats marins, qui éclairent et renseignent par T. S. F. en permanence les puissantes mais aveugles flottes de haut bord.
- La lecture du palpitant volume qu’a publié l’officier allemand commandant le tir du Derflinger, au cours de la bataille du Jutland, est d’ailleurs un exemple vivant de l’ignorance absolue dans laquelle
- Fig. io. — Vue intérieure du couloir d’une batterie souterraine de tubes d’hydrogène comprimé.
- se trouvaient les commandants des grosses unités au sujet des mouvements de l’ennemi.
- Or, étant donnée la difficulté de garer ces immenses et fragiles observatoires volants, il semble que ceux-ci jusqu’alors ne puissent être utilisés que dans un rayon relativement assez faible de leur base. La flotte des alliés opérant aux Dardanelles tout au début de la guerre n’aurait pu se faire aider par dirigeables, etc.
- Si même le ravitaillement en essence et en gaz ascensionnel pouvait encore se réaliser en pleine mer par l’intermédiaire de bateaux-réservoirs et de tuyaux, les moteurs actuels, à courte vie, ne permettraient pas à ces croisières de durer plus de quelques jours sans une halte sérieuse pour la révision des machines.
- Nous avons vu, dans notre précédent article, que les mêmes difficultés s’étaient présentées lorsqu’il s’était agi d’utiliser en liaison, avec les forces maritimes, les avions qui, eux, souffraient encore bien plus gravement de leurs faibles rayons d’action. Maintenant toutes les flottes du monde poursuivent la réalisation de navires porte-avions destinés à servir de bases mobiles.
- La marine américaine, désireuse de pouvoir porter, le cas échéant, l’offensive loin de ses côtes tout en utilisant le précieux appoint des forces aériennes vient d’entamer la réalisation de véritables aéroports flottants pour dirigeables.
- Ces garages mobiles se composent d’un navire à grande vitesse, capable de suivre et même de manœuvrer autour des grandes flottes, dont le pont a été aménagé spécialement pour servir de terrain d’amarrage à un dirigeable rigide ou à un semi-rigide gonflé.
- Le dirigeable repose sur le pont où il est solidement fixé, sa proue coïncidant avec la proue du navire ; il est protégé contre la résistance à la pénétration dans l’air, par une fausse proue rigide
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- Fig. n. — Navire spécialement aménagé pour le transport des dirigeables rigides, éclaireurs de flollc de guerre.
- qui évite à la charpente du dirigeable de fatiguer.
- À hauteur du pont sont aussi placées les nacelles motrices qui sont aussi accessibles quelles le seraient dans un hangar clos.
- Ce dispositif présente certains inconvénients : difficulté de réparer l’enveloppe extérieure,, détérioration qu’amène l’ardeur des rayons du soleil et aussi accidents qui peuvent survenir du fait des paquets de mer.
- En effet, il est bien difficile, même en fuyant sous le vent, d’éviter la projection sur le pont des paquets de mer d’un océan démonté, le poids de ces masses d’eau atteint parfois plusieurs tonnes, ce qui. ne manquerait pas d’écraser la fragile carcasse; il faut de plus ne pas oublier que l’eau de mer attaque le duralumin.
- Il faudra également tenir compte, pour la réalisation de ce projet, de l’inertie du dirigeable dans les mouve
- trouvent parfois à plusieurs mètres au-dessus du sol et d’un accès difficile ; enfin ces aéroports comportent un service que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’étudier, les réserves de gaz ascensionnel.
- Cette dernière fonction de ravitailler en gaz les dirigeables, se présente sous un aspect des plus complexes, étant donné que le gonflement d’une unité moderne exige de 70 000 a 80 000 m3. Non seulement les aéroports importants doivent posséder une usine à hydrogène de fort débit, mais encore des réserves permettant de faire face aux nécessités de gonflement ou de renflouement.
- L’hydrogène, au fur et à mesure qu’il est fabriqué, est comprimé et mis en réserve dans des tubes de grandes dimensions qui sont plus le souvent enterrés, tant pour éviter les dangers d’incendie et les chocs que pour rester insensibles aux effets de la température. Les pressions des gaz emmagasinés attei-
- ments de tangage et de roulis, inertie qui risquerait I gnent 100 kg, les tubes contiennent parfois 1000 m3 d’entraîner des efforts anormaux dans la charpente. I et sont longs de 15 à 20 m. sur 1 m. de diamètre.
- Les manœuvres d’accostage et de départ, faciles par temps calme, présenteront d’assez sérieuses difficultés dès que le navire subira les mouvements d’une mer un peu houleuse et nous ne voyons pas très bien comment on évitera les heurts entre ces deux masses mouvantes.
- Quoi qu’il en soit, ce projet est des plus intéressants et nous espérons que notre marine ne se désintéressera pas du problème posé.
- . Qu’il s’agisse d’aéroports fixes ou mobiles, nous trouverons certains services annexes analogues à ceux des aéroports pour avions, c’est-à-dire les ateliers de réparation, les magasins de pièces de rechange, les soutes à combustibles qui se compliquent de ce fait que les réservoirs du dirigeable à ravitailler se
- Fig. 12. — Grand wagon à boggies supportant trois gros tubes contenant chacun plus de 5oo mètres cubes d’hydrogène comprimé à ioo atmosphères.
- Chaque wagon contient i55o mètres cubes. Il faut 45 wagons 'pour gonfler complètement un dirigeable du type Zeppelin.
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- M. Sabatier, ingénieur de la Marine, a calculé qu’un gros dirigeable de 70 000 m3, du type Zeppelin, peut arriver à perdre au cours d’une longue croisière de 15 000 à 20 000 m3, par pertes directes .ou par suite de délestage. Pour renllouer un de ces dirigeables au retour de sa sortie, il faudrait donc une batterie de 20 tubes.
- Dans les aéroports de seconde importance et qui ne peuvent posséder d’usine à hydrogène, le gaz de ren-llouement est mis en réserve dans des tuÉes analogues à ceux des installations fixes, mais montés sur de longs wagons à boggies et soumis à de moins considérables pressions.
- Il est donc indispensable que les aérogares pour dirigeables soient desservies par une voie ferrée ou au moins par une voie fluviale et ce n’est pas l’une des moindres difficultés à vaincre dès qu’on envisage l'installation d’une ligne de dirigeable à longue distance.
- Tous ces travaux d’infrastructure de la ligne sont coûteux et malaisés à établir ; c’est, avec le danger d’incendie, la raison pour laquelle jusqu’ici aucune ligne de dirigeable n’existe.
- Il s’en faut toutefois que ce mode de locomotion soit abandonné et, en quelques mots, nous allons mettre nos lecteurs au courant du mouvement assez net que l’on peut enregistrer actuellement en faveur du plus léger que l’air.
- En principe, il est prouvé que l’exploitation d’une ligne aérienne au moyen de dirigeables serait bien plus économique qu’au moyen d’avions, de plus le dirigeable peut voler de nuit avec autant de sécurité que le jour et la différence de temps gagnée sur le transport par voie ferrée devient alors très avantageuse; de plus, les procédés modernes de navigation aérienne peuvent s’appliquer à bord des dirigeables dans de bien meilleures conditions qu’à bord des avions.
- En France, une expérience devait être tentée cette année au moyen du dirigeable Méditerranée, ex-Nordslern allemand; cette unité de premier ordre a malheureusement été confiée à la marine qui lui fera sans doute subir le même sort qu’aux deux autres Zeppelin livrés par l’Allemagne; sans consommer
- Fig. 14. — Projet de campement terrestre et orientable pour dirigeable rigide.
- Fig. i3. — Projet de campement flottant pour dirigeable rigide. Ce ponton peut être remorqué en mer calme.
- d’excessifs crédits il aurait peut-être été possible d’exploiter militairement la ligne prévue de Marseille à Alger, en utilisant les xuyages pour former le personnel de l’aviation maritime et en recueillant une expérience précieuse pour l’avenir.
- La Grande-Bretagne, qui possédait, du fait de ses propres fabrications et du fait des livraisons allemandes, une dizaine de gros dirigeables rigides, avait envisagé d’accord avec ses Dominions des Indes et de l’Australie la création d’une voie impériale; la crise commerciale qui, l’an dernier, bouleversa l’économie de la Grande-Bretagne, empêcha le projet de prendre définitivement corps.
- D’ailleurs, les rigides anglais, construits uniquement en vue de fins militaires, ne semblaient pas spécialement adaptés aux durs services commerciaux.
- Un nouveau mouvement se manifeste depuis peu en Grande-Bretagne et, à la rentrée des Chambres, un projet de loi sera déposé qui demandera la création d’une ligne vers l’Égypte et les Indes exploitée au moyen de semi-rigides du type allemand Parseval, moins fragiles que les Zeppelins et donnant presque d’aussi bons résultats.
- L’Italie depuis la fin de la guerre a mis au point deux ou trois types de gros dirigeables semi-rigides du type Roma qui avaient été commandés par les États-Unis pour l’exploitation de lignes commerciales. L’un d’eux, à la suite d’une avarie légère survenue à ses gouvernails, fut forcé d’atterrir si malheureusement qu’il toucha des câbles électriques aériens et un incendie éclata détruisant l’appareil. Le programme italien porte sur l’aménagement d’une ligne Italie-Tripolitaine par-dessus la mer Méditerranée; les hangars et usines d’hydrogène seraient presque terminés.
- Aux États-Unis, pays de grandes distances, les dirigeables paraissent en faveur ; plusieurs Sociétés se sont constituées qui ont entrepris la construction des dirigeables rigides destinés à la flotte de guerre et leur but déclaré est d’étendre cette fabrication jusqu’aux aéronefs de commerce. Des ingénieurs et ouvriers spécialistes des
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- usines Zeppelin se sont rendus en Amérique pour mettre en route la fabrication si délicate des charpentes de duralumin et former les équipes d’ouvriers.
- En Allemagne, quoique l’industrie des dirigeables ait été démantelée en partie par les Alliés, celle-ci est restée cependant en activité ; tout dernièrement, un grand dirigeable aurait été livré au gouvernement russe et en ce moment même les usines Zeppelin, avec l’autorisation delà Commission interalliée, construisent une superbe unité de près de 100000 m3 pour le compte des Etats-Unis.
- D’autre part, une organisation allemande est allée s’installer à Séville; en Espagne, elle y édifie une immense usine où doivent être construits des dirigeables commerciaux destinés à assurer les
- •ES SCIENCES :: . : r;................=.
- relations aériennes entre l’Espagne et l’Amérique du Sud.
- Il est évidemment fâcheux que l’industrie aéronautique française n’ait aucune espèce d’expérience en fait de construction de grosses unités aériennes ; si cette formule de dirigeable, par suite de l’invention d’un quelconque gaz incombustible léger, devait un jour s’imposer pour les transporls aériens, nous serions en mauvaise posture internationale.
- Notre activité industrielle aéronautique ne s’est développée qu’en faveur des engins plus lourds que l’air, ceux-ci nous ont permis d’ailleurs, il ne faut point l’oublier, de conquérir grâce à notre ardeur et à notre ténacité, les plus belles lignes aériennes européennes.
- Jean-Abel Lefranc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre et d’octobre 1922.
- La stérilisation des roches. — Le I)1' Galippe assurait que, même clans le basalte fondu à 1500°, il retrouvait des corpuscules ovoïdes susceptibles de se multiplier et de se transformer. Les essais de MM. Diencr et Etrillard ont porté sur un calcaire crayeux tendre, un granité de Corrèze, un micaschiste de Syra, une syénite de l’archipel de Los et une andésite du Mont-Dore. Ils semblent indiquer qu’en s’entourant de précautions et en stérilisant les roches à 180°, pendant un certain temps, elles ne retiennent aucun organisme capable de reviviscence.
- Un nouveau bacille fixateur d'azote. — L’examen ] microscopique de tubes d’agar glucose, ensemencés en j profondeur par des dilutions de terre des jardins de | Versailles, a indiqué à MM. G. Truffaut et Bezssonolf, la présence d’un bacille à rattacher, du point de vue morphologique, au groupe du Proteus. Cet organisme se distingue nettement de tous les fixateurs d’azote atmosphérique décrits jusqu’ici : petit bâtonnet, Gram positif, aérobie sporogène, il assimile la mannite, le glucose et d’autres sucres; dénitrifiant énergique, il ramène les nitrates jusqu’au terme ammoniac ; il possède une dias-tase et, fort abondant dans le sol, produit, en milieu liquide, de l’alcool éthylique et de l’acide acétique.
- Action sur les microbes du rayonnement secondaire. — Les précédentes recherches de MM. Cluzel, Rochaix et Kaufman avaient montré que les rayons secondaires, émis par les parois de platine des tubes, détruisent les cultures à l’état de vie ralentie, alors que les rayons y du radium, généralement contenus dans des tubes du métal ci-dessus, n’ont aucune action bactéricide. Les nouvelles expériences de ces mêmes savants mettent en évidence une action inhibitrice due au rayonnement secondaire, lorsqu’on place les cultures à l’état de vie ralentie, et celte même action se produit avec les radiateurs métalliques massifs d’aluminiurn, de cobalt ou de nickel, lorsqu’on produit l’excitation par les rayons X peu pénétrants •
- Les barres d'acier doux préalablement écrouies par traction. — D’après M. Seigle, la traclion est un moyen de relever la limite élastique, infiniment plus simple et moins coûteux que le tréfilage ; on ne peut le réaliser que dans de faibles limites, mais il laisse en échange une bien meilleure striction et un très bon essai de pliage sur barreaux entaillés. Il semble que des barres de section uniforme, ainsi traitées, constitueraient un matériau nouveau, susceptible de nombreuses applications.
- La production de l'alcool absolu et le problème du carburant national. — L’alcool à 95-96° est insoluble dans l’essence, alors que l’alcool absolu est miscible en toutes proportions avec le pétrole et les carbures lourds. L’emploi de déshydratants solides, comme la chaux et le cai’bure CaC2, élève sensiblement le prix de revient, alors que certains liquides et diverses solutions salines concentrées permettent d’enrichir, à faible prix, les vapeurs alcooliques. MM. Mariller et Van Ruymbeke montrent à ce sujet qu’il suffit de faire passer des vapeurs à 95° G. L. dans une colonne de rectification traversée en sens inverse par un courant de glycérine, pour obtenir un alcool à 98°5 — 99°. Pour arriver à un degré supérieur, 99°9, on doit incorporer au déshydratant certains sels solides et le meilleur résultat est fourni par le carbonate C03K2 anhydre, dans la proportion de 50 pour 100.
- Les modifications thermiques de quelques fontes de moulage. — M. Jean Durand s’est préoccupé d’établir les conditions de la « croissance »dela fonte, signalée dès 1791 par Beddoes, et de rechercher les facteurs qui la déterminent. Il résulte de l’ensemble de ses mesures que ce gonflement ne prend une importance sensible que si la teneur en- silicium est suffisante et le chauffage lent : la variation du pourcentage en élément Si et l’allure j des traitements thermiques permettent donc de modérer ou d’accentuer le phénomène,
- La composition des graines de Rhinanthus Crista-
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- UN CURIEUX ASPECT DU CIEL AU COUCHER DU SOLEIL
- Galii L. — Pour élucider la question de l’identité ou de la non-identité de l’aucubine et de la rhinanthine, Mlle Bræeke etM. Bridel ont d’abord appliqué aux graines de Rhinanthe la méthode biochimique de Bourquelot et suivi pour l’extraction de l’aucubine le mode opératoire employé avec les semences de Melampyre. Ils en sont ainsi venus à établir de façon décisive la présence de l’aucubine et du saccharose dans les graines de R. Crista-Galli.
- Sur le mécanisme des cellules adipeuses. — Le fonctionnement du tissu adipeux, jusqu’ici mal connu, a donné lieu à deux notions aujourd’hui classiques, mais d’apparence contradictoire ; c’est ainsi que, dans l’ordre cytologique, Dubreuil a montré la participation des mitochondries à l’élaboration des vacuoles de graisse, alors que dans l’ordre biochimique, pour Rühnë, la graisse du tissu de réserve se rapproche chimiquement des éthers-sels de la glyérine donnés dans l’alimentation. M. Poli-card établit à ce sujet qu’à un certain moment de l’évolution de la cellule se produit une interversion de structure, de grande importance du point de vue physiologique et qui peut se comparer à certains phénomènes du même genre présentés par les mélanges huile-eau et signalés par l’auteur dans la cortico-surrénale et les glandes sébacées.
- L’uréase et l’urée chez les champignons. — La découverte chez les végétaux d’un produit que l’on croyait provenir seulement de l’activité animale remonte à une vingtaine d’années, et l’on a déjà signalé la diamide carbonique dans près de 200 espèces. Les recherches de MM. Goris et Costy permettent d’affirmer la présence d’uréase chez presque tous les Champignons supérieurs, et, lorsque cette diastase fait défaut, ou ne se rencontre
- qu’en proportion très faible, l’urée existe en quantité variable dans le thallophyte, suivant; le stade végétatif.
- La préparation du sulfate acide d'éthyle. —L’absorption du gaz CTI4 par l’acide sulfurique peut être facilitée par la présence d’un catalyseur, tel que les anhydrides vanadique et uranique ou les acides sulfotungstique et sulfomolybdique. M. Damiens a eu l’idée d’employer l’oxyde cuivreux, que l’acide transforme en sulfate, et suivant le mode opératoire, on peut aboutir soit à l’alcool, soit au sulfate diéthylique, soit à un mélange d’hydrocarbures saturés dont les caractères généraux sont ceux d’un pétrole.
- Sur l’hydrologie de VAltantique Nord. — La note de M. Le Danois est consacrée à la nature, aux mouvements généraux et aux mouvements saisonniers (extension hivernale et transgression estivale) des eaux atlantiques. Pour l’auteur, le nom de Gulf-Slream doit être réservé au courant de retour du courant équatorial, et les variations climatériques et biologiques, jusqu’ici attribuées aux branches de la nappe venue du Golfe des Antilles, sont beaucoup plus faciles à expliquer par des mouvements d’énormes nappes *d’eau que par des courants, même de grande importance.
- Rôle trophique des oiseaux à l’égard des Culicines. — M. Jean Legendre poursuit à Beyrouth des études commencées en Chine et continuées au Tonkin. Les dernières observations ont porté sur Culex pipiens et Stegomyia fasciata, dont il semble bien que le moineau (Passer do-mcsücus) est le nourrisseur préféré. Elles contribuent à montrer que la zooprophylaxie, ou prophylaxie par le moyen des animaux, paraît de plus en plus appelée à rendre des services de tout premier ordre.
- Paul B.
- «3»
- UN CURIEUX ASPECT. DU CIEL AU COUCHER DU SOLEIL
- Le jeudi 28 septembre, nous parcourions en automobile, mon parent M. Ch. de Morillon, et moi, accompagnes du chauffeur Louis Bourriou, la route nationale d’Auxerre à Yermenlon (Yonne), pour rentrer à l’Isle-sur-Serein. Il était environ 18 h. 15, heure légale, et le soleil allait se coucher. Une forte averse, qui avait duré plus d’une heure, poussée par vent d’Ouest assez fort, s’était abattue sur la contrée et venait de se terminer. Des nuées épaisses et basses remplissaient toute la partie orientale du ciel vers laquelle elles s’enfonçaient, formant un vaste rideau de couleur uniforme bleu-ardoise foncé, et laissant derrière elles un ciel outremer embrumé de légers voiles de brouillards très élevés, qui empruntaient au soleil des reflets d’or et de pourpre. Au milieu de cette déchirure, quelques cumulus, aux découpures rondes et nettes, flottaient comme des balles de coton, colorés d’une teinte vermillon très vive. Le spectacle de ce ciel bouleversé, dont les deux moitiés formaient contraste, faisait l’objet de notre admiration et, sous ccttè lumière aux couleurs si différentes, la campagne de cette fin de saison empruntait un éclat d’une vivacité singulière,
- qu’accentuaient encore les teintes riches des arbres et des vignes.
- Le soleil, à peine masqué par les voiles légers qui estompaient l’Orient, descendait de plus en plus vers l’horizon.
- A ce moment, tournant les yeux vers l’Est, j’aperçus un spectacle étrange : tracés sur le fond ardoisé des nuées qui couvraient le ciel de ce côté, de grands faisceaux, semblables à ceux qui se Aboient quelquefois lorsque le soleil se trouve caché derrière les nuages, s’inscrivaient en gris clair, légèrement argenté. Mais ces faisceaux semblaient provenir d’un soleil qui ne serait pas encore levé ou qui serait couché... à l’Est! Ce phénomène, qui progressait du Nord au Sud en même temps que l’automobile, dura un quart d’heure environ. Il était formé d’un faisceau central, perpendiculaire à la ligne d'horizon qui se trouvait surélevée en raison de l’altitude des hautes collines bordant la vallée de l’Yonne, sur sa rive droite, entre Vincelles et Cra-vant. De chaque côlé de ce faisceau central, et symétriquement, deux séries de 3 faisceaux plus étroits semblaient diverger du même point central,
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- UN CURIEUX ASPECT DU CIEL AU COUCHER DU SOLEIL
- situé au-dessous de l’horizon, exactement à l’opposé du soleil couchant.
- Enfin, vers le Nord, un autre faisceau qui n’avait pas, du côté Sud son symétrique, était très incliné sur l’horizon.
- Ce splendide météore, dont nous admirions l’intensité, redoubla d’intérêt lorsqu’il s’augmenta tout à coup à nos yeux de deux portions d’arc-en-ciel, dont les couleurs très vives contrastaient violemment avec le fond toujours gris ardoisé du ciel. On eût dit une immense roue dont les faisceaux formaient les rayons et l’arc-en ciel la jante!... Malheureusement, l’arc n’était pas complet et ne nous
- C’est la première fois que j’ai observé un semblable phénomène, qui rentre dans la famille des anthélies et qui semble dû à la fois à la réfraction et à la diffraction de la lumière en présence des couches de brouillard de densités différentes et plus ou moins élevées, dont l’ensemble formait les nuces orageuses de cette soirée d’automne.
- J’ajoute une remarque qu’il m’a paru intéressant de noter, à savoir que la position du soleil réel et celle du soleil anthélique ne paraissaient pas symétriques en élévation, par rapport à la ligne réelle d’horizon, compte tenu du relèvement de cette ligne à l’Est, en raison de la plus grande hauteur des col-
- Météore observé le 28 septembre 7922 de 18 h. i5 à 18 h. 3o (heure légale), entre Vincelles et Gravant (Yonne)
- du côté Est, par M. G. Bidault de l’Isle.
- offrait de visible que deux portions de circonférence séparées par les 4 rayons les plus centraux.
- J’ai pu noter que, surtout du côté Sud, l’arc était visible devant les faisceaux qui semblaient fuser très nettement derrière lui. Du côté Nord, la partie supérieure de ces faisceaux ne se distinguait presque plus après avoir dépassé l’arc-en-ciel. Quelques légers nuages, que le soleil, à l’opposé, colorait en vermillon pâle, flottaient devant l’ensemble du météore, que j’ai pu, à l’aide d’un croquis rapide, reconstituer aussi fidèlement que possible dans le dessin ci-joint.
- Vers 18 h. 30, lorsque le soleil fut couché, le météore perdit peu à peu de son intensité. L’arc disparut le premier, puis les faisceaux clairs s’estompèrent peu à peu et les nuées grises qui s’enfonçaient toujours davantage vers l’Est reprirent une teinte uniforme et de plus en plus foncée, en raison de l’approche de la nuit.
- fines. Le soleil réel était encore visible au-dessus de la ligne d’horizon, mais le point où aurait dû se trouver le soleil anthélique, d’où divergeaient les 'v faisceaux lumineux, se trouvait très au-dessous de cette ligne.
- Ce phénomène élait très certainement dû à la réfraction qui surélève les astres à leur lever et à leur coucher. Il semble que les conditions spéciales des jeux lumineux, dont l’ensemble constituait le phénomène observé, permettaient précisément de se rendre compte de visu de la valeur de cette réfraction, qui atteint 53 minutes d’arc, soit un peu plus que la valeur du diamètre solaire apparent, mais qu’il ne m’a pas été possible, faute des instruments nécessaires, de mesurer avec une précision utile.
- G. Bidault de l’Isle,
- Membre de l’Académie de Dijon et de la Société astronomique de France.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lajitoe, rue de Flcurus, 9, à Taris.
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- LA NATURE. — N° 2543. ........... ................—....-.30 DÉCEMBRE 1922
- L’AUTOMOBILE A TRAVERS LE SAHARA
- Le chameau, le « vaisseau du désert », a [tou- d’hui il est devenu un animal rare. Les réquisitions jours été un animal délicat et coûteux; aujour- ont épuisé le cheptel africain pendant la guerre.
- Fig. i.— 1. Une des 4 automobiles à chenille équipée pour le parcours Touggourt-Tombouctou; 2. Une voiture de ravitaillement en essence portant à Varrière 4 fûts de 200 litres chacun; 3. Une voiture de ravitaillement avec .2 fûts d’essence et les réserves de matériel et de vivres; 4. A In-Salah.— L’autruche du poste et un groupe d’indigènes devant une automobile à chenilles (mission Audoin-Dubreuil) : 5. Une auto à chenilles rencontrant des méharistes dans, les premières dunes du Grand Erg ^mission Audoin-Dubreuil, ianvier 1922).
- . . 27—417
- 50 Année- — 2 Semestre.
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- C’est d’ailleurs un moyen de transport très lent. Pour les déserts, comme celui du Sahara, le cheval ne peut supporter les longs parcours sans eau; quant au chemin de fer, qu’il faudra bien construire un jour, il n’existe même pas encore sur le papier. Seule l’automobile peut assurer une traversée rapide et sûre du grand désert africain. Encore faut-il qu’elle soit capable de se mouvoir facilement sur les terrains les plus divers. La chenille Kegresse, bien connue de nos lecteurs, qui a fait ses preuves dans la neige et qui, de plus a été essayée sur des dunes, semble résoudre le problème ; l’expérience va être tentée en grand puisque ce mois-ci une expédition automobile sur voitures Citroën équipées avec ces chenilles, tente de traverser le Sahara de bout en bout.
- La construction d’une route serait évidemment un moyen d’assurer la pénétration du désert par l’automobile, mais il est pratiquement impossible d’établir une chaussée entre le Sud algérien et le Niger. Sur quelques centaines de kilomètres, au sud de Touggourt, on a bien aménagé une piste, mais les résultats décevants de la première caravane automobile qui l’utilisa en ont fait abandonner rapidement l'entretien. Il faut donc conclure que l’automobile au Sahara doit pouvoir se passer de route ou de piste, alors que le sable dans lequel les roues s’enfoncent, puis patinent, semble être un obstacle invincible.
- On a augmenté d’abord le diamètre, puis la largeur des roues, ensuite on a doublé et triplé les bandages, on a aussi employé des appareils à chenilles avec des bandes sans fin ou rails mobiles offrant avec le sol une plus grande surface de contact que de simples roues.
- La bande sans fin est formée de plaques métalliques assemblées par des charnières, mais cet agencement limite la vitesse ; puis le sable agissant sur les charnières devient un sérieux obstacle au bon fonctionnement. Les crampons de la chaîne détériorent la route et interdisent à la voiture tout déplacement sur des chaussées ordinaires, enfin il n’y a aucune souplesse de contact avec le sol.
- La chenille Kegresse supprime ces inconvénients en utilisant une bande sans fin en toile et en caou-chouc, qui se monte à la place des roues motrices. Une poulie est fixée de part et d’autre de l’essieu arrière, à l’emplacement des roues, cet essieu peut descendre ou monter par rapport au châssis, le poids du véhicule étant soutenu par un essieu spécial fixé d’une façon rigide au châssis.
- Des palonniers élastiques superposés et articulés sont fixés à cet essieu; ils sont réunis à chaque extrémité par des joues, à la partie inférieure desquelles s’articule un balancier portant des galets. Le poids du véhicule est transmis au sol par l’intermédiaire dé ces organes articulés et de la bande en caoutchouc.
- Une poulie, à l’avant de l’appareil, supporte et guide la bande sans fin, elle repose sur le sol par son poids sans supporter le poids de la machine. Si
- l’appareil rencontre un obstacle, la poulie avant se soulève et établit à la partie inférieure de la chenille un plan incliné, où peuvent rouler facilement les galets. Les poulies motrices sont jumelées et une saillie de la chenille passe en leur millieu; les poulies jumelées pouvant se rapprocher pour coincer plus ou moins la saillie suivant l’effort moteur.
- Le parcours exact de l’expédition projetée est fixé dans ses grandes lignes. Le point de départ est Touggourt et la carte ci-contre indique le chemin prévu. Dans la région entre le Iloggar et le puits de Tin-Zaouaten, région peu connue, les voitures devront marcher à la boussole.
- Des essais préliminaires ont eu lieu sur la « mer de sable » de la forêt de Senlis, ensuite à Fontainebleau, puis dans la région d’Àrcachon, où ces voitures ont pu gravir la dune du Pyla, la plus haute d’Europe, constituée par un sable mouvant très ténu.
- Au début de 1922 un groupe de voitures circula entre les différents postes algériens jusqu’à In-Salah, totalisant 20 000 km, sans emprunter les pistes, en choisissant les terrains les plus difficiles.
- Au point de vue du ravitaillement, les essais précédemment faits avec des châssis à roues ont servi de leçon ; on a renoncé au service du ravitaillement par caravane de chameaux. Evidemment l’emploi de l’automobile dans Je désert n’est pratique qu’à la condition d’exclure tout transport à dos d’animaux.
- Pour la traversée qui doit être tentée ce mois-ci, le ravitaillement a été préparé de la façon suivante :
- En premier groupe de trois voitures a été dirigé sur Tombouctou par la voie de Dakar. En prenant Tombouctou pour base, il portera le ravitaillement d’essence au poste de Kidal et, si cela est possible, même jusqu’au puits de Tin-Zaouaten qui se trouve à la limite du territoire des oasis sahariennes et du territoire du Niger.
- Le deuxième groupe de voitures de ravitaillement prend pour base Touggourt et approvisionne en essence les postes de Ouargla, Inifel et In-Salah. La mission qui tente la traversée comprend quatre voitures qui, au moment où nous écrivons, ont quitté Touggourt, puis Ouargla, pour se diriger vers Inifel.
- Les châssis sont du type bien connu Citroën : on a simplement supprimé le démarreur électrique ; puis le pont arrière comporte un démultiplicateur qui, combiné avec la boîte de vitesse, permet six vitesses échelonnées de 3 à 40 km à l’heure.
- Les voitures de ravitaillement comportent une banquette de deux places pour le conducteur et le guide et à l’arrière une plate-forme sur laquelle sont fixés des fûts métalliques de 200 litres contenant l’essence ; ces fûts sont déposés dans les postes pour ravitailler la mission. Deux de ces voitures ne transportent que deux fûts et en plus elles ont deux coffres qui reçoivent des pièces de rechange, des vivres, des munitions, etc.
- Le ravitaillement du groupe Touggourt était de plus accompagné par une voiture du même type
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- que celui de la mission. La protection est assurée par les mousquetons dont sont munis les conducteurs et par une mitrailleuse d’aviation montée sur l’une des voitures.
- Pour les voitures de la mission proprement dite, les voitures ont également une banquette à deux places à l’avant, comportant un retrait au centre de la banquette pour placer éventuellement un troisième voyageur. La plate-forme arrière supporte deux réservoirs d’essence de 150 litres chacun, sur lesquels est placée une caisse en aluminium à compartiments qui s’ouvrent à droite et à gauche. Ces compartiments renferment : vivres, munitions, pharmacie, outillage, pièces de rechange, etc.
- Une voiture est munie d’un cinéma de prises de vues ; enfin deux réservoirs d’eau de 60 litres permettront d’affronter la traversée du Tanez-rouft, pendant laquelle on ne rencontre aucun puits.
- Une tente est attachée sur la partie supérieure de chaque voiture, elle se déploie en quelques instants; elle est complétée par des lits pliants en duralumin, des sacs de couchage, des couvertures qui sont utiles en raison de la baisse brusque de température dès le coucher du soleil.
- Il est difficile de pronostiquer la durée du trajet entre Touggourt et Tombouctou, car il y a des régions très peu connues ; sans doute des difficultés imprévues pour le passage des voitures se présenteront entre In-Salah et Kidal, peut-être même jusqu’à Bourem et Tombouctou.
- Les quatre voitures seront complètement livrées à elles-mêmes, à leurs propres ressources, sur un parcours de plus de 5000 km. La marche peut être ralentie par endroits du fait de l’insécurité qui règne dans ces parages et il y aura des précautions à prendre contre les attaques des rezzou.
- L’expédition est dirigée par M. Ilaardt et par M. L. Àudouin-Dubreuil, ce dernier est connu déjà par ses tentatives de pénétration saharienne.,
- Le fils du général Estienne fait partie de la mission et pour les observations et les prises de vues cinématographiques, la mission est accompagnée par M. P. Castelnau, mon camarade d’études à qui j’adresse ici mes meilleurs vœux de réussite. Les conducteurs-mécaniciens ont été soigneusement choisis pour résister aux fatigues de cette longue randonnée et le personnel sera soumis à une discipline toute militaire.
- Si l’on songe qu’une caravane sans aucun relais de chameau en cours de route mettrait de six à sept mois pour aller de Touggourt à Tombouctou, qu’un petit groupe de méhara, animaux sélectionnés, demanderait deux mois et demi, on peut comprendre l’intérêt qui s’attache au projet de traversée
- relativement rapide par des automobiles.
- La liaison de deux possessions aussi importantes économiquement et politiquement que le sont l’Afrique occidentale française et l’Afrique du Nord est une entreprise nationale de première importance, qu’il nous faut réaliser au plus tôt.
- Elle exige un moyen de communication à grand' rendement, que seule la voie ferrée peut fournir.
- Ce sera le chemin de fer transsaharien.
- Plusieurs projets sont à l’étude, mais quelle que soit la solution adoptée, la réalisation en sera longue : six à dix ans peut-être. Les travaux préliminaires des ingénieurs dans des régions désertiques souvent inconnues seront hérissés de difficultés et l’automobile rapide, ayant déjà fait ses preuves, sera certainement d’un grand secours pour l’exécution des futurs travaux de pénétration économique.
- Attendons donc le résultat que doivent obtenir les quatre voitures à chenille Régresse dans leur traversée saharienne, ce sera certes une démonstration pratique et probante des qualités du système et des possibilités de son utilisation pour parcourir les grands déserts africains et pour les animer.
- E. Weiss.
- Fig. 2. — Itinéraire de l’expédition automobile transsaharienne.
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- Le comité d’organisation du 20e concours Lépine et en particulier son dévoué commissaire général, M. Delau-nay, a. pris celte année l’initiative d’adjoindre à ce concours, une section spéciale de T. S. F.
- Cette association a voulu démontrer que l’idée pre-
- mière de son fondateur, M. Lépine, s’est développée, élargie, pliée aux contingences modernes et prête à accueillir le plus largement possible tous les elTnrls. en particulier ceux qui amènent un progrès important dans l’une quelconque des branches de l’industrie en France.
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- Cette idée d’adjoindre la T. S. F. aux autres branches industrielles que l’Exposition du Champ-de-Mars réunit chaque année n’a pris corps que quatre mois axant l’ouverture de l’Exposition, à la suite d’échanges de vues entre M. Delaunay et quelques spécialistes de la T. S. F. ; ce court délai permet de se rendre compte, en face du résultat obtenu, de l’effort considérable que cette organisation toute nouvelle à nécessité.
- Tout était à étudier et à créer, l’industrie à pressentir et décider le mode de fonctionnement 5 mettre sur pied de manière à obtenir un ensemble intéressant le grand public, une exposition vivante et très « à la page », mettant en lumière cette nouvelle et florissante branche de l’industrie française.
- Et ces quatre mois ont suffi, grâce à de bienveillants appuis, aux aides qui affluèrent de tous côtés, à l’énergie déployée par les organisateurs, pour faire de cette première exposition un véritable succès.
- Ce succès fut même tel qu’il incite dès à présent les organisateurs à envisager, pour 1923, une manifestation plus puissante, dans un cadre plus large s’il est possible.
- Plus de 120 constructeurs ont répondu à l’appel et, eux aussi, réalisé un véritable, tour de force en tenant prêts en si peu de temps d’impeccables appareils, de nombreux modèles étudiés dans le goût français, ainsi que de multiples éléments d’étude, à tel point que nombre de ces appareils étaient les premiers de séries qui ont retenu toute l’attention des amateurs.
- Car cette manifestation était surtout destinée au monde des « amateurs de T. S. F. », monde à peine existant voici quelques mois, que l'évolution formidable de la téléphonie sans fil a révélé et qui chaque jour s’accroît.
- Toute Exposition comporte un ensemble de buts sur lesquels se base son organisation, celle-ci n’en avait qu’un : montrer à tous, ce qu’était la T. S. F. française. Ce but, elle l’a non seulement atteint, mais largement dépassé. Si nous considérons, en effet, les enseignements généraux de cette manifestation, en dehors des enseignements d’ordre technique sur lesquels nous reviendrons plus loin, nous constatons qu’elle a eu pour résultat capital défaire se connaître et se comprendre les trois grands éléments de toute industrie : les maîtres du laboratoire, les constructeurs, le grand public enfin.
- Elle a mis en rapport non seulement ces trois grands facteurs dont l’union est essentielle au développement industriel, mais elle les a fait se connaître et s’apprécier; de bonnes camaraderies, des amitiés même y sont nées et de cela encore, nous devons avoir une extrême gratitude envers ses organisateurs.
- Avant de parcourir les stands des exposants, il est utile de jeter une vue d’ensemble sur les divers points de réalisation.
- Annexée au concours Lépine proprement dit, concours dont dix-neuf années ont consacré la valeur, l’exposition de T. S. F. ne pouvait néanmoins bénéficier de l’exemple de ses méthodes, tant au point de vue de la présentation générale qu’au point de vue, plus particulier, d’un concours proprement dit.
- Elle ne formait pas en réalité une section du Concours Lépine, mais bien une exposition indépendante dans sa forme et dans sa conception, n’ayant de commun avec celui-ci que les locaux et les organisateurs, et encore une partie de ces derniers étaient-ils nettement spécialisés.
- Au point de vue concours, le mode d’examen des appareils présentés devait être également tout différent
- de celui des petits inventeurs et la tâche du jury fut en réalité assez délicate.
- Aussi n’est-ce pas une véritable classification de valeur absolue que ce jury, qui comprenait MM. Perot, Metz, Mesnv, Jouaust, Noël, Lagorio, Veaux, Clavier, Lecroar, les éminents spécialistes bien connus, auxquels étaient adjoints entant que représentants des trois grandes sociétés d’amateurs de France, MM. Roussel, Corret et Givelet, ainsi que M. Marquer, vice-président de l’Association des petits Fabricants et Inventeurs, dont l’amabilité assura la liaison entre les deux genres d’expositions, ce fut une étude des appareils que les constructeurs voulurent bien présenter à ce jury.
- Cette étude, dont les moyens furent longuement discutés en des réunions préalables, n’admit pour base unique de jugement que des méthodes scientifiques, autant que ces méthodes purent être appliquées dans le peu de temps imparti à l’examen de si nombreux modèles. Les laboratoires de la télégraphie militaire non contents de mettre leurs savants à la disposition de ce jury, y mirent également leurs appareils de mesure et d’examen qui permirent de juger en s’entourant du maximum de précautions.
- Les bases de jugement portaient à la fois sur la valeur scientifique réelle des appareils, sur leur présentation, sur l’exactitude drs promesses de leurs vendeurs et sur... leur prix de vente.
- Au total, le but poursuivi fut surtout de décerner une sorte de brevet de valeur réelle, garantie pour l’acheteur, souvent fort indécis en présence de tant de choses et de si belles promesses.
- La plupart des grandes écoles de T.- S. F. y étaient représentées, les trois grandes sociétés d’amateurs avaient également leurs stands de présentation, enfin, pour compléter l’attrait, des conférences furent faites au grand public et spécialement pour lui dans une vaste salle aménagée à l’une des extrémités du grand hall, conférences, portant sur d’importants sujets d’actualité où prirent la parole, jeudis et dimanches, MM. Jouaust, Mesny, Metz, Givelet, Roussel, et qui montrèrent, par l’empressement du public à y assister, combien la science nouvelle l’intéresse.
- Presque tous les constructeurs, de grandes firmes comme de jeunes maisons, avaient répondu à l’appel des organisateurs, et si nous avons à regretter l’absence de quelques-uns, nous devons d’autre part rendre un hommage mérité à l’Administration des P. T. T. qui sut y prendre une belle et large place, montrant ainsi d’éloquente manière la réalité de la puissance actuelle de la T. S. F. française d’Etat.
- Que l’on nous permette ici une légère critique d’un mal qui n’etait point nécessaire et cependant difficilement-évitable ; l’abus des haut-parleurs. Aux heures de concerts ces appareils, nombreux, de toutes formes, de tous modèles remplissaient l’espace de sons qu’il nous est vraiment impossible de qualifier de mélodieux. Pourquoi? parce que chacun voulait crier plus fort que le voisin ; mais faire du bruit, n’est ni de l’art, ni même, permettez-moi de vous le dire, ô constructeurs, du commerce ; . car bien des gens ont été fort désillusionnés en entendant ces stentors, en général rendus criards par l’excès d’amplification auquel ils étaient soumis. Les plus sages de nos constructeurs ne furent-ils pas obligés de prévenir le public de. ne juger en rien ces appareils lors d’une exhibition de ce genre, mais de venir les écouter chez eux, isolément, et c’est en effet le meilleur enseignement pratique.
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- Y a-t-il eu, parmi les multiples appareils exposés, des « révélations sensationnelles? »
- Nous pouvons dire nettement que non. Les appareils, souvent originaux comme présentation, étaient de types le plus souvent classiques au point de vue scientifique ; toutefois de nombreux efforts ont été effectués, portant sur des détails utiles, des pièces détachées ingénieuses, avec le souci de se conformer de plus en plus aux désirs des amateurs français.
- Ceci au fond n’a rien que de très naturel, la plupart des exposants ont été pris de court et nous sommes absolument convaincus que l’an prochain, de réelles et bonnes nouveautés vont illustrer nombre de stands, car tous les lauréats d’hier et... ceux qui n’ont rien eu même, se sont déjà mis vaillamment au travail.
- Les postes à lampes dominaient naturellement et cependant la galène avait encore de nombreux fidèles qui certes n’avaient pas tort; car, si demain notre Tour nationale triple ou quadruple la puissance de son émission, de beaux jours reviendront pour le détecteur cher à nos premiers jours d’amateurs de T. S. F.
- Les efforts dans la présentation ont été des plus louables : ébénisteries correctes, tantôt sobres, tantôt finement élégantes, allant du meuble net de bureau à l’artistique meuble de salon.
- Les cadres de réception, les cadres ! on en avait mis partout, car vers eux va la faveur du public, meubles point encombrants, mobiles et surtout... discrets.
- Au point de vue technique, les montages les plus en faveur paraissent être ceux à deux, trois ou quatre lampes en haute fréquence suivies ou non d’un ou deux étages de basse.
- Du reste nous allons revoir ces détails dans une visite générale aux exposants, que nous tâcherons d’effectuer en simple amateur... averti.
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- Visite des stands. — En dehors des bâtiments réservés à l’Exposition proprement dite, une petite baraque en bois nous attire tout d’abord. Munis du « Sésame ouvre-toi ! » nécessaire, nous y pénétrons sous la conduite de l’habile et aimable installateur des appareils spéciaux que l’on y rencontre, M. Dubois, qui a édifié là un poste d’émission d’ondes courtes en téléphonie qui dessert deux antennes de fortune. On trouve là un poste émetteur complet, lequel, malgré sa faible puissance, a réalisé des merveilles, puisque non content de desservir les récepteurs de la proche Exposition, ses appels ont été parfaitement entendus jusqu’à Rethel et ce, par émission effectuée sur un poste commercial réduit. L’installation sommaire, rapide, la proximité de courants de haute tension en interdisait la visite au public et nous le regrettons, car il se fût rendu compte du maniement des appareils émetteurs très simples qui sont dès maintenant à sa disposition.
- Nos félicitations à son habile constructeur, M. Dreux, ainsi qu’aux artistes amateurs qui ont bien voulu venir chanter devant le pavillon de son microphone.
- L’antenne légère que desservait ce poste était du type « en parapluie », elle a servi, par la suite aux essais des postes émetteurs présentés au jury, sur lesquels nous reviendrons.
- Voyons maintenant les stands, il y fallut revenir plusieurs fois pour les visiter en détail, par suite de leur nombre d’abord, puis à certaines heures, l’affluence était telle qu’il était impossible de s’en approcher, en
- particulier de ceux où tonitruait quelque haut-parleur. On se rendra compte de cette affluence en considérant que le nombre des entrées a dépassé deux cent mille.
- Dès l'entrée, une marque bien connue d’accumulateurs retient notre attention, le stand Dinin. Remarquons ici que les sources électriques, terreur, mais nécessité pour les amateurs de postes puissants, sont admirablement représentées.
- Dinin nous expose d’excellents modèles, robustes, praliques, spécialement adaptés aux besoins delà T. S. F. Signaler cette maison au début de cet examen nous amène à prévenir le lecteur que c’est uniquement parce qu’elle se rencontre la première dans notre exploration des stands, que l’ordre suivi est ici celui de leur disposition et qu’il ne faut voir aucune question commerciale dans l’ordre d’examen, une préoccupation de cette nature nous étant absolument étrangère.
- Le stand suivant nous appelle à grands cris... de son haut-parleur, le Le Las, bien présenté, bon modèle auquel nous ne ferons que deux reproches, son prix élevé et... son nom. Pourquoi vraiment donner ce nom de « Gueulard » à un appareil qui, tout au contraire, attire par la netteté et la pureté de son rendement.
- Des ateliers Vuillierme une belle série de pièces décolletées spécialisées.
- La maison Delfavx nous offre de bons postes de type classique à lampes particulièrement étudiés pour les réceptions téléphoniques; à relever en outre une résistance de protection qui sauvera bien des lampes à l’amateur averti.
- De chez Blanchard, le bon maître-verrier, des trompes à mercure permettant les études au laboratoire etmême... la fabrication des lampes de réception par l’amateur très habile, et il en existe, car nous pouvons voir exposé l’excellent modèle qui servit à M. Mignet, l’amateur bien connu, à construire de bonnes petites « loupiotes ». Un modèle très spécial, pour laboratoires d’étude mérite d’être signalé, modèle du système Ranque.
- Bouchet et Aubignat nous offrent tout un lot d’appareils divers au milieu desquels, de type classique, nous tenons à signaler le bon poste Tavenaux, le fidèle « une lampe » de l’amateur peu fortuné; ami sincère de ceux qui savent, en se contentant de peu, trouver parfois beaucoup.
- La maison Bailly nous montre des appareils de type courant, de présentation impeccable et minutieusement réglés.
- Phœnix est une firme bien connue des amateurs par ses bonnes batteries de plaque à éléments étanches ; elle nous présente, outre des éléments de chauffage, des éléments détachés pour fabrication d’accumulateurs de faible capacité, elle nous montre également un petit redresseur d’alternatif peu encombrant, de prix minime, du type à lame vibrante, qui rendra service dans bien des cas, tant à l’amateur qu’au laboratoire.
- Une firme intéressante nous attire, et présente quelque chose qui réellement manquait jusque-là à l’amateurisme de T. S. F., une ébénisterie soignée, spéciale, étudiée, se prêtant par des formes multiples à toutes les combinaisons désirables, cadres légers et élégants, boîtes à tous usages, étoiles d’établissement d’antennes prismatiques, voilà ce que nous offre avec un fini parfait la maison Lagadec.
- La Radio-Table de Villers est un meuble élégant et complet comportant son cadre propre, ses sources, ses montages divers et variés, autorisant tous les genres d’audition, l’ensemble et l’aspect général permettent de
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- disposer ce meuble, sans les déparer, soit dans un bureau, soit dans un salon.
- L’Electrolabor, firme récente et déjà bien connue, nous expose quelques modèles de ses génératrices à haute et basse tension, spéciales pour émission par lampes, d’un fini mécanique excellent, elles offrent en outre l’avantage de réduire au minimum, par suite d’ingénieux artifices de construction, les harmoniques de denture et de commutation.
- Les « Recivox », de la maison Huet dont le nom en optique est synonyme de bonne fabrication, sont des appareils classiques, l’un à galène, l’autre à lampes, d’un prix raisonnable.
- La Radiotechnique nous présente ses nombreux modèles de lampes, tant d’émission que de réception, à remarquer deux modèles du curieux appareil « Le Magné-tron » ainsi que des résistances type « Mullard ».
- Passeman et Chabot ont à leur actif un haut-parleur convenable à très bas prix, bien établi, auquel nous ne saurions reprocher qu’un léger excès de sonorité métallique due à la minceur du pavillon. Un variomètre pour basses ondes attire notre attention également.
- En face, le Pigeon \oyageur, avec ses lots impressionnants de pièces détachées, les éléments Sinus à montage rapide. Nous y remarquons en particulier un appareil dont nous regrettons la rareté à l’exposition : un récepteur pour ondes courtes, sur lequel sont reçus les concerts émis par le petit émetteur de la même maison situé près de l’exposition. Voici les premiers appareils vus, qui nous acheminent vers la T. S. F. d’amateur proprement dite, celle de l’onde de 200 m. ; l’effort valait la peine d’être cité.
- Avec la pile Féry, des établissements Gaiffe-Gallot et Pilon, s’ouvre l’examen des sources électriques, cette terreur des amateurs. La pile Féry est bien connue des lecteurs de La Nature et nous n’avons pas à en faire l’éloge ni à insister sur son principe de dépolarisation par l’air qui la rend si précieuse à bien des points de vue.
- Cette pile est certainement idéale pour la constitution des batteries de plaque, on lui reprochera peut-être son prix, mais il apparaît moins élevé lorsqu’on considère sa durée presque illimitée et son entretien à peu près nul, ces qualités se rencontrent si peu dans les générateurs électro-chimiques.
- Chez Marmion, une série de postes à lampes simples, classiques, bien étudiés et bien présentés.
- La maison Texier nous présente un poste à galène bien compris ainsi qu’un poste monolampe ; en plus nous avons à signaler la remise en usage d’un ancien détecteur toujours bon, le détecteur zincite-chalcopyrite qui joint à une sensibilité égale à celle des bonnes galènes l’avantage d’être indéréglable, pratiquement ; ce détecteur est véritablement à préconiser aux amateurs pour sa sécurité.
- Le Matériel téléphonique nous offre un haut-parleur exlrêmemenl puissant, fort analogue au Magnavox américain, qui a l'inconvénient de nécessiter un amplificateur de puissance à lampes; c’est toutefois l’appareil recommandable pour les grandes auditions publiques.
- De Pival, un bon casque, bien étudié.
- Les ateliers Schmid sont bien connus par leur Morso-phone et leur Morsophonola ; cette firme a eu l’heureuse idée de compléter ces appareils d'étude de lecture au son par des boîtes de pièces détachées des plus utiles à l’amateur. Ces boîtes, conçues sur le principe du Mec-cano, permettent de multiples montages, que facilite la standardisation des pas de vis et des dimensions des pièces employées.
- De la Précision électrique nous aurons peu de choses à dire : les appareils présentés, condensateurs à variation micrométrique, ondemètres, sont de véritables merveilles de mécanique et se placent certainement et sans discussion parmi les premiers.
- Un redresseur de courant alternatif attire notre attention : le redresseur Lindet que construit Lefébnre. Les redresseurs sont à l’ordre du jour parmi les amateurs, tous ont à la fois défauts et qualités. Celui-ci est robuste, correctement construit et de bon rendement, ne serait-il pas un peu bruyant, c’est le seul reproche possible.
- Vitus et Hardy, maison récente qui se révèle par un souci profond aussi bien du rendement des appareils que de l’agrément de leur aspect extérieur. Bien étudiés, élégants, ils se classent parmi les meilleurs.
- Cette maison nous signale et nous démontre un nouvel appareil d’un intérêt véritable, un srelai phonique à lampes, qui se place à la sortie d’un amplificateur et permet d’alimenter soit un, soit deux haut-parleurs avec une puissance considérablement accrue ; cet appareil devait être signalé à nos lecteurs.
- (A suivre.) J. Roussel.
- Secrétaire général
- de la Société française il1 étude de T. S. F.
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- équipée au charbon pulvérisé.
- Hier encore, la poussière de charbon embarrassait très souvent les techniciens du chauffage, mais le progrès fait parfois tourner la roue de la Fortune ! La maudite engeance de jadis s’est muée en combustible précieux et on l’utilise aujourd’hui dans maintes usines, voire dans les centrales électriques.
- «.L’emploi du charbon pulvérisé est effectivement fort simple, tout au moins en principe. D’un côté, on dirige dans une buse un violent courant d’air, et, d’autre part, du charbon en poussière. Alors les fines particules de ce dernier s’émulsionnent en
- quelque sorte avec l’air et brûlent complètement, en dégageant le maximum de calories.Toutefois, si les phénomènes précédents sont connus depuis longtemps, leur application industrielle exigea une difficile mise au point. Cet ardu problème donna, comme on dit vulgairement, beaucoup de fil à retordre aux constructeurs qui s’y attelèrent. Néanmoins après de persévérants essais, ils parvinrent à le résoudre, en élucidant toutes les circonstances de la combustion. Maintenant, ils savent régler les arrivées respectives du charbon et de l’air, ils dosent de
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- façon parfaite, les mélanges de poussières combustibles et d’air et surtout ils» n’ignorent plus les moyens d’empêcher les réactions explosives de se produire dans les canalisations ou les brûleurs.
- À l’heure actuelle, la Centrale thermique des mines de Bruay, mise en service depuis quelques mois, est la plus importante installation d’Europe marchant au charbon pulvérisé et comme elle comporte tous les perfectionnements techniques
- temps chauffés de la sorte. Mais on n’utilisait que des poussières de charbons de premier choix. Aussi lorsqu’on a voulu appliquer purement et simplement la technique américaine aux charbons ordinaires de France, on s’est heurté à des difficultés graves et cependant non insolubles comme le démontre le succès actuel.
- Après une série d’expériences sur différents systèmes de foyers, la Direction des mines de Bruay, ayant résolu d’employer le charbon pulvérisé pour
- Trémie de charbon brut
- Ventilateur
- CF. vers foyer du séo 'eu1
- Sécheur
- in de déversement
- Charbon
- \sèchê
- Tambour magnétique
- Transpbrteu/
- Fig. i. — Coupe schématique de l’atelier de pulvérisation de la centrale de Bruay.
- suggérés par des expériences méthodiquement poursuivies durant plusieurs années, nous croyons devoir la décrire en signalant, chemin faisant, les avantages des dispositions adoptées.
- La Nature a eu, plusieurs fois déjà, l’occasion d’expliquer pourquoi les mines de houille furent amenées tout naturellement à se préoccuper du chauffage au charbon pulvérisé. Ce système offre un moyen d’utiliser les combustibles de qualité inférieure, résidus de l’exploitation de la mine, et dont une partie restait jusqu’ici sans emploi. C’est dans ce problème particulier que résident du reste les véritables difficultés de la question.
- Au cours des dernières années, la technique du charbon pulvérisé se développa beaucoup aux Etats-Unis et les fours à ciment sont depuis fort long-
- l’équipement de 16 chaudières, chargea les Entreprises Simon-Carves d’édifier sa nouvelle chaufferie. L’ensemble de cette installation comprend une centrale de pulvérisation, l’appareillage de transport du charbon pulvérisé depuis cet atelier jusqu’à la chaufferie proprement dite, le matériel de réception et d’emmagasinage du combustible pulvérisé, l’équipement des générateurs et des foyers.
- L'atelier de pulvérisation (fig. 1) peut produire en 16 heures de marche les 180 tonnes de charbon nécessaires aux 13 chaudières qu’on met à feu simultanément et il sera facile de doubler sa production pour alimenter ultérieurement l’ancienne chaufferie. Il comporte 2 trémies en béton sous voie normale pour le déversement du charbon brut. Grâce à deux convoyeurs à courroie de 25 tonnes-heure,
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- Fig. 2. — Four sécheur rotatif de charbon pulvérisé.
- ces silos alimentent 2 élévateurs d’un qui remontent le combustible dans une autre trémie en charge sur le foyer d’un four sécheur rotatif (fig. 2). Une fois desséché, le charbon passe par un tambour magnétique, qui le débarrasse des ferrailles, puis deux élévateurs le montent jusqu a un transporteur à vis (fig. 3) chargé de le répartir dans trois bacs à charbon. De ces trémies, il s’écoule, par simple gravité, dans trois pulvérisateurs à galets pendulaires système Simon-Carves (fig. 4). Le pulvérisé se trouve alors aspiré par l’air et dirigé par un ventilateur vers deux trémies de réserve, d’où on peut l’envoyer, par gravité et à volonté, dans deux réservoirs d’expédition établis sur bascules, aux fins de vérification des quantités qu’exige le fonctionnement journalier de chaque chaudière. Enfin une tuyauterie d’un diamètre intérieur de 100 mm assure le transport du charbon pulvérisé jusqu a la chaufferie.
- Comme M. Michel Sohm, ingénieur en chef des travaux du jour des mines Bruay, l’expose dans un savant mémoire, l’état du charbon pulvérisé joue un rôle important dans la bonne marche de la combustion. Pour pousser le degré de finesse aussi loin
- égal débit
- que possible, le pulvérisateur comporte un arbre horizontal doté de quatre jeux de bras articulés faisant office de marteaux. Cet appareil pulvérise les fines 0-10 à 0-15 mm qu’on lui délivre, à la fois par friction et par percussion, de manière à les amener à une ténuité variable avec la vitesse du courant d’air qui le traverse.
- On doit également proportionner les dimensions de la chambre de combustion au degré de finesse obtenue. On se rend compte effectivement qu’un charbon grenu exige plus d’excès d’air qu’une poudre charbonneuse impalpable.
- En outre, la durée du séjour du charbon dans le foyer pour sa combustion complète dépend aussi de la grosseur. Ainsi les schisteux les plus durs à broyer restent les moins fins et leur rapidité d’inflammation demeure notablement inférieure à celle du charbon pur ; ils s’allument à une distance plus grande du nez du brûleur, se ramollissent et s’agglutinent partout où ils peuvent s’accrocher et, pour assurer leur combustion complète, il faut leur faire accomplir un plus long parcours.
- Les considérations précédentes expliquent qu’au fur et à mesure de l’usure des marteaux du pulvérisateur, les parois de la chambre de combustion ainsi que le dessous des canalisations inférieures et l’orifice de l’injecteur se tapissent de scories. Or, si on ne remplace pas lesdits marteaux en temps
- Cyclone de
- Fig. 3. — Coupe de l’atelier d’emmagasinage et d'expédition du charbon pulvérisé vers la chaufferie
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- voulu, le degré de finesse du charbon se Irouve altéré et la combustion mal assurée dans le foyer. De même, les variations du degré d'humidité ont une notable répercussion sur le débit de l’appareil de préparation, sur l’écoulement régulier de la poudre de charbon, soit à sa sortie du silo, soit dans les distributeurs ou brûleurs. De là, la nécessité du séchage préalable qui permet d’utiliser n’importe quelle qualité de charbon.
- On alimente donc la chaufferie de la centrale thermique de Bruay (fig. 5 et 6), avec du charbon impalpable et sec préparé dans les appareils ci-dessus décrits ; elle le reçoit par des cyclones distributeurs qui le laissent écouler dans des bacs disposés devant les chaudières et à la base desquels deux contrôleurs par générateur distribuent le combustible aux foyers, tandis qu’un ventilateur à basse pression envoie, à chaque chaudière, l’air nécessaire à la combustion. D’autre part, on brasse l’air avec le charbon, immédiatement avant l’entrée du mélange dans le foyer. Enfin, grâce à des dispositifs de récupération, annexés au sécheur, aux norias, aux vis et au pulvérisateur, aucune poussière ne souille l'atmosphère des ateliers de traitement ou de la chaufferie. Aussi les pertes globales en poids
- Fig. 5. — Coupe schématique d’un générateur Buttner chauffé au charbon pulvérisé.
- Fig. 4. — Pulvérisateurs Simon-Carves installés à Bruay.
- du charbon depuis son déchargement des wagons jusqu’à son utilisation se réduisent à moins de 0,6 pour 100.
- De leur côté, les contrôleurs distributeurs de charbon pulvérisé, grâce à la simple manœuvre d’un volant sans commande par moteur à vitesse variable, assurent le débit régulier des appareils.
- Comme l’indique le schéma ci-contre (fig. 5) chaque foyer %e compose d’une chambre de combustion, séparée par une voûte d’un cendrier, muni d’une porte se fermant automatiquement. Ce perfectionnement facilite l’écoulement des cendres pulvérulentes ou fondues et permet de les faire tomber avec une raclette dans le wagonnet d’un monorail.
- Les chaudières Buttner équipées avec ce système, ont chacune 194 m2 de surface de chauffe, 119 tubes et un surchauffeur de 50 m2, qui leur assurent une vaporisation horaire de 5600 kg à la température de 275° — 500°. En outre, la disposition de leur registre oblige les gaz à circuler parallèlement aux parois, autrement dit à passer sur la largeur du faisceau tubulaire au lieu de gagner la galerie de fumée en nappe rétrécie comme le détermine d’ordinaire le simple appel d’une cheminée. À l’-aide d’un levier reporté sur la façade de la chaudière, l’ouvrier commande aisément ce registre à papillon équilibré.
- En outre, le personnel de la chaufferie peut communiquer, atout moment, au moyen d’une liaison électrique, avec l’atelier de pulvérisation. Quand ce dernier se trouve en mesure d’expédier du charbon pulvérisé, le préposé
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- 426 = LA NOUVELLE CENTRALE THERMIQUE DES MINES DE B RUAY
- lance un appel. 11 lui suffit pour cela de manœuvrer un inverseur sis à portée de sa main. Une lampe-témoin s’allume alors pendant qu’à la chaufferie un relai actionne un klaxson électrique. A cet instant, le chef chauffeur ouvre les robinets d’éclusage du silo à remplir, puis, en manœuvrant à son tour un inverseur placé au milieu de la chaufferie, il éteint la lampe-témoin de l’atelier de préparation. Il avertit, de cette façon, l’expéditeur qu’il peut envoyer du charbon. D’ailleurs, une fois qu’un silo est rempli, le chef-chauffeur dirige, à son gré et en pleine marche, le courant du pulvérisateur sur un autre silo jusqu’à épuisement complet des 6 tonnes du réservoir.
- Enfin, entre autres mesures de sécurité adoptées à la centrale thermique de Bruay, signalons l’armature spéciale de la devanture des chaudières, qui évite la projection de la paroi antérieure du foyer par suite d’une pression anormale, les dispositifs d’arrêt simultané et automatique de 1 a distribution du charbon pulvérisé et de la ventilation, ayant pour but l’extinction immédiate, e n cas de besoin, du feu au-dessous de chaque chaudière.
- Pour cela, on connecte, sur le même disjoncteur automatique, les moteurs actionnant respectivement le distributeur de charbon et le ventilateur d’air de combustion.
- S’il se produit une surpression, elle se trouve enregistrée par un indicateur de dépression qui porte un contact électrique dont l’ouverture rompt le courant de la bobine à minima du disjoncteur et détermine l’arrêt'des moteurs.
- Aussi, grâce à ce remarquable agencement, la centrale thermique des usines de Bruay fonctionne avec un personnel très restreint. On y compte seulement, dans l’atelier de pulvérisation 3 hommes par poste de 8 heures (1 surveillant expéditeur, 1 graisseur assurant la marche du sécheur et un
- wagonneur chargé de l’approvisionnement en charbon brut) ; dans la chaufferie 3 hommes également (I chef chauffeur, 1 aide pour la surveillance et le graissage et 1 préposé à l’enlèvement des cendres).
- En résumé, dans cette installation, une des plus perfectionnées et des plus puissantes en son genre à l’heure actuelle, des wagons amènent et déversent le charbon brut dans des trémies, on l’élève dans un silo, puis on le sèche et au moyen d’un tambour magnétique, on en sépare les débris métalliques qu’il a pu entraîner.
- Après quoi, on emmagasine le charbon séché qu’on pulvérise. Ensuite on transporte pneumatiquement le charbon pulvérisé dans des trémies
- surmontant le dispositif d’expédition.
- De là, on dirige le combustible vers le lieu d’utilisation.
- A ce moment, on le distribue aux différents silos d’emmagasinage de la chaufferie d’où il descend à chacun des brûleurs.
- Dans un appareil voisin, se produit le soufflage d’air nécessaire à la combustion et, après cette opération, une tuyauterie permet d’injecter le mélange d’air et de charbon pulvérisé dans le foyer où il brûle et finalement les gaz portés à une haute température vont vaporiser l’eau de la chaudière. Le cycle s’achève par l’évacuation des cendres.
- D’après les chiffres obtenus, en comparant la chauffe au charbon pulvérisé avec les autres genres de foyers en activité sur des générateurs identiques, ce système utilise beaucoup mieux les calories, sans compter qu’il améliore sensiblement le pénible labeur des chauffeurs ; sa généralisation dans l’industrie française s’impose donc avec évidence, puisqu’elle permettra d’économiser un combustible, aujourd’hui si rare et si cher dans notre pays.
- Jacques Boyer.
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- La respiration aux hautes altitudes.
- Fig. i. — IJ avion-laboratoire.
- L’aviation impose à l’organisme humain une adaptation rapide à des conditions d’existence anormales et variables. C’est dire qu’elle réclame de lui une souplesse fonctionnelle qu’il paraît important de pouvoir apprécier pour réaliser à bon escient la sélection physique des aviateurs,
- A cet effet, on a recherché les moyens d’étudier cet organisme humain placé dans des conditions se rapprochant le plus possible de celles réalisées par le vol en avion et d’obtenir, à son égard, une évaluation des fonctions physiologiques essentielles.
- L’aviateur en vol se trouve soumis à des influences anormales diverses, parmi lesquelles la diminution de pression atmosphérique et son cor-rollaire, la diminution de tension partielle de l’oxygène de l’air jouent un rôle primordial.
- C’est pourquoi les données physiologiques acquises par l’obervation et l’expérimentation en montagne constituent déjà un appoint intéressant. Mais l’intervention en montagne de facteurs qui n’apparaissent pas en avion et, vice versa, la lenteur des modifications de pression qu’on y subit, ne donnent à ce mode de documentation qu’une efficacité restreinte.
- La méthode qui consiste à produire artificiellement, dans une enceinte close, des dépressions et des recompressions plus ou moins rapides, avait fourni entre les mains de Paul Bert, des résultats trop importants pour qu’elle ne fût pas à nouveau mise en œuvre lorsque l’aviation est venue donner à la physiologie de l’altitude un intérêt immédiat.
- En Amérique et en Italie, des chambres à dépression atmosphérique ont été établies pour servir soit à l’expérimentation physiologique, soit à l’expertise médicale des candidats à l’aviation.
- En France, Garsaux, Ferry, Mathieu de Fossey,
- Fig. 2. — Le masque manomètrique du professeur J.-L. Pech.
- ont utilisé le caisson à dépression atmosphérique de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr pour mener à bien diverses recherches, relatives à l’emploi des appareils inhalateurs d’oxygène en altitude, à l’influence de la dépression sur l’appareil circulatoire ou sur l’ensemble de l’organisme. Un caisson à dépression atmosphérique, extrêmement perfectionné, destiné à poursuivre ces études, est actuellement installé au Centre de recherches physiologiques que dirige, au Bourget, le docteur Garsaux.
- Mais l’organisme humain, mis en dépression au caisson, se trouve placé dans des conditions qui ne sont pas absolument comparables à celles que subit l’aéronaute en ascension ou l’aviateur en vol.
- L’intérêt que présente l’expérimentation en altitude réelle avait, dès 1900, déterminé l’Aéro-Club de France à mettre d’importants moyens matériels à la disposition de savants, et particulièrement de biologistes, en organisant des ascensions en ballons spécialement destinées à des recherches scientifiques. Cet effort nous a valu l’acquisition, en physiologie humaine, de notions très importantes dues aux travaux de Hallion et Tissot, de Crouzon et Soubies, de Lapicque.
- Mais dès que l’aviation s’est développée, il a paru également intéressant de tenter la réalisation de certaines recherches en avion même. Les variations de la pression artérielle en vol ont été étudiées par Ferry, par Villemin, Tara, Gemelli, et par nous-même, en utilisant à cet effet des avions de guerre ; Piéry et Michel ont fait des mesures de débit respiratoire maximum ; Piéry et Pailler ont étudié les variations de l’urée sanguine.
- Or, l’exécution de recherches physiologiques à bord d’avions ordinaires, biplaces ou triplaces, est à la fois difficile et pénible ; l’arrimage des instruments, leur protection contre les trépidations du moteur, contre l’action des courants d’air, est délicate à obtenir ; le sujet et l’observateur sont gênés
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- PHYSIOLOGIE DE L’AVIATEUR
- dans leurs mouvements, exposés à une ventilation brutale et à un froid intense.
- C’est pour réaliser des conditions d’expérimentation moins précaires que nous avons songé à utiliser un avion fermé, le Breguet-limousine. L’appareil de ce type créé pour les besoins du Service de Santé et destiné au transport des blessés se prêtait en effet très bien ii l’adaptation nouvelle que nous envisagions (fig. 1).
- Son originalité consiste en ce que le fuselage de cet avion contient une cabine fermée prévue pour le transport de deux blessés couchés et d’un infir-
- (<)
- chronoscopc compteur et l’appareillage de distribution et de mesure du courant continu à bas voltage que débite en cas de besoin une batterie d’accumulateurs.
- La tablette qui occupe la partie postérieure et gauche de la cabine est prévue pour recevoir des instruments qui n’ont pas besoin de demeurer immédiatement sous l’œil de l’observateur ou, si on désire expérimenter sur l’animal, pour recevoir une gouttière de contention pour petits animaux.
- Le sujet est assis sur le siège arrière ; si l’expérience comporte pour lui la position couchée, on replace sur le plancher de la cabine l’un des bran-
- (V
- Variations du débit respiratoire maximum : (/) en avion (Piêry et Michel); (2) en montagne (R. Bayeux).
- Débit maximum inspiratoire ............. ramené au volume de l’altitude.
- Débit maximum expiratoire -------------- ramené au volume de l’altitude.
- mier assis. Débarrassée de ses deux brancards, cette cabine était susceptible de constituer un minuscule laboratoire, parfaitement protégé contre les cou rants d’air, bien éclairé, et où, éventuellement, des résistances chauffées électriquement peuvent défendre contre le froid les occupants et les instruments. Nous l’avons pourvue de trois sièges permettant d’installer très à leur aise un expérimentateur, son aide et son sujet. Deux tablettes reposant sur des suspensions élastiques et immobilisées par les actions antagonistes d’un jeu de sandows permettent de fixer divers instruments de façon telle que les trépidations du moteur ne leur sont pas transmises, quel que soit le régime de marche de celui-ci.
- L’expérimentateur et son aide travaillent facilement côte "à côte sur la tablette de l’avant, ayant devant eux un tableau vertical qui supporte un alti mètre, un thermomètre, une montre de bord, un
- cards qu’elle reçoit lors de son équipement normal.
- Ainsi aménagé, cet avion permet d’effectuer des observations délicates, de réaliser des enregistrements précis; un polygraphe de Jacquet y fonctionne de façon parfaitement correcte ; l’oscillomètre de Pachon peut y être manipulé aussi facilement qu’au sol.
- L’examen clinique habituel permet de reconnaître l’intégrité anatomique des organes et de constater que leur fonctionnement est voisin de la normale dans les conditions de la vie courante. Mais ce qu’il importe de déterminer chez le sportif en général et chez l’aviateur en particulier, c’est la limite dans laquelle tel ou tel appareil de l’organisme sera capable de dépasser ses conditions de fonctionnement habituel sans compromettre soit la santé de l’individu, soit la performance à réaliser.
- A cet égard, diverses méthodes d’évaluation fonctionnelle des appareils de l’économie ont été mises
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- en œuvre. Les passer en revue dépasserait le cadre de cet article qu’il nous paraît plus intéressant de limiter à la description un peu détaillée de l’une d’entre elles. Nous choisirons l’une des plus récentes : l’étude du débit respiratoire maximum.
- L’homme respire de 16 à 18 fois par minute, faisant, à chaque inspiration, pénétrer dans ses poumons une quantité d’air d’environ 500 cm5. Une quantité sensiblement égale d’air sort des poumons à la phase suivante, dite d'expiration. Ceci pour l’homme au repos, lorsque sa volonté n’intervient pas dans l’exécution de l’acte respiratoire Mais nous pouvons volontairement accroître soit la rapidité de notre respiration, soit la quantité de l’air inspiré ou expiré. Nous pouvons donc, jusqu’à une certaine
- (V
- dont le diamètre est suffisant pour ne déterminer aucune gêne respiratoire. Le passage de l’air à travers cet orifice détermine, en arrière de lui, des variations de pression (dépression en inspiration, surpression en expiration) dont la racine carrée est proportionnelle au volume d’air qui le traverse à chaque instant. Si, au moyen du tube qui débouche en arrière dudit orifice, on branche un manomètre sensible, celui-ci traduira ces variations de pression et permettra à chaque instant, s’il est étalonné à cet effet, comme l’est celui de Pech, d’évaluer les débits respiratoires correspondants. Le débit respiratoire maximum d’un individu déterminé, dans un état physiologique donné, a une valeur sensiblement fixe. Chez l’homme adulte et normal, elle est, en
- ALtUud&s ér) mètres coc'i-csponoiai-U: aux dépression', âiteii-de-s
- Fig. 4. — Variations du dépit respiratoire maximum :
- Altitude* en mètres
- (1) en caisson; (2) en avion.
- limite, accroître la vitesse et par conséquent le débit du courant aérien qui traverse nos voies respiratoires, c’est-à-dire la quantité d’air déplacée dans l’unité de temps.
- Ces considérations ont amené le professeur Pech à introduire, en physiologie et en clinique, une notion nouvelle, celle du débit respiratoire maximum et à créer pour son étude le masque manométrique.
- Le débit respiratoire maximum de l’homme, c’est le débit aérien le plus grand que celui-ci peut réaliser pendant un instant aussi court soit-il de l’inspiration ou de l’expiration. Ce débit maximum est essentiellement proportionnel : à la puissance des muscles respiratoires ; à l’élasticité du tissu pulmonaire ; au diamètre des voies aériennes.
- Le masque manométrique de Pech (fig. 2) est un appareil mesurant, à chaque instant considéré, le débit respiratoire de l’homme en litres par seconde. Il est constitué par un masque construit de telle sorte que le sujet respire à travers un orifice en paroi mince
- moyenne, équivalente à quatre litres par seconde tant à l’inspiration qu’à l’expiration. La donnée que fournit cette épreuve est donc une des caractéristiques de l’état fonctionnel normal de l’appareil respiratoire de l’homme. 8a valeur comme test de sélection physique résulte précisément de ce que le débit respiratoire maximum diminue dans toutes les affections respiratoires qui affectent ses déterminantes.
- L’aéronautique imposant à l’organisme humain des conditions respiratoires très 4 spéciales, il était intéressant de rechercher comment se comporte le débit respiratoire maximum en altitude.
- Michel, Piéry et Michel ont effectué des mesures de débit maximum en montagne et en avion. Bayeux a fait des expériences de même ordre au cours d’ascensions au Mont Blanc. Les résultats de ces auteurs sont exprimés par la figure 3, établie par eux, ou construite avec les chiffres qu’ils ont relevés. Les débits maximum inspiratoires y sont représentés en traits pleins, les débits maximum expiratoires en traits
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- interrompus. Les constatations de ces auteurs amèneraient donc à conclure que le débit respiratoire maximum subit en altitude une diminution importante et progressivement croissante avec la hauteur à laquelle on s’élève.
- Pour essayer de discerner la part qui revient dans ces phénomènes à la dépression atmosphérique pure, nous avons repris ces expériences et effectué des mesures de débit respiratoire maximum au masque de Pech sur des sujets adultes et normaux au repos, placés dans le caisson de l’Institut aéro-technique de Saint-Cyr, à des pressions variant entre 760 mm Ilg et 578 mm Hg. Nous avons, d’autre part, mesuré le débit respiratoire maximum de sujets normaux à différentes altitudes dans la cabine de l’avion Breguet-limousine précédemment décrit, c’est-à-dire dans des conditions où le fonctionnement du masque de Pech ne risque pas d’être troublé par des courants d’air.
- Nos résultats sont schématisés par les courbes de la figure 4 qui semblent faire apparaître à l’égard du débit respiratoire maximum, tant inspiratoire qu’expiratoire, une diminution importante liée à celle de la pression atmosphérique, laquelle aurait ainsi une influence marquée sur certains phénomènes mécaniques de la respiration.
- On accepterait cette conclusion si on ne prenait garde au principe même de l’appareil de mesure employé.
- Instrument sensible et précis, le masque mano-métrique de Pech conserve en altitude un fonctionnement correct. Mais gradué en litres d’air par seconde à 0° et à la pression de 760 mm de Hg, il continue, à toutes les pressions, c’est-à-dire à toutes les altitudes, à mesurer des débits en litres d'air ramené à 00 et à 760 mm Hg. C’est-à-dire qu’en présence, à 5000 m, d’un courant gazeux qui le traverse à une vitesse de 5 litres par seconde, son manomètre indiquera un débit-seconde de 5 lit. 900. De telle sorte que chez un sujet, présentant au sol un débit maximum inspiratoire de 5 litres à la seconde, et conservant le même débit à 5000 mètres d’altitude, le masque de Pech indiquera, à cette altitude, un débit-seconde maximum correspondant à 5 lit. 900 d’air mesuré à la pression 760 mmllg; et le débit maximum exprimé en air mesuré à 5000 mètres sera obtenu en multipliant le chiffre
- lu au manomètre de Pech par V/fp> soit, en l’es-
- V Dft.
- pèce, par 1,28.
- Donc, pour un sujet présentant un débit maximum respiratoire constant aux diverses altitudes, la différence entre les chiffres successifs fournis par le masque manométrique n’exprimerait que les variations de la densité de l’air.
- En conséquence, si, par des mesures effectuées avec cet. instrument, on prétend apprécier les variations des phénomènes mécaniques respiratoires, il convient de transformer en litres d’air mesurés à chaque altitude envisagée les chiffres lus sur le manomètre.
- DE L’AVIATEUR —: ' " .........................=
- C’est cette opération systématique qui nous a permis de superposer à chacune de nos courbes de débit respiratoire maximum en dépression atmosphérique, un autre graphique exprimant en litres d’air à l’altitude envisagée :
- Le débit inspiratoiremaximum en traits et points ;
- Le débit expiratoire maximum en pointillé continu.
- Il apparaît alors que les variations du débit respiratoire maximum que nous avons relevées pendant la dépression atmosphérique ou au cours du vol en avion, sont en réalité relativement très minimes. (Nous n’en avons constaté d’importantes qu’aux dépressions suffisantes pour provoquer des accidents nets de mal des altitudes.)
- Si l’on traduit de la même manière, en volumes d’air à l’altitude de l’expérience, les débits maximums observés par Bayeux en montagne et par Piéry et Michel en avion, on constate que la diminution du débit respiratoire maximum en altitude est peu importante et qu’à certaines altitudes, ce débit serait plutôt légèrement accru.
- Le professeur Izquierdo, en mesurant au masque de Pech les débits respiratoires de 200 adultes normaux habitant Mexico, c’est-à-dire adaptés à l’altitude de 2240 mètres, a trouvé que le débit maximum oscille chez la grande majorité des sujets entre 5 lit. 500 et 4 litres.
- Attribuant aux chiffres lus sur le manomètre de Pech leur signification réelle et considérant qu’ils correspondent, « quelles que soient les conditions de pression barométrique », aux masses d’air ayant, à 760 mm de mercure de pression, les volumes enregistrés par l’appareil, Izquierdo en conclut que les habitants de Mexico présentent un débit respiratoire maximum augmenté par adaptation à l’altitude de cette ville et à la diminution de tension partielle de l’oxygène de l’air qu’ils y subissent.
- Nous sommes ainsi amenés à conclure que chez un sujet normal brusquement transporté en altitude, la dépression atmosphérique ne provoque que de très faibles variations du débit respiratoire maximum, représentées par une diminution légère à la fois inspiratoire et expiratoire, qui relève peut-être de la diminution de la force musculaire. Le débit maximum demeure donc sensiblement constant tant qu’on n’atteint pas des dépressions génératrices d’accidents nets de mal des montagnes, tout comme le volume global d’air inspiré dans l’unité de temps.
- Mais à volume d’air inspiré égal, ce qui varie de façon importante c’est le poids d’air et d’oxygène introduits dans les poumons; ce poids décroît en effet en altitude suivant la courbe de variation de densité de l’air inspiré.
- Et c’est, bien plus qu’un trouble mécanique de la respiration pulmonaire, cette diminution pondérale de l’oxygène pénétrant dans le poumon qui est l’origine d’une grande partie des troubles subis par l’organisme. De cette notion découlent comme conclusions pratiques :
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- LES KANGOUROUS GRIMPEURS DU QUEENSLAND
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- 1° L’opportunité de réclamer des candidats aviateurs un appareil respiratoire non seulement sain, mais puissant et susceptible, par une large adaptation fonctionnelle, de compenser, grâce à une ventilation pulmonaire augmentée, l’abaissement du taux d’oxygène de l’air.
- 2° La nécessité pour l’aviateur d’utiliser, à partir d’une certaine altitude, des appareils inhalateurs d’oxygène restituant à l’air inspiré une tension partielle d’oxygène comparable à celle de la vie nor-
- male- D1 J. Beyne,
- Médech.-rnajor de 1" classe.
- LES KANGOUROUS GRIMPEURS DU QUEENSLAND
- Les Australiens classent les marsupiaux macro-podes en deux catégories, qui ne diffèrent que par la taille; ils réservent le terme de kangaroo à ceux dont la longueur(queue non comprise) dépasse un mètre, et appliquent aux autres espèces le nom de ivallaby, classification purement conventionnelle et qui n’a rien de scientifique.
- Ainsi que le constate M. William 11. D. Le Souëf, l’un des trois frères d’ascendance bretonne qui ont acquis une si brillante réputation comme naturalistes et qui dirigent respectivement les jardins zoologiques de Melbourne, de Sydney et de Perth, les différences anatomiques entre les deux classes sont insignifiantes.
- Par l’intermédiaire de notre très sympathique confrère, le Zoological Society Bulle tin, organe de la Société zoologique de New-York, nousavons obtenu une abondante collection photographique sur la faune des Antipodes. Nous l’utiliserons à l’illustration de plusieurs articles,
- dont nous puiserons la documentation soit dans les ouvrages de M. W. H. D. Le Souëf (The Mammals of Australia, etc.), soit dans les articles qu’il a publiés récemment dans ce même Bulletin.
- Une des espèces de kangourous les plus curieuses est celle du tree wallaby, commune au Queensland septentrional et à une région de la Nouvelle-Guinée. On en connaît dans le premier de ces deux pays deux variétés : le Dench'olagus lumholtzi et le D. bennettianus. Le premier, comme l’indique sou nom spécifique, fut découvert et décrit par Cari
- Fig. i. — Le kangourou grimpeur, vu de face.
- Lumholtz, le savant norvégien à qui nous avons consacré récemment un article. Nous avons le regret de dire que Lumholtz, qui s’apprêtait àpartir en Nouvelle-Guinée, comme nous l’annoncions, est -/»- mort subitement l’été * dernier, dans la petite
- ville de l’État de New-York où il était allé chercher le repos. C’est une grande perte pour la science.
- Ces deux variétés qui ne diffèrent que par la nuance de leur fourrure, sont essentiellement arboricoles. Toute leur existence paraît se dérouler sur les arbres, dont les feuilles et les pousses constituent leur nourriture, et dont les troncs leur offrent des trous où ils nichent. On ne les rencontre que très rarement sur le sol. Cependant, ils s’aventurent parfois sur le sommet des collines rocheuses, couvertes de végétation.
- En explorant un jour une de ces pyramides de granit, M. Le Souëf dérangea un de ces animaux, qui, probablement , sommeillait dans une anfractuosité. D’un bond prodigieux, le kangourou s’élança dans le vide et atterrit sain et sauf sur un rocher placé à 15 m. plus bas.
- L’agilité de ces animaux est merveilleuse et peut se comparer à celle de l’écureuil et du singe. Us sautent habilement de branche en branche, à des distances de plusieurs mètres, quand ils sont poursuivis par des indigènes et sans jamais manquer le point d’atterrissage qu’ils ont "choisi.
- Quand ils se déplacent dans un arbre* pour en dévorer les feuilles, ils ont recours à un procédé
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- 432 —— ...: LES KANGOUROUS GRIMPEURS DU QUEENSLAND
- Fig. 2. — Le kangourou grimpeur, vu de profil.
- moins aventureux. Ils avancent le plus loin possible sur la branche, qui plie sous leur poids, et qui les descend ainsi au niveau d’une branche inférieure, qu’ils échangent avec la première.
- Pour avancer sur une branche, ils se servent surtout de leurs pattes antérieures, dont les doigts bien dégagés sont pourvus d’ongles longs. Leur queue, très longue, mais qui n’est pas préhensible, fait office de balancier et contribue à la stabilité de leur équilibre. Les plantes des pieds postérieurs sont dentelées, dispositif qui affermit leur appui sur la branche et évite les glissements.
- Ils peuvent grimper très rapidement au sommet d’une branche ou d’un arbuste de grosseur moyenne, mais il leur est impossible d’escalader un tronc qui n’offre pas une prise suffisante à leurs pattes antérieures.
- Il leur faut donc l’aide d’une liane pour se hisser jusqu’aux basses branches. Aussi, ne les rencontre-t-on que dans les forêts tropicales du Queensland, où la plupart des arbres sont enguirlandés de lianes.
- Dès qu’il a saisi une dé ces cordes naturelles, l’animal grimpe, même sur un gros tronc vertical, avec une rapidité incomparable. Il progresse exactement comme les indigènes australiens et néo-guinéens, qui escaladent les arbres élevés par une série de bonds, les mains cramponnées à l’arbre, les pieds posés à plat sur l’écorce et avançant simultanément dès que les mains se sont éle-
- vées, le buste et les jambes décrivant un angle accentué. On peut supposer que ces nègres ont emprunté aux kangourous grimpeurs leur système d’escalade.
- Ces animaux, qui s’apprivoisent volontiers, apprennent à grimper sur le toit des maisons en utilisant les conduites d’eau" ou de gaz. S’ils s’évadent de leur cage, à bord du navire qui les transporte, ils ont tôt fait de grimper, par les cordages, jusqu’au sommet du grand mât, d’où ils narguent victorieusement les matelots lancés à leur poursuite.
- Pour capturer ces agiles sauteurs, dont la taille est comparable à celle d’un chien de berger, les indigènes se réunissent en bande et cernent, dès la pointe du jour, une portion de la brousse.
- Leurs chiens relèvent la piste d’un kangourou, qui se sera aventuré la nuit sur le sol, et retrouvent l’arbre où il s’est réfugié. Des chasseurs se postent dans les arbres d’alentour pour lui couper toute retraite et le plus agile grimpe sans bruit dans l’arbre où se tient l’animal, tandis que les autres, avec les chiens, montent la garde autour du bouquet d’arbres.
- Le grimpeur manœuvre pour saisir le bout de la longue queue flottante. Le kangourou bat en retraite sur les branches élevées. Si, par un bond prodigieux, il s’évade du cercle d’ennemis, c’est, presque toujours, pour tomber sur le sol, où les chiens le font prisonnier.
- M. W. II. D. Le Souëf note que ces animaux sont sujets à plusieurs maladies parasitaires et qu’ils sont parfois couverts de plaies, qui disparaissent en captivité.
- Ils s’élèvent très facilement, et à peu de frais, les feuilles d’arbres et les branches de buissons suffisant à leur nourriture. Le jardin zoologique de Melbourne en possède une nombreuse colonie qui fait, par ses ébats, la joie des visiteurs.
- Y. Forbin.
- Fig. 3. — Les kangourous grimpeurs, au « Zoo » de Melbourne.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE
- CINQUANTIÈME ANNÉE — 1922
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Aber-vrac’h : station marémotrice, 4. Académie des Sciences : Comptes rendus des séances, 11, 60, 94, 109, 123, 174, 202, 220, 239, 251, 270, 287, 301, 319, 349, 366, 414.
- Acétylène dissous : fabrication industrielle, 161.
- Acide acétique et mélange chromique, 287.
- Acides de l’arsenic, 221.
- Acide oléique : décomposition catalytique, 60.
- Acier doux : barres écrouies par traction, 414.
- — inoxydable, 26.
- Aérinite : composition, 349.
- Aéroplane : boussole à sélénium, 151. Aéroports, 406.
- — aquatiques, 36.
- Afganhistan, 252.
- Air : pressions et poids spécifiques, 221. Alaska : exploitation des placers, 79.
- — : ours, 184-
- Alcool absolu et carburant national, 414.
- — : quelques sources peu connues,
- 30.
- Alumine : haute teneur dans les ciments, 78.
- Aluminium : films cinématographiques, 54.
- Amérique : pétrole, 271.
- — du Sud: gisements de pétrole, 174.
- — du Sud : régions pétrolifères, 61.
- Ammonium : chlorure, 61.
- Amphiboles bleues, 316.
- Amundsen : 4e campagne, 284. Amylocellulose, 94.
- Arc électrique : polarité, 221.
- Argent et or : recherche dans les minerais, 61.
- Argiles et bauxites : perte au feu et porosité, 124.
- Arsenic : acides, 221.
- Astronomie dans un réveil, 9L Atome : théorie moderne, 380. Automobiles : freinage, 369.
- — à six roues, 321.
- — : traversée du Sahara, 417. Auvergne basse, 97.
- Aveugles : écriture en caractères usuels, 239.
- Aviateur : physiologie, 487.
- Aviation contre insectes, 232.
- Avions : turbo-compresseur, 203.
- Azote : bacille fixateur, 414.
- B
- Bacille fixateur d’azote, 414.
- Bacilles tuberculeux et brome, 349. Bactéries : attaque des minerais, 202. Balles : expertise, 33.
- Basaltes arctiques : état magnétique, 94. Bateau paradoxal, 305.
- Beequerélite, 123.
- Belgique : céramique, 353.
- — : restauration des régions dévas-
- tées, 134.
- Belle-Ile : forêts submergées, 289.
- Bible gigantesque manuscrite, 159.
- Bois : vieillissement par l’ozone, 113. Bombyx mon : coloration naturelle de la soie, 221.
- Boussole à sélénium pour aéroplane, 151. Broderie : métiers, 109.
- Brome et bacilles tuberculeux, 349. Bruay : centrale thermique, 422.
- Buse vulgaire, 198.
- c
- Calcium et germination des graines, 301 Camphre synthétique et industrie résinière, 225.
- Canal du Nord-Est, 210.
- Canalisation de la Moselle en Lorraine, 350.
- Cancer et zinc, 60.
- Carburant national et alcool absolu, 414. Cartes marines et naufrage du France, 585.
- Catalyse de l’acide oléique, 60.
- Caux : pays, 177.
- Cellules : mutation, 191.
- Cellule : structure chez les Iris, 222. Centrale thermique de Bruay, 422. Céramique belge, 555.
- — : cuisson, 271.
- Champignons : destruction des charpentes, 349.
- Chant des fils télégraphiques, 170. Charbon blanc, 373.
- — pulvérisé : centrale thermique de Bruay, 422.
- Supplément au n° 2543 de La Nature du 50 décembre 1922.
- 28
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-
-
-
- 434 ..
- Charpentes : destruction par les champignons, 519.
- Châtaigniers : maladie°de lVencre », 282. Chaux et rendement des graines, 174. Chemins de fer : électrification, 287. Chili : séisme récent, 598.
- Chlore : isotopes. 11.
- Chlorure d’ammonium, 61. Chronophotographie : appareil Bull, 106. Ciel : curieux aspect au coucher du soleil, 415.
- Ciments à haute teneur en alumine, 78. Cimetière parisien, 195.
- Cinéma : films en aluminium, 54. Cinématographe : derniers perfectionnements, 139.
- Cobalt chez les végétaux, 366.
- Colloïdes en médecine, 322.
- Colonies : exposition de Marseille, 55. Combustibles liquides : Congrès inlcr-national, 331.
- Condensation et fumerolles humides, 501. Conserves industrielles de pois, 145. Coton : cueilleuse électrique, 302.
- — : filature, 265.
- Couleur de la mer, 367.
- Courants telluriques, 339, 355.
- Crabes : déguisement, 337 Crustacés : nouvelle collection du Muséum, 49.
- Cueilleuse électrique de coton, 502. Cultures en milieu pyruvique, 251.
- D
- Dayaks, 166.
- Dénoyage des mines du Nord, 248. Dépouillement électrique des animaux, 23.
- Diélectriques industriels : pertes d’énergie, 174.
- Dirigeables : aéroports, 406.
- Djémila ; ruines romaines, 119.
- E
- Eau d’égout : traitement, 86.
- — des glaciers d’Argenlière et des
- Bossons, 203.
- — de mer : composition chimique,
- 109.
- Égypte antique : hiéroglyphes, 116. Électrification des chemins de fer, 287. Électrification des réseaux nationaux, 297. Electromèlre à index rigide, 203. Éléments : désintégration et évolution, 124.
- « Encre » : maladie des châtaigniers, 282. Engrenages : machines modernes à tailler, 6.
- Epidactyloscope, 319.
- Expertise des balles, 33.
- Explosion pour l’étude de la propagation du son, 269.
- Exposition coloniale de Marseille, 55.
- — de T. S. E. à Paris, 419.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- F
- Eaune des sables de Chagny, 124. Eeuilles : chute et hvdrates de carbone, 366.
- Fièvre aphteuse : période contagieuse,
- 221.
- Fils télégraphiques : chant, 170. Filature du coton, 265.
- Fils cinématographiques en aluminium, 54.
- Finsteraarhorn : en ski, 327.
- Flèches empoisonnées dans l’ancienne Europe. 59!.
- Fontes de moulage : Iraitement thermique, 11.
- Forêts au point de vue biologique, 157.
- — submergées de Belle-Ile. 289. Formol : lampe, 203.
- France : naufrage et cartes marines, 385. Freinage des automobiles, 369. Frigorifique à air : machine Leblanc, 205.
- — domestiques, 389.
- Fumerolles humides et condensation, 501.
- G
- Gares à marchandises, 278.
- — de voyageurs : organisation ra-
- tionnelle, 154.
- Germination : détermination de la faculté, 60.
- — des graines et calcium, 501.
- — iniluencc du sélénium, 61. Glaciers d’Argenlière et des Bossons :
- eau, 203.
- Glandes sébacées : fixation des graisses,
- 202.
- Globe : activité profonde, 394.
- Gorille : psychologie, 142.
- Goujon malgache : mœurs et pêche, 257. Graines : rendement et chaux, 174. Graisses : fixation par les glandes sébacées, 202.
- Grelfcs hétérogènes : essais, 27. Grignard : réaction et chlorhydrate de pinène, 349.
- Gypse : transformation en sulfate d’ammoniaque, 259.
- H
- Haut-parleurs, 69.
- — Gaumont, 392.
- Hérisson, 316.
- Herse à disques rotatifs, 287. Hiéroglyphes, 116.
- Holweck : pompe moléculaire, 222. Homme : divers modes de locomotion, 273.
- Hornblendes, 366.
- Hydrogène : production en petites quantités, 244.
- — ' réduction des oxydes, 174. Hydrographie : rechirche des roches sous-marines, 401.
- I
- Inondation et dénoyage des mines du Nord, 248.
- Insectes nuisibles : lutte par avion, 232. Iode : introduction et élimination chez l’homme, 202.
- Ions : théorie, 275, 293.
- Iris : structure de la cellule, 222. Isotopes du chlore, 11.
- J
- Jardin botanique du Petit Trianon et Bernard de Jussieu, 11.
- Jussieu (Bernard de) et le. Petit Trianon, 11.
- K
- Kangourous grimpeurs du Queensland, 431.
- L
- Lac du Bourget : températures, 221. Lampe à formol, 205.
- Lampes à 3 électrodes, 271.
- Leblanc : machine frigorifique à air, 205. Lille port de mer, 210.
- Lin marocain, 230.
- Ljungstrom : locomotives k turbines, 312. Locomotion de l’homme, 273. Locomotive électrique de 1500 volts continu du Midi, 297.
- — à turbines Ljungstrom, 312. Lumière du ver luisant, 500.
- .F
- '4.% f.
- M '
- Madagascar : palmier, 60.
- Magnétisme des basaltes arctiques, 94. — terrestre dans le bassin de Paris, 566.
- Marémotrice : station de l’Aber-vrac’h, 4. Marnes irisées : composition, 566.
- Maroc : lin, 250.
- Marseille : exposition coloniale, 55. Malière : unité, 124.
- Mélasse de sucrerie : traitement, 94. Mers : circulation, 187.
- Mer : couleur et transparence, 367. Méta, 573.
- Métallisation par projection cathodique, 287.
- Métaux : propriétés mécaniques aux basses températures. 149.
- Métaux rares, 202.
- Métiers à broder, 109.
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-
-
-
- Microbes : action du rayonnement secondaire, 414.
- Miel de raisin : industrie, 197.
- Mines du Nord : inondation et dénoyage, 248.
- Minerais : attaque par les bactéries, 2Ü2.
- Minerai radioactif nouveau, 61.
- Minerais : recherche de l’or et de l’argent, 61.
- Minéraux d’Oudjda, 349.
- Mont lllanc : au sommet, 81.
- Moselle : canalisation en Lorraine, 350.
- Moustiques : destruction, 360.
- Musculomètre artificiel, 221.
- Muséum : nouvelle collection de crustacés, 49.
- N
- Nacre de synthèse, 104.
- Naufrage du France et cartes marines, 585.
- Navigation : nécessité de la réglementer, 187.
- Navires : protection contre les torpilles, 84.
- Néphélectromètre, 349.
- Nickel chez les végétaux, 506.
- O
- Objectif : nouvel obturateur, 60. Obturateur d’objectif nouveau, 60. Océan Glacial : 4° campagne d’Amund-sen, 284.
- Ohm international, 270.
- Oi.-eau-lyre : quelques observations, 31. Optique : fabrication des verres, 17.
- Or et argent : recherche dans les minerais, 61.
- Orchidées : élevage, 360.
- Ostréiculture aux antipodes, 47.
- Oudjda : minéraux, 349.
- Ours de l’Alaska, 184.
- Oxydes : réduction par l’hydrogène, 174. Ozone : vieillissement des bois, 113.
- P
- Palmier du centre de Bladagascar, 60. Panda à fourrure éclatante, 209.
- Pays de Gaux, 177.
- Perche malgache : mœurs et pèche, 535. Perles : culture, 567.
- — fines et perles japonaises, 65.
- — fine de culture sans noyau de nacre, 183.
- — japonaises cultivées, 61.
- — de synthèse, 164.
- Pétrole : Amérique, 271.
- Pétroles de l’Amérique du Sud, 61. Pétrole : gisements de l’Amérique du
- Sud, 174.
- Phoques à trompe des mers antarctiques, 105.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- Photographie : ultrasensibilisalion des plaques, 42.
- Pie-grièche écorcheur, 575.
- Pièces interchangeables dans les fabrications en série, 235.
- Pinène : chlorhydrate et réaction de Grignard, 349,
- Placers de l’Alaska : exploitation, 79.
- Planètes : surface, 239.
- Plaques photographiques : ultrasensibi-lisation, 42.
- Pliocène marin des côtes d’Espagne, 319.
- Pois : conserves industrielles, 145.
- Pôle Nord : projet de raid aérien d’Amundsen, 284.
- Pompe moléculaire Holweck, 222.
- Ports aériens, 56.
- Provence : côtes, 259.
- Psychologie d’un gorille, 142,
- Pyrénomycète marin, 349.
- Q
- 9
- (Jueensland : kangourous grimpeurs, 451.
- R
- Radioactivité d’un nouveau minerai, 61. Radium : sel étalon, 501.
- Raisin : industrie du miel, 107.
- Rayons X : nouvel appareil transportable, 384.
- Rayonnement secondaire : action sur les microbes, 414.
- Rédaction des oxydes par l’hydrogène,
- 174.
- Rendement des graisses et chaux, 174. Rendement des stations de T. S. F., 174. Rennes : tertiaire, 60.
- Reptiles du bassin de Paris, 123.
- Résine et camphre synthétique, 225. Respiration aux hautes altitudes, 427. Restauration des régions belges dévastées, 134.
- Réveil : transformation en cadran astronomique, 94.
- Roches sous-marines : recherches en hydrographie, 401.
- Roches : stérilisation, 414.
- Romaines (Ruines) de Djemila, 119.
- S
- Saccharose : triboluminescence, 221. Saccuhnc, 91.
- Sahara : traversée en automobile, 417. Sainte-Assise : poste de T. S. F., 342. Séisme récent du Chili, 598.
- Sélénium : boussole pour aéroplane, 151.
- — : influence sur la germination, 61. Sismologie : état actuel, 307.
- Ski : au Finsteraarhorn, 527. Sodammonium et carbures d’hydrogène, 501.
- Soie : coloration naturelle, 221.
- — : industrie au Tonkin, 1.
- Soleil : pression dans l’atmosphère, 60.
- - - = 435
- Son : explosion pour l’élude de la propagation, 269.
- Soudure électrique à l'arc, 215.
- Soufre : spectre d’absorption pour les rayons X, 239.
- Sous-marin : pour déceler sa présence, 287.
- Spectre d absorption du soufre par les rayons X, 239.
- Stérilisation des roches, 414.
- Sucs végétaux, 519.
- Sucrerie : traitement des mêlasses, 94.
- T
- T. S. F. : exposition à Paris, 419.
- — : haut-parleurs, 69.
- — : poste de Sainte-Assise, 542.
- — : rendement des stations, 174. Tellure : cristallisation, 220.
- Telluriques (courants), 359, 555. Tertiaire du sud de Rennes, 60.
- Terre arable : présence du cobalt et du nickel, 271.
- Terreau de fumier : nocuité, 202. Thermostat à enceinte multiple, 203. Tliortvéitite de Madagascar, 202.
- Tonkin : industrie de la soie, 1. Torpilles : prolecLion des navires, 84. Transparence de k mer, 567.
- Trianon : jardin botanique et bernard de Jussieu, 11.
- Triboluminescence du saccharose, 221. Tuberculose et brome, 340. Turbo-compresseur pour moteurs d a v ion, 203.
- Turritelles : évolution et migration, 60.
- U
- Ultrasensibilisalion des plaques photographiques, 42.
- V
- Vaccination préparatoire, 221.
- Valais, 129.
- Végétation dans les milieux pauvres en oxygène, 202.
- Végétaux : cobalt et nickel, 366.
- Ver luisant : lumière, 500.
- Verres d’optique : fabrication, 17.
- Vins de lies : composition, 109.
- Vinaigre : fabrication moderne, 241.
- Vol à voile, 259.
- — : utilisation pratique, 171.
- w
- Wallmèlres : facteur de correction, 60
- Z
- Zinc et caîtïcer, 60.
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-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- R. (A). — La station marémotrice d’essai de l’Aber-vrac'h, 4.
- — Les derniers perfectionnements du cinématographe, 139.
- — Le chant des fils télégraphiques, 170. — Fabrication moderne du vinaigre, 211. — Une forte explosion prochaine pour l’étude de la propagation du son, 269. — Un bateau paradoxal, 305 — En ski, au Finsteraarhorn, 327.
- — Les haut-parleurs Gaumont, 392. 1
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, 11, 60, 94, 109, 123, 174, 202, 220, 239, 251, 270, 287, 301, 319, 349, 356, 414.
- Barbier (Jean-Emile). — A propos du récent séisme du Chili, 398.
- Bertin (Léon). — La nouvelle collection de crustacés du Muséum, 49. — Perles fines et perles japonaises, 65. — Le déguisement chez les crabes, 537.
- Iîeynk (Dr J.). — La respiration aux hautes altitudes, 427. Bidault de i.'Isi.e (G,). — Curieux aspect du ciel au coucher du soleil, 415.
- Blin (Henri). — L’industrie du miel de raisin, 197. — La maladie dite de « l’encre » des châtaigniers, 282.
- Boigey (Maurice). — Divers modes de locomotion de l’homme, 273.
- Boutan (L.). — Une perle fine de culture sans noyau de nacre, 183.
- Boyer (Jacques). — Dépouillement électrique des animaux, 23. — Comment les experts identifient les balles des assassins, 33. — Nouvel appareil chronophotographique Bull, 106. — Le vieillissement des bois par l’ozone, 113, —Les conserves industrielles de pois en boîtes, 145. — Fabrication industrielle de l’acétylène dissous, 161. — La nouvelle pompe moléculaire Hohveck, 222. — Curieuse herse à disques rotatifs, 287. — L’épidactyloscope, 319. — Le poste de T. S. F. le plus puissant du monde, 342. — La nouvelle centrale thermique des mines de Bruay, 422. Cantonnet (Dr A.). — Une nouvelle écriture d’aveugles en caractères usuels, 239.
- Cazaubieii.ii (Maurice). — L’acier inoxydable, 26.
- Claude (Daniel). — Quelques sources peu connues d’alcool,
- 30.
- Cooi'jian (L.). — La buse vulgaire, 198. — Le hérisson, 316.
- — La pie-grièche écorcheur, 375.
- Costantin et Magron. — L’élevage des orchidées, 560.
- Coupin (Henri). — Les forêts au point de vue biologique, 157.
- — Les flèches empoisonnées dans l’ancienne Europe, 591. Coustkt (Ernest). — L’exposition coloniale de Marseille, 55. Dauzat (Albert). — La Basse Auvergne, 97. — Le Valais,
- 129. — Le Pays de Caux, 177.
- Fabre (Léonce). — Le traitement de l'eau d’égout, 86.
- Forbin (Victor). — Quelques observations sur l’oiseaü-lyre,
- 31. — L’ostréiculture aux antipodes, 47. — L’exploitation des placera en Alaska, 79. — Les phoques à trompe des mers antarctiques, 103. — La psychologie d’un gorille, 142. — Chez les Dayaks, chasseurs de têtes, 166. —L’ours de l’Alaska, 184. — L’aviation contre les insectes nuisibles, 232. — Dans l’impénétrable Afganhistan, 252. — Les kangourous grimpeurs du Queensland, 451.
- Gadeoeau (Emile). — Les forêts submergées de Belle-Ile, 289.
- Gaiivin (M.). — Les pièces interchangeables dans les fabri-ealions en série, 235.
- Guiîrin (René). — Les propriétés mécaniques des métaux aux basses températures, 149.
- IIeiirera (A.-L.). — L’imitation de cellules sans laboratoire ni appareils, 191.
- IIutin (Albert). — Nacre et perles de synthèse, 164.
- Idrac (P.). — Utilisation pratique du vol à voile, 171.
- Kopaczewski (W.). — Les colloïdes en médecine, 321.
- Kuentz (L.). — Une bible gigantesque manuscrite, 159. — Cueilleuse électrique de coton, 302. — Nouvel appareil à rayons X transportable, 384.
- Lai argue (Xavier). — L’industrie résinière et le camphre synthétique, 225.
- Lanorville (Georges). — La filature du colon, 265.
- La Porte (F.). — La recherche des roches sous-marines en hydrographie, 401.
- Lecarme (Jean). — Au sommet du Mont Blanc, 81.
- Lefranc (Jean-Abel). — Les ports aériens, 36, 406.
- Legendre (Dr Jean). — Mœurs curieuses et pêche du goujon malgache, 257. — Mœurs curieuses et pêche de la perche malgache, '335.
- Legrand (Charles). — Les hiéroglyphes de l’Égypte antique, 116.
- Lens (J. de). — Les machines modernes à tailler les engrenages, 6. — Les métiers à broder, 109.
- Liurette (Henri). — Le vol à voile, 259.
- Magrou. — Voir Costantin.
- Marchand (Henri). — La restauration des régions dévastées belges, 134.
- Mercanton (Paul-Louis). — Fumerolles humides et condensation, 301.
- Meunier (Stanislas). — Le problème du cimetière parisien, 193. — L’activité profonde du globe, 594.
- Montessus de Ballore (de). — L’état actuel de la sismologie, 397.
- Morand (Max). — L’unité de la matière, 124.
- Nicolardot (Paul). — Fabrication des verres d’optique, 17.
- — Le congrès international des combustibles liquides, 331.
- Nodon (Albert). — Les courants telluriques, 339, 355.
- Parcot (Abbé L.). — Bernard de Jussieu et le jardin botanique du Petit Trianon, 11. — Essais de greffes hétérogènes, 27.
- Pawlowski (Auguste). — L’organisation rationnelle des gares de voyageurs, 154. — Le canal du Nord-Est et Lille port de mer, 210. — Les gares à marchandises et leur organisation, 278. — L’électrification des réseaux nationaux, 297.
- — La canalisation de la Moselle en Lorraine, 350.
- Rabot (Charles). — Le 4e campagne d’Amundsen dans l’Océan
- Glacial, 284.
- Renard (Marius). — La céramique belge, 553.
- Reverchon (Léopold). — L’astronomie dans un réveil, 94.
- Rigaud (F.). — Les régions pétrolifères de l’Amérique du Sud, 61, 174, 271.
- Rouch (J.). — La couleur et la transparence de la mer, 367.
- Roussel (J.). — Les appareils haut-parleurs, 69. — La première exposition de T. S. F. à Paris, 419.
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-
-
- ....................................... : LISTE DES
- Saovaire Jourdan (Commandant). — La protection des navires contre les torpilles, 84.— La circulation sur les mers, 7,18.
- — Le naufrage du cuirassé France et les cartes marines, 585.
- SeiiERESciiEwsKY (Pu.). — Inondation et dénoyage des mines du nord de la France, 248.
- Soi,mu (Jean). — La sacculine, 91.
- Sounes (Henri). — Les ruines romaines de Djemila, 119.
- Tisserand (Ernest). — L’industrie de la soie au Tonkin, 1.
- Totchet (Em.). — L’ultrasensibilisation des plaques photographiques, 42.
- Troller (A.). — La machine frigorifique à air Leblanc, 203.
- Trouessart (E.). — Le Panda à fourrure éclatante, 209.
- AUTEURS r-—-y —r — 437
- Verdier (R.). — La soudure électrique à l’arc, 215.
- Yerneuii, (Max). — Production de l’hydrogène en petites quantités, 244.
- Vigneron (11.). — La théorie des ions, 275, 293. — Les théories modernes sur la structure atomique, 380.
- Vii.lers (R.). — La locomotive à turbine Ljungstrôm, 312. Le charbon blanc ou méta,,573. — Une machine frigorifique domestique, 589.
- Weiss (E.). — Boussole à sélénium pour aéroplane, 151. Le lin marocain, 230. — J/automobile à six roues, 521. — Le freinage des automobiles, 569. — L’automobile à travers le Sahara, 417.
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADEMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 11, 60, 04, 109, 123, 174, 202, 220, 239, 251, 270, 287, 301, 319, 349, 366,..........................
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- L’astronomie dans un réveil (L. Reverciion).
- Pression dans Tatmosphère du soleil........
- Surface des planètes........................
- Les ciments à haute teneur en alumine............. 78
- Fabrication industrielle de l’acétylène dissous (J. Boyer). 161 Nacres et perles de synthèse (A. Mutin) ....... 164
- L’industrie résinière et le camphre synthétique (X. La-
- EARGUe)..............................................225
- Le charbon blanc ou mêla (R. Vili.krs)............375
- Isotopes du chlore................................... Il
- Décomposition catalytique de l'acide oléique ... 60
- 414 Sur le chlorure d’ammonium............................ 61
- Composition chimique ae l'eau de mer................ 109
- Perte au feu et porosité des argiles et bauxites . , 124
- A propos des métaux rares............................202
- Cristallisation du tellure amorphe...................220
- Les acides de l'arsenic..............................221
- Transformation du gypse en sulfate d’ammoniaque. 239
- Acide acétique et mélange chromique..................287
- ^ Sodammonium et carbures d’hydrogène...................501
- Réaction de Grignard et chlorhydrate de pinène. . 549
- 111. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Fabrication des verres d’optique (P. Nicolardot). ... 17
- L’unité de la matière (M. Morand)...................124
- L’imitation de cellules sans laboratoire ni appareils
- (A.-L. Hejrrera).................................191
- Nouvelle pompe moléculaire Uolweck (J. Boyer) . . . 222
- Une forte explosion prochaine pour l’étude de la propagation du son (A. B.)...............................269
- La théorie des ions (II. Vigneron)............ 275, 293
- Lés théories modernes sur la structure atomique (II. Vigneron) ..............................................380
- Facteur de correction des icattmètres............... 60
- Thermostat à enceinte multiple. .'..................203
- Nouvel électromètre à index rigide..................203
- Pressions et poids spécifiques de l’air en atmosphère
- normale.............................................. 221
- Polarité de l’arc électrique........................221
- Triboluminescence du saccharose.....................221
- Spectre d’absorption du soufre pour les rayons X. 259
- L’ohm international.................................270
- Sel étalon radifère.................................301
- Néphéleclromètre....................................349
- 2. Chimie.
- L’acier inoxydable (M. Cazaubieilii)................ 26
- Quelques sources peu connues d’alcool (D. Claude). . 30
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les régions pétrolifères de l’Amérique du Sud (F. Ri-
- gaud). . ....................................61, 174
- Les gisements de pétrole de l’Amérique (F. Riüauü). 271 Fumerolles humides et condensation (P.-L. Merganton). 301 L’état actuel de la sismologie (de Montessus de Ballore). 307
- Les courants telluriques (A. Nodon).......... 539, 555
- Couleur et transparence de la mer (J. Rouen)........367
- L’activité profonde du globe (St. Meunier)..........594
- A propos du récent séisme du Chili (J.-E. Baruier) . . 598
- Evolution et migration des Turrilelles.............. 60
- Tertiaire du sud de Rennes.......................... 60
- Recherche de l’or et de l’argent dans les minerais. 61
- Nouveau minerai radioactif ........................... 61
- jEtat magnétique des basaltes arctiques............. 94
- La becquerélite .......................................125
- Les reptiles du bassin de Paris........................123
- Faune des sables de Chagny.............................124
- Tliorsvéitile de Madagascar ...........................2U2
- Les côtes de la Rasse Provence......................259
- Pliocène marin des côtes d’Espagne..................519
- Composition chimique de l’aérinile....................549
- Minéraux de la région d’Oudjda........................549
- Amphiboles bleues et hornblendes......................566
- Composition des marnes irisées........................561
- Magnétisme terrestre dans le bassin de Paris . . . 366
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- TABLE
- 2. Météorologie.
- Le chant des iils télégraphiques (A. B.)..........
- Curieux aspect du ciel au coucher du soleil (G. Bidault nu l’Isle).......................................
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Quelques observations sur l'oiseau-lyre'(V. Foriun) . .
- L’oslréicullure aux antipodes (V. Fuubin)............
- La nouvelle collection de crustacés du Muséum (L. Ber-
- tin). ......... .......................
- Perles fines et perles japonaises (L. Berlin)........
- La sacculine (J. Soi.ari)............................
- Les phoques à trompe des mers antarctiques (Y. Forrin).
- La psychologie d’un gorille (V. Foriun)..............
- Une perle fine de culture sans noyau de nacre (L. Bou-
- tan)................................................
- L’ours de l’Alaska (V. Forrin).......................
- La buse vulgaire (L. Coopman)........................
- Le Panda à fourrure éclatante (E. Troussa ht)........
- Mœurs curieuses et pêche du goujon malgache (Dr J.
- Legendre) .......................................
- Divers modes de locomotion de l’homme (M. Boigey) .
- La lumière du ver luisant............................
- Le hérisson (L. Coopman).............................
- Mœurs curieuses et pêche de la perche malgache (Dr J.
- Legendre)........................................
- Le déguisement chez les crabes (L. Bertin)...........
- La pie-grièche écorchcur (L. Coopman). . ............
- Les kangourous grimpeurs du Queensland (V. Forrin) .
- Perles japonaises cultivées. . ....................
- Fixation des graisses par les glandes sébacées. . .
- Musculomètre artificiel . .'...........................
- Coloration naturelle de la soie chez le Bombyx mori.
- Culture des perlés. . . . ...........................
- Stérilisation des roches.............................
- 4. Botanique. — Agriculture.
- L’industrie de la soie au Tonkin (E. Tisserand) . . . .
- Bernard de Jussieu et le jardin botanique du Petit
- Trianon (Abbé L. Parcot).......................
- Essais de greffes hétérogènes (Abbé L. Parcot). . . .
- Le vieillissement des bois par l’ozone (J. Buyer) . . .
- Les conserves industrielles de pois en boîtes (J. Boyer).
- Les forêts au point de vue biologique (H. Coupin). . .
- L’industrie du miel de raisin (IL Blin)............
- Le lin marocain (E. Weiss).........................• .
- Fabrication moderne du vinaigre (A. B.)............
- La maladie dite de « l’encre » des châtaigniers (II. Blin).
- L’élevage des orchidées (Costantin et Marron)......
- Détermination delà faculté germinative.............
- Grand palmier du centre de Madagascar..............
- Influence du sélénium sur la germination des grains.
- A propos de l amylocellulose.......................
- Traitement des mélasses de sucrerie................
- Composition des vins de lie........................
- Nocuité du terreau de fumier.......................
- Attaque des minerais par les bactéries.............
- Végétation dans les milieux pauvres en oxygène . .
- Structure de la cellule chez les iris..............
- -, ^
- Culture en milieu pyrumque. ..................... . .
- Présence clu coba't et du nickel dans la terre arable.
- Calcium et germination des graines.................
- Les sucs végétaux..................................
- Nouveau pyrénomyccte marin ........................
- Destruction des charpentes par les champignons. . Hydrates de carbone et chute des feuilles..........
- MATIÈRES .......::............. — 439
- Cobalt et nickel chez les végétaux.....506
- Nouveau bacille fixateur d'azote.......414
- V. — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- L’Exposition coloniale de Marseille (E. Coustet) . ... 55
- Au sommet du Mont Blanc (J. Lecarme)............... 81
- La Basse-Auvergne (A. Dauzat)......................... 97
- Les hiéroglyphes de l’Egypte antique (C. Legrand). . . 116
- Les ruines romaines de Dj'emila (H. Sounes)...........119
- Le Valais (A, Dauzat)..........;...................129
- Une bible gigantesque manuscrite (L. Kuentz) .... 159
- Chez les Dayaks, chasseurs de têtes (Y. Forrin). . . . 166
- Le pays de Caux (A. Dauzat)...........................177
- Dans l’impénétrable Atganhistan (V. Forrin)...........252
- La 4e campagne d’Amundsen dans l’Océan Glacial (Ch.
- Rabot).............................................284
- Les forêts submergées de Belle-Ile (T. Gadeceau)). . .. 289
- En ski, au Finsleraarhorn (A. B.) ............527
- Les flèches empoisonnées dans l’ancienne Europe (11.
- Coupin)............................................390
- Eaux des glaciers d'Argenlicre et des Bossons . . . 205
- La température des eaux du lac du Bourget .... 221
- VI. - HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- Le traitement de l’eau d’égout (L. Fabre)............. 86
- Le problème du cimetière parisien (S. Meunier) ... 193
- Nouvelle écriture d’aveugles en caractères usuels (Dr A.
- Canton,net) ........................................259
- Les colloïdes en médecine (W. Kopaczewski).............322
- Zinc et cancer........................................ 6()
- Introduction de l’ion Iode chez l’homme ..............202
- Lampe à formol . . ....................................203
- Période contagieuse dans la fièvre aphteuse .... 221
- Vaccination préopératoire .............................221
- Bacilles tuberculeux et brome..........................549
- Destruction des moustiques.. ... ......................416
- Action sur les microbes du rayonnement secondaire 414
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Les machines modernes à tailler les engrenages (J. de
- Lens).................................................. 6
- Dépouillement électrique des animaux (J. Boyer) ... 23
- Comment les experts identifient les balles des assassins
- (J. Boyer)............................................ 35
- L’exploitation des placers de l’Alaska (V. Forrin) ... 79
- Les métiers à broder (J. de Lens). . ....................109
- Propriétés mécaniques des métaux aux basses températures (R. Gukiux)........................................151
- Machine frigorifique à air Leblanc (A. Troli.er). . . . 205
- La soudure électrique à l’aie (R. Verdier). ..... 215
- Les piècps interchangeables dans les fabrications en
- série (M. Garvin).....................................235
- La filature du coton (G. Lanorville).....................263
- Curieuse herse à disques rotatifs (J. Boyer).............287
- Cueilleuse électrique de coton (L. Kuentz)...............302
- La céramique belge (M. Renard)...........................553
- Une machine frigorifique domestique (R. Vili.ers). . . 389
- La nouvelle centrale thermique des mines de Bruay (.1. Boyer) ........................................... 422
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N“ 2517. — 1“ Juillet 1922.
- WD
- INFORMATIONS
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- Supplément
- L’âge des minéraux déterminé d’après la théorie de la radioactivité. — Les corps radioactifs manifestent, on le sait, des transformations, ou, pour mieux dire, des transmutations qui s’effectuent dans le temps, suivant une loi d’une constance remarquable. Cette loi est la suivante : le nombre d’atomes d’un corps radioactif qui se détruit dans l'unité de temps est proportionnel au nombre d’atomes encore existants.
- Le rapport de proportionnalité ou constante radioactive est pour un corps radioactif donné absolument indépendant des conditions extérieures ; les variations de température ou de pression, les variations de concentration de la matière radioactive n’ont sur cette constante aucune influence.
- D’autre part, les corps qui appartiennent à la famille radioactive, de l’uranium par exemple, se désintègrent successivement à partir de l’uranium, le plus iourd d’entre eux, pour donner naissance à d’autres corps radioactifs : ionium, radium A, B, etc., et aboutissent comme dernier terme à un corps inactif, le radium G ; isotope du plomb ; ces dégradations s’accompagnent de mise en liberté d’hélium.
- Si, dans un minéral radioactif en équilibre, on trouve en présence de l’uranium et des produits de décomposition, hélium ou plomb, on conçoit que la proportion entre l’uranium et l’hélium, ou entre l’uranium et le radium G, permette de calculer l’âge du minéral.
- Dans une intéressante conférence faite à Strasbourg et publiée par le Bulletin de la Société chimique de France, Mlle Gleditsch expose comment peut se faire ce calcul, comment il est justifié géologiquement et les résultats qu’il donne.
- Pour que du rapport uranium-hélium, ou uranium-plomb, on puisse déduire réellement l’âge absolu du minéral, il faut admettre que celui-ci, à l’origine, c’est-à-dire au commencement de son existence, ne contenait ni hélium, ni plomb.
- Ce commencement de la vie du minéral, c’est le moment où il s’est séparé par cristallisation du magma en fusion, du noyau central, soit lors de la solidification de la croûte terrestre, soit au cours d’éruptions volcaniques.
- Diverses considérations physiques et chimiques donnent à cette hypothèse une très grande vraisemblance.
- Enfin, la géologie possède des moyens de reconnaître si un minéral occlus dans une roche sédimentaire est du même âge que celle-ci ou plus âgé.
- On comprend ainsi que les minerais radioactifs rencontrés dans les différents terrains puissent constituer de véritables témoins, attestant l’âge de ceux-ci.
- On les a donc interrogés avec soin et leurs réponses sont fort intéressantes.
- Notons de suite, avant d’indiquer les chiffres obtenus, que ceux-ci sont fidèlement d’accord avec les rangs d’ancienneté établis par la géologie pour les différents terrains.
- Notons encore que l’hélium étant gazeux et pouvant se dégager assez facilement des roches qui l’enferment, le rapport uranium-hélium fournira le minimum de l’âge probable du minerai; au contraire, les déterminations basées sur le rapport plomb-uranium souffrent de l’incertitude résultant du fait que l’on ne peut savoir si le plomb dosé est formé exclusivement de radium G, et non pas de radium G et de plomb ordinaire; ces déterminations fournissent un maximum de l’âge probable,
- Dans ces conditions, le lableau ci-dessous fournit deux limites entre lesquelles est compris l’âge réel du terrain.
- Systèmes géologiques Age en millions d’années
- mesuré
- Pléistocène. . . par l'hélium . . i par le plomb »
- Pliocène. . . . . . 2,5 »
- Miocène. . . . . . 6,3 ))
- Oligocène. . . • • 8,4 ))
- Eocène. . . . . . . 3o,8 ))
- Crétacé. . . . »
- Jurassique. . . »
- Iriasiqué. . . . »
- Permien. . . . »
- Carbonifère. . • 145 340
- Dévonien . . . 146 370
- Silurien. . . . Ordovicien. . . . • | 209 43o
- Cambrien. . . Précambrien. . 1000 à 1200
- Archéen. . . . . . 710 1400 à 1600
- Effet de la foudre sur un arbre. — M. H. Bascle, d’Etampes, nous communique la photographie ci-jointe montrant l’effet de la foudre sur un arbre bordant la
- route nationale d’Etampes à Orléans, quelques mètres avant le hameau de Villesauvage. Le fluide, ayant atteint l’arbre à la tête, est venu au sol en faisant le tour du tronc et en creusant du haut en bas un profond sillon. L’hélice formée a son commencement et sa fin sur la même génératrice,
- La neige ocre, — Le xa mars dernier, les habitants de la haute vallée de la Durance voyaient, ayec surprise, que la neige qui couvrait les montagnes, jusqu’alors
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- INFORMATIONS
- d’une blancheur immaculée, avait, subitement pris une teinte ocre, plus ou moins claire, grise ou rougeâtre par places. Les sommets et les vallées restaient blancs, et seules les pentes intermédiaires étaient ainsi teintées. Les jours suivants, la couleur ocreuse s’accentuait, par opposition, avec de récentes avalanches parfaitement blanches. Les 70 et 21 mars, de nouvelles chutes de neige blanche rendirent au pays son aspect accoutumé.
- Le 19 mars, le poste militaire de skieurs de la Seyte, sur l’initiative du commandant Sauvajon, recueillit un échantillon de neige colorée sur les pentes du Gondran, vers 2 35o mètres d’altitude, et le rapporta à Briançon, où il fut confié à M. Pons, pharmacien civil, et à M. Rémy, pharmacien militaire.
- Ceux-ci viennent de publier dans le Bulletin des Sciences pharmacologiques les résultats de l’examen auquel ils se livrèrent. Le dépôt, séparé par centrifugation de l’eau de neige, puis séché, forme une poudre impalpable jaune grisâtre que le microscope et l’analyse chimique montre constituée par de l’argile mélangée à de fines particules de mica et de quartz, colorée par de l’oxvde de fer et renfermant une faible proportion de matières organiques sans débris d’organismes microsco-piques.
- D’où venaient ces poussières? Certains habitants du pays admirent une origine volcanique, mais en l’absence de tout indice de ce genre, et les vents dominants étant alors sud-ouest, MM. Pons et Rémy préfèrent supposer un transport par l’atmosphère de très fines particules provenant des dunes des déserts africains.
- Champignon monstre. — M. Chifflot a récemment signalé dans le Bulletin de la Société mycologique de France qu’il a déterminé un champignon, récolté en Saône-et-Loire sur un vieux saule, qui mesurait o m, 82 de haut, o m. 5o de large, o m. 2a d'épaisseur et pesait aokilogs. C’était un Polrporus sulfureus B., espèce peu intéressante au point de vue comestible, mais non vénéneuse.
- La marche des chenilles processionnaires. — Les
- Comptes Rendus de la Société de Biologie publier)t une curieuse série d’observations de M. Maurice Colombel à ce sujet:. Fabre d’Avignon avait admis que les chenilles processionnaires du pin suivent le cordon tissé par celles qui les précèdent, le chef de file seul les conduisant. Or, M. Colombel a réussi les expériences suivantes : il prend une chenille chloroformée, par conséquent ne tissant plus. de fil ; il la promène devant la chenille de tète et celle-ci suit,' entraînant toute la procession; elle suit, qu’on présente la chenille chloroformée par bout, par dos ou par côté. Elle suit aussi bien un fragment de peau de chenille, pourvu que celui-ci ait conservé ses poils. D’autres poils ont la meme action s’ils sont également souples; M. Colombel a pu guider des processions avec un brin de soie effilochée, des barbes déplumés, etc.
- L’expérience est facile à répéter et tentera péut-être quelques-uns de nos lecteurs,
- Les décès en Allemagne? pendant la guerre. —
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France reproduit les renseignements publiés par la Revue allemande Wirtschaft,Bnd Statistih sur le nombre des décès enregistrés en Allemagne depuis 1918.
- Années Sexe masculin Sexe féminin
- — y compris non compris les militaires — :
- 1918 — 55o o5o 5io 748
- *9*4 813 i36 574 411 533 967
- 1915 972 155 541 436 52i315
- iqïG 83oo55 492 668 5oo 802
- T9r7 880009 689 090 543 244
- iqi8 969 897 5go 120 666016
- 1919 5oi 531 487 217 5i5 753
- 4 916 "jb.j 3 2 24 9 ,2 3281097
- Les décès des militaires comprennent les soldats tués sur les champs de bataille et ceux décédés des suites de blessures ou de maladies.
- Il résulterait de ces statistiques que l’Allemagne a perdu du fait de la guerre 1 691 841 hommes. D’autres statistiques fournissent des chiffres plus élevés : 1 808 555 tués et 4 246 779 blessés.
- On voit que les pertes allemandes ont été le plus élevées en 1915 et 1918, et les plus faibles en 1916, 1917 et 1914.
- Le nombre des décès de la population civile n’a augmenté sensiblement qu’en 1918, par suite de l’épidémie de grippe.
- La morti-natalilé et les décès infantiles ont diminué assez fortement en même temps que la natalité.
- Destruction des insectes nuisibles. — La Station entomologique de la Faculté des Sciences de Rennes nous prie de rappeler qu’elle fournit gratuitement tous les renseignements concernant les moyens à employée pour détruire les insectes nuisibles.
- Ecrire à M. le D1 Bordas, professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Rennes, en lui envoyant le nom ou un échantillon de l’insecte à détruire.
- Concours d’appareils ménagers (17000 francs de prix). — Dans le but d’encourager les inventeurs français, de les aider dans la réalisation de leurs projets, d’orienter leurs recherches dans une voie essentiellement pratique, la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions se propose d’organiser des concours comportant des prix d’une valeur suffisante pour leur donner un retentissement sérieux et une efficacité réelle.
- Grâce à l’appui précieux et à la collaboration efficace de la Chambre syndicale du Commerce et de la Nouveauté et de la Chambre syndicale des Bazars, Magasins et Galeries de Paris et départements qui ont généreusement mis à la disposition de la Direction des Recherches et Inventions une somme de 17000 francs, un premier concours est organisé, relatif aux divers appareils ménagers.
- Ce concours concerne tous les appareils destinés à faciliter les travaux ménagers, appareils rendus plus intéressants que jamais par les circonstances économiques qui éloignent de plus en plus la main-d’œuvre des emplois domestiques. C’est ainsi que la grande difficulté que l’on rencontre maintenant à trouver des domestiques a déjà suscité en Amérique un effort très sérieux en vue d’améliorer ces appareils, d’en perfectionner le fonctionnement, d’en créer de nouveaux.
- Il était utile de provoquer chez nous un effort analogue. C’est dans ce but que la Direction des Recherches et Inventions fait appel à l’esprit inventif, à l’imagination si fertile des nombreux chercheurs auxquels elle demande de participer à ce premier concours.
- Seront admis à ce concours tous les appareils ménagers de nettoyage, balayage, chauffage, lessivage, cuisine, etc., en un mot, tous les appareils susceptibles de simplifier, de faciliter, de rendre plus agréables les besognes si variées du ménage, les multiples travaux de la vie domestique.
- Peuvent participer à ce concours, non seulement les appareils déjà réalisés, mais encore ceux qui ne sont qu’à l’état de projet. Dans ce dernier cas, la Direction des Recherches et inventions apportera, comme elle le fait d ailleurs en toutes circonstances, son entier concours aux inventeurs pour l’étude, la réalisation et l’expérimentation de tous les projets jugés intéressants et utiles.
- Dès maintenant et jusqu’au Ier mai 1928, les appareils peuvent être soumis et les projets adressés à la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, 1, Avenue du Maréchal Galliéni, à Bellevue, près Paris,
- Une exposition des appareils retenus et des projets réalisés terminera le concours et les prix suivants offerts par la Chambre syndicale de Commerce et de la Nouveauté et la Chambre syndicale des Bazars, Magasins et Galeries, seront attribués par un jury composé des présidents des Comités techniques de la Direction des Recherches et Inventions aux inventeurs des appareils jugés les plus ingénieux, les mieux compris et les plus efficaces ;
- ior prix. ........ 10000 francs
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- Le « Caméléon ». Appareil d’amateur spécial pour la projection des plaques autochromes. — Les perfectionnements récents apportés dans la fabrication des lampes à incandescence, et particulièrement de celles à
- construction de tout appareil de projection digne de ce nom qu’il est possible d’obtenir des images parfaitement éclairées de vues autochromes (format 9X12) sur un écran mesurant environ 1 m. à 2 m. pour une distance moyenne de 6 à 7 mètres.
- Des dispositifs ingénieux de refroidissement de la., lanterne et d’isolement du châssis évitent de communiquer* la chaleur à la plaque. Un châssis métallique muni d’intermédiaires permet de passer commodément les formats de vues les plus couramment employés, bien que le 9X12 soit la dimension de choix pour les autochromes.
- Une variante de cet appareil consiste à superposer deux systèmes identiques pour réaliser les changements de vues par superposition et sans transition apparente. Un rhéostat à curseur provoque graduellement l’allumage d’un des foyers tandis que l’autre l’éteint, et les effets inattendus de ces sujets qui se fondent les uns sur les autres sont d’un effet agréable et chatoyant qui s’accordent parfaitement avec le caractère artistique de ces photographies. — Constructeur du « Caméléon » : M. Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris, 3".
- *»> Objets utiles
- Fig. 1. — Le Caméléon.
- filament très concentré, ont été précieux pour les appareils de projections d’amateurs.
- Toutefois, leur plein rendement ne peut être obtenu qu’à la condition de coordonner parfaitement les divers éléments de la lanterne, de son éclairage et du système optique. En effet, il ne suffit pas d'avoir une source lumineuse intense pour produire sur l’écran une plage uniforme et brillante. Si les rayons de courbures des lentilles né sont pas en rapport avec le réflecteur et le foyer de l’objectif, on s’expose à une perte de lumière considérable, ou à voir naître sur l’écran des irisations désagréables qui ne sont autres que des images parasites des filaments incandescents.
- L’appareil dont nous donnons l’aspect (fig. 1), et que le constructeur a baptisé du nom de « Caméléon » parce qu’il a été plus spécialement étudié pour la projection des photographies en couleurs, réunit toutes les conditions théoriques et pratiques propres à en faire l’instrument rêvé pour les séances familiales.
- La lampe à incandescence consommant 2 amp. 5 sous 110 volts, et pouvant par conséquent se brancher sur une prise de courant d’appareil portatif ordinaire, est constituée par un ballon de 7 cm de diamètre, argenté à sa partie postérieure pour former réflecteur. L’angle
- Ug. 2. — L’appareil disposé pour réaliser les changements de vues par superposition et sans transition apparente.
- sous lequel il réfléchit les rayons qui s’échapperaient vers l’arrière est précisément le même que celui sous lequel travaille le système collecteur du condensateur. Comme d’autre part, le foyer du condensateur est tel que l’image du filament se produit dans le plan du diaphragme de l’objectif, on comprend que le maximum de lumière se trouve utilisé.
- C’est grâce à l’observation rigoureuse de cette règle qui devrait être celle généralement apjjliquée dans la
- Infuseur de thé « Hobbs ». — Pour que le thé soit une boisson agréable et qu’il dégage tout son arôme sans avoir d’àcreté, il ne faut pas que les feuilles soient en contact plus de 4 minutes avec l’eau bouillante. La théière ordinaire réalise imparfaitement ces conditions, puisque le thé reste constamment au contact de l’eau.
- Fig. 3. — Infuseur de tlié « Hobbs ».
- L’infuseur individuel Hobbs anti-tanique permet de préparer un thé toujours limpide et sans tanin.
- Ce nouvel infuseur qui est tout en porcelaine blanche, par conséquent facilement lavable, se compose d’une passoire très creuse. On verse l’eau bouillante dans la tasse où l’on désire obtenir une infusion, garnie de la quantité nécessaire, on y plonge la petite passoire et l’on recouvre avec le couvercle..
- Lorsque l’infusion est devenue de la force désirée (3 à 4 minutes), il suffit d’enlever la passoire. Les feuilles de thé restent toutes à l’intérieur et le liquide qui demeure dans la tasse est parfaitement limpide.
- On supprime ainsi l’emploi d’une théière et d’un passe-thé, de plus, l’eau bouillante n’étant pas versée sur le thé, mais le thé étant au contraire graduellement humecté par l’eau bouillante sur laquelle il surnage au début, les feuilles abandonnent dans le liquide tout leur arôme mais n’y macèrent pas et ne dégagent pas leur tanin, si fâcheux pour les dyspeptiques.
- Il est à noter qùe le petit couvercle, lorsqu’on l’enlève pour le déposer sur la table et qu’on le retourne, sert à supporter la passoire contenant les feuilles de thé qui ont servi à l’infusion. — En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Le bouilleur électrique en quartz. — Tout le monde connaît le silice ou le quartz si abondamment répandus dans la nature ; à l’état cristallin, le quartz ne peut être chauffé puis refroidi brusquement, il éclaterait en morceaux. Mais le quartz fondu, par contre, forme une matière presque insensible aux variations de température ; le quartz fond à 20000 environ ; son coefficient de dilatation est 17 fois plus petit que celui du verre; il se prête donc dans cet état aux opérations thermiques les plus violentes et ses propriétés lui valent de nombreux usages.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- i Sur ces données a été établi un élégant bouilleur élec-crique en quartz destiné à la confection des boissons thaudes, infusions, etc., dans de petits récipients : verres, tasses, etc. Cet appareil était exposé à la Foire de Paris.
- C’est un tube de quartz recourbé, à l’intérieur duquel est placé un filament électrique que le passage du cou-
- ran. électrique porte à haute température.
- Le quartz inoxydable, résistant à la plupart des réactifs, est pratiquement inaltérable et l’on a ainsi un appareil toujours pai’faitement propre ; autre avantage, le quarLzesttranslucide; lorsque le filament intérieur est chauffé, il éclaire le tube de quartz et l’on sait alors que ducouranttraverse l’appareil; impossible alors de commettre de ces imprudences si fréquentes avec les tubes chauffants plongeurs, pour lesquels rien n’indique, tant qu’ils sont dans le liquide, qu’ils sont traversés par du , courant, mais qui lors-
- qu’on les retire j>assent rapidement au rouge, et peuvent provoquer des accidents si on les a posés par inattention sur un objet combustible en oubliant de couper le courant.— Le bouilleur en quartz est fabriqué par R. Piquet, 6, rue Henri-Dubouillon, Paris.
- - Bouilleur électrique en quartz.
- La graphitèque. — Ce nom désigne un nouveau dispositif duplicateur qui paraît réaliser un sérieux progrès sur la plupart des appareils de même genre actuellement en usage.
- Il rentre dans la catégorie bien connue et fort répandue des appareils dits à « polycopier ». Ceux-ci son! constitués soit par des pâtes gélatineuses, soit par des pierres dites humides qui sont des compositions argileuses. On écrit sur une feuille de papier avec une encre spéciale le texte à reproduire, et on la porte sur la pâle ou sur la pierre; les caractères s’y décalquent, et il n’y a plus qu’à appuyer successivement sur ce texte des feuilles de papier blanches ; on tirera ainsi un certain nombre d’exemplaires du texte primitif.
- C’est le même procédé qu’emploie la graphitèque; mais la pâte sur laquelle s’imprime le cliché à reproduire a une composition spéciale qui lui confère un certain nombre d’avantages.
- Dans une pâte à base de gélatine, colle et glycérine
- on incorpore une assez grande quantité de certaines poudres minérales appropriées ; notamment de sulfate de baryte, de kaolin qui donnent à la pâte une consistance spéciale et l’on fait de plus entrer dans la composition de la pâte une proportion élevée de glycérine blanche, ce qui la rend très lisse et douce au toucher malgré l’addition des. poudres minérale^. Enfin on lui incorpore une certaine proportion de produits antiseptiques qui la rendent imputrescible.
- L’avantage de cette composition sur les pâtes gélati-
- neuses ordinaires est que le cliché s’enlève d’un seul coup d’éponge, au lieu de descendre peu à peu dans la pâte. a .
- Dans les appareils à pierre humide, il faut pour enlever le cliché laver à grande eau la partie impressionnée, ce qui oblige ensuite à repétrir et aplanir la masse ; de plus, au bout d’un certain temps, les pâtes, si on néglige de les endaire d’un produit convenable, se dessèchent et se fendillent.
- Ces inconvénients n’existent plus avec la graphitèque ; le mode d’emploi est à peu de chose près le même que celui des autres pâtes : on fait le cliché à l’encre spéciale et sur papier spécial, on le laisse sécher librement à l’air un quart d’heure environ ; on l’applique sur la pâle et on la laisse en contact avec elle 3 minutes environ, puis l’on tire les épreuves.
- Pour faire disparaître le cliché, on l’efface simplement, ligne à ligne avec une éponge imbibée d’eau propre et bien essorée, en ayant soin de frotter vivement et d’appuyer assez fort. Puis on sèche la pâte avec un papier ou un linge fin qu’on applique sur elle. Elle est alors revenue à. son état primitif et l’on peut recommencer de suite un nouveau tirage.
- La graphitèque est en vente chez M. J.-M. Car-deilhac-Soubiron, à Montrejeau (Haute-Garonne).
- Le Maître de nage. — Voici les vacances qui approchent et aussi la saison des bains quotidiens en rivière
- Fig. 5. — Le « Maître de nage ».
- ou en mer. On a imaginé nombre d’appareils pour ceux qui ne savent pas nager : ceintures de liège, de kapok, vessies gonflées d’air, etc., qui se fixent autour du corps. Toutes ont l’inconvénient de gêner les mouvements des bras et, si elles sont fixées trop bas, de tendre fâcheusement à faire flotter le malheureux nageur la tête en bas.
- Fig. 8. — Utilisation du « Maître de nage ».
- Voici un nouvel appareil qui paraît plus commode C’est une espèce de ceinture de sauvetage, en toile im-' perméable ou en caoutchouc qu’on peut gonfler d’air ou remplir de kapok et qui se fixe autour du cou. Elle ne gêne donc pas les mouvements et maintient le menton hors de 1 eau. — Le « Maître de nage » est en vente chez Mme Giraudon, à Pouliguy-Saint-Pierre (Indre).
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- VARIETES
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- L'ART DE
- I. Pourquoi on voyage mal. — Yoici bientôt les vacances. C’est l’époqne des voyages. Plages, stations d’altitude, villes d’eaux renommées ou modestes campagnes vont voir accourir, une fois de plus, la clientèle ordinaire de citadins épris d’air pur, de distractions champêtres, d'activité physique, mais incités aussi par un besoin de changement, par le désir de voir d’autres pays, d’autres cieux, d’autres hommes. Si les voyages bien compris sont utiles à la santé, ils constituent aussi un excellent moyen éducatif pour former et cultiver l’esprit, pour instruire tout en divertissant. Mais, parmi la foule des touristes, combien savent réellement voyager?
- On se déplaçait peu pendant la guerre, et seulement pour affaires ou pour raisons impérieuses de famille, de santé. Avec la paix, les voyages de plaisir ont recommencé, mais la clientèle n’est plus la même, par suite des transformations sociales consécutives aux nouvelles conditions économiques. Beaucoup de familles jadis aisées, appartenant aux classes moyennes, ne peuvent plus aujourd’hui s’offrir les villégiatures ou se permettre, les randonnées d’autrefois. Par contre, une nouvelle clientèle très variée, jadis sédentaire, que la guerre ou l’après-guerre a enrichie, prend peu à peu l’habitude des voyages.
- Les anciens avaient encore beaucoup à apprendre sur l’art de voyager. Mais que dire des nouveaux? J’ai vu arriver à Chamonix, pour la saison, de braves gens qui ignoraient ce qu’est un glacier et qui étaient stupéfaits à la vue des blocs de glace que le soleil d’août n’avait pas fondus. J’ai entendu, ce printemps, un ménage de commerçants français débarqués la veille à Yenise se demander ingénument ce qu’on venait y voir, et j’ai été un instant interloqué en entendant, l’an dernier à Nice, une dame, qui n’était pas sans instruction, me poser cette question, au bout de deux jours : « En somme, que trouvez-vous de beau à Nice ? »
- D’une façon générale, surtout à l’heure actuelle, nos compatriotes-savent très mal voyager. Sous ce rapport, il faut bien le reconnaître, Anglais, Allemands, Suisses, Hollandais, Scandinaves ont une grande supériorité sur nous.
- Le voyage, trop souvent, est mal combiné. Il est peu ou point préparé. Enfin et surtout, on ne sait pas observer.
- Irop souvent on se décide, pour une villégiature ou un voyage, au petit bonheur, sur l’indication vague d’un ami ou d’après la renommée d’un endroit. « Un tel s’est plu à X-sur-Mer ou à Y.-les-Bains. » Ou bien : « Tiens! si nous allions voir Nice — ou Biarritz — ou. Genève, cette année ! » Célèbre ou non, la localité en général ne représente pas une réalité beaucoup plus concrète qu’une inconnue algébrique. Faut-il s’étonner si une telle méthode, ou plutôt l’absence de toute méthode provoque trop souvent des déconvenues?
- , Comment préparer un voyage. —La première question, c’est de faire un choix, approprié d’abord à ses goûts ou aptitudes, aussi bien moraux que physiques, ensuite aux conditions climatiques, et enfin de tirer le meilleur parti de ses disponibilités pécuniaires. On n’ira pas à Nice en août, un cardiaque devra éviter l’altitude, les personnes qui ont horreur de la marche ne se plairont pas dans les stations d’alpinistes ; il est bon de se renseigner d’avance auprès des hôtels pour faire son choix et ses prix, si l’on tient à ménager sa bourse. Tout cela est élémentaire, mais nécessite cependant un peu de réflexion et de recherches, dont on recueillera amplement le bénéfice.
- Il faut ensuite préparer son itinéraire de façon à voir assez, mais pas trop, à éviter la fatigue, tant intellectuelle que physique. Deux travers extrêmes sont également fâcheux. Le voyageur moutonnier qui va s’acoquiner tous les ans dans la même plage ou la même ville d’eaux, au même hôtel ou à la même villa et retrouve au café les mêmes habitués, perd tout bénéfice du voyage. En revanche, le voyageur express qui court toujours sans s’arrêter, qui visite deux localités par jour, qui parcourt un musée en une heure, quitte le train pour le bateau,, saute de l’autobus dans le funiculaire et roule comme un colis de wagon en patache,
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- VOYAGER
- celui-là n’emporte des lieux qu’une vision cinématographique, brouillée au bout de deux jours; il n’a rien vu, rien retenu; il revient chez lui harassé, fourbu, ahuri et la bourse à sec.
- On dit parfois qu’il est agréable de voyager au hasard, sans but précis, en se laissant aller au charme de l’imprévu. Il faut s’entendre. Un itinéraire ne doit jamais être rigide, mais très souple, afin de pouvoir ; s’adapter aux circonstances et de faire la part de l’imprévu : suivant les agréments du lieu ou du moment ou les affinités personnelles, on allongera ici le séjour qu’on raccourcira ailleurs, on supprimera telle excursion, on ajoutera telle autre, car les prévisions ne seront jamais entièrement réalisées. Mais l’itinéraire reste le cadre général qu’il est indispensable de cons-tx'uire à l’avance;
- Car, sous peine d’en perdre tout le bénéfice, il importe de préparer son voyage, de savoir ce qui est à visiter, à regarder, à observer dans telle région ou telle ville. Que les esprits indépendants se rassurent; il reste toujours une large marge pour la flânerie, la recherche de l’inconnu, la petite découverte personnelle qui fait tant plaisir.
- C’est bien à tort que la préparation du voyage a la réputation d’être fastidieuse. Pour quiconque a un peu d’imagination — et c’est là une faculté qui se développe avec ce genre d’exercice -— la confection d’un itinéraire/ avec les curiosités de tout ordre qu’elle évoque et et qu’elle fait défiler devant la pensée, est un sport intellectuel des plus agréables comme aussi des plus instructifs ; c’est de la géographie attrayante et vécue à l’avance.
- Où se documenter? A l’heure actuelle, on n’a que l’embarras du choix. Quand on se rend dans une contrée que l’on ne connaît pas — ou même qu’on croit connaître — il est indispensable d’acheter d’abord Un bon guide de la région, à l’aide duquel on établira son itinéraire, on réglera ses étapes, on relèvera les curiosités principales, on fera le choix des excursions. Car un choix est indispensable. Le guide doit être complet; mais ce serait folie de vouloir faire en un mois, je suppose, toutes les excursions indiquées autour de Chamonix ou de vouloir visiter, en un même laps de temps, toutes les curiosités de Paris ou de Rome. Un bon guide facilitera la discrimination en mettant en valeur excursions ou curiosités de premier ordre, en indiquant les caractères de ceci ou de cela; mais il reste toujours un choix personnel à effectuer, en raison du temps et des moyens dont on dispose, des goûts particuliers, etc.
- A la rigueur, un guide bien fait peut suffire pour la préparation sommaire ou rapide d’un voyage; il dresse l’inventaire touristique d’un pays, il en indique la topographie par ses plans et ses cartes ; mais il ne nous en fait pas connaître la physionomie, l’âme et les moeurs, les traditions et l’histoire. Ces notions, on les demandera à la littérature de voyage — entendue au sens large, — aussi bien à des livres de reportage dans le genre de feu Jules . Huret, qu’à des œuvres littéraires, à la manière de Taine jadis (Voyage aux Pyrénées) ou de M. Gabriel Faure aujourd’hui (Heures d’Italie), et à des travaux de documentation, comme les nombreuses publications qui ont été faites sur les régions et pays de France. Nous en signalerons chemin faisant (*) dans la bibliographie et les notes qui accompagneront ces articles.
- D’une façon générale, la documentation, au prix d’un
- . i. Parmi les séries les plus récentes ou les plus connues,, citons déjà la collection Un mois en... (librairie Hachette); la grande collection in-4° illustrée Larousse (la plus belle, par l’illustration et la cartographie); au point de vue pluà spécialement artistique et archéologique, la collection des-Villes d'art et des Grands édifices de la France (Laurens) ; au point de vue économique et social, pour les nations-étrangères, les collections Flammarion (la Belgique moderne, etc.) et A. Colin (l’Espagne au XXe siècle, etc.). Les-meilleurs guides français sont les Guides Bleus (Hachette) ;. pour l’étranger, on a souvent intérêt à se servir du Bædeker! Je me. permets également de renvoyer le lecteur, en ce qui concerne l’art de voyager, à mon petit volume Pour qu’on-voyage, essai sur Part de bien voyager (Ed. Privât et H. Didier).
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- minime effort, décuple le profit et l’agrément d’un voyage en signalant mille curiosités qui auraient passé inaperçues; elle évite aussi aux ' touristes de se rendre ridicules par des remarques saugrenues.
- L’art d’observer. — Ce n’est pas tout de préparer un voyage. Une fois .parti, il faut savoir observer.
- Le Français a l'intelligence vive, l’esprit critique. Mais il a trop confiance dans ses qualités, dont il ne sait pas toujours tirer parti, et qui, mal guidées, tournent en défauts. En voyage, il doit surtout se mettre en garde contre trois tendances fâcheuses qui risquent de fausser son jugement, voire de gâter son plaisir, et souvent de lui aliéner des sympathies.
- D’abord les idées préconçues. On ne saurait croire combien de nos compatriotes vont visiter une région, surtout un pays étranger, avec une conception toute faite d’avance, à laquelle la réalité devra se plier bon gré mal gré, qui parvient souvent à altérer la vision exacte des gens et des choses. Il faut se méfier de cette autosuggestion qui peut nous faire beaucoup de tort, en ce sens que, sur la foi de certaines légendes, elle nous empêche de percevoir des amitiés ou affinités réelles, tandis qu’en revanche elle nous fait méconnaître des antipathies ou divergences évidentes; je ne précise pas, ne voulant point mêler la politique à la psychologie. Même si on reconnaît in petto que la réalité n’est pas conforme à la renommée, on se gardera bien de l’avouer au retour, et c’est ainsi que se perpétuent des légendes climatériques ou autres, comme celle qui est accréditée dans le nord de la France sur la Côte d’Azur : climat de serre où l’on suffoque dès le mois de mars. Non seulement il faut voir ce qui est, mais c’est un devoir, une probité, de le répéter, dût-on heurter l’opinion commune.
- Allons donc en voyage l’esprit ouvert, en faisant, suivant la méthode de Descartes, table rase de toutes les idées reçues; regardons et observons sans parti pris.
- Mais voici un autre écueil; les généralisations hâtives. Nous avons l’esprit vif et le jugement prompt; en bons Latins, nous sommes portés à la synthèse. Patience! ne nous emballons pas. N’imitons pas l’Anglais qui, voyant une femme rousse à son arrivée à Calais, écrivait sur son carnet de voyage : « En France, toutes les femmes sont rousses. » Combien souriront de la boutade, mais ont imité l’Anglais en jugeant les Bretons d’après la bonne du premier hôtel ou les Italiens d’après le douanier de la frontière ? Pour pouvoir apprécier un peuple, un pays, il faut classer d’abord une certaine quantité de faits similaires et concordants. C’est seulement à la longue — et avec une grande habitude — qu’on pourra saisir à première vue le petit fait caractéristique et le dégager de la multitude des détails insignifiants et sans importance.
- Enfin il faut se méfier de la critique systématique qui est le fait de beaucoup de Français en voyage. Fâcheux état d’esprit qui, rend le voyageur grincheux,
- qui indispose bientôt contre lui le milieu où il séjourne, et qui est due à deux causes.
- La première, c’est le désir instinctif, le besoin puéril d’emmener scs habitudes avec soi et de les retrouver partout. C’est le propre de presque tous ceux qui commencent à voyager. Précisément, voyager, c’est quitter ses habitudes, c’est rencontrer d’autres coutumes, une autre nourriture, d’autres caractères, avec des différences d’autant plus accusées qu’on s’éloigne davantage. Truisme banal, mais qu’il faut avoir présent à l’esprit dès qu’on se déplace, si l’on ne veut pas gâter son voyage et devenir ridicule soi-même en voulant se moquer des autres. Les usages de l’étranger, en principe, ne sont pas plus risibles ou blâmables que les nôtres. Cela revient toujours à la fameuse phrase de Montesquieu : « Comment peut-on être Persan! »
- La critique systématique a aussi un autre mobile. Beaucoup aiment à poser aux esprits forts, qui se mettent au dessus des admirations de commande. Disons tout net que c’est la marque d’un petit cerveau. Celui qui se ferme volontairement aux nobles enthousiasmes et à la joie de goûter la beauté sous toutes ses formes est bien à plaindre. Ajouterai-je qu’en général il ne comprend pas. Car il faut comprendre pour goûter et aimer. Et si celui qui admire de confiance semble un peu benêt, du moins est-il encore supérieur à l’autre, car son attention est attirée sur des oeuvres ou des spectacles qu’à examiner il finira peut-être par apprécier de lui-même.
- Voir une région, étudier une population avec des dispositions sympathiques, c’est encore le meilleur état d’esprit pour la pénétrer. Ne va-t-on pas surtout là où on se sent attiré? Et concevrait-on un Français qui irait cet été, pour son plaisir-, passer ses vacances en Silésie?
- Nous examinerons, dans un prochain article, comment on doit étudier et goûter la nature, visiter les villes, les monuments, les musées, observer l’activité économique et sociale des contrées qu’on parcourt. Notons seulement qu’un voyage ne consiste pas seulement en excursions, en visite de curiosités; il faut des entr’actes, beaucoup d’entr’actes, au cours desquels le cerveau se repose, se détend, pendant lesquels on flâne et on muse au hasard, avec agrément et non sans profit; car, c’est surtout au cours de ces entr’actes que l’observation des gens et des mœurs pourra s’exercer à loisir.
- Cet esprit d’observation, il faut le développer chez les enfants, qu’on ne saurait trop tôt commencer en voyage. Voilà longtemps que la sagesse des nations a reconnu que les voyages] forment la jeunesse. Il faut apprendre aux enfants à voir, à regarder, à comparer, à juger, tirer parti de leurs remarques et de leurs questions. Seulement les parents feront sagement, s’ils ne veulent pas perdre leur prestige, de bien se documenter à l’avance, car les petits sont de terribles inquisiteurs dont les interrogatoires mettent souvent les grands dans l’embarras. Albert Dauzat-.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- LA PROPHYLAXIE
- La rougeole est une des maladies les plus fréquentes de l’enfance, et de ce fait peut-être, elle paraît aux parents .assez peu inquiétante. Cependant elle est plus grave que la scarlatine ou la variole, à cause surtout de ses complications plus fréquentes dont la plus grave est la broncho-pneumonie. Avant l’âge d’un an, elle est presque fatalement mortelle. Dans les hôpitaux, ces épidémies sont toujours graves par suite de la contagion du pneumocoque.
- La prophylaxie est fort difficile, parce que le rougeo-leux est contagieux avant l’éruption, c’est-à-dire lorsqu’on ne peut encore distinguer son coryza du simple rhume. Par contre, quand l’éruption apparaît, la contagion n’est plus à craindre. Si bien que, jusqu’à ces derniers temps, on ne savait înen faire d’autre pour arrêter la propagation d’une épidémie que d’isoler les malades et de les tenir au chaud pour éviter les complications pulmonaires. Les salles communes d’hôpital étaient tou-
- DE LA ROUGEOLE
- jours meurtrières. A l’école, le licenciement des classes ne servait à rien.
- Il y a quelques années, un sensible progrès fut réalisé par la méthode de Milne, importée et propagée en France par Mme le Dr Nageotte-Wilbouchewitch. On sait qu’elle consiste à badigeonner la gorge avec de l’huile phéniquée à 10 pour ioo toutes les deux heures durant les vingt-quatre premières heures et à faire des onctions avec de l’essence d’eucalyptus sur toute la surface du corps matin et soir pendant les quatre premiers jours, puis une fois par jour jusqu’au dixième jour; on protège en outre l’entourage contre la toux en plaçant au-dessus de la tête et de la moitié supérieure du tronc un large cerceau recouvert de gaze qui retombe sur le lit et qu’on asperge de temps en temps avec de l’essence d’eucalyptus.
- M. le Dr P.-L. Marie vient de faire connaître dans la Presse médicale un nouveau procédé qui semble pou-
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- ment prophylactique. ieau-Dumas et Bris-s les rougeoles ma-us-cutanée de sang mis depuis peu de particulièrement "onnée de succès, ts obtenus dans at, encore loin la prévention \liser, ouvrira
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- Mais, bien qu’appréciables, 1« le traitement de la maladie déc d’être satisfaisants, et il est évi même de la rougeole, si Ton arriv des perspectives autrement brillan
- Se basant sur ces faits et aussi si de rougeole provoque une immunil durable, deux savants français, Ch. ÎNicolle et E. Conseil, eurent l’idée d’immuniser des sujets contre l’infection. L’exemple fut suivi et l’ensemble des faits aujourd’hui acquis montre qu’une nouvelle arme vient d’être créée contre une des maladies les plus contagieuses et les plus graves pour les jeunes enfants et les sujets groupés dans les hôpitaux.
- M. le Dr P.-L. Marie rapporte ainsi la suite de ces expériences :
- Ch. Nicolle et E. Conseil, témoins d’une petite époi-démie de famille survenue en 1916 à Tunis, eurent l’idée d’essayer de protéger le plus jeune des enfants au moyen du sérum provenant d’un de ses frères guéri depuis quelques jours. Ces enfants étaient au nombre de 4 et vivaient en contact permanent, aucun 11’avait eu la rougeole. L’aîné tombe malade le 2 juillet, le second le lendemain, le troisième le 5; l’enfant le plus jeune, âgé de 2 ans, est encore indemne le 12, mais évidemment condamné à la contagion. Ce même jour, du sang est prélevé chez l’aîné dont l’éruption est terminée depuis le 5 et qui se trouve au septième jour de sa convalescence. Le 12 et le 13, l’enfant le plus jeune reçoit sous la peau 4 cm3 de sérum de l’aîné. Bien que maintenu au contact de ses frères, il ne contracte pas la rougeole. Etant données la contagiosité extrême de la maladie et sa durée d’incubation et de prodromes qui s’étend sur 14 jours, le plus jeune enfant aurait dû faire son éruption le 16 juillet, s’il n’avait été protégé par le sérum de son frère convalescent. Encouragés par ce premier succès, ces auteurs conseillent d’employer celte méthode de prophylaxie toutes les fois qu’au cours d’une épidémie de rougeole, on trouvera de jeunes enfants exposés à une contagion certaine. Pour éviter les inconvénients qu’offre l’usage du sérum humain (transmission de la syphilis, de la tuberculose), ils conseillent de filtrer le sérum ou de ne l’employer qu’après conservation assez longue à la glacière ou bien de l’additionner d’un antiseptique. Peu après, Ch. Nicolle et Conseil eurent encore l’occasion de vérifier le pouvoir préventif du sérum des convalescents de rougeole chez un enfant de 2 ans qui, demeuré au contact de son frère atteint le 29 juillet, reçut le 3 août 5 cm3 du sérum de l’enfant employé comme donneur dans la précédente expérience.
- En 1920, les mêmes auteurs apportent deux faits nouveaux établissant la valeur de la méthode. Une femme allaitant un enfant de 6 mois contracte la rougeole et continue à donner le sein; au douzième jour de sa rougeole oin injecte 9 cm3 de sang maternel sous la peau du nourrisson, il demeure indemne. Dans une famille de > enfants, 2 contractent la rougeole presque simultanément, le troisième est mis à l’abri de la maladie grâce à l’injection de 10 cm3 de sang total provenant du premier enfant atteint et prélevé au troisième jour de la conva-
- lescence. A la suite de ces expériences heureuses, Ch. Nicolle et Conseil recommandent l’emploi du sérum des convalescents toutes les fois qu’on se trouvera en présence de jeunes enfants, surtout d’enfants débiles ou vivant dans un milieu familial ou hospitalier encombré.
- 'pur ces entrefaites, D. Richardson et H. Çpnnor en An-jérique, s’inspirant des travaux de Ch. Nicolle et Conseil, mirent en pratique cette immunisation passive pQ’jir protéger de jeunes enfants. Ils prélèvent le sérum du neuvième au vingt-cinquième jour après l’éruption et injectent dans les muscles, à la dose de 7 à 25 cm3, un mélange de plusieurs sérums conservé par l’addition de solution de tric.résol à ogr. 25 pour.100. 4 enfants n’ayant jamais eu la rougeole s’étaient trouvés en contact avec 2. roug^eoleux pendant les quatre jours précédant l’éruption. 3 de ces enfants reçurent à ce moment du sérum; aucun ïie contracta la rougeole, mais le quatrième, non injecté, qui servait de témoin, fit une rougeole typiqne,' douze jours après avoir été isolé. Une infirmière du pavillon cîe la scarlatine fait une rougeole ; 3 enfants en bas âge dans son service n’avaient pas eu la rougeole ; ils reçoivent .du sérum, tous restent indemnes.
- Ces brillants résultats suscitèrent bientôt des imitateurs ; c’est ainsi que Torres et Pacheco en Amérique du Sud purent préserver plusieurs enfants en bas âge qui avaient été exposés à la contagion ; toutefois l’un des injectés eut une rougeole qui fut d’une bénignité extrême.
- Cette méthode d’immunisation passive par le sérum des convalescents a rencontré de nombreux partisans en Allemagne où la rougeole cause annuellement jusqu’à 40000 décès. Selon une coutume chère aux Germains, Degkwitz, qui introduisit la méthode à la fin de 1919, la présenta, malgré les publications françaises et américaines antérieures, comme une innovation originale. Cet auteur eut toutefois le mérite de l’étudier très méthodiquement et d’en préciser l’emploi. Dans une série de travaux, il a confirmé la valeur de cette prophylaxie et montré comment on devait l’organiser dans la pratique.
- A la clinique infantile de Munich où la mortalité est de 29 pour 100 chez les rougeoleux de moins de 2 ans et demi, et de 4.8 pour 100 au-dessus de cet âge, Degkwitz entreprit de protéger les enfants appartenant à la famille des malades. Un seul des 228 sujets réceptifs injectés eut la rougeole, tandis que de nombreux témoins la contractèrent. Cette première série d’essais fut suivie de plusieurs autres, comprenant un total d’environ 700 sujets injectés, et toutes couronnées du même succès. Encouragés parces résultats, de nombreux médecins allemands, Pfaundler, Torday, Rietschel, Kütter, Glaser et Muller, Manchot et Reiche, Zschau suivirent l’exemple de Degkwitz, si bien qu’à l’heure actuelle, la prophylaxie par le sérum de convalescents a été appliquée dans plus de 1700 cas. Dans toutes les publications règne le même enthousiasme ; pas une note discordante sur la valeur de la méthode. Les échec représentent l’infime exception; ils ne dépassent 2 à 3 pour 100 des cas.
- La cause semble donc entendue.
- Des essais d’un autre genre ont aussi été entrepr qui ont donné des résultats encourageants, mais pour R moment il est acquis que le procédé d’immunisation imaginé par Nicolle et Conseil est capable d’arrêter, dans une école ou un hôpital, une épidémie commençante.
- C’est bien une nouvelle et importante victoire de la science française. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répopdu immédiatement.
- Correspondance. -rr- M. Brock, à Anvers, — Nous avons indiqué dans' la Science appliquée N° 24x1 le
- moyen de construire simplement un petit four électrique de laboratoire à résistance. Néanmoins le fonctionnement ne sera pas économique et nous ne pensons pas qu’il soit intéressant de l’utiliser pour fondre les douilles en laiton. Vous auriez peut-être plus d’intérêt à prendre tout simplement un creuset et un foyer approprié.
- Réponses — Appareils émetteurs radiotéléphonicjues. — Société S. F. R., 79, boulevard Haussmann, Parjs,
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- Toute commande doit être accompagnée de son ? en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, a de 10 0j0 pour frais de port ou d’emballage. Tenv des majorations temporaires indiquées pour ouvrages. ............„
- Histoire de VAstronomie, par E. Doublet, i y 680 p. Doin, éditeur, Paris 1922. Prix carton'
- L’astronomie est la plus passionnante, e ue
- certains en puissent penser, la plus utile de es.
- N’a-t-elle pas été de tous temps le flanc ui a
- guidé l’esprit humain vers le progrès? une
- histoire de l’astronomie est-elle en qi sorte
- un résumé de l’histoire de la civilisatû .maine.
- Mais la tâche est difficile, et peu d’hb s ou de
- savants ont osé l’aborder dans son en* i- Aussi faut-il être particulièrement reconnais* M. Doublet de l’avoir entrepris. M. Double un collaborateur du grand historien des ;S Pierre
- Duhem et c’est là sans doute qu’il acr ste érudition dont témoigne son livre. Celir un résumé
- d’une lecture extrêmement attrayr ême temps
- qu’aisée et qui s’impose à tout e é. L’auteur
- y étudie d’abord les débuts d* 1e et la part
- prise par les divers peuple? jloppement :
- on trouvera dans cette partie uv. . „age des détails captivants et peu connus sur l’astronomie chinoise, égyptienne et surtout grecque, puis sur l’évolution de l’astronomie au moyen âge et sur le rôle à cette époque des savants arabes, juifs et ecclésiastiques.
- Nous arrivons alors à l’époque de la Renaissance, qui se développa sur un terrain intellectuel beaucoup mieux préparé qu’on ne le croit généralement. C’est l’époque héroïque de Copernic, de Ticho Brahé, puis de Ivépler et Galilée. M. Doublet en résumant l’œuvre de ces grands hommes ne manque pas de nous faire connaître les traits essentiels de leur biographie, ainsi que du milieu où ils vécurent.
- Il étudie en détail le développement de l’astronomie depuis cette époque mémorable jusqu’au milieu du xix° siècle, à la mort d’Arago ; en mettant en relief, en même temps que les travaux des plus notables astronomes, le progrès continu des instruments et des méthodes d’observation, et le développement de l’organisation scientifique.
- Les stimulants radio-actifs en agriculture. Leur rôle dans les engrais, par Lucien Fournier, i vol. in-16, 73 p. Librairie spéciale agricole, Paris 5e. Prix : 3 fr. 75.
- Les agriculteurs trouveront, dans ce petit livre, les renseignements utiles en vue de ces expériences.
- Il apparaît, d’après les faits cités ici, que les stimulants exercent une action favorable sur la germination, la végétation et les rendements.
- Coal Tar Colours in the décorative industries, by A. Clarke, i vol., 166 p. Constable, éditeur, Londres 1922. Prix : 6 shillings.
- Ce livre, consacré à l’emploi des matières colorantes dérivées de la houille dans les industries décoratives, débute par un bref historique : il définit ensuite les diverses matières colorantes extraites de la houille, puis les mordants ; il étudie ensuite leur emploi dans la fabrication des laques et pigments, puis la teinture du bois, du papier, du cuir et de certaines autres substances, telles que galalithe, ivoire, celluloïd, etc.
- L'Océanographie, par J. Thoulet, i vol. in-16, 287 p. Collection Science et Civilisation. Gauthier-Yillars et C!e, Paris. Prix : 9 francs.
- Exposé clair et accessible à tous des problèmes se rattachant à cette science : topographie, lithologie, physique et chimie de la mer, glaces, vagues, marées, courants, et de leurs rapports avec les sciences voisines ; géographie physique, géologie, zoologie, etc,
- champignons vénéneux, par Sartory et L. Maire, t vol. m-8, 251 p., ïo pl. coloriées. Le François, Paris. Prix : 25 fr.
- Chacune des espèces toxiques, mortelles, dangereuses, suspectes ou dites suspectes, est accompagnée d’expériences sur les êtres vivants, établissant la toxicité ou la non-toxicité de l’espèce examinée.
- La deuxième partie traite des accidents consécutifs à l’ingestion de champignons et de la toximycologie eu général.
- Les auteurs rapportent dans beaucoup d’endroits les résultats inédits issus de leurs recherches qui contribuent à l’extension de nos connaissances sur les substances toxiques des champignons.
- Ils décrivent ensuite les symptômes de l’empoisonnement par les amanites à phalline, par YAmanita muscaria, YAmanita pantherina, par YEntoloma lividium; les russules acres, les lactaires, etc.
- Les moyens de combattre ces accidents font l’objet d’un chapitre spécial.
- PhjtopaMontologie und Géologie, par W. Decice, i vol. in-8, iv + 97 p. Berlin, Gebrüder Borntraeger, 1921. Prix : i3 fr. 5o.
- Les flores fossiles ne jouent généralement qu’un rôle secondaire dans la géologie, la stratigraphie et la paléogéographie, M. W. Decke, professeur à l’université de Fribourg-en-Brisgau, s’est efforcé de combler cette lacune. Il étudie les conditions dans lesquelles se rencontrent les végétaux fossiles marins, de lagunes, d’eaux douces et terrestres, leur association avec les formes zoologiques et la contribution importante qu’ils sont susceptibles de fournir dans la détermination de l’origine et de la nature de sédiments, du climat, des caractères physiques et géographiques du milieu. L’auteur signale l’importance des végétaux fossiles pour l’établissement de la chronologie géologique : caractères généraux des flores fossiles et divers types de milieux qu’elles révèlent. Une importante bibliographie complète l’ouvrage.
- Les coléoptères d’Europe. France et régions voisines, par C. Houlbert, t. II et III. 2 vol. in-16, ensemble : 637 p., 129 fig., 60 pl. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris. Prix : chacun cartonné toile : 12 fr.
- Ces deux volumes terminent l’ouvrage du professeur Houlbert, consacré à l’anatomie générale des Coléoptères et à leur classification. Malgré le cadre restreint de ce travail, volontairement limité à la systématique des genres, les naturalistes y trouveront une précieuse vue d’ensemble de la classification actuelle, si modifiée et si perfectionnée depuis cinquante ans : 79 familles y sont étudiées ; i836 genres de la faune coléoptérique européenne y sont définis à l’aide de tableaux analytiques très simples et très clairs. L'illustration, qui a été l’une des principales préoccupations de l’auteur, fournit, avec ses 76 planches et les nombreuses figures intercalées dans le texte, la représentation schématique d’environ i3oo espèces typiques.
- Le surnaturel contemporain, par André Godard, i vol. in-16, 182 p. Perrin et Cio, Paris. Prix : 5 francs.
- La position actuelle de la philosophie religieuse vis-à-vis de toutes les découvertes scientifiques, et la part authentique du surnaturel dans la société contemporaine, tel est le double sujet que l’auteur étudie dans ce curieux livre très documenté, dans lequel il critique l’exégèse rationaliste et le jansénisme.
- Manuel du fabricant d’encres, cirages et colles, et leur préparation, par Maurice de Iveghel, i vol. in-18 de 384 P-i 47 fig-, cartonné. Baillière éditeur, Paris 1922, Prix : 10 francs.
- Ce manuel constitue une mise au point conscient cieuse où l’on trouvera les renseignements les plus utiles sur la fabrication des encres de tous genres : encres à écrire, encres de couleur, encres sympathiques, encres à copier, encres hectographiques, encres de stylo, etc., sur les cirages et encaustiquas, sur les colles, adhésifs et mastics,
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nécrologie : Sir Patrick Manson. — Presque en même temps que Laveran à Paris, sir Patrick Manson vient de mourir à Londres. Tous deux étaient des pionniers de la médecine des pays chauds ; Laveran avait découvert le parasite du paludisme, Manson le rôle pathogène des insectes piqueurs.
- Manson, né à Fingask (Aberdeenshire) en 1844, devint docteur- en médecine en 1866. Il partit aussitôt à For-mose, alors un des pays les plus malsains du monde, puis vécut en Chine, observant de nombreuses maladies indigènes. En 187g, il découvrit l’évolution des Maires et montra leur transmission par les moustiques. Cette révélation inspira les travaux de Smith et Kilborne sur la transmission des piroplasmoses du bétail par les tiques, ceux de Ronald Ross aux Indes et de Grassi en Italie sur le rôle des moustiques dans le paludisme. En i'goa, revenu à Londres, Manson, le premier, infecta expérimentalement des hommes par piqûres de moustiques.
- Sir Patrick Manson eut la plus grande influence sur la création des études de médecine coloniale en Grande-Bretagne par son magistral traité des maladies des pays chauds et la fondation de l’Ecole de médecine tropicale de Londres.
- L’aménagement de l’Imatra. — Quoique tout le monde connaisse au moins de réputation les chutes ou plus exactement les rapides de l’Imatra, rappelons qu’ils sont situés en Finlande et qu’ils sont formés par le Vuoksen, l’émissaire du lac Saïma dans le Ladoga. Au sortir du Saïma, le fleuve franchit sur une distance de 9.3 km une dénivellation de 63 m. répartie sur six étages; le plus saillant est précisément l’Imatra où la différence de niveau atteint 18 m. sur une longueur de i3oo m. — Si la hauteur de chute est faible, en revanche le volume d’eau est énorme : 600 à 800 m3 secondes, et cela à la fin de l’été pendant l’étiage. secondaire, l’étiage le plus creux ayant lieu en hiver. La puissance hydraulique du Vuoksen dans son cours supérieur est par suite considérable. D’après un rapport du consul américain. d’Hel-singfors, publié dans les Commerce Reports des Etats-Unis, elle ne serait pas inférieure à 55oooo chevaux vapeur, dont 120000 pour l’Imatra. A eux seuls ces rapides pourront produire une quantité d’énergie quadruple de celle nécessaire à l’exploitation du réseau ferré finlandais et alimenter en courant électrique tout le pays.
- En conséquence, il y a quelques mois la diète de Finlande a voté un crédit pourTaménagement de ces chutes. La dépense totale prévue s’élève à pas moins de 267 millions de marks finlandais (environ 1 franc au cours normal) ; mais, pour ménager le budget, il a été décidé que l'entreprise serait poursuivie par étapes. La première comporte la construction d’une usine pouvant produire environ 100000 kilowatts-heure.
- L’Imatra constitue' le site le plus célèbre de la Finlande, aussi bien le plan d’aménagement a-t-il été conçu de manière à respecter la beauté pittoresque du paysage.
- Charles Rabot:
- La production des résines synthétiques. — La
- publication chimique américaine Chemical Trade, citée par la Revue des produits chimiques, fait connaître que la Barrett G0, de New-York, lance sur le marché une résine synthétique côumaronique, pour vernis et autres applications, sous le nom de Cumar, destinée à remplacer partiellement le Damar, les éthers résiniques, la gomme de Iiauri et les résines ordinaires. MM. W. Iiing, F.-W. Bayard et F.-FI. Rodes font remarquer les avantages que. présentent les résines coumaroniques dans l’industrie des vernis.
- La Barrett C° produit neuf espèces de résines, dont les points de fusion sont compris entre 5o° C et 1600 G et dont la couleur varie entre le jaune clair et l’ambre foncé.
- Pendant la guerre, l’Allemagne, si-gênée par le blocus, dut recourir largement à l’emploi des résines .coumaroniques. Le « Comité de guerre pour les graisses et huiles » dut refréner la production de succédanés défectueux des résines naturelles en limitant à 3o le nombre
- N° 2518 8 Juillet 1922
- des qualités commerciales de résines coumaroniques et admettant, en outre, quatre qualités supplémentaires de résidus contenant une certaine proportion de ces résines, types approximatifs désignés par les qualificatifs : cassant (springhart), dur (hart), demi-dur (mittel-hart[, tendre (weich), visqueux (zaehflussig) et liquide (flussig).
- Dans chacun de ces groupes, on distingue encore les variétés suivantes : blond, brun clair, brun foncé et noir, ce qui constitue les trente qualités admises. Les résidus coumaroniques admis étaient à 27-35 pour îoû de résine, à 20-27 pour 100, à 20 pour 100 et à 20-35 pour 100, pratiquement exempts de phénate de soude. Pour éviter les inconvénients dont les consommateurs se plaignent, il y a tendance à réduire la production à deux espèces de résines coumaroniques : une variété blonde et dure et une variété visqueuse.
- En 1914, l’Allemagne’ produisait 6000 tonnes de résines coumaroniques. En 1917, sa production annuelle s élevait à 11000 tonnes, et depuis elle a augmenté chaque année. D’après Glaser, les résines coumaroniques, au moins dans certaines de leurs applications, seraient à nouveau supplantées par les résines naturelles et Fischer fait remarquer que l’industrie allemande des vernis est plus ou moins détournée, alors qu’on voit se manifester le mouvement contraire en Amérique.
- Graisse synthétique.— Le brevet anglais, pris récemment par MM. Schicht et A. Grun, indique que l’on obtient des graisses ressemblant aux corps gras naturels tels que le lard et le beurre, en éthérifiant par la glycérine, par les méthodes connues, des mélanges d’acides gras supérieurs à l’acide butyrique.
- En vue d’obtenir des glycérides mixtes, en évitant la formation de triglycérides d’acides particuliers, on peut préparer d’abord un monoglycéride de l’un des acides, le transformer en diglycéride à l’aide d’un deuxième acide, puis en triglycéride à l’aide d’un troisième.
- Les acides peuvent être employés tels quels ou sous forme d’anhydrides, de chlorures, d’acide ou d’éthers. La glycérine peut être remplacée par les halogen-hydrines, l’acide glycérylsulfurique, les épihalogen-hydrines, l’épihydrine-alcool, les aminoglycérines, etc.
- La méthode peut être appliquée aux graisses naturelles et être utilisée pour améliorer les graisses durcies, contenant de la tristéarine. On peut ajouter au produit de la cholestérine, de la lécithine, des vitamines et des matières colorantes naturelles (carotine et xantophylle).
- Les bacs des films cinématographiques sont de vraies mines d’argent. — Sur l’un des côtés du film photographique, on applique une mince couche de colle sur laquelle sont déposés des sels d’argent, c’est ce côté qui, influencé par les rayons de la "lentille, nous permettra d’obtenir l’image désirée.
- Les sels d’argent frappés par la lumière changent de caractère chimique, ils deviennent métalliques et insolubles dans l’hypo, ainsi que l’on a baptisé en cinématographie l’hyposulfite de soude dans lequel le film va être plongé pour dissoudre les sels d’argent qui n’ont pas été influencés par les rayons lumineux.
- Il arrive forcément que cette solution d’hyposulfite devient si saturée d’argent qu’on est obligé de la régénérer, ce qui se fait dans des laboratoires d’où on extrait comme sous-produits Fargent des bacs qui représente des sommes assez ^importantes pour que rien qu’à Los Angeles, trois maisons spéciales s’occupent de cette récupération qui produit près d’une demi-tonne d’argent fin par semaine.
- Ce chiffre paraît surprenant, si on ne réfléchit pas qu’à Los Angeles, en marche normale, on utilise plus de 3 000 000 de mètres de films et que leur développement demande 136 9 litres d’hyposulfite.
- D’après le Scientific American, l’argent récupérable serait de 22 kg 800 par Soooo m. de fil.
- Cette quantité varie naturellement avec la densité du bain, on l’estime en fin de compte à un tiers d’ounee (une ounce = 28 gr. 35) par gallon, qui est égal à 4 lit. 547.
- Ajoutons que les films sont percés sur lès bords d’une série de trous continus, on ramasse les petits ronds qui
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- INFORMATIONS
- en proviennent pour en extraire également les sels d’argent; une seule usine en aurait recueilli près de a tonnes en un mois.
- Progression de la maturation dans les poires à couteau. — MM. G. Rivière, directeur de la Station agronomique de Seine-et-Oise, et G. Bailhache, préparateur-chef à cette même station, ont fait des expériences particulièrement intéressantes, au double point de vue scientifique et pratique, sur la progression de la matu^ ration dans les Poires à couteau et dont iis ont relaté, il y a quelque temps, les heureux et fort concluants résultats à la Société Nationale d’horticulture de France.
- Les Poires d’automne et d’hiver, et même d’été, n’atteignant jamais, ou ne devant jamais atteindre leur maturité sur l’arbre, mais seulement leur complet accroissement en volume, il convient donc, après les en avoir détachées, de les conserver dans un local approprié que les arboriculteurs appellent un fruitier.
- C’est, en somme, afin de permettre aux phénomènes chimiques qui concourent à leur maturation de s’accomplir, sous la surveillance vigilante de l’arboriculteur, dans les conditions les plus favorables jusqu’à leur complète maturité.
- Celle-ci, comme nous le savons, s’annonce extérieurement par un changement dans la couleur de l’épicarpe et aussi par le dégagement d’une odeur agréable qui n’est autre que celle de l’éther amylacétique.
- De vert qu’il est, durant leur accroissement, l’épicarpe de nos poires à couteau jaunit plus ou moins et revêt, très souvent, une teinte rouge ou rosée, parfois accusée, sur la face qui a été frappée j>ar le soleil. On observe, en outre, que la pulpe de ces poires s’amollit au fur et à mesure qu’elles se rapprochent davantage de leur maturité et que ce ramollissement ne se constate, tout d'cibord, qu’au voisinage du pédoncule.
- C'est pourquoi, du reste, nous imprimons, avec le pouce, une légère pression sur la pulpe, en un point voisin du pédoncule, quand nous voulons nous assurer qu’une poire est bonne à consommer.
- Si la pulpe cède suffisamment à notre gré, nous estimons que la poire est mûre. Nous nous trompons bien quelquefois, mais nous le répétons, c’est avec le changement de couleur de l’épicarpe le seul moyen pratique, à notre disposition, pour déterminer l’état, de maturité d’une poire à couteau.
- Mais, si sous la pression exercée par le pouce, il ne se produit qu’un très léger fléchissement, nous en concluons immédiatement qu’il est -préférable d’attendre encore quelques jours, mais parfois seulement quelques heures (poires d’été) pour manger une poire à point.
- Si, à ce moment, nous divisons une telle poire en trois tranches, suivant son petit axe afin de les soumettre séparément à l’analyse chimique — et afin d’obtenir des résultats très précis, MM. Rivière et Bailhache ont écarté une portion de pulpe entre la partie n° i et la partie médiane et une autre portion de pulpe entre la partie médiane, et la partie n° 3 — nous constatons entre elles des différences de composition relativement sensibles.
- On peut s’en rendre facilement compte en consultant le tableau ci-dessous :
- Beurré Duchesse Doyenne, Hardy. d’Augoulême (b- du Comice.
- (Quantité de sucre pour 100 de pulpe.) grammes, grammes. grammes.
- x0 Partie voisine du pédoncule................... 8,91 12,3i 10,78
- a0 Partie médiane . . * . 7,98 12,19 10,72
- 3° Partie voisine de l’œil. 7,90 12,12 10,62
- Ce qui démontre nettement que la maturation des poires à couteau se manifeste d'abord dans les tissus qui avoisinent le pédoncule et qu’elle progresse ensuite, cîe proche en proche, jusqu’à ceux qui avoisinent l’œil, mais avec plus oq. moins cîe rapidité suivant les variétés considérées.
- Le saule itiellitère. — Pour la reconstitution de nos richesses mellifères, surtout dans les régions dévastées par les Allemands — qui ont détruit tous les ruchers —
- 1. Lors de l’analyse, c’était la maturation. de la Duchesse qui était la plus avancée.
- il convient de signaler les ressources que l’on peut obtenir des plantations de saules, notamment de saule blanc et de saule Marsault, à fleurs mâles (à-étamines), à grands chatons contenant du pollen jaune clair et du miel.
- Les saules à fleurs femelles (à pistils) ont des chatons plus courts et verts et ne donnent que du miel. C’est lors de leur floraison que l’on peut reconnaître le sexe. Le saule pleureur a des fleurs femelles.
- . On peut planter des saules dans les coins perdus, situés non loin des ruchers, sur les bords des ruisseaux’ à la lisière des bois, sur les remblais des chemins, même dans les ravins, entre les rochers.
- Si le saule se plaît surtout dans les terrains marécageux et humides, il pousse aussi avec vigueur dans les terrains arides ; on en voit même sur de vieux murs. Cet arbre croit rapidement; recépé à quelques centimètres du sol lorsqu’il a atteint une hauteur de 2 mètres, il émet une foule de rejets formant touffe, laquelle fleurit abondamment après detix ou trois ans.
- Des touffes de saules situées dans des lieux ensoleillés, à 3oo mètres au plus des ruchers, évitent aux abeilles de longues et dangereuses courses pour rechercher le pollen au printemps, en mars et avril.
- A l’époque de la floraison des saules, on a constaté, dans des ruches en cloche, des augmentations joui’na-lières de i5oo gr. En quelqixes jours, leur miel et leur pollen procurent aux colonies ce qui est nécessaire pour élever une nombreuse génération de butineuses et la dépopulation est presque nulle, au printemps, car elle ne se produit que lorsque les abeilles ont de longs trkjets à pax'courir pour récolter le pollen.
- Recherches sur la propolis. — La propolis est, comme chacun sait, cette substance résineuse et odorante, de couleur rougeâtre, que les abeilles recueillent sur les arbres' verts, ou sur les saules, les peupliers, les marronniers, etc., et qu’elles préparent pour enclore leur demeure. Elle leur sert à enduire tout l’intérieur de la ruche et à en boucher toutes les issues, à l’exception de celles qui sont nécessaires pour l’entrée et la sortie des habitants; elle leur sert encore à obturer les fissures de leurs ruches et aussi pour en fixer les rayons.
- MM. Gustave Rivière et Gabriel Bailhache. se sont livrés à des recherches intéressantes., relatives à l’origine de la propolis, dont ils viennent de publier les résultats, en un rapport* court et précis, à la Société nationale d’Horliculture de France.
- Pendant longtemps, beaucoup d’apiculteurs ont vu dans la propolis une production analogue à celle de la cire, tandis que d’autres, au contraire, soutenaient que les abeilles allaient récolter cette matière au printemps sur les bourgeons, encore clos, des saules et des peupliers.
- C’est pour résoudre cette question, encore un peu mystérieuse, que ces deux techniciens ont entrepris les recherches dont il s’agit.
- Ayant reçu du département de l’Aube une certaine quantité de propolis, ils la soumirent à divers traitements qui leur permirent d’obtenir des cristaux que l’examen leur démontra être la même substance que Picard-isola, en 1864, des bourgeons de peupliers (Po-pulus pyramidalis, P. nigra, P. balsamifera) et qu’il décrivit sous le nom à’acide chrysinique ou-de chrysine.
- Voulant contrôler leurs résultats, MM. Rivière et Bailhache ont préparé la chrysine des bourgeons de peupliers et ils ont alors pu constater son identité absolue avec celle de la propolis, tant par son point de fusion -|- 284° à 285° que par les dérivés qu’elle leur a donnés.
- MM. Rivière et Bailhache font remarquer que, dans nos régions, la propolis a bien pour origine la matière visqueuse que les abeilles vont récolter au printemps sur les bourgeons (appelés ainsi parles botanistes, mais les' arboriculteurs emploient le mot œil pour éviter toute confusion) encore clos des peupliers, mais qu'il n’en saurait être de même dans tous les pays. Aussi estiment-ils qu’il serait parfaitement possible de rencontrer des propolis qui n’offrent pas la même composition, notamment celles qui proviendraient de régions où la flore forestière ne possède point de peupliers. Par contre, on devrait y constater la présence d’autres corps, attendu que ceux-ci seraient élaborés par des arbres ou ai'brisseaux appartenant à d’autres familles végétales.
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- AVIS.— L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L.a Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- ensuite au moyen d’un bouchon. Nous obseï ,, __
- lorsqu’il s’agit d’arbustes déjà d’un diamètre assez fort, il convient d’arracher les souches mortes, restées dans le sol, autrement celles-ci, en s’altérant, pourraient propager la maladie du blanc des racines sur les arbres voisins.
- Réponses. — Cercle du Dauphiné, -r- Les objets en fer forgé sont préservés de la rouille d’une façon très efficace par onction légère d’une sorte d’onguent composé de •„
- Cire de Carnauba., 1 .... . . 20 gr.
- - Paraffine............... . . 10 —
- Vaseline . ....................... _______
- Essence de térébenthine ..... i5 —
- Benzine ............................20 —
- Pétrole. .................. . 20 —
- Fondre au bain-marie, laisser refroidir jusqu’à consistance pâteuse et ajouter une quantité suffisante de graphite pour donner la couleur du fer. (Ar. B. Prendre toutes précautions pour éviter une inflammation pendant la fusion)’.
- M. btouky, à Lausanne. — A notre avis, le moyen le plus pratique pour imperméabiliser vos tuiles trop poreuses est d’effectuer une fluatation, vous trouverez les produits nécessaires à la maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand. Le fluate de magnésie s’applique au pinceau, en deux couches, à douze, heures d'intervalle, puis on termine. pare une troisième couche de solution étendue de 5o pour 100 d’eau, après séchage complet, l’imperméabilisation est obtenue.
- M. Al. Ilallet, à Vaux-sous-Chevremonf, Liège. — Les pâtes à. polycopier sans gélatine ou pâtes économiques s’obtiennent par mélange de :
- Argile sèche. fioo gr.
- Eau ordinaire................ 100
- Sucre. ...... 5o __________
- Glycérine . . . ............... . a5o —
- Faire dissoudre le sucre dans l’eau, incorporer progressivement cette solution à l’argile puis, pour terminer, la glycérine par malaxage. On place ensuite la pâte résultante dans les cuvettes appropriées à la dimension des feuilles à polycopier.
- Si on désire une pâte très blanche on se servira, au lieu d’argile grise, de kaolin également bien sec.
- Hospice de Bicêtre: — i° Bibliographie sur les ocres : Les, ocres, par Hubert, éditeur Dunod, 4.7, quai des Grands-Augustius ; Couleurs minérales, par Perret; Enc) clopédie BiUon, chez Albin Michel, rue Huyghens; Notice de la Société des ocres de Vaucluse, à Apt ; 20 Pour le sulfate de baryte, Dictionnaire de chimie industrielle, de\Villon; Le Lithopone) par Coffignier, éditeur, Noïo, 53 bis, quai des Grands-Augustias. °
- M. Méry, à Paris. — Les cuirs de vos reliures ont été certainement teints au moyen de couleurs dérivées de la houille, ces couleurs très vives au début sont rnalheu-. reusement fugaces à la lumière dont les radiations produisent des transformations moléculaires, une fois altérées par cette cause il n’existe aucun moyen de les raviver.
- M. d’Estampes, à La Charité, Nièvre. — Si les rondelles de caoutchouc que vous désirez fixer sur laiton ne sont pas soumises a un effort d’arrachement,, nous pensons que vous réaliserez une bonne adhérence en vous servant'd une colle obtenue par digestion à froid de 10 gr. de gomme laque en écailles dans roo cm3' d’ammoniaque, liquide du commerce. La dissolution demande au moins une quinzaine de jours et doit vous fournir un liquide épais, si la gomme laque est de qualité convenable. - '
- M. Henrique Mathieu, Gartagena (Colombie). — On peut détruire, par empoisonnement, les arbres et arbustes d un certain diamètre, préjudiciables aux cultures. Voici le mode opératoire : on perce, avec une tarière, quel-,-ques trous obliques sur le tronc de l’arbre ou de l’arbuste à supprimer, puis on remplit ces trous avec une solution concentrée d’arséniate de potasse.
- .On réussit ainsi à tuer l’arbre ou l’arbuste.' Ce procédé a été employé, bien des fois, avec succès complet, pour détruire des arbres même très gros.
- .On peut,, tout aussi bien, arriver, à ce résultat en faisant, au.pied de l’arbre, avec une tarière, un trou que 1 on remplit de sulfure de carbone et que l’on bouche
- M. B. W., à Pantin. — Il y a plusieurs procédés pour conserver les œufs. Pour la conservation ménagère, les plus pratiques sont ceux qui utilisent l’eau de chaux, ou le silicate de potasse ou de soude, ou l’acide saliey-lique. Tous ces procédés tendent au même but : soustraire les œufs à la pénétration de l’air. Pour la conservation à l’eau de chaux, ranger les œufs dans un pot en grès, la pointe en bas, verser par-dessus de l’eau de chaux (x kg de chaux pour 10 litres d’eau) de façon à couvrir. Placer ensuite un couvercle en bois pat-dessus le vase et mettre celui-ci à la cave, à l’abri de la lumière. Préparer la conserve le jour de la ponte ou le lendemain; employer toujours de la chaux fraîchement éteinte. La croûte de carbonate de chaux qui se forme à la surface de l’eau ne doit être brisée que lorsqu’on doit en retirer les œufs.
- Le mélange de silicate de potasse et de silicate de soude (autre procédé) comporte la préparation suivante : Dans un récipient bien nettoyé et ébouillanté, faire un bain à raison de 8 à 10 pour 100 de silicate dans de l’eau bouillie et refroidie, agitée pour assurer la dissolution rapide. Mettre les œufs au fond du récipient, verser lentement la solution jusqu’à ce qu’ils soient bien immergés. Ne prendre que des œufs très frais, pondus de. cinq à six jours au plus, et très propres; ils ne doivent pas se toucher, sans quoi ils feraient masse et on ne pourrait plus les séparer sans les briser. Placer le récipient à la cave et à l’abri d.es poussières. Au moment de faire cuire à la coque et à cause du revêtement de silicate, avoir soin de percer les œufs au gros bout avec une aiguille pour éviter qu’ils éclatent.
- Pour la conservation au moyen de l’acide salicylique, dissoudre cet acide dans l’eau bouillante, à raison d’une cuillerée à bouche pour 5 litres d’eau (ne pas mettre cette dissolution en contact avec un métal ; elle peut se conserver pendant trois mois dans une pièce bien aérée; après ce délai, il faut la renouveler). Mettre les œufs dans un baril et les recouvrir de la dissolution froide d’acide salicylique, en les maintenant au moyen de quelques planchettes flottant sur le liquide ; couvrir d’un linge pour éviter les poussières. Les œufs ainsi préparés se conservent très longtemps, mais il faut les employer dès qu’on les retire du baril.
- Enfin, on trouve dans le commerce des produits pour conserver les œufs, notamment les combinés Barrai (Paris, 11, rue Lecuirot, 140).
- M. M. Dumas fils et Ce, boulevard Malesherbes, Paris. — Le procédé indiqué dans le n° 2.411, du 19 juin 1920, comme, étant employé aux îles Hawaï, pour étouffer les mauvaises herbes dans les plantations de cannes à sucre, et réaliser ainsi une grande économie de main-d’œuvre, par la suppression des façons d’entretien, en particulier des sarclages, n’a. pas été essayé sur nos plantations coloniales, et nous ne savons, à cet égard, rien d’autre que ce que rapporte l’information à laquelle vous faites allusion.
- C’est un procédé d’ailleurs peu connu, croyons-nous, et sur lequel, en tout cas? il nous semble qu’il y aurait lieu de faire certaines réserves, notamment en ce qui concerne la croissance des jeunes cannés à sucre. Nous ne pouvons que vous conseiller de vous mettre en rapport avec M. C. F. Eckart, administrateur de la plantation Olaa, aux îles Hawaï, en vous adressant, pour les recherches nécessaires,, à cette fin, soit à M. E. Prud-homme, Directeur du Jardin colonial,, à Nogent-sur-Marne (Seine), soit au Service des Renseignements de Y Agence générale des Colonies, à Paris (Palais-Royal, 3.4., Galerie d’Orléans). Yoyez aussi au Journal dAgri-culture tropicale, Paris, 27, rue Laffitte, 9".
- M. J. R., à Yalencia. — Courants à haute fréquence. —- Consultez l’ouvrage de Charbonneau : L,es courants à haute fréquence, chez Albin Michel, rue Huyghens, Paris. Yous trouverez des. appareils chez Gaiffe, 23, .rue Gasimir-Perier, Paris; Ducretet-Roger, jb, rue Claude-Bernard, Paris ; Malaquin et Dutertre, 48, rue Mousieur-le-Prince, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commandé doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ==========
- A la gloire de la Terre (souvenirs d’un géologue), par Pierre Termier, de l’Académie des Sciences, i vol. 425 p. Nouvelle Librairie Nationale, Paris 1922. Prix : i5 francs.
- Dans ce volume, M. Termier a rassemblé un certain nombre de conférences ou discours, dont plusieurs sont déjà assez anciens. Cependant ces « feuillets épars » forment un ensemble d’une admirable unité : ils sont tout frémissants à la fois d’un enthousiasme ardent et communicatif pour la science et des plus nobles sentiments religieux et humains; « La Terre, dit l’auteur, m’est apparue dès ma jeunesse comme infiniment belle, digne d’être parcourue, étudiée, expliquée et chantée, capable de nous consoler dans les pires douleurs et, quoique périssable elle-même, de nbus parler d’éternité ».
- Tous les grands problèmes que pose l’histoire de notre globe sont abordés dans ce livre; la naissance, la vie et la mort des montagnes, l’histoire de l’Atlantide, la formation des océans, l’àge de la Terre; chacun de ces chapitres est un véritable poème où l’esprit scientifique le plus sûr s’allie au plus brillant talent littéraire. On a souvent accusé la science de dessécher le cœur et l’imagination. Ce livre de M. Termier •démontre l’inanité d’un tel reproche. Devant les grands spectacles de la Nature et ses énigmes, l’auteur sait s’interroger avec la froide méthode du savant ; mais il sait aussi évoquer en termes nerveux et sobres les paysages et les mondes du présent et du passé, traduire d’une façon profondément émouvante les méditations que lui inspirent les évolutions de notre globe et nous entraîner à sa suite « dans ces hautes sphères où l’on domine les brumes ».
- Trois belles biographies forment le centre de cet ouvrage : consacrées à trois hommes que l’auteur -considère à des titres divers comme les rénovateurs de la géologie moderne : à Ë. Suess, l’illustre géologue autrichien, au non moins célèbre Marcel Bertrand, son élève et son émule français, et à Hippolyte Lâchât, savant français modeste et peu connu, mais qui fut un précurseur des deux premiers.
- La civilisation hellénique' {aperçu historique), par M. Croiset, membre de l’Institut, 2 vol., 160 p. chacun. Payot éditeur, Paris 1922. Prix : 4 fr.- le vol.
- Ces deux volumes résument à très grands traits l’évolution de la civilisation hellénique depuis le viic siècle avant J.-C. jusqu’au ive siècle après J.-C., en s’attachant surtout à mettre en relief les caractères essentiels de son développement intellectuel, artistique, moral et religieux. La vieille civilisation hellénique exerce encore sur notre civilisation moderne une. influence profonde, aussi est-il utile à tous d’en connaître les principaux aspects ; c’est ce que rend facile le clair abrégé de M. Croiset.
- Charles de Foucauld, explorateur du Maroc. Ermite au Sahara, par René Bazin, de l’Académie française. 1 vol. 478 p. avec 1 portrait et une carte itinéraire. Plon-Nourrit, éditeur, Paris, 1921.
- Ch. de Foucauld compte parmi les figures les plus extraordinaires de notre temps. M. Bazin relate, en détail, les diverses phases de l’existence aventureuse de ce grand homme et son récit, appuyé sur des document originaux, constitue une passionnante étude de caractère en même temps qu’un beau chapitre de notre histoire coloniale. .Né en 1858, à Strasbourg, entré à Saint-Cyr en 1876, puis lieutenant aux chasseurs d’Afrique, de Foucauld eut d’abord une jeunesse orageuse, qui entraîna sa mise en non-activité.
- La révolte de Bou-Amama marque la première étape de la conversion de ce lettré fêtard : il reprend du service, se conduit héroïquement, puis demande un
- congé et entreprend de 1883 à 1884, à travers le Maroc inconnu, sous le déguisement, d’un Juif marocain, un audacieux voyage qui le classe au premier rang des explorateurs. Les renseignements qu’il en rapporte furent ensuite largement utilisés par nos soldats.
- En 1888, sa relation de voyage achevée, de Foucauld renonce au monde, part en Palestine, et à son retour entre à la Trappe. A partir de ce moment, il mènera jusqu’à sa mort l’existence austère et édifiante des premiers ermites chrétiens ; en même temps une autre vocation profonde et irrésistible l’appelle vers le monde musulman qu’il veut non pas évangéliser, mais apprivoiser. En 1901, ayant reçu la prêtrise, il se fait l’aumônier du Sahara ; c’est à Beni-Abbès, oasis de i5oo âmes, à 200 km au sud de Colomb-Béchar, qu’il s’installe tout d’abord, édifiant les indigènes par la sainteté, l’humilité de son existence, toute consacrée à la prière, au travail et à la charité. Et il se trouva ainsi que Ch. de Foucauld, servi par sa parfaite connaissance de l’àme musulmane, fut en même temps qu’un apôtre un profond politique. En 1903, le Sahara étant en pleine période de troubles, le P. de Foucauld part pour In-Salah; il est resté explorateur et savant; il note avec soin toutes les particularités géographiques, ethnographiques, linguistiques de ses itinéraires, documentation précieuse qui sera d’un puissant secours pour l’occupation militaire de ces régions. 11 parcourt ainsi en diverses tournées le Hoggar et l’Adrar, pays des Touareg.
- De retour à Beni-Abbès en 1905, il le quitte définitivement en 1906 et s’installe en plein Hoggar, à Tamanrasset seul au milieu des Touareg. De la cabane qu’il s’y bâtit, l’éclat de ses vertus rayonne surtout le Sahara et contribue plus efficacement que cent combats à pacifier les sauvages Touareg. Il y rédige en même temps un lexique touareg-français, ainsi que des notes sur la langue, les mœurs et la mentalité des habitants qui ont été retrouvées après sa mort, et qui témoignent des immenses services que par sa connaissance intime du pays, le P. de Foucauld rendit à tous nos sahariens. « Se faire aimer », telle est sa belle devise qui devient en même temps celle des coloniaux qu’il initie; les résultats apparaissent très vite : Soumission pacifique du Hoggar en 1910 au colonel Laperriné et construction du poste de Tamanrasset. De F’oucauld devient l’âme du, Hoggar et avec lui la civilisation commence à pénétrer les milieux Touareg.
- Puis la guerre vient, le pays est dégarni de troupes : le ier décembre 1916,. le P. de Foucauld dans son ermitage est assassiné par un rezzou sénoussiste venu de Tripolitaine, sans doute, à l’instigation d’agents allemands.
- Nouveau formulaire des parfums et des cosmétiques. Parfums naturels et parfums synthétiques, par J.-P. Durvelue, 2e édit. 1 vol. in-8, 597 p., lig., Desforges, Paris. Prix : 35 francs.
- Cet ouvrage est divisé en deux parties : la première est .consacrée à l’étude des matières premières, la seconde à celle de la confection des produits.
- La confection des produits embrasse la préparation des eaux aromatiques -et des teintures, des extraits simples et composés, bouquets, parfums pour le mouchoir, eaux de senteur, eaux de toilette; celle des cosmétiques détersifs, adoucissants, fixateurs, colorants, épilatoires, révulsifs, des parfums pour appartements, des poudres à sachets, des papiers parfumés. Un chapitre important est consacré aux savons de toilette et à leurs dérivés ; il contient une étude particulièrement soignée des parfums synthétiques susceptibles d’être employés pour parfumer les savons de coco à froid.
- Cet ouvrage constitue une véritable encyclopédie et sera consulté avec fruit par tous ceux qui s’occupent de parfjimerie à un titre quelconque.
- Qui brûlera demain? Contient : ce que doit savoir tout industriel pour se protéger contre l inccndie : prévention, premiers secours, défense proprement dite, mode d’extinction du feu. 1 br. in-8, 44 22 fig.,
- Phillips et Pain, 1 rue Taitbout, Paris. Prix . 3 fr. 5o
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- LA NATURE
- Supplément.
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- N° 2519
- Nécrologie : le prince Albert de Monaco. — Le
- 9.6 juin dernier, est mort le prince Albert-Honoré-Charles Grimaldi de Monaco, dont tous les Français connaissent les services rendus à notre pays et les admirables recherches scientifiques.
- Né à Paris le i3 novembre 1848, Albert Ier de Monaco servit la France pendant la guerre de 1870 comme officier de marine (on sait que son fils et héritier, Louis, est général de l’armée française et qu’il commandait en Haute-Silésie lors de la mort de son père). En 1889, le prince Albert succéda à son père, Charles III, sur le trône de Monaco. Il sut gouverner sagement sa principauté, y développant les oeuvres sociales de toutes sortes et accordant à ses sujets une large part dans la conduite des affaires. Mais ce n’est pas là son grand titre de gloire.
- Passionné de la mer, il y consacra sa vie et créa en grande partie une nouvelle science immense et riche d’applications de toutes sortes. A bord de Y Hirondelle (i885-i888), puis de la Princesse Alice T (1891-1897), et enfin de la Princesse Alice If, depuis 1898, il parcourut l’Océan Atlantique en tous sens, du Spitzberg aux Açores, emmenant avec lui successivement géographes, physiciens, météorologistes, géologues, botanistes, zoologistes, physiologistes. Grâce à l’outillage puissant dont il disposait, grâce aux nombreux engins nouveaux créés par ses soins, il découvrit de très nombreux animaux nouveaux, éclaira la question des courants marins, sonda la haute atmosphère aussi bien que les très grands fonds. Les documents rapportés de ces multiples croisières furent révélés dans les magnifiques publications intitulées : Résultats scientifiques des campagnes accomplies par Albert Ier, prince de Monaco, tandis que les instruments, les échantillons de fonds, les espèces d’animaux et de plantes s’accumulaient à Monaco où ils devinrent le très riche fond du Musée Océanographique [La Nature-, nos 1715 et 1927), inauguré en 1910, qui comprend aujourd’hui un musée, des laboratoires et une bibliothèque fort riches et publie ses travaux dans un Bulletin très intéressant. Peu après, pour vulgariser le goût des sciences de la mer, le Prince créa à Paris l’Institut Océanographique {La Nature, n° 1986), ouvert en 1911, où des cours et des conférences révèlent aux étudiants et au public l’importance des problèmes maritimes.
- En outre, le prince de Monaco s’intéressa beaucoup à l’origine de l’homme. Il fit entreprendre de i8g5 à 1902, les fouilles qui amenèrent la découverte des squelettes de Grimaldi [La Nature, n° 1777), encouragea d’autres recherches, notamment dans lès grottes peintes et gravées d’Espagne, et finit par créer à Paris un Institut de paléontologie humaine [La Nature n° 2440) qui vient de s’ouvrir l’an dernier.
- Correspondant de l’Académie des Sciences depuis 1891, le prince en avait été nommé membre associé en 1909; il était également associé de l’Académie de Médecine, et était grand-croix de la Légion d’honneur.
- il laisse le souvenir d’un grand initiateur dans des sciences très diverses, d’un grand bienfaiteur des recherches scientifiques et d’un grand ami de la France.
- Extension des services de l’électricité à bord des navires. — En attendant qu’elle s’applique aussi à la propulsion des navires, l’électricité tend à prendre une place de plus en plus importante dans le fonctionnement les innombrables services qu’on trouve à leur bord.
- Le paquebot de 16000 tonnes, Pittsburg, de la Compagnie anglaise White Star, qui vient de terminer ses essais avec un plein succès, détient actuellement le record au point de vue de l’emploi de l’électricité.
- Tout y fonctionne en effet, électriquement, en dehors des machines qui sont des turbines recevant leur vapeur de chaudières brûlant du pétrole.
- La manœuvre du gouvernail, celle des embarcations le sauvetage, celle des grues pour l’embarquement des 'narchandises, la ventilation, le chauffage et jusqu’aux • uisines, tout s’y fait par l’électricité.
- Le navire est muni, pour répondre à ces besoins, d’une station génératrice de 1000 chevaux et on trouve a ? on bord près de no km de fils conducteurs,
- % 15 Juillet 1922
- L’électrification des chemins de fer du Midi. —
- Dans un substantiel rapport destiné au Congrès de l’aménàgement hydraulique du Sud-Ouest, organisé à Bordeaux du 17 au 22 juin par la ligue fluviale, M. Ba-chellery expose l’étatactuel de l’électrification des chemins de fer du Midi.
- La Compagnie du Midi est la première de nos grandes Compagnies qui ait envisagé un grand programme d’électrification.
- Dès 1902, elle décidait en effet d’employer la traction électrique sur la ligne de montagne à voie étroite de Villefranche à Bourg-Madame; la ligne mise en service en 1910 fonctionnait à courant continu avec un troisième rail à 85o volts.
- En 1907,1a Compagnie du Midi recevait la concession des lignes transpyrénéennes d’Ax-les-Thermes à Puig-cerda et d’Oloron à Canfranc, lignes à trajet accidenté, et dont seule la traction électrique permettait de diminuer le prix d’établissement.
- La Compagnie du Midi se trouvait ainsi amenée à étudier dans son ensemble le problème de la traction électrique et à envisager son extension à une partie importante de son réseau.
- Des études et des expériences de tous genres entreprises en 1911 entraînèrent l’adoption de la traction par courant monophasé à 12000 volts, 16 périodes, avec conducteurs aériens; il fut décidé d’entreprendre immédiatement l’électrification de la ligne Perpignan-Yille-franche (47 km) et de la section Pau-Montrejeau avec ses embranchements de Pierrefitte, Bagnères, Arreau, Luchon, soit 2i5 km.
- Une usine électrique de 44oo HP fut construite à Fondpedrouse (Pyrénées-Orientales), une autre à Sou-lom (2i 000 HP) dans les Pyrénées Centrales. L’équipement électrique de lignes fut entrepris et du matériel de traction commandé.
- Mais la guerre survint qui arrêta ces travaux : les usines électriques furent mises à la disposition de l’Etat pour les fabrications de guerre; on en construisit même une nouvelle à Eget dans la vallée d’Aure (35 000 HP) qui n’a été achevée que récemment. Les hostilités terminées, la Compagnie du Midi envisagea de suite la reprise de ses travaux d’électrification et même leur extension à une partie importante du réseau, extension qui devait amener la locomotive électrique jusqu’à Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Cerbère et Ilendaye.
- Mais les circonstances étaient bien changées depuis 19x4; la disette et les hauts prix du charbon, la situation excentrique de nos principales houillères incitaient le Gouvernement et les. Compagnies de chemins de fer à utiliser au maximum l’énergie des chutes d’eau pour la traction des trains. Il devenait indispensable de faire adopter à toutes les Compagnies un même système de traction permettant au matériel de circuler librement d’un réseau à l’autre, comme dans le cas de là traction à vapeur.
- En 1918, le Ministère des Travaux Publics instituait xine Commission chargée de rechercher un système unique de traction électrique; le 29 août 1920 la décision de cette Commission était homologuée par le Ministre.
- Elle prescrit que le couraixt fourni par les usines génératrices sera uniformément du courant alternatif triphasé à 5o périodes, ce qui permet l’interconnexion des réseaux de distribution; par contre, la traction se fera uniformément par courant contimx à i5oo volts, exceptionnellement à 3ooo volts en certains points, système déjà très développé aux Etats-Unis, adopté également par l’Angleterre et la Belgique. Le courant alternatif du réseau de distribution devra donc être transformé en courant continu.
- Ces décisions entraînaient un bouleversement complet des plans primitifs de la. Compagnie du Midi qui dut' renoncer à une partie des équipements déjà réalisés. Elle n’en poursuivit pas moins tiœs activement ses travaux d’électrification conformément aux l’ègles nouvelles. Son programme, approuvé en 1920, comporte l’électrification de 2684 km de lignes existantes et 4^9 km de lignes nouvelles. Il est poussé très activement, et les pre-
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- INFORMATIONS
- mières installations fonctionneront très prochainement; c’est la Compagnie du Midi qui aura réalisé en France les premières locomotives électriques à i5oo volts courant continu et les premiers transports d’énergie à i5o ooo volts.
- Dès cette année, on verra des trains remorqués électriquement entre Pau et Montrejeau, et les embranchements de Pierrelatte, Bagnères et Àrreau exploités provisoirement en monophasé pendant la guerre le seront en courant continu. En ig3, la traction électrique sera poussée d’un côté jusqu’à Toulouse, de l'autre jusqu’à Dax pour atteindre ultérieurement Bordeaux, Bayonne et Hendaye.
- Cette première phase sera complétée par l’électrification des embranchements d’Arcachon, Biarritz, Saint-Jean-Pied-de-Port et des lignes Morcenx-Tarbes ; Tarbes-Agen, Toulouse-Auch.
- L’électrification des lignes du versant méditerranéen constituera une i‘ étape portant sur la ligne Narbonne-Cerbère et ses embranchements, le courant continu sera alors substitué au monophasé sur la ligne de Perpignan à Yillefranche.
- Enfin, dans les Cévennes, on envisage l’électrification de la ligne Béziers-Neussargues et de ses divers embranchements.
- Ce programme achevé, la locomotive à vapeur ne régnera plus que sur la grande ligne Bordeaux-Cette et un certain nombre de lignes secondaires qui s’y embranchent.
- Pour réaliser ce programme, un certain nombre d’usines génératrices de courant sont nécessaires; déjà existent celles de Soulom (ai ooo HP) et Eget (35 ooo HP). 6 autres stations seront construites : 3 usines dans la vallée d’Ossau, Artouste, Miegebat et le Hourat actuellement en construction, au total : i3oooo HP et 3 usines sur l’Ariège en amont d’Ax-les'-Thermes, actuellement en projet seulement et qui seront équipées pour ioo ooo HP. Le transport de l’énergie électrique s’effectuera à i5oooo volts pour les grandes distances et à 6o ooo volts pour les autres.
- La chaleur et la végétation. — Parmi les facteurs qui influent le plus sur la répartition géographique des plantes, la température occupe une place de premier ordre et, sans aller bien loin, nul n’ignore, par exemple, que si, sur la Côte d’Azur on peut cultiver des plantes du Nord de l’Afrique, c'est qu’il y fait chaud, de même que cela ne peut avoir lieu dans le Nord de la France parce qu’il y fait froid.
- Il y a, pour chaque espèce de plantes, une température minimum, au-dessous de laquelle elle ne pousse pas; une température optimum, où la végétation se fait au mieux; une température maximum, au delà de laquelle elle ne croît plus. Mais ce n’est là qu’une manière assez grossière d’envisager le problème. Il y a, en effet, des températures minima, optima et maxima particulières pour la germination, pour la croissance de la partie végétative, pour la floraison, pour la maturité des graines, etc., toutes choses que l’on ignore en général, sauf pour quelques espèces cultivées [Lilas, Narcisse jaune, Marronnier d’Inde, Chêne, Bouleau, etc.), dont on a pu tracer des cartes dites « phénologiques. »
- A titre d’exemples des températures auxquelles s’effectuent diverses germinations, nous donnons les chiffres ci-dessous :
- TEMPÉRATURE
- Courge..............
- Maïs................
- Haricot multiflore. .
- Blé.................
- Orge................
- Cresson alénois . . .
- Lin..............
- Moutarde............
- La température minimum à laquelle une plante entre en végétation est ce que l’on appelle son zéro spécifique. Aux chiffres ci-dessus, ajoutons que le zéro spécifique pour les Saxifragées alpines est de -|- 2°; pour le Bouleau, de -f g0; pour les Cucurbitacées tropicales de -}- iâ°.
- Les températures inférieures au zéro spécifique ne sont cependant pas aussi indifférentes qu’on pourrait
- MINIMUM OPTIMUM MAXIMUM
- 1 i i3°,7 330,7 460,2
- T* 9°>5 330,7 46°,2
- ~T~ 9°, 5 330,7 46°,2
- + 5° 28°,7 42°, 5
- + 5° 200,7 370,7
- + 1 °, 8 21° 280
- 4- i°,8 21° 28°
- + 0° 27°,4 37°,2
- le croire pour les végétaux, car ceux-ci, pendant leur phase apparente de repos, éprouvent dès modifications chimiques, une sorte de maturité qui retentit ensuite sur la rapidité du développement. On peut en avoir une idée par les expériences d’Askenasy qui ont porté sur le Merisier. Des branches de cet arbre furent coupées pendant le repos hivernal, puis mises en terre. Il fut ainsi constaté que :
- Les branches coupées le 11 décembre fleurirent après 27 jours.
- — 10 janvier — 18 —
- — 2 février — i~ —
- — 2 mars — 12 —
- — 23 mars — 8 —
- — 3 avril — 5 —
- 11 ne serait pas impossible qu’il en fût de môme pour le temps durant lequel les graines ont 'séjourné dans le sol pendant l’hiver.
- Il semble que l’on puisse avoir une assez bonne synthèse — mais combien vague — de tous les desiderata de températures pour chaque espèce en considérant ce que l’on a appelé l'intégrale des températures, c’est-à-dii’e la somme des températures moyennes quotidiennes pendant le cours tout entier de sa végétation, depuis le jour où une plante germe jusqu’à celui oii elle donne des graines. Cette intégrale des températures, qui varie d’environ 5oo° à 9000°, salivant les espèces considérées, n’est connue que pour un très petitnombre d’espèces,— et encore ne faudi’ait-il peut-être pas lui attribuer une exactitude excessive. On sait, par exemple, que le Sarrasin exige de 10000 à 12000; le Lin, de 16000 à 18000; le Blé, de 19000 à 22000; le Riz de 35oo° à 4-5oo°. Mais il faut bien considérer que certaines espèces résistent à un froid excessif survenu au cours de leur végétation et peuvent vivre, pendant ce temps, d’une vie presque latente, tandis que d’autres, soumises au même froid, meurent instantanément. On pourrait en dire autant pour les chaleurs très fortes. De même, les jours où le temps est couvert, les plantes se développent avec moins de luxuriance que lorsqu’il est clair, même si la tempéra-ture i’este la même. Le pi’oblème est, on le voit, assez complexe. Ce qui serait préférable, ce serait d’avoir, non une intégrale des températures, mais une intégrale des calories, ou, mieux encore, une formule permettant de combiner les besoins des plantes, à la fois, en chaleur et en lumière.
- Avis aux esprits subtils !
- Le soufre en agriculture. — On sait depuis longtemps que l’addition de soufre au sol, en quantités modérées, a pour effet d’en augmenter le rendement, pour certains cas.
- Il semblerait que cette addition remplit 2 buts bien déterminés : i° de fournir à la plante, par oxydation bactérienne dans le sol (et surtout dans les sols calcaires), la quantité d’acide sulfurique, qui facilite l’absorption de la potasse, de l’oxyde de fer, de l’alumine et même du manganèse; — i° d’activer le phénomène de la nitrification.
- En tout cas, ce qui pai’aît certain, c’est que les rendements sont augmentés.
- On a. aussi constaté, pour les cultures de légumineuses, que l’addition de soufre favorise la formation en grand nombre des nodules, bases, on le sait, de la fixation de l’azote atmosphérique.
- Dans les Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, et dans Y International Agriculture Review, M. G. Nicolas, qui a fait des expériences suivies sur ce sujet, tant à Alger en 1918, qu’au Jardin des Plantes de Nancy en 1920, avec des pois de l’espèce Phaseolus, Lathyrus Oclirus, Lupinus albus, ajoutait des quantités de soufre correspondant à 100, 200, et 3oo kg par hectare.
- Il n’obtint pas de résultats bien nets, sans doute à cause de la haute teneur en azote, des terreaux qui lui servaient de bases d’expérience. 11 arriva cependant à cette conclusion, que l’addition de soufi’e aux sols, aide à l’assimilation du carbone par la plante. L’addition de 200 kg de soufre par hectare dans le cas des Phaseolus, et de 3oo kg dans le cas des pois, a favorisé la formation de l’amidon.
- Mazé et Demolon disent que le soufre intervient en première ligne pour le développement de la chlorophylle.
- Des sols sans soufre ont déterminé de la chlorose dans certaines plantes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- QSfc
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- Fig.
- Pince à clichés.
- Fig. 2.
- Soulève-plaques.
- ct§Tss, Photographie
- Les fourchettes du photographe. — Nous avons quelque peine à nous convaincre que l’usage des fourchettes ne remonte qu’au xnie siècle, et nous jugerions singulièrement malpropre, aujourd’hui, un convive qui mangerait de la viande avec les doigts, selon l’usage de nos ancêtres. Cependant, la plupart des photographes procèdent encore de même, lorsqu’ils trempent leurs mains dans des bains qui non seulement les tachent, mais risquent d’occasionner des accidents cutanés, sans compter les coupures produites par les arêtes irrégulières des plaques manipulées dans une demi-obscurité.
- L’acide pyrogallique a été surnommé, à bon droit, le « roi des révélateurs » ; néanmoins , bien rares sont les amateurs qui persévèrent dans l’utilisation d’un produit qui teint la peau en jaune-brun. Le diamidophénol lui-même, d’un usage si simple et si pratique, n’est pas non plus sans reproche, à ce point de vue, car il laisse des traces désagréables sur la chair et sur les ongles. Quant au métol, on a eu beau le débaptiser, l’appeler génol, vitérol ou sulfate de monométhylparamidophénol, ses méfaits n’en restent
- pas moins certains; ce ne sont plus " d'anodines macula-
- tures, mais de fâcheuses éruptions, des eczémas, des démangeaisons et parfois une profonde désorganisation des tissus qui en prohibe absolu-, . . ment l’emploi chez
- os sujets.à 1 épiderme sensible. Enfin, les désensibilisateurs, si commodes pour développer les clichés en pleine lumière, sont des colorants tenaces, et l’opérateur qui vient de s’en servir a les mains d’un ouvrier teinturier. Et c’est bien ennuyeux, surtoutlorsqu’on va dans le monde.
- Sans doute, ces maux ne sont pas sans remède. Nous avons indiqué divers onguents propres à calmer le prurit et à fermer les plaies occasionnées par des bains photographiques, ainsi que les réactifs qui décolorent la peau. Néanmoins, ici comme en médecine, il
- vaut mieux prévenir qu
- guérir; une sage hygièm est toujours préférable i la meilleure thérapeutique et le photographe n’a au jourd’hui que l’embarra: du choix entré les système de « fourchettes » qui lu permettent de passer pla ques où pellicules dan leurs différents bains san avoir à y tremper le doigts.
- La pince à clichés (fig. i est une tige flexible termi née par deux mâchoires en métal argenté ou nickelé, oi bien en ébonite, entre lesquelles est saisie la plaqm que l’on veut déplacer, soit pour l’immerger, soit pou la sortir de la cuvette. Un autre modèle (fig. a) s’adapt
- Fig. 3. — Pince idéale.
- Fig.
- Cadre à développer.
- Fig. 5. — Cuves pour développement sur cadres.
- a la plaque au début des opérations et y reste jusqu’à la lin. La disposition des poignées empêche de couvrir la cuvette : si 1 on juge cette précaution nécessaire, on aura recours a la pince te Idéale », dont les branches sont coudees a angle droit (hg. 3), de façon que le manche reste couche horizontalement, tandis que les mors serrent la plaque immergée. Il en est de même avec le porte-plaque ou cadre à développer (fig. 4), en celluloïd ou en aluminium.
- Nous nous servons de ce dernier depuis des années, et c’est, à notre avis, le système le plus pratique pour traiter séparément quelques plaques en évitant complètement le contact des liquides.
- Pour le développement lent, en cuves verticales (fig. 5), les plaques sont mises Fig. 6. —Cadre dans des cadres spéciaux (fig. 6) surmon- porte-plaque tés de tringles qui reposent sur les bords vertical, des récipients. 11 est ainsi très facile de soulever les clichés, pour les examiner par transparence, et de les faire passer du révélateur au fixateur et aux lavages, en ne touchant que les tringles qui restent toujours sèches. Les supports souples peuvent être traités de même, dans des cadres cintrés (fig. 7) où le film demeure bien tendu.
- Pour les pellicules en longues bandes, nous avons déjà mentionné la machine à développement automatique Kodak (Voir n° 2471, du 13 août 1921, p. 111 ). Cet Fig. 7. — Cadre appareil est très commode, mais ne s’ap- incurve pour plique qu’au développement à durée fixe. cllchessouples. Si l’on désire contrôler la venue de l’image, on évitera de se mouiller en serrant les deux bouts
- du film dans des pinces; un rouleau de verre placé dans la cuvette, comme le montre la figure 8, sert à tendre la pellicule, dont on fait passer successivement toute la longueur dans le bain, par un mouvement de va-et-vient.
- Tous ces petits ustensiles , simples et peu coûteux, permettront de pratiquer la photo dans des conditions de pro- Fig. 8. — Développement prêté et de confort qui ^es ^nis.
- lui vaudront certainement
- de nouveaux adeptes : ceux et celles qui ne consentiraient à lui sacrifier ni la blancheur de leurs mains, ni le rose tendre de leurs ongles.
- 'Electricité <?$
- Nouveau procédé pour modifier la composition d’un circuit. — Dans le N“ 2482 de La Nature, nous avons signalé la commodité que peut avoir pour l’amateur électricien un moyen simple et' automatique de monter de toutes les façons possibles les lampes à incandescence d un rhéostat, et, en general, les éléments quelconques d’un circuit électrique.
- Nous avons indiqué un dispositif permettant, au moyen de manettes à plots, de réaliser presque tous les montages possibles avec trois lampes, sauf celui de la figure 9.
- Nos lecteurs auront certainement remarqué, à l’examen des (J-
- schémas, que la complication de
- ceux-ci deviendrait inextricable s’il fallait disposer de 4, 5, ou de plus de lampes encore.
- En outre, à l’addition d’une lampe au système existant correspond nécessairement l’addition de plots et de connexions, donc la modification des commutateurs.
- Un de nos lecteurs, M. J. Lemmers, de Bruxelles, se sert depuis quelque temps d’un dispositif assez simple, qui s’applique uniformément à un nombre quelconque d’éléments, et qui peut toujours être augmenté sans modification des commutateurs existants.
- Cependant, il exige des commutateurs qui n’existent pas
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Encoche,
- \A\
- ,5 '' S ^ V vS \
- 1 /e <£>
- TT V
- Fig. io.
- dans le commerce, mais tout amateur saura les construire facilement avec un outillage réduit (voir fig. 10 et n).
- C’est une transformation de l’interrupteur inverseur à couteau ordinaire dont nous avons indiqué la construction. Les deux encoches de la pièce (i), correspondant à une saillie de la pièce (4), sont destinées à
- maintenir fixe
- .3 l’interrupteur
- dans les deux positions suc -cessives rap -prochées.
- Sur le schéma de la fig. 12 on voit immédiatement quel en est le fonctionnement; on a représenté trois interrupteurs commandant trois lampes afin de montrer le commutateur dans ses différentes positions, correspondant à la mise hors circuit (I), en série (II) ou en parallèle (III) de la lampe considérée. Dans une position intermédiaire, le commutateur n’est relié à aucune borne et coupe le courant dans le circuit général en isolant simultanément l’élément qui lui correspond.
- On voit facilement, en examinant le schéma, que le montage est indépendant du nombre d’éléments introduits dans le circuit. On remarquera encore que l’on indique une lampe ou une résistance supplémentaire court-circuitable. En effet, si l’on suppose le circuit réduit au conducteur XY, nécessaire pour rendre possible la mise en série de tous les éléments, ce conducteur est pour ainsi
- dire sans résistance. En
- Cuivre /* mettant tous
- Bloc isolant les commuta-
- gommc mque , teurs dans les
- positions ini-\Encoctiea tiales et fina-, d’arrêt seforme
- un circuit de
- \5-__ résistance
- nulle, par XY. La lampe Fig. 11. doit donc,
- pour une mise
- en série de tous les éléments, pouvoir être court-circui-tée, mais une résistance est nécessaire pour une mise en parallèle totale. Il faut d’ailleurs remarquer que l’un des éléments du circuit, s’il a la résistance voulue, peut remplir ce rôle, et sinon on peut simplifier encore en supprimant la lampe D. Il suffit alors d’un simple interrupteur en X pour fermer le circuit si aucune lampe n’est en parallèle, ou pour introduire une résistance infinie qui ne trouble pas l’agencement général du circuit par une dérivation de courant par D. Tel qu’il est, ce dispositif a déjà rendu beaucoup de services à son auteur, c’est pourquoi nous le signalons à nos lecteurs.
- Le schéma de la figure 12 représente les commutateurs placés de manière à réaliser la combinaison de la figure 9. On remarquera que chaque fois qu’on a à réaliser une
- 3 A. M
- fusible
- *—®—
- Ue sécurité, court- circuitable
- Fig. 12.
- combinaison de ce type, une ou plusieurs lampes en série avec un arc multiple, il est nécessaire de prendre les premières lampes A B, etc.
- CtgTNà. Jouets
- Nouvelle toupie « ICako ». — Yoici un nouveau jeu, peut-être bien renouvelé des Grecs, pour les temps chauds ; il fera rester tranquilles pendant de longues heures les enfants... et les parents aussi.
- C’est une toupie, une toupie de luxe à huit pans :
- 4 ont des inscriptions noires et 4 des rouges. Les rouges sont plus ou moins heureuses, les noires plus ou moins fâcheuses.
- La règle du jeu est simple : tous les joueurs conviennent de l’importance de chaque mise et mettent individuellement une mise pour former une poule.... Chaque joueur fait tourner la toupie à son tour. La face qui se présente à la vue lors de l’arrêt de la toupie indique ce que le joueur doit faire :
- P. 1, le joueur paye 1 mise ; P. 2, le joueur paye 2 mises; P. 3, le joueur paye 3 mises; R. 2, le joueur ramasse
- 2 mises; R. 3, le joueur ramasse
- 3 mises; T. P., tous ies joueurs payent 1 mise ; Kako, le joueur, ramasse la poule. Et c’est tout!
- Le « Kako » est en vente chez MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Objets utiles
- Nouvelle blague à tabac. — C’est une luxueuse blague à tabac en cuir, l’intérieur doublé de caoutchouc comme il convient pour conserver le tabac frais. Mais ce n’est pas là ce qui la distingue des nombreuses bla-
- Fig.i3. Le te Kako »
- Fig. 14. — Nouvelle blague ù tabac.
- gués actuellement dans le commerce. Ce qui la cai’aeté-rise, c’est son mode de fermeture vraiment nouveau et ingénieux. Pour l’ouvrir, vous tirez de droite à gauche l’anneau qu’on aperçoit sur la figure ; pour la fermer, vous exécutez le mouvement inverse. Elle semble alors cousije à gros points par un fil de métal. En fait, les deux bords de l’ouverture sont munis de petits étriers
- Fig. i5. — La même, ouverte.
- évidés sur une face, bosselés sur l’autre. Lft tirette écarte un à un les étriers d’un des côtés et y loge les étriers de l’autre. La fermeture est donc parfaite. L’ensemble est particulièrement élégant. — En vente, chez MM. Kirby, Beard et Cio, 5, rue Auber, Paris.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- OtfL
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- L'ŒUVRE DE LA COMMISSION ROCKEFELLER POUR LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE EN FRANCE
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France vient de publier un relevé de l’œuvre admirable accomplie par la Commission Rockefeller depuis sa venue en France, en 1917, pour organiser la lutte sociale contre la tuberculose. Nous tenons à reproduire les renseignements suivants qui montrent bien l’importance de son action.
- En 1917, la fondation Rockefeller envoya en France une Commission, chargée d’aider à la lutte contre la tuberculose, ayant pour programme : i° d’organiser, à titre démonstratif, un dispensaire et un service d’ifafir-mières visiteuses dans le 20* arrondissement de Paris et en Eure-et-Loir; a0 de créer des cours spéciaux à 1 usage des médecins et des visiteuses d’hygiène; 3° d encourager la fondation de dispensaires antituberculeux dans toutes les parties de la France; 4° d’entreprendre une campagne d’enseignement populaire.
- L’enseignement organisé à Paris pour les médecins et les. visiteuses eut le plus grand succès (notamment ai5 diplômes furent conférés à des visiteuses ayant reçu une formation complète). La campagne d’éducation populaire s’étendit à 28 départements. Les dispensaires de Paris et d’Eure-et-Loir furent remis aux autorités en 1920. La Commission doit nous quitter prochainement. Le moment est donc venu de montrer ce qu’elle a fait.
- Le nombre des dispensaires en fonctionnement, qui ont envoyé des rapports à la Commission Rockefeller, s est élevé à 219 dans le mois de décembre 1921, contre i37 en décembre 1920, 75 en décembre 1919, et 10 seulement en décembre 1918. Le nombre des départements dans lesquels on comptait au moins un dispensaire, fournissant des statistiques à la Commission, a été de 57 à la fin de décembre 1921, contre 33 seulement en
- 1920. Les départements faisant exception, en 1921, étaient les suivants : Ain, Allier, Ardèche, Ariège, Aude, Basses-Alpes, Cantal, Charente-Inférieure, Cher, Corrèze, Creuse, Dordogne, Doubs, Gers, Indre, Jura, Landes, Loire, Haute-Loire, Lot, Lot-et-Garonne, Lozère, Haute-Marne, Moselle, Pyrénées-Orientales, Bas-Rhin, Haute-Savoie, Deux-Sèvres, Tarn, Tarn-et-Garonne, \endée, Vosges, Yonne. D une façon générale, presque tous les départements situés au-dessus d’une ligne Nantes-Belfort et ceux entre Rhône et Alpes possèdent à l'heure actuelle des dispensaires antituberculeux. On remarquera également que ceux qui en sont dépourvus ont, en majorité, un caractère rural prononcé : le besoin de dispensaires y était moins urgent que dans les départements à forte proportion de population Urbaine ou à caractère industriel marqué. On sait aussi que, dans la Moselle et le Bas-Rhin, la lutte contre la tuberculose est organisée, grâce au système d’assurances contre la maladie et la fondation de sanatoriums. On précisera les progrès réalisés depuis 1918, en indiquant simplement qu’à cette époque 6 départements seulement possédaient des dispensaires collaborant avec la Commission Rockefeller.
- Les 219 dispensaires ontdonné, en 1921, 14 373 séances de consultation où ont été effectués 148 048 examens, soit ri examens environ par séance (approximativement 3 hommes, 4 femmes et 4 enfants). Dans les i3o dispensaires fonctionnant fin décembre 1920, on comptait 17808 personnes; au cours de l’année 1921, dans les 21g dispensaires, on a examiné 36074 nouveaux malades (le nombre moyen mensuel des admissions a oscillé entre 2700 et 3400 par mois) ; les dispensaires ont donc eu au total 53 882 malades au cours de 1921.
- Parmi les 17808 personnes fréquentant les dispensaires en décembre 1920, on comptait 8278 tuberculeux (soit 2973 hommes, 3x90 femmes et 2110 enfants); en
- 1921, on a diagnostiqué parmi les nouveaux admis 13 917 cas de tuberculose. On peut donc établir le
- iableau ci-après : Hommes. Femmes. Enfants. Total.
- Malades examinés . . 14.542 17.901 21.459 55.882
- Tuberculeux .... 8.209 9.351 5.655 22.195,
- Proportion p. 100 des
- tuberculeux. . . . 56,5 52,1 . 26,4 41,2
- Au cours de cette même année, 25 49^ personnes ont quitté les dispensaires : 10 883 (soit 43 p. 00), non tuberculeux; 5546 (ou 22 p. 100) non diagnostiqués et
- 9057 (ou 35,5 p. 100), tubei’culeux. La proportion des malades, pour lesquels aucun diagnostic n’a été formulé, peut paraître élevée ; mais il faut observer que l’on comptait parmi eux 2719 enfants en observation ; abstraction faite de ces derniers, la proportion s’abaisse à 18 pour 100. Voici les raisons du départ des tuberculeux :
- Nombre Proportion absolu. pour 100.
- Hospitalisés.............. 3oo5 33,2
- Ayant reçu d’autres soins . . 1114 12,3
- Décédés................... 1635 18,0
- Ayant quitté le district ... 1108 12,2
- Ayant refusé les soins. . . . 1435 i5,8
- Trace perdue. . .................. 309 3,4
- Guérison apparente......... 461 5,i
- En résumé, la proportion de ceux ayant continué à recevoir des soins ou apparemment guéris peut être évaluée à environ 5o pour 100, quoique le nombre des guérisons apparentes soit d’environ un tiers trop élevé.
- Les formes de tuberculose étaient les suivantes :
- Hommes. Femmes. Enfants. Total.
- Ensemble........................
- Tuberculose pulmonaire seulement. Tuberculose pulmonaire et autres
- formes.......................
- Autres formes de tuberculoses sans lésions pulmonaires...........
- 5169 5621 4005 14.785
- 4615 4932 1814 Tl.361
- 357 374 321 1052
- 197 315 1870 2382
- Enfin, les visiteuses à domicile attachées aux dispensaires ont fait au total 206496 visites à 176000 malades; les laboratoires annexés ont procédé à 22 838 examens de crachats, 3776 d’urines et i5 124 examens radiologiques.
- Le Bureau de statistique de la Commission ne s’est pas borné à réunir les rapports des dispensaires analysés ci-dessus. Il a également aidé les comités antituberculeux et les inspecteurs d’hygiène des départements dans l’installation de fichiers centraux médicaux, permettant de suivre constamment les malades atteints de tuberculose. Trois fichiers ont été installés dans l’année 1921 ; ceux de l’Indre-et-Loire et de la Seine ont été complétés. A la fin de décembre 1921, 7 fichiers centraux avaient été ainsi créés dans les départements suivants : Aisne, Eure-et-Loir, Hérault, Indre-et-Loire, Puy-de-Dôme, Seine, Haute-Vienne. Mais les efforts faits pour obtenir la coopération des hôpitaux et sanatoiûums dans la tenue à jour des fichiers n’ont pas toujours été couronnés de succès. A la fin de 1921, seul le fichier de l’Aisne fonctionnait à peu près normalement. Cette partie de l’œuvre de la Commission ne semble avoir été ni comprise ni appréciée. Cependant, comme des demandes de fichiers lui parviennent encore, on peut penser que quelques-uns d’entre eux demeureront et serviront d’exemple pour l’avenir.
- Le Bureau de statistique de la Commission s’est encore efforcé de contribuer à l’amélioration des statistiques françaises des causes de décès. Il a assisté le Dr Pacaud dans l’enquête dont ce dernier fut chargé, au cours de 1921 par le Ministère de l’Hygiène, au sujet de la réorganisation de ces statistiques. Des questionnaires, envoyés à 608 villes ou villages, disséminés sur tout le territoire français, et retournés par les municipalités, ont montré que dans 55 pour 100 des localités soumises à l’enquête, les statistiques officielles ne sont pas basées sur des certificats médicaux. Les certificats établis par des médecins traitants eux-mêmes ne serviraient que dans 37 pour roo des villes consultées.
- Telle a été l’œuVre de la Commission et de son Bureau de statistique au cours de 1921, avant-dernière année de son séjour en France. Il reste encore beaucoup à faire pour organiser de façon suffisante la lutte contre la tuberculose. La Commission aura montré le chemin, en aidant à la création d’un grand nombre de dispensaires et de quelques fichiers centi-aux. Elle aura, en outre, rendu un service signalé au pays et aux statisticiens en contribuant à la refdnte nécessaire de la statistique française des causes de décès, pour lesquelles un plan est actuellement à l’étude au Ministère de l’Hygiène. R. M.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour remplir d’eau le radiateur. — Le radiateur d’une voiture automobile doit être rempli d’eau au fur et à mesure de l’évaporation. Quand on se trouve dans un garage bien agencé, la chose est facile, car il suffit d’introduire dans l’ouverture de remplissage le tuyau de caoutchouc provenant d’une pompe ou d’un robinet d’eau.
- Mais le plus souvent, on utilise un broc ou encore un seau ordinaire avec lequel il est surtout facile de verser l’eau à côté du trou du radiateur.
- On peut agencer bien simplement un seau ordinaire en lui ajoutant une tubulure munie d’un tuyau caoutchouc d’un diamètre suffisant.
- Cette tubulure pourra être fabriquée avec un raccord de tuyau d’arrosage en toile du diamètre que l’on emploie pour l’arrosage des cours et des jardins. On a toujours plus ou moins dans un coin de la cabane à outils un raccord de ce genre dont on ne veut jamais se séparer.
- On découpera dans la paroi du seau un trou circulaire d’un diamètre correspondant à celui du fond de filet du raccord et pour assurer l’étanchéité qui n’a besoin que d’être relative, on interposera à l’intérieur du seau une couronne en toile suifîée ou une couronne en cuir formant joint sous le serrage du raccord.
- A l’extérieur, on laissera le morceau de tuyau en toile qui provient du tuyau d’arrosage que l’on avait mis au rebut et de cette manière on . remplira rapidement et proprement le radiateur en emmanchant le tuyau dans l’ouverture de remplissage après avoir enlevé le bouchon ou la mascotte.
- Support original pour la vérification des pneumatiques. — Les pneumatiques doivent être examinés fréquemment afin d’assurer un service suffisamment long. Il est prudent, pour les enveloppes de voitures, de vérifier fréquemment leur surface et d’enlever les silex qui ont pu s’introduire dans la gomme pour y accomplir un travail de termite et pénétrer jusqu’à la chambre au cours d’un voyage suivant.
- 11 faut rechercher ces petits éclats de pierre et un conducteur prudent, dans un voyage un peu long, profitera des arrêts pour vérifier entre autres choses l’état de ses pneumatiques.
- Cet examen en cours de route ne peut être que superficiel et rapide et il est bon de procéder de temps à autre, au garage, à une visite plus minutieuse. Il est par suite intéressant de pouvoir placer la roue démontable ou l’enveloppe sur un support facilitant cette visite.
- Un support original est celui qui est employé par un propriétaire de vignobles qui a utilisé pour cela l'objet le plus immédiat, soit un tonneau vide.
- Sur le côté du tonneau, à la partie suj)érieure, une encoche suffisamment longue est pratiquée en enlevant simplement une douve sur le quart ou le tiers de sa longueur. Caci permet le passage de la valve quand on veut passer une enveloppe montée sur une jante amovible.
- Le tonneau est choisi d’un diamètre maximum légèrement supérieur à celui du diamètre intérieur de l'enveloppe montée.
- Il suffit de mettre le tonneau debout et d’emmancher l’enveloppe sur ce support original, mais pratique.
- Pertes de courant décelées par un microphone relié à des semelles métalliques. — On a proposé d’employer des semelles métalliques reliées à un microphone pour localiser les pertes dans les circuits électriques de distribution.
- Ainsi équipé et circulant avec ces semelles au voisinage de la perte, l’ouvrier percevra un son dans le récepteur téléphonique, par suite d’une différence de potentiel entre les deux points du sol touchés.
- Le procédé est basé en effet sur ce fait que le courant qui se pèrd rayonne autour du point dé perte. Dans le cas de lignes aériennes, il rayonne autour du poteau par lequel se fait la perte à la terre. L’ouvrier pourrait ainsi non seulement reconnaître la direction, mais également l’intensité des pertes ; il a la possibilité, en se dirigeant vers le point d'intensité maximum, de localiser exactement l’endroit où se produit la perte.
- Il n’y a que si les deux pieds se trouvent en deux
- points de tension égale que le bruit cesse dans le récepteur, mais ceci est très rare.
- L’opérateur peut, également par l’intensité du bruit, se rendre compte de l’importance de la perte.
- Comme les pertes à la terre peuvent atteindre une intensité considérable sur les lignes à haute tension, on doit dans ce cas shunter par une résistance le circuit téléphonique.
- Pourquoi certains légumes secs résistent-ils à la cuisson? — On sait que les légumes secs sont parfois très difficiles à cuire et l’on a déjà indiqué divers moyens empiriques de favoriser leur ramollissement. Mais la question physico-chimique qui se cache derrière ce problème pratique et qui peut en fournir la solution rationnelle ne semble pas avoir été abordée jusqu’ici.
- M. A. de Dominicis, du laboratoire de chimie agricole de l’Ecole royale supérieure d’agriculture de Por-tici, vient de faire connaître dans les Annales de cette Ecole les résultats de ses expériences sur ce sujet et nous empruntons au Bulletin de Renseignements de VInstitut International d'Agriculture le résumé et l’essentiel de ses constatations.
- Les graines de légumineuses sont parfois difficiles à cuire parce qu’alors elles n’absorbent pas d’eau, ne se laissent pas pénétrer et gonfler par elle. A quoi est duc cette résistance?
- M. de Dominicis a établi tout d’abord que ce n’est pas un caractère héréditaire, se répétant dans les générations successives d’une même plante.
- On pourrait supposer que la difficulté d’imbibition provient de dépôts dans les couches superficielles de sels minéraux imperméables, tels que des composés insolubles de calcium, mais le fait que la dureté de ces graines cède à l’action des alcalis et non à celle des acides qui pourraient attaquer énergiquement les carbonates ou les silicates plaide contre cette hypothèse. De plus, les acides augmentent la dureté et l’acide oxalique, précipitant ordinaire du calcium, moins que les acides sulfurique ou chlorhydrique.
- Ce n’est pas non plus la compacité des téguments qui intervient, sinon les acides ne pourraient l’augmenter.
- Ce n’est pas également une question de dureté de l’eau de cuisson, car les grains cuisent aussi mal, quelle que soit la teneur en calcium de l’eau employée.
- Le fait qu’un traitement à i’alcool ou à l’éther ne modifie pas la qualité des grains exclut l’idée de la présence d’une couche cireuse ou graisseuse dans la cuticule.
- Le mécanisme de la dureté des grains à la cuisson doit donc être cherché dans un phénomène physicochimique et M. de Dominicis l’explique par la présence de colloïdes ayant perdu leur propriété d’adsorption et d’imbibition, ne pouvant plus former de gels réversibles.
- Les électrolytes par lesquels on traite les grains agissent en tant qu’ils forment, avec les éléments qui constituent ceux-ci, des composés d’adsorption d’une affinité différente avec l’eau ou, pour parler plus simplement, d’une solubilité différente, en entendant dans ce cas par solubilité la concentration limite au delà de laquelle la matière ne peut résister dans le milieu dis-persif sans se coaguler. Les acides, les sels acides et les sels neutres agissent comme coagulants et diminuent cette solubilité; les alcalis et les composés alcalins agissent dans un sens dispersif et l’augmentent. Ceci explique que les composés alcalins employés en cuisine, le bicarbonate de soude par exemple, diminuent la résistance des grains à l’eau et en facilitent la cuisson. Cependant, au moment de la cuisson, les alcalis attaquent la molécule protéique et en déterminent la décomposition, ce qui produit des amino-acides et un développement d’ammoniaque , d’hydrogène sulfuré et d’anhydride carbonique. Il s’ensuit donc une perte d’azote alimentaire et le danger d’introduire dans la nutrition des composés nuisibles à la santé.
- C’est un facteur de la plus grande importance. dans l’appréciation des grains résistants à la cuisson, et cela tant au point de vue alimentaire qu’au point de vue économique et industriel; on voit donc combien sont peu satisfaisants les moyens que l’on emploie actuellement (carbonate de potasse ou bicarbonate de soude) pour corriger les défauts produits chez les grains durs, par une résistance excessive à l’eau.
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- BOITE AUX LETTRES
- ode
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. A. Ch., Bois-Gentil, château d’Oex (Suisse).— i° Nous n’avons pas les indications que vous demandez en ce qui concerne la Suisse; il vous faudrait les rechercher dans un annuaire de ce pays, ou les demander à une société d’apiculture suisse, ou à l’Institut agricole de Lausanne. Yoici des adresses de firmes françaises spécialisées dans la fourniture du matériel à’apiculture et auxquelles vous pourriez demander leurs catalogues •. Etablissement d’Apiculture, Mont-Jovet, à Albertville (Savoie), L. Couteret, rue Jean-Petit, à Besançon (Doubs); E. Chaffanjou, 37, rue Battant, à Besançon ; Société Moderne d’Apiculture, à Neuvy-Pailloux (Indre) ; Roncon frères, à Tonnerre (Yonne); G. Darmand, avenue de la Gare, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; Trabet jeune, 10, rue d’Arpôt, à Vienne (Isère) ; Gilbert Gouttefangeas, à Noirétable (Loire) ; Gramont, à Espaon, par Lombez (Gironde) ; A. Maigre, à Mâcon (Saône-et-Loire) ; L. Alphandéry, à Montfavet (Vaucluse) ; Casimir Comby, à LYsle-Jourdain (Gers); Bertrand, à Velars-loz-Dijon (Côte-d’Or) ; Chardin, à Martigny-les-Bains (Vosges).
- 20 Comme ouvrages d’apiculture pratique pour les débutants, nous vous signalons les suivants : Le Memento de VApiculteur, par Demogeot, Chataux, Dr Martin, Frionnet, 1 volume, 3 fr. 5o (Chataux, à Yallerest (Haute-Marne) ; Cours pratique d’Apiculture, par Hamet et.Sevalle, 1 vol. 5 fr. 5o ; Cours complet d’Apiculture, par G. de Layens et Gaston Bonnier, 1 vol. 5 fr. 5o (au siège de la Société centrale d’Apiculture, Paris, 28, rue Serpente, 6e) ; Manuel de l’Apiculteur commençant, par E. Moret, 1 vol. 2 francs (Roncou, à Tonnerre (Yonne); Apiculture, par R. Hommell, 1 vol. 6 fr. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°). Voyez aussi L’Abeille et la Ruche, par L. Langstroth et Dadant, 1 vol. 7 fr. 5o (R. Burkardt, éditeur, Genève).
- C. L., à Plombières. — Multiplication du lilas : Le semis., le drageonnage et le greffage sont les modes de multiplication usités. Le semis est pratiqué pour obtenir des variétés nouvelles ou encore des sujets destinés au greffage. Le drageonnage est un procédé de multiplication applicable aux variétés franches de pied. Il consiste à sectionner les touffes de lilas en février pour obtenir ainsi,’de chaque éclat, autant d’individus distincts. Ce moyen a l’inconvénient de donner des plants qui ont constamment tendance à drageonner; aussi ne l’emploie-t-on que pour l’obtention du lilas commun, destiné à la culture forcée. Le greffage reste donc le procédé de multiplication le plus recommandable pour les belles variétés de lilas. Le meilleur sujet pour recevoir la greffe de celles-ci est le Lilas de Marly. Mais on peut aussi les .greffer sur Troènes à feuilles ovales [Ligustrum ovalifolium) ; toutefois, sur ce sujet, le lilas vit moins longtemps et ne se comporte pas aussi bien que greffé sur lui-même. Le mode de greffage à employer en la circonstance est surtout l’écussonnage à œil dormant, pratiqué,fin juillet. Choisir comme greffons des pousses ayant des yeux bien apparents — ceux du milieu du bourgeon — en rejetant ceux du bas qui sont aplatis et débourreraient difficilement l’année suivante, de même que les yeux globuleux élaborés en production florale, à l’extrémité supérieure du bourgeon, qui ne pourraient donner naissance qu’à une grappe et non à un bourgeon, étant donné surtout que la floraison du lilas est terminale de rameau. On peut aussi, pour les variétés rares ou délicates, les greffer en demi-fente, en février, mars, en serre ou sous châssis, et en opérant, autant que possible, sur jeunes sujets élevés en pots. Le greffage en anneau peut se pratiquer fin mars, lorsque la sève de l’arbrisseau permet de soulever facilement l’écorce.
- M. L. E., rue de Villevert, à Senlis. — Contre les vers de terre (lombrics) qui envahissent, avec persistance, votre terrain de tennis, il y aurait lieu de recourir à Tui* ou l’autre des procédés suivants : Arroser toute la surface du terrain avec de l’eau salée; employer à
- cet effet du sel dénaturé. Renouveler l’arrosage jusqu’à disparition complète des lombrics, et s’inspirer de cette constatation : que dans les prairies irrigables où les lombrics font des ravages, l’irrigation est le sûr moyen de s’opposer à leur multiplication rapide et abondante, fj £ Autre procédé : Répandre le matin, à la rosée, le soir, à la nuit tombante, ou aussitôt après une pluie douce succédant à quelques jours de sécheresse, de la chaux récemment éteinte. Un moyen plus énergique, mais moins expéditif, consiste à préparer un lait de chaux, soit avec de la chaux en poudre récemment éteinte, soit avec de la chaux en pâte, comme celle des maçons et à arroser le terrain infesté. Une dose de 3oo à 5oo gr. de chaux par arrosoir d’eau tue infailliblement tous les vers de terre qui se trouvent près de la surface du sol. Employer un arrosoir muni d’une languette qui répand le liquide en nappe ; la pomme d’arrosoir à trous s’obstruerait trop vite. La chaux à employer en arrosage doit être préalablement éteinte en bouillie dans un baquet; on la maintiendra couverte d’eau pour la préserver du contact de l’air.
- Quant au résultat négatif constat^ consécutivement au roulage du sol, il devait se produire infailliblement, la compression, comme aussi les chocs violents sur le soi, ayant pour effet de faire sortir les vers de terre, procédé d’ailleurs en usage lorsqu’on veut s’en procurer pour la pêche.
- M. Carré, au Perreux. — 1° Vous trouverez des poudres de fibres textiles de toutes couleurs aux adresses suivantes : Rocques, 98, rue de Lagny 20e; Jacques Sauce, 118, avenue Philippe-Auguste 11e; Prosper Block, i5i, avenue Jean-Jaurès; Gourbeyre, 19, rue de l’Eglise, à Montreuil (Seine) ; — 20 L’agglutinant employé habituellement est le caoutchouc en solution benzinique. Prendre de préférence de la benzine lourde.
- M. Delacroix, à Varsovie. — i° Pratiquement aucune colle ou ciment ne résistera au contact prolongé du liquide alcalin résultant de la dissolution des comprimés Barrai, ceux-ci sont en effet constitués essentiellement par de la chaux hydratée, le mieux est de vous servir d’un vase métallique, par exemple une vieille marmite munie de son couvercle pour éviter l’évaporation du liquide ; — 20 Nous n’avons pas encore eu l’occasion de faire l’analyse complète de ce produit, nous pensons qu’il y entre également comme conservateur un sel de l’acide borique.
- M. L. D., à Paris. — Les ouvrages suivants de Y Encyclopédie Billion vous fourniront tous renseignements sur la fabrication des lessives, cristaux de soude et eau de Javel : n° 3 Soude et potasse ; n° 5 Chlore et ses dérivés, éditeur Albin Michel, rue Huyghens.
- M. Ame, Torino. — Effectivement, après le nettoyage à la benzine ou au savon benzine, les gants ont le plus souvent perdu leur brillant, on peut le leur restituer en appliquant la mixture suivante :
- Savon de Marseille. . i5 grammes.
- Eau non calcaire. . . 100 —
- Huile d’olives .... 3o —
- Le savon réduit en copeaux est préalablement dissous dans l’eau au bain-marie, puis on y ajoute doucement l’huile, en remuant ce qui fournit une sorte de crème.
- L’application se fait au moyen d’une petite éponge ou d’un tampon de linge fin, de manière à ne déposer qu’une couche très mince, puis on laisse sécher le gant sur forme.
- Le savon peut être remplacé par deux jaunes d’œufs, alors c’est l’huile que l’on verse en premier, puis l’eau froide en dernier lieu, toujours en remuant; l’ensemble doitprésenter l’aspectet la consistance d’une mayonnaise.
- M. Kreitmann, à Thonon-les-Bains. — Il-n’y a rien de surprenant à ce que l’emploi d’encre ordinaire dans votre stylo graphe cause par la suite la décoloration de l’encre bleue qui doit être employée normalement. Celle-ci est à base de bleu de méthylène ; or celui-ci est précipité par le tanin de l’encre au gallate de fer, de sorte que le liquide perd plus ou moins sa teinte. Le seul remède serait un lavage avec une solution légère de carbonate de soude, encore faut-il tenir compté de la difficulté d’accès du liquide dans des canaux d’aussi faible section. Le mieux serait peut-être de le remettre entre les mains d’un spécialiste qui en effectuerait le démontage.'
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du, journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port ou d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. =============
- Cours de physique générale, par H. Ollivier, Tome II, Thermodynamique et énergie rayonnante, i vol. 415 p., i4<i fig. et 4 pL hors texte, 2e édition. Hermann, éditeur, Paris 1922. Prix : 28 francs.
- Le Traité de physique générale de M. Ollivier a dès son apparition conquis la faveur du public. C’est un livre d’enseignement, correspondant en gros aux programmes de la. licence ; il est rédigé fort clairement, et tout en sachant garder une juste sobriété dans ses développements,' il donne un aperçu suffisamment complet sur l’ensemble de la physique moderne, avec des notions sur les théories les plus modernes et l’indication des résultats acquis les plus récents. Le lecteur qui s’est bien assimilé ce cours peut suivre aisément les progrès de la science d’aujourd’hui.
- Le présent volume contient la thermodynamique classique et ses principales applications, avec deux chapitres assez brefs sur la théorie cinétique des gaz et la conductibilité des gaz; la deuxième partie consacrée à l’énergie rayonnante a été profondément remaniée dans cette nouvelle édition ; elle traite de l’émission et de l’absorption des radiations au point de vue énergétique; des modifications que les radiations subissent sous l’action d’un champ électrique ou d’un champ magnétique agissant soit sur la source, soit sur le milieu propagateur ; elle étudie les radiations émises par le Soleil et les autres astres, elle se termine par une étude sommaire de la structure des spectres.
- Electricité atmosphérique, par B. Chauveau, Ier fascicule (Introduction historique). 1 br., 90 p., Doin, éditeur, 1922. Prix : 10 francs.
- Yoici un sujet, sur lequel, malgré son importance, les publications modernes françaises sont fort rares et fragmentaires. Aussi faut-il être reconnaissant à M. Chauveau, spécialiste réputé en cette matière, du traité d’ensemble dont il nous annonce la publication. Le premier fascicule est consacré à une revue historique de la question : c’est un exposé clair, vivant, et dont la documentation a été puisée aux sources mêmes. Nous voyons ainsi revivre l’époque héroïque de l’électricité, celle des expériences de Franklin, Dalibard, de Romas, Lemonnie"r et Beccaria au milieu du xvme siècle ; la science électrique naissante soulève l’enthousiasme et de tous côtés l’on s’efforce de pénétrer le mystère de l’électricité des nuages, de l’air et de la terre; l’auteur résume ensuite l’œuvre importante de Saussure, fort mal connue aujourd’hui, à qui l’on doit de nombreuses observations et surtout des . méthodes de mesure précieuses pour l’époque; il mentionne l’influence exercée par la théorie inexacte de Yolta attribuant à l’évaporation la formation de l’électricité atmosphérique, et insiste sur l’œuvre considérable de Peltier, grand physicien français, trop peu connu de ses compatriotes. Sous l’influence profonde de Lord Kelvin, l’étude de l’électricité atmosphérique s’oriente vers 1860 dans une voie différente, d’accord avec les idées nouvelles de Faraday sur l’électricité : c’est la phase de .l’étude du champ électrique de l’atmosphère, marquée notamment par les travaux da l’école d’Exner et de Elster et Geitel. Enfin une troisième période commence avec les découvertes de l’ionisation des gaz et de la radioactivité, qui ouvrent des voies toutes, nouvelles où s’engagent Elster et Geitel, Ebert, C.-T.-R. YYilson, Langevin.
- La dégradation des acides gras dans l’organisme animal, par Pierre Woringer. i vol. in-8, 140 p. Publications de la Société de Chimie biologique. Masson et C'8. Paris.
- Les acides gras jouent un rôle important dans la
- nutrition de tout organisme. On connaît mal leurs transformations. Le DrYVoringer a réuni tout ce qu’on sait de leurs dégradations alors que l’organisme les utilise comme source de chaleur et de travail ou comme origine des albumines, graisses et hydratés de carbone. Par diverses méthodes d’investigation : ingestion, injection, perfusion d’un organe isolé, on obtient divers renseignements que l’auteur examine, qu’il groupe et qu’il fait suivre d’une bibliographie complète.
- Drainage et assainissement des terres, par E. Risler et G. Wery, 4e édition entièrement refondue. 1 vol. in-16, 384 p.. 129 fig. J.-B. Baillière. Paris. Prix : 11 fr.
- Dans une première partie, M. YVery étudie les propriétés physiques des sols et les relations entre la terre, l’eau et l’atmosphère. La 2“ partie, de beaucoup la plus importante,.est consacrée à la défense contre les eaux : indices, origines et inconvénients de l’excès d’eau dans le sol, assainissement, dessèchement, effets du drainage, exécution du drainage, moyens de prévenir l’obstruction des drains, frais d’établissement, drainage à l’aide de fossés ouverts, de drains en pierre, de fascines, etc., méthodes diverses d’assainissement, colmatage, etc.
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- Ramassage et utilisation des déchets et résidus pour l’alimentation de l’homme et des animaux, pour les engrais et les industries agricoles (1914-1920), parle professeur Arturo Bruttini. 1 vol. in-8, 336 p. Institut international d’Agriculture, Rome. Prix : 20 francs.
- La 5e assemblée générale de l’Institut international d’Agriculture, dont nous avons souvent l’occasion de citer les précieuses publications, avait décidé d’ouvrir une enquête sur les mesures de toutes sortes prises par les différents pays pendant et depuis la guerre pour intensifier et accroître la production agricole. Ce livre répond à une partie du sujet, la plus nouvelle certainement, étant donnés les efforts réalisés dans tous les pays pour remédier à la pénurie de nourriture pour les hommes et les animaux, et d’engrais pour les terres.
- On y trouvera, méthodiquement classées, d’abord les mesures législatives, puis surtout lès recherches effectuées et les résultats qu’elles ont donnés. Maints procédés récents et encore trop peu connus sont décrits, et pour beaucoup d’agriculteurs et d’industriels ce livre sera une révélation des gaspillages à éviter, des récupérations fructueuses.
- Manuel du peintre : peintures, enduits, mastics et divers, par Ch. Coffignier. i vol. in-18, 276 p., 3a fig. Bibliothèque professionnelle, Baillière et fils, Paris. Prix ; cartonné : 8 francs.
- L’auteur, dont la compétence est bien connue donne des indications sur les modes particuliers de fabrication, en les faisant suivre d’exemples précis et de nombreux renseignements sur les produits dont le peintre fait usage : broyage à l’huile ; couleurs industrielles.— Broyage à l’essence*; broyage à l’eau ; pein- ' tures à l’huile. — Peintures vernissées. —Peintures à l’eau. — Peintures spéciales. — Recettes de peintures.
- — Compositions de peintures reconnues à l’analyse.
- — Peintures particulières ; — enduits ; — mastics ; — alcali ; — amiante ; — aventurine ; — bronzages ; — brou de noix; — cires ; —colles; décapants; —encaustiques, etc.
- L’industrie textile, le lin, par Alfred Renouard, ingénieur civil, licencié ès sciences, ancien manufacturier, Dictionnaire de termes techniques français-anglais-allemands-italiens. Yolume i5, tome I des Guides techniques Plumon. 1 vol in-16, 565 p. avec io5 figt Ch. Béranger, Paris. Prix net : 3o francs. .
- Contribucion a la flora del departamento del Cusco, 2° édit. iro partie, par le Dr Fqptuîiatq L. îÇe^reba,
- 1 yqI, in-8* 2<ji p, Guzco,
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2520 22 Juillet 1922
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- INFORMATIONS
- L’atmosphère de la planète Vénus. — La planète Vénus est, dans le système solaire, celle qui offre le plus de ressemblances apparentes avec la Terre. De là à supposer cette planète habitée par des êtres semblables à ceux qui peuplent la Terre, il n'y a qu’un pas et il a été souvent franchi.
- Mais aujourd’hui cette supposition n’est plus admissible : dans son rapport annuel sur les travaux du célèbre observatoire du Mont Wilson, le directeur, M. Haie, signale que, grâce au perfectionnement des mesures spectroscopiques, on a pu effectuer exactement 1 analyse spectrale de l’atmosphère de Vénus, et séparer nettement les raies attribuables à cette planète des raies d origine tellurique, en profitant des moments où. la vitesse relative des deux planètes est grande. On n’a pas trouvé trace de raies attribuables à la vapeur d’eau ou à l’oxygène. Si donc la vie existe sur Vénus, elle est toute différente de ce que nous pouvons imaginer sur notre Terre.
- L’hélicoptère Berliner. —• L’hélicoptère réalisé par l’ingénieur américain E, Berliner, de Washington, et
- nombre atomique. Celui-ci est de 72. Il vient combler très exactement une place vide dans la classification des éléments suivant leur nombre atomique : cette classification proposée par Moseley s’accorde parfaitement, nos lecteurs le savent, avec toutes nos connaissances actuelles sur les propriétés chimiques, électriques et rayonnantes de la matière. Il ne reste plus actuellement que 3 places vacantes dans la suite des nombres atomiques, qui n’est autre chose que la suite des nombres entiers de 1 à 92; ce sont celles qui correspondent aux nombres 43, 61, 75. Quels sont ces trois corps mystérieux qui jusqu’ici ont échappé aux investigations des chimistes ?
- Découverte de gisements de platine au Brésil. —
- On sait que le monde est presque entièrement tributaire de la Russie pour le platine. Ce précieux métal a de nombreux usages industriels et scientifiques. Le Scientific American annonce qu’un gisement de platine vient d’être découvert au Brésil dans l’Etat de Parabyba do Norte, à proximité de la route d'automobile conduisant de Campina Grande à Patos.
- dont nous avons signalé les premiers vols dans notre numéro du 7 mai 1922, vient de réaliser de nouvelles et intéressantes performances. Un nouvel appareil réalisé par l’inventeur a pu exécuter à 2 m. du sol un vol-horizontal de plus de 5oo m. Ce nouvel hélicoptère pèse avec son pilote environ 600 kg. Il est pourvu de 2 hélices sustentatrices à 2 pales chacune, de 4 m. 20 de diamètre. Un petit propulseur horizontal placé à l’extré-
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- mité de la queue de l’appareil donne des secousses qui assurent la propulsion horizontale. Le moteur est un moteur rotatif Le Rhône de 110 HP,
- La nombre atomique du celtium. — M. Urbain a fait connaître récemment à l’Académie des Sciences que des préparations effectuées par lui et contenant du celtium ont été soumises par M. Dauvilliers à l’analyse spectrale par rayons X.
- Cela a permis de caractériser d’une .façon très nette cet élément, qui n’a pas encore été entièrement isolé par ]çs njelhodes chimiques et Ton a pu déterminer son
- Une machine à compter les abeilles. — Le Bureau d’Entomologie du Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis a récemment demandé au Bureau of Standards, qui est à certains égards analogue à notre Conservatoire des Arts et Métiers, de réaliser un dispositif automatique pour compter le nombre des abeilles d’une ruche; à cet effet, la ruche a été munie d’une porte par laquelle une seule abeille peut sortir à la fois, et un dispositif téléphonique avec enregistreur automatique permet de noter. le nombre des sorties.
- Nouveaux procédés de raffinage des huiles et des graisses. — Dans Seifensieder Zeitung, A. Weis indique deux nouveaux procédés de 'raffinage des huiles et des graisses utilisant la soude caustique.
- i° Procédé au vide. — L’huile est neutralisée par la quantité convenable de soude caustique et le savon est séché dans un appareil à vide, en deux à trois heures, à no0, puis on le passe au filtre-presse.
- On obtient un savon jaune clair contenant 60 pour 100 de savon et 40 pour 100 d’huile neutre vendue comme savon à 90 pour 100 d’huile.
- 20 Procédé par voie humide. — Le savon précipité est dissous en faisant couler de l’eau chaude dans la charge et, après dépôt, l’huile neutre est soutirée ; généralement, il se forme une couche émulsionnée considérable, qui provoque une grosse perte d’huile neutre, elle contient jusqu’à 5o pour 100 d’huile neutre après acidification.
- Dans un essai en grand, l’émulsion a été étendue avec un volume égal d’eau. En centrifugeant dans une écré-meuse, on obtient une crème d’huile épaisse contenant 65 à 80 pour 100 d’huile, se séparant bien le ^lendemain par chauffage pendant quelque temps à 700.
- Arbres légendaires. — Le Figaro a rappelé que le tombeau de Masséna, au cimetière du Père-Lachaise, est, chaque année, à la Toussaint, orné d’une branche fraîche d’un laurier pieusement entretenu dans un jardin de Montmartre : cet arbre proviendrait d’une bouture qu’un grognard aurait détachée du rameau de laurier envoyé par Napoléon au maréchal Masséna, le lendemain de la victoire d’Essling.
- A la suite de cette information, le Bulletin de la Société Nationale d'Acclimatation a cité une série de saules pleureurs provenant de l’arbre, aujourd’hui disparu, qui ombrageait le tombeau de l’Empereur à Sainte-Hélène.
- M. Frédéric Masson en possède, à Asnières-sur-Oise, deux qui proviennent d’un saule rapporté en bouture par le général baron Gourgaud et qui subsiste à Versailles, dans un jardin, 67, rue Duplessis.
- M.. Debreuil en possède un autre à Melun. Ce dernier provient d’une bouture prise par lui sur un saule qui, presque mort de vieillesse, existait dans une propriété de Mme .Tacob-Desmalter, au Mée, près Melun. Mme Jncob-pesumïter était cousine de 'Monseigneur
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- INFORMATIONS
- Coquercau et sœur de Théodore Ballu: le saule planté chez elle provenait d’une bouture empruntée par Théodore Ballu, architecte de l’Hôtel de Tille de Paris, à un arbre planté dans le jardin de cet édifice, provenant, lui-même, d’une bouture rapportée, directement de Sainte-Hélène, par Monseigneur Coquereau, aumônier de la Belle-Poule.
- D’autre part, d’après une étude de M. P.-L Hervier, parue dans le Mois en 1910, il existerait un autre rejeton du saule pleureur de .Sainte-Hélène clans le jardin de la chapelle de Saint-Georges, à Windsor. Ce dernier aurait même une histoire beaucoup plus romantique.
- « C’est un saule provenant d’une bouture prise sur le saule qui ombragea le tombeau de Napoléon. L’arbre était devenu superbe quand le 2 septembre 1870, jour de la bataille de Sedan où tomba le pouvoir de Napoléon III, un orage éclata. L’arbre fut atteint par la foudre et sa maîtresse branche arrachée. Cependant, malgré sa mutilation, le saule reprit force et il continuait à pousser vigoureusement, quand quelques années plus tard, en 1879, un orage encore plus violent que le précédent le détruisit presque complètement, le jour même où fut tué en Afrique par les Zoulous le Prince impérial, unique enfant de l’Impératrice. L’arbre s’appelle : The Tree of Fa te ou l’arbre du Destin. »
- Procédé de récupération des graisses et savons dans les eaux de lavage. — Ce procédé a fait l’objet d’un brevet récent pris par M. Duclaux..
- On traite les eaux de lavage, notamment celles employées pour le lavage de la laine, par une ultra-filtration à travers une membrane sous pression, en vue de séparer les substances en solution ou en suspension. La membrane peut être .en collodion, en collodion dénitré ou en cellulose précipitée d’une solution cupro-ammoniacale.
- Les sels minéraux et les sels alcalins d’acides gras inférieurs passent à travers la membrane, tandis que les acides gras et leurs sels alcalino-terreux et les éléments organiques insolubles du suint sont retenus.
- Le filtrat peut être réemployé pour le lavage et filtré
- à nouveau.
- Les eaux savonneuses, avant d’être employées pour le lavage, peuvent être de même filtrées pour enlever l’excès d’acides gras.
- Le gâteau du filtre petit en être extrait en renversant la pression, ce qui permet de régénérer le filtre par lavage aux acides étendus, à l’alcool, à l’acétone, ou à l'alcool méthylique, ou à l’acétate de méthyle.
- Les oiseaux s’en vont. — En janvier dernier fn° 2496), j’ai énuméré les diverses espèces d’oiseaux qui, jusqu’à la fin de mai, viennent nous rendre visite pour profiter de notre température modérée et faire leur nid. Après cette « villégiature », les migrateurs s’en vont et gagnent les pays chauds, l’Afrique notamment, et aussi le Midi de l’Europe. Le moment est donc venu de faire une énumération inverse de celle de janvier et de noter, mois par mois, les oiseaux qui nous quittent.
- En juin, toute migration est arrêtée, aussi bien dans un sens que dans l’autre,
- Juillet. — Le mouvement de départ ne débute que dans la deuxième quinzaine de juillet, époque où commencent à s’en aller les Becfigues et les Martinets.
- Août. — En août, le mouvement de départ commence à devenir régulier et on y peut noter la fuite, pendant la première quinzaine, du Becfigue, du Chevalier cul-blanc, du Chevalier gaignette, du Rossignol, et, pendant la deuxième quinzaine, de la Bécassine ordinaire, de la Caille, de la Cigogne, du Coucou, du Linot, du Loriot, de l’Ortolan, de la Pie-grièche, du Pluvier, du Pluvier-guignard, de la Tourterelle. A noter, en passant, que pour les Bécassines (et les Bécasses), leur migration ne veut pas dire qu’ils vont dans les pays chauds ; elles viennent de l’Est et du Nord, où elles nichent, pour aller hiverner dans nos départements de l’Ouest (ceux voisins de la mer) et du Midi. f.
- Septembre. — Le mouvement de départ devient important, car, d’après Le Chasseur français, auquel j’emprunte ces détails, les espèces qui nous quittent, durant la première quinzaine, sont : la Bécassine ordinaire, la Bécassine double, le Becfigue, la Caille, le Coucou, la Fauvette à tète noire, le Gobe-mouches, le Linot, l'Or-
- tolan, la Pie-grièche, le Pluvier-guignard, le Râle de genêts, la Tourterelle, le Traquet, le Traquet-motteu.r, et, pendant la deuxième quinzaine, l'Alouette lulu, la Bécassine ordinaire, le Becfigue, la Bergeronnette, Y Engoulevent, YEpervier, le Faucon, la Fauvette à tête noire, le Gobe-mouches, le Gros-bec, Y Hirondelle, la Huppe, le Linot, la Mésange charbonnière, le Pigeon bizet, le Pigeon ramier, le Pluvier, le Rossignol de muraille, la Sarcelle, la Tourterelle, le Traquet, le Traquet motteux.
- Octobre. — Tandis que, pour nous, octobre marque la fin des vacances, pour les oiseaux, ce mois est le moment d’un grand départ pour les régions ensoleillées, ce en quoi nous ne pouvons que les envier. On note les départs suivants :
- Première quinzaine : Alouette commune, Alouette lulu, Bécassine ordinaire, Bec croisé, Bergeronnette, Bomreuil, Bruant jaune, Canepétière, Chardonneret, Cini, Courlis, Epervier, Etourneau, Faucon, Fauvette, Queue-rousse, Foulque, Friquet, Geai, Gobe-mouches, Grive commune, Gros-bec, Hirondelle, Linot, Macreuse, Mésange à longue queue, Mésange bleue, Mésange charbonnière, Ortolan des roseaux, Pigeon ramier, Pinson, Pluvier, Rossignol cle muraille, Sarcelle, Tarin, Vanneau, Verdier.
- Seconde quinzaine : Alouette commune, Bécasse, Bécassine ordinaire, Bec-croisé, Bouvreuil, Bruant jaune, Cini, Courlis, Etourneau, Foulque, Friquet, Geai, Grive commune, Grive mauvis, Grue, Linot, Macreuse, Milouin, Morillon, Ortolan des roseaux, Pigeon ramier, Pinson, LJinson d’Ardennes, Pluvier, Rouge-gorge, Sarcelle, Tarin, Vanneau, Verdier.
- Novembre. —• Le mouvement de départ est singulièrement ralenti en novembre puisqu’il ne concerne, pendant la première quinzaine, que VAlouette commune, la Bécasse, la Bécassine ordinaire, la Draine, Y Etourneau, le Foulque, le Friquet, la Grive mauvis, la Grue, le Milouin, le Morillon, Y Oie sauvage, le Pinson d’Ardennes, le Râle d’eau, le Rouge-gorge, le Tarin, le Vanneau, et, durant la deuxième quinzaine, le Canard siffleur, le Colvert, YEtourneau, le Foulque, la Litorne, la Marouette, le Milouin, YOie sauvage, le Pilet, le Râle d’eau.
- Décembre. — Décembre marque la fin du départ des oiseaux migrateurs. Durant la première quinzaine on peut encore, cependant, assister à l’exode du Canard siffleur, du Colvert, du Foulque, de la Marouette, du Pilet, de Y Etourneau, mais, dès le commencement de la seconde quinzaine, tout mouvement est arrêté.
- Il u’y a plus qu’à attendre la fin du mois suivant pour en voir revenir quelques-uns. Henri Coupin.
- A propos de la discipline de marche chez les chenilles processionnaires (n° a5i5). — M. Paul de Grandcourt nous écrit : « Voulez-vous me permettre d’ajouter une observation, qui confirmera pleinement votre article, et qui, je crois, le complétera même un peu.
- Elle a eu lieu en avril dernier dans une allée du parc du Retiro, à Madrid.
- Tout d’abord, j’ai fait même constatation que l’auteur de votre article, en ce qui concerne les deux premières expériences :
- i0 Détachement de la chenille^de queue, arrêt simultané de la colonne, etc.;
- 20 Détachement de la ehenille de tête, mêmes constatations.
- Mon observation personnelle est celle-ci :
- J’ai séparé la colonne, en poussant vers la gauche la chenille n° 19 (fig. A)..
- Aussitôt les deux colonnes de tète et de queue se sont arrêtées.
- Seule la chenille 19, restant toujours en contact avec les suivantes, a fait une série d’explorations dans tous les sens, dans le but évident de reprendre la liaison avec la colonne de tête. De temps en temps, l’ensemble de la colonne de queue faisait un mouvement en avant de quelques centimètres pour permettre à la chenille 19 de pousser plus loin ses investigations.
- Pendant très longtemps, la colonne de tête est restée complètement immobile.
- Au bout de 3 quarts d’heure environ, la chenille 11" 1 a commencé un mouvement d’enroulement (fig. B).
- A ce moment, la chenille 19 a fini par reprendre
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- INFORMATIONS
- contact avec la colonne de tète entre les chenilles 16 et 17.
- Aussitôt l’ensemble des deux colonnes a repris son activité, sauf les chenilles 17 et 18.
- Et voici comment le mouvement s’est continué : Pendant que la tête de colonne continuait son mouvement de groupement enroulé, 19 s’accolait à la queue de 16, entraînant la suite, qui a défilé au nez de 17 immobile, dont la tête est restée en contact avec toutes les che-
- Fig. A. Fig. B. Fig. C.
- nilles de queue jusqu’à la dernière 36. C’est alors que 17 et 18 ont repris place dans le cortège (fig. C) après le n9 36, et que le mouvement s’est continué jusqu’à complet enroulement,
- La nuit est arrivée, et jê n’ai pas pu observer comment ce groupement de tète, qui était évidemment une position d’attente, a pu se dérouler pour reprendre sa marche.
- Quelle analogie, en effet, avec ces longues colonnes en file indienne qui se coupaient et s’égaraient, pendant la guerre, dans l’interminable réseau de boyaux et de tranchées, s’arrêtant, s’attendant, s’avertissant de proche en proche par d’imperceptibles signaux, pour atteindre enfin le but ! »
- L’élevage des animaux à fourrures au Canada. —
- L’élevage des animaux à fourrures prend une extension de plus en plus grande au Canada. D’après les Commerce Reports des Etats-Unis, à la fin de 1920, ce dominion possédait 082 fermes pratiquant cette industrie, à savoir 573 consacrées à l’élevage des renards, 6 à celui du vison, 2 à celui de la marmotte, enfin 1 au karakul.
- Ces établissements se rencontrent principalement dans la région voisine du Saint-Laurent; plus de la moitié, soit 3o6, sont installés dans l’île du Prince-Edouard, 57 dans le Nouveau-Brunswick, 55 dans la Nouvelle-
- Ecosse et 79 dans la province de Québec. Par contre, dans l'Alberta, le Saskatchewan, l’Ontario et le Manitoba, 011 n’en trouve que 60, dans la Colombie britannique 11, enfin 14 dans le territoire du \rukon.
- En 1920, on comptait dans ces différentes fermes 14880 renards parmi lesquels la précieuse variété argentée était représentée par i3 4o5 individus. Le succès de cet élevage est souligné par ce fait que sur ces 14880 renards 10812 étaient nés en captivité.
- Les 582 fermes canadiennes ont en 1920 mis sur le marché 2452 peaux dont 2o3o de renards argentés, représentant une valeur totale de 383 835 dollars, soit 4,2 millions de francs au cours du dollar au début d’avril. Notons que le prix d’une peau de renard argenté varie entre 75 et 750 dollars. En même temps que des fourrures ces établissements vendent des animaux vivants sans doute pour permettre de constituer de nouveaux cheptels. En 1920, la valeur de ces cessions s’est élevée à 74S 021 dollars, soit à plus de 8 millions de francs. Un beau renard argenté vaut jusqu’à 1100 dollars, plus de 12000 francs.
- D’après la statistique publiée par les Commerce Reports, le métier d’éleveur de renards argentés nourrit son homme, le capital placé dans cette industrie rapporte du 19 pour 100. Dans ces conditions, on comprend que, bien que les fermes canadiennes aient doublé la production de cette très belle fourrure, leur prix ne baisse pas, tout au contraire. Charles Rabot.
- Curiosités forestières du Grand-Duché du Luxembourg. — L'Echo des Bois, d’Anvers, signale à l’attention des touristes les curiosités forestières que possède le Grand-Duché de Luxembourg, en arbres appartenant à diverses essences, et dont certains sont plus que cinq fois centenaires.
- L’if à baie (Taxaus haccata), du village d’Echlange-sur-Mers, mesure 4 m- de circonférence à sa base et a une hauteur de 20 m. On estime que son âge est d’environ i5oo ans. Le chêne d’Hersberg a 7 m. 48 de circonférence à sa base, 5 m. 74 à hauteur d’homme. Il est âgé de plus de cinq siècles et demi. Le chêne de Saeul a 4 m. de circonférence et le diamètre de sa frondaison atteint 21m.
- Le hêtre de la « Seitert », près Lintgen, a 4 ni. 5o de circonférence à hauteur d’homme, sa frondaison mesure 20 m. de diamètre. Il est considéré comme le doyen des hêtres luxembourgeois.
- A Kopstal, on peut voir cinq hêtres formant un curieux assemblage de cinq troncs réunis en un seul arbre, dont la circonférence est de 5 m. à hauteur d’homme.
- Le tilleul de Nieder-Wampach a 5 m. 20 de circonférence, à hauteur d’homme; son âge dépasse trois cents ans.
- Au point de vue de la longévité de diverses essences feuillues, les forêts du Grand-Duché présentent des spécimens fort remarquables.
- Le 20° Concours Lépine. — Ce concours, consacré aux petites inventions de tous genres, se tiendra cette année au Champ de Mars, à Paris, du 25 août au 5 octobre 1922.
- Il est organisé par l’Association de$ Petits Fabricants et Inventeurs français, i5i, rue du Temple, Paris.
- METEOROLOGIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- a) La Tour Eiffel vient d’inaugurer (i5 juillet 1922) un. service de prévisions météorologiques, transmises en langage clair grâce à la téléphonie sans fil. Le caractère tout à fait'nouveau de la méthode de transmission et les avantages pratiques considérables que pourra retirer de ces messages l’agriculture, à laquelle ils sont destinés, doivent retenir l’attention de ceux qui s’intéressent aux applications de la Météorologie et des ondes électriques. Les lignes qui suivent fourniront quelques indications sur la genèse du nouveau service et les moyens d’en tirer px’ofit.
- Nous avons décrit dans trois articles antérieurs, l’organisation qui règle en Europe l’échange des observations météorologiques dans un temps très court par
- l’emploi systématique de la télégraphie sans fil. Ces observations sont utilisées par les météorologistes pour dresser des cartes synoptiques. Elles constituent pour ainsi dire la matière première dont leur travail scientifique tire la prévision du temps. Cette prévision scientifique ne se rapporte qu’à une période assez courte, presque toujours inférieure à 24 heures. Elle n’a donc de valeur pour le public que si elle peut lui parvenir très rapidement. La célérité, en un mot, a autant de prix pour la diffusion des prévisions que pour la concentration des observations.
- b) Organisation générale. — Quand le destinataire de la prévision est un citadin, la voie de la presse est, en général, suffisamment rapide pour l’avertir. Si c’est un pilote
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- si MÉTÉOROLOGIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
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- d’avion, personne toujours bien outillée en matériel technique, on emploie avec succès le téléphone ordinaire ou la télégraphie sans 111. Mais le problème se complique énormément quand on veut assurer la diffusion des prévisions de météorologie agricole, qui doivent pénétrer jusqu’au fond des campagnes. La très intéressante organisation qui est actuellement à l’essai en France est fondée, comme nous l’avons dit, sur l’emploi de la téléphonie sans fil. Son développement actuel est dû à l’initiative de M. Henri Chéron, ministre de l’Agriculture, secondé par le général Ferrié, inspecteur général de la T. S. F. militaire, et le colonel Delambre, directeur de l’Office national météorologique.
- Supposons donc rédigée, dans un temps très court, et ce n’est pas toujours chose facile, une série de prévisions destinées aux diverses régions agricoles de France et adaptées dans chacune d’elles aux besoins particuliers de la culture : floraison des arbres fruitiers — soins à la vigne — fenaison, etc.
- L’emploi pour leur diffusion d'une transmission sans fil par ondes électriques vient tout naturellement à l’esprit. Mais la télégraphie sans fil ordinaire exige que le destinataire sache recevoir l’alphabet Morse. De plus, elle se pratique de plus en plus sur des ondes entretenues et celles-ci ne peuvent être reçues qu’au moyen d’appareils d’un maniement assez délicat. Il y a là pour les habitants des campagnes des difficultés sérieuses susceptibles d’empècher la pénétration des prévisions de météorologie agricole parmi eux et de les priver des services qu’ils sont en droit d’attendre delà météorologie.
- L’emploi de la téléphonie sans fil évite les deux inconvénients précités. Les ondes peuvent être reçues au moyen de postes rudimentaires, par conséquent robustes et peu coûteux et il est, par ailleurs, évidemment inutile de connaître llalphabet Morse. A la vérité, la propagation des prévisions du temps par la téléphonie sans fil n’est pas absolument nouvelle en France; la Tour Eiffel a commencé, en effet, à assurer un service de ce genre au début de celte année, mais sur une échelle bien moindre.
- c) Conditions de transmission des messages. — La transmission est effectuée par la Tour Eiffel sur la même longueur d’onde que les signaux horaires et les autres messages météorologiques (ondes amorties d’une longueur de 2600 m.). Toute personne percevant actuellement les messages précédents est donc à même de recevoir les prévisions radiotéléphoniques du temps sans apporter aucune modification à son poste récepteur.
- Les heures de transmission des messages pourront être modifiées, notamment lors du passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver. Au . début, elles seront les suivantes : 4 h. 5o du matin, 12 h. 15 et 18 h. ro.
- Il y aura des prévisions distinctes s’appliquant aux diverses régions climatériques de la France. Ces régions sont au nombre de 12 dans l’organisation actuelle. Le tableau ci-joint indique leurs noms et les départements qui les composent’ :
- Tableau des régions climatériques.
- I. Nord (4 départements) :
- Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme.
- IL Bretagne (4 départements) :
- Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan.
- III. Nord-Ouest (7 départements) :
- Calvados, Eure, Mayenne, Morbihan, Orne, Sarthe, Seine-Inférieure.
- IV. Parisienne (5 départements) :
- Eure-et-Loir, Oise, Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise.
- V. Nord-Est (10 départements) :
- Aube, Ardennes, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Marne, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges.
- VI. Ouest (8 départements) :
- Charente, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Vienne.
- VIL Centre (fi départements) :
- Cher, Indre, Loiret, Loir-et-Cher, Nièvre, Tonne,
- VIII. Est (11 départements) :
- Ain, Côte-d’Or, Doubs, Haute-Saône, Hautes-Alpes, Haute-Savoie, Isère, Jura, Rhône, Saôre-et-Loire, Savoie.
- IX. Massif Central (10 départements) :
- Allier, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Haute-Loire, Haute-Vienne, Loire, Lozère, Puy-de-Dôme.
- X. Sud-Ouest (12 départements) :
- Ariège, Basses-Pyrénées, Dordogne, Gers, Gironde, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne.
- XI. Sud (5 départements) :
- Ardèche, Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales.
- XII. Sud-Est (6 départements) : .
- Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône,
- Drôme, Var, Vaucluse.
- Les prévisions s’appliquent en principe à une durée de 18 heures, sous réserve des modifications qui pourront leur être apportées par les messages ultérieurs.
- Les indications qu’elles contiennent sont relatives aux éléments météorologiques suivants :
- i° Caractère dominant du temps à venir;
- 2" Direction et force des vents ;
- 3° Etat du ciel ;
- 4° Précipitations (pluie, averses, neige, etc...);
- 5° Température : sens des variations delà température. Température minima probable de la fin de la nuit. Température maxirna probable du jour;
- 6“ Possibilité de phénomènes dangereux pour l’agriculture (gelées, orages, grêle, brouillard, tempêtes).
- L’Office National Météorologique a publié des notices spéciales expliquant la signification des différents termes employés dans la rédaction des 6 rubriques précédentes et contenant également des conseils sur l’installation des postes récepteurs de T. S. F. et de radiotéléphonie.
- Les Ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur ainsi que le sous-secrétaire d’Etat de l’Aéronautique, ont attiré l’attention des préfets sur le nouveau service par une circulaire commune qui a été publiée dans le Journal Officiel. Cette circulaire autorise notamment les préfets à approuver dans les budgets des communes les dépenses nécessaires à l’acquisition et à l’installation de postes récepteurs. Elle préconise également l’emploi des cloches pour pohter les renseignements recueillis à la connaissance des habitants.
- Voilà donc réalisée pour la première fois une organisation d’ensemble, pourvue des moyens de communication les plus propres à mettre à la portée des agriculteurs les bienfaits d’une prévision météorologique satisfaisante. Dans l’espace de 4 heures, les observations effectuées dans toutes les stations européennes et même sur certains navires de l’Océan Atlantique sont réunies à Paris, portées sur des cartes synoptiques, étudiées, transformées en prévisions distinctes pour diverses parties de la France et conduites jusque dans les villages les plus isolés.
- Nous croyons devoir insister pour terminer sur un point d’une grande importance pratique : les prévisions agricoles ont donné aux Etats-Unis des résultats excellents et c’est par dizaines de millions qu’on compte les économies qu’elles ont fait réaliser aux cultivateurs, notamment dans les immenses vergers de la Californie. Ces résultats sont dus à ce que le météorologiste et le cultivateur sont en liaison. Celui-ci communique au météorologiste les réflexions et critiques que lui suggère l’emploi quotidien des prévisions. Celui-là peut alors améliorer ses messages. Si cette amélioration exige des crédits nouveaux, l’agriculteur qui aura déjà éprouvé les bienfaits des avertissements météorologiques, saura ne pas les marchander. L’organisation qui vient d’entrer en fonctionnement en France se perfectionnera progressivement et même rapidement si les campagnes s’intéressent à elle et communiquent toutes leurs remarques pratiques à l’Office National Météorologique dans un esprit de collaboration bienveillante.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Microscope monoculaire redresseur. — MM. Stiass-nie frères, viennent de créer un nouvel appareil qui est appelé à rendre les plus grands services dans tous les cas où les loupes simples sont insuffisantes comme grossissement.
- L’appareil est constitué par un microscope comprenant un objectif achromatique de 48 mm de distance focale, un système redresseur à prismes et un oculaire de Huyghens.
- La distance frontale (distance de l’objet à la lentille de l’objectif) est de 60 millimètres.
- Suivant l’oculaire employé, ies grossissements en diamètres et les champs en millimètres obtenus sont :
- avec l’oculaire I, 16 fois : 7 mm ;
- — II, 2o fois : 5,5 mm ;
- — III, 34 fois : 4>3 mm;
- Le système optique est supporté par un pied métallique qui comprend une tige verticale et une tige hori-
- Fig. 1. —Microscope monoculaire redresseur.
- zontale. Cette dernière peut coulisser dans les deux sens vertical et horizontal et tourner sur elle-même, ce qui permet de placer le microscope dans toutes les positions; l’amplitude des mouvements est respectivement de 28 et 24 cm. Un dispositif particulier permet d’avoir le long de la tige verticale un mouvement doux et sans saccades. Des boutons de serrage immobilisent les tiges clans la position choisie. Le tube est relié à la tige horizontale au moyen d’une glissière. La mise au point définitive est obtenue par pignon hélicoïdal et crémaillère.
- La gi'ande distance frontale et la commodité de la mise au point joiutes au redressement de -l’image permettent, outre l’observation, l’exécution des travaux les plus minutieux dissections fines, réglages, retouches, etc.)
- Cet appareil aura donc sa place marqu ée sur la table de travail du naturaliste.
- Les bactériologistes l’utiliseront avec avantage pour les numérations et l’examen critique des colonies microbiennes.
- En dermatologie, en oculistique, en médecine légale, les facilités de mise en place du tube d’observation permettront les applications dont le microscope ordinaire se trouve écarté.
- Grâce à la grande amplitude des mouvements du sup-
- port, les entomologistes y trouveront un auxiliaire précieux pour l’étude des insectes en cages d’élevage ou en boîtes de collections.
- Il sera très apprécié des graveurs pour l’examen des travaux ou la retouche, des horlogers pour la vérification des pièces fines.
- Il trouvera son application dans le contrôle de la fabrication des lampes électriques, des fils et tissus, du décolletage de précision, etc. !l
- On peut placer dans l’oculaire un micromètre qui après étalonnage sur une division millimétrique permet la mensuration des objets avec une précision de i/iooe de millimètre.
- L’appareil peut recevoir une chambre claire pour l’exécution des dessins.
- Le microscope est renfermé dans une boîte qui permet son transport facile sans crainte de détérioration.
- Constructeurs : MM. Stiassnie frères', 204, boulevard Raspail, Paris.
- *> Mécanique
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- 2. — icr temps : prise des griffes avant.
- Transport de bouteilles de gaz comprimé. — On
- a imaginé plusieurs systèmes de chariots et de voiturettes pour le transport des bouteilles d’acier qui servent au magasinage des gaz sous pression. Un modèle récent est celui qui a été établi par un constructeur de Mulhouse, il est parfaitement conçu et d’un aspect agréable.
- Ce chariot se compose essentiellement d’un cadre métallique qui est monté sur roues. L’avant et l’arrière sont munis d une
- paire de griffes ----. —.....-
- automatiques qui sont destinées à mordre le corps delà bouteille de manière à la suspendre au-dessus du sol.
- La manœuvre est simple et elle s’accomplit sans effort. Le chariot est poussé au-dessus de la bouteille de façon qu’il se trouve à
- peu près à l’aplomb du centre de cette bouteille. Celle-ci se trouve donc couchée entre les deux roues dans le sens de la longueur.
- En élevant les brancards, les mordaches de la griffe avant s’écartent au diamètre de la bouteille et se refer-ment aussitôt sous la partie inférieure de celle-ci. La pince s’étant ainsi fixée automatiquement on abaisse les brancards pour obtenir le même résultat à l’arrière. Par suite la bouteille se trouve suspendue sous le cadre et prête à être transportée.
- Lorsqu’on est arrivé à destination il faut laisser reposer la bouteille à terre ; on tourne d’un quart de tour une
- Fig. 4. — Dernière manœuvre; : la bouteille tombe à terre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- petite manivelle qui commande l’écartement des branches des deux pinces et la bouteille libérée glisse à terre.
- Cet appareil très ingénieux rendra de grands services dans les ateliers de soudure autogène et également dans les chantiers et ateliers qui comportent des postes de soudure au chalumeau, les fabriques d’automobiles, de matériel roulant, de constructions navales. Dans les brasseries, un manœuvre, un apprenti ou même une femmé pourront assurer facilement le transport des bouteilles d’acide carbonique que l’on utilise et cela sans grande fatigue ni grande dépense de temps. —Adresse : Etablissements Tourtelier, à Mulhouse.
- Objets utiles
- Avertisseur d’incendie. — Un avertisseur d’incendie automatique fonctionne en donnant un contact analogue à celui du bouton d’appel dans un circuit électrique de sonnerie.
- Il est facile de construire un avertisseur de ce genre, avec des éléments simples et sans autres outils qu’une scie à métaux et une petite chignole.
- On prépare un cadre en bois dur, ayant la forme d’un L, ainsi qu’on peut le voir ligure 5. Ce bois sera rendu plus isolant en le trempant, si on le désire, dans
- un bain de paraffine ou en se contentant d’étendre la paraffine fondue à la surface du bois, par exemple avec un fer à souder chaud.
- A la partie supérieure, on dispose deux vis formant bornes pour le circuit de la sonnerie. D’un côté (à droite sur la figure) lavis est choisie suffisamment longue pour dépasser d’une longueur convenable de la pièce de bois.
- De l’autre côté de l’appareil (à gauche sur la figure), on dispose une lame de laiton peu épaisse, qui sera vissée dans le bois et qui sera chantournée sur la partie libre. La longueur de cette lame sera telle que, lorsque le ressort de rappel sera libre d’agir, elle pourra venir fermer le circuit sur la pointe de la vis, qui provient de la borne de droite.
- Normalement, cette lame de laiton reste écartée, grâce à une petite barrette a en alliage spécial très fusible, dont les extrémités sont taillées en pointe, qui viennent reposer d’une part sur la lame de laiton et d’autre part sur une petite équerre supérieure formant butée.
- Cet alliage pourra être de l’alliage de W.ood composé de 7 de Bismuth et 6 de Plomb qui fond à 7a0. On trouvera d’ailleurs dans les Recettes de l’Atelier différentes formules d’alliages fondant à basse température, notamment celui de Stewart : 75 de bismuth, 40 de plomb et 20 d’étain qui fond à 66°.
- On conçoit immédiatement que, si un incendie se produit à proximité de l’avertisseur, la chaleur dégagée suffit à faire fondre la barrette d’alliage; la lame de laiton libérée vient alors fermer le circuit en venant au contact de la pointe de la vis.
- On peut disposer dans une installation plusieurs de ces avertisseurs aux différents points convenables et les appareils seront branchés d’une manière absolument identique à celle de plusieurs boutons d’appel, chargés d’actionner une sonnerie unique.
- Chaque avertisseur pourra avoir sa petite batterie de piles ou, de préférence, on prendra une batterie unique pour toute l’installation. D’ailleurs, il est préférable de se brancher sur le circuit d’é'clairage, quand on le peut, avec un transformateur genre Ferrix, car on sera toujours assilré d’avoir du courant.
- Avec les piles, on risque évidemment de ne pas les entretenir suffisamment; aussi il sera prudent d’essayer fréquemment les circuits, au besoin on pourra prévoir des boutons d’appel B d’essais (fig. 6).
- Une installation plus parfaite est celle qui comporte un circuit spécial pour chaque avertisseur, avec un voyant indicateur correspondant à chaque appareil (fig. 7).
- Une combinaison mixte pourra aussi être adoptée, en montant plusieurs avertisseurs, ceux d’un même bâtiment, par exemple, sur un même circuit comportant son voyant indicateur; on aura plusieurs circuits de cette sorte.
- Fig. 6.
- Ainsi, dans une ferme importante, on placera les avertisseurs dans le garage sur un circuit, ceux des granges sur un autre, et avec un troisième circuit, on branchera les avertisseurs des habitations. La sonnerie sera montée près du lit du gardien ou même du propriétaire; on peut également actionner plusieurs sonneries.
- Les avertisseurs sont installés au plafond, car dans le
- Fig. 7.
- cas d’un incendie, les flammes et la chaleur montent; elles auront une action immédiate sur les barrettes fusibles, bien avant que les fils du circuit soient détériorés et hors d’état de transmettre l’appel d’alarme.
- Un modèle encore plus simple recommandé pour gens pressés sera constitué par une pince à linge tenue écartée par un morceau a (fig. 8) d’alliage fusible taillé également en pointe à chaque bout et portant dans une des séries d’encoches de la pince.
- Les branches porteront, l’une un plot borne en laiton (à gauche) comportant une tige filetée avec deux écrous pour serrer le fil, l’autre un plot pointe en laiton (à droite) formant contact grattant.
- Les deux plots viendront au contact dès que sous
- l’effet de la température de fusion la barrette ne pourra plus arrêter l’action du ressort qui tend à rapprocher les mâchoires de la pince. x
- Toutes ces pinces seront simplement suspendues aux endroits convenables. Elles ont pour elles leur simplicité et contre elles leur aspect peu décoratif.
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- VARIÉTÉS
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- L'ART DE VOYAGER (Suite [*])
- Le paysage : L’étude et l’amour de la nature. — Les multiples curiosités qui attirent les touristes peuvent se classer en deux groupes, se ramener à deux types essentiels : la nature et ses paysages; les villes, leurs monuments, leurs musées.
- On aime ou on n’aime pas la nature : c’est un fait. En vain essaierez-vous d’expliquer les beautés d'un paysage non pas seulement à des ruraux, mais à beaucoup de gens du monde qui vont par snobisme visiter les sites célèbres, sans éprouver aucune impression personnelle, aucun plaisir; ceux-là n’envisagent la nature que sous l’angle utilitaire, culture de la vigne, du blé ou de la pomme de terre; ceux-ci y voient un cadre à parties de chasse ou à rallyes et y gagnent vite la nostalgie de leur cercle et des salons. L’un et l’autre ne sentent pas.
- La beauté, l’émotivité d’un paysage sont-elles donc essentiellement subjectives? En partie, mais en partie seulement. Dans un paysage, comme dans un tableau, il y a des éléments objectifs, des caractères et des valeurs qu’on peut dégager, analyser, faire comprendre. Et comprendre, c’est bien souvent la préface de sentir. Si les tempéraments impressionnables et artistiques, même peu éduqués, suppléent à l’ignorance par l’intuition et peuvent vibrer au premier contact, en revanche, combien plus nombreux ceux qui en apprenant à voir, à observer, à détailler, s’éprennent de pays et de sites devant lesquels ils avaient d’abord passé indifférents ?
- Pour aimer la nature, il faut d’abord la connaître. C’est à la suite d’un commerce prolongé avec la campagne et la forêt, la montagne et la mer, que le sentiment de la nature s’éveillera chez les jeunes gens aux alentours de l’adolescence. Le même fait s’observera chez tous les adultes dont le cerveau est encore assez souple pour s’adapter à une ambiance et à des impressions nouvelles. La place me manque pour traiter, même succinctement, un sujet que j’ai longuement développé ailleurs (a).
- Je ferai seulement remarquer que l’étude des écrivains comme des œuvres des peintres paysagistes est très utile pour développer en nous le sentiment de la nature, car elle attire notre attention sur des caractères — ligues, formes ou couleurs, harmonies, vie, changements du paysage, etc. — qui risquaient de passer inaperçus à nos yeux ou à nos oreilles. Mais c’est surtout le voyage et l’observation personnelle qui le formeront : par là se dégageront les affinités naturelles, latentes en nous, grâce auxquelles les énergiques préféreront la montagne, école de l’effort; les mystiques et les mélancoliques la mer; les timides et les sauvages la forêt, les classiques les paysages de plaines et de collines aux lignes sobres, les romantiques et les imaginatifs les sites convulsés et les ruines évocatrices du temps jadis.
- Tous les paysages sont beaux pour quiconque sait les regarder : un peuplier frémissant au bord d’un ruisseau suffit pour inspirer un chef-d’œuvre à un peintre. De même l’étude de la nature peut se faire partout avec fruit et intérêt, à condition d’être observateur et de tirer parti de ses propres connaissances.
- Sans doute, il y a des régions privilégiées comme les côtes maritimes ou les contrées montagneuses. Les bords de la mer sont particulièrement riches en enseignements de toute sorte. Quel meilleur poste pour observer le travail prodigieux des eaux marines, la formation et la déformation perpétuelle du continent? Ici, c’est l’érosion des falaises calcaires par les vagues qui, en triturant sables et galets arrachés au roc, refont, sous la profondeur des flots, des sédiments analogues à ceux
- 1. Voir n° a5iy.
- 2. Le sentiment de la nature et son expression artistique (Paris, Alcan, Bibliothèque de philosophie contemporaine). Voir aussi Fr. Paulhan (L’esthétique du paysage Alcan).
- qu’ils démolissent. Là, c’est l’envahissement des dunes, la marée de sable qu’on arrête sur les côtes de Saintonge et des Landes par des plantations de pins; ailleurs, comme sur la côte nord de Bretagne, c’est l’eau qui gagne sur la terre, qui isole le Mont Saint-Michel construit jadis sur la terre ferme. Et que dire de la merveilleuse faune et flore sous-marine, qui est une vivante et perpétuelle leçon de zoologie et de botanique : poissons, crustacés, mollusques, échinodermes, astéries, aux formes, aux habitats et aux mœurs si variés, actinies et éponges fixées aux rochers, qui font la transition entre l’animal et la plante ?
- La montagne n’ofïre pas moins d’enseignements géologiques que la mer, sans parler de pays particulièrement favorisés comme l’Auvergne (à laquelle nous consacrerons prochainement un article spécial), et où l’on trouve réunis côte à côte des témoins de toutes les périodes éruptives; elle évoque partout l’histoire de la croûte terrestre et des prodigieux bouleversements d’autrefois par ses soulèvements granitiques comme pour les strates rubannées et redressées de ses roches sédimentaires, tordues, disloquées et projetées souvent à de formidables hauteurs. Voici les glaciers qui ont corrodé les vallées, creusé les cuvettes des grands lacs, et qui reculent peu à peu vers les sommets. Voilà le travail prodigieux des eaux torrentielles qui ont découpé le relief, percé les grottes, entaillé les gorges. La flore doit être étudiée par zones de végétation, celle-ci s’acclimatant à l’altitude, à l’exposition, au sol; en quelques heures de funiculaire ou de marche,, on franchit parfois, dans les Alpes, les diverses zones de végétation qui s’échelonnent, en Europe, de la Méditerranée aux régions polaires. L’animal suit la plante et s’adapte comme elle au climat : voyez la marmotte et son sommeil hivernal.
- Même en dehors de la mer et de la montagne, l’étude de la nature est partout fructueuse. Il n’est guère de pays où l’on ne trouve des carrières, sablières, tranchées d’érosion, permettant d’examiner la nature du sol et de recueillir des fossiles. Les forêts, les clairières, les rives des fleuves et des ruisseaux se prêtent aux recherches botaniques, comme à la pêche et à la chasse, sports susceptibles de développer singulièrement les facultés d’observation lorsqu’ils sont pratiqués avec intelligence. Et s’il faut un aiguillon pour piquer la curiosité de l’esprit, on le trouvera facilement dans l’utilisation des plantes et des bêtes, la défense contre les mauvaises et les dangereuses. On fera aussi appel à l’instinct du collectionneur, qui sommeille dans l’âme de beaucoup d’entre nous et qui est un stimulant salutaire, autant qu’inconscient, de l’esprit d’observation et de l'étude.
- Les villes : monuments et musées. — Comme pour la mer, la forêt, la montagne, nous avons des préférences, des affinités individuelles encore plus accusées, qui pour la nature et la campagne, qui pour la ville. Il convient de ne pas suivre aveuglément son instinct et ses goûts et d’équilibrer judicieusement, dans ses voyages, la part faite aux cités et celle réservée aux sites naturels. A un point de vue plus réaliste, l’expérience enseigne que la visite des villes et de leurs curiosités, même effectuée dans les meilleures conditions dë confort, est beaucoup plus fatigante que la marche au grand air et même que la marche en montagne. Les séjours d’été, surtout pour les citadins, doivent être choisis de préférence . dans des régions reposantes et rurales, ou dans des stations balnéaires organisées pour les villégiatures : les villes seront visitées à l’aller ou au retour, ou constitueront des buts d’excursions.
- Visiter intelligemment une ville, une grande ville surtout, est chose délicate et qui demande une préparation. Sans parler de ces voyageurs insouciants et badauds —
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- VARIÉTÉS
- il en existe encore ! —- qui prennent, une voiture à la gare, en demandant au cocher ou au chauffeur de leur faire visiter « ce qu’il y a à voir », il ne faut pas tomber dans le travers de ceux qui, par excès de scrupule et dans la crainte d’omettre quelque chose d’intéressant, veulent suivre toutes les curiosités indiquées dans leur guide. Sauf en cas de séjour prolongé, pareille méthode est déplorable. Tout voir, trop voir, c’est ne rien voir : les impressions se succèdent et se superposent comme au kaléidoscope, s’effaçant et se détruisant l’une l’autre dans leur défilé trop rapide et leur multiplicité.
- Il faut savoir choisir. Ici commence la difficulté. Sans doute les bons guides vous facilitent la besogne en vous indiquant les curiosités principales. Mais ce n’est pas suffisant et il reste toujours une grande part pour l’initiative personnelle. Ce qu’il faut voir avanl tout et bien voir, voir posément, en négligeant le reste, ce sont les aspects et les curiosités caractéristiques de la ville.
- Les villes, à qui sait les regarder et les comprendre, offrent un intérêt de premier ordre. Ce sont elles, autant ou plus que les villages ou les sites, qui individualisent le pays; en elles se réflètent les conditions du milieu, l’esprit de la race, les vicissitudes de l’histoire, les traditions du passé et les aspirations du présent ('). Comme Ta dit Anatole France dans une phrase exquise de Pierre Nozière, les villes sont des livres, « de beaux livres d’images où Ton voit les aïeux ».
- Certes le simple touriste n’a ni les loisirs ni la compétence nécessaires pour évoquer toute l’histoire d’une ville en faisant parler les anciens monuments, les débris vénérables et les vieilles pierres, époque par époque : c’est là oeuvre d’archéologue, amateur ou professionnel. Mais il lui sera facile de relever les jalons essentiels, de comprendre dans quelles conditions et dans quel but la cité a été édifiée, — ville de défense sur un oppidum naturel comme Laon, Angoulême, Sancerre, ville commerçante près d’un confluent ou sur une baie, un estuaire, comme Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, etc., villes d’eaux près d’une source minérale, — puis quelles ont été ses périodes de grande prospérité, d’après les monuments qui marquent une époque. La physionomie de la ville s’affirme en outre par son mode de construction, qui dépend des conditions locales, du caractère et des traditions de la race : brique à Toulouse où la pierre manque, grès rouge des Yosges à Strasbourg, calcaire jaune de Reims, meulière grise de Chartres, façades noircies de fumée et de brume de Paris et de Londres, blanchies ou peintes sous les cieux du Midi qui réclament la lumière, toits et demeures provençales qui rappellent encore les constructions gallo-romaines, maisons de bois et combles pointus de Normandie ou d’Alsace légués par les anciens conquérants nordiques et germains. Que d’enseignements pour qui sait déchiffrer l’àme des vieilles maisons de France.
- Ce sont les mêmes principes qui dirigeront la visite des monuments. Ce qui caractérise surtout l’architecture de Rouen, ce sont ses églises et son palais de justice de style gothique fleuri ; Caen brille par le style roman normand, Toulouse par lé romano-gothique si original de ses basiliques. Lyon, Marseille, Bordeaux sont de grandes villes commerçantes constituées aux xvii°-xvnie siècles ; Aigues-Mortes est une ville morte du xm° siècle, Guérande, du xv4 ; l’architecture de la Renaissance s'est épanouie dans les châteaux de la Loire. Il n’y a guère que de très grandes et très anciennes villes comme Paris ou Rome qui puissent offrir [une gamme à peu près complète de tous les âges.
- Quand on visite un monument, il faut se garder de se perdre dans les détails sans intérêt : ce sont les détails caractéristiques qu’il faut savoir dégager— et retenir — avec et après l’examen de l’ensemble. On y parvient assez vite avec un peu d’habitude, et on apprendra agréablement son histoire de l’art sans effort, en feuilletant le livre grand ouvert des châteaux, hôtels, églises, abbayes et remparts. On s’habituera d’abord à distinguer les éléments des grands styles, roman, gothique, Renaissance, etc.; puis on dégagera les caractères régionaux de chacun d’eux, plus accusés au moyen âge, et qui s’effacent petit à petit à l’époque moderne;
- i. Consulter à ce sujet Emile Magne, L’esthétique des cilles (Paris, Mercure de France, 1909); comme monographies : Bruges-la-Morte, de Rodenbacii; Berlin, de .Iules IIuret ; le Mystère vénitien, de Ferdinand Bac (Fasquelle); Rome, de René Schneider, etc.
- on discernera les nuances des époques intermédiaires ; enfin on arrivera à saisir les éléments originaux qui individualisent tel ou tel monument en particulier. Rien n’est intéressant comme une étude de ce genre, qui devient vite passionnante et qui enrichit singulièrement l’esprit au cours des voyages.
- Ce que nous disons de l’architecture peut se répéter pour la sculpture, la peinture, le vitrail, etc. Etudier l’œuvre d’un peintre dans des livres, même les mieux illustrés, est un travail d’école, froid et sans vie. Il faut voir les œuvres elles-mêmes, autant que possible dans leur cadre, comme les fresques des églises italiennes et les vitraux de nos cathédrales, ou encore dans leur pays natal, dans le milieu où elles se sont formées : Ingres à Montauban, milieu classique et sévère, Rubens dans sa Flandre opulente, Rembrandt dans sa brumeuse Hollande, le Titien à Venise dont les chauds coloris naturels expliquent ceux du peintre. Puis sous cet angle, les chefs-d’œuvre des maîtres — qu’on tend judicieusement à réunir de plus en plus dans leurs pays originaires — prennent une tout autre valeur (*).
- Chaque musée — à l’exception de quelques-uns extrêmement riches comme le Louvre ou la National Gallery — a ses morceaux de choix, ses salles, ses écoles, ses pièces caractéristiques, qu’il faut contempler, pénétrer, comprendre, en négligeant tout le fatras environnant. A l’Académie de Venise, on va voir les primitifs et les grands coloristes vénitiens; à Naples, la sculpture antique et les fresque^ de Pompéi, sans oublier une galerie remarquable de peintres flamands ; au Prado de Madrid, Vélasquez et Goya. Le catalogue résumé d’un bon guide fixera assez vite le voyageur; l’habitude, le développement du sentiment et de l’éducation artistique feront le reste.
- L’homme, les manifestations de la vie sociale. — 11 est enfin un sujet d’observation du plus haut intérêt, qu’on néglige trop souvent en voyage : c’est l’homme lui-même. Et pourtant, qu’est-ce qui nous touche de plus près La main de l’homme n’est-elle point partout, même dans la nature qu’il utilise et adapte à ses fins, dans le paysage qu’il embellit, met en valeur ou dégrade? Les villes, qu’on envisage surtout au point de vue des « curiosités », musées et monuments sont le témoignage complexe de ses efforts, de ses besoins matériels et de son idéal. Ce n’est pas les voir et les connaître que de faire abstraction de la vie contemporaine dans ses manifestations diverses. Rouen, c’est la cathédrale, le palais de justice, la place du Vieux-Marché qui évoque Jeanne d’Arc — c’est aussi le port, les rues commerçantes, l’activité d’une grande cité industrielle et ouvrière. Le commerce des ports, l’organisation des industries, leurs traditions, leur adaptation aux nécessités du lieu et du moment, autant de faits intéressants à observer, sur lesquels on doit se renseigner et auxquels nul ne doit rester indifférent ; car ils nous aident à comprendre directement, et par-dessus les commentaires plus ou moins intéressés des journaux, les grands phénomènes de la politique économique et sociale. La visite raisonnée d’une grande usine ou d’un port, sous la conduite d’un praticien expérimenté, n’est pas moins à conseiller que celle d’un château ou d’une cathédrale.
- .L’agriculture doit trouver place à côté du commerce et de l’industrie. Tout citadin qui séjourne à la campagne fera sagement de s’intéresser aux cultures et d’interroger les paysans; tout en s’instruisant, on se mettra ainsi en garde contre mainte balourdise et maint pré-jugé.
- Enfin rien n’est plus captivant que d’observer les caractères, les mœurs et coutumes, qui diffèrent d’une nation à l’autre et de région à région. Mais il importe de se meltre en garde, nous l’avons dit, tant contre les jugements préconçus que contre les généralisations hâtives. Ne pas juger trop vite, aborder les pays et les gens avec l’esprit ouvert et une curiosité sympathique, c’est le meilleur moyen de comprendre les êtres et les choses, de profiter de ses voyages, d’en rapporter un bon et profitable souvenir. Albert Dauzat.
- 1. D’une façon plus générale rien n’est instructif comme d’évoquer le souvenir des grands hommes dans les lieux où ils ont habité ou vécu : Rousseau aux Cliarmettes, La Fontaine à Château-Thierry, etc., Cette évocation littéraire a donné lieu à de fort* beaux livres, comme les Paijsages littéraires de Gabriel Faure.
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. B. W., Wattrelos. — Consulter Eaux-de-vie et vinaigres, par M. Pacottet, Encyclopédie agricole) Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- F)'' F., à Mézières-Charleville. — i° En ce qui concerne la transformation de qicalité du tabac ordinaire pour obtenir l’arome et la qualité du tabac anglais, on ne connaît pas de procédé en usage. Il serait nécessaire de connaître exactement la composition chimique d’un type bien déterminé de tabac anglais, mais encore faut-il considérer que les qualités sont inhérentes aux espèces cultivées aux terrains, au climat et aux conditions culturales, à la fumure appliquée au sol notamment.
- 20 Marmelade de pétales de roses. —Jeter les pétales dans de l’eau froide, ajouter à cette eau du jus de citron ou de l’acide citrique, chauffer jusqu’à ramollissement des pétales, qu’on verse ensuite sur un tamis pour les laver à l’eau froide, après quoi on les pile au mortier jusqu’à ce qu’elles soient réduites en bouillie fine ou pulpe, que l’on mêle avec du sucre cuit au boulé, on donne quelques bouillonsjet on met en pots. Pour éviter le candissement, on ajoute un peu de gelée de pomme ou de gélose ou de gélatine en gelée, environ le double du poids des pétales de roses. On colore avec un peu de carmin et on parfume avec un peu d’essence de roses.
- 3" Nous n’avons pas la recette du Sherbet, tel qu’on le prépare en Roumanie; mais nous vous donnerions volontiers ici cette recette, si un lecteur, la connaissant, voulait bien nous la communiquer.
- M. R. M., boulevard George-Y, Bordeaux. — Préparation et conservation de la julienne : Cette conserve est un mélange composé de carottes, navets, choux, choux-fleurs, poireaux, avec condiments appropriés. Elle comporte la dessiccation de chaque sorte de légume séparément. Le mélange s’effectue après dessiccation. Industriellement on prépare les juliennes de la manière suivante : suppression des parties non comestibles (fanes, etc.); puis on dirige chaque sorte de légumes vers une suite de barboteurs dont le modèle varie selon l’espèce à traiter. Les légumes y sont lavés à grande eau et remués, puis ils passent à l’épluchage, qui se fait soit à la main, soit à l’aide de petits instruments spéciaux, après quoi on les divise en parties plus ou moins fines, au moyen de couteaux parallèles. En cet élat, les légumes sont réunis en proportions variables, et portés aux évaporateurs. Ordinairement, le mélange est fait dans les proportions suivantes :
- Pommes de terre.........35 pour 100
- Carottes ......... 25 pour xoo
- Choux...................i5 pour xoo
- Ce mélange, convenablement brassé, est disposé en
- lits minces sur des claies en bois, que l’on rapproche progressivement d’un foyer de chaleur ne dépassant pas 700, pour éviter les coups de feu. Les légumes cheminent lentement en chambres closes. Pour former des briquettes ou comprimés de juliemxe, on suspend le séchage lorsqu’il est à moitié, et au moyen de moules et de presses spéciales on donne la forme désirée, puis on continue le séchage par l’air chaud, qui, passant en sens inverse de celui des légumes, se sature peu à peu d’humidité. Quand le mélange ne contient plus que i3 à 14 pour 100 d’eau, on arrête l’opération et on met en boîtes. 1 kg de cette préparation correspond à 10 kg de légumes frais.
- Nous ne connaissons pas d’ouvrages spécialement consacrés à cette question. Yoyez Office technique, à l’Industrie française de la Conserve, Paris, 25, rue Lau-riston, 16e.
- M. J. P., à Saint-Léger-sous-la-Bussière (Saône-et-Loire). — Vous trouverez des gaufriers, appareils à faire la cire gaufrée, cérificateurs, etc., chez les fabiu-cants et toutes maisons vendant les instruments et le matéi'iel d’apiculture. Yoici des adresses : A. Maigrie et fils, constructeurs à Mâcon ; J,-G, Tissot, Paris, 7, rue
- du Louvre, xor; L. Croizier, 57, rue Combe-des-Dames, à Périgueux; L. Fournier, à Châteauroux ; Albert Mathieu, à Châteauroux; Raymond Gariel, Pai'is, 2 ter, quai de la Mégisserie, ici ; Casimir Comby, à L’Isle-Jourdain (Gers); Guillauxne, à Sandaucourt, par Ghàtenois (Yosges); Chardin, à Martigny-les-Bains (Yosges) ; Bertrand, à Yelars-lez-Dijon (Côte-d’Or) ; Gaufrier Haineaux, à Revin (Ardennes) ; L. Couteret, à Besançon ; Trabet, rue d’Arpôt, à Yienne (Isère) ; Luiset, à Sainte-Colombe-lès-Yienne (Rhône).
- D’autre part, vous pourriez prendre avis au Secrétariat de la Société centrale d’Apiculture, Paris, 28, rue Serpente, 6°.
- M. R. Ch., rue Sainte-Catherine, Bordeaux. — Pour vous débarrasser des fourmis qui ont envahi votxe salle à manger (placards, buffets, etc.), vous pouvez recourir aux moyens suivants : prendre plusieurs éponges, les imbiber d’eau sucrée ou miellée, poser ces éponges aux endroits fréquentés par les fourmis, et lorsqu’elles en seront couvertes, les plonger dans de l’eau bouillante. On peut aussi faire usage des poudres insecticides (pyrèthre, etc.), que l’on insuffle dans les rainures où pénètrent les fourmis.
- Dans les placards, mettre des citrons coupés par la moitié; ils éloignent ces insectes, de même que le charbon de bois en très petits fragments. La glu les arrête : placer des petites baguettes de bois enduites de glu en travers du chemin que suivent les fourmis ; elles déguerpissent pour ne plus x’evenir. Le marc de café humide répandu sur leur passage a le même pouvoir répulsif. On peut, avec de l’eau miellée ou additionnée de sirop de gomme, d’orgeat, disposer ça et là des appâts où les fourmis viennent se noyer.
- Un mélange, à doses à peu près égales, de sucre et de borax réduits en poudre, que l’on sème sur le terrain parcouru par les fourmis, les fait disparaître.
- Mais pour assurer la destruction complète, il faut rechei'cher le nid et y verser de l’eau bouillante ou une émulsion de péti’ole et de savon étendue de plusieurs fois son volume d’eau; ou bien, faire au centre de la fourmilière, si elle est dans le jax’din, un trou peu profond et verser dans ce trou 2S à 3o gr. de sulfure de carbone, en évitant de fumer ou d’approcher un coi’ps quelconque en ignition, à cause du danger d’explosion du sulfure de carbone.
- Mlle Bayeux, à Dreux. —Pour Yanalyse des cirages, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage de L. Jacomet : Matières tannantes, cuirs, gélatines, noirs, cirages, dans la collection des Manuels pratiques d’analyses chimiques, Béranger, éditeur, Paris, 19x1.
- M. H., à Ixelles. — x° Manuel du briquetier-tuilier, par Lejeune, chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris; — 20 Les produits comme la coque du Levant qui exerce unG forte attraction sur les poissons ne sont employés que par les contrebandiers, leur usage étant formellement interdit en France.
- Les pêcheurs qui utilisent les boulettes de mies de pain les aromatisent souvent avec un peu d’ail écrasé, d’extrait d’absinthe, de poudre de cumin, d’alcoolats de menthe et d’anis ou encore d’huile de chènevis.
- M. G. B., à Annecy. — i° L’ouvrage le plus pratique et le plus complet est le Traité général de Photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Librairie Dela-grave, x5, rue Soufllot), 6° édition; — 20 Yous n’aurez pas grand avantage à préparer vous-même vos bains de virage fixage. Néanmoins, en voici une bonne formule :
- A. Eau bouillante. . . . 1000 c. c,
- Hyposulfite de soude. 25o gr.
- Alun ordinaire. ... i5 gr.
- Acétate de plomb . . 2 gr.
- B. Eau..................... xoo c. c.
- Chlorure d’or .... 1 gr.
- Faire d’abord dissoudre l’hyposulfite et l’alun dans l’eau bouillante, filtrer, et n’ajouter qu’après refroidissement l’acétate de plomb préalablement dissous dans un peu d’eau. Le bain normal est pi’éparé, 24 heures avant de s’en sein-ir, en ajoutant 6 cm5 de la solution B à 100 cm5 de la solution A. Pour obtenir plus de limpidité, il est utile d’ajouter un peu de kaolin et de filtrer. Il est exact tjue certains bains de yirage ne contiennent
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- point d’or, et que les sels de plomb donnent de très beaux tons; mais les épreuves ainsi obtenues s’altèrent rapidement; — 3° Pour éviter Vadhérence des épreuves séchées sur verre, il ^faut au préalable frotter la glace avec un tampon de coton couvert de talc en poudre, que l’on essuie ensuite avec un second tampon bien propre; — 4° Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris; — 5° L’absence de détails, sur le voile et la robe de votre première communiante, est le résultat d’une insuffisance de pose, qui s’est traduite par une exagération des contrastes. La retouche au grattoir ou à la gomme, déjà très difficile pour un professionnel, serait impraticable pour un amateur. Le mieux serait de couvrir le visage et les mains d’un vernis mat ou coloré appliqué au dos du cliché, ce qui permettrait de prolonger le tirage de manière à faire apparaître quelques détails dans les blancs. Essayer aussi l'affaiblissement au persulfate d’ammoniaque, ou celui par chloruration et second développement.
- M. Lohrot, à Bougival. — 1“ Pour augmenter la durée des semelles de chaussures, recommandez d’abord au cordonnier de ne pas gratter les semelles, comme il le fait d’habitude, ce qui enlève la fleur du cuir et le rend plus perméable. Ensuite enduire la semelle jusqu’à refus de vernis copal blanc. Après ce traitement le cuir a acquis une résistance considérable à l’usure; — 20 Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas d’énumérer tous les journaux consacrés aux questions d’ordre commercial, économique et financier, vous en trouverez la nomenclature au Bottin de 1922 de la page a352 à la page 2379; — 3° Tous renseignements relatifs aux rapports avec les Compagnies de chemin de fer ou de navigation vous seront donnés par l’ouvrage : Le commerce enseigné par la documentation réelle, de Ch. Lejeune, éditeur, Garnier, 6, rue des Saints-Pères.
- Entreaide féminine, à Marseille. — Les souliers craquent lorsque les cuirs constituant les épaisseurs successives nécessaires pour obtenir la semelle ont été placés fleur contre fleur; la fleur correspondant pour le cuir au côté poil opposé, par conséquent au côté chair. Comme remède déposer quelques gouttes d’huile sur la semelle, le soir, de façon que l’huile pénètre profondément pendant la nuit. Prendre de préférence une huile animale, huile de pied de bœuf ou de mouton.
- M. Kroeh, à Fribourg. — 1" Le durcissement du caoutchouc avec le temps est dù à une transformation moléculaire à laquelle il est bien difficile d’apporter remèdelorsqu’elle s’est effectuée; vous pourriez cependant essayer d’une macération de vos balles de tennis dans l’huile d’aniline chauffée au bain-marie ; — 20 Le nettoyage des fume-cigarettes encrassés s’effectue très facilement en faisant passer à plusieurs reprises de l’alcool dans le tuyau, tous les produits goudronneux se dissolvent avec rapidité. Avoir soin d’attendre que tout l’alcool ait disparu par évaporation avant remise en service pour éviter les brûlures, l’alcool employé devant être de l’alcool fort à 95°.
- M. de la Rochefordière, à Paris. — i° Vous obtiendrez un excellent scellement des carreaux de faïence de votre poêle en vous servant d’un mélange à consistance pâteuse de blanc d’Espagne et silicate de soude du commerce, mais il faudra prendre soin d’enlever l’ancien plâtre sur lequel l’accrochage serait défectueux ;
- ._ 20 A notre avis Y enlèvement' des barres de cuivre
- enlèverait à l’appareil son caractère d’ancienneté ; — 3° Tout entrepreneur de fumisterie se chargera de votre réparation sur vos indications.
- M. Musy, à Fribourg. — On peut en effet fabriquer un savon au moyen du beurre lorsque celui-ci n’est plus susceptible d’autres emplois ; prendre :
- Beurre...............................5o kg
- B.ésine en poudre....................20 —
- Lessive de soude caustique à a50 B. 70 —
- Faire fondre le corps gras à douce chaleur, y verser son poids, soit 5o kg de la lessive de soude, faire bouillir quelque temps, ajouter le complément de lessive, puis la résine par petites portions. Cuire jusqu'au moment où la masse devient fluide et transparente. Couler dans les formes et brasser jusqu’à consistance pâteuse par refroidissement..
- M. Lavanture, à Paris. — Les étoffes peuvent être rendues hygroscopiques en les trempant dans la solution suivante :
- Eau distillée.............100 grammes.
- Chlorure de cobalt. ... 1 —
- Gélatine................... 10 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau pendant quelques heures, chauffer au bain-marie jusqu’à dissolution et ajouter finalement le chlorure de cobalt.
- De petits morceaux de mousseline ainsi préparés peuvent servir à habiller de petites poupées, dont la robe passe du rose au bleu suivant l’état hygrométrique de l’air, renseignant ainsi sur les probabilités de pluie ou de beau temps.
- M. P. Peltier, à Paris. — Nous considérons que pratiquement aucune peinture ou vernis applicable à froid, ne peut remplacer Y émaillage obtenu à chaud sur les baignoires, vous pourriez cependant essayer d’un mélange à consistance pâteuse de silicate de soude et oxyde de zinc que vous laisseriez bien durcir avant de mettre au contact de l’eau, mais nous ne garantissons pas une très longue durée.
- Mme Claverie, au Marchais (Loire-Inférieure). — Pour rendre imputrescibles les sacs de mousseline destinés à protéger les fruits, commencer par faire bouillir 1 kg d’écorces de chêne (tan) dans i5 litres d’eau pendant i heure en ayant soin de remplacer au fur et à mesure l’eau qui s’évapore. Passer le liquide dans un linge fin, puis pendant qu’il est encore chaud y plonger les sacs à protéger, puis laisser en contact 9.4 heures. Sortir les sacs après ce temps, les presser légèrement et laisser sécher. Par ce procédé on obtient, outre l’im-putrescibilité, une augmentation très notable de la solidité des fibres.
- M. Ramonède, à Levallois. — Le fixage des viroles de cuivre sur l’extrémité des charbons de lampes à arc s’effectue ainsi : on commence par faire un cuivrage électrolytique suivant le procédé courant de galvanoplastie, le charbon étant frotté préalablement de plombagine sur la partie à recouvrir. On adapte alors la virole et on fait une soudure étain-plomb à la manière habituelle. L’emploi de mastics métalliques ne vous donnerait pas de résultats satisfaisants. Eu ce qui concerne le fil conducteur nous vous signalons qu’il est préférable de le souder lui-même sur le charbon plutôt que sur la virole, pour cela on ménage un trou dans le charbon avant cuivrage, ce dernier garnit alors l’intérieur du trou et le fil assujetti par une boucle donne après soudure un contact parfait, ce qui est indispensable, il y a en même temps adhérence très complète permettant toutes manipulations une fois l’appareil monté.
- M. II. Huré, à Neuilly-sur-Seine. — La recette que donne ce journal pour protection contre la rouille est absolument sans valeur, le phosphate de fer est complètement insoluble dans l’eau, il ne peut donc être question d’employer une solution de ce sel. A notre avis il est préférable de graisser les objets avec la mixture
- suivante :
- Cire de Carnauba..........20 grammes.
- Paraffine................... 10 —
- Yaseline.....................i5
- Essence de térébenthine. i5 —
- Benzine......................20 —
- Pétrole..................... 20 —
- Faire fondre au bain-marie la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du feu, ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu de la plombagine (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur du fer.
- M. P. Thèvenot, à Lhuitre (Aube). — i° L’amalgamation des zincs de pile se pratique habituellement ainsi : dans une assiette on place un peu de mercure et d’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis au moyen d’une sorte de pinceau constitué par un petit bâton garni d’un bout de chiffon on amène le mercure sur le zinc, il s’y étale comme un étamage ; quand toutes les parties sont ainsi recouvertes on rince de grande eau et laisse sécher. On peut également amalgamer les zincs en les frottant avec une pâte constituée par une solution saturée de sulfate mercurique additionnée d’acide oxalique jusqu’à consistance de crème grisâtre, comme
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- précédemment, une fois l'amalgamation obtenue sur toute la surface, on rince et sèche ;
- a" Pour charger une batterie cl'accumulateurs de trois éléments à l’aide d’une dynamo no volts deux solutions sé présentent :
- Si votre installation le permet, faites tourner votre dynamo à une vitesse réduite de manière à réaliser aux bornes de la batterie une différence de potentiel de trois lois 2 v. 5, soit 7 v. 5. Dans le.cas qui vous occupe la vitesse de la dynamo devra être approximativement 7 v. 4 : no, soit i/i4,5 de la vitesse normale. Le débit normal de la dynamo étant de 20 ampères sous 110 volts, la puissance de la machine sera ici beaucoup trop forte et son rendement médiocre à faible charge, mais vous n’avez pas à craindre d’endommager votre batterie, si vous maintenez la tension constante de 2 v. 5 par élément. La lin de charge se manifestera par le bouillonnement de l’électrolyte.
- Si vous tenez à faire fonctionner votre dynamo à sa tension normale de 40 volts, il est nécessaire d’absorber, dans des résistances de lampes par exemple, l’excédent de voltage de la génératrice sur la batterie. Une simple application de la loi d’Ohm vous permettra de calculer la grandeur de ces résistances en négligeant la résistance intérieure de votre batterie et observant que le courant de charge doit être constant, égal à 0,75 à 1 ampère par kilogramme de plaque (Ne pas multiplier par 3 si vos éléments sont en série).
- 3° Comme entretien de la batterie. Ne jamais la décharger complètement, ne pas exposer les plaques à l’air, n’employer que de l’eau distillée ou à défaut de l’eau de pluie, éviter les charges et décharges trop rapides. Enfin la solution d’acide sulfurique doit être à 220 B. au moment du remplissage, sa densité augmente légèrement avec la charge, il faut qu’elle recouvre complètement les plaques.
- M. Capon, à Paris. — Pratiquement tous les alliages cia commerce employés pour les moulages courants de petites pièces et qui sont constitués par l’antimoine, le plomb et l’étain sont attaquables par l’acide acétique, seul le nickel serait susceptible de se comporter convenablement, il faut donc pour conserver de la moutarde s’en tenir aux récipients en verre, porcelaine, faïence ou grès.
- M. Elie Perret, à Paris. — Nous avons répondu à votre question dans un précédent numéro et vous prions de vous y reporter.
- M. Remy, à Pantin. — Si on veut arriver à une destruction complète des fourmis, il est essentiel de commencer par observer la marche des bestioles pour se rendre compte de l’endroit exact où se trouve la fourmilière. Une fois celle-ci découverte, on verse le soir, quand tous les insectes sont rentrés, une émulsion de savon noir et de pétrole par l’ouverture qui donne accès à l’intérieur, puis on rebouche le plus hermétiquement possible au moyen d’un tampon. Ce moyen est radical et nous l’avons personnellement employé avec succès, alors que tous les autres procédés ayant pour but d’éloigner les fourmis d’un endroit donné, restaient sans effet.
- M. L., à Istres. — i° Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le produit dont vous parlez, mais nous pensons qu’il doit rentrer dans la catégorie des ciments au caoutchouc pour lesquels on peut prendre comme type la composition suivante :
- Gutta-percha..............3o grammes.
- Térébenthine de Yenise .10 —
- Colophane.................60 —
- 20 Le moyen le plus pratique de dégraissage des chiffons gras ayant servi à nettoyer les machines consiste à les tasser dans un cylindre métallique, zinc ou fer-blanc muni à sa, partie inférieure d’un robinet et pouvant se fermer par un couvercle bien ajusté. On arrose les chiffons de gazoline, laisse en contact quelques heures, soutire le liquide dans un autre récipient et répète l’opération deux ou trois fois avec de la gazoline neuve. Les chiffons sont alors lessivés dans une solution chaude de carbonate de soude à 5 pour 100 (cristaux du commerce), après un rinçage et séchage ils sont propres à un nouvel usage. Quant au liquide soutiré, une exposition au soleil en fait partir la gazoline et l’huile résiduelle après
- filtration sur un tampon de coton peut servir à nouveau comme lubrifiant.
- M. E. Gorde, à Marseille. — La préparation du chlo-roplatinite de potassium PtClâ,aKCl est des plus simples, elle consiste à attaquer d’abord le platine par l’eau régale (2 volumes d’acide chlorhydrique pour 1 volume d’acide nitrique), ce qui donne le tétrachlorure de platine Pt Cl4, on évapore à sec et porte à une température de 2000; le tétrachlorure se décompose en perdant du chlore et laisse le bichlorure PtCla, ce dernier est insoluble dans l’eau, mais en y ajoutant une solution contenant xa5 gr. de chlorure de potassium par 100 gr. de platine mis en œuvre, il se forme le sel double Pt Cl-2 K Cl très soluble, il suffit alors de filtrer pour éliminer les impuretés et d’évaporer pour obtenir le chloroplatinite cherché. Âu besoin, on peut procéder à une purification par l’alcool qui dissout très facilement le chloroplatinite et abandonne ensuite par évaporation celui-ci sous forme d’aiguilles rosées.
- M. /. R-, à W. —• La formule suivante de peinture ignifuge vous donnera très probablement satisfaction :
- Silicate de soude liquide. 40 grammes.
- Blanc d’Espagne................ 20
- Colle de peau.................. 5o —
- Eau ordinaire.................1000 —
- Faire dissoudre la colle de peau dans l’eau, de préférence au bain-marie, ajouter le silicate, puis en remuant bien le blanc d’Espagne préalablement délayé dans un peu d’eau pour le mouiller complètement. Pour l’emploi, on donne une première couche avec une solution de silicate de soude simple à 220 B., ensuite, après dessiccation de la première couche, une seconde avec la préparation ci-dessus. Enfin, pour terminer, une troisième couche de silicate simple, mais à 26° B., en laissant toujours sécher complètement chaque couche avant application de la suivante.
- M. \Pajol 2087, à Paris. — i° Le savon Sunlight ne présente pas de composition spéciale, il s’agit seulement d’un savon à l’huile de palme très bien fabriqué et neutralisé de telle façon qu’il ne contienne pas d’alcali libre ; 20 le polissage du marbre s’effectue au tampon en se servant successivement de grès très fin, puis de potée d’étain délayés dans un peu d’eau; le point essentiel est d’employer par transitions presque insensibles des abrasifs de plus en plus fins. O11 polit ensuite en employant de la râpure de plomb, ce qui donne le fini des professionnels et on termine après lavage et séchage par l’application d’une encaustique légère.
- M. L. Parisot, à Bartow-Fla U. S. A. — Ouvrages traitant des Engrais et de leur fabrication. Les Engrais de VEncyclopédie Bïllon chez Albin Michel, rue Huy-ghens. Les Engrais, par Zolla, Baillière, éditeur, ig, rue Hautefeuille. Utilisation des résidus industriels, par Razous, chez Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. R. Turpain, à Pouancé. — Nous pensons que vous avez en vue la soudure d'objets courants en fer-blanc ou laiton, voici comment il faut procéder : Aviver les parties à réunir au moyen d’un grattoir pour mettre le métal à nu et Recouvrir cet endroit d’une solution de chlorure de zinc obtenue en mettant dans l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) quelques morceaux de vieux zinc. Pendant cette préparation, faire chauffer un fer à souder dans un feu de charbon de bois et quand il est suffisamment chaud pour fondre une baguette de soudure sur laquelle on l’applique, frotter ce fer sur un morceau de sel ammoniac afin de le bien décaper. Cela fait reporter le tranchant du fer sur la soudure placée à proximité de la pièce, une goutte de l’alliage se fixe au fer, on la reporte sur les fragments à réunir et après enlèvement du fer par refroidissement, la jonction est obtenue. Toutes ccs opérations ne présentent aucune difficulté, quelques essais vous donneront rapidement l’expérience nécessaire. Quant aux soudures liquides, elles ne sont pas à conseiller. Yous trouverez tout le matériel nécessaire, fer, sel ammoniac, soudure chez tous les quincailliers ; si cependant vous vouliez préparer cette dernière en utilisant les métaux que vous auriez à votre disposition, nous vous rappelons qu’elle est composée de
- Plomb...........66
- Etain...........33
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Les preuves astronomiques de la relativité, par E. Es-cuangon, i br. 27 p. Gauthier-Villars, éditeur, 1922.
- La théorie de la relativité a des adeptes passionnés pour qui elle est devenue comme une sorte de religion scientifique ; elle a des détracteurs non moins passionnés, qui la rejettent a priori, souvent sans la connaître.
- M. Esclangon replace la question sur le véritable terrain scientifique, en examinant impartialement si les preuves actuellement invoquées en faveur de cette théorie sont réellement efficientes. On sait que les plus importantes sont au nombre de trois : i° la déviation de la lumière au voisinage du soleil, observée lors des éclipses. M. Esclangon montre que les mesures trop peu nombreuses effectuées lors de la fameuse éclipse du 29 mai 1919 ne confirment la loi d’Einstein que d’une façon grossièrement approximative ; de nouvelles mesures plus précises et plus nombreuses sont indispensables ; la prochaine éclipse en fournira l’occasion, sans suffire peut-être à décider de la question ; 20 le mouvement du périhélie de Mercure : M- Esclangon montre que l’accord apparent entre les calculs de la théorie d’Einstein et l’observation n’a pas de valeur rigoureusement probante parce que ces derniers calculs sont actuellement incomplets; 3° le déplacement des raies spectrales dans un champ de gravitation : c’est la méthode qui doit conduire aux vérifications les plus sûres.
- Les mesures faites par M. Perot sur quelques raies solaires sont en faveur de la théorie d’Einstein; mais il est nécessaire qu’elles soient confirmées par des déterminations plus nombreuses, pour être certain que des phénomènes accessoires n’ont pas influencé les mesures en masquant le phénomène principal. Cet intéressant et utile examen critique est précédé de considérations profondes sur le caractère de nos mesures physiques et de nos conceptions du temps.
- Les grands marchés des matières premières, par F. Mau-rette, i vol. in-16, 198 p., 21 fig., Armand Colin, Paris. Prix : broché 5 francs; relié 6 francs.
- L’approvisionnement du monde en matières premières intéresse aujourd’hui tout le monde ; l’homme d’affaires, l’industriel, le commerçant, comme « l’homme dans la rue ».
- Où se trouvent les grands marchés de vente ou d’achat de ces matières sur lesquelles repose la vie des individus et des nations : la houille et le pétrole, le coton, la laine et la soie, le fer, le caoutchouc, le blé ? Comment ces marchés fonctionnent-ils ? Se sont-ils déplacés au cours de la grande crise que nous venons de traverser? Quels sont ceux qni ont le plus bel avenir ?
- Autant de questions que M. F. Maurette traite vivement, en des chapitres' brefs et clairs, qu’illustrent fort heureusement des croquis et des diagrammes.
- Fabrication et raffinage des huiles végétales, par J. Fritsch, 3e édition, entièrement refondue et mise à jour, x vol. in-8, 723 p., 99 fig. Desforges, Paris.
- Pm ; 45 francs,
- Cet ouvrage est divisé en quatre parties : la première est consacrée à l’étude des propriétés physiques et chimiques des huiles et aux procédés généraux de fabrication par expression et par les dissolvants ; la seconde renferme les monographies des huiles divisées en siccatives et non siccatives, huiles fluides et huiles concrètes ; la troisième partie traite du raffinage par l’emploi des méthodes chimiques et physiques et de la filtration, et enfin la quatrième partie est consacrée à l’analyse des huiles d’olive considérées comme huiles à bouche et huiles industrielles.
- Une question de grande actualité est celle du raffinage et de la désodorisation des huiles à bouche. Les procédés créés à cet effet en France sont décrits avec tous les développements nouveaux ainsi que les appareils employés.
- Fabrication et emploi des filets de pêche, par le commandant L. Vannetelle, 76 édition, 1 vol. in-16, 314 p-, 76 fig- Gauthier-Villars, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Les filets qu’on emploie pour les différentes sortes de pêche coûtent souvent fort cher quand on les achète chez le fabricant, rien cependant n’est moins coûteux qu’un filet quand on peut le tisser et monter soi-même et la satisfaction qu’on en retire compense largement les légères dépenses qu’a nécessitées sa fabrication. L’ouvrage est conçu de telle sorte que quiconque, ne sachant même pas faire la maille, pourra fabi-iquer lui-même tous les filets les plus généralement employés à la pêche, les réparer et les entretenir.
- La laiterie, par A.-F. Pouriau, 7e édition, par Louis Amman au 1 vol. in-16, 63o p., 194 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : i5 francs.
- Manuel classique, écrit au point de vue de la pratique, et tenu à jour des progrès de l’industrie laitière. Après une étude du lait et des moyens de le conserver, l’auteur décrit l’écrémage, le barattage, toute la préparation du beurre. La seconde moitié du livre est consacrée à la fromagerie ; les diverses sortes de fromages sont remarquablement étudiées dans leurs fabrications.
- La Dette publique de la Russie, 1 vol. in-8, 229 p., Payot et Ct0, Paris. Prix : 12 francs.
- Exposé clair et documenté du problème financier russe.
- La plus grande partie du livre est occupée par l’étude de MM. Apostol et Mic.helson sur « les question d’ordre international soulevées par le problème de la Dette russe ». C’est un exposé détaillé, appuyé par la publication intégrale des textes, sur la politique, en matière de la Dette de la Russie, du Gouvernement des Soviets, des Eiats créanciers et des associations des porteurs des titres russes.
- Une statistique très complète de la Dette d’avant-guerre et de la Dette de guerre de la Russie est présentée par, M. Rafîalovich.
- Enfin les deux problèmes intimement liés au problème de la Dette publique : celui de la circulation monétaire et celui du stock d’or de la Russie sont magistralement traités par le professeur Bernatzky et par l’ancien sous-secrétaire aux Finances, M. Novitzky.
- • i
- Culture générale. Méthode scientifique. Esprit scientifique, par Louis Favre, i vol. in-16, 160 p., Alfred Gostes, Paris. Prix : 6 francs.
- Recueil de préceptes et d’indications générales sur la manière de bien penser.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- •fi
- %
- N° 2521
- 29 Juillet 1922
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q^><
- LA VOUTE CÉLESTE
- EN SEPTEMBRE 1922 (l)
- Le mois de septembre s’annonce riche au point de vue astronomique : opposition d’Uranus, plus grande élongation de Vénus ; plus grande élongation de Mercure ; une éclipse totale de Soleil... invisible en France, il est vrai; des occultations; des conjonctions; des grandes marées, etc., et le rapprochement des planètes Mercure, Yénus, Jupiter et Saturne' dans les premiers jours du mois (fig. i).
- I. Soleil. — Le Soleil redescend vers l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de +8° 29' le ior, sera de — 2036' à la fin du mois.
- L’équinoxe d’automne se produira le a3 septembre, à 201'.
- . La durée du jour, de i3h 26“ le ier, tombe à xi'143"* le 3o.
- Lés nuits et les jours, au moment de l’équinoxe, ont la même durée.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, de 5 en 5 jours, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Ce renseignement est utile pour tracer la méridienne.
- Pour les dates intermédiaires, une interpolation facile permet d’avoir les chiffres correspondants.
- Dates.
- Septembre i*r
- — 5
- — 10
- — 15
- — 20
- -- 25
- — 3o
- Continuer l’observation des taches et des facules de la surface solaire.
- Pour l’orientation des dessins, utiliser le tableau suivant (Voir la signification des lettres P, B0, L0 au précédent Bulletin astronomique).
- Dates. P. V • ‘ L,
- Septembre 3 -j- 2i°,63 + 70,23 18 6°, 60
- — 8 + 22°,78 + 7°,25 1200,57
- i3 + 230,79 + 70»22 54°, 55
- — 18 + 240,64 + 70,14 3480,54
- 23 + 250,33 + 7°>°° 2820,55
- — 28 + 250,86 + 6°,82 216°, 56
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil, invisible à Paris, se pi’oduira le 21 septembre. La zone de l’éclipse totale commence à l’Est de l’Afrique,, au centre de la Somalie, .traverse l’Océan Indien, passe au sud des Iles de la Sonde et traverse l’Australie. *
- Elle finit au Nord de la Nouvelle Zélande.
- L’éclipse ..sera visible comme partielle de l’Est de l’Afrique, de l’Arabie, de Madagascar, de l’Inde et du Sud de l’Asie, des Iles de la Sonde, de la plus grande pai’tie de l’Australie et de la Nouvelle Zélande.
- La grandeur maxima de l’éclipse sera de i,o34, le diamètre du Soleil é.tânt pris pour unité. Elle se produira dans le lieu situé par i02°8/ de longitude Est de Paris et io° 4$’ de latitude Sud. La durée de la phase totale sera de 5“5g‘. , ;
- Nous donnons ci-dessous, pour nos lecteurs de l’Inde, du Cambodge, de l’Annam, de la Cochinchine et. de la Réunion, le tableau des phases de l’éclipse (d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes),, en temps civil local :
- 1. Les heures indiquées en ce Bulletin sont cxpi*imées en temps moyen légal (T. m. de Greenwich) compté de oh à 24h à partir de minuit. Pendant l’adoption de Y heure d’ctè avancer tous les temps figurant ici de une heure.
- Lieu. Commencement. Plus grande phase. Grandeur de l’éclipse Fin. Soleil = 1.
- Chandernagor
- (Inde) .... 8h 3im,8 9h 2°m>7 IOh12m,9 0,257
- Hué (Annam) . . IOh29,n,0 111' 19“, 2 I2hIOm,5 0,189
- Mahé (Inde). . . 7* 12”,9 8h17“,3 9h3ora,1 o,^!
- Pnom-Penh (Cambodge) .... IOh ïm,0 nh 8m,o 121' 17“,6 0,378
- Pondichéry (Inde) 7h 33m,8 8h39m,9 9“54“,3 0,690
- Quin-hone (Annam) ioh35m,9 1 ih 32m,7 12113o™,7 0,243
- Saïgon (Cochinchine) .... IO1’ I 2m, 2 II1' 20m,3 12h29m,9 0,372
- Saint-Denis (Réunion) . . . . . 6h 27™,7 71’ 8m,3 7h52“,i o,255
- Yanaan (Inde). . 7h49m.3 8h5o”,7 9h58“,6 o,5i3
- On sait que plusieurs expéditions scientifiques sont
- parties sur la ligne centrale, notamment à l’Ile Christ-mas, dans le but . principal de photographier les étoiles pxès du.bord solaire, pendant la totalité, pour vérifier l’effet Einstein (déviation de la lumière au voisinage des corps lourds). Il n’est pas besoin de dire l’importance de cette vérification, déjà faite lors de l’éclipse de mai 1919, mais dans des conditions qui ont pu laisser place à un certain doute et l’on doit souhaiter un temps parfait aux astronomes faisant partie de ces missions.
- Lumière zodiacale. — On pourra la rechercher, par les nuits claires et sans Lune, le matin, longtemps avant l’arrivée du jour. On est parfois étonné de son intensité. Noter sa forme, ses limites par rapport aux étoiles visibles, sa coloration et toutes les particularités que l’on pourrait remarquer.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de septembre sei'ont les suivantes :
- P. L. le 6, à 7147“ I N. L. le 21, à 4h 38m D. Q. le 14, à ioh20m | P. Q. le 27, à 22h4om
- Age de la Lune, à midi, le. Ier septembre = g.i,G; le 2i=oJ,3. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 21 et 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le i5 = + i8°9'; le 28 = —"18°9'. On sait que ces dates correspondent à la plus haute et à la plus faible élévation de la Lune au-dessus de l’horizon. '
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 septembre, à i8h. Parallaxe = 53'5g". Distance = 406080 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 21 septembre, à 6h. Parallaxe = 61'24". Distance = 357 i3okm.
- Observations physiques. — Voir au N" 2477 ce que nous avons dit des observations physiques de là Lune. Ce sont les plus attrayantes que l’on puisse faire.
- Occultations d’étoiles par, la Lune. —Ces observations sont particulièrement intéressantes et elles peuvent être faites avec de petits instruments. Les occultations , mentionnées ci-après sont calculées pour Paris. La Lune est si près de nous qu’il ne faut pas un grand déplacement sur la Terre pour voir modifié l’aspect d’une occultation. Le fait est surtout frappant pour celles qui se produisent près du boi'd de la Lune, lorsque l’étoile décrit seulement une ti'ès petite corde du disque lunaire. Par exemple, telle occultation, visible à Paris, pourra
- Temps légal.
- 1 ih 5om 46s 1 ih4gra 29® iill47m48s nh46m 3S nh44rai7‘ I Ih 42m 32! nh4o®52s
- Fig. x. — Carte montrant le l’approchement des orbites de Mercure, de Yénus, de Jupiter et de Saturne dans les premiers jours de septembre. (D’après une carte de VAnnuaire astronomique Flammarion.)
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ne pas se produire à Orléans, où l’on verra l’étoile glisser près du bord lunaire.
- Voici les occultations visibles en septembre :
- Le ior, occultation de p Sagittaire (gr. 4,0), de i9h2m à 20h i8m.
- Le ia, occultation de 179 B Bélier (gr. 5,9). Emersion seule visible à 21114o“.
- Le 27, occultation de 64 B Sagittaire (gr. 6,1), de 20h 46“ à 2ihi4m.
- Marées, Mascaret. — Les marées atteindront une très forte amplitude en septembre, au moment de la Nouvelle Lune du 2.1. Voici les heures des marées les plus importantes à Brest :
- Marée du malin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficierit. Heures. Coefficient.
- Septembre 20 2h 53“ o“,96 l5h16“ i“,o3
- — 21 3h 38“ i”,o9 i6h 0“ I“,l4
- — 22 4h 23“ i”, 17 i6h 44“ l“, 18
- — 23 5h 6“ Y m | r. L fl y 1711 28“ i“;i4
- — 24 5h 49” Im,IO i8h ii“ i“,o3
- — 25 6h 32“ . 0“,g6 i8h54“ o“,88
- Voir au N° 2402 le moyen d’utiliser ce tableau pour avoir l’heure de la marée dans d’autres ports.
- Le « Mascaret » se produira au moment de ces grandes marées, aux dates, heures et lieux ci-après :
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Yillequier. Caudebec.
- Septembre 21 i“,09 7h 16“ 7h 53“ 8h 2“
- — 21 i“,i4 l9h 35“ 20h12“ 20h 21“
- — . 22 iM7 7h 57“ 8h 34“ 8h 43“
- — 22 t”, 18 20h16“ 20h 53“ 2Ih 2-“
- — 23 im,ij 8h 38“ 9h i5“ 9h 24“
- — .23 i“,i4 2Ih Om 21* 37“ 2Ih 46“
- — 24 l“, IO 9h 22“ 9h 59” i oh 8“
- C’est l’époque des vacances. Ne pas manquer l’observation de ce curieux phénomène du « mascaret » si.l’on villégiature dans la région.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammario'n pour 1922, contient les renseignements principaux pour l’observation des planètes pendant le mois de septembre.
- complément de la phase) et la grandeur stellaire en septembre :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 °»79 + 0,0
- — 8 o,74 + o,i
- — * i3 0,68 + 0,2
- — 18 o,6t + o,3
- 23 o,53 + 0,4
- — 28 0,42 + 0,6
- Vénus brille d’un superbe éclat à l’Ouest-Sud-Ouest. Sa plus grande élongation se produira le i5 septembre, à 4b0 20' à l’Est du Soleil. On pourra la suivre à l'œil nu, par temps pur, toute la journée, en connaissant sa position. Comme pour la planète précédente, nous donnons le disque illuminé et la grandeur stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Septembre 3 0,55 — 3,9
- — 8 0,52 — 3,9
- — i3 o,5o — 4,0
- — 18 o,47 — 4,o
- — 23 o,45 — 4,i
- — 28 0,42 — 4,2
- Remarquer le grand éclat de la planète, qui, vers la fin du mois, équivaudra à près de 40 étoiles de première grandeur.
- Mars devient de moins en moins facilement observable, sa distance à la Terre augmentant de plus en plus. Lés petits instruments ne montreront que peu de détails à sa surface. Pour permettre d’identifier les dessins, le tableau ci-dessous donne, de deux en deux jours, les moments du passage du méridien zéro de Mars (baie fourchue du Sinus Sabceus) par le centre du disque.
- Dates. Heures. Dates. Heures.
- Septembre i*r I 2h 14“ Septembre *7 2 2h44"
- — 3 i3h 32“ 18 23h 24“
- — ' 5 i4h 51“ — 20 oh 3“
- . — -7 16* 9“ — 22 Ih 22“
- — 9 i7h 28“ — 24 2h 42“
- — 11 i8h47“ —- 26 4h 1“
- — i3 2oh 6“ — 28 5h -2 1“
- — i5 2lh25“ — 3o 6h 4b“
- ASTRE Dates : SEPTEMB. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine.
- 6 51' i4m nh49“ g5 i8h 23“ ioh 58“ + 6° 39' 3i'48"o Lion )
- Soleil . . . 16 5 29 11 43 41 18 2 11 34 + 2 5i 3i 5a,8 Lion >
- 26 5 43 11 42 12 17 41 12 10 — 12 3i 58,8 Vierge ,
- 1 6 7 .25 i3 i3 19 1 12 22 — 3 16 5,8 ri Vierge \
- Mercure. .< 16 7 59 i3 18 18 37 i3 6 9 28 6,4 a Vierge >
- 26 8 14 i3 11 18 9 i3 39 — i3 5i 7 j 6 a Vierge )
- ’ 6 9 36 14 37 19 38 i 3 46 — i3 12 22,4 a Vierge )
- Vénus . . .- 16 9 36 14 35 19 i4 14 23 — 17 28 24,2 X Vierge >
- 26 10 14 14 32 18 5o i5 0 — 21 9 28,4 Y Balance )
- 6 14 5i l8 34 22 17 17 44 — 26 46 12,4 0 Ophiuchus j
- Mars. . . .< 16 14 35 18 19 22 3 18 8 — 26 35 Mj4 1 Sagiltaire >
- 26 14 18 18 6 21 53 18 34 — 26 8 10,6 ^Sagittaire
- Jupiter. . .. 16 00 1.3. 33 J9 1 i3 21 — J 21 29,0 0 Vierge
- Saturne . . 16 6 5o 12 46 18 43 12 35 — 1 20 14,2 Y Vierge
- Uranus. . . 16 17 37 z3 2 . 4 27 22 52 — 8 8 3,6 X Verseau
- Neptune. . . i5 2 i3 9 3i j6 49 9 'i8 + i5 53 2,4 tJ-k- Cancer
- VISIBILITÉ
- «
- Etoile du soir à la fin du mois, plus grande élongation le 20.
- Plus grande élongation le i5.
- Le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- Pratiquement inobserv, Pratiquement inobserv.
- En opposition, le 4- -Avant l’arrivée du jour.
- En comparant les heures des levers et des couchers du Soleil aux heures correspondantes des planètes, on .voit immédiatement si elles sont visibles ou inobservables?”
- Mercure, dans là constellation de la Vierge, arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 20 septembre, à 26° 19'' à l’Est du Soleil. Il sera favorablement placé pour être observé, et on pourra le rechercher une dizaine de jours avant et après le 20 septembre.
- Voici la grandeur du disque illuminé de Mercure (le
- *
- Mars tourne sur son axe en 24''37“ 22s,65. En .une heure il tourne de i4°,62 et en une minute de o°,24. Avec ces chiffres, on pourra facilement calculer la longitude du centre du disque de Mars à un moment donné.
- Jupiter est pratiquement inobservable, on pourra encore l’apercevoir dès le coucher du Soleil, dans les premiers jours du mois, mais si bas sur l’horizon que les observations seront impossibles.
- Saturne est dans les mêmes conditions. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 4 septembre :
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-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Grand axe extérieur........................ 35",78
- Petit axe extérieur........................ -j- 4", 18
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. . -j- 6042'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau................. -f- 70 40'
- Le signe + placé devant les trois derniers nombres indique que nous voyons la face Nord de l’anneau, et qu’elle est éclairée par le Soleil.
- Uranus, dans le. Verseau, est visible toute la nuit, son opposition se produisant le 4 septembre, à 23h. On trouvera aisément Uranus à l’aide d’une simple longue-vue, au moyen de la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du N° 2.512. Au début de septembre, Uranus se trouvera entre les étoiles X et h Verseau, un peu plus près de X.
- Un grand nombre d’observateurs ont pris l’habitude de suivre Uranus avec une simple jumelle. Les vues exceptionnelles parviennent à le suivre sans aucun instrument. ;
- Dans une lunette un peu puissante, Uranus présente un petit disque bleuâtre, de 4” environ de diamètre. Pour voir des bandes à sa surface, il faut un très grand objectif (au moins o^o).
- L’observation des quatre satellites est également réservée aux très grands instruments,
- Neptune est un peu visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore. On pourra le rechercher vers la fin du mois.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à 7h, Uranus en.conjonction avec la Lune, à 20 34' S.
- Le 9, à 12h, Mercure Le 18, à x 41*, Neptune Le 21, à i2h, Mercure Le 22, à oh, Saturne Le 22, à 20h, Jupiter Le 22, à 22h, Mercure Le 24, à 8h, Vénus Le 28, à 8h, Mars
- Etoiles variables. Algol (p Persée) : le 1'
- 311 54m ; le 19, à oh 43“ ; le 21, à 2ih 31”
- Saturne à 3° 37' S.
- — la Lune, à 3° 51' N. — Jupiter, à 4° i37 S.
- — la Lune, à i° 24’N.
- — la Lune, à i° % S.
- - — la Lune, à 5° 29’ S.
- - — la Lune, à 70 48' S.
- - — la Lune, à 8° 8' S.
- Minima de l’étoile variable septembre, à igh52m; le 16, à
- Etoile polaire. — Les passages au méridien de l’Étoile polaire offrent un excellent moyen de tracer la méridienne. Voici les heures de passage de cette étoile, de 10 en 10 jours pour le méridien de Paris :
- Dates.
- Septembre 8
- — 18
- — 28
- Passage supérieur.
- ah I9m 3i‘
- ih 4om 19*
- ih tm 5,
- Etoiles filantes. — Suite du tableau établi par M. Denning, pour les principaux radiants actifs en septembre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 3 Septembre 354°. + 38° 14 Andromède.
- 3 au 14 — 346° + 3° p~y Poissons.
- 6 au 8 — 62° + 37° s Persée.
- 8 au 10 — 78° + 23° X Taureau.
- i3 — 68° -f 5° P.IV. 236.
- i5 au 20 — io° + 35° p Andromède.
- i5 et 22 — 6° + 11° y Pégase.
- 20 et 21 — io3° + 680 42 Girafe.
- 21 et 22 — 74° + 44° a Cocher.
- 21 et 25 — 3o° + 36» p Triangle.
- 21 — 3U + 18° a Bélier,.
- 29 et 3o — 24° + I7° y Bélier.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, vers le i5 septembre, à 3 2h 3om est le suivant :
- Au Zénith (l’entourant) : Céphée, Cassiopée, Andromède, Pégase, le Cygne, le Dragon.
- Au Nord : La Grande Ourse (ç) ; la Petite Ourse (Polaire); Céphée (8, (3, x, ?) ; Cassiopée (vj, 1).
- A l’Est : Andromède (y, M. 3i); le Bélier (y, 37). .
- Au Sud-Est : La Baleine [Mira y, 37).
- Au Sud : Pégase (s, u, 1, 3); le Verseau (Ç, v, 83 h, 94); le Capricorne (a, (3, p, b).
- A l’Ouest : Le Cygne ((3, 6i°); la Flèche (Ç); le Dauphin (y); l’Aigle (y, i5 h); la Lyre (s, 8, Ç, nj, a); Hercule (M. 13, a, x, p, 95, S).
- Au Nord-Ouest : Le'Bouvier, la Couronne boréale.
- Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- St,,
- Erratum. — Lire comme légende de la figure 1 de l’article sur la Collection de Crustacés du Muséum : La crevette rose (Leander serratus).
- Réponses. — Saharien, El Golea (Algérie). — Pour utiliser la lumière solaire pour des projections, il faut, en effet, réaliser un faisceau de lumière solaire parallèle dans une direction fixe.
- Le système d’éclairage du microscope solaire peut convenir parfaitement. On peut le construire en montant un miroir deux fois plus long que large auquel on donne deux mouvements : i° un mouvement autour de l’axe de l’objectif de projection, cet axe passant au centre du miroir : 20 Un mouvement autour du petit axe du miroir. On peut perfectionner ce montage par des commandes rigides ou souples que l’on peut faire fonctionner à distance. Si l’on veut employer un mouvement d’horlogerie, on aura recours à l’une des combinaisons : héliostat, sidérostat ou cœlostat.
- Pour utiliser votre horloge, il faudra la placer de manière que Taxe portant le miroir soit incliné et rendu parallèle à l’axe du monde. Dans le cas du sidérostat, monter le miroir à l’extrémité de cet axe, de telle sorte que les rayons du Soleil soient réfléchis vers le pôle. On comprend que dans le cours de la journée, l’horloge étant réglée sur le jour moyen, l’angle formé par les rayons solaires et le miroir reste constant. Ainsi ces rayons sont toujours réfléchis dans la direction du pôle. Un second miroir, fixe, indépendant du mouvement d’horlogerie, les renverra dans la direction de Taxe de l’objectif de projection. Corriger chàquejcrar l’inclinaison du premier miroir suivant la déclinaison du Soleil.
- Le cas du cœlostat est moins pratique. Il faut encore placer Taxe de l’horloge dans la direction de l’axe du
- monde, mais cette fois placer le miroir de manière que son plan coïncide parfaitement avec Taxe de rotation. L’appareil de projection sera orienté avec son axe horizontal, visant le point de lever ou de coucher du Soleil, et le mouvement devra faire un tour en 48 heures. Changer chaque jour l’orientation de l’appareil de projection.
- Nous vous recommandons de prendre une excellente glace, argentée à la surface supérieure. Pour protéger cette argenture, vous pouvez la recouvrir d’un vernis très léger constitué par du celluloïd dissous dans l’acétate d’amyle.
- Nous croyons, pour conclure, que la combinaison d’éclairage du microscope solaire est encore celle qui vous donnera la plus entière satisfaction, le réglage du miroir à la main n’étant pas plus compliqué, par exemple, que celui des charbons dans une lampe à arc sans régu-lateui\
- M. de la B. Pressac, Chabanais (Charente). — La composition chimique des mastics à greffer à froid repose sur le résultat obtenu par le mélange intime de l’alcool avec la résine, c’est-à-dire la liquéfaction permanente de cette dernière après le refroidissement.
- Voici une composition donnée par feu l’éminent arboriculteur Charles Baltet : Faire fondre de la résine blanche sur un feu modéré et y verser graduellement le tiers de son poids en alcool à 900, en remuant avec un bâton. Afin que ce mélange ne' coule pas sous l’ardeur des rayons solaires et ne laisse pas les plaies a nu, il faut y ajouter un mélange de colophane (3oo gr.), d’axonge (60 gr.), fondus ensemble, dans lesquels on verse par parties 80 gr. d’alcool à 4o°. Quand lç mastic est manqué, on le remet sur le feu, on y ajoute du suif ou de l’axonge, s’il est cassant ; de la résine s’il coule
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- BOITE AUX LETTRES
- trop, de l’alcool si sa consistance nuit à la malléabilité. Pour éviter que le mastic fonde sous l’action du soleil, on peut encore, lorsque- les greffes sont faites près du sol, les butter d’un petit monticule de terre. Quanta celles qui sont trop élevées, on les entoure d’un cornet en papier, comme cela se fait sous les climats chauds.
- Enfin, nous signalons qu’il nous a été adressé, à titre d’essai, un échantillon de mastic à greffer à froid dont nous ne connaissons pas la composition, mais qui est, parait-il, très adhérent, résistant aux intempéries, ne coule pas sous l’action du soleil, ne se fendille pas, et se conserve indéfiniment. Pour plus amples renseignements s’adresser à M. Eugène Baudouin, 6, cours Lauze-de-Perret, à Apt (Vaucluse).
- M. Marosplli, au Mans. — i° Vous trouverez l’ouvrage Mille et un secrets d’ateliers, de Marcel Bourdais, chez Dunod, éditeur, 47> quai des Grands-Augustins ; ia rien de plus facile que d’obtenir la teinte vieil argent, il suffit de tremper les objets d’argent quelques secondes dans une solution très étendue de sulfure de potassium (sel de Barèges) que l’on trouve chez tous les pharmaciens. Suivant la concentration de la solution et la durée dé l’immersion, on peut obtenir les effets les plus variés. A titre d’indication, vous pourriez prendre comme base d’essais i demi-gramme de sulfure par litre d’eau tiède.
- M. J. M., Argentine. — Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre la récupération du zinc, allié par mé-garde au plomb et à Vantimoine, les frais de traitement seraient beaucoup plus coûteux que l’achat direct de zinc neuf.
- La gomme laque J. B. — Pour purifier la gomme laque on commence par en faire un savon soluble par ébullition,, en présence de carbonate de soude, les proportions habituelles sont :
- Gomme laque brute . . . 5oo grammes. Carbonate de soude . . . 25o —
- Eau non calcaire .... io litres.
- La cire fond et se rassemble à la surface, tandis que la résine se dissout. On laisse refroidir et enlève le gâ-
- teau de cire solidifiée. A la liqueur, on ajoute un acide qui reprécipite la gomme, la matière colorante restant en solution. Cette opération peut être répétée deux ou trois fois. Si on désire obtenir de la laque parfaitement blanche, on termine par un blanchiment au chlorure de chaux de la solution alcaline avant reprécipitation, puis contact assez prolongé après acidulation à l’acide chlorhydrique.
- M, Chapuy, à Fontenay-sous-Bois. — Les insuccès constatés dans les tentatives de destruction des mites proviennent de ce que les produits employés ne portent leur action que sur les insectes parfaits, puis disparaissent à cause de leur volatilité, de sorte que les œufs au moment de leur éclosion ne rencontrent plus de substances nuisibles. La condition essentielle est donc la persistance d’action qui ne peut être réalisée si les vêtements sont par exemple mis dans un placard ouvert fréquemment. Le problème ne se posant pas pour les objets d’usage courant qui sont secoués et brossés souvent, voici comment il faut opérer pour ceux que l’on met en réserve d’une saison à l’autre. Se procurer des cartons ou des caissettes à dimensions convenables, y placer les vêtements avec précautions habituelles en recouvrant chacun d’une feuille de papier journal, arroser celle-ci de quelques gouttes de formol du commerce (aldéhyde formique à 40 pour 100) et mettre la pièce suivante, poursuivre ainsi jusqu’à ce que la caisse soit remplie sans tassement en interposant toujours une feuille formolée, une dernière terminant la série. Ceci fait, mettre le couvercle, envelopper de papier et ficeler. En opérant de cette manière, nous avons personnellement obtenu des résultats parfaits, mais il reste entendu que si par suite du besoin d’un objet le carton était rouvert, il faudrait avant de le clore à nouveau faire une aspersion des feuilles, pour maintenir à l’intérieur une atmosphère formolée.
- N. B. — Le formol est sans action nuisible sur les vêtements conservés et joue en même temps le rôle d’antiseptique.
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- BIBLIOGRAPHIE
- aæ,.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ,
- L’industrie du fer en France, par Jacques Levain ville. 1 vol. in-16, avec 4 cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1922. Prix broché : 5 francs.
- L’auteur trace un tableau aussi saisissant que fidèle de ce que fut chez nous l’Industrie du fer, de ce qu’elle ' est, de ce qu’elle doit être, et il expose les raisons économiques des fluctuations qu’elle a subies au cours des siècles.
- Travail -et élaboration de l acier, par le colonel Jean Rouelle, i vol. in-i6, avec 45 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1922. Broché. Prix : 5 francs.
- Lé livre du colonel Rouelle sur l’Acier fait suite à l’ouvrage sur la fonte que nous avons précédemment signalé ; c’est un exposé simple, clair, et cependant 'complet, des multiples transformations que la Fonte doit subir avant de devenir Acier. Les méthodes les plus récentes de préparation et de travail sont décrites avec précision. On trouvera dans cet ouvrage, non seulement les procédés de préparation des aciers, la composition et les propriétés des diverses qualités d’acier, mais des notions sur le forgeage à la main ou mécanique, sur l’estampage, le laminage, l’embou-. tissage, l’étirage, le tréfilage, et les opérations' de trempe.
- Manuel dé l électricien (Installations électriques industrielles), par R. Cabaud. i vol. in-18 de 343 p., 70fig. Baillière, éditeur, Paris, 1922 (Bibliothèque profes-
- sionnelle René Dhommée). Prix cartonné: 10 francs. (Ajouter 10 pour 100 pour frais d’envoi.)
- Ce volume s’occupe spécialement de l’étude et de l’exécution des installations, de leur entretien et de leur contrôle.
- Un mois dans les Alpes (de Genève à Nice), par Albert Dauzat. i vol. in-16, 256 p., 58 fig. et 12 cartes (Collection « Un mois à... »). Hachette, Paris. Prix : i5fr.
- Voici un ouvrage qui sera le bienvenu au moment des vacances. Une randonnée à travers nos Alpes françaises, du lac de Genève à Nice, — Savoie, Dauphiné, Provence, confin suisse et vallée piémonlaise, — est-il un voyage plus beau et plus varié On suivra avec plaisir et profit notre collaborateur dans ses croquis alertes, ses anecdotes; on partagera son enthousiasme pour la montagne; on évoquera avec lui Lamartine près du lac du Bourget, Rousseau aux Char-mettes, Saussure à Chamonix, Stendhal à Grenoble, Napoléon à Lafïrey.
- Ce livre est le résultat de vingt ans de recherches, au cours desquelles, presque chaque été, l’auteur a parcouru les Alpes vallée par vallée, prenant des notes au jour le jour. Aussi a-t-il pu nous donner des impressions vécues, des détails peu connus sur la vie et les mœurs de chaque région, et signaler aux touristes toutes les curiosités caractéristiques, sites classiques et coins ignorés:
- Vosges-Lorraine-Alsace. Guides bleus, publiés sous la direction de M. . Monmarché. i vol. in-i6, 543 p., 63 cartes et plans. Hachette, Paris. Prix : 25 francs.
- Précédé d’un aperçu géographique par B. Auerbach, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Nancy, et P. Defîonlaines, agrégé, ce nouveau guide comprend la Lorraine (sauf la Meuse, rattachée à la Champagne) et toute l’Alsace (Belfort inclus).
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- NATURE
- upplément.
- N' 2522 5 Août 1922
- col
- Nécrologie : J. C. Kapteyn. — Avec lvapteyn disparaît un grand astronome hollandais; né à Barnevel le 19 janvier 1851, il professa l'astronomie pendant de longues années à l’Université de Groningue. Privé d’instruments d’observation, il se consacra surtout à l’étude méthodique et statistique des photographies célestes qu’il perfectionna et qui le conduisit à des découvertes importantes. La principale est celle de la répartition des étoiles en deux courants.
- Le plus grand paquebot du monde. — C’est le paquebot Majestic, aujourd’hui anglais, mais construit en Allemagne en 1914 par la Compagnie Blohm et Yoss de Hambourg. Il portait alors le nom de Bismarck, et avait deux frères presque de même taille, YImperator et le Vaterland, construits tous trois pour la Hambourg America Linie. Le Vaterland immobilisé à New York
- durée avec un bateau ainsi équipé, et un autre bateau servant de station centrale mobile; les résultats ont été -très satisfaisants. Aussi se propose-t-il actuellement de construire pour le port de New York un navire d’excursion pouvant porter, avec le maximum de sécurité et de confort, 3ooo personnes environ; ce bâtiment n’exigera en effet, pour ainsi dire, aucune machinerie, et tout l’emplacement disponible à bord pourra être utilisé pour le séjour des passagers; ceux-ci ne seront gênés, ni par le bruit, ou le voisinage des machines, ni par la fumée; un navire moteur de petite taille accompagnera le paquebot à une certaine distance, relié à lui par un câble électrique, et les voyageurs s’apercevront à peine de sa présence.
- M. Donnelly se propose, du reste, d’accumuler les distractions sur sa ville flottante, qui aura théâtre, cinéma, dancings, restaurants, etc.
- Fig. 1. — Arrivée de traîneaux de
- au début de la guerre a été saisi par les Etats-Unis en 1917. Ceux-ci l’ont rebaptisé Leviathan et l’ont utilisé comme transport de troupes pendant la guerre. Ils l’ont gardé depuis en vertu des traités. Le Bismarck n’était pas achevé quand la guerre éclata, il l’a été depuis et livré à l’Angleterre qui lui a donné le nom de Majestic, sous lequel il effectue maintenant la traversée de l’Atlantique. Le navire mesure plus de 291 m. de long, presque la hauteur de la Tour Eiffel; à pleine charge, il déplace 63 000 t. environ, et peut atteindre la vitesse de 24,5 nœuds. Sa machinerie a une puissance de 63 000 chevaux-vapeur environ. Le navire peut transporter 4100 passagers.
- Le remorquage électrique des bateaux. — Dans la General Electric Review, M. W. T. Donnelly propose le système suivant pour le remorquage des bateaux, sur les fleuves, les canaux et même en mer. Il constitue un train de bateaux munis ,chacun d’un simple moteur électrique actionnant une 1 hélice ; le bateau remorqueur est muni d’une centrale électrique qui répartit l’énergie produite entre les moteurs des bateaux remorqués, au moyen d’un simple câble souple, en partie immergé'; avec ce système, l’équipement moteur de chaque bateau remorqué est réduit au minimum, comme poids et encombrement, et la conduite en est fort simple. .1/auteur a effectué des essais de navigation de longue
- rrures dans un centre de ramassage.
- Destruction des animaux à fourrure. — 11 fut un
- temps où l’Alaska se classait parmi les plus grands producteurs de pelleteries. On sait que ce vaste territoire fut vendu en 1887 par la Russie aux Etats-Unis pour la somme de 7 200000 dollars. Moins de dix ans après l’achat, la vente des fourrures récoltées dans la péninsule avait complètement amorti ce capital.
- Mais les trappeurs ont tué la poule aux œufs d’or, et cette branche importante de l’industrie alaskienne est en pleine décadence, ainsi que le constate dans Natural History M. E. W. Nelson, chef du Bureau de Biological Survey (Inspection biologique), du Ministère de l’Agriculture américain.
- Durant l’hiver 1919-20, un inspecteur (warden, gai’de) de ce service a fait une tournée de 600 km dans une région de l’Alaska où abondaient les renards à fourrure précieuse : il ne put relever dans la neige qu’w/ie seule piste de renard. Autant dire qu’ils ont complètement disparu.
- Le très distingué naturaliste qu’est M. E. W. Nelson nous montre comment cette rapide destruction s’est effectuée. Depuis la création de ces « fermes à renards » que nous avons étudiées récemment dans La Nature, beaucoup de trappeurs se sont spécialisés dans la capture des jeunes animaux, qu’ils revendent aux éleveurs à des prix fantastiques.
- Ces den-hunters recherchent les dens (terriers) des
- 4P| 37 .far
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- INFORMATIONS
- renards, en démolissent la toiture, s'emparent de ceux des petits qui ont un pelage nettement noir, et abandonnent le reste de la portée. La mère s’éloigne de sa demeure bouleversée, condamnant ainsi les renardeaux dédaignés par le chasseur à mourir de faim.
- Si les jeunes animaux capturés servaient réellement à propager l’espèce dans un état de semi-captivité, le mal serait moins grand. Mais beaucoup de chasseurs préfèrent les conserver chez eux dans des cages, pour les abattre l'hiver suivant, quand leur fourrure est en parfait état.
- Les castors sont, eux aussi, sur le point de disparaître. M. Nelson signale un odieux système qui à dépeuplé de vastes districts où pullulaient ces intéres- sants et intelligents rongeurs. En plein hiver, les chasseurs se mettent à la recherche des huttes, les démolissent, et exterminent tous les animaux, jeunes et vieux, qu’elles abritent.
- M. Nelson nous apprend encore que l’emploi des appâts .empoisonnés s’est malheureusement généralisé, et qu’il est responsable en grande partie de l’extermination des bêtes à fourrure. Sur la requête des Alas-kiens, de sévères règlements ont été édictés pour la protection des castors et des martres. Mais le braconnage paie bien, et il est pratiqué notamment par les Indiens, habiles à tromper la vigilance des agents.
- La conclusion de l’auteur est en faveur de l’adoption de mesures protectrices plus sévères. Il faut espérer que sa voix autorisée sera entendue, et que l’Alaska ne sera pas dépouillé de sa belle faune. Y. Forbin.
- L’assèchement des Marais Pontins. — M. Alfred Massé vient, dans une intéressante communication à Y Académie d'Agriculture de France, d’exposer dans ses grandes lignes l’œuvre considérable entreprise par l’Italie dans; cette région désolée.
- « Au tiers environ du chemin entre Rome et Naples s’étend, entre les Monts Lepini et la mer Tyrrhénienne, une vaste plaine à peu près rectangulaire de ^oooohect. de superlicie ; en dehors de quelques villes qui la dormirent, construites en demi-cercles sur le flanc ou le sommet des montagnes, du côté opposé à la mer, on n’y rencontre aucun centre habité. Tout au plus le long de la Yoie Appienne qui, au sortir de Rome, se prolonge en ligne droite et traverse le territoire désolé dans toute sa longueur, aperçoit-on de loin en loin quelques rares maisons, dont beaucoup d’ailleurs sont inoccupées. De la Yoie Appienne à la mer, sur une superficie de 400 km9, il n’existe ni maison, ni route; les terrains ne sont point cultivés et on n’y voit que des marécages que recouvre, à l’époque où les eaux diminuent, une végétation spontanée et luxuriante, qui atteste la bonne qualité des terrains et montre l’avantage que l’on en pourrait tirer si des travaux d’assainissement étaient faits et les terres rationnellement mises en culture. »
- Ce sont les Marais Pontins, une des régions les plus prospères de l’Italie avant la conquête romaine. Les Yolsques, qui en étaient alors les maîtres, y avaient réalisé un vaste système de drainage,, au moyen de canaux et de digues. La guerre entre les R.omains et les Yolsques dura plus d'un siècle et demi ; les canaux et les digues pendant cette période cessèrent d’être entretenus, le pays fut envahi par les eaux, et la contrée, lorsqu’elle passa sous la domination romaine, avait perdu toute valeur.
- Depuis 25 siècles, malgré de nombreux projets qui ne furent jamais suivis de réalisation, les Marais Pontins se présentent sous l’aspect où on les voit aujourd’hui; la région est périodiquement envahie par les eaux et, surtout, elle est le siège dë la « malaria » qui en écarte les- habitants, et contre laquelle il est difficile de lutter en l’absence de centres habités et de routes.
- En 19x9, malgré la difficulté du problème, un groupement s’est constitué sous le -titre de Bonifische Bon-tins, ayant pour objet l’assainissement et la remise en valeur de ce vaste territoire. Profitant des expériences passées et des études déjà faites, il arrêta rapidement son programme et passa aussitôt à l’exécution.
- Le sol des Marais Pontins est presque partout au même niveau et sans pente; les eaux de sources et de pluies, faute d’écoulement, se répandent sur les ferres et y séjournent jusqu’à ce qu’elles s’évaporent. Pour •remédier à cet inconvénient, les Yolsques avaient sil-
- lonné autrefois le pays de canaux destinés à recueillir les eaux et à les conduire à la mer, et qui subsistent encore, plus ou moins endommagés.
- La Société s’est assigné, comme première tâche, la réfection de ces canalisations et le travail est commencé.
- Il faut encore prémunir le pays contre les eaux que, pendant la saison d’hiver et au commencement du printemps, déversent sur -la plaine sous forme de torrents les monts Lepini. A. cet effet, la Société a décidé la construction au-dessous de Cori d’un vaste réservoir de 20 millions de m3 de contenance, où ces eaux seront rassemblées, et utilisées pour alimenter une usine hydroélectrique de 1000 HP. Elles pourront servir en outre à irriguer les bas pays à l’époque des plus fortes chaleurs. Cette partie du projet 11’esL du reste encore qu’au stade des études.
- En dehors des marais proprement dits, dans la zone du littoral, il existe une bande de terre, où se rencontrent quatre lacs entourés de marécages et des étangs dont le niveau est au-dessous de celui de la mer. Le dessèchement est donc ici impossible ; on s’est décidé à submerger entièrement cette région sous la mer; 011 détruira ainsi la végétation paludéenne, et en même temps les insectes propagateurs de la malaria, et l’on ne compromettra pas l’industrie de la pêche assez florissante en cette contrée.
- En même temps, la Société organise pour ses ouvriers un service médical, comportant des visites régulières à tout le personnel, faites par des docteurs munis de tout ce qui est nécessaire pour combattre le paludisme.
- Plus de 25oo hectares de terres improductives jusqu’ici ont été déjà défrichés et transformés en cultures ou pâturages. On y cultive les céréales, les légumineuses, et même la tomate ou, comme à Terracine, les œillets et la vigne. Les premiers efforts ont donc été couronnés de Succès; s’ils peuvent être continués, on peut s’attendre d’ici quelques années à voir l’antique pays Volsque sortir de sa tombe marécageuse et renaître à la prospérité.
- Les œufs marocains. —France-Maroc publie les données statistiques suivantes sur les exportations d’œufs par les ports de la zone française du Protectorat ;
- Aimées. Poids en tonnes,. Valeurs en milliers de francs
- 1912. . . 4 • 7 71 6.124
- I9i3. . . 3.1 a5 5.ooo
- 1914. • - 1.171 1 - 991
- 1915 . . 3.553 G. 040
- 1916. . . 4.721 9.661
- 1917. . . 5.245 i3.064
- 1918. . . 5.3oq 21.457
- 1919. . . 8.626 44-949
- 1920. . . 4.235 29.910
- On voit que cette ressource du Maroc n’a fait qu’augmenter en ccs dernières années, comme quantités et surtout comme valeur.
- En 1917, un consortium dut être créé pour ravitailler les villes marocaines et les marchés français ; il dura jusqu’au ier juin 1921. Depuis celle époque, le commerce redevenu libre n’a fait que croître, comme le prouvent les chiffres d’expéditions des six derniers mois de 1921 : juillet, 420 tonnes ; août, 4°3 ; septembre, 618; octobre, 1027 ; novembre, 871; décembre, 925.
- On voit quelle ressource est pour la métropole cette production.
- Amundsen va tenter d’atteindre le Pôle Nord en avion. — Amundsen, l’explorateur norvégien, a quitté Seattle le 3 juin dernier, pour entreprendre une nouvelle exploration des régions arctiques. A bord du schooner Mand, il se dirige vers Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska; c’est de là qu’il compte partir en avion pour gagner, en survolant le Pôle Nord, la région du Cap Colombia dans la. Terre de Grant, où un dépôt de vivres a été préparé. La distance à parcourir est d’environ i55o milles marins. Amundsen espère la franchir en i5 heures. Il n’aura pour ce vol audacieux qu’un , compagnon, le pilote Omdal. L’avion est une machine Larsen, entièrement métallique, qui peut tenir Pair sans arrêt pendant 82 heures.
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- osisT
- 'Electricité <<*
- Rhéostat réglable à liquide. — Les résistances liquides sont employées pour régler la vitesse d’un
- petit moteur jouet
- p/ots
- compartiments
- i /
- -y—
- /
- manette
- ou pour régler la tension d’éclairage de petits appareils, en général toutes les fois qu'on a besoin d’avoir une résistance variable.
- On peut construire facilement une résistance liquide réglable avec une boîte à cigares qu’on divisera en compartiments étanches au moyen de cloisons paraffinées. Toute la boîte elle-même sera paraffinée pour tenir l’eau acidulée qui doit remplir les divers compartiments.
- Les plots à la partie supérieure seront constitués par
- des clous à tète ronde
- O
- Fig.
- Dessus de la boîte.
- à la bonne +
- Fig. 2. — Détail de la manette.
- .liquide
- bonne
- Fig. 3. — Coupe a b.
- Fig. b-
- Ensemble.
- d’égale longueur. Ces clous seront disposés sur un arc de cercle de manière que le frotteur du rhéostat puisse venir se placer par rotation de la manette sur le plot voulu (fig. i).
- Les têtes seront placées très près les unes des autres, afin que le frotteur puisse donner le contact sur deux tètes à la fois de manière que le courant ne puisse jamais se trouver interrompu quand on passe d’un plot
- à un autre.
- cious La manette se-
- ra constituée par une pièce de bois avec une poignée de manœuvre qui portera sous elle un ressort à lames, de préférence ce sera une lame de laiton dur ou de bronze phosphoreux for-m a n t ressort (fig. 2).
- Dans le fond de
- la boîte on plantera des clous en fer de longueurs différentes et de façon qu’ils se trouvent juste en regard des clous placés à la partie supérieure (fig. 3).
- Les clous inférieurs seront des clous en fer ordinaires
- qu’on aura coupés à la demande tandis que les clous supérieurs é-pointés pourront être des clous de tapissier en acier avec tête ronde large en. cuivre du genre de ceux que l’on emploie poulies garnitures de sièges. On aura ainsi des plots parfaits.
- La boîte sera fixée sur une espèce de socle dans lequel on aura ménagé une cavité destinée au logement des tètes des clous inférieurs sur lesquels viendront se monter les fils conducteurs aboutissant à une borne unique placée sur le côté du socle. L’autre borne qui sera voisine sera reliée à la manette de manœuvre et au ressort frotteur (fig. 4)- : .
- Bien entendu le nombre de plots n’est limité que par
- le nombre de cases que l’on aura préparées dans la boite, mais on conçoit que grâce à ce petit appareil facile à fabriquer, on pourra avoir un rhéostat aussi progressif que l’on voudra et qui pourra rendre bien des services aux amateurs électriciens. E. Weiss.
- Petit fauteuil roulant électrique. — L’emploi de l’électricité pour la propulsion des petits véhicules est extrêmement pratique en particulier quand il s’agit du transport des malades ou des infirmes qui n’ont pas besoin d’aller toujours à des vitesses exagérées.
- Des tricycles roulants actionnés mécaniquement soit par un mouvement de va-et-vient du volant de direction, soit par un système de manivelle mû à la main se trouvent utilisés aujourd’hui par nombre de mutilés ou d’infirmes des jambes.
- Certains, pour éviter .la fatigue des bras, ont adjoint à ces tricycles une moto-roue qui se trouve placée derrière les deux roues postérieures du tricyle, mais la moto-roue exige la connaissance tout au moins sommaire du moteur à essence, il y a toujours un entretien pour la partie mécanique de ce moteur et cette manutention n’est pas toujours d’une propreté absolue.
- Avec l’emploi de l’électricité au contraire, tout le mécanisme est propre et il suffit de graisser convenablement les paliers; la manœuvre des organes de commande se réduit à l’action d’une manette, d’un rhéostat
- Üfote ut
- Fig. 5. — Schéma de la voiture.
- et d’un inverseur qui permet d’obtenir très facilement les différentes vitesses et la marche arrière.
- Cette manœuvre est facile, elle est progressive et la douceur du fonctionnement du moteur électrique est particulièrement appropriée pour le déplacement d’un . véhicule léger. ;
- Il y a de petits cyclecars agencés avec des accumulateurs et un moteur électrique, il existe aussi des voitures à trois roues avec moteur sur la roue avant, ce sont des voitures de livraisons utilisées par certains grands magasins.
- Enfin, il y a même des camions à accumulateurs dont l’emploi se trouve répandu en Amérique et en Angleterre, mais dans le cas qui nous intéresse, cas de la petite voiture de malades ou de promeneurs peu spor- . tifs, il faut signaler un tricycle dont la roue avant se trouve jumelée. C’est donc en réalité une sorte de quadricycle dont l’avant-train présente une voie très faible.
- Le moteur électrique se trouve placé sur le châssis juste à l’aplomb des roues avant et il agit sur celles-ci au moyen d’un arbre vertical et de pignons cônes, ou de roues à vis sans fin qui démultiplient très fortement la vitesse.
- Le conducteur unique de cette petite voiture tient à sa droite à sa disposition le levier de manœuvre du rhéostat qui lui permet de donner les différentes vitesses à son véhicule et aussi de le faire reculer. La direction est obtenue au moyen de la manœuvre simple d’un grand levier qui peut obliquer de la façon voulue.
- Le moteur électrique a une puissance de 1/4 de cheval seulement et la batterie d’accumulateurs qui se trouve placée sous le siège a une capacité de 35 ampères-heure, elle permet de parcourir une distance de 35 à 40 kilomètres sans qu’on soit obligé de la recharger.
- D’ailleurs, des appareils de contrôle pérmettent au promeneur de se rendre compte constamment de l’état
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- de sa batterie et'un index lui notifie que ses accumulateurs' ont besoin d’être chargés.
- Naturellement on n’obtient pas arec cette petite voiture une vitesse très élevée, mais cela est suffisant poulies usages auxquels elle est destinée.
- Il faut noter aussi le dispositif de suspension qui est
- Paris. On le trouve également chez l’inventeur, L. Gérard, 49> rne d’Amsterdam.
- <*§'>&. Tiygiene
- L’universel tue-mouches. — C’est un nouveau piège très efficace et bien conçu pour faire des hécatombes de notre ennemie domestique la mouche. Il comprend une
- Fig. S. — L’Universel tue-mouches.
- Fig. 6. — La voiture en fonctionnement.
- «
- spécialement étudié pour des malades ou des convalescents et l’action automatique du frein à bande lorsque le moteur se trouve arrêté.
- Au fur et à mesure du développement que prennent les installations électriques, la difficulté de recharger des batteries d’accumulateurs se trouvera de plus en plus aplanie, et il n’est pas douteux que la diffusion des automobiles électriques, cyclecars, voitures et même camions ne devienne de plus en plus grande.
- Constructeur: Carters, 2, Cavendish Street, Londres.
- Photographie
- Pupitre à retouche perfectionné. — Le pupitre à retouche est l’instrument indispensable au photographe-portraitiste, qu’il soit professionnel ou simplement amateur. Il permet à celui-ci de voir ses clichés par transparence et de leur faire subir ainsi les diverses manipulations connues sous le nom de retouche. Il se compose essentiellement d’un verre dépoli incliné qu’un miroir éclaire par-dessous.
- Dans les pupitres à retouche connus jusqu’ici, le verre dépoli était fixe ; or la zone utile de ce verre, c’est-à-dire celle que le miroir éclaire suffisamment pour pouvoir retoucher, se trouve à son tiers inférieur. Il s’ensuit que, si l’on a à travailler un cliché de format un peu grand, les têtes des personnages se trouvent placées au-dessus de la zone de lumière et par conséquent trop haut.
- Le pupitre imaginé par M. Gérard remédie à cet inconvénient : le verre dépoli y est en effet monté à glissières et peut de ce fait être descendu à volonté, de telle sorte que toutes les parties du cliché, quelle que soit sa grandeur, peuvent être successivement amenées en pleine lumière. D’au-
- Fig, 7, -— Pupitre a retouche tre part,une cache, mobile perfectionné. autour de charnières et
- munie d’une fenêtre en face de la zone éclairée, sert à la fois d’appui-main et permet de masquer la totalité de la lumière réfléchie par le miroir à l’exception de. la partie à travailler du cliché.
- Ce dispositif facilite grandement le travail du retoucheur.
- Ce pupitre perfectionné est construit et mis en vente par les Etablissements J. Demaria, 35, rue de Clichy, à
- carafe F munie d’un bouchon ; une coupe en cristal À pour recevoir l’appât qui ne peut être touché par les mouches et 3 pièces en métal oxydable : la grille d’appât B, le cône support C et le porte-carafe D.
- Un protecteur à 4 branches permet de déplacer l’appareil et de le garantir contre les chocs.
- On appâte en remplissant la coupe de verre A de viande crue coupée en petits morceaux.
- Les mouches entrent en G et ne peuvent plus s’échapper de leur prison.'
- Elles viennent se noyer dans la carafe, remplie en I d’eau savonneuse.
- Ce tue-mo\iches, imaginé par M. Pichot, est en vente aux Etablissements
- Leune, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine, Paris (5e).
- Fig. 9. — L’appareil et son protecteur.
- Objets utiles
- Coupe-liens « Nova ». — Ce coupe-liens est un outil monté sur cuir et cuivre; il est étudié pour se fixer sur la paume de la main gauche.
- La lame est démontable, elle est faite en acier trempé et elle comporte une denture très inclinée, spécialement pour couper en tirant à soi sans aucun effort.
- L’ouvrier, par une simple pression, coupe le lien d’une botte qu il peut alors défaire aussitôt, avec d’autant plus de facilité qu’il a les deux mains libres.
- Cet ouvrier peut même avoir le temps de tirer le lien sans retarder ses mouvements.
- Cet appareil offre les avantages d’économiser la coupeuse de liens sur une batteuse et de ne plus avoir le couteau dans la batteuse. . . 4
- La liberté des mouvements est entière, l’affûtage est supprimé et on ne risque plus de se blesser comme avec le couteau ordinaire.
- Constructeur : Paul Avrond, 7, rue de la Prairie, Champigny.
- Coupe-lien
- 40 W-
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- VARIÉTÉS
- LES VINAIGRES AUX FRUITS AUX ÉTATS-UNIS ET EN ALLEMAGNE
- En France, le vinaigre le plus consommé, et de beaucoup, est le vinaigre de vin; on trouve, cependant, dans le commerce, en proportion variable suivant la nature des liquides qui ont servi à les préparer, les vinaigres de cidre, de poiré, de bière, d’alcool, de glucose, de bois, de piquettes de raisins secs, de betteraves, etc., mais on n’y rencontre guère de vinaigres de fruits, sauf peut-être celui de dattes, car celui de framboises n’est pas, au sens exact du mot, un vinaigre.
- Il en est tout autrement, à l’étranger, notamment en Allemagne ou aux Etats-Unis où les vinaigres de fruits sont employés dans l’alimentation pour l’assaisonnement des salades et des viandes, pour la confection de sauces ou surtout de boissons rafraîchissantes pour l’été, et, enfin en thérapeutique, pour la préparation de gargarismes et de tisanes. 11 y a donc quelque intérêt à faire connaître aux maîtresses de maison les procédés employés dans ces deux pays pour cette transformation de certains genres de fruits, en vue des applications nouvelles qu’elles peuvent en retirer. Toutefois, il convient de s’entendre, auparavant, sur la nature de ces vinaigres au sujet desquels il pourrait exister une confusion dans l’esprit du public.
- Distinction entre les véritables vinaigres et les vinaigres de fruits ordinaires. — Les véritables vinaigres sont les produits de la fermentation acétique des liquides dont ils portent les noms : l’alcool que ceux-ci contiennent a été transformé en acide acétique sous l’influence d’un ferment ou d’une bactérie, Mycoderma ou Bacterium aceti, tels sont les vinaigres de vin, de cidre, d’alcool, etc. Mais on donne très souvent par erreur, à l’étranger comme en France, le nom de vinaigre de fraises, de framboises, de mûres, etc., à des préparations qui ne sont généralement que des macérations ou des infusions de fruits ou des mélanges de leur jus avec du vinaigre presque toujours additionné de sucre avec l’intermédiaire de la chaleur. Tels sont ces vinaigres étrangers qu’on ne peut assimiler à des conserves de fruits au vinaigre parce que les fruits n’y sont pas contenus, et que, logiquement parlant, comme ils n’ont pas subi la fermentation acétique, l’on devrait désigner sous le nqm de « vinaigres aux fruits » au lieu de « vinaigres de fruits », désignation que je vais employer pour ceux dont je parle ci-dessous.
- Principaux vinaigres. — Les plus en usage, tant aux Etats-Unis qu’en Allemagne, sont, par ordre alphabétique, ceux aux cerises, aux fraises, aux framboises, aux groseilles, aux mûres et aux raisins, mais ils ne sont pas tous préparés dans ces deux pays. Il en existe souvent plusieurs procédés; je ne donne ici que celui qui m’a paru le meilleur.
- Vinaigre aux .cerises. — Il n’est guère employé qu’en Allemagne. On mélange i litre 1/2 de jus de cerises aigres avec d/4 de litre de fort vinaigre et i kg de , sucre ; on porte sur le feu et, aux premiers bouillons, on écume soigneusement et l’on met ensuite en flacons bien bouchés.
- Les cerises, dont je conseillerai l'emploi de préférence aux maîtresses de maison françaises, sont les diverses Montmorency et les Griottes noires et du Nord, à cause de l’acidité et de la coloration de leur jus.
- Vinaigre aux fraises (Etats-Unis). — On met dans une jarre en poterie quatre quarts de fraises (4 litres 543) et l’on verse trois quarts de vinaigre de cidre (3 1. 407) I on bouche et on laisse macérer durant 3 jours au bout desquels on passe avec expression. Ou ajoute alors pour chaque quart de vinaigre une pinte de sucre blanc, soit (la pinte correspondant ici à une livre américaine (453 gr. 5), 1 kg 36o de sucre. Ou fait fondre et l’on termine comme il a été dit pour le vinaigre aux cerises. (Comme la fin de chaque préparation est toujours la même, je ne la mentionnerai plus).
- [Allemagne). — On introduit la quantité de fraises déterminée, et de préférence des fraises des bois, dans un grand bocal jusqu’aux 2/3 de sa hauteur, on le remplit de vinaigre, on expose le tout au soleil durant trois semaines, on soutire le vinaigre et on le fait cuire avec du sucre dans la proportion de 5oo gr. de ce dernier ! par litre de vinaigre. !
- La formule allemande conseille avec raison les fraises
- des bois; à leur défaut on peut opérer sur des fraises des quatre saisons ou encore sur des variétés dont la saveur est légèrement acidulée telle que May Queen, Jucunda, Triomphe de Liège, Eiéonor, mais il va de soi qu’on peut y employer les variétés les plus connues comme Vicomtesse Héricart de Thury; Dr Morère, etc.
- Vinaigre aux framboises. — De tous ces vinaigres c’est celui qui est le plus préparé à l’étranger, et c’est, je crois, le seul qui le soit en France sous le nom de vinaigre framboisé. Voici, pour cette raison, comment on y procède chez nous L’ancien Codex prescrivait une macération de 3 parties de framboises dans 2 parties de vinaigre pendant 10 jours, au bout desquels on passaii, filtrait et conservait. En confiserie, on met dans des pots ou des bocaux pouvant se boucher parties égales de framboises et de vinaigre, on laisse macérer 2 mois en agitant de temps en temps, on tire au clair et on filtre. Quand on veut obtenir une macération plus fruitée, on remet la première sur une même quantité de framboises qu’on traite de la même façon, mais la durée peut être diminuée de moitié. On met le liquide en bouteilles soigneusement bouchées et tenues couchées dans un lieu frais.
- Etats-Unis. — On introduit un gallon de framboises (4 L 543) dans une jarre en poterie et l’on verse dessus un quart de bon vinaigre de cidre (1 1. 136). On bouche hermétiquement, on laisse macérer pendant 2 semaines, on soutire le vinaigre pour le verser sur deux autres quarts de fruits (2 1. 272), Si, au bout d’une semaine, l’on juge que la macération n’est pas assez chargée, ou l’additionne encore de deux autres quarts. On passe, ou ajoute 1 livre 1/2 de sucre (680 gr.) pour chaque quart de vinaigre et l’on chauffe jusqu’à l’ébullition, etc.
- Allemagne. — On place dans un pot 2 litres de framboises avec 1 litre de vinaigre, on laisse en contact 48 heures et l’on exprime. On verse le liquide sur 2 autres litres de fruits et l'on exprime de nouveau après 2 jours de macération. On ajoute x livre de sucre pour chaque litre de vinaigre obtenu et l’on chauffe jusqu’à l’ébullition, etc.
- On le prépare industriellement en mélangeant 5o litres de jus de framboises avec 20 litres de vinaigre et 35 lcg de sucre, et procédant pour le reste comme il a été dit plus haut.
- Il faut préférer les framboises roiiges aux framboises jaunes et choisir, parmi les premières, les variétés Hornet et Pilate.
- Vinaigre aux groseilles. — Il n’est guère employé qu’en Allemagne où l’on suit le procédé indiqué pour les cerises. Il ne faut se sei'vir que des groseilles rouges et, autant que possible, des variétés de Hollande et Versaillaise. '
- Vinaigre aux mûres [Etats-Unis). — On le prépare comme le vinaigi’e aux framboises décrit plus haut.
- Allemagne. — On écrase une quantité détenninée de mûres des ronces, on met la pulpe dans un pot, on la recouvre complètement de vinaigre, on bouche, on laisse macérer 48 heures dans un endroit chaud et l’on exprime. On réitère deux fois cette opération de la même manière, en faisant macérer, à chaque fois, le jus obtenu avec une quantité de fruits égale à celle mise en œuvi’e primitivement et l’on soumet à la presse. Ou étend chaque litre de jus d’un quart de litre d’eau, puis l’on ajoute à 3 litres de ce mélange 5 livres de sucre et l’on termine de la façon précitée.
- On pourrait le préparer plus simplement chez nous comme le vinaigre framboisé, soit avec les mûres dts ronces ou bièn avec les fruits du mûrier noir.
- Vinaigre aux raisins (Etats-Unis). -— Il n’est guère usité que dans ce pays. On écrase les raisins dont on met la pulpe dans une jarre en.poterie.avec un tiers de leur volume de vinaigre de cidre.' On bouche hermétiquement et on laisse macérer 4 jours en agitant souvent.. On exprime à ti'avers une' toile et on ajoute au liquide obtenu 5 livres de sucre blanc (2 kg 268) par chaque mesure de trois quarts de vinaigre (3 1. 4°7)- On fait bouillir, etc.
- En Allemagne, ou recommande aux ménagères de ne pas jeter les marcs de groseilles, framboises et cerises dont on extrait le jus pour différents emplois, xxiais de
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- VARIETES
- les utiliser pour la préparation de ce genre de vinaigres. On place le marc dans un pot, on le recouvre de vinaigre dans lequel on le laisse pendant une quinzaine de jours ; on passe ensuite à la chausse, on ajoute une livre de sucre par litre de vinaigre. On fait bouillir, etc.
- En dehors de ces vinaigres factices, on fabrique parfois aussi, en Allemagne, de véritables vinaigres de fruits, en partant de leurs jus ou de leurs marcs auxquels on fait subir la fermentation alcoolique d’abord, puis la fermentation acétique par la méthode ordinaire.
- Observations. — Les maîtresses de maison auront soin, pour éviter une dissolution notable de cuivre dans le vinaigre, de ne point faire bouillir celui-ci dans une bassine du susdit métal à moins qu’elle ne soit étamée à l’étain fin ; un récipient émaillé conviendra mieux. L’ébullition se bornera à quelques bouillons, afin de ne pas trop affaiblir le vinaigre. Il sera utile, pour la bonne conservation, de stériliser les bouteilles remplies,
- de paraffiner les bouchons pour les préserver des moisissures et de les maintenir dans un endroit frais mais sec.
- Principaux usages. — Ces vinaigres se distinguent par la forte proportion de sucre qui entre dans leur préparation, 5oo gr. jusqu’à i kg par litre, ce qui les assimile, jusqu’à un certain point, à des sirops de vinaigre dans le genre de notre sirop de vinaigre framboisé. Leur saveur aigre-douce ne les empêche pas d’entrer dans de nombreuses préparations culinaires, surtout en Allemagne, mais elle est particulièrement appréciée dans la confection des boissons d’été dont la modicité réjouit les ménagères des deux pays.
- On y considère qu’une cuillerée à soupe dans un grand verre d’eau constitue une boisson et même une tisane aussi rafraîchissante qu’agréable et, qu’à la dose de 2 à 3 cuillerées, on obtient un bon gargarisme pour les affections légères de la gorge. Chez nous, le vinaigre framboisé remplit ce but à la dose de 20 à 80 grammes.
- A. Truelle,
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- 2PD
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préservation des filets de pêche. — M. Robert Fillon vient de publier dans les Arotes et Mémoires de l’Office scientifique des Pêches maritimes un exposé des principaux modes de préservation des filets de pêche. Il énumère les divers moyens déjà préconisés :
- i° Sulfates de cuivre. — Ce sel, employé seul, protège assez bien le chanvre, moins bien le coton. 11 est plus efficace et plus durable si l’on traite d’abord le filet par une solution de savon, parce qu’on forme alors un savon de cuivre insoluble;
- 20 Goudron, huile de lin, créosote. — Le filet, propre et sec, est plongé dans du goudron chaud ; la préservation est excellente, mais le filet double de poids et devient peu souple.
- L’huile de lin ou le cachou et l’huile de lin sont coûteux et d’application longue et laborieuse.
- La créosote est excellente, mais se dissout rapidement dans l’eau de mer.
- 3° Matières tannantes. — Le filet neuf est placé dans une cuve et recouvert d’une solution bouillante de cachou. On laisse refroidir lentement, puis on recommence plusieurs fois. On sèche, puis on passe le filet dans un bain chaud de 4 parties de coaltar pour une de carbonyle. Le filet s’alourdit et perd de sa souplesse.
- Mieux, on savonne le filet neuf pour le dégraisser, on le rince à l’eau chaude, puis le sèche ; on le tanne en prenant pour 100 kg de filet le mélange suivant : Extrait solide de quercitron . i5 kg
- Ecorce de chêne...............65 —
- ou extrait de cachou..........25 —
- La moitié du mélange est dissoute dans une cuve en maçonnerie par 5oo litres d’eau à 80 ou 900. On y plonge complètement le filet qu’on laisse immergé 48 heures. On le relire, l’essore, le sèche, puis le replonge dans la cuve où l’on a versé la seconde moitié du mélange tannant et de l’eau pour compléter à 5oo litres ce qui reste du premier jus. Nouveau bain de 48 heures et même traitement subséquent.
- On fait dissoudre, à froid, dans un baril en bois, pour 100 kg de filet, 2 kg de sulfate de cuivre et 1 kg 5 de bichromate de potasse ou de soude dans 5oo litres d’eau froide. Le filet y est plongé 2 à 3 heures, rincé à froid, puis séché.
- Un autre procédé consiste à tanner le filet par immersion pendant 24 heures dans une solution bouillante de cachou à 20 gr. par litre répétée deux fois, puis sécher et traiter i5 minutes au maximum, en agitant, par :
- Sulfate de cuivre............ 5 kg ( . .
- Ammoniaque ordinaire 22°Bé. 19 kg ) n?U.riI0° vf e
- Eau froide...................5oo 1. ,llet de co,on'
- 4° Couleurs d'aniline. — On a aussi préconisé diverses couleurs d’aniline qui ne semblent pas valoir les deux procédés de tannage précédents.
- Pour conserver la couleur verte des plantes. —
- On sait combien il est difficile de conserver le coloris des parties vertes des plantes lorsqu’on les sèche, à tel
- point que souvent on en arrive à les colorer artificiellement. Le Journal de Pharmacie et de Chimie donne, d’après VAmerican Journal of Pharmacy, la recette suivante qui serait tout à fait satisfaisante : on prépare une solution d’acétate de cuivre et d’acide acétique et on la porte à l’ébullition. On y plonge alors les parties de plantes que l’on veut conserver. L’acétate de cuivre se combine à la chlorophylle pour former une matière colorante stable. Quelle que soit la teinte^.verte de la plante, elle est parfaitement fixée. On dessèche ensuite la plante par les procédés ordinaires. Cette méthode a l’avantage de conserver la forme de la plante et de laisser ainsi, de façon étonnante, l’illusion de la vie.
- On obtient aussi de la sorte d’excellents résultats pour la conservation des algues. Pour les algues brunes, il est nécessaire d’ajouter un peu de permanganate de potasse pour avoir un bon effet.
- En outre, les plantes traitées par l’acétate de cuivre ne souffrent pas de l’exposition à la lumière.
- Préparation des peintures lumineuses phosphorescentes. — M. O. Roger vient de publier dans Y American Journal of Pharmacy une étude sur ce sujet, dans laquelle il préconise quatre procédés différents de peintures lumineuses. Nous empruntons au Journal de Pharmacie et de Chimie l’analyse de ce travail.
- Le premier procédé utilise les coquilles d’huîtres. On lave d’abord les coquilles à l’eau chaude puis on les dessèche et on les calcine au rouge vif. Après refroidissement, la masse est broyée et débarrassée des débris des couches externes qui sont sans valeur pour cet usage. On mélange alors la poudre de coquilles avec une petite quantité de poudre de charbon végétal; on met le mélange dans un creuset en terre réfractaire; en couches alternant avec des couches de soufre pulvérisé. Le creuset recouvert d’un couvercle luté avec soin est chauffé fortement pendant une heure. Après complet refroidissement, la masse est pulvérisée de nouveau. On prépare ainsi, en partant d’un carbonate de chaux impur, une couleur phosphorescente plus lumineuse qu’en partant de carbonate de chaux pub.
- Dans un deuxième procédé, on utilise les sulfates de calcium, de baryum ou de strontium. On mélange intimement le sulfate avec du charbon de bois pulvérisé dans la proportion de i partie de charbon pour 5 à 6 parties de sulfate, on calcine ensuite comme dans le premier procédé.
- Dans le troisième procédé, on emploie des carbonates tels que le marbre, la witherite ou le carbonate de strontium. Il est nécessaire d’ajouter, en plus du charbon de bois, un peu plus d’un équivalent chimique de soufre et d’opérer comme avec les coquilles d’huîtres.
- Le deuxième et le troisième procédé donnent des produits ayant une phosphorescence orangée, verte, bleue ou rouge. On peut remplacer le soufre par du sulfure d’antimoine ou par d’autres composés sulfurés. On || obtient des produits plus lumineux, mais aussi plus
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Æ'
- ‘m
- chers en partant de la chaux, du carbonate de baryum, ou du sulfate ou du carbonate de strontium, soit seuls, soit mélangés avec de la chaux ou du marbre. Le carbonate nécessaire est fourni par l’amidon qu’on mélange aux autres ingrédients. On peut encore utiliser les carbonates de rubidium et de lithium, aussi bien que le nitrate de bismuth. Quelquefois on emploie également le sulfate de sodium ou même l’acétate de plomb et les formules des mélanges varient avec chaque fabrique.
- Toutefois, on peut prendre comme règle générale qu’environ 80 parties du constituant principal exigent 12 parties de soufre (ou moins s’il y a un autre composé sulfuré), 4 à 5 parties d’amidon, a à 4 parties de
- carbonate de lithium et o,oi à o,5 parties des autres composés métalliques. Ces derniers composés que l’on n’emploie qu’en très petites quantités doivent être ajoutés en solution alcoolique.
- Les mélanges sont chauffés dans un creuset hermétiquement clos de 3/4 d’heure à une heure vers -j- 12000.
- Quand on emploie ces peintures lumineuses, on les mélange souvent avec du sulfate de baryum, des laques de matières colorantes naturelles et même avec des pigments minéraux de la même teinte que la peinture elle-même. C’est ainsi, par exemple, que le réalgar est employé avec les teintes rouges et l’orpiment avec les teintes jaunes.
- BOITE AUX LETTRES
- Q^.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Comment les experts identifient les balles des assassins (n° 2519, i5 juillet 1922). — Par suite d’une erreur d’imprimerie, les figures 2 et 3 ont été interverties; la légende de la ligure 2 s’applique à la figure 3 et vice versa.
- Adresse relative aux: appareils décrits. — Dépouille mécanique des animaux (n° 2518 du 8 juillet 1922),
- Les appareils Perco décrits dans cet article sont construits par la Société industrielle de dépouille mécanique des animaux, 54, rue de Bondy, Paris.
- Réponses. — MM. Laurent, à Paris. — Le noircissement des objets en fonte, tels que marmites, poêlons, etc., est habitueïlement obtenu par application de la mixture
- suivante ;
- Brai stéarique.............. 100 gr.
- Bitume ordinaire ...... 35 —
- Huile de lin cuite.......... 65 -—
- Essence ou white spirit. . . xoo —
- On ajoute ensuite une quantité de plombagine suffisante pour obtenir le ton désiré. Les objets préalablement bien nettoyés à la brosse métallique sont recouverts de l’enduit, puis passés à l’étuve à 1200. Dans le cas où on désirerait un noir franc, on remplacerait la plombagine par du noir de fumée.
- M. Cantrel, à Calais. —- Les différences que vous avez constatées dans la façon dont se comportent parfois les papiers au ferroprüssiate sont dues très probablement à l’état dans lequel se trouvait le ferrocyanure servant à la préparation du bain. Quand ce sel n’est pas de préparation très récente, il est nécessaire, avant de l’employer, de laver les cristaüx à l’eaü distillée jusqu’à ce que leur surface soit parfaitement rouge et nette; La négligence de cette précaution donne souvent lieu à des mécomptes.
- M. le Dt Rouanet de Lugan, à Castres. — Sans renseignements sur la nature de l'encre employée, il nous est impossible de vous indiquer d’une façon précise un moyen d’enlever des traits d’encre sur un cliché, nous pensons cependant que l’immersion de la plaque dans le bain suivant pourra vous donner quelque résultat :
- Eau distillée................ 100 cm5
- Alun de potasse............... 10 gr.
- Acide citrique ....... 5 —
- Laisser en contact en agitant et rincer abondamment. M. Georges, à. Genève, — Voici deux1 formules de colles qui, croyons-nous, vous donneront satisfaction :
- A. Ichtyocolle ........ 4o gr.
- Galbanum...................... 5 —
- Gomme ammoniaque .... 5 —
- Alcool à 95u.................. 20 cm3
- Eau........................... 20 :—•
- Faire gonfler l’ichtyocolle dans l’eau, dissoudre d’autre part lès résines dans l’alcool et mélanger les deux solutions. t .
- Pour l’emploi, chauffer légèrement, ainsi que les pièces à réunir.
- B. Rognures de caoutchouc Para
- pur ...................... 5 gr.
- Benzine................... . 100 —
- Laisser en contact une dizaine de jours, jusqu’à obtention d’un liquide épais, en agitant fréquemment.
- Les pièces fixées par la première de ces colles se sépareront par séjour dans l’alcool dénaturé, celles scellées par la seconde, après immersion dans la benzine.
- M. Vivien, au Mont-de-Leuilly, Aisne. — Le meilleur procédé pour rendre lisse et propre la surface en-ciment de votre grenier est la fluatation au moyen du fluate de magnésie ou du {luate d’alumine. Lorsque le ciment est sec on l’imprègne avec un pinceau de fluate à 2.5° B., à raison de 4oo gr. par mètre carré, puis douze heures après on donne une autre couche et quand celle-ci est parfaitement sèche on passe une troisième et dernière couche de la solution dédoublée avec de l’eau, c’est-à-dire marquant 10 à 120 B., l’absorption étant beaucoup moindre il suffît de 100 gr. environ par mètre cai’ré. Après dessiccation complète, soit au bout de quelques jours, on lave à grande eau. Le prix de revient de cette opération doit être d’en.viron 2 francs au mètre carré. Vous trouverez tous les fluates, en particulier celui d’alumine donnant des enduits très lisses, à la maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand.
- M. Martin, à Cloyes-sur-Loir, Eure-et-Loir. — La formule d’embrocation suivante doit répondre à votre
- désir :
- Jaunes d’œufs . ...........N° 2
- Blancs d’œufs..............N' 2
- Essence de térébenthine. . . 200 g.
- Eau distillée.................700 —
- Gomme adragante............... 20 —
- Camphre....................... 10 —
- Chloroforme.............. . 5 —
- Faire dissoudre le camphre dans l’essence de térébenthine, puis battre les jaunes d’œufs avec cette solution. D’autre part, délayer les blancs dans l'eau et verser peu à peu l’eau albumineuse en agitant constamment dans l’émulsion des jaunes, ajouter la gomme, adragante.
- Finalement, passer au travers d’une mousseline, additionner de la dose de chloroforme, agiter, mettre en bouteilles.
- N. B. — L’emploi du savon est contre-indiqué, il y aurait incompatibilité avec l’albumine qui est modifiée en milieu alcalin.
- M. Le Dr Deribéré-Desgardes, à Lurais, Indre. — i° La composition ci-dessous vous donnera très probablement satisfaction pour réparer les bottes en caout-
- chouc :
- Caoutchouc. ............. 3o gr.
- • Colophane............ . 2 —
- Térébenthine de Venise . . 2 —
- Huile de lin ;...... . 2 —
- Essence de térébenthine. . . 45 —
- Chloroforme.......... ... 260 —
- 20 Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à la « Boîte aux Lettres » et ferons toujours grand profit des renseignements que vous nous donnerez.
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- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abomiés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°J0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. , . .......
- Géodésie élémentaire, par le général R. Bourgeon, membre de l’Institut et le lieutenant-colonel H. Noirel. 2° édition revue, corrigée et augmentée, i vol. in-16 de 460 p., 138 fig. dans le texte. Doin,. éditeur, Paris, 1922. Prix cartonné : 17 francs.
- La géodésie, ou science de la description géométrique de la surface de la terre, n’a pas donné lieu, dans la littérature scientifique française, à un exposé d’ensemble depuis l’excellent, mais bien ancien traité de L.-B. Francœur.
- Le présent exposé, qui doit être divisé en trois volumes, est destiné à faire connaître, de façon précise et complète, l’état de la science géodésique au début du xx“ siècle.
- Cette science, dans sa partie élémentaire, comprend tout ce qui est nécessaire à la détermination de la position des points fondamentaux qui servent de base à l’établissement de la carte d’un pays, au moyen de levés topographiques précis. C’est cette partie élémentaire qui forme l’objet du premier volume. Elle englobe tout ce qui se rapporte à la théorie des instruments, aux méthodes d’observation, aux opérations sur le terrain, ainsi qu’au calcul des triangles, des altitudes et des coordonnées par les procédés les plus simples, et aussi les éléments de la théorie des erreurs et de la compensation des figures géodésiques.
- Cette 20 édition a été tenue à jour des travaux les plus modernes. Le chapitre consacré à l’étude du nivellement géométrique et de la réfraction géodésique a été notablement développé.
- La théorie einsteinienne de la gravitation, par G. Mie, traduit de l’allemand, 1 vol. in-12, 140 "p. Hermann, éditeur, Paris, 1922. Prix : 4 fr. 5o.
- M. G. Mie est un savant allemand qui a apporté de très importantes et originales contributions au développement des théories relativistes. Il était donc intéressant de faire connaître son point de vue au public français. Ce petit livre a été écrit pour le grand public, puisqu’il a été publié par tranches dans un quotidien allemand, et, en fait, il ne contient pas la moindre formule mathématique.
- Ce serait cependant une erreur d’y voir un simple travail de vulgarisation. En réalité, il ne peut être réellement compris que des lecteurs qui ont déjà quelques aperçus des théories en question, de ceux par exemple qui auront médité le célèbre livre de vulgarisation d’Einstein. Ceci dit, on trouvera dans l’ouvrage de M. Mie des vues profondes, très nettement exprimées, sur les postulats et axiomes traditionnels qui sont à la base des sciences physiques, puis des aperçus originaux sur la liaison de la matière et de l’éther; il arrive à la conception d’une substance d’univers unique dont les régions occupées par la matière ne diffèrent des régions vides que par les valeurs énormes qu’y prennent des grandeurs d’état caractéristiques et dans laquelle le cours des phénomènes est réglé par un très petit nombre de lois mathématiques simples et claires. La gravitation semblait échapper à ce schéma. M. Mie montre comment la théorie d’Einstein, dite de la relativité généralisée, l’y fait rentrer et comment l’expérience semble la justifier.
- Toutefois, il se sépare d’Einstein sur un point important; il n’admet pas au point de vue logique l’équivalence de tous les phénomènes de référence pour la description des phénomènes de la nature et il en expose clairement les raisons.
- L’Italie d’après guerre (1914-1921), par E. LiGionon.
- 1 vol. in-8, 260 p. Alcan, Paris. Prix : i5 francs.
- Faisant suite à l'Italie économique et sociale, cet
- ouvrage passe en revue la politique, la situation économique et financière, le mouvement social de ces dernières années. Un chapitre est consacré à la politique du Saint-Siège. Exposé clair, documenté, parfois partial, qui fera connaître l’état social actuel de notre voisine.
- La personnalité humaine, son analyse, par F. Achille-Delmas et Marcel Boll. i vol. in-16, 283 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Résumé de psychologie, plein d’idées neuves et fécondes. Reprenant sous une forme plus actuelle la thèse de Ribot, les auteurs considèrent comme des exagérations du fonctionnement cérébral habituel celles d’entre les maladies mentales qui ne correspondent à aucune lésion actuellement apparente : ils en déduisent une classification des éléments de la personnalité.
- De nombreux tableaux synoptiques et une table analytique des matières guident le lecteur dans cette initiation à la psychologie.
- L’azote (La fixation de l’azote atmosphérique et son avenir industriel), par L. Hackspill. i vol. 271 p., 39 fig. (Encyclopédie Léauté). Masson, éditeur, Paris, 1922. Prix : 14 francs.
- Depuis la sensationnelle conférence dans laquelle sir W. Crookes, en 1898, prophétisait pour l’univers surpeuplé la famine par manque d’azote combiné, le problème posé par l’illustre savant anglais a reçu de nombreuses solutions. On sait comment l’une d’elles, celle de Haber, a permis à l’Allemagne d’échapper pendant la guerre au blocus des nitrates qui eût dû fa priver d’explosifs. La fixation de 1 azote atmosphérique constitue aujourd hui une puissante industrie chimique, en voie de développement rapide, et dont l’influence sur la prospérité économique des diverses nations civilisées est déjà considérable.
- L’excellent livre de M. Hackspill, sous une forme concise, nous donne de cette industrie le tableau le plus clair, le plus exact et le plus complet. Chacune des solutions du problème y est exposée; l’auteur en étudie d’abord le côté purement scientifique, puis il indique les diverses applications qui en ont été faites, et les conditions économiques de leur mise en oeuvre ; il pas$e ainsi en revue successivement le procédé des nitrures, encore dans l’enfance, l’industrie de la cya-namide, la synthèse de l’ammoniac par le procédé Haber sur lequel il possède une remarquable documentation de toute première main ; le procédé Claude ; les procédés d'oxydation par le four électrique. Il étudie les procédés pour passer de l’ammoniac à l’acide azotique ; puis il compare les prix de revient des produits azotés obtenus par les différents procédés ; il étudie ensuite leurs usages comme engrais et analyse la situation économique de l’industrie de l’azote.
- On sait que celle-ci est actuellement en France l’objet de discussions passionnées. Le livre de M. Hackspill permet à ses lecteurs de se former sur cette importante question un jugement éclairé et impartial.
- Les petites idées des grosses bêtes, par Henri Coupin. 1 vol. in-16, 320 p. A. Fayard et Cie, Paris. Prix : 6 fr. 5o.
- Suite d’études sur les animaux, où notre collaborateur énumère toutes sortes d’observations intéressantes sur leur industrie, leurs jeux, leur psychologie. Ces histoires, recueillies par des savants, sont attachantes comme des contes.
- Technologie. Zoologie appliquée, par Gaston Bonnier.
- 1 vol. in-16, 256 p., n5 fig. Les fils d’Emile Deyrolle, Paris. Prix : 6 francs.
- Recueil des notions qu’on a sur les produits des divers animaux classés dans l’ordre zoologique.
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- N° 2523 12 Août 1922
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- Tremblement de terre en Suède. — Dans l’après-midi du ii juin, annonce le Tidens Tegn, de Kristiania, la Suède centrale a ressenti une forte secousse séismique. Depuis 1904, il n’avait pas été observé d’aussi violente dans ce royaume. Le phénomène a affecté une intensité particulière sur les bords du lac Yener. A Karlsladt, ville située sur la rive nord de cetle véritable mer intérieure, les casernes bâties sur la roche en place ont paru osciller en masse d’un mouvement pendulaire, tandis que dans toutes les maisons, les meubles étaient déplacés et que les verreries et la vaisselle placées sur des dressoirs frémissaient. Dans cette localité, le séisme paraît donc avoir atteint l’intensité caractérisée par le n° 5 de l’échelle De Rossi-Foul. En même temps, la surface du Yener était agitée par des vagues venant du sud, lesquelles brisant avec force contre le rivage déterminaient la rupture des amarres des bateaux mouillés près de terre.
- L’ébranlement s’est étendu aux régions situées à l’ouest et au nord-ouest du lac, jusqu’en Dalécarlie. Il paraît même y avoir été plus violent. A Filipstad et à Karlslcoga, les indigènes éprouvèrent l’impression que leurs maisons étaient soulevées et des chutes d'objets pendus aux murs ont été constatées. Dans ces parages, le tremblement de terre rentrerait donc dans le n° 7 de l’échelle de Rossi-Foul. Partout, il a été accompagné de grondements qui ont fort effrayé la population.
- Charles Rabot.
- Des avions écrivent dans le ciel. — Nous avons déjà signalé les essais de publicité lumineuse par avion récemment effectués à Paris. Il s’agissait d’un avion portant un vaste écriteau lumineux qui survolait le soir la capitale. Yoici, d’après VAérophile, un système différent de publicité aérienne qui vient d’être mis en pratique à Londres par le grand quotidien Daily Mail. Un aéroplane a écrit dans le ciel le titre de ce journal à une altitude fort élevée, en lettres gigantesques de fumée argentée. Les lettres mesuraient plus de 100 m. de hauteur. L’inscription dura 5 minutes environ, et à la lin du tracé écrit ainsi sur une longueur de plus de 2 km, la première lettre était encore entièrement visible. L’expérience répétée 2 fois à Londres le matin et le soir eut un plein succès et suscita une curiosité considérable.
- Le charbon pulvérisé dans les centrales électriques. — On sait que l’emploi du charbon pulvérisé présente un certain nombre d’avantages qui commencent à être appréciés dans diverses industries; tout d’abord, il permet d’utiliser certains charbons de qualité inférieure dont la faible valeur commerciale empêche le transport et qui restaient sans emploi sur le carreau de la mine; de plus, il permet de réaliser des chaufferies aussi simples, aussi propres, aussi faciles à mettre en marche ou à arrêter que celles où l’on se sert de combustibles liquides; comme pour ces dernières, le personnel nécessaire dans la chaufferie est réduit au minimum. Enfin la combustion peut être conduite avec le maximum d’économie.
- Ces avantages ont poussé les houillères, en ces derniers temps, à étudier avec soin la technique du charbon pulvérisé.
- Les mines de Bruay en particulier- ont organisé une importante centrale d’essai de 8000 kilowatts environ, destinée à mettre au point l’utilisation sous la forme pulvérisée de ses charbons de basse qualité. Les résultats de ces études ont été satisfaisants et d’importantes applications vont être entreprises.
- Signalons notamment la centrale électrique de la fosse Thiers aux mines d’Anzin, actuellement en construction. Lorsqu’elle sera achevée, elle aura une puissance de 60 000 kw, répartie entre 6 turboalternateurs de 10000 kw chacun. Elle possédera 3o chaudières Babcock de 635 m* de surface de chauffe chauffées au charbon pulvérisé.
- Dans une usine de pulvérisation, voisine du bâtiment des chaudières, le charbon, pris dans des silos de 6000 t. de capacité, et amené par un système de sole tournante, vis et noria, sera séché, broyé, pesé et en-voyé paf pfra-sse d’air comprimé au* trémies disposées
- au-dessus des chaudières. De là, il sera distribué aux brûleurs des chambres de combustion établies sous les chaudières. Les cendres seront enlevées par courant d’eau, remontées par des norias, et chargées en wagons.
- Le plus long pont du monde. — C’est le pont qui traverse le grand lac Salé, aux Etats-Unis, pour livrer passage à la voie ferrée reliant les deux villes de Lucin et Ogden. Il mesure en effet plus de 3i km de long. C’est un pont du reste très rustique ; comme beaucoup de ponts américains, c’est en effet une simple estacade en bois. Le lac qu’il traverse est, après la mèr Morte, l’étendue d’eau la plus salée de la Terre.
- Un curieux emploi mécanique du piano. — Il
- semble qu’un piano ne soit guère à sa place dans un atelier de construction de locomotives. Cependant, d’après le Scienti/ic American, il peut y jouer un rôle très utile; pour découvrir les fêlures, pailles ou défauts qui peuvent exister à l’intérieur des diverses pièces d’une machine, il n’y a pas de meilleur moyen que de frapper le métal avec un marteau et de comparer le son ainsi rendu avec celui des notes du piano. Si le métal rend un son pur, bien d’accord avec celui du piano, on est à peu près certain qu’il ne recèle pas de défauts invisibles ; l’usage du piano permet de mettre en évidence des discordances, qui autrement passeraient inaperçues. Cette méthode d’essai, pratiquée par un bon pianiste, à l’oreille exercée, donnerait, paraît-il, de bons résultats.
- La disparition des canards sauvages dans les marais de l’Utah. — C’est un exemple très frappant de l’effet que peut produire sur une espèce animale unfe modification artificielle, en apparence très minime, de son habitat.
- Les marais et étangs qui avoisinent le Great Sait Lake City, dans la région dite des marais de la Bear River, sont peuplés de très nombreux canards sauvages; Au printemps, ils y viennent nicher et pondre et on trouve par endroits un nid tous les 10 m2.
- A l’automne, les troupes de canards émigrant vers le sud y font halte. Or, en 1909* on a noté pour la première fois que les canards stationnant en cette région étaient atteints d’une maladie non observée jusque-là. Depuis, les choses ont été en s’aggravant, et l’on estime aujourd hui qu’en cette région périssent chaque année plus de 2 millions de canards dans la contrée ; aussi les biologistes et les amis des oiseaux ont-ils commencé à se préoccuper de la question; on sait, en effet, que lorsque dans une section du parcours des oiseaux migrateurs, ceux-ci sont détruits en masse, cette situation a une répercussion profonde sur toute la répartition des oiseaux dans les autres territoires.
- Des études ont donc été entreprises et l’on s’est aperçu que la maladie des canards est imputable à la trop grande salinité de l’eau; des oiseaux malades transportés en effet dans une région où l’eau est pure se guérissent très rapidement, dans la proportion de 90 pour 100. Cetle maladie est une sorte d’empoisonnement qui se manifeste très rapidement, dès que les canards ont séjourné quelques instants dans l’eau trop salée, ils en sont frappés, perdent en peu de temps leurs forces, et sont incapables de s’arracher à ces eaux mortelles-
- On s’est naturellement demandé pourquoi et comment ces marais, autrefois si hospitaliers aux canards, se sont ainsi transformés en pièges mortels; une commission organisée pour étudier ces faits et y porter remède a conclu que la salinité de ces marais était attribuable à des travaux d’irrigation récents; on s’est servi des marais comme régulateurs, et on a déversé en eux les eaux de rivières environnantes, eaux chargées de sels, puisque les terrains avoisinants sont universellement connus pour leur salinité.
- C’est ainsi que les marais ont été empoisonnés; pour les rendre inoffensifs, il faudra donc modifier le système d’irrigation. En attendant, on essaye par des moyens de fortune de sauver le plus grand nombre possible des oiseaux attirés par les eaux traîtresses.
- Mais ces sauvetages ne peuvent porter que sur un petit nombre d’individus,-et les eau* galées continuent
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- INFORMATIONS
- à faire des hécatombes de canards ; à tel point que l’espèce paraît menacée d’extinction.
- Utilisation des squales. — M. le professeur Gruvel fait actuellement campagne pour l’utilisation des squales qui foisonnent près des côtes de beaucoup de nos colonies. Il vient de publier dans la Revue d'Histoire naturelle appliquée la liste suivante de leurs possibilités d’emplois.
- i° La chair est riche en azote et en acide phospho-rique ; celle des jeunes est parfaitement utilisable comme aliment; elle est en tout cas, à l’état salé et séché, très recherchée de tous les indigènes des pays tropicaux; elle peut être, également, transformée en engrais et donner une huile de valeur;
- 2° Les os donnent de la poudre qui, mélangée au guano de viande, contribue à fournir un engrais de tout premier ordre ;
- 3° Le foie fournit une huile utilisée pour la chamoi-seiùe, la fabrication des savons et des peintures, quelquefois même comme huile médicinale. Les foies contiennent de 6o à 70 pour 100 d’huile;
- 4° Les ailerons, simplement séchés (nageoires dorsales, pectorales et anales), sont vendus fort cher en Orient, caries Chinois en sont particulièrement friands. On les utilise également en ébénisterie (nageoires dorsales et pectorales) pour le ponçage des meubles;
- 5° Les peaux n’étaient guère utilisées, jusqu'ici, qu’en ébénisterie et en miroiterie. Depuis la guerre, aux Etats-Unis, on en obtient, par tannage, des cuirs qui peuvent être utilisés, non seulement pour la maroquinerie et la gainerie, mais même pour la cordonnerie : semelles et empeignes. Ce cuir est plus résistant à la traction que la plupart des cuirs de veau. On a obtenu également un cuir verni, qui, au dire des spécialistes, est de tout premier ordre. Les parois stomacales, elles-mêmes, ont fourni un cuir souple et résistant, analogue à la peau d’agneau ;
- 6° Une partie des intestins donne une basane assez résistante, le reste permet de fabriquer, soit des cordes de musique, soit de l’ichtyocolle ;
- 7° Des mâchoires, on a extrait une substance lubrifiante remarquable pour les mouvements d’horlogerie en général et pour î’horlogerie de précision en particulier ;
- 8° Enfin, avec le sang, on a fabriqué une colle forte qui, pendant la guerre, a servi à unir les lames de bois destinées à la fabrication des hélices d’avion.
- Comme le dit spirituellement M. Gruvel, « on voit à quelle multitude d’usages, plus intéressants les uns que les autres, la « totalité » du corps de ces animaux peut donner lieu. A Chicago, on a coutume de dire que lorsqu’on a utilisé le porc, il ne reste que ses cris; pour le requin, c’est encore mieux, il ne reste même pas les cris. *>
- La statistique des marines marchandes. — L’édition pour 1922-1923 du Lloyd's Register vient de paraître : Y Engineering en extrait les renseignements qui suivent : l’Angleterre tient toujours la tête des marines marchandes ; le tonnage de ses navires en acier ou en fer, à vapeur ou à moteur, atteint igo53 000 t. 11 est à noter que ce tonnage est en diminution de 253 000 t. sur celui de 1921, et en augmentation de 176000 t. sur celui de juin 1914.
- Au a® rang viennent les Etats-Unis avec i2 5o6ooo t. Le Japon se classe 3° avec 3 3a5 000 t., la France 4°, avec 3 3o3 000 t. ; viennent ensuite la Hollande avec 2 6x3 000 t., l’Italie, 2600000; la Norvège, 2337000; les dominions britanniques, 2201000; l'Allemagne, 1783000; l’Espagne, 1187000; la Suède, 096 000 ; le Danemark, 944000. IF
- L’Allemagne occupait la 2® place en 1914 avec 6098000 t. ; sa marine marchande était presque anéantie en T919; on voit avec quelle rapidité elle s’efforce de regagner sa situation d'avant-guerre ; dans l’année qui vientde s’écouler, elle a augmenté sa flotte de 1 12900.0 t., c’est-à-dire qu’elle a presque doublé son tonnage.
- A signaler aussi le développement des navires pétroliers ; en '1914, on en comptait 385 représentant 1 479000 t. ; en 1922, leur nombre atteint 977, au total, 5 067 000 tonnes.
- On compte aujourd’hui 1689 navires à moteur, formant un tonnage de 1 5n 000 t., parmi lesquels 149 navires de plus de 3ooo tonnes.
- Enfin, les navires à voile ne figurent plus que pour 4 pour 100 dans le tonnage mondial total.
- Le marché mondial du beurre. — En France, le beurre et le fromage atteignent des prix véritablement fantastiques. A quelle cause attribuer ces cours élevés ? Uniquement aux droits de douane qui frappent l’importation de ces denrées alimentaires, non moins qu’à la spéculation. La vie chèi’e se trouve ainsi organisée au profit d’un groupe de citoyens. Le beurre et le fromage abondent, en effet, sur le marché mondial, par suite de l’énorme accroissement depuis , la guerre des envois faits par les pays d’outre-mer adonnés à l’industrie laitière. A ce sujet, l’excellent journal du Commerce extérieur de Danemark (Udenrigsministeriets Tidsskrift) publie des renseignements statistiques qui intéresseront certainement nos lecteurs.
- L’Argentine compte un troupeau de plus de 2 millions de vaches laitières; aussi bien, la fabrication du beurre prend-elle dans ce pays une importance de plus en plus grande et l’exportation de ce produit augmente-t-elle dans des proportions considérables. Alors qu’en 1914, cette république sud-américaine vendait à l’étranger 453o tonnes de beurre, pendant les onze premiers mois de 1921 elle en a expédié 18799 en Angleterre seulement.
- En Australie, le progrès est non moins remarquable. De 26274 t. en 1914, les envois en Grande-Bretagne ont monté l’an dernier à 36 700.
- La Nouvelle Zélande fournit également une énorme quantité de beurre et de fromage à l’Europe. En 1921, 33 069 t. de la première de ces deux denrées alimentaires et 68 856 de la seconde, contre 21 291 et 41 676 t. en 1915. Et cet accroissement ne paraît pas devoir s’arrêter. Grâce à son climat beaucoup plus favorable à l’industrie pastorale qu’à la culture des céréales, ce dominion deviendra dans un avenir proche un des plus grands centres mondiaux de la production laitière. D’autre part, les Néozélandais se préoccupent d’obtenir non seulement la quantité, mais encore la qualité, et pour cela ils ont muni leurs laiteries d’appareils de pasteurisation construits en Danemark. Tous les progrès réalisés dans ce dernier pays, soit dans la fabrication, soit dans l’organisation de la vente, sont introduits en Nouvelle Zélande.
- Le Canada qui, avant la guerre, était le principal producteur de fromage sur le marché mondial continue à en exporter d’énormes quantités, 60 5oa t. en 1921 contre 65900 en 1914. Cette légère diminution est compensée par un accroissement des expéditions de beurre, 4i 85 t. l’an dernier, alors qu’il y a huit ans les ventes à l’étranger de cette denrée ne dépassaient pas 556 tonnes.
- Les Etats-Unis exportent également du beurre et du fromage, mais surtout d’énorme.s quantités de lait condensé, et par la vente de cet article exercent une influence considérable sur le marché qui nous intéresse. L’usage du lait condensé restreignant la consommation du lait naturel, il en résulte que dans les pays d’industrie pastorale, une plus grande quantité de ce dernier produit devient disponible pour la fabrication du beurre et du fromage. Tel est le cas par exemple en Suisse et en Hollande.
- .Bref, les envois de beurre par l’Amérique et l’Australasie sont si considérables, que non seulement ils couvrent le déficit créé par la cessation des exportations russes, mais encore qu'ils ont obligé les producteurs de cette denrée dans les pays Scandinaves à suspendre ou à resti-eindre leurs ventes à l’étranger. La Suède qui, en 1914, envoyait plus de 18000 t. au dehors, n'en a plus expédié en 19,21 et le Danemark avant la guerre, un des grands fournisseurs du marché mondial, a vu ses ventes à l’extérieur réduites de moitié. En 1921, ce dernier pays n’a réussi à exporter que 48000 t. de beurre, alors qu’en 1914, il en avait expoi’té 90000. Et pendant ce temps, nous continuons à payer ce produit des prix de famine, alors qu’il se trouve en surabondance sur le marché mondial. Charles Rabot,
- lrs Exposition de T. S. P. — La ira Exposition de T. S. F. aura lieu du 25 août au 2 octobre prochain, à Paris, sur les terrains du Champ de Mars.
- Elle comprendra des appareils, pièces détachées, etc., et tout ce qui peut êire utilisé en T. S. F.
- Au cours de cette Exposition auront lieu des conférences, des démonstrations, des concerts.
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- 'Electricité
- Avertisseur de courts-circuits et de surintensités « V-X ». — Tous les phénomènes qui, dans une distribution d’énergie électrique sont susceptibles de donner lieu à un commencement d’incendie sont des phénomènes de surintensité ou de surtension.
- Dans l’un et l’autre cas, il s’agit d’une élévation de l’intensité du courant au-dessus des valeurs normales pour lesquelles l’installation a été établie.
- Les phénomènes de surintensités sont dus généralement à la surcharge des appareils d’utilisation, ou à un court-circuit se produisant accidentellement en un point quelconque de l’installation, dans la canalisation ou dans un appareil d’utilisation, ou à un défaut d’isolement des lignes où des dérivations se traduisent également par un court-circuit suivant les conditions de situation.
- Les surtensions sont accompagnées de la circulation d’un courant qui s’ajoute au courant normal, et qui, suivant sa valeur, donne également lieu à une surintensité.
- Dans l’un comme dans l’autre des cas, la densité de courant admise dans les canalisations augmente dans des proportions quelquefois considérables, ce qui détermine instantanément un échauffement des conducteurs pouvant provoquer un commencement d’incendie dans les moulures, gaines ou enveloppes protégeant l'installation.
- Un avertisseur de court-circuits et de surintensités enregistrera et avertira de^, courts-
- • Fig. i. — Montage de l’appareil sur un circuit de lumière.
- G, Circuit à surveiller ; f, fusibles ; ?«, masselotte; A, Circuit d’alarme,
- circuits et des surintensités se pro- . duisant sur les canalisations électriques, il permettra d’éteindre à sa naissance, un incendie qui, faute d’être pris à temps, prend des proportions considérables pour se changer quelquefois en désastre.
- Le principe de l’avertisseur Y-X est de relier avec un lien en matière isolante (en l’espèce un fil de soie) les deux fusibles d’un court-circuit, et de suspendre à ce lien un bloc de métal appelé « masselotte », laquelle, agissant par pesanteur, tombe entre les deux pointes d’un contact placé à la partie inférieure de l’appareil ; elle ferme ainsi le courant d’un circuit auxiliaire de tension réduite sur des avertisseurs acoustiques et optiques, lorsque l’un ou l’autre, ou les deux fusibles fondent sous l’action d’un court-circuit.
- Lorsqu’une surintensité se produit sur une canalisation électrique ou sur un appareil d’utilisation (moteur ou autres), les fusibles par échauffement s’allongent et se rapprochent l’un de l’autre sous l’action du poids de la masselotte, celle-ci descend alors dans sa glissière et vient toucher les contacts fermant ainsi le circuit des avertisseurs.
- Les fusibles sont en aluminium, calibrés et étalonnés pour des intensités déterminées. Les rondelles en’fibre, dans lesquelles passent ces fusibles et sur lesquelles sont attachées les extrémités du fil de soie, sont percées d’un trou juste au diamètre des fusibles appropriés au coupe-circuit, et il n’est pas possible de remplacer les fusibles originaires par d’autres de section plus forte, ce qui garantit contre les surintensités provenant du fait de remplacement des appareils d’utilisation placés au début d’une installation par d’autres de consommation plus grande.
- Lorsque pour une cause quelconque un cpurt-cirpuit vient de se produire sur une canalisation ou sur un appareil électrique, une sonnerie placée dans le local (ou à proximité) où s’est produit l’accident, ainsi qu’une autre placée chez le concierge, le surveillant ou les pompiers suivant le pas, se mettent à fonctionner.
- Au même instant unejpetite lampe placée derrière un disque rouge s’allume sur un tableau de signaux lumineux placé au poste des surveillants sus-indiqués.
- Cette lampe indique l’étage et le local où s’est produit le court-circuit. Les surveillants renseignés exactement sur l’endroit où vient de se produire l’accident se précipitent et éteignent s’il y a lieu un commencement d’incendie, ou surveillent et signalent au chef électricien le circuit défectueux.
- Cet appareil, comme on le voit, est appelé à rendre les plus grands services. Il résout d’une façon efficace le problème des incendies par court-circuit dont l’incendie du Printemps et celui du Casino de Paris sont les exemples les plus récents.
- Il garantit contre la négligence en empêchant de remplacer les fusibles normaux d’un coupe-circuit ordinaire par des fusibles de section beaucoup trop forte; ces fusibles anormaux suppriment toute protection aux circuits surchargés, ce qui est très souvent une des causes principales des incendies.
- Cet avertisseur, dans les installations de force motrice électrique, remplace pour les moteurs électriques le
- *f5irrr'TprrrpTff7firpîr!TprfîriTr'Tinr{7rîiTrrjTfîrnrnTîl'î'f]r^nîiîîTî7îîr}T|T|T}T[jr{r
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- Fusible-A
- Masselotte
- Mâchoires
- Fig. 2. — Vue de l’appareil.
- disjoncteur à maxima très onéreux; ce dernier devient inutile par l’emploi de l’avertisseur, dont les fusibles chauffant et s’allongeant sous l’action d’une surintensité permettent à la masselotte de descendre. Elle ferme le circuit des signaux avertisseurs, dès que pour une cause quelconque : calage ou échauffement de la machine commandée, l’intensité admise dans le moteur électrique dépasse de 5o à 60 pour ioq la valeur de l’intensité normale.
- On supprime donc le risque de « griller » les organes des machines électriques.
- Etablissements Yolta Lux, a4, rue Montpensier, Paris.
- Chimie
- Appareil à épuisement continu de M. François.
- — On connaît l’appareil Soxhlet, classique dans tpus les laboratoires d’analyse. M. François vient d’en imaginer une variante très simple et moins fragile qui servira utilement à séparer d’un mélange deux substances, l’une soluble, l’autre insolu-ble dans un véhicule approprié.
- Cet appareil, tout en verre, se compose essentiellement d’une allonge cylindrique a au centre de laquelle se trouve disposé un tube b, qui permet aux vapeurs dn liquide en ébullition dans le ballon inférieur de traverser l’allonge pour aller se condenser dans un réfrigérant ià reflux, puis retomber de façon continuelle sur la matière à épuiser,
- La figure 3 en fera compx’endre le fonctionnement.
- Le tube b est ouvert par le bas et légèrement évasé,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- il est fermé par le liant et terminé par une partie conique saillante, à la base et sous le rebord de laquelle est percé un trou. On fixe le tube b dans l’allonge en tassant autour de sa base évasée du coton sur une hauteur de 3 à 4 centimètres.
- Il reste entre le tube et l’allonge un espace annulaire dans lequel on met la poudre à épuiser qui ne doit pas atteindre la partie conique du tube b et on recouvre la poudre d’un peu de coton.
- On dispose l’allonge ainsi préparée sur un ballon à fond plat, à col court et très large pour pouvoir y peser sans transvasement les matières extraites, dont la dessiccation se fait, facilement, si l’on couche le ballon à col large. On relie enfin l’appareil à un réfrigérant ascendant.
- Les bouchons et les tubes de caoutchouc se dissolvant dans le chloroforme et l’éther et venant souiller le produit d’extraction, il est utile de n’employer que des bouchons de liège et de réunir l’allonge au réfrigérant ascendant par l’intermédiaire d’un tube à entonnoir coudé.
- Enfin, dans les expériences délicates , il convient d’employer du coton débarrassé de matières grasses par un lavage à l’éther, les cotons hydrophiles du commerce contenant des quantités appréciables d’acide gras.
- En vente chez Raoul Neveu, 16-18-20, rue Monsieur-le-Prince, Paris, 6e.
- Photographie
- Nouveau châssis pour tirer les photographies. —
- Le châssis employé habituellement pour tirer les positifs présente cet inconvénient que ni le négatif, ni le papier ne sont fixés pendant qu’on place le volet arrière et qu’on le presse.
- Il en résulte qu’assez souvent, l’un ou l’autre se déplace, ce qui oblige à recommencer l’opération, et si l’on oublie de vérifier cette superposition exacte, le papier, une fois développé, montrera une image placée de travers ou même incomplète.
- M. Léon Crayssac vient de mettre au point un châssis-tireur qui remédie à cet inconvénient.
- Par un système spécial de pinces, commandées soit
- Fig. 4» — L’appareil fermé.
- à la main, soit au pied, on peut fixer sur la glace ou la cache d’abord le négatif, qu’il soit sur verre ou sur pellicule, puis le papier. On obtient ainsi des épreuves bien centrées, ayant une marge blanche régulière.
- Sur la tranche du volet se trouve du reste une échelle des formats les plus courants qui, par un système de butée spéciale, permet d’appliquer les positifs régulièrement et très rapidement spr le négatif,
- tout en obtenant automatiquement la marge blanche désirée.
- Par un dispositif très ingénieux, ce châssis-tireur
- Fig. 5. — L’appareil Crayssac ou vert, montrant les pinces de fixation.
- permet le tirage sur bandes de pellicules négatives, de bandes positives, tout en laissant au tireur la faculté de ne tirer que les négatifs utilisables sans pour cela perdre la moindre bande de papier, le négatif pouvant jouer librement sous la bande posilive.
- Il permet également le tirage unitaire sur bandes pelliculaires tout en donnant automatiquement la marge blanche formant encadrement.
- La fermeture du volet par loquet, permet une fermeture et fine ouverture du châssis très rapides. Un ressort écarte le volet dès qu’on ouvre ce loquet.
- Ce châssis-tireur permettra également aux mutilés n’ayant même qu’une main et un pied de travailler très
- Fig. 6. — Tirage des épreuves d’une pellicule.
- facilement et aussi rapidement qu’une personne valide aux tirages photographiques.
- L’inventeur est M. Léon Crayssac, 7, rue de l’Esplanade, Cette (Hérault).
- *»> Outillage
- Le fer à souder à arc « Arcturus ». — Ce fer
- nommé « Arcturus » et destiné à la soudure industrielle de l’étain est basé sur l’emploi de l'arc électrique en vase clos.
- Il est constitué par une tète en cuivre rouge, de section de 20 X 20 mm et 20 X 3o mm, de forme droite, d’équerre ou chantournée suivant les besoins (petite, moyenne, grosse soudure et marque à chaud).
- Cette tête est munie d’un logement spécial dans lequel est scellé un tube isolant, peu fragile, en stéatite, incombustible à liante température, Dans ce tube peut
- Fig. 3. — Appareil à épuisement continu deM. François.
- *p|>
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- coulisser une tige portant un charbon de 5 mm de diamètre. Cette tige est munie à l’une de ses extrémités d’une vis à commande qui la relie à une pièce isolante munie de deux tétons isolés.
- La pièce isolante peut coulisser dans des glissières latérales pratiquées dans les entretoises, et permettant
- de couper ou régler à volonté le rapprochement (en court-circuit pour l’amorçage) et le recul(environ 2 mm pour la marche) de la pointe du charbon du corps de la tête à souder.
- Un trou latéral est pratiqué dans la tête, il permet d’apercevoir le réglage de l’arc, il sert en même temps à l’échappement des gaz, et au nettoyage par le soufflage.
- Le modèle le plus petit est prêt à fonctionner en 3 minutes. Le grand modèle demande 5 minutes. On peut au début activer l’intensité du courant, on peut obtenir au moyen du rhéostat q curseur un réglage qui permet d’obtenir toute la gamme d’intensité de 1 à 8 ampères.
- L’entretien est presque nul, il suffit de retirer la panne en cuivre rouge et de changer le petit charbon; celui-ci est rentré par simple pression, après avoir évacué les matières charbonneuses en soufflant par le canal d’échappement des gaz.
- La durée du charbon est variable suivant l’intensité à laquelle on a travaillé (environ 10 à i5 heures).
- Cet appareil fonctionne sur le courant continu avec un rhéostat fixe avec ou sans curseur, sur le courant alternatif avec une bobine de self.. Pour plusieurs appareils il est préférable dans les postes importants de soudure d’employer un transformateur. Celui-ci abaisse la tension au secondaire à 40 volts.
- On peut naturellement brancher directement ce fer sur environ 20 éléments d’une batterie d’accumulateurs.— Constructeur : J. Cœuille,
- 7, rue Saint-Sébastien, Paris.
- 7. — Fer à souder à arc « Arcturus ».
- l'homme, qui lui aussi réussit assez bien à se déplacer dans ces terrains où s’enlisent les véhicules à roues.
- C’est l’idée qui a inspiré l’inventeur d’un original petit tracteur exposé au dernier Salon de la Machine agricole et qui porte le nom d’Auto-Marcheur. Il marche en effet avec des jambes, au lieu de rouler avec des roues.
- Ces jambes, munies de semelles à large surface, s’attaquent au sol, s’y appuient et poussent sur lui absolument comme le fait un homme qui tire une charge, ou encore un bœuf qui tire la charrue. L’Auto-Marcheur est donc, en quelque sorte, un véritable bœuf mécanique.
- On obtient ainsi un appareil de mécanisme simple et rustique, de poids relativement faible, de conduite et d’entretien faciles, qui semble appelé à rendre de réels services à l’agriculture.
- Le principe de cette machine est fort simple à saisir. Pour le comprendre on se reportera aux figures schématiques 8 et g. Le tracteur comprend un bâti sur lequel est fixé un moteur, entre deux flasques. L’arbre de ce moteur, ou un arbre auxiliaire commandé par le premier, actionne deux leviers qui constituent les jambes de l’auto-marcheur.
- Sur les figures 8 et 9, l’arbre est représenté en D, il porte de chaque côté un plateau muni d’un bouton de manivelle sur lequel est fixé le levier marcheur; la jambe est représentée par la ligne À; elle est articulée à sa partie supérieure sur un petit levier B, qui lui-même oscille autour d’un point fixe C du bâti.
- Lorsque la manivelle D tourne autour de son axe E, dans le sens indiqué par la flèche, le levier A qui occupe la position i-i' se porte en avant tout en s’abaissant légèrement et vient en 2-2'. A partir de cette position et jusqu’à la position 3-3', le levier A s’abaisse brusquement vers le sol sur lequel il prend appui, puis continue son mouvement en sens inverse se dirigeant vers les positions 4-4/ et 5-5' en s’abaissant légèrement. A partir de la position 5-5', le levier A continue sa course en remontant légèrement (fig. 9) pour venir occuper la position 6-6' et 7-7' ou cesse son travail utile. De là à la position 8-8', le levier A s’écarte du sol en se soulevant et revient occuper la position initiale 1 -1 ' ; puis tout recommence.
- Sur l’autre côté de l’arbre, la 20 jambe calée également sur un bouton de manivelle, mais à i8o°de la première, se lève quand la première s'abaisse et inversement.
- Sur ce principe, ont été construits plusieurs types de
- Automobilisme
- Le tracteur agricole Auto-Marcheur. —
- Lorsque l’homme a entrepris de perfectionner les moyens de locomotion, il a bien vite renoncé à imiter le mécanisme de sa propre marche.
- C’est qu’une expérience millénaire avait fait connaître les avantages des mouyements de roulement, et c’est à ceux-ci que font appel presque exclusivement les véhicules inventés depuis que l’homme a renoncé à transporter lui-même les fardeaux.
- Mais les véhicules à roues exigent un sol relativement uni et dur ; faute de quoi ils perdent une grande partie, sinon la totalité de leurs avantages. Dans les terrains mous, imbibés par la pluie, ils donnent de piteux résultats. On l’a bien vu pendant la guerre; pour faire passer en tous terrains des camions ou des pièces d’artillerie, il fallut recourir à un mode de propulsion d’un tout autre genre, la chenille. La motoculture offre des problèmes exactement du même ordre ; les tracteurs à roues y sont, dans les mauvais jours, la source d’amers déboires, aussi la chenille qui a fait largement ses preuves pendant la guerre a-t-elle été appliquée à un certain nombre de véhicules agricoles appelés à circuler dans des terrains accidentés et mous.
- Puisqu’on a trouvé, dans ce cas, avantage à imiter la marche de la.chenille, ne serait-il pas aussi naturel de chercher à s’inspirer tout simplement de la marche de
- tracteurs : notre figure xo représente un modèle moyen avec moteur de 10 HP; le conducteur dispose d’un siège d’où il dirige la marche de sa machine; celle-ci possède à l’avant 2 petites roues porteuses avec système de désaxement permettant par une manœuvre simple et ra-pidè de rejetei* en avant de l’essieu le poids total de l’appareil. Cette manœuvre est nécessaire pour les virages ou retournements que le conducteur effectue à bras, sans grand effort, ce qui évite d’abîmer le terrain
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- à travailler. L’engin pèse moins de a5o kg, mesure i m. 3o de long sur 1 m. io de haut, et si; déplace à l’allure de a à 4 km; avec a vitesses en marche avant et une en marche arrière.
- Un modèle plus petit, de dispositions identiques, a un moteur de 4 HP - et pèse i5o kg; il convient pour les petits vignerons et les jardiniers.
- Enfin pour la grande culture, il existe un modèle de grandes dimensions, avec moteur de i5 à iB HP, pesant
- que celui de tout autre frein pneumatique. Le liquide étant incompressible, la fermeture est douce et rapide, elle est facilement réglable grâce aux vis entaillées qui règlent l’échappement de l’air,
- La commande étant directe, il suffit d’un très petit ressort pour utiliser au retour la compression de celui-ci. On a donc également une grande douceur d’ouverture et de fermeture. L’appareil est caractérisé par un levier ou manivelle rendu solidaire de la porte à fermer par un étrier
- Fig. 10. — Un tracteur Auto-marcheur de io HP.
- 900 kg environ, se déplaçant à 18 km à l’heure sur route, et disposant pour le travail dans les champs de 3 vitesses marche avant comprises entre 6 km et ï km 5oo et de 2 vitesses en marche arrière; ce qui permet, grâce à deux sièges, de labourer en va-et-vient comme dans le labourage à touage.
- Ges tracteurs servent à remorquer toutes espèces d’instruments aratoires : charrue, herse, rouleau, faucheuse, moissonneuse, etc. — Constructeur de l’Automarcheur: Société Auxiliaire d’Exploitations industrielles, 3g biè, rue de Chàteaudun, Paris.
- Objets utiles <-4
- Le ferme-porte Papa. — Voici un nouvel appareil français pneumatique à double frein-bloc. Avec la marche incessante du progrès, dans les appartements confortables, dans ceux qui révèlent en tous points le sens pratique des occupants, les portes se ferment toutes seules.
- ' Dans toutes les administrations, les magasins, les restaurants, les cafés, etc., principalement où il y a des portes vitrées, si l’on veut éviter le bruit et les dommages, les courants d’air, les odeurs désagréables, on met un ferme-porte. Enfin dans tout endroit, où un passage incessant exige, dans les deux sens, une fermeture rapide, on a recours à un ferme-porte automatique.
- De nombreux dispositifs ont été établis où rivalisèrent l’ingéniosité des constructeurs, maïs depuis environ 20 ans, Un modèle semblait seul avoir le gré du public, et bien que dénotant par ses lignes ses origines étrangères trop caractérisées, l’acheteur français n’en voulait pas d’autres.
- Le ferme-porte Fapa présente sur les autres systèmes un certain nombre d’avantages et de particularités. Le ressort spiral permet la tension réglable 'et toutes les pièces sont à l’abri de la poussière, notamment la tige de piston du frein, enfin son encombrement est moindre
- vissé sur celle-ci et sur lequel se déplace un galet d’une part; d’autre part, il est aussi, solidaire d’un pignon denté qui contient un ressort spiral approprié à la dimension de la porte. Sur le pignon denté s’engrène une crémaillère qui est en même temps la tige de piston de deux freins pneumatiques, destinés à ralentir le retour de la porte lancée par le ressort dès que celle-ci est abandonnée par la personne qui l’a ouverte. Le freinage est réglable par deux vis entaillées placées à fond de course du piston.
- Quand on ouvre la porte, le levier coulisse sur l’étrier grâce au galet dont on a ménagé la course. Il entraîne
- Fig. ii.-— Ferme-porte « Fap:
- ensuite le pignon qui guide, si cela est nécessaire, jusqu’au fond de course la Crémaillère tige de piston. Le ressort qui a le même axe que le levier se trouve bande. L’autre extrémitéduressortestaccrochée au pignon denté.
- Quand la porte est libérée, le ressort se détend en faisant accomplir un mouvement de rotation au pignon, mouvement qui se transforme en mouvement rectiligne dans le frein, tandis que le levier solidaire du pignon continue son mouvement circulaire jusqu’à ce que la porte soit fermée complètement. Ceci s’obtient en réglant à la demande vis et ressort.
- Constructeur : Etablissements F.-A.-P.-A, y4> rue Saint-Lazare, Paris.
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- VARIETES
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- COMMENT ACHETER LES LÉGUMES-FRUITS : LES TOMATES
- OU POMMES D’AMOUR
- La Tomate (Lycopersium esculentum), Solanée, a été apportée d’Amérique en Europe, vers i5g6, Lien avant la Pomme de terre, sous les noms de Pomme du Pérou, Pomme d’or, qu’elle changea peu après en celui de Pomme d’Amour, gracieux surnom, qui lui est également donné en Angleterre (Love Apple) et en Allemagne (Liebesapfel).
- Recherchée au début pour le plaisir des yeux, sa culture comme plante potagère est entreprise depuis longtemps et on la trouve très développée dans le Midi, l’Algérie, les Canaries, l’Espagne, lTtalie, l’Egypte, etc. Mais comme elle exige beaucoup de chaleur pour accomplir le cycle de sa végétation, elle ne réussit bien, en France, que dans la Provence; partout ailleurs, elle demande la protection du châssis ou l’intervention de la chaleur artificielle pendant son jeune âge.
- Quelles variétés acheter de préférence? — La tomate, en tant que fruit, est une baie assez grosse, charnue, de forme et de couleur variables, dont il existe un assez grand nombre de variétés parmi lesquelles je ne retiendrai que les dix sortes dont les notas suivent parce que ce sont, en France, les plus répandues dans la grande culture, notamment dans lé Midi. Dans la descriplion très succincte que j’en donnerai, comme la couleur de leur peau ne varie que du rouge au rouge écarlate, j’omettrai à dessein ce caractère.
- Tomate rouge grosse. — Fruits très gros, irrégulièrement côtelés. C’est la variété la plus répandue dans le Midi d’où l’on expédie ses fruits sur tous les marchés. On l’emploie beaucoup pour la fabrication des conserves.
- Tomate rouge grosse hâtive. — Fruits mûrissant i5 jours plus tôt que les jjrécédents dont ils' se distinguent par un volume un peu moindre. Elle est plus cultivée sous le climat de Paris que dans le Midi.
- Tomate rouge naine hâtive. — Sous-variété de la tomate rouge hâtive, mais plus précoce qu’elle de 2 ou 3 jours. Ses fruits sont aussi un peu plus aplatis, plus côtelés et moins gros. Elle fournit une grande partie des tomates primeurs.
- Tomate très hâtive de pleine terre. — Fruits irrégulièrement côtelés, très plats dix côté opposé au pédoncule. La faculté avec laquelle ils supportent bien le transport sur les marchés les désignent pour 1’eXpor-tation.
- Tomate Merveille de s marchés. — Fruits de grosseur moyenne, ronds ou un peu aplatis, absolument lisses, à chair rose. Plus encore que la précédente, cette variété est hautement recommandée pour les transactions commerciales.
- Tomate Perfection. — Fruits très gros, parfaitement lisses, épais, très pleins et bien charnus. Ils sont autant estimés pour la fabrication des conserves que pour la consommation à l’état frais.
- Tomate Mikado écarlate. — Très beaux et très gros fruits, très pleins, bien lisses. Elle convient mieux pour le Midi que pour le climat parisien.*
- Tomate Chemin rouge hâtive. — Fruits presque sphériques, aussi épais que larges, très pleins. Ils sont l’objet d’une exportation en Angleterre où on les apprécie beaucoup. La culture en est recommandée sous le climat de Paris en vue de la fabrication des conserves.
- Tomate Trophy, rouge grosse lisse. — Gros fruits déprimés, arrondis sur leur pourtour, à chair très pleine.
- Tomate ponderosa écarlate. — Fruits très lisses, d’une grosseur excessive, atteignant parfois 7 à 800 gr.
- Ils sont recommandés pour la préparation d’excellentes tomates farcies.
- Méritent encore d’être citées lès tomates Roi Humbert, T. jaune grosse lisse, T. Pomme violette, T. cerise, T. poire, etc. D’après H.-L. de Vilmorin, à Naples, on arrache, en automne, les pieds de la T. Poire couverts de fruits et on les suspend à l’abri de la pluie pour en cueillir les tomates pendant tout l’hiver et jusqu’à la saison des primeurs.
- Quand et comment les acheter? — Les tomates à l’état de primeurs arrivent aux Halles centr.des, à Paris, des Canaries, de l’Algérie, du Midi, etc., du mois de jan-
- vier au début de mai. Autrement, l’Espagne en expédie de juin à juillet, lTtalie en septembre jusqu’au début d’octobre et le Midi de la mi-juin à fin novembre. Sous le climat de Paris, la récolte en plein champ commence dans les premiers jours d’août et se continue jusqu’à la mi-novembre. La pleine saison s’étend d’août à septembre.
- Lorsqu’elles sont destinées à l’exportation, notamment en Angleterre, les tomates, récoltées avant maturité complète avec un fragment de pédoncule, sont expédiées, après triage en différentes grosseurs, soigneusement emballées dans des sieves entre des lits de feuilles et de frisons de papier, ou bien en caissettes à claire-voie de 3, 5 et 10 ,kg. Les expéditions de Provence arrivent en cageots contenant 12 ou 20 kg; celles des Canaries en fardeaux de quatre petites caissettes pesant de 58 à 60 livres anglaises, soit 26 kg 3o8 à 27 kg 215.
- Il vaut mieux acheter les tomates de pleine saison que celles qui viennent des forceries, car celles-ci, en général, ont peu de goût. Il importe de les choisir pourvues d’un petit fragment de pédoncule, aussi grosses que possible, bien rouges plutôt que d’une autre couleur parce que les plats ou les sauces dans lesquels on les fait entrer en sont plus agréables aux yeux. Il va de soi qu’elles doivent être très mûres, ce que l’on reconnaît : i° à ce que le pourtour du pédoncule, tout en laissant sous le doigt une impression de souplesse, est encore un peu ferme ; 20 à leur teinte uniformément rouge dépourvue d’interstices verdâtres ou à peine visibles ; 3° à la surface luisante et bien tendue de leur peau. Il y a lieu de délaisser les tomates qui ne répondent pas à ces caractères ou qui présentent une ou plusieurs taches noires et sèches sur l’épiderme, parce que la chair est désorganisée au-dessous par une maladie bactérienne : la gangrène des fruits. '
- Principaux usages. — Les usages culinaires des tomates sont nombreux, tellement il y a de façons de les consommer ou de les accommoder, en raison de l’ingéniosité de chaque maîtresse de maison. On les consomme soit à l’état cru en hors-d’œuvre ou, comme le font les Méridionaux, qui les mangent avec du pain comme l’on mange une pomme, soit cuites sous forme de sauces ou farcies au maigre ou au gras, soit enfin à l’état de conserve ou de confiture.
- La fabrication des conserves en fruits ou en purées, sauces, constitue notamment dans le Midi une industrie très développée, mais qui est concurrencée par celle de lTtalie. Voici, très succinctement, deux recettes pour la confection des conserves à l’état entier et une troisième pour la préparation d’une confiture. Je recommande d’employer de préférence les variétés Rouge Grosse, Perfection ou Chemin rouge hâtive.
- Conserve à l’état entier. — Prendre des tomates très saines et bien mûres quoique fermes, les piquer de place en place avant de les mettre en flacons, les disposer de manière à ne pas laisser de vide, verser dessus quantité suffisante d’eau salée, boucher et ficeler avec soin et maintenir à l’ébullition au bain-marie durant 45 minutes.
- Voici un autre procédé plus simple. Remplissez un bocal aux trois quarts de tomates mûres et bien essuyées, versez dessus pour qu’elles baignent une mixture composée de : eau 8 parties, sel 1 partie et vinaigre de vin 1 partie, puis, ajoutez encore environ 1 centimètre d’huile d’olive. Fermez le bocal avec un papier parcheminé, étendez au-dessus une couéhe de coton purifié de manière qu’elle déborde la circonférence d’un à deux centimètres, recouvrez le tout d’un second papier parcheminé fortement ligaturé et placez le bocal dans un endroit obscur et aussi frais que possible. Le. mieux serait que chaque bocal ne contînt que la quantité nécessaire pour un seul emploi; dans le cas contraire, on aura soin d’en retirer les fruits, non avec les doigts, mais avec une pince en bois préalablement ébouillantée et de remettre la couverture, dans l’ordre précité.
- Confiture de tomates. — Prenez 4 kg de tomates bien mûres,- 3 kg de sucre, une gousse de vanille et le zeste
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- d’un demi-citron. Mettez les tomates dans une terrine, versez par-dessus de l’eau bouillante, laissez en contact quelques minutes, pelez-les rapidement et jetez-les à mesure dans de l’eau froide. D’autre part, faites un sirop avec le sucre et très peu d’eau, jetez-y les tomates, la vanille et le zeste de citron, laissez cuire 3 heures en remuant très souvent et mettez en pots après refroidissement. L’arome de la confiture sera plus prononcé si l’on n’ajoute la vanille et le citron que vers la fin de la cuisson.
- La consommation des tomates s’est notablement accrue, surtout depuis que sa composition mieux connue a fait lever l’interdiction qui la proscrivait de l’alimentation des arthritiques. Le professeur Armand Gautier a écrit au sujet du régime de ces malades : « La tomate pros-
- crite à tort par la plupart des praticiens ne contient presque pas d’oxalates et ne donne jamais d’acide urique dans Véconomie comme je m'en suis directement assuré. Elle doit être classée avec les fruits qu’on peut, au contraire, conseiller aux uratiques. »
- Ce fait est d’ailleurs confirmé par l’analyse d’Esbach qui n’a trouvé dans un kilogramme de tomate fraîche que o gr. 002 à o gr. o5 d’acide oxalique alors qu’il en a dosé o gr. i3 dans les groseilles, o gr. 07 dans les prunes et 4 gr. 5o dans le cacao!
- D’après sa composition chimique la tomate possède des propriétés antiarthritiques et antianémiques; elle constitue un aliment hygiénique dont toute maîtresse de maison peut sans crainte multiplier les emplois.
- A. Truelle.
- Jtao
- HYGIENE ET SANTE
- HYGIÈNE DE LA CHEVELURE
- A la suite de l’article paru dans La Nature du 22 avril 1922 : « Comment on abîme ses cheveux », nous avons reçu de nos lecteurs un certain nombre de lettres nous demandant des explications complémentaires. Il est très intéressant, disaient nos correspondants, de savoir ce qu’il ne faut pas faire, mais il serait très utile de connaître ce qu’il faut faire pour conserver sa chevelure. Pour répondre à cette question, nous ne pouvons mieux faire que de résumer pour nos lecteurs quelques chapitres du livre que vient de faire paraître le D' Sabouraud (*).
- Avant de parler de l’hygiène du cuir chevelu, il est utile de préciser quelques points de l’anatomie et de la physiologie du cheveu.
- Le cheveu naît de l’appareil pilo-sébacé, constitué par un enfoncement, un fourreau de l’épiderme, refoulé en doigt de gant à travers le derme, qui lui fait un squelette fibreux extérieur. Ce trou de sonde revêtu d’épiderme est le follicule pilaire. Au tiers de sa profondeur, le follicule émet un bourgeon digilé qui est la glande sébacée, constituée par un amas de cellules épidermiques un peu différenciées qui une à une tombent en deliquium huileux à l’orifice de la glande dans le follicule. Par ce point est incessamment versé, autour du poil ou du cheveu, du sébum„ fluide comme un vernis gras, chargé de lubrifier le cheveu et qui lui donne son aspect brillant.
- Le cheveu lui-même est un cylindre plus ou moins aplati, composé d’une enveloppe, d’une substance propre et d’un axe. L’axe ou moelle est fait de cellules pleines et n’est donc pas un canal creux, comme on le croit souvent ; aucun liquide n’y circule. La substance propre est faite de cellules losangiques résistantes, qui contiennent des grains de pigment plus ou moins nombreux et foncés, cause de la couleur propre de la chevelure. Enfin le cheveu est recouvert par des anneaux de cellules plates, imbriquées en sens inverse des tuiles d’un toit et se recouvrant mutuellement à demi.
- Quand le cheveu est complet, il est pointu ; quand il a été cassé ou coupé, son extrémité est obtuse ; elle peut être frangée par usure.
- Le cheveu est extrêmement résistant; on l’arrache plus souvent qu’on ne le casse, quand il est sain. Même très peu protégé contre les causes de destruction, on l’a vu y résister pendant des siècles.
- D’après ce qui précède, il est facile de se rendre compte que le cheveu ne pousse que par sa base, que c’est dans la peau qu’il est fait ce qu’il restera; si on le blesse ou l’altère, la brèche qu’on y a faite ne se réparera jamais; il est impossible d’améliorer un cheveu une fois qu’il est fait et tout ce qu’on fera au cheveu lui-même ne changera rien aux fonctions de la papille qui le crée. Par conséquent la coupe et la recoupe du cheveu ne peuvent ni augmenter, ni diminuer l’activité des cellules profondes qui le forment.
- Celte pratique de couper les cheveux pour les faire pousser est basée sur des procédés horticoles qui n’ont
- 1. R. Sabouraud. Entretiens dermatologiques, 1922. Masson et Cie, éditeurs.
- rien de comparables, car à l’inverse de toutes les plantes, le cheveu ne pousse pas par la pointe, mais seulement par la racine. Que le cheveu soit coupé tous les matins ou jamais, la multiplication cellulaire qui le produira n’en peut être modifiée ; le cheveu pousse régulièrement de 1 cm environ par mois, c’est-à-dire de 3 dixièmes de millimètre par jour.
- Nous n’insisterons pas sur les maladies, soit locales, soit générales, qui influent sur la chevelure. Tout le monde connaît la chute des cheveux qui suit les maladies infectieuses aiguës : érysipèle, fièvre typhoïde, grippe, et c’est une chose remarquable que cette chute se produise avec régularité plus de deux mois et demi après la cause de la chute : l’intervalle de 75 à 90 jours entre la mort du cheveu et sa chute est à peu près une règle constante.
- L’inégalité de développement de la chevelure chez des enfants de même âge et d’égale santé est souvent observée. Sans doute, le volume total d’une chevelure dépend beaucoup du diamètre même du cheveu, qui peut être chez certaines personnes 2 et 3 fois plus fort que chez d’autres. Mais, en outre, on voit des chevelures pauvres, maigres, à cheveux secs, de croissance médiocre, à côté de chevelures fournies, brillantes, et cela chez des enfants qui paraissent de santé générale équivalente. Il faut d’ailleurs savoir qu’on ignore tout à fait, avant la formation, ce que les cheveux pourront devenir après elle, et que le plus bel avenir n’est pas toujours réservé aux chevelures d’enfant les plus opulentes. Il n’est pas rare de voir d’admirables chevelures d’enfants ou d’adolescents commencer à perdre de leur beauté, et, d’une façon progressive, à partir de 16 ou 17 ans, alors que d’autres plus pauvres à l’origine ne cessent pas au même âge de se développer.
- C’est que l’âgé de la formation a sur la chevelure une influence décisive; jusqu’à lui, on ignore ce que sera une chevelure ; après lui, on peut à beaucoup de signes le deviner.
- Il est intéressant de noter également que les maladies du cuir chevelu sont différentes avant et après la formation. Les teignes, qui sont causées par des champignons parasites, sont des affections de l’enfance, que l’àge adulte ne connaît pas. Et inversement la calvitie de l’homme, qui peut commencer chez le jeune homme, ne s’observe jamais chez l’enfant. De plus cette calvitie ne s’observe jamais chez l’eunuque, ce qui montre à quel point l’influence de la formation sexuelle sur la chevelure est capitale.
- Ce qu’on voit assurément, c’est que, de 17 à 2Ô ans environ, l’avenir de la chevelure se décide; c’est là un âge critique pour elle, Dès lors on peut savoir les hommes qui deviendront chauves et les femmes, qui. sans devenir chauves, perdront des cheveux toute leur vie. A cette époque commence en effet cette alopécie progressive, différente de forme suivant les sexes, mais qui, dans l’un comme dans l’autre, fait la chevelure de plus en plus pauvre.
- L’examen d’un grand nombre dé chevelures à l’époque de la formation permet de constater entre 10 et i5 ans
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- l’apparition, sans chute de cheveux, d’un état particulier du cuir chevelu qui précède la chute et qui l’annonce. Progressivement, les cuirs chevelus dont l’avenir sera mauvais se couvrent de pellicules, d’abord sèches, puis grasses. C’est là le prélude ordinaire de cette évolution singulière qui se compliquera, vers 16 et 20 ans, d une chute de cheveux de plus en plus prononcée.
- Nous conclurons donc de ce qui précède, qu’en ce qui concerne la chevelure, on peut distinguer, dans le premier tiers de la vie, deux périodes, la première allant de la naissance à la puberté, la deuxième, de la puberté à l’âge adulte.
- Nous étudierons dans un prochain article l’hygiène du cuir chevelu dans ces différentes périodes. R. B.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- La chlorose des arbres et les moyens de la combattre. — La chlorose est une des affections les plus graves du règne végétal ; elle s’attaque à tous les genres d’arbres, mais les arbres fruitiers et, en particulier le poirier, semblent devoir en être les victimes préférées.
- On ne sait que très peu de choses sur cette anémie végétale qu’est la chlorose. Elle se manifeste par le jaunissement des feuilles qui sont très pauvres en chlorophylle, l’amincissement des bourgeons qui languissent, puis cessent de pousser; fréquemment les sujets atteints finissent par mourir.
- Le seul remède presque infaillible est 1 e sulfate de fer.
- Plusieurs modes d’applications ont été essayés :
- i° En mai-juin, par pulvérisation faite sur les feuilles des arbres, le soir de préférence, à raison de 1 à 2 gr. par litre d’eau, et en répétant une seconde opération 12 à i5 jours plus lard et même une troisième s’il y a nécessité.
- 20 Par l’emploi du sulfate de fer pulvérisé et épanduà la surface du sol, dans la proportion de 8 à 10 kg par are.
- 3° A l’aide d'arrosages faits au pied des arbres dans la proportion de 10 gr. de sulfate par litre d’eau, ou mieux 100 gr. dans 10 litres d’eau, augmentés d’un gramme de nitrate de potasse pour un arbre (tronc) de 10 à 12 cm de diamètre.
- 4" Un remède plus efficace est d’effectuer la taille des arbres chlorosés en novembre-décembre et d’appliquer tout aussitôt, sur toutes les coupes faites par le sécateur, aux extrémités des branches et des ramifications taillées, une ou deux gouttes de la solution suivante :
- Sulfate de fer.............. 3o gr.
- Eau.........................100 —
- 5° En igo5, un auditeur du cours d’arboriculture du Luxembourg, qui avait planté dans un terrain siliceux une grande quantité d’arbres fruitiers dont bon nombre étaient chloi’osés, indiqua un procédé qu’il mettait en application depuis deux ans.
- Ce procédé, appliqué depuis cette même année au Jardin fruitier du Luxembourg, en mai-juin de préférence, consiste à perforer à la tarière le tronc de l’arbre chlorosé, à environ 10 cm au-dessus de la greffe. On donne au trou une profondeur égale à la moitié du diamètre de l’arbre et une largeur équivalant au dixième du diamètre.
- Le trou fait obliquement de haut en bas, le fond devant toucher le canal médullaire, le sulfate de fer en poudre y est introduit, bien tassé à l’aide d’une cheville de bois dur, jusqu’à la partie extérieure de l’-aubier sans toucher l’écorce, et est obturé à l’aide de mastic à greffer.
- L’effet produit se manifeste très rapidement de la façon suivante : 4 à 5 jours après l’opération, sur certaines parties de l’arbre, des feuilles grillent complètement et tombent au bout de 8 à 10 jours pour faire place ensuite à de nouvelles, qui se développent et sont d’un vert intense.
- Celles qui ne tombent pas reprennent assez rapidement nn peu de chlorophylle et bien souvent j rever-
- dissent complètement dans l’espace de i5 iours à 1 mois.
- Certaines branches d’un arbre offrent quelquefois cette particularité de rester jaunes pendant que certaines autres avoisinantes sont entièrement reverdies. En ce cas, le même traitement leur est appliqué l’année suivante dans un trou percé à leur base, ou sur le tronc à peu de distance du premier, et au besoin une troisième année (').
- D’autres applications de cette nature faites en 1906 au Jardin du Luxembourg, à Paris, sur des arbres entièrement chlorosés, bons à arracher, et renouvelées une ou deux années au besoin sur les mêmes sujets, ont donné d’excellents résultats. Bon nombre de ces arbres, qui, à cette époque ne donnaient plus de fruits, sont maintenant complètement rétablis et donnent de beaux produits.
- Le sulfate de fer pulvérisé sur les feuilles, mélangé au sol par un épandage ou employé en arrosage au pied des arbres, ne nous paraît jamais avoir donné des résultats bien appréciables.
- Son application par gouttes sur les coupes fraîches des rameaux produit, il est vrai, une végétation plus active, mais son introduction en poudre, par perforation du tronc de l’arbre, prouve incontestablement une réaction vivifiante très rapide, qui nous parait se bien maintenir, et qu’il sera possible de conserver plus longuement avec l’aide des engrais naturels, tels que : fumiers, gadoues, débris de chiffons, terre de gazon provenant de curages des fossés, etc., que l’on pourra apporter au sol et qui, dans ce cas, seront de précieux adjuvants.
- Pour employer une comparaison triviale, mais qui rend bien les choses, on peut dire que le sulfate de fer est le quinquina, tandis que les engrais représentent la viande que l’on donne aux personnes anémiques (2).
- Pour bien démontrer l’action bienfaisante du sulfate de fer ainsi employé comme moyen de défense contre la chlorose, MM. Gustave Rivière et Georges Pichard, de la Station agronomique de Seine-et-Oise, ont fait des expériences extrêmement probantes et qui doivent faire disparaître complètement les quelques doutes qui régnaient encore naguère dans l'esprit d’un trop grand nombre d’arboriculteurs.
- MM. Rivière et Pichard se firent remettre par un arboriculteur de Montreuil deux poires, de la variété Doyenné du Comice, qui avaient été récoltées, l’une sur un arbre atteint de chlorose, l’autre sur un sujet de même âge, qui, antérieurement chlorosé lui-même, avait recouvré la teinte verte normale de tous ses organes herbacés à la suite d’un traitement par protosulfate de fer.
- L’analyse de ces deux fruits donna ;
- Non traité. Traité.
- Epoque de maturité ..... 18 octobre 1921 26 octobre 1921
- Poids..........274 grammes. 3o5 grammes.
- Densité .... ioo3 1004
- Saccharose. . . ie“',52 °/0 de pulpe. 2sr,to % de pulpe.
- Glucose .... 8er,6i — ioer,25 —
- Sucre total. . . iosr, i3 — i2pr,95 —
- Acidité en S04H2. opr,i8 — osr, 17 —
- Cendres . . . o8r,026 — osr,228 —
- Fer............opr,oo3 — ogr,024 —
- A la lecture de ce tableau, on remarque, tout d’abord,
- 1. O, Opoix, La culture du poirier, a, p. Pa.ssy. Le Poirier.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- une plus grande quantité de sucre total dans la pulpe de la poire récoltée sur l'arbre qui a été traité par le sulfate de fer que dans la pulpe de celle cueillie sur l’arbre non traité, ce qui semble indiquer que les fonctions physiologiques de l’arbre traité sont redevenues normales. En effet, la proportion de sucre qui y fut dosée était celle que l’on rencontre le plus souvent, dans les fruits de la variété qui nous occupe, lorsqu’elle est cultivée en espalier et à une bonne exposition.
- Mais ce qui est plus particulièrement intéressant à constater dans la circonstance, c’est que la proportion de cendres et aussi la proportion de 1er sont: notablement plus élevées dans la pulpe de la poire récoltée sur le poirier qui a subi le traitement au sulfate ferreux que dans celle dont le fruit a été influencé par la maladie de la chlorose jusqu’à sa maturité.
- Contre les moustiques. — Les moustiques font en ce moment leur fâcheuse apparition..
- L’instant paraît donc propice pour vulgariser un procédé particulièrement simple et efficace que nous fait connaître M. Thierry, chef des Services techniques de la désinfection des ambulances et de la surveillance médicale des sources, en vue de faire disparaître en quelques instants tous les effets des piqûres des fâcheux insectes.
- Il suffit, aussitôt qu’on ressent la piqûre, de laver celle-ci et la région avoisinante avec de l’eau de Javel du commerce pure.
- En moins de cinq à six minutes, toute démangeaison disparaît et aussi toute enflure.
- La recette, on le voit, est facile à suivre, même en voyage. C’est -là un mérite que les infortunées victimes des moustiques ne manqueront point d’apprécier (d’après la Presse Médicale).
- Distributeur- de savon mou. — Souvent dans les ateliers où l’on met dans les lavabos du savon mou pour servir au lavage des*mains, on gâche beaucoup, de ce savon qui se trouve placé dans des boîtes quelconques.
- On peut aménager un distributeur de savon mou qui
- évite tout ce gâchis en employant un vieux graisseur, genre Staufîer, pour graisse consistante.
- Ces graisseurs sont constitués par une coupe que l’on remplit de savon et le couvercle que l’on visse plus ou moins vient faire pression sur le contenu qui tend à s’échapper par l’ajutage formant la tige du graisseur.
- Cette tige sera montée dans un collier situé à l’extrémité d’un bras en fer destiné à fixer l’ensemble sur le mur du lavabo. L’ajutage sera aménagé avec une petite ouverture de façon que la pression obtenue par le vissage du couvercle ne puisse faire écouler trop de savon. On trouvera dans cette petite disposition simple une économie sans doute minime, mais qui malgré tout, à la fin d’une année, peut se chiffrer par un total appréciable.
- Enveloppe pour joints. — Parmi les pièces de rechange qu’il est prudent d’emporter au cours de grandes randonnées en voiture automobile, il faut noter une série de joints de rechange. Généralement ces joints sont pliés ou enroulés, puis placés dans le coffre à outils.
- Quand on veut s’en servir, on est obligé de rechercher dans la trousse, il faut déplier les paquets avant de trouver le joint désiré, encore faut-il s’estimer heureux si le joint neuf n’est pas-détérioré.
- Pour éviter tout cela, on placera les joints non pliés dans une enveloppe en toile qui aura la dimension du plus grand joint utile. Cette enveloppe sera taillée dans du tissu analogue à celui qu’on emploie pour les capotes de voiture et il aura la forme générale d’une enveloppe de lettre avec un bouton-pression de fermeture.
- Afin de permettre de prendre immédiatement le joint désiré sans être obligé de vider tout le contenu de l’enveloppe, on ajuste sur une des faces une plaquette en celluloïd du genre de celui qu’on emploie également pour les regards de capotes de torpédos. De cette façon on se rend compte immédiatement si l’on a le joint qu’il faut, on voit où il se trouve dans l’enveloppe et on peut facilement le prendre rapidement.
- JfeD
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent, au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — R. D.,k Nanterre. —Nous vous conseillons l’ouvrage le Moteur à explosions, de Lacoin, publié chez Eyrolles, rue Thénard, Paris et le Cours d’automobile, de D. Renaud, publié chez Chapelot, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. A. M., à Paris. — Le débit de la Seine. Il y a à Paris une série d’échelles de crues qui permettent de faire la statistique de la hauteur des eaux du fleuve, mais il n’y a pas de statistique des débits; ceux-ci ne - sont donc connus qu’approximativement, et ils sont du reste fort variables d’une année à l’autre. Cela explique les écarts des évaluations ; surtout lorsqu’il s’agit d’établir une valeur moyenne.
- Quoi qu’il en soit les chiffres de Reclus paraissent raisonnables et ne sont pas contradictoires avec ceux qui ont été relevés en août et décembre derniers à Gennevilliers ; l’an dernier a été, en effet, une année de sécheresse exceptionnelle et le débit de la Seine a atteint un minimum qui n’avait pas été observé depuis 70 ans. D’autre part, pour assurer le service des canaux, on a fait jouer les barrages en amont de Gennevilliers, d’où à-certains moments des diminutions momentanées, mais très considérables du débit en aval.
- Les constructeurs de l’usine de Gennevilliers' ont prévu que leur service de condensation pourrait exiger la moitié du débit de la Seine à l’étiage.
- 1 Lieutenant Quéméner, à Tatahouine (Tunisie). ;— i° Confiture de melon. — Peler les tranches, et les couper en morceaux de peu d’épaisseur, enlever les
- pépins, soumettre la pulpe à la cuisson, et la jeter ensuite sur un tamis pour en extraire l’eau, remettre sur le feu et, après ramollissement suffisant, verser à nouveau sur le tamis en écrasant pour que la pulpe passe plus aisément à travers. On mélange à 1 kg •jbo de cette pulpe 1 kg de sucre. Le jus de melon est ajouté. Faire cuire en remuant jusqu’à ce que le mélange ait une consistance suffisante. On reconnaît que la cuisson est complète lorsqu’on peut faire pénétrer facilement un fétu de paille dans la pulpe concentrée. On peut alors verser la confiture dans des pots.
- ’ Avec les restants de melons, et lorsqu’on peut se procurer du moût de raisin blanc, c’est-à-dire du vin doux recueilli au moment de la première pressée, on peut, aussi, faire une sorte de confiture dite raisiné. Le vin doux est mis à bouillir, à petit feu, dans un chaudron bien propre, pendant 8 ou 10 heures, jusqu’à réduction aux trois quarts. A ce moment, on fait cuire dans ce moût réduit les morceaux de melons bien divisés; après cuisson complète, on met. en pots.
- 20 Confiture de tomates. — Choisir des tomates de moyenne grosseur et de forme aussi régulière que pos* sible, les ranger dans un plat creux, verser dessus de l’eau bouillante, en quantité telle qu’elles en soient couvertes. Après un quart d’heure d’immersion, les retirer de l’eau, les couper en travers et leur enlever toutes les graines et la peau. Les tomates ainsi préparées sont plongées dans l’eau froide, d’où on les retire peu de temps après pour les faire égoutter, et ensuite les sécher en les pressant légèrement entre deux linges vieux et souples. Aussitôt après, on les pèse et on les met dans une casserole avec 75o gr, de sucre par 5oo gr. de tomates et un verre d’eau par chaque douzaine de tomates.
- On porte la casserole sur un fourneau plein de charbon embrasé. Après un quart d’heure d’ébullition, on
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- râpe sur la confiture le zeste d’un ou deux citrons. Dès que le sirop est formé, on retire la casserole du feu et on met en pots.
- M. G. Chardin, à Biches. — Yotre insuccès nous paraît imputable à la qualité du bitume, qui peut être excellent pour la préparation des vernis ou des encres et ne pas convenir à l’héliogravure. Vous trouverez du véritable bitume de Judée pour cette application, chez M. H. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris. Néanmoins, il nous semblerait préférable d’employer le procédé à la gélatine bichromatée, qui est actuellement le plus répandu dans les ateliers d’héliogravure. Vous trouverez d’ailleurs des détails pratiques d’exécution des méthodes actuelles, au bitume ou aux colloïdes bichromatés, dans l’ouvrage de M. L.-P. Clerc : Les reproductions photomécaniques monochromes; Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon; à Paris.
- Colegio Biffi, Barranquilla. — i° Voir La Nature, n° 2141, 6 juin 1914- Le plus simple consiste à chlorer Veau au moyen d’hypochlorites ; 20 Votre prise de terre de paratonnerre dans un réservoir en ciment ne nous paraît pas suffisante ; d'autre part, il y a certainement danger pour votre moteur électrique.
- M. Guirand-Bimanf, à Clermont-Ferrand. — Pour délustrer les vêtements, il convient de les frotter avec un linge imprégné d’ammoniaque (alcali volatil) étendu d’eau.
- M. O. Ray, à Alger. —- L’article sur la construction des petites lunettes et leur emploi en Astronomie, retardé par diverses circonstances, va paraître très prochainement.
- M, I. Lozach, à Guingamp. —Vous trouverez bientôt dans les Recettes et Procédés utiles la description détaillée du procédé employé par les professionnels du stoppage, nous donnerons prochainement l’indication d'autres tours de main moins techniques.
- M. C. ILaury, à Mulhouse. — Les gazogènes de table pour préparer Veau de Seltz comportent deux réservoirs, l’un contenant la poudre qui doit dégager l’acide carbonique, l’autre l’eau à gazéifier, le gaz passe de l’un à l’autre récipient par un tube en étain et se dissout par sa propre pression.
- La poudre est constituée par un mélange de bicarbonate de soude et d’acide tartrique que l’on ne met en présence qu’au moment de l’emploi. Les projmrtions sont les suivantes ;
- Bicarbonate de soude (paquet bleu) , . 8 gr.
- Acide tartrique (paquet blanc) .... 10 —
- Quant aux modèles d’appareils, ils sont très nombreux et vous pourrez vous adresser aux maisons qui suivent : A. Piot, rue Auger, à Pantin, Seine; Buttard, 10, rue de Paradis; Bobet, i3,'rue des Lions 4e ; Auto-Siphon, 20, rue Emile-Dubojs, i4°,
- M. I. Chauvet, à Bois-Colombes. — i° Vous trouverez tous renseignements et formules diverses de peintures à la caséine dans l’ouvrage récemment paru de Coffi-gnier : Manuel du peintre, 2a volume, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. 20 Adresses de fournisseurs de caséine : La Caséine, 63, boulevard Malesherbes; Paul, à Etreungt, Nord; Faron, 148, rue de Grenelle; Ga-laup, 5a, avenue Jean-Jaurès; Grillot, 11, rue Blanche; Ponis, 12, rue Pavée, au Marais. 3° La caséine est, en effet, la partie constitutive du fromage blanc, le lait contient en moyenne 35 gr. de caséine par litre.
- M. C. V., Ixelles, Belgique. — Les terres à modeler du commerce contiennent souvent de la fécule qui à l’état humide s’altère facilement, c’est ce qui a dû se présenter .pour les produits dont vous avez fait l’acquisition. Si vous désirez confectionner une pâte à la glycérine, il vous suffira de prendre de la terre glaise bien sèche et de la malaxer longuement avec une quantité de glycérine suffisante pour obtenir une masse de consistance convenable, l’addition d’ocre jaune ou de rouge d’Angleterre lui communiquera la teinte voulue. Dans le cas où vous désireriez un produit ne se desséchant pas et qu’il suffit de ramollir par malaxage entre les mains, la formule suivante vous donnera très probable-
- ment satisfaction :
- Cire jaune. ...............5oo gr.
- Poix de Bourgogne. .... i3o —
- Saindoux. . . ........... 65 —
- Térébenthine de Venise. . . 35 —-
- Faire fondre à feu doux la cire et le saindoux, ajouter la poix, retirer du feu et mettre finalement la térébenthine.
- Comme précédemment, on peut colorer cette pâte par l’ocre jaune ou rouge, à l’exception de toute couleur vénéneuse. En hiver, augmenter la proportion de saindoux.
- M. Mosnier, à Riom. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur les machines à laver le linge, leur fonctionnement est du reste des plus simples et consiste à réaliser une agitation discontinue, telle que l’effet mécanique détache les impuretés libérées par l’action dissolvante de la lessive. Les dispositions sont relatb vement peu variées, un modèle qui nous a paru répondre très heureusement à ce desideratum est celui de la maison Chauveau, 17, boulevard de Picpus, XII°, que nous avons vu à la dernière Foire de Paris. Quant aux conditions spéciales d’emploi, elles vous seront indiquées par les constructeurs en vous livrant l’appareil.
- M. Picot, à Brest. — Les couleurs à la gouache sont obtenues en délayant la matière colorante choisie dans une solution de gomme légèrement sucrée, les proportions varient un peu suivant le pouvoir d’absorption de la substance, mais vous pouvez prendre comme types les
- chiffres suivants :
- Matière colorante................5oo gr.
- Dissolution de gomme. . . . 5oo —
- Sirop de sucre courant . . . 4o —^
- , Eau distillée . ............... 60 —
- La solution de gomme est elle-même constituée par
- Gomme arabique.................. 55o gr.
- Eau distillée 1000 —
- Acide phénique............... 0,25
- Au moment de peindre, pour éviter le coulage d’une couleur sur l’autre, on ajoute un peu d’un liquide spécial ainsi obtenu :
- Fiel de bœuf................... 600 gr.
- Noir animal,.................... 100 —
- Alcool......................... 3oo -—
- Eau ordinaire...................1000 —
- Faire digérer le fiel dans l’eau, puis ajouter le noir animal, faire bouillir trois quarts d’heure, laisser refroidir, additonner d’alcool et filtrer.
- Les matières colorantes employées doivent être solides à la lumière, il faut donc se limiter aux couleurs minérales, savoir ; jaune de Naples, jaune minéral, jaune de chrome, ocre jaune, jaune de cadmium, bleu‘de Prusse, cendres bleues, bleu d’outremer, vermillon, minium, rouge d’Angleterre, ocre rouge, brun Van Dyck, brun de manganèse, terre de Vérone, vert de Gassel, vert Guignet, violet minéral, violet de mars.
- M. Demougin, à Luxeuil-les-Bains. — 1° Le Manuel de minéralogie de Portes, éditeur Doin, 8, place de l’Odéon, doit répondre à votre désir, car sous une forme très condensée il vous fournira les renseignements utiles pour l’analyse au chalumeau ainsi que pour l’analyse par voie humide des minéraux. Comme ouvrages plus complets nous pouvons vous indiquer : Manuel d’analyse qualitative et (quantitative 'au chalumeau, par Cornwall, traduction Thoulet; Traité élémentaire d’analyse qualitative des matières minérales, par Ditte ; Analyse quantitative des matières minérales, par Meuiûce. Tous trois sont édités par Dunod, 47» quai des Grands-Augustins, à Paris. 20 L’avantage de la préparation par correspondance est de fournir un plau d’étude exactement conforme au but poursuivi et d’en assurer l’observation ; loin de supprimer le travail personnel, elle le pousse au maximum, une excellente direction pourra vous être donnée dans le sens que vous lui indiquerez par M. Lejeune, 9, rue Bridaine, à Paris.
- M. Geoffriaud, à Autun. — Les vernis à violons sont constitués sur les bases suivantes ;
- Gomme mastic. ........ 10 à i5 pour xoo
- Gomme dammar. ....... 5 à y —
- Huile de lin......................5 à 10 —
- Essence de térébenthine grasse. 80 à 70 —
- Ce sont donc des vernis gras ; pour les enlever, le mieux est l’application d’une solution alcaline obtenue en ajoutant à 100 cm3 d’eau 3 à 4 cm3 de potassium des peintres (lessive de soude caustique). Il faudra opérer progressivement par petites surfaces et ne pas mouiller tout l’ensemble sous peine de produire des gauchissements, rincer ensuite. Nous vous conseillons du reste d’être très prudent dans cette opération et craignons fort que vous ne compromettiez les qualités de votre instrument par le dévernissage,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Discours et mélanges, par Emile Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, i vol. in-8, 294 p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922.
- Une des fonctions importantes, parmi tant d’autres, dés Secrétaires perpétuels de l’Académie des Sciences est d’écrire l’éloge des principaux académiciens disparus. C’est une tâche qui exige à la fois un grand talent littéraire et une connaissance profonde du mouvement scientifique. Fontenelle, Arago se sont illustrés dans ce genre. M. Emile Picard, dans les trois éloges qu’il a eu jusqu’ici l’occasion de lire aux séances publiques annuelles de l’Académie, se révèle comme un digne successeur de ses grands devanciers. Ces belles biographies qui constituent la partie principale du présent volume sont celles de Pierre Duhem, de lord Kelvin et de Darboux; trois savants qui, dans des domaines différents, exercèrent une profonde influence sur leur époque. Duhem, esprit systématique et profond, logicien inflexible, fut l'un des constructeurs et des apôtres de la science énergétique, à laquelle il rêvait de réduire la mécanique, la physique et la chimie. 11 fut aussi un grand historien des sciences ; il a laissé dans ce domaine une œuvre immense et d’un puissant intérêt que M. Picard résume d’uhe façon fort attrayante.
- Lord Kelvin fut l’un des plus brillants représentants anglais de ce que l’on a appelé la philosophie naturelle ; savant encyclopédique et fécond, à la fois grand théoricien, grand expérimentateur et grand « découvreur ». Darboux fut un grand mathématicien, célèbre par l’élégance de ses travaux et de son enseignement. Autour de ces trois pièces principales, M. Picard a groupé une série d’articles et de conférences, composés en diverses occasions, et se rapportant à l’histoire ou à la philosophie des sciences ; notice sur Guyon, hydrographe et théoricien de la construction navale, notice sur l’œuvre de Henri Poincaré, article sur le progrès des sciences mathématiques en France de 1870 à 1915, rapport sur la vaccination contre la typhoïde, etc.
- Les axiomes de la mécanique (examen critique), par Paul Painlevé, membre de l’Institut. 1 vol. 112 p. Collection des maîtres de la Pensée scientifique). Gauthier-Villars, éditeur, 1922. Prix : 3 francs.
- La mécanique rationnelle classique est une science déductive qui se développe. logiquement à partir d’un certain nombre d’axiomes ou de postulats. Ceux-ci admis, tout le reste en découle sans contestation. Deux siècles de vérifications expérimentales de tous genres paraissaient avoir donné à l’édifice de la mécanique construit par Galilée, Newton, d’Alembert, Lagrange, une inébranlable solidité : aussi dans l’enseignement classique ne se donnait-on plus la peine d’analyser ou de discuter les axiomes fondamentaux : sèchement présentés, en quelques lignés, ils apparaissent aux débutants soit comme un article de foi, soit comme une suite de propositions parfaitement arbitraires, destinées à servir de support à un échafaudage mathématique. Or au début du xx° siècle, les théories de la relativité sont venues donner un rude coup à la mécanique classique, en l’attaquant dans ses principes mêmes : en même temps elles ont jeté le désarroi dans un grand nombre d’esprits mal éclairés par un enseignement insuffisant sur les axiomes de la mécanique, et par suite, mal préparés à suivre les progrès des sciences modernes. M. Paul Painlevé, dès ses débuts dans l’enseignement, avait nettement perçu cette lacune et ses cours de méca.nique à Lille, à la Sorbonne, à l’Ecole Polytechnique ont toujours compris plusieurs leçons sur les axiomes,
- Il faut être reconnaissant à l’auteur d’en avoir rassemblé la substance dans le petit volume que publie la collection Solovine et de les avoir ainsi rendues accessibles à tous.
- Il met d’abord en évidence la genèse historique de la mécanique et montre comment ses axiomes sont partiellement issus de la philosophie et de la métaphysique scholastique, mais corrigées parl’observation exacte de la réalité. Puis il énonce l’ensemble de ces axiomes, sous la forme précise en laquelle la science moderne les a condensés; il montre comment ils se rattachent au principe de causalité, et dégage l’essentiel de leur contenu.
- L’ouvrage contient en outre une note sur la propagation de la lumière dans laquelle sont comparées les théories de l’émission et de l’ondulation, et discutées les difficultés qui, dans cette dernière théorie, ont conduit aux récentes théories relativistes.
- Introduction au calcul tensoriel et au calcul différentiel absolu, par G. Juvet. i vol., 102 p., Albert Blanchard, éditeur. Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Le calcul différentiel absolu et le calcul tensoriel sont deux algorithmes qui forment l’essentiel de la structure mathématique des théories einsteiniennes. Mais leurs applications ne sont certainement pas limitées à ce domaine. Ce mode de calcul issu des travaux de Gauss, Ricci, Riemann, Lévi-Civita, Darboux, n’était pas jusqu’ici l’objet d’un exposé didactique en langue française, d’où de grandes difficultés pour quiconque veut suivre le développement des théories relativistes. Le livre de M. Juvet comble cette lacune.
- Où en est la photographie ? par Ernest Coustet. i vol. 281 p., 74 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : i3 francs.
- La photographie a, en ces dernières années, transformé son outillage et ses méthodes; ses applications se sont multipliées. Ce sont ces progrès que M. Coustet expose dans un ouvrage d’une lecture agréable et fort instructive; l’auteur étudie d’abord les appareils de prises de vue et leurs divers organes, surtout les objectifs; puis les émulsions sensibles actuellement employées pour constituer les plaques ou les films, et les procédés de développement; il passe ensuite en revue la photographie des couleurs, la photographie à la lumière artificielle et arrive aux applications diverses de la photographie : procédés de gravure photomécanique, photographie en relief, photographie documentaire, policière et médicale, métallographie, rayons X, photographie céleste, cinématographe, etc.
- La séparation industrielle des solides en milieu liquide, par Léonce Fabre, i vol. in-8°, 280 p., 78 fig. G.Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : 16 francs.
- L’ouvrage de M. Léonce Fabre donne la description et les applications des nouveaux appareils de filtration.
- Après avoir examiné la séparation par essorage, cristallisation et flottage, l’auteur traite en détailla filtration industrielle, depuis les essais préliminaires de laboratoire jusqu’à la réalisation pratique des filtres modernes à vide dont il étudie spécialement le fonctionnement, la construction et l’installation.
- Filtres à immersion, tambours filtrants continus, sécheurs rotatifs, ramasse-pâte, épaississeurs, clarî-fieurs, etc., toute cette série nouvelle d’appareils à grand rendement dont les avantages réalisent une économie de main-d’œuvre et d’entretien est passée en revue avec de nombreuses applications industrielles dans le domaine chimique et métallurgique.
- L’auteur n’oublie point les appareils filtrants dégros-sisseurs qui sout employés surtout dans le traitement des eaux résiduaires et des eaux d’égout et qui intéressent au premier chef l’hygiène publique et il finit par une étude sur la décantation continne et le lavage à pontpe-ponrant,
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2524 IP Août 1P22
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- IgD
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Agriculture
- Botteleuse a levier « 1 Idéale». — Cet appareil supprime le lien de paille et l’achat de ficelle neuve et son emploi économisé du personnel derrière la batteuse.
- Botteleuse à levier « l’idéale ».
- L’ouvrier qui s’en sert dépense le minimum d’efforts, tout en lui permettant de produire une botte serrée et parfaite, et de réaliser une très haute densité au botte-lage.
- Cette machine comporte un levier articulé qui vient serrer la botte que l’on forme. La cheville de fermeture est automatique et la ficelle que l’on emploie peut être simplement de la ficelle usagée. Son principe d’atta-chage diffère de toutes les machines du genre, car il n’a pas de recroisement.
- La rapidité de travail de la machine est considérable, car 3 hommes suffisent à déblayer proprement la paillé d’une batteuse faisant près de ioo quintaux en 8 heures.
- Constructeur : M. Paul Avrond, 7, rue de la Prairie, Champigny.
- sl* Objets utiles
- mement nombreuses et très variées, il s’applique à tous les sports, à la vie en plein air : pêche, chasse, touring, on peut meme si on le désire l’emporter sur une automobile et le disposer comme un strapontin léger et pratique lorsqu on a besoin d’un siège supplémentaire.
- Pour monter le tabouret, on retourne le plateau, les trous en dessus, on laisse la bague au milieu' des trois tubes, et on introduit les extrémités des tubes dans
- Fig. 3. — Le Tabouret sportif replié.
- chaque trou préparé, en maintenant la bague toujours au milieu, puis on descendra la bague jusqu’à ce qu’il y ait coincement et au besoin on la tournera d’un quart de tour en retournant le tabouret et en s’asseyant, le serrage se produit définitivement. Pour le démontage, il suffit de retourner le tabouret et de maintenir solidement un des tubes avec la main, puis on donne un léger coup sec avec la paume de la main libre sur l’extrémité de 1 un des-deux autres tubes, ce petit choc suffira pour décoincer les tubes du siège et pour démonter ainsi immédiatement le tabouret. Dans .le transport, les tubes sont placés parallèlement et l’ensemble a un volume extrêmement réduit (fig. 3).
- Adresse : Le, Tabouret sportif, 3, avenue Taillade, Paris.
- c£§tn&. Dessin
- Le tabouret sportif. — Ce tabouret est construit d’après un principe mécanique nouveau : on utilise le
- coincement de trois tubes formant trépied sans le secours d aucune vis ni d’aucun clou. Le poids du tabouret est au total de 880 gr. et sa résistance, qui a été essayée au Laboratoire des Arts et Métiers, atteint iSokilogrammes.
- Etant donné la manière dont les tubes sont agencés, le montage et le démontage sont instantanés et ce nouveau tabouret vient pi’endre la place du pliant ordinaire qui manque de stabilité, qui offre peu de résistance et qui est de plus encombrant et parfaitement démodé.
- Les pieds du tabouret sportif, pour être suffisamment résistants, sont fabriqués en duralumin, alliage qui a sensiblement la densité de l’aluminium et qui offre la résistance de l’acier. Le dessus du siège est couvert en rotin de nuances diverses, ce qui donne à l’ensemble un cachet de travail fini. Etant donné qu’il y a trois pieds, le tabouret se trouvera toujours d’aplomb, la base est très large, de sorte que la verticale du centre de gravité ne risque jamais de tomber en dehors du polygone de sustentation.
- Les applications d un appareil de ce genre sont extrê-
- Une nouvelle règle à dessin très pratique. — Dans le cas où l’on a à exécuter des dessins sur du papier de très grand format, on ne possède pas toujours des planches à dessin de la grandeur nécessaire et quelque-
- Fig. 4. — Règle à dessin « Transa ».
- fois on est obligé d’exécuter ce dessin par parties.
- On éprouve alors une grande difficulté dans la manœuvre du T et de l’équerre;- de plus, si l’on dispose d’un T suffisamment grand, il est souvent impossible d’avoir un T rigoureusement exact et la règle duT. prend naturellement du jeu dans son support.
- Pour éviter cet inconvénient, on vient d’imaginer une règle appelée « Transa ».
- C’est une pièce additionnelle qui est immobilisée sur la planche au moyen de deux punaises, cette règle porte
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- un épaulement sur lequel un T spécial peut coulisser, des rainures ménagées dans le T permettent de laisser passer la tète des punaises.
- Avec cet appareil on peut alors dessiner sur une planche à dessin de petits modèles peu encombrants sans qu’il soit nécessaire de couper la feuille à des dimensions réduites.
- On peut laisser le rouleau entier de papier à dessin sur le côté; la feuille de papier est immobilisée sur la planche simplement à l’endroit où l’on veut dessiner.
- Cet appareil fait l’objet de brevets dans tous les pays, et le succès qu’il a obtenu dès son apparition dans son pays d’origine (Prague) prouve que son emploi est des plus commodes et des plus pratiques pour tous les dessinateurs. — Adresse : E. Weiss, 5, rue Faustin-Hélie.
- *>> Chauffage <-«*
- L’éclairage gratuit : Le Radiolux. — Quand on examine le rendement de nos sources de lumière, même les plus économiques, on est frappé de la faible quantité d’énergie transformée en radiations effectivement éclairantes : le rendement est de l’ordre de i pour 1000 pour un bec de gaz papillon, il ne dépasse pas 3 pour ioo pour une lampe électrique à filaments métalliques, et 7 pour ioo pour les lampes à arc les plus puissantes.
- En fait, toute l’énergie mise en jeu dans la source lumineuse est, quelle que soit la nature de celle-ci, retins -
- Fig. 5. — Le « Radiolux » et son utilisation.
- mise sous forme calorifique. Toutes les lampes sont de petits ou parfois de grands calorifères, dont la lumière n’est qu’un sous-produit.
- Yoici par exemple une bonne lampe à pétrole : elle consomme, par heure, 4 gr- de pétrole par bougie décimale;' et dégage près de 5o calories; une lampe de 16 bougies dégagera donc environ 1200 calories à l’heure.
- Or ces 1200 calories, fournies au surplus à haute température, suffiraient à maintenir, en hiver, la température de 160 au moins dans une pièce moyenne de 4o à 5o m3 de capacité. C’est dire qu’une bonne lampe ordinaire à pétrole fournit assez de chaleur pour chauffer la pièce qu’elle éclaire. Il en est de même pour un bec à gaz à manchon.
- Mais, cette chaleur, dans les. conditions usuelles, est fort mal utilisée; elle est concentrée dans la mince colonne gazeuse qui contient les gaz d’échappement de la lampe, elle est transportée directement au plafond et ne contribue guère à élever la tempéi’ature de la pièce, dans la région où se tiënnent les occupants.
- Le Radiolux est un appareil qui vise à utiliser rationnellement pour le chauffage de la pièce ces calories jusqu’ici gaspillées. C’est un appareil de chauffage qui fournit la lumière par-dessus le marché.
- Il fait passer dans un radiateur à eau chaude les calories, provenant de la lampe. La lampe est munie au-dessus de son verre d’un échangeur de chaleur, chauffé
- par les gaz d’échappement, et que traverse l’eau du radiateur, l’eau ainsi chauffée va au radiateur où elle échauffe l’air de la pièce au voisinage du plancher. Ce dispositif s’applique aux lampes à pétrole ou aux lampes à gaz. La lampe et le radiateur forment un ensemble portatif et qui peut recevoir des formes très décoratives. — L’appareil est en vente à la Société Radiolux, 24, eue Caumartin, Paris.
- 'Electricité <^§î>
- Confection d’un voltamètre avec une vieille ampoule de lampe électrique. — Un de nos lecteurs, M. Faugeron, de Royan, nous communique les détails qui suivent pour la consttuclion d'un petit voltamètre confectionné simplement au moyen d’une lampe électrique à incandescence boi s de service.
- L’appareil comprend deux parties : un pied et une lampe 1/2 watt 100 bougies coupée.
- Le ,pied est formé d’un petit carré de bois dur sur lequel est fixé un plateau avec raccord mâle portant une douille baïonnette et deux bornes.
- Les deux fils sortant de la douille et allant aux bornes peuvent être dissimulés en les faisant passer sous le carré de bois.
- La lampe. — Prendre une lampe 1/2 watt de 100 bougies au moins et en détacher la calotte supérieure. Là est la seule difficulté qu’il y ait dans la construction de l’appareil. Yoici comment je procède :
- A l’aide d’unepince, j’effrite avec précaution, sous l’eau, la pointe de l’ampoule. Dès que la pointe se trouve brisée, l’eau envahit l’ampoule. Puis en la secouant on en chasse une partie de l’eau de manière à ramener son niveau un peu au-dessus de la tige de verre comme l’indique le schéma.
- Ensuite, il faut entourer l’ampoule de 2 ou 3 tours de coton (le coton, que l’on retire des cordons placés à l’intérieur des jantes de roues de bicyclettes et recouvrant les têtes de rayons, est excellent à cet usage), que l’on imbibe d’alcool.
- Mais il faut avoir soin de placer les tours de coton 2 ou 3 mm au-dessous du niveau de l’eau et bien parallèles à ce niveau et de mettre l’ampoule bien verticale.
- On enflamme l’alcool et au bout de quelques secondes la calotte
- supérieure de l’ampoule se détache toute seule avec un petit bruit sec.
- J’ai dit précédemment qu’il fallait prendre une lampe d’au moins 100 bougies. C’est qu’en effet, avec une lampe de 5o bougies, par exemple, la masse d’eau contenue dans l’ampoule est trop petite et le verre étant très mince, la chaleur produite par la combustion de l’alcool se propage trop rapidement dans la masse ; l’eau même, au contact du verre, arrive à l’ébullition et l’ampoule ne se coupe pas.
- Il sera bon de casser les petits crochets qui soutenaient le filament qui, maintenant, ne sont plus d’aucune utilité et seraient même gênants pour placer les éprouvettes.
- L’ampoule ainsi coupée remplacera le verre des voltamètres ordinaires et se placera dans la douille baïonnette comme une lampe. L’appareil ainsi confectionné fonctionnera comme tout voltamètre ordinaire.
- Mais cet appareil présente plusieurs avantages :
- i° Son prix de revient est insignifiant si l’on considère les pièces à acheter, à savoir : un plateau avec raccord mâle, une douille baïonnette et deux bornes. Quant à la lampe, il suffit de s’adresser à un électricien qui en possède toujours quelques-unes hors d’usage et qui 11e demandera pas mieux que de les donner, puisqu’il les briserait pour s’en débarrasser.
- 20 On peut briser autant d’ampoules que l’on veut, car il est très facile de les x-emplacer, et le pied sert indéfiniment.
- Fig. 6.
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- BOITE AUX LETTRES
- Qgt.
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui I parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances,
- 11 ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. J. E. Maurice, à Tours. —L’industrie s’occupant de l’extraction de l’huile des pépins de raisins est à peine ébauchée en France ; à l’heure actuelle, il n’existe, croyons-nous, qu’une huilerie produisant ce'nouveau corps gras. Elle est située à Flayosc (Var), et vous pourriez, pour obtenir des renseignements sur ce point, vous adresser à M. le Directeur départemental des Services agricoles du Var, à Draguignan (Préfecture), au besoin par l’entremise de M. J.-B. Martin, Directeur départemental des Services agricoles d’Indre-et-Loire, à Tours, qui, selon toutes probabilités, pourrait lui-même vous donner des directives pour recueillir des indications en vue de l’installation d’une usine, et en ce qui concerne les détails y relatifs (capitaux à prévoir, rendement, etc).
- C’est surtout en Italie que, depuis quelques années, on produit l’huile de pépias de raisins, notamment, depuis 1918, dans trois ou quatre huileries de la région piémontaise, la firme Boris frères, de Milan, la Société nouvelle des huiles et graisses d’Alexandrie qui vendent ce produit sous le nom d’olio vinaccioli, utilisé par la firme Pirelli, à Milan, pour la préparation des factices de caoutchouc, blancs et bruns.
- Le prix de l’huile de pépins de raisins, en Italie, était, en 1918, de l\oo lires les 100 kg.
- Le professeur Yittorio Yillavecchia, Directeur des Laboratoires de la Gabelle d’Italie, qui a étudié ce produit, a constaté que les pépins du raisin blanc sont plus riches en huile que ceux du raisin noir, et que les raisins doux donnent plus d’huile que ceux qui sont plus riches en sucre. En Italie, les pépins de raisin noir donnent jusqu’à 20 pour xoo de glycéride ; dans le Var, la teneur ne dépasse guère 12 pour 100, d’après M. André Dubosc, ingénieur chimiste.
- M. Bouchez, à Arras. — i° Pour tous renseignements relatifs jardinage (plantation, greffage, taille, écussonnage, bouturage), arboriculture fruitière, floricul-ture et cultures potagères, voici les ouvrages modernes, à consulter : Comment on soigne son jardin (Guide complet de l’amateur), 1 vol. 3 fr. 5o franco. (Librairie de la revue Jardinage, 90 bis, avenue de Paris, à Versailles) ; Manuel de Jardinage et d'Horticulture, par Albert Maumené et 'Claude Trébignaud, 1 vol. 10 fr. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e); Traité d'Horticulture pratique, par G. Bellair, 1 vol.
- 12 fr. ; Jardinage, par A. Ducloux, 1 vol. 2 fr. 5o; Culture potagère et culture maraîchère, par L. Bussard,
- 1 vol. 10 fr. ; Manuel de culture fruitière, par E. Durand, 1 vol. 10 fr. ; Manuel de Floriculture, par Ph. de Vilmorin, 1 vol. 6 fr. 5o (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- 20 Pour la cueillette, la taille, Véchenillage et autres opérations d’arboriculture, nous ne connaissons pas de dispositif nouveau. L’échelle à coulisse, employée par les entrepreneurs de bâtiments, permettrait, dans bien des situations, de se rapprocher suffisamment des plus hautes branches. Nous n’avons pas vu employer à cette fin le dispositif décrit autrefois dans La Nature. Vous seriez renseigné sur le point qui vous intéresse plus particulièrement en vous adressant à M. Max Ringel-mann, Directeur de la Station d’Essais de machines du Ministère de l’Agriculture, Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12e.
- M. R. W,, à Neuilly-sur-Seine. — Pour diriger utilement vos recherches concernant l’ouvrage dont il s’agit : La manière de reconnaître les arbres des forêts en France, sur lequel nous ne possédons pas les renseignements que vous nous demandez, le moyen le plus sur serait de vous adresser, soit à la Direction de l’Ecole nationale forestière de Nancy, soit aux éditeurs de publications se rapportant aux études sur les forêts et la sylviculture. Voyez, notamment, aux adresses suivantes : Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°; Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris, 19, rue Hautefeuille, 6e; Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Gexmiain, 6°.
- D’autre part, vous pourriez vous renseigner auprès de M. Emile Bodin, Directeur du journal Bois et Résineux, 26, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux, et au journal Le Bois, Paris, i63, rue Saint-Honoré (8e).
- M. Marchon, à Tulle, — i° Si nous avons bien compris, les calottes seules des extrémités, de vos tubes de Geissler sont détachées, mais le fil de platine électrode est intact; dans ce cas il vous suffira, pour recoller ces capuchons, d’un peu de gomme laque dont vous amènerez la fusion à la lampe à alcool ; un ciment métallique est inutile et ne présenterait pas d’adhérence suffisante avec le verre. 20 La construction d’une carte en relief ne demande que du soin et de la patience, il suffit de se procurer une carte de la région à reproduire sur laquelle sont indiquées les courbes de niveau et de découper dans du carton fort le contour exact de celles-ci. Pour la carte d’une commune, comme vous l’indiquez, il faudra prendre cette épaisseur double de celle qui correspondrait à l’échelle réelle, de manière à accentuer le relief; pour une carte de département la proportion peut être conservée. Les cartons étant ainsi découpés et soigneusement repérés, on les colle successivement les uns sur les autres en prenant comme support une seconde carte collée elle-même sur une planchette de bois. Pour la mise en place on se sert d’un trusquin dont l’écartement des pointes, relevé sur la carte-guide, permet de fixer la position exacte. La fixation se fait à la colle forte chaude. Quand toutes les courbes de niveau sont ainsi superposées, le relief est représenté par une série de gradins; avec de la terre à modeler on comble les creux et on lisse au couteau. Après séchage complet; on peut peindre en mettant les couleurs appropriées, mais il est préférable d’en tirer un moule en plâtre qui permettra d’en tirer un grand nombre d’exemplaires et dont les contre-moulages seront d’un effet beaucoup plus heureux en même temps qu’ils constitueront des blocs compacts non susceptibles de décollement.
- Ce moulage ne présente du reste aucune difficulté, le modèle ayant été huilé au. pinceau et entouré de réglettes de bois, on coule dans la caissette ainsi obtenue du plâtre à modeler gâché clair, on tapote légèreinent pour le faire pénétrer dans les creux et laisse la prise se faire.
- Le moule détaché et bien séché est à son tour huilé et on opère de la même façon pour avoir la pièce définitive.
- M. le T)r Gislcn, à Arlon. — i° Vous trouverez tous renseignements sur la préparation des métaux à Vétat colloïdal dans l'ouvrage : Les colloïdes métalliques, propriétés et préparation, de Taul Bary, édité chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins, à Paris. 20 lTn liquide est dit isotoniqi e du sang lorsque la pression osmotique des molécules dissoutes est égale à la pression osmotique des éléments en solution dans le sang, autrement dit lorsque le liquide est indifférent vis-à-vis des tissus du corps humain. Par exemple, le sang dans les veines et dans les artères de l’homme a une pression osmotique égale à celle d’une solution de chlorure de sodium à 7 gr. 5 par litre qui constitue le sérum artificiel employé en cas d’hémorragies, sans action nuisible, alors que l’eau pure ferait éclater les globules sanguins. Ceci n’est exact que pour les solutions vraies et non pour les pseudo-solutions colloïdales, on ne peut donc que par analogie parler de pseudo-solutions isotoniques et en admettant la loi de Van’t Hoff, à savoir que la pression osmotique est égale à la pression qu’exercerait la substance supposée dissoute si, à la température de l’expérience, cette substance était gazeuse et occupait le même volume cjue la solution. Cette loi ayant pour corollaire que si on dissout une molécule gramme du corps dans 22 lit. 4 de. solvant à o°, la pression osmo-* tique est de 1 atmosphère, on voit que les pressions osmotiques seront les mêmes lorsque pour un même poids de solvant on dissoudra des poids de substances, proportionnels à leur poids moléculaire. 3° Chaque maison a son procédé de stabilisation du colloïde qu’elle fabrique : dextrine, tanins, gélatines et albumines diverses, bien entendu elle ne le fait pas connaître.
- M. Heniquc, à Marseille. — Le tartre qui se dépose dans les bouillottes après usage prolongé provient de la précipitation du sulfate et du carbonate de calcium contenu dans l’eau. Il suffit, pour enlever ces sels, de faire agir avec ménagement l’acide chlorhydrique, par
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- exemple en étendant de io fois son poids d’eau l’acide muriatique du commerce, on termine par un rinçage abondant,
- M. R. Turpain, à Pouancé. — L'étamage des glaces s’effectue de la façon suivante : on met une feuille d’élain très pur sur une table d’ardoise ou de marbre, bordée sur trois côtés seulement par des réglettes d’environ i cm-; bien mastiquées aux raccordements pour éviter la perte du mercure qui va être employé et on incline légèrement la table du côté opposé à celui qui n’est pas bordé. On verse alors du mercure sur la feuille d’ètain et on l'étend bien uniformément avec une patte de lièvre. Cela fait, on prend la glace et on la pousse en glissant sur la feuille d’étain de manière qu’elle reste bien parallèle au plan de la table, l’amalgame se fixe aussitôt à la glace qui est ainsi étamée, on la retourne et la place sur un coussin en lui donnant une pente douce pour laisser écouler l’excès de mercure, finalement on presse entre deux glaces propres après avoir interposé une feuille de papier de chaque côté; quand il ne sort plus du tout de mercure la glace peut être montée.
- La condition essentielle pour réussir est de nettoyer parfaitement la surface de la glace avec de la potée d’étain et en essuyant avec un linge très fin pour enlever toute poussière. Une bonne précaution est également de dégraisser dès le début, par polissage avec de la cendre de bois bien tamisée.
- M. Blum, à Bône (Algérie). —- Plusieurs procédés peuvent être employés pour la confection d’agglomérés avec les déchets de liège dont vous disposez; un des
- plus simples consiste à ajouter environ io pour ioo de ciment, vous pouvez également incorporer aux déchets préalablement mouillés i5 pour ioo d’un mélange de ;
- Argile grasse.............. 100 kg
- Chaux éteinte............... . 2 5 —
- Dans les deux cas, additionner d’une quantité d’eau suffisante pour obtenir une pâte de moulage facile. Entin si vous pouvez vous procurer du brai d’usine à gaz, une composition analogue à celle qui suit vous donnera très probablement satisfaction :
- Brai. . .................. 2 25 kg
- Argile grasse ............ioo —
- Déchets de liège .........45o —
- Poussier de charbon . . . . 225 —
- Quant au moulage, il s’effectue sans difficulté au moyen d’une presse à levier, telle qu’on l’emploie pour la fabrication des briques -et dont la construction est très simple.
- M. G. Dufresne, à Saint-Jeoire (Haute-Savoie). — Nous avons répondu à votre question, sous la rubrique Georges M. dans un précédent numéro. Veuillez bien vous y reporter. •
- M. Mortinat, à Crosne (Seine-et-Oise).— Les pâtes employées pour rendre lumineux les cadrans de montre sont formées de sulfure de zinc additionné de o, 4 milligramme de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc mis en œuvre. D’après les traAraux du National Physical Laboratory d’Angleterre, ce procédé est celui qui actuellement donne les meilleurs résultats.
- ipq
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io% pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ......
- Manuel de Vapprenti et de l’amateur électricien, 4e partie. La traction électrique. Tramways et chemins de fer, 2e édition, revue et augmentée, par R. Marie, i vol. in-i6, cartonné. Ganthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 6 francs.
- Dans cette nouvelle, édition, l’auteur, après l’exposé des principes généraux, décrit en détail, avec planches explicatives à l’appui, la distribution du courant dans les tramways et locomoteurs, ainsi que dans les trains à unités motrices multiples*
- Une part très importante est aussi réservée à l’électrification des chemins de fer en France et à l’étranger en courant continu, — basse et haute tension — ou en alternatif — mono ou triphasé.
- Enfin, sont également traités la traction par accu-. mùlateurs, véhicules à groupes éleclrogènes, ainsi que les métropolitains et tramways de Paris.
- Les électro-aimants et les bobines d’induction, par H. de Graefigny, 1 vol. in-18, 200 p., 116 fig. Desforges, éditeur. Paris, 1922. Prix : G francs. <
- Cet ouvrage résume les connaissances pratiques -1 qu’il est utile de posséder sur ces deux classes d’instruments.
- Notice pratique sur les instruments de pesage.. Types [construction,, ajustage, vérification), par Paul Ram-baud, 38 édition revue et corrigée, 1 vol. 16 X 25 de Yin-128 p., io5 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : 10 francs.
- LJauteur, laissant de cô.lé toute théorie, explique d’une manière claire et précise la façon de construire, d’ajuster et de vérifier les instruments de pesage types.
- Il expose d’abord les conditions d’équilibre des
- leviers et les conditions de sensibilité des fléaux, puis traite les balances â~ colonne, Roberval; Béranger, bascules au i/io°, romaines, bascules à romaine, ponts.
- Deux chapitres donnent les indications relatives au rajustage et à la vérification qui sont communes à tous les instruments. .
- Enfin les deux derniers chapitres sont relatifs aux modes de rajustage des poids en fonte et en cuivre, et aux lois et décrets régissant la fabrication des instruments de pesage. •
- Un mois en Normandie, par Paul Gruyer, in-16 cartonné, 208 p., 72 photographies et 5 cartes ou plans, Hachette, Paris. Prix ; i5 francs.
- Ouvrage intéressant, documenté et vivant, où l’anecdote historique et littéraire se marie agréablement à la description des monuments et des sites. Illustration remarquable qui présente, avec les paysages et les édifices caractéristiques, divers aspects de la vie sociale et du passé.
- Heures d’Italie, par Gabriel Faure, 1 vol., 342 p. Fasquelle, Paris. Prix : 10 francs. ~
- Nouvelle édition de l’ouvrage publié jadis en 3 vo-, lûmes et qui a obtenu un légitime succès. Les impressions délicates et émotives de Gabriel Faure sont
- , classées ici pour la première fois par ordre géographique. L’auteur a profité de ce remaniement pour ajouter quelques nouvelles pages et perfectionner encore un style dont l’élégance si personnelle n’est plus à louer,
- Guida d'iialia del Touring Club italiano : Iialia Centrale, vol. II (Florence. Sienne, Pérouse, Assise), 420 p., avec 5 cartes et 20 plans (Milan).
- Ce guide continue la série remarquable publiée par le Touring-Club italien. Ont déjà paru Piémont et Lombardie (2. vol.); Ligurie, Emilie, Toscane septentrionale (2 vol.); Les trois Vénéties (y compris les provinces nouvellement annexées,’2 vol.); Sardaigne, Sicile. Ls second tome de l’Italie centrale paraît le premier. Ces guides se recommandent par la richesse et l’exactitude de la documentation et par une cartographie de premier ordre.
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- INFORMATIONS
- N° 2525 26 Août 1922
- Nécrologie : A. Graham Bell. — L’un des plus illustres inventeurs de notre temps, A. Graham Bell, linventeur du téléphone, vient de mourir à Baddeckprès de Halifax. Graham Bell, né à Edimbourg en 1847, quitta de bonne heure sa patrie pour le Canada, puis les Etats-Unis et prit la nationalité américaine. Il était professeur de physiologie à Boston, lorsqu’il inventa le téléphone.
- Des recherches pour l’amélioration du sort des sourds-muets furent le point de départ de la découverte du téléphone. Il avait en ell'et collaboré aux travaux de son père A. Melvill Bell; celui-ci, inventeur d’un langage visuel pour les sourds, avait fait des études approfondies sur le mécanisme de la parole et avait entrepris avec son fils des expériences des plus remarquables sur la position des organes vocaux dans la formation des sons et sur les qualités musicales du son des voyelles; ces expériences, qui reproduisaient en partie des expériences antérieures de Helmholtz, mais inconnues alors de Bell, conduisirent le jeune savant à rechercher un moyen de production électrique de la musique, au moyen de diapasons excités par l’attraction intermittente d’un électro-aimant. De là à tenter de transmettre à distance cette même musique électrique sur un fil télégraphique, il n’y avait qu’un pas, vite franchi par l’inventeur qui fut ainsi conduit à étudier de près la télégraphie électrique ; il eut l’idée d’utiliser ces transmissions musicales pour l’éaliser la transmission de plusieurs messages télégraphiques par un seul fil ; la séparation de ces messages à l’arrivée étant effectuée grâce à la différence de hauteur du son perçu dans les appareils récepteurs. C’était le germe de la téléphonie multiplex, telle qu’on la réalise aujourd’hui. L’étude physiologique de l’oreille humaine lui suggéra alors l’idée d’employer un diaphragme, en papier par exemple, obéissant aux vibrations de la voix et transmettant celle-ci par l’intermédiaire de l’air à une plaque de fer placée en regard des pôles d’un électroaimant excité par le courant d’une pile ; il pouvait ainsi traduire en variations électriques les vibrations vocales, les vibrations de la plaque de fer provoquant des modifications correspondantes dans le courant excitateur. Après de nombreux essais et tâtonnements assez décevants, Graham Bell arrivait enfin en 1876 à la forme définitive du téléphone tel qu’il est encore employé aujourd’hui; un diaphragme métallique placé en regard des pôles d’un aimant permanent, en fer à cheval, dont chaque branche est entourée d’une bobine de fil conducteur ; les vibrations de la plaque induisent dans le circuit de ces bobines des courants électriques qui servent à transmettre la voix. Un instrument identique retraduit à l’arrivée les courants électriques variables en vibrations sonores. Dès 1877, Graham Bell réussissait avec ce dispositif à transmettre la parole par fil électrique à plus de 12 km. Le téléphone était créé.
- Si, aujourd’hui, on n’utilise plus guère le téléphone comme organe de transmission et qu’on lui préfère le microphone, il reste cependant l’instrument universellement employé pour la réception et c’est par millions qu'il est répandu à travers le monde.
- Rappelons toutefois que Graham Bell eut de nombreux précurseurs : le problème de la transmission électrique de la parole avait été déjà, en effet, l’objet des méditations de bien des savants ou des chercheurs. Au premier rang de ceux-ci, il faut citer le Français Bourseul qui décrivait le principe du téléphone 20 ans avant Bell, puis l’Allemand Reiss.
- Enfin, par une coïncidence singulière, le jour même où Bell déposait son brevet aux Etats-Unis, un électricien, Eîisha Gray, déposait une demande de brevet presque identique; mais ce dépôt retardait de quelques heures sur celui de Bell, qui, après unlong procès, fut proclamé l’inventeur légal du téléphone magnétique.
- La réalisation de la téléphonie provoqua un enthousiasme universel. Graham Bell devint aussitôt célèbre; l’Académie des Sciences de Paris lui décerna en 1880 le prix Yolta. Cette même année, Bell, en collaboration ;ivec Summer Tainter, réalisait le photophone, ou transmission de la parole à distance par l’intermédiaire des rayons lumineux. Bell avait réalisé toute une série de dispositifs pour commander au moyen de la voix l’intensité d’un faisceau lumineux ; ce faisceau lumineux,
- d’intensité variable agissait au poste de réception sur une pile au sélénium ; ces variations lumineuses étaient ainsi traduites électriquement et agissaient alors sur un téléphone. C’était la première réalisation de téléphonie sans fil.
- Cette nouvelle invention provoqua plus d’admiration encore que la première; pourtant elle n’a pas, jusque maintenant, reçu les innombrables applications qui ont répandu sur toute la surface du globe le téléphone magnétique de Bell.
- Nécrologie : M. Louis Pavé. — M. Louis Favé, ingénieur hydrographe de la Marine, membre de l’Académie des Sciences, est mort le 3o juillet 1922. M. Guignard, président de l’Académie des Sciences, a, dans la séance du 3i juillet dernier, résumé comme il suit la carrière de l’éminent ingénieur :
- « M. Favé a consacré une grande partie des quarante années de sa carrière administrative à des études sur la mer et ses mouvements, sur le relevé des côtes et le relief du fond des Océans.
- C’est surtout dans la construction d’instruments scientifiques nouveaux et dans le perfectionnement des méthodes d’observation que M. Favé a fait preuve d’une véritable maîtrise. On lui doit en particulier un très efficace amortisseur des petits mouvements périodiques, qui a été appliqué à des boussoles topographiques et à des compas de marine, ainsi qu’à divers instruments qu’il a imaginés pour faire le point eu ballon.
- L’appareil de beaucoup le plus ingénieux et le plus utile qu'ait imaginé M. Favé est son marégraphe plongeur, qui est pratiquement le seul instrument permettant d’enregistrer les mouvements de la marée loin des côtes. Déposé sur Je fond, cet appareil enregistre des variations de pression, d’où l’on déduit les changements de niveau de la mer. On a fait diverses applications du marégraphe plongeur de M. Favé; il a été ainsi reconnu, comme il résultait de la construction de certaines courbes des marées, qu’il y a dans la mer du Nord, à distances à peu près égales des côtes d’Angleterre et de Hollande, un point où le mouvement vertical de l’eau est nul.
- Ce remarquable ensemble de travaux avait placé très hautM. Favé dans l’estime des savants qui s’intéressent aux études hydrographiques. »
- Deux navires français à propulsion électrique. —
- La Nature a décrit précédemment le système dit de propulsion électrique des navires ; il consiste à commander les hélices par les moteurs électriques : ceux-ci sont alimentés par du coui'ant produit dans une centrale à turbines qui peut être placée en un point quelconque du navire. Cette solution présente un certain nombre d’avantages qui l’ont fait adopter par la marine de guerre américaine pour ses nouveaux cuirassés; on sait que la grande difficulté, qui s’est longtemps opposée à l’adoption sur les navires de machines motrices à grande vitesse et par suite peu pesantes comme les turJjines, était 'le problème de l’accouplement de ces machines avec les hélices. L’hélice marine est en effet un appareil à faible vitesse; si on la fait tourner trop vite, son rendement tombe. Le problème a été résolu d’abord au moyen des engrenages réducteurs de vitesse qui se sont rapidement répandus dans ces dernières années.
- La solution électrique n’est pas autre chose, elle aussi, qu’un changement de vitesse et son rendement est inférieur à celui des engrenages. Mais cette infériorité est compensée par d’autres avantages : les engrenages s’usent et leur rendement diminue avec le temps; il n’en est pas de même pour le moteur électrique; avec les engrenages, il faut des turbines spéciales pour la marche arrière; tandis qu'avec le moteur électrique, l’inversion du sens de marche peut être réalisée sans machine spéciale. Avec la commande électrique, on peut choisir librement l’emplacement des machines motrices et par suite utiliser au- mieux les espaces disponibles du navire.
- La France possède aujourd’hui deux navires de commerce à commande électrique : le Guaruja et 1 ’ïpanerna construits à la Seyne pour la Société des Transports maritimes.
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- INFORMATIONS
- Voici sur ces bâtiments des détails empruntés à une récente conférence de M. Foillard à la Société des Ingénieurs civils. Ils mesurent 109 m. 80 entre perpendiculaires; 14 m. o65 de large au maître-couple, déplacent 7850 tonnes avec un port en lourd de 5ooo tonnes.
- Ce sont des navires mixtes à marchandises et passagers, organisés notamment pour recevoir 800 émigrants logés dans les entreponts et a5 passagers de classe, ou bien pour transporter des marchandises. L'installation comporte 2 groupes électrogènes à courant triphasé de 1000 kilowatts, à turbines Ljungstrôm, construits par les établissements Sautter-Harlé.
- Elle permet de résoudre un problème particulier à ces deux bâtiments : ils doivent, lorsqu’ils sont employés comme cargos, marcher à la vitesse moyenne de 10 nœuds ; mais lorsqu’ils servent de transports d’émi-grants, on leur demande une vitesse plus grande, i3 nœuds environ. Au régime cargo, un seul groupe électrogène est utilisé, tandis qu’au régime paquebot, les deux groupes fonctionnent en parallèle. Ils fournissent du courant à 1200 volts. Pour réaliser la variation d’allure demandée, il fallait faire varier le nombre des pôles du moteur actionnant l’hélice. Pour des raisons de sécurité, on prit le parti de mettre deux moteurs différents, l’un à 48 pôles pour la marche en cargo, l’autre à 36 pôles pour la marche en paquebot.
- La chaudière est chauffée au pétrole. Tous les organes auxiliaires sont actionnés électriquement.
- La facilité et la rapidité des manœuvres de ces bâtiments sont remarquables. La consommation de combustible ne dépasse pas 4^5 gr. de mazout par cheval-heure sur l’arbre de l’hélice et on compte l’abaisser à 35o gr. Dès maintenant, les chiffres atteints représentent une économie de 5o pour 100 environ par rapport à des bâtiments de même type, mais actionnés par des machines à vapeur à triple expansion.
- Gazomètres secs. — Tout le monde connaît le gazomètre classique des usines à gaz; c’est une énorme cloche métallique, flottant sur une cuve à eau. Le développement des usines à gaz et le prix élevé des terrains dans les grandes villes ont amené les grandes usines à construire des gazomètres télescopiques. Ces constructions gigantesques sont assez délicates : elles imposent au sol une charge considérable, ce qui entraîne des fondations solides et coûteuses; les gorges d’eau gelant parfois l’hiver sont une source d’ennuis.
- On construit couramment en Allemagne et l’on va construire en France un autre type de gazomètre : le gazomètre sans eau ou gazomètre sec, dont voici la description d’après le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils : il se compose d’une enveloppe verticale polygonale, dont la fonçure reçoit les tuyaux d’entrée et de sortie de gaz et qui est recouverte d’une toiture non hermétique. A l’intérieur de ce « cylindre » se déplace un piston sous l’influence de l’admission ou de l’émission de gaz, Ce piston est constitué par un « disque » polygonal, armé et guidé par des galets. Le joint entre l’enveloppe et le plateau mobile est assuré par une gorge de goudron fluide. Sur le pourtour du piston est disposée une série de leviers à contrepoids qui appliquent des frotteurs en tôle contre la paroi du « cylindre ». Une toile de jute, qui forme le fond souple de la gorge, relie les frotteurs au plateau. Un peu de goudron, suintant entre les frotteurs et l’enveloppe, assure l’étanchéité de ce joint liquide. Des pompes électriques automatiques remontent de temps en temps le goudron qui coule en très faible quantité le long des parois intérieures du gazomètre.
- L’enveloppe prismatique est formée de panneaux plans aux bords relevés qui sont rivés entre eux et à des montants chanfreinés suivant les angles du prisme polygonal.
- La fabrication de l’urée.— Il est bien démontré que l’urée est l’engrais azoté de beaucoup le plus concentré, contenant près de 5o pour 100 d’azote, alors que le nitrate de soude ne dose que i3 pour 100, le sulfate d’ammoniaque 20 pour 100 et le nitrate d’ammoniaque, .encore peu employé, 35 pour 100.
- Dès lors, on comprend tout l'intérêt que présente un tel condensateur d’azote, surtout lorsque les tarifs de transport sont très élevés, L’urée apparaît comme l’engrais azoté le plus économique, puisque sous,un même
- volume il apporte au sol une dose d’azote beaucoup plus forte.
- A la Société de Chimie industrielle, M. Matignon a exposé l’intérêt du problème industriel de la transformation de l’ammoniaque en urée, corps neutre, solide. Cette transformation exige aussi du gaz carbonique comme matière première.
- Dans le procédé Haber, on produit, à côté de l’hydrogène, une quantité de gaz carbonique supérieure à celle qui est nécessaire pour la formation de l’urée.
- Dans le procédé Claude, séparation de l’hydrogène du gaz à l’eau, on peut mettre à profit l’oxygène complémentaire de l’azote consommé pour transformer le gaz oxyde de carbone pur en anhydride carbonique, mais on ne peut obtenir, de cette façon, qu’une quantité de gaz carbonique inférieure à celle exigée par la transformation totale de l’ammoniaque.
- Nouvelle observation sur la rouille des céréales.
- — Des recherches faites récemment aux Etats-Unis ont permis de découvrir les causes réelles de la rouille des céréales (Puccinia rubigo-vera, Uredo rubigo-vera), maladie cryptogamique qui, chaque année, détruit des millions de tonnes de blé.
- Les expérimentateurs ont adapté à des aéroplanes un appareil spécial ayant pour fonction d’absorber l’air à une certaine hauteur.
- L’analyse de l’air ainsi absorbé a permis de constater que le germe de la rouille est véhiculé par certains vents.
- Connaissant les causes de la maladie et la façon dont elle se propage, les auteurs de ces recherches ont pu conclure que, maintenant, on pourra trouver aisément le remède contre la maladie de la rouille.
- Curieux phénomènes d’assimilaton des olives par les grives. — Dans toute l’Afrique du Nord, les grives sont nombreuses, surtout dans les oliveraies de l’Algérie et de la Tunisie. Ces oiseaux consomment des quantités considérables d’olives.
- La grive dénoyaute complètement, avec une remarquable adresse, l'olive, ne laissant pas la moindre parcelle charnue autour du noyau.
- On cherche à expliquer le phénomène chimique qni se produit dans le bec ou le tube digestif de la grive, et qui lui permet, par une manœuvre très particulière, et encore ignorée, semble-t-il, de séparer de l’huile la margine — (liquide noir qui est dans l’olive et qui vicie l’huile par son contact avec elle) —: pour, avec cette huile, former le bol alimentaire, tandis que la margine, corps nuisible, est rejetée par le bec de la grive et tombe à terre, comme une déjection que l’on retrouve très abondante sous les oliviers.
- Il est à remarquer que ce phénomène, qui constitue en somme tout l’intérêt de la fabrication de l’huile d’olive, n’a pas encore été expliqué. Ce qui est curieux, c’est la façon par laquelle la grive opère la séparation de la margine. Peut-être la grive est-elle dotée par la nature d’un organisme plus ingénieusement compose que l’outillage d’huilerie scientifiquement construit par l’homme ?
- Cette observation paraît digne de fixer l’attention des naturalistes et des oléiculteurs.
- La huitième Exposition internationale de l’Aéronautique- — Cette Exposition se tiendra du i5 décembre 1922 au 2 janvier 1928.
- La classification générale de l’Exposition comprend : les aérostats, les appareils plus lourds que l’air : aéroplanes, hydroaéroplanes, hélicoptères, avions sans moteurs, etc., et les moteurs et propulseurs.
- Un groupe est réservé à la navigation aérienne, un autre aux bateaux, un troisième à la métallurgie et matières premières ainsi qu’aux machines-outils et matériel industriel. Enfin, des groupes comprendront le matériel spécial de transport et abri, les industries diverses de l’Aéronautique..
- Plusieurs classes sont réservées à la météorologie, la physiologie, . à l’équipement électrique, à la photographie, la cinématographie, la cartographie et la bibliographie.
- Les inscriptions sont reçues au siège de la Chambre syndicale des Industries aéronautiques, 9, rue Anatole-de-la-Forge, à Paris.
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- POUR RECEVOIR LA TÉLÉPHONIE SANS FIL (‘)
- La transmission quotidienne, par la puissante station radiotélégraphique de la Tour Eiffel de messages téléphonés comprenant des prévisions météorologiques agricoles pour les différentes régions de la France, des nouvelles de presse, de bourse et de sport, de la musique, de la déclamation et du chant; l’organisation périodique de radio-coqcerts auxquels participent les meilleurs artistes des théâtres et des concerts de Paris, provoquent partout la plus vive curiosité et font souhaiter a chacun de pouvoir installer à domicile un récepteur permettant d’entendre les merveilleuses émissions.
- Les progrès réalisés ces derniers temps en téléphonie sans fil ont mis cette découverte à la portée de tous et la récente circulaire de M. le ministre de l’Intérieur aux préfets, pour engager les municipalités à faire l'acquisition d’un dispositif récepteur en vulgarisera les bienfaits jusque dans le plus lointain hameau.
- Le jour est proche maintenant où les agriculteurs pourront connaître la veille le temps probable du lendemain; où les moindres événements seront partout connus sans retard; où, à la même heure, dans la France entière, des auditeurs émerveillés entendront la voix prodigieuse de la Tour Eiffel apporter au village l’écho fidèle de l’art des maîtres de la musique et du chant; où les enfants de toutes les écoles auront, par la vertu de cette tour enchantée, des jeudis littéraires à la Comédie-Française et des matinées musicales au Conservatoire....
- Quel puissant moyen d’information, de propagande, d’enseignement, d’initiation artistique et littéraire, la téléphonie sans fil est dès maintenant susceptible de mettre au service de la nation, si l’appel du ministre est entendu des municipalités et si le gouvernement assure au général commandant notre grand centre radio-téléphonique les ressources indispensables pour l’exécution d’un programme intéressant et varié! Souhaitons pour le plus grand bien de tous que des deux côtés on dépense la plus grande somme de bonne volonté.
- L’acquisition d’un excellent récepteur de téléphonie sans fil ne nécessite nullement une grosse dépense, pas plus que son utilisation n’exige des connaissances spéciales.
- On reçoit la radiotéléphonie comme on reçoit la télégraphie sans fil ordinaire : les mêmes appareils et les mêmes dispositifs assurent la réception de l’une et de l’autre; seulement, la puissance rayonnée en téléphonie étant généralement assez faible, il est indispensable, dans la plupart des cas, de recourir à l’amplification pour obtenir une audition suffisante des messages téléphonés.
- Il ne faut pas s’étonner qu’une communication radio-téléphonique, nécessairement émise sur ondes entretenues, puisse être reçue avec un simple détecteur sans l’emploi d’un tikker ou d’un hétérodyne; c’est qu’en effet les modulations que la voix imprime, par l’intermédiaire du microphone, aux ondes de l’émission, peuvent être révélées par un écouteur téléphonique, puisqu’elles ont la fréquence audible des vibrations vocales ou instrumentales qui les ont engendrées.
- Les -éléments d’un récepteur permettant d’entendre les émissions de téléphonie sans fil comprennent toujours, quelle que soit l’importance du poste :
- Un appareil recueillant l’énergie rayonnée, ou collecteur d’ondes ;
- Un dispositif d’accord permettant de tirer le meilleur parti de l’énergie recueillie ;
- Un révélateur comprenant un détecteur actionnant un écouteur téléphonique et, au besoin, un amplificateur multipliant la puissance de l’énergie captée (amplification en haute fréquence) ou l’intensité des sons perçus (amplification en basse fréquence),
- Une question qui nous est très fréquemment posée est la suivante : Quel est le prix de revient d’un récepteur de téléphonie sans fil susceptible d’être utilisé dans n’importe quelle région de France, pouvant y assurer une excellente réception des messages téléphonés et des
- I. Cet article est extrait de la nouvelle édition de l’ouvrage La T. S. F. des Amateurs, de M. F. Duroquicr, bien connu de nos lecteurs, et forme la suite naturelle des articles publiés ici même sous cette rubrique.
- Signalons que celte nouvelle édition comprend en outre un chapitre sur les haut-parleurs. Masson et G1", éditeurs. Prix : 10 francs.
- radio-concerts, qui soit d’une utilisation facile et d'un prix de revient accessible à une bourse moyenne ?
- Le récepteur qui remplira toutes les conditions énumérées ci-dessus ne pourra être qu’un appareil construit par l’amateur lui-même ou monté par lui avec les pièces détachées dont la vente est libre et dont le commerce est maintenant abondamment pourvu; les appareils complets vendus par les constructeurs restant en raison de leurs prix très élevés un luxe d’amateurs privilégiés ; encore ces appareils ne sont-ils nullement supérieurs aux dispositifs économiques qit’on réalise facilement soi-même avec un peu d’attention.
- Voici une liste d’accessoires avec leurs prix, dont l’ensemble constitue à tous points de vue un récepteur
- particulièrement avantageux :
- Une antenne (fil et isolateurs)............. . 10 fr.
- Lne bobine de self à i curseur............... 3o —
- Quatre lampes amplificatrices à i6fr. 5o l’une. 66 — Un support avec bornes et connexions faites
- pour 4 lampes............................. 5o —
- Lne table de résistances et condensateurs (F.
- Duroquier)................................ 6o —
- Un casque téléphonique spécial 8ooo ohms (modèle pouvant être utilisé en haut-parleur
- (F. Duroquier)............................... 70 —
- Un condensateur variable à air (précision) . . 70 —
- Ln compensateur................................. 10 —
- Un accumulateur (4 volts, 40 AH)................ 5o —
- Trente piles Leclanché miniature à o fr. 80 l’une 24 —
- Au total............44o fr.
- Ce devis, dont la somme n’atteint pas le prix d’un phonographe ordinaire, est cependant celui d’une installation absolument complète et ne comprenant que des appareils de choix : lampes « Métal » adoptées par la radiotélégraphie militaire ; table de résistances et condensateurs étalonnée par nous-mème au milliampèremètre de précision et au capacimètre de Sauty ; téléphone de haute sensibilité; condensateur variable de précision en boîtier métallique ; accumulateur Tudor ou Dinin.
- L’encombrement du poste récepteur équipé avec ce matériel est des plus restreints ; chaque accessoire constituant un organe indépendant et amovible, il est commode de modifier le montage de l’installation en quelques instants ou de découvrir la cause d’une panne de réception en vérifiant sans démontage toutes les connexions.
- Un petit appareil à 3 tubulures portant un pavillon acoustique permet la transformation instantanée de la réception au casque en réception à haut-parleur ; trois ou. quatre casques. peuvent fonctionner en série sur ce dispositif sans diminution appréciable de l’intensité de la réception.
- Au besoin, il est possible de compléter l’installation eu y ajoutant deux étages d’amplification à basse fréquence pour faire entendre la téléphonie sans fil à tout l’auditoire d’une grande salle.
- Le prix de revient de ce récepteur représente, comme nous l’avons établi, une dépense encore élevée devant laquelle hésiteront peut-être plus d’un amateur; mais il est juste de considérer que notre inventaire a prévu le cas d’une personne achetant tous les appareils et accessoires de son poste de réception, alors que le plus grand nombre des amateurs construiront eux-mêmes, en s’aidant des conseils et des mesures donnés dans nos précédents articles, la majeure partie de leur matériel et qu’il est ainsi plus raisonnable de tabler sur une dépense de première installation de i5o à 200 francs au maximum. Pour des habitants de Paris ou de la région parisienne, ces chiffres même ne seront presque jamais atteints; par contre, l’amateur des Pyrénées ou du littoral méditerranéen qui, en dépit d’un emplacement défavorable et de son éloignement, voudra recevoir la téléphonie sans fil avec une grande intensité, devra prévoir une dépense supplémentaire pour ajouter à son dispositif un ou deux étages d’amplification.
- Une autre question nous est encore souvent posée : à quel genre de collecteur.’ d’ondes faut-il donner la préférence pour recevoir dans les meilleures conditions et le plus commodément possible la téléphonie sans fil ? Quelles dimensions doit avoir ce collecteur ?
- On ne saurait hésiter : l’antenne est de beaucoup
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- T. S. F. DES AMATEURS
- préférable au cadre et c’est toujours elle qu’on adoptera lorsque l’emplacement indispensable à son installation né fera pas défaut; l’antenne aérienne occupe en effet dans l’espace une étendue plus considérable que le cadre et subit de ce chef une induction plus importante lors du passage des ondes.
- Le cadre n’est d'un usage pratique en téléphonie sans fil qu’au voisinage de la station d’émission; à Paris et dans un rayon de 5o km autour de la capitale on peut utiliser un cadre de fio cm de côté pelant 45 à 5o spires
- Fi J re/ient /es S brins
- de fil 8/10 isolé au colon ou à l’émail, séparées par un espace de i/a cm; de ioo à 3oo km, nous donnerons des dimensions doubles à notre cadre et nous le constituerons par 35 à 40 spires de fil i5/io séparées par une distance de 5 mm. L’enroulement du cadre peut être indifféremment disposé en spirale plate ou en tambour.
- A partir de 5o km, il est préférable de renoncer au cadre afin de ne pas compliquer le dispositif de réception et pour conserver une audition suffisamment intense de la téléphonie.
- A 3oo km de Paris, lorsqu’on utilise le récepteur à
- 4 lampes dont nous avons fait l’inventaire et un collecteur d’ondes aérien comprenant quatre brins de 20 m. (fil de fer ou de cuivre de 2 mm) espacés de 1 m. 5o, l’audition des messages téléphonés et des radio-concerts de la Tour Eiffel est suffisamment intense pour être perçue dans un petit salon au moyen d’un simple pavillon acoustique recueillant les sons des écouteurs téléphoniques.
- L’intensité de cette réception ne diminue point lorsqu’on s’éloigne de Paris, si l’on allonge les brins d’antenne de
- 5 m. environ par 100 km. Ainsi la longueur d’une antenne suffisante pour recevoir en France, en Suisse et en Belgique, avec une bonne intensité, l’émission radiotélé-p’nonique du poste militaire de la Tour Eiffel, ne dépasse pas 5o m. lorsqu’on utilise le dispositif à 4 lampes.
- Une antenne tout à fait recommandable pour son efficacité, malgré de faibles dimensions, est l’antenne prismatique à 5 brins que représente la figure 1 ; nous en recommandons l’emploi partout où l’espace utilisable pour suspendre un collecteur en nappe sera dès plus réduits.
- L’antenne prismatique se construit sans difficulté : 5 brins de 8 à 3o m., suivant l’éloignement où l’on se trouve du poste émetteur, sont tendus entre les extrémités des branches de deux étoiles formées par 5 lattes de bois de 60 cm de longueur fixées sur une planchette pentagonale de 3o cm de côté et 2 ou 3 cm d’épaisseur (fig. 2). 6 câbles métalliques partant du centre de chaque pentagone et du milieu des branches servent à suspendre le collecteur.
- Les 5 fils collecteurs doivent être isolés sur chaque latte ; ils sont reliés'électriquement à une de leurs extrémités, celle qui est la plus élevée au-dessus du sol et qu’un câble unique relie aux appareils récepteurs.
- La suspension de l’antenne prismatique se fait par l’intermédiaire de deux isolateurs en ébonite ou en porcelaine ; personnellement nous préférons à tous les isolateurs du commerce ceux qu’on confectionne sans frais avec de fortes bouteilles champenoises dont on a fait tomber la lentille du fond (fig. 3) ; un câble de suspension pénètre dans la bouteille par le fond et s’y accroche par l’intermédiaire d’un T articulé ; le fil d’antenne est ligaturé sur le goulot et se trouve retenu par la bague de verre qui borde l’orifice. Si l’on a pris la précaution de couler dans la bouteille un peu de paraffine fondue, on dispose ainsi d’un isolateur absolument parfait.
- dttàcht: R/ c/'antenna
- Fig. 2. — Armature de l’antenne prismatique à 5 brins.
- N’importe quelle autre variété de collecteur d’ondes pourra être adoptée, le lecteur n’a pour fixer son choix qu’à se reporter à l’article que nous avons spécialement consacré à cet objet.
- Dispositifs divers utilisables pour la réception de la téléphonie sans Fil et des radio-concerts. — I. Récepteur universel à 4 lampes. — L’appareil qui réunit le mieux, selon nous, les qualités de bon marché, de simplicité, de grande sensibilité qui doivent caractériser un récepteur populaire convenant à tous et partout, est le dispositif amplificateur à 4 lampes dont nous avons établi précédemment l’inventaire et que la figure 4 représente schématiquement. Ce récepteur est celui qui donne les meilleurs résultats en téléphonie ; il conserve à la voix son timbre particulier et ne déforme point les sons ; insensible aux trépidations qui réagissent si fâcheusement sur les circuits des amplificateurs à basse fréquence, amplifiant peu les parasites, assurant sans modification de montage la réception de toutes les longueurs d’ondes amorties ou entretenues, il est à tous les titres le récepteur idéal de l’amateur.
- Avant tout autre, c’est l’appareil que nous recommanderons; à proximité de Paris, sa grande sensibilité, son pouvoir amplifiant énorme permettront de réduire l’encombrement du collecteur d’ondes; a grande distance, il assurera encore la meilleure réception avec le plus de sécurité et le moins de complication.
- Les différents éléments qui constituent ce dispositif ont été déjà minutieusement décrits dans un précédent article, il serait superflu de revenir ici sur leur construction.
- Signalons seulement que les 4 lampes amplificatrices sont rangées sur un pont-support, les filaments montés en parallèle, chaque grille et chaque plaque aboutis sant à une borne indépendante fixée sur le bord du support et marquée d’un numéro de repère correspondant au numéro de la borne de la table des résistances et condensateur à laquelle chaque borne de plaque ou de grille doit être reliée. Le pont porte également les bornes d’insertion des batteries de chauffage et de tension, ainsi que les bornes d’attache du téléphone.
- Nous avons représenté par le diagramme de la figure 5 un plan des connexions à établir pour relier convenablement les divers organes du récepteur; en suivant attentivement ce plan, l’amateur ne pourra commettre aucune erreur d’assemblage, la mise en état de fonctionnement de son poste ne lui demandera que quelques instants et ne sera pour lui qu’un jeu.
- Le pont et la table de résistances sont représentés sur le dessin en traits pointillés, les connexions en lignes pleines. Un fil rigide de quelques centimètres de longueur conviendra pour relier les bornes du support
- câble de iusnertâi
- , ~ fond privé de sa Jcn/t/le
- Fig. 3. — Isolateur d’antenne.
- Bobme de se/F
- Compensateur
- Téléphoné
- Fig. 4. — Schéma de principe de l’amplificateur à résistances à 4 lampes.
- aux bornes de la table des résistances. La longueur d’onde utilisée en téléphonie ne nécessite point des connexions extrêmement courtes entre les organes des lampes de réception, aussi n’est-il pas nécessaire de loger la table des résistances sous le support des lampes, il nous semble même plus commode et tout aussi avantageux de la placer devant, telle qu’elle figure sur le plan.
- Nous attirons toute l’attention de l’amateur sur la régula-ri té des connexions qu’il devra établir ; nous lui rappelons :
- a) Que Vextrémité de l’enroulement de la bobine de self se relie au pôle négatif de la batterie de chauffage des filaments (—4 volts) et aussi à la terre;
- b) Que le curseur de cette bobine se relie à l’antenne et à la grille de la première lampe;
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- c) Que le téléphone se branche entre la borne positive de la batterie de plaque (~|- 4o volts) et la quatrième plaque ;
- d) Que le pôle négatif de la batterie de plaque (— 40 volts) se relie au pôle positif de la batterie de chauffage (-j- 4 volts).
- L’armature mobile du compensateur se relie à la première grille; l’une des armatures fixes à la première
- Table de résislances
- — Schéma des connexions de l’appareil amplificateur à 4 lampes.
- plaque; la seconde armature fixe à la quatrième plaque ou quelquefois à la seconde.
- L'emploi du compensateur n’est pas indispensable pour la réception de la téléphonie.
- Le compensateur peut être remplacé par deux galettes plates ou par deux bobines télescopiques de 7 à 8 cm de diamètre, dont les enroulements sont bobinés en sens inverse l’un de l’autre. i5 à ao spires de fil isolé.au coton (fil 6 ou 7 dixièmes) suffisent pour chaque enroulement. Une des bobines est intercalée dans le circuit de la première grille, l’autre bobine dans le circuit d’une des plaques mentionnées. Un couplage plus ou moins serré des deux eproulements détermine une réaction plus ou moins grande des deux circuits et favorise, suivant la plaque connectée, l’accrochage ou le décrochage d’oscillations locales.
- Le condensateur variable qu’on insère entre la borne — 4. volts et la première grille shunte en réalité la bobine de self et permet d’accorder rapidement le circuit oscillant sans avoir à rechercher l’accord par déplacement du curseur sur la self; ce condensateur n'est pas absolument indispensable.
- Lorsqu à la place d une antenne on utilise un cadre, les extrémités du collecteur d’ondes s’attachent aux bornes marquées d’un astérisque sur le schéma de la figure 4 ! la bobine de self est alors supprimée, mais le condensateur variable doit être conservé.
- Les conducteurs reliant la batterie de chauffage aux extrémités des filaments doivent être gros et courts ; les fils de la batterie de plaque seront également le plus court possible. Ces batteries seront toujours parfaitement isolées du sol et des murs; elles peuvent être rangées sur la table même où sont les appareils ou sur une petite caisse placée sous cette table. Les accumulateurs de chauffage doivent être bien chargés ; des filaments insuffisamment incandescents ne donnent qu’une très médiocre amplification.
- Utilisation et réglage. — Un accord rigoureux du circuit oscillant de réception étant une condition indispensable pour entendre la téléphonie sans fil, et la réalisation de cet accord demandant un soin assez minutieux, nous conseillons à l’amateur novice de faire un premier essai de son appareil sur une réception d’ondes amorties de 2600 m., celle d’un des bulletins météorologiques de la 1 our Eiffel, par exemple. Il repérera soigneusement la position du curseur d’antenne pour un maximum d’audition, et sera à peu près certain de pouvoir entendre sur. ce réglage l’émission radiotéléphonique du poste militaire du Champ de Mars.
- D’une manière générale, le meilleur accord est réalisé pour la réception de la téléphonie sans fil de la station parisienne, lorsque le bourdonnement des générateurs d’ondes de l’émission est faiblement perçu dans l’écouteur. Si ce bourdonnement dominait, on l’éteindrait par une correction de réglage en utilisant le condensateur variable du circuit oscillant ou en modifiant très légèrement le jeu du compensateur lorsqu’on utilise cet appareil.
- Le téléphone à utiliser sur le poste à 4 lampes est un écouteur de grande résistance (4000 à 8000 ohms, par exemple). Si l’on ne disposait que d’un écouteur ordinaire à faible résistance, il serait indispensable de monter aux bornes de cet écouteur un petit conden-.sateur fixe de un millième de microfarad environ (deux feuilles de papier d’étain de 4 cm sur U séparées par une lame très mince de mica).
- Pour éviter qu’à la longue le courant continu de plaque qui traverse l’écouteur ne désaimante légèrement les pièces polaires, il est prudent de renverser de temps à autre les connexions de cet écouteur; on peut, dans la même intention, lui adjoindre un des dispositifs de protection C ou D que nous avons décrits au chapitre des amplificateurs, ou adopter l’excellent transformateur « Ferrix » type AT que vend la maison Lefébure, 64, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- On peut ajouter, dans des cas tout à fait exceptionnels, comme celui d’une audition publique, un, deux ou trois étages d’amplification en basse fréquence au dispositif à 4 lampes. Nous recommandons alors d’utiliser une seconde batterie de chauffage et une seconde batterie de plaque, de 80 volts celte fois, afin d’avoir des circuits nettement indépendants. Pour éviter les réactions parasites qui font parfois siffler les amplificateurs à basse fréquence et empêchent toute réception, il pourra être avantageux de shunler le primaire et le secondaire des transformateurs à noyau utilisés pour cette amplification supplémentaire au moyen de petits condensateurs (dix feuilles de papier d’étain de 2 cm sur 2, séparées jxar des lamelles de mica) et de pourvoir la nouvelle batterie de chauffage d’un rhéostat de réglage.
- IL Autres dispositifs. — Nous avons exposé les raisons qui nous font donner sur tout autre la préférence à l’amplificateur à résistances à 4 lampes pour la réception de la téléphonie sans fil : nous indiquerons néanmoins d’autres dispositifs qui, pour être moins sensibles ou moins pratiques, n’en sont pas moins recommandables à des titres particuliers. L’amateur balancera la somme des bénéfices et des inconvénients qu’il- peut trouver à l’adoption de tel ou tel modèle et fixera plus librement son choix.
- Dans Paris, au voisinage de la station du Champ de Mars, un bon détecteur à cristaux, un téléphone et une bobine d’accord permettent d’entendre la téléphonie sans fil et les radio-concerts en utilisant simplement comme collecteur d’ondes un grillage ou une canalisation métallique, quelques fils de fer ou de cuivre, tendus parallèlement à 20 cm des murs et du plafond d’un étage, un câble souple de 8 à 10 m.. de longueur suspendu au centre d’une cage d’escalier, un cadre garni de quelques spires conductrices et- convenablement orienté (cadre de o m. 5o de côté portant de 5o à
- Antenne
- \ Téléphone
- Fig.fi. — Récepteur de téléphonie sans fil utilisant
- condensateur varia b/s
- 'condensateur fixe
- Fig. 7. — Réception de la téléphonie sans fil sur Tesla, avec détecteur à cristaux.
- 60 spires de fil 8/xo ou cadre de x m. portant de 35 à 45 spires de même fil espacées de 5 mm).
- La figure 6 représente un des schémas de montage les plus avantageux à réaliser avec un récepteur rudimentaire au voisinage de la station d’émission.
- La .figure 7 reproduit un dispositif un peu plus compliqué, mais plus efficace pour éliminer des perturbations à proximité de lignes parcourues par de 1 énergie alternative. Le condensateur dessiné en traits pointillés aux bornes de la bobine secondaire du Tesla est variable, à diélectrique air, sa capacité doit pouvoir s’établir entre o et 1 millième de microfarad;
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-
- S. F. DES AMATEURS
- cet appareil n’est pas indispensable, mais sa présence dans le circuit récepteur en facilite beaucoup le réglage.
- A mesure qu’on s’éloigne de Paris, il est nécessaire d’augmenter progressivement les dimensions du collecteur-d’ondes. A 3oo km il est encore possible de recevoir la téléphonie sans fil, mais faiblement, avec un
- simple récepteur à cris-
- Ûor/te L i
- 7
- L
- conaensateur
- vor/âà/e
- Aux appareils de
- T.S.E
- Fig. 8. — Utilisation d’un fil télé, phonique d’abonné comme an tenne.
- Antenne
- F
- g f+j/----1
- 37
- TéJèpfîOnc
- Condensateur fixe
- * Terre
- taux, à la condition d’utiliser une antenne bien dégagée et de grandes dimensions (antenne en nappe de 3 ou 4 fils mesurant de90à 100 m., antenne prismatique à 5 brins de 60 à 70 m, de longueur ou même une ligne téléphonique d’abonné entièrement aérienne reliée aux appareils suivant lé schéma de la figure 8 (le condensateur variable intercalé entre la ligne et les appareils est du type variable, sa capacité doit pouvoir atteindre 2 millièmes de microfarad).
- Il est aisé d’améliorer une réception faible obtenue avec les montages des figures 6 et 7 en ajoutant au dispositif un étage d’amplification par lampe à 3 électrodes; le résultat‘est un renforcement des sons pouvant atteindre /} à 5 fois la valeur de l’intensité initiale.
- La figure 9 montre de quelle façon s’opère l’addition d’une lampe amplificatrice au dispositif utilisant une bobine à un curseur; la figure 10 comment on doit relier les électrodesd’unelampe renforçatrice aux éléments d’un poste récepteur en Te sla.
- Le petitcondensateur C représenté sur le schéma est fixe, sa capacité est très petite : deux feuilles de papier d’étain de 2 cm’2 Fig- 9- — Addition d une lampe de g-^. façg séparées par
- amplificatrice à un récepteur a uue lamelle de mica;le
- ene" condensateur K est va-
- riable et à diélectrique air, sa capacité doit pouvoir varier de 0 à 1 millièmes de microfarad.
- Pour que ce dernier dispositif fonctionne, il faudra inverser les connexions de plaque et de la batterie de 40 volts (+ 40 volts) aux bornes de la bobine S, si l’enroulement de cette bobine n’est pas de sens inverse du sens de l’enroulement du primaire P. Autrement dit, le schéma de la figure 10 convient seulement pour unTesla à enroulements réactifs. L’amplification obtenue par ce
- procédé est grande, elle dépend presque uniquement de la valeur du couplage des bobines P et S; il ne faut pas, toutefois, trop accentuer ce couplage, car il en résulterait une altération très prononcée de la voix et des sons.
- Ce dispositif convient tout particulièrement à la réception des petites longueurs d’ondes et c’est avec lui qu’il convient d’écouter les essais ra-diotéléphoniques des postes d’amateurs; un Tesla de dimensions courantes permet de recevoir les messages téléphonés et les radio-concerts de la Tour Eiffel.
- On renforce aussi puissamment la réception sur les appareils des figures (3 et 7 en les complétant avec deux ou trois étages d’amplification à basse fréquence au moyen de petits transformateurs à noyaux de fer tels que ceux que nous avons décrits au chapitre des amplificateurs. Le primaire du premier transformateur (transformateur d’entrée) prend la place du téléphone qu’on
- Fig. 10. — Récepteur autodyne réalisé avec un Tesla.
- reporte dans le circuit de la dernière plàqüe. L’amaleur qui ne voudra pas construire lui-même ses transformateurs pourra adopter les petits transformateurs « Ferrix » du commerce qui sont d’un prix très abordable ou le s radio-blocs Brunet.
- La figure 11 représente \ 1 Antenne un montage autodyne légè- ^ rement différent de celui cjue nous avons décrit dans le chapitre consacré à la réception des ondes entretenues (construction d’un hétérodyne).
- L’appareil nouveau comprend deux enroulements réactifs de même valeur, ayant chacun 65 spires, les dimensions des carcasses étant celles des carcasses Fig- JI- Récepteur autodyne de l’appareil décrit dans sur antenne-
- ce chapitre.
- Un petit condensateur shunté (fîg. 12) est intercalé dans le circuit de grille; cet accessoire est facile à réaliser au moyen de
- Terre
- deux bandes de papier d’étain se recouvrant sur une surface de 2 cm3, séparées par une lamelle de mica et reliées par un trait de crayon au graphite.
- La figure i3 reproduit
- Résistance de 1 megohm (graphitai
- Armature en papier c/'étain
- le même dispositif utilisé avec un cadre. a
- Un appareil beaucoup plus sensible est représenté par le schéma de la figure 14-
- Il fonctionne bien sur
- cadre, très bien sur antenne. C’est un amplificateur a 3 lampes d’une réalisation écouomique et facile, les petits transformateurs qu’il utilise étant d’une extrême simplicité : 65 m. de fil 12/10 isolé à l’émail ou au coton pour le secondaire, bobine à tours jointifs en plusieurs couches séparées par une bande de papier paraffiné sur un anneau de carton de 5 cm de diamètre et 5 mm de largeur; autant pour l’enroulement primaire bobiné par-dessus l’enroulement secon daire.
- Le petit condensateur shunté qui fait fonctionner la 3° lampe en détectrice est exactement celui du
- Borne | Plaquette Papier d’ébonite iso/ant
- Fig. 12. — Petit condensateur de grille shunté.
- Cadre
- Condensateur
- Shunté
- -CP-
- «1 Piaque
- Fig. i3.
- Fétit condensateur
- - Réception autodyne sur cadre.
- C.VOOtmfd
- Fig. i4. — Réception sur antenne ou sur cadre avec montage amplificateur en haute fréquence.
- récepteur autodyne; quant au petit condensateur qui fait réagir la première grille sur la deuxième, il doit être variable, à diélectrique air et avoir une très laible capacité.
- Franck Duroqujer.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- CM.
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- C5&
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1922 (')
- midi, le
- Mois calme, astronomiquement parlant. La plupart des planètes sont inobservables, ou mal placées pour être étudiées. A noter le plus grand éclat de Vénus, le 27, la plus grande élongation de Mercure, le 3i, quelques conjonctions et la chute des Orionides, du 16 au 22.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil devient de plus en plus australe. De —2059' le 1e1 octobre, elle atteint — i3°5y' le 3i. Les jours diminuent rapidement. Leur durée, qui est de nh4om le i°r octobre, n’est plus que de 9h 56 le 3t.
- Par suite du mouvement de la Terre et du méridien adopté pour compter le temps, le Soleil passe au méridien environ une demi-heure avant midi légal, à la fin du mois. Le résultat est une inégalité de la durée du jour qui s’observe surtout à la tombée de la nuit. Ainsi, le 27 octobre, le Soleil se lève à 6h 3om, soit 5h 3om avant midi légal. Il se couche ce jour-là à i6h39m, soit 4h 39ra après le midi légal. L’effet de cette diminution est donc surtout sensible le soir.
- Le tableau suivant donne, de 5 en 5 jours, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que doit marquer une bonne horloge très bien réglée lorsque le centre du Soleil passe au méridien. Ce renseignement est fort utile pour tracer la méridienne.
- Une simple interpolation donnera, pour les dates intermédiaires, et avec une approximation suffisante, la valeur du temps moyen à midi vrai pour les autres jours du mois.
- Dotes. Temps légal.
- Octobre ier 1U 4om 3'is
- — 5 1 xh 3 9m 17*
- — 10 1 ih 37“ 5is
- •*— i5 uh36“37s
- — 20 iih35“37s
- 2$ 1 ih 34“ 53s
- — 31 nh34“ 23s
- Pour l’orientation des dessins ou des photographies de la surface solaire, utiliser le tableau ci-après (voir la définition des lettres P,
- B0, L0, au « Bulletin astronomique « du N° 25 r6).
- Fig. t, — Région du Radiant des Orionides (dans le petit cercle près de v Orion).
- Dates. P. B0 L„
- Octobre 3 + 26°,22 + 6°, 5 8 i5o°,58
- — 8 + 26°,40 -j- 6°,29 840,62
- — i3 + 26°, 39 + 5°, 96 i8°,66
- — 18 -j- 26°, 20 + 5o,58 3i20,7o
- 23 + 25°, 82 -b 5o,i 5 2460,76
- — 28 + 25°, 25 + 4°,69 x8o°,82
- Lumière zodiacale- — Voici l’époque pour observer, le matin, la lumière zodiacale. Dans les nuits très pures et sans clair de Lune, on la verra, dans l'écliptique, avant l’arrivée de l’aurore, comme une sorte de cône nébuleux. La lumière zodiacale n’a pas la même forme le matin que le soir, elle est plus effilée le matin à son extrémité opposée au Soleil.
- L’étude de la lumière zodiacale est fort intéressante à entreprendre, elle pose encore un certain nombre de problèmes à résoudre, problèmes que peuvent aborder les amateurs.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois d’octobre seront les suivantes :
- P. L. le 6, à oh 58m 1 N. L. le 20, à i3h4om D. Q. le 13, à 2ih55m | P. Q. le 27, à x3h 26“*
- 1. Les heures indiquées dans ce Bulletin astronomique sont évaluées en temps moyen légal, compté, de o1' à 2/j1' à partir de minuit. Tant que Yheurc d’ctè sera en usage, il y aura lieu d’avancer tous les temps figurant ici de une heure.
- Age de la Lune, à midi, le Ier octobre io-i,3 ; le 21 — oJ,9-
- Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Tr ou le 21 et 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- L’âge de la Lune est une donnée dont on se sert pour classer ou cataloguer des dessins ou des photographies. Cette donnée, toutefois, est insuffisante. Il vaut mieux lui substituer la longitude du terminateur. Nous avons donné une méthode facile permettant d’effectuer ce calcul au moyen de la Connaissance des Temps. Si cette méthode intéresse les lecteurs de ce « Bulletin astronomique », nous la donnerons dans un prochain numéro.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 12 = + 180 11'; le 28 = — 180 14'.
- Ces époques correspondent au moment de la plus haute et de la plus faible élévation de la Lune sur l’horizon.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 octobre, à 2oh. Parallaxe — 53'59". Distance = 406 196 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 octobre, à i7h. Parallaxe ~6i'jo". Distance = 358 5oo km.
- Observations physiques. —-L’observation de la surface lunaire au moyen d’une lunette de faible puissance offre déjà un immense intérêt,
- Nous conseillons de reconnaître les objets lunaires en s’aidant d’une bonne- carte et, si possible, de l’Atlas lunaire de MM. Lcewy et Puiscux, ou de celui de M. Le Morvan, récemment publié (1)..
- Si l’on dispose d’une lunette plus puissante, on pourra se livrer à une élude des variations lunaires. C’est là un travail de longue haleine qu’il faut continuer pendant des années.
- En général, les observateurs ont une tendance à attribuer à des variations réelles les différences provenant de l’éclairage variable du Soleil, différences interprétées sur des images à la limite de la vision. Il faut un grand sang-froid et une complète indépendance d’esprit pour discuter les résultats observés.
- Il serait du plus haut intérêt de calculer les époques où le même éclairement se reproduit sur une région lunaire donnée, et de prendre des dessins, et surtout des phetographies à ces époques. Par même éclairement, il faut entendre que sur la région considérée le Soleil occupe le même azimut lunaire et la même élévation sur l’horizon de la Lune.
- En réalité, notre satellite offre un beau champ d’études aux amateurs possédant de bons instruments.
- Occultations d’étoiles par la Lune visibles à Paris. — Une seule occultation d’une étoile un peu brillante sera visible en octobre :
- Le 27, occultation de l’étoile v Capricorne (gr. 5,2), de 2ih5im à 22h45“.
- Marées, Mascaret. — Les marées atteindront une assez forte amplitude au moment de la Pleine Lune du 6 octobre et une très forte amplitude au moment de la Nouvelle Lune du 20. Voici les heures des marées les plus importantes à Brest, au moment de cette Pleine Lune : - •
- 1. Librairie Thomas, 4L rue Notre-Dame-des-Champs, Paris.
- 67 j§|h
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Octobre 19 2h 2gm 0“>97 i4h 53” i”,o4
- — 20 3h i5” lm,og i5h38” 1”, i3
- — 21 4h im im,i5 i6h23” i“, i5
- — . 22 4h 44m 1m, 14 i7h 5“ i“,ii
- — 23 5h 28” i“,oë 17“ 49“ i”,oo
- — 24 6h I 2m om,g3 i8h33” o“,85
- Pour avoir l’heure de la marée dans les autres ports, se reporter au « Bulletin astronomique » du N° 2402.
- Le phénomène du mascaret se produira à l’époque des grandes marées de la Nouvelle Lune du 20. Le tableau suivant, reproduit d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, contient les heures d’arrivée du mascaret pour Quillebeuf, Villequier et Caudebec :
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Octobre 20 i”,09 6h 56” 7h 33“ 7“42“
- — 20 i”, i3 I9h16” iq11 53” 20h 2”
- 2 1 1”, i5 7h 36” 8h i3” 8h 2 2m
- — 21 i”, i5 igh 57“ 20h 34“ 20h 43”
- 22 i”,i4 8h 16“ 8h 53“ gh 2”
- — 22 1”, 11 20h 37“ 2 0 14™ 2Ih 23“
- III. Planètes. - — Le tableau suivant, établi au moyen des
- données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, contient les renseignements les plus importants pour l’observation des planètes pendant le mois d’octobre :
- ASTRE Dates : OCTOBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- 6 51 57” ii‘ 38”5g5 i7h 20” I2h 46”
- Soleil . . . 16 6 13 11 36 24 *7 0 i3 20
- ,6 6 28 11 34 46 16 4i 14 0
- 6 7 44 12 38 J7 32 i3 45
- Mercure. . 16 6 8 ! 1 26 16 44 i3 12
- 26 4 5i 10 33 16 i5 12 58
- 6 10 2,5 i4 26 18 27 i5 33
- Vénus. . . iÔ 10 28 i4 î 5 18 2 16 2
- 26 10 17 i3 56 17 35 l6 22
- 6 14 2 18 54 2 I 46 !9 2
- Mars. . 16 i3 41 l7 43 2 t 42 19 3o
- 26 i3 24 >7 32 2 l 40 *9 59
- Jupiter. . . 16 6 41 t I 58 *7 16 i3 45
- Saturne . . 16 5 12 r i 2 16 52 12 48
- Uranus. . . 16 i5 37 21 0 2 23 22 48
- Neptune. . 15 0 iy 7 36 i4 53 9 21
- ! Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 23 octo-1 bre à nh. Il est inobservable.
- Saturne sera en conjonction avec le Soleil le 4 octobre, à 17h. Il est, comme Jupiter, inobservable en ce moment. Voici les éléments de l’anneau à la date du 6 octobre •.
- Grand axe extérieur........................ 35",42
- Petit axe extérieur........................ -|_ 5", 19
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -f- 8° 25'
- Haut, du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. -f 8° 8'
- Nous voyons à présent la face Nord de l’anneau. Uranus est visible une grande partie de la nuit. Il se trouve pendant tout le mois très près de l’étoile \ Verseau (à moins de 1 degré). On le trouvera facilement à l’aide de la petite carte publiée au « Bulletin astronomique « du N6 2512. Rappelons que l’on peut suivre Uranus avec une simple jumelle. L’observation des satellites exige de très puissants instruments.
- Neptune est visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore, près des étoiles tO-tc2 du Cancer. On le cherchera au moyen de la petite carte publiée au N" 2499.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 11\ Uranus en conjonction avec la Lune, à 20 40' S. Le 9, à g\ Mercure — — Jupiter à 4° 28'S.
- Le 14, à 7h, Mercure — — a Vierge (gr. 1,2),
- à o° 9' N.
- Le 16, à ih, Neptune — — la Lune, à 3° 47' N.
- Déclinai-
- — 40 55'
- — 8 42
- — 12 16
- — 14 33
- — 857
- — 4 25
- — 24 fi
- — 26 i3 — 27 22
- -- 25 24
- —- 24 19 -- 22 54
- ~ 9 42 --- 2 43
- — 8 31 + i5 3q
- Diamètre
- apparent.
- 3a' 3" 6 32 9,6
- 32 14,4
- 9,4
- 10,0
- 7.8
- 32.6
- 37,8
- 44.6
- 10,0
- 9.4
- 8.8
- 28.6 14,2
- 3,6
- 2.4
- Constellation
- et
- étoile voisine.
- VISIBILITE
- Vierge
- Vierge
- Balance
- a Vierge a Vierge 0 Vierge
- ô Scorpion a Scorpion a Scorpion
- v Sagittaire h Sagittaire b Sagittaire
- m Vierge
- y Vierge
- X Verseau
- Cancer
- )Le matin, à la fin du mois, > en de mauvaises con-S ditions.
- ^Aussitôt le coucher du !> Soleil. Plus grand éclat ) le 27.
- 1
- I Dès .l’arrivée de la nuit.
- Inobservable. Inobservable. Premièrepartie delanuit. Le matin.
- Mercure, dans la constellation de la Vierge, sera en conjonction inférieure avec le Soleil, le i5 octobre, à iih. Il s’écarte ensuite assez rapidement du Soleil, et atteindra sa plus grande élongation du matin, le 3i octobre, à i8°3i' àl’Ouëst du Soleil. On pourra le rechercher à la fin du mois, quelques jours avant et après le 3i.
- A noter une intéressante conjonction de Mercure avec la belle étoile a Vierge (grandeur 1,2), le 14 octobre. EUè sera malheureusement inobservable, à cause de la proximité du Soleil.
- Vénus atteindra son plus grand éclat le 27 octobre. Elle se couche de plus en plus tôt, et sa grande déclinaison australe nuira considérablement aux observations.
- Voici le disque illuminé et la grandeur stellaire de
- Vénus pendant le Dates. mois d’octobre : Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 0 V-) 0,38 — 4,2
- — 8 o,35 — 4,2
- — i3 o,31 -4,3
- — 18 0,28 — 4,3
- — 2 3 0,23 — 4,3
- — 28 009 — 4,3
- Mars est encore visible le soir, toujours très bas sur l’horizon. Son diamètre diminue et les observations que l’on pourra faire, même avec de bons instruments, seront très limitées.
- Le 19, à i6h, Saturne Le 19, à 2i\ Mercure Le 20, à i6h, Jupiter Le 23, à 5h, Vénus Le 27, à 5h, Mars Le 3o, à i6\ Uranus
- la Lune, à i° 5' N. la Lune, à i°38' S. la Lune, à i° 34' S. la Lune, à io°37' S. la Lune, à 6° 53' S. la Lune, à 20 39' S.
- Etoiles variables. . — Minirna de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 9 octobre, à2],23“; le 11, à 23h 1 anl ; le 14, à 20hom; le 29, à 4h4ra-
- L’observation des minima de cette étoile est fort intéressante à faire. On pourra exposer une plaque photographique au foyer d’un appareil braqué sur la constellation de Persée et laisser les étoiles décrire des traînées. Celle d’Algol montrera l’affaiblissement de la lumière au moment du minimum.
- Etoile polaire. — Voici les heures de passage do l’Etoile polaire au méridien de Paris, de 10 en 10 jours :
- Dates. Passage supérieur.
- Octobre
- 0h2Im 5o“
- -- l3 0l1 2m I 2S
- — i3 23h 58m 165
- — 18 23h38”37s
- — 28 2 2l,59nii8'
- On obtiendra les passages intermédiaires par un calml simple, en remarquant que les passages sont séparés par un intervalle de temps de 231' 5(i'“ 4% durée du jour sidéral.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le passage de l’Etoile Polaire au méridien fournit un excellent moyen pour tracer la méridienne.
- Etoiles filantes. — Yoici la suite du tableau établi par M. W.-F. Denning, donnant les principaux radiants actifs en octobre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- ior au 9 Octobre 24° + 17° y Bélier.
- 7 — 3i° + 18° a Bélier.
- 8 — 43° 4 56° ri Persée.
- i5 et 29 — 1080 + 2 3° ô Gémeaux.
- 18 au 20 — 9°° 4 15° v Orion.
- 18 au 27 — 1080 -j- 12° p Petit Chien
- 20 au 27 — 328° 4- 62° a Céphée.
- 21 au 25 — 112° 4 3o° P Gémeaux.
- En octobre — 2 90 4 8° Baleine.
- 3i — 430 4 2 2° £ Bélier.
- Le radiant de v Orion [ou des Orionides est actif du x6 au 2a et surtout du 18 au 20. 11 donne des météores rapides, laissant des traînées. Sa position est indiquée dans la figure x.
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le Ier octobre, à axh est le suivant :
- Au Nord : La Grande Ourse (Ç, 23 h) ; la Petite Ourse (a, Polaire); le Dragon (v, ty, 0, g).
- A l Est : Persée (Algol, s, rj) ; Cassiopée (/), 1) ; le Bélier (y) ; -le Taureau; la Baleine (Mira Ceti, y, 37).
- Au Sud : Pégase (s, n, 1, 3); le Yerseau (ç, tr, 83 h, 44 94); le Capricorne (a, p, p, 0). Le Poisson Austral dont l’étoile a (Fomalhaut), de iro grandeur, est l’étoile la plus brillante et la plus australe visible de Paris, glisse à l’horizon Sud.
- A VOuest : La Lyre (e, 8, Ç, rj, a); l’Aigle (y, i5 h); la Flèche (?) ; le Dauphin (y); Hercule (M. 13, a, y., p, 95, S) ; le Cygne (p). Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ecran protecteur pour interrupteur. — Lorsque les interrupteurs à couteaux utilisés dans les installations sont dans des endroits accessibles, il arrive qu’un contact involontaire puisse occasionner des accidents graves et il est utile d’y remédier.
- Pour cela on coupe une plaque protecti'ice du format identique ou presque au socle de l’interrupteur. Cette plaque est montée sur deux supports métalliques qui sont vissés sur la barrette reliant les couteaux de l’interrupteur et portant la poignée de manœuvre.
- De cette manière, quand on ferme l’interrupteur, la plaque se trouve placée devant les couteaux, elle forme écran et elle évite to.ut contact dangereux pour l’ouvrier ou pour celui qui doit évolue'r au voisinage de l’appareil.
- Petite lampe balladeuse. — La lampe balladeuse rend beaucoup de services, spécialement quand il s’agit de réparer une automobile sur la route. Il n’est pas besoin d’avoir une grande lumière et une lampe de petit modèle est suffisante.
- On peut alors utiliser une lampe de tableau d’automobile qui offre l’avantage d’être petite et d’être protégée du brçs par une petite monture.
- Cette lampe sera fixée sur une pince à linge en perçant un trou de dimension correspondant à la tige de la monture de la lampe. On prendra une longueur de fil souple suffisante pour que l’on puisse brancher la lampe sur la batterie de la voiture tout en ayant la possibilité d’accès dans tous les points du châssis.
- La pince à linge donne le moyen simple de placer la lampe en différents endroits. La pince qu’on ouvre peut facilement se refermer sur les tôles et les fers du châssis, sur un câble quelconque, sur un rais de roue, etc., et l’on peut alors procéder à la réparation en dirigeant la lumière au point voulu.
- L’emplacement d’iin compte-gouttes. — Yoici le moyen imaginé par un dessinateur pour loger la petite pipette de verre garnie d’une poire en caoutchouc qui lui servait à prendre quelques gouttes de liquide dans un flacon de temps à autre.
- Quand ce liquide est de l’encre, en particulier, chaque fois que la pipette a servi,' il faut la placer sur une feuille protectrice, étant donné les taches d’encre que l’on peut occasionner. De plus, cette situation instable n’empêche pas la pipette de rouler et de produire les pires désastres sans compter que l’on ne retrouve jamais l’instrument en question quand on en a besoin.
- Pour éviter tous ces désagréments, notre dessinateur ingénieux fixa sur le bouchon de la bouteille un fil de cuivre enroulé en boucle, à quelques centimètres de distance du bouchon pour obtenir un peu de rigidité et terminé par une forme de ressort à boudin qui se trouvait disposé verticalement.
- On comprend immédiatement que ce ressort à boudin sert de logement à la pipette qui n’est autre qu’un cylindre de verre effilé. Il suffit de donner au boudin un diamètre intérieur très légèrement plus faible que le
- diamètre extérieur du verre. D’ailleurs, on x’éalise ainsi un léger serrage, ce qui immobilise la pipette au repos.
- Quand on veut en faire usage, on a donc toujours l’appareil à portée de la bouteille.
- Ce moyen est applicable dans tous les cas où l’on a besoin d’une pipette, en particulier quand on remplit les stylographes par ce moyen.
- Modification simple à une burette de graissage.
- — Quand il s’agit du graissage de machines un peu compliquées, il est toujours utile d’avoir des burettes à très long col. Cependant les burettes du commerce ont des becs de dimensions presque toujours uniformes et les plus longues sont encore insuffisantes assez fréquemment.
- On a chei’ché à remédier à cela en montant sur le bec de la burette un tuyau flexible qui pouvait épouser les formes les plus diverses afin d’arriver au trou graisseur. Mais si cette disposition est intéressante' quand il s’agit de machines un peu importantes, elle ne saurait convenir quand on s’adresse à des machines de précision de dimensions restiœintes ou plus simplement encore à une simple motocyclette où la facilité du graissage a été le moindre souci du constnicteur.
- On peut remédier très simplement à tout cela en fixant sur le bec de la burette un simple fil de cuivre aussi long que l’on voudra. Ce fil pourra suivre tous les contours les plus sinueux et les plus compliqués à volonté et la goutte d’huile qui soi’t de la burette suivra le chemin du fil, car elle coulera sur ce guide métallique avec facilité.
- On peut réaliser un montage démontable très facilement en soudant le fil à une bague amovible. Cette bague sera percée à la dimension du bec de la burette, et quand on voudra graisser des parties inaccessibles, il sera commode de prendre le dispositif et de le monter sur le bec de la burette ainsi très simplement transformée.
- Guide d’entrée de serrure. — Il est souvent difficile de trouver l’entrée d’une serrure quand il s’agit de portes que l’on ne peut éclairer la nuit, comme par exemple les portes d’extérieur dans les jardins ou les communs.
- On peut agencer une pièce guide que l’on placera sur la serrure. Cette pièce aura la forme d’un entonnoir très évasé dont le fond vient entourer l’entrée de la clé. Cet entonnoir est fixé sur une plaque qui permettra de maintenir le tout sur la porte au moyen de vis à bois, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de percer un trou dans le corps de la serrure que l’on modifie.
- Evidemment cette combinaison n’est guère applicable aux portes d’appartement, mais elle s’adresse surtout aux portes de magasins, de celliers, de caves et aussi aux portes d’entrées de propriété. N’allez pas croire que nous vous indiquons ce moyen de trouver le trou de la serrure, parce que nous avons pensé que vous rentrez quelquefois avec une main peu assurée pour ouvrir la porte.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Appareil cinématographique aPathé-Mundia». Constructeurs : Etablissements Continsouza, 4°3, rue des Pyrénées, Paris, 20°.
- T. S. P. —- M. A, B., à, Paris. —• Badins météorologiques de la Tour Eiffel.
- Voici les indicatifs des stations météorologiques dont les observations figurent dans les bulletins météorologiques de la Tour (messages d’observations synoptiques françaises : 2h2o, 8h2o, i4h20 et ig''2o.
- oi. 02. o3. 04. 07. 08. 09.
- 10.
- 11.
- Rochefort.
- Bayonne.
- Bordeaux.
- Bruxelles.
- Dijon.
- Calais.
- Limoges.
- Lyon.
- St-lVIathieu.
- i3. Mayenne,
- i4- Montpellier.
- j5. Paris (Le Bourget)
- 18. Rennes.
- 19. Strasbourg.
- 20. Toulon.
- 21. Toulouse.
- 22. Tours.
- 26. Ajaccio.
- 27. Argentan.
- 28. Amiens.
- 29. Cosne.
- 38. Le Havre.
- 31. Marignane.
- 32. Metz.
- 34. Romilly.
- Pour les
- messages
- peens (émis a ir'.io)
- d’obsei’vations synoptiques euro-les indicatifs sont les suivants :
- 01, Paris. i5. Blacksod Point 3o. Mahon.
- 02. Madrid. 16. Biarritz. 3i. Cracovie.
- o3. Vienne. 17. Tunis. 3i. Holy Head.
- 04._ Stockholm. 18. Prague. 33. Berne.
- o5, Stornaway. 19. Wardo. 34- Le Helder.
- 06. Clermont - Fer- 20. Seydisfiord 35. Parala près
- rand. 21. Scilly. Ajaccio.
- 07. San Fernando. 22. Nice. 36. Londres.
- 08. Munich. 23. Dantzig. 37. Hambourg,
- 09. Haparanda. 24. Tynemouth. 38. Ile d’Aix.
- 10, Thornshawn. 25. Perpignan. 3g. Bruxelles.
- 11, Saint-Mathieu. 26. Skudesness. 40. Valentia.
- 12. Alger. 27. La Corogne 41. Rabat.
- i3.. Varsovie. 28. Florence, 42, Lisbonne.
- 14. Bronno. 29, Flano. 43, Horta.
- Réponses. — M.II. Gilly, à Boufarik. — La mauvaise tenue des tonneaux en bois pour le transport de Vacide phosphorique, dans les conditions que vous indiquez, doit selon nous être due pour une grande part au poids exagéré, i5o kg, qui les rend peu maniables et aussi sans doute à l’épaisseur insuffisante des douelles qui très probablement n’ont pas été calculées pour emmagasiner un produit de si forte densité. Nous vous conseillons donc de réduire la capacité et de faire construire des fûts analogues à ceux de brasserie supportant de fortes pressions, En outre vous pourriez faire un enduisage intérieur soit 4 la résine fondue, soit au silicate de soude, quelques essais en petit vous fixeront rapidement sur le meilleur procédé dans ce cas spécial.
- M. Manche, à Vannes (Morbihan). — Le plâtre, lorsqu’il a fait prise, contient deux molécules d’eau de cristallisation, c’est-à-dire que séché à l’air, sa formule correspond à celle du gypse primitif Ca SO4, 2 II* O, il perd cette eau vers ii5° C, d’où nécessité de n’employer pour le moulage des métaux que des moules en plâtre anhydre, c’est-à-dire passés à l’étuve après séchage à l’air. Comme ce séchage peut diminuer légèrement la cohésion, il est bon, avant de le pratiquer, d’immerger les moules dans une dissolution de borax à 200 gr. par litre, que l’on porte à ébullition. Après 5 minutes de séjour dans le bain, on enlève le moule, laisse égoutter, puis sèche finalement à l’air et à l’étuve ainsi qu’il est indiqué précédemment.
- M. A. M,, à Arles-sur-Rhône. — La fabrication des parfums synthétiques n’est pas du domaine de l’amateur, elle demande non seulement des connaissances très étendues en chimie organique, mais aussi une spécialisation; vous pourrez yous en rendre compte en consultant les ouvrages suivants : L’Industrie des parfums, •d’après les théories de la chimie moderne par Otto, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustms ; Technique de la fabrication des parfums naturels et artificiels, par Gattefossé (même éditeur) ; Nouveau formu-
- laire des parfums, par Durvelle, éditeur Desfoi’ges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Naisnel, à Courcelles-les-Lens (Pas-de-Calais). — i° La meilleure enveloppe que. vous puissiez employer pour conserver des pruneaux fourrés est certainement la cellophane, qui est constituée par une feuille transparente de cellulose pure, résistante, souple et homogène. Elle n’adhère pas aux doigts, est inexplosive, insoluble dans l’eau, même bouillante, inaltérable dans tous les milieux, sa conservation est indéfinie. On a constaté qu’elle était imperméable à l’air, aux corps gras, aux essences, et conserve par suite l’arome du produit enveloppé. Sans odeur et sans goût, la cellophane est inoffensive, on peut l’appliquer directement sur les aliments, elle n’est sujette ni aux fermentations ni aux moisissures. Vous pourrez trouver cet article en toutes couleurs, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin ; — 20 La loi française sur les marques de fabrique et de commerce date du 23 juin 1857, elle a été modifiée sur des points de détails par la loi du 3 mai 1890. Aux termes de cette loi : sont considérés comme marques de fabrique et de commerce, les noms sous une forme distinctive, les dénominations, emblèmes, empreintes, timbres, cachets, vignettes, reliefs, lettres, chiffres, enveloppes et tous autres signes servant à distinguer les produits d’une fabrique ou les objets d’un commerce. Pour être valable une marque doit être non seulement nouvelle dans son application aux produits qu elle doit distinguer, mais encore elle doit présenter un caractère suffisant d’originalité ou de fantaisie. En particulier, les dénominations ne doivent pas correspondre aux dénominations usuelles des produits auxquels elles s’appliquent, mais présenter une spécification caractéristique.
- La propriété d’une marque de fabrique s’acquiert soit en faisant usage avant que quiconque en ait fait usage ou l’ait déposée, soit en la déposant le premier avant que quiconque en ait fait usage. L’usage antérieur par un tiers l’emporte sur le dépôt qui n’est que déclaratif et non attributif de propriété. Le dépôt s’effectue au Greffe du Tribunal de Commerce du domicile du déposant, la taxe légale est de quelques francs seulement et s’applique à toute la durée du dépôt. Cette durée de validité est de i5 années et ce dépôt peut être renouvelé tous les i5 ans indéfiniment.
- M. Demoulin, à Auray. — Si vos tonneaux n’ont contenu que de l’huile comestible, il est inutile de leur faire subir aucune opération pour les en débarrasser, l’huile sans goût ni odeur n’est pas nuisible au vin, au contraire, en se rassemblant à la surface elle empêche le développement du Myçoderma accti et prévient le piquage.
- M. G. Pecot, à Santander. — Nous nous sommes longuement étendus, dans les « Recettes de l’Atelier », sur les difficultés que présente la soudure de Valuminium. Au point de vue documentaire nous avons publié un grand nombre de formules, en particulier celle dont vous parlez, mais nous considérons qu’il faut plutôt retenir les formules dans lesquelles entre de l’aluminium, l’absence de ce dernier est très probablement cause de votre insuccès. A notre avis il est préférable pour un amateur d’acheter une préparation toute prête, par exemple le Stagnéol de la maison Benoît, 7, rue de Malte, qui s’emploie au fer à souder et qui ne vous reviendra pas beaucoup plus cher que si vous faisiez l’acquisition au prix de détail de chacun des métaux séparément,
- M, E, Guitel, g Paris, — i° A notre avis, Ja chaux vive est encore le moyen le plus simple et le plus économique pour assécher un endroit humide. On peut également employer le chlorure de calcium sec, mais il vous sera très probablement assez difficile de vous le procurer à Alexandrie. D’après le Dr Pierre Sée qui s est particulièrement occupé de la piqûre des papiers, les soins à donner à une bibliothèque consistent surtout dans une aération fréquente et un battage des livres. De temps à autre on enfermera ceux-ci dans une caisse pouvant se clore hermétiquement et on y fera pénétrer des vapeurs d’aldéhyde formique obtenues par décomposition de trioxyméthylène à raison de 10 grammes par mètre cube de capacité, le séjour sera de 24 heures. Cette décomposition peut être faite dans un petit ballon
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- de verre placé sur le côté de la caisse et surmonté d'un tube coudé dont l’extrémité s’engage (dans un trou ad hoc. Une petite lampe à alcool suffit à l’opération; — 20 L’inconvénient que vous nous signalez doit surtout être du aux impuretés solides en suspension dans le pétrole, impuretés résultant des transvasements divers en récipients peu soignés. Nous pensons qu’une filtration préalable sur tampon de laine améliorera considérablement la qualité du produit ; — 3° Yous trouverez tous renseignements dans la Bibliothèque pratique du colon publiée sous la direction de Paul Hubert, ingénieur colonial, en particulier dans l’ouvrage Fruits et légumes des pays chauds. Demandez également catalogue des ouvrages de culture coloniale à l’Office colonial, Galeries d’Orléans, au Palais-Royal; —4° aucun vernis ne vous donnera de résultat satisfaisant pour réparer de la moleskine, celle-ci après usage est craquelée et toute application donnera des surépaisseurs du plus disgracieux effet. Il faudrait enlever complètement l’ancien enduit, comme font les peintres, mais alors l’opération n’est plus pratique, ni économique, il est préférable de faire acquisition de moleskine neuve.
- M. Lorsignol. — Pour donner au plâtre le ton de vieil ivoire on fait un mélange de cire vierge et d’essence de térébenthine que l’on fond au bain-marie et colore par une trace de terre d’ombre, on y plonge les statuettes et laisse dans le liquide jusqu’à ce que toutes les bulles d’air se soient dégagées, on retire du bain, fait égoutter et bien sécher, puis on fait reluire avec une flanelle très propre. Il est bon d’opérer d’abord sur de petites pièces sans valeur pour acquérir le tour de main indispensable dans l’exécution de tous ces petits travaux.
- M. Minguet, à Pierrepont-sur-Avre. — Le moyen le ‘ plus pratique pour imperméabiliser une bâche d'auto est de la tremper dans un mélange de :
- Paraffine......................... 75 gr.
- Blanc de baleine................... 20 —
- Vaseline blanche.............. . 5o —-
- Benzine............................3oo c. c.
- Essence d’automobiles..............4^0 c. c.
- On fait fondre au bain-marie la paraffine, le blanc de baleine et la vaseline, laisse légèrement refroidir, puis ajoute successivement la benzine et l’essence.
- Pour l’emploi, amener dans une cuve à la tempéra-
- ture de 45-5o° C, immerger l’étoffe, puis faire passer entre deux rouleaux pour enlever l’excès de liquide, faire sécher de préférence en chambre chaude. — N. B. Prendre toutes dispositions utiles pour éviter l’inflammation de l’essence et de la benzine pendant les manipulations.
- P. E. M., à Lyon. — i° On peut obtenir un bon savon pour la barbe, genre Gibbs, en prenant :
- Savon blanc irs qualité . . . 1000 gr.
- Crème de savon............. 2Ô0 —
- Essence d’amandes amères . 2,5
- Terpinéol.................. 2,5
- Héliotropine. ....... 0,25
- Réduire en copeaux le savon, y incorporer la crème puis les essences, passer enfin à la boudineuse pour mouler en cylindres.
- La crème de savon s’obtient ainsi. Prendre :
- Acide stéarique........... 25 gr.
- Eau distillée. ........ 200 —
- Glycérine...................... i5 —
- Ammoniaque liquide........ 5 —
- Essence de géranium. .... 1 —
- Terpinéol.................... o,5
- On mélange l’eau, la glycérine, l’ammoniaque et porte à la température d’environ 5o° C, on y incorpore alors peu à peu l’acide stéarique préalablement fondu, une fois le mélange rendu bien homogène et refroidi on ajoute en dernier lieu les parfums.
- 2° Une bonne formule de savon dentifrice est la sui-
- vante :
- Savon de Marseille..............1000 gr.
- Carbonate de chaux précipité . 1000 —•
- Poudre de racine d’iris .... 1000 —
- Sucre en poudre................. 5oo ——
- Eau de roses................... 5oo —
- Essence de menthe................ 20 —
- Essence de girofle...........' 20 —•
- Anéthol......................... 10 —
- Le savon préalablement réduit en copeaux est dissous dans l’eau chaude, on y ajoute après refroidissement l’eau de roses et incorpore le liquide obtenu aux poudres d’iris, de carbonate de chaux et de sucre préalablement mélangées et additionnées des essences. La coloration s’obtient au moyen d’un peu de carmin de cochenille,
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ____________—
- Evolucion planetaria, par J. Obrich. i vol. illustré 202 p. Juan Perrotti, éditeur, Buenos-Ayres, 1922,
- A. B. C. of Wireless. A popular Explanation, par Percy W. Harris, i vol. illustré 64 p. The Wireless Press, éditeur, Londres, 1922. Prix franco : 8 d.
- L’Union d'Electricité etla Centrale de Gennevilliers, par Ernest Mercier, i vol. illustré, 5op.,5 pl. hors texte, 53 fig. Revue Industrielle, éditeur, Paris, 1922.
- La Centrale de Gennevilliers, actuellement en construction, sera, avec ses 300 000 kilowatts installés, la plus puissante Centrale du monde. Elle comporte de nombreuses dispositions originales et audacieuses. On trouvera dans ce volume un aperçu complet et précis sur çette grande entreprise qui témoigne de la vitalité de l’industrie française d’après-guerre.
- Gazogènes et moteurs à gaz pauvre à la portée de tous, par R. Champly, ingénieur-mécanicien, 20 édit., 1 vol. gr, in-8 de a3a p., 90 gr. Desforges, éditeur, Paris, 1922. Prix : j S francs.
- Cet ouvrage contient des conseils précis sur l’usage, la conduite, l’entretien des appareils modernes à gaz pauvre : gazogènes et moteurs, et des données sur leur consommation.
- Eléments de soudure autogène, par questions et réponses, par MM. Granjon, P. Rosemberg et M. Piettiï. — 1 vol. de 272 p., 220 fig. Publication de l’Acétylène et de la Soudure autogène. 106, boulevard de Clichy, Paris, 1922.
- Le succès de ce petit volume est attesté par son tirage qui atteint maintenant son 4o° mille.
- Sa rédaction, sous forme de questions et de réponses, en fait un manuel précieux pour la formation des apprentis et débutants, et en même temps un hecueil d’une consultation très commode pour tous les techniciens qui y trouveront une documentation éprouvée.
- Les cirages, encaustiques, cire à frotter, modeler, cacheter, crèmes pour chaussures, mixtures pour entretien des cuirs, par Margivar, i vol. in-16 br. de xiv-275 p. Desforges, éditeur, Paris, Prix : 9 francs.
- Le présent ouvrage, tout en comportant de nombreuses formules pour la préparation des cirages ordinaires, contient un grand choix de recettes pour fabriquer, en petit ou en grand, les crèmes pour chaussures de tous genres. Un chapitre spécial guide pour le choix rationnel des matières premières : cires, solvants, pigments, si nombreuses depuis les progrès de la chimie industrielle.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’auteur a adjoint à l’étude des crèmes pour chaussures celle des encaustiques de diverses variétés.
- Manuel du fabricant de jouets, par A. Broquelkt. i vol. in-16, 298 p., i83 fig. Bibliothèque professionnelle, J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : cartonné 10 francs.
- Petit .manuel où l’industriel trouvera de précieuses indications pour établir son travail : Modelage, — Le moulage, — Outils pour le découpage du bois, — Colles, — Métaux, — Bois, — Peaux, — Fabrication des poupées, — Décoration des têtes, — Jouets en carton moulé, — Animaux en tissu, — Tambour, — Le diable, — Jouets en fer-blanc, — Jouets électriques, — Jouets animés, — décoration au pochoir, etc., .etc.
- Vade-mecum de Vinventeur, 777 inventions à réaliser. Version française de l’ouvrage de Edwin W. Lig-ginston, i vol. in-8 de vii-259 p., Desforges, éditeur. Paris 1922. Prix : 12 francs.
- Ce livre est un répertoire bien ordonné, de nombreuses inventions à faire.... Il pourra sans doute orienter utilement bien des inventeurs qui cherchent leur voie.
- Coordenadas Geograficas de la Ciudad del Cuzco, par Dr Fortunato L. Herrera. i vol. 154 p. Rozas, éditeur. Cuzco (Pérou).
- Esquisse agronomique et agrologique de la région de Sétif, par Pouget, Amabric et Léonardon. Publications de la Faculté des Sciences d’Alger. 1 vol. in-4, 75 p.,
- 3 cartes, Carbonel, Alger. Prix : 10 francs.
- Comment vivre de son jardin. Manuel de la Dame-Jardinière, par Mme Odette Bussard. i vol. in-16, 112 p., 2 fig. J.-Baillière et fils, Paris. Prix : 2 fr. 75.
- Excellent petit livre d’économie ménagère qui indique pratiquement comment le jardin peut ravitailler la cuisine.
- Poules qui pondent, Poules qui paient. Méthodes d’aviculture anglo-américaines, par Ad.-J. Charon. i vol. in-16, 236 p., 64 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 9 francs.
- Ce livre nouveau, curieux et attrayant, met à la portée de tous les avantages des méthodes les plus modernes dues aux longs efforts des stations américaines et des aviculteurs anglais les plus réputés.
- Faune de France. 3. Orthoptères et Dermatoptères, par L. Chopard. i vol. in-8, 212 p., 466 fig. Office central de Faunistique. Lechevalier, Paris. Prix : 18 fr.
- Continuant son œuvre si utile, l’Office central de Faunistique publie aujourd’hui le 3e volume de la faune de France, consacré à un groupe d’insectes intéressants et assez peu étudiés, les Orthoptères, qui comprennent les blattes; les mantes, les grillons, les phasmes, les locustes, etc., et les Dermatoptères qui sont les forficules. Après une étude anatomique, embryologique, éthologique de ces deux ordres, une série de tableaux abondamment illustrés facilitent la détermination générique, puis spécifique qui aboutit à la description de chaque espèce, avec ses caractères et sa distribution géographique.
- Les scolioses ou déviations latérales de la colonne vertébrale, par le Dr Louis Dubreuil-Chambardei..
- 1 vol. in-16, 267 p., 52 fig. Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Sur cinq enfants il y en a un plus ou moins dévié. On sait les conséquences graves de ces déviations de la colonne vertébrale sur l’état général des sujets et sur l’esthétique du corps.
- Le Dr Dubreuil-Chambardei, spécialiste de la ques- lion, indique tout ce qu’il importe de savoir sur l’origine, le développement et les conséquences de la scoliose. Il insiste longuement sur le traitement de cette affection, facile s’il est précoce, compliqué s’il est tardif. Un chapitre entier estconsaeré à la prophylaxie des déviations du rachis à l’école.
- syphilis, par le Dr Clément Simon, i vol. in-16, 245 p., 4° fig- Bibliothèque des connaissances médicales. Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Le Dr Clément Simon, dont les travaux en matière de vénéréologie sont justement appréciés du monde médical, s’est chargé d’écrire le plus simplement possible et en évitant les termes techniques, un livre clair et complet à la fois. 11 faut souhaiter la plus grande diffusion à cet ouvrage, car aucune personne cultivée n’a le droit d’ignorer ou, ce qui est pis, de mal connaître une maladie aussi répandue, mais qu’il serait pourtant possible, si les pouvoirs publics comprenaient mieux leur devoir, de faire disparaître à peu près complètement.
- L’arme bactériologique, future concurrente des armes chimique et balistique. Tentatives allemandes répétées de son emploi de 1914 à 1918. Ses limites de rendement. Conférence faite à l'Ecole' régionale des Officiers de complément du 20° corps d’armée, par le Dr L. Georges, médecin inspecteur. 1 br. in-8, 39 p.,
- 1 fig. Berger-Levrault, Paris. Prix : 3 fr.
- Les villes suisses : Genève, par Robert de Traz ; Fribourg, par Gonzague de Reynold ; Berne, par Rodolphe de Cavel ; photographies de Fred. Boissonnas,
- 3 plaquettes. Editions d’art Boissonnas, Genève. Prix de chacune : 3 fr. 5o.
- Chacune de ces plaquettes est à la fois une monographie, un guide et un album de photographies : étude du caractère et de l’esprit de la ville, description et renseignements touristiques, plan, serviront au visiteur qui aura en souvenir les 24 magnifiques planches photographiques accompagnant le texte.
- L’expérience russe, par Pierre Ryss. Traduction française et préface de R. Labry. i vol. a55 p. Payot, éditeur, Paris, 1922. Prix : 6 francs.
- L’auteur, russe, appartenant au parti libéral, proscrit sous l’empire, puis sous la révolution, décrit à grands traits les diverses phases de la révolution russe, et cherche à dégager les transformations durables qu’elle fera subir à l’état social, ainsi qu’à la mentalité du peuple russe. Exposé impartial, plein d’aperçus généraux intéressants et profonds, optimiste en définitive dans ses conclusions, mais auquel on souhaiterait souvent plus de précision dans le rappel historique des faits.
- L’anarchie monétaire et sès conséquences économiques, par M. Cii. Lallemand, de l’Institut. 1 brochure de 57 p. in-8 avec 5 tableaux annexes, chez Gauthier-Villars et C‘e, Paris, 1922. Prix : 2 francs.
- De toutes les ruines laissées par la grande guerre, il n’en est peut-être pas de plus difficiles à réparer que celles de l’édifice monétaire mondial, ébranlé jusque dans sa base par les initiatives inconsidérées des gouvernements à court d’argent.
- Partout — ou à peu près — la monnaie d’or, ayant disparu, se trouve, en fait, remplacée par des monnaies de papier, dont la valeur, au gré des fluctuations de l’offre et de la demande, subit d’incessantes et brusques variations, amenant, à leur tour, les plus graves perturbations dans la vie économique et la situation financière des nations.
- Au sujet des remèdes possibles à cet angoissant état de choses, il règne dans le public les notions les plus étranges, et chaque jour voit naître de nouveaux projets, dont la faataisie le dispute au danger.
- En vue de jeter un peu de clarté sur la question, M. Ch. Lallemand, dans la brochure dont il s’agit, remontant aux origines, montre dans le passé la raison d’être de la monnaie et ses transformations successives jusqu’à l’avènement du papier. Il expose le mécanisme des changes et fait ressortir, au point de vue social, les funestes conséquences du cours forcé.
- Il examine enfin les divers moyens proposés pour rétablir une situation normale, diminuer le coût de la vie et rendre à nouveau possible l’existence des premières et principales victimes de l’inflation fiduciaire — les classes moyennes =— véritable armature de la nation.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2526
- 2 Septembre 1922
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- INFORMATIONS
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- Le vol à voile et le Congrès d’aviation sans moteur de Clermont-Ferrand. — Le Congrès d’aviation sans moteur qui s’est clôturé le ai août, et qui s’est
- tenu sur le plateau de Combegrasse au camp Mouillard a réuni de nombreux concurrents. On ne peut pas dire que les résultats aient été sensationnels; la plupart des
- Fig. i. — Le Camp Mouillard sur le plateau de Combegrasse.
- Fig. — Le planeur de Coupet. Fig. 5. —- Départ de Douchy sur biplan Potez.
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- INFORMATIONS
- vols effectués ont été de simples descentes en vols planés, analogues aux célèbres glissades de Lilienthal, et n’ont pas dépassé en durée les premiers vols non moins célèbres des frères Wright sur un biplan sans moteur à Dayton en igo3. Cependant, vers la fin du
- Fig'. 6. — Le planeur Bnrboi-Dewoitiile.
- concours, l’expérience aidant, deux concurrents Bos-soutrot et Douchy semblent bien avoir réalisé de véritables vols à voile ; c'est-à-dire que leur avion ne s’est pas borné à descendre plus ou moins lentement, mais qu’à certains moments, profitant de vents favorables, il a nettement repris de la hauteur.
- Ces premiers résultats sont donc encourageants ; il faut que les aviateurs à voile acquièrent l’expérience de l’air; expérience toute différente de celle du pilote d’avion sans moteur et l’on peut espérer que le prochain concours marquera à cet égard de grands progrès.
- En même temps que s’effectuait pour nos hommes oiseaux ce premier apprentissage de l'air, en Allemagne au camp de la Rhôn, des résultats sensationnels étaient enregistrés, fruit d’une expérience poursuivie depuis quatre ans. Le pilote Maertens sur avion sans moteur a tenu l’air i h. 6 m., et le lendemain le pilote Hentsen a atteint le record de 2 h. io s. Ces vols ont été effectués en cercle au-dessus du terrain d’expériences de la Rhôn.
- Pour en revenir au concours de Combegrasse, le vol de plus grande durée officiellement enregistré a été celui de Bossoutrot sur monoplan Farman (5 m. 18 s.), puis celui de Coupet sur monoplan (4 m. 5o s.), à noter
- Fig. 7. — Le triplan de Sardier.
- que le pilote Douchy. dans un vol non homologué sur biplan Potez a tenu Pair 9 m. 2 s. en partant du Puy-de-Dôme (1416 m. d’altitude) et en effectuant une descente de 5oo m. Signalons aussi des vols intéressants de Bossoutrot et Paulhan sur biplan Farman, de Barbot sur monoplan Dewoitine, etc.
- Le concours a été attristé par deux accidents graves, l’un a coûté la vie au pilote Fétu, l’autre a valu de sérieuses contusions au pilote Sardier.
- Les résultats extrêmement intéressants obtenus en
- Allemagne, comparés aux premiers essais de nos hommes-volants,ont provoqué en France un vif mouvement d’intérêt. Certains voient dès maintenant dans le vol à voile sans moteur, non seulement un précieux moyen d’étude de l’air et de perfectionnement des pilotes d’avion, mais encore un moyen de locomotion appelé àungi'and avenir. Parmi ces enthousiastes se place M. Quinton dont on n’a pas oublié le rôle d’animateur au début de l’aviation.
- D’autres, comme le capitaine Hirschauer, rappelant que les vols à voile exigent des circonstances atmosphériques qui ne sont réalisées que localement, manifestent un certain scepticisme sur la possibilité d’aller-librement d’un point à un autre par ce moyen.
- Pour eucourager en France l’étude du vol à voile, M. A. Michelin vient de fonder un prix de i5.ooo francs à décerner à l’avion français sans moteur qui, à la date du 3i octobre prochain, aura couvert la plus grande distance en ligne droite, à condition que le trajet accompli ne soit pas inférieur à 20 kilomètres avec angle de chute moyen de moins de un douzième.
- L’histoire tragique des Zeppelins.— La revue allemande Sclùffbau publie une étude détaillée sur les dirigeables Zeppelin construits par l’Allemagne depuis l’origine des aéronefs de ce type.
- Le premier Zeppelin, modèle d’étude, fut construit en 1900. Il cubait it 3oo m5. Sa force motrice était de 3o HP, sa vitesse de 7 m. 80 par seconde.
- Le premier dirigeable mis en service pratique, le L. Z.-i construit en 1905, cubait 11 33o mr> et était mû par 2 moteurs d’une puissance totale de 170 chevaux; sa vitesse était 12 m. 2 par seconde. Son existence, du reste, fut courte, car il périt le 17 janvier 1906 au cours d’un atterrissage par tempête. Depuis l’origine, il a été construit en tout 115 Zeppelins; le record des dimensions est tenu par le Z. Z.-102 de .1917 qui cubait 68 5oo m5 et avec 1200 IIP avait une vitesse de 28 m. 60 ; le record de la puissance appartient au L Z.-\\i de 1918, avec 2o3o HP, 62 200 m) et une vitesse de 36 m. 40; le record de la vitesse appartient au L. Z.-120 construit en 1919, bâtiment de dimensions plus modestes : 20 000 m3 ; sa force motrice est de 960 HP et sa vitesse de 36 m. 80. Ce dirigeable a été livré à l’Entente. Lorsque la guerre éclata, 27 Zeppelins avaient été construits en tout, dont i3 seulement restaient en service. Trois Zeppelins ont été construits depuis l’armistice et livrés à l’Entente. L’Allemagne a donc utilisé pendant la guerre 99 Zeppelins. Quel a été le sort de ces aéronefs ? 43 ont été abattus pendant là guerre par les Alliés, ou détruits au cours de raids; 3 ont été détruits dans leur hangar par des bombardements d’avions ; 20 ont péri pendant la guerre également pour diverses causes non militaires : incendies, atterrissages ou départs malheureux, explosions, etc. Il est à noter qu’un de ces dirigeables a été détruit par la foudre au cours d’une sortie; 19 seulement ont eu une mort en quelque sorte naturelle ; ce sont ceux qui ont été désarmés pendant la guerre pour des raisons diverses, après un certain temps de service.
- INotons enfin que 7 Zeppelins ont été détruits volon-lairement après l’armistice en 1919 et 1920 et que 7 autres ont été livrés aux Alliés en vertu des traités.
- Stérilisation partielle du sol par l’arséniate de soude. — La mode vient à la stérilisation partielle du sol qui détruit les protozoaires bactériophages et permet un nouvel ensemencement spontané du sol en microbes utiles. Récemment, MM. G. Rivièye et Pichard ont rendu compte daus le Journal de la Société Nationale d’Horticulture des essais qu’ils ont entrepris dans ce sens à la station agronomique de Seine-et-Oise en employant l’arséniate de soude, parce que ce sel est bon marché. *
- L’introduisant dans la terre à faibles doses, ils ont constaté qu’il n’a aucune action toxique sur la végétation et qu’au contraire il augmente les récoltes comme le montre l’expérience suivante : à une culture de pommes de terre, on ajoute dans un cas 20 kg d’arsé-niate de soude à l’hectare, dans un autre 3o kg. Les rendements passant de 14 200 kg à 16 200 et i5 740. On a donc là un nouveau moyen pratique et bon marché de débarrasser le sol des protozoaires nuisibles.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Navigation *
- L’autohaleur Falguière. — Les Compagnies de navigation desservant lés colonies et pays d’outre-mer, demandent des prix de fret très élevés pour transporter les bateaux automobiles.
- On cherche depuis longtemps un moyen pratique de tourner cette difficulté, et après de nombreux essais concluants, un ingénieur, M. Falguière, a réalisé un appareil amovible propulseur qu’il présente sous le nom d’autohaleur.
- Etant donné son faible encombrement, l’autohaleur soigneusement emballé dans une caisse en bois, s’expédie dans tous les pays du monde, moyennant un prix de fret très bas comme marchandise ordinaire.
- Il se compose d’une caisse munie de boulons et pitons forgés, permettant de fixer instantanément ladite caisse sur un des flancs d’une coque, bateau ou chaland existant. Si l’on a de très lourds chalands à propulser on fjeut placer un autohaleur de chaque côté de la coque. Cette caisse d’une longueur moyenne de 2 m. 5o et d’une largeur de 75 à 80 cm contient un groupe moteur complet comprenant tous les organes sans exception, qui constituent habituellement la partie mécanique et propulsive d’un bateau à moteur et l’hélice donnant le stop et marches diverses à la volonté du pilote.
- Tout propriétaire ou équipage d’un bateau quelconque,
- Fig. 1. — L’autohaleur.
- coque à tous usages, gabare, péniche, chaland, transporteur, peut employer un autohaleur.
- Un seul appareil peut propulser deux coques, il suffit de le placer entre les deux bateaux puisqu’il porte des pitons et des boulons sur chacun de ses côtés.
- De même, si le chaland à pousser est très grand et lourd il vaut mieux employer deux autohaleurs (un de chaque bord du chaland) plutôt qu'un seul autohaleur de grande puissance.
- Un entrepreneur de transport peut employer par exemple deux autohaleurs, chacun d’eux séparément pouvant propulser une coque moyenne et si, à un moment donné, il est nécessaire de haler une très grande coque il pourrait fixer les deux appareils sur la même grande coque, un à chaque bord. De plus l’autohaleur peut être instantanément détaché du bateau, pendant le déchargement, il sera fixé à un bateau prêt à repartir chargé, d’où économie de temps.
- L’appareil de M. Falguière a son emploi tout indiqué pour remorquer, haler et propulser les chalands sur les canaux ou 'rivières et remplacer les chevaux ou le remorqueur. Chaque gabare, péniche, chaland peut avoir son autohaleur sur le pont et vu son poids réduit, l’équipage le descendra le long du bord jusqu’à la surface de l’eau quand il aura besoin de se déplacer ou de faire route. De cette façon il devient inutile de faire aucune transformation à la coque de la gabare pour y adapter un moteur, et l’intérieur du bateau de, transport qui veut avoir toute la place disponible n’aura plus une partie de sa cale encombrée par les organes mécaniques.
- De même un bateau de mer, caboteur, long-courrier, pêcheur, goélette, trois-mâts, etc., peut avoir un autohaleur sur le pont, et le descendre le long du bord à l’aide de deux palans lorsqu’il voudra entrer au port, remonter un fleuve, ou faire une manœuvre de déplacement. Il pourra de même se servir de l’autohaleur pour entraîner les treuils, guindeaux ou cabestans.
- Aux colonies il devient par suite très simple de prendre cet appareil comme point de départ ou base
- d’une construction nouvelle, simple et pratique, qui pourra être faite par des ouvriers indigènes, sans connaissances spéciales.
- On place l’autohaleur A entre deux flotteurs rectangulaires B à bâbord, C à tribord, en D un flotteur central. Au point EFG, des poutrelles de bois ou cornières de fer réunissant l’ensemble formeront un tout très rigide, PP indiquent des panneaux en ouvertures pour le
- — Montage pour colonies.
- nettoyage ou l’assèchement. Sur ce flotteur il est facile d installer un plancher protégé par des tentes de toile ou cabines pour passagers, ainsi que des cadres pour entasser les marchandises. L’autohaleur propulsera l’ensemble avec plus ou moins de vitesse suivant la force employée. Ces flotteurs peuvent se construire en bois quelconque dans le pays même.
- Dans le cas où le propriétaire de l’appareil voudrait utiliser le moteur à terre pour tous travaux, entraînement de pompes, éclairage électrique, machines-outils de toutes sortes, scierie, matériel d’usine, treuil, cabestans, guindeaux, chalut, etc. sur les bateaux); il suffit de caler l'appareil sur une partie plate du sol ou un plancher et de l’y fixer à l’aide de boulons préparés à cet effet. Un réservoir, bassin, cuve, futaille ou autre récipient plein d’eau, sera placé à proximité et deux tuyaux de caoutchouc feront l’un la prise d’eau et l’autre le retour de l’eau à ce réservoir, pour obtenir le refroidissement du moteur. Une poulie d’entraînement sera montée sur 1 embrayage et, à l’aide d’une courroie appropriée, entraînera toute machine généralement quelconque.
- Constructeur : Chantiers Médoc, 38, rue Poyenne, Bordeaux (France).
- Fig.
- Ouvert formant fauteuil à dossier.
- Objets utiles
- Le siège pliant le « Favori ». — Ce siège de voyage est peu encombrant, tout en étant solide et facilement transportable. Il se compose d’un siège mobile en lattes de bois choisi, mais très léger.
- L’appareil peut se transformer à volonté en pliant ordinaire avec des pieds solides, en siège confortable à dossier mobile; il peut même servir d’escabeau, car il peut supporter une charge de 100 kg. Fermé et complètement replié il est facile de le transporter en le tenant j>ar la poignée.
- Ce siège permet de s’asseoir sur la plage, dans les champs, dans les forêts sans craindre le contact du sable ou de l’herbe humide ou poussiéreuse.
- C’est également un siège qui sera très apprécié de l’artiste, soit qu’il veuille s’asseoir devant son chevalet,
- soit qu’il veuille s’adosser confortablement pour prendre un croquis sans appréhender la courbature ou la longueur du travail.'
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Les amateurs de tourisme apprécieront certainement ce siège lorsqu’ils l’auront essayé.
- Constructeur : Cattier, 106, avenue de Versailles, Paris.
- Lit' démontable Sagot. — Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions décrit un intéressant
- Fig. 5. — Lit démontable Sagot.
- lit pliant, remarquable par sa légèreté et sa simplicité de montage.
- Ce lit se compose d’éléments tubulaires qui s’assemblent à l’aide de pièces fondues en aluminium portant des douilles dans’lesquelles s’emmanchent les éléments. Ceux qui doivent avoir une grande longueur sont formés de pièces qui télescopent à la manière d’un pied de photographie.
- Le poids total de l’ensemble est de 5 kg; il en résulte qu’il peut facilement trouver place, une fois démonté, dans un sac de campement ou même être porté en bandoulière dans un fourreau de toile.
- D’autre part, sa rigidité est parfaite et son équilibre complètement assuré de telle sorte que la station allongée sur lui est tout à fait confortable. Il est suffisamment haut pour être installé en plein air dans la
- brousse et mettre à l’abri le dormeur du contact du sol et de l’invasion des insectes.
- Enfin, ses éléments tubulaires métalliques sont complètement indéformables sous Faction des effets de la température, contrairement à ce qui se passe pour les appareils similaires construits en bois.
- Son usage est donc tout indiqué pour le camping, pour les explorateurs, et il pourrait très bien faire partie du bagage des officiers en campagne.
- Ajoutons que ce lit peut être transformé en brancard par emmanchement de poignées dans les tubes longitudinaux et à volonté, séparation des pieds qui restent sur le sol lorsqu’on soulève le brancard.
- L’inventeur a également réalisé un lit à deux personnes, construit sur les mêmes principes.
- M. Sagot, 15, rue Dausset, Paris, i5“.
- Fig. 6.
- — Éléments du lit démontable.
- Le tendeur Reillel. — Le tendeur « Pveillel » est constitué par un cadre en bois. Entre les deux montants glisse horizontalement une baguette mobile. C’est sur cette baguette que se pose la pantalon plié dont les deux extrémités rabattues viennent se fixer entre les deux traverses du bas, où elles sont maintenues solidement par deux boulons formant pression. La baguette mobile qui repose sur des ressorts exerce alors son action de bas en haut et c’est ainsi que le pantalon se trouve tendu d’une façon parfaite, rigidement et dans la meilleure position.
- Ce tendeur présente une disposition particulière qui permet de tendre le pantalon et d’assurer le pli impeccable.
- La tension est assurée par des ressorts de façon à être à la fois souple sans fatiguer l’étoffe.
- rouv monter
- te punition, n suint ae dégager la traverse mobile supérieure et de placer le pantalon sur l’appareil, de manière que le devant soit toujours à gauche et la ceinture aussi près que possible du boulon de serrage en évitant tout croisement. On rabat sur la ceinture le bas du pantalon en le plaçant complètement à sa droite ainsi que le montre la ligure de manière que la partie extrême du bas du pantalon chevauche légèrement sur la ceinture.
- On place ensuite la traverse inférieure et on serre le boulon à fond, de façon que le vêtement soit bien maintenu par les deux traverses. Pour supprimer tout froissement, il est nécessaire, si l’on veut obtenir une tension minimum, de tirer le vêtement par le bas avant le serrage complet du boulon.
- La traverse mobile supérieure est ensuite dégagée de son cran d'arrêt pour que le pantalon soit parfaitement tendu sous l’action des ressorts.
- L’appareil comporte à la partie supérieure une traverse fixe arrondie qui forme porte-habit.
- On peut donc de cette façon placer un complet sur un seul appareil qui assure en même temps le pli du pantalon d’une façon impeccable.
- Constructeur : Bellier, i, i*ue des Ormes, Charenton.
- . — Tendeur Reillel.
- <?§'>& Cyclisme ^<§£>
- Amortisseur Bruié pour bicyclettes. — Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions signale un ingénieux appareil qui lui a été récemment présenté par son inventeur, M. Brulé. *
- Cet amortisseur, plus spécialement étudié pour les bicyclettes et motocyclettes, est composé d’un levier s’emboîtant à l’une des extrémités du moyeu de la roue et qui fait corps avec un boîtier cylindrique.
- L’axe de celui-ci est fixé à la fourche ou au châssis du véhicule, et la partie cylindrique est perforée suivant deux rainures hélicoïdales dans lesquelles s’engagent les ergots d’un disque glissant sur l’axe.
- La cavité comprise entre ce disque et le fond du boîtier est occupé par uu ressort à boudin ou tout autre organe amortisseur.
- Quand la roue subit des cahots de la part du sol, elle les transmet par l’action du levier au boîtier qui tend à tourner autour de l’axe. Cette rotation provoque
- Fig. 8. — Amortisseur Brulé pour bicyclettes.
- par l'intermédiaire des rampes et des ergots une translation du disque qui comprime le x-essort amortisseur contre le fond du boîtier.
- Les percussions se Trouvent donc ainsi, en paiùie, absorbées par le glissement des ergots sur les rainures hélicoïdales et par l’élasticité du ressort dont on peut faire varier la déformation.
- L’inventeur est M. Brulé, 6, rue Olivier-de-Serres, Paris, i5°.
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- VARIETES
- OÊL
- OSA
- GOMMENT ÉVITER LA DÉGÉNÉRESCENCE DES POMMES DE TERRE
- La stérilité des pommes de leri-e, ou plutôt de certaines races de pommes de terre, est-elle la conséquence d’une maladie proprement dite, se développant après l’arrachage des tubercules, et que provoqueraient des conditions vicieuses de récolte ou de conservation, ou bien son origine est-elle dans une atrophie des organes de reproduction, les yeux, qui se produirait spontanément pendant le développement des tubercules et qui proviendrait des méthodes de culture ou de reproduction en usage actuellement ?
- Cette question fait l’objet de très sérieuses études depuis quelques années. On a constaté que la dégénérescence se produit souvent sous l’influence de certaines maladies : enroulement, filosité, mosaïque, et on doit remarquer que, depuis quelque temps, les producteurs hollandais, pour développer leur commerce de semences sélectionnées, viennent donner aux cultivateurs français des conseils pour .le choix, la sélection et la culture des pommes de teirre à réserver pour la reproduction.
- Les enseignements qui résultent de l’expérience des sélectionneurs peuvent aider à la régénération des races de pommes de terre, de celles surtout chez lesquelles on constate la plus forte tendance à perdre les qualités essentielles qui les font rechercher pour leur précocité et leur rendement élevé.
- Causes de la stérilité. — Il importe, tout d’abord, de suivre attentivement les observations qui résultent de l’étude des conditions culturales, et des exigences des consommateurs au point de vue de la qualité des tubercules. On sait que la pomme de terre est, normalement, en tant que végétal à tubercules comestibles, une plante bisannuelle. Abandonnée à elle-même, elle donne des graines qui ne fournissent, l’année du semis, que de très petits tubercules invendables; employés comme semence, ces petits tubercules acquièrent, l’année suivante, des proportions plus ou moins en harmonie avec nos besoins. A partir de ce moment, la sélection et la reproduction par tubercules arrivent à constituer les variétés.
- Or, la tendance naturelle du cultivateur — parce qu’il y trouve son bénéfice — le pousse à atteindre simultanément un triple but : grande précocité, grand rendement et grande perfection de forme. Il parvient à obtenir la précocité en récoltant avant maturité complète et pour la fixer, il plante lui-même des tubercules imparfaitement mûrs.
- C’est un premier pas vers la dégénérescence.
- Il doit survenir pour ces semences non adultes, pour ces tubercules plantés imparfaitement mûrs, ce qui se passe en zootechnie, dans des conditions analogues : la précocité développe l’aptitude à l’engraissement, au lymphatisme, et non l’aptitude au travail, qui semble impliquer un plus grand effort de la nature pour créer du muscle azoté que de la graisse non azotée. Comme confirmation du fait, il est à remarquer que les variétés nouvelles de pommes de terre sont de plus en plus riches en fécule, laquelle — si l’on peut exprimer ainsi cette comparaison — fait pendant à la graisse par l’absence d’azote dans sa composition élémentaire ; les rendements augmentent au détriment de l’équilibre normal de constitution,
- La recherche de la forme vient ajouter son influence fâcheuse à celle des deux facteurs précédents. De même que le cylindre sans tête, sans peau, ni pattes, ni queue, réalise le type de l’animal de boucherie, de même la sphère ou l’ellipsoïde, à surface bien unie, à peau lisse et fine, réalisent le type de la pomme de terre.
- On ne veut pas de tubercules à cavités protégeant les yeux, pas de surfaces gauches à contours sinueux. Les tubercules qui présentent des cavités se lavent mal, se pèlent mal, et ici, la ménagère imposant son veto, le producteur, qui ne cherche qu’à bien vendre sa récolte, supprime, par la sélection, tout ce qui peut déprécier sa marchandise.
- Une loi naturelle de physiologie suivant laquelle, dans un rameau, la vie végétale se porte vers l’extrémité supérieure, cache au cultivateur, pendant un certain temps, les conséquences de l’excessive application qu’il met à façonner la pomme de terre uniquement pour l’adapter à ses besoins, à la convenance de sa clientèle,
- c’est-à-dire à un objectif commercial basé sur les préférences du consommateur.
- Le tubercule est un rameau souterrain dont les entrenœuds sont tellement rapprochés les uns des autres qu’ils donnent la masse renflée qu’est ce tubercule. Ce rameau a ses yeux latéraux et son œil terminal tout comme un rameau aérien. De même que, chez ce dernier, la vie se conserve plus active et plus longtemps dans l’œil terminal que dans les yeux latéraux, en sorte que la pomme de terre se reproduit encore alors que tous les autres organes de génération sont éteints. Un effort de plus vers la perfection et le tubercule sera complètement stérile.
- Bon nombre de variétés de choix, même parmi celles d’obtention relativement récente, sont parvenues ainsi à la dernière phase qui précède la stérilité. A ne pas donner à la pomme de terre le temps de se servir des organes que la nature lui avait attribués, pour la perpétuation de l’espèce, ces organes se sont atrophiés peu à peu, et il ne reste plus qrie l’œil terminal, dans lequel s’est concentré tout ce qui reste de vie dans le rameau souterrain.
- On peut supposer — et l’analyse permettrait d’être fixé complètement à cet égard — qu’il se produit une modification correspondante dans la constitution physicochimique du tubercule, suivant qu’on l’examine à sa base, en son milieu ou à son sommet. On a pu constater que, toutes choses égales d’ailleurs, les tubercules stériles sont plus durs à cuire que les tubercules féconds.
- Les variétés recherchées pour la finesse de leur peau et de leur chair, leur précocité et la facilité d’épluchage, sont plus fréquemment infécondes que les autres, et certaines d'entre elles tendent à disparaître du marché, précisément par suite de la difficulté de les reproduire.
- Ainsi, la stérilité serait la conséquence de l’atrophie des organes générateurs, consécutive des méthodes de culture et de reproduction.
- Un agronome anglais, G.-M. Taylor, a attribué la dégénérescence des pommes de terre au sens dans lequel la sélection des variétés nouvelles a été dirigée depuis de nombreuses années, sélection qui a favorisé certaines modifications inattendues, dont l’effet s’est traduit par la stérilité des tubercules.
- D’après G.-M. Taylor, il y a une cause de dégénérescence marquée dans l’influence dépressive de la recherche des variétés à tubercules réguliers et parfaitement lisses, que préfèrent les consommateurs, influence qui se traduit par une sérieuse dégénérescence du système fibro-vasculaire.
- Les variétés qui ont des tubercules à yeux non enfoncés sont défectueuses en ce sens qu’elles ne possèdent pas les moyens de rendre assimilable par les germes l’amidon que contient le tubercule.
- Dans plusieurs des variétés les plus parfaites au point de vue de la forme, la diastase est si faible qu’elle ne peut transformer en sucre qu’une faible partie de l’amidon que renferme ce tubercule et le germe sort ainsi de l’œil à moitié affamé.
- Indications pratiques pour la sélection des tubercules féconds. — De ce qui précède, on peut déduire des indications pratiques à suivre pour éviter la dégénérescence, pour n’être pas exposé à employer à la plantation des tubercules-semence infertiles.
- Il faut d’abord, dès la récolte, faire un triage rigoureux, éliminer de la reproduction les tubercules qui ne présentent pas des yeux bien marqués, bien apparents, abrités ou non abrités. On peut, lors de l’arrachage, distinguer presque à coup sûr les tubercules inféconds, ceux qui avorteront d’avec ceux qui n’avorteront pas. Chez ces derniers, les yeux sont généralement hien marqués, abrités au fond d’une cavité qui les protège, contre les chocs et autres causes d’éborgnement qui peuvent se produire. Us sont, au contraire, à fleur de peau et à peine formés chez les tubercules femelles. Lorsque la germination se manifeste', les tubercules île celles-ci émettent des fils plutôt que des vrais bourgeons; on voit qu’ils sont condamnés, par avance, à une mort prématurée.
- Le triage rejettera donc de la reproduction, pour les
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- VARIETES
- livrer à la consommation, tous les tubercules qui ne présentent pas des yeux bien apparents.
- Les tubercules bien constitués seront exposés à l’air et à la lumière pendant quelques jours; ils verdiront, mais il n’y a pas à s’en inquiéter, car c’est un indice de vitalité. On les rentrera dans un local plutôt clair que sombre, tout juste assez protégé du froid pour qu’il n’y gèle .pas ; là, on les isolera le plus possible les uns des autres. Au moment de la plantation — et il vaut mieux la faire un peu hâtive que trop tardive — on aérera et éclairera le local pour hâter le verdissement. Tous les tubercules chez lesquels la faculté de réproduction n’est pas nettement déclarée doivent être éliminés. On évitera de faire tomber les germes des bons tubercules, en ayant soin de ne point manipuler ces derniers trop brusquement.
- Les tubercules-semence doivent présenter des germes bien vigoureux; on les prendra sur les pieds complètement mûrs, ayant montré, pendant leur végétation, des fanes vigoureuses, et les plus nombreux tubercules à l’arrachage.
- En outre, on peut facilement entreprendre, en grande culture, quelques semis, en recueillant les graines mûres sur les pieds qui en portent, et en procédant absolument comme s’il s’agissait de la récolte, de la préparation et du semis de graines de tomates, avec lesquelles celles de la pomme de terre ont une grande ressemblance.
- La dégénérescence des pommes de terre serait donc la résultante d’une transformation provoquée par les exigences de la consommation, mais contraire aux lois physiologiques qui président à la multiplication des végétaux.
- Au double point de vue du rendement quantitatif et de la valeur de la récolte, et dans l’intérêt du producteur comme dans celui du consommateur, il faut exercer un contrôle sévère, une sélection méthodique, constante, des tubercules à planter; on évite ainsi l’irrégularité de végétation, les pieds rabougris, chétiTs, atteintsdemaladie.
- Dans les récoltes insuffisamment soignées, mais néanmoins au-dessus de la moyenne, il y a, en année normale, environ la moitié des pieds donnant i kg 200 de tubercules, un quart donnant seulement 600 gr., et le dernier quart 3oo gr. En comptant 32 000 pieds à l’hectare, la perLe est donc de 48 quintaux d’une part et de 96 quintaux d’une autre, soit une perte totale de 144 qx pouvant être évaluée, à raison de 3o francs le quintal, à 43'io francs par hectare.
- Ces chiffres font ressortir les conséquences dommageables du manque de sélection et, partant, du manque d’homogénéité dans les cultures de pommes de terre.
- L’importance du rôle de la pomme de terre dans l’alimentation de l’homme et des animaux, et dans l’industrie, est si considérable que l’on ne doit rien négliger des moyens d’éviter la dégénérescence de la précieuse solanée. He.nki Blin.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LES MALADIES ET LES TACHES DU SOLEIL
- Que peuvent faire, se demandera-t-on, les taches du soleil sur l’état des malades ?
- M. J. Yallol, directeur de l’Observatoire du Mont-Blanc et les D's G. Sardou, de Nice et M. Faure, de Lamalou, unissant leurs observations, viennent d’y répondre dans une curieuse communication à l’Académie de Médecine.
- Les deux médecins avaient constaté, chez des malades chroniques, de brusques aggravations et de soudaines améliorations survenant en même temps chez plusieurs d’entre eux et qu’ils ne savaient comment expliquer. M. Yallot leur suggéra l’idée d’une influence possible des taches solaires. Ils entreprirent alors de noter, l’un des passages au méridien desdites taches, les autres les accidents morbides, graves ou légers apparaissant chez leurs malades. Et voici les résultats de leurs observations.
- Durée de l’observation : du 7 janvier
- au 3o septembre 1921, soit . . . 267 jours.
- Nombre total des malades observés
- durant ce temps.................. 237
- Périodes avec taches, coïncidant
- avec des accidents..............21 — 84 p. 100
- Périodes avec taches et sans accidents ................................ 4 — J6 p. loo
- Total des périodes avec taches . 25 = 100 p. 100
- Périodes sans taches coïncidant avec
- des accidents. ......... 20 — 33 p. 100
- Périodes sans taches et sans accidents ............................... 41 — 67 p. 100
- Total des périodes sans taches . 61 = 100 p. 100
- Si, négligeant les accidents légers (qui peuvent être dus à des causes plus banales), on ne considère que les accidents graves, le parallélisme des taches et des accidents devient plus apparent :
- Périodes avec taches, coïncidant )
- avec des accidents graves. . . . i3 > = 52 p. 100 Total des périodes avec taches. a5 )
- Périodes sans taches et avec acci- )
- dents graves.................... 5 > — 8p. 100
- Total des périodes saris taches. Gi )
- En somme, à ne considérer que les accidents les plus importants, leur relation chronologique avec les taches centrales s’exprime par le rapport 52 pour 100, alors que leur relation avec les périodes sans taches s’exprime par le rapport 8 pour 100.
- Les malades en observation étaient atteints de maladies chroniques du cœur, des vaisseaux, du foie, des reins, du système nerveux. Les accidents signalés ont été (en allant des plus légers aux plus graves) ; l’excitation, l’insomnie, la lassitude, la courbature, les secousses musculaires, la polyurie, les troubles digestifs, l’accentuation des tremblements et des contractures, les névralgies, les crises de nerfs, l’asthme et la dyspnée, l’élévation de la température, les douleurs fulgurantes, les vertiges, les syncopes, l’hypertension, la tachycardie, l’arythmip, l’angine de poitrine vraie.
- La variété des maladies, des malades et des symptômes observés, la durée de l’observation, le nombre des taches (20) et la répétition des accidents (21 fois sur 25) ont amené M. Yallot et les Drs Sardou et Faure à conclure que « le passage des taches solaires au méridien central coïncide habituellement (84 pour 100) avec recrudescence de symptômes des maladies chroniques et même avec l’apparition d’accideuts graves ou exceptionnels au cours de ces maladies ».
- En dehors du passage des taches solaires, on ne constate que beaucoup moins d’accidents et des moins graves.
- Quelle mystérieuse relation existe donc à travers les espaces entre le soleil et l’état général des malades ?Qui nous l’expliquera ?
- .JtaD
- B05TE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches
- le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Cauzard, à Mesgrigny. — On a bien essayé, jadis, d’appliquer le développement lent aux
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- BOITE AUX LETTRES
- plaques autochromes ; mais cette méthode ne donne pas de F? meilleures images que le développement rapide, et de plus l’immersion prolongée de la plaque risque de provoquer le décollement de la gélatine, qui est coulée, non plus directement sur le verre comme l’émulsion des plaques ordinaires, mais sur le vernis protecteur des grains de fécule, où son adhérence n’est pas très grande. On s’en tient donc aux révélateurs assez concentrés pour achever le développement en 2 minutes et demie environ, et, en outre, pendant l’été, on conseille de sécher la plaque, sommairement rincée, après le bain d’inversion, pour achever les autres opérations dans une séance ultérieure, de manière à abréger le plus possible le temps pendant lequel la couche est mouillée. Quant au second développement, il n’y aurait aucune espèce d’avantage à le rendre plus lent, puisqu’il a pour but de noircir tout le bromure d’argent que n’a pas décomposé le premier révélateur. En tout cas, il n’y a pas de limite à l’intensité ou à la durée de l’exposition à la lumière qui impressionne ce bromure, puisqu’il doit être entièrement noirci à fond.
- M. N. du T., Lacouture-Renon-Blond (Haute-Vienne). — i° Il est très difficile de guérir un vin atteint d’acescence, lorsqu’il est fortement piqué. De tous les moyens essayés, le meilleur parait être l’emploi du tartrate neutre de potasse, vendu par les droguistes sous le nom de sel végétal. On peut l’ajouter au vin à la dose moyenne de ioo à i5o gr. par hectolitre. Mais pour opérer sûrement, il faut doser l’acidité due à l’acide acétique, et ajouter juste la quantité nécessaire pour neutraliser cet acide, ce qui est facile en tenant compte que 4 gr- 68 de tartrate neutre de potasse suppriment l’acidité de i gr. 22 d’acide acétique. Après le mélange, on laisse en repos pendant 8 jours, puis on colle et on soutire le vin dans un tonneau méché. Ce vin doit être consommé le plus tôt possible. Ce traitement supprime l’acidité existante, mais ne détruit pas le germe de maladie, qui continue son action si on ne chauffe pas lé vin. D’une manière générale, on ne peut pas guérir un vin renfermant plus d’un gramme d’acide acétique par litre. Si cette dose est dépassée, le mieux est d’en faire du vinaigre.
- Ne pas confondre le tartrate neutre de potasse avec la crème de tartre ou bitartrate de potasse. Ajouté au vin piqué, le tartrate neutre s’y transforme en acétate et en bitartrate de potasse; ce dernier sel se dépose sur les parois intérieures du tonneau.
- 20 Pour la destruction des charançons dans le blé, il faut soumettre celui-ci à l’action du tétrachlorure de carbone pur, à la dose de 14 gr. par mètre cube. On opère en mettant le grain dans des tonneaux, que l’on bonde hermétiquement et que l’on agite en tous sens, alin que les vapeurs de tétrachlorure de carbone agissent sur toute la masse. On peut aussi traiter le blé en tas, en y introduisant de la filasse ou des chiffons imbibés de tétrachlorure, ou bien celui-ci est introduit dans des flacons à large goulot que l’on place de distance en distance dans le tas de grains; ensuite on couvre ce dernier avec une bâche ou une forte toile, pour retenir les vapeurs asphyxiantes, les faire agir pendant quelques jours, après quoi, on aère le local et oh remue vivement, à la pelle, le grain traité.
- Enfin, on peut aussi recourir aux vapeurs sulfureuses pour en saturer le grain introduit dans un tonneau dans lequel on fait brûler du soufre; rouler plusieurs fois le lonneau pour bien imprégner le grain de gaz sulfureux et atteindre les larves de charançons. Ne pas prolonger l’action des vapeurs de soufre au delà de 10 minutes, pour éviter le risque d’altération du grain.
- 3° Jusqu’à présent, on ne peut affirmer qu’il existe un remède vraiment souverain contre la fièvre aphteuse. Toutefois, nous indiquons qu’en octobre 1921, M. Beau, vétérinaire à Avallon, a proposé, comme moyen qui, paraît-il, permettrait de se débarrasser de la fièvre aphteuse en quelques jours, un traitement curatif consistant en l’emploi du mélange suivant :
- Créosote................ 20 grammes.
- Alcool . ............. 100 —
- Eau.................... . 85o —
- Badigeonner plusieurs fois par jour la muqueuse buccale et les mamelles atteintes. Panser les plaies des pieds avec de l’acétate tribasique de plomb ou du crésyl, et au besoin de l’eau de Babel dans les cas graves.
- Donner des boissons à la farine d’orge ou au son, en y ajoutant une poignée de sel marin. Purger les animaux ajDrès la guérison.
- Comme traitement préventif : Faire évaporer par ébullition, pendant 10 minutes environ, tous les deux jours, dans les étables avant d’en sortir les animaux, le
- mélange suivant :
- Créosote . ............. 23 grammes.
- Sulfure de potassium. . 5o —
- Eau.....................800 —
- Myriam de la Roseraie, à Compiègne. — Fabrication des petits fromages à la crème : Prendre un tamis double, en crin, l'introduire dans une terrine vernissée intérieurement et d’un diamètre tel que le fond du tamis se trouve à une hauteur de 8 à 10 cm au-dessus de celui de la terrine. Sur ce tamis, verser le caillé bien égoutté et le délayer ensuite avec une quantité convenable de crème fraîche, en se servant d’un pilon en bois. Mieux le caillé a été préalablement égoutté, plus facilement il s’écrase et se délaye de manière à donner une pâte fine et homogène. La pâte étant recueillie dans la terrine, prendre Un moule en osier, le garnir d’une mousseline et le remplir à l’aide d’une petite cuillère. Au bout de deux heures, la pâte, bien égouttée, donne le fromage à la crème, vendu avec une certaine quantité de crème fraîche. Autre procédé : Ecrémer le lait quand il commence à se couvrir d’une pellicule de crème résistante, c’est-à-dire environ i5 heures après le coulage, mettre la crème à égoutter dans un récipient en mousseline, et la porter dans un endroit frais. Au bout de 20 heures environ, la crème étant devenue ferme, en remplir des moules, comme il est dit ci-dessus.
- M. N. E., rue Sainte-Anne, à Paris. — Il y a, effectivement, certaines plantes appartenant à deux ou trois familles, dont les espèces —- qui sont surtout des curiosités végétales, — sont connues sous la désignation de plantes attrape-mouches ou, improprement, plantes carnivores; elles ont le pouvoir de capturer et de faire périr les insectes, les mouches, attirés sur certains de leurs organes. Tels sont : les Rossolis (Drosera) à feuilles rondes (Drosera rotunfolia) et à feuilles longues [Drosera longifolia), les Grassettes (Pinguicula vulgaris et P. caudata), les Asclépiades [Asclepias cornuti), la Dionée attrape-mouches [Dionæa muscipula), le Droso-phylle ou gobe-mouches, du Portugal, les Sarracenia [Dai lingtonia californica), le Cephalote à follicules (Cephalotus follicularis), les Gouets mange-mouches [Arum muscivorum et A. crinitum), l’Amorphophallus Rivieri, plusieurs Aristoloches exotiques, la Rafflésie de Sumatra (Rafflesia arnoldi), et les Népeuthès.
- M. Ad. Yan den Heede a décrit les procédés de culture de ces plantes dans Le Petit Jardin (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- Mais, pour bien des raisons : climat, étendue du domaine, etc., nous ne vqyons pas comment votre projet pourrait être réalisé, et nous vous conseillerions plutôt de recourir à un procédé de préservation du bétail contre les taons : frictionner les animaux avec de l’huile concrète de baies de laurier, ou de l’huile de cade en mélange, par moitié, avec de lhùile de colza; passer sur les régions du corps où les taons se portent de préférence, une barbe de plume trempée dans ce mélange. On peut aussi employer une solution de 20 gr. d’aloès dans 2 litres d’èau, ou de 10 gr. d’acide phénique dans 1 litre d’eau; lotionner le corps avec une éponge. Les émulsions de jus de tabac (1 litre pour 40 litres d’eau), les décoctions de feuilles de noyer, d’assa-feetidâ sont efficaces, de même que l’emploi des feuilles de laurier (une poignée, que l’on fait réduire dans 1 kg de saindoux) ; avec un chiffon de laine on frotte tout le corps i de l’animal dans le sens du poil.
- ! M. Garin, à Lyon. — La galalithe étant à base de ; caséine la colle suivante pourra être employée pour les ! réparations :
- Caséine................... 100 grammes.
- Eau . . .................200 —
- Laisser tremper 1 ou 2 heures et-ajouter un mélange de :
- Chaux éteinte tamisée. . . 20 grammes.
- Eau.......................90 —
- Rendre bien homogène èt y incoi'porer finalement :
- Silicate de soude à 4o° B. . 70 grammes.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Electrologïe et radiologie, par le Dr H. Guilleminot. 3° édition, i vol. in-8, 642 p., 270 p., 4 pl., Masson et Cio, Paris. Prix : 40 francs.
- Voici la 3° édition, remaniée et mise à jour des travaux récents, de cet important ouvrage du regretté professeur agrégé de physique de la Faculté de Médecine de Paris. Ecrit spécialement pour les électro-thérapeuthes et les radiologistes, il constitue un manuel théorique et pratique complet. La première partie est consacrée à l étude physique et technique de l’électricité et des radiations : types de courants et leurs emplois, production des rayons X, corps radioactifs. La deuxième comprend l’étude physiologique de ces agents, élude théorique indispensable pour pratiquer ce que révèle la troisième partie, purement médicale, indiquant les traitements électriques ou radiologiques applicables à chacune des maladies.
- Pr Jcis de phytothérapie, par le Dr Henri Leclerc, i vol. in-16, 397 p. Masson et Ci0, Paris. Prix : 12 francs.
- • Le Dc Leclerc a entrepris de réhabiliter en médecine l’emploi des plantes, ces simples, jadis si recherchées, descendues aujourd’hui de la boutique du pharmacien à celle de l’herboriste. Et comme il a une vaste lecture des anciens, il mêle agréablement dans ses plaidoyers, aux données scientifiques précises d’aujourd'hui, les opinions, voire même les légendes d’autrefois. Cela fait un bouquet, ou mieux une guirlande qui va des purgatifs, des vomitifs, des vermifuges et des diurétiques aux cardio-vasculaires. On la feuillette avec joie et l’on se convainc qu’il y a beaucoup à glaner parmi les plantes, que la thérapeutique peut y trouver des remèdes efficaces, voire même puissants.
- Age and Area. A Study in geographical Distribution and Origin of Species, par J.-C. Willis. i vol. in-8, 259 p. Cambridge University Press. Prix relié : 14 sh.
- L’auteur étudie la distribution géographique des plantes et l’origine des espèces, en se libérant, comme il le dit lui-même dans la préface, des entraves de la ihéorie de la sélection naturelle et en observant « comme s’il se trouvait dans une autre planète où la recherche scientifique ne fait que commencer ». Il constate que la propagation' des plantes dans le monde, soit par acclimatation, soit par invasion, est indépendante des caractères morphologiques ; elle a toujours été très lente, si bien que les genres et les espèces les plus dispersées sont les plus anciennes, sans qu’on puisse évoquer une lutte pour la vie et une sélection dans leur répartition actuelle. A cette conception, M. James Small apporte une preuve tirée de la famille des Composées, Mrs E. M. Reid une autre paléobotanique et M. Hugo de Vries montre son intérêt pour la théorie des mutations qu’il a opposée à celle de Darwin.
- Les Progrès de la métallurgie du cuivre, par A. Cox-duché. 1 vol. ?.54 p., 26 fig. (Encyclopédie Léauté). Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1922. Prix : 14 francs.
- La métallurgie du cuivre a fait en ces dernières années des progrès considérables, que l’ouvrage de M. Conduché met en relief d’une façon claire et logique. Il rappelle d’abord les propriétés physiques et chimiques du cuivre, l’influence des impuretés sur ses qualités de métal industriel, puis étudie scientifiquement les divers alliages à base de cuivre et résume les propriétés des principaux composés chimiques du cuivre : oxydes, sulfures, sulfates. Ainsi sont groupées toutes les données permettant de suivre avec fruit les diverses opérations de la métallurgie du cuivre et d’en comprendre le mécanisme et le but. L’auteur aborde alors le détail de ces opérations; il
- en analyse le mécanisme physique et chimique, et décrit les appareils les plus modernes imaginés pour les effectuer dans les conditions les plus économiques. Signalons notamment la description des fours à water-jacketpour la fusion pyriteuse du minerai et celle des fours à réverbère américains pour la fusion pour mattes, puis celle des modernes convertisseurs pour l’obtention du cuivre brut et l’étude du raffinage elec-trolytique. L’excellente documentation de ce livre est complétée par une courte étude statistique de la production mondiale du cuivre.
- Notes économiques d’un métallurgiste, par Camille Cavallier. 1 vol. 155 p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur, grand industriel de Pont-à-Mousson, compare tout d’abord l’industrie française et l’industrie allemande au point de vue de l’exportation. Il traite ensuite la question de la participation des industriels à la conduite des affaires du pays. Après une étude sur les rapports du patron avec le capital et le travail, il analyse la crise économique dans laquelle le monde se débat depuis plus de deux ans, mettant en lumière les causes de cette crise et propose même des remèdes, dont certains, il est vrai, sont plus faciles à énoncer qu’à appliquer.
- Les moteurs, par II. Petit, i vol. 190 p., 120 fig. Hachette, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- Yoici un excellent petit livre aussi instructif qu’agréable et que chacun peut lire sans effort; l’auteur y expose comment est né le moteur à combustion interne, et prenant pour exemple le moteur d’automobile, il indiqtie en s’aidant de dessins simplifiés quels en sont les organes essentiels, le rôle qui incombe à chacun d’eux et décrit les principales classes de moteurs usuels. Puis après avoir exposé sobrement, mais d’une façon fort claire les éléments de mécanique et de thermodynamique, sur lesquels repose le fonctionnement intime de ces moteurs, il montre ce qu’il faut entendre par les expressions moteur à explosion et moteur à combustion interne. Un chapitre spécial est consacré aux moteurs d’aviation; î’ouvrage se termine par l’examen des divers combustibles utilisables dans les moteurs.
- La prévision scientifique du temps, par Gabriel Guilbert. i vol. in-8, 438 pages, 27 figures. Augustin Chal-lamel, éditeur, Paris, 1922. Prix : 22 fr.
- Nul ne contestera l’importance capitale de la Prévision du temps. Aussi peut-on dire que la Météorologie est une science à laquelle tous s’intéressent d’une manière quelquefois opposée, il est vrai, suivant la profession ou la circonstance. S’agit-il de tout ce qui se rapporte à la mer, la question du vent à prévoir est la note dominante; mais si l’agriculteur souhaite le plus souvent la pluie, il la redoute parfois aussi, d’accord en cela — et toujours — avec le touriste : la grêle, les orages, les grains sont des phénomènes nuisibles à tous, et bien dangereux pour certains, tels les aviateurs, pour qui le brouillard est aussi un terrible ennemi. Les périodes de neige, de verglas ont leur répercussion néfaste dans la question des transports, etc., etc.
- Il y a donc toujours un immense intérêt à connaître les signes avant-coureurs de ces phénomènes; c’est à quoi vise cet ouvrage, où ils sont étudiés et mis à la portée de tous.
- C’est dire que le livre que M. Guilbert présente aujourd’hui au public ne s’adresse pas exclusivement aux météorologistes de profession. Les indications pratiques que l’on y trouvera, clairement exposées, sur l’étude des nuages, du vent et du baromètre (et ce sont des observations que tout le monde peut faire) sont le résultat de plus de quarante années d’observations minutieuses, qui ont permis à l'auteur de formuler sa nouvelle théorie appelée à modifier profondément les connaissances actuelles en météorologie. Et l’excellence de cette méthode paraît suffisamment démontrée lorsqu’on constate que, pour l’emploi raisonné des règles de M. Guilbert, la prévision du temps de 24 heures d’échéance se trouve exacte 8fj fois gur 100.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2527
- 9 Septembre 1922
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- INFORMAT] O
- Les levés à grande échelle du Service géographique de l’Armée dans les Alpes. — On sait que notre excellente carte d’Etat-Major au i/8o oooe présente pour les régions de montagne de graves imperfections.
- Fort heureusement, le Service géographique de l’Armée poursuit l’exécution méthodique de cartes très précises au 1/20000° qui rendent de signalés services aux touristes, aux géographes et aux ingénieurs. Le lieutenant-colonel Noirel, dans La Montagne, donne quelques détails sur ce travail cartographique actuellement en cours d’exécution.
- Il a commencé après la guerre de 1870 par l’établissement des plans directeurs des places fortes des Alpes : Nice, Grenoble, Albertville, etc., levés poussés jusqu’à 10 km au delà des ouvrages les plus avancés. Les premières feuilles datent de 1885.
- Puis ce programme a été étendu, dans l’intention de raccorder et d'englober' dans un levé ininterrompu tous ces plans directeurs obtenus séparément. Le Service géographique possède actuellement une bande continue de levés, ayant 3o km de large en moyenne, qui longe la frontière dans les départements de la Savoie, des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes jusqu'à la mer, avec en plus toute la région de Grenoble.
- Ces travaux ont une grande précision, aussi bien en altimétrie qu’en planimétrie : la position d’un détail y est assurée à io m. près (erreur maxima) relativement aux détails voisins,
- Les courbes de niveau sont tracées de 20 m. en 20 m. et l’altitude d’un point bien défini sur la carte peut être déterminée avec une erreur qui ne dépasse pas 6 m.
- Les premiers levés, exécutés aussitôt après 1870, n’avaient peut-être pas toute la précision désirable en ce qui concerne les cimes de montagnes, les régions rocheuses ou les glaciers. Mais le développement du tourisme et de la houille blanche ayant mis en relief l’importance de ces régions, les topographes de l’armée s’attachent depuis 1900 à les lever avec la même fidélité que les vallées basses. Ils entreprennent en même temps la révision méthodique des levés antérieurs.
- Il ne reste plus aujourd’hui qu’à revoir les environs de Grenoble et la lande qui s’étend de Briançon à Saorge.
- Depuis 1911, le Service géographique de l’Armée utilise les procédés de la stéréophotogrammétrie, plus rapides, moins coûteux et aussi précis que les procédés classiques d’autrefois. Il a commencé par lever ainsi le massif des Ecrins-Pelvoux ; aujourd’hui il a achevé presque en entier la région de 40 km de développement qui va du grand Rochail à la Source de la Romanche et comprend le massif de la Meije.
- Une partie des-levés du Service géographique est éditée et l’on poursuit activement la publication des levés effectués.
- Les plans au 1/20000* ont été imprimés d’abord en une seule couleur, ils le sont en 3 couleurs depuis 1921 : planimétrie et noms en noir, courbes en bistre, hydrographie en bleu. Les environs de Cannes et d’Antibes sont déjà publiés sous cette forme.
- Depuis 1919, le Service géographique met en vente tous les levés à grande échelle, y compris les plans directeurs des places fortes. Ajoutons que sur la côte méditerranéenne les levés sur le terrain sont effectués au ij 10 000e et sont publiés en principe dans deux éditions différentes au 1/10 000e et au 1/20000°. Actuellement on pousse activement la publication au 1/20 ooo° de toutes les feuilles de la côte d’Azur.
- On pourra se procurer ces cartes en particulier chez Barrère, 21, rue du Bac, Paris.
- L’extinction de l’incendie d’un puits de pétrole.
- — Un incendie s’était déclaré, il y a un certain temps, dans un puits de pétrole à Long Beach, en Californie. Ce puits avait été cimenté à une profondeur de 800 m., lorsque se produisit une explosion, le gaz qui s’échappait du puits s’enflamma; un puissant et gigantesque jet de flammes s’établit à l’orifice, fort dangereux pour les installations voisines. Le gaz s’échappait avec une telle force qu’il ne s’enflammait qu’à 3 m. 5o au-dessus du
- point de décharge. On s’efforça d’étouffer la flamme au moyen d’un fort jet de vapeur et de boue, mais sans succès.
- On eut alors recours à la dynamite, relate le Rapport sur les opérations minières de la province de Québec, et l’on procéda comme suit : on entoura d’amiante, substance incombustible, une étagère de 2 m. de haut, sur laquelle on plaça 45 kg de dynamite gomme à 80 pour 100 enveloppée dans du papier d’amiante.
- Pour approcher assez près du puits en feu, afin d’y placer le support entouré d’amiante, et d’y déposer l’explosif, il fallut recourir aux ; services de 2 ouvriers , entièrement cuirassés d’amiante, comme le représente la figure ci-contre. On y fit ensuite exploser la charge électrique ment. L’explosion eut pour effet d’éteindre la flamme et l’on put installer de nouvelles chaudières et des lignes de tuyaux pour diriger dans le trou de forts courants de vapeur et de boue, afin d’arrêter les gaz. Il fallut continuer ces projections pendant 3 jours pour réussir à arrêter complètement les gaz.
- Une trombe en Alsace. — M. D. Kœchlin, de Mulhouse, nous écrit : « Je vous signale un phénomène assez rare en Alsace qui s’est produit hier matin entre ioh. 1/2 et ix heures à la suite d’un orage qui a éclaté dans la direction nord. Après quelques coups de tonnerre, le ciel s’obscurcit et une trombe se dégagea des nuages, descendant assez bas; cette trombe, qui était d’une certaine importance, n’a heureusement pas causé de dégâts; elle se dirigeait à la campagne entre les villages de Brunstall, Diedenheim et Dornach, allant vers Zillisheim.
- On a très bien pu observer la croissance et décroissance de la colonne de nuages qui, sous l’influence du tourbillon, s’allongeait et grossissait. Peu à peu les nuages se dirigèrent vers le nuage principal et la colonne disparut. Le spectacle n’a duré que quelques minutes et se caractérisait par l’absence de pluie. Il est regrettable que ce phénomène n’ait pu être photographié, cela l’aurait certainement rendu plus intéressant encore. »
- Le désastre de Swatow (Chine). — Le port de Swatow sur la côte du détroit de Formose à l’embouchure du fleuve Han a été dévasté par un terrible typhon pendant la nuit, du 2 au 3 août dernier. La population de cette ville en 1914 était de 60000 âmes. On estime que 5o 000 personnes environ ont péri à Swatow et dans la région environnante. Six autres villes avoisinantes seraient détruites. L’eau monta subitement, envahissant les maisons, pendant qu’un vent violent déracinait les arbres et brisait les poteaux télégraphiques. Des sampans amarrés dans le port ont été projetés à plusieurs centaines de mètres à l’intérieur des terres, et plusieurs gros navires ont été jetés à la côte.
- La fécule de fougères arborescentes. — M. Marquès, consul de France à Honolulu, vient de faire connaître dans Y Agronomie coloniale une nouvelle industrie des îles Hawaï : l’exploitation de la fécule des fougères arborescentes. On sait que les fougères des régions tropicales ont souvent des. tailles d’arbres. L’espèce la plus grande, Alsophila excelsa de l’île Norfolk, atteint souvent 24 m. de hauteur. Elles ont un port de palmier : tronc cylindrique droit, à surface souvent rugueuse,
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- INFORMATIONS
- couronné d’une touffe de feuilles géantes. Le centre du tronc est occupé par une moelle spongieuse bourrée de gros grains amylacés dont les animaux sont très friands et que les indigènes de Nouvelle-Zélande, du Queensland, de Papouasie recherchent également.
- Hawaï possède six espèces de ces fougères. Pendant la guerre, un Japonais eut l’idée de les exploiter pour la nourriture des porcs. Son idée fut reprise par des Américains qui opèrent maintenant de la façon suivante : l’arbre est scié au ras du sol et à 5o ou 60 centimètres de la touffe de feuilles. La partie supérieure est immédiatement replantée et sert de bouture pour un nouveau plant. Le tronc est écorcé, puis transporté dans un moulin qui le transforme en pulpe. Des tamis séparent la fécule qui est lavée et égouttée. La pulpe brune fibreuse restante est un excellent aliment pour les porcs et les volailles. La fécule est d’excellente qualité et peut servir soit à l’alimentation, en concurrence avec l’arrow-root, soit à l’industrie, pour l’empesage. Un tronc de 2 à 3 m. de long renferme un cylindre de moelle de io à i5 cm de diamètre qui donne 4 à 5 kg de fécule.
- C’est là une nouvelle ressource pour les nombreuses colonies françaises tropicales où abondent les fougères arborescentes.
- Les Tsiganes. — M. René Le Conte vient de publier dans le Mouvement Géographique une étude sur les Tsiganes, dont nous extrayons les renseignements suivants :
- Le nombre exact des Tsiganes est inconnu. Il n’existe guère que des évaluations. L’explication en est très simple. Le Congrès de Paris de ï856 avait prévu leur naturalisation en bloc, non seulement pour les sédentaires, mais aussi pour les nomades. Le Congrès de Berlin de 1878 s’efforça d’obliger les Etats balkaniques à leur accorder la naturalisation, sans parler de l’égalité des droits civiques. Par ailleurs, les métissages entre les Tsiganes et les populations, au milieu desquelles ils vivent, sont inévitables, les Tsiganes ayant volontiers accueilli parmi eux au cours des âges les outlaws des pays qu’ils traversaient. Toutefois, les métissages sont plus ou moins fréquents selon les pays : rares en Espagne, par exemple, ils sont très fréquents en Roumanie.
- Le professeur Guido Cora estimait à 1 million le nombre total des Tsiganes plus ou moins purs dans le monde entier en 1890, dont 779 000 pour l’Europe seulement. Vivien Saint-Martin donnait une évaluation plus faible : 681000, dont 589000 en Europe, basée sur des recensements et des évaluations de différentes époques, dont les plus anciennes remontaient à 1871.
- Dans l’Europe occidentale, ces Asiatiques ont été mal accueillis en général par les populations et par les gouvernements : le Royaume-Uni n’en comptait que 4073 au recensement de 1871, le dernier où ils aient été dénombrés; la France et la Hollande n’en avaient guère chacune qu’un millier vers 1890.
- En dehors de l’Espagne, où ils étaient une quarantaine de mille vers 1890, ils n’étaient en masses importantes que dans les régions danubiennes et balkaniques.
- L’Europe orientale (Russie, Pologne) venait après les Balkans : 58 000 Tsiganes en Russie et i5ooo en Pologne d’après le Konversations Lexikon de Brockhaus. La Turquie d’Asie héberge un grand nombre de Tsiganes. L’jEncyclopedia Britannica donne à leur sujet deux évaluations, 67000 et 200000, qu’il est réellement impossible de faire cadrer.
- Pour la Perse, le Turkestan, l’Inde, l’Egypte, l’Amérique et l’Australie, il n’existe aucune évaluation sérieuse.
- Longtemps, les Tsiganes ont vécu en marge de la société régulière. N’étant pas admis au droit de cité, ils pouvaient tout au plus espérer être tolérés. Les Etats ne s’occupaient guère d’eux que pour les expulser ou pour prélever des taxes sur eux, souvent aussi pour leur imposer de force, leur religion. C’est ainsi que l’immense majorité des Tsiganes sont devenus nominalement chrétiens ou musulmans.
- A certaines époques, les Tsiganes furent violemment persécutés et non sans x-aison. Leurs pratiques de sorcellerie et de magie cachaient trop souvent des empoisonnements et des escroqueries. Leurs habitudes de pillage et de chapardage déplaisaient naturellement à ceux qui en étaient victimes. Le peu de sincéi'ité de leurs conversions aux religions locales les x-endait par ailleurs très suspects.
- L’Inquisition espagnole donna le signal des persécutions; le mouvement gagna la France, l’Allemagne et l’Italie. Seules la Bohême, la Russie et la Turquie les respectaient.
- En 1778, l’impératrice Marie-Thérèse et son ministre Kanitz voulurent les fixer au sol, à l’aide de mesures administratives relativement douces; les nomades, par exemple, 11e pouvaient pas sortir d’une certaine zone. En 1782, Joseph II accentua cette politique. L’Espagne en 1788, la Pologne en 1791, la Russie et l’Angleterre imitèrent l’empereur d’Allemagne.
- Par contre, les Tsiganes nomades furent réduits en servage en 1816 en Moldavie, en i83o en Yalachie; ils devinrent la propriété du prince, mais ils furent bientôt affranchis en même temps que les autres serfs moldo-valaques et tsiganes sédentaires par une série de mesures législatives (1837, 1844, 1855).
- Plusieurs pays imposèrent aux Tsiganes un embryon d’organisation politique. La Syrie, la Yalachie, la Moldavie, la Pologne, Corfou les obligèrent à prendi-e dans la noblesse indigène un chef, qui devait répondre d’eux et faire leur police, mais auquel ils payaient l’impôt; en Moldavie et en Yalachie, ce chef s’appelait Bulubaska ou Yoïvod ; en Pologne, il prenait le nom de Roi (czar) : le dernier mourut en 1790.
- Ailleurs, ils élisaient des chefs de leur race. En Bulgarie, ils ont encore un tsari bachi; à Saragosse, un roi; en Russie,Mes tribus ont des chefs élus; les Bochas d’Arménie ont des Athoracals ou Mudirs sur territoire turc, tandis qu’au Caucase le gouvernement russe leur imposait un oustabachi officiel. Les chefs élus, qu’ils soient reconnus ou non par les gouvernements, sont toujours assistés d’un conseil de vieillards.
- La question de la naturalisation des Tsiganes n’est pas encore réglée complètement dans les Balkans, malgré le traité de Berlin. Le traité de Sèvres du 10 août 1920 pour la protection des minoi’ités ethniques sera-t-il mieux observé ?
- On peut diviser les Tsiganes en trois grandes catégories : les nomades, qui continuent à suivre fidèlement les traditions de vagabondage de la race et sont les plus purs de race; les sédentaires, qui se sont fixés au sol; les semi-nomades enfin, qui rayonnent pendant l’été autour d’un point donné, où ils viennent passer la mauvaise saison et où ils ont leur centre d’affaires.
- Nous sommes habitués en Occident à voir les Tsiganes nomades exercer les professions de saltimbanque et de musicien ambulant, parfois même celle de vannier. Dans les pays danubiens et balkaniques, ils en exercent beaucoup d’autres.
- M. René Le Conte leur reconnaît le mérite d’avoir appris aux Occidentaux maints alliages de l’Inde, l’utilisation pharmaceutique de beaucoup de plantes et d’avoir.enrichi le folk-lore et la musique. Mais ils justifient leur réputation de voleurs (envers les non-tsiganes, non pas enti’e eux) et ont répandu largement les pi-atiques de la sorcellerie, de la magie et les superstitions.
- Gastéropodes géants.— Nature signale une étude de M. B.-B. Woodward parue dans la Geological Magazine qui confirme maints récits relatifs à un gastéropode géant. Son moulage a été trouvé dans les couches de sable calcaire weldiennes du comté de Sussex, certains exemplaires mesurent jusqu’à 2 m. 22. Les spires, au nombre d’environ 28, augmentent lentement de l’apex à la bouche, donnant à l’ensemble de la coquille une forme presque cylindrique.
- M. Woodward a baptisé ce géant Dinocochlea ingens et rappelle que YActinoceras giganteum du carbonifère devait être au moins aussi long.
- Supposez qu’il existe encore de pareils colosses et imaginez la l’encontre d’un escai’got de plus de 2 m. Qu’en diriez-vous?
- Standardisation. — La Commission permanente de Standardisation au Ministère du Commerce soumet à l’enquête publique les projets de normalisation suivants :
- i° Cahier des charges pour la fourniture de platine pur, platine allié au cuivre, platine iridié, platine à l’état de chlorure.
- 20 Cahier des charges pour la fourniture du zinc industriel.
- 3° Unification des sections des barres de cuivi'e et d’aluminium pour tableaux de distribution.
- 4° Unification des fils et câbles en aluminium.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Conserve ménagère des fruits mûrs. — La détérioration des fruits mûrs a pour cause initiale la présence à leur surface de spores ou germes microscopiques de champignons, de ferments, de bactéries, etc. Elle n’est pas due à une tendance inhérente des fruits à s’altérer. Au cours des expériences très minutieuses poursuivies récemment au laboratoire Jodrel de Kew (Australie), l'emploi de Y aldéhyde formique ou formol (solution commerciale à 40 pour 100) a donné les meilleurs résultats. Le formol se recommande en raison : i° de son efficacité; 20 de son prix peu élevé; 3° de sa facilité d’application ; 4° de son innocuité absolue. La méthode de traitement est la suivante. Pour les fruits dont toutes les parties sont comestibles, les fraises par exemple, les immerger pendant dix minutes dans la solution suivante :
- Eau froide...................100. parties.
- Formol commercial .... 3 —
- Laver ensuite pendant cinq minutes dans de l’eau froide et placer sur un filet métallique (treillage en fils de fer) où les fruits égouttent et sèchent. Pour les fruits à peau non comestible (pommes, poires, par exemple), l’immersion dans l’eau froide après traitement par le formol peut être omise avec avantages. L’action du formol est des plus énergiques. Elle arrête immédiatement l’altération des fruits si elle a commencé à se produire, et assure leur conservation pendant une durée prolongée. Voici la technique à employer pour la conserve des pommes, par exemple. Elle est des plus simples et nous la recommandons en raison de son efficacité.
- Verser 4^ litres d’eau (eau de pluie de préférence) dans un tonneau ou dans une cuve en zinc. Ajouter 1 litre 700 de formol. Mélanger intimement. Placer les pommes dans un filet ou dans un sac de laine à mailles lâches. Plonger le tout dans le liquide et l’y laisser dix minutes. Avoir soin de remuer le sac à plusieurs reprises pour assurer le contact intime des pommes avec la solution conservatrice. Retirer ensuite le sac, placer les fruits sur des couches de paille, de foin ou de matière analogue, laisser égoutter et sécher. Il est inutile de laveries pommes — ou autres fruits — à leur sortie de la solution de formol. Même traitement pour les prunes, les fraises et autres fruits mous, mais avoir soin de les placer dans un tamis avant de les immerger dans le liquide. Le degré de la solution de formol ne s’altère pas par l’usage. La stérilisation peut donc se poursuivre, fournép après fournée, jusqu’à épuisement du liquide conservateur. Le même procédé de traitement convient également aux fruits exotiques et tropicaux avec lesquels il donne les meilleurs résultats.
- Destruction des fourmis. — Lorsqu’une habitation est infestée par les fourmis on peut s’en débarrasser en
- ayant recours au procédé suivant. Préparer un mélange composé de :
- Tartre émétique (tartrate de potasse et
- d’antimoine)............................ 1 partie.
- Sucre.......................... .... 10 —
- Eau........................................100 —
- On peut également mêler les sels de la formule ci-dessus à de la graisse, procédé qui supprime l’évaporation. Tremper ou enduire des copeaux ou des débris de faïence ou de verre, et les placer sur les chemins suivis par les fourmis.
- Confitures au glucose. — Nombre de personnes, étant donné le prix encore relativement élevé du sucre, hésitent à confectionner des confitures. L’utilisation du glucose, comme substitut partiel du sucre, permet de remédier à cet inconvénient « économique ». Il présente un triple avantage : i° Prix de revient moins élevé, i° Quantité équivalent en poids de produit obtenu; 3° réduction de la tendance de certaines confitures à la cristallisation. Le meilleur glucose à utiliser est le produit, de consistance sirupeuse, connu sous la nom de sirop ou sucre de grains. N’employer que des fruits propres et sains. Eliminer les pièces trop mûres, utiliser par contre les fruits à maturité incomplète. Lavage à l’eau froide, sauf pour les fruits mous : fraises, framboises. Le glucose doit être employé, non comme substitut, mais comme complément du sucre dans la proportion : sur 2 parties, glucose 1 partie. Utiliser des proportions égales de glucose et de sucre pour les fruits incomplètement mûrs ; augmenter la quantité de glucose pour les fruits mûrs.
- Préparation. — Placer les fruits dans une bassine à confitures, ajouter la quantité d’eau rigoureusement nécessaire pour dissocier, en chauffant, la texture des fruits. Les fruits mûrs exigent un peu plus d’eau que les fruits verts. Ajouter le sucre, remuer jusqu'à dissolution complète. N’additionner le glucose (sucre de grains) qu'après que le sucre est complètement fondu. Faire bouillir rapidement en agitant vivement pour empêcher le produit de brûler. On détermine le point où la cuisson doit être arrêtée comme suit : placer une petite quantité de confitures dans un plat froid; si elles ne se raffermissent pas en refroidissant, continuer la cuisson jusqu’à obtention du résultat satisfaisant. Ne pas prolonger la cuisson inutilement. Mettre en pots aussitôt après refroidissement ; recouvrir soit de papier parchemin ou de papier blanc ordinaire trempé dans l’eau-dc-vie ou l’alcool. Fermer hermétiquement (papier parchemin) et conserver en lieu frais et sec. En résumé, pour éviter les mécomptes : i° éliminer les fruits trop mûrs; 20 n’ajouter le glucose qu après dissolution complète du sucre ; 3° ne pas écumer; 4° refroidissement complet des confitures avant la mise en pots.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS.— L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service delà Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — Abonné 2059-168. — JJ enlèvement des taches d'encre ordinaire sur tissus blancs, telles que celles portées par l’échantillon que vous nous avez soumis, ne présente aucune difficulté en opérant ainsi. Faire tremper dans un bain tiède composé de
- Extrait de Javel. . . i5 grammes.
- Eau chaude . ... 1000 —
- Laisser en contact jusqu’à ce que les taches soient devenues complètement jaunes, rincer et plonger dans
- une solution contenant :
- Acide muriatique du commerce. . . 20 gr.
- Eau chaude...................... . 1000 —
- Les taches disparaissent alors complètement. Rincer enfin à fond pour enlever toute trace d’acide qui poui -rait agir d’une façon défavorable sur la fibre.
- M. Jardin, à Evreux. — La plupart des encres style-graphiques sont des dissolutions de couleurs dérivées de la houille, un lavage à l’alcool enlève presque totalement les taches produites par ces encres surtout si on a soin d’intervenir rapidement. Sur les étoffes blanches on peut terminer par un passage à l’eau oxygénée, mais pour les tissus teints il vaut mieux se contenter d’un procédé anodin, car tout réactif énergique agirait égar lement sur la teinture.
- M. Burin, à Clermont-Ferrand. — Les imitations courantes d’ivoire sont le plus souvent en galalithe et ce doit être le cas de la pomme de votre canne, la colle à la caséine indiquée à M. Garin (voir n° 2026) conviendra également pour la réparer. Avoir soin de bien nettoyer les surfaces à rapprocher et de serrer fortement de façon à. chasser l’excès de colle.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. le capitaine Ferrât, à Biskra. — La pâte à polycopier que vous employez doit être établie pour pays tempérés, dans les pays chauds il est nécessaire de forcer la dose de sucre et de diminuer la quantité d’eau, une bonne formule est la suivante :
- Gélatine blanche n° i. . . ioo grammes.
- Sucre blanc.............. . 120 —
- Eau de pluie..............3oo —
- Glycérine pure à 3o°. . . 600 —
- Si cependant vous craignez encore la liquéfaction et l’altération de la gélatine, vous pourriez recourir à une pâte absolument stable telle que :
- Kaolin pulvérisé ou argile sèche. 3oo gr.
- Glycérine.........................100 —
- Sucre............................ a5 —
- Sulfate de zinc.................... 1 —
- Eau............................... 5o —
- Le kaolin s’introduit peu à peu dans la glycérine, d’autre part on fait dissoudre dans l’eau le sucre et le sulfate de zinc et on incorpore la solution à la masse précédente. On garnit les cadres de la pâte obtenue qu’on lisse au moyen d’un couteau souple. Tous les produits ci-dessus sont d’usage courant et il vous sera facile de vous les procurer chez tous les droguistes ou marchands de couleurs.
- M. Capon, à Paris. — i° Nous avons répondu à votre demande dans la « Boîte aux Lettres » du n° 25ao, 22 juillet 1922, p. 3i. Veuillez bien vous y reporter; — 20 lu argenture du. verre a été traitée dans la « Boîte aux Lettres » des numéros suivants : n° 2482, 29 octobre 1921, Ecole d’Horlogerie de Fleurier, p. 140; n° 2492, 7 janvier 1922, M. Chenaille, à Saint-Julien, p. 11.
- M. Brunet, à Nantes. — Vous pourrez vous procurer le' vide tourie Kunwald chez Berlemont, rue Cuj as, à Paris, en ayant soin de rappeler à ce constructeur la disposition de cet appareil par un croquis ou en lui indiquant la référence des « Recettes du Laboratoire », p. 46. Mais nous vous signalons que ce vide tourie peut être remplacé très simplement par un bouchon de caoutchouc à deux trous ; dans l’un passera le siphon que vous pouvez construire avec un peu d’adresse, dans l’autre un tube coudé à angle droit, également facile à fabriquer et que vous relierez à une poire en caoutchouc à soupape analogue à celle des vaporisateurs, vous obtiendrez ainsi à peu de frais autant d’exemplaires qu’il’y aura de touries à mettre en service.
- M. Carreyre, à Marseille. — i° Le malt ou orge ger-mée et touraillée ne se vend dans le commerce qu’aux 100 kg; pour vous le procurer en petites quantités, il faudrait vous adresser à un brasseur. Quant à sa préparation elle est trop délicate pour être du domaine de l’amateur; — 20 L‘appareil Scotte pour la fabrication domestique de la bière, décrit dans les « Recettes de la Maison », p. 5a, est très ingénieux, mais il ne répond pas tout à fait au travail de brasserie, car la saccharification ne doit pas avoir lieu à l’ébullition, sous peine de détruire la diastase, agent actif. Dans la pratique on fait des trempes successives aux températures de 48° C, Go° C-720 C; seul l’épuisement final du maltose formé serait logique à l’ébullition, ainsi que le houblonnage.
- Il conviendrait donc d’opérer ainsi : moudre le malt et l’empâter avec une quantité d’eau bouillante suffisante pour que la’ température finale soit voisine de 5o° C, laisser reposer jusqu’à ce que la masse qui était trouble soit devenue claire et le liquide surnageant transparent. Mettre alors le tout dans la poche de l’appareil Scotte et épuiser en faisant bouillir l’eau de la marmite. Procéder ensuite au houblonnage de la même façon et recevoir le liquide sucré et aromatisé dans un, tonneau. Après refroidissement aux environs de 20° C mettre en levure et laisser fermenter.
- Le procédé peut être combiné avec une formule économique permettant de réduire la quantité du'malt, lequel est le plus coûteux, on prendra par exemple en vue d’obtenir 25 litres de bière :
- Malt moulu............... 700 grammes.
- Houblon.................... 55 —
- Mélasse de raffinerie. . . 700 —
- Eau de pluie ...... 25 litres.
- Levure de bière liquide . i5o grammes.
- Eviter de se servir de mélasse de sucrerie qui renferme 10 pour 100 de sels alcalins et donnerait un goût désagréable. Si on peut se procurer de la mélasse de sucre de canne celle-ci serait à pi'éférer. — N. B. La
- durée des épuisements du malt et du houblon est variable suivant les quantités à traiter et peut être comprise entre 1/2 heure et 1 heure. On peut facilement suivre cet épuisement par disparition du goût sucré et de l’arome dans le produit résiduel.
- Foyer du marin, à Toulon (Var). — La présence de l’huile de lin dans le linoneum conservera toujours à celui-ci une certaine souplesse, vous pourriez peut-être obtenir cependant un durcissement relatif par immersion des planches gi'avées soit dans un lait de chaux, soit dans l’extrait de saturne ou autre solution métallique ; quelques essais seront nécessaires pour déterminer les conditions les plus favorables (température, durée, etc.).
- Dl Restrepo Moreno, Sonson Àntiquia (Colombie). — i° Une bonne formule pour le brillantage des métaux
- est celle qui suit :
- Savon de Marseille râpé .... 3 00 gr.
- Tripoli ou terre d’infusoires. . . 25o —
- Ammoniaque..................... 5o —
- Eau ordinaire.................... 5oo —
- Faire dissoudre le savon dans l’eau au bain-marie, laisser refroidir avant d’ajouter l’ammoniaque, puis verser peu à peu la solution sur le tripoli ou la terre d’infusoires de manière à obtenir une masse bien homogène ; — 2° Les produits les plus divers peuvent être employés pour aromatiser le tabac au goût du consommateur, les plus courants sont le Chypre, la cascarille, le cacao.
- M. Saulnier, à Nancy. — Le glaçage du linge est obtenu par addition de blanc de baleine ou de stéarine, à l’empois d’amidon, la formule suivante peut vous servir de type :
- Savon blanc pur....... 5o grammes.
- Blanc de baleine...... 25 —
- Gomme adragante. ... 5 —
- Eau...................5oo —
- Dissoudre d’abord le savon dans la moitié d’eau
- chaude, puis y ajouter aussitôt le blanc de baleine râpé, le mélange refroidi prend la consistance de crème. D’autre part, faire macérer la gomme adragante bien pulvérisée dans le reste d’eau froide pendant 24 heures au moins, jusqu’à obtention d’un mucilage parfait, verser cette solution peu à peii dans la première en agitant constamment. Si l’émulsion n’était pas complète on l’obtiendrait quand même en laissant reposer le produit 2 ou 3 jours, puis en remuant à nouveau très fortement. — N. B. L’addition de 2 à 3 gr. de borax à la solution finale complète très heureusement la préparation. Pour l’emploi, amidonner le linge de la façon habituelle et le repasser, puis délayer 1 à 2 cuillerées du produit à glacer dans un verre d’eau tiède et en humecter la surface du linge avec une éponge très propre ou un morceau de flanelle, passer à nouveau le fer chaud, de préférence le fer à glacer, on obtient ainsi le cachet et le brillant du linge neuf.
- M. Elle Perret, à Paris. — Les essais auxquels vous avez procédé montrent qu’il ne s’agit pas d’une encre à marquer le linge à base de niti’ate d’argent ; comme les encres employées dans ce but peuvent être également à base de platine, de cuivre ou de noir d’aniline, il serait indispensable de connaître exactement quelle sorte d’encre est intervenue poûr déterminer le traitement à faire subir en vue de l’enlèvement des marques. Peut-être le mode d’emploi indiqué sur le ou les flacons pourrait-il vous servir de guide à ce sujet.
- M. Renneson, à Epernay. — 1° Le calcaire que contiennent les eaux n’est pas en suspension, mais én dissolution à la faveur de l’acide carbonique, il ne faut donc pas songer à améliorer les eaux calcaires par filtration. Le mieux est de précipiter la chaux du bicarbonate en saturant l’acide carbonique en excès par de la soude caustique, il se forme alors du carbonate neutre insoluble qu’une simple sédimentation permet de séparer par exemple dans un épurateur Gaillet Huet, mais une analyse de l’eau est indispensable pour faire connaître la quantité exacte de soude à ajouter par hectolitre d’eau traitée; — 20 Le tétrachlorure de carbone donne d’excellents résultats pour la destruction des mites à la condition d’être bien employé, c’est-à-dire de maintenir les objets à conserver dans une atmosphère saturée' de tétrachlorure; voir à ce sujet la réponse à M. Chapuy, de Fontenay-sous-Bois, dans un précédent numéro.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2528
- 16 Septembre 1922
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- INFORMATIONS
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- La télégraphie sans fil dirigée au moyen des ondes de courte longueur. — Les premières ondes électriques réalisées par Hertz étaient des ondes de courte longueur, et c’est avec des ondes de cette nature que Marconi essaya tout d’abord de réaliser la télégraphie sans fil. Aujourd’hui elles n’ont guère d’usage pratique. Marconi s’aperçut immédiatement que la portée des ondes augmentait rapidement avec leur longueur, et l’effort de la nouvelle télégraphie se concentra au début sur l’augmentation des longueurs d’onde et des portées. Aujourd’hui les ondes hertziennes de la T. S. F. peuvent faire le tour de la terre : on a donc atteint le maximum de portée; d’autre part, l’usage de la T. S. F. s’est rapidement répandu; les postes se sont multipliés et leurs ondes emplissent l’espace à toutes les heures du jour, pour la plus grande joie des amateurs qui s’amusent à intercepter une partie des messages ainsi transmis.
- Pour éviter les brouillages, chaque poste doit travailler sur une longueur d’onde bien déterminée, distincte de celle des autres postes. Des ententes internationales réglementent la distribution des longueurs d’onde; mais la multiplication des postes est telle que toute la gamme des longueurs d’onde réalisables sera bientôt pratiquement utilisée; le développement ultérieur delà T. S. F. sera alors bien difficile. Et pour éviter une universelle cacophonie, on n’aperçoit pas d’autre issue que la direction des ondes.
- Or les ondes de courte longueur, celles qui, on le sait, se rapprochent le plus des ondes lumineuses, sont celles qui se prêtent le plus aisément à la direction. On peut, en effet, les concentrer au moyen de réflecteurs de dimensions ordinaires, lorsque leur longueur est de l’ordre de quelques mètres.
- Les ondes courtes sont assez rapidement absorbées par l’atmosphère, et l’énergie qu’on peut leurcommuni-quer est faible. Cependant les considérations exposées plus haut ont poussé à reprendre leur étude; d’intéressantes expériences ont été faites récemment par M. Marconi et il semble qu’un champ d’applications intéressant leur soit réservé.
- Nous résumons la question d’après un intéressant article publié dans Nature, de Londres, par M. C.-S. Franklin.
- Les premières expériences de M. Marconi fui’ent entreprises en Italie en 1916 dans un but militaire. Il utilisait des ondes hertziennes de 2 et de 3 m.: les réflecteurs étaient constitués par un certain nombre de bandes ou de fils accordés sur lalongueurdel’onde émise, etdisposés suivant un cylindre parabolique ayant l’antenne pour foyer.
- La production des ondes s’opérait au moyen d’un éclateur à circuit couplé, dont le primaire comportait un condensateur à air; l’étincelle éclatait dans l’air comprimé.
- Ces expériences montrèrent qu’on pouvait ainsi obtenir un bon effet de direction, et réaliser une portée d’une dizaine de kilomètres.
- Elles furent reprises à Carnarvon en 1917, avec un éclateur perfectionné à air comprimé, des ondes de 3 m., un réflecteur ayant une ouverture de a longueurs d’onde et une hauteur de i,5 longueur d’onde. On réalisa une portée de 3a km.
- Ces expériences mirent en relief une propriété importante de la propagation des ondes : à savoir l’augmentation rapide de l’intensité du champ électrique avec la haut'eur au-dessus du sol; cette augmentation est une fonction du rapport entre la longueur d’onde et la hauteur; ce qui explique que l’effet peu marqué pour les grandes longueurs d’onde devient foi t important pour les petites.
- Ainsi la portée sur mer, pour des stations placées au niveau de la mer, n’est que de 6 km ; elle augmente très notablement quand les postes transmetteur et récepteur sont placés à plusieurs longueurs d’onde au-dessus du sol, ou de la mer; on peut alors atteindre des portées considérables.
- En 1919, on fit à Carnarvon des expériences de téléphonie sans fil dirigée ; l’onde employée avait une longueur de i5 m., qui permet encore d'utiliser un réflecteur de dimensions abordables. Le transmetteur était une lampe génératrice d’onde d’une puisssance de
- 200 watts. La réception s’effectuait par hétérodyne. La parole fut entendue nettement à Holyhead, à une distance de 32 km.
- En 1920, des essais de téléphonie exécutés à bord d’un navire de la Dublin Steam Packet C° effectuant la traversée de Kingston à Dublin montrèrent que l’on pouvait atteindre en téléphonie la portée de 110 km. Sur terre, en 1921, on put de même téléphoner entre Hendon et Birmingham, soit io5 km.
- Des mesures précises montrèrent que l’énergie à la réception lorsqu’on se sert de réflecteur est 200 fois plus grande que sans réflecteur. De plus, la parole est transmise avec une netteté remarquable, sans aucun effet de distorsion, comme on en observe parfois avec les autres systèmes de téléphonie sans fil.
- On conçoit aisément que la télégraphie et la téléphonie sans fil dirigées par courtes longueurs d’onde soient susceptibles de nombreuses applications.
- On a déjà essayé de réaliser sur ce principe de véritables phares hertziens, avec des transmetteurs tournants, tout à fait analogues aux phares lumineux, mais ayant sur ceux-ci l’avantage de fonctionner le jour et la nuit, ainsi que par brouillards.
- La téléphonie sans fil pour amateurs aux Etats-Unis. — La téléphonie sans fil d'amateurs a pris, aux Etats-Unis, en ces jdernières années, un développement formidable.
- On l’a baptisée broadcasting et ce nom est souvent employé maintenant en France. M. Fleming, le savant anglais, inventeur de la valve thermionique d’où est sortie la lampe à 3 électrodes, origine de ce mouvement, vient de se livrer aux Etats-Unis à une enquête approfondie sur le' broadcasting. La revue anglaise Nature publie ses observations.
- Depuis la fin de 1920, la situation du broadcasting aux Etats-Unis est chaotique. Tout le monde peut installer et mettre en service un poste émetteur, pourvu que la longueur d’onde employée soit inférieure à 36o m. et la puissance à 1/2 kw ; aussi ces postes sont-ils fort nombreux. Les journaux, les universités, les services publics, les grands magasins en possèdent. Actuellement on estime leur nombre à 5oo environ, travaillant du reste indépendamment les uns des autres, ce qui n’est pas sans entraîner une grande confusion. Ils sont groupés principalement dans les Etats de l’Est et sur la côte du Pacifique. On ne compte pas moins de 20 postes à proximité de New York. Leurs programmes sont annoncés par la voie de la presse. On étudie actuellement une réglementation destinée à mettre un peu d’ordre dans ce chaos.
- M. Fleming a visité plusieurs postes importants de broadcasting; ils comportent des studios dans lesquels des artistes jouent et chantent, des chambres de transmission et de contrôle et des bureaux. L’initiateur du mouvement a été la grande Société Westinghouse C° qui a ouvert en décembre 1920 le poste de East Pitts-burg (K. D. K. A.).
- Depuis lors, les postes se sont multipliés, les amateurs pour les écouter sont devenus légion et une industrie extrêmement importante s’est développée pour leur donner satisfaction. On estime à 2 millions le nombre des postes récepteurs ; durant les deux dernières années il s’est constitué plus de 12000 sociétés pour des affaires de T. S. F.
- La question des brevets n’était pas sans présenter un sérieux obstacle à ce développement. Les brevets en matière de T. S. F. sont nombreux, enchevêtrés, et chaque fabricant estexposé à contrefaire inconsciemment sou voisin. Celte difficulté qui se présente en France également a été élégamment résolue; les principaux constructeurs se sont groupés, ont fait Je « pool » de leurs brevets qu’ils ont en somme mis en commun, et ils ont créé un organe la « Radio Corporation » qui est leur agent de vente commun.
- Une des organisations les plus intéressantes des Etats-Unis est Y American lielay League, groupement non commercial d’amateurs de radio; il a pour objet de protéger les intérêts des amateurs ; il est organisé également pour i*etransmettre, de stations en stations, à travers le
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- INFORMATIONS
- continent américain, des radiotélégrammes ou téléphones amicaux échangés par des. amateurs.
- Quels 'sont les programmes des postes de broad-casting ?
- A cet égard, le goût du public se transforme rapidement. Les messages sommaires du début font place à des communications étendues et de tous genres; les sujets d'éducation et d’hygiène deviennent de plus en plus populaires. De même les services religieux et les sermons forment une large part des radiocommunications d’amateurs. Des mercuriales, des résumés de la situation des marchés font également partie des programmes et rendent, parait-il, d’éminents services aux agriculteurs qui savent ainsi s’ils ont intérêt ou non à offrir leurs marchandises immédiatement ou à les garder. Il y a également des conférences radioléléphonées, ainsi que des cours universitaires.
- M. Fleming signale aussi que l’attitude de la grande presse vis-à-vis de la T. S. F. d’amateurs s’est profondément modifiée; hostiles au début à ce qu’ils considéraient comme une concurrence, les quotidiens se sont vite aperçus que la diffusion des informations par la voie de la T. S. F. leur était au contraire avantageuse, et leur opposition s’est transformée en un cordial appui. Tous les journaux ont aujourd’hui une rubrique consacrée à la T. S. F. d’amateurs; on y publie Lotit au long les programmes des postes émetteurs et 1 on y donne des conseils techniques aux amateurs.
- M. Fleming conclut en disant que le broadcasting fait aujourd’hui partie intégrante de la vie nationale américaine.
- Nous pouvons dire qu’il est en voie de conquérir en France une situation analogue, pour le plus grand bien du pays et de son industrie. Souhaitons donc qu'une réglementation trop étroite ne vienne pas en paralyser prématurément lessor.
- La sensibilité de l’oreille. — Deux physiciens américains, H. Fletcher et R.-L. Wegel, attachés aux laboratoires de recherches d’une grande Société de construction de téléphones, se sont livrés à des recherches sur la sensibilité de l’oreille humaine ; ils ont étudié notamment la variation de la sensibilité de l’audition suivant la fréquence des sons perçus.
- Les sons du langage usuel sont des vibrations dont la fréquence est comprise entre 600 et 4000 périodes par seconde.
- Les expérimentateurs ont étudié l’audition chez un grand nombre de personnes : une centaine, dont l’ouïe était considérée comme normale, et une vingtaine plus ou moins sourdes.
- Ils utilisaient un récepteur téléphonique, à amortissement d’air fixé à l’oreille, et excité par des courants de fréquence variable : l’intensité de courant étant modifiée au moyen d’un alternateur spécial jusqu’à ce que le seuil d’audibilité fût atteint.
- Les personnes soumises à l’expérimentation étaient enfermées dans une cabine étanche au son, construite en tôle et feutrée intérieurement. Yoici les résultats de ces expériences, d’après le Physical Review.
- En moyenne, la variation de pression minima décelable à l’oreille diminue régulièrement avec la fréquence du son ; à fio périodes, elle est environ 0,15 dyne par cm2; elle descend à 0,001 dyne à xooo péxûodes et reste alors sensiblement existante jusqu’à 4000 périodes. Les personnes qui dans ces limites de fréquence ont besoin d’une variation de pression de 0,1 dyne par cm2 pour entendre sont légèrement sourdes. Elles peuvent encore suivre une conversation, lorsquelles ne perçoivent plus que les variations d’une dyne. Au delà commence la surdité véritable. D’autre part, les variations de pression de 1000 dynes sont pénibles à l’oreille.
- , Les laboratoires de recherches industrielles aux Etats-Unis. — Le Bulletin ofthe National Research Coun-cil des Etats-Unis publie la liste des laboratoires de recherches attachés aux divers établissements industriels des Etats-Unis. Le nombre en est très élevé : ce bulletin recense en elîet 026 laboratoires d’importance du reste fort inégale. Certains d’entre eux représentent de gigantesques organisations : le plus important est sans conteste celui de la Western Electric C° à New-York, société de construction et d’installation de télégraphes et téléphones; ce laboratoire qui comporte 1 directeur, 3 sous-
- directeurs, 10 chefs de service, emploie 82.5 physiciens, chimistes et ingénieurs de recherches, et 750 assistants, dessinateurs, etc; c’est à lui seul une grande usine; on y étudie tout ce qui concerne le télégraphe, le téléphone, les câbles sous-marins, la T. S. F.; c’est dans ce laboratoire qu’ont été mis au point les lampes-relais à 3 électrodes pour la téléphonie et les systèmes de téléphonie multiplex utilisant ces lampes ; c’est là également qu’ont été étudiés les récepteurs téléphoniques à cristaux. Un autre laboratoire célèbre entièrement consacré à la recherche est celui de Edison, à Orange, qui emploie a5o personnes. La General Electric C° à Schenectady, une grande société d’électricité, emploie dans son laboratoire 70 savants, i3 ingénieurs, 5o assistants : c’est de là que sont sortis les tubes à rayons X de Coolidge, les travaux de Langmuir, etc. La même société possède à Cleveland un laboratoire consacré exclusivement à l’étude de la lumière et des lampes électriques qui occupe i5o personnes. Citons encore le laboratoire de la General Research Motor C° à Dayton, consacré à l’automobile, qui occupe 251 personnes aux travaux de recherches et 147 aux contrôles et essais de matériaux et de pièces fabriquées. La Goodyear Tire and Rubber C° à Akron, société de fabrication de pneumatiques, emploie 36o personnes dans son laboratoire.
- La C10 Dupont de Nemours, à Wilmington, qui fabrique des explosifs, a 5 laboratoires de recherches, avec 200 chimistes et 322 employés divers.
- Le laboratoire de la Eastman Kodak C° à Rochester, consacré aux recherches concernant la photographie, emploie plus de 100 personnes.
- La couverture du terrain par du papier dans les cultures tropicales. — La Nature a annoncé les premières expériences de ce genre cjui ont vivement attiré l’attention de ses lecteurs des pays chauds. Aujourd’hui, le Bulletin de renseignements de l’Institut International d’Agriculture rend compte de nouveaux essais heureux publiés par M. T.-A. Church dans the Florida Grower.
- Les expériences de couverture du terrain par du papier, faites par les cultivateurs des îles Hawaï pour la protection des plantes qui y sont cultivées, ont donné des résultats entièrement satisfaisants. On obtient de la sorte une surproduction d’ananas de plus de 88 quintaux à l’hectare. Les plantes présentèrent un aspect bien meilleur que celles de lots de terrain découvert. Par l’emploi de cette couverture, le prix de revient de la culture baissa de a/3 et l’on eut. là un moyen de défense efficace contre les dégâts produits par les pluies violentes, par les craquelures du terrain dues aux grandes chaleurs, etc. Sous le papier, pendant la nuit, le terrain garda une température de 2 à 5° C. plus élevée que celle du terrain découvert.
- Après avoir préparé le terrain pour la plantation, on y étend le papier déroulé, dans lequel on aura soin de ménager des ouvertures pour les plantards. Une équipe de 3 ou 4 hommes suffit pour étendre le papier sur x acre de terrain (40 ares), à un prix qui n’atteint pas 3 dollars (38 fr. 80 par hectare, dollar au pair). Il serait avantageux, pour ce travail, que le papier soit en rouleaux de 90 m. de longueur (longueur-type des lignes d’ananas aux îles Hawaï), de'91 cm de largeur, et qu’il possède de bonnes qualités d’isolement. Il est probable que, pour la pratique courante, on se servira des qualités de papier à bon marché, fabriqué, autant que possible, avec de lu bagasse, qui est maintenant brûlée comme un déchet non utilisable.
- La couverture du terrain par du papier est aussi largement employée, aux îles Hawaï, dans les plantations de canne à sucre, pour lesquelles, à l’origine, elle a été imaginée. Dans les plantations nouvelles, la canne n’a pas de difficultés à trouer le papier; cette méthode est en même temps très efficace pour prévenir le développement des mauvaises herbes.
- Dans les vieilles plantations, le papier est étendu sur les lignes après que la canne a été coupée et avant l’apparition des nouvelles pousses. Cette méthode a fait baisser de 40 pour 100 le prix de revient des travaux de culture.
- La Chrysomèle de la pomme de terre ou Dory-phora. — On pax-le beaucoup de la Doryphora depuis quelque temps. A vrai dire, si c’est en France un nouveau sujet de conversation, ce n’eu est plus un aux
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- INFORMATIONS
- Ltats-Lnis où 1 on sait ce qu'elle coûte. C'est un petit coléoptère assez joli, long d’un centimètre à peine, jaune avec des taches et des lignes noires, 5 sur chaque élytre, ce qui lui a valu son nom spécifique : Leptine-tarsa decemlincata. Elle pond des œufs de couleur jaune, par groupes de 3o à 4o, d’où sortent des larves jaune orangé a tête noire. Chenilles et adultes vivent sur les feuilles des Solanées, tabac, tomate, aubergine et surtout pomme de terre.
- En h rance, ses apparitions sont rares. En Amérique, la Doryphora se révéla vers i85g, au Colorado, parun tel ravage des cultures de pommes de terre que la récolte fut anéantie totalement. Et depuis lors, elle n’en a jamais totalement disparu.
- On sait que les importations de plantes sont surveillées attx frontières pour empêcher l’introduction d’insectes indésirables, parce que nuisibles. Cependant, la région bordelaise vient d’ètre envahie, sur quelque a5o kms. L’insecte a probablement pris passage à bord d un transatlantique. Quoi qu’il en soit, il faut maintenant agir vite pour l’arrêter dans sa pullulation.
- On connaît de longue date des moyens de la combattre : injection dans le sol de sulfure de carbone quand on peut sacrifier les plants, ou pulvérisations sur les feuilles de composés arsenicaux dont les principaux sont le vert de Scheele et la pourpre de Londres. Depuis la guerre, on dispose aussi- de la chloropicrine, dont M. Bodrero vient de montrer l’efficacité contre la Doryphora.
- Le Ministère de l’Agriculture vient de charger le service des épiphyties d’engager la lutte. Espérons que ses efforts arrêteront l’invasion du dangereux insecte, avant qu’il ait contaminé notre pays.
- Falsifications des empreintes digitales. — Nos
- lecteurs connaissent bien, par divers articles parus dans La Nature, les empreintes digitales, leurs caractéristiques et la manière dont les laboratoires d’identification judiciaire les examinent et s’en servent pour dépister les criminels. La méthode est aujourd’hui si perfectionnée et si sûre qu’on lui doit de véritables prodiges.
- Mais, voilà des nouvelles inattendues, si l’on en croit une étude de M. J.-G. Goodwin, publiée dans Dactylo-graphy, que signale Nature.
- Depuis longtemps, certains criminels opéraient gantés de caoutchouc pour ne pas laisser d’empreintes accusatrices, aussi compromettantes qu’une signature. En voici maintenant qui fabriquent de fausses empreintes pour détourner les soupçons.
- M. Goodwin décrit les moyens employés. Le criminel s arrange pour que la dupe qu’il a choisie laisse des empreintes nettes sur un verre ou un objet poli. Il les photographie et les reporte, au moyen d’un papier transfert sur un timbre de caoutchouc, comme on fait d’une signature.
- Ou encore il fait un contre-moule d’une empreinte laissée dans la cire molle, du plâtre, de l’argile, ou plus simplement de la mie de pain.
- Ou bien, employant les procédés cle la photogravure, il fait de l’empreinte une photographie négative qu’il reporte sur une couche de gélatine bi-chromatée.
- C est simple et cela nous promet, si messieurs les assassins commencent, de fâcheuses erreurs judiciaires !
- Le sexe des œufs. — Parmi les œufs d’un poulailler, est-il possible de dire ceux qui donnent des poulets et ceux qui donneront des poules ? M. Panisset, dans l:a Vie agricole et rurale, répond à cette question en s’appuyant sur les recherches poursuivies à Nancy parM. Lienhardt.
- On sait que dans une même race les coqs sont plus lourds que les poules, les jeunes poussins mâles sont déjà plus pesants que les poussins femelles, la différence est déjà marquée chez les poussins qui viennent d’éclore. Cette observation vérifiée un grand nombre de fois, il était logique de penser qu’elle devait se vérifier sur les œufs. L’expérience a montré le bien-fondé de cette prévision. En choisissant pour les mettre à la couveuse les œufs les plus lourds, on obtient régulièrement une proportion plus grande de coqs que de poules. Bien entendu, cette règle ne peuL être contrôlée que sur des œufs provenant des poules d’une mêqic race, et la proportion des succès est d’autant plus grande que les poules sont de même âge et au même moment de leur saison de ponte.
- Les résultats annoncés ont été l'obtenus également dans une autre statiçm expérimentale, ailleurs ils ont rencontré des contradicteurs. Mais l’analyse des expé-1 iences a montré quelles avaient été entreprises avec des poules d’origine mixte comme les Faverolles, les Coucous de Malines, etc... Si l’on répète les essais avec des œufs de Leghorn, de poules de Bresse, les œufs les plus lourds donnent toujours une plus grande quantité de coqs et les œufs les plus petits üne plus grande quantité de poules.
- L’immigratidn au Maroc. — Le Mouvement Géographique signale une intéressante étude de M. A. Char-ton, parue dans le Bulletin de la Société de Géographie du Maroc, sur l’immigration dans ce pays de protectorat depuis la guerre.
- Le commissariat officiel d’immigration dû port de Casablanca a relevé depuis 1917 les chiffres suivants :
- Immigration
- Immigration. E migration. i-éelié.
- "9*7.............. G 716 1,677 Lo39
- J9l8 ................ 2,953 1,342 l,6n
- 1919 ................. 9,6q5 3,202 6,6g3
- 19'-,-° ...... 11,237 3,76g 7,468
- 1921 (10 mois). . 11,379 4,i35 7,244
- On voit que le mouvement de colonisation, q'ui n’avait commencé quen 1913, arrêté par la guerre, a repris intensément depuis.
- Le plus fort contingent est fourni par les Français qui constituent environ les deux tiers des immigrants. Les. Espagnols, àetuèllement moins nombreux et les Italiens, au contraire de plus en plus nombreux, forment ensemble1 io pour 100 des immigrants.
- On compte fort peu d’immigrants partvres, la plupart sont des directeurs dé travaux, des négociants, des ouvriers spécialisés et., surtout depuis quelque temps, des ouvriers du bâtiment attirés par les constructions de villes nouvelles. Les Français forment les cadres de toutes les nouvelles initiatives, puisqu’ils représentent 78 pour roo.des agriculteurs, 80. pour 100 des entrepreneurs et industriels, 70 pour 100 des ouvriers d’usines, alors que les Italiens, les Espagnols et lés Portugais fournissent surtout les ouvriers dû bâtiment et les petits commerçants.
- Cette immigratio.fi régulière, très différente des ruées de jadis vers certains pays neufs, est une preuve de là puissance colonisatrice de la France.
- Le cheptel français. — Le ,humai Officiel vient de publier la statistique des aïli'màùx de ferme éxistaût en France âû 3t décembre 1921. Yoici cés cfeiffrès, comparativement à cetfx de l’an dernier et de fgi3 :
- 1913
- Chevaux. . .3 220.080
- Mulets .... 188.280
- Anes............... 35'6.3ro
- Bovins .... 1.4.787.710
- O v i n s..... 16.131.3 qo
- Porcins. . . 7.o35.8-5o
- Caprins. . . . f. 434-97° T
- On voit que notre troupeau se Il est net te ment en progrès sur est encore fort dépeuplé, surtout moutons et les porcs.
- 1920
- 1921
- . 6 3’fy. 3 üfo' 2.706.110 180.600 186.420
- 298.180 295.780
- .217.240' r 3.34:3.44o .4o5.870 9.599.56o
- .941.460* 5.166.080
- .340.890 1.361.180
- reconstitue lentement, Fantlée dernière, mais' en ce qui concerne les
- Le centenaire de Pasteur au cinématographe. —
- On sait que de grandes cérémonies sont préparées à propos du centenaire de la naissance de Pasteur pour honorer la mémoire de l'illustre savant. Le cinématographe y participera' d’une façon intéressante : nous apprenons que,, à cette occasion,! deux Sociétés, VÉd'ki&rt Française cinématographique' ét Cos>éno’graph^ sont réunies en vue d’éditer un grand film- retraçant Tes phases» essentielles de la vie et des travaux de Pasteur1.
- L'exécution en est déjà commencée.
- Le scénario a reçu la complète approbation de MM. Yalléi-y-Radot, ainsi que du JD1' Roux,. directeur de l’iustitut Pasteur.
- Les éditeurs ont en outre trouvé auprès1 des pouvoirs publics, des Municipalités et des Universitésy Un appui moral et matériel.
- rsn*.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- J&D
- IgD
- CM
- Mécanique <<n
- Appareil Paradox pour le ramonage des tubes de chaudières. — Les prix élevés des combustibles de tous genres imposent impérieusement, à tous ceux qui les emploient, le souci de l’économie maxima. Aussi voit-on toutes les installations de chauffage et de force motrice s’équiper avec des dispositifs perfectionnés, dont le but est de faire la chasse à toutes les calories perdues.
- Mais les installations les plus parfaites perdent en peu de temps leur rendement si elles ne sont pas maintenues en état de rigoureuse propreté.
- Ainsi, les tubes de chaudière se recouvrent rapidement, au passage des gaz de la combustion, d’une couche de cendres et de suie, mauvaise conductrice de la chaleur qui ralentit l’échange des calories entre les gaz chauds et l’eau à vaporiser. Aussi voit-on bien vite la consommation de la chaudière augmenter dans des proportions notables; une couche de cendres de i mm seulement entraîne une augmentation de 5 pour ido dans la consommation du charbon. Ces dépôts en outre sont extrêmement nuisibles à la conservation des tubes.
- Un ramonage fréquent et régulier s’impose donc, et dans les installations qui marchent à feu continu, à bord des navires notamment, il importe de pouvoir procéder
- Fig. i.— Appareil Paradox pour le ramonage des tubes de chaudières.
- à cette opération, pendant la marche même, sans attendre l’arrivée au port.
- De là sont nés divers appareils de nettoyage par jet de vapeur ou d’air.
- L’appareil Paradox, d’invention italienne, effectue le ramonage par un jet d’air chaud ; il a ainsi sur les appareils à vapeur l’avantage de ne donner lieu à aucune condensation; ces condensations, en effet, rendent collants les enduits de cendres et suies, leur expulsion est alors difficile et reste incomplète.
- L’appareil Paradox est de plus un appareil à marche continue, fonctionnant pendant la pleine marche des chaudières ; il permet donc de maintenir celles-ci constamment dans l’état de propreté requise.
- 11 se construit suivant divers types adaptés aux types des chaudières à nettoyer ; pour en faire comprendre le principe, nous décrirons le modèle destiné aux chaudières à tubes de flamme, dans lesquelles les gaz chauds passent à l’intérieur des tubes.
- 11 consiste en un appareil qui aspire les gaz chauds de la boîte à feu de la chaudière et projette ceux-ci en un jet puissant à l’intérieur des tubes.
- Cette aspiration se fait au moyen d’un petitjetde vapeur envoyé dans la tête de l’appareil (fig. i) par l’orifice A et qui sort avec une extrême violence à travers les petites ouvertures C produisant ainsi l’aspiration des gaz par l’ouverture B.
- La vapeur et les gaz mélangés forment un courant gazeux qui sort animé d’une grande vitesse par l’ouverture D, formant une gerbe conique dont l’angle d’ouverture est de 45° environ. Cette gerbe vient frapper l’entrée d’un certain nombre de tubes de la chaudière, les gaz entrent à grande vitesse dans ces tubes et les traversent en entraînant les cendres qui sont rejetées dans la boîte à fumée ou dans la cheminée.
- Pour atteindre successivement tous les tubes, il suffit de faire tourner l’appareil sur lui-même en combinant ce mouvement avec un léger déplacement longitudinal.
- L’appareil est monté à poste fixe comme l’indique la figure 2.'
- Les tubes de la chaudière sont représentés en i ; la boîte à fumée en 2 ; l’appareil Paradox est fixé en 4 ; les gaz chauds sont aspirés en 3, tandis que la vapeur
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- motrice est prélevée en 5 sur la chaudière et est amenée au Paradox par le tube 6, le robinet 5, le raccord souple 7, et le tube 8 qui traverse la chaudière.
- La manivelle 9 permet de faire tourner l’appareil sur
- Fig. 2. — Montage de l’appareil Paradox.
- lui-même et de lui donner le déplacement longitudinal nécessaire. -*
- Les appareils Paradox sont construits par les Etablissements Weil, Gattegno et Cle, 38, quai Jemmapes, Paris.
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- 'Electricité
- Lampes électriques et magnétiques. — On fabrique actuellement un assez grand nombre de lampes élec-ti'iques de petites dimensions, et l’usage paraît s’en étendre de plus en plus ; il est si commode de pouvoir se procurer un peu de lumière instantanément, quelque temps qu’il fasse!
- Ces lampes appartiennent à deux catégories, l’une purement électrique, l’autre magnéto-électrique.
- i,c catégorie. — Le type électrique a débuté par l’emploi d’une petite pile pour fournir le courant nécessaire à une minuscule lampe à incandescence. Mais bientôt la pile a été remplacée par un accumulateur, et on peut dire maintenant que tout le monde connaît les petits appareils de poche de ce genre, de construction extrêmement simple et que l’industrie est parvenue à livrer à un prix très modéré. Il est à peine nécessaire d’en donner la description sommaire.
- Dans une petite boîte métallique, on introduit un accumulateur, toujours le même, c’est-à-dire un vase fermé, soudé, contenant des plaques de plomb, dont l’une se trouve recouverte de peroxyde de plomb, l’autre de plomb réduit et toutes deux plongeant dans un peu d’eau acidulée par l’acide sulfurique. La formation du peroxyde et celle du plomb réduit sont obtenues par le courant d’une dynamo fonctionnant avec une force électromotrice de 3 volts environ, que l’on fait agir jusqu’à ce que l’accumulateur soit saturé, c’est-à-dire qu’il ait par lui-même une force électromotrice de 2,40 volts. Un bon accumulateur de 100 gr. peut être ainsi chargé assez pour fournir un courant de i/5 d’ampère pendant 3o minutes et même un peu plus.
- Ce courant est envoyé à une lampe à incandescence établie sur les bases de 2 volts et t/5 d’ampère, qui peut ainsi éclairer pendant une demi-heure avant de changer l’accumulateur. Un ressort sous un bouton de pression
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- Lü/npt
- Fig. 3. — Lampe électrique de poche à accumulateurs.
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- catégorie.— En
- permet de partager la durée totale en petits moments d éclairage discontinu, en laissant le courant interrompu
- tant qu’on n’appuie pas sur ce contact; le second contact se fait parla boîte métallique.
- Si peu coûteux que soient les accumulateurs de rechange, la lampe revient assez cher à l’usage, d’autant que, malgré tous les soins de construction, l’appareil se décharge lentement pendant les intervalles où on ne s’en sert pas 2
- La lampe raison de la courte Radia pour bicyclette (jurée des lampes à (vue extérieure). accumulateurs f on
- les remplace le plus souvent par des lampes à courant direct obtenu sur les grands véhicules ou les avions, au moyen d'une petite dynamo ou d’une magnéto commandée par la machine motrice, quand ce n’est pas par une lampe à acétylène ; aucune limite n’est imposée à la puissance des phares ou des projecteurs.
- Mais, pour les appareils portatifs, on est arrivé assez récemment à une solution possible, en établissant un très petit modèle de magnéto, suffisant cependant pour qu’il fournisse, avec une très petite dépense d’énergie,un courant suffisant pour donner un éclairage notable avec une lampe àincandescence semblable à celle des lampes à accumulateurs, c’est-à-dire i/5 d’ampère avec 2 VoltS.
- On a pu, sur ces bases, créer divers types de lampes à moteurs mécaniques et même remplacer le moteur par l’effort de la main. Comme principes, ces divers appareils ne diffèrent guère les uns des autres; mais la question de construction intervient largement dans la facilité de manœuvre et dans la durée de bon fonctionnement sans avaries, et en même temps dans le prix de revient principal et d’entretien.
- Les deux types que nous allons décrire (lampes Radia) ont été expérimentés pendant un temps suffisant déjà pour compter parmi les appareils vraiment utiles et intéressants.
- Lampe à bicyclette. — L’aimant est un fer à cheval en acier spécial, trempé et aimanté par courant; malgré ses petites dimensions, 85 mm de long, 36 mm de large et d’épaisseur, sa force portante est de plus de a kg. A son sommet il est percé d’un trou de .7 mm; ses brandies, à leurs extrémités, sont percées de 4 trous de 2 mm 1/2 pour fixer le chapeau support du coussinet; sur l’un des côtés, l’une des branches présente un trou A de 7 mm pour fixer tout le système à une branche de la
- bassinet
- Hude de graissa ge
- Pièce contenant te coussinet
- Vis isolée
- Molette de prise de courant
- fourche, et un petit trou B comme arrêt pour le ressort dont il sera question plus loin (fig. 5).
- Tout l’aimant est recouvert d’une enveloppe en laiton embouti ayant les mêmes trous A, B, C.
- Le chapeau en acier, à section horizontale rectangulaire, est une pièce de haute précision qu’on obtient de fonte, sans retouche, à un cinquantième de millimètre près. Sa base emboîte très exactement en dedans et en dehors le système de l’aimant et de son carter, de manière à empêcher ou à corriger toute déformation provenant de la trempe.
- Ce chapeau, dans toute sa hauteur, est évidé de manière à recevoir exactement un coussinet en bronze dans lequel doit tourner l’axe d’acier. Un ajutage latéral renfermant une mèche permet d’ajouter assez fréquemment une goutte d’huile pour faciliter le mouvement rapide de rotation, 20 à 4° tours par minute. Ce sont des pièces d’extrême précision, exigeant beaucoup de soins en raison de leurs petites dimensions.
- L’axe d’acier poli est terminé à son extrémité supérieure par un filetage qui permet de placer la roulette motrice à profil concave ; l’autre extrémité doit recevoir une vis fixant là des rondelles qui enserrent une des branches du balai.
- Vers le milieu de sa longueur, l’axe est engagé dans une pièce en fer doux de Suède, dont il est rendu solidaire
- par un renfonce -ment; c’est l’âme des bobines; après la mise en place de celles-ci, onplacede chaque côté une des branches d’acier, engagée sur un des tenons de l’àme, que l’on rive ensuite pour assurer la solidarité complète de tout le système en rotation.
- C ’est là le point le plus délicat de la construction; il faut approcher de très près l’équilibre parfait des masses autour de l’axe ; faute de quoi les vibrations deviennent bruyantes et usantes à ces vitesses de 20à40 tours par seconde, et d’autant plus que l’arbre n’est enveloppé d’un coussinet que d’un seul côté ; il est vrai que ce coussinet est relativement très long.
- Les deux bobines, en fil émaillé, sont enroulées mécaniquement et mesurées automatiquement.
- Elles sont réunies en tension, enduites de gomme laque, puis recouvertes d’une faveur de soie. Les bouts libres vont d’une part à l’âme de l’induit et d’autre part au balai qui termine l’arbre par
- une sorte de fer à cheval Mines
- élastique.
- Une des parties délicates des opérations est l’étude de la résistance des bobines qu’on tient à maintenir à 3 ohms pour les mettre d’accord avec les lampes.
- Un essai encore plus délicat est le réglage de
- l’équilibre d’inertie de l’arbre muni des bobines.f’On n’a pas réussi à obtenir ce centrage d’emblée par une construction soignée, et il faut un ouvrier très habile et soigneux pour faire aux branches de fer les corrections néces.
- Collier dâttache (Elévation')
- Déclic du ressort
- 1 A
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- - - l—UL -Uô) J
- Fourche
- Coupe de la lampe de bicyclette Radia.
- Ame
- Fig. 6. — Coupe par les bobines.
- m 89 îjjh
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- saircs par usure à la meule d’émeri: aussi n’est-on pas arrivé à la perfection.
- L’arbre servant de conducteur est relié par une vis à un étrier élastique en cuivre qui sert de balai, en ce sens que son autre branche s’appuie sur la tête d’une vis isolée passant dans le trou du sommet de l’aimant.
- L’appareil ainsi terminé a une longueur de moins de r5 cm ; le support est une pièce latérale coincée sur une branche de la fourche de bicyclette, et reliée à l’aimant par une pièce sur laquelle le support est fou; mais on fixe les positions relatives au moyen d’ün ressort énergique dont l’usâge est très spécial; quand le bout libi’e du ressort est enclenché dans le cran du support qui lui est destiné, la molette ne touche pas le pneu; quand on déclenche le ressort d’un coup de doigt, il force la lampe à pencher vers la jante dans le plan d'un rayon, et la molette supérieure sert alors de rouleau de friction sur le bord du pneu.
- La pression est suffisante pour que, à la vitesse de l’homme au pas, on arrive à 20 tours par seconde pour l’induit, et à l’éclairage convenable de la petite lampe. Pour une vitesse plus grande, le voltage s’accroît moins
- Bobines d'induit Arbre de l'induit
- Bâtis avec coussinets
- Aimant
- Volant
- Contre-
- levier
- Manette
- Levier
- Ressort de [‘arrêt
- _ Pièce d'arrêt de
- la manette
- Fig. 7. — Mécanisme de la lampe à main Radia.
- vite que la vitesse, mais cependant, en pleine marche, le voltage double, si bien que la magnéto suffit pour une lampe à verre rouge. Un' réflecteur parabolique transforme cette lueur en un phare brillant.
- La jonction du courant à la lampe est faite d’une part par la vis isolée à molette placée au bas de l’appareil el reliée à l’une des bornes du phare ; d’autre part elle s’opère par l’intermédiaire de l’aimant; le contact avec celui-ci se fait par le support à collier si on a gratté le vernis de la fourche, ou, si on ne veut pas faire cette petite dégradation, on peut faire la liaison par un fil isolé attaché à la vis à tète filetée qui fait partie de la liaison entre l’aimant et le chapeau.
- L’appareil est très simple de composition, mais doit être exécuté avec une très grande précision, et quand il est bien établi, graissé de temps en temps par Un peu d’huile dans le graisseur du chapeau, il se montre très durable sans réparations, et il faut un choc très violent pour le déranger.
- Lampe à main (fig. 7). — Les mêmes principes de construction ont été appliqués à d’autres modèles de lampes magnéto-électriques, pour lesquelles le moteur doit être remplacé par un mouvement de la main.
- La disposition de l’appareil à induction est très sensiblement la même que dans l’appareil à phares de bicyclette, mais son axe est placé horizontalement dans le carter, au lieu d’être vertical.
- Comme le mouvement de la main est forcément alternatif, il a fallu munir cet axe d’un volant suffisant pour entretenir la rotation pendant que cesse l'action directe,
- et la construction d’un volant parfaitement équilibré en même temps que l’induit est une opération assez difficile, exigeant de très grands soins pour éviter les bruyantes vibrations que cause le moindre défaut.
- Cet équilibrage est d’autant plus nécessaire que la lampe est solidaire de l'axe de l’induit, condition qui simplifie 1 organisation générale du système.
- Comme il s’agit d’un système de lancement à 2 secondes d’intervalle entre les impulsions, et qu’il faut obtenir pour l’induit une vitesse voisine de 20 tours par seconde, on a dû interposer tout un système d’engrenages représentés sur notre figure 7.
- C’est d’abord un demi-cercle denté, mû par un levier coudé, serré dans la main; sur la figure, la manette qui actionne le levier est enclanchée dans sa position de repos; quand on lève l’arrêt qui la retient collée au carier, un ressort inférieur ramène le demi-cercle denté en lui faisant faire ur demi-tour, ce qui oblige le pignon d’engrenage à faire 3 tours avec la roue à 25 dents qui en est solidaire et qui fait faire 7 tours au second pignon. Celui-ci est relié à une seconde roue dentée par un encliquetage qui empêche le retour en arrière de ladite roue dentée pendant la pression de la manette. Enfin celle-ci, agissant sur le pignon calé sur l’arbre de l’induit, lui imprime une rotation de 20 tours environ pendant la demi-seconde que dure l’impulsion, et le volant conserve la vitesse pendant le retour à un point suffisant pour que l’arbre de l’induit tourne en moyenne à 20 tours par seconde, vitesse nécessaire pour donner à la lampe o,25 ampère sous 1 volts. L’ensemble du phénomène, aller et retour, dure 2 secondes environ, sans que l’éclairage baisse trop.
- Quand l’appareil est bien construit, il marche sans usure notable pendant des centaines d’heures de travail, et par conséquent le prix de construction, assez élevé en raison des difficultés que présente son exécution, le rend cependant beaucoup moins onéreux que les lampes à accumulateurs, et ses repos ne coûtent absolument rien.
- Constructeur : Letellier, 132, quai Jemmapes, Paris.
- Divers *
- Une pompe d’arrosage improvisée. — L’arrosage d’un jardin est facile quand on dispose d’un réservoir surélevé et d’une distribution d’eau en divers points. Il suffit alors de brancher les tuyaux pour arroser à volonté tous les points. Quand on dispose du courant électrique le remplissage du réservoir peut se faire facilement avec une petite pompe comme il en existe aujourd’hui de très parfaites.
- Cependant quand on n’a pas toutes les commodités qu’on vient d’énumérer, on cherche à y remédier au moymn d’arrosoirs, mais le travail de l’arroseur devient alors extrêmement pénible.
- Yoici ce qu’on peut agencer pour obtenir un arrosage moins fatigant. On dispose sur une brouette un réservoir qui sera constitué par exemple au moyen d’un bidon à essence de 5o litres, on le disposera horizontalement sur la brouette au moyen de supports appropriés. Une pompe à bicyclette à pied un peu puissante sera reliée avec le point le plus haut du bidon de manière à pouvoir y envoyer de l’air comprimé.
- Le tuyau d’arrosage en toile sera enroulé sur un rouleau fabriqué grossièrement avec des lattes de bois et placé à côté du réservoir sur la brouette, la pompe de bicyclette étant interposée entre les deux. Le tuyau se raccorde avec un tuyau qui descend du haut du réservoir jusqu’au fond, de manière que l’air comprimé puisse refouler l’eau avec force. O11 ménagera un tube de remplissage avec robinet et entonnoir qui débouchera à l’extérieur à une hauteur telle, que le réservoir ne soit pas tout à fait plein, afin de ménager un espace pour l’air que l’on doit envoyer et qui doit faire pression sur la surface du liquide.
- Avec un peu d’habitude on déterminera vite quel est le nombre de coups de pompe qu’il est nécessaire de donner pour obtenir une pression suffisante dans le réservoir pour obtenir un bon arrosage. Ceci doit dépendre aussi de la distance à laquelle on veut projeter l’eau, d’ailleurs les pompes de bicyclettes à pied en général comportent un petit manomètre qui donnera l'indication de la pression.
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- QÉf
- L’INDUSTRIE DES JUS, SIROPS,
- La préparation des jus, sirops, gelées, pulpes de pommes, constitue une vraie industrie qui a pris une certaine extension, notamment dans les départements de la Somme, de l’Aisne, du Nord, du Puy-de-Dôme, dans l’Est, la Bretagne, etc.
- Les pommes douces, ou pommes de table, pommes à couteau, ne sont pas seules employées à cet usage, et il est surtout intéressant que l’on puisse mettre à contribution ici les pommes dites à deux lins et même les pommes à cidre.
- Mais il faut retenir, cependant, que les fruits acides, ou amers, ont l’inconvénient de donner des jus concentrés qui conservent une saveur peu agréable .si on ne les sucre pas. En outre, les pommes aigres s’attachent plus facilemént au fond de la chaudière à cuire. Par contre, ces pommes aigres sont plus riches en matières pec-tiques; or ce sont ces principes qui sont la cause de la prise en gelée. Il en est de même, d’une façon générale, des pommes cueillies avant la maturité.
- Pour la fabrication des jus, sirops, gelées, on peut choisir parmi les fruits à cidre doux ; Marin Onfroy, Peau de Vache, Belle Cauchoise, Doux normande, etc.; et parmi les amères-douces : Argile grise, Doux-Lozon, Ozanne, etc.
- Pour les pulpes, pâtes, marmelades, les fruits doivent être bien mûrs. Ceux de table, à deux fins et à cidre, sont également mis à contribution : Reinette du Canada, Bros et Petit Rouget, Court-Penclu, Double bon pommier, Paradis, Madone, Belle des Buits, Rossard, etc.
- Les jus sont quelquefois préparés sans addition de sucre. Ils sont stérilisés en bouteille au bain-marie à l’ébullition, ou mieux, pour éviter le goût de cuit, par chauffage intermittent (deux fois à 5o°-6o° à 34 heures d’intervalle). On sait que ces jus peuvent servir directement de boisson. Additionnés de levures ils donnent un produit alcoolique.
- Mais le plus souvent on les concentre par la chaleur, sans, toutefois, arriver au point qu’une fois refroidis ils se prennent en gelée. Ils portent alors le nom, dans l’industrie, 'de sirops de pommes naturels, qui peuvent remplacer le sirop de sucre s’ils ont été préparés avec des pommes douces.
- Les jus et sirops servent, le plus souvent, à confectionner les gelées, qui, on le sait, constituent la base d’un grand nombre de gelées et confitures d’autres fruits.
- A ce titre, les sirops sont livrés par les industriels aux confituriers, confiseurs, pâtissiers.
- Jus et sirop sont encore employés pour y faire cuire des pommes, soit mises en purée, soit laissées en quartiers. Ces genres de confitures sont appelées pommées, en Normandie et Bretagne. Le jus concentré au tiers, ou au quart, porte le nom de pommée simple. Quand on opère au moment de la fabrication du cidre (pommes au début de la maturation), on prend, à la presse, le jus dernier venu, qui est meilleur.
- Le jus peut s’obtenir à froid, ou à chaud.
- Pour opérer à froid, on râpe ou broie les pommes, les presse dans un sac, émiette le marc, le presse à nouveau, clarifie le liquide obtenu, le passe à la chausse ou, mieux, au papier. Enfin, après l’avoir mis en bouteilles, on le stérilise comme nous l’avons dit plus haut.
- Dans l’extraction à chaud, on coupe les fruits en quartiers, sans les éplucher, les fait bouillir avec 4/5 d’eau, puis les place dans un sac que l’on suspend, et l’on recueille le liquide qui s’écoule. Mais dans l’industrie on opère plus rapidement en passant les fruits cuits au filtre-presse.
- Dans ces manipulations il ne faut pas se servir d’ustensiles en fer qui, avec le tanin, coloreraient les liquides.
- La concentration se fait à l’ébullition dans des vases largement ouverts, ou mieux dans une chaudière à vide partiel rappelant l’appareil à triple effet des sucreries.
- On désacidifie les jus, s’il y a lieu, avec de la craie en poudre lavée (4 gr. 5-par litre, environ), on fait bouillir et écume. Après avoir laissé déposer dans des récipients non métalliques, on décante, filtre et concentre par l’ébullition.
- Si l’on veut du sirop au sucre, on ajoute 600 à 65o gr. de sucre par kilogramme de jus concentré.
- GELÉES, PULPES DE POMMES
- Pour la fabrication de la gelée, les Anglais emploient beaucoup de pommes sèches (dessiccation à l’évapora-teur). Ici la peau, le cœur, les pépins, donnent plus de parfum à la matière préparée, mais elle est aussi plus colorée.
- On utilise encore dans cette préparation les résidus que laisse la manipulation des pommes destinées à la dessiccation.
- Mais que le jus soitjobtenu à froid ou à chaud, il faut le traiter aussitôt, car la fermentation esta craindre. En Amérique on le refroidit au-dessous de i5°.
- On peut le coller avant filtration et ébullition (14 gr. de gélatine dissous dans un peu d’eau, par 45 litres, ou un blapc d’œuf battu dans un peu d’eau froide, par j 1. 5).
- La concentration du jus est ici poussée assez loin pour que le liquide se gélifie après refroidissement. L’emploi du bain-marie, au moins à la fin de l’opération, est avantageux, à défaut de la chaudière à vide.
- L’utilisation de certaines pommes à cidre, douces ou amères-douces (surtout aux Etats-Unis et en Angleterre), ou celles à deux fins, a conduit les expérimentateurs à adopter quelques manipulations de détail.
- Si avec les pommes douces on peut pousser la concentration jusqu’à la concentration de la gelée, sans ajouter du sucre, ou autre, il n’en est pas de même avec les jus de pommes trop acides, ou amères, qui donnent une gelée à saveur désagréable. Toute gelée, pour se bien tenir, doit renfermer 60 à 70 pour 100 de sucre, pour une teneur en acide tannique de 1,5 à 2 pour 100.
- On emploie aussi, pour faciliter la gélification, de l’extrait de marc.
- Enfin, pour permettre une concentration avancée qui favorise la prise en gelée, on sature l’acide comme il a été dit plus haut car, sans cela, la gelée serait trop acide.
- "Voici la marche à suivre avec des pommes à cidre :
- Broyer et presser aussitôt; passer le jus à la chausse; le concentrer au sixième par l’ébullition, point où il se prend, généralement après refroidissement; sinon, chauffer doucement à ébullition, une demi-heure à une heure, du jus frais additionné, par litre, d’une petite tasse à thé de marc de pomme émietté et fraîchement exprimé; puis filtrer en pressant. Ajouter le liquide obtenu au jus concentré bouillant, et continuer la concentration.
- La quantité d’extrait de marc à employer égale, à peu près le volume qu’aura la gelée une fois préparée.
- Parfois, la concentration doit être poussée au septième, avec certaines pommes douces (Jes pommes acides contenant généralement plus de pectine que les pommes douces, surtout trop mûres, en mélanger un peu à ces dernières). Pour avoir moins à réduire, on peut aussi ajouter un peu d’extrait de marc.
- Si l’on veut sucrer le jus des variétés acides, on y ajoute a5o gr. de sucre par litre, et l’on ne concentre, alors, qu’aux trois quarts.
- L’Apfelkraut est une gelée préparée dans la vallée de la Lahn et en pays rhénan (rheinisches Apfelkraut) avec des pommes douces du pays Reinetté grise d'automne, Pomme douce de Schmidt) et d’autres importées de Hollande (Douce de Everling, pjantée sur les bords du Rhin).
- Pour obtenir ce produit, on cuit les fruits, presse et concentre à peine le jus, puis le verse encore chaud dans de petits tonneaux d’expédition, que l’on ferme une fois le produit refroidi. Les pommes donnent 17 kg de gelée par 100 kg; les poires 17 à 20 kg; les betteraves i5 kg. On mélange parfois ces divers produits.
- Pour obtenir la gelée de marc, les marcs laissés par la cidrerie sont additionnés d’un peu d’eau. On presse, clarifie le jus et le concentre. 4°o kg donnent 18 à ig kg de gelée.
- Pour avoir la pectine, on part des marcs ordinaires, qui donnent uue pectine neutre. Mise en solution dans l’eau, ou dans du jus sucré, elle se prend en gelée. On colore et parfume à volonté.
- La purée de pommes se prépare en cuisant à feu doux, dans un peu d’eau, des pommes douces coupées on morceaux (on peut aromatiser avec des coings). On presse ensuite sur une passoire, et cuit, la purée recueillie jusqu’à ce qu’une portion refroidie ne se relâche pas
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- dans l’ean. Ou bien, la purée est brassée sur le feu dans un sirop (le poids de sucre est moitié de celui des pommes).
- On associe quelquefois les poires (variété fusée, de préférence), que l’on met d’abord au four à une douce température, après la sortie du pain, en laissant jusqu’au lendemain (couvrir le pot). Passer à la passoire, et cuire la purée avec six fois son poids de cidre doux, jusqu’à ce qu’une portion, mise sur du papier gris, ne laisse pas séparer son humidité.
- Les marcs non pressés peuvent servir, également.
- Si l’on veut faire de la pâte, la purée est additionnée de sucre.
- On chauffe doucement jusqu’à consistance suffisante, étend sur du papier, fait sécher au four à une température modérée, découpe et saupoudre de sucre.
- Dans la région d’Avesne, les pâtes contiennent 3o à 4o pour ioo de sucre. 4 à 5 kg de pommes donnent 1 kg de pâte. Antonin Rolet,
- Ingénieur agronome.
- L'EAU-DE-VIE DE PRUNES OU QUETSCH
- Parmi les eaux-de-vie de fruits à noyaux, l’eau-de-vie de prunes occupe le second rang après le kirsch, à une assez grande distance, il est vrai, au regard de l’importance de sa production. On lui donne différents noms suivant les pays où elle est fabriquée : quetsch ou quetschenwasser en Lorraine, en Alsace et dans les pays de langue allemande : raki, en Hongrie; Slivowitz ou Slivowitza en Serbie.
- La véritable eau-de-vie doit sa réputation à ce qu’elle n’a été obtenue primitivement qu’avec la Quetsche commune ou Quetsche d'Allemagne, mais celle qu’on a retirée ensuite des mirabelles a été jugée également très bonne, et depuis nombre d’années, une grande partie de celle qui existe dans le commerce est due, non plus à ces remarquables variétés, mais à un mélange où, dans les années d’abondance surtout, sont confondues les sortes les plus ordinaires avec les meilleures pour la table, voire même les Reine-Claude. Et comme c’est le cas, cette année, dans certaines localités, il n’est pas sans intérêt d’en indiquer sommairement la fabrication.
- Fabrication. — Elle peut avoir lieu par trois procédés distincts : t° Fermentation des fruits entiers; 20 Fermentation des fruits foulés avec addition d’eau; 3° Fermentation du jus sucré dilué extrait des fruits, suivie à la fin de celle-ci par une distillation appropriée. Voici, succinctement, le mode opératoire de chacun d’eux.
- Premier procédé. — Il est encore, à tort, le plus suivi par les producteurs des différents pays, aussi l’appelle-t-on procédé campagnard. On met les fruits entiers, et trop souvent aux différents degrés de leur maturité, dans une cuve ou un tonneau défoncé d’un bout que l’on place dans un local où règne une température comprise entre i5 à a5ü, et qui devrait être, de préférence, entre 20 et 220. La fermentation spontanée se déclare le lendemain ou le surlendemain et demande pour être achevée pratiquement 3o à 45 jours.
- Le mieux serait de distiller à ce moment, mais, le plus souvent, le producteur diffère pour plusieurs raisons ; il bouche alors hermétiquement la cuve ou le tonneau en ayant soin de ne laisser qu’une ouverture dans laquelle il dispose (ou devrait disposer) un purificateur d’air, une bonde, un barboteur, ou un fausset hydraulique, ou plus simplement un 1ube recourbé dont la branche extérieure plonge dans un récipient contenant un peu d’eau et permet ainsi le dégagement de l’acide carbonique tout en empêchant la rentrée de l’air.
- Malgré sa simplicité, ce procédé n’est pas à recommander parce que : i° les fruits ne sont pas assez triés et assortis par leur maturité; 20 la fermeture du récipient laisse souvent à désirer et permet la formation de fermentations secondaires, de sorte que l’alcool éthylique se trouve mélangé avec des alcools amylique et isobutylique, ainsi que des aldéhydes, produits nocifs qui amoindrissent la valeur de l’eau-de-vie tant au point hygiénique que commercial.
- Deuxième procédé. — Il importe, tout d’abord, de tenir compte des remarques de M. Rocques, qui l’a étudié en tant qu’il s’agit plus particulièrement des mirabelles. « La densité du jus de prunes, dit-il, varie de 1040 à 1070, soit 4 à 7 degrés densimétriques et le litre acide est de 4 à 5 gr. par litre. La mirabelle très mûre a une densité très élevée : 1060 à 1080, mais une acidité plus faible 2 gr. 5o à 3 gr. par litre. Si la densité est élevée, il faut l’abaisser entre io5o à 1060 par addition d’eau. »
- Il est donc utile, au début de l’opération, de prendre la densité du jus de prunes et, la connaissant, de mesu rer le volume d’eau nécessaire pour l’abaisser, s’il y a lieu, à la densité ci-dessus qui convient bien pour une bonne fermentation, J1 est indiqué aussi de relever l’aci-
- dité entre 4 à 5 gr, par litre évalués en acide sulfurique, en recourant à l’acide tartrique employé en quantité suffisante.
- Ces remarques faites, je reviens au procédé. Il consiste à fouler les fruits avec un cylindre en bois en évitant d’écraser les noyaux. On introduit la pulpe dans un tonneau ou dans une cuve fermée, parce que la perte y est moins grande que dans les récipients ouverts. Puis, comme la masse est pâteuse, on l’arrose avec de l’eau qui, selon la température ambiante, doit être fraîche ou tiède, de manière à obtenir les 20 ou 220 nécessaires. On brasse le tout pour l’aérer, afin de favoriser le départ de la fermentation, et l’on refoule matin et soir le chapeau pour éviter qu’il 11e s’acétifie à l’air.
- La fermentation terminée, on soutire le jus, on soumet le marc à la presse, on réunit les deux liquides et, si on les distille, on y ajoute, selon le goût du producteur, au moment de la mise en chaudière, des noyaux entiers ou bien une petite quantité de noyaux écrasés. Toutefois, au lieu de distiller de suite, certains fabricants attendent même deux ou trois ans et prétendent qu’on obtient de cette façon une eau-de-vie beaucoup plus claire et parfumée. Il est à peine besoin de dire qu’ils prennent toutes les précautions pour maintenir le moût à l'abri de l’air et éviter les fermentations secondaires si nuisibles.
- Troisième procédé. On fait macérer les prunes dans l’eau, on extrait le jus sucré par pression; on le met fermenter à la température susindiquée et on distille ensuite. Il est d’un usage moins courant que les deux autres.
- Entre ces trois procédés, le second est, sans contredit, le meilleur, celui, d’ailleurs, qui est employé dans l’industrie où on l’a perfectionné en employant, pour la fermentation des moûts, des levures sélectionnées et, en particulier, des levures de vin dont celles qui réussissent le mieux, d’après M. Jacquemin, sont celles de Folle Blanche de Cognac qui donne un bon bouquet d’eau-de-vie et la levure alcoolisatrice rc° 118, qui ne change pas le goût de fruit tout en le rendant plus fin. Quand on opère sur une grande quantité, l’emploi de res levures exige la préparation d’un levain mettant en œuvre un kilo de levure pour 10 hectolitres de fruits.
- Distillation. — Elle doit être conduite de façon différente, quant au départ, selon qu’on opère sur les prunes traitées d’après le premier ou les deux autres procédés, attendu que dans le premier on distille une masse pâteuse, et, dans les autres, un liquide. Je n’entrerai dans quelques détails qu’au sujet de la masse pâteuse qui demande les précautions suivantes.
- On se rend compte de la quantité d’eau nécessaire pour diluer suffisamment la masse, on met cette eau dans la chaudière, on la porte à l’ébullition et on verse alors les matières. On évite ainsi toute attache aux parois et le goût d’empyreume qui en résulte. On peut également disposer au fond de la cucurbite une forte couche de paille, ou de préférence, quand on possède une grille de fond, étaler la paille au-dessus et au-dessous de ce petit appareil, verser ensuite le volume d’eau nécessaire et, lorsqu'elle bout, y ajouter les prunes écrasées. Mais ces précautions seraient inutiles si l’on se servait d’un alambic pourvu d’un panier métallique et mieux encore d’un agitateur à palettes.
- Lorsqu’on met en œuvre le liquide fermenté, on remplit la chaudière aux trois quarts, on jette à la surface une petite quantité d’un corps gras pour empêcher la formation de la mousse et l’on distille lentement en prenant les précautions ordinaires qu’il serait trop long de relater ici.
- Dans l’industrie on se sert d’appareils perfectionnés
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- VARIÉTÉS
- permettant d’obtenir l’eau-de-vie de premier jet; mais,* de l’avis de nombre de producteurs comme de distillateurs, les eaux-de-vie sont meilleures et beaucoup plus parfumées lorsqu’on les distille à feu nu sans bain-marie ou même à la vapeur, à condition de prendre les précautions précitées pour éviter toute attache aux parois. Chez les petits producteurs, l’eau-de-vie est habituellement tirée entre 5a et 55°, et elle est réduite au titre marchand de 5o°.
- Rendement en eau-de-vie. — Il est proportionnel à la teneur en sucre des prunes ou de leurs jus. Les évaluations ramenées aux ioo kg de fruits sont assez variables. Dans certains ouvrages, on trouve pour les prunes ordinaires 8 litres, pour les Reine-Claude iolit., pour les Quetsches fraîches 20 litres à 55°. D’autre part, d’après Roques, il oscille entre 8 et 16 litres à 5i° et suivant Boullanger entre 8 à 10 litres à 5o°.
- Conservation. — Elle s’effectue dans des bonbonnes en verre, car, ainsi que le kirsch, l’eau-de-vie de prunes, à qualité égale, est d’autant plus estimée qu’elle est plus incolore, ce qui n’existerait pas si on la maintenait dans un fût en chêne et surtout en châtaignier où elle se colorerait fortement et prendrait un goût particulier et souvent désagréable. Cependant on se sert parfois de fûts en frêne dans lesquels elle ne se teinte que légèrement.
- On doit éviter de boucher hermétiquement la bonbonne qui la renferme, parce qu’elle n’y vieillirait pas; il faut, pour obtenir le vieillissement, employer un bouchon percé de trous, de manière à favoriser une lente évaporation et, en outre, placer le récipient dans un endroit chaud, de préférence dans un grenier bien aéré où l’oxygène se renouvelant suffisamment facilite l’oxydation indispensable. A. Truelle.
- HYGIENE ET SANTE
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- HYGIÈNE DU CUIR CHEVELU CHEZ L'ENFANT (‘)
- Jusqu’à 10 ans, dit Sabouraud (2), les soins d'hygiène du cuir chevelu sont faciles, car, sauf des maladies évitables, il n’existe guère à cet âge d’affections chroniques pouvant entraîner par la suite la diminution et la ruine de la chevelure.
- Il faut en excepter la pelade. Mais cette affection, caractérisée par des plaques chauves, lisses, unies, brillantes, blanches, entourées de cheveux sains, n’est pas contagieuse. D’origine encore obscure, elle paraît en relation avec des troubles organiquesprofonds, variables, quelquefois héréditaires, et elle guérit habituellement, sauf dans les formes graves, en quelques mois.
- Parmi les autres maladies du cuir chevelu de l’enfant, les poux, les teignes sont des maladies de sordidité, transmissibles, et qui nécessitent une surveillance médicale scolaire bien entendue.
- Mais ces maladies évitables, ainsi que les cas de folliculite, de gourme, qu’on peut observer chez l’enfant, ne menacent pas l’avenir de la chevelure avant la puberté.
- Beaucoup de ces maladies peuvent d’ailleurs être évitées par une hygiène locale rigoureuse qui se résume en 3 mots : cheveux courts et propreté.
- Chez les petits garçons, les cheveux courts permettent de voir ce que la propreté doit mieux entretenir. La propreté s’obtient par des savonnages réguliers, qui peuvent être quotidiens sans aucun dommage, contrairement à la vieille idée populaire qui croit que l’eau et le cheveu sont deux ennemis. On choisira de préférence des savons de goudron, de goudron de cade en particulier, et surtout des savons qui ne soient pas trop alcalins. L’eau savonneuse doit être bien rincée, et la tête! suffisamment séchée, sans qu’il faille attacher trop de minutie à ce dernier point.
- Chez les fillettes, l’hygiène du cuir chevelu est également simple. Un brossage très soigné et bi-quotidien des cheveux longs et un savonnage mensuel ou bi-men-suel du cuir chevelu suffisent.
- Il est remarquable de voir combien un cuir chevelu sain à cheveux longs se salit peu. Ce sont ces cheveux qui collectent les poussières, d’où la nécessité du nettoyage à la brosse des longues chevelures. Cinq minutes bien employées y doivent suffire, mais y sont très nécessaires. Quant au savonnage, il a pour but de nettoyer non pas les cheveux, mais le cuir chevelu de ses déchets. Ce qui sera dit plus tard du cuir chevelu chez la femme peut s’appliquer à la fillette.
- Nous n’insisterons pas sur la propreté exclusive des brosses et peignes attribués à chaque enfant; c’est là une notion supplémentaire : une brosse à cheveux ne doit, pas .plus qu’une brosse à dents, être prêtée à autrui.
- En somme, l’hygiène du cuir chevelu, jusqu’à xo ans, ne présente pas de difficultés. Une propreté stricte de la région suffit amplement.
- Il existe chez les parents certains préjugés cornplè-
- 1. Voir Nos du 2?. avril et du 12 août 1922.
- .2 Sa.bouka.UU. Entretiens dermatologiques, 1922.
- tement opposés à la vérité. Beaucoup, par exemple, craignent à l’excès la sécheresse du cuir chevelu de leurs enfants et couvrent leurs cheveux de graisses diverses et de brillantines. Certes il existe des chevelures trop sèches, mais il est certain d’autre part que les cheveux trop secs sont beaucoup moins fréquents que les cheveux trop gras et que, très souvent, le médecin entend soutenir à telle personne que ses cheveux sont trop secs, alors qu’un papier-soie appuyé sur son cuir chevelu est immédiatement taché de graisse. Enfin les inconvénients des cheveux secs sont minimes, alors que ceux des cheveux gras sont très sérieux.
- Ce que l’on ne sait pas assez, c’est que toutes les personnes qui, depuis 17 ou 20 ans jusqu’à leur mort, perdront progressivement leur chevelure la perdront par séborrhée, par flux de graisse, tandis que les chevelures trop sèches gardent presque indéfiniment leurs cheveux en égal nombre. Le cheveu naturellement trop sec petit être laid, mais il est sain et solide. Le cheveu naturellement gras n’est pas beau, et de plus il est malade, il tombera. Graisser les cheveux est donc, en général, une mauvaise pratique. Les brillantines, les cosmétiques sont une complication à la toilette et doivent toujours être employés avec une extrême parcimonie. Rien ne se salit comme les cheveux gras : ils recueillent toutes les poussières jiassantes. Le brossage simple ne suffit plus à les nettoyer; ils salissent les brosses qui deviennent promptement malpropres. Au moins cette pratique du graissage doit-elle toujours avoir comme correctif des savonnages réguliers.
- Entre 5 et 10 ans, on peut voir des chevelures pauvres et sèches, si pauvres et si sèches qu’en toute évidence elles demandent un traitement. On pourra dans ces cas employer une pommade à l’huile de cèdre en applications régulières sur le cuir chevelu; une quantité égale au volume d’une très petite cerise doit suffire pour une tête entière; cette pommade doit s’appliquer non sur le cheveu, mais sur le cuir chevelu, et par un léger massage du doigt. Des savonnages réguliers nettoieront l’excès de graisse. Sous l’influence de telles pratiques, on verra très promptement, une chevelure médiocre et sèche reprendre un aspect normal et sans qu’il soit besoin de traiter le cheveu lui-même, chose parfaitement inutile.
- Après la formation, l’hygiène du cuir chevelu peut rester aussi simple qu’auparavant, mais il n’en est pas toujours ainsi, car il existe une différence considérable entre le cuir chevelu des adolescents et celui des enfants du premier âge, tant au point de vue des soins qu’on en doit prendre que des maladies qu’ils peuvent présenter.
- En effet, c’est près de l’époque de la formation qu’on voit débuter ordinairement ce que les médecins appellent le pityriasis capitis et le vulgaire les pellicules.
- Cet élément nouveau entraîne une modification dans les soins à donner au cuir chevelu de l’adolescent et de l’adulte ; c’est ce que nous verrons dans un prochain article. Dr Burnier.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. —- M. Alexis Pierre, château des Aisses (Loiret). — U impression de sujets au pochoir sur étoffes peut être pratiquée avec la mixture suivante :
- Acétate de cellulose. . . i5o grammes.
- Tétrachloréthane .... 1800 —
- Triacétine............. i5
- Alcool à q5ü......... 200 —
- Se servir de l’excipient pour délayer dans un godet la couleur appropriée, de préférence couleur minérale juste au moment de l’emploi. Eu égard à la volatilité des produits, il faut opérer assez rapidement ; quelques essais préalables vous feront connaître les proportions relatives de mixture et de couleur à employer pour obtenir la fluidité convenable afin d’éviter le coulage ou l’empâtement des détails.
- M. Bigotte, à Solesmes. — Par suite du peu de place dont nous disposons, il ne nous est pas possible de traiter la question in extenso, vous trouverez tous renseignements utiles dans l’ouvrage Les déchets et sous-produits industriels de Razous au chapitre Récupération et utilisation des déchets des industries dubois, pp. 179 à 212 ; ce livre est édité chez Dunod, 47 > quai des Grands-Augustin's.
- M. Yauclin, à Paris. — Tout dissolvant du goudron sera en même temps un dissolvant des matières grasses, il vous sera donc très difficile de n’enlever que le goudron sans altérer la peinture de votre voiture, vous pourriez cependant, en opérant avec précaution, essayer de la benzine qui est le dissolvant de choix s’il s’agit de goudron de houille, ou d’une solution de bicarbonate de soude dans le cas de goudron de bois.
- M. A. Videau, à Bordeaux. — i° A notre avis la fluatation serait préférable au chaulage pour la conservation des tuiles . trop friables; vous trouverez les Huâtes tout préparés chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand; — 2° Les corps blancs diffusent la chaleur beaucoup plus que les corps sombres, il y a par conséquent moins de chaleur absorbée et les locaux recouverts d’enduits blancs sont moins chauds, à ce point de vue la pratique du chaulage des toits peut être avantageuse.
- M. Bernard, à Montbéliard. —Pour éviter l'influence de Y humidité sur les agrès de gymnastique, préparer un mélange de :
- Paraffine............100 grammes.
- Vaseline............. 5o —
- Faire dissoudre a à 3 pour 100 du produit dans de l’essence pour automobiles et en badigeonner les cordes préalablement bien séchées. Exposer ensuite au soleil pour assurer la pénétration et répéter au besoin l’opération, sans cependant que la paraffine devienne apparente à la surface, la fibre devant conserver son aspect primitif.
- M. Savoy, à Ghâtel-Saint-Denis (Suisse). — La nature du dépôt cpti se forme dans, les bouillottes est variable suivant la composition de l’eau utilisée. Le plus souvent il s’agit de carbonate de chaux que l’on peut enlever en l’arrosant d’un peu de vinaigre. S’il s’agit de sulfate de chaux, un acide plus fort, par exemple l’acide chlorhydrique, serait nécessaire, mais alors il faudrait agir avec précaution en diluant l’acide de trois à quatre fois son volume d’eau. Un rinçage soigné devra terminer 1,’opération.
- M. M. Lanza, à Constantinople. — i° Vous trouverez renseignements relatifs à la fabrication du noir animal dans le Dictionnaire de Würtz CG, page 884 et suivantes ; 20 Les maisons qui suivent pourront vous livrer le produit tout fabriqué : Chinardel, 17, rue Lepeu., 12e. Fauchon-Yilleplée, 147, route de Choisy-le-Roi, à Ivry. Flandrak, 5, square Maubeuge. Flautecœur, iq3, faubourg Saint-Denis. Jourdrain, n, rue Pierre-Curie au Petit-Ivry. Lamothe et Abiet, 106, me de Bercy. Société Daeag, 16, rue Popincourt.
- M. le Dr Cherabié, à Alexandrie, Egypte. — La teinture des jetons de nacre en rouge peut s’effectuer facilement au moyen des couleurs diamines rouge solide F
- et écarlate 3B, cette teinture s’effectue à chaud. On monte le bain avec la moitié du colorant en portant la température aux environs de 40 à 5o° C, puis on y introduit les objets à teindre et on élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition. A ce moment, on relire les pièces, ajoute le reste du colorant et introduit à nouveau, reporte à l’ébullition que l’on maintient à peu près une heure. On termine par un rinçage. Tenir compte de ce que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus de 1 effet désiré pendant l’opération de teinture.
- M. J. d’Orléans, à Paris. — Pour remettre à neuf votre suspension, il vous suffira de démonter les pièces principales et de les faire bouillir dane une solution de soude caustique à 5 pour 100, qui enlèvera le noir de fumée, la poussière et l’ancien vernis souillé. Un simple brossage redonnera le métal dans son état primitif et vous n’aurez plus, après rinçage et séchage parfait à sciure, qu’à revernir avec un vernis à la teinte de votre choix que vous pourrez vous procurer chez tous les marchands de couleurs.
- La Dauphinoise. — A notre avis, la peinture qui conviendrait le mieux dans le milieu acétique, que vous nous signalez, serait une peinture au silicate ; nous vous conseillons d’essayer par exemple la composition
- suivante :
- Lithopone......................5oo grammes.
- Silicate de soude à 40° B. . 200 —
- Eau ordinaire..................200 —
- Pour une bonne réussiLe, il faut procéder ainsi :
- i° Donner une première couche de silicate non teinté à 220 B.;
- 20 Donner une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus, teintée, si besoin est, par de l’outremer ou du noir de fumée;
- 3° Terminer par une couche de silicate simple, mais à 26° B. Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- Complémentairement, vous pourriez faire un essai en additionnant la peinture type de 20 pour 100 d’huile de lin siccalivée.
- M. d’Aulan, château de Ghalencey, Haute-Marne. — On effectue le repolissage dit marbre au tampon en utilisant successivement du grès fin, puis de la potée d’étain délayés dans un peu d’eau. La condition essentielle est de passer insensiblement par des abrasifs de plus en plus fins. Pour terminer on polit en couvrant le tampon de ràpure de plomb, ce qui donne le fini des professionnels. Après lavage et séchage on encaustique légèrement et passe au chiffon de laine.
- M. Bourdon, à Louvain, Belgique. — i° Pour rendre opaque un écran à projection on opère ainsi : Dans un lait de chaux bien tamisé on délaye par 10 gr. de chaux éteinte employée, 3o gr. de caséine ordinaire, puis on incorpore à la bouillie 20 gr.‘ d’aluminium en poudre fine. On badigeonne l’écran avec la mixtui’e et on obtient ainsi un blanc métallique mat diffusant parfaitement la lumière et assez résistant aux frottements usuels. 20 On prépare très économiquement des ardoises d'écoliers en enduisant des feuilles de carton fort d’une pâte semi-fluide obtenue en délayant 200 gr. d’ardoise finement pulvérisée et 3o 1 r. de noir de fumée dans une quantité suffisante de silic ate de soude étendu de huit fois son volume d’eau. L’application se fait au moyen d’un pinceau queue de morue en donnant successivement deux ou trois couches alternativement dans chaque sens de l’ardoise et ayant soin de bien laisser sécher entre chaque application.
- P. G. 189, Bordeaux. — i° Industriels susceptibles d’utiliser l'huile de palme : Relion, 3a, boulevard de la Paix, Marseille. Berlin, à Nantes. Balme, 5a, rue du Réservoir à Clichy, Seine. Bret-Rambaud, 5, rue d’Al-gésiras, Marseille. .Lacour, au Petit-Quevilly, près Rouen. Maubert, à Lille, Nord. Savonnerie de Cour-celles, t53, boulevard de Courcelles, Paris. 2“ Pour l’huile de ricin : Camus, 18, rue Malher, Paris. Chailly, à Saint-Denis. Chouîllon, 14, rue Duphot. Guyenot, ', rue du Printemps. Rabattet, 1 zp5, avenue Parmentier. Lenoir; 33, rue de Montreuil, à Pantin. 3° Enfin pour les amidons exotiques : Leconte, à Estaires, Nord. Remy, à Gaillon, Eure. Verley, à Marquette-lès-Lille. Langlois, rue de la République, à Montreuil-sous-Bois,
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- BOITE AUX LETTRES
- Seine. Doitteau, à Conflans-Sainte-Honorine. 4° Vous trouverez tous renseignements utiles pour le traitement des huiles dans les ouvrages qui suivent : Manuel du Fabricant et Epurateur d’huiles végétales, par M. Chrys-sochoïdes, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille. Les Huiles végétales, par Henri Jumelle, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Fabrication et raffinages des huiles végétales, par J. Fritsch, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. 5° En ce qui concerne la transformation des amidons ou de la fécule en glucose, consultez Farines et fécules, par Billion, éditeur Albin Michel, rue Huygliens, à Paris.
- M. Descamps, à Berchem, Anvers, Belgique.— i°Les rubans bicolores pour machine à écrire sont encrés par une brosse circulaire alimentée par une trémie. Une moitié du ruban est protégée par une plaque de garde pendant que l’autre moitié reçoit la couche convenable. On procède ensuite de la même façon pour l’autre moitié en protégeant à son tour la partie déjà enduite et séchée. 20 Les papiers carbone sont simplement des feuilles enduites dùin mélange de cire, huiles animales et pigments colorés, tels que noir de fumée, bleu de Prusse, etc. La condition essentielle est un broyage
- parfait des éléments constitutifs.
- M. le capitaine Ferrut, à Biskra. — Le vernis à la gomme laque est composé de
- Gomme laque en écailles. . . i5o gr.
- Alcool à g 5° GL................... 1000 c. c.
- On peut le colorer à la nuance du bois pour l’ébénis-terie avec les couleurs d’aniline suivantes : Orangé II, Jaune Martins, Brun JEE.
- M. Gitton, à Concarneau, Finistère. — Fabricants d'enduits hydrofuges : Ozeray, 6, rue Victor-Noir, Neuilly-sur-Seine. Candelot, 148, faubourg Saint-Denis. Faron, 148, rue de Grenelle. Plastropeinture Berthon, 17, cité Dupont, n\ La Cémentine Doublet, 16, Grande-Rue, à Montrouge, Seine.
- M. Simonneau, à Marsangy, Yonne. — Nous pensons que la formule suivante vous donnera satisfaction pour la peinture de votre canot en tôle :
- Colophane.................3oo grammes.
- Huile.de lin siccalivée . . 160 —-
- Huile de Chine . . . , .120 —
- Benzine. 5oo —
- Verser le mélange peu à peu sur du blane de zinc broyé à l’huile, en quantité suffisante pour avoir la consistance voulue et teinter avec un peu de vert de Vérone préalablement macéré dans -l’huile de lin pendant 12 heures afin que sa répartition soit parfaite.
- M. A. W. B., à PonLLévêque, Calvados. — D’après les travaux de M. Gabriel Bertrand, professeur à l’Institut Pasteur, la chloracétone, la chloropicrine, le chlorure de benzyle peuvent être employés pour la destruction des insectes. Le meilleur résultat est donné par la chloropicrine employée à la dose de 1 à 2 centigr. par litre d’air, dans ces conditions les parasites sont tués en 5 à 10 minutes, on peut procéder, soit par vaporisation directe de la chloropicrine, soit par pulvérisation d’une solution alcoolique à 5 pour 100. A dose moitié moindre la mort se produit également, mais il faut attendre 24 et même 48 heures. Bien entendu, la pièce est inhabitable pendant ce temps et il faut éviter de respirer les vapeurs lorsqu’on y pénètre pour effectuer l’ouverture des fenêtres. Dans le cas d’une vaporisation, on placera la chloropicrine dans une coupelle au-dessus d’une veilleuse que l'on allumera avant de quitter la pièce ; si on préfère une vaporisation, on fera pénétrer la solution pulvérisée ainsi que vous le prévoyez par une ouverture convenable faite dans la porte. L’opération est assez délicate à pratiquer pour ne pas être incommodé et un peu d’ingéniosité est nécessaire.
- M. le D' Bonnet, à Saint-Gervais, Hérault. — Il est tout indiqué pour repeindre votre salamandre de vous servir d’une peinture au silicate, par exemple :
- Blanc de zinc..........3oo grammes.
- Sulfate de baryte .... 3oo —
- Silicate de-soude à 4ou B • 200 —
- Eau ordinaire..........200 —
- Si vous désirez teinter, n’employez que des:couleurs minérales ; un peu de vert Guignet ou de vert de Caasel avec une pointe de noir de fumée vous permettra de réaliser le ton à votre convenance.
- M. Galliot, à Chalon-sur-Saône. — Il ne peut être question d’exposer pendant un temps prolongé des objets décoratifs aux vapeurs de tétrachlorure de carbone. Celui-ci ne doit pas être répandu dans la pièce, mais rester confiné dans l’espace bien clos où se trouvent les vêtements, lainages à préserver ainsi que nous l’avons exposé à plusieurs reprises. Si au moment de l’ouverture des placards, des boîtes ou cartons un peu de tétrachlorure est alors libéré, l’aération consécutive de l’appartement lui permet de s’échapper. De même que l’on ne conserve pas de fleurs dans une chambre à coucher, on évitera pareillement de séjourner dans un air saturé de vapeurs de tétrachlorure.
- M. Auberiin, à Reims. -— i° Les taches produites sur vos carreaux céramiques par la sciure de chêne mouillée sont dues aux matières lanniques que renferme celle-ci; il vous suffira très probablement de laver à l’eau chaude additionnée de 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux) pour les faire disparaître. 20 Les enduits hydrofuges plastiques employés pour les toitures en Rubéroïd sont à base d’asphalte, brai stéarique et goudrons.
- M. Mitu Zvibel, Falticeni (Roumanie). — L’adresse télégraphique de l'Observatoire royal de Belgique est « Observatoire Uccle ». A sa demande, l’Observatoire royal de Belgique a été déchargé de la Direction du Bureau central International des télégrammes astronomiques. « L’Union astronomique internationale », dans son Assemblée générale tenue à Rome, du 2 au 10 mai dernier, a confié à M. Stromgren, directeur de l’Observatoire de Copenhague, la mission de centraliser et de distribuer les télégrammes astronomiques. Le transfert du service aura lieu dans la nuit du 3o septembre au ier octobre 1922, à minuit moyen de Greenwich.
- A partir de cette date, tous les télégrammes devront être envoyés à l’adresse ci-après : Observatoire Copenhague.
- Voici comment sont envoyés les télégrammes astronomiques : on a adopté, pour l’envoi, des groupes de cinq chiffres, correspondant à la date, l’heure, la position en ascension droite et en déclinaison et le mouvement propre. Le dernier nombre de cinq chiffres est un nombre de vérification, c’est la somme de tous les autres nombres de cinq chiffres cités dans la dépêche, en négligeant les centaines de mille du total.
- Voici deux exemples de télégrammes astronomiques :
- « Comète Quénisset 23075 septembre io25o Juvisy 21610 01 441 36o57 36 2i 1 28644 équinoxe 1855
- ronde noyau, spectre hydrocarbures, cyanogène, Quénisset, Baldet ».
- On lira ainsi :
- « Une comète de grandeur 7,5 a été découverte le 23 septembre par M. Quénisset. Sa position, à 10 h. a5 m., o temps moyen de Juvisy, était pour l’équinoxe i855,o. Ascension droite : 216° 10'; distance polaire nord : i4°4V. Mouvement diurne en ascension droite + Bj'; en distance polaire -f- 20 ii', etc. »
- Le nombre 28 644 est bien la somme des autres. On remarquera que les trois chiffres qui suivent la date, ici 23, indiquent la grandeur 075, soit 7°,5. Le mouvement diurne est donné par les nombres 36 057 et 36211.
- Si ce mouvement diminuait par exemple l’ascension droite, et au lieu de -|- Sj' était — alors le nombre serait 36 000 — 5q = 35 943.
- Voici un autre exemple de télégramme astronomique :
- <c Comète Schaumasse 02120 décembre 17269 Arcetri 19949 o8 435 72431 20 204 Abetti. »
- Après avoir vérifié que le nombre 20 204 est bien la somme des autres, on traduira :
- « Comète Schaumasse observée le 2 décembre, i7h2fim,9, temps moyen d’Arcetri. Grandeur 12,0. Ascension droite = i99049,'"*4,/* Bistance polaire nord = 84°35,3 i/#’. Abetti. »
- Le 7 qui sert de premier chiffre à. l’avant-dernier nombre n’a d’autre utilité que de compléter les cinq chiffres. Il indique que les quatre chiffres qui le suivent donnent les « secondes » de l’ascension droite et de la distance polaire.
- Les notations adoptées dispensent donc de transmettre les indications de degrés, minutes, secondes, et les signes -f- ou —. Si l’on voulait transmettre une lettre grecque, on l’indiquerait en langage clair par exemple : « Alpha Cygui ».
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- BIBLIOGRAPHIE
- CM,
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour, leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _____________
- Précis de physiologie microbienne, par M. Arthus. r vol. in-16, 407 p- Collection de Précis médicaux. Masson et Cie, Paris. Prix : 17 francs.
- Il existe bien des manuels pratiques de bactériologie, des traités de sérologie, mais tous sont bourrés de détails techniques qui finissent par masquer le plan directeur, la conception qu’on peut et qu’on doit avoir aujourd’hui de ce passionnant chapitre de biologie qu’est la lutte entre l’organisme et les microbes qui l’envahissent, dont le résultat est la vie ou la mort.
- Comme le dit M. Arthus dans la préface, « on n’y sent pas vibrer une âme qui a tressailli au contact de la nature vivante ». C’est à ce défaut que ce livre remédie. Sans noms d’auteurs, il expose en langage clair, tout ce qu’il faut connaître de la vie des microbes; les générations spontanées, les fermentations, les diastases, les maladies, les toxines, les sérums, l’anaphylaxie et l’immunité. Chaque question évolue simplement sous nos yeux, éclairée par quelques expériences typiques, et les grands problèmes de la médecine apparaissent sous un jour lumineux.
- Navigation intérieure et canaux, par O. Jacquinot et F. Galliot. 1 vol. gr. in-8, 600 p., 244 fig. (Encyclopédie du Génie civil). J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1922. Prix : 45 francs.
- Ce livre est dû à la collaboration de deux ingénieurs réputés en matière de navigation intérieure. L’un et l’autre ont consacré toute leur existence à cette branche de l’art de l’ingénieur qui leur doit de notables progrès. On trouvera donc dans cet ouvrage le résumé d’une double et longue expérience dont les enseignements seront précieux à tous les ingénieurs engagés dans cette même carrière. Mais il y a plus, l’ouvrage est en partie la reproduction des cours professés à l'Ecole des Ponts et Chaussées par M. O. Jacquinot; on s’en aperçoit à la clarté de l’exposé, logiquement ordonné, de lecture aisée, facilitée encore par d’excellents dessins. Aussi les débutants, tout comme les ingénieurs expérimentés, tireront-ils profit de cette lecture. Ils y trouveront toutes les données nécessaires pour l’établissement d’un projet de canal, l’exécution des différentes parties de l’ouvrage et des œuvres d’art, digues, barrages, réservoirs, écluses, qu’il peut exiger; enfin une étude détaillée des modes de traction à envisager sur un canal.
- L Année aéronautique, (3e année 1921-1922), par L. IIirschauer et Ch. Dollfus. i vol. 19X27 de vnx-128 p. avec phot. hors texte. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Après avoir été, à leurs débuts, des instruments de sport, puis, au cours de ces dernières années, de puissantes armes de guerre, avions et dirigeables sont appelés à jouer désormais un rôle économique considérable comme engins de transport.
- Il est donc d’un haut intérêt pour chacun d’être en mesure d’acquérir des notions précises autant que les caractéristiques des appareils que sur les résùltats obtenus par leur emploi.
- L’Année aéronautique présente l’avantage de donner tous les ans par l’examen des manifestations les plus caractéristiques de l’activité industrielle, commerciale, sportive, une vue d’ensemble sur les progrès de l’aéi’onaulique dans le monde entier.
- La technique cinématographique, par Léoimim Lobel, 2e édit, revue et augmentée. 1 vol. 16X25, xvi-362 p., 377 fig. Dunod, éditeur. Paris 1922. Prix : 32 francs.
- Cet ouvi’age est divisé en deux parties. La première
- est consacrée à la projection : postes, mécanismes de projection, sources de lumière, objectif, installation des appareils, etc. La deuxième partie traite de la fabrication des films, depuis l’atelier où se fait la prise de vue, avec son éclairage spécial et son machinisme, les appareils de prise de vue et leurs accessoires, jusqu’au moment où ils sont prêts à être tournés.
- On y trouve la description des appareils les plus récents et des procédés les plus perfectionnés.
- Manuel du tanneur-mègissier-corroyeur, par M. Hue. 1 v.ol. in-18, 402 p., 162 fig. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Cet ouvrage débute par des notions sur la chimie du tanneur et les propriétés des peaux ; il suit ensuite les diverses phases du travail de la tannerie, avec description des principaux outils et machines, et des méthodes de travail, d’indication d’un grand nombre de recettes utiles. Dans un chapitre intitulé « Travaux pratiques » sont exposés les essais et analyses dont la pratique s’impose dans l’industrie du cuir.
- Filature. 2e partie. Fibr-es végétales, par D. de Prat. 1 vol. in-x6, 5x4 p., 101 fig. Encyclopédie Roret. Mulo, Paris. Prix : 10 fr. 5o.
- Le coton et le lin tiennent la place prépondérante, mais les fibres nouvellement utilisées industriellement : ramie, jute, kapok, chanvre de Manille ne sont pas négligées. Pour chacune, l’auteur étudie l’origine des fibres, leurs marchés, les machines et les modes de traitement modernes.
- Les Services d’hygiène 1914-1918, par G.-H. Lemoine. 1 vol. in-16, 280 p., 18 fig. Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- Le rassemblement subit de millions d’hommes sur une surface relativement limitée avait fait craindre à bon droit en 1914 l’explosion de maladies épidémiques. Or, à part les épisodes d’épidémies typhoïdiques du début rapidement jugulées par les vaccinations, l’état sanilaire général resta satisfaisant pendant toute la campagne.
- Comme on pourra s’en rendre compte par la lecture de cet intéressant travail, c’est à une organisation hygiénique sans précédent qu’on doit les beaux résultats obtenus : organisation du territoire, puis de 1 armée. La vaccination antityphoïdique et les travaux remarquables effectués par le service des eaux donnent une idée de l’effort accompli : au isr juin 1916 on comptait 582 captages de sources et 1390 forages de puits. L’auteur passe ensuite en revue tout ce qui fut entrepris au point de vue de l’amélioration de l’alimentation et les soins apportés à la désinfection du sol. La prophylaxie des maladies épidémiques, surtout dans les cantonnements destinés aux jeunes classes, a été l’objet de la plus sérieuse attention. Enfin, un chapitre est consacré à l’hygiène des transports des blessés et des malades (voitures sanitaires, trains, bateaux, avions).
- Les laits condensés et leur utilisation dans l’alimentation humaine, par le Dr G. Variot. i brochure in-8, 3o p. « Monographies techniques ». Editions Médicales, Paris. Prix : 2 francs.
- Bonne mise au point de la question, fournissant les indications techniques pour la fabrication, l’utilisation physiologique, le mode d’emploi dans l’allaitement artificiel.
- Handbook and descriptive catalogue of the Collections of geins and precious stones in the United States National Muséum, par G.-P. Merrill, M. W. Moodev et E. T. Wherry. i vol. 225 p., 26 fig., 14 pl. hors texte. Washington-Government Printing Office, 1922.
- Ce catalogue de la collection de pierres précieuses du National Muséum Américain est en même temps un ouvrage de vulgarisation indiquant la nature, les propriétés et les gisements de ces pierres et résumant leur histoire.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2529
- 23 Septembre 1922'
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1922 (*)
- De nombreuses occultations seront visibles ce mois-ci, notamment une belle occultation de a Taureau et une de l’étoile X Gémeaux.
- Les chutes d’étoiles filantes Léonides et Andromé-dides se produisant après le dernier quartier de la Lune pourront, si le temps est favorable, être observées en d'e bonnes conditions.
- I. Soleil. — Le Soleil descend, pour l’hémisphere boréal, de plus en plus vers le Sud. Sa déclinaison, qui est de — i4° i6' le Ier novembre, ne sera plus que — aï0 34' le 3o. Les jours ont une durée qui est fonction de la déclinaison.
- La durée du jour est de gh 53m le ter novembre, et seulement de 81’ 34m le 3o.
- Nous avons expliqué, le mois dernier, pourquoi la diminution du jour se fait surtout remarquer le soir.
- Cette diminution sera encore bien sensible en novembre.
- Le petit tableau ci après donne le temps moyen, à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les pendules bien réglées lorsque le centre du Soleil est juste au méridien de Paris.
- Ce renseignement permet, par l’ombre d’un style, d’un fil, etc., de tracer immédiatement la méridienne du lieu.
- Dates. Temps légal.
- Novembre ier 1 ih 34m 2os
- — 5 uh 34migs
- — 10 nh 34m 36‘
- — i5 n11 35m i4s
- — 20 nh 36mi4s
- — 25 1 ih 37” 34e
- — 3o 1 ih 39ra 12*
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- Fig. i. — Aspects approximatifs de quatre occultations d’étoiles par la Lune observables pendant le mois de novembre 1922.
- I. 0 Taureau (gr. 4,2), le 6. -le 6. — III. a Taureau (gr.
- Pour l’orientation des des- (gr-3,6), le 9. Z
- sins ou des photographies
- du Soleil, on utilisera le tableau ci-après (voir pour la
- définition des lettres P, mique » du N° a5i6).
- B0, L0, le « Bulletin astrono-
- Dates. P. B0 Lo
- Novembre 2 + 24°,48 + 4°>i9 1140,89
- — 7 -j- 23°,5i + 3°,66 48°, 97
- — 12 -j- 22°,34 + 8°, i° 343°,o5
- — 17 + 20°, 98 -j- 2°,5i 277°,14
- — „ 22 + i9°>44 + I°>9° 21 I°,23
- — 27 -j- 170,72 -f- I°,28 1450,33
- Lumière zodiacale — La lumière zodiacale est particulièrement bien visible le matin en novembre* à condition que la nuit soit bien pure et que la Lune ne brille pas. On sera frappé de l’aspect différent de la lumière zodiacale du matin avec celui du soir.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de novembre seront les suivantes :
- P. L. le 4> à i8h36m I N. L. le 19, à oh 6m D. Q. le 12, à 7h 52m J P. Q. le 26, à 8h i5m
- Age de la Lune, à midi, le Ier novembre =111,9; le i9 = oJ,5.
- Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 19 et oj,o4i7 par heure écoulée depuis le. midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 8 = -j- 18° x9' ; le 21 = — i8°22r. Ces dates du 8 et du 21 novembre sont celles de la plus haute et de la plus faible élévation de la Lune sur l’horizon pendant le mois.
- 1. Toutes les heures exprimées en ce Bulletin sont en temps moyen de Greenwich, compté de oh à 241' à partir de minuit.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le ier novembre, à 3h. Parallaxe = 54'4". Distance = 4o5 570 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 novembre, à o\ Parallaxe = 60' 30". Distance = 362 45o km.
- Apogée de la Lune, le 28 novembre, à i9h. Parallaxe = 54r 10". Distance = 4°4 820 km.
- Observations physiques. — Yoir le précédent « Bulletin astronomique ».
- Occultations d’étoiles par la Lune visibles à Paris.
- — Le 6 novembre, occultation de 75 Taureau (gr, 5,2), de i8h 34m à 191117™.
- Le 6 novembre, occultation de 01 Taureau (gr. 4,2), de i8h39m à Tgh im (fig. 1, I). — Occultation de 264 B Taureau (gr. 4,8), de ig^ai1” à 20h i6m (fig. 1, II). —-Occultation -d'Aidé bar an (a Taureau) (gr. 1,1), de 22h7m à a3h i8m (fig. 1, III).
- Le 7 novembre, occultation de 111 Taureau (gr. 5,1), de igh52m à 20h5om.
- Le 8 novembre, occultation de 287 B Orion (gr. 6,2), de 20h37“ à 2oh 43œ.
- Le 9 novembre, occultation de X Gémeaux (gr. 3,6), de 22^20™ à 2ih 5ym (fig. 1, IV).
- Le 22 novembre; occultation de p Sagittaire (gr. 4,0), immersion seule visible à ighom.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées dé novembre se produiront au moment de la Nouvelle Lune du 19.
- Voici les heures des marées les plus importantes pour Brest :
- - II. 264 B Taureau (gr. 4,8), 1,1), le 6. — IV. X Gémeaux : Position du Zénith.
- Marée du matin. ' Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Novembre 18 2h 55m Im,OI i5h 18“ xm,o4
- — !9 3h 4im im,o6 i6h 3m im,o6
- — 20 4h 26m im,o5 i6h48m im,o3
- -- 21 5h 1 om B O O 32m om,95
- Voir au N" 2402 le moyen d’utiliser ce tableau pour d’autres ports.
- Le phénomène du mascaret, en raison de la hauteur relativement faible des marées, ne se produira pas en novembre.
- III. Planètes. Le tableau ci-après, établi au moyen des données de l‘Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, donne les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de novembre.
- Mercure sera visible le matin, au début du mois, sa plus grande élongation s’étant produite le 3i octobre, à 18° 31 ' à l’Ouest du Soleil. On pourra l’observer pendant 5 à 6 jours. Il brille dans la constellation de la Vierge, puis dans celle de la Balance.
- Vénus pourra être aperçue dès le coucher du Soleil, au début du mois. Elle sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 25 novembre à 6h. La brillante planète présentera un croissant très fin et d’un grand diamètre apparent. L’observer le plus longtemps possible près de la conjonction.
- Mars, dans le Capricorne, se couche environ 5 heures après le Soleil. On pourra l’observer dès la tombée de là nuit. Son diamètre diminué de plus en plus et les observations physiques utiles doivent être considérées comme terminées pour cette opposition.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Àscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE NOVEMlî. à Paris, au Méridien de Paris. à Paris. sion droite. son apparent. et étoile voisine. VISIBILITE
- 5 6h 44m 1 I1 34mi9s 1611 24m 14” 39“ •— 15° 3^ 32' 19" 2 Balance
- Soleil . . . 1 >5 7 0 11 35 14 16 10 i5 20 — 18 22 32 24,0 Balance )>
- f 23 7 15 11 37 M 16 0 16 I — 20 39 32 27,6 Scorpion )
- 3 r' 3 1 10 3i 16 0 i3 35 n 40 6,0 a Vierge Le matin,
- Mercure. . 15 5 47 10 48 15 5o M 33 — i3 35 5,2 a Balance plus grande élongation
- 25 6 39 11 11 15 44 i5 35 19 4 4,8 0 Balance 1 le 3 r octobre.
- Vénus . . . S r 9 45 i3 24 17 3 16. 29 — 27 20 52,6 0. Scorpion /Dès le coucher du Soleil
- i5 25 8 7 45 25 12 11 55 34 16 i5 24 43 j 6 -i-5 20 58 25 2 2 48 40 60,0 63,4 a Scorpion 8 Scorpion l au début du mois.
- 5 ï3 4 ll 22 2 I 40 20 28 2 l 8 8,4 T Capricorne
- Mars. . . . ! ,5 ' 12 41 ll 11 21 4i 20 57 —19 5 7,8 0 Capricorne >Dès la tombée de la nuit.
- 25 12 18 17 1 21 43 21 a5 —16 44 7,4 i Capricorne
- Jupiter. . . i5 5 18 10 25 i5 32 14 9 II 53 00 00 X Vierge Inobservable.
- Saturne . . i5 3 33 9 17 15 I i3 1 — 4 1 14,4 0 Vierge Avant le lever du Soleil.
- Uranus. . . i5 i3 38 !9 0 0 23 2 2 46 — 8 40 3,4 X Verseau Première moitié de la nuit.
- Neptune. . - 16 22 *9 5 35 12 32 9 23 -f- i5 33 2,4 tU-t:3 Cancer Seconde moitié de la nuit..
- Jupiter, dans la Vierge, près de l'étoile X, est inobservable.
- Saturne se lève environ trois heures avant le Soleil. On pourra l’observer avant l’arrivée de l’aurore, près de l’horizon, c’est-à-dire en des conditions assez défavorables.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 7 novembre :
- Grand axe extérieur.......................... 35",91
- Petit axe extérieur.......................... -}- 6",26
- Hauteur de la Terre air-dessus du plan de
- l’anneau.................................. -j- io° 2'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -j- 8° 35'
- Le signe -j-, comme nous l’avons vu précédemment, indique que nous voyons actuellement la face Nord de l’anneau.
- Uranus, dans le Verseau, est visible dans la première moitié de la nuit. On le trouvera facilement au moyen de la petite carte spéciale publiée au « Bulletin astronomique » du N“ 9.512. Uranus sera stationnaire le 19 novembre,, à i6h. Il sera presque immobile sur le ciel pendant tout le mois, à moins de i° au Sud-Ouest de l’étoile X Verseau. On le trouvera ainsi très facilement.
- On peut observer Uranus avec une simple jumelle. Certains observateurs, doués d’une bonne vue, parviennent à le suivre à l’œil nu.
- Neptune est visible après minuit. On pourra le rechercher au moyen de la petite carte de son mouvement publiée au N° 2499. Celte carte montre que pendant tout le mois de novembre, Neptune est sensiblement immobile sur le ciel. Il est stationnaire le 21, à a11. Cette immobilité apparente de Neptune sur le fond des étoiles sera une circonstance favorable pour l’observer, une fois que l’on aura reconnu sa position.
- IV. Phénomènes divers. — ConjonctioJis :
- Le 10, à 221', Mercure en conjonction avec Jupiter à o° 47/ N.
- Le 12, à 8h, Neptune Le 16, à 7h, Saturne Le 17, à i2h Le 18, à 4b Le 19, à I311 Le 25, à 5h Le 25, à 20h
- Jupiter
- Mercure
- Vénus
- Mars
- Mercure
- la Lune, à 3° 36' N. la Lune, ào°47'N. la Lune, à 20 3' S. la Lune, à 20 42' S. la Lune, à 8° 18' S. la Lune, à 40 53' S. x Balance, à o° 11 ' N.
- Le 26, à io\ Vénus
- Le 26, à 23, Uranus Le 27, à i4h, Mercure Le 28, à 2h, Mercure
- ô Scorpion, à o° 5'
- N.
- la Lune, à 2°26'S. X Balance, à o° 8' S. Vénus, à i° 26' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le ior novembre, à oh52m; le 3, à 2ih4im; le 6, à iS^o’'; le 18, à 5h45m; le 21, à 2h34m; le 23, à 23h23‘D; le 26, à 20l,i2ra; le 29, à i7h im.
- Etoile polaire. —- Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, de 10 en 10 jours :
- Dates.
- Passage supérieur.
- Novembre 7 22lligm58”
- — 17 2ih4om 35*
- — 27 21 *' 1111 11s
- Les passages intermédiaires s’obtiendront en ajoutant ou retranchant un multiple de 23h56ra 4S durée du jour-sidéral. On sait que les passages de la Polaire fournissent un très bçn moyen de tracer la méridienne.
- Etoiles filantes. — Le mois de novembre est particulièrement .favorisé par les chutes d’étoiles filantes. Les plus connues sont celles des Léonides du i3 au 18 et celles des Andromédides-(ou Biélidesj, du 17 au 23.
- Ces essaims ont donné lieu autrefois à des véritables pluies d’étoiles filantes. Voici la suite du tableau établi par M. Denning, donnant les principaux radiants actifs en novembre :
- Ascension Dates. droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- ier au 4 Novembre 43° -j- 22° e Bélier.
- 1-8 — 58° -f 20° A Taureau.
- 13-r 4 — 53° + 32° 0 Persée.
- 13-18 — 149° + 23° s Lion.
- r3-i4 — 2790 -j- 56° 2348 Bradleÿ.
- r6 — 15 40 + 4o° p. Grande Ourse
- 17-23 25° + 43|0 f Andromède.
- 20 — 62° -f- 2 2° co2 Taureau.
- 25-28 — x 5 40 + 4o° p. Grande Ourse
- 27 — 62° 2 2° w2 Taureau.
- 28 — 328° +. 62° a Céphée.
- La Lune gênera très peu pour l’observation des Léonides et encore moins pour l’observation des Andro-médides (1).
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste en novembre est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles avec de petits instruments).
- Au Zénith : Cassiopée (q, t-, tp, ; Andromède (ÿ, M. 31 ) ; Persée ({3, -q, Ç, amas).
- Au Nord : La Petite Ourse [a. — Polaire); Céphée (8, (JL, X, 1, P) ; le Dragon (v, 0, ç, 40, e, p) ; la Grande Ourse (î).
- A l’Est : Les Gémeaux (a, (3, Ç, 5, -/., 38 e) ; le Cocher (14, 4, m) ; le Taureau (Pléiades, p, t, y, 7).— Orion se lève.
- Au Sud : Pégase (1, 3, 85, tc) ; le Bélier (y, 3o, 33, 14); le Verseau (C, 4»1, 94, 4i, 12) ; les Poissons, la Baleine; le Poisson Austral (Fomalhaut). La déclinaison de Fomalhaut est de —3o° a\ C’est l’étoile de ire grandeur la plus australe visible de la France.
- A l’Ouest: Le Cygne (P, o®, 4s P» 61e); l’Aigle (a, i5 h, 11); la Lyre (x, s, ç, p, M. 5 1 ).
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne. Em. Touchet.
- 1. La Commission des Etoiles filantes de la Société astronomique de France a établi une carte spéciale pour l’observation des étoiles filantes. S’adresser 28, rue Serpente, Paris., 6*.
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- "Mé
- BOITE AUX LETTRES
- G0L
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. J1 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communication. — Comment reconnaître les arbres des forêts. — Comme suite à cette question posée par un de nos lecteurs (n° du 19 août. Suppl, p. 5g), M. J. Marannenous signale que l’ouvrage suivant : Flore forestière, par A. Mathieu (Baillière, éditeur, rue Haute-feuille, Paris), contient des tableaux analytiques pour déterminer les arbres de nos forêts, d’après l’examen des bourgeons, même en hiver.
- Réponses. — M. te baron C., à Ker Saint-Eloy (Côtes-du-Nord). — Fabrication ménagère du vinaigre de cidre. — Elle comprend les manipulations suivantes. On prend un fût très propre contenant 20 à a5 litres, on y adapte un robinet en bois à la base d’un des fonds et l’on perce à la partie supérieure un trou de 4 à 5 cm de diamètre. On fait bouillir 5 litres de vinaigre de vin très fort et on les verse dans le fût qu’on roule; puis, le lendemain, on verse dessus 3 litres de cidre très limpide. On ensemence, ensuite, le mélange en y plongeant une baguette en bois préalablement chargée du ferment acétique par immersion dans un vinaigre en pleine acétification. A son défaut, l’ensemencement se produirait spontanément en abandonnant le fût à lui-même pendant quelques jours.
- Ainsi préparé, le fût est placé à demeure dans un endroit dont la température oscille entre 25 et 28°, si l’on veut que l’acétification marche vite. Il ne faut plus le remuer pour ne pas disloquer le voile formé à la surface. Il est utile aussi, à ce moment, quand on veut avoir un vinaigre clair, de mettre quelques copeaux de hêtre dans le fond.
- Au bout'de 8 jours, on ajoute 2 à 3 litres de cidre à l’aide d’un entonnoir à long tube ou en le faisant glisser le long d’un bâton plongeant dans le fût, afin d’éviter que le voile ne soit complètement submergé. On continue ainsi toutes les semaines jusqu’à ce que le baril soit plein aux trois quarts, et 8 à i5 jours après la dernière addition, l’acétification étant devenue régulière, on peut soutirer tous les i5 jours, en été, 2 à 3 litres de vinaigre qu’on remplace par autant de cidre, tandis qu’en hiver, on ne le fait que tous les mois.
- Si le vinaigre n’est pas suffisamment clair, on le filtre au papier ou on le colle à la caséine pure dans la proportion de 10 gr. par hectolitre.
- Les principales causes d’insuccès, qu'on rencontre assez souvent dans la préparation de ce vinaigre, sont dues à la nature des cidres ou des lies quelconques qu’on y met en œuvre. Il est essentiel que les cidres soient complètement fermentés, absolument limpides, suffisamment alcooliques, 5 à 6 pour 100, et indemnes de maladies, sauf de l’acescence. Quant aux lies, elles doivent, outre ces conditions, être très récentes, afin de ne pas renfermer en puissance les germes des fermentations lactique et butyrique. Il y a lieu d’insister tout particulièrement sur la limpidité, car les troubles des cidres et des lies sont les réceptacles naturels de micro-organismes qui nuisent beaucoup à l’acétification et à la qualité du vinaigre obtenu, et, très souvent, à sa bonne conservation.
- M. René Chantel, à Paris. — L’épreuve que vous nous adressez n’est pas une photographie d’éclairs; votre chambre photographique est percée d’un trou minuscule formant « sténopé », et c’est la petite image du Soleil donnée par ce trou qui a produit sur la plaque les lignes embrouillées apparues au développement. Ces lignes -sont enchevêtrées par le fait de tous les déplacements donnés à la chambre noire pendant l’ouverture du châssis (ou du magasin) pendant le jour.
- Cet accident est bien connu, il est communément désigné sous le nom de vermicelle.
- Il existait peut-être déjà sur la plaque lorsque vous avez exposé celle-ci au cours du violent orage du 22 au 28 juillet. Pendant cette exposition, la plaque a été voilée par la lueur diffuse des éclairs, sans que votre épreuve ait enregistré aucun de ceux-ci d’une manière nette. Mais l’action diffuse do ces éclairsaeu pour résul-
- tat un voile général se superposant sur une image à exposition très courte (traînée produite par le Soleil)'. Ce sont là les conditions de production de l’effet Clayden, c’est-à-dire de l’inversion de la première impression. Ainsi s’expliquerait sur votre épreuve l’inversion d’une partie des traînées, qui âpparaissent en noir. Voir à. ce sujet une note sur « Les étincelles électriques noires » dans le n° 2472 du 20 août 1921, au Supplément.
- M. Morvan, à Paris. — i° Les papiers employés pour les plumes à molette sont obtenus de la façon suivante : On choisit un papier mince bien homogène pesant environ i5 gr. au mètre carré et on applique sur celui-
- ci une composition formée de :
- Huile lourde de pétrole. .... ga5 gr.
- Paraffine..................... 4° —
- Oléine........................ a5 —
- Beurre de palme. . ..... 10 —
- La feuille de papier est placée sur une lame de zinc polie et chauffée aux environs de ioo°; avec une flanelle on applique la composition préalablement fondue sur la face libre, l'enduit pénètre dans l’épaisseur et donne sur le côté métal une surface parfaitement lisse sur laquelle se fera l’écriture après refroidissement complet. 20 Pour Y encrage ou tirage des épreuves on se sert le plus souvent d’encres à base de savon d’huile et de glycérine ; la formule qui suit peut servir de type :
- Savon blanc en poudre............200 gr.
- Eau de pluie.......................i5o —
- Huile de lin siccativée.........20O —
- Glycérine.......................2 5o —
- Violet de Paris pulvérisé .... 70 —
- Kaolin..........................i3o —
- Empâter le savon pulvérisé dans la moitié de l’eau additionnée de glycérine en chauffant au bain-marie, incorporer à la crème ainsi obtenue l’huile de lin, puis le kaolin. Délayer d’autre part le violet de Paris dans le reste de l’eau, ajouter peu à peu à la masse précédente et broyer longuement au mortier jusqu’à homo généité parfaite.
- N. B. — Le broyage prolongé est une condition essentielle de réussite.
- M. le Dr Fait, à Paris. — r° La solution dont on se sert pour faire disparaître les vieilles couches de peinture n'est autre chose que de la soude caustique à laquelle les peintres ont conservé le nom de potassium, parce qu’autrefois on se servait de potasse caustique obtenue en caustifiant le carbonate de potasse (Potasse d’Amérique) par un lait de chaux. Le carbonate de soude ayant été par la suite fabriqué à bien meilleur marché que le carbonate de potasse, la lessive de soude s’est peu à peu substituée à celle de potasse, elle est habituellement vendue à 36° B., mais pour l’usage on fait varier son degré de concentration suivant le travail à effectuer en l’étendant de plus ou moins d’eau. Comme règle générale, dans l’enlèvement des peintures, il faut toujours mouiller de bas en haut et rincer de haut en bas. 1" P our séparer des pièces de bois collées à la colle forte, il suffit d exposer l’ensemble à la vapeur d’eau bouillante pendant un temps variable suivant l’ancienneté du collage.
- M. Paul Malbry, à Vevey. — i° Vous trouverez la liste complète des fabricants de sucre dans Y Annuaire de la Sucrerie et de la Distillerie édité par le Journal dès fabricants de sucre, 3, rue Richelieu, à Paris. 2° Le même ouvrage vous fournira également tous renseignements sur la législation des sucres et des alcools. 3° Chacun des Manuels d analyses à l’usage des Laboratoires officiels et des Experts, édités par la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, contient le recueil des lois, décrets, arrêtés, etc., relatifs aux produits alimentaires étudiés ; il vous suffira donc de vous procurer les Manuels correspondants aux articles qui vous intéressent, ce dont vous pourrez vous rendre compte par le catalogue détaillée de cette librairie, qui vous; l’enverra à simple demande de votre part.
- M. A. Schmidt, à Paris. — La fabrication de la craie pour queues de billard ne présente aucune difficulté, iL suffit de délayer dans un peu d’eau gommée un mélange de blanc de Meudon et de terre à foulons — quelques essais vous fixeront rapidement sur les proportions à adopter. — Quant à la coloration elle peut être obtenue par toute couleur minérale, Bleu de Prusse, Vert de
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- Vérone, Piouge d’Angleterre, à votre choix, que vous ajouterez au mélange.
- M. Ferranti, à Tonneins, Lot-et-Garonne. — Les maisons suivantes vous fourniront les nouvelles résines artificielles : Pelliot, 24, place des Vosges; Gamard et Lemoine, 8, rue de Thorigny; Leconte, 48, rue des Archives; Leullier, 7, rue des Ecoujfïes.
- M. Collinot, à Pantin. — P Comme type de composition pour Y émaillage de la terre cuite, vous pouvez prendre :
- Oxyde d’étain..................... 100 gr.
- Litharge...........................340 —
- Minium............................. 20 —-
- Sable blanc........................44° —
- Sel marin décrépité................ 80 —
- Carbonate de soude sec............. 20 —
- 20 En ce qui concerne la cuisson, vous pourriez peut-être vous entendre avec les maisons qui suivent : Du-borjal, quai de l’Aisne, à Pantin; Cristallerie de Pantin, 86, rue de Paris; Verrerie Legras, 94, route de Flandre, Pantin.
- M. P. Pascal, à Chassagnas, Creuse. — Le réapprêtage des étoffes est toujours une opération délicate si on veut obtenir l’uni et éviter les marbrures, c’est pourquoi il faut une certaine pratique pour bien le réussir. D’une manière générale, les laines pures et les laine-soie ne doivent être que légèrement gommées, les soies pures ou en mélange avec d’autres textiles doivent être gommées davantage et les mélanges laine-coton plus fortement.
- x° Pour les soieries on prend par exemple :
- Gélatine blanche............... 80 gr.
- Amidon de riz..................65o —
- Eau non calcaire............... 10 litres.
- La gélatine est préalablement gonflée dans un litre d eau froide pendant 12 heures, puis liquéfiée par chauffage au bain-marie. D’autre part, on porte à l’ébullition 8 litres de l’eau et on y verse lentement le lait obtenu -en délayant l’amidon dans un litre d’eau froide, on ajoute pour terminer la solution de gélatine précédente et rend le tout bien homogène avant emploi; au besoin, on passe au travers d’une mousseline en pressant si cela est nécessaire pour séparer les grumeaux.
- 20 Le gommage des lainages s’effectue en prenant :
- Colle forte peu colorée. . . . 4°° gr-
- Eau non calcaire. ..... 10 litres.
- Après gonflement et dissolution de la colle comme précédemment, on ajoute :
- Glycérine..................... So gr.
- L’apprèt s’applique à l’éponge ou à la brosse toujours
- à l’envers de l’étoffe en proportions plus ou moins -grandes suivant la rigidité que l’on veut obtenir; bien entendu, eu égard à la présence de la gélatine, il faut opérer à chaud.
- M. Gosselin, à Paris. — Les encres employées pour les tirages en photogravure ne diffèrent pas des encres d'imprimerie habituelles, elles sèchent surtout par oxydation de l’huile de lin; vous trouverez de nombreux renseignements sur la question dans l’ouvrage Manuel de Vimprimeur, de Broquelet et Brégeaux, édité par la librairie Garnier, 6, rue des Saints-Pères.
- M. Rodillon, à Sens. — Nous n’avons pas connais-•sânee d’un ouvrage spécial à la fabrication des outremers. Le mieux serait de vous reporter à la collection du Moniteur scientifique que vous possédez certainement, en ne faisant vos recherches qu’à partir de i8g5. Jusqu’à cette date, le travail est résumé dans l’ouvrage' Couleurs et vernis d’Halphen, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. Degal, à Puyoo, Basses-Pyrénées. — La maison Pelliot, 24, place des Vosges, vous fournira en toutes quantités : silicate de soude, sapindus et fucus crispus.
- M Jager, à Montpellier. — L’émaillage des fils métalliques est obtenu par deux moyens : i° Recouvrement par une dissolution d’acétate de cellulose dans le tétra-chloréthane-alcool additionnés d’un plastifiant tel que la triacétine, vous pouvez prendre comme type :
- Acétate de cellulose. ...... 3o gr.
- Tétrachloréthane. . . . . . . . 260'—-
- Triacétine 3 —
- Alcool à qà0...................... 400 —
- Suivant besoin, on ajoute un pigment coloré, noir de fumée, couleur minérale ou couleur d’aniline soluble dans l’excipient. Bien entendu les proportions peuvent
- varier suivant le but proposé et quelques essais sont nécessaires pour la mise au point par un amateur qui doit acquérir les tours de main indispensables à connaître dans la fabrication des vernis. 20 Application de bakélite A en solution alcoolique, puis passage à l’autoclave à une température de 1200 à 1800 qui produit la transformation en bakélite C insoluble et infusible, c’est le procédé industriel généralement adopté aujourd’hui, mais qui demande un appareillage spécial.
- M. Gilliard, à Suresnes, Seine. — La recette que nous avons donnée pour la préparation des fourrures s’applique à des peaux fraîches et non à des fourrures déjà tannées ou mégissées. A notre avis, le déchaussement du bulbe pileux est un fait accompli et aucun remède ne peut y être apporté. Remettez l’article entre les mains d’un fourreur pour la réparation.
- M. Boudet, à Vesoul. — i° Vous trouverez dans les Recettes de l’Atelier, p. 25g à 264, un certain nombre de formules pour la coloration des bois, nous pensons bientôt en publier quelques autres. 20 Pour bien réussir la peinture laquée au Êipolin il faut procéder ainsi : Après nettoyage et séchage complet, appliquer d’abord une couche de fond maigre de la teinte désirée avec une peinture ordinaire en prenant la précaution de faire celle-ci avec deux tiers d’essence de térébenthine et un tiers d’huile de lin (en volumes). Sur la peinture une fois bien sèche on passe alors une ou deux couches de Ripolin, on obtient ainsi des résultats plus beaux qu’en se servant du Ripolin seul.
- L. S., Le Bouscat (Gironde). — L’enduisage d'un carton en vue de le rendre imperméable pour toiture ne vous donnera que des résultats imparfaits. Il sera beaucoup plus économique d’ailleurs d’acheter du carton tout préparé dans ce but, par exemple du carton asphalté souple du genre Rubéroïde, l’imperméabilisant se trouvant dans la masse, son action est plus complète, vous éviterez un travail considérable et salissant.
- M. Victor Âmauris, à Morlauwelz (Belgique). — Le grossissement que vous pourrez appliquer à votre lunette de 4 pouces (o m. 108) dépend surtout de la valeur de l’objectif de cette lunette et de sa longueur focale. Si votre objectif est de bonne qualité, vous pourrez adapter des grossissements allant jusqu’à 2Ôo diamètres. Il faudra vous procurer des oculaires de foyers différents, pour obtenir des grossissements différents. Voir à ce sujet, pour paraître très prochainement ici même, un article sur la construction des petits instruments astronomiques, qui vous donnera des indications sur les grossissements des oculaires. Pour que les oculaires que vous vous procurerez s’adaptent à votre lunette, il sera nécessaire d’envoyer à l’opticien le « coulant » ou tube porte-oculaire Voici quelques adresses de maisons pouvant vous fournir des oculaires terrestres ou astronomiques. Manent, rue du Parc, à La Croix-de-Berny (Seine); E. Vion, 38, rue de Turenne, Paris; Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris, 14e; Secrétan, i5i, boulevard Auguste-Blanqui, Paris, 13e ; Société d’Op-tique et de Mécanique de précision, 125, boulevard Da-vout, Paris, 20e.
- M. J. Mériguet fils, à Saint-Junien. — Il nous est impossible de préciser l’époque à laquelle pourra être .décrit un instrument actuellement à l’étude ,et dont le constructeur lui-même ne saurait indiquer les caractéristiques définitives tant qu’il ne sera pas entièrement au point.
- G. T. 17. — Les vins provenant de certains cépages américains producteurs directs, tels que le Noah, l’Othello, ont effectivement un goût très particulier, rappelant plus ou moins celui de fraise-ananas, ou goût foxé.
- Nous pensons que c’est bien de cette saveur spéciale qu’il s’agit. •
- Le goût foxé disparaît à la longue, et plus rapidement si on soustrait le vin le plus tôt possible à l’influence des râpes et des pellicules, en décuvant dès que la fermentation est achevée, en opérant de fréquents soutirages, de manière à soustraire le vin au contact des lies. Après un deuxième soutirage, on colle énergiquement. Le défaut disparaît ensuite avec le repos et l’âge.
- En outre, sur l’opération de défoxage, on aurait intérêt à s’adresser pour appréciation se rapportant à la situation, soit au Directeur de la Station œnologique, à Angers, soit à M. L. Mathieu, Directeur de l’Institut œnotechnique de France, à Neuilly (Seine).
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2530
- 30 Septembre 1922
- Le vol à voile. — Les expériences de Combegrasse, les résultats obtenus en Allemagne ont soulevé en France un très vif mouvement d’opinion publique autour du problème du vol à voile. Le Matin, sur l’initiative de M. Quinton, a fait un appel qui a été entendu de nombreux mécènes et dès maintenant un grand nombre de prix ont été fondés dont le total dépasse 200000 francs. Le Petit Parisien a fondé un prix de iooooo francs pour les moto-aviettes.
- Ces encouragements auront certainement pour effet de faire progresser rapidement l’aviation sans moteur, ou à moteur de faible puissance. L’expérience aidant, on peut espérer voir réaliser sous peu de belles performances.
- C’est ainsi que Barbot, sur son monoplan Dewoitine à ailes souples, a effectué les 16 et 17 septembre à Superbagnères des vols de 20 et i5 minutes.
- Nous croyons qu’il n’est pas sans intérêt de revenir sur les expériences de Combegrasse, qui, quoique peu sensationnelles au point de vue des vols effectués, ont été très riches en enseignements.
- Ln de nos lecteurs, M. Laffont, qui a assisté à ce concours, a bien voulu nous communiquer les précisions qui suivent.
- Les vols ont été effectués surtout en deux points : par vent d’Est et du Sud-Est du Puy de Combegrasse, offrant une chute possible de 120 m. environ, par vent d’Ouest du'Puy de la Toupe à 80 m. au-dessus de la plaine d’Aurières.
- Les premiers vols glissés furent effectués par le Suisse Chardon sur son <c biplan Sport » Cil-5 pesant seulement 12 kg pour 14 m2 de surface. Le départ s’effectuait par la course, le pilote tenant son appareil à bout de bras. Du Puy de Combegrasse il réussit notamment un vol de g5 secondes au cours duquel il remonta au-dessus de son point de départ. 11 effectua plus de 60 vols au cours du meeting sans le moindre accident et fut certainement un des plus admirés pour sa science de Pair et son audace sportive. Son appareil, remarquable de simplicité, sera le type idéal pour l’entraînement des pilotes se destinant au vol sans moteur. Tous les autres avions présentés furent lancés par sandow.
- Bossoutrot après avoir très méthodiquement « tàté l’air » sur son biplan — en compagnie de Paulhan — s’entraîna sur le Moustic, monoplan léger, et parvint à réaliser des vols de plus en plus intéressants. Il réussit, au cours de son record de 5m 18% à se maintenir 3 minutes au-dessus du Puy de Combegrasse, il décrivit 5 orbes successives, survola le Puy de Cliarmont atterrissant dans un style impeccable au point fixé à l’avance, ayant réalisé une vitesse de chute de o m. 37 à la seconde.
- Notons, en passant, que les Allemands qui n’ont cessé de s’entraîner méthodiquement au vol sans moteur, aidés et conseillés par M. G. Lilienlhal, soutenus par « Flug-sport » — et qui ouvraient leur premier concours en (912 — n’ont réalisé de performances analogues à la Rhon qu’en 1920.
- Barbot, sur monoplan Dewoitine à ailes souples, faisait au Puy de la l oupe un vol splendide de 2"’ 43% se maintenant plus d’une minute à une cinquantaine de mètres en avant et au-dessus de son lieu d’envol. La tenue de srn appareil dans le vent enthousiasma véritablement tous les spectateurs, l’arrière de l’aile se soulevant sous les rafales semblait donner la vie au prodigieux oiseau.
- Coupet, sur monoplan à ailes épaisses, réalisa du Puy de Combegrasse un vol de 4™ 5os avec des paliers splendides. Il est fort probable que s’il avait eu une plaine plus vaste devant lui il aurait battu largement le record de Bossoutrot, ayant été gêné par la proximité des Puys.
- Ces 3 appareils, qui de l’avis de tous les spectateurs ont vraiment fait du vol à voile, ont été les champions incontestés du concours. Il est regrettable que l’accident de Pitot nous ait privés des vols du Levasseur-Abrial, qui promettait beaucoup, ayant mis 56 secondes à descendre de 18 mètres. Douchy sur Potez, Sardier sur triplan Clément et le biplan Clément à dièdre réalisèrent de jolis vols glissés qui animèrent brillamment le meeting. Enfin ie pigeon des frères Landes, la chauve-
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- souris de M. Grandin excitèrent la curiosité de tous les visiteurs. Après le 20 août, Peyret, Nessler, Maneyrols, firent quelques vols.
- Les essais du Puy de Dôme n’eurent pas l’intérêt qu’on était en droit d’en attendre, surtout si l’on compare les temps (Barbot 8m 56" I à ceux qui furent réalisés de Combegrasse avec une dénivellation beaucoup plus faible.
- La cuisine solaire. — L’utilisation directe de la chaleur solaire a toujours tenté les chercheurs; les miroirs ardents avec lesquels Archimède, dit-on, incendia la flotte romaine devant Syracuse, n’étaient pas autre chose et l’on doit dire que les modernes n’ont jamais fait beaucoup mieux dans cette voie. Cependant il convient de rappeler les noms de Mouchot et de Tellier qui, vers 1880, réalisèrent des moteurs utilisant directement les rayons solaires; plus près de nous, l’Américain Shuman entreprit en 1913, à Meadi, en Egypte ,1a construction d’une usine solaire, où les rayons du soleil chauffaient une chaudière alimentant une machine à vapeur à basse pression. Ces essais n’ont jamais conduit à des réalisations industrielles pratiques.
- Les astronomes de la Smithsonian Institution, MM. Abbott, Fowle et Aldrich, qui poursuivent depuis de longues années des études systématiques du plus haut intérêt sur le rayonnement solaire, se sont proposé un but plus modeste : ils ont recherché à réaliser un fourneau de cuisine solaire; leurs essais ont été effectués à 1 Observatoire célèbre du Mont Wilson, à Pasa-dena (Nouvelle Californie). Les premières tentatives remontent à 1910. En 1915, ils ont installé un appareil de fortune qui leur donna satisfaction; ce cuiseur, confié aux soins exclusifs de Mme Abbott, l’épouse du directeur, s’est montré parfait pour la cuisson de la plupart des aliments, jusques et y compris la pâtisserie : dans les journées de grandes chaleurs, c’est un supplice que de stationner dans une cuisine auprès d’un four ordinaire. Ces jours-là précisément sont ceux où le cuiseur solaire est le plus efficace. Aussi était-il vivement apprécié par la distinguée cuisinière chargée d’en tirer parti.
- L’installation comporte un miroir ayant la forme d’un cylindre parabolique dont l’axe est dirigé parallèlement à l’axe de la Terre et animé, par un mouvement d’horlogerie, d’un mouvement de rotation grâce auquel il suit approximativement la marche du soleil.
- Ce miroir a 3 m. de long, 2 m. 10 d’ouverture. Sur un socle plus élevé que le sommet du miroir est placée une étuve, chauffée par une circulation d’huile, celle-ci étant elle-même portée à température élevée par son passage le long de l’axe focal du miroir; à cet effet, un tube servant à la circulation de l’huile est placé suivant cet axe focal qui est en même temps l’axe de rotation; l’huile circule d’une façon continue du miroir à l’étuve ; le circuit de circulation d’huile a la forme d un parallélogramme, le côté inférieur est placé suivant l’axe focal; l’huile chaude part dans le côté supérieur et va chauffer l’étuve. Celle-ci contient les fours ; elle est revêtue d’une couverture en matière isolante.
- La circulation de l’huile autour de l’étuve peut au moyen de robinets être limitée à la partie supérieure, ce qui permet de réaliser des températures variées dans les fours; au début du chauffage, l’huile ne circule que dans la partie supérieure qui atteint assez rapidement la température niaxima admise ; la partie inférieure reste donc pendant ce temps à peu près froide; une valve automatique commandée par la dilatation de l’huile fait alors circuler celle-ci autour du compartiment inférieur; la nuit, on arrête la circulation de l’huile. L’étuve joue alors le rôle de marmite norvégienne.
- Le 5 septembre 1920 on notait dans la chambre supérieure du cuiseur la température de 88° à 6 heures du matin (200 seulement dans le tube à huile) L’appareil avait donc assez bien gardé la chaleur emmagasinée la veille :
- à f 5 on note 900 dans l’étuve, io8°dansle tube
- à 7 i5 — 9o° — 128° —
- à ioh 10 — i3a° — i55° —
- à I2h 10 — 142° — 16o° —
- à i3h 35 — 149° • i52°
- à i8h 10 — 121° — 720 .—
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- INFORMATIONS
- Ces résultats sont, on le voit, intéressants et même encourageants, d’autant plais qu’ils ont été obtenus avec des moyens assez rudimentaires.
- Ils pourront sans doute inspirer quelques imitateurs; des dispositifs analogues pourraient sans doute rendre de grands services dans certains de nos postes sud-algériens ou sahariens.
- L’industrie de la pâte à papier d’alfa. — On sait à quel point la France est tributaire de l’étranger pour ses. pâtes à papier. Elle produisait avant la guerre 180000 tonnes de pâtes à papier, avec les bois de son sol ou les bois importés et achetait au dehors près de 36oooo tonnes de pâtes. Après la guerre, cette situation ne s’est pas améliorée, au contraire, et est responsable en partie de 1 augmentation du prix des papiers, qui a atteint jusqu'à 18 fois la valeur d’avant-guerre, paralysant ainsi toute notre production littéraire et scientifique. On s’est donc préoccupé d’utiliser, mieux que par le passé, les ressources de notre sol ou de nos colonies pour la fabrication du papier, et c’est à l’alfa que l’on a tout naturellement songé immédiatement. Notre Afrique du Nord est en effet abondamment pourvue ; depuis de longues années les Anglais, puis les Américains, et tout récemment les Canadiens l’utilisent largement alors que nous-mêmes n’en employons qu’une faible quantité. On sait cependant que l’ai t'a a un excellent rendement et fournit un papier de qualité parfaite. En igi3, les Anglais en ont acheté ao5 000 tonnes et 162000 tonnes en 1920, alors que l’importation française oscillait entre 5000 et 9000 tonnes.
- Cette situation semble aujourd’hui sur le point de se modifier.
- M. Colas, vice-président du Syndicat des Fabricants de papier de France, exjiose dans le Bulletin de la Société d’Encouragement l’effort tenté par les fabricants français pour créer une industrie française du papier d’alfa.
- Une seule maison française, les papeteries Outhenin-Chalandre, fabriquent en France le papier d’alfa, en quantité du reste fort réduite. L’obstacle qui arrêtait les autres fabricants était l’idée préconçue que la pâte d’alfa 11e pouvait être employée à l’état sec. D’où la nécessité pour chaque fabricant de monter dans son usine même une fabrication de pâte d’alfa entraînant de très grosses dépenses devant lesquelles les industriels reculaient.
- Des expériences, entreprises par les papeteries Outhenin-Chalandre, sur la demande de la Société l’Alfa, démontrèrent d’une façon convaincante la possibilité et même la facilité de l’emploi de la pâte d’alfa sèche, c’est-à-dire à l’état même où se trouvent importées les pâles de provenance étrangère.
- Cette démonstration faite, il se forma autour de l’alfa une véritable union papetière comprenant un grand nombre d’industriels de la papeterie et de l’électrochimie; et la création d’une grande usine fut décidée, devant produire 12000 tonnes de pâte sèche par an. La question de l’eau est primordiale dans le traitement de l’alfa. Une usine de la puissance que nous venons d’indiquer exige jiar heure rooo m3d’une eau aussi’pure et aussi claire que possible. L’eau pure est rare en Algérie; pour celte raison, ,et pour quelques autres motifs accessoires, c’est en France que l’on résolut d’établir l’usine. Elle s’installera dans l’ancienne poudrerie nationale de Sorgues, près d'Avignon : elle y jouira d’un grand nombre d’avantages : port sur le Rhône, raccordements à la voie ferrée, proximité des usines électro-chimiques alpestres productrices de soude et de chlore, force motrice électrique, eau pure en abondance, .etc.
- On prévoit donc l’installation d’une première usine de 12000 tonnes de pâte sèche par an, production qui pourra être triplée sur place si les besoins de la consommation l’exigent.
- L’usine sera montée par groupes indépendants de 10 tonnes par jour (3ooo par an). De cette façon, bien que la principale matière envisagée soit l’alfa, comme le procédé employé permet également le traitement de toutes les autres libres végétales, paille, roseau, genêt, palmier nain, papyrus, etc., il sera fait largement appel le cas échéant à ces libres, chaque groupe indépendant pouvant travailler sur une matière première différente.
- L’alfa du reste ne semble pas devoir faire défaut, même en tenant compte de la très importante consom-
- mation anglaise. D’après les évaluations oflicielles, la surface totale des peuplements alfatiers pour l’Algérie seule s’élève à 4000000 d’hectares environ. Ce qui représente de 5oo 000 à 600000 tonnes d’alfa par an, alors que l’exportation totale de l’Algérie ne dépasse pas 120 000 tonnes.
- La Tunisie et le Maroc offrent en outre des ressources importantes.
- M. Colas estime que la pâte d’alfa ainsi fabriquée ne sera pas plus coûteuse que les pâtes étrangères, tout en fournissant un papier de qualité supérieure.
- Le charbon dans l’Amérique du Sud. — L’Amérique du Sud a été longtemps considérée comme dépourvue de charbon. Son ravitaillement est fait surtout par l’Angleterre et les Etats-Unis, et le manque de combustible a jusqu’ici restreint le développement industriel de ce continent. Cette situation semble devoir se modifier. Après le Colliery Guardian que résume la Revue universelle des Mines, l’industrie houillère fait depuis la guerre d’énormes progrès dans l’Amérique du Sud.
- Le Chili a été longtemps le seul producteur de houille du Sud-Amérique. Les premiers gisements furent découverts dans la province de Concepcion. On pense en outre que de grands dépôts existent dans les provinces de Aaldivia et Llanquinhc, ainsi que dans l’île de Chile. Le Chili serait appelé sous peu à devenir exportateur de charbon. Le Brésil vient au second rang pour la production houillère et donne des espérances non moins brillantes que le Chili. En Argentine, les mines principales sont à Chebut au nord delà Patagonie; on construit un chemin de fer qui amènera la houille à Buenos-Ayres.
- D’autres bassins houillers viennent d’être découverts en Colombie. Enfin de longues recherches ont permis d’établir que le Paraguay également est assez riche en charbon.
- Les engrais biologiques. — Le Dr Stoklasa, professeur à l’Ecole technique d’Agriculture de Prague, étudiant le rôle capital que joue dans le sol l’acide carbonique produit par les bactéries, conseille, pour améliorer les rendements culturaux, de mettre en œuvre des moyens propres à augmenter le volume d’acide carbonique du sol, qui peut atteindre jusqu’à 15 millions de litres par hectare et par an.
- Avec les engrais chimiques et certaines substances catalytiques, on a déjà obtenu des résultats importants; mais, pour faire mieux encore, il est indispensable de donner davantage de carbone aux plantes, sous forme d’acide carbonique, en augmentant l’activité biologique des bactéries du sol pa-r l’apport d’engrais biologiques, mélangés d’humus et d’engrais minéraux, avec lesquels le Dr Stoklasa est parvenu à doubler la productivité des terres à betteraves en Bohême.
- La stéréoscopie au XVI” siècle. — On fait généralement remonter l’invention du stéréoscope au physicien anglais YYheatstone, qui vers i83a construisit le premier appareil de ce genre. Mais n’avait-on pas tenté auparavant d’obtenir la sensation du relief dans la vision des images ?
- Le Bulletin de la Société française de Photographie publie une note de M. Potonniée qui recule singulièrement la date de cette invention.
- La sensation du relief est déjà indiquée dans Euclide et dans Galien, et Léonard de Vinci a exposé tout au long la théorie de la vision binoculaire, mais aucun ne s’en est servi pour faire apparaître en relief des images planes destinées au stéréoscope.
- Cependant, à la fin du xvi° siècle, Porta parle avec tant de précision des images stéréoscopiques qu’on peut bien supposer qu’il en a vues. Or, le Musée AYicar à Lille possède deux dessins du x\T siècle, attribués à Jacopo Chimenti ( 1554~1 ^4°), traités à la plume et lavés de bistre, qui représentent un personnage assis sur un tabouret bas, dessinant, un compas dans la main gauche. Les deux dessins diffèrent peu l'un de l’autre et, regardés au stéréoscope à miroirs ou réduits et vus au stéréoscope à vision directe, donnent une impression de relief très nette. La stéréoscopie ne semblait donc pas inconnue au xvie siècle.
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- IgD
- "Eclairage
- L’allumage et l’extinction à distance appliquée au gaz. — Dès que la lumière électrique fit dans le monde son apparition, l’industrie du Gaz, se sentant fortement compromise, s’efforça par tous les moyens d’égaler et même de surpasser la nouvelle venue, dont on chantait, sur tous les tons, les innombrables supériorités.
- Les premiers travaux se concentrèrent principalement sur l’intensification de la luminosité; et quand on compare l’antique bec à papillon au bec à incandescence, il faut avouer que le progrès était énorme, d’autant plus que la consommation se trouvait réduite dans de sérieuses proportions.
- Puis on trouva les becs à petits mandions renversés, qui permirent la réalisation de suspensions plus artistiques, en même temps qu’une répartition plus rationnelle des rayons lumineux et dont l’apparence ressemblait à s’y méprendre à l’ampoule électrique, la rivale redoutée.
- Une infériorité notoire demeurait cependant toujours. Pour avoir la lumière dans une pièce aménagée au gaz, il faut recourir soit aux allumettes, soit au briquet, faire jaillir la flamme, ce qui n’est pas toujours facile, présenter cette flamme au-dessus du bec, ce qui exige le plus souvent l’emploi d’une chaise, d’un escabeau ou d’un petit bâton porteur d’une lampe à alcool, quand l’appareil est trop élevé pour que la main puisse y atteindre; et tout cela dans une demi-obscurité. Et quand il s’agit de l’éclairage d’une ville, c’est bien autre chose : il faut un personnel d’allumeurs, répartis dans les divers quartiers, allant de lanterne en lanterne, armés d’une immense perche porte-feu; il faut prévoir des équipes de nuit qui devront interrompre leur sommeil, quitter leur lit bien chaud pour arpenter les rues désertes, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il gèle, ou qu’il vente, pour éteindre un à un les réverbères moins utiles.
- Quel contraste avec le docile éclairage électrique ! Vous rentrez chez vous; la nuit est tombée; mais auprès de chaque porte de vos appartements, vous trouvez, sans le chercher, un bouton discret qui vous sert à souhait la lumière. Il suffit d’une seule manette convenablement prévue pour éclairer tout d’un coup, comme sous l’effet d’une baguette magique, un vaste édifice ou encore une ville entière.
- Qui n'a contemplé avec émerveillement l’illumination subite, instantanée, des grands boulevards de notre capitale ?
- Le gaz, sous ce rapport si intéressant, pourra-t-il jamais égaler son terrible concurrent?
- Oui, il le pourra, car c’est maintenant chose faite ! Déjà, un peu avant la guerre, quelques villes, dont Bayeux, dans le Calvados, avaient mis à l’essai un petit appareil qui, placé au-dessous de chaque bec de gaz, devait permettre leur allumage simultané sans autre personnel que le veilleur de l’usine; bien plus, ce même veilleur, sans se déranger davantage, pourrait à une heure quelconque de la nuit réduire l’éclairage de la ville dans une proportion déterminée d’avance, et le matin, au lever du jour, supprimer enfin toute lumière. Les essais furent des plus concluants, et nous voyons en ces temps de salaires élevés et de crise de main-d’œuvre se généraliser l’emploi de semblables dispositifs dans beaucoup de centres urbains.
- On a fait plus.
- Certains inventeurs se sont demandé s’il ne serait pas possible, dans les installations domestiques, de manœuvrer le gaz absolument comme on manœuvre l’électricité. Et l’on vient de lancer un minuscule appareil qui réalise, celte merveille. Nous l’avons vu fonctionner à la campagne, sur une installation d’acétylène; vous croiriez l’électricité : auprès de chaque porte de l’habitation, un bouton à double contact; vous allumez en entrant, vous éteignez en sortant. Il n’y a plus sous ce x’apport aucune différence entre les deux genres de lumières. On pourrait même dire que le gaz en ce moment l’emporte, car il est sensiblement moins coûteux que le courant électrique.
- Nous donnerons ici la description illustrée d’un dispo-
- Fig. i.—Vue de l’appareil complet avec son capot.
- sitif allumeur-extincteur pour villes et d’un autre spécialement conçu pour maisons particulières.
- I. Allumeur-extincteur du gaz pour centres urbains. — Parmi les appareils actuellement employés pour allumer ou éteindre à distance et simultanément les réver-bè res des centres urbains, celui que nous allons décrire est représenté par la figure i. Comme on le voit, un capot bien ajusté met à l’abri tous les organes, ce qui permet de le monter, sans aucun inconvénient, en dehors de la lanterne, exposé aux intempéries.
- Enlevons ce capot ; un premier coup d’œil (fig. 2) donne déjà l’impression que le mécanisme n’est ni compliqué ni délicat.
- La description de détail ne va faire que confirmer ce jugement spontané.
- Remarquons d’abord (fig. 3) que] l’appareil comporte deux
- chambres à gaz de forme et de structure très différentes.
- La chambre inférieure A À, large mais peu haute, est limitée, en bas, par le fond cintré du bâti, au centre duquel un raccord fileté B a été ménagé pour recevoir le tube d’amenée du gaz ; en haut, une membrane élastique formant joint hermétique en DD, et surmontée d’un disque de pesée SS, permet de faire varier, dans des limites prévues, les dimensions de cette enceinte.
- L’autre chambre CC est plus spécialement la chambre de distribution; elle est fermée, à la partie supérieure, par deux soupapes coniques : une petite, V, pour entretenir la veilleuse que la tubulure L amène à proximité du bec principal dans lequel l’arrivée du gaz est commandée par une autre soupape I à débit plus considérable.
- Ces deux soupapes ont ceci de particulier qu’elles sont solidaires l’une de l’autre, au moyen du levier io, 12, articulé en n; c’est un levier « interposant », dont les bras ont été calculés à deux fins : d’abord pour soulever successivement, de la quantité nécessaire, chacune des soupapes, mais de plus pour que l’ouverture de l’une se fasse toujours un peu avant la fermeture de l’autre, afin que le bec, en s’éteignant, rallume sans faute la veilleuse et que la veilleuse avant de s’éteindre ait le temps d’allumer le bec.
- Ces deux chambres, hermétiquement closes au moyen des joints VV, EE, DD, communiquent entre elles par un double tuyau cintré que l’on distingue très nettement au premier et à l’arrière-plan de la figure 2.
- Entre ces deux réservoirs est logé tout le mécanisme : il se compose simplement de trois leviers et d’une roue à cames.
- En commençant par le bas nous rencontrerons d’abord un levier « interpuissant» dit levier de poussée 1,
- 2, 3, qui prenant son point d’appui en 1 jsuivra nécessairement en 2 les mouvements de la pax-oi élastique de la chambre inférieure; or, par son doigt articulé, a, dont la course est limitée par le butoir fixe b, il pourra faire avancer la roue à. cames N, mais d’une seule dent à la fois. .
- Un second levier du même genre, 4. 5, 6, dit levier de contre-poussée, articulé en 6, porte en 4 une masse appropriée R, et en 5 un équipage à galet Q, qui, pouvant se déplacer sur des repères, permettra d’amortir la brusquerie des poussées du gaz et par suite de méua,-ger le mécanisme. Tout près de son point d’appui G,
- Fig. 2. — Le mécanisme de l’appareil, dépouillé de son carter.
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- une ouverture rectangulaire a été pratiquée pour livrer passage à la partie coudée du premier levier.
- Reste un dernier levier, dit levier d’admission, 7, 8, 9 ; il a pour but de commander les allumages et les extinctions successives. Un dispositif spécial a dû être ici adopté. : il fallait en effet que l’un des bras manœuvrât dans la chambre étanche des soupapes tandis que
- Fig. 3. — Coupe schématique, expliquant en détail le fonctionnement de l’allumeur-cxtincleur.
- l’autre devait osciller à l’air libre. Il a donc été fait de trois pièces rapportées : la partie centrale 8, formant point d'appui, s’articule sur une lamelle métallique cd, adhérente à la face conique de l’enceinte supérieure, juste en face d’une petite fenêtre, pratiquée dans la paroi.
- Une membrane élastique, pincée fortement entre les bords extérieurs de cette fenêtre, empêchera le gaz de sortir et c’est à travers elle que le bras rectiligne 9 est vissé sur l’un des côtés de la partie centrale, tandis que sur l’autre, au moyen d’une glissière qui permet de régler le jeu de l’ensemble, est ajusté le bras recour-' bé 7, dont l’extrémité porte un petit galet qui roule sur le profil de la roue N, à dentelures irrégulières.
- Cette pièce a pour mission de traduire en langage intelligent les déplacements toujours les mêmes du levier inférieur. Elle est composée de ^deux organes parallèles (fig. 4) : une roue dentée A, commandée par le bec articulé du levier de poussée, séparée par une rondelle B, mais solidaire du disque N, au diamètre légèrement plus grand qui présente au galet du levier d’admission un chemin de roulement soigneusement dessiné.
- C’est cet organe minuscule qui joue le rôle principal . et permet, au moyen de modèles interchangeables, toutes les combinaisons désirables.
- Supposons d’abord le cas le plus simple, qu’il s’agisse
- de produire une série régulière d’extinctions et d’allumages; on emploiera le modèle A (11g. 4); Bi roue dentée porte 18 dents et à chaque dent correspond, sur le disque découpé, un creux ou une bosse ; il est facile de se rendre compte que quand le galet du levier d’admission sera soulevé, la petite soupape Y sera ouverte et la veilleuse allumée; quand, au contraire, il sera dans un creux, la grande soupape seule sera soulevée et le manchon incaudescent brillera.
- Si l’on désire, ce qui est le cas .le plus fréquent, réduire l’éclairage de la ville au cours de la nuit, par l’extinction d’un certain nombre de réverbères, la combinaison se complique, mais plus en apparence qu’en réalité. Que faut-il, en effet ?
- Il faut réaliser des cycles à 3 temps, répartis de la façon suivante :
- Fig.
- Roues à cames
- à 2 temps (9 cycles).
- Becs allumes toute la nuit.
- i° Temps : Allumage;
- 20 Temps : L’allumage dure ;
- 3" Temps : Extinction.
- Becs éteints au milieu de la nuit.
- Allumage.
- Extinction.
- L’extinction dure.
- La chose est facile; chaque dent de la roue dentée devant correspondre à un temps, comme 18 est divisible par 3, il y aura 6 cycles complets découpés sur chaque disque; les dessins seront ceux des modèles B et G (üg. 5) et le problème sera résolu.
- Et maintenant comment fonctionne normalement l’appareil que nous venons de décrire ? A l’usine, une petite cloche est prévue à l’entrée de la canalisation urbaine. Supposons qu’il soit 7 heures du soir, et qu’il faille allumer tous les becs de la ville. Tous les galets P de tous les appareils sont sur les saillies 3 de la roue à cames (fig. 5), c’est-à-dire que toutes les veilleuses sont allumées, mais tous les becs éteints. L’homme de garde exerce sur la cloche une petite pression, qui se propage à travers la tuyauterie souterraine; le gaz se condense dans toutes les chambres inférieures AA; les plaques SS se soulèvent entraînant le levier de poussée préalablement équilibré. Le doigt a fait avancer d’une dent toutes les roues à cames ; les galets, qui étaient en 3 dans les deux séries, tombent dans un creux (ior temps), entraînant d’abord le soulèvement de la soupape I, et, quand le bec est allumé, l’obturation de la soupape Y, ce qui éteint les veilleuses.
- A l’heure fixée pour la réduction de l’éclairage, le gardien de l’usine exerce une nouvelle pression sur sa
- Fig. 5. — Roues à cames à 3 temps (h cycles).
- petite cloche; même soulèvement des leviers de poussée; toutes les roues dentées avancent d’un cran (2e temps); dans les appareils de la série B, les galets restent sur le prolongement du creux et l’allumage continue, tandis que dans les appareils de la série C, les galets montent sur le commencement de la saillie et l’extinction a lieu aussitôt.
- Enfin au petit jour, une troisième pression sur la cloche déclenche le troisième temps du cycle ; dans la série B, les galets montent sur la saillie, produisant l’extinction, tandis que dans la série C, ils avancent sur un prolongement de saillie, qui maintient l’extinction. Les veilleuses sont partout allumées; elles le resteront tout le jour et, la nuit suivante, la même manœuvre se répétera.
- Tout a été prévu. Il peut arriver que certains appareils aient mal obéi aux pressions exercées sur la cloche et que les becs correspondants restent allumés en plein jour. Rien ne sera plus facile que de rétablir l’ordre ; un seul homme d’équipe, armé d’une perche à crochet, appuiera légèrement sur le prolongement T du levier de poussée et ramènera les organes dans leur position normale.
- Cet appareil, que nous voyons fonctionner depuis plusieurs années, obéit avec une docilité merveilleuse, à la satisfaction de tous.
- If. Allumeur-extincteur de gaz pour maisons particulières. — Quand il 's’agit d’une installation d’éclairage domestique, on ne peut plus songer à la commande par cloche; un ingénieur a eu la pensée très heureuse de demander ce service à la batterie de piles qui sert au fonctionnement de la sonnerie électrique que possède maintenant, même à la campagne, toute maison qui se respecte. Nous allons voir que ce dispositif dit « Système Goté » est d’une souplesse surprenante et se prête absolument à toutes les combinaisons de la lumière électrique.
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- Décrivons d’abord le matériel.
- Comme pour le précédent système, il faut disposer sous le bec une petite enceinte hermétique, mesurant 46 mm de diamètre sur 16 de hauteur, qui contient tous
- C D
- Fig-, (i — Vue d’ensemble du <c Goté » complet, équipé avec un allumeur pour becs droits au gaz.
- les organes de commande et de distribution; c’est le distributeur.
- Extérieurement (lig. 6) les surfaces en sont lisses, ce
- Fig. 7. — Allumeur pour becs droits, spécialement étudié p°m' l’acétylène, sans trous d’air.
- qui facilite l’entretien; on y remarque deux ajutages hletés, l’un B, faisant corps avec le siège de la soupape d’admission, pour raccorder le distributeur à la canalisation, l’autre J pour adapter le bec de gaz; en dessous deux bornes C, D, isolées de la masse, puis un petit bouton de secours H pour suppléer au mauvais fonctionnement de l’appareil électrique ou à panne imprévue de courant ; enlin un tube support d’allumeur L, dans le pied duquel est ménagé une toute petite valve. Ce tube, dont on doit régler la longueur sur la hauteur du manchon, supporte à son extrémité supérieure un allumeur très bien compris A dont la forme du reste varie avec les divers becs adoptés : droits (fîg. 6 et 7), ou renversés (fig. 8), etc., mais dont le principe est le même.
- On sait que deux procédés sont actuellement en usage pour allumer à distance les becs de gaz; le premier dont nous avons parlé au début de cet article implique l’emploi de la veilleuse ; il a marqué un progrès très notable dans l’éclairage au gaz; mais, de l’avis de tous, il entraîne de graves inconvénients; par exemple, l’impossibilité de fermer le compteur, ne fût-ce qu’un instant, sans obliger de rallumer un à un tous les becs ; dépense continuelle de gaz pour alimenter la veilleuse; soufflage accidentel possible de cette veilleuse, ce qui occasionne des fuites souvent, dangereuses, etc,
- Fig. 8. Allumeur pour les becs renversés.
- Pour y remédier, on a songé à l’électricité. Or, deux procédés d’allumage restent actuellement en présence :
- i° l’étincelle d’extra-courant et". 20 le rougissement d’une spire de platine.
- L’inventeur du système « Goté » a adopté le second comme plus rationnel, parce qu’il est plus sûr et qu’il nécessite moins de piles, tout en réduisant l’entretien au strict minimum. Mais il fallait, pour le rendre pratique, l’étudier avec soin; parvenir à doser convenablement le mélange gazeux dans lequel est plongée la spirale de platine, et surtout protéger cette dernière contre la chaleur dégagée par les produits de la carburation.
- On a donc réalisé une petite chambre A (fig. 9), ouverte à sa partie supérieure pour permettre la sortie de la flamme ; un tube effilé B la traverse dans toute sa hauteur et se prolonge de quelques centimètres en dessous de T pour pouvoir s’embrocher facilement sur le tube support L ; dans la masse épaisse du fond, un canal coudé a
- été creusé, dont une vis V permet ...
- le nettoyage aisé ; il s’ouvre sur le côté du jtube porte-flamme et débouche dans la chambre, un peu au-dessous des trous d’air E ménagés et calculés en vue de donner au mélange gazeux les proportions lés plus avantageuses. C’est au sein de ce mélange que rougira la spirale de platine D, enflammant du même coup et le gaz qui remplit l’enceinte et le gaz qui s’échappe du tube effilé.
- Ces allumeurs très étudiés répondent à merveille aux conditions exigées; bien réglés, ils sont inusables, et leur entretien se borne à un simple nettoyage, une ou
- Fig. 9.— Coupe expliquant, le principe de la chambre èd’alln-niae-c.
- Fig. 10. Détails
- de l’intérieur du distributeur Goto.
- deux fois par an, pour chasser les poussières *ou le insectes brûlés.
- La commande électrique et mécanique du gaz est ramassée dans le distributeur; elle comporte en tout a soupapes, a leviers et a électro-aimants (fîg.. 10).
- Le peljt levier T en fçp dowç a pour paissjoîi de senti
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lever la soupape \ juste le temps nécessaire à rallumage. Le levier principal AB joue le rôle de robinet; c’est un aimant permanent, articulé en A; il a une forme circulaire, ce qui permet de l’évider au centre, pour faciliter'les mouvements de la soupape R, qui, montée à rotule à l’extrémité d’une forte lame ressort, reçoit son mouvement du pied même du levier; un talon T la prolonge jusqu’au-dessous du poussoir H, grâce auquel on pourra admettre le gaz en cas de panne électrique.
- Fig. ii. — Le bouton inverseur bipolaire.
- Enfin deux petites bobines ont pour but de provoquer, suivant le sens du courant, dans les armatures N, S, une polarité attractive ou répulsive de l’extrémité B du levier aimanté.
- C’est pourquoi le courant de distribution doit être continu et de plus commandé par un bouton spécial, dit bouton inverseur (fig. n). Il comporte extérieurement deux touches, faites de matière isolante : l’une blanche pour l’allumage; l’autre noire pour l’extinction. Chaque touche peut appuyer simultanément sur les deux extrémités à ressort en regard AB ou CD de conducteurs cintrés IK, et les mettre en contact avec les deux lames croisées d’amenée du courant IIF, GE : une pellicule de mica les isole naturellement l’une de l’autre au point de croisement. Ce dispositif bipolaire, très robuste et très Simple, a l’avantage d’être intercalé dans les deux fils du circuit qu’il coupe à la fois ; il n’y a donc aucun danger de polarisation des éléments par court-circuit fortuit dans l’un des accessoires.
- Voyons maintenant comment fonctionne l’appareil ffîg. io). Une petite batterie de piles, à débit relativement, intense (à partir de trois appareils fonctionnant simultanément, il faut environ 9 ampères en court-circuit), mais dont la différence de potentiel ne doit pas dépasser 4 volts ni être inférieure à 2t,5, est reliée par ses deux pôles aux deux lamelles croisées du bouton inverseur. Si j’appuie sur la touche blanche, je lance le courant, suivant le sens de la flèche en trait plein : et dans les électros et daps la spirale de platine, en série avec eux : le levier principal, violemment attiré en haut, arrache la soupape R de son siège, tandis que le petit levier F aimanté par influence soulève légèrement la valve V de la veilleuse ; le gaz s’échappe donc simultanément par le bec, par le tube porte-flamme et par la chambre d’allumage ; le mélange gazeux de cette chambre s’enflamme au contact de la électriques à éta- spirale et allume l’allumeur qui al-blir, dans le cas ]ume le bec. Je cesse alors d’ap-un seu appareil. pUyer surle bouton blanc: le levier principal reste soulevé, puisqu’il provoque par influence dans l’armature en fer doux N une polarité contraire à la sienne; mais le petit levier F n’étant plus aimanté reprend sa position de repos et la valve d’allumage V retombe sur son siège conique, empêchant désormais tout débit par cette voie.
- Pour éteindre il me suffira d’appuyer sur la touche noire; en ce faisant, fj‘inverse le sens du c/ourant qui cette fois circulera dans les bobines suivant le sens de la flèche en pointillé; je donne donc au noyau N de la bobine supérieure une aimantation de même nom que celle de l’extrémité en contact B de l’aimant fixe, d’où I répulsion venant d’en haut et attraction venant d’en bas;
- le levier chavire, la soupape R sc ferme hermétiquement et le bec s’éteint de lui-même.
- Comme il est facile maintenant de le comprendre, cet
- Fig. i3. — Connexions électriques permettant de commander l’allumage ou l’extinction au moyen de deux boutons (système va et vient).
- ingénieux dispositif se prête à toutes les combinaisons imaginables. Un bec de gaz dans une salle, avec un seul bouton près de la porte (fig. 12), et l’on pourra allumer en entrant et éteindre en sortant. Deux boutons combinés, comme le porte la figure i3, réalisent le montage connu en électricité sous le nom de « va et vient », c’est-à-dire que par exemple on pourra éclairer l’escalier avant de monter et éteindre derrière soi, quand on sera arrivé dans sa chambre. Rien de plus facile enfin (fig. 14) que de provoquer l’allumage simultané de tous les becs d’un atelier, d’une rampe d’étalage, d’un magasin ou d’une église, en montant en série des groupes plus ou moins nombreux d’appareils spéciaux. L’application du système en question pourrait donc sans difficulté se prêter à l’éclairage public, en divisant par sections de 5o par exemple les distributeurs de toute une ville.
- ' Ce dispositif très ingénieux a fait faire à l’éclairage par le gaz ou par l’acétylène un pas considérable : il lui donne absolument la même commodité que l’électricité,
- Fig. 1 /,.
- Connexions électriques dans le cas d’appareils montés en série, commandés par un seul bouton.
- en même temps qu’il présente le gros avantage d’assurer aux manchons et à la verrerie une durée presque illimitée; car les robinets n’étant plus manœuvrés à la main, les fragiles manchons ne recevront plus aucune de ces secousses qui les détériorent ou les brisent.
- Encore une fois, ce sont là des progrès qu’il était bon dfe signaler, d’autant plus qu’il s’agit bien ici de construction française et que l'inventeur du <c Golé » en particulier a eu la tristesse de voir son usine de l’Aisne entièrement détruite au moment de l’avance allemande.
- René Dunosq, Professeur de Physique.
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- LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ET LES ASSOCIATIONS VÉGÉTALES
- La Géographie botanique tend de plus en plus à devenir une science exacte après être demeurée pendant longtemps dans le domaine du « pittoresque ».
- Pour définir la « flore » d’une région, il ne faut pas s’adresser aux espèces ubiquistes, c’est-à-dire se trouvant un peu partout, disséminées çà et là, et se contentant presque de tous les habitats et de tous les climats. Parmi ces espèces, il faut, particulièrement, citer les suivantes qui, d’après Alphonse de Candolle, occupent plus de la moitié de la surface du Globe : Bourse-à-pasteur, Cardamine poilue, Mouron des oiseaux, Pourpier, Vergerette du Canada, E clip ta droite, i.aitron potager, Samole de Valerand, Morelle noire, Lamier à, feuilles embrassantes, Prunelle commune, Chénopode des murailles, Chénopode blanc, Ortie brûlante, Ortie dioïque, Potamot nageant, Jonc des crapauds, Chiendent, Pàturin annuel. Il est bien évident qu’une de ces plantes « ubiquistes » n’a aucune valeur pour caractériser une région végétale : le plus humble des botanistes sait, par exemple, que le Mouron des oiseaux se rencontre aussi bien à la ville qu’à la campagne, sur le sol ou sur les murs, dans les champs ou les bois, dans les terrains parfaitement secs ou un peu humides, etc. Dans le même but, il ne convient pas de cataloguer simplement les espèces « rares » que l’on rencontre et qui, souvent, n’ont d’intérêt que pour les collectionneurs. Ce qu’il faut noter surtout, ce sont surtout ce que l’on a appelé, assez récemment, les Associations végétales et les Formations végétales.
- Voici trois définitions des Associations' végétales :
- a) Les Associations végétales sont des groupements végétaux plus ou moins stables et en équilibre avec le milieu ambiant, caractérisés par des compositions floristiques déterminées dans lesquelles certains éléments exclusifs ou à peu près (espèces caractéristiques) révèlent leur présence par une écologie (on appelle ainsi l’ensemble des facteurs intervenant dans la distribution géographique) particulière et autonome (Josias Braun).
- b) L’Association végétale est caractérisée par la prédominance d’espèces appartenant au même type biologique, c’est-à-dire adaptées aux mêmes conditions de milieu et vivant, par suite, en société (P. Allorge).
- c) L’Association végétale est un ensemble d’espèces végétales adaptées aux mêmes conditions d’existence et vivant, par conséquent, en mélange dané une station, c’est-à-dire dans l’endroit où ces conditions sont réalisées (J. Massart).
- Les Formations végétales sont des groupements-végétaux généralement assez étendus qui, par leur homogénéité, — apparente du moins — se révèlent même à un simple coup d’œil (landes, maquis, garigues, forêts, etc.). Mais chaque Formation peut comprendre — et comprend généralement — plusieurs Associations végétales.
- L'Aire d’une espèce est l'étendue de son habitation. On peut remarquer, d’une manière générale, que les espèces aquatiques ont, généralement, une aire plus étendue que les végétaux terrestres. Les végétaux qui, pour se développer, exigent l’humidité de l’atmosphère des forêts ont une aire peu étendue. L’étendue d’une aire semble être beaucoup influencée par la nature « annuelle », « bisannuelle » ou « vivace » des espèces considérées, et, d’après de Candolle, l’aire moyenne des espèces phanérogames est d’autant plus grande que la durée moyenne de leur existence est plus petite. De Candolle a fait aussi cette remarque que l’aire moyenne des espèces végétales est d’autant plus grande que leur taille moyenne est plus petite.
- On se contente quelquefois de baser les Associations végétales sur des caractères très généraux et, dans l’étendue d’une flore ou d’une florule; on note seulement les hygrophytes (plantes adaptées au milieu humide) ; les xérophytes (plantes adaptées au milieu sec); les calcicoles (plantes exigeant la présence du calcaire) ; les calcifuges (plantes fuyant le calcaire) ; les psammophytes (plantes des sables) ; les rudérales (plantes des' décombres), etc. Ces associations peuvent d’ailleurs se diviser elles-mêmes en sous-associations ou, encore, en groupements encore moins étendus et, parfois, très restreints. Dans chaque association, il y a lieu, par exemple, de distinguer les espèces sociales, qui consli-^ tuent la partie la plus abondante de la végétation; les
- espèces grégaires formant des colonies locales ; lés espèces éparses, toujours isolées ou en groupes minimes.
- D’autres fois, on se contente d’envisager les stations
- — on dit, plus habituellement, le faciès, — où des conditions de vie bien déterminées amènent le rassemblement, en une même localité assez étendue, d’espèces aux besoins identiques, comme, par exemple : les eaux salées, les eaux^ courantes, les eaux agitées, les cascades, les eaux stagnantes, les eaux thermales, les marais, les lacs, les lacs salés, les neiges, les glaciers, les sols meubles, les sols sablonneux, les sols compacts,_ les sols marécageux, les tourbières humides, les tourbières desséchées, les sols un peu humides, les sols très humides, les sols cultivés, les décombres, les murs, les rochers, les sols secs, le bord des chemins, les haies, les forêts, les prairies, les taillis, les broussailles, les plateaux élevés, les plaines, les ravins, les gouffres, les troncs d’arbres creux, etc. Toutes ces stations n’ont, d’ailleurs, pas toujours de définitions faciles à préciser. Il y a, cependant, presque toujours, une espèce dominante et des espèces subordonnées. Dans chaque station il peut, d’ailleurs, y avoir — et il y a, en effet, presque toujours — plusieurs Associations végétales.
- L’étude des Stations, des Formations, des Associations végétales ou d’autres groupements plus larges ou, au contraire, plus restreints, ne présente de l’intérêt que suivant l’étendue ou, au contraire, l’exiguïté de la région que l’on envisage.
- Il est à remarquer, en passant, que des espèces ou des variétés, même très voisines, peuvent se rencontrer en des stations très différentes les unes des autres, par exemple au point de vue de la composition chimique. Exemple : les Groseillier clés Alpes pousse sur le calcaire et le Groseillier des rochers, qui en est si voisin, sur les schistes argileux; l’Œillet des Alpes croît sur le calcaire et Y OEïllet des glaciers, très analogue, botaniquement, sur les schistes argileux; le Jonc à une seule fleur pousse sur le calcaire et le Jonc trifule sur les schistes argileux. Ces espèces très voisines au point de vue botanique, affines, comme on les désigne, ont vraisemblablement une origine commune, mais se sont adaptées, pendant des années, au sol, lequel leur a imprimé peu à peu des caractères différentiels.
- L’étude des Associations végétales, même les plus restreintes, amène à distinguer des Races régionales, des Echelons altitudinaux et des Sous-associations, différant des associations-types, autour desquelles elles rayonnent, par l’absence de caractéristiques spéciales. Il ne faut pas se borner à Y inventaire florestique. Une « liste de plantes récoltées » ne suffit pas : il faut encore noter leur degré de fréquence, ce qui n’est pas facile à évaluer et à exprimer (très commun, commun, assez rare, rare, très rare, rarissime). Il est évident qu’une espèce rencontrée à un seul exemplaire n’a pas la même valeur phénologique que si l’on en a compté dix, vingt ou cent par mètre carré. Il faut encore tenir compte de Vensemble des phénomènes écologiques, c’est-à-dire qu’à la partie descriptive il est indispensable de joindre une partie biologique. A ce dernier point de vue, il est très important de noter comment la plante passe la mauvaise saison et quelles sont , les transformations qu’elle subit pendant ce temps. Ceci a amené Raukiaer à envisager ce qu’il a pittoresquement appelé le « spectre biologique » des associations végétales et où sont envisagés les divers cas ci-dessous :
- - Phanérophytes : arbres et arbrisseaux. ' /
- Chaméphytes : arbustes au-dessous de 2 5 cm de hauteur et végétaux à bourgeons persistants situés à une certaine hauteur au-dessus du sol.
- Ilémicryptophytes : plantes pérennantes (c’est-à-dire vivant plusieurs années), à bourgeons persistants situés à fleur de terre.
- Géophytes : bourgeons persistants situés dans le sol.
- Thérophytes : espèces monocarpiques (c’est-à-dire annuelles), dont le développement s’accomplit en une saison favorable.
- . On définit alors l’Association que l’on envisage par son « spectre biologique », qui, par exemple, sera de 2 phanérophytes, iocluiméphytes, 12 Ilémicryptophytes, 3 géophytes, 4 thérophytes. Ces noms semblent un peu barbares, mais on s’y habitue à la longue. Henri Coupin.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- HYGIÈNE DU CUIR CHEVELU CHEZ L'ADOLESCENT ET L’ADULTE (')
- Nous avons vu qu’à la puberté apparaît un état nouveau très important dans l’évolution de la chevelure : le pityriasis capitis.
- Entre io et i5 ans certains cuirs chevelus présentent des pellicules sèches caduques, qui s’effeuillent visiblement et tombent du cuir chevelu sur les habits de l’enfant; cet état résiste aux soins de propreté ; les pellicules nettoyées se reproduisent indéfiniment.
- Après i5 ans, quand s’accomplit la formation dénoncée par la 2* pousse pilaire du corps et de la barbe chez 1 homme, l’état pelliculaire change d’aspect; les pellicules d’abord sèches deviendront grasses; au lieu de tomber à travers les cheveux et sur les habits, elles resteront adhérentes, l’ongle les enlève comme une pâte d abord lamelleuse et d’année en année de plus en plus molle.
- Le pityriasis sec est devenu stéato'ide, graisseux. Vers 17-18 ans, ce sera devenu une graisse molle, jaunâtre, souvent malodorante; et à ce moment commencera la chute des cheveux, qui d’année en année s’accentuera.
- Plus tard il n’y aura plus de pellicules, il n’y aura même plus de graisse concrète, mais une huile demi-fluide qui fera les cheveux plats, luisants, et se renouvellera incessamment.
- Au pityriasis stéatoïde a succédé la séborrhée grasse, et les cheveux, de plus en plus caducs, tomberont d abord par intervalles, puis constamment et en quantité. Cette dépilation s’accentue au sommet de la tête chez l’homme, y constituant peu à peu la calvitie. Chez la femme, elle se produira non seulement au sommet de la tête, mais aussi sur les régions temporales, et, sans constituer de plaques nues, restera diffuse; la chevelure s’éclaircira partout, sans disparaître complètement nulle part.
- C’est entre 17 et 25 ans, âge critique de la chevelure, que l’alopécie séborrhéique commence toujours ; quand cette période s’est passée sans chute, on peut être à. peu près sûr qu’à l'avenir cette chute ne se produira jamais. Ainsi donc, entre 17 et 25 ans, toute chute de cheveux sans cause apparente doit être considérée comme sérieuse, car elle peut être progressive et ne jamais rétrocéder.
- Mais cette chute ne survient guère sans avoir été précédée d’un état pelliculaire chronique, auquel très souvent on n’a pas pris garde, constitué par la formation de pellicules d’abord sèches, puis grasses.
- Dans ces pellicules on trouve toujours par milliers un parasite qu’on appelle la spore de Malassez ; mais comme tous les parasites qui peuvent sé loger et vivre dans les follicules pilaires, celui-ci paraît comme indestructible. Notre antisepsie externe ne peut jamais être assez active pour détruire un parasite du follicule sans détruire le cheveu et la peau. Et, si paradoxal que cela puisse sembler, on n’est jamais arrivé à nettoyer une peau de ses microbes quand ceux-ci n’ont pas sa surface plane comme habitat exclusif.
- La thérapeutique de cette affection pelliculaire se borne donc à des traitements simples, mais renouvelés, insuffisants à détruire la maladie, mais capables de la faire disparaître chaque fois pour un temps.
- Il existe au sujet des pellicules un préjugé qu’il faut détruire. Beaucoup supposent que les pellicules témoignent toujours de la sécheresse excessive du cuir chevelu. Or les pellicules peuvent être sèches, mais elles peuvent être grasses aussi, et elles le sont le plus souvent; quelques pellicules, serrées dans le pli d’un papier à cigarettes, le tachent de graisse en quelques heures, parfois immédiatement. De cette idée fausse dérive l’emploi absurde de graisses diverses : huile de ricin, moelle de bœuf, toutes inutiles. Et par une double erreur, ces graisses sont appliquées sur le cheveu, où elles ne pourraient pas agir, même si elles étaient vraiment utiles au cuir chevelu.
- Le seul résultat de leur emploi est de coller les cheveux en paquets, de rendre horrible la chevelure et à peu près impraticables les soins qu’on en devrait prendre.
- Quelle est donc la conduite à tenir pour assainir un cuir chevelu?
- j, Yoir N01 du 22 avril, du 12 août et du 16 septembre 192a.
- L’expérience a montré que les goudrons et leurs dérivés sont les agents les plus sûrs dans le nettoyage des pellicules ou pityriasis, et que les savons, par le nettoyage qu’ils font de la couche épidermique cornée où siège l’infection, se placent au premier rang des moyens à employer contre le retour perpétuel de la maladie.
- Les goudrons le plus communément employés pour le cuir chevelu sont l’huile (ou mieux goudron) de cade et l’huile de cèdre. Le cuir chevelu, assaini par eux, perd ses pellicules ; il devient lisse et uni comme la peau normale; les cheveux soumis à leur influence deviennent plus souples, plus brillants, plus vivants et on constate aisément que leur croissance s’effectue plus vite et que leur qualité est meilleure.
- Ces goudrons, surtout l’huile de cade, sont habituellement malodorants ; on peut désodoriser partiellement les goudrons par distillation fractionnée dans le vide, en leur enlevant ainsi leurs essences les plus odorantes; mais beaucoup de ces manutentions affaiblissent sensiblement les qualités des goudrons ainsi traités.
- On peut appliquer sur le cuir chevelu les goudrons en nature, ou incorporés à des pommades, ou bien encore dissous dans des lotions alcoolisées. Une friction bien appuyée, avec des boulettes de coton hydrophile imbibées de ces goudrons, est faite, raie par raie, tous les 8 ou i5 jours, suivant les cas. On savonne le lendemain le cuir chevelu, raie par raie. Rien n’oblige à savonner tous les cheveux d’une femme, quand on savonne le cuir chevelu. On peut très bien savonner à la brosse un cuir chevelu à cheveux longs, sans savonner le cheveu dans sa longueur. Si l’on partage une chevelure en 2, 3 ou 4 parties et qu’on natte chacune d’elles, on pourra savonner le cuir chevelu au-dessous d’elles et le ripcer sans avoir presque mouillé le cheveu. Quand on défait les nattes, on retrouve les cheveux dans leur ordre et il n’y a pas de démêlage à en faire. En réalité, le cheveu dans sa longueur n’a pas besoin de savon et ne doit pas être savonné et tout le problème consiste à savonner le cuir chevelu sans savonner le cheveu.
- L’entretien du cheveu dans sa longueur doit être confié à la brosse. Elle y suffit quand le brossage est bien fait, mais les savonnages sont nécessaires pour le cuir chevelu sous-jacent. La fréquence de ces savonnages sera basée sur l’abondance de la chute des cheveux. Si entre 2 savonnages la chute reprend, c’est qu’ils .sont trop espacés : on les rapprochera.
- Par cette simple pratique, on maintient pendant des années, sans chute ou avec une chute minime, des cuirs chevelus qui perdaient annuellement un quart ou un tiers de leurs cheveux. Dans les cas où la chute était abondante et d’ancienne date, il faut, pendant plusieurs semaines, un savonnage hebdomadaire pour qu’elle s’arrête : la chute du cheveu ne suit en effet sa mort qu’à 75-90 jours d’intervalle, et après le début du traitement. Il faut un long temps pour expulser le dernier des cheveux qui étaient morts avant qu’il fût commencé.
- Pour les savonnages, il faut employer un savon très peu alcalin, presque neutre, proscrire tous les shampoings vulgaires et surtout les shampoings-express, c’est-à-dire les savons les plus violents ; ils se rincent mieux; mais, nous l’avons vu, ils abîment le cheveu.
- Il faut de même proscrire pour le rinçage l’eau additionnée de sous-carbonate ou de bicarbonate de soude, de cristaux de carbonate de soude ou d’ammoniaque, toutes bases fortes qui font sur le cheveu le même mauvais effet que les savons trop basiques.
- Beaucoup d’eaux rincent mal le savon, il faut leur préférer l’eau de pluie ou l’eau distillée, quand on le peut. A leur défaut, on peut se servir de décoction de bois de Panama, à 100 gr. par litre. On s’en sert pour un ï'r rinçage et on fait le 20 avec de l eàu ordinaire, car on ne peut laisser la décoction de bois de Panama, qui est légèrement tinctoriale, sécher sur le cheveu qu’elle roussirait. Pour certains cheveux très fins ou très abîmés par de précédents savonnages mal faits, ou devra recourir aux lavages sans savon, dits au jaune d’œufs. On bat deux jaunes d’œufs frais dans un demi-litre de décoction de bois de Panama, et on se sert de ce mélange çopnpe cj’uq savon liquide, à Iti Grosse, On
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- HYGIENE ET SANTÉ
- rince ensuite 2 fois, d’abord avec ce qui reste de la décoction de Panama, puis à l’eau pure.
- . Quant au séchage, on étanche d’aboi'd avec des serviettes chaudes l’eau qui ruisselle ; puis on place la chevelure devant une source de chaleur quelconque; les meilleurs instruments sont évidemment les séchoirs à air chaud pouvant être actionnés par l’électricité.
- En résumé, les savonnages du cuir chevelu peuvent nuire aux cheveux quand ils sont mal faits ; mais ils sont souvent utiles aux cuirs chevelus pelliculeux, encore plus aux cuirs chevelus gras; dans ce cas, ils sont nécessaires. Ils interrompent à eux seuls la chute des cheveux qui résulte des états séborrhéiques, ou tout au moins la ralentissent. Ils sont sans inconvénients et n ont que des avantages chez l’homme menacé d’une
- calvitie et qui, par le seul moyen du savonnage journalier, en ralentira de moitié l’évolution.
- Et pour ces savonnages, point n’est besoin de recourir à des savons médicamenteux, des savons au goudron par exemple.
- Les savons de goudron ne peuvent pas nuire, s’ils ne sont pas trop alcalins, mais ils ne valent pas beaucoup mieux que de bons savons sans goudron.
- Telles sont les simples prescriptions d’hygiène qui suffiront le plus souvent pour entretenir un cuir chevelu en bon état.
- Il va de soi que les cas sérieux veulent des médications particulières dont la prescription doit rester confiée au médecin (’). R. Buknieu.
- 1. R. Sa.bouk.Aud, Entretiens dermatologiques, 1922.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Peintures sur verres. — La revue Le Verre donne sur ce sujet d’utiles conseils aux amateurs, de plus en plus nombreux, de la décoration artistique des verreries.
- Les procédés de décoration par cuisson sont assez délicats et peuvent être laissés aux professionnels. Les couleurs utilisables à froid sont les vernis gras et le ripolin.
- Les vernis gras utilisables sont ceux des couleurs bleu, brun écarlate, jaune, olive, orangé, rouge, vert, violet, noir Japon spéciaux pour peinture sur verre. Ils se mélangent en toutes proportions et fournissent donc une gamme de teintes très étendue. Il faut avoir soin de toujours verser le vernis le plus sombre dans le plus clair, goutte à goutte en remuant bien. On peut baisser les tons par addition de vernis flatting.
- Bien entendu, le verre doit être préalablement nettoyé soigneusement avec un tampon de ouate imbibé d’alcool. Le dessin est tracé très finement avec une encre maigre pour verre. Les vernis sont étendus au pinceau doux
- Le ripolin peut aussi servir pour les décors. Sur le verre bien nettoyé, on dessine finement au ripolin noir, on laisse sécher puis on peint avec un léger relief; on peut métalliser certaines parties de la surface avec une poudre métallique avant que la peinture soit sèche ; on obtient ainsi des effets rappelant ceux des émaux translucides.
- Le ripolin est plus facile à employer que le vernis gras, mais il a le défaut de sécher lentement.
- Conservation des sacs à superphosphates. — On
- sait combien les sacs remplis de superphosphate ou d’autres engrais acides sont rapidement, détériorés et mis hors d’usage par les produits chimiques qui les corrodent. Le sulfate d’ammoniaque, le soufre, les pyrites ont des effets analogues quoique moins marqués. M. Albert Bruno, dans une récente communication à l’Académied’Agriculture, estime à 20 millions le nombre de sacs détruits annuellement en France. En y ajoutant les pertes de matières dues à la crevaison des sacs, il estime à 20 millions de francs la dépense ainsi subie.
- Il a imaginé un procédé simple, inoffensif, très peu coûteux, qui confère une protection remarquable aux sacs convenablement apprêtés avant remplissage. Ayant un bain spécial : suspension de carbonate de chaux fin
- dans une solution colloïdale, on y plonge le sac, on exprime l’excès, et on sèche. Ainsi, avec du blanc de Meudon lavé, craie fine souvent utilisée à la préparation du mastic des vitriers, et avec la matière colloïde de certaines algues marines, on réalise une protection très efficace. Il est aisé de comprendre que le carbonate et le pectate de calcium peuvent neutraliser toute acidité, avec production de corps inoffensifs ; sels calciques neutres, gaz carbonique, matière pectique.
- Les épreuves comparatives faites d’abord en petit, puis en grand, depuis plus d’un an (plusieurs milliers de sacs transportés par mer, 6 mois de contact), suivies d’essais au dynamomètre, ont montré que les sacs imprégnés conservent leur solidité, tandis que des sacs témoins, traités autrement ou non traités, perdent vite du tiers à la moitié de leur résistance initiale. Le prix de revient du traitement est d’environ 10 centimes par sac.
- Procédé de préparation d’un fumier artificiel. —
- A la Station expérimentale de Rothamsted (Angleterre), on a mis en pratique, récemment, une méthode très simple de préparation d’un fumier artificiel, analogue au fumier de ferme, par traitement de la paille dans les conditions suivantes :
- Des essais répétés ayant permis de constater que la paille mouillée se dissocie et fermente rapidement, quand on y ajoute un composé minéral azoté (urée, carbonate d’ammoniaque), mais seulement quand la réaction de la solution employée est neutre ou faiblement acide, on a employé le sulfate d’ammoniaque comme source d’azote. Comme il a une tendance à s’acidifier, on le neutralise avec de la craie ou de la chaux.
- On détermine la fermentation avec 3~ à 38 kg de sulfate d’ammoniaque et 5o kg de chaux finement moulue.
- La paille ne s’humectant que lentement on l’arrose d’eau légèrement; au bout de deux jours, la fermentation s’établit, avec dégagement d’un peu de chaleur; la paille est alors arrosée une seconde fois avec de l’eau.
- Quand toute la masse est imbibée uniformément, on répand à la surface le sulfate d’ammoniaque et la chaux, entraînés pay l’eau versée sur le tout. La fermentation devient plus rapide; on l’active encore en remuant le tas de paille et on a un engrais très efficace.
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- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communication. — Un bolide. — M. Jean Broca, au Lavandou (Var), a vu, le 19 août 1922, à 4h 20m (t. m.
- Gr.) un fort beau' bolide. Ce météore prit naissance dans le Sud-Sud-Ouest, à environ 45° de hauteur au-dessus de l’horizon. Il était très lumineux, de couleur blanc verdâtre très vive et semblait formé de deux noyaux incandescents très rapprochés, mais nettement séparés. Il laissait derrière lui une traînée lumineuse peu intense et de faible durée, M. Broca a pu suivre ce bolide pendant une dizaine de secondes au minimum. Il cessa de le voir en plein Ouest, au ras de l’horizon, par
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- disparition progressive dans la brume du matin. Son éclat paraissait de beaucoup supérieur à celui qu’aurait présenté Yénus à l’heure de l’observation.
- On doit remarquer que, le 19 août, le Soleil se levait, au Lavandou, vers 4h4°m; Ie météore vu par M. Broca a donc éclaté vingt minutes environ avant le lever du Soleil. Son éclat intrinsèque devait être considérable pour avoir permis de l’observer ainsi en plein jour.
- L’observation fort intéressante de M. Broca a pu être faite par d’autres personnes, nous la communiquerons en conséquence à la Société astronomique de France.
- Réponses. — A. LL. L)., à Liège. — i° L’ouvrage de MM. Colomer et Lordier sur les combustibles industriels contient un chapitre sur la fabrication des agglomérés et briquettes (Dunod, éditeur, 47, quai des Grands-Augus-tins, Paris. Prix : 60 francs).
- 20 Ouvrages sur le goudron et ses sous-produits : Le goudron et les produits dérivés, par de Yülitch (Encyclopédie Léautè, Masson et Cie, éditeurs, 3 fr. 5o) ; Le goudron et ses dérivés, par Malatesta (Dunod, éditeurs, 55 francs).
- M. Charrier, A Beaurepaire. — ... 10 II n’est pas exact que l’on ne fabrique point de pellicules photographiques d’une sensibilité pareille à celle des plaques les plus rapides. Les films utilisés en cinématographie ont maintenant des émulsions très sensibles, et M. Gaumont en emploie une, pour son chronochrome, dont la sensibilité n’est dépassée par celle d’aucune plaque. Il est vrai qu’au contact du celluloïd ces émulsions extra-rapides ne se conservent pas longtemps — quelques semaines et même quelques jours seulement — et c’est pourquoi on coule sur la plupart des films destinés aux amateurs des émulsions de sensibilité un peu moindre. Du reste, celles-ci elles-mêmes ne se conservent pas aussi bien que les plaques, et les fabricants indiquent le délai dans lequel elles doivent être exposées, sous peine de voile. 3° Les anastigmats de diverses-provenances que vous nous indiquez se valent à très peu près, à ouvertures relatives égales.
- M. Z. H. Oltomont-Andrimont, Yerviers (Belgique). — i° Il est de toute évidence que si le procédé indiqué pour la conservations des poires pouvait être nuisible, d’une façon quelconque à la santé du consommateur, il ne satisferait pas au point de vue hygiénique, condition essentielle, et l’instigateur, du procédé lui-même n’en eût pas préconisé l’emploi; 20 Pour se procurer le produit nécessaire à l’application, s’adresser aux firmes s occupant de produits chimiques; 3° Nous ne vous conseillons pas de faire de Y acide lactique l’usage que vous vous proposez; nous n’en voyons pas du tout la nécessité; il sera assurément bien mieux approprié aux usages de l’industrie dont vous vous occupez. Pour stimuler l’appétit des porcs, ou le tenir en éveil, il faut varier la composition des rations, y ajouter une petite dose de sel; donner aux porcelets, pour satisfaire aux besoins de leur croissance, une forte poignée de poudre d’os ou de farine d’os dégélatinés, par tête et par jour, concurremment avec le lait écrémé et le tourteau de palmiste, les farines de riz, les grains, etc.
- A. D. — i° L’ouvrage le plus récent, pour la photo en couleur, est la 6e édition du Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Librairie Delagi*ave, i5, rue Soufflot) ; 20 La loupe ne donne, en principe, qu’une image virtuelle; on pourrait, sans doute, l’adapter à une chambre noire et la disposer de manière qu’elle fournisse une image réelle amplifiée, mais celle-ci serait très imparfaite (lignes déformées, champ insuffisant, aberration chromatique, etc.); 3° Suivant le grossissement désiré, vous pouvez adaptera une chambre photographique (à long tirage) soit un objectif à très court foyer, soit un microscope composé. L’ouvrage précité contient un chapitre (p. 471-481) consacré à la microphotographie.
- M. G. Leblanc, à Vaux d’Aubergenville. — Le daguerréotype est une reproduction de photographie sur métal (cuivre argenté) et non sur verre. 11 nous faudrait quelques détails plus précis sur la photographie dont le verre servant de recouvrement et de fond a été brisé, pour que nous puissions vous indiquer un moyen de la reconstituer.
- M. R. C., à Yilliers-Nomains (Yonne). — Les procédés mécaniques sont insuffisants pour détruire les charançons qui ont envahi les récoltes de blé dans les
- greniers. Il faut recourir aux procédés chimiques, c’est-à-dire traiter le grain par le soufrage ou, mieux encore, par le tétrachlorure de carbone, dont les vapeurs ne sont pas inflammables et ne forment pas avec l’air de mélanges détonants, comme le sulfure de carbone. Le tétrachlorure de carbone doit être employé pur; à la dose de ii\ gr. par mètre cube, il détruit les adultes et leurs larves. Le grain devient beau, luisant, et conserve ses qualités et ses propriétés germinatives. On place, de distance en distance, dans le tas de grains, des flacons à large col, remplis de tétrachlorure de carbone, et on couvre le tas avec une bâche pendant plusieurs jours, après quoi on remue vivement le grain à la pelle.
- On peut aussi remplir de blé, aux deux tiers, des tonneaux de 3oo à 35o litres, puis y allumer une mèche soufrée, puis fermer la bonde et, après quelques minutes, rouler le tonneau pour bien imprégner de vapeurs sulfureuses tout le grain et atteindre les larves ; débonder après 10 minutes, pas plus, afin d’éviter que le grain subisse une altération au contact du gaz sulfureux.
- M. S. B. G., h Septmoncel (Jura). — Les palmiers ont besoin de fréquents arrosages, car ils absorbent beaucoup d’eau; il faut donc restituer celle-ci au compost (terre du pot), en proportion de cette absorption, et seringuer fréquemment le feuillage avec de l’eau à la température du local.
- En été, répéter ces seringages trois fois par jour : le matin, à 8 et à 10 ou 1 1 heures ; le soir, à 5 ou 6 heures, lorsque le soleil 11e donne pas trop directement dans l’appartement; employer de l’eau très pure, de préférence de l'eau de pluie. Ne jamais laisser les palmiers privés d’humidité pendant le repos de la végétation; il faut entretenir la fraîcheur du compost, mais à ce moment (automne) restreindre l’arrosage de la plante.
- Ne rempoter, et dans des pots aussi petits que possible, que si le compost ne nourrit plus les racines, si les racines sont plus ou moins jaunes et séchées et forment un réseau enchevêtré et, au fond du pot, une calotte de racines enroulées. Supprimer alors les racines les plus sèches et rempoter dans un mélange de terreau de feuilles friables et de terre franche avec un peu de terre de bruyère. Poser le pot sur un support creux pour faciliter la circulation de l’air en dessous.
- Mettre le palmier dehors pendant quelques instants, par température de io° au minimum, accompagnée de pluie douce; l’éloigner des fenêtres en temps de gelée, surtout pendant la nuit; éviter les brusques changements de température et les courants d’air, mais renouveler l’air chaque fois que la température extérieure le permet, précaution d’importance capitale. Dans l’appartement, il faut, aux palmiers, une température moyenne de io°; éviter l’atmosphère desséchante et excessive d’une chambre surchauffée.
- M. Delcros, à Perpignan. — i° Il est très facile de préparer la braise chimique généralement vendue beaucoup plus cher1 qu’elle ne vaut réellement. Pour cela, on place de la braise de boulanger dans une passoire et on immerge le tout pendant une demi-heure dans une solution concentrée bouillante d’acétate de plomb (solution saturée à froid), il suffit ensuite de laisser égoutter et de sécher à température modérée au soleil ou devant un four, mais non dedans, la braise est alors prête pour l’usage. Se rappeler que les sels de plomb sont toxiques et prendre toutes précautions utiles pour éviter un empoisonnement, en particulier ne pas respirer les poussières qui s’élèvent quand on remue les cendres qui résultent de la combustion. 20 Yous trouverez tous renseignements sur les acides organiques et leurs éthers dans les L.eçons de Chimie de Basin, tome Chimie organique, éditeur Vuibert et Nony, 63, boulevard Saint-Germain.
- M. J. V., à M. — La Vésuvine porte également les noms de Brun Bismarck, Brun de Phénylène, Brun de Manchester, Brun d’aniline; vous pouvez vous procurer cette matière colorante chez Pelliot, 24, place des Yosges, à Paris.
- M. Maître, à Arles-sur-Rhône. — L’hématine désignée dans le commerce sous le nom d’hématine « crystal » n’est effectivement que de l’extrait sec de campêche, son emploi est très répandu pour la teinture en noir après mordançage au chrome. Yous trouverez ce produit chez Pelliot, 24, place des Yosges. Au dernier pris courant de cette maison, la valeur était de 10 francs le kilogramme.
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- M. de Segonzac, à Morthemer, Vienne. — i° Le mélange suivant convient très bien comme pétrole pour la chevelure qu’il dégraisse tout en lui conservant une certaine souplesse.
- Ether de pétrole . . . 1000 c. c.
- Huile de vaseline ... i5 —
- Nous devons cependant vous rappeler que l’emploi présente certains dangers, il ne faut en faire usage que de jour et en se tenant très éloigné de tout foyer, c’est pourquoi nous préférerions une lotion analogue à celle de Dequéant, composée de
- Alcool à 900................. . 900 c. c.
- Formol du commerce à 40 0/0. 5 —
- Parfum.au choix..............quantité suffisante.
- Cette lotion s’applique au moyen d’une petite brosse et jouit d’un grand pouvoir antiseptique.
- 20 Pour donner de la fermeté à vos confitures, il vous suffira d’y ajouter pendant l’ébullition 10 gr. par litre d’agar-agar ou gélose coupée en petits morceaux et préalablement gonflée par digestion dans l’eau froide pendant quelques heures. Par refroidissement, vous aurez une gelée parfaite, bien entendu la quantité de sucre employé doit être normale pour assurer la conservation.
- M. Guichard, à Paris. — Les irisations fournies par les lames transparentes sont dues à des phénomènes d’interférence résultant de la différence de marche des rayons lumineux au travers de feuillets superposés séparés par une mince couche d’air, c’est le phénomène des anneaux colorés de Newton. Dans le cas qui vous occupe, emploi de l’acétate de cellulose, il s’agirait de couches de nature organique; or, jusqu’ici, on ne connaît que des actions biologiques, susceptibles de réaliser des couches aussi minces, par exemple production de la nacre chez certains mollusques. Le problème n’est pas insoluble, mais la solution nécessiterait toutefois des recherches spéciales. Les travaux de Clément et Rivière que nous signalions récemment permettent d’entrevoir une réalisation industrielle prochaine (La Nature, n° 2527, 9 septembre 1922, page 164 : Nacres et perles de synthèse].
- G. B., Annecy. — i° Le soda-powder se prépare en deux paquets que, pour les distinguer, on prend de cou-
- leurs différentes par exemple :
- A. Paquet bleu : Sucre en poudre..............5o gr.
- Acide citrique pulvérisé. . 3 —
- Essence de citron ..... 5 gltcs
- B. Paquet blanc : Bicarbonate de soude ... 2 gr.
- Pour l’usage faire dissoudre le sucre et l’acide citrique dans un litre d’eau et après dissolution ajouter le bicarbonate de soude, boucher, ficeler et agiter ; au bout de quelques minutes on peut consommer.
- 20 La fixation d'une tôle dans un four ne présente aucune difficulté ; il vous suffira de prendre de la terre à poêle employée par les fumistes (argile ferrugineuse) et de la délayer dans un peu d’eau pour en faire une pâte bien liée, dont vous garnirez la feuillure qui doit recevoir la plaque; après avoir posé celle-ci, vous appuierez fortement et enlèverez les bavures au moyen d’un couteau. Après séchage, la chaleur du four fera le reste et donnera un joint excellent.
- Bibliothèque de Cette, Hérault. — 1” Le liquide à souder s’obtient en procédant ainsi : dans de l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique), on ajoute par petites portions des rognures de zinc (vieilles gouttières) jusqu’à saturation complète, c’est-à-dire jusqu’au moment où il n’y a plus d’effervescence ; la solution de chlorure de zinc ainsi formée est alors additionnée de son volume d’eau ordinaire,- puis de son poids de sel ammoniac. Après dissolution on laisse reposer, décante et met en bouteilles. Au moment de l’emploi on ti'empe un petit pinceau dans le liquide et on badigeonne le métal du décapant à l’endroit où doit s’effectuer la soudure, la jonction se fait alors avec facilité.
- 20 II ne nous est pas possible à distance de juger de la composition de deux produits, le mieux serait que vous nous en adressiez échantillons.
- Pharmacie fxincosme. — ILimperméabilisation des bâches se pratique par immersions successives dans deux solutions :
- A. Eau.................. . 10 litres.
- Savon de Marseille. . a5o grammes.
- B. Eau................ io litres.
- Sulfate de cuivre ... 60 grammes.
- Mouiller préalablement la toile, la tordre et la plonger dans le bain A et lorsqu’elle est bien imprégnée la
- tordre à nouveau et la plonger dans la solution B, faire sécher et répéter l’opération deux ou trois fois en opérant toujours dans le même ordre.
- M. Peuch, à Tauve, Pas-de-Calais. — Les produits vendus sous les noms de carbonyle, carbonileum, créo-line, crésoline sont constitués essentiellement par les crésols retirés des goudrons de houille ou de bois, leurs propriétés phénoliques en font d’excellents antiseptiques pour les bois. Suivant leur fabrication, ils sont dissous dans des savons de résine, des savons gras ou des alcalis. Adresses de ces produits : Société Française du carbonyle, 182, rue Lafayette. Quervel frères, à Auber-villiers, Seine. Lassailly, 45, rue Camille-Groult. Société du Créolignite, 33 bis, rue de Moscou, Carbonileum, usine de Libercourt par Carvin, Pas-de-Calais.
- College del Sagrado Corazon, à Guantanamo. — i° Nous ne vous conseillons pas d'appliquer sur les instruments de physique du pétrole paraffiné, le vernis qui recouvre les appareils est à base de copal; or, les variétés de copals sont assez nombreuses et certaines présentent une solubilité marquée dans les hydrocarbures qui peut atteindre 20 pour 100. Le mieux est de ne rien mettre du tout, mais de tenir les instruments dans un endroit parfaitement sec, ce que vous pourrez réaliser en plaçant dans les vitrines quelques morceaux de chaux vive récemment préparée et qu’il faudra changer aussitôt que cette chaux sera délitée, c’est-à-dire réduite en poudre. Cette manière de procéder nous a toujours donné satisfaction. 20 Le moyen le plus efficace pour conserver les herbiers est de se servir du formol; veuillez vous reporter aux indications que nous avons données à M. E. Guitel, à Paris, n° 2025 de ce journal, 2(5 août 1922, page 70 de la Boite aux Lettres, les soins à donner à une bibliothèque sont applicables dans ce cas. 3“ Comme ouvrage élémentaire nous pouvons vous indiquer : Manipulations de Physique, Chimie, Histoire naturelle, par A. Lapresté, éditeur. André, 6, rue Ca-simir-Delavigne et à un degré plus élevé, Manuel d’expérience de Physique, par Witz, éditeur. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. Dubois, à Saint-Martin-Chàteau. — Pour colorer en rouge des ampoules de lampes à incandescence, prendre •
- Celluloïd Acétone.
- Acétate d’amyle
- 10 grammes. 5o —
- 5o
- Introduire le tout dans un flacon bouché à l’émeri et agiter fréquemment de temps à autre jusqu’à dissolution du celluloïd, colorer par de l’éosine en quantité suffisante pour obtenir l’intensité désirée. Appliquer ce vernis au moyen d’un pinceau doux, ou, ce qui est préférable, y immerger rapidement la partie de la lampe à teinter, on obtient ainsi une plus grande uniformité.
- M. Ch. Vincent, à Loulans-les-Forges, Haute-Saône. — \otre idée est excellente, vous pouvez en effet détruire les mites qui sont logées dans les matelas en faisant pénétrer à l’intérieur de ceux-ci des vapeurs de formol. II vous suffira de placer dans un petit ballon du trioxyméthylène (formol polymérisé) et d’adapter à ce ballon un tube convenablement coudé dont l’extrémité sera engagée dans l’épaisseur des fibres de laine. Par un léger chauffage du trioxyméthylène, il se dégagera du formol qui portera son action dans toute la masse, la toile empêchant un départ trop rapide. La condition essentielle de réussite est d’envelopper ensuite ledit matelas, roulé et ficelé, dans un papier fort de manière à stabiliser le formol, car il est évident qu’après sa disparition rien n’empêcherait les insectes de venir pondre à nouveau.
- M. Antoine Alberti, à Port-Saïd. — Pour obtenir des traits noirs sur fond blanc, on enduit avec un pinceau le papier choisi de la solution suivante :
- Eau distillée.........100 c. c.
- Gélatine.............
- Perchlorure de fer .
- Acide tartrique. . .
- Sulfate de zinc. . .
- On sèche à l’obscurité et tire au châssis-presse jusqu’à ce que la coloration jaune du fond paraisse blanche, puis on développe dans :
- Eau distillée......... 100 c. c.
- Acide gallique. ... 2 grammes..
- Alcool a 900. .... 7 c, c.
- Si le fond reste coloré, c’est que l’exposition a été insuffisante.
- ro grammes. 20
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ________ >
- Aimais of the Astrophysical Observatory of the Smith-sonian Institution, par MM. Abisott, Foule et Ald-rich. i vol. 390 pages, 60 fig. Washington 1922.
- Les astronomes de la Smithsonian Institution se sont proposé le vaste- sujet d’études suivant : analyser les radiations que nous envoie le Soleil, en préciser la composition, en suivre les variations et déterminer la correspondance entre celles-ci et les conditions météorologiques existant à la surface de notre globe. A cet effet, ils ont organisé une série d’observations méthodiques poursuivies depuis de nombreuses années au mont Wilson d'abord, puis en Amérique du Sud et occasionnellement en différents points du globe. Ce volume résume les travaux effectués depuis 1912 : on y trouve notamment le résultat des mesures et l’intensité de la radiation solaire à la surface de la Terre et à l’extérieur de l’atmosphère, de nouvelles déterminations de la constante solaire, effectuées par 2 méthodes, celle de Langley qui consiste en l’observation du Soleil en des stations fixes et une méthode nouvelle dans laquelle les observations sont faites en de nombreuses stations d’altitudes variables depuis le niveau de la mer jusqu’à 25 000 m. (ballons-sondes), la description de nouveaux appareils pour l’étude des radiations solaires, la comparaison entre les données statistiques acquises sur la constante solaire en différents points et les variations des taches du soleil, du magnétisme terrestre, de la température à la surface du globe, l’étude des radiations de grande longueur d’onde au point de vue de l’absorption par la vapeur d’eau, l’acide carbonique et l’ozone; de nombreuses mesures de l’éclat du ciel ; la détermination du pouvoir réfléchissant des nuages, etc. Bref une abondante moisson de chiffres et de résultats qui aideront à pousser plus avant nos connaissances encore bien sommaires sur des phénomènes cependant d’une importance primordiale.
- Explorations dans V Ultra-Ether de l’Univers et les Anomalies des Théories d’Einstein, par le capitaine Stefan Ciiristesco. i vol. in-8 raisin de 44o pages, 3o planches hors texte et 5 dans le texte. Félix Alcan, éditeur, Paris 1922. Prix broché : 3o francs.
- L’auteur édifie un vaste système cosmogonique sur les données suivantes : l’éther des physiciens est un milieu matériel, formé de particules résultant de l’intégration d’autres particules plus ténues, d’un ultra-éther, celui-ci étant à son tour l’intégration d’autres particules plus ténues encore, les éthérons, constituants d’un milieu « cosmogène ». Sur ces bases, il développe un système qui consiste à regarder notre univers sidéral comme un élément d’une cellule gigantesque, appartenant elle-même à un organisme plus vaste.
- Ether. Electricité. Relativisme, par le général Giiapel. 1 brochure 40 P- Gauthier-\illars, éditeur, Paris, 1922.
- L’auteur admet l’existence d’un éther atomique ; l’émission de la lumière consiste en projection d’atomes d’éther qui vont ensuite communiquer leur choc de proche en proche à d’autres atomes d éther.
- Manuel pratique de soudure autogène, par MM. R. Granjon et P. Roseaiberg. i vol. ilX^i devi-4oop., 286 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : i3 francs.
- Ce manuel est destiné aux industriels et aux praticiens qui veulent acquérir une technique simple et solide dans l’art de la soudure autogène. Sa rédaction est débarrassée de toutes considérations trop scientifiques, ce qui le met à la portée même du simple soudeur.
- On y trouvera, outre les connaissances générales indispensables, des enseignements utiles relatifs aux manipulations, aux modes opératoires, aux tours de main et à la sécurité.
- L’ouvrage traite de la soudure oxyacélylénique et la soudure électrique et examine en détail le cas de chaque métal usuel.
- Les aliments du bétail et les intoxications alimentaires, par Goum, 1 vol. in-16, 356 p., 63 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris. Prix : 11 francs.
- Dans ce nouvel ouvrage, l’auteur expose d’abord comment on doit établir les rations journalières, les diverses méthodes d’appréciation de la valeur nutritive des aliments, qui permettent, par des substitutions équivalentes, d’arriver aux formules les plus économiques. Puis il étudie successivement les fourrages, les racines, les grains, les sous-produits offerts par les industries. Cet examen le conduit naturellement à faire connaître les modes de préparation qu’il convient d’employer. Il a pensé que, pour être complet, il était nécessaire de mettre les nourrisseurs d’animaux en garde contre les substances dangereuses qui peuvent se trouver introduites fortuitement dans les aliments, ou les altérations nuisibles que ceux-ci ont pu subir, les conséquences dans les deux cas étant des intoxications plus ou moins graves.
- L’ensemble forme un manuel pratique utile aux éleveurs.
- Avant de choisir son métier ou sa profession, par F. Mauvezin. i brochure 9.1 p. Editions littéraires et politiques, 18, rue du Pengue, Bordeaux. Prix: 2 frs.
- Tous les parents devraient, lire ce petit volume et le faire lire à leurs enfants. Ils y trouveront, en formules frappantes et faciles à retenir, les plus sages conseils et les plus précieuses vérités. Les éducateurs y trouveront également profit. Il faut aider les jeunes gens à choisir judicieusement leur profession, suivant leurs aptitudes, c’est, dit fort justement M. Mauvezin, une question de salut public. Le petit opuscule de M. Mauvezin apportera à tous ceux que ce grave problème préoccupe une aide précieuse.
- Aux lacs italiens, par Gabriel Faure, i vol. in-8° carré illustré en héliogravure, 142 p., J. Rey, Grenoble. Prix : i5 francs.
- Yoici un livre qui sera fort goûté et qui comble une lacune. Nous n’avions encore aucun ouvrage d’ensemble sur les lacs, pourtant si célèbres, de l’Italie du Nord : lacs Majeur et de Côme, d’Orta et de Yarèse, de Lugano, d’Iseo et de Garde. On retrouvera dans ce livre les qualités bien connues de M. Gabriel Faure : élégance du style, érudition artistique, talent d’évocation, émotivité de la description, qui rend vivants et humains les paysages. Une illustration remarquable ajoute au charme de ce volume, édité avec beaucoup de goût.
- L’âme de la femme, par Gina Lombroso, traduit de l’italien par François Le Ilénaff. 1 vol. in-16, 318 p. Payot et Cie, Paris. Prix : 6 francs.
- Intéressante étude de l’àme féminine par une femme de haute culture, fille du célèbre anthropologiste, femme de Guglielmo Ferrero.
- Il débute par un coup d’œil d’ensemble sur la tragique situation de la femme, résultat des différences qui existent entre sa conception de la vie et celle de l’homme.
- L’auteur met ensuite en lumière les caractéristiques principales de l’àme féminine : la passionalité, c’est-à-dire l’aptitude à se laisser conduire par la passion, l’intuition, la sentimentalité, l’expansivité, la sociabilité, le charme.
- Puis il se livre à une analyse très poussée de l’intelligence féminine, avec l’orientation concrète et les qualités spéciales qui lui sont propres, et il en prend texte pour indiquer les modes d’activité qui conviennent le mieux à la femme et les freins ou appuis moraux dont elle a besoin. A cette occasion, il définit et étudie la femme supérieure.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 253I
- 7 Octobre 1922
- Tour Eiffel : Horaire des transmissions. — Modifications à la date du 8 octobre 1922 : A partir du 8 octobre inclus, les émissions radiotéléphoniques de prévisions météorologiques, émises par la Tour Eiffel, auront lieu aux heures suivantes : 6 h. 40, 11 h. 15, 17 h. 10.
- L émission du matin a été ramenée à une heure plus tardive à cause du raccourcissement des jours. Les deux auties émissions sont restées à la même heure astronomique.
- Les heures d’émission radiométéorologique dépendent en effet, en grande partie, de l’échange international de renseignements météorologiques par télégraphie ou radiotélégraphie. Or ces services sont réglés d'après l’heure astronomique en hiver comme en été. La modification d heure ci-dessus provient en réalité uniquement du passage en France de l’heure d été à l’heure d’hiver.
- Modifications à la date du x5 octobre 1922 .• A partir du i5 octobre inclus, une 4e émission radiotéléphonique de prévision aura lieu à 22 h. 10.
- A partir de la même date, les émissions de 1 x h. i5
- et de 22 h. 10 comprendront des renseignements sur l’état actuel et les modifications probables de la situation gëné-rale atmosphérique sur 1 ouest de l’Europe, ainsi que des prévisions de vent sur les côtes françaises. La forme des émissions de 6 h. 4o et de n h. 15 ne sera pas changée.
- Une nouvelle détermination des longitudes des points principaux du globe. — M. L. Gallois écrit dans les Annales de géographie :
- Les progrès de la science ont permis de constater qu’il existe des divergences inadmissibles dans la détermination des positions géographiques des principaux points du globe. Les observations pour fixer ces positions ont été faites sans plan d’ensemble, par des méthodes variées. Elles ne répondent plus aux besoins de précision qu’il est aujourd’hui possible d’obtenir. C’est surtout sur la détermination exacte des longitudes que doit porter 1 effort. Le problème des longitudes a toujours été plus difficile à résoudre pratiquement que celui des latitudes. Il nécessite en effet la comparaison de 1 heure vraie locale avec celle d’un méridien initial, comparaison qui n a été possible qu’après l’invention des horloges de précision, et, pour les observations en mer, des montres marines. La télégraphie sans fil, en transmettant journellement l’heure d’un certain nombre de stations connues, dispense aujourd’hui de comparer les montres. Mais la précision obtenue par les « tops » des signaux horaires de la tour Eiffel, qui est au maximum d un dixième de seconde — précision très suffisante pour la détermination du point en mer puisqu’elle correspond à une distance de 5o m. environ, — ne suffit pas à des mesures rigoureuses, comme celles qu’exige la détermination exacte de la position d’un point à la surface' du globe. La méthode des coïncidences, appliquée depuis 1910 par des savants français aux différences de longitudes de Brest, Bizerte, Alger, Bruxelles, etc., donne une précision d’un centième environ de seconde de temps. Une révision s’impose donc, fondée sur ces méthodes nouvelles.
- Le projet consiste en une triangulation astronomique portant sur un nombre très limité de points dont on déterminera avec toute la précision possible la latitude et la longitude. On constituera ainsi, autour de la terre, un polygone fermé, de façon à pouvoir connaître, par la valeur de l’erreur de fermeture, la précision des mesures de longitude faites entre les sommets consécutifs de ce polygone. l)es*ojDérations secondaires permettront de relier ensuite aux sommets du polygone principal autant de points qu’on voudra. Les sommets du polygone seront 'placés dans des observatoires astronomiques permanents, afin de profiter, pour les mesures, de toutes les ressources de ces observatoires, de les vérifier par la suite d’une manière continue, et de pouvoir reprendre, si cela est utile dans l’avenir, les opérations fondamentales. On se rendra compte ainsi de variations possibles avec le temps.
- On s est arrêté pour ce choix à trois observatoires placés à égale distance à peu près les uns des autres et à des latitudes comparables, de façon à pouvoir observer dans chaque station les mêmes étoiles zéni-
- ^ , d’Alger, de Shanghaï et de
- San Francisco ont paru satisfaire à ces conditions. Les trois postes radiotélégraphiques à très grande puissance de Bordeaux (Croix d’Hins), d’Honolulu, dans les îles Sandwich, et d Annapolis, dans le Maryland, permettront de faire les comparaisons d’heures Alger-Shanghaï, Shanghaï-San Francisco, et San Francisco-Alger. On pourra, d’autre part, grâce à Bordeaux et Annapolis, rattacher le polygone principal à Greenwich, méridien initial, etàl Observatoire de Paris, bureau international de l heure. Enfin, on projette de rattacher le réseau à un point situé assez loin du polygon'e principal, de préférence dans la Nouvelle-Zélande, pour que la comparaison de la variation éventuelle de ses coordonnées avec celles des coordonnées des sommets principaux permette l’étude de la déformation possible de l’écorce terrestre,
- Tels sont, sans entrer dans le détail, les projets étudiés sous les auspices du « Bureau des Longitudes » et dont la mise au point est actuellement confiée à « l’Union astronomique internationale » (Commission des Longitudes par télégraphie sans fil). On pense que les Etats-Unis et la France pourront se charger de toutes les opérations relatives au polygone principal ; la Grandc-Bretague du rattachement de ce polygone à Greenwich et la France à l’Observatoire de Paris.
- Importance de la couleur des vêtements pendant les chaleurs. — Le Mouvement Géographique reproduit, d apres le Times, les observations utiles de M. G.-W. Qrabahm, géologue du gouvernement à Khartoum, sur la rétention de la chaleur par des tissus de teintes diverses.
- Au cours d’un séjour au Kordofan, en 1913, M. Gra-bahm mit un jour une chemise khaki et remarqua que, se trouvant au soleil, il avait beaucoup plus chaud que lorsqu’il portait sa chemise blanche habituelle. Il résolut de procéder à des expériences et, faisant halte dans un village, étendit, à midi, en plein soleil, une chemise khaki et une chemise blanche, pliées de telle façon que les poches se trouvaient au-dessus et séparées du sol par plusieurs épaisseurs du tissu. M. Grabham mit un thermomètre de clinique d'abord dans la poche de l’une, puis dans celle de l’autre. Sous le tissu khaki, l’instrument enregistra 55° centigrades, au bout de quelques minutes. Refroidi dans de l’eau et placé dans la poche de la chemise blanche, le thermomètre n’enregistra que 5o° dans le même laps de temps. L’instrument fut alors remis dans la poche khaki pendant 20 minutes, et monta jusqu’à 6o°. Placé sans avoir été refroidi dans la poche blanche, il retomba rapidement à à;0; remis dans la poche khaki, il enregistra 67° et placé de nouveau dans la blanche, retomba à 6o°, puis, au bout de 20 minutes, à 55°. La différence étant sensible, M. Grabham décida de ne plus porter de chemises khaki.
- Il a poursuivi ces expériences au cours des dernières années, choisissant des échantillons de quatorze tissus différents couramment employés pour la confection de vêtements en Egypte. Parmi ces tissus, trois étaient noirs : une étoffe de coton, lisse et luisante ; une imitation de serge, en coton et une serge de laine très légère. Il prit aussi un tissu de coton, fabriqué à Manchester et teint en bleu en Egypte, porté surtout par les bateliers du Nil. Six tissus étaient de couleur khaki; ils comprenaient celui que portent les troupes égyptiennes, de la serge, du drap à côtes, du coutil tel que portent les officiers de l’armée égyptienne et du coutil appelé « solaro », à face intérieure rouge, dont la couleur khaki est obtenue en tissant ensemble des fils rouges, bleu pâle et jaunes. Enfin, du coton bleu pâle « lebéni », que portent les ouvriers du Soudan septentrional; de la toile blanche et deux échantillons de coutil blanc, l’un lavé, 1 autre neuf. Les expériences se firent en exposant au soleil des échantillons de ces divers tissus, sur une plateforme basse, isolée du sol au moyen d’une couverture pliée, et recouverte d’une étoffe blanche. Les tissus furent placés l’un à côté de Taulre, un thermomètre ayant été mis sous une épaisseur de chacun.’Des obsex’-vations furent faites de demi-heure en demi-heure, entre 9 h. 3o du matin et 4 heui’es de Faprès-midi;
- Les résultats obtenus sont concluants. Les tissus de couleur foncée retiennent la chaleur à un degré bien
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- supérieur à celui des tissus de teinte claire. En prenant la moyenne pour toute la journée, il y eut une différence d’environ 47° Fahr. entre le noir et le coton blanc, Les étoffes khaki variaient selon la nuance et selon le tissu. Même le « solaro », souvent considéré comme protégeant efficacement contre la chaleur, donnait 270 Fahr. de plus que le coton blanc.
- Des expériences analogues faites sur des couleurs à peindre démontraient que la meilleure protection contre les rayons solaires est le blanchiment à la chaux. Le vert retient beaucoup la chaleur, le rouge moins.
- La restauration des régions' belges dévastées. —
- A la suite de l’article que nous avons publié sur ce sujet (fl° '25a5, 26 août 1922), la direction du Fonds du roi Albert, à Bruxelles, nous informe que les premiers logements fournis aux sinistrés belges l’ont été non pas par les Services d’Etat de l’Office des Régions dévastées, comme nous l’avons écrit, mais par le Fonds du roi Albert. Cet organisme spécial est une institution autonome fondée dès 1916 ; pendant la période même des hostilités, elle a procédé aux études des types de baraquements à utiliser, et a rassemblé les premières ressources; c’est elle qui a monté les 12 000 baraquements mentionnés dans l’article.
- Les fleurages de boulangerie. — Peu de personnes soupçonnent qu’en consommant leur pain à la croûte dorée, elles absorbent en même temps de la sciure de bois, en quantité infinitésimale, il est vrai.
- Lors de l’enfournage des pâtons qui ont terminé leur fermentation, l’ouvrier boulanger serait arrêté dans son travail à chaque opération parce que la pâte toujours légèrement humide adhérerait à la pelle, et l’ouvrier ne pourrait alors par le mouvement rétrograde, brusque et énergique qu'il exécute, retirer sa pelle et déposer le pain intact sur la sole du four. Pour éviter cette adhérence, on fleure la surface de la pelle avec certaines farines ou subslauces pulvérulentes. Il en reste toujours une certaine quantité incrustée dans la croûte inférieure du pain. Le fleurage le plus employé aujourd’hui, pour ne pas dire le seul, est la sciure de bois, il a supplanté les farines de tous genres pour des raisons d’économie faciles à comprendre.
- Cette substitution n’a pas été sans inquiéter les Services publics d’Hygiène et ceux de la répression des fraudes. La question a été souvent posée de savoir si l’emploi de la sciure de bois ne constituait pas une altération du pain, ou si elle n’était pas sans danger pour la santé des consommateurs. Récemment encore, le Conseil supérieur d’Hygiène a été saisi et, sans se prononcer d’une façon catégorique, il a évité toutefois de prononcer une condamnation contre les fleurages à la sciure de bois. D’où l’on est en droit de conclure que ceux-ci continueront à être employés sans objections.
- Du rapport présenté à cette occasion par M. Àrpin et publié par la Revue d’Hygiène nous extrayons les détails qui suivent.
- Au xvni0 siècle et jusque vers la moitié du xixe siècle, la boulangerie ne faisait guère usage, pour fleurer, que de la farine de froment, de la farine de féverolles et des déchets de la mouture du grain de froment (recoupettes et remoulages).
- Au fur et à mesure que se perfectionnent les procédés de la boulangerie et en rajson surtout de la rapidité croissante du travail au fournil, on abandonne les farines de froment et de fèves qui sont chères et fleurent mal. Les recoupes et remoulages disparaissent aussi, absorbées par la nourriture du bétail.
- A ces fleurages anciens, se substituent le fleurage de riz, semoule fine obtenue par la mouture et le blutage de riz, le fleurage de maïs provenant de la mouture ,et du blutage de maïs jaune, le fleurage de pommes de terre, constitué par le parenchyme du tubercule, séché dans une sorte de touraille, moulü et bluté.
- Les deux premiers, assez employés autrefois, ont disparu depuis la guerre en raison de leur prix ; le fleurage à la pomme de terre, très estimé par la boulangerie qui l’employait tantôt pur, tantôt mélangé au fleurage de bois et de corozo, a disparu aussi par suite de la crise qui affecte la féculerie française.
- Le fleurage de bois ou fleurage économique a fait son apparition vers i855-i86o; il est constitué surtout par de la sciure blanche de peuplier ; on emploie aussi, mais en moindre quantité, les sciures de hêtre, d’orme,
- de frêne qui donnent des fleurages roux. Les sciures de conifères ne sont pas employées en raison de leur odeur.
- L’absence presque complète des autres fleurages pendant la guerre a fait du fleurage de bois le maître exclusif de ce marché.
- Il existe à Paris une société importante, la Société Parisienne des Sciures, qui traite par jour 45 000 kg de sciure dont 5 à 6000 destinés au fleurage. Les sciures après classement sont séchées dans un séchoir chauffé à i3o°-i4o° par une circulation de vapeur, puis blutées; celles qui passent au tamis n° 5o sont réservées au fleurage et mises en sacs plombés. Tout ce travail se fait automatiquement et aucune souillure ne peut se produire.
- Depuis 1890, on emploie aussi, seul ou mélangé au fleurage de bois, le fleurage de corozo. Celui-ci est fait avec les déchets de la fabrication des boutons de corozo ; le corozo ou ivoire végétal est la noix d’une variété de palmier, Phitelephas macrocarpa ou noix de Tagua; l’industrie des boutons n’en utilise que l’albumen. Les parties inutilisées, cœur, dentelle, mousse, sciure, sont broyées dans des broyeurs rotatifs à marteaux ou à lames, puis moulues entre des pierres et enfin blutées. Ce fleurage est très apprécié des boulangers.
- Enfin on utilise encore la poudre de grignons d’olives que fournissent en grande quantité les huileries qui traitent l’olive en Provence.
- La Luffa. — Bien de nos lecteurs et lectrices se servent journellement de la luffa, dans leurs cabinets de toilette après leur « tub » pour se frictionner l’épiderme et en obtenir la rubéfaction après le bain, qui n’en connaissent peut-être pas le nom scientifique, les herboristes l’appellent éponge végétale.
- La luffa est le réseau vasculaire du Luffa egyptiaear cucurbitacée géante, arborescente parfois, de l’Asie et de l’Afrique tropicale (J). Elle pousse à l’état sauvage et on la cultive également en certains pays. Rien n’est plus curieux que cette liane, aux branches de laquelle sont suspendus, par milliers, des sortes de saucissons gigantesques verdâtres.
- Les fruits de la luffa sont laissés en tas : uiie fermentation putride s’établit, les parties charnues se ramollissent et sont éliminées par lavage. C’est le réseau vasculaire qui est mis dans le commerce sous le nom de Luffa. Le Japon en cultive beaucoup, et nul doute que nos colonies pourraient nous en fournir.
- La propriété de la luffa est surtout son avidité très grande pour l’eau, sa solidité, sa ténacité. Elle se dessèche aussi facilement qu’elle a absorbé l’eau.
- Voici ses usages actuels, et elle pourrait bien en avoir beaucoup d’autres : Brosses dures [pour le blanchissage du linge; Brosses dures pour la rubéfaction de la peau; à cet effet, elle v£^ut mieux que le gant de crin trop brutal ; Intérieur de chaussures en caoutchouc, pour absorber la sueur. Semelles ; Casques coloniaux pour le même usage ; Vannerie.
- Nous sommes sûrs qu’on pourrait trouver d’autres usages de ce curieux « saucissonnier » arborescent. Il serait à.souhaiter que la luffa, vendue très bon marché, servit comme éponge que 1 on rejetterait sitôt qu’elle serait un peu salie, évitant ainsi le danger des éponges sales ou insuffisamment décrassées. À. Hutin.
- Formules de carburant national en Allemagne.
- — Au concours du carburant national qui a eu lieu à Béziers, le Comité scientifique a examiné de nombreuses formules proposées.
- En Allemagne, deux formules de carburant national sont en usage. Ces formules sont à base de Téiraline, corps dont la fabrication, à partir de la naphtaline, est organisée actuellement dans ce pays sur la base de 3o 000 tonnes par an.
- Les composants de ces carburants sont dans les proportions suivantes :
- ir0 formule : Alcool, 25 pour 100, tétraline 25 pour 100, benzol 5o pour 100.
- 20 formule : Alcool 33 pour 100, benzol 33 pour 100, tétraline 33 pour 100. _
- Il est à remarquer que la fabrication de la tétraline n’existe pas encore en France, il faut l’y développer, de même que la production et la récupération du benzol qui y sont encore trop réduites.
- 1. A File Maurice, où elle pousse spontanément, comme arbre d’agrément, on nomme cette plante : Œufs de Bourrique (en patois créole Zefs Bourrique).
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CM.
- Lé portrait artistique en couleurs. — Les divers procédés de photographie en couleurs peuvent rendre des services pour la protographie des paysages et des natures mortes, mais, ils sont, pour la plupart, bien défectueux pour les portraits, ce qui n’a rien d’étonnant quand on songe à la finesse des teintes — teintes presque indéfinissables — du visage humain. Celui de Duc.os du Hauron qui, théoriquement, s’appliquerait le mieux à l’obtention de ces clichés ne donne, pratiquement, qu’un flou tout à fait insuffisant et nécessite, d’ailleurs, l’emploi d’une chambre noire avec prismes et miroirs pour recueillir trois épreuves simultanées, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Un attaché du Muséum, M. G. Lépine, vient de simplifier et de perfectionner ce procédé de manière qu’il puisse être appliqué par n’importe quel amateur — surtout s’il a un certain goût artistique — et n’importe quel professionnel, surtout s’il possède un bon retoucheur; les résultats que j’en ai vus étaient excellents, aussi bien les portraits directs que la reproduction des miniatures, lesquelles étaient si parfaites que l’on ne pouvait les distinguer des originaux.
- Pour arriver à obtenir un portrait oii se sert d’une chambre stéréoscopique i3 X 18 dont on rapproche le plus les objectifs et dont on éloigne le modèle suffisamment pour que les deux images obtenues soient aussi peu « stéréoscopiques » que possible, c’est-à-dire presque identiques entre elles. Un des objectifs a été muni d’un écran vert et l’autre d’un écran orangé et, le sujet étant bien éclairé, on pose 6 secondes.
- Après avoir développé la plaque et l'avoir laissé sécher, on la coupe en deux et l’on a ainsi deux clichés : l’un (À) obtenu avec l’écran orangé, l’autre (B) obtenu avec l’écran vert. On les agrandit tous deux exactement aux mêmes dimensions (deux à trois fois environ), l'un (B) sur plaque Lumière à tons chauds et que l’on vire au rouge, l’autre (A) sur plaque opaline doucie (plaque à tons noirs de Jougla) et que l’on vire en bleu (on peut aussi, au lieu d’utiliser une plaque opaline, se servir de papier au bromure, mais, alors, le résultat est plus terne). Ces deux positifs sont destinés à être superposés, de manière que A soit vu au travers de B; comme nous l’avons dit plus haut, ils ne sont pas rigoureusement identiques, mais comme ils diffèrent très peu l’un de l’autre, le léger flou qu’ils donnent par leur superposition n’a, comme M. Lépine l’a reconnu, aucun inconvénient et y ajoute même un certain cachet artistique.
- De plus, les deux clichés ne possèdent pas les radiations jaunes, qui, en réalité, existent partout; ce sont elles qu’il faut ajouter par le retouchage.
- Dans ce but, après avoir pris les clichés A et B, avec un éclairage beaucoup moins intense, on en prend deux autres C et D dans des conditions identiques, mais en se servant de deux nouveaux écrans, l’un bleu violet (C), l’autre jaune (D). Ces deux clichés C et D (il importe peu que le modèle ait légèrement bougé pendant le changement de plaques) se trouvent sur la même plaque ; il est inutile de les agrandir. On tire C et D sur papier au citrate, où les deux images sont, comme on sait, noires ; ils n’entrent pas dans la confection du portrait définitif et servent seulement de documents pour le retoucheur. Celui-ci, se guidant sur ce que lui montre 1 ’épreuve C sur citrate, retouche le cliché A (qui est bleu) avec un bon crayon jaune (jaune de chrome moyen); de plus (ceci, à la rigueur, n’est pas indispensable) en se guidant sur ce que lui montre l’épreuve D au citrate, il retouche le même cliché A avec un crayon violet.
- Ce n’est qu’après tous ces retouchages que l’on superpose A sur B et que le portrait en couleurs est terminé: ses teintes très délicates se montrent aussi bien par l’examen direct que par transparence. H. Coupin.
- Alliages à très bas point de fusion. — M. A. Las-sieur, contrôleur-chimiste au Laboratoire municipal de Paris, vient de publier dans le Bulletin de la Direction des Recherches et dés Inventions une intéressante élude sur certains alliages métalliques fondant au-dessous de 100°.
- Ces alliages présentent un certain intérêt industriel. Ils peuvent servir à préparer des soudures tendres, à
- fabriquer des caractères d’imprimerie et surtout à servir dans des appareils de sécurité. En effet, en choisissant convenablement le point de fusion de l’alliage, on peut préparer des bouchons fusibles placés sur les chaudières à vapeur, et qui fondent dès que la température, et par conséquent la pression, prennent une valeur exagérée. D’autre part, des canalisations reliées à la distribution d’eau sous pression étant fixées au plafond dans les endroits à protéger et munies de place en place de bouchons en alliages fusibles; en cas d’incendie, les flammes venant à lécher les canalisations, les échauffent, déterminent la fusion des bouchons et l’irruption de l’eau. Ce système a surtout été employé dans les endroits publics : lieux de spectacle, notamment; c’est ainsi qu'à Paris à l’Opéra, au théâtre Mogador, et à l’Apollo, de tels systèmes sont établis. Il convient que les bouchons fusibles fondent à une température aussi basse que possible, dépassant toutefois les plus fortes températures qu’on peut observer, sauf le cas d’incendie. Il semble qu’un point de fusion compris entre 6o et 700 soit parfaitement convenable. Il faut aussi que l’alliage soit stable et homogène, c’est-à-dire que son point de fusion, ne puisse varièr spontanément à la suite d’une modification de son état physique et qu’en outre la formule adoptée conduise à un métal toujours identique à lui-même, aussi peu sujet que possible aux phénomènes de liquation.
- Les compositions d’alliages très fusibles les plus connues sont à base de plomb,-d’étain et de bismuth.
- L’alliage de Darcet comprend : plomb, a5 ; étain, a5 ; bismuth, So. Celui de Newton : plomb, 5; étain, 3; bismuth, 8. Tous deux fondent à 94°.
- On peut abaisser le point de fusion par l’addition de cadmium. M. Lassieur a essayé divers alliages de ce genre déjà connus, qui lui ont donné les résultats consignés dans le tableau suivant :
- Alliage. Plomb. Etain. Bis- muth. Cad- mium. Point de fusion.
- N° 1 . 4 2 7.5 1.5 75-76°
- N» 2 . 33.1 *9 33.6 i4.3 94-9^°
- N° 3 . 4 2 10 1.5 74-76°
- N° 4 . 4 4 i.5 75°
- N° 5 . 2 2 7 ,5 1.5 80°
- N* 6 . 2 1 4 1 74-7°0
- AC 7 . 4 2 5 2 80°
- L’alliage n° 2 devient légèrement plastique à j5° et perd toute résistance à 8o°.
- L’alliage n° 5 devient très mou à j5°.
- L’alliage n° 7, dit alliage de Woode, devient très pâteux à 770.
- M. Lassieur a constaté que l’addition de mercure abaisse encore le point de fusion et il a abouti à la for-
- mule suivante :
- Plomb............ 4
- Cadmium ..... i.5
- Bismuth........... 7.5
- Etain ........... 4
- Mercure........... 2
- Les métaux doivent être fondus dans l’ordre indiqué, bien mélangés, puis coulés dans une lingotière. L’alliage .obtenu fond à 66-67°. ^ est stable et n’est pas altéré par l’eau. Il revient environ à 25 francs le kilogramme.
- Procédés de blanchiment des huiles. — Le peroxyde . de benzoyle offre l’avantage de ne pas nécessiter de filtration et de ne pas produire d’émulsions gênantes. G. Nadai, indique ce procédé (dans Die Seifa).
- On prend 0,1 à 0,2 pour 100 de peroxyde de benzoyle, que l’on dissout dans l’huile, et'on chauffe peu à peu jusqu’à 100-1 io°. L’huile de palme devient jaune clair. Ce procédé ne s’applique pas aux huiles minérales, ni aux cires.
- L’emploi du chlore, du bichromate et du permanganate présente différents inconvénients ;. il nécessite des récipients inattaquables aux acides.
- Le persulfate alcalin blanchit bien, mais fréquemment l’huile reprend sa coloration sous l’action de l’oxygène de l’air.
- Dans la revue Les Matières grasses est indiqué le blanchiment par réduction au moyen de l’hydrosulîite de
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- soude ou de la combinaison formaldéhydique de ce produit. Les meilleurs agents sont les terres décolorantes. Pour le rafïinage complet des huiles, on fait précéder le blanchiment proprement dit d’un- traitement à l’acide sulfurique. Pour blanchir l’huile de lin ou l’huile de colza, on les traite par 5 à io pour 100 de terre à go°, en agitant constamment pendant 4° minutes. Le traitement élimine en mè/ne temps la partie mucilagi-ueuse de l’huile de lin, dont la séparation exige, ordinairement, un repos prolongé ou un chauffage à 3oo°.
- Le procédé de blanchiment par emploi de la terre atténue l’odeur des huiles rances. On a recours à des essais préliminaires pour déterminer la quantité de terre à employer.
- Un moyen original de suspendre les pellicules photographiques. — Pour sécher les pellicules photographiques on recommande souvent de les maintenir avec une épingle sur une corde de séchage. Pour empêcher que ces pellicules ne se roulent eu séchant, on est tenu de les lester avec des poids qui évitent que la gélatine ne puisse se recroqueviller.
- Yoici un moyen original d’éviter l’emploi des épingles et de simplifier la pose du lest sur la pellicule. On prend un long ressort à boudin à spires jointives et peu puissant, le ressort le plus doux sera le meilleur et le diamètre a peu d’importance. Ce ressort est tendu sans fraction sur les spires, comme on le ferait pour une corde de séchage ordinaire.
- Les pellicules seront pincées entre deux spires voisines par leur coin et la mise en place des pellicules est pour ainsi dire instantanée, car il suffit d’écarter légèrement deux spires voisines pour pincer la pellicule quand on abandonne ces spires.
- Pour éviter que la pellicule ne se roule au séchage, on utilise des morceaux du même ressort, c’est-à-dire d’un ressort similaire que l’on découpera en fragments de quelques spires. Ces fragments pourront se fixer
- rapidement et simplement sur les coins inférieurs de la pellicule toujours en pinçant la gélatine entre deux spires voisines.
- Comment déterrer proprement un petit arbuste.
- — Quand on veut déterrer un petit arbre, on creuse le sol tout autour suivant un cerele que l’on cherche à obtenir le plus rond possible, ce qui n’est pas toujours facile.
- Cependant, il est un moyen extrêmement simple de tracer un cercle autour d’un arbre et en général d’un piquet quelconque. Il suffit de préparer un cordeau ou une simple ficelle et d’entourer l’arbre et le manche de la bêche en faisant un nœud au-cordeau de manière que la bêche suivant une inclinaison convenable se trouve éloignée de la distance voulue du tronc d’arbre.
- Cette liaison est mobile et la corde ne fait pas le tour entier de l’arbre ou du manche, de manière qu’en tournant autour de l’arbre, la bêche puisse décrire un cercle parfait.
- Ce moyen est applicable chaque fois qu’on a besoin de tracer rapidement un cercle, et de l’indiquer sur le sol avec la bêche ou un instrument aratoire quelconque, car il est évident que dans ce cas le tronc de l’arbuste peut être remplacé par un simple piquet ou un outil à manche que l’on enfonce dans le sol.
- Traitement de la casse des vins blancs. — La
- « casse blanche » se produit dans les vins blancs lorsque, au contact de l’air, il se forme dans le vin un trouble plus ou moins prononcé, donnant naissance à un aspect laiteux.
- Le métabisulfite de potasse agit comme remède préventif de la casse. On traite le vin de la manière suivante : on emploie, par hectolitre, 25 à 3o gr. d’acide citrique, puis ôn effectue un collage à la caséine, et aussitôt après le premier soutirage, on ajoute au vin 6 à 8 gr. de métabisulfite de potasse par hectolitre.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ----------
- .La technique du métier d1 électricien, par R. Caillault etC. Baud. i vol. i3-2i de viii-256 pages, 280 fig. Dunod, éditeur, Paris 1922. Prix broché : 9 francs.
- Ce livre est destiné à former des ouvriers et des monteurs, p’est-à-dire à leur apprendre la pratique de leur métier tout en leur faisant- comprendre le pourquoi des opérations qu'ils exécutent.
- Dans ce but chaque chapitre comprend une partie théorique résumant les définitions et les phénomènes essentiels mis en jeu dans la partie pratique; les auteurs étudient ainsi successivement les résistances, les piles, les accumulateurs, les électro-aimants, l’induction, les appareils de mesure, les sonneries, le téléphone. -
- On sera surpris de voir que la dynamo et le moteur ne sont pas traités dans ce volume, par ailleurs rédigé dans un esprit très pratique et appelé à rendre des services certains.
- Manuel du modeleur. Construction des modèles de fon derie et dispositions de moulage, par M. Vincent. 1 vol. in-t8 de 334 p., fig- Baillière et fils,
- éditeurs, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Le modelage ou préparation des modèles pour la fonderie est un art d’une pratique fort délicate; le manuel de M. Vincent en expose très nettement les règles, et rendra de grands services à l’industrie de la fonderie en lui facilitant la formation professionnelle de ses modeleurs.
- Frequented Ways, par Marion J. Neivbigin. i vol. in-8, 3ar p., 18 fig., 3i pi. Constable et Cie, Londres. Prix : i5 sh.
- Comme le dit le sous-titre de l’ouvrage, c’est une revue générale des formes du sol, des climats et des végétations de l’Europe occidentale, considérés dans leurs rapports avec la vie humaine.
- L’auteur a traité ce sujet, en voyageur, pour le grand public et a pris ses exemples dans des régions classiques, connues de tous les touristes, il a ainsi écrit un livre tout à la fois attrayant à lire et riche d’observations personnelles sur les rapports étroits du milieu et de l'homme qui l’habite.
- Chemie der Pflanzanzelle, par Yiictor Grafe. i vob in-8, 42i p., 32 fig. Borntraeger frères, Berlin. Prix : 3o francs.
- La cellule végétale est plus aisée à étudier que toute autre, par sa taille d’abord, par son enveloppe de cellulose ensuite qui l’isole des voisines. Aussi a-t-elle été l’objet de nombreuses recherches et les récentes théories physico-chimiques y ont-elles été appliquées avec succès. L’auteur donne un exposé d’ensemble de nos connaissances actuelles à ce sujet. Après avoir rappelé les principales notions d’osmose, de diffusion, de colloïde, de solution, d’adsorptior, de dissociation électrolytique, il les applique à la connaissance de la cellule végétale, de sa membrane, de. son protoplasma. Puis, il examine les sources d’énergie protoplasmique que sont la lumière et la chaleur grâce à la catalyse et décrit en détail les phénomènes de photosynthèse et d’assimilation, tels que nous les comprenons actuellement. L’ensemble forme un bon traité de chimie biologique, cellulaire, traitant des principales questions à l’ordre du jour en physiologie végétale.
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- LA NATURE
- Supplément.
- La vitesse du son dans l’eau de mer. — Depuis 1 expérience classique de Colladon et Sturm sur le lac de Genève en 1827, la mesure de la vitesse du sou dans l’eau n’a fait, semble-t-il, l’objet d’aucune mesuré directe jusqu’à ces dernières années ; il y a là une lacune dont l’effet s’est fait ressentir assez vivement pendant la guerre, à l’occasion des nombreux problèmes d acoustique sous-marine qui se sont posés. Depuis la lin des hostilités, ces problèmes n’ont pas cessé de retenir l’attention des techniciens; en particulier les éludes pour la mise au point des procédés de sondage ou des mesures de distances au moyen des ondes sonores, exigent une connaissance exacte de la vitesse de propagation du son dans l’eau de mer. Colladon et Sturm avaient trouvé une vitesse de 1435 m. dans l’eau douce du lac de Genève à la température de 8°, mesure exacte à 5o m. près. L’ingénieur hydrographe Marti a repris en 1919 la mesure de la vitesse du son dans l’eau avec des procédés plus précis qu’il décrit dans les Annales hydrographiques de la Marine. Trois microphones sous-marins fixés sur de lourds orins ont été mouillés dans la grande rade de Cherbourg, à une profondeur moyenne de 14 m. en des points distants l’un de l’autre de 900 m. et situés sur le même alignement. Les positions des microphones ont été déterminées exactement au moment de leur mouillage au moyen de théodolites mis en station sur la digue.
- Les ondes sonores étaient produites par la détonation d’explosifs placés sur l’alignement des microphones, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, à 1200 m. environ de l’extrémité de la chaîne des microphones ; on éliminait ainsi l’effet du courant; et de plus on recueillait sur les 3 microphones des bruits du même ordre d’intensité. Les passages de l’onde sonore aux trois microphones étaient enregistrés automatiquement au moyen d’un chronographe.
- M. Marti a pu ainsi effectuer un grand nombre de mesures qui lui donnaient la vitesse du son avec une approximation de 1 m. environ.
- 11 a trouvé que la vitesse moyenne du son dans l’eau de mer est de i5o4 m. i5; en entendant par conditions moyennes une température de i5° C., une pression voisine de l’atmosphère, une salinité telle que la densité à o° soit 1,026 (la densité 1 étant celle de l’eau pure à 4°).
- La vitesse du son varie, on le sait, avec la température de l'eau, avec sa salinité, et avec la pression (par suite avec la profondeur). 11 y aurait le plus grand intérêt à en faire des mesures directes, en faisant varier méthodiquement ces conditions. A défaut de ces mesures, M. Marti établit, en s’appuyant sur la théorie du son, des graphiques qui permettent de calculer les vitesses du son pour des températures, des salinités et.des pressions variables, mais ne s’écartant pas trop des conditions moyennes.
- sur
- La foudre globulaire. — Dans un magistral rapport r l’électricité atmosphérique publié par M. Mathias dans les Annales de Physique, l’auteur résume en particulier l’état actuel de nos connaissances sur un phénomène souvent observé, mais mal connu et quelque peu mystérieux ; la foudre en boule. Depuis la célèbre notice d’Arago sur le tonnerre, publiée en 1837, la théorie de ce phénomène n’avait pas fait un pas sérieux.
- Plus brave ou plus téméraire que beaucoup d’autres, W. M. Thornton a essayé, dit M. Mathieu, de l’analyser.
- La foudre globulaire consiste en une sphère gazeuse, lumineuse, tombant lentement du ciel comme le ferait une masse un peu plus dense que l’air, ou se déplaçant horizontalement quand il existe un faible courant d’air. Celte sphère finit toujours par faire explosion et disparaît sans laisser de traces autres qu’une forte odeur d’ozone.
- Elle ne semble pas contenir autre chose que les gaz. de l’atmosphère dans un état moléculaire anormal, un réarrangement des atomes sous l’influence des forces électriques. M. Thornton conclut que le gaz doit être ds l’ozone, expliquant ainsi la chute dans l’air d’un gaz plus lourd que l’air et l’odeur laissée par la boule après l’explosion.
- M. Mathias retient deux points essentiels dans cet
- N° 2532 Octobre 1922
- essai d’explication : la rhrfti&Ee-'-d'é la foudre globulaire est gazeuse et les gaz dont elle est formée préexistent dans l’atmosphère.
- Mais il estime un peu trop particulière l'hypothèse de M. Thornton, suivant laquelle la substance gazeuse de la foudre globulaire serait uniquement un état moléculaire instable de l’oxygène Oâ sous forme d’ozone O3. Les expériences récentes des physiciens de l’école de J.-J. Thomson ont démontré, dit-il, l’existence de 1’ « ozone » de l’azote Az3 et de l’ozone de l’hydrogène H3. Comme celui de l’oxygène, les ozones des autres gaz de l’air sout formés vraisemblablement,avec une forte absorption d’énergie, ce qui explique leur caractère explosif.
- Dès lors, un coup de foudre préalable, d’une intensité convenable, ne se rencontrant qu’à de rares intervalles, rassemblerait les ozones formés à son point d’éclatement en une masse unique, révélant les transformations rapides qui s’opèrent dans sa structure par une émission de lumière à sa surface extérieure, à laquelle la tension superficielle donne nécessairement la forme sphérique quand elle est sensiblement immobile, et une forme ovale dans la direction où elle se déplace.
- Ces gaz instables achèveraient au bout de très peu de temps leur transformation totale par une explosion libérant d’un seul coup une quantité considérable d’énergie.
- On expliquerait ainsi la violence des explosions observées et l’apparition du tonnerre en boule après certains coups de foudre.
- La libération subite dans l’air d’une très grande quantité d’énergie et le fait que l’air rendu lumineux au contact de la foudre globulaire se refroidit subitement au moment de l’explosion en conservant un excès d’énergie suffisent largement pour expliquer la formation d’ozone ordinaire sans avoir à supposer, comme le fait ihornton, que le gaz de la foudre globulaire est nécessairement et exclusivement de l’ozone ordinaire.
- L’aviation militaire anglaise. — Les Éphémérides de l’Aéronautique, organe du Comité Français de propagande aéronautique, résument comme il suit la situation actuelle de l’aviation militaire anglaise :
- Personne n’a oublié le rôle joué par l’aviation anglaise pendant la guerre ni l’effort prodigieux fourni par l’industrie aéronautique de ce pays. Il suffit du reste, pour s’en rendre compte, de comparer la quantité de matériel eu service à la déclaration de guerre et à l’armistice.
- En 1914 '• 166 avions, 45 hydravions, 120 automobiles de ravitaillement.
- En novembre 1918 : 21 000 avions et i3oo hydravions disponibles, 25 000 avions et hydravions en commande, 38 000 moteurs disponibles, 100 ballons dirigeables disponibles et 120 en construction, 23 000 automobiles de ravitaillement.
- Au lendemain de l'armistice, une partie des appareils de l’aviation anglaise fut liquidée et 1’ « Air Force » réduite à des proportions plus modestes. Le trouble profond que l’état de paix avait apporté dans le commerce et l’industrie britanniques, déjà lourdement taxés, rendit bientôt nécessaires les restrictions budgétaires les plus rigoureuses, et l’aviation militaire vit diminuer considérablement les crédits qui lui étaient alloués : pour l’exercice 1922-1923, ceux-ci étaient réduits de 5 millions de livres, soit près de 3o pour 100. Malgré un budget encore considérable, l’aviation anglaise dotée d’une administration volumineuse et d’un jmrsonnel nombreux dut alors supprimer plusieurs escadrilles.
- Les critiques âpres dont l’état de l’aviation millitaire anglaise fut l’objet, les discussions répétées qui eurent lieu à la Chambre des Commîmes furent le point de départ de cette campagne qui ne se limita pas seulement aux quotidiens, mais devait s’étendre aussi aux grandes associations sportives et patriotiques et qui commence déjà à porter ses Truils. L’opinion, publique, persuadée de l’importance primordiale du développement de l’aviation, s’émut de la position où l’avait placée l’organisation défectueuse de son « Air Force » et nous savons aujourd’hui, par les déclarations du premier Ministre britannique faites à la Chambre des Communes le 3 août der-
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- INFORMATIONS
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- nier, que le Gouvernement a dû cédera ce mouvement.
- Après enquête du Comité de Défense impériale, le gouvernement anglais vient de décider l’adoption d’un projet soumis par le ministère de l’Air, qiii comporte la création d’une force aérienne de 5oo appareils pour la défense des Iles Britanniques. La dépense occasionnée s’élèverait à 2 millions de livres sterling.
- En réalité, la situation de l’aviation militaire n’était pas aussi tragique qu’on s’était plu à la représenter et ne méritait pas entièrement la vivacité des 'reproches et le concert des récriminations qui s’élevèrent dans la presse britannique. En effet, au cours du débat sur l’aviation qui avait lieu le 21 mars dernier à la Chambre des Communes, le Secrétaire d’Etat à l’Aéronautique déclarait que, les forces aériennes militaires anglaises comprenaient 3i escadrilles de 12 appareils chacune, dont 19 escadrilles stationnées à l’étranger : aux Indes, en Egypte, Iraq et Palestine. (A la lin de l’année dernière, la France possédait 126 escadrilles de neuf appareils et le programme actuel prévoit un total de 220 escadrilles.)
- Les progrès de l’aviation anglaise, beaucoup moins rapides depuis l’armistice que pendant la guerre, se ressentent naturellement du fait que depuis cette époque l’Angleterre n’est plus en guerre qu’avec des nations qui ne possèdent pas d’ayiation.
- La Grande-Bretagne garde le secret sur les appareils construits à son intention par l’industrie britannique. Elle emploie toujours beaucoup comme appareil de reconnaissance le Bristol Fighter, biplan biplace à moteur Rolls Royce 35o HP, et utilise encore le biplan de bombardement de Havilland avec un moteur Rolls Royce 600 HP. Le « War Office » s’est aussi livré aux essais d’un biplace de Havilland. et d’un petit biplan de chasse Siddeley.
- Tout récemment, la décision de construire deux nouveaux « capital ships » a fait renaître la controverse entre les défenseurs du bâtiment de ligne et ceux qui, comme l’amiral Sir Percy Scott, déclarent (lettre au Times du 24 mars) que « l’Air est notre première ligne de défensive et d’offensive ». L’Amirauté, placée devant un problème presque sans précédent dans l’histoire a compris l’urgente nécessité de développer la puissance aérienne pour en faire la « première ligne de défense » et un gros effort a été fait pour la construction des avions marins.
- Nous avons ainsi vu sortir plusieurs types connus sous le nom de « Fleet spolters » ou « observateurs de tir naval », appareils qui doivent décoller du pont de bateaux porte-avions spécialement construits, et appelés à faire le réglage du tir sur mer. Ces appareils amphibies sont : le Fairey, 45o HP Napier, le Parnal, 45o HP Napier, l’hydro à coque Supermarine 45o HP Napier et le Vickers-Viking du même genre.
- L’avion torpilleur est également une nouvelle arme navale importante. Ainsi, un Blakburn 460 HP Napier peut emporter du pont du bateau une torpille du type normal à plusieurs centaines de kilomètres. Il a déjà donné à réfléchir à toutes les puissances navales.
- Nos ressources hydro électriques. — Par la voie du Journal Officiel, n° du 2 août, le Ministère des Travaux Publics fait connaître notamment que la puissance installée des usines hydro-électriques existant en ce moment en France peut être évaluée à environ 2 ioo 000 HP se répartissant ainsi : éclairage, petite force motrice, chauffage, 65oooo HP ; force motrice industrielle, électrochimie, électrométallurgie, r3oooooHP; traction, 5oooo HP; agriculture et utilisations diverses, 100000 HP. Cette puissance actuelle représenterait par conséquent une augmentation de 4° pour 100 sur la puissance existante à la fin de la guerre. Quant à la puissance des usines actuellement en construction et dont les travaux seront terminés d’ici deux ans, elle peut être estimée à 3ooooo HP.
- Pour ce qui est de la traction électrique, elle n’a depuis 1918 été mise en service que sur quelques lignes des réseaux des Compagnies de chemins de fer du Midi et de 1 Etat, au total 120 km; toutefois les travaux commencés durant cette période et dont l’exécution se poursuit permettront à bref délai d’employer ce genre de traction sur un nombre de lignes important. On peut admettre que, d’ici cinq ans, i5oo km de lignes appartenant aux réseaux de l’Etat, du P.-O., du P.-L.-M. ou du Midi seront électrifiés.
- Enfin, le programme général de l’électrification des chemins de fer prévoit l’électrification de 8900 km de lignes dans un délai de i5 à 20 ans.
- Curiosités forestières du Grand-Duché de Luxembourg. — Dans le n” 2620 du 22 juillet dernier, La Nature signalait à l’attention des touristes certains arbres du Grand-Duché de Luxembourg, notamment le
- chêne de Saeul qui a 4 m. de circonférence et dont la frondaison couvre un cercle de 21 m. de diamètre.
- Un de nos lecteurs qui vient de passer quelques jours dans une localité voisine nous envoie la photographie ci-jointe de cet arbre magnifique.
- Rôle des lombrics dans la formation et l’entretien de la terre végétale. — On discute encore sur le point de savoir si les lombrics (vers de terre) sont nuisibles ou non dans les terres cultivées.
- Les uns rappellent, à ce sujet, l’opinion de Bosc et de l’illustre savant Darwin, affirmant que les vers de terre font plus de bien que de mal dans les champs et les prairies.
- Les autres, contestant l’exactitude des faits observés par ces savants, prétendent que les vers de terre vivent partout d’humus et que, dès lors, leur existence a lieu aux dépens d’un des principaux éléments de la richesse du sol.
- Que faut-il penser de ces opinions contradictoires ?
- Il y a plus de quarante ans, Grandeau a démontré que la matière humique des terres n’est pas la nourriture des plantes : l’humus, matière colloïdale, ne peut pas traverser les points absorbants des racines ; les plantes ne peuvent absorber parmi la matière organo-minéralc que les substances cristalloïdes, binaires ou ternaires, qui sont en affinité avec les matières primitivement contenues dans les cellules originaires de la plante.
- Les principes organiques restent en dehors, dans la terre, se réduisant graduellement à leurs éléments premiers.
- Ainsi que l’a démontré Liebig, les aliments des plantes sont tous des matières minérales et toutes les recherches des savants ont confirmé la justesse de sa théorie minérale.
- Les vers de terre ne détruisent donc pas la nourriture des plantes, ils la préparent, au contraire, en accélérant la décomposition des matières organiques et des matières minérales du sol. Comme d’ailleurs, ordinairement, ils ne vont pas mourir en dehors de la prairie ou du champ qui les a nourris, ils n’exportent pas de matières organiques. Loin d’être des destructeurs de matières alimentâmes pour nos plantes agricoles, ils doivent être considérés, avec les micro-organismes bienfaisants de la nitrification, comme les artisans modestes et infatigables de la fertilisation de la terre végétale.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Le Phonobloc V. M. M. — Parmi les nombreux appareils créés récemment pour permettre l’audition des « Radio Concerts », le choix du public s’est surtout porté sur ceux qui ont le minimum d’encombrement et surtout la plus grande facilité de réglage.
- Le « phonobloc Y. M. M. » que nous allons décrire répond tout à fait à ce désir.
- Réunir dans une boîte de 42X X 19 cm : un poste complet pouvant aussi bien marcher sur cadx’e que sur antenne; un amplificateur à quatre lampes, la réaction permettant l’audition des ondes entretenues, l’accord, la mise à la terre après l’audition, la batterie de 80 volts, les manettes d’allumage et celle permettant de recevoir sur 2, 3 ou 4 lampes, des prises pour trois casques en parallèle, tel est le résultat réalisé par le constructeur de cet appareil.
- Le montage ne saurait être plus simple. Mettre 6 volts aux deux bornes —{— et — en respectant cette polarité.
- L’antenne et la terre aux deux bornes prévues (P.), brancher le casque et fermer la boîte.
- Les circuits d’accord permettent la réception de 600
- jamais d entendre plus fort quelle que soit l’intensité de l’audition.
- Le schéma ci-contre de ce poste (fig. 3) présente
- Fig.
- Detail de l'appareil.
- Fig. 1. — Le Plionobloc Y. M. M.
- c c
- st-à-dire les postes ,|
- à 6.5oo m. de longueur d’onde, les plus courants.
- Ce serait certes un inconvénient, si là se limitait absolument son pouvoir. Mais deux bornes (C.) ont été prévues pour brancher un condensateur permettant, si la capacité est suf-sante, d’entendre toutes les longueurs d’ondes existantes.
- Enfin beaucoup d’amateurs possèdent déjà des appareils et ne seraient pas tentés par un poste résumant tout dans sa boîte, car il rendrait inutiles les postes que souvent l’amateur a montés lui-même à grand frais d’ingéniosité. Nous ne saurions donc, sans déroger à tout notre programme T. S. F. (grâce auquel tant de lecteurs ont pu se confectionner des postes fonctionnant parfaitement), ne pas regretter qu’un tel appareil ne permît pas leur mise en service.
- . Heureusement, branché aux deux bornes réservées au condensateur, le Phonobloc YT. M. M. se comporte comme un ampli à quatre lampes et est capable de faire suite à tout un montage; bien entendu, si ce dernier ne comporte que de la haute fréquence.
- Le constructeur s’offre même à adapter, par une ingénieuse séparation de l’accord avec l’ampli, l’intercalation de tous appareils haute fréquence entre ces deux parties devenues distinctes; car l’amateur a été tellement gâté dans ses réceptions jusqu’ici qu’il ne désespère
- quelques particularités intéressantes. On remarquera d’abord qu’au premier regard rien ne semble prévu pour la détection. Le classique condensateur shunlé n’y est en effet présent sous aucune forme. Il suffit pour comprendre sa suppression de se rappeler comment agit ce petit accessoire. Eu fait, la partie agissante effective est le shunt et le condensateur n’a pour but que de laisser passer la haute fréquence ; le shunt au contraire nous place dans la région détectrice de la caractéristique de la lampe.
- Cette question a été traitée dans cette revue assez longuement pour qu’elle soit devenue familière à nos lecteurs.
- Or, si on examine le schéma, on constatera que, contrairement au montage courant où les bornes du 4 volts et du 80 volts réunies entre elles sont de polarité contraire, ici les deux pôles communs sont négatifs.
- On verra qu’il en résulte pour la première lampe la nécessité d’être dans la région de la caractéristique qui est celle de la détection.
- Une autre petite curiosité du Phonobloc Y. M. M. est l’absence du rhéostat de chauffage dont le réglage est d’ordinaire si délicat. Nous sommes persuadés qu’aucun amateur ne s’en plaindra. Pour y suppléer, quatre petits tubes spéciaux sont intercalés dans le cir-, cuit du filament. Ces tubes contiennent de l’hydrogène
- raréfié et sont parcourus dans leur longueur par un filament de fer dont la résistance croît tellement rapidement avec la- température que pratiquement le seul courant pouvant les traverser est le couraut optimum.
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- Un inconvénient que nous devons signaler résulte de l’obligation d’employer 6 volts au lieu de 4 volts pour alimenter le Phonobloc V. M. M., une chute de a volts se produisant dans le filament des petits rhéostats automatiques.
- Cette question des 6 volts nous amène à parler d’une possibilité de cet appareil à laquelle peu de constructeurs ont songé.
- Quoi de plus rejouissant, dans une randonnée automobile, au camping (et nos boys-scouts si fervents sans-filistes s’en féliciteront les premiers), que de recevoir au pique-nique les messages et les concerts delà Tour!
- Mais il faut une antenne. Le constructeur du Phonobloc a dans ce but construit un cerf-volant porte-antenne adapté à 1 emploi du Phonobloc comme récepteur. 11 suffit donc de lancer le cerf-volant, et ainsi les passionnés de T. S. F. pourront, dans leurs déplacements, ajouter leur passe-temps favori aux autres plaisirs du tourisme.
- Si vous avez une automobile pourvue de l’éclairage électrique, sa batterie de 6 vols est immédiatement utilisable.
- Constructeur, René Pieters, u, rue Blainville, Paris.
- Radiographie
- Nouveau dispositif stabilisateur pour tube à rayons X de Coolidge. — Tout le monde connaît aujourd’hui le tube à rayons X de Coolidge : c’est un
- tube où le vide est poussé aussi loin que possible : les rayons cathodiques, dont le choc sur l’anticathode donne naissance aux rayons X, sont produits par l’émission électronique pure d’un filament porté à l’incandescence (voir n° 2370, 3o août 1919).
- Pour assurer la constance du fonctionnement du tube de Coolidge, il est indispensable de maintenir la température du filament parfaitement invariable; dans le laboratoire, ce résultat peut être obtenu en employant, pour le chauffage de ce filament, le courant d’une batterie d’accumulateurs; dans la pratique, la nécessité d’avoir une batterie est un ennui ; aussi pour les tubes industriels le courant de chauffage est-il pris à la distribution générale, à l’intervention d’un transformateur stabilisateur spécialement conditionné.
- Une autre cause d’irrégularité possible, dans le fonctionnement, est la libération de petites quantités de gaz, en cours d’un service prolongé; des constructeurs américains ont cherché à réaliser un dispositif qui, placé sous le contrôle du courant principal, pût ainsi agir tout seul pour supprimer les irrégularités dues au tube ainsi que celles provenant des variations de tension sur le circuit d’alimentation.
- Le dispositif qu’ils ont établi à cette fin est montré schématiquement à la figure 4 ci-contre; il comporte : un électro-aimant A, inséré dans le circuit principal du tube et dans le bobinage duquel passe donc le courant d'alimentation; une ouverture en fer, B, disposée de façon à pouvoir vibrer sous l’action du flux magnétique développé par le courant dans l’enroulement de l’aimant A, si Je flux' est assez fort pour vaincre l’action du ressort S ; un contact G, monté sur l’armature et vibrant avec elle et un contact par D, ces deux contacts insérés én série dans le circuit de chauffage du filament du tube. Au dispositif proprement dit ainsi constitué est adjointe une petite résistance ohmique R, montée en dérivation sur les contacts.
- ] Le fonctionnement est des plus simples : on commence par régler le dispositif (soit en agissant sur le ressort, soit en éloignant l’aimant de l’armature) comme on le fait pour un relai ordinaire de façon que le tube puisse recevoir le courant maximum que l’on désire sans que l’effet de ce courant dans l’électro-aimant détermine le déplacement de Fahmature ; dès lors, aussi longtemps que l’intensité fixée n’est pas dépassée l'alimentation a lieu régulièrement et le filament est maintenu à la température normale.
- Si pour une ' cause quelconque, le courant principal tend à augmenter et dépasser l’intensité limite fixée, l’électro-aimant attire l’armature et la résistance se trouve momentanément intercalée dans le circuit du filament, ce qui abaisse le courant de chauffage et réduit l’intéfisité principale; le déplacement de l’armature se renouvelle à chaque période, de telle sorte que l’intensité dn Courant principal est rapidement, instantanément rédüite à sa valeur normale.
- Dans la disposition'représentée, le dispositif régulateur agit sur le circuit secondaire du filament; on peut le faire agir sur le circuit primaire ; les deux dispositives sont équivalentes; des mesures faites sur des tubes fonctionnant alternativement sans le stabilisateur en question et avec ce dispositif ont montré que tel tube pour lequel le courant principal oscillait entre 2,2 et i5 milliampères, pour des A^ariations de tension primaire de 77 à 96,6, n’accusait plus, avec le stabilisateur, que des intensités de 2 à 2,o5, pour des écarts de tensions de 70 à io6,5 volts et que tel autre dont, après 8 minutes de fonctionnement, le courant principal tombait de 10 à 7 milliampères, se maintenait pendant un temps quelconque à l’intensité initiale de 10 milliampères. H. M.
- &?> Photographie
- Tireuse-agrandisseuse photographique. — Cet
- appareil se présente sous l’aspect d’un meuble peu encombrant. Fermé, il se dissimule facilement sous les apparences d’un classeur de bureau en belle ébénisterie. Ouvert, il réalise tous les desiderata et permet de tirer des agrandissements photographiques jusqu’au format 3o cm sur 4° cm aussi rapidement que des épreuves par contact."
- Par une disposition ingénieuse, le couvercle s’ouvre en deux parties formant deux boîtes latérales.
- La projection se fait de bas en haut.
- Le parallélisme entre la source lumineuse, le cliché, l’optique et le papier récepteur de l’image agrandie est absolu.
- Pas de temps perdu. Le cliché mis dans le porte-plaque, la dimension et la mise au point obtenue à l’aide d’une vis hélicoïdale mue par une manivelle et le papier en place, une seule manœuvre : abaisser le
- plateau... l’allumage s’effectue automatiquement. Le plateau relevé, il s’éteint.
- En supprimant la planchette d’objectif et en la remplaçant par un verre dépoli, l’appareil se trouve instantanément transformé en tireuse par contact. La source lumineuse est alors montée au degré voulu en utilisant la manivelle droite.
- Par cette description on voit les nombreux services que peut rendre un tel appareil aux jffiotograplies, aux journaux illustrés, aux" industriels et à l’amateur.
- Constructeur : Etablissements Union, Pierre Lemon-riier, 6, rue du Conservatoire, Paris. v
- Fig. 5. — Tireuse-agrandisseuse P. L.
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- VARIATIONS DE LA SAVEUR CHEZ LES POMMES DE TERRE
- Il y a des pommes de terre savoureuses (par exemple les variétés Jaune d’Or, Saucisse), d'autres sont insipides et d’autres ont un goût plutôt médiocre. Mais comme ces dernières appartiennent surtout aux variétés dites industrielles, leur médiocrité est sans importance.
- Cependant si parfaite que soit cette saveur (et il y a des cas où elle rappelle un peu celle de nos châtaignes), il arrive toujours un moment où elle diminue, puis disparaît ou change profondément. Ce moment coïncide avec l’époque où les tubercules entrent en germination.
- C’est que la germination se fait en empruntant des matériaux nutritifs aux tubercules : sels, substances azotées, fécule, etc., émigrent. Mais la fécule ne peut pas circuler à l’état solide qui est le sien; il faut d’abord que les ferments des cellules la transforment en sucres divers qui ne (sont, ici, que de la fécule digérée et soluble.
- Ce sont ces migrations, ces appauvrissements, ces métamorphoses ou digestions de certains éléments du tubercule qui modifient la saveur en mal.
- Dans ses études de la migration des principes nutritifs chez les rhizomes de pommes de terre, Prunet, en 1892, opère sur plusieurs variétés et il partage transversalement chaque tubercule à étudier en 2 moitiés, l’une d’en haut, l’autre d’en bas, puis il analyse chaque moitié séparément, opérant : i° Sur des pommes de terre non germées ; 20 sur des
- pommes de terre germées.
- Yoici ce qu’il trouve dans les deux cas.
- Les moitiés supérieures (ou moitiés d’en haut) sont toutes plus riches que les moitiés d’en bas en fécule, en azote organique, en sels, en cendres ; mais ces différences sont plus considérables dans les tubercules
- germés que dans les tubercules non germés. En outre, dans les tubercules non germés, Prunet n’a pas trouvé de sucre, ni de ferments (diastases), mais il a découvert ces éléments dans les moitiés d’en haut des tubercules germant alors que sucre et diastase n’existaient pas encore dans les moitiés d’en bas des mêmes tubercules
- (% . , .
- Toutes ces observations sont fort suggestives. Et
- d’abord elles nous prouvent que si nous voulons consommer de bonnes pommes de terre, il faut les em-
- Fig. 1. —^Les expériences de Prunet : à gauche, pomme de terre non germ.ce; à droite, pomme de terre germée.
- ployer à la cuisine, dans l’ordre de leur précocité à germer, afin d’épuiser chaque variété, autant que possible, avant que ce phénomène se soit accompli exagérément.
- Elles laissent penser, en môme temps, que si on arrache les germes dès qu’ils apparaissent, on peut retarder sinon la dégradation du goût au moins celle de la valeur nutritive des pommes de terre.
- Par conséquent, nous garderons pour la fin de l’hiver et le printemps les variétés les plus tardives Saucisse Rouge du Soissonnais, etc.
- Pourtant, tard en saison, ces variétés elles-mêmes finissent par germer aussi et par devenir de saveur plus ou moins médiocre.
- Comme à cette époque, les- pommes de terre nouvelles d’Algérie font précisément leur apparition, nous les achetons et donnons les vieilles aux animaux. Seulement, les pommes de terre nouvelles d’Algérie sont des primeurs
- d’un prix fort élevé.
- Ce qu’il faudrait c’est une variété ne possédant pas la propriété de germer hors de terre, gardant, par conséquent, ses qualités savoureuses et nutritives fort longtemps, aussi longtemps qu’on tiendrait les tubercules non plantés, c’est-à-dire, au plus tard, jusqu’à l’apparition des pommes de terre précoces de France.
- Puisque nous nous occupons de la saveur de ce légume élevons-nous contre la coutume de la cuisson à grande eau des pommes de terre dites en robe de chambre.
- L’intégralité de la saveur et des qualités nutritives étant donnée, il n’y a que deux moyens de la conserver à la cuisine, c’est la cuisson sans eau ou la préparation culinaire des tubercules dans leur eau de cuisson qui s’est enrichie d’une partie des éléments nutritifs soustraits par la décoction.
- Les pommes de terre en robe de chambre ne sont véritablement bonnes que cuites sous la cendre ou cuites au four, sans eau, par conséquent.
- De sorte que les Allemands qui préconisaient, pendant la guerre, de recourir toujours à la cuisson préalable à l’eau des tubercules, afin de ne rien perdre de leur chair par l’épluchage, devenu ainsi plus facile, perdaient plus d’un côté, en qualité, qu’ils ne gagnaient de l’autre, en quantité. Georges Bellaik.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Les peintures sous-marines. — Ces peintures qui portent en anglais le nom de « Paints for ship bottoms » et qui semblent être de fabrication toute moderne, sont connues depuis longtemps. Sans remonter à l’arche de Noé, les Anciens enduisaient les coques de leurs trirèmes de compositions à base d’huiles, qui avaient pour but de lubrifier les parois en contact avec l’eaù, afin d’augmenter la vitesse du navire et d’empêcher la croissance des algues et crustacés divers.
- Le but des peintures sous-marines modernes est beaucoup plus étendu.
- Il s’agit d'empêcher les algues, coquillages çt animalcules de toute sorte d’adhérer à la carène des bateaux, au moyen de divers produits qui rendent impossible toute vie végétale ou animale, par un « empoisonnement » bien combiné.
- Nous allons donner des sériés de formules de ce
- genre. Nous en avons combiné nous-même un certain nombre, analysé un nombre plus grand encore et nous avons complété , ces recherches par l’expérience faite, sur des carènes, expérience de longue durée, puisque nous ne jugions l’efficacité de nos produits qu’après un séjour de 6 mois à 1 an, temps d’un voyage au long cours, et souvent plus encore.
- Disons d’abord quelques mots de la manière toute spéciale dont doivent être appliquées ces peintures pour avoir le maximum d’effet :
- Il faut que l’action de l’eau de mer sur les corps gras, huiles et siccatifs soit nulle ou à peu près; c’est pourquoi l’application est faite à marée basse dans le bassin de carénage où s’effectuent les réparations. Les peintures ont le temps de s’oxyder, de s’épaissir, jusqu’à la marée haute qui suit.
- On applique en outre une peinture ou plutôt un liquide
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- spécial sur la peinture proprement dite, à la marée basse qui suit, pour stabiliser la première. Quels sont les corps le plus généralement employés dans les peintures sous-marines
- Ils sont des plus divers et la liste que nous allons en donner sera forcément incomplète, car l’imagination des cherchéurs a souvent remplacé la saine logique.
- Voici les plus courants :
- Sulfocyanures de mercure, de cuivre et de plomb.
- Acétates, arsénites et arséniates de plomb et de cuivre.
- Rappelons que l’arsénite de cuivre porte aussi le nom de vert de Scheele ; l’acéto-arsénite de cuivre celui de vert de Schweinfurt.
- Phénol, balcelite, sels de quinine et de strychnine.
- Savons de zinc et de plomb ; naphténates de mercure, de cuivre, de plomb, d’arsenic et de nickel.
- Mais on ne peut pas donner sur ce sujet des généralités plus étendues. Le dernier mot appartient à la formule la plus efficace et relativement la moins chère; nous nous bornerons à donner nos propres formules, à indiquer à ceux de nos lecteurs que la question peut intéresser les noms des marques les plus réputées, laissant à leur sagacité le soin de déterminer celles qui leur paraîtront les meilleures.
- Les « poisons » dont nous avons donné un aperçu ci-deSsus sont associés à des ocres, sulfates de baryte, hématites, limonites, colcothars et rouges de fer les plus divers. Les excipients de ces poisons, charges et couleurs, sont les plus divers; ce sont soit des « white spirit » lourds additionnés, soit de résines et colophanes, soit de résinâtes divers, pour leur communiquer de la siccativité. Il est des formules qui contiennent de l’huile de résine, comme succédané bon marché de l’huile de lin et des benzols.
- Nous donnons ci-joint en (i), (2), (3) les analyses complètes de trois marques étrangères qui nous ont été soumises pour analyses.
- Voici quelques analyses (M :
- Peinture (1) Peinture (2) Peinture (5)
- c av . S. lourd AV. S. léser AV. S. moyen
- Nature du dissolvant. < Essence de de t.èré- de tore-
- ( térébenthine. bentliine. bentliine.
- Arséniate de cuivre. i5.5» Néant Néant A
- Acéto - arsénite de
- cuivre Néant il 0 0 12.0 j o/0
- Sulfocyanure de f du
- cuivre 21.0 10.0 18.0 j pigment
- Sulfocyanure de 1 minéral
- mercure .... Néant Néant 10.0 1
- Ocre — carbonatée. 65.0 70.0 O O ID
- La composition immédiate de ces peintures était :
- Peinture (1) Pointure (2) Peinture (5)
- Partie minérale. . 60 o/0 52 « ?o 55 %
- Résine et résinate. 10 — 12 - 8 —
- Huile de lin. . . . 4 — 5 - - 3 — •
- Dissolvant .... 26 — 3i - 34 -
- Nous donnons également ci-après une formule personnelle'qui nous a donné de bons résultats à base de bakélite.
- Arséniate de plomb 1 kg; vert de Scheele 1 kg; ocre 8 kg; W. S. lourd 5 kg; colophane claire 5 kg; essence de térébenthine 5 kg; goudron de houille (avec ses produits légers) 3 kg; bakélite A (brut) 2 kg.
- Nous ne doutons pas que, quand ce dernier produit sera à des prix abordables, il pourra être considéré comme un des composants intéressants des peintures marines.
- Citons ici les noms des principales peintures sous-marines de firmes et de noms connus qui ont eu la sanction de la pratique ;
- Les peintures Julien, de Marseille; la Nationale de Dubois, de Marseille; la Précieuse, la Sirène, le Bucen-taure et bien d’autres.
- On peut dire que chaque port important, soit de guerre, soit de commerce, eu voit éclore chaque jour de nouvelles.
- Nous le répétons, seul l’essai sur une carène après un voyage au long cours peut être considéré comme un critérium de la valeur d’une peinture sous-marine. Ceci, joint au prix, fixera un armateur d’une façon définitive. Voici quelques formules qui peuvent intéresser nos lecteurs :
- 1, Analyses faites par A, Hutin,
- Une des peintures Dubois (brevet français 354 618) est à base de sulfocyanure de cuivre et d’acide arsénieux.
- Citons aussi la peinture de Del vaux du i5 avril 1920, brevet français 5r4 4o6
- Le Japonais Suzukawa a constitué des peintures sous-marines à base de sels de quinine et de strychnine.
- Voici l’un des brevets de Suzukawa :
- Br. Amer. 1 315 748 du 9 septembre igr8. On dissout de la quinine ou du phénate de strychnine dans le benzène ; on y ajoute des savons de zinc et de plomb, de la résine, de la térébenthine et un pigment convenable.
- L’éther de l’alcaloïde se décompose lentement et détruit, de ce fait, les algues.
- Le même auteur a pris le brevet japonais 3i 3îi du 3i juillet 1917, pour une peinture sous-marine, qui est le suivant :
- A la solution dans le benzène du phénol, de la quinine et de la strychnine, on ajoute une poudre métallique, de l’aluminium ou du cuivre par exemple, ou encore, ce qui est mieux, ce que l’on appelle des bronzes de couleurs et des « brocarts » dans le commerce.
- On ajoute alors un savon métallique, d’un métal lourd, tel que du cuivre ou du plomb, par ébullition prolongée.
- Il y a lieu également de citer le brevet allemand 3ig 199 de Hugo Burstin du 22 novembre 1918 à base de naphténates de mercure, cuivre, arsenic, nickel, plomb. Cette peinture peut être employée avec les autres peintures habituelles.
- La formule de L. S. Tarraut paraît être aussi intéressante. Elle est à base de 5o litres de sang de bœuf, 18 litres d’huile de lin crue, 1 kg de colophane, le tout additionné de la quantité de pigment désiré. Voici, d’après l’auteur, le mode opératoire :
- On amène presque à l’ébullition le mélange du pigment et de l’huile de lin, on ajoute alors la résine. On défibrine le sang et l’on ajoute à une portion dudit sang défibriné un peu de l’huile de lin cuite pigmentée, puis un peu du sang défibriné, et alternativement, de l’un à l’autre, en prenant bien garde que la température ne s’abaisse pas.
- Ce mélange est couvert par le brevet autrichien 8852.
- Nous avons publié dans la Revue de Chimie industrielle (novembre 1918), p. 233 et a34, un résumé des spécifications concernant les conditions des cahiers des charges de la marine française au sujet des exigences de cette administration au sujet des peintures sous-marines.
- Ces conditions se trouvent au fascicule n° 109 (1910-1914) approuvé le 11 décembre 1912, n° 5o44 de Nomenclature des documents.
- Il y est dit ce qui suit et que nous résumons ici, pensant intéresser leà lecteurs de La Nature : Les résultats des analyses devront accuser pour la teneur de la pâte en parties solides d’une part, en métaux (zinc, cuivre, arsenic et mercure), d’autre part, des chiffres au moins égaux à ceux qu’indiquent les analyses confidentielles communiquées au ministre par lettres du :
- Suit ici la nomenclature (A) (') :
- 14 décembre 1917 (Nationale);
- 28 mai 1901 (Dubois, ancienne) ;
- 25 janvier 1901 (Julien);
- i3 janvier 1907 (Mourey).
- Circulaire ministérielle confidentielle du 11 mars 1908, jo mars 1905 et 3o décembre 1907 (Dubois nouvelle).
- On admet sur le taux de la peinture en parties solides une tolérance de 10 pour 100 pour compenser l’incertitude des analyses, les irrégularités de fabrication et les défauts dans les prises d’échantillon.
- Si le déficit dans le taux des parties solides dépasse 10 pour 100, mais est inférieur à 20 pour 100, le fournisseur est admis une fois à améliorer sa fourniture ; au delà de cette tolérance, la fourniture est refusée.
- Si, lorsque la proportion en parties solides rentre dans les limites imposées, il est constaté un déficit dans les proportions, d’un des métaux « d’empoisonnement » supérieur à i5 pour 100 du métal contenu dans le type, la Commission peut, soit accepter la peinture, si elle estime ce déficit compensé par l’excès d’un autre métal, soit l’accepter au rabais, soit la refuser.
- Elle^avertira le fournisseur des différences constatées, en lui faisant connaître, non point les chiffres obtenus, mais les différences entre les chiffres obtenus et les chiffrés considérés comme types confidentiels.,
- 1. Cf. Revue de Çh, Ind,, 1918, A. Hutin. Les peintures sous-marines,
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- Elle dira par exemple : la proportion de mercure est inférieure de 18 centièmes à la proportion de mercure du type.
- Si 1 analyse du pigment est déclarée bonne, mais que le fournisseur ait employé des dissolvants ou des gommes résines de qualité inférieure, la peinture sera refusée.
- Le dissolvant doit être d’un type tel, que go pour 100 distillent au-dessus de ioo°.
- Il ne doit pas en distiller plus de 4 pour 100 entre 900 et 115°, et moins de 90 pour 100 au-dessous de 1600. Rien ne devra distiller avant go0. Albert’Hutix.
- BOITE AUX LETTRES
- osl.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant, un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. -— Notes économiques d'un métallurgiste, par M. Camille Cavallier, Gauthier-Yillars, éditeur.
- Il s’est glissé, dans la « Bibliographie » du numéro du 1 septembre 1922, une erreur sur le prix de cet ouvrage, qui est de 7 francs et non pas de 3 fr. 5o.
- Réponses. — T. S. F. — M. Mary, pharmacien, Le Creusot. — Le commerce étant actuellement abondamment pourvu d’excellentes lampes à trois électrodes, il est beaucoup plus économique de faire l’acquisition de ces accessoires que d’en tenter la fabrication. Vous pouvez vous adresser pour le vidage de vos ampoules à n’importe quelle Société fabriquant les tubes à vide.
- Vous pouvez faire l’acquisition d’une excellente pompe à mercure en demandant une trompe de Ranque; cet appareil qui donne le vide cathodique est en vente chez M. Blanchard, souffleur de verre, 49, rue Lhomond, Paris.
- M. Mortinat, à Crosne. — Une antenne constituée par un circuit d’éclairage, quelle que soit la précaution que l’on prenne pour éliminer les inductions parasites dont ce circuit est inévitablement le siège, convient toujours très mal (pour la réception des messages radio-téléphoniques. Vous pouvez utiliser comme bobine d’accord une bobine plate fractionnée shuntée par un condensateur réglable à diélectrique d’air.
- Pour répondre à votre dernière question, il serait nécessaire que nous possédions un schéma complet de votre installation.
- L. R., Nice. —• Nous vous conseillons l’emploi d’un amplificateur II F à résistances suivi de deux ou trois étages d’amplification en BF. Les enroulements primaires des transformateurs BF devront être shuntés par des capacités fixes'de 6 à 8 mm de mfd et les enroulements secondaires par des capacités de 1 à 2 millièmes.
- Vous pouvez employer pour le noyau de vos transformateurs BF du fil de fer recuit de o,5 de diamètre du type employé dans la fabrication des fleurs artificielles.
- M, L. lamhion, Saint-Gilles-Bruxelles. — Vous trouverez dans les nouveaux chapitres de la dernière édition de La T. S. F. des Amateurs, de Duroquier, différent schémas pour l’utilisation des courants continus ou alternatifs à l’alimentation des postes à lampes. Nous vous rappelons que ces courants se prêtent assez mal au chauffage régulier des filaments d’audions. Il est préférable d’utiliser pour cet objet un bon accumulateur d’une capacité suffisante pour assurer un chauffage régulier (accumulateur de 4 volts et de 3o à 40 Àmp-H,).
- M. J. Perroy, à Saint-Germain-Lespinasse (Loire). — i° La fluatation ne peut donner qu’une imperméabilisation superficielle du mur sans modifier en quoi que ce soit l’humidité intérieure de celui-ci. Pour une maison non construite sur cave, la méthode la plus efficace d’assainissement est de dégager à l’extérieur le piéte-ment du mur sur une profondeur de o m. 40 à o m. 5o et de remblayer en mâchefer. Il se produit ainsi un drainage qui donne très rapidement un résultat satisfaisant. a0 Le cadran solaire mobile, dont vous nous avez envoyé le croquis, était fabriqué avant la guerre par Cordillat, le père Cordillat ainsi qu’on l’appelait dans l’optique, son atelier était 107, avenue Parmentier; malheureusement il est décédé en igifi et la fabrication n’a pas été continuée. Il vous faudra, si vous tenez à avoir cet appareil, le faire exécuter sur commande par l’une des maisons suivantes : Vion, 38, rue de Turenne ; Société des Lunetiers, (5, rue Pastourelle; Secrétan,
- 20, boulevard Saint-Jacques ; Carpentier, 20, rue Delam-bre ; Ducretet, 75, rue Claude-Bernard. 3° Le diamètre du tube de votre baromètre est beaucoup trop faible,
- 1 millimètre dites-vous, la capillarité intervient certainement dans ces conditions pour provoquer la rupture de la colonne de mercure. D’autre part, s’il y a une tache grisâtre à l’endroit où se produit cette rupture, c’est que le tube n’est pas propre et que le mercure est oxydé, il conviendrait de laver tube et mercure à l’eau acidulée parl’acide sulfurique et de bien sécher l’un etl’autre.
- M. Dubois, à Saint-Martin-Chàteau (Creuse). — i° Nous avons répondu à votre question au sujet de la coloration des lampes à incandescence dans un précédent numéro. 20 Pour préparer les papiers attrape-mouches, on fait bouillir 100 gr. d’huile de lin, en évitant l’inflammation et le débordement jusqu’à ce qu’elle prenne une consistance épaisse, on ajoute 120 gr. de colophane puis, quand le mélange est bien homogène, successivement 40 gr. de miel et 10 gr. de glycérine.
- La mixture est appliquée encore chaude sur du papier fort et on laisse sécher.
- M. El Fani, à Tripoli-Marine (Syrie). — i° La canne à sucre renferme environ i5 pour 100 de saccharose et 4 pour 100 de glucose, on commence par écraser les tiges et on extrait le jus ou vesou par expression. Celui-ci est additionné d’environ io pour 100 de lait de chaux à 20° B., puis on fait passer un courant d’acide carbonique de manière à ne laisser qu’une légère alcalinité. On filtre, évapore et fait cristalliser. Nous doutons que vous puissiez effectuer ces opérations sans instruments. 20 Adresses de fabricants de moules pour parfumerie : Letang fils, 108, rue Vieille-du-Temple ; Anthoine, 39, rue Faidherbe; Sommet, 5, rue Debelleyme; Méri-goux, 90, boulevard de Ménilmontant. 4° Adresses de façonniers : Robert, 28, boulevard de Strasbourg; Bobin, 22, rue de Tanger; Depinoix, 7, rue de la Perle; François, 4L rue Stephenson; Lefébure, 5, rue Mazet. 5° Pour blanchir la cire, on la fait fondre avec de la crème de tartre en poudre et on l’expose ensuite plus ou moins longtemps à la lumière du soleil.
- M. G. Chardin, à Biches (Nièvre). — i° lu’emploi du silicate de soude pour la conservation des œufs est courant et donne de bons résultats, vous trouverez tous les détails à ce sujet dans les Recettes de la maison, p. 26. 20 Les marmelades et confitures de fruits dits acides peuvent parfaitement être conservées dans des boîtes de fer-blanc, les acides organiques n’attaquent pas l’étain dans ces conditions et le fer est suffisamment protégé. 3" Vous pouvez peindre sur peau blanche ou teinte, en vous servant des couleurs broyées à Phuile vendues en tubes, qu’il faut prendre soin de dégorger 3 ou 4 jours à l’avance sur plusieurs doubles de papier buvard. Il suffit alors de les délayer dans l’essence de térébenthine pour leur donner la fluidité convenable; ainsi'préparées elles sont propres à l’emploi.
- M. de Bures, à Falguières (Tarn-et-Garonne). — 1" L’insuccès que l’on éprouve habituellement en peignant sur ciment provient de ce que celui-ci est très alcalin et provoque une saponification de l’huile que contient la peinture. On peut y remédier en badigeonnant au préalable le ciment avec une solution saturée de sulfate de zinc, on laisse sécher 3 ou 4 jours, puis on peint à la manière ordinaire. Dans ces conditions, il se forme du sulfate de chaux et de l’oxyde de zinc qui ne présentent aucun des inconvénients précités. 20 Le silicate ne conviendrait pas, son alcalinité agirait sur l’huile comme nous venons de le dire. 3° La formule que nous avons rapportée dans le N° 25oo 11’a été citée qu’à titre documentaire, nous n'en connaissons pas l’efficacité.
- M. P. Ilubault, à Boutillerie-les-Amiens. — i° 1 2 préparation de l’essence de lilas synthétique s’effectue
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- bien en partant des cristaux de terpine ou dihydrate de térébenthine C10H1Ü, a H2 O obtenus eux-mèmes par contact de l’essence de térébenthine, de l’acide azotique et de l’alcool à 8o°, d’après le procédé de Bertram, mais il faut agiter fréquemment et attendre de 4 à 6 semaines pour obtenir 25o gr. de cristaux; quand on met en œuvre 4 litres de térébenthine, par contact plus prolongé, on peut atteindre le kilogramme de cristaux. Nous appelons votre attention sur l’emploi d’essence de térébenthine vraie et non d’essence de térébenthine du commerce qui peut être falsifiée. 2P II s’agit bien du terpi-nèol des traités de chimie.
- M. Rachou, à Camares-sur-Dourdon (Aveyron). — La pâte employée pour rendre lumineux les cadrans de montres est constituée par du sulfure de zinc, additionné de 0,4 milligrammes de bromure de radium; c’est la composition qui, d’après les travaux du National physical Laboratory d’Angleterre, donne les meilleurs résultats, voir La Nature, N° 2357, du 3 mai 1919
- M. le colonel Berlin, à Paris. — Il 11’existe pas d’ouvrage spécial sur la gravure par le sable; cette opération étant purement mécanique, il vous suffira de voir les principaux modèles d’appareils chez les constructeurs suivants : Sturtevant, 60, rue Saint-Lazare; Michel, 46» faubourg du Temple; Fabriques réunies, 61, avenue de la République; Glaenzer, 18, faubourg du Temple; Perdrizet, 102, rue de Maubeuge; Ingersoll, 33, rue Réaumur; Woelfflin, 44» rue Etienne-Marcel; Fabricant de pochoirs pour cette application, Omont, 9, sentier des Essarts, à Meudon (Seine-et-Oise). 20 Pour faire disparaître les traces d’albumine sur les tissus, il suffit de les laver à l’eau chaude additionnée de 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux).
- M. G. Truffant, à Versailles. — i° Le durcissement des objets en plâtre s’effectue ainsi : On fait sécher complètement d’abord à l’air puis au four. Ensuite on immerge dans une dissolution de borax à 200 gr. par litre portée à l’ébullition. Cinq minutes de séjour dans le liquide bouillant suffisent, si l’objet n’est pas trop volumineux, pour que le plâtre ne puisse plus être attaqué au couteau. Au cas où l’article devrait être en contact avec la terre comme vous l’indiquez, il serait bon de terminer après séchage par une immersion dans un bain de stéarine fondue. 2° Nous ne connaissons pas
- les procédés de fabrication de la Société Cellulose, le mieux serait de vous adresser à la maison même.
- M. Capon, à Paris. — 1'’ Vous pourriez essayer d'obturer la fissure qui s’est produite dans la culasse de votre moteur par l’application du ciment classique que
- l’on obtient en prenant :
- Limaille de fer............. 120 gr.
- Sel ammoniac.................. 5 —
- Fleur de soufre............... 5 —
- On humecte le mélange avec de l’eau contenant 5 pour 100 de vinaigre et acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique; ce ciment devient très dur et vous donnera très probablement satisfaction si les surfaces d’application sont suffisamment rugueuses et si la fissure n’est pas en forme d’entonnoir ouvert vers l’extérieur. 2° Nous avons répondu à votre demande dans le N° 2520 du 22 juillet 1922, p. 31, veuillez bien vous y reporter.
- MM. Delmasure, à Roubaix. — Vous pouvez prendre comme type d’adhésif pou.r courroies la formule suivante :
- Colophane....................i5o gr.
- Poix noire...................200 —
- Cire jaune...................i5o —
- Huile de pied de bœuf . . . 5oo —
- Dans les produits du commerce ou substitue souvent à la cire jaune de la paraffine, de l’ozokérite ou encore de la cire de lignite appelée aussi montanwachs.
- M. Z<? Zr Lucas, à Rennes. —- i° Le rôle de la sourdine dans les instruments à cordes est des plus simples : Pour une corde de longueur donnée soumise à une tension donnée, Vintensité du son dépend de l’amplitude de la vibration, c’est-à-dire de l’écart entre la position extrême atteinte par la corde à l’endroit d’un ventre et sa position de repos. Si donc on limite l’amplitude, on limite par cela même l’intensité du son produit sans rien changer à sa hauteur ni à son timbre. 20 La préparation des insectes pour leur montage en bijouterie n’est autre chose qu’une métallisation électrolylique ; pour cela, on les plonge pendant 24 heures dans une solution de nitrate d’argent dans l’alcool, laisse sécher à l’air, puis expose dans une caisse à des vapeurs d’hydrogène sulfuré qui produit une sulfuration de l’argent. L’objet étant ainsi rendu conducteur est recouvert électrolytiquement d’or, d’argent ou de tout autre métal en se servant des bains de galvanisation habituels et dont les formules sont courantes.
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- BIBLIOGRAPHIE
- oC
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Manuel de VElectricien (construction de réseaux d’énergie), par M. Daval. i vol. in-18 de 288 p., 180 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1922. Prix : 8 francs.
- Ce manuel indique quels sont les divers modes de distribution de l’énergie électrique, analyse les règlements qui les régissent, et expose les règles d’installation et de montage des divers organes qui constituent une ligne.
- Manuel de l’ouvrier-fumiste en bâtiment, par A. Beuoxi. 1 vol. in-16, 400 p., 225 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1922. Prix cartonné : 10 francs.
- Ce manuel explique les divers travaux qui incombent à l’ouvrier fumiste ; il expose comment ils doivent être exécutés. L’auteur, pour faire bien comprendre le pourquoi de ses prescriptions, décrit avec soin, chemin faisant, le mode de construction et le fonctionnement des divers appareils de chauffage que l’on peut rencontrer dans un immeuble. Le livre se termine par un lexique des termes techniques employés dans la profession.
- Album général des Algues bleues, par H. Couiun (chez l’auteur, 5, rue de la Santé, Paris, XIIIe). Prix : 20 francs, net.
- Les Algues bleues offrent cette particularité que, bien qu’elles pullulent partout, on les étudie rarement, sans doute dans la persuasion — fausse, d’ailleurs — qu’elles sont toutes semblables les unes aux autres. Ce sont elles qui constituent, à la surface du sol ou sur les pierres, ces masses (Nostocs) ou ces enduits d’un vert tirant très vaguement, sur le bleu, que l’on voit sur les troncs d’arbres, au bas des murs et dans les ruisseaux coulant le long des trotloirs. D’autres abondent à la surface de l’eau des étangs, où elles apparaissent à certaines époques, d’où le nom de fleurs d’eau qu’on leur donne quelquefois. Certaines, enfin, se trouvent dans la mer. L’étude de toutes ces Algues bleues ne peut se faire qu’au microscope, dans une simple goutte d’eau. Comme on le verra dans l’Album xjue nous signalons et où, pour la première fois, tous les genres sont figurés, leurs formes sont assez variées et elles présentent ce caractère général, que, seules (avec les Bactéries) parmi les êtres vivants, leurs cellules n’ont pas de noyau. Certaines, comme les Oscillaires, sont mobiles sans que l’on ait jamais pu découvrir les causes de leur mouvement.
- Cet Album sera très précieux aux amateurs d’Al-gues microscopiques et complétera celui, précédemment paru, du même auteur sur les Diatomées, bien que les Algues bleues soient beaucoup moins jolies que ces dernières.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2533
- 21 Octobre 1922
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- INFORMATIONS
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- Le vol à voile. Le concours allemand de la Rhôn.
- — On sait que, an mois d’août dernier, en même temps que se tenait le premier concours français de vol à voile au camp de Combegrasse, les Allemands, au camp de la Rhôn, tenaient leur 3e concours qui réunissait 53 planeurs. Des résultats sensationnels furent enregistrés, des vols de i heure, 2 heures et 3 heures.
- La revue L'Aéronautique publie des détails précis sur les vols à voile de la Rhôn; nous en extrayons les renseignements suivants :
- Le grand triomphateur du concours fut le monoplan Hannover-Vampyr. Le 16 août, il réussit un premier vol à voile de 18 m. 45 s. Le 17 août, Martens, sur cet appareil, gagne le prix de précision d’atterrissage en se posant à o m. 80 du but; le 18 août, Martens vole en 8 successifs pendant 4i minutes; à ce moment, il est à 4o m. au-dessus de son point de départ et regagne le sol à 12 km de là après 64 minutes de vol. Pendant ce vol, le pilote avait gagné jusqu’à 70 m. de hauteur au-dessus de son point de départ. Le vent soufflait avec une vitesse de 4 à 7,5 mètres par seconde.
- Le lendemain, nouveau record de durée : Henzen sur le même Hannover-Vampyr vole pendant 2 heures 10 secondes. Nouveau record de hauteur, il gagne'3oo m. au-dessus de son point de départ; cette altitude est atteinte après 45 minutes de vol, l’aviateur volant en
- Le Hannovcr-Vampyr.
- cercle autour de son point de départ. Le vol a commencé à 17 h. 3o s.; la vitesse du vent était de 6 à 7 m. Vers 18 heures, le vent fléchit et n’est plus que de 3 m. à 3 m. 5o. Après 66 minutes, l’avion a encore une hauteur de 120 m. au-dessus du point de départ. Après 90 minutes, il n’est plus qu’à 80 m. d’altitude.
- Le vent s’intensifie alors légèrement et atteint 4 m. à 4 m. 5o. L’avion regagne de la hauteur, puis au coucher du soleil va atterrir à i3 km 5 de son point de départ. L’aviateur a décrit pendant ce vol des cercles de 600 à 800 m. de diamètre et des 8 réguliers.
- Le 19 août, le Hannover-Vampyr monté par Hentzen tient l’air pendant 3 h. 10 s., et atteint 36o m. au-dessus du point de départ. Vent violent de 8 à i5 m. par seconde.
- Le même jour, le Darmstadt-6 piloté par Hackmack tient l’air 1 h. 46 m, le Darmstadt-1922 vole 25 m. 35 s., le Hannover-Greif, perfectionnement du Hannovcr-Vampyr, mais insuffisamment mis au point, ne peut tenir l’air que 18 m. 12 s.
- Le Hannover-Vampyr, établi d’après les plans de M. Prôll, est un monoplan construit par la Ilannoverschc Waggonfabrik. Il mesure 12 m. 60 d’envergure, 5 m. de long, 16 m2 de surface; il pèse 100 kg à vide; son poids en charge est de 10 kg 6 par m2. Il a des ailes épaisses, un fuselage en contreplaqué, un gouvernail de profondeur compensé, pas de plan fixe horizontal; un gouvernail de direction et un plan fixe vertical. La stabilisation latérale se fait par gauchissement. Il atterrit sur 3 ballons de football rotatifs. Dépenses de construction : 3ooooo marks (papier). Tous les autres planeurs du con-corirs étaient également des monoplans.
- Emploi d’automotrices sur chemins de fer départementaux. — Dans le but d’améliorer le rendement de ses communications ferroviaires et aussi d’abaisser les frais d’exploitation, le département du Cher, après des essais de réception concluants, vient de mettre en ser-
- vice une première série d’automotrices à essence Renault, type léger de 3o places.
- Les essais en question ont eu lieu sur la ligne de Veaugues à la Guerche ; la vitesse commerciale réalisée a été- supérieure à celle des trains à vapeur avec une consommation d’essence qui n’a pas dépassé 20 litres aux 100 km. La parfaite stabilité de l’automotrice et son aptitude à passer les courbes ont été particulièrement remarquées. En outre, ce type d’automotrice a pu remorquer facilement un wagon de 5 tonnes dans des rampes de o m. o3.
- Ces essais sont à retenir par les administrations départementales et les conseils généraux en ce qu’ils peuvent permettre de rétablir sur de nombreuses lignes d.’intérêt local un trafic parfois supprimé à cause des déficits d’exploitation. On peut noter, en effet, que les frais d’exploitation d’une automotrice Renault sont couverts dès qu’elle transporte seulement 4 ou 5 personnes.
- Une nouvelle gomme résine. La gomme Nàuli. —
- L’Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande sont déjà connues depuis longtemps pour être le pays d’élection des gommes fossiles, et l’on peut dire que le marché des copals kauri est en quelque sorte entre les mains de ces pays. Plus récemment, l’abondance de résines accroïdes tant rouges que jaunes, en ces pays, a créé un nouveau champ d’activité.
- L’Jnstitut Impérial de Science et d’Industrie de Melbourne donne, dans son bulletin n° 4 de 1921, le résumé des travaux, qui y ont été effectués, sur une nouvelle oléo-résine des Iles Salomon, et qui porte le nom de gomme Nauli.
- Elle proviendrait d’un gros arbre, abondant dans ces îles, très curieux par ses propriétés; au point de vue commercial, elle pourrait devenir, dit-on, une production assez importante, au même titre que les kauris et les accroïdes.
- C’est une oléo-résine assez molle, à forte odeur d’anis. Elle est jaune pâle avec des bandes noirâtres : elle est
- collante.
- En voici l’analyse immédiate.
- Humidité....................... 2,5 pour 100
- . Huile volatile.................10,4
- Résine..........................8t,8
- Mat. sol. dans l’eau.............3,7
- Mat. insol. alcool (impuretés minérales et végétales). . . 1,6
- L’entraînement de la matière volatile par un courant de vapeur d’eau 'donne une essence se solidifiant à 4°,5 et qui est de l’anéthol pur (principal constituant de l’essence d’anis).
- La résine restant est brun rougeâtre, transparente, dure, cassante, fondant à 69/71°.
- Elle est insoluble dans les alcalis caustiques, donc impropre à la fabrication des savons et matières d’apprêt ; elle serait propre à la fabrication des vernis.
- Son chiffre d’acide est de 9, et son chiffre d’éthérification est de io,4-
- Ln vernis préparé avec une partie de cette résine et 2 parties d’alcool mélhylique a été appliqué sur du bois enduit de gélatine formolée,il a séché rapidement, en donnant un film pâle, plutôt mou, qui est devenu en 2 jours, assez dur et brillant, mais d’un arrachement plutôt facile.
- Les spécialistes en vernis ont jugé que cette résine séparée de son huile volatile avait des propriétés qui la rapprochaient plutôt delà dammar que de la colophane.
- Ils l’ont jugée convenabl? à faire des vernis colorés, semblables à l’accroïde rouge.
- Quant au prix, les mêmes spécialistes l’ont estimée valoir une bonne colophane de même couleur cotée à Londres en 1921 (novembre) à 16 shillings par hundred weight) — o fr. 86 le kilog. environ.
- Quant à l’anéthol, n’oublions pas qu’il valait avant guerre 22 francs le kg (de Haen) et qu’il n’est pas exagéré de dire qu’il pourrait valoir actuellement 3 à 4 fois plus.
- Or. l’huile volatile obtenue contient 34 pour 100 d’anélhol.
- fia conclusion pratique du Comité a donc été de pratiquer l’entraînement par la vapeur d’eau, sur place, par des moyens élémentaires.
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- INFORMATIONS
- Nul doute que no s colonies d 'Océanie ne contiennent, elles aussi, cette oléo-résine qui apparaît à première vue comme une chose fort intéressante. Albert Hutin.
- Quelques nouveaux substituts de la gomme laque. L’accroïde modifiée. « La Synlac ». — Nous n’avons pas ici l’intention de parler des résines synthétiques, soit bakélites divers, soit résines de coumarone. Le sujet a été amplement traité, bien qu’encore bien obscur.
- Nous nous bornerons à dire que, en ces matières, il faut toujours avoir les yeux fixés sur les prix des matières premières d’une part, sur ceux des produits fabriqués d’autre part, et finalement sur les mercuriales des produits qu’on veut concurrencer.
- Ainsi, avec du formol à 5 francs (qui met le CH20 à 12 fr. 5o le kilog), avec du phénol cristallisable à 4 francs le kg, avec les frais de fabrication élevés, on ne peut guère s’attendre à voir le prix du bakélite pur s’abaisser au-dessous de 16 francs environ. Une firme française vend actuellement les résines synthétiques en poudre, à 40 pour ioo , 8 fr. 5o ; à 6o pour ioo, îo fr. 5o. Certains produits sont, il est vrai, meilleur marché ; mais ils sont douteux comme qualité et comme origine.
- Si nous jetons les yeux du côté des résines de l’indène et du coumarone, là, c’est la bouteille à l'encre, au point de vue commercial,
- Seule, l’Allemagne en fait. Mais comment se débrouiller au milieu des 3o et quelques variétés de prix, qualités et couleurs les plus différentes : du visqueux noir au solide à peine ambré, en passant par toute la gamme des couleurs et des viscosités possibles ?
- Et ce n’est pas tout : comment faire des affaires sérieuses avec le mark qui tend vers zéro ? Les Allemands ont depuis longtemps cherché leur voie (et l’ont, dit-on, trouvée), en matière de succédanés de gommes laques et copals, par la transformation chimique de la gomme accroïde. Déjà plusieurs firmes françaises de matières plastiques moulées, à base de gommes laques et de copals, ont étudié la question du remplacement d’une partie de la gomme laque ou du copal par la gomme accroïde. Mais il y a des tours de mains que chacun tient secrets.
- Rappelons en.quelques mots que la gomme accroïde (gomme du Xanthorrhea Jiastilis, curieux arbre de la Nouvelle Zélande et de l’Australie) revient en France actuellement à i fr. s5 le kilog. A Melbourne, on la négocie actuellement de o fr. 40 à o fr. 60.
- Un chimiste allemand aurait, d’après la Chemiscke Umschau, traité la gomme accroïde finement pulvérisée par un oxyde métallique (qu’on ne nomme pas).
- Ensuite on ajouterait un acide minéral (?), et l’on chaufferait vers 70-80°.
- L’acide s’emparerait à la fois de l’indésirable matière colorante rouge de l’accroïde rouge (*) et du .métal adjoint. Tout ceci est bien ténébreux, avouons-le.
- La résine fondue serait ensuite lavée à l’alcali faible, puis à l’eau.
- Comme on le voit cette question doit intéresser les chercheurs français, et nous la leur signalons :
- Faire l’équivalent d’un produit à z5 francs le kilo (gomme laque TN), ou d’un produit même de 3 à 4 francs (copals communs) avec un produit à 1 franc et moins dans l’avenir, c’est résoudre un problème intéressant et pas insoluble pour nos chercheurs. On dit aussi, comme application de la gomme accroïde modifiée, que les chapeliers s’en servent pour les chapeaux de soie, pour durcir les formes en calicot ($).
- On en parle aussi dans la fabrication des cires à cacheter, et des disques pour phonographes.
- Pour revenir enfin aux gommes laques synthétiques, autres que les bakélites, notons pour terminer ce court aperçu qui n’a d’autre mérite que celui de l’actualité, qu’il vient de paraître À Londres, sur le marché des gommes résines, un nouveau succédané de gomme laque, très bon marché, qui porte le nom de « Synlac ».
- Il ressemblerait, dit-on, de près, aux gommes laques naturelles. Il se dissoudrait en toutes proportions dans l’alcool dénaturé froid, bien qu’en solutions troubles. Le filtrat obtenu serait d’une couleur analogue à la très
- 1. Rappelons qu’il existe line accroïde jaune, plus rare, qui vaut de 2 à 3 fois l’accroïde rouge.
- 2. Nous avons signalé jadis, pour le même but, la gomme de Zapotillier du Pérou, très bon marché, mais qui n’est pas une gomme résine; c’est une gomme soluble dans l’eau, comme la Sénégal, etc.
- belle TN et d’un brillant parfait. On va jusqu’à dire que 900 grammes de « Synlac », dans 5 litres d'alcool, produisent un vernis qui vaut les vernis copal, ou sandaraque, ou dammar. Si cela était vrai, en ce qui concerne le dam-mar, on pourrait unir un vernis de « synlac » avec de l’huile de bois, ou de lin cuite, pour « fils émaillés », ce produit dont le secret de fabrication est si jalousement gardé par ceux qui en fabriquent. Albert Hutin.
- L’approfondissement du Sund. — Le Sund, le Bosphore du Nord, comme on surnomme ce détroit danois, est la route la plus courte entre la mer du Nord et la Baltique, et Copenhague le principal port de distribution des marchandises pour les pays baltiques. Or, le développement de cette fonction, comme la fréquentation du Sund, se trouve entravée par l’insuffisance des profondeurs dans la partie méridionale de ce bras de mer. Au sud de Copenhague, le chenal occidental du Sund, le Drogden, qui s’ouvre entre les îles Saltholm et Amager dans les eaux territoriales danoises, de même que celui de l’est, le Flinteréhde, situé en partie dans les eaux suédoises, n’offrent que des fonds inférieurs à 7 m Aussi bien, les grands cargos possédant un tirant d’eau supérieur sont-ils forcés d’éviter le Sund et empruntent-ils le Grand Belt pour passer de la mer du Nord dans la Baltique ou vice versa.
- Cette situation préjudiciable au commerce de Copenhague a appelé l’attention du gouvernement et du parlement danois. Tout récemment, annonce le Danish Foreign Office Journal, les chambres ont voté des crédits pour permettre d’approfondir le Drogden qui intéresse tout particulièrement le commerce et la navigation du Danemark. D’après le projet adopté, la profondeur de ce chenal, qui à l’heure actuelle ne dépasse pas 6 m. go, sera portée à 7 m. 53, sur une largeur au plafond de 25om. — Les travaux doivent commencer cette année même. L’amélioration prévue ouvrira aux grands cargos une route plus courte de 100 milles que celle qu’ils sont obligés d’emprunter entre la mer du Nord et la Baltique. Charles Rabot.
- Le film du Coucou.— Le Bulletin de la Ligue française pour la protection des Oiseaux publie une intéressante lettre de M. Burdet qui met au ^oint de façon définitive l’histoire du Coucou. Nous la reproduisons ci-dessous :
- « Yoilà cinq ans que je le guettais, avec une ardeur, une persévérance vraiment dignes de mon sujet. Je ne puis, en quelques lignes, vous décrire toutes les péripéties de cette lutte; j’ai été extrêmement favorisé par les circonstances de ce printemps : j’ai eu le privilège d’observer au moins cinq nids dans lesquels se trouvait un œuf de Coucou (l’un dans un nid d’Alouette, les quatre autres dans des nids de Rossignols de murailles). J’ai enfin réussi à filmer l’expulsion par le jeune Coucou de ses camarades de nid.
- Mais, ce qu’il y a de plus intéressant, de plus palpitant, de plus nouveau, c’est que j’ai été le témoin, pour la première fois, de l’éviction d’un jeune Rossignol de murailles par le jeune Coucou, pendant que la couveuse était sur ses petits!!!
- L’expulsion se fait, en quelque sorte, avec la complicité de la mère (Rossignol de murailles) qui laisse faire le Coucou, ne fait aucun effort pour empêcher l’acte criminel, ni pour réparer le mal en replaçant son propre petit dans le nid. J’ai réussi à filmer cette scène incroyable ; c’est une nouvelle contribution des plus intéressantes à la biologie du Coucou.
- Mon observation explique, en quelque mesure, celle de M. Bernard, de Montbéliard, que j’ai rapportée dans mon article sur le Coucou (nos 5-6 mai-juin 1921, Bull, de la L. P. O.).
- Seulement, tandis que M. Bernard, n’étant pas à même d’observer d’assez près les agissements de la mère Rouge-Gorge, accuse celle-ci d’être l’auteur de l’expulsion de l’œuf, j’ai eu l’immense avantage d’être placé dans une tente-abri, à un mètre du nid de Rossignol de* murailles, et de suivre, pendant plusieurs heures de suite, les événements extraordinairement intéressants qui se passaient sous mes yeux. J’avoue que la chose me parut tellement incroyable que je fis recommencer l’opération jusqu’à cinq fois en replaçant chaque fois le jeune expulsé dans le nid. Mon film établit d’une façon définitive ce point si contesté jusqu’ici de l’histoire du jeune Coucou. »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Optique '$><$3
- La téléloupe binoculaire. — Cet appareil, imaginé par le Dr J. Molinié, est une loupe qui permet de voir avec les deux yeux et avec un fort grossissement les petits objets tout en se tenant à une assez longue distance d’eux.
- En l’espèce, on peut avoir un grossissement de 6 X à io X entre 35 et 15 cm de distance frontale.
- La téléloupe est essentiellement constituée par deux systèmes de Galilée (un pour chaque œil) entre l’objec-
- Fig. i. — Téléloupe du Dr J. Molinié avec son photophore et son bandeau frontal
- lif et l’oculaire desquels le rayon lumineux subit plusieurs déviations disposées toutes dans le plan transversal.
- Grâce à cette combinaison, l’appareil revêt la forme d’une boîte rectangulaire qui vient prendre place au devant des yeux.
- Une de ses faces porte les oculaires susceptibles, par suite d’un déplacement latéral, de s’accommoder à différents écartements pupillaires.
- Sur l’autre face sont les objectifs orientés de façon à venir converger à 3o cm de distance, même à travers une fente ou une lumière relativement étroites.
- En avant des oculaires se trouve un cadre dans lequel viennent prendre place successivement des verres d’approche pour des grossissements plus ou moins considérables.
- Sur les bords latéraux se trouvent des vis j
- moletées qui permettent la mise au point indépendante pour chaque œil, au moyen d’un déplacement intérieur des prismes, sans aucune modi- :
- fication de la forme extérieure de l’appareil.
- Cette téléloupe, en plus du système optique, !
- porte un photophore venant projeter ses rayons sur l’objet à examiner.
- Enfin, tout cet ensemble se monte sur un ban- j
- deau frontal qui permet de placer la téléloupe devant les yeux avec une fixité suffisante pour I qu’elle s’y maintienne sans le secours des mains | qui restent libres pour toutes manipulations nécessaires.
- La téléloupe binoculaire convient à tous les usages qui requièrent l’emploi d’une vue amplifiée.
- Grâce à la vision binoculaire, cette loupe donne un relief très accentué et les deux yeux travaillant synergiquement ne sont pas exposés à la fatigue et aux dangers de la vision monoculaire.
- En outre, la distance entre l’objet examiné et
- rement délicates (sur les filets nerveux ou les vaisseaux).
- Dispositif pour vision latérale par deux observateurs. —- Ce dispositif, destiné à prendre place sur la téléloupe, a pour but de permettre à deux observateurs
- Fig. a. — Téléloupe binoculaire employée pour l’otoscopie. Positions respectives de l’otologiste et du patient au cours d’un examen.
- supplémentaires placés à droite et à gauche de l’observateur principal de voir en même temps que lui les régions qu’il explore et de suivre ses actes opératoires.
- Cet appareil est essentiellement constitué par deux prismes à réflexion totale disposés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane et renvoyant à droite et à gauche l’image de l’objet examiné.
- Les prismes venant converger sur le même * ^ point que les objectifs de la téléloupe, les obser-
- vateurs supplémentaires placés à droite et à gauche de l’observateur principal verront en même temps que lui les objets qu’il examine.
- Grâce à une loupe placée de chaque côté, les observateurs auront une vue légèrement grossie de l’objet examiné.
- Dispositif pour photographie stéréoscopique des objets examinés. — La photographie des petits objets peut être obtenue en utilisant le dispositif de vision latérale ci-dessus, dans lequel les deux lentilles ont été remplacées par deux appareils photographiques.
- Nous avons vu déjà que par suite de la convergence des prismes sur le même point que les objectifs de la téléloupe, tout ce qui se trouve dans le champ de vision de cette dernière se Irouvera dans le champ des appareils photographiques.
- Si on a soin de régler préalablement la mise au point des appareils photographiques sur celle i de la téléloupe, l’opérateur pourra à tout instant
- I prendre une vue de l’objet examiné, sachant que
- ! tout ce qu’il aperçoit nettement avec la téléloupe
- B’O
- O B
- Fig. 3. — Schéma montrant la marche des rayons lumineux dans le dispositif à vision latérale pour deux observateurs. 0, objet examiné; pp', prismes; LL', lentilles; B B', observateurs.
- l’œil de l’observateur est toujours assez grande pour permettre tous les travaux, dissections, opérations ou autres manipulations qui peuvent être exécutées dans la position et aux distances habituelles.
- Au point de vue médical, la téléloupe convient surtout aux otologistes, oculistes, dermatologistes et aux chirurgiens qui font des opérations particuliè-
- se projette en même temps avec la même netteté sur la plaque sensible.
- Il y a lieu de signaler que suivant que l’on veut photographier un objet situé profondément ou au contraire situé à ciel ouvert on modifie l’écartement des prismes. Dans le premier cas, ils doivent êti'e très rapprochés de façon à permettre aux rayons partant du fond de la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- cavité examinée de venir atteindre les prismes à travers l’ouverture de cette cavité.
- Dans le deuxième cas, on peut écarter les prismes, puisque rien ne s’oppose au passage des rayons qui, par-
- Fi'g. 4. — Téléloupe du Dr Molinié avec dispositif de vision latérale.
- tant de l’objet examiné, aüront ainsi la possibilité dè les atteindre.
- Il y a avantage, toutes les fois qu’on le peut, à utiliser ce dernier dispositif de préférence au premier, car grâce
- Fig. 5. — Téléioupe avec dispositif pour photographie stéréoscopique des petits objets et de toutes cavités susceptibles d’exploration.
- à son emploi il est possible d’obtenir des photographies présentant un effet stéréoscopique très accentué. Constructeur : lvrauss, 18, rue de Naples, Paris.
- Objets utiles
- Pour ouvrir les œufs à la coque. — Ce n'est pas toujours chose facile que d’ouvrir correctement et proprement un œuf à la coque. L’œuf est chaud, on se brûle les doigts à vouloir le maintenir, on le frappe d’un coup de couteau hâtif et souvent maladroit; on brise la coquille, on répand à l’extérieur quelque peu
- fi. — Appareil pour ouvrir les
- du précieux contenu, que l’on souille en même temps de minuscules fragments de coquille.
- Voici un ustensile fort simple qui fait disparaître toutes ces petites difficultés.
- C’est une sorte de guide, formé par une lame en aluminium formant poignée à l’une de ses extrémités et percée en son centre d’un orifice circulaire. On en coiffe
- l’œuf placé dans son coquetier; d’une main on maintient solidement l’appareil sur l’œuf ; de l’autre on prend,un couteau avec lequel on frappe l’œuf d’un coup sec en suivant exactement le guide. La lame tranche nettement la coquille et on détache sans éclats la calotte supérieure.
- En vente chez Barbier, 4> rue de Liège, Paris.
- Nettoyage des parquets par le Triplex. — La
- crise domestique oblige chaque ménage, même le plus
- Fig. 7, —1 Le Triplex adapté à line brosse à parquet.
- modeste, à simplifier les travaux ménagers. Et les inventeurs s’ingénient à créer dans ce but des appareils pratiques.
- En voici un, imaginé par un aveugle de guerre, qui semble appelé à rendre de grands services.
- Il peut servir à laver, éponger, encaustiquer et frotter les parquets, et il évite à la personne chargée de ce travail peu agréable l’obligation des postures fatigantes ; il n’est plus besoin de se baisser ou de s’agenouiller pour procéder à cette opération de propreté; la manœuvre est la même que celle d’un balai.
- L’appareil comprend un manche dont la longueur est celle d’un manche à balai ordinaire; à l’extrémité inférieure est fixé un dispositif préhenseur, auquel on peut adapter à volonté, par une manœuvre très simple, soit une brosse à parquet, soit un porte-cire, soit un torchon, soit un paquet de paille de fer.
- L’inventeur est M. Mougenel, 3, rue Jules-Verne, Paris, 11°.
- Le repose-baby. — Le sommeil dans la journée est une nécessité pour les tout-petits jusqu’à 1 ou 3 ans. Mais il n’est pas toujours aisé de le leur assurer dans une installation confortable. En promenade, au jardin, en voyage, on est forcé très souvent de se contenter de dispositifs improvisés où l’enfant repose mal. Le repose-baby, berceau pliant, léger et transportable, fait disparaître cette difficulté.
- C’est un hamac de profondeur raisonnable, porté par une monture en bois, repliable et très légère ; une capote de toile complète l’ensemble et permet d’abriter le petit dormeur du vent ou du soleil.
- On peut ainsi en toutes circonstances installer aisément l’enfant au grand air, c’est-à-dire où son sommeil sera le plus réparateur. La capote et le hamac sont démontables, ce qui permet de les laver fréquemment.
- Enfin l’appareil est muni d’une gaine qui le protège lors des transports. 11 pèse en tout 4 kg et ses dimensions permettent de le mettre aisément dans une malle.
- L’inventeur est M. Larguèze, 33, rue Dautancourt, Paris, 17e.
- Fig. 8. — Le Triplex
- adapté à un torchon.
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- VARIETES
- LA. PRÉPARATION
- Nous avons tous apprécié l’appoint précieux que les conserves alimentaires apportaient à nos maigres menus pendant la période de guerre. D'aucuns ont certainement connu là bien des préparations qu’ils ignoraient, et auxquelles ils sont peut-être restés fidèles. Telles cuisinières mettent encore largement à contribution les boîtes, bocaux de viandes, légumes, fruits, confitures, produits lactés, que la liquidation des stocks a semés aux quatre coins de notre pays.
- Cette diffusion des conserves, d’origine étrangère ou nationale, engagera-t-elle les familles à préparer elles-mêmes ce qu’en temps ordinaire elles payaient plutôt cher? La chose est, en tout cas, fort désirable, car les , avantages qu’elles en tireraient au double point de vue économique et hygiénique ne sont plus à démontrer.
- Devons-nous rappeler, à ce sujet, que depuis longtemps cette pratique s’est généralisée dans les fermes des Etats-Unis? Disons, aussi que, dès l’armistice, des missions de dames américaines ont été envoyées en France, chargées de faire des démonstrations, — avec applications pratiques pour les personnes qui les suivent —• de fabrication des conserves ménagères à nos populations, afin d’aider à la reprise de la vie économique. Depuis, chaque année, elles rayonnent dans plusieurs départements, où elles obtiennent un grand succès.
- On croit trop souvent qu’il faut un talent spécial pour réussir en cette matière. Il est cependant des procédés si simples que l’on s étonne vraiment de ne pas les voir mettre plus souvent à contribution à la maison.
- Nous allons donner, à ce sujet,'quelques renseignements sur la préparation des raisins secs, dont nous importons chaque année des dizaines de milliçrs de quintaux, principalement d’Espagne, de Grèce, de Tunisie, d’Algérie, etc.
- En Provence, en Languedoc, dans le Bordelais, où cette petite industrie agricole avait pris autrefois quelque importance, on utilisait surtout les variétés Panse muscade, Panse commune, Aragnan (Picara-gnan), Clairette, Mourvèdre, Ugni, etc.
- Les grappes doivent être cueillies très mûres. Leur simple dessiccation au soleil sans préparation préalable, qui serait à préférer, est assez longue et demande, par conséquent, plus de soins. Aussi, après les avoir laissées une journée sur des claies, en les retournant de temps à autre, les trempe-t-on dans une lessive alcaline bouillante. Celle-ci dissout la pruine cireuse et grasse, imperméable à l’eau, qui recouvre souvent la pellicule des grains ; elle élimine une partie du tanin, coagule l’albumine, en même temps qu’elle stérilise ces derniers. L’alcali attaque aussi, dans une certaine mesure, les cloisons intercellulaires, et l’eau de la pulpe pourra alors mieux s’évaporer.
- Dans les campagnes, la lessive est préparée avec des cendres de sarments de vignes tamisées. L’addition de chaux vive (i partie pour 4 de cendres) déplace la potasse du carbonate. On ajoute aussi parfois des ingrédients divers : poignée de foin, tiges feuillées d’Erigène visqueux (nasco, en Provence) qui croît dans les lieux incultes ; plantes aromatiques (romarin, etc.), têtes d’ail, etc. On prétend que des rameaux d’Arté-mise, ou des baies de céréales, mis dans la lessive bouillante, donnent une belle couleur jaune aux raisins.
- Pour 20 litres d’eau, on ajoute 3 lcg de cendres au moment où approche l’éLullition. On laisse reprendre celle-ci, en remuant doucement. Après quelque temps, on retire du feu et attend 24 heures ; on sépare alors le liquide clair, le remet à nouveau en ébullition et après y avoir ajouté, quelquefois, un peu de bonne huile d’olive, on y trempe rapidement les grappes.
- On utilise aussi, pour la préparation de la lessive, de la soude ou de la potasse caustiques, ou leurs carbonates. Par 3o litres d’eau, il faut, par exemple, au maximum, 3oo gr. de soude caustique à 75-76 pour 100 de pureté.
- Le trempage demande, naturellement, quelques précautions, car les raisins pourraient contracter le goût de cuit, ou conserver celjui de la lessive, ou, encore, perdre de leur onctuosité. Il ne faut point mélanger les différentes variétés, et, dans chacune d’elles, traiter
- DES RAISINS SECS
- séparément celles à gros grains et celles à petits grains. Pour un même raisin, le temps d’immersion varie avec la température et le degré de concentration du liquide. On conseille de laisser les grappes i5 à 20 secondes, si la lessive marque 3 à 4° Baumé ; cela dépend de l’épaisseur de la pellicule. Il est préférable de faire un essai préalable : dans le liquide bouillant, la peau des grains doit simplement se flétrir et se charger de petites piqûres, mais non se fendiller.
- Les grappes une fois traitées sont rarement lavées (parfois on les laisse à la rosée de la nuit) pour enlever la lessive qui les imprègne. Quand on procède au lavage, on les fait ensuite égoutter sur des claies, durant la nuit; enfin, on les étale au soleil en les écartant. On a soin de mettre à part celles dont les grains sont fendillés.
- Pour la dessiccation, on doit choisir, autant que possible, un endroit à l’abri des vents, qui apportent des poussières; contre un mur blanc, qui réfléchit la chaleur. Des dispositifs, tentes ou autres, doivent mettre les raisins à l’abri de la rosée de la nuit, et, le cas échéant, les protéger contre la pluie, si on ne peut les rentrer. Dans les climats chauds, lorsqu’un vent trop desséchant survient, siroco par exemple, il faut couvrir les grappes, car un séchage trop rapide les durcirait et leur donnerait une mauvaise apparence. De temps à autre on doit les retourner en changeant aussi leur orientation. Toutes n’arrivant pas à point au même moment, il faut enlever celles qui sont prêtes, car les grains laissés ainsi au soleil deviendraient durs.
- La dessiccation au four ou à l’évaporateur ne donne pas d’aussi bons résultats qu’au soleil. On porte au four à la température de 35 à /\o°, et laisse aussi longtemps que le four conserve quelque chaleur. Quand elle n’est plus suffisante, on sort les claies et le chauffe à nouveau pour y remettre les raisins. On renouvelle ainsi ces opérations jusqu’à trois fois.
- Avec l’évaporateur, on place les claies portant les fruits à la sortie de l’air chaud. Peu à peu on les rapproche du point le plus chaud de l’appareil. Le séchage doit être poussé jusqu’à ce que les grains, tout en restant souples, soient devenus translucides, et d’un brun clair; ils ont alors perdu 70 à 60 pour 100 de leur poids.
- En Tunisie, la préparation des raisins secs pour la vente est pratiquée, surtout, par des colons italiens, originaires de Pantellaria ; mais, en général, leurs produits sont de médiocre qualité commerciale à cause du peu de soin dans l’opération du séchage, et aussi parce que cette dernière ne porte que sur de petites grappes mal formées, des grappillons. Cependant, dans quelques centres, à Kelibia par exemple, on obtient de la belle marchandise avec le Muscat. La plupart des colons préparent pour leur consommation familiale une certaine quantité de « raisin de Malaga », séché simplement aü soleil, sans trempage préalable. Mais la presque totalité des raisins secs du commerce est obtenue par la méthode d’immersion dans une lessive alcaline bouillante. Le produit est désigné en Tunisie et en Italie sous le nom de Zibillo, ou Uva secca corrento (raisin sec. courant) ; il se différencie nettement du Malaga par sa couleur brun-clair, un goût moins apprécié, et, parfois, une saveur alcaline.
- La production des raisins secs présente pour la Tunisie et l’Algérie un certain intérêt. Il y a quelques années, une commission fut chargée de fournir aux cultivateurs quelques conseils sur les progrès à réaliser dans cette petite industrie. Entre autres remarques, nous relevons que le trempage préalable devrait se faire dans une lessive où l’alcali a été d’abord dosé, mais le séchage direct serait encore préférable, car le soleil est là suffisant pour mener à bien la dessiccation; les grappes devraient être étendues sur une aire appropriée, placée à proximité de l’habitation, pour faciliter la surveillance, alors que, trop souvent, on les laisse exposées à la pluie, au vent, à même sur la terre, quelquefois entre les rangées de vignes.
- U Espagne prépare les raisins secs dans les provinces de Yalence, d’Alicante, de Malaga. La variété surtout appréciée est le Moscalel blatte (Muscat) ou raisin de
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- VARIÉTÉS
- M’àlaga; le Smyrne ou Corinthe, est destiné à la pâtisserie. Les raisins non trempés et séchés sur le sol (pasas de sol) sont supérieurs aux raisins de lessive (pasas de legia).
- Le séchage s’opère sur des aires (paseros) établies sur un terrain en pente, exposé au Midi. Ce sont des sortes de grànds'bassins rectangulaires, de a5 à 3o m. de longueur, sur i5 à 20 de largeur, entourés de murs de 3o cm. Le sol est recouvert de sable, d’ardoise, ou de charbon en poudre qui absorbent la chaleur solaire. De 3 en 3 m., sont ménagés des sentiers. La nuit, on place, à une hauteur de 5o cm, d’épaisses toiles (taldos), qui protègent les fruits contre la rosée. De temps à autre, on retourne les grappes avec de longues pinces en bois. Après dessiccation suffisante, on sépare les grains détachés (pasas égrenés), et des grappes (pasas grappés). Arrivés chez le négociant, les fruits sont encore classés diversement : hechura, racimales, gra-nos escombros, etc., catégories qui sont triées encore en plusieurs qualités.
- La Grèce est un gros producteur de raisins secs, mais destinés surtout à la fabrication des boissons, à la distillation, à la pâtisserie. On exploite, dans ce but, les variétés : Corinthe (blanc, violet, noir), Vourla, Samos, Thyra, Chypre, Tchesmès. Le Passoline et le Sultanine, tous deux sans pépins, sont principalement réservés pour la table.
- Le Corinthe est séché sur une aire faite de cailloux tassés et recouverts d’un mélange d’argile, dè gravier et de sable (les dalles et les briques ne peuvent, dit-on, activer le séchage, ni conserver la fraîcheur et la délicatesse des grains). La saison arrivée, on enduit le séchoir d’un mélange, par parties égales, de bouse de vache délayée, et d’argile (autrefois on employait du sang).
- Les grappes une fois sèches (les grains pressés ne doivent pas se souder), soit après io à i5 jours, on les égrène en les frottant avec les mains, ou avec un petit balai de chiendent. On crible, passe au tarare, et tasse les grains dans les sérails (compartiments en bois). L’expédition se fait dans des barils. Les ouvriers qui les emplissent, au dire d’un voyageur qui visitait l’île de Zante vers iG65, « se graissent les jambes et les pieds, afin que les raisins se conservent mieux, et qu’ils ne tiennent pas autant de place. »
- En Turquie, dans le Vilayet de Smyrne, les raisins trempés sont étalés sur des toiles placées sur des dalles,
- ou sur une aire d’argile battue. Après 4 à 5 jours, on pulvérise sur eux de la lessive faible, additionnée d’huile. La dessiccation terminée, on égrappe, classe et emballe dans des boîtes de 4, 6, 8 kg. Le Sultanina, qualité qui constitue la majorité des exportations, fait concurrence an Corinthe de Grèce. On expédie aussi le Rosahi, —=• qui a pour concurrent le Valencia, d’Espagne, — le Beïlerdjé, Y/ricora.
- Les Etats-Vais produisent les raisins secs surtout en Californie, et, en moindre quantité, dans l’Arizona, f’Utah, le Nouveau-Mexique.
- En Californie, le Muscat T Alexandrie est la variété la plus courante. On sèche au soleil sur des plateaux en planche; pour retourner les grappes, on met dessus 'un plateau semblable, et fait basculer le tout, en changeant, en même temps l’orientation. Parfois, on débarrasse les grains de leurs pépins. On met les grappes dans une étuve en maçonnerie, pour rendre l’égrappage (stemming) plus facile ; on traite les grains par la vapeur et, enfin, on enlève les pépins à l’aide d’une machine spéciale.
- La dessiccation à l’étuve est pratiquée principalement dans les districts de San José et de San Francisco, où le raisin mûrit plus tard.
- C’est encore le Moscatcl d'Alexandrie que Ion exploite surtout à Elqui et à lluasco, au Chili. On utilise aussi le Sultanina de l’Asie Mineure (sans pépins|, le Corinthe, le Kechmish ali blanc d’Orient, le Yermen-tino, de Corse.
- L’altitude de la région est de 800 à i5oo m., le climat très chaud, les Agents fréquents, mais le degré hygrométrique faible.
- Le séchage se fait lentement à l’ombre, dans un pasero local en briques, de i5 à :20 m. de long, 6 de large et 5 de haut. La toiture en zinc est posée à même sur les chevrons. Des ouvertures placées en chicane et garnies de toile métallique favorisent l’aération. Les grappes sont là, suspendues à des perches. Il faut que le séchage soit lent pour permettre une certaine fermentation du fruit (la dessiccation est plus rapide sous de simples hangars, mais la qualité des raisins s’en ressent). Elle communique, au début, un mauvais goût, mais il va en diminuant à mesure que le séchage avance. Après 2 mois à 2 mois 1/2, temps nécessaire pour l’opération, le raisin est parfumé. Antomn Roeet,
- Ingénieur-agronome.
- J&D
- iSC'
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. A. Roman, à Willer (Haut-Rhin). — Les fissures que vous nous signalez dans le ciment qui couvre votre terrasse ont pour cause les dilatations et contractions résultant des variations de température. Il est regrettable que ce cimentage n’ait pas été fait sur treillis métallique, le meilleur remède serait l’application d’une couche de pouzzolane ou d’un enduit tel que Yas-phaltine, 33-bis, rue.de Moscou.
- M. Albin Marty, à Narbonne. — L’opération du zin-gage des objets en tôle ne présente aucune difficulté et rentre dans la pratique de l’étamage. La précaution essentielle à observer est de décaper soigneusement le fer dans un bain d’acide sulfurique étendu. Ensuite la tôle est saupoudrée de sel ammoniac puis plongée dans le zinc fondu. Finalement la pièce est nettoyée à la sciure de bois qui enlève par action mécanique la couche 'légère d’oxyde de zinc qui s’est formée à la surface par oxydation. Depuis quelques années, on. applique également le procédé Schoop qui consiste à projeter sous forte pression le zinc fondu et pulvérisé; tous renseignements vous seront donnés à ce sujet au siège de la Société Schoop, 48, boulevard llaussmann.
- M. Troffier, à Chaumes (Seine-et-Marne). — L’échan-
- tillon que vous nous avez adressé est constitué par de la pyrite de fer ou bisulfure de fer, il porte également les noms de fer sulfuré jaune, Eisen Kies, Schwefelkies, Xanthopyrite. Cette pyrite se rencontre fréquemment dans les Ardennes en beaux cristaux cubiques, mais sa forme courante est celle de masses compactes globulaires. A l’état pur elle contient : fer 46,67 pour 100, i-oufre 53,33 pour 100; elle renferme souvent du nickel, du cobalt, du cuivre, de l’étain. Abandonnée à T’air humide elle s’oxyde et donne du sulfate de fer, on l’utilise industriellement pour donner par grillage, d’une part de l’acide sulfureux qui sert à préparer l’acide sulfurique et d’autre part de l’oxyde de fer pouvant être traité comme l’hématite en vue de l’extraction du fer par réduction au moyen du charbon.
- M. de Redon, à Paris. — Trois moyens principaux peuvent être employés pour agglomérer de Vanthracite
- sans se servir de brai :
- i° Prendre : *
- Argile grasse . .............100 kg
- Poussier criblé à i5 mm . . 600 —
- Eau ordinaire..................100 —
- Malaxer la pâte, comprimer fortement et laisser sécher.
- 20 Préparer une pâte avec de l’eau en ajoutant à de l’argile grasse un quart de son poids de chaux éteinte tamisée, puis mettre i5 pour 100 de cette pâte dans le poussier préalablement réglé comme ci-dessus, mouler et sécher.
- 3° Enfin on peut également utiliser le ciment à la dose de 10 pour 100 de la poudre de charbon, une fois
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- le mélange rendu homogène, on le délaye avec quantité suffisante d’eau pour constituer une pâte épaisse et termine dans les mêmes conditions. Les presses à briques les plus rudimentaires peuvent servir à cette fabrication.
- M. Perrichon, à Paris. — i° Les peintures pour plafonds dites à la colle s’effectuent en faisant dissoudre préalablement i kg de colle de peaux de lapins dans 10 litres d’eau, ceci à l’ébullition. D’autre part, on délaye dans de l’eau ordinaire la couleur choisie de manière à obtenir le ton désiré, mélange de blanc de Meudon et d’outremer, ce dernier en très petite quantité. Pour que le délayage soit facile il est bon de faire macérer pendant quelques heures le blanc de Meudon avec très peu d’eau avant l’emploi proprement dit. La couleur ainsi préparée reçoit un quart à un tiers de colle chaude précédemment obtenue, après mélange on emploie directement en prenant soin que la peinture soit toujours tiède. On reconnaît que la préparation est à point quand elle file au bout de la brosse quand on retire celle-ci du camion, si elle adhère comme du mortier c’est qu’il n’y a pas assez de colle. Habituellement trois couches suffisent, en observant qu’il faut mettre plus de colle pour la première couche que pour la suivante et plus encore pour la troisième que pour la seconde, sinon la couleur s’écaillerait en séchant. Bien entendu s’il ne s’agit pas de travaux sur ouvragesmeufs, les vieux plafonds devront être préalablement grattés, lessivés et poncés pour les débarrasser complètement des anciens enduits ; — 20 La pierre ponce n’a rien à faire dans une préparation de ce genre.
- M. Gourdin, à Amilly (Loiret). — i° Yous trouverez du ciment à prise très rapide chez Millot et Cio, 10, rue de la Source, Paris, 160, et pourrez complémentairement appliquer l’un des enduits suivants : l’Imperméable, chez Cerisier et Devilliers, 88, rue Jean-Jaurès, à Ivry-sur-Séine ; Enduit Gaudin, chez Durand et Gironx,
- 13, rue de la Monjoie, à Saint-Denis; Enduit Caron, chez Dechapt et Caron, 58, rue du Cherche-Midi ; Enduit tyrolien d’Ozeray, 6, rue Victor Noir, à Neuilly (Seine).
- M. (Juillet, à Paris. — i° Les silicates solubles appliqués sur le verre forment avec celui-ci des polysilicates, c’est-à-dire des composés d’une grande stabilité. Ce qui est un avantage dans le cas de peinture devient un inconvénient s’il s’agit de gouttelettes de solutions sili-catées tombées sur des vitres. Dans ce cas il ne faut pas laisser les taches sécher trop longtemps et les laver de suite avec un peu d’eau alcalinisée par la soude caustique (potassium des peintres), mais il nous paraît surtout plus simple d’éviter lesdites taches pendant le savalement, en tendant au moyen de quelques clous une toile de peu de valeur devant l’embrasure des fenêtres ; — 20 L’indication maux de pieds est insuffisante pour nous guider en vue d’une réponse utile, donnez-nous des caractères plus précis : aspect de la peau, gonflement, fourmillements, ne s’agit-il pas simplement de cors ou durillons? — 3° La potée d'étain est un mélange à parties égales d’oxyde de plomb et d’oxyde d’étain.
- M.Aubertin, à Reims. — i'Nous vous avons répondu dans un précédent numéro au sujet des taches produites sur carrelage et vous prions de vous y reporter; — 20 U encaustique suivante vous donnera très probablement satisfaction :
- Cire jaune...........qBo grammes.
- Savon de Marseille. . 25o —
- Eau non calcaire , . . 12 litres.
- Faire fondre à feu doux et ajouter :
- Carbonate de potasse. 100 grammes.
- Laisser refroidir en remuant constamment jusqu’à consistance pâteuse. Appliquer à la brosse ou au pinceau, laisser sécher, brosser et passer au chiffon de laine.
- M. R. Gerson, à Paris. — Eu égard à la résistance du granit, il est à supposer que la pierre tombale dont vous parlez n’a subi d'autre altération que la perte du brillant. Il vous suffira d’effectuer un savonnage énergique suivi d’un rinçage, puis d’encaustiquer au moyen de l’encaustique courante à l’essence de térébenthine, de bonne qualité, en prenant soin de ne pas acheter de l’encaustique bon marché au savon qui disparaîtrait à la pluie.
- M. Harsant, à Dinan. — i° Le silicate de soude au point de vue de l’emploi en peinture a les mêmes propriétés que le silicate de potasse et présente l’avantage d’être meilleur marché ; — 20 Toutes les substances
- inertes, c’est-à-dire non susceptibles de libérer la silice du silicate, peuvent être employées pour constituer avec celui-ci une sorte de ciment, pierre ponce, sable fin, craie, sulfate de baryte, etc., les compositions peuvent varier à volonté; — 3° Le silicate employé dans les arts est le même que celui du commerce, c’est-à-dire aux environs de 35° à 4o° Baumé, on l’étend d'eau suivant besoins; — 40 Les poudres colorantes employées en peinture à l’huile peuvent également servir pour la préparation des peintures au silicate, mais elles doivent satisfaire à la condition indiquée plus haut de ne pas libérer la silice ou de ne pas être modifiées par l’alcalinité du silicate, c’est pourquoi on devra s’en tenir de préférence aux couleurs minérales, principalement les oxydes métalliques tels que ocres jaune ou rouge, minium, rouge d’Angleterre, vert Guignet, brun de manganèse, outremer, etc.; — 5° La maison Pelliot, 24, place des Vosges, Paris 3e, vous fournira tous les produits nécessaires à ces préparations.
- M. Rosscl, à Grenoble. —- Nous ne connaissons pas le produit Méta dont vous parlez et qui très probablement est de fabrication régionale. Il serait nécessaire pour vous répondre que nous ayons en mains un échantillon.
- Lectrice Bruxelloise — Le plus souvent, les vêtements imperméabilisés autrement qu’au caoutchouc ont été traités à Vacétate d’alumine, mais il est indispensable de terminer l’opération en portant à une température de 6o° à 700 C. pour libérer l’alumine et la fixer sur l’étoffe, sans doute cette modification n’a pas eu lieu dans la partie voisine des épaules de votre caban et qui laisse passer l’eau.
- Pour y remédier il vous suffira de prendre l’acétate d’alumine du commerce qui est à 6°-;ÿ0 Baumé et de pré-
- parer la dissolution suivante :
- Acétate d’alumine du commerce. . ia5 c. c. Eau de pluie...................... 5 litres.
- Immerger le vêtement pendant 24 heures dans le bain, laisser égoutter sans tordre, sécher, puis repasser un peu chaud, sans brûler bien entendu de façon à atteindre la température indiquée ci-dessus.
- M. A. Pierrot, à Bourbonne-les-Bains. .— La plupart des produits destinés à glacer le linge se rapprochent de la formule qui suit :
- Savon blanc........................65 grammes.
- Blanc de baleine...................3o —
- Gomme adragante pulvérisée. . 5 —
- Pour l’emploi délayer trois cuillerées à café, soit environ 15 gr. du mélange dans 100 cm5 d’eau froide, laisser gonfler quelque temps, puis porter à l’ébullition jusqu’à dissolution complète de la gomme, on obtient ainsi une solution mère dont l’addition de i à 2 cuillerées à café à 1 litre d’empois d’amidon préparé de la façon ordinaire lui communique les qualités désirées.
- On obtient un résultat encore plus complet en amidonnant le linge comme d’habitude, puis le repassant, on délaye alors dans un peu d’eau tiède 1 à 2 cuillerées de la solution mère et, avec une éponge ou un morceau de flanelle, on humecte la surface du linge repassé; un second coup de fer bien chaud donne alors un glaçage parfait. — N. B. L’empois d’amidon ordinaire s’obtient en délayant 5o gr. d’amidon de riz ou de maïs dans son poids d’eau froide et en versant peu à peu le lait ainsi obtenu dans un litre d’eau bouillante contenant 10 gr. de borax, on laisse cuire ensuite pendant quelques minutes jusqu’à consistance convenable.
- M. Salvane lo, à Montauban. — Pour obtenir une bonne adhérence du ciment sur un carrelage en vieilles briques usées, il vous suffira d’appliquer d’abord une couche de silicate de soude étendu de son volume d’eau, qui, au bout de quelques jours, aura durci la partie superficielle. Quand ce résultat aura été atteint, mouiller copieusement le carrelage de façon qu’aucun endroit n’apparaisse sec, puis donner la couche de ciment préparée comme d’usage. Laisser prendre complètement à l’abri de planches avant de circuler librement dans la pièce, ce qui demandera également quelques jours.
- M. Lelièvre, à Bruay (Pas-de-Calais). -— Un procédé relativement peu connu, et qui donne de bons résultats pour immobiliser l électrolyte des accumulateurs, consiste à bourrer-les espaces libres de laine de scories, ou de coton de verre dont le prix est plus élevé. Très probablement, cette disposition vous donnera satisfaction. Bien entendu le cas de renversement n’est pas à envi-
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- BOJTE AUX LETTRES
- sager, mais seulement les déplacements du liquide par inertie pendant le transport.
- M. P. Lemouche, à Liège (Belgique). — h’objectif de votre lunette montre autour du Soleil, quelle que soit la hauteur de cet astre au-dessus de l’horizon, un disque entouré d'un anneau pourpre. En supposant cet objectif bien exécuté au point de vue des surfaces, il semble qu’il a été corrigé de manière à faire coïncider les rayons les plus lumineux du spectre (rayons jaunes) avec les rayons les plus réfrangibles (bleus et violets). Les rayons rouges formant leur foyer en dehors des rayons précédents, ils produisent ainsi une auréole autour des images. Tous seriez de la sorte en possession d’un objectif photographique, ou peut être de la lentille avant seule d’un objectif à portraits. Cet objectif est-il composé de deux verres séparés? ou collés? S’ils sont séparés, vous pourriez procéder, par tâtonnements,
- aux divers essais suivants : i° Vérifier que l’objectif est bien monté dans son barillet, la lentille biconvexe vers l'astre-, 2U Ecarter plus ou moins les deux lentilles; 3° A'érifier que la lentille arrière n’est pas montée à l’envers. Si vous ne constatez pas d’amélioration dans les images des étoiles brillantes en effectuant ces diverses modifications, votre objectif est inutilisable au point de vue des observations directes. Cependant, pour le Soleil, qui est très lumineux, vous pourrez placer à l’oculaire un verre bleu très foncé qui fera disparaître l’auréole pourpre.
- Sao Paulo Club. — Il est nécessaire de séparer l'huile qui surnage dans l’eau de condensation de la machine à vapeur, avant de la renvoyer à la chaudière. Outre l’intérêt économique de la récupération de l’huile, on évite ainsi des encrassements à l’intérieur de la chaudière qui nuiraient ,4 la vaporisation et seraient dangereux.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. =========
- L’automobile, par G. Bouzy. i vol. in-8, 336 p., 224 fig. (Collection Caillard). Eyrolles, éditeur, Paris, 1922. Prix : 8 francs.
- Ce manuel étudie un à un, d’une façon élémentaire, les divers organes de la voiture automobile, il en montre le rôle, indique les efforts supportés et le mode de construction. A la fin de chaque chapitre, itn questionnaire facilite l’étude de l’ouvrage et simplifie la tâche du maître chargé de l’enseigner.
- Manuel de publicité (Technique moderne de la vente), par L. Ange, i vol. in-18, 343 p., 5i fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix : 10 francs.
- Ce manuel formule les règles générales de toute publicité efficace, et en même temps initie son lecteur aux diverses techniques de la publicité.
- Pour l’ajusteur mécanicien, par A. Lefèvre, A. Rousset et J. on Thellesme. i vol. 12X18 de vm-207 p., 96 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : 7 francs.
- Le présent livre est en quelque sorte le « carnet » des notes que tout artisan aurait prises lui-même pour conserver 100 formules et recettes impossibles à fixer en mémoire et cependant indispensables, ainsi que des tours de main et secrets d’atelier.
- L’usine hydroélectrique de Saint-Lary de la Société minière et métallurgique de Penarroya, par D. Eydoux et.J. Laurent, i brochure, 55 p., 62 fig. Editeur, La Revue industrielle, by, rue Pierre-Charron, Paris. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage, remarquablement illustré, contient la description d’une usine modèle hydroélectrique de 24000 HP récemment édifiée dans le bassin de la Neste. Elle produit du courant à 120000 volts. Dotée des plus modernes perfectionnements, elle représente à tous égards une véritable installation modèle.
- La goutte d’eau. Culture intensive de la vigne dans le Bas-Languedoc, par E. Maroger. i vol. in-ifrç 290 p., 24 pl. Chez l’auteur, 6, pl. d’Assas, Nîmes.
- M. Maroger emploie avec de forts rendements un procédé de culture de la vigne qui n’est pas habituellement pratiqué : façons superficielles du sol répétées toute l’année ; taille longue ; conduite des pampres entrelacés sur fils de fer. Il explique dans ce livre sa manière de faire et la justifie par des considérations théoi’iques sur la vie des végétaux. Les
- planches qui illustrent ce livre montrent clairement les détails du nouveau mode de culture.
- La connaissance du lait, à la ferme, à la laiterie, dans les écoles, par M. Fouassier, i vol. in-16, i3ü p., 16 fig. J.-B. Baillière, Paris, Prix : 3 fr. 5o.
- Eleveurs, laitiers ignorent presque toujours les soins et les précautions de toute nature qu’il convient de prendre pour conserver au lait et aux produits que l’on en tire leur pureté, et par suite toutes leurs qualités. Ce petit livre leur expliquera la composition chimique du lait et les altérations diverses qu’il est susceptible de subir, d’où résultent les traitements à appliquer : pasteurisation, stérilisation, lutte contre les microbes à la ferme et à la laiterie.
- Des extraits des textes législatifs le complètent utilement.
- A Monograph of the existing Crinoïds, par Austix Horart Ci.ahk. vol. 1. The Comatulides. Part 2. Smithsonian Institution. Bull. 82. 1 vol. in-4, 795 p., 57 pl.
- Remarquable monographie anatomique, zoologique et éthologique des Comatulidés actuels, curieux Echinodermes qui ont conservé la structure et le port d’espèces fossiles très abondantes à certaines époques géologiques.
- La mortalité infantile dans la Sarthe, par le D' André Leroy, i vol. in-8, 94 p- Jouve et Cia, Paris.
- Dans la Sarthe, sur 1000 enfants qui naissent, 153 meurent dans leur première année. Ce département se classe ainsi le second au point de vue de la mortalité infantile. L’auteur étudie les causes multiples de ces hécatombes : développement de l’industrie nourricière, allaitement artificiel substitué à l’allaitement maternel, suralimentation, jxollution du lait et des biberons, sevrage prématuré et mal réglé. Les observations personnelles qu’il relate sur chacun de ces points sont navrantes. Il préconise les remèdes connus : création de consultations de nourrissons et de pouponnières, surveillance des nourrices, qu’il faudrait appliquer sans tarder pour remédier à la dépopulation croissante. Ce tableau bien observé d’un département les plus atteints pourrait malheureusement être répété dans beaucoup d’autres.
- Les avions sanitaires et l’après-guerre, par C11.-L. Juc-liot, 1 broch. iu-8, 3i p. Pédone, Paris.
- La philosophie constructive, par Edme Tassy. i vol. in-16, 32,3 p. Chiron, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Le positivisme, dit l'auteur, est dépassé. 11 cherche donc en quoi les tendances actuelles diffèrent du passé et aboutit à une théorie nouvelle, sorte de positivisme modifié, le constructivisme, qui introduit dans l’étude des rapports extérieurs des faits le mécanisme cérébral-
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2534 ,
- 28 Octobre 1922
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- INFORMATIONS
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- or
- L’avion-publicité. — Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’aviation sert à la publicité.
- Pendant la guerre, elle fit ses premiers pas dans cette voie en allant sur les lignes et les villes ennemies lancer des tracts, des proclamations, des images, des poésies, des brochures mêmes qui, tombant du ciel, révélaient aux soldats et aux populations ce que nous désirions qu’ils sachent ou qu’ils sentent, notre volonté de victoire, leur prochain effondrement. Cette publicité pour la « Maison France » ne fut pas sans utilité et contribua certainement à l’effondrement final de ses ennemis.
- Le même procédé fut repris, en France cette fois, pour la propagande en faveur de l’emprunt. Nous nous souvenons encore de ces papillons multicolores descendant du ciel sur toutes les villes et répétant tous : « Souscrivez ! »
- L’originalité de ce moyen de publicité devait naturellement tenter la réclame commerciale. On vit donc pendant quelque temps des avions lancer sur Paris des prospectus, généralement brefs et impératifs : « Achetez... Demandez.... »
- Mai.s le public se lasse rapidement, même de voir des avions dans le ciel.
- Pour renouveler l’intérêt de curiosité, l’aviation devint nocturne. Le soir, à la nuit tombée, des avions
- partirent du Bourget et vinrent survoler Paris, portant écrit sur leurs ailes en lettres de feu le nom d’un journal, d’un apéritif ou d’un marchand de charbons. La publicité lumineuse passait du faîte des maisons dans le ciel !
- Elle ne devait pas longtemps s’en tenir là. Bientôt, au-dessus de l’Arc de Triomphe, les soirs où la couche des nuages s’étendait continue à une hauteur suffisante, on vit ceux-ci s’illuminer de gigantesques lettres de lumière. C’était un avion qui passait au-dessous, entre le sol et les nuées et projetait sur celles-ci un nom.
- Depuis huit jours, l’avion-publicité est revenu au grand jour. Il choisit même maintenant les beaux jours, calmes et sans nuages. Brusquement, une tête, cent têtes, mille têtes, cent mille têtes se lèvent. La circulation dans les rues s'arrête. La moitié de la ville regarde dans le ciel une traînée blanche, un nui^e qui naît brusquement, s’allonge, s’étire, se courbe $t dessine bientôt une lettre, puis deux, puis un mot téut entier; En cherchant la cause de ce nuage, on re.gonnaît devant la traînée un avion, qui paraît minuscule à cette hauteur, virevol-lant telle la pointe d’une plume qui écrit, et laissant derrière lui, comme un sillage, un trait blanc qui se gonfle, se déroule en volutes, forme' des boucles et des traits, des lettres enfin. Le nom qu’il éci'it contient un i, un t et unaë; il n’oublie ni les points, ni la barre que le public admire spécialement. Sa tâche finie, il s’éloigne, tandis que le vent emporte, balance, déforme, puis efface peu à peu le nuage-réclame.
- D’après la taille comparée de l’avion et des lettres, on peut estimer que celles-ci ont quelque 3oo m. de haut. Elles s’inscrivent entre 2000 et 3ooo m. d’altitude. L’avion les trace en faisant une série de virages et de
- boucles entre deux hauteurs différentes, de façon que toutes les lettres aient mêmes dimensions. La calligraphie est parfaite. La traînée est obtenue par un dispositif spécial qui ne doit pas être sans analogies avec celui que La Nature décrivait le 7 de ce mois (n° 2531 ) en signa--lant l’emploi de l’aviation pour la lutte contre les insectes.
- On peut admirer l’audace et l’ingéniosité du nouveau procédé de réclame, mais beaucoup auront un regret de voir le ciel, le beau ciel bleu, dernier refuge du calme et du silence, transformé en immense affiche! Et puis, que va-t-on y écrire !
- L’électrification du Saint-Gothard. — La nécessité d’éviter les dangers des fumées dans le long tunnel du Saint-Gothard a fait voter dès 1913 la transformation de la traction à vapeur en traction électrique, et tout aussitôt on s’est occupé de capter les chutes d’eau et d établir les stations motrices. L’une d’elles emprunte son énergie au torrent du Forsbach, entre le lac Ritom et le Tessin, l’autre est actionnée par la Reuss entre Pfaffen-sprung et Amsteg.
- Pour le lac Ritom, on a porté sa capacité de 20 millions de mètres cubes, à 28 millions de mètres cubes par l’érection d’une digue de 7 m. de hauteur seulement, et on a percé un tunnel de plus d’un kilomètre pour vider le lac à fond. Des conduites multiples conduisent les eaux à l’usine où elles arrivent, avec une hauteur de chute de près de 800 m. et un débit d’un mètre cube par seconde, à 6 turbines de 12000 chevaux chacune. Le courant électrique est produit à 60000 volts, puis abaissé à i5ooo volts aux 5 sous-stations de ' Goschenen, Giornico, Giubiano, Mélide et Steinen.
- Les locomotives sont équipées avec des moteurs monophasés alimentés en courant alternatif à iâooo volts,
- 16 périodes. Du reste, tous les chemins de fer fédéraux suisses seront sous peu électrifiés suivant ce même système.
- Pour la' section de Amsteg, la force motrice est fournie par la Reuss sans grande retenue : les réserves de la station lacustre de Ritom servent à régulariser la force électrique disponible en basses eaux. Celte seconde centrale sera successivement équipée jusqu’à 90000 chevaux et l’énergie hydraulique y sera un peu régularisée par des digues, mais en raison de l’abondance des sables et graviers apportés par les crues et menaçant les bassins d’encombrement, on établit des canaux de dérivation pour détourner les flots boueux quand ils sont trop chargés.
- Les locomotives sont à trolleys et leur poids est de 128 tonnes; elles doivent être doublées dans les sections de voies où la pente atteint 2 pour 100 pour pouvoir traîner un train de 4^5 tonnes et faire le trajet de 220 km trois fois par 24 heures.
- Le record du vol à voile conquis par le français Maneyrol. — Le record du vol sur avion sans moteur appartenait jusque maintenant à l’allemand Hentzen. On sait quelle surprise a provoquée son vol de 3 h. 9 min. sur monoplan llannover-Vampyr. Cet exploit a provoqué en France, en faveur du vol à voile, un vif mouvement d’intérêt qui n’a pas tardé à porter ses fruits.
- Le quotidien anglais Daily Mail avait organisé un concours de vol à voile doté d’un prix de 1000 livres sterling. L’épreuve, marquée par de belles performances, notamment des aviateurs anglais Reynham et Grey et du hollandais Fokker, s’est terminée en coup de théâtre par le triomphe imprévu du français Maneyrol, gagnant le prix par un vol magnifique de 3 h. 22 min. et battant nettement le record allemand.
- L’appareil vainqueur, construit sur les plans de L. Peyret, est un monoplan dont la construction rappelle dans ses grandes lignes, celle du célèbre monoplan du savant américain Langley, qui fut un des précurseurs de l’avion actuel.
- Sur un mince fuselage, le monoplan porte 2 séries d’ailes en tandem.
- L’appareil n’avait fait jusque-là qu’un vol d’essai de 70 secondes. Son coup d’essai fut un coup de maître. Le vol a été effectué le 21 octobre après midi par un temps très dur : vent soufflant en tempête, avec des vitesses atteignant jusqu’à 25 mètres par seconde ; par
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- INFORMATIONS
- moments violentes rafales de pluie. Le pilote effectuait au-dessus du terrain du concours des orbes de 1000 à i5oo m. d’amplitude, à faible altitude; au coucher du soleil, il volait encore et l’atterrissage s’est effectué en pleine nuit, sans difficultés, exactement au point de départ.
- Ce magnifique succès va, sans aucun doute, redoubler l’enthousiasme des fervents du vol à voile et multiplier les compétitions aux prochaines épreuves qui s’organisent de toutes parts ; ce sera pour le plus grand bien de la navigation aérienne.
- Repères thermométriques aux basses températures. — Là Revue générale des Sciences indique que la Conférence internationale des Poids et Mesures de 1917 ayant recommandé la fixation d’un certain nombre de repères thermométriques convenablement choisis, M. J. Timmermans, Mlle H. vanden Horst et M. H. Ka-merlingh Onnes ont entrepris au laboratoire cryogène de Leyde de déterminer d’une manière précise les points de congélation de plusieurs liquides organiques, aussi purs que possible, afin d’obtenir une série de repères au-dessous de o°.
- Ils viennent de rendre compte dans les Archives néerlandaises des Sciences exactes et naturelles des résultats de leurs expériences. Opérant au moyen d’un cryostat spécial, ils ont mesuré les températures à l’aide de deux thermomètres à résistance de platine, calibrés par comparaison avec le thermomètre à hélium.
- Ils ont ainsi obtenu les dix points suivants :
- Tétrachlorure de carboné . . • — 2 2°, 9
- Chlorure de benzène .... . —- 45°, 2
- Chloroforme ........ . — 63o,5
- Acétate d’éthyle . — 83°,6
- Toluène — q5°,i
- Sulfure de carbone . — 111°,6
- Ether (stable) . — 116°,3
- — (instable) — 123°, 3
- Méthylcyclohexane . — 126°, 3
- Isopentane — i 6
- Ces repères sont précis à moins d’un dixième de degré près.
- L’industrie sardinière en Californie. — Le laboratoire des Pêcheries de Californie vient de publier dans son Bulletin (California Fish and Game) une documentation suc l’industrie de la sardine californienne, qui est d’un réel intérêt pour l’industrie sardinière française, si largement concurrencée, depuis la guerre, sur le marché américain.
- Le poisson traité est une Clupe particulière, le Clupea cœrulea (Girard), dont les caractères sont très nettement distincts de ceux de la sardine traitée en France. On rencontre la Clupea cœrulea dans le Pacifique, depuis l’Alaska jusqu’en Basse-Californie, mais elle abonde surtout dans les parages de Monterey, San Pedro et San Diego.
- L’origine de l’industrie sardinière californienne date de la récente guerre. Avant 1914, les centres sardiniers que sont devenus Monterey et San Pedro n'existaient pas, pour ainsi dire ; ils ne possédaient pas d’outillage spécial pour cette industrie. Jusqu’en 1910, la France était le pays le plus grand exportateur de conserves à l’huile, aux Etats-Unis. En igo5, elle en exportait pour 1800000 dollars. Elle fut distancée, en 1911, par la Norvège, qui, en 1 g 15, exportait pour 1 600000 dollars, tandis que la France voyait ses exportations réduites à 5oo 000 dollars.
- Du fait de la guerre, l’exportation cessa en 1916, donnant à l’industrie sardinière de la province du Maine et de Californie une activité inconnue jusque-là, ainsi que le montrent les chiffres suivants, représentant les résultats des pêches dans les eaux californiennes :
- Quantités de sardines
- Années. pêchées. f
- En Pounds.
- 1916 . .................. 16.000.000
- 1917 104.000.000
- I g 18................ 158. OOO. OOO
- igig.............' . . l54.000.000
- 1920.................. 119.000.000
- De 1894 à igi5, il ne se construisit que 4 fabriques de conserves. De îgifi à 1920, les nouvelles usines
- devinrent 42, et l’on vit alors les Etats-Unis exporter en 1918 pour plus de 8000000 de dollars de sardines.
- L’abondance du poisson est telle, dans les parages exploités, que beaucoup d’usiniers ne pouvant mettre en conserve la totalité des sardines capturées, et intéressés par les hauts prix des huiles, des engrais et des farines de poissons, s’adonnèrent, sur une grande échelle, à la fabrication de sous-produits qui fut extrêmement rémunératrice jusqu’en 1920.
- Sur les côtes de la Californie, la pêche de la sardine . se fait avec des bateaux italiens et japonais, munis de moteurs de 20 à 4° HP, servant aussi à la pêche du fl té an et du thon.
- C’est au mois de décembre que les bancs de sardines approchent des côtes. Jusqu’au mois d’avril, on ne trouve que des sardines mesurant de 20 à 3o cm de' longueur, particulièrement recherchées par les usiniers auxquels elles servent à fabriquer les pound ovalpacks, qui constituent le plus grand produit ae leur industrie.
- A partir du mois de mai, les jeunes sardines sont de plus en plus nombreuses, on les emploie à la fabrication des quarter oil packs, assez analogues à nos boîtes d’un quart.
- Ces jeunes sardines sont capturées aussi pour servir d’amorces pour la grande pêche du thon, qui a lieu de juin à octobre.
- La pêche de jour donne un mélange de grandes et de petites sardines, dans lequel ces dernières prédominent. La pêche de nuit produit l’inverse, et elle est de beaucoup plus importante, parce que les usiniers tiennent surtout à la fabrication du pound oval pack.
- Cette pêche se fait à l’aide d’immenses filets tournants, ou du lampara employé spécialement par les Italiens.
- Ces puissants engins peuvent amener, d’un seul coup, jusqu’à 100 tonnes de poissons.
- Indépendamment des quarter et des pound oval packs, l’industrie sardinière californienne prépare des conserves de sardines à la moutarde, au vinaigre et épices variées, puis, les sardines fumées, pressées et salées.
- La fabrication nationale est le pound oval pack, en boîtes de 4 à 7 grandes sardines frites à l’huile et assaisonnées à la tomate.
- Yoici le processus de cette fabrication.
- Les sardines, venant du lieu de pêche, sont jetées, du bord du bateau, avec des pelles appropriées à cet usage, sur un élévateur qui les amène sur une plate-forme où elles sont pesées. On les fait passer ensuite dans un grand cylindre à parois de tôle criblée qui, par un mouvement de rotation continue, enlève les écailles. Les sardines sont vidées ensuite, soit par un procédé mécanique, soit, le plus souvent, par des Japonais habiles à cette manipulation.
- La tête et les entrailles, mises de côté, servent à faire de l’huile et de la farine de poisson. Les sardines écaillées et vidées sont plongées, pendant 3o à 60 minutes, dans une saumure qui, en pénétrant, prend la place d’une partie de l’eau de constitution, du sang et des protéines solubles.
- Après avoir séjourné une heure,, au maximum, dans un séchoir ventilé d’air chaud, les sardines passent à la friture dans une longue cuve en métal, qui contient, à la moitié de sa hauteur, des tubes horizontaux, dans lesquels circule la vapeur destinée à chauffer la friture. On met de l’eau dans la cuve jusqu’au niveau des tubes, le l’este est rempli d’huile de coton, et une chaîne sans fin fait circuler les paniers contenant les sardines dans cette huile portée à une température de xoo à xi5° C; à cette température, 8 minutes de cuisson suffisent.
- Les sardines sont mises en boîtes et des distributeurs automatiques remplissent ces boîtes de sauce tomate. Après soudure, on passe les boîtes à l’autoclave pour les soumettre à la stérilisation pendant deux heures, à 115° C, et, avant de les livrer au commerce, on les met en observation pendant i5 jours.
- L’industrie sardinière californienne est remarquablement organisée. « L’Association nationale des conser-veurs » a un service de contrôle, des laboratoires,.et autres organismes qui lui permettent de réaliser des progi’ès en s’aidant des recherches scientifiques et, par là même, de donner de sérieuses garanties aux consorn-mateui’s. Elle contribue, pour une part fort appréciable, à l’exploitation intensive du champ marin.
- Henui Blin.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Q0
- c^Ssi, 'Electricité
- Fig. i.
- Etude d’un vibrateur-commutateur destiné à permettre la charge d’accumulateurs sur courant alternatif de secteur. — En général, dans le procédé de charge des accumulateurs avec soupape électrolytique, on utilise directement le courant alternatif du secteur, en intercalant dans le circuit une résistance
- représentée par une ou plusieurs lampes.
- Dans le montage le plus parfait, on dispose 4 soupapes en losange, et l’on bx'anche les accumulateurs suivant la diagonale, à la façon d’un pont de Wheatstone (fig. i).
- Si la batterie possède une grande capacité, la charge exigera un temps d’autant plus long que l’intensité sera plus faible. Afin de réduire la durée de la charge, on est obligé d’utiliser une intensité de charge assez grande. Pour atteindre ce but, il suffit de disposer plusieurs lampes en parallèle. Il est très important cependant de ne pas perdre de vue que la consommation a lieu sous la tension du secteur alternatif (no volts, par exemple). Ainsi, pour une batterie de 60 A.-H., avec un régime de charge normale (au i/toe de la capacité), de 6 ampères, la charge exigera au minimum io heures. La consommation totale du courant pris au secteur sera, en conséquence, de 66 hectowatts-heure, sans tenir compte des pertes diverses (effet de .Joule, etc.).
- On peùt donc conclure que, abstraction faite de la lumière fournie par les lampes, la dépense par élément sera d’autant plus importante que le nombre des accumulateurs groupés en série sera plus faible.
- Enfin, pour une installation d’amateur qui ne comporterait q.u’une seule soupape, la moitié du courant seulement serait utilisée.
- La charge directe sur courant alternatif n’est pratiquement possible — et encore — que pour un assez grand nombre d’accumulateurs, du moins par le procédé électrolytique.
- Pour effectuer la charge d’une petite batterie de quelques volts de tension, il y a d’abord intérêt à réduire la consommation sur le secteur en transformant le courant pris sur la canalisation.
- Au moyen d’un petit transformateur — à circuit magnétique fermé — il est très facile d’abaisser la tension alternative de no volts, à 4-8 volts, en augmentant dans la même proportion l’intensité du courant.
- Toutefois, l’emploi du courant alternatif à faible voltage avec la soupape électrolytique à lame d’aluminium donne lieu à des déboires. Une grande partie du courant est perdue par effet de Joule et l’on obtient un mauvais rendement. Quoi qu’il en soit, on devrait réaliser le montage représenté par la figure a.
- Pour augmenter l’intensité dans le circuit de charge, il y a donc avantage à supprimer la soupape et à faire xisage d’un appareil mécanique, d’un vibrateur électro-magnétique, fermant le circuit sur un accumulateur quand le courant a lesens désiré, et l'interrompant quand il est de sens contraire.
- De plus, au lieu de rechercher à faire passer la totalité du courant dans le même accumulateur, ce qui exigerait un montage en pont de Wheatstone avec 4 vibra-teurs simples, on pourra plus simplement se borner à faire passer une partie du courant dans une première batterie, et la partie de sens inverse, dans une deuxième batterie, en utilisant un vibrateur-commutateur ou vibrateur électro-magnétique à double contact.
- Fonctionnement du vibrateur. — Principe : La lamelle de tôle de Suède (ou à défaut de fer) vissée sur l’un des pôles de l’aimant permanent A se trouve constamment aimantée. Le courant altei’natif traversant l’enroulement de la bobine B, fixé sur l’autre pôle de l’aimant A, pro-
- j Secteur .
- Transformateur
- fïïUWWW']
- 'A* 6v.
- Al
- ) Soupape
- +0
- Fig.
- duit dans le noyau des variations d’aimantation. Suivant le sens du courant, le noyau de fer doux est donc sur-' aimanté ou partiellement désaimanté : il en résulte des modifications dans la force d’attraction de l’armature mobile, et cette dernière se met à vibrer (fig. 3).
- La période des vibrations de la lame de tôle est la même que celle du courant alternatif; on,peut donc utiliser ce mouvement vibratoire pour produire le redressement d’un courant alternatif de même période que le courant alternatif alimentant la bobine B.
- L’armature I porte un contact inoxydable c pouvant venir alternativement au contact des vis Vt et V2 situées de part et d’autre de la lame vibrante.
- Le courant alternatif d’utilisation arrive à l’appareil « redresseur » par la masse et la lamelle l, puis il est dirigé soit vers la borne f\ quand le sens du courant d’excitation est tel qu’il provoque un contact entre c et Y,, soit vers la borne /j, quand le sens du courant produit un contact entre c et V2.
- Si l’on plaçait directement la bobine B en dérivation sur le circuit d’utilisation, on risqùerait fort de provoquer — en raison du court-circuit de l’enroulement B par une faible résistance extérieure — un arrêt des vibrations. Ces dernières seraient, pour le moins, très irrégulièrement entretenues.
- Pour obvier à cet inconvénient, il suffit simplement d’avoir deux circuits distincts avec deux courants alternatifs de même période, l’un pour l’excitation, l’autre pour l’utilisation. Chacun de ces deux courants pouvant être choisi différemment sous le rapport intensité et voltage.
- On arriverait au résultat voulu, par exemple, en utilisant deux petits transformateurs distincts pour alimenter chacun des deux circuits.
- Même, pour éviter l’emploi de deux transformateurs, on pourrait n’en employer qu’un seul présentant plusieurs voltages. Cependant, il sera nécessaire, dans ce cas, que l’enrou-lement de l’électro-aimant soit aussi résistant que possible ( 1000 ohms par exemple), et relié aux spires convenables, c’est-à-dire, il semble, à celles qui sont le plus voisines du noyau du transformateur. Le reste de formateur fournit le courant d’utilisation.
- A titre d’indication, nous signalerons le fait suivant : avec un transformateur no v. 4 v.-8 v.-i2 v., nous avons observé qu’il était impossible d’alimenter l’excitation (bobine de 1000 ohms) entre les fils 4 v.-8 v. et 1’ « utilisation », entre les fils 8 v.-nv. En circuit ouvert de l’utilisation, les vibrations se produisaient avec le courant alternatif de 4 volts; mais dès que l’on plaçait une lampe sur le circuit du courant à utiliser, les vibrations s'arrêtaient immédiatement, aucun courant n’existant plus entre les fils 4 v.-8 v. reliés à la bobine B.
- Nous avons supposé, dès lors, que les spires correspondant aux fils 8 v.-ia v. étaient les plus voisines du noyau du transformateur, et que nous nous trouvions, peut-être, en présence d’une interception du champ magnétique par l’enroulement fermé (de cuivre) pour ainsi dire en court-circuit par la faible résistance extérieure. En changeant l’ordre des connexions, les vibrations continuèrent normalement.
- Notre hypothèse semblait déjà vérifiée ; elle l’a été davantage quand nous avons modifié l’enroulement de notre transformateur; nous avons vérifié qu'effectivement les spires 8 v.-ia v. étaient situées en dessous des spires 4 v.-8v., et conséquemment plus rapprochées du noyau.
- Signalons enfin un troisième procédé pour l’utilisation de l’appareil. On utilise uniquement le trait formateur pour le circuit d’utilisation avec un débit aussi grand que possible; pour le courant d’excitation, on dérive la bobine B (aussi résistante que.possible) sur le courant du secteur avec interposition en série d’uue
- Fig. 3.
- l’enroulement du trans-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Secteur
- | 10.000 • R'l20.000a
- Fig. 5.
- résistance destinée à modérer le débit. Cette résistance additionnelle aura quelques dizaines de 1000 ohms.
- Le meilleur procédé nous semble ce dernier comme étant le plus pratique et souvent aussi le plus économique, à condition toutefois que la résistance de l’enroulement soit grande et la résistance complémentaire, tracée au graphite, suflisam-ment considérable.
- La figure 3 suppose un transformateur à plusieurs voltages; la figure 4 montre comment on utilise le secteur pour l’entretien des vibrations.
- Construction du vibrateur. — On peut très bien utiliser pour sa construction un téléphone de T. S. F. hors d’usage, à condition, cependant, que l’une des bobines soit intacte. On commence par dévisser la bobine défectueuse et on la remplace par une armature légère en fer ou mieux en tôle (l). On fixe solidement cette lamelle (Z) sur l’aimant (A) en interposant une masse de fer doux (m) destinée à maintenir l’armature mobile à peu de distance au-dessus du noyau (n) de la bobine conservée (B).
- La lamelle sera munie d’un double contact (c) inoxydable; on pourra, au besoin, le constituer au moyen d’un fil d’argent que l’on fera passer à travers la lamelle et que l’on aplatira des deux côtés. Il faut avoir soin que les deux faces du contact (c) soient absolument planes, on pourra les polir très légèrement avec une lime très douce.
- Les figures 5 et 6 montrent comment sont assemblées
- les diverses parties constituant le vibrateur.
- Les vis Y, et Y2 pourront être supportées par des lames assez minces d’ébonite ou même de bois (') bien sec (Sj, Ss). Le support Sf, de même que l’armature l sont maintenus par le même boulon v : il faut avoir soin de serrer fortement l’écrou b. Le deuxième support S2 (bois ou ébonite) est maintenu sur l’aimant par une vis à écrou e.
- La figure 7 laisse voir la “façon la plus commode de
- disposer le vibrateur en vue de faciliter les réglages. On fixe l’ensemble sur un socle au moyen d’une pièce coudée permettant de placer la couronne de l’aimant verticalement. Dans ces conditions, on peut aborder, sans difficulté, les vis Y, et V3.
- Pour achever la construction, il suffit de réunir les deux extrémités du fil de l’enroulement de la bobine B aux deux bornes ô, et û2 (dans ce cas la résistance supplémentaire est, placée après) ; de relier par une boucle la vis Y, à la borne f\, la vis Y2 à la borne /2, et enfin la masse ou le support relié à l’aimant, à la borne m.
- Réglage du vibrateur-commutateur. — On a eu soin de réunir les bornes bt et ô2 à la source d’excitation — le
- 1. Nous avons réussi en utilisant des supports de bois à constituer un vibrateur susceptible de fonctionner normalement.
- plus souvent le secteur avec interposition de la résistance — et de desserrer les deux vis Y. L’armature l doit vibrer librement et assez énergiquement. S’il ne se produisait pas de vibration, rapprocher légèrement la lame (l du noyau (n) de la bobine (B) ou diminuer légèrement la valeur de la résistance additionnelle.
- Quand les vibrations sont bien régulières, on visse lentement les deux vis V, et Y2, et en prenant garde de ne pas empêcher les vibrations en serrant trop l’une des deux vis. On facilite le réglage quand le circuit d’utilisation est alimenté par le courant alternatif à recueillir. On place une lampe de faible voltage (à gros filament) entre les bornes fa et f5, puis entre les bornes /j et f-. Dans les deux cas, la lampe doit éclairer avec le même éclat. Elle doit ne pas présenter une lumière fixe et éblouissante, mais une lumière vive avec des oscillations que l’on peut percevoir — quoique difficilement — avec certaines lampes.
- Si le filament fournissait une lumière très vive et absolument fixe, on serait certain que la vis correspondante (Y, pour le circuit et Y2 pour
- le circuit /2-/j) est trop serrée et ne quitte plus le contact c de l’armature.
- Vérification du fonctionnement.— On utilise uniquement une pile de lampe de poche et un voltmètre quelconque que l’on place en série dans le circuit que l’on veut vérifier (fig. 8).
- La pile étant d abord placée, dans un certain sens, entre les bornes f et f-, le voltmètre indique un voltage V. On renverse les pôles de la pile (on change le pôle au contact de f-), le voltmètre doit fournir une autre lecture Y'.
- La différence de lecture doit toujours exister; elle prouve, en quelque sorte, l’unilatéralité du passage du courant dans le circuit d’utilisation que l’on contrôle. La pile est, en effet, montée en opposition dans un cas, et en tension dans l’autre. La différence Y'-Y dépend donc de la force électromotrice de, la pile que l’on utilise pour la vérification.
- Par exemple, pour un courant d’utilisation de 6 volts, on lirait au voltmètre, approximativement 3 volts dans un cas, et 9 volts dans l’autre, en employant une pile de 3-4 volts.
- On répète la vérification de la même façon pour le circuit compris entre les bornes /2 et f. (fig. 8 a et b).
- Comme on le voit, ce procédé est très rapide, il est cependant absolument sûr. L’emploi d’un voltmètre ne
- M.
- m
- Fig. 8 (a et b).
- Déviation Dde
- mi ni ma
- Vibrateur
- -v
- ju
- .< -
- Pile
- Déviation mi ni ma
- Fig- 9-
- suffirait pas pour vérifier le bon fonctionnement du vibrateur-commutateur, car certains appareils de mesure fonctionnent pareillement sur le courant continu et sur le courant alternatif.
- Si, au cours d’une des deux vérifications, on ne constatait pas de différence entre les deux lectures Y' et V, il faudrait conclure que le contact n’est pas interrompu en c : on desserrerait alors légèrement la vis de réglage correspondante.
- Détermination des pôles. — Elle est pour ainsi dire instantanée, elle résulte du procédé de vérification précité. Ainsi, en même temps que l’on contrôle les deux circuits d’utilisation, on observe, dons chaque cas, la position de la pile qui donne lieu à la lecture la plus faible au voltmètre (V). La pile est donc, à ce moment, montée en opposition; son pôle -}- est donc en relation avec le pôle de même nom de l’appareil. Il suffit de marquer du signe + la borne /j ou f2 qui est alors en contact direct (ou par l’intermédiaire du voltmètre) avec le pôle positif de la pile (fig. 9).'
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- On pourra répéter l’opération pour les deux circuits, et l’on verra que si la borne est marquée — en fi< elle devra être marquée -j- en /à-
- Il est évident, a priori, que ces deux bornes doivent être de polarité contraire puisque c’est un courant de sens inverse qui produit les contacts de c avec Y, ou V3.
- L’appareil vibrateurr-commutateur possède donc 3 pôles : a pôles de noms contraire -f- et—, et i pôle mixte : — ou -j-.
- Le pôle mixte est toujours celui correspondant à la
- Fusible
- Vers bobme
- Secteur
- Tren s form steur
- Résistance
- C.harycur d'accurnuiateurs
- borne /j reliée directement à l’une des bornes du transformateur, Pautre étant connectée à la masse (m).
- Montage des accumulateurs. — On relie la borne -f-d’un accumulateur à la borne marquée -f- du vibrateur et la borne — du même accumulateur à la borne mixte du redresseur ; le second accumulateur est relié par son pôle — à la borne —, et par son pôle —j- à la borne mixte.
- On peut placer dans chaque circuit une batterie au lieu d’un seul élément à condition que le voltage soit suffisamment grand.
- Dans la pratique, on pourra laisser les divers accumulateurs réunis en série ; on connectera les pôles -|- et — de la batterie ainsi constituée aux bornes respectivement marquées —f— et — du vibrateur, la borne mixte de ce dernier sera reliée au milieu de la batterie.
- Le schéma de ce groupement est représenté sur la figure io.
- S; le voltage est un peu trop élevé dans chaque circuit, on pourra interposer une lampe de résistance.
- Dans tous les cas, et principalement s’il n’existe pas de lampe entre le redresseur et la batterie, il sera prudent de placer un fusible de chaque côté. De cette façon, si une perturbation survenait et que par suite d’échauf-fement trop grand des contacts, en raison des étincelles, si le réglage est défectueux, il se produisait une adhérence — véritable soudure légère — entre une vis de réglage et le contact, la batterie serait protégée. En effet, elle se trouverait fermée en court-circuit et le fusible « sauterait » immédiatement. Pour lui conserver son rôle protecteur il convient de ne pas le choisir trop gros, et de le proportionner au régime de charge.
- Au moyen d’un seul ampèremètre intercalé entre la
- borne mixte et le milieu delà batterie, on peut s’assurer de la régularitédu fonction-
- Lampe nement si l’aiguille demeure immobile.
- Pour permettre une charge rapide de la batterie, il convient de réaliser une assez grande intensité dans les circuits d’utilisation et de faire un choix judicieux du transformateur.
- Il est à remarquer, en effet, que le courant est divisé en deux parties identiques : l’une chargeant la première batterie, l’autre chargeant la seconde batterie. Si le courant est de 2 ampères, il passe pendant des durées égales dans l’un et l’autre circuits et, l’on peut admettre que le résultat est le même que si un courant de i ampère seulement traversait d’une façon permanente les deux batteries.
- La fîgire i i montre comment il est possible d’utiliser du courant continu pendant qui'la batterie est en charge.
- Enfin, la figure t < établit nettement qu'il est possible de recueillir directement un courant continu entre les bornes /j et /à du vibrateur commutateur à condition de réunir les bornes f\, f, et f- par des résistances appropriées.
- Cependant, ce dispositif n’est pas avantageux, en
- general, si la partie du courant passant dans
- eus rcsis-
- forme alterna-
- tances ne peut pas être utilisée sous la tive. Si l’on considère le schéma de la figure 12, on observe
- t
- que l’on se trouve constamment en présence de circuits dérivés.
- Si r on représente par R la résistance extérieure et par r chacune des deux résistances égales intercalées entre les bornes /1 et /3 ou et/l, on trouve qu’une dérivation a pour résistance r et l’autre Si R est grand vis-
- à-vis de r, la plus grande partie du courant est perdue en dehors de l’« utilisation ».
- Si, au contraire, la résistance extérieure R (résistance intérieure d’accumulateur) est faible vis-à-vis de r (fil de maillechort de x ohm, par exemple), on peut admettre que l’intensité du courant
- <VW\p-
- Fig.
- 12.
- sera sensiblement la
- même dans les deux branches de la dérivation.
- Peltier,
- Mécanique <«*
- Un nouveau moteur à vent. — L’utilisation de la force du vent a suscité de tout temps des recherches
- Fig. i3. — Le moteur à vent Anthinoüs.
- nombreuses de manière à trouver la meilleure forme d’appareils capables d'utiliser au maximum l’énergie que l’on peut trouver ainsi à bon compte.
- Un de nos lecteurs, M. Anthinoüs, vient de réaliser un moteur dont le principe est original, les résultats obtenus avec un appareil de modèle réduit ont été des plus intéressants. Le moteur se compose d’un certain nombre d’éléments moteurs, ce nombre est variable suivant la puissance de l’appareil que l’on veut réaliser et on peut construire évidemment des moteurs avec un nombre élevé de surfaces.
- Un élément moteur est composé de surfaces fixes et articulées à l’extrémité d’un arbre horizontal ; une pièce de butée limite à 90° le mouvement rotatif de cet arbre. Ces surfaces sont décalées et équilibrées de telle sorte que. an (ornai iquemcnl, elles prennent sous la pression du wui. l’une la posiiioi. prrp-udiculaire au vent ou motrice, 1 autre celle d’elîaeemeut.
- La circonférence horizontale parcourue peut être divisée en deux derni-secteurs de x8o°. Une ligne prenant la direction du vent et passant par l’axe vertical de rota-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lion fait le partage de ces deux demi-secteurs. Le demi-secteur de droite sera moteur, l’autre négatif. Précisément la position de chaque surface devra correspondre à la nature du demi-secteur parcouru.
- Le fait que deux surfaces composant un élément mo-
- Direction
- du Vent
- Direction du Vent
- Butée
- Arbre
- Fig. 14. — Fonctionnement des ailes.
- teur sont liées entre elles au moyen de l’arbre horizontal décrit ci-dessus, est une des caractéristiques du système présenté. Ainsi, chaque surface basculant oblige l’autre, fixée à l’extrémité de l’arbre, à prendre une position inverse. Par conséquent, l’une étant perpendiculaire au vent ou motrice, l’autre sera négative ou effacée, c’est-à-dire horizontale.
- Comme deuxième fait caractéristique de l’invention, chaque surface est articulée de façon à être présentée en retrait à l’action du vent. Cette particularité oblige ainsi ladite surface à se maintenir perpendiculairement au vent dans le plan de la demi-rotation motrice droite de 1800. '
- La pression perpendiculaire, c’est-à-dire maximum du vent s’exerce à l’extrémité d’un bras de levier de 1 m., ce qui multiplie par 20 l’effort exercé, si la poulie réceptrice a 0 m. o5 de rayon.
- avec une constance de fonctionnement parfaite. Dans un intérieur d’appartement sur une étagère, l’appareil tournait sans cesse. Avec une puissance de vent dépassant 5 m. par seconde, la rotation était très rapide et le moteur s’affolait nécessitant un nouveau réglage des pièces de butée.
- C’est après ces essais que l’ipventeur eut l'idée d’assurer au moteur un mouvement constant avec un dispositif de régulation.
- Lorsqu’un appareil plus puissant pourra être idéalisé, on pourra constater alors, si au point de vue pratique cet appareil peut donner satisfaction, ainsi que semble le prouver les premiers essais faits par l’inventeur, M. Anthinoüs, sur un appareil de petit modèle.
- Construction
- Durcissement des enduits en ciment et leur préparation pour recevoir les peintures à l’huile. —
- Malgré l’extension prise par la construction en béton armé depuis 3o ans, on recouvre encore les sols en béton, soit d’un parquet en bois, soit d’une couche agglomérée plus ou moins coûteuse.
- On évite en général l’enduit en ciment ordinaire, malgré les avantages d’économie et d’incombustibilité qu’il procure en raison de l’usure rapide de la pellicule superficielle de l’enduit et de l’état sableux et poussiéreux qui en résulte.
- Des tentatives ont été faites pour durcir les enduits en ciment et éviter les inconvénients nombreux de l’usure et de la poussière.
- La Nature a tenu ses lecteurs au courant de plusieurs tentatives dans cette voie et aussi delà construction des routes en béton où la dureté superficielle a une influence importante (voir n08 3i mai 1919, etc.).
- En Amérique où l’on dépense actuellement 2 millions de dollars par jour pour les routes où le béton est de plus en plus employé, on applique, pour éviter l’usure superficielle des enduits en ciment, des cristaux solubles dans l’eau désignés dans le commerce en France sous le nom de « durciment ».
- Des lavages superficiels avec des arroseuses automobiles ou à la lance et au balai avec des solutions de durciment agissent chimiquement sur la chaux du ciment en donnant d©*" produits durs et insolubles qui prolongent la vie des sols traités de 3o pour 100 à 5o pour ioo.
- Actuellement les méthodes américaines pour le bétonnage mécanique des routes sont essayées en France
- Fig. i5. — Schéma montrant la position relative des 4 surfaces pour une direction de vent donnée et pour une phase quelconque du mouvement rotatif.
- Enfin, un dispositif de régulation automatique des surfaces pour des intensités de vent correspondantes est prévu. Cela pour éviter les effets perturbateurs de vents trop forts.
- Sur ces données, un moteur réduit à deux éléments fut construit, chacune des surfaces atteignant à peine 80 cm2 et la longueur du bras de levier moteur étant de i5 centimètres.
- L’appareil commençait à tourner lorsque la personne qui le portait se déplaçait au pas ordinaire dans un air absolument tranquille. Avec un vent de 3 m. par seconde, on obtenait une puissance de i5 grammes-mètres
- dans la région parisienne sur une longueur de route de t km 5oo environ.
- L’application du « durciment » peut se faire sur des sols récents ou anciens, mais propres.
- Quarante-huit heures après la prise de l’enduit on fait 2 lavages à 3o minutes d’intervalles avec des solutions de durciment.
- On emploie aussi ce produit pour donner au béton une surface susceptible de recevoir la peinture à l’huile. On sait que les peintures à l’huile sont désagrégées par la chaux du ciment.
- Pour cet emploi un seul lavage suffit.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- aflL
- G5§f
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1922 (‘)
- Nous voici à l’époque des plus longues nuits de l’année, puisque le solstice d’hiver se produira le 22 à i5h. Peu de phénomènes importants ce mois-ci, provenant du déplacement de la Lune ou des planètes sur le ciel. On pourra en profiter, muni d’un catalogue de curiosités du ciel, pour effectuer une révision des objets célestes importants : étoiles doubles, étoiles colorées, amas et nébuleuses, etc.
- I. Soleil. — Nous venons de voir que le Solstice-d’hiver aura lieu le 22 décembre, à i5h. La déclinaison australe du Soleil ira donc en augmentant jusqu’à cette date, pour diminuer un peu ensuite jusqu’à la fin du mois. De —210 44' la déclinaison du Soleil atteint — 23° 27' le 22. Elle n'est plus que de —23° 8' le 3i. La
- l’aide des données du tableau suivant : P, B0, L0; voir la définition de ces quantités au « Bulletin astronomique » du N° 25i6.
- Dates. P. La
- Décembre 2 ' + i5°,84 + o°,65 79°. 44
- — 7 + i3°,81 + o°,oi i3°,55 '
- — 12 + 11°,66 — o°,63 3o7°,66
- — *7 -1- 9°.4o — I°,27 241°,79
- — 22 + 7°,o5 — i°,9° 175°,93
- — 27 + 4°,65 — 2°,5i 1 io0,O7
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. - — La lumière
- zodiacale peut encore être recherchée le matin, avant l’arrivée de l’aurore, ou le soir, après la nuit complète.
- Fig. 1. — L’orbite du compagnon de Sirius.
- durée du jour varie avec la déclinaison du Soleil comme on le sjxit. De 8h32ra le ier, cette durée tombe à 8hii” du 21 au 25 décembre pour remonter à 8h i5m le 3i.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Ce renseignement est fort utile pour tracer la méridienne. Interpoler pour les dates intermédiaires.
- Dates. Temps légal.
- Décembre ier — 5
- — 10 — i5
- — 20 25
- — 31
- nh39m34s 1 ih4im 7S 1 ih 43“ 17’ iih45m37‘ nh48m 4“ 11115o“34‘ iih53“3i*
- On orientera les dessins et photographies du Soleil à
- 1. Les heures indiquées en ce Bulletin sont mentionnées en temps moyen de Greenwich, compté de o'1 à a4h, à partir de minuit.
- Par les nuits très pures et très obscures, rechercher la lueur anti-solaire juste à l’opposé du Soleil sur l’écliptique. Cette lueur atteint sa hauteur maximum au-dessus de l’horizon lorsque le Soleil passe au méridien inférieur. Yoici les positions exactement opposées à celles du Soleil, en décembre. En les reportant sur une carte, on aura ainsi la place du centre de la lueur anti-solaire.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Décembre xer 4h 2ra + 2I°44'
- — 5 4" 44m + 22° 19'
- — 10 5U 6“ -H 22°52'
- — i5 5h 28ra + 23° l5'
- — 20 5]> 5ira -j- 23° 26’
- — 25 6h t3m + 230 25'
- — 31 6h 39m -h 23° 8'
- Nous recommandons la recherche et l’observation de
- lueur anti-solaire à tous les lecteurs de ce Bulletin
- et nous les prions de nous faire parvenir le résultat de ces observations. Dessiner la position et l’étendue de cette lueur en prenant les étoiles comme repères.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- II. Lune. — Voici quelles seront les phases de la Lune pendant le mois de décembre :
- P. L. le 4» à nh23m I N. L. le 18, à i2h2om D. Q. le ii, à i6h4om | P. Q. le 26, à 5h 53m
- Age de la Lune, à midi, le iar décembre —12!,5; le ig = iJ,o. Pour les dates autres que le i“r et le 19, ajouter i jour par jour écoulé depuis ces dates, et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- L’âge de la Lune est un rènseignement permettant, d’une manière peu exacte, la comparaison ou le classement des observations ou dessins lunaires.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 6 = -|- i8°37'; le 18 = — i8°28'. On sait que ces époques marquent la date de la plus haute et de la plus faible élévation de la Lune au-dessus de l’horizon dans l’hémisphère nord, lors de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 14 décembre, à i6h. Parallaxe = 5g' 34". Distance = 368 128 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 décembre, à i6h. Parallaxe =54' i5". Distance = 404 200 km.
- Observations physiques. — Voir le <c Bulletin astronomique » du.N° 2525.
- Occultations d'étoiles par la Lune visibles à Paris. — Le 7, occultation de 1 Cancer (gr, 6,0), de 20h 34m à 2ih 32m.
- Le 25, occultation de 80 B Poissons (gr. 6,3). Immersion seule visible à 23h 18“.
- Le 27, occultation de g. Poissons (gr. 5,o), de i9h26m à 20h 3om.
- Marées, Mascaret. — Les marées atteindront une très faible amplitude pendant tout le mois de décembre. Le coefficient maximum sera de om,87 à Brest, au moment de la Pleine Lune du 4, et de om,g5 à l’époque de la Nouvelle Lune du 18. Le phénomène du mascaret ne présentera aucun intérêt, en raison de la faible amplitude des marées.
- III. Planètes. —Le tableau suivant, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, contient les principales données pour trouver les planètes et les observer.
- Voici la valeur du disque illuminé et la grandeur stellaire de Vénus pendant ce mois :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stell:
- Décembre 2 0,02 — 3,5
- — 7 o,o5 — 3,8
- — 12 0,09 — 4,i
- — 17 0,14 — 4,2
- — 22 0,18 — 4,3
- — 27 0,23 — 4.4
- Mars est très peu observable le soir. Les observations utiles sont terminées pour l’opposition actuelle.
- Jupiter est visible le matin avant l’arrivée de l’aurore, très près de l’horizon. Il faut attendre le mois prochain pour faire des observations profitables. On pourra, dès maintenant, suivre la marche curieuse des satellites.
- Saturne, se levant une heure et demie avant Jupiter, est mieux placé pour les observations.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du ier décembre :
- Grand axe extérieur........................ 36",82
- Petit axe extérieur........................ -j- 7",04
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. -f-n° i'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 8° 55'
- Le signe + indique que nous voyons à présent la face Nord de l’anneau, qui est également éclairée par le Soleil.
- On pourra observer les élongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne; elles sont données dans le tableau suivant :
- Dates. Heures. Élongation.
- Décembre 3 il1', 9 Orientale.
- — 11 I2h, O Occidentale.
- — 19 I2h, 8 Orientale.
- — %7 nh, 8 Occidentale.
- itan, de grandeur 8,5, est visible avec un objectif de
- on,o^. M. Flammarion fait remarquer qu’une lunette de om,075 montrera aussi Japet à ses élongations occidentales, Rhéa (grandeur g,5) et Téthys (grandeur 10,0). Une lunette de o'NioS montrera Dioné (grandeur 10,5)
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE DKCEMB. à Paris. au Méridien de Paris. à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- t 5 7h 29- nh 4im 7S i5h 54m i6h 44“ 2 2° *9' 32' 3l"2 Scorpion
- Soleil . . .< i5 7 39 1 I 45 37 i5 53 17 28 — 23 i5 32 33,6 Scorpion r
- 25 7 45 11 5o 34 i5 56 18 i3 — 23 25 32 34,8 Sagittaire 1 Sagittaire
- 3i 7 46 11 53 3i 16 1 18 39 23 8 32 34,8
- 5 7 29 r 1 37 i5 46 16 48 — 23 28 4,6 1 co Scorpion
- Mercure. . i5 8 i3 12 7 16 0 l7 49 2 5 10 4,6 Sagittaire Très près du Soleil,
- 25 8 42 12 38 16 33 *y 0 — 24 55 5,o a Sagittaire ( invisible.
- ( 3i 1 ( 5 8 53 t2 58 17 4 •9 48 — 2 3 i4 5, q co Sagittaire
- 6 5 10 35 i5 5 i5 36 — x9 2 60,2 G Balance
- Vénus . . . :! 5 4 5 3o 9 9 48 18 14 14 33 6 i5 i5 31 40 — 16 — i5 2 L 42 5i ,8 44,8 y Balance 1 y Balance Le matin, avant le lever du Soleil.
- 3i 4 i5 9 2 i3 48 i5 55 l6 I 39,2 0 Balance
- 5 11 54' 16 5o 21 45 21 54 — 14 9 7,o ô Capricorne
- Mars. . . . 1 11 29 16 38 21 47 22 22 I I 23 6,6 8 Verseau Un peu visible le soir.
- V 25 I I 3 16 26 21 49 22 49 — 8 28 6,4 1 Verseau A *
- 3i 10 34 16 x7 2 I 5o 23 8 — 6 22 6,2 <p Verseau
- Jupiter. . . i5 0 0 53 8 51 i3 48 ' 14 32 — i3 51 3o,o a Balance Le matin, avant l’aurore.
- Saturne . . i5 I 29 7 29 i3 9 i3 I I — 4 5 9 14,8 0 Vierge Vers la fin de la nuit.
- Uranus. . . i5 l I 4i *7 4. 22 27 22 47 — 8 33 3,4 1 Verseau Dès l’arrivée de la nuit-
- Neptune. . 16 20 20 3 37 10 54 9 22 + i5 36 2,4 it1-r:2Cancer Presque toute la nuit.
- t
- Mercure, pendant tout le mois, se lève et se couche presque en même tèmps que le Soleil. Il est donc inobservable. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 6 décembre, à igh.
- Vénus, très pi’ès du Sob-il au début du mois (la conjonction inférieure avec le Soleil a eu lieu le 2, novembre), pourra être recherchée et observée le matin dans le courant de décembre. Le plus grand éclat du matin se produira le 26 décembre.
- L’observation des aulres satellites est réservée aux grands instruments/(ils sont inférieurs àla 12e grandeur)-Uranus sera en quadrature orientale (c’est-à-dire a 900 à l’Est du Soleil) le 2 décembre. Il se rapprochera à la fin du mois, de l’étoile >- \ erseau et .sera u.cnv.rou io' au Sud de celte étoile. Il y aua là un moyeu extrêmement facile de le trouver, même avec uue simple jumelle. Voir la carte de son mouvement pendant l’année 1922 au « Bulletin astronomique » du N° 2612.
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- Neptune pourra être recherché à l’aide de la carte détaillée publiée au « Bulletin astronomique » du N° 2499. Une bonne lunette sera nécessaire pour procéder à lidentification des étoiles avec les points marqués sur la carte.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 9, à x3h, Neptune en conjonction avec la Lune à 3° 21' N
- Le i3, à 19h, Saturne Le i5, à 6h, Jupiter
- Le 19, à 2 Le 24, à 6 Le 34, à 8 Le 25, à q
- Mercure Mars Uranus , Mars
- Minima
- 17“
- de
- le
- la Lune, à o° 27' N la Lune, à 20 33' S la Lune, à i° 44' S la Lune, à 6° 54' S la Lune, à 20 17' S la Lune, à 20 5' S Uranus, ào° 7' S l’étoile variable 14, à ih 6m; le 16,
- Etoiles variables.
- Algol (p Persée) : Le 11, à 41' à 2111 55“ ; le 19, à i8b 44m.
- Etoile Polaire. — Heure du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, de 10 en 10 jours :
- Dates. Passage supérieur.
- Décembre 7 2o1'2im45’
- — 17 i9h42m i8‘
- .— 27 igh 2m49‘
- On obtiendra les passages intermédiaires par une interpolation facile, en remarquant que les passages sont séparés par un intervalle de temps de23u56“4% durée du jour sidéral.
- Etoiles filantes. — Voici la suite du tableau de M. Denning donnant les principaux radiants actifs en décembre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Ier Décembre 430 + 56° y1 Persée.
- ier au 10 — 1170 + 320 a-(3 Gémeaux.
- 6 — 8o° + 23° ? Taureau.
- 6 au i3 — 149° + 4>° P. IX. 254.
- 9 au 12 1070 + 33° a Gémeaux.
- 10 au 12 — . i3o° H- 46° t Grande Ourse
- Le radiant de oc Gémeaux donne des météores rapides, courts. U Annuaire astronomique recommande de les observer du 8 au 10 et de prolonger l’observation jusqu’au 14 décembre. Les météores de cet essaim portent le nom de Géminides.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, vers le ior décembre, à 2i\ est le suivant (pour la latitude de la France) :
- Au Zénith : Persée ((3 = Algol [variable]; amas); Andromède (M. 31, 7); Cassiopée (0» h <lo u).
- Au Nord : La Petite Ourse (a — Polaire ic, y) ; Céphée 8, p, $, p); le Dragon (0, ip, 40, e, p) ; la Grande Ourse (ç, ?, V, 23 h, a).
- A l’Est : Le Cocher (ce, 14, 4> to) ; le Lion; le Cancer (la Crèche); les Gémeaux (a, p, S, v., M. 35); le Petit Chien (a — Procyon) ; le Taureau (a — Aldébaran, t, x, Pléiades); Orion (0, M. 42, ô, Ç, p, t, a); Sirius se lève.
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons (a, X, 35) ; la Baleine (Mira Cetir=zo, y, 66, 37); l’Eridan; le Verseau (au Sud-Ouest).
- A l’Ouest: Pégase (85, 3, rc) ; le Cygne (0, 61e, ô); la Lyre (au Nord-Ouest).
- Le retour des constellations d’hiver et en particulier du Grand Chien, où se trouve la brillante étoile Sirius, la plus éclatante du ciel, va nous permettre, si nous disposons d’une lunette suffisamment puissante, d’effectuer une observation rarissime : celle du petit compagnon de Sirius, découvert en 1862 par le fils d’Alvan Clark, le célèbre opticien américain.
- M. Danjon, astronome à l’Observatoire de Strasbourg, a consacré récemment [EAstronomie, mai 1922, p. ig3) une importante étude au compagnon de Sirius. Ce petit astre accomplit une révolution complète autour de son éblouissant soleil en 5oa,,s,o4. Ainsi, depuis sa découverte, il a parcouru un peu plus d’une révolution entière. Actuellement, il se trouve à la plus grande distance angulaire possible de Sirius et on peut l’observer avec un bon objectif de o“,i6 (une mesure micrométrique a pu en être prise à l’Observatoire de Strasbourg, le x8 mars dernier, avec un tel objectif). L’étoile principale est de la grandeur — 1œ,58, le compagnon de 7m,o a 8n’,5 suivant les auteurs. Le brillant éclat de Sirius rend malaisée l’estimation de la grandeur du compagnon. L’écart des composantes est actuellement de 1i",3. M. Danjon recommande d’observer Sirius près du méridien, lorsqu’il atteint sa plus grande hauteur sur l’horizon, et par une nuit parfaitement calme (l’agitation atmosphérique rend l’observation impossible). <c On voit alors, dit-il, la tache de diffraction et ses anneaux bien circulaires. Dans ces conditions, le compagnon apparaît bien piqué sur l’auréole violette. Mais la moindre trace d’agitation se traduit aussitôt par un scintillement de points lumineux, au milieu desquels la petite étoile disparaît.
- « L’emploi du diaphragme hexagonal facilite grandement l’observation. En limitant la portion utile de l’objectif à un hexagone régulier inscrit dans son pourtour, on n’affaiblit pas sensiblement l’éclat des images, mais on en modifie profondément l’aspect. Sirius apparaît comme une tache centrale entourée de six rayons lumineux placés à 6o° les uns des autres, entre lesquels le ciel est parfaitement noir, si l’on a soin, en même temps, d’éteindre l’auréole violette par un écran jaune. En orientant convenablement le diaphragme, le compagnon apparaît entre deux rayons, sur fond sombie. Enfin il est très avantageux de cacher l’étoile principale par un occulteur, qui peut être un simple fil de réticule. On choisira, de préférence, un oculaire puissant, pour écarter très nettement les deux astres, sans toutefois affaiblir l’éclat du satellite. »
- La figure 1 montre l’orbite apparente décrite par le compagnon. On y a figuré, par des cercles blancs, les plus anciennes observations, et par des cercles noirs les observations récentes. Em. Touciiet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Construction de petites capacités variables destinées aux liaisons grille-plaque d’un amplificateur haute-fréquence à résistances. — Tout amateur sans-filiste connaissant quelque peu le fonctionnement des amplificateurs haute-fréquence à résistances sait que le rendement de ces appareils dépend, pour des ondes de longueur déterminée, de la capacité des condensateurs de liaison grille-plaque. Autrement dit, les ondes reçues demandent pour être amplifiées au maximum une sorte d’ « accord » des circuits de l’amplificateur. Cet « accord » peut être réalisé au moyen des capacités en question, mais comme il varie suivant la longueur de ces ondes, il est nécessaire d’employer, si on veut toujours l’obtenir, des condensateurs variables et non des condensateurs fixes.
- Il existe un moyen simple et peu onéreux de fabriquer soi-même ces condensateurs variables, lesquels n’exigent du reste, en haute-fréquence, et pour la gamme des longueurs d’onde actuellement utilisées qu’une très
- faible capacité. Ce moyen consiste à prendre un de ces petits cylindres de zinc qui forment l’électrode négative des minuscules éléments Leclanché d’une pile sèche pour lampe de poche (il vaut mieux se servir à cet effet d’une pile n’ayant pas débité jusqu’à usure complète. Dans le cas contraire ces cylindres de zinc pourraient être en trop mauvais état).
- Après avoir débarrassé ce cylindre de zinc de son contenu — chose que l’on fait [facilement en tirant à l’aide d’une pince le bâton de charbon formant électrode positive — et après l’avoir soigneusement nettoyé, on se procure une petite éprouvette en verre très mince, — et à fond plat si possible — entrant à frottement dur dans ce cylindre. Enfin, on garnit intérieurement cette éprouvette d’une feuille d’étain, plaquée contre le verre, par une carie de visite enroulée.
- On a x’éalisé ainsi un petit condensateur à diélectrique vei’re variable par glissement de l’éprouvette à l’intérieur du cylindre de zinc. Les pi-ises sur les armatures sc font
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- #•
- d’une part en soudant un lïl au cylindre de zinc, et d’autre part en interposant un fil dénudé entre le verre et la feuille d’étain de 1 éprouvette ; le bon contact en est assuré par la pression de la carte enroulée. Ce dernier fil pourra être maintenu, à sa sortie de l’éprouvette par un bouchon paraffine enfoncé dans celle-ci; ce bouchon servira en même temps de manche isolant pour effectuer les réglages.
- Au cas où l’on ne pourrait trouver d’éprouvettes à fond plat et de diamètre voulu, on se procurerait des « tuhes à essais » à fond rond, que l’on couperait à la longueur du cylindre de zinc, de manière à avoir un tube ouvert à ses deux extrémités; on fermerait ensuite une de ces deux extrémités avec un bouchon mince enfoncé au niveau du verre.
- Quoi qu il en soit, si le tube contenant l’armature mobile est en verre très mince, la capacité maximum des condensateurs ainsi construits sera très probablement suffisante pour assurer l’amplification optimum des ondes les plus longues. René de Mazan.
- Pour obtenir des caches photographiques. ---
- M. Christin, de Lille, nous communique le procédé suivant qu’il utilise pour remplacer économiquement et pratiquement les caches photographiques vendus dans le commerce.
- « Je me base, dit-il, sur ce fait qu’il est beaucoup phis commode de découper dans du papier un contre-cache que la cache lui-même.
- Voici donc la manière de procéder :
- On découpe dans du papier noir (de préférence celui qui constitue l’emballage des plaques photographiques) un contre-cache affectant la forme de l’ouverture voulue (rectangle, cercle, ovale, rosace, étoile, etc.).
- Ceci fait, on applique ce contre-cache sur un papier sensible au bromure, on place le tout dans un châssis-presse et on expose quelques secondes, soit à la lumière du jour, soit à la lumière artificielle ; il est bien évident que le chargement du châssis se fait à la lumière rouge.
- Les opérations du développement, du fixage et du lavage se font comme d’ordinaire.
- Lorsque l’épreuve est terminée, il suffit de découper à l’aide de petits ciseaux les parties restées blanches.
- Ce procédé a l’avantage de donner des caches dont le dessin est bien net et très facile à découper. Il permet également à l’amateur d’utiliser nombre de clichés dont une partie seulement est acceptable et de varier à l’in-lini la forme et les dimensions des caches. »
- Procédés de préparation des calebasses ou gourdes. — Pour préparer ces cucurbitacées à utiliser comme bouteilles ou autres récipients, on les fait sécher dès qu’elles sont parvenues à pleine maturité. Cette dessiccation doit être naturelle, jamais forcée par séjour près du feu.
- Lorsqu’elle est complète, on perfore la calebasse à la partie supérieure d’un trou circulaire d’un centimètre et demi de diamètre, puis on l’agite pour en faire sortir les graines desséchées ; ensuite on y introduit du gros sable ou du sel en pierres, et on agite de temps à autre pour enlever toutes les fibres et les graines encore adhérentes à la paroi interne. Après enlèvement de toutes ces impuretés, on remplit plusieurs fois la gourde d’eau de potasse, pour la laver soigneusement, puis on y fait séjourner de l’eau pure que l’on goûte 24 heures après. On jette cette eau- qui a un goût de bois, et on en verse d’autre.
- Une gourde est bonne quand l’eau y a séjourné pendant 2 jours sans altération de son goût. Quelques rinçages, de temps à autre, la feront durer indéfiniment; elle se bonifiera en vieillissant, pourvu qu’elle ne reçoive qu’une seule nature dé liquide. Les calebasses prennent facilement le goût des liquides. Si l’on y met du vin, il est presque impossible d’en faire disparaître l’odeur, et la calebasse ne peut servir qu’à conserver du vin, et lorsqu’une gourde est « faite au vin », il faut avoir bien soin de n’y pas laisser le vin s’aigrir, tourner au vinaigre, car elle serait alors irrémédiablement perdue, inutilisable.
- Destruction des chenilles par l’eau de sureau. —
- Un procédé très simple et très économique pour débarrasser les plantes des chenilles, qui commettent de grands dégâts, consiste en l’emploi de l’eau de sureau préparée de la manière suivante :
- Choisir des pousses de sureau de 5o à 60 cm de longueur, les mettre dans un seau rempli d’eau et faire bouillir pendant vingt minutes. Cette ébullition prolongée donne un liquide noirâtre, auquel on ajoute une égale quantité d’eau froide.
- On répand ce liquide en pulvérisations sur les plantes envahies par les chenilles; celles-ci, dès qu’elles sont touchées, se détachent des feuilles et meurent.
- L’eau de sureau est sans danger pour les plantes.
- Conservation des ruches pendant l’hiver. — La
- mort des essaims pendant l’hiver cause d’importantes pertes à l’apiculture dans le Wisconsin et les états les plus septentrionaux de l’Union Nord-Américaine. On y perd couramment i5 à 20 pour 100 des essaims par le froid et le manque de soins. Aussi M. li.-F. Wilson vient-il de publier dans le Bulletin, n° 338 de la Station expérimentale d’Agriculture de l’Université de Wisconsin une série de règles pratiques à l’usage des apiculteurs, que reproduit le Bulletin de Renseignements de l’Institut International d’Agriculture. Nous croyons intéressant de les indiquer pour ceux qui possèdent des ruches en France.
- Pour bien hiverner, la ruche doit avoir de nombreux et bons rayons pleins de miel et une reine ne dépassant pas 2 ans, n’ayant pas encore atteint son maximum de ponte. La nutrition artificielle doit être faite, éventuellement, avant le 1" novembre. La situation du local d’hivernage importe peu, pourvu que les autres conditions soient favorables. Les températures de ce local les plus favorables à un bon hivernage sont celles qui se rapprochent de 7 à io° C. Une aération excessive de la cave de conservation peut occasionner des pertes graves. Il faut avoir soin que les abeilles soient bien abritées des vents qui dominent au printemps : elles doivent être transportées de bonne heure dans leurs quartiers d’hiver, et en être enlevées de bonne heure au printemps, mais en les protégeant contre les vents de cette dernière saison. De la deuxième semaine de novembre à la deuxième semaine de mars, les abeilles ne doivent pas être dérangées et elles doivent être tenues dans une obscurité absolue.
- Principes fondamentaux des soins à donner au printemps (avril et mai) : provisions abondantes ; pas moins de deux rayons à nid. Fournir à chaque essaim une quantité de rayons à miel supérieure à celle dont on use ordinairement (18 à 22 kg). Un essaim nombreux a besoin, pendant tout le printemps, de 34 à 4& kg de miel, et si les abeilles ne peuvent pas se les procurer, l’apiculteur doit les leur fournir.
- Encre inaltérable pour étiquettes en zinc. — Les
- inscriptions faites sur étiquettes en zinc sont de très longue durée, en tous lieux, lorsqu’on emploie la formule de Grassie que voici :
- Faire dissoudre 5o gr. de sulfate de cuivre dans 100 gr. d’eau; la dissolution est facilitée en chauffant, sans pousser jusqu’à l’ébullition. A cette dissolution, ajouter le mélange suivant :
- Gomme du Sénégal................25 gr.
- Noir de fumée................... 5 —
- Eau.............................5o —
- Faire fondre la gomme dans l’eau tiède et amalgamer le noir de fumée.
- Le sulfate de cuivre peut être remplacé par le chlorure de cuivre, qui est plus soluble et a davantage de mordant. Dans ce cas, les inscriptions ont une durée égale à celle du zinc lui-même.
- Sherbet au caramel. — Le I)1 Jean Zwibel nous adresse la recette suivante, en réponse à la demande parue dans la Boîte aux Lettres du n° 2520 :
- Faites du caramel avec 25o gr. de'sucre, versez dessus un demi-litre d eau tiède, ajoutez trois quarts de kg de sucre et faites bouillir le tout à peu près jusqu’au boulé. Pour savoir si le sucre a atteint le degré nécessaire, prenez une tasse avec de l’eau froide, versez un peu de sirop et si en sortant avec les doigts le sirop de l’eau, on peut former une petite perle, le sucre a assez bouilli. Laisser refroidir le sirop et quand il est tiède remuez-le avec un rouleau en bois jusqu’à ce que le tout devienne comme du fondant.
- Versez le tout dans uni pot à confitures.
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- BOITE AUX LETTRES
- CM
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Renseignements. — A propos de l’article sur l’industrie du miel de raisin, paru dans le ne 2529 du 23 septembre, nous devons donner satisfaction aux légitimes revendications des apiculteurs, relativement à la dénomination de « miel » employée par les promoteurs de cette industrie pour désigner ce produit, tout différent du miel produit par les abeilles.
- En conformité des termes formels de la loi du i5 juillet 1921 réglementant l’emploi du terme « miel » et conditionnant la vente de ce produit en France, ne peut être désigné sous l’appellation de « miel » que le produit naturel des abeilles. L’expression « miel de fantaisie » ou toute autre appellation similaire est interdite.
- Le nouveau, produit étant du jus de raisin concentré, il convient, pour ne point s’exposer à transgresser la loi, de le désigner sous cette appellation qui naturellement s’impose; de la sorte, les droits et les intérêts des apiculteurs seront sauvegardés.
- Toutefois, les promoteurs de cette industrie objectent que la loi envisage seulement le point de vue commercial et non le point de vue scientifique. Car le mot miel désigne scientifiquement un état physique particulier dont le miel d’abeille est le type. Le terme « jus de raisin concentré » est beaucoup plus général et désigne le jus concentré à tous les degrés. Le terme « miel de raisin » désigne seulement une concentration telle que le jus concentré dans cet état se comporte exactement comme le miel d’abeille, au point de vue physique, à la condition qu’il ne soit pas altéré par la fabrication. En définitive, l’appellation de « miel de raisin » ne peut être employée que pour définir le produit et faire comprendre l’état particulier dans lequel se trouve le jus de raisin.
- Réponses. — M. A. M., à Arles (Bouches-du-Rhône). — Pour créer une installation en vue de la transformation du jus de raisin frais en jus de raisin concentré, adressez-vous à M. J. Guyon, ingénieur, 61, rue de la Gare, à Carcassonne, ou à M. Navarre, 156, avenue de Châtillon, Paris.
- M. Alfred G., à Meursault (Côte-d’Or). — Même réponse.
- M. G. C., à Marseille. — Les principes essentiels (acétate et butyrate de linalyle) de l'essence de lavande sont disséminés en juin dans toutes les parties vertes de la plante ; ils se concentrent peu à peu sur l’épi, à mesure que celui-ci se développe. La plante atteint le maximum de sa puissance odorante à la fin de juillet. Après le 15 août, l’épi a déjà perdu de son odeur; les corolles se fanent, puis se dessèchent. Les graines ne gardent pas les principes odorants.
- On extrait l’essence par distillation des fleurs et des feuilles fraîches. L’essence se concentre surtout dans le calice et la corolle de la fleur.
- Si vous récoltez une petite quantité, mais assez appréciable, de lavande en herbe, le seul mode d’extraction consisterait en l’emploi d’un petit alambic à faible débit, mais encore la production d’essence serait bien minime, le l’endement de la plante en essence étant de 1 pour 100 environ. S’il ne s’agit que de plantes disséminées dans un jardin, on pourrait faire un simple essai à l’aide d’un petit appareil de laboratoire, mais l’utilisation des quelques plantes cueillies dans un jardin nous paraîtrait plutôt à conseiller dans l’économie domestique pour éloigner les mites des endroits où sont placés les lainages et les fourrures.
- M. B. Société Lorraine, route de Bezons, à Argen-teuil (Seine-et-Oise). — L’industrie du jus de raisin concentré est en création actuellement. Il n’existe pas de bibliographie sur cette question, mais le principe de la fabrication a fait l’objet d’un brevet relatif au perfectionnement apporté au procédé du professeur italien Monti.
- Tous renseignements vous , seront donnés par le titulaire du brevet, M. J. Guyon, ingénieur, bi, rue de la Gare, à Carcassonne.
- M. L. M., L’Enclos-Ecully (Rhône). — Vous pourriez, croyons-nous, vous procurer des échantillons des produits qui vous intéressent en vous adressant directement à M. J. Guyon, dont l’adresse est indiquée ci-dessus.
- La Société industrielle d’utilisation des raisins et autres fruits, dont le siège est à Carcassonne, vous renseignera en ce qui concerne le côté commercial.
- M. J. H., rue de Paris, à Nantes. — I)' F. P., rue de Vienne, Paris. — M. II. G. A., à. Mérignac. — M. B. M., boulevard George-V, à Bordeaux. — Même réponse que ci-dessus. Nous ne possédons pas les adresses que vous demandez.
- M. Michaud, à Paris. — Le procédé le plus récent de reproduction des reliefs par la photographie est celui de M. R. Namias. On fait gonfler dans l’eau froide de la gélatine tendre pour phototypie (3o gr. pour 100c. c.), on y ajoute x pour 100 de glycérine, on fait fondre au bain-marie, on ajoute 1,5 pour 100 d’acide acétique, on filtre sur mousseline à larges mailles, et l’on coule sur des glaces calées de niveau, dont les tranches ont été stéarinées afin d’éviter le coulage par les bords. On verse 40 à 5o c. c. de solution par décimètre carré de plaque. Le séchage exige environ 2 jours. On talque ensuite la couche, afin d'éviter les adhérences dans le moulage. La sensibilisation s’effectue dans un bain contenant 4 pour 100 de bichromate d’ammoniaque et 1 p. 100 de citrate de soude. Sécher ensuite dans l’obscurité, puis exposer à la lumière, sous le cliché négatif. Au soleil, il faut poser de 10 à i5 minutes. Lés tranches de la plaque sont alors imperméabilisées par une solution de caoutchouc, ou par un vernis au celluloïd, afin d’éviter le décollement de la gélatine pendant le gonflement. Après dessiccation du vernis, la plaque est plongée dans l’eau froide, où on la laisse gonfler pendant 5 heures environ. On procède ensuite à un tannage superficiel, par immersion de quelques minutes dans une solution saturée d’alun additionnée de 1 pour 100 d’acide acétique.
- Sur le relief ainsi formé, on peut alors couler du plâtre qui, après séchage, sera enduit de plombagine et recevra un dépôt métallique par galvanoplastie. La principale difficulté de cette photosculpture est d’exécuter un cliché dont les gradations correspondent exclusivement au relief . Si le modèle est monochrome ; s’il s’agit, par exemple, de reproduire un médaillon en marbre blanc, il est assez facile de l’éclairer de façon à proportionner les ombres à la profondeur des creux ; mais, si l’on entreprend de johotosculpter un sujet qui offre des nuances indépendantes des saillies, alors les difficultés se multiplient. Si l’on veut, notamment, exécuter un portrait, il faut maquiller le modèle, l’habiller de blanc, poudrer ses cheveux, et combiner deux éclairages latéraux opposés.
- M. F. V. La Grange, Châteaufort (Seine-et-Oise). — Nous ne connaissons pas d’application, en France, du procédé américain de séchage des fourrages au moyen de l’électricité, et nous ne possédons pas de document sur ce procédé. Si le journal auquel vous faites allusion ne peut voué renseigner — ayant publié des photographies relatives à l’emploi de ce mode de séchage — en vous mettant en relation avec la personne qui lui a adressé ces photographies et qui, directement ou indirectement, a pu être renseignée sur l’application de ce procédé en Amérique, vous auriez probablement quelque chance d’obtenir des indications en vous adressant au Directeur des Services agricoles de voti’e département, M. Blanchard, à Versailles, et au Directeur de la Station d’Essais de machines du Ministère de l’Agriculture, M. Ringelmann, 3, avenue de Saint-Mandé, Paris, 120.
- M. Simon Benoit-Gonin, à Septmoncel (Jura). — Les vernis pour bois sont le plus souvent des vernis à l’alcool colorés par une couleur d’aniline, il vous suffira pour éclaircir votre vernis noyer foncé d’y ajouter une quantité suffisante d’alcool à brûler jusqu’au moment où quelques essais sur une planchette vous montreront que l’intensité désirée a été obtenue.
- M. G. T., 17. — Voici des renseignements complémentaires au sujet du dèfoxage des vins de noah, Othello ou autres producteurs dkects, moyens indiqués par M. Mathieu, Directeur de l’Institut œnotechnique :
- i° Séparation de la dernière partie du jus, un dixième envii’on, s’écoulant du pressoir ;
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- 2° Sulfitage à forte dose du moût sous le pressoir, au moins io gr. d’acide sulfureux par hectolitre; ne pas dépasser 20 gr. de bisulfites alcalins, si l’on a recours à cette source d’acide sulfureux;
- 3° Débourber et aérer fortement le jus clair;
- 4° Ensemencèr avec une levure active et aérer une fois par jour, soit par soutirage, soit à la pompe, jusqu’à ce que le bouillage soit très actif.
- Mettre la queue de pressurage à fermenter avec la bourbe ; on a un vin inférieur.
- Ces moyens sont les seuls proposés jusqu’à présent.
- M. Hubert Vitalis, à Lodève (Hérault). — La grande association de tourisme en France, nous voulons dire le « Touring Club de France », nous a très aimablement donné des renseignements suivants sur la construction des tables d'orientation (on sait que le T. C. F. en a fait installer à ses frais, un très grand nombre, sur les sommets d’où l’on découvre un large panorama). Le premier travail consistera en la prise photographique du tour complet de l’horizon, cette vue permettant le dessin panoramique de la table et ensuite son exécution sur lave. Pour l’exécution du dessin panoramique, s’adresser à M. Reymond, géomètre expert à Allevard (Isère). Pour la reproduction sur lave, s’adresser à M. Seurat, fabricant de lave émaillée, à Saint-Martin-des-Riom (Puy-de-Dôme). La mise en place de la table sur support en maçonnerie n’offre aucune difficulté spéciale. On pourra y faire figurer les points cardinaux et pour déterminer ceux-ci on pourra utiliser une boussole (eü tenant compte de la déclinaison magnétique du lieu) ou tracer la ligne nord-sud par l’ombre projetée d’un fil à plomb au moyen du temps moyen à midi vrai (voir le Bulletin astronomique).
- M. Victor Amauris, à Morlanwelz (Belgique). — En supposant votre objectif de 4 pouces (o m. 108) de bonne exécution, vous pouvez lui adapter des grossissements jusqu'à 25o diamètres environ. Voici diverses adresses de constructeurs pouvant vous fournir des oculaires : M. Manent, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine) ; M. Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris, 13°; Société d’optique et de mécanique de précision, ia5, boulevard Davout, Paris, 20e; maison Secrétan, i5i, boulevard Aüguste-Blanqui, Paris, i3e; E. Vion, 38, rue de Turenne, Paris.
- Indiquer au constructeur auquel vous vous adresserez la longueur focale de votre objectif (c’est la distance qui sépare l’objectif de l’image nette du soleil reçue sur un carton). Il serait bon, en outre, d’envoyer le coulant porte-oculaire pour faire ajuster les oculaires.
- M. Bouisson, à Marseille. — Vous pourrez vous procurer très facilement de Y acide carbonique liquéfié dans l’une des maisons suivantes : La Carbonique de l’alimentation, 5, rue Ordener; La Carbonique française, q3, rue de Lourmel; La Carbonique moderne, 52, rue de Flandre; La Carbonique de-Paris, 148, rue de La Chapelle; Fay, i5, rue de Bufîon; Prudhon, quai de Clichy, à Clichy (Seine). L’acide carbonique ainsi livré est très pur et provient le plus souvent de la fermentation.
- M. Lemouche, à Liège (Belgique). — Il n’y a aucun inconvénient à coller vos caissettes avec la colle forte. Une fois celle-ci bien sèche, vous obtiendrez l’étanchéité par application de l’enduit qui suit :
- Gutta-percha...............i5o gr.
- Gomme laque ...............i5o —
- Colophane................... 5 —
- Benzine....................65o —
- Faire fondre ensemble la gutta, la gomme laque et la résine sur feu très doux, retirer du feu et s’en éloigner pour éviter une inflammation, laisser partiellement refroidir, puis ajouter peu à peu en remuant la benzine. Appliquer l’enduit à chaud sur le bois.
- M. R. B., à Bruxelles. — i° Dans le cas que vous indiquez nous pensons que le moyen le plus simple pour remettre en état des statuettes de plâtre consisterait d’abord à les bien laver à l’eau savonneuse pour enlever toutes les poussières adhérentes, puis après séchage à les enduire d’une couche légère de blanc gélatineux que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs et que l’on étend d’une quantité d’eau suffisante pour obtenir la consistance convenable. Donner ainsi deux couches d’enduit assez clair pour ne pas empâter les détails, en prenant soin que la première couche soit bien sèche avant d’appliquer la suivante. Une brosse douce con-
- viendra parfaitement pour ce travail. 20 Les industries que vous citez sont très différentes les unes des autres et leur technologie ne peut se trouver dans un même ouvrage. Pour chacune d’elles, nous pouvons vous indiquer : Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche; Le Verre et le cristal, par Henrivaux; Métallurgie du fer et de la fonte, par Bresson. Tous ces ouvrages sont édités par Dunod, 47» quai des Grands-Augustins. 3° Les opérations que l’on fait subir aux objets en bois avant le vernissage sont dans l’ordre où elles doivent être exécutées : a) Le passage au papier de verre n° o en se servant d’un bloc de bois de 10 cm X 8 cm, épais de 3 cm sur lequel on applique la feuille, on doit toujours frotter perpendiculairement au fil du bois en évitant d’arrondir les angles, b) Le ponçage au moyen d’une poudre de silex très fine broyée avec une mixture d’huile de lin et de térébenthine à parties égales, cette opération se fait au tampon jusqu’à ce que la surface essuyée soit bien lisse, c) Après le ponçage, le passage à la gomme laque est indispensable pour resserrer les pores du bois et empêcher le vernis de faire des taches. On emploie pour cela de la gomme laque dissoute dans l’alcool de bois à raison de a5o gr. de gomme laque pour un demi-litre d’alcool. On laisse sécher 6 à 8 heures, puis passe à nouveau au papier de verre 0 pour enlever les aspérités, cela sans appuyer et en utilisant du papier de verre ayant déjà servi, d) On procède enfin au vernissage en employant un pinceau assez large dans une chambre à température élevée, 200 à 25°, afin que le vernis s'étale bien. D’une manière générale, on passera une couche dans le sens des veines du bois, puis une couche perpendiculaire, puis, pour terminer, encore dans le sens des veines. Si on désire un fini absolu on peut reponcer à nouveau le vernis bien sec puis polir au tampon à l’huile de lin avec un morceau de feutre roulé autour d’un bloc de bois pesant, ce qui augmente la pression jusqu’à ce que le poli soit atteint.
- M. le Dr Burguel, à Montélimar. — Nous avons traité d’une façon très complète la question des badigeons dans une de nos dernières Boîtes aux Lettres (Voir réponse à M. Vignal, à Montauban, N° a5o4, p. 107), il vous suffira de remplacer le blanc de Meudon par du kaolin si vous désirez employer cette dernière substance, mais il faudra alors tenir la colle de peaux un peu plus épaisse, la densité du kaolin étant plus grande afin qu’il n’y ait pas sédimentation.
- M. Dennel, à Paris. — Vous trouverez de la mousse de platine pour la fabrication des allumeurs à gaz chez Caplain-Saint-André, 10, rue Portefoin, à Paris.
- }J. Bonnin, à Nice. — i° Si vos carreaux de terre cuite ont bien été scellés au plâtre, vous devez pouvoir enlever les bavures en frottant avec un tampon imbibé d’acide muriatique ou esprit de sel, le sulfate de chaux qui constitue le plâtre est en effet soluble dans l’acide chlorhydrique, au besoin se servir d’acide chaud, rincer à l’eau tiède et répéter l’opération jusqu’à résultat. —-N. B. Le rinçage est très important, car il doit enlever le plâtre à mesure de sa solubilisation par l’acide. 2° IL enlèvement dé taches de goudron de houille sur du ciment présente toujours de grandes difficultés à cause de la pénétration. Après avoir gratté tout le goudron que l’on peut détacher ainsi, appliquer une bouillie de benzine et de terre à foulon (argile blanche) et laisser en contact jusqu’au lendemain, enlever la terre souillée par le goudron qu’elle a absorbé et mettre une nouvelle couche de bouillie; renouveler ces applications jusqu’à ce que la tache ait disparu, ce qui demande de la patience, mais vous réussirez très probablement.
- M. Tesnière, à Mont-Saint-Aignan (Seine-Inférieure). — Le ripolin étant à base d’huile de lin, celle-ci se décompose par la chaleur et rien ne peut empêcher cette modification, le mieux est d’employer une peinture au silicate, laquelle ne renfermant pas de produits organiques ne présentera pas cet inconvénient, vous pourrez
- la préparer facilement en prenant :
- Blanc de zinc............... . 3oo gr.
- Sulfate de baryte.............3oo —
- Silicate de soude à 40° B . . 200 —
- Eau ordinaire.................200 —
- Teinter si on le désire, mais avec une couleur minérale peu Susceptible de se décomposer, par exemple le vert Guignet, l’ocre jaune ou rouge avec, si besoin est, une pointe de noir de fumée.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2535
- 4 Novembre 1922
- SCIENCE APPLIQUÉE
- c{§^ Agriculture
- Main mécanique pour la cueillette des olives. —
- La cueillette des olives est une opération longue et sou-
- Fig. r. — La Main mécanique ouverte.
- vent mal faite -— surtout en Algérie et Tunisie — par des ouvriers qui abîment plus ou moins les oliviers.
- Jusqu’à présen1, c’est avec trois ou quatre doigts de la main droite, armés de cornes de mouton spcciale-
- Fig. 2.— La Main mécanique fermée.
- ment préparées pour cet usage, que des cueillettes, montés sur des échelles, recollent les olives en les faisant tomber sur de grandes toiles étendues à terre On pratique aussi le gaulage, procédé suranné, fort' dommageable pour les olivkrs, par la destruction de nombreuses brindilles qui eussent assuré la récolte de
- l’année suivante. Ces brindilles, comme les olives, sont fragiles.
- Pour éviter les pertes, la meurtrissure de l’olive et ne nuire en rien aux oliviers, tout en effectuant rapidement la récolte, il fallait imaginer un système de cueillette mécanique.
- C’est ce à quoi satisfait pleinement l’invenlion que nous décrivons ici, laquelle consiste en une main mécanique, accompagnée d’un secoueur de branches pour la cueillette en lin de saison, lorsque l’olive se trouve en maturité avancée.
- Cette main mécanique se compose d’un boîtier en tôle emboutie en deux pièces, l’une se terminant par une douille pouvant être fixée sur un manche et s’adapter sur l’autre pièce, à la façon d’un couvercle (fig. 3).
- Dans ce boîtier est disposé un nombre approprié de pattes, dont les extrémités libres sont terminées par des doigts creux sortant du boîtier et pivotant autour de boulons qui les maintiennent articulés dans le boîtier. Le nombre de doigts peut varier de quatre à six.
- Fig. 3. — 'Main mécanique à quatre doigts.
- A chaque patte est pratiquée une mortaise où se loge un ergot.
- Les ergots sont fixés sur deux curseurs, de sorte que chaque curseur commande trois doigts. A un endroit approprié, le curseur est muni d’nn ergot, logé dans un,e mortaise. Il reçoit son mouvement d’un poussoir qui se déplace également sur une mortaise. Ce poussoir est fixé à une pièce disposée à l’extérieur du boîtier et portant une tige qui passe à travers un tube soudé à la douille du manche. La tige est entourée d’un ressort qui bute contre la pièce disposée extérieurement au boîtier et le fond du tube. A son extrémité libre, elle' est percée d’un trou servant à fixer un câble lorsque l’appareil est monté sur un manche.
- Voici comment fonctionne cette main mécanique :
- Lorsqu’on veut fermer la main, on tire vers le bas la tige fixée à la tige extérieure à laquelle s’adapte le poussoir, ce qui fait déplacer les curseurs et rapprocher les doigts. Pour ouvrir la main, il suffit de lâcher la tige que l’on a tirée; le ressort, comprimé par la fermeture, se détend, actionne le poussoir et par suite le curseur vers le haut.
- Dans une autre forme de l’appareil, celui-ci vt quatre doigts, la tige que Ton tire vers le bas est fixée à une manette articulée dans la douille du manche, qui est munie de deux butées pour empêcher le glissement de l’appareil dans la main. Dans ce cas, la fermeture s'obtient simplement en poussant ou en tirant la manette
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- contre la douille. Comme dans la première disposition décrite, l’appareil peut fonctionner soit à la main, soit à l’extrémité d’un manche, et, dans ce dernier cas, la manette est munie également d’un câble.
- Enfin, dans une-troisième forme de l’appareil,, le fonctionnement, qui est uniquement manuel, a lieu par commande au moyen d’une poignée dans laquelle est fixé le poussoir. Cette poignée porte la tige dont l’extrémité libre repose dans une patte faisant corps avec le boîtier; un ressort est placé entre cette patte et la poignée.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on place la patte entre le pouce et l’index, de façon qu’elle épouse là forme de la paume et avec les doigts on saisit la poignée. La main, en se fermant, comprime le ressort, déplace la poignée vers l’arrière, ce qui amène le rapprochement des deux curseurs et par suite la fermeture des doigts de la main mécanique. Quand les doigts cessent d’agir sur la poignée, le ressort la ramène aussitôt à sa position initiale et les doigts s’ouvrent à nouveau.
- En résumé, on voit que l’appareil est caractérisé par des doigts que meuvent des curseurs actionnés par un poussoir solidaire d’une tige sous l’influénce d’un ressort. Un boîtier renferme un nombre approprié de pattes articulées, munies d’un doigt à leur extrémité libre; deux curseurs munis d’ergots se déplacent dans des mortaises pratiquées dans les pattes; une tige porte un poussoir qu’un ressort à boudin pousse vers le haut; une manette articulée dans la douille du manche est reliée à la tige portant le poussoir; enfin, une poignée mobile,
- munie d’un poussoir et d’une tige entourée d’un ressort, repose dans une patte faisant corps avec le boîtier.
- L’inventeur de cet appareil, appelé à rendre de très grands services aux oléiculteurs, est M. Lucien Farge, mécanicien à la Cébala du Mornag (Tunisie). Henbi Blix.
- **->
- Hygiène
- Le tue-mouches électrique. — Les mouches sont dangereuses; l’hygiène commande de leur faire une guerre acharnée. Or les moyens de les combattre sont relativement peu nombreux; le plus répandu est le papier dit tue-mouches. Mais ces rubans poisseux, auxquels adhèrent les cadavres de
- , , . mouches sont d’un aspect
- tie;. 4,—Coupe nu tue-mouches u. , , r
- électrimie. blen rePugnant-
- Voici un nouveau tue-mouches, d’un principe tout différent; au mérite de l’efficacité, il joint celui de la propreté et même, pourrait-on dire, de l’élégance.
- Sa principale originalité est qu’il électrocute ses victimes.
- 11 se compose (fig. 4) d’une tige en matière isolante A, en bois par exemple, sur laquelle sont enroulés 2 fils conducteurs de l’électricité, B, C, parfaitement isolés l’un de Tautre ; chaque fil a l’une de ses extrémités reliée à l’un des pôles d’une source électrique, l’autre extrémité restant sans issue. Sur la figure 4, l’appareil est connecté en D et E aux deux bornes d’une distribution électrique de lumière.
- Si une mouche vient à se poser sur la tige A, elle met en communication les deux fils B, C; une étincelle jaillit et l’insecte est foudroyé. Il tombe dans la cuvette F, puis dans le récipient G, rempli d’eau additionnée de quelques gouttes de pétrole. Là, il est défini-livement asphyxié. La cuvette F et le récipient G, accrochés à la tige du tue-mouches au moyen de ressorts ou par des encoches à baïonnette, se détachent aisément, ce qui permet de vider et nettoyer l’appareil très rapide-
- Fig. 5.
- Le tue-mouclies.
- ment, chaque fois que cela est nécessaire. Pour attirer les mouches, en enduit la lige A d’un liquide odorant.
- Il est à noter que le tue-mouches ne consomme du courant que pendant le court instant d’une éleclro-cution.
- La figure 5 représente une vue extérieure du tue-mouches.
- La figure 6 représente un modèle un peu différent et particulièrement élégant qui convient bien aux appartements; il a l’aspect d’une lampe veilleuse; il comporte une lampe électrique brûlant en veilleuse et disposée à l’intérieur d’une cage ajourée, dont le fond forme le récipient destiné à recevoir les mouches électrocutées ; sur une pièce isolante A sont entourés les deux (ils conducteurs B et C ; le fonctionnement est le même que précédemment; le soir, les insectes attirés par la lumière viennent voleter autour de l’appareil et se heurtent aux fils dont le contact leur est mortel.
- Cet appareil, inventé par Mlle Ruffin, est en vente, pour un prix modique, Winter-Hansen, 35, rue de La Lune, Paris.
- che>
- Cinématographie
- Cinéma « Le Seul ». — On a déjà, à diverses reprises, proposé d’employer les plaques photographiques ordinaires à l’obtention de séries d’images cinématographiques.
- En voici une nouvelle utilisation.
- L’appareil « Le Seul » permet à la fois la prise de vue et la projection. C’est un appareil photographique qu’on charge avec des plaques 9X12 en châssis. Sur le côté, il porte une manivelle qui actionne une roue à volets comme celle des autres cinématographes. 11 se forme sur la plaque une série de petites images circu-
- Fig. 7. — Cinéma « Le Seul ».
- laires, au nombre de 5o, qui suffisent à noter un mouvement ou une expression de physionomie.
- La plaque une fois développée, on en tire un positif qu’on peut projeter avec le même appareil que la prise de vues en fixant à la place du bouchon de la face arrière un petit projecteur ou une bonnette reliée à une pile sèche.
- Lorsqu’on veut une projection plus grande et plus lumineuse, on utilise une lampe à incandescence à faible voltage, branchée sur le courant de ville, dont les rayons sont orientés parallèlement axi moyen d’un miroir parabolique.
- Le cinéma « Le Seul » est construit par M. Noël Courvoisier, 129, rue Oberkampf, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de l'enseignements qui parviennent au Service de la Boîlc aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général/ répondu immédiatement.
- Question à nos lecteurs — M. R. Bouvet, an, cours de la Somme, Bordeaux. — Serait reconnaissant à ceux de nos lecteurs qui lui indiqueraient un appareil, électrique de préférence, permettant de régler automatiquement la température de l’eau d’une chaudière de chauffage central.
- Réponses. — M. Destriau, Bordeaux. — Tension de vapeur des métaux en fonction de la température. D’après Richards [Journal of the Franklin Institute, mai igiq), la tension de vapeur des métaux en fonction de la température j>eut s’exprimer, avec une approximation sufli-
- santé, par la formule log p=. — - -f- 8, p désignant la
- tension de vapeur en millimètres de mercure ; T la température absolue d’ébullition correspondant à cette tension; A une constante. Le logarithme est le logarithme vulgaire. Pour le mercure liquide, la formule est
- i 3o69
- ]° ëP=^-----^ + 7-75.
- M. Boulineau, à Javresac, Charente. — Les pâtes à polycopier sont à base de glycérine qui leur communique de la souplesse ; quand on enlève les caractères en vue d’un nouvel emploi, l’éponge mouillée prive la pâte d’une certaine quantité de glycérine et ladite pâte se dessèche de plus en plus facilement. Pour obvier à cet inconvénient, il suffit, lorsque la surface est bien nettoyée, de l’enduire d’un mélange à parties égales d’eau et de glycérine et de laisser en cet état pendant la période de non-emploi. La glycérine pénètre ainsi dans la masse, s’y répartit uniformément et conserve la souplesse désirée.
- M. G. Charpentier, à Lyon. — La taille du granit ne peut être pratiquée par un amateur, car elle demande une grande habileté professionnelle pour le dégrossissage. Quant au polissage, l’intervention d’appareils mécaniques est nécessaire et la longueur des opérations enlève au travail tout intérêt. L’installation serait d’autre part beaucoup trop coûteuse.
- M. Corbari, à Rouen. — Les châssis photographiques en zinc peuvent être noircis très facilement, il suffit de délayer du noir de fumée en quantité suffisante dans du vernis blanc à l’alcool, on obtient ainsi à peu de frais une excellente mixture qui permet de redonner aux châssis l’aspect du neuf.
- M. Poirier, à Cherbourg. — Les bois employés pour la fabrication des doubles décimètres et des règles à calculs sont le buis et le poirier, les traits y sont tracés au moyen de la machine à diviser dont le stylet porte une pointe en diamant. Pour rendre ces traits plus visibles on les ponce avec une poudre de charbon de bois préparée spécialement dans ce but et qui contient encore des produits résineux. Le reste du travail ne diffère en aucune façon du travail du bois, les mêmes outils sont employés ainsi que les vernis d’usage courant dans l’ébénisterie.
- M. Car dot, à Alger. — A notre grand regret nous ne pouvons nous charger de réparations. La potasse que vous avez employée était-elle bien caustique, concentrée et non carbonatée, l’avez-vous utilisée chaude et laissée assez longtemps en présence de lâ résine qui constitue l’ambre pour qu’il y ait un commencement de solubilisation, s’agit-il bien enfin d’ambre véritable et-non d’une imitation. Tous ces points seraient à fixer avant de conclure à un insuccès définitif.
- M Jahnholtz,' à Bordeaux. La préparation du papier marbré s’effectue ainsi :
- i° On fait une dissolution de gomme adragante en faisant macérer celle-ci dans l’eau pendant 2 ou 3 jours, chauffant au bain-marie, puis passant au tamis de crin ou à la mousseline. On ajoute ensuite du fiel de bœuf ou de cheval et on met dans une cuvette peu profonde i,5 à 6 cm) de façoti à pouvoir écumer. complètement la mousse qui est à la surface en se servant d’une carte de visite.
- 20 On prépare une dissolution aqueuse de la couleur d’aniline choisie et on l’additionne également de fiel de bœuf, puis on la verse doucement à la surface du bain sur lequel elle s’étend.
- Dans le cas où on voudrait employer plusieurs couleurs, par exemple du rouge, du noir, de l’orangé, du bleu, du jaune, on ne mettra que peu de fiel dans le rouge, plus dans le noir, davantage dans l’orangé et ainsi de suite pour les autres couleurs, chacune étant plus chargée que la précédente.
- 3° Le bain ainsi préparé est aspergé avec une brosse trempée dans de l’eau liélée. A ce moment, si on a mis plusieurs couleurs, celles-ci se sépareront en veines inégales et, en se servant d’une aiguille à tricoter, l’opérateur pourra à volonté produire des effets de marbrures les plus nombreux et les plus variés, en dessinant sur le bain des zigzags, des tourbillons que sa fantaisie lui suggérera; les couleurs demeureront dans la position où cette opération les a placées.
- 4° En dernier lieu on applique à la surface la. feuille de papier, qui une fois relevée présente les marbrures parfaitement transportées.
- Toutes ces opérations ne présentent aucune difficulté, le point essentiel est de ne pas omettre les additions de fiel qui sont indispensables et les petits tours de main sont rapidement acquis.
- M. Fuselier, à Flavigny-sur-Ozerain. — i° Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’analyser celte pâte à souder qui constitue une spécialité; 20 La durée des lampes T. S. F. métal varie avec les conditions de service et la dimension, le mieux est de vous adresser au constructeur en lui indiquant le montage que vous avez adopté. Compagnie des Lampes Métal, 54, rue de la Boétie, Paris; 3° Le tannage au chrome se pratique habituellement par le procédé Procter qui consiste à se servir d’alun de chrome, sel que l’on trouve dans le commerce en très beaux cristaux améthystes et qui est un sulfate double de chrome et de potassium, de même que l’alun ordinaire est un sulfate double d’aluminium et de potassium. Dans un bain d’alun de chrome additionné d’une certaine quantité de sel marin, on place les peaux et on ajoute de la soude caustique; le sel double est décomposé et le sulfate basique de chrome formé cède à la peau de l’hydrate de chrome qui se comporte sur les fibres du derme comme le tanin en formant une sorte de gaine insoluble. Cette nouvelle méthode de tannage est très rapide et donne des cuirs d’une extrême solidité. Quelques variantes peuvent être apportées au procédé, mais n’en changent pas le principe; 4° L’ouvrage Guide pratique d’analyses élémentaires et d'expertises chimiques usuelles, par Maurice Leprince et Raoul Lecocq, éditeur Dunod, 53 bis, quai des Grands-Au-gustins, vous donnera très probablement satisfaction.
- M. Alberto Villares, à Porto, Portugal. — Pour préparer des crayons anti-migraine, prendre :
- Paraffine.................... 100 grammes.
- Menthol cristallisé......... 8 •—
- Fondre la paraffine au bain-marie, y incorporer le menthol, couler dans des moules coniques, démouler après refroidissement.
- M. Sabatier, à Avignon. — Il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage spécial à la fabrication du suif d’os.,. voici du reste comment se pratique l’extraction : Le procédé le plus ancien est le débouillissage qui consiste simplement à faire bouillir les os dans de grandes chaudières en cuivre, la graisse surnage et on l’enlève au fur et à mesure. Les os sont chargés dans des paniers de sorte qu’une fois, débouillis, on peut les enlever et les remplacer par des os frais, qui sont ainsi traités par le même liquide jusqu’à ce que celui-ci soit assez riche en gélatine.
- Actuellement, on effectue surtout l’extraction par le sulfure de carbone ou la benzine. Comme ces liquides sont très volatils et inflammables, il est indispensable que les appareils soient parfaitement clos, on emploie soit le dispositif de Büttner, soit celui de Donard et Contamine. Pour cela les os étant placés dans une double enveloppe sont chauffés et l’humidité aspirée par une pompe. Le dissolvant benzine ou sulfure de carbone arrive alors en pluie sur les os secs et chauds, il dissout les matières grasses qu’il entraîne vers le bas de l’appareil où il est recueilli. Un léger chauffage s-apo-
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- rise le solvant, qui une fois condensé recommence l’épuisement. Quant au suif non volatil, il reste dans la chaudière et peut être évacué par vidange, une filtration le débarrassant des impuretés solides entraînées. Celte disposition donne les meilleurs rendements, on reproche seulement à la graisse extraite par la benzine ou le sulfure de carbone de conserver une odeur spéciale, mais cet inconvénient peut être évité en substituant à ceux-ci le tétrachlorure de carbone, lequel dans ces derniers temps était obtenu à très bas prix. Les os, une fois dégraissés, sont ensuite cuits à l’auloclave dans les conditions habituelles pour en retirer la gélatine constituant les colles du commerce.
- M. P. D., rue Vineuse, Paris. — i° Vous trouverez la documentation complète sur la culture du prunier dans les ouvrages suivants : Culture du prunier, par R.abaté, i volume (cet ouvrage traite la question d’après la culture dans le Sud-Ouest, région agenaise, où la variété de prunier dite Sainte-Catherine constitue d’importants vergers de plein vent) ; le fascicule V du traité à'Arboriculture fruitière, de Pierre Passy; Culture des bons fruits, par P. Tricaud. i vol. (chez l’auteur, directeur des Pépinières du Limousin,, à Àixe-sur-Vienne (Haute-Vienne); Arboriculture fruitière, par L. Hussard et G. Duval, i vol.; Les arbres fruitiers, par G. Bellair, i vol. ; Manuel pratique de culture fruitière, par E. Durand, i vol.; Traité de la culture fruitière, com- |
- merciale et bourgeoise, par Charles Baltet, i vol. (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e). 20 Pour ce qui concerne l’industrialisation de la prune (préparation de la prune et des pruneaux d’Agen, des pruneaux de Tours, etc.), voir l’ouvrage intitulé Le séchage des fruits et des légumes, par J. Nanot et C. L. Gatin, 1 vol. (Librairie agricole, précitée). 3° Pour la conservation des prunes, la fabrication des conserves, compotes, confitures, marmelades, voir les ouvrages suivants : Nouveau manuel de Valimentation, Tome II, Conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 vol. ; Nouveau manuel du confiseur, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 6°) ; Conserves de fruits, par Àntonin Rolet, 1 vol. (Librairie agricole, précitée) ; Industrie -de conservation des fruits, 1 vol., par chaleur, dessiccation, froid, 1 vol., par le sucre, 1 vol. ; Fruits à noyaux, r vol. par Gh. Arnou (chez l’auteur, 16, rue du Débarcadère, Paris, 17°).
- T. S. F. — M. Ilurtault, Chartres. — C'est par erreur qu’il a été imprimé dans le texte de l’article La T. S. F. des Amateurs, paru dans La Nature, du 26 août dernier, 12/10° comme diamètre du fil employé pour la confection des petits transformateurs sans fer de l’amplificateur HF c’est bien 12/100° qu’il faut lire.
- Vous trouverez du cuivre jaune en planche à la Compagnie française des Métaux, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraii'ie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/o pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ___________
- Leçons d'analyse fonctionnelle, par M. Paul Lévy. 1 vol. in-8, 44o p,, 5 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1922. Prix : 35 francs.
- Il s’agit dans cet ouvrage d’une branche toute récente des hautes mathématiques, puisque c’est aux travaux de M. Volterra, dont les premières publications remontent à 1887, qu’elle doit réellement sa naissance. Les mathématiciens français, parmi lesquels il faut citer MM. lladamard, Borel, Lebesgue et Paul Lévy, ont depuis puissamment contribué à son développement. Nous ne pouvons ici exposer l’objet de
- 1 ouvrage de M. P. Lévy. Pour en donner une idée très vague, nous dirons que la notion d’intégrale déünie est un cas particulier de la notion de fonctionnelle) et que le calcul intégral, le calcul des variations sont des cas particuliers du calcul fonctionnel.
- L'ouvrage de M. Lévy expose avec une remarquable lucidité l’état actuel de cette partie des mathématiques qui sans aucun doute rendra un jour d’éminents services aux sciences physiques. La lecture n’en est abordable bien entendu qu’aux personnes possédant une solide éducation mathématique générale ; mais elle n’exige aucune connaissance préalable du sujet traité.
- Einstein ou Euclide, par Maurice Saucer, i br. in-8, Presses universitaires de France. Paris 1922. Prix :
- 2 l’r. 5o. __
- The National Physical Laboratory, report fort lhe year 1921, 1 vol. 207 p., 72 fig. H. M. Stationery Office. Londres, 1921. Prix 6 sh. 6 d.
- Exposé résumé de l’activité et des divers travaux du grand laboratoire anglais pendant l’année 1921.
- The National Physical Laboratory (Collectcd Researches). Vol. .Wf-ig-it, 1 vol. illustré, 36i> p. II. M. Stationery Office, éditeur. Londres 1921. Prix : 1 livre st.
- Ce volume contient l’exposé de nombreux et intéressants travaux exécutés en 1919 et 1920 au labora-
- toire national de physique anglais. Signalons les études suivantes : étude d’un fluide en mouvement turbulent par Stantone, Marshall et Bruyant; étude de la viscosité et de la compressibilité des liquides aux hautes pressions par Hyde ; de nombreuses études sur les alliages de cuivre, d’aluminium, de magnésium, fer, nickel, par W. Rosenhain et ses élèves ; l’étude de l’effet thermoélectrique et de ses rapports avec la constitution des alliages par Haughton; une recherche de W. Campbell sur la durée des étincelles électriques de rupture fort utile pour l’industrie de la magnéto, etc.
- Aggregation and flow of solids, by George Beilby. 1 vol. a56 p., 34 pl. hors texte. Mac Millan, éditeurs, Londres, 1921.
- Cet ouvrage porte comme sous-titre : Agrégation et écoulement des solides; recueil de travaux expérimentaux effectués de 1900 à 1921 sur la microstructure et les propriétés physiques des solides en divers états d’agrégation. Les faits expérimentaux, observés par l’auteur avec beaucoup d’ingéniosité et de talent, sont clairement exposés avec accompagnement d’admi-, râbles reproductions microphotographiques. Sur ces faits M. Beilby échafaude une théorie personnelle, dite de l’état amorphe des métaux, qui a obtenu un certain succès dans divers milieux et suscité par ailleurs les plus vives critiques ; en voici l’essentiel : le polissage des solides donne naissance à une couche mince qui diffère physiquement de la matière sous-jacente; elle est formée par du métal à l’état amorphe et elle est transparente. M. Beilby explique ensuite l’écrouissage des métaux par un phénomène interne analogue à celui du polissage, et par la formation de couches mobiles amorphes internes. Les observations de l’auteur ont été faites au moyen d’un dispositif ultra-microscopique dont la priorité semble lui appartenir, mais les interprétations qu’il en donne ont été contestées, et ses conclusions 11e peuvent encore être acceptées avant un supplément d’enquête. Quoi qu’il en soit, pour soutenir sa thèse fort attachante, mais audacieuse, M. Beilby a été amené à aborder et à étudier une foule de questions du plus vif intérêt : telles que l’étude des lames minces liquides, des lames minces métalliques, de la cohésion, de l’écoulement de la glace dans les glaciers, etc. Ce beau volume est riche d’observations de tous genres, il mérite d’être lu, médité et contrôlé.
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- N° 2536
- U Novembre 1922
- Un appel aux amateurs de T. S. P. français. — On !
- sait que les grandes stations de T. S. F. transatlantiques, pour pouvoir assurer un service commercial continu, mettent en jeu des puissances se chiffrant par centaines de kilowatts et utilisent des longueurs d’onde généralement comprises entre 10000 et 20000 m.
- Les amateurs de T. S. F. américains, qui sont autorisés à correspondre' entre eux avec une puissance ne dépassant pas un kilowatt et une longueur d’onde maximum de 200 m., et qui, dans ces conditions, obtiennent souvent, pendant la nuit, des portées considérables, ont eu, au mois de décembre dernier, l’idée audacieuse d’essayer de faire franchir par leurs émissions l’océan Atlantique.
- Cela pouvait sembler presque tenter limpossible. L’essai des amateurs américains réussit cependant et souleva, parmi les spécialistes de la T. S. F., un très grand intérêt.. Plus de trente de leurs stations furent entendues en Grande-Bretagne par des amateurs.
- Des essais semblables, dotés de prix en appareils de T. S. F., doivent être repris cette année, en décembre, à une date qui n’est pas encore définitivement fixée, mais cette fois dans les deux sens et avec le concours des amateurs français, qui sont, depuis peu, autorisés à transmettre.
- Le grand intérêt, tant scientifique que national, de ces nouveaux essais de communication transatlantique bilatérale, à petite puissance et sur petite longueur d’onde, n’échappera certainement à personne. Aussi les diverses sociétés françaises de T. S. F. ont-elles délégué, pour coordonner tous les efforts en vue des expériences projetées, un Comité français des essais transatlantiques, assisté, grâce à la bienveillance du général Fcri'ié, des conseils techniques de MM. Jouaust, Mesny et Clavier, des laboratoires de la Radiotélégraphie militaire.
- Ce comité fait le plus pressant appel à tous les amateurs français pour leur participation aux essais, si petits et si faibles que puissent leur jaaraitre leurs moyens de réception ou de transmission. Ils recevront tous renseignements ou instructions utiles, notamment au sujet d’essais préliminaires, en faisant connaître leur adresse et leur intention de participer aux essais à M. le Président du Comité français des Essais Transatlantiques, 19, boulevard de la République, à Ver-sailles.
- Le Comité va faire paraître incessamment un fascicule de renseignements techniques relatifs aux montages d’émission et de réception sur ondes courtes, , qui sera envoyé, contre la somme de 1 franc (destinée à couvrir en partie les frais du Comité) adressée au secrétaire de l’une des trois Sociétés françaises de T. S. F. : Société des Amis de la T. S. F., 102 bis, rue Didot, Paris, i/ff. Société Française d’Elude de T. S. F., T2, rue Hoche, Juvisy-sur-Orge (Seiue-et-Oise) ; 'Radio-Club clc France, g5, rue de Monceau, Paris, 6°.
- Les progrès de l’électrochimie. — M. de Kay
- Thompson résume dans le Journal of the Franklin Institute les plus récents progrès de l’électrochimie.
- Dans le domaine de la galvanoplastie, il signale un progrès du nickelage qui consiste à remplacer le chlorure par le fluorure de nickel. Celui-ci donne un grain plus fin, une couche plus résistante et plus dure. Il signale également l’emploi de plus en plus fréquent, dans ces dernières années, du zinc et du plomb pour recouvrir par voie galvanoplastique des métaux plus ou moins altérables. Le dépôt électrolytique de zinc présente un aspect foncé très différent de celui des objets galvanisés qui s’obtiennent, comme on le sait, par immersion dans le métal fondu.
- Le revêtement de zinc galvanoplastique est très adhérent. Les revêtements galvanoplastiques de plomb commencent à être employés pour doubler l’intérieur des gazomètres et rendre les cloches plus étanches. Pour les réaliser, on électrolyse du fluosilicate ou du borate de plomb.
- L’élcctfométallurgie par voie humide a fait de notables progrès; c’est ainsi qu’on a réalisé avec succès l’extraction électrolylique directe du cuivre à partir de son
- minerai. On traite le minerai de cuivre par l’acide sulfurique et on électrolyse la solution en se servant d’anodes inattaquables de magnétite fondue et de cathodes de cuivre. Le cuivre peut se déposer sur la cathode. Le même procédé a été appliqué récemment à la préparation du zinc par électrolyse de solutions très pures de sulfate de zinc.
- Le cadmium est un métal peu répandu, sous-produit de la fabrication du zinc. Une compagnie américaine a, en ces derniers temps, mis au point un procédé électrolytique d’extraction du cadmium. On purifie les solutions de sels de zinc destinées à l’électrolyse en y versant de la poudre de zinc. Le cuivre et le cadmium se précipitent sous forme de boues noires. On traite cette boue par l’acide sulfurique étendu qui ne dissout que le cadmium et, après séparation du cuivre par filtration, on électrolyse la solution de sulfate de cadmium, en faisant déposer le métal sur des cathodes tournantes en aluminium.
- Le raffinage des métaux par électrolyse est une des branches les plus importantes de l’électrochimie ; on traite ainsi depuis longtemps le cuivre, le nickel, l’or et l’argent. A cette liste se sont ajoutés depuis peu le fer, l’étain, le plomb. La production du fer électrolytique se développe chaque jour et fait l’objet d’une industrie importante, notamment en France.
- L’électrolyse sert aussi à préparer des composés chimiques : l’industrie de ce type la plus importante est la préparation de la soude par électrolyse du chlorure de sodium en solution aqueuse.
- Dans cette classe de fabrications, l’auteur signale la préparation électrolytique du blanc de céruse qui vient d’être appliquée en grand aux Etats-Unis , on électrolyse en présence d’anodes en plomb une solution de chlorate et de carbonate de potassium dans laquelle on insuffle un mélange d’air et d’acide carbonique.
- Pendant la guerre, on eut besoin de grandes quantités de permanganate de sodium; on les demanda à un procédé électrochimique ; on électrolyse une solution de soude ou de carbonate de soude en présence d’anodes en ferro-manganèse à qb pour 100 séparées des cathodes de fer par des diaphragmes.
- L’électrolyse des sels fondus a fait aussi d’importants progrès ; c’est'a ce type de procédé que se rattache la préparation de l'aluminium, dont l’industrie s’est prodigieusement développée dans le monde entier en ces dernières années. La fabrication du magnésium et du cérium prend également de l’extension. On fabrique également aux Etats-Unis par une méthode de ce genre un alliage plomb-calcium-baryum connu sous le nom de métal Fiary et qui est employé en assez grandes quantités. On électrolyse un mélauge de chlorure de calcium et de baryum fondus sur des cathodes en plomb contenues dans des pots de fer. On se sert comme anodes de tiges en graphite.
- L’auteur examine également les procédés électrothermiques et signale l’énorme accroissement pris aux Etats-Unis et au Canada par la production des alliages de fer préparés au four électrique : notamment les ferro-manganèses et les aciers au molybdène.
- Le raffinage de l’acier au four électrique a pris lui aussi une grande extension, grâce surtout au four Hé-roult. Les plus récents progrès dans la construction de ces fours résident dans l’accroissement de la durée du revêtement par une disposition judicieuse des électrodes.
- Le four électrique est employé en Suède pour 1 extraction du zinc. Depuis peu, on l’emploie aussi pour la préparation du laiton.
- La gelée et les statues en pierre placées dans les jardins. — Il est possible de mettre à l’abri des effets du gel les statues et autres objets : vases, etc., en pierre ou en marbre, qui sont placés dans un jardin ou dans un parc.
- Récemment le Service d’Architecture du Pqdais de Versailles, que cette question préoccupait, retrouvait en compulsant certaines archives des Bâtiments royaux un procédé fort simple, peu coûteux, lequel, expérimenté sous Louis XIV, donna à l’époque eutière satisfaction.
- Il consiste tout simplement à encaustiquer à l’aide de
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- INFORMATIONS
- cire vierge, ou mieux encore de blanc de baleine, dis- ' sous dans de l’essence, la statue ou l’objet que l’on veut préserver. De cette façon, la pierre comme le marbre sont rendus imperméables et le gel n’a plus sur eux aucun effet. L’opération doit être renouvelée tous les trois ou quatre ans.
- Une trombe singulière. •— Nature publie une curieuse observation du Dr G.-D. Haie Carpenter, du Service médical de l’Uganda. Ce dernier était dans un camp à l’extrémité nord de Bugalla, la plus grande île de l’archipel Sese, sur le lac Victoria, le 3o juin dernier, lorsque de gros nuages noirs et bas annoncèrent un fort orage. Le Dr Carpenter observa une trombe arrivant sur lui qui passa à environ îjo m. du point où il se trouvait.
- La pointe sortait d’un cercle nettement marqué sur l’eau à peine ridée par le vent. Ce cercle ressemblait à un nuage de vapeur fortement agité. La pointe, extrêmement fine, s’élevait, sinueuse, en grossissant progressivement, jusqu’à rejoindre le nuage le plus bas. Le centre apparaissait moins dense que la périphérie et la spirale d’eau ascendante était nettement visible.
- Ce qui était extraordinaire dans cette trombe — et qui ne semble jamais avoir été observé auparavant — c’est que, entourant la colonne centrale, mais séparée d’elle par un étroit espace clair, était une gaine ondulante ne descendant pas jusqu’à la surface de l’eau. Cette gaine semblait animée de pulsations rythmiques, à moins que cette apparence ne fût due à des vagues parcourant sa surface externe.
- La trombe fut suivie d’une pluie violente accompagnée de tonnerre.
- Vermillons de cadmium sélénifères. — Dans notre commnication du i3 mai 1922, à La Nature (Informations), nous insistions sur ce fait que les Américains avaient comme sous-produits de grandes quantités de sélénium et de tellure, dont ils n’avaient pas d’utilisation immédiate, à tel point que M. E.-W. Roux et Arthur Hall, propriétaires de la Baltimore Copper Smelting and Rolling C°, et de l’usine d’Omahade l’American Smelting Refîning C°, à Baltimore et à Omaha, offraient dans un geste généreux et objectif de faire parvenir gratis, et par quantités notables, des composés du sélénium et du tellure, aux chercheurs et techniciens que la chose pourrait intéresser. - *
- Les usines Bayer D. R. P. 337.972 du 4 août 1919 (Brevet analysé par la Revue des produits chimiques du 3i août 1922, p. 564) ont depuis trois ans fait breveter un procédé de fabrication des vermillons de cadmium sélénifères admirables comme teintes, et capables de concurrencer comme prix les vermillons de mercure.
- On précipiterait les sels de cadmium par des sulfures et des séléniures alcalins ; le précipité (mélange de séléniure et de sulfure de cadmium) serait ensuite lavé et calciné.
- Un mélange de 100 parties de sulfure de cadmium et de g5 à 120 parties de séléniure de cadmium donnerait le précipité rouge à reflets bleutés, voisin comme couleur du vermillon de mercure.
- Par contre, 100 parties de. sulfure et 60 à 96 de séléniure, donneraient une teinte rouge.
- Et si l’on abaisse la proportion de séléniure à 60 pour 100, on arriverait à la couleur orange.
- Tout dépendrait en somme du prix des sels de cadmium ; actuellement, le cadmium métal vaut de 18 à 22 francs. Quant au sélénium et au tellure tout dépendrait de la demande. A. Hutin.
- Utilisation des huiles lourdes de' pétrole comme insecticide. — Les insectes qui roulent les feuilles des • arbres pour s’y réfugier — tel, par exemple, le Cigarier de la vigne — ne peuvent être atteints par les substances toxiques employées dans les traitements insecticides.
- Aux Etats-Unis, MM. Childs et Thomson ont effectué des expériences qui leur ont montré l’efficacité des traitements consistant en l’emploi des huiles lourdes de pétrole émulsionnées dans la proportion de 7 à 8 pour 100 d’eau.
- Avec ces émulsions on fait, sur les arbres fruitiers, des aspersions au moyen de pulvérisateurs à fotte pres-
- sion, pouvant aller jusqu’à 10 et 20 kg par centimètre carré. Il faut environ i litre 1/3 d’huile de pétrole émulsionnée, par année d’àge des arbres, soit, par exemple, 18 litres pour un arbre âgé de 12 ans. Ce nouveau traitement est simple, pratique et peu coûteux.
- Résistance des animaux à la dessiccation. — La
- Revue scientifique publie une courte et intéressante revue de cette question, à propos d’une récente étude de F. S. Hall parue au Biological Bulletin.
- La question n’est pas nouvelle, puisque, dès le xvin6 siècle, on s’occupait de la reviviscence des Anguil-lules desséchées dans les mousses, mais elle est loin d’être épuisée.
- Si l’Homme ne peut subir de grandes variations de sa teneur en eau (une perte de 10 pour 100 entraîne la mort, d’après Hill), la Grenouille supporte déjà bien des pertes atteignant plus du tiers (29 pour 100, d’après Durig), à la condition que la dessiccation soit lente et progressive. Quand on arrive à certains animaux inférieurs, les chiffres deviennent prodigieux. Déjà, en 1918, Schmidt avait observé que des Vers de terre peuvent reprendre leur activité normale après avoir perdu 62 pour 100 de leur poids par évaporation, soit 73 pour 100 de leur teneur en eau. Hill vient de confirmer largement ces faits. Des Vers de terre de l’espèce Allolo-bophora fætida contenant 84,1 pour 100 d’eau peuvent perdre jusqu’à 83 pour 100 de cette eau sans mourir, surtout si on les réhydrate lentement à assez basse température (io° à 14°)- Des Sangsues (Placobdella parasitica) tenant 76,4 pour 100 d’eau peuvent perdre 92 pour 100 de cette eau. Des Vers de farine (Tenebrio molitor) à 49.8 pour 100 d’eau perdent 5a pour 100 de leur poids sans mourir. La Salamandre (Amblyoloma punctatum) perd 47 pour 100 de son poids et le regagne en 24 heures quand on la remet à l’eau. Une Grenouille (Rana pipiens) à 84,1 pour 100 d’eau fait de même. Enfin, les Lézards de désert (Scelophorus, Phrynosoma) peuvent vivre jusqu’à 4 mois dans une atmosphère complètement desséchée !
- Teneur en sucre de l’œuf de poule. — Le Journal de Pharmacie et de Chimie rend compte d’une étude de MM. J.-S. Hepburn et E.-Q. Saint-John, qui indique, d’après les analyses de ces auteurs, la teneur moyenne en sucre des œufs de poule. L’œuf entier renferme au moins o gr. 36 de glucose pour 100, au plus o gr. 49. la moyenne étant o gr. 45 ; le blanc d’œuf en renferme au moins o gr. 29, au plus o gr. Sq et en moyenne o gr. 47 pour 100; le jaune d’œuf, au moins o gr. n, au plus o gr. 35, et en moyenne o gr. 25 pour 100. Les œufs conservés dans une solution de silicate et le blanc d’œuf conservé par congélation renferment des proportions de glucose comprises dans les limites indiquées. Par contre, le blanc d’œuf putréfié n’en renferme plus.
- Les récoltes de céréales en 1922. — Le Journal Officiel vient de publier les résultats approximatifs de la dernière récolte, résultant du relevé établi au Ministère de l’Agriculture des rapports transmis par les directeurs des services agricoles des divers départements pendant le cours des battages.
- Lés voici résumés en un tableau :
- Surfaces ensemencées Produit en en hectares. grains en qx.
- Froment Méteil. Seigle . Orge. . Avoine.
- 5.140.i3o 106.45o i3.106.540 656.890 3.317i44o
- 64.057.260 1.171.120 9 553.55o 8.607.620 41.838.710
- Comparés aux résultats de la récolte de 1921, ces chiffres font ressortir un léger accroissement des surfaces ensemencées en orge et en avoine et un léger accroissement de rendement de ces deux céréales. Par contre, celles qui servent à la nourriture de l’homme : froment, méteil et seigle, présentent un léger recul.
- En ce qui concerne le blé, si la surface ensemencée est légèrement plus faible que l’an dernier, la récolte est fortement déficitaire : 64 au lieu de 88 millions de quintaux. Ceci explique les mesures légales récemment prises pour éviter les trop forts achats à l’étranger : élévation du taux d’extraction et addition de succédanés.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *?.> Physique |
- Le^ Thermosonus, avertisseur automatique d’in- j cendie. — Le Bulletin de la Direction des Recherches
- Fig. i. — Le Thermosonus.
- et des Inventions fait connaître un nouvel appareil ingénieux destiné à avertir automatiquement des commencements d’incendie. Le Thermosonus est un appareil robuste, portatif, inusable, très sensible, indéréglable, destiné à accuser par réveil sonore, sur le lieu ou à distance, dans un bâtiment de quelque nature qu’il soit, toute élévation subite de température, comme c'est le cas général et typique de l’incendie, en dehors d’autres hypothèses plus particulières où il peut donner aussi de précieuses indications.
- Cet appareil, dont l’ensemble est tout à fait nouveau, est basé sur deux phénomènes physiques connus : l'un, principal, la dilatation de l’air par la chaleur; l’autre, complémentaire, la dilatation du mercure par la chaleur. Ces deux dilatations, séparément ou conjointe- j
- Le Thermosonus se compose essentiellement de trois parties, à savoir (fîg. i et 2) :
- 1° Un cylindre A à parois de feuilles de cuivre électrolytique de 5/ioo d’épaisseur, en communication avec une chambre à parois extensibles B. A la partie inférieure du cylindre existe un petit dispositif d’échappement d’air C destiné à maintenir l’équilibre intérieur et extérieur de température et à supprimer ainsi toute pression sur les parois en cas d’augmentation normale de température (chauffage, changements de saisons, etc.), ce qui évite de faire de nouveaux réglages, et empêche toute fausse alerte de se produire.
- 2° Un système ampliticateur F dont le levier commande une aiguille à contact en or et platine D qui, dans sa course, peut, selon le système adopté, fermer ou rompre un circuit électrique et actionner ainsi des signaux d’alarme;
- 3° Un petit thermomètre à mercure E relié par deux fils de platine au même système de sonnerie et fermant ou rompant un contact à une température déterminée d’avance.
- Le fonctionnement de l’appareil est facile à saisir.
- Le Thermosonus étant fixé à la partie supérieure d’une salle, d’un atelier, d’un bureau, d’un magasin, si un commencement d’incendie s’allume, l’air s’échauffe rapidement et s’élève, enveloppant le cylindre A.
- La pression monte à l’intérieur, fait gonfler la chambre extensible, B agissant sur le levier de l’amplificateur F. Ce levier actionne l’aiguille de contact D qui, selon le cas, ouvre ou ferme le circuit électrique contre la butée G et déclenche ainsi la sonnerie ou tous autres signaux d’alarme, placée à l’endroit choisi (concierge, gardien, veilleur de nuit, pompiers, etc.).
- Si le cylindre était hermétiquement clos, toute élévation de température au-dessus de celle à laquelle le cylindre se trouverait, qu’elle se produisît subite ou lente, mettrait l’appareil en action, et ne correspondrait pas ainsi au but du Thermosonus qui ne doit fonctionner que pour une augmentation anormale de température,
- Court - circuit
- Panne du
- Incendie £
- secteur
- Açcu'n'.udCeviri
- Th ermo sonu s
- cL alarme
- Batter/e de pi/es
- Fig. 2. — Schéma du poste d’alarme complet.
- ment, provoquent, selon les cas, la fermeture ou la rupture d’un courant électrique relié à une sonnerie et donnant ainsi l’alarme.
- Utilisant uniquement des phénomènes physiques, le Thermosonus ne comporte aucun produit altérable devant être renouvelé. 11 fonctionne avec sécurité pour toute élévation brusque de température, quelle que soit la température initiale du milieu où il est placé.
- correspondant au fait qu’il a à dénoncer. Ce résultat est obtenu par le dispositif C placé dans la partie inférieure du cylindre et qui, comme il est indiqué plus haut, permet une évacuation d’air suffisante pour maintenir l’équilibre des pressions internes et externes, quand le développement de chaleur est lent, tout en étant trop faible pour que l’évacuation de l’air se fasse en cas d’augmentation brusque de température,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La jonction du thermomètre à mercure à l’ensemble de l’appareil est utile pour compléter celui-ci, le thermomètre devant seconder la continuité du circuit provoqué par l’autre mécanisme qui, lui, se déclenche presque instantanément (io secondes au maximum).
- Le Thermosonus peut être relié à un tableau avertisseur qui annoncera instantanément :
- i° L’incendie;
- a0 La rupture de circuit, lil coupé;
- 3° Un court-circuit ;
- 4° Une panne de la source normale d’énergie élec-1 rique ;
- 5° Une panne de la source d’énergie qui provient de la panne de la source normale d’énergie électrique.
- Le bon fonctionnement du tableau peut être contrôlé à chaque instant par un petit commutateur particulier qui permet de vérifier si toutes les opérations s’accomplissent normalement.
- Ce tableau d’alarme est caractérisé par le fait qu’il fonctionne sur des appareils agissant par coupure ou par fermeture de circuit, ou les deux à la fois, et qu’il annonce les ruptures ou courts-circuits du circuit général.
- Il se distingue également des autres systèmes déjà en usage, en ce que son fonctionnement est réalisé par deux fils seulement, ou même un seul dans certains cas particuliers, au lieu de quatre fils généralement utilisés.
- Les incidents ne sont pas annoncés par une seule sonnerie, mais par deux sonneries différentes et aussi par des annonciateurs ou clapets différents qui permettent de reconnaître immédiatement la cause de l’alarme.
- Le Thermosonus étant relié à son tableau avertisseur, on obtiendra les signaux suivants :
- En cas d’incendie. — Quand l’installation électrique est au repos, c’est-à-dire quand il n’y a aucun incident à signaler, le relai d’incendie l étant d’une résistance plus forte que celui de court-circuit i est seul excité, grâce à la résistance h.
- Si l’incendie se déclare, le Thermosonus fonctionne et rompt un contact D qui désexcite le relai d'incendie l, établit un contact m excitant l’annonciateur l et établit un contact n actionnant la sonnerie d’alarme d.
- Pour plus de sécurité, le contact o de l’annonciateur est monté en parallèle sur le contact n de manière à alimenter de deux côtés à la fois la sonnerie.
- En plus, à l’intérieur du Thermosonus se trouve un thermomètre E qui ayant coupé le courant à la température pour laquelle il avait été réglé provoque le même fonctionnement. Si le thermomètre, au lieu de rompre le circuit, établit un contact, alors le fonctionnement devient identique à celui du court-circuitage.
- En cas de court-circuitage. — En court-circuitant la résistance h, le courant sera plus intense et le relai de court-circuit i s’excite, fait tomber l’annonciateur i, grâce au contact j de ce relai et actionne la sonnerie d’alarme d par le contact I; de l’annonciateur, tout en doublant le rôle de l’annonciateur.
- Le contact p du relai i est en parallèle sur le contact h de l’annonciateur, de manière à alimenter de deux côtés à la fois la sonnerie.
- En cas de coupe de fils. — Dans ce cas très rare, occasionné généralement par malveillance, la marche du tableau avertisseur est la même que pour le cas d’incendie, c’est-à-dire le relai l se désexcite et établit les contacts déjà décrits.
- En cas de manque du secteur normal débitant en permanence. — Aux bornes des fils du secteur est monté un relai a qui, comme celui de l’incendie, est normalement excité, et dont la désexcitation en cas de panne de secteur, accumulateurs, allumage de secours, etc., met deux contacts b et c, dont l’un b fait tomber l’annonciateur a, provoquant la marche de la sonnerie d’alarme d grâce au contact e de l’annonciateur a, dont l’autre contact c est monté en parallèle sur le contact e de l’annonciateur, de manière à alimenter de deux côtés à la fois la sonnerie, pour plus de sécurité.
- En cas de manque ou panne du courant qui provient du manque de la source normale (secteur, accus, etc.). — Aux bornes de la batterie de piles est monté un voltmètre à contact f normalement excité. En cas de manque de pile ou d’un faible voltage, calculé d’avance, ce voltmètre se désexcite et établit le circuit suivant : secteur, contact du voltmètre, sonnerie de manque de pile g, secteur.
- Donc, le circuit est ainsi fermé, provoquant la marche de la sonnerie g spécialement affectée à cette indication primordiale.
- Ainsi, tous les cas possibles étant prévus, le Thermosonus devient un appareil de sécurité particulièrement utile dans toutes les installations électriques, les usines, dans les ateliers et même les appartements.
- Nous avons décrit ici le cas le plus complexe. Il est inutile d’ajouter qu’au cas où, en l’absence d’installations électriques, on n’aurait à se préoccuper que de l’incendie, le même appareil, simplifié, pourrait servir, l’ingénieux principe du Thermosonus proprement dit étant indépendant du tableau avertisseur.
- L’inventeur est M. M. Burnay, 9, rue Boutard, Neuilly-sur-Seine.
- Photographie <$«&>
- Sténopé Caburet. — Le sténopé, assez peu employé en photographie, ne manque cependant pas de mérites. S’il donne des images légèrement enveloppées, il supprime la distorsion, l’aberration, toutes les déformations des lentilles.
- La difficulté est de régler convenablement son ouverture et divers moyens ont déjà été réalisés dans ce but.
- Fig. 3. — Le Sténopé.
- M. J. Caburet a imaginé un nouveau type qu’on peut monter sur une planchette d’objectif d’appareil à soufflet ou sur n’importe quelle chambre noire. Il présente une ouverture carrée réglable par une vis micrométrique, qu’on peut obturer par un volet à glissière (fig. 3).
- Son mode-d’emploi est fort simple :
- Avant de charger l’appareil, on tourne le bouton mo-leté (à droite de la figure), jusqu’à fond de course et on chasse avec un blaireau la poussière qui pourrait s’être déposée dans l’ouverture, puis on ramène le bouton à fond de course, en le tournant à gauche. Dans cette position l’ouverture est fermée en excès de plusieurs centièmes ; il faut donc quand on veut opérer, tout en laissant l’obturateur fermé, ramener le bouton à zéro et partir de là pour former l’ouverture à employer pour tel foyer et format de plaque qu’on a choisi, un tour du bouton donne une ouverture de 5o/iooes de millimètre. Si l’on veut par exemple une ouverture de 6o/ioo°% on fera faire un tour, plus io/iooes et ainsi de suite pour toute ouverture au-dessus. Après la pose, on pousse l’obturateur et on ramène le bouton à fond de course.
- Un tableau, établi par M. Ach. Delamarre, permet de connaître immédiatement l’ouverture et le foyer à choisir pour couvrir des plaques de divers formats sous des angles différents.
- Le sténopé Caburet est construit par les fils d’Ad. Mougin, à Héricourt (Haute-Saône).
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- VARIETES
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- INFLUENCE DE L'HOMME SUR LA VÉGÉTATION
- L’homme, qui a envahi peu à peu toute la surface du globe, a eu une influence considérable sur la végétation, en France plus qu’ailleurs, car il n’y existe que d’assez rares endroits vraiment sauvages. Ce n’est pas seulement par la culture même qu’il a modifié la.flore de la plupart des terrains, mais aussi par les défri-chages qui ont permis à certaines espèces — ainsi débarrassées de la concurrence vitale — de s’établir là où, précédemment, elles n’auraient pu croître et prospérer, et par les terrains abandonnés en jachères, lieux qui constituent de magnifiques sols pour l’établissement de plantes adventices, dont, plus tard, on a parfois beaucoup de peine à se débarrasser, d’où leur nom de « mauvaises herbes », ou qui, au contraire, n’ont qu’une existence éphémère de quelques années. Ces dernières, d’après la terminologie de X. Gillot, sont des adventices passagères, tandis qu’on appelle adventices naturalisées celles qui, manifestement, font désormais partie intégrante de la flore du pays où elles se sont introduites. Ces dernières, à l’heure actuelle, ne sont guère, en F’rance, qu’au nombre d’une vingtaine. Ce sont, en particulier : la Sénébière pinnatiflde, le Passe-rage de Virginie, Y Oxalide raide, Y Onagre bisannuelle,
- Y Onagre muriquée, la Jussie à grandes fleurs, le Cactus raquette, la Valériane rouge, YErigéron du Canada, la Verge d'or du Canada, le Bident bipinné, YOnopordon vert, la Lampourde épineuse, la Lampourde à gros fruits,
- Y Héliotrope de Curaçao, le Tabac glauque, la Lippia rampante, Y Amarante blanche, Y Amarante réfléchie, la Chénopode anthelminthique, la JRoubiéva multifide, Y Elodée du Canada, le Souchet robuste, le Blé monocoque.
- L’obtention, même voulue, de plantes adventices et, encore moins, de plantes supposées naturalisables, est beaucoup plus difficile qu’on le croit généralement, imbu que l'on est de cette idée qu’il suffit de semer des graines dans un terrain presque quelconque pour les y voir croître et multiplier. En voici un exemple. Il y a quelques années, désirant tenter, dans la forêt de Fontainebleau, la naturalisation d’un certain nombre d’espèces étrangères à la localité, j’y ai semé, dans les meilleures conditions (à mon idée), 900 espèces de graines, chacune d’elles étant représentée parfois par des centaines d’exemplaires, soit, en tout, environ 90000 graines. Sur celle-ci, deux seulement vinrent à bien (une Campanulacée et une Amarante), mais les pieds étaient si grêles, si fragiles, qu’ils n’arrivèrent même pas jusqu’à la fin de la saison et moururent misérablement.
- L’homme a également beaucoup agi sur la flore en y introduisant involontairement des espèces exotiques qui y ont pénétré au cours de divers événements historiques, dont les plus importants — à ce point de vue — sont, d’après Auguste de Saint-Hilaire, les suivants : i° la fondation de Marseille par les Phocéens; 20 la.conquête des Gaules par Jules César; 3° les grands encouragements donnés à la culture de la vigne par l’empereur Probus; 40 la création de certains ordres religieux et les immenses défrichements qui en ont été la suite; 5° les croisades ; 6° la découverte de l’Amérique ; 70 les encouragements donnés à l’agriculture par Sully; 8° la Révolution française qui, par le partage des biens communaux et par la division des grandes propriétés, a amené de nombreux défrichements.
- Certaines espèces exotiques ont pénétré chez nous, soit avec les laines, les cotons, les plantes exotiques, soit avec les semences des espèces cultivées (moissons, etc.). Ces espèces croissent et se multiplient quand le milieu leur convient — ce qui, d’ailleurs, est assez rare — mais, bien souvent aussi, elles dépérissent et disparaissent au bout de quelques années; quelques-unes, cependant, résistent et prennent même, parfois, un tel développement qu’elles deviennent envahissantes et nuisibles. Une des mieux connues, à cet égard, est
- Y Elodée du Canada, qui vient du Canada et qui a envahi certains de nos cours d’eau. La présence de cette plante fut constatée, pour la première fois, en Europe, vers 1836, dans une pièce d’eau à Warring-town (Irlande). Dix ans plus tard, elle fut trouvée dans un étang des montagnes élevées de l’Ecosse, puis dans la rivière de la Tweed. Elle se répandit beaucoup ensuite en Angleterre. Elle passa de là en Belgique,
- puis en Hollande, où elle obstrua certains canaux. Aujourd’hui elle est abondamment répandue en France, envahissant même des étangs et des ruisselets nullement en relation avec des eaux déjà envahies. Serait-elle disséminée par les oiseaux aquatiques ? Chose curieuse à noter, il n’y a en Europe que des pieds femelles (c’est-à-dire à fleurs sans étamines), qui, par suite de l’absence de pieds mâles, ne peuvent donner des graines. La plante se multiplie cependant très facilement par des rameaux détachés, et, d’autre part, elle flotte, généralement, librement dans l’eau et n’est pas enracinée, ce qui lui permet d’être entraînée facilement par les courants.
- Très commune aussi est Y Erigéron du Canada, originaire, comme la précédente, du Canada, et qui s’est si bien acclimatée chez nous qu’on la trouve dans la plupart de nos cultures et de nos champs incultes. D’après M. Gadeceau, répandue surtout sur la côte occidentale de l’Amérique du Nord, ne semblant pas avoir abordé l'Ancien Monde par la côte orientale qui lui fait face : « elle paraît bien, écrit-il, avoir suivi les voies maritimes les plus fréquentées. Le Cap, les Canaries sont des étapes jadis très souvent effectuées par les navires. Les nombreuses lignes américaines qui. aboutirent, de bonne heure, à la Grande Bretagne, à la France, ont dû introduire l’espèce en Europe et les grands marchés d’Orient ont dû la propager en Asie. » Cette plante est terrestre et appartient à la famille des Composées ; elle se dissémine par ses fruits garnis de poils formant parachute et, par suite, facilement entraînés par le vent.
- Les plantes étrangères plus ou moins acclimatées chez nous se rencontrent surtout dans certaines localités privilégiées — à ce point de vue — où des apports exotiques sont fréquents, comme c’est le cas de la plupart des ports de commerce. A Bayonne, par exemple, il y a une véritable colonie d’espèces américaines amenées par des laines d’Amérique ou d’ailleurs.
- Il est également fréquent que des graines d’espèces cultivées dans les jardins en sortent, pour une cause quelconque, et, s’implantant ailleurs, y fassent souche d’une façon plus ou moins durable. C’est le cas, très fréquent, des espècès qui sont désignées dans les Flores comme « sorties des cultures », c’est-à-dire disséminées, pour une cause ou pour une autre, au delà de l’endroit où on les cultive, et vivant, dès lors, chez nous, comme des plantes sauvages, ainsi que c’est le cas par exemple, de la Bourrache et du Pigamon à feuilles d’Ancolie. Celles qui n’ont chez nous qu’une existence éphémère sont dites, plus spécialement, subspontanées, tandis que celles qui semblent bien établies à demeure sur notre sol sont dites naturalisées.
- Certaines localités sont remarquables par l’abondance, du moins momentanée, de plantes exotiques. Telle est celle de Port-Juvénal, près de Montpellier, où, il y a un certain nombre d’années, elle a été étudiée par Godron, Touchy, Cosson; elles y avaient été amenées par des laines exotiques. Cosson a pu constater que les principales sources des 458 plantes adventives de cette localité étaient — à cette époque — les suivantes :
- Europe : Région méditerranéenne .... 20
- — — occidentale...................99
- Espagne et Portugal........................4o
- Corse, Sardaigne, Italie, Sicile...........11
- Région méditerranéenne orientale .... 17
- Europe orientale, Russie méridionale, Caucase ..................................... 12
- Asie-Mineure, Orient.......................28
- Syrie, Palestine, Perse méridionale, Arabie,
- Egypte...................................38
- Orient et Espagne......................... x6
- Algérie, Maroc, Tunis, Tripoli............. 4
- Algérie et Espagne.........................35
- Algérie, Espagne, Orient . ,...............28
- Algérie et Orient..........................12
- Amérique septentrionale....................16
- — méridionale......................10
- Afrique australe........................... 1
- Australie.................................. 1
- Espèce cosmopolite......................... j
- Origine inconnue...........................5i
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- VARIETES
- Cosson a constaté qu’au bout de très peu de temps — à part quelques espèces rudérales ou rustiques — toutes ces espèces avaient disparu.
- Lespinasse et Théveneau ont, également, publié une énumération des plantes étrangères observées — vers
- 1858 — aux environs d’Àgde et principalement au lavoir à laines de Bessan. Il y avait 5 espèces d’Amérique, 38 plantes occidentales, x4 plantes orientales, 3i appartenant à la fois à l’Orient et à l’Occident, enfin 3 à patrie inconnue. Henri Coupin.
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- BOITE AUX LETTRES
- Q5£
- AVIS.- L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Epi-dactyloscope. Constructeur : M. Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris, 3°.
- Communications. — A propos de la construction d’un vibrateur-commutateur. — A propos de l’article de M. L. Peltier que nous avons publié sur ce sujet dans notre n° a534 du 28 octobre 1922, nous recevons de M. Soulier, l’inventeur de redresseurs à vibreurs bien connus, la lettre suivante :
- « Je crois pouvoir me dire, à juste litre, le père de cet appareil, puisque mon premier brevet n° 357 435 date du 2 septembre i9o5; il est basé sur l’emploi d’un récepteur téléphonique et son schéma est identique en principe à celui de la figure 3 de l’article de La Nature. D’autre part, cherchant à perfectionner cet appareil, j’ai déposé un autre brevet, n° 408742, le 7 juin 1909, qui vise l’utilisation des deux demi-périodes du courant alternatif. L’emploi d’une résistance additionnelle en série avec la bobine d’excitation est indiqué tout au long dans l’addition n° i3 742 à ce même brevet.
- Ces brevets ayant été prolongés du fait de la guerre, je vous serai reconnaissant de vouloir bien prévenir vos lecteurs, que dans le cas où certains d’entre eux voudraient mettre dans le commerce des appareils analogues aux types décrits ils s’exposeraient à des poursuites ».
- Za gravure par le sable. — Comme suite à une question posée par M. le colonel Bertin (voir n° 2532, Boîte aux Lettres), M. Jost nous écrit :
- « Le hasard m’a fait connaître sur ce sujet plusieurs ouvrages de langue allemande dont voici les titres :
- Mertens W. Bas Sandstrahlgeblase im freuste der Glasfabrikation, Vienne 1891 ;
- Miller F.-B. Die Verzierung der Glaser durch den Sandstrahl, Vienne 1911;
- Neubert R. Der praktische Graveur. Lehrbuch über aile Teckniken der Gravierkunst, Leipzig igo6. »
- Renseignements. — A propos de la Luffa (n° 2531). — LTn de nos abonnés nous écrit :
- « Permettez-moi de vous signaler un usage très intéressant de cette plante : depuis plus dé 20 ans, on l’emploie chez moi pour le lavage de la vaisselle. Frottée sur un morceau de savon, elle remplace très avantageusement les diverses lavettes qui ne tardent pas à sentir mauvais, tandis que la lufïa lavée au savon et rincée ensuite dure plus d’un mois.
- Cette plante pousse très bien en Algérie où j’en ai moi-même cultivé comme curiosité. »
- A propos de l’avion contre les insectes (n° 2531 )'. — M. Bernés, directeur des Services agricoles du Var, nous écrit :
- « L’idée d’utiliser.des avions dans des opérations de cette nature est bien française.
- En effet, vers 1910, peut-être avant, M. Capgrand-Mothes, directeur de l’Ecole pratique d’Agriculture de Saint-Pau, par Sos (Lot-et-Garonne) — école où j’avais été élève, chef de travaux, et professeur — me parlait souvent de la nécessité d’étudier cette affaire, car il voyait des avantages réels de rapidité et de facilité des traitements, dans l’emploi des aéroplanes pour lutter contre les maladies cryptogamiques et les parasites animaux de la vigne dans les pays à grands vignobles, et des forêts dans les massifs étendus de certaines régions.
- M. Capgrand-Mothes avait soumis son projet à
- diverses maisons de fabrication d’appareils et je crois même pouvoir affirmer qu’un brevet d’invention avait été pris à cet effet.
- Je devais à la mémoire de ce savant forestier naturaliste, aujourd’hui décédé, de rappeler son initiative. A cette époque, elle fit sourire ; en ce moment, elle entre dans le domaine des réalisations pratiques. »
- Réponses. — M. P. Weber, à Guebwiller (Haut-Rhin). — Pour imperméabiliser votre toile de tente en coton, le mieux est de procéder ainsi que l’indique Gouillon. Prend re:
- Alun pulvérisé................ 5 kg
- Eau chaude....................60 litres.
- Après dissolution, ajouter la préparation suivante : Cristaux de soude .... a5o gr.
- Eau chaude.................. 10 litres.
- Mélanger parfaitement, il se produit une effervescence quand le liquide n’est plus très chaud, y verser une troisième solution de :
- Acétate de plomb.............. 5 kg
- Eau chaude....................4° litres.
- Agiter à plusieurs reprises pendant une demi-heure, il se forme un abondant dépôt blanc, on laisse éclaircir 24 heures puis décante le liquide clair qui constitue le bain prêt à employer.
- Plonger dans ce bain froid les draps, lainages, toiles, coutils, de façon qu’ils soient bien imprégnés, essorer modérément et mettre à sécher dans un séchoir à 5o°-6o°.
- Cette dernière opération est essentielle pour bien fixer l’alumine, au besoin on se servira d’un fer à repasser de manière à réaliser les mêmes conditions.
- M. Torcheux, à Leves (Eure-et-Loir). — Nous ne possédons pas de plus amples renseignements sur le procédé à Vacétate de cuivre pour la conservation des plantes. Cette recette, ainsi que nous l’avons mentionné, est empruntée à Y American Journal of Pharmacy par l’intermédiaire du Journal de Physique et Chimie-, n’ayant pas eu sous les yeux l’original, nous ne savons si quelque observation importante n’a pas échappé au traducteur, en tout cas l’immersion dans une solution bouillante nous paraît devoir compromettre sérieusement la rigidité des plantes.
- M. JR. Cille, à Orange. — La restauration des daguerréotypes s’effectue comme suit :
- i° Pour enlever le voile gris, on chasse soigneusement la poussière avec un soufflet, lave la plaque sous un robinet, puis avec de l’alcool à 900, enfin avec de l’eau distillée dans laquelle elle doit se mouiller bien uniformément, on plonge alors dans une solution composée de : . '
- Cyanure de potassium.... 5 gr.
- Eau distillée................3oo —
- Lorsque le voile a disparu, on lave sous un robinet, puis à l’eau distillée, égoutte et fait sécher sur une lampe à alcool bien régulièrement pour éviter les taches.
- 20 Pour enlever l’irisation, on lave comme précédemment, puis on plonge dans une solution au tiers d’acide chlorhydrique chimiquement pur, c’est-à-dire ne contenant pas d’acide azotique, l’action est immédiate, on lave aussitôt et sèche comme ci-dessus. Cette restauration est assez délicate et un peu d’expérience est nécessaire, c’est pourquoi il est bon de se faire la main sur des épreuves sans valeur. 3°’L’or rouge et l’or jaune sont des alliages différents, ils ont pour composition :
- Or. Cuivre. Argent.
- Or rouge. . . . 2 5o »
- Or jaune. . . . j5o 125 1 25
- M. Caustier, à Paris. — Si vous voulez maintenir en
- bon état votre batterie d’accumulateurs quand la période
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- BOITE AUX LETTRES
- d’inactivité doit durer quelque temps, opérer ainsi : i° Charger la batterie à i'ond, c’est-à-dire jusqu’à bouillonnement franc à raison de 2V 5 par élément. 20 Vider complètement l’électrolyte acide contenu dans les bacs. 3° Rincer plusieurs fois à l’eau. 4° Remplir complètement d’eau distillée bouillie de manière que les plaques ne se trouvent en aucun point en contact avec l’air, boucher soigneusement pour éviter l’évaporation, placer dans un lieu exempt de trépidations et sur des lattes pour éviter la détérioration des caisses en bois par 1 humidité du sol. Au moment de la remise en service vidanger, remettre du nouvel acide frais, recharger et décharger deux ou trois fois la batterie à allure modérée avant de la replacer sur la voiture et la mettre en état de charge complète de façon que la dynamo n’ait qu’à compenser la consommation en cours de route.
- M. Mercier, à Haïti. — La préparation des extraits taniques ne présente aucune difficulté spéciale, le point important est de faire une extraction méthodique de façon à obtenir des jus les plus concentrés possible avec le minimum d’eau, de manière à avoir très peu de celle-ci à évaporer ultérieurement. Vous trouverez tous les détails sur les opérations à effectuer, ainsi que la description des appareils employés dans l’ouvrage Le Bois, de l’Encyclopédie Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens.
- M. P. Devaux, à Paris. — i° Le démontage d’une étoffe teinte-, c’est-à-dire l’enlèvement de la couleur, est toujours une opération délicate à laquelle on doit procéder avec précaution. Pour les soieries on se sert généralement du bain suivant :
- Acide azotique. . . . 800 grammes.
- Acide sulfurique. . . 200 —
- Eau ordinaire .... 5 litres.
- Ce liquide est chauffé dans un récipient en fonte émaillée jusqu’au bouillon, puis on y introduit les tissus à démonter, la couleur disparaît presque aussitôt, on rince à chaud pour enlever toute trace d’acide, puis on s’assure que la matière colorante est bien détruite en trempant un coin de l’étoffe dans l’ammoniaque étendue d eau. Si la couleur reparaît, on remet à nouveau dans le.bain jusqu’à ce que le résultat soit atteint. Pour les teintes peu solides obtenues avec les bois colorants et certaines couleurs d’aniline, il suffit parfois, d’un bain bouillant de savon noir additionné d’un peu d’ammoniaque, c est pourquoi on pourra commencer par ce traitement avant d’entreprendre le précédent qui peut ne pas être nécessaire; — 2° Les pâtes à polycopier sont utilisées comme suit : on écrit sur une feuille de papier bien encollée avec une encre composée de glycérine et d’uné couleur d’aniline, puis on retourne la feuille et l’applique sur la pâte, les caractères s’y décalquent et il n’y a plus qu’à appuyer successivement sur ce texte des feuilles blanches qui fourniront un grand nombre d’exemplaires jusqu’à épuisement de la matière colorante; — 3" Vous trouverez des plaques de laiton ou d’aluminium au détail chez tous les quincailliers de Paris; —40 Tout appareil photographique ayant dans la paroi opposée à l’objectif une ouverture égale au format du négatif peut servir à construire un appareil d’agrandissement, le cliché étant placé à une distance variable avec l’amplification, mais supérieure à la distance focale. On éclaire le négatif au moyen d’une lampe enfermée dans une lanterne en fer-blanc que l’on peut construire facilement et devant l’ouverture de laquelle on place un condensateur double de i5 cm de diamètre à uüe distance de la flamme égale à sa distance focale. Les rayons lumineux ainsi rendus parallèles sont diffusés par un verre dépoli et éclairent le cliché qui donne sur ün écran convenablemebt placé l’image agrandie. Si par exemple on veut transformer un 9X12 en 18X24, c’est-à-dire doubler les dimensions linéaires, lorsque le négatif sera à 18 cm de l’objectif, il faudra mettre l’écran à 36 cm, au besoin en avançant ou reculant celui-ci légèrement on achèvera la mise au point.
- M. Ch. Jérusalem, à Bruxelles. — On emploie souvent pour la destruction des herbes dans les allées de jardins des mixtures arsenicales dont l’usage présente toujours quelque danger, c’est pourquoi nous lui préférons le sulfure de calcium que l’on prépare facilement en prenant :
- Chaux vive................... 5 kg
- Eau ordinaire................5o litres.
- Fleur de soufre.............. 4 kc
- Après avoir éteint la chaux au moyen d’un peu d’eau, on tamise la poudre de chaux hydratée et on la délaye progressivement avec les 5o litres d’eau de manière à en former un lait. On porte celui-ci à l’ébullition dans une chaudière en fer et on y ajoute peu à peu la fleur de soufre qui s’y dissout facilement. Le liquide après refroidissement est additionné d’un égal volume d’eau, on obtient ainsi un hectolitre d’une composition très efficace qui détruit toute végétation aux endroits où elle est répandue.
- M. M. C. L., à Lille. — La question des abrasifs et de leur emploi dans l’industrie a été traitée d’une manière très complète dans l’ouvrage : Manuel pratique de polissage, par J. Loubat et L. Weill ; vous trouverez dans ce livre édité par Loubat, 15, boulevard Saint-Martin, tous renseignements utiles.
- M. ' Lenoble, à Saragosse. — Il s’agit de l’anguillule du vinaigre, Anguillula oxophila qui se développe en abondance pendant l’acétification du vin, du cidre ou de la bière. Ces animalcules sont nuisibles à l’acétification parce qu’ayant besoin d’oxygène pour vivre ils cherchent à percer la << mère de vinaigre » ou voile de Mycoderma aceti, agent actif qui se développe à la surface. Très souvent ils mettent ce voile en lambeaux, il tombe au fond et ne peut plus fonctionner. S’ils n’ont pas réussi ils se réfugient sur les bords du voile en paquets, c’est ce que vous avez observé. Les anguillules ont 1 à 2 mm de. long, les mâles portent à l’extrémité deux 'petits spiculés égaux, les femelles se terminent en pointe effilée.
- Pour éviter le développement de ces parasites, il faut employer du vin filtré et bien nettoyer préalablement les tonneaux. Le local où se fait l’acétification doit être maintenu en état de grande propreté, les murs seront passés à la chaux.
- Si malgré ces précautions, les anguillules se sont développés il faut coller le liquide à la colle de poisson's qui les englue et les entraîne au fond, on soufre et filtre. Malheureusement le vinaigre perd ainsi son bouquet et une partie de sa force. Avant de recommencer une nouvelle opération, on devra faire un nettoyage parfait et échauder toute la vaisselle vinaire.
- M. /. Dyrion, à Briançon. — La captation et la suppression des vapeurs nocives dans l’industrie est toujours un grave problème dont la solution est subordonnée à des conditions variables, vous trouverez des renseignements très utiles sur la question dans l’ouvrage Déchets et sous-produits industriels, de Razous, au chapitre « Captation et récupération des produits gazeux résultant des réactions chimiques », éditeur Jûunod, 47, quai des Grands-Augustins. En ce qui concerne la fumivorité consultez : Etude de la fumivorité, par Boyer-Guillon ; Suppression des fumées, par Hirsch ; L’appareil fumivore, par Friedmann, même éditeur.
- M. Klein-E. O. R. — i° Pour protéger les étiquettes en papier des flacons de laboratoire, il suffit, lorsqu’elles sont bien sèches, de les recouvrir d’un vernis contenant 5 gr. d’acétate de cellulose pour 100 gr. d’acétone; — 20 Le passage par la cheminée de voire canalisation électrique rendra sa surveillance impossible, ainsi que sa réparation ; il serait préférable de percer le plafond dans un coin, ce qui ne présente aucune difficulté; — 3° On prépare Y encre au bleu de Prusse en prenant :
- Bleu de P russe . . 20 grammes.
- Acide oxalique. , . 2,5 —
- Eau distillée . . . 5oo —
- Faire dissoudre à l’ébullition et préparér d’autre part à froid :
- Gomme arabique . . i5 grammes.
- Eau distillée .... 5oo —
- Mélanger les deux solutions, laisser reposer, décanter et mettre en bouteilles ; — 40 Merci de votre aimable communication.
- M. le Dr K., à Paris. — Nous avons répondu aux questions que vous nous aviez posées dans le n° 2629 du 23 septembre 1922, page 99.
- Bibliothèque Hôpital Laënnec. — Pour la destruction des herbes dans les allées de jardins, la méthode au sulfure de calcium présente l’avantage de ne pas faire usage de produits dangereux. Nous donnons tous les détails de la préparation dans ce numéro, veuillez bien vousy reporter(réponseàM, Ch. Jérusalem, à Bruxelles).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Seryice de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se'tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ==========
- A
- Organo-magnesium Compounds in sjntlietic Chemistry, par Clarexce J. West et H. Gilman. i brochure 104 p. (publication du National Research Council). Washington, 1922. Prix : i,5 dollar.
- Le chimiste français Grignard a le premier étudié systématiquement les composés organomagnésiens et montré la fécondité des procédés chimiques utilisant les réactions de ces corps.
- Cette brochure qui fait partie de la précieuse collection de monographies scientifiques publiées par le Comité National de Recherches des Etats-Unis est consacrée entièrement à la bibliographie des travaux relatifs à la réaction de Grignard.
- Faune de France. 4- Sipunculiens, Echiuriens, Priapu-lieris, par L. Cuénot. x brochure in-8, 3i p., 14 fig. Lechevalier, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- La Faune de France publiée par l’Office central de Faunistique, dont nous avons déjà signalé les 3 premiers volumes, vient de faire paraître celui-ci consacré à 3 groupes d’animaux peu nombreux mais fort intéressants : les Sipunculiens et les Echiuriens voisins des Annélides, les Priapuliens aux affinités encore douteuses. Comme dans les volumes précédents, on trouve d’abord une étude morphologique, embryologique, éthologique suivie de la description des espèces françaises.
- L’organisation de la matière dans ses rapports avec la vie, par J. Nac.eotte. i vol. in-8, 56o p., i52 fig., 4 pl. Félix Alcan, Parfis. Prix : 5o francs.
- Ce livre réunit les résultats d’une série de recherches histologiques et expérimentales sur le tissu conjontif d’une part et les nerfs d’autre part. L’auteur, professeur au Collège de France, traite, dans une première partie, des principes généraux qui gouvernent l’organisation des tissus, la constitution des cellules, « essence » de la vie. Ces idées sont appuyées par une deuxième partie documentaire où M. Na-geotte expose ses travaux personnels sur l’anatomie générale de la fibre nerveuse, la régénération des nerfs, la genèse des substances conjonctives, les greffes mortes enfin qui ont trouvé leur application en chirurgie.
- Les Maladies par Carence, par R. Lecoq. i vol. in-8, i5g p., 85 fig. Yigot frères, Paris. Prix : 10 francs.
- Dans le groupe des Maladies par Carence (de carere : manquer) doivent logiquement entrer toutes les maladies dues au manque (ou à la carence) dans l’alimentation d’une substance ou d’un ensemble de substances indispensables. Cette définition, prise dans son sens le plus large, a conduit l'auteur à envisager successivement et méthodiquement toutes les carences : physiques, qualitatives ou quantitatives. 11 en résulte un exposé très complet de la question.
- Pour chacune des maladies, l’auteur rappelle brièvement les symptômes cliniques les plus saillants, afin de rapprocher ceux-ci plus facilement des symptômes obtenus expérimentalement chez les animaux. Les causes principales et secondaires étant ensuite l’apidement notées, on trouve surtout développées des questions d’hygiène alimentaire, questions qui devraient retenir l’attention, non seulement du méde-
- cin, mais encore de tous ceux qui ont charge d’àmes ou qui cherchent à s’alimenter raisonnablement.
- L'Année psychologique (220 année, 1920-1921), publiée par Hexri Piéron. i vol. in-8, 608 p. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, Prix : 4o francs.
- La Psychologie, dont l’œuvre se poursuit en des directions variées, occupe une place de plus en plus grande dans les préoccupations modernes. Par ses recherches théoriques, en effet, elle soulève les questions fondamentales de la théorie de la connaissance et de la philosophie; par ses travaux d’application, elle affecte des données essentielles à la pédagogie, à la médecine, à l’orientation professionnelle, aux techniques industrielles et commerciales, à l’organisation du travail.
- L'Année psychologique permet de se mettre au courant, d’une manière aussi facile que complète, de tous les travaux psychologiques de quelque intérêt parus en tous pays. Il n'y a pas, même en Allemagne, pays des Centralblatt, de publication qui puisse la concurrencer dans son domaine.
- On s’intéressera particulièrement, dans ce volume qui vient de paraître, aux questions de psychologie sociale, touchant au domaine propre de la sociologie, aux réalisations behavioristes, aux précisions psychotechniques, aux recherches sur la détermination des aptitudes, etc.
- En plus de celte partie si précieuse de documentation, ce volume renferme toute une série de travaux originaux fort intéressants : une fine analyse, par M. Foucault, des changements eu lieux d’apparence des couleurs aux environs de la tache aveugle ; une étude fouillée du comportement instinctif des araignées, décomposé en sés mécanismes élémentaires, par Et. Rabaud ; une relation par FI. Piéron, de ses importantes recherches sur les lois qui régissent le temps dè latence des sensations et sur les éléments fondamentaux de ce temps de latence; uue conception hardie, et fortement nourrie de faits, de H. Wallon, sur le rôle pathogène de l’émotion dans les accidents convulsifs, dont la série va de la simple crise dite nerveuse à l’épilepsie caractéifisée; un article de J. Philippe sur les impressions tactiles à l’état « pur » ; un autre de Mme Abramson où sont exposées de j fructueuses recherches par la méthode des tests sur j les élèves d’une classe d'un lycée polonais; enfin, à i côté d’une description de nouveaux appareils de labo-1 ratoire par H. Piéron, une note courte, mais singu-| fièrement suggestive du regretté Imbert, sur « le Fonctionnement économique de ceux-ci ».
- Pour le peintre-vitrier. Origine, Composition et propriétés des matières premières. Recettes, formules, procédés, « Trucs » et tours de main du praticien, par Ed. Bataille, A. Chaplet et J. de Tiiellesne. Vol. in-16, 164 p-, 19 fig. Dunod, Paris. Prix : 7 frs.
- Ce livre est en quelque sorte le a carnet » des notes que tout artisan aurait prises lui-même pour conserver cent formules et recettes impossibles à fixer en mémoire et cependant indispensables, ainsi que des « tuyaute », tours de main et secrets d’atelier susceptibles d’améliorer le rendement et la qualité de son travail et de lui faciliter l’exécution de nombreux j travaux. i '
- i Annuaire statistique de la statistique générale de la France. ‘5rje vol. 1921. 1 vol. in-8, 449 p- Imprimerie Nationale, Paris.
- Pœcueil officiel et complet de tous les documents statistiques concernant la France et ses colonies, dont j il est inutile de signaler l’intérêt. C’est le document indispensable pour toutes les éludes économiques,
- , industrielles, commerciales et pour tous les pro-1 blêmes intéressant notre pays.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2537
- 18 Novembre 1922
- FORMATIONS
- QSK..
- Une nouvelle comète. — M. Elis Stromgren, directeur de l’Observatoire de Copenhague, vient de transmettre la découverte, faite par M. Baade, de la troisième comète de l’année 1922., à la position suivante (pour le 19 octobre, nh i3m,8 t. m. de Gr.).
- Mouvement diurne.
- Ascension droite . . i9h46m36s -j-2mi2s
- Déclinaison......... -)- 37° 46' — i5'
- La comète a un éclat assez faible, elle est de nn,5 grandeur.
- Les circulaires nos 2 et 3 du Bureau central astronomique de l’Union astronomique internationale, sis à l’Observatoire de Copenhague, apportent un certain nombre d’observations de cette nouvelle comète. Sa grandeur a été notée de 10e,o à 10e,5 suivant les observateurs.
- D’après les observations faites les 22, 23 et 24 octobre, à Copenhague, Mlle J..-M. Yinter - Hansen et M. J.-P. Môller ont calculé l’orbite et l’éphéméride suivantes :
- , T = : 192.2 octobre 16,5701 (t. m. Gr.)
- 0) = 1 i4°32',07 ) '
- û — 219°5o',89 > 1922,0
- l ~ 5i°47,,oo )
- log q z=z o,358yo.
- La comète serait passée au périhélie vers le milieu d’octobre. On pourra la rechercher, avec une bonne lunette, aux positions ci-après :
- Datas. Ascension droite. Déclinaison. Grandeur.
- Novembre 10 20h 37“ 435 + 3 1° 28', 1 IO°, 1
- — 18 2oh Sym 18S 29° IÔ7,2 I 0°, 2
- — 26 2ihi7m 3> -J- 270 I i',g 10e,3
- Décembre 4 2ih 36m 42" + 25° 17',! 10e,4
- Les vues de l’Administration des P. T. T. sur la T. S. P. privée. — L’enthousiasme des amateurs de télégraphie et téléphonie sans fil ne se ralentit pas et dans tous les pays dont la réglementation n’est pas trop sévère, on voit se multiplier rapidement leur phalange.
- Aux Etats-Unis notamment, où il n’y a pas de monopole d’Etat en matière de communications, les postes émetteurs d’amateurs se sont multipliés de telle sorte (on en compte plus de 18000) qu’ils sont arrivés non seulement à se gêner entre eux, mais à gêner sérieusement les postes commerciaux et que, dans le pays même de la liberté, une réglementation d’Etat a paru indispensable. En France, on sait que le décret du i5 mai 1921 a admis, sous certaines conditions, la possibilité de l’établissement de postes émetteurs privés. Mais ce décret ne répond plus aux besoins sans cesse croissants de l’heure actuelle.
- Le Comité technique des Postes et Télégraphes a examiné l’ensemble de la question, et, après élude de la situation à l’étranger, voici les vues qu’il exprime et que nous reproduisons d’après les Annales des Postes et Télégraphes. On peut les considérer comme l’expression officielle des intentions actuelles de l’Administration des P. T. T. et à ce titre elles intéressent tous nos lecteurs sans-hlistes.
- On pourrait constituer une réglementation pour la France sur les bases suivantes :
- Tout d’abord, trois conditions techniques générales, applicables a • l’ensemble des postes émetteurs privés, semblent devoir s’imposer dans le but de diminuer les risques de brouillage :
- i° Obligation, pour tout permissionnaire, de ne transmettre que sur une onde comprise à l’intérieur d’une bande de longueurs d’ondes, qui lui aura été fixée par l’Etat.
- Les postes de même nature, destinés à des trafics similaires, utiliseront des longueurà d’ondes comprises à l’intérieur d’une même bande. Chacune de 'ces bandes sera choisie de manière à n’empiéter sur aucune des longueurs d’ondes utilisées pour les services publics ou officiels, afin qu’aucune perturbation ne soit a craindre dans le fonctionnement de ceux-ci.
- 20 Obligation, pour tout permissionnaire de poste radioélectrique, d’assurer d’une manière précise et permanente le réglage de la longueur d’onde de celui-ci.
- Il est évident, en effet, que tout réglage défectueux, amenant une variation de la longueur d’onde attribuée au poste, pourrait produire une profonde perturbation dans le service des postes voisins, sur le réglage desquels il se trouverait alors.
- Il importe donc que tout usager d’un poste soit mis en mesure d’en assurer le réglage parfait. Une certaine compétence doit dès lors être exigée de chaque permissionnaire ayant un poste émetteur, et l’Administration se trouve ainsi amenée à envisager l’institution d’un certificat de capacité, qui serait délivré par ses soins, après examen, à tout pétitionnaire remplissant les conditions techniques suffisantes. Nul ne serait autorisé à transmettre sans être en possession de ce certificat, ou sans prendre l’engagement de faire assurer le réglage et l’entretien de son poste par un opérateur muni de ce certificat.
- Les conditions techniques, imposées pour l’obtention du certificat, comporteraient avant tout la connaissance du fonctionnement et dù réglage d’un poste émetteur. En outre, tout pétitionnaire d’un poste radiotélégra-phique serait astreint à une certaine connaissance de l’alphabet Morse, y compris les abréviations. Tout pétitionnaire d’un poste radiotéléphonique devrait faire preuve d’une bonne élocution et d’une certaine pratique des usages téléphoniques.
- 3° Limitation de la puissance des postes émetteurs privés et de la hauteur des antennes utilisées.
- Cette condition a pour but de localiser, dans une région de moyenne étendue, le rayon d’action d’un poste privé. De la sorte, plusieurs postes émetteurs, travaillant sur une même longueur d’onde, mais sépapés par une distance supérieure à la somme de leurs rayons d’action, n’arriveront pas à se gêner mutuellement.
- La puissance maximum admissible pourrait varier suivant la nature de la transmission envisagée et l’intérêt que celle-ci présente. Dans l’intérêt de tous, la puissance employée par chaque poste devrait être la plus faible possible, compatible avec le service auquel ce poste est destiné.
- On se trouverait donc ainsi conduit à classer les postes émetteurs privés en différentes catégories, suivant la nature de leurs transmissions, et il semble que l’on pourrait les répartir entre cinq catégories :
- i° Postes fixes destinés à établir des communications d’intérêt privé, de nature analogue à la correspondance télégraphique ou téléphonique ordinaire.
- Dans cette catégorie rentreraient, particulièrement, les postes d’intérêt commercial ou industriel reliant plusieurs établissements d’une même société.
- 20 Postes fixes, destinés à l’envoi d’informations, ou de productions artistiques à l’exclusion de toute réclame et dont 1 écouté peut être faite par n’importe qui.
- 3“ Postes mobiles, destinés à l’établissement de communications privées.
- Tels sont, par exemple, les postes montés sur avions, sur automobiles, sur péniches. Les postes de navires ne rentreraient pas forcément dans cette catégorie, car ils sont habituellement soumis à des règlements internationaux.
- 4° Postes destinés à des essais techniques radioélectriques.
- 6° Postes d’amateurs, la qualification d’amateurs pouvant être réservée à des personnes qui n’utilisent pas leur poste dans un but professionnel et qui n’échangent que des correspondances n’ayant aucun caractère d’utilité personnelle.
- A chacune de ces catégories de postes émetteurs privés serait attribuée une bande de longueurs d’ondes et une puissance maximum, dont la mesure serait faite à l’alinientation.
- Enfin, en ce qui concerne les postes récepteurs, aucun changement notable ne serait apporté à leur statut. On conserverait l’obligation de la déclaration, ainsi qu’une très légère redevance anuuelle.
- Afin d’éviter qu’un poste récepteur muni d’une antenne et d’une hétérodyne couplée directement sur celle-ci ne se comporte comme un véritable petit poste émetteur et ne fasse rayonner aux alentours : des ondes particulièrement capables de troubler la réception des voisins,
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- INFORMATIONS
- on pourrait imposer aux propriétaires d’une hétérodyne de ne se servir de celle-ci qu’en la couplant avec le oit — cuit secondaire de la réception, et non avec l’antenne. Chaque usager d’une hétérodyne serait prié de toujours réduire au minimum la puissance de celle-ci.
- Telle - serait, dans ses grandes lignes, la voie dans laquelle le Comité technique des Postes et Télégraphes a estimé que pourrait être engagée la radiotélégraphie ou la radiotéléphonie privées.
- A propos de la foudre globulaire. — La note que nous avons publiée récemment (n° a53a) au sujet de la foudre globulaire a incité M. Victor Attinger, éditeur à Neuchâtel, à nous communiquer la très intéressante observation suivante :
- « Ce devait être en 1882. Quelques membres du Club alpin suisse, section neufchàteloise, avaient décidé de faire en commun une course à la Cime de l’Ouest de la Dent du Midi. Arrivés le soir aux Chalets de lionavaux par un temps clair, notre projet était de faire l’ascension de bon matin pour redescendre sur Salante et Salvan.
- Pendant la nuit, le temps se gâta brusquement, et deux, peut-être trois orages violents, nous tinrent éveillés et 1 etardèrent le départ. Ce n’est que vers 8 heures du malin que nous quittions les chalets pour passer le Pas d’Ancel et commencer l’ascension de la cime. Après plusieurs’heures de marche, comme nous étions en train de remonter les longues pentes en éboulis, la pluie recommença à tomber, des roulements de tonnerre se rapprochèrent. Depuis un certain temps les piolets crissaient chaque fois qu’ils touchaient le sol. Point encore familiarisé avec ce phénomène, je cherchais des yeux le ruisseau courant sous les éboulis auquel j’attribuais ce bruissement intermittent, lorsque les cris d’appel de mes compagnons laissés en arrière me lirent m’arrêter ainsi que le camarade qui avait pris avec moi la tète de la troupe, te Jetez les piolets, jetez les piolets! Je feu Saint-Elme! ! » avertissaient les arrivants. Un peu interloqués, n’ayant rien vu nous-mêmes, nous Unîmes cependant par jeter nos armes le long de la pente de la montagne. A ce moment-là, avant que les survenants nous eussent rejoints, mon attention fut attirée du côté du haut de la montagne par un bruit particulier. Je levai les yeux, et vis, à une trentaine de mètres de nous, sur un amas de rochers surplombant la pente et où nous cherchions à arriver promptement pour nous mettre à l’abri de la pluie, une boule de feu qui se promenait de pointe en pointe ou d’arête en arête. J’avais déjà lu des descriptions de la foudre globulaire, et n’eus aucune peine à l’identifier. La boule bleuâtre se promenait lentement d’une pointe à l’autre, provoquant le bruit d’un violent coup de fouet au moment de toucher un rocher, qu’elle abandonnait immédiatement pour aller au suivant : tac, tac, tac.... Venant de droite, elle lit ainsi le tour des rochers sur la gauche, tourna le dernier pour disparaître à mes yeux. J’eus tout juste le temps d’attirer l’attention de mon camarade sur le phénomène avant qu’il disparût. Nous étions en plein début d’orage et dans une tension électrique si forte qu’il était imprudent de continuer l’ascension. Nous redescendîmes chercher nos piolets et gagner le vallon de Salanfe. Outre l’orage qui survint à ce moment, nous subîmes encore deux autres orages avant d’atteindre Salvan.
- On peut, me semble-t-il, constater les faits suivants qui ont coïncidé avec cet exemple de foudre globulaire :
- L’amas d’électricité concentré dans toute la région alpine que nous traversions était très considérable. Comme de coutume en pareil cas, les orages successifs épuisaient cette électricité en allant d’une arête montagneuse à une autre arête, successivement et non pas plusieurs arêtes à la fois. Chaque arête était épuisée d’un bout à l’autre, soigneusement, pour ainsi dire, les orages marchant du sud au nord et progressant de l’ouest à l’est. Pendant la nuit passée aux chalets de Banavaux, les chaînes situées à l’ouest avaient été nettoyées de leur électricité et au moment où nous montions à la cime, le nettoyage commençait pour le massif de la Dent du Midi. Dans la journée qui suivit, la marche des orages se poursuivit sur les chaînes à l’est du massif.
- La foudre globulaire précéda donc immédiatement le commencement de l’orage qui se déchaîna sur la haule cime, la plus méridionale de la série des pointes qui
- constituent le massif de la Dent du Midi. Elle se forma non point à la cime de la montagne, mais en dessous, probablement vers Jooo m., ou entre 2800 et 3ooo (les nuées qui se traînaient autour de nous nous empêchèrent de nous rendre compte de l’endroit exact de la montagne où nous étions arrivés). La boule que j’aperçus n’avait pas un mouvement de descente ni d’ascension, elle allait rigoureusement horizontalement, de droite à gauche, ou plus exactement de l’Est à l’Ouest. La foudre n’avait pas encore à ce moment frappé la montagne plus haut, l’orage proprement dit sur cette cime ne commença que pendant que nous redescendions la côte.
- On me dira que le fait de n’avoir point pu constater l’absence de foudre globulaire au sommet ne prouve pas qu’il n’y en eût pas. Sans doute. Cependant je puis rapprocher cette circonstance (de l'apparition en dessous du sommet) d’un autre cas de foudre globulaire produit il y a peu d’années dans le Jura, à Chaumont, au-dessus de Neuchâtel, à environ 1 too m. d’altitude.
- Je possédais là, à côté d’un chalet de montagne, un superbe sapin d’une trentaine de mètres de haut, âgé d’une centaine d’anuées (ioo-i5o ans), isolé entre pâturages et champs cultivés, ce que mes concitoyens de la Suisse allemande appellent un « Wettertannen ». Je remarquai un jour que ce superbe arbre encore en pleine vigueur semblait souffrir dans ses hautes branches. Elles s’amincissaient, s’effilochaient. Puis les branches au-dessous commencèrent à s’amenuiser à leur tour. Comme le reste de l’arbre ne présentait absolument aucun signe de décrépitude, j’exprimai un jour ma surprise au facteur-piéton qui surveille ma propriété en mon absence. « Oh! j’ai bien entendu quelque chose un jour, l’année passée. J’étais là sur la route, quand j’ai entendu un drôle de bruit derrière moi. J’ai regardé, et votre sapin pétillait drôlement. L’orage menaçait, mais n’est venu qu’après. C’était comme si tout le haut du sapin tout autour grinçait drôlement; ce nétait pas un coup de foudre, et je n’ai rien vu. C’est depuis lors qu’il a commencé à sécher. » Je ne pus qu’attribuer à la foudre globulaire l’accident survenu à mon sapin, que des soins tardifs ne purent sauver.
- Je note que le sapin ne se trouvait pas non plus sur le sommet de la montagne, mais en dessous, d’une centaine de mètres. Il n’y a guère d’année que la foudre ne frappe quelques sapins le long de cette arête boisée, mais de préférence toujours au sommet, rarement sur le versant. Ce chaînon du Jura, bien délimité, a fréquemment une forte tension électrique et les orages le parcourent bien régulièrement dans la direction sud-nord, tandis que les bourrasques sans orages ne font que le traverser d’ouest à l’est, ou suivant le fond des vallées avoisinantes.
- Cette remarque ne constitue évidemment pas encore un argument définitif, c’est simplement un fait à l’appui de l’observation de la foudre globulaire dans une région imprégnée d’électricité, la foudre globulaire se formant non point au sommet, mais au-dessous.
- Mon facteur ignorait absolument ce qu’était la foudre globulair e. Depuis plus de /\o ans'qu'il parcourait journellement la montagne, il avait eu à constater bien des centaines de sapins foudroyés, mais il n’avait jamais remarqué le phénomène qu’il m’a sommairement décrit. »
- Un cycle météorologique de 8 ans. — C’est une grande préoccupation des météorologistes, et aussi pat-voie de conséquence des économistes, de découvrir dans les statistiques météorologiques un rythme du temps, ramenant périodiquement les mêmes variations du climat.
- M. Henry Ludwell Moore, de Colombia Universily, croit l’avoir découvert, en étudiant les statistiques des chutes de pluie aux Etats-Unis. Il expose dans le Monthly Weather Review que les moyennes établies par lui sur des observations remontant jusqu’à 1881 établissent l’existence d un cycle de 8 ans.
- Les maxirna dans les chutes de pluie apparaissent dans les années 1882, 1890, 1898, 1906, 1914 et >922.
- Ce cycle de 8 ans se retrouve, suivant l’auteur, dans les statistiques de la pression barométrique pour les Etats-Unis et l’Europe centrale, dans les statistiques des récoltes de l’Angleterre et de la France et dans les statistiques des prix de gros.
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- *>> Astronomie
- La construction et l’emploi des petits instruments en astronomie. — Le ciel, ce grand livre de la Nature, étale toutes larges ses pages étincelantes. Leur lecture est belle, mais elle est pénible : nos yeux sont faibles et les astres sont loin. Nous ne saurions nous contenter aujourd’hui, comme autrefois les pâtres de la Chaldéeou
- les astronomes d’Alexandrie, d’observer à l’œil nu. Les progrès modernes de l’Astronomie, dus à l’invention . de la lunette d’approche, à ses perfectionnements successifs, nous rendent plus exigeants.Chaque étape dans la dimension des instruments marque un nouveau progrès de nos connaissances, et les astronomes envisagent pour l’avenir des instruments de plus en plus puissants.
- Posséder une lunette astronomique est le désir Fig. i. — Moyen simjde et pra- de ceux que ne laisse pas
- t-ique d’utiliser une jumelle indifférents le beau spec-
- pour les observations astro- tacle de la nujt étoilée,
- nomiques. La solution la plus
- simple, et aussi, évidemment, la meilleure, lorsqu’on en a les moyens, est de s’adresser à un constructeur spécialiste, et de faire son choix.
- Mais une lunette astronomique, même de petites dimensions, coûte aujourd’hui fort cher.
- Que ceux dont les moyens sont modestes se rassurent, ils ne doivent pas perdre l’espoir d’observer le ciel en construisant eux-mêmes leur instrument, et c’est à eux que cet article s’adresse. Ils y prendront un tel plaisir, qu'ils apprécieront davantage le plaisir d’observer.
- Jumelles. — Puisque nous parlons de l’emploi des petits instruments en Astronomie, nous dirons immédiatement un mot des jumelles.
- Nous ne parlerons pas ici de les construire.
- Les jumelles de tous genres peuvent rendre de grands services en astronomie. Leur grand champ et leur clarté en font un instrument idéal pour parcourir le ciel étoilé et, par les nuits pures et sans clair de Lune, pour jouir du merveilleux panorama de la Voie lactée.
- Une bonne jumelle permet d’observer les éclipses de Lune et de voir les colorations de la Lune éclipsée. Elles sont parfaites pour suivre les étoiles variables brillantes et faire des comparaisons d’éclat avec les astres voisins j1). Une jumelle permet de suivre facilement la planète Urarius, d’étudier les traînées météoriques, les comètes brillantes, etc.
- Ne pas regarder le Soleil directement avec une jumelle, on serait aveuglé. Mais ces instruments sont très utiles pour reconnaître, pat' projection sur un écran, les taches du Soleil.
- Pour faire cette observation, dh’iger la jumelle, les objectifs tournés vers le Soleil. En arrière, on obtiendra à chaque corps de la jumelle un rond lumineux, à bords dégradés. Ecarter les verres au moyen du bouton de mise au point, jusqu’à ce que ces bords deviennent nets. On aura deux images du Soleil où l’on verra parfaitement les taches et les facules, s’il y en a au moment de l’observation, bien entendu.
- On perfectionnera ce dispositif, qui a l’inconvénient d’être très instable, la jumelle étant jusqu’ici supposée tenue à la main, en la fixant sur une planchette que l’on
- i. L’observatoire de Lyon, à Saint-Genis-Laval (Rhône), a entrepris l’observation systématique des Etoiles variables et l’ait appel ait concours de tous les observateurs bénévoles. Le directeur, M. Jean Mascart, a fondé une « Association d’observateurs de variables», qui a déjà donné, d’excellents résultats. Des cartes et un programme d’observations sont adressés aux amateurs suivant les instruments dont ils disposent. Pour tous renseignements, écrire au Directeur de l’Observatoire.
- pourra caler sur une chaise, un pied, et en montant l’écran sur une seconde planchette perpendiculaire à la première. L’écran peut être fixe puisque la mise au point se fait au moyen du bouton de la jumelle.
- Si l’on remplace l’écran par un oculaire, en disposant le tout dans une caisse obscure, un tube de carton, par exemple, on aura constitué une lunette à rjrossissement variable. En 1891, nous avons ainsi réalisé, avec une jumelle très ordinaire et avec la partie optique d’une petite lanterne magique, une lunette à grossissement variable avec laquelle on voyait très bien les bandes de Jupiter, l’anneau de Saturne, etc. Pour faire varier le grossissement, on modifiait très légèrement la distance des deux verres de la jumelle et on éloignait plus ou moins les deux verres de l’oculaire. Le tout étant monté dans des tubes de carton fixés sur un pied en bois.
- I n gros inconvénient des jumelles est la fatigue que-l’on ressent dès que l’observation est un peu prolongée. Pour observer le ciel, il faut tenir les bras en l’air, on ne peut conserver l’immobilité parfaite et les observations s’en ressentent. 11 faut donc employer un pied. On pourra en contruire un dans le genre de ceux qui seront décrits plus loin pour les lunettes astronomiques.
- M. Lucien Rudaux recommande (*) le procédé suivant, qui tout en étant extrêmement pratique se trouve être de la plus grande simplicité. Il utilise un bâton solide, taillé en pointe à l’extrémité qui touche au sol, afin de ne pas glisser ; le bâton est tenu à l’inclinaison voulue entre les genoux (fig. 1).
- Lunettes astronomiques. — La construction d’une petite lunette astronomique ne peut être entreprise utilement que si l’on a quelques notions de la théorie de cet instrument.
- Une lunette astronomique se compose, en tout et pour-tout, de deux lentilles convergentes (a), l’une O b (fig. 2), tournée vers l’objet et que l’on appelle objectif ; l’autre Oc, par où l’on regarde, et qui est Y oculaire. Du moment que les deux lentilles O b et Oc sont placées à une distance convenable, et que leurs axes coïncident, la lunette est constituée. Tout le reste, tube, monture, pied, etc., sont des accessoires destinés à rendre la lunette d’un emploi pratique ; ainsi les deux lentilles O b et Oc pourraient être simplement fixées sur planchette.
- Ces données schématiques seraient cependant bien insuffisantes pour construire un instrument, notamment le choix des deux lentilles convergentes ne doit pas être fait au hasard et il faut entrer ici dans quelques détails nécessaires.
- Dans une lentille convergente, les rayons parallèles, comme ceux qui nous parviennent d’une étoile ou du Soleil, convergent en un point appelé forer. La distance qui sépare le foyer de la lentille est la distance focale. Pour déterminer la position du foyer d’une lentille convergente et sa distance focale, il suffira donc de recevoir sur un écran l’image nette du Soleil, la distance de la lentille à l’écran sera la distance focale.
- Considérons à présent un système optique formé de
- Fig. 2. — Lunette astronomique réduite à ses parties essentielles.
- 0b, objectif; Oc, oculaire. La droite qui passe par le centre dos deux lentilles est l’axe optique de la lunette.
- deux lentilles convergentes O b et Oc (fig. 3). Ln astre situé à l’infini et ayant un diamètre apparent, tel que MN forme une image réelle au foyer de O b en M'N'. Cette image est réelle, on peut la recevoir sur un verre dépoli.
- On a figuré seulement, en pointillé, les rayons émis par le point N et venant former leur foyer en N'. Mettons à présent l’œil en O, à l’oculaire. Cet oculaire
- 1. Comment, étudier les astres, par L. Run.u x (Masson et Cie, éditeurs).
- a. Pour toutes les définitions et pour une. théorie plus complète, consulter un traité de physique élémentaire.
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- agit comme une loupe, et nous avons une accommodation ou mieux une mise au point à faire pour voir nette l’image M' N' formée sur le verre dépoli. Enlevons alors le verre dépoli, ce qui ne change rien aux conditions de l’expérience, et reportons-nous à la figure. Les rayons
- comme on vient de le voir ci-dessus (formule i). Mais A" B" — A' B', diamètre de l’anneau oculaire.. Ainsi, pour mesurer le grossissement d’une lunette, il suffira, ayant mis au point sur l’infini, sur une étoile par exemple, de mesurer exactement le diamètre de l’an-
- Fig. 3. — Marche des rayons lumineux dans la lunette astronomique.
- t.'n objet MN, situé à l'infini étayant mi diamètre apparent tel que 310iON, forme son image réelle en N'M', au foyer de l'objectif Oh. Cette image est renversée. L’oculaire Oc la grossit et l'œil voit une image virtuelle agrandie et renversée iN"M". Le faisceau de rayons parallèles venant du point, N a seul été figuré (zone grise) et l'on suit sa marche jusqu’en Ali. (Voir le texte.)
- lumineux issus de N' (et provenant de jN) rencontrent la lentille Oc, se réfractent et viennent donner en AB un cercle de lumière, qui est l’image de l’objectif éclairé par N et agissant à son tour comme source de lumière. Ainsi, toute la lumière pénétrant dans l’objectif vient former en AB un petit cercle lumineux qui est à l’objectif ce que M' N' donné par l'objectif était à l’objet M N. Ce petit cercle lumineux est ce que l’on appelle Vanneau oculaire. L’œil étant placé en O, cet anneau doit avoir un diamètre inférieur à la pupille, alors toute la lumière reçue par l’objectif pénètre dans l’œil et, dans ce cas, l’objectif est utilisé dans les meilleures conditions.
- L’œil, placé en O, voit l’image agrandie de M' N' en M" N" et il la voit renversée.
- Grossissement. — Reprenons (hg. 4) Ie schéma de la lunette astronomique. L’œil est placé en O, près de l’oculaire Oc. F et/‘sont les longueurs focales de l’objectif et de l’oculaire, les foyers étant confondus. Le grossissement est évidemment le nombre de fois que l’angle N" Oc M" contient l’angle M O b N ou son égal l’angle N' O b M'. Mais l’angle N" Oc M" a pour mesure
- neau oculaire A'B'. Autant de fois ce diamètre sera contenu dans le diamètre de l'objectif, autant de fois la lunette grossira. C’est le principe d’un petit appareil nommé dynamètre de Ramsden.
- A
- S
- Fig. 3.— (îroKsissemenl de la lunette .astronomique basé sur la considération de la valeur cle l’anneau oculaire. (Voirie lexte.)
- Pratiquement (üg. (i) on construira un dynamètre de Ramsden au moyen d’une petite lentille grossissante L, lixée dans un tube de carton ou de métal T. A l’intérieur
- Fig. 4. _ Grossissement de la lunette astronomique d’après la considération du rapport des dimensions apparentes
- de l’image N"M" vue en O et de l’objet MN, vu de O b.
- M' N' M' N'
- —— et l’angle N' O b M' a pour mesure —— • Le grossissement G a donc pour valeur :
- M' N'
- ~ M'N'
- f
- M' N
- X
- F
- F
- M' IV
- r
- Ainsi, le grossissement d’une lunette est le rapport de la longueur focale de l’objectif à la longueur focale de l’oculaire. Pour avoir un très fort grossissement il faudra prendre un objectif ayant une grande distance focale, et au contraire un oculaire à très court foyer.
- Dynamètre de Ramsden. — L’image de l’objectif donnée par l’oculaire, Vanneau oculaire comme on l’a vu plus haut, se forme (fig. 5) en A' B', les foyers de l’objectif O b et de l’oculaire Oc étant confondus en P. Les deux triangles PAB et PA" B" sont semblables. Ils donnent :
- AB____A" B"
- F “ f
- d’où :
- AB F
- inesurer le grossissement.
- de ce tube coulissera à frottement un peu dur un autre tube T" portant en E une échelle divisée. Le tube T coulisse à son tour dans un tube T' que l’on applique sur l’oculaire dont on vent
- Pour construire l’échelle, tracer sur du papier bien blanc, à l’encre de Chine, une échelle que l’on réduira par la photographie et dont on tirera un positif. Effectuer la réduction de manière que les traits soient distants exactement d’une quantité connue, par exemple i/io' de millimètre.
- Pour employer le dyna-raètre, faire glisser le tube
- • L, lentille fixée dans lé tube T ; L échelle divisée lixée sur le tube T ' coulissant dans T; le tube T coulisse dans T'. On peut construire cet ins-l.rumenl avec du carton. L’échelle L sera obtenue photographiquement-
- T" jusqu’à ce que l’échelle E soit vue nette. 1
- La lunette étant au point pour l’iniini et pointant le ciel en plein jour (ou un astre brillant la nuit), appliquer le dynamètre sur l’oculaire et faire glisser 1 dans T' jusqu’à ce qùe l’anneau oculaire ait ses borés absolument nets. Compter combien de divisions de l’échelle cet anneau recouvre. Diviser alors le diamètre
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- de l’objectif par le diamètre ainsi trouvé de l’anneau oculaire.
- Choix d’un objectif. — Jusqu’ici nous n’avons parlé que de lentilles convergentes, sans préciser davantage. Une telle lentille, comme nous le verrons plus loin, ne peut convenir pour un objectif que dans des conditions très spéciales. Dans une lentille simple, formée d’un seul verre, les deux faces de la lentille se conduisent à la manière d’un prisme, et un rayon de lumière blanche AB (fig. 7) se décompose en B, en pénétrant dans la lentille. Les rayons violets, les plus déviés rencon-treront l’axe X Y en V, et les rayons rouges, les moins déviés, en R. Les autres rayons du spectre se placent entre Y et R.
- Ainsi, si nous dirigeons une telle lentille vers un point lumineux, une étoile, brillante, et que nous regardions l’image de cette étoile avec une petite lentille formant oculaire, nous ne pourrons pas mettre au point, puisque de R en Y nous rencontrerons les foyers des diverses couleurs, auxquels se mêleront les autres couleurs d’autant plus étalées qu’on sera plus loin du foyer correspondant à ces couleurs. Nulle part l’image de l’étoile ne sera un point, mais un petit disque irisé, coloré.
- Cette dispersion prismatique est d’autant moins forte que la lentille est moins courbée, moins épaisse, mais aussi, dans ce cas, les rayons tels que BR et BV sont moins inclinés et les points R et Y s’éloignent vers Y. Ainsi dans une lentille presque plate, la dispersion est presque négligeable, le foyer est très long et cette lentille sera presque dépourvue d’aberration de réfrangibilité.
- Les objectifs astronomiques sont formés de deux verres, d’indices de réfraction différents. L’une des lentilles, en crown-glass, est convergente, l’autre lentille est en flint-glass, elle est divergente. Ces lentilles agissent en quelque sorte en sens contraire et l’effet est tel que les foyers, tels que Y et R de la figure précédente, sont presque confondus. De tels objectifs sont achromatiques, les objets qu’ils montrent ne sont plus irisés sur les bords.
- Les lentilles convergentes simples ont encore un autre inconvénient. Même parfaitement travaillées, les rayons lumineux venant de l’infini et rencontrant la lentille vers les bords sont plus réfractés que ceux qui la rencontrent vers le centre (le rayon qui passe au centre n’est pas réfracté du tout). Une étoile ne donne pas un point, mais une série d’images réparties sur l’axe, et qu’on mettrait en évidence par un diaphragme annulaire. C’est Y aberration sphérique.
- Plus la lentille est plate, c’est-à-dire moins les faces sont courbes, et moins ce phénomène est prononcé.
- Le cadre de cette étude ne nous permet pas de nous étendre davantage sur la théorie des lunettes astronomiques (').
- il nous faut à présent choisir l’objectif de la lunette que nous désirons construire. C’est la partie la plus importante de l’instrument. Ce qui déterminera ce choix, c’est la somme que nous désirons y consacrer.
- On trouve parfois des occasions, mais elles sont rares.
- L’on trouve souvent des lentilles provenant d’objectifs photographiques démontés. Elles sont précieuses pour un cabinet de physique; en général elles ne valent rien pour une lunette astronomique : foyer trop court, aberration chromatique corrigée pour la photographie, les
- Fig. 7. — Dispersion de la lumière par une lentille non achromatique.
- Un rayon de. ! tanière blanche AB, parallèle à l'axe optique XY, se réfracte et se disperse eu 11 en pénétrant dans la lentille. Les rayons rouges, les moins déviés, rencontrent l’axe optique en U. Les rayons violets, plus déviés, le rencontrent en V.
- étoiles vues avec ces lentilles sont entourées d’une auréole rouge. Cependant, on pourra réaliser avec elles
- 1. Pour des détails beaucoup plus complets .sur les instruments astronomiques, voir : J. Mascart « Observations simultanées de la surface de Jupiter », L’Astronomie, octobre et novembre 1907.
- desjjunettcs très~lumineuses, par exemple pour chercher des comètes, à condition d’y appliquer un très faible grossissement. La Yoie lactée y sera superbe.
- Deux cas seront à considérer, suivant que nous nous déciderons pour un véritable objectif astronomique, ou bien pour un instrument très simple, muni d’un objectif de très bas prix (verre de besicles par exemple).
- Choix d'un oculaire. — Nous avons vu que le grossissement d’une lunette est égal au rapport des longueurs focales de l’objectif et de l’oculaire. Pour un objectif de de foyer et un oculaire deom,oa, le grossissement sera de 100 fois. Il y a avantage à avoir une série d’oculaires donnant des grossissements diffé -rents. On se procurera donc plusieurs lentilles de foyers convenables pour avoir une grada-tio’ndes grossissements.
- Si l’on regarde le paysage à l’aide d’une lunette dont l’oculaire est constitué par une simple lentille, on remarque que la partie visible — le champ -— s’estompe graduellement sur les bords. On disposera dans le tube TT' de l’oculaire (fig. B) un diaphragme circulaire DD', pouvant coulisser dans le tube TI”. On déplacera ce diaphragme jusqu’à ce que son bord soit vu net dans l’oculaire. Ainsi, lorsqu’on mettra la lunette au point sur un objet, le diaphragme aussi sera vu net, et le bord du champ sera nettement limité. En outre, placer un œilleton en Oj Oâ, à l’endroit où se forme l’anneau oculaire. L’œil sera ainsi obligé automatiquement de se trouver en place, et le champ sera uniformément éclairé.
- Les lentilles des comptes-fils' conviennent très bien pour constituer des oculaires très simples. Les loupes de mise au point pour la photographie également.
- Si l’on dispose de deux verres on pourra construire un oculaire genre Ramsden ou genre Huyghens. Ces oculaires sont décrits dans les traités de Physique.
- Construction d’une lunette avec un véritable objectif astronomique. — Les diamètres des objectifs Varient de 43”m à ioSram et plus.
- Quelle que soit la construction à laquelle on s’arrêtera, on s’attachera à placer l’objectif de manière que son plan soit rigoureusement perpendiculaire à l’axe de la lunette, et aussi que l’axe des oculaires coïncide avec celui de l’objectif.
- Si l’on se procure un objectif un peu grand, il y a intérêt à l’acheter avec son barillet et de préférence avec des oculaires tout montés.
- La construction, dans le cas d’un objectif un peu grand, devra être soignée, et il faudra avoir une assez grande habitude du travail manuel pour entreprendre ce montage.
- Le tube de l’instrument pourra être fait en métal (on vend dans le commerce des tubes étirés ou soudés convenant parfaitement). Mais le bois est beaucoup plus facile à travailler, et Ton se trouvera bien d’exécuter le corps de la lunette en bois, par exemple à 8 pans. Renforcer le bois à l’endroit où ce tube reposera sur un pied. Si l’objectif est placé dans un barillet, il sera facile de maintenir celui-ci à l’extrémité du tube avec des griffes convenables. Les oculaires seront placés dans un tube de métal entrant à frottement doux dans la partie arrière du tube en bois. On pourra compléter le système de mise au point par une crémaillère comme il en existe dans les appareils photographiques.
- Dans ce genre de construction, l’amateur doit apporter la plus grande part d’initiative et d’ingéniosité, car la description détaillée du montage d’une lunette importante nous entraînerait extrêmement loin.
- Construction d’une lunette avec un objectif à verre de" besicles. — L’étudiant du ciel, plus riche en aspirations scientifiques qu’en espèces de bon aloi, ne doit pas perdre confiance. Il peut lui-même, à très bon compte, établir une lunette vraiment pratique en utilisant comme objectif un verre de besicles.
- On trouve, en effet, dans le commerce, des verres de besicles, à bords bruts ou rodés (mais non taillés en
- Fig. 8 .- Construction d’un oculaire simple.
- Lu lentille oculaire Oc est lixée dans un tube en métal ou en carton TT', muni en 0,0., d’uu diaphragme formant œilleton. En DO' placer un diaphragme limitant le champ. O11 déterminera expérimentalement, en observant au loin le paysage, la position de 0,0., et de 1)0' i‘t le diamètre de 00'.
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- ovale). Leur diamètre est de 37 mm, ce qui permet une ouverture utile de 35 mm environ.
- C’est un de ces verres, pour presbyte, qu’il nous faut. Ils ont une faible épaisseur, une faible courbure, et sont sensiblement dépourvus des aberrations dont nous avons parlé. Il y en a de toutes les longueurs focales, depuis
- L’intérieur du tube sera noirci avec un noir mat, noir à vignettes, noir de fumée à l’essence, etc. L’extérieur de l’instrument sera peint avec une peinture quelconque, ripolin par exemple ; ou encore noir à vignettes verni. Le tube T' contenant l’oculaire entrera à frottement assez dur dans le gros tube T contenant l’objectif. On
- Ob.
- Fig. 9. —• Coupe d’une petite lunette construite avec un verre de besicles comme objectif.
- 0/;. objectif. — P>, barillet, constitué, par exemple, par nue boîte de pharmacie en cardon dont on a ajouré le couvercle et le fond. — E. épaulemenl. empêchant le barillet de s’engager dans le tube. — T, tube en carton constituant le corps de la lunette. L’intérieur de ce tube, doit rire noirci. — D, 1)', diaphragmes. Le diaphragme 1)' a nue ouverture plus petite que le diaphragme D. En enlevant l’oculaire, et meUaul l’œil à la place, les deux diaphragmes doivent montrer l'objectif entier et ne recouvrir que ses bords. Les-diaphragmes enlèvent tonte lumière parasite dans le tube. — C, gouttière en bois servant à fixer la lunette sur un pied. — P, plaquette de métal ou de bois permetlnnl le serrage des boulons 11, et. IL sans écraser le tube. -- T', coulant. mi carton, de l’oculaire. Ce tube doit entrer à frottement assez dur dans le tube T. — Oc. lentille oculaire, montre dans le tube T". — 0. œilleton dans le plan de Vanneau oculaire. — D", diaphragme limitant circulairement le champ.
- quelques centimètres jusqu’à 4 mètres. On les vend soit au numéro, soit d’après la puissance optique. L’unité de puissance est la dioptrie. Le numéro des verres exprime leur longueur focale en pouces (27 mm). Ainsi un verre n° 72 a 1 m. 944 de foyer. Un verre n° 3o a o m. 8r de foyer.
- La « dioptrie » est la puissance d’un système optique dont la distance focale est de 1 mètre. Ainsi un verre de i,5o dioptrie aura environ o m. 66 de foyer. Un verre de 2 dioptries aura o m. 5o de foyer.
- Le tableau ci-dessous donne, pour quelques verres, la comparaison des numéros et de la longueur focale :
- N" Puissance (en dioptries). Longueur focale.
- 48. • • 0,25 4 m.
- 96. . . . 0,40 2 m. 5o
- 72. . . . o,5o 2 m. -
- 55. • • • 0,67 1 in. 5o
- 38. . . 1 î '
- 24. ... 1,5o 0 m. 67
- 20. . • . 1,75 0 m. 54
- 18. . . . 2 0 m. 5o
- Choisissons donc comme objectif un de ces verres.
- Nous ne conseillons guère le n° 148 dont le foyer est tel qu’il entraîne à une construction par trop encombrante. Pour une lunette astronomique, les foyers de 1 m. 5o à 2 m. conviennent bien.
- Si nous choisissons un objectif de 2 m. de foyer et un oculaire de o m. 02 de foyer, le grossissement sera , 2 m.
- de-------- = 100.
- . o m. 02
- Nous pourrons utiliser deux ou trois oculaires de foyers différents, afin d’avoir des grossissements échelonnés, si l’on veut de 3o fois à 125 fois. Nous ne recommandons pas d’aller plus loin, les images manquant d’éclat. Ou mesurera ces grossissements au moyen4 du dynamètre de Ramsden décrit plus haut.
- Si l’on veut des grossissements moins forts et un champ plus grand, par exemple pour faire un chercheur, un verre de besicles de o m. 5o de foyer sera tout indiqué.
- Ici encore, l’amateur apportera dans la construction de cette lunette la plus grande initiative.
- Le tube, pour les longueurs de plus de 1 m., pourra être constitué par un tuyau de zinc ou de tôle, reposant, en général, sur une planchette pour assurer sa rigidité.
- Pour les longueurs de 1 m. et au-dessous, on pourra utiliser les tubes de carton que l’on trouve dans le commerce.
- On pourra fabriquer soi-même un tube en enroulant une'feuille de papier sur un cylindre de bois, et en collant constamment à la colle forLe. Il y aura quelques précautions à prendre pour retirer le cylindre de bois. Après séchage, ce tube de papier deviendra très rigide.
- On pourra monter la lentille servant d’objectif, en la plaçant dans une boîte en carton provenant d’une pharmacie, en ayant soin de découper en rond le dessus et le fond de la boîte. Cette boîte entrera à frottement doux dans le tube de carton, où elle sera arrêtée par un épaulement intérieur E, bague, etc. ffig. 9).
- réglera ce frottement en collant des épaisseurs successives de papier sur le tube oculaire T'.
- Pour monter la lunette sur un pied, et pour que le tube ne se déforme pas, on placera à l’intérieur une petite pièce de bois ou de métal P. Les boulons B,, B0, fixant la lunette sur le pied, passeront dans cette pièce de bois et traverseront le tube. Celui-ci sera donc serré entre la pièce de bois et la gouttière du pied, et maintenu ainsi bien droit.
- Pour passer ces boulons, après avoir percé les trous dans le tube, passer par ces trous une petite ficelle, la faire entrer dans le 1ube jusqu’à ce qu’elle sorte par une extrémité. Attacher le boulon, et le faire venir à l’aide de la ficelle (')•
- La figure 10 montre les différentes pièces d’une petite lunette que nous avons construite. Le corps est constitué par un tube de papier enroulé et collé, l’objectif par un verre de besicles, maintenu en place dans une petite boîte circulaire en carton, l’oculaire est emprunté à la partie optique d’une petite lanterne magique; il est maintenu par un tube de carton qui glisse dans le corps de la lunette. Le grossissement de cette lunette est d’environ 25 fois.
- Un instrument de ce genre, même avec un aussi faible grossissement, ne servirait à rien s’il ne reposait sur
- Fig. 10. — Photographie des diverses pièces composant une
- lunette astronomique simplifiée. (Cliché Em. Touciiet.)
- En haut, le tube do la Innette, en papier roulé et collé. A la partie gauche du tube, une collerette en bois découpé pour rcccvo:r le bmillel. Celui-ci est visible à gauche, c'est une boîte de pharmacie dont les deux faces ont été découpées avec la pointe sèche d’un compas. Au-dessous, l’objectif. Au milieu, pièce de bois percée de 4 trous, servant, au moyeu de doux boulons visibles au-dessous, à fixer la lunette sur le pied. A droite, l’oculaire (partie optique d’une lanterne magique) et le tube porte-oculaire, en carton.
- un pied stable. Nous verrons dans un prochain article comment on peut faire pratiquement ce montage.
- (A suivre. ) Em. Touciiet,
- 1. On trouvera dos conseils pratiques sur la construction de lunettes avec verres de besicles dans une Notice très complète de M. A. Jakson : La Photographie astronomique et'les observations astronomiques à la portée de tous (Ch. Monde!, éditeur, u8, rue d’Assas, Paris). *
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- L’ESPRIT D’AVENTURE ET LES TOPOGRAPHES D’AMÉRIQUE
- Le Scientific American de New-York vient de donner sous forme d’interview (septembre 1922, page 165) un article contenant d’intéressantes anecdotes relatives aux travaux' du service topographique aux Etats-Unis.
- C’est d’abord un levé de plan aux environs des limites de l’Idaho et du Montana, vers le nord des Etats-Unis, peu loin du lieu où la transformation des Montagnes Rocheuses en région éruptive a produit le « Parc National » avec ses étranges paysages, plus curieux que beaux, et que l’Etat pouvait d’autant mieux nationaliser et réserver que c’est une région tout à fait désertique : d’énormes falaises verticales vaguement basaltiques ne sont pas faites pour y faciliter les travaux des géomètres! Dans un cas embarrassant, ceux-ci ont aperçu, au milieu de la hauteur de mille pieds d’une de ces roches, un arbre fourchu qui avait dû se semer dans une fissure de la paroi, poussant là presque horizontalement de puissantes branches, en un point assez favorable pour relever les formes inaccessibles du ravin.
- Aussitôt, la mission décida de placer là un théodolite, el ce fut à qui aurait l’honneur de risquer le coup. Un petit treuil fut installé au-dessus de la falaise avec un bras surplombant le vide, et Hugh Ewell obtint la préférence pour être suspendu au léger câble d’acier de cette chèvre, avec son appareil.
- On le voit arrivé au végétal, sans se décrocher du câble bien entendu, et la photo montre avec quelle ingéniosité il a su assurer sa propre stabilité et celle de son théodolite ! Il ne serait pas donné à tout le inonde de travailler sans préoccupation pendant 1 heure ou 2 sur un pareil chevalet! Mais le vrai Américain est enchanté de se livrer à de pareilles acrobaties, aussi bien au bout d’un fil de treuil que sur le dos d’un cheval sauvage : il n’a pas la nervosité du descendant des Celtes et ne se tourmente pas d’avance du danger de la remontée, de l’accrochage éventuel du câble à quelque aspérité des rocs... et l’audacieux a rapporté à scs collègues le produit de ses mesurages.
- Ces hardiesses n’empêchaient pas d’ailleurs les rudes pionniers de la Géodésie de prendre les précautions nécessaires. Dans une autre photographie on voit l’opérateur sceller sa planchette à une pyramide rocheuse qui fait le sommet définitif du Post Pcak ; la scène se passe par 10990 pieds d’altitude (33oo m.), et tout travail exact aurait été rendu impossible par la tempête sans ce fixage. On remarquera que le sommet n’est pas couvert par une calotte de neige comme le mont Blanc, le mont Rose, la Jungfrau : les formes sont trop ardues pour cela, et le rocher nu est analogue aux Aiguilles Rouges du mont Blanc.
- Une troisième photographie représente deux des travailleurs traversant à gué un torrent écumeux; on est étonné Je les voir à pied, et non pas sur leurs mules ou leurs chevaux ; mais il faut savoir que ces quadrupèdes sont incapables, malgré la finesse de leurs jambes, de résister à l’entraînement d’un rapide courant, même quand l’eau n’a pas plus de 4° cm de profondeur. La photo ne représente pas la partie la plus difficile de l'opération : celle qui consiste à faire passer les bêtes de somme en les maintenant à l’aide d’un
- câble ; mais l’article raconte un autre passage effectué quelque temps après en un point où le passage était coupé par une eau moins rapide mais trop profonde pour passer à gué, et où les hardis pionniers ont jugé nécessaire de jeter un pont en V, ce que permet souvent l’abondance des arbres de haute futaie, notamment dans la région du sud de la Californie, érigée aussi en parc national, la Yosemite Yalley, célèbre par ses immenses résineux. Et voici le procédé de construction. On choisit sur chaque rive un arbre bien placé et de longueur suffisante ; l’art consiste à faire tomber en même temps les deux trônes l’un contre l’autre, de manière que leurs branches s’entremêlent avant la fin de la chute, ce qui forme une arche très élégante, où quelques coups de hache assurent le passage, possible sinon facile, entre les branches. Les hommes passent et se font suivre à la corde par les animaux nageurs.
- On voit dans un autre dessin la cavalcade nombreuse d’une expédition dans celte région, bien armée pour n’avoir pas à souffrir des brigands vaguement mexicains qui, de l’autre côté de la Sierra Nevada, infestent l’affreuse région de l’Arizona, chérie seulement des monteurs de films pittoresques remarquables qui font l’intérêt réel des envois diAmérique.
- Ce sont là les passages de la Death Yalley, le vallon de la Mort, et l’on voit, dans celte région désertique, l’effet d’un ouragan sur les tentes des malheureux explorateurs, au moins sur celles qui n’ont pas été emportées au loin; l’auteur raconte qu’un jour, sur le mont Rai-nier, de l’Etat de Washington, au moment où l’expédition venait d’atteindre le sommet à 14 4o8 pieds, soit assez exactement 4800 m. comme le mont Blanc, elle a été prise par une tourmente de neige affreuse, un blizzard irrésistible, dont elle s’est sauvée en se réfugiant en tas dans un petit ravin où il a fallu passer la nuit empilés les uns sur les autres sans dormir pour ne pas être gelés... Heureusement le whisky n’était pas encore interdit en Amérique, car sans cela on n’aurait jamais revu les géomètres... qui, deux jours après, sont remontés au sommet pour terminer leurs levés.
- Une jolie aventure pour finir, mais cette fois en pays plus chaud, dans les marécages de la Floride, pour lesquels il est nécessaire de disposer de trépieds à branches de 8 1/2 pieds de longueur, c’est-à-dire de 3 m. environ, pour pouvoir stabiliser l’appareil dans le sol mouvant.... Au moment où le géomètre venait de mettre à longueur le 3e pied de sou théodolite il voit un énorme Rattle Snake, serpent à sonnette de 3 m. de longueur, s’élancer vers lui et s’enrouler autour du premier pied... il saute en arrière pour éviter la terrible morsure du monstre... et en même temps il voit un second serpent, appelé cotlon mouth mocassin, autre affreuse vipère, moins grande un peu que la première, mais encore plus dangereuse ; et ce second ennemi s’élance sur l’aulre pied de l’appareil, puis attaque vivement le premier serpent, quoique cela ne passe pas pour être une vendetta habituelle entre ces races. Deux coups de l’inséparable revolver, et bientôt les victimes sont dépouillées et leurs peaux sont suspendues aux épaules du géomètre. Effkre.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui "‘‘parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La. Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et’ du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. G. G., à B. (Isère). — i° L’emploi d’un moteur d'auto dans u > atelier ne vous donnera peut-être pas satisfaction, attendu que ce moteur est réglé pour un régime déterminé et qu’il lui sera difficile d’avoir une \
- charge constante par suite de la mise en route ou de l’arrêt des différentes machines-outils. En tout cas il serait indispensable d’interposer un volant de masse suffisante pour éviter les variations brusques de charge du moteur et de disposer d’embrayages progressifs; — 20 Pour la puissance que vous indiquez du moteur, si on suppose un travail simultané d’appareils de moyen modèle, vous pourriez actionner par exemple : deux machines à percer, un tour à chariotler pour métaux et bois, une scie circulaire et deux meules. D’avance il faut éliminer les mortaiseuses, poinçonneuses et cisailles
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- BOITE AUX LETTRES
- qui donneraient des à-coups; — 3° Vous trouverez tout l’appareillage nécessaire aux Forges de Vulcain, maison Chouanard, 3, rue Saint-Denis, à Paris.
- Accumulateur Fulmen. — A notre grand regret, nous ne pouvons nous occuper de mettre au point des questions industrielles. Le mieux serait de faire analyser le vernis qui vous donne satisfaction pour en connaître la composition.
- M. C. Thouvenot, à Issy-les-Moulineaux. — La plupart des produits à brillanter ne sont autre chose qu’une crème alcaline de savon tenant en suspension un abrasif, tripoli, kaolin, terre d’infusoires; on peut prendre comme
- type :
- Eau non calcaire........................5oo gr.
- Savon de Marseille en copeaux . . .100 —
- Tripoli.................................i5o —•
- Alcali volatil.......................... 5o —
- Après avoir fait dissoudre le savon dans l’eau, au bain-marie, on ajoute le tripoli, laisse refroidir, puis en dernier lieu l’ammoniaque. Afin de masquer l’odeur de celle-ci, on met fréquemment quelques gouttes d’es-
- sence de mirbane.
- M. de Cussac, à Fontainebleau. — Le bleu de méthylène est très facilement décoloré par le chlore en solution légèrement acide. Il vous suffira par conséquent de faire tremper la partie tachée dans un bain composé :
- Eau ordinaire........... 1000 c. c.
- Acide chlorhydrique. . 3o —
- Eau de Javel............ 3o
- Lorsque la tache aura complètement disparu, rincer abondamment pour éliminer toutes traces de chlore et d’acide qui pourraient compromettre ultérieurement la solidité du tissu.
- M. Becchi, à Cuneo (Italie). — Il n’y a qu’un seul chlorure de calcium qui a pour formule Ca Cl2. Très probablement le produit dont vous voulez parler est l’hyphochlorite de calcium (Cl 0)“ Ca qui est obtenu en faisant passer un courant de chlore sur de la chaux éteinte. Il est employé en grande quantité pour le blanchiment des tissus d’origine végétale, coton, lin, chanvre, on l’utilise également comme désinfectant, son action oxydante se portant sur l’hydrogène sulfuré qu’il détruit.
- M. Ledesert, à Argenteuil. — Dans un mélange de sable et d’argile, il est préférable de déterminer cette dernière par différence, c’est-à-dire de peser le sable. Vous pouvez opérer très facilement et avec une exactitude suffisante pour le cas que vous indiquez en opérant ainsi. Prendre un récipient florentin en verre à deux tubulures tel qu’il eu existe chez tous les marchands d’appareils de laboratoire et y introduire par exemple 100 gr. de la masse à examiner, relier alors la tubulure inférieure à un robinet d’eau par un tube de caoutchouc, puis faire passer un léger courant, l’argile se délaye, est entraînée et déversée par la tubulure supérieure. Quand le liquide est absolument clair, on arrête, décante l’eau restée dans le récipient, puis pèse le sable ; par différence on aura l’argile qui a disparu. Bien entendu le sable doit être pesé dans l’état où se trouvait la masse primitive, c’est-à-dire sèche ou humide pour que les résultats soient comparables. Une fois en possession du sable, rien de plus simple que de faire un classement de ses éléments en parties grossières, moyennes ou fines correspondant aux emplois, cela au moyen de tamis dont les ouvertures auront des dimensions appropriées. Matériel de laboratoire chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange ou Adnet, 26, rue Yau-quelin.
- M. Sauvageol, à Ault (Somme). —Nous vous conseillons d’employer, pour la destruction des herbes dans les allées de jardins, le procédé au sulfure de calcium qui . revient à très bon marché et ne fait pas employer de produits dangereux. Vous trouverez tous les détails de cette préparation dans la réponse que nous avons faite à M. Ch. Jérusalem, de Bruxelles, dans un de nos précédents numéros.
- M. Marchai, à Yic-sur-Seille (Moselle). —Yous aurez tous renseignements sur les alliages les plus divers dans l’ouvrage suivant Les Alliages métalliques, par , Guillet, éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins.
- M. Chavant, à l’Arbresle (Rhône). — i° Nous doutons que vous puissiez trouver du résinate d’alumine
- grand
- qui se l’eau
- dans le commerce, ce produit s'obtient habituellement au moment de l’emploi, par exemple pour l’encollage des papiers, par mélange du résinate de soude (savon de résine) et du sulfate d’alumine. Ces deux produits sont courants et il vous sera facile d’effectuer la réaction vous-même; — 20 Pour couvrir des objets en fonte d’un enduit pouvant résister à une température élevée, le mieux à notre avis serait de se servir d’une peinture au silicate de soude avec sulfate de baryte et noir de fumée; après séchage partiel, vous pourrez bronzer à la poudre d’aluminium ; quelques essais dirigés dans ce sens vous feront connaître les proportions les plus favorables eu égard aux conditions spéciales dans lesquelles doit se trouver l objet.
- M. le TA Anquez, à Bourbourg (Nord). — Généralement le procédé qui suit donne de bons résultats pour enlever les taches de moisis suies sur le linge.
- Faire dissoudre dans un verre d’eau :
- Sel ammoniac .... i5 grammes.
- Sel de table..........15 —
- Imbiber la tache de cette solution, exposer au air jusqu’au lendemain, puis laver à l’eau claire.
- Mme Gramboalan, à Langeais. — 1' Le tartre dépose dans les récipients où on a fait bouillir de calcaire s’enlève au moyen de l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) étendu de deux à trois fois son volume d’eau; — 20 Un fourneau à gaz fonctionne bien lorsque la combustion se fait à flamme bleue, c’est-à-dire lorsqu’il arrive assez d’air.pour que la combustion soit complète. Pour cela il faut régler convenablement l’ouverture du pointeau qui amène le gaz par rapport à l’admission d’air, ou bien munir celle-ci d’une bague permettant de modifier les dimensions de l’entrée du comburant. Les deux solutions peuvent être envisagées suivant la disposition du fourneau ; — 3° Un compteur est bien réglé quand après avoir introduit de l’eau par le petit goulot situé en général à la partie supérieure droite, on laisse écouler l’excès d’eau en enlevant le bouchon inférieur à vis qui est en avant. Lorsque l’écoulement cesse c’est que le niveau s'est établi à la hauteur convenable qui correspond à la capacité des aubes en rapport avec l’indication de l’aiguille des unités; — 4° Les maisons suivantes vous fourniront des lessiveuses du type que vous désirez : C'hauveau, .17, boulevard Picpus, 120; Lesaché, 5, rue d’Oran; Société des Inventions économiques, 35, rue La Bruyère; Vignon, ^o, boulevard Sébastopol.
- M. P. Bouvier, à Casablanca. — La préparation suivante vous donnera très probablement satisfaction pour Ventretien des cuirs de voiture : faire fondre au bain-marie 5o gr. de cire d’abeilles et 20 gr. d’oléine de saponification. Incorporer au liquide en agitant 20 gr. de noir d’os. Retirer du feu, laisser refroidir jusqu’à douce température et ajouter 3o gr. d’essence de térébenthine, remuer jusqu’à refroidissement complet de manière à obtenir une pâte onctueuse que l’on peut rendre plus fluide si on le désire en mettant davantage de solvant.
- Abri du marin, Benodet, Finistère. — Yoici une formule de colle sans ammoniaque pour réunir le caoutchouc et le fer :
- Copal Kauri fin. ... 6
- grammes.
- Colophane Gomme élémi Gomme mastic Gomme shellac ... 3o —
- Alcool à g5°...........5o c. c.
- Mlle Fermé, à Béthune. — On ne peut obtenir d’encre rouge fixe qu’avec la cochenille, pour cela prendre : Cochenille pulvérisée.
- Alun en poudre . . .
- Crème de tartre. . .
- Eau distillée ....
- Faire bouillir pendant une demi-heure environ la cochenille dans l’eau, ajouter l’alun et la crème de tartre, laisser refroidir. D’autre part faire dissoudre à froid : Gomme arabique. . . i5 grammes.
- Eau distillée . . A . 5oo —
- Mélanger les deux solutions, abandonner au repos pendant quelques jours. Décanter et mettre en bouteilles.
- N. B. — La dose de cochenille peut être modifiée suivant l’intensité de la coloration désirée.
- ia grammes. 12 —
- 12 —
- 5 00 —
- demi-heure
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- M. R. Speckel, à Paris. — Les taches brunes que vous avez constatées sur vos livres sont dues à des moisissures dont les principales doivent être le Chaeto-mium bostrycodes, l’Aspergillus sulphureus, le Spicara et le Fusarium. Pour enlever ces taches laver les feuillets avec une solution d’hypochlorite de chaux à io gr. par litre, filtrée avant emploi pour éviter que des parcelles solides ne se fixent sur le papier en produisant des trous, passer ensuite directement dans de l’eau contenant 2 pour too d’acide acétique, puis dans de l’eau additionnée de 5 pour too de carbonate de soude. Finalement rincer à fond de manière à ne laisser aucune trace de produit chloré. On termine par un léger encollage du papier en passant celui-ci dans un bain contenant un peu de colle de poissons et i gr. de chlorure de zinc par litre, afin d’empêcher un nouveau développement de moisissures. Pour que ces opérations successives puissent s’exécuter facilement il est bon de dérelier les feuillets.
- M. L. Guichard, à Paris. — Pratiquement, aucun enduit résistant à l'essence n’aura la souplesse du caoutchouc et se fendillera. Cependant, s’il ne s’agit que de pulsations de la poche, vous pourriez essayer de l’acétate de cellulose à 5 pour ioo dans l’acétone.
- M. Bouquet, à Meudon. — Pour établir un court de tennis dans les meilleures conditions on doit opérer ainsi : La terre est d’abord creusée sur une profondeur de 5o cm. après quoi on garnit le fond d’une couche de a5 cm de morceaux de briques et de plâtras. On pilonne soigneusement et achève de remplir avec un lit de mâchefer finement concassé. La couverture épaisse de 5 cm seulement est faite- avec de la boue de route parfaitement tamisée pour la débarrasser des débris divers qu’elle peut contenir. Chaque couche est damée et arrosée en corrigeant, s’il y a lieu, après pilonnage, les inégalités d’épaisseur qui se seraient révélées pendant la compression.
- M. Sellier, à NogenL-sur-Marne. — i° Le moyen le plus simple de détruire les vrillettes dans le bois des meubles consiste à injecter une solution obtenue en faisant dissoudre t gr. de bichlorure de mercure dans un mélange de roo cm3 d’alcool à brûler et 900 cm3 d’eau. On introduit dans l’ouverture d’une petite poire en caoutchouc de 95 à 3o gr. un tube de verre effilé, après avoir rempli la poire par aspiration du liquide on introduit la pointe dans un trou de ver et l’on presse. La poussière entrainée par la solution sort de nombreux trous et on répète l’opération sur tous les trous non encore mouillés. Les insectes une fois détruits, l’application d’une encaustique un peu épaisse permettra par rebouchage de faire disparaître les traces du dégât. 20 Remettre le robinet en état de bon fonctionnement par remplacement de la rondelle de caoutchouc ou en le faisant roder, suivant le cas. Enlever ensuite sur la cuvette les dépôts calcaires, au moyen d’un tampon de chiffon fixé à un petit bâton, trempé dans l’acide muriatique du commerce. Bien rincer pour terminer.
- M. Germay, à Madrid. — L’enduit suivant répondra très probablement à votre désir pour donner une couche transparente sur papiers peints, gravures, etc. :
- Acétate de cellulose .... 3o gr.
- Tétrachloréthaiie.............. 36o —
- Triacétine....................... 3
- Alcool à g5u................... 4° —
- Ce venus peut s’employer tel quel en pulvérisations ou additionné d’une couleur d’aniline.
- M. Cordebard, à Aubervilliers. — La fabrication de
- l'acide oxalique au moyen de la sciure de bois a été réalisée pour la première fois par Dale à Manchester en 1856, on procède ainsi : La sciure est mélangée avec une solution caustique marquant 37° à 38° Baumé composée d’une partie de potasse et de deux parties de soude, dans la proportion de 100 d’alcalis réels pour 3o à 40 de sciure. La réaction s’opère dans un cylindre tournant placé dans un four et chauffé au rouge sombre. I ne vis d’Archimède se meut dans le cylindre en sens inverse de celui-ci, elle conduit la masse à traiter d’un bout à l’autre de l’appareil et le produit sort sous forme d’une masse solide poreuse constituée par des oxalales de soude et de potasse. La réaction donne en outre naissance à des gaz combustibles que l'on brûle sous le foyer, ce qui diminue la quantité de charbon nécessaire au chauffage. La masse provenant de l’opération est
- traitée par l’eau chaude qui dissout les oxalates, on filtre sur des toiles pour séparer les matières insolubles et on additionne d’un lait de chaux qui transforme les oxalates précédents en oxalate de chaux, lequel se précipite, on lave le dépôt à plusieurs reprises par décantation, puis on le décompose par l’acide sulfurique étendu qui met l’acide oxalique en liberté. Ce dernier étant soluble, on évapore et met à cristalliser dans des bacs en plomb ; si on désire un produit plus pur on pratique une seconde cristallisation.
- Le rendement est de 5o à 60 pour 100 du bois employé, la consommation de combustible est d’environ 40 kg de houille par kilogramme d’acide obtenu.
- M. R. Fiat, à Reims. — Il vous sera très facile de faire rouiller les pointes qui servent à clouer les caisses ; pour cela les immerger pendant quelques minutes dans un bain d’eau acidulée à raison de 5 pour 100 d’acide nitrique et 5 pour 100 d’acide muriatique, retirer ensuite les pointes et les exposer à l’air.
- M. Guirand, à Clermont-Ferrand. — Nous avons répondu à votre question dans le N° 2023 du 12 août 1922, page 55, veuillez bien vous y reporter.
- M. A. Janvier, à Niort. — Très probablement il n’a pas été prévu un jeu suffisant pour la dilatation du métal, lors de l’établissement de votre toiture en zinc, l’extrémité des lames étant bloquée, un gondolage en est la conséquence, le mieux serait effectivement de remplacer ce métal fatigué par du fibro-ciment.
- M. Capdepont, à Pessac (Gironde). — Une très bonne préparation pour ignifuger le bois est la suivante :
- Silicate de soude du commerce. . 100 gr.
- Blanc de Meudon ............... 5o —
- Colle de peaux ............... 120 —
- Eau ordinaire..................25oo —
- Faire dissoudre au bain-marie la colle préalablement gonflée dans l’eau froide, ajouter le silicate de soude, puis peu à peu en remuant le blanc de Meudon. Appliquer encore tiède. Si vous préférez un produit tou-préparé, vous pourrez vous adresser aux maisons : Clavelier, 85, boulevard Voltaire; Faron, 148, rue de Grenelle; Lagèze et Cazes, 18, rue des Quatre-fils ; Rouillon, 67, rue Parmentier; Silexore, 7, avenue Tru-daine ; L’Ignifuge, 69, quai d’ivry, à Ivry (Seine).
- M. le Dr Max Sainmont, à Souzay (Indre-et-Loire). — Les crayons anti-buée ne sont pas autre chose que des bâtons de savon transparent appelé couramment savon à la glycérine et vendus dans tous les bazars. Il est absolument inutile de les préparer soi-même, vu leur bon marché. Pour l’usage, ne frotter que très légèrement pour ne pas brouiller les verres.
- M. J. Marion, à Rueil (Seine-et-Oise). — U amiante ne donne pas de bons résultats pour la confection des mèches de lampes; à cause de sa nature minérale elle est inerte en présence des liquides et ne se gonfle pas comme les fibres végétales ou animales, seule la capillarité entre fibres voisines peut jouer un rôle, mais imparfait. D’autre part, l’amiante est très friable et se fatigue rapidement à l’usage, elle n’est pas élastique, les frottements répétés la font tomber en poussière.
- M. G. Mercier, Verneuil-sur-Seine (Seine-et-Oise). — i° Le Siège de l’Association de Documentation bibliographique est 82, rue Taitbout, directeur M. Jules Garçon; l’objet de l’Association est de fournir à ses membres la connaissance rapide de tous les documents qui peuvent servir au développement de leur activité ou de leur industrie. Les membres titulaires versent une cotisation annuelle minima de 100 francs. Les membres associés versent une cotisation annuelle de 25 francs ou une somme unique de 3oo francs. 20 L’association vous fournira tous renseignements sur les ouvrages concernant les fabrications multiples que vous avez énumérées.
- Un vieil abonné. — Le noir animal est encore ce qu’il y a de mieux pour décolorer les solutions sucrées. Industriellement, on fait usage de l’acide sulfureux ou des hydrosulfites, mais le travail doit être contrôlé très soigneusement pour éviter l’interversion du suci’e.
- M. Dupuis, à Beauvais. — Sans renseignements précis sur l’odeur que vous désirez masquer, il nous est assez difficile de vous répondre. Faute d’autres indications, nous ne pouvons vous indiquer que la nitro-benzine, produit bon marché, qui en général réussit assez bien.
- Mlle L. S., à La Rochelle. — i" Le silicate de soude
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- que vous avez employé est trop alcalin et contient un excès de soude caustique qui se carbonate à l’air et produit des efflorescences, il vous suffira d’enlever celles-ci à mesure de leur production jusqu’à ce que toute la soude libre soit carbonatée. . Pour des essais ultérieurs, vous pourrez atténuer considérablement cet inconvénient en ajoutant à la préparation 20 pour 100 d’huile de lin qui fixera la soude en excès et donnera avec elle un savon non efflorescent qui restera enrobé dans l’huile résinifiée. 20 Dans le cas de gomme laque et alcool il s’agit surtout d’un vernis ; quand on emploie une dissolution de gomme laque dans l’eau additionnée de borax on a plutôt en vue l’obtention d’une colle bien que le produit puisse également servir d’enduit. 3° Les peintures au silicate ne doivent pas être confondues avec les peintures laquées qui son,t toutes différentes.
- M. Guillerm, à Morlaix. — Le noir à sabots se pré-
- pare ainsi :
- Extrait de campêche liquide . x.000 gr.
- Gomme arabique................... 160 —
- Acide nitrique.................... 4°°
- Carbonate de potasse . . 200 —
- Cire jaune ...................... 5oo —
- Eau........................... 12.000 —
- Faire bouillir la cire et le carbonate de potasse dans le tiers de l’eau pendant une heure environ. D’autre part, dissoudre la gomme arabique dans un second tiers de l’eau. Enfin mettre dans l’acide placé dans un vase en faïence ou porcelaine une cinquantaine de grammes de clous en fer et attendre que l’attaque soit complète, y ajouter le dernier tiers d’eau. Yerser la solution de sel ferrique dans celle de campêche, y joindre ensuite celle' de cire peu à peu, car il y a effervescence ; enfin la gomme arabique dissoute, bien mélanger et mettre en pots.
- 71/. le comte de La Boulaye, à Perrecy-les-Forges. — Il s’agit bien d’un cryptogame, le Merulius lacry-mans, ou champignon des maisons. On peut le détruire facilement par badigeonnage au moyen d’une solution de zincate de soude. Pour préparer celle-ci, faire dissoudre dans t litre d’eau 3oo gr. de chlorure de zinc fondu ou étendre jusqu’à 33° Baumé la solution commerciale qui est à 45° B., puis ajouter une solution de 900 gr. de soude caustique dans 4 litres d’eau, ce qui correspond à une lessive de 220 B. Appliquer, avec une éponge ou une brosse de peintre.
- M. Caillou, à Roanne. •—• Yous trouverez des alliages fusibles à basse température dans les maisons suivantes : Péricaud, 63, rue des Fêtes, 19e; Bertrandias, 80, rue de la Roquette, Société des Alliages Cothias, 55, rue Yiclor-Hugo, à Ivry-Port. Si vous préférez préparer ces alliages vous-même, voici quelques formules répondant aux limites de température que vous indiquez :
- Point de fusion. Bismuth. Plomb. Étain. Cadmium.
- 63° C 5oo 267 . 133 100
- 65° 5 5oi •>•49 142 108
- 66° 75o 4oo 200 1 5o
- 67° 5 5o4 25 I ij3 102
- 68° 5oo 260 1 a5 I 25
- Ecole des Mutilés de L) on. Yous aurez les rensei-
- gnements les plus précis sur la construction des pendules et horloges électriques en vous adressant aux établissements suivants : Ecole Nationale d’horlogerie de Besançon, directeur M. Trincano; Ecole Nationale d’horlogerie de Cluses, directeur M. Poncet; Ecole d’horlogerie de Paris, 3o, rue Manin.
- M. Ch. P., rue Yézelay; M. M., place du Théâtre-Français, Paris. — Nous ne possédons pas la relation complète des essais de préparation de fumier artificiel faits à la Station expérimentale d’Agriculture de Rothamsledt (Angleterre) et signalés dans le n° 253o. La proportion de paille à employer ne noxis a pas été indiquée. Nous pensons, néanmoins, que les proportions de sulfate d’ammoniaque et de chaux s’appliquent, probablement, au mètre cube, soit environ 400 kg de paille. Vous obtiendriez, croyons-nous, des renseignements complémentaires en yous adressant à la Direction de la Station précitée, instigatrice de ces essais qui, jusqu’à présent, n’ont pas été entrepris en France.
- M. G. Leblanc, à Vaux d’Aubergenville. — Nous avons recherché, dans les anciens traités de photographie, quelle pouvait être la composition de l’enduit noir du verre qui protégeait votre daguerréotype et lui ser-
- vait de fond. Yoici la formule qu’indique Mouckhoven :
- Benzine................... x litre.
- Bitxime de Judée..........80 gr.
- Caoutchouc................ 1 —
- Le caoutchouc doit être coupé en tranches minces. Il sert à rendre la couche un peu élastique et l’empêche
- de se fendiller. Une autre formule, celle de Liébert,. donne un ton noir plus profond :
- Benzine......................5o c. c.
- Bitume de Judée pulvérisé . 10 gr.
- Noir de bougie . . ... 1 —
- Nous pensons cependant que vous obtiendriez un résultat satisfaisant avec les noirs que l’on trouve actuellement dans le commerce, notamment le vernis Japon. .
- J. G., h B. — Le Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet, ne préconise pas, comme applicable aux autochromes, la méthode de développement de Balagny par le diamidophénol acide. Ce révélateur donne bien, il est vrai, des clichés délicatement modelés, clairs et exempts de voile; mais ces qualités ne sont obtenues qu’au détriment de la durée de la pose, qui doit être plus longue qu’avec les révéla-teurs énergiques, tels que le pyrogallol ou le métol-hydroquinone. Après des essais méthodiques, le diamidophénol en liqueur acide a été reconnu impropre à l’autochromie, pax’ce qu’il ne fournit pas un négatif initial assez vigoureux et parce qu’il nécessiterait un supplément de pose incompatible avec la plupart des sujets, les dui’ées d’exposition nécessaires avec les révélateurs les plus actifs étant déjà jugées trop longues dans bien des cas.
- Professeur Eug. Rigaux, à Melle-lez-Gand. — Yoici les périodes avec taches qu’a présentées le Soleil de mars à juin 192* Mars : Taches tous les jours, sauf le 20 et le 11. Maximum du 1" au 8; Avilir : Taches du 2 au 8. Absence complète de taches du 9 au 22. Taches du z3 au 3o (groupes et taches peu importants) ; Mai : Taches plus importantes du ier au g. Absence complète du 10 au 23. Petites taches du 21 au Ier juin. Juin : Pas de taches du 2 au 6. Petits groupes du 7 au 17. Rien du 18 au 20. Petites taches du 21 au 22. Rien du 23 au 3o. Nous remercions M. G. Raymond, de l’Observatoire d’Antibes, de nous avoir fourni ces renseignements. Ses observations, faites avec conscience et modestie, peuvent être citées en exemple à beaucoup d’astro-norries, amateurs ou autres, pour lesquels l’Astronomie est un moyen et non un but
- M. Georges Destriau, à Bordeaux. — Il est nécessaire de connaître toutes les conditions qui ont présidé à la prise de la photographie en partie inversée que vous nous adressez pour pouvoir risquer une explication. Cette épreuve (tirage sur papier d’après le cliché), comme vous le faites remarquer, présente en positif le ciel, les murs de l’usine au fond, les robes et les cols des enfants, c’est-à-dire les grandes lumières. Tout le reste : lûtes, jambes, pieds, sol, est venu eu négatif.
- En général, l’inversion d’une épreuve photographique s’obtient par une surexposition considérable (environ i3ooo fois la pose normale pour une plage lumineuse donnée). Ce n’est pas le cas de votre cliché qui est un instantané à l’ombre.
- Il est peu probable qu’il s’agisse de l’effet Clayden à moins d’admettre que vous ayez exposé longtemps votre plaque à la lumière d’une lanterne défectueuse.
- On signale encore (Agenda Lumière) « un développement prolongé outre mesure, même si le cliché manque de pose. Sa cause la plus fréquente est l’admission de la lumière sur un cliché en cours de développement. »
- Par précaution, vérifiez l’éclairage de votre laboratoire.
- Nous avons cherché à réaliser un cliché en partie inversé comme le vôtre, en procédant à une série d’essais sur des plaques à pose presque correcte, quoique un peu sous-exposées, ce qui est le cas de votre épreuve.
- Mais nous n’avons, pu produire le phénomène de l’inversion, soit en voilant plus ou moins la plaque pendant le développement, soit en la voilant au dos ou en surface avant le développement et avant la piùse de la vue, soit en mélangeant du fixage au révélateur, etc. La nature de l’émulsion de la plaque peut jouer un rôle important.
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- BOITE AUX LETTRES
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- L. M. G. — Conservation des jambons. — Une préparation défectueuse doit être la cause d’altération, notamment du goût de rance, que contractent les jambons qui, une fois sortis de la saumure, doivent être conservés en vase clos. Pour éviter cette altération, il faut que chaque jambon soit frotté et entouré convenablement d’une couche de sel de cuisine et le tout recouvert d’une autre couche de sel en grumeaux gros comme des pois et non de sel fin. Mêler au sel un cinquième de salpêtre et un cinquième de sucre blanc pulvérisé.
- On peut aussi recourir à la préparation suivante : faire subir aux jambons l’action de la saumure dans un tonneau, en recouvrant chaque jambon d’une couche de 20 cm d’un mélange formé de 4 parties de sel commun et i partie de cendres de bois tamisées. Laisser les jambons dans la saumure pendant 5 semaines, les plonger ensuite pendant quelques heures dans de l’esprit-de-vin, où l’on a fait macérer préalablement des baies de genévrier concassées, puis, les soumettre à la fumigation par combustion de ramilles de genévrier, mais après les avoir bien nettoyés et lavés à l’eau tiède; conserver les jambons dans un endroit bien sec et obscur, et surtout à l’abri des insectes, par exemple en les rangeant stratifiés dans des cendres de bois tamisées et bien sèches, dans un coffre en bois hermétiquement fermé.
- Quant à faire disparaître l’altération, cela est difficile. Vous pourriez essayer sur un jambon, l’immersion pendant quelques heures dans de l’eau de chaux préparée à raison de i gr. de chaux par litre d’eau ; laisser déposer, soutirer et filtrer la solution. Laver ensuite le jambon à l’eau fraîche.
- Eviter toujours le contact de l’air, car c’est l’oxygène de l’air qui entraîne la décomposition de la substance grasse neutre et la mise en liberté des acides gras.
- M. II. de St-M., à Gorre (Haute-Vienne). — Conservation des tomates entières en boîtes. — Pour faire de la conserve de tomates en boîtes serties, il faut être en mesure d’opérer comme dans l’industrie. Le mode opératoire est celui-ci : prendre de belles tomates lisses [Reine des hâtives, Mikado, etc.) et, après les avoir essuyées, les mettre en boîtes avec une solution de sel à 2 pour ioo, ou avec du jus de tomates; stériliser l.es boîtes après agrafage mécanique, en les passant à l’autoclave pendant un quart d’heure à la température de lia0 pour les boîtes de 5oo gr., et pendant 25 minutes pour les boîtes de î kg. Avoir soin de laisser, aux tomates une petite portion de leur pédoncule.
- S’il, s’agit de conserves ménagères, il paraît préférable d’opérer comme suit : prendre des tomates bien mûres, bien saines, non meurtries, les essuyer et les ranger avec soin dans des bocaux: verser par-dessus un liquide composé de 8 parties d’eau, i partie de sel, i partie de vinaigre ; recouvrir le tout d'une couche de i à 2 cm de bonne huile d’olive, boucher les bocaux et les conserver en milieu frais et sec. Ainsi préparées, les tomates se conservent pendant toute l’année, en gardant tout leur arôme.
- Nous ne pouvons discerner à distance la ou les causes de votre insuccès dans tous les procédés employés. Probablement excès de température à la stérilisation ou durée trop prolongée de cette opération (autoclavage).
- M. Ilaeffely. — Cadrans solaires. — Nous vous conseillons de consulter l’excellent petit Traité de Gno-mique, de M. Bigourdan (Gauthier-Yillars, éditeurs, Paris, 55, quai des Grands-Augustins). Vous y trouverez tous les renseignements nécessaires pour l’établissement d’un cadran solaire.
- M. Pierre Sudcriès, à Montauban. — Nous avons donné le moyen de fabriquer un moteur à courant alternatif dans la Science appliquée, mais la force n’était que de i/3o de cheval. Nous ne pouvons donner des indications aussi complètes pour des moteurs plus puissants qu’un amateur ne pourrait construire sans outillage très parfait.
- M. Jollois, à Beauvais. —• Il est difficile de trouver des débouchés dans ce genre à moins d’avoir quelque article breveté ou d’un modèle déposé qui est lancé par un peu de publicité. Vous pourriez vous mettre en rapports avec l'Association des Petits Fabricants, 171, rue du Temple, et éventuellement participer au Concours Lépiue, mais cela vous conduit à l’année prochaine.
- M. R. P-, rue de Flandre, à Gand. — A notre avis, la 1 queue tronquée ou trop courte, chez les chats de race j
- siamoise, doit être considérée comme un signe de dégénérescence. En effet, on observe qu’à la troisième génération, trop consanguine, la queue du chat du type siamois se raccourcit, les oreilles s’allongent et les yeux pâlissent, un cercle jaune verdâtre apparaît dans le bleu. La constatation qu’une femelle à queue longue peut donner naissance à des sujets ayant la queue courte, et vice versa, s’explique par un simple phénomène d’atavisme. L’indice de dégénérescence, caractérisé par les variations de dimension de la queue, vous est confirmé par l’observation faite à ce sujet par M. le vétérinaire Hasse, de Gand, juge à l’Exposition à laquelle vous faites allusion. En vous adressant à ce connaisseur, ainsi qu’à Mme Burggrave van der Haegen, à Gand, qui élève des sujets siamois, vous obtiendriez des indications précises sur les caractéristiques de cette race. Consultez aussi un ouvrage donnant la description des races de chats, par exemple, celui de M Paul Difüoth (librairie de la revue Chasse et Pêche, 72, rue de la Concorde, Bruxelles).
- M. II. A., à Chatou (Seine-et-Oise). — Nous publierons prochainement un article sur Yélevage des cobayes et le parti que l’on peut en tirer, notamment pour subvenir aux demandes des laboratoires de physiologie.
- M. J. B., à Cavagnac (Lot). — i° Procédés de destruction des renards. — Un des procédés les plus simples et les plus employés est l’empoisonnement par la strychnine. Voici le mode opératoire :
- Comme appât, prendre le corps ûl’un petit oiseau (moineau ou autre, peu importe l’espèce), et y introduire 10 centigr. de strychnine, pas plus, pas moins. Repérer les terriers et placer des appâts aux alentours, dans les passages fréquentés, attendre pour cela la tombée de la nuit et retirer les appâts chaque matin, à la pointe du jour, par prudence. Si on opère dans des endroits éloignés de toute habitation, on peut, à la rigueur, laisser le poison 2 ou 3 jours; pour la réussite cela serait préférable, mais quelque peu imprudent pour les gens et les animaux domestiques.
- La destruction peut se faire en tout temps, mais le lendemain d’une tombée de neige, on est presque sûr de faire de nombreuses victimes, que l’on trouve à 3oo ou 4o° m- de l’endroit où le poison avait été placé. L’époque1 la plus favorable est de mars à mai, au moment de la mise-bas ; on place alors les appâts à la gueule même des terriers.
- On peut aussi détruire les renards par l'acétylène ou par le sulfure de carbone, ou encore par les fusées Ruggieri. Pour opérer par le gaz acétylène, voici comment on procède :
- Repérer les terriers et en boucher tous les trous sauf un; placer, dans ce dernier, un pot rempli d’eau et d’une quantité suffisante de carbure de calcium ( 1 kg environ). Boucher herméliquement avec de la paille ou de mottes de gazon, que l’on recouvre ensuite très soigneusement avec de la terre. Avec i kg de.carbure de calcium on produit 3oo litres de gaz excessivement délétère.
- Pour la destruction par le sulfure de carbone, il faut boucher tous les, trous du terrier, puis introduire successivement, dans chaque trou, un tube de fer d’environ 2 m. de longueur, dans lequel on verse, au moyen d’un entonnoir, 4° à 5o kg de sulfure de carbone, divisés entre les différents trous du terrier. Avoir soin, après chaque opération, de bien reboucher les trous. Ce dernier procédé est infaillible.
- Enfin, on peut pratiquer le défonçage des terriers à l’aide d’une cartouche de dynamite, attachée à un lapin de garenne qu’on lâche dans le terrier de renard. La cartouche doit être amorcée et munie d’un bickford Ruggieri. On bouche rapidement la dernière issue avec des matériaux préparés à l’avance. Après la détonation, les gaz délétères, qui se produisent par la combustion de la dynamite, tuent les renards dans le teri’ier. Pour opérer avec la dynamite, il faut avoir l’habitude de l’emploi des explosifs.
- 20 Pour les roues éoliennes horizontales, vous obtiendrez l’adresse ou la description en demandant ces renseignements à la Direction de la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12e. (Joindre timbre pour réponse).
- M. R. F., Grand-Bassam. M. R. C., à Neuchâtel (Suisse), désirerait entrer en relations avec vous au sujet de votre demande relative aux cacaos de la Côte d’ivoire, parue dans le n° 2497.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ==========
- Les avions, par J.-À. Leeranc. i vol. in-16, 192 p., 174 grav. Hachette, éditeur, Paris, 1922. Prix : 6 frs.
- Nos lecteurs connaissent bien l’auteur de ce livre et ont pu apprécier maintes fois sa documentation, ainsi que la clarté et l’ampleur de ses vues en matière aéronautique. Ils retrouveront ces qualités dans le présent volume qui est un aperçu d’ensemble, instructif et suggestif, sur l’évolution de l’aviation depuis ses débuts et les espoirs qu’on peut fonder sur elle. Après un bref historique et un rappel des lois mécaniques qui président au vol humain, l’auteur décrit d’une façon élémentaire les divers éléments constitutifs de l’avion, et montre quelle est la tâche du pilote; puis il indique comment on construit un avion et ce qu’on entend par caractéristiques d’un avion. 11 montre les progrès que la guerre a fait faire à l’aviation et résume les problèmes essentiels qui se posent aujourd’hui dans la technique du plus lourd que l’air; il n’oublie ni le vol à voile ni l’aviette. Il termine en affirmant sa confiance dans l’aviation marchande, aujourd’hui à son aurore. Aprèsja lecture de ces pages attrayantes, on est à même de comprendre et de suivre les efforts et les progrès incessants de la navigation aérienne.
- Manuel du mineur, par I. Denis, i vol. in-18, 384 p-, iq5 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Ce petit manuel résume sous une forme très nette et concise les connaissances utiles pour l’ouvrier mineur ou même pour toute personne qui désire acquérir une notion nette de ce qu’est le travail dans les mines : les différentes méthodes d’abatage et la disposition des chantiers, le boisage, le remblayage, l'extraction des produits de la mine, la protection contre le grisou, le mauvais air, les poussières, la lutte contre l’eau et le feu, etc.
- La coloration des métaux, par J. Michel. Nouvelle édition remaniée et augmentée. 1 vol. in-16 br. de x-325 p., 28 fig. üesforges, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Ce livre traite du nettoyage, du polissage, du patinage, du niellage et de la métallisation. Cette nouvelle édition contient quelque cent formules nouvelles et un chapitre spécial sur le niellage a été ajouté.
- Les machines-outils servant au-travail des métaux, par A. Jacquei. i vol. 156 p., 164 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : 9 fr. 5o.
- Ce volume décrit le mécanisme, le fonctionnement et le mode d’emploi des principales machines-outils servant au travail des métaux : tours de diverses natures, machines à fraiser, à percer, à aléser, à raboter, à rectifier, à mortaiser, à poinçonner et à cisailler.
- Manuel du mécanicien-automobiliste, par R. Dubœue.
- 1 vol. in-18, 317 p., 3io fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix : 10 francs.
- L’auteur décrit d’une façon simple les organes de l’automobile, puis leur montage ; il rappelle brièvement l’essentiel en ce qui concerne la construction des diverses pièces, et montre comment s’effectuent les réglages.
- Technische Traiime (rêves techniques), par Haxns Gun-ther. i broeh. 84 p., 29 fig. Rascher et C>°, éditeur. Zurich, 1922.
- Le rêve de l’auteur sera, sans doute une prochaine réalité ; il envisage le moment où l’humanité aura épùjisé son dernier morceau de charbon; l’on sait que cettê échéance n’est pas fort éloignée ; quelques siècles à peine pour l’ensemble du globe, deux ou trois seulement pour l’Angleterre. Par quoi l’homme remplacera-t-il alors le combustible défaillant : le vent, la
- houille blanche déjà exploités au maximum ne combleront pas le déficit. L’auteur expose avdc clarté et simplicité un certain nombre de solutions dont certaines ont déjà fait l’objet de recherches approfondies : utilisation de la chaleur solaire, soit directement, soit par l’intermédiaire des végétaux suivant les vues de Ciamician, utilisation des houilles de toute qualité par gazéification au fond .même de la mine suivant une idée de Ramsay, utilisation de la chaleur interne de la terre déjà exploitée en Italie dans la région de Larderello où l’on a installé pendant la guerre une centrale de 10000 HP fonctionnant sans combustible et récupérant de la chaleur des vapeurs volcaniques qui s’échappent du sol, etc. L’électricité atmosphérique et les marées peuvent également être mises en valeur.
- Les confitures, par H. Rousset, 2e édition remaniée et augmentée, 1 vol. iu-16 br., xii-192 p., 29 fig. Desforges, éditeur. Paris 1922. Prix : 7 fr. 5o.
- Technologie ménagère et industrielle des gelées, confitures, pâtes de fruits, compotes, sirops, miels, fruits confits, marmelades, etc. Contient une foule de recettes dont certaines sont curieuses, par exemple les confitures de fleurs, les gelées de melons.
- Le jardin botanique de la Faculté de Pharmacie de Paris, par Léon Guignard, 3" édition. 1 vol. in-16, 179 p., 1 plan.
- Guide de l’étudiant dans les plates-bandes du jardin botanique, contenant un résumé des caractères des familles végétales utiles à observer.
- Souvenirs entomologiques, par J.-H. Fabre, édition définitive illustrée, 6° série. 1 vol. in-8, 453 p., 16 pl. hors texte et nombreux dessins. Delagrave, Paris. Prix : broché, 20 fr., relié, 40 francs.
- Voici le 6° volume de la magnifique édition illustrée des Souvenirs entomologiques. Le grand naturaliste nous y fait connaître les mœurs si singulières des locustiens : dectique, sauterelle verte, etc., jrarfois si terribles sous leur apparence débonnaire. Le chapitre XIII réservé au grillon est rempli de poésie. La procession de sept jours, observée par Fabre et décrite avec une minutie captivante, montre dans quel bas-fonds d’intelligence vit la Processionnaire du Pin et, cependant, cet insecte est un météorologiste incomparable. Luxueusement éditée, cette édition forme une collection de choix, les livres de chevet de tout amateur de la nature.
- Précis cl'histologie physiologique, par A. Policard.
- 1 vol. in-16, ii3'o p., 46^ fig. Gaston Doin, Paris. Prix : cartonné toile, 4© francs.
- Ce Précis d’Histologie physiologique constitue un ouvrage d’un type tout à fait nouveau. Depuis un certain nombre d’années, l’histologie a subi une évolution profonde. A l’origine exclusivement morphologique, elle est devenue de plus en plus physiologique. L’anatomie microscopique s’est peu à pemtransformée en histophysiologie. On ne s’est plus contenté de savoir comment un tissu ou un organe était construit, on a voulu savoir de quelle façon cette structure conditionnait son fonctionnement. De statique, l’histologie est devenue dynamique.
- Ce Précis d’hislologie physiologique est d’une part un traité d’histologie, exposant la structure intime des tissus et des organes. 11 constitue d’autre part, à certains points de vue, un traité de physiologie générale, dans lequel les documents et notions physiologiques ne sont pas exposés par fonctions mais par tissus et organes. Enfin par ses nombreux exposés d’histopathologie, il apparaît aussi comme un exposé de pathologie générale et une sorte d’introduction à l’anatomie pathologique.
- Dans tous les chapitres, l’auteur rapproche des faits morphologiques les notions de physiologie normale et pathologique qui leur sont reliées. En particulier, une part essentielle est faite aux notions physico-chimiques, spécialement celles concernant les colloïdes, les ions et l’ionisation, les substances lipoïdes, les actions de surface, etc., toutes questions dont l’importance apparaît chaque jour plus grande en physiologie normale et pathogéniquç.
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- COBIS>
- LA NATURE
- upplêmeni.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- N° 2538
- 25 Novembre 1922
- CM.
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER J923(‘)
- mois de janvier 1923, au point de vue astronomique, sera caractérisé par la visibilité des planètes Mercure et Vénus, et surtout par un très grand nombre d’occultations d’étoiles par la Lune. A noter, une très belle occultation d’Aldébaran, a du Taureau, le 28 janvier.
- I. Soleil. — Le Soleil remonte vers l’hémisphère céleste nord. Sa déclinaison, de —230 2' au début de l'année, n’est plus que de —i7°27' le 3i janvier. La durée du jour augmente avec l’élévation du Soleil. De 8h i(im le ior janvier, la durée atteint g’1 19” le 3i.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées, lorsque le centre du Soleil passe juste au méridien de Paris :
- Dates.
- Janvier
- Temps légal.
- i’
- 6 11
- 16 21 26 31
- 111* 54“ g!
- 11h 5 5“ 51s nh58“25' nh orai8" i2h i“55s
- I2h 3“I2s I2h 4“ 9S Nous avons toujours pris soin de recommander l’observation systématique suivie de la surface solaire, notamment en vue d’établir la statistique des taches. Avec une lunette assez puissante (oNoSi et au-dessus), on s’attachera plus spécialement à dessiner les taches solaires et à noter leurs colorations.
- Ne jamais oublier de mettre le verre noir pour regarder le Soleil. On peut observer avantageusement par projection, en recevant l’image solaire sur un carton blanc. Cependant, pour dessiner les petits détails, l’observa
- le 2 = -f- 180 28' ; le i5 = — i8°26'; le 29 ==-j- 180 22'. Ces dates des 2, i5 et 29 marquent les époques où la Lune sera à sa plus grande et à sa plus faible hauteur sur l’horizon lors de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune, le 8 janvier, à i2h.
- Apogée de la Lune, le 23 janvier à i3b.
- Observations physiques. — Voir le « Bulletin astronomique » du Nu 25a5.
- Occultations d'étoiles par la Lune visibles à Paris. — Le ier, occultation de i3o Taureau (gr. 5,6), de 2ih33m à 22" 35“.
- Le 2, occultation de 26 Gémeaux (gr. 5,2), de 20h33ra à 2ih43m.
- Le 5, occultation de | Lion (gr. 5,1), de 20b5“ à 2oh58“. Le 6, occultation de 48 Lion (gr. 5,2), de 23h35m à oh 40™,
- le 7.
- Le 7, occultation de 83 Lion (gr. 6,3), de 221'27“ à 23h2m.
- Le 7, occultation de t Lion (gr. 5,2), de 22h53“ à 23h52m.
- Le 27, occultation de y Taureau (gr. 3,9), de 14h55’" à i5h 52™.
- Le 27,occullalionde 7oTau-reau (gr. 6,4), de i8h20m à 191' 23“.
- Le 27,occullationde 75 Taureau (gr. 5,2), de 2oh 16“ à 21'13o"\
- Le .27, occultation de 264 B Taureau (gr. 4,8), de 2 I h 3 2"1 à 2 2h 4 2"‘.
- Le 27 , occultation de 275 B Taureau (gr. 6,5), de 23h 22” à oh 3i“, le 28.
- Le 28, occultation^ a Taureau • (Aldébaran) (gr. 1,1) de oh 38“ à 11' 36“.
- Fig. 1. — Occultation d’Aldébaran (a Taureau) par la Lune, le 28 janvier 1923.
- La lettre N indique le Nord. La ligne qui joint le centre tion directe est de beaucoup de la Lune au point N est donc le méridien céleste. La trajec-préférable toire apparente de l’étoile est représentée par la flèche. L’im-
- mersion a lieu par la partie obscure, l’émersion au bord éclairé.
- préfé
- Lumière zodiacale.
- L’époque devient favorable
- pour l’observation, le soir, de la lumière zodiacale. On la verra, loin des lieux éclairés, par les nuits noires et sans clair de Lune, s’étendant, à l’Ouest, à travers les constellations zodiacales. Noter les limites de la lueur, sa forme, sa coloration, son intensité (par rapport à la Voie Lactée).
- En montant un objectif très lumineux sur une chambre fixée à un équatorial et en utilisant des plaques extra-rapides, ou pourra réussir à photographier la lumière zodiacale. Utiliser également, comme l’a fait M. Quénisset, un condensateur de lanlerne d’agrandissement.
- On pourra également rechercher la lueur anti-solaire, juste à l’opposé du Soleil (voir le précédent « Bulletin astronomique »).
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier 1923, seront les suivantes :
- P. L. le 3, à 2" 33“ 1 N. L. le 17, à 2h4i”
- D. Q. le 10, à oh 54“ { P. Q. le 25, à 3h 59“
- Age de la Lune, à midi, le ier janvier =ri2J,o; le i7=oJ,4- Pour les autres dates du mois, on aura l’âge de la Lune à midi en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le ior ou le 17. Et pour avoir l’âge à une heure donnée, on ajoutera 0^,0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier :
- 1. Les heures indiquées en ce Bulletin Von t mentionnées en temps moyen de Greenwich, compté de oh à 24h, à partir de minuit.
- Le 28, occultation de
- m T aureau (gr. 5,0, de
- 2jh45" 1 à 2211 48“.
- Le 29, occultation de
- 124H1 Orion (gr. 5-7). de
- l8’’ 22“ ‘ à 19’ l‘3o“.
- Le *9, occultation de
- 292 B Orion (gr. 6,5), de
- 221’ 23“ à aS'Mg*’
- L’occultation d’Aldébaran, du 28 janvier, se produira trois jours après le Premier Quartier. L’étoile disparaîtra derrière le bord obscur. Le phénomène sera entièrement visible à Paris, la Lune se couchant, le 28, à 3h 24™ (fig. 1).
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la Pleine Lune du 3 et de la Nouvelle Lune du 17. Leur amplitude sera assez faible, comme on le voit dans le tableau suivant :
- talcs. Marée du malin. Marce du .soir,
- 3 O .3 i 00 ' <JX o’", 88
- 4 o“,9i Om,q2
- 5 o“,93 o“,93
- 6 Om,92 °m, 91
- 7 om,8g om,85
- 16 om,83 o“,86
- r7 o“,88 °“>9°
- 18 o’", 91 om,qo
- J9 o“,89 om,88
- 20 o™, 86 o“, 8 3
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi au moyen des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de janvier.
- Mercure sera visible le soir quelques jours avant et après le i3 janvier, sa plus grande élongation se produisant ce jour-là à i8°56', à l’Est du Soleil. Dans les lunettes, même peu puissantes, Mercure offre des phases analogues à celles de la Lune, suivant sa position par rapport à la Terre et au Soleil. Le tableau ci-après
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Le ver P issage Coucher Àscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à cl U Méridien de Paris. à sion et VISIBILITÉ
- JANY1E1’ Paris. Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 6 7’ 46“ 111 56mi8s i6h 7m i9h 6“ 22° 35' 32' 34"8 Sagittaire
- Soleil . . . 16 7 41 12 0 18 16 20 *9 49 — 2 ï 4 32 33,6 Sagittaire > »
- ' 26 7 3i 12 3 12 16 36 20 32 — 18 54 32 3a,4 Capricorne
- t 6 Mercure. 0 16 l 26 8 8 7 53 33 *9 r3 13 12 10 16 23 *7 *7 x7 27 59 37 20 21 20 20 5 52 — 21 *6 >4 *9 34 3o 5.8 7,4 9.8 Capricorne" 0 Capricorne] 6 Capricorne' Le soir. Plus grande élongation le i3.
- ! 6 Vénus ... 16 { 26 4 4 4 12 10 i4 8 8 8 56 48 45 i3 i3 i3 4i 26 17 16 16 r7 3 33 10 — 16 17 18 l8 32 5 x 37,4 32.2 28.2 v Scorpion w Scorpion > rj Ophiuchus Le matin, se lève plus de 3 heures avant le Soleil.
- 6 10 3i 16 I I 21 51 ,23 21 4 54 6,0 cp Verseau 'Le soir, dès l’arrivée de la nui t.
- Mars. . . .’ 16 / 26 10 9 4 37 i5 i5 58 45 21 21 62 53 23 0 47 14 + î 1 5o i3 5,8 5,6 Poissons Poissons
- Jupiter. . . 16 2 i5 7 5 11 54 H 53 — i5 23 32,2 a Balance Avant l’arrivée du jour.
- Saturne . . 16 23 5 2 5 3o 1 I 7 i3 »7 — 5 2 9 i5,8 0 Vierge Seconde partie de le nuit.
- Uranus. . . 16 9 37 15 2 20 27 22 5 x — 8 8 3,4 g Capricorne Un peu visible le soir.
- Neptune. . i5 18 ï9 X 37 8 55 9 20 + i5 47 2,6 7V-r.- Cancer Presque toute la nuit.
- donne, de 5 en 5 joui s, le disque illuminé et la grandeur stellaire :
- Dates. Janvier 1 el' Disque illuminé. 0,88 Grandeur stellaire. — 0.7
- — 6 0-79 — 0,6
- — 11 o.65 — o,5
- — 16 o,44 — 0,0
- — 21 0,20 + 0,8
- — 26 o,o3 -f- 2,2
- — 3i 0,0 3 + 2,3
- La figure i du Bulletin astronomique de mai 1922 (N° a5o3, du 26 mars 1922) reproduit l’aspect des phases de Mercure avec la grandeur du disque illuminé.
- Vénus brille le matin ; sa plus grande élongation se produisant au début du mois prochain, elle est visible environ trois heures avant le lever du Soleil. "Vénus est visible ce mois-ci sous forme d’un élégant croissant, qui, à la fin du mois, dans les lunettes de grossissement moyen, se rapprochera de l’aspect de la Lune en quartier.
- Voici le disque illuminé et la grandeur stellaire de
- Vénus en janvier 1923 : .
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire. .
- Janvier ie r 0,27 — 4,4
- — 6 o,3i — 4,4
- — 11 o,35 -4,3
- — 16 0,3g — 4,3
- — 21 0, .4 2 — i,2
- 26 o,q5 — 4,-2
- •- 31 O CO — 4,1
- Remarquer le grand éclat de la planète qui, au début
- du mois, équivaudra à plus de 4u étoiles de première grandeur.
- Mars est encore visible le soir, dans le Verseau. Son diamètre, réduit à 6",o, ne permet plus d’observations utiles, sauf avec les très grands instruments.
- Jupiter, dans la constellation de la Balance, va devenir de mieux en mieux visible, quoique descendant de plus en plus dans l’hémisphère céleste austral. On peut dès à présent, avec une bonne lunette, commencer les observations physiques. On suivra avec intérêt la marche des quatre principaux satellites autour de la planète. Le 9 janvier, à 2h45m, ces satellites seront à droite de la planète, dans l’ordre I, II, III, IV. Le 12, ils seront à gauche, dans l’ordre IIE, IV, I, II. Le 19, à gauche, dans l’ordre III, I, II, IV (images renversées, telles qu’elles sont vues dans une lunette astronomique).
- Saturne devient de mieux en mieux visible. Il brille dans la constellation de la Vierge, entre les étoiles a et y. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 11 janvier.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 10 janvier
- 1923 :
- Grand axe extérieur........................ 39", 19
- Petit axe extérieur........................ -f- 8", 11
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. —f- 1 i05G/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -j- 90 29'
- Elongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne. A l’Est : 4 janvier, i2h3; 20 janvier, nh5. À l’Ouest : 12 janvier, iih3; 28 janvier, 1 o1' -r.
- Uranus est un peu visible le soir, très près de l’étoile À Verseau. Utiliser, pour le trouver, la petite carte spéciale publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2512.
- Neptune, dans le Cancer, sera en opposition au début du mois prochain. Il est ainsi visible presque toute la nuit.
- Voici quelques positions permettant de trouver cette planète, la plus lointaine connue du système solaire :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 5 — î 5 ---- 25
- 911 211
- -f i5° 43'
- 9" 20'“ -f I 5° l\"]'
- gh 19m —j— 15° 527
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à i9h, Neptune en conjonction avec la Lune, à 3°i 1' N.
- 2",G 2",6 2",6
- Le 10, à 3h, Saturne Le 11, à 2oh, Jupiter Le i3, à i3h, Vénus Le 18, à 15h, Mercure Le 20, à i8\ Uranus Le 22, à 8h, Mars
- la Lune, à o° io' N. la Lune, à 20 59' S. la Lune, à o° 3i' S. la Lune, à 20 24' S. la Lune, à i° 45' S. la Lune, à o° 29' N.
- On observera-, comme particulièrement remarquables, les conjonctions du 10, du i3 et du 22.
- La conjonction de Saturne et de la Lune du 10 janvier se produira la planète Saturne étant en quadrature occidentale avec le Soleil. On pourra suivre ce phénomène à l’oeil nu, ou mieux avec une jumelle ou une lunette de faible grossissement. La Lune sera au Dernier Quartier.
- Le rapprochemént de Mars et de la Lune du 22 pourra être constaté le soir du 22 et le soir du >.>. La Lune présentera une phase comprise entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile
- Le 3, à 31' 12“; le 6, à o!l V
- variable le 8, à
- Algol (p Persée 20b 5o“ ; le 11, à i7h 39“ ; le 23, à 4h 56“ ; le 26, à ih 4fi"‘ 1 le 28, à 22h35m; le 31, à i9ll24m-
- Suivre l’étoile variable Mira Ceti (o Baleine) dont le maximum d’éclat doit se produire au début d’avril prochain!1).
- 1. Le groupement d’observateurs d’étoiles variables de l’Observatoire de Lyon fournit à tous les observateurs désireux cle contribuer à l’étude de ces astres tous documents nécessaires (cartes, etc.). Ecrire au Directeur de l’Observatoire de Lyon.
- 170 lÜB»
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- e>
- Etoile Polaire. — Heures du passage de lEtoile Polaire au méridien de Paris, de io en io jours :
- Dates. ' Passage supérieur.
- Janvier
- L’Etoile Polaire, lors de son passage au méridien, fournit un excellent moyen de tracer la méridienne.
- Etoiles filantes. — M. Denning indique, comme radiants actifs pendant le mois de janvier :
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Ier i8h43m 5“
- 11 1811 3m38s
- 2 I 1711 2 io!
- 3i 3 fi1’ 44“ 42'
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 2 Janvier I 1 c,° + ifi° Ç Ecrevisse.
- 2-3 — 282° + 49° [3 Bouvier.
- 4-11 — 18o° + 35° N Chevelure.
- 18 — 232° + 36° Ç Couronne.
- 28 — 2 36° + 2 5° a Couronne.
- Mois de — io5° -r 44° G3 Cocher.
- Les lecteurs de ce Bulletin qui pourraient se grouper pour organiser des observations simultanées d’étoiles filantes rendraient de grands services à la science. Ces observations simultanées doivent être faites de préférence au moment des chutes importantes. Mais même aux autres époques, en raison du grand nombre d’étoiles filantes qui apparaissent chaque nuit, la moisson serait profitable. Les stations peuvent être rapprochées (quelques kilomètres, une dizaine au minimum) ou éloi-
- gnées (plusieurs centaines). Ainsi, il y a quelques années, nous avons collaboré à des observations faites entre l’Observatoire de Juvisy et la Croix-de-Berny (distance g km) et à d’autres observations entre l’Observatoire de Besançon e,t Bue (Seine-et-Oise) (distance 337 km) -Ces deux dernières stations, malgré leur éloignement, ont donné des météores communs. Régler exactement les chronomètres des stations et utiliser de bonnes cartes célestes.
- Y. Constellations. — voûte céleste est toujours parée des brillantes constellations d’hiver. L’àspect du ciel, le ior janvier, à 2il‘3om ou le i5 à 201' 3o"', est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles avec de petits instruments) :
- Au Zénith : Persée (ï), (3, H VI. 33 et 34).
- Au Nord : La Petite Ourse (a = Polaire) ; le Dragon (tjj, 0, v, H. IY. 37); la Grande Ourse (;, M. 97); Céphée (6, p, x, L p, M. 5a); la Girafe; Cassiopée (r), H. YI. 3°)..
- A l’horizon Nord : Yega, Hercule, le Bouvier.
- A l’Est : Le Lion (y, 54, ç, t) ; le Petit Lion; le Cancer (î, M. 67); les Gémeaux (a, ô, M. 35); l’Hydre ( = , H. IY. 27).
- Au Sud : Le Taureau (Pléiades, a, 0, o, x, M. 1); Orion (23 m, ô, 01, O2, A, ex, M. 42)i le Grand Chien (x = Siriüs, Ç, ô) ; l’Eridan (32); la Baleine (Mira x, 37, y); le Lièvre (y, B).
- A l’Ouest: Pégase ( = , u, 1, 3 ) ; Andromède (y, M. 3 1 ) ; les Poissons (55, t) ; le Yerseau (ç, 94, 91) ; le Bélier (/, *); la Licorne H. YII . 2, M. 5o). Em. Touchet.
- BOÎTE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement»
- Réponses. — M. P., à Gand. — Yoici des renseignements complémentaires relatifs aux caractères des races de chats siamois et des chats de l’ile de Man.
- Le chat siamois ou chat de Siam a la robe brun-clair ou brun-chocolat clair, sans aucune tache couleur de suie. La tête, la queue et les membres sont de teinte plus foncée; nez, oreilles, pattes, queue paraissant Dlutôt noirs que bruns. Le masque du nez doit s’étendre autour des yeux et les entourer d’un cercle noir. Les yeux sont bleus. La queue n’est pas terminée en pointe, comme dans les autres espèces. Le poil est particulièrement court, ras, serré et brillant.
- Cette race est de moyenne taille. Les chats siamois noirs sont très rares et atteignent des pidx très élevés.
- Le chat de l’île de Man ressemblerait, pour la teinte de la robe et la forme, à l’espèce commune, s’il n’était pas complètement dépourvu de queue, ou du moins celle-ci n’existe-t-elle souvent qu’à l’état de tronçons. Les beaux spécimens présentés dans les expositions doivent en être complètement dépourvus.
- Le type angora-persan-siamois parait être issu d’un croisement du chat de Siam et du chat Ivhorassan ou de Perse. Ce dernier a le poil fin et mou, de teinte gris bleuté.
- Mme JR. M., à Kénitra (Maroc). — Le procédé vraiment trop primitif qu’emploient les indigènes marocains pour faire le beurre, notamment en barattant le lait dans une peau de bouc, ne peut donner qu’un beurre défectueux, ayant la mauvaise odeur que vous voulez faire disparaître, ce qui n’est guère facile, car il s’agit ici d’une odeur sui generis, dont le beurre s’imprègne et non d’une mauvaise odeur pouvant provenir surtout de l’acide butyrique se développant dans la masse. Essayez le traitement suivant : pétrir d’abord le beurre avec de l’eau fraîche, pais le malaxer une seconde 1 fois, pendant une demi-heure avec 12 à i5 pour 100 de crème ou de lait frais; ensuite, laisser .le beurre se reposer et durcir dans l’eau fraîche.
- Si l’altération subsiste, pétrir le beurre avec de l’eau
- de chaux au lieu d’eau ordinaire ou bien faire dissoudre dans l’eau des cristaux de carbonate de soude, dans la proportion de 5 pour 100 du beurre à traiter et laver celui-ci une seconde fois à l’eau pure et fraîche, avant de malaxer avec le lait ou la crème.
- L’eau de chaux est de préparation facile : mettre 2 gr. de chaux vive par litre d’eau ; agiter, laisser reposer et décanter ou, mieux, filtrer.
- Il est évident que pour éviter ce grave défaut, il faudrait amener les indigènes à préparer le beurre proprement, en faisant usage de barattes, malaxeurs et autres appareils usités dans la fabrication suivant la méthode rationnelle.
- M. Ch. Mesuré, à Montluçon. — i° Il n’existe point de plaques pour positifs analogues aux papiers contraste, mais il vous sera facile d’accroître les oppositions d’un diapositif, d’abord en abrégeant le temps de pose, ensuite en employant un révélateur concentré (et additionné de bromure. Les contrastes seront encore accentués si, après avoir poussé le développement jusqu’à obtention d’une image trop foncée, vous affaiblissez
- celle-ci dans le réducteur de Farmer :
- Eau....................................... 1000 c. c.
- Hyposulfite de soude...................... 5o gr.
- Ferricyanure de potassium (prussiate rou'ge) 5 gr. Cette solution s’altérant assez rapidement ne doit être préparée qu’au moment de l’emploi. Retirer la plaque un peu avant d’avoir atteint le degré de réduction voulu, car l’affaiblissement continue encore un peu pendant les premiers instants du lavage. 20 Le renforcement au biclxlorure de mercure grossit le grain du cliché, parce qu’à chaque particule d’argent constituant l’image vient s’ajouter une certaine quantité de mercure. Il en est de même des autres procédés de renforcement par addition. On n’évite ce grossissement du grain qu’en remplaçant les renforçateurs proprement dits par certains virages, tels que ceux à l’urane ou au cuivre. Dans ce cas, les opacités du cliché ne sont plus accrues par un dépôt métallique supplémentaire : leur ton est simplement changé du noir à une nuance brune ou rouge beaucoup moins actinique. Yoici, par exemple, comment se prépare le renforçateur au cuivre. On fait d’abord dis-
- soudre :
- Eau.......................... 100 c. c.
- Sulfate de cuivre............ 5 gr.
- Cette solution est additionnée de carbonate d’atnmo-
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- BOITE AUX LETTRES
- niaque jusqu’à ce que le précipité verdâtre qui se forme d’abord se redissolve. On ajoute ensuite :
- Eau................... ... 700 c. c,
- Ferricyanure de potassium . . 12 gr.
- On ajoute encore du carbonate d’ammoniaque en quantité suffisante pour redissoudre le nouveau précipité. Le cliché à renforcer est plongé sec dans ce bain. Au bout de quelques instants, l’image prend une teinte brune, qui passe ensuite au rouge cerise de plus en plus vif. Arrivé à l’intensité désirée, on élimine le renforçateur par des lavages renouvelés à plusieurs reprises.
- M. G. C., à Turin. — Yoici, après recherches, les renseignements complémentaires relatifs à l’emploi de papier pour couvrir le sol, et en retarder la dessiccation, dans les pays tropicaux, procédé qui contribue aussi à enrayer la croissance des mauvaises herbes.
- Le papier est employé en bobines et étendu sur le terrain avant plantation; il se trouve perforé par le repiquage des plants de canne à sucre. Ce procédé est de même applicable aux plantations anciennes, en étendant le papier sur des lignes, après la coupe des cannes à sucre et avant l’apparition de nouvelles pousses. On a constaté que, par ce procédé, on diminue des deux tiers les frais de culture. Sous le papier, la terre garde, pendant la nuit, une température de 2 à 5° centigrades plus élevée que celle de la terre non couverte.
- Le prix de revient ne dépasserait pas 3 dollars par hectare, aux îles Hawaï, où l’application de cette pratique à la culture de l’ananas aurait procuré, paraît-il, un accroissement de rendement de plus de 88 quintaux à l'hectare.
- Pour avoir du papier à bas prix, on utilise à sa fabrication la bagasse (déchets de canne à sucre).
- M. P. N. B., à Malines. — Pour vous instruire et documenter sur l’industrie de l'huilerie, voici, notamment, les ouvrages à lire et consulter : Fabrication et raffinage des huiles végétales, par J. Fritsch ; Huiles et graisses d'origine animale, par le même; Huiles industrielles et leurs dérivés, par le même ; Les huiles végétales, par Henri Jumelle; Analyse des huiles et graisses
- ve,
- pétales comestibles, par Ilalph
- minérales, par Deleraye ; Plantes Henry (Librairie de la revue Les Paris, 49, rue des Vinaigriers ( 1 oB) canl et épurateur d'huiles végétales
- Analyse des huiles à huile, par Yves Matières grasses, Manuel du fabri-et animales (2 volumes), par N. Chryssochoïdès ; Manuel du fabricant d’huiles minérales (1 volume), par le même (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille (6e); Huilerie agricole, par P d’Aygalliers ; LJ industrie oléicole Fabrication de l’huile d’olives (1 volume), par J. Dugast (Librairie Masson et Cie, 1 20, boulevard Saint-Germain, Paris (6e) ; Les huiles et graisses (3 volumes), par Lew-kowitsch et E. Bonloux (Dunod, éditeur, Paris, 49> quai des Grands-Augustins (6e). En anglais, il y a les ouvrages suivants : Production et traitement des huiles végétales par T. W. Chalmers ; La chimie des industries de l’huile, par J.-E. Soulhcoxnbe ; Les huiles et graisses animales, par L.-E. Andes; Huiles industrielles, végétales et animales, par Laucks ; Manuel technique des huiles, par Fryer et Weston ; Huiles et graisses alimentaires, par 11.-A. Mitchell (Librairie de la revue Les matières grasses, précitée).
- Jtao
- iPD
- Service de librairie. — Le service de librairie de La K/rruRE se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. -,.. ------—
- Manuel du cordonnier, par A. Liégeart. i vol. in-18, •298 p., 246 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- Ce volume débute par quelques notions anatomiques élémentaires sur le pied; puis étudie succinctement les matières premières employées en cordonnerie elles diverses sortes de chaussures; il passe ensuite aux diverses phases de la confection d’une chaussure, établissement des patrons, coupe et débit des cuirs, fabrication à la main et fabrication mécanique.
- La vie pastorale dans les Alpes françaises, par Pu. Arros. i vol. in-8° raisin, 717 pages, r4 planches hors texte, 54 fig.. 2 hors texte en couleur. Armand Colin, éditeur, Paris 1922. Prix : 28 francs.
- Yoici une précieuse étude qui se rattache à cette jeune science, très française, connue sous le nom de géographie humaine. Le travail de M. Arbos est riche en faits minutieusement observés et méthodiquement classés. Il analyse dans le détail le mécanisme économique de la vie pastorale alpestre; son évolution dans l'histoire, ses variations suivant les régions; et de cette étude se dégagent des conclusions du plus haut intérêt qui s’imposent à la méditation non seulement des géographes, mais des économistes et des hommes politiques. Les Alpes ont été de tout temps vouées par la nature à l’élevage des troupeaux : leur zone de hauts gazons ne peut être exploitée que par le pâturage et habitée que pendant l’été. D’où des migrations temporaires, de caractère varié, des hommes et des troupeaux entre les hauts lieux et les villages. Ce semi-nomadisme a considérablement évolué à l’époque moderne : autrefois les habitants des Alpes étaient condamnés par la difficulté des communications à tirer tous leurs moyens d’existence de leur sol et de
- leurs troupeaux : avec le développement des routes qui marque le début du xrx° siècle et le progrès des échanges, les habitants se spécialisent de plus en plus dans l’élevage, qui désormais leur procurera une réelle prospérité. Puis vient le développement des prairies artificielles qui permet au paysan de nourrir ses troupeaux à proximité du village et réduit l’exploitation des pâturages de haute altitude. Tous ces faits sont analysés avec précision par M. Arbos; il montre de même les modifications amenées dans la vie pastorale par le développement de l’industrie laitière, par les progrès de l’élevage pour boucherie. Le déboisement, la dépopulation, la diminution de cheptel, la transhumance sont également examinés par M. Arbos; il expose sur ces sujets des vues fort logiques, mais qui paraîtront peut-être révolutionnaires à certains, parce que contraires aux idées reçues.
- Enfin tous les amis des paysages alpestres liront avec plaisir dans ce beau livre des descriptions précises de l’habitat et de la vie des populations de nos hautes régions des Alpes.
- Genetica. Numéro spécial consacré à G. J. Mendel. 1 fasc. in-8, p. 193-384. Martinus Nijhoff, S’Gravenhague.
- La revue hollandaise Genetica, rédigée par les pro-• fesseurs Lolsy et Sirks, vient de publier, à l’occasion du centenaire de la naissance du moine Gregor Mendel, créateur de la théorie de l’hérédité qui porte son nom, un fascicule entièrement consacré au mendélisme dont les articles sont écrits, non seulement en hollandais, mais aussi en français, en anglais, en allemand. On connaît le succès qu’eut cette théorie en ces dernières années; elle continue d’inspirer maints travaux, dont certains ont un intérêt pratique pour la sélection des espèces utilisées par l’homme.
- Les établissements classés. Leur nouvelle réglementation, par Edouard Le Roy. i vol. in-8, 143 p. J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 7 francs.
- La loi du 19 décembre 1917, a modifié la réglementation applicable aux etablissements dangereux, insalubres ou incommodes.
- L’auieur expose cette nouvelle réglementation en la commentant de façon à en rendre l’application facile pour tous, aussi bien ceux qui doivent s’y conformer que ceux qui doivent en surveiller l’exécution.
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- LA NATURE^
- Supplément. (
- N FORMAT] ON S
- N° 2539
- 2 Décembre 1922
- Nécrologie : E. Bouty. — Un éminent physicien, M. Bouty, membre de l’Académie des Sciences, est décédé le 5 novembre dernier dans sa 770 année.
- M. Haller, à l’Académie des Sciences, a résumé dans les termes suivants la carrière scientifique de M. Bouty.
- « Ses premières recherches ont porté sur le magnétisme : mesure du moment magnétique de très petites aiguilles aimantées, sur le magnétisme permanent de l’acier, sur l’aimantation de l’acier. Elles eurent pour suite une étude de quelques phénomènes mécaniques et calorifiques qui accompagnent l’électrolyse, celle de phénomènes thermo-électriques et éîectrothermiques au contact d’un métal et d’un liquide, une autre sur la polarisation des électrodes et la conductibilité des liquides.
- A ces études, il convient d’ajouter des travaux importants sur la conductibilité électrique des dissolutions salines ou acides de concentration moyenne, sur l’application de l’électromètre à l’étude des équilibres chimiques, sur une nouvelle méthode pour la mesure de la conductibilité électrique des sels fondus (en commun avec M. L. Poincaré), toutes recherches se rapportant aux lois de la conductibilité des électrolytes.
- M. Bouty a aussi consacré plusieurs années à un travail important sur le passage de l’électricité à travers les gaz, en montrant comment il est possible de caractériser chacun de ceux-ci par un coefficient de cohésion diélectrique, et contribué ainsi au développement des idées modernes sur la nature des phénomènes électriques. »
- Horaire des émissions de la Tour Eiffel (Emissions météorologiques par téléphonie sans fil). — Depuis le 25 novembre 1922, l’émission radiotéléphonique de prévision précédemment assurée à 17 h. 10 est reportée à 18 h. 20.
- Les heures des émissions radiotéléphoniques de prévisions météorologiques sont donc :
- 6 h. 40 1 1 h. i5 18 h. 20 22 h. 10
- Seule, jusqu’à nouvel ordre, l’émission de 18 h. 20 a lieu le dimanche.
- Le prix Nobel de Physique et Chimie. — Le prix Nobel de Physique pour 1921 vient d’être attribué à Einstein. Nous n’avons pas besoin de rappeler l’importance de l’œuvre de ce savant et son influence profonde sur toute la .physique moderne.
- Le prix de Physique pour 1922 a été décerné au physicien Nels Bohr, de Copenhague, pour sa théorie sur la constitution de l’atome.
- Le prix de Chimie pour 1921 a été attribué au savant anglais Soddy, bien connu par ses beaux travaux sur la radioactivité ; c’est lui notamment qui découvrit, dans la série des corps radioactifs, l’existence des isotopes.
- Le prix de Chimie pour 1922 a été accordé à un autre savant anglais M. Aston, qui, en appliquant la méthode d’analyse par rayons positifs de J.-J. Thomson, a fait faire un très grand progrès à la question des isotopes, et montré pour un grand nombre de corps simples non radioactifs l’existence d’isotopes.
- Les radiotélégrammes sismologiques de Strasbourg. — Depuis le 5 avril 1921, le poste radiotélé-graphique de la Tour Eiffel transmet, à n'^u"1 (t. ni. G.), à la suite du radiotélégramme météorologique, un télégramme sismologique qui commence par les mots : « Sismo Strasbourg ».
- La lecture de ce télégramme, d’après la notice spéciale de l’Institut de Physique du Globe de l’Université de Strasbourg, doit se faire de la façon suivante.
- Le plus souvent, le télégramme contient quelques indications en clair donnant des renseignements généraux sur les séismes de faible intensité ou l’agitation microsismique. Exemple :
- Le 2.8 mai.—Longues ondes vers 201' 12'“. :— Max. NS co1’ 2f>m.
- Séisme lointain 2iu5m46a. Max. 2111 44ra.
- Autre exemple :
- Du 6 au 7 juin, agitation croit légèrement.
- La station de Strasbourg ayant été désignée comme station centrale française et recevant les communications
- de toute la France, certains radios peuvent être conçus comme il suit :
- Le 2 mai Briançon signale secousse du degré 4, durée 2 secondes à 8h 20'".
- En cas de séisme important, le télégramme se compose de quatre groupes de cinq chiffres :
- ddaap phhmm ssddd D1D1DDD.
- On lira ces chiffres comme suit :
- dd = jour du mois.
- «« = azimut du foyer, de io° en io°, compté à partir du Nord par l’Est (ot à 36).
- La détermination de cet azimut repose sur les indications du sismogramme jugées suffisamment sûres. Quand l’azimut est incertain de dt 1800, on ajoute 5o aux chiffres précédents (5i à 86) ; quand la détermination de l’azimut n’est pas certaine et qu’on estime ne pouvoir l’indiquer que de 45° en 45° seulement, on emploie les nombres 91 à 98; quand cette détermination n’est pas encore faite, on transmet la notation 99 ; quand on la juge impossible, on transmet 00.
- pp nature des phases P et S (P, phase préliminaire ou ire phase; S, phase principale ou seconde phase).
- Le premier chiffre p, de 1 à 4, concerne la phase P, d’après le code suivant :
- 1 = impetus très net des ondes P, soit iP;
- 2 ;= les ondes P et F (P souligné, seconds frémissements), sont nettes;
- 3 — les ondes P sont nettes, mais sans impetus;
- 4 == le début-des ondes P est mal défini, soit eP.
- Le second chiffre, de 5 à 8, concerne la phase S :
- 5 ==: impetus très net des ondes S, soit rS ;
- 6 = les ondes S sont nettes ;
- 7 = le début des ondes S est mal défini, soit eS;
- 8 = la détermination des ondes S est incertaine.
- En employant le chiffre 9 soit pour la phase P, soit pour la phase S, on indique que la phase correspondante a été troublée par le commencement de la minute.
- On peut résumer dans le tableau ci-après les indications relatives aux deux chiffres pp :
- 1 2 3 4 Phase P 9
- iP P et .P P eP Troublée par interruption de minute
- 5 6 7 8 Phase S 9
- iS S <?s Incer- tain Troublée par interruption de minute
- hhmmss = heure, minutes, secondes dudébut(t. rn.Gr.).
- ddd — différence, en secondes, des heures S et P, ou temps S — P, en secondes.
- Dj Dt = différence en secondes, pour les séismes rapprochés, des heures correspondant aux P et aux P, ou temps P — P, en secondes; dans le cas où cette différence n’est pas nette, D, Dt sont remplacés par 99.
- DDD = distance, en kilomètres, des séismes rappro-: chés.
- Quand les séismes sont éloignés3 il n’y a pas lieu d’envisager P — P et dans ce cas on transmet :
- DjDjDDD = distance en kilomètres des séismes lointains.
- Toutes les fois que cela est possible, on indique én clair la région de l’épicentre. On donne aussi des indications sur l’intens.itc du séisme d’après l’aspect des pismogrammes.
- Le poste'Lafayette, à. la Croix-d’Hins, près Bordeaux, répète les dépêches importantes, immédiatement après les signaux horaires de 2oh.
- Exemple :
- 20991 5oo5i 333g3 04880 Turkestun
- se traduira ainsi :
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- INFORMATIONS
- Le 20 (du mois) azimut non encore déterminé, impetus des Pjimpetusdes S, début à o1'51"133s. Différence S — P —3<j3 secondes. Distance =; 483o km. Epicenlre : Turkestan.
- Le code ci-dessus est également employé pour les télégrammes par fil que l’Institut de Strasbourg adresse, en cas de séisjpes importants, aux observatoires qui lui en ont fait la demande. L’adresse télégraphique de l’Institut est : « Géophyse, Strasbourg ».
- P.-S. — Actuellement (ior novembre 1922), le radio-télégramme sismologique de Strasbourg est transmis à la suite du météo de ioh 5m, en ondes amorties de 2600 mètres.
- L’aviation à grande vitesse. — Dans une savante étude que publient les Annales des P. T. T., M. Rateau étudie ce qu’il faut faire pour obtenir en avion les plus grandes vitesses possibles. L’avenir de l’aviation est dans les grandes vitesses. Les vitesses actuelles de l’ordre de i5o à 160 km à l’heure pour les avions commerciaux ne sont pas suffisantes, dit M. Rateau, pour donner à l’aviation un avantage péremptoire sur la voie feri’ée. « Si l’on marchait au double, avec, bien entendu, la sécurité que l’on espère obtenir bientôt, les transports par avions, de long parcours s’imposeraient pour les- voyageurs pressés et les services postaux. »
- M. Rateau démontre que ces grandes vitesses sont, dès maintenant réalisables, à condition de voler dans les hautes régions de l’atmosphère où la densité de l’air et par suite sa résistance à l’avancement des avions sont très fortement diminuées. Mais dans cette atmosphère raréfiée, la puissance du moteur diminue; il faut la rétablir en comprimant l’air admis dans les cylindres ; c’est dans ce but que M. Rateau a imaginé et réalisé le turbocompresseur bien connu de nos lecteurs, actionné par les gaz d’échappement du moteur.
- Et voici les conclusions de l’éminent savant :
- « Les vitesses de 3oo km à l’heure sont dès maintenant réalisables avec des avions commerciaux de long parcours, de 4oo km avec des avions de guerre ou de sport volant normalement à 5 ou 6 km d’altitude.
- « Pour aller plus loin il faut faire de nouveaux progrès : construction encore plus légère ;
- Amélioration des formes d’ailes et des oeuvres mortes afin d’abaisser la finesse à moins de 0,10; c’est certainement possible, car la finesse des ailes seules peut s’abaisser à moins de o,o45 ; pour ces études, les laboratoires expérimentaux sont de première utilité ;
- Réalisation d’un système d’hélice à pas variable qui donne toute sécurité ;
- Réalisation d’une chambre étanche, d’abord pour les passagers, ensuite pour l’équipage, qui soit suffisamment légère et offre toute sécurité ;
- Sans parler bien entendu de l’amélioration nécessaire des moteurs, surtout en ce qui concerne l’endurance et la régularité de marche.
- Le jour où ces perfectionnements seront assurés et où les roules aériennes seront organisées, nous aurons la possibilité de voyager autour du globe à des vitesses supérieures à 400 km et par étapes de i5oo à 3ooo km ; on irait alors de Paris à Tokio par exemple en 3 jours, B étapes ; Paris à Buenos-Ayres en 2 jours, 5 étapes dont une malheureusement un peu forte pour là traversée de l Atlantique : de Dakar à Pernambouc 33oo km. M. Bréguet nous a déjà fait espérer la réalisation assez prochaine de ces beaux projets, avec l’autorité qui s’attache à tout ce qu’il dit. »
- Les progrès vont vite. Dans peu d’années, nous verrons sans doute la stratosphère devenir la grande route internationale de l’homme.
- Le caoutchoutage des routes. — Le Génie Civil résume à ce sujet une information des Commerce Reports annonçant que la municipalité de Colombo (Ceylan) poursuit depuis plusieurs mois des essais pour l’emploi du caoutchouc comme revêtement des routes, dans des conditions analogues à celle de l’emploi de l’asphalte.
- La composition utilisée est formée surtout de déchets de caoutchouc; on la chauffe jusqu’à liquéfaction. On l’étend alors sur la route avec des balais, puis on la recouvre de gravier fin et on procède à un cylindrage. On recherche maintenant une composition capable non seulement d’être employée comme liant avec du gravier, mais qui puisse s’étaler sur une épaisseur de 3 à 4 cm pour former la superstructure proprement dite de la route.
- Le coût de ce revêtement en caoutchouc est, dans un pays producteur de caoutchouc, 5o à 75 pour 100 plus cher que le goudron; mais les essais poursuivis pendant i3 mois permettent d’estimer qu’il dure 2 ou 3 fois plus longtemps.
- Les Allemands en Palestine. — La guerre a retardé la publication d’un certain nombre de documents qui voient le jour seulement maintenant. C’est ainsi que les Petermann's Mitteilungen, dans-leur numéro de janvier-février 1922, analysent ün ouvrage sur lés Allemands en Palestine. Nous en extrayons les données suivantes.
- Il y avait dans le ressort du vice-consulat de Jaffa, à la fin de 1913, 600 nationaux et 220 protégés allemands, parmi lesquels 65o appartenaient à la secte des Templiers. Il y avait des colonies agricoles d’Evangéliques et de Templiers à Jaffa, Sarona, Walhalla, Wilhelma; dans cette dernière habitaient 2i5 Templiers.
- En outre, quelques isolés se trouvaient à Gaza et l’orphelinat protestant pour enfants syriens de Jérusalem avait deux propriétés foncières à Bir-Salem et Hoffnungsthal.
- Dans la circonscription consulaire de Jérusalem, il y avait à la même époque 58o nationaux et 276 protégés allemands, dont 266 Evangéliques, 203 juifs, 224 Templiers, io3 catholiques. Les Evangéliques possédaient 3 églises à Jérusalem, 1 à Bethléhem, 1 à Bet-Djala, l’ancienne Bethphagé, ainsi que 18 écoles, 1 Institut d’archéologie de la Terre Sainte à Jérusalem même, la Kaiserin Victoria-Augusta-Stiftung et 1 orphelinat dans la même ville.
- Les catholiques avaient 1 église et 3 écoles; l’église est la célèbre Dormition.
- Les juifs possédaient 1 école commerciale et 4 écoles primaires.
- Les différentes confessions se partageaient divers établissements charitables : 1 léproserie et 6 hôpitaux ou hospices à Jérusalem même; 1 hôpital à Emmaüs, 2 orphelinats (dont 1 évangélique) à Jérusalem et 1 à Bethléhem.
- Mentionnons en outre 2 missions protestantes à Bet-Djala et Bet-Sahour, 1 établissement catholique à Aïn-Tabga, l’antique Capharnaüm, sur le lac de Génésareth, une école normale interconfessionnelle à Jérusalem, et une Realschule (école moderne) officielle à Jérusalem également. •
- L’orphelinat évangélique pour enfants syriens élevait 3oo enfants; il disposait d un atelier, d’une imprimerie arabe (laquelle publiait en outre 3 périodiques allemands), d’une école d’agriculture et de fabrication de laitage; ainsi que d’une maison pour aveugles, 5 écoles primaires y étaient rattachées.
- Telle était la situation des Allemands en Palestine, région de Caïffa exceptée, à la fin de 191 3. Le traité de Versailles leur a enlevé la Dormition, mais leurs autres établissements paraissent avoir subsisté.
- Nous avons fait nous-même en mai iqi3 un voyage en Palestine. Grâce aux PP. Assomptionnistes, nous avons pu visiter la Dormition et les ruines de la synagogue de Capharnaüm, deux propriétés des Bénédictins de Beuren ; nous avons également traversé les colonies des Templiers de Raphaïm (S. W. de Jénisalem) et de Caïffa; elles étaient alors en pleine prospérité.
- René Le Conte.
- Préparation des engrais phosphatés au moyen du four électrique. — Aux Etats-Unis, on vient de mettre au point un nouveau procédé de traitement des phosphates qui paraît appelé à se généraliser.
- Il s’agit des phosphates impropres à la fabrication du superphosphate.
- Ce procédé consiste à charger, dans un four électrique, un mélange de phosphate brut, de coke, de sable et de fer. Une partie du phosphore est retenue par le fer; le reste distille à l’état d’acide phosphorique à peu près pur, que l’on peut utiliser à la place de l’acide sulfurique, dans la fabrication des engrais.
- Ainsi, on peut, en disposant de l’énergie électrique à bon compte, produire économiquement des engrais phosphatés concentrés, comme les superphosphates doubles ou triples, le phosphate d’ammoniaque, le phosphate de potasse, etc.
- Ce progrès dans l’industrie phosphatière servira beaucoup les intérêts de l’agriculture.
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- JfcD
- iPD
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Electricité
- Rhéostat de lampes à valeurs variables. — Dans le N° 2482 nous avions donné le moyen de réaliser des résistances variables avec trois lampes au moyen de commutateurs à plots. Ce montage a suggéré à quelques-
- A 8
- Bornes
- Fig. 1.
- uns de nos lecteurs des conceptions ingénieuses pour obtenir ces combinaisons par des moyens divers. Yoici deux des indications données parmi les plus intéressantes. Tout d’abord, M. Platou, de Christiana, réalise le montage avec des interrupteurs à deux plots et par ce moyen il obtient les sept combinaisons que nous avons indiquées. En se reportant à la numération des montages que nous avons donnée dans le précédent article d’après la liguée i ci-jointe, on peut résumer dans le tableau suivant la manière de disposer les interrupteurs sur leurs plots dans le tableau suivant :
- Commutateurs.
- Schémas. Résistance. A B C D
- à nos lecteurs le soin de chercher comment chaque combinaison indiquée réalise le montage en série ou en dérivation ou le montage combiné des différentes lampes.
- Résistance to. Montage des fiches,
- i8,3 A2A4B7BS.
- 22 A9 A3B7Bs.
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- 7 i65 2
- Ceci s’entend pour des lampes
- 1 2 1
- 1 1 2
- 2 1 2
- 1 2 2
- 2 2 2
- 2 1 3
- 2 1 1
- de 110 ohms de résis
- tance.
- Un autre lecteur, M. Turlot, bourgmestre de Chimay, nous signale qu’il emploie une disposition avec six lampes
- et des barres de connexion dans lesquelles on vient placer des fiches comme cela se passe dans les boîtes de résistances ordinaires employées dans les laboratoires.
- Le nombre de résistances obtenues est très grand et nous croyons utile d’indiquer dans le tableau suivant toutes les combinaisons que l’on peut réaliser avec les résistances correspondantes.
- Les lettres que nous indiquons, suivies d’un nombre, représentent les fiches de la figure 2 enfoncées dans les trous portant les numéros correspondants. Nous laissons
- On peut réaliser ainsi 36 combinaisons différentes et les valeurs des résistances marquées s’entendent pour des lampes de no ohms de résistance.
- Bien entendu cette résistance varie avec réchauffement de la lampe, et pour avoir quelque chose de tout à fait précis il faudrait étalonner les lampes à un degré déterminé et les faire fonctionner toujours à cette température.
- Notre lecteur applique ce montage depuis quelque temps et il nous fait remarquer que cette disposition peut s’appliquer également à des condensateurs et que par ce moyen on peut avoir des valeurs de capacité variables qui pourront trouver leur utilisation dans les montages de T. S. F. E. W.
- Ecran protecteur pour lampes électriques. — La
- lumière intense émise par le filament des lampes électriques à incandescence n’est pas sans danger pour la vue.
- Cette lumière d’unblanc éclatant contient en effet une forte proportion de rayons violets et même ultra-violets que laisse passer le verre de l’ampoule.
- Ces radiations sont nuisibles aux yeux; à la longue, elles provoquent une sensation de cuisson, puis des rougeurs et du larmoiement, enfin la fatigue de l’œil, qui peut atteindre un tel degré qu’un repos complet devienne nécessaire pour éviter des accidents plus graves.
- Il existe depuis longtemps un moyen bien connu de remédier à cet inconvénient; c’est d’employer des verres de teinte Fieuzal. C’est ce verre que recommandent les médecins oculistes pour protéger l’œil contre les radia-
- Fig. 3. — Écran protecteur pour lampes électriques.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lions nuisibles et depuis longtemps on l’emploie pour faire des lunettes protectrices, à l’usage notamment des automobilistes, etc. Mais il est fort désagréable de porter des lunettes pour travailler à la lumière, quand on n’y est pas obligé par un défaut de la vue. Un remède serait' de faire des ampoules électriques en verre Fieuzal, mais la chose est impossible.
- Un inventeur, M. Dubois, s’est avisé d’un moyen très simple et très pratique de tourner la difficulté. Il construit des écrans bombés en verre Fieuzal, sortes de petits diffuseurs, qu’il monte à l’extrémité d’une tige métallique de longueur réglable.
- A l’autre extrémité de la tige est fixée une pince, grâce à laquelle on peut instantanément fixer l’appareil à la douille de la lampe à incandescence, comme le montre la ligure ci-contre. On dispose alors d’un éclairage agréable et inoffensif. L’écran est portatif et l’on peut le porter sur soi; ainsi en voyage, à l’hôtel, en tout endroit on peut aisément se protéger.
- L’écran protecteur est en vente au Laboratoire Optique, 18, rue Hoche, Versailles. Prix : 8 francs.
- **> Automobilisme
- Un appareil pour laver les voitures automobiles.
- — Le lavage des voitures est une opération qu’il est
- Fig. — Le « Lavoto » en action.
- difficile de faire si l’on ne possède pas un outillage approprié.
- Lorsqu’il s’agissait de voitures ordinaires à traction animale, on pouvait employer facilement des brosses, des éponges, étant donné l’accessibilité facile des différentes parties de la voiture.
- Avec l’automobile, la chose est beaucoup plus délicate, il est indispensable d’avoir des appareils parfaitement appropriés pour cela.
- Un modèle intéressant est celui que son constructeur a appelé le « Lavoto » ; il est destiné au lavage des voitures, particulièrement au lavage des parties apparentes, panneaux de carrosserie, capots, etc,, qui sont généralement pourvus d’une peinture qtie l’on ne veut pas -détériorer; il faut donc opérer avec précaution et le « Lavoto » est conçu de façon que cette précaution soit automatique.
- C’est une lance d’arrosage qui comporte un manche par lequel on la tient et un organe annexe articulé est placé à l’extrémité; cet. organe est une boîte qui reçoit le jet d’eau de la lance de façon que l’eau ressorte par une couronne de trous percés obliquement clans le fond de la boîte; cette gerbe d'eau jaillit, mais elle se brise contre une couronne de poils de soie qui sont fixés dans le fond de la boîte et ils ont l’aspect d’une brosse cir-
- culaire; cette brosse devient d’autant plus douce qu’elle s’humecte sous le jet d’eau.
- Quand on raccorde la lance à une arrivée d’eau grâce à un emmanchement, on obtient un arrosage en couronne qui permet de laver et de brosser la peinture sans qu’il y ait risque de la rayer.
- Il "faut prévoir le cas où la voiture est couverte d’une boue sèche qui demande alors un arrosage préalable, pour cela au moyen d’une gâchette située sous la lance on actionne une articulation qui permet de projeter un jet de liquide pour détremper la boue.
- Si au lieu d’un jet direct, on veut avoir un arrosage étalé, on peut remonter légèrement la boîte distributrice et un passage aménagé sur le dos de la boîte forme un brise-jet convenable. Autour de la boite on a disposé une rondelle de caoutchouc afin d’éviter les chocs du métal entre la carrosserie.
- Un appareil analogue de dimensions plus réduites s’appelle le « Farfouillot », la brosse n’est pas plus grosse qu’un gros blaireau et elle est faite avec du crin de manière à être raide, elle a pour but de nettoyer les roues, les ailes, il est nécessaire qu’elle puisse pénétrer un peu partout et qu’elle agisse énergiquement.
- Ce modèle ne comporte pas de jet libre, car il constitue un ensemble avec le « Lavoto » et le premier seul fournit le nécessaire pour l’arrosage direct quand cela est utile.
- Ces appareils ne possèdent aucun robinet, on ne peut donc pas régler l’entrée de l’eau, de sorte qu’il n’y a à craindre aucune négligence.
- Le courant du liquide est toujours suffisant et la brosse toujours abondamment arrosée ne peut pas se colmater et produire des rayures sur la carrosserie au lieu de la conserver intacte, l’action est donc automatique, malgré le peu de soin qu’apporterait dans le nettoyage un chauffeur non consciencieux.
- Constructeur : Chéron, a, rue Blanche, Paris.
- ««*& Photographie
- Thermomètre pour laboratoire photographique.
- — On sait que les réactions de développement des plaques photographiques sont, comme toutes les réactions chimiques, fortement influencées par la température. Une augmentation de température de io° diminue environ de moitié le temps de révélation de l’image et celui de sa fixation. Aussi est-il utile de connaître la température du laboratoire de photographie, d’autant plus qu’elle s’élève rapidement quand la chambre noire est petite, complètement close et éclairée au gaz ou au pétrole, ce qui est un cas fréquent.
- Une difficulté se présente pour consulter le thermomètre : l’absence totale de lumière, à part celle de la lampe rouge, très faible et insuffisante pour lire les graduations d’un thermomètre ordinaire, à mercure ou à alcool.
- La maison Casella, de Londres, a donc imaginé un thermomètre spécial dont les divisions peuvent être lues par transparence.
- C’est un thermomètre ordinaire en verre contenant un liquide noir. La monture du thermomètre est en tôle émaillée, emboutie en forme de i i, de sorte que le thermomètre peut rester debout, soit sur la table, soit dans la cuvette. La lecture se fait par transparence contre la lanterne rouge ou une surface quelconque éclairée par cette lanterne. A cet effet, des points de repère|(tous les 5° par exemple) sont rendus visibles par une encoche et une chiffraison à jour, chaque chiffre étant représenté par un certain nombre de trous, comme les chiffres d’un dé. Le thermomètre permet d’estimer la température à i° C près. La figure 5 représente un thermomètre de ce genre avec une graduation en degrés Fahrenheit.
- Le thermomètre est fabriqué par la maison C. F. Ca-sellade Londres (représentée à Paris parla British Scienti-fic Apparatus Manufacturées Co, 198, rue Saint-Jacques).
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- VARIETES
- CSK“
- L'ALBEDO
- Le mot semble un peu bizarre au premier abord, mais il faut se rappeler que les sciences ont été ramenées en Occident par les Arabes, et que Al est la forme de l’article que nous leur avons emprunté. Albedo se traduit ainsi par le reflet et le sens dans lequel l’emploient nos astronomes, c’est : la proportion dans laquelle chaque astre obscur nous renvoie la lumière que reçoit sa surface.
- Le reste del’énergie apportée à une planète ou à un des satellites est absorbé par l’astre et transformé en chaleur obscure.
- L’intérêt de cette étude est de donner quelque idée de l'état de la surface de certains de nos voisins, entre lesquels il y a d’assez grandes différences, et voici le petit tableau que donne VAnnuaire du Bureau des longitudes :
- Albedo.
- Mercure 0,16
- Vénus 0,38
- La Lune 0, i5
- Mars 0,25
- Jupiter 0,7^
- Saturne 0,84
- U ranus 0,70
- Neptune ...... 0,60
- Quant à la Terre, nous ne pouvons pas mesurer son pouvoir réflecteur, faute de disposer d’un centre d’observations sur la Lune au moins : mais la manière dont elle éclaire la Lune au moment de la nouvelle Lune peut faire penser que notre Albedo est passable.
- Si la Lune a un fort pouvoir absorbant qui fait disparaître plus des 5/6 de l’énergie lumineuse qui l’atteint, c’est que sa surface est terreuse, composée de laves et de sables volcaniques analogues à ceux que nous voyons sur la Terre, et qui ne sont pas plus brillants là que chez nous. Il est bien probable que Mercure se trouve dans un état analogue, tandis que Vénus au contraire a un très fort Albedo qu’on ne peut guère attribuer qu’à une atmosphère chargée de nuages qui brillent au soleil comme les nôtres.
- C’est là une indication intéressante, parce qu’on la retrouve pour Jupiter et les planètes supérieures. Sur Jupiter, la régularité des zones ternes et brillantes, toutes parallèles à l’équateur de la planète, dénote que les nuages ont un mouvement plus régulier que les
- nôtres ; une sorte de vent alizé régnerait là, mais plus nettement orienté suivant les parallèles, sans doute en raison de l’extraordinaire rapidité de la rotation : avec son rayon i1 fois plus grand que le nôtre et la durée de la rotation de moins de io heures au lieu de 24, la vitesse d’un point de l’équateur est peu éloignée de 12000 m. par seconde au lieu de 45o m. sur la Terre, et cela diminue des trois quarts la pesanteur à l’équateur de Jupiter qui, sans cela, serait xo fois plus forte que sur la Terre J1).
- L’Albedo est encore plus fort pour Saturne, et peut-être faut-il en conclure que la partie haute de l’atmosphère de cet astre est occupée par des nuages glacés, comme certains de nos cfrrhus ; mais peut-être aussi une grande étendue de la planète est-elle recouverte de glace, ce qui n’aurait rien d’étonnant, car à cette distance le soleil chauffe peu : quatre-vingt-dix fois moins que sur la Terre!
- Les mêmes observations s’appliquent à Uranus et à Neptune : probablement de légers nuages adoucissent l’éclat des glaces, ou bien celles-ci, au cours de leur perpétuité, ont été souillées par des poussières cosmiques dont l’anneau de Saturne donne l'idée.
- Remarquons que, sans ce fort Albedo, nous n’aurions jamais aperçu les planètes supérieures, car la lumière que leur fournit le Soleil leur est ménagée en raison inverse des carrés des distances. De plus, pour qu’elles aient pu impressionner l’œil des astronomes, il a fallu qu’elles fussent très grosses.
- Quant à Mars, 011 sait que ses pôles, avec leurs glaces, sont relativement très brillants, et il faut que le reste soit bien terne pour que l’Albedo soit si bas. D’ailleurs les astronomes croient avoir vu que la surface de Mars se compose de deux séries de plages, une série verdâtre, et une série rougeâtre, ternes par conséquent toutes les deux. Si on osait lirer quelques conclusions de ces vagues données, on dirait que Mars a une atmosphère très faible, suffisante cependant pour charger de neiges les régions polaires ; que sa surface est une vaste prairie peu émergée au milieu de mers très peu profondes et dont le fond serait en terres rougeâtres, comme celles de la Lune.... Effkre.
- 1. Les inégalités de vitesses de. rotation, constatées à diverses latitudes sur Jupiter, confirment l’idée que ce sont des bandes de nuages qu’on y observe.
- Une remarque analogue s’applique à la chromosphère du Soleil.
- SSD
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- atSL
- Conservation des objets de caoutchouc. — Le
- caoutchouc sc comporte très mal à la chaleur. Dans les pays tropicaux, où la température monte jusqu’à 4 5 et 5o°, les procédés habituels de conservation des objets de caoutchouc parle talc, le suif, l’huile de vaseline, etc., deviennent tout à fait inefficaces.
- M. le médecin major Diénot, qui dirige le service médical d’un posfe du Sahara algérien, a découvert un autre moyen de conserver leur souplesse aux objets chirurgicaux en caoutchouc : gants, sondes, etc., et il vient de le faire connaître dans les Archives de Médecine et de Pharmacie militaires.
- Il a fait construire, à l’aide d’un l’écipient quadrangu-laire ayant contenu de l’essence d’automobile, une petite armoire métallique portant des rayons perforés à l’emporte-pièce, destinés à recevoir les objets en caoutchouc à conserver et sur l’étage inférieur de laquelle il dispose une petite cuvette quelconque contenant environ 1/4 de litre de pétrole et assez large pour avoir une grande surface d’évaporation. Grâce à ce dispositif de fortune, extrêmement simple et pexi coûteux, il a pu conserver ses instruments en bon état pendant longtemps.
- Caisses en genévrier de Virginie protégeant les vêtements contre les mites. — MM. E.-T. Back et
- Pr. Rabak ont étudié, dans le Bulletin n° io5i de l’Z7. S. Department of Agriculture, l’action du bois de genévrier de Virginie sur le développement des mites des vêlements.
- Le genévrier de Virginie (Juniperus virginiana) est un des conifères les plus répandus aux Etats-Unis; il arrive jusqu’aux Montagnes Rocheuses, mais c’est seulement dans le Tennessee, en Virginie et dans la Caroline Nord qu’il se trouve en véritables forêts. C’est un arbre ne dépassant pas 12 à 16 m. de hauteur, droit, de forme pyramidale; son bois est léger, compact, capable de durer, rouge et fortement aromatique à cause d’une huile volatile brun jaunâtre qui se trouve surtout dans le cœur; l’aubier blanc est inodoi’e. Depuis des siècles, on sait que les caisses en bois de J. virginiana protègent les vêtements que l’on y met contre les attaques des mites; les AA. ont expérimenté cette aMion snr les œufs, les larves et les adultes de T'incola biseliella Hummel, pour savoir si ce moyen de protection est vraiment efficace.
- Les expériences ont eu un résultat positif : si les caisses sont bien faites, elles protègent en effet les vêtements contre les mites, poui*vu qu’avant de les y enfei--mer on les batte et on les expose à la lumière du soleil. On employa 9 caisses de différentes dimensioxis, à pai'-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- tir de leur fabrication jusqu’à un an d’existence ; mais il est probable (on le dit couramment) qu’elles conservent indéfiniment leurs propriétés défensives. Il faut des précautions spéciales pour empêcher les caisses de perdre leur odeur caractéristique, qui est le facteur actif : elles doivent être hermétiquement closes et il faut les ouvrir le moins possible. Le bois de J. virgi-niana a du reste une structure si compacte qu’il empêche même mécaniquement l’entrée des mites, ce qui n’a pas lieu avec les bois ordinaires.
- Les mites adultes (qui ne mangent pas et qui sont par conséquent inoffensives) peuvent vivre dans la caisse de i5 jours à i mois sans paraître incommodées et pondre des œufs fertiles. Cependant la! présence d’adultes ou d’œufs dans la caisse n’a aucune importance, les premiers ne mangeant pas et les jeunes larves ne tardant pas à succomber. Par contre, la plupart des larves de 3 à 4 mois et plus (c est-à-dire du milieu à la fin de leur développement) survivent et se métamorphosent. Ces grandes larves produisent les plus grands dégâts : dans les caisses, leur activité semble seulement
- un peu amoindrie. Plus l'àge des larves, au moment de leur introduction, naturelle ou expérimentale, dans les caisses est avancé, plus elles sont résistantes, jusqu’à ce qu’elles arrivent à un âge et à une taille, difficiles à déterminer, où elles acquièrent la faculté de continuer normalement leur développement.
- Les larves qui éclosent dans l’intérieur de la caisse meurent dans la plupart des cas en 2 à 3 jours et succombent presque toutes au bout de i5 jours. Les larves écloses à l’intérieur et introduites après résistent un peu plus, mais bientôt elles accusent une tendance à ne pas se nourrir et meurent presque toutes entre la première et la seconde semaine. Il est important de nettoyer, battre, brosser et exposer à la lumière solaire les vêtements destinés à être enfermés dans les caisses, pour éloigner et tuer la plupart des larves et des œufs. Il faut surtout faire attention aux plis, aux coutures et aux poches ; les vêtements ainsi débarrassés de toutes les grandes larves et enfermés dans les caisses sont complètement protégés (d’après le Bulletin de Renseignements de l’Institut international d’Agriculture).
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Dans la description donnée d’un nouvel instrument : Main mécanique pour la cueillette des olives (Voyez Science appliquée, n° 2535, du 4 novembre 1922, page i45), une erreur s’est glissée dans l’attribution des légendes aux figures 1 et 2, lesquelles représentent, non pas la main mécanique, mais le secoueur de branches dans ses deux positions : ouvert et fermé. La main mécanique à quatre doigts que représente la figure 3 — qui constitue le schéma de l’instrument caractérisant essentiellement l’invention dont il s’agit — est, en réalité, la figure 1 et devait être placée en tête du texte explicatif.
- Renseignements. — Empreintes digitales romaines.
- — Un de nos abonnés, de Chambolle-Musigny, nous écrit : « J’ai constaté dernièrement, sur des fragments de briques provenant de ruines romaines que nous sommes en train de mettre à jour dans une de mes propriétés de l’Auxois, des empreintes très nettes de doigts qui, laissées au moment où la brique était encore crue, sont devenues complètement inaltérables et très nettes. La chose est assez curieuse, surtout en ce moment où il est tant question d’empreintes digitales. Peut-être serait-il intéressant d’étudier ces empreintes et de les comparer à celles des gens de nos jours? »
- Avis aux amateurs anthropologues !
- Réponses. — M. Jourdan. — Les articles de M. Martel sur les gorges du Yerdonont paru dans les Nos suivants : ii juin 1904, n° 1620. Gorges du Cians et du Yerdon; 17 mars 1906, n° 1712. Le grand Canon du Yerdon; i3 juillet 1912, n° 2042. Comment visiter le grand CaHon du Yerdon.
- Société des Foyers du soldat de l’U. F. A., à Nancy.
- — Si vous avez affaire au courant alternatif à 220 volts, pour utiliser votre lampe de no volts, il sera facile d’abaisser la tension, sans perte notable d’énergie, au moyen d’un petit transformateur statique. Vous trouverez des adresses de constructeurs de ces appareils dans les pages d’annonces de La Nature. S’il s’agit du courant continu il faudra bien vous résigner à employer une résistance qui absorbera la moitié de l’énergie, à moins que le constructeur de votre projecteur vous procure une lampe susceptible de fonctionner sous 220 volts. Cette solution serait de beaucoup la plus pratique ; vous emploieriez alors, suivant les réseaux sur lesquels vous devez vous brancher, soit la lampe de 220 volts, soit celle de 110 volts. Votre résistance en fil de maillechort vous donne des déboires, dites-vous. Nous pensons
- qu’une résistance liquide vous en donnerait bien davantage. Le modèle que vous nous soumettez ne nous paraît nullement impraticable; mais, puisque vos séances sont données dans différents locaux, le transport de cet accessoire ne serait pas sans inconvénient. Vous trouverez des indications pratiques sur les résistances dans le Formulaire de VElectricien (Masson, éditeur).
- M. Durand. T. S. F. — i° Le métal que vous nous avez soumis paraît être de l’étain en feuille ; il semble convenir pour construire des condensateurs;
- 20 Pour les appareils Duroquier, s’adresser à l’inventeur à Reugny (Indre-et-Loire),
- M. F. V. La Grange, Cliâteaufort (Seine-et-Oise). — Comme suite à la réponse qui vous a été donnée dans le n° 2534, et après recherches, voici les renseignements complémentaires se rapportant à la question que vous nous avez soumise. Il ne s’agit pas, en l’espèce, d’un procédé américain de séchage des fourrages au moyen de l’électricité, comme l’a indiqué l’organe en publiant seulement des documents photographiques saus texte explicatif.
- Nous croyons, en effet, qu’il s’agit d’essais de conservation des fourrages verts par Vintervention du courant électrique, essais qui ont été faits en Suisse, au Lieber-feld, près Berne (Etablissements fédéraux d’essais et d’analyses agricoles).
- Le procédé consiste à introduire le fourrage dès qu’il est fauché, puis haché, dans un réservoir en béton, où il est tassé entre deux électrodes. Le courant qui le traverse le chauffe à 5o° C environ, tuant les cellules végétales et les bactéries du fourrage, et assurant ainsi sa conservation. C’est du moins ce que l’on pensait réaliser. Or, ce procédé qui a fait l’objet d’un brevet allemand s’est montré très notoirement inférieur à la méthode ordinaire d’ensilage. On a constaté que si 2 kg de fourrage ensilé ordinaire équivalent à 1 kg de foin, en chiffres ronds, comme valeur nutritive, il faut 4 kg de fourrage ensilé électriquement pour réaliser cette valeur.
- Toutefois, on ne peut tirer aucune conclusion de ce premier essai; il faut attendre les résultats de recherches plus approfondies pour être fixé sur la valeur pratique de ce procédé.
- M. J. G., à Languidic (Morbihan). — Il n’est pas possible, même en ayant recours à un procédé qui soustrairait complètement les fruits à l’action de l’air, de réaliser la conservation indéfinie des pommes telle que vous la concevez. Aucune substance, si puissantes que soient ses propriétés conservatrices, ne peut empêcher que ces fruits, qui sont des substances organiques, ne se gâtent par leur évolution naturelle, fermentent, blettissent ou se dessèchent. La conservation par la chaux en poudre ne les mettrait à l’abri que des causes extérieures d’altération et seulement pour quelques mois. Le procédé de conservation au moyen de la gutta-percha
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- ne donnerait pas davantage satisfaction étant donné qu’il s’agit d’assurer indéfiniment la conservation des caractères exacts des variétés. La conformation, le coloris et autres caractères extérieurs se modifieraient d’ailleurs avec le temps, et la pomologie ne saurait en tout cas les considérer comme suffisants pour la détermination des variétés.
- Pour la fixation des caractères spécifiques des fruits de collection, on a recours à la reproduction fidèle des formes et du coloris, ainsi que des dimensions, par 1 impression en couleur, d’après aquarelle.
- Pour la classification suivant les procédés en usage en pomologie, et la conservation des fruits de collection, vous auriez sans douté des indications en vous adressant à M. Warcollier, directeur de la Station Pomologique du Calvados, à Caen, rue de Geôle.
- M. Otto, au Héron. — Les reproductions de plans appelées « bleus » sont obtenues sur papier au ferro-prussiate ; on commence par préparer les solutions sui-
- vantes :
- A. Citrate de fer ammoniacal .... 2S gr.
- Eau distillée...................... 100 —
- B. Ferricyanure de potassium ... 45 —
- Eau distillée...................... 100 —
- Les deux solutions sont mélangées au moment du besoin, on filtre et on étend sur le papier avec un pinceau (choisir un papier bien encollé). Cette application peut se faire dans une pièce éclairée par une bougie, on laisse sécher dans l’obscurité.
- Pour l’emploi le papier est placé derrière le négatif ou calque, ou expose à la lumière, le papier commence à s’aviver et prend une teinte bleu de roi, puis il passe au bleu hussard, on s’arrête à ce moment et on porte sous une eau courante en ayant soin de bien humecter toutes les parties à la fois, ce qui demande deux à trois minutes, tous les blancs doivent être devenus blanc pur, on laisse ensuite sécher. En tout, l’opération peut être réalisée en vingt à vingt-cinq minutes en employant une lampe à arc et séchant avec un radiateur.
- M. Ourdan, à Yalognes (Manche). — Les peintures au silicate ne sont pas applicables aux murs humides, il faut employer les peintures dites hydrofuges, vous trouverez ce genre de produit dans les maisons suivantes : Cerisier et Devilliers (Enduit humidifuge l’Imperméable), 88, avenue Jean-Jaurès; Durand et GirouX (Enduit Gaudin), ï3, rue de la Montjoie à Saint-Denis; Duchapt (Enduit Caron), 58, rue du Cherche-Midi; Ozeray (Enduit tyrolien), 6, rue Victor-Noir, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- M. Théron, à Nîmes (Gard). — i° Si nous avons bien compris, votre marbre a été taché par du raisin noir ; dans ces conditions le meilleur moyen à employer pour faire disparaître ces taches est de les frotter avec un tampon imbibé de vin blanc, c’est en effet le milieu dans lequel la matière colorante présente la plus grande solubilité. Répéter l’opération à plusieurs reprises à mesure que la capillarité ramènera à la surface la matière colorante qui a pénétré dans l’épaisseur du marbre ; 20 En ce qui concerne la confection des agglomérés de poussier, veuillez vous reporter aux procédés que nous avons indiqués à M. Redon, de Paris, dans un précédent numéro.
- G. C., à Marseille. — i° Il n’y a aucune impossibilité à laver le bois des meubles capitonnés sans lés dégarnir, il faut seulement prendre quelques précautions. Se servir d’eau de savon légère en commençant par le bas, bien rincer l’éponge à chaque fois dans de l’eau propre, afin qu’elle ne revienne pas souillée des impuretés qu’elle a enlevées au passage précédent. Finalement passer à l’eau claire, laisser sécher et encaustiquer. a°Les tapis-nattes en coco tissé se lavent très facilement au moyen d’un balai-brosse trempé dans l’eau de savon, rincer à la lance si possible, sécher à l’ombre. 3° Pour bien fixer les carrelages, les sceller à bain de ciment au lieu de plâtre et avoir soin de mouiller préalablement les carreaux en se servant d’eau additionnée de 10 pour 100 de silicate de soude du commerce. 40 Une bonne formule d’encaustique pour carrelage est la suivante :
- Cire jaune......................y5o gr.
- Savon de Marseille..............260 —
- Eau............................. 12 litres.
- Faire fondre à feux doux et ajouter
- Carbonate de potasse. ... 100 gr.
- Laisser refroidir en remuant, appliquer à la brosse ou au pinceau, laisser sécher, passer au chiffon de laine.
- M Durand, à Lyon. — Vous pourrez vous procurer du sulfure de calcium phosphorescent chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange, à Paris. Au Cas où vous désireriez entreprendre cette préparation, vous trouverez des renseignements très complets en même temps que les plus récents sur la question dans le Moniteur Scientifique du Dr Quesneville, de septembre 1922 (Compte rendu de la Conférence faite par M. Rodriguez Mourelo, à Bruxelles, les 24 et 25 mai 1922).
- M. A. Barriol, à Paris. — i° La charge de votre batterie doit être réalisée normalement en 10 heures, le •courant de charge sera donc de 4° '• 10 = 4 ampères qui sous 110 volts correspondent à 44o watts. Une lampe à filament métallique monowatt demande i,25 watt par bougie, soit pour une lampe de 100 bougies, ia5 w'atts. En prenant 3 lampes de 100 bougies montées en parallèle votre charge sera effectuée en 40 : ^ ^ I0°^ I'2.^ ’ 110
- — 12 heures environ. 2° Vous pouvez effectuer la charge de nuit en faisant les couplages convenables sur l’installation existante, mais cela ne nous semble pratique.
- M. B. M., à üzès. — Nous pensons que l’amidon de riz pourrait convenir au durcissement de vos confiseries, mais il ne faut compter sur aucune substance hydrofuge, car le produit ne pourrait plus se dissoudre dans la salive et ne remplirait plus le rôle auquel il est destiné.
- M. Garbès, à Mascara. — La distension des haubans de votre cerf-volanl est due à l’absorption de l’humidité de l’air ; pour éviter cet inconvénient employer la mixturé qui suit :
- Paraffine.................. i5o gr,
- Yaseline.................... 100 —
- Benzine......................600 c. c.
- Essence d’automobile . . . 100 —
- Faire fondre au bain-marie la paraffine et la vaseline, laisser presque refroidir, ajouter la benzine, puis, après refroidissement complet, l’essence. Tremper les cordes dans le liquide, enlever l’excès en tordant, laisser sécher à l’ombre. *
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- M, J. Venol, à Mananjary Madagascar. — i° La coloration brune que prend la cire doit être due à la décomposition pyrogénée du miel encore retenu par les gâteaux, nous pensons qu’un lavage préalable de ceux-ci avant fusion vous évitera cet inconvénient, augmenter d’autre part la quantité d’eau et chauffer si possible à la vapeur plutôt qu’à feu nu. Pour ce qui concerne le blanchiment de la cire, veuillez vous reporter à la réponse faite dans un précédent numéro à M. El Fani, à Tripoli Marine, Syrie. 20 LJ insuffisance de blancheur de votre farine de manioc tient à une épuration imparfaite et la présence de, débris de parenchyme; il conviendrait de « dégraisser » soigneusement la surface du dépôt d’amidon dans les cuves, cela à plusieurs reprises ainsi que cela se pratique en féculerie (Voir Farines et Fécules, par Billon, chez Albin Michel, rue Huyghens. 3° Les moteurs à essence ou à pétrole peuvent effectivement être alimentés par du gaz pauvre, la Société française de construction de matériel agricole de Vierzon ainsi que la Maison Cazes, 10, rue Taitbout, Paris, vous fourniront de bons modèles de gazogènes et vous indiqueront ies conditions de réglage. 4° L-a fabrication de l’alcool comporte un matériel coûteux, générateurs, colonnes de distillation, appareils de rectification dont le prix est considérablement majoré par les frais de transports aux colonies ; il convient donc de chiffrer très attentivement avant d’entreprendre une installation de ce genre. Vous trouverez également un ouvrage très précis sur la question : L’Alcool, chez Albin Michel. 5° L‘affranchissement des cuves en ciment s'effectue ainsi : Lorsque le ciment est sec passer avec un pinceau une couche de fluate de magnésie, puis douze heures après une autre couche, puis douze heures après la deuxième couche, en passer tine troisième, mais étendue de 5o pour 100 d’eau; laisser sécher, les cuves sont alors prêtes à servir. Le fluate de magnésie est fabriqué en grande quantité par la maison Teisset-Ivessler, à Clermont-Ferrand, il faut environ 5o kg de fluate pour une capacité de 800 hectol. 6° L’eau oxygénée ne peut être conservée que dans des récipients en verre où en grès.
- P. D. — Allumeur extincteur Goté : Le constructeur est M. Prissette, à La Capelle (Aisne).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/q pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Manuel d’Océanographie physique, par J. Rouen, i vol. in-16, 229 p., 93 fig. Masson cl Cio, Paris. Prix : i5 francs.
- Nous n’avons guère de livres d’océanographie en France et nous n’en avons pas écrit par et pour des marins. Le livre du commandant Rouch résume le cours qu’il professe à l’Ecole Navale. C’est avant tout un livre pratique destiné aux navigateurs, leur indiquant comment on sonde, comment on prend la température, comment on observe la houle, la marée, les courants, la glace et ce qu’on sait déjà de ces divers phénomènes.
- Clairement écrit, sans grandes théories hypothétiques, c'est le vade-mecum de tous les hommes de mer : officiers, longs-courriers, yachtsmen.
- Pour comprendre la géométrie plane, par l’abbé Tu. Moreux. x vol. in-16, 202 p., 218 fig. Doin, éditeur, Paris 1922. Prix : 8 francs.
- L’auteur aborde l’exposé pédagogique des éléments de la géométrie par une méthode toute différente de celle généralement en usage.
- Il renonce délibérément au classique enchaînement des théorèmes d’Euclide, rigoureux mais aride au début, pour faire appel délibérément à des notions expérimentales et accessibles aux esprits les moins entraînés au raisonnement mathématique. Il utilise beaucoup les démonstrations par construction au moyen s de feuilles de papier, pliées ou rabattues ou découpées, et multiplie chemin faisant les applications et les exemples. L’ensemble représente une innovation fort intéressante au point de vue pédagogique.
- Cours pratique d'électricité industrielle, par H. Chevallier (3e édition). Tome II : Courants alternatifs simples et polyphasés. 1 vol. 397 pages, 45ï fig. Prix : 32 francs. — Tome III : Eclairage, chauffage, force motrice, électro-chimie, télégraphie, téléphonie.
- 1 vol. 406 pages, 410 fig. Prix : 34 fr. 5o.
- Le Cours d’électricité de M. H. Chevallier se range parmi nos meilleurs traités pédagogiques; il est remarquable par la clarté de son exposé, l’attention donnée aux applications, le souci d’instruire méthodiquement le lecteur, tout en le tenant au courant des plus récents progrès de la technique, et enfin par le soin donné aux figures explicatives. L’apparition des tomes II et III qui complètent la 3° édition de cet ouvrage sera donc accueillie avec la même faveur que les précédentes éditions. Le 2e volume traite des générateurs de courants alternatifs, des instruments de mesure applicables au courant alternatif, des transformateurs, de la bobine d’induction, des moteurs synchrones et asynchrones, des machines à champs tournants et des appareils convertisseurs : commuta-trices, groupes moteur générateur, soupapes, etc.
- Le 3° volume est consacré aux applications : d’abord l’éclairage électrique. L’auteur ne se borne pas aux généralités courantes ; c’est ainsi qu’il étudie les divers montages de lampes à incandescence en usage dans les appartements, l’éclairage des enseignes lumineuses, des wagons de chemins de fer, des autos. Il passe ensuite au chauffage électrique, puis à la traction électrique des tramways et des chemins de fer, avec une description fort claire des divers organes de l’équipement. Il étudie également la commande électrique de l’outillage industriel, puis l’électro-chimie et donne enfin un excellent résumé de télégraphie et téléphonie avec et sans fil.
- Chauffage des chaudières au charbon pulvérisé (Centrale électrique des mines de Bruay), par M. Sohm. i brochure, 38 pages, 24 fig. Editeur : Revue Chaleur et Industiie, 5, rue Michel-Ange, Paris.
- Nos lecteurs connaissent tout l’intérêt du chauffage au charbon pulvérisé. Ce procédé, depuis longtemps employé dans l’industrie du ciment, s’est étendu au chauffage des chaudières à vapeur. Il se développe rapidement en France; il offre, en effet, l’avantage de permettre l’utilisation de certains charbons qui se prêtent mal aux autres modes de chauffage. Mais cette utilisation n’a été rendue possible que grâce à des études 1res poussées et de grands efforts de mise au point. Les mines de Bruay ont joué dans ce mouvement un rôle essentiel : la centrale électrique de Bruay a servi à étudier minutieusement les divers problèmes qui se posent dans les chauffages au charbon pulvérisé, et elle est devenue une véritable école du charbon pulvérisé : ses enseignements sont mis à profit par toute la région du Nord notamment. M. Sohm, ingénieur en chef des mines de Bruay, expose en détail dans cette brochure les solutions adoptées à Bruay et les raisons de leur adoption; utile vulgarisation qui rendra un précieux service à toute notre industrie.
- Mon four d’Europe, par Hakky Fox. i brochure de 32 pages illustrée. Editeur Les Ailes, 17, boulevard des Batignolles, Paris. Prix : i fr. 5o.
- Récit alerte d’un voyage en avion, 7200 km parcourus en 56 heures au-dessus des principaux pays d’Europe ; Angleterre, France, Hollande, Danemark, Suède, Norvège, Allemagne, Pologne, Tchéco-Slova-quie, Autriche, Italie, sans casse, sans panne et sans atterrissage forcé.
- Le déterminisme et l'adaptation morphologique en biologie animale. iro partie ; Déterminisme morphologique et morphogénique, par M. R. Anthonv. i vol. in-8, 38o p., 129 fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : 28 francs.
- Le problème du déterminisme morphologique est négligé par la plupart des auteurs actuels; il est pourtant fondamental, car il est la condition de l’étude des autres problèmes biologiques, ceux de l’hérédité et de l’adaptation par exemple ; l’ouvrage de M. Anthony, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris, vient très heureusement combler cette lacune. Ecrit tout particulièrement pour les anatomistes, qui y trouveront un exposé de la morphogénie, de ses méthodes et de son application au déterminisme de la forme des muscles et des os, il pourra être lu utilement par tous ceux qui s’intéressent aux synthèses et aux questions les plus générales de la biologie. Pour ceux-ci les chapitres consacrés à la définition de la chose vivante et à l’exposé des deux principales théories susceptibles de répondre au problème du déterminisme morphologique, lamarkisme et mutatio-nisme, seront d’un grand intérêt. Un grand nombre de figures originales illustrent les exemples bien choisis que l’auteur a principalement tirés de ses recherches personnelles.
- Cours gradué de viticulture française (irc année), par Georges Thomas, i vol. in-16, 206 p., 72 fig. Bibliothèque d’enseignement technique et professionnel. G. Doin, Paris. Prix : 9 francs.
- L’auteur étudie les diverses provinces viticoles, leurs cépages, leuî- climat et leurs sols, puis décrit la lutte contre les fléaux de la vigne et la pratique des traitements. Il termine par une description de la vendange, de la vinification et l’examen de la viticulture au point de vue social. Deux autres volumes doivent compléter cette étude très neuve et documentée.
- Hygiène alimentaire, par le Dr E. Pozerski. i vol. in-16, 181 p. Collection d’Hygiène pratique et familiale. Delagrave, Paris. Prix : 6 francs.
- Chacun doit choisir ce qu’il peut manger pour profiter au maximum des aliments que lui donne la Nature et que lui prépare la Gastronomie.
- Mais, pour le faire à bon escient, chacun doit connaître les aliments, le sort qu’ils subissent dans notre organisme. Ces notions sont résumées dans ce petit ouvrage, guide alimentaire de l’homme qui cherche à rester le plus longtemps possible normal, c’est-à-dire bien portant.
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- LA NATUR
- Supplément.
- NFORMATIONS
- N» 2540
- 9 Décembre 1922
- Nécrologie : G. Lemoine. — Le chimiste Georges Lemoine, membre de l’Institut, vient de mourir. A la dernière séance de l’Académie des Sciences, M. Haller a rappelé son oeuvre en une note à laquelle nous empruntons les passages suivants :
- « Dans les doubles fonctions de professeur de Chimie à l’Ecole Polytechnique et d’ingénieur, puis d’inspecteur général des ponts et chaussées, notre regretté confrère s’est attaché à mener de front des recherches sur différents sujets de chimie et des études ayant un rapport direct avec les services publics dont il était chargé.
- « Ses premiers travaux ont porté surle sesquisulfure de phosphore qu’il a obtenu à l’état cristallisé. Ils l’ont conduit à étudier les sulfoxyphosphites et à trouver que ces derniers composés ont un édifice moléculaire aussi complexe que celui des composés organiques; les caractères des sulfures s’y trouvent en effet entièrement dissimulés.
- Resté une curiosité de laboratoire jusqu’en 1898, le sesquisulfure de phosphore est employé actuellement pour la fabrication des allumettes, au lieu et place du, phosphore ordinaire, qui donnait lieu à de fréquentes intoxications.
- Les recherches ont été suivies d’une élude très précise sur la transformation allotropique du phosphore, qu’il a comparée à une véritable dissociation. Il a montré, plus tard, qu’il en était de même de la transformation du styrolène en métastyrolène.
- « Ne quittant pas ce domaine, si captivant à l’époque, de la dissociation, M. Lemoine a fait connaître, de 1874 à 1877, les lois de l’équilibre chimique entre l’hydrogène et les vapeurs d’iode. Comme il l’écrit fort justement, « c’est un type très net de la dissociation dans les systèmes homogènes gazeux ». Il a complété cette étude quelques années après par celle de la dissociation de la vapeur du bromhydrate d’amylène sous de faibles pressions.
- « En 1881, M. Lemoine a coordonné l’état de nos connaissances sur les équilibres chimiques dans un ouvrage spécial qui fait partie de l’Encyclopédie chimique de Frémy.
- « L’activité scientifique de notre confrère ne s’est pas bornée à la question de la dissociation. Au cours de ses études sur l’acide iodhydrique, son attention fut attirée par l'action de la lumière sur les molécules chimiques.
- Il entreprit dès lors ses recherches sur le mélange de dissolutions d’acide oxalique et de chlorure ferrique. Lentement décomposé par la chaleur à l’obscurité, ce mélange est vivement impressionné à froid par la lumière, en donnant une réaction irréversible.
- Dans ces dernières années (1916-1921) il étudia, dans le même ordre d’idées, l’action de l’acide iodique sur le même acide oxalique et publia plusieurs Notes sur la catalyse de l’eau oxygénée par les oxydes et par le charbon.
- « Indépendamment de ces études de dynamique chimique, M. Lemoine s’est également occupé de recherches sur les solutions salines, sur la comparaison de diverses propriétés physiques des chlorhydrates, des méthylamines et des éthylamines , auxquelles il faut ajouter une étude sur les hydrocarbures et les alcools dérivés des pétroles d’Amérique. »
- La mesure du diamètre des étoiles. — Dans notre N° 3454 du 16 avril 1921, sous le titre « Quelques applications récentes des interférences», nous avons exposé la méthode par laquelle M. Michelson a résolu le problème de la détermination du diamètre des étoiles. Cette méthode comporte l’emploi d’un diaphragme percé de 2 fentes écartées l’une de l’autre d’une certaine longueur; chacune de ces fentes isole un mince faisceau lumineux émanant de l’étoile; ces faisceaux forment entre eux un léger angle; après réflexion sur le miroir du télescope, il se forme des franges d’interférence dont l’observation permet de calculer le diamètre de l’étoile.
- Le premier inlerféromètre de ce type établi à l’observatoire du Mont-Wilson par M. Francis Pease, sur les données de M. Michelson, était adapté à un télescope à miroir de 100 pouces (2 m. 5o d’ouverture environ) et
- I espacement des fentes était de 20 pieds (6 m. environ).
- II a permis de mesurer les diamètres apparents de Betelgeuse, Arcturus, Aldebaran et Antarès; en combinant les chiffres ainsi obtenus avec les valeurs connues, des parallaxes, on trouve respectivement pour ces étoiles des diamètres linéaires de 344 millions de kilomètres 33 millions, 482 millions, 640 millions. Ces étoiles sont toutes à 1 état géant avec des densités variant de 0,000 oor (Antarès) à 0,0002 (Arcturus). Le Soleil qui est une étoile naine de 1 400 000 km de diamètre a une densité de 1,4. L’interféromètre de 20 pieds ne permet d aborder qu’un petit nombre d’étoiles. Aussi les astronomes du Mont-Wilson envibagent-ils dès maintenant la construction d’un appareil plus puissant. M. Haie, directeur du Mont-Wilson, dans le journal anglais Nature, expose les grandes lignes de la construction d un nouvel interféromètre, actuellement à l’étude. La base en mesurera 5o pieds (i5 m. environ). Il sera établi suivant les mêmes principes que l’interféromètre actuellement en service, mais avec de nombreux perfectionnements d’ordre mécanique, et il permettra la mesure du diamètre d’une trentaine d’étoiles de grandeur supérieure à 4.
- Un câble téléphonique sous-marin de 200 km de long. — Les câbles sous-marins sont, on le sait, constitués par une âme métallique qui forme le conducteur de courant ; elle est nqyée dans un tube de plomb rempli de matière isolante. Le tout est enveloppé d’une épaisse couche de jute imprégné de matière isolante et dont la solidité mécanique est assurée par une armature de fils métalliques parallèles à l’àme. L’âme et le tube de plomb d’un câble sous-marin forment un condensateur électrique ; quand un courant variable circule le long de l’âme, le condensateur se charge, puis se décharge, déformant par conséquent les signaux qui se propagent le long de ce câble. La télégraphie ordinaire qui utilise un très faible courant continu, coupé à intervalles relativement longs s’accommode assez aisément de cette difficulté. Il n’én est pas de même de la téléphonie ; il s'agit alors de faire transmettre le long du fil des variations de courant dont la fréquence correspond à celle des ondulations sonores de la parole ; et le problème est si difficile qu’on ne connaît qu’un petit nombre de câbles téléphoniques sous-marins, tous de longueur relativement faible : ce sont les câbles qui relient l’Angleterre à la France ou l’Allemagne à la presqu’île Scandinave. Les Etats-Unis viennent de poser entre Key-West en Floride (et la Havane les plus longs câbles téléphoniques sous-marins actuellement en service dans le monde. Il s’agit de trois câbles dont la longueur est de 186 à 190 km, posés sur des fonds qui atteignent par endroits 183o m. de profondeur les câbles relient ainsi Cuba au réseau téléphonique général des Etats-Unis.
- On peut désormais causer par téléphone entre un point quelconque des Etats-Unis et les diverses localités de Cuba, c’est-à-dire à plus de 6000 km de distance. Un habitant de l’Amérique du Nord aux confins septenti’io: naux des régions tempérées peut s’entretenir de vive voix avec un correspondant résidant dans une région tropicale.
- Ce résultat remarquable est dû tout d’abord aux amplificateurs à lampes thermioniques ; c’est en effet grâce à des relais à lampes que les conversations téléphoniques, qui s’affaibliraient outre mesure sur d’aussi longs parcours, sont retransmises automatiquement et fidèlement. Des répéteurs thermioniques sont installés à cet effet à l’entrée et à la sortie des ‘câbles sous-marins.
- Les câbles posés entre la Floride et Cuba sont construits en gros suivant les règles générales en usage pour les câbles télégraphiques sous-marins, mais présentent toutefois d’importantes particularités.
- L’âme de chacun d’eux ne comprend qu’un seul con-
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- ducteur; le câble est Krarupisé ; on sait que l’on peut combattre les effets néfastes de la capacité électrique, mentionnés plus haut, en donnant au câble de la self-inductio n.
- Ceci se réalise soit au moyen de bobines Pupin insérées de place en place, soit au moyen d’un enroulement continu de fil ou ruban de fer autour du conducteur.
- C’est ce système, préconisé par Krarup, qui a été appliqué dans le cas actuel.
- Le câble ne comportant qu’un conducteur unique, le retour du courant s’effectue par la mer.
- Enfin chacun de ces conducteurs assure, outre la liaison téléphonique, deux voies télégraphiques : l’une à courant continu suivant les méthodes ordinaires, l’autre au moyen de courants alternatifs à fréquence relativement élevée (3ooo ou 38oo périodes par seconde). Ces trois catégories de messages se superposent sur la ligne, mais sont séparées à l’arrivée.
- Il est à remarquer que l’on pourrait aisément réaliser, si besoin était, un plus grand nombre encore de voies télégraphiques au moyen du conducteur unique de chaque câble en superposant plusieurs courants de fréquences élevées, mais très différentes les unes des autres.
- Ces quelques détails mettent en évidence les progrès remarquables accomplis dans ces dernières années par les communications sous-marines et l’économie à laquelle elles peuvent prétendre désormais. Fait curieux, ces progrès ont été réalisés grâce à des procédés et des I appareils nés du développement de la télégraphie sans j fil ; on sait que cette dernière est maintenant une concurrente sérieuse des câbles sous-marins, et l’on voit une fois de plus que la concurrence est l’âme du progrès; il semble que la T. S. F. et le câble sous-marin aient dès maintenant engagé une lutte qui rappellera par ses alternatives techniques la lutte célèbre que se livrèrent en ces dernières années l’éclairage au gaz et l’éclairage électrique.
- Un nouveau procédé de production de l’hydrogène. — Une étude publiée récemment par La Nature (N° du 27 mai 1922) donnait un exposé des principaux procédés les plus intéressants qui servent à la production de l’hydrogène. A titre de complément, nous voulons indiquer un procédé que nous avons imaginé et que nous croyons nouveau. Il pourra être utile, s’il est applicable, comme nous le pensons, dans la pratique industrielle.
- Ce procédé n’est qu’une application combinée de principes et d’expériences élémentaires.
- On connaît le phénomène de la décomposition de l’eau par son passage, à l’état de vapeur, sur du fer incandescent. L’oxygène de l’eau est fixé par le fer qui se transforme en oxyde tandis que l’hydrogène gazeux est mis en liberté. De même le charbon, porté à l’état incandescent, décompose la vapeur d’eau en s’oxydant. Mais dans cette combinaison, qui met l’hydrogène en liberté, le carbone donne naissance à de l’oxyde de carbone et à de l'acide carbonique. D’autre part, cette propriété qu’a le carbone d’enlever l’oxygène aux corps avec lesquels on le met en contact permet de désoxyder l’oxyde de fer chauffé et mélangé avec lui.
- Si donc on soumet à l’action de la chaleur, dans une même cornue, de menus fragments de limaille de fer et de charbon mélangés, on constate des réactions très actives.
- La conductibilité du fer assure une répartition rapide de la chaleur et une température élevée bien répartie dans la cornue, ce qui permet de lui donner une certaine capacité. Comme d’ailleurs le fer est très facilement oxydable — puisque même à froid il est soumis à la rouille —• à chaud, sous l’action d’une température relativement peu élevée, il décompose rapidement la vapeur d’eau; il joue, à l’égard du charbon, le rôle de catalyseur, alors que le charbon employé seul ne décomposerait que des quantités très faibles de vapeur d’eau à la température du rouge sombre, puisque, d’après le Dr Bunte, 8,8 pour 100 de vapeur sont décomposés par le charbon seul à la température de 674°. La réaction de la vapeur d’eau sur le fer se continue par l’effet du charbon en contact qui détermine la désoxydation du fer au fur et à mesure que l’oxydation tend à se produire.
- Le récipient rempli de fer et de charbon est à pro-
- prement parler un gazogène producteur de gaz à l’eau à basse température à la condition toutefois d’un apport de calories d’une source étrangère.
- Par suite, ce système de gazogène pourrait être proposé comme récupérateur de chaleur des gaz d’échappement des moteurs de tous genres à explosion et à combustion. Il suffirait de recharger de temps en temps l’appareil du mélange fer-charbon. Le passage d’un courant d’air humide au travers de la masse fer-charbon chauffée aurait pour résultat la production d’une quantité notable d’hydrogène et d’oxyde de carbone que l’on mêlerait aux gaz introduits dans le cylindre du moteur et qui en augmenterait utilement la quantité.
- D’une manière générale, le gazogène fer-charbon pourrait être utilisé à la production de gaz à l’eau toutes les fois que l’on dispose d’une source de chaleur ayant une température de 5oo° au moins.
- Ce gazogène appliqué à la production du gaz à l eau, dans les conditions ordinaires, présenterait actuellement un intérêt particulier, en raison de la circulaire ministérielle du 22 novembre 1919, par laquelle les services d’éclairage sont invités à introduire d’une manière suivie du gaz à l’eau dans le gaz. d’éclairage afin d’économiser le charbon et d’abaisser le prix du gaz d’éclairage dans les centres urbains.
- Il est vraisemblable que le fer à l’état très divisé pourrait être remplacé par lout métal facilement oxydable à chaud tels que l’aluminium, le cuivre, etc., pourvu que la température de fusion du métal soit supérieure à, 5oo° ou (îoo°.
- Il y aurait lieu de rechercher les proportions relatives du fer et du charbon pour obtenir le meilleur résultat possible. Norbkrt Laxlik.
- Le zinc mondial. — La guerre a déterminé de sérieux à-coups dans la production mondiale et la répartition du zinc. Avant igi5, les Etats-Unis consommant la presque totalité de leur production, la Belgique, avec la région Moresnet-Vieille-Montagne, et l’Allemagne, avec le district de la Haute-Silésie,'restaient uniquement les deux grandes nations exportatrices.
- Cette dernière, grâce au puissant syndicat international du zinc, constitué en 1909 — et dont elle était l’âme -— avait réussi à s’emparer de plusieurs mines de France, d’Angleterre, de Belgique et d’Australie ; par l’intermédiare détourné de la Metallgesellschaft de Francfort, elle possédait aussi depuis peu de gros intérêts dans certaines usines américaines.
- Isolée du marché international pendant les hostilités — ainsi que la Belgique envahie — sa situation a bien changé.
- Pour leurs usines de guerre (cartouches, douilles, fusées d’obus, etc.), les Alliés durent s’adresser uniquement alors aux Etats-Unis. La production américaine, de 335 000 tonnes en 1914» doubla en deux ans (G17 000 tonnes en 191b), mais, depuis l’armistice, celle-ci est actuellement en décroissance manifeste (477000 tonnes en 1918, 4^8000 en 1919, 425 000
- en 1920).
- Comme productrice de zinc, l’Allemagne n’occupe plus la première place. Les mines de zinc australiennes lui ont échappé définitivement ; les Etats-Unis ont boycotté chez eux les entreprises allemandes; le cours des changes n’est point favorable non plus à une reprise active. Enfin, le règlement de la question de la Haute-Silésie a privé l’Allemagne d’une partie des mines et usines à zinc du fameux « Triangle industriel ». Cette perte lui a été particulièrement sensible, puisque, en 1913, sur les 279000 tonnes de zinc allemand, 165 000 provenaient de Silésie, le reste étant-originaire de quelques gîtes saxons et surtout du prolongement, en Rhénanie, du district belge de la Vieille-Montagne.
- Les usines à zinc belges, paralysées par l’occupation ou même dévastées par l’ennemi, se rétablissent petit à petit.
- En France, la production ne cesse de diminuer : 63 000 tonnes en igi3, i5ooo seulement en 1920, celle de l’Angleterre reste stationnaire.
- Quant, à l’Australie, qui expédiait avant la guerre presque tous ses concentrésjde zinc, elle les traite maintenant sur place.
- En Extrême-Orient, le Japon, pendant les hostilités, a recherché et extrait activement le zinc, notamment dans Yedo, mais cette activité n’a pas continué.
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- La Chine reste un pays de grand avenir, notamment par la région yunnanaise, mais il y faudrait des capitaux, de l’énergie, de l’initiative et de la méthode.
- Au Tonkin, bien qu’avec des moyens de fortune, les minerais de zinc de la région de Lanc-Hit sont traités sur place sans trop de perte et transformés en zinc et en blanc de zinc.
- Un assez bel avenir paraît assuré à ce groupe d’exploitations surtout à cause d’une importante consommation locale.
- Les minerais de zinc étant ceux qui exigent quantitativement le plus de charbon pour leur réduction, les usines à zinc sont donc ordinairement — et plus encore que les industries sidérurgiques — des satellites habituels et obligés des régions houillères.
- Beaucoup de pays producteurs, comme l’Afrique du Nord, l’Ttalie, l’Espagne, l’Australie, la Grèce, etc., doivent porter leurs minerais au loin, faute de charbon immédiat.
- Mais la mise en œuvre de procédés électrolytiques récents est susceptible d’amener bientôt de sérieux bouleversements dans la situation actuelle des pays à zinc et dans le traitement des minerais (').
- La guerre devait interrompre la progression continue de la production mondiale du zinc. Malgré l’effort américain, , les dernières statistiques indiquent encore un fléchissement certain.
- Le prix du zinc a subi d’ailleurs des fluctuations très importantes. Si actuellement (26 livres sterling à la tonne) il est à peu près équivalent aux cours de 1911 et 1912, et légèrement supérieur aux prix de 1913 et de 1914 ('in livres sterling), il a atteint des records fantastiques en iqi5 (69 livres sterling) et surtout en 1916 (74 livres sterling).
- Les industries du papier. — Le papier e*t devenu maintenant indispensable à la vie des peuples et les industries du papier se développent de plus en plus, après la crise terrible subie pendant la guerre. L’état actuel de ces industries mérite quelque attention et donne lieu à d’intéressantes remarques.
- Malgré les essais, de plus en plus nombreux, relatifs à l’utilisation de noûvelles celluloses végétales d’origine herbacée, pour la fabrication des pâtes, les forêts — et surtout les forêts de conifères — fournissent encore actuellement la matière première la plus abondante et la plus économique.
- D’après les statistiques mondiales, les réserves forestières les plus considérables, au point de vue qui nous occupe, se trouvent surtout dans l’Amérique du Nord, notamment au Canada, dans la Colombie Britannique et aux Etats-Unis.
- ^Viennent ensuite la Suède, la Finlande, l’Allemagne et la Norvège.
- Quant à la force motrice nécessaire à la fabrication des pâtes, elle est fournie par le charbon ou par l’électricité, cette dernière revenant beaucoup moins cher quand elle est produite par la houille bleue.
- Les Etats-Unis, le Canada, la Suède, la Norvège sont encore, à ce sujet, les mieux avantagés, par suite des nombreuses chutes d’eau qui existent naturellement sur leur sol.
- D’après des documents surs, la production mondiale de la pâte à papier en 1919 et en 1920 s’est établie ainsi comparativement aux chiffres de igi3 :
- Patiï mécanique
- 1913 1919 1920
- tonnes. tonnes. tonnes.
- Etats-Unis . . . I.172.OOO I. 3i4-ooo I.43l.OOO
- Canada. . . . . 584.000 797•000 ?
- Allemagne . . . 674*000 p 408.OOO
- Suède . . . — 205.000 —
- Finlande . . . . — — —
- 1. La' production électrolytique da zinc ; a atteint
- 126000 tonnes en 1921, dont 55 000 tonnes pour!’ Anaconda C°,
- à Great Falls, 20 000 tonnes pour la Trait de ta Conso-
- tidated Mining cl Smctting C", et 3o 000 pour VEtecirolyiic
- Zinc C° en Australie.
- La consommation du courant, dans le procédé' éleclrolvr tique, est beaucoup moindre que celle nécessitée par les anciens procédés électrolhermiqucs, tout en fournissant Un métal plus pur.
- Pâte chimique.
- 1913 1919 1190
- 1 mines. tonnes. ton nés.
- Etats-Unis I.4o6.OOO I . 727.OOO 2.014.000
- Canada. . 262.OOO 614.000 —
- Allemagne 791.OOO — 435.OOO
- Suède . . — 691.OOO —
- Finlande . — 96.OOO —
- On remarque tout particulièrement que la production de l’Amérique du Nord (Etats-Unis, et surtout Canada) s’est considérablement accrue de igi3 à 1920.
- Quant à la productioji mondiale du papier, elle a atteint les chiffres suivants :
- 1913 1920
- tonnes. tonnes.
- Etats-Unis ..... 3.073.000 6.651.000
- Canada 3o8.000 987.000
- Allemagne 1 . 6i 1.000 1.o55.000
- Grande-Bretagne . . 922.000 ?
- France 725 000 100.000
- Suède 319.000 229.000
- Tchéco-Slovaquie. . 187.000 226.000
- Norvège 198.000 p
- Finlande. ... 224•000 162.000
- Autriche — x 53.000
- Russie 338.ooo 32.000
- Divers 756.000 1.192.000
- Par rapport à 1913, l’excédent de la production mondiale du papier a donc atteint, en 1920, environ 3 000 000 de tonnes, cet accroissement restant surtout l’œuvre des Etats-Unis et du Canada.
- Quant à le consommation, il est beaucoup plus difficile d’être exactement renseigné.
- Les Etats-Unis restent les plus gros consommateurs. Leurs besoins ont augmenté plus vite que leur production; les capitalistes yankees et les grands journaux américains ont dû recourir au Canada, notamment en pâtes et en papier journal, mais beaucoup moins pour le papier à écrire et le papier de luxe. En 1920, le Canada a fourni aux Etats-Unis 1 ôooooo tonnes de pâte à papier.
- La France et l’Angleterre se trouvent dans une situation particulièrement défavorable. La fabrication y est peu développée,’ surtout en Grande-Bretagne. Pendant la guerre, les importations étant difficiles, les prix des pâtes et du papier ont atteint des chiffres fantastiques, supérieurs parfois, pour certaines catégories, à dix fois les prix d’avant-guerre. La France produit à peine actuellement 90 000 tonnes de pâtes à papier et, en 1913, nos importations atteignaient 464000 tonnes. En 1920, la France a dû recourir à 129000 tonnes de papier étranger, auxquelles il faut ajouter 177000 tonnes de pâtes mécaniques et 187000 tonnes de pâtes chimiques, soit, au total, 4g3ooo tonnes environ.
- Beaucoup de pays sont encore totalement incapables de produire des pâtes ou de manufacturer actuellement le papier. C’est le cas de tous les Etats de l’Amérique du Sud.
- Les colonies françaises vont jouer bientôt, dans la question mondiale du papier, un rôle important. Indépendamment de l’Algérie, dont l’alfa est apprécié de plus en plus, et aussi du Maroc, où des usines à pâte et des 'manufactures sont en cours d’installation (alfa, asphodèles, palmier nain, etc.), les usines tonkinoises livrent maintenant d’excellents produits. Plusieurs plantes indo-chinoises, notamment le « Tranh » et certaines variétés de bambous, viennent d’être étudiées par l’Institut technique de la Faculté des Sciences de Grenoble. Les essais ont été très concluants.
- Les chiffres des statistiques des exportations s’établissent ainsi :
- !
- Pâtes a papier mécaniques
- 1913 1919 1920
- tonnes. tonnes. tonnes.
- Canada............. — 272.000 —
- Suède ...... 32.3.000 208.000 272 000
- Norvège ........... 496.000 366.000 4i8.000
- Finlande .......... 49*°oo 58.000 100.000
- 183
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- INFORMATIONS
- PATES A PAPIER CHIMIQUES
- 1913 1919 1920
- loi inos. tonnes. lonnes.
- Canada. . . 442.OOO
- Suède . . . . . . 686.000 697.OOO 787.OOO
- Norvège . . . . . 2 11.OOO 135.000 312.OOO
- Finlande . . . . . 77.000 72.OOO 93.OOO
- Papier
- 1913 1919 1920
- loin îus. tonnes. tonnes.
- Canada . . . . , . 269.OOO 627.OOO 6g5.OOO
- Suède . . . . . . 218.OOO I60.OOO 284.OOO
- Allemagne . . . . 542.000 •.) 277.OOO
- Norvège . . . . . 18 J.OOO 107.000 18 5.000
- Finlande . . . . . 146.000 46.OOO 13o.000
- Autriche . . ? ;> •3 7.000
- |. |Le commerce et le marché mondial du papier sont
- donc actuellement localisés entre les mains de trois grands groupes de producteurs :
- i° Les Scandinaves (Suédois et Norvégiens), qui, au début de la guerre, ont été les maîtres incontestés du marché européen. L’entrée en ligne de l’Amérique n’a guère amélioré la situation.
- a0 L’Allemagne, qui va revenir bientôt au chiffre important de sa production d’avant-guerre.
- 3° Le Canada, qui s’intéresse surtout aux marchés des Etats-Unis et de l'Amérique du Sud.
- Un houx remarquable. — Un de nos abonnés, M. P. de Moissac, de Poitiers, a bien voulu nous envoyer la description suivante d'un arbre qui se trouve dans sa propriété et dont la photographie ci-jointe montre l’aspect.
- « Je possède un houx, dit-il, qui a des dimensions peu ordinaires. L’arbre est difficile à photographier, étant dans un massif accolé à un mur et il est impossible d’avoir un recul suffisant pour le prendre en entier.
- A o m. 45 du sol il se bifurque, le tronc ayant au ras du sol 2 m. 01 de circonférence.
- La tète principale a :
- Au-dessus de la bifurcation, 1 m. 62 de circonférence
- A 1 m. du sol................1 m. 5o —
- A 3 m. 20 (au-dessous de la
- naissance d’une branche) , 1 m. 57 —
- La tête secondaire n’a que. o m. 80 —
- A o m. 7U se trouve un autre houx qu'on voit à gauche sur l’épreuve. Il n’a que o m. 92 de circonférence.
- Un troisième houx placé plus loin à droite, qui n’a pu être pris dans le cliché, n’a que o m. 70.
- A droite de l’arbre, debout le long du mur, un mètre peut servir d’indication. »
- Les résultats de la protection officielle dû bison aux Etats-Unis. — On sait que la chasse à outrance du bison dans l’Amérique du Nord menaçait à la fin du siècle dernier d’en éteindre complètement la race. Les pouvoirs publics s’émurent, et une loi du Congrès, approuvée par le président Roosevelt le ior juillet 1902, ordonna l’achat de 21 bisons sauvages et leur établissement en liberté dans le Parc National de Yellowstone. A cette époque, on n’estimait plus qu’à 1750 le nombre de ces animaux, dont 600 bisons des bois au Canada, un troupeau de 200 appartenant à un propriétaire du Montana, un total de 52 tètes propriété du Gouvernement et réparties entre divers parcs nationaux et jardins zoologiques, et enfin un certain nombre de petits troupeaux isolés.
- A l’heure actuelle, d’après une communication de M. Palmer à la Société biologique de Washington, que résume la Revue générale des Sciences, les mesures de protection prises ont exercé leur effet, et le nombre des bisons dépasserait 10000 en Amérique du Nord, dont 6000 au Canada et 4000 aux Etats-Unis. Le Gouvernement lui-même possède 9 troupeaux très éloignés comptant environ 1.200 bêtes : deux dans l’Est, deux dans le Sud-Ouest, trois dans la région des Plaines du nord et deux dans les Montagnes Rocheuses : cinq de ces troupeaux sont établis dans des parcs nationaux. Tous ces animaux, à l’exception de i3o, sont nés dans les réserves.
- Plusieurs problèmes biologiques importants se posent à propos du bison : tels ceux des maladies, de l’évolution générale et de la reproduction.
- Quatre affections sérieuses peuvent atteindre le bison : la fièvre du Texas, la gastro-entérite, la septicémie hémorragique et l’avortement contagieux. Mais la très grande dispersion des divers troupeaux du Gouvernement empêcherait une épidémie - quelconque d’exterminer entièrement l’espèce aux Etats-Unis.
- La durée de la vie du bison, le nombre normal de veaux, le rapport normal des sexes sont encore inconnus.
- Le bison commence à se reproduire dès la troisième année, et les femelles ont un veau chaque année suivante, ou deux années sur trois, mais on ignore pendant combien d’années. On connaît une femelle ayant eu encore un veau à 26 ans, et une autre à 22.
- Le plus vieux bison connu est au Jardin des Plantes à Paris ; on lui attribue l’àge de 3i ans. Les plus vieux animaux des troupeaux du gouvernement américain sont une femelle de 24 ans et un mâle de 20 ans.
- Rendements comparatifs des productions animales.
- — On a fait au Canada des expériences démonstratives en vue de déterminer, par des chiffres précis, les opérations zootechniques qui, dans l’ordre pratique et économique, donnent les résultats les plus avantageux, c’est-à-dire l’animal domestique qui — parmi ceux exploités dans les entreprises agricoles et d’élevage — fournit le rendement le plus élevé en produits utilisables à l’alimentation humaine.
- D après ces expériences, rapportées par le professeur Dechambre, de l’Ecole d’Agriculture de Grignon, c’est la vache laitière qui fournit la plus forte quantité de produits; elle dépasse le porc, dont le rendement est pourtant bien supérieur à celui du bœuf.
- Avec 100 kg de principes digestibles, la vache forte laitière fabrique 18 kg de principes digestibles pour l’homme, le porc i5 kg 800, le bœuf 2 kg 800. Une vache donnant par jour i5 litres de lait de composition moyenne produit en une semaine 12 kg de principes complètement absorbables par l’homme, tandis qu’un bœuf à l’engrais, nourri sensiblement de la même manière, produira seulement 4 kg ’jSo de viande. Pour fournir à l’homme 5oo gr. d’aliment sec, la vache ou le porc consomment environ 6 kg d’aliments, tandis qu’un bœuf adulte n’en consomme pas moins de 32 kg.
- Un bœuf de 3 ans a consommé 8 tonnes d’aliments secs avant d’être prêt pour la boucherie, soit 29 kg pour fabriquer 45o à 5oo gr. de produits alimentaires pour l'homme, alors que s’il avait été abattu à 18 mois, on eût économisé 3 tonnes d’aliments secs et qu il en eût fallu seulement 1 3 kg 5oo à 14 kg pour produire le même poids de viande.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Comment recevoir sans antenne la téléphonie sans fil à grande distance? — La réception avec antenne de la téléphonie sans fil présente souvent pour un amateur des difficultés sérieuses. L’installation, surtout dans les villes d’une antenne extérieure, la seule efficace exige parfois un long et coûteux travail et même devient quelquefois impossible par suite de la disposition des lieux ou du voisinage de circuits inducteurs : fils de lumière, de téléphone, de télégraphe, de moteurs, etc. Outre les difficultés d’installation le poste à antenne présente encore d’autres inconvénients. Des parasites spéciaux dits parasites d’antenne surtout gênants pendant le jour et les temps chauds ne peuvent jamais être éliminés complètement et nuisent à la pureté de la réception. De plus, si l’on désire avoir la résonance aiguë nécessaire et dans le but d’éliminer le plus possible les parasites, il faut employer un système d’accord « Tesla » dont le réglage est long et minutieux surtout pour les débutants. Ce réglage n’est d’ailleurs pas constant et doit pour une même émission être changé journellement, car il. varie suivant la capacité de l’antenne qui elle-même est fonction des conditions atmosphériques. Enfin le poste à antenne est nécessairement fixe.
- La réception sur cadre au contraire n’exige pas d’installation extérieure. Le poste, sans être relié à aucune connexion fixe, peut parfaitement être placé dans
- n’importe quelle pièce de l’appartement et même au milieu d’un salon, il est immédiatement transportable. Outre ces avantages pratiques, le poste à cadre présente des qualités techniques ; l’accord peut se faire avec résonance très aiguë parle simple jeu d’un condensateur variable à air généralement de 1/1000 de m. f. seulement.
- Ce réglage d’accord, très simple, est absolument fixe pour un poste donné. De plus, la réception au cadre n’occasionne qu’un minimum de bruits parasites et réduit les inductions. Enfin, elle permet un. procédé supplémentaire de sélection en faisant varier simplement l’orientation, le cadre devant toujours être dans la direction du poste émetteur.
- Cependant les postes actuels de radio-téléphonie sont très peu puissants, au moins en France. Le poste de p’. L. n’a que 800 watts et en outre, alors que dans la télégraphie il est tout à fait indifférent de modifier la tonalité des signaux, il est indispensable en téléphonie de ne pas déformer la voix, d’où suppression inévitable de certains procédés renforçateurs. Enfin la parole exige pour être perçue nettement par l’oreille une intensité beaucoup plus forte que les signaux ordinaires de note constante, les ondes devant être faiblement modulées. On comprend donc, dans ces conditions, le cadre ne recevant qu’une infime énergie induite, qu’il soit nécessaire pour recevoir à grande distance d’employer des procédés spéciaux. Mais notons avant tout que la réception, dès à présent, est possible dans toute la France avec un réglage simple ne demandant qu’un peu d’attention; bien entendu il ne faut pas espérer recevoir en haut-parleur à plus de 5o km environ et il faut se contenter d’une bonne réception au casque. Ceci posé, examinons les meilleurs types de cadre, d’amplificateur et de réglage à employer.
- Le cadre, de forme quelconque, carré si on le désire, aura au moins 1 m. de côté et les spires seront écartées de 1 à ï cm suivant les dimensions. Le fil sera recouvert de 2 couches coton et son diamètre sera de 8/1 o' de mm.
- Le nombre des spires, trouvé facilement par tâtonnements, variera suivant la dimension du cadre. Pour un cadre de 1 m. X 1 m., il sera environ de 40 spires écar-
- Entrée ;
- | Sortie
- 76000
- 70000
- Fig. 2.— Amplificateur à 6étages : 3lampes 1IF à résistances, 2 lampes ISF1 à transformateurs à fer.
- C = 5/10.000 mf; C .tt 1/10.000 mf; C" = 3/1.000 mf (facultatif). l"r transformateur : rapport 5; 2° transformateur: rapport 3.
- fées de 8 nitn (Il y a intérêt à réduire les connexions et dans cet ordre d’idées la radio-table donnera de bons résultats).
- Celui-ci sera placé de préférence au rez-de-chaussée, au moins pour les maisons isolées et éloigné de masses métalliques. L’accord se fera, comme nous l’avons dit, au moyen d’un condensateur à air placé en dérivation (fig. t ). Pour recevoir la téléphonie de F. L. on fera d’abord l’accord sur les ondes amorties puisque la longueur d’onde est la même dans les deux cas (2600 ni.).
- Jusqu’à 100 ou i5o km on pourra se contenter d’un amplificateur IL F. (haute fréquence) à 3 ou 4 lampes à résistances ou à transformateurs ; au delà on ajoutera 1 ou 2 lampes B. F. (basse fréquence) avec transformateurs à circuit magnétique fermé ou 3 lampes avec transformateurs à circuit magnétique ouvert.
- La portée d’un amplificateur à 5 ou 6 lampes dont 3 ou 4 bf. F. est de 800 à 900 km avec le réglage que
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- Fig. 3.
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- L’amplificateur L, : 4 lampes H F1 transformateurs à fer; 2 lampes BF également à transfor ma l eurs.
- nous allons indiquer. Cet amplificateur peut être monté sans réaction; on peut également lui adjoindre une réaction électromagnétique ou électrostatique. La réaction électromagnétique nous a donné de bons résultats-il faut seulement avoir la précaution d’avoir un système précis permettant de régler minutieusement la distance des deux bobines.
- Nous donnons ci-dessous les schémas d’un amplificateur à 5 lampes dont 3 lampes à H. F. à résistance, et également du poste L, à transformateurs H. F. qui nous a donné de très bons résultats (fig. 2 et 3).
- Le premier amplificateur pourra être muni d’une
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- réaction électrostatique avec armature mobile du compensateur reliée à la iro grille et armatures fixes reliées à la ire et à la 3° plaque ou également réaction électromagnétique avec galettes enroulées en sens contraire dans le circuit de la ire grille et de la 3e plaque.
- Nous supposons donc l’amplificateur en bon état de marche et nous arrivons au point le plus important, celui du réglage.
- A l'encontre de l’opinion généralement admise, l’emploi d’une hétérodyne séparée (elle pourra être très
- Fig. 4. — Petite hétérodyne. — Condensateur de réglage de 1 à 5/z.ooo mf On peut se servir d’une vieille bobine de self. Diamètre g à 10 cm. Fil (i à S/iom“" émailléou isolé soie, spires jointives. Une centaine de spires.
- simple à 1 lampe, voir schéma) donne d’excellents résultats (fig. 4)-
- Non seulement la voix h’est nullement déformée, est tout a fait pure et nette, mais encore la puissance de réception est excellente et surtout le réglage très facile et absolument stable. On peut employer l’hétérodyne seule, mais il y a intérêt à combiner son action avec celle de la réaction, uniquement pour diminuer l’amortissement du circuit. On place l’hétérodyne à une certaine distance de l’amplificateur (généralement 3o à 40 cm) et le circuit d’accord étant à peu près réglé (sur les amorties pour F. L.) on manœuvre le condensateur de l’hétérodyne jusqu’à ce qu’on se trouve dans la zone de silence. On augmente ensuite l’intensité de la réception en réglant plus minutieusement le condensateur d’accord. Si l’on se sert également de la réaction, le condensateur d’accord sera placé aussi dans la zone de silence; comme nous l’avons dit, ce réglage est très stable et relativement facile puisqu’il n’y a en tout que deux manettes à déplacer, celle du condensateur de l’hétérodyne et celle du condensateur d’accord. Dans le cas de Fhélérodyne seule, le réglage n’a même pas besoin d’être excessivement précis, l’audition étant encore perceptible pour des écarts sensibles du condensateur d’accord.
- De nombreuses expériences ont prouvé la supériorité de ce procédé de réglage qui est à la portée de tous nos lecteurs. Avec l’augmentation du nombre des postes émetteurs et de leur puissance, la réception au cadre deviendra de plus en plus facile et donnera des résultats meilleurs encore comme intensité. Les amateurs qui emploient ce dispositif deviendront alors la majorité. Mais nous avons voulu montrer que dès à présent ce mode de réception était pratique et parfaitement réalisable sans aucune connaissance spéciale.
- P. Hkmardinqueu.
- Quelques résultats.
- Géométrie
- La trisection des angles. — Parmi les problèmes que les mathématiciens ont démontré être insolubles, il semble bien que l’un des plus curieux soit celui de la trisection d un angle en trois parties égales, au moyen de la règle et du compas. On n'est pas habitué, en effet, à voir se heurter à une impossibilité mathématique des questions d’apparences si simples, et d’application si immédiate; c’est pourtant là un fait que, bon gré, mal gré, nous devons bien admettre, puisque les géomètres ont parlé.
- Cependant, considérant l’intérêt pratique de ce problème (dont la solution permet notamment de tripler le nombre de côtés d’un polygone régulier quelconque, en divisant en trois arcs égaux chacun de ses arcs élémentaires), nous nous sommes demandé si, en se servant de quelque chose de plus que « de la règle et du compas «, on ne parviendrait pas à une solution (*). Or, il s est trouvé que le troisième instrument à se procurer est très simple; une bande de papier rectiligne, et que la solution elle-même est d’une simplicité analogue.
- Prenons un angle AOB quelconque. Décrivons un arc de cercle de centre O et prenons le symétrique B' de B par rapport à la normale ON à OA; d’autre part, sur le bord rectiligne d’une bande de papier p, marquons les points a' d a'1, tels que :
- 0' a' — 0' a" = OA.
- Faisons maintenant glisser cette bande de papier de façon que a" glisse sur la normale ON, et a', sur OA prolongé (le point d décrit alors l’arc de cercle). Nous continuons ce mouvement jusqu’à ce que le bord rectiligne de la bande p rencontre le point B'; elle a, à ce
- moment, la position A' O' A", et l’angle AOO' est alors
- l’angle cherché, égal au tiers de l’angle AOB donné.
- Joignons, en effet, BB' parallèle à OA.
- On a :
- AOB = AOO' + CFO B
- Or :
- CF O B =:- 2 Ob'B,
- l’arc O'B soulendant un angle au centre, et un angle dont le sommet est sur la circonférence.
- De plus :
- O'B'B = O 'A 'O = AOO '
- puisque Donc :
- A'0' = 0A = 00'.
- AOB^tA'OO' + A'OO' = 3A'00'.
- Cette construction est du reste valable aussi pour les
- Versailles, Haut parleur 4 lampes : a FI. F., 2 B. F. Orléans, 3 lampes H. F. à résistances.
- Argenton, 4 lampes dont 2 H. F. à résistances et 1 à transformateurs B. F.
- Binard, 5 lampes : 3 H. F. résistances ou transformateurs sans fer et 2 B. F.
- Saint-Brieuc, 6 lampes 4 H. F. transformateurs et 2 B. F.
- Saint-Etienne, 6 lampes 4 II. F. résistances et 2 B. F. Nantes, 5 lampes 3 FI. F. et 2 B. F.
- Nice, 4 à 6 lampes résistances II. F., et 2 B. F. Bruxelles, 3 lampes H. F., 2 B. F.
- Nancy, 3 lampes II. F., 2 B. F.
- angles obtus, et la démonstration serait absolument semblable. Tvemarquons enfin pour terminer quelle est susceptible d une précision très grande, et qui n’est limitée que par la dimension qu’on peut donner à l’épure.
- Nous serions heureux, et aurions pleinement atteint notre but, si cette construction géométrique très simple, et dont 1 intérêt est surtout d’ordre pralîque, avait pu rendre quelque service. F. Babled.
- 1. Remarquons tout de suite que, si l’on se sert d’un rapporteur pour effectuer cette opération, la précision obtenue 1 est toujours très limitée. Aussi bien, n’a-t-on pas toujours un rapporteur sous la main.
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- VARIETES
- CXt
- X*
- V-v.-- •
- ELEVAGE INDUSTRIEL DES COBAYES POUR LES LABORATOIRES
- DE PHYSIOLOGIE
- Le cobaye, appelé communément cochon d’Inde, lapin d’Inde, lapin du Brésil ou d’Amérique, lapin de Guinée, i at des Indes, etc., est très recherché pour les expériences de vivisection et d’inoculation des virus des maladies contagieuses.
- Ce rongeur, qui a pour type le Cobaye aperea, appartient à la famille des Gaviens, que l’on trouve dans les contrées chaudes de l’Amérique méridionale. Son organisme offre aux maladies contagieuses une remarquable réceptivité.
- Les laboratoires de physiologie, les Instituts Pasteur, les Facultés de Médecine utilisent les cobayes par milliers pour leurs expériences, mais les exigences des recherches scientifiques sont telles que les quantités de cobayes dont on peut disposer sont encore bien insuffisantes. Les laboratoires manquent de sujets et payent à des prix rémunérateurs ceux qu’on leur fournit, il y a là une spéculation zootechnique susceptible d’intéresser bien des personnes qui, à la campagne, ont les facilités d’élever des cobayes industriellement, c’est-à-dire d’une manière intensive en vue de profiter de ces débouchés toujours assurés.
- Les indications, d’ordre pratique, que nous réunissons ici, sur cet élevage, donneront satisfaction aux personnes qui nous ont consulté à ce sujet, et, par là, contribueront à une œuvre utile aux recherches scientifiques.
- Les races de cobayes. — Laissant de côté le point de vue sportif, qui n’est pas à envisager dans cette étude, il convient toutefois de mentionner les diverses races, afin de bien préciser celle qui doit être préférée pour l’élevage en vue de la spécialisation dont il s’agit :
- On distingue trois types : i° cobayes à poil ras ou race commune, comprenant plusieurs variétés de robe ; 2° cobayes à poil long ou angoras, comprenant plusieurs types et variétés; 3° cobayes à poil dur ou rude, ou à rosettes, issus du croisement du cobaye à poil ras et de l’angora.
- Le type à préférer pour la production industrielle est le cobaye à poil ras, dont le corps est court, trapu, les formes potelées, rondelettes, la tête large, le nez gros, légèrement aquilin, les yeux grands, ronds, saillants, vifs, noirs, sauf dans les variétés albine et russe, qui ont les yeux roses ; les oreilles écartées, plus larges que longues, presque nues, avec un repli très accentué en avant; le cou gros, très court; les épaules épaisses, massives, le dos large; le poil uni, doux, très brillant.
- Le mâle pèse ’jSo à 820 gr., la femelle 58o à Coo gr., les petits, à la naissance, 42 à 58 grammes.
- Le pelage présente, suivant les variétés, différentes couleurs : écaille de tortue ou bicolore (rouge et noir); écaille de tortue et blanc ou tricolore (noir, rouge et blanc) ; blanc, noir, rouge, agouti gris, agouti doré* (brun doré teinté de noir), moucheté, russe, pelage à marques réniformes, hollandais bicolore ou multicolore.
- Le cobaye angora a le corps plus allongé, le dos plus large et plus plat ; il est, en général, plus charnu, mais la tête est plus petite que dans les autres variétés, la face est moins longue. Des trois types, c’est le plus fort..
- Le cobaye à poil rude ou à rosettes présente des formes plus compactes, un ensemble plus lourd, la tête est large, massive, très développée chez le mâle. Le nez est plus pointu que chez le cobaye à poil ras; les yeux plus rapprochés du sommet de la tête, moins proéminents et moins ronds; les épaules bien découplées, .les hanches fortes, carrées; le cou gros, court. Son poids dépasse parfois 1 kg. Le poil est rigide comme du fil de fer dressé, piqué comme celui du hérisson, serré, abondant et un peu plus long que celui du cobaye à poil ras, disposé en rosettes (poils formant une sorte d’épi).
- Comment on élève les cobayes. — La reproduction. — Les cobayes commencent à se reproduire dès l’âge de 2 à 3 mois. Mais dans un élevage conduit industriellement, il est préférable de ne les faire reproduire qu’à l’âge de 8 ou 9 mois, et de séparer les mâles des femelles après le sevrage, pour éviter les unions prématurées qui donneraient des sujets chétifs, malingres.
- Un mâle est nécessaire pour cinq ou six femelles; on
- peut lui en donner dix ou douze si on le laisse cohabiter avec celles-ci au delà de 3 ou 4 jours.
- La durée de la gestation varie de 60 à y5 jours. Les premières portées ne donnent généralement qu’un ou deux petits ; les suivantes en donnent quatre en moyenne. Les portées de cinq, six sont très rares, celles de sept sont très exceptionnelles.
- Il faut réserver à chaque femelle, dans la loge, un abri pour la mise bas.
- En admettant que l’élevage compte autant de mâles que de femelles, et qu’il n’y ait pas de mortalité, on peut obtenir, avec un seul couple initial', 5oo petits au cours d’une année. Mais ce chiffre se réduit sensiblement dans la pratique, presque de moitié, par suite des causes de mortalité.
- Les jeunes naissent bien constitués ; l’allaitement dure 12, i5 ou 20 jours. La mère chasse les petits dès le retour du mâle, soit, au plus tard, 3 semaines après la mise bas. Les petits craignent le froid, l’humidité et même le soleil ; si on ne les en préserve pas on en perd beaucoup, mais dès qu’ils ont atteint l’âge de 3 mois ils sont aussi robustes que des lapins. Ils atteignent leur complet développement en 12 mois. A partir de cet âge, ils engraissent très facilement, mais il faut éviter cet état qui nuirait à leur fécondité.
- Le cobaye mâle est hostile à sa progéniture, aussi on doit séparer les mâles, ne pas les laisser avec les mères suitées, et même loger à part les jeunes dès qu’ils ont 25 ou 3o jours.
- Le logement. — L’élevage des cobayes n’exige pas d’aménagement spécial ; un simple logement de fortune suffit. Chaque case ou loge doit avoir comme dimensions environ o m. 4° X o m. 70.
- Il y a plusieurs systèmes de logement correspondant au mode d’élevage adopté :
- i° Le logement à l’intérieur, c’est-à-dire dans un local couvert, non fermé, par exemple uu hangar adossé à un mur.
- Pour étabir les loges sur cet emplacement, on compte qu’il faut donner à chaque loge 1 m2 pour recevoir
- 10 cobayes. Quatre loges de 2 m. de longueur sur 1 m. de largeur recevront 25 sujets chacune, soit au total 100. Vingt-cinq loges de 1 m. sur 1 m. en recevront chacune 10, soit au total a5o. Trente loges de 1 m. sur fi\in. 5o, à raison de 5 sujets par loge, en r ecevront i5o.
- Cette répartition permettra donc de loger : 100 -)- 25o + i5o = 5oo cobayes.
- On réservera, en outre, 10 loges de 1 m. sur 1 m. 5o pour mettre en observation les sujets malades, les jeunes venus chétifs, malingres, etc. Les loges mobiles, faites de caisses en bois, constituent l’installation la plus simple, la plus pratique et économique. Un côté de la caisse est supprime et remplacé par une porte formée d’un châssis grillagé en fil de fer à mailles étroites (18 mm). Un plancher mobile dans une glissière facilite les nettoyages et permet de donner aux élèves un plancher toujours sec.
- Les cobayes aimant à se réfugier dans une cachette,
- 11 convient d’installer, dans le coin de chaque case, une boîte munie d’une ouverture.
- 2° Le logement à l’extérieur comporte l’emploi de caisses ou de tonneaux à parois épaisses et étanches pour ne pas laisser pénétrer l’humidité, ce qui est réalisé au moyen de eouvre-joints et d’une toiture en zinc débordant de tous côtés. Caisses ou tonneaux doivent être isolés du sol au moyen de chantiers ou de supports, et enduits de carbonyle ou de goudron.
- L’alimentation. — Les cobayes mangent souvent, il leur faut une nourriture saine, abondante et variée, distribuée en trois repas par jour, à heures fixes. La nourriture qui leur convient est identique à celle du lapin domestique : fourrage vert, racines fourragères, foin, trèfle, luzerne, sainfoin, grains de céréales (avoine, sarrasin), son, farine, croûtes de pain, herbes de prairies, herbes de sarclages, de jardins, chicorée, pissenlit, carottes rouges, blanches à collet vert, rutabagas, persil, etc. Ces aliments sont distribués dans de petits râteliers et dans des augettes.
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- VARIÉTÉS
- Lors même que le régime alimentaire se compose de végétaux plus ou moins aqueux (fourrages verts, racines, etc.), il est nécessaire de mettre à la disposition des cobayes de l’eau très propre.
- Les laboratoires prennent livraison des cobayes âgés
- de 2 mois environ et lorsqu’ils pèsent y,5o à 3oo gr.
- Cet élevage, conduit industriellement, est, comme on le voit, d’une extrême simplicité. En le propageant, on fournira un élément nécessaire aux recherches scientifiques et médicales. Hkxri Bijk.
- LE SUC DE RÉGLISSE
- La réglisse, Glycyrrhiza glabra, est un arbrisseau qui croît abondamment en Syrie, en Calabre, Anatolie, Perse et surtout en Espagne, quelque peu en France du côté de Bayonne. Dans la fabrication du suc de réglisse on utilise seulement les rhyzomes, improprement appelés racines, qui sont très longs, certains atteignent i m. A l’état frais ils sont lisses, tandis qu’à l’état sec ils sont ridés. On les appelle dans le commerce « Bois de réglisse ». L’extérieur est de couleur châtain brun; si l’on casse un morceau de ce « bois » on constate que l’intérieur est fibreux et coloré en jaune serin. Ils contiennent, sous forme de combinaison ammoniacale soluble, un produit édulcorant la « Glycyrrhizine », corps par lui-même insoluble dans l’eau. Les bois qui contiennent le plus de « glycyrrhizine » ne sont pas ceux qui fournissent le meilleur suc. Ainsi le bois de Smyrne en contient en moyenne 5 pour 100 tandis que celui d’Espagne n’en contient que 2 à 3 pour ioo et pourtant c’est ce dernier qui est le plus apprécié.
- La fabrication du suc de réglisse tel qu’il est consommé par le public comprend deux phases principales.
- La première a pour but l’obtention du « suc de réglisse pur » tandis que la deuxième, qui est plutôt voisine de la confiserie que de la réglisserie proprement dite, est la transformation de ce suc de réglisse pur en produit de consommation courante que l’on trouve chez les confiseurs, pharmaciens, etc..., sous le nom de pâte à la réglisse, réglisse en bâtons ou toute autre forme.
- Le suc s’obtient de la manière suivante : à l’aide de broyeurs à marteaux, on broie le bois de réglisse qui arrive généralement en balles pressées de 160 kg. On lui fait ensuite subir un échaudage afin d’éliminer les gommes (comestibles) qu’il contient en assez grande quantité. Celles-ci nuiraient à la bonne marche de l’opération en rendant difficile la circulation des bouillons. Après ce traitement préliminaire, on enferme dans des autoclaves disposés en batterie ces fibres que l’on fait macérer dans un volume d’eau important, et l’on chauffe sous forte pression à la température voisine de i3op.
- Jadis, on opérait à l’air libre dans des bassines en cuivre comme le font encore quelques usines; mais actuellement on tend de plus en plus à les remplacer par des batteries d’autoclaves.
- Les sirops obtenus sont concentrés jusqu’à une teneur en eau de i5 pour ioo et en glycyrrhizine de 8 pour ion; on obtient ainsi du « suc de réglisse pur ».
- On peut donc dire que l’on a obtenu des rhizomes de réglisse dont on a extrait toutes les matières solubles, un produit auquel on n’a fait aucune addition, ni soustraction de substance quelconque.
- Ce suc de réglisse pur est coulé, sans être étuvé,
- | dans des caisses en masse de 120 à i3o kg. On peut aussi préparer des pains de 5 kg, dans ce cas on les étuve pour les amener à la teneur voulue en eau.
- Nous arrivons à la deuxième phase; ce suc de réglisse ainsi préparé est le plus souvent vendu tel que au confiseur ; quelques réglisseries transforment elles-mêmes ce produit, en produit de consommation courante, en y ajoutant des matières étrangères qui peuvent être de la gomme, de l’amidon, dextrine, fécule, sucre, glucose, maltose, des essences naturelles ou artificielles par exemple, l’essence d’anis, de citron, de violette, framboise, etc....
- Dans le cas de réglisse en bâtons, on ajoute de la gomme, car on ne peut pas faire des bâtons de réglisse rien qu’avec du suc de réglisse; les produits obtenus seraient trop mous et la cassure serait mate, alors qu’une cassure brillante (latte l'œil du consommateur; la gomme remplit bien ces conditions. Ce produit, pour être appelé suc de réglisse, doit contenir un maximum de 6 pour 100 de glycyrrhizine.
- On fabrique encore des pâtes parfumées à la réglisse, dans ce cas on ajoute au suc beaucoup de matières sucrées avec de la gomme, et le produit ne contient plus que i,5 pour 100 de glycyrrhizine et i5 pour 100 d’eau.
- Enfin, outre la fabrication du suc de réglisse, il est bon de signaler que l’on prépare avec le bois de réglisse de la » glycyrrhyzine ammoniacale », c’est en quelque sorte de la glycyrrhizine solubilisée.
- La première est soluble dans l’eau et contient 5o pour 100 de la seconde qui est insoluble dans l’eau.
- On la prépare en exprimant le bois de réglisse après l’avoir laissé macérer dans l’eau et en précipitant, par l’acide sulfurique, le bouillon concentré. Le dépôt est lavé à l’eau distillée, puis on le dissout au bain-marie dans une quantité convenable d’ammoniaque. On concentre jusqu’à consistance sirupeuse, ensuite on étend sur des plateaux en fonte émaillée que l’on porte à l’étuve à la température de 4o°.
- La glycyrrhizine ammoniacale ainsi préparée se présente sous formes de paillettes noires, brillantes, d'une saveur très sucrée rappelant celle du bois de réglisse.
- En remplaçant dans l’opération indiquée ci-dessus l’ammoniaque par le bicarbonate de soude on forme du glycyrrhizate dé soude qui constitue le « coco » en poudre.
- Enfin, disons que le bois de réglisse mis à macérer dans de l’eau froide avec des semences de coriandre et un peu d’anis étoilé constitue les « tisanes Maisons» que l’on vend l’été dans les cafés. Marcel Birlioux,
- ingénie ur-chi mi s te.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Méthode préliminaire de recherche du radium dans les roches. — Il y a certainement en France et dans nos colonies des roches contenant des minerais plus ou moins riches en radium, qu’on aurait intérêt à déceler.
- Les personnes que la question intéresse reculent souvent devant des frais d’analyse, hésitant même le plus souvent à prélever des échantillons et à en faire l’expédition à un laboratoire d’analyses
- Voici un moyen de vérification à la portée de tout amateur photographe. Il permettra de vérifier la présence du radium et justifiera peut-être quelquefois des frais d’analyse.
- Prendre une plaque sensible au gélatino-bromure d’argent. La mettre à plat sur cinq ou six épaisseurs de papier buvard blanc, face sensible en haut. La recou-
- vrir d’une feuille du papier noir qui enveloppe ordinairement les plaques. Cela disposé dans l’obscurilé la plus profonde, placer dessus et au milieu, bien à plat, le morceau de roche ou de minerai. L’échantillon choisi devra être aussi plat que possible du côté en contact avec la plaque. Recouvrir d’un couvercle de boîte, bois ou carton, de telle sorte que le tout soit à l’abri de la lumière. Sur ce point, on ne saurait prendre assez de précautions.
- Laisser en contact de 8 à 10 heures.
- Après ce délai, développer la plaque comme un cliché ordinaire.
- Si on obtient une image irradiée du morceau de roche ou de minerai, c’est que la substance est radifère, et on peut alors, mais alors seulement, faire les frais d’une analyse quantitative,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédés pour assurer la durée des tissus exposés eu plein air. — Trois procédés très simples peuvent être employés pour conserver les tissus qui restent exposés aux intempéries : l’alunage, le tannage ou le sulfatage.
- Alunage. — Tremper le tissu, pendant i5 à 20 minutes, dans une solution chaude d’alun (in kg d’alun du commerce pour 100 litres d’eau) ; faire sécher, soumettre le tissu à un second trempage de même durée, dans le même bain. Après égouttage et dessiccation partielle, tremper le tissu, pendant 10 à i5 minutes, dans une solution chaude de savon noir (10 kg de savon noir pour 100 litres d’eau).
- Tannage. — Préparer une lessive d’écorce de chêne et de châtaignier, en versant, par petites portions successives, 10 à i5 litres d’eau bouillante sur 1 kg d’écorces réduites en menus fragments. Après un lavage au savon ou à la soude, rinçage et séchage, tremper le tissu pendant 24 heures, dans la lessive d’écorces, puis le retirer et le faire sécher.-
- Sulfatage. — Dégraisser le tissu en le laissant, pendant,24 heures, dans un bain de savon noir (10 kg de savon noir par 100 litres d’eau) ; rincer, faire sécher, puis tremper, pendant 24 à 3o heures, le tissu dans un
- bain contenant 5 kg de sulfate de cuivre par 100 litres d’eau. Après ce traitement, faire sécher le tissu.
- Destruction de l’herbe des allées. — On peut détruire l’herbe des allées en employant le sel dénaturé, que l’on étend sur le sol en une couche épaisse, mais le succès plus ou moins durable de l’opération dépend des années plus ou moins pluvieuses. 11 serait préférable d’arroser, à plusieurs reprises, avec une solution à 10 pour 100 de sel marin dénaturé (10 kg dans 100 litres d’eau). Il faut compter, pour la solution, 1 kg de sel pour 4 à 5 m3.
- Le crésylol sodiqùe en solution dans l’eau à 5 pour 100, répandu parj^smps sec et ensoleillé, donne aussi de bons résultats..'*1''
- Le lait de chaux empêche la repousse des herbes. Le procédé suivant est employé dans ce cas: Faire bouillir, dans une chaudière en fer, 60 litres d’eau de lessive, avec 1 kg 5oo de soufre en poudre et 6 kg de chaux. Laisser bouillir quelque temps, en agitant le mélange. Après repos, arroser avec ce liquide étendu de deux lois son poids d’eau. Le résidu peut servir pour un arrosage complémentaire, après ébullition et addition de 1 kg de soufre. En couvrant le sol d’une couche épaisse de sciure de bois, on obtient le même résultat.
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- BOITE AUX LETTRES
- . AVIS. — Ti’abondnncc des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Le Mêla se trouve à l’Agence générale du Méta, 9, rue de Milan, Paris.
- L’adresse de l’inventeur du moteur à vent décrit dans la Science appliquée du n" 2534 est M. H. Anthinoüs, dessinateur. Direction régionale des P. T. T., à Alger.
- Réponses. — Cercle Lu Pardal, à Perpignan. — La poudre métallique à laquelle vous faites allusion est très probablement la suivante :
- Limaille de fer...............600 gr.
- Fleur de soufre............... 20 —«
- Sel ammoniac ................. 10 —
- Le mélange délayé dans l’eau, ou mieux dans l’eau acidulée par un peu de vinaigre, de manière à faire une pâte consistante, devient très dure au bout de quelque temps et résiste parfaitement à la chaleur.
- M. J. Gamby, à Paris.— Pour délustrer les vêlements on met une cuillerée à soupe d’alcali volatil (ammoniaque du commerce) dans un verre d’eau non calcaire et on frotte au moyen d’un chiffon de flanelle imbibé de cette solution les parties à traiter. Rincer ensuite à l’eau tiède, à plusieurs reprises très soigneusement pour enlever le savon ammoniacal formé, car s’il en restait des traces, les matières grasses reparaîtraient après évaporation de l’ammoniaque. Ce lavage à fond est donc essentiel pour assurer la réussite de l’opération de délustrage.
- M. Postaire, à Versailles. — iu Oui vous pouvez ajouter de la peinture aux mixtures ignifugeantes que nous avons données dans les Recettes de l atelier, à la condition de choisir les formules à base de silicate de soude ou de potasse et en vous assurant d’autre part qu’il n’y a pas incompatibilité entre l’alcalinité de la mixture et la constitution du colorant de la peinture: 20 Adresses de maisons vendant des produits ignifuges : Clavelier, 85, boulevard Voltaire ; Faron, 148, rue de Grenelle; Lagèze et Gazes, 18, rue de Quatre-Fils; Rouillon, 67, avenue Parmentier; Silexor, 7, avenue Trudaine ; Ignifugol, 69, quai d’ivry, à Ivry-sur-Seine. 3° Les eaux de quinine agissent d abord comme antiseptiques par l’alcool qu elles contiennent, en outre le chlorhydrate de quinine (o.5 à 2 gr. par litre) est un stimulant du système nerveux ayant un pouvoir vaso-constricteur, ce qui retient le sang dans le voisinage du bulbe pileux en produisant une action favorable. Mais
- il faut lenir compte que chez certaines personnes prédisposées il peut y avoir des phénomènes d’intoxication, se manifestant par des bourdonnements d’oreilles, des vertiges, de la dyspnée, des vomissements et des éruptions cutanées. On ne doit donc employer que des solutions'très étendues.
- M. Aubertin, à Reims. — Les taches produites sur vos carreaux de ciment comprimé par la paille mouillée sont également dues à des matières colorantes ayant une fonction acide, nous pensons que vous pourrez les faire disparaître au moyen d’une solution aqueuse à 10 pour 100 de potasse des peintres (lessive de soude caustique), un bon rinçage enlèvera ensuite les matières ainsi solubilisées ; employer de préférence de l’eau tiède.
- M. G. Malesset, à Bordeaux. — i° Le verre ne laisse passer que très peu de rayons ultra-violets, par conséquent il 11e conviendrait pas à l’application que vous avez en vue. C’est au quartz qu’il faut vous adresser en le teintant par exemple au manganèse pour éliminer toutes les radiations inutiles jusqu’au violet. Dans cet ordre d’idées vous pourriez vous adresser, à la Société le Quartz fondu, à l’Argentière-La-Bessée (Hautes-Alpes). 20 Le vernis suivant vous donnera très probablement satisfaction pour fixer les sulfures phosphores-
- cents :
- Acétate de cellulose .... 3o gr.
- Tétrachloréthane . . . . 36o —
- Triacétine...................... 3 —
- Alcool à 9 5°......... 40 —
- 3" La préparation des p/udads phosphorescents repose toujours sur les mêmes principes que ceux définis par Verneuil pour l’obtention du phosphore de Canton, mais les conditions de chauffage ont été particulièrement bien étudiées dans ces dernières années; vous trouverez un exposé très complet. de la question dans la Conférence du docteur Mourelo, faite à Bruxelles et reproduite dans le Moniteur Scientifique de septembre 1922. Nous avons signalé d’autre part que d’après les travaux du National Physical Laboratory d’Angleterre, la phosphorescence est accrue d’une façon notable par l’addition de 0.4 mmg de bromure de radium, au sulfure de zinc généralement employé.
- A. B. Armurier, à. Lille. — Les deux formes sous lesquelles on rencontre le perchlorure de fer dans le commerce sont : le perchlorure de fer liquide ne.utre à 45° B valant actuellement 1 franc le kilog, pris par roo kg et le perchlorure de fer hydraté, desséché jaune du prix de 2 francs le kilog dans les mêmes conditions. Vous pourrez vous procurer ces produits chez Pelliot, 24, place des Vosges.
- M. Larrazct, à Oran. — Les couleurs diamines sont encore appelées couleurs diamant, d’oxamine, de benzi-dine ou directes, les Allemands les dénomment couleurs
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- substantives, elles prennent directement snr le coton, sans qu’nn mordançage préalable soit nécessaire. Les principales sont : Thioflavine, Jaune d’or, Jaune solide, Benzo orange solide S, Orangé G, Ecarlate 3 B, Rouge solide F, "Violet N, Benzobleu Solide B, Bleu BX, Bleu pur FF,.Vert B, Noir bleu E,j Noir oxydiamine SOOO, Noir jais RB, Diazo noir BHX, Noir Pluton, Brun coton AZ, Brun B et 3 G, Bronze G, Diaminogène B. Les maisons suivantes pourront vous fournir à la demande : Pelliot, 24, place des Vosges; Ardouin fils, 86, rue de Cléry ; Gamard et Lemoine, 8, rue de Thorigny ; Compagnie Nationale des Matières colorantes, 134» boulevard Flaussmann ; Faron, 148, rue de Grenelle; Fournier et Bolzano, 11, Cité Trévise; Huygewelde, 19, rue Alibert; Soulier, 5a, rue Bicbat.
- G. B. B., Seine-et-Oise. — Dans certaines conditions, les jus sucrés s'altèrent en fournissant une substance muci-lagineuse et de la mannite, cette altération a été étudiée par Pasteur qui en a fixé l’équation de la façon suivante : a5 C12O11 + ar)H2O=:24C6H10Os Saccharose Gomme
- + 24 C6H,406 + 12 CO2 -(- iîH«0.
- Mannite
- Tous les sucres susceptibles de fermenter peuvent subir cette transformation gommo-mannitique qui est due à un ferment organisé, le leuconostoc mésentéroïde, ayant la forme de cocci disposés en chapelets, le tout est enveloppé d’une masse gommeuse de volume relativement grand constituant une zooglée, ces zooglées sont désignées en sucrerie sous le nom de frai de grenouilles. La température la plus favorable au développement est de 3o°, la présence de matières albuminoïdes active la multiplication. Pour éviter cet accident, il faut stériliser à l’eau bouillante tous les récipients ayant contenu des produits altérés et ne jamais abandonner à température douce (3o°) les jus sucrés, autrement dit il ne faut les garder que très chauds ou très froids,
- M. Brac.queman. — Pour teindre les peaux de lapins , en brun presque noir, on commence par dégraisser la peau ' déjà tannée dans un bain tiède, mais non chaud decarbo- 1 nate de soude et de savon, la température ne dépassant pas 3o° C. Pendant ce temps, on prépare les deux solutions:
- A. Paraphénylène diaminc. . . 100 gr.
- Alcool à brûler ...... 5oo —
- Eau....................5oo —
- Dissoudre d’abord la paraphénylène dans l’alcool, ajouter l’eau ensuite.
- E. Bichromate de potasse . . 5o gr.
- Eau chaude............. 1000 —
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales , au moment de l’emploi, on applique au moyen d’une brosse douce, sur le poil, la peau étant étendue sur une | table, poil en dessus. j
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air | et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il i né reste plus qu’à rincer à l’éponge. |
- Après séchage on lustre avec une brosse à peine , graissée par un peu d’huile. |
- M. Nicoud, à Bordeaux. — L’essence de camphre j dont il a été question est obtenue par distillation en j présence d’eau du bois de l’arbre à camphre. Sa densité ' varie de 0.890 à 0.960, cette essence contient un terpène, du terpinéol, beaucoup de cinéol et du safrol, elle est surtout employée pour dissoudre les résines, dans la fabrication des vernis ; vous pourrez trouver ce produit chez Pelliot, 24, place des Vosges.
- M. Souliac, à Paris. — Le délustrage des vêtements s’effectue avec l’ammoniaque du commerce (alcali volatil) étendue de deux volumes d’eau, en se servant d’une brosse douce. La condition essentielle est de rincer ensuite à fond avec de l’eau pure pour enlever le savon ammoniacal formé qui pourrait, s’il restait dans l’épaisseur du tissu, donner ultérieurement des taches grasses.
- M. Soyer, à Paris. — Le biscuit aussi bien que le plâtre peuvent être facilement recollés au silicate. Pour cela, il suffit de délayer du blanc d’Espagne en poudre impalpable avec une quantité de silicate de soude du commerce suffisante pour avoir une pâte onctueuse. Appliquer sur les bords des parties à joindre, serrer fortement et laisser sécher un jour ou deux avant de libérer les fragments.
- M. Meyssan, à Bordeaux. — L’insuffisance d’éclairage par les lampes à huile placées dans les lanternes de voitures ne tient pas à l’huile, mais à une combustion
- incomplète par défaut d’oxygène, Il ne faut donc pas chercher à améliorer l’huile, mais mettre à sa disposition un excès d’air en activant la circulation par un verre coiffant la mèche, un tirage forcé pourrait même être combiné dans ce but, toutefois nous n’en'voyons pas l’intérêt, l’acétylène ayant solutionné la question plus pratiquement,
- M. Lohrot, à Saint-Michel (Seine-et-Oise). — On peut très facilement relever sur un imprimé les caractères ou dessins en opérant ainsi : on frotte énergiquement l’une des faces d’une feuille de papier blanc au moyen d’un morceau de paraffine, puis on applique le côté paraffiné sur l’imprimé et au moyen d’une lame mousse, par exemple couteau à papier, on appuie avec force; l’encre d’imprimerie se dissout dans la paraffine et les caractères sont ainsi transportés sur le papier blanc. Si on a employé du papier mince et transparent type cristal, il suffit de coller cette copie sur du papier opaque pour en assurer la conservation. Bien entendu, pour réussir, il faut que l'impression à transporter soit récente et acquérir un petit tour de main que la pratique apprend bientôt à connaître.
- M. M. Bour, à Paris. — Quand les rubans de machine à écrire se sont desséchés par exposition à Pair, on peut leur rendre leur souplesse en les imbibant d’eau glycé-rinée au tiers. Quelques gouttes de la mixture déposées de place en place permettent d’obtenir ce résultat, le liquide gagnant par capillarité l’ensemble du ruban, le procédé est donc également applicable aux rubans bicolores.
- M. G. Anciaux, à Bruxelles. — Nous avons indiqué dans le numéro du 28 octobre 1922 un procédé d’imperméabilisation de toile. Vous pourriez aussi appliquer le suivant qui donne de très bons résultats :
- Prendre : Paraffine................. 70 gr.
- Blanc de baleine Vaseline blonde Benzine. . . .
- Faire
- baleine
- éloigner
- . . . 20 —
- ... 5o —
- . . . 3oo c. c. fondre au bain-marie la paraffine, le blanc de et la vaseline,/ laisser légèrement refroidir, du feu, puis ajouter la benzine, enfin après
- refroidissement complet
- Essence d’automobile . . 5oo c. c.
- Pour l’emploi, placer le liquide dans une cuve, y immerger l’étoffe, puis faire passer entre deux rouleaux pour enlever l’excès, sécher en chambre chaude, mais loin de tout foyer pour éviter l’inflammation de l’essence.
- M. Sauvageot, à Paris. — Pour remettre en état les tableaux noirs, prendre 200 gr. d’ardoise finement pulvérisée, y ajouter 3o gr. de noir de fumée et délayer la poudbe dans une quantité suffisante de silicate de soude au huitième pour obtenir la consistance d’une peinture (silicate de soude du commerce 5o cm’, eau ordinaire 35o cm3). Appliquer sur le tableau, en se servant d’un pinceau queue de morue, deux ou trois couches dans le sens horizontal et dans le sens vertical en ayant soin de bien laisser sécher entre chaque application.
- M. Cavaillé, à Montbartier (Tarn-et-Garonne). — Il ne nous paraît pas avantageux de sc servir d’un couvercle en tôle sur une cuve où a lieu la fermentation vinaire, les sels de fer qui prendront naissance par l’humidité et un peu d’acétification seront susceptibles de provoquer le noircissement du vin avec le tanin. A notre avis il est préférable de s’en tenir à un couvercle de bois que l’on aura soin de chauler de temps à autre pour détruire les microorganismes nuisibles qui auraient pu se loger dans les pores du bois.
- M. Didier, à Montmorency. — Dans les conditions que vous indiquez, pièces moulées analogues aux capsules de flacon de toilette, c’est évidemment le celluloïd en feuille ramolli dans l’eau chaude qui vous donnera le meilleur résultat. Si l’inflammabilité de ce produit était un empêchement, vous pourriez également employer la viscose (Société la Viscose, 16, rue du Louvre).
- M. Fusclier, à Flavigny-sur-Ozerain. — Gomme suite à notre réponse, dans le n° 2535 du 4 novembre 1922, p. 147, au sujet d’une pâte à souder, nous pouvons vous indiquer aujourd’hui la formule suivante :
- Prendre : Etain....................... 110 gr.
- Plomb . . . 90 —
- Fondre le mélange, puis après refroidissement réduire en poudre par limage, délayer ensuite cette poudre dans quantité suffisante d’une dissqlution composée de :
- Glycérine...................100 gr.
- Sel ammoniac ..... 5 —
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- Appliquer la pâte au point où doit avoir lieu la soudure, sans l’intervention d’autre produit, et chauffer vers i5o° soit au fer à souder, soit par la flamme d’un chalumeau, Eolipyle Paquelin par exemple.
- M. P. Ménager, à Marcq-en-Bareuil (Nord). — Les iodures doubles métalliques ont la propriété de changer de couleur à une température déterminée, correspondant à une dissociation. En particulier on a constaté que l’iodure double de mercure et de cuivre qui est vermillon à la température ordinaire devient brun entre 6o° et 700 ; l’iodure double de mercure.et d’argent du jaune citron passe au carmin vif vers 90°— >oo°. Cette étude pourrait être étendue à d’autres iodures doubles et même à d’autres sels mixtes colorés. Pour l’emploi on mélange les sels, bien séchés et réduits en poudre, à un vernis incolore et on applique sur l’objet, un coussinet de machine, par exemple, dont on veut surveiller la température ; par refroidissement les sels reprennent leur teinte primitive.
- M. L. C., à Remilly (Moselle). — Il est inutile d’ajou- ! ter quoi que ce soit au contenu des fosses d'aisances pour amener la disparition du papier, les bactéries anaérobies se chargent de ce soin, à la condition que le milieu soit privé d’air, comme dans le cas d’une fosse hermétiquement close, c’est le principe appliqué dans la fosse septique ou septic-tank. S’il s’agissait d une fosse à air libre vous pourrez obtenir un résultat analogue en répandant à la surface des matières une quantité d’huile de schistes suffisante pour les recouvrir.
- N. B. — Avoir soin que le tuyau de descente plonge dans la masse pour éviter l’aération par son intermé-
- diaire
- M. IL Vaillot, à Nemours. •— Les savons dits à la glycérine ne renferment pas le plus souvent de glycérine autre que celle résultant de la saponification, on les obtient habituellement ainsi :
- Prendre : Suif de bœuf extra . . . . i3 kg.
- Beurre de coco............16 —
- Huile de ricin...........16 —
- Lessive de soude à 3b° B . a3 —
- Eau non calcaire........2,5 —•
- Amener à fusion les matières grasses, puis y incorporer progressivement la lessive additionnée de la
- quantité d’eau indiquée. Chauffer en remuant toujours et porter à l’ébullition que l’on maintient jusqu'à saponification complète. Laisser reposer deux heures, à ce moment la masse doit être parfaitement transparente, ajouter :
- Carbonate de soude cristallisé (cristaux) 4 kg, abandonner à nouveau au repos une demi-heure, puis ajouter une dissolution composée de
- Sucre......................12 kg
- Eau non calcaire...........i3.5 —
- Ramener par chauffage au premier bouillon et couler dans des formes appropriées, démouler après refroidissement complet, glacer au besoin la surface par passage rapide d’un pinceau humide.
- G. B., Annecy. — Il existe de nombreux manuels de composition et harmonie musicales, par exemple ceux de Berlioz, Théodore Dubois, Gévaert, Vincent d’Indy, Lavignac, Richter, Riemann, Rimsky-Korsakoff, etc. Vous les trouverez chez Flammarion et Vaillant, galeries de l’Odéon, Paris, 6e, à qui vous pouvez demander leur catalogue.
- E. M. F. C., Shanghaï. — La lessive de soude est le carbonate de soude CO3 Na-.
- M. O. P., à Chambolle-Musigny. — Le procédé de préparation du jus de raisin frais ou vin sans alcool, pour être exempt des défectuosités signalées, doit comporter les opérations suivantes, d’après la méthode pratiquée dans votre département, à Nuits-Saint-Georges, notamment par M. Challand, depuis environ douze ans. Après pressurage des raisins, le moût est encuvé, puis dirigé dans un pasteurisateur ordinaire où il subit l'action de la chaleur par suite de la température obtenue à l’aide d’un jet de vapeur (90° au maximum), laquelle empêche toute fermentation; les levures sont détruites et il suffit d’isoler le moût ainsi chauffé de l’action des levures étrangères pour que toute trace de fermentation soit évitée. Pour obtenir cette certitude, on entonne le moût dans des fûts neufs aseptisés, où il se conserve en cave sans difficulté.
- En ce qui concerne les matières albuminoïdes, il en
- doit rester une certaine proportion pour que le jus conserve ses propriétés nutritives. Ainsi l’analyse d’un jus de i’aisin préparé à Nuits a donné 1,7 pour 100 de matières albuminoïdes.
- Pour obtenir la .limpidité, on peut employer le tanin, qui coagule les substances albumineuses ou gélatineuses employées à la clarification et entraîne ainsi, indirectement, les impuretés en suspension dans le moût.
- Etant dans la Côte-d’Or, il vous serait utile de recueillir sur place des indications sur le mode opératoire suivi à Nuits-Saint-Georges.
- M. P. B. E. G., à Jouy-en-.losas (Seine-et-Oise). — Il n’existe pas, du moins à notre connaissance, d’ouvrage constituant une documentation sur Yélevage des civettes, et nous n’avons pas d’adresse d’éleveur pratiquant cette sorte d’élevage. Pour tenter d’obtenir des sujets pour la reproduction, vous pourriez vous renseigner auprès de M. Trouessart, à L Acclimatation (journal des éleveurs), Paris, 46, rue du Bac, 7“, ainsi qu’à la Direction du Muséum d’Histoire naturelle, Paris, rue Cuvier, 5° et à celle du Jardin d’Acclimatation, à Paris.
- La civette est un animal carnivore, dont l’alimentation est assez analogue à celle des animaux du même genre.
- Le parti à tirer de cet animal serait, évidemment, la matière grasse très odorante que l’on emploie en parfumerie, matière désignée sous le nom de civette, qui s’amasse dans une petite poche située au-dessus de l’anus. A cet égard, et peut-être aussi pour ce qui con-| cerne l’indication d’un éleveur, vous pourriez consulter M. R.-M. Gattefossé, ingénieur-chimiste en parfumerie, 19, rue Camille, à Lyon. Si, par hasard, un de nos lecteurs s’occupait de cet élevage très spécial, nous le mettrions volontiers en rapport avec vous.
- Au point de vue des sources de documentation, consultez M. Trouessart, et les ouvrages d’histoire naturelle sur les mammifères (Librairie les Fils d’Emile Dey-rolle, éditeurs, Paris, 46, rue du Bac, 7e).
- M. P. V. D. W., cour des Miracles, Paris. — Pour faire périr sur place des arbres que I on veut supprimer, voici le procédé à employer, aussi bien pour les acacias, ailantes (vernis du Japon) que pour toutes autres essences : percer, avec une tarière, quelques trous obliques sur le tronc de l’arbre et remplir ces trous avec une solution concentrée d’arséniate de potasse. On réussit ainsi à détruire des arbres même très gros. A défaut d’arséniate de potasse, on peut employer le sulfure de carbone introduit semblablement dans un trou pratiqué au pied de l’arbre et en ayant soin de boucher ensuite le trou avec un bouchon de liège. En perçant un trou de 8 à 10 cm de profondeur, dans le cœur de l’arbre et en remplissant ce. trou d’acide sulfurique, on obtient le même résultat. ,
- C. II. /., à Bruxelles. — x° Nous n’avons pas la possibilité d’indiquer la composition de Y engrais chimique à employer sous forme de comprimés (pastilles) pour plantes d’agrément (plantes d’appartement), cette composition étant variable suivant la nature de la terre et des plantes. Nous ne sommes pas d’avis d’admettre udc formule générale, et la formule employée pour fabriquer les comprimés dont il s’agit, nous est d’ailleurs inconnue; elle est le secret du fabricant. En tout cas, il vous faudrait consulter un ouvrage sur l’industrie des engrais chimiques (Voyez chez Dunod, éditeur, 47,.quai des Grands-Augustins, Paris, 6e, et au journal L’Engrais, à Lille). '
- 20 Pour la préparation d’un produit destiné à la destruction des mauvaises herbes, réponse vous a été donnée dans la Boîte aux lettres du n° 2536, page i55.
- G. B., à Annecy. — i° Les graines de grand soleil ou tournesol (Helianthus annuus) conviennent très bien pour les volailles; elles constituent un aliment de choix, aussi bien pour celles-ci que pour le bétail de ferme.
- a0 Comme ouvrages pratiques sur la basse-cour, nous vous signalons particulièrement les suivants : Aviculture, par Ch. Yoitellier, 1 vol., La Basse-cour, par C. Arnould, 1 vol.; La Poule pratique, par E. Leroy, 1 vol.; La Basse-cour, par A. Ducloux, 1 vol. ; Conseils pratiques sur Y incubation, l’élevage et l’engraissement, par J. Rodillon, 2 vol.; Poules qui pondent, poules qui paient, par Ad.-J. Charon, 1 vol.; Sous-produits de la basse-cour et du clapier, par Mme Barbet-Charton, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°); Manuel de l’éleveur de poules, par II.-L. Alph. Blanchon, x vol. (Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — L.e service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toicte commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/? pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ________
- La composition de mathématiques, dans l’examen d’admission à l’Ecole Polytechnique, de 1901 à 1920, par F. Michel, M. Potron. i vol. in-8 raisin 452 p., avec fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 4o francs.
- Recueil des problèmes posés à l’admission de l’Ecole Polytechnique avec indication des solutions, et groupement méthodique des connaissances de cours qui permettent de trouver ces solutions.
- Les autres mondes sont-ils habités? par l’abbé Tu. Mo-reux. 1 vol. in-16, i5o p., 8 pl. hors texte. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : 5 francs.
- Après avoir étudié les conditions générales de la vie, l’auteur aborde successivement les caractéristiques climatologiques de toutes les planètes connues; excellente occasion de résumer sous une forme agréable nos connaissances physiques sur les planètes : la Lune sans atmosphère, pays du silence et de l’absolue sécheresse, Mercure avec ses températures de 2000, Jupiter gelé à —1410, Saturne, Uranus, Neptune, mers de bouillantes vapeurs sont manifestement inhabitables. Seules dans le monde planétaire, Vénus et Mars offrent les conditions qui peut-être permettraient à la vie de s’y développer. L’auteur s’appuyant sur les observations faites se livre à une critique serrée des hypothèses formulées à cet égard, notamment celle de Lowell, qui conclut catégoriquement à l’existence des Martiens. Il montre combien la prudence est nécessaire en pareille matière et termine en prouvant que même pour ces deux dernières planètes, il est impossible en l’état actuel de la science d’affirmer qu’il s’y trouve des êtres vivants et surtout des êtres pensants.
- I,es nouvelles conceptions de la matière et de l’atome, par A. Berthoud. i vol. in-16, 33o p., 21 fig. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : cartonné toile, 12 francs.
- Pour donner une idée précise de la genèse et de la signification des conceptions modernes de la matière, l’auteur passe en revue successivement toutes lès grandes découvertes expérimentales (rayons X, radioactivité, électron, isotopie, etc.), et les doctrines nouvelles (théorie électronique, des quanta, de la relativité), qui ont bouleversé depuis peu les sciences physiques.
- Cette revue d’ensemble, à la fois précise et claire, à la portée de tout lecteur cultivé, constitue un excellent résumé des progrès de la physique moderne.
- La radiotéléphonie, par Carlo Toché. Préface du général Ferrié. i vol. in-4 couronne, 98 p., 44 fig. Gauthier-Yillars et Ci0, éditeurs, Paris, 1922. Prix: xofrs.
- Quel est le, principe de la radiotéléphonie ? Quels sont ses liens avec la télégraphie sans fil? Quelles sont les possibilités au point de vue portée, rendement, etc. ? Peut-on espérer la voir un jour supplanter la téléphonie ordinaire et faire disparaître la chevelure de ses circuits innombrables ?
- L’excellent ouvrage du capitaine Toché répond clairement à cés questions et sous une forme accessible à un public très nombreux. Tout en exposant le côté technique de la question avec netteté et rigueur, l’auteur s’est abstenu d’entrer dans les développements analytiques trop longs ou trop ardus. Au point de vue pratique, le lecteur trouvera un certain nombre de descriptions d’appareils industriels ainsi que des renseignements sur leur réglage et leur fonctionnement.
- La force motrice électrique dans l'industrie, par Marec,
- 1 vol. in-8, 614 p., 54i fig. Gauthier-Villars, éditeur, 1922. Prix : 55 francs.
- Le but visé par l’auteur est de guider ses lecteurs dans l’installation et l’organisation rationnelle de la force électro-motrice dans une usine. A cet effet, il fait ressortir les propriétés caractéristiques fondamentales du matériel, tel qu’il est fourni normalement par le constructeur ; il montre comment on doit l’installer, l’alimenter, l’entretenir, le réparer. Il étudie l’organisation générale des services électriques d’une usine, et passe en revue les principales applications des moteurs électriques.
- L'apprenti menuisier, par ,T. Fourquet et O. Lemeslk, 1 vol., 33o p., 675 fig. L. Eyrolles, éditeur. Paris, 1922. Prix : 8 francs.
- Ce manuel, né de la collaboration d’un praticien et d’un professeur, n’envisage et à dessein que le travail à la main parce qu’il doit être la base de tout apprentissage sérieux.
- L’ouvrage répond parfaitement au but visé par les auteurs, il est de lecture aisée, facilitée par une illustration excellente.
- Après une description des outils du menuisier, et l’exposé des notions indispensables de géométrie et dessin, le manuel expose dans un ordre rationnel la succession des exercices qui concourent à la formation d’un bon ouvrier : sciage, corroyage, entailles, assemblages, construction de portes, de croisées et de persiennes.
- Les Plantes, par J. Costaxtin et F. Faideau. i vol. in-4°, 3i6 p., 796 gravures photographiques, 338 dessins, 12 planches en couleurs et 14 planches en noir. Larousse, Paris. Prix : broché, 5o francs; relié demi-chagrin, y5 francs.
- Ce premier volume de la grande Histoire naturelle illustrée, consacré à la botanique, est une remarquable présentation, admirablement illustrée, fort agréable et instructive, d’une science trop négligée jusqu’ici en France et qui, cependant, procure à ses adeptes bien des joies.
- On verra dans Les Plantes les merveilles trop ignorées du monde végétal. On y trouvera décrits les spectacles variés de la nature : forêts équatoriales avec leur inextricable fouillis de branches et de lianes, paysages mexicains avec leurs cactus aux formes étranges, majestueuses forêts de chênes ou de hêtres centenaires, prairies étalées comme un vaste tapis d’herbes et de fleurs.
- Les degrés successifs de perfection des végétaux y sont aussi étudiés, depuis les lichens, simples lames qui prennent possession du roc nu, jusqu’aux fougères, variées à l’infini dans leur port, leurs contours et leurs nuances, et aux plantes à fleurs : arbres des forêts, arbustes des haies et des sous-bois, herbes des prés et fleurettes du bord des chemins.
- Les applications si nombreuses et si importantes des plantes y sont passées en revue. L’homme s’empare, pour sa nourriture, des matières mises en réserves dans les tubercules, les graines et les fruits; il en nourrit le bétail ; il en obtient ses boissons habituelles ; il en retire le sucre, l’huile, l’amidon, l’alcool. De la plante il tire des remèdes pour guérir ses maladies; elle lui fournit son linge, une partie de ses vêtements et des matières pour les teindre, elle lui donne, enfin, le bois avec lequel il édifie sa maison, la meuble et la chauffe, façonne des outils, fabrique du papier.
- Quelques pages finales sont consacrées à l’utilisation artistique de la plante, puis aux légendes et aux mythes auxquels elle a donné lieu.
- L’illustration, extrêmement abondante, est composée surtout de superbes photographies choisies avec le plus grand soin; documents provenant de savants comme de Vries, Pruvot, Joubin, Blaringhem, etc.: d’explorateurs comme Chevalier, Diguel, Alluaud, Geay, L. Gain, Holmsen, etc., dont beaucoup étaient inédits. "
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- N° 2541 16 Décembre 1922
- LA NATU
- Supplément.
- La quatrième comète de 1922. — M. Skjellerup, astronome à l’Observatoire du Cap, vient de découvrir une nouvelle comète. C’est la quatrième de Tannée (1922 d).
- Au moment de sa découverte, la position de cette petite comète, pour 14h 33™ 9 (heure du Cap), était de iih on’5os d’ascension droite et de io°43'43" de déclinaison australe, c’est-à-dire immédiatement au-dessus des étoiles de la constellation de la Coupe. Le mouvement en un jour était de -)- 3m 4os en ascension droite et de — i° 22' en déclinaison. C’est dire que la comète se dirige rapidement vers le Sud. (Télégramme de M. Strom-gren, directeur de l’Observatoire de l’Union astronomique internationale, à Copenhague).
- L’éclat de cette comète était d’après M. Barnard, de 8a grandeur le rr décembre. Le nouvel astre ne sera bientôt plus visible en France, sa déclinaison atteignant — 37° U le ior janvier 1923, d’après l’éphéméride calculée par M. Bengt (Circulaire n° 8 du Bureau central de Copenhague).
- L’industrie de la soie artificielle en Italie. La
- fabrication de la soie artificielle, dans l’industrie italienne, se pratique suivant quatre procédés de production (intro-cellulose, solution cupro-ammoniacale, acétate de cellulose, viscose). Le capital engagé dans cette industrie s’élève, actuellement, à 420 millions; on prévoit qu’il sera plus que doublé en 1923.
- Les quatre grandes fabriques de Pavie, Venaria, Padoue et Cesano Maderno, produisent, par jour, ti 000 kg de soie artificielle (viscose). Avec les nouvelles installations en cours d’exécution à Rome et à Naples, la jDroduction, en 1923, dépassera 24000 kg par jour.
- L’exportation de la soie artificielle italienne se chiffré comme suit :
- Années. Soie teinte. Soie écrae.
- kilogr. kilogr.
- I9>9 16.071 214.362
- 1920 3 r.570 364.794
- 1921 ( ier semestre) ”•597 3 7 G.52" 6
- Ï92I (2e semestre) . . • • 517.94
- Les principales destinations ont été les suivantes :
- 1919 1920 rr semestre 1921
- Etats-Unis . . . . 63.682 108.600 173.876
- Belgique. . . » » 16.482
- France. . .... 41•000 1.332 2.331
- Angleterre . . . . 23.041 30.420 2.430
- Espagne. . . . . 14.261 28.858 43.149
- Suisse. . . . . . 69.815 187.317 23.532
- Autriche. . . . . 1.764 5.179 33.837
- L’industrie italienne écoule aux Etats-Unis de fortes quantités de déchets de soie artificielle.
- Influence de l’arséniate de soude sur la végétation. — Les études se multiplient en vue de rendre pratique l’emploi des procédés de bactérisation des sols, c’est-à-dire d’empêcher que certains organismes contenus dans le sol, notamment les protozoaires, entravent l’action des bactéries utiles.
- C’est ainsi que MM. Gustave Rivière et Georges Pi-chard, de là Station agronomique de Seine-et-Oise, ont pu démontrer, par des expériences fort intéressantes, qu’un antiseptique comme l’arséniate de soude exerce sur la végétation un effet très favorable lorsqu’on l’emploie à petites doses, effet qui s’expliquerait par ce fait que l’arséniate de soude détruit les protozoaires, eux-mèmes destructeurs des bactéries utiles, alors qu’il ne détruit pas ces dernières.
- Dans leurs expériences, MM. Rivière et Pichard ont obtenu les résultats suivants :
- Augmentations de rendements de 4jo kg de blé en employant n kg d’arséniate de soude; de bn7 kg avec 42 kg d’arséniate. Sur avoine, une dose de 21 kg a procuré un excédent de rendement de 1253 kg, une dose de 42 kg a donné un excédent de i3g3 kg. Sur pomme de terre, on a récolté, avec une dose de 20 kg d’arséniate,
- un excédent de 2000 kg, avec une dose (de 3o kg, un excédent de 2540 kg.
- A la dose de 100 kg par hectare, l’arséniate de soude a entraîné, au contraire, un fléchissement du rendement.
- L’arséniate de soude agit, à faible dose, comme excitant de la végétation; il ne peut remplacer les engrais organiques ou salins habituellement employés.
- Un chêne remarquable. — Un de nos abonnés, M. Claudius Richard, de Culoz (Ain), nous envoie la photographie ci-jointe d’un chêne géant qui a été abattu récemment à Parissieu, hameau de la commune de Cressin-Rochefort (Ain), près de Belley, par son propriétaire, M. Gabriel Collot.
- a Sans prétendre, dit M. Richard, attribuer à ce colosse le record en dimensions parmi ses congénères,
- il n’en était pas moins une curiosité remarquable dans notre région du Bugey, où de nombreux visiteurs venaient chaque jour admirer ce géant qui mesurait, avec un diamètre à la base de 1 m. 40, une hauteur d,e 12 m. 5o. Son poids est de 12000 kg approximativement et il fournit 10 m3 de bois parfaitement sain. Les stries du bois permettent de fixer avec précision son âge qui est de 120 ans. »
- Plante résistant à une haute température. — 11
- s’agit des Opuntia. U Année Biologique signale deux études récentes publiées dans Science par M. D.-T. Mc Dougal et par MM. Mc D ou gai et Working. Au Desert Laboratory, ils ont constaté que les jeunes raquettes d'Opuntia poussent encore à 5o° et même à 56°,5. Les raquettes mûres peuvent supporter 55° à l’air libre sans périr. Les Opuntia commencent à croître à -j-90; leur croissance maximum a lieu entre 37 et 48°; mais elles grandissent encore à 56°,5. A 62°, elles s’arrêtent et se rident, mais reprennent leur développement dès que la température redescend à 5o°. C’est là un curieux exemple d’endurance que M. Mc Dougal attribue à la richesse de leurs tissus en pentosanes et mucilages, moins sensibles à la chaleur que les albuminoïdes.
- Pousse extraordinaire. — M. H. de Varigny analyse dans 1 ‘Année Biologique deux observations de MM. B.-W. Wells et W. F. Prouly publiées dans Science. 11 s’agit
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- INFORMATIONS
- d’un tronc étêté de Pavlownia tomentosa qui, eu 1919, a donné une pousse de 6 ni. g5 de haut, formée de 20 entre-nœuds dont le plus grand mesurait 47 cm 5. La base de cette pousse avait 6 cin v.5 de diamètre et 19 cm de circonférence. L’année suivante une tète de Pavlownia tomentosa produisit une pousse plus importante encore, de 6 m. 4^ seulement de haut, mais avec 24 entre-nœuds et mesurant 25 cm de circonférence à la base. Une des feuilles mesurait en juillet g5 cm de long.
- Cette observation, faite en Caroline du Nord, est probablement un record !
- La régénération des vieux journaux. — La presse quotidienne consomme des quantités formidables de papier et à ce titre, est en partie responsable de la rapide destruction des forêts du monde entier. Les Etats-Unis, qui voient s’épuiser rapidement leurs gigantesques ressources en bois, vierges encore au début du siècle dernier, se pi’éoccupent de réduire le gaspillage du papier. La Revue de Chimie industrielle signale que le Laboratoire des United States Forest Products s’est livré à des essais de régénération du papier des vieux journaux. Le procédé suivant a donné satisfaction : l’encre d’imprimerie est enlevée au moyen d’une argile nommée bentonite, provenant de cendres volcaniques que l’on trouve en abondance dans le Wyoming. Cette argile dissout l’encre et laisse le papier parfaitement net. Une installation actuellement en activité, a nettoyé par ce procédé 1 5oo 000 b g de papier journal qui peut être réutilisé sans avoir perdu ses qualités.
- Le prix de cette régénération est, paraît-il, très bas et l’on espère que ce procédé permettra de récupérer annuellement plus de 2 millions de tonnes de papier journal.
- Le charbon dans l’Amérique du Sud. Au Chili.
- — Un de nos lecteurs qui a longtemps habité au Chili, dans la période qui s’écoula de 1894 à 1905, estime intéressant de compléter la note que nous avons publiée sous cette rubrique dans notre numéro du 3o septembre-
- C’est en effet dans la province de Concepcion, entre Concepcion et Lota, presque exactement au centre de la baie d’Àrauco, protégée en tout temps des vents du Sud, que furent découvertes les mines de charbon les plus importantes du Chili et même d’Amérique du Sud par M. Federico VY. Schwager un peu avant 1875.
- Le lieu où elles sont situées est maintenant le port de Coronel. A la vérité ce port n’est'qu’une rade foraine, mais sa production de charbon en fait pour le Chili l’un des trois ports qui, avec Lola et Talcahuano, sont la clé de la ville de Concepcion, qui est reliée à ces trois ports par des chemins de fer. Tous les navires font escale à Coronel, spécialement pour s’approvisionner de charbon.
- M. Federico Schwager, leur prospecteur initial, en resta longtemps l’heureux propriétaire et exploitant. Elles doivent à l’heure actuelle appartenir à sa famille et sont en pleine prospérité. Elles portent d’ailleurs toujours son nom.
- Elles sont curieuses ces mines dont les sept puits actuels débouchent presque au bord, de l’Océan Pacifique, sur la grève même, et conduisent aux galeries d’exploitation qui se développent sous la mèr.
- Leur profondeur est si minime qu'on pourrait dire qu’on les exploite à fleur de terre. Pour la circonstance il faut modilier l’expression. C’est presque à fleur d’eau qu’elles s’exploitent.
- Qu’on en juge : le puits n° 1 n’est profond que de i3q m. Le puits Collico n’a que ioo m. de profondeur et le puits Quinta n’en a que 3o.
- Les mines Schwager produisaient en 1896 environ 120000 tonnes par an, et depuis lors elles ont pris un développement considérable. Coronel possède en outre les mines concurrentes de Pucocho, qui déjà à cette époque produisaient pour le moins 100000 -tonnes par an.
- Le mystère du Coucou. — Dans une récente « Information » de La Nature, était reproduite l’intéressante lettre de M. Burdet publiée dans le Bulletin de la Ugue française pour la protection des Oiseaux et ayant trait à l’expulsion d’un jeune rouge-queue de muraille par
- un jeune coucou, pendant que la couveuse était sur ses petits.
- Comme tous les amis des oiseaux, je me réjouis à l’idée de pouvoir admirer le film que nous'promet M. Burdet qui est un maître dans l’art de filmer les oiseaux. C’est en effet un pas énorme qu’il aura fait faire à la science ornithologique.
- Mais à ce film devront sans conteste venir s’en ajouter d’autres, pour résoudre la question si controversée du coucou. A plusieurs reprises déjà, nous avons vu des projections cinématographiques filmées par divers opérateurs, projections qui représentaient cette expulsion. Elles ne m’avaient jamais convaincu : ce n’était en effet que des expériences de laboratoire, si on peut ainsi s’exprimer. Chaque fois que je fus appelé à les discuter, c’est précisément celte objection que la couveuse n’était pas sur ses petits, que je fis intervenir en premier lieu. Jamais en effet, la couveuse, dans ces films, n’était sur son nid lorsque l’opérateur cinématographiait. M. Burdet nous annonce qu’il va faire tomber cette objection.
- Il n’en demeurera pas moins d’autres questions à résoudre, très facilement, pour qui a le temps de s’adonner à l’étude suivie des oiseaux, temps dont je ne dispose malheureusement pas, ce qui m’a toujours empêché de suivre mes amis les oiseaux pas à pas pour surprendre les secrets de leur existence si pleine d'imprévu.
- Le mystère du coucou, en réalité, n’est que ce qu’en veulent bien faire les hommes. Le coucou n’est pas difficile à observer, en prenant les précautions d’usage : il n’est pas d’oiseau qui soit de mœurs plus régulières au temps de la nidification.
- Pour bien observer le coucou, il faut cependant l’observer sans idée préconçue, comme on observerait un moineau, par exemple, sans plus. Les observations devraient évidemment être suivies. Ne leur consacrer que 2 ou 3 heures par quinzaine n’avance à rien. Ceci dit, voyons les autres points à élucider, absolument entendu que nous ne voulons en rien diminuer le mérite de M. Burdet que chacun se plaît à reconnaître pour un des plus éminents protecteurs de l’Oiseau :
- U Si le jeune coucou expulse du nid les œufs ou jeunes de ses nourriciers, comment s’y prend-il pour les projeter hors d’une cavité profonde parfois de 25 à 3o cm, contenant le nid d’une dupe dans lequel le coucou a pondu ? Aveugle, sans force, puisque c’est immédiatement après son éclosion qu’œufs ou jeunes sont expulsés, comment s’y prend-il pour les jeter dehors en les faisant passer par une euverture dans laquelle on peut à peine mettre le poing:1
- 20 Comment se fait-il qu’au pied du nid d’où un petit coucou a expulsé œufs ou jeunes des nourriciers, on ne retrouve jamais ceux-ci au complet, même quand le nid est placé sur le sol, sans que rien puisse les dissimuler ?
- 3° Comment se fait-il qu’au pied de l’un ou l’autre de ces nids, on ait retrouvé des œufs du nourricier avec, imprimée dans l’écale, la marque des mandibules d un oiseau qui ne peuvent être celles du jeune coucou (trop faibles) ni celles du nourricier (bec trop petit) ?
- 4° Comment se fait-il que, chaque jour, le coucou adulte inspecte le nid de ses dupes et que vient-il faire aux abords de ces nids ?
- 5° Comment se fait-.il qu’en plusieurs circonstances on ait vu le coucou adulte aux environs de ces nids alors que les œufs ou jeunes venaient d’être expulsés:1
- A ce propos il est curieux de constater que précisément, dans les observations de M. Bernard, observations relatées avec une probité qui fait éprouver pour ce naturaliste le plus profond respect, d’autant plus que c’est cette probité qui permet d’élever certains doutes relativement à l’exactitude des faits relatés et que précise M. Burdet, il est curieux de constater, disons-nous, que chaque fois que M. Bernard a observé un nid d’où étaient expulsés des œufs ou des jeunes, il a aperçu le coucou adulte aux abords du nid.
- Que voilà, me direz-vous, de points d’interrogation. Est-il un observateur qui voudra bien apporter quelque lumière sur l’un ou l’autre d’entre eux ? Car tant que ces problèmes n’auront pas reçu une solution, on ne pourra pas dire que le mystère du coucou est résolu. Loin de là, il n’en sera que plus embrouillé.
- Coopman.
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- VARIÉTÉS
- A PROF OS DU BATEAU PARADOXAL K *536)
- La Nature a reçu, au sujet de ce bateau, une abondante correspondance, d’où nous' extrayons les deux renseignements suivants.
- M. Maurice Copin, de Paris, écrit :
- « \ous paraissez considérer l’idée comme récente; or, sans vouloir enlever rien du mérite de ceux qui l’ont appliquée, je vous ferai observer que voici plus de 60 ans qu’elle a vu le jour.
- C’est un français, originaire de la Haute-Garonne et nommé- Michel 'Desplats qui en est l’auteur.
- Emigré en Argentine, cet ouvrier charpentier avait fait là-bas une très jolie fortune en construisant des escaliers pour Buenos-Aires. Esprit inventif, il consacra une partie de son avoir à la réalisation de différents projets nés dans sa cervelle et venant en France lors des expositions universelles, il en profita pour essayer' de réaliser les fruits de son imagination.
- En 1867, il apporta les plans d’un navire comportant des mâts comme un voilier ordinaire, mais les voiles étaient remplacées par des roues à aubes à axe vertical, qui actionnées par le vent transmettaient la force reçue au moyen d’engrenages d’angle à l’arbre de couche portant l’hélice propulsive.
- A Paris, il obtint une subvention sur la cassette particulière de Napoléon III et lit exécuter par mon grand-père un modèle réduit qui fut expérimenté sur la Seine au Pont Royal/en face la frégate aujourd’hui disparue.
- Fig. 1. — Premier modèle du bateau à vent de M. Allary dessiné par lui-même.
- Les essais furent peu concluants; mal lesté, le bateau chavira soùs une rafale un peu forte et l’inventeur en voulant le repêcher tomba lui-même à l’eau. L’expérience ne fut pas renouvelée ; mais il n’en reste pas moins acquis qu’en 1867, un Français a eu l’idée, mise à exécution, d’utiliser la force du vent pour actionner l’hélice d’un bateau de manière à naviguer contre le vent ».
- D’autre part, M. E. Allary fils, de Brest, écrit :
- « Cette question m’intéresse d’autant plus vivement, que je crois avoir été l’un des premiers à faire une étude systématique de l’utilisation de la puissance du vent pour la propulsion des véhicules de toutes espèces. Il y a environ une vingtaine d’années, je construisais (avec l’aide d’un ami,M. Emile Audeinar, actuellement contrôleur des Douanes au Havre) un modèle de petit bateau destiné à se propulser contre le vent en se servant de lui. Ce bateau présentait cette particularité de ne comporter aucun mécanisme multiplicateur oudémulti-plicaleur. Il se composait (fig. 1) d’un flotteur fusiforme portant un arbre incliné, terminé par une hélice aérienne formant moulin à vent à son extrémité supérieure, et une autre hélice plus petite fonctionnant comme propulseur à l’extrémité inférieure qui plongeait dans l’eau. Ce petit bateau était « traîné » par l’hélice marine, l’hélice aérienne étant rejetée à l’arrière par le vent. C’était un modèle de démonstration ne pouvant fonctionner que « vent debout ». Malgré sa simplicité de construction, il fonctionna parfaitement, se déplaçant avec une grande vitesse contre le vent. Le modèle définitif comportait, comme celui de M. Constantin, des engrenages et une hélice orientable (fig. 2 et 3), ce qui lui permettait de gouverner en tous sens, quelle que soit la direction du vent. Par la suite, je construisis également toute une série de véhicules terrestres pouvant également se déplacer contre le vent. C’est alors que vers 1911, M. Constantin commença ses expériences sur des véhicules analogues aux miens. Au cours d un article sur ce sujet, paru dans f,a Nature du 5 août 1911, M. Chassé-riaud eut l’extrême amabilité de mentionner mes modestes recherches. Malheureusement, il 11e faisait pas
- mention de mon « bateau à vent » qui cependant était antérieur à mes véhicules terrestres. »
- Enfin, le Phare de Calais a publié dans son numéro du 14 novembre une lettre de M. l’abbé Piedfort, directeur de l’Institut industriel de Calais, d’où nous extrayons le passage suivant :
- « C’est en arrivant à Calais, comme professeur, il y
- Fig. 2. — Le bateau à vent de M. Allary à hélice orientable et engrenages.
- a 35 ans, que j’eus l’idée de doter la marine de Calais d’un bateau de pêche utilisant le veriL pour progresser -, droit au vent.
- L’idée ne m’a pas quitté depuis, et après de nombreux essais qu’il serait trop long de raconter, j’eus la-pensée qu’il était possible de combiner une hélice aérienne actionnant une hélice sous-marine, mais qu’il fallait disposer la première pour que, à même puissance, sa réaction d’avant en arrière fût plus faible que la réaction d’arrière en avant de l’hélice propulsive.
- Pour vérifier ces calculs, je construisis, avec des pièces mécaniques que j’avais sous la main, un chariot dont l’hélice réceptrice du vent actionnait, par démultiplication de la vitesse, des roues ordinaires ou des roues à aubes. Dans ce dernier cas, le chariot était placé sur un flotteur.
- Je vis avec joie mes calculs confirmés par l'expérience et c’est alors, en 1916, que je fis une exposition publique, ignorant tout des travaux de M. Constantin. Je ne parle pas de ceux de M. Jœssel qui fit ses expériences un an après moi.
- Hier seulement, en lisant La Nature, je vis d’abord avec émotion que j’étais dans l’erreur eu réclamant la priorité. Puis je fus heureux en constatant la réalisation industrielle de mes recherches et surtout en voyant que la découverte est bien française.
- Le premier brevet de M. Constantin, d’après La Nature, est du 24 février 19(0. Il construisit le premier un chariot.
- M. Jœssel fit de son côté des essais de laboratoire
- Fig. 3. — Coupe du bateau à vert de M. Allary.
- sans rien connaître des travaux de M. Constantin; mais, en 1917 seulement, il présentait en public des radeaux d’expérience qui progressaient contre le vent.
- De mon côté, je poursuivais mes recherches, et en 1916, j’avais la persuasion de la haute portée de ma découverte, me croyant seul à la posséder.
- C’est alors que j’étudiais les hélices « Le Dantec » pour les transformer en turbines aériennes, en vue d’armer une petite barque avec l’aide du commandant de l’bydro-aviation belge, M. Albert de Bueger, qui voulut bien m’encourager, et que je remercie publiquement ici.
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- VARIÉTÉS
- Les résultats obtenus par MM. Constantin et Joessel, indépendamment l’un de l’autre et ceux que j’ai obtenus moi-même, me croyant seul à travailler, auront, je 1 espère, la puissance d’ouvrir les yeux à la population de Calais et susciteront bientôt la création d’une petite flottille calaisienne de bateaux de pèche, qui, sans consommer de charbon, pourront, poussés par un vent bienfaisant, désormais dompté, s’orienter et naviguer
- en tous sens. C’est une fortune pour notre marine de pêche.
- Une remarque, en terminant, la turbine aérienne « Levasseur » de 9 m. de diamètre et à, deux pales ne me parait pas être suffisante pour acquérir la vitesse ; mieux vaut l’hélice « Le Dantec » que j’ai adoptée et qui peut se construire facilement en bois et de toutes dimensions, suivant les plans que j’ai établis. »
- BIBLIOGRAPHIE
- OSt
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- Service de librairie. — Le service de libraiiùe de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Les applications élémentaires des fonctions hyperboliques à la science de Vingénieur électricien, par A.-E. Kennelly, 1 vol. in-8°, 154 P-, 3i fig. Gaulhier-Yillars, éditeur, Paris, 1922. Prix : i5 francs.
- M. Kennelly est un éminent ingénieur et professeur d’électricité américain, délégué en France en 1921-1922 comme professeur d’échange. Ce volume contient les leçons qu’il a professées en France à ce titre. Les fonctions hypei’boliques interviennent dans la technique électrique surtout pour le calcul des lignes à courant continu ou alternatif; elles s’introduisent naturellement dans le calcul de la distribution de potentiel et de l’intensité le long de la ligne. M. Kennelly expose d’une façon élémentaire les propriétés essentielles de ces fonctions et montre comment elles permettent de déterminer pratiquement les propriétés de diverses espèces de lignes électriques.
- Report on Contact Catalysis, par W.-D. Bancroft. 1 brochure, 4^ p. (publication du National Research Council des Etats-Unis). 1701. Massachusetts Avenue, Washington, 1922. Prix : 5o cents.
- L’auteur résume la situation actuelle du problème de la catalyse par contact; on sait le rôle essentiel que cette question joue dans la chimie moderne; mais la cause et le mécanisme des phénomènes de catalyse sont encore mal connus. M. Bancroft passe en revue et critique les différentes hypothèses émises : formation de composés intermédiaires instables, effets de concentration, effets d’adsorption suivant les vues de Langmuir, actions photochimiques. Il montre qu’aucune de ces hypothèses n’est suffisamment appuyée par les vérifications expérimentales et il montre dans quelle voie doivent, suivant lui, s’engager les recherches destinées à jeter quelque lumière sur ces questions encore fort obscures.
- Cours pratique du mécanicien-chauffeur, par G. Cabiac. x vol. in-t6, 5iti p., 211 fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : 16. francs, franco 17 fr. 60.
- L’auteur a groupé dans ce volume des renseignements élémentaires et pratiques relatifs aux moteurs thermiques de toute catégorie : machines à vapeur, turbines à vapeur, moteurs à explosion, moteurs à gaz, moteurs Diesel et semi-Diesel.
- Les combustibles et les chaudières à vapeur font l’objet de chapitres spéciaux. L’auteur décrit les diverses machines et indique leur mode de fonctionnement, ainsi que les principaux incidents qui peuvent survenir en marche.
- Manuel du peintre en décors, par P. Guxlyert. i vol. in-18, 282 p., xo5 fig. Baillière, éditeur, Pax-is, 1922. Prix : 10 francs.
- Guide pour l’imitation par la peinture des divers bois, des marbres, des bronzes; traite aussi de l’exécution des enseignes, du filage et de la dorure.
- L’âme nègre, par Maurice Delafosse. i vol. in-16, 180 p. Payot et Cie, Paris. Prix : 3 francs.
- Qu’est-ce que l’àme nègre ? Qu’y a-t-il au fond du cœur d’un Noir africain? C’est ce que l’auteur a demandé aux Nègres eux-mêmes, à leur littérature populaire qui, sous forme de contes, de fables, de maximes, de proverbes, de chansons, règne du Sahara au Cap de Bonne-Espérance et de l’Atlantique à l’océan Indien, et nous révèle ce que pensent et ce que sentent les Noirs sur la religion, la famille, la fidélité aux traditions, le patriotisme, l’obéissance à l’autorité, le triomphe de la ruse sur la force, l’ardeur guerrière, la malice des femmes, l’amour, l’amitié, la justice, le respect de la parole donnée, la reconnaissance et l’ingratitude, l’altruisme et la pitié, l’hospitalité et la générosité, la discrétion et aussi comment se manifestent leur esprit satirique, leur sens d’observation, leur conception de la sagesse, leur humour et leurs délassements intellectuels.
- Manuel de Psychologie, par E.-B. Titchener, traduit par H. Lesage, x vol. in-8°, 571 p., 65 fig. Bibliothèque de Philosophie contemporaine, Félix Alcan, Paris. Prix : 35 francs.
- Le Manuel de Psychologie du professeur Tilchener présente un double intérêt pour les étudiants en psychologie : l'un lui vient de l’autorité même de l’auteur qu’on peut considérer comme le maître de la psychologie expérimentale en Amérique; l’autre du but que celui-ci s’est proposé, composer un manuel également éloigné des ouvrages dans lesquels l’esprit de système, hérité de la psychologie métaphysique, s'occupe moins à décrire exactement les faits qu’à construire de brillantes synthèses, et des ouvrages qu’un exclusif souci d’analyse présente comme des mosaïques de problèmes où ne circule plus l’unité de la vie mentale.
- Au lecteur français, et c’est là l’intérêt principal de cette traduction, ce livre px’ésente pour la première fois d’une façon systématique les efforts et les résultats de la psychologie du laboratoire qui cherche à contrôler et à préciser par les procédés expérimentaux les données de l’introspection.
- The Evolution of Climate, par C. E. P. Brooks. i vol. 173 p. Benn, Brothers, éditeurs, 8, Bouverie Street, E. C. G., Londres, 1922. Prix net : 8 sh. 6 d.
- L’auteur s’appuyant sur les témoignages de la géologie s’attache à mettre en évidence les fluctuations du climat dans les diverses régions du globe au cours de la période glaciaire et jusqu’à nos jours.
- Formulaire aide-mémoire de l’électricien praticien, par E. Marec, 20 édition revue et augmentée, 1922, 1 vol. in-18 de 5oo p. avec 400 figures et tableaux, J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1922. Prix : i5 francs.
- Les insectes des orgues, par Ernest Perrier de la Batiiie, i broch. in-40, 12 p., 35 fig. Chez l’auteur, à Ugine (Savoie). Prix : 6 francs.
- Early LListory of the Creek Indians and their Neighbours, par John R. Swanton. Bulletin 73 du Bureau of American Ethnology. 1 vol. in-8°, 492 p., 10 pl. Smithso-nian Institution, Washington.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- N° 2542
- 23 Décembre 1922
- INFORMATIONS
- Q0L
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- La cinquième comète de 1922 (1922 e). — C’est la comète périodique Perrine qui vient d’être retrouvée par M. Hirayama, au Japon, à la position ci-après, pour le 29 novembre 1922, à 6h 5om o (t. m. Greenwich). Ascension droite = 8h 5“ 32s ;
- Déclinaison =-j-o0 28'.
- Mouvement diurne :
- En ascension droite =2 -J- 16"
- En déclinaison — — 44'
- La comète est très faible : i3° grandeur.
- (D’après la circulaire n° 8 de l’Observatoire de l’Union astronomique internationale, à Copenhague.)
- Une semaine des nuages. — L’Office national météorologique fait appel à la collaboration du public pour la prise de photographies de nuages au cours du mois de janvier 1923. Persuadé que les lecteurs de La Nature pourront contribuer avec une efficacité particulière au succès de cette entreprise, nous voulons leur faire comprendre son objet théorique ainsi que ses conséquences pratiques et leur demander leur amicale collaboration.
- Les progrès de la Météorologie dynamiquement nous avons donné un aperçù dans un article antérieur (La Nature, n° 247$ du io septembre 1921) n’ont pu être réalisés que par 1 établissement de caries synoptiques des grandeurs météorologiques que l’on se proposait d étudier. Rappelons qu’on appelle synoptiques des cartes géographiques où l’on reporte les valeurs des éléments observés simultanément dans un grand nombre de stations. On peut dire sans aucune exagération : « Pas de caries synoptiques, pas de progrès ».
- L’étude des nuages présente une importance théorique et pratique fondamentale. Sans elle, la sécurité de la navigation aérienne et la prévision du temps sont impossibles. Les nuages sont, en effet, les ennemis les plus redoutables des navigateurs de l’air et prévoir le temps, n’est-ce pas principalement prévoir les nuages?
- ; Les cartes synoptiques sont indispensables dans l’étude des nuages comme dans toutes les autres (pression, vent, température, etc.). Mais elles sont, de beaucoup, les plus difficiles a établir : Un simple nombre mesure aisément la pression ou le vent, mais comment peut-on décrire fidèlement par un chiffre ou quelques mots l’aspect complexe et fugitif du ciel? Et pourtant, si on ne le peut pas, comment perfectionner la connaissance scientifique des nuages?
- Nous avons proposé de substituer au langage descriptif la photographie d’un coin caractéristique du ciel. Eu reportant sur une vaste carte les épreuves prises au même instant, on constituera la carte synoptique idéale. Nous sommes convaincus que l’on créera ainsi un outil puissant qui améliorera grandement nos connaissances et perfectionnera, en particulier, le.concept de « système nuageux » dont nous entretiendrons quelque jour les lecteurs de La Nature et qui domine la théorie des nuages.
- Pour constituer la carte synoptique, les photographies devront être prises simultanément sur une vaste étendue, l’Europe par exemple. Des propositions sont adressées en ce sens à tous les services météorologiques nationaux. En attendant leur décision, l’Office national météorologique de France organise, seul, une démonstration préliminaire. C’est à celle-ci que nous convions instamment nos lecteurs.
- I. Date et heure des photographies. — Les photographies seront prises dans la semaine du lundi i5 janvier 1920 inclus au dimanche 21 janvier inclus (le dimanche étant facultatif), à raison de 2 par jour, à des heures aussi voisines que possible de 9 h. et. de i5 heures. Toutefois, en cas d’empêchement absolu, toute photographie prise à une heure quelconque sera d’une utilité réelle et pourra être jointe aux envois.. Il en est de même des séries incomplètes ne comportant par exemple qu’une photographie par jour au lieu de 2. Chaque photographie devra porter au dos, d'une manière très nette, 1 indication de la ville où elle a été prise, la date et l’heure, ainsi que la signature et l’adresse de l’auteur,
- et, autant que possible, la direction (Nord, Nord-Ouest, Ouest, etc.), dans laquelle était pointé l’appareil photo- , graphique.
- II. Nature des photographies. — Le principal mérité des photographies demandées sera de constituer unq série régulière de documents pris au cours d’une même semaine, et dans un très grand nombre de statibns, de manière à donner une vue d’ensemble du ciel, continue dans l’espace et dans le temps. La valeur artistique des photographies doit donc passer au second plan et-toute épreuve, quelle qu’elle soit, floue, grise ou insuffisante, constituera peut-être un document utilisable par comparaison avec d'autres documents meilleurs. Il sera donc essentiel de s’attacher à reproduire les aspects caractéristiques (•) du ciel plutôt que les aspects artistiques, et, d’une manière générale, aucune photographie ne devra être rebutée.
- Les photographies d_e nuages se font en employant autant que possible des écrans colorés en jaune et de faibles temps d’exposition.
- Les photographies devront être envoyées à l’adresse suivante :
- Monsieur le Ministre des Travaux Publics (Office national Météorologique)
- rue de l’Université, 176 Paris (VIT)
- Le directeur de l’O. N. M. se fera un devoir de remercier personnellement chacun de ses collaborateurs bénévoles.
- Les électrets. — L’aimant le plus simple se présente sous la forme d’une tige d’acier magnétique, avec un pôle Nord à une de ses extrémités, un pôle Sud à l’autre. Si, on le brise en un certain nombre de fragments, chacun d’eux est également un aimant. Malgré le parallélisme qui règne entre les propriétés fondamentales de l’électricité et du magnétisme, on ne connaissait pas jusqu’ici d’homologue de l’aimant dans le domaine électrique, c’est-à-dire une substance présentant en permanence des pôles électriques de signe contraire. Un professeur japonais, M. Honda, à l’Université de Sendaï, étudie depuis plusieurs années les conditions permettant d’obtenir des tiges faites d’un diélectrique solide et chargées en permanence d’électricité positive à une extrémité, d électricité négative à l’autre. Un de ses élèves, M. Sâto a résolu le problème : dans le Science Report de l’Université de Sendaï, il relate qu’il a construit un tube contenant un diélectrique à l’état liquide. Ce tube est muni de 2 électrodes, et pour le former, on connecte ces électrodes aux pôles d’une machine électrique. On fait alors solidifier lentement le diélectrique, à partir de chaque extrémité du tube, le centre ne se solidifiant qu’en dernier. Si l’on extrait alors du tube la tige de diélectrique, on constate qu’elle est chargée positivement à une extrémité, négativement à 1 autre et cette^ charge paraît se maintenir pendant plusieurs années. Si on coupe la tige en plusieurs tronçons, chaque tronçon présente également en permanence un pôle positif d’un côté et un pôle négatif de l’autre, la charge électrique de chaque tronçon est proportionnelle à la distance qui le séparait, avant la rupture, du centre de la tige primitive. M. Sâto a donné à ces tiges le nom d’électrets (par analogie avec le mot anglais magnets-aimants) ; il attribue leurs propriétés à des ions immobilisés lors de la solidification du diélectrique.
- Un laboratoire d’essais électriques à 1 million de volts. — On construit actuellement à l’Institut technologique de Californie, à Pasadena, un laboratoire d’essais électriques où I on réalisera des voltages formidables de 1 million de volts. Cette installation, la plus puissante du monde, a été réalisée au moyen de souscriptions de grandes organisations industrielles de la contrée. Elle a un but précis : étudier les moyens de réaliser des transmissions d’énergie électrique à grandes distances, sous des tensions de l’ordre de 400000 volts.
- 1. Par aspect caractéristique du ciel, nous voulons désigner celui qui comporte le plus de nuages de natures différentes et qui donne, de ce fait, l’idée la plus fidèle de la composition du ciel.
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- INFORMATIONS
- On préparera ainsi la réalisation d’un grand projet, consistant à transporter en Californie une puissance hydraulique de plusieurs centaines de mille de chevaux vapeur, captés dans les canons grandioses et célèbres du Colorado. C’est le savant professeur Millikan, illustre par scs travaux sur l’électron, qui a reçu la direction de ce laboratoire. Il compte utiliser le puissant outillage mis à sa disposition pour étudier non seulement les problèmes techniques relatifs au transport de l’énergie électrique, mais encore les propriétés de la matière ; en particulier les possibilités de décomposition des atomes. L’installation comporte 5 transformateurs de 25oooo volts et de 1S0 kilovolts-ampères. Ils peuvent être connectés de façon que leurs voltages s’ajoutent.
- L’inflammation spontanée des gaz combustibles.
- — Comment expliquer certains accidents d'us à l’inflammation en apparence spontanée de jets formés de gaz combustibles ? Ce problème se pose en particulier devant les nombreux accidents survenus aux dirigeables allemands pendant la guerre. Aussi a-t-il fait l’objet d’intéressantes investigations de M. Pothmann, relatées dans la Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure. L’auteur a étudié spécialement l’hydrogène, mais certaines de ses conclusions sont, sans doute, applicables à d’autres gaz combustibles, au grisou par exemple. Les expériences ont été effectuées à Ahlhorn, à l’usine d’hydrogène de la marine allemande. Elles mettent en évidence le rôle joué par l’électrisation d’un jet gazeux humide. Opérant dans l’obscurité, M. Pohlmann, reprenant une vieille expérience bien connue de Armstrong, constate tout d’abord qu’un jet de vapeur d’eau sèche ne se charge pas d’électricité ; mais si la vapeur est humide, par le seul fait de son mouvement dans les tuyères, le jet se charge négativement, la charge se concentrant principalement au centre du jet. De même des jets d’air sec ou d’acide carbonique sec ne se chargent pas. Par contre, si à travers un orifice ménagé dans une paroi, on fait échapper de l’air ou de l’hydrogène mélangés à de la vapeur d’eau humide, des potentiels de ioooo volts sont observés à i5 cm de l’orifice, même lorsqu’il n’y a que 3 pour ioo d’eau liquide dans le mélange. Mais si l’on chauffe à 200° le gaz et l’eau, de façon que le jet ne contienne que de la vapeur sèche, on n’observe plus de différence du potentiel.
- D’autres expériences effectuées avec des jets gazeux provenant de chaudières à haute pression confirmèrent la conclusion que l’inflammation de l’hydrogène exige dans le jet la présence d’éléments solides ou liquides, et en outre l’existence d’une décharge électrique par effluve lumineux. Cet effluve augmente lorsque la pression du gaz augmente. Lorsque la pression du gaz humide dépasse 40 atmosphères, l’origine du jet d’échappement s’entoure d’une auréole lumineuse longue de 00 cm. Mais cet effluve ne provoque pas à lui seul l’inflammation du jet, quoique la charge électrique soit assez forte pour produire une étincelle longue de 7 cm entre deux électrodes d’un éclateur placé dans le circuit. Par contre, si l’on place ces deux électrodes dans la zone même de l’effluve lumineux, l’inflammation se produit. Plus la température de la vapeur ou du gaz est élevée, plus le danger d’inflammation est grand. Aux températures ordinaires, la présence de gouttelettes d’eau ou d’aiguilles de glace constitue aussi un grave danger.
- Les empreintes... nasales des vaches. — Les
- experts judiciaires étudient déjà les empreintes digitales des hommes. Etendront-ils leur science jusqu’au nez des vaches? Nature nous apprend que M. C.-L. Enos, surintendant du Bureau d’identification criminelle de l’Etat de Colorado, vient de publier dans Dactilography les constatations qu’il a faites sur le nez des bovidés. Chacun d’eux présente un dessin particulier qui diffère d’un animal à l’autre et reste constant pendant toute la vie. M. Enos y voit un moyen d’identification utilisable par les éleveurs pour reconnaître les bêtes de leurs troupeaux et par la police en cas de vol.
- Presque en même temps que paraissait cette étude, M. Dechambre présentait à l’Académie d’Agriculture une note de M. Alfred Leroy sur le même sujet et aboutissant aux mêmes conclusions.
- « Le mode opératoire suivi pour obtenir ces documents, dit M. Leroy, a été calqué sur la méthode adoptée par le Service de l’identité judiciaire, à Paris, pour
- l’inscription des empreintes digitales des individus arrêtés. Il consiste tout d’abord à assécher convenablement le mufle de l’animal qu’il s’agit d’identifier avec du papier buvard, précaution indispensable, sans laquelle la réussite des opérations ultérieures est impossible. On noircit ensuite la partie asséchée avec un rouleau de gélatine, enduit d’une encre grasse d’imprimerie. Il suffit alors d’appliquer sur le mufle des feuilles de papier blanc, en appuyant légèrement avec lé plat de la main, pour obtenir autant d’empreintes qu’on le désire.
- « On sait que, chez l’homme, ainsi que chez le singe, la disposition des rides de la peau d’une partie déterminée du corps reste la môme depuis la naissance jusqu’à la mort. Les figures dessinées par ces rides augmentent de taille à mesure que l’individu grandit, mais restent semblables à elles-mêmes. Il s'agit vraisemblablement là d’un cas particulier d’une loi générale, et il est probable qu’il en est de même chez les animaux qui nous intéressent. S’il en est bien ainsi, nous nous trouvons donc en possession d’une méthode précieuse, puisqu’elle peut permettre d’identifier aussitôt que possible après la naissance les veaux issus de parents inscrits à un herd-book et rendre impossible toute substitution ultérieure.
- « Les empreintes nasales des bovidés sont assez grandes pour pouvoir être examinées directement à la loupe, sans qu’il soit nécessaire de les agrandir par un procédé photographique, comme les services d’identité judiciaire sôntdans l’obligation de le faire pour l’étude des empreintes digitales humaines.
- « Ajoutons que cette méthode est susceptible de s’appliquer à d’autres espèces animales, et en particulier aux chiens (on peut relever à volonté chez ces animaux, soit l’extrémité de la truffe, soit la partie inférieure d’une patte).
- « L’emploi systématique de ce procédé est pour le moment mis à l’étude par le service du Livre zôotech-nique de Seine-et-Oise, organisme récemment créé sous les auspices de l’Office agricole départemental ».
- Le Polygraphe de FEpicea. — Un grand nombre d’Epiceas du Parc de Maisons-Laffitte meurent ou dépérissent par suite des ravages d’un insecte qui creuse dans l’écorce des milliers de trous et des galeries enchevêtrées.
- D’après les observations de MM. Bouvier et Pierre Lesne, du Muséum d’Histoire naturelle, il s’agit d’un Hylésinien noirâtre, de petite taille, le Polygraphus pu-bescens.
- Ces Scolytides s’attaquent, de préférence aux arbres languissants, dépérissants, ou à ceux qui sont abattus depuis peu, après quoi ils émigrent sur les arbres sains.
- Pour limiter l’extension du mal, M. Bouvier préconise la destruction des insectes sur les arbres morts ou attaqués, en abattant et brûlant ces arbres entièrement. Dans les régions forestières, on se borne à livrer à l’incinération les branches et l’écorce, ce qui laisse certainement échapper des insectes. Ce procédé ne peut suffire dans une région où les Epicéas sont plutôt rares et plus recherchés par l’espèce xylophage.
- Partout, il faut, après l’incinération, abattre quelques arbres malingres et les laisser sur le sol. Les insectes adultes viendront s’y réfugier de préférence. Ces arbres-pièges doivent être incinérés dès qu’ils présentent de fortes invasions de Polygraphes.
- L’extension des deg-âts causés par ces coléoptères xylophages paraît être la conséquence de la sécheresse de 1921, des ravages qu’elle causa dans les plantations d’Epiceas de plaine où, sur de nombreux points, les trois quarts des arbres périrent.
- Nouveau concours du carburant national. — Le
- Comice agricole de l’arrondissement de Béziers nous informe qu’un nouveau concours est ouvert pour l’étude de l’emploi comme carburant de l’alcool seul ou mélangé à l’essence. Il se clôturera au mois de juin 1923 par l’attribution de primes en argent, soit aux meilleures formules de production des carburants à base d’alcool, soit au travail le plus complet sur l’utilisation de ces carburants. Un programme fixant les conditions de participation à ce deuxième concours est dès maintenant à l’imprimerie et pourra être envoyé à tous les inventeurs qui en feront la demande au Comice agricole.
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- Super-amplification à basse fréquence. — Il est
- souvent nécessaire, soit pour obtenir une amplification puissante destinée à une audition publique à l’aide d’un
- Récepteur ZOQuj
- tension de plaques et des accumulateurs de 6 volts pour le chauffage des filaments. Les lampes sont des lampes de réception ordinaires ou renforcées (type métal).
- Une deuxième solution consiste à placer des lampes en parallèle sur les étages à basse fréquence de l’amplificateur habituel (fig. 2).
- Si on a deux étages à basse fréquence, on pourra géné-
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- 300 volts
- Fig. 1. — Amplificateur BF spécial à résistances.
- Fig. 4. — Amplificateur type Magnavox.
- haut-parleur de grandes dimensions, soit pour recevoir distinctement sur cadre ou sur petite antenne des postes éloignés, surtout en radiotéléphonie, d’avoir un amplificateur à basse fréquence de rendement supérieur ; or il est très difficile d’obtenir par les procédés ordinaires un puissant amplificateur à basse fréquence ; en effet, F amplificateur à basse fréquence et à résistance ordinaire donne généralement des résultats peu satisfaisants et si on emploie un amplificateur à transformateurs avec
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- 80 à 160 v.
- Fig. 2. — Dispositif sc plaçant à la suite de l’amplificateur habituel. (On peut mettre jusqu’à 3 lampes en parallèle.)
- ou sans fer à la suite de l’amplificateur à haute fréquence on peut difficilement augmenter le nombre d’étages qui pratiquement ne peut dépasser trois.
- Une première solution se présente et a déjà donné d’excellents résultats pour la réception du haut-parleur, elle consiste à employer un amplificateur à résistances spéciales. Cet appareil a déjà été décrit dans « l’Onde électrique » : il se place à la suite de l’amplificateur à haute fréquence en employant des batteries séparées et
- jeff Lampe BF ï lampes en parallèle Lf lampe BF Hampe en
- de làmplifîcateur parallèle
- Fig. 3. — Lampes en parallèles sur les étages BF ordinaires.
- en intercalant un transformateur rapport 1/1 entre les deux.
- Le premier étage comporte une seule lampe, le deuxième trois lampes en parallèle et le troisième trois lampes en parallèle.
- Nous en donnons ci-dessus le schéma (fig. 1). On emploie avec cet appareil un haut-parleur microphonique de 200 ohms; une batterie de piles de 240 volts pour la
- râlement placer trois lampes en parallèle sur le premier étage et deux lampes sur le second. Nous avons employé ce procédé avec succès sur un amplificateur Brillouin à 8 lampes, l’amplification a été ainsi augmentée d’un tiers au moins.
- On peut également augmenter très simplement le nombre des étages à basse fréquence au moyen de l’artifice suivant : à la suite de l’amplificateur ordinaire qui a déjà deux ou trois étages basse fréquence on ajoute un amplificateur à un ou deux étages à batteries séparées ; ces deux étages étant formés eux-mêmes de deux ou trois lampes en parallèle (fig. 3). Les deux amplificateurs sont reliés au moyen d’un transformateur rapport 1/1. L’amplification obtenue avec un seul étage est au minimum double de l’amplification ordinaire.
- Nous avons employé ce procédé avec succès à la suite d’un amplificateur type LI ou L 3 ter et obtenu ainsi de bonnes réceptions des émissions radiotéléphoniques de La Haye et de Kœnigswürsterhausen sur cadre.
- _ L’amplificateur Magnavox est basé sur le même prin-cipe(fig. 4) ; il comprend deux étages avec deux lampes type Radiotron en parallèle sur chaque étage. Il se place à la suite d’un amplificateur ordinaire auquel il est relié par un transformateur à fer rapport ï /1 à circuit magnétique fermé. Le premier étage est relié au second par un transformateur rapport 3 ou 4 à circuit magnétique ouvert, le noyau étant formé par un faisceau de fil de fer. Cet appareil est généralement utilisé avec un télémagaphonetype Magnavox grand modèle (fig. 5); l’amplification obtenue est réellement formidable ; d’ailleurs la puissance nuit souvent à la pureté du son; le chauffage se fait sous 6 volts et la tension de plaques est de 3oo volts.
- Enfin au lieu d’employer des lampes de réception ordinaires on peut utiliser des petites lampes d’émission américaines ou françaises de 10 ou 20 watts; on les place également en
- parallèle ; on alimente ces lampes sous 4 à 6 volts tension de filaments et 200 à 600 volts tension de plaques, ces données variant avec les caractéristiques des lampes.
- Il est possible que des procédés nouveaux comme la super-réaction d’Armstrong permettent d’obtenir des résultats identiques avec un nombre de lampes beaucoup plus x’éduit. Nous n’avons pas quant à présent une expérience suffisante de ces appareils délicats pour juger de
- Fig. 5.- Haut-parleur Magnavox grand modèle.
- Sur le socle, remarquer le transformateur. C’est un transformateur de modèle analogue qui est employé dans l’amplification Magnavox.
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- la question; en tout cas ils semblent plutôt s’appliquer à la réception des ondes courtes. Par ce court examen de ces quelques procédés pratiques on voit seulement qu’il est possible assez facilement te sans changer l'installation existante d’accroître dans de grandes proportions la puissance de l’amplificateur à basse fréquence et d’obtenir la réception de postes très lointains jusqu’alors inaudibles ou de réaliser une très forte audition en haut-parleur. Hk.maudinoueii.
- Cinématographie
- Multiprojecteur Massiot. — Avant la guerre, les grands appareils permettant les projections de genres multiples venaient généralement d’Allemagne. Encore ne réalisaient-ils pas la projection cinématographique.
- M. Massiot vient de soumettre à la Direction des Recherches et Inventions un nouvel appareil, de construction française, qu’il a réalisé.
- L’appareil « Projecteur Universel R. et M. » est entièrement métallique et monté sur un bâti en fonte; le châssis qui supporte l’ensemble est inclinable pour viser dans la direction de l’écran (fig. 6 et 7).
- Il permet de faire ;
- r° L‘ épiscopie, la pièce étant placée sur un support horizontal; dans cette position, l’éclairage est obtenu
- Fig. 6. — L’appareil fonctionnant comme épiscope.
- par réflexion du faisceau lumineux sur un miroir concave de foyer approprié (fig. 6).
- L’image est reprise par un miroir, argenture Foucault, et renvoyée par un objectif « Epi Recla » série spéciale, travaillant à F. 4- 2, par une focale de 5oomm, le diamètre de l’objectif étant 55 millimètres.
- 10 L’épiscopie, la pièce placée obliquement, sur une tablette orientée par construction suivant l’angle voulu ; l’éclairage étant direct, donne un éclairement plus intense, la remise au foyer est obtenue par le simple glissement du miroir Foucault et le même objectif « Epi Recta » est utilisé sans avoir à la déplacer;
- 3° La diascopie, format des dispositives 9X12 hauteur ou largeur et 3,5 X 10 (les deux dimensions courantes), on pourra à la rigueur, et si on en reconnaît Futilité plus tard, adapter à l’appareil un dispositif qui permette la projection d’une portion de cliché de format supérieur, le champ projeté restant inscrit dans un cercle de i5o millimètres.
- En avant du porte-cliché et sur un bâti rigide faisant corps avec le bâti principal de l’appareil se trouve un support revolver qui maintient à la fois le microscope de projection et l’objectif diascopique de la série « Epi Recta » focale 25o mm, diamètre 61 mm. Des butées de réglage assurent la position correcte et centrée de l’objectif diascopique, le microscope étant rejeté de côté.
- 4° La micro-projection (fig- 7). — Pour ces projections la cuve s’impose, elle est montée à pivot sur un axe vertical, voisin du condensateur, et peut par conséquent prendre instantanément sa place.
- Le microscope de projection, avec focus porte-préparation, mouvement de mise au point rapide et micrométrique, avec ses 2 objectifs montés sur revolver et l’oculaire monté comme il est dit plus haut, se substitue
- Fig- 7-—Le meme, disposé pour la projection microscopique.
- à l’objectif de projection par simple pivotage de la pièce support.
- Pour éviter la lumière diffuse, la plaque de tôle formant toiture de l’appareil s’avance et soutient un rideau qui arrête cette lumière.
- Les grossissements prévus sont respectivement 3oo,
- Fig. 8. — L’appareil installé pour la projection cinématographique.
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- 700 et 800 diamètres. Au cours d’une présentation, I j’estime que l'emploi de grossissements supérieurs est une difficulté pour l’opérateur, non compensée par les avantages de la photo-micrographie sur autochromes.
- 5° Le cinéma (fig. 8). — Le bâti avant de l’appareil est prévu pour recevoir le mécanisme « Stator » dont la substitution est très simple et rapide grâce à la disposition des bras porte-bobines. Pour cet usage, un décalage de la -lanterne et du porte-lentille avant ont été prévus pour compenser le décentreraent de l’objectif Cinéma par rapport à l'axe principal de l’appareil.
- Immédiatement en dessous du Cinéma, un moteur Universel fonctionnant sur courant continu ou alternatif commande, par galet tendeur et courroie, la marche de l’appareil.
- Les organes correspondant à l’utilisation de l’appareil comme poste cinématographique peuvent être adjoints ultérieurement : aucune modification n’est à apporter à l’ensemble, la place des choses étant prévue dans la construction.
- Le constructeur du Multiprojecteur est M. Massiot,
- 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- r> Photographie
- L’agrandisseur « Auto-Focus ».— Cet appareil (fig. 9) est. une très ingénieuse simplification de P Eastman Projection Printer que nous avons décrit dans le n° a513, du 3 juin 1921. La lanterne de projection est montée sur un robuste support en fonte, terminé par un étau de serrage, à mâchoires garnies de feutre, qui permet de le fixer solidement au bord d’une table quelconque, sur laquelle le papier sensible sera maintenu plat au moyen de deux règles d’acier garnies de feutre.
- L’appareil de projection, à axe vertical, se compose d’une cham-_ bre noire à soufflet, munie d’un cadre porte-clL^ ché et d’une planchette porte-objectif. L’objectif estiflt anastigmatde i3o mm de foyer, auquel peuvent s’adapteF* des disques diffuseurs évitant une trop grande sécheresse des lignes. Le porte-cliché reçoit des négatifs, sur verre ou sur pellicule, de tous formats jusqu’à io><ji5 cm inclus. L’éclairage est assuré par une lampe à incandescence de 100 bougies placée dans l’axe d’un réflecteur parabolique. L’interposition d’un verre opalin répartit très uniformément la lumière sur toute la surface de l’image.
- La caractéristique essentielle de cet agrandisseur est que l’image projetée sur la table se présente constamment au maximum de netteté, sans qu’il y ait jamais à se préoccuper d’une rectification de la mise au point. Pour régler l’amplification, il suffit d’élever ou d’abaisser le projecteur. Un système de leviers articulés règle automatiquement la distance de l’objectif au cliché, augmentant cette distance quand on abaisse l’appareil, la diminuant quand on le relève. Un index mobile devant une échelle graduée indique l’amplification, variable de i,5 à 3,5. Un cliché 9X12 peut ainsi être agrandi
- depuis i3,5 X 18 jusqu’à 3t x 42-
- Un écran orangé, commandé par un levier extérieur, se rabat sur l’objectif pour permettre la mise en place du papier sensible. Cet' appareil est construit par la Société Kodak, 39, avenue Montaigne, à Paris,
- Pince de suspension à flotteur pour pellicules et papiers. — Les pellicules rigides tendent de plus en plus à entrer dans la pratique photographique, aussi bien chez l’amateur que chez le professionnel.
- Or, les cuves ont élé faites pour les plaques, d’où difficulté de tenir les pellicules dans les bains et de les transporter d’un bain à l’autre.
- La pince de suspension a été créée par un photographe, M. J. Caburet, pour le lavage rapide et le séchage des clichés sur pellicules rigides et Film-Pack, Isofilm et autres préparations analogues, ainsi que pour les épreuves positives de tout format, dans des récipients quelconques de profondeur suffisante.
- Cette pince (fig. jo) serre énergiquement et la forme de son bec ^‘uce; de suspension limite son serrage a la largeur de la marge sans empiéter sur l’image,
- son flotteur tenant le cliché ou l’épreuve en suspension dans l’eau les empêche de se froisser et permet à l’hypo-sulfite de s’éliminer rapidement sans avoir besoin d’agiter le bain, ce qui supprime l’inconvénient d’être occupé pendant des heures à remuer et changer l’eau.
- Pour sécher les épreuves après lavage complet on suspend la pince (sans en détacher l’épreuve) à une cordelette, d’où son crochet tordu en queue de porc, l’empêche de sortir malgré toutes les secousses.
- Cette pince ingénieuse a été inventée et est construite par M. J. Caburet, à Héricourt (Haute-Saône)
- «g'Dss, Jlutomohilisme
- Un frein d’automobile qui se règle tout seul. —
- En matière d’automobiles, les nouveautés réellement pratiques sont aujourd’hui trop rares pour qu’on n’en souligne pas l’apparition : nous représentons ci-dessous le régleur de frein, appareil ingénieux et robuste qui effectue le réglage automatiquement, pour ainsi dire à chaque coup de frein.
- Le régleur automatique se monte de préférence sur *la tringle qui réunit le palonnier à la pédale ou au levier jje commande. La position du régleur sur la tringle est , déterminée de telle sorte que la bague A (fig. 12) après avoir effectué une course normale de serrage (course X) /vienne buter sur une partie fixe B solidaire du châssis.
- Au fur et à mesure que le frein s’use, la portion C de la tringle rentre automatiquement dans le régleur,
- Fig. 12. — Emplacement du régleur, de frein sur la tringle qui réunit le palonnier à la pédale de commande.
- laissant toujours à la tringlerie la course normale de serrage, ce qui fait que la pédale serre toujours à la même position et ne vient jamais buter sur le plancher ou le tablier. '
- Lorsque le régleur a absorbé la longueur de tringle pour laquelle il est prévu, cela correspond à l’usure complète des garnitures D (fig. 13), il faut alors remplacer celles-ci.
- Pour ramener le régleur à sa longueur initiale et lui faire restituer la tringle absorbée, il suffit de manœu»
- Fig.9. — L’Agrandisseur « Auto Focus ».
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- vrer à la clé l’écrou E qui tourne sans effort : deux ou trois tours suffisent pour ramener la tringlerie à sa position première. Les segments de frein sont alors munis de garnitures neuves et la tringlerie se règle d’elle-même au premier coup de frein. Aucune autre intervention n’est plus nécessaire jusqu’à nouvelle usure complète des garnitures.
- Nous n’aurons donc plus à nous salir les mains pour
- régler nos freins ni à redouter l’accident qui provient trop souvent d’une négligence de réglage : voilà le résultat qui intéresse l’automobiliste.
- Mais il en est un autre non moins important qui est la conséquence du réglage constant opéré par le minuscule appareil : on sait en effet que le constructeur, lorsqu’il établit son étude de freinage, ne prévoit pour le freinage normal qu’une partie de la course de la pédale et la multiplication de l’effort du pied ne peut dépasser une valeur qui est bien souvent insuffisante. Le nouvel appareil supprimant la nécessité de laisser à la pédale une course « de sûreté », le constructeur peut utiliser pour le freinage toute la course dont le pied est pratiquement capable, ce qui permet de doubler facilement la multiplication de l’effort. Cet avantage est appréciable, car nos
- sera, l’écrou s’appliquera sur son siège et tout effort dans l’autre sens tendra à augmenter son adhérence. La conicité de l’écrou est déterminée pour êtrp largement suffisante pour empêcher l’écrou de tourner sous une traction de la tige, mais elle reste dans une limite telle que l’écrou ne nécessite aucun effort pour son décollement sous une poussée de la tige C. La « souricière. » fonctionne ainsi avec une précision et une sûreté absolues.
- L’autre partie de l’appareil, que nous appellerons régleur auxiliaire, est constituée par une seconde « souricière » plus petite composée d’un écrou s, d’un léger ressort et d’un corps S qui peut coulisser dans le corps P et sur la tige C ; ce corps S du régleur auxiliaire dépasse du corps P et porte à l’extérieur une bague A dont nous verrons plus loin le rôle. Le ressort de rappel F travaillant à la compression tend à maintenir appliqué l’épaulement e du corps S contre l’extrémité du corps P.
- Supposons que la course normale de serrage et de desserrage soit X et que l’usure d’un coup de frein corresponde à une course supplémentaire X' (exagérée à dessein pour la clarté des schémas) et voyons les phases du fonctionnement : la .figure 14 montre l’ensemble à la
- i/,. — Coupe du régleur de frein (position de repos).
- voitures ne peuvent atteindre de vitesses moyennes élevées qu’à condition de pouvoir s’arrêter vite. Le régleur automatique contribue donc pour une large part au perfectionnement du freinage qui est la question à l’ordre du jour chez tous les constructeurs d’automobiles.
- Voyons maintenant le mécanisme intérieur de l’appareil et comment il réalise le mouvement complexe qui lui est demandé.
- La figure 14 montre l’appareil en coupe schématique : la tige C le traverse complètement et porte à son extrémité un bloc b qui coulisse dans ^ig. les guides du magasin M pratiqué dans le corps P qui est relié lui-même à la pédale ou au levier de commande. La tige C porte des filets carrés à pas rapide sur lesquels peut se mouvoir un écrou p dont la périphérie
- Fig. 16. — L’appareil à la fin de la première phase du desserrage.
- position de repos, les freins desserrés; le repère g marqué sur la tige C est à l’arrière de la bague A ; le repère G sur la pièce P marqué la position de l’extrémité du bloc b dans le magasin M.
- La figure i5 montre l’ensemble après que la pédale ou le levier de commande l’a tiré d’une longueur égale à X-fX'. L’ensemble s’est d’abord déplacé de la longueur X, mais à ce moment la bague A est venue buter sur la pièce marquée en pointillé retenant le régleur auxiliaire S dans la position représentée. A partir de ce moment le corps G poursuivant sa course d’une quantité X7 a continué à entraîner l’écrou p, la tige G et les freins; mais pendant cette seconde partie de la course de serrage, la tige C faisant fonctionner l’écrou S a progressé dans la «souricière» S d’une
- Fig. i5. — Première phase du desserrage.
- conique repose sur un siège de forme correspondante pratiqué dans le corps P. Un léger ressort R tend à appliquer constamment l’écrou p sur son siège.
- Cette partie de l’appareil, que nous dénommerons régleur principal, fonctionne vis-à-vis de la tige C cç>mme une souricière dans laquelle la tige C peut entrer, mais dont elle ne peut sortir : en effet, si un effort agit sur la tige C de droite à gauche de la figure, cet effort poussera imperceptiblement l’écrou p en même temps qu’il le sollicitera de tourner, la vus à pas rapide étant •essentiellement réversible; mais dès que cet effort ces-
- 7. — L’appareil après la deuxième phase du desserrage.
- quantité X' pendant que le ressort F a été comprimé.
- La figure 16 montre l’appareil après la première phase du desserrage : sous l’action du ressort F le corps P est revenu en contact avec l’épaulement e, mais la lige C ne pouvant reculer dans la souries c cière S a fait fonctionner l’écrou P et a progressé X dans la souricière M d’une quantité correspon-ÿ dante à X'.
- La figure 17 enfin montre la position après la 2° phase du desserrage : tout l’ensemble est revenu en arrière d’une quantité X, correspondant à la cote de desserrage qui a été déterminée au montage.
- En résumé, c’est dans la course de serrage que le régleur auxiliaire emmagasine le surplus de course correspondant à l’usure produite par le coup de frein et c’est dans la course de desserrage qu’il oblige ce surphis de course à pénétrer dans le régleur principal.
- Au coup de frein suivant, le serrage commencera au même point de la course de la commande, comme s’il n’y avait eu aucune usure. C’est donc bien le frein qui se règle lout seul.
- Inventeur : M. Durand, 5 r, rue de Clichy, Paris.
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- VARIÉTÉS
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- LA CHOUCROUTE
- Pour préparer cette conserve, on peut, à la rigueur, employer n’importe quels choux pommés, mais ceux qui conviennent le mieux sont à faible trognon, à nervures peu épaisses, choux qui se laissent facilement couper en lanières, et qui appartiennent au groupe général des choux cabus. S’il est possible, on choisira les types qui ont le plus de matières sucrées, car ces principes jouent un rôle important dans la fermentation en cuve.
- Les têtes bien serrées, bien blanches, et très grosses, pouvant fournir de longues lanières, sont les plus appréciées par les industriels, par exemple, et en commençant par les meilleurs choux : Quintal d’Alsace (le Saint-Symphorien, des environs de Lyon, lui ressemble un peu), Quintal d’Auvergne, Quintal de Hollande, chou Brunswick, chou de Poméranie, chou Schweinfurth, etc.
- Après la récolte, on laisse les légumes se ressuyer quelque temps sous un hangar ou dans une grange, puis on leur supprime les feuilles vertes. Après avoir coupé la tige au ras de la pomme, avec une sorte de tarière à lame roulée en tronc de cône, on enlève le trognon, qui se prolonge dans l’intérieur. On peut aussi fendre en deux, pour supprimer cette partie dure. On procède alors, au découpage des feuilles en très fines lanières ou rouelles qu’il faut éviter de froisser avant la mise en fermentation. Dans les usines, on emploie une maçhine spéciale, analogue au coupe-racines, et mue par un moteur.
- On utilise encore le dispositif suivant : une tablette est placée sur un cuvier; sur elle se meut, d’un mouvement de va-et-vient, une trémie pleine de choux, que l’on presse avec les mains. Elles frottent ainsi contre des lames d’acier ou couteaux, de 14 à 18 cm de largeur, fixées sur la tablette, et laissant entre elles un espace de 2 à 3 mm. Ces lames tranchantes sont placées obliquement.
- Dans les ménages, on se sert du hachoir: ou bien on promène le chou sur une sorte de varlope renversée.
- La matière ainsi débitée est ensuite portée dans des récipients, qui varient de forme et de capacité, suivant qu’il s’agit de fabrication ménagère, ou industrielle : futailles qui ont déjà servi pour cette préparation ou qui ont contenu du vin blanc, du vinaigre, de l’eau-de-vie; cuves en bois, en ciment, pouvant recevoir jusqu’à 100 quintaux et plus de « choux gras ».
- Comme il s’agit, ici, d’un aliment à transformer par fermentation, on doit observer la plus grande propreté en toute chose.
- On commence par tapisser le fond du récipient avec de larges feuilles de chou, que l’on saupoudre de sel, puis on place les lanières en couche de 7 à 8 cm d’épaisseur, que l’on saupoudre aussi de sel (il agit comme déshydratant; on en emploie 1 à 2 pour 100); ajouter en outre, quelques baies de genièvre, du carvi, des feuilles de laurier-sauce (4o à 5o gr. de ces produits par hectolitre de matière).
- A partir de la troisième couche, les différents lits, doivent être tassés fortement avec un pilon en bois pour ne pas laisser d’espaces vides. Un bon tassement est de la plus grande importance. Dans les grandes cuves, des hommes piétinent la matière avec des sabots bien propres, porlant des guêtres qui montent jusqu’aux genoux, et qui enferment hermétiquement le bas de la jambe.
- Arrivé à i5 cm du bord du récipient, on termine par une couche de sel, puis on étend de grandes feuilles vertes de chou. On couvre le tout d’une toile humide et propre, et place dessus, quand il s’agit d’un tonneau, uu couvercle percé de trous, et pour les cuves des planches. Dans les deux cas, on charge de poids (5o à 60 kg par décimètre carré). La pression-peut être obtenue, également, avec une presse à vis; mais elle est ainsi moins constante.
- Il importe de favoriser la sortie du jus sucré des choux, aliment des microbes, cela par le salage et la pression, et de soustraire la masse à l’action de l’air par le tassement (les ferments de la choucroute sont anaérobies).
- La fermentation se manifeste plus ou moins rapidement, suivant la température. Pour une marche normale, il faut que la salle soit maintenue à i8°-ao0..
- Le jus ne tarde pas alors à sortir dans la proportion de 5o à 60 pour 100; le volume de la matière se réduit aux deux tiers, ou à la moitié, et le liqùide, qui entraîne la matière colorante, monte au-dessus du couvercle.
- Il se produit un dégagement de gaz nauséabond, qui peut durer dés semaines et des mois.
- On remarque à la surface du liquide une mousse épaisse, et après quelques jours il se forme un voile grisâtre.
- De temps en temps, on fait écouler le liquide verdâtre, boueux, par la bonde inférieure ou, mieux, par des ouvertures ménagées à différentes hauteurs. On ajoute ensuite la saumure nouvelle, jusqu’à ce qu’elle soit claire.
- Dans les ménages, on se contente, le plus «souvent, d’enlever le liquide à la surface de la choucroute, de laver la toile, puis d’ajouter de l’eau salée bouillie, pour que l’aliment baigne entièrement.
- La fermentation peut être terminée en 3 ou 4 semaines. On peut même consommer la choucroute plus tôt, si la température est restée constamment à i80-2o°; il ne faut pas, alors, renouveler le liquide.
- La conservation est assez longue, si l’on renouvelle souvent ce dernier. Toutefois, il ne faut pas dépasser la fin de l’hiver, à moins que, à l’approche des premières chaleurs du printemps, on puisse mettre à contribution la basse température d’un frigorifique.
- Dans tous les cas, lorsque l’aliment est prêt, il faut l’exposer le moins possible à l’air, car il serait attaqué par des germes nuisibles.
- Dans les ménages, chaque fois que l’on veut en prendre, on enlève le fond mobile, puis le linge et, enfin, le liquide. On essuie ensuite la surface avec un chiffon, ou une éponge. Après avoir prélevé la choucroute, on égalise la surface, replace le linge, le fond mobile et les poids. Enfin, on ajoute de l’eau salée bouillie, le produit devant toujours baigner dans le liquide, et comme nous l’avons dit, aussi, aucun vide ne devant exister.
- Quand on reste quelque temps sans puiser dans le récipient, il faut renouveler ces opérations tous les mois en hiver, toutes les semaines en été, en vérifiant s’il n’y a pas de portions gâtées, qu’il faut, alors, enlever.
- On compte que 100 kg de choux frais (bruts) donnent 67 à 68 kg de choucroute.
- Chez les industriels, cette dernière est expédiée’en barils de 20 à 100 kg, où on la tasse fortement. La choucroute garnie est mise en boîtes.
- Cet aliment, quand il est bien préparé, est blanc, légèrement opalin. On peut atténuer son goût acide par des lavages. Toutefois, il ne faut pas entraîner entièrement l’acide et les ferments lactiques, dont on connaît le rôle bienfaisant dans la police de l’intestin. La choucroute, une fois dans l’estomac, divise aussi les aliments, et elle favorise l’assimilation des matières grasses principalement.
- L'étude microbienne et bactériologique do la choucroute a permis de faire connaître aux industriels quelques intéressantes indications pour la bonne marche de la fabrication de leur produit.
- Ce sont les choux eux-mêmes qui apportent les êtres microscopiques qui modifieront les hydrates de carbones et les matières albuminoïdes de leurs tissus. Les transformations ne paraissent pas intéresser les graisses, non plus qu’une essence particulière, probablement un éther sulfuré de l’alcool butylique, qui communique à l’aliment un agréable parfum.
- Les deux groupes de ferments qu’il faut favoriser dans cette fabrication sont les bactéries lactiques et les levures alcooliques (Saccharomyces minor et Saccharo-mjces cerevisiæ). Les premières,, qui sont anaérobies, agissent surtout à 3o°~48°; elles font disparaître 1 à 2 pour xoo des sucres du chou. Mais comme elles s’épuiseraient dans un milieu trop acide, on doil, ainsi que nous l’avons dit, soutirer de temps en temps le liquide pour le remplacer par de la saumure.
- Les levures basses alcooliques se multiplient surtout à 3o°. Elles s’attaquent aussi au sucre; ce sont elles qui provoquent le dégagement gazeux le plus abondant.
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- Quand la fermentation marche bien, les ferments lactiques et les ferments alcooliques sont en proportion à peu près égales.
- Mais il y a aussi certains groupes de microbes qui entrent en jeu et dont il faut chercher à réduire l’action nocive, d’abord par des soins minutieux de propreté :
- L‘Oïdium lactis et une autre moisissure, un Pénicillium, détruisent l’acide lactique nécessaire. Fort heureusement, il en reste encore une proportion suffisante, quelquefois plus de i pour ioo, à la fin de la fermentation.
- Les Mjcodermes, eux, décomposent l’alcool. Avec Y Oïdium, ils abondent dans le voile grisâtre, l’espèce de peau que l’on remarque à la surface du liquide, après quelques jours de fermentation.
- Enfin, les ferments butyriques, qui tendent à se multiplier dans ce milieu noyé, entraînent aussi la dépréciation de la choucroute.
- On défend celle-ci contre ces [infiniment petits nuisibles en favori-sant, dès le début, les bactéries lactiques, qui, par l’acide lactique qu’elles produisent, rendent le milieu peu propice à la prolifération des microbes malfaisants.
- Le sucre servant d’aliment aux ferments lactiques et alcooliques, on pourrait essayer d’ajouter un peu de glucose à la préparation. On conseilla, également, d’en-semenser la masse au moment du remplissage des cuves, de cultures pures de ferments lactiques et, même, de levures alcooliques. Grubcr a obtenu des résultats encourageants en employant 5 pour 100 des premiers.
- Mais, pour tirer le meilleur parti de ces ensemencements, il faudrait d’abord faire bouillir les choux pour tuer tous les germes qu’ils portent, sans parler des ustensiles. Axtonin Rouet,
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- HYGIENE ET SANTE
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- LA TOXICITÉ DU TÉTRACHLORÉTHANE
- JYous croyons utile de reproduire Vimportante étude suivante qui vient de paraître dans la Revue d’Hygiène :
- L’industrie utilise depuis quelque temps un certain nombre de dissolvants organiques en raison de leur caractère ininflammable ou peu inflammable ; ces corps sont peu combustibles, inexplosibles, et, à ce point de vue, remplacent avantageusement la benzine et le sulfure de carbone. Tels sont
- Points d’ébulli- Den-
- tion. sité.
- — —
- CCI4 76 1,59
- C2H2C12 54 1,28
- C2HCl5 87 1,47
- C2C14 ”9 1,62
- C2H2C14 146 1,60
- C2HC13 160 1,67
- Le tétrachlorure de carbone ...................
- L’éthylène dichloré. . .
- L’éthylène trichloré . .
- L’éthylène perchloré. .
- L’éthane tétrachloré . .
- L’éthane pentachloré. .
- La plupart de ces composés ne sont pas très employés encore ; toutefois l’industrie utilise de plus en plus le tétrachlorure de carbone et lethane tétrachloré.
- Les propriétés du tétrachlorure de carbone sont assez connues et je ne m’y attarderai pas pour le moment.
- Je rappelle cependant qu’il est loin d’être inolîensif; respiré dans une atmosphère contenant i gr. 5 pour ioo litres d’air, il provoqué de la narcose, de la céphalée, des vomissements. Au point de vue industriel, il est ininflammable, mais il attaque le cuivre et le zipc en atmosphère humide, ce qui rend son usage assez dispendieux. L’éthane tétrachloré a rencontré aussi de nombreuses applications parce qu’il a un pouvoir dissolvant considérable, qu’il est stable, peu volatil, incombustible; il attaque aussi le fer en atmosphère humide, mais très peu le zinc, le plomb et le cuivre. Il n’est pas attaquable par les acides et en particulier peut se mélanger à l’acide nitrique même à haute température et à haute pression. Il dissout environ 3o fois son volume de chlore. Le tétrachlorure d’éthane est le meilleur des dissolvants de l’acétate de cellulose et à ce titre son emploi peut prendre une très grande extension.
- Ses débouchés sont nombreux : fabrication des vernis et des couleurs, de la laque, industrie du caoutchouc, des résines, du soufre, extraction de la cocaïne, de la quinine, dés huiles et des graisses, fabrication de l’émail, nettoyage des peintures, des rouleaux typographiques, des pierres et plaques lithographiques, des
- clichés, etc.
- Le tétrachloréthane est un liquide jaunâtre dont le point d’ébullition est 1460 et le poids spécifique 1 gr. 60. Son odeur rappelle celle du chloroforme. Il est à peine soluble dans l’eau. Telles sont les principales propriétés physiques et chimiques de ce corps dont les nombreuses applications industrielles méritent d’autant plus d’être suivies que son emploi offre des dangers graves que l’on a jusqu’ici méconnus, et sur lesquels je voudrais appeler l’atteptioq des intéressés, L’enquête que j'ai faite
- me permet d’apporter des précisions utiles, elle remonte d’ailleurs aux années de guerre, puisque j’ai signalé la toxicité du tétrachloréthane dans une note sur l’enduisage des ailes d’avion. A cette époque, le tétrachloréthane a été utilisé dans la fabrication de vernis spéciaux, vernis dont on se servait pour imperméabiliser les toiles d’aéroplanes. L’usage de ces vernis a causé à cette époque de nombreuses intoxications, mais je n’ai pu retrouver de cas mortels, en France, dans cette industrie. Au surplus, dès 1915, ce vernis à base de tétrachloréthane était proscrit par l’autorité militaire, soit à cause du danger qu’oSrait l’emploi de ce corps pour la santé du personnel, soit plutôt parce que ce produit chloré avait des conséquences fâcheuses pour les toiles d’avions.
- A l’étranger, notamment en Angleterre, on s’est servi aussi pendant quelques mois de ces vernis pour « doper » ou enduire les ailes d’avions et vers la fin de 1914 des documents circonstanciés accusent 70 cas d’intoxication dont 12 mortels j1).
- Je vais montrer que dans d’autres industries la toxicité de l’éthane tétrachloré s’est clairement manifestée et qu’il y a lieu de surveiller attentivement son usage. Le premier cas mortel indiscutable que j’ai relevé est, en 1915, celui d’une jeune fille, âgée de seize ans, occupée dans un atelier de fabrication de masques contre les gaz asphyxiants. Il faut au cours des opérations coller des feuilles transparentes, dites « mica »; en réalité, ce sont des lamelles d’acétate de cellulose, et pour cela on s’est d’abord servi d’une colle constituée par une dissolution de caoutchouc dans la benzine; mais, les résultats n’étant pas satisfaisants, plus tard on a utilisé la colle formée d’une dissolution d’acétate de cellulose dans du tétrachloréthane à laquelle on a ajouté de l’alcool dénaturé par de l’acétone, et qui a donné toute satisfaction au point de vue industriel.
- Il semble, d’après mes investigations, que son usage ait été suivi de bien des malaises sérieux dans nombre d’ateliers, mais comme ils n’ont pu faire l’objet d’aucune enquête immédiate, je les passe sous silence, et j’en reviens au cas suivi de mort que j’ai cité plus haut et qui a donné lieu à une intervention judiciaire, avec autopsie par le Dr Yibert et une analyse du sang et des viscères par M. Kohn-Abrest, directeur du laboratoire de toxicologie de la Préfecture de Police. Ce dernier a notamment conclu à une intoxication de la jeune fille par des vapeurs d’éthane tétrachloré (2).
- Dans la fabrication des perles fausses, le tétrachloréthane a été introduit à une époque relativement récente. On sait que pour donner aux perles fausses l’aspect des perles vraies, on les recouvre d’un produit désigné sous le nom d’essence d’Orient et qui est formé d’écailles d’ablettes. Mais ces écailles ne peuvent être
- 1. Communication du Ministère de l’Armement.
- 2. Il est juste de reconnaître que M. Kohn-Abrest a signalé la toxicité de l’éthane tétrachloré dans plusieurs rapports administratifs,
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- utilisées directement, il leur faut ce qu’on appelle un « support ». Ce support, c'était jadis de la gélatine, mais les perles pleines ainsi travaillées perdaient vite leur orient au contact de la sueur de la peau ; on a donc changé le support et aujourd’hui on n’emploie pour ainsi dire plus comme supports que des vernis à base d’alcool-éther, ou d’acétate d’amyle, ou de tétrachloré-thane. Ce dernier vernis est le plus employé parce qu’il est beaucoup plus solide, bien moins cher, ininflammable.
- Par contre, il offre le grave inconvénient d’ètx-e toxique tout comme la colle à base de tétrachloréthane. C’est d’ailleurs la même formule à quelque chose près : une dissolution d’acétate de cellulose dans du tétachloréthane à laquelle on mélange de l’alcool dénaturé.
- Dans la fabrication des perles fausses pleines, les ouvrières trempent les perles dans une terrine remplie de ce vernis mélangé à l’essence d’Orient.
- Les perles montées sur une tige de fer sont piquées dans la cire étendue sur une petite plaquette en bois ; de la sorte on trempe à la fois une assez grande quantité de perles que l’on met ensuite à sécher dans une chambre ou dans une étuve. Il y a ainsi une série de petites terrines contenant du vernis ati tétrachloréthane qui sont disposées juste à la hauteur des voies respiratoires de l’ouvrière; de plus, l’évaporation est encore assez active parce que la surface est relativement grande : 3o cm environ sur i5. Dans ces derniers temps, j ai eu connaissance de trois décès dans des ateliers de perles fausses qui ont été occasionnés vraisemblablement par le tétrachloréthane. Je dis « vraisemblablement » parce qu’ils n’ont pas encore donné lieu à une instruction judiciaire. Pour deux d’entre eux, la déclaration de décès porte « ictère grave », pour le troisième je ne suis pas fixé.
- Or, cès ictères graves sont à n’en pas douter des ictères toxiques. Dans le cas de la jeune fille occupée à la fabrication des masques, la mort a bien été provoquée par un ictère toxique, le doute n’est pas permis. À mon sens, il ne l’est pas davantage dans les trois autres cas mortels et j’ajoute que je crains bien que d’autres décès ayant la même cause n’aient passé inaperçus, les médecins n’ayant pas reconnu leur origine.
- Caractères de Vintoxication. — Les premières atteintes de l’intoxication par le tétrachloréthane se traduisent par des maux de tête, des étourdissements et surtout des vomissements. Ainsi que cela se présente avec presque tous les toxiques, il y a des susceptibilités individuelles plus grandes les- unes que les autres, et l’on peut trouver des ouvrières qui ne ressentent aucun malaise après une période de travail assez longue. Mais, par contre, quand l’intoxication s’est déjà manifestée même d’une façon bénigne, si l’ouvrière reprend son travail, une rechute grave semble être la règle ; elle se traduit par un ictère dont les suites sont très souvent mortelles.
- Le tétrachloréthane inhalé en vapeur agit sur les centres nerveux et c'est un poison violent du foie.
- Des constatations faites en Angleterre sur les 12 cas mortels que j’ai cités, il résulte que le foie et les reins sont les organes principalement affectés avec des altérations analogues à celles provoquées par le trinitro-toluène. Mais dans les intoxications par le tétrachloréthane il n’y a pas d’altération du sang, ce qui le distingue des cas d’ictères causés par les dérivés nitrés du benzène et du toluène.
- C’est donc à tort et un peu à la légère que des producteurs de tétrachloréLhane ou de vernis à base de tétrachloréthane ont, jusqu’à ces derniers temps, déclaré ce produit non toxique, et rattaché son action sur l’organisme à celle du chloroforme. Ce sont deux erreurs manifestes. Le chloroforme a des propriétés anesthésiques bien connues, mais il est assez rare qu’il provoque, dans l’industrie, un ictère toxique. Par contre le tétrachloréthane, dans la pratique industrielle, a une action tout autre et bien caractérisée, comme je l’ai montré.
- Mesures préventives. — Les mesures préventives à prendre dans les ateliers contre l’intoxication par î’éthane tétrachloré doivent être beaucoup plus rigoureuses qu’elles ne l’ont été jusqu’ici.
- Sur la foi de documents erronés, ou tout au moins entachés d’erreurs, on a pu croire qu’il suffirait de bien aérer un local pour éviter tout accident mortel.
- A cet effet, on a conseillé de placer des petits ventilateurs hélicoïdaux sur les parois des murs ou des fenêtres des locaux de travail; ce dispositif est absolument inefficace, car on ne fait ainsi que brasser quelque peu l’atmosphère intérieure du local et les ouvrières continuent à absorber tout ou partie des vapeurs toxiques. Ceci est tellement vrai qu’une des victimes du tétrachloréthane ne manipulait pas le toxique et n’était pas employée à la fabrication proprement dite; c’était une femme occupée simplement à enlever les perles fabriquées de la tige métallique qui les supporte, mais son séjour dans le local de la fabrication avait suffi à déterminer chez elle un ictère toxique. Donc, contrairement à l’opinion courante, il est de toute nécessité de capter les vapeurs de tétrachloréthane à l’endroit même où elles se forment. La solution que j’indique a déjà été réalisée, c’est dire que l’on 11e se heurte à aucune impossibilité matérielle. Dans la fabrication des perles, il suffit de placer les récipients contenant la mixture composée d’essence d’Orient et de vernis au tétrachloréthane à l’intérieur d’une cage pleine dont la partie antérieure et supérieure peuvent d’ailleurs être vitrées pour permettre à l’ouvrière de voir son travail. Rien n’empêche aussi de laisser, à la partie antérieure, deux orillces assez larges pour laisser passer les mains de l’ouvrière et permettre toutes les manipulations utiles. A la partie inférieure de la cage on fait déboucher une buse d’aération communiquant avec un ventilateur centrifuge aspirant à grand débit et à faible dépression (quelques millimètres d’eau de dépression suffisent).
- Cette ventilation per descensum s’impose parce que les vapeurs de tétrachloréthane sont lourdes ; d’autre part, il ne faut pas une trop forte dépression, car on rendrait impossible le travail par un refroidissement trop brusque des mains, surtout en hiver; de plus les perles « friseraient », suivant l’expression consacrée, et par suite augmenteraient dans de fortes proportions les déchets de fabrication.
- Quant aux vapeurs de tétrachloréthane, on peut à la rigueur les rejeter à l’extérieur étant donné que leur quantité est très minime ; toutefois il ne serait pas agréable à des voisins de les recevoir et il sera beaucoup plus rationnel de les recueillir et de récupérer ainsi le tétrachloréthane évaporé ; la dépense est minime et le problème hygiénique serait ainsi convenablement résolu. Frois,
- Membre du Conseil Supérieur d’Hygiène.
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- BOITE AUX LETTRES
- , AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- machine frigorifique Daussan (n° a54 0 est construite par les Etablissements Daussan, 10, quai de Courbevoie, à Courbevoie.
- Rectification. — Ecran protecteur pour lampes électriques. — L’inventeur de cet objet décrût dans notre n° 253q, est non pas M. Dubois, comme nous l’avons imprimé par erreur, mais M. Petit, 18, rue Hoche, Versailles.
- Réponses. — M. L. Scellier, à Paris. — Vous pourrez vous procurer l’appareil réalisant les conditions requises aux adresses suivantes, à Paris : Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre ; Photo-Plait, 39, rue Lafayelte; Etablissements Francia,
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- BOITE AUX LETTRES
- 15, rue des Carmes; E. Krauss, 18, rue de Naples; Tiranty, 91, rue Lafayette,
- M. G. B., à Annecy. — i° Il existe bien des stéréoscopes permettant la mise au point pour tous les degrés de myopie Ou de presbytisme, du moins pour les observateurs dont les deux yeux sont pareils (les autres doivent porter des verres correcteurs, malgré les inconvénients résultant de la réflexion de la lumière sur ces verres). Vous pourrez vous adresser aux maisons suivantes, en spécifiant que vous désirez un instrument dont le tirage soit susceptible d’être modifié dans des limites assez étendues : J. Richard, 25, rue Mélingue; Etablissements Francia, 15, rue des Carmes; Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris. — 20 II est parfaitement possible de prendre deux vues stéréoscopiques avec un appareil photographique à un seul objectif, du moins quand il s’agit de sujets immobiles.
- 11 suffit, dans ce cas, de se munir d’une planchette sur laquelle auront été fixées deux règles parallèles permettant de placer la chambre noire successivement dans deux positions écartées l’une de l’autre de 7 à 8 cm. Cette planchette se fixera aisément sur un trépied ordinaire, si elle porte un écrou au pas de vis du Congrès, que vous vous procurerez à bas prix chez n’importe quel fournisseur d’articles photographiques.
- M. R. Lebègue, à Paris. — x° D’une façon générale, le courant alternatif convient mal aux projecteurs à arc. La stabilité du point lumineux, ainsi que la formation du cratère, sont très incomplètement obtenues en utilisant un charbon à mèche, comme pour le courant continu; l’arc tourne encore trop souvent et des extinctions se produisent, à moins d’employer le souffleur magnétique de Radiguet-Massiot. Plus particulièrement, votre lampe à réglage automatique par bobine et noyau de fer nous paraît impropre à l’application du courant alternatif. Celui-ci exige des bobines à noyaux feuilletés et carcasses isolantes ou fendues de manière à éviter les courants parasites. — 20 Le rhéostat devrait être remplacé par une bobine de self-induction. — 3° Pour une intensité de 6 à 8 ampères, les diamètres des charbons, tous deux à âme ou mèche, devraient être de 10 à
- 12 mm. A notre avis, le meilleur moyen d’utiliser le matériel que vous possédez serait de redresser le courant alternatif, soit par un appareil magnétique, soit à l’aide de quatre soupapes électrolytiques.
- M. Ch. L., avenue du Chemin-de-Fer, Le Raincy. — L'élevage des ovins de race mérinos existe en France, dans diverses régions : mérinos de Champagne (simple variété du mérinos amené d’Espagne), mérinos de Bourgogne, mérinos du Soissonnais ou de l’Ile-de-France, mérinos de Rambouillet, mérinos d’Arles). Ce sont les types à exploiter pour la production de la laine.
- La région dont vous parlez, laquelle englobe les départements de la Gironde, du Lot, du Lot-et-Garonne, de la Dordogne, de l’Aveyron, une partie des Landes et de Tarn-et-Garonne, a des races ovines adaptées au climat et à l’économie rurale de ces contrées, de même qu’à la partie du pays qui comprend le versant méridional du Massif Central (races ovines des Causses de l’Aveyron, de la Lozère, des Causses du Lot ou races du Quercy, race Lauraguaise, race du Larzac).
- Il s’établit, par la force des conditions climatériques, deux régions favorables au mérinos français : une septentrionale et une méridionale ; cette dernière embrasse le Roussillon et la Provence. L’extension de la race mérine ne peut pas dépasser les limites de ces régions en dehors desquelj.es elle est sujette à la cachexie aqueuse.
- Les conditions agrologiques et économiques diffèrent de celles qui, en Australie, permettent l’élevage extensif du mouton et l’entretien de grands troupeaux sur d’immenses parcours. Néanmoins, et bien que l’élevage ovin, en France, soit tombé de 32 millions de têtes, en 1840 à 9 millions, actuellement, sous l’influence de causes diverses : transformation des systèmes culturaux,- des assolements et pénurie de bergers, la rénovation de cet élevage n’est pas'impossible. Mais, pour la réalisation en grand de l’exploitation ovine en vue de produire de grandes quantités de laine, il faudrait des bergers, des améliorations foncières et des terres moins morcelées.
- M. Ch-, rue de Paris, à Pantin. — Si votre marronnier d'Inde est atteint par une maladie cryptogamique ou autre, il est assez difficile de déterminer à distance,
- sans examiner l’arbre — les lésions qu’il présente — la nature exacte de la maladie et le remède à y appliquer. Toutefois, d’après la description très sommaire que vous donnez : macules de teinte rougeâtre, poisseuses au toucher, nous pensons qu’il s’agit, probablement, de Vécoulement muqueux brun, maladie particulièrement commune sur les marronniers d’Inde, peupliers, bouleaux, ormes, pommiers, etc., et qui est caractérisée par l’écoulement d’un mucilage visqueux, mais non gélatineux, qui suinte des arbres depuis le printemps jusqu’à l’hiver, même par les temps secs. La mucilage sort du bois en traversant l’écorce et descend le long du tronc. L’écorce se désorganise peu à peu, le bois altéré exhale une odeur marquée d’acide butyrique.
- La matière qui s’écoule de la plaie contient divers bacilles. La cause de l’altération serait le développement d’un cryptogame : le Micrococcus dendroporthos, associé au Torula monilioides Corda, qui forme, sur les plaies desséchées, des cellules, en files, d’un brun plus ou moins foncé. C’est à ce Torula qu’est due la coloration en brun du mucilage qui s’écoule de l’arbre, mais l’action principale est due au Micrococcus.
- La maladie observée pourrait être la conséquence d’une gélivure. Il faudrait racler la partie malade et l’enduire de goudron de houille ou de coaltar. Le badigeonnage du tronc avec un lait de chaux, après grattage de l’écorce, pourrait être, de même, essayé.
- M. Laurent Préve, à Nice. — On peut tirer un certain nombre d'épreuves à l’encre grasse sur une couche de gélatine sèche, ou mieux légèrement glycérinée, après avoir maintenu pendant quelques minutes à son contact une épreuve au ferro-prussiate. Celle-ci doit être appliquée dès sa sortie du châssis-presse; le sel ferrique non réduit par la lumière détermine l’insolubilisation momentanée de la gélatine. On peut ensuite nettoyer la couche, enlever l’encre à l’essence et éliminer les sels solubles dans l’eau pure. On termine par une immersion dans l’eau glycérinée, de sorte qu’après évaporation de l’eau la gélatine peut servir à de nouveaux tirages. Une variante de ce mode d’impression est fournie par le procédé « graphitique » de M. H. Claude. On coule sur plaque de zinc une solution tiède comprenant : eau, 100 cm3; gélatine, 20 gr. ; sulfate de fer, 1 gr. Dès que la couche est refroidie et ne parait plus collante au toucher, on y applique l’épreuve au ferro-prussiate. Comme dans la méthode précédente, cette épreuve ne doit pas être lavée ; de plus, elle ne doit pas séjourner sur la pâte; il faut l’enlever aussitôt appliquée. Il suffit ensuite de passer un rouleau garni d’encre de la couleur voulue et d’y appliquer la feuille de papier, la pièce de calicot ou de soie sur laquelle doit être imprimé le décalque.
- M. L. de L. Dillon, Fort-de-France (Martinique). — i° Pour obtenir des renseignements complémentaires sur le mode de préparation du fumier artificiel, adressez-vous à la Station expérimentale d’Agriculture de Ro-thamstedt (Angleterre), qui a pris l’initiative d’essais du procédé qui a fait l’objet de la note publiée dans le n° 253o. Jusqu’à présent, nous ne connaissons pas d’essais d’application dudit procédé en France.
- 20 En ce qui concerne le traitement des cornes des bovidés pour la fabrication d’engrais azotés organiques, on peut employer le procédé Leroux, qui consiste à soumettre les cornes à une torréfaction ménagée dans un cylindre de tôle tournant sur son axe, ou à les exposer, pendant un temps suffisant, dans une étuve maintenue à une température de i5o à 1600, à l’action d’un courant d’air et de vapeur d’eau surchauffée; elles deviennent sèches, friables, sans perdre de leur azote et s’écrasent, alors très facilement sous une meule verticale.
- Par le procédé Jaille et Rohart, les cornes sont soumises à l’action de la vapeur d’eau à une haute pression, dans des digesteurs ou autoclaves d’une grande capacité qui les désagrègent complètement et les amènent à l’état d’un magma miscible à l’eau et parfaitement propre à l’emploi comme engrais.
- Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur cette question, mais vous pourrez consulter les ouvrages suivants f Fabrication des engrais, par J. Fritch. 1 volume (Librairie H. Desforges, Paris, 29, quai des Grands-Augus-tins, 6°) ; L’industrie et le commerce des engrais, par Ch. Pluvinage, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°).
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- BOITE AUX LETTRES
- M. A. Fornells, casino Gerundense, à Gérone (Espagne). —Le peu de place dont nous disposons dans la « Boîte aux Lettres » ne nous permet pas de reproduire ici un aussi-grand nombre de formules de liquides, pâtes, poudres à brillanter de même que celles concernant les lessives, solides et liquides, vous en trouverez un recueil dans les Recettes de la Maison., pages 140 à 148, 200 et 201. Voir également Blanchissage et blanchiment, par Herçay, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. le D' Max Sainmont, à Souzay (Indre-et-Loire). — i° Un excellent moyen pour obturer une fuite de radiateur consiste à délayer dans un peu d’eau froide une poignée de farine de lin de manière à obtenir une bouillie claire. Cette bouillie est introduite dans le radiateur, bientôt les parcelles de farine rencontrent l’ouverture, se gonflent à l’intérieur et forment extérieurement une croûte très dure. Ce procédé présente le grand avantage d’être peu coûteux et d’employer un produit que l’on trouve chez tout herboriste ou pharmacien, il donne très souvent une réparation durable, telle qu’un passage à l’atelier n’est pas nécessaire avant longtemps ; — 20 Si votre cheminée rabat, c’est-à-dire tire à contresens par certains vents le mieux est de fixer au sommet à la place du mitron un tuyau coudé avec empennage de girouette genre Morin ou Lefèvre de façon que la sortie des gaz soit toujours opposée au vent, dans ces conditions, quelle que soit sa direction, il favorisera, au contraire, le tirage.
- M. lungfleisch, à Paris. — D’après votre demande nous comprenons qu’il s’agit d’un bain-marie de cuisinière que vous-* désirez empêcher de rouiller. Dans ce cas nous ne pouvons vous conseiller d’ajouter quoi que ce soit à l’eau d’alimentation, car il pourrait en résulter des troubles digestifs, un bon étamage fait consciencieusement est seul à conseiller.
- M. E. Jaminé, à Tongres. — i° Les papiers peints peuvent être rendus lavables en étendant sur le papier collé et bien sec une solution faite à chaud au moyen de :
- Borax....................... 80 grammes.
- Gomme laque blanche. . 80 —
- Eau peu calcaire .... 1000 —
- N. B. — La solution doit être passée sur une toile très fine avant emploi. Quand l’enduit est sec ori le polit légèrement en se servant d’une brosse douce. Une précaution indispensable est de s’assurer avant application générale que le papier peint est de bonne fabrication et que ses couleurs ne se délayent pas sous le
- pinceau; — 20 Le meilleur procédé comme méthode générale pour enlever les taches de fruits, encre, etc., sur le linge est encore l’eau de Javel bien employée. Il faut opérer ainsi : le linge étant préalablement lavé pour le débarrasser des taches grasses ou albumineuses on le plonge encore humide dans une solution ne devant pas titrer plus de o0,2O à o°,25 ehlorométrique obtenue par exemple en mettant 10 à 12 cuillerées à bouche d’extrait de Javel dans 20 litres d’eau bouillante. On laisse en contact jusqu’au moment où les taches ont disparu, aussitôt après on rince abondamment pour éliminer toute trace de chlore qui pourrait ultérieurement avoir un effet fâcheux sur le tissu ; — 3° Le bleu de Prusse appelé aussi bleu de Berlin, bleu de Paris, bleu de Saxe est une poudre bleu marine mordoré correspondant à la formule (FeCySpFe4" + 18 H2O, c’est un ferro-cyanure ferrique qui se forme toutes les fois qu’un ferrocyanure soluble, tel que le ferrocyanure de potassium, se trouve en présence du sel ferrique. Habituellement on obtient le bleu de Prusse en précipitant une dissolution de sulfate ferreux par le ferrocyanure de potassium, il se forme un précipité blanc grisâtre de ferrocyanure ferreux que l’on oxyde ensuite par contact avec l’air. On extrait aussi le bleu de Prusse des résidus d'épuration du gaz d’éclairage connus sous le nom de cruds ou mélange de Lamming. Le bleu de Prusse est très employé en peinture à l’huile et dans la fabrication des papiers peints; dissous dans l’acide oxalique, il donne l’encre bleue ; — 3° Pour émailler les épreuves sur papier émulsionné, il suffit de placer le papier bien bien lavé et passé dans une solution d’alun à 10 pour 100 (durée i5 minutes) sur une lame de verre d’ancien cliché bien nettoyée, l’émulsion étant au contact du verre. Ce nettoyage s’obtient d'une façon parfaite en se servant d’un tampon de linge fin imprégné de cendres de bois tamisées et débarrassées de toute matière siliceuse qui rayerait le verre. Une fois l’épreuve appliquée, on chasse les bulles d’air avec un rouleau de caoutchouc et laisse sécher librement, elle se détache alors d’elle-même. N.. B. — Ce mode de nettoyage de la plaque donne de meilleurs résultats que le talc ou le savon.
- M. J. Burin, à Vallon-en-Sully (Allier). — Tout ce que vous pouvez faire pour enlever des taches produites sur un vêtement par le rouge Bordeaux est d’essayer un lavage prolongé dans l’alcool à brûler, l’emploi d’un réactif susceptible de détruire cette couleur aurait pour corrélatif la destruction de la couleur du vêtement, il n’y faut donc pas songer.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. ç Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ...........—
- Notions de balistique populaire, par Pierre Medixger. 1 vol. 62 p., édité chez l’auteur. Yerborenkost,
- Luxembourg, 1920. Prix : 4 francs.
- Voici un petit livre fort intéressant écrit pour le grand public par un auteur manifestement fort compétent en matière d’armes à feu; il décrit d'abord les propriétés du projectile de l’arme à feu : arme de guerre ou de chasse, explique son mouvement et ses effets; relevons à ce propos une défense chaleureuse de notre balle D, que la presse allemande nous accusait pendant la guerre de transformer en balle dum-dum; l’auteur fit entendre alors, en territoire occupé, une protestation courageuse, appuyée sur une démonstration irréfutable ; il montre que parmi toutes les balles employées pendant la guerre, la balle française seule ne pouvait être transformée en dum-dum. Vient ensuite l’étude de la trajectoire avec d’intéressants détails sur celle du canon allemand à longue portée; puis des notions utiles sur les poudres et explosifs,
- et de sages conseils touchant l’emploi des armes â feu, notamment des revolvers de poche.
- Note sur les variations de la hauteur de rebondissement d’un mouton en fonction du nombre de chocs, par G. Drouillard, i brochure, 10 pages. Publication du Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers. Béranger, éditeur, Paris, 1922.
- L’auteur montre que l’étude des variations de la hauteur de rebondissement d’un mouton en fonction du nombre de chocs sur un même point peut fournir d’utiles indications sur la cohésion, la malléabilité, la fragilité au choc de divers matériaux. Il y a là un procédé qui pourrait être employé avantageusement en usine pour contrôler les transformations successives d’un produit en cours de fabrication. ^ _
- Les forces de valence et les spectres de Rôntgen, par W. Kossel, traduit par M. Jolay. i brochure 70 pages. A. Blanchard, éditeur, Paris, 1922 Prix : 4 fr. 5o.
- Cette brochuré contient la traduction de deux importants mémoires du savant physicien allemand Kossel; le premier est consacré à la nature physique des forces de valence : en s’appuyant sur les travaux modernes relatifs à la constitution de l’atome, notamment ceux de Bohr, Kossel montre que la valence, propriété essentiellement chimique de l’atome et qui
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- BIBLIOGRAPHIE
- mesure ses affinités chimiques, est d’origine électrique et fonction de la structure électronique de l’atome. Dans le second mémoire relatif aux rôles des rayons de Rôntgen dans l’étude de la structure de l’atome, l’auteur rappelle la théorie de l’atome de Bohr, puis les propriétés des spectres de rayons X des différents corps simples; il montre comment les données expérimentales fournies par les lignes de ces spectres confirment les vues théoriques de Bohr, et indique les espérances que l’on peut fonder sur ces recherches pour déceler la répartition des électrons dans les divers atomes.
- Les piles électriques, par L. Michel. i vol. in-16, i35 pages, ioo fig. Gàuthier-Yillars, éditeur, Paris,
- J922. Prix : 6 francs.
- Description des diverses piles usuelles suivie de formules et recettes utiles aux amateurs soit pour entretenir, soit pour construire eux-mêmes les piles décrites.
- Le négatif en photographie, ie édition, revue, corrigée et augmentée, par A. Sevewetz. i vol. in-16, 320 p., 44 hg. Encyclopédie scientifique, Gaston Doin. Prix, cartonné toile : 14 francs.
- La nouvelle édition, conçue sur le même plan que la première, comporte de nombreuses additions qui résument les acquisitions les plus récentes de la science photographique.
- Tous ceux qui s’intéressent à la question si importante en photographie de l’obtention du négatif, savants, professionnels et amateurs, trouveront dans cet ouvrage sous une forme claire et concise toute la documentation qui peut leur être utile : surfaces sensibles, leur préparation, leur exposition, leur développement; l’utilisation des révélateurs; l’amélioration des clichés développés.
- Les colloïdes, par J. Duclaux. (2" édition). 1 vol. 3o5 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1922.
- Cet ouvrage résume avec une grande clarté le vaste chapitre de la chimie qui touche aux substances colloïdales. Il règne encore beaucoup d’obscurité dans cette branche de la science et bien des questions sont encore sujettes à controverse, néanmoins les applications pratiques des colloïdes sont déjà extrêmement nombreuses et importantes, en physiologie, médecine, teinture, photographie, etc., et il importe que les connaissances acquises parla science soient largement vulgarisées. C’est ce qu’a fait brillamment M. Duclaux. Diverses théories sont en présence; M. Duclaux prend nettement parti pour la théorie chimique, et on pourra peut-être lui reprocher de n’avoir qu’incomplètement exposé les arguments des théories rivales ; mais l’important était de grouper et d’exposer clairement les propriétés actuellement connues des colloïdes, ainsi que la technique de leur étude; ce programme est magistralement rempli. Signalons parmi les nombreuses modifications qui distinguent cette nouvelle édition : un résumé des récents et remarquables travaux de Loeb et Sorensen sur la gélatine et l’albumine.
- Organisation administrative industrielle appliquée à la construction mécanique en petite et moyenne série, par J.-M. Caquas. i vol. 18 X 27 de 80 p., 32 modèles de documents. Dunod, éditeur, Paris, 1922. Prix : 10 francs.
- Yoici les questions traitées dans cet ouvrage : 1. Fractionnement des fabrications en séries limitées; Etablissement des ordres de fabrication. — II. Service d’approvisionnement; Magasin des matières premières, pièces brutes et pièces de rechange. — III. Contrôle et.comptabilité de la main-d’œuvre..— IV. Mouvement des pièces en cours d’usinage ; Magasin des pièces finies ; Montage ; Prix de revient.
- Compte rendu du Congrès delà Pomme, Rennes, 4-6 novembre 1921. 1 vol. in-8, 358 p. Imprimeries réunies, Rennes.
- Organisé par l’Office agricole l’égional de l’Ouest
- et par les Chemins de fer de l’Etat, ce congrès étudia, avec grand succès, les questions relatives à la culture et aux industries de la pomme : choix du terrain et des variétés, cidrerie, conservation des fimils de table, eau-de-vie, confiturerie, etc. Ce compte rendu contient les importantes communications adressées à ce congrès par MM. Pic et Ray, Warcollier, Kayser, Bodin, Chavastelon, Truelle, Bordas, Charrière, de Pont-briand, etc. C’est dire qu’on y trouve une foule de renseignements précis et précieux sur l’état actuel et l’avenir de cette culture et des industries qui en dérivent.
- Recherche sur le parenchyme des Plathelminthes, Essai d’histologie comparée, par Marcel Prenant, i vol. in-8, 175 p., 11 fig., 8 pl. Archives de Morphologie générale et expérimentale, fasc. Y. Doin, Paris. Prix : 22 francs.
- Les Plathelminthes, qui comprennent les Turbella-riés ou vers plats et les Nématodes et Cestodes parasites, forment un groupe de vers qui ne possède pas de sang circulant. Celui-ci est remplacé par un parenchyme où l’auteur a recherché les analogies avec les éléments du sang des autres animaux. Excellent histologiste, l’auteur a réussi à voir clair en ce sujet nouveau et fort complexe et son travail est un exemple à méditer et à imiter de ce que peuvent donner les méthodes les plus modernes pour connaître le fonctionnement d’organes et de tissus dont nous n’avions encore aucune idée.
- Précis de Parasitologie, par E. Brumpt. 3° édition,
- 1 vol. in-16, 1216 p., 736 fig., 5 pl. Collection de Précis médicaux. Masson, Paris. Prix relié : 5o fr.
- Le Précis de Parasitologie du Dr Brumpt, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, est le traité classique de cette science, non seulement en France, mais à l’étranger. Cette nouvelle édition, entièrement remaniée, était impatiemment attendue, la précédente étant introuvable depuis cinq ans. On y retrouve, comme dans les précédentes, la description de toutes les espèces animales et végétales parasites de l homme, leur place zoologique, leur évolution, leur culture, les hôtes qui les abritent, leur répartition géographique, leur mode de transmission, leur action pathogène, les symptômes des maladies qu’ils provoquent, les moyens de les diagnostiquer, de les détruire, le pronostic des lésions provoquées et les modes de traitement.
- Entre cette troisième édition et la précédente, la guerre a passé, amenant une évolution rapide de la parasitologie due aux transports d’hommes de toutes les races, à l’examen en très grand nombre de toutes les humeurs et sécrétions de ces déplacés, à l'arrivée en Europe de malades exotiques, etc. Cette expérience colossale, jointe aux progrès des connaissances sur l’évolution des parasites, fruits du travail des laboratoires du monde entier, a permis au professeur Brumpt de compléter, d’augmenter son livre et d’en faire le traité parfait, absolument à jour, d’une science qui intéresse non seulement les médecins, mais tous les hommes soucieux de la santé publique.
- Northern Uie Music, par Franges Diînsmore. Bulletin du Bureau of American Ethnology. 1 vol. in-8°, 2i3p,, 21 fig., 16 pl. Smilhsonian Institution, Washington.
- Les revenus d’un intellectuel de 1200 à 1913, par G. d’Avenel. i vol. 3go pages. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1922. Prix : 7 francs.
- M. d’Avenel étudie l’évolution du revenu de la classe intellectuelle depuis le moyen âge jusqu’à nos jours : militaires, magistrats, prêtres, médecins et chirurgiens, peintres, sculpteurs, avocats, gens de lettres et de théâtre. Etude bourrée de chiffres, et néanmoins captivante, car c’est la vie même de nos ancêtres, dans ses détails matériels, qu’elle, évoque avec une curieuse précision. L’auteur veut montrer que le prix des hommes comme le prix des choses, les salaires de tous genres comme les prix de vente n’obéissent qu’à l’inflexible loi de l’offre et de la demande; elle seule les régit indépendamment de toute considération de morale ou de justice.
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- LA NATURE
- Supplément.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- N° 2543
- 30 Décembre 1922
- LA VOUTE CÉLESTE EN FEVRIER 1923 (*)
- Comment mesure-t-on une tache solaire vue au centre du Soleil? Comment opère-t-on pour une tache qui n’est pas au centre du Soleil, ce qui est le cas le plus fréquent ?
- Telles sont les questions posées par un lecteur de ce « Bulletin astronomique », observateur assidu du Soleil:
- Nous nous bornerons, pour aujourd’hui, à répondre uniquement à la question posée, laissant de côté la mesure de la position en latitude et longitude hélioeen-triques de la tache.
- La surface des taches s'évalue, en général, en millionièmes de l’hémisphère solaire visible. On ramène cette surface au centre du disque par un petit calcul, que nous donnons ci-après.
- On commence par effectuer, par projection (voir le dispositif à employer au « Bulletin astronomique » du n° 2408) un bon dessin du Soleil complet. Le diamètre à adopter n’a pas une grande importance.
- Cependant la pra tique indique un diamètredeo'", io pour les dessins faits avec une lunette de o"',io8 et au-dessous ; de o"\ 20 pour les lunettes dont l’objectif a plus de om,108.
- On recouvre le dessin d’un verre dépoli, à grain trèsfio, quadrillé en millimètres.
- On compte combien chaque tache ou èhaque groupe de taches couvre de carrés et fractions de carrés. En outre, on mesure la distance au centre du disque (soit p) des taches ou groupes. Appelons R le rayon du dessin solaire.
- Pour convertir en millionièmes de Vaire de Vhémisphère
- solaire visible les surfaces mesurées, on multipliera les nombres déterminés avec le verre dépoli pari5,9i5. Ce chiffre représente le nombre de millionièmes de l’hémisphère solaire contenus dans un millimètre carré au centre du dessin. Mais, en général, les taches ne sont pas au centre du disque solaire, elles sont vues en raccourci par la perspective. Pour ramener les valeurs trouvées au centre du disque, on les multipliera par le facteur a, tel que :
- , / . ’p
- a — sec I arc sm —
- Nous renvoyons le lecteur qui désirerait des détails plus circonstanciés aux « Instructions pour l’observation du Soleil (^j » publiées par la Commission solaire de la Société astronomique de France. Voir chap. II, par
- 1. Toutes les heures', données en ce Bulletin sont exprimées sans aucune exception, en temps légal, c’est-à-dire en lemps moyen de Greenwich, compté de o1' à 2/,.h, à partir de minuit.
- 2. En vente à la Société astronomique de Franco, 28, rue
- Serpente, Paris, (J".
- Fig.
- M. Joseph Guillaume dans U Astronomie de igo3, p. 364 et suivantes.
- Nous avons indiqué dans le même volume (p. 313) un procédé très simple dont voici la description. Le dessin (Gg. i) est divisé en deux parties : i° Un cercle central quadrillé dans lequel chaque petit carré représente a5 millionièmes de l’hémisphère solaire; 2° Des cercles concentriques comportent des coefGcients (ce sont ceux que fournit la formule ci-dessus). On superpose le graphique delà Ggure i, tiré sur calque, ou reproduitlpho tographiquement sur verre, sur un dessin du Solei ayant exactement même diamètre extérieur, soit ioo mm.
- i° On compte combien une tache donnée recouvre de petits carrés de aü millionièmes. On estime la fraction des carrés qui débordent.
- 2° On centre les deux disques et on note le coefficient
- du cercle qui passe par le centre approximatif de la tache.
- 3° On effectue le produit des deux nombres précédents.
- Le dessin par projectiôn permet d’avoir toujours pour le Soleil un diamètre égal au graphique.
- Rappelons que sur un disque dé o"’,io de diamètre, i mm au centre équivaut à 13 9 4ü km sur le Soleil. Le diamètre angulaire correspondant est de 19",2.
- Une tache de 1 minute mesure sur la projection 3 mm 125 ; 1 mm, au centre du disque représente 194379364 km2 * sur le Soleil!
- I. Soleil. — Le Soleil, en février, continue son ascension vers i’hé« misphère nord, sa déclinaison passant de — 17° 18'
- au début du mois à —8° 14' le 28. Les jours augmentent fortement de durée. En effet, de 9h2imle ier, la durée du jour atteint ioh 52’" le 28.
- Le tableau suivant contient le temps moyen à midi vrai. C’est l’heure que marquent les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Nous avons vu que ce renseignement est fort utile pour tracer la méridienne.
- Graphique établi par M. Em. Toocuet pour la mesure simplifiée de la surface des taches et facules du Soleil.
- Dates. Temps légal.
- Février i*r 12h 4ra 18‘
- — 5 i2h4ra45s
- — 10 I 2h 5"1 2S
- —. 15 12h 4’” 59*
- — 20 i2h4ra38s
- — 2Ô I 2h 4“ 0'
- — 28 ia^So"
- Continuer l’observation des taches. On mesurera leur surface et leurs coordonnées en s’aidant des indications données plus haut.
- Lumière zodiacale. — Yoici la période très favorable pour observer la lumière zodiacale. A cette époque de
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- l’année, l’écliptique fait un angle très grand avec l’horizon au coucher du Soleil. Aussi la l,uruière zodiacale, dont l’axe est confondu avec l’écliptique, se dégage-t-elle des brumes de l’horizon. Aux autres époques de l’année, elle est plus inclinée sur l’horizon et se trouve fréquemment masquée par la brume.
- On se reportera à ce que nous avons dit antérieurement pour l’observation et le dessin de la lumière zodiacale.
- Il faudra la rechercher notamment aux époques où la Lune ne brille pas après le coucher du soleil, c’est-à-dire du 5 au 17 février.
- Vers le i5, observer la lueur anti-solaire entre le Cancer et le Lion. Il faut une nuit très pure et l’absence complète de lumières artificielles.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de février 1923, sont les suivantes :
- P. L. le isr, à 15h 53“ I N. L. le i5, à 1 + 7“
- D. Q. le 8, à gh 16“ | P. Q. le 24,, à oh 6m
- Age de la Lune, à midi, le ior février =14.1,4; le 16 = oJ,7. Pour les autres dates du mois, on aura l’âge à midi en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 16, et pour une heure donnée oj,o4i7 par heure éeoulée depuis le midi précédent. Ce renseignement doit figurer à côté des dessins lunaires comme première indication permettant un classement.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 11 février — — 180 i9' et le 26 février = -f- 180 ià'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 février, à 8h; apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 février, à 8h.
- Observations physiques. — Voir le « Bulletin astronomique » du N° 2525.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 21 février, occultation de 25 Bélier (gr. 6,5), de i7h i9m à i8h 25“.
- Le 23 février, occultation de 179 B Taureau (gr. 5,9), de ig11 24” à 20lli2m. — Occultation de 48 Taureau (gr. 6,3), de 23h56m à ob4ora le 24.
- Le 24 février, occultation de 318 B Taureau (gr, 5,7), de 18 38“ à i9h 2m.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produisent au moment de la Pleine Lune du icr ou. peu après. Yoici leur amplitude, pour Brest :
- Dates. Marée du matin. M; irée du soir.
- Février ior O 1 CO VJ Om,92
- 2 °ra,97 im,oo
- 3 1 m,o3 im,o5
- 4 im,o6 im,o5
- 5 1111,0 2 om,98
- 6 om,94 om,88
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen
- des données de Y Annuaire astronomique Flammarion
- pour i92 3, en cours d’impression, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de février.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation occidentale le 23 février, à 5h, à 26° 42' à l’Ouest du Soleil. Il sera donc visible le matin, quelques jours avant et après cette date. Ayant trouvé Mercure, il. sera facile de le suivre en plein jour, avec une lunette.
- Yoici la phase de Mercure et sa grandeur stellaire en février :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Février 5 o,i5 + 7,3
- — 10 o,3o + 0,8
- — i5 0,43 + o,5
- — 20 o,54 + o,3
- — ‘ 25 0,62 + 0,2
- M. Flammarion recommande toujours d’observer et d’étudier les phases de cette planète, il existe en effet un désaccord entre la phase observée et la phase calculée. La figure 1 du « Bulletin astronomique » de mai 1922 (n° 25o3) sera particulièrement utile pour cette comparaison.
- Vénus, comme Mercure, est également visible le matin, sa plus grande élongation se produisant le 4 février, à 2o\ à 46° 48' à l’Ouest du Soleil. En raison de son brillant éclat, aucune carte n’est nécessaire pour reconnaître Yénus. La moindre petite lunette montrera des phases analogues à celles de la Lune.
- Le tableau ci-dessous donne le disque illuminé et la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Février 5 o,5o — 4.i
- — 10 o,53 — 4 >0
- — i5 o,55 — 4.0
- — 20 o,58 — 3,9
- 25 0,60 ' — 3,9
- On pourra avec avantage observer Yénus en plein jour. Il suffira, l’ayant trouvée au petit jour, de la suivre à la lunette. Dessiner toutes les taches que l’on pourrait reconnaître sur le disque lumineux.
- Mars est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit, dans la constellation des Poissons. Son diamètre, extrêmement réduit, ne permet plus d’observations utiles, à moins de posséder un très grand instrument. Phase de Mars (portion éclairée) le i5 février = 0,924.
- Jupiter, dans la Balance, est visible dans la seconde partie de la nuit. Dessiner avec soin les détails de la surface. On suivra avec intérêt la marche des quatre principaux satellites.
- Saturne est de mieux en mieux visible, se levant vers
- ASTRE Dates : FÉVRIER Lever a Paris. Passage au Méridien de Paris f1) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent.
- 5 71. 1 g» 12h 4m4-5‘ i6h52m 2111 i3m — i6° 9' 32'3o"o
- Soleil . . . i5 7 2 12 4 59 17 8 21 52 — 12 56 32 26,4
- 25 6 44 12 4 0 17 2 5 22 3i — 9 22 32 21,6
- 5 6 17 11 1 i5 44 20 11 — 16 3i 9 +
- Mercure. .) i5 5 5o 10 2 3 14 56 20 8 — 18 3o 8, 2
- ' 25 5 47 10 21 14 54 20 43 — 18 25 6,8
- .( 5 422 8 47 i3 i3 17 55 — 19 57 2-4,6
- Vénus. . / i5 4 3o 8 53 i3 16 18 40 — 20 19 22,2
- / l2 5 4 34 8 59 i3 25 19 22 — 19 58 20,4
- 5 9 11 i5 33 21 54 0 41 + 4 14 5,2
- Mars, . . .< i5 8 44 i5 20 21 55 1 7 -j~ 710 5,0
- t 25 8 18 i5 7 21 56 1 34 + 9 58 4,8
- Jupiter. . . i5 0 34 5 19 10 5 i5 5 — 16 9 35,2
- Saturne . . i5 21 54 3 32 9 9 i3 17 — 5 21 16,6
- Uranus. . . i5 7 52 i3 10 18 38 22 07 — 7 32 3,2
- Neptune. . i5 16 8 23 27 6 46 9 16 —j— 16 4 2,6
- Constellation
- et
- étoile voisine.
- VISIBILITE
- Capricorne
- Capricorne> »
- Yerseau I
- 1
- Ç Capricorne) A la fm du mois.
- p apricoine^pj^s grande élongation 0 Capricorne) le 23 °
- 1 Sagittaire ) T
- s s; ut • , ( Le niaLn.
- agi ane rpius grande élongation p Sagittaire ) ° le / °
- >Le soir, après le coucher ) du Soleil.
- Seconde moitié de le nuit,
- Presque toute la nuit.
- Presque inobservable.
- Toute la nuit. Oppos. le 6.
- £ Poissons |i Poissons v Poissons
- 1 Balance
- 0 Yierge
- 81 Yerseau
- nd-u2 Cancer
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Creenwich, du passage au méridien de Paris.
- -Sfê 210
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-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 22h.Yoiciles éléments del’anneau, àla date du 11 février :
- Grand axe extérieur....................... 4i//,37
- Petit axe extérieur....................... -j- 8",5i
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- Panneau.................................. i i°5‘2'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau ...................................... -(- g0 56'
- Elongation orientale de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne : 5 février, roh,2; 21 février, 8h,5 ; élongation occidentale, le i3 février, 8h,7.
- Titan est visible avec une lunette de om,o5 d’objectif. Il est de la grandeur 8,5.
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil au début du mois prochain. Il est pratiquement inobservable.
- Neptune sera en opposition le 6 février. Il est donc visible toute la nuit. On pourra le rechercher au moyen de ses coordonnées, que voici :
- Dm os. Ascension droite Déclinaison. Diamètre.
- Février 5 g1' 17” + i5° 58' 2",6
- — i5 g’1 i6m -(-16° 4' 2",6
- •— 2 5 g1’ i5m + i6° 9' 2',6
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2tà 2 , Neptune en conjonction avec la Lune, à 3° ioN.
- Le 6, à 9h, Saturne — — la Lune, à o° 3' N.
- Le 8, à 7h, Jupiter — Le 11, à 2ûh, Vénus — la Lune, à 3° 17'S. — la Lune à. i° 5g' S. — la Lune, à 20 16'S.
- Le i3, à 18h, Mercure - —
- Le 17, à 5\ Uranus — — la Lune, à i° 32' S.
- Le 20, à 8h, Mars — — la Lune, à 20 57'N.
- La. conjonction de Saturne et de la Lune, du 6 février, sera particulièrement intéressante à suivre. La Lune sera à deux jours du Dernier Quartier. On suivra le rapprochement à la lin de la nuit du 5 au G. Dans une lunette, on pourra observer le plus grand rapprochement, en plein jour.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (8 Persée) : Le 18 février, à o1' 20”; le 20, à 2‘h9"
- Etoiles filantes. — Le 16 février, radiant d’étoiles filantes près de a Cocher.
- Y. Constellations. — Yoici l’aspect de la voûte céleste en février (le ier, à 2ih ou le i5 à 20'').
- Au Zénith : Le Cocher (14, 4 M. 37).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, n) ; Céphée (0, [J., -/., P, 0); le Dragon (/, 0, 40, v), 17, s, g, H.
- IY. 37).
- Au Nord-Est : La Grande Ourse (;, v, 28 h, a, 5j).
- A l’Est : Le Lion (x, y, 54, (3, Ç) ; le Cancer (la Crèche, (6, t, Ç).
- Au Sud : Les Gémeaux (a, p, ç, rn <5, 61, M. 35); le Petit Chien, le Grand Chien (amas, Ç) ; Orion (0, ni, 42, ô, 42 c, p, or) ; le Lièvre (R.).
- A l’Ouest : Persée (p, amas., e, tj ) ; le Taureau ( Pléiades, a, v, x, 88, <p) ; le Bélier (p 3o, X, t:, 33); Andromède (y, r, 56, M. 31 ) ; Cassiopée (rt, t, di, o) ; la Baleine (Mira Ceti) ; l’Eridan. E.u. Touciiet.
- *SD
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ai îondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la lîoile aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’inlcrêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut cire, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M.E. Chenailles, à Saint-Julien-en-Jarez (Loire). — L’huile de ricin que vous avez en main a dû être extraite à chaud ou bien elle a été additionnée d’huile de pignon d’Inde (Curcaspur g ans), ce qui lui donne un goût âcre. Le mieux serait de faire vous-même un produit pur, ce qui ne présente pas de difficultés, la condition essentielle pour que l’huile n’ait pas de saveur étant de l’extraire à froid et non à chaud des graines de Ricinus commuais. Pour cela on délaye 1 kg de graines privées de leur enveloppe corticale dans a5o cm1' d’alcool à 36° G. L. ; on introduit le mélange dans un sac en coutil et on soumet à la presse, ce qui donne environ 600 gr. d’huile incolore, transparente, sans odeur et sans goût.
- M. Monnerot-Dumaine, à Yillebrumier (Tarn-et-Garonne). — Presque toutes les lessives en poudre du commerce sont constituées par un mélange de carbonate de soude et de savon, il est donc inutile d’ajouter à nouveau ces produits au moment de l’emploi. Les lessives mises sur le marché ces dernières années renferment en outre un persel, perborale de soude par exemple, qui libère de l’oxygène comme le font les bypocblorites sans en avoir les inconvénients. On peut prendre comme type de composition par kilogramme :
- Soude Solway..........35o grammes.
- Savon.................5oo —
- Perborate de soude ... 100 —
- Silicate de soude. .... 5o —~
- M. Chambard, à Lons-le-Saunier. — Yous enlèverez facilement la couche de vernis doré que porte le cadre de votre glace par application pendant un temps suffisant de polasse des peintres (lessive de soude caustique à 36° B), mais il ne faut pas espérer n’enlever que la dernière coucbe, le bois sera remis à nu, cela 11’aura pas d’inconvénient, car la dorure primitive devait être fort abîmée, si l’on a jugé utile de la recouvrir par une nouvelle.
- M. Labergerie, à Lussac-les-Chàleaux (Yienne). i° Badigeon simple :
- Donner une première couche au moyen de lait com-
- posé d.e :
- Pâte de chaux éteinte .... 10 kg
- Eau ordinaire................. 100 litres.
- Cette première couche étant sèche, en donner une seconde avec la même composition dans laquelle on remplacera 20 litres d’eau par un même volume d’une, solution saturée d’alun.
- 20 Badigeon à la gélatine :
- Pâte de chaux éteinte................. 10 kg
- Blanc d’Espagne........................ 1 —
- Sel marin............................. 5 —
- Gélatine (colle forte)................. 5 —
- •Eau ordinaire . .....................100 litres.
- Faire gonfler la gélatine en la mettant macérer pendant 12 heures dans une partie de l’eau ( 10 litres environ), ensuite liquéfier de préférence au bain-marie, ajouter successivement la chaux, le blanc d’Espagne et le sel, finalement étendre avec le reste de l’eau. Pour obtenir un bon résultat appliquer le badigeon encore tiède.
- V. B., h Bruxelles. — i° Nous ne connaissons pas d’article sous ce nom, il serait nécessaire que vous nous en soumettiez un échantillon; — 2° Vous trouverez des renseignements très complets, au point de vue géologique et minéralogique, sur les gisements d’uranium et de radium dans l’ouvrage Les gites miniers et leur prospection, par Roux-Brahic, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins ; — 3° La pechblende ou minerai radifère porte aussi les noms d’Uranpecherz, pechurane et coracite, elle se présente en masses compactes à structure parfois lamellcuse, très rarement en cristaux d’un éclat métallique gris, noir grisâtre, verdâtre ou brunâtre; souvent avec enduits jaunes ou verts, c’est essentiellement de l’ox3^de d’uranium U3 O4, on la rencontre principalement à Joachimsthal, Przibram en Bohême, Schneeberg (Saxe), Rezbayd (Hongrie), Redrulh Cornouailles, à Vinani Ivarena (Madagascar), enfin à Guarda (Portugal). Pour identifier ce minerai, on place un échantillon sur une plaque photographique enveloppée de papier noir, en interposant entre le papier et. la plaque un objet métallique opaque aux émanations du radium, clef par exemple. Au bout de quelques jours on développe la plaque qui montre la silhouette de l’objet si le minerai est radifère.
- Commandant B., à Marseille. — Quelques gouttes d’huile à manger auraient peuL-être mieux réussi pour
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- BOITE AUX LETTRES
- lubrèfer le bouchon clu flacon que vous voulez déboucher. Après avoir chauffé le col extérieurement ainsi que vous l’avez déjà fait, tapotez légèrement avec un morceau de bois l’un des côtés de la 'tête du bouchon dans le sens convenable, pour dévisser en quelque sorte celui-ci. Avec un peu de patience ce moyen réussit généralement.
- M. Ch. Mesuré, à Monlluçon (Allier). — Les deux sortes de vernis copal à l’alcool ou à l’essence peuvent être employées pour augmenter la durée des semelles de chaussures, celle à l’alcool présente l’avantage de sécher plus vile, on peut prendre comme type de préparation :
- Pyrocopal................10 grammes.
- Gomme mastic................ 5 •—
- Sandaraque................. io —
- Térébenthine de Venise . . 5 —
- Alcool à (p°................70 —
- M. Chardin, à Pantin. — La plupart des produits que l’on introduit dans les c'/ambr.es à air, pour remédier aux crevaisons, sont constitués par de la silice gélatineuse en suspension dans la glycérine. On peut obtenir une préparation de ce,genre en prenant :
- Silicate de soude à 36° B . . . 100 c. c.
- Glycérine blonde................3oo —
- On mélange intimement, puis on ajoute peu à peu de l’acide chlorhydrique du commerce jusqu’à réaction très faiblement acide au papier de tournesol. Pour terminer on étend de
- Glycérine.......................300 c. c.
- La dose à employer suivant dimensions est de 100 à 15o cm3 par chambre. Lorsqu’une crevaison se produit la pression intérieure refoule dans la fissure un peu de gelée qui en se durcissant produit l’obturation.
- M. E. L. L. G., à Luisant. — Les allumettes dites suédoises sont constituées ainsi :
- Pâte de l’allumette : Chlorate dépotasse. Sulfure d’antimoine. Colle forte.... 62.5 25.5 1 2
- Pâte du frottoir : Phosphore rouge. . Sulfure d’antimoine. Colle forte 43.5 29 27.5
- M. de La Boulaye, à Perrecy-lcs-Forges (Saône-et-Loire). — L‘essence courante telle qu'elle est employée dans les petites lampes dites Pigeon convient très bien pour le garnissage des mèches de briquets, mais il ne faut pas que cette essence soit mélangée de pétrole lampant comme cela a lieu parfois si le fournisseur est peu scrupuleux; réclamer par conséquent de l’essence de la meilleure qualité. Si on désire qu’elle soit parfumée, on peut y ajouter 10 gr. par litre d’acétate d’amyle.
- M. II. L. M., à Versailles. — La fixation des lames de couteaux dans leur manche se pratique ainsi.
- On chauffe fortement la soie ou talon de la lame, puis on l’enfonce rapidement dans la cavité du manche que Ton a préalablement remplie de la poudre suivante :
- Colophane.............. 4’ïo grammes.
- Fleur de soufre........... 140
- Sable fin.................410 —
- On laisse refroidir, puis on enlève les bavures autour de la virole.
- Cette préparation convient à tous les ustensiles de table à manche de bois ou de corne. Pour une bonne conservation prendre comme règle de ne jamais laver les couteaux à l’eau chaude qui ramollit la colophane.
- M. Perdriel, à Nantes. — Vous pourrez rendre de la souplesse au cuir de vos chaises en enduisant l’envers du cuir d’une mixture composée de :
- Glycérine blonde..........35o grammes.
- Eau orditiaire............600 c. c.
- La glycérine étant hygrométrique retiendra toujours une quantité d’eau suffisante, malgré la sécheresse de la pièce et empêchera ainsi le cuir de se craqueler dans la partie vernie.
- M. Wouez, à Beeringen. — Dans les conditions que vous indiquez aucune colle ne tiendra, vu le peu de surface des parties à rapprocher. Le mieux serait de mettre à la place de l’œillet en écaille un œillet métallique or, argent ou nickel avec empattement rivé.
- M. E. Toner, à Amiens. — 1" Les agglomérés de charbon et bioxyde de manganèse employés dans les piles dites sèches sont obtenus par addition de mélasse et compression, on chauffe ensuite eu vase clos pour carboniser le sucre et laisse (refroidir à l’abri de l'air;
- — 2° Les ouvrages suivants vous donneront très probablement satisfaction : les piles électriques et thermo-électriques, par V. Hauck, éditeur Bernard-Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; les nouvelles piles électriques, par A. Berthier, chez Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Lecot, à Nangis (Seine-et-Marne). — Le désulfatage des accumulateurs s’effectue comme suit : On commence par siphonner l’acide et le remplacer par de l’eau distillée, cette eau est également siphonnée et rejetée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 2 ou 3 pour 100 et l’on charge. De temps à autre, on essaye au papier de tournesol la réaction de l’électrolyte, si à un moment quelconque celle-ci est acide, le sulfate n’ayant pas disparu de la plaque, on ajoute de la soude jusqu’à réaction alcaline, on continue ainsi de telle façon que la plaque positive prenne la teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde. On retire alors la solution de soude et la remplace par de l’acide sulfurique à la concentration habituelle et on continue à faire passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit chargé.
- M. Monnoyer, à Vincennes. — i° h’exécution d’une analyse de ce genre serait assez coûteuse, car le produit photographique dont vous parlez peut être à fonctions chimiques complexes. Si cependant la question dépense est secondaire, nous pourrons vous indiquer un laboratoire ne se chargeant pas d’analyses particulières et ne s’occupant que d’études d’intérêt général. — 20 II faut commencer par désulfater vos accumulateurs ainsi que nous l’indiquons dans la réponse précédente à M. Lecot, ensuite vous leur ferez reprendre un régime normal par charges et décharges successives, telles qu’elles sont pratiquées pour la formation habituelle des plaques.
- M. Cauzard, à Neuilly-sur-Seine. — i° On obtient en général un assez bon résultat pour la désodorisation des récipients métalliques ayant contenu du pétrole en les lavant avec une solution de chlorure de chaux additionné d’un lait de chaux, mais nous doutons que dans le cas signalé un résultat parfait soit obtenu pour un tonnelet en bois destiné à contenir de l’eau pour l’alimentation. — 20 Le ciment au caoutchouc suivant vous donnera très probablement satisfaction :
- Caoutchouc...................85o grammes.
- Suif de mouton............... 90 —
- Minium ...................... 4° —
- Lilharge.................... 20 —
- 3° Vous trouverez tous les renseignements relatifs à l’établissement d’un court de tennis dans la réponse que nous avons faite précédemment à M. Bouquet, de Meudon.
- M. J. Amblard, à Orau. Les taches d'encre stylo-graphique que porte votre étoffe disparaissent par traitement à l’eau de Javel étendue, suivi d’une immersion dans l’eau chlorhydrique à 5 pour 100, il s’agit donc bien d’une encre à base de sels de fer. Votre tissu étant crémé, cette teinte disparaitra forcément en même temps que les taches, mais vous pourrez la rétablir, après rinçage à fond, si vous le jugez convenable, en plongeant l'étoffe d’abord dans de l’eau contenant quelques gouttes de perchlorure de fer, ensuite dans un bain alcalinisé par quelques cristaux de carbonate de soude.
- M. Bavai, à Vesoul. — Parmi les huiles courantes celles qui ont le point de congélation le plus Las sont les suivantes :
- Huile de ricin.............— 170
- — de camcline...........—: 18°
- — d œillette............— i8°,5
- — de chènevis...........— ?,5°
- — de noix...............— 270 * '
- — de lin . ............— 270,5
- Les dernières ont pour caractéristique d’être siccatives, mais le produit oxydé conserve cependant une assez grande souplesse à basse température.
- M. Victor Amauris, à Morlanwelz (Belgique). —Il est répondu dans, le présent « Bulletin astronomique » de la p. 209 à votre question concernant la mesure d’une tache solaire vue au centre du disque ou vue en dehors du centre.
- M. R. F., Grand Bassam (Côte d’ivoire). — M. Ilan-riot, 76, rue Lafayette, à Rouen, acheteur éventuel de cacaos et, par ailleurs, de gommes gluantes, désirerait entrer en rapport avec vous.
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- LA NATURE
- CINQUANTIÈME ANNÉE — 1922
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- » H"
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. — INFORMATIONS.
- Abeilles : machine à compter................................. 21
- Acroïde. . . . ^...............................................12G
- Aéronautique : 8° exposition................................... 62
- Albert de Monaco : nécrologie................................ 15
- Alla : pâte à papier...........................................102
- Allemagne : décès pendant la guerre.......................... 2
- Allemands en Palestine.........................................174
- Alpes : levés à grande échelle............................... 81
- Amundsen va tenter d’atteindre le Pôle Nord en avion ... 58
- Animaux à fourrure : destruction............................... 37
- — : rendements comparatifs...............................184
- Appareils ménagers : concours................................... 2
- Arbres curieux du Luxembourg..........................25. 118
- — légendaires............................................ 21
- Argent des bacs des films cinématographiques.................. 9
- Arscniate de soude : inlluence sur la végétation.............195
- —- — : stérilisation partielle du sol......... 74
- Assèchement des Marais Ponlins................................. 38
- Atmosphère de Vénus............................................ 21
- Automotrices : emploi sur les chemins de fer départemeu-
- taux........................................................125
- Aviation militaire anglaise....................................117
- — sans moteur : Congrès de Clermont-Ferrand. . . . . 73
- — à grande vitesse.......................................174
- Avion écrivant dans le ciel.................................... 45
- Avion-publicité................................................153
- Belgique : restauration des régions dévastées..................114
- Bell (Graham) : nécrologie..................................... 61
- Bourre : marché mondial........................................ 46
- Bison : résultat de la protection officielle aux États-Unis. . . 184
- Boulangerie : lleurages........................................114
- Bouty : nécrologie.............................................173
- Brésil : découverte de gisements de platine............. 21
- Câble téléphonique sous-marin de 200 km........................181
- Cadmium : vermillons sélénifères ..............................150
- Californie : industrie sardinière..............................134
- Canada : élevage des animaux à fourrure........................ 23
- Canards sauvages : disparition dans les marais de l’Ulah. . . 45
- Caoutchoutage des routes.......................................174
- Carburant national : nouveau concours......................... 198
- — — : formules en Allemagne..................114
- Cartographie dans les Alpes. .................................. 81
- Celtium : nombre atomique . . ............................... 21
- Céréales : récoltes en 1922 . . .' . '. . . . ...............150
- — : rouille............................................ 62
- Chaleur : importance de la couleur des vêtements...............115
- — et végétation.......................................... 14
- Champignon monstre.................................... • 2
- Charbon dans l’Amérique du Sua.................................102
- — du Chili.............................................194
- — pulvérisé dans les centrales électriques............... 45
- Chemins de fer départementaux : emploi d’automotrices . . 125
- Chêne remarquable..............................................193
- Chenilles processionnaires : marche....................2, 23
- Cheptel français............................................. 87
- Chili : charbon.................................................194
- Chrysomèle de la pomme de terre.............................. 86
- Cinéma : argent des bacs de lilms............................ 9
- Comète nouvelle..............................................157
- — : 4e de 1922 .......................................... 193
- — : 5e de 1922........................................... 197
- Concours d'appareils ménagers.................................... 2
- — nouveau du carburant national......................... 198
- Coucou : film...................................................126
- — : mystère...............................................194
- Couleur des vêtements : importance pendant les chaleurs. . 113
- Couverture du terrain par du papier dans les cultures tropicales......................................................... 86
- Cuisine solaire.................................................101
- Cultures tropicales : couverture du terrain par du papier./ . 86
- Cycle météorologique de 8 ans...................................158
- Décès en Allemagne pendant la guerre......................... 2
- Dessiccation : résistance des animaux...........................150
- Doryphora...................................................... 86
- Eaux de lavage : récupération des graisses et savons .... 22 Électricité : extension des services à bord des navires. ... 15
- — : laboratoire d’essais à 1 million de volts..........198
- Électrification du Saint-Gothard ...............................135
- Électrochimie : progrès.........................................149
- Élevage des animaux à fourrures au Canada.................... 23
- Empreintes digitales : falsifications........................... 87
- — nasales des vaches......................................198
- Engrais biologiques..........................................102
- — phosphatés : préparation au four électrique.............174
- États-Unis : laboratoires de recherches industrielles........... 86
- — téléphonie sans fil pour amateurs....................... 86
- Etoiles : mesure du diamètre....................................181
- Étoile nouvelle de lr0 grandeur.................................197
- Exposition d’aéronautique....................................... 02
- — de T. S. F.............................................. 40
- Extinction de l’incendie d’un puits de pétrole.................. 81
- Falsification des empreintes digitales.......................... 87
- Favé : nécrologie.............................................. 01
- Fécule de fougères arborescentes. . . . ,................ 81
- Films cinématographiques : argent des bacs...................... 9
- Film du coucou..................................................126
- Fleurages en boulangerie.....................................114
- Foudre : ell'et sur un arbre..................................... 1
- — globulaiie.....................................117, 158
- Fougères arborescentes : fécule................................. 81
- Four électrique : préparation des engrais phosphatés .... 174
- Fourrures : destruction des animaux............................. 37
- — : élevage des animaux au Canada......................... 25
- France : cheptel................................................ 87
- Gastéropodes géants............................................. 82
- Gaz combustibles : inflammation spontanée.......................198
- Supplément au n* 251" de La Nature du 30 décembre 1922. -jjg| 21 3
- 28.
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-
-
-
- m
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Gazomètres secs.............................................. 62
- Gelée et statues en pierre......................................149
- Gomme laque : substituts........................................126
- — Nauli...................................................... 125
- Graisses : nouveaux procédés de raffinage.................... 21
- — : récupération dans les eaux de lavage............... 22
- Graisse synthétique.............................................. 9
- Grives : assimilation des olives................................ 62
- Hélicoptère Berliner........................................... 21
- Houx remarquable................................................184
- Huiles : nouveaux procédés de raffinage...................... 21
- — de pétrole comme insecticide............................150
- Hydro-électriques (Ressources)..................................118
- Hydrogène : nouveau procédé de production.................... . 182
- Imatra : aménagement............................................. 9
- Immigration au Maroc............................................ 87
- Incendie d’un puits de pétrole : extinction.................. 81
- Inflammation spontanée des gaz combustibles.....................190
- Insectes nuisibles : destruction................................. 2
- Insecticide : huiles lourdes de pétrole .....................150
- Italie : industrie de la soie artificielle......................195
- Journaux : régénération.........................................194
- Kapteyn : nécrologie............................................ 37
- Laboratoire d’essais électriques à 1 million de volts........198
- Laboratoires de recherches industrielles aux Etats-Unis ... 86
- Lemoine : nécrologie. ...... 181
- Levés à grande échelle du Service géographique de l’Armée
- dans les Alpes.............................................. 81
- Lombric : rôle..................................................118
- Longitudes : nouvelle détermination.............................113
- ^Lufl’a...........................................................114
- Luxembourg : curiosités forestières....................25, 118
- Manson : nécrologie.............................................. 9
- Marais Pontins : assèchement.................................... 38
- Marines marchandes : statistique................................ 46
- Maroc : immigration.......................................... 87
- — : œufs.................................................. 38
- Maturation des poires à couteau.................................110
- Météorologie : cycle de 8 ans...................................158
- — et téléphonie sans lil................................. 23
- Minéraux : âge déterminé par la radioactivité................ 1
- Navires : extension des services de l'électricité............ 13
- — à propulsion électrique................................. 61
- Nécrologie : le prince Albert de Monaco...................... 13
- . — : Graham Bell.......................................... 61
- — : E. Bouty..............................................175
- — : Louis Pavé..................................... 61
- — : J.-C. Kapteyn......................................... 37
- — : G. Lemoine............................................181
- — : Sir Patrick Manson................................... 9
- Neige ocre . ................................................... 1
- Nuages : semaine.............................................. 197
- (Eufs marocains................................................. 38
- (Euf de poule : teneur en sucre.................................150
- (Eufs : sexe................................................... 87
- Oiseaux qui s’en vont.......................................... 22
- Olives : assimilation par les grises............................ 62
- Oreille : sensibilité.......................................... 86
- Palestine : Allemands...........................................174
- Papier : couverture du terrain dans les cultures tropicales . 86
- — : industries............................................185
- — : pâte d’alfa...........................................102
- Paquebot le plus grand du monde ................................ 57
- Pasteur : centenaire au cinématographe.......................... 87
- Pétrole : extinction de l’incendie d’un puits,............... 81
- Phosphates : préparation au four électrique. ...................174
- Piano : curieux emploi du piano................................. 45
- il. —
- Accumulateurs : charge sur courant alternatif.............135
- Agrandisseur « Auto-Focus «................................ 201
- Allumage et extinction à distance appliqués au gaz........103
- Amortisseur Brûlé pour bicyclettes........................... 76
- Angles : trisection .........................................186
- Appareil à épuisement continu François.................... 47
- Arrosage : pompe improvisée................................ . 90
- Astronomie : construction et emploi des petits instruments . 159
- Autochromes : appareil de projection le Caméléon.......... 5
- Autohaleur Falguière. ....................................... 75
- Automobiles : appareil pour laver........................... 170
- Plante résistant à haule température........................195
- Platine : découverte au Rrésil.............................. 21
- Poires à couteau : maturation............................... K)
- Pôle Nord : tentative d’Amundsen en avion................... 58
- Pomme de terre : chrysomèle ou Doryphora.................... 86
- Pont le plus long du monde................'................. 45
- Pousse remarquable............................................19,"
- Prix Nobel de Physique et de Chimie.........................175
- Propolis...................................................... 4()
- Radioactivité et âge des minéraux........................... 1
- Radiotélégrammes sismologiques de Strasbourg................175
- Raffinage des huiles et graisses : nouveaux procédés .... 21
- Récoltes de céréales en 1922 ............................... 150
- Record du vol à voile par Maueyrol..........................155
- Remorquage électrique des bateaux.............................. 57
- Résines synthétiques : production............................... 9
- Re-fauralion des régions belges dévastées......................114
- Rhon : concours de vol à voile..............................125
- Rouille des céréales........................................... 62
- Routes : caoutchoutage.........................................174
- Saint-Gothard : électrification................................155
- Sardine : industrie en Californie..............................154
- Sexe des œufs.................................................. 87
- Sismologie : radiotélégrammes de Strasbourg....................175
- Soie artificielle : industrie en Italie........................195
- Son : vitesse dans l’eau de mer................................117
- Squales : utilisation ........................................ 4(5
- Standardisation............................................... 82
- Statistique des marines marchandes............................. 46
- Statues en pierre et gelée.................................... 149
- Stéréoseopie au xvi» siècle....................................102
- Stérilisation du sol par l’arséniate de soude.................. 74
- Strasbourg : radiotélégrammes sismologiques....................175
- Suède : tremblement de terre................................. 45
- Sund : approfondissement ......................................126
- Swatow : dosas'rc.............................................. 81
- Synlac ........................................................126
- T. S. F. : appel aux amateurs français......................149
- — dirigée par ondes de courte longueur................... 85
- — : horaire de la Tour Eiffel............................115
- — : horaire des émissions de la Tour Eiffel..............175
- — : première exposition................................. 46
- — privée : vues de l’Administration des P. T. T.......157
- Téléphone : câble, sous-marin de 200 km........................181
- Téléphonie sans fil pour amateurs aux États-Unis............... 85
- — et météorologie........................................ 25
- Températures basses : repères................................. 154
- Terre végétale : rôle des lombrics............................ 118
- Thermométrie : repères aux basses températures.................154
- Tour Eiffel : horaire des émissions............................175
- — : horaire des transmissions...........................115
- Tremblement de terre en Suède.................................. 45
- Trombe singulière..............................................150
- Tsiganes ...................................................... 82
- Typhon à Swatow................................................ 81
- Urée : fabrication........................:................. 62
- Vaches : empreintes nasales....................................198
- Végétation et chaleur.......................................... 14
- Vénus : atmosphère........................................... 21
- Vermillons de cadmium sélénifères..............................150
- Vêtements : importance de la couleur pendant les chaleurs . 115
- Vol à voile...........................................73, 101
- — : concours de la Rhôn.................................125
- — : record de Maneyrol..................................135
- Zinc mondial...................................................182
- Zeppelins : histoire tragique.................................. 74
- APPLIQUÉE.
- Automobiles : frein............................................201
- Avertisseur de courts-circuits ................................ 47
- — d’incendie.............................................. 26
- — d’incendie Thermosonus..................................151
- Blague à tabac................................................. 16
- Botteleuse à levier l'idéale................................... 57
- Bouilleur électrique en quartz..........’................... 5
- Burette de graissage : modification............................ 69
- Caméléon pour la projection des autochromes..................... 5
- Châssis nouveau pour tirer les photographies................... 48
- Chaudières : appareil Paradox pour le ramonage des tubes. . 88
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-
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Ciment : durcissement des enduits............................ 158
- Cinéma Le Seul.................................................146
- Circuit : pour modifier sa composition...................... 15
- Compte-gouttes : emplacement................................ 69
- Coupe-liens « Nova »........................................ 40
- Courts-circuits : avertisseur.................................. 47
- Cueillette des olives : main mécanique........................ 145
- Cylindres de gaz comprimé...................................... 25
- Dessin : règle très pratique................................... 57
- Eclairage : Radiolux.......................................... 58
- Écran protecteur pour interrupteur............................. 69
- — — pour lampes électriques..............................175
- Enduits en ciment : durcissement...............................158
- Fauteuil roulant électrique.................................... 59
- Fer à souder à arc Arcturus................................. 48
- Ferme-porte Fapa............................................ 50
- Fourchettes du photographe..................................... 15
- Frein d’automobile.............................................201
- Gaz : allumage et extinction à distance.................' . . 105
- — comprimé : transport des cylindres....................... 25
- Graphiièque..................................................... 4
- Incendie : avertisseur......................................... 26
- — : avertisseur le Thermosonus.......................... 151
- Infuseur de thé « llobbs »...................................... 5
- Interrupteur : écran protecteur................................ 69
- Lampe balladeuse............................................... 69
- Lampes électriques : écran protecteur..........................175
- — — et magnétiques....................................... 88
- Lavage des automobiles........................................ 176
- Lit démontable Sagot........................................... 76
- Microscope monoculaire redresseur.............................. 25
- Moteur à vent nouveau..........................................157
- Mouches : nouveau piège........................................ 40
- — (Tue) électrique.......................................146
- Multiprojecteur Massiot........................................200
- Nage : maître................................................... 4
- Nettoyage des parquets par le Triplex......................... 128
- Œufs à la coque : pour les ouvrir...........................128
- Olives : main pour la cueillette...............................145
- Parquets : nettoyage par le Triplex............................128
- IMionobloc V. M. M.............................................119
- Photographie : agrandisseur « Aulo-Focus «.....................201
- Photographie : fourchettes..................................... 15
- — : nouveau châssis............."..................... 48
- — : pince pour pellicules.............................201
- — : thermomètre pour laboratoire.........................170
- — : tireuse-agrandisseuse P. L...........................120
- Pince pour pellicules et papiers............................ . 120
- Pompe d’arrosage improvisée................................... hlf
- Projecteur multiple Massiot ...................................200
- Projection des autocliromes : le Caméléon....................... 5
- Pupitre à retouche perfectionnée............................... 40
- Radiolux.................................................... . 58
- Ramonage des tubes de chaudières : appareil Paradox. ... 88
- Rayons X : dispositif stabilisateur pour tube Coolidge. ... 120
- Règle à dessin très pratique................................... 57
- Repose-baby....................................................128
- Retouche : pupitre perfectionné............................... 40
- Rhéostat de lampes à valeurs variables.........................175
- Rhéostat réglable à liquide............................. ~ . . 59
- Serrure : guide d’entrée...................................... 69
- Siège pliant « le Favori r . ...........................! . 75
- Sténopè Caburet.............................................. 152
- Tabac : nouvelle blague............•........................ 16
- Tabouret sportif............................................... 57
- T. S. F. : phonobloc V. M. M.................................. 119
- — : superamplification à basse fréquence.................199
- Téléloupe binoculaire..........................................127
- Téléphonie sans fil : pour la recevoir . . . ............... 65
- — — : comment recevoir à grande distance...............185
- Tendeur Reillel................................................ 76
- Thé : infuseur « llobbs «....................................... 5
- Thermomètre pour laboratoire photographique....................176
- Thermosonus....................................................151
- Tireuse-agrandisseuse P. L.................................... 120
- Toupie « Kako »................................................ 16
- Tracteur agricole Auto-Marcheur................................ 49
- Triplex : nettoyage des parquets...............................128
- Trisection des angles..........................................186
- Tube Coolidge : dispositif stabilisateur.......................120
- Tac-mouches.................................................... 40
- Yibraleur-commutateur pour charge d’accumulateurs sur courant alternatif................................................155
- Voltamètre : construction avec une vieille ampoule............. 58
- III. - VARIÉTÉS.
- L’art de voyager (A. Dadzat)...........................5, 27
- Les vinaigres aux fruits aux Etals—11 nis et en Allemagne
- (A. Truelle)............................................... 41
- Comment acheter les légumes-fruits : les tomates ou pommes
- d’amour (A. Truelle)....................................... 51
- Commentéviter ladégônércscencedespommcsdeterre(lI. Blin). 77 L’industrie des jus, sirops, gelées, pulpes de pommes (A. Bolet). 91
- L’eau-de-vie de prunes ou quetsch (A. Truelle)............... 92
- Lagéograpliic botanique et les associations végétales (U. Coupin). 107 Variation de la saveur chez les pommes de terre (G. Pellaik). 121
- La préparation des raisins secs (A. Rolkt)...................129
- Inlluence de l’homme sur la végétation (IL Coupin)...........155
- L’esprit d’aventure et les topographes d’Amérique (Ekfèbic) . 165
- L’Albedo (Effère)..............................................177
- L’elevage industriel des cobayes pour les laboratoires de physiologie (H. Blin).............................................187
- Le suc de réglisse (M. Bkrlioux)...............................188
- A propos du bateau paradoxal...................................195
- La choucroute (A. Bolet)..............__.....................205
- IV. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- La prophylaxie de la rougeole (R. M.) ...................... 6
- L’œuvre de la Commission Rockefeller pour la lulle contre
- la tuberculose en France (R. M.)......................... 17
- Hygiène de la chevelure (D1 R. B.).......................... 52
- Les maladies et les taches du soleil.......................... 78
- Hygiène du cuir chevelu chez l’enfant (I)r Burnier)........... 95
- Hygiène du cuir chevelu chez l’adolescent et l’adulte (Dr Burnier). 1 (' 8 La toxicité du létrachlorèthane (Fnois)..........................204
- V. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Allées : destruction des herbes.................................189
- Alliages à très bas point de fusion.............................115
- Amplificateur : capacités variables.............................141
- Arbres : pour combattre la chlorose............................. 55
- Arbuste : comment le déterrer...................................116
- Blanchiment des huiles..........................................115
- Caches photographiques......................................... 142
- Calebasses : préparation....................................... 142
- Caoutchouc : conservation.......................................177
- Capacités variables pour amplificateur..........................14L
- Casse des vins blancs : traitement.............................. 116
- Chenilles : destruction par l'eau de sureau...................142
- Chlorose des arbres : pour la combattre....................... 53
- Confitures au glucose......................................... 85
- Conserve ménagère des fruit s mûrs............................ 85
- Cuisson des légumes secs : résistance......................... 18
- Distributeur de savon mou . . ^............................... 54
- Encre inaltérable pour étiquettes sur zinc....................142
- Enveloppe pour joints ....................................... 54
- Étiquettes sur zinc : encre inaltérable.......................142
- •^215^
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-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Filets de pèche : préservation.................................. 42
- fourmis : destruction........................................... 85
- Fruits mûrs : conserve ménagère................................. 83
- Fumier artificiel : préparation.................................109
- Genévrier de Virginie : caisses pour conserver les vêtements . 477
- Glucose : confitures............................................ 85
- Gourdes : préparation...........................................142
- Herbe des allées : destruction..................................489
- Huiles : procédés de blanchiment................................145
- Joints : enveloppe.............................................. 54
- Légumes secs : résistance à la cuisson.......................... 48
- Mites : conservation des vêtements en caisses de genévrier de
- Virginie.....................................................477
- Moustiques : destruction....................................... 54
- Peintures phosphorescentes : préparation........................ 42
- Peintures sous-marines..........................................421
- Peintures sur verre............................................ 109
- Pertes de courant décelées par un microphone relié à des semelles métalliques.............................................. 18
- Photographie : pour obtenir des caches........................142
- — : pour suspendre les pellicules........................116
- Pneumatiques : support original pour vérification............. 18
- Portrait artistique en couleurs..................................415
- Radiateur : pour le remplir d’eau.......................... 48
- Radium : recherche préliminaire dans les roches...............188
- Ruclies : conservation pendant l’hiver........................142
- Sacs à superphosphates : conservation............................109
- Savon mou : distri lui leur................................... 54
- Sherbet au caramel...............................................442
- Sureau : eau pour la destruction des chenilles................142
- Tissus exposés à l’air : protection..............................489
- Verre : peinture.................................................109
- Vêtements : conservation en caisses de genévrier de Virginie . 177
- Vins blancs : traitement de la casse..........................446
- Zinc : encre inaltérable pour étiquettes.........................142
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique (E. Touciiet) . . 55, 67, 97, 139, 469, 209
- Météorologie et téléphonie sans fil (P. Sciierkschkwsky) ... 23
- T. S. F des amateurs (F. Duuoqdieh) : Pour recevoir la téléphonie sans fil.
- 65
- FIN f)E LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahi'uë, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.2x215 - vue 659/660
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-
-
- 440 ....— ... ..... TABLE DES
- Traitement thermique de quelques fontes de moulage ........................................ Il
- Cuisson des produits céramiques..............271
- Métallisation par projection, cathodique......587
- Barres d’acier doux préalablement écrouées par traction..................................... 414
- 2. Photographie.
- L’ultra-sensibilisation des plaques-photographiques (E.
- Todciiet)...................................... . . 42
- Nouvel appareil ehronophotographique Bull (J. Boyeii). '106 Derniers perfectionnements du cinématographe (A. B.). 134
- L’épidactyloscope (J. Boyer). . ... ................319
- Films cinématographiques en aluminium ..... 54
- Nouvel obturateur d’objectif . . . . ............... 60
- 3. Electricité.
- Les appareils haut-parleurs (J. Roussel).................... 69
- Le poste de T. S. F. le plus puissant du mondé (J.
- Boyer)...................................................542
- Nouvel appareil à rayons X transportable (L. Kuentz) . 584
- Les haut-parleurs Gaumont (À. B.)...........................392
- La première exposition de T. S. E. à Paris (J. Roussel). 419 A propos de certaines lampes à 5 électrodes. ... 271
- Perles d’énergie dans quelques diélectriques industriels. . 174
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- La station marémotrice d’essai de l’Aber-vrac’h (A. B.). 4
- Restauration des régions belges dévastées (H. Marchand) 134 Le canal du Nord-Est et Lille port de mer (A. Paw-
- LOWSKf)..............................................210
- Inondation et dénoyage des mines du nord de la France
- (P. Schereschewsky). . . ............................248
- Canalisation de la Moselle en Lorraine (A Pawlowski) ". 550
- MATIÈRES .....:.- . ——
- 5. Transports.
- L’organisation rationnelle des gares de voyageurs (A.
- Pawlowski)............................................134
- Les gares à marchandises et leur organisation (A. Pawlowski) ...............................................278
- L’électrilicalion des réseaux nationaux (A. Pawlowski). 297 La locomotive à turbines LjuDgstrom (R. ViLi.Lus) . . . 512
- L’automobile à six roues (E. Weiss)......................321
- Le Congrès international des combustibles liquides
- (P. Nicolardot).......................................53)
- I e freinage des automobiles (E. Weiss)..................309
- L’automobile à travers le Sahara (E. Weiss)..............417
- Electrification des chemins de fer.......................287
- Production d’alcool absolu et problème du carburant national..........................................410
- 6. Aviation et aéronautique.
- Les ports aériens (J.-A. Lefranc).......................... 56
- Boussole à sélénium pour aéroplane (E. Weiss). ... 151
- Utilisation pratique du vol à voile (P. Iniuc)..........171
- L'aviation contre les insectes nuisibles (Y. Fonum). . . 232 Production de l’hydrogène en petites quantités (M. Vek-
- neuii. )................................................244
- Le vol à voile (A. Liukette)...............................259
- Les aéroports (J.-A. Lefrano)..............................406
- La respiration aux hautes altitudes (Dr J. Reyxu) . . . 427
- Turbo-compiresseur pour moteurs d’avions...................203
- 7. Marine.
- La protection des navires contre les torpilles (Sauvaire
- Jourdan)............................................. 84
- La circulation sur les mers (Sauvaire Jourdan) .... 187
- Un bateau paradoxal (A. B.).............................305
- Le naufrage du cuirassé France et les cartes marines
- (Commandant Sauvaire Jourdan)........................385
- La recherche des roches sous-marines en hydrographie
- (F. La Porte) .......................................401
- Nouveau procédé pour déceler un sons-marin. . . . 287
- FIN UES TABLES
- t.e Gérant : P. Masson. - imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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