La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE ,
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS 1,1922)
- . . 40 fr. I Union postale : Un an. 50 fr
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- — Six mois
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- LA NATURE
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- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE 1923 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C\ ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE. - N* 2544.
- 6 JANVIER 1923
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE FREINAGE DES TRAINS DE MARCHANDISES
- L'application des freins continus aux trains de marchandises est actuellement à l’étude dans toute l’Europe et sa réalisation sera une des plus importantes réformes qui aura eu lieu depuis bien des années dans le matériel roulant. Rien que pour le parc des chemins de fer français, pour lequel elle est décidée en principe, elle engagera une dépense
- manœuvrables en cours de route. Ces freins sont commandés par des hommes installés dans les wagons et qui agissent selon les indications que le mécanicien envoie de la locomotive par des coups de sifflets conventionnels. Des règles, résumées dans des tableaux numériques, font connaître combien il faut intercaler de wagons freinés dans la composi-
- de plusieurs centaines dé millions de francs. On s’expliquera aisément qu’une dépense aussi importante ait été décidée, malgré la période d’économies que nous traversons, quand on songera à l’influence capitale d’un bon freinage sur la sécurité. Nous avons encore tous, présent à la mémoire, le souvenir de catastrophes récentes provoquées par un défaut de freinage : celle de Rive-de-Gier, survenue en décembre 1921 à un train de marchandises et, plus près de nous, celle de Mielan qui frappa un train de pèlerins.
- La situation actuelle. — On sait que, dans l’état actuel des choses, les dispositifs de freinage sont fort différents sur les wagons des trains de marchandises et les voitures des trains de voyageurs. Les voitures à voyageurs sont toutes munies de freins automatiques, que le mécanicien met simultanément en action, de son poste, en tournant une simple manette. Les voyageurs peuvent également freiner tout le train, indépendamment du mécanicien, en cas de danger, en tirant la poignée dite sonnette d’alarme. L’équipement des trains de marchandises est beaucoup plus sommaire. Tous les wagons sont munis de freins dits à crémaillère, mais dont les sabots ne peuvent être serrés contre les roues que par un homme placé le long de la voie. Ils ne sont donc d’aucune utilité quand le train est en marche. Seuls, quelques wagons possèdent des freins à main
- tion d’un train de marchandises; ce nombre est naturellement fonction du poids du train, des déclivités du parcours et de la puissance de freinage propre à la locomotive. Elles sont établies de manière à éviter deux types d’accidents graves : la dérive et l’emballement.
- Quand le train gravit une rampe, l’eflort de traction de la machine peut être assez puissant pour rompre, en un point, l’attelage qui relie les wagons. La queue du train, abandonnée à ellermême, redescend alors la pente et peut provoquer de graves accidents. On dit qu’elle part en dérive. Elle doit donc renfermer un nombre de wagons freinés suffisant pour l’arrêter dans sa course.
- Quand le train descend une forte pente, son poids peut l’entraîner, au point , que le mécanicien ne puisse plus se rendre maître de sa marche : le train s'emballe. Le nombre de freins du train doit être tel que cette éventualité ne soit pas à redouter.
- Le système de freinage, que nous venons d’exposer, présente des inconvénients multiples : les agents peuvent ne pas entendre les coups de sifflet, ou n’y pas prêter attention. Le train prend alors de la vitesse et les freins, même serrés à bloc, ne parviennent plus à l’arrêter, car il descend en patinant sur les rails. Si une dérive se produit la nuit, les agents peuvent ne pas s’en apercevoir, au début, et sur la rame de queue, les freins ne seront
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- 2 ===LT LE FREINAGE DES TRAINS DE MARCHANDISES
- serrés que quand il sera trop tard pour l’arrêter.
- Lorsqu’un train quitte une région de plaine pour entrer daus une région à fortes déclivités, il faut le disloquer pour introduire, dans sa composition, des wagons freinés supplémentaires, ce qui fait perdre du temps. Enfin, le freinage à main occupe un personnel nombreux et par conséquent coûteux.
- Le système de freinage continu et automatique des trains de voyageurs évite ces inconvénients. Toutes les voitures étant freinées, il n’est plus nécessaire d’adapter la composition des trains aux variations des déclivités. On fait l’économie de tout le personnel des garde-freins et, en cas de dérive, l’action des freins s’exerce automatiquement et immédiatement.
- Les freins continus des trains de marchandises américains et des trains de voyageurs. — Des essais comparatifs de frein continu avaient déjà eu lieu avant la guerre et ont été poursuivis jusqu’il ces derniers mois. Leurs résultats seront prochainement publiés. On peut se demander quelle a été la nécessité de ces longs essais, alors qu’il existait des systèmes excellents, qui ont fait leurs preuves, depuis de longues années, dans le freinage des trains de voyageurs. Malgré l’apparente analogie des deux problèmes, le freinage des trains de marchandises diffère sensiblement de celui des trains de voyageurs et on ne saurait appliquer sans inconvénient aux premiers l’équipement des autres. Nous allons en indiquer les raisons plus loin. Nous montrerons aussi, pourquoi on n’a même pas pu transporter sur le continent européen les dispositifs de freinage continu, qui sont d’un usage courant, sur les trains de marchandises aux Etats-Unis, où les garde-freins ont disparu depuis bien des années déjà.
- C’est la longueur, beaucoup plus grande des trains de marchandises, qui empêche qu’on leur applique, sans modification, les freins continus des trains de voyageurs. Pour l’expliquer, disons dès maintenant, sans entrer dans des détails techniques, que tous les sabots des freins continus sont commandés par un iube pneumatique qui court tout le long du train. Ce tube transmet des dépressions ou des compressions qui provoquent l’application des sabots contre les roues, ou leur desserrement. Cette onde de pression, issue de la locomotive, ne se propage pas instantanément jusqu’à l’autre extrémité du train. Les freins ne se serrent donc pas simultanément, mais d’autant plus tard qu’ils sont plus éloignés de la tête du train. Les trains de voyageurs étant relativement courts, ces retards ne présentent pas d’inconvénients graves. La longueur des trains de marchandises peut dépasser 600 mètres, et elle ne fera que croître dans l’avenir. Dans ces conditions le retard au serrage, pour les freins de queue, atteindra 5 secondes et plus, la vitesse maxima de propagation de l’onde de pression le long du train étant de l’ordre de 150 mètres par seconde. Les wagons de (|ueue projetés, par leur vitesse acquise, contre les wagons de tête qui ont déjà subi l’action retardatrice des freins, viennent se choquer contre eux et
- reviennent en arrière par un mouvement de réflexion. Au cours de ces oscillations les attelages, successivement tendus et comprimés à fond, dans un court espace de temps, sont soumis à des efforts violents, dont les effets peuvent aller jusqu’à la rupture, accident dont les conséquences sont parfois très graves. Si donc on transporte les freins continus des trains de voyageurs sur les trains de marchandises, il faut, au préalable, les modifier de telle sorte que tous les freins se serrent pratiquement ensemble.
- Pour ce qui est des freins continus des trains de marchandises américains, c’est la fragilité relative des dispositifs européens d’attelage qui a empêché d’adopter, purement et simplement sur notre continent, le système qui donne satisfaction aux Etats-Unis. Les trains de marchandises sont, en effet, bien plus lourds aux Etats-Unis où leur poids dépasse couramment 1000 tonnes, alors qu’en France, un train quatre fois plus léger est regardé comme un gros train. Les pièces des attelages américains sont donc calculées pour transmettre des efforts puis sants de l’ordre de 125 tonnes, tandis que les nôtres ne doivent pas, en principe, supporter plus de 55 tonnes d’effort de traction. Le frein continu américain exerce une action immédiate et brutale. Les attelages sont soumis de ce fait à des réactions énergiques. Comme ils sont construits de manière très robuste, ils n’en pâtissent pas. Ceux de nos trains risqueraient au contraire souvent de se rompre. Il faut donc rendre l’action du frein américain plus progressive avant de pouvoir le transporter sans danger sur les trains de marchandises européens.
- Les freins continus des trains de marchandises français. —: Le problème étant ainsi nettement posé, l’ingéniosité des constructeurs nefutpas enpeinedele résoudre et il existe plusieurs solutions fort satisfaisantes. Leur description détaillée nous entraînerait dans de fastidieuses énumérations de pièces mécaniques qu’il est, bien inutile de connaître. Nous nous bornerons donc à l’exposé des principes qui président à la construction des divers types concurrents. Au reste, le meilleur frein n’est pas forcément le plus séduisant au .point de vue mécanique et les facilités d’entretien ou de réparations ne sont pas des qualités négligeables.
- On distingue les freins à vide et les freins à air comprimé. Nous dirons aussi quelques mots de l’automaticité des freins et de leur modérabilité. Nous montrerons enfin comment on a modifié les freins des trains de voyageurs ou des trains américains pour obtenir les résultats visés dans le paragraphe précédent.
- Freins à vide et à air comprimé. — Dans tous les systèmes, l'énergie nécessaire pour réaliser le serrage des freins est fournie par un réservoir spécial dont est muni chaque wagon. Ce réservoir est rempli soit d’air comprimé et le frein est alors dit « à air comprimé », soit d’air raréfié et le frein
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- LE FREINAGE DES TRAINS DE MARCHANDISES
- Vers la queue du train
- est alors dit « à vide ». Les mouvements du sabot de frein sont commandés par un piston qui se meut dans un cylindre. Ce cylindre peut être mis en communication avec le réservoir d'air comprimé ou raréfié. Il se crée alors, entre les deux faces du piston, une différence de pression qui le met en mouvement et serre ainsi le frein. Les figures ci-jointes (fig. 1 a et b) montrent, sans qu’il soit besoin d’autres explications, comment fonctionnent, au moins en principe, les freins à vide ou à air comprimé.
- La conduite générale qui courl le long du train joue alors un double rôle; d’une part, elle véhicule les ondes de pression qui commandent les robinets faisant communiquer le cylindre du frein avec le réservoir du wagon, d’autre part, elle amène au réservoir l’énergie qui le remplit et dont une fraction se perd chaque fois que le frein est manœuvré. Quant à la source d’énergie, elle se trouve sur la locomotive. C’est une pompe, compresseur d’air pour les freins à air comprimé, éjecteur d’air pour les freins avide, mue par une machine à A7apeur auxiliaire. La pression qui règne normalement dans la conduite générale est évidemment inférieure à la pression atmosphérique pour les freins à vide, supérieure dans les autres.
- valve
- Réservoir
- auxiliaire
- R
- Conduite générale
- Versja
- locomotive
- Fig. 2.
- Fig.
- - Position des organes quand le frein est serré à fond.
- Le mécanicien a mis en communication la conduite générale avec l’atmosphère. Le piston p de la triple valve a vu la pression diminuer brusquement sur sa face inférieure, cependant que sa face supérieure restait soumise à la pression de l’air comprimé venant du réservoir auxiliaire R. Il est donc descendu complètement. Dans ce mouvement, il a interrompu la. communication du cylindre de frein avec l’échappement E et permis la communication directe du réservoir R avec le cylindre de frein. L'air comprimé de R applique ainsi le piston P et le sabot S du frein contre la roue. Dans cette position du piston p, le réservoir R est isolé de la conduite générale.
- Dans la réalité la conduite c n’est pas fixée d’une manière rigide au piston p. De cette manière, il est possible de réaliser un serrage modéré du frein. Ce serrage modéré correspond à une position intermédiaire du piston p qui s’arrête contre un ressort A sans l’écraser complètement, comme il le fait pour le serrage à fond.
- Principe du frein Westinghouse à air comprimé et la triple valve.
- Position des organes quand le frein est desserré.
- Le sabot de frein S est commandé par un piston P. Les 2 faces de ce piston sont en communication avec l’atmosphère : celle de gauche directement, celle de droite par l’intermédiaire de l’orifice d échappement Eet du conduit c, P n’exerce donc aucune pression sur le sabot S.
- Dans cette position la conduite générale, qui est remplie d’air comprimé, communique directement avec le réservoir auxiliaire R par l’intermédiaire des rainures r et r' creusées dans le cylindre de la triple valve et dans le piston p de cette valve. R est donc toujours bien rempli et prêt à fonctionner
- Gomme exemple de frein à vide, citons celui du système Clayton Hardy qui a été assez employé en Autriche dès avant la guerre. Parmi les freins à air comprimé, citons ceux des systèmes Westinghouse qui est très répandu en Amérique, Lip-kowski qui a donné lieu à d’intéressants essais en France et Kunze-Knorr que les Allemands ont adopté pendant la guerre.
- Ce n’est pas ici le lieu de comparer les mérites respectifs des freins à vide et à air comprimé. Signalons seulement que sur les trains fort longs, le serrage simultané de tous les freins se réalise plus rapidement avec le frein à vide. La raison en est que Fonde de pression se propage deux fois plus vite dans l'air raréfié qui emplit leur conduite générale que dans l’air comprimé à 4 kg par centimètre carré qui se trouve dans celles des autres freins.
- Les organes mécaniques placés sur chaque wagon et qui, sous l’influence de l’onde de pression, mettent le réservoir en communication, soit avec le cylindre du frein, soit avec la conduile générale et la source d’énergie, sont toujours ingénieux et, de ce fait, intéressants. Le plus connu, est la triple valve Westinghouse dont nous donnons ci-dessus un schéma avec une légende explicative sommaire.
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- Automaticité des freins. — Si, par accident, les attelages du train viennent à se rompre, il est indispensable, pour éviter les dérives et leurs graves conséquences, que les freins arrêtent automalique-ment la rame qui s’est détachée. Il est également bon qu’ils arrêtent l’autre partie du convoi, celle qui comprend la locomotive, afin que le mécanicien soit averti automatiquement qu’un accident vient de se produire.
- Quand le convoi se rompt en deux, la conduite générale se brise et la pression qui s’y établit est la pression atmosphérique. On obtiendra donc l’automaticité des freins si les freins se serrent dès que la pression atmosphérique règne dans la conduite générale.
- Il est aisé de disposer à cet effet les triples valves ou les organes analogues. On voit donc que si un wagon vient accidentellement à se séparer du train, il faut qu’il porte en lui assez d’énergie pour serrer ses freins. C’est une des raisons qui oblige à munir chaque wagon d’un réservoir individuel. Autrement on pourrait être tenté de supprimer cette complication et de commander directement chaque cylindre de frein au moyen de la source d’énergie que porte la locomotive.
- Modérabilité des freins. — On peut chercher à appliquer les sabots de freins contre les roues avec divers degrés d’intensité, modérément pour provoquer un arrêt en un point connu d’avance, ou pour descendre lentement une longue pente, très énergiquement quand il faut éviter la rencontre d’un obstacle qui se dévoile brusquement et donner ce qu’on appelle le « coup de frein d’urgence » sans se soucier de traiter les attelages avec précautions.
- On peut vouloir aussi ne réaliser le serrage le plus énergique que par degrés ou ne desserrer les sabots complètement que par degrés. Cette double modérabilité au serrage et au desserrage ne s’obtient pas directement avec les dispositifs schématiques que nous avons décrits précédemment. Dans ces dispositifs, l’une des faces du piston des cylindres du frein est constamment en communication avec l’air extérieur. Une seule face est en communication avec le réservoir et la conduite générale. On dit que le frein est à « une seule chambre », la chambre étant la partie du cylindre qui n’est pas reliée constamment avec l’atmosphère. On a réalisé la double modérabilité en employant des freins dits « à deux chambres » dans lesquels les 2 faces du piston peuvent être en communication avec la conduite .générale
- Quand les freins sont desserrés, la pression de à conduite règne dans les 2 chambres.
- Freinage sur les longues déclivités. — Un pro-
- blème que nous ne mentionnons ici qu’accessoi-rement et pour montrer combien une solution complète du problème du freinage réclame de soins, est celui du freinage sur les longues déclivités. Dans ces parties du trajet, les freins doivent être maintenus constamment serrés avec modération et ce sur des parcours étendus. Le réservoir du wagon travaille donc constamment et comme l’étanchéité des joints n’est pas absolue, des fuites peuvent laisser échapper son énergie petit à petit. Or, pendant que le frein agit, le réservoir ne communique pas avec la conduite générale et ne peut donc pas reconstituer une provision d’énergie à mesure qu’il la perd, ainsi que cela se fait quand le frein est desserré.
- Si la déclivité est très longue, un moment pourra venir où le réservoir ne contiendra plus assez d’énergie pour serrer suffisamment les freins et le train risquera de s’emballer. Diverses solutions ont été proposées. Elles ne s’imposeront généralement pas dans notre' pays où les très longues déclivités sont l’exception. Il n’en est pas de même aux États-Unis où l’on emploie, comme remède à l’inconvénient que nous signalons, la « retaining valve. » Cet organe permet à la pompe de la locomotive de réalimenter les réservoirs auxiliaires d’air comprimé sans que le desserrage des freins qui se produit nécessairement à cette occasion soit assez complet pour permettre au convoi d’acquérir une vitesse dangereuse.
- L’organisation européenne du freinage continu des trains de marchandises. — Nous venons d’exposer les données du problème du freinage continu en Europe et d’indiquer les principes de ses solu tions.
- 11 y a tout lieu de croire que les mécanismes actuellement soumis aux essais fournissent des solutions satisfaisantes et pratiques. Mais l’organisation du freinage dépasse les limites d’une seule nation. Nos wagons de marchandises doivent pouvoir circuler sur tous les réseaux européens et nos réseaux doivent recevoir des wagons de toute l’Europe sans que les conditions de freinage des trains soient troublées. Voici donc ce qui a été décidé à ce sujet : Les essais entrepris en France détermineront le modèle de frein à adopter. Ce frein sera présenté aux nations neutres et alliées et adoptées par elles comme il a déjà été convenu. Il y aura également à prévoir des conventions avec les puissances centrales qui ont adopté pendant la guerre le frein Kunze Knorr comme nous l’avons dit plus haut
- Ainsi aura été réalisée une des plus importantes transformations du matériel des chemins de fer européens.
- Ph. S.
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- LA DESSICCATION ÉLECTRIQUE DES FOURRAGES ET DES VÉGÉTAUX
- On sait que, depuis une vingtaine d’années, les producteurs d’énergie électrique et les constructeurs de matériel ont, en Allemagne et en Autriche, poursuivi une campagne de propagande et de vulgarisation extrêmement active en vue de favoriser l’introduction de l’électricité dans les exploitations agricoles.
- Les effets de cette campagne s’étaient avérés, dès avant la guerre, de la façon la plus remarquable ; ils se sont confirmés pendant les hostilités, malgré les grandes difficultés auxquelles se heurtaient alors les puissances centrales, au point de vue de l’établissement des réseaux de transmission et de distribution, et de la construction du matériel.
- A l’heure actuelle, l’électricité est d’un emploi courant pour l’éclairage, pour la commande au moyen de petits moteurs transportables, notamment des pompes, hache-paille, etc., et pour le battage.
- La moyenne de consommation annuelle, n’est, à vrai dire, pas très élevée encore : pour les grandes exploitations agricoles, d’un millier d’arpents et plus, elle ne dépasse pas 5 à 6 kw-h. par arpent : 0,6 à 1 kw-h. pour l’éclairage, 1 à 1 1/2 kw-h. pour les petits moteurs, 21/2 à 5 kw-h. pour le battage.
- Elle ne correspond certainement pas encore aux besoins réels de l’agriculture et il reste, cela ne fait pas de doute, d’importantes opérations pour lesquelles l’élec-1 ricité doit encore être adoptée : le labourage, l’arrachage, les transports, etc., par exemple. Tels quels les chiffres constatés sont néanmoins en avance sur ceux obtenus dans la plupart des autres pays.
- C’est d’ailleurs là une observation qu’ont pu faire tous ceux qui ont parcouru l’Allemagne depuis l’armistice : au milieu des obstacles de tout genre où elle prétend se débattre, l’Allemagne n’a cessé de développer prodigieusement son outillage industriel, particulièrement dans le domaine de l’agriculture et dans les domaines connexes.
- Partout, on a noté combien elle a méthodiquement étendu ses lignes de transport électrique, prolongé ses réseaux distributeurs jusque dans les coins les plus reculés de ses campagnes, mis en exploitation les parcelles les plus infimes et les plus inabordables de son sol, développé sa puissante industrie de la betterave et de la pomme de terre, etc.
- Sous l’impulsion et avec l’appui des plus fortes maisons de la branche électrotechnique, on s’occupe aujourd’hui de mettre en pratique un nouveau procédé électrique destiné à perfectionner les méthodes agricoles et à fournir aux centrales intéressées un débouché supplémentaire très profitable.
- Il s’agit d’un procédé de dessiccation visant la conservation des plantes, spécialement de celles destinées à l’alimentation du bétail; l’auteur de ce procédé est un ingénieur agricole, Th. Schweizer, qui a consacré des années à le mettre au point et à en faire une méthode industrielle et pratique.
- 11 remplace la dessiccation usuelle à l’air libre, sous l’influence des rayons solaires, avec les inconvénients qu’elle comporte (manipulations nombreuses, uniquement exécutables à la main ; dégradation des produits sous l’influence des intempéries), par un séchage électrique, plus rapide, plus profond et indépendant des conditions climatiques.
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- 11 est bien connu que la détérioration des végétaux habituellement employés comme fourrages est due, dans les conditions ordinaires, à l’action de bactéries, d’espèces Heureusement peu vivaces et qui ne survivent pas à des échauffcments de quelque 45-50° C. ; c’est en conséquence à celte dernière température que sont portées les plantes à conserver.
- Ces plantes sont, à cette fin, placées dans de grands réservoirs à la partie inférieure de chacun desquels est disposée une électrode formée d’une plaque de tôle de fer galvanisée ou d’une grille à barreaux en fer ronds, également galvanisée ; on charge très uniformément les matières dans le récipient, en les tassant bien.
- Cela fait, on ferme les réservoirs au moyen de couvercles, garnis intérieurement d’un revêtement métallique, et qui s’appliquent en contact aussi immédiat que possible avec les plantes entassées dans le récipient; les électrodes de fond, d’une part, et les couvercles, d’autre part, ceux-ci par des câbles souples, sont reliés à une canalisation électrique.
- On opère avec du courant alternatif sous une tension de 220 et 500 volts; la tension et l’intensité mises en jeu ont peu d’importance, pourvu que l’on dispose d’au moins 220 volts; plus la tension est élevée, plus l’opération est rapide; aucun réglage, ni de la tension, ni de l’intensité n’est nécessaire.
- L’effet le plus immédiat du passage du courant électrique à travers la masse végétale. est de paralyser, d’arrêter toute vie organique dans celle-ci et de mettre ainsi, pour ainsi dire instantanément, un terme aux décompositions qui tendent à se produire dans les éléments constitutifs.
- Ce point est particulièrement important en ce qui concerne la conservation de l’albumine des végétaux traités, parce que, précisément, cette substance est celle qui tend le plus à se dégrader une fois que les plantes sont coupées. »
- Mais le courant électrique agit aussi par la chaleur qu’il développe et les circonstances font ici que le fonctionnement des appareils se règle automatiquement : fraîchement coupés, les végétaux sont très faiblement conducteurs et s’échauffent assez sensiblement; à mesure que le traitement avance, la conductibilité augmente et réchauffement diminue.
- Vers 50° C, les cellules végétales et la plupart dés bactéries sont tuées; la masse s’agglomère ; les pores sont supprimés ; les conditions d’une bonne conservation se trouvent donc réalisées; la résistance de la matière devient insignifiante et réchauffement ohmique est inappréciable ; dès que la masse atteint cette température limite, on coupe le courant.
- La durée du traitement est de 1 à 2 jours et l’expérience a montré que dans les conditions ordinaires de température extérieure et pour des végétaux dans un état normal, la consommation d’énergie est de 2,32 kw-h, par 100kg de matières fraîches ou 1,16 kw-h. par hectolitre.
- Un point capital à noter est que c’est par l’intermé-diaii e de la sève que s’établit au début le courant électrique, de telle sorte que si les végétaux à traiter sont chargés dans le récipient tels qu’ils viennent des champs,
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- 6 -.--j=^ CRABES D’EAU DOUCE ET CRABES TERRESTRES
- il peut sc faire que leur conductibilité soit absolument nulle.
- On a constaté, par exemple, que pour une couche d’herbes, de 50 cm d'épaisseur, n’ayant pas subi de traitement préparatoire, le courant électrique ne s’établissait que sur une tension de 8000 volts ; il est donc indispensable de soumeLtre les plantes à traiter à une préparation qui leur donne la conductibilité requise.
- Ceci se fait en attaquant l’épiderme ou, mieux, en incita) t à nu les car.aux transportant la sève; pour les foui rages, le moyen le plus simple d’arriver au résultat voulu est de les hacher, ce qui a d’ailleurs l’avantage de faciliter les manipulations.
- «T* S»
- Les plantes hachées sont amenées aux réservoirs de dessiccation électrique au moyen d’appareils de transport appropriés : souffleries, courroies, transporteurs à vis, etc. ; on doit avoir soin de traiter aussi vite que possible après le hachage, pour éviter les pertes de valeur nutritive par suite de la dégradation des éléments constitutifs qui se produit si l’on attend pour dessécher.
- Les récipients employés pour le traitement électrique sont construits en briques isolantes d’argile ; on leur donne des parois de bonne épaisseur, de façon qu’ils puissent supporter le poids de la matière et que les pertes calorifiques par rayonnement ne soient pas trop grandes ; à l’intérieur, on les recouvre d’un enduit isolant (vernis).
- Dans une installation type exécutée par une grande exploitation bavaroise, il y a six réservoirs, de section hexagonale, mesurant 5 m. 50 de diamètre et 6 m. de hauteur ; on peut employer des réservoirs plus petits, jusqu’à 5 m3 seulement, par exemple; on les établit dans les locaux existants.
- La matière traitée doit, disent les constructeurs, cire conservée dans les réservoirs, que l’on ferme soigneusement ; pour faciliter la liaison des installations aux réseaux de distribution, on prévoit généralement trois, six, neuf ou douze réservoirs.
- Le traitement électrique est signalé comme présentant, entre autres avantages, celui de pouvoir s’appliquer à n’importe quelle période de la maturité, et quel que soit l’état des plantes intéressées ; il peut être utilisé non seulement pour les fourrages, mais aussi pour les feuilles de navet, les têtes de navet, ainsi que pour les pommes de terre, les carottes et les raves, préalablement débitées en morceaux de grosseur convenable.
- Les produits obtenus sont caractérisés par une richesse en albumine exceptionnelle et ils conviennent remarquablement pour l’alimentation des chevaux, des moutons, du bétail, de la basse-cour, et même pour l’engraissement (pommes de terre et navets) des porcs, la suralimentation des vaches laitières, etc. ; ils gardent des qualités de goût et d’arome que les bêtes apprécient visiblement.
- D’après les rapports et documents que j’ai eus en mains et d’où sont extraits les renseignements cités ci-dessus, il y aurait actuellement en Allemagne 24 installations de conservation électrique de cette espèce, représentant une capacité de 7000 m3 ; 52 installations seraient en construction .
- Sous le rapport du mode d’action, le procédé se rattache probablement aux différents systèmes d’application du phénomène de l’osmose électrique et il est ainsi voisin sans doute du mode de traitement électrique de la tourbe déjà expérimenté en France ; à tous égards, il semtde intéressant à étudier par nos techniciens et praticiens.
- Henri Marchand.
- CRABES D’EAU DOUCE ET CRABES TERRESTRES
- Les Crabes sont incontestablement d’origine marine. C’est en effet dans la mer ou l’océan qu’ils se Irouvent en plus grande abondance et offrent le maximum de variété. Rappelez-vous les petits crabes de nos plages (Crabe enragé, Etrille) et les gros Crabes comestibles que l’on pèche au casier ou au tramail sur toutes les côtes rocheuses (Tourteau, Araignée de mer).
- Mais à l’inverse de certains groupes zôologiques* comme les Echinodermes, qui n’ont aucun représentant en eau douce, les Crabes sont essentiellement euryhalins, c’est à-dire capables de subir des variations considérables de salinité (*).
- Le physiologiste belge Léon Frédéricq a constaté que le sang des Carcinus maenas s’adapte avec une étonnante souplesse à des eaux marines très diffé-
- 1. Exemples d’animaux euryhalins : l’anguille qui émigre, à l’époque du frai, des fleuves vers l’océan ; le saumon accomplissant la migration inverse ; l’épinoclie que l’on peut pêcher aussi bien en rivière que dans les lagunes saumâtres du littoral; les crabes; etc...
- remment salées. Pour cela il se met en équilibre osmotique avec le milieu extérieur et se sale ou se dessale suivant le cas. Voici quelques chiffres empruntés aux mémoires du savant belge :
- Quantité de SELS DANS :
- Lieux \ litre d’eau où vit I litre de sang
- d’observation le Crabe du Crabe.
- Méditerranée 59 gr- 54 gr.
- Manche . • 54 gr. 50. gr.
- Mer Baltique 18 gr. 20 gr.
- Estuaire de l’Escaut 12 gr. 15 gr .
- Étant donnée l’euryhalinité des Crabes, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils se soient étendus de proche en proche,! d’abord dans les estuaires et les lagunes où l’eau est saumâtre, puis en eau douce, enfin sur la terre ferme. Bien qu’ils ne pénètrent jamais vers l’intérieur à plus de quelques dizaines de kilomètres des côtes, leur adaptation à de nou-
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- relies conditions d’existence n’en est pas moins fort remarquable.
- En particulier, les Crabes terrestres, qui doivent respirer l’air en nature et non plus à l’état dissous dans l’eau, troquent leurs branchies contre des sortes de poumons. Nous avons représenté schématiquement (fig. 1 ) une coupe transversale composite d’un Crabe aquatique (à gauche) et d’un Crabe aérien (à droite). On voit que les branchies de ce dernier sont rudimentaires, tandis que ses cavités branchiales, devenues spacieuses, ont une paroi garnie de papilles très richement vascularisées. A leur contact se font les échanges respiratoires entre le sang du Crabe et l'air extérieur.
- Ecrire un article sur les Crabes d’eau douce et les Crabes terrestres est devenu facile pour deux raisons : 1° Une expédition américaine, conduite par les deux savants naturalistes II. Lang et Chapin, est revenue l’an dernier du Congo avec une collection comprenant 5000 spécimens de Crabes marins, d’eau douce et terrestres. La description de ces Crabes et l’exposé de leurs mœurs ont fait l’objet d’un mémoire, magnifiquement illustré, dans le Bulletin of the American Muséum of Nalural tlis-tory (1921). Toutes les photographies de paysages reproduites ici proviennent de ce mémoire ; 2° M. le Professeur Gravier a consacré une large place aux Crabes d’eau douce et terrestres dans la nouvelle collection de Crustacés du Muséum (')., C’est dire que tous les êtres dont nous aurons à tenir compte dans cet article y figurent à l’état desséché et accompagnés de renseignements clairs et substantiels. Il faut de toute nécessité que vous les y alliez voir. Rien ne vaut, en toutes circonstances, la vision aussi directe que possible de la Nature.
- La plupart des Crabes d’eau douce et terrestres existant au Congo, il s’impose de décrire tout d’abord' leur habitat. On sait que le fleuve Congo
- Fig. i. — Coupe transversale schématique d’un Crabe aquatique (à gauche) et du Crabe des cocotiers (à droite). b, branchies; c, cavité branchiale.
- présente à son embouchure un vaste delta situé en pleine région équatoriale. La rive droite appartient à la Belgique (Congo belge) et la rive gauche au Portugal (Angola). Entre les branches du delta se trouvent des îles innombrables, couvertes à marée haute par les eaux marines, plus ou moins asséchées à marée basse. Le fleuve apporte constamment de l’eau douce qui se mélange à l’eau salée. Il en résulte une eau saumâtre. Mais la concentration du sel n’est pas la même en tous lieux. Très faible dans le grand bras du Congo en raison du débit considérable, elle augmente dans les petits bras et les baies à courant peu rapide.
- En plus de la salinité intervient dans la vie des Crabes un autre facteur non moins important : la Mangrove. Ce terme désigne la végétation moitié marine et moitié terrestre du littoral des mers chaudes. Non seulement les îles du delta, mais les rives mêmes du Congo sur plusieurs milliers de kilomètres de longueur et de profondeur, ont l’aspect de forêts semi-aquatiques ou de marécages boisés à eau saumâtre. Il va sans dire que ce ne sont pas n’importe quels arbres qui peuvent vivre dans de telles conditions. L’élément prédominant de la Mangrove est le Palétuvier ou arbre à échasses qui peut atteindre de 20 à 30 mètres de hauteur. Bien des choses curieuses pourraient être dites du Palétuvier et plus particulièrement du Manglier (Rhizopkora mangle) qui en est la principale espèce. Comme l’indique le nom générique Rhizopkora (de p<Zv., racine et epopsoj, je porte), les arbres de la Mangrove ont un système radiculaire très développé. De leur tronc parlent des racines adventives ressemblant à des échasses ou mieux à des tuteurs soutenant l’arbre. Examinez à ce sujet les figures 2 et 5 du présent article et la figure 5 de notre article de juillet dernier. On comprend
- 1. La Nature, n° 2520, du 22 juillet 1922.
- Fig. 2. — Forêt de Palétuviers bordant une crique, près de Malela {Congo belge), à marée haute. Habitat de Sesarma, Samartium, Cardisoma.
- D’après 11. Lang.
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- Fig. 3. — Crabes des cocotiers (Birgus latro), montant à des cocotiers. D’après Andrews.
- que l’enchevêtrement des racines aériennes des Palétuviers constitue une sorte de réseau où la mer descendante abandonne deux fois par jour des détritus, débris de poissons et d’algues, qui peuvent servir de nourriture à des millions de Crabes. Ceux-ci creusent d’ailleurs leurs terriers (fig. 8) entre les racines et s’y mettent à l’abri, soit pendant la saison sèche (juin-août), soit aux heures les plus chaudes de la journée, contre l’ardeur excessive des rayons solaires. Disons tout de suite, puisque l’occasion s’en présente, que les premières heures du maLin sont les plus favorables pour observer les Crabes d’eau douce et terrestres dans les contrées équatoriales.
- Ainsi la région du bas Congo présente, d’une part tous les degrés de salinité entre l’eau de mer et l’eau douce, d’autre part la Mangrove. L’aire délimitée par Moanda, Kunga, Malela, Bulabemba, Banana est la plus intéressante et la plus riche en Crabes. Ajoutons que la côte maritime, de Banana à Moanda* est sableuse, couverte de Palmiers (fig. 5 de notre article Ale juillet) et convient tout spécialement aux crabes coureurs nommés Ocypodes. Enfin il existe, au pied de la falaise et plus spécialement du phare de Moanda, une immense accuiiîulation de blocs de latérite (fig. 4) servant de refuge à des Crabes, du genre Grapsus, que l’on ne retrouve pas ailleurs.
- Nous espérons avoir fait saisir l’étonnante variété d’habitats offerts aux Crabes dans la région congo-
- laise. Il reste entendu que nous l’avons prise pour exemple, à cause du travail récent des naturalistes américains Lang etChapin; mais qu’elle n’est pas la seule de cette richesse carcinologique. Notamment la Mangrove des côtes de Malaisie est encore plus développée que celle du Congo et probablement aussi peuplée de Crabes terrestres
- Une des méthodes pour étudier les Crabes adaptés à la vie en eau douce ou à la vie aérienne consisterait à suivre l’ordre de la classification et des collections zoologiques. Mais outre que cela aurait l’inconvénient d’exposer à des redites, cela masquerait aussi les voies suivant lesquelles a eu lieu l’adaptation.
- Il semble que les Crabes, d’abord marins, aient émigré peu à peu en eau saumâtre, puis en eau douce, par le seul fait de remonter le cours des fleuves. C’est leur adaptation principale, qu’il nous est par suite indiqué de choisir comme fil directeur.
- En outre, dans chacune des étapes de leur adaptation à la vie en eau douce, s’est offerte aux Crabes l’occasion de devenir aériens. Il a suffi par exemple du phénomène des marées, ou de l’assèchement des rivières de juin à septembre dans les régions équatoriales, pour qu’ils prennent l’habitude de respirer l’air atmosphérique.
- La double adaptation qui a conduit aux Crabes d’eau douce et aux Crabes terrestres s’est donc faite de la manière exprimée par le diagramme suivant :
- Crabes d’eau douce —Crabes terrestres.
- t
- Crabes d’eau saumâtre ->• Crabes terrestres.
- t
- Crabes marins -> Crabes terrestres.
- Notre plan d’étude est alors tout indiqué : suivre les Crabes de la mer aux eaux douces ; signaler chemin faisant les cas d’adaptation à la vie hors de l’eau.
- * *
- I. Crabes marins plus ou moins adaptés à la vie aérienne. — Sur nos côtes de la Manche et de
- Fi±r. 4.— Blocs de latérite, près de Moanda (Congo belge), aux plus basses\lmarèes ëquinoxales. Habitat de] Grapsus, Geograpsus.
- D'après H. Lang.
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- l’Océan plusieurs espèces de Crabes (Crabes enragés, Etrilles) sont susceptibles de vivre quelque temps à sec, entre deux hautes mers consécutives. Mais cependant ils préfèrent se cacher dans les llaqnes d’eau et mourraient irrémédiablement au soleil.
- Le littoral des mers chaudes — et plus particulièrement dans les régions tropicales où l’air est saturé d’humidité — offre un plus grand nombre de Crabes mieux adaptés à la dessiccation.
- 1° Grapsus et Geograpsus. — Ce sont des Crabes des côtes rocheuses. Ils vivent au Congo parmi les blocs de latérite (fig. 4) qui se trouvent au pied de la falaise de Moanda. On peut les voir le matin, à marée basse, au moment où ils prennent leur nourriture sur la grève. Dans certaines îles de l’Océan Indien (Andaman, Nicobar, Laccadives), les Geograpsus se rendent jusque dans les villages indigènes pour y chercher quelques aliments.
- 2° Ocypoda. — Appartiennent, avec les Crabes précédents et les suivants, au groupe zoologique des Crabes à carapace quadrangulaire (Catométopes). A l’inverse des Grapsus et des Geograpsus, ils vivent exclusivement sur les plages de sable où peut se manifester leur aptitude à la course. Nous avons dit que toute la côte congolaise, entre Banana et Moanda, est un habitat de choix pour les Ocypodes (fig. 5 de notre article de juillet). De même il existe sur les plages méditerranéennes une espèce Ocypoda cursor.
- Très agiles, très vigilants et très sociables, les Ocypodes se rencontrent toujours en troupes nombreuses qui fuient 1 à la moindre apparence de danger. Ils courent plus I
- Fig. -, — Sarmatium curvatum à l’orifice de son terrier. D’après H. Lan#.
- Fig. 5. — Végétation de Palétuviers, au nord de San Antonio {Angola), à marée basse. Habitat de Gelasimus tangeri.
- D’après H. Lang,
- vite qu’un homme sur le sable et creusent avec beaucoup d’adresse des terriers profonds et tortueux qui leur servent de refuge. Le sable en est parfois tout criblé.
- 30 Gelasimus. —Ces Crabes ont à peu près les mêmes mœurs que les précédents. Pourtant ils habitent non seulement les plages, mais aussi et surtout la Mangrove (fig. 5). En latitude on les trouve depuis le Congo Belge et l’Angola jusqu’en Espagne. L’espèce principale, Gelasimus tangeri, tire son nom de la ville marocaine de Tanger. Citons en outre le Gelasimus pugilator des côtes de la Caroline et le Gelasimus vocans de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Océan Indien.
- Pourquoi ces termes spécifiques de pugilator ou « boxeur » et de vocans signifiant « qui appelle » ? Ce sont des allusions à la structure des pinces des Gelasimus. Tandis que Tune d’elles est rudimentaire, l’autre, volumineuse (fig. 6), est toujours maintenue dressée pendant la marche. Quelquefois le Crabe l’agite d’une façon monotone. On peut voir sur la figure 6, qu’il existe des Gelasimus de deux sortes : les droitiers et les gauchers.
- L’espèce Gelasimus tangeri remonte jusqu’en Espagne, aux environs de Cadix, dans l’estuaire du Guadalquivir. Elle y est l’objet d’un commerce assez étrange. On chasse le Crabe pour l’amputer de sa grosse pince ; puis on le remet en liberté, car son corps n’est point comestible. Or la grosse pince repousse et peut être amputée une seconde fois. Les premières pinces sont “vendues aux promeneurs, à
- Fig. 6. — Gelasimus arcuatus droitiers et gauchers.
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- Fig, 8. — Terriers de Sarmatium curvatum, dans la Mangrove, près de Banana (Congo belge). D’après II. Lang,
- Fig. ().
- Cardisoma armatum et son terrier, dans la Mangrove près de Banana (Congo belge).
- D’après II. Lang.
- la foire de Séville, sous le nom de carrasquencis. Les pinces de repousse, moins succulentes, sont vendues moins cher et portent le nom de zapaieras,
- 4° Birgvs Icitro. — C’est le « crabe des cocotiers )) ; le « coco-nut-crab » des Anglais. En réalité ce n’est pas un Crabe mais un Pagure. Son abdomen est en effet très volumineux. Il est un des plus remarquables habitants des îles coralliennes ou atolls du Pacifique et de l’Océan Indien. Ses cavités branchiales garnies de papilles vascularisées (fig. 1) lui permettent de respirer l’air en nature. Une de nos photographies (fig. 4), reproduite d’après Andrews, montre des Birgus lalro grimpant à des cocotiers.
- II. Crabes d’eau saumâtre. — 11 est difficile de séparer nettement ces Crabes des Crabes marins. Ainsi les Gelasimm habitent le plus souvent la Mangrove en compagnie des Sesarma, Sarmatium, Cardisoma, etc. dont il nous reste à parler.
- 1° Sesarma. — Genre intéressant parce que ses espèces présentent des degrés différents d’adaptation à la dessalure de l’eau. Sesarma africanus est presque marin. <S. biit-tikofen, découvert en Libéria par le Dr Büttikofer, est d’eau saumâtre. S. angolense, de l’Angola, est un Crabe d’eau douce.
- 2° Sarmatium. — Jolis Crabes bleutés de la côte occidentale africaine. Sarmatium curvatum (fig. 7) abonde en colonies dans la Mangrove des environs de Banana. Ses pinces et sa carapace résistantes lui permettent de creuser parfois des terriers profonds de deux mètres, entre les racines des Palétuviers. Les gros trous visibles sur la figure 8 représentent un groupe de terriers de »S. curvatum. Les petits trous interposés appartiennent à un autre crustacé, de plus petite taille, Upogebia furcata.
- 5° Cardisoma et Gecarcinus. —
- Nous traiterons ensemble ces deux sortes de Crabes qui ont des mœurs sensiblement identiques. Tellement est grande leur adaptation à la vie terrestre, ils n’hésitent pas à parcourir de grandes distances, loin de la Mangrove, à la recherche de nourriture. Ils nettoient pendant la nuit les villages indigènes de tous leurs immondices, même des excréments humains. Si là s’arrêtait leur hardiesse, on pourrait les qualifier d’animaux utiles. Mais ils ravagent aussi les plantations les mieux encloses de palissades. Le tourlourou des Antilles a pour nom scientifique Gecarcinus ruricola, ce qui veut dire en français a crabe terrestre habitant la campagne ».
- Tous les Crabes terrestres sont fouisseurs. Ceux-ci ne font pas exception à la règle générale. En particulier le Cardisoma armatum du Congo établit ses terriers dans les terres basses et marécageuses couvertes de Palétuviers (fig. 9).
- III. Crabes d’eau douce. — Ce sont, par excellence, les Potamon, Potamonaute et Potamocàr-
- Fig aux t
- .io. — Rivière Tshopo, près de Stanleyville, asses eaux de mars. Habitat de Potamon. D’après,H. Lang.
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- Il
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- cinus (1). Dans tous ces mots entre la racine grecque TOT7.pç, fleuve, rivière. Potamon faradjensis est probablement le plus grand Crabe des rivières du Congo. Il préfère aux parties stagnantes le voisinage des rapides. Sa couleur brune, presque noire, à marbrures jaunes et vertes, ainsi que l’aplatissement de sa carapace lui permettent de se dissimuler dans la rocaille. Il creuse d’ailleurs des terriers profonds qui partent de la rive et s’enfoncent dans le sol jusqu’au niveau de l’eau. Ce sont principalement des refuges contre le danger et la dessiccation. On comprendra la menace que constitue cette dernière, à
- 1. Au moyen du plan de la galerie de Crustacés du Muséum, publié dans La Nature du 22 juillet dernier, on trouvera aisément les Crab.es d’eau douce et les Crabes terrestres : Birgus (vitrine 4) ; Potamon et Crabes voisins (vitrine 11 j ; Ocypoda (vitrine 17); Grapsus, Geograpsus, Gelasimus (vitrine 18); Sesarma, Sarmalium (vitrine 20) ; Cardisoma, Gecarcinus (vitrine 21).
- l’époque de la baisse des eaux, en examinant la figure 10 qui représente la rivière Tshopo, près de Stanley ville, au mois de mars.
- Les Crabes de rivières ne sont pas seulement abondants au Congo. Toutes les régions chaudes en possèdent. On vend des Potamonidés par brochettes dans la banlieue d’Hanoï (Tonkin). D’autre part nous avons déjà cité le Sesarma angolense pour son aptitude à supporter des eaux presque douces.
- L’exemple des Crabes d’eau douce, par lequel nous terminerons cet article, est bien fait pour mettre en évidence le phénomène général d’adaptation. Il permet aussi de comprendre de quelle manière a dû s’effectuer, au cours des temps géologiques, le peuplement des continents aux dépens de la faune marine.
- Léon Bertin,
- Agrégé de l’Uiiiversilé.
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- La maison Gaumont nous montre deux modèles d’onde-mètres fort intéressants, et ceci nous permet de noter la place de plus eri plus importante que prennent les appareils de mesure dans le laboratoire du véritable amateur. C’est une voie dans laquelle nous ne saurions trop les encourager. A côté de ces appareils, d’une lampe d’émission puissante, cette firme nous montre une réelle nouveauté; un haut-parleur de principe nouveau et curieux b isé sur la vibration d’une colonne d’air provoquée par les vibrations d’une membrane souple, déformable, située dans un entrefer conique très réduit. Cet appareil, mis au point récemment, n’était pas à la vérité adapté à des réceptions de téléphonie sans fil, mais nous avons,pu juger de sa puissance, de son rendement très pur sur la téléphonie à fil et cette épreuve permet d’être certain de l’obtention d’un résultat supérieur en téléphonie sans fil.
- Péricaud nous offre un lot important de tous les modèles possibles d’appareils d’amateurs, depuis l’humble galène jusqu’au grand mullilampes ; une nouveauté au passage, un redresseur d’alternatif, licence Soulier, à lame vibrante, petit, compact, facile à régler ; l’essai de cet appareil dont cette maison nous a confié un modèle fut satisfaisant.
- Dominant l’Exposition sur sa large estrade, la présidant en quelque sorte, voici le stand du Sous-Secrétariat d'Etat des P. T. T. ; sa présence sanctionne la valeur de l’Exposition et nous devons remercier les Pouvoirs Publics de cette manifestation officielle.
- A droite, le Sous-Secrétariat nous montre l’un des grands cadres de réception, de Yillejuif, au centre des appareils d’émission automatique et de réception montés en haut-parleur. Occupant le mur du fond et la partie gauche de l’ensemble : des cadres de trafic, des tableaux de statistiques diverses démontrant au nombreux public qui s’y presse l’avantage considérable, au point de vue de l’économie et de la rapidité, des communications qui résulte de l’emploi de la T. S. F.
- De nombreuses photographies des grands postes de la Doua et Lafayette (Croix d’Hins) complètent heureusement cet ensemble.
- De l’estrade, où nous sommes montés à l’heure d’une émbsion de radio-concert, l’aspect de l’Exposition entière se dessine, curieux, vivant, avec sa foule de visiteurs attentifs qu’attire et retient la nouvelle merveille.
- La Compagnie des lampes nous expose ses excellents modèles de valves tant d’émission que de réception.
- 11 eût été à ce sujet, et c’est là un vœu que nous formons pour une exposition future, instructif pour les nombreux visiteurs, que les fabricants de tubes à vide installassent un matériel réduit de vidage des lampes ainsi que des modèles de leur aspect aux différents stades de leur fabrication.
- * La maison Gody présente des appareils de série classiques ainsi qu’un poste complet type Intégral.
- Bar don expose un type de condensateur à air ainsi qu’un type de transformateur ba-se fréquence.
- Lemouzy : appareils d’accord et de réception bien étudiés, bien construits, quelques modèles curieux de selfs à galettes réglables par plots.
- La soupape électromagnétique de Soulier, bien connue nous retient un instant.
- Causse, nouveau venu sur la place, tente un essai de groupe de charge d’accus par piles pour les exilés de province ; l’idée est à retenir, mais la réalisation devrait être plus large et plus robuste.
- Le stand des publications sansfilistes, installé par le commissaire général, M. Delaunay, retient beaucoup d’amateurs qui cherchent là la publication de leur choix.
- Enfin un stand d’amateur, M. Restoul, de Rouen, ceci nous fait regretter qu’une petite section n’ait pas été réservée exclusivement aux amateurs, avec prix spéciaux pour ce Lt ; catégorie d’exposants; mais le temps a manqué pour penser à tout; là pourtant nous voyons deux appareils intéressants : un coupleur à sections pour cadres, évitant les bouts morts, puis un support de lampe amovible et à extinction par simple rotation.
- L’éloge des piles Hydra qui viennent ensuite n’est plus à faire, c’est là une déjà ancienne et bonne fabrication.
- Le Carbone nous présente également un lot varié de
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- générateurs, l’un surtout retient longuement les visiteurs : il s’agit d’une batterie d’éléments à grande capacité, étudiée pour fonclionner plus de quatre mois en chauffant les fdamenls de trois lampes, voilà qui va charmer nombre d’amateurs isolés dans la campagne et prives des joies de la T. S. F. par suite du manque d’une source pratique et sûre de quatre volts.
- Un appareil d’un aspect un peu... étrange nous attire au stand Duhamel, cela tient un peu de l’obusier, mais renseignements pris, il s’agit simplement d’un sélecteur des ondes sonores, le Superélectrophone; l’appareil, imaginé parM. Verdier, comprend un ensemble de capacités de résonance et de surfaces de diffusion de ces ondes particulièrement bien étudiées. Ce n’est pas un haut-parleur au sens exact du terme, mais un diffuseur à action variable à volonté en intensité et en direction, auquel on adapte tel récepteur phonique que l’on désire.
- Georg et Montastier, de bons constructeurs, nous présentent un ensemble harmonieux d’appareils classiques consciencieusement étudiés, d’une présentation impeccable.
- Nous relevons l’existence particulièrement remarquable de deux ondemètres pour amateurs : un de 200 métrés, l’autre allant jusqu’à 25COO, utilisant les bobines Corona de ces constructeurs. Un appareil peu connu en France y est également présenté, un récepteur pour ondes courtes du type américain Reinartz.
- Au stand Letellier nous remarquons Vélectro-générateur Dubois pour recharge des accus, cet éternel point noir des amateurs.
- Cette pile est simple, propre, on ne peut lui reprocher que son prix assez élevé, mais cette considération seule ne saurait arrêter l’essor d’une idée utile et bien réalisée.
- Lafond, de Rouen, un amateur d’hier qui sc consacra à la construction pour amateur nous présente quelques simples postes bien étudiés.
- La maison Charron, Bellanger et Duchamp expose toute une série d’appareils de réception de types variés.
- Brunet, bien connu des amateurs par la qualité de ses casques téléphoniques, présente également ses ingénieux radio-blocs qui permettent par seule addition de composer des appareils à fonctions multiples et variées.
- De Bonnefond, de nombreuses et ingénieuses choses : son condensateur vario-fixe bien connu, ses « monoplaque », pour construction de condensateurs fixes de valeur bien déterminée, ses rondelles « iso », son détecteur « excentro » véritablement automatique et qui résoud élégamment le problème toujours délicat de la recherche rapide d’un point sensible, ses résistances à variation progressive, son ingénieux « contacteur » pour couplage de selfs ou de sections de cadre en évitant les bout-morts, ses « radio-monteurs » qui permettent à tous le montage rapide de postes variés... et j’en passe.
- Les postes S. M. 2 de la Société S. E. R. sont élégants, bien construits et de bon rendement.
- L’Hewiitic Electric Company se préoccupe, elle aussi, du souci des sources électriques et présente deux solutions : tout d’abord l’emploi de batteries à grande capacité à l’oxyde de cuivre pour ceux qui n’ont aucun courant; puis, pour ceux qui n’ont que le secteur alternatif, un redresseur du modèle bien connu Cooper-Hewit, à vapeur de mercure.
- A la Radiophonie française, un curieux « tissu hertzien » à combinaisons, de très intéressants variomèlres, type sphérique et type cylindrique.
- Chez Plançon, deux postes à galène, le Rossignol et
- l'Alouette auxquels nous souhaitons, pour leur bonne utilisation, l’augmentation promise de la puissance de notre poste d’Eiffel.
- Un constructeur de la première heure, la Société des établissements Ducretet, nous rappelle les origines de la T. S. F. en nous exposant un très ancien poste à tube de Branly et cela fait plaisir aux amateurs du début de retrouver cet appareil au milieu des merveilles de la dernière heure. Cette firme nous présente en outre son redresseur à lampe, pour utilisation de l’alternatif à la tension de plaque, son convertisseur rotatif, et surtout son nouveau poste récepteur amplificateur à selfs, modèle excellent encore trop peu connu des amateurs.
- Voici le coin des cadres de réception originaux, que nous présente Legendre, cadre de tableau à double usage, stores, bureau, etc...
- Le Comptoir d’applications électriques nous offre un poste simplifié « Iladionetlt », un haut-parleur à cornet acoustique bien étudié, avec pour tous les appareils présentés le souci de les rendre populaires par leurs prix modiques.
- La pile Choquet à écoulement continu nous parait bien comprise, mais les renseignements techniques manquent.
- Le Captavox, de Brémond, a été étudié pour permettre la réception de la téléphonie en particulier, et ce, sans cadre ni antenne en se branchant simplement entie eau et gaz, les réglages en sont aussi simplifiés que possible.
- De Lamarche : meubles curieux, paravent formant cadre et supportant l’appareil de réception dont nous devons louer le fini parfait ; ce sont là de bons et beaux appareils.
- Autolume, série d’appareils classiques, de formes multiples, allant du récepteur à simp’e galène au poste à lampes le plus complet.
- La téléphonie sans fil, firme Menot, présente une série d’excellents modèles d’un fini irréprochable, de types classiques.
- La maison Meyer, l’une des plus connues, nous montre ses types principaux de fabrication de modèles en matière isolante.
- Le stand Serf nous retient par un curieux condensateur variable dans lequel la variation de capacité est obtenue, non plus par rotation, mais par compression d’une lame métallique flexible, la variation portant ici sur l’épaisseur du diélectrique. Nous y trouvons également d’intéressantes selfs en fond de panier, sans armature, étalonnées avec précision.
- Gadot nous expose des séries d’accumulateurs, nous retenons en particulier des batteries pour alimentation de circuit de plaque entièrement démontables, ce qui constitue un réel progrès sur les anciens types inamovibles, en facilitant le remplacement d’éléments défectueux ou usagés.
- Encore des accumulateurs d’une excellente marque, la Société pour le travail électrique des métaux, dont les produits se recommandent pour leur parfaite exécution ainsi que pour la nature très spécialement étudiée des matières utilisées.
- L’Idéale B D. R. qui suit nous présente un appareil original, la Radio-Valise, lequel, ainsi que son nom l’indique, est des plus portatifs et facile à emporter... même en voyage; l’inventeur nous affirme de plus qu’il fonctionne sans tension plaque tout en utilisant des lampes de modèle courant, ceci est encore un progrès réel ; toutefois, nous préférerions qu’il fonctionnât sans
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- chauffage de filament, mais... il ne faut pas trop demander pour cette année.
- La Radio-Industrie nous offre un lot imposant de récepteurs, d’amplificateurs et de postes complets classiques.
- Elle nous montre également un tissu hertzien en bandes souples auquel nous ne saurions reprocher que son prix de revient. «
- Elle expose de plus un modèle d’étude de la résistance variable qu’elle utilise dans ses postes pour le réglage du chauffage; ce rhéostat agit par variation de pression de poudre de charbon ; les indications de l’instrument de mesure montrent l’effet progressif de cette résistance ; mais cette résistance est-elle bien stable ?
- La Société des brevets Vereecke se signale par d’excellents postes à lampes, le haut-parleur Cler, clair en effet mais peu puissant, ce que nous ne saurions lui reprocher en face du rendement de modulation qui est excellent. Cette société présente également les inscrip-teurs du principe Roussel, complétés par les brevets Iloussaye ; de nombreuses inscriptions exécutées pendant le cours de l’Exposition montrent le rendement de ce modèle.
- Desprès nous montre d’excellents casques légers, de sonorité très pure, s’adaptant exactement et sans excès de pression aux oreilles grâce à une liaison légère et souple des écouteurs ; il nous présente également un bon modèle de microphone d’émission à très faible résistance, ainsi qu’un poste complet en deux parties, haute fréquence d’une part, basse fréquence de l’autre dont l’ensemble est des mieux étudiés particulièrement en ce qui concerne la disposition des connexions intérieures.
- La Société Mildé, à côté des postes téléphoniques de réseau qui sont sa grande spécialité, nous offre un poste météorologique à galène d’un fini parfait, simple, et d’un prix véritablement réduit.
- Horace Hurm s’est spécialisé dans les modèles de volume réduit et possédant néanmoins la plupart des qualités des grands postes. Qui ne connaît son ondo-phone, son microdion, son microposte et tant d’autres modèles d’aspects variés tenant dans la main ou dans la poche et qui cependant permettent l’audition à de grandes distances ; ce résultat des plus remarquables est obtenu grâce à l’étude approfondie des fonctions de chaque organe et sa mise en place précise, l’intérieur de ces postes est un véritable travail d’art.
- Nous ne voudrions pas quitter cette firme sans signaler la présentation d’un modèle réduit de dirigeable dont les commandes sont effectuées par ondes hertziennes, modèle exécuté voici une douzaine d’années et qui nous montre le travail patient et continu de son auteur, M. Ilurm.
- La maison Ragonot, bien connue des radios d’armée, nous expose des modèles variés sortant de ses usines, génératrices à courant continu, tant pour entrainement au moteur que pour entraînement au moulinet sur avions, convertisseurs de 520 à 1500 volts. A signaler en particulier aux émetteurs amateurs la génératrice 660 volts, le petit convertisseur G. C. 2, ainsi qu’un groupe des mieux étudiés pour recharge d’accumulateurs.
- La S. I. D. P. E. nous expose des postes impeccables, type des modèles anglais, d’une exécution et d’un rendement excellents, ainsi qu’un casque à récepteurs de modèle nouveau, de bon rendement mais un peu lourd cependant.
- Les établissements Ancel nous offrent de très remar-
- quables appareils" entre autres, un bon émetteur dont nous avons déjà eu l’occasion de pailer qui fonctionna avec plein succès au cours de l’Exposition, des amplificateurs de types variés, bien exécutés, un relai phonique destiné à amplifier le courant sortant d’un amplificateur ordinaire avant de l’admettre dans un haut-parleur, un haut-parleur puissant, assez sonore, mois d'aspect un peu lourd; à côté de cela, cette firme expose de récentes cellules à sélénium, suite des recherches de son regretté fondateur M. Louis Ancel. Beau stand, bons appareils.
- Des téléphones Ericson, nous ne pouvons dire qu’un mot plus explicite que de grands éloges ; ils se sont classés premiers au concours des P. T. T. dès 1912. Des modèles spéciaux ont été créés pour la T. S. F., un 2000 ohms en particulier, léger, et d’audition des plus nettes.
- Les condensateurs Monnier sont bien faits, précis, et, ce qui est précieux pour l’amateur, livrés avec leur table de mesure.
- Chez Plantagenet nous trouvons une chose réellement intéressante, sa pile au sulfate de cuivre à grande surface, d’une si grande utilité pour la charge des accumulateurs loin des villes ; mais, que l’on me permette une légère critique qui ne touche en rien à la valeur même de l’appareil, présentation un peu fruste ; il est vrai que le prix en est réduit d’autant.
- Gravillon nous montre un ingénieux condensateur à vernier, c’est-à-dire permettant de parfaire le réglage primitif en usant d’une capacité variable auxiliaire très faible, précieux pour la téléphonie en particulier.
- L’éloge des postes, tant émetteurs que récepteurs de la Radio L. L. n’est plus à faire, depuis longtemps, les uns et les autres ont fait leur preuve ; ce stand était une belle exposition française.
- Nous y remarquons un émetteur de un kilowatt, un émetteur-récepteur d’avion, un émetteur d’aérodrome, des blocs à combinaisons, le tout au-dessus de toute critique.
- Du Radio-Comptoir, le Radio-vox, intéressant appareil bien compris, simple.
- Nous nous en voudrions de ne pas signaler un essai curieux plus empirique que scientifique il est vrai, tenté par le Cantophone, utilisant des résonateurs ovoïdes. Nous devons signaler également que cet exposant est le seul qui nous ait présenté un appareil d’inscription sonore sur disque de cire, ce qui est un effort excellent.
- La Cinèdition nous présente son Radiotéléphone E. R. établi spécialement en vue de la réception de la téléphonie, en particulier uu appareil de voyage à alimentation par piles sèches a été établi par cette firme.
- Cette visite des stands terminée il nous reste quelques mots à dire des Sociétés et des écoles de T. S. E.
- Les trois grandes Sociétés, la Société Française d’études de T. S. F., la Société des Amis de la T. S. F. et le Radio-Club y étaient largement représentées, de plus des tableaux et des cartes rappelaient les nombreuses sociétés de Province soit autonomes, soit affiliées.
- Chaque société était en liaison avec son organe officiel, T. S. F. Moderne, Onde Electrique et Radio-Revue.
- De très nombreuses adhésions sont venues récompenser cet effort d’organisation.
- Les trois grandes écoles avaient également leurs représentants : l’Ecole du Génie Civil qui comporte une seclion spéciale de T. S. F. depuis 17 ans; l’Ecole de T. 8. F. du Champ-de-Mars dont le fondateur M. Lesclin a imaginé un très ingénieux appareil d’étude de lecture au son, l’Automorsophone, qui effectue automatiquement
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- des dictées au son de difficulté progressive, • à vitesses variables et permet également d’apprendre la manipulation, c’est enfin un professeur mécanique qui permet à tous l’.étudo de la lecture du Morse à domicile.
- Enfin l’Ecole pratique de Radio-électricité qui comporte des cours spéciaux pour amateurs, nous fournit des renseignements intéressants sur le fonctionnement de ses divers services.
- Nous regrettons l’absence de l’Ecole Lavigne qui nous
- eût permis d’établir une statistique de la totalité des élèves fréquentant l’enseignement de la T. S. F. en France.
- Mais nous savons que ce nombre est déjà considérable, qu’il s’augmente chaque jour, et la preuve la plus par-| faite en fut donnée par cette Exposition improvisée et pourtant si complète déjà.
- J. Rousskl,
- Secrétaire Général de la Société Française d’étude de T. S. F.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1922.
- L'origine et le processus de formation des sols de la Hague. — Pour la plupart des géologues, il y a là le résultat du remaniement d’assises secondaires ou tertiaires disparues à l’heure actuelle. Pour M. Aimé Àzam, les sols de la lande de Johourg proviennent de la dissociation de l’ancienne couverture gréseuse de l’Ordovicien supérieur, remaniée sur la surface altérée des schistes à Calymènes; les sols des environs de Sainte-Croix Hague sont dus à l’altération sur place des grès feldspathiques, enfin les limons de la Hague indiquent le remaniement et la dissociation de roches primaires, appartenant soit au Cambrien, soit à l’Ordovicien.
- Sur deux espèces de Langoustes des côtes d’Indo-Chiné. — Les récents envois de M. Krempf ont permis au Professeur Gruvel d’identifier certains Crustacés qui se rattachent soit au Palinurus ornatus Fabricius, soit au Palinurus fasciatus Fabricius. L’aire de dispersion des premiers s’étend à peu près à tout l’Océan Indien, et ils vivent dans les anfractuosités des formations maclré-poriques; les seconds se rencontrent sur les côtes d’Annam et vers le Cap Saint-Jacques. L’intéièt de celte communication est de montrer l’importance que pourraient prendre très rapidement, sur les côtes d’fndo-Chine ou de Madagascar, des usines pour la préparation des conserves.
- Le terrain houiller de la Moselle. — L’élude qu’ils poursuivent, dans la concession de Sarre et Moselle, montre à MM. Barrois, Bertrand et Pruvost qu’on ne peut étendre à cette région les notions acquises, dans la Sarre, sur la structure tectonique du bassin. Il y a là une nappe plissée dont le pendage septentrional est interrompu au midi par deux anticlinaux parallèles, l’un de Sainte-Fontaine à Clarenthal, l’autre au puits Simon de la Petite
- Rosselle. Au sud de la faille du midi de Saarbriicken, sous les morts-terrains, on doit donc rencontrer comme couverture du houiller productif, non pas un tapis permien, mais le régime des plis anticlinaux et synclinaux du carbonifère de Sarre et Moselle.
- Quelques propriétés du sodammonium. — Les expériences de M. Picon ont porté sur l’hexamélhylène tétramine, le tétraméthyldiaminométhane et l’éthylidène-éthylimine, et elles ont établi, pour le premier composé, que le sodammonium est le seul réactif hydrogénant sans action ; une constatation du même genre a été faite pour le dérivé du diaminomélhane, quant à l’éthylidèneélhy-limine, elle fournit un produit d’hydrogénation et de condensation, portant sur deux molécules, sans qu’il y ait départ d’ammoniac, comme c’est le cas dans la formation des célisocétimines.
- La craie et le calcaire pisolilhique à Meudan-Gaillon. — Reprenant une étude de M. G.-F. Dollfus, MM. Paui Lemoine et A. Pinard établissent que la concordance entre les deux éléments n’est qu’apparente, et que le calcaire a rempli dans la craie des poches irrégulières, analogues aux poches de décalcification que vient combler, à la surface des plateaux actuels, l’argile à silex.
- Les écailles du bulbe de Lis. — Les expériences de M. M. Mirande ont porté sur leur acidité relative, avant et après leur pigmentation anthocyanique. Elles indiquent qu’aucune oxydase n’intervient dans l’acidification de la masse des écailles, et que l’acidification générale due à la blessure, faite lors de leur détachement du bulbe, s’accompagne d’une acidification particulière corrélative de la pigmentation.
- Paul B.
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- Le succès toujours croissant du grand marché annuel, qui se tient à Paris au commencement de la saison d’hiver, a obligé le XVIIe Salon de l'Automobile à transporter dans de nouveaux locaux une partie des véhicules exposés jusqu’à présent sous la verrière du Grand Palais. C’est à l’annexe de l’Esplanade des Invalides que nous avons trouvé cette année les voiturettes et les cyclecars, groupés de la façon la plus heureuse pour la commodité du pu-
- blic. C’est une innovation dont il faut louer sans réserves les organisateurs du Salon.
- Elle nous a permis, en effet, d’avoir une vue d’ensemble sur l’industrie de ces véhicules utilitaires, et il s’en dégage cette année une impression d’unité harmonieuse.
- Les lecteurs de La Nature n’ignorent pas les données du problème : les impôts, le prix de l’essence et les frais d’entretien ont rendu très
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- lourd, l’usage de la voiture moyenne pour un budget modeste, tel que peut l’être, par exemple, celui d’un médecin à la campagne ou d’un voja-geur de commerce. Le besoin s'est donc fait sentir d’un moyen de transport plus économique et c’est pourquoi nos constructeurs ont déjà présenté l’année dernière un nombre assez important de véhicules légers, au moteur de faible cylindrée; le cyclecar eut alors un grand succès, les réalisations furent nombreuses et les conceptions assez diverses. Nous avions néanmoins pu signaler, à l’occasion du Salon de 1921, deux écoles d’importance sensiblement égale; l’une d’elles semblait vouloir résoudre d’emblce le problème par des moyens entièrement nouveaux, tandis que l’autre adoptait, tout en réduisant les organes, la conception générale d’un véhicule de puissance moyenne.
- Cette année, par contre, nous avons constaté une beaucoup plus grande homogénéité et l’on peut dire qu’il existe une formule générale à laquelle se rallie la majorité des constructeurs.
- Elle est d’ailleurs la résultante des deux écoles de l’année dernière; si la disposition générale est celle d’une voiturette avec le moteur à 4 cylindres et la transmission par engrenages, beaucoup d’organes dérivent du cyclecar proprement dit : la direction souvent directe ou à crémaillère, le pont AR sans différentiel, la suspension simplifiée, telles sont les caractéristiques des petites voitures modernes.
- Bien qu’elles ne répondent pas à la définition administrative du cyclecar, les petites 5 chevaux Citroën et Àriès semblent avoir résolu le difficile problème de la suspension par des demi-ressorts, sur les deux essieux, tandis que Renault reste partisan du ressort transversal à l’arrière.
- Et sur toutes ces petites voitures, on a plaisir à constater un réel souci du confortable, et l’harmonie des lignes est souvent particulièrement heureuse.
- Dans la catégorie cyclecar, la lutte semble beau-
- Fig. 2. — Cyclecar populaire Sénéchal.
- Voiturette Benjamin (conduite intérieure).
- coup plus âpre ; 28 constructeurs se disputent les faveurs du public et nous allons essayer de passer une revue rapide des principaux d’entre eux er nous attachant à relever leurs caractères partie lier s.
- Nous avons retrouvé cette année les Salmso' les Bignan bien peu changés ; les Benjamin e Peugeot un peu plus larges que l’année den assurant aux passagers un plus grand conforl. tendance chez Àmilcar, Sénéchal, Mathis, E nous faut signaler encore le Tom Pouce par rement réussi ; Morgan et Bedelia restent représentants du Cyclecar motocycle.
- La suspension spéciale de Dalila, le changement de vitesse à friction chez Fournier et Phrixus, les organes de direction et de transmission chez beaucoup d'autres, voilà quelques-uns des dispositifs particuliers qui résolvent les problèmes spéciaux aux véhicules légers et de dimensions relativement réduites.
- C’est une bonne orientation qu’il faut encourager, un peu de progrès sort de chacune de ces recherches.
- Nous remarquerons en passant que la plupart des constructeurs ont sagement limité la cylindrée
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- Fig. 3. — Cyclecar Fournier.
- de leur moteur entre 700 et 900 cm5, alors que la définition administrative leur permet d’aller jusqu’à 1100. Il est possible, en effet, avec les derniers progrès de la technique du moteur, de tirer de la cylindrée limite un nombre important de chevaux, quelquefois plus de 40. C’est beaucoup trop pour un véhicule aussi léger qui doit être mis entre toutes les mains ; et nous ne pouvons pas approuver les 4 constructeurs qui jqous promettent des vitesses de 100 à 120 kilomètres à l’heure.
- Le cyclecar doit rester utilitaire avant tout et il faut espérer que
- le type « grand sport » restera l’exception; car aux vitesses élevées, ces véhicules ne présentent pas la même sécurité que les voitures de grand tourisme.
- Nés sympathies vont au contraire au constructeur qui s’attaque au problème tout aussi difficile du prix d’achat minimum, de la consommation la plus réduite et de l’entretien simplifié.
- Il devra pour y réussir travailler au plus haut point le rendement du moteur et trouver la formule de la meilleure utilisation de la puissance motrice.
- Il nous faut signaler, dans cet ordre d’idées, l’emploi sur le châssis Sara, d’un dispositif dont nous n’avons pas encore la pratique en Europe ; le moteur à 4 cylindres est refroidi par un courant d’air pro-
- Fig. 4. — La voilurelle S. A. R. A. à refroidissement far air.
- duit par une turbine et canalisé sur chacun des points à refroidir. C’est une grosse nouveauté et un grand progrès ; le rendement du moteur est augmenté, et son entretien largement facilité.
- Le châssis Sara est par ailleurs construit avec le soin qui caractérise généralement les voitures d’une puissance plus élevée ; c’est un cyclecar qui fait songer à une voitu-rette.
- Il n’est pas possible dans un article aussi limité de donner aux lecteurs de La Nature la description des principaux véhicules dont nous nous occupons; ce serait au surplus fastidieux.
- Nous nous sommes borné à signaler les progrès accomplis et à indiquer les tendances générales.
- Parmi celles-ci, le soin apporté à la carrosserie, le souci du confort sont peut-être celles qui frappent le plus ; les photographies qui illustrent cette étude pourront donner aux lecteurs de La Nature une idée de l’élégance de ces petits véhicules, et nous serions heureux si nous avions pu contribuer, d’une façon si modeste que ce
- soit, à leur diffusion. C’est un moyen de locomotion utile et bon marché et qui le deviendra de plus en plus dans l’avenir.
- Richard Périsse.
- Fig. 5. — Conduite intérieure sur châssis S. A. R. A.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2545.
- Les régions géographiqu
- LE ROUSSILLON
- JANVIER 1923
- 1. — Configuration, aspects pittoresques, climat ('). — Le Roussillon est une des régions naturelles les plus caractérisées et les plus complètes de la France. Sur un petit espace sont réunies montagnes et vallées, plaine et côte maritime. L’unité ethnique et historique a fortifié l’œuvre de la nature.
- L’extrémité orientale d u massif pyrénéen offre un aspect tout différent du reste de la chaîne sur le versant français.
- L’influence océanique se fait nettement sentir jusque dans l’ancien comté de Foix, jusqu’aux sources de l’Ariège, région verte et fraîche, contrairement à la réputation d’aridité qu’on lui a faite parfois, indûment, dans le Nord.
- C’est seulement en passant dans les vallées méditer ranéennes, après une zone de transition très étroite vers les sources de l’Aude, que le changement s’avère, fort brusque, dans la structure des montagnes comme dans la végétation, le climat, les mœurs et la langue.
- Aux reliefs violents des Pyrénées centrales françaises, de type alpestre, succèdent les
- soulèvements granitiques aux formes plus arrondies, ballonnées, dont l’ensemble constitue de longues chaînes peu saillantes entre lesquelles se creusent les vallées.
- Seul le Canigou, point culminant du Roussillon central (2785 m.), jaillissant en saillie angulaire sur plan ramifié, rappelle le système orographique
- I. Mémento diiilioüraphiquk. — Géographie, descriptions, guides : Sorre, Les Pyrénées méditerranéennes, jessai de géographie biologique (Pans, 1915); Pierre Viral, Guide historique et pittoresque dans les Pyrénées orientales (Perpignan, 1899); Ardouin-Domazet, Voyage en France (41° série) ; Guides-Bleus, Pyrénées (éd. 1921). — Archéologie : J.-A. Brutails, Notes sur l’art religieux du Roussillon (Paris, 1895). — Langue et littérature : VanBever, Les poètes de terroir du xv° au xxe siècle (t. IV, le Roussillon); A. Griera, Allas linguistique du catalan (Barcelone, en cours de publication ; en catalan). — Bibliographie : P. Vidal et J. Calmette, Bibliographie roussillonnaise (Perpignan, 1- édit. 1906).
- Fig. i. — Une vieille rue à Palalda. Photo Lumière et Jougla.
- des Pyrénées centrales. Le sapin fait place au pin qui se groupe en vastes forêts jusqu’aux alentours de 1800 mètres, comme à Font-Romeu ; plus loin et plus à l’Est, les châtaigniers occupent les pentes fraîches exposées au Nord (Saint-Laurent-de-Cerdans), tandis que les chênes-liège boisent la majeure partie des monts Albères. La montagne devient plus sèche, broussailleuse, pierreuse, surtout dans les Asprés. Sur la côte, la végétation présente le pur type méditerranéen; on a pu acclimater l’oranger à Ba-nyuls mieux encore qu’à Nice.
- Deux grandes vallées parallèles, de dimensions inégales, mais symétriques et orientées également de l’O.-S-O. à l’E.-N.-E., constituent essentiellement le Roussillon ; celle de la Têt, au Nord, la plus grand#', axe vital du pays, sur laquelle s’échelonnent les principaux centres économiques et historiques : Prades, Millas, Ille, Perpignan, Castel-Roussillon ; au Sud, celle du Tech, avec Arles et Céret, berceau originaire de la race, et Elne.
- Au nord de la Têt, la vallée de l’Agly forme transition ; si sa partie inférieure est roussillonnaise par la langue, la race et l’histoire, son bassin supérieur, le Fenouillet, a toujours été languedocien : géographiquement, si l’hydrographie le rattache au Roussillon, l’orographie le revendique comme partie intégrante des Corbières languedociennes.
- A leur partie supérieure, les vallées de la Têt et du Tech s’ouvrent par de larges seuils sur Inversant espagnol, surtout la première où les gorges profondément encaissées de la partie moyenne contrastent avec les vastes horizons du col de là Perche (4577 m.). Vers la mer les vallées s’ouvrent largement, les cours d’eau ayant repoussé le rivage par leurs alluvions, entre lesquelles est encadré l’étang du Canet, prélude des étangs languedociens qui commencent, aux confins du Roussillon, avec l’étang de Salces.
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- ' «
- Fig. 2. — Collioure.
- Photo Lumière et Jougla.
- Le rivage ne devient rocheux qu’au Sud, aussitôt après Argelès : c’est la Côte Vermeille, le long de laquelle la montagne plonge dans la Méditerranée : succession de golfes et de caps découpés, d’une tonalité un peu sèche, mais fort colorée et très pittoresque, — une des rares régions où la vigne mûrit jusqu’au bord de la mer.
- Les vallées inférieures et la plaine du Roussillon sont très fertiles. A côté de la vigne prospèrent les arbres fruitiers de toute sorte qui, avec les cultures maraîchères, font des environs de Rivesaltes et de Prades un véritable jardin, en opposition saisissante avec la sécheresse aride du Languedoc voisin. Sur la Côte Vermeille se récoltent les vins les plus capiteux de France : grenache, rancio, etc. (connus généralement dans le Nord sous le nom générique de banyuls).
- D’après ce qui précède, on conçoit que les beautés pittoresques du Roussillon soient nombreuses et très variées : c’est une région qui mérite d’être mieux connue. La plus belle montagne est sans contredit le Canigou, dont l’ascension, un peu longue, est très facile, et qui offre un belvédère incomparable sur les montagnes environnantes, la côte et la pleine mer. Mais il. ne faut pas oublier le Carlitte, les gorges de Canaveilles et de Carença, et, à l’entrée des Cor-bières, les splendides gorges de Ga-lamus au coloris tropical. La Côte Vermeille est une des principales attractions de la région. D’autres-aspects typiques sont offerts par les pinèdes et les horizons de Font-Romeu, les châtaigneraies du Cerdans, les chênes-liège des Albères, l’immense plage de sable qui fuit d’Argelès vers le Canet.
- Le climat roussillonnais n’est pas moins variable que la configuration du pays. La plaine rappelle encore le climat languedocien, toutefois atténué : pays sec, exposé au mistral, sujet aux brusques variations de température suivant que le vent souffle ou non, très chaud l’été, souvent froid l’hiver, mais toujours très sain.
- Dès qu’un écran de montagne s’interpose, le climat devient doux et uniforme, tempéré sur la côte, plus chaud dans les vallées moyennes ; le maximum de chaleur s’observe à Amélie-les-Bains, dont on a fait une station hivernale, supérieure, sous le rapport de l’insolation, de la siccité et de la constance calorique, à celles de la Côte d’Azur. Dès qu’on s’élève, les contrastes s’accusent de nouveau, surtout entre les saisons : la neige couvre souvent pendant plusieurs mois la haute vallée de la Têt et parfois même celle du Tech, à Prats-de-Mollo, malgré une altitude relativement faible (798 m.). Mais, dans l’ensemble, la note dominante du climat roussillonnais, c’est la rareté des précipitations pluviales et la pureté de l’atmosphère : les neiges hivernales et les pluies printanières de haute montagne suffisent à alimenter les cours d’eau.
- 11. — Population, mœurs, caractère; l’activité sociale; l’art; le tourisme. — Le Roussillon était habité à l’arrivée des Romains par une population ibère (ou ligure ibérisée, d’après C. Jullian), les Ceretes, plus tard Ceretnni, dont la ville de Céret porte encore le nom. La Ceretania, dont le nom s’est restreint peu à peu à la Cerdagne actuelle, englobait jadis au moins toute la région montagneuse (comme le prouve, entre autres, le nom de Saint-Laurent-de-Cerda??s).
- Bomanisés plus tard, les Roussillonnais parlent depuis dix siècles, conjointement avec leurs voisins du sud, un dialecte néo-latin, le catalan, plus différent encore de l’espagnol (ou castillan) que du provençal. C’est même, à l’origine, un rameau détaché du provençal : la cassure se produisit de bonne heure, au moyen âge, sous l’influence de causes politiques et sociales qui isolèrent le Roussillon du Languedoc. Fait curieux, la limite linguistique entre languedocien et catalan est très nette, quoiqu’elle ne suive aucune frontière naturelle, et elle coïncide d’une façon surprenante avec l’ancienne limite du temps de César entre Gaulois (Yolques)
- l'ig. «?.'— la citadelle de Monllouis. (Photo Lumière et JougLu)
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- et Ibères (Ceretes). Tandis que les Languedociens sont des Gaulois ro-manisés, les Catalans de Roussillon et de Catalogne sont des Ibères roma-nisés comme les Gascons et les Ara-gonais. Ils n’ont même subi, à l’encontre des Gascons, aucune influence celLique, à preuve que, seuls de France,les Roussillonnais ont conservé à Yü long latin sa valeur ou (1).
- Roussillon et Catalogne, en revanche, ont reçu une proportion beaucoup plus lorte d’éléments méditerranéens et de Romains colonisateurs que leurs voisins de l’Ouest, différence qui a sa répercussion sur le langage : tandis que Gascons et Aragonais ont un idiome énergique, rude, assez sourd, prononcé avec les mâchoires rapprochées, le catalan au contraire est clair, sonore, musical, parlé avec la bouche bien ouverte, d’un caractère nettement méditerranéen, et qui, à distance, produit l’impression d’un dialecte italien.
- Des différences analogues s’observent dans la race, les mœurs, le type d’habitation, apparentant toujours le Roussillon à la Catalogne et le séparant de ses voisins de l’Ouest ou du Nord. La race est foncièrement méditerranéenne et on n’y trouve qu exceptionnellement le faciès ibère prognathe si fréquent et si accusé en Aragon et en Castille. Le caractère gai, enjoué du Roussillonnais, qui s’extériorise comme le Marseillais ou le Napolitain, le distingue du Languedocien, froid et concentré, comme du Gascon pyrénéen plutôt rude.
- Quant au type d’habitation rural, il est essentiel-
- i. On sait que le changement de ou [ü long latin), en u en français, provençal, piémontais, etc., est un phénomène celtique.
- lement latin, comme celui du Languedoc et de la Catalogne, en opposition avec celui de la montagne pyrénéenne centrale du versant français, nettement gaulois d’Ax-les-Thermes jusqu’en Béarn : seuls le Capcir et les alentours de Montlouis se rattachent à ce dernier type (1). Les villages sont groupés et tassés fréquemment sur des mamelons comme dans les Alpes provençales et liguriennes : preuve évidente d’une communauté d’origine. Tel village de la côte roussillonnaise, comme le vieux Collioure, d’un aspect si pittoresque et si caractéristique, rappelle singulièrement les bourgades de pêcheurs du littoral génois.
- De très bonne heure la contrée s’était morcelée en petits pays qui vécurent, comme dans toutes les Pyrénées, une vie séparée pendant l’époque féodale. Le Roussillon désignait alors spécialement la plaine et le débouché des vallées : il doit son nom à une antique colonie ibère on phénicienne, Ruscino, où s’éleva bientôt une forteresse, et qui, sous le nom de Castell-Rossello, fut la métropole militaire (2) du pays au début du moyen âge ; l’installation des comtes du Roussillon à Perpignan au xie siècle lui porta un coup mortel et la vida, en moins de quatre siècles, de toute sa population.
- La vallée supérieure du Tech forma le Vallespir, son affluent la Quera, le Cerdans ; la vallée moyenne de la Têt, le Gonflent (5) ; à la vallée supérieure de la Têt, au col de la Perche
- 1. Voir la carte si intéressante sur la répartition des deux principaux types de toits en France, publiée par M. J. Brunhes (La Géographie humaine de la France, p. 441).
- 2. La métropole religieuse, et sans doute économique, était Elne, dont l’évêché ne fut transféré à Perpignan qu’en 1602.
- 3. Ainsi nommé d’après le. confluent près duquel s’élevait le chef-lieu (Villefranchc).
- Fip. 5. —• Le cloîlre a’Arles-sur-Tech. (Photo Lumière et Jougla.)
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- Fig. 0. — L'abbaye de Saint-Martin-du-Canigou.
- et à la vallée supérieure du Sègre catalan fut réservé le nom de Cerdagne, que la frontière établie en 1659 a coupé en deux. Enfin le Capcir,- cirque naturel formé autour des sources de l’Aude, se rattache linguistiquement et socialement’ aussi au Roussillon (les communications avec la vallée inférieure, autrefois, étant très difficiles à cause de l’escarpement des gorges), tandis que la vallée supérieure de l’Agly, ou Fenouillet, a toujours été considérée comme languedocienne : on entrait en Languedoc, à l’ouest d’Estagel, à la Tour de France.
- La frontière politique coïncida longtemps avec la frontière linguistique et contribua à accentuer la séparation sociale. Tandis que le Languedoc avait été réuni au xme siècle aux domaines du roi de France, le Roussillon (auquel correspond assez exactement le département des Pyrénées-Orientales), ne devenait français que quatre cents ans plus tard, et conservait une large autonomie jusqu’en 1789.
- Ainsi s’explique que cette région ait mieux sauvegardé son originalité ethnique que ses voisins immédiats du Nord et de l’Ouest : les anciennes coifïes féminines sont encore nombreuses (1) et le dialecte y est plus en honneur qu’en Languedoc ou en Gascogne.
- ! Néanmoins la population, très intelligente, s’est rapidement assimilée à la France, à laquelle elle est depuis longtemps attachée par le cœur : le Roussillon ne'regarde pas vers l’Espagne; c’est plutôt la Catalogne qui regarderait vers la France. La soli-
- 1. Costumes anciens et vieilles coutumes sont surtout conservés'dans, le Vallespir, où les fêtes locales sont caractéristiques, particulièrement à Àrlcs-sur-Tech.
- La résille rouge (la barreto eacarlatino de Mistral), qui fut longtemps la coiffure des riverains- des « mers latines », disparue aujourd’hui en Provence comme à Naples, est encore portée par quelques vieux Roussillonnais, et plus encore en : Catalogne. (Elle - a été remise en honneur, en Italie, par les fascistes). - ' v
- darilé économique avec le bas Languedoc s’est manifestée lors de la crise viticole de 1907 (les Pyrénées-Orientales s’étaient alors « fédérées » avec l’Aude et T Hérault).
- L’histoire de l’art roussillonnais montre que, contrairement à la croyance générale, les inlluenccs purement espagnoles ont été très faibles dans la contrée.
- L’époque romane a laissé un ensemble de belles églises, surtout monacales et rurales, d’un style régional très accusé, mais où s’affirme déjà parfois l’infiuence italienne, comme à Saint-Martin-du-Canigou; il faut citer en outre Saint-Michel-de-Cuxa, Baixas, l’église abbaliale et le cloître d’Arles et surtout le magnifique cloîlre d’Elne, merveille sculpturale. L’école gothique, visiblement influencée par Carcassonne et surtout par Toulouse, n’a pas laissé de belles œuvres d’art, rhabillant plus ou moins mal mainte église et élevant la lourde qp-thédrale de Perpignan, à la nef hardie et fort belle, mais à l’extérieur inesthétique ; elle réussit mieux dans l’architecture civile et militaire, avec le célèbie pont de Céret, le Castillet de Perpignan, de style toulousain, et les remparts de Prats-de-MolIo, tous des xive-xve siècles.
- La Renaissance amène un retour plus puissant de l’influence italienne : la Loge de Perpignan a été construite sur le modèle des palais municipaux toscans et vénitiens. L’époque classique a laissé de belles boiseries. Quant aux vieux logis, il faut aller les chercher à Villefranche-de-Confient, qui possède une série remarquable de maisons romanes et gothiques, malheureusement délabrées et souvent défigurées. Enfin Montlouis, la plus haute ville de France (Q, est le type cristallisé de la petite cité militaire du xvne siècle fortifiée par Yauban.
- i. Ce titre est parfois revendiqué par Briançon, oublieuse que Montlouis a une altitude supérieure de plus de deux cents mètres (1565 ni.).
- Fig. 7- — Vernet-les-Bains et le Mont Canigou.
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- Fig. 8. — La « Fontaine Rustique » de Corneille-du-Conflent, près Vernet-les-Bains.
- Le commerce roussillonnais porte surtout sur des denrées agricoles : fruits, vins et légumes plus encore que céréales.
- L’industrie du chêne-liège est spécialement concentrée à Céret et au Boulou. L’exploitation des forêts du Vallespir et de la Gerdagne est d’importance secondaire. L’élevage consiste surtout en moutons, mais il pourrait être intensifié bien davantage. On peut en dire autant des mines de fer, exploitées autour du Canigou, à Fillols et à la Pinouse, abandonnées ailleurs, et auxquelles on
- Fig. 9. — Les gorges de Cctrança, près Vernet-les-Bains.
- cherche à donner plus d’essor. La houille blanche compte quelques installations importantes, spécialement pour l’électrification des voies ferrées.
- La côte ne compte qu’un port de troisième rang, Port-Vendres, en relation avec Cette, l’Algérie et Barcelone. Banyuls et Collioure sont de petits ports de pêche. Mais la mer ne joue pas un grand rôle dans la vie du Roussillon, à cause du long cordon de sable, défavorable à l’aménagement de ports, qui borde la plaine.
- Perpignan, qui a fait sauter il y a peu d’années
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- p-son corselet de remparts, est une belle ville active et d’aspect agréable, où les nécessités de la vie moderne n’ont pas fait disparaître les souvenirs du ( passé. Son industrie la plus caractéristique est la fabrication du papier à cigarettes.
- Les Pyrénées-Orientales comptent parmi les dépar-i tements français les mieux desservis par la route et la voie ferrée. Si la route qui remonte le Tech se ! termine en cul-de-sac, la route côtière a été prolongée récemment par la Corniche jusqu’à la frontière (elle doit l’être jusqu’à Barcelone) et, depuis longtemps, la route de la Perche conduit en Espagne, tandis qu’un embranchement, de Montlouis, va ‘gagner la vallée de l’Aude et qu’un autre rejoint l’Ariège parle col de Puymorens.
- Perpignan commande la grande ligne de Barcelone; le transpyrénéen, de Toulouse à Barcelone,
- : qui fonctionnera en 1924, coupe la Cerdagne française à Bourg-Madame, où se termine actuellement lia ligne électrique de Perpignan, qui est fort pittoresque et offre de hardis viaducs. Perpignan est : relié en outre par le rail à lahaute vallée de l’Aude,
- 1 tandis que la voie ferrée remonte le Tech et la I^Quera, sans parler du réseau départemental, de moindre importance.
- Les stations balnéaires constituent une des
- richesses de la région : Vernet, Amélie, le Boulou sont les plus connues, mais il en est*d’autres, à la clientèle exclusivement régionale, à Molitg, No^sa, Thuès, la Preste, etc. La plupart sont sulfurées sodiques ou sulfureuses (le Boulou, le « Vichy du Midi », a des eaux bicarbonatées sodiques). Les principaux centres de tourisme sont, sur la côte, Banyuls ; dans le Confient, Vernet; dans la Cerdagne, Font-Romeu, récente et magnifique station d’altitude à 1800 mètres; dans la vallée du Tech, Amélie et Prats-de-Mollo. Des stations balnéaires maritimes se sont développées, sur les plages sablonneuses au Canet (plage de Perpignan) et à Argelès, sur la côte rocheuse à Banyuls.
- On hiverne à Amélie, à Vernet, à Banyuls : le développement touristique de la région, qui ne fait que commencer, doit, grâce au climat, accroître dans de fortes proportions la clientèle des hivernants en lui procurant plus de confort, et surtout plus de distractions. Enfin depuis quelques années les sports d’hiver ont pris une grande extension, sur les hauts plateaux de la Cerdagne, à Montlouis et surtout à Font-Bomeu où ils sont favorisés à la fois par l’altitude, la configuration du sol et la pureté de l’admirable ciel roussillonnais.
- Albert Dauzat.
- NOUVEAUX REDRESSEURS ÉLECTRIQUES A CONDUCTIBILITÉ GAZEUSE
- Les phénomènes relatifs au passage de l’électricité dans les gaz ont donné lieu, en ces dernières années surtout, à des applications de plus en plus nombreuses.
- On sait que le passage de l’électricité à travers les gaz est dû à la mise en mouvement d’ions et d’électrons. Les électrons sont ces particules infimes qui constituent en quelque sorte l’atome d’électricité négative : les ions sont des atomes, des molécules, ou des groupements de molécules qui, ayant perdu pour une raison quelconque des électrons, ont acquis ainsi une charge électrique positive.
- Les dispositifs qui utilisent la conduction électrique des gaz sont de diverse nature : les plus simples au point de vue théorique sont ceux qui ne font appel qu’aux électrons seuls : ils comportent un récipient clos, muni de deux ou plusieurs électrodes, et: dans lequel on a fait un vide poussé aux dernières limites, de façon à éliminer en réalité toute trace sensible de gaz. Dans tel récipient, les ions positifs ne peuvent exister ; les électrons y sont produits pratiquement par le chauffage d’une eathode portée à l’incandescence et sont mis en mouvement par un champ électrique établi entre la cathode et une anode. Ce sont les appareils dits thermioniques : vieux de 20 ans à peine, on sait la place qu’ils ont conquise dans les radiocommunications, dans la télégraphie et la téléphonie ordinaires ; à cette classe d’appareils se rattachent aussi les
- redresseurs de courants alternatifs dénommés Keno-trons, et les tubes à rayons X de Coolidge.
- Ces précieux appareils ont toutefois, en raison de leur principe même, certains inconvénients ; le plus grave est celui-ci : le courant qui- peut les traverser pour une valeur donnée du champ électrique est limité, parce que des électrons s’accumulent autour de la cathode et créent un champ répulsif autour du filament émetteur, ce champ refoule dans la cathode une partie des électrons prêts à en sortir : c’est ce qu’on appelle l’effet de la charge d’espace. Il en résulte une chute de potentiel considérable autour de la cathode, et la puissance de ces appareils ne peut croître que si le voltage appliqué s’élève. Les Kenotrons de grande puissance par exemple sont nécessairement des appareils à très haute tension.
- Autre inconvénient ; le filament incandescent se vaporise ou se dégrade assez rapidement et la vie des dispositifs thermioniques est limitée.
- D’autres appareils font appel à la fois à la conduction électronique et à la conduction ionique : c’est le cas du redresseur Tungar : il comporte une cathode chaude émettrice d’électrons, placée dans un milieu gazeux : les électrons émis par la cathode ionisent le gaz : les ions positifs formés se dirigent vers la cathode, les électrons vers l’anode : le courant dans cet appareil ne peut passer que dans un seul sens, de l’anode vers la cathode chaude. Il n’y a plus de charge d’espace, puisqu’un volume gazeux
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- contient le même nombre de charges positives et négatives et le redresseur peut laisser passer des courants d’intensité relativement élevée. Par contre, il ne supporte pas les voltages élevés, parce que Je choc des ions contre la cathode chaude sous une différence de potentiel élevée dégraderait celle-ci très rapidement; de plus sous les voltages trop élevés, quand le voltage s’inverse, l’anode est bombardée par les ions; elle peut s’échauffer à son tour et émettre des électrons; l’appareil perd alors sa dissymétrie et cesse de redresser le courant.
- A ce type d’appareils à conduction électronique et ionique se rattachent aussi les arcs électriques, qui comportent également une cathode incandescente; puis d’autres appareils où les électrons sont produits sans filament incandescent, mais par bombardement d’ions positifs contre une cathode froide: à cette dernière catégorie appartiennent les tubes de Geissler et les anciennes ampoules à rayons X.
- C’est à cette catégorie que se rattachent aussi de nouveaux et fort curieux dispositifs récemment réalisés par deux ingénieurs américains : MM. Bush et Smith de la American Radio Research Corporation. Nous en trouvons la description dans le Journal of lhe American Institute of Electriccil Engineers. La principale application actuellement obtenue par ces inventeurs est la réalisation dé redresseurs de courants alternatifs, principalement de petits redresseurs à l’usage des amateurs de T. S. F., pour fournir le voltage continu de plaque nécessaire dans les ampoules à 3 électrodes.
- Voici le principe sur lequel reposent ces redresseurs : les inventeurs le résument sous la désignation de principe des courts parcours.
- Supposons deux électrodes placées en regard l’une de l’autre dans une ampoule remplie de gaz : il se produit toujours dans ce gaz une certaine ionisation spontanée, quelques électrons sont mis en liberté. Si l’on établit entre les deux électrodes une différence de potentiel suffisante, le nombre d’ions augmente rapidement; la vitesse acquise par les électrons libérés devient en effet suffisante pour que de leur collision avec les molécules neutres, résulte une nouvelle ionisation, génératrice de nouveaux électrons. Un certain courant s’établit donc entre les deux électrodes.
- • Mais cela suppose que la distance entre celles-ci est suffisante pour qu’un électron, mis puisse rencontrer des molécules autrement dit,
- Fig. 2.— Ce tube muni de 2 électrodes très rapprochées, s'oppose à tout passage de courant.
- en mouvement,
- neutres avant d’atteindre l’anode il faut, pour que le courant passe, que la distance
- qui sépare les deux électrodes soit supérieure au libre parcours moyen d’un électron dans le gaz qui remplit l’ampoule. C’est là un phénomène connu depuis longtemps : on sait que lorsque l’écart entre deux électrodes est inférieur à ce libre parcours moyen, la décharge tend à s’établir entre elles, non
- . , , . placées aans un gaz raréfié sont
- pas suivant le trajet trop rapprochées, la décharge le plus court, mais électrique ne s’effectue pas sui-. • . vaut le trajet le plus court.
- au contraire suivant y
- des trajets de grande
- longueur. Ainsi, lorsque les deux électrodes planes sont placées en regard l’une de l’autre dans une large ampoule, la décharge s’établira de l’arrière de l'une à l’arrière de l’autre, par un chemin beaucoup plus long que la ligne droite : la section gazeuse qui sépare les deux plans offre une résistance apparente énorme (fig. 1).
- L’idée de MM. Bush et Smith consiste à établir une ampoule à deux électrodes, dans laquelle au repos, tous les trajets offerts au passage des électrons entre les deux électrodes soient des trajets plus courts que le libre parcours moyen dans le gaz qui remplit l’ampoule. Dès lors, l’ampoule offre, entre certaines limites de voltage, une résistance pratiquement infinie au passage du courant. L’ampoule représentée sur la figure 2 a des électrodes espacées de 1 mm. Elle est remplie d’hélium sous la pression de 2 mm. Une tension de 10000 volts appliquée entre les 2 plaques ne provoque le passage d’aucun courant appréciable. Le même tube, avec des électrodes distantes de quelques centimètres, aurait laissé passer le courant sous une tënsion inférieure à 300 volts.
- À l’ampoule ainsi constituée, les inventeurs ajoutent des moyens extérieurs de contrôle permettant d’agir sur la longueur du parcours des électrons, et grâce auxquels tous ces courts parcours peuvent être allongés à volonté.
- Pour un allongement convenable des parcours, le courant pourra alors s’établir entre les 2 électrodes. Ces organes de contrôle n’ayant à exercer leur action que sur des électrons ne mettent en jeu qu’une très faible énergie, déclanchant le passage de courants considéables.
- On voit que l’on peut ainsi réaliser des appareils ayant des propriétés assez analogues à celles des ampoules thermioniques, mais sans cathode chauffante et sans limitation d’intensité due à la charge d’espace. MM. Bush et Smith ont en effet étudié sur ce principe des amplificateurs et des générateurs d’onde.
- Nous nous bornerons à décrire ici les redresseurs qu’ils ont imaginés :
- Redresseurs contrôlés par un aimant. — A un tube analogue à celui de la figure 2,. adjoignons un élec-
- Fig. i. — Quand 2 électrodes
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- tro-aimant extérieur donnant un champ magnétique parallèle à la surface des électrodes. La trajectoire des électrons compris entre les 2 électrodes prendra
- Fig. 3. — Redresseur à électrodes très rapprochées et contrôle du parcours
- des électrons par un électro-aimant extérieur.
- une forme courbe et s’allongera : celte augmentation de longueur est graduelle, quand le champ.magnétique Croît, jusqu’à ce que celui-ci atteigne une valeur telle que la trajectoire de l’électron tombe complètement en "dehors de l’anode. A ce moment, la trajectoire augmente donc brusquement de longueur : î’ionisation par choc apparaît : les ions positifs vont bombarder la cathode et produisent une émission d’électrons secondaires. Le tube est devenu conducteur ét le courant électrique peut le traverser.
- La valeur du champ magnétique critique pour laquelle ce phénomène se produit peut être du reste calculée théoriquement.
- Ce principe se prête visiblement à rétablissement d’un redresseur de courant alternatif : à l’ampoule de la figure 2 on adjoindra un électro-aimant traversé par un courant alternatif et un courant continu superposés : on réglera son champ de façon qu’il soit supérieur au champ critique pendant une demi-période au cours de laquelle l'ampoule sera ainsi réndue conductrice, et qu’il soit inférieur au champ critique pendant la demi-période suivante. L’ampoule, au cours de cette demi-période, ne laissera passer aucun courant. On aura un redresseur parfait.
- MM. Bush et Smith emploient de préférence le dispositif de la figure5, qui permet de se servir d’un aimant permanent :
- Les électrodes, au lieu d’être planes sont formées par deux cylindres concentriques À et B, emboîtés l’un dans l’autre et très rapprochés.
- La théorie montre, et l’expérience confirme, que le champ magnétique critique nécessaire pour réaliser la conductibilité d’un cylindre à l’autre est inversement proportionnel au diamètre des cylindres, il faut donc un champ de contrôle beaucoup
- plus fort pour assurer le passage du courant entre le cylindre A de grand diamètre servant d’anode, et le cylindre B de petit diamètre servant de cathode, que pour faire passer le courant de B vers A.
- Donc en prenant un aimant permanent assez fort pour assurer la conductibilité de B vers A, et insuffisant pour assurer la conductibilité inverse, on aura un redresseur très simple : le cylindre de petit diamètre y joue le rôle de pôle positif, le cylindre de grand diamètre forme le pôle négatif.
- On a construit suivant ce principe des redresseurs à électrodes de carbone ayant une chute interne de voltage de 150 à 200 volts, et se prêtant fort bien au redressement des courants de haut voltage, de l’ordre de quelques milliers de volts. On les remplit d’hélium de préférence. Un tube de 18 cm. de long peut fournir 230 milliampères de façon continue.
- Redresseurs à cathode creuse. — Dans ce type d’appareils, le contrôle des parcours est assuré non plus par un champ magnétique extérieur, mais par les ions positifs mêmes qui se forment à l’intérieur de l’ampoule. Il n’y a donc plus besoin d’électroaimants ou d’aimants permanents extérieurs.
- Les phénomènes sont alors assez compliqués : voici la description simplifiée qu’en donnent les inventeurs pour en faire comprendre l’allure générale.
- Soit un tube (fig. 4) analogue à celui de la figure 1, mais dans lequel l’électrode A est percée d’un orifice O en son centre, l’électrode B étant pleine. Tous les parcours entre ces deux électrodes sont des courts parcours, sauf ceux qui traversent, l’orifice 0.
- Pendant la période où l’électrode A est négative, l’ampoule conduit librement grâce à cet orifice : des ions positifs passent à travers l’orifice 0, libèrent des électrons à l’arrière de la cathode ; ceux-ci vont vers l’anode, ionisant des molécules sur leur passage et lé courant s’établit aisément. Il y a lieu de noter que les électrons, dont la masse est infiniment petite par rapport à celle des ions bien que portant la même charge électrique, s’écoulent beaucoup plus vite vers l’anode que les ions vers la cathode.
- A la période suivante, l’électrode creuse A est devenue positive, B est négative : les ions positifs vont être attirés vers B, il en reste encore comme un nuage autour de A, alors que tous les électrons sont évacués ; ces ions cherchent à se frayer leur chemin vers B à travers l’orifice 0 ; mais leur trajet est difficile, ils sont gros et lourds, et se re-poussent les uns les autres, de sorte que le gradient
- D
- B \
- [a VI
- U O
- Fig. 4. Redresseur à cathode creuse.
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- du potentiel qui provoque l’attraetion vers B est très faible à travers le nuage d’ions qui a persisté autour de À.
- Seuls, peuvent atteindre B les ions très voisins de l’orifice 0. Ceux-là frapperont alors l’électrode B et libéreront des électrons, mais ils seront en petit nombre et il ne s’établira qu’un courant très faible de À vers B. On réalise ainsi des redresseurs, moins parfaits que les premiers, mais pratiquement très suffisants pour les petites puissances : leur construction et leur usage sont très simples et ils ont une longue durée. Ils s’appliquent surtout pour les voltages bas.
- Il a été établi un modèle de 50 milliampères fournissant du courant continu à 500 volts, spécialement destiné aux amateurs de T. S. F. Il peut supporter des surcharges momentanées, allant jusqu’à 10 ampères pendant 1 seconde. Jusqu’à 1500 volts, le courant ne peut s’y renverser. Le refroidissement d’un tube de ce genre est assuré par la convection du gaz qu’il renferme, les électrodes doivent normalement se maintenir bien en dessous du rouge, le refroidissement n’est limité que par la facilité avec laquelle les parois de verre peuvent dissiper la chaleur dans l’air ambiant. Enfin la vie de ces ampoules est très longue. A. T.
- LA PLUS BELLE GARE DE FRANCE
- La nouvelle station de La Rochelle.
- La France vient d’être dotée d’une gare nouvelle, | développement du port rochelais et l’essor des celle de La Rochelle, qui constitue l’un des plus I plages de la Charente-Inférieure. Ce ne fut, toute-
- Fig. i. — L’Hôtel de Ville de La Rochelle.
- remarquables édifices ferroviaires du pays, avec la I fois, qu’en 1905 quune décision définitive fut gare de Lyon-Brotteaux, édifiée il y a 15 ans par \ prise, après le déclassement des remparts de la le P.-L.-M. vieille cité huguenote. La suppression de l’ouvrage
- Il y a plus de 20 ans que l’ancienne station, en à cornes permettait de trouver un emplacement cul-de-sac, fut reconnue comme insuffisante avec le | propice et qui ne fût pas sensiblement plus éloigné
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- LA PLUS BELLE GARE DE FRANCE
- s;
- du centre de la ville que la station condamnée.
- Mais le réseau d’État — alors confiné au sud de la Loire — était plus riche d’espérances que de réalités et son budget était trop maigrement doté pour engager la grosse dépense prévue. La municipalité de La Rochelle, désireuse de voir s’exécuter un projet qui répondait à ses besoins, accepta le 12 décembre 1905 de faire à l’État l’avance des 5 400 000 francs alors jugés nécessaires.
- Le remboursement de cette somme et des intérêts devait être assuré au moyen d'une taxé spéciale imposée aux voyageurs et aux marchandises à destination ou en provenance de La Rochelle.
- Un décret d’utilité publique du 24 mars 1906 et une loi du 25 avril 1908 consacrèrent ces accords, et la taxe fut appliquée à dater du 15 juillet 1908.
- On ne pouvait, cependant, envisager d’isoler La Rochelle de son faubourg Tasdon, pas plus que de relier les deux parties de la ville par un passage à niveau à l’issue d’une station de grand trafic; les arrêts de la circulation auraient été trop fréquents et prolongés et de graves accidents eussent été à redouter.
- Aussi les dirigeants du réseau d’État décidèrent-ils d’édifier au-dessus du faisceau des voies un vaste pont métallique de 170 m. de longueur, pour porter la route nationale de Paris à La Rochelle et les rails du tramway. L’ouvrage fut adjugé dès la fin de 1908 et entrepris peu après. Il était terminé à la mobilisation.
- Simultanément on construisait la nouvelle gare. Au début des hostilités, la carcasse de cette dernière était à peu près achevée. Il ne manquait que la toiture, qu’on se hâta d’aménager. Les travaux complémentaires furent, néanmoins, interrompus.
- Lorsque l’intervention américaine fut décidée et que le gouvernement français eut commandé 20 000 wagons et machines aux Ltats-Unis, on pensa, tout naturellement, à mettre la gare à la disposition du génie américain, qui y accomplit de véritables prouesses dans le montage du matériel.
- Les travaux en cours furent poursuivis après l’armistice, jusqu’au jour où le chantier fut transféré sur la ligne de Paris. Dès lors, on se préoccupa d’activer les travaux d’achèvement de la gare, l’ancienne halle étant tout à fait impropre à sa mission, et les trains devant déborder sur le quai.
- Le Ministre des Travaux Publics inaugurait le 19 novembre dernier l’édifice de substitution.
- La Rochelle compte parmi nos villes artistiques les plus réputées. Elle est visitée par de nombreux touristes. Elle a un cachet tout particulier. L’architecte Esquié, auteur du monument, n’a pas voulu que son oeuvre déparât la ville des Colliberts, la métropole de l’Aunis. Il a cherché à harmoniser ses plans avec l’architecture de la cité, et la comparaison de la nouvelle station avec les édifices roche-lais est toute à l’honneur du maître qui l’a conçue.
- La façade se compose de trois parties : une halle centrale, avec de hautes baies cintrées, au nombre
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- big. 3. — L’entrée du port de La Rochelle (reproduite en mosaïque dans la gare).
- de 4, et deux ailes de style. Des sculptures, encore inachevées, décoreront la portion principale, dominée, en son milieu, par un beffroi de 45 m. de hauteur. A 27 m. du sol, une horloge lumineuse a été installée. Un escalier de 215 marches permet d’accéder au sommet de la tour, tout à fait adaptée au cadre local.
- Une magnifique avenue, longue de 580 m., large de 30, rattache au quai Vallin (port des chalutiers) la cour de la gare, de 110 m. sur 50. La lumière électrique ruisselle sur ces voies, qui dégagent très heureusement la perspective.
- Pénétrons à l’intérieur de ce somptueux palais. La halle des voyageurs mesure 84 m. de long, 15 de large et 25 de hauteur. Elle occupe la moitié du bâtiment central, qui s’allonge sur 165 m.
- Les Services de départ sont logés à droite, ceux
- Salle des Pas
- Cour
- Fig. 4.
- Plan de la
- d’arrivée à gauche. Des sculptures ornent les murs, et les deux extrémités du hall sont parées de mosaïques d’un art très sûr.
- Ici apparaît l’entrée du port, avec ses tours célèbres, tandis qu’en face des frégates antiques se balancent sur le flot. La Rochelle d’antan et La Rochelle d’aujourd’hui !
- Les salles d’attenté, de vastes dimensions, et un buffet luxueux ont été aménagés vers la droite de la salle des Pas-Perdus.
- A gauche, sont les résidences du haut personnel de la station.
- Un petit hôtel a été annexé au buffet. Il rendra d’innombrables services aux voyageurs arrivant de nuit.
- Une immense marquise court tout le long de l’édifice côté voies. Elle abrite les rails de la ligne
- Perdus
- gare de La Rochelle..
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- 28 LES BOBINES A NOYAU EN POUDRE DE FER COMPRIMÉE
- Paris-La Rochelle et de celle de Bordeaux-Nantes. Deux autres voies, extérieures, sont réservées au trafic sur La Pallice; 3 voies de manœuvre complètent le faisceau de gare.
- Les quais couverts ont 250 m. de longueur et de 8 à 11 de largeur.
- Les services de grande vitesse, desservis par 6 voies, ont été rejetés hors de la gare, dans un bâtiment en ciment armé, de 140 m. de longueur.
- Le trafic des voyageurs sera ainsi heureusement isolé du trafic marchandises, conformément aux principes posés au Congrès ferroviaire international de Rome.
- Non seulement l’éclairage électrique sera seul employé, mais tous les appareils d’aiguillage et de protection fonctionneront à l’électricité.
- La nouvelle installation montre que la France n’entend pas demeurer en arrière en matière de chemins de fer, et qu’elle sait adapter son goût traditionnel aux exigences de l’exploitation du rail. Ses artistes et ingénieurs viennent, d’autre part, de témoigner une fois de plus qu’ils sont les dignes successeurs des maîtres d’autrefois, pour lesquels l’harmonie du décor et de la construction ne saurait être une vaine formule. Auguste Pawlowski.
- Une nouveauté électrique intéressante.
- LES BOBINES A NOYAU EN POUDRE DE FER COMPRIMÉE
- L’idée d’employer de la limaille de fer pour la constitution des noyaux de bobines et transformateurs de téléphonie ne date pas d’aujourd’hui : 0. Heaviside notamment la signala, il y a trente-cinq ans, et d’autres physiciens y revinrent dans la suite; mais l’intérêt qu’elle avait d’abord éveillé auprès de ceux que préoccupait la mise en œuvre rationnelle des courants alternatifs téléphoniques s’éteignit assez rapidement par suite de la difficulté de son application et, aussi, parce que l’on arriva alors plus facilement au résultat visé, grâce à l’emploi, rapidement généralisé, des noyaux en fil de fer, répondant à toutes les exigences de l’époque.
- Les Américains ont cependant été amenés à y revenir, au cours de la guerre, à l’effet de faire face aux besoins de la confection des bobines Pupin qui, comme on le sait, permettent de réaliser la téléphonie sur des lignes très longues. Jusqu’alors, les noyaux de ces bobines avaient généralement été réalisés en fil de fer étiré dur; malgré sa faible perméabilité, expliquant l’emploi de quantités de fer proportionnellement plus grandes, pour un effet donné, ce fil est supérieur au fil de fer doux en ce qu’il présente moins d’hystérésis; en outre, ses variations de perméabilité, avec l’intensité du champ, sont beaucoup moins marquées aux faibles intensités ; et ceci est une caractéristique d’une importance capitale, étant donné que les intensités du champ entrant en jeu sont extrêmement faibles (0,01 gauss.)
- Les conditions à remplir sont devenues particulièrement rigoureuses à cet égard depuis que l’on a mis en pratique les montages spéciaux de la téléphonie multiplex et les procédés d’amplification, parce que ces méthodes exigent une stabilité et une constance absolument irréprochables des propriétés électriques et magnétiques des bobines entrant dans la constitution des aimants; c’est cette circonstance, jointe aux difficultés rencontrées dans l’importation des pierres de filière, qui a conduit les Américains à revenir à l’idée d’Heaviside, en appliquant à sa réalisation les perfectionnements de la technique industrielle des trente-cinq années écoulées dans l’intervalle ; la question a surtout été étudiée par les ingénieurs de l’American Téléphoné and Telegraph Company et de la Western Electric Company.
- Le fil de fer habituellement employé pour la confection des noyaux de bobines Pupin a une perméabilité initiale variant, selon les fabrications, entre 65 et 100 ; on peut admettre que c’est là un minimum au-dessous duquel il n’est guère désirable de descendre,
- de telle sorte que la condition fondamentale à remplir, pour pouvoir faire usage de la limaille de fer, c’était d’arriver avec celle-ci à une perméabilité de quelque 50-100; or, on constate bien vite que ce résultat ne peut être atteint qu’en soumettant la matière à des pressions élevées; Spced a reconnu, en 1918, que la compression doit être de plusieurs milliers d’atmosphère et, telle que la masse prenne un poids spécifique correspondant à celui du métal compact.
- Or, dans ces conditions, les particules se trouvent agglomérées et l’on perd les avantages du divisionne-ment, qui sont la seule raison d’être de l’emploi de la limaille (ou du fil de fer) ; il est en conséquence indispensable que chaque particule soit recouverte d’une pellicule isolante et que cette pellicule soit capable de résister aux hautes pressions mises en œuvre (') ; les premiers résultats satisfaisants ont été obtenus dans cette voie en opérant au moyen de poudre de fer préparée par la réduction de l’oxyde de fer, à chaud, dans l’hydrogène; la poudre réalisée de la sorte est additionnée d’un peu d’eau, puis séchée lentement â 100-150° C, de façon à provoquer la formation, sur chaque élément constitutif, d’une légère pellicule d’oxyde de fer; on la mélange ensuite avec une solution diluée de laque et on sèche, en remuant constamment (pour éviter que la matière s’agglomère) ; enfin, on comprime dans des formes, sous une pression de 15000 atmosphères.
- Les noÿaux confectionnés par ce procédé ont une perméabilité effective de 50 à 60 et peuvent donc à cet égard être substitués aux noyaux en fil de fer, bien que leur perméabilité soit encore légèrement inférieure à celle du fil ordinaire; par contre, ils laissent encore quelque peu à désirer au point de vue de la résistance spécifique, ce qui en prohibe l’emploi, étant donné qu’il est indispensable d’avoir une forte résistancé électrique dans le noyau pour éviter de trop fortes pertes par courants de Foucault.
- J.-C, Woodruff a trouvé que l’on peut améliorer l’isolement des particules en mélangeant la poudre de fer, avant de la laquer, avec de la poudre de zinc ; le mélange se fait dans un tambour tournant que l’on maintient en mouvement pendant quelques heures; on tamise ensuite, pour retenir l’excès de zinc ; on achève comme précédemment; chaque particule de fer est, par ce moyen, recouverte d’une très mince couche isolante, extrême-
- 1. Brevet américain n° 1 292 206 de 1919; Brevet américain n» 1 274 952 de 1918. *
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- ~................ — L’AQUARIUM DU
- ment résistante et qui ne se détériore pas sous les pressions les plus fortes que l’on peut réaliser ; c’est le procédé que l’on applique aujourd’hui industriellement.
- Mais la poudre de fer obtenue par réduction de l’oxyde de fer dans l’hydrogène est un métal doux, peu approprié à l’usage envisagé; on en obtient un meilleur en élec-trolysant une solution de sulfate de fer, de chlorure de fer et de sulfate d’ammonium, entre une anode en acier doux et une cathode en acier poli, et en opérant avec une densité de courant de 1,3 ampère par décimètre carré ; on poursuit l’opération jusqu’à ce que le dépôt atteigne une épaisseur de 3 à 6 mm ; en retire alors la cathode de la solution ; on la lave à l’eau chaude ; on gratte le dépôt, on le concasse, on le moud, en le réduisant en une poussière pouvant traverser un tamis de 32 au cm. ; la masse est tellement broyée alors que 55 à 50 pour 100 peuvent passer à travers un tamis de 80 au cm.
- Le fer électrolytique préparé de cette manière est caractérisé par une forte teneur en hydrogène, ce.qui le rend magnétiquement et mécaniquement très dur ; en général, avant de le faire servir à la confection des noyaux, on le soumet encore à un recuit, ce qui se fait en le chauffant au rouge, jusqu’à 850° G, dans des pots en fonte, puis en le laissant refroidir lentement; ce traitement provoque une épuration du métal : au rouge, une petite partie de l’hydrogène est en effet libérée et réduit l’oxyde que la matière peut contenir.
- L’AQUARIUM DU
- New-York est justement fière de posséder le plus grand jardin zoologique et le plus bel aquarium du monde, qui appartiennent, l’un et l’autre, à la même institution : à la Société Zoologique de New-York. Si cette double constatation est une humiliation pour notre vieille Europe, elle nous offre un sujet de méditation.
- L’existence même de ces grandes et florissantes institutions scientifiques des Etats-Unis devrait être considérée comme une condamnation de l’étatisme. Elles sont l’œuvre de l’initiative privée ; elles vivent des contributions volontaires du peuple. Les fortunes modestes apportent leur quote-part, sous forme de versements annuels qui varient entre 3 et 100 dollars, et qui assurent des titres correspondant à l'importance du versement (membre associé, membre annuel, membre à vie, etc.).
- Les personnes riches peuvent s’assurer des titres plus brillants par un acte de générosités : 1000 dollars donnent celui de « patron » ; 50000 dollars, celui de « benefactor ».
- Ce système suscite une saine émulation dans le public, et provoque fréquemment des dons quasi-royaux. Par exemple, P American Muséum of Natu-ral History a reçu récemment de M. John D. Rockefeller fils, le don d’un million de dollars, en le laissant libre d’utiliser cette somme à son gré.... L’argent, nerf de la guerre, est, aux Etats-Unis, l’animateur de la science.
- L’American Muséum compte plus de 6000 membres. Nous ne pouvons donner avec la même précision le nombre des membres de la New-York Zoolo-
- BATTERY PARK -..... 29
- Après cela, la poudre de fer électrolytique est recouverte de la pellicule isolante nécessaire, par le procédé de Woodruff, puis façonnée, dans ces formes, à la pression de 15000 atmosphères, comme nous l’avons dit plus haut, et enfin séchée à 125° G; les bobines Pupin étant régulièrement de forme annulaire, avec un noyau circulaire, on façonne la poudre de fer en anneaux (de 6 mm. d’épaisseur et de diamètre approprié) et l’on superpose le nombre d’anneaux nécessaire pour réaliser la section de noyau voulue ; on entoure de ruban isolant et on dépose l’enroulement.
- Ges procédés sont actuellement appliqués d'une façon industrielle en Amérique, pour les besoins des deux compagnies de télégraphie et de téléphonie prénommées ; on fabrique trois qualités d’anneaux ; une qualité A, pour laquelle il est fait usage exclusif de la poudre recuite et dont la perméabilité initiale atteint 5U ; une qualité B, où l’on emploie un mélange de 10 parties de poudre recuite et 90 parties de poudre non recuite, perméabilité 35; enfin, une qualité G, préparée comme la qualité B, mais avec une poudre finement divisée (tamis de 80 mailles au cm), perméabilité 25.
- La réalisation de cette fabrication conslitue une belle solution d’un problème intéressant ; malgré le caractère un peu spécial de la question, nos lecteurs nous sauront gré, nous voulons le croire, de la leur avoir signalée.
- Henri Marchand.
- BATTERY PARK
- gical Society, mais il doit être considérable. Cette grande institution, que préside M. Henry Fairfield Osborn, le savant dont le nom est familier aux lecteurs de La Nature, et que dirige ce naturaliste et explorateur d’une réputation universelle qu’est le l)1 William T. Hornaday, mène avec un égal succès, trois entreprises : le Parc Zoologique, P Aquarium et la Station de Recherches Tropicales, fondée depuis quelques années dans l’intérieur de la Guyane anglaise.
- Nous nous occuperons ici de la deuxième de ces entreprises, et préciserons, avant tout, qu’elle laisse loin derrière elle les établissements similaires d’Europe. Nous emprunterons les éléments de cette étude aux œuvres de M. Charles Haskins Townsend, directeur de l’Aquarium, ainsi qu’au Bulletin, l’un des organes de la New-York Zoological Society.
- La fondation de l’établissement remonte au 40 décembre 1896. Il fut installé dans un ancien fort construit en 1807, qui occupait une petite ile située à la pointe de Elle Manhattan, au cœur de New-York. Un pont la reliait au Parc de la Batterie. Le fort, qui s’appela successivement West-Battery et Castle Clinton, fut, en 1823, transformé en salle d’amusement, puis en théâtre. La Fayette y fut reçu solennellement en 1824parla municipalité new-yorkaise. En 1835, le professeur Morse y donna la première démonstration publique de son code télégraphique.
- De 1855 â 1890, après que le bras de mer qui le séparait du parc eut été comblé, Castle Garden (son nouveau nom) servit de dépôt d’immigration.
- Ce préambule historique démontre clairement
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- que l’édifice se prêtait mal à son ultime destination, et qu’il a fallu dépenser une forte somme d’ingéniosité pour le transformer en aquarium. Nous le décrirons en ses grandes lignes, en nous souvenant des fréquentes visites que nous lui fîmes, voici une vingtaine d’années.
- Le visiteur pénètre sous une vaste rotonde, d’un diamètre de 62 mètres. Les baies vitrées de la toiture laissent tomber une lumière douce. Sept grands bassins, entourés de hautes balustrades massives, sont distribués sur le sol. Le plus vaste, qui occupe le centre, a 12 m. de diamètre, et plus de 2 m. de profondeur. Ces bassins reçoivent des mammifères amphibies (phoques, lamantins) et des cétacés (dauphins, marsouins, et, à l’occasion, des baleineaux).
- Le pourtour de la salle est occupé par 94 grandes cuves à parois de verre et par 50 cuves plus petites. Certains de ces aquariums sont assez spacieux pour que plusieurs requins, longs de 2 m. 30 à 3 m., puissent s’y mouvoir à l’aise. 26 grandes cuves, dites de réserve, disposées dans les dépendances de l’établissement, reçoivent les poissons qui n’ont pas trouvé place dans les cuves d’exhibition.
- Enfin, une galerie circulaire supérieure est affectée aux petits aquariums contenant des poissons minuscules, des invertébrés, des salamandres, etc. On peut y voir, notamment, de grands bocaux où, durant l’été, des larves de moustiques traversent leur série de métamorphoses avant de devenir des insectes complets. Périodiquement, se tiennent dans cette galerie des expositions de ces petits poissons exotiques, aux couleurs brillantes et aux formes étranges, si recherchés par les amateurs. Malheureusement le New-York Aquarium manque de place pour constituer et entretenir une collection de ces jolies créatures.
- Les sept grands réservoirs sont alimentés d’eau salée que des pompes prennent directement dans la baie pour l’amener dans un puits creusé sous l’édifice ; elle passe par une série de filtres avant de pénétrer dans ces cuves.
- Pour alimenter ceux des autres aquariums destinés à des poissons de mer, un bateau-citerne rapporte du large 5000 hectolitres d’eau pure qui est emmagasinée dens un réservoir. Cette eau est constamment tenue en circulation par un circuit fermé. Des pompes la dirigent dans les cuves d’exhibition. Elle en sort en passant par des filtres à sable, retourne dans ce réservoir, et ainsi de suite. La même eau peut servir pend ant des années, avec addition d’eau nouvelle pour compenser les pertes par évaporation.
- Pour les espèces tropicales, l’eau est chauffée en hivér et rafraîchie en été. Les aquariums des espèces d’eau douce sont alimentés par les conduites du service municipal. Une installation d’air comprimé permet d’aérer l’eau à volonté.
- L’entrée de l’établissement est gratuite. Son budget est couvert par les souscriptions des membres et bienfaiteurs, dont le nombre s’élève à près de 3000. La ville de New-York lui verse une subvention
- BATTERY PARK .- -----
- annuelle de 45 000 dollars. Le nombre des visiteurs est en moyenne de 6000 par jour.
- L’Aquarium s’occupe, dans un but d’éducation populaire, de l’élevage artificiel, avec des œufs qui lui sont fournis par le Bureau des Pêcheries. Les millions de petits poissons qu’il produit annuellement sont transportés dans les rivières de l’Etat de New-York.
- Le nombre des poissons exhibés est de cinq mil liers, sans que soient compris dans ce chiffre le fretin produit dans l’vVquarium. Le nombre des espèces qui ont figuré dans ses cuves, depuis sa fondation, s’élève (ou, pour être plus exact, s’élevait en 1919) à 358, dont 118 espèces d’eau douce, 129 espèces originaires des mer tropicales, et 111 espèces des mers froides ou tempérées. Par manque de place, l’établissement ne peut pas exhiber plus de 200 espèces simultanément.
- Beaucoup d’espèces ne supportent pas la captivité, et leur séjour est de courte durée. Les poissons migrateurs qui fréquentent les eaux américaines pendant l’été ne résistent pas au changement de température, et meurent aux approches de l’hiver, laissant la place aux espèces septentrionales qui descendent en automne dans les parages de New-York. Les spécimens de ces dernières espèces ne peuvent être exhibés que jusqu’à la fin du printemps, et succombent. Gomme le fait remarquer M. Charles H. Townsend dans un de ses ouvrages, l’Aquarium, bien qu’outillé pour réchauffer ou refroidir l’eau des cuves, ne peut pas fournir des conditions idéales à toutes les formes de vie aquatique. Pour obtenir un tel résultat, il lui faudrait développer sa machinerie, aux dépens de l’emplacement réservé aux cuves.
- Notons encore cette conséquence du manque de place. Il arrive souvent que la direction se voit contrainte à sacrifier des espèces d’un intérêt médiocre au profit de nouveaux venus d’un intérêt spécial.
- Il est curieux de constater que l’obtention des belles et brillantes formes tropicales fournies par la Mer des Antilles et le Golfe du Mexique est plus facile et bien moins coûteuse que celle des espèces fluviales ou marines locales. Dans le premier cas, 500 poissons de grande taille peuvent être transportés par un steamer pourvu d’une grande cuve, dont l’eau est facilement renouvelée.
- La plupart des captifs atteignent l’Aquarium en parfaite condition.
- Au contraire, les poissons transportés par chemin de fer souffrent des pertes considérables, lds déchets s’élevant jusqu’à 50 pour 100. Gomme le transport ne peut s’effectuer que par trains-express, que les Compagnies appliquent leurs tarifs, non par quantités de poissons, mais bien par le poids de la cuve qui les renferme, et qu’il est indispensable de faire accompagner l’envoi par un homme chargé d’aérer l’eau constamment, nuit et jour, les dépenses de transport atteignent un chiffre très élevé.
- G’est pour cette raison que l’Aquarium est toujours plus riche en formes tropicales qu’en formes
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- L’AQUARIUM DU BATTERY PARK
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- indigènes. Le publie ne saurait s’en plaindre, car ces poissons des eaux tièdes présentent une coloration merveilleuse. Plusieurs espèces ont la faculté de changer instantanément de couleur, phénomène que les visiteurs peuvent observer très nettement, prévenus qu’ils sont par les pancartes apposées devant chaque cuve.
- La longévité des hôtes de l’Aquarium s’est considérablement augmentée avec l’emploi de l’eau de mer apportée du large. Avant l’adoption de ce système, alors que les cuves étaient alimentées avec de
- bertï), spécimens qui ne survivent que deux ou trois semaines, au maximum. Par contre, ainsi que nous le disions à l’instant, les requins dits de sable (Car-charicis littoralis) prospèrent à l’Aquarium. Lé spécimen aperçu sur une de nos photographies appartient à cette espèce. Long de 2 m. 50, il vit en captivité depuis près de trois ans.
- Certaines grandes formes fluviales atteignent à l’Aquarium une longévité remarquable. C’est le cas des muskallunges (Lucius masquinongy), brochets des Grands Lacs et de la vallée du Mississipi. L’éta-
- Fig. i. — Quelques poissons de mer de l'aquarium :
- 1. Poissons anges (Pomacanthus arcuatus) et autres poissons de mers tropicales; 2. Requins des sables (Car-eharias littoralis) et poissons chiens (Mustelus canis); 3. Poissons de la Mer des Antilles : groupers tachetés (Mycteroperca) et iewsfishes (Promicrops itaiara); 4. Murènes vertes (Lycodontis funebris).
- l’eau puisée dans la baie (eau contaminée par les égouts), les poissons succombaient en grands nombres à des maladies parasitaires, qui ont presque totalement disparu. Quand un requin vivait une ou deux semaines en captivité, on s’en félicitait. Maintenant, l’Aquarium peut conserver des squales de certaines espèces littorales pendant plus de deux années. Une bande de cinq marsouins, en forme, dits à nez de bouteille (Tursiops Iruncatus) ont vécu près d’un an dans le grand bassin, et l’un d’eux ne succomba qu’après deux années de captivité. .
- Parfois, comme j’en fus témoin, ce bassin reçoit une jeune baleine blanche (DeIphinaplerus). Mais il est évident que les grandes formes ne peuvent vivre longtemps en captivité. On voit de temps en temps à l’Aquarium des requins-marteaux (Sphryna zygaena) et des requins bleus (Carcharias mil-
- blissement du Battery Park possède depuis douze ans plusieurs spécimens de cette gigantesque espèce, qui ont atteint 1 m. 50 de longueur.
- Toutes les photographies reproduites sur ces pages sont l’œuvre de M. Elwin R. Sanborn, photographe officiel de la New-York Zoological Society, et rédacteur en chef du Bulletin, l’organe de vulgarisation de cette société. C’est en imaginant un nouveau système d’éclairage que notre éminent confrère et ami a pu obtenir ces merveilleux instantanés.
- La photographie des poissons vivants est un problème ardu. A la mauvaise lumière qui règne dans un aquarium s’ajoutent les reflets de la glace et de l’eau, et les créatures sont des modèles capricieux et timorés, dont il faut guetter patiemment les mouvements avant de rencontrer la seconde propice à un instantané. Y. Forbin.
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- L’AQUARIUM DU BATTERY PARK
- Fig. 2. — Poissons d’eau douce :
- 1. Muskallunges (Lucius masquinongy) brochets des Grands Lacs, longs de i m. 3o ; 2. Poissons lunes
- (Seiene vomer) remarquables par leur éclat argenté et leur minceur; 3< Gars (Lepidosteus tristoechus) du Mississipi, pouvant atteindre 4 mètres ; 4. Jeunes poissons (black-bass) groupés en pyramide pendant l’hivernage.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiif., rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2546.
- 20 JANVIER 1923
- LE ROBINET ÉLECTRIQIE ET SES APPLICATIONS
- Le rôle industriel futur des lampes électroniques de grande puissance.
- — On rendrait un grand service aux électriciens en faisant un appareil industriel de la lampe électronique de de Forest à trois électrodes, anode, cathode et grille intermédiaire.
- Ce serait un véritable robinet électrique, avec lequel on pourrait transformer un courant continu en courants alternatifs de fréquence quelconque, aussi haute ou aussi basse que l’on voudrait et que l’on pourrait faire varier à volonté.
- Si sa grille était toujours franchement positive ou négative par rapport à sa cathode, le robinet serait toujours ouvert en grand ou complètement fermé et jamais étranglé. Les pertes de charge y seraient très petites et les transformations eiï'ectuées avec lui auraient un excellent rendement. La manœuvre n’exigerait d’ailleurs aucun travail appréciable.
- Nous possédons déjà des soupapes électriques permettant de transformer des courants alternatifs en courant continu de tension aussi élevée que l’on veut.
- Le jour où nous disposerons à la fois de-la soupape et du robinet, nous pourrons facilement produire et utiliser des courants continus à sion.
- Or, ceux-là sont de beaucoup les meilleurs agents de transport de l’énergie.
- Nous pourrons aussi réaliser d’autres problèmes intéressants relatifs à la propulsion des véhicules sur voie ferrée ou sur route, comme nous le verrons plus loin.
- La figure 1 montre comment on peut concevoir
- Cathode
- Fig. i. — Projet de robinet électrique à grande-puissance réalisé au moyen d’un'Jube électronique et transjormant du courant continu en courant alternatif.
- très haute ten-
- Fig. 2.
- Un robinet électrique à vapeur de mercure.
- Le passage du courant y est commandé par une grille.
- 51* Année, — 1*f Semestre.
- un robinet électrique à électrons pour courant de très haute tension.
- La cathode A est un cylindre métallique, à l’intérieur duquel une spirale B est portée à l’incandescence par une source d’électricité locale. Elle chauffe la cathode par rayonnement et la température de celle-ci est alors indépendante du débit du robinet, condition essentielle.
- La grille G est constituée par une cage d’écureuil métallique, sur laquelle est enroulé en hélice un fil fin de tungstène.
- La cathode et la g;rille sont supportées par des pièces en porcelaine a a, b b..., en forme de roues posées à plat.
- Enfin l’anode D cylindrique est l’enveloppe même de l’appareil, qui est métallique et refroidie par un courant d’eau.
- La cathode devra être en un métal perméable aux électrons à une tempéralure aussi peu élevée que possible. Si on le recouvrait d’un oxyde, celui-ci, en se sublimant lentement, pourrait se déposer sur l’anode refroidie et la recouvrir d’un vernis isolant.
- Cet inconvénient, nul dans les lampes où seul un filament de surface négligeable par rapport à celle de l’anode est enduit d’oxyde, deviendrait
- o. — oo.
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- LE ROBINET ÉLECTRIQUE ET SES APPLICATIONS
- Bobine de self l
- Source de force
- électromotrice
- constante
- --'WWW/WV
- Fig. 3.
- Dispositif pour transformer un courant continu en courant alternatif de haute fréquence au moyen d'un robinet à vapeur de mercure.
- grave lorsque la surface de la cathode différerait peu de celle de l’anode.
- L’appareil devra être en plusieurs pièces pour qu’on puisse y introduire et y fixer la cathode et la grille. Les pièces métalliques pourront être soudées entre elles, mais il faudra faire des joints parfaitement étanches entre elles et les isoloirs en porcelaine ou en verre des prises de courant, d’où de nouveaux problèmes techniques à résoudre.
- Enfin il faudra faire, dans une enceinte d’assez vastes dimensions, un vide assez élevé pour que le courant ne soit transporté que par des électrons.
- La réalisation de semblables appareils à électrons exigera certainement de longues études de laboratoire. C’est pourquoi nous nous sommes proposé de leur en substituer d’autres où le courant serait transporté par des ions, bien qu’ils n’eussent pas toutes leurs propriétés, mais qui seraient beaucoup plus faciles à réaliser.
- Les robinets électriques à vapeur de mercure. Leurs applications. — La figure 2 représente un robinet à vapeur de mercure. Il se compose d’une ampoule soigneusement purgée d’air où sont disposées une anode a en fer ou en charbon, une grille métallique b et une cathode c constituée par un globule de mercure. Une anode auxiliaire d permet de faire jaillir continuellement un arc entre elle et la cathode, afin de maintenir l’appareil toujours amorcé.
- Un courant ne peut traverser le robinet qu’en allant de l’anode a à la cathode c.
- Mais il y a autant d’ions positifs allant dans un sens que d’ions négatifs allant dans l’autre. Alors l’espace compris entre l’anode et la cathode ne se charge plus et une douzaine de volts peut y faire passer des centaines d’ampères.
- Si l’on rend la grille négative par rapport à la cathode, pendant qu’un courant passe, elle se recouvre d’une gaine d’ions positifs; ils annulent l’effet de sa charge et l’on n’interrompt pas le courant, comme il arriverait avec un robinet à élec^ Irons. Mais si, en agissant sur le circuit extérieur,
- on interrompt ce courant, pendant un temps qui peut être extrêmement court, la grille étant négative, celle-ci résorbe les ions positifs déposés sur elle et empêche ensuite l’émission d’électrons par la cathode, comme dans un robinet à électrons.
- On ne peut plus rétablir le courant, tant que la grille demeure négative. Il faut, pour cela, rendre sa charge nulle ou positive.
- Nous avons constaté ces propriétés en décembre 1915, à la station de la Tour Eiffel. En voici deux applications :
- 1° Transformation d’un courant continu en courant alternatif de fréquence élevée (fig. 5). — Un circuit comprend : une source de force électro-motrice constante E ; 2° une bobine ayant un coefficient de self-induction z> s’opposant à toute variation appréciable de l’intensité I du courant débité par la source E, pendant la durée d’une période du courant alternatif que l’on veut produire ; 5° le circuit primaire P d’un transformateur, dont le circuit secondaire S dessert le réseau d’utilisation; 4° un résonateur composé d’une bobine ayant un coefficient de self-induction X et d’un condensateur de capacité y- Entre la sortie de la bobine et l’entrée de la source E, on monte en dérivation un des robinets précédents maintenu amorcé et l’on relie sa grille à l’anode a par un circuit contenant une source de force éleclromotrice H.
- Supposons la cathode c au potentiel zéro et désignons par h le potentiel à l’entrée du condensateur, par i l’intensité du courant dans la bobine X et par j celle du courant traversant le robinet. Celle du courant qui ira à la grille sera inappréciable. Si, une fois le régime établi, l’intensité j s’annule, la grille est alors négative, le courant ne peut se rétablir dans le robinet et le courant d’intensité 1 va charger le condensateur, le potentiel h croit. Mais, dès que l’on a h = H, la grille cesse d’être "négative et le robinet met en court-circuit le résonateur, dont le courant de décharge oscille, en s’amortissant, avec une fré-
- 1
- quence a peu différente de ~-------— • Si l’énergie
- T* y/ vX
- Fig- 4-
- Transformation d'un courant continu en courant de haute fréquence au moyen de l’appareil de la figure 3.
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- - le robinet électrique et ses applications
- ÿ y II2 est supérieure à—> l’intensité i redevient
- égale à I; l’intensité j devient nulle, alors que la grille est négative et le demeure jusqu’à ce que le potentiel h soit redevenu égal à H....
- Nous produisons ainsi des ondes entretenues; l’intensité i et le potentiel h varient, comme le montrent les courbes de la figure 4.
- Les ondes positives ont leur crête arasée, mais elles sont d’autant moins déformées que la quantité
- d’énergie - Àxl2 est plus grande par rapport à la
- Ji
- . , 1
- quantité ^ y 112. Si celle-ci est petite, par rapport à
- la première, la tension aux bornes du réseau d’utilisation est constante.
- Ce mode de transformation doit être d’un très bon rendement. En effet, le robinet est toujours ouvert en grand ou complètement fermé. Nous n’avons pu encore expérimenter ce mode de production des courants alternatifs de fréquence élevée, mais avons exposé dès à présent son principe, parce qu’il se combinera avec le mode de transformation suivant, déjà réalisé, pour constituer un nouveau système de traction électrique que nous décrirons plus loin.
- 2° Transformation de courants alternatifs de fréquence élevée en courants alternatifs de fréquence usuelle et variable à volonté. —
- L’appareil employé (fig. 5) se compose :
- 1° d’un transformateur À, dont le circuit primaire P reçoit le courant à transformer. 11 a deux circuits secondaires Sd et S2 identiques, mais connectés différemment ; le point d’entrée du premier et le point de sortie du second-sont reliés à un point neutre 0; 2° de quatre robinets semblables au précédent i, 2, 5 et 4. L’anode du robinet 1 et la cathode du robinet 4 communiquent avec le point de sortie du circuit Sj. L’anode du robinet 2 et la cathode du robinet 5 communiquent avec le point d’entrée du
- Fig. •j — Oscillogramme d’un courant de fréquence5o, obtenu en transformant un courant de fréquence 5oo.
- Fig. 5.
- Abaisseur de fréquence constitué par des robinets à vapeur de mercure.
- circuit S2. Enfin les cathodes des robinets 1 et 2 et les anodes des robinets 3 et 4 communiquent avec un conducteur XX et le circuit d’utilisation R est
- branché entre ce conducteur et le point neutre 0.
- On dispose, pour charger les grilles, d’un petit transformateur B, dont le circuit primaire p reçoit un courant, fourni par une batterie Àc, et périodiquement inversé par un commutateur C. La fréquence du courant obtenu est égale à la vitesse de rotation de ce commutateur. Le transformateur B a trois circuits secondaires : Sj, 2 S3, S,.. Le circuit S,, , est branché entre les grilles réunies en parallèle des robinets 1 et 2 et le conducteur XX ; il les rend simultanément positives ou négatives par rapport à leurs cathodes. Les circuits S3 et S4 sont branchés, le premier entre la grille et la cathode du robinet 3 et le second entre celles du robinet 4. Les connexions sont faites de façon que les grilles des robinets 1 et 2 soient positives, pendant que celles des robinets 3 et 4 sont négatives, et réciproquement.
- Supposons positives les grilles des robinets 1 et 2 au moment où l’on ferme le circuit R. Un courant ne peut le parcourir que dans le sens de la flèche de la figure 5, Il se fermera en traversant soit le robinet I et le circuit St, soit le robinet 2 et le circuit S2.
- Si le circuit R n’a aucune self-induction, l’intensité du courant variera dans les circuits S^ S2 et.R
- n n n fl
- o n n Pi
- Avec self- induction
- Fig. (>.
- Forme des courants produits dans les circuits de rabaissent- de fréquence de la figure 5.
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- LE ROBINET ÉLECTRIQUE ET SES APPLICATIONS
- comme le montre la figure G. S'il en a, elle croîtra graduellement, comme il est aussi montré sur cette figure.
- Rendons maintenant négatives les grilles des robinets 1 et 2 et positives celles des robineLs 5 et 4. Si le circuit R a de la self-induction, le courant qui le traverse ne peut changer immédiatement de sens en s’annulant et, tant qu’il ne l’a pas fait, il ne peut franchir les robinets 5 et 4, ne pouvant aller de leur cathode à leur anode.
- Au moment de 1’interversion, il traversait, par exemple, le robinet 2. Il ne peut plus se rétablir dans le robinet i, dont la grille a été rendue négative a-lors qu’il n’y passait pas de courant. Il continue donc à traverser le robinet 2 et le circuit S2. Mais la force électromol rice alternative développée dans ce circuit ne peut l’entretenir.
- 11 s’amortit et, après s’être annulé, se rétablit à travers les robinets o et 4 en parcourant le circuit R en sens inverse de la flèche.
- L’oscillogram-me de la figure 7 relevé pendant la transformation d’un, courant de fréquence 500 en courant de fréquence 50, avec un circuit R constitué par une résistance inductive, montre qu’il en est bien ainsi.
- Or, si le courant continue à passer dans le robinet 2 tandis que les grilles des robinets 5 et 4 sont devenues positives, un courant de court-circuit se forme à travers les robinets 2 et 4 et les circuits St et S2, chaque fois que les forces électromotrices
- développées dans ceux-ci tendent à faire entrer le courant par l’anode du robinet 2 et sortir par la cathode du robinet 4, soit pendant la moitié du temps. Pour l’éviter, il faut faire embrasser lin arc plus grand à la coquille du commutateur C relié au
- pôle négatif de la batterie Ac qu’à celle reliée à son pôle positif, afin que le courant traversant le robinet 2 puisse s’amortir entre le moment où la grille de ce robinet cesse d’être positive et celui où les grilles des robinets 5 et 4 commencent à l’être ; moyennant cette précaution, on obtiendra un très bon rendement.
- D’autres expériences ont montré que l’on pouvait de même, en rendant successivement positive et négative la grille d’un robinet, couper ou rétablir des courants alternatifs de fréquence 30000.
- Enfin, en disposant de plusieurs appareils semblables alimentés par d’autres circuits secondaires S^, S'8, S"*, S"2..., excités par le même circuit primaire P et dont les commutateurs, montés sur un même axe, soient successivement décalés les uns par rapport aux autres, on produirait des courants déphasés.
- Les robinets que nous avons expérimentés avaient des enveloppes en verre, mais on pourrait, dès à présent, leur donner des enveloppes métalliques, en suivant par exemple la technique employée par la Société Brown-Boveri dans la construction de leurs redresseurs à vapeur de mercure. La figure 8 et sa
- T~ Anode
- Grille
- Cathode
- Fig. 8.
- Projet de robinet électrique à vapeur de mercure, de grande puissance et à enveloppe métallique.
- A A, couvercle de la cuve, en porcelaine ou plutôt en verre coulé.
- Gomme on prévoit le développement de tensions élevées entre l’anode et la cathode, le couvercle a été prolongé par des tubes B et C, C, pour éviter la production des court-circuits entre les parois de la cuve, qui seront au potentiel de la cathode, et l’anode ou les conducteurs aboutissant à la grille; D, anode refroidie par un radiateur E qui la surmonte ; F, cathode; G, grille.
- Pour éviter qu’elle puisse se transformer en cathode, lorsqu’on la rendra négative, il faut qu’elle demeure froide.
- Dans ce but, elle est constituée par une sorte de petite chaudière tubulaire en fer et traversée par un liquide amené par un tube 11 et emmené par un tube I.
- Une électro-pompe isolée le fait circuler et l’envoie dans un grand radiateur léché par un courant d’air.
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- L’ART NÈGRE AU CONGO BELGE ...........: 37
- légende montrent comment pourrait être réalisé en grand l’appareil de la figure 5.
- 3° Transformation d’un courant continu en courant de fréquence usuelle et variable à volonté. — Il suffit, pour cela, d’associer les appareils représentés sur les figures 5 et 6. Le premier transformera le courant continu en courant alternatif de fréquence très élevée a, que le second retransformera en un courant dont la fréquence [3 sera égale à la vitesse de rotation de son commutateur, dont on disposera à son gré.
- Les quantités d’énergie que devront emmagasiner les bobines de self-induction et le condensateur du premier appareil seront inversement proportionnelles à la fréquence. Le transformateur A du second appareil sera parcouru par des courants de haute fréquence. Donc, à condition de rendre cette fréquence très élevée, l’importance de tout ce matériel sera très petite par rapport à sa puissance.
- (A suivre.) Maurice Leblanc,
- Membre (1e l’Institut.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1922.
- Le dépérissement des jeunes noyers en 1922. — Dans certaines régions, le mal a été un véritable désastre eL a même atteint des arbres de 50 à 60 ans. M. Med. Gard a constaté que la mortification suivait nettement un développement basipète et, commençant par l'extrémité des branches, gagnait peu à peu la région moyenne, puis la base et le tronc. La cause en est probablement une température basse, un gel, survenu en pleine végé-talion dans le courant de novembre 1921.
- Un nouveau mode de préparation des vaccins. — Les bactériologistes ont toujours cherché à réduire le degré de chauffage demandé par la stérilisation car plus on chauffe un bacille, plus on diminue ses propriétés vaccinantes, en augmentant sa toxicité. C’est ainsi que M. René Zivy s’est préoccupé d’utiliser le froid, en détruisant l’accoutumance signalée par Pictet, Yung, d’Arson-val et Charrin, par des gels et des dégels successifs. Les opérations doivent se répéter deux, quatre ou six lois suivant qu’il s’agit du pneumocoque, du colibacille ou de l’entérocoque.
- Un nouveau stéréo-autographe. — L’appareil construit par M. Poivilliers permet le tracé automatique des éléments de la carte, à l’aide de deux photographies distinctes du terrain, quels que soient le point de vue et la direction ; on peut faire à son aide le cheminement photographique et, dans tous les cas, tracer la planimétrie, les courbes de niveau et les coupes de terrain à n’importe quelle échelle.
- Les flores houillères de la Sarre. — MM. Barrois, Friedel, Pruvost et P. Bertrand soumettent les premiers résultats d’une étude sur les flores fossiles du bassin avec la répartition verticale des différentes zones : a) Couches inférieures d’Oltweiler (Pecopteris lamurensis lleer) ; b) Conglomérat de Holz; c) Strates des flambants supérieurs (Mixoneura ovata Hoffmann) ou inférieurs (Peco-pteridium Defrancei Brongniart). d) Zone des charbons gras et couches de Rothell (Sphenopteris Sauveuri Crépin, Sphenophylum myriophyllum et Neuropleris tenuifolia Schl.
- La coagulation du latex. — Une note présentée en octobre par M. Vernet montrait l’heureuse influence du chlorure de calcium pour le traitement de la sève de 1 ’Hevea brasiliensis. M. Lindet rapproche le fait d’une élude déjà ancienne, où il signalait l’avantage que présente ce même sel CaCl2 dans l’extraction de la caséine du lait. Précipitant les phosphates et les citrates à l’état de sels calciques, le chlorure fournit un caillé plus ferme et plus abondant, certaines caséines, solubles dans les éléments du sérum, étant elles aussi libérées.
- lin nouveau glucoside. — De l’écorce de la Jacée, composée commune, aux fleurs purpurines, qu’on rencontre dans les prés et dans les bois. MM. Bridel et C. Charaux ont reliré sous la forme de lames microscopiques allongées, de couleur jaune pâle et de saveur crayeuse, la centauréine qui, non réductrice et lévogyre, donne àl’hydrolyse 55,68p. 100 de glucose et 70,77 p. 100 de centauréidine. Paul B.
- L’ART NÈGRE AU CONGO BELGE
- L’art nègre n’existe pas à proprement parler comme manifestation locale autochtone. Les objets sculptés, les nattes et autres produits de l’industrie locale se répètent toujours de même et là où ils ont un cachet un peu artistique c’est que l’influence arabe ou nilotique s’est manifestée. Ce qui manque au noir pour comprendre un art véritable, c’est l'idéal. En effet, en dehors des jouissances immédiates, telles que l’achat d’un objet qui lui plaît, l’indigène n’extériorise rien de ses pensées, jamais
- les parents ne font de projets d’avenir pour leurs enfants qu’ils adorent cependant. Jamais le choix d’un vêtement n’est guidé par autre chose que le besoin de posséder une chose de valeur ou le remplacement d'un pagne usé. Si la négresse fait la difficile pour le choix d’un dessin, quand elle achète un tissu, cela tient à deux raisons : d’abord, la solidité de la couleur, la résistance au lavage, en quoi la femme noire se montre bonne ménagère. Ensuite, vient la mode qui procède comme chez
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- L’ART NÈGRE AU CONGO BELGE
- Fig. i. — Fresques /ailes par des soldats indigènes dans un gite d’étape.
- nous de données incertaines et variables. Tel pagne qui se vendait très bien l’an dernier n’est plus recherché cette année-ci, sans qu’on sache pourquoi.
- L’ « américani » (coton blanc) fait fureur ; six mois après, personne n’en veut plus : on prendra de l’indigo drill (cotonnade bleue) ou du « kaniki» (tissu noir). Une erreur assez répandue prête aux noirs le goût des couleurs vives et criardes, tout au contraire les nègres sont réservés dans
- le choix des teintes, préférant le noir, le
- brun, le bleu clair. Le sens de la couleur ne les inquiète guère, l’uniformité de l’ambiance congolaise aux verts éteints, aux gris monolones ne développe pas le souci de la tonalité vive.
- Parfois un ibiscus du plus bel incarnat, un canna pourpre orne la coiffure d’une belle indigène, mais ce sont là atours à l’imitation du blanc ; de même que la culture llorale, l’embellissement de la demeure, n’est qu’un mouvement copié sur ceux des Européens sans aucun sentiment esthétique. Les plus beaux spectacles de la nature les laissent insensibles.
- Un coucher de soleil sur le lac Tan-ganyika, cette riier intérieure de l’Afrique, n’éveille chez les noirs aucun sentiment d’enthousiasme. Quand un soldat nègre vous dit que son pays est plus beau que celui où il sert, il ne pense ni aux prés fleuris, ni aux torrents bondissants, mais seulement à la richesse vivrière, à l’abondance des bananes, des chèvres et des
- Fig. 2. — Éléphant modelé par un en fait blanc de 11 ans
- poules. Le grand critérium du noir en fait de beauté naturelle est son estomac.
- Ventre affamé n’a pas d’oreille, dit la sagesse populaire; il n’a pas davantage d’yeux pour admirer lés sites enchanteurs; un porteur succombant sous le poids d’un fardeau, souvent trop lourd, ne trouve pas le loisir d’apprécier le paysage ou d’entendre chanter le foliotocole. Dernièrement, visitant une e.xposilion de tableaux avec, un de nos braves commandants coloniaux, je marchandais une jolie toile de Marneffe, le prix de 5000 francs n’avait rien d’exagéré...,mais me dit le Commandant, parcourez tout le Kivu, allez offrir ce tableau à tous les chefs, pas un ne vous donnera seulement une poule en échange.... Lt c’est vrai, le noir est surtout utilitaire, la petite Ileur bleue ne l’inquiète pas, il préfère le solide et les appointements aux égards.
- Il est vrai que si, chez les civilisés, l’amour des images, des journaux illustrés fait rage, c’est par pur esprit d’imitation. Au début ils mettront les
- gravures à l’envers sans . , : • - aucun éclectisme dans
- leur choix. Les arabisés, gens plus cultivés, font des grafiiles d’après nature (lig. 1). Ces fresques tracées par des soldats dans un gite d’étape montrent des militaires, le fusil sur l’épaule, un autre sonne le clairon. Au mur une affiche parisienne contraste avec le dessin fruste et primitif des noirs. Mais encore une fois rien dans la poésie du sujet ne parle au sens esthétique du nègre. Le tableau le plus touchant ne lui inspire aucun sentiment émotif,
- Fig.
- Figures en bois sculpté (art Baluba).
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- L’ART NÈGRE AU CONGO BELGE—...39
- Fig.4. — Coq en bois sculpté (Baholoholo.
- la distribution des vivres à la mission de M’Pala, véritable fresque de Puvis de Chavannes, n’éveille chez le nègre qu’un esprit de lucre basé sur la gratuité du don tandis que la pose hiératique de la bonne Sœur toute au sacrifice de son apostolat n’arrête pas un moment l’attention des indigènes.
- Que si nous passons à l’exécution même des fétiches, masques, représentations plastiques, nous
- Fig. 5. —Bouclier en bois sculpté (art Baluba).
- verrons une facture restée infantile dans son exécution primitive. Cet éléphant (fig. 2), modelé par le jeune Teddy Philippe, un Européen de 11 ans, se rapporte très bien à ce coq, Baholoholo (fig. 4), œuvre d’un naturel riverain du lac Tanganyika : même gaucherie dans les attitudes, même naïveté dans les détails.
- Si nous examinons l’exécution des masques sculptés, ici nous avons un nouvel élément qui intervient, le désir de rendre la physionomie terrifiante.
- Autrefois, les masques de guerre intervenaient pour une part dans le succès des armes sans qu’il y fût attaché aucun esprit surnaturel (fig. 3).
- Dans ce masque Baluba, masque et bouclier tout à fois, on est surpris de retrouver les éléments de Part Dada, avec ses lignes brusques, ses méplats nets, ses angles profondément creusés. C’est surtout vu sous une certaine incidence que la bizarrerie s’accuse tout en gardant son cachet de haute personnalité.
- Il faut distinguer soigneusement entre le véritable art nègre et l’imitation.
- L’objet original s’achète au passage dans un village, se déniche
- Fig. 6. — Oiseau stylisé en ivoire; coffre fait par les arabisés à Vimitation des Européens'; peaux de léopards.
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- ----- L’ART NEGRE AU CONGO BELGE
- Fig. — Fatuma, la Jemme fidèle (art Baluba).
- au fond d’une case. L’objet commercial dépourvu de toute, personnalité se reproduit à l’infini pour la vente aux Européens, un véritable amateur ne s’y trompera pas. En France, en Belgique, la mode est aux masques et idoles coloniales, les prix montent, les imitations se multiplient, il est grand temps de classer ce qui reste du vérL table art indigène. Les fétiches Baluba (fig. 3), sans avoir de caractère nettement religieux, attestent de certaines pratiques usuelles, dieux lares, figures familières dont l’habituelle présence assure à chaque case son cachet personnel de propriété. Ce bouclier Baluba (fig. 5) en bois sculpté n’est plus
- Fig. 8. — Les Mwonbaji, mendiants ; troncs placés à Ventrée des villages arabisés pour recevoir les aumônes.
- qu’un objet d’ornementation, tandis qu’autrefois il servait d’arme défensive contre les flèches. Que pourrait ce faible rempart devant la charge d’un fusil à piston, l’arme en usage chez les indigènes.
- L’art arabisé plus compliqué nous présente (fig. 6) un oiseau stylisé en ivoire. L’arliste imite un mars-bout dont la pose bizarre limitée par la forme de la dent montre en tous points le hideux échassier si familier du paysage congolais. Ce coffre fait à l’imitation du travail européen, la ferrure travaillée artistiquement sont des enjolivements, non pas nègres, mais arabes comme beaucoup d’objets datant de la traite et de la domination arabe.
- De même, le fétiche Fatuma qui appartient à Mme Eve Francis (fig. 7), avec ses yeux naïvement chinois, rappelle la femme indigène, c’est de l’art haluba; mais si on regarde la coiffure, on y trouvera une influence nilotique d’origine Àloure, race descendue du Soudan égyptien, pour donner des idées supérieures aux Bantu du Sud.
- Ces « mwombaji » (fig. 8), ne dépareraient pas une nécropole égyptienne : ce sont des troncs placés à l’entrée des villages arabisés pour recevoir les aumônes.
- Enfin le brontosaure (fig. 9) est un produit d’imagination pure, le brontosaure, animal antédiluvien, habiterait encore, disent certains savants, les vallées perdues du Katanga.
- Questionnant les noirs du lac Tanganyika sur cet animal, ces derniers l’ont reconstitué sans risques et cette reproduction faite de bonne foi n’est pas une supercherie mais le fruit d’unej riche, création.
- En résumé, s’il y a eu un réel engouement pour l’art noir, on peut s’assurer que cet art n’est ni profond ni compliqué, il se reproduit uniformément, exagérant les attitudes avec une recherche naturaliste qui n’a rien de choquant. Les masques des féticheurs visaient à inspirer des sentiments de terreur, mais actuellement ils ne sont plus que des objets de curiosité que se disputent les ama leurs.
- Dr Gaston Daniel.
- Fig. g. — Le Brontosaure, bois sculpté fait d’après une description.
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- L’INDUSTRIE DE L’INDIGO
- Trempoirs
- de Tinctoria indigo fera
- Eau charoëe d' /ndoxy/e "
- Indigotine I bleue
- Batterie
- Fig. i. — Fabrication de l'indigo dans une factorerie du Bengale. Dans le trempoir, l’eau se charge d'indoxyle, que l’oxydation do 1 air dans la batterie transforme en indigotine bleue. Celle-ci se rassemble sur le faux fond du diablotin. .
- Légumineuse qui peut atteindre un mètre et demi de hauteur, Tïnclo-ria indigo fera présente l’aspect d’un bel arbrisseau aux feuilles pennées et à fleurs rouges, dont la culture se répandit dans certains pays d’Asie, tels que les Indes, avant de pénétrer chez les Egyptiens, puis chez les Grecs et les Romains. A l’époque des guerres Puniques, ces derniers commencèrent, en eflet, de mélanger l’indigo avec la belle matière colorante fournie par une glande située entre l’intestin et l’appareil respiratoire de certains murex et qui, sous le nom de « pourpre », n’est rien autre qu’une dibromo-indigotine, comme nous le verrons.
- Jusqu’au xvie siècle de notre ère cependant, la France, l’Angleterre et l’Allemagne utilisèrent à la teinture en bleu, la poudre d'Isatis linctoria cultivée notamment dans la Thuringe et sur les côtes de la Baltique et de la Méditerranée. L’exploitation de cette crucifère avait acquis une telle importance J économique que différents édits royaux interdirent, I de 1550 à 1650, l’importation et l’emploi de l’in- ^ digo qui, d’ailleurs, ne fut définitivement accepté en France qu’aux environs de 1750.
- Au cours d’une vingtaine de siècles, le mode d’extraction de la matière utile, ou indigotine, ne subit aucune modification importante, et l’on peut la résumer comme il suit, en rappelant que voici vingt ans, l’Amérique centrale, les Indes anglaises, Java, Sumatra, le Japon et la Chine fournissaient au marché mondial un tonnage de 5 à 6 000 000 kg.-
- Indigo naturel, — La plante ayant atteint son maximum de croissance, aux premiers jours de
- mai qui marquent la pleine floraison, on la coupe environ à 12 cm du sol, et on met les feuilles à macérer dans une cuve, appelée trempoir, aux trois quarts remplie d’eau; leur séjour y dure de 18 à 20 heures et on les maintient légèrement tassées à l’aide de planches épaisses. Des bulles de gaz ne tardent pas à venir crever à la surface, où l’on peut déceler de l’hydrogène et du méthane; une mousse violette se forme, abondante, et, quand on estime que la « fermentation » est assez avancée, on soutire le liquide, alors verdâtre, qu’on recueille dans un second récipient de bois ou batterie, au contact d’un lait de chaux. Là, on agite le tout, à l’aide de hâtons ou de roues à palettes; la couleur passe bientôt du vert au bleu, en même temps que des grumeaux prennent naissance qui, se rassemblant, forment bientôt, au fond de la cuve, un dépôt épais. Après décantation dans le diablotin muni d’un faux fond, on fait bouillir le précipité avec de l’eau pure et on le recueille sur des toiles.
- La pâte égouttée est ensuite pressée, puis divisée à la truelle en petits cubes qu’on dispose sur les claies de bois d’un séchoir parfaitement aéré. Ainsi s’obtiennent des pains dont le poids atteint une centaine de grammes ; on les emballe dans des caisses ou des tonneaux dont la contenance varie entre 60 et 100 kg et, dans une fabrication bien conduite, on atteint 2 kg d’indigo commercial pour un quintal de feuilles travaillées.
- Un mode d’obtention aussi grossier ne peut fournir un produit de.composition constante; c’est la raison pour laquelle les courtiers et les teintu riers ont adopté une nomenclature extrêmement détaillée et qui ne contient pas moins d’une quarantaine de variétés. Ainsi, pour la soie, on préfère le bleu surfin ou flottant, en pierres cubiques venues du Ben-
- Tubu/ure
- I c/e Chargement
- Eau froide
- C ondensat/on c/es vapeurs .
- crAnii/ne entra/nées
- Nitrobenzine, iimai fie de Fer et Acide HCL
- Appareil de transformation de la nitrobenzine en aniline.
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- L’INDUSTRIE DE L’INDIGO
- gale, alors qu'on réserve aux indiennes le surfin violet et,, aux lainages, le cuivré ordinaire. Les produits du Coromandel, où les factoreries reçoivent les'feuilles sèches et ne les emploient qu’après une expo-ition au soleil et un emmagasinage d’une quinzaine de jours, sont en général moins prisés; il en est ainsi des indigos de Manille qui ne servent guère qu’à l’azurage du linge et, seules, les pâtes du Guatemala (llor, corte, sobresalienle) peuvent soutenir la comparaison avec celles des plantations de Calcutta, de Goa ou de Myzore. Ajoutons que l’on tient encore le plus grand compte de l’état dans lequel l’indigo se présente, à l’ouverture des caisses ou des barils, et des défauts dans la fabrication ou l’emballage qui se traduisent par les appellations bien connues des praticiens : grand cassé, demi-pierré, grabeaux, piqueté, rubanné, sablé, écorcés, robés, etc., et viennent diminuer la valeur marchande du produit.
- Revenons sur les différentes phases d’une opération menée avec soin.
- Au total, l’indigo bleu qui répond à la formule z CO x / CO x
- C6IF< >C = C< >C«H* xAzIK xAzfIx
- et contient comme ohromophore le groupement cé-
- tonique CO — C = C — CO, l'indigo bleu, disons-
- nous, n existe pas tout formé dans la feuille. Les
- tissus de celle-ci contiennent un glucoside, Yindican,
- qui, dès le début de la fermentation, se décompose
- en sucre et en indoxyle : ,
- /tgUrtm
- CH17 Az 0° H- H2 0 == C« H12 O6H-C° IV ( /CH.
- X AzH /
- De là, la coloration jaune verdâtre communiquée à l’eau du trempoir. Après le soutirage dans la batterie, où le brassage est continu, l’indoxyle, maintenu au contact de l’air, fixe de l’oxygène et donne un mélange de deux isomères, Yindigoline et Yin-dirubine (’)
- /C(0H)vX /CO.
- 4C6H \ xCH + 202 = CfiH4< >C
- x AzH / xAzfK
- / CO /CO
- = C< >C6H*-hC’H*<
- XAzHX XAzH
- /C6H\
- = C< /AzH.
- XC0x
- En meme temps, Y indigo blanc ou leucodérivé
- / COH x /COH
- CHV( )C = C< >C°H\
- XAzIIx xAzIK
- soluble dans l’eau de chaux subit, à son tour,
- l’action du gaz 0 que rend plus empiète l’ébulli-„tion dans l’eau, après décantation au diablotin, et perd l’hydrogène de ses groupes OH.
- Cela explique aussi le mode opératoire employé dans la pratique de la teinture, puisque l’indigo constitue un colorant sur cuve. Insoluble dans l’eau, il doit, en effet, être réduit par le sulfate S04Fe, le
- 1. Faut. Baub. Chimie Industrielle, p. 647.
- zinc en milieu alcalin ou mieux l’hydrosullile S204Na2. On fixe ainsi l’indigo blanc sur la fibre (procédés à la cuve d’Inde, à la cuve à potasse, etc.) et, par simple exposition à l’air, sur des cadres de bois, dits champagnes, en passe du leucodérivé à l’indigoline proprement dite. La méthode n’a subi, au cours des siècles, que de très légères modifications, car les premiers teinturiers indous obtenaient la réduction par des matières organiques, telles que le son et le sucre.
- Nous touchons là au domaine de la chimie pure; nous ne le quitterons plus, au long de cette chronique, pour expliquer comment, depuis une trentaine d’années, on voit rapidement décroître l’étendue des plantations anglaises ou hollandaises, l’indigo étant devenu un produit de. fabrication courante dans l’industrie des colorants synthétiques.
- La formule de constitution ayant été, en effet, définitivement établie, vers 1875, par Baeycr et ses élèves (Nencki, [Suida), Caro et Knop fixèrent les relations étroites qui lient l’indigoline à Yindol, C8H7Az, à Yoxindol C8H7AzOet à Yisaiine, anhydride interne de l’acide C®H4AzH2C0.C00H. C’est alors que, fortement encouragées par le succès des procédés Graebe et Liebermann qui ruinaient le pays de Vaucluse où se cultivait la garance, les usines allemandes de Meister Lucius et Briining, et de la Badische Anilin, prirent à leur compte des essais coûteux (25 millions, assure-t-on), avant d’en arriver, en 1890, à la mise en pratique de la méthode Heumann qui permit alors le passage sur la scène industrielle d’une série de réactions longuement étudiées au laboratoire. Nous ne rappellerons que pour mémoire la lutte acharnée qui s’engagea dès lors, sur le marché, entre le produit de synthèse et l’indigo naturel. Ce dernier s’estimait, en 1892, à 50 francs le kg; en 1905, le prix ne dépassait pas 10 francs, et déjà la production allemande atteignait 4000 tonnes ; dans le même espace de 15 années, les provinces du Bengale avaient réduit de 35 pour 100 la surface des terrains consacrés à une culture qui les enrichis-s iit depuis plus de vingt siècles.
- Indigo synthétique. — Cependant, des nombreux procédés successivement préconisés au cours des dernières années qui précédèrent la guerre mondiale, quelques-uns seulement ont répondu aux espoirs des inventeurs. Nous indiquerons les principaux d’entre eux, nous réservant d’insister sur la mise au point en France, depuis 1916, d’une fabrication qui nous libère de l’étranger et, pour plus de clarté, nous séparerons les diverses méthodes en 4 groupes suivant le composé pris pour point de départ, sans nous arrêter d'ailleurs sur les brevets Sandmeyer, achetés par Geigy et Cie, de Bâle, dont on ne peut assurer qu’ils aient été, dans leur forme initiale, vraiment exploités.
- Synthèse à partir de t'acide cinnamique. L’aldéhyde benzoïque C6HsCHO, qui constitue l’essence d'amandes amères, se prépare aujourd’hui par
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- Connue en Fer dvec c foi s on s en chicane
- simple oxydation du toluène C61T‘CIT, homologue du benzène C6HC qu’il accompagne dans les huiles légères retirées du goudron de houille; l’opération se réalise en présence de la pyrolusite MnO2 :
- Cc H5. CH3 -b 0 = C" H'5. CHO -b H* 0.
- Or, la condensation de l’aldéhyde se réalise parfaitement au contact d’anhydride acétique et d’acétate de soude fondu :
- C8 H3. CHO + CH3. COONa = C8 II3 CH == CH. COO.Na -b H2 0.
- Du sel sodique, on passe, par simple addition d’acidefaible HCl, aux paillettes ù'acide cinnamique qu’on essore pour les soumettre à l’action de l’acide Àz03H, et en obtenir l’acideorthonitré C°H3Az02CH =CH.COOH.
- Par le brome et la potasse en solution alcoolique, on arrive enfin a l’acide orlhoni-t ruphén yIpropiolique. Cf> 114ÀzO’CeEïC . COOH, qu’un agent réducteur Lransforme en indigo line avec un rendement voisin de 70 pour 100.
- À ce processus se rattache l’un des premiers brevets de Baeyer, exploités par la Badische Anilin (')•
- Synthèse à partir de l’orlhonitrobenzaldehyde. — Traité par le gaz Cl, l’ortbonitrotoluène C°H4CH3 AzO2 donne le chlorure de benzyle nitré C8H4CH2 ClAzO2 que l’aniline transforme en benzylaniline C6H4CH2Azïl.C8H3Az02 dont l’oxydation laisse la benzylidène-aniiinc Cfi II'1 Az O2Cil = AzC° H3, produit à hydrolyser simplement pour en retirer la nitro-benzaldéhyde CMDÀzO2. CHO. Dissoute dans l’acétone CH3. CO. Cil3, cette dernière « s’aldolise » en présence de la soude caustique,
- .CHO
- C8H3< -b CH3. CO. CH3
- \-\z02
- /CH0H.CH2.C0CH3 = C4H4<
- /\zO'2
- 1. A mi ni: Waih,. L’industrie des Matières Colorantes organiques, p. 532.
- Sodium Fondu
- Hydrogène ei AzH$ en excès
- Ami du ne
- Fig. 3. — Coupe schématique du four Castner poqr la fabrication de l'amidure de sodium.
- le nouveau composé se scindant bientôt en acide acétique, en eau et en indigo.
- 2 C10 H11 AzO4
- = 2 CH3 .COOH + 2 H2 0 -b C° IT*
- , CO . O'H
- = C:
- CO
- A z 11
- Cc 113
- Fig. 4. — Coupe schématique de Vappareil pour la préparation du tétrachlorêlhane.
- Signalée, dès 1892, par Baeyer et Drewsen, la méthode ne fut industrialisée qu’en 1896 par les Farbwerke, de Hœchst, après l’achat fait par ces établissements des anciennes usines de Coupier. à Creil.
- Elle présente, comme principale difficulté, la préparation préalable de l’aldéhyde orthonitro-benzoïque, que l’action directe de l’acide Az03B sur le dérivé C6H3CIIO ne fournirait qu’avec un rendement de 25 pour 100. Enfin, pour 1 kg de toluène employé, on n’obtient que 250-250 gr. de colorant commercial.
- Synthèse à partir de la naphtaline. — Nous allons marquer ici4 les phases du procédé Heumann exploité par la Badische Anilin, après une série de tâtonnements qui demandèrent 12 ans d’eiïorls aux chimistes de Ludwigshafen.
- La naphtaline C‘°H8, extraite des huiles lourdes de goudron de bouille, s’oxyde facilement à 500°, en présence d’oléum et d’un sel de mercure, pour donner l’acide phtalique CuIT(C00H)2. Déshydraté par élévation de température, celui-ci fournit l’anhydride qui, amené à fusion, reçoit un courant de gaz ammoniac et laisse la phta-limide.
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- /CO. yCCk
- C6H*< / 0 4- Az H3 = H2 0 H- Cr> Il1 XÀzIJ.
- xco/ xc(k
- Sous Faction d’un hypochlorite alcalin (eau de Javel), l’hydrogène du groupe AzlI cède la
- /C0\
- place à un atome de chlore, GGH1 pAzCl;
- xcox
- puis le nouveau composé s’hydrolvse, et l’on obtient l’acide anthranilique C6HiAzH2. COOH qu’on amène à l’état de phénylglycocolle orthocarbonique C6HLC00H.ÀzHCH2.C00II, en présence soit de l’acide monochloroacétique CH2 Cl.COOH à 40°, soit d’un mélange de formol H. CHO, de bisulfite S03Na H et de cyanure KCAz. La masse ainsi obtenue est fondue avec de la potasse, enfin on reprend le tout par l’eau et, dans la solution, on fait barboter un courant d’air. L’indigotine précipite; impure, elle est mise à bouillir dans la pyridine et livrée à la consommation après un séchage rapide.
- Synthèse à partir du ghycocolle. — Ici, nous retrouvons encore une méthode signalée par Heu-mann, mais celle-là fut mise en œuvre par les Farbwerke, de Hœchst.
- La fusion du phénylglycocolle, avec les alcalis caustiques vers 500°, donne YindoxyJe, à oxyder par la suite. ^
- C6ÏÏS. Azll.CH2.GOGH — C6H4^ ^ XCH24-H20
- xAzlIx
- c° \ / CO x
- 2ClilPx )CIP + 0 = H20-f-CfiHl( >C
- xAzïl/ xAzIK
- /CO
- = C< >C61P.
- XAzH/
- Mais on a gros intérêt à remplacer les alcalis par l’amidure de sodium AzH2Na, et c’est ainsi que l’indigo fut préparé, dès 1905, à Fusine de Creil, filiale, nous l’avons dit, des Farbwerke, sous le nom de Compagnie parisienne de couleurs d'aniline.
- Veut-on connaître maintenant le développement pris en Allemagne par cette branche très particulière de l’industrie chimique? Il suffit de jeter les yeux sur les statistiques de l’Empire, relatives aux vingt dernières années qui précédèrent 1914; en voici quelques extraits, les valeurs étant indiquées
- en marks. Indigo naturel entre Indigo artificiel
- Années. en Allemagne. exporté par elle.
- 1896. . . 20.720.000 6.405.000
- 1900. . . 5.645.000 9.565.000
- 1905. . . 1.975.000 25.721.000
- 1910. . 557.000 59.600.000
- Enfin, en 1915, les usines d’outre-Rhin vendaient à l’extérieur (: 55 000 tonnes de couleurs d’indigo et 250 000 kg de carmin.
- L’ensemble représentait 67 000 000 M. Quant au produit des diverses variétés de Tinctoria indigo-fera, il donnait 2000 tonnes (à 100 pour 100 d’in-digotine), contre 8000 au compte de son concurrent.
- En France, nous consommions les colorants sortis des usines de Creil — soit une dépense annuelle de 4 500 000 francs — ; il nous en arrivait un peu de Suisse, où la Société pour l’Industrie chimique de Bâle augmentait depuis 1911 ses exportations (575 000 francs en 1911; 1 500 000 en 1912; ,4 000 000 en 1915).
- En somme, grâce à son armée de chimistes et aux encouragements qu’ils avaient reçus des firmes les plus puissantes, l’Allemagne était maîtresse absolue du marché; l’acide monochloroacétique ne se produisait pas en France, où l’amidure de sodium ne sortait pas du domaine du laboratoire ; enfin, pour l’aniline, nos fabriques de teintures, peu favorisées par les cokerics et les usines à gaz, s’adressaient toujours à l’étranger.
- L’usine de Creil étant fermée dès août 1914, nous en vînmes bientôt à manquer totalement d’indigo. C’est alors que l’Office des Produits chimiques, dirigé par le professeur Béhal, et la Compagnie. d’Alais et de la Camargue, conseillée par le professeur Guyot, mirent au point la fabrication de l’acide monochloroacétique, que la Compagnie nationale des matières colorantes allait dorénavant utiliser (1916). Nous pouvons ainsi depuis quelques années produire à un prix intéressant l’indigo synthétique et le procédé, parfaitement mis au point, présente plusieurs stades que nous allons marquer avec quelque souci du détail.
- Le phénylglycocolle demande l’aniline, préparée sans difficulté par réduction du nitrohenzène, et l’acide monochloroacétique. On a, en effet :
- Ce Hs Az II® -+- CH2 CL COOH HCl + C6H3AzH. CH* COOH. (1)
- Pour obtenir l’acide halogéné, on a abandonné la méthode Àuger et Béhal comprenant une chloruration de l’acide CH3. COOH cristallisé, en présence du soufre (4 pour 100) ou du composé SCP (on opérait, entre 110 et 115° dans un appareil en fonte émaillé et surmonté d’un réfrigérant, le chlore arrivant à la surface de l’acide dont les vapeurs seules entraient en réaction). On préfère utiliser la décomposition du trichloréthylène, comme Font indiqué MM. L.-J. Simon et Chavanne.
- CIICl= CCl*-h2H20= CH2. Cl. COOH-42HCl.. (2)
- L’acélylène est ainsi transformé en télrachlor-éthane et l’opération demande, comme catalyseur, la tournure de fer mélangée à des morceaux de quartz ou le chlorure d’antimoine :
- ^C2I12 4- 2 Cl2 = CH Cl2. CH Cl2 (5)
- L’appareil comprend une chambre de réaction avec chemise d’eau froide et le garnissnge en est constamment arrosé parle dérivé déjà formé, projeté à la partie supérieure, où arrivent les deux courants de chlore et d’acétylène parfaitement secs. Si l’on maintient ensuite le tétrachloréthane dans un autoclave à 150-170°, en présence d'une solution d’ammoniaque, ou si l’on fait passer ses vapeurs sur du
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DE CHINE
- chlorure de thorium, on remonte au trichloréthylène qui, chauffé à 180° en présence d’acide S0‘H2, donne l’acide monochloroacétique h recueillir par distillation (fig. 4).
- Ayant l’acide CH2C1. COOH et l’aniline, la condensation se fait d’après la simple réaction indiquée plus haut (1).
- Reste à préparer l’amidure AzH2Na.
- Le dispositif de Castner s’y prèle parfaitement. Dans des cornues de fer, munies de cloisons en chicane, le sodium fondu est maintenu à 550-400° et traversé par un courant de gaz Az H3 très sec, les proportions des deux éléments en présence éLant réglées par l’équation
- Azll3 -f- Na = A z H2 Na H- H (4)
- L’amidure est amené au contact du phénylglyco-colle, puis la masse, reprise par l’eau, donne une solution à oxyder par barbotage d’air (fig. 5).
- Les dernières opérations se résument dans les réactions qui suivent et dont le mécanisme s’explique sans peine, si l’on prend soin de développer les formules.
- H H-O
- 2C6H»
- C = 0
- l/H
- xAz//<Jx'm-[
- H
- .CO,
- = 2CGH4< ) CH2 + 2 IRQ
- XAzX
- .CO.
- 2 C° Ii1
- C( -+-.0
- = H20 + CeIP
- CO
- CO v
- :C< / C(! U1.
- XAzllX
- (6)
- En résumé, les matières premières exigées par cette synthèse sont la benzine, le chlore, le sodium, l’acétylène et l’ammoniac.
- Or, si nos fours à coke et nos usines à gaz ne sont pas encore suffisamment développés pour que nous mettions à la disposition de ces usines de colorants des quantités importantes du carbure C6II6 et par suite d’aniline, les usines électrochimiques des Alpes françaises sont par contre avantagées pour produire à bon compte, d’une part, le chlore et le sodium, par traitement du sel Na Cl; d’autre part, le carbure de calcium, générateur de l’acétylène. Quant à l’ammoniac qui, de même que le benzène, ne saurait être d’un faible prix de revient que pour un pays distillant de fortes quantités de houille, les procédés de synthèse, par union directe des éléments Az et H, suppléeront bientôt à la carence de nos gîtes charbonniers.
- La fabrication industrielle de l’indigo, réalisée aujourd’hui dans des usines françaises, présente ainsi pour l’économie nationale un intérêt tout particulier, et cela d’autant mieux qu’il ne s’agit pas d’une seule teinture, mais bien d’une famille de colorants. Si les dérivés halogénés, notamment les tri- et les tétra-bromoindigotines constituent en effet les bleus Ciba, la « pourpre antique » répond à la formule
- BrC6H3< )C = C( >C6H3Br; XAzHx xAzIK
- de plus, les groupes Azll peuvent se remplacer par des atomes de soufre, pour donner le thioindigo, teinture rouge violacé du coton
- .CO, CO,
- C°H*< >C=C< pCMl4,
- x sx x sx
- tandis que Yindirubine, isomère dissymétrique de l’indigotine
- CelP
- CO
- Azll
- C = C
- CO C#H»
- Azll
- fournit des dérivés sulfurés-azotés ou sulfurés, bases de très nombreux écarlates. Paul Baud.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DE CHINE
- Une catastrophe dont on n’a point parlé.
- Il peut paraître étrange que la presse quotidienne ait consacré d’entières colonnes aux récents tremblements de terre de la côte chilienne, qui ne causèrent que quelques milliers de morts, et quelle ait passé sous silence une autre catastrophe dont le bilan se chiffre par 200000 victimes.
- Cette différence d’égards n’est pas une question de distance kilométrique, puisque le Chili Central et la province chinoise du Kansou sont, à vol d’oiseau, aussi éloignés l’un que l’autre de Paris, à quelques dizaines de lieues près. C’est plutôt
- une question de communications télégraphiques.
- Le cataclysme du Chili nous fut connu dans les 48 heures. Celui du Kansou se révéla avec plusieurs mois de retard, et la presse n’aime pas les vieilles nouvelles ! Ainsi, cette seconde calamité dut se contenter des modestes honneurs d’un écho de deux ou trois lignes, qui ne soulevèrent aucune émotion. La Chine surpeuplée nous a de longtemps accoutumés aux formidables hécatombes, avec ses inondations et famines périodiques qui déciment terriblement sa population.
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- 46 — LE TREMBLEMENT DE TERRE DE CHINE
- Fig. i. — Vue de Chingnitig, ville située près de l’aire de destruction. Oa voit au loin les collines en terrasses, formées de lœss, qui se désagrégèrent et coulèrent dans les vallées.
- La Nature n’a pas les mêmes « soucis d'actualité )>. Elle peut d’autant mieux revenir sur une catastrophe vieille de plus deux ans, qu’elle présente un intérêt tout particulier sur les terrains de l’ethnographie et de la géologie. (Voir La Nature. n° du 9 juillet 1921, Informations). Le Kansouest une des provinces les plus écartées du vaste empire. Peuplée de près de 4 millions d’àmes (d’après un recensement très approximatif), elle est bornée au Nord par les déserts de Mongolie, et à l’ouest, par les montagnes inexplorées du Thibet. C’est indiquer qu’elle est séparée par une distance considérable (1500 km à vol d’oiseau), des grandes villes de la cote, centres d’informations. En outre, plusieurs massifs montagneux élèvent des barrières quasi-infranchissables (l’hiver surtout) entre cette province et la Chine orientale. Aucune voie ferrée ne supprime, ou diminue cet éloignement, et la ligne télégraphique qui reliait sa capitale (Lanchovv) à Pékin fut détruite dès les premières secousses. On comprend donc que la nouvelle du désastre ait mis clés mois à filtrer vers le monde extérieur.
- Mais il est une autre explication fort curieuse au sujet de la lenteur qui accompagna la divulgation de la catastrophe. Nous rempruntons, comme tous les détails qui vont suivre, à la relation de M. Josef W. Hall, plus connu en littérature sous son pseudonyme de Upton Close, correspondant à Pékin de The China Press, de Shanghaï, et qui fut le premier journaliste à visiter l’aire de destruction et à' secourir les survivants.
- Le Kansou est peuplé en grande majorité de musulmans, qui forment en Chine comme untitat dans l’Etat. D’humeur belliqueuse, ils professent un profond mépris envers les autres confessions, et les annales de l’empire ont conservé le récit de leurs sanglantes révoltes. La plus récente fut celle de 1865, quand les musulmans fondèrent, dans le nord de la Chine, une république indépendante, qui se maintint jusqu’en 1877.
- Un proverbe chinois dit : « Le ciel tue ses vie limes par centaines. Les mahométans massacrent
- les leurs par dizaines de milles ». Or, au moment où se produisit la catastrophe, les musulmans du Kansou préparaient une jéhad, ou guerre-sainte. Sous la direction d’un nouveau prophète, nommé Ma, qui avait acquis une influence toute-puissante dans la province, ils s’apprêtaient à donner une fois de plus raison au sinistre proverbe en mettant à feu et à sang les provinces voisines. L’anarchkf qui règne en Chine depuis plusieurs années leur faisait la partie belle.
- Ma avait convoqué une centaine de notables afin d’arrêter la date du soulèvement. Ils étaient assemblés dans une mosquée souterraine, quand survint la première secousse qui les ensevelit sous les débris d’une montagne. On comprend d’autant mieux que les Célestes aient considéré la catastrophe comme un événement providentiel, qu’elle fit surtout des victimes dans les clans musulmans. Et l’on s’explique dès lors pourquoi la Chine, en cette occasion, ne fit pas appel à la philanthropie internationale, comme elle a coutume de. le faire en ses heures tragiques.
- La cosmologie chinoise enseigne que le dragon qui dort sous cette partie de l’empire « remue sa queue tous les 500 ans ». ïl est heureux que ses réveils périodiques n’engendrent pas uniformément des calamités. Les annales chinoises enregistrent, en l’an 800 de notre ère, une terrible secousse qui ravagea tout le nord du Chensi. Une autre, non moins formidable, se produisit dans le sud de cette même province, près de la frontière du Kansou. Mais aucune, dans la longue histoire du vieil empire, n’avait causé, à beaucoup près, autant de morts que la plus récente en date.
- Pour expliquer ce nombre fantastique de
- Fig. 2. — Vue d’une section de. la Grand’Roule Occidentale, bordée d’arbres, qui, avec le ruisseau qu’elle bordait, tomba dans le gouffre que le tremblement de terre creusa dans le lœss.
- On remarque que l’extrémité de la section de route, ainsi que le lit plat de la rivière, ont été comme tranchés au couperet.
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DE CHINE
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- 200 000 victimes, il suffit de considérer la principale aire de destruction, qui englobe une région d’une grande fertilité, la plus populeuse section de la province.
- Sur une. épaisseur qui peut atteindre plusieurs centaines de mètres, le sol est constitué par du lœss, poussière argileuse que les vents apportent, depuis des siècles innombrables, du désert de Gobi. Cette matière a formé une roche tendre, qui s’use et s’effrite facilement. Sous le passage des piétons et des bêtes de charge, les routes se sont approfondies comme des canons, et, dans les falaises perpendiculaires qui les surplombent, les hommes ont creusé des villages souterrains, où ils vivent, avec leurs chevaux et leur bétail.
- Comme la catastrophe se produisit subitement vers 10 heures du soir (le 16 décembre 1920, par un froid rigoureux), on s’explique mieux la lugubre importance de l’hécatombe. Surpris dans leur sommeil, les villageois furent écrasés entre les parois de leurs cavernes, lit ceux qui, sur les plateaux et dans les plaines, habitaient de véritables maisons, n’eurent pas un sort plus enviable, car leurs demeures s’écroulèrent, ou même, dans bien des cas, furent ensevelies sous des glissements de terrain, sous de formidables avalanches qui, si l’on peu t dire, décollèrent de leurs fondations de roche les montagnes de lœss, et les précipitèrent dans les vallées, gu elles comblèrent. On voit déjà que le séisme qui vient de
- bouleverser le centre du Kansou est d’une nature spéciale, qui le différencie, par exemple, de celui qui
- , .j
- Fig. 4. — Aspect d'une cité de troglodytes dans l’aire de destruction.
- Des milliers d’habitants ont péri dans ces « tombes vivantes
- Fi y. 3.— Tzichuan, ville de troglodytes dans la région du lœss, sur la limite de l’aire de destruction.
- ravagea la côte chilienne en novembre dernier. Ce fut un séisme de profondeur qui secoua si violemment la roche-mère . : «T-, T que les énormes amas
- de lœss qu’elle supportait en perdirent leur équilibre.
- Il se produisit alors un phénomène que les survivants ont décrit d’une expression qui fait image. Les montagnes marchèrent 1 Sur plusieurs points, la distance parcourue par cette promenade fantas tique atteignit 5 km ! Et ce déplacement de montagnes modifia complètement la géographie de la région. Des lacs disparurent, tandis que d’autres naissaient du comblement partiel des vallées. Des rivières changèrent de lit Des villes et des villages\furent effacés à jamais sous les torrents de matière.
- Nous employons à dessein cette expression bizarre. Il est manifeste que les éléments (grains de sable et d’argile) qui entrent dans la composition du lœss se dissocièrent, et que cette roche tendre se liquéfia. Alors elle se précipita en torrents dans les vallées populeuses, qu’elle combla.
- Après ce coup d’œil d’ensemble sur la catastrophe, nous en passerons en revue quelques détails. La secousse, enregistrée à 8 h. 09 par le sismographe de l’Observatoire de Zikawei (Changhaï), que dirigent des missionnaires français, fut ressentie entre 9 h. 50 et 10 heures dans le
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- Fig. 6. — Rivière barrée par un éboulenienl.
- Kansou. Les survivants disent qu’ils entendirent d’abord un formidable rugissement souterrain. Le choc se produisit dans la direction Nord-Est, sous forme d’un déplacement qui leur causa des nausées, et le sol revint brusquement dans la direction Sud-Ouest, les deux mouvements prenant ensemble une demi-minute.
- Ap rès d’autres secousses moins violentes, ils se i résignèrent à s’abriter dans les ruines de leurs maisons, car la nuit était très froide; un vent glacial soufflait, apportant du Nord des nuages de poussière. Ce ne fut qu’au lever du soleil qu’ils se rendirent compte de la nature et de l’importance du désastre.
- L’immense vallée n’était plus reconnaissable : sept torrents de montagnes en marche l’avaient comblée en partie. Cette vallée est traversée par une roule mandarine qui relie la Chine orientale au Turkestan, et que bordent des arbres centenaires. Deux sections de cette antique route avaient été tranchées net comme par un coup de hache, et transportées d’une masse à 500 ou 600 m. de distance! Plusieurs arbres étaient restés debout, avec leurs nids d’oiseaux encore accrochés à leurs hautes branches !
- Dans une autre vallée, peuplée de 7000 âmes, un millier de personnes trouvèrent la mort dans leurs maisons ou dans leurs cavernes détruites. Les autres durent leur salut à une circonstance fortuite. Leurs villages allaient être ensevelis sous la chute d’une montagne, quand elle reprit son équilibre, avec la cessation des secousses. Elle forme maintenant un gigantesque mur qui, à sa base, effleure l’enceinte d’un village.
- Ailleurs, de dix villages espacés dans une vallée, il ne survécut que trois hommes et deux chiens. Ces survivants se virent transportés à travers la vallée sur la crête d’une montagne au galop, qui les lança dans un tourbillon produit par la rencontre de deux autres avalanches. La violence même de ce tourbillon les sauva, en les projetant sur la pente d'une autre montagne.
- On enregistre fréquemment de curieuses anomalies dans ces cataclysmes. Ainsi, un modeste fermier, dont la chaumière construite de lœss •
- aggloméré, avait résisté, on ne sait pourquoi, aux secousses, fut tout surpris, en ouvrant sa fenêtre le lendemain matin, de se voir entouré par des plantations d’abricotiers. C’étaient des vergers que les glissements de terrain avaient poussés et déposés sur ses propres champs !
- Résumant ses observations, qu’il releva trois mois après la nuit fatale, M. Josef W. Haie estime que l’aire de grande destruction mesure 500 km sur 170, et qu’elle, comprenait 10 grandes villes, qui ne sont plus que des amas de ruines, sans parler des nombreux villages engloutis sous les avalanches. Cette aire de destruction totale esl le cœur de la région du lœss. Dans les régions avoisinantes, et surlout sur le versant nord-est de la haute chaîne de Liu-Pan, le sol s’est crevassé « comme un plat de porcelaine ». Il n’avait pas encore repris son équilibre, trois mois après les premières secousses. M. Hall et ses compagnons en ressentirent plusieurs ; elles étaient accompagnées, dit-il, d’un fracas qui paraissait causé « par un train rapide courant dans les profondeurs du sol ».
- Le distingué voyageur rapporta de sa laborieuse expédition l’impression que le Kansou ne se relèvera pas facilement de ses ruines. Plusieurs villes ont perdu plus de 80 pour 1.00 de leur population. Découragés, les survivants laissaient pourrir dans les rues les cadavres par centaines, et les carcasses d’animaux par milliers. V. Forbin.
- Fig. 7. — Des fonctionnaires indigènes procèdent aux premiers travaux de sauvetage. Ils furent bientôt secondés par un comité de secours organisé à Pékin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I,amure, 9, rue fie Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2547.
- 27 JANVIER 1923
- LE ROBINET ÉLECTRIQUE ET SES APPLICATIONS [Suite
- IV. — Traction électrique des véhicules sur voie ferrée, sans trolley, par courants alternatifs de haute fréquence.
- — Il est difficile d’embarquer, sur un véhicule animé d’une grande vitesse, des courants très intenses au moyen d’un contact glissant. En élevant leur tension, on diminuait leur intensité et cela facilitait leur embarquement, tout en économisant du cuivre. C’est pourquoi on voulait se servir de courants alternatifs, de fréquence usuelle, en les transformant„ sur la locomotive, avant leur envoi dans les moteurs. Mais on a dû y renoncer, parce qu’ils troublaient les communications télégraphiques et télépho-
- tensions dans les lignes télégraphiques à simple fil, il suffirait de relier celles-ci à la terre, de
- distance en distance, par des condensateurs qui laisseraient passer, en ne leur opposant qu’une très faible impédance, les courants de fréquence ‘20 000, mais arrêteraient les courants télégraphiques.
- Nous allons voir comment doivent être constitués les éléments essentiels de ce système de traction.
- \. Ligne de transport. — Pour fixer les idées, supposons cette ligne constituée par deux conducteurs parallèles et horizontaux, distants l’un de
- 'ujimm//////7TT777m
- mnmm/nnTmm
- Fig. i.
- Conducteur pour ligne de transport de courant électrique alimentée en courant de haute fréquence.
- Ligne primaire l Courant continu à tension constante)^
- Ligne secondaire bouclee traversée par du courant alternatif d'intensité constante fréquence 20000
- Fig . 2.
- Le mécanisme d'alimentation électrique d’un train sans trolley.
- Le courant principal est du courant continu à haute tension, transformé en courant alternatif de liante fréquence
- et d intensité constante au moyen d’un robinet électrique.
- niques dans le voisinage de leur ligne de transport.
- Or, si l’on se servait de courants alternatifs de fréquence élevée, 20 000 par exemple, et les faisait
- Fig. 3.
- Véhicule pour traction électrique par induction.
- 51* Annét. — 1" Se
- circuler dans des conducteurs tendus au-dessus des voies, ils pourraient en induire d’autres dans un circuit porté par les voitures d’un train et s’étendant au-dessus d’elles, parallèlement à ces conducteurs. Il n’y aurait plus de contact glissant. D’autre part, les courants induits dans les lignes télégraphiques et téléphoniques seraient sans action sur leurs récepteurs, à cause de leur fréquence, et, pour les empêcher de produire des sur-1. Voir La Nature, n° 2546.
- l’autre de 1 m. 25, situés à \ m. au-dessus des rails et symétriquement disposés, par rapport à un plan vertical passant parle milieu de la voie.
- Chaque conducteur se compose de deux tubes concentriques de d mm. d’épaisseur. Le diamètre extérieur du tube intérieur est de 20 mm., celui du tube extérieur de 26 mm. Ils sont séparés par un diélectrique épais de 2 mm. dont nous supposons le pouvoir inducteur spécifique égal à 2 et la rigidité électrostatique égale à 4 000000.
- Ces tubes sont interrompus de distance en dis-
- * Conducteur parcouru par du courant de haute fréquence *
- Fig. 4-
- Un train mis en mouvement au moyen de courant à haute fréquence, sans trolley.
- 4. - 49.
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- LE ROBINET ELECTRIQUE ET SES APPLICATIONS
- tance (fig. 1 ) et chacun d’eux est divisé en tronçons de même longueur, isolés les uns des autres, mais les points d’interruption d’un tube sont à égale distance de ceux de l’autre. La ligne se com-pose ainsi de condensateurs identiques associés en série.
- Son coefficient de self-induction est de 5 751.40~3 henry par kilomètre. La capacité d’un condensateur élémentaire long de ! km. serait de 0,(î094 10-G farad. Pour que la ligne résonne, lorsqu’elle est parcourue par des courants de fréquence 20000, chacun des tronçons doit avoir une longueur de 471 m. 5. Nous y ferons passer 100 ampères, au plus; la tension supportée par le diélectrique sera alors de 5542 volts et il en faudrait 80000 pour le percer.
- Enfin la capacité en dérivation de la ligne compte tenu de la présence du sol, est de 0.04 25. UT'5 farad par km.
- Pour compenser ces effets, on branche, tous les km, entre les deux conducteurs d’aller et de retour, une bobine ayant un coefficient de self-induction de 0.00507 henry.
- 2. Alimentation de la ligne de transport. — Une ligne primaire, parcourue par un courant continu à haute tension, dessert des postes de transformation semblables à celui de la figure 2, mais le transformateur desservant le réseau d’alimentation est remplacé par un second résonateur LC accordé pour la fréquence 20000, comme le résonateur.
- La ligne secondaire XX, où l’on veut envoyer le courant alternatif, est en forme de boucle et branchée entre les bornes de la bobine L. Alors, comme l’a démontré jadis M. Boucherol, si une différence de potentiel efficace constante est maintenue entre les bornes du résonateur LC, la ligne XX est par-
- courue parun courant d’intensité efficace constante, quelle que soit son indépendance. Enfin, si sa self-induction est compensée par des capacités, comme dans le cas actuel, le courant qui traverse le résonateur LC est complètement watté.
- 5. Circuits induits des voitures. — Sur les toits des voitures (fig. 5 et 4) sont disposés, à 1 m. 25 l’un de l’autre, deux tubes m et n de 40 cm. de diamètre et de 2 mm. d’épaisseur. Chacun s’étend à 40 cm. au-dessous d’un des conducteurs de la
- ligne de transport.
- Ces tubes sont portés par des isolateurs et reliés à ceux des voitures suivantes par des conducteurs souples munis de raccords mille et femelle.
- A l’extrémité du train, les deux brins prolongeant les tubes sont accouplés entre eux et ferment le circuit.
- En tète du train, il est fermé par les appareils de transformation.
- Par mètre de longueur, ce circuit a, avec la ligne, un coefficient d’induction mutuelle de 458.7.10-9 henry; son coefficient de self-induction est de 2575.10”° henry. En y faisant passer un courant de 1755 ampères, on détermine, dans la ligne, une chute de tension de 100 volts par mètre de longueur, en lui prenant 10 kilowatts.
- Mais il faut, pour cela, que le circuit induit résonne. Dans ce but, chaque voilure porte un condensateur intercalé dans ce circuit. Supposons qu’elle ait 15 m. de longueur entre tampons, son conden sateur doit avoir une capacité de 1,892 microfarad, supporter une tension de 7500 volts efficaces et emmagasiner alors 101 joules; la puissance rendue disponible sur la voiture est de 150 kilowatts.
- 4. Maintien de la résonance. — Pour que le circuit induit résonne, il faut qu’il soit parfaite
- i*prï.-.T:A«T;
- Fig. 5.
- Equipement d’une route électrifiée pour automobile.
- En haut :
- Le long de chaque piste montante ou descendante sont disposés 2 caniveaux A, A, en grès, maçonnerie ou béton.Us affleurent le sol et marquent la piste que doivent suivre les chauffeurs.
- Leur écartement est égal à l’écartement normal des roues des voitures, soit 1 m. 44.
- A l’intérieur de ces caniveaux sont disposés des conducteurs condensateurs semblables à ceux de la figure 1. Ils sont isolés, mais n’ont pas d’enveloppe métallique. On peut aussi les faire simplement reposer sur des isoloirs en porcelaine.
- Le circuit induit B de la voiture est de forme rectangulaire. Il est suspendu au-dessous d’elle.
- A part cette disposition des cables au-dessous de la route, l’installation est semblable à celle des voies ferrées.
- En bas :
- Le schéma montre comment le circuit induit B est disposé entre les roues d’avant et d’arrière. ’
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- LES GISEMENTS DE PETROLE DE L’AMÉRIQUE
- ment accordé et l’accord doit être maintenu automatiquement. Un dispositif spécial installé sur la voiture automotrice remplira cette fonction. Nous n’avons pas ici la place pour le décrire.
- 5. Commande des moteurs du train. — Si le train a L mètres de longueur, on dispose, dans la voiture de tète, d’une puissance de 10 L kilowatts apportée par des courants alternatifs de fréquence ^0 000, fournis sous la tension de 5,70 L volts. Mais on peut modérer à volonté cette puissance en désaccordant le circuit induit des voitures et, par suite, limiter à volonté l’intensité du courant fourni. Il suffit, pour cela, d’ajouter au système une bobine de self-induction que manœuvrera le watt-mann.
- Ces courants seront transformés, au moyen de l’abaisseur de fréquence précédemment décrit, en courants triphasés, d’une fréquence aussi basse que l’on voudra et que l’on fera varier avec la vitesse du train. Cela permettra d’employer des moteurs à cage d’écureuil, les plus simples de tous, qu’il n’y aura aucun inconvénient à répartir sous les voitures, en les rendant toutes automotrices. Ils seront associés en série, la force électromotrice dont on disposera étant proportionnelle au nombre des voitures, et, par suite, au leur.
- Non seulement ce système dispense de l’emploi des contacts glissants, mais il permet d’envoyer daps la ligne de transport, des courants de très haute tension, et de recueillir des courants de tension modérée sur le train, soit de 85 volts environ par voiture. La ligne constitue en effet le circuit primaire d’un transformateur, dont le circuit secondaire est le circuit induit porté par les voilures. Tous les appareils de transformation sont statiques, à l’exception d’un commutateur, qui ne coupe que des micro-ampères, et les appareils de contrôle se réduisent à une bobine de self-induction variable et au très petit rhéostat destiné à régler la vitesse du
- 51
- commutateur. Enfin, il permet de n’employer que des moteurs d’induction à cage d’écureuil.
- Ce système paraît donc devoir être beaucoup plus simple et plus économique que les systèmes actuels à tous les points de vue.
- V. —Traction des automobiles sur routes électrifiées. — Des automobiles pourraient être actionnées de la même manière sur une route, le long de laquelle les voitures montantes suivraient une piste dite montante et les voitures descendantes une piste dite descendante.
- N’étant liée par aucun lien matériel à aucun conducteur fixe, une voiture montante pourrait emprunter momentanément la voie descendante, si elle était libre, pour dépasser une autre voiture montante, comme cela se pratique couramment.
- Seules les routes principales seraient électrifiées. Mais chaque voiture serait munie d'une batterie d’accumulateurs : en l’utilisant, elle pourrait gagner la route électrifiée ou la quitter, pour se rendre à sa destination.
- Elle ferait ainsi, à grande vitesse, sur la route électrifiée, la majeure partie de son parcours et, pendant ce temps, rechargerait sa batterie.
- On résoudrait ainsi la crise mondiale du pétrole.
- Les schémas de la figure 5 montrent comment devrait être aménagée la route.
- On aura, certes, bien des difficultés à surmonter avant de réaliser les robinets, même à vapeur de mercure, de grandes puissances nécessaires pour produire ou transformer les courants alternatifs de fréquence élevée. Mais, nous avons cru devoir signaler, dès à présent, ces diverses applications pour montrer l’intérêt que présente l’étude de ces appareils et nous serions heureux si nous pouvions la mettre cà l’ordre du jour.
- Ma eu icii Leblaxc,
- Membre de l’InsliLul.
- LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE L’AMÉRIQUE(1)
- Les États-Unis et le Canada.
- En continuant à suivre la zone montagneuse de l’Ouest après la frontière mexicaine, on trouve encore de sérieuses richesses en combustibles dans l’Amérique du Nord ; le National Muséum, en 1919, a publié une étude assez complète à ce sujet, en s’étendant surtout sur le pétrole.
- Au bord du Pacifique, en Californie, on a de belles exploitations très régulières, celles de la section de Los Angelès. La découverte des premiers suintements bitumineux s’est faite en 1895 vers Los Angelès, très près de la mer, vers laquelle plongent les couches stratifiées sableuses et argi-
- 1. Voir n" 2520, 2527 et 2533.
- leuses : on a été entraîné à poursuivre ies veines naphtifères sous l’Océan, comme d’ailleurs il arrive pour les mines de houille de Newcastle et pour les gisements de plomb, zinc et argent du Laurium.
- Le fond de la baie est en pente très douce, on y a fait des estacades au milieu desquelles on a installé les appareils de forage.
- L’étendue du terrain attaqué n’est pas très considérable, mais la production des puits est forte et assez régulière; de nombreux sondages ont été percés, quoique le pétrole s’y montre de très médiocre qualité, avec une densité voisine de 0,90 ; celte région californienne entre pour 30 pour 100 dans le total des huiles extraites aux Etals-Unis.
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- Beaucoup de gaz sortent des sondages : on en a évalué le volume à 1 milliard de mètres cubes pour 1918.
- D’autres recherches ont été faites plus au Nord ; elles ne semblent pas avoir eu grand succès ni comme huiles ni comme combustibles plus anciens, il y a bien quelques couches de lignite médiocre aux environs de San Francisco, mais elles ne jouent pas un rôle notable dans la consommation.
- Il faut aller beaucoup plus près du pôle pour trouver de beaux gisements de houille, ceux de la Colombie anglaise, mais on n’a pas encore signalé d’hydrocarbures du côté occidental.
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- Le pied oriental du massif montagneux mexicain, qui devient les Montagnes Rocheuses en arrivant aux Ktats-Unis est mieux fourni : la plaine du Texas a été d’abord attaquée au Sud, puis on en est sorti le long de la côte de la Louisiane, et enfin, on a tourné au Nord pour s’étendre au bord de l’Arkansas ; à partir de 1905 les travaux ont pris là un développement extraordinaire qui fait de ce district aujourd’hui le plus grand producteur des Etats-Unis. C’est la suite évidente des gisements de l’Est Mexicain, mais après infiltrations à grande distance de la chaîne volcanique, et ils ressemblent plus à ceux de Los Angelès qu’à ceux de Tampico ; il y a eu cependant de forts jets de pétrole jaillissant.
- Le Texas fournit 40 pour 100 de la production des Etats-Unis, en y comprenant la petite production des sondages voisins de Denver, entrepris depuis une vingtaine d’années, entre la célèbre mine d’or de Crepple Creek, attaquée par le haut à 4000 mètres d’altitude, et les hauteurs encore plus
- fortes du Pikes Peak. Celte vallée débouche sur la grande plaine de l’Arkansas, commençant ainsi la descente vers le pli synclinal du Mississipi, où l’étendue des zones fertiles en combustibles est énorme.
- C’est au travers de ces hydrocarbures du Texas et du Kansas que se fait la liaison entre les hydrocarbures de Pennsylvanie et ceux du Mexique.
- En continuant toujours au Nord, nous ne voyons
- rien à signaler jusqu’à la sortie des Etats-Unis ; vers le 50e parallèle, les Montagnes Rocheuses disparaissent en s’infléchissant assez brusquement vers l’Ouest, et en examinant une mappemonde, nous avons l'impression d’entrer là dans une région toute différente des précédentes.
- Nous serions au bord d’un vaste effondrement dont le Pôle Nord occuperait le centre, et qui s’étendrait un peu irrégulièrement jusqu’au 60e parallèle, avec des encoches comme celle du Canada, arrivant jusqu’au 50e parallèle, et aes promontoires comme ceux de l’Alaska et de la Norvège où le bord de l’alfaissement serait près du 70e parallèle. Ce serait la répétition de ce que nous avons vu au Nord de l’Amérique du Sud.
- Dans nos idées sur l’origine des combustibles minéraux, nous ne saurions être étonnés de trouver là des gîtes de pétrole, et en fait il y en a de très considérables. Celui du district d’Alberta est connu depuis longtemps, car il s’y trouve d’assez grands lacs naturels d'hydrocarbures. Il faut dire que le climat glacé de ces territoires conserve mieux le pétrole que celui des tropiques : peut-être la lagune de Maracaïbo serait-elle aussi un lac de pétrole si l’action du Soleil ne le détruisait pas au fur et à mesure de sa sortie de terre.
- 1900
- 1906
- 1910
- 1915
- 1920
- Appa/aches
- Lima-lndianà
- Illinois
- Kansas -- Okiahome
- Mord du Texas
- Nord-Ouésh de la L Ouisiene
- Côte du Golfe du Mexique
- Montagnes
- Rocheuses
- Californie
- Fig. i. — La production de pétrole dans les divers gisements des États-Unis de içoo à içi~.
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- L’ardeur spéciale récemment apportée à la recherche des gisements d’huiles a forcément amené les propriétaires et les lanceurs d’affaires à se préoccuper de tirer parti de ces ressources, qui paraissent vraiment très considérables, et sur lesquelles les groupes dépendant du Kaiser prussien avaient jeté leur dévolu avant l’affreuse guerre.
- Ce qui gène le développement des opérations industrielles, c’est l’énorme distance séparant ce
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- Malgré tout, il faudra bien que le Canada contribue à la production des huiles, et même on fait des efforts pour rechercher la continuation du gisement dans les régions plus orientales et plus septentrionales, comme les abords de la mer d’Hudson : il est possible et môme probable qu'on tirera de là d’autres ressources.
- Disons en passant que le plissement dont nous venons de parler, continue tout au long du cercle
- Fig. i. — [.es gisements pétrolifères des États-Unis et du Canada.
- district des grands centres de consommation, des grandes villes de l’Est Canadien, du Saint-Laurent et de la région Nord des Etats-Unis. Les difficultés de transport sont exagérées par la basse température qui accroît énormément la viscosité des huiles et rend très ^difficile l’emploi des pipe-line s et surtout des pompes élévatoires. On sait combien les tanks éprouvent de difficultés pour leur déchargement dans les ports froids, à ce point qu’on y a installé des appareils pour le chauffage des soutes, et qu’on a fait beaucoup de recherches sur le moyen de solidifier le pétrole ; faute de pouvoir aisément lui donner de la fluidité, on voudrait au moins le transformer en houille maniable comme solide.
- polaire arctique : il est jalonné par les volcans de l’Islande, par les houilles du Spitzberg ; on n’en connaît pas de témoins plus à l’Est, sauf aux bouches de l’Obi d’après certains récits. La forme générale du rivage sibérien dénote seule l’affaissement polaire, et s’il y a des pétroles parla, leur reconnaissance et leur mise en valeur pourront exercer l’habileté des ingénieurs !
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- H* ¥
- C’est à l’Est des Etats-Unis que l’attaque des pétroles a commencé vers 1880, dans la région des Apalaches, entre la Pennsylvanie et la Virginie; elle s’est étendue ensuite à l’Ohio, puisa l’Etat d’Indiana
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- et à l’Illinois. Par ces derniers gisements, on entre dans la vallée du Mississipi, et peut-être y a-t-il une liaison récente ou ancienne avec le Kansas, le Texas et le Mexique.
- Cependant, nous sommes portés à penser que les gisements, situés entre New-York et Chicago, sont plutôt dépendants de la ligne volcanique des petites Antilles, en passant par la presqu’île de Floride.
- Les sondages de Pennsylvanie ont été le premier des centres pétrolifères d'importance mondiale et ont. eu leur maximum de production vers 1900 avec 120 millions de barils, mais depuis lors ils sont tombés à 90 millions, pendant que le territoire d’Indiana, avec 6 millions en Î9lt0, s’est réduit à presque rien en 1920. L’Illinois, attaqué vivement en 1905, a atteint, en 1908 150 millions, mais il a diminué peu à peu jusqu’à 40 millions en 1920.
- Ces gisements sont considérables comme étendue et comme puissance moyenne; mais leur productivité élémentaire est faible; la tiltration des huiles se fait très lentement et c’est sans doute pour cela qu’elle se montre durable.
- Pour l’acLiver un peu, on s’efforce d’ouvrir des chambres d appel en agrandissant le fond des puits par des explosions de dynamite; mais avec tout cela il ne semble pas qu’on arrive à tirer en moyenne plus d’une tonne de pétrole par mètre carré de sous-sol jusqu’au moment de l’épuisement pratique.
- Mais on maintient encore en pompage des forages qui ne donnent pas 10 litres par jour.
- Le pétrole est beaucoup meilleur qu’à l’Est, parce qu’on est plus éloigné du lieu de la production plu-tonienne.
- Diverses raisons portent à penser que les huiles sont emprisonnées depuis un temps très long dans les zones sableuses d’où ouïes obtient; mais d’autre part l’abond.mce des gaz qu'on recueille dans les sondages, et qu’on utilise soigneusement en certains districts, semble indiquer qu’il y a production profonde et continue des hydrocarbures.
- Les ingénieurs américains calculent que dans 20 ou 25 ans la grandi; production aura cessé dans cette région : c’est malbeureuÿement à craindre et cela gênera durement les industries américaines.
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- Les profonds sondages de l’Ohio, de Pennsylvanie, de l’Indiana produisent de très grandes quantités de gaz combustibles surtout dans la région de
- ! Pittsburg où on les a aménagés pour usages industriels.
- Dans l’Indiana, vers 1890, on a commencé des travaux spéciaux pour le gaz et obtenu des débits de 55000 mètres cubes par jour sous des pressions de 27 kg (forages de 250 à 500 mètres). Quatre mille puits ont été rapidement ouverts, mais la pression et le débit ont baissé assez vite, et en 1902 on n’arrivait pas à plus de 5,5 kg de pression malgré les profondeurs accrues jusqu’aux environs de 500 m.; mais le pétrole s’est montré ici à la suite du gaz et la production est satisfaisante. Cette arrivée du pétrole ai rès le gaz semble indiquer que les eaux d’infiltration sont rares et n’interviennent guère dans l’ascension du pétrole.
- Les gaz se montrent sur une grande étendue, qui comprend toutes les régions attaquées des deux Côtés du Mississipi, depuis le Texas et la Floride en passant par le Connecticut jusqu’au Kansas, à la Pennsylvanie et sans doute au Canada, car on retrouve les gaz peu après le passage de la frontière, avec un peu de pétrole.
- Il reste d’immenses espaces non explorés qui seront successivement attaqués, maintenant que l’industrie ne recule pas devant des sondages pouvant aller jusqu’à 1500 mètres de profondeur.
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- Les beaux travaux duNalional Muséum contiennent deux cartes suggestives au point de vue de notre thèse générale sur la communauté d’origine de tous les gisements de combustibles minéraux.
- La première détermine les régions fournissant des houilles anthraciteuses, des houilles grasses (très rares en Amérique) et des lignites gras ou maigres ; la seconde porte les parties où on a reconnu des zones à pétroles, à schistes bitumineux, et à gaz combustibles.
- Si on superpose les contours marqués sur ces deux feuilles, on est frappé de voir rempiétenienl de la seconde série sur la première qui est beaucoup plus étendue ; et cetLe remarque est d’autant plus intéressante que ces relations ont été marquées par des ingénieurs qui sont loin d’admettre ni d’avoir compris la liaison forcée enlre tous lès combustibles minéraux et les accidents d’ordre volcanique.
- C’est une petite confirmation de la thèse que nous soutenons contre les. enseigneurs officiels : rien d’organique dans la formation d’aucun des corn bustibles minéraux anciens.
- F. R IC. AUD.
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- L’INDUSTRIE DES CONSERVES DE CERISES
- Fig, r. — Marché des cerises à Itxassou (Basses-Pyrénées).
- Jadis en France, on consommait les cerises surtout à l’état frais et sous forme de confitures. Parfois on les distillait ou on les laissait macérer dans de l’eau-de-vie. Mais c’étaient là, somme toute, de médiocres débouchés pour des fruits délicieux, qu’au cours de certaines années, produisent, en extrême abondance, des arbres plantés souvent en bordure des champs ou des chemins et n’exigeant ni taille, ni soins. La pénurie de la main-d’œuvre au moment de la récolte et la lenteur des transports par voie ferrée forçaient, en effet, nombre de propriétaires à laisser pourrir les savoureuses perles rouges de leurs cerisiers. Selon les statistiques, une vingtaine de millions de kilogrammes de cerises se perdait alors annuellement sur toute l’étendue du territoire français.
- Aussi en 1862, un industriel parisien, Émile Baudot, eut l’idée de conserver les cerises dans des bou-leilles à large goulot, après les avoir dénoyautées. L’expérience réussit très bien et, grâce à ce procédé, on put tirer parti de fruits, dont seuls auparavant les petits oiseaux profitaient ! Depuis cette époque, en particulier , nos pâtissiers se procurent, hors de saison, des cerises ainsi conservées, qui leur permettent de réaliser d’excellents gâteaux et de très fines confiseries.
- Aujourd’hui, les fabricants de conserves de fruits traitent, comme variétés de cerises, les Griottes, les Bigarreaux et les Guignes.
- Parmi les Griottes, ou cerises aigres à petit noyau, on estime principalement la Griotte noire, la Grosse Morelle, la Griotte cje.Kleparow et la Griotte du Nord.
- De leur côté, les Bigarreaux se distinguent par leur chair croquante et leur jus incolore. On recherche surtout le Bigarreau noir hâtif ou cerise d’Espagne, le Cœur de Bœuf, la Grande Noire croquante, le Gros Gobet et la Marmoréenne.
- Les Guignes, entre autres la noire à chair ferme, la noire ancienne de Tartarie, la Grosse Noire luisante et l’Aigle noir, se recommandent par leur jus sucré et coloré.
- Indépendamment de ces variétés classiques, convenant plus particulièrement au séchage, à la fabrication de cerises au naturel pour la pâtisserie, à la préparation des sirops et vins de cerises, il existe des variétés locales connues seulement dans leur pays d’origine et plus ou moins adéquates à l’industrie de la conserve. Tels sont, par exemple, le Bigarreau madriaque et le Bigarreau blanc de Corrèze préconisés par M. J.-B. La-vialle, pomologistelimousin, la Cerise de Champagne à courte queue de Dormans et la Cerise de Villers ou des environs de Rouen, dite aussi « Cerise de l’Ouest » et très recherchée pour la confection des cerises à l’eau-de-vie.
- Quant aux principaux centres de production, ils se trouvent disséminés un peu partout en France, mais principalement dans les vallées du Rhône, de la Durance, sur le littoral méditerranéen, en Auvergne, dans les vallées de la Garonne et de la Seine, la Savoie, les Vosges et jusqu’en Bretagne. Parmi les plus célèbres marchés de cerises, on peut citer Les Mées (Basses-Alpes), Aramon et Bagnols (Gard), Saint-Rambert-d’Al-bon, Montélimar et Pierrelatte
- Fig. 2.
- Pesage, équeutage et dénoyautage à la main, lors de l’arrivée à l’usine.
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- L’INDUSTRIE DES CONSERVES DE CERISES
- Fig. 3. — Dénoyauteuse Navarre combinée avec une embouteilleuse automatique à 20 cases.
- (Etablissements Mourreaux et Dramard, à Pantin.)
- (Drôme), Montauban, Moissac, Valence et Caus-sade (Tarn-et-Garonne), Solliès-Pont, le Grau, Puget-Ville et Hyères (Var), Valréas, Orange, Car-pentras, Avignon et Apt (Vaucluse), Itxassou dans les Basses-Pyrénées (lig. 1), Bordeaux, Blaye et Libourne (Gironde), Pont-du-Château (Puy-de-Dôme), où les confiseurs s’approvisionnent de Bigarreaux, de Griottes et de Guignes tandis que les Cerises à Hirsch se cultivent principalement dans le Doubs (Vallée de la Haute-Loue), la Haute-Saône (arrondissements de Lure,
- Fourgerolles etLuxeuil), la Côte-d’Or (Dijon, Salongey et Talant), les Vosges (canton de Bains et de Plombières), la Marne (Passavant), la Meuse et le Morbihan (Pontivy, Hennebont et Vannes).
- D’autre part, si les environs de Paris (Palaiseau et Suresnes), la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne (arrondissement de Melun), l’Indre-et-Loire, la Corrèze (Brive), la Haute-Vienne, l’Yonne (Saint-Bris, Champs,
- Augy, Noyers et Vincelles) produisent de très bonnes espèces de cerises consommées fraîches, on trouve actuellement beaucoup plus rémunérateur de traiter pour la confiserie les variétés suivantes : les Cerises anglaises, les Àmarelhs, les Cerises de Sauvigny
- (genre Griotte de Montmorency à queue courte), les Griottes de Pont-du-Château, les Bigarreaux Napoléon, les Cerises communes sauvages, les Reine Hortense, les Cerises de Champagne et les Griottes des vallées de la Garonne et du Rhône.
- La consommalion de la cerise mi-sacree ou cerise égouttée et celle de la cerise glacée ou cristallisée, très importante en Angleterre et aux Llats-Unis, offre effectivement de lucratifs débouchés aux producteurs français sans compter le marché national qui se développe de plus en plus.
- Ces différentes fabrications exigent l’équeutage et le dénoyautage des fruits, opération s’exécutant soit à la main, soit à l’aide de machines très perfectionnées.
- Dans le premier cas, lors de leur arrivée à l’usine, les paniers de cerises sont vérifiés et pesés, puis on les déverse sur de grandes tables (fig. 2) autour desquelles des femmes coupent les queues et retirent les noyaux au moyen d’une épingle dont les extrémités sont piquées dans un bouchon. Après quoi, les cerises passent entre les mains d’enfants ou d’hommes qui les lavent soigneusement, les mettent en bouteilles, les bouchent et les ficellent au fil de fer en disposant sur le bouchon une petite plaque de fer-blanc. Les fioles ainsi préparées sont alors placées dans des chaudières où on les stérilise. Ensuite, une fois les flacons de cerises refroidis, on les retire, on y colle des étiquettes plus ou moins artistiques et on les dirige sur le magasin d’expédition en attendant la vente.
- Dans certaines maisons de moyenne importance, on se sert d’un instrument très simple pour enlever les noyaux. Il se compose d’un manche rond en bois de'12 cm de longueur, sur 15 mm de diamètre, au bout duquel se trouvent enfoncées les deux extrémités d’un fil de cuivre recourbé en forme d’U et préalablement aplati. Mais dans les établissements modernes, on utilise la nouvelle machine auioma-
- Fig. 4. — Bouchage à la machine des bouteilles de cerises.
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- tique à équeuler les cerises récemment inventée par l’ingénieur Navarre et avec laquelle une seule ouvrière traite 500 à 600 kg de cerises à l’heure. On jette ces fruits en vrac dans une trémie et un organe de distribution en assure la répartition sur un plan incliné à mouvements oscillants qui, à son tour, les déverse sur un tapis à lamelles porteur de crochets. Ce premier système happe les bouquets de deux cerises ou davantage et s’enroule en montant pour amener les fruits ainsi retenus à la hauteur d’une brosse circulaire dont la rotation rapide assure l’équeutage. De leur côté, les cerises isolées glissent sur ce tapis et se trouvent déversées, une par une, dans des goulottes suffisamment inclinées pour qu’elles tombent par simple gravitation. Mais un jeu de brosses, porté sur des chaînes, presse les fruits légèrement et les achemine, dans ces sortes de conduites, é vidée s suivant leur génératrice inférieure, de manière que, durant leur parcours, les queues se présentent fatalement dans l’ouverture et se trouvent entraînées par deux rouleaux cannelés qui les arrachent des cerises. Chacune de ces équeuteuses exécute avec régularité le travail d’une trentaine de femmes et n’abîme pas les fruits même lorsqu’ils sont très mûrs.
- De même pour le dénoyaulage, M. P. Navarre construit également plusieurs types de machines permettant de traiter de 100 jusqu’à 300 kg de cerises à l’heure. Notre photographie (fig. 5) montre l’un de ces appareils, combiné avec une embouteil-leirse automatique, à 20 cases et installé depuis peu dans les établissements Moureaux et Dramard, à Pantin (Seine). À la partie supérieure de la dénovauteuse, une ouvrière verse les cerises, puis une brosse les répartit dans les alvéoles d’un cylindre disposé horizontalement et animé d’un mouvement de rotation discontinu, commandé par engrenage et croix de Malte. De sorte que ledit cylindre, portant les fruits, marque un temps d’arrêt pendant lequel
- Fig. 6. —j Étuvage des cerises à la vapeur,
- Fig. 5. — Mise en tonneau des cerises sulf urisées.
- (La sulfuration s’opère dans le petit bâtiment au second plan.)
- un jeu d’aiguilles descend et chasse les noyaux. Ceux-ci s’éliminent par les orifices d’un caoutchouc qui, soutenant la cerise pendant l’opération, empêche le noyau d’emporter une quantité appréciable de pulpe et referme l'ouverture béante qu’il a faite dans le fruit. Les noyaux s’évacuent automatiquement sur le côté de la machine tandis que les cerises dénoyautées tombent soit sur un secoueur qui élimine les déchets, soit sur des tables spéciales munies de rainures et de trous. Au-dessous de ces derniers, des femmes mettent des bouteilles qui se remplissent automatiquement. Une fois les flacons pleins de fruits, elles les enlèvent pour les remplacer par des bocaux vides.
- Quand on veut préparer des cerises au naturel, on lave les bouteilles remplies de fruits dénoyautés, puis on y verse de l’eau propre jusqu’au goulot; après quoi, on les bouche à la machine (fig. 4) et on les porte ensuite dans des étuves chauffées à la vapeur (fig. 5). Dans ces armoires hermétiquement closes, on maintient une température de ‘100° à 120° environ pendant une demi-heure.
- Toutefois, comme les fabriques de conserves de fruits ne peuvent pas traiter toute la récolte en même temps, dans les plus importantes d’entre elles, on passe une partie des
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- L’INDUSTRIE DES CONSERVES DE CERISES
- cerises à la sulfurisation (fig. 6). Pour effectuer cette opération, ori empile les cageots, lors de leur arrivée des lieux de production, dans une chambre en maçonnerie où l’on allume du soufre et on les y laisse environ 24 heures.
- On verse ensuite les cerises ainsi décolorées dans des tonneaux défoncés et qu’on rebouche, après les avoir remplis d’eau salée, de manière que les fruits baignent complètement. Celte façon de procéder permet le traitement des cerises, pendant les saisons d’automne et d’hiver. Le fabricant peut de la sorte procéder à l’équeutage et au dénoyau-tage au fur et à mesure de ses besoins. Les distillateurs des Etats-Unis reçoivent des cerises ainsi conservées dans l’eau salée après sulfurisation. Ils emploient les plus belles qualités pour parfumer les boissons variées, qu’ils vendent aux bars américains sous les noms les plus ronflants et ils livrent celles de second choix aux confiseurs.
- Les industriels français équeutent et dénoyautent les cerises-sulfurisées, selon les demandes de leur clientèle, puis préparent le plus souvent avec elles les cerises mi-sucre dites cerises égouttées en les faisant blanchir quelques minutes, pour éliminer l’acide malique et le tanin ainsi que les traces d’anhydride sulfureux et des sels qui imprègnent la pulpe. On met ensuite les fruits dans un sirop à 25° Baumé environ, dans de petites bassines en cuivre. Dès que le point d’ébullition est atteint, on déverse le tout dans des terrines de grès. On laisse alors refroidir pendant 10 à 12 heures, puis on chauffe à nouveau après une addition de sucre et on recommence plusieurs fois le cycle des opérations précédentes. Cette méthode dite de façonnages successifs exige une main-d’œuvre considérable, un matériel fragile et d’entretien difficile. En outre, pour obtenir un résultat parfait, il faut procéder à 6 ou 8 façonnages d’une durée totale de 5 semaines environ. Aussi, afin d’éviter tous ces inconvénients, les spécialistes étudient, à l’heure actuelle, les phénomènes d’osmose qui réalisent l’enrichissement suffisant des fruits en sucre, pour en garantir la conservation parfaite. Ils mettent au point un outillage capable de confire automatiquement une quantité considérable de cerises en 4 jours au maximum, temps de blanchiment, chargement et déchargement des appareils compris. Très peu encombrante d’ailleurs, la nouvelle installation supprime l’emploi des terrines en grès, permet de réaliser une notable économie, en réduisant la main-d’œuvre au minimum et en évitant toute perte de sucre ou de glucose. Enfin, comme ce système empêche le massage et le cristallisage, on obtient des cerises confites plus homogènes èt d’une plus grande valeur marchande qu’avec l’ancien procédé.
- D’autre part, on fabrique avec les cerises, des jus et des vins d’une 'demande de plus en plus active. Pour cela on s’adresse de préférence aux grosses variétés noires et sucrées, qu’on cueille très mûres et qu’on dispose en tas dans des bacs en bois
- où on les abandonne durant 24 heures avant de les écraser (noyaux compris), soit avec des moulins-broyeurs, soit avec une sorte de laminoir. On reçoit la masse pulpeuse dans une cuve, qu’on place dans un endroit frais pendant 5 ou 4 jours et qu’on remue, quotidiennement, à l’aide d’une fourche ou d’une pelle en bois. Au bout de ce temps, on soutire le jus qu’on filtre à travers plusieurs épaisseurs de toile et on dirige les marcs au pressoir, en vue de leur distillation ultérieure. On chauffe alors le jus dans une chaudière jusqu’à ce qu’il soit réduit de moitié et en ayant soin de le brasser d’une façon continue pour empêcher qu’il se caramélise par suite de son adhérence au fond du récipient. Une fois la réduction opérée, on filtre à nouveau sur une chausse épaisse, puis on met le liquide filtré en tonneaux qu’on laisse durant un an dans une cave ou dans une pièce suffisamment fraîche. Passé ce délai, le jus de cerise clarifié est une boisson douce, sucrée et fort agréablement parfumée.
- De leur côté, les Allemands préparent également avec les cerises un vin, qui jouit d’une certaine vogue outre-Rhin. Voici comment ils, opèrent pour obtenir ce hirschenwein. Us commencent par piler dans un mortier 500 gr. d’amandes amères, puis ils délayent la pâte obtenue avec un litre d’eau dans laquelle ils font bouillir au préalable 500 gr. de cerises séchées. Ils y versent ensuite 10 litres de jus de cerises et 15 litres d’eau-de-vie ou à' défaut 20 litres de vin blanc. Ils aromatisent le mélange liquide avec 40 gr. de cannelle, 25 gr. de clous, de girolle, 10 gr. de cardamone èt finalement ils y font dissoudre 2 kg de sucre. Ils brassent alors le liquide pendant une journée, à 5 ou 6 reprises différentes. Après quoi, ils l’enfùtent et ils'le boivent lors des premières chaleurs, car naturellement on ne saurait garder le vin de cerises ainsi réalisé au delà de quelques semaines.
- On s’adresse aussi au séchage pour conserver les griottes et autres cerises aigres. Dans les campagnes, cette dessiccation se fait parfois au soleil. Il faut alors avoir soin de couvrir d’une mousseline les claies sur lesquelles se truuvent étalés les fruits, de remuer assez fréquemment ces derniers et de les rentrer tous les soirs. Souvent on commence le séchage de cette manière, puis on le continue au four de boulangerie ou mieux au moyen d’un éva-porateur. En ce dernier cas, après un ou deux jours d’exposition au soleil ou dans l’appareil porté à 45°, on monte lentement jusqu’à 51°-600 et l’on continue jusqu’à 75°. Quand les cerises sont parfaitement ridées, on les laisse refroidir, puis on les met dans des boîtes en fer-blanc hermétiquement closes et qu’on place dans un local sëc jusqu’au moment de leur utilisation. Le rendement de ce procédé, peu employé industriellement, est d’environ 16 à 25 pour 100 des fruits frais.
- De même, avec un mélange de Guignes, de Griottes et de Merises, on fabrique le Guignolet. Pour cela, on écrase ces cerises avec une partie des
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- CHRONIQUE
- noyaux, puis on les laisse fermenter 4 jours et on ajoute par livre un litre d’alcool à 50°, 125 gr. de sucre, un peu de cannelle et on bouche.
- Au bout d’un mois, on filtre le mélange, qui donne une liqueur parfumée et de très bonne conservation.
- Enfin nous ne saurions terminer ce court aperçu de l’utilisation des cerises sans parler du iàrsch dont elles fournissent la matière première. Celte eau-de-vie à goût spécial se fabrique surtout dans la Forêt-Noire avec les variétés connues en Allemagne sous le nom de « Herz » et « Weichsel ». On recueille les fruits à maturité, et on rejette ceux qui sont avariés ou pourris; on écrase les bons dans une cuve en ajoutant une certaine quantité de
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- noyaux broyés, on ajoute parfois un peu de sucre et on laisse fermenter le tout pendant une quinzaine de jours. Quand on ne constate plus de dégagement d’acide carbonique, on porte à l’alambic et on brasse continuellement jusqu’au début de l’ébullition. Comme on le voit la fabrication du Iiirsch-waser est facile. D’ail'eurs avec nos Merises et certaines espèces de nos cerises, nos paysans pourraient obtenir un Kirsch français qui vaudrait certes celui de la Forêt-Noire et l’emporterait, incontestablement, sur les mixtures alcooliques industrielles baptisées du nom de kirsch de fantaisie! Il y aurait là une source de revenus fort appréciables dans les années de récolte abondante.
- Jacques Boyer.
- CHRONIQUE
- Quelques explosifs dérivés de l’acétylène. —
- Rrauning et Wehl, de Dantzig (Chemical Trade, du 0 octobre 1922), ont étudié l’action de l’acétylène sur certains composés métalliques à des températures élevées ou sous l’influence de décharges électriques silencieuses.
- Ils ont ainsi obtenu des produits insolubles, à haut poids moléculaire. Ainsi l’oxyde de cuivre, agissant sur l’acétylène, vers 230-260°, par des réactions répétées, donne des produits ne contenant que 0,2 à 0,3 pour 100 de cuivre, à condition que la réaction ait lieu dans un espace assez grand, pour permettre la formation de produits de polymérisation avec une libre expansion. Ce n’est pas alors un composé défini de cuivre que l’on obtient, mais un produit ou un mélange de produits de polymérisation de l’acétylene avec des quantités variables de cuivre. Ces substances ont été désignées sous le nom générique de « Cuprènes ».
- Ils constituent des explosifs très intéressants, dont nous allons dire quelques mots.
- Les corps désignés sous ce nom générique de Cuprènes, se présentent sous deux formes entièrement différentes : tantôt en masses fines et floculentes, tantôt en morceaux grossiers semblables à du liège. Cette dernière forme se présente particulièrement quand la réaction est conduite sous une pression assez faible.
- 4 kg de carbure de calcium donnent 1 kg de « Cuprène ». Les brevets D.R.P. 352838 et 59 ont appliqué le cuprène à l’art des explosifs. Alors que dans la dynamite, il faut trois parties de nitroglycérine pour une partie de Kieselguhr, on peut avoir un excellent explosif avec onze parties de nitroglycérine et une partie de cuprène ou acétylène polvinérisé. Un tel explosif, est, dit-on, supérieur à la dynamite, non seulement par suite de sa teneur plus haute en nitroglycérine, mais parce que le corps porteur de nitroglycérine n’étant plus un corps inerte, concourt à la réaction de l’explosion.
- Le « Cuprène » peut aussi être employé en place de matières finement pulvérisée-, charbonnées, telles que l’on en emploie dans les exp osifs au nitrate et au perchlorate d’ammonium. Il peut aussi servir à l’absorption des solutions de porteurs d’oxygène, de telle sorte que l’on
- I obtienne par dessiccation, un mélange intime de com-I bustible et de carburant. Si l’on ajoute des solutions | salines il est bon d’ajouter au cuprène un peu d’eau supplémentaire.
- Ainsi, dans le cas d’une solution saturée de perchlorate, on complète le mélange de cuprène et de perchlorate, par une addition de 1/2 pour 1Ü0 d’huile de ricin. Dans les explosifs à base d’air liquide, d’acide nitrique concentré ou d’acide perchlorique, mélangés à de la nitroglycérine, on peut ajouter aussi du cuprène.
- Jusqu’ici la plus importante application du a Cuprène » comme adjuvant des explosifs a été le remplissage des cartouches d’oxvgène liquide. La très grande surface que présente le « cuprène », fait que l’oxygène liquide est absorbé beaucoup plus facilement par le cuprène que par toute autre matière organique de remplissage.
- La perte par évaporation par unité de temps, est diminuée. La force d’éclatement de l’explosif est plus grande. A. Himx.
- Le vin contre la fièvre paludéenne. — Dans le Coriere vinicolo, M. G. del l’Orto, médecin italien, signale l’intérêt particulier que présente l’emploi du vin comme moyen thérapeutique dans le traitement de la fièvre paludéenne.
- A Marsala, une clinique a été créée pour les malades atteints de la fièvre paludéenne, très fréquente dans les contrées marécageuses du Piave, de l'Isonzo et de l’Albanie.
- Les malades y ont été soumis à un régime spécial : à un certain nombre d’entre eux, on a servi du vin, afin de constater s’il s’ensuivrait un effet favorable ou défavorable.
- A vingt malades, on servit quotidiennement du vin de 16°,par quantités de 150 à 230 gr. Pour d'autres malades, le vin fut, au contraire, absolument proscrit de leur régime.
- Les médecins de la Croix-Rouge constatèrent que les malades qui buvaient du vin subissaient mieux l’influence favorable de la quinine, que les accès de fièvre n’étaient, chez eux, que passagers et qu’ils récupéraient, en peu do temps, les forces perdues ; tandis que les malades qui ne buvaient pas de vin subissaient de longues crises
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- 60 1-: LE DÉCOUPAGE DE LA TOLE PAR LE CHALUMEAU
- rie fièvre, souffraient d’insomnie et ne guérissaient qu’après une longue période.
- Le Dr del f Orto, médecin depuis vingt-sept ans dans les principaux hôpitaux d’Italie, ajoute qu’il avait constaté les effets bienfaisants du vin dans des opérations chirur-, gicales, dans des cas de pneumonie et d’infections gastriques.
- On peut observer au microscope, comment une goutte de vin paralyse le mouvement du bacille typhique.
- Le Dr del l’Orlo considère que le vin est nécessaire à l’organisme sain, pour activer l’échange des matières ; il apporte au foie les calories nécessaires. Il est indispensable dans de nombreuses maladies, parce qu’il contient du fer et du tanin.
- Ces observations faites en Italie constituent un nouveau plaidoyer en faveur de la valeur thérapeutique et des propriétés hygiéniques du vin.
- Henri Blin.
- LE DÉCOUPAGE DE LA TOLE PAR LE CHALUMEAU
- L’emploi du chalumeau oyxacétylénique ou oxhydrique est aujourd’hui très répandu pour le découpage du métal. Il permet d’exécuter très rapidement des travaux qui demandaient autrefois l’intervention de la cisaille, de la poinçonneuse et de la machine à percer.
- Lorsqu’on manœuvre à la main un chalumeau, il est assez difficile de suivre exactement la ligne tracée sur la pièce d’après un gabarit déterminé. On n’obtient donc généralement que des travaux grossiers dont la précision n’est pas suffisante et il est nécessaire de procéder ensuite à un travail de finition, soit à la main, soit à la machine-outil.
- La manœuvre du chalumeau ne peut être confiée qu’à des ouvriers parfaitement spécialisés et cette manœuvre est pénible lorsqu’elle doit être prolongée pendant un temps suffisamment long. La fatigue que ressent fatalement l’ouvrier lui donne encore plus de difficultés pour suivre le tracé des lignes droites ou courbes sur le métal qu’il s’agit de découper.
- Pour éviter ces inconvénients, les Américains, qui depuis longtemps emploient en grand le chalumeau coupeur, ont conçu des machines automatiques qui guident le chalumeau suivant les lignes tracées sur la tôle et rendent son déplacement indépendant de la main de l’ouvrier.
- Le déplacement du chalumeau ou plutôt de la
- pièce support, sur laquelle il est monté, est obtenu par un moteur électrique qui entraine le chariot.
- C’est sur ce chariot que se trouve installé le chalumeau coupeur. L’avantage de l’emploi du moteur électrique vient de la facilité qui en résulte pour régler la vitesse du chariot d’une façon très précise ; cette vitesse doit dépendre de l’épaisseur du métal qu’il s’agit de découper au chalumeau.
- On peut par ce moyen découper des pièces suivant un tracé, même très compliqué, dans des épaisseurs de métal qui peuvent aller jusqu’à 20 cm et plus.
- Le premier appareil consiste en un grand pantographe, qui supporte le guide du chalumeau pendant qu’on reproduit sur le métal le tracé obtenu d’après un gabarit. Ce n’est pas autre chose qu’une machine à reproduire adaptée à l’emploi du chalumeau.
- La table est supportée par un piédestal qui porte un coude horizontal, c’est sur ce dernier que se monte le chalumeau coupeur. Le modèle qui doit être reproduit est supporté par un plateau; une petite roue actionnée par le moteur électrique se déplace suivant le contour du gabarit. Les index permettent de faire suivre à la roue exactement le tracé voulu.
- Un appareil plus compliqué consiste en deux pantographes qui sont montés côte à côte. Ces deux appareils sont reliés par une tige d’accou-
- Fig. i. — Radio graphe.
- Machine à chalumeau découpant automatiquement la tôle suivant une lieme droite nu courbe bien déterminée.
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- LE DÉCOUPAGE DE LA TOLE PAR LE CHALUMEAU .61
- plement, et on les utilise pour le découpage des pièces de très grande épaisseur, comme celles
- horizontal qui peut s’ajuster verticalement et horizontalement et qui comporte des rotules qui rendent possible le travail de biseautage ; c’est sur ce bras que l’on vient monter le chalumeau.
- Le découpage en ligne droite s’opère avec une machine reposant sur trois roues et se déplaçant sur une petite voie faite de rails en acier embouti.
- Fig. 2. — Camographe. Machine à découper des trous.
- Fig. 3. — Machine à chalumeau découpant dans une niasse métallique une plaque de chaudière tubulaire.
- que l’on rencontre dans .es constructions navales.
- Pour découper la tôle suivant la ligne droite ou courbe ou utilise une machine qu’on a appelée « H; diographe ». Cette machine comporte un bras
- Fig. 4. — Plaque de chaudière de 12 cm. coupée au camographe en partant d’un trou percé au centre et ensuivant ensuite les flèches,
- (Largeur du Irait : i,S mm.)
- Ln ajoutant plusieurs sections de cette voie bout à bout, on peut opérer ainsi sur une pièce de très grande longueur.
- Quand il s’agit de découper suivant des courbes, suivant des arcs de cercle, le support repose sim: plement sur deux roues, le troisième point d’appui constitue alors un pivot. Ce pivot est formé par une vis qui s’ajuste dans un trou préparé par poinçonnage dans la plaque de métal qu’il s’agit de découper.
- On utilise cet appareil pour les travaux de fabrication de chaudières et pour le découpage d’ouvertures circulaires dans les pièces de constructions navales.
- Un autre appareil qu’on appelle « pyrographe » découpe les pièces de chaudière, notamment les brides de têtes et en général les diverses brides de membrures.
- Un support est monté sur roulement à billes et peut suivre toutes les formes de brides automatiquement sans autre guide que la bride elle-même, des galets de frictions guidant le chalumeau. Ainsi un ouvrier peut découper des brides de têtes de chaudières avec une grande rapidité, environ 30 à 40 fois plus vite qu’avec un marteau mécanique.
- Un dernier genre d'appareil est celui qu’on appelle « camographe » qui permet de découper les ouvertures dans les corps cylindriques en tôle, notamment dans les chaudières.
- Le chalumeau est monté sur un bras double articulé, il est guidé par une came intérieure qui
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- oblige le chalumeau à suivre un chemin déterminé; cette came varie naturellement suivant chaque forme de trous que l’on doit produire, le rouleau qui se déplace sur la came est maintenu par attraction magnétique.
- Ce même appareil peut être conditionné pour découper des lignes droites, le rouleau-guide s’applique alors contre une barre d’acier qui joue le rôle de came.
- Avec cet appareil on peut produire une grande variété de pièces détachées de machines, notamment dans les grandes constructions métalliques et dans la fabrication de machines puissantes; on peut également découper des engrenages, des cré-
- supprimant l’oxygène, on règle la flamme de découpage. Ce dernier robinet de réglage est relié à l’interrupteur de commande du moteur électrique de façon que l’avancement de l’appareil se trouve devoir dépendre du réglage de la flamme coupante.
- Les divers appareils dont nous avons parlé sont parfaitement maniables, car leur poids est faible ; ils permettent d’exécuter des travaux avec une rapidité que l’on ne saurait obtenir par les marteaux pneumatiques, par les scies à métaux et en général par le travail de la machine-outil. Le chalumeau coupe le métal suivant des lignes sensiblement précises I d’après le gabarit tracé au préalable, la vitesse de
- Fig. 5. — Pyrographe.
- Machine pour découper automatiquement de grandes pièces de métal, telles que des brides de chaudière.
- maillères, dégrossir des pièces forgées, tels que les vilebrequins avant de les passer au travail des machines-outils.
- Dans tous les appareils décrits ci.dessus, la flamme du chalumeau doit être parfaitement réglée. Tout d’abord, on peut régler à la fois l’arrivée d’oxygène et d’acétylène afin d’amorcer la flamme, puis un pointeau agira seulement sur l’oxygène de façon à assurer le chauffage préalable; enfin, en
- coupe se trouvant réglée d’après l’épaisseur du çnétal qu’il s’agit de sectionner.
- Evidemment, pour opérer, il faut avoir des données pratiques, mais les indications fournies par l’expérience sont amplement suffisantes pour 11e nécessiter qu’un apprentissage très court, qui permet d’oblenir des résultats satisfaisants, même avec une main-d’œuvre non complètement spécia-
- E. Weiss.
- Usée.
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- La chronologie indienne fixe à l’an 545 av. J.-C. la mort de Bouddha. Mais ce ne fut que trois siècles plus tard, soit en 257 av. J.-C., que la nouvelle religion se répandit hors des Indes, quand Asoka, roi de Magadha, petit-fils d’un radjah qui avait aidé Alexandre le Grand dans sa foudroyante conquête,
- se convertit au bouddhisme, et joua vis-à-vis de lui le rôle que jouerait plus tard l’empereur Constantin en faveur du christianisme.
- En l’an 244, après son grand Concile de Patna, il organisa des congrégations de missionnaires. Son fils, le prince Mahindo, à la tête de plusieurs cen-
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- taines de moines, s’en fut convertir Ceylan. Il y fut bientôt rejoint par sa sœur, la princesse Sangha-mitta, entrée dans les ordres comme lui, et par un premier convoi de « sœurs-missionnaires », Ceylan devint un grand foyer de prosélytisme, qui rayonna sur la Birmanie, l’Indochine et la Malaisie.
- La nouvelle religion ne prédomina à Java que vers le ve siècle de notre ère. Elle y connut son apogée vers le vm° siècle, et ce fut à cette époque que File se couvrit de magnifiques temples que la conquête musulmane respecta plus ou moins. Certains durent leur préservation à leur isolement dans des régions montagneuses. Mais il convient de remarquer que les Javanais, en se convertissant à l’islamisme, conservèrent une tendresse respectueuse envers la foi de leurs pères, sentiment qui se retrouve de nos jours dans leurs pratiques religieuses. Ils surent défendre leurs temples contre les iconoclastes, même après en avoir déserté les autels.
- C’est une race d’artistes, que le changement de religion ne pouvait rendre ennemie du Beau.
- . L’un des plus remarquables, parmi ces temples antiques, estcelui de Branbanam, qui se trouve dans la partie occidentale de File, à quelques heures de marche de Solo. Sa construction remonte au ixe siècle de noLre ère, et il est peu d'édifices en Asie qui lui soient supérieurs par la beauté des lignes, par la grâce des décorations, et par les dimensions.
- Branbanam dut jouer, jusqu’à la conquête arabe, le rôle d’une grande cité religieuse, où la population d’une bonne moitié de l’île se rendait en pèlerinage. Chacune des importantes divinités du bouddhisme y avait son temple et scs autels. Sous Faction combinée des intempéries, des tremblements de terre, si fréquents dans cette île « aux cent volcans », et de l’invasion de la jungle, toujours prompte à se substituer à l’industrie humaine dans ce pays humide et chaud, la plupart de ces grandioses monuments tombent en ruines.
- Mais un grand nombre de statues et de bas-reliefs sont restés presque intacts. Il faut rendre celte justice à l'administration coloniale hollandaise qu’elle entoure ces reliques d’attentions constantes et que rien n’est négligé pour assurer leur conservation.
- Le principal sanctuaire est celui de Lara Jonggran, la déesse qu’on adorait aux Indes sous les noms de Dourga et de Kali. Il est formé par trois enceintes concentriques, dont la dernière est occupée par huit énormes pyramides creusées de chapelles et de niches, et recouvertes de sculptures. On voit dans l’intérieur de ces énormes constructions pyramidales de belles statues de la déesse et de son divin époux, Siva. B’autres temples sont consacrés à Ganecha, dieu de la Sagesse, représenté avec une tète d’éléphant. La célèbre « Chapelle des Trois Grâces » est une pure merveille d’art, avec son gracieux groupe de femmes au-dessus duquel grimace une épouvantable chimère. t
- Si les temples de Branbanam tombent en ruines,
- celui de Boro-Boedoer (que montrent ; nos photographies ), qui date cependant de la même époque (ixe siècle), est dans un admirable état de conservation, ce qu’il doit à la protection des éléments; il resta enseveli sous une énorme calotte de cendres et de lavespendantune période qu’on évalue à neuf siècles.
- Cette merveille, dont les voyageurs proclament qu’elle est « le plus grand édifice bouddhique du monde », est située à peu près au centre de Java, non loin de Djokjakarta, capitale d’une principauté semi-indépendante de même nom. Cette ville pittoresque fut le suprême rempart de l’indépendance javanaise. Après sa chute (1825), la domination néerlandaise put s’étendre librement sur toute File.
- Ce fut quelque temps plus tard que le temple, fameux dans les annales bouddhiques, qui en vantaient autant les splendeurs que les dimensions, et qui avait disparu depuis des siècles de la surface de la terre sans laisser de traces, fut retrouvé. Vainement, les envahisseurs arabes, au temps de la conquête, l’avaient cherché dans tout l’intérieur de File, dans l’espoir d’y trouver des trésors que les légendes populaires présentaient comme étant d’une richesse fabuleuse. En réalité, malgré sa hauteur de près de 40 m., malgré la colline qui lui servait d’assises, Boro-Boedoer avait été englouti sous une pluie de cendres et de laves. La région avoisinante est essentiellement volcanique, et l’on y compte les cratères en activité par dizaines,
- Fig. i. — Un des bas-reliefs de la base du temple de Boro-Boedoer à Java.
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- Fig. 2. — Les coupoles entourant le grand dôme central qui couronne l’édifice.
- 11 est probable, à en juger par le grand nombre d’objets retrouvés intacts dans les chambres, que les prêtres qui habitaient le temple furent surpris par la soudaineté d’une première catastrophe, et qu'ils s’enfuirent précipitamment. Les éruptions se répétèrent fréquemment durant plusieurs siècles, et la couche de matières volcaniques s’épaissit jusqu’à envelopper entièrement l’édifice, le soustrayant ainsi autant aux visites des vandales qu’aux injures du temps.
- Dès la découverte de remplacement, le Gouvernement des Indes Néerlandaises se mit à l’œuvre pour ramener au jour cette pure merveille. Les travaux de dégagement demandèrent trois quarts de siècle. Mais le résultat fut digne de l’effort : Boro-Boedoer est bien un monument unique au monde, qui proclame le génie de ses architectes hindous.
- Nous ne saurions en décrire ici les beautés. Avec ses huit terrasses superposées, il affecte une forme pyramidale, et, vu d’une certaine distance, apparait comme une masse de dentelle, avec ses innombrables dagobas, ou chapelles, ses coupoles aux dômes ajourés, ses niches encadrant des statues, ses centaines de bas-reliefs sculptés si finement dans la pierre.
- Des escaliers extérieurs grimpent sur chacune des quatre faces, convergeant vers le dôme central qui couronne le sommet, et qui renferme une gigantesque statue de Bouddha. Le nombre des dagobas alignées sur les terrasses est de 441, et chacune abrite une statue du grand réformateur. Les murailles de la pyramide sont ornées de près d’un millier de bas-reliefs reconstituant, en leur ensemble, la vie de
- Bouddha. Notons encore que les cinq /,e temple de Boro-Boedoer.
- terrasses inférieures sont de forme carrée, alors que les trois autres sont circulaires. Un chiffre, qui nous est communiqué par le voyageur, de qui nous tenons les photographies reproduites sur ces pages, aidera nos lecteurs à comprendre l’effort colossal qui engendra ce prodige d’art et d’architecture : placés bout à bout, les bas-reliefs formeraient une ligne de cinq kilomètres !
- Comme permettent de le constater ces photographies, Boro-Boedoer n’est pas une ruine, malgré ses dix siècles d’âge :.son écrin d’éjections volcaniques l’a conservé intact. Les faces des innombrables personnages qui vivent dans ses bas-reliefs continuent à distribuer leurs sourires exquis.
- Ce nhst que dans les parties hautes de l’édifice, et, principalement, dans le couloir circulaire qui entoure la base du dôme central, que l’on constate quelques dégâts causés par le passage des torrents de lave. 11 est probable que les parties basses, ornées à profusion de bas-reliefs et d’autres sculptures, étaient déjà ensevelies sous des amas de cendres, quand ces pluies de lave se produisirent.
- En plusieurs endroits, on constate que le travail des sculpteurs fut interrompu, et qu’ils laissèrent à l’état brut des pierres destinées à être ouvragées. On en conclut que le temple n’était pas encore complètement achevé, quand se produisit la première éruption, qui mit en fuite prêtres et artistes.
- Mais, qui nous révélera jamais les mystères de Boro-Boedoer! Qui nous dira combien de générations travaillèrent à l’élaboration de ce chef-d’œuvre1.' Qui nous reconstituera le cataclysme auquel nous devons de le retrouver en pleine jeunesse, après
- dix siècles d’abandon?
- V. Forbus.
- Fig. 3.
- Vue d'ensemble à travers les arbres.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- ^I^xNATURE. - N° 2548.
- 3 FEVRIER 1923
- L’EXPEDITION OCEANOGRAPHIQUE DANOISE
- dans l’Atlantique et la mer des Antilles (1921-1922)
- ' L’expédition océanographique danoise, commandée par le Dr Jolis. Schmidt (fig. 1) et montée sur le vapeur Dana, dont il v a quelques mois nous annoncions les premières opérations (n’2496), est rentrée à Copenhague au début de juillet dernier, après une croisière de dix mois (fig. 4).
- Etudier les faunes pélagique et bathypélagique dans l’Atlantique entre le parallèle de l’entrée de la Manche et l’Équateur, ainsi que les circonstances physiques et chimiques qui régissent leur distribution dans cette partie de l’Océan, ensuite poursuivre la solution du passionnant problème de la reproduction de l’anguille, presque entièrement résolu par le D1 Johs. Schmidt, dans sa campagne de 1920, tel était le programme de l’expédition. L’exploration de la zone abyssale ne rentrait pas dans le cadre de ses recherches (4). Les opérations des naturalistes danois devaient s’appliquer aux couches intermédiaires entre la surface et le fond de la cuvette atlantique. De fait, leurs opérations n’ont généralement pas dépassé la profondeur de 4500 m.
- Disons immédiatement que le programme de l’expédition a été admirablement rempli; dès aujourd’hui, avant même que l’examen des matériaux considérables rapportés par les savants danois soit commencé, on peut affirmer que les découvertes faites par la mission du Dana lui assurent une place importante dans l’histoire de l’exploration océanique. C’est, en tout cas, depuis la guerre, la seule croisière à grand rayon d’action dans laquelle les méthodes d’investigation les plus modernes et les instruments les plus perfectionnés ont été employés. A ce titre, l’expédition du D1 Schmidt de 1921-1922 marquera une date capitale.
- 1. La plus grandi; profondeur à laquelle l'expédition du Dana ail effectué des sondages thermométriques est 5900 m.
- Cette station est située dans le sud-est des Bermudes, par 29° 20' de latitude nord et 58° 35' de longitude ouest. A cette profondeur la température était de -{-2°, 14, la salinité de 34,86 pour 1000 et la saturation en oxygène de 74,6 pour 100.
- Fig. i. — Le D* Johs. Schmidt.
- Rappelons qu’outre son chef, la mission comptait trois naturalistes, MM. P. Jespersen, À. V. Tânirig et K. Stephensen; un océanographe, M. J. Olsen et un médecin, M. N.-C. Andersen, chargé des analyses chimiques. De plus, au début du voyage, le Dr J.-N. Nielsen, l’actif océanographe auquel on doit de si remarquables travaux sur les courants autour des Færôer et de l’Islande, et, plus tard pendant deux mois dans la mer des Antilles, le professeur Osten-feld, un des plus éminents spécialistes du plankton, ont apporté leur concours à l’expédition .
- 1
- Parti de Copenhague, le 50 août 1921, le Dana gagna d’abord la baie de Cadix, puis pénétra en Méditerranée jusqu’à Alger, afin de continuer l’étude des courants dans le détroit de Gibraltar, à laquelle le Dr Schmidt a déjà apporté une importante contribution pendant ses campagnes de 1908, 1909 et de 1910.
- En raison de l’active évaporation à laquelle elle est soumise, la Méditerranée possède une salinité élevée, plus de 58 pour mille (c’est-gr. de sel par kg d’eau de
- à dire contient plus de mer), tandis que pour le même poids d’eau, la salinité de l’Atlantique ne dépasse pas 56 à 56,5.
- Unissant deux bassins remplis par des masses liquides de densités différentes, le détroit de Gibraltar est parcouru par deux courants superposés, de direction contraire. Conformément au principe des vases communicants, les eaux lourdes de la Méditerranée cheminent vers l’Atlantique sur le fond, pendant que les eaux océaniques plus légères, dérivent vers la Méditerranée en surface.
- Au large d’Oran, au début d’octobre 1921, les naturalistes du Dana ont observé, jusqu’à environ 100 m. de profondeur, une salinité inférieure à 56,5 pour mille, donc des eaux océaniques ; par contre, aux approches de la côte espagnole, ils ont trouvé une plus forte proportion de sel, ce qui indique la présence d’eaux méditerranéennes.
- 51* Année. — 1*' Semestre
- 5. — 65.
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- L’EXPÉDITION OCÉANOGRAPHIQUE DANOISE
- Madèi £>7T
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- Fig. 2. — U itinéraire du Dana.
- Route de la goélette à moteur Dana, 1020. -----— Route du vapeur Dana, 1921-19:
- Les nappes liquides méditerranéennes, après avoir franchi le détroit de Gibraltar, profond de 400 m. seulement, tombent en masse, « comme une cascade », vers les fosses atlantiques, suivant l’expression imagée du Dr Schmidt. Elles s’étalent ensuite au-dessus des eaux froides du fond, aux profondeurs comprises entre 700 et 1300 m., où elles forment une couche caractérisée par une forte salinité. Ces eaux méditerranéennes ne *e mélangent que très lentement avec les eaux atlantiques, et se rencontrent jusqu’à très grande distance, au nord comme au sud, du détroit de Gibraltar. Sur la côte occidentale des Iles Britanniques, par exemple, on trouve des strates liquides d’origine méditerranéenne, et, entre Madère et l’archipel du Cap-Vert, à la profondeur de 1000 à 1500 m., l’expédition danoise de 1921-1922 en signale ayant cette même provenance. Dans l’Atlantique, les eaux déversées par la Mediterranée exercent donc une influence analogue à celles de la Baltique dans la mer du Nord.
- Dans le détroit de Gibraltar même, les différentes nappes éprouvent de remarquables oscillations de niveau périodiques. Au milieu de ce goulet, dans l’est-sud-est de Tarifa, du 8 octobre, 7 heures du soir, au 9, 6 heures du matin, le Dana procéda, toutes les trois heures, à des prises de température et d’échantillons d’eau, et dans l’intervalle à des pèches pélagiques à diverses profondeurs. Ainsi que le D1' Schmidt l’a exposé dans Nature de-Londres, durant la période considérée, l’épaisseur delà nappe superficielle, composée d’un mélange d’eau atlantique et méditerranéenne, qui est caractérisée par une température de 14° et une salinité de 37,4 pour
- mille, a grandement varié (fig. 3). Tandis que le 8 octobre, à 9 heures du soir, elle ne dépassait guère la profondeur de 100 m., six heures plus tard elle descendait en dessous de — 160 m. pour remonter le 9, à 6 heures du matin, à — 140 mètres, s’abaisser ensuite de nouveau vers midi jusqu’à 185 m. environ, enfin dans la nuit du 9 au 10, vers minuit, elle s’élevait de nouveau aux environs de 100 m. Durant le même-temps la tranche méditerranéenne (38 pour mille), située en profondeur, subissait de pareilles oscillations de niveau. Le Dr Schmidt voit dans ces mouvements verticaux l’influence d’une marée sous-marine; d’après le savant naturaliste danois, le phénomène serait en outre conditionné par la force et la direction des vents.
- Durant la nuit que le Dana demeura au large de Tarifa, la composition de la faune pélagique jusqu’à
- 10:10.21.
- Profondeur
- 21 h 0
- Couche de t =
- Couche de salinité s 3S °/oo
- Fig. 3. — Les marées profondes du détroit de Gibraltar observées par le IF Schmidt.
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- la profondeur de 150 m. présenta également de curieux changements. De 10 h. 15 du soir à mi- ! nuit 15, un filet traîné horizontalement à travers cette nappe était rempli presque exclusivement de Siphonophores ; l’opération ayant été répétée dans les premières heures du jour, toujours à la même profondeur de 150 m., cette fois les Siphonophores avaient disparu, et. à la place, le filet contenait principalement des Salpes et un Crustacé schizopode. L’expérience renouvelée la nuit suivante donna les mêmes résultats. La distribution bathymétrique des espèces est donc sujette à des variations. Ces varia-
- intelligente que les Danois ont appliquée à l’étude de leurs détroits et qui s’est révélée si féconde.
- . U
- Sorti de la Méditerranée le 10 octobre 1920, le Dana mit le cap sur Madère, et de là sur les iles du Cap-Verl où il arriva le 50. En cours de route, plusieurs stations furent exécutées : dans cinq d’entre elles le filet ramena des Spiral a encore vivants, Céphalodes à coquille interne cloisonnée. Ils furent placés dans l’aquarium du bord où ils
- Fig. 4. — Le Dana rentrant à Copenhague, le n juillet 1922.
- fions sont-elles la conséquence de l'activité propre des animaux ou des oscillations de niveau des différentes couches liquides sous l’influence de la marée? Le Dr Schmidt se borne à poser la question, le temps lui ayant fait défaut pour s’appliquer à sa solution.
- Le principal champ d’exploration du Dana n’était point le détroit de Gibraltar; quel que fût l’intérêt de ces recherches il ne pouvait demeurer plus longtemps dans ces parages, pour les poursuivre. Quoi qu’il en soit, les importantes constatations faites par les naturalistes danois mettent une fois de plus en évidence les résultats considérables que l’élude systématique de ce bras de mer est susceptible de procurer à l’océanographie et à la biologie. Tous les naturalistes s’associeront donc au vœu exprimé par le Dr Schmidt que la Grande-Bretagne entreprenne celte œuvre; ils souhaiteraient en même temps qu’elle fût conduite avec cette méthode
- furent l’objet d’intéressantes observations. Dans le cours de sa campagne l’expédition danoise a eu la bonne fortune de recueillir pas moins de 95 exemplaires vivants de ce mollusque extrêmement rare. Ils proviennent de 44 stations réparties entre le 10° et le 55° de lat. N., en trois' groupes principaux : 1° entre les Canaries et les iles du Cap Vert ; 2° entre la Guyane et la Floride, autour des Petites Antilles, dans la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique, et le détroit de la Floride ; 5° dans la mer des Sargasses et entre les Bermudes et la côte américaine (J). Les Spirula ont été rencontrés à des profondeurs variant de 200-500 à environ 2000 m.
- Après avoir eharbonné aux îles du Cap-Vert,
- I. Le I)1' .Ions. Schmidt vient de publier dans Future (9 décembre 1922), ses observations sur les moeurs et la distribution géographique des Spirales.
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- Fig. 5. — Distribution géographique des larves de l’Anguille européenne.
- En noir, lieux de ponte; u>, i5, 25, ^5, zones où furent trouvées les larves de io, i5, 25,45 millimètres ; L, zone des larves non métamorphosées; Lignes côtières renforcées, zone oii l’on trouve des anguilles adultes; Ligne de 00 cm. dans la Baltique, limite des anguilles de moins de 3o cm. de long-; x, limite/des alevins non pigmentés.
- l’expédition reprit la mer, le 5 novembre, pour établir une coupe de l’Atlantique entre la côte africaine et Cayenne. Au cours de ce voyage 17 stations ont été faites, comportant, comme toutes celles exécutées au cours de la croisière, des sondages thermométriques, des prises d’échantillons d’eau et des pêches pélagiques à différents niveaux.
- Par 10° 16' de Lat. N. et 40° 41' de Long. 0. on rencontra une profondeur de seulement 2850 m. ; la crête sous-marine qui sépare l’Atlantique en deux cuvettes s’étend donc jusque dans cette région. Ce sondage est d’autant plus intéressant que les atlas manuels indiquent dans ces parages des fonds de 4000 mètres.
- De Cayenne, longeant la côte américaine vers le Nord-Ouest, puis touchant à la Barbade, le I)1’ Johs. Schmidt arriva finalement à Saint-Thomas dans les derniers jours de novembre.
- Pendant cinq mois ensuite jusqu’à la fin d’avril 1922 le Dana travailla soit dans la mer des Caraïbes, soit au large des côtes atlantiques de la chaîne des Antilles, sauf durant dix jours qui furent employés à une excursion dans le Pacifique.
- Après avoir exploré la mer autour de Saint-Thomas pendant le mois de décembre, le 10 janvier 1922 l’expédition franchissait le canal de Panama et pendant quelques jours croisait an large de Panama.
- Au point de vue océanographique, le Pacifique, près de Panama, présente de notables différences avec l’Atlantique. La température décroît en profondeur beaucoup plus vite que dans l’océan voisin et la salinité y est légèrement moindre.
- Ces deux circonstances dérivent, d’après le professeur C. H. Ostenfeld, de ce que, largement ouvert vers le Sud, le Pacifique reçoit d’abondantes eaux douces et froides provenant de l’Océan Antarctique. D’autre part, à certaines
- profondeurs, les eaux pacifiques sont presque complètement dépourvues d’oxygène.
- Si dans cet Océan, comme dans toutes les autres mers du monde, l’eau de mer dissout l’oxygène à saturation dans la couche superficielle, en revanche à la différence de ce que l’on observe ailleurs, cette teneur décroît extrêmement vite en profondeur. A 50 m. seulement en dessous de la surface alors que dans les autres océans elle est voisine de 100}). 100, dans le Pacifique, elle n’est plus que de 25 p. 100 et à la profondeur de 400 à 500 m. elle est pour ainsi dire réduite à 0. Plus bas, le pourcentage de ce gaz augmente et vers la profondeur de 2000 m. environ, il redevient égal à 25 pour 100, soit à la même valeur qu’à 50 mètres. Le Dr Johs. Schmidt incline à penser que la pauvreté en oxygène de ces couches liquides doit être attribuée à ce que depuis longtemps elles ne se sont pas trouvées en contact avec la surface ou avec les eaux superficielles; dans une certaine mesure, la teneur d’une nappe d’eau en oxygène doit, en effet, être inversement proportionnelle au temps écoulé depuis le moment où elle a été en relation avec la surface.
- Signalons que les couches du Pacifique dépourvues ou presque dépourvues de ce gaz n’en renferment pas moins une faune abondante.
- Au retour decette pointe vers l’Ouest, le D1 Schmidt demeura trois ou quatre jours mouillé dans le lac Gatoun, la magnifique nappe créée au milieu du. canal de Panama, afin de débarrasser la coque de son navire des balanes et des algues qui s’y étaient accrochées depuis quatre mois qu’il tenait la mer. Ce séjour dans les eaux douces permit d’économiser les frais d’un passage au bassin. La relâche fut employée à faire des récoltes de plankton ainsi que des sondages thermométriques au point où le Dana était mouillé et où la profondeur était de 22 mètres.
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- Le 4 janvier 1922 l’expédition danoise rentrait | là, elle se dirigea vers l’Est, en longeant par l’exté-dans la mer des Caraïbes, et, . en février, venait | rieur la chaîne des Antilles, jusqu’à Sainte-Croix;
- Fig. 7- — RésiLllati d’un coup de filet donné le 27 juin IQ20, par 27°i5'N et 6.i°35'W.
- Larves d’Anguilles européennes à divers stades, réduites environ de moitié. En bas, échelle d’un centimètre.
- opérer dans le détroit du Yucatan, puis dans celui / après quoi, elle revint dans l’Ouest débarquer de la Floride en vue d’étudier le Gulf Stream. De | à San Juan de Porlo-Rico le professeur Ostenfeld
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- qui, apres une campagne de deux mois à bord, devait rentrer en Danemark.
- Au point de vue océanographique, le principal résultat de cette croisière, c’est la constatation que le Gulf Stream est formé, non seulement par les eaux du golfe du Mexique qui s’échappent par le détroit de la Floride, mais encore par un courant qui se manifeste le long de la côte Nord des Antilles en direction de l’Ouest. Ultérieurement, au cours d'une autre croisière, en se rendant'des Bermudes à Norfolk (Etats-Unis), l’expédition détermina dans ces derniers parages la limite entre le courant chaud et le courant du Labrador qui baigne la côte américaine. Cette limite est remarquablement nette. En moins d’une demi-heure, le navire passa d’une zone où la température de la mer à la surface s’élevait à -t- 22° et la faune présentait un caractère nettement tropical, dans des eaux où le thermomètre plongeur marquait seulement -t- 42ü et dont la faune avait un faciès septentrional très accusé.
- De Porto-Bieo, le Dana alla ensuite travailler pendant le mois de mars autour des lles-sous-le-Yent ; le 4 avril il arrivait à la Martinique. Les magnifiques paysages de cette île ont enthousiasmé le Dr Schmidt. « Votre colonie, nous écrivait-il de Fort-de-France, est la perle des Antilles, et je ne comprend pas que les Français ne la choisissent pas pour hiverner de préférence à la banale côte d’Azur. a
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- A la Martinique, la campagne dans la mer des Antilles prenait fin, et désormais l’expédition allait s’attacher à la troisième et dernière partie de son programme : la recherche des lieux de ponte de l’anguille.
- Tout le monde sait que ce poisson se reproduit en mer, mais dans quelle région de l’Océan? On l’ignorait complètement jusqu a ces deimières années.
- En 1896, MM. Grassi et Calandruccio firent une découverte très importante en ce qu’elle a été le point de départ des recherches qui ont finalement abouti à la solution de l’énigme. Us reconnurent qu’un petit poisson, transparent, long de 0 m. 07, décrit jusque-là comme une espèce particulière sous le nom de Leptocephalus brevirostris, et qui se rencontrait seulement dans le détroit de Messine, n’était autre que la larve de l’anguillev De cette constatation, les deux naturalistes conclurent que l’anguille devait pondre dans les profondeurs de la Méditerranée. Dans leur opinion, si le Leptocéphale se trouvait uniquement dans le détroit de Messine, c’est qu’aucune autre partie de cette mer n’est, comme ce goulet, le siège de courants tourbillonnaires qui amènent à la surface la faune abyssale.
- Huit ans plus tard, en 1904, alors qu’il poursuivait des recherches biologiques dans l’Atlantique nord, le D1'Jolis. Schmidt recueillit près de la surface un Leptocephalus brevirostris, long de
- 0 m. 075, au large delà côte occidentale des Faerôer. La même année pareille trouvaille était faite devant la côte ouest d’Irlande. L’anguille ne devait donc pas frayer uniquement en Méditerranée, puisque l’on en trouvait des alevins dans l’Atlantique. Dès lors le Dr Schmidt s’attacha au délicat problème que posait la production de ce poisson, et, dix-huit ans durant il en a poursuivi la solulion avec un esprit critique qui commande l’admiration, accomplissant dans ce dessein pas moins de six longues croisières tant dans l’Atlantique qu’en Méditerranée. Le succès le plus complet a couronné ses elforts, et, avant son départ pour son nouveau voyage sur le Dana, il pouvait reconstituer la biologie de l’anguille dans ses traits essentiels d’après des faits d’expérience (1). En automne, écrit le savant naturaliste de Copenhague, les anguilles de nos régions abandonnent les eaux douces pour l’Océan. Ne les voit-on pas en octobre franchir les détroits danois en masses considérables, se dirigeant vers l’Atlantique et du fait de cette migration donner lieu dans ces goulets à une pêche rémunératrice? N’arrive-t-il pas également que de temps à autre vers la fin de l’année les chalutiers capturent de grosses anguilles dans la Manche occidentale? Une fois ces poissons dans l’Atlantique, ils filent vers le sud-ouest et s’en vont frayer au nord et au nord-est des Antilles. La ponte commence au début du printemps et se poursuit ensuite pendant une bonne partie de l’été. Après quoi commence le long et lent voyage des alevins vers nos côtes sous la poussée du grand courant qui charrie les eaux en direction du nord-est. Il ne dure pas moins de trois ans. Le premier élé, les larves ne dépassent guère le 50° de longitude ouest; le second, on les trouve dans l’Atlantique centrale jusqu’au 20° de longitude ouest pour le moins, et, le troisième, elles arrivent sur la plateforme continentale d’Europe. Dans cette région, durant l’hiver, les alevins se métamorphosent en anguilles, et, au printemps suivant, ces jeunes anguilles remontent en masse les cours d’eau où elles vont s’engraisser et devenir les longs et gros poissons qne nous connaissons jusqu’à ce qu’un beau jour l’inatinct de la reproduction les pousse à regagner la mer et à entreprendre un nouveau voyage transatlantique pour frayer.
- Pour les habitants de nos côtes, les recherches du l)1' Schmidt présentent un intérêt pratique que nous devons signaler en passant. Lorsqu’elles s’engagent dans lés embouchures de nos rivières, les jeunes anguilles, les « montasses » des pêcheurs de la Rance, les « civelles » de ceux de la basse Loire sont l’objet d’une pêche acharnée de la part des riverains. Dans certaines régions cette capture a été récemment défendue, tandis que dans d’autres elle demeure autorisée. Une mesure générale de prohibition s’impose.On se plaint à juste titre du dépeuplement
- J. Schmidt (Jolis.) The breeding Places of the Eel (Philoso-phical- Transactions of the Royal Society of London, Sériés B. vol. III, p. 179-208. Mémoire reçu le 8 juillet 1921, lu le 8 février 1922.
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- de nos rivières; il importe donc que les habitants des estuaires ne détruisent pas au passage les jeunes poissons qui remontent pour venir peupler les eaux douces d’amont.
- Mais revenons au Dana. Pour couronner ses études fécondes sur l’anguille, il restait au Dr Schmidt à découvrir le siège de la ponte de ce poisson, à récolter des œufs dans la mer où ses explorations antérieures l’avaient conduit à situer le lieu de sa reproduction. En conséquence, de la Martinique, l’expédition fit route dans le nord-est. Fâcheusement elle ne rencontra pas les calmes nécessaires à ses recherches et devant la persistance de fortes brises elle dut revenir aux Antilles. Mais le savant danois ne se tint pas pour battu. Il reprit la mer; cette fois favorisé par le temps, il poussa jusqu’au 27° 54' de latitude par 51° 47' de longitude ouest, et là se dirigea vers les Bermudes où il mouilla le 11 mai.
- Les résultats de cette campagne sont décisifs. Dans la région comprise entre le 50° et le 65° de longitude ouest le Dr Johs. Schmidt a recueilli une quantité considérable de larves d’anguille qui venaient de sortir de l’œuf. La mer des Sargasses est donc le berceau de ce poisson ; les explorations de l’éminent savant danois en apportent la démonstration irréfutable.
- Des Bermudes, 1 eDatia reprit le chemin de l’Europe en passant par les Açores. Cette nouvelle traversée de l’Atlantique apporta une nouvelle confirmation de l’exactitude des observations concernant l’anguille. Au fur et à mesure que l’on avança dans l’est, on recueillit des larves de ce poisson, de plus en plus grandes. Alors que vers le 50° de longitude ouest leur taille ne dépassait pas 0 m. 025, aux Açores, elle atteignait déjà 0 m. 05, et, s’élevait à 0 m. 075 dans le golfe de Gascogne (fig. 5).
- Deux points restent encore obscurs dans la biologie de l’anguille : jusqu’ici on n’a trouvé dans l’Atlantique aucun exemplaire adulte, et on ignore ce que deviennent les poissons après quils ont frayé.
- IV
- Dans les derniers jours de juin, le Dana entrait en Manche et le 5 juillet il venait relâcher au Havre où
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- la municipalité ménagea un chaleureux accueil à l’expédition danoise. Le gouvernement français nomma son chef officier de la Légion d’honneur. Entouré des représentants du Président du Conseil, ministre des Affaires Etrangères, des Ministres de la Marine et de l’Instruction Publique, ainsi que de professeurs du Muséum national d’Histoire Naturelle, le Maire de notre grand port normand, M. Léon Meyer, reçutle Dr Johs. Schmidt et ses collaborateurs à l’Hôtel de Ville et leur exprima les chaleureuses félicitations que leur grande œuvre mérite.
- Pour terminer, citons quelques nombres suggesl ifs qui permettront de se rendre compte de l’immense labeur accompli par la mission danoise. Au cours de son voyage, le Dana a couvert 25 000 milles, soit un peu plus que le tour du monde et fait 288 stations comportant en tout 1560 mises à l’eau des grands appareils. Ces 1560 opérations se décomposent au point de vue géographique en 855 dans l’Atlantique, 515 dans la mer des Caraïbes, 140 en Méditerranée, et 70 dans le Pacifique. 5500 prises d’échantillons d’eau et mesures de température à de grandes profondeurs ont été effectuées, et les produits des pêches et des dragages remplissent 5000 bocaux.
- Rappelons qu’en 1920, le D1' Johs. Schmidt avait déjà également , accompli une longue croisière de huit mois dans l’Atlantique sur une goélette à moteur portant également le nom de Dana et qui avait été libéralement mise à sa disposition pour des recherches scientifiques par M. Andersen, président de Y Est Asiatique danois. Au cours de ces campagnes, 152 stations avaient été déjà faites entre l’Ancien et le Nouveau Monde au nord du 20" de latitude.
- Non seulement les récentes expéditions danoises dans l’Atlantique rapportent des matériaux considérables, mais encore elles comportent un enseignement qui ne saurait être perdu. C’est que, pour obtenir le succès, les recherches biologiques à la mer doivent être confiées à des naturalistes qui, comme le DrJohs. Schmidt, n’hésitent pas à passer un an et plus en mer, loin de leur laboratoire, pour élucider les passionnants mystères que l’océan ne révèle qu’à ses fervents. Charles Rabot.
- Comment enregistrer le millionième de seconde.
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- En 1915, M. H. Cardot avait fait connaître dans La Nature (n° 2105) comment en mesure, en physiologie, des temps très courts pouvant atteindre le dix-millième de seconde.
- Cette année même, La Nature (n° 2525) décrivait l’appareil chronophotographique Bull qui permet de prendre 50 000 images par seconde.
- Cette rapidité est aujourd’hui de beaucoup dépassée par l’oscillographe cathodique, inventé et construit par M. Dufour, chargé de cours de physique à la Faculté des Sciences de Paris, que le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions vient défaire connaître.
- On se rend compte, a priori, que pour obtenir
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- l'enregistrement de temps aussi petits, il faut supprimer toute inertie de l’appareil. M. Dufour y a réussi en faisant agir sur un faisceau de rayons cathodiques. un champ électrique ou magnétique variable.
- Les rayons cathodiques sont produits dans un tube d (fig. 1) communiquant avec une cloche en bronze a étanche, fermée par un couvercle amovible b. Dans la cloche, est placé un cylindre j sur lequel est fixée la pellicule photographique à impressionner. Normalement, le faisceau cathodique atteint la pellicule en g, quand l’appareil est au repos. On peut d’ailleurs vérifier le trajet du faisceau et
- Le vide est obtenu dans le tube cathodiqne et dans la cloche au moyen d’une pompe ordinaire puis d’une pompe moléculaire agissant par la tubulure m. On a préalablement placé à l’intérieur une nacelle contenant de l’anhydride phosphorique pour assurer la dessiccation.
- Le faisceau né à la cathode e traverse un tube à diaphragme f qui ne laisse passer qu’un pinceau filiforme. Ce pinceau traverse en 2 un solénoïde où l’on peut faire passer le courant à étudier, ou bien un condensateur si l’on veut étudier une courbe de tension, puis en y un circuit et en w un aimant qu’on peut connecter, dans certains cas, à divers
- Fig. 1. — Coupe de l’oscillographe. Fig. 2 et 3. — Vues de l’oscillographe cathodique Dufour.
- son point d’impact au moyen d’un écran fluorescent, non représenté sur la figure, qu’on déplace au moyen du bouton fixé sur le couvercle b.
- Les regards h, placés dans le plan perpendiculaire à celui de la figure et fermés par une glace, permettent de voir de l’extérieur la tache lumineuse produite par le faisceau cathodique sur l’écran fluorescent. Ce point vérifié, l’écran est basculé sur le côté pour dégager la pellicule.
- La rotation du cylindre j est obtenue de l’extérieur par une commande magnétique agissant sur le pignon 0, à l’extrémité de l’axe n du cylindre, qu’on peut embrayer à volonté.
- Pour mesurer le temps simultanément au phénomène à étudier, on produit au moyen d’un diapason vibrant 200 fois par seconde une série d’étincelles devant la fenêtre transparente s de la cloche ; ces éclairs sont renvoyés par le prisme à réflexion totale t sur la pellicule.
- appareils pour agir sur le faisceau cathodique.
- Un disjoncteur spécial permet de produire à la fois l’entraînement magnétique du cylindre enregistreur et l’établissement ou la rupture d’un courant auxiliaire actionnant un relai qui provoque le phénomène, à observer pendant le temps de rotation du cylindre. Le même disjoncteur possède un enclenchement qui limite la période d’enregistrement à un seul tour du cylindre, de manière à éviter la superposition des tracés.
- Le tout, monté dans le laboratoire de physique de la Sorbonne (P.C.N.), a l’aspect des figures 2 et 5. La figure 2 montre l’appareil en bout avec, en haut, le tube cathodique, au-dessous les circuits à essayer et en bas la cloche de bronze où se trouve le cylindre enregistreur; sur le côté, on aperçoit les tubes communiquant avec les pompes à vide. La figure 5 représente le même appareil vu par côté; on y voit à droite le disjoncteur.
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- Avec les oscillographes classiques à équipage matériel mobile, on peut enregistrer des oscillations allant jusqu’à quelques milliers par seconde. Avec le nouvel oscillographe cathodique sans inertie, on peut utiliser toute la gamme des vitesses jusqu’à celles de l’ordre d’un million par seconde et
- 700 périodes fourni par un alternateur, dont le redressement est imparfait, comme pour tous les courants alternatifs de fréquence assez élevée. On aperçoit à gauche la trace des éclairs du diapason se répétant à chaque 1/19*2® de seconde, ce qui permet de compter la fréquence du courant.
- Fig. 4 à g.
- 4. Oscillogramme d’un courant alternatif à 42périodes redressé; 5. Oscillogramme d'un courant à 700périodes fourni par un alternateur; 6. Oscillogramme d’un courant à 800 périodes fourni-par un interrupteur de Wenhelt, avec déviations secondaires d’un quatre-millième de seconde; 7. Oscillogramme d’un arc chantant à 8600 périodes par seconde enregistrées sur une sinusoïde d’un cent-douzième de seconde; 8. Oscillogramme de la décharge d’un condensateur à ondes amorties d’un cenl-soixante-milliènie de seconde enregistrées sur une sinusoïde d’un deux-mille-sepl-centième de seconde; 9. Oscillations amorties a’une fréquence de 600000 par seconde inscrites sur une sinusoïde d’un cinq-millième de seconde (oscillogrammes de M. Dufour).
- l’on n’a comme limite que l’intensité de la source cathodique et la sensibilité du film photographique placé sur le cylindre enregistreur.
- Pour les vitesses lentes, une simple machine électrostatique ordinaire à deux plateaux suffit. C’est ainsi qu’a été obtenue la figure A, oscillogramme d’un courant alternatif à 42 périodes redressé par une soupape électrolytique à phosphate d’ammonium et électrodes aluminium-plomb. La figure 5 est l’enregistrement d’un courant à
- La figure 6 montre des oscillations déjà plus rapides. Le tube cathodique étant alors illuminé au moyen d’un transformateur à haute tension alimenté par du courant alternatif, on a enregistré les courbes d’établissement d’un courant interrompu par un interrupteur de Wehnelt placé en série dans îe circuit. Le nombre des ruptures est d’environ 800 par seconde, mais on observe des oscillations secondaires plus rapides ne durant qu’un quatre-I millième de seconde.
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- Lorsqu’on veut obtenir le tracé d’oscillations beaucoup plus rapides, la vitesse de rotation du cylindre devient insuffisante pour donner des graphiques clairement détaillés. M. Dufour a tourné celte difficulté de la manière suivante : il fait agir sur le faisceau cathodique, en même temps que le phénomène à étudier, un champ alternatif sinusoïdal auxiliaire de fréquence variable à volonté. Le solé-noïde à courant sinusoïdal est orienté de façon que ses oscillations soient parallèles à l’axe de rotation du cylindre enregistreur tandis que le solénoïde ou le condensateur où passe le courant à étudier agit dans un sens perpendiculaire. De cette façon, le phénomène’ s’inscrit, non plus sur un axe perpendiculaire à la rotation du cylindre, mais bien sur la courbe sinusoïdale servant d’axe ; les variations à étudier sont ainsi beaucoup plus étalées. Ainsi, si le courant sinusoïdal a une fréquence de 2000 par seconde et que la déviation du faisceau cathodique qu’il produit couvre tout le cylindre, soit 12 centimètres, un phénomène ne durant qu’un cent-mil-lième de seconde occupera seul le tracé avec longueur de 5 à 7,5 millimètres, suffisante pour bien l’étudier.
- Le courant alternatif auxiliaire est fourni tantôt par un alternateur pouvant donner jusqu’à 800 périodes par seconde, tantôt par un arc chantant, à primaire oscillant et secondaire accordé, dont on règle à volonté la fréquence entre 2000 et 10 000 par seconde; on peut naturellement se servir aussi de courants oscillants entretenus par des lampes à trois électrodes.
- L’énergie à fournir pour l’illumination du tube doit être plus grande que précédemment, puisque la vitesse de la tache cathodique est accrue. Cependant, la simple machine électrostatique à deux plateaux est encore suffisante jusqu’à une fréquence de l’ordre de 100 000 pour le phénomène à observer. Pour des fréquences supérieures, il vaut mieux employer le transformateur à haute tension avec soupapes, condensateur volant et résistance liquide.
- M. Dufour règle les deux courants de façon que la sinusoïde ait une période environ cent fois plus longue que le courant à étudier. Sur une sinusoïde d’un dix-millième de seconde, il a pu enregistrer très nettement des oscillations amorties de fré-
- quences supérieures à un million par seconde.
- La figure 7 représente un tracé obtenu par la combinaison des deux courants. On y voit les grandes oscillations du courant sinusoïdal servant d’axe, se répétant 1 1 2 fois par seconde et les petites oscillations perpendiculaires, provenant du courant oscillant de l’arc chantant, répétées 8600 fois par seconde.
- La figure 8 est l’enregistrement du courant de décharge d’un condensateur placé dans un circuit oscillant à self et éclateur à étincelle très courbe et souftlée. Les grandes oscillations se répètent 2700 fois par seconde et les oscillations'du conden sateur ont une fréquence de 160000.
- Enfin la figure 9 représente des fréquences encore plus élevées : sinusoïdes d’un cinq-millième de seconde, oscillations amorties d’une fréquence de 600000 par seconde.
- Tels sont les premiers résultats obtenus par M. Dufour avec l’appareil qu’il a conçu et construit de ses mains.
- C’est une merveille de pouvoir inscrire sans inertie et par conséquent sans déformations des phénomènes aussi variables que le courant à 42 périodes de la figure 4 et les ondes à 600000 périodes de la figure 9. Aucun appareil n’approchait jusqu’à présent d’une pareille précision et d’une telle; souplesse. Et, si l’on veut bien se rendre compte de ce que représente d’ingéniosité et de labeur un oscillographe étanche, où dans un vide très élevé se déplacent un faisceau lumineux et un cylindre matériel, on reconnaîtra à M. Dufour non seulement un génie d’invention peu commun, mais également une habileté manuelle dont bien peu d’ouvriers sont capables.
- L’application la plus immédiate et la plus pratique de ce nouvel oscillographe semble devoir être l'enregistrement des communications de T. S. F. Les grands postes d’émissions ne se servant guère que d’ondes de fréquence 10000 à 100000, l’appareil de M. Dufour est le seul qui puisse les oscillo-graphier sans difficulté. On arrivera ainsi au contrôle et à l’inscription des dépêches actuellement reçues uniquement au son, sans laisser de traces.
- A. B.
- UN NOUVEAU TYPE DE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE
- Les dernières machines des chemins de fer fédéraux suisses.
- La Nature a récemment décrit les installations de la ligne de chemin de fer que vient d’électrifier la Compagnie du Midi et le matériel électrique employé pour assurer le service de cette ligne; à propos des locomotives utilisées par cette Compagnie, il paraît intéressant de signaler à l’attention le type de machine mis en usage depuis quelques mois par les chemins de fer fédéraux suisses : ces machines
- présentent certaines dispositions tout à fait caractéristiques et qui sont probablement appelées à provoquer une modification importante dans les principes les plus généralement observés jusqu’à ce jour en matière de constructions de locomotives électriques.
- On sait que la Suisse, comme l’Allemagne et l’Italie, ont donné la préférence, pour l’exploitation des chemins de fer, au courant alternatif ; elle ne
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- UN NOUVEAU TYPE DE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE
- Fig. i. — Locomotive des chemins de fer fédéraux suisses, vue du côté gauche.
- compte guère cpie quelques installations de ehemiiy de fer à courant continu, tandis qu’elle en a plusieurs, très importantes, où il est fait usage soit du courant alternatif triphasé, soit du courant alternatif monophasé; c’est le monophasé qui domine et on peut le considérer comme le système type pour le service des chemins de fer de la fédération helvétique; la vogue dont il jouit est d’ailleurs due à des circonstances historiques et géographiques plutôt qu’à des raisons techniques.
- Ce serait donc une erreur que de vouloir tirer de cet exemple une leçon pour les autres pays et spé-
- j cialement pour la France ; aussi bien, n’est-ce j pas du système de traction employé que nous I voulons parler aujourd’hui, mais du. modèle de j locomotive, question qui est à peu près indépendante de celle du système, les memes constructions de machines étant, en général, applicables quel que soit le mode d’exploitation choisi, au point de vue du genre de courant, pour l’alimentation des véhicules.
- Dans le passé, presque toutes les locomotives électriques acquises par les chemins de fer fédéraux, avaient été des machines actionnées par un moteur de
- Fig. 2. — Locomotive des chemins de fer fédéraux suisses, vue du coté droit.
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- UN NOUVEAU TYPE DE LOCOMOTIVE ELECTRIQUE
- /'ïsr. 3. — Disposition de la commande individuelle unilatérale d’un essieu moteur par un engrenage réducteur de vitesse.
- très grande puissance, surélevé, et agissant sur l’ensemble des essieux moteurs, par l'intermédiaire de manivelles et de bielles avec ou sans contre-arbre intermédiaire, si bien que l’on pouvait considérer la commande à manivelles et à bielles comme une disposition pour ainsi dire inhérente à la locomotion électrique aussi bien qu’à la locomotion à vapeur.
- A vrai dire, il semble a priori y avoir quelque chose d’anormal à l’introduction de ce système de commande, indispensable lorsqu’il s’agit d’un engin à vapeur, à mouvements alternatifs, dans une machine où les engins moteurs sont au contraire animés, précisément, d’un mouvement de rotation, bien plus favorable que le mouvement alternatif, pour actionner les essieux d’un véhicule ; néanmoins, la commande à manivelles et à bielles avait paru présenter de tels avantages pour la réalisation des grosses machines électriques de chemins de fer, que son adoption s’était en quelque sorte imposée à beaucoup de techniciens.
- L’expérience a mis en lumière, dit-on aujourd’hui, qu’elle ne répond pas cependant aux besoins, et, après en avoir été les protagonistes, les constructeurs suisses l’abandonnent, pour revenir à la commande individuelle de chaque essieu, plus favorable au bon fonctionnement des appareils, en ce qu’elle élimine les effets fâcheux qu’exercent sur les palier s, les moteurs, les collecteurs, etc., les phénomènes vibratoires dus aux changements périodiques du sens de l’effort dans les bielles (travaillant alternativement à la pression et à la traction), aux jeux dans les paliers, etc.
- C’est à ce premier point de vue que le nouveau type de locomotive des chemins de fer fédéraux présente d’abord de l’intérêt : on n’y trouve plus les manivelles et bielles des types précédents ; la commande est individuelle avec un moteur par essieu moteur, ainsi que cela a lieu
- pour les machines que nous avons couramment construites pour nos chemins de fer électriques ; mais une deuxième particularité est à signaler immédiatement dans la façon dont est réalisée cette commande individuelle et ici se présente une innovation dans le domaine de la construction mécanique des machines électriques.
- Il est bien connu qu’à part quelques locomotives ou véhicules sans engrenages, avec armature des moteurs fixée aux essieux (ou aux roues) et les attaquant directement, sans réduction de vitesse, la commande individuelle comporte régulièrement, entre le moteur et l’essieu commandé, une réduction de vitesse, le plus généralement (ou à peu près exclusivement) constituée par des engrenages, à simple ou, quelquefois, à double réduction : pour diverses raisons, la pratique courante prévoit, sur les grosses machines, le doublement des engrenages ; l’armature du moteur est disposée au milieu, entre les roues, et, de part et d’autre, son axe porte un pignon denté, soit donc deux pignons, engrenant chacun avec une grande roue dentée.
- Il est à noter que cette construction est, en fait, une disposition propre à la traction et qui se justifie, au fond, moins qu’elle ne s’explique : elle provient de ce que l’on a cru nécessaire d’avoir une construction symétrique de la machine, dans son ensemble, par rapport à l’axe longitudinal du véhicule; que l’on a pensé, en outre, pouvoir réaliser ainsi, avec plus de sécurité, les fortes transmissions entre moteur et essieu qu’impliquaient les grands efforts entrant en jeu; enfin, qu’il était plus commode d’aplatir l’armature, en augmentant son diamètre, pour trouver place pour les engrenages que de chercher un autre moyen de corriger l’encombrement en épaisseur de ceux-ci.
- Les constructeurs suisses ont franchement abandonné la réduction bilatérale et adopté une réduction unilatérale, ne recourant plus qu’à un engrenage unique, pignon et roue, pour transmettre, par une seule extrémité de l’axe et sur une seule roue de l’essieu moteur, la totalité de la puissance développée ; en même temps, ils ont rejeté le mécanisme de commande au dehors, à l’extérieur des roues, rendant de la sorte disponible pour l’installation du
- Fig. 4. — Pignon élastique.
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- moteur tout l’intervalle entre les roues et s’assurant d’un seul coup, en plus de cela, la possibilité de donner au pignon et à la roue toute l’épaisseur nécessaire pour une bonne sécurité.
- Cette disposition de la commande réagit, d’autre part, et d’une façon favorable, sur la disposition intérieure de la locomotive ; tous les appareils électriques se trouvent de ce fait rejetés d’un même coté, du côté opposé aux trains d’engrenages et, tandis que sur les machines anciennes on n’avait, pour atteindre aux appareils, spécialement aux collecteurs, que deux passages étroits, de part et d’autre, on a actuellement, d’un seul côté, un large couloir où la circulation est des plus aisées, au grand profit de la facilité du service.
- Les constructeurs revendiquent encore, pour cette construction, d’autres qualités, par exemple au point de vue de la situation fortement surélevée du centre de gravité (circonstance favorable à la stabilité aux vitesses élevées), mais il s’agit de questions d’un caractère un peu trop spécial pour trouver place ici ; bornons-nous à signaler, pour terminer, les dispositions mécaniques de la commande unilatérale adoptée : c’est un détail de construction, mais qui a ici son importance et son intérêt.
- On ne peut, sur des machines sujettes à des trépidations constantes et à des chocs fréquents comme il s’en présente pour des locomotions électriques, établir une liaison directe, rigide, dure, entre l’arbre du moteur, au-dessus du châssis, et l’essieu commandé, inévitablement appelé à subir des déplacements par rapport à celui-ci; il faut, en premier lieu, amortir les trépidations et les chocs, depuis l’essieu jusqu’au moteur, et, en deuxième
- lieu, faire en sorte que l’essieu ait une liberté de mouvement suffisante par rapport au moteur, malgré la solidarité établie de l’un à l’autre par les organes de commande.
- La première partie du problème a été résolue en employant un pignon formé de deux parties : un moyeu et une couronne, et en plaçant entre ces deux parties des ressorts à boudin ; cette construction aurait pu être difficile à réaliser si l’on était resté à la construction usuelle, à la commande bilatérale intérieure: elle est devenue facile ici, grâce au placement de la commande à l’extérieur et au grand diamètre que l’on a pu donner au pignon (fig. 4).
- Quant à la mobilité de l’essieu par rapport à l’ensemble, elle a été obtenue en établissant, entre la grande roue d’engrenage et la roue motrice correspondante, un accouplement spécial, mobile dans tous les sens, et réalisant une chaîne cinématique parfaite; « l’essieu moteur peut ainsi se déplacer librement par rapport au châssis ; de la distance voulue, dans les directions verticale et horizontale, s’orienter même, dans les courbes, suivant le rayon de courbure, etc. », propriétés éminemment favorables à une bonne marche et à un bon service.
- Dans l’ensemble, la machine est, on le voit, des plus intéressantes : huit unités représentent déjà, en service, ce genre de construction, sur la ligne Derne-Thoune ; ce sont des machines à trois moteurs de 700 HP chacun, type 2-C-l ; il sera très instructif pour nos techniciens et nos constructeurs d’en suivre la conduite.
- Henri Marchand.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre et de novembre 1922.
- L’absorption de la pepsine et de l'acide chlorhydrique par les aliments. —Les expériences de M.Effront qui ont porté sur les pulpes végétales (légumes et fruits) montrent une relation entre leur état colloïdal, la réaction du milieu et leur pouvoir absorbant; il semble ainsi qu’un régime de purées puisse être d’une grande utilité lorsqu’il s’agit d’une hyperacidité, alors qu’il deviendrait nuisible dans le cas d’un suc gastrique pauvre en pepsine ou en acide.
- La préparation du nickel pour la catalyse. — Parlant deThydrocarbonate, vendu sous le nom d’oxyde hydraté, M. Brochet obtient un produit très régulier et de;rendement constant en préparant d’abord l’oxyde noir, par simple calcination. La réduction par l’hydrogène électrolytique demande 48 heures, à 500°, pour des masses de 10 à 50 gr. d’oxyde et fournit un catalyseur pyro-phorique, qu’il suffit de soumettre à un courant de vapeur d’eau, ou de gaz inerte (CO2, Az), pour arriver à un produit facile à manipuler au contact de l’air. Le même auteur obtient du nickel catalytique en partant soit du formiate, soit de l’oxalale.
- La structure des Tassiiis des Ajjer. ~- Pour M. Kilian, cette région ne doit plus être considérée comme un ensemble de plateaux dévoniens. Les sédiments siluriens jouent un grand rôle dans sa constitution ; d’où le nom que propose l’éminent géologue de « Tassiiis dévono-siluriens ».
- La mesure des éléments du magnétisme terrestre. — L’appareil que M. Perot soumet à l’Académie permet l’évaluation, au millième près, de la déclinaison, de l’inclinaison et de la force totale, en unè opération qui ne dure qu’une dizaine de minutes et comprend la mesure de quatre intensités. Le principe repose sur l’existence de courants d’induction dans une bobine mise en rotation, dans le champ magnétique terrestre, et l’annulation desdits courants par un nouveau champ antagoniste, dû à deux bobines rectangulaires. A Meudon, M. Perot vient d’obtenir les résultats suivants : inclinaison G5°57' ; force totale 0,455 G. G. S.
- Un four à résistance de molybdène dans le vide. — Le dispositif imaginé par M. Fleury comprend une spirale
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- LE PORT DE BRUXELLES
- de tungstène (ou de molybdène], dont le .fil présentant 1 inm 2 de diamètre s’enroule sur un tube en alundum rainé au pas de 2 mm 8 ; le four et ses supports sont placés dans une grande cloche en acier, reposant sur une plaque de même métal et en relation avec une pompe rotative à mercure ou une pompe double à huile à grand débit. On peut atteindre 1700° avec 50 ampères sous 75 volts.
- Les sources de Bagnoles-de-l’Orne. — M. P. Loisel cherche à établir une relation entre la nature géologique du terrain et la radioactivité des sources qui y prennent naissance. Ces dernières se impartissent, en effet, en groupes NO.-SE. suivant la direction générale des lignes structurales de la région et, si l’on considère les sources Saint-Ursin, Cbaudefontaine, les Vallées, leBézier et l’IIermitage, dont la teneur dépasse un millimicrocurie, on voit qu’elles s’échelonnent suivant une ligne qui coïncide en moyenne avec un synclinal occupé par le grès de May. Les résultats acquis établissent des relations intéressantes, sans qu’il soit déjà possible de formuler une loi générale.
- Hérisson el virus rabique. — Le hérisson présente,
- on le sait, une immunité remarquable vis-à-vis des venins de certaines toxines microbiennes et des poisons en général. Mme Phisalix a étudié l’action du virus rabique de l’Institut Pasteur sur quatre sujets, d’âges et de sexes différents, qui ont reçu chacun, dans les muscles de la cuisse, un centimètre cube d’eau salée, tenant 1/10e du virus; l’encéphale des sujets morts a été essayé sur deux lapins, par inoculation intracérébrale. Il semble résulter de ces expériences que l’organisme ü’Erinaceus europæus L., s’il ne jouit pas d’une haute immunité, se défend cependant assez bien et peut sinon détruire, du moins atténuer, le virus rabique.
- Le traitement des aciers par réchauffage suivi de refroidissement lent. — En plein accord avec les résultats fournis à M. Chevcnard par l’étude de la viscosité des aciers à hautes températures, les conclusions de M. Poitevin indiquent qu’on peut, par des revenus à basse température, atténuer les efforts internes, tout en conservant la dureté acquise par la trempe. Un tel traitement semble des plus utiles pour les pièces d’outillage et la stabilisation des calibres et jauges de précision par étuvage.
- Paul B.
- LE PORT DE BRUXELLES
- On a inauguré, il y a quelque temps, Bruxelles port de mer ou mieux les travaux reliant les bassins du port intérieur de la capitale, à l’Escaut et à la mer.
- Il y eut des fêtes somptueuses. Des navires de guerre de France, d’Italie, d’Angleterre, de Hollande et de gros cargos vinrent accoster aux quais de Bruxelles-maritime, à l’ombre du clocher de l’Hôtel de Ville. Et ce fut dans toute la Belgique, et particulièrement dans la capitale et la province de Brabant, un véritable enthousiasme.
- L’oeuvre de Bruxelles port de mer est considérable, non seulement par le caractère des travaux qu’elle exigea, mais encore — et surtout — par sa signification et paP les conséquences qui en résulteront, pour Bruxelles, et pour les autres régions du pays, à commencer par la métropole maritime belge, Anvers.
- Nous ajouterons qu'en raison des travaux qui devront être exécutés plus tard : élargissement du canal de Charleroi reliant le sud du pays et la frontière à la capitale, extension du réseau lluvial, etc., la France lest appelée à tirer un parti heureux du port central Je la Belgique. Et c’est là, ajoutée aux autres, une raison, pour laquelle il nous a paru intéressant de dire quelques mots du grand travail économique que la Belgique vient de réaliser.
- Cette œuvre n’est pas nouvelle.
- C’est en effet, en 1477, que Marie de Bourgogne autorisa la création d’un canal reliant Bruxelles à l’Escaut ou au Rupel, et en 1555 que cette voie fut établie par la magistrature de Jean de Locquenghien, '
- amman de Bruxelles, sous le règne de Charles-Quint.
- Mais il ne s’agit pas ici de faire de l’histoire. Au surplus celle-ci serait fort longue, puisque le projet de relier Bruxelles à l’Escaut rencontra, à travers les siècles, toutes les vicissitudes, suivant les événements politiques qui avaient pour théâtre le pays. Et l’on sait qu’il y en eut et de graves.
- En réalité, c’est en 1891 que le problème put entrer dans la voie des réalisations, grâce à l’action entreprise par le cercle des installations maritimes. Il y eut encore des années de lutte ardue. Enfin, en 1896, le 9 juin, fut constituée, pour une période de 90 ans, la Société du Canal des Installations maritimes de Bruxelles, chargée de réaliser l’œuvre.
- La Société a pour actionnaires l’État belge, la province de Brabant, la ville de Bruxelles et les communes de l’agglomération. Le capital primitif de 53580000 francs a été porté à 57 080000 francs au 51 décembre 1921, dont 50 908 000 francs ont été souscrits par l’État, 4 564 000 francs par la province de Brabant, 16428 000 francs par la ville.de Bruxelles et le solde par les communes de Molenbeek-Saint-Jean, Schaerbeek, Saint-Gilles, Koekelberg, Anderlecht, Laeken, Saint-Jôsse-en-Noode, Ixelles, Etterbeek et Vilvorde. La Société a émis en 1897 un emprunt de 44 180 000 francs.
- Les projets des travaux furent approuvés par la loi du 11 septembre 1895 et modifiés notamment par les lois des 19 août 1897, 24 mai 1902, 16 septembre 1908 et 19 février 1910. Les travaux
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- ............................LE PORT DE
- d’agrandissement du canal et d’extension du port furent officiellement commencés le 29 juillet 1900, en présence du roi Léopold II. Ils furent méthodiquement poursuivis, mais la guerre en retarda l’avancement. En 1918, ils furent repris pour être achevés récemment.
- Telle est, hâtivement résumée, l’histoire, au cours de ces dernières années, du canal.
- Et maintenant disons ce qui constitue, au point de vue des travaux et de la valeur économique, l’œuvre de Bruxelles-maritime.
- Le canal inauguré récemment et qui relie Bruxelles au Rupel et à l’Escaut a une longueur de 39 km et se divise en trois hiefs, respectivement de
- 17 km 638 entre Bruxelles et Capelle-au-Bois, de
- 5 km 182 entre Capelle-au-Bois et Grand-Willebroeck et de 6 km 959 entre Grand-Willebroeck et Win-tham.
- L’accès au Rupel est assuré par deux écluses : celle de Wintham, débouché du canal maritime, de 114 m. de long, 16 m. de large et 6 m. 50 de mouillage ; celle de Petit-Willebroeck de 61 m. de long, 7 m. 55 de large et 4 m. 15 de mouillage; celte dernière est plus spécialement allêctée à l’éclusage des bateaux de petit tonnage.
- La différence de niveau entre Bruxelles et le Rupel est rachetée par deux écluses intermédiaires établies à Cappelle-au-Bois et à Willebroeck et qui ont les. mêmes dimensions que celle de Witham. Pour l’éclusage rapide das bateaux auto-moteurs de petit tonnage, une petite écluse de 67 m. de longueur, 8 m. 60 de largeur et 3 m. de mouillage, a été construite à côLé des deux écluses intermédiaires.
- Les ouvrages d’art comprennent également quatre ponts de chemin de fer et onze ponts-routes, tous mobiles, avec une ou deux passes navigables de
- 18 m. d’ouverture.
- Le mouillage du canal est de 6 m. 50 ; sa largeur à la 11 ottaison varie de 40 m. dans les sections les plus étroites, jusqu’à 60 m. en section normale et 70 à 100 m. dans les garages.
- Le canal de Bruxelles au Rupel permet l’arrivée jusqu’à la capitale de navires de mer ayant au maximum 105 m. de longueur, 14 m. de largeur et 5 m. 80 d’enfoncement, soit d’un tonnage de 5000 tonnes, alors que naguère on était limité à 500 tonnes.
- Mais il y a autre chose de plus important. 11 y a le port de Bruxelles.
- Les installations maritimes de la capitale comportent trois bassins : le bassin Vergote ou bassin maritime, d’une superficie de 11 ha 1/2, mesure 918 m. de longueur, 120 m. de largeur et
- 6 m. 50 de mouillage; le bassin de jonction reliant le port au canal de Bruxelles à Gharleroi qui a une longueur de 728 m., une largeur de 42 m. 50 et un mouillage de 5 m., et qui permet l’entrée de 'bateaux de 2 m. 80 de tirant d’eau. Il communique avec le bassin maritime par un passage principal de
- BRUXELLES
- 12 m. et un autre de 8 m. de largeur, couvert par un tablier fixe, dont le tirant d’eau est de 4 m. 50.
- Enfin, il y a le bassin de batelage. Il mesure 622 m. de longueur, 55 m. de largeur et 5 m. de mouillage, et les bateaux de 2 m. 80 de tirant d’eau y ont accès. Ce bassin est relié au bassin Vergote par un canal de 12 m. 60 de largeur, couvert par un pont fixe, dont le tirant d’air est de 4 m. 15.
- Les quais de tous ces bassins sont pourvus d’un appareillage complet, voies ferrées, grues, dépôts, etc. D’autre part, à proximité des bassins s’élève l’entrepôt public, un bâtiment immense pourvu de toutes sortes d’installations et de services, douanes, administration des transports, etc., etc.
- Ce n’est pas tout. Déjà on a voté les crédits nécessaires en vue de la création d’un vaste avant-port qui disposera de 2000 m. de quais maritimes et de puissantes installations.
- Et enfin, le Gouvernement belge vient de décider l’élargissement du canal de Charleroi qui relie la capitale, au sud du pays, à la riche province industrielle du Hainaut, voire aux bassins du Nord français.
- Le port maritime de Bruxelles est-il assuré d’un trafic justifiant les énormes sacrifices consentis par la Belgique? Cela n’est pas douteux.
- Quelques chiffres Te prouveront.
- En 1921, malgré la crise et la situation anormale due à la guerre, le port de Bruxelles a donné les
- recettes suivantes : Port :
- Entrepôts . 634.482,57 frs
- Ascenseurs et grues de l’en-
- trepôt 42.927,28
- Quais et hangars. ..... 254.049,25
- Grues du port 272.570,50
- Canal :
- Navigation 62.428,45 '
- Dépôts sur les lignes et sur les
- quais • 54.817,25
- Recettes diverses 129.297,76
- Remorquage :
- Canal 751.925,04
- 2.747.295,86 frs
- Ce trafic déjà considérable est appelé à se développer encore.
- Au fur et à mesure que se développeront les industries le long de ses rives, dans la vallée de la Senne, vers Vilvorde, ou vers Clabecq, se manifesteront d’autres besoins qu’il faudra satisfaire. Déjà
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- LE PORT DE BRUXELLES
- Fig. i. — Un bassin du port de Bruxelles; à 1’arrière-pla», l’entrepôt.
- le Brabant est le théâtre d’un essor industriel considérable. Au lendemain de l’armistice, les usines s’y sont multipliées et surtout dans l’agglomération. Tels faubourgs, comme Anderlecht, Molenbeek, Yilvorde, Haren, Forest, deviennent de véritables ruches industrielles comme Saint-Denis, Levallois, près de Paris ; la Croix-Rousse, à Lyon ; les banlieues usinières de l’Estaque, à Marseille. Non seulement la vie de travail y abonde, mais nous constatons que toutes sortes de spécialités industrielles, qui constituaient il y a quinze ans une sorte d’apanage du Jlainaut, de la vallée mosane, de Gand, s’établissent autour de la capitale, généreuse ruche de labeurs humains.
- Une telle évolution comportera des exigences
- nouvelles pour le port de Bruxelles. 11 faudra les satisfaire.
- Sans compter qu’il conviendra d’organiser, par la création d’un réseau navigable méthodiquement conçu, l’hinterland du grand port central belge, escale entre Anvers et le Sud, port d’exportation, le grand-duché du Luxembourg et le Nord et l’Est français.
- C’est parce que l’on envisage ce brillant avenir, que la Belgique a voulu célébrer avec solennité l’ouverture de Bruxelles port de mer. Fierté, dira-t-on. Peut-être. Avouons qu’elle est légitime.
- Marius Rcnari),
- Députe permanent du Brabant.
- Directeur des Arts et Métiers de Saint-Ghislain.
- Fig. 2. — Les entrepôts de- Bruxelles maritime.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahdre, 9, rue Üe Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2549- r-^~rr-=3^—1:. ; - . ,...10 FÉVRIER 1923
- LE VOL A VOILE PAR VENT HORIZONTAL
- Dans quelques articles précédents, nous avons analysé les différentes réactions produites sur l’aile de l’oiseau voilier par les forces vives du vent horizontal.
- Rappelons ici que les fouets ou mains de l’oiseau, présentent, par rapport à la trajectoire, une incidence positive; tandis que la partie centrale de l’aile, ou aile voilière, fait avec cette trajectoire un angle négatif.
- Cette déformation tient d’une part à la rigidité décroissante des rémiges, à leur imbrication, en partant du fouet et en se rapprochant du corps de l’oiseau; elle tient, d’autre part, à la présence de la membrane antérieure sous-jacente du bras et de l’avant-bras.
- Nous disions que le vol à voile n’est pas dû à
- Fig. 2. —Aile voilière fixe dans un vent horizontal.
- l’adresse de l’oiseau, mais à la conformation spéciale de son aile.
- Par exemple, si nous considérons un vautour, placé face au vent, ailes étendues, nous le verrons s’élever contre le vent et progresser de façon rectiligne, sans qu’à aucun moment l’axe longitudinal de son corps soit désorienté. Il parait être aspiré par le vent.
- La vitesse de translation sera en raison inverse de celle du vent debout; mais ce qu’il perdra en vitesse horizontale, il le gagnera en hauteur.
- Nous appuyant sur ces observations — entre autres — nous avions émis ces deux hypothèses dont la première est depuis longtemps admise :
- a. Le gain d’altitude est fonction du vent horizontal.
- b. La translation horizontale est fonction de la pesanteur.
- * *
- Quelques bons esprits ne firent pas de difficulté à admettre l’exactitude de nos observations; ils acceptèrent même la plupart de nos déductions.
- v v
- Fig. 4. — Action de deux fouets compresseurs vus de face.
- Mais l’accord est loin d’être réalisé au sujet de la pesanteur.
- « La pesanteur, ont-ils objecté, peut sans doute
- faire avancer l’oiseau lorsque sa trajectoire est descendante; lorsqu’il fait une chute.
- « Elle ne saurait, évidemment, intervenir avec utilité lorsque l’oiseau s’élève.
- « Même en procédant à une combinaison de ces
- Fig. 1. — Aile voilière au repos, coupe.
- deux forces : vent horizontal et pesanteur, vous nous ferez difficilement comprendre cette fixité de l’oiseau dont l’axe n’est pas désorienté, cette régularité de machine, cette pénétration lente et automatique dans l’atmosphère, telle que vous l’avez observée et telle d’ailleurs que l’avait observée Mouillard. »
- Ce furent les dernières objections.
- Nous y répondrons de notre mieux.
- L’oiseau voilier, machine à air comprimé. — On sait qu’une machine à air comprimé se compose de deux dispositifs essentiels :
- Le compresseur et la machine réceplrice.
- Le compresseur aspire l’air, le comprime à plusieurs atmosphères, puis l’envoie à la machine réceptrice.
- La machine réceptrice est le siège de transfor-
- Fig. 3.
- Déviation des filets d’air par le fouet de l’aile.
- mations inverses de celles qui ont lieu dans le compresseur.
- C’est en &e détendant, en revenant à sa pression primitive que l’air comprimé met en branle des pistons, des aubes, etc., dont le mouvement est utilisé par l’industrie.
- Dans l’oiseau voilier, nous avons la machine réceptrice, c’est l’aile voilière dont on voit la coupe à la figure 1.
- Si nous plaçons cette surface devant une soufflerie dont le vent est strictement horizontal, nous la verrons prendre-la position de la figure 2. Sous sa surface inférieure se créera une dépression.
- Le compresseur, nous l’avons aussi dans le fouet ou main de l'oiseau.
- Sous l’action du vent de la soufflerie, il subira une légère déformation et, après les avoir comprimés, il déviera les filets d’air vers la « réceptrice » (fig. 3).
- Si, de part et d’autre, d’une tringle T (fig. 4), nous plaçons les deux fouets-compresseurs (en
- 0. — 81.
- 5’* AnnAr, — 1" Semestre.
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- 82 ' -rr:...:: LE VOL A VOILE PAR VENT HORIZONTAL
- l’absence de toute réceptrice), nous constaterons la déviation des filets d’air, lesquels venus des compresseurs, se presseront au centre du système en créant un tourbillon.
- On peut également se représenter dans l’atmo-
- Ce n’est que derrière l’oiseau qu’elle reprend sa forme, sa densité et sa direction primitives.
- Voilà donc un point d’acquis. Par sa conformation spéciale, l’aile du voilier transforme le vent horizontal en un courant oblique et ascendant; en outre, elle supprime presque la traînée.
- Certes, nous voilà loin de la surface un peu simple des aéroplanes !
- *
- *
- *
- Fig. 5. — Représentation de la masse d’air pénétrant sons l’aile de l’oiseau; elle peut être assimilée à un cylindre.
- sphère la déformation volumétrique de la colonne horizontale d’air, heurtée, de part et d’autre par le système ci-dessus.
- Nous admettrons que pour chaque aile de l’oiseau cette masse d’air est cylindrique ; qu’elle est cylindrique avant d’être heurtée par le bord d’attaque de l’aile (fig. 5).
- Dès qu’elle est captée par l’aile, cette masse change de forme. Sous la pression énergique des compresseurs, elle se rétrécit d’un demi-diamètre, latéralement.
- Mais, tout aussitôt, elle cherche à reprendre son volume, selon les lois de Mariotte et de Gay-Lussac.
- Il se produit un allongement dans le plan vertical. La figure 6 montre cette déformation qui
- Fig. “. — Action de l’aile voilière réceptrice.
- S. poussée sustentatricc.
- s’accroît en raison même de la vitesse du vent horizontal.
- Telle est l’intluence directe des fouets-compresseurs sur le vent horizontal qui les heurte.
- On voit d’ici quel sera le rôle de l’aile voilière réceptrice qui, elle, s’efface au vent horizontal.
- Nous la représentons de face, recevant de part et d’autre les pressions d’air que lui fournissent les compresseurs (fig. 7).
- En coupe, nous la voyons se soulever en x, pivotant en 0; prendre un angle négatif, de façon à faciliter la détente de l’air comprimé qui la presse de bas en haut (fig. 8).
- On a remarqué la forme et la direction de cette colonne d’air, tant sur la figure 6 que sur la figure 8.
- Dans sa partie V elle est horizontale.
- En 0, c’est-à-dire à son passage même sous le bord d’attaque, elle s’infléchit vers le haut, se mêlant, dans la cavité de l’aile, aux courants latéraux venus des compresseurs.
- Elle devient ascendante.
- Fort bien, dira-t-on; cette transformation du vent horizontal en courant oblique et ascendant est vraisemblable sur une aile fixe, par exemple, dans une soufflerie; mais elle devient impossible sur l’oiseau, lequel est abandonné à sa faible pesanteur dans un milieu moléculaire très fluide.
- L’oiseau, ne pouvant réagir, ne peut évidemment
- (profil J [plgn)
- Fig, 6. — Déformation de la masse d’air cylindrique, sous l’aile de l’oiseau.
- que tomber suivant une trajectoire plus ou moins inclinée.
- La pesanteur ne saurait l’exhausser en le faisant progresser contre un vent horizontal.
- &
- * *
- Les forces vives de l’air et du vent. — Remarquons d’abord qu’en soufflerie, l’aile de l’oiseau n’est pas placée dans des conditions aussi favorables que celles où elle se trouve au sein de l’atmosphère.
- Elle n’a plus sa souplesse naturelle; elle est même déformée dans sa rigidité.
- Sans doute, contre le vent qui la heurte, elle a l’avantage d’être fixe; mais les pressions du vent artificiel qu’elle reçoit ne s’exercent que dans le plan horizontal. Au-dessous de l’aile, à quelques
- Fig. 8. — Le mécanisme de l’aile voilière.
- S, poussée sustentatrice; p, réaction propulsive.
- centimètres, on rechercherait en vain la moindre compression d’air.
- Or, la nature nous offre un tout autre phénomène.
- Immergé dans la masse d’air, l’oiseau reçoit de
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- LE VOL A VOILE PAR VENT HORIZONTAL .... ....83
- toutes parts des pressions. Il réagit par ses formes à toutes ces pressions.
- Notamment, par ses fouets, il crée sous lui, en avant de lui, une compression qui se répercute très loin, de molécule en molécule, et cette compression est d’autant plus fortev que l’oiseau est plus lourd.
- La figure 9 montre la compression d’air produite en avant des fouets et aussi la détente qui s’exerce sous « l’aile voilière ».
- Ces forces aériennes extérieures, constantes, même par vent nul, complètent, en les renforçant, celles qui sont engendrées par le vent et qui réagissent passagèrement sur l’aile.
- Ainsi, grâce à sa double surface, l’oiseau voilier
- O /O 20 8730 /JO 42 60 65
- Temps en Secondes
- Fig. io.— Graphique d’un vent montrant les perpétuelles et rapides variations de vitesse dont il est le siège.
- se trouve être parfaitement construit pour le milieu dans lequel il évolue. Loin de refouler les couches d’air, comme le fait l’aéroplane, il les comprime pour mieux les capter et les utiliser ensuite.
- C’est donc au sein de l’atmosphère qu’il faut étudier l’aile de l’oiseau et non pas dans une soufflerie.
- Voici une autre observation, — celle-ci mieux connue, mais tout aussi importante :
- Au contraire de ce qui a lieu au laboratoire, le vent naturel ne souffle pas de façon régulière. Il subit des variations en direction et en intensité.
- C’est l’intensité qui est la plus variable et l’on peut représenter les variations de vitesse du vent
- Fig. 12. — Trajectoire d'un oiseau voilier sous l’action du vent variable de la figure io.
- (ou accélérations, rafales, etc.) par le diagramme de la figure 10.
- L’on y voit que parti de 8 m. à la seconde, le vent soufflant en rafale atteint 17 mètres-seconde, puis retombe à 5 m., et cela pendant la durée de 10 secondes.
- Ensuite il se maintient assez calme tout en tom-
- bant à la vitesse de 5 mètres-seconde, après une période qui a duré 17 secondes.
- Il souffle encore en rafale jusqu’à la vitesse de 18 m., retombe à 4 m. après 15 secondes de durée.
- Fig. 9. — L’aile voilière en air libre.
- Z, zone d’air non comprimé; C, zone d’air comprimé ;
- D, zone d’air en détente.
- Les fouets et aile voilière sont représentés vus en coupe.
- De cet instant une accalmie provisoire s’établit autour de 4 mètres-seconde, pendant 15 secondes.
- Ainsi pendant les 55 secondes qu’a duré l’observation, nous avons constaté :
- Deux rafales ou accélérations r, r, et deux périodes d’accalmie c, c.
- Ce phénomène n’est pas reproduit par la soufflerie dont le courant artificiel créé par une hélice conserve à tout moment une égale intensité.
- Enfin — dernière considération, et celle-ci légèrement en faveur de la soufflerie — si dans l’atmosphère l’aile n’est pas fixée comme elle l’est à la soufflerie où elle peut, sans aucun recul, réagira toutes les pressions, il ne faut pas perdre de vue
- Fig. ii.— Descente d'un oiseau en air calme. Comparaison avec la chute d'un chariot sur un plan incliné.
- l’inertie qu’elle oppose au début de chaque rafale.
- Il ne faut pas oublier que cette inertie est d’autant plus grande que l’oiseau est plus lourd.
- Pour résumer : nous sommes en présence de trois fadeurs importants du vol à voile :
- 1° La compression moléculaire sous l’oiseau, en avant de lui;
- 2° Les variations d’intensité ou accélérations du vent horizontal ;
- 5° L’inertie qu’oppose l’oiseau à chaque accélération ou rafale.
- *
- % %
- Guidé par l’observation qui nous a révélé déjà que : contre le vent, la vitesse absolue de l’oiseau est en raison inverse de la vitesse de ce vent, nous allons essayer de déterminer graphiquement la trajectoire d’un oiseau voilier dans un vent horizontal.
- *
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- LE VOL A VOILE PAR VENT HORIZONTAL
- Trajectoire du voilier et pesanteur. — Admettons que le vent soit nul.
- L’oiseau, livré à la pesanteur, glisse sur la colonne d’air en détente A (fig. 8).
- Il fait une chute gênée, tout comme le chariot C sur son plan incliné B (fig. 11).
- Pour l’oiseau, la vitesse de chute sera toutefois
- Accalmie Raf. Accalmie Rafale Accalmie Raf Acc. Raf. Acc.'
- Fig. i3. — Parcours d’un oiseau voilier par vent horizontal variable à succession de descentes et de montées. (Les variations de niveau sont exagérées.)
- modifiée par l’excédent de la retardatrice des fouels (nous savons que la composante retardatrice des fouets est toujours supérieure à la composante propulsive produite par le vent horizontal sur l’aile voilière et que cette différence s’accentue en raison même de la vitesse du vent).
- Donc, à peu de chose près, chariot et oiseau feront tous deux la même chute en air calme.
- Si nous admettions l’existence d’un vent régulier,
- Fig. i5. — Trajectoire d'un chariot pesant descendant sur un plan incliné, lui-même soumis à un mouvement ascendant.
- De A en B accalmie— l’oiseau descend. En B survient la rafale qui aussitôt exhausse l’oiseau jusqu’en x, point qui correspond au maximum d’intensité de cette rafale.
- À ce point x, il pourrait arriver que l’accélération de la rafale n’eût pas atteint son maximum d’intensité.
- Dans ce cas, l’oiseau — dont les résistances nuisibles augmentent sans cesse — monterait d’abord de x vers x', puis ne pouvant plus lutter contre le vent, reculerait vers y tout en faisant face au vent.
- Nous en avons fait personnellement l’observation sur des milans.
- Ajoutons que l’oiseau ne se laisse généralement pas entraîner ; il atténue et même supprime le recul en pliant les fouets ou même les bras.
- Mais reprenons l’oiseau au point x et admettons
- Fig. 14. — Trajectoire réelle d’un oiseau voilier en air agité.
- qu’à ce point, le maximum d’intensité de la rafale •soit atteint.
- L’oiseau porté par une poussée décroissante de l’air, infléchit sa trajectoire ascendante vers c, point où prend lin la rafale.
- Enfin, à ce point c, où commence la période d’accalmie, l’oiseau suit une trajectoire descendante CD.
- Cette trajectoire est parcourue à une vitesse plus grande que les portions Bx et xc, car l’oiseau gagne en vitesse horizontale ce qu’il perd en force d’ascension.
- De ce qui précède, nous pouvons concevoir le profil de la figure 13.
- L’on a de A en B des portions de trajectoire descendantes correspondant aux périodes d’accalmie
- j
- la trajectoire de l’oiseau serait plus inclinée sur l’horizontale, d’autant plus inclinée que le vent serait plus fort.
- Mais celte trajectoire serait toujours descendante.
- Contre un vent régulier, égal à sa vitesse de régime, l’oiseau ferait une chute verticale, très lente.
- Contre un vent régulier, de vitesse supérieure à sa vitesse de régime, l’oiseau tomberait en reculant.
- Donc, le vent strictement régulier ne saurait fournir à l’oiseau voilier la moindre poussée ascendante.
- C’est ce vent-là que nous donne la soufflerie.
- Mais que se passe-t-il dans la nature où le vent n’est pas régulier.
- Dans le diagramme de la figure 10 nous avons constaté l’existence de rafales succédant à des périodes d'accalmie.
- Or, considérons l’oiseau voilier, opposé en A (fig. 12) au vent naturel horizontal v.
- Fig. 16.
- Explication du mouvement ascendant de l’oiseau.
- tt', trajectoire réelle; A, direction delà colonne d'air; /, chute de l’oiseau relative; S, poussée sustentatrice due à l'accélération ; v, vent horizontal.
- On remarque que le corps de l’oiseau est constamment orienté suivant l’axe longitudinal.
- et des portions de trajectoire ascendantes correspondant aux rafales.
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- Ce croquis exagère à dessein les ondulations de l’oiseau 'voilier.
- En fait, dans la nature, cette trajectoire se réduit à une ligne presque droite, par exemple comme celle de la figure 14.
- Plus l’oiseau est lourd, plus la trajectoire est tendue, car le poids de l’oiseau fait office de volant enlre les diverses poussées et adoucit les angles.
- C’est, croyons-noùs, cette régularité apparente de la trajectoire qui déroba à l’observation cependant si perspicace de Mouillard la vraie cause du vol à voile.
- Si, en effet, l’exhaussement d’un voilier léger, tel que le milan, la mouette, est visible et en concordance avec le passage de la rafale, il est loin d’en être de même avec un gros voilier dont Ja masse emmagasine les poussées pour ne réagir que peu à peu, comme le ferait un gros volant.
- La trajectoire d’un vautour gris, d’un marabout (du poids de 6 à 10 kg) est d’un profil extrêmement tendu.'
- Pour en apercevoir les ondulations il faut se trouver à peu près sur le même plan horizontal que l’oiseau, par exemple sur une colline.
- De ce point de vue, et avec beaucoup d’application, on parvient à discerner les dénivellations successives.
- Mais que verra l’observateur — même averti — s’il est placé au sol, dans la plaine, alors que le voilier évolue à 100 ou 200 m. d’altitude?
- Vraiment, cet observateur aura —comme l’eut Mouillard— la sensation d’assister à un vol parfaitement rectiligne : « ni cahot, ni secousse, rien que du vulgaire avancement, sans aucune gêne et sans l’ombre de fatigue; et cela produit avec une régularité de machine. C’est la locomotive qui se promène, le tour mécanique qui élabore sans effort son ruban de métal. » Mouillard. (Le vol sans batle-menl, p. 181).
- *
- Rôle de la pesanteur. — Nous avons vu que l’oiseau voilier est soumis à deux forces d’origines différentes : le vent dont les forces vives procurent l’ascension et la pesanteur qui assure la translation horizontale.
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- C’est par la combinaison de ces deux forces que l’oiseau, volant à voile, se meut à son gré dans l’atmosphère. Il les utilise sans aucun effort, sans avoir à désorienter l’axe longiludinal de son corps.
- La sustentation et la translation sont l’effet de la conformation spéciale de l’aile en réaction sur les forces vives du vent.
- Nous avons vu que la facilité d’évolution de l’oiseau est en raison même de son poids.
- L’Albatros par exemple, qui est un des plus lourds voiliers par rapport à la surface alaire, se meut aisément dans la tempête et progresse contre des venLs de 30 m. à la seconde.
- Nous aurons l’occasion de parler de l’étroitesse des ailes de l’Albatros et de leur rapport avec le vent horizontal et la pesanteur.
- La place étant limitée, nous terminerons ces notes par un exemple destiné à mettre en relief le rôle de cette pesanteur pendant la période ascendante de la trajectoire.
- Pour cela, reprenons le chariot de la figure 11.
- Soumis à la pesanteur, il roule sur son plan incliné suivant la flèche f.
- Or, supposons que ce plan incliné soit élevé progressivement suivant la poussée verticale S des figures 7 et 8.
- Le chariot C ne cessera de rouler quelle que soit dans l'espace la position de son plan de roulement pourvu que celui-ci conserve son inclinaison.
- On voit en fin de compte qu’il a décrit la trajectoire t t' qui est ascendante (fig. 15).
- Nous tracerons un profil (fig. 16) semblable pour l’oiseau voilier ; car, sur sa colonne d’air en détente A (fig. 8), il se comportera comme le chariot, à cela près qu’il sera retardé dans sa chute par les résistances nuisibles déjà exposées.
- Lui aussi décrit une trajectoire ascendante.
- Cependant, chariot et oiseau, n’ont pour se propulser d’autre force que la pesanteur.
- Entre les deux phénomènes l’analogie est réelle : l’oiseau et le chariot montent tous deux par rapport à l’observateur; ils descendent par rapport à leur plan incliné.
- Seulement le plan incliné de l’oiseau est invisible.
- Henri Liurette.
- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- La Revue d’ilygiène vient de publier un très intéressant historique de Valimentation de Paris en eau potable établi par MM. Diénert et Guillerd, du Service de Surveillance des Eaux de cette ville. Vévolution, de plus en plus rapide, des besoins en eau de la population s'en dégage nettement et l'on y voit à côté des difficiles problèmes qu'elle pose, les solutions gui sont déjà intervenues et celles qu'on envisage dans un prochain avténir.
- Nous sommes heureux de pouvoir reproduire cette remarquable étude.
- De l’origine au XVIe siècle. — La plus ancienne dérivation dirigeant des eaux de sources sur Paris paraît bien être celle des « Sources du Midi », qui furent captées sous l’empereur Julien. Elles étaient amenées par l’aqueduc d’Açcueil et servaient à l’ali-mentatidn des Thhrmes. de Cluny.
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
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- Ces eaux tiraient leur origine des coteaux de l’Hav, Rungis, Arcueil-Cachan. L’ouvrage romain fut relevé par Henri IV, et inauguré sous Louis XIII, le 18 mai 1624. Il écoulait à peine 1000 m3 par 24 heures.
- Antérieurement à cette restauration, Paris avait reçu le faible apport des « Sources du Nord ». Une partie de ces eaux était dérivée par le petit aqueduc du Pré Saint-Gervais, édifié par le monastère de Saint-Laurent. Elles étaient destinées à la léproserie de Saint-Lazare; l’autre partie était canalisée par l’aqueduc de Belleville, œuvre de l’Abbaye de Saint-Martin des Champs, en 1457 (l’actuel Conservatoire des Arts et Métiers). Tous deux étaient de construction assez sommaire ; cependant, le second s’ornait de regards monumentaux.
- En 1606, Henri IV fit établir par l’ingénieur flamand, Jean Lin-tlaër, les pompes de la Samaritaine destinées à relever l’eau nécessaire à l’alimentation du Louvre et des Tuileries.
- Ces pompes, mues par une roue pendante, installée sous une arche du Pont-Neuf, refoulaient l’eau du fleuve à un réservoir situé dans le cloître de Saint-Germain-Auxer-rois. En 1670, furent édifiées, suivant une formule analogue, les pompes de Notre-Dame, qui, à l’origine, relevèrent 1600 mr> par jour (fig. 1).
- Quelques années plus tard, en 1781, on insLalla une pompe à feu au village de Chaillot (fig. 2), situé à l’aval de Paris, sur la rive droite du fleuve. Cette pompe était actionnée par deux machines à vapeur de 69 chevaux qui refoulaient l’eau de Seine dans un réservoir construit sur le coteau ; sur la rive opposée, l’usine du Gros-Caillou disposait de deux machines de chacune 15 chevaux environ.
- Les pompes à feu étaient la propriété d’une compagnie privée (les frères Périer) ; les autres eaux se divisaient en « Eaux du Roi » et en « Eaux de la Ville » soumises d’ailleurs aux mêmes règlements généraux. Au commencement du xixe siècle, la ville de Paris, qui comptait547 000 habitants, disposait de 8000 m3par jour, soit 15 litres par habitant, savoir :
- Mètres cubes.
- Sources du Midi................ 952
- Sources <ju Nord
- eaux du Pré-Saint-Gervais...........171
- eaux de Belleville . . . ... 114
- Eaux de Seine :
- (Pompes de la Samaritaine) . . . 400
- (Pompes de Notre-Dame). . . . 914 -
- (Pompes de Chaillot)............4132
- (Pompes du Gros-Caillou). . . . 1305
- Ces eaux alimentaient quelques établissements publics, 83 bornes-fontaines, et 45 concessions particulières dont la plupart étaient réservées, par faveur, à quelques personnalités privilégiées.
- La plus grande partie de la population trouvait son alimentation dans l’eau séléniteuse des très nombreux puits qui existaient dans la ville. Celte insuffisance d’eau propre à la consommation avait déjà suscité plusieurs nouveaux projets.
- Dès 1782, de la Nouerre avait proposé la dérivation de la Bièvre, projet que l’opposition des mégis-
- siers, tanneurs, etc., du faubourg Saint-Marcel fit échouer ; de Par-cieux, précédemment, avait envisagé l’utilisation de l’Yvette; l’ingénieur Brullée, celle de la Beu-vronne, affluent de l’Ourcq. Ce j fut en effet dans
- I cette direction
- que les efforts se j portèrent, i Le Premier Consul fit aboutir le projet de dérivation de la rivière de l’Ourcq, dont un canal devait amener les eaux dans un bassin près de la Villette. Ces travaux ne furent achevés que sous la Restauration, en 1822, et amenèrent à Paris 60 000 m3 quotidiennement. Ces eaux nouvelles furent distribuées dans les quartiers de la rive droite et de la rive gauche au moyen de conduites maîtresses deO m.60 de diamètre, qui se détachaient d’un aqueduc souterrain dit de ceinture ; celui-ci n’avait pas moins de 4000 mètres de longueur, se développant de la Villette à la barrière Monceau.
- Ces eaux ne pouvaient atteindre les quartiers élevés qui continuèrent d’être alimentés par la pompe de Chaillot.
- C’est en 1852, qu’à l’instigation de l’ingénieur Emmery on entreprit le forage d’un puits artésien dans la plaine de Grenelle. Il atteignit sous la direction de l’entrepreneur Mulot (l), le 26 février 1841, les sables verts à la profondeur de 548 m. et donna, à l’origine, 58 litres par seconde d’eau minéralisée et chaude.
- 1. Les rcvuisl.es de l'époque, qui s’étaient emparés de la question, râifublèreut du sobriquet de « remue-l’eau ».
- Fig. i. — Les pompes du- pont Notre-Dame.
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE ===== 87
- Le programme de Belgrand (1854-1900).— Mais c’est de 1854 — époque où la population de la capitale s’élevait à 1 million d’habitants — que date l’établissement d’un vaste programme sanitaire. Les grandes lignes en furent arrêtées par le préfet Haussmann, et ce fut Belgrand qui, dès 1856, en conçut et dirigea l’application. On prévoyait, en particulier, le dédoublement de la distribution d’eau en deux services : l’un, « le service public », auquel devaient être affectées les eaux existantes, qui ainsi 11’étaient plus utilisées que pour les besoins de la voie publique, l’industrie, et l’autre,
- « le service privé », qui comportait les eaux assurant les besoins domestiques, en particulier l’eau potable.
- Pour alimenter ce dernier service, Belgrand envisageait dans le bassin de la Seine le captage de sources dont la dérivation sur Paris s’opérerait au moyen d’aqueducs fermés et étanches (lig. 5).
- C’est ainsi que fut amenée, dès 1865, la source de la Dhuys, qui, vers Pargny,dans l’Aisne, émerge du calcaire de Champigny à la cote 128. Les 20 à 25 000 mr> qu’elle fournit quotidiennement sont canalisés par un aqueduc de 151 km de longueur et recueillis dans le réservoir de Ménilmontant, situé à l’altitude de 108 m.
- La dérivation des sources de la vallée de la Vanne, commencée en 1868, interrompue au cours de la campagne de 1870, et achevée en 1874, amenait dès ce moment 80 000 m3 par 24 heures.
- Ces eaux tributaires des versants du pays d’Othe, dans l’Yonne, prennent naissance dans la craie séno-nienne et sont collectées par un aqueduc de 175 km
- (fig. 4), aboutissant Eà la cote 80 au réservoir de Montsouris. Cet ouvrage, à deux étages superposés, couvre 2 hectares de superficie et peut emmagasiner 250000 m3.
- A la mort de Belgrand, survenue en 1878, Paris disposait de 129 000 m3 d’eau de sources. Sous la direction de son successeur Alphand, l’aqueduc de la Vanne fut complété par l’adduction des sources
- de Cochepies, issues d’un vallon secondaire, le ru Saint-Ange, affluent de l’Yonne, et par les sources de Maroy, dans la vallée de la Vanne.
- Dès 1881, l’insuffisance de l’eau de source se manifestant pendant les grandes chaleurs et, en outre, l’apparition du choléra en 1884, précipitèrent l’étude de nouveaux projets.
- On envisagea, dès ce momenl, le captage des sources de l’Avre en Normandie (fig. 5) qui ne fut entrepris qu’après une longue instruction en 1891.
- Cette dérivation, terminée en 1895, amène au réservoir de Montretout, à la cote 107, 100 000 m3 d’eau par jour ; les sources sont issues de la craie turonienne, très fissurée. Une station filtrante des eaux de la Marne fut installée en 1897 à Saint-Maur et un établissement analogue, en 1899, à Ivry, pour le traitement des eaux de Seine.
- Les deux stations étaient, dès leur création, capables d’épurer 60 000 m3 en 24 heures d’eaux de rivière.
- L’Exposition universelle de 1900, qui avait fait pressentir des besoins exceptionnels en eau, provoqua une adduction nouvelle, celle du Loing et du Lunain, qui dériva 40 000 m5. Décidés en 1892,
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- 88 ======== L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- les travaux furent achevés au commencement de l’année 1900.
- Le complément des aqueducs et la cinquième dérivation (1900-191 1). — Entre temps, l’insuffisance de l’eau de source forçait parfois le Service des eaux tà recourir temporairement à l’eau de Seine pour l'alimentation de certains quartiers.
- Ce changement dans la nature de l’eau distribuée, annoncé par voie d’affiches, ne manquait pas de soulever, chaque fois que l’on y avait recours, un vif mécontentement dans la population.
- Aussi en juillet 1897, M. de Selves instituait une Commission technique qui était chargée d’étudier la question d’alimentation en eau de Paris et de sa banlieue.
- L’inspecteur général Humblot, se basant sur une augmentation annuelle dans la consommation de
- j prévisions de M. Humblot sont périmées. M. Bech-J mann, son successeur, se trouve devant une situation nouvelle.
- D’abord une progression très rapide dans la consommation ; ensuite, la question de la fusion de Paris et des communes suburbaines est venue à l’ordre du jour. Il faut donc prévoir la dotation en eau potable de ces communes annexées.
- Enfin, du Parlement, est venue, à la Ville de Paris, une directive qu’elle ne peut négliger. M. de Freycinet, rapporteur devant le Sénat de la Commission chargée de l’examen du projet de loi relatif à la dérivation du Loing, demandait que la Ville de Paris renonçât à ces solutions partielles qui la ramènent périodiquement devant le Parlement, qu’elle envisageât un projet assurant son alimentation pour un long avenir et qu’elle en poursuivît la réa-
- Fig. 3. — La source des Graviers, sur la Vigne, affluent de l'Avre, avant et après captage.
- 5000 m3 pour la période 1888-1895, fixait à 400 000 m3les besoins de la capitale vers 1950.
- On estimait que la population atteindrait à cette date 3 300 000 habitants, de sorte que la consommation disposerait de 120 litres par jour et par habilant. On justifiait ce chiffre élevé par le développement prévu de l’hygiène et du confort dans l’habitation moderne.
- A cette époque, les plus faibles apports en eau de source pendant la saison sèche s’élevant à 240 000 m3, il restait à trouver environ 160 000 m3 d’eaux nouvelles que les aqueducs existants étaient parfaitement capables d’écouler.
- Ceux-ci offraient, en effet, les disponibilités suivantes :
- Débits dérivés Capacité Disponibilité
- mètres cubes mètres cubes mètres cubes
- Dhuys .... 20.000 40.000 20.000
- Vanne. . . . 120.000 120.000 »
- Avre 100.000 150.000 50.000
- Loing et Lunain 40.000 180.000 140.000
- 280.000 490.000 210.000
- Comme première préoccupation, la Commission chercha à compléter les aqueducs existants.
- Mais trois années se sont à peine écoulées que les
- lisation en évitant de capter les sources de la région proche de Paris. Aussi, M. Bechmann appliquant un taux de 225 litres par tète pour une population estimée à 4 millions d’habitants en 1950, fixe, pour cette date, la nécessité de disposer de 900000 m3. Lorsque donc on aura assuré le plein des aqueducs (210000), il restera encore (900000—490 000) 410 000 m5 à rechercher, soit environ 5 m3 à la seconde. La Commission technique eut à se préoccuper d’une façon concomitante des deux problèmes.
- Les ressources qu’elle envisagea se rattachaient à trois origines différentes : les sources du bassin de la Seine qui retinrent particulièrement l’attention pour le complément des aqueducs ; celles du bassin de la Loire et les eaux des lacs à l’aide desquelles il parut possible de constituer les 5 m3 à la seconde de la cinquième dérivation.
- Là Commission écarta un certain nombre de projets après simple discussion quelques autres furent suivis d’études de laboratoire et sur le terrain. Nous dirons quelques mots des uns et des autres. Toute cette période s’étend de 1899 à 1911. Cependant deux épidémies sérieuses de fièvre typhoïde à Paris en 1899-1900 ont vivement attiré l’attention des hygiénistes sur les dangers de la fissuration calcaire pour la pureté des eaux.
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE ======== 89
- La surveillance hydrogéologique, chimique et bactériologique, la surveillance médicale, sous l’influence prédominante de Duclaux en sont nées. Ces notions, sinon nouvelles, du moins mises en vive lumière en raison des événements, modifient singulièrement l’orientation et la technique des études des projets nouveaux. Désormais l’étude du périmètre d’alimentation des sources, du parcours souterrain des filets liquides qui les alimentent, des contaminations auxquelles ces eaux sont exposées dans ce trajet, devront précéder au lieu de les suivre tous les travaux d’adduction (Duclaux).
- Entre temps, des progrès se seront accomplis dans la filtration, la stérilisation que l’on se prépare à utiliser. Des procédés de traitement par l’ozone s’affirment pratiques, et même, dès 1899, Lectoure — précurseur — essaie de traiter les eaux par l’acide hypochloreux.
- Parmi les solutions écartées, une des plus remarquables fut le projet Duvillard qui envisageait le captage et la dérivation de 2 000 000 m3 par jour, soit plus de 20 m3 à la seconde, pris au lac Léman, sur la côte française.
- Ce projet se heurta à de très vives oppositions. Quelques-unes, très dirimantes, l’accompagnèrent, avant tout examen, devant la Commission et parurent bien décider de son sort.
- C’est ainsi qu’une communication confidentielle du ministre des Affaires étrangères au Préfet de la Seine laissait prévoir des difficultés diplomatiques motivées par les protestations certaines des villes suisses riveraines. De graves objections furent faites également au point de vue militaire. En outre, au sein de la Commission, M. Bechmann montra que l’adoption de ce projet, du fait du cube d’eau dérivé
- L’alimentation actuelle de Paris en eau de source.
- considérable, entraînerait le remaniement complet du réseau d’égouts existants.
- Le projet n’eut pas d’autre suite, bien qu’une partie de la Commission eût désiré profiter de ces circonstances pour étudier la valeur hygiénique, encore mal connue, des eaux des lacs, au point de vue alimentaire.
- Un projet, voisin géographiquement du précédent et dont il partagea le sort, fut celui de G, et P. Vil-, lard, qui se proposaient de capter 14 m3 par 24 heures dans les graviers du Haut-Rhône. Citons, pour quitter le voisinage de la Suisse, le projet d’adduction du lac de Neuchâtel qui ne fut jamais l’objet d’études très approfondies.
- Le bassin de la Seine offrit également plusieurs solutions que l’on abandonna. Une des plus intéressantes envisageait l’utilisation de la nappe rencontrée par les puits artésiens de Grenelle, Passy, etc., c’est-à-dire des eaux des sables verts. Mais on pensait s’en , saisir avant qu’elles n’aient atteint les grandes profondeurs où les sondages parisiens les rencontrent, et cependant après qu’une descente suffisante dans les sables les ait épurées à l’égal - r .-’iSfss des eaux de sources. La zone d’élection oùM. Babinet estimait ces conditions réalisées était la forêt du Der, au sud de la Biaise, dans l’Aube. Sur cette région, la bande perméable s’enrichit en effet des pertes de plusieurs cours d’eau superficiels. Ces eaux profondes, recueillies par forage, devaient pour 20000 m3, concourir à faire le plein de l’aqueduc de la Dhuys.
- Du fait de leur origine, cette adduction ne paraissait devoir causer aucun dommage sur la région des captages.
- M. Berlier proposa de faire un puits d’essai de 2 m.. de diamètre entre Saint-Denis et Pierreffite qui devait s’adresser aux eaux de la nappe
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- Fig. 4.
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- 90....— L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- Fig. 6. — Les forages du Bourron, sur la dérivation du Loing et du Lunain, avant captage.
- des sables du Soissonnais. En ce point, la cote statique de cette nappe est à -f- 55 ; pour obtenir un débit de 15 à 20 litres, il faut en abaisser le niveau à 25-50 m. Le grand débit à demander à de tels ouvrages entraîne leur ensablement rapide ; les eaux recueillies sont très minéralisées et présentent une légère odeur sulfureuse, disparaissant d’ailleurs assez vite à l’air libre.
- Dans le même ordre d’idées, M. Lippmann présenta un projet qui utilisait les ressources existantes des alluvions profondes de la Seine là où ce diluvium masque l’étage aquifère des sables moyens. Une telle situation existe sur la rive droite du fleuve, en face de la vallée de la Bièvre. Aussi le puits d’essai de 0 m. 80 de diamètre et 22 m. de profondeur était-il prévu au quai de la Râpée, au voisinage de l’usine hydraulique de la Ville de Paris.
- Une solution fort originale fut également préconisée par M. Janet sous le nom de « méthode des sources artificielles ». Il s’agissait d’utiliser le pouvoir filtrant des buttes de sables stampiens, très nombreuses dans la région parisienne, et sur lesquelles on aurait, par (pompage, rejeté un cube d’eau de rivière, égal environ à dix fois les chutes d’eau annuelles. Les eaux ainsi filtrées auraient été recueillies par des galeries établies sur les marnes à huîtres ou les glaises vertes sous-jacentes.
- La colline de Montmorency avec ses 20 km2 de surface en plateau, de formation sableuse puissante
- de 40 m. offrait un champ d’expérience remarquable. Le projet envisageait la création de 8000 puisards recevant 5/8 de litre à la seconde d’eau de l’Oise, remontée de la cote 25 à la cote 175, soit pour les 20 km. 2, environ 7 m. annuellement. Une galerie de 55 km de développement espérait recueillir 90 pour 100 de l’eau déversée, soit près de 4 m3 5 à la seconde.
- Nous serons à peu près complet en citant le projet présenté par MM. Giros etLoucheur, qui comportait l’adduction des eaux souterraines des collines du Perche et de la Normandie, et celui très imprécise de la Société minière du pays de Bray. Nous examinerons maintenant très brièvement les projets qui furent l’objet d’investigations approfondies.
- Le rôle de la Commission technique, qui a élagué parmi les projets, est terminé. Les études auxquelles donneront lieu les solutions retenues vont être dirigées, suivies et sanctionnées par la Commission scientifique de Perfectionnement de l’Observatoire de Montsouris (constituée le Ie1' mars 1899).
- En premier lieu se placent les études du Val d'Orléans. L’idée de s’adresser à la Loire pour alimenter Paris était loin d’être nouvelle. L’ingénieur Riquet, en 1674, s’était proposé d’amener certaines eaux de ce bassin sur le plateau de Salory dans le but d’alimenter la résidence de Versailles. Les nivellements firent ressortir l’impossibilité de dériver ces eaux par simple gravitation. En 1860, M. de Passy proposa d’utiliser les eaux des alluvions de la vallée de la Loire.
- On envisagea particulièrement la situation hydrologique créée par les pertes du fleuve dans la région d’Orléans. La Loire commence à se perdre partiellement dès 40 km à l’amont de cette ville, dans le calcaire de Beauce, vers le village de Bouteille. Le minimum du débit apparent est à Orléans même où l’on constate une diminution de 15 m3 par seconde sur les chiffres mesurés à l’entrée du Val. Le fleuve se reconstitue 9 km à l’aval de l’Orléans, c’est-à-dire à l’embouchure du Loiret, courte rivière formée par une puissante résurgence en relation évidente avec
- Fig. 7- — Les mêmes, après captage.
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE= 91
- les engouffrements de la Loire. C’est d’une (façon très générale à cette masse d’eau souterraine que l’on se proposait de s’adresser pour y prélever les 400 000 m3 quotidiens de la cinquième dérivation.
- Les études montrèrent que les eaux perdues de la Loire réapparaissaient aux sources et puits forés entre cinq et dix jours et que leur composition bactériologique, leur température, leur turbidité ne permettaient de les considérer que comme des eaux dégrossies et rafraîchies.
- Le complément de l’aqueduc del’Àvrefut recherché vers les régions normandes ; d’abord en envisageant l’utilisaliôn des eaux du courant souterrain des Boscherons, puis celle des sources de Fontaine-sous-Jouy et Cailly (Fig. 5).
- Le puits des Boscherons, une ancienne marnière, a rencontré une forte diaclase, écoulant 200 litres par seconde, qui sont pour une grosse part, le produit des engouffrements de la rivière Iton, ainsi que les expériences à la fluorescéine l’ont établi. L’épuration s’est montrée tout à fait insuffisante.
- Les sources de Fontaine-sous-Jouy, dans la vallée de l’Eure, n’ont pas traduit de relations rapides avec des pertes d’eau de leur périmètre alimentaire; aussi, leur composition bactériologique traduit une pureté très intéressante. Susceptibles de livrer 500 litres à la seconde, il faudrait, pour les conduire à l’aqueduc de l’Avre, les relever au préalable d’environ 70 m.
- Dans cette même vallée plus en aval, se trouvent les belles sources de Cailly. Elles sont donc plus basses encore que les précédentes et, de plus, elles sont en relation, sinon facile, du moins certaine, avec la nappe souterraine d’Evreux. On ne pourrait utiliser les 500 litres à la seconde, au minimum qu’elles fournissent, qu’après une stérilisation.
- Le complément de l’aqueduc de la Dhuys pouvait être réalisé par le captage des eaux prises dans les
- Fig. 9. — Source du Bassin, dans la vallée de la Voulzie {adduction nouvelle des eaux de Provins).
- Fig. 8. — Sources du Brocard, dans la vallée de Durleinl. Au fond, déversoir de jaugeage (adduction nouvelle des eaux de Provins).
- vallées de la Marne, du Grand et du Petit-Morin, et du Surmelin.
- Dans les alluvions de la vallée de la Marne à son confluent avec le Surmelin, vers Mézy, on reconnut la présence d’eaux bien épurées susceptibles d’être captées par galerie.
- Sur la rive droite du Grand-Morin, vers Saint-Siméon, émerge une puissante résurgence : la Fontaine Chailly qui débite 600 litres à la seconde. Ses eaux, troubles en période humide, sont louches presque toute l’année: Elles sont en relation avec les engouffrements du plateau constitué par le travertin dé Champignv,et le bacillus coli s’y rencontre presque constamment.
- Cette solution ne pouvait être retenue ; beaucoup plus intéressantes étaient les sources de Moulin-le-Comte qui donnent environ 60 litres et émergent beaucoup plus en amont dans la même vallée. Leur pureté est satisfaisante; de plus, vers la même région entre Neuvyet Joiselle, le Grand-Morin accuse des rentrées d’eaux de sources, cachées dans le lit, pouvant atteindre 150 litres à la seconde.
- Le même phénomène se produit dans la vallée du Petit-Morin, où, entre Courbeteaux et La Celle, la rivière sjenrichit de 2 à 500 litres, par des rentrées sourceuses noyées.
- Sur cette même région, on put suivre et analyser la remarquable constance de pureté des sources d’Hondevilliers qui sortent d’une butte de sables stampiens et débitent 50 litres par seconde.
- Dans la vallée du Surmelin, la Ville de Paris a acquis quelques sources : celles des Mardelles ; celles d’Orbais (20 litres) insuffisamment filtrées ; les sources du Sourdet (15 litres) qu’il est possible de rendre de qualité excellente, par un captage judicieux. Â Verdure-la-Chapelle, deux sources furent suivies : celle située sur la rive droite du ru des Vieuxprés donne des eaux bien épurées et toujours
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- claires ; celle émergeant sur la rive gauche, à l’aval de la Chapelle-Monthodon, reçoit des pollutions de plusieurs origines, en particulier d’un cimetière situé à 100 m. de distance à l’amont.
- Les sources du village de Yerdon ne sont distantes que de 4 km de la Dhuys ; issues du calcaire de Champigny, elles débitent 20 litres et fournissent des eaux de qualité satisfaisante. Il faudrait cependant les capter à l’amont delà petite agglomération. Les sources du Sourdon ont leur périmètre d’alimentation (Sanoisien-Ludien) parsemé de gouffres, mais à peu près entièrement boisé; le hameau de Sourdon les contamine plus sérieusement. II y aurait lieu d’en poursuivre le captage par galeries pratiquées à l’amont de plusieurs fermes importantes. On pourrait espérer recueillir 70 litres. L’ensemble des eaux que nous venons d’examiner et susceptibles de retenir l’attention pour compléter l’aqueduc de la Dhuys, s’élève à plus de 500 litres à la seconde.
- Le complément de la dérivation du Loing (lig. 0) fut envisagé par l’utilisation des sources de la Haute-Seine, de l’Yonne et de la Cure, et du groupe de Provins.
- Les belles sources des Abîmes, de Fontaine-Barhe, à l’aval de Chàtillon-sur-Seine, ont un périmètre d’alimentation presque complètement boisé et formé par des calcaires bathoniens. Les expériences ont montré que les diaclases qui les alimentent se contaminent au passage, sous la ville de Cliâtillon. Susceptibles de livrer 200 000 m3 par jour, il faudrait, pour les utiliser, en poursuivre le captage à l’amont de l’agglomération : travail difficile, à rendement aléatoire.
- Les sources des vallées de l’Yonne et de la Cure se divisent en quatre groupes : celui des sources de Yermenton et de Reigny, le groupe de Bazarnes et Trucy; les sources de Druyes et le groupe des sources d’Escolives et d’Àugy; capables de donner 150000 m3 par 24 heures, elles sont pour la plupart contaminées, et il serait indispensable, pour les utiliser, de les épurer préalablement.
- Les alluvions de l’Yonne pourraient se prêter à
- une telle amélioration, en s’en servant comme filtres naturels.
- Les sources de la région de Provins appartiennent à trois vallonnements distincts : celui du Dur-teint (fig. 8), dont les eaux circulent dans les calcaires lutétiens et affleurent sur le stampien ; celui de la Youlzie (fig. 9), qu’un glissement de l’argile plastique fait émerger en formation bartonienne, à l’exception de la source la plus en aval qui est du même type que le Durteint; enfin, le groupe de Saint-Loup, qui est au principal d’origine bartonienne également.
- Ces sources ont été suivies pendant deux années et au cours de cette période, elles ont témoigné d’une constance de pureté vraiment remarquable. Le bacille coli n’est pas rencontré aux sources qui bénéficient d’une circulation dans les calcaires lutétiens. Quelques aménagements sur le périmètre mettront à l’abri de toute contamination les eaux qui ont une autre circulation géologique. Leur dérivation qui fournira 80 000 m5 environ, a été approuvée par le Conseil supérieur (l’Hygiène et le projet de loi, en autorisant le captage, a reçu l’approbation des Chambres. Les travaux sont commencés actuellement (1925). Le groupe de Saint-Loup a été réservé. Ces eaux doivent joindre l’aqueduc du Loing vers Moret, par un ouvrage de 40 km. Primitivement les services techniques avaient prévu un aqueduc les écoulant par gravitation. Tout récemment, à cette disposition, a été substituée celle d’une conduite métallique forcée recevant ces eaux refoulées par une usine de relèvement.
- Les vallées, appauvries par ces captages, conserveront leur même activité industrielle, ainsi que leur caractère artistique chanté par Hégésippe Moreau ; car une prise d’eau de Seine, vers Bray-sur-Seine, relevée et détournée par un canal de 12 km, restituera à l’amont de ces vallées, un cube d’eau équivalant à celui dérivé. On escomptait pour 1916 les bienfaits de cette nouvelle adduction, décidée en 1911. Mais la guerre est survenue....
- (A suivre.) Diénekt et Guillekd.
- Chel' et chel' adjoint du Service de surveillance des eaux d’aliraenlation de la Ville de Paris.
- ACADÉMIE DES SCIENCES .
- Séances de novembre et décembre 1922.
- Une sulfatation spontanée des pierres calcaires. — Les analyses effectuées par MM. Kling et Florentin, sur des pierres provenant de certains monuments parisiens, indiquent un processus de sulfatation portant sur le carbonate initial, notamment sur les points où un enduit noirâtre soustrait la surface à l’action de la pluie. L’acide sulfurique provient uniquement de l’atmosphère où il se forme aux dépens de l’anhydride SO2, fixé et entraîné par les eaux météoriques; quant à son origine, elle est fournie par la houille crue (soufre : 1 pour 100), dontl’agglo-
- mération parisienne fait une consommation annuelle de 8 millions de tonnes, correspondant ainsi à une production moyenne de 240000 tonnes d’acide sulfurique, S04fl2.
- L'action de la chaleur sur les sphéroïdes à enroulement hélicoïdal. — En général, les formes cristallines présentant cette particularité sont instables et, sous Faction de la chaleur, passent à une autre modification. Cependant M. Paul Gaubert a constaté que l’élémine ou camphre d’aulnée, la cholestérine et la rhamnose restent
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- stables jusqu’au point de fusion et permettent ainsi d’étudier l’influence de la température sur leurs diverses propriétés.
- Hyperbioses de Soleil ci de Topinambour. — Pour étudier les variations de la fond ion de réserve chez les Ilélianthées greffées, M. Lucien Daniel a l'ait des surgreffes entre le Soleil annuel et le Topinambour. Dans aucun cas, il n’a été observé d’inuline dans le mésobiote du Soleil ; cependant, les réserves fabriquées par l’hyper-biote sont descendues dans l’hypobiote, indiquant ainsi que l’inuline subit une série de transformalions lui permettant de passer dans le Soleil et, à la sortie de celui-ci, de revenir à son état initial.
- Le guidage au moyen des procédés W.-A. Lolh. — La Nature a déjà entretenu ses lecteurs des résultats acquis dans le cas des navires ou des avions. L’amiral Fournier soumet à l’Académie le programme d’expériences réalisé par la Commission d’Étildes praliques des dirigeables de Rochefort et montre l’importance que présente le câble guide enterre, pour l’établissement des transports rapides au travers de régions, comme le Sahara, où la radiogoniométrie, inapplicable dans des régions surchauffées, ne saurait être de quelque utililé.
- Deux nouvelles applications du pyromètre. — M. Jouaust a eu l’ingénieuse idée d’utiliser cet appareil à certaines mesures nécessaires aux installations radio-télégraphiques. C’est ainsi qu’il a pu étalonner des ampè-
- KANGOUROUS
- Nous avons déjà noté (n° 2543), en parlant du kangourou grimpeur du Queensland, que les Australiens divisent leurs marsupiaux macropodes en deux grands groupes : les kangourous et les wallabys. Nous ne les séparerons pas dans cette étude, dont nous emprunterons les éléments à la monographie publiée par M. William H. D. Le Souëf, directeur du Jardin zoologique de Melbourne, dans Zoologica, l’un des organes de la Société Zoologique de New-York.
- Il nous paraît bon de rappeler que la très grande majorité des mammifères australiens sont aplacen-taires, condition qui caractérise assez nettement la faune australienne, puisque, à l’unique exception de la sarigue d’Amérique, tous les marsupiaux en existence sont confinés dans l’Ile-Continent et dans quelques terres voisines : la Nouvelle-Guinée et les Moluques.
- On a des raisons de supposer que tous les mammifères furent d’abord marsupianx, et que le passage d’une catégorie à l’autre (d’animaux aplacen-taires à animaux placentaires) fut un progrès amené par l’évolution. II paraît indiscutable que les marsupiaux soient les plus anciens mammifères, puisque l’on retrouve leurs fossiles dans les terrains triasiques, alors que les ancêtres de nos mammifères placentaires ne font leur apparition qu’au début de l’Age Tertiaire.
- remètres en haute fréquence et déterminer la résistance du circuit oscillant d’un poste générateur à lampes.
- Un nouvel amplificateur des sons. — La note de M. Gaumont est consacrée au nouvel appareil établi en collaboration avec MM. Guéritot et Ascbel, appareil dont la partie vibrante est constituée par un cône de soie fine, d’un angle de 90°, sur lequel s’enroule, de la base au sommet, un fil conducteur très fin et de faible densité. On le place dans l’entrefer d’un aimant, un collier circulaire fixant sa base sur l’un des pôles (voir La Native, n° 2541).
- L’emploi de la cyanamide. — Cet engrais azoté se transforme d’abord en urée, et cette diamide donne de l’ammoniac qui passe à l’état nitreux, puis à l’état nitrique. La série de réactions à envisager demande un temps qu’il peut être intéressant pour l’agriculture de diminuer au point d’employer la cyanamide au moment des semailles. M. P, Mazé conseille de la mélanger avec de la tourbe, de l’addilionner des éléments minéraux capables de fournir un milieu nutritif pour les bactéries, enfin d’ensemencer le tout de B. lactis ærogenes et eloaeæ. De plus le nouvel engrais ainsi composé ne présente aucun inconvénient pour les ouvriers qui le manipulent.
- Élections. — Au cours du mois de novembre, M. Gharlcs Camichel a été élu corxespondant pour la section de mécanique. Paul B.
- ET WALLABYS
- . Pourquoi la faune australienne est-elle restée marsupiale, alors que celle des autres continents devenait placentaire? C’est là de ces questions qui apparaissent insolubles, dans l’état de nos connaissances. On peut tout au plus avancer l’hypothèse que l’Australie devint séparée de l’Asie à une époque si reculée que sa faune, ne fut pas rénovée par ces grands courants de migration qui hâtèrent l’évolution animale dans les autres parties du monde.
- Les mammifères australiens dépourvus de poche ventrale sont peu nombreux, et d’espèces cosmopolites. Ce sont des chiens sauvages (dingos), des rats et des souris. Pour les premiers, on ne sait pas très exactement s’ils furent introduits par l’homme, car on trouve leurs ossements fossiles dans des terrains que l’on croit appartenir au Pliocène. Mais cette supposition n’a plus la même importance, depuis que certains archéologues admettent que l’homme fit son apparition avant le Pléistocène. Rats et souris placentaires d’Australie (qu’il ne faut pas confondre avec les rats et souris marsupiaux que possède ce pays) sont, sans aucun doute, d’introduction plus récente, quoiqu’ils se soient subdivisés en un très grand nombre d’es pèces.
- Les kangourous, eux aussi, se partagent en .de
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- Fig. i. — Femelle portant dans son marsupium un petit complètement développé.
- nombreuses espèces, qui ont à peu près les mêmes mœurs, mais qui diffèrent considérablement entre elles par la taille et par la coloration. Nous n’énumérerons ici que les principales, non sans avoir résumé les particularités qui leur sont communes.
- Ces animaux, qui, littéralement, pullulaient en Australie à l’arrivée des premiers colons (fin du xvme siècle), ont été terriblement décimés, surtout du fait des chasseurs professionnels, qui les poursuivent pour leur cuir ou pour leur fourrure. C’est par centaines de mille que leurs dépouilles sont exportées annuellement. M. Le Souëf cite le cas d’un chasseur qui tua en une seule année plus de 400 kangourous.
- Les chasseurs-amateurs les poursuivent à cheval, accompagnés de grands lévriers spécialement dressés. Quand ils le peuvent, les kangourous se réfugient au milieu d’une rivière ou d’une mare, où ils attendent l’ennemi, plongés dans l’eau jusqu’au poitrail. Très adroitement, ils saisissent, de leurs pattes antérieures, la tête du chien qui les attaque en nageant et la maintiennent sous l’eau, jusqu’à ce qu’il soit noyé. Nous avions déjà connaissance de ce trait, qui nous paraissait incroyable ; mais le savant naturaliste de Melbourne en garantit la véracité.
- Les vieux mâles surpris par des chiens s’adossent à un arbre, et se défendent avec vaillance. Les coups que décochent leurs pattes postérieures, armées d’ongles tranchants, sont redoutables, et peuvent éventrer un chien. Les femelles, serrées de près, déposent leur petit dans le creux d’un buisson, et reviennent le prendre, quand le danger a disparu.
- Les grandes espèces peuvent courir à la vitesse
- de 500 mètres à la minute, et la dépasser au besoin. Leurs bonds horizontaux sont de 5 m. 50 à 4 m. Leurs sauts verticaux (par-dessus une clôture) peuvent dépasser 5 mètres.
- On sait que ces animaux viennent, au monde à l’état embryonnaire,' et qu’ils achèvent leur développement dans l’intérieur du marsupium. Quand ils prennent place dans cette poche, leur longueur est de 2 à o centimètres, les pattes antérieures sont deux fois plus longues que les postérieures, ce qui n’annonce point le développement extraordinaire que prendront celles-ci, et la queue est tout juste indiquée.
- Délicatement, en s’aidant de ses pattes antérieures, la mère pousse le nouveau-né (les jumeaux sont une rare exception) contre l’une des mamelles abritées dans le marsupium. Dès qu’il s’est jeté sur le tétin, l’afflux du lait gonfle cet organe un peu au-dessus de sa base, et produit une grosseur plus large que l’ouverture des lèvres du petit, qui se trouve ainsi attaché solidement à la mamelle. Ce gonflement ne diminue qu’après plusieurs jours. Si, pour une raison quelconque (l’intervention d’un expérimentateur, par exemple), le jeune animal est détaché du tétin, il est condamné à périr d’inanition, car il ne peut plus reprendre la mamelle.
- Cet ingénieux dispositif a dû contribuer puissamment à la conservation de l’espèce. Obligées à parcourir parfois des distances considérables pour assurer leur existence, pendant ces périodes de sécheresse si fréquentes en Australie, ou à fuir devant un carnassier (chien sauvage, loup marsupial), les femelles n’ont pas à redouter de laisser choir leur progéniture hors du marsupium.
- Fig. 2. — Kangourou rouge (Macropus rufus), appelé aussi Kangourou boxeur, la plus grande espèce, dont la hauteur dépasse 2 mètres.
- Individu du Jardin Zoologique de Melbourne.
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- Bien avant de quitter définitivement la poche maternelle, le petit broute en même temps que sa mère, qui, pour que l’herbe soit mieux à la portée du jeune animal, penché en dehors du marsupium, adopte alors une posture particulière (fig. 1).
- Les vieux mâles sont très combatifs. Dans leurs duels, qui s’arrêtent généralement « au premier sang », ils se battent comme des boxeurs, ou font intervenir « la savate ».
- Renversés alors sur la base de leur massive queue, ils se lancent de-violents coups de « pied », qu’ils savent parer fort adroitement.
- Nous ne décrirons que les principales espèces de kangourous, dont la plus grande est celle du kangourou rouge (Macropus ru fus), que l’on voit fréquemment dans les ménageries (fig. 2).
- Quand il se tient debout pour combattre, sa taille dépasse 2 mètres. L’espèce fréquente les plaines des Nouvelles-Galles du Sud et du Queensland méridional. La fourrure laineuse, à poils courts, est rouge chez le mâle, gris bleuté chez la femelle. Cette différence sexuelle de la coloration se remarque chez la plupart des espèces, et la taille de la femelle est toujours très inférieure à celle du mâle.
- Le kangourou gris (M. giganteus) est, malgré son nom scientifique, moins grand que le précédent. Il porte une belle et épaisse fourrure gris foncé sur le dessus du corps, blanche sur le ventre, et se rencontre dans toute l’Australie méridionale, et en Tasmanie, où il est presque éteint. C’est une espece forestière. Dans la même partie de l’Australie, les régions peu boisées sont habitées par le kangourou
- Fig. 4. — Wallaby agile (M. agilis), commun au N.-E.de VAustralie, et au S.-E. de la 'Nouvelle-Guinée.
- Kangourou dit des marais (M. nalabatus).
- à face noire (M, melanops), qui est envoie d’extinction. Dans le Nord du continent, il existe une autre espèce de grande taille (M. antilopinus), qui n’a pas encore été étudiée.
- Parmi les petites espèces (wallabys), dont la taille (corps et tête) est inférieure à un mètre (fig. 6), nous trouvons une plus grande variété de formes et de colorations, localisées dans des habitats assez nettement délimités, et adaptées respectivement à la vie de la forêt, de la plaine herbeuse, de la plaine désertique, de la montagne boisée ou de la montagne dénudée. Mais il est impossible de déterminer pour quelles raisons telle espèce ou variété a pris telle coloration.
- Par exemple, on trouve dans le Sud-Ouest du continent la « wallaby gantée de noir » (Macropus irma), dont le pelage gris-bleuté est marqué de bandes blanches ou noires, et, dans le Nord-Est, une autre espèce (M. coxenï), qui, de couleur café, ne porte qu’une bande blanche sur la hanche.
- Certaines espèces se caractérisent par les oreilles, longues ou petites, rondes ou pointues, ou par la longueur de la queue. D’autres se distinguent nettement par leurs habitudes, et peuvent être considérées comme formant des groupes spéciaux. Ainsi, le rock wallaby (Petrogale), répandu dans toutes les régions montagneuses du continent, est le seul kangourou qui ne se serve pas de sa queue comme de support supplémentaire, mais seulement comme balancier. Il saute de roche en roche avec une agilité prodigieuse. Apprivoisé, il s’échappe parfois de la maison de son maître, et nargue ses poursuivants en bondissant d’un toit à l’autre, par-dessus les cours et les rues. Le dessous de ses doigts de pied est couvert de petits tubercules, qui l’empêchent de glisser sur les roches.
- Un autre groupe intéressant est constitué par des wallabys (Onychogale) dont la queue porte à son extrémité une sorte d’ongle, aplati latéralement, et que de longs poils dissimulent.
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- Fig. 3.
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- Fig. 5. — Ce petit kangourou i^Bettongia) est surtout remarquable par sa queue prèhensible.
- Citons encore les wallabys-lièvres (Lagorchestes), qui ressemblent réellement au lièvre d’Europe par leurs formes, leur taille, leurs habitudes et, chez une de trois variétés connues, par leur coloration. Ils sont répandus dans le Sud et l’Ouest du continent, ainsi que dans les îles de la côte occidentale, mais n’existent pas en Tasmanie. Leur taille est de 50 centimètres, avec une queue longue de 40 à 45 centimètres. Deux variélés sont brillamment colorées, notamment celle dite « à lunettes » (Lagorchestes conspicillatus), gris-jaunâtre, avec bandes rouges autour des yeux.
- Ces petits marsupiaux fréquentent généralement les régions de plaines. Poursuivis, ils courent avec une rapidité prodigieuse, et mettent les chiens en défaut parleurs brusques écarts.
- Enfin, les terres australiennes possèdent plusieurs familles de kangourous dont la taille et les habitudes ressemblent à celles des rats, et que les Australiens englobent sous le nom de Kangaroo-Rats. Leur taille descend jusqu’à 28 centimètres, avec une queue longue de 18 centimètres. Ce sont tous des animaux strictement herbivores, qui se creusent des terriers. Mais chacune des quatre familles connues a ses particularités, dont nous indiquerons les plus intéressantes.
- L’espèce commune ( Potorous tridactylus) est la seule, parmi les kangourous, qui coure à quatre pattes, au lieu de bondir en ne se servant que de ses jambes. Un cas d’évolution unique dans la faune terricole du monde entier est fourni par les bettongs (Beltongia) : leur queue est prèhensible (fig. 5).
- M. Le Souëf nous révèle l’usage curieux de cet organe. Pour établir son nid, le petit kangourou creuse un trou dans le sol, et en recouvre l’orifice par un dôme, qu’il fabrique avec de l’herbe, et dont le sommet se place au même niveau que le terrain. Il pénètre dans sa demeure par un orifice
- qu’il boucbe adroitement derrière lui avec un petit paquet d’herbes qu’il a façonné à l’avance, et autour duquel il enroule sa queue, pour le traîner et le mettre en place. En cet état, le nid est complètement invisible — sauf, hélas! pour les chiens et pour les renards, qui éventent l’emplacement, et massacrent l’intéressante famille.
- Malheureusement, ces petits kangourous sont en voie d’extinction, et une de leurs familles (Polorovs gilberti), qui habitait le Sud-Ouest du continent, est considérée comme éteinte par M. Le Souëf. Les renards, importés jadis d’Angleterre par des colons dans un but cynégétique, se sont multipliés sî rapidement en Australie qu’on peut les rendre, en grande partie, responsables de la disparition de plusieurs espèces.
- La colonisation n’est pas moins coupable. Bœufs et moutons assèchent les trous d’eau et rasent les pâturages; et les clôtures dressées sur des distances énormes interdisent les migrations qui permettaient jadis aux animaux australiens de se déplacer pendant les périodes de sécheresse.
- La destruction totale de la faune australienne ne peut être arrêtée que par la création de Réserves. Il en existe déjà quatre pour les mammifères et cinquante-deux pour les oiseaux, nombre notoirement insuffisant pour la superficie du common-weaJth, qui est de 7 700 000 km. carrés.
- V. Forbijv.
- Fig. 6. — Spécimen des nombreuses espèces de petite taille que les Australiens rangent dans la catégorie des wallabys.
- î,c Gérant : T. Masson. — Imprimerie Lahoke, rue de Fleures, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N# 2550.
- LES NÉBULEUSES NOIRES
- 17 FÉVRIER 1923
- Quand, par les belles nuits bien claires, on scrute la Voie Lactée, on aperçoit de nombreuses régions obscures qui se détachent très nettement sur le fond lumineux des nuées d’étoiles. Ces taches noires sont particulièrement apparentes dans les constellations du Taureau et d’Orion, et si Ton examine des cartes photographiques du ciel, ces régions se dessinent comme de véritables vides d’étoiles.
- relations avec notre système galactique : toutes ces nébuleuses noires présentent une parenté plus ou moins nette avec les nuages stellaires de la Voie Lactée, et en particulier avec la branche importante de cette formation que l’on désigne sous le nom de Galaxie secondaire ou amas local. llubble notamment, rapportant ces objets aux coordonnées galactiques, c’est-à-dire mesurant leur longitude sur
- Fig. i. — La région nébulaire au sud dé l'étoile Dzêta de la constellation d’Orion.
- (Photo de l’Observatoire du Mont-Wilson.)
- Ici le contraste entre la zone nébulaire noire et la zone nébulaire brillante est extrêmement frappant : il semble que la nébuleuse noire repousse la matière nébulaire brillante et essaie même de la pénétrer.à la manière d’un coin.
- La présence de ces trous avait déjà vivement intrigué le grand Herschell, qui émit l’idée que quelques-uns d’entre eux ne pouvaient être dus à l’arrangement fortuit des étoiles. C’est ce qu’ont confirmé les travaux photographiques, de Barnard en particulier. Si certaines de ces régions se sont révélées comme étant de vrais vides dans l’agencement des étoiles, d’autres, par contre, ont montré par leur contexture qu’il s’agissait, très probablement, de masses absorbantes nous masquant les étoiles les plus éloignées, à la manière d’un écran placé devant une source lumineuse.
- Un inventaire de ces masses obscures,^entrepris par Barnard et llubble, a mis en évidence leurs
- Année. — 1" Semestre,
- la sphère céleste dans le plan de la Galaxie, et leur latitude sur des grands cercles perpendiculaires à ce plan, n’a pu trouver aucune de ces nébuleuses noires au delà de 57° de latitude : un seul de ces astres, même, se trouve à cette distance de la Voie Lactée, et llubble le considère, du fait de sa situation excentrique, comme une exception dans le ciel. Le Père Ilagen, directeur de l’Observatoire du Vatican, est bien en contradiction avecllubble, puisqu’il considère que ses propres observations le conduisent à supposer toute la portion du ciel extérieure à la Voie Lactée couverte par un gigantesque amas de matière sombre : mais ses observations sont visuelles et non photographiques, et par conséquent beau-
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- coup plus discutables au point de vue de leur objectivité.
- Ces masses, absorbantes, à l’endroit où elles se projettent sur la sphère céleste, nous cachent toutes les étoiles : ceci indique, comme l’ont déjà supposé Dyson et Melotte, qu’elles, ne peuvent se trouver à une très grande distance de nous. Pannekoek, en s’appuyant sur des résultats importants de Kapteyn relatifs à la luminosité des étoiles, a calculé la distance de la nébuleuse noire de la constellation du Taureau. Cet astronome a trouvé que cet écran est situé à 462 années lumière (140 par sec., parallaxe: 0"0072): c’est peu par rapport aux dimensions de la Galaxie qui chiffrent par dizaine de milliers, et peut-être par centaines de milliers d’années lumière.
- Quelle est la nature de cette matière obscure?
- Russell a fait remarquer déjà qu’elle doit se trouver très probablement à l’état liquide ou solide, non seulement à cause de la basse température qui règne dans les espaces interstellaires, mais encore p a r c e qu’une quantité de matière donnée doit produire une absorption plus intense à l’état de line division que sous forme d’un gaz (il suffit, dit-il, de comparer l’absorption de la lumière par la vapeur d’eau avec l’absorption exercée par toute l’épaisseur de l’atmosphère). Cet état de fine division expliquerait aussi l’absence de l’absorption sélecLive des radiations stellaires que Shapley nie. Pannekoek a tenté de faire intervenir le calcul dans la solution de ce problème. En supposant que les masses obscures sont de nature gazeuse, et que l’absorption est causée par la dispersion moléculaire, il a trouvé que la masse de l’un des nuages du Taureau serait égale à dix milliards de fois la masse du soleil. Mais la supposition d’une telle masse énorme amène des contradictions insolubles.
- I L’absorption à dispersion gazeuse exige, comme nous venons de le dire, que les rayons lumineux bleus des étoiles soient plus affaiblis que les rayons rouges, et l’observation des couleurs des étoiles n’a pu montrer encore d’une manière catégorique si l’on pouvait admettre ou rejeter l’hypothèse d’une telle absorption. Par contre toutes les contradictions rencontrées par Pannekoek peuvent être levées si l’on suppose que les nuages cosmiques sont constitués d’un mélange de gaz atténué et de particules
- opaques.
- Le rôle de ces nuées obscures au point de vue de l’évolution de l’univers doit être très important ; m alheureuse-ment leur élude est trop récente pour que l’on puisse en déduire des hypothèses solidement étayées.
- LePèrellagen, en particulier, a émis l’idée que les étoiles pouvaient avoir leur origine dans les nébuleuses sombres. Il a cherché à concilier cette donnée avec celles du plan d’évolution ascendante et descendante de Rus-sel. Dans la matière cosmique obscure se trouve un centre de concentration autour duquel prend naissance une étoile géante et
- très peu dense. L’échauffement est progressif et l’astre naissant passe à l’état géant par l’échelle complète des types spectraux M (rouge), K, G (jaune), F, À (blanche) et R (bleue). Puis l’évolution spectrale inverse de B à M s’effectue tandis que l’étoile a cessé de croître en température, a considérablement augmenté de densité et diminué de volume : elle est devenue une étoile naine. R s’ensuit que les étoiles géantes rouges doivent montrer un rapport étroit avec les nébuleuses sombres. Mais une étude détaillée effectuée par Lundmark, de la situation des étoiles géantes du type spectral M (rouges), et de la structure de la Voie Lactée, a montré que cette règle n’est pas générale, et qu’un tel rapport,
- Fig. 2. — La nébuleuse de Messier n0 20 dans le Sagittaire.
- La région du Sagittaire est riche en masses nébuleuses brillantes et sombres. La nébuleuse de Messier n" 20 est un bel exemple de nébuleuse gazeuse brillante qui semble véritablement découpée par des avenues de matière cosmique obscure.
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- qui parait très net déjà entre les novæ et la matière nébuleuse ne se trouve que faiblement indiqué dans le cas des étoiles géantes rouges. Il est même remarquable que ces étoiles géantes du type M se présentent en très faible proportion dans la région de la constellation d’Orion, où l’on trouve cependant beaucoup de matière nébuleuse brillante et obscure. Même en introduisant dans la discussion les étoiles variables à longue période de variation lumineuse, qui sont des géants du type M d’une catégorie spéciale, on ne trouve qu’une relation confuse entre les étoiles géantes rouges et la matière nébuleuse de la Voie Lactée.
- De plus, dans le cas où la relation cherchée serait bien établie, de grandes difti-culte's seraient encore soulevées par l’hypothèse du Père Hagen : selon cet astronome, les nébuleuses sombres sont plus nombreuses aux pôles de la Voie Lactée; il doit en être de même des géantes du type M.
- Or il n’en est rien. En outre, si les nuages cosmiques sont plus denses aux pôles de la Galaxie, ils sont, par suite, plus près de nous que la matière nébuleuse de la Voie Lactée, puisque-cette formation stellaire a la forme d’un disque, près du centre duquel nous nous trouvons, j Mais alors ces grandes masses obscures devraient avoir une grande influence gravitationnelle sur les étoiles, et la majorité des mouvements stellaires seraient à angle droit par rapport au plan galactique. Or on sait au contraire que les mouvements préférentiels des étoiles sont principalement dans ce plan.
- La question des nébuleuses sombres est encore liée à l’un des problèmes les plus mystérieux de la constitution de l’univers : celui des nébuleuses spirales. On sait que les poses les plus prolongées I
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- n’ont pas permis de trouver un seul de ces astres dans le plan de la Galaxie, tandis que l’on en a déjà dénombré 700000 dans les deux hémisphères de la sphère céleste, à l’extérieur de ce plan. Récemment, Curtiss a présenté une théorie qui permettrait d’expliquer la distribution antithétique des spirales par rapport à notre système stellaire, sans qu’il soit nécessaire d’admettre, ce qui introduit de graves difficultés, qu’elles font partie de notre Galaxie.
- Gette théorie consiste à supposer qu’il existe au delà de notre univers stellaire, sur le bord de la vaste lentille formée par l’ensemble des étoiles, un anneau étendu de substance obscure qui nous cache les spirales de cette partie du ciel par le fait seul de l’éloignement considérable de celles-ci.
- L’existence d’un, ou de plusieurs anneaux obscurs, dans les nébuleuses spirales, est un fait bien conuu et quasi distinctif de ces objets. On observe d’habitude cette matière obscure en dehors des spires lumineuses, mais quelquefois aussi entre celles-ci.
- On l’aperçoit le mieux sur les photos des spirales que nous observons par la tranche. Elle alfccte alors la forme d’une raie plus ou moins noire, bien définie, coupant complètement le fuseau dans le sens de la plus grande longueur. Chez les spirales dont le plan est incliné vers nous, elle présente l’apparence d’avenues obscures. Ces faits constituent un argument important à l’appui de la théorie qui consiste à considérer les 700 000 spirales comme autant d’univers analogues au nôtre, voguant dans les profondeurs du ciel. On n’a toutefois pas de preuve définitive de l’existence de masses de matière obscure à l'extérieur de notre propre système stellaire, mais n’en trouve-t-on pas des indications dans les nébuleuses noires qui sont sans
- Fig . 3.
- L.a nébuleuse spirale H. V. i<> dans la constellation d’Andromède.
- Cette nébuleuse spirale est vue par la tranche. Elle est comme barrée par une importante bande de matière cosmique obscure qui partage son fuseau lumineux en deux parties presque symétriques.
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- doute des extensions, vers l’intérieur de la Voie Lactée, du système de cette matière obsure.
- Le Père Hagen a bien donné une autre explication de l’absence des spirales dans la Voie Lactée. Pour lui, la matière sombre entoure le système de la Galaxie comme une coquille creuse, et les spirales sont associées aux nébuleuses noires. Attribuant les mêmes formes et dimensions à la coquille de matière cosmique dans laquelle notre système est enrobé
- qu’au système lui-même, il en conclut que les spirales existant dans la Voie Lactée sont six fois plus éloignées que les spirales des pôles. La lumière nous venant des premières est trente-six fois moindre que celle des spirales du pôle : elle est par suite trop faible pour impressionner la plaque photographique. Mais Lundmark a montré que ceci ne doit pas être exact. ||. Grouiller,
- Astronome île l’Observatoire de Lyon.
- LA SUPERCENTRALE ÉLECTRIQUE DE GENNEVILLIERS
- La plus puissante usine productrice d’électricité dans le monde s’élève aujourd’hui sur les bords de la Seine, aux portes mêmes de Paris, à Gennevilliers. Elle doit alimenter en courant électrique la banlieue parisienne.
- Elle est remarquable non seulement par ses dimensions, mais surtout par les dispositions perfectionnées auxquelles on a fait appel pour réaliser une production du courant aussi économique que possible.
- Avant de décrire sommairement ce remarquable établissement, rappelons pourquoi et comment il fut créé.
- L’électricité dans la région parisienne. — A la suite d’une convention remontant à 1907, les six secteurs qui fournissaient alors le courant électrique à la ville de Paris fusionnèrent en une société unique, chargée d’assurer ce service pendant une période transitoire ayant pris lin avec l’année 1919. Puis à partir de celte époque, et jusqu’en 1940, l’Administration municipale concéda l’éclairage de la capitale à la Compagnie parisienne de distribution électrique (C. P. 1). E.). Celle-ci construisit deux énormes centrales sur les bords de la Seine, à Saint-Ouen et à Issy-les-Moulineaux qui ont aujourd’hui la charge d’éclairer la capitale. Mais elles sont loin de suffire à l’alimentation en énergie électrique de toute l’agglomération parisienne.
- D’autres usines appartenant à différentes sociétés concourent à la fourniture soit de la force motrice, soit de l’éclairage pour la banlieue : citons parmi les plus importantes : l’usine de Saint-Denis (Société d’électricité de Paris), 75000 kilowatts destinés surtout aux métropolitains et tramAvays; l’usine de triphasé d’Asnières (46000 kw), l’usine de l’Ouest-Lumière à Puteaux (45 000 kw), les usines de Vitry (56 000 kw) et Billancourt (22 000 kw) à la Compagnie générale de Distribution d’Energie électrique, l’usine de Nanterre (20 000 kw) et celle de PEst-Lumière à Alfortville (25 000 kw). Ces nombreuses usines sont, depuis la guerre, devenues à leur tour insuffisantes. De plus leur dispersion, et pour certaines, Page de leur matériel, constituent de graves défauts.
- Pour satisfaire à des besoins sans cesse grandissants, un groupe d’industriels constitua, au commencement de 1919, l'Union d'électricité qui se proposa de réorganiser la production de l’énergie électrique dans Paris et sa banlieue, en fusionnant les Sociétés existantes et en concentrant les moyens de production de courant. Cette nouvelle Société a aujourd’hui la charge d’assurer le courant d’éclairage à toute l’agglomération parisienne exlra-muros (fig. 1).
- Son programme comportait tout d’abord la construction d’une centrale très moderne et de grande, puissance, destinée à remplacer les centrales de Puteaux, Asnières, Alfortville et Billancourt.
- Outre cette grande supercentrale, la Société disposera de l’usine de Vitry dont l’équipement sera poussé à 80 000 kw, des usines de Nanterre et d’Issy.
- Enfin son réseau de distribution sera organisé pour desservir des régions distantes de plus de 60 km de Paris, et pour se raccorder dans l’avenir aux grandes distributions hydroélectriques qui sillonneront la France (fig. 2).
- Pour exécuter ce programme, l’Union d’électricité décida d’abord la construction >à Gennevilliers d’une supercentrale de 200 000 kilowatts {fig. 5). G’est la première fois que l’on concentre une telle puissance en un seul établissement. Mais cette concentration, qui ne va pas sans difficultés et sans dangers, est indispensable pour réduire les dépenses de premier établissement. M. Rauber, le directeur de l’usine de Gennevilliers, dans un rapport remarquable sur la technique des centrales à vapeur, calcule que le prix d’installation par kilowatt est quatre fois plus petit pour une grande usine de 100 000 kilowatts que pour une petite usine de 10000 kilowatts. La consommation de charbon y est 2 fois plus faible et les dépenses d’exploitation 6 fois plus petites.
- L’usine de Gennevilliers débitera du courant triphasé cà 50 périodes sous 60 000 volls. Les usines existantes seront arrêtées et déclassées au fur et cà mesure de la mise en marche des diverses génératrices de Gennevilliers.
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- En même temps qu’à la construction de l’usine, on a procédé à l’établissement d’un important réseau transportant l’énergie produite à Gennevilliers, grâce à une boucle souterraine ceinturant Paris et à des lignes aériennes vers Creil, Mantes, Versailles, Orléans et Meaux. D’autre part d’après le programme suivi, les secteurs conservant leur autonomie en tant qu’organismes de distribution mais cessant d’exister comme producteurs, l’Union construit plusieurs sous-slations destinées à abaisser la tension de 60 000 volts au voltage d’utilisation propre à chaque zone.
- D’après l’excellente monographie de la supercentrale de Gennevilliers due à la plume autorisée de M. Ernest Mercier, administrateur délégué de l’Union d’électricité, voici les principes, qui guidèrent les techniciens français dans l’édification de cette colossale usine, la plus remarquable du monde en son genre, à l’heure actuelle (lig. 5).
- Le choix de l’emplacement. — L’emplacement d’une centrale électrique thermique se détermine en fonction de deux éléments essentiels : le ravitaillement en combustible, l’alimentation en eau.
- Une usine comme celle de Gennevilliers ne consommera pas en moyenne moins de 1500 à 2000 tonnes de charbon par jour, ce qui représente le chargement de 6 à 7 trains de chemins de fer ou d’un nombre égal de péniches.
- Une solution élégante, envisagée du reste souvent, eût consisté à installer l’usine au centre même du bassin houiller du Pas-de-Calais, et à transporter à Paris l’énergie qu’elle eût produite, au moyen de courants à haute tension. On eût ainsi réduit au minimum les transports de combustibles. Mais cette solution, à laquelle on reviendra peut-être dans l’avenir, a dû être écartée pour diverses raisons, en particulier à cause de l’état de dévastation où les Allemands ont mis cette région minière. Dans ces
- Fig. i. —Plan de la région parisienne montrant.; a, les zones des divers secteurs (limitées par des hachures); b, les principales usines électriques en service ; c, le réseau de distribution à 60000 volts de l’usine d’électricité.
- conditions, l’emplacement de la supercentrale devait être cherché dans la région parisienne, au centre même de la zone qu’elle doit desservir, à proximité de la voie d’eau et de la voie ferrée, et sur un terrain permettant la création d’un vaste parc à combustible, muni de procédés de manutention mécanique les plus perfectionnés.
- Le souci de l’alimentation de l’usine en eau exige également qu’elle soit construite à proximité d’une rivière de grand débit. Le grand public s’imagine aisément qu’une centrale électrique thermique ne consomme que du charbon. Il lui faut, en outre, quand il s’agit d’une usine puissante, d’énormes quantités d’eau, non pas pour alimenter ses chaudières, mais pour refroidir ses condenseurs, organes indispensables au bon rendement des turbines à vapeur. On compte que pour assurer une très bonne condensation, il faut
- Fig. 2. — Carte montrant l’interconnexion entre l’usine de Gennevilliers et les grands réseaux français de transport d’énergie. '
- 100 kg d’eau froide par kilogramme de vapeur condensée. A ce taux, c’est un véritable fleuve qu’il faudra faire passer à travers les condenseurs de la supercentrale de Gennevilliers. En effet, elle n’exigera pas moins de 10 à 12 m3 d’eau à la seconde. C’est la moitié environ du débit de la Seine à l’étiage, celui-ci étant estimé à 22 m3.
- La prise d’eau constitue donc, on
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- le conçoit facilement, un élément fort important de l’usine.
- Ces considérations ont conduit à fixer remplacement de fa supercentrale sur la rive gauche de la Seine, à Gennevilliers, en face d’Àrgenteuil, à (i km seulement de l’enceinte fortifiée, sur un terrain de Il hectares en forme de triangle, sis en bordure de la voie ferrée de Paris à Rouen. L’usine comprend trois hâtimenls principaux accolés et établis partie en charpente métallique : les chaufferies, la
- triques à accumulateurs de 40 tonnes chacun, vidés au moyen d’un basculeur dans une trémie permettent d’évacuer les mâchefers par ligne ferrée ou par voie fluviale.
- La chaufferie. — Pénétrons à préscntdansla grande chaufferie (fig. 5 et 8) qui mesure plus de 86 m. de longueur sur 51 m. de largeur environ et dans | laquelle s’alignent deux types différents de chau-| dières (5 Stirling et 10 Babcok-Wilcox adossées I deux à deux) afin de pouvoir brûler toutes espèces
- salle des machines et le hall des tableaux de distribution.
- Notons maintenant les principales caractéristiques du matériel en service à Gennevilliers.
- La manutention du combustible. L’évacuation des scories. — Deux ponts roulants de 50 m. de portée sur chacun desquels circule une grue pivotante desservent le parc à charbon, situé le long de la Seine. Chaque pont est muni, en outre, d’une trémie mobile de chargement et d’une double courroie transporteuse (fig. 4). D’autre part, une trémie surélevée alimente les silos particuliers des chaudières. Tous ces engins de levage assurent le cheminement mécanique du combustible dans la supercentrale à la vitesse de 200 tonnes à l’heure. Les uns prennent le charbon dans les chalands et le stockent dans le parc ou l’envoient directement aux chaufferies, tandis que les autres le reprennent au parc et le dirigent ultérieurement sur les chaufferies. D’autre part, des wagons automoteurs élec-
- dc charbon depuis les grains lavés à 24 pour 100 de matières volatiles jusqu’au poussier de coke pur.
- Les chaudières Stirling ont chacune 2100 m2 de surface de chauffe et vaporisent 60 000 kg de vapeur à l'heure (80 000 en pointe).
- Les chaudières Babcok sont groupées par deux adossées formant cinq groupes ayant chacun 2600 m2 de surface de chautfe, vaporisant 80 000 kg de vapeur à l’heure et 106000 en pointe.
- Ces chaudières ont, outre leurs dimensions exceptionnelles, une particularité remarquable: elles sont timbrées à 25 kg, ce qui correspond à une température d’ébullition de l’eau de 225°. Avant la guerre on ne dépassait guère les pressions de 16 à 17 kg; mais aujourd’hui on progresse rapidement vers les hautes pressions ; les chaudières de Gennevilliers représentent dans cette voie une étape où l’on ne s’arrêtera sans doute pas.
- L’Angleterre aura bientôt une centrale avec chaudières à 52 kg et on étudie en plusieurs endroits
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- des chaudières à 50 et meme 60 kg. Ces hautes pressions qui se rapprochent de celles en usage dans les moteurs Diesel ont l’avantage de réduire, à puissance égale, l’encombrement des chaufferies et d’en augmenter le rendement.
- Les foyers des chaudières sont à chargement automatique avec grille à chaîne sans fin (6g. 5). L’air de la combustion est insufilé sous la grille
- fournis par les grosses unités aux Etats-Unis et en Allemagne, arrêta son choix sur des turbo-alterna-teurs de 40000 kilowatts chacun (6g. 6). Dans la salle des machines, on en a installé 5 groupes dont les turbines sont du type à action à multiples étages Zoelly (6g. 7), et ce même bâtiment pourra en recevoir 5 autres de façon à porter la puissance totale de la supercentrale à 520 000 kilowatts. Ces
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- j Prise d'eau
- Fig. 4. — Plan général de l’usine de Gennevilliers.
- par des ventilateurs, les gaz brûlés sont refoulés dans des courtes cheminées en tôle sans haubans (système Prat). Ce tirage artificiel évite la construction de hautes et coûteuses cheminées. Et c’est une des curiosités de cette usine géante que l’absence de ces hautes colonnes de maçonnerie qui paraissaient jusqu’ici l’indispensable ornement des établissements de cet ordre.
- Les deux ventilateurs annexés à chaque cheminée donnent à volonté toutes les allures de la vaporisation tandis que des économiseurs et des réchauffeurs d’air facilitent la récupération des calories comme nous le verrons plus loin.
- Les turbo-ahernateurs. — Pour les générateurs, l’Union d’électricité, après examen des résultats
- turbines reçoivent de la vapeur à 25 kg surchauffée à 575°, conditions considérées comme les plus avantageuses à la vitesse normale de 1500 tours.
- L’économie des calories. — L’eau des chaudières, après vaporisation, va, à l’état de vapeur, actionner les turbines ; après y avoir épuisé son énergie elle se rend au condenseur et revient à l’état liquide. De là on la ramène à la chaudière, mais après l’avoir réchauffée par des moyens qu’il est intéressant d’examiner avec un peu d’attention (fig. 9). L’idéal est de l’amener, avant de la réintroduire dans les chaudières, à une température aussi voisine que possible de la température d’ébullition correspondant au timbre de la chaudière. On porte l’eau d’abord à 80° en la chauffant dans un condenseur
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- auxiliaire au moyen d’un prélèvement de vapeur effectué à un étage approprié de la turbine à vapeur. C’est là une disposition toute nome lie et au premier abord,, paradoxale.
- Quel intérêt y a-t-il, se dira-t-on, à interrompre ainsi le cycle de travail d’une partie de la vapeur, et au lieu de la laisser se détendre jusqu’à la pression du condenseur en travaillant dans les aubages de la turbine, à la prélever pour faire du réchauffage? La réponse à cette question nous entraînerait
- des chaudières et des ailettes de turbines. Puis les pompes alimentaires la refoulent dans des économiseurs en acier établis au-dessus de chaque chaudière et chauffés par les gaz de la combustion à leur sortie du foyer. De là elle sort à 160° environ pour pénétrer dans la chaudière.
- Il ne reste plus qu’à l’y vaporiser en utilisant pour cela la chaleur dégagée par la combustion du charbon sur le foyer.
- Mais cette chaleur n’est pas tout entière absorbée
- Chaudières Babcok et Wilcox dans la grande chaufferie de Gennevilliers.
- Fig. 5. -
- à des considérations thermodynamiques qui ne peuvent trouver place ici.
- Qu’il nous suffise de dire que ces prélèvements ont pour but de rapprocher du cycle théorique de Carnot le cycle réel décrit par la vapeur dans l’ensemble de l’installation ; ils auront donc pour effet d’améliorer le rendement.
- Après ce premier réchauffage, l’eau est portée à 100° par son passage dans une bâche qui reçoit la vapeur d’échappement des pompes alimentaires à vapeur et de divers moteurs de secours et la condense à la pression atmosphérique. Elle passe alors dans des dégazeurs Kestner qui la débarrassent de l’oxygène dissous, agent de destruction redoutable
- par la vaporisation. Une portion notable reste dans les gaz brûlés refoulés à la cheminée. Voici comment on la récupère en partie :
- Les gaz brûlés, au sortir de la chaudière, atteignent la température de 540°, ils passent d’abord dans les économiseurs où leur température s’abaisse à 220°, puis de là dans des réchauff’eurs d'air où ils abandonnent une notable portion de leurs calories restantes et s’échappent par la cheminée aux environs de 150°. De son côté, l’air insufflé sous les grilles passe, avant de pénétrer dans la chambre de combustion, à travers les réchauffeurs d’air qui viennent d’être mentionnés. Sa température s’y élève à 90° (fig. 9). Une longue expérience a prouvé que ce ré-
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- Fig. 6. — Vue de la salle des turbo-alternaleurs pendant le montage (On voit 4 groupes de 40000 kilowatts.)
- Fig. — Le Rotor d’une turbine
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- RéchauFfeur d'air-
- chauffage préalable de l’air comprimé assure une sérieuse économie de combustible.
- Pour réaliser le cycle que nous venons de résumer, à chaque turbine principale, correspond un volumineux condenseur à surface Delas muni de deux pompes de circulation Rateau, de deux pompes d’extraction d’eau condensée et d’éjecteursd’air à vapeur Delas doublés par des pompes à air Leblanc.
- Ces condenseurs qui doivent condenser chacun 160000 kg de vapeur à l’heure, sont de grands cylindres de tôle de 4 m. de diamètre,
- 11 m. de long, contenant 7500 tubes de laiton, que traverse un flot d’eau de plus de 1 m3 5 à la seconde.
- Le remplissage des chaudières exige une grande quantité d’eau aussi pure que possible, en fait de l’eau distillée. Bien que cette eau circule en circuit fermé et qu’on se soit efforcé de réduire les pertes au minimum, on ne peut supprimer celles-ci complètement, et il faut tenir toujours en réserve une certaine quantité d’eau pure pour compenser les pertes. Cela ne représente du reste qu’un bien faible tonnage à prélever en Seine, comparé à celui qu’exigent les condenseurs.
- Otte eau d’appoint, après décantage, filtrage, puis épuration chimique est vaporisée exclusivement dans deux chaudières Babcok spécialisées à cet effet.
- Ainsi, les chaudières principales ne reçoivent jamais que de l’eau distillée et dégazée, c’est-à-dire débarrassée de toute impureté susceptible d’incruster les parois ou de les corroder.
- Nous venons de suivre dans leurs grandes lignes
- Fig. 8. — Coupe de la chaufferie.
- les cycles de la vapeur et de l’eau, des gaz dans l’installation.
- Ajoutons quelques détails qui feront ressortir jusqu’à quel point a été poussée la chasse aux calories perdues.
- Les alternateurs, si parfaits soient-ils, n’ont pas un rendement égal à 1 ; une perte minime de 1 pour 100 sur une machine de 40 000 kilowatts représente une puissance de 400 kilowatts dissipée en chaleur, principalement dans les enroulements. Ceux-ci sont concentrés dans un espace réduit, il importe donc de les refroidir énergiquement si l’on veut éviter leur destruction rapide. Ce refroidissement s’opère par insufflation d’air au moyen
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- LA SUPERCENTRALE DE GENNEVILL1ERS — : : 107
- Pont de B3 tonnes
- Pont de 100 tonnes
- Turbine a vapeur Alternateur
- Tableau
- Excitatrice
- Entrée de
- vapeurI
- Transl'orn a/7
- Galerie d'air filtré
- R vpedej cin mlioifu
- Bâtiment ! Bâtiment du \Gour vitrée
- Ba/unent du tableau haule/ension
- lulamon Vu
- Pompe de circu/atioi.
- formateurs tension
- Balle des machines
- -i Fig. 10 — Coupe de tct salle des machines et de la salle du tableau.
- de ventilateurs. L’air ainsi échauffé est refroidi par un prélèvement fait sur le circuit de l’eau condensée, à la sortie des pompes d’extraction du condenseur.
- Cette eau se réchauffe donc et les calories perdues dans l'alternateur sont partiellement récupérées. Pour la même raison l’eau passe ensuite à travers le réfrigérant d’huile du groupe générateur ; de là elle gagne jles réchauflfeurs à prise de vapeur; puis la bâche de 125 m3 où débouchent les évacuations des pompes alimentaires à vapeur et éventuellement des moteurs de secours auxiliaires ainsi que la prise de prélèvement de vapeur des turbines de 5000 kilowatts destinées aux services auxiliaires de l’usine (fig. 9).
- Un mot également sur le service des huiles, qui
- Fig. ii.
- - La ligne Paris-Creil à 6o ooo volts Pylône de traversée de route.
- présente une grande importance dans une centrale puissante.
- Les huiles nécessaires au graissage des machines et l’isolement des transformateurs se trouvent emmagasinées dans un bâtiment en partie souterrain et qui renferme, en outre, des salles pour le traitement des huiles usées, pour l’installation des filtres et autres appareils accessoires. Des pompes et des canalisations appropriées permettent la distribution automatique de l’huile dans toules les parties de l’usine.
- Telle est, dans ses grandes lignes, l’économie générale de la marche de la supercentrale.
- Transformateurs. — Appareillage. — Lignes. — Les turboalternateurs fournissent l’énergie élec-Irique à 6000 volts. Cette tension est trop faible pour la distribution. Des transformateurs, enfermés dans une suite de cellules tout le long de la salle des machines, l’élèvent, à 60000 volts.
- Chaque transformateur est directement relié à son alternateur, et il n’y a aucune connexion entre les circuits basse tension de ces transfor-* mateurs. Ceci afin de supprimer l’emploi d’interrupteurs dont la construction serait très difficile en raison des énormes intensités qu’ils auraient à couper.
- Les alternateurs ne sont donc réunis entre eux que par les circuits haute tension des transformateurs reliés à cet effet à des barres omnibus à 60 000 volts.
- Cette disposition, dont l’emploi se généralise dans toutes les centrales
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- 108 ......L’ALIMENTATJON DE PARIS EN EAU POTABLE
- modernes, simplifie énormément l’appareillage. Le tableau de distribution et de commande, établi dans un bâtiment séparé, comprend pour chaque groupe un interrupteur principal d’alternateur, 5 interrupteurs auxiliaires permettant de brancher automatiquement la machine sur l’un ou l’aulre des trois jeux de barres omnibus, 6 interrupteurs des feeders, un interrupteur de sectionnement des barres principales et 3 bobines de self à 60000 volts destinées à séparer chaque tranche des barres de couplage. Des relais différentiels, qui entrent en jeu en cas d’avarie dans l’alternateur ou le transformateur correspondant, commandent le déclenchement automatique des interrupteurs.
- Le courant ainsi produit, aussi bien celui de Gennevilliers que celui de Yitry, de Nanterre ou d’Issy, est distribué à 60000 volts, 50 périodes aux sous-stations de l'Union de l’électricité au moyen de câbles unipolaires groupés par trois pour
- constituer des artères triphasées. Ce réseau souterrain qui, une fois achevé, ceinturera Paris, mesurera 125 km de longueur et sera complété par lignes aériennes doubles à 60000 volts, établies sur poteaux en ciment armé et pylônes métalliques pour certains passages (fig. 11).
- Les branches principales de ce dernier réseau de distribution, orientées suivant les directions Paris-Creil, Paris-Mantes, Paris-Orléans et Paris-Meaux, atteindront 250 km. Seule, la première de ces lignes est aujourd’hui complètement installée.
- Mais, vu la tâche véritablement colossale que M. Gustave Mercier et ses collaborateurs de Y Union (l'Électricité ont su mener à bien en moins de deux ans, cet indispensable complément de l’œuvre entreprise ne tardera sans doute pas à s’achever avec une aussi surprenante rapidité que la station elle-même dont les premiers groupes ont été récemment mis en marche. Jacques Boyer.
- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE [S»i«e(')]
- Les grands projets (1911-1921).— N’anticipons pas d’ailleurs, car cette même année 1911, par sa sécheresse extrême et les perturbations qui en résultèrent dans la distribution, verra les études de projets d’adduction d’eau prendre une nouvelle. orientation. La capitale ne dispose toujours que de 300 000 m3 par 24 heures d’eaux de sources, pouvant s’abaisser à 260 000 m3 en période sèche. A ce chiffre, il n’y a guère à ajouter encore que 50 000 m3 d’eau de Seine filtrée à Ivry. La consommation moyenne journalière est de 300000 m3. Les besoins courants sont donc assurés. Mais l’été exceptionnellement chaud et sec de 1911 augmente la consommation de 40 pour 100 et la porte brusquement à plus de 400000 m3 pendant plusieurs jours.
- Ace régime, les réservoirs s’épuisent rapidement ; on essaye de pallier à cette pénurie en suspendant le distribution pendant la nuit. Puis, innovation qui devait avoir tant de répliques, on clarifie rapidement 55000 m3 d’eau de Marne prise à Saint-Maur, que l’on stérilise par l’eau de Javel. Ces moyens de fortune soulignent la gravité d’une situation qui n’est pas ignorée des services qualifiés. M. Golmet-• Paage, reprenant les estimations de ses prédécesseurs, fixait à 1000 000 de mètres cubes les besoins en eau de Paris vers 1955. Aussi, dès décembre 1911, l’Administration préfectorale et le Conseil municipal ont invité les services techniques à préparer l’étude d’un projet d’amenée d’eaux, choisi en dehors du bassin de la Seine et susceptible de donner 1 000 000 de mètres cubes quotidiennement.
- Une telle dérivation rompait avec la tradition suivie jusqu’ici de capter par « petits paquets ». En effet, les aqueducs successifs, coûtent cher et soulèvent les protestations des régions atteintes. De
- \. Voir La Nature, n° 2549.
- plus, le bassin de la Seine n’offrait plus la disponibilité de telles ressources. Le fleuve n’aurait pu, non plus, supporter un tel prélèvement sans causer, en sécheresse, une gène considérable dans la batellerie. Il n’est pas besoin de dire qu’une telle solution ne s’improvise pas. Les dépenses considérables qu’un projet de cette envergure entraîne, les conséquences graves qu’un choix hâtif peut avoir, conseillent des études de longue haleine. En outre, de nombreuses enquêtes techniques et administratives interviennent au cours de sa longue instruction. Il y a donc lieu de se hâter, car, dès 1920, on estime que les petites disponibilités dont bénéficie encore la distribution seront absorbées.
- La Ville de Paris s’inspirera d’une direction constante, donnée parle Conseil supérieur d’Hygiène, par laquelle toute agglomération doit chercher à s’alimenter par les eaux souterraines choisies aussi pures que possible et ne faire appel à un autre mode d’alimentation ou d’épuration qu’autant qu’elle a, épuisé les moyens de réaliser le premier. C’est en s’inspirant de cette préoccupation que la Ville de Paris a recherché sa nouvelle alimentation dans la réserve d’eau fraîche et pure existant dans les allu-vions de la Loire.
- A côté de ce projet municipal, nous en retrouverons deux déjà entrevus : celui de MM. Giros et Lou-cheur sur les eaux normandes, celui des eaux du Léman, qui est la reprise sur des bases nouvelles du projet Duvillard, puis un troisième, le projet des barrages réservoirs Gampert et Santoni.
- Le projet Giros et Loucheur — tôt abandonné — ne pouvait à peine fournir que 100000 m3. Il comportait le captage, par galerie, des eaux de la craie cénomanienne, dans la région du Perche. L’asséche-ment des sources de la Rille, de l’Iton, de la Cha-
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- rentonne, qui en était la conséquence, aurait entraîné des dommages considérables à l’agriculture herbagère de ces régions d’élevage.
- Le projet Gampert et Santoni édifiait dans la région de Domfront, Alençon, Mamers, 18 digues, barrant divers thalwegs et accumulant derrière elles 197 millions de mètres cubes. En réalité, on ne pourrait escompter qu’un débit quotidien de 400000 m3. Le périmètre drainé était loin d’être désertique, et il fallait y collecter les eaux d’égout des agglomérations pour les évacuer hors des bassins de retenue. Il était, en outre, indispensable de filtrer ces eaux emmagasinées. Ce projet présentait le grave tort, comme le précédent, d’assécher une région qui tire toute sa prospérité de ses pâturages. Le Ministère de l’Agriculture y faisait une oppposi-tion formelle à laquelle se rallia la Commission scientifique des eaux — héritière des deux précédentes— chargées de l’examen de ces divers projets.
- « La Société pour l’adduction des eaux à Paris » présentait le projet du Léman — modification du projet Duvillard — après l’avoir, semble-t-il, allégé des objections diplomatiques que l’on avait opposées au premier. Une consultation, en effet, de M. L. Renault, professeur de droit international à l’Université de Paris, jurisconsulte du Ministère des Affaires étrangères, établissait « qu’il n’existe pas une souveraineté indivise, rendant nécessaire l’assentiment de tous les riverains pour effectuer une prise d’eau dans le Léman ». Le point de la côte où celle-ci devait se faire restait subordonné aux résultats des études qui furent prolongées pendant quinze mois.
- Le lac reçoit 1 m3 d’eaux d’égout par seconde. Celles-ci ne forment cependant que le 1/4000 du débit de l’émissaire qu’est le Rhône. La dilution est donc énorme. Théoriquement, de plus, une molécule d’eau qui entre dans le bassin lacustre peut y séjourner onze années avant de s’écouler ; les phénomènes d’épuration peuvent donc s’exercer sur une période considérable. Ces considérations seraient parfaitement justifiées, si l’équilibre de cette énorme masse liquide n’était pas perturbé par diverses causes, dont la plus importante est due aux vents. Les analyses ont montré que le nombre des germes était peu élevé, le [plus généralement inférieur à 100; en été, dans le petit lac, il a fallu, pour rencontrer deux fois le bacille coli, effectuer 96 prélèvements ; mais, en automne, on l’a trouvé 35 fois sur 88 prises. Les vents, et les courants qui en sont les conséquences, annihilent la décantation dès la mauvaise saison où la lumière — autre agent d’épuration — est déclinante. Pour obvier à ces défaillances dans la pureté, on a pensé à tirer l’eau du lac au travers d’une formation perméable de la bordure, dans l’espèce le delta de la Dranse. *
- Les pompages pratiqués dans le puits d’essai, foré sur cette zone, n’ont pas été assez prolongés et les eaux recueillies appartenaient encore à la réserve aquifère du delta. Trois tracés d’aqueducs ont été proposés pour dériver ces eaux, l’un d’eux
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- de 568 km sans usine de relèvement passait' par la Loire où il pouvait se géminer avec le projet des vais de Loire. Devant les avantages présentés par ce dernier, la Commission ne retint pas le projet du Léman.
- Le projet des eaux des Vais de Loire consiste à dériver sur Paris les eaux de la nappe souterraine„ contenues dans les alluvions de la vallée de la Loire entre Ne vers et Gien. On relèverait les eaux au moyen de pompes électriques placées au-dessus de 200 à 300 puits de captage disposés dans les vais. Ceux-ci, bien que fertiles, sont à peu près dépourvus d’agglomérations. La crainte des inondations en est la cause. Les terrains des vais sont constitués par un dépôt de sables pouvant atteindre, suivant les régions, de 6 à 15 mètres de puissance. Ces sables, qui sont fins et purs, constituent des matériaux de prédilection pour édifier des filtres artificiels. Les eaux emmagasinées lentement dans les sables'se débarrassent des éléments en suspension et des organismes qu’elles renferment.
- La lenteur de la circulation dans ces alluvions, la finesse de leurs éléments impriment aux eaux qui en sont issues toutes les qualités des véritables eaux souterraines. La nappe des alluvions est alimentée au principal par les infiltrations du fleuve ; il lui vient également un apport du côté du coteau qui n’entre que pour environ 1/10 de l’alimentation totale. La vitesse de circulation de l’eau à travers les sables a été trouvée très faible, variant de 5 à 25 mètres par jour. L’examen des abaissements piézométriques dans les puits d’expérience a permis au service technique d’établir que la nappe entre Rriare et Nevers présente une réserve aquifère de plus de 3 millions de mètres cubes et qu’elle peut en fournir un million quotidiennement, par des puits ou galeries, sur une longueur très inférieure aux 90 km dont on dispose.
- Afin d’être fixé sur le pouvoir épurant des sables, on a réalisé, en plusieurs points des vais, à 15, 50 et 75 mètres des ouvrages pompés, des contaminations considérables à l’aide de cultures de Bacte-rium coli injectées en place dans la nappe des alluvions. Les résultats enregistrés ont montré une épuration extrêmement remarquable.
- A la condition de prendre quelques précautions pour éviter la formation de renards souterrains, et le colmatage dudit fleuve, en s’éloignant suffisamment de celui-ci et des agglomérations, en supprimant les mares, en canalisant les ruisseaux trop proches des points de captage, en préservant ces derniers contre les inondations, on est fondé à espérer que l’on recueillera toujours des eaux fraîches et claires et d’excellente qualité. Enfin des précautions analogues à celles prises sur les bassins sourciers alimentant Paris, concernant les périmètres de surveillance, seront appliquées à la région de la Loire.
- Malgré l’abondante réserve aquifère des vais, il n’est pas douteux que l’important prélèvement quo-
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- 110 ——.. = L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- tidien que l’on se propose aurait une influence sérieuse sur le débit du fleuve en saison sèche. Aussi, les services techniques envisagent-ils la construction de quatre réservoirs, l’un sur la Loire vers Roanne, les autres sur la vallée d’Aix, l’Ailier et la Sioule, emmagasinant 300 millions de mètres cubes. Celle réserve permettrait pendant la période de sécheresse, qui dure environ quatre-vingts jours, de restituer au fleuve des quantités trois fois plus grandes que celles prélevées. Cette régularisation atténuerait la violence des crues et favoriserait la navigabilité du fleuve. On prévoit que les eaux captées devront être relevées de 14 mètres, ce qui permettrait de les amener à Paris vers la cote 115, supérieure à celle des autres réservoirs, par un aqueduc de 171 km, aboutissant à Cagneux.
- La Commission scientifique, la 6e Commission du Conseil municipal, ont donné leur adhésion de principe à ce projet, ne voulant pas retarder plus longtemps son examen par les grands Conseils siégeant auprès des ministères de l’Intérieur, des Travaux publics et de l’Agriculture, ni les longues formalités nécessaires en vue de sa déclaration d’utilité publique.
- Mais le Conseil, en décembre 1915, fut, en outre, d’avis d’utiliser ce délai pour acquérir, par de nouvelles expériences des précisions plus complètes sur le débit susceptible d’être recueilli dans les allu-vions. A cet etlet on se proposa de foncer dans le val de Belleville, vers Léré, sur une longueur de 4 km, 8 groupes de 5 puits dont on poursuivrait le pompage pendant deux à trois mois, afin de vérifier la possibilité d’y prélever 20000 mètres cubes par km et par jour.
- La guerre suspendit ces études complémentaires. Pendant l’instruction de ces grands projets, les disponibilités en eau s’étaient d’ailleurs augmentées. Des recherches entreprises sur les zones émissives des sources de Bourron et sur celles de la Joie dans la région du Loing ont permis d’y recueillir 24 000 mètres cubes d’eau qui avaient échappé aux anciens captages. La source de Yillemer appartenant à cette dérivation, et qui, en raison des contaminations qu’elle reçoit, était en décharge, fut remise en service après traitement par une petite usine d’ozone. De ce fait, la dérivation a pu s’accroître d’un nouvel apport de 10000 mètres cubes. Depuis l’époque critique de 1911, s’est achevée également l’installation de stérilisation par l’ozone de Saint-Maur qui traite les eaux de Marne préalablement filtrées. Pendant toute la guerre, ces eaux d’ailleurs ne seront plus traitées par l’ozone mais par le chlorure de chaux, ainsi que celles de la station d’Ivry qui avait été peu avant modifiée, de façon à pouvoir compter sur 60 000 mètres cubes d’eau de Seine filtrée supplémentaires.
- Les études des Vais de Loire furent reprises en 1920. Elles ont porté’sur les puits indiqués ci-dessus, groupés dansle val de Belleville, entre 500 et 800 m. de distance de la Loire. La composition des eaux jsutppées s’est maintenue excellente, la température
- à peu près constante. Les vitesses, observées à l’aide de la fluorescéine autour des puits pompés, montrent qu’il aurait fallu trois mois aux eaux du fleuve pour parcourir l’espace les séparant de la ligne de pompage. Comme ces opérations n’ont duré que ce délai, les eaux relevées semblent donc n’appartenir encore qu’à la réserve des sables. Pour répondre à cette objection, la ligne de pompage fut, pour les essais de 1921, rapprochée du fleuve et fixée entre 50 et 300 mètres. Les puits les plus proches de la Loire ont été influencés par les eaux du fleuve. On put y, observer de grandes variations de température, une composition chimique voisine de celle de la Loire et quelques défaillances dans l’épuration. Les puits, distants en moyenne de 100 à 150 mètres, ont fourni un mélange plus ou moins abondant d’eau de Loire et d’eau de coteau. La composition bactériologique s’est maintenue constamment satisfaisante et la vitesse moyenne de translation des filets liquides autour des points pompés a été un peu inférieure à 1 mètre par heure.
- Ces deux campagnes d’études ont donc fixé la zone d’implantation des puits captants, où ceux-ci trouveront des eaux très satisfaisantes.
- L’extrême sécheresse de l’été 1921 a atteint toutes les nappes souterraines. Les sources de l’Avre ont été particulièrement affectées, puisque leur débit de 100000 mètres cubes en temps normal s’est abaissé vers 30000 mètrçs cubes. On envisage à nouveau, pour pallier à une telle situation, l’utilisation des eaux de Fontaine-sous-Jouy et Cailly qu’il faudra, comme nous l’avons vu, relever et épurer. Tel est l’état actuel de l’alimentation en eau de Paris.
- Les projets d’avenir. — Tous les projets proposés, susceptibles de retenir l’attention, ont été étudiés. Le terrain se trouve déblayé ; il semble que, dans un avenir relativement proche, Paris devra songer, à nouveau, à s’assurer de nouvelles ressources. Il est difficile de prévoir suivant quelles directions ces recherches seront dirigées.
- Un progrès technique peut les orienter brusquement vers une solution commode. Si nous savions, par exemple? rafraîchir pratiquement et économiquement de grandes masses d’eau, si la lumière ultra-violette était plus constante dans son action, l’ozone moins onéreuse, etc., alors des formules nouvelles surgiraient. Elles naissent d’ailleurs et voici le projet de M. IL Ghabal qui, traitant de la régularisation du débit de la Seine, effleure la question de l’alimentation de Paris, qui s’en trouverait assurée... pour un siècle ou deux. Ce projet reprend, en l’étendant, l’idée de la Commission des inondations de 1910, présidée par l’éminent A. Picard, et consistant en la mise en réserve des eaux de crue du bassin de la Seine dans des réservoirs d’arrêt. La suppression de la crue de 1910, c’est-à-dire un abaissement de 5 mètres environ de ,1a hauteur de 8 m. 48 atteinte au pont de la Tournelle, exige l’emmagasinement d’au moins 2400 millions de mètres cubes.
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- L’AUTOMOBILE SAHARIENNE -------" :.— 111
- Une étude attentive des vallées de la Seine, de j l’Aube, de la Marne, de l’Yonne et de leurs affluents a ! conduit l’auteur à répartir ce volume dans 23 ouvrages dont quelques-uns atteignent des dimensions considérables. À l’égard du problème de l’alimentation en eau, l’exposé du projet rappelle le veto du service de la navigation en 1915, s’opposant à tout nouveau prélèvement en Seine ; puis il fait état des chiffres maxima de consommation quotidienne, prévus pour 1940 par M. Colmet Daage, savoir : 1 200 000 m. c. pour le service privé, 2220 000 pour le service public et 800 000 mètres cubes au titre des communes suburbaines. Ces besoins absorberont donc plus de 4 millions de mètres cubes, soit un chiffre supérieur de 800000 mètres cubes au volume écoulé par la Seine en une journée chaude où son débit s’abaisse à 40 mètres cubes par seconde.
- La complexité du problème grandit encore pour peu que l’on jette les regards un peu plus avant dans l’avenir. M. Dausset n’a-t-il pas entrevu que le département de la Seine, dans un siècle, représenterait 10 millions d’habitants et serait une « province couverte de maisons ». Une consommation moyenne journalière de 1000 litres par tète n’a rien qui puisse surprendre. Des villes, telles que Rome, Washington, Grenoble, bénéficient déjà de telles disponibilités. Ce taux n’apparait pas plus excessif que les 300 et quelques litres dont nous disposons ne l’auraient été pour nos pères, il y a un siècle, lorsque 15 litres par tête assuraient tous leurs besoins. Un peu plus tôt, un peu plus tard dans le temps, ces chiffres deviendront exacts et on devra s’assurer du cube d’eau correspondant. C’est
- donc une moyenne journalière de 10 millions de mètres cubes avec des maxima pouvant atteindre 12 millions 1/2 (150 mètres cubes par seconde) qu’il faudra trouver; ces chiffres représentent 4fois le débit de la Seine à Paris en saison sèche, 7 fois celui des basses eaux de la Loire à Orléans. Le projet des Vais de Loire représentant 1 million de mètres cubes, faudra-t-il une dizaine de fois encore réaliser cet énorme effort?
- M. Chabal répond négativement à cette question et voit une solution dans les réservoirs- d’arrêt créés pour la régularisation de la Seine,.- Les apports fournis au fleuve par ces retenues s’élèveront graduellement, suivant l’achèvement des travaux prévus par tranches de 25 mètres cubes à 95, puis 180 mètres cubes par seconde.
- Outre l’alimentation en eau de Paris et de sa banlieue, assurée pour plusieurs générations, ce projet apporterait la solution de plusieurs grands problèmes : la régularité et le développement des services de la navigation sur la Seine (de Troyes à la mer) ainsi que sur les principaux affluents, — la création de quelques voies navigables nouvelles, — la mise en valeur de l’énergie hydraulique du fleuve et de ses affluents, son électrification entre Paris et Rouen, — le développement du port de Paris,—la suppression, sur plus de 1900 km, des berges de protection contre les crues et celle des inondations elles-mêmes, qui, en 1910, ont porté leurs ravages sur 11 départements.
- DlÉNERT ET GüILLERD.
- Chef et chef adjoint du Service de surveillance des eaux d’alimentation de la Ville de Paris.
- L’AUTOMOBILE SAHARIENNE
- La Nature a décrit dans son n° 2543 le raid auto mobile organisé à travers le Sahara, de Touggourt à Tombouctou pour montrer la possibilité, grâce aux chenilles, de faire circuler des voitures dans le désert, sur le sable, dans un pays dépourvu de routes.
- On sait que l’expédition a parfaitement réussi et que les quatre voitures. de la mission Haardt-Audouin-Dubreuil ont atteint Tombouctou sans encombre. L’expérience fut même si concluante qu’on décida de ramener les voitures, non par le Sénégal à Dakar, mais par le Sahara à Alger, refaisant en sens inverse la traversée du désert. La mission Haardt-Audouin-Dubreuil s’est remise en route au début de février sur l’itinéraire de l’aller : Bourem, Kidal, Tamanrasset, In-Salah, Inifel, Touggourt.
- De plus, M. Citroën, constructeur des automobiles du raid, vient de réaliser trois nouvelles voitures à chenilles, plus rapides que celles qui traversent en ie moment le désert, à bord desquelles il est parti à la rencontre de MM. Iiaardt et Àudouin-Dubreuil.
- Avant son départ, M. Citroën nous a montré dans
- ses ateliers du quai de Javel, les trois petites voitures qui vont s’aventurer à leur tour sur la terre d’Afrique. Deux sont des voitures de voyageurs à trois places, conducteur compris, la dernière est une voilure de ravitaillement.
- Les châssis. —Le moteur, un 10 chevaux de série, a le même alésage et la même course que ceux du raid, mais les pistons sont en aluminium, et la compression est légèrement augmentée, ce qui permet d’atteindre un régime un peu plus élevé. On a conservé le système de refroidissement qui a donné des résultats tout à fait satisfaisants sur les voitures de la mission Haardt-Audouin-Dubreuil.
- Ces trois nouvelles voilures ne comportent ni réducteur de vitesse, ni blocage de différentiel. L’attaque du pont arrière se fait par conséquent de la même façon que sur les machines ordinaires.
- L’appareil propulseur est le même que celui des voitures qui ont effectué la traversée du désert.
- Les carrosseries des deux premières voitures ont été appropriées au but poursuivi, c’est-à-dire au transport confortable de trois voyageurs par voiture.
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- k M
- big. i. — Les nouvelles voitures, en ordre de marche.
- Les trois sièges en tandem sont décalés l’un par rapport à l’autre, et permettent l’accès facile à la place arrière.
- La construction est extrêmement légère; les carrosseries sont constituées par des panneaux en bois contreplaqué de 4 mm d’épaisseur, entièrement recouverts de simili-cuir imitant la peau de crocodile. Deux ailes avant et deux ailerons arrière protègent les passagers contre les projections de sable, et deux pare-brises garnis de celluloïd contre le vent ; une courroie formant ceinturon permet de les attacher à leur siège pour éviter qu'ils soient projetés hors de la voiture dans les pentes par trop rapides. Un coffre à outils est disposé sur le marchepied, côté droit; une roue de secours est fixée sur le côté opposé. Une tente très légère se roule du côté gauche et se développe par deux montants soutenus eux-mêmes par deux câbles les reliant en triangle. A l’intérieur de cette tente, se placent deux lits pliants munis d’un moustiquaire; les lits, sacs de couchage et couvertures sont chargés pendant la marche sur la voiture de ravitaillement.
- Quatre sièges pliants extrêmement légers sont prévus pour le repos au bivouac.
- Ces carrosseries comportent à l’arrière des coffres dans lesquels sont disposés tous les accessoires nécessaires aux voyageurs : valise à effets, nécessaire de pharmacie, trousse de toilette, nécessaire de camping, avec tous les objets indispensables pour la cuisson, plats, couverts, etc....
- La voiture de ravitaillement possède un châssis identique à celui des deux voitures de voyageurs ; la carros-
- serie se compose d’une simple plateforme, sur laquelle sont placés des réservoirs d’essence, l’appareil cinématographique et des paniers en osier contenant le matériel de campement, les pièces de rechange, la réserve de vivres, etc.
- Les conducteurs-mécaniciens qui accompagnent cette mission disposent d’une tente carrée se montant sur le sable.
- La réserve d’essence prévue sur chaque machine est suffisante pour un parcours minimum de 760 km dans le bled. Avec la réserve d’essence de la voiture de ravitaillement, le parcours possible est porté à 1000 km.
- Le poids de chacune des machines, en ordre de marche (c’est-à-dire réservoirs pleins, vivres, matériel de campement, voyageurs, etc...), est de 1600 kg environ.
- Alors que les voitures de la mission Haardt-Audouin-Dubreuil ne pouvaient atteindre sur bon « reg » que 55 km à l’heure, les nouvelles voitures pourront dépasser 45 km. La vitesse moyenne passera de 18 à 25 km à l’heure environ. L’allègement du poids et la réduction de la consommation d’essence leur permettra de couvrir des étapes journalières de 500 km.
- La caravane de M. Citroën quitte Touggourt le 15 février; elle sera le 17 ou le 18 à In-Salah d’où elle rayonnera sur plusieurs pistes, notamment vers Colomb-Béehar, en attendant que celle de Tombouctou la rejoigne, puis toutes deux remonteront ensemble vers le nord.
- Ainsi, à peine démontrée la possibilité de relier l’Algérie au Sénégal par convois automobiles, voici les progrès qui se manifestent déjà, puisque des autos rapides et confortables peuvent maintenant aborder le Sahara. A. B.
- Fig. 2. ~ La même, avec la tente déployée.
- Le Gérant : I1. Masson. — Imprimerie Làhüius, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2551.
- 24 FEVRIER I!
- LE RENDEMENT DES ARMES A FEU AU TIR SUR DES ÊTRES VIVANTS
- E>23
- pouvons, d’après Boemke, représenter approximativement l’énergie absorbée ou détruite pendant la —
- c\
- Fig. i. — Cavité produite dans l'argile humide par une balle animée d’une grande vitesse.
- Nos armes à feu sont destinées avant tout, soit à la chasse, soit à la défense, destinées donc à être employées contre des être vivants. L’effet des projectiles sur le corps de l’homme ou de l’animal dépend de leur énergie ou, plutôt de la partie plus ou moins grande de cette énergie qui est absorbée et détruite dans le corps touché par la balle. Mais les blessures sont plus ou moins graves suivant la région du corps qu’elles atteignent et l’effet d’une balle dépendra donc des parties plus ou moins vitales qu’elle touche ou traverse. Un « bon » coup de feu qui louche le cœur, les poumons, la cervelle pourra abattre l'animal avec une absorption d’énergie beaucoup moindre qu’un mauvais coup qui ne louche que des tissus, des muscles. Mais puisque, à la chasse comme à la défense, les « bons coups » blessant tel ou tel organe dépendent toujours plus ou moins du hasard, il nous faut, pour étudier les effets mortels d’une arme, considérer le corps vivant comme composé d'un grand nombre d’organes d’une importance et d’une vitalité égales.
- Le but d’un coup de feu sera alors d’atteindre un nombre aussi grand que possible de ces organes, et d’y produire les plus grands ravages possibles, sans toutefois abîmer trop le gibier.
- Comme ces effets de destruction sont de nature mécanique, nous les appellerons les effets mécaniques du projectile. Ces effets mécaniques seront le résultat de la transformation de l’énergie ou d’une partie de l’énergie de la balle en travail de destruction.
- Le corps de l’homme ou de l’animal est caractérisé par sa forte teneur en liquides, et se comporte vis-à-vis des projectiles à grande vitesse, à peu près comme l’argile humide. Dans l’argile humide les balles animées d’une très grande vitesse produisent des cavités ayant la forme représentée schématiquement par la figure 1. Comme en tout point de la trajectoire AB, le diamètre de la cavité correspond à la quantité d’argile détruite, c’est-à-dire à l’énergie absorbée par l’argile, nous
- Fig. 3 et 3 a. — Effets sur un même animal de 2 balles de même forme, même calibre, même vitesse initiale.; la balle de'droite a un poids double de celle de gauche.
- trajectoire AB, par la surface d’un triangle rectangle ABC, dont la base AB représente la profondeur de pénétration du projectile.
- Cette profondeur de pénétration est directement proportionnelle au poids de la balle et à sa vitesse, et inversement proportionnelle à sa section (ou à son calibre). Elle peut "Xn être exprimée par la formule
- p f-y-v b
- dans laquelle P représente la profondeur de pénétration de la balle, en centimètres, dans les tissus et les muscles du corps, g le poids du projectile en grammes, v sa vitesse en mètres par seconde, et S sa section. La lettre f représente un facteur empirique, qui pour les projectiles de forme ogivale a été évalué à 0,005. Le côté AC du triangle ABC représente l’énergie agissant sur le corps touché ; elle dépend uniquement de la section de la balle et de sa vitesse. Chaque fois qu’il s’agit d’un gibier dont le corps a une épaisseur telle que la pénétration de la balle ne suffit pas à le percer, toute l’énergie du projectile est absorbée par le corps, tandis que, si la pénétration est supérieure à l’épaisseur du corps, une partie de l’énergie est perdue. (Voir fig. 2, 2a.) C’est ce qui explique l’effet souvent insuffisant d’armes très fortes. Le côté C B représente la courbe des vitesses. L’énergie dépendant du carré de la vitesse, elle sera représentée par une parabole CT B.
- Nous allons exposer, par quelques exemples, l'influence des différents facteurs d’un projectile sur ses effets mécaniques :
- Les figures 2 et 2a nous représentent les effets mécaniques de deux balles de même énergie et de même forme, mais la section de la balle 2 est le double de celle de la balle 2a. La partie en hachures
- 8. — 115.
- Fig. 2 et 2 a.. — Effets mécaniques de 2 balles de même énergie et de même forme, mais de sections différentes sur 2 animaux de taille différente.
- 51* Annfa. — 1" Samestr*.
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- 114 LE RENDEMENT DES ARMES A FEU AU TIR SUR DES ÊTRES VIVANTS
- représente l’énergie absorbée par le corps de l’animal. Cet exemple nous montre clairement la supé-
- (/ 'y/ 'V'vS//''/', ////
- Effets sur 2 animaux de taille différente de 2 balles de même forme, même calibre. même poids, La balle de droite a une vitesse initiale double de la balle de gauche.
- riorilé des gros calibres, surtout pour le gibier petit ou moyen. 11 nous explique aussi les bons effets obtenus par les vieux chasseurs qui se servaient de gros calibres à faible pénétration (balles de plomb, poudre noire.)
- Les deux figures 3 et 5a se rapportent à deux projectiles ayant même vitesse, même forme et même calibre, mais dont la seconde (3a) a un poids double de la première. Conclusion : au gros gibier des balles longues et lourdes, au petit gibier des balles courtes et grosses.
- Deux balles de même forme, de même calibre et de même poids donneraient les effets mécaniques représentés par les figures 4 et 4a, si la vitesse de 4a est le double de celle de 4. Pour le gros gibier une vitesse double produit un effet quadruple ; chez le petit gibier l'augmentation de la vitesse est en général beaucoup moins efficace.
- Piésumons : a) Pénétration : Une réduction de la section du projectile à la moitié, un poids double et une vitesse double produisent le même effet : la pénétration est doublée.
- b) Effets mécaniques : 1° Pour le gros gibier, dont l’épaisseur du corps, est égale ou plus grande que AB (e^ AB); AB représentant la pénétration : une réduction de la section du projectile ne produit pas de différence appréciable, mais l’eflêt mécanique est double par un poids doublé du projectile ; une vitesse double produit des effets quatre fois plus grands.
- 2° Pour le gibier petit ou moyen (e^AB), une réduction du calibre entraîne une réduction analogue de l’effet ; l’augmentation du poids de la balle n'a pas d’influence appréciable et une vitesse double ne produit ordinairement que des effets doubles.
- Comparons, comme exemple pratique, un projectile 1 d’une arme moderne à petit calibre (cal. 6,5 mm., vitesse 900 m., poids 8gr.) et un projectile II correspondant à une bonne arme ancienne à gros calibre (cal. 12,5 mm., vitesse 450 m., poids 24 gr.).
- L’énergie initiale des deux projectiles, calculée par la formule :
- m. v‘À
- e = 'T~
- est de 324 kg pour le projectile I et de 245 kg pour le projectile II.
- Les sections des deux balles sont entre elles comme 1 est à 4, les poids comme 1 est à 5, les vitesses comme 2 est à 1. Les profondeurs de pénétration seront donc entre elles comme 1 est à l/4x5x1/2-, ou bien comme 8 est à 5.
- Les effets mécaniques sur le gros gibier seront comme4est à 5 (comme I esta lx5x 1/4) ; sur le petit gibier comme 1 est à 2 (comme 1 est à 4X1 X 1/2). Cela veut dire que sur du gibier moyen ou petit la balle II à gros calibre, malgré son énergie plus faible, produit des effets mécaniques deux fois plus considérables que la balle de 6.5 mm. Pour que celle-ci produise sur le petit gibier le même effet que la balle II, il faudrait doubler à peu près sa vitesse, qui atteindrait alors les 1700 m. (Voir fig. 5 et 5a.)
- Prenons dans la figure I un point 1), correspondant à une profondeur de pénétration égale à AD; la vitesse du projectile en ce point sera directement proportionnelle à la distance de D au point B. Donc, si nous mettons P = AB (pénétration totale), p—AD (pénétration jusqu’en D), Y„ = vitesse du projectile en D, Yj — vitesse initiale, nous aurons :
- L’énergie encore disponible en D sera proportionnelle au carré de DB :
- Cette énergie est perdue, si le corps de l’animal n’a que l’épaisseur AI). L’énergie absorbée par le corps de l’animal sera donc donnée par la formule :
- = E, — E, kSm-
- (é est l’épaisseur du corps =p.)
- Le développement de la fabrication des armes de chasse a suivi de près les perfectionnements des armes militaires. Pour celles-ci, on a toujours cherché à obtenir le maximum possible comme longue portée, trajectoire tendue, pénétration, etc. C’est à cet effet, qu’après avoir réduit le calibre à un minimum pratique, on a donné au projectile la forme pointue, ce qui revient pour les effets, qui nous intéressent ici, à une nouvelle réduction du calibre. En conti-
- Fig. 5 et 5 a. — Sur gibier petit ou moyen, une balle de gros calibre (à gauche) a plus d’effet qu’une balle de petit calibre et d’énergie supérieure.
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- nuant dans cette voie pour les armes de chasse, on arriverait finalement à ce que j’appellerai « l’effet d’aiguille « représenté par la figure 6. Cela nous amène à parler d’un autre facteur très important pour une arme de chasse aussi bien que pour une arme de défense : le pouvoir d’arrêter net la bête ou l’adversaire au premier coup qui touche. Cette faculté des armes est généralement désignée par l’expression anglaise de « Stopping power ». (SP).
- Le stopping power d’une arme est étroitement lié à ses etfets mécaniques. Il représente l’énergie transmise au corps par la balle au moment ou celle-ci le touche. Il est une fonction de la tangente de l’angle en c (fig. I) dont se déduit la formule :
- P
- Le SP est donc directement proportionnel à l’énergie initiale et inversement proportionnel à la pénétration du projectile.
- A l’aide de la formule de celle-ci, et en considé-m. v{
- rant que E; =
- SP
- celle de SP se transforme
- Vi.S
- 5 x 9, 81
- De là découle comme conséquence importante que le stopping power d’une balle est indépendant de son poids et qu’il est directement proportionnel à sa vitesse et au carré de son calibre. Dans la seconde partie de ce travail, en traitant la question du choix d’une arme de défense, nous nous étendrons davantage sur ce sujet. Pour le moment, résumons en quelques mots les résultats qui se déduisent de nos formules : Pour le gibier petit ou moyen : gros calibre, poids et vitesse faibles. Pour le gros gibier : petit calibre, grand poids et grande vitesse.
- Il est indiscutable que la trajectoire tendue, la précision, la grande portée, etc., des armes modernes à petit calibre seraient des qualités très appréciées par les chasseurs, si on pouvait augmenter leur trop faible stopping power. C’est dans cette
- intention qu’on a créé les projectiles à tête molle (à ogive dénudée), balles qui s’aplatissent au choc,
- ri'q, 3 P i g, n
- Fig. p. — Une accusation allemande mal fondée.
- Figure extraite de l’article du Dr Kreitniair; voici la traduction de la légende qui accompagnait cette figure.
- Fig. i à 4. — Vue de la balle de 4 côtés montrant l'entaille circulaire qui en fait le tour et que croisent à angle droit 4 entailles longitudinales de 2 mm. d'épaisseur chacune, formant, ainsi 4 croix sur la périphérie. Fig. 5 et 0. — Vues dû sommet de la balle.
- Fig. 6. — L’effet d'aiguille.
- ce qui donne l’eiïet d’un gros calibre. Ces projectiles se fabriquent en un grand nombre de variétés : à ogive dénudée, à vide intérieur, à enveloppe fendue, à pointe tronquée, balles pointues renversées, etc. Toutes ces balles se champignonnent fortement lorsqu’elles frappent les tissus du corps animal à des vitesses supérieures à 400 m. par seconde.
- Ce sont les fameuses balles Dum-Dum qui me rappellent toujours le bruit et l’indignation avec laquelle en 1914 les Allemands, y compris leur « Kronprinz » et leur « Kaiser », proclamaient urln et orbi que les soldats français transformaient leurs balles, même leurs balles D, en balles dum-dum.
- Qu’il me soit permis de citer ici un seul des documents que j’avais collectionnés à ce sujet, qui nous donne une idée juste de la science qui a été exhibée lors de cette propagande.
- En octobre 1914, un certain D1 hreitmair publiait dans la « Semaine médicale de Munich » (Mün-chener medizinische Wochenschrift) un travail intitulé « Blessure produite par une. balle dum-dum ». (fig. 7). Il s’agissait d’une balle D française, balle massive en bronze. Il est évident qu’une balle massive ne peut en aucune façon être transformée en balle dum-dum. La balle D porte au milieu environ une entaille circulaire jusqu’à laquelle elle s’enfonce dans la douille de la cartouche. Après avoir passé le canon du fusil Lebel, elle porte en plus quatre, rayures longitudinales dues aux rainures de l’àme du canon. Ces quatre entailles seront naturellement obliques par rapport à l’entaille circulaire. Voilà des choses que tous nos lecteurs connais-.sent, mais que le Doktor Kreitmair, qui a certainement fait son service militaire, doit ignorer. Voyons donc ce qu’il a constaté :
- Un sous-officier bavarois est atteint par une balle « D » qui le blesse à la jambe un peu au-dessus du pied. La distance de tir était de 30 mètres. La balle n’a pas pu percer la jambe; mais, après avoir cassé le péroné, elle est restée collée contre le tibia. La pointe de la balle était aplatie ; en plus, le soldat français « avait pratiqué dans la’balle une
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- entaille circulaire et quatre entailles longitudinales ». Et le sieur Doktor Kreitniair rend tout spécialement attentif au fait, que ces quatre entailles (qu'il indique sur ses dessins comme étant perpendiculaires sur l’entaille circulaire) forment quaire croix sur la surface de la balle.
- Puis il parle des « effets explosifs spécifiques » de ce projectile qui doivent probablement provenir de ces quaire croix. Il a constaté en outre, que la balle était courbée sur toute sa longueur et qu’elle était couverte d’une couche de vert-de-gris d’une odeur très forte.
- (Pour quiconque a les moindres notions de tir, il est évident qu’il s’agit simplement d’une balle « D » qui, avant d’atteindre le Bavarois, a ricoché sur un objet dur.)
- De cet intéressant travail, j’ai fait alors quelques copies photographiques, que j’ai envoyées à différents journaux allemands (de médecine et de balistique) avec une lettre disant que, malgré mon expérience assez grande en malière de tir, j’avais trouvé dans cet article bien des faits et phénomènes nouveaux, notamment les détails suivants :
- 1° Qu’une halle « D » massive pouvait être transformée en halle dum-dum et que pour y arriver, on n’avait qu’à aplatir la pointe et à dessiner quatre croix sur la balle.
- 2° Qu’une telle balle était même douée d’un « pouvoir explosif spécifique ».
- 5° Qu’une balle « I) » douée d’une énergie de 520 kg, qui à 50 mètres perce 90 centimètres de bois, 14 mm. de fer et 8 mm. d’acier, n’est pas capable de percer la jambe d’un sous-officier Bavarois à la hauteur du pied.
- 4° Que sur le péroné ou le tibia de ce Bavarois, la balle D se serait aplatie et courbée fortement sur toute sa longueur.
- 5° Le mystère inexplicable des quatre croix sur la surface du projectile.
- 6° Qu’il était prouvé par tout cela, et « avec certitude », qu’il s’agissait d’une balle dum-dum.
- 7° Que le vert-de-gris avait une forte odeur. Jusqu’à ce jour, en effet, le vert-de-gris, ainsi que tous les composés du cuivre, avaient été considérés comme inodores.
- Ces lettres ont été retenues par la censure. Un peu plus tard j’écrivais à deux journaux la même chose, mais sur un ton un peu moins ironique ; au bout de plusieurs mois seulement, on se décida à annoncer que cette blessure, comme tant d’autres décrites dans les périodiques et les journaux, ne provenait pas de balles dum-dum. Pour finir, constatons encore ceci :
- 1° Parmi toutes les balles empluyées dans cette guerre par les différentes armées, la balle française était la seule, qui ne pouvait, en aucune manière, être transformée en balle dum-dum.
- 2° Les balles en plomb à chemise de maillechort sont, eo ipso, des balles dum-dum, dans bien des cas au moins.
- Or la balle qui, telle quelle, réalise au plus haut degré les propriétés d’une balle dum-dum, est sans contredit la balle « S » allemande, avec sa forme courte, son centre de gravité placé bien en arrière, l’enveloppe entaillée à la base par les rainures du canon, et sa grande tendance à basculer. Une balle a S » renversée constitue la balle dum-dum la plus parfaite du monde. Or, au dire des statistiques publiées par les Allemands eux-mêmes, 80 pour 100 des balles « S » se renverseraient au tir couché, c’est-à-dire au tir de combat.
- Et si les Allemands pouvaient vanter l’habileté de leurs chirurgiens, disant qu’ils renvoyaient au front un pourcentage plus élevé de blessés que les Français, c’était certainement du, avant tout, au fait que la balle française était la balle la plus humaine, la plus bénigne, tandis que les Allemands, volontairement ou involontairement, tiraient presque exclusivement à balles dum-dum.
- P. Medixoei’,,
- h.gcnictir Chimiste, l.nhorutoire de l’Etat, Luxembourg
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’URÉE
- et la synthèse des acides aminés.
- Au cours de ces trente dernières années, les théories de Pierre Dehérain, de Georges Aille, de Schlœsing et de Müntz ont pénétré dans tous les milieux ruraux et, malgré les hauts prix parfois atteints par le sulfate d’ammoniaque, la cyanamide calcique et le nitrate chilien, l’agriculteur français restitue à ses champs, sous la forme de ces produits chimiquès, une moyenne annuelle de 95000 tonnes d’azote ; mais jusqu’ici il dispose seulement d’engrais dont la teneur en élément utile varie entre 16 et 21 pour 100. Si la guerre mondiale a développé la fabrication du nitrate d’ammoniaque (AzO5 AzIP) qui
- titre 55 pour 100 d’azote, ce n’est pas encore là un composé d’emploi courant et, pourqjeu que Ton consulte un paysan briard ou un propriétaire beauceron, on apprend que le fumier de ferme garde à ses yeux les avantages les plus marqués, s’il est toutefois en quantité suffisante et de transport facile sur les terres à fertiliser. Ces conditions sont en pratique irréalisables, dès qu’il s’agit d’une exploitation agricole de quelque importance ; Vitrée ou diamide de l’acide carbonique CO (AzH2)2 qui donne à l’analyse 47 pour 100 d’azote — ce qui explique l’heureux emploi du purin — l’urée, disons-nous, ne saurait
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- répondre à tous les besoins si l’on ne disposait jamais que d’une seule source de cette substance : les déjections des animaux de trait ou des troupeaux.
- De ce fait, les récents travaux du professeur C. Matignon et de son collaborateur au Collège de France, M. Fréjaeques doivent retenir l’attention des agronomes, puisqu’ils permettent d’obtenir industriellement ce « condensateur » puissant qu’est l’urée. Comme on le verra par la suite, ils marquent encore une étape, d’un intérêt particulier, dans la préparation de certains composés organiques et ne sauraient passer inaperçus aux yeux des physiologistes.
- Malgré les théories de Werncr, reprises d'ailleurs par M. Kenneth C. Bailey, il ne semble pas qu’il y ait à adopter le processus qui demande la formation intermédiaire du cyanate d’ammoniaque et comprend les trois phases :
- CO2 -h AzH3 == I120 H- CAzOH
- acide carbonique ammoniac — eau -f- acide cyanique
- CA z OH H- Az H3 = CAzO Àz
- acide cyanique -f- ammoniac = cyanate d’ammoniaque
- CAzO Az H4 = CO(ÀzH2)2 ou CAzOH AzH5 = CO (Az H2)2
- Les réactions chimiques que les deux savants français ont prises pour bases, se résument simplement dans les équations :
- OÀ7H4
- (1) C02 + 2AzH5 = C0<f
- xAzH2
- .OA z IL1 .AzH2 -
- (2) C0< =CO<
- xAzH2 xAzH2
- qui indiquent deux stades dans l’obtention de la
- Compresseur
- d’ammoniac ( JOatm.)
- (carbamate
- d’ammoniaque)
- f- H20
- “ Nitrate d'ammoniaque
- c s 0 1
- F -c
- | s- « *
- „ £f
- <0
- 8% 11% 13% 16% 18% 20% 21% 35%
- Fig. 1.
- Teneur en azote des principaux engrais azotés commerciaux.
- Compresseur de gaz carbonique
- Vapeur à 30°
- GazAzHftCo2 à récupérer
- Fig. 2.
- Urée
- [ Air comprimé pour 1 chasser .les produits , volatils.
- continu Fréjaeques
- Schéma de l’appareil pour la fabrication de l’urée.
- (Dans l’autoclave A, les gaz carbonique (CO2) et ammoniac (Azll5) donnent le carbamate qui, refoulé à la partie centrale, se dissocie dans l'enceinte B pour fournir l’urée recueillie par une vis sans fin Y.)
- diamide, le premier fournissant le carbamate d’ammonium, dérivé de l’acide CO (AzH2) OH, où l’un des oxhydriles de l’acide carbonique est remplacé par le groupement aminé AzH2.
- Avant d’en arriver à une application d'ordre pratique, il a fallu déterminer les conditions les plus favorables à la formation de ce sel, la réaction I étant nettement exothermique et le composé en question possédant, dès la température ordinaire, une tension de dissociation assez forte; enfin, comme la réaction 2 peut s’accompagner d’une dissociation du carbamate, entraînant par la mise en liberté d’eau, la production de carbonate, lui-même susceptible d’une décomposition totale en ses éléments CO2 et AzH3, il y avait là un ensemble fort compliqué, se réduisant en pratique à un système monovariant dont il fut d’ailleurs aisé de fixer les pressions d’équilibre maxima aux diverses températures. Cette première étude indiquait à ses auteurs qu a 1 45°, le poids d’urée formée représente les deux cinquièmes de la quantité de carbamate mise en œuvre. Après l’étude cinétique, ayant montré que l’eau joue le rôle d’un catalyseur, MM. Matignon et Fréjaeques ont successivement essayé d’accélérer la réaction avec la thorine, l’alumine, le kaolin et le sulfate de chaux ; ensuite, il leur a fallu conduire une série d’essais avant de porter leur choix sur un métal inattaquable dans les conditions de l’expérience.
- Les brevets français (n0? 527 755 et 156 789) donnent le mode opératoire dûment contrôlé, qu’il s’agisse d’une marche discontinue ou d’une fabrication sans arrêts.
- Dans le premier cas, on prépare le carbamate par barbotage du gaz CO2
- Enceinte '-'a 80°
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- dans l’ammoniaque liquide fourni par l’union directe de l’azote et de l’hydrogène, ou bien par l’envoi des deux gaz dans une enceinte suffisamment refroidie et munie de dispositifs empêchant la formation d’une croûte épaisse contre les parois. Le sel CO2 (AzH4) AzH2 ainsi obtenu est introduit dans un autoclave ordinaire, doublé de plomb, et maintenu, pendant 5 ou 4 heures, à 160°. Puis, on laisse tomber la température à 80°, de façon à éliminer, par un robinet approprié, la vapeur d’eau et les gaz (CO2, AzH3) non transformés pour les ramener dans un nouveau cycle de réactions. L’urée chimiquement pure, recueillie après refroidissement complet, représente à très peu près le tiers du carbamate dissocié.
- Celte méthode a l’avantage de ne pas exiger un matériel spécial, mais elle ne saurait satisfaire aux exigences d’une fabrication importante pour laquelle des appareils continus sont indispensables. Le fonctionnement de ceux-ci repose sur la particularité que présente le mélange C03(AzH4)2, CO (AzH2)’2, CO2 (AzH3)2 et la vapeur d’eau, d’être liquide à 80°. Dans ces conditions, à l’aide de deux compresseurs maintenant les gaz primitifs, CO2 et AzH3, à 70 atmosphères, on les dirige, dans la proportion de 1 volume du premier pour» 2 du second, vers la partie annulaire d’un premier autoclave chauffé à la vapeur. Par la partie centrale et sous la seule action de la pression, s’élève ainsi un liquide hétérogène qu’un tube, muni d’un robinet de détente, conduit dans un second appareil maintenu à 70°. Là, l’urée se dépose pour être enlevée par une vis sans fin, alors qu’une tuyauterie spéciale permet la récupération de l’anhydride CO2 et de l’ammoniaque qui peuvent s’employer notamment à l'une des reactions du cycle Solvay.
- Du point de vue économique, l’attention doit être attirée sur la possibilité d’obtenir les matières premières à des prix avantageux. La synthèse de l’ammoniac est aujourd’hui un fait accompli, que l’azote sorte d’une colonne de Linde ou d’un rectifi-cateur Georges Claude et que l’hydrogène soit obtenu par électrolyse ou extrait du gaz à l’eau ; reste l’acide carbonique. Moins favorisés que les Italiens, nous ne disposons pas de sources naturelles aussi importantes que certains soffîoni, dont le débit à l’heure atteint 8000 kg; mais, pays producteur d’alcool, nous pourrions récupérer un sous-produit de nos industries de fermentation qui, pour 100 hl. à 100°, représente 5 tonnes, correspondant à 4500 kg d’urée.
- D’ores et déjà, une fournilure assez importante d’urée, à des conditions intéressantes, est assurée à l’agriculture française; or, comme nous l’avons indiqué plus haut, la question présente un second côté, d’un ordre tout différent. La réalisation sur une échelle industrielle d’une telle synthèse permet de penser que, dans un avenir .peu éloigné, des usines livreront à la consommation les nmino-
- acides, produits moins dégradés que l’urée et qui, dans l’organisme animal, présentent un des premiers termes de la désagrégation des molécules albuminoïdes.
- Prenons comme exemple un mouton. Il se nourrit d’herbe riches en acides de la série cyclique et, ceux-ci fournissant l’acide benzoïque, on retrouvera dans l’urine l’acide hippurique ou dérivé du glyco-colleCH2—AzH2—COOH, lui-même monoaminoacide acyclique au même titre que l'alanine, la glycine, la caséine, les acides aspartique et glutamique ou la cystine et, depuis les travaux de Knoop, il semble bien difficile de nier la transformation des oxyacides et des composés ammoniacaux, absorbés par l’organisme, en acides chargés d’un groupement AzH2.
- Mais on sait aujourd’hui que quelques-uns de ces composés sont absolument indispensables à l’équilibre normal ; c’est le cas de l'arginine et de l'histidine, alors que la lysine semble nécessaire à la croissance et que la glande surrénale est incapable d’un bon fonclionnement si le tryptophane, rattaché à l’indol, vient à faire défaut.
- Or, les- pouvoirs de synthèse de l’organisme semblent limités. Il est des aminoacides qui doivent lui être apportés et leur action est de celles qu’on recherche dans certaines maladies de la nutrition, où les vitamines d’ailleurs viennent, à leur tour, fournir un appui aujourd’hui incontesté. On peut donc se demander si, de bonne foi, nous n’avons pas compliqué le « cycle de l’azote » en fournissant cet élément au sol pour que les végétaux le transmettent à l’animal de boucherie dont les tissus en contiennent, à l’état frais, 50 gr. au kg. Le plus simple ne serait-il pas « d’engraisser » le bovin, ou l’ovin, voire l’homme, par l’injection d’amino-acides ?
- Mais contentons-nous jusqu’ici des résultats déjà acquis dans le seul domaine de l’agronomie et si quelque lecteur craint que l’on vienne à manquer bientôt de cet élément Az, considéré trop longtemps comme inutile à la vie, rassurons-le.
- La France demande lOOOüO t. annuelles ; prenons, pour l’ensemble des terres cultivées sur le globe terrestre, un chiffre mille fois plus élevé, 1081., soit en un siècle 1010 t. (Ju’est cela pour la masse de notre atmosphère qui, d’après B. Prévost et Bous-singault, pourrait se représenter, sur le plateau d’une gigantesque balance, par 581000 cubes de cuivre, chacun de 1 km. de côté et d’un poids voisin de 103x9 tonnes.
- Onze suffiraient à la consommation d’un millénaire, et la couche gazeuse qui entoure notre planète en renferme quelque 447 000, la différence, 154000, restant au compte de l’oxygène.
- Paul Bauü.
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- UNE FABRIQUE MODERNE DE LAMPES A INCANDESCENCE
- à filament métallique.
- Parmi les multiples appareils que l’industrie, mettant en application pratique les plus récentes données des sciences physique et chimique, a orées pour la commodité et le bien-être de l'homme, en existe-t-il un plus répandu de nos jours que la lampe à incandescence par l’électricité? C’est par millions que le public voit journellement briller les petites ampoules qui emprisonnent les filaments éclatants, chez les gens aisés comme chez ceux de condition modeste, dans les établissements publics comme dans les appartements privés, à la campagne comme à la ville ; tant et si bien que connaissant de reste ces appareils d’éclairage artificiel, il n’y prête pas beaucoup plus d’attention qu’à tant d’autres humbles ustensiles de ménage.
- Pourtant, il serait bon qu’il sût quel travail exige l’établissement de la lampe électrique moderne à filament métallique avant qu’on ne la lui livre à un prix si modique. Travail très complexe, demandant à la base une somme considérable de recherches scientifiques pures, un outillage très perfectionné, une manipulation qui surprend par le nombre et par la qualité, des soins de tous les instants. Grâce à l’obligeance des directeurs d’une de nos premières marques françaises, nous allons pouvoir faire faire à nos lecteurs la visite d’une de ces usines outillées à la moderne, où se confectionnent des milliers de lampes par jour, et leur décrire le processus de la fabrication..
- Cetle usine s’étend à Lyon sur la hauteur de la Croix-Rousse; la force motrice, entièrement électrique, lui venant d’un des établissements qui fournissent le courant aux Lyonnais : la Société des Forces Motrices du Rhône qui produit son électricité au moyen d’un barrage du fleuve dans le voisinage de ,1a ville. Dans ses ateliers éclairés au nord par des vitrages inclinés, sous le réseau compliqué des canalisations qui amènent le mystérieux fluide électrique, la vapeur, l’air comprimé, l’eau, le gaz, l’hydrogène et même produisent le vide, travaille une remarquable collection de ces machines-outils dans l’invention et la faKri-j cation desquelles les Américains excellent; ils sont actuellement les maîtres de l’outillage européen pour l’industrie de la lampe à incandescence. Dans le désordre apparent de ces engins fonctionnant tous ensemble, dans la complication de leur mécanisme, ce qui surprend et émerveille d’abord le visiteur, c’est l’ingéniosité avec laquelle elles ont été conçues et réalisées pour reproduire mécaniquement tous les gestes que ferait justement l’homme s’il devait confectionner les pièces entièrement à la main; mais avec combien plus de précision et de ‘rapidité ne le font-elles pas? Parmi ces machines, qui ont chacune leur moteur individuel de petite taille, les unes sont complètement automatiques; l’ouvrier n’a qu’à leur présenter les matériaux pour
- qu’elles les saisissent et travaillent seules : quelquefois même il suffit de charger à l’avance, à'Tôngs intervalles', un magasin. D’autres sonf semi-automatiques; car on a constaté que, jfpur certains ouvrages, c’était l’unique façon de construire convenablement, l’automaticité complète diminuant sensiblement la production de la iriâchine et’’donnant, lieu à trop de déchets; dans ce cas, l’ouvrier vient en aide à son engin au moment voulu, soit directement à la main, soit au moyen d’un levier ou d’une pédale. Étant donnée1 sa délicatesse, la fabrication des lampes à incandescence est le triomphe de la main-d’œuvre féminine. Il n’y a pas moins de 350 ouvrières dans l’usine, contre seulement une quarantaine d’ouvriers ou manœuvres, sans compter contremaîtresses et contremaîtres. La conduite des machines-outils se fait d’ailleurs très simplement et très facilement; un seul opérateur, deux au plus sont assis devant chacun des engins qui a à jouer son rôle dans une parfaite division du travail. De l’union des hommes et des machines, sous les vastes ateliers vitrés, résulte une sorte de puissant organisme à la vie inlense dont l’œuvre est parfaite de précision. Le spectacle a sa grandeur toute particulière.
- ‘Travail très complexe, avons-nous dit. Aussi importe-t-il de le décrire tout à fait avec ordre dans sa ligne essentielle, et en n’envisageant d’abord que la construction de la lampe ordinaire monowatt. A ce prix seulement, on pourra s’en faire une idée exacte.
- Du tube de cristal de 8 mm de diamètre, de la baguette de verre ayant une épaisseur de 3 mm; du fil conducteur; du fil de molybdène; du fil'de tungstène ; une ampoule en cristal qui peut affecter diverses formes; du tube de verre d’un diamètre de 3 à 4 mm; un culot métallique, tels sont les éléments qui servent à établir nos lampes; modernes à incandescence avec filament métallique. Cette simple énumération préliminaire une fois faite, nous allons examiner comment on utilise ces éléments, en indiquant en temps voulu leurs caractéristiques.
- La fabrication du pied. — Observons une lampe terminée : à l’intérieur de l’ampoule, nous apercevons une sorte de charpente en verre dont les bras supportent le filament éclairant en tungstène, relié à des conducteurs qui traversent l’ampoule et qui amèneront le courant électrique au filament. Cet ensemble se nomme le pied étoilé. Nous allons assister à la fabrication des diverses pièces qui le composent et à leur assemblage.
- L’ensemble des premières opérations constitue un travail de préparation. Assise devant une table sur laquelle tourne à grande vitesse, dans son bâti de forfte, une roue à bord tranchant en acier trempé très sec, une première ouvrière débite le tube de cristal, en fragments de la longueur voulue, soil
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- Fig. i. — Les éléments constitutifs du pied d’une lampe
- monowatt et les phases successives de leur montage.
- A, baguette; R, tube; C, présentation de la baguette perlce et du tube évasé; D, pied; E. pied étoilé monté avec le filament.
- environ o cm 1/2; une seconde, un peu plus loin, découpe la baguette de verre en morceaux égaux de 8 cin de longueur, au moyen d’une sorte de pince coupante se fermant d'un mouvement brusque.*Cette verrerie est placée dans des boîtes que des manutentionnaires emportent vers les machines qui vont la travailler, en même temps que les fils conducteurs sectionnés à la dimension convenable et réunis en paquets.
- L’engin n° I, la machine à évaser (ftg. 2), se compose de deux demi-machines sur le même bâti, chacune portant un mandrin qui tourne continuellement autour de son axe vertical. Au-dessus, se trouve une sorte de trémie métallique, en entonnoir, dans laquelle on empile une provision de bouts de tubes de verre; iis descendent par leur propre poids, sont pris un à un par une roue à encoches et envoyés dans une glissière qui les porte aux mandrins. Chaque, mandrin saisit son tube, le fait tourner selon son axe, et en porte l’extrémité dans les jeux de flammes convergentes d’un chalumeau à gaz qui l’amollissent; à ce moment, un doigt métallique commandé par une came compliquée, vient faire pression sur le bord intérieur du tube en rotation et l’évase avec une parfaite régularité.
- La machine rejette ensuite le tube évasé qui se trouve refroidi par l’air comprimé, tombe dans une glissière dansante et de là dans un récipient.
- Quelques mètres plus loin, travaille un autre appareil : la machine à faire la perle ; elle place chaque baguette de verre tournant sur elle-même dans les jets d’un chalumeau qui l’amollissent en un point déterminé; puis, quand le verre a atteint
- l’état pâteux convenable, une compression imprimée à la tige dans le sens de sa longueur produit le petit renflement nommé pierle ou lentille, dont nous verrons tout à l’heure l’utilité. Les tiges perlées sont aussitôt refroidies et coupées à la longueur voulue, la perle se trouvant à 1 cm de l’extrémité. Ces deux machines travaillent avec une extrême rapidité; en 8 heures, elles donnent chacune 8000 pièces.
- Le tube évasé, la tige perlée et les conducteurs étant prêts, ces trois éléments sont confiés à un troisième engin qui va en opérer l’assemblage de manière à obtenir ce qu’on nomme le pied, support du filament. C’est une machine semi-auloma-f que. L’ouvrière place sur un des supports spéciaux, au nombre de 4 à fi, et dans la disposition que nous montre la figure 1, un tube évasé, une tige à perle et les deux fils conducteurs qui amèneront le courant dans la lampe. La machine s’empare de l’ensemble et amollit sous l’effet de ses chalumeaux l’extrémité cylindrique du tube évasé et le bout de la baguette près de la perle, mis à la même hauteur; alors l’ouvrière, d’un coup de pédale, fait fonctionner une double mâchoire qui pince le pied au bon endroit, soudant ensemble le tube, la tige et les deux conducteurs noyés dans le verre. Pour opérer ce pinçage, il y a bien entendu un moment précis à saisir et l’ouvrière doit être attentive et adroite. La machine à faire le pied donne 2500 pièces par jour (fig. 5).
- Au point de jonction du tube et de la tige, il ne faut pas qu’il y ait de fuite; quelques mots sur les fils conducteurs sont ici nécessaires. Jusqu’en 1914, ils étaient constitués par la réunion de bouts de cuivre, de platine et de métal soudés ensemble. Mais, depuis la guerre, le platine a atteint un prix tel qu’il a bien fallu faire les recherches nécessaires pour arriver à le remplacer par un autre métal présentant les mêmes avantages pratiques. On uli-
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- lise aujourd’hui des conducteurs en ferro-nickel enfermés dans une gaine de cuivre rouge recouverte d’un vernis à base de borate. Au moment où ces conducteurs sont enfermés dans la base du pied en fusion, il se produit une combinaison de verre compliquée qui « mouille » le cuivre et fait corps avec lui, comme le faisait naguère naturellement le platine.
- Le ferro-nickel gainé, que nous appelons platinite et les Anglais et Américains copper-clad, ayant le même coefficient de dilatation que le verre, il n’y a aucun retrait au refroidissement et la lampe reste parfaitement étanche.
- Le ferro-nickel gainé est fabriqué par des établissements spéciaux qui le livrent en bobines à l’usine, où une machine le coupe automatiquement en tronçons de la longueur voulue, aplatit légèrement leur extrémité et y forme le minuscule crochet qui servira à les relier au filament.
- Il s’agit maintenant d’obtenir le pied étoile', c'est-à-dire le pied muni de potences pour supporter le filament. C’est là le rôle de la machine à étoiler, qui opère de la façon suivante : chauffant sous le dard d’un chalumeau le sommet de la tige
- Fig. 4. — Machine à former le filament en zigzag.
- Fig. 3. — Machine à faire le pied.
- d’abord, la perle ensuite, elle insère successivement dans le verre réduit à l’état pâteux, au fur et à mesure que la pièce tourne, le bout d’un fil de molybdène, le coupe ensuite et forme à son extrémité un crochet en Y. Ce métal, qui ne fond que sous une température de plus de 2200°, peut servir de crochet élastique sous forme de fil très fin ne refroidissant que peu le filament au point où il le touche. L’opération terminée, le pied se trouve garni de polences disposées en étoile, à raison d’un nombre de branches qui dépend de la nature de la lampe que l’on veut construire (voltage et intensité). C’est ainsi qu’une lampe de 110 volts courante pourra avoir de 4 à 5 crochets en bas et de 5 à 6 en haut, tandis qu’une lampe de 220 volts en aura le double. Il est bien évident que ce nombre n’a rien d’absolu et varie en fonction de la longueur de la tige et de la longueur du filament.
- Le filament de tungstène. — Il reste à monter sur ces polences le filament de tungstène beaucoup plus ténu qu’un cheveu. Il forme l’âme de la lampe et nous devons donner à son sujet quelques explications.
- Voilà quelques années, les lampes à incandescence étaient toutes munies d’un filament de charbon.
- Le filament de carbone avait un énorme avantage : il était d’une grande solidité. Aussi le voit-on encore employé pour les lampes baladeuses, dans les trains, tramways, etc., partout où il y a des
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- chocs à recevoir. Mais il consommait beaucoup de courant (trois fois plus que le filament métallique pour un même éclairage) ; en outre, la lampe noircissait au moindre survoltage. On fabriqua ensuite des appareils à filament pressé : c’était une composition de poudre de tungstène dans une substance convenable, passée dans une filière et cuite ensuite. Le nouveau filament dépensait moins d’électricité que . le précédent, mais sa cuisson et son montage 'étaient difficiles ; on ne pouvait obtenir un fil d’un morceau et on le plaçait dans l’ampoule sous forme « d’épingle à cheveux ». Enfin, il était très fragile. 'Aussi fût-il rapidement remplacé par le fil d’une seule pièce en tungstène étiré, infiniment plus facile ‘à monter et beaucoup plus solide. On emploie même à son sujet le mot « incassable », mais ce terme ne vaut que par comparaison avec le filament précédemment employé.
- Le tungstène, métal blanc beaucoup plus dur que l’acier, ne fond qu’à une température de plus de 3000°. Il se travaille plus difficilement que le molybdène et revient par conséquent à plus cher; aussi ne l’ern-ploie-t-on pas pour faire les crochets - supports, chose qui serait parfaitement possible. Fabriqué dans des établissements particuliers, il arrive à l’usine en bobines, convenablement étiré, d’un diamètre de l’ordre de quelques centièmes de millimètre.
- Cependant, pour l’employer dans le montage d’une lampe, il doit être auparavant apprêté. Sur la bobine, son état est tel que, quand on le déroule, il fait ressort, « frise » immédiatement, se met en pelote. Mais on sait que lorsqu’un tel fil est ehaufié au rouge (recuit), il perd cette propriété de friser et reste dans la position où il a été chauffé. En conséquence, on enroule le fil de tungstène entre des broches (formes) présentant entre elles un intervalle égal à la longueur que doivent avoir les branches en zigzag et on chauffe ce fil au rouge en faisant passer le courant électrique d’une broche à l’autre. Les parties rectilignes du filament resteront droites ensuite, mais les parties qui contournaient les broches conserveront la propriété de se rouler. Il en résulte qu’on aura obtenu un fil festonné dont chaque branche a une longueur égale à la distance qui sépare les potences sur le pied. Il demeure bien évident que, le fil étant combustible, cette opération doit être faite soit dans le vide, soit plus simplement sous une cloche rem-
- plie d’hydrogène. Le fil ainsi préparé peut être à nouveau enroulé un grand nombre de fois sur des bobines, chaque fois qu’on le déroulera il reprendra aussitôt sa forme en feston. Cette opération, facilement réalisable par des moyens de fortune, est faite dans notre usine au moyen d’une machine à formelle filament en zigzag. Elle donne de 7 à 8 km de filament par jour, chaque lampe en demandant de 60 à 75 centimètres (fig. 4).
- Le fil de tungstène festonné ayant été enroulé de nouveau sur sa bobine, on procède à une autre opération fort importante. On le place sur un appareil qui le déroule, le fait passer dans une coupe contenant une préparation chimique composée de phosphore rouge et d’un sel halogéné en suspension dans l’alcool méthylique, dont nous verrons un peu plus loin l’utilité ; on le sèche dans un petit four, on le recouvre d’un vernis qui fixera la préparation, le resèche encore une fois et l’enroule enfin sur une bobine réceptrice. Voilà le filament prêt à être monté.
- Il faut pour cette opération délicate une ouvrière très adroite. Le processus de son travail est le suivant : elle pince sur le filament le crochet du premier conducteur, passe alternativement sur chaque potence de molybdène le filament si fin qui constituera sous le passage
- du courant une trame
- éblouissante, le pince dans le crochet du second conducteur, le coupe enfin. Pour ce faire, elle s’aide d’une machine à pédales très ingénieuse ayant trois mâchoires qui, chacune en temps voulu, tiennent le bout du fil, pincent les crochets et coupent le filament. Au moyen d’une précelle, l’ouvrière tend convenablement les potences ensuite, mais sans
- raidir complètement le tungstène qui se tendra plus
- tard sous l’effet de la chaleur.
- Le montage du pied garni dans l’ampoule. — Et maintenant, il faut placer le pied ainsi garni dans l’ampoule de verre.
- Les ampoules sont livrées à l’usine directement par les verreries et sous des formes diverses : poires, sphères ou oignons. Considérons la première, la plus utilisée. Ce vase de cristal a l’aspect d’un matras allongé, muni au bout de son col d’une masse de verre au-dessous d’un bourrelet avec arête vive circulaire; ce verre, que l’on nomme mors de canne, rend l’ampoule moins fragile au cours des transports et manipulations. Mais il va falloir qu’il disparaisse. On chauffe donc vivement
- Fig. 5. — IJ ampoule d’une lampe monowatt el les phases successives de son montage.
- A, ampoule dans l’état où elle vient de la verrerie; B, ampoule coupée et queusotèe; C, le pied garni est placé à l'intérieur de l’ampoule'; D, ampoule vidée et fermée prêté à être placée dans le culot.
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- l’arête en rotation en l’appliquant à l’intérieur d’un cône porté électriquement à une haute température, puis on la met en contact avec un drap mouillé; une fêlure circulaire se produit aussitôt et l’excédent de verre tombe nettement coupé.
- Un manœuvre emporte les ampoules coupées dans la salle de lavage.
- Là, avec une eau légèrement additionnée d’acide chlorhydrique, on les lave intérieurement, puis on les rince entièrement; enfin, on les met à sécher sur des claies.
- Sans tarder, les ampoules repartent pour les ateliers où va d’abord être pratiquée l’opération du queuso-tage, qui a pour but de les munir d’un tube étroit par lequel on fera ultérieurement le vide à l’intérieur.
- La machine à queusoler s’en empare.
- Les minces tubes de verre descendent les uns après les autres de la trémie supérieure, sont redressés automatiquement, puis saisis par un mandrin qui les fait tourner sur eux-mêmes pendant qu’un chalumeau chauffe leur extrémité. Sur le même bâti, l’ampoule a été amollie au sommet, puis percée d’un petit trou par un brusque jet d’air comprimé. L’ouvrière saisit l’ampoule, la place rapidement sur un support juste sous le tube, donne un coup de pédale qui arrête la rotation du mandrin et éteint les chalumeaux, et, avec un levier, rapproche ampoule et tube qui se soudent. La machine produit ainsi 2500 pièces par journée.de travail (fig. 6).
- Nouveau saut vers un nouvel appareil (encore un, et ce n’est pas fini) toujours aussi ingénieux et précis, qui va opérer la réunion de l’ampoule queu-sotée et du pied monté. La machine à fermer est une machine revolver desservie par deux ouvrières,
- Fig. 6. — Machine à queusoter.
- dont l’une (l’enfileuse) dispose d'abord le pied verticalement sur un tube de métal coulissant, à l’intérieur duquel elle glisse les deux fils conducteurs pour qu’ils ne soient pas bridés au cours de l’opération ; puis elle coiffe le pied avec l’ampoule, qui s’arrête à l’endroit voulu dans un support. La machine effectue 1/6 de tour. L’ampoule se met à tourner sur elle-même dans la flamme d’un premier chalumeau qui la chauffe progressivement et très peu ; nouveau sixième tour et nouveau chalumeau qui chauffe un peu plus fort; enfin, à la suite, d’un dernier déplacement, elle arrive devant la seconde ouvrière et dans un jeu de chalumeaux à flammes convergentes qui amène son col presque à fusion. Le verre pâteux, entraîné par son poids, s’étire et vient se coller contre l’évasement du pied en y faisant bientôt soudure parfaite. L’ouvrière, au moyen d’un crochet, fait tomber l’excès de verre fondu, enlève la lampe et, pendant que la matière est encore malléable, rectifie la position du pied dans l’ampoule en saisissant les fils conducteurs au ras du pied avec une précelle. Peu après, la lampe se trouve refroidie et bien close à sa base. À la fin de la journée, 1800 à 2000 lampes sont fermées; elles ne communiquent plus avec l’air que par leur queusot (fig. 7). Mais cet air qu’elle renferme, il est nécessaire de l’enlever pour produire à l’intérieur delà lampe un vide aussi complet que possible, qui permettra au filament de briller sans être détruit.
- Le pompage des lampes. Le contrôle. — Autrefois, ce vide était effectué au moyen de pompes à mercure., A présent, on utilise une machine au-
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- tomatique de conception toute nouvelle. Les lampes sont enfilées par leur queusot sur des bouchons de caoutchouc garnissant le pourtour d’un plateau horizontal tournant lentement de gauche à droite ; il les fait passer dans un four en amiante disposé en forme de tunnel circulaire, avec une solution de continuité pour permettre à l’ouvrier de mettre les lampes en place sur le plateau. À l’intérieur du four, chauffé au gaz, les lampes sont soumises à une température élevée, mais qui, cependant, ne peut guère dépasser 350°; autrement, le verre deviendrait mou, et la pression atmosphérique y causerait au moins des déformations dès que le vide commencerait à se produire. Cependant, une série de pompes rotatives disposées autour de la machine, aspirant l’air par une rampe circulaire de trous percés sous le plateau, opèrent progressivement le vide dans les ampoules, chacune un peu plus complètement que la précédente.
- Quand les lampes repassent devant le « pompier », le jet d’un chalumeau automatique coupe brusquement le queusot au ras de l’ampoule; il n’en reste plus que la trace, formant une sorte de petite queue. Quant au queusot lui-même, devenu inutile, il est saisi par une pince automatique et jeté dans un récipient.
- Cet appareil, si perfectionné, « pond » une lampe vidée et fermée toutes les six secondes. L’opérateur n’a qu’à les présenter et les retirer, mais il n’a pas le temps de s’amuser... à la fin de la journée, on en compte environ 4500.
- La valeur du vide réalisé est alors d’environ quelques millièmes de millimètre de mercure. On le vérifie en faisant passer dans les lampes le courant d’une bobine d’induction, en chambre obscure. Avec une pression aussi forte que celle dont nous venons de parler, toute lampe donne, sous le passage du courant, une légère teinte livide particulière. Si la lampe jette une teinte violette, c’est que le vide est par trop imparfait (peut-être plusieurs centaines de fois plus mauvais) et on la rend alors au service de contrôle, qui jugera ce qu’il y a lieu de faire : ^repompage, réparation d’une fuite ou mise au rebut.
- Après cette vérification, même dans les lampes
- qui ont subi l’épreuve avec succès (de beaucoup le plus grand nombre, bien entendu), le vide n'est pas encore suffisamment poussé. Pour arriver au point voulu, on fait passer dans le filament un courant, qui l’allume, en se servant d’une source d’électricité de voilage plus élevé que celui du fonctionnement normal de la lampe, et en interposant en série avec le filament un rhéostat que l’on règle pour limiter le débit du courant consommé. Dans ces conditions, le filament se tend sous l’effet de la chaleur, car le tungstène dont il est formé change d’état cristallin ; les produits chimiques formant son enduit sont vaporisés, tandis que les gaz occlus dans les différentes parties de la lampe, et notamment dans
- le filament, se trouvent libérés. On voit alors ap-par aître une lueur bleue dans l’ampoule, due à l’ionisation intense des gaz et vapeurs par les électrons émis par le filament. Ces gaz et vapeurs fortement ionisés sont facilement absorbés par les parois de l’ampoule et, à un moment donné, le bleu ayanL disparu, l’œilper-çoit un éclair jaune qui révèle pratiquement que l’opération est à sa fin. Le vide dans la lampe est devenu extrêmement poussé, et l’on sait que c’est là une condition excellente pour avoir un appareil de vie longue et ne noircissant pas. A ce moment, si l’on soumet les lampes pour contrôle au courant de la bobine de Ruhmkorff, il ne doit plus apparaître la moindre lueur.
- Néanmoins, l’opération d’absorption du peu de gaz résiduel non constaté par la bobine se continuera pendant les quelques premières heures d’allumage, C’est pourquoi, si l’on veut procéder à l’opération dont nous allons parler maintenant, il faut laisser les lampes allumées pendant quelques heures.
- Pratiquement, toutes les lampes d’une série sont pareilles. On en prélève donc quelques-unes destinées à contrôlër la fabrication et on les soumet à une épreuve photométrique. Elles sont placées, après les quelques heures d’allumage dont nous venons de parler, sur le banc d’un photomètre ordinaire, tandis qu’à une extrémité de ce banc est placée une lampe étalon, c’est-à-dire donnant un nombre de bougies déterminé par les laboratoires officiels. La
- Fig. 8. — Le pompage automatique des lampes.
- A, les pompes: B, tour circulaire en amiante ; C, plateau tournant.
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- mesure photomélriquc ainsi faite donnera le nombre exact de bougies fourniesparla lampe considérée, ainsi que sa consommation pendant qu’on lui applique un nombre de volts déterminé. La comparaison de ces données indique si la lampe se trouve dans les limites de consommation permises (cahiers des charges de l’industrie et des clients) et s’il y a lieu (d’ailleurs très rarement) de procéder à un déclassement : par exemple, faire passer une série 115 volts dans une série 120 volts. 11 est établi une fiche photométrique pour chaque série.
- Le montage du culot. — Que reste-t-il encore à faire pour que la lampe soit complète? A la garnir d’un culot.. Ce culot est formé d’un tube de laiton embouti, dans lequel est coulée à la base une pâte de cristal coloré appelée ntrite qui retient, en les isolant, deux petites plaques de laiton percées d’un trou au centre. Ces plaques viendront en contact avec les tiges qui garnissent le fond de la douille, permettant ainsi le passage du courant. L’ouvrière passe les deux fils conducteurs dans ces trous et met en place le culot, qui a été rempli d’une pâte composée d’une solution de gomme laque épaisse dans l’alcool avec adjonction de marbre pulvérisé, par exemple ; elle place ensuite les lampes dans un four où la pâte se sèche en faisant adhérer parfaitement culot et ampoule. Les fils conducteurs étant coupés au ras du laiton, l’ouvrière les fixe avec deux gouttes de soudure qui les mettront en communication avec les plaques de contact.
- Il y a lieu de procéder pour finir à des essais d’allumage. Des séries entières de lampes sont montées sur des rampes et on y fait passer d’abord
- Fig. io. — Modèles de lampes Fotos.
- A gauche, une demi-watt ; à droite, une monowatt.
- Fig. q. — Machine à culoter les lampes.
- un courant d’un voltage très faible, destiné à permettre un examen visuel du filament sans que les yeux soient éblouis; puis un courant d’un voltage de plus de 15 pour 100 supérieur à la normale, pendant quelques instants. Les lampes qui résistent à cette épreuve sont bonnes, car si elles avaient présenté un point faible : filament mal accroché, mal tendu, diminué d’épaisseur, etc., elles auraient immanquablement « sauté ». Si elle est bien faite, une mono watt peut durer de 1500 à 2000 heures.
- La lampe à incandescence est terminée. On la nettoie, on inscrit sur le culot ses caractéristiques (bougies et volts), puis la marque de la maison sur le verre, au moyen d’une sorte de petite machine à imprimer que l’on garnit soit de peinture, soit d’une composition à base d’acide fïuorhydrique si l’on veut obtenir une marque indélébile.
- Pour avoir ces lampes en verre dépoli qui tamisent la lumière et épargnent ainsi les yeux délicats, on trempe les ampoules dans une composition inoffensive à base de fluorure, qui attaque légèrement le verre et lui donne un grain très fin; on se sert aussi quelquefois d’une peinture blanche spéciale dans laquelle on plonge purement et simplement toute la lampe. Certaines personnes veulent des ampoules de couleur. On les obtient par trempage dans des peintures spéciales à base de celluloïd, ou mieux d’acétate de cellulose, qui donne de jolies teintes tout en atténuant peu la lumière. On commence aussi à faire maintenant des lampes tout d’abord dépolies à l’acide, puis peintes de sujets variés ; marbrures, papillons, fleurs, etc. Il y a là un vaste champ ouvert à la fabrication décorative. .
- Mais revenons à notre monowatt! La voici maintenant complètement terminée. En route pour l’atelier d’emballage ! Chaque lampe est enfermée dans un cylindre de carton ondulé, qui la préservera des chocs, puis dans un papier fin sur lequel sont reproduits les indications du culot et le numéro de
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- 1 a série. 0n dispose enfin toutes ces lampes bien enveloppées dans de grandes boîtes en carton, qui ne tardent pas à s’entasser jusque sous la charpente de la toiture; entre les murailles qu’elles forment, il y a juste la place pour se glisser.... Toute une escouade d’employés est occupée aux opérations de l’étiquetage, du contrôle, de l’expédition; et bientôt les caisses empilées sur des camions automobiles filent vers la gare prochaine d’où elles partiront pour toutes les régions de la France et de l’étranger.
- Voilà un tableau d’ensemble de la série des opérations et manutentions par lesquelles doit passer une lampe à incandescence moderne avant d’aller éclairer de façon si radieuse votre intérieur. Vous dites que vous ne soupçonniez guère qu’elles fussent si nombreuses et si minutieuses? Eh bien, veuillez noter une chose,, c’est que nous avons donné seulement, comme nous l’avions annoncé au début, l’essentiel de la fabrication. Autour de ces opérations principales, viennent s’en greffer une foule d’autres, dont les principales ont pour but d’exercer un contrôle sévère à la suite de toutes les phases de la construction. C’est en s’attachant à les faire aussi sérieusement et minutieusement que possible qu’une marque, comme celle dont nous parlons, atteint à l’excellence et conserve sa réputation. Ainsi, en nous amusant à suivre l’établissement d’une seule lampe, nous avons pu constater qu’en outre des triages, contrôles et opérations de construction proprement dite, toutes accompagnées de fiches, notre petite monowalt passait successivement entre les mains de 57 ouvrières ! Encore avons-nous négligé quelques opérations, comme vraiment d’intérêt trop secondaire.
- La lampe demi-watt. — Notre travail serait par trop incomplet si nous ne parlions pas maintenant, tout au moins brièvement, de la fabrication des lampes à incandescence en atmosphère gazeuse, dites demi-watt. Le caractère de ces appareils est d’avoir un filament plus ramassé, pouvant atteindre une température plus élevée et donner par conséquent, à consommation égale, un plus grand nombre de bougies.
- Dans l’ensemble, la technique de la fabrication reste la même; mais le filament de tungstène, au lieu d’être rectiligne, est enroulé en hélice sur un mandrin, à la façon d’un ressort à boudin; la machine qui accomplit ce travail permet de faire des spirales de différents diamètres, pas et longueurs; il suffit d’un réglage préalable. Entre chacun de ces filaments en hélice, dont l’ensemble forme un tout, la machine laisse un bout de fil rectiligne au milieu duquel est faite ensuite la coupure. On n’enduit pas le tungstène de produit chimique comme précédemment. Pour le montage, toujours effectué en ampoules sphériques, le filament est disposé en demi-cercle sur des potences en molybdène qu’une machine, a insérées sur la tige du pied exactement comme pour les monowatts ; mais l’extrémité de ces potences se
- 'termine « en queue de cochon » (pigtail), c’est-à-dire qu’elle se contourne en une spire complète ouverte qui permet l’introduction facile du filament.
- Avant la mise en ampoules (fermeture), le pied garni est placé sous une cloche remplie d’hydrogène et allumé; la chaleur détruit toutes les poussières et impuretés qui se trouvent dans le filament. Immédiatement après, on enferme le pied dans l’ampoule queusotée, par le procédé,précédemment décrit, et on fait le vide.
- A la différence de ce qui se passe pour les monowatts, ce vide aussi poussé que possible est réalisé en une seule opération, par une seule machine. On place dix lampes ensemble sur une rampe formée de tubulures garnies de bouchons de caoutchouc dans'lesquels on enfile les queusots ; ces tubulures communiquent avec un tube inférieur horizontal connecté à la pompe, qui fera le vide dans les dix lampes à la fois. Sur le tout, on descend une étuve chauffée au gaz, on met la pompe en action et on allume les filaments d’une façon intermittente. On vérifie de temps à autre l’état du vide au moyen d’un tube de Geissler placé sur le trajet du tube d’aspiration. Quand toute luminosité a disparu du tube de Geissler, le vide est bon. On le remplace par de l’azote, ou mieux de l’argon, soigneusement purifié. A cet effet, le gaz, provenant d’une bouteille à grande pression et qui a passé dans une série de tubes renfermant les produits chimiques nécessaires pour le dessécher et le débarrasser de ses traces d’oxygène, est introduit dans les ampoules par un système de robinets. La pression convenable, inférieure à celle de l’atmosphère, mais telle qu’une fois la lampe allumée elle lui devienne égaie, est mesurée par un manomètre. Enfin, on coupe les queusots au chalumeau, et les lampes se trouvent fermées.
- Ne manquons pas de signaler d’ailleurs que cette opération du pompage et du remplacement du vide par une atmosphère gazeuse peut être effectuée au moyen de machines tournantes analogues à la pompe que nous avons vue travailler dans la fabrication des lampes monowalt.
- La vie d’une demi-watt est d’environ 1000 à 1500 heures.
- Cette fois, voilà terminée notre visite à une fabrique moderne de lampes à incandescence avec filament métallique. A ses directeurs, qui ont bien voulu nous la permettre, faveur rare ! nous adressons nos plus vifs remerciements. Mais nous n’avons pas de raison pour cacher le nom de la marque, que nous croyons bien ne pas avoir encore citée? Il s’agit de l’usine <r Fotos )>, des établissements industriels Grammont, qui non seulement produit des lampes à incandescence d’usage courant remarquables par le fini de leur fabrication et leur durée, mais encore à pour juste litre de gloire d’avoir établi la première en France, pendant la guerre, ces lampes à trois électrodes qui rendent à la T. S. F. des services inouïs. Lucien Joiiennu.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et décembre 1922.
- De la présence des nappes de charriage dans les Corbières orientâtes. — La note très détaillée présentée par M. Barrabé indique que la région triasique et jurassique, limitée par Ripaud, Fontjoncouse. Albas et le ruisseau de Durban, est charriée sur le bord du bassin tertiaire de Coustouge; venue du sud-est, comme le montrent les plis couchés au sud du mont Saint-Yictor, la nappe s’est étendue au nord, jusqu’au voisinage de Thézan.
- La foudre el les arbres. — Certaines essences semblent jouir d’une immunité attribuée à la .décharge préventive lente qui se produirait grâce, soit aux poils fins couvrant leur feuillage, soit à sa forme pointue ou dentelée. Une série de mesures, faites par M. Schaffers, indique nettement qu’il n’y a aucun rapport simple entre le potentiel de décharge silencieuse et la fréquence des coups de foudre sur les arbres, et que l’explication précitée ne repose sur aucune donnée sérieuse.
- Les sources des bains d1 Hercule en Roumanie. — Au nombre de huit, elles jaillissent des fractures du massif granitique constituant les monts de la Cerna. Le gaz des griffons est riche a 40 pour 100 d’azote; il contient encore de l’anhydride carbonique, du méthane et de l’hydrogène sulfuré. Les eaux indiquent, à l’analyse, des
- sels minéraux, surtout des chlorures (NaCl et Ca Cl2), des bromures et des iodures alcalins; elles se distinguent enfin par une radioactivité notable, qui varie avec les jours mais peut atteindre 0,75 millicrocuries par litre, d’après les mesures de MM. Loisel et Michaïlesco.
- La botryomycose du mouton. — En dehors du champignon de castration, cette maladie peut revêtir la forme d’abcès chroniques à parois très épaisses,- constituant de véritables fibromes infectieux; ce sont là les caractères essentiels, chez le cheval, le bœuf ou le porc. M. Aynaud la signale chez le mouton, où elle présente des abcès à évolution lente, très volumineux et pleins d’un pus épais, qui siègent de préférence à la pointe de l’épaule, au scrotum. Ne s’observant jamais à l’état sporadique, l’affection est très fréquente et manifestement contagieuse.
- Le dosage du magnésium dans les eaux marines. — Extrêmement rapide, la nouvelle méthode du professeur Dènigés permet des résultats suffisamment approchés, même en n’opérant que sur une seule goutte d’eau de mer ; elle est basée sur la précipitation que donnent les sels magnésiens solubles, lorsqu’on les traite par l’hypo-iodite^de potassium, ou par un mélange d’iodure Kl et d’hÿpochlorite alcalin.
- LE REFROIDISSEMENT DES MOTEURS^ D’AUTOMOBILE PAR L’AIR
- On a pu voir, au dernier Salon de l’Automobile, une nouveauté intéressante qui consiste dans un agencement particulier du refroidissement du moteur, l’air étantl’agent de refroidissement ; c’est la première application que l’on constate en Europe d’une idée •développée jusqu’ici aux Etats-Unis seulement.
- Elle ne consiste pas dans l’agencement d’ailettes sur les cylindres et sur les culasses comme cela se rencontre dans les moteurs de faible puissance, particulièrement ceux que l'on peut voir sur les motocyclettes ; au contraire il s’agit d’un refroidissement au moyen d’air dont la circulation se trouve dirigée de la même façon qu’on dirige généralement l’eau.
- Ce système de refroidissement a donné d’intéressants résultats en Amérique où il a été adopté par économie de construction. En effet, on supprime le radiateur, l’eau, les organes de circulation, par suite, toutes les avaries qui peuvent survenir à ces organes.
- Il y a déjà cinq ou six constructeurs américains qui utilisent ce système de refroidissement sur des moteurs à 4 ou 6 cylindres. Une firme sort 0000 voitures par an, équipées d’après ce principe.
- Dans nos contrées, les avantages du refroidissement par air ne sont pas moins importants qu’en Amérique.
- On sait qu’un moteur a un rendement thermique toujours inférieur à l’unité ; il lui est impos-
- sible, en effet, de transformer intégralement en travail les calories contenues dans le combustible qui explose dans les cylindres. Les gaz d’échappement dispersent dans l’air une partie de la chaleuriion transformée, les parois du cylindre et du piston en absorbent une autre partie importante. Parmi ces pertes, une partie en est théoriquement irréductible. Mais une fraction de la chaleur est perdue, en raison des imperfections du moteur.
- C’est en diminuant cette dernière fraction, qu’on arrive à améliorer le rendement. Pour cela, on augmente la vitesse du piston, de façon à diminuer la durée du contact entre les parois et les gaz brûlés ; on réduit le volume des chambres de compression pour la même raison, mais ces améliorations sont forcément limitées.
- En tout cas, il faut toujours dissiper, et le plus rapidement possible, la chaleur non transformée en travail, sous peine de voir les parois du moteur prendre une température excessive, qui empêcherait le graissage, compromettrait le fonctionnement des pistons et l’existence même du moteur.
- Ce rôle est rempli en général par une circulation d’eau avec radiateur pour refroidir au contact de l’air l’eau échauffée. C’est donc en définitive un véritable refroidissement par l’air avec un intermédiaire.
- Ne peut-on se passer de cet intermédiaire et refroidir directement par l’air les parois chaudes du moteur?
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- LE REFROIDISSEMENT DES MOTEURS D’AUTOMOBILE PAR L’AIR
- Cette solution, souvent préconisée, est connue sous le nom d’ « air cooling » et elle a été réalisée pratiquement en premier lieu en Amérique.
- Les résultats obtenus permettent de dire aujourd’hui que le refroidissement par air bien appliqué assure un refroidissement régulier et sur, réduit au strict nécessaire, de façon à diminuer très fortement l’écart de température entre les gaz et les parois, laissant ainsi le cylindre prendre la température la plus élevée possible compatible avec les exigences du graissage.
- Pour refroidir le moteur par l’air, il est indispen-
- quatre cylindres et une turbine centrifuge envoie le courant d’air par deux conduits en spirale. L’air, une fois qu’il a agi, s’échappe par la base à une température de plus de 100° et il se dirige vers l’arrière de la voiture.
- Un avantage de ce système est que le refroidissement est proportionnel à la vitesse du moteur, par conséquent aux quantités de chaleur à absorber; la vitesse de la voiture augmente aussi le refroidissement, puisque la turbine a son cène d’aspiration face à la route. Enfin ce refroidissement est réglable.
- La turbine est actionnée par le moteur et elle
- sable d’avoir un courant d’air suffisant et parfaite- | ment réparti sur toutes les parties chaudes du cylindre. Des maisons importantes comme les usines Ford, étudient ce système qui sera peut-être le refroidissement de l’avenir pour les moteurs d’automobiles, mais jusqu’ici les appareils américains sont lourds et encombrants.
- Le châssis du Salon à refroidissement par air dirigé, de construction française, a été étudié par M. Tisserand. Il se distingue par la réalisation d’une circulation d’air méthodique, obtenue par un dispositif léger et consommant peu d’énergie. Le moteur à quatre cylindres a ses cylindres munis d’ailettes verticales, qui guident le courant d’air arrivant par la partie supérieure, de façon que ce courant d’air s’échappe à la base. Les ailettes sont étudiées de manière qu’il n’y ait pas de poche d’air.
- Une sorte de carter en aluminium entoure les
- absorbe au maximum une puissance de 5 HP, la commande se fait par une courroie en poil de chameau dont la tension est réglable.
- Un châssis, établi avec un moteur de ce genre, a l’avantage d’être plus léger, puisqu’on a supprime tous les organes de refroidissement habituels, cela permet d’avoir un châssis de résistance moins grande et d’obtenir une suspension meilleure.
- Les essais réalisés par ce système de moteur sont intéressants; la voiture, avec une carrosserie deux places, pèse 550 kg et elle a pu réaliser une vitesse de 100 km à l’heure, en ne consommant pour cela que 5 litres d’essence.
- Cette solution du refroidissement par air dirige est à retenir, car étant donnés les résultats obtenus, il est probable que nous la verrons adoptée sur nombre de châssis dans l’avenir.
- E. Weiss.
- Le Géi an i : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2552.
- 3 MARS 1923
- LA RECEPTION PRATIQUE DES ONDES COURTES EN
- ET EN RADIOTÉLÉPHONIE
- Les ondes dites « courtes », terme relatif, sont en réalité dans la pratique de la T. S. F. d’amateur les ondes dont la longueur d’onde oscille aux environs de 200 mètres.
- Cette zone d’émission et de réception est en effet réservée aux seuls amateurs, tant en Amérique qu’en Angleterre et en France.
- De ce fait, du fait également du récent concours transatlantique qui fut pour nos écouteurs français un réel succès, ces ondes sont plus que jamais à l’ordre du jour dans le monde de plus en plus développé des amateurs de France.
- Or, la réception de ces ondes offre, du fait de leur très haute fréquence, des difficultés spéciales ; de plus, l’énergie mise en jeu dans les émetteurs est extrêmement faible et le problème assez complexe .qu’il s’agit de résoudre consiste à recueillir et déceler cette très faible énergie tout en évitant dans les appareils récepteurs, d’une part les fuites inévitables et d’autant plus importantes que la fréquence est plus élevée, d’autre part les influences néfastes des capacités extérieures, corps de l’opérateur en particulier au moment des réglages.
- De très nombreux dispositifs ont été préconisés dans ce but spécial : montages en haute fréquence à résonance, suivis de quelques basses fréquences, montages en double hétérodynage, assez complexes; les uns et les autres exigeant la réception sur antenne courte dont la longueur d’onde propre soit suffisamment inférieure à celle de Fonde à recevoir pour permettre l’addition d’une self simple ou vario-métrique aux bornes de laquelle on recueille l’énergie à capter.
- Mais les courtes antennes n’occupent qu’une partie infiniment faible du champ de l’émetteur; il serait donc intéressant d’utiliser des dispositifs per-
- RADIOTELEGRAPHIE
- tn »f?>;
- S5 -v£
- Fig. 2. — Schéma d'enroulement des selfs.
- A, commencement de la réaction; B, fin de la réaction; C, commencement du primaire; D, fin du primaire et commencement du secondaire; E, fin du secondaire.
- 5.' Année-
- 1" Semestre.
- Fig. i. — Schéma du Reinartz, type américain.
- mettant l’emploi de longues antennes recueillant une quantité d’énergie plus importante.
- De tels dispositifs existent et, sous quelques modalités différentes, dérivent d’un montage imaginé par un amateur américain, M. Reinartz, et portant son nom (fig. 1).
- Ces dispositifs ont pour caractère principal de fonctionner au mieux avec un circuit primaire non accordé sur Fonde à recevoir, ce non accord étant même nécessaire au bon fonctionnement des appareils, à tel point que la réception s’annule lorsque l’accord existe. Ils sont en outre peu sensibles aux influences extérieures que peuvent du reste réduire au minimum certaines précautions de détail que nous allons décrire.
- Cet ensemble de qualités rend cet appareil précieux aux amateurs et. nous pouvons dès à présent citer les résultats obtenus lors du concours transatlantique grâce à lui : réception de très nombreuses émissions américaines d’amateur, en particulier réception régulière et des plus remarquables d’un poste américain de téléphonie sans lil..
- Ce sont ces résultats, joints à la réelle simplicité de montage de ces appareils, qui nous ont incité
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- 130 ........ LA RECEPTION PRATIQUE DES ONDES COURTES
- Selfs addiftves pour grandes \
- Réaction
- Fig. 3. — Disposition des selfs.
- Les chiffres indiquent le nombre de spires entre chaque plot. A, commencement de l’enroulement vers le centre du fond de panier; B, C, D, bornes permettant d’ajouter des selfs additives pour grandes À (ces selfs sont indiquées en pointillé); P, plaque; M, antenne; T. terre; G, grille.
- à les présenter aux lecteurs de La Nature.
- Deux modèles se disputent la faveur des amateurs, l’un monté avec self « en fond de panier », l’autre avec self bobinée sur une armature cylindrique; nous donnons notre préférence au second, en particulier à cause de la plus grande facilité de réalisation; mais, pour être complet, nous décrirons les deux modèles, informant dès à présent le lecteur que les rendements obtenus sont identiques, à la seule condition que la construction des appareils soit correcte et soignée, surtout au point de vue des isolements.
- Ces appareils utilisent normalement une seule lampe ordinaire de réception, cette lampe peut toutefois être remplacée par une lampe d’émission (la E 5/1 Radiotechnique nous a dans ces appareils donné d’excellents résultats) ; il est également possible de mettre deux ou trois lampes ordinaires en parallèle : dans ces deux derniers cas, le voltage de plaque doit être évidemment plus élevé ; enfin il est toujours possible de faire suivre le Reinartz à lampe unique d’un amplificateur à basse fréquence, soit à résistances, soit à transformateurs à un ou deux étages.
- La gamme des longueurs d’ondes explorées par le type normal va de 120 m. à 1000 m. environ; mais il est possible d’aller au delà par addition de selfs convenables.
- Voyons maintenant les schémas de principe et réalisations pratiques des deux types principaux de Reinartz.
- Le modèle à self en fond de panier est le modèle type américain, le second, à self cylindrique, étant de type anglais.
- Le schéma de principe du premier type est représenté par la figure 1.
- L’ensemble C- et r représente la capacité shuntée faisant fonctionner la lampe en détectrice. C2 est le condensateur de réglage de secondaire, C celui de couplage de réaction. Les capacités sont indiquées sur la ligure. Toutefois, si l’on veut obtenir du dispositif le rendement maximum et ne pas risquer de passer « à travers ».les postes à recevoir, il est
- nécessaire de pouvoir faire varier les capacités de ces condensateurs de façon infiniment petite ; pour cela ils seront munis d’un dispositif de réglage micro métrique, soit par vis tangente, soit par toute autre commande à mouvement très lent. Cela pourra du reste ê!re évité en mettant un second condensateur en parallèle sur C et sur C2 : ce second condensateur comportant une seule lame mobile permettra de régler la capacité totale d’une façon très précise.
- B est une bobine de choc destinée à augmenter l'impédance du téléphone E au cas où cette impédance serait insuffisante à empêcher les courants de .haute fréquence de passer par E et la batterie de plaque, ces courants devant obligatoirement passer par la réaction placée en dérivation sur le circuit de l’écouteur.
- La seule difficulté pratique, et elle est bien minime, réside dans la construction de l’ensemble des selfs, S self secondaire, P self primaire et R réaction.
- Elle sera facile à résoudre en suivant très exactement les indications que nous allons donner.
- Ces selfs sont en « fond de panier » et non en « toile d’araignée » comme on en voit le plus communément dans le commerce. Elles se font suite sur le même enroulement, ainsi que l’indique la figure 2; en partant du centre, le premier enroulement constitue la réaction qui est contiguë mais non reliée. électriquement avec la self suivante ; cette seconde self forme le primaire auquel le secondaire fait suite sans interruption.
- Les prises mobiles se font par plots, le nombre des spires et la distribution des plots de prise étant indiqués par le schéma de la figure 5 suffisamment explicite.
- Pour construire le fond de panier, on prend un mandrin de bois cylindrique de 64 mm de diamètre et d’environ 10 mm d’épaisseur; on plante sur ce mandrin 9 tiges de bois de 3 à 4 mm de diamètre et de 5 cm de longueur, l’ensemble représentant un moyeu de roue à neuf rayons, l’enroulement se fait en passant du fil de 4/10 à deux couches coton alternativement en avant et en arrière de chaque
- Fig. 4.
- Enroulement des selfs en fond de panier.
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- LA RÉCEPTION PRATIQUE DES ONDES COURTES
- rayon, des prises étant faites aux endroits voulus suivant le schéma de la figure 5.
- Pour les prises spire par spire du primaire, il est préférable de décaler ces prises de 1/9 de spire afin qu’elles ne soient pas toutes sur la meme ligne radiale.
- La figure 4 représente cet enroulement commencé. Le fond de panier terminé, les prises de plots effectuées, est enfin convenablement enduit de gomme laque.
- Les réglages à la réception sont très simples. Le secondaire étant accordé sur l’onde à recevoir par le jeu de la self et de son condensateur, on ne cherche pas de réglage de primaire, tout au contraire, puisqu’on cherche à travailler sur antenne « désaccordée », on règle ensuite la réaction par sa self et son condensateur jusqu’à accroohage du poste cherché. C’est là la partie la plus délicate de l’appareil.
- Pour éviter l’action nuisible de la capacité du corps-de l’opérateur, il est bon démunir les condensateurs de manches de manœuvre en ébonite ou bois laqué de 25 à 50 cm de longueur.
- On peut également revêtir l’intérieur de la planchette avant de l’appareil de papier d’étain et mettre cette surface métallisée à la terre, mais ce moyen ne doit être employé qu’avec une extrême prudence. La bobine de choc B, de la figure 1, sera constituée soit par un téléphone, soit par le secondaire d’un transformateur téléphonique de réseau. Souvent l’appareil fonctionne sans son addition, mais il est
- Seconda<
- plaque
- Fig. 6. — Distribution des plots et nombre des spires du type anglais.
- O.OOOS
- 0.0005
- Fig. 5.
- Schéma de montage du Reinarl:., type anglais.
- néanmoins prudent de la prévoir. L’écouteur sera un bon 2000 ohms.
- Passons au second dispositif de réalisation du Reinartz, type modifié par des amateurs anglais-, de rendement excellent et de construction un peu plus simple.
- La figure 5 en donne le schéma à peu près semblable au premier (fig. 4) dont on retrouvera l’allure générale, toutefois on remarquera que la self secondaire est sectionnée en deux parties par une coupure totale en M.
- La partie inférieure de cette self, située entre la coupure et la self primaire P, permet la réception des ondes comprises entre 150 et 500 m. La totalité de cette self permet de monter jusqu’à 1100 m., ce dispositif ne comporte pas de selfs additives.
- La figure 6 montre la distribution des spires et des plots de prise, l’ensemble étant enroulé sur un cylindre unique de carton laqué ou d’ébonite de 7 cm 5 de diamètre. Le fil utilisé est du 4/10 à deux couches coton, on voit que le nombre total des spires est de 167 se répartissant de la façon suivante.
- Réaction : 58 spires, une prise toutes les deux spires; primaire : 58 spires, une prise à chaque spire ; secondaire : 110 spires, dont 20 entre le primaire et le premier plot du secondaire, puis 18 prises toutes les 5 spires avec une coupure totale prévue entre le 8e et le 9e plot.
- En B, figure 5, est située une coupure normalement fermée par une barrette de cuivre qui peut être remplacée par une self de choc, ainsi qu’il a été envisagé lors de la description du modèle américain.
- Les réglages se font de manière identique à ceux du premier type décrit.
- Nous avons tout lieu de penser que la description de ces appareils qui rendent les plus grands services à nos collègues britanniques et américains, sera bien accueillie des amateurs français.
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- L’HERMINE
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- Nous tenons à remercier M. le D' Corret qui a bien voulu nous documenter sur le Reinarlz lors de son apparition en France, ainsi que M. Lemouzy qui nous en a construit un excellent modèle.
- Une remarque pour terminer : dans le n° 12 de L’Onde Electrique, M. J. Blampois, décrivant le dispositif Abelé, antérieur au Reinarlz, appelle l’attention sur l’analogie des deux appareils.
- A notre avis, ces deux dispositifs sont en réalité
- fort dissemblables et comme théorie et comme utilisation ; quant à la complication reprochée au Rei-nartz elle est beaucoup plus apparente que réelle. Ceci n’enlève rien à la grande valeur de l’Abelé, dispositif réellement simple et puissant, mais destiné surtout à l’exploration des ondes de 1500 à 25 000 mètres.
- J. Roussel,
- Secrétaire général de la Société française d’études de téléphonie et télégraphie sans fil.
- L’HERMINE
- C’est la guerre.... Les tristes soldats de Guillaume ont fait une ilambée de la maisonnette blottie à l’orée du bois, et avant que les vociférations des incendiaires se soient perdues dans le lointain, il n’est plus du cottage, où jadis s’étalait du bonheur, que ruines et débris.
- Accomplissant son œuvre dans laquelle rien ne l’arrête, le temps passe. Sous son influence se sont disjoints lentement le pignon branlant, les murs lézardés que ne soutient plus le vieux lierre desséché. Un pan suivant l’autre, ils s’écroulent ou tout d’une pièce ou pierre à pierre, et leurs matériaux calcinés s’entassent en amoncellements informes.
- Les jours s’égrènent toujours. Avec le printemps, des fleurettes timides, que sème le vent, se sont épanouies parmi les décombres et de toute leur verdure nouvelle elles s’efforcent de dissimuler des plaies béantes, constamment agrandies. Aussi des oiselets, insoucieux des misères humaines, ont fait leur ce logis dévasté.
- De nuit, c’est encore la vie, une vie qui reliait après une brève accalmie pendant laquelle on n’ouït que l’ultime souffle du vent diurne qui tombe, balayant les dernières lueurs du crépuscule. A présent, la lune se lève et les nuées légères s’écartent, tandis que des crapauds sonneurs font tinter, dans les crevasses, à ras du sol, d’un vieux mur, leur note cristalline mélancolique. Des frémissements montent aussi de tous les éboulis où des muridés, désertant les champs d’alentour, ont trouvé refuges propices. Quittant leur abri, des mulots, des campagnols errent à travers les dédales de ce labyrinthe, s’écartant peureusement des salamandres tachetées, laquées de noir profond et de jaune éclatant, qui se traînent entre les pierres. Ils s’en iront tout à l’heure incursidnner dans la campagne proche. Tous vivent en paix, sans souci, sans heurt, heureux. Mais la quiétude en laquelle ils se complaisent est inopinément troublée. C’est, pour la gent grignotteuse, jour néfaste que celui où une hermine nomade en quête des bestioles qui constituent ses proies coutumières, vint inspecter l’endroit.” Les lieux plurent aussitôt à l’animal qui, renonçant à sa vie de pèlerin, sans façon s’installa à demèure dans la plus confortable des crevasses.
- Au surplus, pour le malheur de ses chétifs voisins, elle n’y gîta pas longtemps solitaire. Vivant à l’aise en ces lieux favorisés pour son espèce, elle eut tôt fait d’aviser de l’aubaine l’une et l’autre de ses semblables qui sans beaucoup tergiverser se rendirent à ses avis et vinrent.lui tenir compagnie.
- Dès lors, pour les trotte-menu champêtres, ce sont des alarmes sans cesse renouvelées. Aussi se déroulent de continuelles tragédies que dénoncent les perçants cris d’angoisse des infortunés rongeurs mis à mal sans répit par les petits carnassiers insatiables. ,
- Ce sont également dans les minuscules couloirs, des courses à n’en plus finir, lorsqu’une des sveltes chasseresses ayant occis un souriceau et l’emportant pour le dévorer à l’aise, est tout à coup surprise et poursuivie par ses envieuses congénères, moins heureuses ou moins habiles. Le pourchas qui tout d’abord a des allures de jeu, se termine le plus souvent par des coups de crocs ou des batailles au cours desquelles, avec des grognements de fureur, se disputent des lambeaux de l’infortuné muridé.
- De jour, on peut s’apercevoir aussi que les her mines, leur robe brune se confondant avec le terrain parsemé de débris aux teintes bitumeuses, rôdent plus volontiers emmi leur broussailleux cantonnement. En effet, les oiselets apeurés soudain s’enfuient parfois à tire-d’aile, ayant surpris sous les feuilles qui se soulèvent des prunelles luisantes qui ne leur disent rien qui vaille. Les muridés traqués impitoyablement se faisant rares, ce sont les hermines qui tentent d’assurer leur diner en s’en prenant aux volatiles des lieux. Des plumes éparses parmi les orties, un moignon d’aile desséché, une patte recroquevillée, disent à suffisance qu’elles réussissent de temps à autre dans leurs entreprises.
- Les mignonnes bêtes de rapine, sorties précautionneusement d’entre les moellons, parcourent aussi plus fréquemment les étroites sentes que leurs continuelles allées et venues ont tracées à travers la végétation environnante. Elles vont chercher meilleure fortune dans les jachères et les fossés herbeux du voisinage.
- Tantôt circulant rapidement par sauts et bonds agiles, elles disparaissent aux yeux en un clin d’œil,
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- L’HERMJNE
- s’engouffrant, à la plus légère appréhension, dans la verdure épaisse. A d’autres moments, sans inquiétude apparente, elles s’avancent à pas menus, le nez au vent, leur échine souple arquée gracieusement, s’arrêtant parfois pour, dressées sur leur arrière-train, jeter un regard interrogateur pardessus les herbages. Surprises, elles s’immobilisent en une pose aimable, une patte de devant gentiment relevée, portant haut la tête, avec quelquefois un rictus de mauvaise humeur qui retrousse leurs babines et hérisse leur moustache fine. Curieusement, elles observent ainsi le gêneur durant quelques instants, avant de gagner le large, soudain alarmées.
- A la file, les jours se sont encore suivis, bons ou mauvais pour elles selon les hasards de la chasse et le temps revient où les oiseaux échangent parmi les ffeurs, les serments éphémères que leur dictent les brises printanières. C'est la saison des nichées qui, pour les prédateurs, est ère de prospérité. A cette époque, les hermines sont particulièrement actives, toujours en quête dans les broussailles, hantant plus que jamais les vieilles haies touffues, les ronciers enchevêtrés. Il n’y a plus lieu pour elles de tenir compte de cette formule qu’elles appliquent avec discernement, qui fait que leur existence n’est guère compliquée et qui veut que qui dort dine. La table à présent est servie abondamment et l’hermine ne dort plus que lorsqu’elle est lasse de dîner.
- Plus agile que l’écureuil, d’une souplesse insoupçonnée qui l’autorise aux plus audacieuses acrobaties, elle grimpe sans difficulté aux petits troncs noueux, s’accrochant aux moindres aspérités. La patte sûre, elle court avec prestesse le long des branches, bondissant légèrement de Lune à l’autre, furetant en tous les endroits où de coutume nichent les passereaux, sans jamais oublier d’allonger le col dans les cavités des arbres s’il s’en trouve sur sa route. Elle s’insinue sans effort à travers les méandres les plus épineux des haies, se meut avec non moins d’aisance dans le fouillis des arbrisseaux les plus emmêlés et tôt ou tard découvre les nids les mieux cachés. Ceux des oiselets qui élisent domicile dans les buissons, tout comme leurs frères qui établissent leur nid sur le sol,, risquent d’être vie times des habitudes carnassières qui lui ont été dévolues par la nature. Si l’hermine ne déguste pas leurs œufs, ce qu’elle fera avec une mine'de chatte satisfaite, ce seront leurs jeunes, dont le pépiement l’attire infailliblement, qui deviendront sa proie, heureux encore si l’oiselle échappe à ses dents acérées. Fauvettes et troglodytes, merles et mésanges, autant que les engoulevents, les perdrix, les faisans, ont tout à craindre du dangereux animal.
- L’hermine, à l’occasion, n’hésite même pas à s’attaquer à la chevêche qui généralement préfère lui abandonner sa couvée ou sa nichée plutôt que d’entamer avec elle un combat problématique quant à son issue. Il est des chouettes courageuses qui perdirent la vie en de semblables combats et des crevasses de vieux saules cèlent des témoins muets
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- — cadavres mutilés — de la fin tragique de l’oiseau nocturne et des siens.
- C’est là de l’imprévu qui ne paraît pas trop déplaire à l’hermine de caractère belliqueux eL qui n’évite pas volontiers la lutte, confiante en sa vigueur que rendent plus redoutable encore son expérience, sa souplesse et sa science des combats. Au surplus, elle ne s’étonne guère des aventures qui lui surviennent alors qu’elle va mettre au pillage les nids des volatiles sylvestres. Elle n’est pas seule en effet à faire bombance au détriment de ceux-ci, des coquins de son accabit, ne citerait-on que l’écureuil et le lérot, lui faisant en ce misérable métier, une rude concurrence.
- Voici qu'inspectant le nid d’une grive, dame Hermine tombe nez à nez avec un lérot qui, après avoir gobé la couvée bleu d’azur s’est, repu, endormi, roulé en boule, dans le berceau dévasté. La lèvre retroussée découvrant ses dents blanches, le dos bombé, l'hermine s’est immobilisée, les deux pattes posées sur le bord de la coupe du nid. Ce léger attouchement suffit pour réveiller le lérot qui, ouvrant les paupières, aperçoit le carnassier dont les yeux se rivent sur les siens, férocement. La surprise, en un instant muée en un indicible effroi, galvanise le craintif rongeur qui, bondissant du nid, se jette dans la ramure. Mais l’hermine qui s’est débandée comme un ressort, est déjà à ses trousses et c’est sans guère se faire d’illusion sur son sort qu’il s’efforce de lui échapper. Comme toutes les bêtes traquées qui semblent fatalistes, le lérot espérera jusqu’au bout en un hasard qui le mettrait hors d’atteinte de son ennemi. Son espoir est néanmoins déçu. Happé aux réins, il bataille cependant vaillamment, les instincts de la conservation doublant ses forces. Mais c’est inutilement que de ses faibles dents et de ses griffes frêles, il s’essaye à la défense. Rebondissant de branchette en branchette, les adversaires enlkcés viennent finalement, groupe émouvant, choir sur le sol. Dès lors, le drame est tôt terminé. De ses mâchoires qu’elle a fortes et puissantes, l’hermine ayant terrassé son adversaire, s’empressera de lui broyer la tête, mettant fin à toute résistance. A défaut de la couvée de la grive, le malheureux « croque-noisettes » constituera pour elle un plat de résistance qui variera son ordinaire.
- Le nid vide sur la branche, les restes du lérot sous la haie, à deux doigts de ceux-ci les écales des œufs du turdidé et les empreintes des dents de l’hermine imprimées dans le crâne décharné du rongeur, révéleront la tragédie à ceux qui peuvent lire dans le livre de la Nature.
- Les oiseaux aquatiques ne sont pas à l’abri des atteintes de l’hermine, car elle erre volontiers le long des berges des étangs et des ruisseaux _ où elle va les surprendre, usant de tous les artifices que lui suggère son astuce.
- C’est quand elle se faufile dans les fourrés de pétacitès dont les larges feuilles s’étalant le long des berges, emmagasinent la fraîcheur, que l’on voit
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- jaillir du massif opaque les jeunes poules d’eau qui avaient fui les ardeurs du soleil. Frémissant d’émoi, elles se précipitent vers l’étang de toute la vitesse de leiirs pattes graciles, leur seul moyen de salut. Elles vont aussi vite qu’elles le peuvent, cou lendu, bec ouvert, agitant fébrilement les moignons qui plus tard seront leurs ailes,
- Bondissante, apparaît à leur suite, l’hermine dont l’éclat du regard révèle les sentiments. Elle a failli surprendre les gallinules qui n’ont dù qu’à une circonstance fortuite, de garder leur existence.
- Un autre jour, ce sera dans les rangs d’une famille de canards sauvages, sommeillant sur le rivage, que l'hermine sèmera l’épouvante, s’emparant d’un caneton trop lent à s’esquiver et indilfé-rente aux clameurs désespérées de la cane tout autant qu’à ses hésilantes tentatives de défense qui la font se jeter vers le ravisseur sans toutefois se mettre à sa portée.
- Il n’est pas au reste que des victimes emplumées qui tombent sous la dent de l’hermine alors qu’elle va marauder aux abords des pièces d’eau. Les campagnols aquatiques qui font leur toilette en un endroit favori, qui rongent paisiblement l’une ou l’autre tige charnue ou se reposent sur une branche qui surplombe l’élément liquide, peuvent aussi, le hasard aidant, passer de par son fait, de vie à trépas et assouvir sa faim.
- Ce n’est pas seulement au cours de la bonne saison que notre nemrod affectionne de se livrer à la chasse au gibier aquatique, quel qu’il soit. En tous temps, il s’y consacre avec passion et, l’hiver, il ne dédaigne pas de s’en aller faire une ronde souvent productive sur les bords des cours d’eau. En cette dernière saison, on observe très souvent dans la neige, sur les rives, la marque de son passage : quatre petits pas, avec entre eux la trace de la queue ayant éraflé le tapis blanc.
- Tous les hôtes des bois et des champs doivent se garder précautionneusement du fauve menu mais pourtant si redoutable. Après les muridés et les oiseaux, ce sont les habitants des garennes qu’elle rançonne, répandant la terreur parmi les lapins peureux. Avec l’assurance que lui confère sa tranquille audace, l’hermine s’introduit sans la moindre hésitation dans les terriers les plus profonds qui à l’instant retentissent de galopades effrénées dont le bruit résonne sourdement dans le sous-sol. Puis ce sont, étouffées, lés plaintes du lapereau en détresse, tandis que par les ouvertures béantes de leur gîte souterrain, surgissent, se bousculant, grosses pelotes grises brusquement détendues, des lapins qui détalent, la queue en panache, à travers le sous-bois. Lentement, à reculons, reparaît ensuite leur ennemie, qui le corps tout allongé par l’effort, traîne à sa suite, un des occupants du terrier, proprement occis. Sans hâte, tiraillant sa capture à droite, à gauche,'s’arrêtant de temps à autre pour prendre un instant de repos, aussi pour jeter autour d’elle un regard investigateur, elle reprend le chemin des
- éboulis dans lesquels elle s’entonce entraînant sa proie. Si celle-ci est trop volumineuse — elle ne craint pas de s’en prendre à un lapin adulte — elle la dissimule dans les environs de la garenne et à l’aise s’en repaît. Observation curieuse : il arrive que l’hermine s’empare d’un lapin dans un terrier, sans que les compagnons de la victime, se trouvant dans d’autres galeries, semblent s’émouvoir. Sans bouger, ils demeurent en place tandis que leur frère est égorgé.
- Aujourd’hui cependant l’hermine n’a pas réussi à surprendre les rongeurs qui ne dorment plus que d’un œil depuis ses précédentes incursions. L’un d’eux, alors qu’elle humait les émanations s’échappant de la gueule du terrier, s’est aperçu de sa présence et, de ses pattes postérieures frappant le sol sonore, a répandu l’alarme dans la cité souterraine. C’est alors une fuite éperdue qui vide en un clin d’œil la garenne, les lapins épouvantés s’évadant à l’envi vers le bois. Qu’importe néanmoins. L’hermine est affamée et sans indécision aucune, se lance sur les talons du dernier des fuyards. Il a quelques foulées d’avance sur elle et a disparu dans la végétation dense. Cela n’est pas pour embarrasser l’intrépide écumeur de la forêt. Doué d’un odorat développé à l’extrême, il suit le fugitif à la piste. Il fonce à sa suite à travers le hallier, franchissant d’un galop pressé les espaces libres, enjambant, en deux bonds rapides, les étroits sentiers qui sillonnent le bois, grinçant des dents et poussant de petits cris de bête en chasse. 11 lutte de vitesse avec le malheureux lapin, ses nerfs d’acier, sa sveltesse l’avantageant extraordinairement.
- Jeannot Lapin, après avoir longtemps couru, se croit à l’abri du péril et s’arrête un instant pour reprendre haleine, assis sur son arrière-train. Son museau est tout frémissant, ses flancs sont soulevés par les saccades tumultueuses de son petit cœur qui bat la chamade. Pause fatale, car soudain il est jeté bas, agrippé à la nuque. Furieusement l’hermine lui tenaille la cbair de ses solides mâchoires, les ongles de ses pattes fines fourrageant nerveusement le poil de sa victime. Jeannot Lapin est au terme de son existence-paisible. Il ne gagnera rien à se débattre désespérément ainsi qu’il le fait. Son terrible agresseur n’a cure de ses bonds désordonnés et toujours plus solidement assure sa prise. Râlant, le pauvre lapin s’allonge enfin sur les fougères piétinées et sa petite âme de bêle pitoyable aussitôt l’abandonne.
- Surprise sur ses œufs, saisie au col par un redoutable étau, une poule faisane qui couve est pour l’hermine proie certaine. Longeant les sillons, rampant les pattes repliées et le ventre rasant le sol, elle surprendra aussi la perdrix et l’égorgera impitoyablement. Un lièvre presque adulte, dans une haute toutïe de graminées, au milieu du pré, dort oreilles rabattues, le menton dans les pattes. Sortant de la haie, l’hermine fluette se faufile sans but précis à travers les herbages lorsqu’elle saisit, em-
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- portées par le vent, les effluves de l’animal. Une seconde d'immobilité, puis la bête de rapine, ses sens olfactifs la guidant sûrement,' se coule lentement à travers le gramen, vers l’abri touffu qui dissimule le lièvre endormi. Il n’est néanmoins pas suffisamment masqué pour que le mustélidé n’aperçoive bientôt son grand corps brun qui rend plus opaque la masse herbeuse où il gîte. A portée, se ramassant brusquement sur elle-même, l’hermine, d’une détente de ses quatre membres nerveux, se projette en avant, le misérable rongeur n’ayant même pas soupçonné le danger qui le menace. L’infernale bestiole n’a pas pour habitude j de rater son coup. Elle s’est cramponnée aux épaules de sa victime, elle la mord aux vertèbres cervicales, incisant les muscles et les nerfs qui frémissent et les os qui grincent sous sa dent. Terrifié par cette soudaine attaque, le lièvre un instant se renverse, puis redressé d’une secousse violente, se secoue tragiquement. Il rue fébrilement, tournoie un instant sur lui-même pour enfin, d’un trait, se lancer droit devant lui. Mais voici, chose étrange, qu’il se met à décrire de grands cercles, tournant en rond sans trêve, comme un cheval dans un cirque, un soubresaut parfois rompant la régularité de cette bizarre galopade en laquelle il emporte l’hermine qui n’a pas lâché prise et qui, à distance, se confond avec sa monture. Un dernier bond et le lièvre s’affaisse, du sang à la nuque, la cervelle entamée par un des crocs de son vainqueur.
- Un observateur qu’intrigue l’allure du lièvre s’approche. Le bruit insolite de sa marche inquiète l'hermine qui aussitôt relève la tête et, apercevant l'intrus, se précipite dans un trou de taupe voisin.
- Elle n’hésitera pas si, rassurée par le silence qui règne à nouveau, elle vous croit éloigné, à revenir j sur les lieux du meurtre, se mettre à la recherche de sa proie. De l’arbre proche sur lequel vous êtes perché, vous l’apercevrez furetant en tous sens, allant, venant, sentant le vent, fouillant les moindres touffes de la prairie, faisant mille tours dans les herbes, pour enfin, lasse de ses recherches vaines, soudainement s’éloigner et s’engloutir dans la verdure de la haie d’où, tout à l’heure, elle s’est échappée
- À l’automne, l’hermine n’ignore pas que les ten-deries aux grives peuvent lui fournir, à l’occasion, une aubaine qui n’est pas à dédaigner. L’ignorerait-elle, parce que née de Tannée, que le dernier appel d’un turdidé que le lac étreint à la gorge, l’aurait tôt amenée sur les lieux, la jetant à travers bois, alors qu’à la tombée du jour, elle rôde sur les lisières. Ainsi qu’il en est pour tous les carnassiers sauvages, le cri qui décèle l’agonie d’un animal forestier l’attire invinciblement, faisant en elle surgir l’espoir d’une curée possible.
- Dès quelle connaît le chemin de la tend.erie, elle devient une habituée de celle-ci. On l’y verra, maintes fois longer, sans guère se presser, les petits sentiers en bordure desquels les lacets sont posés. Elle va oublieuse de sa sécurité, le museau pointé
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- vers les « raquettes », amorcées des sorbes tentatrices et qui brillent de tout leur vermillon. Lorsqu’y pendille une grive, on peut la surprendre assise sur son séant, le col tendu, contemplant avec erîvie l’infortuné volatile. Elle ne tardera pas, se projetant vers lui, par sauts répétés inlassablement, à tenter de le happer, n’en saisissant souvent que la queue dont les plumes lui restent entre les dents.
- L’ultime râle d’un turdidé qui vient de se prendre à un lac voisin,la fait aussitôt courir vers celui-ci et tandis que l’oiseau se débat désespérément, elle court sous l’engin meurtrier, tantôt se dressant sur les pattes de derrière, tantôt virant sur elle-même, montrant toujours les signes de la plus vive agitation.
- Se balançant dans le vide, agrippée au cadavre pantelant, elle jouera des crocs tant et si bien, qu’elle lui tranchera le cou. Ses premières tentatives peuvent être infructueuses, mais qu’importe ; cela ne la découragera pas et elle recommencera souvent jusqu’à réussite. Retombée sur le sol, elle disparaîtra, emportant la bestiole dont la tête demeure suspendue à la mince tresse de crin.
- Elle reviendra presque quotidiennement à la gri-vière jusqu’au jour, où dans un piège habilement disposé, elle se fera pincer les pattes, en attendant qu’un coup de bâton mette fin à sa carrière.
- L’hermine ne craint que le chien. Et encore si celui-ci n’est pas de taille à lui en imposer ou d’allure combative,, elle n’hésitera pas, lorsque par exemple elle suppose ses jeunes en danger, à s’attaquer à lui. Un petit griffon, qui folâtrera aux abords de son repaire, l’en verra surgir furibonde, la queue hérissée comme celle d’un chat en colère, suivie peut-être de sa compagne et il devra fuir devant les deux impudentes bêtes s’il tient à ne pas faire connaissance avec leurs redoutables mâchoires.
- L’hiver, s’il lui est plus pénible que la bonne saison, ne lui sera jamais très dur, tant elle a de malice en son sac et met d’opiniâtreté dans la recherche de ses proies. Eût-elle même revêtu sa robe blanche et la neige fit-elle défaut qu’elle ne serait pas encore embarrassée. Elle sait se glisser avec tant d’adresse le long des haies qu’elle parvient toujours à surprendre l’un ou l’autre oiselet en quête des baies tombées des buissons. La neige couvre-t-elle le sol qu’elle agit encore de même, se dissimulant cependant plus aisément, sa parure immaculée se confondant avec l’entourage. Néanmoins, son pelage ne blanchit pas toujours complètement en nos régions et pour une- hermine blanche entièrement, cinq auront leur fourrure hivernale marbrée de taches, plus ou moins étendues, variées de forme, disséminées sur la tête, le corps et ayant la teinte de la robe d’été.
- Ajoutons que l’hermine est plus commune qu’on ne le croit et que souvent dans les campagnes ses méfaits sont imputés à la belette avec laquelle on la confond volontiers. La distinction entre les deux
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- bêtes n’est cependant pas subtile, même abstraction dernière espèce auront, tout au long de l’année, le faite de leurs proportions, S’il existe en effet de bout de la queue noir, Avec un peu d’attention, on
- Fig. i à'fi. — L’hermine.
- 1. Rentrant au logis, 2. Prise au piège; 3. .Un.nid de merle pillé par une, hermine. Sur l’œuf à Vavant-plan se remarque, très nette, l’empreinte des canines du carnassier ; 4. -En face d’un intrus ;
- 5. L’hermine en hiver; 6. Un hors-d’œuvre : un nid d’engoulevent.
- très grosses belettes, il est aussi des hermines de peut donc exactement identifier les deux petits car-petite taille. Mais toujours les représentants de cette nassiers. L. Coopman.
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- Fig. i. — Lodz.— Vue générale.
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- A l’heure où les Allemands, se refusant à réparer comme il conviendrait les dégâts commis dans le Nord de la France, nous ont obligés à occuper la Ruhr, il n’est pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur les dévastations auxquelles ils se sont livrés pendant la guerre, à l’Est de l’Europe, dans un pays ami.
- L’Allemagne, après l’armistice, a pu, sans difficulté et sans perte de temps, se remettre à l’ouvrage : ses mines et son matériel industriel étaient en effet intacts. Chez nous, au contraire, et sans même faire état des réquisitions opérées tant sur les matières premières que sur les produits fabriqués, un grand nombre d’industries ont été détruites, et l’exploitation de différentes mines a été rendue impossible pour plusieurs années. Les Allemands ont agi de même en Pologne, dans l’important district industriel de Lodz, envahi par eux dès le début de la campagne.
- En France comme en Pologne, leur but a bien été le même : détruire, dévaster, paralyser pour l’avenir, mais avec une différence toutefois. Quelle que fût l’issue de la guerre, il ne semble pas que, même victorieuse, l’Allemagne pût envisager, a priori, l’annexion complète de toute notre région du Nord. Sur ce terrain, il fallait donc surtout annihiler l’industrie pour dé longues années, afin d’écarter par anticipation des concurrents redoutables et, par suite, effectuer des destructions pour ainsi dire plus profondes et plus durables. En
- h' w"— - ;
- Pologne, au contraire, dont l’Allemagne comptait s’approprier tout le territoire contigu à la Silésie, le bassin minier de Dombrowa et le district industriel de Lodz-Piotrkow, il s’agissait plutôt d’accaparer toutes les richesses immédiatement utilisables, et d’empêcher momentanément de vivre. Proportionnellement, elle effectua donc moins de destructions, aussi bien dans les mines que dans les usines, mais vola tout autant, peut-être même davantage. C’est ce fait d’avoir voulu, malgré toutes les exactions commises, dans son propre intérêt, réserver l’avenir — elle a même rebobé quelques parcelles du côté de Dombrowa — qui a facilité le relèvement de cette région de Lodz ; ceci dit du reste sans vouloir diminuer, en rien, le mérite de la Pologne.
- A un autre point de vue, les lignes qui suivent ont aussi de l’intérêt pour la France. Quand il s’agit de la Pologne, on prononce parfois, injustemeût d’ailleurs, le mot d’incapacité. Les uns en veulent toujours découvrir des indices. D’autres, donnant libre cours à des considérations sentimentales, très explicables quand on connaît le charme qui se dégage de ce pays, tombent dans l’excès opposé. Il est plus exact et plus équitable de reconnaître les difficultés énormes, uniques, et très spéciales, qu’a rencontrées la Pologne pour renaître d’abord, et reprendre ensuite sa place dans le concert des nations. Elle a dû, en premier lieu, se réagréger, s’amalgamer, s’organiser, constituer ses cadres, cela tout en se défendant et en pourvoyant à sa nourriture quotidienne ; tâche excessivement ardue aux yeux de tout observateur impartial. Rien d'étonnant alors que sa monnaie, qu’il a fallu d’abord ramener à un étalon unique, soit dépréciée, et que l’équilibre de ses finances soit difficile à réaliser. Certes, il reste encore beaucoup à faire dans ce pays, mais ce qu’on ne peut lui richesses véritables, nombreuses et variées, et c’est l’intelligence, l’habileté et l’endurance de ses habitants. Si pendant que la Pologne était sous la domination étrangère, il n’y avait pas d’ingénieurs de cette nation dans la région industrielle de Lodz, bien polonaise cependant, c’est que leur présence n’y était pas tolérée, alors qu’ils étaient désirés et appréciés
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- ailleurs, en Russie notamment. Tous ceux qui les ont vus à l’œuvre, s’accordent d’autre part pour reconnaître les qualités réelles de l’ouvrier polonais, au point qu’ils ont toujours constitué une excellente main-d’œuvre d’exportation, n’en jugerait-on que par les 50 000 mineurs polonais du bassin de la Ruhr, sans compter ceux qui en sont partis, et qui ont réintégré la Pologne après l’armistice. En réalité la Pologne est un pays aux possibilités énormes et d’une vitalité remarquable, dont la force importe beaucoup à la France, et qu’elle a un grand intérêt à aider, pour la Pologne elle-même, de même que pour les profits qu’elle peut en tirer. Une des meilleures preuves de ce que nous avançons.
- partage de la -Pologne, Varsovie, Cracovie et Lwow (Lemberg) étaient de grandes villes, elle ne comptait en 1795 que 190 habitants dont : 2 tanneurs, 1 serrurier, 1 tailleur, un cordonnier, 2 charrons et 1 menuisier. En 1820, la population était de 799 habitants. C’est vers cette époque (1825), qu’à l’instigation du Gouvernement d’alors, voulant profiter des conditions favorables locales — forêts étendues fournissant en abondance des matériaux de construction et du combustible — commença l’immigration de quelques artisans venus de Silésie, de Saxe et de Bohême, des tisserands principalement. L’année suivante (1824) la première filature de coton était installée; des ouvriers polonais
- Fig. .?. — Une filature de coton. {Société des Manufactures de coton de Widjeu.)
- se trouvera sans doute dans ces quelques notes. Elles sont un exemple de ce dont la Pologne est . capable. Elles témoignent de l’essor prodigieux, j véritablement américain, de cette ville de Lodz qui, | en moins d’un siècle, a atteint le chiffre imposant | d’un demi-million d’habitants. Anesthésiée en quelque sorte pendant la guerre, dès l’armistice, elle rebondit, et effectue, malgré les ruines de l’occupation allemande, le redressement étonnant que nous allons constater.
- Les débuts de Lodz. — La ville de Lodz est la seconde ville de Pologne quant à la population ; elle compte près de 500 000 habitants. Elle est située vers le centre d’un triangle formé par les rivières Warla, Pilica et Bzoura, à 158 km S.-O.de Varsovie, sur la ligne du chemin de fer de Varsovie-Poznan-Berlin, et en liaison par Koluszki avec la ligne Varsovie-Cracovie, qui passe par l’important centre minier de Domhrowa. Cette ville, qui occupe une superficie de 6000 hectares, a été bâtie sur l’ancienne propriété des évêques de Kujawski. Alors que* déjà, au temps du deuxième
- commencent à affluer, des israélites arrivent ensuite, et, à partir de ce moment, lès progrès de la ville sont très rapides :
- 4.545 habitants en 1850
- plus de 10.000 — en 1857
- 18.000 — en 1840
- avec un chiffre d’affaires d’un million de roubles.
- Lodz est déjà une assez grande ville de fabriques, et, quoique éloignée d’une voie ferrée, elle n’en conserve pas moins une valeur locale importante. Ce n’est en effet qu’en 1845 que commença la construction de l’embranchement Lodz-Koluszki, et en 1867 seulement, que fut terminé le chemin de fer, dit « 'des Fabriques », qui relia la ville à la ligne Varsovie-Cracovie.
- Introduction des métiers mécaniques. — La date de 1854 fit époque. C’est, en cetie année-là, qu’arriva à Lodz, Karol Scheibler (le grand-père de l’industriel actuel), et qu’il y introduisit les métiers mécaniques. Cette innovation ne s’opéra pas sans une violente opposition des tisserands, mais fut le point de départ de l’essor extraordinaire qui suivit.
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- A partir de cette époque, l’industrie de Lodz marche à pas de géants, et l’augmentation de la population va de pair avec les progrès de l’industrie,
- Production annuelle en roubles.
- 2.600.000
- 26.000.000 36.50D.000 90.000.000
- 196.900.000
- Population de Lodz :
- En 1860 52.000habitants avec
- En 1872 60.000
- En 1878 100.000
- En 1885 150-000 —
- En 1895 515.000
- En 1897 516.209 —
- En 1904 400.000
- En 1910 500.000
- En 191 1 522.610
- En 1914 600.000 11 y avait à Lodz, en 1855,
- 25 fabriques et 196 métiers à tisser; en 1895,
- 134 fabriques et 6748 métiers à tisser; en 1910,
- 560, établi sse-ments divers :
- 144 filatures,
- 205 usines mixtes (fdatures et lissages), 88 121 ouvriers dont.
- 82 086 dans l’industrie textile et 6035 dans les autres branches.
- Situation avant la guerre. — En 1911, on signale
- 752 entreprises industrielles, dont 591 fabriques textiles (154 filatures, 215 tissages et 222 entreprises mixtes) et 101 autres : fabriques de soie et demi-soie, industries métallurgiques, etc., comptant une armée de 95908 ouvriers, et produisant par an pour 209469 000 roubles de marchandises. Les fabriques de Charles Scheibler (coton), occupent une surperficie de 150 hectares, sur lesquels les bâtiments seuls couvrent une surface de 8 hectares; elles employaient en 1914 7500 ouvriers, qui constituaient avec leurs familles, et celles des employés, un ensemble de 30 000 personnes ; la Société par actions de produits cotonniers Poznanski employait 7000 ouvriers; les usines de coton Louis Geycr, 4200 ouvriers; les établissements industriels L. Grohman, 2200 ouvriers; la société Jules Heinzel (laine et demi-laine), 1800 ouvriers ; les fabriques de Barcinski (coton) et de Bennich (laine) ; la société Heinzel et Runilzer (coton), devenue société de la Manufacture de AVidzew, 3200 ouvriers; les sociétés françaises Allart et Rousseau (laine), 2000 ouvriers, et Motte et Desurmont ; la société des Manufactures de
- Fig. 4. — Un tissage. (Établissements Scheibler et L. Grohman )
- drap Léonhardt, Welker et GirbarL, 1400 ouvriers. Tout autour de Lodz, véritable cœur de la région industrielle et dans un large rayon, s’étaient concentrées en outre des industries analogues, dans les villes de Zgierz, de Pabjaniez, d'Ozorkow, de Zduniska, Wola et de Tomaszow. Dès 1910 et dans tout le district, le nombre des établissements industriels se montait à 1895, avec 207 800 ouvriers, produisant pour 429 500000 roubles. C’est sur ces entrefaites que la guerre éclata.
- Les effets de l’occupation allemande. — Le grand cataclysme de 1914 surprit Lodz en plein épanouissement et plongea son industrie dans un sommeil léthargique dont elle ne s’éveilla qu’à l’armistice, en novembre 1918. Les raisons de cet arrêt furent, en partie, le départ des 15 000 ouvriers appelés par
- la mobilisation, en partie la stagnation générale au début des hos-' ' . tilités, et princi-
- palement, le man-
- . v 1 que de moyens
- de transport pour le charbon et les matières premières, tout le matériel roulant étant employé aux transports militaires. Mais ce qui porta le coup principal à l’industrie de Lodz, ce fut l’occupation allemande devenue un fait accompli
- dès le mois d’ootobre 1914. Les autorités allemandes arrêtèrent d’abord complètement les arrivages de charbon, puis, dans le dessein de détruire l’industrie afin de se débarrasser dans l’avenir d’un concurrent dangereux, se livrèrent à un pillage en règle.
- Les occupants trouvèrent à . Lodz des richesses immenses en matières premières et en produits ouvrés, insoupçonnées même des Lodzois eux-mêmes, et qui passèrent aussitôt en Allemagne. Sous le prétexte de réquisitionner le cuivre et le laiton, la Gommission de guerre des matières premières, la « Kriegsrohstoffstelle », que les habitants surnommèrent la Commission des vols de matières de guerre « Kriegsraubstolfstell », n’hésita pas, lorsqu’elle ne put les emporter, à détruire les machines ou à les rendre inutilisables ; moyen le plus efficace pour immobiliser l’industrie pendant de longues années, et se rendre maître ainsi des marchés quelle détenait.
- Los Allemands enlevèrent de la sorte : 1300 km de courroies de transmission, plus de 1000 machines électriques, 100 tonnes de cuivre, 10 millions de
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- mètres de tissus de laine et de coton, des cardes, du cuir, des installations techniques, le tout pour la somme de 550 000000 de roubles or. En outre, tout apport de charbon ayant été arrêté par eux, il fut impossible de faire venir d’Amérique, de Russie ou du Turkestan, des marchandises de remplacement. Du coup, l’industrie s’éteignit complètement, et Lodz vécut alors ses plus mauvais jours. Cette ville immense, débordante de vie et d’activité, se transforma soudain en un amas de gens oisifs et sans but. Sa population diminua d’une manière effrayante et de 600 000 environ en août 1914, tomba à 541 289 en janvier 1918, soit une diminution de 40 pour 100. Résultat logique et forcé : Lodz était la ville du travail ; du moment que le travail manquait, l’émigration devait s’ensuivre inévitablement. Une partie de la population, volontairement ou obligatoirement par l’effet de la mobilisation, prit la direction de l’Est, une partie se porta sur les campagnes où la vie était à meilleur compte, avec des gains plus faciles ; une troisième partie s’en fut en Allemagne de bon gré comme travailleurs, ou par contrainte dans les bataillons de travailleurs.
- La renaissance de Lodz. — Mais voici venir l’automne de 1918, l’armistice est proche, des indices de réveil se montrent, on sent le retour à la vie, une réémigrationfiévreuse s’amorce et, dès la fin de novembre on comptait déjà, d’après les renseignements du Comité de distribution du pain et de la farine, 569 785 habitants (541 289 en janvier). Ce nombre augmenta ensuite sans cesse, et atteignait 400 000 en 1919, pour arriver au demi-million d’aujourd’hui.
- Comme le phénix, l’industrie de Lodz renaît de ses cendres. Les occupants avaient pu lui rogner les ailes et la frapper momentanément de paralysie; ils n’avaient pu briser son âme, ni l’esprit d’énergie et d’initiative de ses fabricants et de ses chefs d’entreprises, et cet esprit fit des prodiges, dès qu’il fut donné aux usines de recevoir du charbon et la matière première.
- Seules, les difficultés d’avoir l’un et l’autre, la réparation des machines, dont il faut faire venir de l’étranger les parties essentielles manquantes, ou le no-nretour des machines emmenées en Allemagné, ont empêché les usines de retrouver le rendemént d’avanl-guerre ; mais l’essor imprimé à la reconstruction fait espérer que, dans un temps relativement prochain, la remise en mouvement sera complète. Lodz reprendra alors son rang, non seulement dans la Pologne reconstituée, mais dans toute l’Europe orientale. s
- Sans doute, avant la guerre, son industrie n’égalait pas en importance celle des pays d’Oecident : Allemagne, France, Angleterre, Italie, mais il faut remarquer que dans les territoires annexés de Posna-nie et de Galicie, l’Allemagne et l’Autriche mettaient obstacle à ses progrès, en s’efforçant de faire de ces territoires uniquement des hinterlands et des débouchés pour leur propre industrie. Seule en Pologne russe,
- malgré les chicanes de l’Administration, l’industrie lodzoise, montée sur un très grand pied, et pourvue de tous les moyens modernes de production, pouvait prétendre à un développement rapide et continu et arriver à rivaliser avec les autres centres les plus importants.
- Nous allons maintenant passer rapidement en revue les 5 branches principales de cette industrie : industrie cotonnière, industrie lainière et demi-lainière (tricotage et produits similaires), industrie métallurgique.
- Particularités des principales industries.— a. Industrie cotonnière. — Cette industrie constitue le gros de la production de Lodz. Par l’habileté de ses artisans, la grandeur et la perfection de son organisation, ses progrès constants et l’expérience' acquise, elle peut soutenir la comparaison avec les établissement* similaires de Manchester et du Lan-cashire. Et c’est pour ainsi dire par larges vagues que par delà son marché intérieur, Lodz envoyait sur l’Est, son débouché naturel, tous les produits de son industriel : la Russie, la Mandchourie, la Chine, la Perse, l’Afghanistan et le Turkestan en étaient devenus les principaux destinataires. Sa parfaite connaissance du terrain, son aptitude à s’adapter aux goûts et aux besoins des consommateurs de langues différentes, la solidité et le bon marché de ses marchandises, étaient pour l’industrie de Lodz un garant de succès, et justifient pleinement l’extraordinaire développement que nous avons signalé. Complètement en activité, cette industrie, après avoir assuré les besoins d’une population de 50 millions de Polonais, et rendant par suite inutile toute importation, disposerait encore de 50 pour 100 de sa production pour l'exportation.
- Son outillage en 1914 comprenait :
- Broches pour le fil fin. . . . 1.250.000 Broches pour la vigogne. . . 180.000
- Métiers mécaniques de tissage. 55.000
- Ouvriers.......................... 75.000
- Moteurs à vapeur et électriques. 80.000 HP.
- Consommation annuelle de co-
- ' ton............................. 76.000 t.
- Production annuelle. . ... 70.000 t.
- Consommation de charbon . . 820.000 t.
- Pour un tissu « type coton », du poids de 150 gr. et d’une largeur de 0 m. 71, cette production de 7000 t. représente près de 500 000 000 de mètres de tissus.
- En prenant comme indice de rendement le chiffre 100 pour 1914, la reprise depuis 1919, comparée à celle d’avant-guerre, est la suivante ;
- Au Ie'' avril 1920 ....... 40,5 p. 100
- Au ltr octobre 1920 .......... 51,5 p. 100
- Au 1er avril 1921 ............ 52,5 p. 100
- Au 1er octobre 1921 .......... 60,0 p. 100
- A la fin de l’année 1922. .... 109,7 p. 100
- Les principaux articles manufacturés sont : madapolam, shirting, batiste, zéphir, satin, cre-
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- tonne, draps de lits, serviettes, nappes, essuie-mains, mouchoirs., llanelle, fil à coudre, fil à broder, rubans de coton et de caoutchouc, etc.
- b. Industrie lainière et demi-lainière. — De même que pour le coton, l’industrie lainière a pris des proportions énormes. Lodz possède les plus grandes filatures de laine cardée d’Europe et quelques-unes des plus grandes de laine peignée. La qualité des produits répond à toutes les exigences, et ne le cède en rien aux meilleures qualités étrangères, au point, dit-on, qu’aux dernières foires de Lwow, certains draps des exposants de Lodz ont été pris pour des draps anglais et vendus comme tels. Les produits de demi-laine, les doublures, sont aussi de qualité re-
- Fig. 5. — Magasins de colon.
- marquable, et les châles des usines Bennieh avaient acquis avant la guerre sur le marché russe une réputation méritée.
- Les chiffres suivants donnent la caractéristique
- de cette industrie en 1914 :
- Broches pour laine peignée. . . 425.000
- Broches pour laine cardée . . . 500.000
- •Métiers mécaniques............ 14.000
- Métiers à mains................ 10.000
- Ouvriers................... 80.000
- Moteurs à vapeur et électriques . 69.000 IIP.
- Consommation annuelle de la laine. 45.000 t.
- Consommation annuelle du charbon ................................ 550.000 t.
- La production se montait annuellement à 61 000 t. de tissus, ce qui représentait en prenant comme base de calcul un tissu du poids de 600 grammes et d’une largeur de 142 cm, 70 millions de mètres.
- Par rapport à l’année 1915 représentée par le chiffre 100, les fabriques depuis 1919 ont augmenté progressivement leur rendement, mais dans des proportions plus faibles que pour le coton.
- Le 1er avril 1920, les usines marchaient à 19 0/0
- Le 1er oct. 1920, — — à 26,5 0/0
- Le 1er avril 1921, — — à 55 0/0
- Le 1er oct. 1921, — — à 40,5 0/0
- A la fin de 1922, — — à 66,5 0/0
- Lorsqu’elle aura atteint son rendement normal, l’industrie lainière, après avoir satisfait aux demandes du marché polonais, sera en mesure d’exporter 40 pour 100 de sa production. Ses principaux articles sont : le velours, le drap, la gabardine, le covercoat, satin, fichus de laine et demi-laine, alpagas, couverture, feutres, bandeaux, rubans, etc.
- L’industrie des tricotages et similaires utilisait
- Fig. 6. — Maisons ouvrières à Lodz.
- en outre en 1914, 886 métiers et occupait 4242 ouvriers. Sa production actuelle ne correspond qu’à 16 pour 100 de celle d’avant-guerre.
- L’industrie lainière de Lodz est établie sur de larges bases, et pour elle, comme pour l’industrie cotonnière, c’est la Russie qui était et restera son débouché naturel et de beaucoup le plus important.
- c. Industrie métallurgique. — L’industrie métallurgique de Lodz occupait en 1914, 25 000 ouvriers. La guerre est venue arrêter malheureusement son essor, et l’occupation allemande a rendu tout travail illusoire. Les déprédations allemandes dans cette branche furent très impor-1 antes, et la restitution des machines emportées en Allemagne ne s’opère
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- qu’avec une grande lenteur. Aussi la remise en marche n’alteint-elle que 40 pour 100 du chiffre d’avant-guerre, et même 25 pour 100 à peine dans les établissements les plus éprouvés. Les perspectives restent néanmoins très bonnes, car les besoins du pays sont très grands et toujours au-dessus de la production. Quoique les marchés étrangers (Roumanie, Russie, Balkans en général) demeurent ouverts à Lodz, il n’est pas possible du reste, vu l’insuffisance de la production, de songer, pour le moment, à nouer des relations d’alfaires avec ces pays.
- D’autre part, étant donnée la baisse du mark polonais, la Pologne ne pouvant se livrer à de nombreux achats au dehors, est obligée de fabriquer elle-même les machines qu’elle recevait de l’étranger avant la guerre, et elle y parvient non sans succès.
- Lodz produit à meilleur marché et de meilleure qualité que l’Autriche par exemple; toutefois, de même que dans les industries de la laine et du colon, mais à un degré encore plus élevé, son industrie métallurgique a particulièrement souffert durant ces dernières années de la disette de charbon et de matières premières, et, vu la chute constante du mark polonais, de 1 insuffisance de ses fonds de roulement
- Lodz possède 48 usines métallurgiques. La plus importante et la plus ancienne est la Société par actions J. John. Cette usine a beaucoup souffert pendant la guerre du pillage, par les Allemands, d’une grande partie de ses machines, qu’elle n’arrive à récupérer que lentement, en faible quantité et. dans un état lamentable. La société a pu néanmoins, à grands frais, se remettre en marche, et déjà en 1920, au moment de l’avance bolchevique, elle a fabriqué des munitions pour l’armée polonaise.
- Une autre firme, la Société des « Produits de machines meulières », construit des turbines, des élévateurs pour les ports, des laminoirs; elle occupe 500 ouvriers, et son directeur, l’ingénieur Patas-zewski, a racheté en 1920, des mains allemandes, la fabrique de Cari Ivühl de Rogoz, qui occupe de même 500 ouvriers. Il faut' enfin mentionner les importants établissements métallurgiques des frères Lange, d’E. Weigt et Cie, de Müller et Seidel, et des frères Drzewinscy. Ces divers établissements ont reçu de certains industriels tchèques la proposition de fusionne)- leurs entreprises en vue de transporter en transit en Russie, avec la marque de Lodz, les produits fabriqués en Tchéco-Slovaquie. Cette proposition n’a pas été acceptée par l’industrie de Lodz qui tient à conserver sa liberté d’action sur les marchés de l’Est.
- Au mois de septembre 1922, sur 2542 établissements industriels existant dans la wojewodie (arrondissement de Lodz), 1123 étaient en activité avec 72,9 pour 100 du nombre d’ouvriers d’a\an t-guerre.
- A la fin de 1922, le nombre des ouvriers est de 124 368 dont 72 600 dans l'industrie cotonnière, 34 591 dans la laine, 5557 dans la soie, 11 671 dans le tissage, 1258 dans les tissus, 774 dans les rubans, 117 dans les jutes, et près de 5000 dans l’industrie métallurgique.
- En prenant comme indice de 1914, le chiffre 100, la mise en activité actuelle dans les différentes branches accuse les chiffres suivants :
- Industrie du coton .... 109,7 0/0
- — de laine.......... 66,5 0/0
- — de ruban de fil. . 44,5 0/0
- des colorants. . . 7,5 0/0
- — du jute........... 60,8 0/0
- — du lin............ 33 0/0
- — de la soie. . . . 19,9 0/0'
- Nous avons vu que l’exportation de l’industrie de la ville de Lodz se dirige principalement vers l’Est et le Sud-Est, la Roumanie et la Bulgarie. Elle ex porte aussi en Amérique d’où, en échange, elle reçoit des matières premières, mais son avenir reste lié au débouché russe, qu’elle atteindra par l’intermédiaire de Lwéw (Lemberg).
- Ville frontière comme elle, Lwéw sera demain à l’avant-garde de ce marché, de même que Lodz aura à défendre les frontières ouest de la République polonaise contre les inondations de la pacotille allemande.
- La situation actuelle en général. — Quelques mots pour finir sur la situation générale actuelle de la ville de Lodz.
- Comme toutes les villes de l’ancienne Pologne russe, Lodz était privée de l'autonomie municipale. La ville était gouvernée par les « tchinowniks » russes qui se souciaient peu des questions d’hygiène, d’instruction, d’assistance publique, etc. ; la ville n’avait pas de canalisation et contenait plus de 50 pour 100 d’illettrés.
- Avec la renaissance de l'Etat polonais, les villes ont obtenu cette autonomie municipale, Basée sur des principes démocratiques, cette dernière a cependant la grave lacune de ne pas mettre à la disposition du Conseil municipal des impôts directs communaux et des ressources financières suffisantes. La jeune municipalité de Lodz avait donc une lourde tâche à accomplir.
- Sous l’impulsion énergique de son chef, elle s’est cependant mise courageusement à l’œuvre. Le citoyen Rzewski, le premier maire de Lodz, est un ancien ouvrier tisserand bien connu par son action révolutionnaire contre le régime russe et plus tard contre l’occupation allemande.
- Traqué pour ses opinions et son patriotisme et sur le point d’être exilé en Sibérie, il se réfugia quelque temps en France pour reparaître lorsque la Pologne eut reconquis son indé: pèndance. ' ........•...-
- Malgré cette pénurie de moyens et les difficultés
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- ——... - —~ LES TUNNELS
- inhérentes à la renaissance du pays après l’évacuation allemande, les résultats déjà obtenus dans les différents domaines sont considérables.
- La municipalité ouvrière de Lodz a porté la plus grande attention au problème de l’enseignement primaire.
- Après trois années d’ëffort, elle a réussi à assurer depuis l’année scolaire 1921-1922, l’instruction à tous les enfants de 6 à 14 ans. Avant la guerre, Lodz ne possédait que 242 classes; elle en a 1500 aujourd’hui, dans lesquelles 70000 enfants sont répartis. Elle a en outre créé des cours du soir pour les illettrés. Les dépenses de l’instruction absorbaient 19 pour 100 du budget de la ville pour l’année 1921.
- En 1914, Lodz ne possédait qu’un seul hôpital avec quelques dizaines de lit ; elle en compte 5 aujourd’hui avec 1500 lits. On a créé en outre 5 établissements de bains populaires, plusieurs infir-meries^ un laboratoire bactériologique, l’institut d’hygiène de l’eau, des chambres municipales de désinfection et d’isolement, une pharmacie municipale et une section pour la lutte contre la tuberculose.
- La municipalité a contribué aussi à l’embellissement de la ville par la création de plusieurs jardins
- LES TUNNELS
- New-York, l’une des plus grandes villes du monde, est bâtie sur la rive gauche du fleuve Hudson : sur l’autre rive se dressent les importantes agglomérations de Jersey City et Iloboken; séparées de la grande ville par un fleuve, de plus de 2 km. de large.
- On construit actuellement pour réunir les deux rives du lleùve, deux grands tunnels qui doivent permettre la circulation des piétons et des voitures de toutes espèces.Ces tunnels, qui mesureront chacun environ 2800 mètres de longueur, représenteront les plus grands ouvrages du genre existant dans le monde. On peut citer comme précédents le tunnel sous l’Elbe à Hambourg et les tunnels de Blackwall et Botherhite sous la Tamise à Londres; mais aucun d'entre eux n’a à faire face à un trafic comparable à celui qui est prévu pour les tunnels de l’Hudson.
- Pour ceux-ci, s’est posé un problème particulièrement difficile, étant donnée leur longueur, c’est le problème de l’aération et de la ventilation : il faut tenir compte en effet de l’énorme quantité de gaz irrespirables ou toxiques qui seront dégagés dans ces longs boyaux par les nombreuses voilures à moteurs dont on escompte le passage.
- Ce problème a fait l’objet d’études préalables extrêmement serrées, qui portèrent sur la composition des gaz d’échappement des moteurs et sur la
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- et promenades publiques, eL elle est en train d’entreprendre la canalisation de la ville dont les travaux vont être confiés à la Société des Batignolles de Paris (*).
- Grâce à ces efforts, Lodz se relève peu cà peu de l’état dans lequel l’avaient mise l’incurie voulue de l’administration russe, et les conditions de guerre qui ont suivi. Elle s’efforce d’effacer peu à peu les traces de son long esclavage, et si sa jeune municipalité n’ignore pas que sa tâche ne fait que commencer, il n’en faut pas moins la louer de ses efforts énergiques et persévérants pour mettre la ville au niveau des grandes villes européennes. Mais comme le déclarent ses représentants les plus qualifiés, le développement ultérieur de Lodz dépend en très grande partie des moyens financiers qu’elle aura à sa disposition, et de la politique fiscale et économique du Gouvernement.
- Mercier Riondel.
- La Société des BaLignolles est chargée de l’exécution de travaux dont le coût s’élèvera à 55 millions de roubles en or. Elle est en train de rassembler les 5000 ouvriers qui lui seront nécessaires ; le matériel sera fourni par l’usine John et les représentants de la Société française comptent doter la ville de Lodz de la meilleure canalisation et la plus perfectionnée qui existera en Europe.
- DE L’HUDSON
- détermination de la teneur maxima admissible pour la sécurité et l’hygiène des passagers.
- Ces études ont permis de fixer le mode d’aération à adopter, et comme conséquence, de déterminer le choix de certaines dispositions fort importantes de l’ouvrage.
- La ventilation de chaque tunnel sera assurée par 4 puits verticaux ; un au voisinage de chaque extrémité du tunnel, les deux autres placés sur chaque rive à la hauteur des piles de support.
- Chacun de ces puits est muni de puissants souffleurs pour refouler l’air frais dans le tunnel, et de ventilateurs pour extraire l’air vicié !
- On a écarté le système d’aération qui aurait consisté à assurer la purification de l’atmosphère du tunnel au moyen d’un balayage longitudinal par les courants d’air frais. Cette méthode eût exigé dans le tunnel un courant d’air de très grande vitesse incompatible avec les exigences de la circulation et au surplus, générateur de risques d’incendie.
- On s’est arrêté à la disposition suivante :
- Le tunnel est à section circulaire, l’intérieur en sera compartimenté au moyen de deux plans horizontaux, formant l’un la chaussée, l’autre le toit; on a créé ainsi 5 chambres tubulaires ; la chambre médiane, la plus grande, comprise entre les. 2 plans ci-de'ssus est naturellement réservée au trafic : ( lie mesure 4 mètres de haut, G mètres de large, ce
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- qui permet le passage de deux fdes de véhicules.
- La chambre inférieure est remplie d’air pur et reliée directement aux souffleurs d’air des puits de ventilation.
- De nombreux orifices sont ménagés, le long et de chaque côté de la chaussée, pour faire communiquer ce conduit avec des chambres d’expansion, d’où l’air pur s’échappe pour se rendre dans la partie du tunnel où se fait le trafic.
- La chambre tubulaire supérieure est reliée aux ventilateurs qui aspirent l’air impur pour le refouler à l’extérieur, elle communique de même avec le tunnel proprement dit par de nombreuses ouvertures percées le long du toit, et par où s’échappe l’air vicié.
- On a prévu un débit de 100000 mètres cubes d’air frais par minute : cet afllux permettra de limiter à 4/10000 la teneur d’oxyde de carbone
- vironnant sont comblés par du ciment projeté au moyen d’air à haute pression.
- Le travail d’avancement se fait dans l’air comprimé; il est nécessaire, en effet, pour éviter des éboulements fort dangereux que le front de taille soit soumis du côté du tunnel à une pression supérieure à celle qui s’exerce sur lui, de l’autre côté, du fait de la charge des terres. Pour cela à 250 m. environ en arrière du front de taille, on installe dans le tunnel des chambres étanches en acier et ciment armé qui assurent une fermeture hermétique et l’on comprime l’air entre elles et le front de taille. Ces chambres sont naturellement munies de sas pourpermettre l’entrée ou la sortie soit des hommes, soit des matériaux.
- Le bouclier est un grand cylindre d’acier de 5 m. 50 de long; 9 m. 50 de diamèlre. Il comprend un anneau intérieur et un anneau extérieur, fixés
- Fig. i. — Disposition du tunnel sous VHudson.
- dans l’air du tunnel. Sous une telle dilution, ce gaz est complètement inoffensif.
- Cette puissante aération a été calculée pour faire face à un trafic horaire de 5800 véhicules dans les deux sens.
- Voici, d’après le Scientifîc American, quelques autres détails sur ces tunnels dont la construction a été commencée le 12 octobre 1920. La chaussée se trouve, pendant le passage sous le fleuve, à 28 m. de profondeur; elle est horizontale pendant cette traversée ; elle aboutit sur la rive de New-York à une rampe de 5,61 pour 100; sur la rive de Jersey City à une rampe de 2,85 pour 100.
- Le tunnel, qui sera poussé sous le fleuve par la méthode du bouclier, a un diamètre inférieur de 9 mètres. Il sera formé d’anneaux de fonte de 0 m. 76 de long, chaque anneau est constitué par 14 segments pesant chacun 1 tonne 1/2 environ et réunis au moyen d’un segment-clé pesant 0,4 tonne.
- Ces segments sont boulonnés les uns aux autres, et chaque anneau est réuni au suivant par des boulons au nombre de 160.
- Tous les joints sont soigneusement calfatés et tous lés” vides entre l’extérieur du tube et le sol cn-
- l’un à l’autre par des cloisons longitudinales et transversales et renforcés par 2 cloisons verticales et 2 cloisons tranversales qui s’étendent sur toute sa longueur et le partagent en 9 chambres rectangulaires séparées.
- Avec sa machinerie hydraulique, le bouclier pèse 400 tonnes ; 50 vérins hydrauliques disposés à sa circonférence et prenant appui sur la partie déjà construite du tunnel, permettent de le pousser en avant d’environ 75 centimètres chaque fois. En variant la pression dans les vérins, on peut donner au bouclier la direction voulue.
- Après chaque mouvement en avant du bouclier, on fait le montage d’un anneau de fonte du tunnel.
- A la partie supérieure avant du bouclier est un chapeau en acier qui protège les ouvriers travaillant à l’excavation.
- Notre figure montre clairement comment se font le travail et l’évacuation des matériaux.
- Ajoutons que le creusement et la construction du tunnel comportent l’excavation de 580 000 mr> de matériaux, et la pose de 115000 tonnes de pièces de fonte, de 100000 m3 de béton.
- | On escompte l’achèvement du travail pour les 1 premiers jours de l’année 1926. R. Villers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiujre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- TE0T1HUACAN (MEXIQUE)
- îtats-Unis nous ont habitués depuis déjà
- bien des années aux travaux d’archéologie et d’ethnographie américaines conduits avec toute la méthode et toute la documentation désirables, l’Amérique latine, sauf exception, s’était montrée jusqu’ici beaucoup plus réservée. Voici que le Mexique, suivant l’exemple donné par sa grande voisine du nord et malgré les difficultés politiques de l’heure, s’est mis courageusement à l’œuvre. Il est vrai que ce pays,, l’un des plus riches qui soient en souvenirs du passé, se partage avec le Pérou la gloire d’avoir fait vivre sur son sol les peuples vraiment civilisés du Nouveau Continent avant sa découverte par Colümb ou ses successeurs ; noblesse oblige ! Ainsi, le gouvernement mexicain créait en 1917 une Direction d’anthropologie qu’il rattachait à l’un de ses ministères et cet organisme élaborait aussitôt un programme. Celui-ci nous semble excellent, bien que peut-être trop vaste; écoulez plutôt. Il se propose : 1° d’acquérir peu à peu des connaissances aussi complètes que possible sur les caractéristiques de race, sur les manifestations de culture matérielle et intellectuelle, sur les langues et les dialectes, sur la situation • économique et sur les conditions d’ambiance physique et biologique des populations passées et présentes de la République ; 2° de rechercher les moyens réellement propres et pratiques que doivent employer aussi bien les pouvoirs fédéraux et municipaux que les groupements particuliers, pour aider efficacement au développement physique, intellectuel, moral et économique de ces populations ; 3° de préparer des rapprochements de race, d’obtenir une plus grande unification de la langue, un équilibre économique des groupements qui arriveront ainsi à
- former une nation cohérente et définie, une véritable patrie.
- Quand bien même la Direction d’anthropologie mexicaine n’atteindrait qu’une faible partie du but qu’elle s’est assigné, il ne faudrait pas moins la féliciter chaudement de son idéal et seconder ses efforts.
- Pour acquérir la somme de connaissances nécessaires, fondement de toute amélioration future, il a été décidé que la carte de l’État fédéral serait, pour ainsi dire, découpée en une dizaine de zones présentant chacune, géographiquement et ethniquement, une réelle unité et que dans chaque zone, on étudierait une région type nettement délimitée, d’une manière aussi complète et aussi détaillée que possible, tant au point de vue du sol que de la population. Les premières études ont porté, chose naturelle, sur un point de la zone qui comprend les Étals de Mexico, Hidalgo, Puebla et Tlaxcala; on fit choix de la vallée de Teotihuacan distante de la capitale de quarante-cinq kilomètres seulement et dont les vestiges anciens attiraient plus particulièrement l’attention. La Direction d’Anthropologie qui a mené à bien ce travail, lui consacre aujourd’hui trois gros volumes in-8°, d’un ensemble de plus.de quinze cents pages, pourvus à profusion de plans, de relevés, de reproductions photographiques en noir et en couleurs ; ils font honneur aux presses des Tal-leres graficos d’où ils viennent de sortir.
- N’attendez pas ici l’analyse détaillée d’une telle documentation. Nous voudrions surtout attirer l’attention des américanistes sur le côté archéologique de l’œuvre et sur sa contribution à l’éclaircissement de l’un des problèmes les plus intéressants, mais
- Fig. 2. — Fresque conservée au musée régional de Teotihuacan.
- — N0 ' 555. — 10 mars 1923.
- 51“ Anné*.
- 1" Spmer.tr#.
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- LA VALLÉE DU TEOTIHUACAN (MEXIQUE)
- aussi les plus obscurs du vieux Mexique, celui des Toltèques.
- Disons cependant, au préalable, quelques mots sur l’ensemble de l’ouvrage. Suivant le plan qu’ils s’étaient tracé, les auteurs ont étudié successivement le sous-sol et le sol de la vallée avec sa faune et sa llore, puis ses habitants, distinguant la période historique proprement dite de la période qui la précède et qui ne peut être connue que par l’examen des vestiges anciens : monuments, céramique, objets divers. Après avoir analysé ce que les chroniques et les archives locales pouvaient contenir sur Teo-tihuacan, l’époque moderne a été examinée sous les aspects les plus divers : les dialectes, les mœurs, le genre de vie, le folklore poétique et musical ; l’examen a aussi porté sur toutes les productions de
- coca, --- du salaire de famine des ouvriers, de l’influence démoralisatrice du clergé dont les exactions, jointes à la vie de concubinage avoué et à la présence de nombreux bâtards, sont en opposition flagrante avec la doctrine enseignée. Certes, ces observations manquent de nouveauté, mais outre que l’on cherche des remèdes aux maux signalés, le seul fait que des officiels commencent à défendre ouvertement la race opprimée est pour nous de bon augure. Voici un trait de nature à faire toucher du doigt l’exactitude de ce dont nous parlons : les chiffres du recensement officiel du Mexique en 1910 furent publiés en 1918; sur 15 160369 âmes, on comptait 15145 572 blancs, 1 960 506 Indiens et 56 691 étrangers. Devant ccs chiffres manifestement erronés, nous nous étions demandé par quel subterfuge, à moins d’une pure
- Fig. 3. — Vue perspective de Teotihuacan, reconstruite à sa dernière époque.
- l’homme, depuis les édifices importants jusqu’aux plus humbles objets confectionnés sur place. Pour exécuter un tel ensemble, il a fallu faire appel à un assez grand nombre de collaborateurs. Il en est résulté, qu’on nous permette cette critique, une œuvre un peu indigeste, à forme encyclopédique dont les parties sont insuffisamment coordonnées, inégalement traitées en taille et en profondeur et chevauchent parfois un peu l’une sur l’autre. Nous reconnaissons, d’ailleurs, la difficulté de l’entreprise. Par contre, nous avons été heureusement frappés, au cours de notre lecture, de l’esprit nouveau qui anime les auteurs et ceci, dès l’introduction due à la plume du distingué directeur, M. Manuel Gamio. Ils ne craignent pas de porter un jugement, fùt-il sévère, aussi bien sur les méthodes d’investigation et de travail employées jusqu’ici au Mexique, que sur la mentalité des gouvernants et des classes aisées, laïcs ou religieux, vis-à-vis des populations ouvrières et rurales, autrement dit des Indiens. Ils font un tableau exact de la vie misérable de ces populations, de leur habitat sordide, de leur nourriture insuffisante que remplace trop souvent le traître pulque, — un peu comme au Pérou, la
- fantaisie, ils avaient bien pu être obtenus. M. Gamio l’explique : d’après les instructions du gouvernement, tout individu parlant peu ou prou l’espagnol était coté blanc! Or au Mexique, comme au Pérou, outre les métis, la plupart des indigènes parlent deux langues. Si nous appliquons à l’ensemble du pays les proportions relevées dans la vallée de Teotihuacan, — pourtant proche de la capitale, — sur 15 millions d’habitants, nous trouvons environ dix millions d:Indiens, quatre millions de métis et un million de blancs ! Il ne faut pas craindre de faire connaître ce résultat. Le jour où les dirigeants ne rougiront plus du sang indien, — du sang de leurs pères, — ce jour-là il y aura quelque chose de changé dans l’Amérique latine.
- Mais revenons à la vallée de Teotihuacan. Elle offre à l’archéologue un intérêt de premier ordre. Dans un rectangle de moins de sept mille mètres de tour se trouvent enclos de nombreux monuments enfouis depuis des siècles sous une couche épaisse de terre qui provient en majeure partie de leur propre effritement et qui, comblant les rentrants, dissimulant les arêtes, leur donne l’aspect uniforme de monticules arrondis plus ou moins importants.
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- De leur origine, on sait peu de choses en tout cas, ils remontent très loin dans le passé, puisque les Aztèques, les derniers venus avant les Espagnols, les auraient déjà trouvés dans un état complet d’abandon, recouvers, de végétation, semblables à ce qu’ils étaient encore avant leur récente restauration. On en attribua longtemps la construction aux Toltèquet; ces premiers civilisés du Mexique qui, sous des influences restées mystérieuses — famine, épidémies, — auraient émigré en grand nombre ne laissant sur place qu’une population très clairsemée et fort misérable. Mais l’histoire des Tollèques enferme des récils tellement fabuleux, une part de légendes si importante, qu’après leur avoir fait jouer un rôle considérable dans le développement des connaissances et des arts de cette partie de l’Amérique, beaucoup de mexicanistes les ont relégués au rang des peuples purement mythiques, ne voyant même dans leur capitale, la fameuse Tula ou Tolla, qu’une cité de rêve. Avec E. Seler et Lehmann, un certain revirement de l’opinion se produisit et, faisant la part des exagérations légendaires, on admettrait maintenant que les Toltèques, probablement vers le vu® om*vmc siècle de notre ère, se seraient répandus sur le pourtour du Mexique et jusqu’au Yucatan et au Guatemala; là ils auraient vécu en contact avec les Mayas-Quichés sur lesquels ils auraient exercé une action civilisatrice dont leurs monuments gardent la marque. Cette théorie assez vraisemblable s’accorderait avec celle de M. Gamio qui voit dans les Toltèques les auteurs des monuments de Teotihuacan. Ces constructions seraient antérieures à celles du A ucatan et même de beaucoup ; si leurs lignes générales, la forme pyramidale, les terrasses et les escaliers en particulier accusent une commune origine, les motifs décoratifs, les représentations de divinités, les signes symboliques sont
- Fig. 5. — Pyramide centrale de la « Citadelle » correspondant à la seconde époque.
- — Angle sud-ouest de la Pyramide du Soleil.
- distincts. Or on sait que la sphère d’intluence des monuments mayas s’étendit fort loin, jusqu’à l’État de Morelos qui touche celui de Mexico. Au cas où les édifices de la vallée de -Teotihuacan eussent été contemporains de ceux du Yucatan ou construits postérieurement, l’empreinte du style maya s’y serait manifesté. Autre argument en faveur de l’ancienneté absolue des monuments de Teotihuacan : des fouilles profondes dirigées comme des coups de sonde, en plusieurs points des principaux tumuli, n’ont révélé aucun vestige de construction plus ancienne et l’analyse des terres semble montrer que la vallée devait être peuplée antérieurement d’hommes peu nombreux, à civilisation très primitive.
- Quant à la détermination des dates attribuées aux monuments, M. Gamio, s’appuyant sur Gage des édifices du Yucatan et du Peten, deux mille ans environ, fait remonter ceux de Teotihuacan à deux mille cinq cents ou trois mille ans. Mais précisément l’ancienneté des premiers reste très controversée, nous n’en voulons pour preuve que l’opinion d’un de ses propres collaborateurs. Réservons donc la question.
- Sur un autre point, M. Gamio émet une hypothèse curieuse : devant 1’imporlaiicc et le caractère des ruines de Teotihuacan dont les légendes et les vieux auteurs parlent fort peu, et d’autre part devant les récits fabuleux des richesses et de la grandeur de l’antique Tula qui ne concorde aucunement avec les vestiges actuels, ni par l’étendue, ni par le style, „ il se demande si Ton ne se trouve pas on face d’une erreur historique et si Teotihuacan ne serait pas la vraie Tula. Il propose, en tout cas, qu’à la dénomination trop vague de Toltèque soit substituée celle de Teotihuacan qui correspond désormais à des monuments de style défini, les plus importantes et les plus originales des productions attribuées aux Toltèques. ^ _
- Voyons donc de plus près ces monuments :
- Là portion rectangulaire de la vallée,, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, comprend un nombre considérable de monticules dont trois particulièrement remarquables, connus sous les noms plus ou moins justifiés delà « Pyramide du Soleil » haute de 64 m.., de la « Pyramide de la Lune » haute de 42 m., et de la « Ciudadela » — la Cita-
- Fig. 4.
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- Fig. 6. — Détails du temple de Quetzalcoall,
- dclle — ou « Temple de Quetzalcoatl ». Beaucoup de pclits édifices nivelés au ras du sol ne peuvent plus être délimités aujourd’hui que parla recherche de leurs bases. Ces investigations se compliquent du fait que les décombres- de fouilles antérieures hâtives et mal conduites forment parfois des monticules gênants à côté des anciens ou môme sur eux. L’empâtement des monuments ne provient pas uniquement de la destruction de l’édifice qui les couronnait sur sa plate-forme supérieure, mais aussi de l’effondrement des revêtements et des apports du vent.
- Les savants qui avaient devancé la Direction d’Anthropologie dans ses recherches — et au nombre desquels figure notre compatriote D. Char-nay — n’avaient eu ni le temps, ni les moyens de mener à bien des travaux d’ensemble. Les fouilles n’avaient porté que sur des points particuliers et l’on a même à déplorer la perte de certaines découvertes, telle celle de fresques peintes insuffisamment protégées et qui se sont effacées progressivement.
- En 1917 commencèrent les travaux importants. Avant de procéder au décapage et à la remise en place de matériaux trouvés le plus souvent au pied des murs dont ils faisaient partie jadis, on prit des lieux un nombre considérable de clichés et l’on procéda à un relevé topographique minutieux. Ce relevé permit de préciser les axes de construction des monuments eux-mêmes et leur disposition les uns par rapport aux autres et par rapport à la configuration du terrain. L’axe principal de l'ensemble des monuments était déjà connu. Très apparent encore, il porte le nom de ccdle de los muertos, sorte de chemin orienté sensiblement nord-sud, long dé 2 km environ, limité au nord parla « Pyramide de la Lune » axée sur lui, et qui va se perdre au sud, plus loin que la « Ciudadela » dont il horde le côté principal (fig. 5).
- Sur des axes perpendiculaires au premier se rencontrent les au-1res monuments : le « Temple de l'Agriculture »,la « Petite Place des Colonnes », la « Pyramide du Soleil » et, plus loin après le rio San Juan, qui semble lui aussi un axe secondaire, la Ciudadela que son aspect général a ainsi fait dénommer ; c’est un quadrilatère de 400 m. de côté, bordé sur toutes ses faces d’une plate-forme un peu surélevée, large de 80 m. et enfermant deux grands patios rectangulaires au centre.
- Les rues de la cité étaient comme macadamisées au moyen d’une couche pressée de cailloux et de chaux, leur surface recevait en outre un enduit lisse de chaux teintée de rouge. Des égouts à section régulière et recouverts de pierres plates assuraient l’écoulement des eaux. Toutes ces dispositions exigeaient l’emploi d’appareils spéciaux, précis bien que simples et dénotent un réel degré de civilisation.
- Les constructions dérivent sans exception du système pyramidal, qu’il s’agisse de la simple base d’un édifice isolé ou d’un monument constitué par la pyramide même. On peut les classer en deux catégories : les uns, les plus importants, formés d’un groupement symétrique de petits édifices, les autres de dimensions très variables, constitués par un édifice unique, formant un tout à lui seul.
- Parmi les premiers, on en trouve qui se composent d’une vaste aire carrée dont les côtés ont pour limite une large plate-forme surmontée de constructions et d’un monument central comprenant, comme dans la « Pyramide du Soleil » tout l’espace libre, au centre, ou d’un monument plus petit et en arrière du centre, comme dans la « Ciudadela ». Il en est d’autres . qui n’admettent pas d’édifice principal, mais qui groupent des constructions semblables
- Fig. 7. — Tete de serpent emplumé du monticule central de la « Citadelle ».
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- Fig. 8. — Fresque représentant, des prêtres, de la « Casa de Barrios ».
- par trois, par quatre, bordant les côtés d’une place carrée libre; ces disposilions sont toujours symétriques et utilisent des axes perpendiculaires entre eux.
- L’édifice-type se réduit à ceci : un tronc de pyramide quadrangulaire à deux étages surmonté d’une petite construction à laquelle permet d’accéder un escalier vertical construit en façade : le monument placé devant la « Pyramide du Soleil » en donnejune représentation exacte. La pyramide peut voir croître avec ses dimensions, le nombre de ses étages jusqu’à cinq et six, ceux-ci n’étant en retrait les uns par rapport aux autres que de la largeur d’un simple chemin de ronde. Certains édifices à distribution plus compliquée semblent avoir été bâtis non comme temple, mais en vue d’une affectation spéciale, telle la « Casa de los Sacerdotes ».
- Ln résumé, les constructeurs utilisaient les lignes droites, à l’exclusion des lignes courbes, les formes géométriques simples, la pyramide quadrangulaire régulière avant tout. Ils poussaient l’obligation de la symétrie jusque dans les détails.
- Les procédés de construction paraissent simples : après retrait de la terre végétale, afin de trouver une assise ferme, on élevait grossièrement la pyramide par des apports de matière, à moins qu'un monticule naturel ne fût partiellement utilisé. On limitait et régularisait ensuite la forme extérieure de cette pyramide au moyen de murs en pierre et en terre ou en adobes ('), les vides existant derrière eux se comblaient sans précautions spéciales. Puis les murs recevaient une sorte d’encadrement et de faîtage constitués par des pierres sommairement appareil-
- 1. Grosses briques de glaise séchée, non cuite.
- Fig. 9. — Fresque du Temple de l’Agriculture.
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- lées et le tout était recouvert d’une couche de chaux polie et le plus souvent peinte en rouge.
- On rendait imperméable le sol de chaque palier par des épaisseurs successives et alternées de graviers et de chaux ; la surface en était unie et peinte comme le revêtement des murs, sa dureté relative n’autorisait sans doute la marche qu’avec des pieds nus ou munis de sandales.
- La sécheresse de ligne de ces monuments s’amendait parfois grâce à des motifs ornementaux en relief et à des peintures murales. Ainsi on a trouvé des frises et des soubassements sculptés, ornés de disques, d’anneaux, d’étoiles, de coquilles, de lignes en dents de scie, en escalier, etc.... Des décombres du Temple de Quetzalcoatl qui se dresse au centre de la Ciudadela, furent retirés plusieurs blocs de pierre représentant des têtes de serpents ou de dragons pourvus de plumes, ainsi que des motifs décoratifs curieux reconnus pour être le signe de Taloc, le dieu de la pluie. Des sculptures analogues furent découvertes encore en place dans une autre partie du Temple. On ne peut qu’admirer le travail de ces artisans qui n’avaient entre les mains pour l’exécuter aucun instrument de métal.
- Des fouilles antérieures avaient déjà permis de réunir au Musée local de Jeôtihuacan des pièces sculptées fort intéressantes : personnages entiers, têtes humaines, crânes curieusement stylisés, félins à gueule ouverte, avec des mâchoires anguleuses qui font songer à certaines sculptures incasiques de puma au Cuzco et bien
- d’autres représentations dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici.
- Les peintures sous forme de fresques à la chaux ornent principalement les soubassements, les plans inclinés et les panneaux des murs encadrés de pierre, en un mot les parties planes et polies ; les couleurs les plus fréquentes comprennent le rouge foncé, le vert et le jaune, le dessin est bordé d’un trait noir net et précis. Parfois il s’agit de motifs décoratifs simples : rubans horizontaux relevés de distance en distance comme par une attache, cercles concentriques de teintes variées, rectangles, volutes entrelacées, grecques ; ailleurs le souci de composition s’accuse : panneaux de fleurs et de fruits, oiseaux aux formes stylisées dans un but ornemental, personnages mêmes, mais toujours présentés de profil. Ces fresques sont rarement mises au jour en bon état de conservation, mais elles gardent le plus souvent des fragments intacts qui permettent, grâce à la répétition des motifs, de reconstituer l’ensemble. Que de choses il resterait à dire et sur les croyances des constructeurs de ces monuments et sur l’origine et le sens religieux du mot Teotihua-can, et sur les styles des céramiques archaïques, et sur bien d’autres sujets. À peine avons-nous effleuré quelques questions, notre but sera néanmoins
- atteint si ces lignes incitent ceux que l’américanisme intéresse à lire et à étudier l’œuvre si pleine d’enseignements de la Direction d'Anthropologie mexicaine. Raolt, d'Haücoiiït
- Secnétiiirc général adjoinl. de la Société des Aniôricimisles de Paris.
- Fig. 10. — Fresque représentant un hibou stylisé, du Temple de VAgriculture.
- Un grand entrepôt frigorifique de port maritime.
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- La question des installations frigorifiques nécessaires à la conservation des denrées périssables de toute nature présente un intérêt chaque jour croissant. Un aspect en a été donné par La Nature dans son numéro du 28 janvier 1922 au sujet de la gare frigorifique d’Ivry. 11 est intéressant d’étudier de quelle façon cette question doit être résolue dans un port de mer, où les difficultés à résoudre sont d’un ordre différent et particulièrement considérables.
- Nous étudierons dans ces lignes l’entrepôt frigorifique du Havre, construit sous la surveillance du Lloyd’s Register of Shipping et du bureau Véritas, qui peut être considéré comme le type du dock d’importation et de répartition, tant en raison de son importance considérable, conséquence de sa
- situation, qu’au point de vue de l'intérêt qu’il présente par ses installations toutes spéciales.
- Le projet en remonte à 1918. A cette époque, une étude faite par le Conseil supérieur des Travaux Publics faisait ressortir que sa capacité devrait être de 12 000 tonnes environ, permettant.la réception et la répartition annuelle de 52 cargaisons de 3000 t. provenant de l’Argentine et de 26 de 1200 t. constituées par les viandes du Brésil, les fruits du Chili, les beurres du Danemark, les œufs de Chine, etc....
- Un dock frigorifique de port diffère sur de nombreux points d’un dock de l’intérieur. Il doit en effet satisfaire aux conditions suivantes :
- Etre construit très près des quais d’accostage des ’ navires afin que le transport des produits, des cales
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- aux chambres froides, soit effectué le plus rapidement possible, et que la durée du séjour des navires à quai soit réduite au minimum.
- Pour cela, il doit disposer de moyens de déchargement rapides et de grande puissance.
- Disposer d’un nombre de voies ferrées assez considérable pour permettre l’expédition très rapide des denrées destinées à l’intérieur, c’est-à-dire la plus grande partie, vers leur destination définitive, les voies de déchargement devant toujours être établies dans un endroit refroidi, à l’abri du soleil et des intempéries.
- Posséder des chambres froides suffisantes en nombre et en capacité pour permettre une grande puissance de déchargement et l’emmagasinage intégral de toutes les cargaisons qui peuvent arriver.
- constituées par des rangées de 26fi pieux explosés, groupés par 4, 5 ou 6, suivant la dureté du sol, foncés jusqu’à 9 m. 50 en certains points, un plan d’eau existant à 2 m. 50 au-dessous du niveau des voies ferrées, il couvre une superficie de 5000 m2, avec une capacité de 25 000 m" correspondant à un tonnage entreposé de 7000 t., et se compose essentiellement d’un bâtiment principal renfermant les chambres froides, et d’un bâtiment secondaire dans lequel se trouvent la salle des machines et des appareils accessoires, les transformateurs, évapo-rateurs, etc., les bureaux et des logements pour le personnel fixe.
- Le sol du rez-de-chaussée, surélevé au niveau du plancher des wagons, est formé d’un remblai de mâchefer de 0 m. 00 d’épaisseur, d’une couche de
- FiS:- i — Les docks j
- Etre pourvu d’une installation productrice de froid assez souple et cependant assez puissante pour permettre une marche avec le minimum de frais pendant les périodes de moindre activité, tout en restant capable de satisfaire immédiatement à toute augmentation possible des besoins.
- Enfin la construction doit donner le minimum des déperditions et les fondations, particulièrement solides en raison de la proximité de l’eau, doivent être étudiées pour permettre l’addition éventuelle d’étages supplémentaires.
- Le dock frigorifique du Havre est construit sur le terre-plein compris entre le bassin Bellot, lieu de déchargement des produits en provenance de l’Amérique du Sud, de l’Extrême-Orient et de la Côte occidentale d’Afrique par les vapeurs de la Compagnie des Chargeurs Réunis et le nouveau bassin de marée, où aboutissent les lignes de la Compagnie Générale Transatlantique sur l’Amérique du Nord. 11 se trouve ainsi placé dans une situation exceptionnellement favorable, améliorée encore par la liaison directe de ses voies de chargement avec la gare maritime et la grande ligne de Paris au Havre.
- Etabli sur des fondations extrêmement fortes,
- t'
- rigorijiques du Havre.
- béton de mâchefer de 0 m. 10 et d’une couche isolante de 0 m. 20 recouverte d’un dallage en béton lissé de 0 m. 10, assurant ainsi une isolation parfaite du sol et permettant une charge utile de 1000 kg par mètre carré.
- Chaque étage renferme 6 chambres froides d’une capacité de 500 tonnes chacune, et deux salles de manutention reliées par un couloir de 5 m. 50 de large fermé à ses deux extrémités, formant antichambre, et dans lequel s’ouvrent les portes des chambres. La charge utile sur les planchers des étages est de 800 kg par mètre carré dans les chambres et 500 kg dans les salles de manutention.
- La construction isolante comprend une construction intérieure en béton armé et des cloisons en briques recouvertes par des couches de liège aggloméré au brai sans solution de continuité, épaisses de 12 à 24 cm (nous verrons plus loin quel degré d’isolation représentent ces épaisseurs) et d’un revêtement extérieur en béton armé encadrant les murs formés de deux rangées de briques creuses. „
- En outre, et ceci constitue pour le dock du Havre une amélioration considérable sur les procédés actuellement employés, les murs des chambres froides sont revêtus intérieurement de briques spé-
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- et susceptible de se déplacer dans les deux sens à une vitesse réglable pouvant atteindre 1 m. 20 par seconde. Ce tapis, constitué par trois tronçons indépendants, apporte les colis sur deux transporteurs perpendiculaires à son axe, de même nature, et aboutissant par une partie horizontale suivie d’une section inclinée aux salles de réception où se fait le triage, le pesage, le marquage, et l’envoi aux chambres froides par doubles rails aériens modèle « Ar-dee ». Pour permettre le passage des colis à angle droit aux jonctions des transporteurs, les tapis sont interrompus et remplacés par une série de rouleaux coniques à axes
- Fig. 2.— Plate-forme à tapis roulant du quai Bellot.
- ciales en ciment de 0 m. 40 de largeur, présentant une saillie en forme de coin épointéde0m.06 d’avancée. Ces saillies, se super-posant exactement dans la construction, forment des sortes de colonnettes qui empêchent le contact entre les murs et les produits entreposés , permettant la libre circulation de l’air froid sur toutes
- les faces de ces dernières. Une autre caractéristique importante du dock du Havre est constituée par le dispositif spécial établi pour le transport automatique des produits extraits des cales jusqu’aux salles de triage.
- Le long du bassin Bellot, contre les hangars, et surélevée de 9 m. 55, a été construite une plate-forme de 150 m. de long, sur 5 m. 50 de large, sur laquelle les grues de quai déposent directement les denrées sortant des cales des navires, quelle que soit la position des panneaux.
- Le long de cette plate-forme court un tapis roulant en toile caoutchoutée de 10 mm d’épaisseur sur 800 mm de largeur reposant sur des rouleaux
- Fig. 3. — Changement de direction du lapis roulant,
- rayonnants formant plan incliné, sur lesquels les colis sont entraînés par la gravité. La ; section inclinée des deux transporteurs disposés de part et d’autre du hangar, est, à marche indépendante, réglée sur celle de l'ensemble de l’installation de la plate-forme. Ce dispositif permet de transporter des cales aux salles de triage, 1000 tonnes de marchandises en 7 heures de travail effectif. Les colis sont
- Fig. 4- — Une salle de triage des viandes frigorifiées.
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- suspendus par une chaîne à nœud coulant aux crochets des runways qui portent un dispositif spécial d’encliquetage leur permettant de faire prise dans les anneaux d’une chaîne de galle dans les deux parties du circuit de voies aériennes qui passent, au-dessus des voies ferrées par une section surélevée entre deux sections inclinées.
- Les quelques indications qui suivent donneront une idée précise de l’importance de cette installation.
- La longueur de voies aériennes desservant tout le frigorifique, est de 2000 m., avec 220 aiguillages et plaques tournantes, et permettant en outre le chargement sur wagons isothermes de 600 à 700 t. par jour.
- La salle des machines, de 26 m. sur 15 m. 70 pour 6 m. 50 de hauteur contient 4 groupes compresseurs complets (dont un de secours) à pièces interchangeables, pouvant produire chacun 110 000 f rigories-heure et satisfaire à une consommation de froid de 4 956 8 00 frigories par 24 heures et un moteur Diesel de
- Fig. 5. — La salle de pesage.
- Fig. 6. — La salle des machines frigorifiques.
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- Fig. 7. — Viandes frigorifiées chargées dans des wagons isothermes .
- secours. Les compresseurs sont du type Dyle et Bacalan, ho rizontaux de 75 HP à 95 tours-minute, à graissage automatique sous pression. Ils sont mus par des moteurs électriques asynchrone s recevant du courant à 5000 volts (triphasé 50 périodes) ramené à 220 volts par deux transformateurs statiques de 200 kw.
- Une batterie d accumulateurs permet le travail et l’éclairage dans le cas de défaut de courant du secteur.
- Sur les trois voies de quais refroidis de l’intérieur du frigorifique, peuvent prendre place 45 wagons de 7 tonnes ou 25 de 15 tonnes.
- On aura également une idée de la perfection de l’isolation, si l’on considère qu’une épaisseur de liège aggloméré de 0 m. 10 correspond à peu près à une épaisseur de mur ordinaire de 1 m. 50.
- Quant à la puissance de réception du dock, elle sera définie par le fait qu’une cargaison de 5000 t. de viande renferme en moyenne 60 000 quartiers de bœuf, représentant un troupeau de 15 000 têtes,
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- soit pour sa capacité de 7000 t., 55 000 bœufs.
- Actuellement sont entreposés, attendant l’expédition, 20 millions d’œufs en coquille arrivés récemment de Chine.
- La longueur des tuyaux radiateurs de froid est de 8400 m., donnant une surface de 1700 m2 et un pouvoir de transmission de 170000 frigories-heure.
- Les J7 frigorifères servant à la ventilation des chambres ont un pouvoir de transmission de 50 000 fri-gories chacun, pour une surface d’achange de 210 m2 et un débit de vent de ! 5 000 m3 par heure.
- Gai,vois.
- Diplôme il<‘ l'Ecole' ili's Ilmilps Etmli'n conmiprcinlcs.
- LES INSTALLATIONS HYDRO-ÉLECTRIQUES EN ITALIE
- Le Barrage de San Chiara d’Ula (Sardaigne).
- L’Italie, pauvre en charbon, est riche en chutes d’eau; le mouvement qui, depuis une vingtaine d’années, la pousse à mettre en valeur ses ressources hydrauliques s’est vivement accentué encore depuis la fin de la guerre.
- Ce développement a été aidé tout d’abord par un certain nombre de mesures administratives dont voici le résumé :
- Le « Conseil supérieur des Eaux » reçut la mission d’étudier un programme d’ensemble comportant l’installation de nombreuses et importantes centrales dans les diverses contrées de l’Italie.
- Pour mener à bien cette étude, une vaste enquête fut ouverte auprès des propriétaires d’installations de ce genre déjà en activité, les renseignements demandés concernaient : les installations proprement dites : barrages, réservoirs, centrales ; les résultats tant au point de vue économique que technique des concessions accordées ; les accidents ou incidents divers survenus en cours d’exploitation.
- De son coté le « Conseil supérieur des Eaux », afin d’intéresser l’opinion publique à la réussite du programme élaboré par lui, entreprit la publication de nombreux documents de propagande et de documentation : hiémoires, 'descriptions, projets, etc.., se rapportant à des installations en activité ou en voie de construction, tant en Italie que dans les autres pays.
- De plus, en 1919, le « Conseil supérieur des Eaux » recevait par une loi la charge d’établir tous les ans la statistique des concessions accordées, des dérivations et travaux exécutés, et de l’énergie produite dans le courant de l’année précédente,, tous ces renseignements étant fournis par les concessionnaires eux-mêmes.
- En 1920, une carte d’Italie au 1/500000 portant les Centrales de puissance supérieure à 300 HP, fut éditée par les soins de « l’Institut géographique et militaire » accompagnée de tableaux et de graphiques divers, montrant le développement des installations hydroélectriques.
- Actuellement, le principal groupement hydroélectrique est celui dit Alpin, situé le long de l’ancienne frontière, sur une bande d’une cinquantaine de km. de largeur, allant, d’ailleurs, en s’amincis
- sant vers le golfe de Gênes. Les principales « centrales » de ce groupe sont situées dans les zones alpines et préalpines et dans la plaine lombarde, particulièrement sur l’Adda et le Tessin.
- Plus au Sud, après une grande superficie presque complètement dépourvue d’installations importantes, nous en retrouvons à nouveau, sur l’Arno et dans le haut bassin du Tibre (où plus de 200000 HP sont projetés ou en cours d’exécution), et sur l’un et l’autre versant des Apennins. Toutefois, la partie méridionale de ceux-ci est encore mal desservie bien que d’importants travaux soient prévus.
- En Sicile, nous rencontrons les principales installations sur la côte orientale de l’ile, et dans sa partie Nord, particulièrement sur l’Oreto.
- Enfin, en Sardaigne, une seule installation importante en voie d’achèvement : celle de San Chiara, d’Ula, sur le Tirso, dont nous donnons plus loin une courte description.
- Nous complétons ce rapide exposé de la question par les deux tableaux ci-après, indiquant la puissance des installations en service avant 1920, et en cours d’exécution cette même année, renseignements que nous puisons, ainsi que ceux ayant servi à la rédaction de la présente note, dans les Annales du Conseil supérieur des Eaux (vol. IV, fasc. I).
- Ces tableaux montrent combien a été poussée par l’Italie la mise en valeur de ses gisements de houille blanche. ,
- La puissance totale installée surpasse sensiblement celle de la France et le développement en est poursuivi avec ardeur.
- Ces deux tableaux portent, en outre, l’indication de la puissance disponible par 100 habitants, dans chaque province, montrant ainsi les régions plus ou moins favorisées.
- Parmi ces dernières, la Sardaigne, qui compte parmi les provinces les plus peuplées d’Italie, et qui possède en outre un sous-sol extrêmement riche, était restée cependant, - jusqu’à ces temps-ci, presque complètement dépourvue d’installations hydroélectriques.
- Le développement de son agriculture avait été sérieusement compromis par les déboisements nombreux effectués au cours du xixe siècle et les
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- LES INSTALLATIONS HYDRO ÉLECTRIQUES EN ITALIE
- pâturages, dont la surface atteint 60 pour 100 de celle de l’ile, avaient particulièrement souffert.
- Pour remédier à cet état de choses, un vaste programme d’irrigation de l’ile fut mis à l’étude, qui prévoyait la création de lacs artificiels.
- Dans les projets présentés dès 191-2, en vue de ces aménagements, la création d’un barrage sur le Tirso, à San Chiara d’Ula, fut envisagée, barrage* qui devait servir, non seulement à l’irrigation de la région, mais encore à la production de l’énergie électrique.
- M. Luigi Kambo, qui dirige actuellement les travaux de construction — en voie d’achèvement — du barrage et de l’usine, a modifié considérablement le projet primitif, dù à M. Ornodeo, et qui comportait l’établissement, d’un barrage de section triangulaire.
- Le projet en cours d’exécution comporte des particularités remarquables :
- La barrage adopté est du type dit : à voûtes
- conduit est ménagé, qui vient déboucher horizontalement, dans le canal de décharge.
- En cas de crues exceptionnelles, des déversoirs automatiques à volets, ainsi que deux conduites de décharge, ont été prévus, et sont susceptibles d’éva-cuer 1 600 m3 d'eau à la seconde.
- Les voûtes du barrage, qui sont en béton armé, ont une épaisseur variant de 1 m. 67 à 0 m. 50 de la base au sommet, et sont recouvertes dans la partie noyée d’un enduit asphaltique. Les murs de soutènement et les piédroits sont en maçonnerie, et dans leur masse on a placé des barres d’acier afin d’en augmenter la résistance.
- Les murs intérieurs de l’usine ont leur paroi revêtue en carreaux céramiques.
- Commencée pendant la guerre, cette importante installation a été menée à bien malgré les difficultés de tous genres rencontrées, et contribuera grandement au développement économique de la Sardaigne.
- .... Terrain naturel primitif.
- ,m Hoche.
- _ Fondations en pierre de taille „ „ maçonnerie et
- limite du diaphragme de drainage.
- i_/ sp __
- Conduites de décharge
- Fig. j. — Le barrage du Tirso, à San Chiara d’Ula.
- multiples, et sera le plus grand de ce genre, construit jusqu’à ce jour.
- Sa hauteur atteint 61 m. et sa longueur 225 m. (pour le barrage proprement dit) répartie en 15 travées de 15 mètres, entre les axes des piédroits, ou contreforts. A la partie supérieure (cote 112) se trouve un pont-route double avec chaussée de 6 m. de largeur.; à la partie inférieure (cote 61 ) se trouve également une autre route qui dessert l’usine.
- En dehors de ces deux ponts-route, supportés par des voûtes, le barrage comporte deûx autres séries d’arcs aux cotes 90 et 75, qui avec les voûtes du barrage assurent l’entretoisement de l’ouvrage.
- L’usine électrique est installée sous les voûtes situées à la cote 75 : 4 intervalles servant de couverture à chacun des 4 groupes moteurs : un cinquième étant réservé à.la salle des transformateurs et des tableaux de distribution.
- Chaque groupe moteur comprend deux turbines alimentées séparément.. La double conduite prend l’eau dans l’axe de la travée voisine afin de venir déboucher convenablement par rapport à l’axe des turbines qui se trouve placé normalement à la direction du barrage. L'échappement des turbines se fait à l’intérieur du massif des machines où un
- Elle témoigne, en même temps, de la brillante valeur actuelle des techniciens italiens en matière d’hydraulique^
- Installations en Service en 1920.
- Populalion en milliers Puissance' totale en Puissance par
- Provinces. d'habitants. IIP. 100 liai).
- Piémont . . 5.424.000 565.550 10.68
- Ligurie. . . 1.197.000 14.660 1.22
- Lombardie . 4.790.475 526.509 6.82
- Vénétie. . . 5.527.560 76.046 2.15
- Emilie. . . 2.681.201 17.815 0.66
- Toscane . . 2.694.706 20.527 0.76
- Marches . . 1.095.255 29.892 2.75
- Umbrie. . . 6S6.596 168.565 24.55
- Latium. . . 1.502.425 59.051 5.00
- Abruzzes . . 1.450.706 92.248 6.45
- Campanie. . 5.511.990 29.268 0.88
- Pouille. . . 2.150.151 — —
- Ba silicate. . 474.021 — —
- Calabre. . 1.402.151 710 0.05
- Sicile ... 5.672.258 11.400 0.51
- Sardaigne. . 852.407 —- _
- Italie. . . . 54.671.577 1.191.797 5.44-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Installations en cours
- Provinces. Population en] milliers il’habitnnts. Puissanc : en IIP. Puissance par 100 liab.
- Piémont. . . 3.424 109.386 5.20
- Ligurie . . . 1.197 688 0.06
- Lombardie. . 4.790 121.954 2.54
- Vénétie . . . 3.527 22.556 0.64
- Emilie . . . 2.681 25.464 0.87
- Toscane. . . 2.694 7.558 0.27
- Marche . . . 1.093 2.658 0.24
- Umbrie . . . 686 50.136 4.59
- d’exécution en 1920.
- Latium . . . 1 302 2 726 0 21
- Abruzzes . . 1 450 8 305 0 .58
- Campanie . . 5 311 26. 945 0. 81
- Pouille . . . 2 130 4 400 0 21
- Basilicate . . 474 2 155 0 45
- Calabre . . . 1 .402 4 040 0 29
- Sicile.... 5 672 3 935 0 11
- Sardaigne . . 852 10 380 1 22
- Italie .... 34 .671 Maurice 381.244 1 Cazaihuejlii, 10
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1922 et janvier 1923.
- Nouvel appareil de microphotographie. — Jusqu’ici, qu’il s’agisse de dispositifs verticaux ou d’appareils horizontaux, il est difficile d’obtenir des images nettes ailleurs que dans le plan optique, et cela même pour des grossissements moyens. M. Durante soumet à l’Académie un appareil qu’il a mis au point, en collaboration avec M. Baron, et qui présente cette particularité de maintenir, à l’intérieur d’une boîte hermétiquement close, le foyer lumineux et le microscope, de façon qu’aucun rayon ne puisse passer sauf par l’oculaire, la plaque sensible se manœuvrant à l’air libre. Les opérations se font naturellement au cabinet noir.
- La carapace siliceuse des Diatomées. — Ayant étudié une algue brune unicellulaire d’eau douce, Nitzschia linearis, qu’il a cultivée sur liquide de Knop additionné de gélose, M. Henri Coupin estime que les diatomées trouvent la substance de leur carapace siliceuse dans la silice du silicate d’aluminium, substance qui cependant exige pour la séparation de l’élément Si, par les méthodes physico-chimiques, un nombre considérable de calories. En remplaçant le liquide de Knop par de l’eau de source, ce savant a constaté en outre que le kaolin, l’argile ou le feldspath ainsi amenés étaient au bout de quelques mois remplacés par la silice fournie par les carapaces de diatomées ayant achevé leur existence. C’est au total la reproduction in vitro de la roche qu’on appelle communément terre d’infusoires ou Kieselguhr.
- La faune littorale et la pêche à la lumière. — La communication de MM. Fagé et Legendre montre l’intérêt que peut présenter la lumière pour l’exploration zoologique descôtes. Le dispositif employé par les auteurs à Concarneau, dans la baie de la Forêt, comprend une lanterne à acétylène, appareil étanche haut de 45 cm et soutenu par une bouée. Un réflecteur projette la lumière vers le bas et les côtés dans une zone de 4 à 5 m. de rayon où les animaux sont capturés par un haveneau. Les pêches ainsi effectuées l’été dernier ont été particulièrement riches en crustacés et en polychètes pélagiques et b'enthiques.
- Sur la structure des Alpes Orientales. — La dernière note de M. Pierre Termier confirme les données précédemment acquises par ce géologue sur la tectonique des Alpes Orientales et rend manifeste la structure générale en grandes nappes empilées. Au total, on peut avancer
- que les nappes des Alpes Orientales ont l’âge des nappes suisses et que, dans la chaîne alpine, le charriage principal est oligocène; par rapport à son ampleur, on peut considérer comme faible la composante horizontale des mouvements qui ont marqué le crétacé et la fin du miocène.
- La transmission par arbre longitudinal. — Les calculs de M. Petot attirent l’attention des fabricants d’automobiles sur une erreur que l’on commet fréquemment, dans le calcul des réactions exercées sur le carter du pont arrière par le pignon conique et le différentiel On oublie ainsi un inconvénient qui, commun à tous les systèmes de transmission par arbre longitudinal à cardan, peut prendre une certaine importance quand la stabilité de la voiture est en jeu.
- Le polymorphisme de l'antipyrine, de la vanilline et des érythrites. — Les expériences de M. Paul Gaubert démontrent que la première de ces substances peut donner trois modifications cristallines, alors que la va-nillipe en présente quatre. Quant à l’érythrite, si l’on considère l’une des formes de la variété inactive, on constate qu’elle fournit des sphéroliles simples dont les fibres sont allongées suivant l’axe quaternaire du cristal (a), l’autre forme (p), biaxe, présentant encore des sphérolites, mais à enroulement hélicoïdal et appartenant à deux types différents.
- La bordure orientale du Bassin de Paris. — Jusqu’en 1916, on s’accordait à reconnaître que la mer valangi-nienne n’avait pas franchi le détroit morvano-vosgien, or à cette époque M. J. Lambert démontra l’existence de l’étage dans le sud du département de l’Yonne, où il présente trois faciès synchroniques : bathval, littoral et intermédiaire. M. Georges Corroy, qui a repris l’élude des horizons inférieurs au calcaire haulerivien de la Meuse et de la Haute-Marne, montre qu’ils ont été formés bien avant les dépôts marins du Yalanginien supérieur de l’Yonne et de l’Aube, et que ce sont là des faciès lagunaires, correspondant, selon toute probabilité, au Valanginien inférieur du Jura et de la Sui-se.
- La morphologie du Bas Morvan. — Vallées sans drainage superficie], les « ouches » ont, quelle que soit leur altitude, l’allure de bas-fonds confus. Pour M. Boît, on doit les considérer comme des vallées en voie de
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- ACADEMIE DES SCIENCES .... — 157
- comblement par la descente des arènes, dont l’épaisseur croît progressivement le long des pentes. Masse imparfaitement fluide, le sol meuble obéit aux lois d’écoulement des liquides visqueux, cl cela explique l’empâtement des formes; les vallées se comblent sous l’apport des coulées solidifiées, tandis que, descendues sur les versants, les eaux superficielles sont submergées et disparaissent peu à peu dans la masse des sables.
- Les courants telluriques. — La note de M. Marc De-cbevrens montre qu’à la catégorie des courants continentaux, on doit associer celle des courants marins. Tandis que les premiers ont une variation diurne constituée de deux sortes d’ondes, dont l’une de 24 heures impose son maximum au milieu du jour et son minimum au milieu de la nuit, les seconds offrent une onde de même durée qui s’efface devant celle de 12 heures, dont les deux parties restent à peu près égales.
- Le formol et les végétaux supérieurs. — Des expériences de MM. E. et G. Nicolas qui ont porté sur une culture de haricot, variété « souvenir de Dreuil », il résulte que, tant qu’il n’y a pas ou qu'il y a insuffisamment de chlorophylle l’aldéhyde formique exerce une action toxique et que, dès que la chlorophylle peut jouer son rôle photocatalyseur, l’influence devient favorable (à la dose de 521 mg au litre).
- Élections. — Au cours du mois de décembre, les membres de l’Académie ont élu M. Hyacinthe Vincent en remplacement de M. A. Laveran, dans la section de Médecine et de Chirurgie, puis Sir William II. Bragg et l’abbé Sanderens, qui, en qualité de Correspondants, succèdent respectivement à MM. René Benoît et Philippe Barbier.
- La décomposition catalytique de l'huile de ricin. — M. Mailhe l’a réalisée dans un tube de cuivre renfermant des blocs d’alumine, puis de la tournure de cuivre. Entre 550° et 570°, les produits recueillis comprennent de l’eau, de l’acroléine, des gaz (CO, CO2, CnH2n,CnII2n + 2) et des hydrocarbures qui commencent à bouillir vers 55°. Le résidu de ceux-ci, séparés jusqu’à 250°, a été passé de nouveau sur le catalyseur, pour former un liquide jaune à forte, odeur d’œnanlhone. En opérant à (500°, M. Mailhe a constaté que les hydrocarbures formés sont de nature forménique, alors qu’au-dessus de cette température on trouve des composés aromatiques, tels que la benzine, le toluène et le métaxylène.
- La vitalité des feuilles d'Aucuba. — M. le professeur Maquenne et M. Demoussy ont déjà signalé à l’Académie une expéi’ience de mai 1922 qui leur a permis de conser-* ver plus d’un an, dans le vide et à la lumière, des feuilles d'Aucuba sans que celles-ci présentassent aucun signe d’altération. MM. Pierre et P.-A. Dangeard ont repris ces essais et constaté la résistance des cellules, qui demeurent en tous points comparables à celles de témoins restés sur l’arbre. De ce fait, il est certain que la découverte de MM. Maquenne et Demoussy sera le point de départ de recherches nouvelles concernant la biologie cellulaire.
- Les différents aspecU de ta décharge électrique dans les cristaux. — Lorsqu’il s’agit de corps mauvais conducteurs, on peut étudier soit la conductibilité proprement
- dite, soit le potentiel de rupture, et la dernière méthode s’emploie généralement pour les isolants industriels. La note de MM. G. Reboul et Blet montre qu’entre ces deux aspects extrêmes de la décharge, il existe une série de formes diverse*, telles que des cercles concentriques et équidistants ou des taches circulaires de même diamètre et répartis sans loi apparente.
- La désulfuration des métaux par la chaux. — La réaction : MS —j— CaO - j- C — M + GaS -f- CO doit donner lieu à un équilibre dans le partage du soufre, entre le métal et le laitier, mais jusqu’ici, même lorsqu’il s’agit de la désulfuration des aciers au four électrique, on ignore comment l’élément S se répartit entre le laitier calcaire et le métal fondu. Les expériences de M. B. Bo-gitch établissant, dans quelques cas, ce coefficient de partage, indiquent qu’il deviendra possible de préparer des métaux purs en partant directement de leurs sulfures et en évitant de cette façon le grillage et la réduction.
- La formation des sources. — On s’accorde généralement à les classer en sources de thalweg, formées grâce à une ou plusieurs fissures verticales qui ont permis de faire communiquer les diaclases plus ou moins profondes avec la surface du sol, et en sources d’affleurement, qu’elles sortent du sol aux points les plus bas des affleurements des vallonnements marqués par la couche imperméable sur laquelle repose l’eau souterraine, ou qu’elles résultent du recoupement des diaclases souterraines par une vallée plus ou moins profonde. M. Diénert remarque à ce sujet combien il est important de déterminer la température de l’eau d’une émergence pour situer approximativement la couche géologique et le périmètre d’alimentation de cette eau.
- Un polymère de l’acide cyanhydrique. — L’azul-mine cède à l’éther une substance cristallisée qui a fait l’objet de travaux de Lange, de Wippermann, de Lescœur et de Rigault. Ces auteurs ont admis qu’on se trouve en présence d’un polymère de l’acide cyanhydrique de formule (H.CAz)3 et, à ce sujet, M. C. Bedel établit qu’il s’agit d’un tétramère paraissant correspondre au cyan-hydrate de l’aminopropanedinitrile, alors que Wippermann lui assignait la formule de l’aminopropanedinitrile.
- Un nouveau minerai radioactif. —A l’aspect terreux, pulvérulent et de densité élevée, il accompagne souvent les cristaux de chalcolite de Kasongo (lvatanga, Congo belge). M. Al. Schœp lui prête la formule 2PbO ,U03,P203,II20
- qui en fait un phosphate de plomb et d’uranyle hydraté et propose de lui donner le nom de Parsonite, en l’honneur du professeur de minéralogie de Toronto.
- La perte de lumière à Paris. — En réduisant les causes d’erreurs de l’actinomètre totalisateur ou luci-mètre de Belloni, M. Louis Besson a pu établir que la perte de lumière, due aux fumées et à l’augmentation des nuages, se fait sentir jusqu’à une grande distance de Paris, du côté où va le vent; à 10 km. elle parait être encore de 15 à 25 pour 100 lorsque le vent vient de la ville.
- L'amidon des algues floridées. — D’après M. Mange-not, aux points de vue chimique et physiologique, il se
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- omporte comme l’amidon type et les colorations iodées l’en distinguent légèrement. Mais scs caraclères essentiels sont d’ordre cytologique, car il ne nait pas dans les plastes, mais dans le cytoplasme avec la participation probable du noyau.
- Un nouveau procédé de représentation stéréoscopique des surfaces topographiques. —• Les méthodes jusqu’ici mises en pratique sont toutes fondées sur le fait que les deux vues assemblées doivent être deux perspectives coniques de la surface. Sans altérer le relief relatif, M. Poivilliers remplace ces dernières par deux projections cylindriques, l’une droite, l’autre oblique.
- Celle-ci s’obtient de la première par un décalage successif des courbes de niveau proportionnellement à leur différence d’altitude pour un plan de comparaison arbitrairement choisi, décalage qui s’effectue dans une direction fixe prise comme direction de base.
- Le matériel industriel de l'épo<iue néolithique. — Une séide de fouilles conduites avec méthode dans la
- forêt de Montmorency a permis à M. Léon Franchct de mettre à jour un très grand nombre d’instruments situés dans une couche archéologique intacte d’une épaisseur moyenne de 0 m. 60 et se partageant nettement en deux séries principales : des outils agricoles (socs de charrue, houes et pics), et des outils à travailler le bois. L’âge des débris où abondent les instruments tranchants, à côté de rares trancbets, ne saurait être postérieur au Campinien.
- La pathologie professionnelle des peintres. — De l’étude minutieuse de MM. Ileim, Agasse^Lafont et Feil il semble résulter que chez ces praticiens, ce n’est pas l’essence de térébenthine, mais bien le plomb et ses composés qu’il faut incriminer dans les cas de lésions rénales et d’hypertension.
- Elections. — Le mois de janvier a été marqué par les élections de MM. Emmanuel de Margerie et Philippe Glan-gcaud, qui, dans la section de minéralogie remplaceront, comme correspondants, MM. (Erlert et Otto Leh-mann. Paul H.
- LE PATHÉ-BABY, CINÉMA DOMESTIQUE
- De toutes les découvertes qui ont marqué les progrès accomplis depuis le siècle dernier dans les divers domaines de la connaissance, une de celles qui ont le plus surpris par leur développement extrêmement rapide et par la place qu’elles ont su se créer dans la société actuelle est à coup sur le cinématographe.
- Si l’on songe, en effet, que les premières manifestations publiques du cinéma remontent à vingt-cinq années environ, on demeure confondu devant le nombre des perfectionnements réalisés en un laps de temps aussi court,
- La Nature a tenu régulièrement ses lecteurs au courant des étapes successivement franchies, dont chacune a été marquée d’une innovation ouvrant un horizon chaque fois plus large à cette active industrie, tant et si bien que les bienfaits du cinéma ne se comptent plus aujourd’hui.
- Portant en tout lieu le reflet exact de la vue dans ses manifestations les plus variées, il retient l’attention de tous les esprits cultivés dont il devient un collaborateur précieux dans le travail, une source inépuisable de documentation dans les recherches, un compagnon plaisant et toujours bien disposé aux heures de loisir et de repos.
- l/ambition devait lui venir un jour de pénétrer dans les familles, mais pour atteindre ce but, il fallait en faire un appareil accessible au plus grand nombre, ne nécessitant pas la présence d’un spécialiste pour son emploi et de plus assurer le facile réapprovisionnement en films. Ainsi, pour s’installer à la maison, le cinéma devait se réduire à un prix à la portée de tous et cependant assurer une projection aussi pure que dans les salles de spectacles. En outre, l’appareil devait être d’un maniement facile et sans danger et occuper le moins de place possible.
- On sait que le « Palhé-Baby », apparu depuis peu, réalise ces multiples conditions.
- Construit pour la société Pathé-Cinéma par les établissements Continsouza, le nouvel appareil résume l’expérience acquise au cours de 27 années de construction et de recherches incessantes.
- Son aspect extérieur est déjà connu de tous, mais nous axons pensé qu’il serait intéressant de faire connaître les détails les plus ingénieux de son mécanisme intérieur.
- Pour diminuer le prix de la projection, il ne fallait pas songer à employer le film ordinaire de
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- Fig. i. — Film Baby montrant les encoches de débrayage au passage des litres.
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- 55 mm de largeur ou film universel. D’autre part, il n’était pas utile d’avoir dans un salon où quelques personnes sont réunies, un écran de la taille de ceux des salles de spectacles, écran public destiné à être vu par des centaines de spectateurs. Un écran de dimensions moyennes suffit, permettant aussi de diminuer le format des images du film sans trop réduire la luminosité de la projection.
- Pathé-Baby utilise un film de 10 mm de largeur, portant des images de 6 mm sur 8 mm. Ces dimensions étant dans le rapport de 1 à 5 avec celles des images du film de 55 mm, il faut donc, pour une durée de projection donnée, neuf fois moins de surface de pellicule avec le film Baby.
- Pour utiliser au mieux la longueur du film, l’appareil porte,un dispositif de débrayage, que nous décrirons en détail plus loin, commandé par des encoches pratiquées sur le film et qui immobilisent ce dernier au passage d’un titre, lequel est projeté par une seule image. La remise en marche a lieu automatiquement après un temps déterminé suffisant pour en permettre la lecture. Quand les titres sont longs, on les reproduit deux ou trois fois et on place deux ou trois encoches provoquant autant de débrayages successifs (üg. 1).
- Le film est livré en bobines de 9 m., enfermées dans d’élégantes boites en métal qui le protègent des contacts étrangers.
- Pour créer un appareil qui, passant un tel film, puisse donner une projection parfaite, il est évident qu’il fallait adopter les principes présidant à la conception des appareils modernes d'exploita!ion, tout en cherchant en simplifier le plus possible les manipulations.
- L’appareil Pathé-Baby est caractérisé par l’ab-
- Fig. 3, — Vue de face du corps de l’appareil.
- Fig. 2. — Schéma de l’appareil di projection Pathé-Babv.
- sence de débiteur, par un dispositif spécial permettant l’enroulement du film au fur et à mesure de son débit, sans avoir recours à une bobine enrouleuse et par un mécanisme arrêtant automatiquement, et pendant un temps déterminé, le film au moment du passage d’un titre.
- Il se compose (fig. 2) d’un corps A, d’un pied B, d’un socle 0, d’une lanterne D, fixée à la porte E, venant fermer le couloir F.
- Le corps est une sorte de boîte renfermant le mécanisme, l’entraînement du film est effectué dans le couloir 1 (fig. 5) par une griffe 2 recevant un mouvement de montée et de descente d’une came Trezel et un mouvement d’avance et de recul d’une rampe 4 calée sur le même axe 5. Cet axe qui porte l’obturateur 6 reçoit son mouvement de celui de la manivelle 7, par l’intermédiaire de deux engrenages hélicoïdaux 8 et 9.
- Au moment du passage d’un titre devant la fenêtre 10, une encoche pratiquée sur le film fait jouer un déclic qui libère le levier 11, lequel repoussé par un ressort, fait reculer l’ensemble des cames. La griffe continue alors son mouvement mais n’entraîne plus le film qui est immobilisé.
- Le recul du levier 11 fait entrer la pièce 12 en contact avec une vis 15 calée sur l’axe manivelle. Cette vis fait déplacer la pièce 12 parallèlement à elle-même le long de l’axe 14 (fig. 4).
- Ce déplacement a lieu pendant un temps fonction du pas de vis et du nombre de tours de celle-ci. Arrivé à l’extrémité de. la vis, le doigt 15 fixé sur la roue 8 fait basculer la pièce 12 autour de l’axe 14, elle repousse le levier 11 qui remet le mécanisme en place, le film se remet en marche, le galet 16
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- Fig. 4. — Le même, vu de profil.
- que l’on voit dans la figure 4 est refoulé et produit l’encliquetage du levier 14, alors que la pièce 12, libérée de la vis et repoussée par un ressort, revient à son point de départ.
- Le débrayage est alors prêt à fonclionner quand une nouvelle encoche se présentera devant le galet.
- À la partie supérieure de la boîte de mécanisme, se trouve le dispositif de fixation de la bobine. Le moyeu de celle-ci est monté sur un axe qui peut être actionné avec une grande multiplication par une manivelle permettant le rebobinage du film.
- Au fur et à mesure de son débit, le film arrive dans le pied de l’appareil portant le dispositif d’em roulement qui se compose d’un logement circulaire, dont un des côtés est constitué par un plateau tournant 17 (fig. 2), actionné par l’intermédiaire d’une petite courroie 18. Ce plateau porte un doigt 19 dressant le film, lequel étant entraîné d’autre part par son frottement contre le plateau, s’enroule suivant une bobine parfaite.
- L’éclairage est donné par une lampe électrique de 12 volts débitant 0,5 ampère, un miroir et un condensateur concentrant les rayons lumineux sur le film comme dans un appareil normal. L’appareil peut être branché directement sur le courant de 110 volts grâce à une résistance électrique placée dans le pied de l’appareil; une petite manette de réglage 20 permet de faire varier la luminosité de la lampe.
- Le fonctionnement de l’appareil est très simple : on fixe la bobine de film à la partie supérieure de l’appareil, on ouvre la porte et. on engage l’extrémité du film dans le couloir, comme indiqué à la figure 5 ; on referme la porte et l’appareil est prêt à fonctionner. Deux petits leviers placés sur le côté gauche de la boîte de mécanisme permettent : l’un
- | d’assurer le cadrage, l’autre de régler la mise au point de l’image sur l'écran.
- Arrivé au bout du film, le mot fin apparaît sur l’écran et, à partir de ce moment, le film ne peut plus avancer, car la griffe d’cn!raînement tombe dans une perforation allongée (voir fig. 1). Il suffit alors d’ouvrir la porte et de tourner la petite manivelle supérieure pour rebobiner le film dans sa boîte.
- Enfin, Pathé-Baby offre des garanties absolues de sécurité, car les films utilisés sont toujours tirés sur les pellicules ininflammables Pathé.
- Trois cents films sont actuellement édités et mis en vente. Ils animeront la maison en y faisant vivre tout ce qui dans le monde entier et dans tous les domaines est susceptible de distraire et d’instruire les esprits cultivés. Ce premier recueil servira bientôt à créer dans chaque famille, à côté de la bibliothèque des livres, la Cinémathèque.
- Chaque mois, trente films nouveaux au moins seront édités; celte liste sera publiée sous forme d’un bulletin mensuel illustré adressé à chaque possesseur d’un Pathé-Baby. Mieux encore, la création de cinémathèques publiques permettra bientôt par le jeu de la location, de l’échange et de l’abonnement de varier les programmes souvent et dans des conditions fort peu coûteuses.
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- Fig. 5. — Gomment on fixe la bobine de fiilm.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2554.
- 17 MARS 1923
- 1. — Configuration, aspects pittoresques, climat (1). — Bien qu’elle soit une des plus caractéristiques de la France, la région niçoise n’a pas, sauf au Sud et au Nord, de limites naturelles aussi nettes que celles du Roussillon ou du pays de Caux : c’est peut-être pour cette raison qu’elle ne porte pas un nom générique, ayant été simplement appelée « comté de Nice », du nom du petit Etat qui s’y est forme au moyen âge et qui conserva son autonomie jusqu’au début du xixe siècle, entre la Provence à l’Ouest et la République de Gènes à l’Est.
- C’est en effet une région de transition entre Provence et Ligurie, mais avec ses caractéristiques particulières très personnelles, tandis que la Provence s’étage len-
- 1. Mé.ucno iiiisuocK.u'HiQuic. — A. Dauzat, Un main dans les Alpes (Paris,, 1922) ; Guides Bleus, Alpes françaises (édit. 1920) et Provence (édit. 1922) ; 11. Moins, Nice (Paris, 1899) : P>. du Souza, Nice, capitale d'hiver, étude d’esthétique urbaine (Paris, 1915).— Histoire : IJkbaix Bosio, La province des Alpes-Maritimes : anciens comtés de Nice, Tende et Yinlimille. — G’cst une des contrées de France les plus pauvres en études d’ensemble ; il n’existe aucune bonne monographie régionale, ni géographique, ni historique.
- Fig. 2. — Intérieur des gorges du dans.
- 51* Anné*. — 1** Semestre.
- Fig. i. — Vallée du Var. — Confluent du Var et de la Vèsubie.
- I lement en gradins entre la mer et les premiers contreforts des Alpes ('), et que la Ligurie se présente comme une longue bande de terre serrée entre une chaîne continue et la mer, la région niçoise, adossée, mais à distance, à l’arête médiane des Alpes, offre une série de vallées de pénétration qui s’ouvrent pour la plupart — Loup, Var ,et ses affluents, Paillon — autour du double golfe que commande Nice et où devait, par nécessité géographique, s’élever la ville qui serait le débouché et la métropole de la région.
- La courbe que dessine la chaîne alpestre à l’Est de Tende et qui rapproche brusquement l’arête cen-rale de la mer, sépare assez bien la contrée niçoise de laLigurie. Mais la frontière politique, qui s’explique par des raisons d’ordre historique, est venue compliquer encore les données déjà incertaines de la géographie. Non seulement, contrairement à la règle suivie depuis le Mont Blanc, elle abandonne la ligne de partage des eaux pour laisser à l’Italie les deux versants du massif de l’Argentière, mais encore elle coupe la vallée de la Roya en trois tronçons, dont le centre, avec Saorge et Breil, est français, tandis que le Nord avec Tende et le Sud avec Vinti-mille sont italiens (2). Anciennement, au moyen âge,
- 1. La vallée de Barcelonnette, qui touche seule à la chaîne centrale, n’est provençale ni par la géographie, ni par la langue, ni même par l’hisloiro.
- 2. Depuis quelque temps, en Italie, le parti fasciste fait une active propagande en faveur d’une rectification de frontière qui, en donnant à la France tout le versant méridional de la chaîne de l’Argentière, accorderait à l'Italie la Boy a moyenne, dont toute la vallée, suivie par. la ligne de Boni à Yintimillc, serait ainsi italienne. Le Gouvernement français, pressenti, a élevé des objections à cet échange : avant tout, les trois communes françaises, Breil, Saorge, et Fontan, qui seraient rétrocédées à l’Italie, ne veulent nullement devenir italiennes. Le territoire oilert par l’Italie ne compte que de minuscules hameaux (à peine 600 habitants contre plus de 5 000 dans les trois communes françaises) ; sa superficie, en dépit d’affirmations contraires absolument erronées, est à peine
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- Fig. 3. — Route de Saint-André à Annol; la brèche de Vergons.
- le Piémont s’était annexé Tende pour s’assurer la maîtrise du col et un débouché vers la Méditerranée : depuis lors, meme après l’annexion du comté de Nice par la dynastie de Savoie, Tende dépendit toujours de Turin et non de Nice ; mais la coupure entre Tende et Saorge n’est pas moins artificielle. Au contraire, les gorges de la vallée inférieure de la Roya forment avec le massif de l’Ormea et du Grammont une frontière plus naturelle : Yintimille est bien le commencement de la Ligurie (1).
- A l’Ouest il est encore plus difficile, sinon impossible, de délimiter la région niçoise de la Provence. Dans la partie montagneuse, la ligne de séparation entre les bassins du Yerdon et du Yar n’est qu’une approximation imparfaite dont la politique n’a jamais tenu compte, car Annot et Entrevaux ont appartenu à la Provence. Le cours inférieur du Yar a servi de frontière pendant plusieurs siècles, jusqu’en 1860. Le remaniement départemental qui a suivi l’annexion n’a pas respecté cette limite historique et on ne saurait lui en faire grief, car elle ne correspondait à rien : si limite naturelle il y a,
- supérieure à celle de la région de Saorge ; c'est en outre un territoire à peu prés complètement improductif, composé de rochers, alpages et glaciers, et dont la valeur stratégique elle-même est presque nulle et, en tout cas, fort inférieure à celle de la pointe de Brcil-Saorge qui couvre les avancées de Nice.
- 1. A l’époque romaine, la frontière entre la (taule et l’Ilaîîe était située un peu plus à l’Ouest, à la Turhie, où s’élèvent encore les ruines du Trophée d’Auguste.
- on ne peut en trouver une que plus à l’Ouest, au delà des massifs calcaires qui s’arrêtent vers Grasse, pour faire place un peu plus loin aux soulèvements porphyriques de l’Estérel. Notre département des AlpesrMarifinies, somme toute, n’a pas été trop mal dessiné.
- C’est une des contrées les plus pittoresques de la France. La renommée de la Côte d’Azur, dont les stations les plus fréquentées s’échelonnent de Cannes à Menton, n’est plus à faire.
- Mais ce qu’il faut mettre en relief, c’est que le littoral ne mérite pas seul l’admiration ; la montagne et la vallée intérieures ne sont pas moins remarquables. C’est même le voisinage, on peut dire l’union intime de la montagne et de la mer, qui fait le charme, la beauté incomparable de la Côte d’Azur.
- Si l’on parcourt les vallées qui se creusent dans la montagne au Nord de Nice, on observe un curieux phénomène : ces vallées deviennent de plus en plus vertes et boisées à mesure qu’on se déplace de l’Ouest à l’Est. Cela tient à une modification progressive du climat, plus humide quand on s’approche de la Ligurie occidentale, où les vents d’Est amènent la pluie.
- La haute vallée du Yar offre le type, encore nettement provençal, de la montagne sèche, où les ravages du mouton ont encore accentué la dériuda-
- Fig. 4. — Les gorges du Loup.
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- Fig. 5. — Le vieux Menton, vu du port. . (Photo Lumière et Jougla.)
- tion : on commence, depuis la fin du siècle dernier, à réparer Je mal par un reboisement progressif. Les deux curiosités principales de ce bassin sont les rochers de grès d’Annot, aux formes bizarres provoquées par les mêmes phénomènes d’érosion que les grès de Fontainebleau, mais dans des proportions beaucoup plus grandioses, — et les gorges de Daluis, entaillées dans des schistes argileux et remarquables surtout par leur étrange coloration brun-rouge du plus curieux effet.
- Les vallées du Var (dans sa partie supérieure) et de ses affluents, ainsi que de la Roya, présentent de larges bassins supérieurs fermés plus bas par d’étroites gorges — phénomène caractéristique du relief alpestre et qui est dù à l’érosion des glaciers préhistoriques. Parmi ces gorges, qu’on appelle ici dues, les plus belles, après celle de Daluis, sont celles du Cians, encore plus étranglées, ainsi que les défilés de la Tinée et de la Vésubie, creusés dans les calcaires et dans les schistes gris ; le défilé inférieur de la Roya est assez analogue. • Aux environs de Pélasque, il faut voir des gorges moins connues, mais encore plus sauvages, celles du Figaret et de l’Infernet, deux torrents encaissés à des profondeurs vertigineuses.
- Plus à l’Ouest, dans des calcaires très résistants, failles et cassures sont plus nettes, comme par exemple la brèche de Yergons ; les érosions souterraines ont formé des grottes, dont celles de Dozol, près de Saint-Cézaire, sont les plus caractéristiques. Les célèbres gorges du Loup ont une physionomie toute différente des dues du bassin du Yar.
- Le littoral offre les aspects les plus variés, vraiment enchanteurs par endroits. Ce sont d’abord les golfes aux larges perspectives, encadrés de collines, avec un horizonlointain.de montagnes, Alpes ou Estérel: golfedeCannes, golfe Jouan, baie des Anges. Puis la montagne serre de près le rivage, projetant des promontoires audacieux — cap Ferrât découpé en tentacules, pittoresque roc de Monaco, dominé par les hauts escarpements de la Tête de Chien, cap Martin boisé, entre lesquels se creusent les anses et les calanques, de la profonde rade de Villefranche à la magnifique baie de Menton. Le sable domine à l’Ouest du Yar sur de vastes plages, sables granitiques à Cannes, sables d’alluvions des torrents plus à l’Est; à partir de Nice les galets arrabhés aux poudingues et aux calcaires descendent en étages brusques sur' des rives escarpées que la mer bat avec furie les jours de tempête, ha beauté de la végétation, le cadre de la montagne et le brillant soleil du Midi, tout concourt à multiplier les paysages admirables dans cette contrée privilégiée.
- Nulle part la végétation n’est aussi variée. Sur une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau, le pays s’étage entre la mer et des altitudes de trois mille mètres (3290 mètres à la Roche de l’Argentière). Toutes les zones de végétation européenne s’échelonnent ici, des subglaciaires et polaires aux plus méridionales : en quelques heures, avec l’auto, on peut passer des neiges éternelles aux vergers d’orangers. C’est le pays des contrastes, sans équivalent en France.
- La Vésubie, la Tinée, la Roya prennent leurs sources dans des
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- cirques alpestres qui ont l’aspect de la haute montagne : là s’élèvent des forêts de sapins et de mélèzes comme dans les Alpes Grées ou Cottiennes : le hêtre, qui -aime la fraîcheur et l’humidité, est plus rare : on rencontre cependant une belle hêtraie près du Peira-Cava. Le châtaignier se plaît aux altitudes moyennes bien arrosées, notamment aux environs de Pélasque. Mais c’est le pin qui domine et qui est l’arbre le plus caractéristique de la montagne niçoise : il présente plusieurs variétés et se rencontre depuis le rivage jusqu’aux limites extrêmes-de la végétation, quand le sol et l’exposition sont propices : il croit à 1100m. au-dessus de Peira-Cava.
- Le chêne, de petite taille, est assez répandu dans les vallons frais.
- C’est le pin, avec le chêne, qui est l’arbre indigène par excellence du littoral. L’olivier n’y fut pas importé (par les Phéniciens ou les Grecs) bien avant la conquête romaine, postérieurement à la vigne.
- L’acclimation de l’oranger (dont le fruit, peu sucré ici, ne s’exporte pas) et du citronnier, qui exige un' climat encore plus doux et ne prospère qu’à Menton, ne date que de l’époque moderne. Enfin l’importation du palmier remonte à moins d’un siècle et y est, peut-on dire, artificielle, car le palmier, sur la côte, n’arrive à se reproduire qu’à Bordighera (en Italie) ; partout ailleurs, les fruits n’arrivent pas à complète maturité.
- Voilà, en tout cas, un exemple des plus remarquables qui montre comment l’ingéniosité de l’homme arrive à modifier, de la façon la plus heureuse, la végétation et l’aspect, d’un pays, en tirant tout le parti possible du sol et du climat. Plusieurs espèces de palmiers se sont fort bien acclimatées; mais c’est surtout l’olivier qui a réussi et prospère, si différent de ses congénères rabougris de la Provence occidentale : ceux du cap Martin, très vieux, sont justement célèbres.
- Le climat varie naturellement en raison de l’exposition et surtout de l’altitude. L’hiver est froid dans la montagne, l’été très chaud avec nuits fraîches. La côte, au contraire, jouit d’un climat tempéré, dont la moyenne est très élevée pour la latitude : hivers doux, étés rafraîchis par le voisinage de la mer, à part les quelques journées où souffle le sirocco sec et brûlant. Sur le littoral, la neige est I
- inconnue, les brouillards d’hiver sont exceptionnels et la gelée est extrêmement rare : depuis le début du siècle, il n’y a eu que deux gelées sérieuses (en janvier 1905 et en décembre 1920), qui ont abîmé les orangers et citronniers. Il ne faut pas croire, toutefois, que ce soit un climat de serre, suivant une légende encore accréditée dans le nord : le temps lourd est au contraire l’exception; si le soleil est fréquent, il y a toujours de l’air, et le vent n’est pas inconnu, bien que le mistral sain et frais, qui descend parfois le Paillon ou le Var, ne puisse être comparé au fougueux mistral de Provence. Les dominantes, en montagne et plus encore sur la côte, c’est la sécheresse et la luminosité. La pluie, plus fréquente dans la montagne, surtout vers l’est, tombe plutôt au printemps, et donne en général des précipitations très abondantes : en une matinée, à Nice, il tombe plus d’eau qu’en huit jours de pluie à Paris ; en revanche, on reste souvent des semaines, voire des mois, sans en recevoir une goutte.
- 11. Population, mœurs, caractère; l’activité sociale; l’art; le tourisme.— La population primitive de la région, à l’époque historique, fut ligure ainsi que dans tout le sud-est de la France; mais l’influence gauloise ne pénétra pas ici comme en Provence. Des colonies grecques s’établirent à Nice, à Monaco, à Antibes, qui doivent leur nom à la langue hellénique)1). Mais une empreinte plus forte fut exercée par la romanisation. Il est remarquable que le patois est nettement provençal, très différent du ligure, dont les premiers traits n’apparaissent qu’à Vinti-mille. C’est seulement au nord-est, vers Saorge et surtout vers Tende, que l’influence du piémontais se fait sentir. /
- Battaché aux Etats de Savoie en 1588, le comté de Nice garda son autonomie jusqu’à nos jours, tandis que l'évêché de Yen ce et la vallée de la Vaïre (Annot) étaient incorporés à la Provence. La principauté de Monaco, qui comprenait Menton, put, grâce à son isolement géographique, garder son indépendance jusqu’à nos jours. Le français et l’italien, depuis la fin du moyen âge, étaient les deux
- l. Nice signifiait la « victorieuse », Antibes la « ville d’en l'ace »; Monaco dérive d'une épithète d'Iléraklès, dieu auquel la ville était consacrée.
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- langues officielles du comté de Nice. En fait, l’italien n’était parlé nulle part; les fonctionnaires, officiers ou immigrés sardes, parlaient français et piémontais. Le plébiscite de 1860 donna une majorité énorme pour la France; même Tende avait demandé son rattachement; mais, comme elle dépendait administrativement du Piémont, son vœu ne fut pas exaucé. Dèpuis un demi-siècle, l’immigration italienne a été considérable sur la côte, surtout à Nice.
- Le - Niçois est accueillant et hospitalier. Si l’on peut regretter sur le littoral un goût pour la vie facile développé par le luxe des villes d’étrangers, en revanche le montagnard est un travailleur tenace.
- Moins exubérant et moins porté à la « galéjade » que le Provençal, le Niçois est intelligent, débrouillard, remarquable par son esprit d’initiative qui a su admirablement tirer parti des ressources du pays. Très patriote, voire cocardier par réaction contre l’infiltration étrangère, il est aussi profondément Français que les habitants de nos plus vieilles provinces.
- Ce n’est point un pays d’artistes ou d’écrivains, à part quelques peintres régionaux, de second plan, dont Th. Bensa s’est fait l’historiographe. Les grands hommes de Nice sont des généraux et des hommes politiques : Masséna, Garibaldi, Blanqui.
- L’archéologie et surtout l’architecture y sont assez mal représentées, bien que les principales époques
- aient laissé cà et là des vestiges intéressants. Voilà les dolmens de Saint-Cézaire, près Grasse ; voici les ruines des arènes romaines de Cimicz, au-dessus de Nice, et les restes de la tour d’Auguste à la Turbie. Du moyen âge, pas d’église de premier ordre : la cathédrale de Grasse, la plus remarquable, et celle de Vence, sont lourdes, massives, montagnardes, aussi éloignées de l’élégance provençale que du style italien. L’architecture militaire est mieux représentée par le château fort de Saint-llonorat (dans les îles Lérins), de pur type pror vençal; on peut citer aussi la vieille tour du mont Chevalier à Cannes, et le pont fortifié de Sospel. L’influence italienne apparaît seulement au xvie siècle : elle a laissé à Menton et à Nice quelques églises de style classique sans grande valeur artistique, mais dont deux, à Menton, sur la place Saint-Michel, forment un ensemble très caractéristique et très italien avec le cadre environnant et les gradins.
- Le palais des princes de Monaco, enfin, est un fort beau monument de la fin du moyen âge, fortement italianisé dans ses remaniements modernes.
- Le plus curieux, pour l’archéologue, c’est l’ensemble bien conservé que constituent encore nombre de petites villes et de bourgades. Les vieux villages de type latin, sauf dans la haute montagne où s’affirment des traits celto-ligures, sont groupés et serrés en général sur des replats escarpés, sur des pitons, souvent d’accès difficile, parfois à d’invraisemblables hauteurs, accusant ainsi la défiance ancestrale contre les invasions et peut-être aussi en souvenir des formidables ruissellements préhistoriques. Voyez Eze, ‘ancienne citadelle sar-
- Fig. () — Toit LH de Beu il.
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- razine, dominant la mer; des deux côtés de la vallée du Yar, Carros, Le Broc, la Roquette, Bonson, et plus encore dans la vallée delà Vésubie, Duranus, sur un entablement au-dessus des précipices, la Bollèné, Utelle, où l’on accède par d’interminables lacets, et Saorge, surplombant la Roya, dans un site des plus pittoresques. Parmi des petites villes médiévales cristallisées dans leur archaïsme, il faut citer Saint-Paul (près Vence), à l’aspect oriental avec les palmiers qui émergent au-dessus de ses vieux remparts; Entrevaux, bastion avancé de la Provence, dans,un défilé sauvage dominé par un fort rébarbatif; Grasse, Annot, où un dédale de ruelles anciennes conserve maint souvenir du passé ; et Antibes dont les remparts bordent la mer.
- Ce n’est pas en quelques lignes qu’on peut caractériser Nice, que beaucoup considèrent comme la plus belle ville de France après Paris.
- Non qu’elle soit riche en monuments anciens et en œuvres d’art, mais la beauté du cadre, unissant la montagne à la mer sous un ciel du Midi, la majesté des quais plantés de palmiers et de lauriers-roses, la richesse de la ville moderne qui allie le bon goût au confort et à la gaité, tout concourt à plaire et à charmer. Fort sagement on a laissé intacte, au pied du château rasé, la vieille ville, tout italienne d’aspect, grouillante de vie et d’une intense couleur locale. La ville neuve, toute blanche, a été édifiée plus loin, largement à l’aise dans la plaine : c’est l’œuvre de la France, qui peut en être fière, au même titre que les Niçois ; car ici on a vu grand et on a été récompensé.
- Menton offre la même juxtaposition d’une vieille cité très pittoresque et d’une ville neuve, avec un vaste front sur la mer, qui la prolonge à l’ouest : rien n’est curieux comme la masse des hautes demeures — jusqu’à huit et neuf étages — qui, environnent le port de Garavari et escaladent la butte, sous la houlette des deux campaniles inégaux, et couronnée au sommet par la terrasse de l’ancien cimetière piqueté de cyprès. L’intérieur, avec les ruelles étayées d’arceaux, évoque déjà la Ligurie voisine.
- Le contraste est encore plus complet à Monte-Carlo, où la ville neuve est complètement indépen dante de Monaco, une des perles de la Riviera, avec ses incomparables jardins suspendus sur le roc battu par tes flots. Les oppositions et la couleur locale s’alténuent au contraire à Cannes, qui rappelle plutôt nos grandes stations balnéaires de l’Océan, mais avec un cachet provençal que relève une incomparable ornementation de ^palmiers, de platanes et d’eucalyptus,
- Toute l’activité commerciale se concentre sur la côte. La vallée de Grasse, si belle au mois de mai sous sa parure de roses, vit de l’industrie des parfums— rose, oranger, jasmin, violette, etc., —
- ainsi que le pays de Vence et le golfe Jonan. Le vin, excellent, mais en petite quantité, est loin de suffire à la consommation locale, mais les citrons de Menton s’exportent, ainsi que les fleurs coupées et les plantes de luxe, et l'huile d’olive donne lieu à un commerce actif. Le seul port de quelque importance est celui de Nice, qui commerce avec la Corse, l’Italie et quelque peu le Levant; mais les petits ports de cabotage sont nombreux. De grands travaux ont été faits récemment pou,r agrandir les ports de Monaco et de Nice qui est le débouché et le centre d’approvisionnement de toute la contrée.
- La principale industrie de la région est l’industrie des étrangers. Ce sont les Anglais, à la suite de lord Brougham, qui ont lancé Cannes sous Louis-Philippe ; la vogue de Nice suivit de près. Les stations hivernales se sont surtout multipliées et développées depuis l’annexion. Chacune a son caractère : Cannes est plus aristocratique et garde sa fidèle clientèle anglaise; Nice, plus gaie, offre les agréments de la grande ville et ses célèbres fêtes du Carnaval; Monte-Carlo attire les joueurs de roulette et s’est enrichi de cette triste passion; Menton, sur lequel les Allemands avaient jeté leur dévolu avant la guerre et que leurs hôteliers ont un peu défiguré par quelques affreux palaces, est préféré par les amoureux de la belle nature. Antibes est plus familial; Beaulieu, à la fois élégant et tranquille; Vence,
- Fig. 10. — Saint-Martin. — Vésubie.
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- en rclrait de la mer, plus calme encore. Combien d’autres coins charmants pour les amateurs du calme et de la solitude! La proximité de la haute montagne a permis d’aménager des sports d’hiver à Peira-Cava, à Saint-Martin-Vésubie et surtout à Beuil, qui offre le plus de chances pour la neige. Les localités de montagne sont très fréquentées l’été par les Niçois et les Provençaux.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’en dehors de quelques stations abritées et aménagées à cet effet, comme Thorenc, le climat de la Côte d’Azur est contraire (surtout à cause de la poussière) aux tuberculeux, que la médecine contemporaine, rectifiant une erreur de ses devanciers (fondée en partie sur une légende climatique), a cessé depuis longtemps d’y envoyer. Au point de vue pittoresque, la plus belle saison pour voir la région n’est pas l’hiver, mais le printemps, de mars à mai, époque où l’on peut déjà, en outre, visiter la montagne.
- La contrée a été longtemps mal desservie par les voies de communication. Avant la création, par
- Napoléon, de la route côtière — la magnifique Corniche — aucune voie de communication ne longeait le littoral depuis la destruction de la via Aurélia, ce qui explique le long isolement respectif de Nice et de Monaco, surtout du côté ligure. L’Italie avait construit la route du col de Tende pour relier Nice au Piémont. La France a créé un nouveau et excellent réseau routier et tout un réseau de voies ferrées. Sur la grande artère côtière de Marseille à Gênes se greffera bientôt la ligne Nice-Coni par Tende, dont l’ouverture est prévue pour l’an prochain; un embranchement descendra la vallée de la Roya, de Breil à Vintimille. Enfin, les chemins de fer du Sud desservent toute la montagne par les lignes de Nice à Grasse et de Nice à Digne fsur cette dernière, qui remonte le Var et la Vaïre, se branchent des tramways sur route qui remontent les vallées de la Vésubie et de la Tinée. Les services automobiles de la roule des Alpes — de Grenoble à Nice — achèvent de doter la région montagneuse d’une grande artère, touristique et estivale. Ai.ueht Bauzat.
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- ÉTAT ACTUEL DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES CIMENTS
- La remise en état de nos départements du Nord et de l’Est, si dévastés au cours de la guerre, exige beaucoup de plâtre, de chaux et de-ciment. Ges matériaux, faisant prise au contact de l’eau, servent de liants dans la maçonnerie ordinaire, les ouvrages en béton et s’emploient aussi comme enduits de revêtement. En particulier, les ciments artificiels
- tendent à prendre une importance croissante depuis que, grâce à d’heureux perfectionnements techniques, on peut les fabriquer presque partout.
- Mais avant de commencer notre enquête sur l’état actuel de cette florissante industrie, définissons les différentes catégories de ciments. On nomme ciment de grappiers le liant hydraulique obtenu en broyant
- Fig. i — Carrière de calcaires à flanc de' coteau exploitée à ciel ouvert à La Sonys près de Bordeaux.
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- Fig. 2. — Ouvriers brisant les masses de calcaires au pic et à la pioche après un coup de mine.
- les grains durs provenant de la cuisson convenable de certains calcaires dont, après leur extinction complète, on a retiré la chaux. Le ciment naturel se fabrique en cuisant, jusqu’à leur point de fusion, des mélanges de carbonate de chaux et d’argile, soigneusement dosés et physiquement homogènes. Les ciments prompts et les ciments romains ne sont que des variétés du précédent. De leur côté,, les ciments de laitier se composent d’un ensemble intime et fine-
- ment pulvérisé de chaux hydraulique ou grasse bien éteinte avec des laitiers granulés de hauts fourneaux. Enfin le ciment artificiel ou Port-land ne diffère pas essentiellement du ciment naturel; pour le réaliser, on mêle 79 pour 100 de carbonate de chaux avec 21 pour 100 d’argile et on cuit ces matières, de composition chimique assez variable, jusqu’à ce qu’elles subissent un commencement de vitrification. Quant aux ciments mixtes, d’un intérêt pratique secondaire, ils sont formés de mélanges divers de ciments naturels et de grap-piers ou même de laitiers. Nous envisagerons ici le portland artificiel qu’on fabrique de préférence à proximité des carrières d’argile et de calcaire, dans des endroits où l’approvisionnement en charbon n’est pas non plus trop onéreux.
- D’après la composition même de son sol, notre pays se divise, au point de vue des ciments utilisés, en deux zones, qu’une droite allant de Belfort à Nantes séparerait approximativement. Au sud de cette ligne, on rencontre en abondance des calcaires durs, relativement homogènes, faciles à cuire et par là même propres à l’obtention de la chaux ainsi qu’à celle du ciment de grappiers et des ciments naturels. En conséquence, des fours à chaux et des fabriques de ciments naturels s’établirent dans différentes régions
- Fig. 3. — Vue d’ensemble des bassins dèlaÿeurs de la pâte. (Usine de la Société des ciments, à La Sonys près de Bordeaux.)
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- Fig. 4. — Bassins doseurs.
- Dans ces bassins on ajoute aux pâtes les quantités convenables de calcaire
- et d’argile.
- françaises où la nature du calcaire s’y prête. Par la suite, vu les progrès réalisés dans la préparation des port-lands et Fexigence des employeurs, les usines à ciments artificiels s’installèrent dans des endroits très divers, soit pour remplacer des fabriques de ciments naturels, soit pour faire face au développement de la consommation.
- Pour sa part, le portland règne en maître, au nord de la ligne Belfort-Nantes ; sa fabrication prit racine dans le Boulonnais vers 1855, car on y trouvait des marnes assez faciles à traiter. Puis, vers la fin du xix8 siècle, et surtout depuis la guerre, sous la poussée de besoins pressants, on construisit d’importantes usines dans des localités où les chaufourniers utilisent maintenant des calcaires et des matières marneuses qu’ils jugeaient jadis impropres à fournir des ciments artificiels.
- Aujourd’hui on fabrique principalement en France, du Portland tel que le définit le cahier des charges du Ministère des Travaux Publics, c’est-à-dire un ciment artificiel « produit par la mouture d’un mélange intime de carbonate de chaux, silice, alumine et fer, cuit jusqu’à ramollissement. » D’où trois phases de la fabrication : le mélange, la cuis-
- son et la mouture, que nous allons successivement envisager.
- Comme matière première, on emploie des calcaires plus ou moins marneux ou argileux, qu’on additionne de quantités variables d’argile pour les amener à la composition voulue. On travaille par voie sèche ou par voie humide, selon que l’on a affaire
- Fig. 5. — Moulin broyeur.
- Dans ce tube de 12 à i5 mètres de long tournant autour de son axe et à l’intérieur duquel se trouvent des boulets d’acier,
- on pulvérise la pâte argilo-calcaire avant sa cuisson.
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- cheminée
- goulotte d'arrivée de lapait
- Tremie à charbon
- Tête du Four
- Ventilateur
- Refroidisseurl
- Transporteur WC à secousses —jr
- Fig. 6. — Coupe schématique d’un Jour rotatif à ciment suivant t’axe du cylindre.
- à des matériaux durs ou à des substances tendres et facilement délayables. Les calcaires situés d’ordinaire à flanc de coteau, s’exploitent à ciel ouvert et par des procédés variant avec la nature des terrains.
- Par exemple, aux carrières de La Souys, près de Bordeaux (fig. 1), l’abatage se fait au moyen de coups de mines qui permettent de séparer, du front de taille, des masses de plusieurs mètres cubes. Les ouvriers brisent ensuite les morceaux avec des pics, des pioches ou des marteaux piqueurs pneumatiques (fig. 2). Quand on emploie la méthode sèche, comme procédé de fabrication, après avoir déshydraté les matériaux extraits, on les broyé finement, on les mélange en les dosant avec soin, puis on procède à leur cuisson. Si, au contraire, on utilise la voie humide, on amène les calcaires dans de grands bassins délnyeurs (fig. 3) où on leur ajoute environ 40 pour 100 d’eau. On les dirige dans d’autres récipients analogues dits bassins doseurs (fig. 4). En opérant des prélèvements dans chacune de ces cuves, les chimistes du laboratoire de l’usine déterminent les quantités 'de calcaire ou d’argile qu’il faut ajouter aux diverses pâtes pour obtenir du ciment par cuisson. Ce dosage constitue une des opérations les plus délicates de la fabrication, car de lui dépend la régularité du produit final. Aussi, par de nombreuses analyses, on s’attache à maintenir constante la composition du mélange d’argile et de calcaire, à un quart pour cent près.
- Comme le délayage ne suffirait pas à obtenir l’extrême division des particules calcaires et argileuses, on les passe au moulin br'oyeur (fig. 5) ou tube cylindrique de 12 à 15 m. de long, tournant autour de son axe et à l’intérieur duquel se trouvent des boulets d’acier. Ceux-ci, par suite de la rotation du cylindre, s’entre-choquent en écrasant très finement les grains. Au sortir du moulin, la pâle pulvérisée doit pouvoir passer au tamis de 4900 mailles au centimètre carré, sans laisser un résidu supérieur à 15 ou 16 pour 100.
- On va cuire maintenant ce mélange pulvérulent, sec et convenablement dosé, soit dans des fours
- Fig. — Coupe du four
- rotatif suivant A B.
- droits, soit dans des fours rotatifs. Les premiers, d’origine ancienne, présentent certains inconvénients au point de vue de la main-d’œuvre, mais ils permettent de réaliser des économies de combustible. Au contraire, avec les fours rotatifs, dont l’invention remonte à une trentaine d’années, la manutention est beaucoup moins difficile mais, en revanche, on brûle plus de charbon. Dans les fabriques récemment construites en France, on utilise, de préférence, de grands fours rotatifs. Ainsi, dans l’importante usine de Couvrot (Marne), appartenant à la Société anonyme des Ciments français de Boulogne-sur-Mer et
- Foun
- pCercle de routem/ _iGalets
- Fefroidisseup
- Fig, 8.
- Vue des cl-inkers tombant dans le refroidisseur.
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- Fig. 9. — Four rotatif de 60 mètres de longueur.
- Üne couronne dentée actionnée par un pignon assure le mouvement du tube cylindrique à la vitesse moyenne
- d’un tour par 1 ou 2 minutes.
- mise en route en 1910, deux fours rotatifs de 62 m. de longueur sont capables de produire 100000 tonnes par an; un troisième four, actuellement en cours d’installation, portera la production à 160 000 t. De même, aux Etablissements Poliet et Chausson, de Gargenville (Scinc-et-Oise), 4 fours rotatifs analogues sont maintenant en activité.
- Dans les vieilles cimenteries, on travaille encore par voie sèche avec des fours droits à cuve, mais on a modernisé ces derniers en les munissant de grilles automatiques, circulaires ou à mouvement alternatif, et de divers autres moyens mécaniques destinés à faciliter l’enfournement et le détournement du pain de ciment. De son côté, un ingénieur français, M. Charles Can-dlot, a imaginé un système de grille circulaire reposant sur un principe différent et qu’un spécialiste, M. P. Dumes-nil, déclare fort ingénieux. Mais il s’agit là de perfectionnements trop nouveaux pour les étudier ici. Il faut attendre, en particulier, les résultats qu’ils donneront dans les fours droits, actuellement en cours d’essais à Pagny-sur-Meuse, pour se rendre compte de leur intérêt.
- Le four rotatif (fig. 9, schémas 6 et 7), presque uniquement adopté pour la fabrication du ciment portland artifi-
- Fig. 10. — 7'été d’un four rotatif.
- (Usine de la-Société Anonyme des Ciments Français à Boulogne-sur-Mer.)
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- ÉTAT ACTUEL DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES CIMENTS
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- ciel, se compose d’un cylindre en tôle d’acier de 50 à 7,0 m. de longueur et de 2 m. 50 à 3 m. de diamètre. Garni intérieurement d’une chemise en briques très réfractaires, il tourne sur des galets libres par l’intermédiaire de 4 à 5 chemins de roulement en acier. Une couronne dentée, actionnée par un pignon, assure son mouvement à la vitesse moyenne d’un tour par une ou deux minutes. Le cylindre est incliné de 3 à 6 pour 100 sur l’horizontale afin de permettre à la pâte pulvérulente, introduite par la partie supérieure de l’appareil, de descendre vers l’extrémité inférieure dite tête de four (fig. 10). En cet endroit, se trouve le foyer, constitué par une buse cylindrique, sise dans l’axe du four et par laquelle un puissant ventilateur injecte de l’air et du charbon pulvérisé. Ce mélange combustible, convenablement dosé, brûle à une température de 1500° à 2000°, en donnant une flamme horizontale de 6 à 7 m. Les gaz chauds ainsi produits remontent le four sur toute sa longueur et s’évacuent par une cheminée placée à la partie supérieure.
- Dans les fours rotatifs, d’ailleurs, on utilise seulement des charbons très purs, car si leur combustion laissait trop de cendres, ces résidus s’incorporant aux grains argilo-calcaire’s fourniraient de mauvais produits. Avant leur emploi, on pulvérise très finement ces charbons dans un moulin broyeur, à la sortie duquel un courant d’air les envoie au brûleur.
- A présent que nous connaissons le four rotatif et son fonctionnement, voyons les réactions chimiques qui s’y accomplissent, une fois la pâte introduite, dans son intérieur, par l’extrémité du foyer. Dès que cette masse pulvérulente entre en contact avec les gaz de la combustion, elle commence par se ressuyer.
- Au voisinage de la sortie, la température intérieure du four varie de 300 à 500°. Puis en progressant vers la tête, la matière, sèche alors, mais,' encore crue, rencontre une atmosphère gazeuse de plus en plus chaude et vers la fin de cette zone de cuisson proprement dite, le pyromètre accuse 900°. Là, le premier phénomène chimique s’accomplit : sous l’influence de la chaleur, le carbonate de calcium perd son acide carbonique et se transforme en oxyde de calcium selon la formule :
- COsCa = CO2 -h CaO ’
- Carbonate de calcium = Acide carbonique -t- Oxyde de calcium
- Du reste, jusqu’à ce que les gaz de la combustion aient entraîné la totalité de l’acide carbonique, la température demeure constante.
- La pâte ainsi libérée de son acide carbonique, tout en cheminant peu à peu jusqu’à environ 15 ou 20 m. dé la tête du four, s’échauffe très rapidement et atteint 1400°. Les éléments siliceux et alumineux de l’argile se combinent alors avec l’oxyde de calcium, en même temps que s’opère un commencement de fusion. Cette vitrification, dénommée clinkérisation dans le langage technique, est la période critique de la fabrication ; pendant cette
- phase de la cuisson, ouvriers et contremaîtres surveillent avec soin la marche de l’appareil.
- Par suite du mouvement de rotation, les morceaux vitrifiés sortent du four, sous la forme de granules incandescentes grosses comme des noisettes. Ces clinkers tombent alors dans le refroi-disseur (fig. 7), autre tube cylindrique rotatif de 40 à 15 m. de longueur, disposé vers l’extrémité inférieure du four et où circule un courant d’air froid qui, réchauffé par son passage sur les clinkers, va servir à la combustion du charbon pulvérisé. Cette récupération de calories permet de réaliser une très appréciable économie.
- Après leur refroidissement, les clinkers subissent le broyage. On les amène automatiquement dans des moulins qui les transforment en une poudre grise très fine, laissant sur un tamis de 4900 mailles au centimètre carré, 15 à 20 pour 100 seulement de son poids. Les moulins sont encore des tubes cylindriques rotatifs remplis de boulets d’acier et pour parachever la mouture, on employait jadis des tubes finisseurs ne différant des précédents que par certains accessoires. Aujourd’hui on a imaginé de réunir les divers organes de broyage en un seul et, après son passage dans un tube à trois compartiments, le clinker sort pulvérisé au degré voulu. On remplace quelquefois les boulets métalliques par des cylpebs ou petits cylindres d’acier de 8 à 12 mm de diamètre et de 40 à 50 mm. de longueur, qui permettent d’obtenir des produits très fins et d’un meilleur rendement. D’ailleurs, quel que soit le mode de broyage, on conserve le ciment moulu dans de grands silos, en attendant sa mise en barils ou en sacs pour l’expédition.
- Telles sont, en résumé, les diverses phases de la fabrication du ciment de Portland. Nous n’avons pu dans cette courte étude, ni entrer dans des détails techniques, ni signaler toutes les modifications récentes apportées aux méthodes générales de fabrication. Dans les cimenteries importantes, où l’on doit traiter de grandes quantités de matières inertes, il a fallu nécessairement développer la manutention mécanique afin de diminuer autant que possible les frais de main-d’œuvre. Par exemple, à Ilagondange (Moselle), 5 fours rotatifs produisent annuellement 200 000 tonnes. On conçoit donc que, dans de pareilles usines, on se serve de wagonnets automatiques et de trolleys aériens, pour amener les matières premières de la carrière jusqu’aux délayeurs ainsi que pour le transport du charbon depuis les wagons ou les chalands jusqu’au parc de gerbage. De même, à l’usine de Gargenville, une centrale électrique de 5000 HP assure la rotation, le chargement et le déchargement des fours, la marche des transporteurs d’alimentation et d’évacuation, le service de la voie ferrée qui raccorde la fabrique aux chemins de fer de l’Etat. Cette énergie électrique permet, en outre, le fonctionnement des pompes de tous systèmes pour la circulation dé la pâte, actionne des vis transporteuses pour le déga-
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- —~——~= POUR SAUVER ]
- gement des silos, des courroies automatiques pour la manutention des barils ou des sacs, etc. En un mot, à l’intérieur des grandes cimenteries modernes, les ouvriers spécialisés contrôlent les machines ; on rencontre bien encore quelques mineurs et pelleteurs dans les carrières d’où s’extraient les calcaires et l’argile, mais on n’y voit plus guère d’hommes de peine. •
- D’autre part, comme la chimie joue un grand rôle dans cette fabrication, les laboratoires cimentiers sont fort bien outillés. Les ingénieurs ne se contentent pas de contrôler le dosage des pâtes et des charbons, de vérifier la pureté de l’eau d’alimentation, ils se livrent encore à de fréquents essais des produits finis. Plusieurs fois par jour, ils prélèvent des échantillons de ciment, en font l’analyse, les soumettent aux épreuves de volume et de résistance à la traction.
- Pour compléter cette rapide enquête, il nous faut encore mentionner les ciments à haute teneur en alumine que M. Jules Bied a nouvellement introduits dans la construction. On les prépare par la fusion liquide d’un mélange de calcaire très pur et de bauxite ferrugineuse ; leur fusion s’effectue soit au coke dans un four à water-jacket, soit au four électrique. Ils possèdent, entré autres propriétés caractéristiques, un durcissement rapide et une résistance très élevée, mais leur emploi nécessite certaines précautions et se limite jusqu’ici à des travaux spéciaux.
- Terminons maintenant par quelques renseignements statistiques. Il existe en France 284 usines fabriquant des liants hydrauliques. Ces établissements avaient, en 1922, une puissance de production de 5196 500 t. de chaux et 4 655150 t. de ciments de diverses sortes dont 2 958 500 t. de Porlland artificiel.
- Les gros groupements cimentiers de notre pays
- POUR SAUVER
- Respiration artificielle
- Bien qu’aucune statistique ne permette de connaître exactement le nombre des accidents d’asphyxie et la proportion des décès qui s’ensuivent, il semble bien qu’ils croissent avec les progrès de l’industrie. En effet, aux causes connues depuis longtemps, notamment le mélange à l’air respirable des habitations des gaz toxiques provenant de fissures des cheminées, des fuites du gaz d’éclairage par la canalisation ou des robinets laissés imprudemment ouverts, viennent s’ajouter avec une fréquence grandissante les accidents industriels causés par les courants électriques et par les appareils producteurs d’oxyde de carbone (hauts fourneaux, cokeries, gazogènes, etc.).
- Ces asphyxies nécessitent toujours une interven-
- iS ASPHYXIÉS :.......... ... .......... - 173
- sont au nombre de cinq et voici leur importance respective, à l’heure actuelle :
- Le Boulonnais (Pas-de-Calais) : 681 000 t. et le Nord : 270 000 t.
- VIsère : 175 000 t.
- La région de l'Est (avec la Moselle comme centre très actif) : 560 000 t.
- Environs de Paris : 545 000 t.
- Le Sud-Est (Ardèche, Bouches-du-Rhône et Alpes-Maritimes) : 264000 t.
- Le reste de notre production cimcntière se trouve répartie dans les autres départements, mais compte peu vis-à-vis des cinq groupements énumérés ci-dessus et qui jouissent, pour l’instant, d’une prospérité relative. La reconstruction des régions libérées, les grands travaux hydrauliques en cours dans les Pyrénées et le Massif Central, l’électrification des chemins de fer, les pylônes en béton armé et les besoins courants des entreprises de maçonnerie absorbent, en effet, une partie importante des produits de nos cimenteries. Devant les perspectives d’avenir, plusieurs sociétés françaises construisent même de nouvelles usines, entre autres, à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), à Thionville(Moselle), à Courbes (Aisne), à Neuville-sur-l’Escaut (Nord), et à Mar-coing près de Cambrai. Enfin nos cimentiers peuvent maintenir une certaine exportation, grâce à l’excellence de leur fabrication. Cependant les Belges et surtout les Allemands les concurrencent aujourd’hui, vu leurs tarifs moins élevés. Les premiers disputent à nos nationaux quelques marchés européens et les seconds envoient leurs ingénieurs jusqu’au Japon afin de s’emparer des débouchés d’Extrême-Orient. Mais, pour le moment, nos fabricants de ciments ont assez à faire en France, dans nos colonies et en Europe, pour ne pas trop s’inquiéter de la menace germano-niponne.
- Jacques Boïeh.
- LES ASPHYXIÉS
- it inhalations d’oxygène.
- tion immédiate pour écarter le danger de mort. L’urgence du traitement est telle qu’on ne peut attendre l’arrivée du médecin pour le commencer, si bien que dans tous les lieux où de pareils accidents sont à redouter, et ceux-ci sont multiples notamment auprès des canalisations et des générateurs de gaz à l’eau, il est nécessaire qu’une partie du personnel soit entraînée à porter un secours efficace, en cas d’urgence, aux asphyxiés.
- Quelle que soit la cause de l’arrêt respiratoire, les soins à donner sont d’ailleurs identiques dans tous les cas : manœuvres de respiration artificielle, associées si possible aux inhalations d’oxygène. Cette dernière condition est capitale dans les cas d’intoxication par l’oxyde de carbone, pour cette
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- POUR SAUVER LES ASPHYXIES
- raison simple mais primordiale, que l’oxygène déplace l’oxyde de carbone de sa combinaison avec l’hémoglobine du sang d’autant plus rapidement qu’il est plus pur.
- Manœuvres de respiration artificielle. — En France, on ne connaît guère que les deux méthodes de Laborde et de Sylvester, officiellement recommandées par le Ministère des Travaux Publics et obligatoirement affichées dans toutes les stations électriques à haute tension.
- La méthode de Laborde consiste à ouvrir la bouche, au besoin en desserrant les mâchoires au moyen d’un coin introduit entre les molaires et à saisir la langue avec une pince tire-langue, ou à défaut avec un linge, mouchoir, cravate, ou tout i autre morceau d’étoffe.
- De la main droite, on tire la langue hors de la bouche, puis on - la laisse rentrer d’elle-même sans la lâcher, en même temps qu’on appuie de la main gauche libre sur l’épigastre.
- On cesse la pression de la main gauche et l’on recommence
- la traction de la Fig. i.
- main droite, répétant les mêmes mouvements en cadence au rythme de 16 par minute.
- La méthode de Laborde n’est pas, à dire vrai, une méthode de respiration artificielle, puisqu’elle n’assure pas les mouvements mécaniques, mais seulement un procédé d’excitation des centres nerveux respiratoires applicable uniquement pour entretenir ou réveiller le rythme des mouvements encore existants.
- Elle a l’avantage d’ètre la moins fatigante pour l’opérateuiq mais la prise de la langue et son maintien sont difficiles ; elle a une certaine efficacité et peut suffire quand la respiration n’est pas totalement arrêtée, sinon elle ne doit pas être pratiquée seule et ne peut être employée qu’associée à la méthode de Sylvester.
- La méthode de Sylvester est la mieux connue et le plus souvent appliquée en France.
- Le malade étant couché sur le dos, on déboutonne rapidement le col de ses vêtements, on écarte les mâchoires si elles sont serrées, on fixe la langue hors de la bouche pour qu’elle n’obstrue pas le larynx, puis on soulève légèrement les épaules en glissant dessous un paquet de vêtements ou un
- coussin, et l’on commence les mouvements. Pour cela, le sauveteur se place à la tète du malade, lui prend les avant-bras au-dessous du coude et les tire vigoureusement à lui pour produire l’inspiration, puis il repousse les avant-bras et les ramène repliés sur les bras contre la poitrine de manière à la comprimer et à produire l’expiration. Les mouvements d’inspiration et d’expiration alternent régulièrement au rythme de 10 à 16 par minute. Le sauveteur inspire lui-même en tirant les bras et expire en les poussant.
- Si deux personnes peuvent s’occuper du malade, la seconde pratique les tractions de la langue rythmées synchroniquement avec les mouvements des bras. Si trois personnes sont présentes, elles
- peuvent se répar-
- WBBBBBgKggm
- L.a méthode de Schaefer pour les manœuvres de respiration artificielle.
- tir ainsi la tâche : l’une s’occupe des tractions de la langue, . les deux autres manœuvrent chacune un bras ou se relaient à tour de rôle.
- En effet, si la méthode de Syl-, vesler est très efficace, elle est fatigante à appliquer et nécessite une main-d’œuvre entraînée et robuste. Lorsqu’il faut prolonger plus d’une demi - heure les
- manœuvres de respiration artificielle, il est bon de prévoir la relève des sauveteurs, un homme moyen s’épuisant assez vite à mouvoir les bras de l’asphyxié.
- Il existe une troisième méthode, celle de Schaefer, très peu connue en France, mais officiellement recommandée en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, qui nous paraît devoir être préférée aux deux précédentes et largement vulgarisée.
- Le malade est étendu sur le sol, le ventre contre terre, les bras allongés en avant, la figure tournée sur le côté. Le sauveteur se place à genoux, les cuisses du patient entre ses jambes, de manière à pouvoir s’asseoir sur les mollets de l’asphyxié. Il étend les bras et pose ses mains onvertes sur le dos, au niveau des dernières côtes, les pouces se touchant presque; il appuie progressivement et sans brusquerie de tout son poids sur le thorax de manière à provoquer l’expiration (fig. 1); il cesse alors de presser, tout en laissant ses mains en place, s’assoit sur les mollets, l’inspiration se produit par l’élasticité des côtes et des organes abdominaux; il recommence la pression progressive et continue ainsi à raison d’une pression de
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- POUR SAUVER LES ASPHYXIÉS
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- Fig. 2.
- trois secondes toutes les cinq secondes.
- On aperçoit immédiatement les avantages de cette méthode : elle peut être pratiquée à peu près partout, même dans un local étroit. Elle peut être appliquée par un seul homme, puisque la langue, en tombant, ne bloque pas les voies respiratoires et que la manœuvre demande peu de furce et peut être répétée longtemps sans grande fatigue. La position du malade facilite l’expulsion des mucosités. Enfin, cette méthode est beaucoup plus simple et par suite plus facile à apprendre que les deux seules préconisées en France.
- Aussi, espérons-nous qu’elle sc vulgarisera rapidement.
- Inhalations d’oxygène. —L’oxygène, nous l’avons dit, est indispensable, comme l’un de nous, Ni-cloux, l’a montré abondamment et avec évidence, pour déplacer rapidement l’oxyde de carbone fixé pendant l’asphyxie sur T hémoglobine des globules rouges.
- Seul, il permet
- la prompte résurrection des intoxiqués par le gaz d’éclairage, le gaz à l’eau, les gaz des cokeries et ceux des hauts fourneaux. Mais il faut l’inhaler
- Fig. 3. — Le masque démonté, montrant la disposition des soupapes.
- Fig. 4. — Manœuvres de respiration artificielle et inhalations a’o.xygène.
- Deux modèles du masque à inhalation d’oxygene Legendre et Nicloux.
- d’une manière efficace. Le procédé classique qui consiste à placer dans ou devant la bouche une tétine reliée à un sac de caoutchouc rempli de ce gaz est sans aucun effet, le gaz ne pénétrant pas dans les voies aériennes. L’asphyxié doit respirer dans une
- atmosphère riche en oxygène, d’où la nécessité de placer devant ses orifices respiratoires un masque où le gaz arrivera largement.
- Il existe déjà plusieurs modèles de tels masques, mais aucun, croyons-' nous, ne remplit les multiples
- conditions indispensables pour un tel appareil.
- Aussi, avonsmous imaginé un modèle dont voici la brève description :
- Clest un masque métallique du genre de ceux employés pour l’anesthésie, il entoure seulement (fig. 2) le nez et la bouche et s’applique exactement sur la surface cutanée, grâce à un bourrelet pneumatique qui, appuyé sur la face par la bride passée derrière la tête, assure l’étanchéité. Ainsi l’appareil laisse les yeux à l’air libre pour les cas où on aurait à en observer les réflexes et, étant rigide, il ne peut s’écraser sous le poids de la tète quand l’homme est couché sur le ventre.
- Il a une capacité minime et par conséquent un espace nuisible très réduit. Deux soupapes circulaires l’une d’inspiration et l’autre, d’expiration, en caoutchouc mince, fixées en leur centre par un bouton, empêchent le mélange de l’air suroxygéné avec l’air expiré, elles ont un diamètre de 25 mm., suffisant pour
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- POUR SAUVER LES ASPHYXIES
- Que ces simples notions soient utiles à répandre ; il suflit pour en juger de songer aux multiples sources d’oxyde de carbone qu’a créées l’industrie moderne et aux dangers d’électrocution que présente la multiplication des réseaux d’énergie électrique.
- C’est d’ailleurs à la suite de nombreuses demandes adressées à la Direction des Recherches et des Inventions, pendant et depuis la guerre (') que nous avons préconisé la méthode de Schaefer et réalisé le masque destiné à y adjoindre l’inhalation d’oxygène.
- Dans le but de faire connaître la manière efficace de porter secours aux asphyxiés, nous avons établi avec le concours du Dr Comandon et grâce aux ressources de l’Office national des Recherches et des Inventions, un film d’instruction qui est à la disposition des services intéressés.
- R. Legendre et Dr M. Nicloex,
- Fh
- Liaisons du masque, du sac
- /. f'\rlîn riï‘0 si*/WV rrètiO
- Directeur du laboratoire de Physiologie comparée à l'Ecole des Hautes Etudes.
- Processeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- el du cylindre d’oxygène
- ne créer aucune résistance, et fonctionnent quelle que soit la position de l’homme : couché sur le ventre ou assis, la tête droite ou tournée (fig. 5).
- Pour l’usage, on place en amont de la soupape inspiratoire une poche ou un sac de caoutchouc, formant volant régulateur, alimenté par un cylindre d’oxygène comprimé dont un robinet ou un mano-délendeur limite le débit (fig. 5).
- Le masque étant métallique peut être indéfiniment gardé en réserve sans s’altérer.
- Seules, les parties en caoutchouc : bourrelet et disques des soupapes, • doivent être surveillées, mais elles sont visibles, amovibles et très aisément remplaçables.
- Le masque, le sac de caoutchouc et le cylindre d’oxygène peuvent être groupés dans une boîte (fig. 6) qui les protège et permet d’avoir un nécessaire complet de secours toujours prêt à fonctionner.
- Ce nécessaire est transporté sur le lieu de l’accident ou accroché dans un poste de secours où l’on amène l’asphyxié.
- La figure 4 montre l’aspect d’un sauvetage où les inhalations d’oxygène sont associées aux manœuvres de respiration artificielle par la méthode Schaefer,
- 1. La dernière ayant suivi l'accident du tunnel de Mornay, en mai dernier, où 7 hommes trouvèrent la mort et un train resta en détresse sous le tunnel, tout son personnel intoxique.
- Fig. o. — Le nécessaire complet pour inhalations.
- Jx Gérant : P, Masson. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2555. : —..=1;: — ..... ..... 24 MARS 1923
- LE RENDEMENT DES ARMES A FEU AU TIR SUR DES ÊTRES VIVANTS
- Le choix d’une arme de défense.
- Quiconque jouit de quelque autorité en fait d’armes ou de tir est souvent sollicité pour donner un avis sur le choix d’une arme de défense. L’auteur, par une expérience d’une vingtaine d’années, a eu l’occasion d’apprécier les qualités, et les défauts surtout, de presque tous les systèmes d’armes de poche existant aujourd’hui; il s’est ainsi formé peu à peu un idéal d’une arme de défense en tant que la fabrication en parait aujourd’hui possible. Le but de ce travail est d’exposer et de motiver les principales conditions auxquelles doit répondre une bonne arme de défense.
- La question qui se pose de prime abord ; revolver ou pistolet? sera discutée plus tard. Nous commencerons par examiner la première qualité que doit avoir une bonne arme de défense, celle de terrasser ou d’arrêter l’adversaire du premier coup, sans tou-
- Fig. 2. — Pistolet
- se chargeant et s'armant d’une seule main.
- tefois le tuer nécessairement. Grande portée, grande pénétration, etc., tout cela n’est pour une arme de poche que secondaire. Le facteur principal est ce que, avec les Anglais, on appelle généralement le Stopping power : pouvoir d’arrêt. Voici, par exemple, un cambrioleur armé qui s’introduit dans votre maison pendant'la nuit. A quoi le plus beau revolver ou Browning vous servent-ils, si, quoique touché par votre balle, l’agresseur trouve encore le temps de tirer lui-même sur vous plusieurs balles avant de tomber?
- La formule du pouvoir d’arrêt que nous avons démontrée dans notre précédent article (voir n° du 24 février 1923) :
- op V S / V = vitesse initiale de la balleV
- 5 X 9,81 \S = section de la balle J
- nous dit qu’il dépend de la vitesse et de la section du projectile, c’est-à-dire de son calibre, et qu’il est une fonction directe du carré du calibre.
- Fig. i. — Le pistolet Colt de la police américaine.
- Calibre 11,25 mm.
- Voilà donc ce qui doit nous guider dans le choix d’une arme de défense : il faut une grande vitesse, donc une forte charge ; mais, avant tout, un gros calibre. Les revolvers ordinaires, les petits revolvers de poche de 7 et 8 mm sont insuffisants, surtout à cause de la faible vitesse de leurs projectiles. Pour le petit browning de poche, la vitesse de la balle serait suffisante, mais le calibre est trop faible.
- Pour donner une idée des effets produits par les armes de défense et quelques carabines de chasse, j’en ai calculé quelques constantes d’après les formules'indiquées. Ces chiffres, réunis dans le petit tableau qui suit, donnent : 1° le poids de la balle; 2° sa vitesse; 3° son énergie à 25 m. ; 4° sa pénétration dans les muscles ou les tissus; 5° l’énergie cédée au corps de l’homme habillé (ou au corps du chevreuil) (é = 25 cm) et 6° le stopping power. Quant à ce dernier, j’ai choisi, comme unité, celui d’un projectile qui, sur le corps humain habillé, transmet, au moment de le toucher, 1 kgm. par centimètre de pénétration. Tous ces chiffres sont calcu-
- Fig. 3. — Pistolet
- se chargeant et s'armant d’ùne seule main.
- 12. —177.
- 51* Année- — 1” Semestre.
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- 178 LE RENDEMENT DES ARMES A FEU AU TIR SUR DES ÊTRES VIVANTS
- Fig. 4. —Pistolet à système de percussion visible. lés pour une distance de 25 in. Il sera facile de
- correspondre toujours à sa puissance. Comparons, par exemple, le pistolet de la Military Police américaine, le Colt 11 mm 25 (fig. 1) avec le petit Browning 6 mm 55. La vitesse initiale du Colt (245 m.) dépasse à peine celle du petit Browning, mais son SP est plus de trois fois plus élevé et dépasse même celui de tous les fusils d’infanterie du calibre de 6 mm 5 (fusils des armées italienne, suédoise, hollandaise, portugaise, japonaise, etc.), qui ont pourtant une énergie 5 fois plus grande.
- Il est vrai que ce « handcanon » américain est d’un poids et d’un volume qui le rendent peu recommandable comme arme de poche. Mais un bon revolver Smith et Weston du calibre 9 mm par exemple ou un pistolet automatique 9 mm ou au
- Poids de la
- balle en
- ARME ET CALIBRE grammes.
- Carabine Flobert 6 mm (bosquette) . . 1,16
- — cartouche .22 shorl. . 2,05
- — — .22 long rifle. 2,75
- Pistolet Browning de poche 6,55 . . . 5,28
- . — de police 7,65 . . . 4,80
- 9 mm.............. 6,15
- Pistolet 11,25 mm Colt américain. . . 15,0
- Pistolet Parabellum 7,65 mm........... 6,0
- Carabine Winchester aulom. .22 . . . 2,91
- Carabine Winchester autom. .551. . . 8,8
- Carabine Winchester autom. .401. . . 16,2
- Carabine Browning autom. 9 mm. . . 12,90 Carabine Mauser 6,5 mm. . . . . . 10,0
- Carabine Mauser 8 mm..................10,0
- Carabine Lee Str. p. 6 mm. ... . 7,26
- Vitesse V (25). Energie (25), Pénétration cm. Energie absorbée kgrn. Stopping power S. P.
- 200 2,3 4,10 2,5 1,12
- 240 6,0 10,0 6,0 1,18
- 270 ' 10,0 15,0 10,0 1,55
- 250 8,8 11,2 8,8 1,50
- 280 19,0 14.5 19,0 2,62
- 260 21,2 12,6 21,2 5,57
- 246 50,5 18,7 . 50,5 4,90
- 550 57,5 25,0 57,5 5,20
- 557 16,8 20,0 16,8 1,50
- 570 190 40 164 7,6
- 652 281 50 210 11,2
- 665 289 72 177 8,50
- 700 250 105 106 4,70
- 840 560 85 186 8,67
- 777 226 100 99 4,50
- calculer les effets, ou l’énergie cédée sur du gros gibier, en introduisant dans la formule :
- Ea/>i. — L; — Ei
- pour é l’épaisseur du gibier.
- À des distances supérieures, la pénétration, les effets mécaniques et'le stopping power dépendront de l’énergie totale restante du projectile, donc indirectement de son poids, ou mieux, de sa densité par millimètre carré de section. Il s’ensuit que, pour se faire une idée juste des capacités d’une arme donnée, il faut considérer à la fois son énergie, son stopping power, le poids de la balle, la pénétration et les effets mécaniques, et il faut voir comment tous ces chiffres s’appliquent à l’usage qu’on veut faire de l’arme en question.
- D’après les formules et les'indications qui viennent d’être données, chacun pourra calculer tous ces facteurs pour son arme, quel qu’en soit le système. Il suffit d’en connaître le calibre, ainsi que le poids et la vitesse de la balle.
- . Les chiffres du tableau nous montrent clairement l’avantage du gros calibre, et qu’à de courtes distances le stopping power d’une arme est loin de
- moins 7 mm 65, et peu encombrant, voilà ce qui, au point de vue du rendement, conviendrait le mieux comme arme de défense. Pour autant que je sache, il existe aujourd’hui deux modèles de pistolets de poche du calibre 9 mm et qui' ne sont pas plus grands qu’un petit Browning ordinaire de 6 mm 55 :
- Fig. 5. — Le pistolet Little Tom.
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- LE RENDEMENT DES ARMES A FEU AU TIR SUR DES ÊTRES VIVANTS 179
- le petit Bayard et le Frommer-Baby. Ces deux modèles ont un S. P. double de celui du Browning de calibre 6,55.
- Toutes les valeurs du tableau en tant que S. P. et effets mécaniques ne s’appliquent, en général, qu’au cas où la balle ne traverse que des partiés molles, des tissus et des muscles. Dès que les gros os sont touchés, la pénétration diminue, donc l’énergie absorbée par le corps touché augmente. Le rendement des armes à grande vitesse, mais à petit calibre, celui des petits pistolets automatiques par exemple, devient meilleur alors. Nous avons dit plus haut que le poids de la balle n’a pas d’influence sur le stopping power, cela ne s’applique qu’au tir à des distances relativement courtes seulement. Or, les formules élémentaires de la balistique nous disent, que plus un projectile est lourd, plus longtemps il garde sa vitesse et son énergie, par conséquent aussi son S. P. Mais pour le revolver et le pistolet, un grand S. P., à de grandes distances, n’a pas de raison d’êlre, ces armes ne servant qu’au tir à de courtes distances. Il serait nuisible même, puisque les halles perdues constitueraient un danger sérieux. C’est pourquoi on a créé, dans différents pays, pour les agents de la police, des munitions à balles d’aluminium. Ces balles, très légères, ont une vitesse très grande, donc un grand S. P. mais à une très courte distance seulement, car la balle perd rapidement son énergie et à 50 ou 80 m., elle devient à peu près inoffensivc.
- Un autre facteur de première importance pour celui qui recommande, vend ou achète une arme à feu et qui pense à sa responsabilité, c’est le danger d’accident que peut entraîner le maniement d’une arme donnée. En étudiant de près plus d’une centaine d’accidents de ce genre, l’auteur a réuni de nombreuses observations qui donnent sérieusement à réfléchir et qui se trouvent résumées dans ce qui va suivre.
- Nous ne nous arrêterons pas aux accidents relativement rares aujourd’hui, dus à une défectuosité de l’arme, et nous passerons de suite à la grande
- Fig. y. — Le pointage du Pistolet.
- Fig. 6. — Le pistolet Le Français.
- majorité des accidents, où le malheur n’est pas imputable à l’arme, mais à des fautes plus ou moins graves de celui qui la manie, dues soit à l’ignorance, soit à une imprudence souvent criminelle. Et nous pouvons dire qu’au point de vue de la sécurité, la meilleure arme de défense sera celle qui dans la plus grande mesure tient compte de ces faiblesses humaines.
- Par une singulière fatalité, en prenant en main une arme qu’ils ne connaissent pas, la plupart des gens commencent toujours par presser sur la détente, et cela sans s’occuper le moins du monde de la direction qu’ils ont donnée au canon de l’arme? Eh bien — il faut que ceci soit dit une fois pour toutes — celui qui prend en main une arme et appuie sur sa détente a eu l’intention de tirer et sera responsable de tout malheur qui en résulte. Il était, dira-t-on, sûr et certain que l’arme n’était « pas chargée », peu importe : celui qu’il vise ainsi avec une arme « non chargée » n’a pas seulement le droit, mais le devoir, de supposer l’arme chargée et d’avertir le tireur du caractère criminel de son étourderie, de n’importe quelle manière, pourvu qu’elle soit énergique et efficace. Un tireur expert américain m’a déclaré, un jour, qu’aux Etats-Unis la statistique prouvait, avec une évidence effrayante, qu’en temps normaux, les armes « non chargées » faisaient plus de victimes que les armes chargées!
- Les accidents causés par des armes à feu sont devenus particulièrement nombreux depuis la mise en vente des armes de poche à répétition automatique, des pistolets genre Browning. C’est que ces armes sont à détente très douce, et qu’à l’état chargé, leur percuteur est toujours armé, sans qu’on puisse s’en apercevoir. Pour plusieurs d’entre elles un simple choc, la chute de l’arme par exemple suffît pour faire partir le coup. U y a bien une ou plusieurs « sûretés » ; mais on est presque tenté de dire que plus il y a de sûretés, plus il y a d’accidents. Un grand nombre de systèmes présente comme dispositif de sûreté un petit levier qu’il faut tourner vers le haut ou vers le bas, vers la droite
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- ou vers la gauche, et très souvent on confond les deux positions du levier et l’on croit que la sûreté est mise,' quand elle ne l’est pas, ou réciproquement. Souvent ce levier de sûreté se déplace dans la poche par le simple frottement contre l’étoffe. Ou bien, lors d’une agression subite, vous sortez l’arme pour tirer, mais elle ne fonctionne pas; vous avez oublié d’enlever la sûreté. Avant de corriger votre oubli, votre adversaire aura trouvé le temps de vous terrasser. Ou bien encore, vous mettez le pistolet de côté; il est chargé et dûment bloqué. Mais voilà un ami qui arrive; il voit l’arme et la prend en main pour l’examiner de près. Il essayera naturellement la détente, qui résiste. Votre ami sera sûr dès lors que l’arme n’est pas chargée. Il continue à en faire l’examen en toute sécurité ; il trouve un petit levier qu’il fait virer, et c’est tout naturel. Il le fait tourner à droite, à gauche, à droite, et il n’a pas idée qu’il vient de déclancher le dispositif de. sûreté; une seconde pression sur la détente, et le malheur est fait.
- Un pistolet armé à percussion invisible est une armé extrêmement dangereuse, et qui est responsable de nombreux accidents; aussi, préfère-t-on généralement laisser l’arme non armée, c’est-à-dire ne pas introduire de cartouche dans le canon et l’armer seulement au moment de l’emploi. Ce procédé a l’avantage d’éviter bien des accidents et en outre de ménager une des parties vitales de l’arme, le ressort de percussion ; mais, d’autre part, une telle arme non armée ne peut plus, pratiquement parlant, être considérée comme arme de défense ; car, surpris à l’inlprovisLe par un agresseur, on n’a guère le temps ou la présence d’esprit nécessaires pour procéder à la manœuvre compliquée de l’armement et du dégagement du cran de sûreLé. Pour cet armement, on a besoin de deux mains; en outre, comme à cette opération on a toujours l’index sur la gâchette, très souvent un coup part pendant le chargement de l’arme. Toutes ces observations ont. conduit à la construction d’un modèle représenté par les figures 2 et o qui permet d’armer et de charger l’arme à l’aide d’une seule main, éventuellement, dans la poche du pardessus. C’est déjà un réel progrès, qui a encore l’avantage d’empêcher automatiquement l’index de presser la gâchette pendant le mouvement de l’armement, cause fréquente d’accidents. Seulement une fois le pistolet armé, on ne peut plus le désarmer sans le décharger. À tout cela il convient de préférer l’arme munie d’un système de percussion apparent, d’un chien extérieur visible qu’on peut armer et désarmer d’une seule main, éventuellement dans la poche (fig. 4). (PisLolets Savage, Steyer, Grand Mauser, Webley and Scott, Mannlicher, Frommer, Colt, Little Tom, etc.). Le chien visible est l’indice le plus sûr et le plus apparent qu’un pistolet est armé ou non. Le chien désarmé constitue en outre la sûreté la plus perfectionnée contre un tir accidentel. A mon avis, ce qu’il y a de mieux aujour-
- d’hui sous ce rapport, c’est la platine à chien à détente du pistolet « Little Tom » (fig. 5). CeLtc platine fonctionne d’une façon semblable à celle d’une platine de revolver, c’e&t-à-dire qu’ayant oublié d’armer le chien, le coup part quand même, puisque le pistolet peut être armé par une pression un peu plus forte sur la détente. Après ce premier coup, le pistolet s’arme automatiquement, comme tous les autres systèmes. Une telle arme, armée ou non, est toujours prête pour le tir.
- Les accidents les plus fréquents proviennent de ce qu’on oublie qu’il y a encore une cartouche dans la chambre du canon, après l’enlèvement du magasin. Aussi certains systèmes de pistolets automatiques sont-ils munis d’une sûreté, qui reste automatiquement en fonction, aussi longtemps que le magasin est enlevé. Mais cet arrangement n’a qu’une valeur très restreinte, car si on a oublié la malheureuse cartouche restée dans le canon, et qu’on remette le magasin après l’avoir vidé, on croit nécessairement que l’arme n’est pas chargée, une pression sur la gâchette et le malheur est fait! Dans le pistolet « Le Français » (fig. 6), dès qu’on enlève le magasin, le canon se soulève et fait voir la cartouche à enlever encore. C’est un progrès appréciable, mais mieux vaut encore le dispositif du « Little Tom » (fig. 5). Comme son magasin ne s’enlève que par en haut, il faut, avant de pouvoir le retirer, ouvrir la culasse et extraire ainsi d’abord et automatiquement la cartouche du canon. Cette méthode d’enlever le magasin par en haut étant peu pratique, je suggérerais l’idée d’un système dans lequel le magasin sortirait, comme dans tous les pis-. tolets, par en bas, mais serait bloqué de manière à ne pouvoir être enlevé que si la culasse est à sa position extrême en arrière. Il serait très facile de trouver un système de blocage du magasin remplissant cette condition, par laquelle on serait obligé de retirer la cartouche du canon avant de retirer le magasin.
- Un bon système de blocage, qu’on rencontre souvent, est le suivant : le côté postérieur du manche porte un levier qu’il faut déprimer fortement pour libérer la détente;.ce qui se fait automatiquement dès qu’on empoigne le pistolet pour tirer.
- Dans les pistolets « Le. Français » et « Schwarz-lose », on va plus loin encore. Ces armes ne sont armées qu’au moment du tir seulement, c’est la main du tireur qui pour chaque coup tend le ressort du percuteur. Cet arrangement nous ramène tout bonnement au vieux système des revolvers, où le chien a été armé également par l’intermédiaire de la détente seulement, et cela pour chaque coup séparément. Les revolvers n’avaient pas d’autres « sûretés » ordinairement. Aussi les revolvers sont-ils plus sûrs que les pistolets genre Browning, et ils sont loin de disparaître malgré tous les progrès qui ont été réalisés depuis en armurerie. Un bon revolver est toujours l’arme la moins dangereuse et la plus sûre quant au fonctionnement, c’est l’arme
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- de défense par excellence, à laquelle on peut se lier! Une cartouche de revolver, si elle refuse de partir, ne gêne pas autrement, tandis que les pistolets automatiques (à l’exception de « Le Français » et « Little Tom ») en sont immédiatement bloqués, et il faut en enlever d’abord la cartouche ratée, avant de pouvoir tirer le coup suivant. Un autre point : imaginez un carrefour désert et, dans ce carrefour, un voyou qui vous met plus ou moins gentiment devant l’alternative de lui céder la bourse ou la vie! Vous vous empressez naturellement de plonger la main dans votre poche, pour avoir l’air de vous débarrasser de bon gré de vos chiffons de papier. Mais, en réalité, vous empoignerez votre revolver, pour tirer une ou plusieurs balles du dedans même de la poche, sans sortir l’arme. Avec le revolver du bon vieux temps, ce coup réussirait admirablement; mais il n’en serait plus de même avec un .« Browning », dont la culasse, en reculant, vous blesserait sérieusement la main ou la cuisse.
- Que faut-il donc préférer, le revolver ou le pistolet? Pour nous décider, nous allons passer en revue toutes les qualités et tous les défauts qu’il y a lieu d’envisager en l’occurrence :
- 1° Sûreté de fonctionnement (reliability). — Sous ce rapport, le revolver, grâce à la simplicité de sa construction et de son maniement, l’emporte de beaucoup sur tous les genres de pistolets. D'une manière générale, on pourra dire, que les armes à répétition automatique, dont le fonctionnement dépend de la pression des gaz, sont moins sûres que celles dont la répétition est à la charge du tireur. Pour les premières, la fatigue des ressorts, un manque de graissage, une faible irrégularité dans la charge des cartouches et d’autres facteurs produisent des « pannes » assez fréquentes. Un de ces facteurs est le peu de stabilité de la poudre pyro-xylée. Au bout de 5, 8 ou 10 ans, souvent en moins de temps, les munitions pour armes automatiques deviennent, pratiquement parlant, inutilisables. C’est là un fait qui a son importance pour les armes de défense, qui souvent, disons le plus souvent heureusement, restent tranquillement fourrées dans un tiroir à l’état chargé pendant de longues années. La poudre se gâte, l’huile dont est .graissé le canon entre dans la cartouche, et quand on veut ou doit se servir de l’arme le premier coup ne part pas, ou bien encore il part, mais la charge affaiblie de la cartouche n’a plus la force nécessaire pour faire marcher le mécanisme répétiteur. De là, découle le conseil, pour les maisons de banque, les bijouteries, etc., de renouveler de temps en temps, disons tous les ans, la charge des pistolets. Pour le revolver la force de la charge est sans influence sur le fonctionnement de l’arme.
- 2" Puissance. (Stopping power.) — Pour un même volume extérieur, les pistolets sont en général supérieurs aux revolvers, de beaucoup supérieurs pour les gros calibres. Ajoutons, toutefois, que les
- bons revolvers américains, tirant la poudre pyroxylée leur sont équivalents.
- 3° Vitesse de tir. — Là, l’avantage est manifestement du côté des pistolets, pourvu toutefois, qu’il n’y ait pas de ratés. Ces derniers sont causés le plus souvent par une cartouche qui ne part pas du premier coup (amorce trop dure ou percussion trop faible) ; elles se trouvent considérablement réduites dans les modèles qu’on peut armer par la détente (« Le Français » et « Little Tom »).
- 4° Possibilité d'accidents. — Sous ce rapport, le revolver a le dessus de nouveau : le danger de nuire à soi-même ou à aulrui est sensiblement supérieur avec les armes automatiques. Les armes qui sont les plus dangereuses à manier, ce sont les pistolets à percuteur intérieur invisible.
- 5° Précision du tir, probabilité d’atteindre le but. — A cause de leur détente courte et douce et de leur poignée mieux adaptée à la main, les pistolets donnent, surtout pour des gens peu exercés au tir, des résultats de beaucoup supérieurs aux revolvers à détente longue et dure. Ce défaut des revolvers est partagé par le pistolet « Le Français », qui, à part cela, est très bien compris. Le secret des résultats relativement bons obtenus par des personnes non exercées au tir réside dans le fait, que pour un pistolet dont la poignée est bien en main, le canon de l’arme a une direction sensiblement parallèle à celle que prendrait l’index, si on montrait le but du doigt (voir fig. 7).
- 6° Les dimensions de l'arme, L’encombrement. — Il va sans dire que le pistolet est plus commode, comme, arme portative, à cause de son volume général qui est plus faible et de sa forme plus aplatie.
- 7° Le prix d'achat. — Un bon revolver coûte autant ou plus même qu’une arme automatique. Les revolvers bon marché ne valent pas grand’chose ordinairement.
- Si l’on tient compte des progrès réalisés et réalisables encore dans le sens de la sûreté et de la réduction du danger des pistolets automatiques, on peut dire que les bons systèmes automatiques sont préférables au revolver.
- L’arme de poche qu’on pourrait recommander et qui serait réalisable aujourd’hui serait donc un pistolet automatique d’un calibre de 9 ou au moins 7 mm 65, mais pas plus grand que le petit Browning de 6 mm 55 (Frommer, Bayard), à chien apparent, pouvant être armé pour le premier coup ou après des ratés au moyen de la détente, sûreté automatique dans la poignée et dispositif rendant impossible l’oubli de la cartouche dans le canon, de construction robuste, avec le moins possible de ressorts à lame.
- Ce serait là l’arme de défense à recommander el
- son succès serait assuré (U. _ „
- P. Medingeh,
- Ingénieur-chimiste.
- Institut d’hygiène. Luxembourg.
- i. Pour plus de détails voir la brorliure de l’auteur : Notions de balistique populaire. Luxembourg, 1919.
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- LE CELTIUM
- La découverte d’un corps simple nouveau est toujours un événement scientifique important. On se souvient notamment de la sensation que provoqua en ces dernières années, la découverte par ftamsay des gaz rares de l’atmosphère : argon, xénon, krypton, puis celle du radium par M. et Mme Curie; la découverte de l’hélium par Janssen et N. Lockyer est également restée célèbre : ce corps a été décelé tout d’abord dans le soleil et certaines étoiles, grâce à l’observation de raies spectrales, et ce n’est que plus tard que son existence sur notre globe a été constatée
- Une singulière controverse est actuellement ouverte, dans le monde scientifique, au sujet d’un corps simple nouveau, dont l’existence a été signalée pour la première fois en 1911, par le savant français G. Urbain : celui-ci, en vertu d’un usage, ou pour mieux dire d’un droit universellement reconnu en matière scientifique, a choisi un nom pour ce corps nouveau il l’a baptisé celtium Deux savants danois ont également observé cet élément, mais beaucoup plus tard : ils affirment qu’il ne peut y avoir identité entre l’élément reconnu et signalé par G. Urbain, et celui qu’eux-mêmes ont ob>ervé, et ils insinuent du reste que le celtium en question n’existe pas, et ils appellent Hafnium (dérivé de Copenhague) l’élément litigieux qu’ils prétendent avoir, les premiers, observé et caractérisé.
- Pour permettre à nos lecteurs de saisir exactement le sens et la portée de ce débat, quelques explications préliminaires sont indispensables.
- Il y a quelques années encore, on pouvait se demander si le nombre des corps simples n’est pas illimité : à vrai dire la périodicité de certaines de leurs propriétés, surtout chimiques, mise en évidence par la classification de Mendeleef, tendait à appuyer l’hypothèse contraire. Aujourd’hui, éclairés sur la constitution intime de la matière par la radioactivité et les rayons X, nous pouvons affirmer qu’entre le plus simple et le plus léger des éléments, l’hydrogène, et le plus complexe des éléments simples connus sur la Terre, l’uranium, il ne peut exister qu’un nombre limité d’autres corps simples. Nous savons, en effet, que tous ces éléments peuvent se classer par ordre de complexité croissante ; chacun d’eux est affecté d’un numéro d’ordre, qu’on appelle nombre atomique ; la suite des nombres atomiques n’est autre chose que la succession des nombres entiers, de 1 à 92. L’hydrogène a pour nombre atomique J, l’uranium 92. Ce nombre atomique a une signification physique très profonde : car il indique le nombre d’électrons qui dans l’atome gravitent autour du noyau de l’atome, ou encore le nombre de charges positives élémentaires que porte ce noyau.
- Il est possible qu’il existe dans l’univers des corps plus- complexes et plus lourds que l’uranium ; rien jusqu’ici ne permet d’en soupçonner l’existence. Mais nous sommes c. rtains que de l’hydrogène à l’uranium, il ne peut exister plus de 92 corps simples.
- ,0r jusqu’à la découverte du celtium, nous n’en connaissions que 86; les corps de nombre atomique 43, 61, 72, 75, 85, 87,'étaient inconnus. ...
- Et, précisément; le celtium correspond à l’élément inconnu de nombre 72.
- Comment reconnaît-on ou caractérise-t-on un corps simple? Il y a pour cela des moyens nombreux, souvent fort délicats à employer et comportant par là même un
- certain degré d’incertitude. Il existe cependant aujourd’hui, depuis les travaux du jeune et regretté physicien Moseley, un procédé d’une certitude presque absolue : c’est l’observation du spectre caractéristique de rayons X, ou speclre de haute fréquence.
- Un corps soumis dans des conditions convenables à un bombardement de rayons cathodiques, émet des radiations X caractéristiques, dont les longueurs d’onde ne dépendent que de la nature des atomes qui constituent le corps bombardé, et sont absolument indépendantes des combinaisons chimiques qui lient ces atomes.
- Ce faisceau de radiations, diffracté par un réseau cristallin, donne un spectre composé d’un petit nombre bien déterminé de raies ; la position de ces raies, fonction de leur longueur d’onde, peimet aisément de reconnaître la présence dans le corps bombardé d’un corps simple connu. C’est là un procédé d’analyse chimique d’une sùivté et d’une précision remarquables.
- Si les raies ainsi observées ne coïncident avec celles d’aucun clément connu, on est en droit d’aftirmer que le corps émetteur contient un élément nouveau. Et grâce à la loi de Moseley qui établit une relation simple entre le nombre atomique d’un élément et la longueur d’onde d’une raie du spectre de haute fréquence de ce corps, on peut déduire aisément de l’observation de raies nouvelles, le nombre atomique du corps à qui elles sont imputables.
- Ceci exposé, nous allons examiner rapidement les faits de la cause. M. Urbain, à la suite de Marignac, Lecoq de Boisbaudran, et de nombreux autres chimistes, a entrepris, voici de longues années déjà, de très importants travaux sur les corps qui composent le groupe dit des terres rares. Nous n’essaierons pas de résumer ici ces recherches très complexes, qui ont jeté une vive lumière sur un chapitre difficile et obscur de la chimie.
- 11 nous suffira de dire que dans une substance que Marignac avait cru être un corps simple, dénommé par lui Ytterbium, M. Urbain, au moyen de fractionnements successifs et d’analyses spectroscopiques dans l’arc électrique, démontra la présence de plusieurs corps simples. U y montra tout d’abord (en 1907) la présence de deux éléments, nettemént caractérisés, le neoytterbium et le lutécium.
- Puis en 1911, en examinant les spectres d’arc d’oxydes provenant des queues de fractionnement des nitrates yLlerbiques, il observa des raies d’arc, qui n’étant attribuables à aucun élément alors connu, furent attribuées à un élément nouveau qu’il nomma celtium.
- A celle époque, l’analyse au moyen du spectre de rayons X était encore inconnue et l’on pouvait à la j rigueur juger insuffisante l’argumentation de M. Urbain : les spectres d’arc sont en effet extrêmement complexes ; ils ne constituent pas des manifestations purement atomiques et sont loin d’offrir pour la caractérisation des éléments un critérium aussi net et sûr que le spectre de rayons X.
- En 1911, on pouvait donc encore regarder comme problématique l’existence du celtium. Lorsqu’en 1914, M. Urbain eut connaissance des premiers travaux de Moseley ; il se rendit à Oxford au laboratoire de M. Town-send où travaillait ce jeune savant; il lui soumit des préparations celtifères pour en déterminer le spectre de haute fréquence. On y reconnut la présence du thulium (nombre atomique 69), du neoytterbium (70), du lute-
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- COMMENT ON PENSE RELEVER LE PAQUEBOT “ LUS1TAN1A ”
- cium (71); mais on no put, alors déceler le celtium.
- La guerre survient; Moseley interrompant ses travaux, s’engage et pst tué aux Dardanelles.
- En 1922, M. A. Dauvillier reprend, avec des moyens plus puissants, l’étude des mêmes préparations ytterbiques qui avaient été soumises à l’examen de Moseley et en fait connaître les résultats le 22 mai 1922 à l’Académie des Sciences : il détermine les raies L du spectre de rayons X ; outre les raies du lutécium, de l’vtterbium et du thulium, il observe deux lignes extrêmement faibles, qui démontrent, dit-il, l’existence d’une trace de celtium et lui assignent le nombre atomique 72.
- Le celtium, annoncé par M. Urbain en 1911, est donc maintenant caractérisé, par un critérium universellement considéré comme indiscutable.
- Dans une lettre au journal anglais Nature, publiée le 20 janvier 1923, MM. Coster et Hevesy, de Copenhague annoncent qu’en étudiant le spectre d’un échantillon de zircone, ils y ont observé 6 raies de haute fréquence qu’ils attribuent aux raies L de l’élément 72; deux de ces raies, il est vrai, se trouvent exactement à la même place que les deux raies K du spectre du zirconium ; mais l’intensité des raies est tellement différente dans les deux cas qu’aucune ambiguïté, disent ces auteurs, n’est possible. Voici donc la présence de l’élément 72 démontrée dans un échantillon de zircone; constatation évidemment intéressante.
- Mais les savants danois contestent, d’autre part, les constatations de MM. Dauvillier et Urbain : « Il résulte, disent-ils, de la note de M. Dauvillier, que la quantité de l’élément 72, présenté dans l’échantillon étudié par lui, si toutefois il y en avait, aurait été en tout cas si faible, qu’il semble bien improbable que l’élément 72 puisse être identique à celui que dans des notes précédentes, Urbain dit avoir décelé dans le même échantillon, par son spectre optique et ses propriétés magnétiques. Les seules lignes que Dauvillier dit avoir observées sont les lignes Lal, Lpa qu’il a trouvées toutes deux extrêmement faibles.... ))
- . Enfin MM. Coster et Hevesy ajoutent que l’élément 72, pour des raisons déduites des théories de Bohr, doit être tétravalent, et qu’en conséquence il ne saurait accompagner des terres rares qui sont trivalentes. De plus, la théorie montre que cet élément doit être un homologue du zirconium, et l’observation de son spectre de haute fréquence confirme cette déduction.
- Tout ceci peut se traduire comme suit en langage ordinaire : « il n’y avait pas et il ne pouvait pas y avoir d’élément 72 dans l’échantillon de M. Dauvillier. Donc celui-ci n’a pas pu l’oliserver. Si cet échantillon contient un élément inconnu, appelé celtium par Urbain, ce celtium ne peut pas être l’élément 72 ». Comme d’autre part MM. Coster et Hevesy ont observé l’élément 72 dans un échantillon de zircone, c’est eux qui l’ont découvert et ils s’empressent de le baptiser Hafnium. Et il faut encore sous-entendre ceci : (( M. Dauvillier a peut-être observé seulement les deux raies K du zirconium, ces deux raies si faibles qui coïncident presque exactement avec deux raies L de l’élément, 72 ».
- Mais voici la réponse de M. G. Urbain (Académie des Sciences 19 février 1923).
- « U ne suffit pas d’affirmer que l’élément 72 ne puisse se trouver avec des terres rares pour qu’il ne s’y trouve pas, car aucune manière de voir ne peut prévaloir contre un fait.
- Toutes les expériences de contrôle ont été faites pour s’assurer que les ,raies X observées appartiennent en propre à l’élément 72. M. Dauvillier, qui a vérifié que les raies de cet élément sont visibles dans la zircone, ainsi que MM. Coster et Hevesy l’ont annoncé, a observé une coïncidence exacte entre les raies du 72 dans mes fractions celtifères et les raies du même 72 dans la zircone.
- La démonstration a été faite que deux des raies X attribuables au 72 dans mes terres à celtium ne pouvaient appartenir à aucune des terres rares dont les raies peuvent coïncider avec celles du 72. Un nouvel échantillon de la même matière, obtenue en poursuivant les fractionnements primitifs, a donné.les mêmes résultats.
- Enfin, depuis la publication de MM. Coûter et Hevesy, M. Dauvillier a recherché vainement dans mes produits la présence de la zircone dont certaines raies se superposent avec celles du 72. De même l’arc n’a révélé aucune des raies caractéristiques du zirconium.
- 11 en résulte que MM. Coster et Hevesy n’ont certainement pas découvert l’élément 72, mais seulement une matière première abondante et riche de cet élément, lequel est désigné par M. Dauvillier et par moi du nom de celtium, conformément au droit que nous assure une indéniable priorité. »
- A, T.
- COMMENT ON PENSE RELEVER LE PAQUEBOT “ LUSITANIA ’
- La coque du grand paquebot anglais Lusitania, traîtreusement coulé.à la torpille par un sous-marin allemand le 12 mai 1915, alors que ce beau navire, venant des Etats-Unis avec 2000 passagers, arrivait au port, git sur le fond de la mer à environ 8 milles (15 kilomètres) d'un point de la côte S.-E. d'Irlande entre Seven Heads et Old Kinsale Head, par un fond de 75 mètres.
- Le sol sous l’épave est dur et il semble que le navire est droit. La hauteur totale de la marée en ce point est de 4 mètres.
- En raison de l’importance de la cargaison que portait le Lusitania, environ 6 millions de dollars,
- et des facilités relatives que peut fournir la faible distance de l'épave à la côte, on a pensé qu’il serait possible, soit de relever le navire lui-même, soit de retirer de sa coque ce qui pourrait en être sauvé sans trop de difficultés.
- En fait, quoique aucune décision n’ait encore été prise à ce sujet par les propriétaires de l’épave, des études’ approfondies sur les voies et moyens à employer ont été faites par plusieurs des grands spécialistes en matière de sauvetage.
- Nous les passerons succinctement en revue en commençant par celle de l'ingénieur américain Bliss-Leavitt.
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- Le projet de M. B. Leavitt consisle à placer au-dessus de l’épave, un vapeur en bois, le Blakeley, de 2800 tonnes, muni du matériel nécessaire(fig. 2).
- C’est par scaphandriers que M. B. Leavitt compte agir, mais comme la profondeur de 75 mètres à laquelle ils devront descendre est beaucoup trop considérable pour que les appareils de scaphandre «ordinaires en caoutchouc puissent être utilisés, M. Leavitt a construit un certain nombre de scaphandres complètement métalliques, qui ressemblent en fait assez bien aux armures des chevaliers d’autrefois, et qui sont conçus de façon à supporter les pressions des grandes profondeurs (fig. 1).
- Ces appareils ont du reste déjà servi en 1917 et 1918 à M. Leavitt dans les opérations de sauvetage de la riche cargaison du vapeur Pewabic, coulé dans le lac ïïuron en 1865 au large de la côte du Michigan, par 60 mètres de fond. Ce travail fut précédé par une démonstration qu’il était possible d’atteindre, avec le scaphandre métallique Leavitt, une profon-
- seaphandreet fixé au dos. Il est chargé d’oxygène comprimé et en fournit la quantité nécessaire pour remplacer celui qui est absorbé. Une valve spéciale en permet l’admission dans l’intérieur du scaphandre. La fonction respiratoire est ainsi assurée pour 5 heures.
- Le plongeur est descendu à la mer et remonté lorsqu’il le faut au moyen d’un petit câble d’acier amarré sur le sommet du casque. Ce câble est aussi un conducteur électrique et c’est par lui que le
- plongeur est relié téléphoniquement à la surface. Les déplacements latéraux du plongeur s’exécutent sur ses indications verbales par l’intermédiaire d’une grue mobile à laquelle il est suspendu.
- Le plan que propose M. Leavitt consiste à mouiller le Blakeley de façon qu’il soit à l’aplomb de la partie du Lusitania où se trouve la chambre forte, qui renferme les valeurs, métaux précieux, bijoux, etc., pour une valeur estimée à 6 millions de dollars.
- Les plongeurs placeraient des
- j j h U a . è'/.o-. i.— Vues de profil et de face du scaphandre métallique pour grandes r , , , -,
- deur de 120 me- profondeurs inventépar AL utiss-Leavitt (d’après Scientific American), cartouehesde dy-
- tres et d’y rester 45 minutes sans
- éprouver de malaise. Ce scaphandre est en bronze et pèse 175 kg à l’air, 40 kg en immersion. Les bras et les jambes sont formés par des tubes de métal flexible donnant la possibilité de plier les genoux et les coudes.
- Les emmanchements des bras aux épaules sont des joints annulaires à roulements sur billes, complètement étanches.
- Il n’y a aucun tuyau amenant jusqu’à l’intérieur du scaphandre l’air extérieur.
- L’air nécessaire à la respiration du scaphandrier lui est fourni par un appareil comprenant :
- 1° Une boîte remplie de soude caustique qui absorbe le gaz acide carbonique exhalé.
- 2° Un récipient en acier placé à l’extérieur du
- namite sur les ponts qui surmontent cette chambre forte. On ferait exploser ces cartouches électriquement et on espère ouvrir ainsi, en déterminant judicieusement les points d’explosion, un passage par lequel les scaphandriers munis de l’appareil Leavitt, parviendraient à atteindre l’objectif cherché.
- Les paquets précieux et le coffre-fort seraient remontés à la surface au moyen d’une grue de 30 tonnes dont le Blakeley est muni.
- La lumière nécessaire pour effectuer ces opérations au fond de la mer sera donnée par plusieurs lampes électriques spéciales enfermées dans des globes capables de supporter une pression hydrostatique de 500 kg.
- En comparaison du système ci-déssus décrit et
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- Fig. 2. — Le vapeur Blakeley qui sera utilisé par M. B. Leavitt Pour tenter de retirer le trésor enfoui dans la coque du Lusitania
- qui est en principe extrêmement simple, un procédé préconisé par M. Simon Lake, un autre grand spécialiste de ce genre de travaux, apparaît comme plus compliqué, parce qu’il comporte la remise à Ilot du Lusitania lui-même. M. S. Lake se proposerait d’employer une force de flottabilité créée dans l’intérieur même de l’épave. Ceci n’a rien de nouveau, mais l’intérêt de ce projet réside tout entier dans l’idée qu’a M. Lake de refouler dans la
- Fig. 3. — Procédé proposé par M. Simon Lake pour ramener à la surface la coque du Lusitania par refoulement des matières de grande flottabilité.
- A, coque du Lusitania ;
- B, tuyau de refoulement du mélange flottant ;
- C, fermeture des panneaux ;
- D, ponton de renflouement ;
- E, pompe centrifuge;
- F, cylindre de malaxage du ciment-liège.
- coque du Lusitania, après fermeture des grandes ouvertures, un important volume de débris de liège ou autre matière à grande flottabilité, mélangé à la paraffine fondue. Ce mélange, obtenu assez facilement, serait refoulé à chaud par des pompes puissantes dans les divers et nombreux compartiments de l’épave où il se collerait dans les parties]] supérieures, colmatant les fissures et refoulant l’eau à travers les déchirures, le navire se relèverait finalement sous l’immense effort de cette masse dont là puissance de flottabilité serait d’environ 25 kg par pied cube de matière paraffine-liège, ainsi introduite dans le navire (fig. 5).
- M. Lake estime qu’il serait en état de refouler le mélange dans l’intérieur de la coque à raison de 300 tonnes à l’heure et de procéder ainsi très rapidement à son relèvement.
- J’en viens maintenant à un autre système de sauvetage par application de flotteurs] ou de] matériel produisant de la flottabilité, non plus dans l’intérieur du navire coulé, mais bien à l’extérieur.
- Un procédé préconisé par M. Lindquist consiste à employer des pontons amarrés sur la coque au plus bas de la marée et qui remontent avec la mer, en soulevant l’épave. Ce procédé a pu être appliqué avec assez de succès pour des tonnages modestes et dans des fonds peu considérables. Il est considéré comme inapplicable dans le cas du Lusitania où le poids à soulever est de 32 500 tonnes et la profondeur de l’eau de 75 mètres.
- Le matériel envisagé par M. Lindquist pour le Lusitania consiste en grands cylindres d’acier, construits pour flotter verticalement. En introduisant de l’eau dans leur partie inférieure, on les ferait descendre du nombre de mètres nécessaire. Ils porteront chacun deux aussières d’acier, allant d’un ponton à celui qui lui fera face après avoir passé sous la quille du navire. Ces pontons ont 10 mètres
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- de diamètre et 25 mètres de hauteur. Chacun d’eux peut soulever 1000 tonnes (fig. 4 et 5).
- On est d’accord pour penser que la quille du Lusitania à l’arrière et à l’avant est relevée au-dessus du sol de quelque 5 mètres. On pourrait donc, stns trop de peine, passer en ces points sous le navire quelques aussières d’acier reliées 2 par 2, comme il vient d’être dit, aux pontons verticaux préalablement placés à leur tirant d’eau maximum par l’introduction du liquide dans leurs fonds.
- l’eau dont ils auraient été préalablement chargés. C’est un calcul facile.
- Ce résultat obtenu, et la coque ainsi hissée de quelques mètres au-dessus du fond de la mer, l’ensemble du système pontons-Lusitania serait remorqué vers la côte où il s’échouerait sur un fond plus élevé. L’opération serait recommencée jusqu’à ce que la hauteur de l’eau soit assez faible pour permettre l’emploi des moyens de sauvetage ordinaire.
- Tels sont, sommairement décrits, les systèmes
- A ussjères
- Fig. 4. — Procédé préconisé par M. Lindquist pour remonter le Lusitania au moyen d'aussières d'acier
- fixées à des pontons flotteurs verticaux.
- En les manœuvrant convenablement, c’est-à-dire en les vidant et en les remplissant alternativement, M. Lindsquit estime qu’il pourrait produire une sorte de balancement du navire, de l’arrière à l’avant et inversement, grâce auquel on le décollerait peu à peu du lit qui s’est creusé sous son poids, lit d’ailleurs peu profond, la surface du sol étant constituée de sable à coquilles, assez dur.
- A chaque étape du balancement on pourrait, espère-t-on, passer d’autres aussières sous la quille, de manière, en gagnant vers le centre, à en garnir toute la longueur de la coque. On réunirait ces aussières d’acier au nombre de pontons verticaux nécessaires pour soulever l’épave en les vidant de
- envisagés, soit pour remettre au jour le Lusitania lui-même et son trésor, soit pour sauver le Irésor seulement. Naturellement, c’est seulement pendant l’été, période où l’état de la mer favorise ce genre d’opérations, que les travaux en question pourraient être entrepris. Ils auraient assurément un grand retentissement, tant du fait de l’importance du chargement à sauver, que des difficultés matérielles exceptionnelles que les sauveteurs devront surmonter. Ils en auraient encore par le souvenir qu’ils réveilleront d’un des crimes les plus odieux, parmi tant de crimes qui chargeront éternellement la conscience allemande.
- O Sauvaire Jourdan.
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- Un ami de l’homme.
- LE LÉZARD
- Parmi les auxiliaires de l’Homme, il n’en est pas de plus utiles, de plus gentils et, aussi, de plus dédaigne's que les Lézards. Ces petits animaux inoffensifs, qui se nourrissent exclusivement d’insectes, ont beaucoup d’ennemis, à commencer par les enfants, lesquels se font un jeu de les tuer. C’est justement pour combattre cette stupide et cruelle habitude de tout détruire, que nous allons, en quelques mots, plaider la cause des Lézards.
- Pour celui qui sait observer, il n’y a rien d’indifférent dans la Nature : lé Lézard ne fait pas exception à la règle et l’on s’aperçoit vite de son intelligence et de sa sensibilité. 11 ne doit pas y avoir beaucoup d’animaux qui ne soient ca-pables de reconnaissance envers les bons procédés de l’Homme; quant au Lézard, en parliculier, il est animé de sympathie pour celui qui se croit le roi de l’Univers et qui, le plus souvent, passe, hautain et méprisant, sans regarder les humbles bêtes blotties à ses pieds.
- Mon père se plaisait à raconter qu’en son enfance, écoulée dans une petite cité du Languedoc, il s’amusait à apprivoiser les Lézards du jardin familial : ceux-ci approchaient en entendant siffler ; ils paraissaient prendre plaisir à regarder mon père et à l’écouter.
- Cette coutume, nous l’avons conservée ; chaque fois que nous apercevons un Lézard, nous le saluons par un air de sifflet; d’abord, le timide Reptile fuit dans sa cachette; mais, peu à peu, il en ressort pour venir s’installer tout près de nous, attentif, et ayant l’air de se plaire en notre compagnie.
- Vivant actuellement à la ville et ne rencontrant les Lézards qu’au cours de rapides promenades, nous n’avons pas eu la possibilité de faire plus, ample connaissance avec eux, mais nous dirons plus loin comment on peut les apprivoiser. L’un de nos plus savants herpétologues a procédé, à ce sujet, à de très amusantes et très intéressantes expériences.
- C’est le Lézard (en grec : sauros) qui a donné son nom à l’ordre des Reptiles Sauriens. Ils appartiennent à la division des Lacertiens ou Lacertiliens (du latin Lacer ta, Lézard).
- Tout le monde connaît la conformation des Lézards, leur corps couvert d’écailles. Resta remarquer que leur ventre est couvert de petites écailles égales à celles du dos : c’est à cette particularité, notamment, que Ton distingue, à première vue, l’Orvet d’un Serpent — l’Orvet n’élant, en somme,
- qu’un Lézard sans membres.
- On sait aussi que les Lacertiens sont des animaux à sang froid, parce que leur circulation et leur respiration sont incomplètes. Le cœur n’a que trois cavités : deux oreillettes et un seul _ ventricule dans lequel se mélangent le sang veineux et le sang artériel. Ce sang mélangé, à demi privé d’oxygène, est envoyé dans toutes les parties du corps, n’y portant qu’une vie très résistante, mais sans activité. Les poumons, aux larges et grossières cellules, ne se prêtent qu’imparfaitement à l’oxygénation du sang. Quelle différence de structure avec celle des Oiseaux dont la respiration et la circulation, perfectionnées à l’extrême, en font vraiment les chefs-d’œuvre du monde vivant! Mais là où l’Oiseau périrait asphyxié, le Reptile peut subsister longtemps, son organisme simplifié étant peu exigeant.
- Les sens du Lézard paraissent bien développés, surtout la vue et l’ouïe. Je ne sais s’il a l’oreille musicienne; mais il est certain qu’il prête une grande attention à tous les bruits. Un jour d’été, pendant la guerre, en me promenant aux environs de Paris, je « faisais la causette » à un Lézard, mince comme un fil, qui se chauffait sur une pierre, lorsqu’un avion se révéla par son lointain bourdonnement.
- Placé comme il l’était, mon Lézard ne pouvait pas voir l’appareil; cependant, sans hésiter,
- Fig. i. — Un des lézards libres apprivoisés par M. Raymond Rollinat. Lézard des murailles (vieux mâle) venant prendre une blatte sur le visage du savant naturaliste.
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- LE LÉZARD
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- il leva la tête vers le ciel et tourna vers le point où allait apparaitrel’avion ses petits yeux, jolis comme ceux de l’Astrild Yentre-orange. En celte mimique, mon Lézard ne faisait qu’imiter tous les Oiseaux : mes Bengalis, par exemple, cherchaient vite dans le ciel l’avion qu’ils entendaient sans avoir pu le voir encore et il leur arrivait même de se tromper et de regarder en l’air quand ils percevaient le vrombissement d'un moteur d’automobile!
- En France, les Lézards les plus répandus sont les Lézards gris, ou des murailles. Leur robe grise ou roussâtre s’orne, aux flancs, d’une bande noire lisérée de blanc. Ce sont eux qui se chauffent au soleil quand, toutefois, celui-ci n’est pas trop brûlant, auquel cas ils préfèrent se retirer à l’ombre.
- Le Lézard des souches, de formes plus ramassées, a le dos brun, les flancs tachetés. On le rencontre dans les haies, dans les vignes, à la lisière des bois.
- Le Lézard vert, de taille très supérieure aux précédents, ne se rencontre que dans le Centre et dans le Midi de la France. Sa parure verte est fort élégante; il en est qui sont de véritables joyaux, constellés d’émeraudes.
- Le Lézard ocellé, brillamment vêtu de vert, de bleu et de jaune, est le plus' grand des Lacer-tiens de nos pays; il n’habite que les contrées chaudes.
- Le Lézard vivipare est petit; son ventre orangé est pointillé de noir. Il fréquente les endroits humides, les régions montagneuses. Il n’est pas plus vivipare que les autres Lézards, mais les petits sortent des œufs presque aussitôt après la ponte.
- Le littoral de la Méditerranée est habité par diverses sortes de Reptiles voisins des Lézards, tel ce curieux « Gecko » dont les doigts peuvent s’agripper sur toutes les surfaces ; tel encore le Seps dont les pattes, si courtes et presque inutiles, lui donnent l’aspect d’un serpent.
- Serpent, également, paraît à beaucoup l’innocent Orvet sur le compte duquel circulent maintes sottes légendes, tout à fait regrettables dans leurs conséquences.
- Toute la famille des Lézards est de mœurs inoffensives et se nourrit d’insectes ; par conséquent, nous ne devons pas traiter en ennemis ces animaux, qui jouent dans la Nature un rôle nécessaire.
- Le Lézard vert, s’il est attaqué, mord obstinément ; le Lézard ocellé se défend, aussi, courageusement et se fait craindre davantage puisqu’il est plus fort ; mais ni l’un ni l’autre, pas plus qu’aucun Lacertien, n’est venimeux comme certains se le sont imaginé.
- A la fin de l’automne, les Lézards se retirent dans leurs trous pour y passer l’hiver. Ils se réveillent à T approche du printemps— souvent dès février. Pendant leur période d’engourdissement, ils changent de peau et ils apparaissent, à la belle saison, parés de leur robe de noce, fraîche et éclatante. La femelle dépose ses œufs blanchâtres en
- un trou qu’elle creuse en terre, dans un endroit convenablement exposé, car seule la chaleur du soleil favorise l’éclosion.
- Par une après-midi d’été, j’ai observé les allées et venues des Lézards dans un jardin solitaire; sur la crête d’un mur, je les voyais s’avancer avec d’infinies précautions et une excessive lenteur ; je compris que cette prudence était motivée par la crainte d’un Chat voisin.
- En effet, les gardiens de la treille n’ont pas de plus redoutables adversaires que les Chats; ceux-ci leur font une guerre plus acharnée encore qu’aux petits Oiseaux et, naturellement, plus fructueuse, la proie étant plus facile à saisir.
- Comment parler des Lézards sans nommer M. Ray-mond Rollinat? Le ruban de chevalier de la Légion d’honneur vient — très tardivement — de récompenser les travaux du savant naturaliste qui a mérité le titre de « Fabre des Reptiles ».
- Dans la paix de sa retraite du Berry, M. R. Rol-linat a patiemment étudié les animaux mystérieux que le vulgaire juge laids, voire répugnants : Oiseaux rapaces nocturnes, Chéiroptères, Reptiles, Batraciens, Insectes....
- En particulier, le monde des Lézards n’a plus de secrets pour lui; il est parvenu à familiariser d’une façon étonnante ces petits Lacertiens. Dans ses remarquables communications à la Société nationale d’Acclimatation, M. R. Rollinat a montré comment il a apprivoisé, non pas des Lézards captifs, mais bien des Lézards en parfaite liberté. S'approchant de Lézards gris qui se chauffaient sur un rocher, en ayant soin de ne pas projeter sur eux l’ombre de son corps, le patient observateur est, peu à peu, arrivé à obtenir la confiance de ses élèves qui, bientôt, vinrent prendre à ses doigts, sur son visage, sur ses vêtements, les Blattes qu’il leur offrait (fig. 1 ).
- Ces expériences attrayantes ont permis au naturaliste de surprendre des scènes curieuses de la vie des Lézards. Il a assisté à des combats de rivaux et de rivales; la jalousie, plus que la gourmandise, cause les querelles de la gent lacertienne. Enfin, les élèves de M. Rollinat étant suralimentés, sont devenus plus prolifiques; une femelle a donné trois pontes au lieu de la ponte unique par année qui est de règle chez le Lézard gris.
- Outre les Blattes que le savant se procurait chez le boulanger, ses Lézards mangeaient les Insectes dont ils pouvaient s’emparer autour d’eux; ils aimaient notamment les Mouches et même bondissaient pour les capturer au vol.
- M. R. Rollinat a également apprivoisé des Lézards des souches.
- En résumé, les Lézards valent la peine d’être mieux connus. Leur grâce et leur utilité devraient leur assurer notre protection. Aussi, il serait réellement souhaitable que tous les enfants apprissent à respecter la vie de ces gentils serviteurs.
- / - Alex. Feuii.lée-Billot.
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- LES SALSES OU PETITS VOLCANS FANGEUX
- ^ L’Ëlna et le Stromboli donnent, depuis le commencement de l’été de 1922, le spectacle d’une nouvelle activité.
- Le réveil de ces volcans se manifeste par des projections de laves jusqu’à la hauteur de 200 m. Elles retombent en pluie lourde sur les cultures et les vignobles, détruisent tout ce qu’elles touchent. Elles causent des explosions suffisantes pour briser les vitres des habitations jusque dans des villages très éloignés. Comment, malgré l’habitude, la panique ne s’emparerait-elle pas des populations du voisinage?
- Ces éruptions magistrales frappent plus particu-
- Ils jaillissent parfois jusqu’à 25 ou 50 mètres de hauteur par les crevasses du sol. Les salses sont de véritables volcans en réduction. On les avait observés surtout dans la région de Bakou, aux abords de la mer Caspienne, dans les Apennins, en Sicile, dans les Andes de l’Equateur.
- Je veux aujourd’hui parler d’une de ces salses, des plus curieuses, malgré son éloignement de nous.
- Je la décrirai d’après un géologue qui passa la plus grande partie de sa vie à explorer la République de l’Equateur, tant au point de vue géologique que géographique, le D1 Téodoro Wolf,
- Fig. i. — Le petit volcan fangeux de San Vicenle.
- lièrement l’imagination universelle et, cependant, il existe en de nombreux points de la surface du globe, d’autres manifestations volcaniques ou pseudovolcaniques, moins violentes, moins sensationnelles, par suite moins connues du grand public et, cependant, d’un bien vif intérêt.
- Il existe en effet dans de nombreux endroits, de petits volcans, des volcans en diminutifs et peu tapageurs. Ils ne présentent pas de grands dangers pour ceux qui les approchent. Comme tels, ils sont, tort, un peu tenus comme personnalités négligeables, par rapport aux vedettes célèbres par leurs éruptions grandioses et tapageuses. Ces volcans sont l’expression de la décroissance de l’activité volcanique d’une région d’éruption. Ce sont : les jets de vapeurs, d’eaux, de gaz, les soufllards, plus connus en Toscane sous le nom de sitfjioni ou salses, en Sicile : Macalubas, en Amérique du Sud : petits volcans fangeux. ' % -
- professeur honoraire de l’école polytechnique et géologique de Quito.
- Il s’agit des Source thermales ou petit volcan fangeux de San Vicenle. On en trouvera aisément la place sur les cartes géographiques. Il est situé approximativement à vingt kilomètres à l’est de Santa Elena, l’un des chefs-lieux de canton de la Province du Guayas (Equateur), sur le chemin classique qui conduit de Pusatilla, cap extrême, sur le Pacifique, de la baie de Santa Elena, àGuayaquil, en passant par Santa Elena, San Vicente et Chon-gnon.
- Le cratère de ce volcan joujou, si j’ose dire, n’est qu’à 75 mètres au-dessus du niveau du Pacifique. Il n’en est distant de guère plus de trente kilomètres. Il occupe, approximativement, le centre d’une vallée peu encaissée, mais très large, formée par la superposition de couches d’un terrain tertiaire siliceux.
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- 190 ========== LES SALSES OU PETITS VOLCANS FANGEUX
- De ces couches jaillissent d’énormes bouillonnements d’eaux. Deux d’eau chaude, respectivement à 58° et 40° Centigrades, un d’eau tiède, à oÿd C, et complémentairement une multitude de sources moindres en importance: Vers l’extrémité septentrionale de la partie la plus basse de la vallée, non loin des sources, se trouve le petit volcan de San Yicentc.
- Il affecte la forme d’un cône très tronqué pouvant avoir deux mètres de haut et six de diamètre à la base. Il consiste en un amoncellement de boue durcie. On peut accéder sans danger à sa marge inférieure. Au centre du petit plateau supérieur, se trouve le cratère principal, une sorte d’entonnoir de 1 mètre de diamètre de large rempli de boue, d’où, sans interruption, s’épanchent des bouillon-oements et des émanations gazeuses dans un bruit sourd et quasi guttural non discontinu.
- Tout autour du cratère, la partie plate fangeuse est recouverte d’une grande quantité de petits cônes, variant entre cinq et trente centimètres au maximum. Chacun de ces petits cônes a son petit cratère au sommet, qui projette de la boue et des gaz avec un sifflement constant.
- On peut hardiment affirmer que ces petits cônes qui se superposent au cratère principal sont, toutes proportions gardées, les équivalents des cratères d’éruption latéraux des véritables volcans.
- La fange rejetée est excessivement salée. Softs l’influence des rayons solaires, son sel se cristallise largement à la superficie.
- En se plaçant sur le rebord du cône, on distingue une farte odeur de pétrole. Dans la réalité, cette matière se dépose peu à peu en quantités appréciables tout autour des bouches de dégagement des gaz et elle communique à la boue argileuse une teinte allant du gris clair au brun foncé.
- On sent également une faible odeur d’hydrogène sulfuré. Du soufre natif mélangé de terre s’est déposé à la longue sur les amas fangeux. On remarque en outre par places des quantités appréciables d’hydroxyde de fer (ocre).
- Des principaux résidus, déposés aux environs, il est aisé de déduire la composition des dégagements gazeux. Ge sont ceux qu’on a déjà constatés dans les volcans fangeux des autres pays : l’acide carbonique, du gaz sulfhydrique, des hydrocarbures.
- Les sources avoisinantes sont en étroite relation avec le volcan fangeux. En réalité elles sont la conséquence d’un phénomène équivalent, avec cette différence qu’au lieu de déverser un,,peu de boue argileuse, elles font jaillir en grande quantité de l’eau limpide. , , .
- Les émanations de gaz sont aussi considérables dans les sources que dans le petit volcan, peut-être même davantage. Aux abords des sources, on retrouve l’odeur du pétrole et de l’hydrogène sulfuré, aussi bien que des traces de dépôts d’ocre, de sels, de soufre et de naphte. Mais ces produits ne peuvent
- s’amasser en grandes quantités, emportés qu’ils sont par l’eau courante.
- Celle-ci est très chargée de sel, plus que l’eau de mer.
- Un litre en contient normalement plus de treize grammes. Ce qui y prédomine, ce sont les chlorures de sodium, de potassium et de calcium. Viennent ensuite le bromure et l’iodure de calcium en quantités considérables.
- Une si forte teneur en sels indique dans ces profondeurs un énorme dépôt de ces matières. Une particularité bizarre, c’est que des centaines de petits poissons, très menus, vivent dans ces sources d’eaux salées et chaudes à 40° C. En outre, le talus du cône chaud du petit volcan est recouvert d’une flore singulière, d’un genre se rapprochant des cyprès, genre spécial qu’on n’a jamais observé autre part. En ce qui concerne les petits poissons, il est bon de rappeler que les sources sont situées à environ 30 kilomètres de la mer et à 75 mètres au-dessus de son niveau.
- Il est inutile d’ajouter que les sources thermales de San Vicente sont si richement minéralisées, qu’elles ont sans doute une valeur thérapeutique, spécialement à cause de leur teneur énorme en iode et en brome. Mais, elles sont dans la Cordillère des Andes, à quelque six semaines de l’Europe, et dans un pays semi-désert.
- Je dois dire ici, cependant, que par leur nature, ni ce petit volcan ni les sources qui l’entourent, n’ont d’analogie avec les volcans réels vomisseurs de feu. L’analogie se borne exclusivement à leur aspect extérieur. En fait les géologues assimilent ces petits volcans fangeux aux phénomènes pseudovolcaniques.
- Leur origine provient de la décomposition souterraine de substances organiques. Elle est analogue à celle des soufflards de gaz hydrocarbures, sulfhydriques, carboniques. Les gaz exhalés sont les produits de résidus végétaux ou animaux, qui subissent sous le sol une lente transformation.
- L’exhalaison des gaz de cette nature est généralement la conséquence de la présence d’hydrocarbures liquides, tels que les naphtes et le,pétrole. Parfois, l’excès des gaz produit de violentes explosions et même des éruptions qui sont accompagnées de projections jusqu’à une trentaine de; mètres en l’air de pierres et de boues, dans ,un bruit qui rappelle le tonnerre. , <
- Ces éruptions sont rares. Pourtant, on en a observé aux abords du petit volcan San Vicente;- A en croire les habitants des environs, les bruits.souterrains qui en résultent s’entendent jus,qu’à dix ou douze kilomètres du petit volcan. ;
- Le petit volcan fangeux de San Vicente est le seul que l’on connaisse actuellement sur la côte occidèntale du Sud Amérique. Mais, dans l’hémisphère Nord on trouve ses pareils aux environs de Carthagène et dans l’ile La Trinidad.
- Dans l’ancien monde le même phénomène est
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- NETTOYAGE ET RESTAURATION DES OBJETS DE COLLECTION = 191
- assez rare. Mais, outre la Sicile, la Toscane, déjà citées au début, on le constate aussi en Irlande, en Crimée, dans les régions du Caucase, de la mer Caspienne et dans l’ile de Java.
- Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que toutes ces régions précitées où l’on rencontre des petits volcans fangeux, tels que celui qui fait l’objet de cet article, présentent sous le rapport
- de leur constitution géologique : leurs formations modernes, leur richesse en sels, en pétroles, un caractère désertique commun et quelles occupent généralement des emplacements à proximité de la mer, surtout dans des îles, des presqu’îles ou des caps, comme c’est le cas pour le petit volcan fangeux de San Yicente.
- J.-Emile Barbier.
- NETTOYAGE ET RESTAURATION DES OBJETS DE COLLECTION
- Les objets de bois.
- L’an dernier, La ISature a fait connaître dans son numéro 51500, travaux entrepris par le Department of Scienti-fic and Industrial Research, à la demande du Bri-tish Muséum, pour fixer les meilleurs moyens de réparer les objets conservés dans les musés et les collections.
- Ces essais ont continué depuis et le même service vient de publier un second rapport ('), non moins intéressant que le premier.
- On y trouve la confirmation des procédés indiqués précédemment pour le nettoyage des papiers, estampes, gravures ; la restauration des peintures murales; le nettoyage des objets de pierre et de terre ; la remise en état des pièces de plomb, d’argent, de cuivre. Nous n’y reviendrons pas ici, les détails nouveaux étant peu nombreux et ne changeant pas les indications que nous avons déjà publiées.
- Mais les recherches anglaises se sont étendues aux
- T.
- ]. Department of Seienlific and Industrial Research. The Cleaning and Restoralion of' Muséum Exhibils. 1 broch. in-8,. Il p., 10 fig. hors texte. His Majesty’s' Slationery Office, Londres, Prix : 2 shillings.
- objets en bois et ont donné d’importants résultats que nous tenons "à signaler à nos lecteurs.
- Les essais du Dr Scott, chargé de cette étude, ont porté sur des pièces très variées .
- Parmi les plus intéressantes et les plus rares, on peut citer des figures sculptées, entrées au Brb tish1 Muséum il y a environ 50 ans. Elles avaient | été trouvées dans des dépôts de guano des îles Macabi, sur la côte ; ouest du Pérou, alors qu’on exploitait ces dépôts pour les expédier comme engrais.
- Ces statues gisaient dans le guano à 4 mètres et demi environ delà surface du gisement. Etant donnée la lenteur delà formation du guano, on peut leur attribuer une antiquité d’environ 20 siècles! Malgré les soins dont on les entourait depuis leur arrivée à Londres, elles s’en allaient peu à peu en fragments et en poudre. Les débris, placés dans l’eau distillée, la coloraient en brun foncé et l’on pouvait précipiter cette matière colorante par les acides, sous forme d’un humus brun. Les fragments, une fois lavés, avaient perdu moitié de leur poids.
- Après divers essais, le Dr Scott reconnut que l’altération était due aux divers sels d’ammonium
- du 4 mars 1922, les importants
- Fig. i. '— Ancienne fig.u-re de bois péruvienne, avant et après traitement.
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- NETTOYAGE'ETîRESTAURATlON DES OBJETS DE COLLECTION
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- Fig. 2. — Une autre figure de même origine.
- qui imbibaient le bois, lesquels, cristallisant par temps sec, dans les pores et les fentes du bois, faisaient éclater celui-ci.
- Un bain d’acide acétique faible, à environ 5 p. 100, débarrassa le bois de ces sels sans l’attaquer. Un lavage à l'eau prolonge pour enlever toutes traces d’acide, puis un bain de sublimé à 0,5 p.. 100, suivi d’un séchage et d’un vernissage par une solution de celloïdine, donnèrent le résultat dont on peut juger par les figures 1, et 2.
- D’autres objets, souvent très abîmés, sont les objets de bois ornés d’incrustations de cuivre, de bronze, etc., tels que les anneaux, les bracelets, provenant d’Afrique : leur contact prolongé avec la peau ou les cheveux gras les a saturés de graisse, surtout dans les creux des incrustations. Ces matières grasses rancies ont parfois transformé tout le cuivre en vert-de-gris. Un lavage avec un mélange d’alcool méthylique et d’éther ou avec de la benzine enlève toutes les graisses et les acides gras et ce qui reste du métal se révèle alors. _< ;~
- On le fixe et le protège par une couche de vernis à la celloïdine. La figure 5 montre un des résultats obtenus.
- Fort souvent, les bois sont abîmés par les ravages des insectes perforants.
- 11 est facile de tuer tous les insectes dans les petits objets, bien qu’on ne soit jamais certain d’avoir également détruit tous les œufs.
- Comme ces derniers sont surtout logés dans les fentes et les joints, on peut en éliminer un grand nombre par un brossage soigné.
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- Le r.chloroforme, le.- tétrachloré-thane et les produits voisins sont efficaces, mais ils sont parfois dangereux pour les couleurs des enduits, par le chlore libre qu’ils peuvent dégager.
- Le sulfure de carbone et l’acide cyanhydrique n’attaquent pas les couleurs et tuent rapidement, notamment les vrillettes (Anobium punctatum).
- Malheureusement, le sulfure de carbone sent très mauvais et ses vapeurs sont inllammables; l’acide cyanhydrique est fortement toxique.
- Les panneaux de bois sur lesquels sont peints nombre d’anciens tableaux de grande valeur, sont souvent attaqués par les vrillettes.
- Aussi, des essais ont-ils été poursuivis pour savoir si le sulfure de carbone n’a pas d’inconvénients pour les couleurs, les huiles et les vernis. Une vieille peinture italienne a servi de sujet d’expérience; elle était recouverte de divers pigments, dont des verts et des blancs probablement formés de sels de cuivre et de plomb.
- Les vapeurs de sulfure de carbone et le liquide lui-même n’eurent aucune action ni sur le côté vernis, ni sur les écailles de peinture qu’on détacha, ni sur le revers de la peinture mis à nu par perforation du bois.
- Il semble donc que le sulfure de carbone' peut être employé sans risque pour détruire les insectes logés dans les panneaux de bois recouverts de peintures.
- Il est à désirer que ces intéressantes recherches soient poursuivies et étendues à tous les objets de collection afin que l’on puisse sauver les.beaux souvenirs du passé et les transmettre intacts aux générations futures. A. B.
- Fig. 3. — Anneau de bois africain incrusté de métal, avant et après traitement.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, 9, rue de Fleura», à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2556.
- 31 MARS 1923
- LA RUINE ET LA RÉSURRECTION DE NOS GRANDES CATHÉDRALES DU NORD
- Ce fut avec une douloureuse stupeur que la France et le monde civilisé apprirent le 19 septembre 1914 l’incendie de la cathédrale de Reims sous les obus allemands. Il semblait à chacun qu’une telle œuvre d’art, si riche de souvenirs historiques , constituait un patrimoine commun il toute l’humanité civilisée, et dont la protection était un devoir même pour une armée ennemie.
- Si la cathédrale de Reimè a pris a nos yeux la valeur d’un symbole, elle ne représentait qu’un exemple, magnifique il est vrai, de la conception artistique des architectes français du moyen âge. Nombre d'autres églises, dans les départements envahis, étaient également précieuses : tout comme la basilique rémoise, elles furent plus ou moins touchées par les obus allemands, et plusieurs furent a-néanties.
- Théorie de
- l’architecture ogivale, — Nous croyons utile, tout d’abord, de rappeler comment étaient bâtis ces édifices.
- Nulle architecture au monde n’a jamais été plus savante, plus raisonnée, plus simple dans sa conception d’ensemble, capable cependant de toutes les audaces. Nulle ne fut jamais plus originale, plus franchement nationale.
- L’étude des monuments des xie et xue siècles permet de suivre les recherches que firent les bâtisseurs de cathédrale pour économiser la main-d’œuvre, les matériaux si difficiles alors à transporter et, partant, pour alléger les constructions.
- Un jour enfin, ils découvrirent le grand principe : ils imaginèrent la construction articulée.
- Fig. i. — La cathédrale de Reims, avant la guerre.
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- Jusqu’alors les architectes, de tous les temps et de tous les pays, qui construisirent des arcs ou des voûtes avaient employé, pour en assurer l’équilibre, des expédients qui scrésurpent ainsi : à des efforts
- ^ de poussées obli-. qUes ils opposaient des mas-es souvent évi-dées il est vrai, mais masses cependant : Sainte-Sophie de Constantinople, l’édifice voûté le plus grandiose qui existe, n’est pas construit sur un autre principe.
- Les architectes français imaginèrent d’opposer à la poussée des voûtes une autre poussée d’égale valeur, qui l’équilibre. Conception admirable et hardie qui, après avoir permis la naissance et l’expansion de l’architecture médiévale, engendrera sans doute l’architecture de l’avenir.
- Dès le milieu du xue siècle, la technique du nouveau mode de bâtir était trouvée. Celte nouvelle formule d’art, accueillie
- avec enthousiasme, donna lieu, surtout le territoire, à une éclosion spontanée d’édifices d’une diversité charmante.
- On commença la cathédrale de Noyon en 1140, celle de Soissons à la même époque, la basilique de Reims en :I2H. Les matériaux étaient des pierres, choisies dans les carrières voisines. Pour faciliter le transport, les manutentions, ainsi que le montage, les architectes avaient pris, dès le début de l’époque romane, l’habitude de bâtir à l’aide de blocs de pierre de petit équarrissage. Le problème se posait donc ainsi : élever de grands édifices, voûter de larges espaces en n’employant que de petits éléments de construction.
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- Il fut résolu par l’établissement de piles, supportant des voûtes très légères, constituées par des remplissages maintenus par une série d’arcs reportant leur poids et leurs poussées sur les piles. Celles-ci avaient été établies avec une section calculée pour résister à l’écrasement., c’est-à-dire assez fortes pour supporter le poids des voûtes, mais très insuffisantes pour résister à des poussées qui les auraient infailliblement renversées.
- En vue d’éviter cet effet, les architectes construisirent à l’extérieur de l’édi-lice, des j*murs disposés perpendiculairement aux résultantes dejs.jpoujssjées qu’ils avaient à maintenir, murs qui avaient pour mission de soutenir un arc bandé dans le vide, arc. désigné sous le nom d^re-bou-tant, donVla fonction est d’équilibrer les.poussées en un point de l'espace rigoureusement à l’aplomb des piles supportant le poids des voûtes.
- Cette conception simple dans le principe était délicate dans l’exécution ; les arcs, qui en tous sens franchissent des longueurs considérables, présentaient autant de points d’articulation qu’il y avait de solutions de continuité entre les divers membres d’architecture. Une erreur de calcul dans la section d’un arc ou d’une pile, devait amener l’écroulement total de l’édifice, puisque, une articulation jouant sous l’effet de la rupture d’un élément de la construction, toutes les articulations devaient de ce fait subir des mouvements leur faisant quitter leur position d’équilibre. .
- En fait, maints architectes, au moyen âge, virent leurs œuvres s’écrouler pour fautes de ce genre. La chute d’une partie de la cathédrale de Beauvais en est restée l’exemple le plus célèbre.
- j Les diverses causes de conservation des édifices bombardés, — Ces données connues, on [doit être surpris de voir encore debout nos grandes cathédrales dont, les obus ont coupé les arcs-boutants, fauché les piliers, désarticulé même l’ensemble de la construction .
- Ce paradoxe s’explique. Ces édifices ont été sauvés * de la ruine totale par l’adhérence des mortiers,
- qui ont empêché l’ensemble des articulations d’un même édifice de suivre le chemin d’une articulation défaillante. Certes, cet état de chose ne pourrait se prolonger de longues années, puisque les constructions placées dans ces conditions sont en équilibre instable ; il a pu cependantdurer : à la cathédrale de Soissons, par exemple, il subsiste encore.
- Ce phénomène d’adhérence est une démonstration frappante du soin que nos ancêtres apportaient dans l’exécution de leurs travaux. Les architectes médiévaux savaient très bien à quel point leurs conceptions étaient audacieuses, aussi ne négligeaient-ils aucun détail des travaux de chantier. Une corporation, celle des mortelliers, avait même pour occupation exclusive la fabrication des mortiers. La composition chimique de ceux-ci était variable. Elle partait de la chaux grasse pour aboutir à des chaux très voisines de nos chaux hydrauliques, suivant l’espèce des calcaires soumis à la calcination. Les mortelliers corrigeaient les chaux empiriquement ; une des méthodes courantes consistait à joindre au sable de la tuile pilée. Ce sable était choisi avec soin et bien lavé; grèce à ces précautions minutieuses, le liant cristallisait à merveille. Ajoutons qu’en vue d'obtenir une bonne liaison, on posai t
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- toujours les pierres de taille à bain de mortier. Les joints étaient épais et partant, capables de résister à de très fortes pressions.
- Une autre cause de la conservation partielle de nombre d’édiliccs atteints par les obus réside dans l’excès de force de leurs diverses parties.
- L’audace que témoignèrent les architectes médié-
- suftisantes pour résister au poids supplémentaire que leur imposait la disparition de la pile écroulée.
- Il faut ajouter à ces deux causes, une troisième très puissante : les chaînages.
- Le chaînage est une mesure de sécurité ayant pour but d’intéresser à un même travail, différentes parties d’un même édifice. De nos jours, les chaînages s’opèrent à l’aide de bandes de fer plat convenablement lami-i nées et disposées dans l’épaisseur d’un joint à divers niveaux d'arase du batiment en cours d’exécution. Le seul laminage possible au xme siècle, pratiqué au marteau et à l’enclume, était insuffisant pour donner une grande cohésion au métal et lui permettre de résister à la traction.
- Les architectes des cathérales durent se contenter de chaîner les pierres entre elles à l’aide de cro-
- Fig. 3 à 5. — En haut, Saint-Quentin ; à gauche, Noyon\; à droite, Soissons, avant la guerre.
- vaux dans leur conception de l’architecture fut tempérée par une sage prudence dans les tracés des plans et le choix d’un coefficient de sécurité assez considérable.
- Cette judicieuse précaution a sauvé de la ruine maints édifices dont une pile démolie aurait dù logiquement entraîner la chute; les deux piles adjacentes, trop puissantes pour le seul rôle que l’architecte leur avait assigné, se sont trouvées
- chets scellés et liaisonnant deux blocs adjacents. Par-foi s, sous les parties hautes des tours, dans les galeries des triphoriums,ils réunirent les chapiteaux de grêles eolonnettes à l’aide de fers d’une section carrée de 0 m. 02 environ, mais ces fers n’avaient qu’une faible longueur, car les architectes connaissaient bien le défaut d’homogénéité du métal.
- On employa également le fer pour armer les grands vitrails des fenêtres et des roses, et l’on doit
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- Fig, 6. — Ce qui reste de la cathédrale de Soissons, après la guerre.
- grégea le mortier des joints des remplissages de la voûte. L’eau pluviale, après l’incendie, tomba directement sur ces voûtes, pénétrant dans les joints, dissolvant les carbonates de chaux qui font la résistance des mortiers, si bien qu’après l’armistice, une partie de la voûte du chœur s’effondra.
- A Reims, les suites de l’incendie furent moins graves. L’admirable édifice était couvert de plomb. Dès le début de l’incendie, le métal en fusion recouvrit d’une chape isolante les maçonneries inférieures, de telle façon que, d’une part, les charpentes en achevant de se consumer sur les voûtes ne grillèrent ni les pierres ni les mortiers et les protégèrent d’autre part contré les eaux pluviales qui, tout comme à Noyon, tombaient directement sur l’extrados des voûtes.
- à cette pratique la conservation d'un grand nombre de jolis fenestrages (fig. 9).
- Effets destructifs des projectiles. — Si la cause première de la ruine de nos cathédrales est le bombardement ennemi, les effets s’en sont manifestés de plusieurs façons.
- Tout d’abord : l'effort dynamique développé par un projectile frappant en plein les maçonneries. Si le projectile atteignait un membre isolé de la construction, pile ou arc-boutant, il produisait une rupture nette : la pile ou l’arc-boulant ou bien le meneau de fenêtre était sectionné. Un obus atteignant une voûte, la traversait en laissant un trou à peine plus grand que l’espace nécessaire à son passage. contraire, si le projectile frappait une masse de maçonnerie, les pierres extérieures étaient écrasées sans grand dommage pour les parties intérieures de la pile. En résumé, l’effort dynamique dû au choc des projectiles eût été insuffisant pour compromettre la solidité d’un édifice de l’importance des cathédrales.
- Seule, une série de projectiles tombant en des points très rapprochés, sectionnant plusieurs piliers voisins ou bien frappant la même pile de chocs répétés, amenèrent des désordres graves.
- Mais, hélas! les obus explosent en donnant lieu à deux effets également funestes :
- Le premier est l’incendie qu’ils allumèrent dans les charpentes des cathédrales de Noyon et de Reims ainsi qu’à l’échafaudage qui existait contre la tour Nord de cette dernière.
- L’incendie de la charpente de Noyon, qui était couverte d’une toiture d’ardoises, calcina complètement la partie haute des murs gouttereaux (murs qui supportent les parties basses des couvertures) ; dégât sans grande gravité. Mais les débris tombèrent sur les voûtes, les chargeant d’un poids supplémentaire que le constructeur n’avait pas prévu. En outre, la chaleur des pièces de bois en combustion désa-
- En outre, à Reims, l’eau pouvait plus facilement s’évaporer qu’à Noyon où l’amas d’ardoises accumulées empêchait le soleil et le vent d’agir.
- Si le feu, à Reims, fit des ravages à jamais regrettables, ce fut à l’intérieur même de la cathédrale et à l’extérieur du porche Nord de la façade occidentale, lors de l’incendie qui détruisit l’échafaudage destiné à la restauration du galbe couronnant ce porche. A l’intérieur, les chaises et la paille que les Allemands avaient disposées là pour coucher leurs
- Fig. p. — Vue intérieure de la cathédrale de Soissons.
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- blessés, anéantirent en brûlant des sculptures d’une rare beauté.
- Ces deux incendies produisirent une calcination de la pierre qui aujourd’hui s’exfolie sans remède (fîg. 10).
- Toutefois, sous la réserve des graves désordres, qu’auraient pu entraîner, à la longue, les infiltrations des eaux tombant sur des édifices privés de couverture, les incendies n’ont pas mis en péril l’existence de nos grandes cathédrales.
- Bien plus graves furent les effets causés par l’explosion des projectiles.
- Le déplacement d’air et le choc en retour, consécutif de toute explosion, eurent des conséquences néfastes. Ils ébranlèrent tout l’édifice, déplacèrent les pierres, ouvrirent les joints, disloquèrent la construction dans ses parties les plus profondes, pulvérisèrent les vitraux.
- Réduits à eux seuls, ces phénomènes de déplacement d’air eussent produit peu de dégâts, les voûtes seules auraient souffert; mais, au milieu d’une structure déjà ébranlée, ils devaient avoir les conséquences les plus graves. Encore qu’ici nos grandes cathédrales furent sauvées de l’anéantissement par leur système de construction articulée, élastique même en bien des points.
- Examinons le mécanisme d’une déflagration :
- L’air chassé violemment cherche une issue par les fenêtres. Quelque grandes que soient celles-ci, la vitesse de déplacement de la masse d’air est telle, qu’elle ne peut trouver une issue suffisante par les ouvertures. Les murs, quoique relativement minces,résistent, non sans être ébranlés; les voûtes, par contre, avec leur section moyenne d’environ 0 m. 30 sont légères, elles sont soulevées quelque peu ; sous l’effort de la pression intérieure, un décollement se produit; le remplissage se détache des nervures qui le soutiennent et le bandent, car celles-ci sont indépendantes de la voûte et -fenestrage par- d’une ]argei>r trop bellement conserve grâce „ , D , \
- aux chaînages (cathédrale ai^ e Par raPPor^ a
- de Reims : tour nord). leur hauteur pour être
- Fig. 8. — Exemple dè la prudence conslrudive des architectes du moyen âge.
- Cathédrale de Soissons : Travées écroulées, la voûte et les murs sont supportés parles piliers voisins.
- influencées par le déplacement de l’air. Cependant cet élément ayant rencontré dans les voûtes un obstacle élastique, mais suffisant, achève de s’écouler par les baies. Le vide à ce moment est établi à l’intérieur de l’édifice.
- Aussitôt se manifeste le retour d’air. Ce nouveau mouvement, se faisant avec une violence analogue à la chasse, causée par l’explosion, les mêmes manifestations se produisent en sens inverse.
- La voûte est brutalement appuyée sur les nervures, celles-ci reçoivent une secousse qui souvent décale les claveaux qui, subissant ainsi un tassement, tombent parfois, tandis que la voûte reprend une position très voisine de sa position première, suivant, une légère déformation permanente, qui devient alors sa nouvelle situation définitive. Au cas où les nervures ont résisté à la pression que la voûte refoulée par l’air a opérée sur elles, il se produit, entre l’intrados de la voûte et les nervures, un décollement laissant celles-ci dans une situation d’isolement défavorable pour résister aux effets d’une nouvelle explosion. . '
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- Fig. io. — Effet de l’incendie à l’intérieur de la cathédrale de Reims.
- Exl'olialion de la pierre.
- Ainsi, tant, que le système de construction n’est pas sérieusement compromis, le principe d’articulation joue à merveille et permet aux constructions de résister à des efforts qui, certes, n’avaient pas été prévus par leur auteur.
- Rappelons enfin que nombre d’églises furent anéanties lors de la retraite allemande de 1918 par l’explosion volontaire des munitions que l’ennemi avait entreposées dans les nefs.
- Nous ne pouvons oublier, en outre, les préparatifs odieux faits pour anéantir J’admirable collégiale de Saint-Quentin.
- Théoriquement, toute cathédrale dont les voûtes ont été détruites doit s’effondrer si les arcs-boutants correspondants subsistent ; la réciproque étant également -vraie. De nombreux exemples ont prouvé que dans la pratique les choses se passaient différemment : à la cathédrale de Soissons, à celle de Reims, à Amiens, des arcs-boutants ont été arrachés sans qu’aucun mouvement se produisit dans l’équilibre de l’édifice.
- Cette anomalie tient précisément au chaînage des parties hautes de l’édifice.
- A Reims, notamment, le chaînage est fait d’une façon si complète, que l’on peut dire que les superstructures ont été exécutées en pierre armée.
- Cependant à Soissons, des projectiles ayant successivement jeté bas des piles et des voûtes immédiatement voisines, l’équilibre s’est trouvé rompu
- et trois travées se sont complètement effondrées.
- D’ailleurs nos belles cathédrales ont eu à souffrir différemment.
- A Reims, les obus allemands, venant de Test et du nord, ont, à coups répétés, comme martelé toute la construction. Les gros projectiles de 505 (les seuls réellement dangereux pour ces grands édifices) venant du fort de Witry, semblent avoir été les plus efficaces. Prenant la cathédrale en enfilade, frappantles contre-forts du chevet à maintes reprises, ils ont déplacé les pierres, qui ont glissé les unes sur les autres. Les parements ont été pulvérisés et il n’a fallu rien moins que la très grande section de ces contreforts pour que le chœur ne s’effondrât point.
- Nous devons à la vérité de dire que les maçonneries basses de la cathédrale de Reims semblent avoir été conçues en vue de supporter un édifice beaucoup plus haut que celui qui a été réalisé.
- Le projet primitif de Jean d’Orbais fut modifié lorsque les voûtes des bas côtés furent terminées, et la cathédrale fut achevée beaucoup plus légèrement qu’elle n’avait été commencée. Cet excès de force fit beaucoup pour la conservation du chevet.
- Les artilleurs allemands se sont acharnés sur l’édifice, tant et si bien que l’on peut presque dire que chacune des pierres a été déplacée.
- A Soissons, les batteries, qui tiraient des hauteurs de Crouy, étaient placées de flanc; très nettement elles visaient la tour qui fut touchée à maintes reprises, en partie décapitée et fissurée de haut en bas; les coups qui portaient mal atteignirent les premières travées de la nef et trois d’entre elles s’effondrèrent. Le reste de l’édifice a relativement peu souffert.
- A Noyon, la cathédrale reçut moins fie projectiles et le plus grave dégât fut peut-être celui causé par l’incendie de la charpente. Dans chacun de ces édifices, on a pu relever certains effets d’équilibre assez curieux.
- À la cathédrale de Reims, un arc-boutant a été entièrement enlevé, tandis que le rampant en pierre, qui le surmontait en le protégeant, est resté en place. À Noyon, un obus a enlevé un claveau d’un contre-fort, celui-ci s’est affaissé, mais la série des claveaux restants, bien maintenus par l’excellent
- mortier des joints, Fig. n. —Un exemple de dis-
- , , , J . location produite par le
- ont forme une sorte souffle des explosions\calhé-
- de monolithe qui a drale de Reims).
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- trouvé une position d'équilibre à un niveau inférieur (lig. 12).
- ASoissons, la nef de la cathédrale, complètement coupée en deux, a perdu une partie de ses voûtes hautes dans les travées qui subsistent, malgré cela leur équilibre ne semble pas compromis, tant l’adhérence des mortiers est parfaite (fig. lo).
- Au sommet de la seule pile qui subsiste à la partie supérieure de la tour sud, un énorme bloc de pierre, en porte-à-faux de plus de 1 m. 20, est resté en place, retenu seulement par une queue de 0 m. 20 qui adhère à son lit de pose, collé fortement aux maçonneries.
- A Reims, un obus de gros calibre a complètement refoulé et décalé plusieurs marches d’escalier en vis de Saint-Gilles. On reste confondu de l’effort dynamique déployé par ce projectile, quand on sait que dans ces sortes d’escaliers, le noyau central, la marche et l’assise correspondante du mur extérieur sont faits d’un seul morceau.
- Dans ce même édifice, à la tour Nord, les colon-nettes d’une tourelle ont été fauchées, mais les chapiteaux sont tous restés suspendus par le chaînage de fer qui les réunissait.
- A Soissons, un obus arrivant de plein fouet a heurté un pilier de la nef et a jeté à terre les assises de ce pilier, ainsi qu’une pile de jetons de jaquet que l’on renverse sur une table.
- À Reims, en dépit du puissant chainage établi en 4912, consistant en une forte poutre en ciment
- Fig. i3. — La nef de la^calhédrale de Soissons.
- Fig. 12. — Abaissement d'ensemble d’un arc-boutant à la cathédrale de Noyon à la suite de la chute d’un claveau.
- armé établie au-dessus de la rose pour relier les deux tours, un tassement important s’est produit, se manifestant par une fissure, fendant en deux le fronton dans toute sa hauteur. Ce tassement est dû, suivant toute vraisemblance, aux ébranlements successifs que la tour a dû subir. Celle-ci s’est légèrement enfoncée dans le sol ainsi que s’enfonce dans du sable une canne sur laquelle on fait une pression légère accompagnée de secousses répétées.
- Travaux de restauration d’extrême urgence. — Sur l’initiative de M. Paul Léon, l’éminent directeur des Beaux-Arts, des mesures de conservation furent prises dès le début et pendant le cours de la guerre, cuirassements en sacs à terre de statues et pièces précieuses, à Reims, Noyon, Amiens, dépose et mise en sûreté des orgues, autels et vitraux d'Amiens, étalements provisoires, etc.
- Mais les moyens d’action étaient faibles ; et malgré le dévouement de ceux qui les mirent en œuvre jusque sous le feu, on ne put qu’aller au plus pressé.
- Vint enfin l’armistice. On put alors entreprendre un examen approfondi des monuments historiques et se rendre compte de l’importance des dégâts.
- Sous la haute direction de M. Genuys, inspecteur général des monuments historiques, un programme d’ensemble fut tracé en vue d’une restauration méthodique des édifices blessés.
- On ne pouvait songer à entreprendre de suite de véritables travaux de restauration, les moyens finan-
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- Fig. 14. — Ecroulement d’un pilier de la nef dans la cathédrale de Soissons.
- ciers eussent-ils été suffisants, le personnel technique et ouvrier entraîné à ces travaux très spéciaux n’aurait pu suffire à la besogne.
- Des mesures d’extrême urgence s’imposaient. Il fallait éviter la chute de blocs de pierre en équilibre, l’affaissement de piles sérieusement endommagées, la désarticulation des édifices ruinés en partie. Les gelées de l’hiver qui venait pouvaient anéantir des édifices dont la durée n’était que compromise.
- Dans une construction bien conçue et en bon état, l’effet du gel est nul; car l’eau est soigneusement écartée des murs afin que la pluie ne vienne humidifier la pierre ou pénétrer dans les joints. Dans ce but les architectes du moyen Age donnaient Une saillie considérable aux bandeaux qu’ils multiplièrent dans la hauteur de leurs constructions. De nos jours, ayant pris l’habitude de couper les murs de bandeaux peu saillants, il est de pratique courante de bourrer les joints d’un mortier fortement refoulé; on augmente ainsi la densité du mortier au point de le lisser, c’est-à-dire de supprimer tout vide appréciable entre les diverses particules du liant.
- Lorsque, par suite d’un accident, l’eau parvient à s’infiltrer dans les joints non refoulés comme ceux du moyen âge, si la température tombe durant quelques jours au-dessous de zéro avant dessiccation complète, l’effort développé par l’augmentation du volume de l’eau écarte les joints ou fait éclater les pierres, suivant que celles-ci peuvent ou non se déplacer.
- Toute maçonnerie en équilibre instable peut être facilement renversée si elle se trouve placée dans des conditions favorables au développement de ce processus.
- Mettre hors d’eau les plaies béantes de nos
- églises était un travail de longue haleine. Impuissants contre les causes des écroulements que Ton redoutait, on prit sagement les précautions nécessaires pour en prévenir les effets. Ces précautions, dans la plupart des cas, se sont réduites à la pose de quelques étais aux bons endroits (fig. 17).
- Placer un étai au bon endroit n’est pas toujours chose simple ; il faut, pour le faire, une connaissance très approfondie de la philosophie de la construction des édifices du moyen Age.
- Les artistes de génie qui les conçurent prirent maintes précautions en vue d’assurer l’éternité de leurs œuvres. Quelque peu effrayés des conséquences logiques de leurs principes, qui les ont amenés à maintenir en équilibre à plus de 60 m. de hauteur, des voûtes en pierre, ils cherchèrent du moins à en diminuer les risques. Leur esprit inventif imagina mille combinaisons. Ils surent, grâce à un appareil-
- Fig. i5.
- Protection de l’autel (cathédrale de Foyori).
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- Fig. 16. — Cathédrale de Reims.
- Protection du porche pendant la guerre au moyen de sacs à terre.
- lage bien conçu, diminuer les poussées des arcs, ils modifièrent considérablement celles des voûtes en chargeant les reins de celles-ci à l’aide de maçonneries qui les raidirent à leur naissance.
- Ils osèrent placer contre des piliers construits par assises, de hautes colonnes de pierre en délit pour redresser un effort dynamique appliqué dans un sens qui les inquiétait. Ils placèrent des masses de maçonnerie au-dessus de piles légères, pour, en les appliquant fortement sur le sol, empêcher leur déversement.
- Il est en réalité impossible de déterminer a priori comment l’on doit procéder pour restaurer tel membre d’architecture commun à toutes les églises du xme siècle. Chaque église présente une solution
- Fig. 18. — Réfection d’une voûte de la cathédrale de Reims, sur cintres en briques creuses.
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- Fig. //.— Etaiement d’un pilier de la cathédrale ',Xj V3*|
- de Noyon par des moyens de fortune. (£nl ,:««j
- particulière du même problème posé à divers cons-\ o tructeurs. Des différences de structures, parfois subtiles en apparence, imposent des dispositions diverses dans les méthodes d’étaiement, dans le processus même du travail de restauration.
- Ce sont choses que doit connaître tout architecte chargé de restaurer une cathédrale, ce n’est qu’au prix de cette science qu’il peut placer au bon endroit l’élai qui la sauvera d’une ruine certaine.
- C’est ce que savaient à merveille mes savants confrères MM. Brunet, Collin, Deneux, Moreau et Ventre chargés de la restauration des cathédrales de Soissons, Noyon, Reims, Amiens et Verdun.
- S’il fallut parfois de sérieuses batteries d’étais pour consolider les piliers de la cathédrale de Noyon par exemple, parfois au contraire une simple éco-perche a pu suffire à empêcher la chute d’un arc.
- Lorsque l’on pouvait craindre que ces moyens fassent insuffisants et que l’on n’envisageait qu’à une lointaine échéance la reprise d’une brèche profonde, on la bouchait provisoirement à l’aide d’une maçonnerie de moellons.
- A Reims, M. Deneux a imaginé une solution très spirituelle pour étayer les sommets des grands contreforts dont les galbes portaient sur des colon-nettes ; plusieurs de celles-ci ayant été fauchées par les obus, M. Deneux mit en leur lieu et place quelques-uns' de ces tuy„aux de ciment que l’on emploie couramment pour les canalisations (fig. 19).
- Un arc était-il entièrement disjoint, on plaçait en dessous un cintre fait à l’aide de quelques madriers sur lesquels on faisait une grossière maçonne-
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- rie hourdée au plâtre, pour e'pouser, en la maintenant, la courbure de l’arc.
- Travaux de déblaiement. — Ces travaux d’extrême urgence terminés, on entreprit de déblayer les ruines. Travail d’Ilercule demandant de grands soins et fort dangereux. Souvent, sous l’effet de cbocs légers, de faibles ébranlements se produisaient, une pierre se détachait des voûtes. Souvent des ouvriers, conduits par d’admirables chefs de chantiers, se virent perchés au sommet des murs dont on ignorait la solidité, s’appuyant sur dès maçonneries qui s’écroulaient à la moindre pression ; on ne saurait trop Jouer le courage professionnel et le désintéressement de ces hommes qui à ce travail ont risqué cent fois leur vie.
- On ne pouvait jeter à terre du haut des murs des blocs de pierre menaçant de tomber. La secousse, provoquée par le choc d’un morceau sur le sol, pouvait provoquer l’effondrement d’une portion de voûte, voire d’une voûte entière. En outre, nombre de- ces morceaux de pierre étaient de précieuses reliques sur lesquels le ciseau de quelque sculpteur avait détaché une Heur ou un feuillage. Il fallait donc les descendre avec précaution, puis les ranger dans un musée lapidaire et les numéroter en vue de la restauration future (fig. 20).
- Ce travail présentait d’incroyables difficultés ; il dut être exécuté avec des moyens de fortune. On ne pouvait utiliser aucun appareil de levage. Ce fut à bras d’homme que les matériaux furent transportés. Aussi ne peut-on être surpris que le seul déblaiement des chéneaux de la cathédrale de Reims ait coûté la somme coquette de 75 900 francs.
- Il fallait également sauver les restes lamentables des admirables vitraux qui n’avaient pas été complètement anéantis. A la cathédrale de Reims, la surface de verrières anciennes était de 5402 m2. Plus de 50 pour 100 de ces merveilles, sont hélas! perdues à jamais. Il importait d’empêcher la ruine des parties qui étaient restées accrochées aux fenêtres, suspendues aux plombs rainés qui les encastraient encoreenpartie.Uncoupdeventpouvait,d’unmoment à l’autre, les arracher, et les briser sur le sol en menus morceaux.
- Il semblait que des acrobates seuls eussent pu monter sans échafaudage et presque sans point d’appui dans ces fenêtres et descendre sans accident ces verres à peine maintenus. On eut recours aux pompiers de Paris qui réussirent à les déposer avec l’adresse que l’on devine.
- Ils furent admirablement secondés parles ouvriers de M. Simon, artiste peintre verrier, qui présida à l’opération. Avant de mettre en caisse les vitraux déposés, on s’efforçait de les reconstituer et de les compléter cà l’aide des fragments recueillis sur le sol, au milieu des décombres.
- On entreprit en même temps de recaler des maçonneries que l’on n’avait pas jugé nécessaire d’étayer immédiatement au lendemain de l’armistice et que cependant on ne pouvait laisser plus longtemps à l’abandon. On reboucha les plaies à l’aide de vieilles pierres provenant des diverses parties des édifices. Cette réparation assez facile fut partout exécutée à merveille. Les vieilles pierres retaillées et réemployées sous une nouvelle forme, mises à une autre place, ont une couleur et une patine identiques à celles qui n’ont pas été touchées.
- On avait bien songé dès le début à employer ces matériaux pour boucher les trous les plus inquiétants, mais on avait dû y renoncer, car les échafaudages très légers, les seuls dont on pouvait disposer, eussent cédé sous le poids de pierres de taille; on avait donc dû se contenter d’exécuter des calages à l’aide de maçonneries provisoires en moellons.
- Fig. 20. — Classement des débris.
- Fig. iç. — Remplacement provisoire d’une colonnetle par un tuyau de ciment (cathédrale de Reims).
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- En même temps, on entreprit de mettre hors d’eau les maçonneries exposées à la pluie et de remplacer les toitures incendiées. On ne pouvait, bien entendu, reconstituer de suite des charpentes définitives. Les murs sur lesquels il eut fallu les appuyer n’étaient pas en état de les recevoir. Les incendies allumés dans les toitures avaient calciné les assises hautes des superstructures; il sera indispensable de remplacer ces pierres brûlées sur plusieurs rangs, travail nécessairement très long.
- On décida de protéger de suite les voûtes des, églises à l’aide de charpentes provisoires.
- Au lendemain de l’armistice, les moyens de transport faisaient défaut. On chercha sur place les matériaux nécessaires. Les stocks du génie étaient là, bien garnis ; on imagina naturellement de les mettre à contribution. Mais ces magasins ne contenaient que des madriers ; il fallait donc concevoir des charpentes uniquement composées de ces petits éléments ou renoncer même momentanément à remplacer l’immense forêt que représentaient les combles de nos cathédrales.
- La charpente de la cathédrale de Reims, qui datait du xive siècle, avait absorbé 2450 stères de bois ! Elle supportait, il est vrai, une toiture en plomb pesant plus de 500 000 kg. En outre, suivant la coutume du temps, elle était très hauLe, sage mesure de prudence qui permettait d’obtenir des pentes fort raides sur lesquelles les eaux pluviales glissaient rapidement, diminuant ainsi les chances d’infiltration.
- Mais les combles élevés offrent une très grande résistance au vent. Nos ancêtres multipliaient donc
- Fig. 22. — L’échafaudage de la cathédrale de Reims.
- les contreventements de leurs toitures, afin de les empêcher de « rouler », c’est-à-dire de se déverser suivant le grand axe de l’édifice. Ils reliaient les pièces de bois à l’aide de liens assemblés soigneusement, plaçaient côte à côte deux sablières pour bien asseoir les combles sur l’arase des murs et généreusement donnaient à chacun des membres de leurs charpentes de fortes sections. D’où l'emploi d’un cube de bois considérable.
- Les stocks de l’armée ne contenaient ni plomb, ni tuiles, ni ardoises, mais seulement des plaques de tôle ondulée et galvanisée; on fit choix de ce matériau pour établir un abri au-dessus des monuments historiques dont la restauration exigeait un très long délai. Les cathédrales de Noyon et de Reims furent ainsi recouvertes; pour ce dernier, il fallut 5500 m2 de tôle ondulée.
- Nul ne prétendrait exiger d’une couverture de ce genre une étanchéité absolue ; il suffisait de l’établir avec une faible pente pour assurer l’écoulement des eaux, les jours de pluie normale. Sur une toiture très plate, le vent a peu d’action> il suffisait donc que la charpente pût supporter la toiture. La tôle ondulée étant très légère on put réaliser, à l’aide des madriers du génie, des charr
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- pentes assez solides pour durer plusieurs années.
- Mais ces toitures provisoires ne peuvent protéger que le vide intérieur des églises. Des membres essentiels d’architecture se trouvaient exposés aux pluies, sans qu’il fut possible de les abriler d’une toiture. Tel est le cas d’une partie des superstructures de la cathédrale de Soissons, où les murs gouttereaux de la nef restent sur une certaine longueur suspendus dans le vide, maintenus par les maçonneries des fenestrages restés en place. Tel était également le cas de tout mur en partie écroulé que l’on ne pouvait relever de suite. On établit alors sur les murs en ruine une chape de ciment protectrice.
- Cependant, à la cathédrale de Reims notamment, on ne pouvait songer à caler à l’aide de maçonneries certaines parties de l’édifice, le sommet des tours, des galeries dites du diadème ou autres.
- À la tour Nord, une explosion d’obus avait créé une situation particulièrement délicate. La partie centrale est calée par quatre tourelles très légères supportées par des colonnettes fort minces, constituées au moyen de morceaux de pierre posés en délit. Au centre de la tourelle flanquant la tour du côté sud-est, un escalier en vis de Saint-Gilles, d’une fort jolie composition, conduisait à la flèche dont faute d’argent les assises de départ seules furent posées.
- Or, un projectile avait non seulement coupé toutes les colonnettes supportant la masse de maçonnerie supérieure, mais encore emporté une grande partie de l’escalier.
- Certes, le sommet de la tour n’était que très partiellement compromis, mais un danger très grave menaçait la vie des ouvriers et des passants ; les assises supérieures du clocheton, que seule l’adhérence des mortiers maintenait, pouvaient se détacher et, tombant de plus de 60 m. de hauteur, causer des accidents et d’importants dégâts.
- De simples étais de bois eussent suffi à parer à ce danger. Mais le bois est essentiellement périssable, et nul ne pouvait dire le nombre d’années qui s’écouleront avant la restauration de cette tour, il fallait un procédé rapide de consolidation, économique et surtout durable.
- M. Deneux résolut le problème fort élégamment en faisant exécuter un étaiement en ciment armé cà l’aide de planches de ciment moulé (fig. 21).
- Nous décrirons plus loin cet ingénieux procédé, il assure un support facilement démontable et dont la durée semble indéfinie.
- La même méthode fut par la suite généralisée, les colonnes absentes du diadème furent momentanément remplacées de cette façon.
- Après tant d’efforts, les édifices déblayés, tout danger d’écroulement brusque écarté, on put juger dans toute son étendue et avec précision l’importance des dommages. Il fallut alors tracer un programme de restauration méthodique d’autant plus délicat à établir que les crédits étaient étroitement mesurés.
- Travaux de restauration méthodique. —La Di- I
- rection des Beaux-Arts fit merveille ; M. Genuys, inspecteur général et M. Verdier, chef du bureau des monuments historiques, se multiplièrent. Après plusieurs mois d’un travail ininterrompu, un programme général fut établi dont l’exécution se poursuit aujourd’hui régulièrement.
- On a entrepris dans les divers édifices la reprise des maçonneries en partant de la façade, par exemple, pour aboutir au chevet en avançant progressivement les échafaudages. Lorsque l’on déplace l’échafaudage, la restauration de la travée que l’on abandonne est complète. Telle est la méthode employée à Reims.
- A Soissons, comme il importait de relever trois travées complètement écroulées de la nef, on procéda ainsi que le firent, très vraisemblablement, les constructeurs au xme siècle.
- M. Brunet fit établir des échafaudages parallèles au grand axe de l’église, constituant ainsi une sorte de chemin de roulement, qui permettra de relever les piles et de reconstruire les arcs doubleaux qui les réuniront.
- A Reims, M. Deneux a imaginé un échafaudage très ingénieux qui lui sert à reprendre les voûtes et les arcs ogifs, à recaler les grands doubleaux de la nef. Les parties basses de cette nef n’ayant pas souffert, il eût été inutilement onéreux de construire un échafaudage de fond. Notre confrère décida d’appuyer celui qu’il avait conçu sur le sol du triphorium (on appelle ainsi la galerie de circulation située sous les fenêtres hautes qui éclairent la grande nef des églises). Le système employé, inspiré du mouvement du compas, est constitué par deux bras formant chacun une sorte de poutre américaine triangulaire dont un sommet prend son point d’appui sur le dallage du triphorium. Ils sont réunis a leur base par des moises formant un tout indéformable, véritable pont qui franchit avec aisance la largeur totale de la nef. 11 suffit de dévisser quelques écrous pour rendre libres les articulations de ce compas, d’en resserrer les pointes, ce qui permet de transporter l’échafaudage avec la plus grande facilité.
- Une série de fermes semblables, posées à plusieurs mètres de distance et réunies par des moises et des liens de contreventement, constituent une plate-forme de service au niveau de la naissance des voûtes. Un long poitrail d’acier posé sur cette plate-forme sert de support aux moufles utilisés pour monter les matériaux. Le même poitrail permet la dépose et la pose des éléments de charpente constitutifs de la plate-forme (fig. 22).
- Pour recaler les claveaux des arcs et les placer dans leur position première, il est indispensable de les maintenir sur des cintres, que l’on construit de pratique courante à l’aide de bois de charpente de forte section. M. Deneux, dont on ne saurait trop louer l’esprit inventif et le dévouement, se contente d’une charpente légère qui lui sert à construire des arcs en briques creuses, hourdées au plâtre (fig. 18).
- I II obtient ainsi un cintre très résistant et très écono-
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- mique. À l’aide de ces arcs on dépose les claveaux déplacés,'on les recale contre la voûte en bourrant les joints d’un mortier de ciment. Les voûtes des trois travées occidentales de la nef de la cathédrale de Reims ont pu ainsi être remises entièrement en état.
- La restauration des éléments extérieurs de l’édifice est menée parallèlement. Les meneaux des fenêtres sont refaits lorsqu’ils manquent, replacés s’ils ont simplement glissé sur leur lit de pose. Les contreforts ont leurs parements rejointoyés, refaits en partie suivant leur état, les pinacles sont remis en place, les pierres neuves bouchent les trous des pierres pulvérisées par les obus. Les arcs-boutants disjoints ou écroulés sont rétablis.
- Pour cette dernière opération, M. Deneux a adopté un système de cintrage analogue à celui qui sert à la restauration des voûtes.
- Lorsque d’aventure un seul claveau d’un arc demande à être remplacé, on se dispense de cintre. Les tailleurs de pierre le coupent sur une face à la masse et au poinçon jusqu’à la moitié de son épaisseur, un demi-claveau de pierre neuve venant alors boucher le trou ainsi formé. Puis les ouvriers passent du côté opposé du contrefort et procèdent de la même façon sur cette autre face.
- Les piles de la cathédrale de Soissons sont redressées suivant les méthodes en usage au moyen âge. Les gros tambours des colonnes qui gisent à terre sont roulés sous l’échafaudage et mis à plat, on engage alors une louve dans la cavité ménagée dans le lit de ciel des assises. Le calage de la louve opéré avec soin, on enlève le morceau à l’aide de moulles et on glisse le tambour au-dessus de la colonne en cours de reconstruction. On laisse redescendre la pierre doucement jusqu’à ce qu’elle repose sur le bain de mortier étendu avec soin sur l’assise supérieure de la pile (fig. 25).
- Lorsque toutes les piles seront rétablies, on construira des cintres qui permettront la réfection des arcs doubleaux séparant la nef des bas côtés.
- Les arcs doubleaux remontés, on procédera à la réfection des voûtes basses couvrant ces bas côtés. On reconstruira sur cintres les arcs des croisées d’ogive et les arcs doubleaux transversaux. Puis on exécutera les remplissages des voûtes. Ces maçonneries terminées, on ne saurait songer à procéder à un décintrage immédiat sans quelques précautions.
- On sait que pour maintenir en équilibre une voûte ogivale qui par définition relombe sur de grêles points d’appuis, il importe d’opposer à l’effort dynamique, qui s’applique sur ces derniers, soit un effort dynamique équivalent, soit l’inertie d’une masse, c’est-à-dire un poids nettement supérieur à la somme des poussées à maintenir.
- Dans une suite de travées d’un bas côté de cathédrale, on constate que la résultante des efforts se manifeste perpendiculairement au grand axe de l’édifice, en une série de points qui sont respectivement les colonnes d’une part et contreforts extérieurs d’autre part. La grande surface du polygone
- d’inertie de ceux-ci est suffisante, a priori, pour résister aux poussées qui s’y absorbent; à l’intérieur de l’édifice : les constructeurs ont pensé avec raison que le poids des superstructures qui viendraient s’appuyer sur les chapiteaux des piles, en les appliquant durement sur le sol, suffirait pour éviter tout déversement du fait de la poussée des voûtes des collatéraux.
- Mais durant le temps nécessaire à la reconstruction de ces superstructures, on ne pourrait décintrer les voûtes sans provoquer le renversement des piles.
- Les architectes du xine siècle avaient imaginé un ingénieux expédient pour tourner la difficulté.
- Ils avaient encastré dans le sommier des arcs (claveaux placés immédiatement au-dessus des tailloirs des chapiteaux) un tirant en bois qui reliait les retombés opposés des arcs doubleaux des bas côtés. Cette heureuse précaution permettait de libérer les voûtes des cintres ayant servi à leur construction.
- Lorsque les murs gouttereaux de la nef furent construits, c’est-à-dire lorsque les piliers furent chargés du poids des superstructures, on eut le loisir de scier les tirants de bois au nu de l’intrados des claveaux, laissant l’œil saisir toute l’économie de l’admirable construction aux articulations si osées et si savantes.
- Cette même méthode sera appliquée lors de la restauration des voûtes des bas côtés. Peut-être au lieu de tirants en bois, fera-t-on emploi de tirants en fer ; ce sera sans doute la seule innovation à apporter aux procédés de construction des architectes du xiiic siècle.
- Lorsque les voûtes des bas côtés seront établies, lorsque le sol du triphorium sera en place, on pourra employer, à Soissons, la méthode que nous venons de décrire à propos des voûtes de la cathé^-drale de Reims. 11 est indiqué ici de commencer par les travées les plus orientales pour terminer par celles qui se raccordent avec la façade et les tours. Car il y a grand intérêt à refaire le plus tôt possible les grandes voûtes de la nef, afin d’opposer leurs poussées à celles des arcs-boutants qui restés en place exercent sur les murs gouttereaux un effort de renversement, léger il est vrai.
- Quand après des années d’un travail ininterrompu, les voûtes seront rétablies, les contreforts relevés, les arcs-boutants remis en place, quand en un mot les ouvrages de maçonnerie seront complètement terminés, il y aura lieu de reconstruire une charpente de même inclinaison que celle des toitures incendiées et des couvertures d’aspect analogue à celles qui furent détruites. Enfin il faudra assurer l’écoulement des eaux.
- Au xme siècle les eaux pluviales étaient recueillies dans de larges chéneaux en pierre qui les dirigeaient vers les arcs-boutants, sur lesquels un canal était disposé; elles traversaient les contreforts suivant leur plus grande longueur pour arriver finalement à des gueulards qui crachaient des trombes d’eaux autour de l’édifice.
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- Depuis de longues années l’Administration des Beaux-Arts a perfectionné celte méthode, car les propriétaires des maisons mitoyennes ne sauraient, de noire temps, admettre ce système d’écoulement. Avant la guerre, on plaçait à la partie inférieure des toitures des gouttières en cuivre conduisant les eaux dans des cuvettes de meme métal qui les déversaient dans des tuyaux de descente posés sur les rompants des arcs-boutants, puis, dissimulés dans les angles rentrants des contreforts ; les tuyaux aboutissaient soit à des canalisations posées en terre, soit à des caniveaux établis à la base des édifices.
- On rétablira ce mode d’écoulement. Les ressources dont on disposera permettront-elles de recourir au cuivre, nous n’en pouvons préjuger ; ce métal, quoique coûteux, se prête merveilleusement à des travaux de cet ordre, très délicats et cependant destinés à durer.
- A dessein nous avons réservé l’élude de la restauration des charpentes.
- Les reconstituer en bois est une idée que l’on écartera sans doute a priori. La charpente en bois est économique, mais exposée à trop de risques. La Commission des Monuments historiques adoptera soit une charpente métallique (la charpente de la cathédrale de Chartres a été refaite ainsi, naguère), soit plutôt une charpente en ciment armé, à la fois inoxydable et incombustible.
- En logique pure, un comble en ciment armé, dissimulé et recouvert par une toiture en ardoise, en tuiles ou en plomb, est une hérésie ; la charpente et la toiture en ciment arme ne devraient faire qu’un tout monolithe. Mais il importe de rendre à nos cathédrales leur aspect traditionnel. Nul n’admettrait que les toitures restaurées n’aient ni la pente, ni l’aspect, ni le coloris que nous aimions et que nous admirions.
- Il s’agit donc de réaliser une charpente en ciment armé qui épousera les mêmes pentes que la charpente incendiée et portera une toiture en plomb, en tuiles ou en ardoises.
- Comment le faire au-dessus des voûtes d’une cathédrale? Les méthodes usuelles exigeraient des coffrages très onéreux sur lesquels on ne pourrait couler que des fermes de forte section, inutilement puissantes et lourdes.
- La solution d’une charpente en ciment moulé, exécutée sur le sol, dans des conditions offrant toute facilité de travail, sous la surveillance aisée d’un chef de chantier, semble s’imposer. Elle permet de réaliser une ossature très légère, constituée par des éléments aisément maniables.
- Depuis plusieurs années, on a réalisé un assez grand nombre de charpentes de ce genre, plus ou moins heureuses, il est vrai, mais dignes de retenir l’attention.
- Nous examinerons ici la charpente étudiée et exécutée par M. Deneux, pour l’église de Saint-Jacques, à Beims.
- M. Deneux est parti de cette idée : réaliser une charpente dont chaque élément puisse être ma-
- nœuvré sans effort par un seul ouvrier. Cette conception devait presque fatalement amener son auteur à constituer des planches en ciment que l’on puisse disposer suivant les besoins pour constituer des poutres américaines ou des fermes de charpente en treillis.
- Les nœuds d’assemblage sont, dans toute charpente, un point assez délicat à traiter. Pour le ciment armé, la difficulté semble presque insurmontable. M. Deneux sut la résoudre en imaginant un système de clavettes en bois qui permet de maintenir les éléments-planches étroitement assemblés.
- Quelque ingénieux que suit ce mode de liaison-nement, il inquiète un peu quand on songe au mouvement d’ébranlement incessamment répété que le vent impose à tou le charpente. Considérée comme constituant un comble demi-provisoire, la charpente de M. Deneux ne peut être sérieusement critiquée; par contre, il faudrait peut-être renforcer les assemblages pour qu’elle puisse être considérée comme une solution définitive de charpente légère en ciment armé.
- Quoi qu’il en soit, notre confrère a su assouplir son système de construction en planches de ciment moulé et l’utiliser en maintes circonstances avec une adresse vraiment remarquable : par exemple dans l'échafaudage qui soutient l’escalier et le couronnement d’une des tourelles ajourées flanquant la tour Nord. La figure 25 montre le mode d’assemblage des planches de ciment, ainsi que la façon dont on a opéré les contreventemenls. On admirera la légèreté de l’ensemble (lig. 21).
- On a obtenu également de véritables tuyaux de section rectangulaire en assemblant quatre planches de ciment suivant leur grande longueur. Cette combinaison a été utilisée pour remplacer en maints endroits les colonnetles absentes du diadème.
- Le ciment armé, sous d’autres formes, figure dans nombre de restaurations.
- A l’église de Saint-Bemy, à Beims par exemple, on reconstituera sans doute des voûtes de pierre que l’on dut démolir autrefois, lorsqu’elles menaçaient de tomber, et de ruiner les murs goullereaux de la nef. Ces murs avaient été bâtis au xne siècle pour supporter le seul poids d’une charpente en bois. Sous les efforts obliques des voûtes de pierre imprudemment établies à la fin du même siècle, des mouvements se manifestèrent; on dut, pour sauver l’édifice, démolir ces voûtes et les remplacer par de fausses voûtes en plâtre. Aujourd'hui il est possible d’exécutër un vaste chaînage en ciment armé pour roidir les superstructures et de les relier en travers de la nef, en dessus de la voûte, en créant tout un système rigide, lequel travaillant à la traction pourra résister facilement aux poussées des voûtes de pierre rétablies.
- Certes, ce mode de restauration qu’autorisent nos matériaux modernes, n’est pas absolument arehéo-logique, puisqu’il conserve les formes d’une archi-| teclure du passé sans en respecter la philosophie.
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- Ici se pose la question si controversée de la restauration des monuments historiques.
- Dans son récent et lumineux discours à l4Instilut, M. Paul Léon, dont l’esprit éclairé et l’éclectisme délicat ont tant servi la cause des chefs-d’œuvre de l’art français, rappelait fort justement que l’idée de restauration tendant à conserver l’aspect primitif d’un édifice est d’origine moderne. Autrefois, au lendemain d une guerre, « l’architecte ne cherchait pas à reconstituer les monuments dans leur état antérieur. Il reconstruisait au goût et suivant la mode du jour. Chaque génération travaillait pour elle-même, sans s’attarder au passé, sans engager l’avenir ».
- Conception toute moderne, la restauration d’un édifice est en réalité une question d’espèce.
- Sans doute la reconstruction totale d’un édifice semble a ‘priori une erreur, car quelque désintéressé que soit l’architecte, sa personnalité d’artiste perce toujours, défigurant à son insu l’œuvre à faire renaître.
- En 1914, ce genre de restauration auquel se rattache la reconstruction du château de Pierrefonds était définitivement condamnée.
- Aujourd’hui nous sommes moins exclusifs. Le public, les archéologues mêmes ne s’indigneraient-ils pas si l’on avait décidé de
- ne pas reconstituer les trois travées manquantes à la nef de Soissons? Qui admettrait que l’on ne refit point les voûtes de nos grandes cathédrales? Mais l'unanimité est loin d’être faite pour la réalisation pratique.
- Maintes pierres de taille ont été complètement pulvérisées. S’il s’agit de simple pierre de parement., son remplacement par un morceau neuf est relativement aisé, encore qu’il ne soit pas toujours facile de découvrir une carrière fournissant un calcaire à peu près identique à celui qui fut employé par les constructeurs du moyen âge. Ce n’est que très exceptionnellement que l’on peut extraire des anciennes carrières des blocs utilisables.
- Quand, après bien des recherches, on a enfin trouvé une pierre satisfaisante, il importe de la mettre en œuvre suivant les procédés employés au moyen âge, la pierre est taillée, layée ou brelelée avant sa mise en place, puis posée à bain de mortier.
- Fig. 2.t.
- Lorsque la pierre doit être moulurée, on procède de même. Dans ce cas, une difficulté surgit : le tracé du profil. Souvent il est impossible de déterminer avec précision le tracé primitif, les morceaux qui en portaient l’indication ayant été mutilés dans leur chute ou défigurés par le temps. L’architecte procède alors par analogie, copiant un profil qui lui semble identique et qu’il retrouve dans le même édifice ou bien dans des édifices avoisinants et de même époque.
- Mais souvent, il est nécessaire de remplacer un chapiteau, un bandeau sculpté, un crochet richement décoré. La tâche devient délicate, la part de l’invention considérable. Lorsqu’il s’agit simplement de sculpture décorative, on se résoud aujourd’hui à la refaire dans le goût du temps.
- Naguère, la Commission des Monuments Historiques s’y opposait, il était admis que l’on devait laisser toute sculpture en épanne-lage, c’est-cà-dire dans un état d’ébauche empêchant de deviner quel feuillage fût sorti de la forme dégrossie.
- Mais, cet excès de probité avait l’inconvénient, de déformer l’aspect et l’elfet des membres d’architecture que l’on prétendait restaurer.
- Aujourd’hui, la Commission des Monuments Historiques entend conserver intégralement l’aspect des édifices classés. Les architectes s’efforcent de reconstituer la sculpture décorative en s’entourant de tous les documents qui peuvent les éclairer. Celle recherche archéologique ne va pas sans difficultés. Il arrive que l’architecte ait à restaurer un monument du xme siècle, par exemple, dans une région où il ne subsiste aucun édifice de cette époque. Il lui faut rechercher l’origine de cet édifice, souvent bâti par un des ordres religieux qui florissaient alors ; on peut ainsi retrouver ailleurs des constructions analogues créées par une même école, dont la parenté apparaît évidente et souvent élevées par un même architecte. (Jri peut alors restituer la sculpture décorative avec des chances sérieuses de vérité.
- Il ne saurait en être de même pour la statuaire et les beaux reliefs issus des ciseaux de nos « imagiers ». Ceux-ci travaillaient avec une foi, des tradi-
- Relèvement d’un pilier à la cathédrale de Soissons.-
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- 208 LA RUINE ET LA RÉSURRECTION DE NOS GRANDES CATHÉDRALES DU NORD
- Fig. 24. — Charpentes en planches de ciment, système de M. Deneux en construction à l’église Saint-Jacques, à Reims.
- lions, qui nous sont tellement étrangères, que toutes les tentatives de restitution ont été malheureuses. La Commission des Monuments Historiques s’est tracé à cet égard une ligne de conduite immuable : sauf rarissimes exceptions (lorsque la sculpture est placée à une grande hauteur), jamais elle n’autorise la réfection d’une sculpture en ronde bosse.
- En dépit de ces sages précautions, la restauration de nos grandes cathédrales ne laissera pas que d’èlre très critiquée. La tâche des restaurateurs est ingrate entre toutes. Si leur intervention apparaît dans certaines parties d’édifices reconstituées entièrement, les amateurs de vieilles pierres crieront au sacrilège. Et ce sera une grande injustice.
- Nous croyons, trop volontiers en effet, que les grandes cathédrales sont restées telles qu a leur naissance. Nous les voyons grises, les angles arrondis, verdies par la mousse, blanches à l’intérieur, éclairées par des vitraux aux tonalités doucement veloutées.
- Nous oublions qu’un jour leurs façades furent d’une éclatante blancheur, ornées de moulures aux angles vifs, donnant des ombres nettes tranchant vivement sur la pierre que les ans n’ayaient pas encore salie. Nous ne songeons plus que cette architecture française du moyen âge était volontaire, précise, mathématique, peut-être même un peu froide. La pensée que les murs, les voûtes étaient peints de couleurs franches nous scandalise presque, et nous nous refusons à croire qu’un jour les belles verrières aux tons profonds rayonnaient de teintes crues qui nous effaroucheraient sans doute. Habitués à voir des toitures d’ardoises,.nous restons stupéfaits en songeant que nombre d'entre elles étaient faites de tuiles vernissées, multicolores, disposées en grands zigzags.
- Nous voyons les cathédrales à travers la vision des romantiques. Nous les aimons comme on aime les vieilles choses, souvent, hélas! sans nous soucier de
- leur esthétique propre. Nous les aimons parce que sous leurs voûtes nos grand’mères ont prié et pleuré. Ce que nous aimons en elles, ce n’est ni l’admirable conception d’architecture qu’elles représentent, ni le livre parlant des sculptures qu’elles nous offrent et que bien peu comprennent aujourd’hui, ni même la pensée religieuse qui les a fait naître. Ce que nous aimons, c’est leur âme.
- L’âme des cathédrales semble avoir aujourd’hui abandonné les nefs mutilées dont le squelette subsiste seul. En dépit des soins éclairés de l’Administration des Beaux-Arts, lorsqu’elles seront enfin restaurées, ce n’est qu’une âme meurtrie qu’elles retrouveront.
- Et les murs calcinés, les pierres épaufrées, les blessures fraîchement fermées diront longtemps encore à nos petits-enfants « la grande pitié des églises de France » (’).
- Chaule s- H c nui B e s naiid ,
- architecte en chef des Monuments historiques.
- I. Les photographies qui illustrent cet article proviennent des « Arhcives Photographiques des lîeaux-Arts, galerie de Yalois, Palais-Royal ».
- Fig. 25. — Échafaudage en planches de ciment, système Deneux.
- Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiujhk, rue de Heures, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2557.
- 7 AVRIL 1923
- LES TRÉSORS D’UN PHARAON : TOUT-ANKH-AMON
- La presse quotidienne a mené grand bruit autour de la découverte de la tombe de Tout-Ankh-Amon (une des nombreuses orthographes suggérées par les égyptologues). 11 s’est trouvé des savants de
- américaine toute une collection de magnifiques photographies sur cette importante découverte.
- Autre pays, autres mœurs.... Cette fois, les auteurs de la découverte n’ont pas manifesté la même
- haute réputation pour protester contre ce nom, et déclarer qu’il n’est pas celui du souverain dont la sépulture vient d’être violée. Nous ne* prendrons point part à la querelle. Mais il nous sera permis de faire ici une comparaison.
- Lorsque, en 1921, l’expédition du Metropolitan Muséum oi Arts, de New-York, mit à jour, dans une région voisine de la Vallée des Rois, cette admirable collection de figurines que nous eûmes le plaisir de décrire dans La Nature (n° 2468), il nous suffit d’en exprimer le désir pour recevoir de celte institution
- 51* Année. — I" Semestre.
- générosité, et lordCarnarvon, mécène de l’expédition, ne s’est pas montré l’ennemi des petits profits. Business is business. Les photographies officielles furent bien offertes à la presse, mais contre argent comptant. Et quel argent! Des sommes de livres sterling que l’état du change rendait inabordables ! Aussi, la très grande majorité des publications ont-elles dû se contenter d’utiliser des photographies prises par des particuliers en dehors de la tombe. Et c’est notre cas.
- Souhaitons donc que la prochaine découverte
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- LES TRESORS D UN PHARAON : TOUT-ANKH-AMON
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- importante qui sera faite dans la vallée du Nil soit l’œuvre d’une expédition américaine ou française. Que les génies de l’archéologie nous protègent... des archéologues anglais !
- Ce fut le 5 novembre dernier qu’un inspecteur des antiquités de la Haute-Egypte, M. Howard Carier, vit ses labeurs de sept années couronnés par le succès. Durant cette période consacrée à l’exploration de la Vallée des Rois, il n’avait procédé, selon la coutume des archéologues, que par sondages.
- Il re'solut de changer de méthode : en enlevant la masse de déblais qui recouvrait l’endroit où s’étaient concentrées ses recherches, il mettrait à nu la paroi de roche vive, et découvrirait l’entrée de la sépulture qu’il savait exister dans ces parages, d’après l’élude des inscriptions et des papyrus de l’époque.
- Lord Carnar-von s’intéressa au projet, et fournit les fonds.
- Enfin, quand une armée de fellahs eut enlevé 200 000 tonnes de déblais,M.Carter aperçut une marche taillée dans le roc.
- Pour suivant les travaux d’excavation, il dégagea un escalier qui s’enfonçait dans le sol jusqu’à la barrière constituée par un mur de briques cimentées, mur qui portait le cartouche du roi Tout-Ankh-Amon.
- L’archéologue comprit aussitôt l’importance de la découverte, et télégraphia à Lord Carnarvon, qui accourut de Londres pour assister aux travaux. Quand le mur eut été abattu, on se trouva dans un couloir long de 8 mètres, muré à son lour. Et, derrière ce nouvel obstacle, on trouva une première chambre remplie de reliques : un trône, trois lits, trois chariots, des statues, des sièges artistiquement sculptés, des boîtes renfermant des habits royaux, des sandales d’or, et bien d’autres objets.
- Il y avait là de quoi satisfaire l’ambition d’une expédition ! Mais ce n’était qu’une infime partie du trésor qui allait revoir la lumière du jour, après trente siècles passés dans les ténèbres. Dans une deuxième chambre creusée plus profond dans le flanc de la montagne, on rencontra un véritable amoncellement de meubles magnifiques, de statues de bois doré, de vases précieux, de bijoux, de vêtements. On y trouva même des bouquets de fleurs dans un bel état de conservation.
- Il restait à découvrir la troisième chambre : celle , qui, suppose-t-on, renferme la momie du monarque.
- Mais les travaux ont été suspendus jusqu’au retour de l’hiver, en raison des forles chaleurs qui régnent dès le prinlemps en Haute-Egypte. Du moins, c’est la raison donnée par les archéologues anglais, qui, non contents d’élever une grille de fer à l’entrée de la sépulture, ont comblé de sable le couloir et l’escalier. Ainsi, la tombe du pharaon conservera, quelque temps encore, son ullime secret.
- Certes, ce n’est pas la première sépulture royale découverte dans la Vallée des Rois, puisqu’on en connaissait déjà une soixantaine. Mais il convient de remarquer que la plupart avaient élé pillées dès l’antiquité par des voleurs, durant les périodes d’anarchie que traversa l’Egypte. Les rares qui furent retrouvées intactes depuis un siècle contenaient bien quelques meubles et autres objets de valeur ; mais ce n’étaient là que des symboles funéraires, fabriqués spécialement et exclusivement pour figurer dans des tombes.
- Nous rappellerons que, d’après les croyances religieuses des anciens Eygptiens, le défunt menait dans l’autre monde une existence calquée sur celle qu’il avait eue de son vivant. Ainsi, pour lui permettre de « tenir son rang» dans l’au-delà, on entourait sa momie d’objets rappelant ceux qui lui avaient servi, sans oublier d’y joindre des vivres, des boissons, voire des statuettes de domestiques qui lui tiendraient lieu de serviteurs.
- Les Egyptiens n’avaient pas peur de la mort, qui leur apparaissait comme une transition entre deux existences. Aussi, se préoccupaient-ils longtemps à l’avance, et souvent dans la force de l’àge, de leurs propres funérailles. C’était sous leurs ordres que des artisans confectionnaient le mobilier qui les accompagnerait un jour dans la sépulture. Tous ces objets étaient fabriqués avec des matériaux de second ordre ; ce n’étaient que des cojnes des objets réels. On doit supposer que ces derniers entraient et restaient dans l’héritage que le père léguait aux enfants.
- Or, dans la sépulture de Tout-Ankh-Amon, ce sont ces objets réels que nous retrouvons : c’est son mobilier personnel, celui qui orna son palais thé-bain, et ce sont ses bijoux, et ses vêtements, et ses sandales, et ses cannes, et ses chariots. On comprend désormais l’importance capitale de la découverte.
- Fig. 2. — Aspect des fouilles : gardes égyptiens escortant un léopard qu’on transporte au milieu de nombreux touristes.
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- = LES TRÉSORS D’UN PHARAON': TOUT-ANKH-AMON -...- 211
- Fig. 3. — Quelques objets provenant des touilles
- 1. Canapé royal couvert d’or représentant une vache allongée portant entre ses cornes le disque du soleil;
- 2. M. Carier fait transporter le nécessaire de toilette du roi; 3. Le sièqe de la reine; 4. Deux sièges et une boite enveloppée de coton pour la protéger du soleil et du rent; 5. Une autre toile ornée: 6. Ktfses dont un d’albâtre; 7. Chandeliei sfgurant la «clé de vie»; 8. Paniers tressés semblables à ceux d’aujourd’hui eh Egypte-, 9. La nourriture du roi : boites contenant divers mets placées dans la tombe; 10. Un bouquet de Jieitrs disséché.
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- C’est véritablement une reconstitution de la vie d’un pharaon de la XVIIIe dynastie que nous livrent les trésors de cette sépulture. La reconstitution est même plus ample. Jusqu’ici, nous ne connaissions guère le costume égyptien que par les austères documents offerts par les bas-reliefs, les statues, les fresques obscurcies par le temps Mais les vêtements et les étoffes tirés déjà des coffres mis à jour par les archéologues anglais sont dans un état de conservation si parfait que l’on pourrait s’en parer. Les couleurs, en particulier, sont intactes. Et l'on sait que des couturiers de Londres s’apprêtent déjà à lancer la « robe Tout-Ankh-Amon », mode qui pourrait bien franchir tôt ou tard le Pas de Calais 1
- Il est à peine besoin de dire que le nom de ce pharaon était déjà familier aux égyptologues, bien que les documents lapidaires qui se rapportent à son règne, de courte durée, soient rares. Il fut le deuxième successeur d’Aménophis IV, qui régna de 1575 à 1558 av. J.-C., et mérita le surnom de « l’Hérétique » en supprimant le culte des anciennes divinités pour le remplacer par celui d’un dieu unique, le Soleil. On ignore ce qui se passa sous le règne de son premier successeur nommé Eyé, sinon que l’empire fut en proie à des guerres religieuses. Le premier soin du second successeur, qui avait épousé l’une des filles d’Aménophis, fut de changer son nom de Toul-Ankh-Alcn (Vivange Image5 du Soleil) en Tout-Ankh-Amon, ce dernier mot désignant le dieu le plus populaire en Egypte.
- Pour rétablir le culte d’Amon, le nouveau roi revint à Thèbes, l’antique capitale qu’avait abandonnée « l’Hérétique ». La stèle, découverte à Karnak, qui résume les événements de son règne, nous apprend qu’il éleva des statues d’or massif au dieu Amon, et qu’il chargea une expédition de rapporter de Syrie de beaux bois de construction. Ce règne ne dura que quelques années : trois ou quatre. On sait seulement que la période qui
- s'étend de 1558 à 1560 fut occupée par les règnes d’Eyé et de Tout-Ankh-Amon. Leur successeur fut Ilaremheb, qui fonda la XIXe dynastie, et régna de 1550 à 1515. C’est celte dynastie qu’illustra Ramessé, ou Ramsès II, le plus grand roi qui ait régné sur l’Egypte. Monté sur le trône en 1292, soit moins de trente ans après la mort de Tout-Ankh-Amon, il jugea inutile de le mentionner parmi ses prédécesseurs sur la stèle qu’il consacra à sa propre gloire, ce qui nous confirme le rôle effacé que joua ce monarque dans les annales de son pays.
- Aux yeux de ses sujets, il n’eut d’autre mérite que d’abandonner l’hérésie imaginée par son beau-père, de remettre en honneur les vieux dieux nationaux et de rendre à Thèbes son rang de capi- ' taie. On supposait depuis longtemps que cette restauration religieuse et politique avait engendré une renaissance artistique. Les découvertes de Lord Carnavon confirment cette hypothèse, car les peintures, les étolîes, les meubles, les vases, les bijoux, retirés de sa tombe, témoignent d’un goût exquis, digne d’inspirer nos artisans du xxe siècle. Qui réclamera le copyright au nom des créateurs de ces modèles vieux de 5500 ans?...
- Nous aimerions à savoir pourquoi les objets personnels de ce pharaon furent ainsi entassés dans sa tombe, alors que, dans la majorité des cas, on substituait aux choses précieuses de simples imitations,
- Les annales égyptiennes nous apprennent que Tout-Ankh-Amon fut remplacé sur le trône par mi de ses ministres, nommé Iloremheb (ou Iiarmaïs), et ce fait pourrait bien signifier qu’ii fut tout simplement « supprimé » par l’usurpateur. Si telle fut sa fin, on peut admettre que ses objets personnels, considérés comme tabou, furent empilés dans la tombe qu’il avait fait creuser de son vivant, au lieu d’être distribués à ses parents et à ses serviteurs.
- V. Forbijn.
- PROJET D’ORGANISATION DE RÉSERVOIRS
- en vue de la suppression
- M algré sa faible'amplitude relative (5 m. 55 à Austerlitz contre 8 m. 50 en 1910) la crue récente de la Seine a causé des dommages suffisamment sérieux pour obliger les Conseils Municipal et Générai à examiner à nouveau les moyens de préserver Paris de ce fléau chronique.
- Cette question d’ailleurs n’a guère avancé depuis l’article publié dans La Nature le 8 janvier 1921, démontrant l’inanité des aménagements recommandés par la Commission des Inondations de 1910.
- Tout au plus y a-t-il lieu de mentionner un avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées ratifiant les conclusions dudit article de La Nature, c’est-à-dire subordonnant la dérivation de la Marne d’An-
- des inondations de Paris
- net àEpinay à la construction préalable de réservoirs dans les vallées d’amont Q).
- I. Capacité minima des réservoirs. — Pour assurer à Paris une sécurité absolue, les réservoirs en question doivent posséder, en contre-bas des plans d'eau des rigoles d'alimentation, une capacité disponible minima (le deux milliards et demi de mètres cubes si leur affectation est limitée à la suppression des inondations et de trois milliards
- I. Cette décision renferme implicitement un iilfimc sévère des agissements qui pendant dix ans ont empêché la prise en considération du projet décrit dans le texte, et dont la publication dans La Sature avait été ajournée en 1921 pour des raisons qui ont cessé d’exister.
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- et demi de mètres cubes si à celle destination s’ajoute celle de la régularisation du débit pour son utilisation à la production de la force hydraulique (’).
- U. Régions appropriées à la construction des réservoirs. — Dans le bassin de la Seine, deux régions seulement se prêtent à la construction des réservoirs, savoir :
- a) Celles granitique et basique du Morvan et de
- mission des Inondations de 1910, n’admet que des réservoirs de faible capacité dont le fonctionnement parut inacceptable en raison de sa complication.
- Seule la seconde région, qui ne fut l'objet d'aucune investigation, se prête à l’organisation de réservoirs de grande capacité.
- Ceux-ci sont obtenus au moyen de barrages des vallées presque horizontales des affluents secon-
- Fig. i. — La régularisation des cours d’eau du bassin de la Seine, en amont de Paris.
- l’Àuxois en amont de la ligne générale Blaisy-Semur-Clamecy, et un lambeau basique dans les environs de Lan grès.
- b) La bande des cinq sous-étages supérieurs de la formation néocomienne, transversale à tous les cours d’eau de la haute vallée, depuis Revigny jusqu’à St-Florentin.
- La première région, seule examinée par la Com-
- i. Paris ne saurait utiliser le débit de ces réservoirs pour son alimentation en eau, car il risquerait de la voir couper par une invasion du genre de celle de 1914 juste au moment où elle serait le plus nécessaire. Du reste, il est probable qu’en cas de guerre l’autorité militaire s’empresserait par prudence de vider ces immenses accumulations de liquide.
- daires, qui, par une anomalie rare, sont en contrebas des rivières principales : Marne, Aube, Seine et Àrmançon.
- L’intégralité des débits de ces rivières peut donc y être rejetée par des dérivations peu coûteuses et, dans ce sol argileux, appelées à acquérir automatiquement des dimensions énormes du fait de leur creusement par le courant et de l’entraînement de leurs éléments ténus dans les parties profondes des réservoirs.
- III. Nomenclature des ouvrages. — À partir de l’extrémité N. du bassin, la bsle des réservoirs et des dérivations prévus est la suivante :
- a) Réservoir de VOrnain. — La vallée relative-
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- ment profonde de la Saulx est utilisée pour le réservoir de rOrnain affecté à l’emmagasinement du débit de ces deux affluents de la Marne et des deux voisins, la Chée et la Viège.
- b) Immense réservoir de la Voire. — La vallée de la Yoire, affluent important de l’Aube, est transformée en un réservoir (') dont la capacité peut dépasser trois milliards de mètres cubes et dont l’alimentation est assurée par les dérivations de l’Aube à Jessains et de la Marne vers St-Dizier. En cours de route, cette dernière dérivation se grossit de la Biaise. Grâce à son énorme contenance, ce réservoir remplira le rôle de grand régulateur de l’organisation totale.
- c) Réservoir de la Barse et de la Mogne. — Les vallées de la Barse et de la Mogne en amont de Troyes, sont utilisées de la même manière et leurs réservoirs sont alimentés par la Haute-Seine dérivée aux environs de Bar ("*).
- d) Réservoir de l'Ârmance. — Un barrage de la vallée de l’Armance détermine la formation d’un très grand réservoir destiné à recevoir les eaux de l’Armançon soit par une dérivation à ciel ouvert ayant son origine vers Tonnerre, soit par un tunnel de 9000 m. à partir dé Commisey.— L'arrêt de kl totalité des eaux de VA rmançon réduira de moité le débit, maximum de l'Yonne à la Roche.
- e) Dérivations successives des affluents de droite de l'Yonne. — Au fur et à mesure des crédits accordés, cette action réductrice du réservoir de l’Armance sera amplifiée au moyen des dérivations successives des affluents de droite de l’Yonne : du Serein dans l’Armançon, du Cousin dans le Serein, delà Cure dans le Cousin, duChalaux dans la Cure(3). Ces dérivations de cours d’eau peu volumineux présentent cependant un intérêt réel en raison du caractère diluvien des pluies dans cette région.
- f) Dérivation de l'Yonne dans la Loire. — Aussi convient-il de recommander également le barrage de l’Yonne supérieure près de sa sortie des montagnes et le rejet de ses eaux en excédent dans la Loire par le col de Montreuillon et un affluent de l’Aron. — Bien entendu les eaux de la retenue serviront au renforcement des maigres de l’Yonne.
- g) Établissement d'une ligne d'eau continue. — Les cinq premiers réservoirs ci-dessus seront mis en communication par une jonction qui ne tardera pas à être approfondie par les courants dirigés vers la Voire et à constituer une voie de très grande navigation de 150 km de développement, reliant les
- 1. Le barrage de la vallée, prévu jadis vers Longeville, paraît devoir être installé bien à l’aval à hauteur de Précy-St-Martin. Dans ce cas, le réservoir pourra être divisé en devis, l’un haut et l’autre bas, afin de préserver de la submersion les deux centres importants de Montiérender et de Douze.
- 2. L’inondation de la petite vallée de la Mogne peut être remplacée par celle de la vallée de la Seine barrée vers Cour-celles.
- 3. Ces dérivations comportent généralement un barrage de la rivière, relevant ses eaux jusqu’au niveau de la dérivation proprement dite.
- canaux de Bourgogne, de la Haute-Seine et de la Marne au Bhin.
- h) Dérivation du Loing. — Le bassin tertiaire Parisien n’admet pas l’installation de grands réservoirs à cause, notamment, de la nature crevassée de certaines formations géologiques du sous-sol.
- Le seul aménagement qui y est prévu est une dérivation amenant les eaux de l’Ouanne et du Loing dans la Loire et constituant la section la plus coûteuse de la voie de grande navigation future d’Orléans à Paris.
- Ce rejet des crues du Loing dans la Loire semble admissible, d’abord en raison de leur faible volume relatif, et. ensuite à cause de la non-coïncidence des grandes inondations des deux fleuves.
- i) Dérivation basse de la Marne. — La construction des réservoirs et des dérivations ci-dessus abaissera à 4 m. 50 la hauteur maxima des crues à Paris, au pont de la Tournelle. Elle dispensera donc d’effectuer la dérivation de la Marne au Nord de Paris, qui, jusqu’à ce jour, a constitué la cheville ouvrière du plan destiné à mettre celte ville à l’abri des inondations.
- Toutefois cette dérivation pourrait être jugée utile pour réduire les difficultés de la navigation à l'intérieur de la capitale (*). Dans ce cas elle devra avoir son origine vers Gournay afin d’être utilisable pour l’évacuation d’une dérivation de l’Yères et même de la Haute-Seine et afin de supprimer tout courant appréciable depuis Yilleneuve-St-Georges jusqu’à St-Denis et même jusqu’à la Frette, si l’on se décide à prolonger l’amélioration du fleuve sur 22 kilomètres.
- j) Dérivation haute de l'Aisne. — L’énorme contenance du réservoir de la Yoire permettra en oulre de réduire considérablement les crues de TQi.se et de procurer ainsi des facilités précieuses à la navigation si intense qui utilise ce cours d’eau.
- A cet effet l’Aire vers Lavoye sera rejetée dans l’Aisne et de là dans le réservoir de l’Ornain pardessus le plateau argileux de Givry dont les éléments ténus seront entraînés jusque dans les parties profondes du réservoir de la Voire.
- k) Dérivation basse de l'Aisne. — Lorsque l’entaille ainsi pratiquée le permettra, les eaux de l’Aisne à l’aval de Ste-Menehould y seront graduellement rejetées, jusques et y compris l’Aire inférieure dans la région de Grandpré.
- l) Importance de la voie navigable. — Ce prolongement portera à 250 km environ la longueur du bief continu de Tonnerre à Grandpré. La construction d’un tronçon de quelques kilomètres en plaine le reliera à l’embranchement du canal des Ardennes qui dessert Youziers.
- Ce simple exposé suffit pour établir l’extrême importance de la voie navigable ainsi aménagée.
- IV. Exécution progressive des divers éléments. — Les ouvrages ci-dessus pourront être établis
- 1. Préférable peut-être pour cet objet seraient les trois dérivations souterraines conjuguées d'Ivry au Point-du-,Tour, de’ Suresnes à Rueil et de St-Germain à Poissy.
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- LA RADIOCHIMIE
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- successivement dans l’ordre suivant : réservoirs de la Voire, de l’Armance, de la Barse, dérivation du Loing, puis des affluents de droite de l’Yonne, jonction de la Barse et de la Voire, réservoir de l’Ornain et sa jonction avec la Voire, réservoir de la Mogne et sa jonction avec l’Armance, dérivation haute, puis basse de l’Aisne, dérivation basse de la Marne. La carte indique les avantages obtenus au fur et à mesure de la progression.
- V. Résultat final. —L’exécution de ce programme de travaux, dérivation basse de la Marne non comprise, abaissera à 4 m. 50 environ la hauteur maxima des crues à l’intérieur de Paris.
- La dérivation basse de la Marne et de la Seine transformera ensuite en un port à eau calme et à niveau immuable le lit du fleuve depuis St-Denis jusqu’à Villeneuve-St-Georges, et celui de la Marne jusqu’à St-Maur.
- D’autre part l’amplitude des crues de l’Oise sera notablement réduite (1).
- VI. Devis. — Tout devis précis est impossible en raison de l’aléa qui pèse sur les énormes acquisitions nécessaires.
- Toutefois cette dépense pour acquisitions, qui égale au moins la totalité des autres, sera grandement réduite si la Ville de Paris prend la précaution d’utiliser ses immenses ressources pour faciliter l’exode des populations des terrains nécessaires.
- VIL Conclusion. — En tout état de cause la dépense totale ne saurait être en rapport avec l’importance des intérêts préservés, en tête desquels se classent d’abord le bien inestimable de la sécurité nationale et ensuite les avantages à peine inférieurs de la régularité de la navigation sur la Seine et de la suppression des chômages, en totalité sur le fleuve et en très grande partie sur l’Oise.
- L. Pech.
- vation peu coûteuse de l’Oise dans la Somme le long du canal de Grozat. Inutile, semble-t-il, de souligner l’importance de cette suppression des chômages d’une batellerie dont le mouvement annuel est énorme et dont la régularité du fonctionnement importe tant pour le ravitaillement de Paris.
- i. Ces crues pourront ensuite être supprimées par la déri-
- LA RADIOCHIMIE
- Les transformations radioactives. — Les isotopes. — La structure de l’atome.
- Bien que les phénomènes radioactifs soient de | de ces particules est d’environ 20000 km à la se véritables réactions chimiques, suivant les lois des conde et, lorsqu’elles frappent un écran de sulfure réactions monomoléculaires, elles se différencient de zinc, le point d’impact devient lumineux. On.
- par un certain nombre de caractéristiques.
- C’est ainsi qu’elles sont totalement irréversibles, et leur vitesse n’est influencée par aucun des moyens d’action que nous sommes accoutumés à employer pour modifier l’allure des transformations chimiques : température, concentration, pression, actions catalytiques, etc.... D’autre part, les quantités d’énergie mises en jeu sont infiniment plus considérables que celles que l’on rencontre dans les réactions chimiques ordinaires. C’est ainsi que Rutherford a calculé que la quantité totale d’énergie émise par un atome-gramme de radium (220 grammes), lorsqu’il s’est transformé en l’élément suivant dans la série radioactive, est équivalente au travail de 00000 chevaux-vapeur pendant 24 heures.
- *
- * *
- Les réactions radioactives sont de véritables transmutations de la matière : le radium, que ses propriétés chimiques rangent dans la famille du baryum, donnant finalement l’hélium, gaz inerte de la famille de l’argon. Cette transformation s’effectue, avec émission de radiations constituant les rayonnements a, ft, y- 1
- Un atome d’hélium portant deux charges d’électricité positive (ou, ce qui revient au même, un atome d’hélium qui a perdu ses deux électrons) constitue une particule a. La vitesse de déplacement
- peut, en comptant le nombre de points lumineux apparaissant pendant un temps donné sur une surface connue d’un écran, déterminer facilement le nombre de particules a émises par seconde. On trouve ainsi qu’un gramme de radium émet 1,56 X10” atomes par seconde. Puisque une particule a, lorsqu’elle a perdu sa charge, donne un atome d’hélium, connaissant le nombre d’atomes émis pendant un temps donné et le .volume d’hélium formé, on en déduit le nombre d’atomes dans une molécule-gramme, c’est-à-dire le nombre d’Avo-gadro. Ce nombre ainsi calculé, 6,16 X LO25, est très,voisin des nombres donnés par d’autres méthodes.
- Quand les rayons a traversent une matière homogène, ils heurtent les atomes et provoquent l’ionisation d’un certain nombre d’entre eux, c’est-à-dire que ces atomes perdant temporairement un ou plusieurs électrons deviennent des ions. Comme conséquence de ces chocs, les rayons a perdent de leur vitesse et lorsque celle-ci est devenue 2,7' pour 100 environ de celle de la lumière, elle n’est plus suffisante pour déterminer l’ionisation. On dit alors que ces rayons a ont été « absorbés » et l’épaisseur de matière qu’ils peuvent traverser, avant que leur pouvoir ionisant cesse, mesure leur puissance de pénétration. Elle est proportionnelle au cube de leur vitesse initiale et dépend de la nature de la matière qu’ils traversent.
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- 216
- LA RADIOCHIMIE
- Plaque photographique
- ————4mm
- Faisceau de
- rayon positif
- Ecrans •
- E lëctro-aimont
- Fig. i. — Schéma du spectrographe à rayons positifs.
- Bragg a montré que la puissance d’absorption des différents corps simples est proportionnelle à la racine carrée de leur poids atomique, et, s’il s’agit d’un composé ou d’un mélange, à la moyenne des racines carrées des poids atomiques des constituants.
- Par suite de leur rencontre avec les atomes, un certain nombre de particules a sont déviées de leur direction de propagation. D’après Rutherford, cette déviation se produit lorsque la particule a positive passe suffisamment près du noyau de l’atome pour être influencée par la charge positive de ce noyau. Or, la grandeur de la charge positive centrale d’un atome est appelée son nombre atomique et .est approximativement égale à la moitié de son poids atomique multiplié par la charge d’un électron.
- Lorsqu’un électron,' c’est-à-dire un atome d’électricité négative, est émis, sa vitesse de déplacement est voisine de celle de la lumière et il constitue un rayon (3.
- Tandis que tous les rayons* émis par un élément radioactif donné ont la meme vitesse, les vitesses des rayonnements [3 sont très différentes. Leur puissance d’ionisation est plus faible que celle des rayons a, mais leur pouvoir de pénétration est beaucoup, plus grand.
- Enfin, les transformations radioactives sont aussi accompagnées d’émission de rayons y identiques aux rayons X. Ils sont dus au bombardement de la matière radioactive par les électrons résultant de sa décomposition, de la même façon que les rayons X, dans un tube à vide, proviennent du bombardement de T anti-cathode par les électrons issus de la cathode.
- Leur longueur d’onde varie de 10~s cm (rayons mous) à 0,7xlO-10 (rayons durs). Comme ces rayons ne sont pas constitués par des charges électriques, ils ne sont pas déviés par les champs magnétique ou électrique.
- *
- *
- On a trouvé que les transformations radioactives constituent, pour un même élément, une longue série, les vitesses d’évolution d’un stade à l’autre étant extrêmement différentes. Certaines transformations sont presque instantanées, d’autres demandent au contraire des milliers d’années.
- On caractérise la stabilité d’un état radioactif par sa période de « vie moyenne », c’est-à-dire le temps que met la moitié du corps pour se transformer en l’élément suivant.
- Le tableau ci-dessous donne la série des transformations de l’uranium.
- On voit que tandis qu’il faut 5x109 années pour que la moitié d’une masse d’uranium se transforme en donnant, par expulsion de particules a, un atome de poids atomique inférieur de 4 unités (uranium XJ; au contraire, l’uranium Xt a une période de vie moyenne de 5 semaines environ seulement. C’est dire que jamais on n’aura assez d’uranium pour' pouvoir rechercher ses propriétés par les procédés chimiques ordinaires.
- L’uranium X1 émet des particules |3, c’est-à-dire qu’il se transforme sans variation de masse (la masse de l’électron étant négligeable par rapport à
- Nature
- Élément. Poids atomique. Propriétés chimiques. Groupe. i Nombre atomique. de la particule expulsée. Vie moyenne.
- Uranium 1 258 Uraninm Via 92 a 5 X 109 ans.
- Uranium Xt (234) w Thorium IVa 90 P 24,6 jours.
- Uranium X3 (234) Va 91 P 1,15 minute.
- Uranium 2 (234) vv Uranium Via 92 a 10° ans.
- Jonium (250) w Thorium IVa 90 a 10s ans.
- Radium 226 w Baryum lia 88 a 2000 ans.
- Émanation 222 0 86 a 2,85 jours.
- Radium A 218 vv Polonium Ylb 84 a 3 minutes.
- Radium 1! (214) w Plomb IVb 82 p 26,7 minutes.
- Radium G (214) w Bismuth Vb 83 p 19,4 minutes.
- Radium Cj (214) vv Polonium ' (VI) (84) a 10~° secondes?
- Radium .1) (210) w Plomb IVb 82 p 16 ans.
- Radium E (210) w Bismuth Vb 83 p 5 jours.
- Radium F (210) w Polonium VIb 84 a 136 jours.
- Radium G (206) w Plomb IVb 82 —
- Les poids atomiques non entre parenthèses ont été déterminés directement. Le signe vv indique que les propriétés chimiques sont analogues à celles de l’élément nommé.
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- LA RADIOCHIMIE
- celle de l’atome) en uranium X2 et celui-ci rapidement donne l’uranium 2, élément stable.
- La table suivante montre la place des divers produits de désintégration de l’uranium dans la classification de Mendéléjeff (p. 217).
- On remarque que la perte d’une particule oc recule de deux places vers la gauche la position de l’élément, tandis que la perte d’une particule (i lait avancer d’une place vers la droite. Par suite, la perte d’une particule a et de- deux particules [i ramène l’élément dans la colonne où il se trouvait primitivement, mais son poids atomique est diminué de quatre unités. 11 doit donc avoir des propriétés chimiques analogues à celles de l’élément initial; c’est bien ce que l’on constate expérimentalement.
- On n’a pu, jusqu’à présent, mettre aucune différence en évidence entre les propriétés chimiques des radium B, D et G (ce dernier étant supposé être l’élément stable, plomb) bien que leurs poids atomiques présentent des différences de quatre unités.
- On sait que le nombre atomique, bien plus que le poids atomique, est un guide pour la classification des éléments. Or, les radium B, D et G, bien que de poids atomiques différents, ont le même nombre atomique, et, par conséquent, occupent la même place dans la classification périodique des éléments. Nous avons bien résolu la difficulté d’interprétation de l’existence de trois corps ayant les mêmes propriétés, bien que de poids atomiques différents, mais en introduisant la conception nouvelle suivante : des corps simples peuvent être identiques sous tous les rapports et ne différer que par leur masse atomique. On a appelé ces corps des isotopes.
- Le radium B, le radium D et le radium G sont des isotopes du plomb, c’est-à-dire" qu’ils ont le même nombre atomique, occupent la même place dans la classification périodique, ont les mêmes propriétés chimiques que le plomb et sont inséparables de cet élément dont ils ne se différencient que par le poids atomique.
- Comme l’indique le tableau précédent, le poids atomique du radium G est 206, tandis que celui du plomb est 207,2. Le terme final de la désintégration dans la série du thorium est aussi un isotope du plomb, de poids atomique 208, et il est
- 16 18 20 22
- I1 1
- 217
- Les produits de désintégration de Furanium et la classification de Mendéléjeff.
- Poids
- ntotnique.
- 206
- 208
- 210
- 212
- 214
- 216
- Groupe de la table de Mendéléjeff.
- Ra B—>Ra C(—>-Ra G'
- X
- \
- 218
- 220
- 222
- 224
- 226
- 228
- 230
- 232
- 234
- 236
- I RaA
- 238
- 240
- 242
- U,
- possible que le plomb ordinaire soit un mélange de ces deux produits inactifs.
- Une question se pose immédiatement : le plomb ordinaire et le plomb des minerais radioactifs ont-ils le même poids atomique?
- On a déterminé avec grand soin le poids atomique d'échantillons de plomb inactif provenant de toutes les parties du monde; les résultats ont toujours
- 24 26 28 Masse atomique
- I I *
- I
- 30 32 34 35 36 37 38 Masse atomique
- i i n i i i
- Fig. 2. — Spectres de masses : en haut, du néon; en bas, du chlore.
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- donné 207,2. Par suite, si le plomb inactif était un mélange de deux isotopes de poids moléculaires différents, comme ce mélange ne peut vraisemblablement pas être supposé en même proportion dans tous les échantillons, l’hypothèse énoncée ci-dessus n’est pas exacte.
- Les résultats avec les plombs des minerais radioactifs ont été tout différents ; ils donnent des poids atomiques nettement plus faibles que celui du plomb inactif et qui varient suivant les échantillons, la moyenne étant aux environs de 206,4.
- Le tableau suivant montre quelques-uns des résultats trouvés dans les deux cas.
- Plomb inactif.
- Ccrusite d’Australie....................... 207,22
- Galène de Missouri.............................. 207,22
- Galène de Washington....................... 207,21
- Yanadite d’Arizona......................... 207,21
- Galène d'Allemagne. , ..................... 207,20
- Plomb radioactif,
- Uranite du Nortli Carolina................. 206,4
- Carnotite d’Australie...................... 206,38
- Pechblende de Joacliimsthal..................... 206,57
- Carnotite du Colorado........................... 206,59
- Clévite de Norvège......................... 206,08
- Il n’a pas été possible cependant de mettre en évidence une différence chimique quelconque entre les deux plombs.
- * *
- Quelque curieux que soit ce résultat, il n’est pas isolé, et ce ne sont pas seulement les éléments radioactifs qui donnent des isotopes. La détermination de la masse des atomes par la méthode des rayons positifs de J.-J. Thomson a conduit au même résultat pour un grand nombre de corps simples.
- Dans un tube à vide, les électrons émis par la cathode sous l’influence du haut potentiel appliqué aux extrémités du tube à vide, ionisent le gaz contenu dans le tube, c’est-à-dire, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment, arrachent par le choc un ou plusieurs électrons aux atomes qui restent alors chargés positivement. Ces atomes ainsi électrisés se mettent immédiatement en mouvement sous l’influence de l’atlraction de la cathode chargée négativement, et ils se dirigent vers elle à grande vitesse. Si la cathode est percée de trous, le faisceau d’atomes en mouvement la traverse et donne un faisceau de rayons positifs.
- Supposons que ce faisceau de rayons soit soumis simultanément à l’action d’un champ électrique et d’un champ magnétique, les particules qui le composent seront soumises à des attractions qui les écarteront de leur trajectoire rectiligne primitive d’un angle a. Cet angle dépendra du rapport de leur charge e à leur masse m. Si le faisceau ainsi dévié tombe sur une plaque photographique, il donnera une image en un certain point.
- Le dispositif expérimental, le « spectrographe à rayons positifs », est représenté en principe par la figure 1 (Aston).
- Deux écrans St et S2 ne laissent passer qu’un
- pinceau de rayons positifs. Ce pinceau passe entre deux lames métalliques P! et P2 entre lesquelles existe un champ électrostatique. Le champ électrique décompose le faisceau complexe en ses constituants, de même qu’un prisme décompose la lumière en ses éléments. En effet, si le faisceau de rayons positifs est formé par des particules n’ayant pas toutes la même charge électrique ni la même masse, l’action électrostatique ne sera pas la même sur toutes ces particules, d’où leur séparation en faisceaux homogènes.
- Un second écran D permet d’arrêter tous les fais ceaux, sauf un seul. Celui-ci est alors soumis à l’influence d’un électro-aimant puissant 0 disposé de façon à dévier le faisceau en sens inverse de la déviation due au champ électrostatique et d’un angle plus grand.
- Il en résulte que toutes les particules ayant une masse donnée, ou plus exactement le même rapport e/m, convergeront en un foyer F. Si une plaque photographique est placée en ce point, nous obtiendrons une série d’images correspondant aux ' diverses classes de particules chargées. Eri un mot, on obtient un spectre de masse.
- Si le gaz du tube à vide contient des atomes de poids atomique inconnu, on peut, par la mesure du déplacement de l’image que donne une particule de masse inconnue et par la comparaison de ce déplacement avec celui que donne une particule de masse connue, déterminer la valeur de la masse inconnue (la précision est de 0,1 pour 100 environ). En même temps, d’après l’intensité relative des images obtenues, on peut déduire approximativement les proportions de chacun des éléments dans le mélange.
- La figure 2 montre les spectres de masse du néon et du chlore. Les déplacements vers la droite lorsque la masse augmente sont approximativement linéaires et les nombres sont calculés en prenant 0 = 16. Naturellement, on ne peut avoir que des comparaisons de masses et non des mesures absolues.
- Ces comparaisons sont faites à l’aide de particules de référence introduites dans le gaz à étudier.
- Dans le cas du néon, oh note la raie 16 due à l’oxygène, deux raies faibles cà 24 et 26 dues à C2II2, et enfin une raie forte à 28 attribuable à à CSH4 ou CO. Le néon donne deux raies correspondant à 20 et 22 et non à 20-,2 qui est le poids atomique chimique de cet élément. Le néon est donc composé d’un mélange de deux isotopes de poids atomiques 20 et 22, dans là proportion de 9 à 1 environ.
- Pour le chlore, on identifie une raie forte 28 due à CO, une à 44 due à CO8, une raie faible à 52 due à des traces d’oxygène. Les raies caractéristiques du chlore se trouvent à 55, 56, 57 et 58. Il n’y a pas de trace de l’existence d’une raie à 55,46 (poids atomique du chlore). Les raies 55 et 57 sont dues au chlore, les raies 56 et 58 à l’acide chlorhydrique. Ainsi, il existe deux chlores de poids atomiques 55 et 57.
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- Le tableau suivant résume, d’après le physicien anglais Aston à qui l’on doit de très belles études sur ce sujet, les résultats acquis à l’heure actuelle,
- Nombre Élément., atomique. Nombre Poids atomique Poids d'isotopes des isotopes atomique (mini- dans l’ordre chimique, mum). de leur intensité.
- Hydrogène 1 1,008 1 1,008
- Hélium 2 4,00 1 4
- Lithium 5 6,94 2 7-6
- Bèrylium 4 9,1 1 9
- Bore 5 10,9 2 11, 10
- Carbone 6 12,00 1 12
- Azote 7 14,01 1 14
- Oxygène 8 16,00 1 16
- Fluor 9 19,00 1 19
- Néon 10 20,20 2 20, 22 (21)
- Sodium 11 25,00 1 25
- Magnésium 12 24,52 5 24, 25, 26
- Silicium 14 28,5 2 28, 29 (50) 51
- Phosphore 15 51,04 1
- Soufre 16 52,06 1 52
- Chlore 17 55,46 2 55, 57 (59)
- Argon 18 59,88 2 40, 56
- Potassium 19 59,10 2 59, 41
- Nickel 28 58,68 2 58, 60
- Arsenic 55 74,96 1 75
- Brome 55 79,92 2 79, 81
- Krypton 56 82,92 6 84, 86, 82, 85, 80, 78
- Rubidium 57 85,45 2 85, 87
- Iode 55 126.92 1 127
- Xénon 54 150,02 5(7) 129, 152; 151, 154, 17
- Caesium •55 152,81 1 (128, 150 155
- Mercure 80 200,6 (6) (197, 200), 202, 204
- [Les chiffres entre parenthèses sont encore incertains).
- Les résultats précédents ont conduit à une nouvelle théorie de la matière qui concorde avec celle émise par Proust en 1854, sur l’unité de la matière.
- Nous avons va que le terme ultime de la transformation des produits de la série du thorium et de celle de l’uranium semblait être le plomb. Nous n’avons pas parlé d’une autre série radioactive, celle de l’actinium, car elle ne donne pas de produits ayant une existence durable, mais elle présente les mêmes caractères généraux que les deux autres.
- Le fait que l’atome d’hélium apparaît dans un grand nombre de transformations radioactives indique que le noyau de cet atome est extrêmement !
- stable, et peut être considéré comme un des éléments constitutifs de la matière. Un autre élément fondamental est le noyau de l’atome d’hydrogène.
- Dans le cas des éléments radioactifs lourds, la perte d’une particule a de masse 4, déplace de deux groupes vers la gauche la place de l’élément dans la classification périodique, et abaisse de deux unités son nombre atomique.
- Si la même relation existe pour les éléments légers, en partant de l’hélium, l’addition de 4 au poids atomique pour chaque augmentation de deux dans le nombre atomique doit donner les poids atomiques des éléments appartenant aux groupes impairs de la table périodique.
- llarkins et Wilson ont trouvé que cette règle s’appliquait très exactement, avec seulement quelques exceptions, à tous les éléments de poids atomique inférieur à 00. La même règle est valable pour les éléments des groupes pairs, si on suppose que le premier de ces éléments, le lithium, est constitué par un noyau d’hélium plus trois noyaux d’hydrogène. Le tableau ci-dessous donne la constitution d’un certain nombre d’éléments d’après cette théorie.
- Les valeurs des poids atomiques marquées « calculées » ont été déterminées en prenant II = i, tandis que celles marquées « observées » sont relatives à 0= 16 (H = 1,008). L’accord entre les deux séries, qui est très bon, est interprété par llarkins et Wilson comme indiquant que dans l’agglomération de divers noyaux pour donner un nouvel élément, il y a une diminution d’environ 0,77 pour 100 dans la valeur de la masse de l’atome formé, comparée à la somme des masses des noyaux constituants. La théorie électromagnétique prévoit d’ailleurs ce fait.
- Ainsi se trouve expliqué le fait remarquable que les poids atomiques sont plus voisins des nombres entiers lorsque l’on prend pour base 0 = 16 que lorsque l’on prend II = 1.
- On voit donc que l’on peut considérer les éléments
- GROUPE O 1 2 3 4 5 6 7 8 9
- Nombre atomique 2 5 4 5 6 7 8 9
- Élément lie Li Be B G N O Fl
- Structure atomique. . . . lie lie + 5 II 2 He -4-11 2 Ile+ 3 H 3 He .3 lie+ 2 II 4 He 4 Ile H-3 H
- Poids atomique (calculé) . 4 7 9 11 12 14 16 19
- Poids atomique (observé) . 4 6,94 9,10 10,9 12 14,01 16 19
- Nombre atomique .... 10 11 12 13 14 15 16 17
- Élément Ne Na Mg Al Si P S Cl
- Structure atomique. . . . 5 Ile 5 He + 5 H 6 He 6 He + 3 II 7 He 7 He -f 5 II 8 He 8 He + 3 H
- Poids atomique (calculé) . 20 23 24 27 28 31 32 55
- Poids atomique (observé) . .20,2 23 24,32 27,10 28,5 31,04 32,06 35,46
- Nombre atomique .... 18 19 20 21 22 25 24 25 26 27
- Élément A K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co
- Structure atomique. . . . 10 Ile 9 Ile + 3 II 10 He 11 He 12 He 12 IIe-f-3 II 1311e 15He f 311 14 He 14He + 3.H
- Poids atomique (calculé . 40 39 40 44 48 51 52 55 56 '59
- Poids alormque (observé) . 59,9 59,1 4»,07 46,1 48,1 51 52 54,95 55,84 58,97 •
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- 220 ..... ....:: LA GÉOLOGIE DU PÉTROLE EN ALGÉRIE
- dont les poids atomiques sont des multiples de quatre comme constitués par un nombre de noyaux d’hélium suffisant pour donner leur poids atomique, 7) lie pour le carbone, 4 lie pour l’oxygène, 5 Hc pour le néon, etc., plus un certain nombre d’électrons entourant ce noyau et rendant l’atome globalement neutre au point de vue électrique.
- Récemment, Rutherford semble avoir obtenu l’hydrogène par le bombardement violent des molécules d’azote par les rayons a (atomes d’hélium chargés) de très grande vitesse, tandis que les mêmes expériences avec l’oxygène ont donné des résultats négatifs. Or, si nous nous reportons au tableau précédent, nous voyons que, dans la théorie de Harkins et Wilson, l’azote renferme un noyau hydrogène, et qu’il n’en existe pas dans l’atome d’oxygène.
- Certaines des exceptions que l’on rencontre en appliquant la théorie précédente ont été expliquées par la découverte des isotopes de certains éléments; pour d’autres, au contraire, la théorie est complètement en défaut, ce qui semble indiquer qu’elle n’est pas encore la représentation exacte des phénomènes naturels. Il n’en reste pas moins acquis que l’hélium est un constituant des atomes lourds, et il serait bien improbable qu’il n’entre pas également dans la formation des atomes plus légers.
- *
- :}: *
- En résumé, les expériences de radioactivité en
- particulier ont conduit à la conclusion, qui semble maintenant solidement établie, que l’atome est formé par un noyau d’électricité positive, entouré d’un système d’électrons (grains d’électricité négative). La masse de l’atome est due au noyau central, composé d’un certain nombre d’unités d’électricité positive, associées avec des électrons, l’électricité positive étant finalement en excès. La charge positive du noyau, puisque l’atome est neutre, est égale au nombre d’électrons extérieurs au noyau. Ce nombre est appelé le « nombre atomique » de l’élément et a une signification plus profonde que le poids atomique.
- Les unités d’électricité positive, les « électrons positifs » sont identiques au noyau de l'atome d’hydrogène, c’est-à-dire que ce sont des atomes d’hydrogène moins un électron.
- Enfin, il semble qu’une combinaison particulièrement stable, un multiple pourrait-on dire de l’unité d’électricité positive, est formée par quatre noyaux d’hydrogène associés à deux électrons. Cet ensemble constitue le noyau d’hélium, c’est-à-dire la particule a.
- On voit donc que les phénomènes radioactifs qui nous font assister impuissants à la destruction des édifices atomiques, sont en même temps ceux qui nous fournissent les renseignements les plus intéressants sur la structure des atomes, que nul autre phénomène ne nous permet de pénétrer aussi intimement. H. Vigneron.
- LA GÉOLOGIE DU PÉTROLE EN ALGÉRIE
- Le professeur Dalloni, de l’Université d’Alger, a récemment fait paraître un ouvrage très complet sur les recherches de pétrole faites dans tout le Nord de l’Afrique, tout en s’attachant à être complet seulement pour l’Algérie (1).
- Presque toute la région africaine est occupée à la surface par des terrains tertiaires dont l’orographie a été dessinée surtout par le système Pyrénéen, c’est-à-dire par de forts plissements accomplis vers les dernières époques de la période tertiaire : on les trouve bien caractérisés depuis le Sahara, où ils commencent par les grandes chaînes de l’Atlas marocain, des deux côtés de Marakech ; plus au Nord, ils ont ouvert le détroit de Gibraltar, puis formé les principales chaînes espagnoles, la côte Cantabrique avec les Pyrénées.
- Au Maroc la direction la plus fréquente des arêtes montagneuses va du Sud-Ouest au Nord-Est, mais en arrivant à l’Algérie, la direction devient Ouest-Est en traçant la longue vallée du Chélif.
- Les déformations dues à ces mouvements tectoniques ont produit de nombreux plis synclinaux et anticlinaux, accompagnés de failles et de cassures, mais il est rare que ces changements de positions aient été assez étendus pour ramener jusqu’à la surface et mettre à la portée des géologues les assises plus anciennes, de telle sorte
- 1. La géologie du pétrole, par M. Dalloni, 1 vol. 324 p , 48 fig., 1 carte hors texte. Carbonnel, éditeur. Alger, 1922.
- qu’on connaît trèi mal le sous-sol profond de cette partie de l’Afrique, malgré les bouleversements qu’elle a subis.
- Il semble bien que les terrains jurassiques y soient peu développés, car en beaucoup d’endroits on voit apparaître le trias en contact direct avec les roches tertiaires, soit comme soubassement de celles-ci, soit par contact anormal dû à des failles.
- Des coupes très intéressantes du sol algérien sont données abondamment dans l’ouvrage de M. Dalloni : l’une d’elles fait bien comprendre l’allure de tous ces plis, souvent renversés, à 30 kilomètres au Sud d’Aumale ; d’autres appartiennent à la province d’Oran, et plus particulièrement à la région de Uelizane.
- Ces coupes sont destinées surtout à mettre en évidence un fait constaté par presque tous les explorateurs : c’est que l’apparition du trias est presque partout accompagnée de sources plus ou moins bitumineuses, en même temps que de gisements de sel, de gypse, de soufre, gisements paraissant situés surtout vers la base de certaines zones du miocène, et parfois d’intrusions asphaltiques dans les couches plus dures et fissurées des terrains tertiaires : ces dernières traces de combustibles sont alors arrêtées à la rencontre des assises argileuses imperméables, plus fréquentes dans ces terrains que les couches de sables perméables.
- L’auteur n’a d’ailleurs pas perdu de vue son principal objectif, les veines de pétrole, et les recherches de cet
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- LA GÉOLOGIE DU PÉTROLE EN ALGÉRIE .- 221
- ordre ont été beaucoup plus étendues sur ces 1500 kilo- I mètres, depuis l’Atlantique jusqu’au Golfe de Gabès, qu’on ne le sait d’ordinaire en B’rancc ; on ne s’est pas occupé ici de ces efforts considérables, parce qu’ils ont trop souvent échoué. Il y a eu cependant quelques résultats vraiment intéressants ; sans aller sur les brisées de M. Dalloni, nous devons résumer brièvement ce qui a été fait.
- De très nombreux suintements bitumineux sont connus de temps immémorial un peu partout dans ces régions, où ils sont recherchés par les indigènes pour soigner les affections cutanées des gens et des bestiaux : les sources de cette nature portent en Algérie l'épithète goudron (Aïn Kelrcin), mais comme elles sont toujours accompagnées par des eaux salées, les vallons où on les rencontre portent l’épithète de Mellah.
- En Tunisie, on a fait quelques forages sans trouver autre chose que des traces insignifiantes de bitumes et de pétroles, et il en a été de même dans l’Est et le Centre algérien.
- Dans la province d’Oran il a été fait des efforts considérables depuis 1880, avec une interruption, naturellement, pendant la grande guerre.
- La] reprise principale porte sur les terrains de Tlioua* net, dont M. Dalloni donne une carte géologique assez complèle, et une feuille d’implantation des 20 sondages de Medjilla. D’après les dires des ingénieurs, plus de la moitié de ces trous auraient rencontré des niveaux pétrolifères, au nombre de 4, entre les profondeuis de 40 et 100 mètres ; un des forages aurait donné en 1918 environ 500 litres par mois, ce pétrole suintant dans des couches de sables miocènes.
- Pour la région Nord de la même contrée, à Si-Abd-el-Kader, il parait que la Société Paix et Cie a fait un sondage de 1115 m. 90 et un autre de 594 m. et l’Algerian Oiltields un percement de 800 mètres sans rien trouver que des traces de gaz : il faut avouer que les spécialistes qui avaient préconisé là ces grandes fouilles avaient été bien imprudents, car on n’avait aucune de ces indications superficielles qui justifient des recherches, c’est-à-dire au moins des sources bitumineuses.
- Dans la partie Sud de la même région, on n’a pas été plus heureux : en 1915, la Société Aïn Faren a poussé là, au pied du Djebel Nadour, un forage de 980 mètres sans arriver à traverser le miocène.
- Mais au centre on a obtenu quelques résultats : La fouille de l’Algerian Oilfields, poussée avant la guerre à 150 mètres au voisinage d’une source naphlilere, n’avait rien trouvé ; mais en 1918 elle fut reprise par l’Algerian Consolidated Estâtes et, à 107 mètres de profondeur, elle donna lieu à une venue d’huiles de 4 à 5 l. auulébut, qui descendit bientôt à 5 tonnes; un second sondage, implanté à 50 mètres de là, donna 2 tonnes; mais en réduisant aussi à 2 tonnes la production journalière du premier forage, et actuellement encore la Société de Tliouanet, substituée aux sociétés anglaises prénommées, annonce qu’elle tire de ses sondages à peu près 4 tonnes par jour.
- Ces pétroles sont de tiès bonne qualité ; ceux qu’on a recueillis au lieu dit Medjilla ont donné jusqu’à 50 p. 100 d’essenees, et 50 p. 100 d’huiles transparentes; ceux de Messila rendent à l’essai 15 p. 100 d’essences et45p. 100 d’huiles transparentes ; le surplus est de l’huile lourde parnffmeuse.
- En contenant plus à l’Ouest, on sort de l’Algérie, et sur la route du Maroc on rencontre à Taza, un gisement pétrolifère, à peine exploré jusqu’ici, mais dont les produits sont similaires à ceux de l’Oranais ; la situation géologique n’est d’ailleurs pas tout à fait la même ; car, en Algérie, tous les affleurements à pétroles sont entre les deux principales chaînes de l’Atlas et le terrain est bouleversé par de grands accidents, plissements et failles; au Maroc la ligne générale des indices pétrolifères est sur le prolongement à l’Ouest, de l’ensemble Algérien, mais l’Atlas s’est infléchi vers le Sud-Ouest, et le pétrole se rencontre assez loin au Nord de ces montagnes.
- La stratigraphie est beaucoup plus calme à partir de Taza et surtout dans les plateaux du Gharb allant de Fez à l’Atlantique : le sous-sol est toujours le Trias, surmonté par les roches tertiaires en assises peu disloquées.
- D’assez nombreuses recherches, faites aux environs des sources bitumineuses et salées, ont accusé la présence du pétrole vers le contact triasique; elles sont plus récentes que les travaux algériens, et beaucoup d’entre elles se sont montrées assez productives pour qu’on y prépare actuellement des exploitations. Le pétrole se présente là, comme partout, en imprégnations dans des zones sableuses fournissant aux trous de sonde des productions très modérées, tout au plus une tonne ou deux par jour, chiffre d’ailleurs très intéressant pour les exploitants en raison des hauts prix des hydrocarbures, dans ces régions dépourvues de combustibles et approvisionnées seulement par les raffineries anglaises et américaines avec d’énormes frais de transports.
- En résumé, toute la zone que nous venons de parcourir avec M. Dalloni renferme un peu de pétrole dans les zones sableuses de ses terrains tertiaires, où ils sont exploitables industriellement en quelques points, mais nulle part on n’a trouvé de masses suffisantes pour jouer un rôle dans une sphère plus étendue que les environs des lieux de production.
- Malheureusement les ingénieurs consultants, imbus de l’idée fausse que le pétrole s’est forme dans ce qu’ils appellent les roches mères, c’est-à-dire surtout le Trias ou le houiller, ont poussé les financiers à faire de grands sondages ruineux au lieu de borner leurs elîerls à la reconnaissance aux environs des sources bitumineuses et à la mise en valeur des petites productions réalisées, et aux ingénieurs sérieux quoique erronés, les financiers ont adjoint des farceurs, dits- sourciers, qui, naturellement, n’ont fait qu’augmenter leurs mécomptes et le discrédit jeté sur les projets de travaux.
- Le malheur, c’est qu’on ne peut jamais nier absolument l’éventualité de trouver du pétrole dans un sondage quelconque, car, selon nous, ces hydrocarbures se forment journellement partout dans la zone ignée, et de là se répandent dans toutes les directions comme en témoignent les dégagements constants de méthane et d’acide carbonique et les phénomènes volcaniques..., mais ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a folie au point de vue financier à se lancer au hasard dans de grands forages : le rôle du vrai mineur est de suivre les indications superficielles par des travaux patients et de ne développer ses fouilles que dans la proportion des indications nouvelles que lui donnent ses percements.
- F. Pue.uo.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier et février 1923.
- Une nouvelle préparation de l'acide monochloracé-lique. — La Nature a indiqué (n° 2546) l’importance de ce composé qui sert de base à la fabrication de l’indigo synthétique. MM. L.-J. Simon et Chavanne résument dans leur note la méthode qu’ils ont imaginée pour remplacer l’ancien procédé utilisant l’action directe du chlore sur l’acide acétique en présence des catalyseurs, comme le soufre. Entrée dans la pratique industrielle, car le rendement atteint 90 pour 100, elle repose sur l’hydratation du trichloréthylène
- [Cil CI - CCI2 + 2 1120 = CH- Cl — CÜ01I + 2IICI]
- obtenue, entre 168 et 180°, en présence d’acide sulfurique, à la concentration de 90 à 95 pour 100.
- Le réflexe laryngo-cardiaque. — Ainsi se définit, on le sait, le ralentissement ou l’arrêt du cœur déterminé par la compression du larynx, et, de la note de MM. Richet, Garrelon et Santenoise, il semble résulter que le corps médical aurait gros intérêt à poursuivre son étude dans la sémiologie des maladies nerveuses, car ces praticiens estiment que la compression, même très forte et très prolongée, du ‘larynx ne saurait provoquer une syncope mortelle.
- Sur les hydrates de krypton et d’argon. — Dans chaque famille de gaz, la stabilité de l’hydrate va en augmentant avec son poids moléculaire et, reprenant d’anciennes expériences de M. Yillard, M. R. de Forcrand a pu étudier Kr, 511*0, dont le point critique de décom-' position est voisin de 15° et Ar, 511*0, qui a pour chaleur de formation 14 cal. 885. L’existence de tels composés tire sa valeur des modifications qu’il faudra sans'doute apporter à la notion de valence, telle qu’elle est admise actuellement.
- La cause probable de la lueur anti-solaire. — Par un ciel très pur, on peut apercevoir une tache elliptique de faible étendue (40 à 20°), faiblement éclairée et occupant sur la voûte, une région toujours opposée au soleil. Signalée par Brorsen et Barnard, cette lueur anti-solaire constituait, pour Gylden, un cas particulier du problème des trois corps, mais il faudrait alors admettre un nombre considérable de météores, alimentant sans cesse le nuage cosmique illuminé. La théorie de l’abbé Moreux est autrement séduisante : elle suppose, en effet, que la lueur se forme aux dépens de substances émanées de notre propre globe. A l’instar des comètes, les planètes posséderaient ainsi une sorte de queue extrêmement ténue, en forme de cône creux, et formée de gaz très raréfiés. Au dire du savant directeur de l’Observatoire de Bourges, ce fait fournirait la raison pourquoi disparait graduellement l’atmosphère qui, au début, entoure chaque planèie, cette enveloppe gazeuse n’existant plus, à l’heure actuelle, pour les astres à évolution rapide, comme Mars, ou proches du Soleil, comme Mercure.
- Les gaz des fours à coke et la synthèse de l’ammoniac. — M. Georges Claude soumet à l’Académie les heureux résultats obtenus à Béthune en captant les gaz au sortir des appareils à débenzoler et en séparant l’hydro-gène, de l’éthylène et d’un mélange riche en méthane,
- L’azote se retire de l’air, dont l’oxygène a été employé à la combustion d’une partie de cet hydrogène et, dans ces conditions, avec 1’ « unité » de cinq tubes catalyseurs, en traitant 850 m3 à l’heure, on obtient, avec une dépense de 460 kw, 425 m3 d’hydrogène donnant 150 kg d’ammoniac. D’autre part, le débenzolage s’opérant sous pression, le rendement en benzol s’élève de façon notable et si l’on transforme, par des réactions connues, le gaz Call4 en alcool, celui-ci représente 150-200 kg par tonne d’ammoniac produit.
- La sécheresse en Italie au cours de 1921. — Cette année-là, l’allure des pluies s’est, dans la péninsule, complètement écartée de la normale; les chutes de neige, en janvier et en février, furent peu nombreuses; mais, au printemps, des pluies abondante- survinrent, qui rétablirent le débit des cours d’eau. Pendant la saison chaude, elles furent, dans l’ensemble, supérieures à la normale. Pour M. Fifipp Eredia, ces anomalies qui se marquèrent par deux périodes d’absolue sécheresse (l’une de 97, l’autre de 60 jours, pour Milan) semblent pouvoir s’attribuer à la persistance des basses pressions dans la mer du Levant.
- Quelques combinaisons définies du camphre. — On sait que cette cétone a la propriété d’absorber, en se liquéfiant, un grand nombre de gaz et de vapeurs et le phénomène est souvent accompagné d’un dégagement de chaleur suffisant pour indiquer la formation de composés définis ; c’est ainsi qu’on a déjà signalé :
- C10H16 O + AzO*H;
- S02 + Clofp60 et 2SO* + C10 U16 O.
- La note de MM. Paul Pascal et Garnier établit l’existence des deux combinaisons
- 5 Aza O4 + 4 C10 H16 O et 2Az2 O4 - 5 C10111U0
- qui titrent respectivement 45,08 et 28,75 pour 100 de peroxyde.
- Contribution à l’étude du carburant national. — De l’étude entreprise par MM. Charles Baron et A. Yerley, il résulte qu’il ne semble pas indispensable de déshydrater complètement l’alcool, dans le cas de mélanges à moins de 90 pour 100 d’essence. Ces auteurs indiquent, en outre, que pour les colonies où l’on ne saurait craindre un abaissement de température au-dessous de 10°, on peut obtenir un excellent carburant avec le mélange : alcool à 98°, 55 p. ; essence, 65 p., l’alcool s’obtenant à ce titre élevé en introduisant, dans le produit commercial à disliller et qui marque 90°, moitié de son poids d’acétate Cil3 COOK et 10 p. 100 d’un phénol supérieur comme le crésol.
- Sur les terrasses d'obturation glaciaire. — Dans certaines vallées des Alpes françaises (Borne, Fier, Eure, Morge, Arc, Drae, etc.), elles s’allongent sur 20 ou 501un et constituent des niveaux de base glaciaires dont il faut, d’après M. Raoul Blanchard, tenir un grand compte dans l’étude morphologique des régions jadis occupées par les glaciers ; elles semblent d’ailleurs* se rattacher aux terrasses des fjords norvégiens et des lacs du versant suédois,
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- terrasses dont l’ilimalaya occidental fournit lui aussi de \ Hafnium, M. G. Urbain démonü’e de façon absolue que * nombreux exemples. ces savants ont eu à étudier une matière riche en cel-
- { timn dont la découverte est due aux recherches qu’il a .4 propos du celtium. —MM. Coster et llevesy ayant j menées depuis 4911, en collaboration avec M. Dau-revendiqué la découverte d’un élément nouveau de j villier. (Yoir La Ncdure, n° 2555.) numéro atomique 72 auxquels ils donnaient le nom de ' Paul B.
- UNE MACHINE A ÉCRIRE MUSICALE
- Tous ceux qui pratiquent le noble art d’Euterpe savent combien il est malaisé de transposer, à vue, surtout au piano, une composition musicale d’un ton dans un autre. Seule une longue pratique peut rendre plus ou moins habile dans cet exercice qui souvent présente des difficultés presque insurmontables, lorsqu’il s’agit des œuvres de nos . grands maîtres.
- 11 appartint au D* Stoehr, professeur de bactériologie à New-York, de donner une solution tout à fait élégante à ce problème ardu et compliqué, en inventant une machine qu’il appelle « la machine à écrire musicale », au moyen de laquelle on peut à la fois transposer la musique et enregistrer, d’une façon permanente, celle que l’on joue.
- Cet appareil est en réalité la combinaison de deux instruments dont l’un transpose automatiquement la musique d’un ton dans ün autre, tandis que l’autre enregistre, en traçant une série de traits sur un rouleau de papier, ce que l’on est en train de jouer.
- Le dispositif de transposition consiste en un clavier portatif du type conventionnel que l'on superpose sur le clavier régulier d’un piano (fig. 1). On peut mouvoir le clavier superposé en montant ou en descendant sur le piano, sur une étendue de deux octaves.
- Comme le montre notre dessin, que nous devons au Directeur du « Scienlific American » ainsi que la plupart des renseignements de notre article, sous chaque touche de clavier se trouve un levier qui appuie sur la touche du piano immédiatement en dessous, lorsqu’on appuie sur la touche superposée.
- De cette façon, en ayant soin d’ajuster simpler ment le dispositif de transposition, il suffit de jouer un morceau dans une seule et même tonalité, pour le reproduire indirectement sur le clavier du piano un demi-ton ou six tons plus bas ou plus haut.
- Ce premier dispositif sera précieux^ d’abord, pour les professeurs de chant qui, sur la même édi-
- tion, pourront accompagner leurs élèves, dans le ton qui s’adaptera le mieux à l’étendue de leur voix. 11 sera précieux pour les artistes lyriques qui, grâce à lui, pourront amener n’importe quelle composition à la portée de leur voix! Il sera précieux, enfin, pour les accompagnateurs qui se voient fréquemment obligés de transposer, à vue, des accompagnements compliqués, ce qui, contrairement à l’opinion générale, n’est pas du tout commode.
- Donc pour transposer la musique avec ce dispositif, il est indispensable de le superposer sur le clavier d’un piano ordinaire, tandis que pour enregistrer la musique on n’a pas besoin d’instrument.
- De fait, le compositeur peut s’installer confortablement dans son fauteuil, mettre le clavier transportable devant lui et jouer (fig. 2), chaque note se trouvant reproduite exactement par le mécanisme ressemblant à celui d’une machine à écrire et placé au milieu du clavier transportable.
- Si le lecteur veut bien se reporter à notre dessin, il pourra se rendre compte comment la pression sur. une touche du clavier superposé et indirectement, sur le levier en dessous d’elle, est transmise, au moyen d’un fil de fer menu, à un marteau correspondant en acier. Celui-ci frappe sur une bande de papier préparé spécialement, au moment où elle passe au-dessus d’un rouleau garni d’encre.
- Un petit moteur électrique que l'on voit dans notre photographie fournit l’énergie nécessaire pour dérouler la bande d’un rouleau et l’enrouler sur un autre.
- Les petits marteaux sont en même nombre que ceux d’un clavier conventionnel de piano. Resserrés dans un espace de 0 m. 58 environ, ces marteaux sont reliés chacun à une touche du clavier superposé,
- La machine à écrire musit ale peut également se mouvoir latéralement, de sorte que l'on peut inscrire la musique dans un ton absolument différent de celui dans lequel on l’exécute sur le clavier superposé.
- ]—Rou/eau encreur
- Marteau d'impression
- Clavier superposé
- Osi illatei
- Levier
- Clavier du piano
- Fig. i. —Le mécanisme de la machine à écrire musicale placée sur un clavier de piano.
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- UNE MACHINE A ECRIRE MUSICALE
- recherches, tique pour qu’il joue.
- Fig. 2. — La machine à écrire musicale placée à la partie supérieure d’un clavier de piano pour transposer un morceau de musique donné.
- Photo Kevstone View.
- Par exemple, il est possible de jouer un morceau en mi bémol sur ce clavier, le faire entendre en do sur le piano et l’enregistrer en si bémol, si on le désire.
- Cette particularité rendra surtout service aux éditeurs de musique qui sont obligés de publier la même composition en plusieurs tons à la fois. Elle fera le bonheur des compositeurs qui, pour la plupart, ébauchent leurs idées au piano ; car, de cette manière, ils pourront conserver, par écrit, le fruit de leurs improvisations, sans risquer de les oublier.
- La troisième caractéristique de cette remarquable invention, c’estle papier préparé spécialement, contre lequel viennent frapper les petits marteaux pour enregistrer la musique.
- Au lieu de la partition habituelle avec ses clés de sol et de fa et ses portées, le papier est partagé par une ligne rouge indiquant le do du milieu du piano.
- A droite et à gauche de cette ligne de do sont tracées de fines lignes noires disposées à des distances variées, de manière à former un squelette pour une échelle chromatique continue embrassant tout le clavier. De cette façon, on peut lire toutes les notes à volonté en clé de sol ou en clé de fa.
- On a supprimé les dièses et les bémols ; la ligne sur laquelle tombe le marteau indique la position exacte de la note telle qu’on la joue sur le piano.
- Les marteaux sont à égale distance les uns des autres et aussi longtemps qu’une note du clavier ' superposé reste abaissée, le marteau correspondant continue à tracer une marque sur le papier qui se déroule sous l’action du petit moteur.
- On a de même éliminé les pauses, celles-ci étant clairement marquées par l’absence de lignes de notes.
- Avec un peu de pratique, n’importe quel musi-
- cien peut arriver à déterminer, à vue, chaque note et sa valeur, tout comme un peintre sait évaluer les proportions en un clin d’œil.
- Telle est cette nouvelle invention déjà mise en pratique par la célèbre maison Steinway de New-York, dont le directeur a, d’ailleurs, beau-. coup aidé le Dr Stoehr à réaliser l’idée qu’il poursuivait depuis quelque temps.
- Cette maison a présenté l’invention aux nombreux critiques, artistes et compositeurs accourus dans la ville de tous les coins de l’Amérique, lors du récent Festival. Enthousiasmés par les expériences personnelles et concluantes, ils se rendirent compte de toute l’importance qu’une pareille invention allait rapidement prendre dans leur art.
- En effet, malgré de très nombreuses il n’existe pas jusqu’ici de moyen pra-un compositeur de noter la musique
- L. Kuestz.
- Fig. 3. — La manière d’enregistrer la musique que l’on joue.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Flcurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2558.
- 14 AVRIL 1923
- LES CHEVALEMENTS DE MINES EN CIMENT ARMÉ
- La destruction complète des installations minières dans le Nord de la France et les prix excessifs des constructions en fer, ont conduit les ingénieurs français à chercher des moyens moins coûteux et plus rapides de rétablir les ouvrages de superstructure indispensables à la production houillère. Ils ont trouvé une solution très hardie et très heureuse dans l’emploi de poutres en ciment armé, et les photographies ci-jointes montrent qu’ils n’ont pasné-
- Une difficulté de plus a obligé à de grands travaux préalables : on sait que la plupart des puits du Nord français ont été abominablement démolis par les sauvages : les explosions ont fait sauter les muraillements et provoqué de grands éboulemenls ; le terrain est devenu tout à fait instable sur une étendue de plusieurs décamètres de diamètre et sur une profondeur dépassant quelquefois 50 m. La consolidation du sol sur une pareille étendue a été
- Fig-, i. — Mines de Dourges.
- Vue générale de la fosse Henriette avec chevalement en béton armé.
- gligé le côté artistique et architectural; on ne devait pas s’attendre à voir surgir de terre des constructions aussi peu déplaisantes à l’œil. C’était là une question de quelque intérêt pour des bâtiments qui dominent de 30 m. et plus la plaine dévastée.
- Un pareil mode d’établissement pouvait paraître inquiétant pour des chevalements sur lesquels s’exercent des efforts considérables, puisqu’il faut que les poulies, les, piliers verticaux et les jambes de force soient en état de résister à la tension des câbles, verticalement et obliquement, et que dans, des cas exceptionnels, l’effort peut s’élever, jusqu’à près de 200 tonnes, limite de rupture des câbles.
- très difficile et très dispendieuse ; il fallait qu’elle fut parfaite, surtout pour servir de fondations à des bâtiments en ciment armé.
- A la mine Limbourg Meuse, le chevalement a 46 m. de hauteur; deux couples de poulies de 6 m. de diamètre y sont installés à 54 et 37 m. de hauteur pour desservir les niveaux d’exploitation actuellement établis jusqu’à 700 m. mais qui seront poussés plus tard jusqu’à 1000 m.
- Les chevalements établis aux mines de Lens sont un peu moins élevés ; ceux des mines de Dourges sont d’une structure particulièrement hardie et élégante. .
- Partout on a muni les têtes de ces charpentes de
- 15. — 225.
- 51' Année. — 1" Semestre
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- 226 r——=LES CHEVALEMENTS DE MINES EN CIMENT ARMÉ
- Fig. 2. — Le chevalement en béton armé Fig. 3. — Construction d’un chevalement
- de la fosse n° 8 de Lens, en béton armé à la fosse n° 3 de Lens,
- s’étendent les quais de réception des wagonnets, faits également en ciment armé; les voies y sont établies en deux étages établis environ à 10 et 12 m. au-dessus du sol de base.
- En raison des vibrations produites par la manœuvre des cages et des wagonnets, les piliers et les jambes de force des chevalements vont directement se relier au massif de fondation, sans aucune solidarité avec la charpente des bâtiments de service : il n’y a pas d’autre solidarité que la liaison delà machine d’extraction avec les portées par l’intermé-dire des câbles.
- Un détail spécial, ajouté par l’ingénieur Considère aux systèmes de construction des pièces en ciment ou en bélon armé, a permis de réaliser les poutres à forte tension sans danger de rupture : c’est l’emploi de freltes très soignées qui assurent la liaison entre le massif de ciment et ses armatures métalliques intérieures.
- Si cette précaution avait été prise pour les travaux de l’Exposition de i 9i)0, on n’aurait pas eu la rupture de la passerelle de l’avenue de Suffren qui a écrasé un ingénieur de haute valeur, M. Lhomme, ancien directeur des usines de Commentry, dont la mort a fort attristé ses nombreux amis.
- La maison Peinard, Considère et Caquot a tiré un remarquable parti de ces principes de construction et est arrivée à des prix de revient inférieurs à ceux des chevalements en bois ou en fer, en même temps qu’à une rapidité d’exécution beaucoup plus grande. Effère.
- loitures, et souvent on les a transformées en chambres vitrées. Autour du pied de ces tours
- Fig. 4. — Le chevalement en béton armé de la fosse n° 11 à Béthune.
- (Le premier chevalement en béton armé exécuté dans le bassin minier du Nord.)
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- LE TRANSPORT DES FLEURS COUPÉES
- Dans certaines régions, les fleurs coupées font l’objet d’un commerce important, quelquefois, même, considérable. La Côte (TAzur s’est acquis une renommée mondiale, dans ce genre de production, qui a pris là les caractères d’une vraie industrie. Elle expédie chaque année des milliers de tonnes d’œillets, roses, anémones, giroflées, anthémis, mimosa, narcisses, renoncules, etc. Ce trafic, d’allure sans cesse croissante, avait doublé dans la période 1907-1913. La saison octobre 1915-mai 1914 a vu les envois monter à 1900 000 colis postaux, soit, environ, 10000 tonnes (on a cité, aussi,
- 2 405 000 colis), d’une valeur de 29 millions de francs, dont 1200 000 colis pour les Alpes-Maritimes, représentant 20 milllions de francs.
- La majeure partie de cètte colossale et merveilleuse moisson fleurie, prenait le chemin de Paris, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Suisse; le reste était expédié en Belgique, Hollande, Danemark, Suède, Norvège, Russie.. Mais pendant la guerre les expéditions ont fatalement baissé, au point d’atteindre à peine 600 000 colis dans la saison 1915-1916, et encore dans cette quantité les fleurs italiennes entraient-elles pour la moitié.
- En 1920-21, elles se relevaient à 887 000 colis. Les conséquences du cataclysme mondial n’ont donc pas encore libéré ce commerce agricole, qui faisait la richesse d’un coin de France tout particulièrement favorisé par le climat. Sans entrer dans le détail des nombreux facteurs défavorables, nous dirons que les débouchés extérieurs n’ont pas repris entièrement leur jeu normal. Notons, cependant, que l’Allemagne, qui refusait de recevoir nos fleurs, a été mise en demeure de leur laisser passer la frontière, en contingent égal à celui qu’elle accorde à l’Italie (500000 kg jusqu’au 30 avril 1922).
- Dès le mois d’octobre/ la Compagnie P.-L.-M. met chaque jour en circulation run train de messageries à marche accélérée dit « train des fleurs » qui ramasse les colis sur le littoral. A Marseille les fourgons sont accrochés à des trains spéciaux. Les fleurs arrivaient ainsi avant la guerre, à Paris, le lendemain, et le surlendemain à Berlin ou à Londres.
- Si l’accélération dans le transport est, ici, un facteur primordial, elle ne dispense pas des mesures propres à assurer l'intégrité du produit, qui est particulièrement délicat.
- Des soins que l’on prend dans l’emballage, dépend le degré de fraîcheur dans lequel arrivent les fleurs : des corolles, cueillies dans tout l’éclat de leur beauté, peuvent se faner, se tacher, se froisser en cours de route. Avant d’être emballées, — le plus tôt possible après la récolte, — elles sont placées les tiges dans l’eau, ou bien on les couvre de linges humides, mais il ne faut pas que les corolles soient mouillées au moment de les expédier.
- Elles restent ainsi 4 à 2 heures, suivant les variétés, la température, le degré de siccité de l’air, la durée du trajet, car ce qu’il faut éviter, c’est le flétrissement en cours de route. Puis les tiges sont, dans quelques cas (œillets, etc.), débarrassées des branchettes, ou bourgeons latéraux, mais sans pousser trop loin cet élagage, surtout quand on vend aux fleuristes, la verdure encadrant agréablement les corolles.
- Le mode d’emballage et la façon d’emballer les produits diffèrent un peu suivant les espèces, la distance à parcourir, les régions, le mode et la rapidité des transports, la saison, les exigences de la clientèle, les habitudes du commerce, le mode de vente, etc. L’expéditeur connaît, d’ailleurs, les besoins de chacun de ses clients, ses goûts, sa susceptibilité, si l’on peut dire.
- Le panier en roseau de Provence fendu et tressé, est presque uniformément adopté par les expéditeurs du littoral.
- Sa forme rectangulaire en permet l’empilement facile, et l’arrimage dans les fourgons. Il est léger, solide, quoique Suiiple et flexible, et son [bon marché relatif dispense d’en demander le retour. Trois grandeurs sont adaptées aux colis postaux, mais c’est celui de 5 kg qui est le plus courant. Les paniers destinés aux fleurs à tige très longue, comme tubéreuses, pointettia, sont de dimensions appropriées. Les bureaux de poste acceptent aussi, comme échantillons, les petits colis allant jusqu’à 500 grammes.
- Pour les fleurs destinées à la vente à la commission aux Halles, le panier étant livré à la criée en bloc, contenant et contenu, après l’ouverture, on a intérêt, pour éviter les pertes de temps qu’entraîne le triage, à ne mettre dans chaque colis qu’une variété de fleur, de môme provenance, de même qualité (longueur des tiges, ampleur et fraîcheur des corolles). A côté du colis « marchand », qui constitue l’emballage commercial, il y a le colis de luxe, ordonné avec plus de goût, de façon à flatter l’œil et à décider l’acheteur. Le mot « toilette ». n’est pas ici synonyme de « fardage », qui éveille plutôt l’idée de fraude. On trouve chez les grands expéditeurs du Midi des femmes spécialisées dans ce genre de travail, qui opèrent avec beaucoup d’habileté. Leur nom ligure parfois dans le colis pour que l’on puisse, le cas échéant, trouver l’origine de quelque malfaçon.
- Le plus généralement, les fleurs sont rangées dans les paniers par lits de faible épaisseur, queue à queue, les corolles un peu en retrait, ne touchant pas les parois. On met au fond les plus grosses, ou les plus résistantes. On tapisse intérieurement le panier de papier cellulose glacé, blanc ou rose. Les journaux risquent de tacher les corolles par leur encre, ils absorbent mieux, aussi, i F humidité.
- Ces feuilles, qui débordent largement, seront rabattues ensuite sur le tout, pour la fermeture. Les lits de fleurs sont, également, séparés par du papier glacé. On a soin, en plaçant les corolles, de l'assembler les pétales, de les lisser, puis de les étaler pour qu’ils ne prennent pas de faux plis. Parfois on met sur les corolles fragiles, sur les fleurs de choix, des bandes de papier’de soie et même, chacune d’elles est ainsi entourée séparément, surtout pour les longs trajets. Pour éviter le ballottement en cours de route, on secoue le panier, au fur et à mesurée du remplissage, afin de tasser la marchandise ; on garnit les vides de frisure de papier, de mousse; on met un bon tampon sur le milieu, ou de la verdure (asparagus, médeola, fougère), que le couvercle, ficelé, comprimera fortement. On cale aussi les branchettes avec des baguettes.
- Certaines fleurs de luxe, ou plus fragiles, comme roses, camélias, orchidées, dahlias, chrysanthèmes, ont un emballage spécial. Ainsi les camélias destinés à la vente
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- 228 -.......LE TRANSPORT DES FLEURS COUPÉES
- aux Halles de Paris sont emballés par douze, disposés sur quatre rangs dans des boites; chacun d’eux étant enveloppé séparément d’ouate, la corolle appuyant bien sur cette sorte de' coussinet. Les Anglais expédient les roses de luxe à Paris dans des boites qui n’en contiennent qu’une seule couche, chaque corolle, aussi, enveloppée de papier de soie. La boite est cloisonnée et chaque tige est logée séparément et immobilisée à l’aide de cales dans son compartiment. Les expéditeurs de violettes des régions d’IIyères et de Toulouse ont, également, un agencement ad hoc, pour leurs boulots, ou bouquets.
- En hiver, pour les pays froids, surtout si le trajet est long, et les retards en douane considérables, pour les formalités, on enveloppe les paniers de papier fort ; on fait usage, à l’intérieur, d’ouate, de mousse, de papier, tout en serrant suffisamment. On entoure aussi le colis d’un feutre spécial, composé d’un mélange de chanvre et de chiffons. Souvent, les- transitaires, sont chargés de ce soin à la frontière. On se sert, également, d’emballage- parfaitement étanches. Les caissettes sont employées surtout pour les fleurs délicates et de prix, car elles coûtent cher et sont d’un poids mort pins élevé, mais aussi plus solides, plus résistantes aux chocs, dans les transbordements. On peut mieux assurer la ferméture inviolable. On a encore recours aux boites en carton, — ondulé de préférence, — dont le rebord du couvercle descend très bas pour éviter les vols. Mais cette matière absorbe l’humidité, au détriment des corolles.
- Il faudrait qu’en hiver les fleurs pussent voyager en wagons isothermes, à parois isolantes; ou bien les véhicules devraient être légèrement chauffés.
- Les chaleurs et la sécheresse de l’été ne sont p^s moins à craindre pour une marchandise aussi délicate que les fleurs. Cerles, les expéditions du Midi ne s’étendent guère que d’octobre à avril. Mais il arrive qu’en automne une température exceptionnellement élevée, les vents d’Est, des averses fréquentes, placent les fleurs dans de mauvaises conditions pour voyager. Après leur mise en panier par temps mou et humide, et une fois empilées dans des wagons surchauffés, elles ne tardent pas à subir un commencement de fermentation, qui porte, parfois, la température de la masse à 25°, 50°. Elles arrivent, alors, en mauvais état sur les marchés. Il en est de même en fin de saison. Dès fin avril, les transactions diminuent, alors que cependant les fleurs de la région parisienne n’arrivent pas encore en quantité suffisante dans la capitale pour parer à tous les besoins. De même, les demandes des pays froids abondent encore et pourraient se poursuivre au moins jusqu’en juin.
- Ce qu’il faut éviter alors, c’est l’évaporation de l’eau dans les tissus des plantes, et l’échauffément résultant de l’entassement. On se trouve mieux, par exemple, de faire un colis de 5 kg en réunissant deux paniers de 2 kg. 5. De même, deux paniers de 5 kg. ficelés ensemble fourniront un postal de 10 kg,,
- On emballe, aussi, les fleurs dans de la mousse humide; on met au milieu du colis une boîte métallique contenant un morceau de glace dans de la sciure ; ou bien cette glace est simplement entourée de mousse. On laisse encore les caissettes quelque temps dans l’eau avant de les remplir
- Un habile horticulteur d’Ollioules (Yar), M. Pierre Au-dibert, a imaginé un « emballage métallique )) qui réduit considérablement l’évaporation. 11 a présenté aux associations professionnelles du S.-E diverses fleurs, qui, après être restées près d’une semaine dans ces boîtes, avaient conservé toute leur fraîcheur, alors que des
- fleurs semblables, tenues dans des paniers, étaient flétries. Ces boîtes sont évasées à l’ouverture, de façon à pouvoir les empiler pour le retour à vide.
- On voudrait voir mettre aussi à contribution le froid industriel qui, dans le transport des denrées périssables, donne de si intéressants résultats.
- Il est certain que des fleurs laissées quelque temps (24 à 48 heures) dans une chambre frigorifique avant d’être expédiées, se trouvent dans des conditions bien plus favorables pour voyager. De rares essais ont, d’ailleurs, montré l’avanlage de celte préréfrigération : la marchandise se présente à la vente avec plus de fraîcheur et elle se conserve plus longtemps. Malheureusement ce traitement demande.beaucoup de surveillance, et une grande attention. Autant ,d’cspèces ou de coloris, aidant de conditions de température et d’humidité il faut réaliser. Si, —2° par exemple, convient à telle fleur, telle autre pourra geler à celle température, ou voir sa couleur altérée, ou perdre son parfum. L’aération paraît être, aussi, un facteur capital pour lutter contre les moisissures. Et cependant une grande humidité est nécessaire. Peut-èlre y aurait-il lieu, dans ce but, d’apporter des modifications aux frigorifiques à tuyaux de saumure : la glace serait-elle préférable?
- En fait, quelques floriculteurs ont des glacières pour entreposer leurs produits avant l’expédition.' On en trouve, également, chez certains fleuristes pour y mettre la marchandise qu’ils reçoivent, ou qui attend la vente. On a même parlé de grands marchands fleuristes qui possèdent des vitrines refroidies. En Angleterre, à Hambourg, à Saint-Pétersbourg il y a, ou, plutôt, il y avait des établissements qui conservaient ainsi nos fleurs coupées.
- Il ne serait pas impossible aux Associations professionnelles, en faisant appel aux Caisses de Crédit agricole, d’installer des frigorifiques dans les centres de production. De pareils locaux seraient utiles encore dans le voisinage des grandes gares d’expédition ou de transit, dans les lieux de vente, les huiles aux fleurs, etc. Peut-être, aussi, l’entreposage frigorifique aux jours de grande production momentanée permettrait-il d’éviter l’encombrement ruineux des marchés, de régulariser les cours. Mais cette conservation ne devrait pas durer plus de 4 à 5 jours, ni favoriser le jeu de la spéculation par de simples emmagasineinents et sorties.
- Un moyen terme consisterait, pour les trajets de durée relativement courte, comme c’est le cas général en France, à refroidir l’intérieur des wagons qui ont reçu leur plein chargement, à l’aide d’un dispositif spécial, que l’on voit, par exemple, au frigorifique de Château-Renard (B.-du-R. )
- Nuüs ne voulons pas entrer ici dans le détail de la conservation, dans les chambres froides, deè plantes en pot, pour ne les faire fleurir qu’à un moment déterminé, soit en vue de la vente à certains jours de fête ou pour des cérémonies, soit pour une exposition, ni encore exposer la mise à contribution du froid pour le forçage. A n’envisager que le transport de la fleur coupée par voie ferrée, il est certain que l’adoption des wagons réfrigérants, avec de simples réservoirs à glace, serait moins onéreuse que la construction de nombreux frigorifiques. On sait qu’enFrance, en général, les Compagnies de chemins de fer ne se chargent pas d’exploiter les wagons frigorifiques; elles préfèrent laisser ce soin à des Sociétés privées ou à des particuliers.
- Il est vrai que pour tirer de tels véhicules, par les chaleurs de l’été, tout l’effet utile, il serait préférable
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- que les fleurs qu’ils doivent transporter, aient été au préalable réfrigérées. De même, à l’arrivée, on devrait pouvoir les entreposer dans un frigorifique, et ne les sortir qu’en ménageant la transition avec la température extérieure. On a constaté qu’en été des paniers dont le contenu était à la température de 20 à 25°, demandaient 10 heures, dans un wagon réfrigérant, pour descendre à 5°. 11 y a lieu de remarquer aussi que, par exempte, certains végétaux aqueux, chauds, abandonnent beaucoup d’humidité, qui se condense au contact des parois froides, ce qui peut favoriser le développement des moisissures, dans les longs parcours.
- Les floriculteurs de la Cote d’Azur cherchent, depuis quelque temps, d’accord avec la Ci0 P.-L.-M., à préciser la technique de l’emploi des wagons réfrigérants. En 1914 un essai devait être tenté entre Nice et Paris, et Montreux-Vieux, pour desservir l’Allemagne, la Scandinavie et la Russie, mais la guerre n’a pas permis de remplir intégralement ce programme. En 1920, la maison Danzos fit sur Paris un essai que la Cie P.-L -M. encouragea par des mesures de faveur. Ces expéditions un peu hâtivement improvisées avec un matériel de fortune, et sans directives bien précises, donnèrent des résultats peu satisfaisants, aussi bien pour les uns que pour les autres. Une nouvelle tentative faite au printemps 1921 ne fut pas, non plus, concluante; mais elle montra qu’il était utile de poursuivre les efforts entrepris, en suivant une technique expérimentale plus précise.
- En octobre 1921, la Cie P.-L.-M. prit, elle-même, en main, dans cet esprit, la conduite des essais, secondée par la Ligue florale du S.-E., qui loua un véhicule à la Société des transports frigorifiques. C'était un wagon du type américain isotherme, à réservoir pouvant contenir 1500 kg de glace, et transporter 600 colis de Heurs de 5 kg. Le tarif représentait une réduction de 50 p. 100 sur le tarif général, soit 5 fr. 60 pour un colis de 10 kg. Ce wagon, aménagé d’après les indications de la Compagnie P.-L.-M., était muni d’appareils enregistreurs de température. Les manipulations déchargement et déchargement étaient faites en présence d’un représentant de la Compagnie et d’un autre de la Ligue florale. Les fleurs expédiées, cueillies le 15 octobre veille du départ, étaient les suivantes ; œillets ordinaires, qui forment la majorité des expéditions du littoral, en octobre, et qui voyagent assez bien, en général, en fourgons ordinaires, quand la température d’octobre est basse, mais voyagent mal dès qu’elle atteint la moyenne d’une année normale (on n’a pas expérimenté sur les œillets délicats, qui ne peuvent voyager que par frigorifique) ;
- Mimosa floribunda, qui voyage généralement mal avant novembre en fourgon ordinaire ;
- Anthémis blanc, plante résistante, voyageant assez bien ;
- Petite fougère de Nice, pour garniture.
- On n’a pas expérimenté la durée comparative de conservation des roses (Brünner, Drusky, etc.), car on a constaté qu’en automne elles arrivent toujours invendables par les fourgons, et en bon état par frigo.
- De chacun de ces groupes de fleurs, on fit deux lots, emballés à sec dans des paniers semblables. L’un des lots fut placé à 9 heures du matin dans le wagon frigorifique, l’autre dans un fourgon ordinaire, au milieu d’autres paniers. D’après la Petite Revue agricole et horticole, voici les températures constatées en cours de route dans les wagons : le 16 octobre (jour du départ de Nice), à 9 h. du matin : wagon frigorifique -j- 7°, fourgon ordinaire -|- '18°; même jour, à 12 heures (à Cannes, fin du chargement) : wag. frig. -f- 14°, fourgon ordinaire -f- 25°; même jour, à 15 heures, fourgon 27°; dans le wag. frig., chute lente de la température, avec minimum de + 9° le 17 à 16 heures; le 18 octobre, à minuit 1/2 (arrivée à Paris) : wag. frig. + 10°, fourgon -f 15°.
- A leur arrivée à Paris, une partie des deux lots fut placée dans une pièce au nord, où la température variait entre + 20°, le jour, et -j- 15° la nuit. Les fleurs y restèrent jusqu’au 24 octobre, toutes recevant les mêmes soins (renouvellement de l’eau dans laquelle trempaient les tiges, pulvérisation d’eau sur les corolles, recoupement des tiges). Des personnes expertes auxquelles étaient cachées les étiquettes, lurent chargées de noter ces fleurs, d’après leur état de fraîcheur, leur tenue.
- Il est inutile que nous donnions ici le détail des points obtenus chaque jour par les divers groupes de fleurs. 11 nous suffit de savoir que les résultats furent nettement concluants : en moyenne, les fleurs venues par frigo étaient, après cinq jours d’exposition à l’air, aussi fraîches que celles transportées par fourgon ordinaire, au moment de leur arrivée à Paris. Le 20 octobre, tous les œillets ayant voyagé dans ces fourgons étaient plus ouverts que les œillets réfrigérés. Le mimosa du frigo était parfaitement vendable pendant les trois premiers jours d’exposition à l’air.
- Il est à peine besoin d’ajouter que les différentes variétés d’œillets ne se comportèrent pas toutes de la même façon.
- Il est certain, comme nous le disions, que les fleurs qui ont voyagé à froid, doivent être entreposées également dans une chambre froide à leur arrivée. C’est au destinataire à leur accorder des soins spéciaux, pour prolonger le bénéfice acquis par le transport frigorifique ; si cela complique un peu son travail, il tirera sûrement profit de ce surcroît de besogne.
- En terminant, nous ne pouvons que souhaiter voir se multiplier ces expériences sur d’autres réseaux, par exemple ceux qui transportent les produits d.i S.-O.
- Antomn Rolet, Ingénieur agronome.
- PERFECTIONNEMENT DU MICROSCOPE PAR L’EMPLOI DES RAYONS X
- M. G. Gouy g communiqué à VAcadémie des Sciences, le 19 mars 1925, l’intéressante noté qui suit :
- « On sait que la diffraction crée une limite infranchissable pour ]e pouvoir du microscope, c’est-à-dire pour la petitesse des derniers détails perceptibles, cette limite
- étant en raison inverse de la longueur d’onde À de la lumière employée.
- Dès la découverte des rayons X, on remarqua que la diffraction est ’ insensible, mais que cet avantage est annulé par l’absence de réfraction-et de réflexion régu-
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- Hères, qui ne permettent pas de produire une image.
- La question a changé de face depuis qu’on sait produire des rayons X dont le X peut atteindre plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d’angstrôms (*).
- De cette grande valeur de X, il résulte que les inégalités de la surface, conséquences de la structure moléculaire, sont négligeables vis-à-vis de X.
- Considérons, par exemple, des rayons dont le X vaut 100 angstrôms, c’est-à-dire 10 2 micron, tandis que l’intervalle moléculaire est de l’ordre de 10-4 micron.
- Les inégalités de la surface seront de l’ordre de
- 0 100
- Dès lors il n’y a plus de raison pour qu’il ne se produise pas une réflexion régulière.
- En effet, M, Ilohveck a constaté une telle réflexion, pour 100 angstrôms environ (-).
- Ainsi de pareils rayons ont un X qui est, à la fois, assez grand pour que les lois de l’Optique subsistent, et assez petit pour que, la diffraction étant fort diminuée, le pouvoir optique soit environ 50 fois plus grand qu’avec la lumière.
- Supposons que nous construisions un microscope cala-dioplrique formé de miroirs concaves, comme ceux qu’on
- 1. L’atigslt'om est une unité de longueur en usage en speelroscopie et qui vaut l/10s cm.
- 2. Comptes rendus, t.. 176, 1925, p. 570.
- a construits effectivement il y a un siècle. Si nous avons réussi à corriger suffisamment les aberrations, l’instrument, avec des rayons de 100 angstrôms, montrera des détails 50 fois plus petits que le meilleur microscope à lumière blanche.
- En principe, ce qui précède s’applique aussi bien au microscope ordinaire formé de lentilles.
- Il est bien certain, en effet, que si le X est pssez grand pour avoir une réflexion régulière, il sera assez grand pour avoir une réfraction régulière.
- 11 paraît donc que l’emploi dés rayons X doit ouvrir au microscope une voie nouvelle, en lui procurant un accroissement de puissance considérable, qui peut aller jusqu’au centuple.
- Pour la réalisation de ces avantages, on a le choix entre les lentilles et les miroirs.
- Avec les lentilles, il faudrait d’abord trouver des substances appropriées, transparentes pour les rayons X employés.
- Avec les miroirs, celte difficulté n’existe pas, mais il est possible que la correction des aberrations soit plus difficile. •
- L’avantage à attendre est si important que le problème mérite d’attirer l’attention, puisque c’est la seule voie dans laquelle on puisse . espérer un grand accroissement du pouvoir du microscope, résultat de la plus haute importance scientifique. » G. Gouv.
- UNE ILLUSION D’OPTIQUE SERT A MESURER DES VITESSES
- Nouvelle application de la méthode stroboscopique.
- Quand une personne interpose, entre son œil et un corps vibrant, un disque percé d’ouvertures équidistantes et qui tourne assez vite, elle aperçoit le mouvement vibratoire d’une façon intermittente. L’aspect du phénomène change d’ordinaire, d’une apparition à la suivante, car en vertu de la persistance des impressions reçues par sa rétine, les phases visibles successivement se composent entre elles. 11 en résulte des vibrations en quelque sorte factices et qu’un ralentissement convenable de la vitesse du disque permet à l’observateur de régler à son gré.
- L’expérience, réalisée pour la première fois par le physicien belge Plateau, lui permit d’étudier les vibrations des plaques solides de différentes formes et, par la suite, plusieurs savants montrèrent l’intérêt de cette méthode dite stroboscopique pour l’observation de tous les phénomènes périodiques. En particulier, Foucault l’appliqua à la mesure de la vitesse de la lumière, Toepler aux flammes vibrantes et Helmholtz aux décharges oscillatoires de la bouteille de Leyde.
- De même, l’illusion d’oplique, produite par les rayons d’une roue d’un véhicule en marche, fut mise à profit dans certains laboratoires mécaniques. Si la roue tourne à une vitesse telle que chaque rais prenne la place occupée par un autre rais dans l’image précédente, la roue paraît rester immobile. Mais quand la longueur parcourue par la voiture ne
- dépasse pas la moitié de la distance angulaire entre les rayons, la roue semble tourner normalement. Puis lorsque la vitesse augmentant, l’arc parcouru atteint, par exemple, les trois quarts de la distance angulaire entre les rais, le spectateur perçoit un mouvement rétrograde, car son œil relie chaque rais de la roue avec celui qui, dans l’image précédente, se trouvait le plus rapproché de sa position présente, bien qu’il s’en soit considérablement éloigné. Du reste, avec des rais, différents comme forme et comme couleur, l’illusion n’existe plus.
- Le professeur David Robertson, de Bristol, a récemment utilisé ce phénomène pour mesurer des vitesses de dynamos et sur ses indexations la maison Crompton a construit un vibraleur stroboscopique (fig, i) qui facilitera nombre d’essais électriques. Cet appareil fort simple se compose de 2 tiges métalliques encastrées dans un socle de fonte sur lequel se trouvent montés un électro-aimant et un interrupteur capables de faire vibrer les deux barres. Celles-ci portent, en outre, des volets en aluminium percés de 2 fentes d’inégale largeur, qui permettent la vue à des moments définis d’une période vibratoire. Le taux de fréquence des images données par la plus large ouverture concorde avec la phase du mouvement des tiges et celui de la plus petite est deux fois plus rapide.
- L’instrument peut s’employer de différentes façons, comme nous l’indique un article du Scien
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- UNE ILLUSION D’OPTIQUE SERT A MESURER DES VITESSES r.-- — 231
- lific American auquel nous empruntons la plupart de ces renseignements. Le plus souvent, on regarde directement, à travers les fentes du vibrateur, une ligure géométrique appliquée sur quelque partie en rotation de la machine à examiner. Le dessin type, adopté après tâtonnement, a sept anneaux correspondant aux roues à rais de tout à l’heure. Autour du cercle intérieur se trouvent 15 dents gothiques, puis, en allant vers la périphérie, les autres anneaux ont respectivement 16, 17, 18, 19, 20 et 80 dents.
- Afin de nous rendre compte de l’emploi du vibrateur stroboscopique, voyons comment on détermine, par exemple, les pertes dans une machine électrique (fig. 2).
- Une fois la dynamo
- Fig- à.
- Le vibrateur slrobosco'pique C'ompton-Rôbertson.
- mise en marche normale, l’électricien en ralentit la vitesse, puis examine, à travers l’appareil, le graphique appliqué sur elle. L’anneau le plus .près du centre lui apparaît d’abord animé d’un mouvement décroissant; il reste ensuite stationnaire cl semble glisser en arrière. Au moment où l’expérimentateur voit l’anneau s’arrêter, il actionne une manette avec sa main droite et un chronographe à secondes enregistre alors le temps. Quand la machine se ralentit de nouveau, la seconde couronne de dents parait s’arrêter, son sens de rotation s’inverse et chaque anneau présente successivement des apparences identiques.
- Indépendamment des vitesses principales données par chaque anneau stationnaire, on peut, en
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- recouvrant les dents de ce dernier, distinguer des vitesses plus faibles; de cette manière, l’opérateur exécute ses essais avec une grande précision.
- Le. vibrateur Robertson s’emploie également dans d’autres cas où il s’agit de détecter des irrégularités périodiques. Parfois les techniciens, au lieu d’éclairer directement les moteurs, préfèrent produire le rayon stroboscopique au moyen d’une forte lanterne de projection dont l’arc électrique vient former son image dans le plan des fentes. On aperçoit alors les changements de vitesse de n’importe quel endroit
- du laboratoire et plusieurs personnes peuvent suivre les essais. Quelle que soit, d’ailleurs, la façon d’utiliser l’illusion d’optique, cette originale méthode se généralisera sans doute, car elle s'étend à toutes les vitesses, depuis les plus faibles jusqu’aux plus élevées. Enfin le vibrateur stroboscopique, ne consommant aucune force de la machine à 1 examiner, n’a pas d’inertie et indique par conséquent avec une remarquable exactitude des variations de ! régime même minimes et momentanées, i Jacques Boyer.
- ENQUÊTE SUR L’ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR ET SON MÉCANISME
- A la suite de nos recherches sur l’oeil des oiseaux Q), il nous a paru que la supériorité certaine de leur vision sur celle de l’homme ne pouvait cependant permettre d’attribuer au sens de la vue l’orientation à grande dislance, telle qu’on l’observe notamment chez les Pigeons.
- Cette opinion est du reste celle de la plupart des colombophiles, qui invoquent plutôt un sensmagnétique que posséderaient ces oiseaux.
- Le sujet est encore à l’état de problème.
- Tout eiïort pour en chercher la solution devra comprendre d’abord un exposé des données actuellement établies, en ce qui concerne d’une part les faits d’orientation des Pigeons Voyageurs, d’autre part les phénomènes magnétiques ou électriques que l’on a cru devoir mettre en cause.
- Dans un premier chapitre nous exposerons donc les faits qu’il s’.agit d’expliquer. N’étant nullement
- Le retour du Pigeon Voyageur à son
- A. Le pigeon éprouve le besoin de rentrer à son pigeonnier. —- Ce premier fait étant évident, quelle que soit son explication, il est hors de cause et tout l’intérêt se concentre sur le second :
- B. La faculté d’orientation. — Le fait essentiel est celui-ci : un pigeon de bonne race, même non entraîné et n’ayant jamais fait le parcours, saura rentrer à peu près en droite ligne à son pigeonnier dont on l’aura éloigné de plusieurs centaines de km.
- Il reviendra même après avoir été transporté, la nuit, en chemin de fer, donc sans avoir rien vu.
- C. Influence du trajet à l’aller sur le retour du pigeon. — Il n’est pas nécessaire que le pigeou ait été transporté directement pour qu’il puisse retourner directement ; par exemple, Paris-Tours-Paris. Il reviendra encore si on lui fait faire à l’aller le trajet Paris-Dijon-Nevers-Tours.
- Il reviendra même tout aussi régulièrement si, par exemple, parti de Clermont-Ferrand, on le transporte en chemin de fer par Toulouse-Marseille-Lyon-Dijon-Paris. Dans ce cas il saura de Paris regagner
- 1. Elles paraîtront prochainement dans La Nature.
- colombophile nous avons demandé à M. Louis Palliez, de vouloir bien nous les préciser, et c’est entièrement d’après ses indications que nous avons résumé le> faits essentiels de l’orientation du Pigeon.
- M. Ch. Maurain, dans un second chapitre, présentera l’histoire succincte des phénomènes magnétiques, électriques, etc., qui pourraient être mis en cause; il indiquera, en outre, quelques expériences que l’on pourrait entreprendre pour éprouver la susceptibilité du Pigeon Voyageur aux influences magnétiques. Toutes ces indications, nous désirons les soumettre aux colombophiles, météolorogistes, physiologistes, et à toutes personnes susceptibles de s’intéresser au problème de l’orientation des Pigeons Voyageurs. Nous leur demandons les renseignements, les suggestions, les hypothèses, qui pourraient mettre sur la voie d’expériences ou d’interprétations nouvelles (Q.
- colombier. — L’orientation du Pigeon.
- directement Clermont-Ferrand après avoir été transporté dans une direction diamétralement opposée.
- En d’autres termes, quel que soit le trajet imposé au pigeon avant de le transporter au point du lâcher, il rentrera à son colombier dans un laps de temps qui exclut' toute possibilité de n’y point rentrer presque en ligne droite, étant donné la vitesse réalisée parle pigeon pendant le retour.
- D. Influences météorologiques. — 1° Le vent. — Le vent contraire ne parait pas avoir une autre influence que de gêner mécaniquement le vol.
- La résistance à vaincre semble être la seule raison de l’abaissement de la vitesse.
- Par lèvent d’Est le pigeon éprouve certaines difficultés à s’orienter, mais seulement difficulté, non impossibilité.
- 2° Les orages. — Les orages magnétiques désorientent le pigeon. Leur constatation-ne peut être
- 1, Adresser les réponses d’ordre physique à M. Ch. Maurain, Directeur de l’Institut de Physique du Globe, 176, rue de l'Université, à Paris ; celles d’ordre physiologique au Dr Rochon-Duvigneaud, 31, avenue Victor-Hugo, Paris.
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- faite que par les observatoires munis de l’instrumentation nécessaire. Des lâchers ont été de véritables désastres.
- 5° Le brouillard. — La gêne qu’éprouvent les pigeons du fait du brouillard est démontrée par les mauvaises rentrées. Le phénomène jusqu’ici n’est pas expliqué. Il serait intéressant de savoir si le pigeon entraîné à voler la nuit est gêné par le brouillard autant que les autres pigeons.
- E. Vols de nuit. — À la suite d’exercices progressifs, tout pigeon voyageur peut être entraîné à voler la nuit. Une fois bien entraînés, les pigeons voyagent mieux par les nuits tout à fait obscures.
- On peut supposer que par nuit noire, le pigeon fait appel uniquement à son sens mystérieux de l’orientation sans être influencé et peut-être même gêné, par la clarté lunaire.
- F. Lâchers en mer. — Le pigeon lâché en mer rentre à son colombier, mais a horreur de l’eau. Son premier soin, dès le lâcher, est de se diriger vers
- Les propriétés magnétiques et électriqi
- du Pigeon
- Parmi le< hypothèses faites au sujet de la propriété qu’ont les pigeons voyageurs de retrouver leur pigeonnier, il en est qui font intervenir les actions magnétiques ou électriques terrestres. La présente note a pour objet d’examiner la possibilité de telles influences, et d’indiquer quelques genres d’expériences qui pourraient être tentées à ce sujet.
- I. Actions magnétiques. — Je rappelle les faits élémentaires relatifs aux actions magnétiques terrestres.
- Autour du Globe existe un champ de forces magnétiques ou, comme on dit pour abréger, un champ magnétique; c’est-à-dire que des aimants y sont soumis à certaines forces.
- La grandeur et la distribution de ce champ magnétique à la surface de la Terre sont l’objet de mesures fréquentes. La direction et la valeur de la force magnétique en un point subissent de petites variations continuelles ; en prenant les moyennes des valeurs observées, on a mis en évidence : une variation d’ensemble très lente ; une variation diurne ; une variation annuelle. Il arrive assez souvent que les variations sont très accentuées; on dit alors qu’il y a orage magnétique ; en ce cas les perturbations peuvent durer quelques heures et parfois même plusieurs jours ; ces perturbations ne rentrent pas dans les variations périodiques citées ci-dessus.
- . En prenant, comme je le disais, des valeurs moyennes en chaque point, on peut décrire une distribution du champ magnétique à la surface de la Terre ; malgré les variations dont je viens de parler, cette distribution est quelque chose de bien défini, parce que les variations ont toujours des valeurs faibles par rapport à la valeur moyenne. Il existe des Tables des valeurs des éléments magnétiques aux différents points de la Terre, et aussi des cartes.
- le continent le plus proche, d’où il rentre à son colombier. Il accomplit de ce fait dans bien des cas, un trajet beaucoup plus long que celui de la ligne droite.
- G. Y a-t il des influences saisonnières? — Non, sauf, bien entendu, la question des temps défavorables (tempêtes, etc...).
- H. A quelle hauteur moyenne voyagent les pigeons? — Les pigeons ne dépassent généralement pas 300m.; encore atteignent-ils cette hauteur quand le vent leur est favorable. Quand ils doivent, par exemple, lutter contre un vent contraire, ils rasent le sol de façon à s’abriter.
- I. Que peut-on dire au sujet de la traversée des chaînes de montagnes? — Le pigeon éduqué en montagne s’y oriente beaucoup mieux que le pigeon élevé dans les vallées.
- La neige désoriente quelque peu les pigeons. Il n’est pas rare de perdre de jeunes pigeons par temps de neige. D, Rochon-Dovignemjd.
- O]iht!ilinologiste de l’hôpiUil Laënnec.
- es terrestres et la faculté d’orientation Voyageur.
- Par exemple, si on veut représenter la répartition de la Déclinaison magnétique (angle de la force magnétique terrestre avec la direction Nord-Sud), on joint par des courbes les points pour lesquels la Déclinaison a la même valeur; pour la France, par exemple, on obtient ainsi des courbes qui sont très grossièrement dans l’ensemble parallèles entre elles et à une ligne droite qui joindrait Dunkerque à Pau; ces lignes d’égale déclinaison présentent, dans le détail, des déviations plus ou moins fortes : par exemple, dans la région parisienne, des parties en S très accentuées, et même des parties formant des courbes entièrement fermées sur elles-mêmes.
- Si, au lieu des courbes d’égale Déclinaison, on représente les courbes d’égale Inclinaison (angle de la force magnétique terrestre avec un plan horizontal), on a un autre aspect : les courbes sont cette fois grossièrement parallèles entre elles et à une ligne droite qui joindrait Nantes à Strasbourg; leurs déformations locales sont moins accentuées que celles des lignes d’égale Déclinaison. Elles forment en somme un réseau appi-oximativement perpendiculaire au précédent. La figure 1 représente les réseaux des lignes d’égale Déclinaison et d’égale Inclinaison pour la France (rapportés à 1911).
- La Déclinaison et l’Inclinaison sont des angles qui définissent la direction de la force magnétique terrestre en chaque lieu; pour la définir complètement, il faut ajouter un élément qui donne sa valeur; cet élément peut être son intensité totale; on emploie plus souvent sa composante horizontale, c’est-à-dire sa projection sur un plan horizontal. On a établi des cartes représentant les lignes d’égale composante horizontale, analogues aux lignes dont je viens de parler.
- Les colombophiles indiquent que les évolutions
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- des pigeons voyageurs sont troublées lorsqu’il y a orage magnétique. Ces orages consistent, comme je l’ai dit plus haut, en des variations brusques des éléments magnétiques, d’amplitude et de durée plus ou moins grandes. Il importe de remarquer que les variations des éléments magnétiques qui constituent ces orages ont toujours une amplitude assez faible par rapport aux valeurs moyennes de ces éléments ; il est très rare que, dans les orages
- très sensibles aux forces magnétiques, et qui peuvent fournir des aimants utilisables dans la pratique; tels sont en première ligne le fer et ses dérivés les aciers, et aussi d’autres métaux (nickel, cobalt) et des substances dans la composition desquelles entrent le fer ou ces autres métaux. Quant aux autres substances, elles sont en général énormément-moins sensibles aux forces magnétiques que les précédentes, mais elles le sont cependant
- Déclinaisons
- Inclinaisons
- Fig. i. — Lignes d’égale déclinaison et d’égale inclinaison en France, au /cr janvier içn.
- magnétiques les plus marqués, la variation de la Déclinaison dépasse un degré, et que la variation de la force magnétique dépasse le centième de sa valeur. Si donc les pigeons sont troublés par les orages magnétiques, c’est que leur sensibilité, au champ magnétique est très grande.
- On peut se demander si l’on a quelque raison, d’après cé qü’on sait des propriétés magnétiques en général, de supposer une influence des forces magnétiques sur des êtres vivants. Pour répondre à cette question, il est nécessaire de donner quelques détails sur les propriétés magnétiques de la matière.
- Il y a un petit nombre de substances qui sont
- un petit peu, et on peut constater l’action sur elles d’un très fort champ magnétique, en utilisant des électro-aimants et des appareils de mesures spéciaux très délicats. On peut arriver ainsi à caractériser chaque substance, à ce point de vue, par un certain coefficient qu’on appelle sa susceptibilité magnétique. Pour la plupart des substances, la susceptibilité magnétique > est inférieure au dix-millionième de celle du fer.
- Si, en particulier, on considère les substances organiques qui figurent dans la constitution des êtres vivants, elles ont aussi une certaine susceptibilité magnétique, et il pourra arriver qu’en soumettant un petit être vivant à un très fort champ
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- magnétique on constate une petite action du champ sur lui; mais de cela ne résultera pas du tout que cet être, en tant qu’être vivant, est sensible au champ magnétique.
- Beaucoup de personnes, et en particulier le grand physicien anglais Lord Kelvin, se sont préoccupées de la possibilité de l’existence d’un sens magnétique chez l’homme et les animaux; Lord Kelvin cite des expériences dans lesquelles la tète d’un homme était placée dans le champ magnétique d’un gros élcctro-aimaut : on n’a constaté aucune action. On a tenté aussi des expériences de ce genre sur des êtres vivants très petits; par exemple Du Bois a construit de petites cellules d’observation humides permettant d’observer au microscope, dans un champ magnétique dont l’intensité était environ 100000 fois celle du champ terrestre, de petits animalcules de l’ordre du centième de millimètre, sous un grossissement de 200 environ. Il n’a constaté aucun effet perceptible sur le mode de mouvement de protozoaires appartenant, entre autres, aux Bottifères,
- DifBugies, Infusoires, Ael-les, ni sur les diatomées.
- Ces expériences négatives n’excluent pas la possibilité d’actions positives, mais il semble qu’on n’ait jamais réussi d’observations qu’on pourrait rapporter à une sensibilité d’êtres vivants au champ magnétique.
- Quelles hypothèses peut-on faire maintenant sur une utilisation possible du champ magnétique terrestre par le pigeon?
- a) On pourrait supposer que le pigeon a une mé-
- moire magnétique ; allant d’un point A à un point B par un certain trajet, il conserverait la mémoire des éléments magnétiques sur ce trajet, et il pourrait ainsi le parcourir ensuite en sens inverse. Cette hypothèse doit être écartée, d’après le fait, indiqué dans la Note de M. Bochon-Duvigneaud, que le pigeon revient à peu près en ligne droite de B à À, même si on l’a porté de À à B par un trajet tout différent. ,
- b) On pourrait se demander si le pigeon peut se diriger d’un point à un autre à l’aide des éléments magnétiques, comme le fait le navigateur qui utilise une boussole. Mais, le navigateur, en lisant la position de l’aiguille aimantée sur le cercle de la boussole, en déduit la direction Nord-Sud parce qu’il connaît la valeur de la Déclinaison Magnétique, qu’il trouve dans les tables ou sur les cartes -{sachant approximativement le point où il se trouve).
- On ne peut guère supposer que le pigeon fasse une opération analogue.
- On peut envisager l’hypothèse, bien peu vraisemblable, suivante : le pigeon serait assez sensible aux actions magnétiques pour pouvoir apprécier les variations non seulement de la force magnétique dans son ensemble, mais encore de chacun de ses éléments. Par exemple, supposons-lc sensible aux variations de la Déclinaison et de l’Inclinaison : supposons qu’au point A où est le pigeonnier la Déclinaison et l’Inclinaison soient toutes deux plus petites qu’au point B où le pigeon a été transporté; il pourrait regagner le pigeonnier en se dirigeant vers les régions où la Déclinaison et l’Inclinaison diminuent toutes deux ; si par exemple, en prenant comme valeurs zéro de la Déclinaison et de l’Inclinaison celles qui correspondent au pigeonnier A, les lignes correspondant aux valeurs 1, 2, 3, ont la forme simple ligurée (fig. 2), et si le pigeon, porté au point B, sait se diriger vers les Déclinaisons décroissantes, il prendra son vol dans l’angle figuré en B ; on peut supposer que son sens magnétique soit assez aiguisé pour qu’il prenne la direction médiane, qui le conduira en A ; ou bien encore, s’il suit un chemin différent de BÀ, soit BC, en arrivant en C il s’apercevra que la valeur de la Déclinaison magnétique a atteint celle du point A, et il se dirigera alors vers A en suivant la ligne d’égale Déclinaison.
- Quelle vraisemblance y a-t-il qu’un pigeon ait un sens magnétique aussi merveilleux? Cette vraisemblance paraît assez faible. Le champ magnétique terrestre est petit par rapport b. ceux qu’on sait produire dans les laboratoires à l’aide d’aimants ou de courants électriques. Si on représente par 1 la valeur du champ magnétique terrestre dans nos régions (et cette valeur ne varie guère que du simple au double pour toute la surface de la Terre), au voisinage d’un des pôles d’un barreau aimanté on a facilement des valeurs représentées par quelques dizaines ; avec un bon aimant en fer à cheval, on peut obtenir dans la région entre les pôles des valeurs de quelques centaines : si au lieu d’aimants simples on utilise des électro-aimants on peut avoir, dans des espaces restreints, des valeurs de quelques milliers ou quelques dizaines de milliers.
- Si donc les pigeons sont sensibles au champ magnétique, il doit être possible de manifester
- Fig. 2. — Comment le Pigeon se dirigerait s’il sentait les actions magnétiques.
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- celte action par des expériences faites à l’aide d’aimants ou d’électro-aimanls. D’autre part ces appareils producteurs de forts champs magnétiques peuvent servir à troubler le champ magnétique terrestre au point où se trouve le pigeon, et il doit être possible d’observer des perturbations en résultant dans sa faculté d’orientation. Sans doute de telles expériences ont-elles été faites déjà par les partisans d’une explication magnétique du sens de l’orientation chez le pigeon. Pour qu’elles apportent un renseignement précis, il faut qu’elles satisfassent à des conditions de position et de grandeur bien définies; il ne sera donc peut-être pas inutile d’indiquer quelques dispositifs en examinant les conditions correspondantes.
- On peut songer à troubler le champ magnétique autour du pigeon. Par exemple, on lui fera porter un petit aimant. Mais remarquons que si le pigeon est sensible à une augmentation ou à une diminution des éléments magnétiques, la présence de l’aimant ne détruira pas sa faculté d’orientation : elle ajoutera à chaque instant un certain champ magnétique (celui de l’aimant) au champ magnétique de la Terre, mais les variations du champ total resteront toujours les mêmes quand le pigeon se déplacera ; ce seront toujours les variations du champ terrestre, le champ additionnel restant fixe par rapport au pigeon ; les variations seraient seulement plus faibles par rapport au champ total. Si donc des expériences de ce genre ont donné des résultats négatifs, on n’en peut rien conclure contre l’hypothèse d’un sens magnétique.
- Il n’est pas facile de troubler sérieusement le champ magnétique terrestre sur un espace un peu étendu; cela provient de ce que la force magnétique émanant d’un aimant décroît, à partir de cet aimant, en raison inverse du cube de la distance. Si par exemple un aimant produit à 1 mètre une force égale au champ terrestre, à 10 mètres il ne produira plus, dans la même direction, qu’une force égale à un millième de ce champ. On peut cependant ainsi modifier de manière assez notable le champ magnétique dans un pigeonnier et son voisinage, et cela permet d’envisager l’expérience suivante :
- Un pigeonnier A est muni d’aimants qui altèrent de manière notable le champ magnétique terrestre (il faudrait que ces aimants fussent étudiés et disposés par un spécialiste). Les pigeons en expérience sont placés dans une caisse en fer formant écran magnétique, cette opération étant faite dans le voisinage immédiat du pigeonnier (c’est-à-dire dans la région troublée). Ils sont transportés en un point éloigné B, comme dans les expériences ordinaires, où la caisse est ouverte et les pigeons mis en liberté. Si leur faculté d’orientation est fondée sur les variations des éléments du champ magnétique terrestre, elle sera en défaut, car les variations autour du point B pourront n’avoir aucune relation simple avec les différences entre le champ naturel en B et le champ troublé en A.
- Il convient d’ajouter plusieurs remarques : d’abord, on peut objecter que les pigeons vivant dans un pigeonnier s’en écartent plus ou moins dans leurs évolutions journalières; par suite, comme l’action perturbatrice des aimants ne s’étend pas d’une manière sensible très loin du pigeonnier, ils peuvent avoir appris à connaître le champ magnétique terrestre réel à distance assez faible du pigeonnier (par exemple quelques centaines de mètres), et cela leur suffira ensuite pour retrouver la région du pigeonnier. Cette objection est très sérieuse ; j’ignore si l’on peut faire vivre des pigeons dans un espace assez restreint autour du pigeonnier, limité par exemple par un treillage (6 à 8 mètres par exemple dans les trois dimensions); si cela est possible, c’est évidemment dans ces conditions qu’il convient d’opérer.
- Une autre remarque vise le transport dans une caisse de fer formant écran magnétique ; on médit qu’on a fait des essais de ce genre, mais autant que j’ai pu savoir, avec des caisses qui ne remplissaient pas du tout les conditions nécessaires. Une caisse en fer diminue le champ magnétique terrestre en son intérieur, mais ne le supprime pas ; la diminution est d’autant plus forte, pour des dimensions données de la caisse, que son épaisseur est plus grande. La question a été étudiée en vue de la protection de certains appareils (par exemple des galvanomètres sensibles) contre le champ magnétique extérieur. On connaît suffisamment les conditions nécessaires. Elles sont assez dures. Pour réduire le champ à un millième de sa valeur par exemple, il faut une épaisseur énorme, ou, ce qui est plus pratique, plusieurs caisses concentriques d’épaisseurs raisonnables. Il faudrait que ces caisses fussent étudiées par un spécialiste. J’ajoute tout de suite que les conditions nécessaires s’accommodent avec l’existence de trous permettant aux malheureux prisonniers de respirer.
- Les conditions de l’expérience pourraient naturellement être beaucoup variées, mais ce n’est pas le lieu d’y insister dans cet exposé déjà long.
- Une autre catégorie d’expériences ou plutôt d’observations, beaucoup plus faciles, consisterait à produire dans un laboratoire de forts champs magnétiques, de formes variées, et d’examiner comment des pigeons se comportent dans ce laboratoire. S’ils sont sensibles au champ magnétique et à des variations aussi faibles que celles qu’il faut invoquer pour expliquer leur faculté d’orientation, sans doute se comporteront-ils en présence de champs intenses et très variables de manière à manifester cette sensibilité. Des expériences de ce genre peuvent être organisées très facilement (*)’.
- Ajoutons à ces remarques que la variation du champ magnétique terrestre avec l’altitude est très faible aux hauteurs où volent les pigeons; il semble
- 1. Quelques essais de ce genre que nous urons faits, M. le Dr Rochon-Duvigneaud, M. Palliez et moi, ont été négatifs.
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- donc qu’il n’y ait pas à la faire intervenir (*).
- II. Actions électriques. —v La discussion qui précède a comme conclusion que l’utilisation des actions magnétiques terrestres par les pigeons n’est pas impossible, bien qu’assez invraisemblable, et qu’on peut imaginer des expériences de nature à donner des renseignements à ce sujet.
- L’examen de la possibilité d’une utilisation des actions électriques terrestres conduit à des difficultés encore plus grandes, et on peut, dans l’état actuel des connaissances, considérer les conclusions de cet examen comme à peu près négatives.
- L’atmosphère présente des propriétés électriques qui se manifestent parfois par des phénomènes intenses comme les éclairs, mais qui, en général, ne sont mises en évidence que par des mesures assez délicates. Par exemple, un corps métallique isolé électriquement, auquel on donne une charge électrique, perd plus ou moins rapidement cette charge ; cela manifeste une certaine conductibilité de l’air atmosphérique, conductibilité qu’on peut mesurer; en un'point elle varie continuellement, et sa répartition géographique ne paraît présenter aucune constance. On peut encore caractériser par des mesures des ditlérences entre les états électriques de deux points de l’atmosphère; en général, l’état électrique varie de manière grossièrement régulière suivant la verticale ; mais la distribution géographique n’est, là non plus, susceptible d’aucune fixité. Parfois ces différences d’état électrique s’accentuent de manière à donner lieu à des décharges qui constituent les éclairs.
- En somme, le manque de fixité dans le temps et dans l’espace des propriétés électriques de l’atmosphère ne permet de faire a priori aucune hypothèse plausible sur leur utilisation par le pigeon.
- Deux des particularités indiquées dans la note de M. Rochon-Duvigneaud pourraient pourtant suggérer une relation avec ces propriétés électriques : ce sont l’influence troublante du brouillard, et aussi le fait que le pigeon lâché en mer évite autant que possible un long trajet maritime. En effet, la conductibilité électrique de l’atmosphère est nettement plus faible par temps de brouillard que par temps sec, et, d’après la plupart des observateurs, la conductibilité au-dessus de la mer serait aussi plus faible qu’au-dessus des terres (des mesures récentes très soignées ne paraissent pas confirmer ce dernier point). On pourrait donc songer à quelque rôle de la conductibilité électrique, laquelle intervient vraisemblablement dans la propagation des ondes de la T. S. F. et dans les perturbations parfois énormes de cette propagation ; c’est une idée qu’il
- 1. Dans les grandes villes, le champ magnétique terrestre est fort troublé par les actions électro-magnétiques des courants industriels, surtout ceux des tramways. Le fail qùe les pigeons reviennent à des pigeonniers établis dans ces villes aussi bien qu’à ceux établis en campagne me paraît peu favorable à une interprétation fondée sur le magnétisme terrestre de la faculté d’orientation du pigeon voyageur.
- ne faut, pas rejeter, mais on ne voit pas non plus comment on pourrait la préciser.
- On peut d’ailleurs proposer des expériences de nature à renseigner sur une influence électrique. Elles seraient analogues à celles indiquées pour le magnétisme, avec celte circonstance favorable qu’un écran électrique est plus facile à constituer qu’un écran magnétique; il suffit d’une boîte métallique d’épaisseur quelconque à peu près continue, par exemple un treillis métallique fin. On pourrait donc transporter les pigeons à l’abri d’influences électriques ; il faudrait aussi qu’avant l’expérience on les maintînt pendant quelque temps (quelques jours par exemple) dans un pigeonnier entouré aussi d’un treillis métallique. Si dans des expériences faites de cette manière les pigeons perdaient la faculté de retrouver leur pigeonnier, cela donnerait une forte présomption en faveur d’influences électriques; si les résultats étaient négatifs, il n’en résulterait pas pour cela l’impossibilité d’influences électriques, l’électricité atmosphérique étant encore trop mal connue pour qu’on puisse imaginer tous ses modes d’action.
- III. Actions physiques en général. — Bien que cette note ait pour objet l’examen des influences magnétiques, on peut chercher à préciser les conditions générales auxquelles doit satisfaire une propriété susceptible d’intervenir.
- Supposons un cercle de grand rayon ayant pour centre le pigeonnier. Il résulte des faits exposés dans la note de M. Rochon-Duvigneaud que le pigeon peut être transporté à partir du pigeonnier A, par un chemin quelconque, jusqu’en un point quelconque B de ce cercle : de là, il reviendra au pigeonnier en suivant, approximativement, le rayon B À du cercle.
- L’hypothèse la plus simple est donc que la faculté d’orientatiort du pigeon soit commandée par une action liée à la direction dans laquelle se trouve le pigeonnier : la vue, l’odorat, fournissent naturellement des solutions, qui ont probablement leur part d’influence dans bien des cas; mais les faits observés semblent écarter l’hypothèse d’un rôle exclusif de l’un de ces sens.
- Une autre catégorie d’hypothèses consiste à invoquer l’influence d’une propriété de la Terre dont la distribution géographique soit telle que sa valeur soit, au moins approximativement et en moyenne, bien définie en chaque point, par exemple en À et en B, et dont la variation géographique soit assez régulière pour permettre de passer d’un point à un autre, par exemple de B en À. Le champ magnétique terrestre peut satisfaire, à la grande rigueur, à celte condition, d’après la variation de ses divers éléments.
- L’intensité de la pesanteur varie avec la latitude ; mais cette variation est extrêmement faible (au plus 8 cent-millièmes pour 100 km en direction Nord-Sud) ; d’ailleurs elle varie aussi avec l’altitude (sa variation théorique sur une hauteur de 100 m.
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- est, dans nos régions, la même que sur une distance d’environ 40 km en direction Nord-Sud); elle ne peut donc permettre de définir la position géographique d’un point. Les variations d’altitude du pigeon en vol, et les anomalies dans la distribution géographique de la pesanteur, sur lesquelles je ne peux insister ici, rendent d’ailleurs invraisemblable une utilisation de la variation de la pesanteur.
- On pourrait songer à d’autres actions de nature à renseigner sur la variation en latitude, par exemple l’action déviante que le mouvement de la Terre produit sur toute masse en mouvement à la surface de la Terre; cette action croît avec la latitude. On ne voit pas d’actions permanentes susceptibles de renseigner sur la variation en longitude.
- Les variations des éléments météorologiques, température, pression, humidité, sont trop irrégulières pour qu’on puisse les faire entrer en ligne de compte.
- En somme, la seule conclusion pratique de cette Note est l’indication de quelques genres d’expériences qui pourraient peut-être donner des renseignements sur la possibilité d’une utilisation par le pigeon d’actions magnétiques et d’actions électriques. Les conditions de ces expériences doivent être bien précisées dans chaque cas.
- Gii. Mauiuin,
- Professeur à lu Faculté des Sciences, Directeur de l'Institut de Physique du Globe.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et mars 1923.
- Élections. — Au cours du mois de février, l’Académie a élu M. Louis Gentil, professeur à la Sorbonne et M. Waldemar Brôgger, le premier comme Membre titulaire dans la section de Géographie et de Navigation, le second comme Associé étranger.
- Dispositif aérodynamique pour l’essai des moteurs.
- — M. P. Demanois soumet à l’Académie un appareil qui, à l’aide d’un moulinet unique, permet d’établir les caractéristiques relatives à la variation du couple moteur en fonction du nombre de tours, pour une même ouverture de carburateur, et de construire ainsi la courbe de puissance de façon continue et sans arrêter la machine.
- Les poteries noires. — L’étude de M. Bigot a porté sur des échantillons africains (Bassoutos) et étrusques, et elle montre que la fabrication de ces poteries, imprégnées de matières charbonneuses et non déshydratées, est basée sur le phénomène de la pectisation partielle des colloïdes d’argiles communes.
- Les ateliers néolithiques de la forêt de Montmorency. — Revenant sur une communication de M. L. Franchet,. M. Giraux montre que les néolithiques ont établi leurs ateliers de taille aux points mêmes où affleuraient les bancs de grès sur les pentes des vallées, pour toute la longueur de la forêt étudiée depuis Béthernont jusqu’à Pis-cop etDomont, à une altitude moyenne de 180 m.
- La désinfection intestinale. — De l’exposé de M.Aug. Lumière, il est à prévoir qu’on pourra désormais stériliser les déchets de la digestion, dans l’organisme même où ils se multiplient, à l’aide d’un nouveau composé métallique, se présentant sous la forme d’une poudre jaune et qui, de formule CH2SAg— CHOH — CH20S03Na, constitue un argentothioglycérine — sulfonate sodique, riche à 35 pour 100 d’argent métallique.
- Les coefficients de self-induction. — Dans le cas d’une bobine de self, le coefficient d’induction à haute fréquence ne se calcule pas avec précision, car il est modifié par la localisation du courant dans les parties du fil les plus voi-ins de l’axe de la bobine et la capacité propre de cette dernière provoque une augmentation apparente de son induction. M. Ylôstalo s’est préoccupé d’étudier, aux fréquences utilisées en radiotélégraphie, la self de bobines
- de différentes formes, d’en déduire les limites d’application de la formule de Thomson lors du calcul des longueurs d’onde des circuits oscillants, enfin de montrer que l’usage de l’électromètre permet, en haute fréquence, des mesures faciles et exactes.
- Le calcaire carbonifère de Saint-Séyal. — Intercalée dans les formations de schistes et grès du Culm du bassin de Chàteaulin, la lentille, étudiée par M. Barrois, en 1889, a fourni de nombreux fossiles à M. Y. Milon et leur étude a indiqué à ce géologue que la sédimentation calcaire s’est poursuivie pour celte région après avoir cessé aux environs de Laval. Les deux centres carbonifères du Massif armoricain semblent ainsi avoir évolué de façon très différente, sinon isolément.
- La respiration des plantes. — On admet jusqu’ici que les feuilles sont les organes presque uniques de cette fonction, mais on a quelque difficulté à expliquer le mécanisme de la respiration pour les cellules du tronc et des racines. D’après M. Melhodi Popoff, le fait que les sels de divers métaux — Mg, K, Na, Fe, Ca — se trouvent dans le sérum sanguin comme dans la sève, semble montrer que, du point de vue physiologique, le système respiratoire des plantes présente d’étroites analogies avec celu des animaux.
- Les séismes dans le nord-ouest du Massif Central. — Gomme il l'avait déjà indiqué, M. Ph. Glangeaud établit que la Limagne et les régions volcaniques voisines — Mont Dore, Cézallier, Cantal, etc. — ont une séismicité au moins aussi marquée que le Yelay. Les tremblements de terre ont là pour cause les tassements et les réajustages des compartiments qui se produisent le long des grandes fractures intéressant le Massif Central et qui sont d’âge hercynien ou tertiaire.
- Au sujet de la triboluminescence, — M. Henri Longchambon qui a récemment découvert que. le spectre fourni par le saccharose dans l’air est identique au second spectre positif de bandes de l’azote, a fait porter de nouveaux es.-ais qu’il soumet à l’Académie sur l’acide tartrique, le sulfate de cadmium, l’azotate d’urane et la fluorine. Là encore la triboluminescence semble toujours due au même phénomène : une effluve dans l’azote ou dans l’air. Paul B.
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- LE CINÉMA EN RELIEF PAR LA LUMIÈRE POLARISÉE
- m
- Depuis longtemps, en cinématographie, on cherche à donner la sensation de relief dans les projections.
- Maints procédés ont déjà été imaginés dans ce but.
- Un premier groupe comporte des déformations de l’écran sur lequel on projette une image unique : écran glyphogrnphe du professeur Pech (voir La Nature, n° 2445), écrans à deux plans dont un est placé en avant de l’autre, ou- dont P un est fixe et l’autre en mouvement, etc.
- Un autre groupe consiste à projeter sur un écran ordinaire des images stéréoscopiques, successivement ou simultanément.
- On conçoit qu’une pellicule étant composée d’images prises alternativement avec chacun des deux objectifs d’un appareil stéréoscopique, on pourra projeter alternativement une image correspondant à l’œil droit et une autre correspondant à l’œil gauche au même point de l’écran. La projection vue telle quelle sera floue, mais si un dispositif sélectionne les images devant les yeux de l’observateur, de telle façon que l’œil droit ne voie que les images prises de droite et l’œil gauche celles correspondantes, l’impression de relief deviendra très nette. Cette sélection est réalisée par une jumelle à volets dont les mouvements sont synchrones du déroulement de la pellicule.
- Le défaut d’un tel procédé est de nécessiter autant de moteurs (électro-aimants) qu’ il y a de spectateurs et de lier chacun de ceux-ci par un fil à une prise de courant.
- Une autre solution peut être envisagée par l’emploi de la lumière polarisée. Imaginée, en 1891, par Anderton, en Angleterre, elle était restée sans utilisation jusqu’à ce que l’Office National des Recherches et des
- Fig. 3.
- Autre lunette polarisante montée en face à main.
- big. i.
- Lunette polarisante montée en jumelle de théâtre.
- Inventions permit, grâce à ses ressources, àM. Toulon de la reprendre et de la mettre au point.
- Le Bulletin de cet Office vient de faire connaître les résultats obtenus.
- Les vues sont prises synchroniquement par deux appareils distincts placés sur un châssis de façon à donner des vues stéréoscopiques. La projection se fait au moyen de deux appareils semblablement placés, envoyant leurs faisceaux lumineux sur un seul écran. La projection, vue à l’œil nu, est floue.
- Mais si l’on polarise différemment chacun des deux faisceaux lumineux et que chaque œil soit I muni d’un analyseur approprié, le spectacle change et l’impression stéréoscopique devient très nette et très intense.
- Dans le système de M. Toulon, le cliché destiné à être perçu par l’œil droit est éclairé avec de la lumière polarisée verticalement, tandis que le cliché destiné à l’œil gauche est éclairé avec de la lumière polarisée horizontalement.
- Le spectateur a devant l’œil droit un polari-seur vertical et celui qu’il a devant l’œil gauche est horizontal.
- Dans ces conditions, en vertu de la propriété des polariseurs croisés, l’observateur perçoit avec son œil droit, dont le plan de polarisation est vertical, l’image destinée à son œil droit, et celle-ci seulement ; avec son œil gauche, dont le plan de polarisation est horizontal, il verra l’image destinée à son œil gauche, et celle-là seulement. Chaque œil ne percevant que l’image qui lui est destinée,
- Fig. 2. — Montage de. lamelles polarisantes dan. un cadre en carton.
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- 240 ' LE CINEMA EN RELIEF PAR LA LUMIÈRE POLARISÉE
- Fig. 4. — Appareil pour projection polarisée de clichés photographiques stéréoscopiques.
- il sentira le relief, absolument de la même manière que dans un stéréoscope.
- Pour polariser la lumière, on utilise généralement des niçois ou de la tourmaline. Ces cristaux assez rares sont généralement de petites dimensions.
- Ils suffisent pour des expériences de laboratoires, mais se prêtent mal à l’obtention des faisceaux lumineux assez grands, nécessaires pour la projection. La difficulté est encore plus grande de construire les nombreuses lunettes nécessaires pour les spectateurs d’une salle.
- Le seul dispositif qui a paru pratique est de polariser la lumière à l’aide d’une pile de glaces. Lorsqu’un faisceau lumineux tombe sur une lame transparente sous une incidence telle que le rayon lumineux réfléchi et le rayon lumineux réfracté font entre eux un angle de 90°, on constate que le rayon réfléchi .est totalement polarisé. Cette circonstance se produit pour le verre, lorsque l’angle d’incidence est de 54°. En même temps, le rayon réfracté, beaucoup ptus intense que le rayon réfléchi, est partiellement poiarisé, en sens contraire de celui-ci.
- En disposant parallèlement un nombre suffisant de lamelles de verre, il est possible d’obtenir un faisceau lumineux réfléchi ou réfracté presque totalement polarisé. On obtient une bonne polarisation avec 18 ou 20 lamelles de verre superposées.
- 11 faut aussi que la lumière, polarisée à la sortie des objectifs, reste polarisée après avoir frappé l’écran. L’expérience montre qu’un écran blanc ordinaire qui diffuse la lumière, détruit la polarisation,
- et il,ne. serait pas possible .d’ob.tenir ainsi l’effet cherché. Mais il existe heureusement depuis plusieurs années dans le commerce des écrans métallisés, recouverts d’un enduit constitué par une peinture d’aluminium en poudre très fine, dont les grains forment des surfaces réfléchissantes très petites. Les réfections sur de tels grains ne dépolarisent pas la lumière.
- M. Toulon a choisi comme lamelles des couvre-objcts pour microscopie, ayant à peine un dixième de millimètre d’épaisseur qu’il monte dans une boîte en carton (fig. 1). On peut ainsi réaliser soit un genre cFe jumelles (fig. 2), soit une sorte de face à main (fig. o) qui semble la plus pratique.
- La polarisation du faisceau lumineux est obtenue au moyen d'une pile de lamelles de plus grandes dimensions placée entre le condensateur et là plaque de chaque appareil de prise de vues ou de prbjec-tion.
- Lef même dispositif peut naturellement servir à voir en relief les projections de vues fixes stéréoscopiques et la figure 4 montre justement un appareil de projection double équipé ainsi.
- On peut aussi l’adapter aux stéréôclasseurs (fig. 5), couramment employés aujourd'hui pour conserver et regarder les .clichés stéréoscopiques.
- Nous avons pu voir des projections de M. Toulon au stand de l’Office national des Recherches et des Inventions, à la dernière Foire de Paris. L’effet de relief obtenu était très remarquable. Celui-ci peut même être augmenté sensiblement en écartant les deux axes des projecteurs à tel point qu’il finit par paraître exagéré.
- La solution imaginée par M. Toulon est évidemment ingénieuse. Entrera-t-elle dans la pratique du cinématographe et verrons-nous bientôt des salles de projection où chaque spectateur sera pourvu de; lunettes polarisantes? L’avenir nous le^dira. A. B.
- Fig. 5. — DisposiliJ' de polarisation monté sur un stéréoscope classeur.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laudre, rue de Fleuras, 9, à Paris. ’
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- LA NATURE. — N° 2559.
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- LE BASSIN
- Ibibuoto^s)
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- 21 AVRIL 1923
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- .LER DE LA RUHR
- Le bassin houiller de la Ruhr attire, surtout depuis trois mois, l’attention du monde entier à cause des conséquences internationales de l’occupation franco-belge. Il a toujours mérité de retenir cette attention par l’importance qu’il présente dans
- an. À titre de comparaison, notons que le bassin houiller français du Nord et du Pas-de-Calais produisait annuellement, avant la guerre, 24 millions de tonnes. Si l’on considère au contraire le bassin de la Ruhr comme un producteur de charbon, on
- Mü aster.
- Bocho/t
- Wese!
- Ham/n
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- JHamborn
- Barmen
- 'Etberfeh
- Fig. i.
- Le bassin de la Ruhr et ses principales villes.
- En grisé foncé : région des affleurements du gisement houiller (zone anciennement connue); En grisé clair : zone houillère actuellement reconnue.
- l’industrie houillère mondiale. De plus, et surtout, il est le centre de cristallisation d’industries annexes (électricité, métallurgie, construction mécanique) auxquelles l’Allemagne a dù sa force et sa fortune.
- Si l’on considère le bassin de la Ruhr comme un exportateur de charbon, on est surpris de constater que son tonnage d’exportation n’est pas considérable et rie dépasse guère 50 millions de tonnes par
- le trouve tout à fait en tôle dans la liste des grands bassins du monde. Le tonnage extrait annuellement dépassait, en effet, 100 millions de tonnes avant la guerre et oscille à présent aux environs de 90 millions de tonnes. Seul le bassin de Pennsylvanie, aux États-Unis, dépassait à cet égard, avant la guerre, celui de la Ruhr.
- Lé bassin industriel de la Ruhr absorbe donc sur
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- 51* Année.— 1" Semestre
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- place une grosse partie de sa production houillère et, parmi les industries consommatrices, il faut citer particulièrement la métallurgie dont les hauts fourneaux réclament d’importantes quantités 4e coke. Nous trouvons là l’explication d’une des différences qui séparent le hassin houiller de la Ruhr de celui du Nord et du Pas-de-Calais français, et qui a trait à la distillation des charbons. Les mines françaises vendent presque uniquement du charbon el ne distillent pas dans les fours à coke plus du douzième de leur production. Dans la Ruhr, au contraire, il n’y a guère de carreau de mine qui ne soit illuminé sans cesse par les défournements incandescents des gâteaux de coke; la batterie de fours à coke est le complément réglementaire du chevalement d’extraction et, en moyenne, on y distille le tiers de la production.
- I. Description du gisement. — a) Les couches houillères. — Le gisement houiller de la Ruhr fait partie de la vaste guirlande de gisements qui s’allonge en se ramifiant depuis l’Allemagne du Nord jusqu’à la mer d’Irlande et dont font partie le hassin français du Nord et du Pas-de-Calais, le hassin belge de la Sambre et de la Meuse, celui de la Campine et du Limbourg, le bassin d’Aix-la-Chapelle et les divers bassins anglais. La direction des couches houillères de "la Ruhr, abstraction faite des ondulations qui les affeeteut, est très faiblement inclinée du 'md-vers le Nord ou plus exactement vers le Nord-Nord-Om-st. C’est ainsi que les couches de charbon, qui aflleurent dans la vatlee de la Ruhr, se retrouvent à une profondeur inférieure à 10d0 ni. si l’on s’avance d une douzaine de kilomètres vers le Nord.
- Cette direction générale est aussi celle des terrains plus anciens sur lesquels les couches de l’époque carbonifère se sont déposées régulièrement, en concordance. Si donc, on traverse le bassin de la Ruhr du Sud vers le Nord (fîg. 2), on rencontre, à la surface du sol, des terrains de plus en plus récents. Ce sont d’abord.les assises dévoniennes de la région de Barmen et d’Elberfeld. Les couches houillères n’apparaissent, qu’à peu de distance au Sud de la rivière.
- Le hassin est donc nettement limité au Sud, sur la rive droite du Rhin tout au moins. Sa limite longe la Ruhr dans sa partie orientale jusqu’à Wetter, pousse ensuite une pointe au Sud de la rivière dans la direction de la grande agglomération industrielle d’Elberfeld-Barmen et se conforme à nouveau au cours général de la rivière, depuis Kethvig jusqu’au confluent du Rhin et de la Ruhr à Duisburg Ruhrort (voir la carte, fig. 1). Le bas-, sin se prolonge, en effet, sur la rive gauche du Rhin ou les exploitations prennent depuis 20 ans une ampleur rapidement croissante. La longueur totale du bassin de l’Ouest a l’Est (domaine de la rive gauche compris) est de 100 km environ.
- L’épaisseur totale des terrains carbonifères est d’environ 3000 mètres. Elle croit lentement vers le
- Nord où l’on suppose qu’elle atteint 4000 m. Il s’en faut que cette masse soit composée entièrement de charbon ; l’épaisseur cumulée de toutes les couches et passées charbonneuses qui sont réparties en 90 lits parallèles, ne dépasse pas 80 m., soit 1/40 environ de la totalité des terrains d’âge carbonifère. L’épaisseur moyenne d’une couche de charbon est donc inférieure à 4 m. Beaucoup sont fort minces et, en fait, il n’y a pas plus de 50 couches qui puissent donner lieu à une exploitation rémunératrice.
- Les couches de houille qui affleurent au Sud du bassin sont les plus anciennes et, sur une môme verticale, les couches les plus anciennes sont les plus profondes. Cette différence d’âge géologique se traduit par une différence dans la nature des charbons. Les couches anciennes sont pauvres en matières volatiles et souvent vendues comme charbons anthraciteux.
- Les couches plus récentes sont de plus en plus riches en matières volatiles et constituées dans l’ordre de volatilité croissante par des charbons gras, des charbons à gaz et des charbons flambants. Celte variété dans la gamme des charbons constitue une précieuse qualité du gisement. Rappelons a ce sujet, que dans le bassin français du Nord et du Pas-de-Calais, on retrouve aussi la série complète des charbons à teneur en matière, volatile croissante ; mais ces charbons sont séparés dans des régions différentes du bassin au lieu d’ètre simplement groupés oiuine ici sur une même verticale. Par ailleurs, les charbons anthraciteux y sont peu abondants, taudis qu’ils constituent dans la Ruhr un huitième du tonnage extrait.
- b) Les plissements. — Les couches houillères sont en réalité affectées par des plissements. Ces plis ondulent la couche, comme nous l’avons dit, sans modifier sa direction générale. Leur amplitude, assez variable, est de l’ordre de quelques centaines de mètres.
- Tous les plis sont parallèles et leur direction générale est sensiblement Est-Ouest. A la limite méridionale du hassin, ils sont assez aigus et serrés. Mais quand on s’éloigne vers le Nord, on les voit progressivement s’adoucir et prendre de l’ampleur eu se desserrant. En sorte que les chantiers d’exploitation sont souvent très inclinés dans la région sud, ou des charbons maigres, tandis qu’ils sont fréquemment plats dans la région de charbons gras, au Nord. De plus, les plis aigus du Sud ramènent au voisinage de la surface (fig. 2) les couches les plus profondes. Un môme puits peut alors exploiter dans ces régions à la fois les charbons gras et les charbons maigres. Dans la région du Nord, qui commence un peu au nord de Bochum, l'allure calme des mouvements orogéniques ne fournit plus la même facilité et l’on retrouve des conditions comparables, au moins à cet égard, à celles du gisement du Nord de la France.
- Ges plis, qui ont pris naissance à la fin de-Fépoque
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- primaire, ont été soumis à l’érosion dès leur apparition et fortement arasés dans la suilc des temps; la surface du sol, sur les rives de la Ruhr et au Nord de cette rivière, est le résultat de ce travail d’aplanissement qui, au relief puissant des montagnes, substitua une plaine monotone.
- c) Les maris terrains. — L’érosion fut si active durant T ère secondaire que cette plaine fut envahie par la mer. Au milieu de l’époque crétacée, une puissante transgression marine, pénétrant par le Fjord, vint recouvrir en partie la plaine des terrains primaires. Au cours de cette invasion, des couches de craie, d’argile et de sable, se déposèrent horizontalement sur les plis du carbonifère. Elles ne furent soumises à aucun plissement dans la suite des âges géologiques et recouvrent aujourd’hui de leurs lits parallèles les couches plissées et totalement discordantes par rapport à celles du gisement houiller. Ges couches récentes ou « morts terrains » ne se rencontrent que dans le Nord du bassin. Leur frontière méridionale, oblique sur la ligne d'affleurement du terrain carbonifère, recoupe celle-ci sur la rive droite du Rhin, à peu de distance (5 lun environ) du fleuve. Elle est à peu près rectiligne et jalonnée par les villes de Duisbourg, Essen, Bo-chum, Horde (faubourg sud de Dorlmund), c’est-à-dire par les principales cités de la Ruhr, elle recoupe à nouveau la limite sud du bassin houiller à 20 km à l’Est de Dortmund. En sorte que la zone d’aflleurement du terrain houiller (fîg. 1) a la forme d’un triangle aplati. L’épaisseur des « morls terrains )) croit régulièrement quand on s’éloigne vers le Nord, le bassin houiller ne peut donc plus être atteint alors qu’à une profondeur de plus en plus grande. Cette particularité complique les travaux d’exploitation. Aussi les fosses d’extraction deviennent-elles de plus en plus rares quand on s’approche de la ville de Recklinghausen qui marque sensiblement la limite septentrionale des exploitations importantes. Les sondages ont permis de constater que le bassin houiller s’étend encore plus au nord. La rivière de la Lippe, affluent du Rhin, qui coule parallèlement à la Ruhr, à une trentaine de kilomètres au Nord, marque très sensiblement la limite septentrionale du bassin reconnu.
- d) Les réserves.- — H reste dans toute cette région, jusqu’aux environs de -Dorten, de vastes étendues inexploitées qui constituent pour le bassin des réserves presque illimitées.
- Si Ton se limile vers le Nord à la région actuellement exploitée et en profondeur, à 1500 m., les ressources de la Ruhr sont évaluées à 60 milliards de tonnes.
- Si l’on pousse au Nord jusqu’à la vallée de la Lippe soits laquelle le charbon a été reconnu et sans changer la profondeur de 1500 ni., on évalue les réserves du bassin de la Ruhr à 110 milliards de tonnes. La première évaluation qui est la plus modérée montre qu’à l’allure actuelle d’extraction (100 millions de tonnes par an), l’épuisement
- Fig. 2. — Coupe géologique du Bassin de la Ruhr.
- Couleur gris foncé : charbons maigres’ moins foncé : 'cfaarfcOns gras; Pâle charbons a gaz; Blanc • flambants.
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- du gisement n’est pas k redouter avant 600 ans. . e) Les accidents de terrain. — Une des circonstances qui favorisent l’exploitation du charbon dans la Ruhr est la relative régularité du gisement. Les accidents géologiques, failles, étirements et charriages y sont, dans l’ensemble, peu importants. Les bassins houillers anglais sont plus favorisés encore à cet égard. Mais le bassin franco-belge est, par contre, d’une grande irrégularité. De vastes charriages y ont fait glisser les uns sur les autres des paquets de terrains d’àge analogue et replié les terrains dévoniens par-dessus le houiller plus récent. Dans chacun des grands compartiments qui ont été charriés, les couches sont brisées et étirées, fragmentées par cent accidents locaux. D’une concession à l’autre, parfois même dans l’intérieur d’une même concession, on éprouve les plus grandes difficultés à identifier une même veine. Dans le bassin de la Ruhr, qui est pourtant bien plus étendu que celui du Nord et du Pas-de-Calais, on connaît au contraire plusieurs couches repérées qui se suivent aisément à travers de très nombreuses concessions. L’une d’elles, constituée par des charbons flambants, porte le nom de Bismarck. Signalons seulement cinq failles, grossièrement perpendiculaires aux plissements, qui brisent le bassin transversalement et le décomposent en des sortes de gradins; la hauteur de ces gradins varie de 200 à 900 mètres.
- II. Les concessions houillères. — L’exploitation du bassin de la Ruhr est assez ancienne. Déjà au temps de la Révolution française, la production annuelle s’élevait aux environs de 200 000 tonnes. La disposition des concessions reproduit, comme on pouvait s’v attendre, l’évolution historique de l’exploitation des mines. Sur les rives de la Ruhr, berceau du bassin minier, se rencontrent des concessions minuscules (les premières lois minières limitaient l’étendue des concessions à 2 hectares). À mesure qu’on se déplace vers le Nord, les concessions grandissent et les plus récemment instituées couvrent près de 10 000 hectares. Rappelons qu’en France, on est entré beaucoup plus tôt dans la voie des vastes concessions, seule compatible avec une exploitation moderne et que parmi les concessions du Pas-de-Calais, instituées au milieu du xixe siècle, celle de Lens s’étend sur 6000 hect. environ. Le nombre des mines en activité dans le bassin de la Ruhr est d’environ 180. Il est à signaler que l’État prussien, ici comme dans le bassin de la Sarre, s’est proposé d’exploiter lui-même une partie du gisement, au même titre que les Sociétés privées. Cette détermination ayant été prise assez tard, c’est-à-dire quand le Sud du bassin était entièrement concédé, les mines de l’État prussien ou mines fiscales sont placées dans le Nord du bassin. Elles y occupent une étendue considérable (environ le dixième des terrains concédés). Leur exploitation est encore peu poussée, puisqu’on 1921 elle n’a pas atteint 6 millions de tonnes;
- III. La vente du charbon. — Les journaux ont entretenu à maintes reprises les lecteurs de deux institutions qui sont le fondement de l’organisation commerciale du charbon de la Ruhr, le Kohlensyndikat ou Syndicat des charbons et la Kohlensteuer ou Impôt sur les charbons.
- Autant et plus que les conditions techniques de l’exploitation, ce syndicat et cet impôt déterminent le prix de vente du charbon de la Ruhr, qui est lui-même un facteur prépondérant de la vie économique allemande. Il est donc essentiel de fournir ici quelques indications sur ce double sujet.
- Le Kohlensyndikat dont le nom exact est « Syndicat rhénan-westphalien des charbons ». (Rhei-nich-Westphalisches Kohlensyndikat) avait jusqu’à l’occupation française son siège à Essen. C’est avant tout un organisme de vente en commun. Les mines françaises du Nord et du Pas-de-Calais possèdent chacune, à côté de leur direction technique, une direction commerciale chargée d’écouler leurs produits. Il en va tout autrement dans la Ruhr. Les mines possèdent seulement des cadres techniques. Pour la vente du charbon, elles sont gouvernées par le système des mines-usines et par le Kohlensyndikat.
- Le système des mines-usines concerne exclusivement les charbons industriels et plus particulièrement les charbons métallurgiques. Le Kohlensyndikat vend toutes espèces de charbons.
- Le Kohlensyndikat, fondé en 1893, pour mettre fin à une concurrence ruineuse, groupe aujourd’hui pratiquement toutes les mines de la Ruhr. C’est une société où les mines ont une participation proportionnée à leur puissance d’extraction et dont l’objet s’étend, en principe, bien au delà du simple commerce des charbons.
- La puissance commerciale et industrielle que représente la vente annuelle de 80 millions de tonnes de charbon et la forte individualité de ses directeurs en ont fait un des éléments fondamentaux de la vie économique du Reich.
- Le K S. achète aux mines toute leur production disponible. Par production disponible, il faut entendre souvent une quantité très inférieure à la production réelle. Cette anomalie est causée par l’existence des mines-usines. La production disponible d’une mine ordinaire ne diffère de la production totale que des quantités assez faibles nécessaires au service intérieur de la mine et de son personnel. Mais, pour des mines appartenant à des sociétés métallurgiques ou mines-usines, on fait entrer dans le service intérieur de la mine le service des usines métallurgiques dont elles dépendent. Or celles-ci absorbent parfois, et au delà, dans leurs hauts fourneaux, gazogènes et chaudières, tout le charbon de la mine. Le tonnage qui échappe au contrôle du Kohlensyndikat par le système des minés-usines atteint environ le cinquième de la production totale. La métallurgie allemande s’est assurée de la sorte, d’une manière plus étroite que la métallurgie
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- française, son ravitaillement en combustible. Citons en exemple un groupement industriel bien connu, celui de Thyssen, dont le directeur actuel, Fritz Thyssen, fut, au début de l’occupation française, le porte-parole des industriels allemands dans leur attitude de résistance. Ses contrats avec le Kohlen-syndikat lui permettent de se réserver les 4/5 environ de la production du groupe des mines voisines de Duisbourg.
- Le Ivohlensyndikat agit comme un puissant organisme directeur et non comme un agent de vente direct au public. Il a établi en Allemagne et à l’étranger des circonscriptions ou zones de vente. Dans chaque zone s’est créée une société particulière qui est chargée de vendre les combustibles au public ou tout au moins aux consommateurs importants, en se conformant aux ordres du Kohlensyn-dikat. Au premier rang de ces sociétés, se place le Kohlenkontor de Muhleim, société de vente et de transport dont la zone d’action comprend, avec l’est de la France, la Hollande, la Suisse et l’Allemagne du Sud.
- On se rappelle qu’à la veille de l’entrée des troupes françaises à Essen, le Kohlensyndikat s’est réfugié à Hambourg avec son très nombreux personnel et toutes ses archives. C’est dans ses bureaux déserts que s’est installée la Mission des Ingénieurs français et alliés, dirigée alors par l’Inspecteur Général des Mines Coste.
- IV. L’impôt sur le charbon. — L’impôt sur les charbons majore dans une forte proportion le prix de cette matière première essentielle et a constitué pour le Reich jusqu’à présent une source importante de revenus. Il n’est donc pas surprenant que les alliés aient envisagé la perception de cet impôt à leur profit comme susceptible d’alimenter le compte des réparations en espèces.
- L’impôt sur les charbons est égal à 40 pour 100 du prix du charbon. Si l’on évalue, pour fixer les idées, à 70 francs la valeur moyenne d’une tonne de charbon sur le carreau de la mine, cette tonne supportera donc 25 francs d’impôt.
- La production totale de la Ruhr, si elle était régulièrement frappée par l’impôt, donnerait lieu à une
- recette annuelle de plus de deux milliards de francs.
- Mais la loi allemande exempte de l’impôt les charbons destinés à la consommation intérieure des mines et du personnel et même à la consommation des mines-usines. Les agents du fisc prussien ont des pouvoirs très étendus d’investigation dans la comptabilité des Sociétés houillères. En fait les magnats de l’industrie allemande, puissants propriétaires des mines, ont su faire adoucir quelque peu l’application de ces pouvoirs.
- On sait que les autorités d’occupation ont décidé de percevoir elles-mêmes un impôt analogue au précédent.
- V. Le bassin houiller sous l’occupation franco-belge. — Quand la Mission des Ingénieurs français et belges pénétra dans le Bassin de la Ruhr sous la protection des troupes, les directeurs des compagnies minières promirent de continuer les livraisons de charbon, pourvu que le charbon leur fût payé. Mais le gouvernement du Reich inaugura aussitôt sa politique dite de la « résistance passive » qui se proposait de lasser la patience et la persévérance des autorités d’occupation en suscitant toutes les difficultés possibles à leur tâche et en excitant la population contre elles. Les mines reçurent l’ordre de refuser le charbon aux Alliés, même contre paiement et aux troupes d’occupation même contre réquisition. Le personnel des chemins de fer fit grève par ordre. Par suite de cette grève et de l’interdiction d’exporter édictée par les Autorités d’occupation, les mines durent accumuler une bonne partie de leur production sur leurs carreaux ou même parfois en pleins champs.
- L’extraction fut réduite et le personnel du fond employé à des travaux préparatoires au détriment des travaux d’exploitation proprement dits. On envisagea ensuite des mises en congé des mineurs et même des licenciements.
- Les autorités d’occupation, fortes des droits que leur confère le Traité de Versailles, poursuivent leurs tâches et ont commencé la saisie des stocks importants accumulés dans les mines et les gares. La « résistance passive », aussi ingénieuse ou dure soit-elle, ne saurait les lasser. Pu. S.
- LA CLIMATOLOGIE COMPARÉE DES ANNÉES 1921 ET 1922
- Voilà encore une année de passée ! Qui est-ce qui se souvient du temps qu’il a fait, sinon les météorologistes? Et pourtant, le temps a été le tableau du fond, sur lequel s’est projetée notre vie quotidienne avec ses joies et ses peines; le temps a joué aussi un rôle infiniment plus important : il a réglé, à sa guise, la vie matérielle de tous ceux qui sont obligés de compter ; car il a créé l’abondance dans telle région, la disette et même la famine dans telle autre.
- Les observations et leur représentation. — Je
- me suis servi des observations faites à l’observatoire du Parc Saint-Maur, dans des conditions irréprochables, donnant les valeurs vraies du climat de la région parisienne, non modifié par la grand’ville. Les observations sont faites par M. Dufour et ses collaborateurs avec toute la rigueur scientifique désirable, selon les bonnes traditions de Renou ; ces observations sont, par conséquent, entièrement comparables à toute la série de Paris, dont j’ai réuni les deux siècles d’observations dans mon Atlas météorologique de Paris. J’ai représenté les
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- Pression
- Vent
- Température
- Insolation
- Nébulosité
- Humidité
- Hauteurs
- (Jours
- observations par la méthode graphique, d’après le schéma que j’ai établi dans mon article du 14 janvier 1922. L’année 1921 est figurée en pointillé et l’année 1922 en traits continus.
- Revue des éléments. — D’une manière générale, le temps a été, en 1921, clair, chaud et sec; en 1922, sombre, frais et humide. La pression ayant été, en 1922, généralement inférieure à sa valeur de 1921, l’appel d’air a été plus fort et, par conséquent, la vitesse du vent plus grande. Par suite de la distribution générale des pressions, le vent a soufflé, en 1922, le plus souvent du S.AV., tandis qu’en 1921, il venait du N.-E. ; il a donc été en 1922 plus humide qu’en 1921. L’insolation et la nébulosité ont varié, comme d’habitude, en sens inverse l’une de l’autre, comme des valeurs complémentaires. L’insolation a été, en 1922, plus faible qu’en 1921, et la température plus-basse. A noter les chaleurs exceptionnelles du mois de juil let 1921, qui ont atteint, le 28 juillet, le maximum de 58°,4 qu’on n’avait noté jusque-là qu’une seule fois depuis 50 ans, le 19 juillet 1881. Tandis qu’en moyenne, le maximum absolu de la température se produit vers le 20 juillet, en 1922, c’est dès le 24 mai que s'est produit le maximum absolu de l’année, 55°,4; au cours de l’été, pas une seule fois le thermomètre n’est monté jusqu’à 50 degrés.
- En 1922, il est tombé 172 pour 100 plus d’eau qu’en 1921 et 52 pour 100 plus que la moyenne de La Météo aux champs.
- Pluie
- Blé
- Seigle
- Méteil
- Avoine
- Orge
- Sarrasin
- Mais
- Pommes de terre
- Betteraves à sucre Prairies artificielles Fourrages verts Prés naturels
- Haricots secs
- Lentilles
- Pois secs
- Vin
- Tabac
- France
- Algérie
- 1 94%
- 1 129%
- H 87%
- H..I 75%
- ,117%
- .*106%
- 1272 %
- ,156%
- l—l 85 % ...., 75 %
- , 118%
- 103 %
- 165%
- 131 %
- Fig. 1. — Pourcentages de l’année iq22 (traits pleins) par rapport à 792/ (pointillé).
- 49 dernières années. - Le rendement moyen du blé a été, en 1922, de 12 quint. 46 par hectare, au lieu de 16 quint. 35 en 1921. Les façons de culture étant restées sensiblement les mêmes, la différence provient des conditions météorologiques défavorables; or, le déficit d’un quintal de blé par hectare représente, pour la France, une somme de 400 millions de francs à débourser, pour acheter du blé à l’étranger. Cela mérite réflexion! Si nous ne pouvons pas commander aux éléments, du moins il semble bien qu’on pourrait prévoir le rendement
- probable de la récolte du blé plusieurs mois à l’avance.
- Voici, en effet, comment se pose le problème. Le développement de la végétation présente une période particulièrement sensible à l’action des agents atmosphériques, c’est l’époque de la floraison. La Nature, prévoyante, l’a espacée sur une période assez longue, qui s’étend sur plusieurs semaines, afin que quelques fleurs puissent échapper aux conditions défavorables, si elles ne se prolongent pas trop. C’est surtout le professeur italien Àzzi qui s’est attaché à montrer l’importance de la période critique, qui, pour le blé, se place au début de l’épiage, au moment de la floraison et de la fécondation, fin mai et commencement de juin. M. Beauverie, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand et directeur de la Station de sélection des semences, a pu vérifier, d’une façon assez approchée, la théorie du professenr Azzi ; ainsi, en 4921, à l’époque de l’épiage : période humide favorable; ensuite : plus une goutte d’eau jusqu’à la récolte, qui fut pourtant abondante ; en 1922, pas assez d’eau au moment de l’épiage ; malgré les pluies ultérieures, récolte médiocre.
- Voici un autre exemple de l’influence des conditions météorologiques.
- M. le Dr Fonze-Diacon, professeur à l’Université de Montpellier, a trouvé que la sécheresse au moment de la véraison, quand le raisin commence à prendre la couleur de sa maturité, favorise la richesse du vin eri acide tar trique, ce qui assure sa parfaite conservation.
- Pour préciser ces relations, il faudrait multiplier les observations simultanées des éléments météorologiques et de la végétation, dans la même localité. Par ce temps de concerts par téléphonie sans fil et de radios agricoles de l’Office National Météorologique, les propriétaires de grands domaines agricoles trouveraient agrément et profit à installer chez eux des petits postes d’écoute et quelques instruments météorologiques.
- Au point de vue agricole, l'année 1925 a débuté
- 158%
- 152%
- 125 %
- 140%
- ,116%
- 105 %
- 128%
- 110%
- ..I 89%
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- sous les meilleurs auspices, aussi bien par une augmentation considérable des surfaces ensemencées que par des conditions météorologiques des plus favorables.
- Un peu de théorie. Les années 1921 et 1922 se suivent et ne se ressemblent pas ; on ne saurait donc les faire entrer dans une même période, sans trop solliciter la vérité. La prévision rationnelle du temps ne se fera pas par la découverte d’une périodicité, qui ne saurait englober, à la fois, tant d’éléments qui changent chacun à sa manière, mais en appliquant à l’atmosphère une méthode analogue à la prévision des marées océaniques, quand on aura élucidé les réactions de chimie physique, qui se produisent dans l’atmosphère.
- Le problème n’est pas, d’ailleurs, facile à résoudre. Dune part, tandis que Vastronome s’occupe de corps géométriques de formes invariables, qui obéissent à des lois relativement simples, le météorologiste a alfaire à des nuages, dont l’aspect varie souvent avec une rapidité déconcertante; les formes sont généralement mal délimitées, vagues, « nuageuses » pour tout dire ; elles rappellent certaines gelées de
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- Fig. 3. — Fréquences des directions du vent en iç2i (pointillé) et 1922 (traits pleins).
- Fig. 2. — Les éléments météorologiques :
- année iç2i en pointillé; /922 en traits pleins.
- la chimie colloïdale. Puis, les nuages, étagés d’ordinaire les uns au-dessus des autres, échappent, en partie, à notre vue. Enfin, malgré leur étendue et leur volume, ils flottent au gré du vent, dont la direction et la vitesse varient avec la hauteur. D’autre part, l’astronome peut faire tenir, dans le champ de sa lunette, tous les astres, quelle que soit leur grandeur réelle ; tandis que le pauvre météo doit deviner, de son cabinet, les trajectoires probables des tourbillons atmosphériques, qui embrassent des milliers de kilomètres et parcourent le globe en tous sens, ne tenant aucun compte des frontières politiques, péniblement établies par les hommes.
- Cependant, on a pu démêler, peu à peu, les règles qui président à la circulation générale de l'atmosphère; ces règles comportent, naturellement, des exceptions. Malheureusement, dans nos régions, ce sont les exceptions qui dominent. Comme on n’a tenu compte d’abord que de l’action calorilîque du Soleil et de l’action mécanique de la rotation de la Terre, il a fallu évidemment, pour rétablir l’harmonie des lois naturelles, considérer certaines variables qu’on avait négligées en première analyse. On en a déjà étudié assez bien une première, la condensation
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- LES ROSES DE JÉRICHO
- de la vapeur d'eau, et il semble bien qu’on soit sur le point d’en déterminer une autre, la contraction des gaz de Vatmosphère, qui établira une liaison entre la Météorologie et l’Electricité atmosphérique.
- Dans mon article du 14 janvier 1922, j’ai montré qu’on n’a pas tenu compte jusqu’ici du rôle joué par Yoione dans, l’atmosphère. S’il arrive à un traité de Météorologie de mentionner la présence de l’ozone, ce n’est qu’au point de vue de l’Hygiène. Depuis, j’ai appris que MM. Fabry et Buisson, dans leurs recherches de physique, ont trouvé des masses relativement importantes d’ozone dans les couches supérieures de l’atmosphère. D’ailleurs, l’oxygène n’est pas seul à pouvoir se contracter sous l’influence d’effluves électriques, qui nous sont rendues visibles par les aurores polaires. En effet, en faisant passer des effluves électriques dans Yhydrogène et Yazote à basse pression, Wendt a obtenu des molécules triatomiques de ces gaz. Antérieurement à Wendt, J.-J. Thomson avait déjà trouvé de l’hydrogène tria-tomique, en utilisant, contre l’édifice moléculaire de l’hydrogène, la grande force de pénétration des rayons positifs. Suivant le procédé fréquent d’entr’aide mutuelle de sciences voisines, ces faits me paraissent
- présenter pour la Météorologie un intérêt considérable, comme je l’ai indiqué dans une Note déposée à l’Académie des Sciences, pour prendre date (J).
- Nous pouvons, dès maintenant, émettre l’hypothèse, très plausible et très utile pour guider les recherches, que les dépressions sont produites par la propagation d’effluves électriques, qui contractent l’oxygène, l’hydrogène et l’azote en molécules triato-. miques, donnant ainsi naissance à un vide local, cause première de l’appel d’air. Comme nous l’avons vu, l’action des rayons positifs, des rayons a, est identique à celle des effluves électriques; or, c’est en éclairant l’azote avec des rayons a que Slark a réussi à reproduire la raie caractéristique des aurores polaires. On s’explique alors, pourquoi les dépressions proviennent des régions avoisinant les pôles magnétiques terrestres. Nous sommes ainsi amenés au Magnétisme terrestre, auquel j’ai consacré mon article du 24 juin 1922.
- Malgré des difficultés énormes, la Météo progresse, quoique lentement. Joseph Lev[ne>
- Auteur de l’Atlas météorologique de Paris.
- 1. Noie déposée le 16 août 1922, insérée dans les Comptes rendus le 5 mars 1925.
- LES ROSES DE JÉRICHO
- La Bible mentionne plusieurs fois la rose de Jéricho : « J’ai grandi comme lejpalmier de Gabès,
- L’abbé Boullu a fait des recherches dans la collection des missions catholiques et en a publié les
- Fig. i. — Selaginella lepidophylla.
- comme le rosier de Jéricho », paroles que l’Église catholique applique à la Mère du Christ. On cultivait en grand dans les champs, pour en extraire des parfums (soit de l’eau de rose, soit de l’essence de rose), une rose qui devait être vraisemblablement la Rose à cent feuilles (Rosa cenlifolia de Linné) ; par la distillation des pétales, on obtenait l’eau de rose employée comme collyre astringent et par leur macération dans l’huile de Sésame, l’essence de rose employée dans la parfumerie. Cette essence de rose’est d’un prix très élevé, aussi est-elle remplacée souvent par l’essence tirée du Géranium à la rose (Pélargonium capitatum Ait).
- résultats dans un intéressant article des Annales de la Société botanique de Lyon, t. XIX, 1894, p. 43, auquel j’emprunterai en partie les renseignements qui suivent.
- Que devinrent après la conquête romaine et sur tout après les ravages des Perses et des Arabes ces cultures de roses auxquelles la ville doit probable' ment son nom : Jéricho en hébreu signifiant : parfum.
- Quand les Croisés, après la prise de Jérusalem, arrivèrent dans la vallée du Jourdain, ils cherchèrent vainement la Rose de Jéricho. Ils trouvèrent fine petite composée, radiée, annuelle, dont la calathide
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- LES ROSES DE JERICHO —.........—..... ... 249
- desséchée, enfermée dans les folioles presque ligneuses dé l’involucre, présentait l’aspect d’une tête de clou; il fallait, certes, beaucoup de bonne volonté pour voir là une rose. Dès qu’on trempait la racine dans l’eau, les folioles du péricline s’écartaient en étoile. On l’appela Rose de Jéricho : c’est sous ce nom quelle fut apportée en Europe, où plusieurs chevaliers en firent une pièce de leur blason ; son nom botanique est Asteriscus pygmæus.
- En 4851, de Saulcy retrouva cette plante près de Jéricho et y vit la Rose des Croisés. Elle existe non seulement en Palestine, où elle croît dans les marais inondés l’hiver, mais aussi en Egypte, dans un ouadi près du Caire, dans l’Arabie Pétrée, le Belouchistan inférieur, la Tunisie et l’Algérie.
- Quand les Croisés quittèrent la Palestine, le souvenir de cette deuxième Rose de Jéricho se perdit insensiblement. Les Arabes, auxquels les pèlerins s’adressèrent, leur vendirent sous ce nom une plante désséchée demi-ligneuse. C’est une petite Crucifère siliculeuse, annuelle, presque dépourvue de tige, se divisant dès le collet de la racine en plusieurs branches étalées à terre, à feuilles grisâjtres, à fleurs sessiles, petites, rosées ou blanches. Il leur succède des silicules, presque globuleuses, pubescentes, bivalves, biloculaires, à deux graines par loge.
- Dès que les feuilles sont desséchées et que les graines arrivent à maturité, les branches se recroquevillent en boule de la grosseur (l’une petite pomme. Ce resserrement a pour résultat d’empêcher les silicules de s’ouvrir et les graines de se perdre au milieu des sables brûlants. Le vent du désert déracine la plante et là disperse au loin vers les rivages
- Fig. 2. — Anastatica hiericuniica.
- de la mer Morte. Qu’il survienne une pluie ou que la plante rencontre un terrain humide, aussitôt les rameaux se desserrent, les valves de la silicule s’ouvrent, les graines s’échappent et, grâce à l’humidité du sol, ont la possibilité de germer et de se développer. *
- La superstition s’est emparée de cette propriété hygrométrique; les femmes bédouines, sur le point d’être , mères, font tremper cette plante dans l’eau et boivent cette eau, persuadées que son épanouissement sera le signal de leur délivrance. J’ai vu moi-même en France, dans une ville de province, recourir, en pareil cas, à un pareil procédé!
- Les Arabes ont nommé cçtte plante Kalf-Marioni (la main de Marie). C’est celle qu’ils vendent dans leurs bazars sous le nom de Rose de Jéricho/ Son nom botanique est Anastatica hiericuntica qui lui a été imposé par Linné ; le nom générique rappelle les propriétés hygrométriques qui semblent faire ressusciter la plante et le nom spécifique rappelle le nom du pays d’origine, quoiqu’elle ne croisse pas à Jéricho même, mais dans les déserts de la mer Morte, la Syrie, l’Egypte et la presqu’île sinaïtique où elle est parfois si abondante qu’elle sert de combustible aux voyageurs.
- L'Anastatica est bien moins hygrométrique que Y Asteriscus qui s’épanouit en deux ou trois minutes, tandis que Y Anastatica met deux ou trois heures.
- En résumé.
- 4° La Rose de Jéricho de la Bible est la rose des jardins dite à cent feuilles ;
- 2° La Rose des croisés est Y Asteriscus pygmæus',
- Fig. 3. — Asteriscus pygmteus.
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- 250 L’INVAR
- 3° La Rose des pèlerins est. Y Anastatica hieri-cuntica.
- Les renseignements ci-dessus sont tirés, comme nous l'avons dit, de l'intéressant article de feu l’abbé Boullu, botaniste lyonnais, connu surtout par ses travaux sur les Roses, sujet ardu et épineux entre tous, pour les botanistes. Je me plais à me rappeler à cette occasion mes excellents rapports avec lui et sa sympathique figure rencontrée par moi dans le Dauphiné.
- On vend aussi parfois, en raison de ses propriétés hygrométriques, une très belle Sélaginelle de l’Amérique tropicale : Selaginella lepidophylla Spreng, cryptogame vasculaire, voisine des Lycopodes et des Fougères, qui forme à l’état sec une boule d’un brun rougeâtre de la grosseur d’une grosse pomme et s’épanouit dans l’eau en une touffe très élégante.
- Ces propriétés sont communes à un certain nombre de plantes des déserts. De là l’histoire des « plantes sautantes » du Kansas qui a fait, il y a quelque trente ans, le tour de la presse et que mon savant ami, M. J. Car dot, a mise au point dans une note publiée en 1891 dans les Mémoires de la Société des Amateurs naturalistes du Nord de la Meuse.
- « Il s’agissait d’une plante du Kansas qui, une fois déracinée, forme en se desséchant de grosses boules très légères-et douées d’une certaine élasticité, ce qui leur donnerait l’aspect d’animaux vivants, emportés dans une course désordonnée; à en croire l’article en question, des chasseurs, fort myopes sans doute, auraient pris ces boules roulantes et bondissantes pour des troupeaux de bisons et se seraient lancés à leur poursuite.
- «
- L’INVAR ET
- Recherches nouvelles sur l’Invar. — L’invar est, comme le savent nos lecteurs, un alliage de fer et de nickel, à 36 pour 100 environ de ce dernier, qui jouit de la singulière propriété de n’éprouver, par la chaleur, qu’une très faible dilatation. Mais cette indication rie suffit pas à la connaissance complète de l’invar; il faut savoir quelle est, sur ses propriétés, l’action des corps étrangers, et quelle est aussi l’influence' des traitements thermiques ou mécaniques que peut subir l’alliage. J’ai consacré à ces questions complexes de longues recherches, que je vais très brièvement résumer.
- Action d’un troisième constituant. — Le carbone et le manganèse sont, l’un inévitable, l’autre indispensable pour rendre le métal sain et facile à forger. Les quantités considérées comme normales sont 0,4 pour 100 pour Je manganèse et 0,1 pour 100 pour le carbone; mais on s’écarte, en pratique, de ces proportions, que l’on ne peut pas réaliser rigoureusement et qu’on a, de plus, intérêt à réduire ou à augmenter, lorsqu’on veut conférer à l’alliage certaines propriétés, particulières.
- ’ L’ÉLINVAR ............—rr:
- « Un Américain, M. le professeur Barnes, du Botanical Gazette, consulté à ce sujet dit que ces Tumble-iveeds(*) sont balayées par le vent et lorsqu’elles rencontrent, des obstacles à leur course, s’amoncellent contre l’obstacle jusqu’à ce qu’elles en atteignent le sommet, formant par leur masse un plan incliné sur lequel les dernières venues roulent, s’élèvent et franchissent l’obstacle, pouvant ainsi continuer leur pérégrination.
- C’est là sans doute ce qui a donné naissance à l’idée que ces « plantes sautantes » exécutent des bonds prodigieux.
- Nous avons en France un certain nombre de plantes croissant dans les lieux arides, sablonneux, à racine peu tenace, qui sont souvent déracinées et entraînées par les vents. Pour n’en citer qu’une seule, par exemple ; YEryngium campestre à tendance calcicole, qui porte, de cé fait, dans l’Ouest, le nom de Chardon roulant.
- Il y a là une adaptation très curieuse qui semble • suppléer, pour favoriser la dispersion de ces plantes, à l’absence d’aigretles plumeuses.
- Ces plantes, transportées à l’état de boule, semblent garder leurs graines pour ne les répandre que là où quelque mare les faisant ouvrir permet à ces graines, grâce à une humidité suffisante, de germer et de se développer^,'
- Ces faits, comme l’écrit M. Cardot, semblent appuyer la théorie de Lamarck de l’adaptation des facultés biologiques des plantes et des animaux aux milieux ambiants. Émile Gadeceau.
- I. Tumble, se rouler, v>eeds, mauvaises herbes.
- L’ÉLINVAR
- Des métaux divers peuvent, en outré, intervenir dans l’alliage pour lui assurer des qualités jugées utiles; tels sont le chrome, le tungstène, le cuivre, etc., qui élèvent sa limite élastique, ou le rendent plus ductile.
- Le diagramme (fig. I) donne une idée nette de leur action sur la dilatabilité. La courbe de base correspond aux alliages contenant le manganèse et le carbone normal, et que l’on pourrait nommer les alliages-types; les autres renferment la proportion de nickel marquée par l’abscisse, et pour le manganèse, le chrome, le cuivre et le carbone, la teneur indiquée sur les courbes. Ce sont les limites pratiquement atteintes; au delà, les alliages deviennent d’un traitement difficile.
- On voit que toutes les additions élèvent la dilatabilité, et l’on en conclut, par extrapolation, que celle d’un alliage de fer et de nickel seuls serait, au minimum, sensiblement nulle.
- Bien entendu, l’influence des additions ne varie pas proportionnellement à celle-ci; le coefficient s’atténue à mesure qu’augmente la teneur en corps
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- L’INVAR ET L'ÉLINVAR
- 0 20 4O GO 80 100
- Fig. i. — Influence de la présence de nickel, de manganèse, de chrome, de cuivre, de carbone sur la dilatabilité des aciers Invar.
- (Les courbes indiquent, en abscisses : les teneurs de métal étranger ; en ordonnée : le coefficient de dilatation.)
- étrangers. Possédant l’analyse complète d’un alliage donné et connaissant, pour chaque teneur, les coefficients de chacun des composants, on peut aujourd’hui calculer sa dilatabilité avec une grande précision.
- Dès qu’on s’éloigne du minimum, chaque valeur de la dilatabilité peut être obtenue par des combinaisons diverses, et, parmi les compositions entre lesquelles on a le choix, on s’arrêtera à celle qui réalise le plus complètement les propriétés que l’on veut obtenir.
- Action des traitements. — Dans ce qui précède, on a toujours supposé que l’alliage était naturel, c'est-à-dire forgé à chaud et refroidi à l’air. Mais, chose singulière, dans les aciers au nickel, le traite-
- Fig* 2. — Expérience permettant d’apprécier l’élasticité d’un fil géodèsique.
- ment subi par l’alliage possède une action notable sur la dilatabilité. Si on l’a refroidi lentement dans le four, elle est plus forte; s’il est trempé, elle est moindre; s’il est soumis à un écrouissage, elle s’abaisse encore, de telle sorte que la dilatabilité de l’invar, qui est normalement de l°10~c, peut différer de 1,7°10~6, si un échantillon donné est soit refroidi au four, soit trempé et écroui. On peut ainsi amener, par étirage, de l’invar bien réussi à posséder une dilatabilité négative ; mais cette valeur est instable, car il suffit de réchauffer l’alliage, par exemple à 100°, pour le voir devenir moins anormal, et, au bout d’une centaine d’heures, prendre une dilatabilité limite, de 0,6°10-6 plus forte que la valeur artificiellement abaissée.
- Ainsi, chose singulière, un échantillon d’invar étant donné, on est maître de sa dilatabilité dans des limites étendues, et celle-ci, une fois fixée, conserve sa valeur. C’est une particularité précieuse de ' ce remarquable alliage.
- Variations progressives. — Dès le début de mes recherches sur l’invar, j’avais signalé la variation progressive qu’éprouve cet alliage, et qui consiste en un allongement spontané, qui va en s’atténuant, mais que des mesures précises et suffisamment espacées permettent encore de déceler après plus de vingt ans.
- J’avais cru que ce changement était inhérent à l’invar, et même j’avais établi une théorie démontrant qu’il en était nécessairement ainsi ; non point une théorie philosophique d’après laquelle la nature compense toujours ses bienfaits par quelque maléfice, mais une théorie physico-chimique des transformations, de laquelle résultait la. démonstration même de ce changement.
- Heureusement, comme je m’en suis convaincu plus tard, cette théorie était fausse. Dans ces dernières années, j’ai trouvé que le carbone est seul responsable des changements progressifs de l’invar, à tel point que, si on pouvait en débarrasser, com-
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- L’INVAR ET L’ELINVAR
- plètemenl l’alliage, on aurait de l’invar absolument stable. Mais le fer est tellement avide de carbone qu’on ne peut pas l’en libérer entièrement, et il en est de même de ses alliages où il intervient comme un constituant essentiel. Ayant réduit le carbone au minimum possible, il faut alors ajouter à l’alliage un peu de chrome, qui, formant avec ses derniers restes, une combinaison, stable, annule son effet nocif. La diminution du carbone abaisse la dilatabilité, l’addition du chrome la relève; on obtiendra donc l’invar stable avec une dilatabilité différant peu de celle de l’invar normal. Dans la pratique, et comme on ne dose pas toujours exactement les composants, on consentira, cependant, soit un petit reste d’instabilité, soit une dilatabilité appréciable.
- Fils géodésiques. — Aujourd’hui, toutes les mesures de bases géodésiques sont faites au moyen de fils d’invar librement suspendus. Pour préparer ces fils, on choisit une coulée qui, à l’état naturel, possède une dilatabilité voisine de 1 millionième, puis on la soumet à l’étirage, et, pour finir, on l’étuve, opération qui consiste à la chauffer à lOO®, température que l’on maintient pendant plusieurs jours, puis qu’on fait décroître de manière à atteindre la température ordinaire au bout de trois mois environ. On amène ainsi sûrement la dilatabilité à une valeur telle que, si un fil fait avec une semblable coulée est employé à l’air libre, on peut commettre sur sa température une erreur de 5 degrés, sans qu’il en résulte, pour sa longueur, une valeur erronée de 1 millionième; mais, la plupart du temps, on arrive à la moitié de cette limite, de telle sorte que la mesure de la température devient presque superflue.
- Il est essentiel aussi que les fils géodésiques possèdent une élasticité élevée. Ils sont, en effet, enroulés pour leur transport sur un cercle d’un diamètre de 50 centimètres et, pour leur usage, ils sont tendus par un effort de 10 kilogrammes. Or, il faut que ces deux opérations se fassent sans aucune déformation permanente, c’est-à-dire à l’intérieur de la limite élastique.
- On peut déterminer très simplement cette limite en obligeant un fil, de 1 mm. 65, qui est le diamètre normal des fils géodésiques, à s’enrouler sur un cylindre de 10 centimètres et en le laissant reprendre sa forme naturelle (fig. 2). S’il s’étend en une circonférence de 20 cm. il est bon; à partir de 22 ou 23 cm. il est excellent. Avec un invar très carburé, par exemple à 0,4 ou 0,5 pour 100, on arrive à un diamètre d’expansion de 29 ou 30 cm. ; mais un fil possédant cette composition aurait une dilatabilité notable et, de plus, posséderait une instabilité marquée. Il y a, au contraire, intérêt, comme nous l’avons vu, à éliminer le carbone autant que possible. Alors, pour donner à l’alliage une élasticité suffisante, on l’additionne de chrome qui, comme nous l’avons vu, relève la limite élastique en enlevant les dernières traces d’instabilité.
- L’Elinvar. — L’élinvar est un mot nouveau qui
- désigne un alliage à élasticité invariable. Cette propriété est aussi fort importante. Diapasons pour la mesure des intervalles de temps, suspensions monofilaires, et par-dessus tout spiraux de montres, gagneraient beaucoup à être faits en un alliage conservant la même élasticité à toutes les températures auxquelles l’instrument peut être amené.
- Dans les métaux ordinaires, le coefficient de variation du module d’élasticité ou coefficient thermo-élastique est de l’ordre de 1/3000 à 1 /5000. Ce coefficient est une fonction des dilatations, et une statistique, faite sur les métaux et alliages normaux, a montré qu’il est 20 à 25 fois plus grand que ces dernières.
- Dans les montres, c’est le changement d’élasticité du spiral qui est responsable de la plus grande partie des variations de la marche par l’effet de la température, à tel point que, si les dilatations étaient seules en jeu, on aurait sans doute découvert leur action seulement à une époque récente. Mais il y a plus de cent cinquante ans que l’on connaît cette action, et le balancier compensateur, inventé par Pierre Le Roy et perfectionné par Arnold, puis par Earnshaw, est l’organe qui, par ses changements, est chargé d’annuler ceux du spiral.
- Il y a environ vingt-cinq ans, un horloger fort distingué, Paul Perret, ayant tiré un spiral d’un morceau d’invar que je lui avais envoyé, constata que la montre qui en était munie avançait au chaud.
- Il me proposa d'associer nos efforts, et c’est ainsi que nous arrivâmes à une première solution du problème de la compensation par le spiral.
- Reprenons la question à son origine. Les aciers . au nickel présentent, au point de vue de l’élasticité, une anomalie tout aussi curieuse que celle de leur dilatation. Si l’on porte en abscisses la température, en ordonnées le module d’élasticité, on obtient une courbe telle que A (fig. 3), et l’on voit qu’un acier au nickel déterminé, loin de s’affaiblir constamment à mesure que la température s’élève, comme le font les autres métaux, traverse une région de complète anomalie, où le module se relève; l’anomalie franchie, il s’abaisse de nouveau. Nous avons donc deux points où la variation du module est nulle; ce sont le minimum et le maximum de la courbe.
- JSi, maintenant, nous prenons pour abscisse la teneur en nickel et pour ordonnée le coefficient thermo-élastique à 20°, nous obtenons une courbe telle que B (fig. 4), qui montre l’anomalie sous une autre forme. Pour toutes les teneurs entre 28 et 45 pour 100, l’ordonnée de la courbe est positive, et, dans cette région, l’alliage se raidit lorsqu’on le chauffe; le maximum de l’anomalie a lieu pour l’invar ; si l’on fléchit une barre de ce métal par un poids déterminé, on la voit se redresser un peu quand on élève sa température.
- Les deux points où la courbe coupe l’axe des abscisses, et qui correspondent au maximum et au minimum de la courbe A, représentent un élinvar,
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- mais un élinvar incomplet; en effet, l’élasticité de ces deux alliages est invariable seulement dans un intervalle de température infiniment petit, des deux côtés duquel elle se relève ou s’abaisse. De plus, l’alliage est extrêmement sensible aux variations des teneurs, puisque la courbe B coupe l’axe des abscisses sous une forte inclinaison.
- Malgré les défauts de ce premier élinvar, il peut rendre des services fort importants ; ils sont nettement mis en lumière par le fait qu’on a construit près de 50 millions de montres qui doivent leur compensation approximative à ce qu’elles sont munies d’un spiral de cet alliage.
- Dans ces spiraux, l'erreur' secondaire est considérable; comme le module d’élasticité passe par un maximum (le minimum n’a pas été utilisé pour des raisons de limite élastique), les montres avancent d’abord lorsque la température s’élève, puis retardent ensuite; le maximum est assez brusque, et, en supposant le spiral exactement ajusté sur un intervalle de 30 degrés, c’est-à-dire en admettant que la marche de la montre soit la même à 30° qu’à 0°, elle sera de 20 à 25 secondes en avance à 15°. Le gain est cependant énorme sur le spiral d’acier, qui donnerait, dans le même intervalle, une variation de marche de 5 à 6 minutes par jour.
- Je crus pendant longtemps que l’erreur secondaire du nouveau spiral ne pourrait pas être réduite, et qu’on avait tiré des aciers au nickel tout ce qu’ils pouvaient donner pour le réglage. En 1912 cependant, m’apparut le vague espoir d’une solution complète. J’étais alors occupé aux recherches sur l’action d’un troisième constituant, et, me fondant sur une analogie, je vis nettement comment on trouverait l’élinvar absolu.
- En rapprochant la courbe qui représente l’anomalie d’élasticité de celle qui figure la dilatabilité des alliages types (fig. 1, 3 et 4), nous remarquons qu’elles sont approximativement symétriques l’une de l’autre. D’autre part, nous savons que les addi-
- Fig. 4. — Valeur à 2o° du coefficient thermo-élastique d’un acier au nickel en fonction de sa teneur en nickel.
- Courbe B. On voit également ici une région d'anomalie, dans laquelle ce coefficient est positif.
- La courbe D,.tangente à.l’axe des abscisses et pour laquelle cette anomalie est supprimée correspond à l'alliage contenant une proportion d’additions équivalente à 12 pour 10U de chrome.
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- Fig. 3. — Valeur du module d’élasticité dans un même acier au nickel en fonction de la température.
- Courbe A. On voit que dans une certaine région, le module d’élasticité, au lieu de diminuer, se relève avec la température.
- La courbe C pour laquelle cette anomalie est supprimée correspond à un alliage contenant une proportion d’addition équivalente à 12 pour 100 de chrome.
- lions comblent peu à peu le fossé que .présentent les anomalies de dilatation, et il était naturel de penser qu’il en serait de même pour l’anomalie d’élasticité.
- Cette idée ayant mûri, je demandai à la1 Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville, qui m’avait toujours soutenu dans ces recherches avec une largeur de vues à laquelle je ne puis assez rendre hommage, de me fournir des alliages chromés destinés à mettre en évidence les propriétés prévues, et à en fixer la valeur numérique. Les expériences aussitôt commencées avec la collaboration de la Société des Fabriques de Spiraux réunies, furent bientôt interrompues par la guerre, et n’ont permis des conclusions certaines qu’en 1919. J’avais tracé alors une courbe des élasticités en fonction du nickel telle que D (fig. 4), qui était tangente à l’axe des abscisses; on avait donc un alliage qui, tout en possédant un coefficient thermo-élastique nul, laissait une certaine marge pour les teneurs, et, fait qui est une conséquence du premier, le module d’élasticité montrait un palier entre deux branches descendantes (courbe C, fig. 5). On avait donc un élinvar absolu, dans lequel le coefficient thermo-élastique nul était figuré par un point d’inflexion.
- Des recherches faites par M. P. Che-venard, aux Aciéries d’Imphy, avec des alliages de fer, de nickel et de chrome aussi purs que possible, ont montré que l’on obtient ce résultat avec une addition de 12 pour 100 de chrome. Mais, dans la pratique, il est avantageux de recourir à une autre solution; en effet, toutes les additions agissant dans le même sens, on gagne à les combiner de telle sorte que les alliages réunissent autant que possible l’ensemble
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- des propriétés cherchées : facilité relative de travail, limite élastique élevée, permanence dans le cours du temps, etc. Ainsi a été franchie la dernière étape dans ce problème difficile de la compensation par la réalisation de l’élinvar parfait, et l’on peut dire qu’une ère nouvelle vient de s’ouvrir pour le réglage des montres; désormais, le spiral compensateur s’applique à la très bonne montre.
- Jusqu’ici, pour simplifier l’exposé, il n’a pas été tenu compte des effets de la dilatation ; les variations d’élasticité du spiral étant de beaucoup la cause la plus importante des changements de marche aux diverses températures, on a supposé qu’elles agissaient seules. En fait., c’est à un balancier donné, par exemple en laiton, que l’on doit chercher à appliquer l’élinvar. Mais, comme les réalisations métallurgiques ne se font pas avec une rigueur absolue, les diverses coulées d’élinvar exigent, pour assurer la compensation, des balanciers de dilatabilité un peu différente. On a, du laiton à l’invar, une marge assez large pour trouver toujours un balancier qui s’adapte le mieux possible à une coulée d’élinvar, et que l’on déterminera par l’essai de la coulée; ce balancier s’appliquant à quelque cent mille spiraux, le coût de cet essai est insignifiant. Nous sommes ainsi en possession d’une montre compensée, par la' seule association du spiral avec un balancier approprié.
- Mais on n’est pas arrivé ainsi à une perfection rigoureuse; on est seulement assuré du dixième de seconde par degré et par jour, centième de l’erreur à laquelle conduisait le spiral d’acier. Le petit reste est causé par les inévitables défauts d’homogénéité de la coulée, et, si l’on veut gagner à coup sûr ce dernier résidu de l’action de la température, il faut que la "montre possède un organe permettant une légère retouche.
- M. Paul Ditisheim y est parvenu à l’aide d’un balancier mixte, à la fois monométallique et bimétallique. Il se compose, pour la majeure partie, d’un volant d’un seul métal, sur lequel sont fixées deux petites lames bimétalliques dont on peut régler l’action à volonté.
- Ici, une question se pose : qu’a-t-on gagné à supprimer le balancier compensateur, puisqu’il réparait sous une autre forme’? La réponse est facile. Ce n’est pas tant au fait de la nécessité d’une compen-
- sation qu’il faut attribuer les difficultés du réglage qu’à la grandeur de l’action demandée au balancier.
- En effet, lorsque l’action des lames bimétalliques est réduite au centième, comme cela arrive dans l’emploi du spiral d’élinvar, tous les inconvénients disparaissent. Les lames qui formaient la totalité du balancier compensateur, et qu’il fallait mettre en équilibre après les avoir coupées, exigeaient un long et minutieux travail dans lequel résidait la majeure partie de l’habileté du régleur. Dans le nouveau balancier, l’équilibre est obtenu automatiquement, et il ne s’agit plus que d’une petite perturbation, dont on vient à bout après quelques retouches. Une montre étant finie, le réglage ne prend guère qu’une quinzaine de jours au lieu des mois qu’il exigeait auparavant.
- Des montres, munies du spiral d’élinvar et du balancier qui vient d’être décrit, ont subi victorieusement les épreuves des observatoires.
- Conclusions. —- L’invar et l’élinvar ont permis des solutions que l’on eût rangées, il y a un quart de siècle, dans le domaine de la fantaisie.
- La découverte et la mise au point de ces alliages ont eu une autre action qu’on me permettra de mentionner. Pour satisfaire aux exigences de la métallurgie de précision, les Aciéries d’Imphy ont été obligées de perfectionner sans cesse leurs méthodes; ainsi, pour mettre en évidence l’action du carbone sur l’instabilité de l’invar, il fallait fixer la proportion de celui-ci à 1/10 000e près. Mais le personnel, rompu à (es opérations, est devenu capable d’aborder bien d’autres problèmes. L’élinvar, d’une réalisation difficile, exigeait, pour son for-geage, une technique spéciale. De proche en proche, on est arrivé à élever la température à laquelle les métaux fluent, et, lorsque M. Georges Claude voulut faire la synthèse de l’ammoniaque dans des tubes qui, à 600°, résistaient à une pression de mille atmosphères, on n’eut qu’à pousser encore plus loin les résultats pour lesquels on possédait une base de départ. L’obtention de pareils tubes eût passé aussi, il y a peu d’années, pour un problème métallurgique insoluble.
- Cn.-En. Guillaume.
- r.oi vespojulant île l'Instiiut.
- CHRONIQUE
- La production directe de l’électricité à partir des combustibles. —- L’attention des savants et des chercheurs s’est, dçpui? longtemps, tournée vers le problème de la transformation directe en énergie électrique de l’énergie des combustibles. Si une telle trânsfoi'ma-tion "était pratiquement' réalisée, oh s’affranchirait des intermédiaires onéreux qui grèvent aujourd’hui la production du courant électrique, à savoir ï la production de la vapeur, la transformation de son énergie en énergie
- mécanique qui, à son tour, doit être transformée en énergie électrique. La perle qui en résulte n’est pas inférieure à 70 pour 100 pour les. installations à turbines les plus perfectionnées.
- Dans une intéressante lecture à l’Académie Royale des Sciences de Belgique, consacrée aux progrès de l’Électrochimie, M. Dony-Hénault, exposa l’état actuel de la question. '
- « Les éiectrochimisk's, dit-il, ont entrevu depuis
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- LES MAISONS QUI MARCHENT
- 255.
- longtemps la production de l’énergie électrique, à partir j des combustibles, dans des piles de grande capacité, où la combustion du carbone ou bien encore celle de l’oxyde de carbone, engendré au préalable dans un gazogène, fournirait le courant électrique, comme la dissolution du zinc le fournit dans un élément Lec-lanché, par exemple. C’est ce qu’on a appelé les piles à combustibles.
- « Deux voies principales ont été suivies, le long desquelles de grandes difficultés expérimentales furent rencontrées. Quand la pile travaille à température basse, l’oxydation du carbone ou même celle de l’oxyde de carbone marche trop lentement pour que, même avec le secours du catalyseur, l’élément puisse débiter des courants appréciables. C’est Hoffmann qui, dans cette voie, a obtenu les résultats les plus intéressants avec une pile à pôles de cuivre de force électromotricc de 1,04 volt; mais, dans cette pile, l’acide carbonique produit doiL être libéré de l’alcali par la chaux.
- « La deuxième voie consiste à faire marcher la. pile à température élevée : 800 à 900°. Dans ce cas on n’a
- j guère d’avantage à brûler le carbone solide, et c’est à l’oxyde de carbone qu’on s’adresse en utilisant comme milieu conducteur un électrolyte fondu. Baus, au Laboratoire électrochimique de Zurich, a obtenu dans cette voie des résultats très intéressants dans des expériences systématiques en utilisant, pour augmenter les surfaces baignées par les électrolytes fondus, la porosité de la magnésie, et en employant comme électrodes des masses de fer et d’oxyde de fer. Il a ainsi obtenu des éléments qui ne se polarisent pas en débitant. Sans doute, il le reconnaît lui-même, les courants sont encore faibles et les difficultés de réalisation sur une grande échelle sont très réelles; mais rien ne permet, à la suite de ces jolies recherches, de rejeter pour l’avenir l’hypothèse de vastes constructions réfraclaires, où le carbone de nos combustibles, employé sous forme gazeuse, engendrerait directement le courant électrique, silencieusement et sans l’habituel ronflement des grandes centrales, dans de vastes batteries dont les cheminées déverseraient dans l’atmosphère un acide carbonique exempt de poussières. »
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1923.
- A propos des précipités d'alumine. — Lorsqu’au | précipite l’hydrate Al2 O3, 51120 au sein d’une liqueur de chromate alcaline, de faibles quantités d’acide Cr04fl2 sont entraînées et colorent l’alumine. De la note de M. André Charrion, il ressort qu’011 en debarrasse complètement le précipité en le lavant avec une solution de bicarbonate d’ammonium, à 5 pour 100, avant de le soumettre à la calcination.
- Les granits du Champ de feu. — Ce massif, qui couvre une vingtaine de kilomètres carrés dans les Yosges, a offert à M.E. Schnaebelé la succession 1) galets de Russ et diorite, 2) granit de llohxvald, 5) granit de Natzviller et de Barr-Andlav, 4) rhyolite en nappes et en fdons, 5) granit du Kagenfels. Ce cycle s’est déroulé (à partir de 2) dans un temps relativement court, entre le Dévonien moyen et le Carbonifère.
- Le Jurassique dans la chaîne celiibérique. — Com-
- plet, tout au moins du Charmouthien au Kimrnéridgien. dans la région du Jalon, le jurassique présente à l’ouest des modifications : si bien qu'aux environs de Torrelapaja et de Bordejo, M. Henri Joly a pu observer des successions stratigraphiques, allant de l’Iul'ralias au Crétacé. H résulte de ces éludes qu’il y aurait eu là émersion depuis le Bajocien jusqu’au Sëquanien sensiblement.
- Le mistral sur la côte de Nice. — Durant la saison froide, on constate une grande différence do température entre Marseille et iNice; et sur la Côte d’azur, le mistral ne souffle, ni avec la même violence, ni avec la même fréquence qu’à travers la Basse Provence. Pour M. E. Bénévent, la région niçoise doit ce privdège à son heureuse situation par rapport aux trajectoires des minima barométriques, et celte opinion confirme la thèse émise en 1914,sur l’origine du vent, par M. Gazaud.
- Paul B.
- LES MAISONS QUI MARCHENT
- G est en Amérique que cela se passe. On est, en effet, en train de transplanter de toutes pièces le village de Jennings (Michigan) à 50 km du lieu où il avait été bâti, il y a un quart de siècle, et cet exploit qui peut paraître extraordinaire est rendu possible grâce à l’énorme développement pris aux Etats-Unis parla locomotion mécanique, grâce aussi à l’audace et à l’esprit entreprenant et rapide des industriels et des ingénieurs yankees, et enfin parce qu’il s’agit de maisons en bois. ’
- fl y a 25 ans, la « Mitchell Brothers Company », qui possédait dans cette partie de la Confédération américaine de vastes domaines forestiers, décidait j de les mettre en exploitation. En peu de temps, une • petite cité se trouvait créée, dotée d’une église, d’une !
- maison commune, d’un hôpital et de plusieurs autres édifices publics. La firme en question y construisait pour sa part une scierie, un vaste établissement pour le traitement chimique des bois et de nombreuses maisons pour loger son personnel. ........
- Mais à force d’abattre les arbres, de les transfor-, mer en planches, de les réduire en pâte à papier, les richesses forestières peu à peu s’épuisaient, laissant à la place d’énormes clairières. Ainsi le moment arriva-t-il où la vie s’arrèla dans les ateliers de la Mitchell Company. Mise en présence de cette1 situation, celle-ci ne songea cependant pas un instant à livrer à leur triste sort, habitants et village ; elle décida de transporter ateliers et maisons à Cadillac,.
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- Fig. i. — Vue du tracteur et de la remorque construits pour transporter les maisons de Jennings.
- ville située à dix lieues de là où son industrie pourrait fructueusement se continuer.
- Dans ces conditions, elle fit construire par la « Àcme Motor Truck Company », quelques tracteurs automobiles avec remorques géantes de façon à transporter lesdites constructions non point par morceaux, mais tout d’une pièce.
- À l’aide de poutres en acier, on établit donc un solide châssis recouvert d’une plate-forme très large constituée, elle aussi, par des poutrelles reliées entre elles par des entretoises. Cette charpente terminée, on plaça à l’arrière quatre puissantes roues cerclées de bandages en caoutchouc plein, roulant sur billes et accouplées par paire. Ces roues étaient rendues solidaires par un arbre maintenu au châssis par de forts supports en acier et commandé par un jeu de ressorts à boudin chargés dès lors d’absorber les chocs pouvant se produire durant la marche. Enfin, à l’avant de la remorque, on mit une cinquième roue destinée à être montée sur le tracteur alors qu’il était en route, mais permettant de le faire avancer ou reculer pour faciliter le chargement.
- Quant au tracteur lui-même, il était constitué par un puissant véhicule équipé d’un moteur Continental développant au frein 55 CV, puissance qui grâce à une ingénieuse réduction d’engrenages permettait d’obtenir un formidable effort de traction aux roues arrière, ainsi que le fait fut prouvé au cours d’un essai préalable qui permit de gravir une côte de (3 pour 100 sur chaussée empierrée avec une charge de 55 tonnes sur la remorque.
- Ainsi équipés, et la route ayant été renforcée sur quelques points, le pont sur la Clam River élargi, les premières maisons ont été transportées avec un plein succès sans que l’on ait pris la peine de démonter- quoi que ce soit, ni fait sortir les habitants; pas
- un carreau de fenêtre n’a été brisé et l’on est parvenu à couvrir les onze lieues séparant Jennings de Cadillac en quatre heures environ pour chaque voyage. Ce qui a entraîné le plus de perte de temps c’est surtout, on le comprend, le chargement et le déchargement ainsi que le déplacement des lignes télégraphiques et téléphoniques qui par moments gênaient la translation des maisons.
- Les maisons ainsi à déplacer et à transporter, variant de 7 m 50 X 9 m. . à 7 m. 50 X 12 m. avec un poids allant de 50 à 40 tonnes, sont au nombre d’une centaine. A raison de quatre par semaine on espère, pour peu que le temps s’y prête, que le village tout entier de Jennings, y compris les usines, aura émigré à Cadillac, avant la fin du printemps de cette année. M. Bousquet.
- Fig. i.
- Une maison de Jennings, en route vers Cadillac.
- Cette maison mesure 12 mètres de long, 7 mètres de large, et pèse 35.000 kg. .
- Le Gérant : P. HÎAssbN. — Imprimerie Luiuhe, 9, rue rie Fluurus, à Tans.
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- NOUVEAUX BATEAUX-PHARES DES COTES BELGES ET ITALIENNES
- Les bateaux-phares ou feux-flottants sont des établissements extrêmement coûteux. Les autorités, chargées du balisage maritime, ne se résignent à les établir qu’en présence de nécessités bien démontrées, lorsqu’il n’existe pas à proximité de supports fixes sur lesquels on puisse fonder un phare.
- Jamais cette réserve dans l’établissement des feux-flottants n’a atteint un plus haut degré que maintenant, époque où la situation financière de la plupart des Etats est peu brillante. Aussi doit-on considérer comme un succès de l’industrie française, que les seuls bateaux-phares mouillés depuis l’armistice aient été équipés en France. Ces bateaux sont : en Italie, lé feu-flottant de Punta-Maestra; en Belgique, les bateaux-phares de West-Hinder, et de Yandelaar.
- Généralités. — Avant de décrire les dispositifs les plus intéressants de ces bateaux, nous devons
- tig. 2. — Fen-flottanl sans gardien.
- 51" Année — 1" Semestre '— 2560. — 28 avril
- donner quelques explications d’ordre général.
- Il existe deux types principaux de bateaux-phares ou feux-flottants (ces deux noms étant employés pour désigner les établissements dont il s’agit) : ceux qui peuvent fonctionner automatiquement sans gardien et dont la figure 2 est un exemple ; ceux, plus considérables, comportant une machinerie importante exigeant les soins constants d’un équipage complet et que l'on appelle feux-flottants gardés.
- Les bateaux-phares, récemment mouillés dans les eaux belges et italiennes, et que nous allons examiner, appartiennent à ce dernier type, particulièrement intéressant à cause des dispositifs de signalisation sonore, aérienne et sous-marine qui complètent le système lumineux. On y ajoute même, parfois, un signal radio-électrique.
- Pour assurer le bon fonctionnement des appareils et la sécurité du navire par gros temps, il faut déterminer les formes de la coque de sorte que les tempêtes ne provoquent que des mouvements de la plus faible amplitude possible, aussi amortis qu’on le peut.
- Le Service Central des Phares et Balises de France, qui a observé et expérimenté longuement les bateaux-phares de notre littoral, est arrivé aux conclusions suivantes :
- Si, en temps ordinaire, les mouvements de la mer, c’est-à-dire : la direction, les dimensions, la durée et la vitesse de propagation de la houle, varient beaucoup d’un moment à l’autre et suivant le vent ; par tempête, au contraire, ces mouvements divers prennent, en chaque poste de mouillage, un caractère à peu près déterminé ; notamment la di-
- 1925. 17 — 257.
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- NOUVEAUX BATEAUX-PHARES DES COTES BELGES ET ITALIENNES
- s
- Fig. 3. — Lanterne et optique du bateau-feu de Punta-Maestra.
- rectlon des lames qui s’orientent avec le vent, peut être connue approximativement.
- Voici d’ailleurs des résultats qui s’appliquent à trois feux-lloltants français mouillés, les deux premiers dans la mer du Nord, le dernier dans l’Atlantique.
- RUYTl.NGEN SANDETTIÉ ROCHE-BONNE
- mèlivs.
- Profondeur d’eau à liasse
- mer.................... . 52
- Longueur de fortes laines. 50 Hauteur de fortes lames. 5 Vitesse de propagation de
- fortes lames............... 9
- Duree d’oscillation de fortes
- lames ................. .5 sec. 5
- mètres. mètres.
- 52 48
- 40 100
- 5,50 4,50
- 7 12
- 5 sec. 9 sec.
- La longueur des lames et leur durée d’oscillation ne semblent pas avoir été dépassées; les autres chiffres de ce tableau sont des moyennes d’observations faites par gros temps.
- *
- * *
- Ce qu’il faut éviter avant tout, c’est que les périodes de roulis puissent devenir à peu près synchrones avec l’oscillation des lames. C’est ce qui explique que certains bateaux-phares anciens roulaient jusqu’à 55° sur chaque bord.
- 11 faut donc calculer très soigneusement la durée
- des oscillations du bateau à l’aide de la formule :
- 1 “ * \/
- T, durée d’une oscillation simple du bateau;
- I, moment d’inertie par rapport à une horizontale, passant par le cenire de gravité, parallèle à l’axe longitudinal ou normal à cet axe, suivant que l’on veut calculer les oscillations du roulis ou du tangage ;
- p-ci, bras de levier métacentrique ;
- P, poids du bateau.
- On verra donc s’il est nécessaire d’allonger les oscillations de roulis en augmentant le moment d’inertie et en diminuant le bras de levier métacentrique. On devra, dans cerlains cas, réaliser un amortissement important par l’emploi de quilles saillantes de roulis.
- On pourrait, certes, obtenir une stabilité très complète en combinant des navires avec des flotteurs sous-marins, mais les formes obtenues de celle façon ne donneraient pas, sans doute, les facilités de manœuvre et la navigabilité que doivent posséder les feux-flottants habités par des équipages.
- Les formes habituelles des navires sont donc simplement modiliées pour diminuer la surface de flottaison et abaisser, autant que possible, le centre de gravité.
- Le bateau est d’autant plus stable qu’il est grand, mais l’économie oblige aux dimensions modestes. On prend un bateau de forme allongée, de fort tirant
- Fig. — Vue des bateaux-feux Yandelaar et Wist-IIinder récemment installés sur les cotes belges.
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- NOUVEAUX BATEAUX-PHARES DES COTES BELGES ET ITALIENNES
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- d’eau et de faible largeur au maître-couple dont on abaisse au besoin le cenlre de gravité par l’application d’un lest extérieur contre la quille centrale.
- *
- * *
- Puits de descente de la cloche sous-marine
- Groupe électrogene
- Moto-compressC d'air à
- Le bateau-phare doit être tenu à son poste de mouillage à l’aide d’une ancre de 2 tonnes environ amarrée sur une chaîne en fer de 58 à 42 mm de calibre et dont la longueur dépend de la profondeur de la mer et de la violence des tempêtes. Par exemple la chaîne du Sandettié, bateau-phare dont les caractéristiques du poste de mouillage sont indiquées
- Echappement des moteurs
- Réservoir à combustible pour les moteurs
- Moto-compresseur d'air à 10.9---'"
- Groupe électrogène
- être visitées souvent, maille par maille; on vire alors le mouillage à pic à l’aide d’un guindeau, ce qui oblige les émerillons à fonctionner et les coques à disparaître.
- Nous en savons maintenant assez1 pour examiner, avec intérêt, les nouveaux établissements de balisage flottant de Punta-Maestra (Italie),' de West-Hinder et de Vandelaar (Belgique). Evitant d’ailleurs une
- lr ’
- rèe d'eau refroidissemt des moteurs
- Réservoirs d'eau de refroidissemt des moteurs
- au tableau précédent, présente 300 m. de longueur dont on met à la mer, par gros temps, jusqu’à 250 m. Il est certainement avantageux d’augmenter pendant la tempête la longueur de la chaîne. En effet, celle-ci, au passage des houles, passe de la position qu’elle occupe au fond de la mer à la forme d’une chaînette, c’est-à-dire d’un câble pesant tendu entre deux points; elle remplit en quelque sorte, du fait de cette déformation, le rôle d’un ressort dont on complète d’ailleurs 1’efl'et en interposant, pour son amarrage à bord, un système de ressorts du type Belleville.
- Il est bien évident que l’on aura à bord une chaîne de rechange sur laquelle se trouvera, prête à fonctionner, l’une des deux ancres de veille disposées contre les parois du vais- - —^===
- seau. Ces chaînes ont des émerillons afin d’éviter les coques; elles doivent Fig. 5, 6 et
- &
- TI 11 11.I l rOT-LLl
- Réservoirs d'eau de refroidissement-
- des moteurs.
- Ensemble "des installations d’un feu-Jlottant gardé.
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- Fig. 8. — Optique du bateau-feu West-Hinder avec lampe électrique de 25oo bougies {éclairage normal).
- Fig. 9. — Optique du bateau-feu West-Hinder avec brûleur à incandescence par l'acétylène dissous {éclairage de secours).
- descriplion trop complète et fastidieuse, nous nous bornerons à signaler les caractéristiques les plus intéressantes de leur outillage et de leurs dispositifs de signalisation.
- Les figures 1 et 3 représentent l’ensemble du bateau italien, les figures 4, 5, fi et 7 sont des vues générales et des coupes des bateaux belges, récemment aménagés par l’industrie française.
- On pourra constater que ces bateaux comprennent : une importante chambre des machines avec réservoirs d’air; un màt militaire dont le sommet porte la lanterne abritant l’optique du feu; une sirène et des cloches sous-marines et aériennes dont l’installation est plus visible sur les figures qui suivent.
- Appareils d’éclairage. — Un bateau-phare doit être pourvu d’un appareil d’éclairage puissant. Tant qu’on employait des lampes à l’huile minérale, il était absolument nécessaire de faire tourner le dispositif optique de façon à concentrer la lumière en un petit nombre de faisceaux tournants qui, balayant successivement l’horizon, donnaient au navigateur l’impression d’éclats dont le nombre et la fréquence caraclérisaient le signal.
- Il est assez délicat de faire tourner ainsi, au sommet d’un mât, une optique assez lourde qui, nous le verrons, doit avoir, en outre, la liberté d’un système pendulaire; aussi semble-t-il préférable d’employer des optiques en forme de tambour, répartissant uniformément la lumière sur tout l’horizon, grâce à leurs anneaux de verre, dioptriques et catadioptriques, taillés en faisant tourner le profil de Fresnel autour de l’axe vertical passant par leur foyer. Mais ces optiques, ne condensant les rayons lumineux qu’entre deux plans horizontaux, ont des intensités moins fortes que les optiques de feux à 1
- éclats qui concentrent le flux lumineux, aussi bien dans le sens vertical que dans le sens horizontal, et il est indispensable de les illuminer avec des sources intenses.
- L’optique du bateau italien de Punta-Maestra est
- P-g. 10. — Tableau de distribution des nouveaux bateaux-phares belges.
- On voit en haut de ce tableau le mécanisme pourlapro-I duction d’éclats lumineux rythmés.
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- éclairée par un brûleur à acétylène avec manchon incandescent; les optiques des bateaux belges, par des lampes électriques puissantes pouvant d’ailleurs être remplacées, en cas d’avarie aux machines électriques, par des brûleurs et manchons incandescents, alimentés à l’acétylène dissous dans l’acétone et contenu dans des bouteilles aménagées sur le bateau.
- La figure 8 montre une optique dont le panneau ouvert laisse voir la lampe électrique, source lumineuse normale, et la ligure 9 représente la même optique dans laquelle un brûleur avec manchon à acétylène, source lumineuse de secours, a remplacé la lampe électrique. Ces optiques sont formées d’anneaux de verre assemblés solidement dans des armatures de bronze avec fourrures en acier.
- Fig. 12. — Lanterne et optique pendulaire d’un bateau-phare.
- La lampe électrique est du type demi-watt à atmosphère gazeuse; le filament en tungstène étiré est supporté par des fils de molybdène et de nickel suivis de fils de platine pour le passage à travers l’ampoule.
- Le filament est compris dans un carré de 55 mm de côté; un support spécial permet d’ailleurs de centrer ce filament au foyer de l’optique. La consommation d’énergie est de 48 à 55 cen- Éclipseurà 'acétylène. tièmes de watt par bougie, suivant la durée que l’on veut assigner à la lampe. L’intensité de l’optique d’horizon de 25 cm de distance focale est ainsi, dans toutes les directions vers l’horizon, de 18 000 bougies décimales, ce qui assure par temps moyen, c’est-à-dire au moins 50 fois sur 100, une portée de 18 milles marins, ce qui est un excellent résultat dans la mer du Nord sujette aux brumes.
- Les caractères des signaux lumineux sont donnés à l’aide d’éclipseurs qui allument et éteignent la lumière suivant un rythme déterminé.
- Les éclipses et les éclats de la lampe électrique sont réglés à l’aide d’un système à deux cames commandées à l’aide d’un petit moteur électrique par l’intermédiaire de démultiplicateurs appropriés (fig. 10).
- Sur l’un des bateaux, par exemple, les deux cames tournent respectivement en 50 et 15 secondes. Les bossages de ces cames poussent ainsi, successivement, un levier qui provoque la rupture du circuit par l’intermédiaire de deux contacts à vis platinées. L’une des cames, soulevant le levier pendant 14/50 de tour, provoque une occultation de 14 secondes; pendant les 16 secondes complémentaires, les bossages de la seconde came provoquent des ruptures de circuit qui donnent des éclipses brèves de 4 secondes, de sorte que le feu donne 4 éclats groupés toutes les 50 secondes.
- Ce dispositif, placé en haut du tableau de distribution, est enfermé dans un carter étanche.
- L’éclipseur à acétylène (fig. 11) est basé sur la déformation de membranes dont le mouvement, commandé par la pression du gaz, ouvre et ferme, suivant le même rythme, le courant gazeux qui alimente le bec; un courant auxiliaire maintient allumée une petite flamme formant veilleuse destinée à provoquer l’illumination du manchon à chaque rétablissement du courant gazeux principal.
- Dispositif pendulaire. — L’optique est placée dans une lanterne cylindrique vitrée surmontée
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- d’un loit avec piédouche, boule et paratonnerre (lig. 12 cl lo).
- Au soubassement de la lanterne, fixée au sommet du mat, sont adaptées quatre consoles en tôles et cornières supportant le dispositif à la cardan de l’appareil pendulaire. Au bas du soubassement, huit ventouses avec capots sont munies de registres pour régler la ventilation.
- Des balcons et des mains-courantes permettent de visiter et de nettoyer toutes les parties intéressantes de cette construction.
- L’appareil optique, de 250 mm de distance focale, est formé de quatre panneaux démontables, afin de faciliter la mise en place dans la lanterne, compris entre quatre crémaillères en acier et huit montures de bronze avec cercles d’armature. L’ensemble est ainsi particulièrement apte à résister aux chocs.
- Ces chocs ne peuvent d’ailleurs se produire que d’une manière tout à fait exceptionnelle. L’optique est supportée par un dispositif à la cardan qui lui donne toute liberté dans deux plans rectangulaires grâce à deux jeux de deux couteaux placés dans ces plans (fig. 12).
- Il y a deux couteaux solidaires de la tige du I
- contrepoids inférieur, couteaux qui pivotent sur les Y d’un cadre en fonte, lequel porte dans un plan orthogonal deux autres couteaux qui peuvent osciller sur un second cadre en fonte fixé au plancher de la lanterne. Ainsi, l’optique, boulonnée sur un plateau normal à la tige du contrepoids, peut prendre toute liberté pour demeurer dans la même orientation, ce qui assure en tout cas la portée du signal, celui-ci étant peu influencé par les oscillations du bateau.
- Le contrepoids inférieur comprend un culot en fonte et des rondelles en plomb dont on peut faire varier le nombre, le tout entouré d’une enveloppe et d’un couvercle de laiton. Sur le pourtour, un pneumatique est destiné à amortir les contacts que les oscillations exceptionnelles de la houle provoqueraient entre le contrepoids et le soubassement de la lanterne, celui-ci étant d’ailleurs muni d’une ceinture horizontale circulaire ayant le même objet.
- Il y a, en outre, au-dessus de l’optique, un second contrepoids également variable, de sorte que l’on peut régler la période propre de ce système oscillant à une valeur qui empêche tout synchronisme entre les oscillations du bateau et celles de l’optique pendulaire. On a réglé cette période, pour les deux bateaux belges, à 7 secondes.
- Le dispositif pendulaire peut s’incliner, autour de ses couteaux, d’un angle de 55° ; le contrepoids supérieur porte d’ailleurs un index qui permet la mesure de l’amplitude des oscillations. Il est possible de soulever et d’immobiliser l’optique pour son entretien à l’aide de quatre vérins, fixés sur les consoles du soubassement et rabattus au repos, autour de l’axe horizontal qu’ils comportent.
- Le contrepoids supérieur est traversé par un fumivore avec genouillère, destiné à permettre le
- big. 14. — Sirène.et son mécanisme. .
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- NOUVEAUX BATEAUX-PHARES DES COTES BELGES ET ITALIENNES
- tirage de la lampe à deux mèches qui remplacerait l’ampoule électrique et le brûleur à acétylène en cas de défaillance successive de ces deux sources, ce qui ne se produira sans doute jamais; mais, en matière de balisage lumineux, surtout lorsqu’il s’agit d’établissements aussi importants que des bateaux-feux, il faut combiner des systèmes donnant une sécurité absolue au point de vue de la continuité des signaux à émettre.
- La lanterne est fixée au mât militaire par quatre goussets métalliques réunis entre eux à l’aide d’une enveloppe tronconique. Le mât militaire des bateaux belges a 900 mm de diamètre intérieur et 15 m. de hauteur. 11 est muni de deux échelles; l’une, intérieure; l’autre extérieure: de trois portes étanches et d’une trappe formant clapet au niveau du plancher de la lanterne.
- Signaux sonores. — Pour parer à l’insuffisance de la signalisation lumineuse en cas de brume, les bateaux sont munis de signaux sonores : sirènes, cloches aériennes et sous-marines, fonctionnant à l’air comprimé, électriquement ou à main, de façon à pouvoir donner, en tout cas, un signal convenable.
- La force motrice est fournie par des moteurs à pétrole lampant à quatre temps (bateau de Punta-Maestra) ou par des moteurs du cycle semi-Diesel à deux temps alimentés au gaz-oil (bateaux de Yan-delaar et de West-Hinder).
- Afin d’assurer le fonctionnement immédiat de la sirène et des cloches dès l’apparition de la brume, il existe à bord une réserve d’air comprimé qui assure largement le fonctionnement des signaux pendant la durée de la mise en route des groupes compresseurs.
- Sirène. — La sirène de bronze est automatique, un frein en règle la vitesse, de sorte que la note émise est mi 3, correspondant à 326 vibrations doubles par seconde ; elle fonctionne sous une pression de 2 kg et consomme 400 litres d’air par
- seconde d’émission du son.
- Cet air est admis dans la chambre de la sirène (fig. 14) à l’aide d’une soupape à peu près équilibrée, dont la chambre est fermée, à la partie supé-
- Fig. i6.
- Pavillon de sirène.
- rieure, par une membrane en caoutchouc ; celle-ci s’appuie sur la tête supérieure de la soupape et la pousse de façon à provoquer l’ouverture, chaque fois que l’appareil régulateur du rythme admet de l’air au-dessus de cette membrane.
- L’appareil régulateur de l’émission comprend essentiellement un mécanisme distributeur à tiroir cylindrique commandé par des cames : l’air du réservoir agit
- Fig. i5. — Groupe compresseur d’air de 20 chevaux actionné par un moteur semi-Diesel.
- ainsi, en temps opportun, sur la membrane afin de soulever la soupape, ce qui provoque l’établissement du courant d’air intense qui fait tourner le tambour de sirène et. produit le son. Dès que l’air n’agit plus sur la membrane supérieure, un ressort, rappelant la soupape sur son siège, arrête le son en un instant.
- Le mécanisme de distribution à tiroir comporte des cames, roues et vis sans fin, mues par un petit moteur à air consommant 9000 litres à l’heure. On peut d’ailleurs faire tourner ce mécanisme à la main.
- Les rythmes suivants peuvent ainsi être réalisés à l’aide de trois jeux de deux cames qu’on peut faire agir successivement sur la tige du tiroir de
- distribution. 1"r rythme. 2" rythme. 5” rythme.
- Son 4 sec. 1/2 sec. 2/3 sec.
- Silence . . . 57 1 1
- Son 2 1/2 2/3
- Silence . . . 57 58 1
- Son )> 2 2/3
- Silence . . . )) 58 57
- Son » )) 2
- Silence ... )) )) 57
- Période totale . . 120 sec. 120 sec. 120 sec.
- S’il y a trois rythmes par bateau, c’est qu’on
- veut se réserver la possibilité de changer le poste de
- mouillage du bateau, ce qui exige, chaque fois, un mode de signalisation différent.
- La sirène est armée d’un pavillon de cuivre rouge (fig. 16) en forme de champignon destiné à répartir le son dans tous les sens autour du bateau et à renforcer le son émis ; elle est fixée sur un réservoir à air de 1 m3, timbré à 5 kilogrammes.
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- NOUVEAUX BATEAUX-PHARES DES COTES BELGES ET ITALIENNES
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- \nneau dàtfache de la cloche
- Câble sous-marin à h conducteurs
- Moteur électrique I Valve à air
- Boîte 4 L connexhns
- fl dupe en
- caoutchoui;
- Fig. i~. — Cloche électrique sous-marine.
- Groupes moto-compresseurs. —- Les groupes moto-compresseurs des bateaux belges sont conçus de façon à éviter toute démultiplication entre moteucs et compresseurs, les différents groupes d’un même bateau pouvant d’ailleurs se secourir.
- L’air est emmagasiné sous la pression de 10 kg dans deux réservoirs accumulateurs timbrés à 15 kg, chacun d’eux d’une capacité de 4 m3 5, logés dans la cale contre la chambre des machines. L’air est distribué par l’intermédiaire de deux autres réservoirs de 3 m3 logés dans les angles de la chambre contre le plafond auquel ils sont suspendus. Il existe d’ailleurs, pour le démarrage de chaque moteur, une bouteille d’air comprimé de 10 kilogrammes.
- Les moteurs semi-Diesel employés sur les bateaux-phares belges sont de deux puissances :
- 1° Des moteurs de 18/20 chevaux actionnant, à 350 tours, des compresseurs capables d’aspirer chacun 200 m3 d’âir à l’heure et de les comprimer à la pression de 2 kg, 5 pour l’usage de la sirène, des moteurs à air auxiliaires, de la pompe Wor thington et du guindeau.
- 2° Des moteurs de 7 chevaux actionnant, à
- 450 tours, des compresseurs capables d’aspirer chacun 30 m3 d’air à l’heure et de les porter à la pression de 10 kg pour la charge des accumulateurs d’air et des bouteilles de lancement. Il y a trois moteurs de ce genre par bateau, dont deux pour les dynamos, mais le moteur d’une dynamo peut secourir en cas de besoin le moteur du compresseur.
- Groupes moto-compresseurs de 20 chevaux (fig. 16). — Nous ne décrirons pas en détail les moteurs du type semi-Diesel qui ont été longuement éprouvés avant emploi. Ils sont monocylindriques, de 240 mm de diamètre et de 210 mm de course.
- La tète du cylindre et la chambre de combustion sont rapportées et construites pour résister aux fortes pressions d’explosion et à la température élevée de l'inflammation du combustible. La tête du cylindre est refroidie par circulation d’eau, mais il n’est pas nécessaire d’injecter d’eau dans le cylindre, ce qui présente un grand avantage pour des moteurs destinés à fonctionner d’une manière prolongée en mer.
- Les dispositions suivantes méritent d’être mentionnées.
- Réyulation. — La quantité de combustible admise à chaque course est proportionnelle à l’effort demandé, grâce à un régulateur à force centrifuge qui agit sur la course de la pompe d’alimentation en faisant varier le point mort bas du piston de cette pompe, système qui tend d’ailleurs à se généraliser : le système « tout ou rien » réglant par suppression d’explosion un excédent de puissance n’étant pas sans inconvénients.
- Lubrification, refroidissement et démarrage.
- Fig. 18. — Groupe de 4 cloches sous-marines.
- Les caisses étanches sont enlevées pour montrer les rouages.
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- — Une pompe à huile, actionnée par l’arbre manivelle, distribue l’huile aux diverses surfaces en contact par l’intermédiaire de canalisations.
- Une pompe à piston plongeur avec crépine filtrante à l’aspiration, assure la circulation d’eau de refroidissement.
- Une valve à ouverture instantanée, placée sur le cylindre, facilite le démarrage ainsi qu’une bouteille d’air comprimé qui assure 8 à 10 démarrages successifs.
- Compresseurs. — Les compresseurs absorbent chacun 16 chevaux et ont un rendement volumétrique de neuf dixièmes ; ils sont munis d’un régulateur de pression à maxima.
- Quatre cylindres en étoile aspirent sans soupape, à leur partie inférieure, l’air qui contribue ainsi à leur refroidissement ; sur leur fond, placé à l’extérieur, se trouvent les soupapes d’échappement.
- Le bâti qui supporte les cylindres et forme carter, comporte deux enveloppes : l’une, pour la circulation d’eau ; l’autre est le collecteur de refoulement.
- L’aspiration se fait par le fond du piston par l’intermédiaire de fenêtres transversales qui viennent en regard de fenêtres semblables disposées sur la surface cylindrique du pied d’articulation de la bielle, celle-ci présentant la forme d’un tourillon creux.
- Il y a, par cylindre, deux soupapes d’échappement automatiques qui s’ouvent dans une chambre communiquant avec le collecteur d’échappement.
- Nous n’avons rien de particulier à signaler dans la construction très soignée, faite en matériaux de
- % de la dôche
- ! a Fb/an déballage^; i.» de la bigue Cl
- Fig. 20. — Treuil de relevage de la cloche sous-marine et bigue.
- Mât militaire
- Treuil de relevage
- Puits de
- de descente
- Chariot dp guidagt
- de la i loah'i
- Puits de descente de la cloche sous-marine.
- Fig. H).
- choix, ni sur le graissage et le refroidissement. Le fonctionnement est extrêmement simple : chaque cylindre fonctionne à simple effet ; l’air du carter pénètre dans les cylindres par des orifices disposés sur le fond du piston au-dessus duquel il est comprimé.
- Le moteur et le compresseur sont accouplés directement au moyen d’un manchon à plateau et fixés sur un socle unique.
- Groupes moto-compresseurs de 7 chevaux. — Les moteurs de 7 chevaux tournent à 475 tours et consomment 500 gr. par cheval-heure, davantage par conséquent que les moteurs de 20 chevaux qui ne consomment que 275 gr. de fuel-oil par cheval-heure. Le piston a 162 mm de diamètre et 164 mm de course.
- Le compresseur, dont le rendement volumétrique n’est que de sept dixièmes à cause de sa grande vitesse, ne présente d’ailleurs aucune particularité.
- Cloches sous-marines. — Les cloches sous-marines en bronze ont la composition suivante :
- Étain .... 22 pour 100.
- Cuivre. ... 78 pour 100.
- elles pèsent chacune 105 kilogrammes.
- Elles donnent la note ut 5 correspondant à 1044 vibrations doubles sous l’effet d’un marteau qui les frappe à l’intérieur. Le son peut s’entendre à l’aide de microphones immergés à plus de 15 milles. Leur mécanisme permet de produire à volonté un groupe de quatre coups ou de deux coups toutes les 18 secondes.
- Ce mécanisme (fig. 17 et 18) est logé avec le
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- moteur qui l’actionne dans une caisse en tôle d’acier assemblée avec la cloche par une platine en acier qui porte, d’ailleurs, la boîte de jonction où aboutissent les câbles conducteurs du courant électrique. Une jupe en caoutchouc, fixée sur celte platine, isole de l’eau et entoure le manche du marteau. L’étanchéité est d’ailleurs complétée par remplissage de cette cloche d’air comprimé à 2 kg, de sorte que, même si le joint inférieur devenait défectueux, l’eau ne pourrait en aucun cas atteindre le moteur électrique placé dans cette cloche à la partie supérieure.
- Ce moteur triphasé de 1/20 de cheval, 110 volts, 25 périodes peut démarrer en charge sous le courant d’une génératrice de 1/2 cheval placée dans la chambre des machines et entraînée, à volonté, soit par courroie, soit à l’aide d’un moteur à air, de façon à pouvoir assurer le fonctionnement du signal sonore sous-marin dès l’apparition de la brume, sans attendre la mise en route d’un moteur thermique .
- Entre la génératrice et le moteur électriques, il y a trois conducteurs électriques enserrés dans un câble isolant, ainsi qu’un quatrième conducteur relié à un contacleur qui ferme, à chaque coup de marteau, le circuit d’une sonnerie placée sur le tableau de distribution et prenant son courant sur l’une des phases du courant alternatif.
- Le moteur électrique agit par l’intermédiaire de rouages démultiplicateurs, sur une roue à galet.
- Chaque galet agissant successivement sur la queue du marteau, l’oblige à s’écarter de sa position .verticale, jusqu’au moment où ce galet s’échappant, abandonne le marteau à l’action d’un ressort qui le rappelle vivement contre la cloche. Une butée annihile l’action du ressort un peu avant le contact de la cloche et du marteau, de sorte que celui-ci continue seul son mouvement par inertie et ne donne qu’un son net et bref.
- Suspension et manœuvre de la cloche (fig. 19 et 20). — La partie la plus curieuse de cette installation est sans doute le mode d’immersion et d’émersion de la cloche.
- La cloche est suspendue par sa platine à l’aide de 5 tiges réunies à un plateau en fonte portant 5 oreilles et présentant une embase tronconique destinée à s’emboîter dans un logement de même
- forme ménagé dans* un chariot de guidage parcourant un puits qui traverse le bateau.
- Le câble porteur de la cloche est attaché au plateau de fonte et s’enroule sur l’un des tambours d’un treuil, dont l’autre tambour reçoit le câble conducteur du courant. Ces deux tambours sont reliés par un train épicycloîdal qui répartit, d’une façon convenable, les tensions entre les deux câbles ; de sorte que le câble éleclrique est simplement tendu pour éviter des coques et des enroulements autour du câble porteur, mais ne reçoit qu’une parlie insignifiante du poids total.
- Le dispositif qui vient d’être décrit est celui qui a été employé sur les bateaux belges.
- Sur le bateau italien, on a supprimé le puits qui traverse la coque et l’immersion de la cloche se fait à l’aide d’une bigue; le treuil de relevage présente cependant les mêmes dispositifs pour la répartition des tensions entre le câble porteur et le câble éleclrique (fig. 20).
- Cloche aérienne (fig. 21). — La cloche aérienne de 250 kg est fixée au mât militaire.
- Un moteur à air comprimé ou, à défaut, un moteur électrique, ou même, en cas de panne de ce dernier, un mécanisme à galets, agit sur des câbles souples d’acier qui peuvent actionner trois marteaux de 12 kg, capables de produire les mêmes rythmes que la sirène.
- Conclusion. —- Nous sommes fiers de noter que les installations des nouveaux bateaux-phares de Punta-Maestra (Italie), Vandelaar et West-flinder (Belgique), sont l’œuvre de l’industrie française.
- Ainsi, depuis que l’illustre physicien Augustin Fresnel a déterminé les règles rationnelles du balisage et de l’éclairage maritimes, ce sont toujours nos ingénieurs qui ont assuré la plus grande partie de l’exécution des programmes de phares et balises à l’étranger.
- Ceci est une des meilleures illustrations des services que la science peut rendre à l’industrie, puisque, malgré l’ancienneté des inventions et travaux scientifiques dont il s’agit, le génie d’Augustin Fresnel procure encore des bénéfices à nos constructeurs de phares.
- Edmojnd Marcotte,
- Ingénieur-conseil
- Fig. 21. Cloche aérienne.
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- LA VISION DES OISEAUX
- « Le sens de la vue, a dit Bufïbn, est le seul qui produise les idées du mouvement, le seul par lequel on puisse comparer immédiatement les espaces parcourus, et les oiseaux étant de tous les animaux les plus habiles et les plus propres au mouvement, il n’est pas étonnant qu’ils aient en même temps le sens qui les guide plus parfait et plus sûr... la seule vitesse avec laquelle on voit voler un oiseau peut indiquer la portée de sa vue... l’idée du mouvement et toutes les autres idées qui l’accompagnent ou qui en dérivent, telles que celles des vitesses relatives, de la grandeur des espaces, de la proportion des hauteurs, des profondeurs et des inégalités de surface sont donc plus nettes et tiennent plus de place dans la tête de l’oiseau que dans celle du quadrupède. »
- C’est ainsi qu’avec des connaissances encore très incomplètes, Bullon a su mettre en relief d’une façon saisissante les principaux caractères de la vision des oiseaux, en montrer le rôle essentiel dans leur existence et faire prévoir l’intérêt d’une étude plus approfondie.
- Le programme d’une pareille analyse est très vaste ; nous l’esquisserons sans prétendre à le développer en entier.
- Il faut tout d’abord étudier les qualités et particularités visuelles des oiseaux par l’observation et l’expérimentation; il faut expliquer dans la mesure actuellement possible les données ainsi obtenues par la structure de leur appareil visuel.
- Il faut ensuite préciser l’usage que les oiseaux font de leur vision et, question capitale, déterminer son rôle dans leur existence concurremment avec l’ouïe et l’odorat.
- 11 y aurait enfin un dernier domaine à étudier : dans ce que l’oiseau peut avoir d’intelligence, quel est l’apport visuel? Qu’est-ce que les sensations visuelles ont modelé et laissé dans le cerveau de l’oiseau ?
- Si le cerveau du chien est un magasin de souvenirs olfactifs qui forment le fond de ses acquisitions mentales, le cerveau de l’oiseau ne doit-il pas être meublé principalement d’images visuelles qui sont en quelque sorte l’alphabet avec lequel il déchiffre l’univers?
- Le nihil in intellectu quod non prius in semu étant sans doute plus littéralement vrai pour l’animal que pour l’homme, qu’est-ce que les impressions sensorielles et avant tout les visuelles, ont pu laisser dans l’intellect de l’oiseau?
- Tout ce programme a pour point de départ nécessaire l’étude du comportement de Toiseau dans les différentes circonstances naturelles ou artificielles où nous pouvons l’observer.
- L’essentiel est de discerner, dans chaque cas, à quelle impression sensorielle obéit l’animal que nous étudions, quelle sensation visuelle, olfactive ou
- audilive déclenche tel de ses mouvement, le fait aller ici ou là.
- C’est l’observation en plein air, la simple méthode de Fabre, qui doit tout d’abord, à force d’observations répétées, contrôlées, vérifiées, nous apprendre à quoi obéit l’animal dans les diverses circonstances où nous le voyons agir. L’homme obéit souvent à un mobile intérieur, à une idée, à une réflexion, à un souvenir ; l’animal obéit presque toujours à une sensation externe : il voit une proie et se précipite sur elle, il entend un bruit suspect et s’enfuit, il sent une odeur qui l’attire (odeur de la nourriture), ou l’effraie (l’odeur de l’homme ou du fauve pour les animaux sauvages).
- Toute étude précise du comportement de tel animal dans telle circonstance, exige que Ton parvienne à discerner la sensation à laquelle il obéit.
- Jamais les amis des bêles, qui étudient leurs mœurs en liberté ou en captivité, ne voudront croire qu’elles soient de simples machines, comme les savants de laboratoire sont quelquefois trop portés à l’admettre : il y a chez les bêtes une aurore d’intelligence : les facultés intellectuelles n’apparaissent pas brusquement chez l’homme : il faut bien qu’elles s’ébauchant chez les animaux. On ne peut nier cependant qu’ils obéissent directement à des sensations extérieures bien plus souvent qu’à un acte intellectuel compliqué.
- Comprendre ce qu’ils font dans la plupart de leurs actes exige que Ton détermine tout d’abord quel sens a été impressionné chez eux quand ils se précipitent vers une proie, fuient un danger, quand ils se recherchent et se rassemblent, ou au contraire se fuient et s’écartent.
- Une proie, un ennemi, un danger peuvent être vus, entendus, sentis (olfaction) ou enfin perçus par une vibration du sol; s’il y a autre chose, nous l’ignorons encore. Déterminer le sens mis en jeu chez un animal donné dans les diverses actions que nous lui voyons accomplir, tel est le problème qui s’offre constamment à l’observateur, mais dont la solution est souvent difficile. La grenouille qui saute dans l’étang à votre approche vous a-t-elle vu ou entendu, ou perçu par l’ébranlement de votre marche? La chauve-souris aux yeux minuscules, aux vastes conques auditives, voit-elle ou entend-elle,ou même, quand elle possède, comme le rhinolophe, de véritables conques olfactives, sent-elle les insectes qu’elle cueille au vol, ou enfin perçoit-elle, par sa surface cutanée et sous forme d’impression tactile, la vibration de leurs ailes ?
- Le vautour et tous les charognards de l’Afrique et d’ailleurs découvrent-ils les cadavres grâce à une puissance olfactive extraordinaire, ou simplement par leur vue perçante?
- On pourrait multiplier ces questions à l’infini. La vie à la campagne en permet aux amis des bêtes
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- 268 r= , r=r LA VISION DES OISEAUX
- une étude presque continuelle. Et peut-être à ce sujet poserons-nous à nos lecteurs plus de questions que nous ne leur offrirons de solutions précises et définitives. La science commence dans les champs et les bois. Une observation faite en plein air peut devenir le point de départ de toute une série de recherches. Rappelons-nous Fabre et ses nombreux émules. Quand Spallanzani mesurait la distance de laquelle il voyait des martinets se précipiter sur des fourmis ailées, il donnait à la fois un fait précis pour l’étude de la vision de ces oiseaux, et un excellent exemple de ce qu’un observateur attentif peut offrir à l’analyse scientifique.
- Audubon enfouit le cadavre d’un porc sous des roseaux : les vautours très nombreux dans la région errent tout autour de cette proie cachée et ne la trouvent pas, alors qu’au bout de quelques jours tous les chiens du pays arrivent guidés par leur odorat. Le vautour n’a donc pas l’odorat merveilleux que la légende lui attribue ; sa puissance olfactive n’est pas suffisante pour lui faire découvrir un cadavre à une certaine distance. Maintenant voici l’expérience de contrôle : Audubon abandonne .sur un plateau désert une peau d’antilope séchée et bourrée de foin, un vautour descend presque aussitôt, attaque inutilement le cuir à coups de bec, finit par s’envoler, puis il redescend pour prendre un petit serpent vivant qu’il vient d’apercevoir à grande distance. Dans tout cela, c’est son œil qui l’a guidé, nullement son odorat. Un chien, s’il fût venu, eut flairé la peau d’antilope, diagnostiqué à l’odorat le cuir immangeable et fût parti sans un coup de dent.
- On peut, à tout le moins, conclure que le vautour possède une acuité visuelle infiniment supérieure à ce qu’il peut avoir d’odorat et que c’est vraiment son œil qui lui fait découvrir sa proie à de très grandes distances.
- Faut-il pour cela refuser tout odorat aux oiseaux, dénier à ce sens toute valeur dans leurs moyens d’existence? Le doyen de l’ornithologie française, M. Xavier Raspail, s’est vivement prononcé en faveur de la puissance olfactive des oiseaux (*). Pour lui la pie, la corneille découvrent à l’odeur le ver blanc dans le sol de la prairie et creusent là où elles le sentent; la tourterelle abandonne les œufs simplement touchés par l’homme qui aurait laissé sur eux l’odeur de sa main, le ramier fuit à l’odeur de l’homme que lui porte le vent, etc.
- Bien qu’il s’agisse ici d’autres circonstances et d’autres espèces d’oiseaux, on voit que M. Xavier Raspail est en contradiction absolue avec Audubon et tous les chasseurs, qui, en Afrique ou aux Indes, ont couvert leur gibier mort de branchages, réussissant ainsi à le protéger contre les recherches des vautours.
- Cependant l’opinion de M. Xavier Raspail ne nous permet plus d’éliminer à priori de nos recherches
- 1. Bulletin de la Soc. Zool. de France, 1899, tome XXIV.
- l’odorat des oiseaux ; elle nous oblige à nous demander si dans nombre de circonstances, il ne joue pas un rôle dans le déclenchement de leurs actes, dans le choix de leur nourriture, notamment dans le diagnostic entre la viande fraîche et la viande gâtée tel que savent le faire les rapaces, amateurs exclusifs de viande fraîche et notamment les rapaces nocturnes.
- Le D1 Millet-Horsin, si expérimenté dans la capture et l’élevage des oiseaux exotiques, nous dit que les Souï-Mangas savent parfaitement reconnaître, avant d’y avoir goûté, la plus ou moins grande teneur en sucre des sirops qu’on leur offre; il attribue ce diagnostic à l’excellence de leur odorat.
- En définitive, il faudra toujours chercher à préciser si une part de la puissance d’investigation, attribuée à la vue de l’oiseau, ne doit pas, dans certaines circonstances et pour certaines espèces, être reportée sur l’odorat. Là encore, il nous faut ces observations contrôlées, dont celle d’Audubon, citée plus haut est un excellent exemple.
- Dans l’étude d’un sens, nous devons, en effet, toujours tâcher de déterminer non pas seulement quel est son domaine, mais quelles en sont les limites, et préciser ce qui lui appartient et ce qui ne lui appartient pas. A ce titre seul, nous en avons une connaissance véritablement exacte et complète.
- L’ouïe, très développée chez l’oiseau, est essentiellement pour lui un sens de défense (fuite à la perception de tout bruit suspect), puis un sens de rappel : entre congénères, les oiseaux s’appellent ; la mère appelle ses petits ; les roitelets et les mésanges perdus dans les têtes de sapins et des chênes se retrouvent et émigrent sans se perdre à travers l’océan des feuilles grâce à leur petit cri incessamment répété ; les oiseaux de mer s’appellent de leur voix sifflante à travers le brouillard et la tempête, etc. Et puis il y a le chant d’amour de tant d’oiseaux, qui réclame une audition nuancée, une véritable oreille d’artiste. L’oiseau possède donc certainement une grande acuité auditive et de plus une aptitude étendue à la différenciation de§ sons.
- Dans la recherche de la nourriture, le rôle de cetle ouïe excellente parait cependant assez limité. Le granivore, le baccivore et même, dans la plupart des cas, l’insectivore recherchent de petits grains, de petits insectes qui ne peuvent donner naissance à aucun son. J’ignore si le Pic, cramponné à son arbre, ausculte l’écorce pour entendre remuer la larve qu’il recherche. Je pense que les rapaces nocturnes, aux ailes aphones, peuvent dans le silence de la nuit entendre des bruits extrêmement faibles, par exemple la souris dans les feuilles sèches, l’oiseau qui remue sur sa branche. Mais enfin l’ouïe n’a cependant chez l’oiseau qu’uii rôle accessoire dans la recherche de la nourriture, elle ne saurait diriger son vol vers un point précis.
- C’est la vue qui reste incontestablement et par excellence le sens de la découverte de la nourriture
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- LA VISION DES OISEAUX
- et de la locomotion en droite ligne vers l’objet visé.
- Mais l’oiseau possède en outre la faculté de se diriger vers des points qui sont hors de sa vue, non seulement par la distance, mais encore par la courbure de la terre. Si haut qu’il s’élève, un point situé à cent ou deux cents km est nécessairement hors de son rayon visuel. C’est donc une faculté d’orientation encore mystérieuse qui guide l’oiseau dans ses migrations diurnes ou nocturnes, ou ramène le pigeon voyageur à son colombier dont on l’a éloigné de plusieurs centaines de km.
- Dans notre inexpérience personnelle du pigeon voyageur nous résumerons ici en quelques mots l’essentiel d’un excellent article de M. L. Palliez, paru dans la France Colombophile (Lille) d’octobre 1921.
- Le pigeon lâché à 1 km de son pigeonnier et du haut d’une éminence d’où l’on aperçoit facilement ce dernier, ne s’y dirige pas en droite ligne, comme cela aurait lieu s’il se guidait par la vue. Non, le pigeon se livre à un vol circulaire de quelques minutes, vol d'orientation, il tend l’oreille (?) par brusques saccades, après quoi il prend une direction, et celle-ci, la plupart du temps, n’est pas du tout la ligne droiteque î’on pourrait supposer. Qu’on lâche le pigeon à 1 km ou 200 km de son pigeonnier, toujours le même vol d’orientation.
- Tel pigeon, transporté en chemin de fer, dans un panier fermé, fut-ce même pendant la nuit, à des centaines de km de son domicile habituel, le regagne le lendemain en quelques heures, donc par un trajet direct et sans errements de grande importance.
- Mais il y a mieux : le pigeon, oiseau diurne par excellence, qui reste immobile et se laisse prendre dans son pigeonnier dès que l’obscurité règne, peut être, par des exercices crépusculaires, entraîné à voler la nuit, à faire de longs trajets nocturnes, à peu près aussi rapidement que les trajets diurnes, et naturellement à revenir à son pigeonnier avec autant de sûreté qu’en plein jour.
- C’est là la démonstation complète qu’il est guidé, dans son orientation à grande distance, par tout autre chose que par ses sensations visuelles.
- Et d’autre part ne voit-on pas, à l’état de nature, une foule de passereaux, d’échassiers et de palmipèdes diurnes, émigrer la nuit, et venir s’assommer sur les vitres des phares dont ils n’aperçoivent que la flamme ?
- Tout cela démontre amplement, que si puissante que soit, la vision de l’oiseau, elle n’intervient pas dans l’orientatiou proprement dite. Il y a là autre chose, et de tout à fait inconnu.
- Malgré ces restrictions, l’œil reste l’organe essentiel de! 'oiseau. L'oiseau, c estime aile conduite par un œil. L’oreille est avant tout pour lui un sens de protection et de rappel. Il nous est impossible d’attribuer à son odorat une part égale à celle de la vue ; il n’est pas du reste un sens de la direction
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- précise et rapide, et l’appareil olfactif des oiseaux est bien peu développé comparativement à leur appareil visuel.
- Les rapaces et les insectivores ne peuvent apercevoir instantanément leurs proies minuscules à de longues distances que grâce à des facultés visuelles dépassant de beaucoup celles de l’homme, pourtant excellentes au regard de presque tous les autres mammifères. La vitesse et l’audace du vol des martinets, des faucons et de tant d’autres oiseaux ne sont possibles qu’avec une vision aussi précise et infatigable que sûre et rapide.
- Comment étudier ces puissantes facultés visuelles? Nous avons mis en première ligne l’étude des oiseaux dans la nature, cité les exemples de Spallan-zani et d’Àudubon, auxquels, sans aucun doute, bien des chasseurs et des campagnards peuvent ajouter des faits de même ordre qu’il serait fort intéressant de connaître. L’importance de ces observations de plein air est capitale : elles fournissent tous leurs points de départ et toutes leurs directives aux recherches analytiques, absolument comme les observations cliniques des médecins praticiens posent aux hommes de laboratoire les problèmes à résoudre.
- Les savants américains ont entrepris l’étude physiologique de la vision des oiseaux au moyen d’appareils très compliqués, trop compliqués peut-être. Après avoir fait « travailler » des tourterelles dans des cages munies d’écrans, decouloirs, de compartiments, etc., deux d’entre eux concluent en définitive que la tourterelle est un oiseau mal choisi, indocile, qui ne se prête pas à l’expérimentation ; bref dont il n’y a rien à tirer 1 Un amateur d’oiseaux leur eût répondu : prenez des oiseaux voraces et intelligents : pies, geais, corneilles..., et peut-être en obtiendrez-vous quelque chose.
- Cependant gardons-nous de critiquer des gens qui s’efforcent, même maladroitement à leurs débuts. Ils feront des progrès et arriveront avant nous, qui ne possédons ni laboratoires, ni dispositifs pour l’étude si importante des fonctions sensorielles chez les animaux.
- Après ces essais d’étudier la fonction au moyen d’appareils, vient une autre méthode : celle de la comparaison anatomique entre l’œil humain dont nous connaissons la structure et les fonctions, et l’œil de tel ou tel oiseau dont nous voulons tâcher d’évaluer la fonction visuelle par la structure de son globe oculaire. On ne saurait obtenir ainsi une mesure exacte, mais bien une « estimation » déjà fort intéressante. La grandeur de l’œil qui commande celle des images sur la rétine, la perfection de la structure rétinienne et la présence de régions spécialement organisées et d’une sensibilité supérieure (la fossette centrale) tels sont les éléments principaux fournis par l’étude anatomique et microscopique. Si par exemple nous constatons qu’un oiseau de proie a un œil presque aussi gros (buse, milan) ou même plus gros (aigle, circaète) que
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- UN NOUVEL APPAREIL DE SAUVETAGE
- l’homme, donc des images rétiniennes à peu près égales ou même supérieures en grandeur, que d’autre-part il possède, non pas seulement une fovea rétinienne plus compliquée que la nôtre, mais bien deux foveæ, deux points de vision nette dans chaque rétine, nous en conclurons que son œil est, proportionnellement à son poids total, bien plus développé, et en outre plus perfectionné que l’œil humain, et que, par conséquent, sa vision doit être très supérieure à la vision humaine.
- En étudiant la vision des oiseaux, nous sommes toujours obligés de la comparer à la nôtre. Nous ne pouvons en effet nous représenter, si imparfaitement que ce soit, des sensations qui nous sont étrangères, sans les mettre en regard des nôtres. Et cela au point que nous devrons rappeler les qualités principales de la vision humaine pour aborder ensuite avec quelque clarté l’étude des qualités correspondantes de la vision des oiseaux.
- Mais cette méthode de comparaison, si elle est nécessaire, comporte un danger : il ne faut pas tomber dans « l’erreur anthropomorphique » qui consiste à trop assimiler aux nôLres les sensations visuelles des oiseaux et à n’admettre que des différences quantitatives.
- L’élude de l’œil des oiseaux nous pose, en effet, des problèmes auxquels l’œil de l’homme ne nous a pas préparés. Entre leur appareil visuel et le nôtre, les différences ne sont pas seulement quantitatives, elles portent aussi sur la qualité. C’est ainsi que la rétine des oiseaux contient une nappe à peu près continue de boules colore'es dont les nuances vives et diverses interviennent nécessairement dans la vision des couleurs et peut-être aussi dans l’analyse des formes ; rien de pareil dans la rétine humaine et, par conséquent, dans les sensations visuelles de l’homme.
- C’est ainsi encore que les yeux fixes ou très peu
- mobiles des oiseaux, placés plus ou moins latéralement, jouissent d’une vision relativement indépendante et, en tout cas, ne peuvent s’associer pour la vision binoculaire dans la même mesure que nos yeux, si mobiles, et si bien associés dans leurs mouvements qu’ils réalisent presque, au point de vue physiologique, l’œil unique du Cyclope de la fable.
- Nos propres sensations visuelles ne peuvent donc nous servir entièrement de guides pour comprendre la vision des oiseaux. Les divers éléments de notre vision sont sans doute représentés en plus ou en moins dans celle des oiseaux. Mais il y a autre chose et c’est en cela qu’il faut éviter le genre d’erreur que nous avons signalé, l’erreur anthropomorphique.
- Mais si d’une façon toute abstraite nous pouvons concevoir la possibilité de sensations qui diffèrent des nôtres én qualité, il nous est impossible d’évoquer, d’imaginer ces sensations inconnues. Comment, par exemple, imaginer ce que peut être une vision pourvue de deux points de fixation distincts, comme elle existe chez les oiseaux dont chaque œil I ossède deux foveæ, nous qui sommes si gênés par la diplopie dès que nos deux points de fixation, par suite d’un trouble moleur de nos globes oculaires, ne concordent plus rigoureusement, ne se fusionnent plus en un seul?
- Nos propres sensations visuelles ne peuvent donc nous faire comprendre toutes celles de l’oiseau. Certaines propriétés particulières de cette vision qui nous sont signalées par des dispositions anatomiques spéciales, ne sortiront jamais pour nous du domaine de la conception abstraite, pour entrer dans le domaine plus tangible d’une représentation mentale fondée sur nos propres sensations.
- (A suivre.) p,- ^ Rochon-Düvigneaud,
- Ophtalmologiste de l’hôpital Laënnec.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1923.
- Sur l'écrouissage. — Au sujet d’une Note antérieure de M. Seigle, M. Malaval signale les essais déjà vieux de treize aus sur la fabrication des canons, en écrouissant. les tubes non par traction longitudinale, mais par compression interne, ce qui produit l’état de frettage continu. Il rappelle à ce sujet qu’une barre d’acier écrouie par
- la première méthode présente, suivant son axe, une résistance à la compression exactement égale à sa limite élastique primitive et, perpendiculairement à cet axe, une résistance plus grande que la limite élastique primitive, mais inférieure cependant à la charge unitaire appliquée par traction.
- UN NOUVEL APPAREIL DE SAUVETAGE
- Les deux types d’engins de sauvetage individuels en usage actuellement : ceinture et bouée, présentent l’un et l’autre quelques inconvénients.
- , Les ceintures de sauvetage sont toutes d’une grandeur uniforme et s’adaptent mal à la taille et à la corpulence des divers voyageurs appelés à s’en
- servir. Aussi, si le voyageur n’a pas été entraîné à revêtir la ceinture qui lui est destinée, il court le risque, au moment du danger, de mal fixer cette ceinture autour de son corps. Si, par exemple, la ceinture est attachée trop bas ou si les flotteurs qui l la composent sont répartis de telle sorte que la
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- UN NOUVEL APPAREIL DE SAUVETAGE
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- poussée hydrostatique sur la partie arrière de la ceinture excède notablement celle qui s’exerce sur la partie avant, le naufragé risque fort de piquer du nez dans l’eau ou même de basculer complètement la tête en bas. D’autre part, les cordons ou tresses qui réuni-sent les éléments flotteurs pourrissent rapidement quand ils ont été mouillés, surtout par l’eau de mer, puis mal séchés. Si l’on oublie de vérifier fréquemment l’état de ces liens, on court le risque de les voir se rompre au moment de se servir de la ceinture. Enfin, lorsque les éléments qui forment flotteurs sont constitués par du kapok ou du liège calciné, l’enveloppe de ces flotteurs est susceptible de perdre son contenu en se déchirant contre une aspérité : pointe dé roche ou épave, au moment de l’atterrissage.
- De son côté, la bouée n’est pas exempte de toute critique. Elle n’est réellement sûre que si le naufragé peut se la passer autour du corps avant de se jeter à l’eau. Si la bouée est jetée à un homme à la mer, le naufragé, en s'acerocbaut à la bouée, la fait basculer et s’enfonce d’une certaine profondeur, à moins que le tore de liège ne soit très grand. De plus, le naufragé accroché à sa bouée ne peut avancer et doit attendre sur place du secours, sans pouvoir gagner la côte par ses propres moyens.
- M. Auguste Chalbet, ayant reconnu ces défauts, a imaginé un nouvel appareil qu’il nous parait intéressant de faire connaître, après les résultats des essais qu’il a subis,
- L’engin de sauvetage de M. Chalbet est un flotteur de forme rectangulaire, constitué par une série de longerons de liège, jointifs et réunis entre eux
- Fig. 3. — L’inventeur flottant sur son appareil.
- Fig. i. — L’appareil de sauvetage de M. Chalbet.
- par des broches de bois traversant toute la longueur ; l’ensemble est recouvert de toile peinte ou vernie et entouré de cordelettes de manille qui assurent la solidité du système et permettent en outre de fixer
- des boucles en cordage sur lesquelles on attache un filin et une amarre, et, si l’on veut une pagaie. Il pèse en tout 6 kg environ et peut en porter 20 sur l’eau.
- A bord, le nouvel engin est peu encombrant, ce qui est ; un avantage pour les embarcations de petit tonnage ; on peut donc en grouper un certain nombre sur le même point du bateau.
- Jeté à l’eau, il offre au naufragé, par son filin, un grand nombre de points.où il peut s’accrocher. Grâce à sa forme rectangulaire, il s’élève bien à la lame et peut être glissé facilement sous le corps. Une fois le naufragé installé sur cette « planche de salut », il peut progresser, soit en nageant avec les jambes, soit en pagayant. Enfin, en réunissant plusieurs de ces appareils au moyen de courroies, on peut constituer un radeau pouvant supporter plusieurs personnes.
- M. Chalbet a déjà essayé son appareil un peu partout. L’avant-dernière expérience fut faite à Paris, sur la Seine, où l’on put voir, pendant près d’une heure, l’inventeur flotter avec un plein succès. La dernière eut lieu à Toulon devant les autorités maritimes.
- Le nouvel engin de sauvetage que nous venons de décrire, nous semble mériter de prendre place à bord de tous les bâtiments. A. B.
- Fig. 2. — Plusieurs appareils réunis en radeau.
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- LES GROS BLOCS QUATERNAIRES DU PORT DE BONNEUIL
- D importants travaux sont actuellement effectués à nie Barbière, commune de Bonneuil (Seine), com- | prise entre la Marne et le Morbras, en vue d’y creuser le futur port charbonnier de Paris.
- Les dragues entament d’abord les alluvions de la j
- locale. Ce caractère local est encore accentué par les faciès des blocs de calcaire de Champigny. On sait que sans la vallée de la Marne, et en particulier à Champigny, le calcaire ludien est profondément silicifié. Une silification aussi in-
- Marne sur 5 mètres environ, puis sous l’eau sur 4 m. 25. Là, elles ont trouvé, non plus du sable, mais d’énormes blocs de roches très diverses en quantité considérable, dont les accumulations forment actuellement une véritable jetée au-dessus de la prairie, le long du canal en construction (fig. 1).
- Ces blocs atteignent des dimensions considérables, jusqu’à 1 mètre cube, et on a pu être tenté de les considérer comme des blocs « erratiques » ou tout au moins amenés par des glaces flottantes.
- Cette hypothèse nous parait difficilement acceptable. Tout d’abord, aucun de ces blocs n’est roulé, ni même émoussé ; ils sont tous anguleux ; on croirait qu’on vient de les sortir d’une carrière ou que la charrue vient de les arrachera la terre. Aucun ne présente des traces de stries.
- De plus, tous ccs blocs sont d’origine strictement locale, calcaire grossier à Cérithes, calcaire de Champigny avec ses géodes de silice usés, meulière de Brie, grès de Fontainebleau.
- Il est très curieux de constater la rareté de silex de la craie; nous n’en avons observé qu’un seul échantillon ; il était roulé et patiné, comme le sont d’ordinaire les.silex de la haute terrasse; on peut donc aussi le considérer comme ayant une origine
- tense ne s’observe pas dans les autres affleurements.
- Or, les blocs des alluvions de la Marne sont extrêmement silicifiés, il en résulte qu’ils ne peuvent provenir que de la région même, à quelques kilomètres, du point où ils se trouvent.
- 11 est probable que ces blocs sont le résultat de l’action éluviale ; ils sont descendus sur place, parce que plus durs, au fur et à mesure que les actions de ruissellement, et peut-être aussi d’érosion, enlevaient les sédiments meubles, qui se trouvaient au-dessous d’eux et à côté d’eux. Ils fie sont pas le fait du creusement par la Marne quaternaire, mais le fait de la longue usure continentale qui s’est poursuivie dans le Bassin de Paris, depuis la fin des temps nummulitiques.
- Tout au plus, la Marne quaternaire a-t-elle pu provoquer leur amoncellement en un point, en minant une falaise préexistante, lorsqu’elle occupait l’emplacement du Morbras.
- L’amoncellement de ces blocs parait appartenir au Quaternaire récent, car dans les alluvions qui les accompagnent on a trouvé Elephas primigenius Bos.
- Paul Lemoine et Teilharij de Chardin.
- Professeur au Muséum Professeur à l’Inslitut national. catholique.
- Fi,a'. 2. — Coupe schématique du dragage à Bonneuil.
- Le Gérant ; P. Masson, — Imprimerie Pau unie, rue de Fleurus, 9. à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2561.
- 5 MAI 1923
- L’amplificateur le plus puissant en T. S. F.
- LE DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- On sait qu’il est très difficile, avec les postes ordinaires de T. S. F., de recevoir les ondes courtes, c’est-à-dire, non seulement les ondes aux environs de 200 m. de longueur d onde, mais encore celles au-dessous de 1000 m. en général. Les amplificateurs à résistances, par exemple, ne donnent en effet au-dessous de 1000 m. qu’un rendement très médiocre ; par des artifices spéciaux, en remplaçant notamment les tubes à vide ordinaires, par des lampes spéciales dites « à cornes » dans lesquelles les connexions des filaments, grilles et plaques sont nettement séparées, on peut abaisser la gamme de fonctionnement jusqu’aux environs de 300 m. de longueur d’onde; il n’en est pas moins vrai que les résultats sont malgré cela peu satisfaisants.
- M. Roussel, le distingué secrétaire de la Société française de T. S. F. et de téléphonie sans fil, a déjà expliqué dans le n°2552, les raisons de cette difficulté ; raisons provenant surtout de la très haute
- fréquence des oscillations, cette fréquence variant de 300000 pour l’onde de 1000 m. de longueur à 1 500 000 pour celle de 200 m. Toutes les capacités
- Plaquette ébontte isolante
- Croisillons en hêtre
- parasites deviennent de ce fait extrêmement nuisibles, car elles livrent aisément passage à ces cou-
- Fig. i. — Principe d’une superhétérodyne. — Réception sur cadre.
- rants de très haute fréquence, et la moindre capacité extérieure, rapprochement d’une masse métallique ou même influence du corps de l’opérateur, trouble la réception.
- On a donc cherché des movens d’am-plification spéciaux pour la. réception des ondes courtes : par transformateurs à haute fréquence, par à réso-
- Fig. 2. — Principe d’une, superhétérodyne. Réception sur antenne. Montage en dérivation.
- étages
- Fig. 3. — Le cadre à employer.
- A titre d’indication, un cadre de i m. 5o et i mètres avec 7 spires écartées de 3 centimètres convient bien pour la réception des ondes courtes depuis 3 à 400 mètres de longueur
- . . 2 5
- d’onde jusqu’à 1200 mètres, avec une capacité de p.f.
- 51* Anné». — 1" Semeatr»,
- nance, par selfs spéciales ; on peut également simplement détecter par lampe ou galène, en amplifiant par des étages ordinaires à basse fréquence.
- M. Roussel a décrit dans ce même article précité, le montage Reinartz, qui permet de recevoir les ondes courtes à l’aide d’une antenne de grande longueur et qui a donné, lors des essais transatlantiques, de bons résultats.
- Cependant, ces dispositifs ne donnent qu’une amplification relativement faible en comparaison de ceux fournis par des appareils spéciaux connus sous les noms de superhétérodyne et de super-réaction.
- Le principe du dispositif super-hétérodyne est d’ailleurs totalement différent de celui de la superréaction, et nous pouvons dire, dès maintenant, que le premier appareil est infiniment-préférable au second, d’abord par sa facilité de construction, malgré son apparente complexité, et surtout par la facilité et la parfaite stabilité de son réglage. Il est possible que le montage super-régénérateur soit perfectionné; mais, actuellement, il faut avouer que
- 18. - 275.
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- LE DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- Entrée du Ô Circuit ondes courtes
- le.r circuit d'ondes tongi
- Fig. 4. — Le détecteur D.
- (Le milliampèremètre placé dans le circuit plaque indique par la déviation de son aiguille le fonctionnement en super-hétérodyne.)
- son emploi est tout à. fait restreint et que, même aux Etats-Unis, il semble que bien peu d’amateurs aient réussi à l’utiliser avec profit.
- A l’encontre du dispositif super-régénérateur qui, d’après son inventeur lui-même M. Armstrong, ne peut donner de résultats au-dessus de 1000 m. de longueur d’onde, la superhétérodyne permet : non seulement la réception des ondes courtes avec une amplification, très puissante, mais encore la réception des ondes jusqu’à 4000 m. de longueur d’onde environ, avec des résultats que ne peuvent atteindre aucun des autres montages employés actuellement.
- Par exemple, il est possible, à l’aide d’un dispositif superhétérodyne et d’un cadre, de recevoir très facilement à Paris, en haut-parleur, les émissions du Broad-casting anglais de 570 à 425 m. de longueur d’onde, de même que celles de la Haye de 1050 m., mais de plus il sera possible à Nice de recevoir sur cadre en haut-parleur également les radio-concerts de FL et delà SFR. La superhétérodyne a donné également pendant le concours transatlantique de remarquables résultats.
- La découverte de l’idée directrice du montage superhétérodyne remonte déjà à quelques années. C’est en 1916, en effet, que M. Lévy appliqua ce dispositif à l’émission d’abord, puis à la réception; c’est en 1917 seulement qu’il le fit
- Le 'principe du dispositif superhétérodyne est simple et ingénieux ; il consiste, au moyen d’un premier hétérodynage, à faire interférer les ondes courtes reçues par un collecteur d’ondes, cadre ou antenne, avec les ondes locales produites par une première hétérodyne. On règle ces ondes locales, non pas pour obtenir une fréquence musicale, comme dans l’hétérodynage ordinaire, mais pour obtenir des battements de fréquence encore assez grande, au minimum de 15 000 par exemple. Ces battements sont ensuite détectés et traités comme des ondes de grande longueur. Ils peuvent donc être amplifiés et de nouveau détectés avec n importe quel amplificateur construit normalement pour recevoir les ondes au-dessus de 1000 m., s’il s’agit d’ondes entretenues, on peut hétérodyner de nouveau avec une hétérodyne pour ondes longues, d’oii le nom de superhétérodyne ou de double-hétérodyne, donné à l’appareil.
- Fixons les idées par un exemple numérique et supposons que l’on désire recevojr des ondes de 200 m. de longueur d’onde, dont la fréquence est de 1500000 ; si nous hétérodynons une première fois avec une source locale de fréquence 1 480 000, nous obtiendrons des battements de fréquence 20 000, que
- nous pourrions amplifier et détecter comme des ondes de 15 000 m. de longueur d’o ide. Lorsqu’il s’agit d’émissions radio- téléphoniques il ne se produit aucune déformation, parce que la fréquence de modulation est inaudible.
- Examinons maintenant le schéma de principe du procédé.
- Comme nous l’avons dit, le collecteur d’ondes peut être l’antenne ou le cadre (fig 1 et fig. 2).
- Le dispositif, étant donnée sa puissance, est parIi-culièremcnt bien adapté à la réception sur cadre; si on emploie l’antenne, même avec un seul fil de faible longueur, extérieur ou placé à l’intérieur de l’habitation, on peut obtenir des résultats remarquables.
- Pour le cadre, l'accord simple avec condensateur à air en dérivation suffit; pour l’antenne, on peut utiliser l’accord en Tesla (réalisé en couplant deux galettes de self genre nid d’abeilles), l’accord en dérivation est d’ailleurs suffisant (on emploiera également une self en nid d’abeille ou type « Coronna »).
- Fig. 5. — La bobine de couplage B.
- La galette de couplage et la bobine exploratrice de l’hétérodyne sont fixées toutes deux sur des supports d’ébonitc avec charnière.
- breveter.
- M. Armstrong a déposé en Amérique un brevet sur le même dispositif et on construit là-bas des appareils qui portent son nom. Nous n’avons pas à trancher ce différend, bien qu’il semble que l’invention française soit bien antérieure.
- Fig. 6, — Couplage des circuits oscillants E F réalisé avec des tores et des condensateurs variables ou des galettes genre Coronna.
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- LE DISPOSITIF SUPERHETERODYNE
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- Le cadre employé A, rappelons-le, doit être un cadre pour ondes courtes, c’est-à-dire bobiné en spirale plate, spires écartées d’aumoins 3 cm, fil de faible résistance, câble ou fil 8/10 mm. isolé 2 couches coton, doublé ou triple (fig. 3).
- L’antenne A' évidemment de faible longueur, par exemple unifilaire ou en nappe, sera de préférence également constituée par un câble.
- Le cadre ou la self d’antenne est donc relié à un premier délecteur D placé dans le circuit d’ondes courtes. Ce détecteur (fig. 4) n’offre rien de particulier } sur son circuit de grille est simplement placé un condensateur de 5/100000 de microfarad shunté par une résistance de 4 mégohms; il est inutile d’employer une lampe à cornes. Nous verrons plus loin que certains constructeurs font précéder ce détecteur d’étages à
- w c
- haute fréquence.
- Rem arquons seule-ment que le chauffage de cettelampe a une grande importance et doit être réglé soigneusement par un rhéostat.
- Entre le condensateur du cadre ou la self d’antenne et le détecteur est intercalée une petite galette de self ou bobine de couplage B entre ce premier circuit et l’hé-térodvne pour ondes courtes. On réalise très simplement cette galette en enroulant une quinzaine de spires de fd 8/10 mm .isolé 2 couches coton, en une seule couche par un anneau
- à gorge en bois ou en ébonite de 10 cm de diamètre (fig. 5). On peut également enrouler ces spires en
- Fig. U. —Amplificateur à 4 étages à transformateurs. Réaction électro-magnétique.
- T,, transformateur haute fréquence à noyau magnétique; Ts, transformateur basse fréquence circuit magnétique fermé, rapport 5; T„ transformateur basse fréquence circuit magnétique fermé, rapport 3. ,
- Dans le circuit grille de la deuxième lampe est placé un
- condensateur de —
- 4 mégohms.
- _ L\AA/V
- 4 VL
- 80 v.i
- G G G
- r2
- Décrochage
- Accrochage
- Entrée
- Compensateur
- Amplificateur à résistances à 4 étages H F et 2 E F.
- 3
- 80000 h>
- Fig. 9. -R„ Râ, R3
- C„ ——
- 100000
- T,, transformateur B F, rapport 5;
- r,, rQ, 5 mégohms;- Cf, C2
- pf. ; L, résistance ohmique pour accrochage; C*,
- 10000 4
- IO00
- T2, transformateur B F, rapport
- Fig. 7. — Montage très simplifié.
- spirale et fixer le tout sur un petit support d’ébonite au moyen de fil de soie ou de bandes de presspahn (fig. 5). On couple cette galette avec la bobine exploratrice de l’hétérodyne pour ondes courtes C.
- Cette hétérodyne C n’offre pas non plus de particularités distinctes et on peut se servir d’une hétérodyne quelconque, par exemple d’une hétérodyne réalisée avec des bobines de self étalonnées. Cette hétérodyne pourra être à 1 ou 2 lampes, mais il est à remarquer qu’e//e doit fournir une énergie assez-grande ; il faut donc que le chaumage soit relativement poussé et de plus que la batterie de tension ait de 60 à 80 volts.
- Indiquons de suite qu’on pourrait réaliser un dispositif superhétérodyne en employant les mêmes batteries de chauffage et de tension pour tous les appareils, mais il est préférable d’utiliser des batteries séparées. Cependant on peut utiliser la même batterie de chauffage pour l’amplificateur ordinaire des grandes ondes dont nous allons parler et pour l’hétérodyne petites ondes qui vient d’être mentionnée.
- La bobine exploratrice de l’hétérodyne C et la bobine de couplage B du circuit-ondes courtes doivent généralement être très fortement couplées et il est plus simple de les accoler Tune à l’autre sans plus s’occuper de faire varier ce couplage.
- Dans le circuit de plaque du détecteur, est placé un premier circuit oscillant E accordé pour les ondes longues. Ce circuit, qui peut comprendre ou non un condensateur variable, est composé à l’aide d’une galette de self ou d’un tore ; il
- ;xf. simule par une résistance de
- Sortie
- pf. ; pf. ;
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- 216 :::.. LE DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE
- Fig. io. — La Super hétérodyne Lévy.
- De gauche à droite, hétérodyne pour ondes courtes: boite d’accord et de couplage; premier amplificateur et détecteur; amplificateur pour ondes longues.
- agit sur un autre identique F qui doit être relié à l’amplificateur pour ondes longues. La position des deux galettes de self est variable et par suite aussi leur couplage mutuel. La longueur d’onde propre de ce circuit doit varier suivant les amplificateurs employés pour recevoir les ondes longues. Avec les amplificateurs à résistances, elle varie de 10 à 15 000 m. ; avec certains amplificateurs à transformateurs de 6 à 8000 m., avec des amplificateurs à selfs, de 15 à 20000m.
- On réalise très facilement ces circuits, à couplages variables, au moyen de galettes genre « Coronna » ou en « nid d’abeilles » placées sur des supports pivotants (fig. 6).
- L’amplificateur ordinaire fj-qui est relié au deuxième circuit oscillant forme enfin la dernière partie de la double hétérodyne.
- Voilà donc ce qui compose en réalité le dispositif : collecteur d’ondes accordé sur ondes courtes, premier circuit couplé avec l’hétérodyne pour ondes courtes et détecteur, ce détecteur agissant sur un circuit pour ondes longues ; enfin ce dernier induisant sur un autre circuit relié à un amplificateur ordinaire.
- Le fonctionnement est facile à comprendre. Le cadre ou l’antenne accordé reçoivent les ondes courtes; celles-ci interfèrent avec les ondes locales de l’hétérodyne grâce aux galettes de couplage ; les battements obtenus sont détectés et agissent dans le premier circuit oscillant accordé pour grandes longueurs d’ondes, puis par induction sur le deuxième relié à l’amplificateur ordinaire. Généralement, comme nous l’avons dit, il est inutile de se servir d’une deuxième hétérodyne et on utilise plutôt le montage autodyne de l’amplificateur pour grandes ondes.
- On peut même remarquer qu’à la rigueur il serait possible de relier directement le détecteur à l’amplificateur ordinaire; ce moyen est rarement efficace. On peut même obtenir quelques résultats en supprimant complètement le détecteur, en reliant l’amplificateur ordinaire au circuit du collecteur
- boite d’accord et de couplage de la superhétérodyne Lévy.
- d’ondes et en faisant simplement agir l’hétérodyne de façon à obtenir des battements d’une grande longueur d’onde (fig. 7).
- Certains constructeurs, comme nous l’avons dit, amplifient à haute fréquence avant de, détecter une première fois; ainsi M. Lévy, dont nous décrivons plus loin en détail ces appareils, construit un amplificateur à selfs, à 2 étages haute fréquence avant la détection.
- D’après les explications précédentes, on voit que l’on peut employer comme amplificateur d’ondes longues n’importe quel amplificateur : à résistances, à transformateurs ou à selfs, et, suivant le genre d’amplificateur employé, on fera varier les circuits de couplage. Cependant, on remarque que les amplificateurs à selfs et à transformateurs donnent des résultats supérieurs aux amplificateurs à résistances ; cela tient à ce que la gamme de fonctionnement optimum des amplificateurs à selfs
- Fig. 12. — Schéma du premier amplificateur a self Lévy à 2 étages H F suivis d'une lampe déteclrice.
- (On voit également les 2 circuits à couplage variable accordés sur i5ooo mètres de longueur d’onde contenus dans la boîte de l’amplificateur.) .
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- LE DISPOSITIF SUPERHÉTÉRODYNE ——.... 277
- et à transformateurs est beaucoup plus étroite que > celle des amplificateurs à. résistances et cette propriété est ici un avantage, puisque les ondes qui pénètrent dans l’amplificateur ont toujours à peu près la même fréquence et qu’on peut régler cette fréquence et l’amener dans la gamme voulue.
- Les amplificateurs à transformateurs qui donnent les meilleurs résultats sont les amplificateurs à transformateurs à fer, dont le circuit magnétique est formé par des tôles extrêmement minces au ferro-silicium. L’amplificateur L4 par exemple, est
- amplificateur à résistances à 4 étages IIF et 2 BF par transformateur. La réaction se fait par un compensateur, une résistance selfique intercalée dans le circuit de la quatrième plaque sert à faciliter l’accrochage, un condensateur O de 3 à 4 millièmes de microfarad, shuntant le primaire du transformateur BF, empêche la naissance de sifflements parasites.
- Les amplificateurs à selfs enfin, dont nous donnerons plus loin le schéma du modèle type Lévy; sont identiques aux amplificateurs à résistances, sauf
- L’amplificateur Lévy pour ondes longues à 6 étages H F à selfs, suivis de 2 étages B F à transformateurs.
- Fig. i3.
- parfaitement adapté à ce but; mais il ne peut être question pour l’amateur de construire un appareil de ce type, parce qu’on ne trouve pas dans le commerce les tôles nécessaires. Il lui faut donc se contenter de transformateur sans fer ou tout au moins à fer à circuit magnétique ouvert (noyau de fils émaillés). On vend dans le commerce, actuellement, des transformateurs de ce genre. Sans nous étendre sur la fabrication des amplificateurs, nous donnons simplement le schéma d’un amplificateur, comportant un étage HF par transformateur, une lampe détectrice et 2 BF par transformateurs à circuit fermé, réaction électro-magnétique (fig. 8).
- L'amplificateur à résistances est le plus simple à construire pour un amateur, sinon le plus puissant. Nous donnons également le schéma d’un
- que la liaison par résistances de 80 000 ohms est remplacée par une liaison par selfs. Ces amplificateurs, comme nous l’avons dit, très robustes, indérégables et d’une gamme de fonctionnement, assez restreinte, sont très délicats à construire, aussi ne conseillons-nous pas cette fabrication à l’amateur débutant.
- Quelles sont maintenant les opérations à effectuer pour le réglage de l'appareil ? Le couplage entre l’hétérodyne et le circuit d’ondes courtes, ainsi que le couplage entre les deux circuits d’ondes longues est théoriquement variable ; * mais, en réalité, il suffit généralement de maintenir ce couplage fixe et serré au maximum. Tous les réglages se réduisent donc à l’accord du circuit pour ondes courtes, accord réalisé d’ailleurs uniquement par le jeu du condën-
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- 278 .--. . ----~ LE SEL
- sateur en dérivation sur le cadre ou la bobine de self (en considérant seulement le montage en dérivation sur antenne) au réglage de l’hétérodyne, et à celui du condensateur placé en dérivation sur l’entrée de l’amplificateur ordinaire. Ce condensateur sert seulement d’ailleurs à renforcer l’audition en modifiant surtout les conditions d’accrochage de l’amplificateur. Quant à la réaction autodyne de l’amplificateur ordinaire, si on désire recevoir uniquement les auditions radio-téléphoniques, elle a seulement pour but de renforcer l’audition. S’il s’agissait de recevoir les émissions entretenues de très courtes longueurs d’ondes, il serait généralement nécessaire d’employer une deuxième hétérodyne, mais cette réception n’est pas le but de la généralité des amateurs et seuls des opérateurs déjà avertis se livrent à cette recherche; pour ceux-là, le réglage d’une hétérodyne supplémentaire ne peut être une gêne.
- On voit qu’en réalité, malgré sa complexité apparente, la manœuvre de la superhélérodyne est extrêmement simple, puisqu’elle se réduit à trois réglages faciles dont un même est presque facultatif. Comme nous l’avons dit, le réglage est absolument stable, même plus stable que celui d’un amplificateur à réaction autodyne ordinaire, et rarement il est nécessaire de prendre des précautions en approchant les mains des appareils, l’infiuence du corps de l’opérateur n’apportant aucun trouble sensible.
- Il est facile pour l’amateur de combiner une superhétérodyne soit de toutes pièces, soit avec des éléments déjà possédés par lui ; mais on construit spécialement des ensembles complets, très étudiés et évidemment de très bon rendement.
- Aux États-Unis, ces appareils sont présentés au nom de M. Armstrong; les éléments sont tous renfermés dans une même boîte en ébénisterie et les lampes même sont complètement protégées.
- En France, l’inventeur de la superhétérodyne, M. Lévy, construit un ensemble particulièrement bien adapté (fig. 10). Il se compose : d’une boîte d’accord pour cadre, boîte découplage, en même temps, entre l’hétérodyne et le circuit d’ondes courtes; d’une hétérodyne pour ondes courtes; d’un amplificateur à 2 étages 11F par selfs ; d’une lampe détectrice, reliée à deux circuits pour ondes longues à couplage variable ; ces circuits sont accordés sur 15 000 mètres de longueur d’onde, c’est-à-dire 20.000 périodes. L’ensemble enfin est complété par un amplificateur à selfs à 6 étages HF et 2 étages BF à transformateurs, avec réaction électro-statique et commutateur permettant d’utiliser à volonté 6, 7 ou 8 étages.
- La figure 10 montre ces divers appareils et les schémas 11, 12 et 15 indiquent les détails de la boîte de couplage, du premier amplificateur et de l’amplificateur à selfs.
- On voit que la superhétérodyne, tout en étant actuellement le moyen de réception le plus puissant, non seulement pour les ondes courtes, mais encore pour les ondes moyennes, est un appareil parfaitement à la portée de tout amateur; il exige site évidemment un matériel et des accessoires assez importants, mais cet inconvénient est relativement peu de chose si l’on considère les résultats obtenus, îa facilité et la stabilité du réglage.
- P. Héjiardinquer.
- LE SEL
- Apprécié dès la plus haute antiquité par les Grecs et les Romains, le chlorure de sodium, vulgairement connu sous le nom de sel, est aujourd’hui d’un usage universel.
- Outre qu’il est un condiment indispensable à l’alimentation de l’homme et des animaux, le sel est encore employé dans l’économie domestique pour la conservation du poisson, des viandes, du beurre, etc....
- D’autre part, le chlorure de sodium est la matière première des puissantes industries de la soude et du chlore qui comptent parmi les branches les plus importantes de la grande industrie chimique minérale.
- C’est à cette importance capitale du sel qu’il faut attribuer l’énormité du chiffre de sa consommation; la France seule en utilise annuellement près de 800 000 tonnes qui se répartissent à peu près également entre l’alimentation et l’industrie.
- Où l’on trouve le sel. — Fort heureusement, le sel se rencontre en grande abondance dans la nature,
- soit à l’état de dissolution dans les eaux de la mer, des sources ou des lacs salés, soit à l’état solide, dans les entrailles de la terre, sous forme de sel gemme.
- Ainsi qu’on le sait, l’eau de mer contient un grand nombre de sels en dissolution; elle possède, de ce fait, une saveur particulièrement désagréable qui justifie l’appellation d’ « onde amère » que lui donnent quelquefois les poètes.
- La salure d’une mer varie avec la température de ses eaux; c’est ainsi que la Baltique ne renferme que 5 gr. de substances salines par litre, tandis que l’Atlantique tropical en contient 58 gr. et la mer Rouge À5 gr. par litre.
- Parmi ces sels, quelques-uns comme le chlorure et le bromure de potassium, le sulfate de magnésium, etc..., y sont à doses assez faibles; d’autres, au contraire, tels que le chlorure de magnésium et surtout le chlorure de sodium, s’y rencontrent dans des proportions plus considérables.
- C’est ainsi, par exemple, que l’eau de la Médi-
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- terranée renferme environ 2,94 pour 4 00 de son poids de sel commun alors que, pour l’Océan Atlantique, ce pourcentage oscille entre 2,64 et 2,95 pour
- 100.
- Si l’on admet qu’en moyenne l’eau de mer renferme de 2,5 à 5 pour 100 de son poids de chlorure-de sodium, on imaginera aisément' la quantité formidable de sel contenue au sein des océans.
- Le chlorure de sodium existe également, ainsi que nous l’avons dit, en dissolution dans les eaux de nombreux lacs répandus un peu partout à la surface du globe.
- En Europe, ces lacs sont particulièrement nombreux dans les steppes du Sud-Est de la Russie, à l'Est de la Volga. Nous citerons, parmi les plus connus, les lacs Elton et Baskountchak, dans le gouvernement d’Astrakan.
- On rencontre également sur le continent asiatique, en dehors de la mer d’Aral, dans le Turkes-1an russe, de nombreux lacs dont les eaux tiennent en dissolution des substances salines parmi lesquelles prédomine le chlorure de sodium. Ce sont, dans l’Inde, le lac Sambhar, près de Jeypore; en Perse, le lac Ourmiah qui couvre une étendue de plus de 4000 km2; en Arménie, le lac de Van, situé à 1665 m. d’altitude, qui s’étend sur près de 7650 km2. Enfin, la dépression centrale du plateau c ilcaire de l’Anatolie est parsemée de nombreux lacs temporaires, aux eaux plus ou moins salées, qui se réduisent l’été en une épaisse couche de sel.
- On peut rapprocher de ces derniers lacs les (hotts ou sebkhas qui se rencontrent en grand nombre dans nos colonies de l’Afrique du Nord. On exploite en outre en Algérie, dans le département d’Oran, le lac d’Arzew situé à une dizaine de kilomètres de la côte méditerranéenne. D’après les slatistiques officielles du Gouvernement général de l’Algérie, la production des lacs pendant l’année 1920 a été de 27 169 tonnes de sel dans le déparlement d’Oran et de 1000 tonnes seulement dans le département de Constantine.
- Enfin, pour en terminer avec les lacs salés dans le monde,mous citerons aux États-Unis d’Amérique,
- Fig. )î.
- Les marais salants de Bourg-de-Batz.
- Fig. i. — Marais salants près du Croisic (.Loire-Inférieure).
- le Grand Lac Salé de l’ittat de l’Ut ah, au pied des monts Wahsatch, sur les bords duquel s’est bâtie la curieuse cité mormonne de Greal-Salt-Lake-City.
- De nombreuses hypothèses ont été émises sur la présence du sel gemme au sein des couches géologiques. On admet généralement aujourd’hui que ces amas proviennent de l’évaporation de mers intérieures à diverses époques. Cette hypothèse semble d’ailleurs confirmée par la présence simultanée dans les mines de sel gemme des autres sels alcalins qui accompagnent le chlorure de sodium dans l’eau de mer.
- Les phénomènes d’assèchement des mers anciennes ayant pu se reproduire à des intervalles de temps très grands, on conçoit qu’il soit possible de rencontrer le sel gemme aux étages géologiques les plus divers.
- Les gisements connus appartiennent, dans les terrains primaires, aux étages du silurien, du dévonien et plus particulièrement du permien, ou mieux du permo-carboniférien ; dans les terrains secondaires, à l’étage du trias, dans les couches du Vosgien, du Keupérien et du Franconien ou Muschel-kalk, ainsi qu’aux étages du jurassique et du crétacé; enfin, dans les terrains tertiaires, à l’étage de l’éocène.
- La plupart des États européens possèdent et exploitent des gisements de sel gemme; nous ne signalerons ici que les plus importants de ces gîtes salins.
- En dehors des amas triasiques exploités à Heil-bronn, dans la vallée du Neckar, l’Allemagne possède les gisements fameux de Stassfiirt, dans la Saxe prussienne, qui renferment, à côté du chlorure de sodium relativement pur, d’autres sels alcalins et notamment de la carnallite (KCl,MgCl2,6H 0), w de la kiésérite (S04Mg,H20), de la kaïnite (S04Mg, SO*K*,MgCl*,6H*0), etc....
- L’Autriche, dans la région montagneuse du Salz’’ knmmergüt, sur les confins de la Styrie et du terri-• loire de Salzbourg, exploite les dépôts de Isch, Hallstatt et Dürrenberg qui produisent de 50 à 60 000 tonnes de sel par an. Elle possédait en outre, avant la guerre, les mines bien connues de AVieliekza et de Bochnia, en Galicie, au sud-est de Cracovie,
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- Fig. 3. — Vue du salin de Giraud.
- que les traités de 1919 ont rendues à la Pologne.
- La présence du sel gemme en Espagne a été depuis fort longtemps reconnue et l’on y signale notamment les gîtes tertiaires de Cardona, en Catalogne, ainsi que des bancs considérables dans les provinces de Murcie et de Cuenca.
- La Grande-Bretagne possède les puissants filons triasiques du comté de Chester, entre le Pays de Galles et le comté de Lancastre. Au même étage géologique appartiennent les gisements de Newcastle, dans le Durham et de Carrickfergus, en Irlande, près de Belfast, exploités depuis des siècles.
- On rencontre en Italie quelques dépôts de sel gemme, notamment à Trapani, en Sicile. La Roumanie a de même quelques exploitations à Slanic, à Campina, etc....
- 11 existe en Russie de puissants gisements salins localisés principalement dans le gouvernement de Iékatérinoslav, au Sud, et dans le gouvernement de Perm, à l’Est.
- Les mines de la Russie méridionale, situées aux environs de Backmout, sur le chemin de fer de Tagarov à Iékatérinoslav, étaient, avant la guerre, exploitées par la Société Française des Houillères et Mines de sel gemme de la Russie méridionale. Les puissantes couches salifères de l’est Russe dont le centre d’exploitation était à Solikamsk, au pied des Monts Oural, sont au sein de terrains primaires, à l’étage du permo-carboniférien, dans les couches du Zechtein.
- La Suisse a également quelques mines de sel gemme, à Bex, dans le canton de Vaud, à Schwei-zerhalle, etc....
- Nous terminerons ce tableau des gisements de sel gemme en Europe par l’étude rapide des principales exploitations françaises.
- Le sel en France. — Les principaux et les plus importants gisements français sont situés dans la région de l’Est et notamment aux environs de Nancy et, en Lorraine retrouvée, dans le département de la Moselle.
- Les gîtes salins de la vallée de la Meurthe se rencontrent dans les terrains triasiques, à l’étage du
- keupérien. Les principaux centres d’extraction sont, près de Nancy, à Saint-Nicolas-du-Port, Varange-ville et Rosières-aux-Salines auxquels il faut rattacher les salines de Dombasle-sur-Meurthe, de Saint-Laurent, de Sommerviller, de la Sablonnière et du Portieux.
- Aux gisements de sel gemme situés sur les territoires qui, annexés après le traité de Francfort, nous ont été rendus en 1919, appartiennent, dans la haute vallée de la Seille, les centres de Château-Salins, Yic-sur-Seille, Moyenvic et Dieuze. Il faut rattacher à ce groupe les salines très importantes de Salzbronn, près de Sarralbe, dans la région de Sarreguemines, dont l’exploitation remonte au xne siècle.
- Le département du Haut-Rhin, dont on connaît la richesse en gisements potassiques, renferme également des amas de chlorure de sodium ; c’est ainsi que les sylvinites alsaciennes sont constituées par un mélange de chlorure de potassium et de sel gemme avec quelque peu de sulfate de calcium et de chlorure de magnésium.
- Les sondages effectués en 1904, en vue de la recherche de gisements potassiques dans la banlieue de Mulhouse, à Wittelsheim par exemple, ont révélé la présence de couches puissantes de chlorure de sodium sous lesquelles on a rencontré le chlorure de potassium.
- D’autres départements français exploitent, eux aussi, des gisements de sel gemme ou des sources salées impliquant l’existence d’amas salifères.
- C’est ainsi que le Jura possède les salines de Lons-le-Saunier, Montmorot, Grozon et Salins, et que les Basses-Pyrénées exploitent les salines de Salies-de-Béarn, Briscous et Urt; cette dernière produit annuellement environ 4000 tonnes de sel raffiné tandis que, dans le département voisin, la saline de Dax en produit environ 8000 tonnes.
- Le chlorure de sodium se rencontre également en dehors de l’Europe ; en Algérie, par exemple ,où il forme de véritables montagnes; en Perse, à
- Fig. 4. — Vue du salin de Giraud.
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- Ormuz; dans l’Inde, à Pesc-haver et à Balladur ; aux Etats-Unis, en Louisiane; enfin, dans les Andes péruviennes et boliviennes, etc....
- Après avoir indiqué les différentes sources naturelles du chlorure de sodium, ainsi que les lieux divers où il se rencontre, il nous faut maintenant esquisser les procédés variés utilisés pour son extraction soit des eaux de la mer, soit des entrailles de la terre.
- L’extraction du sel de la mer se fait, dans les pays tempérés, par évaporation de l’eau saline jusqu’à concentration suffisante sous l’action combinée de la chaleur solaire et du vent dans de vastes bassins installés en bordure des côtes.
- Nous n’envisagerons ici que les exploitations existant en France, c’est-à-dire les marais salants établis sur le littoral de l’Océan Atlantique et les, salins installés sur les côtes méditerranéennes.
- Les marais salants de l’Atlantique. — On classe généralement les marais salants français en 5 groupes qui sont : "
- 1° Le groupe de la Loire-Inférieure avec les marais de Guérande, du Groisic, du Bourg-de-Batz, du Pouliguen et de Bourgneuf-en-Retz ;
- 2(l Le groupe de la Vendée avec les marais de Beauvoir et de Pile de Noirmoutiers ;
- 5° Le groupe de la Charente-Inférieure avec les marais d’Arvert, de Marennes, d’Ars-en-Ré et de l’île d’Oléron.
- La production des marais salants de l’Ouest, dont la superficie totale est d’environ 10000 hectares, est extrêmement variable selon les circonstances atmosphériques. Elle s’est élevée en 1921, qui fut une année exceptionnellement sèche, à 180000 tonnes environ, mais fa production moyenne des 15 dernières années n’a été que de 55 000 tonnes environ.
- Un marais salant se compose de bassins établis sur un sol argileux à un niveau supérieur à celui des basses mers et séparés les uns des autres par des digues en terre battue. Il comprend un premier réservoir appelé jas ou vasière, établi à un niveau supérieur à celui des autres bassins, mais qui reste cependant inférieur de 1 m. 50 à 2 m. au niveau
- Fig. 6. — Levage dujel au salin de Giraud.
- Fig. 5. — Roue èlévatoire du salin de Giraud pour amener dans les parténements intérieurs l'eau de mer concentrée dans les parténements extérieurs.
- des marées d’équinoxes. Le jas a pour but de recevoir les eaux de la mer au moment des hautes marées de mars et de les distribuer dans les différentes surfaces d’évaporation pendant toute la durée de la campagne.
- L’eau saline, de densité d’environ 5° Baumé, après* avoir été clarifiée par le repos, passe lentement dans de grands réservoirs dits conches ou cobiers dont elle parcourt plusieurs fois la longueur grâce à des murettes de terre disposées en chicanes. Sous l’effet de l’évaporation, la densité de la solution s’élève peu à peu pour atteindre 8° B. à la fin du trajet. A ce moment, l’eau est amenée par des canaux ou fores dans des bassins plats dits adernes ou grands œillets qu’elle parcourt plusieurs fois sous une faible épaisseur et où elle se concentre jusqu’à 20° B. environ.
- C’est alors que, par le jeu de pertuis ménagés dans les digues, ces eaux sont conduites aux muants, réservoirs dont chacun mesure 7 m. sur 10, séparés par de petites chaussées ou croisées, d’où on les dirige sur les cristallisoirs appelés encore œillets, aires ou foyers.
- Ces œillets sont des bassins carrés, de 5 à 6 m. de côté, établis sur un sol en argile battue et pilonnée, dans lesquels on introduit l’eau concentrée jusqu’à 20° B. sous une épaisseur de 55 mm environ.
- La densité du liquide s’accroît rapidement sous l’action du soleil et des vents et, au bout de quelques heures, atteint de 25 à 26° B. A ce moment, le sel commence à se former et on constate l’apparition, à la surface de l’œillet, d’une légère écume qui cède bientôt la place à un mince voile de petits cris-
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- Fi y. 7. — Levage du sulfate de magnésie au salin de Giiaud.
- taux; pais, le phénomène se continuant, on assiste à la naissance de cristaux plus volumineux, accolés quelquefois en trémies, qui se déposent sur le fond de l’œillet.
- Pendant la campagne, de juin à septembre, ces cristaux sont chaque jour recueillis par le paludier ou saunier, à l’aide d’une sorte de râteau à long manche ou rable et déposés sur une petite plateforme circulaire ou ladure ménagée sur la chaussée. Le sel est ensuite transporté des ladures sur la digue où l’on réunit le produit de plusieurs œillets en gros tas tronconiques ou muions ; le mulon est généralement recouvert d’argile pour éviter l’action dissolvante des eaux de pluie.
- * Le sel ainsi obtenu est raffiné par lavage dans des eaux saturées de chlorure de sodium, mais cependant capables de dissoudre les autres sels, tels que le chlorure de magnésium, qui sont mélangés au chlorure de sodium et de retenir les matières terreuses dont il est imprégné.
- Les salins de la Méditerranée. — Les marais salants établis sur le littoral de la mer Méditerranée, qui portent le nom de salins, se répartissent en 4 groupes principaux qui sont :
- 1° Le groupe de l’Hérault, avec les salins de Villeneuve-les-Maguelonne et de Frontignan
- 2° Le groupe du Gard, avec le salin d’Aigues-Mortes ;
- 3° Le groupe des Bouches-du-Rhône, avec les salins de Giraud, dans la Camargue, des Martigues et de Fos;
- 4° Le groupe du Var, avec les salins d’Hyères et de la presqu’île de Giens.
- Le phénomène des marées utilisé dans les marais salants de l’Ouest pour le remplissage d’un jas d’où les eaux sont distribuées par gravitation sur les surfaces d'évaporation ne peut être mis à profit dans les salins du Midi en raison du peu d’amplitude que présentent les marées de la Méditerranée. Les mouvements des liquides à l’intérieur du salin doivent donc être obtenus à l’aide de [machines élé-vatoires ou de pompes. Cependant, comme il est de la plus élémentaire économie de n’élever que le
- volume d’eau strictement nécessaire, il est de règle de concentrer tout d’abord l’eau dans des bassins plats, établis en contre-bas du niveau de la mer et alimentés par gravitation. Un salin se compose donc de surfaces de concentration qui portent le nom de parténements extérieurs dans lesquels l’eau de mer se concentre jusqu’à 8° B. environ.
- Lorsqu’elle atteint cette densité l’eau est élevées à l’aide d’une machine dans une série de bassin, dits parténements intérieurs où elle se concentre peu à peu jusqu’à 24° B. A ce moment, l’eau est dite « en sel » et est élevée dans un réservoir assez profond ou avant-pièce qui alimente par écoulement naturel les cristallisoirs ou tables salantes.
- Ces tables salantes, analogues par destination aux œillets des marais de l’Ouest, sont de dimensions beaucoup plus grandes et munies d’une canalisation des eaux mères.
- Leur fond est, en général, tapissé par un feutre végétal obtenu à l’aide d’algues ou conferves du genre Microcoleus cervium que l’on y développe par une véritable culture. Ce revêtement permet de retirer le sel à la pelle, à l’époque du levage, sans le souiller par la terre enlevée au fond du cristal-lisoir comme cela se produit dans l’Ouest.
- L’eau en sel introduite sur les tables salantes sous une épaisseur de 25 à 30 cm, maintenue constante au fur et à mesure de l’évaporation, y séjourne jusqu’à ce que tout le sel qu’elle contient soit déposé, ce qui demande une quarantaine de jours.
- La récolte du sel, ou levage, au lieu de se faire chaque jour, ainsi que cela se pratique dans les marais de l’ouest, a lieu en une seule fois à la fin de la campagne. A cette époque, on fait écouler les eaux mères, que l’on recueille pour en retirer le brome et les sels de magnésium qu’elles contiennent, puis on procède à l’enjavellage ; cette opération consiste à rassembler le sel sur les tables en gerbes ou javelles qu’on laisse s’égoutter pendant quelques jours. Les javelles sont ensuite réunies à l’aide de wagonnets Decauville ou de transporteurs mécaniques en énormes tas tronconiques appelés camelles que l’on recouvre afin, de les protéger des pluies.
- Fig, 8. — Transport de sel au- salin de Giraud.
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- Fig. g. — Vue générale de la mine de sel gemme de Briankselfka (Russie méridionale, bassin de Donelz).
- Les mines de sel gemme. — L’exploitation des gisements de sel gemme peut se faire soit directement, soit par dissolution. L’extraclion du sel gemme par voie directe a lieu, comme celle de tous les minéraux enfouis profondément dans le sol, à l’aide de puits et de galeries. Le sel extrait, ou sel de rocher, est livré tel quel à la consommation ou
- bien soumis à un égrugeage dans un concasseur à mâchoires.
- L’extraction du sel par voie de dissolution consiste à forer des puils de sondage et des chambres de dissolution au sein des couches salifères ; puis à introduire dans les cavités ainsi ménagées, de l’eau douce qui dissout le sel et se sature peu à peu.
- Fig, io. — Vue intérieure de la mine de sel gemme de Briankselfka.
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- L’eau saturée de sel est extraite à l’aide de pompes et dirigée dans des réservoirs d’où on la distribue dans des appareils d’évaporation ou poêles.
- Les poêles sont de grandes cuves en tôle, d’une surface d’environ 200 m2 et d’une profondeur de 50 à 60 cm chauffées à l’aide d’un ou plusieurs foyers et surmontées de hottes en bois pour l’évacuation des vapeurs.
- Les eaux saturées de sel sont tout d’abord purifiées par l’addition d’un lait de chaux qui précipite sous forme insoluble les sulfates et les sels de magnésium qu’elles peuvent renfermer. A cette opération, ou schlottage, succède le salinage qui consiste dans la cristallisation du sel par évaporation de l’eau de dissolution.
- Le sel est ensuite ramené sur les bords des poêles à l’aide de râteaux en bois, puis recueilli dans des sortes de cuillers percées de trous pour l’écoulement des eaux mères, et enfin, desséché avant d’être livré à la consommation.
- LA VISION DES
- Deux mots sur la vision humaine. — Il est peu de fonctions dont chacun de nous puisse mieux se rèndre compte que de sa propre vision. Que l’essentiel en soit la sensibilité de l’oeil à la lumière, cela va de soi. Mais il est facile de démontrer que cette sensibilité varie à chaque instant suivant la quantité de lumière que reçoit notre œil, et cela de manière à maintenir autant que possible une vision suffisante avec des degrés de lumière très différents. C'est ainsi que, pénétrant dans une chambre obscure, tout d’abord nous ne voyons rien et n’osons avancer ; au bout de quelques minutes les objets vaguement éclairés, les parties plus claires nous apparaissent et dès lors nous pouvons nous diriger. Notre sensibilité lumineuse a donc augmenté dans l’obscurité, notre rétine s'est adaptée. C’est une adaptation rétinienne plus étendue que la nôtre, mais de même ordre, qui permet la vision nocturne de certains mammifères et oiseaux. Sortant de l’obscurité nous sommes éblouis et il faut nous adapter à la grande lumière : dans ces nouvelles conditions d’éclairage intense, notre sensibilité rétinienne diminue; en peu de minutes, l’éblouissement cesse et la vision en plein soleil redevient facile. La vision est donc une adaptation continuelle à l’intensité de la lumière qui agit sur notre œil.
- La vision des couleurs n’est qu’un cas particulier de la sensibilité lumineuse : elle n’est autre chose qu’une différence de la sensation suivant la longueur d’onde des vibrations lumineuses qui viennent frapper la rétine. Elle est sans doute un perfectionnement de la vision, mais elle n’en est pas l’essentiel. Les « Daltoniens » de divers degrés, privés de la vision d’un nombre variable de couleurs, ont fréquemment une vision excellente,
- 1. Voir n° 2560.
- DES OISEAUX .rrr—........................—:—:
- Les sels ignigènes se classent commercialement en gros sel, sel moyen, sel fin et sel fin-fin. Les trois premières variétés s’obtiennent en faisant varier la durée de l’évaporation ainsi que la température à laquelle on l’effectue, les cristaux étant d’autant plus gros que l’évaporation a été plus lente. Le sel fin-fin s’obtient par cristallisation troublée, à l’ébullition, dans des poêles circulaires munies d’un agitateur mécanique.
- Les eaux des sources salées sont traitées cqmme nous venons de l’exposer plus haut et, de ce côté, l’exploitation d’une saline ne diffère pas sensiblement de l’exploitation d’un gisement de sel gemme par dissolution.
- Après cette esquisse rapide des aspects divers que revêtent les exploitations salicoles, nous étudierons dans un prochain article les industries qui sont basées sur l’emploi du chlorure de sodium et qui constituent à proprement parler la grande industrie chimique minérale. Maurice Bouleau.
- OISEAUX [Suite f1))
- et par certains côtés supérieure à la vision normale.
- Rappelons que les couleurs monochromatiques n’existent que dans le spectre. Toutes les couleurs artificielles et naturelles, à part celles de l’arc-en-ciel, sont des couleurs composées où l’une d’entre elles prédomine et impose son nom à la sensation perçue. Un objet rouge reflète principalement le rouge, mais ce reflet examiné au spectroscope, est décomposé par le prisme et montre toutes les couleurs du spectre : il y a seulement prédominance du rouge. La couleur n’appartient pas aux objets colorés mais à la lumière qui contient toutes les couleurs, dont chacune est plus ou moins reflétée ou absorbée par l’objet, qui tire par conséquent sa couleur de la lumière qui le frappe et non de lui-même, Ainsi faut-il toujours une certaine intensité lumineuse pour que les couleurs apparaissent.
- Le champ visuel monoculaire est la portion du monde extérieur que voit l’un de nos yeux immobilisé par la fixation d’un point déterminé, qui se trouve ainsi former le centre du champ visuel. Autour du point de fixation, le champ visuel s’étend à environ 100° en dehors, 60° en dedans, 55° en haut, 70° en bas. La position de la paupière supérieure, la saillie du nez déterminent quelques différences individuelles. La vision nette est limitée au point fixé. Elle décroît très rapidement et presque subitement de ce centre vers la périphérie du champ visuel, où les formes ne nous apparaissent plus que vaguement, de même que les couleurs y sont de moins en moins perçues.
- La sensibilité lumineuse, au contraire, est tout aussi développée la périphérie qu’au centre du champ visuel. Une lumière faible est tout aussi bien perçue latéralement; il en résulte que le champ visuel ne se rétrécit pas dans l’obscurité relative.
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- Il est également une autre fonction grossière et , importante qui ne diminue pas, même à l’extrême I périphérie du champ visuel : c’est la vision des mouvements : le moindre objet en mouvement est perçu sitôt qu’il entre dans notre champ visuel et provoque un réflexe de fixation. Ainsi les fonctions d’analyse visuelle atteignent leur maximum au centre du champ visuel, mais les fonctions de défense ou d’avertissement s’exercent également dans toute son étendue.
- Les deux champs visuels de l’homme coïncident dans plus des 2/3 de leur étendue respective (fig. 1).
- A eux deux ils embrassent un peu plus de 200°, soit plus de la moitié de la circonférence qui nous entoure. Il reste donc 150 à 160° qui échappent à notre vue pour une position fixe de la tête et des yeux.
- Si notre ouïe ne nous avertit pas, nous pouvons être surpris par derrière. Il y a là un danger dont 1 homme a toujours eu conscience, aussi le vœu antique de l’humanité exprimé dans la légende d’Argus, n’est pas d’avoir une acuité visuelle meilleure, mais bien un champ visuel plus étendu.
- Centum luminibuscinctum caput Aryushabebat.
- Nous verrons que beaucoup d’oiseaux avec deux, yeux bien placés, réalisent presque la légende d’Argus.
- L’acuité visuelle. — Des astronomes (Ph. de la Ilire, etc.) ont établi depuis plus d’un siècle que deux étoiles très rapprochées commencent à être distinguées l’une de l’autre quand la distance angulaire qui les sépare atteint environ une minute d'angle Notre rétine ne peut distinguer l’une de l’autre deux étoiles plus rapprochées, c’est là la limite de son pouvoir séparateur, son minimum separabile. Ce pouvoir séparateur exquis n’appartient qu’à une région extrêmement limitée de la rétine, au point de fixation dans le sens le plus strict du mot. Acuité visuelle centrale, pouvoir séparateur central sont synonymes. Immédiatement en dehors du point de fixation, l’acuité baisse très rapidement; déjà à quelques degrés en dehors de
- Fig. 2. — Fovea de l’homme. Disposition schématique des cônes centraux et des cellules ganglionnaires correspondantes.
- B. C, le bouquet formé par les cônes fins centraux, et occupant i/5° de millimètre. C’est là l’organe de l’acuité visuelle centrale ; C. E, les cônes de la région extra-t'ovéale de la macula (les bâtonnets ne sont pas représentés); C. G, les cellules ganglionnaires. On voit qu’au niveau des bords de la fossette elles s’entassent sur 7 à 8 rangs d’épaisseur, mais qu’en dehors de cette région leur nombre diminue rapidement. Très vite elles se réduisent à une couche unique et s’écartent de plus en plus du centre à la périphérie de la rétine. D’où la diminution si rapide de l’acuité visuelle à partir du point de fixation.
- Fig. 1. — Champ visuel de l’Homme.
- 2000 de champ total; i35" à 140° de champ binoculaire.
- C. B, champ binoculaire ; C. M, champ monoculaire.
- ce point, elle est réduite à une perception vague des formes, qui décroît encore, jusqu’à la limite du champ visuel. Acuité centrale et vision excentrique des formes, degrés d’une même fonction, sont fondées sur la sensibilité lumineuse. En réalité on ne voit pas les formes des objets à trois dimensions, on en juge. Une masse blanche, un bloc de neige sur un fond de neige, ne serait pas distingué sans les jeux de lumière. Notre œil perçoit seulement des différences d’intensité lumineuse, dues au creux et aux saillies, des différences de tons, de valeurs, de couleurs, etc... De tout cela l’expérience, l’éducation visuelle, principalement due au loucher, nous font conclure à des formes déterminées, nous font juger des formes. Le dessin en reproduisant les ombres peut tromper notre œil d’une façon absolue, et dans un disque ombré nous oblige à voir une sphère.
- Quant à l’acuité visuelle, elle ne peut s’exercer qu’autant que l’espace d’une minute entre les deux points à distinguer, est, dans une mesure suffisante, plus clair ou plus sombre que les deux points. C’est ce que réalisent deux traits noirs séparés par un espace blanc, ou bien la disposition inverse. Avec deux traits noirs séparés par du gris foncé, le pouvoir séparateur de la rétine diminuerait notablement et l’observateur devrait s’approcher pour augmenter la grandeur de l’image dans son œil, c’est-à-dire la valeur angulaire de l’espace séparateur.
- De même la diminution de l’éclairage dans la mesure où elle fait passer le blanc au gris, diminue l’acuité visuelle, qui est donc aussi une question de différences de valeurs et non pas seulement de dimensions des objets à distinguer.
- Le minimum separabile d’une minute ne définit donc pas à lui seul l’acuité visuelle ; il faudrait y ajouter la valeur des intensités lumineuses minima et maxima avec lesquelles ce pouvoir séparateur est réalisé par la rétine humaine. Si on néglige généralement de le faire, c’est que l’adaptation continuelle de notre rétine aux variations de l’éclairage ambiant maintient l’acuité totale, malgré des différences considérables de luminosité extérieure.
- Les raisons anatomiques de l’acuité visuelle. — Si les images formées sur la rétine étaient trans-
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- mises aux centres nerveux par une seule fibre, elles se confondraient dans ce conducteur unique et le cerveau ne recevrait pas autre chose qu’une sensation lumineuse plus ou moins intense, mais entièrement confuse. En réalité la surface rétinienne est constituée comme une mosaïque par la juxtaposition d’innombrables éléments récepteurs des images : les cônes et les bâtonnets. Moins nombreuses, mais encore très nombreuses (plusieurs centaines de mille) les fibres du nerf optique transmettent au centre visuel les éléments des images (J) formées sur la couche mosaïque. Cette division ou analyse de l’image par la rétine atteint son maximum de perfectionnement correspondant au maximum d’acuité visuelle, au niveau du centre de la fovea. En ce point les éléments récepteurs (cônes) n’ont pas plus de 2 microns et demi de diamètre, et chacun d’eux possède sa fibre nerveuse spéciale qui assure, en ce point limité, la conduction individuelle, c’est-à-dire la transmission séparée au cerveau des impressions reçues par chacun dés cônes.
- Il suffit donc que deux foyers lumineux tombent on ce point sur deux cônes séparés Tune et l’autre par un troisième (cône séparateur, correspondant à l’espace non éclairé entre les deux points lumineux) pour que chacune des deux images reçue et transmise par des éléments distincts, soit distinguée de l’autre image par les centres percepteurs.
- Une grandeur donnée des images au fond de notre œil, les dimensions des éléments récepteurs de notre fovea, la conduction individuelle à ce niveau, sont les causes physiques de l’acuité visuelle telle que la possède l’œil humain. Des images plus grandes, des éléments rétiniens plus fins et plus nombreux sur l’unité de surface, etc... procureraient une acuité visuelle supérieure à celle de l’homme. C’est ce que nous rencontrerons chez les oiseaux.
- Au centre de notre fossette centrale il y a une sorte de bouquet de cônes fins et longs (bouquet central) dont chacun n’a pas plus de 2 microns 4 à 2 microns 5 d’épaisseur. L’ensemble du bouquet mesure 150 à 200 microns de diamètre (soit environ 1 /5e de millimètre) et c’est avec le centre de celte région minuscule que nous fixons le point que nous voulons distinguer. Autant dire que notre œil « touche » l’objet qu’il examine avec la pointe d’une aiguille (fig. 2).
- Sitôt que l’on s’écarte de la fovea, les éléments de la mosaïque rétinienne deviennent plus gros, de plus chacun d’eux n’est plus en communication avec le cerveau par une fibre unique. A une fibre du nerf optique correspond désormais un groupe d’éléments, et ces groupes sont d’autant plus nombreux que l’on s’approche davantage au bord de la rétine. C’est là ce qui nous explique que l’acuité
- t . Nous parlons d'images transmises pour la simplification du langage. On entend bien que ce n’est pas l’image qui est transmise, mais bien la vibration nerveuse en laquelle la rétine transforme les vibrations lumineuses qu’elle reçoit des objets éclairés.
- visuelle diminue immédiatement en dehors du point de fixation, et cela progressivement à mesure que l’on se rapproche de la périphérie du champ visuel. Rappelons ici que la sensibilité lumineuse et la perception des mouvements ne diminuent pas à mesure que l’on s’éloigne du centre de la rétine; elles ne sont pas fondées sur les memes dispositions anatomiques que l’acuité visuelle.
- Le substratum anatomique de l'adaptation rétinienne, c’est l’épithélium sensoriel de la< rétine, la mosaïque formée par la juxtaposition des cônes et des bâtonnets, qui capte la vibration lumineuse et en accomplit, ou tout au moins en commence la transformation en ébranlement nerveux. Les deux ordres de cellules visuelles, à cônes ou à bâtonnets ont des propriétés communes et des propriétés particulières. Puisqu’il y a des rétines exclusivement pourvues de cônes (sauriens diurnes, ophidiens » chéloniens) et d’autres exclusivement pourvues de bâtonnets (geckos), il est démontré que chacun des deux ordres d’éléments, est à lui seul capable de capter la vibration lumineuse et d’assurer la vision. Mais le cône étant prépondérant, ou seul représenté chez les diurnes, se caractérise évidemment comme ne pouvant utiliser que les intensités lumineuses d’un degré assez élevé; le bâtonnet, qui prédomine ou même règne seul dans la rétine des nocturnes, est au contraire capable d’utiliser les lumières faibles, étant l’élément de la vision crépusculaire.
- Les rétines riches en bâtonnets (oiseaux nocturnes, mammifères nocturnes et à vision mixte, batraciens, etc...) examinées fraîches après séjour de l'animal dans l'obscurité se montrent d’une belle couleur pourpre dont le microscope révèle la localisation exclusive dans le segment externe, vitreux des bâtonnets. Ce pourpre rétinien pâlit et disparait rapidement à la lumière du soleil. Dans la rétine vivante, soumise à l’obscurité il se régénère, mais plus lentement.
- Sa consommation à la lumière et sa régénération dans l’obscurité ayant une marche parallèle à l’adaptation rétinienne, on admet que le pourpre est l’agent même de cette adaptation, en d’autres termes que la sensibilité lumineuse de la rétine est directement proportionnelle à la quantité de pourpre contenu à chaque instant dans le segment externe des bâtonnets. Cela explique qu’il y ait adaptation crépusculaire très étendue dans les rétines à bâtonnets et à pourpre, et que cette adaptation manque dans les rétines à cônes (sauriens diurnes, etc.) comme aussi dans la fovea humaine qui ne contient que des cônes.
- Ajoutons enfin que la fovea de l’homme et des singes occupe le centre d'une petite région ovalaire la macula lutea dans toute l’étendue de laquelle la rétine est comme imbibée d’une matière colorante jaune, teinte persistante, que la lumière ne modifie pas. Mous fixons donc, sans nous en douter, comme à travers un mince verre jaune. Cette disposition a sans doute pour avantage de protéger dans une cer-
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- GEOGRAPHIE ADMINISTRATIVE DU LEVANT FRANÇAIS
- taine mesure, contre les rayons lumineux, la partie la plus active et la plus délicate de la rétine. Mais il en résulte une certaine diminution de la sensibilité lumineuse au niveau du point de fixation, surtout marquée pour les tons bleuâtres et verdâtres. Ce léger déficit, contre-partie d’un avantage, n’est du reste appréciable que dans certaines circonstances particulières dont l’une a été depuis longtemps signalée par les astronomes : une étoile de faible
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- intensité et tout juste visible pour notre œil, disparaît quand nous la fixons exactement, reparaît au contraire quand nous regardons un peu à côté : dans ce second cas son image se forme en dehors de la tache jaune dont la couleur absorbait la faible luminosité de l’étoile.
- (.4 suivre.) D1' Rochox-Duvigneaud,
- Ophtalmologiste de l'hôpital LaOnnec.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1923.
- Sur la préparation des carbures acétyléniques vrais. — Dans ce but on utilise généralement l’action des alcalis sur les dérivés halogénés des carbures l'orméniques ou élhyléniques. Mais, toujours longue, l’opération ne donne jamais un rendement qui permette d’obtenir, sans difficultés, des quantités importantes des produits cherchés, M. Bourguel tourne la difficulté par une méthode facile basée sur la réaction qui, mettant en présence l’amidure de sodium et le dérivé bromé, fournit le carbure éthylénique vrai en libérant de l’ammoniac et le sel Nalfr.
- L'utilisation des calories fournies par les sources thermales. — M. Jean Dybowski attire l’attention de 1’A.cadémie sur les heureux résultats obtenus à Préchacq (Landes) où les eaux, émergeant à 63°, sont conduites à 2 km 50Ü de leur source sur un terrain de culture de 10 hectares; là elles servent au chauffage des serres de
- forçage. En admettant un débit à l’heure de 50 m3 à 62° et l’utilisation à une température de 23°, on libérerait ainsi une quantité de calorique correspondant à la combustion complète, dans un but identique, d’une tonne de charbon. Cette communication montre l’intérêt que peut présenter pour un pays, comme la France, pauvre en gisements houiliers, l’emploi rationnel de la chaleur provenant de certaines sources.
- Les cotylédons de la Ficaire. — Reprenant l’interprétation de Sterckx et d’Ethel Sargant, M. P. Bugnon établit que cette Renonculaeée possède deux organes foliaires ayant de semblables connexions anatomiques, avec la racine, que les deux cotylédons des espèces dicotylées de la même famille. On doit, en tout cas, reconnaître, si l’on ne veut voir dans le second de ces organes qu’une feuille végétative, que la Ficaire est alors monocotvlédone par hétérocotylie. Paul B.
- GÉOGRAPHIE ADMINISTRATIVE DU LEVANT FRANÇAIS
- Lorsque le général Gouraud, nommé haut-commissaire de la République Française dans le Levant, débarquait à Beyrouth (novembre 1919), tout était encore à organiser, on peut même dire à créer. À l’heure actuelle, les 168 000 km2 de pays, placés sous le mandat français, sont organisés définitivement ou presque. Ils se divisent en quatre parties :
- 1? La Fédération Syrienne, qui comprend les trois Etats de Damas* d’Alep et des Alaouites, soit 1 19 000 à 120 000 km2;
- 2° Le Grand-Liban (10 856 km2) ;
- 5° Le Djebel Druse (9760 km2) ;
- 4° Les Confins militaires (28 000 km2).
- Le tout est placé sous l’autorité du Haut-Commissaire, qui réside à Beyrouth, où se trouvent également installés les services du Haut-Commissariat.
- Partout l’arabe est la langue officielle ; toutefois, dans le sandjak autonome d’Alexandrette, la langue turque est employée, concurremment avec l’arabe, par l’administration.
- La Fédération Syrienne a élé créée par l’arrêté n° 1.459 bis du Haut-Commissaire, en date du 29 juin 1922. Elle a à sa tête un Président indigène assisté de conseillers français, et un Conseil fédéral: ce dernier se réunit alternativement à
- Alep et à Damas. Elle a pour capitale Damas depuis février 1923. Elle ne comprend actuellement que les trois Etats, indiqués plus haut, mais le Djebel Druse et le Liban pourront y entrer quand ils le désireront ; actuellement, ils préfèrent garder leur individualité propre.
- Chaque Etat se divise en principe en sandjaks, ayant à leur tête un mutessarif indigène, assisté d’un délégué français.
- Le sandjak se divise en cazas, le caza en mudi riéhs ou nadiés. Etat, sandjak et caza ont chacun une assemblée indigène élue ; ils ont été dotés de ces organes représentatifs en juin 1921.
- Dès le 25 juillet 1920, le lendemain même de la victoire de Khan Meisseloun sur l’armée chérifienne et de la fuite de l’émir Fayçal, le général Gouraud installait à Damas un gouvernement provisoire. L’arrêté n° 590 du 20 décembre 1920 substituait à ce régime une organisation définitive et nommait le premier gouverneur indigène, assisté d’un délégué français.
- L’Etat fut divisé en quaire liwas, subdivisés en cazas : Damas, Deraa, Hama, Iloms. Sa capitale resta Damas, l’ancien chef-lieu du vilayet turc de Syrie. En 1921, la plus grande partie du liwa de
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- Deraa forma l’Etat druse, sur lequel nous reviendrons et le reste fut rattaché aulûva de Damas. Il ne reste donc plus que trois liwas : Damas, Hama, Iloms.
- L’Etat d Alep a été créé par l’arrêté n° 350 du 1er septembre 1920, et organisé par l’arrêté du 20 septembre 1920. Il a ies mêmes institutions que l’Etat de Damas. Il est divisé en trois sandjaks, Alep, Deir-ez-Zor et Alexandrette. Ce dernier a reçu, par l’arrêté du 8 août 1921, l’autonomie administrative et financière, tout en restant dans les cadres de l’Etat d’Alep ; ultérieurement, la partie arabe du caza de Ilarim en a été détachée pour être rattachée au sandjak d’Alep.
- Le Territoire des Alaouites a été créé par l’arrêté
- Conseil représentatif élu a été créé: il a été organisé par un arrêté ultérieur (n° 1.307), qui a fixé ses attributions et celles de la Commission administrative permanente, recrutée dans son sein comme la Commission départementale l’est en France dans le Conseil général. Un Conseil de Directeurs joue depuis lors le rôle de Conseil des Ministres. Chaque sandjak a à sa tête un mutessarif.
- L’Etat du Djebel Druse avait reçu une organisation provisoire au début de 1921, mais ep restant dans les cadres de l’Etat de Damas; sa situation était alors analogue à la situation actuelle du sandjak autonome d’Alexandrette dans l’Etat d’Alep. L’arrêté n° 1.343 du IG mars 1922 lui a donné
- Enéqli
- , Maracti'e
- Diarbekir
- JJjeziret ibn Oman
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- Mersim
- [Meshene
- r-^jtlRakka
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- DeirezZc
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- Meyadin
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- Bagdad
- ;! TR/A NSd O R DAN IE
- Fig. i. — Le Levant français.
- n° 319 du 31 août 1920 et transformé en Etat par l’arrêté n° 1.470 du 17 juillet 1922. Il a à sa tête un général français et un conseil de notables. 11 est divisé en deux sandjaks : Djeblé et Tartous, et un municipe indépendant, Lattaquié. C’est à Lattaquié qu’est la capitale de l’Etat.
- L’Etat du Grand-Liban a été créé par l’arrêté n° 318 du 31 août 1920; il a reçu l’indépendance le 1er septembre 1921. Il a pour capitale Beyrouth.
- Il se divise en quatre sandjaks : Liban-Nord, chef-lieu Sghorta; Mont-Liban, chef-lieu Baabda, Liban-Sud, chef-lieu Saïda; Bekaa, chef-lieu Zahlé. Il est administré par un Gouverneur français, assisté d’un secrétaire général libanais. Jusqu’en mars 1922, l’ancienne Commission administrative, dont le recrutement était basé à la fois sur la division territoriale en sept caïmacanats et sur la représentation des communautés religieuses, avait subsisté. Le 8 mars 1922, cette organisation a été modifiée. Un
- l’indépendance. Cet Etat a un chef indigène nommé, assisté d’un délégué français et d’un conseil de notables. Il a pour capitale Soueïda.
- Les Confins militaires se divisent en deux parties : les ressorts bédouins (groupes de tribus nomades) de l’Etat de Damas, dont les chefs relèvent directement du Haut-Commissariat ; un territoire militaire, entre le Khabour et l’Euphrate à l’ouest, la Turquie au nord, le Tigre au nord-est (région de Djéziret-ibn-Omar), l’Irak à l’est et au sud-est. Cette pointe du Levant Français vers le nord-est est un dernier vestige du mandat français sur Mossoul ; aujourd’hui elle ne correspond plus à grand’chose. Telles sont les grandes lignes de l’organisation administrative du Levant Français; c’est grâce à l’obligeance de M. Auguste Terrier, délégué du Haut-Commissariat à Paris, et de ses collaborateurs, que nous pouvons les exposer aux lecteurs de cette Revue. René le Conte.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie LAiitum, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- N* 2562.
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- LES ENSEIGNEMENTS DE LA BATAILLE DU JUTLAND
- en ce qui concerne le matériel naval;
- MAI 1923
- / S
- l '
- I
- Depuis révolution d’où est sorti le navire de guerre à coque métallique, bardé de cuirasse, il ne s’était encore produit, jusqu’au début du xxe siècle, aucun engagement important entre flottes ennemies qui permît de juger sur preuves de la valeur de ce matériel nouveau.
- La bataille navale de Tsushima, où la flotte japonaise eut, si vite et si complètement, raison de la flotte russe, malgré une résistance qui fut, sur bien des points, héroïque, apporta pour la première fois aux marins et aux ingénieurs quelques indications sur ce qu’on pouvait attendre des types de navires cuirassés existant à cette époque, et la façon dont ils remplissaient leur rôle, au point de vue défensif et offensif, comme aussi au point de vue purement maritime. Mais ces indications étaient entachées d’une erreur, du fait que la flotte japonaise était composée d’unités à peu près homogènes, de dates relativement récentes, étudiées très spécialement au point de vue du combat, alors que la flotte russe constituait une sorte de musée de navires de toutes conceptions et de tous âges, et se trouvait, en présence d’un tel adversaire, vouéè d’avance à la défaite.
- Dans ces conditions, les leçons fournies par le combat de Tsushima, quoique fort instructives, n’ont pas eu toute l’importance qu’on en pouvait attendre. Cependant, les experts en constructions navales en ont tiré des conclusions intéressantes sur certains points, comme les effets considérables des obus à grande capacité d’explosifs, employés par les Japonais, contre les parties non cuirassées des navires’ et le personnel non abrité, la nocivité des gaz de ces obus et des autres sur le personnel occupé dans les fonds des bâtiments, ces gaz s’introduisant par les manches d’aération, la puissance des obus perforants des Japonais, etc.
- Au cours de la grande guerre 1914-1918, une foule d’èngagements entre navires de toutes tailles
- et de tous les types ont apporté, sur les
- Fig. i. — Les tourelles supérieures de /’lron Duke, vaisseau amiral de l'amiral Jellicoe, commandant la Grande Flotte anglaise à la bataille du Julland.
- «A*
- ©
- divers Louchant au matériel naval, des ensï^ ments précieux et souvent inattendus.
- Mais, qu’il s’agisse de sous-marins, de destroyers, de croiseurs légers ou de cuirassés, la gigantesque rencontre du Jutland entre les flottes anglaise et allemande au grand complet, avec ses péripéties,
- ses engagements particuliers entre navires de tous les types, ses terrifiantes et soudaines catastrophes, renferme toutes les leçons possibles sur la valeur et les défauts du matériel naval moderne. C’est donc dans son étude que nous chercherons ces enseignements.
- Insuffisance de l’épaisseur des obus de rupture anglais. — Le type de l’obus adopté par l’Amirauté anglaise pour traverser et détruire en explosant les cuirasses des flancs des navires ennemis était à parois trop minces. Il en est résulté que ces obus se brisaient et éclataient au contact des cuirasses, ou en les traversant. Ils produisaient ainsi des effets ou nuis ou beaucoup moins graves que s’ils avaient bien rempli leur office qui était d’éclater derrière les blindages après les avoir traversés.
- Disons à ce sujet que les projectiles français de rupture possèdent une fusée retardatrice au culot qui produit précisément l’effet recherché. Des tirs de combat ont été exécutés par nos canons de marine de 540 mm. sur les plaques de cuirasse, en acier très dur, du cuirassé allemand Thuringen, qui nous avait été attribué pour servir à des expériences. A la distance de 14 000 m. ces plaques de 50 cm d’épaisseur ont été transpercées aisément.
- Distance de tir et portée des canons. — Des divergences d’opinions assez prononcées subsistaient avant la guerre parmi les experts navals, sur la distance à laquelle s’affronteraient les flottes ennemies. La majorité pensait cependant que celte distance serait considérable, et qne les adversaires seraient obligés de se tenir à longue portée pour
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- 5i" Année — 1" Semestre
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- éviter les atteintes de projectiles encore doués de trop de force vive, produisant des perforations des cuirasses de liane et les avaries funestes qui devaient en résulter.
- L’avis général des partisans de cette opinion penchait pour des distances de combat de 45000 m. environ.
- Néanmoins, beaucoup d’officiers persistaient à croire que pour porter des coups capables de produire des résultats sérieux, il faudrait se rapprocher à ÎOOUO m. au moins, et que d’ailleurs si on se tenait à des distances supérieures, la visibilité du i but deviendrait trop mauvaise et ses dimensions j trop réduites pour que le nombre des touches pût ;
- qui ne pouvait excéder 4 6°, alors que les pièces de 543 et 388 mm. des derniers cuirassés anglais portaient à 22 000 m. Cependant, les Pre-Dreadnougbts allemands, ceux de 1905, armés seulement decanons de 275 mm. pouvaient élever leurs volées à 50°; mais chose surprenante : l’amirauté allemande renonça, pour les navires construits ultérieurement, à l’avantage capital d’une plus grande portée. C’est que là aussi, le sentiment prédominait qu’il n’y avait pas à envisager des distances de combat supérieures à 18 000 m.
- En fait, au Jutland, la majeure parlie des navires de combat anglais avaient la faculté d’élever les volées de leurs canons de 4° de plus que leurs
- rester dans un rapport admissible avec l’approvisionnement forcément assez restreint des projectiles de gros calibres. Dans le même ordre d’idées, il fallait encore tenir grand compte, disaient-ils, de la dispersion croissante des obus avec l’augmentation des distances.
- Or, à ce sujet, la leçon du Jutland est nette et précise. Les partisans de tir à longue portée avaient plus raison encore qu’ils ne pouvaient le croire. Au moment où les deux escadres de croiseurs de bataille de l’amiral anglais Bealty et de l’amiral allemand von Hipper se reconnurent, le feu fut ouvert des deux côtés à 4 8 000 m. et presque aussitôt les projectiles arrivèrent au but. Dans la suite du combat, la distance de tir varia considérablement, et tomba au minimum à 6000 m. ; mais, en moyenne, elle fut de 43 à 45 000 m.
- En fait, la portée de 48000 m. était le maximum pour la grosse artillerie allemande de 505 mm. dont les tourelles étaient construites pour un angle de tir
- ennemis et par conséquent de tirer sur eux à une distance où les projectiles allemands ne pouvaient pas les atteindre. Les récits de la bataille venus d’Allemagne montrent, en effet, que le moral des équipages a été sérieusement affecté, de ce chef, à certains moments du combat.
- Cette leçon a été aussitôt mise à profit en France. Les tourelles de nos cuirassés ont été modifiées de façon à permettre les grands angles de tir. Les écoles à feu de notre escadre s’exécutent désormais toujours aux grandes distances et les résultats obte-tenus sont des plus significatifs. On ne craint pas de tirer de 18 à 22 000 m. Et à cette dernière distance, les canonniers du cuirassé Bretagne ont coupé le but en deux. On pense d’ailleurs obtenir mieux encore et de récentes modifications permettent à nos cuirassés de tirer jusqu’à 25 000 m.
- Conduite du tir (lîg. 4). — Mais pour qu’on puisse, dans ces conditions, atteindre le but, il faut que soit parfaitement connu et coordonné l’en-
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- semble des éléments qui composent ce qu’on appelle la conduite du lir : évaluation exacte de la distance du but, rectification du tir par l’observation des points de chute, corrections à apporter à la hausse par suite des vitesses du but et du navire tireur, et aussi du vent. Il faut surtout qu’existe à bord une installation robuste et très étudiée des organes de transmission d’ordres aux divers postes de l’artillerie et que l’officier directeur du tir tienne cette installation bien en mains.
- Du côté allemand il semble, par la description que donne von Hase, chef de l’artillerie du croiseur de bataille Derflinger, du matériel spécial de conduite du tir et de son fonctionnement, qu’on se soit approché de la perfection.
- Du côté Anglais, une partie seulement des navires decombat étaient dotés du système inventé par l’amiral Percy Scott, qui permettait de pointer du blockhaus toutes les pièces de la grosse artillerie et de provoquer le départ simultané de leurs projectiles. Les effets produits par ces masses d’obus énormes, arrivant tous à la fois sur un même point du navire ennemi, ont été terrifiants.
- Protection des soutes à munitions. — C’est sur ce point peut-être qu’a été donnée la plus dure leçon de la bataille du Jutland. Elle porte sur les foudroyants effets produits par l’extraordinaire pénétration des gaz enflammés provenant de l’explosion des obus, près, sur ou dans les tourelles; c’est à ce phénomène qu’on attribue la perte des croiseurs de bataille anglais Queen-Mary, Inde fatigable,
- Fig. 3. — Le cuirassé anglais Queen-Mary qui disparut, volatilisé par l'explosion de ses soutes à munitions.
- Invincible qui ont sauté, sans pour ainsi dire laisser de traces.
- Ces gaz enflammés ont mis le feu à des gar-gousses placées dans les tourelles, qui l’ont communiqué aux réserves de munitions logées en dessous des plates-formes des tourelles ; puis par les monte-charge, les flammes ont atteint les soutes principales qui ont explosé. Les poudres allemandes ont également pris feu, mais elles n’ont pas explosé, se contentant de faire périr tout le personnel des tourelles et des soutes.
- Notre figure 5 montre comment les munitions parviennent des soutes au canon, et les catastrophes que nous venons de mentionner illustrent la nécessité de ne laisser subsister que le minimum de communication entre les soutes et les monte-charge par lesquels les gaz enflammés peuvent arriver.
- Protection contre les torpilles. — Si les torpilles n’ont pas joué un rôle effectif très important dans la bataille de Jutland, c’est que les vitesses des navires qui auraient pu servir de but à ces engins, et aussi les diverses circonstances de la rencontre, ne se sont pas prêtées à ce qu'il en lut fait un emploi intensif. Néanmoins, tout au long de la guerre, les pertes de navires par torpilles ont été très nombreuses et il a été démontré jusqu’à l’évidence que la structure des navires de combat, avec le cloisonnement qu’elle comportait, n’offrait, contre leurs explosions, qu’une sécurité illusoire. Au cours même de la guerre, et pour pallier ce défaut, on a appliqué aux flartes immergés de certains cuirassés, ou garde
- Cuirasse mince | de ricochet |
- Transmissions d’ordres à la barre arrière, à l'artillerie. aux Cubes sous-marins', aux signaux, au poste centra!.
- permettant le passagA d’un bomme 1 et protégant tes fils souples de transmission'd’ordres Jerpont cuirassé
- un peu au-dessus de la F/ottaison
- Périscope
- Tourelle du Directeur de tir
- de /a grosse
- artillerie
- Transmissions d'ordres à l'arti/lerie (postes de tir avant I et arrière, hune J
- Cuirassé épaisse ve, verticale des flancs
- Flottaison
- 2*pont cuirassé 3u~ dessous
- c/e ta flottaison
- Poste centra/
- p/acè en-dessous du 2epont cuirassé
- Barre e/eetnque
- de transmissions électriques aux differents Services
- Fig. q. — Représentation schématique du blockhaus circulaire cuirassé où se tiennent l’amiral et le commandant.
- (Sur les navires allemands, la tourelle du directeur de tir était surmontée d’un périscope). — Le poste central placé au-dessous du second pont cuirassé remplace le blockhaus, si celui-ci est éventré par un projectile. Il est aussi en communication avec une tourelle de l’avant qu’on immobilise en cas d’avarie du blockhaus, où le commandant se rend et d’où il peut manœuvrer. Le directeur du tir a un second poste de tir à l’arrière, également blindé et en communication avec le poste central d’où partent toujours les ordres aux différents services.
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- 292 . : LES ENSEIGNEMENTS DE LA BATAILLE DU JUTLAND
- ReFou/oir
- /'arrière de /a tourel/e ' dur /es na i//res allemands.
- JL est mu électriquement et recu/e
- automatiquement quand il éprouve une résista n”0 ca/cu/ée à /'avance
- Benne arrivée a
- son poste de chargement
- toure i/e
- Benne
- mue par / ’é/ectricité, au moment où ef/e vient d'être chargée
- Chemin de Fer de transport
- ^ de /'obus à /a benne
- Porte étanche
- — séparant /a chambre de manœuvre des
- grandes soutes principales où se trouvent des centaines d 'obus et de gargousses
- Chambre de
- Fig. 5.
- Une tourelle à 2 canons.
- ’ÇOn a représenté, pour simplifier le dessin, le canon sans sa vis culasse. Le refouloir qui sert au chargement du canon traverse l’arrière de la tourelle sur les navires allemands. Il est mû électriquement et recule automatiquement quand il éprouve une résistance calculée ! l’avance. — Ce sont les gargousses de réserve ou celles des monte-charge qui se sont enflammées sur les navires anglais qui ont sauté. Les flammes ont gagné par les monte-charge les chambres de réserve et de là, par la porte étanche ouverte pour laisser passer'les projectiles qui circulent sur rails, elles ont gagné les soutes principales. C’est parce que le major Harvey a réussi, au prix de sa vie, à fermer cette porte, que le Lion n’a pas sauté.
- côtes, des systèmes de protection supplémentaires consistant en coffrages qui devaient absorber la majeure partie de la force vive produite par l’explosion. Une organisation toute nouvelle du compartimentage des fonds des navires de combat, étu-
- diée d’après les effets produits sur les coques par la déflagration de la charge des torpilles, a été appliquée sur les navires de combat et même sur certains navires de commerce construits à la fin de la guerre ou depuis la paix. Le croiseur de bataille
- Chambre à munitions et soutes c/es 4pièces Superposées arrière
- Chambre a munitions ef soutes des
- 4 pièces superposées avant
- Barbe
- en - dessous de fs
- pan ht e extrême arrière
- C/oison /ongitudina/e de protection contre tes torpides
- Fig. 6. — Coupe horizontale d’un cuirasse ayant 4 pièces superposées à l’avant, 4 à l’arrière,
- 2 au centre, en tout 10 canons.
- Les traits verticaux représentent les cloisons étanches formant pour la plupart des compartiments complètement séparés
- les uns des autres pour limiter les voies d’eau.
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- LES GRANDS TRAVAUX DE CHEMINS DE FER
- anglais IIoocl esta ce point de vue le dernier modèle du genre.
- Protection des ponts contre les attaques aériennes.
- — Aucune attaque de ce genre ne s’est produite à la bataille du Jutlaud, les avions n’y ayant pas été employés. Mais le rôle si important qu’ils ont joué sur mer, en maintes autres circonstances, et les progrès très rapides réalisés dans leur emploi, ont donné la certitude qu’il était devenu nécessaire de défendre les navires de combat contre le bombardement venu des airs.
- Jusqu’à présent, il ne se présente pas d’autre solution du problème que de cuirasser les ponts supérieurs. Mais, en raison du poids considérable ainsi ajouté dans les hauts du navire, force est d’aller très prudemment et de n’utiliser que de minces lames d’acier, cependant que les avions sont devenus capables de porter des bombes extrême- I
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- ment puissantes. Nous voyons là se perpétuer, sous une nouvelle forme, la vieille lutte du projectile et de la cuirasse.
- En terminant cette rapide étude des principales leçons apportées par la guerre dans la structure du navire de combat, nous constaterons, en somme, que celui-ci, menacé sous l’eau par la torpille, à fleur d’eau par les obus, sur les parties horizontales par la bombe d’avion, est amené à se barder de cuirasses sur toute sa surface, ce qui le rendra de plus en plus lourd, et de plus en plus coûteux.
- Quant à sa disparition, quoique en disent volon-lontiers les gens trop pressés, il n’est pas possible de l'escompter pour qui veut garder la suprématie maritime. Le cuirassé reste encore Y épine dorsale de toute flotte digne de ce nom.
- G1 Sauvaire Jouüdan.
- LES GRANDS TRAVAUX DE CHEMINS DE FER
- Une nouvelle transversale de Limoges à Saint-Germain-des-Fossés (Bordeaux-Lyon).
- On a souvent déploré l’insuffisance des voies de communication transversales de la France. Si l’on consulte attentivement une carte des voies ferrées, en tenant compte de leurs capacités de trafic, imposées par leurs tracé et profil, on constate que nos voies ferrées, sauf dans la région Nord de la France, convergent toutes vers Paris. La même étude faite sur une carte de l’Allemagne fait au contraire apparaître un véritable quadrillage à mailles serrées. Cette convergence de nos chemins de fer vers un pôle unique a des inconvénients économiques évidents et 'contribue à paralyser le développement de certaines de nos régions du centre et du midi, cependant favorisées par le sol et le climat. La configuration géographique de notre pays est évidemment la cause de cette disposition particulière et en somme nuisible des voies verrées. Mais, on pëut jusqu’à un certain point corriger la géographie. À ce point de vue les études récemment entreprises par la Cie d’Orléans pour réaliser une nouvelle transversale Bordeaux-Lyon offrent un très vif intérêt.
- Les échanges entre Bordeaux et l’Europe Centrale. — Les relations entre Bordeaux, Lyon et Genève, l’Océan Atlantique et la Suisse, sont, à l’heure actuelle, assurées par deux itinéraires. Le premier passe par Périgueux, Brive, Ussel, Clermont-Ferrand et Montbrison. De Bordeaux jusqu’à Brive le tracé et le profil sont bons, mais au delà de Brive, on rencontre des déclivités qui atteignent 25 millimètres par mètre, et des courbes dont le rayon descend à 250 mètres. Il faut également considérer que la double voie n’existe que jusqu’à Niversac, près de Périgueux. Cette ligne n’est donc pas accessible aux express de Brive jusqu’à Clermont.
- Une autre voie, celle-là parcourue par des trains
- à marche accélérée, relie Périgueux à Limoges, St-Sulpice Laurière, Monlluçon et Gannat. Jusqu’à St-Sulpice-Laurière elle est bien tracée, avec des courbes à grand rayon et des déclivités n’excédant pas 10 mm. par mètre. Toutefois, entre St-Sulpice et Gannat, le profil s’accidente, les pentes de 12 mm. sont fréquentes, et certaines atteignent 15 mm. Les courbes de 550 mètres, voire de 500 mètres, ne sont pas rares. Enfin la ligne est à voie unique. Les trains express sont, de ce chef, réduits à une marche médiocre. Le Bordeaux-Lyon-Milan effectue le trajet de St-Sulpice à Gannat (191 kilomètres) en 4 h. 40, soit à une vitesse commerciale de 45 à l’heure.
- Aussi a-t-on, depuis longtemps, envisagé l’amélioration des communications existantes. Il a fallu, à l’examen, reconnaître l’impossibilité de transformer la voie de Brive à Clermont, qui traverse le Massif Central dans des conditions difficiles, et dont la modification serait particulièrement onéreuse.
- Il a fallu, de même, récuser la seconde direction. Sans doute il serait loisible de doubler la voie entre St-Sulpice et Gannat, et de rectifier tracé et profil pour réduire les courbes à 500 mètres et les déclivités à 10 mm. Mais une étude de la question a démontré qu’une telle correction équivaudrait à la réfection complète de la ligne. L’opération serait extrêmement dispendieuse à coup sûr et ne manquerait pas de léser sérieusement les usagers de la ligne pendant toute la durée des travaux, à moins qu’on ne laissât subsister la voie actuelle pour desservir les relations locales, ce qui accroîtrait encore la dépense.
- En présence de ces nécessités, la Compagnie d’Orléans s’est justement demandé s’il ne convenait pas de rechercher une nouvelle transversale, contour-
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- nant le Massif Central par le Nord, et répondant aux exigences d’une exploitation moderne, c’est-à-dire à double .voie avec des rampes maxima de 10 millimètres et des courbes de plus de 500 mètres de rayon.
- Les divers tracés successivement prévus. — Un premier tracé fut envisagé en 1917. Il suivait la ligne de Limoges à Paris pendant -12 kil. 250, s’en détachait, à la sortie de la station des Bardys, franchissait le Taurion, affluent de la Vienne, la première fois vers St Priest sur un viaduc de 91 mètres de hauteur, et la seconde en amont de son confluent avec la Conge sur deux viaducs accolés de 50 mètres de hauteur. La voie passait ensuite à Bosmoreau, Pontarion, St-Sulpiee-les-Champs — où elle traversait la ligne de faite entre les bassins de la Vienne et de la Creuse —, descendait dans la vallée de cette
- ment de St-Genest sur un viaduc de 111 mètres de hauteur. C’est le point le plus bas de la ligne dans le bassin du Cher. La cote atteinte est de 540 m.
- Ensuite, la ligne dessert Néris, se soude à Com-mentry aux artères de Montluçon à Moulins et de Commentry à Gannat, passe le faîte Cher-Ailier, s’infléchit dans la vallée de la Bouble, et se confond avec le tracé primitif pour le franchissement de la Sioule et de l'Ailier, et l’accession en gare de St-Ger-main-des-Fossés.
- Ce projet présente sur le précédent des avantages qui ne sont pas méprisables. Il est plus court et moins coûteux. Il dessert Néris (3075 habitants, 5000 baigneurs), le centre industriel de Commentry (10 000 habitants). Il est également de nature à favoriser le développement de Montluçon (55 799 âmes), qu’il ne saurait toutefois atteindre, vu la faible
- 'Montluçon
- ^^mmentry
- OUÉRET
- °ôenest
- Gannat
- Roanne
- Montbrison
- Fig. i. — Les divers tracés proposés pour la transversale Limoges-Saint-Germain-des-Fossés.
- rivière, la franchissait sur un viaduc de 105 mètres de haut, montait au faîte Creuse-Cher, qu’elle escaladait vers le Puy-Malsignal, redescendait sur la Tardes, qu’elle traversait par un viaduc de 55 mètres de hauteur, remontait vers Bussière-Nouvelle, desservait Auzances (ligne de Paris au Mont-Dore), allait franchir le Cher à 62 mètres de hauteur, grimpait à St-Julien-la-Genest, point le plus élevé du trajet, où elle passait du bassin du Cher dans celui de l’Ailier, s’engageait dans la vallée de la Sioule, et gagnait St-Germain-des-Fossés (côté Paris), après avoir coupé la Sioule et l’Ailier.
- Ce tracé ne donnant pas toute satisfaction, on pratiqua en 1919 de nouvelles études. Le second projet élaboré reporte plus au Nord le tracé de la voie, par Néris et Commentry.
- Après s’être confondu sur 26 kil. 500 avec la ligne de Limoges à Paris, il s’en détache après la station de la Jonchère, traverse le faîte GaiTempe-Creuse sous la forêt de Chabrières, par un souterrain de 2080 m., descend s’accoler à la ligne de St-Sulpice-Laurière à Montluçon en gare de Busseau-d’Ahun, franchit la Creuse sur le viaduc en service de Busseau, monte vers le faîte Creuse-Cher, qu’il troue en souterrain (tunnel de 1960 mètres), traverse le faible plateau qu’arrose la Vouèze et franchit le Cher à l’étrangle-
- altitude de cette ville. Enfin, il assurerait des relations meilleures entre Bordeaux et Mulhouse, via Moulins.
- Mais le service du contrôle des lignes nouvelles avait, de son côlé, établi un troisième tracé, qui restait assez voisin de celui de 1917 dans la partie ouest. Celui-ci s’écarte du Limoges-Paris à la Jonchère, passe à Bosmoreau, Pontarion, traverse le faîte Vienne-Creuse près de St-Sulpice-les-Champs, descend à la Creuse qu’il franchit sur un viaduc de 80 mètres de hauteur, escalade le faîte Creuse-Cher à Puy-Malsignat, où il abandonne tout à fait le tracé de 1917. Il emprunte, en effe(t, la vallée de la Tardes jusqu’au Chambon, coupe à Evaux la ligne de Paris à Aurillac, franchit le Cher sur un viaduc de 65 mètres de hauteur,monte au faîte Cher-Ailier, qu’il traverse à Montaigut et se soude à Lapeyrouse avec la voie de Commentry à Gannat. Puis, il descend vers la Bouble, la coupe sur un viaduc de 32 mètres de hauteur, et gagne St-Germain-des-Fo§sés (côté Paris), après avoir dépassé la Sioule et l’Ailier.
- Cette proposition aurait, certes, un heureux résultat ; elle faciliterait la desserte d’une région assez déshéritée au point de vue du rail, et donnerait satisfaction aux desiderata des représentants officiels
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- du département creusois. Par contre, le tracé s’écarte trop sensiblement de Néris, Montluçon et Commen-, try, et fait abstraction des relations de Bordeaux vers l'Alsace.
- On peut, cependant, concilier les deux points de vue, et le Conseil Supérieur des Chemins de fer a récemment émis un avis favorable à la construction d’une ligne la jonchère-St-Germain des-Fossés, empruntant le tracé du service du Contrôle des lignes nouvelles de la Jonehère jusqu’au Chambon et rejoignant un peu avant Commentry le tracé de 1919 de la Compagnie d’Orléans. Toutes les objections sont ainsi levées.
- La nouvelle voie rendra incontestablement de précieux services non seulement pour les échanges internationaux et interrégionaux, mais également pour le développement économique du Limousin et de la Marche, d’autant plus que des industries hydroélectriques pourront, à cette occasion, équiper les ressources hydrauliques inemployées de la haute Creuse, du Cher, de la Tardes et de la Bouble.
- L’avant-projet du tracé définitif doit être soumis prochainement aux enquêtes d’utilité publique. 11 est à souhaiter que sa réalisation soit activée dans l’intérêt du pays tout entier.
- Auguste Pawlovyski.
- LE MOTEUR HUMAIN
- Son étude faite à une altitude de 1800 mètres.
- Jusqu’en ces dernières années, l’étude physiologique de l’organisme humain avait été faite dans des laboratoires de recherches à l’aide d’appareils souvent fort compliqués “ht d’un maniement difficile.
- Depuis que l’éducation physique et le sport ont pénétré dans nos mœurs, depuis que nous sentons qu’à côté de performance il y a rendement, qu’un organisme peut, dans différentes périodes de l’entraînement, exécuter un travail semblable avec un effort très différent, on a été amené à créer des laboratoires spéciaux. Ceux-ci recherchent moins les lois régissant les phénomènes physiologiques, mais étudient successivement toutes les fonctions de l’individu, en suivent le développement et en déduisent le rendement. C’est à l’aide d’une telle étude, qu’il sera peut-être possible d’établir un jour des plans d’entraînement et d’en surveiller avec une rigueur toute scientifique l’application.
- L’empirisme qui, en cette matière, a jusqu’ici régné en maître, disparaîtra. Le praticien, ayant en main un instrument précis, pourra diriger l’entraînement d’une manière beaucoup plus efficace et
- plus conforme aux nécessités imposées par la nature à notre organisme.
- A côté du sport et de l’éducation physique, il existe d’autres problèmes tout aussi importants bien que moins connus. Depuis de longues années déjà, les Anglais et les Américains étudient, avec une remarquable ténacité, tout ce qui peul, par une organisation meilleure du travail, augmenter le rendement de leurs usines. Ils se sont rapidement rendu compte que l’ouvrier, véritable moteur humain, devait être étudié avec autant de soin qu’on en apporte à l’éLude d’une machine industrielle. On sait combien chaque machine dans l’industrie est éprouvée, et vérifiée. De ces recherches découlèrent les systèmes de Taylor et de Gilbreth, qui, s’ils ne sont pas parfaits, ont cependant fourni des preuves de leur efficacité.
- Dans un ordre d’idées tout différent, il n’est pas dénué d’intérêt d’étudier physiologiquement les conditions de vie à bord des avions ou dans des stations d’altitude. Depuis quelques années, un grand progrès a été réalisé en France pour créer
- Fiche physiologique d’un sujet masculin âgé de 27 ans.
- Dat/'k .... 6/7/22 15/7 28/7 il/8/22
- Poids 77,7 75,7 74,5 “ '74
- Taille 1 m. 71 » » »
- Diamètre Acromial. . . . 0,45 » » »
- Péiimètres thoraciques :
- Axillaire, j g°S" 0,95 0,94 0,95 0,94
- 0,88 0,85 0,80 0,85
- 0,90 0,90 0,91 0,91
- xypho- • î ex. . . •. 0,84 0,82 0,85 0,84
- Bras. . . • y 1 ( repos . . . 0,28 0,25 0,28 0,25 0,29 0,-24 0,29 0,25
- Capacité vitale. .... 4 1. 45 4 1. 90 5 1. 5 1. 10
- Durée de l'Apnée . 42" 45" 60" 65"
- Ventilation 7 1. 0 1. 6L 5 1. 5
- Rythme 20 15 15 16
- Dates 6/7/22 15,7 28 7 11/8/22
- Pouls 88 96 86 86
- Pression t Max. . . . 16 13 14 16 1/2
- (Pachon). ( Min. . . . 10 1/2 9 9,5 9 1/2
- Hémoglobine ..... 100 100 100 100
- Temps de réaction : Tactile 110 110 100 110
- Visuelle ICO ICO 146 130
- Auditive . 140 120 100 90
- Force musculaire :
- r, ... ( extension. . 16 14 21 17
- } llexion. . 22 35 51 31
- T. , , l extension. . “'“‘M- | Horion. . . 18 13 20 18
- 25 27 35 55
- Digilalc 59 45 52 52
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- Fig. i. — Mesure de la puissance musculaire chez l’enfant. Au milieu, M. le Professeur Langlois, notant les résultats,
- des stations d’altitude permettant des cures d’air particulièrement efficaces pour des personnes anémiées, ou surmenées par «un travail intense, ayant besoin de se reposer et de se désintoxiquer.rapidement. Il était donc spécialement intéressant d’étudier l’effet d’ün tel séjour sur l’organisme et d’enregistrer périodiquement les améliorations obtenues.
- C’est dans ce but que fut créé à Font-Romeu, grâce à la générosité éclairée de la Compagnie des Chemins de fer du Midi, un centre d’études biologiques. Sous la haute direction de M. le professeur Langlois, ce laboratoire a fonctionné, pour la première fois, pendant toute la saison d’été 1922.
- La station climatique de Font-Romeu se trouve dans les Pyrénées-Orientales, au pied de la chaîne du Carlitt, dominant la Cerdagne. Elle est située à une altitude de 1800 mètres et jouit de conditions météorologiques presque introuvables ailleurs.
- Le laboratoire commença par établir, pour toute personne examinée, une fiche physiologique du modèle ci-dessus. Les examens étaient faits, autant que possible, régulièrement tous les huit jours. Il est inutile d’insister ici sur les mensurations figurant au début de la fiche ; nous nous bornerons à passer en revue les appareils employés, et nous donnerons un aperçu des méthodes et des techniques dont il fut fait usage.
- La fonction respiratoire est tout d’abord. étudiée. Un des premiers éléments à connaître est ce que l’on a coutume d’appeler la capacité vitale; c’est la quantité d’air rejetée par un individu qui, après avoir fait une inspiration aussi grande que possible, fait une expiration maxima.
- Cette capacité vitale indique la grandeur des conditions physiques de nos échanges respiratoires et constitue un
- des meilleurs éléments d’appréciation de notre entraînement. Elle se mesure au moyen d’appareils appelés spiromètres. Le modèle employé fut le spiromètre deVerdin. Il se présente sous l’aspect d’un compteur à gaz et. il donne une précision pouvant aller jusqu’au centilitre. Après trois respirations normales, cadencées, le sujet fait une respiration maxima, et, prenant l’embouchure du spiromètre entre ses lèvres, souffle sans lenteur ni trop de vigueur dans l’appareil.
- Une seule lecture est insuffisante, il est nécessaire de refaire plusieurs fois cette opération et de prendre la moyenne.
- Chez un individu normal, la capacité vitale est d’environ 3 litres 1/2 ; elle peut considérablement augmenter et il est fréquent de trouver des capacités vitales dépassant b litres chez des coureurs et. des sportifs. Il serait illusoire de croire qu’il existe un rapport constant entre la forme du thorax et la capacité vitale ; tel emphysémateux ayant une poitrine globuleuse très développée ne donnera que deux litres, et même moins, dans une respiration forcée.
- La fréquence des mouvements respiratoires est un chiffre utile à connaître, mais il ne faut cependant pas oublier quelle est très variable, subissant d’une façon très sensible les diverses influences physiologiques : digestion, état de repos ou d’activité musculaire, sommeil, température.
- Pour mesurer le rythme respiratoire, il suffit d’enregistrer le nombre de respirations faites par le sujet pendant une minute ; ce chiffre varie beaucoup avec l’âge et le sexe ; le nouveau-né fait 44 respirations par minute, l’homme adulte 16 seulement; en règle générale, la fréquence est en raison inverse de la taille.
- La durée de l’apnée a été mesurée en faisant res-
- Fig. 2. — Prise et inscription de la pression artérielle.
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- pirer le sujet d’une façon normale pendant un certain temps, puis en le priant de suspendre sa respiration aussi longtemps qu’il le peut. On apprécie ainsi l’état de suggestibilité du centre respiratoire à la veinosité du sang. Ce chiffre est très variable suivant les sujets, et l’on connaît des plongeurs qui peuvent demeurer sans respirer pendant plus de trois minutes .
- La ventilation, quantité d’air qui passe dans les poumons pendant une minute, est d’une recherche beaucoup plus difficile. Le sujet doit, en effet, respirer normalement, mais il se laisse facilement entraîner à ventiler d’une façon exagérée. Nous nous sommes servi du sac de Waller, sac d’une contenance' de 15 litres environ, relié à la bouche par une soupape de Tissot, qui est basée sur le même principe que le masque du même auteur ; l’air est inspiré à l’extérieur, et un jeu de soupapes le refoule à l’intérieur du sac après passage dans les poumons.
- Ce chiffre est très influencé par l’exercice musculaire, il peut dans des efforts très violents augmenter de 10 fois sa valeur. Un homme adulte, debout et ne faisant aucun mouvement, fait passer environ 5 à 6 litres d’air dans ses poumons, par minute ; et le même homme, dans une course rapide, peut ventiler 40 et même 50 litres dans le même espace de temps.
- La recherche des échanges respiratoires est délicate, mais doit cependant être faite, car elle donne des renseignements très importants. Depuis Lavoisier, nous savons que la respiration consiste en une absorption d’oxygène et une élimination d’acide carbonique.
- L’analyse comparée de l’air inspiré et de l’air expiré donne la preuve de ces échanges. On trouve
- Fig. 3. — Prise d’une réaction psychomotrice par Mme le Dr Faillie.
- chez l’homme, de gaz :
- en moyenne, pour 100 volumes
- Oxygène .... Azote ... . . . Acide carbonique.
- Air inspiré.. Air expiré.
- 2()7o5 16-47
- 79,02 79,02
- 0,03 3-4
- Connaissant la ventilation du sujet, on détermine la quantité d’acide carbonique rejetée par minute. Sachant, d’autre part, que chaque centimètre cube d’acide carbonique nécessite une dépense de 5,5 calories, on peut déduire l’énergie dépensée par le sujet pour un travail donné et trouver son rendement. C’est là la base de la méthode de recherche des échanges respiratoires, si employée de nos jours dans l’industrie.
- En comparant les volumes d’acide carbonique produits et d’oxygène absorbé, on voit tout de suite que le volume d’acide carbonique produit est moindre que celui de l’oxygène absorbé. Or, pour former un volume d’acide carbonique, il faut un volume d’oxygène. Puisque l’oxygène consommé ne réparait pas entièrement sous forme d’acide carbonique, c’est que l’oxvgène libre absorbé n’est pas entièrement employé à brûler le carbone alimentaire ; il sert aussi à brûler l’hydrogène, des graisses, par exemple, qui se trouve incomplètement oxydé dans ces substances, et à former de l’eau.
- C’est ainsi qu’ôn a été amené à étudier le rapport des volumes de l’acide carbonique et de l’oxygène /CO*'
- V O2
- ou quotient respiratoire de
- Fig. 4. — Étude de la « rupture » du muscle du biceps.
- Pfluger. Dans le cas où le sujet brûle des sucres, le quotient respiratoire est égal à 1, valeur qui diminue et s’abaisse jusqu’à 0,7 lorsqu’il brûle des graisses, et à 0,8 lorsqu’il s’agit de matières albuminoïdes. La con-
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- naissance du quotient respiratoire permettra donc de connaître les réserves auxquelles le sujet s’adresse pour trouver l’énergie nécessaire à l’accomplissement d’un travail donné.
- Pour effectuer cette recherche on prélève, à l’aide d’un ballonnet, 100 c. c., de l’air qui a été rejeté dans le sac de Waller pendant* la mesure de la ventilation et à l’aide d’un appareil d’Haldane, on fait absorber successivement l’acide carbonique par de la potasse, l’oxygène par du pyrogallate de potasse. On déduit le quotient respiratoire, qui est normalement de 0,8, mais qui à la suite d’un travail un peu intense s’élève jusqu’à 1, prouvant .que le sujet fait appel à ses réserves de sucre.
- Les deux recherches les plus importantes, qui doivent être faites pour étudier la circulation sanguine, sont celles du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Il est inulile que nous insistions sur la première qui est bien connue de tous. La pression artérielle est variable à chaque contraction cardiaque, mais ne descend jamais au-dessous d’un chiffre que l’on appelle pression constante ou encore pression minimav
- L’élément variable est constitué par des oscillations dont la hauteur la plus grande est appelée pression maxima. Il existe de nombreux appareils pour mesurer la pression artérielle chez l’homme. Celui qui fut employé pour ces recherches fut l’os-eillomètre sphygmométrique de Pachon, appareil complexe au point de vue construction et maniement ; il est basé sur le principe de la compression de l’artère radiale et de l’étude des oscillations que donne à cet appareil la dilatation du vaisseau à chaque contraction cardiaque. Le chiffre trouvé avec cet oscillomètre pour un homme adulte normal est de 16 centimètres de mercure pour la pression maxima et de 8 centimètres pour la pression mi-nima. La pression artérielle varie avec l’état de santé du sujet et il n’est pas rare de voir des malades atteints d’artério-sclérose dépasser le chiffre de 50; d’autre part, chez un adulte bien portant, la pression, à la suite d’un travail intense, peut s’élever de 16 à 23-24 centimètres de mercure.
- La recherche de la quantité d’hémoglobine contenue dans le sang permet de déceler à son début un état d’anémie. Il existe des procédés physiques et chimiques de dosage. La méthode employée fut une méthode colorimétrique.
- L’hémoglobinomètre de Glowers est un petit appareil formé de deux tubes : l’un est un témoin contenant une quantité connue d’hémoglobine dissoute dans de la glycérine, l’autre est un tube de recherche gradué de 0 à 130, contenant un volume déterminé de sang retiré du doigt du sujet après piqûre et prélevé à l’aide d’une pipette jaugée. On ajoute de l’eau distillée goutte à goutte dans le tube de recherche jusqu’au moment où la teinte est identique à celle du tube témoin. On lit la division à laquelle affleure le liquide, et, si le sang contient une quantité normale d’hémoglobine, ce chiffre doit être 100. Dans
- certaines anémies on trouve fréquemment des chiffres de 50-60.
- Ayant étudié successivement les fonctions respiratoires, circulatoires et sanguines, nous passons à l’étude du système nerveux central; dans ce but nous avons recherché les réactions psychomotrices des sujets. On appelle temps de réaction psychomotrice, ou encore équation personnelle, le temps que met un sujet à réagir par une action motrice à une excitation venue de l’extérieur : excitation visuelle, auditive, tactile, odorante, gustative. Si nous développons cette définition pour la rendre plus • claire, nous allons supposer que le sujet reçoit une excitation lumineuse produite par l’allumage d’un tube de Geissler. La rétine influencée va transmettre au cerveau une excitation et, si nous avons demandé au sujet de faire un mouvement déterminé dès qu’il l’aura perçue, cette excitation déclenchera un ordre de contraction aux muscles intéressés, ordre qui sera exécuté ensuite.
- Toutes ces diverses opérations ne sont pas instantanées, comme on pourrait le croire au premier abord ; il s’écoule toujours un temps assez considérable entre l’excitation et la réponse motrice. L’appareil utilisé pour celte mesure fut le chronomètre de d’Arsonval, appareil constitué par un mouvement d’horlogerie faisant tourner une aiguille à la vitesse d’un tour de cadran par seconde. Le cadran est divisé en* cent parties égales, ce qui permet la lecture du 1/100e de seconde. Un dispositif électrique peut : soit arrêter, soit mettre en mouvement l’aiguille du cadran, si légère qu’on peut négliger l’action de l’inertie. Pour mesurer, par exemple, le temps de réaction psychomotrice visuelle d’un sujet, on lui dit d’appuyer sur un petit instrument appelé presselle, qu’il tient à la main, dès qu’il verra l’aiguille du cadran se mettre en marche.
- L’opérateur, à l’aide d’un manipulateur appelé marteau, déclenche le mouvement de l’aiguille. La lecture faite donne le temps de réaction psychomotrice visuelle ou équation personnelle du sujet. Ge temps est très variable suivant les individus ; très rapide chez les escrimeurs, les boxeurs, les joueurs de tennis, il est beaucoup plus lent chez certains sujets. Il est en moyenne de 170 millièmes de seconde.
- On procède de la même manière pour la réaction psychomotrice auditive ; l’opérateur frappe avec le marteau sur la table, choc qui a pour effet de déclencher le mouvement de l’aiguille, et le sujet, appuyant sur la presselle dès qu’il a entendu le bruit du marteau, arrête l’aiguille. Ce temps de réaction est plus faible que celui de la réaction visuelle, mais est encore plus grand que celui de la réaction tactile.
- Les chiffres trouvés permettent de suivre d’une façon assez précise l'état d’entraînement dans un sport ou un exercice nécessitant de l’adresse ou de la vitesse. Nous avons pu mesurer les réactions psychomotrices visuelles d’un certain nombre de joueurs
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- de tennis et faire cette remarque : lorsque leurs réactions psychomotrices devenaient plus rapides, il se produisait une amélioration parallèle de la qualité des joueurs.
- Il nous reste, enfin, l’étude musculaire des sujets ; celle-ci est de beaucoup la plus difficile, les résultats étant souvent très variables et très difficiles à interpréter. Cependant il nous a semblé qu’en étudiant la rupture du muscle, c’est-à-dire l’effort maximum auquel peut résister un muscle avant de se laisser forcer, on obtenait des chiffres assez comparables et suffisamment parallèles à l’état musculaire du sujet. Nous nous sommes servis de dynamomètres, lames d’acier qui se déforment d’une façon assez constante sous un effort donné, et qui marquent sur un cadran annexé la valeur de l’effort en kilogrammes. La technique est facile à comprendre : il suffit de jeter un coup d’oeil sur Tune des illustrations de cet article.
- Les chiffres trouvés sont très variables suivant les individus. La « rupture du biceps » d’un homme adulte et de musculature moyenne exige une force
- d’environ 50 kg; celle du triceps, 20 kg seulement.
- Ces études, qui ont porté sur de nombreuses observations, ont donné des résultats intéressants et concordants qui seront l’objet d’une communication ultérieure. Nous ne saurions, d’autre part, trop louer l’effort fait par la Compagnie du Midi, à Font-Romeu, effort qui a permis et subventionné l’installation d’un laboratoire dont il n’existe aucun équivalent à l’étranger.
- Les résultats obtenus montrèrent tout le bénéfice que peuvent retirer d’un séjour à une altitude moyenne les personnes anémiées, ou même simplement fatiguées par le travail de toute une année.
- Il est regrettable que nous n’ayons pas en beaucoup de lieux de repos ou d’altitude des centres d’études analogues à celui dcFont-Romeu. Les Français malheureusement trop peu convaincus encore sauraient ainsi qu’ils peuvent trouver en France des cures d’air et d'altitude aussi efficaces que celles qu’ils vont chercher à l’étranger, notamment en Suisse. Dr Faillie,
- Chef de laboratoire au Conservatoire des Arts et Métier-;.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1923.
- Le sondage de Crouelle. — Situé entre deux volcans oligocènes — le Puy de Crouelle, attribué à tort à | l’âge oligocène et le Puy de la Poix, à la base duquel j émerge du bitume avec de l’eau salée et de l’acide suif-hydrique —, le sondage entrepris sous la direction de M. Termier apporte, d’après M. Glangeaud, des éléments importants à la solution de la question des gisements pétrolifères du Massif Central. La valeur réelle indiquée par la sonde, descendue à 856 m., semble être voisine de 1100 tonnes d’huile par hectare de superficie.
- Les fours à induction. — L’appareil à haute fréquence a pour avantage, comme le montre M. R. Dufour, de produire le calorique à l’intérieur même de la masse à traiter, en l’absence de tout circuit ferromagnétique. Avec une puissance de 2 kilowatts, on arrive ainsi à porter aux environs de 2000°, en un quart d’heure, un creuset de graphite de 70 cm3; pour une telle température, le rendement en énergie doit varier de 20 à 50 pour 100; il est de 50 si l’on ne dépasse pas 1500°. On peut d’ailleurs opérer dans le vide ou dans telle atmosphère gazeuse que l’on désire, ce qui marque un gros avantage sur le four à arc ordinaire, comme celui de Henri Moissan.
- Action de la gélatine sur les piles de concentration. — On a remarqué qu’en ajoutant de la gélatine dans la solution d’azotate (piles de concentration Agi — Az03Ag, AgCl — Az03Ag, Ag2S — Az03Ag), la force électromotrice est diminuée alors qu’une addition dans le voisinage de l’autre électrode produit une augmentation. Les recherches deM. Audubert indiquent que le colloïde modifie la différence de potentiel de la couche de passage de l’électrode, en raréfiant l’atmosphère ionique de cette dernière ; de
- plus l’influence de cette substance sur la structure des dépôts électrochimiques serait corrélative d’une élévation de la polarisation cathodique, dont on a montré quelle est un facteur favorable à la formation de dépôts à grains fins.
- L'huile de pépins de raisin. — M. Emile André a constaté que son indice d’acétyle ne doit pas être attribué à la présence d’acide rinoléique, mais à celle de corps à même fonction et de condensation moins élevée : tans doute deux acides alcools en C14 ou C16, dont l’un est saturé alors que l’autre possède une liaison éthylénique.
- L’histologie comparée du muscle strié. — Les remarques de M. Marc Romieu ont porté sur le type complexe offert par Malegona papillicornis 0.-F. Müller. Ses muscles méritent d’être rapprochés de ceux des Arthropodes, quoique les cases soient plus basses que chez ces derniers, mais ils sont comparables à ceux des organes abducteurs des Mollusques bivalves, à cause de la variété des aspects que peut revêtir cette striation.
- La nécrose produite par les rayons du radium. — Mme I. Samuel-Lattes a étudié, au travers du muscle de bœuf congelé, l’absorption du rayonnement filtré, suivant les cas, par des filtres de platine dont l’épaisseur variait entre 0 mm 15 et 1 mm 5. On peut ainsi distinguer nettement deux portions : un rayonnement nécrosant, non homogène et très absorbable et un rayonnement non nécrosant sensiblement homogène, mais très pénétrant. On sait éliminer les premiers rayons, par des filtres secondaires de densité voisine de 1 en couches plus ou moins égales dans chaque cas aux épaisseurs nécrosées, comme l’usage l’a déjà indiqué en thérapeutique. Paul B.
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- LA VISION DES
- Nous envisagerons la vision des oiseaux chez les diurnes, chez les nocturnes et enfin chez les plongeurs. Dans chacune de ces catégories nous aurons à étudier, comme chez l’homme, l’acuité visuelle, le champ visuel, la vision des couleurs, l’adaptation, l’association des deux yeux pour la vision, l’éducation visuelle, etc....
- Acuité visuelle. — Il est facile d’en donner des exemples indiscutables et du reste bien connus ; il est impossible d’en fournir une mesure exacte, telle que l’angle d’une minute mesurant le minimum separabile de l’œil humain. Il y aurait, du reste, à ce sujet, des différences considérables entre les espèces. Si tous les oiseaux, sauf peut-être l’Aptéryx, jouissent de facultés visuelles très développées, il est vraisemblable que les rapaces ou les insectivores de haut vol (hirondelles, martinets) sont à cet égard mieux doués que tels gallinacés ou palmipèdes, encore cependant très bien partagés.
- Nous aurons chemin faisant à citer bien des faits d’acuité visuelle des oiseaux, aussi nous bornerons-nous en ce moment à rappeler quelques exemples, connus du reste pour la plupart, et auxquels beaucoup de nos lecteurs pourront sans aucun doute ajouter des observations personnelles peut-être plus suggestives encore.
- En Afrique, dès qu’il avait abattu une pièce de gibier, Le Vaillant voyait apparaître les vautours comme des points noirs à peine visibles : les vautours distinguaient donc sur le sol une bête immobile et savaient qu’elle était morte avant que l’homme ait aperçu au fond du ciel des oiseaux de 5 mètres d’envergure. Un autre voyageur, Franklin, en caravane dans le désert, quand un chameau tombait, voyait en moins d’une demi-heure apparaître dans le ciel de petits points noirs, en multitude, tournant lentement. Là encore les vautours distinguaient parmi tous les détails du sol un animal de couleur fauve, sans doute peu différente de celle du désert et reconnaissaient qu’il était mort, et cela avant que l’homme les eut aperçus dans le ciel où un oiseau de la taille du vautour doit être perceptible à 3 ou 4 mille mètres ! Le vautour ne saurait * être ici guidé par l’odorat et cela implique de sa part une acuité visuelle évidemment très supérieure à celle de l’homme. On a fait remarquer que les
- 1. Voir nos 2560 et 2561.
- OISEAUX [Suite (1)]
- bêtes mortes étaient signalées aux vautours par les allées et venues des milans et des corbeaux; cela peut être souvent vrai, mais en l’absence d’oiseaux parasites les vautours ne sont nullement embarrassés pour découvrir leurs proies aux mêmes distances.
- Que penser, comparativement à celle des vautours, de la vision des aigles, milans, faucons, etc.... A considérer le globe oculaire de ces derniers elle devrait être encore supérieure tous ont, en effet, chacun proportionnellement à sa taille, des yeux plus gros que ceux des vautours. Gela n’implique pas, il est vrai, que l’acuité visuelle proprement dite, la distinction des détails, l’analyse des formes, soit supérieure, mais seulement que telles ou telles autres fonctions visuelles sont plus développées
- («g- i)..
- Les oiseleurs d’autrefois, qui prenaient des faucons au moyen d’un filet à double nappe amorcé d’un pigeon blanc, avaient à côté d’eux une pie-grièche en cage dont les cris et l’agitation les avertissaient que le faucon était en vue. C’est là reconnaître à la pie-grièche une acuité visuelle supérieure à celle de l’homme.
- Que dire de la vue des hirondelles et des martinets qui cueillent au vol des insectes minuscules? Le mode de chasse diffère du reste pour les deux oiseaux. L’hirondelle et notamment l’hirondelle de cheminée (II. rusiica) décrit avec une incroyable souplesse de vol, de merveilleuses arabesques dont pas une ne semble être poussée au hasard ; elle plonge pour saisir une mouche au ras du sol, se relève pour effleurer un mur où elle cueille une araignée.... On peut l’admirer et la suivre des yeux, mais quel œil humain est capable de voir les bes-
- Fig. 2. — Coupe à peu près horizontale du globe oculaire droit de VHomme, passant par la papille du nerf optique et la fovea.
- C, la cornée ; P, la pupille; I, l'iris; Cr, le cristallin; F, la fov.ea ; N. O, le nerf optique.
- Fig. i. — Buse commune.
- Coupe verticale du globe
- oculaire.
- On remarquera la forme globuleuse, renflée, du segment postérieur.
- C, la cornée; p, la pupille; Cr, le cristallin; F, la fovea centrale; P, le peigne.
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- LA VISION DES OISEAUX .301
- tioles minuscules que l’oiseau prend à quelques mètres de nous 1
- Le martinet erre à grande vitesse, à des hauteurs où l’insecte doit être rare, puis plonge ou se relève brusquement de quelques mètres, sans doute pour saisir un moucheron qu’il a vu malgré son allure de plus de cent à l’heure. Ici/à côté de l’acuité proprement dite, intervient l’instantanéité de la sensation et des réflexes multiples qu’elle déclenche dans cette merveilleuse machine à voler qu’est notre martinet noir et que dépasse encore en vitesse et sans doute en facultés visuelles le grand martinet à ventre blanc.
- Au sujet de la vision des oiseaux de basse-cour, je ne puis m’empêcher de citer cette lettre d’un excellent observateur, le garde M. « Il est absolument certain que la vue des oiseaux embrasse sur les côtés un espace beaucaup plus vaste que la vue ' humaine. La vuè des oiseaux et des volailles porte à une très grande distance. Etant dans une basse-cour, j’ai remarqué maintes fois les dindes qui renversaient leur tête de côté et lançaient leur regard aux nues, tout en poussant un petit gloussement plaintif ; alors en tenant compte de l’inclinaison de leur tête j’établissais une ligne droite partant de l’œil de la dinde et se dirigeant vers les nues, et là je découvrais des oiseaux de proie, buses ou milans, à peine perceptibles, et représentant tout simplement un petit point noir que je n’aurais certainement pas découvert sans l’indication des dindes.
- « Les canards découvrent aussi très bien les oiseaux de proie; l'inclinaison de la tête est chez eux assez prononcée, mais ils ne poussent aucun cri à moins que l’oiseau de proie ne soit très rapproché, ou ne se mette à descendre des nues avec une grande rapidité.
- « Il est donc .parfaitement certain que l’oiseau ou la volaille qui incline la tête à gauche pour regarder le rapace de l’œil droit, ne peut le voir que de l’œil droit puisque l’œil gauche est dirigé vers la
- terre. Cela démontre encore que leur vue est meilleure dans un certain angle de côté, que droit en avant. S’il en était autrement, ces inclinaisons de tête n’auraient pas leur raison d’être, et puis enfin, selon l’expression de l’œil, on voit immédiatement l’objet qu’il fixe, et on se rend très bien compte qu’il ne s’agit pas d’un ,autre objet placé plus haut ou plus bas, ni plus à droite ni plus à gauche. »
- Ün simple garde-chasse, sans aucune éducation
- physiologique, mais observateur-né, a donc su non seulement caractériser en quelques lignes l’acuité visuelle des oiseaux, mais encore reconnaître l’éten-
- Fig. 3. — Corbeau Freux.
- Le segment antérieur de l’œil a été réséqué de manière à montrer le fond du globe oculaire encastré dans l’orbite : P, le peigne, repli vasculaire émergeant du nerf optique ; F, la fovea centrale et unique.
- due exceptionnelle de leur champ visuel, démontrer que pour voir nettement ils regardent avec un seul œil, et enfin que leur vision est meilleure « dans un certain angle de côté », ce qui équivaut à reconnaître la direction approximatiye de leur ligne de vision nette (ligne visuelle).
- Ces indications physiologiques vont nous aider à comprendre la valeur des dispositions anatomiques de l’œil des oiseaux. Réciproquement, l’anatomie précisera et confirmera la physiologie.
- Nous ne pouvons, en effet, aller plus loin sans entrer dans quelques détails anatomiques. La figure ci-contre (fig. 2) rappellera que l’œil humain, terme nécessaire de comparaison, est un sphéroïde assez irrégulier sauf dans ses parties axiales. Les deux tiers postérieurs sont tapissés par la membrane sensible, la rétine, qui reçoit les images formées par l’appareil dioptrique. La grandeur des images reçues par la rétine est l’un des facteurs (non pas le seul) de l’acuité visuelle/ et cette grandeur dépend principalement de la distance qui sépare l’appareil dioptrique de l’écran rétinien. Cette distance est de 16 mm. chez l’homme, nous l’avons trouvée de 16 mm. également chez un aigle (et non de la plus grande taille — un Bonelli probablement —), environ de 16 mm, chez le grand-duc, de 17 mm. chez un nandou jeune (ayant les 2]3 de sa taille), de 18 mm. chez un circaète. Tous ces oiseaux ont donc des images rétiniennes égales ou supérieures en grandeur à celles de l’homme.
- Chez des oiseaux plus petits, nous avons trouvé : chez la buse commune 12 mm.; chez la hulotte • 10 mm: chez la corneille noire 8 mm.
- Suivant leur taille, les oiseaux ont donc des globes oculaires de dimensions telles que leurs images rétiniennes peuvent être considérées comme plus grandes, absolument ou proportionnellement que celles de l’homme.
- Ces images sont plus éclairées dans l’œil de l’oiseau que dans notre œil, parce que la pupille de l’oiseau est toujours proportionnellement plus grande que la pupille humaine.
- Fig. a. — Buse commune. Pôle postérieur du globe oculaire droit vu de face. Dans la partie déclive le peigne P. Au-dessus de lui : la fovea centrale F. C. Plus en arrière et dans un plan un peu inférieur la fovea latérale, externe ou postérieure F. L.
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- Fig. 5. — Fovea centrale d’un oiseau-. Type des passereaux et des rapaces diurnes.
- B. C, le bouquet de cônes centraux, plus fins que chez l’homme; C. E, les cônes juxtafovèaux, également plus nombreux que chez l'homme sur l'unité de surface (les bâtonnets ne sont pas représentés); C. G, les cellules ganglionnaires, disposées en files régulières, formant sur les bords de la fovèa une couche un peu moins épaisse que chezj’homme (5 à 6 éléments superposés), mais conservant une partie de son épaisseur sur une bien plus grande étendue de la rétine. Autour du point de fixation l’acuité visuelle doit donc diminuer beaucoup moins vite que chez l’homme.
- Voici donc deux facteurs d’une meilleure acuité visuelle chez l’oiseau. Mais la principale condition de l’acuité visuelle est, en dernière analyse, dans la structure de la rétif]e.
- En divisant un œil d’oiseau en deux.segments on voit que le postérieur est tout entier tapissé par la rétine sur laquelle tranche tout d’abord une crête plissée et noirâtre, le peigne, situé dans la partie déclive de l’œil et correspondant à l’insertion linéaire du nerf optique. Le peigne n’a rien à faire directement avec la vision, étant simplement une lame vasculaire à fonctions nutritives. Mais il nous servira de repère pour découvrir la fovea. On trouvera toujours cette petite dépression d’une si grande importance pour la vision, vers le centre de la cupule rétinienne, un peu au-dessus et en avant de l’extrémité supérieure du peigne (fig. 3).
- La plupart des oiseaux ne possèdent, comme l’homme lui-même, qu’une seule fovea dans chaque rétine, la fovea centrale que nous venons de signaler.
- Mais chez les rapaces diurnes et chez la plupart des hirondelles il existe une seconde fovea située un peu en arrière de la précédente. C’est la fovea postérieure ou latérale; par suite de la divergence des axes oculaires, elle occupe, en effet, par rapport au plan médian, une situation plus latérale plus extérieure que la fovea centrale (fig. 4).
- L’examen histologique de ces diverses foveæ, tant latérales que centrales, montre qu’elles ont une structure analogue à celle de la fovea humaine (*), d’oii l’on peut inférer qu’elles constituent également des organes d’acuité visuelle maxima pour les rétines dont elles font partie.
- Chez les oiseaux pourvus de deux foveæ, la centrale mérite d’être considérée comme étant la fovea principale, puisqu’elle a une structure plus compliquée que la fovea latérale et doit par conséquent posséder une acuité visuelle plus parfaite.
- 1. Rociiok-Duvigneaud. A ccd. des Sciences, 7 juillet 1919
- Les rapaces nocturnes et le martinet n’ont pas de fovea au centre de la rétine. Mais ils ont une fovea postérieure dont la position, dans chaque œil, est approximativement celle de la fovea postérieure ou latérale des rapaces diurnes et des hirondelles.
- Da point de vue des foveæ les yeux des oiseaux se rangent en trois catégories principales : 1° ceux qui n’ont qu’une fovea centrale ; 2° ceux qui possèdent une fovea centrale et une fovea latérale; 3° ceux qui ne possèdent que celte dernière.
- L’étude de la fonction des foveæ comprend deux points :
- a) quelle est leur acuité visuelle.
- b) comment fonctionnent, l’une par rapport à l’autre, les foveæ uniques et centrales de la plupart des oiseaux, les foveæ doubles des rapaces diurnes, les foveæ latérales des rapaces nocturnes.
- a) L’acuité visuelle de la fovea. — Il existe chez l'homme un bouquet central formé uniquement de cônes sur un espace de 150 à 200 microns de diamètre, et dans lequel l’épaisseur de chaque cône est réduite à 2 Mm, 5 et même un peu moins, dimensions qui donnent de 16 à 20 cônes dans un carré de lOmicronsde côté. Nous avons pu mesurer les cônes centraux dans la fovea de la Buse et dans une même longueur de 10 microns nous avons compté dix cônes juxtaposés 'en file unique. Au carré cela fait 100 éléments et, à ce compte-là, et toutes choses égales d’ailleurs, la fovea de la Buse aurait un pouvoir séparateur (acuité) de 4 à 5 fois supérieur à celui de l’homme (fig. 5).
- Un vieux paysan gascon, me voyant enlever les yeux d’une Bondrée tuée à la chasse, me disait : « Monsieur, on dit que ces oiseaux y voient neuf fois plus que l’homme ! » Neuf fois c’est beaucoup, lui répondis-je, mais après tout je n’en sais rien !
- La Buse a un œil volumineux et des images rétiniennes grandes à proportion. Avec leurs yeux beaucoup plus courts, les pelits oiseaux ont des images rétiniennes réduites d’autant. Mais ces images sont
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- Fig. 6. — Champ visuel du Pigeon.
- I 3oo° (au moins) de champ total ; 3o° de champ binoculaire.
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- analysées par des rétines à éléments excessivement fins et qui ont subi une réduction de diamètre en rapport avec celle de l’œil tout entier. L’acuité visuelle ne diminue donc pas chez les oiseaux proportionnellement à la réduction de leurs images rétiniennes, et il est certain que les petits insectivores ont une acuité exquise.
- II parait très vraisemblable que les oiseaux sont mieux doués que l’homme pour le repérage des petits objets à grande distance. L’homme ne voit nettement qu’un seul point à la fois, d’où la difficulté qu’il éprouve souvent à découvrir dans l’espace un oiseau de proie ou un aéroplane très éloignés et réduits par la distance aux dimensions apparentes d’un point. Il lui faut, comme on le dit vulgairement, « mettre l’œil dessus » ; en langage physiologique, il faut que l’image de ce point tombe sur la fovea, autrement elle n’est pas perçue. Cela est du à ce que la structure rétinienne qui procure la vision centrale est strictement limitée chez l’homme au centre de la fovea. Chez l’oiseau, aux alentours de la fovea, la rétine conserve, au contraire, une structure compliquée et riche en éléments, qui autorise à admettre que le point de fixation de l’oiseau est entouré d’une zone de champ visuel dans laquelle l’acuité doit être relativement bonne, en tout cas supérieure à celle de la même région du champ visuel chez l’homme. Le point de fixation de l’oiseau est donc vraisemblablement entouré d'une zone de repérage lui permettant de découvrir facilement ce qui échappe souvent à notre acuité punctiforme.
- Le champ visuel. — Il nous était aussi nécessaire de connaître le champ visuel des oiseaux, qu’impossible de le déterminer par le procédé employé chez l’homme, qui demande les réponses du sujet examiné. Nous avons dù recourir à une méthode qui exige le sacrifice de l’animal, mais donne des résultats très précis que l’on ne peut obtenir autrement. On décapite l'oiseau, on résèque le crâne derrière les globes oculaires que l’on dénude ensuite soi-
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- Fig. 8. — Champ visuel de la Crécerelle.
- 3oo° à 3io° de champ total ; 5o° de champ binoculaire.
- gneusement de manière que la partie du segment postérieur de l’œil, tapissée intérieurement par la rétine, soit parfaitement accessible aux regards. Plaçant le crâne ainsi préparé au centre de l’arc pé-rimétrique(fig,
- G), le bec étant dirigé vers le centre de cet arc, on voit par transparence au niveau des deux segments postérieurs l’image trans-sclérale d’une
- Fig. 7. — Les deux yeux du pigeon.
- Figure schématique pour montrer (approximativement) les directions extrêmes suivant lesquelles la source lumineuse, promenée tout autour de la tête, donne une image sur les rétines, mesurant ainsi le champ visuel.
- lampe électrique placée au centre du périmètre. On comprend dès lors la méthode : elle consiste dans l'examen de l'excursion des images transsclérales suivant les déplacements de la source lumineuse le long de l’arc périmétrique.
- Quand la lampe est au centre du périmètre, en d’autres termes quand l’oiseau la regarde directement, oq voit une image de la lampe au fond de chacun des deux yeux, vers la partie externe des deux rétines : l’objet placé devant l'oiseau est donc vu binoculaire ment. En déplaçant la lampe à droite et à gauche du 0 (centre) du périmètre, on voit jusqu’à quel degré de l’arc, l’image reste visible au fond de chacun des yeux. On mesure ainsi l’étendue du champ binoculaire, dans laquelle les deux champs monoculaires coïncident. Continuant à déplacer la lampe vers l’extrémité du périmètre, on voit à quel moment l’image transsclérale disparaît, c’est-à-dire dépasse le bord rétinien; à ce moment, elle ne serait plus perçue par l’oiseau vivant; elle est donc à la limite du champ visuel.
- Parmi les oiseaux que nous avons ainsi examinés, nous choisirons 3 types : un oiseau à tête étroite et aux yeux latéraux : le pigeon ; un oiseau à grosse tète avec des yeux dirigés plus en avant : la crécerelle; enfin un rapace nocturne : l’elîraie.
- Chez le pigeon, les champs visuels latéraux s’étendent à droite et à gauche de l’oiseau jusqu’à 150° au moins, soit 300° de champ visuel total ; il ne reste donc derrière la nuque de l’oiseau qu’un espace de 60° tout au plus qui reste inaperçu quand la tête est immobile. Les deux champs visuels coïncident devant l’oiseau dans un secteur de 50° (fig. 6 et 7).
- Chez la crécerelle dont les yeux ont une conformation peu différente (globuleux au lieu d’être aplatis d’arrière en avant),et des axes moins dinvergents,le champ visuel latéral est encore de 150° environ pour chaque œil, dépassant celui de l’homme de 50° à
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- Fig. g. — Champ visuel de l’Effraie.
- i6o° de champ visuel total; 6o° de champ binoculaire.
- droite et à gauche. Le champ visuel binoculaire est notablement plus grand que chez le pigeon et atteint 50° (fig. 8).
- Enfin, chez la chouette-effraie, dont les yeux ne sont pas globuleux, mais en quelque sorte tubulaires et divergent moins encore que ceux de la crécerelle, le champ visuel latéral est moins étendu que celui de l’homme et n’atteint que 80° de chaque côté, mais le champ binoculaire atteint 60° (fig. 9).
- Tous les rapaces nocturnes ayant des champs visuels également réduits sur les côtés, ont appris à faire pivoter leur tête pour compenser cette limitation latérale de leur vision, mouvement qui n’aurait aucune raison d’être chez le pigeon et la crécerelle si largement pourvus en fait de champ visuel.
- En poursuivant notre étude du champ visuel, nous allons facilement découvrir pourquoi la plupart des oiseaux regardent de côté et d’un seul œil, tandis que les nocturnes regardent de face et des deux yeux simultanément.
- Regarder, c’est diriger sa fovea sur le point que l’on veut examiner. Pour savoir où regarde un œil, il faut déterminer la direction de sa ligne visuelle fovéale pour une position donnée du globe oculaire.
- Voici comment nous avons pu déterminer la ligne visuelle fovéale des oiseaux.
- Grâce'%! des mensurations minutieuses, nous savons a quels points de la surface postérieure de la sclérotique correspondent les foveæ simples ou doubles de leurs rétines. Quand nous promenons la lampe le long de Tare périmétrique, nous savons donc à quel moment son image tombe sur la fovea centrale ou sur la fovea latérale.
- Chez la crécerelle, dont le bec est dirigé vers le centre du périmètre, c’est quand la lampe est à environ 30° à droite ou à gauche de ce centre que son image tombe sur la fovea centrale de l’œil correspondant. En d’autres termes, chacune des foveæ centrales regarde suivant une ligne visuelle qui fait avec le plan médian un angle de 30°. C’est là ce (( certain angle de côté » du garde M., suivant lequel la vision de l’oiseau est la meilleure (fig. 10).
- Cet angle est plus ouvert chez les oiseaux dont les yeux sont plus latéraux que ceux des faucons, tels que pigeons, volailles, canards, etc..1.. Leurs deux lignes visuelles divergent l’une de l’autre vraisembla-
- ! blement de 80 à 100° et même davantage, suivant les espèces. Nous manquons encore de documents précis à ce sujet.
- Les lignes visuelles sont situées environ dans un plan horizontal, mené parallèlement à celui qui passe par la fente buccale des oiseaux à bec droit.
- Quand la lampe est placée en face du 0° du périmètre, dans l’axe du bec de la crécerelle, on voit, au niveau du segment externe de chaque sclérotique, une petite image qui, même pour une faible distance de la. lampe, correspond à chacune des foveæ latérales. En d’autres termes, quand la crécerelle J regarde un objet situé devant elle, elle le voit simultanément avec ses deux foveæ latérales.
- 11 en est de même pour le rapace nocturne qui n’a qu’une fovea dans chaque œil, mais située comme la fovea latérale des rapaces diurnes et des hirondelles.
- Ces données sur les champs visuels des oiseaux, l’étendue dans laquelle ils coïncident, et la direction des lignes visuelles fovéales vont enfin nous permettre de comprendre comment leurs deux yeux collaborent dans l’acte de la vision.
- Dr A. Rochox-Dcvigneacd,
- (4 Suivre.) Ophtalmologi ste de l’hôpital Laënnec.
- 0 o
- Fig. io.— Faucon crécej-elle. Coupe'demi-schématique de la lé le et des yeux passant par les deux foveæ. — FC (fovea centrale), FL (fovea latérale).
- Une source lumineuse placée (dans l’axe du bec forme son image simultanément sur les deux foveæ latérales. Cela
- §ermet d’établir les lignes visuelles(L. V. B,, lignes de vision inoculaire) de chacune de ces deux foveæ. — Une source lumineuse placée à 3o° à droite ou à gauche de l'axe du bec et dans le plan horizontal forme son image uniquement sur la fovea centrale correspondante, ce qui permet d’établir les deux lignes visuelles monoculaires L. V. M.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahuue, rue de Fleiirus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2563.
- 19 MAI 1923
- LA PRÉVISION DU TEMPS PAR LES PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
- M. Albert Turpain, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, songea un des premiers à utiliser les antennes et les dispositifs radiotélégraphi-ques pour la prévision des orages. Dans un circuit, constitué par une pile et un frappeur, il intercalait un cohéreur de Branly, dont Tune des électrodes communiquait avec un long fil métallique servant d’antenne et dont l’autre extrémité se trouvait reliée à la terre. Quand des ondes électriques frappaient l’antenne, la résistance du cohéreur diminuant, le courant de la pile traver sait l’électro-aimant.
- D’autre part, une plume fixée à un bout de l’armature inscrivait les décharges sur le cylindre d’un enregistreur ordinaire à mouvement d’horlogerie tandis qu’un levier frappeur décohérait .en même temps la limaille du tube Branly.
- Par la suite, vu l’inconstance du cohéreur, divers physiciens. ou météorologistes lui substituèrent le détecteur électrolytique, puis des détecteurs à contacts solides. Ils enregistrèrent, de la sorte, les phénomènes orageux soit au moyen cfun relais actionnant un chro-nographe, soit à l’aide d’un galvanomètre dont les déviations s’inscrivaient photographiquement. Un peu plus tard,
- M. Turpain remplaça ce mode d’inseription par un microampèremètre enregistreur. Le courant à déceler passait dans un cadre mobile disposé dans le champ magnétique d’un puissant électro-aimant. De son côté, M. E. Rothé, alors professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, employa dans le même but le thermogalvanomètre de Duddel. Mais si les observations faites à l’aide de ces différentes méthodes fournirent d’utiles indications pour prévoir les perturbations orageuses se produisant à proximité, elles ne pouvaient donner que des renseignements très vagues sur la direction et la trajectoire des orages lointains.
- Aussi dès 1911, M. Rothé, grâce aux progrès de la télégraphie sans fil, reprit la question sur d’autres bases. En étudiant, d’une façon générale, la propagation des ondes hertziennes, il eut l’idée d’appliquer
- les parasites atmosphériques à la prévision desper-tuiûations orageuses.
- En effet, les sans-filistes entendent parfois plusieurs genres de décharges atmosphériques ou telluriques au cours des transmissions radiotélégra-phiques. Les chutes de neige et de grêle, par exemple, donnent de la « friture » dans les récepteurs téléphoniques. Ce bruissement spécial, nommé sizzle ou hums par les Anglais, se distingue des claquements intenses dus aux décharges orageuses.
- Les météorologistes brh tanniques appellent ces derniers parasites atmosphériques, clicks s’ils ressemblent à une détonation brusque, et grin-ders, s’ils constituent des grincements plus prolongés.
- Au cours de la guerre, M. Rothé sur la demande de M. Rouch, chef du service météorologique de l’Armée, entreprit une série d’expériences sur ce sujet d’ahord cà l’Institut aérotechnique de St-Cyr. (1917-1918), puis à l’Institut de physique du Globe de Strasbourg, au moyen de la radiogoniométrie.
- A Saint-Cyr, il établit un grand cadre couvert de nombreuses spires de lil fin pour réaliser une grande longueur d’onde. Selon le mode de montage classique, il connecta les extrémités du cadre aux armatures d’un condensateur variable et installa un amplificateur détecteur en dérivation 'sur lesdites armatures. La première lampe lui servit de détectrice et les deux autres d’amplificatrices.
- Malgré le caractère rudimentaire de cette première installation, M. Rothé et son aide, M. Etienne, constatèrent pour les parasites atmosphériques, l’existence de directions privilégiées, variables suivant la date et les heures du jour. Quand les cir constances s’y prêtaient, ils purent même se rendre compte de la marche d’un orage. Au cours des années 1919-1921, le même savant et plusieurs de ses collaborateurs perfectionnèrent cette méthode, qu’ils finirent par mettre an point pendant l’été de 1922. Le cadre hexagonal (fig. 1), monté dans ce but à l’Institut de physique de Strasbourg, est mobile
- 20. — 505,
- Fig. i. — Cadre radiogoniomèlrique hexagonal installé à VInstitut de Physique du Globe de Strasbourg pour l'étude des parasites atmosphériques.
- 51e Année. — 1" Semestre.
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- LA PRÉVISION DU TEMPS PAR LES PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
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- autour d’un axe vertical. 11 porte 5 enroulements qui, mis en circuit, permettent de recevoir des ondes de JOOÜ à 50 000 mètres. On aperçoit, en bas, le disque gradué et les anneaux de contact ; sur les traverses horizontales, on distingue les commutateurs.
- De 1000 m. à 4200 m. on utilise une section du cadre ; de 1800 m. à 7200 m. deux sections; de 2800 m. à 9400 m. trois sections; entre 10000 m. et 50000 m., quatre et cinq sections.
- D’autre part, grâce aux 2 bornes de la plaque fixée au mur, l’observateur envoie dans une salle voisine le courant téléphonique pour les auditions ou les inscriptions. Enlin derrière le cadre, se trouvent encore les accumulateurs de charge et la table munie
- l’Institut de physique de Strasbourg, et diverses notes de M. Lacoste, professeur au collège de Mende (Lozère), qui a également poursuivi une série d’expériences avec ce même appareil pendant les vacances scolaires de 1921 et de 1922.
- D’abord les parasites s’observent dans des directions privilégiées lorsque les nuages orageux se trouvent éloignés à l’horizon et dans tous les azimuts si l’orage se manifeste dans le voisinage de la station; une pluie régulière Içs fait cesser, mais des chutes d’eau très violentes les laissent subsister au moins partiellement. En hiver, les parasites atmosphériques, nuis à l’aurore quand une gelée blanche ou une rosée recouvre la terre, s’intensifient au moment du lever du soleil, lorsque, par suite de
- Fig. 2. — Table munie du volant pour faire tourner le cadre.
- (A droite, amplificateur à 6 lampes et oscillographe à fer mobile Abraham.)
- du volant destiné à orienter l’appareil. La calculatrice téléphoniste, qui s’asseoit devant cette table (lig. 2), peut tourner le cadre en manœuvrant le volant placé devant elle. On voit, à côté vers la droite, l’amplificateur à 6 lampes, les accumulateurs et le galvanomètre oscillographe à fer jjmobile, supporté par un trépied. L’hétérodyne se trouve par terre sous la table.
- Pour déterminer la position de la station radio-télégraphique, il faudrait, après avoir amené la résonance, faire tourner le cadre jusqu’à ce que l’on entende au maximum, car alors le poste se trouverait dans la direction du plan vertical contenant le cadre. Toutefois pour opérer avec plus de précision, on préfère déterminer le minimum perceptible, autrement dit l’extinction du son : le cadre est alors à 90 * de la position cherchée.
- L’ensemble des mesures radiogoniométriques effectuées a permis un certain nombre de constatations intéressantes. Nous allons les résumer, d’après un mémoire de M. Rothé, actuellement Directeur de
- l’évaporation diurne, des brouillards s'élèvent du sol. On perçoit alors des bruits analogues à ceux des chutes de neiges.
- En dehors de ces « fritures », M. Rothé a noté dans la journée diverses sortes de parasites atmosphériques auxquels il a donné des noms de craquements, de claquements ou de décharges et qu’il définit comme il suit :
- Il appelle craquements ceux dont la note la plus basse ressemble au bruit de la rupture d’un morceau de bois et claquements les crépitements continus caractérisés par des sons plus élevés, plus brefs et plus secs que les précédents. Il nomme décharges les manifestations moins fréquentes, dues à des nuages orageux plus ou moins proches ; ces parasites se traduisent par des sons puissants d’un éclat métallique et qui conservent une intensité ainsi qu’une hauteur égales, pendant toute leur durée.
- M. Lacoste a .compté les parasites par minute sur les azimuts divers de 20° en 20°. Dans les cas peu
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- nets, il effectua plusieurs tours par observations croisées ou diminua Famplitication afin de se débarrasser des petits craquements accessoires. Puis pour mieux distinguer entre les différentes catégories de parasites, il employa la méthode d’enregistrement, indiquée par M. Rothé qui, dès 1920, utilisait, dans ce but, le galvanomètre oscillographe à fer mobile du professeur Abraham, combiné avec les inscripteurs du service géographique de l’armée.
- De celte façon, M. Lacoste put obtenir pour les orages de Strasbourg de longues séries d’encoches caractéristiques de violentes décharges, plusieurs inscriptions correspondant à des éclairs ou à des chutes de grêle. Pour les manifestations orageuses plus éloignées, il trouva sur ces tracés des décharges nettes d’une durée dépassant parfois une minute. Il recueillit également des encoches isolées se rapportant à des craquements et à des claquements. Il vit que tous les orages ne donnent pas des parasites de même longueur. Mais, chose beaucoup plus importante, il remarqua qu’un cadre radiogoniométrique permet de prévoir le temps.
- En rattachant la fréquence des parasites dans une direction déterminée aux dépressions, il a énoncé, entre autres, les trois lois suivantes :
- 1° S’il existe une dépression lointaine bien caractérisée à isobares fermées, nettement concentriques, le maximum des claquements s’observera dans la région sud et sud-est de ladite dépression ;
- 2° Quand le centre d’une dépression est situé à une très grande distance, que ses isobares s’éten-
- dent au loin, le maximum se dirigera vers lp périphérie de ladite dépression ;
- 3° Les dépressions secondaires, les poches barométriques, les cols barométriques voisins correspondent à des fronts orageux dont on ne saurait déterminer le maximum qu’avec peine.
- Si donc l’avenir justifie ces principes météorologiques, la radiogoniométrie permettra de prévoir le temps.
- Quand un sans-filiste constatera, en effet, des parasites isolés, rares, faibles ne s’intensifiant pas durant le jour, il pourra annoncer le calme de l’atmosphère au voisinage immédiat de son poste. Au contraire, si les parasites devenant plus fréquents au cours de la journée, il observe un ou plusieurs maximums, ceux-ci correspondent à des orages lointains dans la direction desdits maximums. En outre, lorsque l’on note des claquements très forts et très nettement orientés, cela prouve l’existence d’une dépression caractérisée. Enfin supposons qu’avec le cadre, on ne puisse plus rencontrer un maximum et que sur tous les azimuts on enregistre de violentes décharges, l’orage menace la région,
- Quoiqu’il ne soit pas encore possible de tenir les résultats précédents comme définitivement acquis, cette méthode radiogoniométrique facilitera certainement les pronostics météorologiques quand des stations, très distantes les unes des autres, posséderont sur les parasites atmosphériques des séries d’observations simultanées.
- Jacques Boyer.
- DEUX NOUVELLES APPLICATIONS DU GAZ CHLORE
- La fabrication de la pâte à papier et le traitement des roches potassiques.
- Jusqu’en 1914, l’industrie de la soude électro-lytique, basée sur la décomposition du sel marin
- —
- ( NaCl=Na +- Cl ; Na H- H20—NaOH -h II ), parut laisser un sous-produit d’emploi assez restreint car, pour la fabrication des chlorures décolorants (chlorure de chaux et eau de Javel), il suffisait de soumettre la chaux éteinte à l’action du courant d’air, riche à 12 p. 100 chlore, fourni par la méthode Deacon déjà vieille d’un demi-siècle et particulièrement en 'fia* ncur, en France, dans les usines de la région lilloise.
- Devant l’obligation de livrer au Matériel chimique de guerre certains produits comme legaz phosgène, la (hloropicrine et le sulfure d’éthyle bichloré (ypérite), une douzaine d’usines se montèrent sur notre territoire pour fabriquer le gaz chlore d’après les procédés Solvay, Outhenin-Chalandre ou de Monthey. C’est ainsi qu’en novembre 1918 ces diverses installations avaient fourni à la Défense Nationale près de 25000 tonnes du métalloïde, dont la moitié à l’état de chlore liquide. Mais, au lendemain de l’armistice, on dut envisager le côté économique du problème heureusement résolu du point de vue tech-
- nique et chercher des débouchés à une industrie d’ailleurs nouvelle pour la plupart des pays belligérants.
- Des diverses applications successivement préconisées, nous en retiendrons ici deux qui ont répondu à l’espoir des inventeurs : la fabrication de la pâte à papier et l’extraction de l’alumine pure, de certaines roches telles que la leucite.
- Fabrication de la pâte à papier. — Tandis que les celluloses, de formule générale (G0IlloO5),1,résistent aux acides étendus et, jusqu’à 150°, aux alcalis même concentrés, la vasculose ou le ligneux, qui incruste les cellules végétales, se détruit en présence d’agents oxydants, d’acide sulfureux ou de bisulfites; la pec-tose subit, à la fois, l’action des alcalis pour donner des dérivés pectiques et celle des acides pour se transformer en pectine ; la cutose enfin se laisse attaquer tant par les corps riches en oxygène que par les lessives de soude ou de potasse.
- Ces quelques données d’ordre chimique suffisent à montrer que, pour la production de la pâte à papier, on opère, dans la pratique courante, par décreusage, soit aux alcalis sous pression (la cutose se dissout,
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- la vasculose se déshydrate et la pectose donne un pectate soluble), soit aux bisulfites (la cutose et la pectose'sont détruites et la vasculose résinifiée).
- Cependant, dans les laboratoires de recherches, une méthode d’analyse des produits susceptibles d’intervenir dans l’industrie du papier fait intervenir le chlore et si les praticiens n’y voyaient pas la base d’un procédé de fabrication, c’est qu’ils se préoccupaient des difficultés qu’entraine la manutention d’une grande quantité d’un gaz dangereux, susceptible encore, en fournissant de l’acide chlorhydrique, d’intervenir comme agent destructeur de la cellulose. Les deux réactions
- 2CI +- RIJ = HCl -j- RCl 2C1 + H20-+- R.COH = 2HCl -+- R.COOH
- produisent, en effet, soit un chloro-dérivé, soit un acide complexe, composés généralement insolubles dans l’eau, mais susceptibles de donner des sels alcalins solubles.
- Ces inquiétudes, très légitimes voici dix ans, sont aujourd’hui dissipées et nous nous trouvons devant deux méthodes applicables sur une grande échelle : celle de l’ingénieur français de Vrains et celle de la Société Elettrochim i c a Pomilio, de Naples, qui met en œuvre le procédé Cataldi. La méthode de Yrains se caractérise par l’emploi de 1’ « hydrate de chlore », qu’on ne saurait dorénavant confondre avec une simple dissolution du gaz Cldansl’eau, etles diverses phases de la fabrication se succèdent dans cet ordre : lessivage à basse température, en milieu alcalin (dans le cas de la paille, par exemple, on emploie 8 à 9 pour 100 de soude sous 4 kg de pression, pendant deux heures) ; —chloruration continue, détruisant la matière non cellulosique ; — lavage à la soude faible, qui dissout les composés chlorés formés dans l’opération précédente; — blanchiment de la j)d/e,àl’hypochlorite (2[Ca0Cl,2H20],Ca(0Hf, d’après Kolb). Les produits chimiques, consommés par l’usine, se réduisent ainsi au sel marin et à la chaux.
- Le procédé Cataldi utilise tout d’abord des cylindres, et non des lessiveurs, où la matière première est soumise à un premier traitement alcalin, puis de vastes chambres où agit le chlore gazeux dont le débit est facilement réglable et l’action désincrus-tante complétée d’un blanchiment préliminaire.
- La demi-pâte subit enfin un lavage à la soude très étendue.
- Pour fixer les idées, voici quelques chiffres qui
- marquent la valeur économique de la méthode.
- Dans le cas de la paille, la méthode au sulfate demande, pour un quintal métrique de cellulose :
- Paille de blé . . . . . . 520 kg
- Charbon . . . 180 —
- C03Naz. .... . . . 20 —
- SObNa2 . . . 52 —
- CaO . . . 54 —
- Chlorure décolorant . . . 20 —
- Acide sulfurique . > . . . 1 —
- Emploie-t-on le procédé au chlore? 11 ne faut plus
- que : Paille 250 à 240 kg
- Chlore gazeux. . . 28 —
- Charbon 15 —
- Chlorure 6 —
- Soude caustique . . 5 —
- A l’Elettrochimi-
- ca de Naples, c’est avec la chénevotte de chanvre que la méthode Cataldi a donné les meilleurs résultats. Il y a là un nouveau succédané des chiffons, devenus de plus en plus coûteux, et l’on prend généralement des matières premières se rapprochant de deux types Castelfranco Emilia-no(l)etMarcianise(ll) qui, d’après Ragno, donnent à l’analyse :
- I / II
- Eau..........................10,62 10,75
- Cendres...................... 1,70 2,17
- Extrait aqueux .... 4,51 4,70
- Mat. grasses et cires . . 2,08 1,87
- Cellulose. ...... 60,18 59,84
- Non cellulose ..... 10,57 9,65
- Divers..................... 10,54 11,12
- La teneur en cellulose est particulièrement élevée, si on la compare aux diverses « pailles » qui fournissent en moyenne :
- Paille de blé .............52 pour 100
- — de seigle ..... 48
- — d’avoine .... T 47 —
- — d’orge ..... 50 —
- — de maïs...................30
- C’est là un point du plus haut intérêt pour les pays pauvres en forêts, mais il n’en faudrait pas déduire que la méthode au gaz chlore est inférieure aux autres — alcalis ou bisulfites — pour le traitement des bois de peuplier, de sapin, de pin et de bouleau ou les déchets de jute. Dans ce dernier cas notamment, le rendement atteint 75 pour 100 et
- Fig. i. — Type d’ëleclrolyseur Billiter Leykam pour la décomposition du sel marin.
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- DEUX NOUVELLES APPLICATIONS DU GAZ CHLORE .........-- 309
- Fig. 2.
- Lavage 'de la fibre chlorurée (procédé cellulose au chlore gaz).
- il importe pour la France, qu’il s’agisse du métalloïde gazeux ou de son hydrate, de traiter avant tout les feuilles de Val fa, particulièrement abondante en Algérie.
- Vivace et résistante, cette graminée croît spontanément dans les terres sèches et siliceuses et, pour le seul département d’Oran, la « mer d’alfa » couvre plus de 70000 km carrés.
- Les feuilles filiformes peuvent atteindre un mètre; couvertes de poils courts, elles apparaissent, vertes et tendres, en décembre et leur développement s’achève en juillet, quand la graine est mûre ; elles sont alors dures et jaunes. On les arrache — car en les coupant, avec une faucille, on amène la mort de la plante — de juillet à novembre et on les dispose en bottes. Comprimées à la presse hydraulique, celles-ci se livrent en ballots de 200 à 250 kg environ et on estime qu’un, hectare fournit en moyenne de 700 à 800 kg de feuilles sèches, présentant la composition que voici :
- Eau . 9,5
- Huiles essentielles. . . 1,25
- Dextrine et gommes. . 22,55
- Matières azotées . . . 5,45
- Sels minéraux. , . . 5
- Cellulose . 56,40
- Jusqu’ici l’industrie du papier d’alfa est nettement localisée en Angleterre, car les ballots de feuilles sèches constituent un excellent fret de retour pour les bateaux amenant le charbon de Cardiff aux ports nord-africains. C’est ainsi qu’achetée à nos propres colons, puis travaillée à l’étranger, la fibre algérienne nous revient sous l’aspect d’un papier, blanc et léger, bien « en main », suivant les spécialistes, et prenant particulièrement l’encre d’imprimerie. A l’heure présente, nos importations dépassent chaque année 500000 tonnes, tant de pâtes mécaniques que de pâtes chimiques; on ne saurait donc assez encourager les entreprises, comme celle de Sorgues où les bâtiments d’une importante poudrerie, en bordure du Rhône, seront employés à l’électrolyse du sel marin pour le traitement de l’alfa.
- Fabrication de l’alumine et des sels de potasse. — Si l’on veut bien se rapporter aux chilires du
- professeur Le Châtelier, dans la composition de l’écorce terrestre la potasse K20 figure pour 5,2 pour 100, contre 5,2 et 5,9 aux comptes respectifs de la chaux et de la sbude. On ne s’étonnera pas alors de compter lin nombre important d’es;»cces minéralogiques où abonde un tel élément. Parmi elles, on cite : des feldspaths, comme la leucile (4Si02,K20, APO3) et Yorthose (2Si02,K20, AP O3) ; des micas, tels que la biotite; puis Valunite (S04)3AP, S04K2, 2AP (OH)6), fréquente en Australie, dans l’Utah près deMarysvale, et dans le Latium ; enfin la glauconie ou sable vert qui forme des couches d’une quinzaine de mètres d’épaisseur, en quelques coins du Maryland et de la Virginie (K20 : 9,5 à 10,5 pour 100).
- Certains silicates volcaniques sont à retenir car, basaltes ou trachytes leuciliques, ils présentent des amas dont le volume dépasse parfois 100 km3, ce qui correspond à plusieurs milliards de tonnes K20. Tels sont les dépôts italiens de Bolsena, de Yico, de Colli Albani et de Roccamonfina où certains échantillons retiennent 90 pour 100 de leucite.
- Jusqu’en 1920, tributaires soit de Stassfurt, soit des potasses alsaciennes, nos voisins ont été ainsi amenés à exploiter une richesse naturelle et, tandis qu’on a d’abord songé à mettre en œuvre une attaque en milieu alcalin, sous pression, ou un traitement par les acides sulfurique ou carbonique, on en vient à préconiser aujourd’hui le procédé à l’acide chlorhydrique (HCl). Avec les brevets Giordani-Pomilio nous trouvons là encore une application du gaz chlore.
- En effet, l’électrolyse du sel marin fournit indépendamment de la soude, les deux éléments chlore et hydrogène dont la combinaison, réalisée dans de telles conditions qu’il ne se produise aucune explosion, donne l’acide HCl qu’on fait réagir sur le minerai enrichi par un traitement mécanique, magnétique ou hydraulique.
- Les réactions s’établissent ainsi : 4Si02, APO3, K20 |- 8HG1 = 2KC1 -H APC16-f-4Si02 -F 4HaO.
- K Cl cristallisé
- La série des réactions dans le traitement de la leucite par le chlore,
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- LES VOYAGES DE NUIT EN AVION
- Une simple filtration sépare la silice, qu’on dessèche par la suite, d’une solution renfermant les deux chlorures. Le refroidissement provoque la cristallisation du sel potassique et une nouvelle électro-lyse peut décomposer le sel APCle, en donnant l’oxyde APO3, tandis qu’il se. dégage du chlore et de l’hydrogène qui reviennent aux gazomètres, annexés aux premières cellules.
- L’usine, qui reçoit-du sel marin et de la leucile, livre ainsi par tonne de minerai à 90 pour 100 :
- Alumine (ADO3 : 98 pour 100) .... 200 kg
- ChloruredepotassefKCl : 99,7pour 100). 400 —
- . La consommation correspondante du gaz chlore étant de 170 kg, alors qu’elle atteint 670 kg, si l’on tend à produire, avec KC) et SiO2, le chlorure AUC 1°.
- Pour tout pays qui dispose de la force électrique à bon compte et peutrecevoir, dansdes conditions avantageuses, des roches silico-potassiques, il y a là une méthode sûre pour fournir à l’agriculture des engrais do t la consommation va sans cesse en augmentant, certaines nations dépassant, à l’hectare de terre cultivée, une dose annuelle de 120 kilogrammes.
- Xavier Lafargue.
- LES VOYAGES DE NUIT EN AVION
- Depuis bientôtquatre années laNavigation Aérienne Marchande poursuit, avec l’aide généreuse de l’État, ses essais brillants et ses études fructueuses.
- Mais c’est véritablement à partir de celte année que l’on peut considérer les résultats obtenus par nos grandes compagnies aériennes comme étant ceux de l’exploitation normale d’un nouveau moyen de transport ef non plus comme un sport plus ou moins fondé sur l’habileté personnelle des pilotes.
- L’objectif de la navigation aérienne n’est plus, seulement de parcourir des kilomètres et des kilomètres sur de petits parcours sans difficultés comme celui de Paris à Londres, cette possibilité est démontrée depuis longtemps ; cet objectif n’est pas non plus de concurrencer les chemins de fer français sur le territoire français ; il réside dans la réalisation de grandes lignes aériennes françaises qui dirigeront, comme le font les grandes compagnies maritimes, les courants économiques vers les nations ou les colonies qui gravitent autour de nous.
- Deux entreprises françaises sont sorties du balbutiement aérien et ont entrepris la réalisation de programmes conformes à notre politique générale de l’air. La Compagnie Latecoère s’est attachée à créer une liaison rapide entre la France et notre colonie du Maroc; le développement de ce réseau est de 1850 km. Cette réalisation était relativement aisée du fait des conditions météorologiques favorables dans le bassin méditerranéen pendant la plus grande partie de l’année, ensuite par l’absence de difficultés politiques avec les pays traversés et enfin parce que les seuls concurrents de l’avion sont, sur ce trajet, le bateau ou le chemin de fer, tous deux excessivement lents.
- La Compagnie Franco-Roumaine, elle, s’est attachée à créer un réseau aérien français, reliant toutes les capitales de l’Europe centrale et orientale. 11 fallut vaincre, avant d’atteindre Constantinople en octobre 1922, d’innombrables obstacles. En effet les conditions météorologiques étaient excessivement difficiles sur cet itinéraire et cela se conçoit si l’on considère toutes les chaînes de montagnes et tous les bassins fluviaux survolés; ensuite les difficultés
- d’ordre politique furent invraisemblables; enfin le concurrent de l’avion n’était ni le bateau, ni des voies ferrées mal exploitées, mais bien l’Express-Orient admirablement organisé depuis de nombreuses années.
- Pour parvenir à créer un réseau aérien utile, il fut nécessaire d’envisager un perfectionnement tout spécial de l’exploitation; car, pour attirer les clients de l’air, il fallait notamment neutraliser, non point les risques d’accidents qui sont devenus insignifiants, mais les risques de retard par suite des correspondances manquées en cas de trop mauvais temps.
- Il serait par exemple impossible d’utiliser, comme sur certaines lignes aériennes, des avions militaires dont le type date de 1916, ou des avions dont la vitesse moyenne n’est que de 130 kilomètres à l’heure (Paris-Londres).
- C’est pourquoi diverses études furent poursuivies pour permettre aux lignes françaises de devenir, surles longs parcours, non seulement plus avantageuses que le bateau, mais môme que les trains les plus rapides.
- Une première solution fut d’augmenter la rapidité de vol des avions de façon que ceux-ci puissent parcourir dans leur journée de 1500 à 2000 km et rattrapent ainsi le retard qu’ils subissent, comparativement au chemin de fer, par leur immobilisation pendant les nuits.
- C’était une mauvaise solution en définitive, car la vitesse ne s’acquiert qu’au moyen d’une véritable débauche de puissance motrice qui charge trop lourdement les frais d’exploitation. Pour relier, par exemple, pratiquement dans une seule journée Paris à Varsovie ou Paris à Budapest, il faut utiliser des avions dont la vitesse moyenne soit au moins de 180 km à l'heure et ce chiffre n’est atteint que si l’avion possède une vitesse maxima dépassant 200 km. Un avion commercial de celte vitesse, comportant une cabine, doit être mû au moins par 400 chevaux, tel par exemple la berline Spad 46 qui vole bien à214km à l’heure, mais ne contient que 4 passagers; cela donne une proportion de 100 CV par passager, cette proportion est nettement excessive si on la rapproche notamment des résultats obtenus avec des avions
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- LES VOYAGES DE NUIT EN AVION
- lents qui, tel l’excellent Goliath, enlèvent 10 passagers avec 500 CV, mais à la vitesse moyenne de 100 km à l'heure, en dépensant une force motrice de seulement 50 GV au passager.
- Ce procédé de la plus grande vitesse fait donc intervenir un effort trop irrégulier, puisqu’il passe d’un maximum excessif pendant le jour à un minimum absolu et égal à zéro pendant la nuit.
- En second lieu, la grande vitesse des avions en diminue la sécurité ; les avions rapides et lourde-dement chargés ont besoin, tant pour décoller que pour atterrir, de très grands terrains et en plus de terrains bien aplanis, alors que les avions lents décollent plus facilement et peuvent atterrir presque sans rouler. Cette caractéristique des atterrissages faciles présente un gros intérêt pour le: lignes à grand parcours qui demandent à leurs moteurs des efforts dépassant parfois cinq ou six heures consécutives et qui, de ce fait, courent de plus gros risques d’atterrissage en campagne, par suite de panne .
- Une deuxième solution fut de combiner les tra-, jets en avions et ’ par chemins de fer. Les horaires sont alors calculés pour que, pendant le jour, l’avion permette de couvrir 1800 km par exemple, et que, pendant la nuit. 500 à 600 km, soient encore couverts par le train, le total de kilomètres parcourus par 24 heures devient donc dans ce cas fort intéressant.
- Plusieurs applications de ce procédé furent réalisées sur les lignes françaises; ainsi le parcours Paris-Casablanca s’établit avec un trajet de nuit en chemin de fer de Paris à Toulouse et un trajet aérien de Toulouse à Casablanca; de même, la première section de Paris à Constantinople peut se couvrir de nuit en chemin de fer de Paris à Strasbourg, puisque l’avion de Strasbourg vers Belgrade part le matin après avoir attendu la correspondance du train.
- Cette méthode est excellente, mais elle se heurte à certaines difficultés pratiques ; il est certain que les Compagnies de chemin de fer n’acceptent pas facilement de modifier la marche de leurs trains dans le but de donner satisfaction aux desiderata d’une clientèle très restreinte. D’autre part, les
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- trains de nuit peuvent ne pas exister du tout, ainsi entre Belgrade et Budapest il n’existe aucune liaison nocturne ni dans un sens ni dans l’autre, c’est la raison pour laquelle l’horaire aérien de l’année dernière qui permettait d’aller dans la journée de Paris à Budapest a dû être transformé, puisqu’il obligeait les passagers à passer leur nuit précédant le départ à l’hôtel, sans pouvoir avancer leur marche vers Constantinople, alors que l’horaire actuel fait partir les avions de grand matin de Strasbourg pour Belgrade, la correspondance avec le train permellant aux passagers de quitter Paris le soir à 20 heures pour être le lendemain matin à 5 h. 50 à Strasbourg en temps voulu pour prendre l’avion.
- Une troisième solution est d'effectuer des parcours aériens de nuit qui, se combinant avec les parcours de jour, permettent d’envisager par 24 heures des trajets de l’ordre de 2000 km de jour par avions rapides et 1200 km de nuit par avions lents.
- La distance de Paris à Constantinople étant de 2851 km, on pourrait donc envisager son parcours en un jour et une nuit avec les avions actuels. Jusqu’alors quelques tentatives de vol de nuit ont été organisées, elles n’ont eu aucun succès faute de préparation suffisante et d’avions adaptés à ce genre de vol.
- Programme 1923. —Or, dans le courant du mois de février 1925, M. Laurent Eynac, l’actif ministre de l’Aviation, demanda à la Compagnie Franco-Roumaine d’étudier d’urgence toutes les mesures propres à permettre le développement futur de la poste aérienne entre Paris et l’Europe orientale.
- Quelques jours après, un programme était soumis au Ministre et .aussitôt adopté. Il s’agissait d’organiser une section de vol de nuit sur des bases tout à fait modernes. La section choisie fut Belgrade-Bucarest; la Roumanie est en effet un pilier de la Petite-Entente, la culture intellectuelle française y est extrêmement développée et sa capitale Bucarest se trouve située au bout d’une plaine admirable pour les vols de nuit.
- Grâce à la combinaison tout à fait heureuse des trois procédés envisagés précédemment, il fut pos-
- i^/enne
- Hg. 1.
- Carie du voyage aérien Strasbourg-Prague-Vienne-Budapest-Belgrade-B uca rest- Constantinople.
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- Belgra de-Bucares t.
- sible d’étudier un horaire qui permit au voyageur de ne mettre qu’un jour et une nuit pour se rendre de Paris à Bucarest.
- La première section est accomplie en combinaison avec le drain, le voyageur s’embarque à 20 heures dans l’Express-Orient, passe une nuit confortable •et arrive à Strasbourg à 3 h. 50 du matin. La deuxième partie du voyage utilise des avions excessivement rapides, le départ a lieu de l’aérodrome à 4 h. 15 du matin et le voyageur passe à 9 heures à Prague, à 12 heures à Vienne, à 14 h. 15 à Budapest et parvient à 16 h. 45 à Belgrade, après avoir parcouru 1409 km dans sa journée.
- La troisième partie se fait envol de nuit; un avion trimoteur de nuit part à 17 h. 15 de Belgrade, passe les Portes de Fer au crépuscule, et atteint Bucarest à 23 heures.
- Le voyage total de la Gare de l’Est à Bucarest a demandé donc 27 heures, alors que l’interminable Express-Orient en prend 75.
- Ceci est un premier saut ; s’il réussit aussi bien qu’on peut l’espérer, rien n’empêchera plus tard d’envisager le départ de Bucarest vers minuit et l’arrivée au-dessus du splendide panorma de Constantinople aurait lieu, dans ce cas, au lever du soleil; l’étape Bucarest-Constantinople traverse en effet les Balkans et s’accomoderait parfaitement d’avions multimoteurs.
- Réalisation du programme. — Cette expérience débuta par un véritable tour de force industriel. La commande des avions fut passée au constructeur Caudron le 24 février et les. avions devaient être livrés en vol pour le 51 mars au Bourget, ceci à cause de certaines formalités budgétaires.
- Construire quatre gros avions trimoteurs en six semaines parut une impossibilité matérielle et cependant, à l’étonnement général, les quatre avions atterrirent au Bourget entièrement terminés les 28, 29, 30 et 51 mars; il faut ajouter que les ouvriers des usines Caudron et que les ateliers de la Compagnie Franco-Roumaine travaillèrent toutes les nuits et tous les dimanches et fêtes.
- Matériel volant. — La principale caractéristique demandée à un type d’avion destiné à voler de nuit est la sécurité; or, en l’état actuel des endurances des moteurs, il est indispensable de prévoir des avions multimoteurs qui, en cas de panne de l’un des moteurs, puissent continuer leur vol et choisir, si besoin est, leur terrain d’atterrissage.
- Pour donner du confort aux passagers pendant les monotones heures de nuit et pour permettre à un navigateur d’exercer à côté du pilote ses fonc-
- Fig. 3. — Vue générale de la cabine d'un avion de nuit avec ses 8 sièges.
- Au fond, le cabinet de toilette. Dans le plafond derrière la lampe, le trou de sécurité permettant de sortir dé la cabine, dans le cas où la porte normale serait forcée.
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- tions de guideur, on est amené à prévoir un vaste fuselage-cabine.
- Le type d’avion choisi pour la section Belgrade-Bucarest fut le Caudron C 61 qui, quoique lancé en 1922, ne paraît pas d’une conception très moderne, mais possède du moins l’indiscutable avantage d’avoir fait ses preuves. Les performances sont satisfaisantes ; avec trois moteurs en marche, l’avion vole à 160 km à l'heure; avec seulement deux quelconques de ses moteurs et toute sa charge utile, il continue à voler horizontalement; avec un seul moteur, il peut prolonger très sensiblement sou planement et par conséquent choisir son terrain d’atterrissage.
- Son pilotage est facile et en cas de nécessité il peut « s’asseoir » dans de mauvais terrains sans presque rouler ; sa vitesse moyenne est de 120 km à l’heure, ce qui lui permettra de couvrir l’étape Belgrade-Bucarest en 4 h. 1/2.
- Les trois moteurs sont des Hispano 180 CY placés : l’un à l’extrême avant du fuselage, les autres de part et d’autre du fuselage dans la cellule; ces deux, derniers moteurs ne sont pas capotes, ce qui augmente évidemment la résistance à l’avancement mais en facilite la vérification et le refroidissement.
- Le fuselage-cabine, de section rectangulaire, comprend : à l’avant un moteur; puis le poste de pilotage et le poste du navigateur, avec la T. S. F.; puis une soute à bagages; puis une vaste cabine bien éclairée par de larges fenêtres coulissantes,
- Fig. 5. — Vue d’n ne partie du poste du navigateur. Appareils de radiotéléphonie et poste radiogoniomètrique.
- Fig. 4. — Vue d'un poste de pilotage d’un C. 61.
- En haut, à droite, les manettes de réglage d’air au carburateur; au-dessous, les manettes de gaz. — Derrière le volant, les indicateurs concernant le moteur central : compte-tours, température et pression d’huile. — L’indicateur de vitesse de l’avion, l’indicateur d’altitude de l’avion ; au-dessous l’altimètre enregistreur; au-dessous, l’indicateur gyroscopique de stabilité ; sur le plancher, le palonnier de direction commandé au pied. — D’autres instruments de bord ne sont pas visibles sur cette photo, tels que ceux concernant les moteurs latéraux, tels aussi que les indicateurs de niveau d’essence des 3 réservoirs, la boussole, le'réglage, de température des 3 radiateurs, etc. (voir fig. 5).
- toute tendue d’imitation de cuir rouge, pourvue de 8 fauteuils confortables également en cuir rouge, puis le palier d’entrée et le cabinet de toilette.
- Cet avion est de beaucoup le plus confortable des avions français, les passagers peuvent facilement circuler et par deux portes ont accès au poste de pilotage et de T. S. F.
- En vue de l’adaptation de cet appareil au vol de nuit, tout un équipement spécial a été prévu ; c’est d'abord l’éclairage électrique de la cabine et du poste de pilotage, c’est ensuite le chauffage électrique, puis les feux réglementaires de bord rouges et bleus placés à l’avant, à l’arrière et aux extrémités d’ailes.
- Le navigateur a devant lui un poste radio-téléphonique complet, émetteur et récepteur qui lui permet de se maintenir en liaison facile avec les deux aérogares terminus ; ce poste, du type DC 4, pèse complet avec son antenne 44 kg 400 et sa portée normale est de 250 à 500 km pour l’émission et de 450 km pour.la réception. 11 est alimenté en courant électrique par une génératrice de 250 watts dont la pale est à incidence variable ; ce dispositif permet de conserver le même régime de rotation des induits quelle que soit la vitesse de l’avion.
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- Fig. 6. — Le train d’atterrissage de sécurité, placé sous l’avant du fuselage, empêche le capotage.
- Remarquer le radiateur du moteur central, les tubes d’échappement du même moteur et l’un des deux phares d’atterrissage,
- Le pilote, également muni d’un casque téléphonique, jouira des indications précieuses que lui fournira un poste radiogoniométrique monté sur l’avion. Ceci est une nouveauté du plus haut intérêt; les ailes de l’avion contiennent en elles un immense cadre de fils électriques perpendiculaire à la marche de l’avion; ce cadre reçoit les ondes herziennes émises soit par Belgrade, soit par Bucarest, et le pilote les entend avec une intensité variable suivant que l’avion se dirige en plein vers ces deux aérogares ou s’en éloigne ; le pilote a donc la certitude absolue de ne pas s’égarer au cas où une nuit noire ne permettrait pas de repérer la bonne route.
- Pour faciliter, le cas échéant, l’atterrissage en pleine obscurité, l’avant de l’avion a été muni de deux puissants phares d’une intensité de 1500 bougies chacun que le pilote peut orienter à sa convenance; chacun de ces phares est alimenté par une génératrice de 500 watts, celles-ci, actionnées par des hélices, sont placées dans la cellule derrière les moteurs latéraux. Les trois génératrices (T. S. F. et lumière) entrent en fonctionnement dès que les hélices de l’avion tournent, il est donc facile de vérifier au sol avantle décollage si leur fonctionnement est correct.
- De plus, l’avion est approvisionné de fusées parachute Michelin qui, jetées du bord à certaine altitude, planent pendant de nombreuses minutes éclairant le sol à plusieurs kilomètres à la ronde ; enfin, aux deux extrémités des ailes inférieures sont fixées des fusées Holt qui, allumées électriquement, répandent une lumière aveuglante pendant que l’avion atterrit.
- Certains de ces dispositifs font certainement double emploi les uns avec les autres, mais leur poids n’est pas considérable et ils donnent un supplément de sécurité indispensable pour des avions appelés à transporter 8 personnes.
- Matériel terrestre. — Pour permettre l’atterrissage des avions sur les terrains des aérogares, il
- fallut prévoir des rampes lumineuses analogues à celles qui étaient employées pendant la guerre par les groupes de bombardement de nuit.
- Les rampes de Belgrade et de Ba-neasa se composent de deux puissants projecteurs placés côte à côte sur une remorque et éclairant le sol dans deux sens différents ; il résulte de cette disposition qu’une zone de 600 m. sur 100 m. est entièrement éclairée comme en plein jour, les moindres obstacles prenant même des proportions terrifiantes pour les yeux non habitués.
- Ces projecteurs peuvent être alimentés par le courant public ; à Belgrade et » à Bucarest; ils seront reliés à des groupes électrogènes montés également sur remorque.
- Les deux terrains seront balisés, c’est-à-dire que tous les obstacles seront repérés par des lampes électriques rouges qui délimitent les zones praticables et qui signalent les obstacles de nature à entraver le vol à basse altitude tels que sommets des hangars, mats de T. S. F., arbres, etc.
- La seconde catégorie des dispositions terrestres à prévoir consiste dans le balisage de la route ; 500 km
- Fig. /. — Vue d’un fuseau moteur latéral et d’un train d’atterrissage.
- Sous le moteur se trouve un radiateur, derrière et fixé au mât, l’une des deux génératrices électriques actionnée * par une petite hélice.
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- Fig. 8. —Position de la génératrice'de T. S. F placée entre la bobine et le plan supérieur.
- Remarquer l’hélice monopaleàincidence automatiquement variable et à vitesse de rotation constante, quelle que soit la vitesse de l’avion.
- représentent la distance de Paris à Amsterdam; pendant ce parcours, l’avion peut être dérivé par un vent latéral et le pilote peut, si la nuit est très sombre, ne pas apercevoir ses repères habituels d’autant que le franchissement des Carpathes ou l’immense plaine du Danube ne comportent pas la visée, ni d’usines brillamment illuminées, ni de grandes gares, ni de grandes villes; seul le Danube sera aperçu par toutes les nuits, sauf cependant par nuit très noire, et encore se trouve-t-il à une cinquantaine de kilomètres au sud de la route normale II faudra donc faire appel en temps ordinaire aux méthodes de navigation à l’estime, c’est-à-dire aux moyens et procédés scientifiques : les renseignements recueillis seront vérifiés en partie par la radiogoniométrie et également par quelques projecteurs très puissants répartis par le gouvernement Roumain le long de la ligne. Dans certains cas, à des heures déterminées, des fusées de couleur seront envoyées qui donneront aux pilotes un moyen de contrôle supplémentaire.
- D’autres mesures ont dû être prises telles que, par exemple, des dispositifs de manœuvre des avions au sol. En effet, les trimoteurs C 61 pèsent environ 2495 kg; sur un sol cimenté, une dizaine d’hommes suffisent à rouler l’avion ; sur un champ au sol ferme, il en faut de 25 à 50, mais s’il s’agit d’un terrain mou ou détrempé par la pluie, il est indispensable d’avoir recours à la traction automobile; à cet effet,
- Fig. ç. —Le cabinet de toilette des avions C bi.
- deux tracteurs à chenilles, analogues aux petits tanks de la guerre sont envoyés à Belgrade et à Bucarest. Les câbles de traction sont fixés aux V du train d’atterrissage et la queue de l’avion repose sur un chariot à roues que dirige un homme.
- Enfin, il faut songer à garer ces immenses avions dont l’envergure atteint environ 25 m ; l’aéroport de Bucarest comporte un grand hangar dont l’ouverture est de 50 m, c’est-à-dire bien plus que suffisante, mais le grand hangar de Belgrade est en cours d’exéeution ; pour abriter les Caudron, il a fallu acheter en France un hangar Bessonneau de guerre 26 X 28 qui permettra de garer deux Caudron l’un derrière l’autre.
- Entraînement. — Le programme d’entraînement aux vols de nuit a été fixé par le MinisLère de l’Aéronautique; il comprend plusieurs vols aux environs de Paris avec atterrissage et décollage au Bourget pour entraîner les pilotes à effectuer ces manœuvres délicates ; le deuxième stade comprendra un voyage de navigation de Paris à Beauvais, à Compiègne, à Meaux et retour à Paris; enfin le troisième stade sera un voyage de Strasbourg à Paris. Tous les pilotes affectés à la section Belgrade-Bucarest prendront part à ces manœuvres.
- Ensuite les avions gagneront par la voie des airs leurs aéroports d’attache où ils doivent être prêts à commencer l’exploitation à partir du 51 mai. Au cours de leur voyage de convoyage, les quatre Caudron C 61 traverseront de part en part le territoire allemand.
- A titre indicatif, nous pouvons signaler que les frais supplémentaires entraînés par l’organisation de cette section de nuit, y compris l’achat de tout le matériel, s’élèveront à 1 000000 de francs environ.
- Nous espérons que ce nouvel effort consenti par la Navigation Aérienne Française sera de nature à mettre brillamment en valeur les qualités françaises d'intelligence, d’audace et de persévérance déployées pour mener à bien cette œuvre de grand avenir.
- Jean-Abel Le FR ANC-
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- Le mécanisme visuel.—On peut classer les Oiseaux, au point de vue.de la vision, dans les diverses catégories suivantes :
- lre Catégorie. — Oiseaux dont chaque rétine possède une seule fovea centrale (presque tous les oiseaux, sauf les rapaces diurnes, les hirondelles, les rapaces nocturnes).
- L’oiseau a devant lui, nous le savons, une certaine largeur de champ binoculaire dont la situation dans l’espace varie (peu par rapport à la direction indiquée par le bec, puisque les yeux de l’oiseau sont fixes, ou à peu près, dans sa tête. Puisqu’il marche ou vole le bec en avant, il voit binoculaire-ment le point de l’espace vers lequel il se dirige, et cette vision binoculaire est sans doute un avantage pour l’appréciation des distances et des profondeurs. Mais les segments postéro-latéraux de ses deux rétines sur lesquels se font les images des objets compris dans le champ binoculaire, ne contiennent pas de foveæ, n’ont pas d’organe de vision nette ; toutes les images du champ binoculaire sont donc perçues d’une façon relativement indistincte. Au contraire, l’oiseau voit très distinctement à sa droite et à sa gauche dans la direction de chacune de ses lignes visuelles fovéales (foveæ centrales) qui divergent chacune de 40 à 50° (plus peut-être chez certaines espèces), par rapport au plan médian. Il voit donc mieux de côté quen face. Est-ce pour cela que les perdrix lancées viennent quelquefois s’assommer en plein jour sur les fils télégraphiques?
- Chez l’oiseau à tête étroite (pigeons, bécasseaux, etc.), les yeux sont très latéraux, les champs visuels s’étendent à 150° et plus de chaque côté de la tête, l’oiseau voit donc presque tout autour de lui (comme Argus !), sauf dans un secteur d’environ 60° derrière sa nuque. En revanche, son champ binoculaire, champ de direction, est restreint et ne dépasse pas 30°. Ses lignes visuelles sont très écartées l’une de l’autre et situées à peu près dans le plan horizontal, de telle sorte qu’il ne peut explorer le ciel pour se garer de l’oiseau de proie qu'en renversant sa tête de côté, de manière à diriger sa ligne visuelle directement en haut.
- Chez l’oiseau à tête plus large (corbeaux, geais, merles, alouettes, pies-grièches, etc., etc...), les champs visuels sont reportés un peu plus en avant, se recouvrant d’environ 40 à 50° ; le champ binoculaire est donc plus large, le champ latéral plus étroit, mais les lignes visuelles fovéales sont encore très écartées l’une de l’autre, et, en somme, les conditions générales de la vision binoculaire ne diffèrent guère des précédentes.
- 2e Catégorie. — Quand il s’agit d’un rapace diurne ou d’une hirondelle, le champ visuel commun, qui a encore gagné en étendue (50°), possède à son centre, c’est-à-dire dans le prolongement du
- 1. Voir n° 2560, 2561 et 2562.
- bec, un point de vision nette, binoculaire, qui résulte de la situation des deux foveæ latérales sur lesquelles nous avons vu se faire simultanément les images de la lampe placée devant le bec de l’oiseau.
- Il y a là, sans aucun doute, un perfectionnement immense dans la fonction de direction du vol, désormais précisée par une vision fovéale binoculaire, alors que les oiseaux de la première catégorie possédaient seulement un champ binocidaire dépourvu d'acuité visuelle fine, par suite de l’absence de fovea latérale.
- A quoi sert aux rapaces et aux hirondelles la vision associée de leurs foveæ latérales? A quoi leur sert d’autre part la vision individuelle, indépendante, de leurs foveæ centrales droites et gauches?
- L’observation de ces oiseaux nous donne déjà des indications très suggestives. « J’ai observé bien des fois, m’écrit le Garde M..., que les rapaces diurnes regardent en présentant chaque œil l’un après l’autre ; de même que pour regarder à terre ou en l’air, suivant une ligne verticale, ils tournent leur tête de manière que l’œil frappe directement à terre ou en l’air, selon la circonstance; dans ces conditions, ils ne voient l’objet qui les occupe que d’un seul œil.... Je crois que ces mêmes oiseaux voient simultanément, des deux yeux, un objet placé droit en avant d’eux, mais dès que cet objet occupe un emplacement plus à droite ou à gauche, je suis très certain qu’ils ne le voient que d’un seul œil. »
- Ces observations faites sans aucune idée préconçue s’accordent parfaitement avec ce que nous pouvions présumer du fonctionnement des foveæ centrales et latérales.
- Quand le rapace (ou l’hirondelle) veut user de toute son acuité visuelle pour découvrir el reconnaître une proie, il dirige vers elle, en regardant de côté, la ligne visuelle de l’une de ses foveæ centrales. Ces foveæ, nous l’avons dit, ont une structure plus complexe que les foveæ latérales; elles possèdent donc une plus grande acuité visuelle, elles restent l’organe d’analyse visuelle par excellence. Quand le rapace plane en tournant, tout son plan de vol incliné vers le centre du cercle qu’il décrit, la tète et l’œil s’inclinent du même côté, et le regard de la fovea centrale plonge vers le sol.
- Mais le voici qui fond sur sa proie : les ailes demi-fermées il glisse comme sur un plan incliné, non pas suivant la verticale, mais dans un plan vertical au bas duquel est la proie visée. Puisque l’oiseau fond sur elle, le bec et le bréchet en avant, cette proie est prise nécessairement dans le champ de vision binoculaire. La direction du rapace est merveilleuse de précision ; il ne dévie pas ; de 200 à 500 m., le faucon-pèlerin tombe sur le pigeon au vol, le rejoint directement, le manque rarement. Quel mécanisme xisuel dirige cette chute si précise, ce véritable tir au vol et à grande distance? Sans aucun doute, la vision binoculaire des deux foveæ
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- latérales, qui donnent un point de vision nette au centre du champ visuel.
- Ainsi, le rapace regarde, explore, découvre avec l’une ou l’autre de ses foveæ centrale ou principale (fovea de recherche). Comme tous les autres oiseaux, il se dirige avec son champ binoculaire qui est devant lui. Mais un perfectionnement de sa rétine lui permet un tour de force de direction, lui assure une précision incroyable quand il tombe sur sa proie : c’est le développement dans ses régions rétiniennes latérales des foveæ à vision binoculaire qui viennent perfectionner son mécanisme visuel directeur et en faire un véritable appareil de visée. Appelons donc foveæ de direction les foveæ latérales. C’est grâce à elles que se réalise dans toute sa perfection notre formule : l’oiseau est une aile dirigée par un œil.
- Les foveæ latérales de l’hirondelle lui permettent de cueillir les insectes au vol avec une précision et une facilité qui dépasse tout ce que peuvent faire les autres insectivores non pourvus de foveæ latérales, c'est-à-dire n’ayant pas une acuité foveale binoculaire.
- Le Martinet est en quelque sorte une hirondelle qui a perdu ses foveæ centrales : il ne garde que les latérales qui lui assurent une vision foveale binoculaire en harmonie avec l’extrême vitesse de son vol et son incessante chasse aérienne. Mais il doit chasser autrement que l’hirondelle. Je pense que, n’ayant pas de foveæ centrales, il cherche moins de l’œil que l’hirondelle. De son aile infatigable il parcourt comme au hasard, d’immenses espaces multipliant ainsi les rencontres fortuites des petits insectes sur lesquels il se précipite seulement d’une distance de quelques mètres, si nous en jugeons par l’amplitude assez courte des crochets et des pointes qu’il' déclenche de temps à autre au cours de ses randonnées fantastiques.
- 'Les rapaces nocturnes regardent toujours de face, tout le monde a pu le remarquer. M. Raymond Rol-Iinat, qui a une expérience exceptionnelle de la chasse au Grand-Duc vivant, m’écrit : a Quand un
- Fig. 2. — Chouette chevêche. Coupe horizontale
- des deux globes oculaires en place dans lés orbites.
- Les axes oculaires divergent l’un de l’autre de 90°. Pas de foveæ centrales. Les lignes visuelles des foveæ latérales (F. F.) convergent à 4 ou 5 mètres devant le bec. Il y a donc vision binoculaire à partir de cette distance. Ces lignes visuelles forment avec l’axe de symétrie approximative du « globe » oculaire, dit axe optique, un angle a extrêmement ouvert. L’angle a de l’homme est de 40 à 70 (Tscherning)
- Fig. 1. — Fauvette à tête noire. Coupe horizontale des deux globes oculaires maintenus dans Vorbite. :— C, cornée, Cr, cristallin, F, la fovea centrale et unique.
- Les deux axes oculaires divergent de i3o° environ. Nous n’avons pas encore fait la détermination des lignes visuelles de cet oiseau. Elles divergent certainement moins que les axes oculaires, tout en étant certainement divergentes, donc à vision monoculaire indépendante.
- rapace diurne l’attaque, le Grand-Duc regarde l’agresseur bien de face.... Je suis persuadé, que les Ducs et les Chouettes peuvent parfaitement voir le même objet à la fois avec les deux yeux ».
- Et voici ce que me dit le garde M... : « Pour ce qui est des rapaces nocturnes, je n’ai jamais observé les inclinaisons de tête comme chez les diurnes, leur regard m’a toujours produit l’impression qu’ils me voyaient simultanément des deux yeux, et pour regarder à terre, en l’air, à droite, à gauche et en arrière, ils dirigent leur tête exactement comme l’homme dirige la sienne. J’ai eu maintes fois des rapaces nocturnes en cage, j’en ai vu en liberté, combien de très près ! et j’ai toujours constaté que leurs deux yeux étaient bien en même temps fixés sur moi » (fig. 2).
- La position des foveæ latérales des nocturnes et de leurs lignes visuelles montrent qu’il n’en s au-: rait être autrement : les deux foveæ des nocturnes reçoivent simultanément l’image de l’objet placé devant l’oiseau, seul cet objet est vu avec la netteté maximadont l’oiseau dispose. La situation de l’objet qui attire son attention détermine donc la position de sa tête dans laquelle les yeux sont absolument fixes.
- Cette immobilité de l’œil dans la tête* et aussi la réduction du champ visuel latéral des nocturnes, nécessite une extrême mobilité compensatrice de leur tête ; aussi leur colonne cervicale est-elle organisée pour permettre à la tête de tourner non pas tout à fait de 180°, mais peut-être de 150° environ.
- Si maintenant l’on me demande pourquoi les nocturnes n’ont qu’une fovea latérale dans chaque œil et pas de fovea centrale, je répondrai par l’hypothèse suivante :
- Un simple point de vision nette, tel que le donne une fovea n’est utilisable que situé vers le centre d’un champ visuel étendu dont les sensations imprécises permettent cependant à l’œil de se diriger,
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- c'est-à-dire de diriger sa fovea, vers le poiut à examiner (fig. 5).
- L’œil des nocturnes ne nous paraît pas offrir ces conditions favorables au fonctionnement d’une fovea centrale. Il est allongé, tubulaire, et par là, de champ visuel restreint. Il tend à se rapprocher de son congénère, ce qui fait coïncider les champs visuels sur une plus grande étendue et diminue d’autant la région restée monoculaire de chacun d’eux. S’il existait chez le rapace-nocturne une fovea centrale sa ligne visuelle se trouverait située à peu de distance de la limite latérale de ce champ, condition défavorable, nous l’avons dit, au fonctionnement d’une fovea. En second lieu cette ligne visuelle hypothétique se trouverait nécessairement rapprochée, par suite de la moindre divergence des yeux, de la ligne visuelle de la fovea latérale; Futilité de la fovea centrale en serait diminuée. Enfin le champ binoculaire étant plus étendu et devenant prépondérant les foveæ à vision binoculaire prennent une plus grande importance dans la vision.
- Au total, chez le nocturne, les foveæ associées sont favorisées, les foveæ dissociées (centrales) si elles existaient seraient placées dans des conditions défavorables.
- ' - Est-ce là la raison de leur absence?
- Quoi qu’il en soit, continuons nos hypothèses et cherchons pourquoi les yeux des nocturnes sont allongés, relativement convergents, et de champ visuel latéral réduit.
- L’œil du nocturne est construit pour la vision à faible lumière ; la première modification que cela comporte, c’est l’élargissement de la pupille, qui entraîne celui de la cornée et du cristallin. Ces milieux réfringents acquièrent donc un plus grand diamètre, ce qui diminue leur courbure et avec elle leur pouvoir de réfraction. Pour recevoir une image nette, la réline doit donc se déplacer en arrière, ce qui équivaut à un allongement de l’œil.
- Telle serait donc la raison d’être de la longueur insolite de l’œil du nocturne, de sa forme tubulaire. Tout est là et la suite est facile à comprendre. Des yeux plus longs sont obligés de s’infléchir l’un sur l’autre, de fermer les branches du compas afin de ne pas tenir trop de place en faisant ressembler la tête du rapace à celle du requin marteau.
- En conséquence les axes oculaires des nocturnes ne divergent plus que de 90° et non de 120° à 150°. Les champs visuels se pénètrent d’autant plus, le champ binoculaire devient prépondérant. Le champ latéral se restreint et sa limite extérieure approche de la direction occupée chez le rapace diurne par la ligne visuelle de la fovea centrale. Et, comme nous croyons l’avoir démontré, une fovea située aussi près de la limite du champ visuel serait placée dans des conditions défavorables à son fonctionnement : sa position excentrique la priverait, du côté latéral, des signaux rétiniens qui déterminent les mouvements de fixation qui sont la raison d’être d’une fovea. Et c’est ainsi — peut-être ! — que la construction de
- l’œil nocturne ne comporte que la fovea latérale à vision binoculaire.
- Ainsi construit pour la vision à faible éclairage et privé de foveæ centrales, l’œil des rapaces nocturnes possède cependant en plein jour, une acuité visuelle très développée.
- Le Grand-Duc placé en plein air, au milieu des champs sur un perchoir pour attirer de loin les oiseaux de proie, tout à coup tourne la têLe et paraît fixer un point dans le ciel. L’homme regarde à son tour dans la direction ainsi indiquée par l’oiseau et aperçoit à son tour un point noir qui est un corbeau ou une buse. En plein jour le Grand-Duc a donc vu avant l’homme (R. Rollinat).
- Le garde M..., qui a tout observé en quarante ans de vie champêtre, me dit ceci : « J’ai vu, par une journée très chaude, un temps clair et un soleil éclatant, une chevêche qui prenait des sauterelles sur le foin fraîchement coupé ; elle se tenait perchée sur un arbre creux dans la cavité duquel était sa couvée composée de truis jeunes, je l’observais de très près, je la voyais s’élancer à chaque instant jusqu’à dix ou quinze mètres de distance, s’emparer d’une sauterelle qu’elle apportait à ses jeunes, puis elle reprenait aussitôt sa faction et recommençait son manège. »-
- Ainsi la Chevêche a une très bonne acuité, et qui, même en plein jour, nous paraît surpasser celle de l’homme.
- Ce sont du reste, parmi les nocturnes, la Chevêche et le Grand-Duc qui paraissent avoir la meilleure vision diurne et qui sortent le plus volontiers pendant le jour. Les Hulottes, Moyens-Ducs, Effraies et Scops semblent craindre beaucoup plus la lumière du soleil.
- Nous voici tout naturellement amenés à parler de la vision des oiseaux nocturnes pendant la nuit.
- La vision nocturne. — Et tout d’abord des faits. L’abbé Spallanzani ( Voyage dans les Deux-Siciles. 1788) avait élevé une famille de Petits-Ducs. « Dans une lumière très faible donnée par une chandelle derrière une porte percée d’un très petit trou, les Petits-Ducs venaient à l’ordre voltiger sur ses épaules. En éteignant la chandelle l’obscurité était totale, et ils ne venaient plus, ne trouvaient pas la viande à l'odeur. Entré dans la chambre des Pétits-Ducs, le ciel resplen dissant d’étoiles, Spallanzani ne distinguait aucun objet; cependant il s’apercevait que l’obscurité n’était pas absolue. Dans cette lumière si atténuée les Petits-Ducs répondaient à la voix sans oser quitter leurs places. Ouvrant les fenêtres pour donner passage à la lumière des étoiles, cet accroissement de clarté n’opérait pas assez sur les yeux de Spallanzani pour y imprimer l’image des objets, mais il suffisait pour guider les oiseaux qui se mettaient à voltiger et venaient manger dans sa main. Spallanzani trouve que crépusculaire appliqué au Petit-Duc n’est pas exact, puisque la seule clarté des étoiles lui permet de diriger son vol, et d’exercer dans les champs et sur les arbres ses petites rapines ».
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- Et voici les renseignements du garde M... : « Un couple de Hulottes a l’habitude de se nicher dans le tronc creux d’un très gros châtaignier peu éloigné de chez moi; toutes les nuits ces oiseaux viennent voleter d’arbre en arbre autour de ma maison; j’ai remarqué que par les nuits extrêmement obscures ils se déplaçaient aussi fréquemment que par les nuits claires ; leurs déplacements successifs m’étaient indiqués d’une manière absolument certaine par les hululements sonores du mâle et les hululements enroués de la femelle ; ce qui indique une fois de plus que ces rapaces voient très suffisamment pour se bien guider même dans les ténèbres les plus épaisses.
- A entendre tous nos rapaces nocturnes (Moyens-Ducs, Chevêches, Effraie, Hulotte), pousser leurs cris pendant les nuits obscures, ils me font bien l’impression d’évoluer tous à peu près avec la même aisance. »
- Ces données confirment celles de Spallanzani. L’adaptation de la rétine des nocturnes aux lumières très faibles est assez étendue pour leur permettre de se diriger non seulement au crépuscule, mais même dans les nuits obscures, étant bien entendu qu’il ne s’agit pas d’une absence totale de lumière, mais seulement d’un éclairage extrêmement faible et en tout cas inutilisable pour des yeux humains.
- Il y aurait encore à préciser si dans ces conditions, les nocturnes peuvent chasser, saisir les petits rongeurs dont la plupart font leur principale nourriture, ou seulement se diriger, éviter les branches, etc. Peut-être quelqu’un de nos lecteurs saura-t-il nous renseigner à ce sujet.
- Quoi qu’il en soil l’adaptation à l'obscurité, ébauchée chez l’homme, est beaucoup plus développée chez les animaux nocturnes.
- Quelle en est la raison?
- En parlant du substratum anatomique de Vadaptation nous avons dit : la sensibilité lumineuse est directement proportionnelle a la quantité de pourpre contenu à chaque instant dans le segment externe des bâtonnets.
- Il doit en résulter que plus une rétine sera riche en bâtonnets et plus ceux-ci contiendront de pourpre, plus la vision à faible éclairage en sera favorisée.
- Ces conditions sont réalisées chez les nocturnes à ce point que la richesse de leur rétine en pourpre est l’une des meilleures confirmations de la doctrine que nous venons d’énoncer.
- La rétine d’une Chouette tuee dans iobscurité et examinée à l’œil nu ou au microscope à la lumière artificielle (pétrole, gaz, ampoule électrique ordinaire) se montre d’une belle couleur pourpre, qui disparait rapidement à la lumière du soleil, mais persiste 15 à 20 minutes à la lumière jaune des sources artificielles.
- Les bâtonnets, supports du pourpre, sont plus nombreux que les cônes dans la rétine des nocturnes; c’est l’inverse des diurnes chez lesquels prédominent les cônes.
- Enfin le segment externe des bâtonnets, siège exclusif du pourpre, est beaucoup plus long dans les nombreux bâtonnets des nocturnes que dans les bâtonnets, plus rares, des diurnes.
- Toutes les dispositions susceptibles d’augmenter la proportion du pourpre sont donc réalisées dans la rétine des nocturnes.
- Les dispositions inverses se montrent dans la rétine des reptiles diurnes (lézard vert, lézard gris, couleuvre, etc.), qui n’ont que .des cônes, donc pas de pourpre, et qui vivent et chassent exclusivement au soleil.
- Et comme pour montrer que le pourpre est bien lié à une fonction, non à une catégorie zoologique, voici les Geckos, lézards nocturnes, qui, à l’inverse de leurs cousins diurnes, n’ont que des bâtonnets et du pourpre!
- On est donc obligé de conclure que le pourpre est bien un sensibilisateur à la lumière, une substance permettant l’utilisation par la rétine de quantités de lumière très faibles, qui s’épuisent sans résultats sur une rétine dépourvue de pourpre.
- Quant au mécanisme par lequel le pourpre confère à la rétine ces propriétés, il est encore trop obscur pour que nous en abordions ici la discussion.
- En signalant la richesse en pourpre de la rétine des nocturnes nous ne donnons donc pas l’explication de leur vision dans l’obscurité, mais nous énonçons une loi.
- Les oiseaux à vision exclusivement diurne. — À l’opposite des oiseaux nocturnes, nous trouvons ceux dont la vision est exclusivement diurne et dont beaucoup de gallinacés nous offrent un exemple.
- M. E. Mérite, le peintre animalier bien connu, avait un superbe coq Phénix du Japon qui, tous les soirs, bien avant le crépuscule, s’élançait, sans le manquer jamais, sur un perchoir haut de plus de deux mètres, destiné à protéger des souillures du sol les longues et magnifiques plumes de sa queue. Un soir, ayant été lâché plus tard que d’habitude, il essaya en vain et à plusieurs reprises de se percher, il manquait toujours son but; il fallut le poser sur sa barre. Soupçonnant bien que cette maladresse n’était due qu’à une insuffisance de vision vespérale, M. Mérite recommença le lendemain l’expérience. Au premier déclin de la lumière du jour, l'oiseau, à deux reprises différentes et à quelques minutes d’intervalle, réussit à se percher du premier coup ; mais dix minutes plus tard, à une troisième tentative, le perchoir restant très apparent pour l’œil humain, le coq ne put l’atteindre, et il fallut, de nouveau, l’y placer.
- Cette constatation précise n’est, du reste, pas différente du fait bien connu que les volailles ont l’habitude de se jucher bien avant la nuit, d’où l’expression « se coucher comme les poules ».
- On admet dès lors difficilement l’opinion de C. Hess qui attribue aux gallinacés une adaptation crépusculaire équivalente à celle de l’homme.
- 1 Des expériences de laboratoire, qui vont à l’en-
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- LA VISION DES OISEAUX
- Fig. 3. —. Chouette hulotte. Coupe horizontale du globe oculaire droit (comparer son orientation à celui-de l’œil correspondant de la chouette chevêche, fi g. 2).
- La hulotte possède l’œil proportionnellement le plus gros et le plus typique comme œil de rapace nocturne. La cornée C, très grande,est portée sur un segment en forme de tronc de cône incurvé en dedans et qui est entièrement occupé par la région ciliaire. La rétine ne tapisse que le fond du « globe » jusqu’à l’angle vif de la sclérotique.
- p, la pupille, Cr, le cristallin, P, le peigne émanant du nerf optique, F, la fovea qui est unique et latérale externe,, comme celle de tous les rapaces nocturnes.
- contre de faits Lien constatés, doivent être revisées.
- Au surplus, l’œil des^ gallinacés présente plus que tout autre les caractères inverses de ceux des nocturnes. Eu égard au segment postérieur du globe, les premiers ont la pupille et la cornée petites, au contraire des seconds dont la pupille est si large et la cornée si volumineuse. Les gallinacés ont en outre peu de bâtonnets dans la rétine et peu ou pas de pourpre rétinien.
- Entre les diurnes
- et les nocturnes caractérisés, on trouve tous les intermédiaires. Les Pluviers, les Œdicnèmes, pour nous en tenir aux oiseaux de nos pays, sont des semi-nocturnes, voyageant volontiers la nuit, chassant la nuit (œdicnèmes) et ayant du reste la pupille et la cornée plus larges que les vrais diurnes, notamment que les gallinacés. La Bécasse est quelque peu crépusculaire : moins forte de corps que la Perdrix, elle a l’œil plus gros, sa pupille et sa cornée sont plus larges pour laisser entrer plus de lumière.
- Nos Rapaces diurnes (à l’exception des Vautours, exclusivement diurnes) ont une meilleure vision à l’aube et au crépuscule que la plupart des autres oiseaux (Passereaux, etc.).
- Voici encore à ce sujet une observation du garde M... : « Il existe ici une espèce de petits hannetons de couleur ocre claire, qui dès le coucher du soleil sortent de leurs cachettes, s’envolent par quantités considérables jusqu’à la cime des arbres, où ils tourbillonnent en groupes aussi compacts que les abeilles à l’entrée d’une ruche. A ce moment, les Hobereaux arrivent... ils commencent la chasse qui durera jusqu’à la nuit sans qu’ils se perchent; ils s’élancent parmi les hannetons, en saisissent un qu’ils croquent en volant, puis, décrivant un cercle au-dessus de la prairie, ils s’élancent de nouveau dans la bande.... Les Scops et les Hulottes les remplacent et se trouvent même quelquefois leur tenir compagnie, soit que l’un des deux retarde un peu son départ, ou que l’autre avance son arrivée ».
- J’ai vu la Crécerelle ajant des petits à nourrir chasser encore au crépuscule. Elle a du reste un pourpre rétinien assez abondant et il en est vraisemblablement de même chez le Hobereau, compagnon momentané des Scops et des Hulottes.
- Mais une foule d’oiseaux, caractérisés par la petitesse de leur cornée et l’absence de pourpre, comme absolument diurnes, peuvent cependant voler la nuit et même parcourir d’immenses espaces. A cette catégorie appartiennent la Caille et beaucoup d’autres diurnes qui émigrent la nuit.
- Les Pétrels ont également des habitudes nocturnes qui ne cadrent nullement avec la constitution de leur œil. Le petit Pétrel quitte le soir son trou de rocher, heurte en p>ussant la ligne d'nnpêcheur qu'il ne voit pas (1), puis se perd au-dessus des flots.
- J’ai examiné ses yeux, ils sont remarquablement petits, de type diurne caractérisé. Y a-t-il là contradiction? énigme? Nullement. Le Pigeon entraîné à voler la nuit nous donne la clef du problème. Dans l’air libre, à la surface de la mer, ou à cent mètres au-dessus du sol (Caille, etc....)nul obstacle ne vient gêner le vol de l’oiseau, il peut voler librement dans le noir et dans le vide, vers le but où l’emporte son sens mystérieux de l’orientation.
- Mais voler dans le vide, c’est là sans doute tout ce qU’il peut faire; il ne saurait éviter un obstacle, ni voir, et saisir une proie, à l’inverse du Moyen-Duc ou de l'Effraie qui, en pleine nuit; traversent un bois sans se heurter aux branches et, dans le champ voisin, tombent sur un Mulot ou une Musaraigne, distingués sur le sol obscur !
- L’oiseau diurne peut voler en aveugle, dans l’air libre, vers un but que sa vue ne perçoit pas : c’est, nous l’avons dit, le cas du Pigeon voyageur entraîné à voler la nuit et de la plupart des migrateurs de nuit. Mais que fait donc le Pétrel à la surface de la mer dans ses randonnées nocturnes?
- Quant il vient la nuit s’assommer sur les vitres du phare, le migrateur à vision diurne donne la preuve qu’il ne voit pas autre chose que la flamme. S’il apercevait la tour du phare, il l’éviterait, ce que fait facilement un nocturne. Il suffit qu’un dispositif quelconque rende la tour tant soit peu apparente pour que le phare cesse d’être une sorte de gigantesque piège destructeur, « un redoutable malfaiteur caché dans l’ombre (2). »
- [A suivre.) Dr Rochox-Duvigneaod,
- Ophtalmologiste de l’hôpital Laënnec.
- Fig. 4.— Perdrix rouge.
- Le segment postérieur de l’œil est aplati suivant l’axe optique et non globuleux comme chez l'a buse (d’où la tête étroite de la perdrix opposée à la tête large du rapace).
- C, la cornée; p, la pupille ; Cr, le cristallin ; F, la fovea centrale et unique; P, le peigne ; 0, le nerf optique.
- 1. Fait noté par les pécheurs provençaux et rapporté par M. Meim.
- 2. G. Benoist. L’œuvre meurtrière des Phares. Saint-Hubert Club illustré; Janvier-Février 1922.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiicre, 9. rue de Fleurus, à Paris.
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- Les vingt-sept années écoulées depuis que s’est éteint à Garches le plus, illustre savant de notre temps, n’ont pas encore permis de mesurer lesbien-faits dont l’humanité lui doit être reconnaissante. Son rôle fut si prestigieux qu’aucun de ceux qui eurent la lourde et périlleuse charge de rendre en un discours un hommage centenaire à Pasteur n’a pu se permettre d’aborder le sujet de plein front et de l’embrasser en son étendue.
- Il est déjà fort malaisé, dans les étroites limites d’un discours ou d’un article, de faire revivre Pasteur physicien, Pasteur chimiste, Pasteur thérapeute; seule, la synthèse arbi-
- Fig. 2. — Statué de Pasteurs à Artois, par H. Dailtion.
- traire d’un poète pourrait sehasar-der à la tentative d’une évocation totale.
- Les statistiques de mortalité nous enseignent que depuis les travaux de Pasteur et de ses élèves, l’homme guérit d’affections autrefois réputées inexorables ; que dans celles où l’évolution naturelle était moins assurément fatale, le pronostic est devenu aujourd’hui presque hénin; et la terreur héréditaire qu’un long passé d’épouvante nous avait inspirée devant certains noms est plus persistante que ne le fut ce péril lui-même.
- Nous sommes encore saisis d’un étonnement en quelque sorte incrédule devant les tables nous
- ‘il.
- N° 2564 — 26 mai 1925
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- PASTEUR ET L’ESPRIT DE L’HYGIÈNE
- enseignant aujourd’hui que la rage est cent fois moins meurtrière que la rougeole. Mais ce serait s’arrêter à de trop superficielles apparences que de limiter l'oeuvre pastorienne à une simple diminution de la mortalité dans quelques affections. La méthode, l’esprit de la médecine préventive en ont été bouleverser, et plus profondément encore qu’il n’apparail.
- Pour saisir à la fois toute la grandeur et toutes les conséquencee des découvertes de Pasteur dans la préservation des maladies, il faut s’astreindre à n’oublier jamais que celui-ci, formé par les disciplines sévères des sciences physiques, leur est jalousement resté fidèle au cours de ses recherches de biologie ; c’est à ce caractère de rigueur et d’objectivité que les doctrines Pastoriennes doivent leur généralité; c’est à ce caractère qu’elles doivent d’avoir pu établir les seules lois d’hygiène que uous possédions et qui soient dignes du nom de lois.
- Le souci d’éviter les maladies est certes la plus ancienne peut-être des préoccupations collectives; mais cette banale constatation doit être complétée; depuis l’époque des lois de Manou jusqu’au xixe siècle, l’hygiène n’a pas sensiblement progressé. Chaque époque traduisait à sa manière la connaissance et la compréhension qu’elle en avait : séries d’axiomes, de préceptes, de versets, fruits épars d’une expérience souvent mal interprétée. Des considérations d'ordre politique ou religieux orientaient souvent cette sorte de morale sociale vers des fins ‘étrangères à son but naturel. Irrationnelles, incontrôlables expérimentalement, les règles d’hygiène n’étaient qu’un instrument entre les mains des conducteurs de peuple; et d’astucieux bergers surent parfois les utiliser à leur profit.
- Certes, les decouvertes de Pasteur nous laissent ignorants devant les causes premières de l’état de maladie ; elles nous apportent par contre une totale certitude en ce qui concerne les modalités. Celte fermeté de conviction, c’est l’indispensable base sans laquelle il eût été impossible d’ériger une prophylaxie et une hygiène sociale. Avant Pasteur, les maladies, les virus, les miasmes étaient, suivant les époques et les civilisations, soit des sortes de génies malfaisants, soit des concepts théoriques d’école ; rien de substantiel dans l’un ni dans l’autre cas. Le remplacement de ces images irréelles par la vision de l’agent pathogène sous le microscope ou plus tard de la constatation de l'hémolyse dans le tube à essai permettront non seulement d’établir les règles rationnelles de l'hygiène, mais encore de les faire appliquer.
- Autrefois l’épidémiologie ne pouvait que suivre à la trace les grands fléaux pestilentiels, lorsque cette trace était jalonnée de cadavres assez nombreux. C’était, s'fon veut bien nous permettre cette comparaison, l’état de la météorologie avant l’invention du thermomètre, de1 l’anémomètre, du baromètre et des autres instruments de mesure.
- En imprimant non sans peine ni heurts un caractère méthodique à la médecine préventive, en la dotant de techniques rigoureuses, de procédés de
- mesure, Pasteur lui rendit un aussi mémorable service que par la découverte d’une quelcon ]ue de ses plus efficaces thérapeutiques.
- Mais cette action toute immatérielle frappe moins aisément l’imagination, et la préparation d’un vaccin aussi merveilleusement efficace que celui de la rage symbolisera plus volontiers la gloire du savant que cette orientation nouvelle qu’il sut imposer à l’hv-giène ; encore que soit incertain lequel des deux bienfaits a sauvé de plus nombreuses existences. Dès l’aube de ses travaux^ sur ja préservation des maladies, Pasteur, montre que celle-ci peut être obtenue en dehors de l’emploi de vaccins ou d’autres produits matériels, uniquement par une judicieuse et stricte application de connaissances précises.
- C’est ainsi qu’il mit tin au désastre économique provoqué par la maladie des vers à soie.
- Pendant vingt ans, de 1845 à 1865, une maladie de nature inconnue, la pébrine, ravagea les élevages, richesse du Midi de la France. J.-B. Dumas, alors sénateur, obtint que Pasteur consentît à aller étudier sur place le fléau, et les remèdes que l’on y pourrait opposer.
- Le 6 juin 1865, Pasteur se mit donc en route pour Alais, en plein pays infecté, et entreprit d’étu-diér les symptômes de la maladie. Elle peut se manifester à tous les stades de l’évolution de l’animal : œuf, vers, chrysalide, papillon. Son invasion se reconnaît à des taches brunes ou noirâtres.
- Au bout de trois semaines de travail, le 26 juin, Pasteur avait déjà pressenti par quelle voie la prophylaxie semblait possible, et disait au Comice agricole d’Alais : « On avait tort de chercher exclusivement le signe du mal, le corpuscule, dans les œufs ou dans les vers; les uns et les autres pouvaient porter en eux le germe de la maladie, sans offrir de corpuscules distincts et visibles au microscope. Le mal se développait surtout dans les chrysalides et les papillons ; c’était là qu’il fallait le rechercher de préférence.
- « Ii devait y avoir un moyen infaillible de se procurer une graine saine, en ayant recours à des papillons exempts de corpuscules. »
- L’expérience, on le . sait, confirma pleinement cette conception. Un an plus tard, Pasteur rendant compte de scs travaux au Ministre de l’Instruction publique, pouvait lui dire, après avoir contrôlé ses expériences avec l'inflexible rigueur qui lui était propre : « Vous avez une chambrée. Elle a bien ou mal, ou médiocrement réussi. Vous voulez savoir s’il faut étouffer les cocons et les livrer à la filature ou les conserver à la reproduction? llicn de plus i-imple. Par une élévation de température de quelques degrés vous hâtez la sortie d’une centaine de papillons que vous examinez.au microscope, lequel dira ce qu’il faut faire. »
- Dans toute l’histoire des sciences biologiques, il n’est peut-être pas d’exemple d’utilisation plus directe de la connaissance pure à un résultat matériel.
- Ce n'est point par un vaccin, un sérum, un mé-
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- dicament que le fléau est enrayé, c’est par une simple mesure de sélection appliquée en temps voulu. La connaissance de la nature de la maladie et sa guérison n’ont donc été qu’un seul et même progrès. Celte simultanéité est d’ailleurs comme une marque du génie pastorien. Elle a pour origine la profondeur jusqu’à laquelle Pasteur creusait les problèmes auxquels il s’était attaqué. Formé par les disciplines des sciences physiques, il n’estimait connaître un phénomène que lorsqu’il l’avait pu rattacher à quelque autre plus général.
- Ainsi dépouillée des contingences, la nature de l’agent pathogène se laissait identifier par Pasteur ; mais dès que cet agent était isolé, non seulement dans le milieu de culture, mais encore séparé par la reconnaissance de ses caractères des espèces qui l’avoisinaient, il était bien rapidement vaincu ; tant était méthodique et complète l’élude que Pasteur poursuivait de toutes les propriétés des agents pathogènes, qu’il s’en trouvait rapidement quelqu’une applicable au traitement.
- Mais la zootechnie, et encore celle des animaux inférieurs, se peut seule contenter d’une thérapeutique aussi radicale que celle appliquée à la pébrine : la destruction des organismes infectés.
- La médecine humaine ne s’accommode pas de semblables procédés : préventive, elle est cependant tout entière en germe dans la prophylaxie de la pébrine telle que Pasteur l’établit en 1865. Essentiellement elle est, elle sera de plus en plus et spécifique et basée sur la reconnaissance d’un signe de l’infection par les techniques de laboratoire.
- L’hygiène, en effet, s’attache chaque jour un peu plus heureusement à reconnaître les malades atteints d’affections contagieuses avant que les symptômes dramatiques de l’époque ultime aient averti l’entourage, en y semant parfois une terreur de la conta-
- gion aussi profonde que la méconnaissance à laquelle elle fait suite; l’hygiène s’attache au dépistage, c’est-à-dire à la recherche des sujets sains d’apparence, mais porteurs de microbes pathogènes cachés dans les profondeurs de l’organisme, et qui ne deviendront manifestes qu’à l’occasion d’un examen bactériologique ou d’une réaction humorale. Et la réponse de cet examen, de celte réaction seront des réponses spécifiques. J’entends par là qu’elles ne répondront pas arbitrairement à celle question si vague : « Le sujet est-il sain ou malade ? », mais bien à cette autre : « La présence de ce microbe est-elle manifeste? »
- La recherche des hématozoaires dans le sang, du microbe diphtérique dans le naso-pharynx, du bacille typhique dans le contenu intestinal, telles sont les indispensables méthodes de précision permettant une prophylaxie spécifique.
- C’est au clinicien qu’il appartiendra d’en tirer des conclusions en ce qui concerne le traitement éventuel du sujet, mais l’hygiéniste saura qu’il se trouve en présence d’une source.de contagion, et qu’il doit se tenir en garde vis-à-vis de tel péril déterminé.
- Cette notion de spécificité que Pasteur sut imprimer à l'hygiène moderne constituait et doit constituer ses caractères les plus marqués.
- La lutte contre l'invasion des maladies devient chaque jour plus différenciée, plus subtile, mais aussi plus précise. Aux préceptes vagues sur l’art de conserver la santé a succédé une sorte de code technique, encore bien incomplet d’ailleurs malgré sa complexité.
- C’est à celte complexité même que l’hygiène doit d’avoir pu déjà progresser ; mais le chemin quelle a parcouru est bien court par rapport à celui qui lui reste encore à parcourir. I)1' fl. Dejust, ‘
- de i’Iiislilut Pasteur.
- — Un des bas-reliefs du monument d’Arbois, par H. Daillion.
- Fig: 3.
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- =========== =............................=... =
- CURIEUSE STATUETTE DE FEMME DE L’AGE DU RENNE
- Découverte à Lespugue (Haute-Garonne).
- M. le J)r Rt-né de Saint-Périer vient de publier dans Y Anthropologie la description d’une très remarquable statuette de femme trouvée par lui l’année dernière dans la grotte des Rideaux, à Les-pugue (Haute-Garonne).
- Depuis de nombreuses années, le Dr de Saint-Périer fouille les grottes qui bordent les gorges de la Save, dans la région au nord de Saint-Gaudens, et il y a déjà fait maintes découvertes intéressantes.
- En 1911, il aborda la grotte des Rideaux (ainsi nommée par les habitants de Lespugue à cause des coulées slalagmitiques de ses parois) qui se trouve au-dessous des ruines de l’ancien château de Lespugue, à 80 m. environ au-dessus de la Save. Son accès est fort difficile, la pente étant très abrupte et on ne peut l’aborder que par en dessus, au moyen d’échelles accrochées aux arbres du bord du plateau.
- La grotte mesure 18 m. 55 de long sur 8 m. de large; son ouverture est une voûte en forme d’ogive de 6 m. de haut.
- Un mur, reste probable d’un poste fortifié dépendant des défenses du château, barrait l’entrée.
- De 1911 à 1914, le Dr de Saint-Périer fouilla le sol jusque vers le milieu de la grotte. À l’entrée, il trouva (fig. 1) sous la terre végétale une couche de cendres mélangée de lits d’argile rouge contenant quelques silex, des tessons de poteries et des objets en fer du moyen âge reposant sur une argile rouge à débris d’Ours. Plus loin, un foyer continu, de 80 cm à 1 m. d’épaisseur, remanié, renfermait des objets du moyen âge, mélangés à des silex et -des os brisés néolithiques.
- Reconnaissant que le sol avait été bouleversé et que les débris préhistoriques n’étaient pas en place, le Dr de Saint-Périer abandonna cette grotte pour une autre voisine, puis la guerre interrompit toute recherche.
- Ce n’est que l’an dernier qu’il y revint. Dès le début de la nouvelle-fouille,, il'reconnut que-les remaniements ne s’étendaient pas plus loin que le milieu de la grotte et que dans le fond, le sol était en place. Peu après, le 9 août, un de ses ouvriers découvrait, sous une roche, la partie supérieure d’une statuette de femme, dont malheureusement un coup de pioche avait détaché l’autre partie. En
- criblant la terre qui entourait l’objet, il put recueillir neuf fragments d’ivoire qui ont permis de reconstituer l’objet.
- Aujourd’hui, la statuette, nettoyée, restaurée, consolidée, peut être admirée dans les collections de la galerie de paléontologie dû Muséum, grâce à la générosité du Dr de Saint-Périer qui en a fait don à cet établissement.
- On connaissait déjà quelques statuettes de l’âge du renne, celles de la grotte de Brassempouy (Landes) découvertes par Piette, celles de la grotte de Gri-maldi, celle de Willendorf (Basse-Autriche) (*), découvertes en ces trente dernières années, mais aucune ne présente autant d’importance et d’intérêt que la statuette de Lespugue.
- Celle-ci est sculptée en ronde-bosse, dans un fragment de défense de mammouth et mesure 147 mm de haut sur 60 mm de large et 56 d’épaisseur. La tête, petite, forme un ovoïde régulier où aucun trait du visage n’est figuré; seule, la chevelure est marquée par des traits gravés parallèles, couvrant une partie de la face et tout le crâne. Le cou, bien proportionné, délicat, est détaché du thorax en avant. Le Hio-rax est plat, maigre et peu musclé ; les épaules sont tombantes, les seins volumineux. Le bras droit, appliqué contre la poitrine, est limité par deux rainures et le coude est légèrement détaché du corps. L’avant-bras, fléchi, s’effile vers la main dont les doigts sont indistincts. Le bras gauche manque en partie, mais il devait être symétrique du droit. Les fesses énormes surplombent les jambes fort courtes, terminées par des ébauches de pieds.
- Un vêtement singulier couvre la face postérieure des cuisses; il est forme de bandes longitudinales étroites traversées de stries horizontales et semble représenter un pagne, terminé par des franges.
- M. de Saint-Périer a trouvé dans la couche où gisait la statuette des débris de cheval, renne, cerf élaphe, bovidé de grande taille (bison?), chamois et renard, des pièces de silex taillé, des pointes en os, des coquilles,perforées. Le tout date ce gisement de l’âge du renne et M. de Saint-Périer tend à l’attribuer non au magdalénien, mais à la fin de l’aurignacien.
- 1. Marcellin Boule. Les Hommes fossiles, p. 298 e( suivantes.
- Fig. i. — La grotte des Rideaux. à Lespugue, où fut trouvée la statuette.
- A, roche dans laquelle la grotte est creusée ; B, terre végétale; C, foyer remanié; D, foyer en place; E, argile à Ursus spelacus-, +, point où gisait la statuette.
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- CURIEUSE STATUETTE DE FEMME DE L’AGE DU RENNE
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- Fig. 2. — La statuette de Lespugue, vue de face, de.profil etlde dos.\
- La statuette de Lespugue, après sa donation au Muséum, a été moulée; sur ce moulage, M. le professeur Boule a faitmne restitution dont on peut
- juger par la figure o, en comblant les vides et les parties manquantes de l’original.
- On peut ainsi imaginer la forme qu’avait l’ob-
- Fig. 3. — Reslattration de M. Marcellin Boule.
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- 326 L’APPARITION TEMPORAIRE D’’lCES' NOUVELLES
- jet alors qu’il sortit des mains du sculpteur.
- Les autres statuettes déjà connues, celles de Bras-sempouy, de Menton et de Willendorf, bien que provenant de localités fort éloignées les unes des autres, ont toutes, comme la femme de Lespugue, un air de parenté : seins et fesses volumineux. Elles rappellent ainsi le type des Boshimanes actuelles de l’Afrique du Sud, bien connu par la « Vénus hottentote ». Les sculpteurs qui les taillèrent étaient-ils donc d’une race de ce genre?
- En tout cas, la statuette de Lespugue présente une particularité digne de remarque. On sait que fous les primitifs fixaient les bras au tronc, dans l’impossibilité où ils étaient de les isoler sans les rompre. On retrouve cette particularité jusque dans
- la période archaïque' dés’ sculptures égyptienne, assyrienne, phénicienne' et même grecque. Or, le premier certainement, le sculpteur paléolithique de Lespugue, a osé creuser un évidement entre la face interne du bras et le tronc, montrant ainsi une audace et un savoir-faire qui ne se retrouvent que dans les périodes classiques de l’art ancien.
- On voit ainsi l’importance de la magnifique découverte du Dr René de Saint-Périer et la reconnaissance qu’on lui doit de l’avoir généreusement offerte à la vue de tous en la donnant à la plus belle de nos collections nationales, celle qu’entretient si intelligemment, au Muséum, M. le professeur Boule.
- R. Tourmc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars et avril 1923.
- élections. — Le mois de mars a été marqué par les élections de MM. Gabriel Bertrand, Jules Bordet, J. Cornet et Emanuele Paterno, en remplacement, comme membres titulaire, associés étranger ou correspondant, de MM. Georges Lemoine, Ciamician, G. Brogger et du prince Albert de Monaco.
- L’Iiydroxyde tha lieux. — M. de Forcrand signale un nouveau mode de préparation très rapide, basé sur L’addition de son volume d’eau à.l’éthylate C3H8.0TI, et il petit alors mettre en évidence le caractère basique de l’hydroxyde 11.0.Tl qui doit ainsi être dosé, comme un alcali, avec une solution d’un acide fort, en présence de pbtaléino.
- L'enregistrement du temps, en chiffres, d’après un pendule entretenu électriquement. — Le dispositif de M. Henri Chrétien repose sur un mode de montage, employé par Cornu, pour ses recherches sur la synchronisation électro-magnétique des horloges. Le système d’entretien électrique est analogue à celui de Lippmann et l’appareil réalise un véritable chronographe imprimant de haute précision, muni d’un cadran et d’une aiguille, et permettant d’évaluer le millième de seconde.
- Au sujet de l'Yémen. — Haut plateau volcanique,
- d’une altitude de 2000 à 5000 m. et s’abaissant jusqu’au niveau de la mer par des échelons successifs, dus à une série de fractures parallèles, les unes aux côtes de la mer Rouge, les autres au golfe d’Aclen, l’Yémen présente, au dire de M. Pierre Lamare, de remarquables analogies géologiques et lilhologiques avec les régions Somali et Abyssine. L’un des horsts principaux, le Djebel Saber, est un vaste massif de granité alcalin qui comprend comme éléments essentiels du quartz, du micro-cline, des micrôperthites d’orthose et d'albite, et une amphibolite sodique en faible quantité; enfin les roches d’épanchement sont basalliques ou rhyolilhiques.
- Les grains de pollen des Gymnospermes. — La note de M. Pierre Dangeard indique que le vacuome contient, comme celui des graines, une substance en solution colloïdale, à propriétés osmotiques et électives. Les vacuoles peuvent se présenter à l’état de sphérules arrondies ou à l’état de très fins réseaux; la substance qu’elles renferment a une réaction acide ou légèrement basique; enfin, une continuité directe existe, comme dans la germination des* graines, entre le vacuome des grains de pollen et celui des boyaux polliniques.
- Paul B.
- L’APPARITION TEMPORAIRE D’ILES NOUVELLES
- A l’Académie des Sciences dans sa séance du 10 avril, le secrétaire perpétuel, M. Lacroix, donnait connaissance d’une lettre reçue du Ministère des Colonies, lui annonçant la prise de possession par le ’ Gouvernement général de l’Indo-Chine, le 16 mars 1925, d’une île nouvelle dont l’appariiion sur les côtes de la Cochinchine, sous l’influence d’éruptions sous-marines, avait été signalée douze jours auparavant par un navire japonais, lé Wakasa Marti.
- C’était aller trop vite en besogne, car l’histoire
- des éruptions sous-marines, pleines d’événements de cet ordre, indique combien est éphémère l’existence de pareilles îles, leur nature les condamnant, le plus souvent, à. une rapide démolition. Toutes les fois qu’après être devenues l’effet d’une simple accumulation de scories noirâtres, l’éruption, limitée à cette projection de débris celluleux, s’arrête avant l’émission de coulées de lave destinées, en s’y injectant, à consolider l’éditice, uniquement faites de matériaux meubles, sans cohésion, elles demeurent, à ce
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- L’APPARITION TEMPORAIRE O’JLES NOUVELLES - 327
- point impuissantes à résister au choc des vagues que peu de temps suffit pour déterminer leur destruction.
- Dans le groupe essentiellement volcanique des Açores, nombreuses ont été les apparitions temporaires de pareils cônes de scories dont la durée n’a guère dépassé quelques semaines. Tel a éLé le sort de celui qu’on vit surgir du sein des flots au voisinage de l’ile San Miguel, en 1811, avec une telle rapidité qu’en moins de huit jours il atteignait 90 mètres de haut sur une base ovalaire de 5 kilomètres de tour. A ce moment le capitaine d’un navire anglais (G1 Tillard) qui naviguait dans ces parages, en constatant combien l’accroissement de l’îlot, par chutes progressives, autour de l’orifice de sortie, de cendres et de scories projetées du cratère, était incessant, s’est empressé d’en prendre possession au profit de son gouvernement, sous le nom de Sabrina.
- Mais peu de temps après son départ, toute trace
- intérêt particulier s’attache aux notions précises qu’il a su tirer de ses observations, non seulement sur les vraies conditions de genèse des cônes volcaniques sous-marins, théoriquement attribués jusqu’alors sous le nom de Cratères de soulèvement à un gonflement du sol, mais sur les circonstances qui déterminent, dans le milieu où ils ont pris naissance, leur rapide destruction. C’est ainsi qu’après avoir constaté que l'île Julia n’était faite que d’une accumulation de débris de lave projetés, il l’avait déclarée condamnée à disparaître prochainement (J).
- C’est, en juillet 1851 que se; fit son apparition au sud de Selinonte en Sicile, sur un point où, ail pied du banc de l’Aventure, les Cartes marines marquaient cent brasses d’eau. Elle eut pour prélude de violentes explosions se traduisant, après un premier bouillonnement de la mer avec crevaison sa surface d’énormes bulles de gaz, par la projection (10 juillet) de gerbes d’eau et de vapeurs noircies
- Fig. i. — L'île cochinchinoise nouvelle vue du
- des manifestations qui lui avaient donné- naissance ayant cessé, Sabrina livrée sans défense au choc des vagues, se trouvait, sapée à la base, puis finalement, en moins d’un mois, : rasée à ce point qu’avec elle disparaissait la notwelle possession anglaise, pour faire place à un bas-fond, où la sonde descend maintenant à plus de 60 mètres.
- Et cela n’est rien en présence de ce qui s’est passé vingt ans après (1831) en Méditerranée pour Vile Julia. Elle, aussi, a vu le drapeau anglais flotter sur ses pierres fumantes, mais non sans lutte avec d’autres gouvernements qui se disputaient sa possession. D’où ce fait qu’avant de devenir française sous le nom de Julia (*), elle a porté successivement ceux, sicilien de Nenta, italien de Ferdinandia, et anglais de Grasiam. Ce dernier donné par le commandant du vaisseau amiral, le Saint-Vincent, qui le premier y débarqua pour planter sur cette île naissante le pavillon britannique. Ce qui l’a rendue aussi célèbre, c’est son étude faite par Constant Prévost. Envoyé en mission par l’Académie des Sciences alors qu’il était professeur, en Sorbonne, de Géologie, pour recueillir sur place des documents relatifs à un événement qui excitait passionnément l’attention, un
- 1. Eli souvenir de la date de sa première apparition qui ^s’est faite en août à la Sainte Julie-
- large, le 29 avril (d’après une photographie).
- atteignant 25 mètres de haut, accompagnées d’un tel dégagement de gaz sulfureux, que la surface des eaux marines était couverte d’énormes poissons morts (2).
- Peu de temps après, cette colonne de vapeurs, chargée de cendres et de scories à projections intermittentes, s’élevait à plus de 500 mètres. Portée en son centre à l’incandescence, elle offrait, dans l’obscurité de la nuit, l’aspect d’une gerbe de feu, avec dégagements continus d’électricité prenant les caractères d’un véritable orage volcanique. Et c’est le 18 juillet que se fit, comme suite de ces explosions, la première apparition d’un petit îlot, sous la forme d’un cône de scories ne dépassant guère 4 mètres de haut et creusé à son sommet d’un cratère d’où se faisait la sortie des projections de cendres et de vapeurs.
- Son accroissement se fit ensuite irrégulièrement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, suivant la direc-. tion imprimée à la chute de ces débris de lave
- 1. Constant Prévost. Notes sur l'île Julia pour servir à l’histoire îles montagnes volcaniques. Mém. Soc. ç/éolog. de France, T° série, II, n° 5, p. 91-124, pl. V à YI1, 1835.
- 2. On raconte que parmi ces poissons, ceux très estimés en Sicile, sous .le nom de Girengale et dont le poids dépasse .une vingtaine de kilogrammes, ont été recueillis en masse et transportés à Palerme. (Constant Prévost, loc. cil., p. 24.)
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- Fig. 2. — Plan et profil de Vile Julia. (D’après Constant Prévost.)
- projetés, par les sautes de vents, mais avec une rapidité telle qu’après avoir acqiiis, le 25 juillet, 20 m. de haut sur 1500 m. de tour, ses dimensions, dès le début du mois d’août, étaient triplées.
- Exactement avec un sommet cratériforme dressé à 70 mètres, son extension l’amenait à se développer sur 4500 mètres de circonférence. Mais à partir de ce moment, les explosions devenant rares, intermittentes et de plus en plus affaiblies, à ce point que l’ascension du cratère pouvait se faire sans danger, c’est, dans la seconde quinzaine de ce mois, l’œuvre de sa destruction par les vagues qui se substitua à une activité volcanique en voie d’extinction.
- Démolie pierre par pierre sans que rien ne vienne réparer ses pertes, deux mois après sa conquête par l’Angleterre, alors que le roi de Naples en revendiquait la possession, l’ile Julia se trouvait réduite à un maigre îlot d’un kilomètre à peine de long, ainsi qu’à bords tronqués par des falaises abruptes, notamment sur sa face N-\V où ce sectionnement l’entamait sur sa hauteur, abaissée d’ailleurs à une trentaine de mètres ; d’où une coupure naturelle dévoilant que sa structure n’était autre que celle d’un cône de débris.
- C’est dans cet état que Constant Prévost l’a rencontrée le 29 novembre
- quand il est venu l’aborder, et c’est aussi ce qui lui a permis de constater, avec sa vraie nature, qu’à ce moment son cratère était rempli d’une eau fangeuse, portée à une température de 95 à 98°, agitée par des dégagements d’hydrogène sulfuré. C’est dire assez qu’il était réduit à cette phase tranquille, dite solfatarienne, que tous les volcans, avant de s’éteindre, sont destinés à traverser. On en trouvait d’ailleurs la preuve dans la présence sur les plaques de sables volcaniques étalées au pied des côtes, de ces milliers de petits cônes, dits hornitos, qui rendaient le sol pustuleux, en ne s’élevant guère au-dessus de plus de 50 centimètres et résultaient chacun d’un dégagement de gaz sulfureux rejetant du sable autour de son point d’é mission.
- En octobre, de ce foyer d’éruptions, il ne subsistait plus qu’un petit tas de scories roussâtres, situé si bas à fleur d’eau qu’une ligne de brisants en signalait seule la présence; et finalement en fin de décembre, les prévisions de Constant Prévost étaient si bien réalisées qu’actuellement les cartes hydrographiques marines marquent un fond de 240 mètres sur son emplacement.
- Si nous rappelons ces faits, c’est qu’ils sont en tous points comparables à ceux qui viennent de se passer et se produiront pour la nouvelle île cochin-chinoise, située en face des côtes de la Cochinchine (fig. 1 et 4), par 10° 10' 10" de lat. N. et 108° 59' 20" delongit. E., du méridien de Greenwich, à 20 milles
- fig. 3. — L’éruption de File Julia le 12 août i83i. (D’après Constant Prévost.)
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- LA VISION DES OISEAUX
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- au sud de l’île dePulo Cecir de Mer. C’est le 16 mars que se fit son apparition sous la forme d’un ilôt de scories noires fumantes. Les explosions étant ensuite devenues subaériennes, la chute des débris projetés lui a donné celle signalée par la Mission Géologique chargée de sa reconnaissance, d'une île semi-circulaire, atteignant 400 mètres de diamètre et 55 m. de haut. Creusée comme les précédentes, d’un cratère à mise en charge continue, les mêmes causes d’agrandissement pour cette île se sont présentées. Si donc, dans la suite, rien n’est changé dans son mode éruptif, demeurant à l’état de cône de débris privé de coulées de lave devenues capables de la consolider, elle sera destinée, après extinction, à subir le même sort.
- Cette éruption sous-marine ayant eu pour prélude dans la nuit du 15 au 16 février, sur la côte d’An-nam, des secousses de tremblement de terre assez violentes pour avoir été enregistrées dans la station sismologique de Strasbourg, on a cru devoir en déduire, entre ces deux phénomènes, des relations de cause à effet. Or il n’en est rien, entre eux l’indépendance reste toujours absolue, jamais les mouvements sismiques n'ont servi dé prétexte à la moindre manifestation éruptive. En réalité, quand on tient compte de l’extension si forte prise par de
- Bin Thuazr
- Fig. 4. .— (*) Position de Vile cochinchinoise nouvelle.
- grandes coulées de laves basaltiques, sur les côtes de l’Annam, de la Cochinchine, ainsi que dans le Cambodge, et surtout que l’âge relativement récent de ces émissions est attesté par la présence de leurs épanchements dans lés vallées actuelles, on ne peut manquer d’en déduire comme conclusion, suivant la juste remarque deM. Lacroix, que le principal intérêt dé cette éruption sous-marine, c’est de montrer qu’ac-tuellement l’activité volcanique dans cette région est loin d’être éteinte. Ch. Vélaint.
- Professeur honoraire à la Sorbonne.
- LA VISION DES OISEAUX [Suite (<)]
- L’accommodation des oiseaux et la vision des oiseaux plongeurs. — Vers la cinquantaine, âge de la presbytie, l’homme à vision normale 'est obligé pour lire de placer devant son œil un verre convexe. Jusqu’à cet âge, l’augmentation de convexité nécessaire pour ramener sur la rétine l’image des objets rapprochés, était réalisée par le cristallin, lentille élastique qui se bombait sous l’action du muscle ciliaire. C’est là le phénomène de l’accommodation ; il faut entendre de l’accommodation à la vision nette des objets rapprochés.
- Que l’oiseau accommode, on né peut en douter, puisqu’il voit de loin et de tout près (à longueur de bec !) desinsectes minuscules.Que soft accommodation soit même plus étendue que celle de l'homme, cela est fort probable, d’après la remarque qui précède -et en considérant l’ex-; trême mollesse et la grande,: élasticité de. son cristallin, et d’autre part la puissance
- î. Voir n0' 2560, 2561, 2562 et 2563.
- Cormoran. Coupe près verticale du
- globe oculaire.
- On remarquera le bourrelet spécial, à la périphérie de la cor née, l'épaisseur de l’iris I, exceptionnellement musclé. Cr, le cristallin. P, le peigne, p, la pùpille.
- et la complexité de son muscle ciliaire. Celui-ci est, au surplus, formé de fibres musculaires striées qui se contractent plus rapidement que les fibres lisses du muscle de l’homme. L’accommodation de l’oiseau est subite au même degré que sa contraction pupillaire.
- Jouant nécessairement un rôle dans l’appréciation de la distance, la rapidité de l’accommodation doit être, en quelque mesure, en rapport avec celle de la locomotion. La vitesse du vol exige que l’oiseau ait un moyen de se rendre compte qu’il va se briser sur un obstacle : une accommodation lente le protégerait mal ; rapide et précise, elle lui permet de voir nettement le « grain » du rocher ou du mur qu’il va toucher et qu’il peut dès lors éviter d’un coup d’aile.
- L’oiseau devient-il presbyte? Son cristallin, comme celui de l’homme, perd-il, avec l’âge, son élasticité? A ce titre, les vieilles hirondelles mourraient de faim, faute de voir les insectes de près ?
- Parmi les nombreux oiseaux dont j’ai examiné les yeux, il s’en est trouvé nécessairement qui étaient âgés; jusqu’ici je n’ai jamais rencontré un cristallin d’oiseau qui parût modifié par l’âge. J’examinerais volontiers cependant les cristallins d’un perroquet ou d’un corbeau centenaires.
- Il est des oiseaux qui, dans certaines circonstances, ont besoin d’une accommodation particulièrement étendue : ce sont les plongeurs quand ils chassent sous l’eau. L’explication en est simple. La
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- LA VISION
- réfringence du tissu transparent, de la cornée étant à peu près la meme que celle de l’eau, la cornée se trouve supprimée en tant que milieu réfringent,
- , quand l’œil est immergé. Par le fait de l'immersion il manque une lentille. Il faut instantanément une énorme augmentation de courbure du cristallin (un puissant effet d’accommodation) pour compenser le déficit de réfraction eornéenne et ramener sur la rétine de l’oiseau l’image nette des poissons ou crustacés qu’il va chercher sous l’eau.
- Dans l’œil du Cormoran (plongeur de durée) comme dans celui du Fou (plongeur plus temporaire), j’ai trouvé des dispositions qui, sans aucun doute, permettent une accommodation plus puissante que celle des autres oiseaux. L’un et l’autre possèdent en effet : 1° Dans leur muscle ciliaire un faisceau circulaire qui manque ailleurs et renforce l’action du muscle sur le cristallin. 2° Dans leur iris une couche musculaire d’une puissance particulière, disproportionnée avec les besoins de la contraction pupillaire et permettant à l’iris d’agir sur le cristallin. En se contractant, le muscle irien déprime la zone périphérique de la lentille et fait saillir en avant sa partie centrale, correspondant à la pupille, cela équivaut à surajouter lenunetille convexe sur le centre du cristallin et compense l’annulation de la cornée dans l’eau (fig. 1).
- 11 serait très intéressant de confirmer ces données par l’examen de l’œil du Macareux, du Pingouin, des Plongeons, des Grèbes, etc.
- La vision des couleurs. — Une démonstration absolue que les oiseaux voient les couleurs est peut-être impossible à donner. Mais supposer qu’ils ne les voient pas nous jette dans des invraisemblances et des difficultés bien plus grandes que l’hypothèse contraire. On ne peut croire du reste que les différentes radiations du spectre agissent toutes sur la rétine des oiseaux d’une façon identique. Admettons donc a priori que l’oiseauy voit les couleurs et abordons de suite le problème des boules colorées de sa rétine et de l’influence qu’elles peuvent avoir sur une perception des couleurs supposée analogue à celle de l’homme (fig. 2).
- Les oiseaux diurnes ont beaucoup plus de cônes que de bâtonnets et chacun de leurs cônes renferme à la jonction du segment externe et du segment interne une gouttelette sphérique d’une substance grasse et transparente colorée en diverses nuances du jaune (orangé, jaune vif, jaune pâle, jaune verdâtre) ou en rouge rubis. On peut rencontrer également des boules d’un vert plus ou moins pâle, mais elles sont toujours beaucoup plus rares que les rouges et les jaunes. Enfin, quelques boules à peu près incolores sont considérées par certains auteurs comme bleuâtres.
- Chaque boule occupant tout le diamètre transversal de son cône est nécessairement traversée par la lumière qui impressionne ce cône.
- Nous avons constaté que la Crécerelle et la Buse ont des rétines plus riches en boules jaunes, plus
- DES OISEAUX r~.......... :r:....... , -----:
- pauvres en boules rouges que les mouettes, corneilles, pies, geais, merles, grives, pinsons, mésanges, poules, oies, etc... Quelques petits insectivores (mésange, troglodyte, farlouse) ont un assez grand nombre de boules incolores, parmi beaucoup d’autres jaunes et rouges.
- Nous avons vu des boules nettement vertes chez le petit pétrel, parmi les jaunes et rouges, toujours les plus nombreuses.
- Les oiseaux nocturnes (moyen-duc, grand-duc, chevêche, etc...) n’ont que des boules incolores et jaune pâle. Il en est de même chez le martinet, qui n’est pas crépusculaire, mais qui est cependant un peu plus vespéral que les autres hirondelles. J’ai vu un certain nombre de boules vert pâle chez le moyen-duc.
- Il est vraisemblable que ces petits écrans colorés ne sont pas monochromatiques, qu’ils laissent passer, comme nos verres colorés, toutes les radiations du spectre avec prédominance de l’une d’elles. C’est du reste également le cas pour la teinte jaune de notre macula rétinienne. 11 est donc vraisemblable qu’ils n’éteignent entièrement aucune couleur.
- Etant donnée la présence de ces boules colorées chez les diurnes, nous ne pouvons échapper à l’idée que ces oiseaux voient les couleurs profondément modifiées par rapport à nos propres sensations.
- L’oiseau voit en somme, non pas comme à travers un verre rouge orangé continu (C. Hess), mais comme à travers une mosaïque polychrome à éléments jaunes, rouges, etc... Sa rétine est en quelque sorte pourvue d’un filtre ou crible à couleurs, c’est-à-dire d’un dispositif qui laisse passer certaines d’entre elles et arrête plus ou moins les autres.
- Cette rétine reçoit-elle l’image d’un objet polychrome, ce qui est presque toujours le cas. Elle renforce telle couleur, éteint ou atténue telle autre. Ce qui est renforcé, ce sont les rouges et les jaunes, ce qui est modifié, atténué ou annulé, ce sont sur-, tout les bleus et les violets, et souvent aussi les verts, les boules vertes étant rares.
- Toutes ces modifications nous semblent avoir pour conséquence d’augmenter les différences entre les couleurs, telles qu’elles existent pour notre rétine qui est incolore, à l’exception de la macula (tache jaune), et cela est vraisemblablement un avantage pour la détermination des objets au moyen de leur couleur. .
- Rappelons ici que la distribution dans la rétine des boules de diverses couleurs (rouge, orangé, jaunes divers, etc...) n’est pas uniforme.
- Et d’abord, les boules de diverses couleurs sont toujours entremêlées ; une région de la rétine qui paraît rouge contient cependant des boules jaunes ; une région qui paraît jaune a cependant une minorité de boules rouges.... Ainsi des autres couleurs.
- Le rapport des diverses boules entre elles n'est pas quelconque : chez certains oiseaux, les boules rouges dessinent un réseau dans les mailles du-
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- LA VISION DES OISEAUX
- quel se logent les boules jaunes massées en îlots.
- Chez la crécerelle, nous avons noté l’association fréquente d’une boule rouge et d’une boule orangée; ces couples rouge-orangé sont répandus dans une grande partie de la rétine.
- Mais il y a, suivant les régions de la rétine, prédominance de telle ou telle couleur. Le pigeon (biset), la mouette rieuse et d’autres oiseaux ont au « plafond » de la rétine un champ rouge où les boules rouges prédominent de beaucoup.
- Nombre d’oiseaux ont un champ jaune au « plancher )) de la rétine, où les boules jaunes sont en forte majorité.
- Chez la buse bondréc et chez la crécerelle, nous avons constaté que la région foveale (centrale) contient exclusivement des boules jaunes et fort petites, conformément au diamètre des cônes.
- Une bonne topographie des boules de diverses couleurs dans toute l’étendue d’une réline donnée, est un travail délicat et qui reste à faire.
- Cette topographie est du reste indispensable pour servir de guide dans les recherches sur les fonctions des boules.
- Quoi qu’il en soit, la transmission des couleurs des objets extérieurs à travers les boules des cônes n’est pas la même suivant les diverses régions de la rétine où peut se former successivement l’image d’un même objet. Ceci s’applique même aux divers points les plus rapprochés d’un même objet étant donnée la juxtaposition, en proportions variables, de boules de diverses couleurs.
- L’image , des objets extérieurs promenée sur la rétine de l’oiseau, par de petits mouvements de la tête et de l’œil, est en quelque sorte soumise à une épreuve chromatique : nous voulons dire que, vraisemblablement, l’oiseau expérimente ce que devien-
- Fig. 3. — Représentation schématique de la dispersion chromatique dans l’œil.
- Le faisceau de lumière blanche B, qui pénètre parla pupille p, est à la fois réfracté et décomposé comme par un prisme, parce qu'il n’est pas homogène, mais composé de radiations de réfrangibilité différente. Les rayons rouges étant les moins réfrangibles se réunissent au foyer en R, foyer le plus éloigné, les rayons violets, les plus réfrangibles, forment leurs images plus près, en V. Les autres couleurs se disposent comme dans le spectre entre les foyers rouge et violet. Si la rétine est*en R elle reçoit un point rouge net, foyer de rayons rouges, entouré de cercles de diffusion verts, bleus, violets vv'. Si elle était en V (œil fortement hypermétrope ou rendu tel par un verre) elle recevrait un point violet net, foyer de rayons violets, entouré d’une auréole bleue, verte et rougeâtre à la périphérie rr'. Cette dispersion chromatique de l'œil est peu appréciable dans les conditions ordinaires, mais elle peut être rendue sensible par-divers artifices et elle joue un rôle dans la “vision.
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- nent les diverses couleurs de l’objet vues à travers des boules de telle ou telle couleur. Chacun des points différents d’unê graine ou d’un insecte poly-
- CR C.J
- Fig. 2. — Les boules colorées de la rétine de l’oiseau (les rouges sont noires sur le dessin, les orangées sont striées, les jaunes sont blanches).
- F, les cônes fovéaux, fins, et ne contenant que des boules jaunes (rapaces); P, les cônes plus périphériques, volumineux et munis de boules de diverses couleurs; C. R, un « champ rouge », les boules rouges n’y sont qu’en majorité; C. J, un « champ jaune », les boules jaunes (et orangées) n’y sont également qu’en majorité.
- chromes serait vu successivement sous des nuances diverses qui, la mémoire visuelle aidant, serviraient au diagnostic.
- Remarquons enfin que chez les oiseaux dont la fovea n’a que des boules jaunes (crécerelle, etc...) la vision centrale, au point de vue chromatique, paraît s’exercer dans les mêmes conditions que chez l’homme, puisque notre fovea se trouve au centre de la tache jaune et participe à sa coloration.
- Action protectrice des houles colorées contre la lumière. Toutes les boules foncées (rouge, orangé), même les boules jaune pâle, absorbent une certaine quantité de lumière aetinique (*), donc protègent contre ces rayons l’œil de l’oiseau diurne. Le nocturne n’a que des boules incolores ou très pâles : il peut donc utiliser plus complètement la lumière atténuée dans laquelle il chasse.
- Il n’en faudrait pas conclure que les boules colorées n’ont d’autre utilité que d’atténuer la lumière : étant polychromes elles en ont une autre, celle de modifier la lumière de diverses façons. Leur rôle chromatique prédomine vraisemblablement sur leur rôle protecteur.
- Mais là ne se bornent pas leurs fonctions? Nous allons rechercher, à la lumière des travaux récents du D1’ Polack, quel rôle elles peuvent jouer dans Tutilisation du chromatisme de l’œil.
- La dispersion chromatique en général et le chromatisme de l’œil. — Le prisme décompose la lumière blanche en déviant les rayons rouges au minimum et les violets au maximum. Les lentilles simples, homogènes, produisent le même effet de telle sorte que les rayons les plus réfrangibles (violets) forment leur foyer plus près de la lentille 1. Rayons les plus réfrangibles, nocifs pour la rétine.
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- que les rayons les moins réfrangibles (rouges). Entre ces deux extrêmes, les autres radiations sérient leurs foyers, dans l’ordre bien connu. Un écran suffisamment rapproché de la lentille pourra donc recevoir une image dont la partie centrale nette (le foyer) sera bleu verdâtre, entourée d’un halo de diffusion jaune rougeâtre formé par les radiations moins réfrangibles dont le foyer est plus éloigné de la lentille. En éloignant l’écran de la quantité voulue, il recevra un foyer net, rougeâtre, entouré d’une auréole bleu verdâtre due aux radiations déjà entre-croisées plus près de la lentille (fig. 3).
- Une image toujours plus ou moins irisée sur les bords, bien que de façons différentes suivant les distances, tel est donc l’effet produit par les lentilles homogènes, non achromatiques.
- On compose par des associations de verres de réfringences différentes des lentilles achromatiques. Inversement, on peut composer des lentilles hyper-chromatiques (Polack) qui dispersent encore plus la lumière et permettent de démontrer les avantages réels de cette dispersion pour l’œil humain.
- Bien que composé de divers milieux (cornée, humeur aqueuse, cristallin, corps vitré), l’œil n’est pas achromatique. Si nous examinons d’une certaine distance un spectre linéaire, nous lui voyons une extrémité rouge parfaitement nette (l’œil emmétrope se met automatiquement au point sur le rouge) et une extrémité violetle diffuse : l’œil n’est donc pas accommodé simultanément pour toutes les radiations : il produit la décomposition de la lumière que ses éléments réfringents dispersent d’une manière très appréciable.
- Mais il faut des artifices pour mettre en évidence le chromatisme de l’œil et, dans la vision ordinaire, cette dispersion des couleurs ne se fait guère sentir. De même la correction de ce chromatisme par des lentilles appropriées, possible dans certains cas, ne donne pas une amélioration appréciable de l’acuité visuelle.
- On admettait donc jusqu’à ces derniers temps que le chromatisme de l’œil était un simple défaut optique, plus ou moins négligeable.'
- Le Dr Polack est venu montrer que ce prétendu défaut était un facteur physiologique important et qui procure à l’œil certains avantages visuels.
- On comprendra facilement que les foyers des diverses radiations étant échelonnés vers le fond de l’œil, sur l’axe antério-postérieur, si l’œil est accommodé à l'infini pour les rayons rouges il se trouvera accommodé en même temps pour les objets plus rapprochés par les radiations plus réfrangibles qu’ils émettent. La profondeur du champ visuel, c’est-à-dire la profondeur de l’espace vue nettement pour une mise au point (accommodation) invariable, en sera augmentée.
- Voici donc un avantage du chromatisme : une utilisation de ce « défaut optique » pour la vision nette simultanée de points situés à des distances
- DES OISEAUX ............. ..........:::::.
- différentes, comprises nécessairement entre certaines limites (plan conjugué de la rétine en lumière rouge et plan conjugué en lumière verte).
- Après avoir entendu la brillante communication que je viens de résumer, je songeai immédiatement aux boules colorées des oiseaux et_ posai à mon ami, le Dr Polack, la question suivante : l’aberration chromatique des milieux réalisant un échelonnement en profondeur des foyers des diverses couleurs au fond de l’œil, on peut se demander si les boules colorées de la rétine des sauriens, des chéloniens, et surtout des oiseaux, ne seraient pas susceptibles de capter ces différents foyers et de les utiliser dans l’intérêt de la fonction visuelle, de telle ou telle façon qui reste à déterminer... »
- Dans un petit travail ultérieur où ses connaissances sur la lumière lui ont du reste fait jouer le principal rôle, nous avons, le D1 Polack et moi, tâché de comprendre comment ces boules colorées pouvaient agir sur la lumière décomposée par le chromatisme de l’œil.
- Nous avons envisagé uniquement les différences de longueur focale des différents rayons que laissent passer ces boules (toujours supposées non monochromatiques) et l’utilisation que les oiseaux peuvent en faire pour obtenir des images nettes sur leur rétine, et aussi, comme conséquence de l’éducation de la vue par la locomotion, pour l'appréciation des distances.
- Etant donnée l’existence de l’aberration chromatique de l’œil, l'image rétinienne mise au point est d’autant plus nette que la lumière est plus monochromatique.
- Or, la lumière réfléchie par les objets colorés n’est jamais monochromatique. Si la mise au point de l’œil se fait sur leur couleur dominante, l’image sera relativement nette. Si elle se fait sur toute autre radiation, l’image sera plus dispersée.
- Lorsque l’œil est accommodé pour les radiations dominantes, l’image se trouvera encore améliorée par l’interposition d’un écran susceptible d’absorber les radiations complémentaires dispersées, c’est-à-dire par un écran de même couleur (un rouge améliorera l’image d’un objet rouge).
- Dans le cas de petits objets de différentes couleurs, les images formées dans la rétine sont d’une netteté différente suivant la couleur. À l’infini, pour un œil emmétrope non accommodé, l’image rouge est la plus nette (Polack), puis vient la jaune puis la verle, puis la bleue. Rappelons-nous ici que les boules les plus nombreuses de la rétine des oiseaux sont les jaunes, puis les rouges; que les vertes sont rares et pâles, les bleues d’une pâleur à faire douter de leur nuance vérilable.
- Ceci étant, si l’on interpose des écrans, rouges, jaunes ou verts... on obtiendra, suivant la couleur, soit une augmentation, soif une diminution de la netteté. Un écran homonyme à la dominante de l'objet et aux radiations de mise au point augmen-I tera la netteté, un écran hétéronyme la diminuera.
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- LA TÉLÉMÉCANIQUE SANS FIL rrr.,,..: . ._.. 333
- Ainsi les boules colorées de la rétine des oiseaux peuvent servir à utiliser les effets du chromatisme de leur œil; c'est-à-dire à donner des images nettes des petits objets colorés, grâce à l’interposition facultative (par de petits mouvements de l’œil ou de la tête) de ces petits écrans jaune, rouge, ou vert pâle, qui viendront donner plus de netteté aux images de couleur correspondante.
- Les objets bleus, du reste rares dans la nature (insectes bleus bu à points bleus) vus à travers les boules incolores que possèdent en nombre certains petits insectivores (troglodyte, farlouse), ou à travers des boules vert pâle, seront peu modifiés. En revanche, les boules jaunes et rouges absorberont à des degrés divers les radiations bleues, mais n’étant
- pas monochromatiques, les objets bleus seront toujours vus par leurs radiations résiduelles. Il ne faut donc pas dire avec C. Hess que les oiseaux 11e voient pas les objets bleus sous le prétexte que des poulets ne picoreraient pas les grains de blé dans la zone bleue d’un spectre solaire projeté sur le sol dans une chambre noire. A ce compte, les perdrix éviteraient les grains bleuis par le sulfate de cuivre des vignerons?
- En résumé, en dehors des différenciations chromatiques qu’elles permettent, les boules colorées de la rétine des oiseaux peuvent jouer un rôle dans le sens d'itne amélioration de la netteté des images.
- (fl suivre.) Dr Rochon-Duviomeaud.
- Ophtalmologiste de l'hôpital Laeuuec.
- LA TÉLÉMÉCANIQUE SANS FIL
- La télémécanique sans fil consiste à commander à distance un appareil mécanique sans que le poste de transmission soit relié au poste récepteur. H ne s’agit pas ici, remarquons-le d’abord, de transport à distance d’énergie suffisante pour actionner un moteur (des expériences récentes semblent prouver que le problème n’est pas impossible, mais la solution paraît lointaine), il s’agit simplement de contrôler à distance, au moyen d’une énergie infime, un servo-moteur déclenchant à son tour le mouvement d’autres appareils. Le problème de l’enregistrement graphique ou photographique des signaux de T. S. F. est un cas particulier de la télémécanique; le problème de la téléphotographie et même de la télévision dépend également des solutions apportées à la télémécanique sans fil.
- Née presque en même temps que la T. S. F. pratique, vers 1904, la télémécanique sans fil, depuis le cohéreur de Branly, a fait de tels progrès, surtout pendant la guerre, qu’il est possible maintenant de diriger à distance un cuirassé d’escadre, ne portant aucun homme à hord (expérience faite aux Etats-Unis sur le cuirassé lowa) et dont les tourelles aussi sont commandées par T. S. F. ou même un avion sans pilote, ni passagers. Les applications de la télémécanique sont surtout militaires, on le conçoit sans peine; elle peut rendre également de grands services à l’industrie, pour la commande à distance de minuteries, de signaux de chemins de fer, etc. Enfin pour l’amateur il est aisé de réaliser de multiples expériences intéressantes dont nous indiquerons quelques-unes.
- Un dispositif de télémécanique sans fil se compose d’un poste émetteur, généralement à étincelles ou à lampes, et d’un poste récepteur avec collecteur d’ondes, appareil d’accord, système amplificateur, relais ou amplificateur spécial et enfin connecteur ou servo-moteur commandant les divers organes de la machine.
- Le problème le plus délicat à résoudre en télémécanique, outre la difficulté provenant de la perte d’énergie entre l’émetteur et le récepteur, est celui de l’élimination des signaux parasites. Il est nécessaire, en effet, que le récepteur soit actionné par les signaux provenant de l’émetteur, et uniquement par ceux-là.
- ' Nous indiquerons sommairement les diverses solutions proposées pour arriver à ce but et éliminer les influences des parasites.
- Gomme nous l’avons dit, la télémécanique sans fil est pour ainsi dire antérieure à la T. S. F., puisque les premières expériences de T. S. F. furent réalisées avec un cohéreur de Branly qui actionnait un appareil télégraphique Morse (fig. 1).
- Le cohéreur, on le sait, consistait en un tube de verre dans lequel on avait fait le vide, et qui contenait de la limaille de nickel, par exemple, serrée entre deux pistons métalliques. Sous l’influence des ondes hertziennes, la résistance de la limaille diminuait et le courant d’une pile pouvait la traverser. Cette diminution de résistance persista it encore après la cessation du signal, ce qui obligeait à décohérer le tube au moyen d’un petit marteau actionné parle relais commandé par le tube lui-même.
- M. Branly a étudié lui même, en 1905, un appareil permettant de commander à distance l’ouverture ou la fermeture de plusieurs circuits dans l’ordre que l’on désire. Cet appareil était actionné au moyen d’un cohéreur : il se compose d’un axe qui tourne lentement sous l’action d’un petit moteur électrique, dont la mise en marche est également commandée à distance. Cet axe distributeur porte des disques métalliques isolés les uns dés autres et commandant chacun un circuit différent (sur la circonférence des disques se trouvent des plots appuyant sur des balais). On se rend compte de la commande des circuits au moyen
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- LA TELEMECANIQUE SANS FIL
- Fig. i. — Le cohéreur de Branly.
- Sous l’effet des ondes hertziennes, le cohéreur C laisse passer le courant de la pile A qui actionne le relais R, le relais commande le circuit dans lequel se trouve la pjle B et le télégraphe Morse. En dérivation est placé l’èlcctro-aimant du frappeur. Le télégraphe Morse en télémécanique est remplacé par le multi-connecteur.
- d’élincellcs indicatrices envoyées par un appareil émetteur contrôlé par un disque spécial, fixé également sur l’axe distributeur. Au moyen des signaux reçus ainsi à la station d émission, on peut déduire la position des distributeurs à un moment donné, et on sait qu’à un certain moment un des plots passe sur un balai; à ce moment il suffit de commander le relai au moyen du cohéreur, pour ouvrir le circuit ou le fermer à
- Disque distributeur tournant a^/eç chevilles
- Electro-aimant actionné I amplificateur
- station de Nauen, et qui semblaient tout à fait incompréhensibles. Ils étaient, en effet, émis au moyen d’un appareil Hugues automatique, ce qui exigeait, au poste récepteur, la présence d’un autre appareil semblable, synchrone, commandé par le poste de réception. M. Lévy réussit à réaliser ce délicat problème de télémécanique; les signaux amplifiés et détectés une première fois au moyen d’un amplificateur haute fréquence (HF) passaient ensuite dans un amplificateur basse fréquence (BF), puis ils étaient détectés en basse fréquence, une seconde fois et actionnaient le relais commandant le Hugues. Afin de permettre la lecture des télégrammes, même s’il se produisait un décalage dans le synchronisme, des tables avaient été réalisées pour la transcription.
- Nous empruntons à l’intéressant article de M. Guéritot, paru dans le n° 5 de Y Onde électrique, la description d’un dispositif qui a permis, cm 1917, la conduite à distance d’une vedette (fig. 2).
- Le transmeiteur était un poste à étincelles de 150 watts, l’antenne de réception était reliée à un amplificateur puissant actionnant un électro-aimant. A la réception d’une émission correspondant à un signal, un crochet porté par ce dernier s’abaissait et libérait une cheville fixée sur un disque faisant partie du mécanisme du servo-moteur. Ce disque tendait continuellement à tourner sous l’action d’un moteur à huile sous pression ; il commandait un distributeur
- volonté. Enfin un système de contrôle ae-' tionné également par des disques permet d’ètre assuré de la marche normale de l’appareil. Cet ensemble Fig. 2. fonctionnait très bien à petite distance, mais,
- outre son manque relatif de sensibilité et de régularité dù à l’emploi du cohéreur, il ne comportait aucun dispositif permettant l’élimination des signaux parasites. Il avait l’avantage par contre de fournir directement l'énergie suffisante pour le fonctionnement du relais.
- Avec les détecteurs électrolytiqucs et à galènes le fonctionnement était plus constant, mais l’énergie recueillie était très faible, ce qui exigeait, des sysièmes de relais sensibles, mais délicats. Aussi la télémécanique sans fil ne fit-elle pas alors de grands progrès.
- C’tst pendant la guerre et depuis l’avènement des amplificateurs à lampes que le problème entra dans la voie des résultats pratiques. En France, sous la haute direction du général Ferrié, un grand nombre de techniciens tels que MM. Abraham, Bloch, Guéritot, Lévy, Brillouin, etc., se livrèrent à des expériences réussies et parvinrent à réaliser la direction à distance de vedettes marines ou d’avions,
- En 1916, le service Radio-télégraphique français était fort intrigué par des’ signaux transmis de la
- Amplificateur
- Dispositif de télémécanique utilisé en iqip pour la conduite d’une vedette.
- d’huile, envoyant le liquide dans les différents pistons, réalisant les diverses manœuvres. Pour manœuvrer le bateau, on amenait le distributeur à la po ilion voulue au moyen d’un certain nombre de signaux en franchissant aussi vite que possible les positions intermédiaires. Comme on le voit, l’appareil ne comportait pas non plus de dispositif antiparasites, cependant on parvenait à corriger les fausses manœuvres par l’émission de certains signaux appropriés.
- Un grand nombre d’autres expériences ont été réalisées, en particulier sur un avion, commandé par un autre avion. Dans les dispositifs étudiés afin d’éliminer les parasites on se sert d’un verrouillage à résonance à haute et à basse fréquence.
- Yoici le dispositif schématique décrit par M. Guéritot : le poste transmetteur (fig. 5) est à lampes et
- Diapason entretenu électriquement
- Fig. 3. — Poste transmetteur à lampes commandé par diapason. Schéma de principe.
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- commandé par un diapason entretenu électriquement et par un contacter tournant. U émet des ondes entretenues modulées par le diapason et envoyées sous forme de traits par le contacter.
- Au poste récepteur, un amplificateur alimente un relais construit pour osciller à la même fréquence que le diapason transmetteur. Ce relais alimente en courant interrompu, un électroaimant vis-à-vis duquel se trouve une lame vibrante A accordée sur la fréquence du diapason. La lame vibre et ses mouvements prennent une grande amplitude alors qu’elle oscille à peine sous l’action des autres signaux ou des parasites (fig. 4).
- C’est la vibration de A, qui met en marche tout le mécanisme ; cette lame vient en effet frapper une goupille portée par une roue en équilibre, engrenant avec une deuxième identique, l’ensemble des deux roues étant insensible aux chocs, aux accélérations de rotations ou de translations. Celte seconde roue porte à son tour une goupille qui ferme le circui t ; un ressort ramène les roues en arrière après le signal.
- Le circuit fermé commande un distributeur qui avance d’un cran à chaque signal envoyé et actionne tel organe ou tel autre, suivant le nombre des -signaux envoyés. On voit que ce système de verrouillage est très eflicace ; les essais l’ont prouvé, puisque l’appareil n’a pas été inlluencé par les parasites atmosphériques ou les postes brouilleurs. Il y a d’ailleu-rs ici, en somme,
- Fig. 5.
- Redresseur pour basse fréquence.
- Fig. a. — Poste récepteur de télémécanique. Système de commande à verrouillage par résonances successives.
- utilisation des trois résonances successives :
- 1° Résonance à haute fréquence obtenue par réglage des appareils d’accords récepteurs.
- 2° Résonance BF obtenue par le premier relais.
- 5° Résonance mécanique utilisée grâce aux vibrations de la lame. Celte protection par résonance occasionne d’ailleurs un retard dans la transmission des commandes. Ce retard n’a pas une importance considérable dans le cas de la télémécanique, il serait au contraire tout à fait inadmissible pour l’enregistrement des télégrammes, ce qui explique pourquoi on n’emploie pas ce dispositif anti-parasite pour l’enregistrement des signaux de T. S. F.
- Voyons maintenant comment on peut réaliser un amp'ifieateur permettant de commander des appareils de télémécanique. Cette construction est d’ailleurs en général à la portée d’un amateur, et il lui est ainsi possible de réaliser un ensemble permettant des essais intéressants à courte distance, mais sans qu’il ait la prétention, bien entendu, de vouloir construire des dispositifs sélectifs et anti-parasites employés.
- Nous supposons que l’on se serve d’un amplificateur HF et BF ordinaire ; pour les signaux faibles, il sera d’abord nécessaire de détecter une seconde fois le courant à BF, ce qui sera réalisé par l’appareil lui-même si l’on emploie des étages BF à résistances ; sinon, il suffira de redresser le courant provenant de l’amplificateur BF au moyen d’un détecteur BF (fig. 5) construit à l’aide d’un condensateur de 2/1000 shunté par une résistance de 5 à 4 mégohms placée sur la grille de la lampe. A l’aide de ce dispositif il ne serait généralement possible que d’actionner un relais sensible (à cadre par exemple) dit primaire, et le deuxième relais mettrait à son tour en mouvement un relais moins sensible dit secondaire (genre Baudot).
- On peut employer avec plus de facilité, à la suite de l’amplificateur BF, une lampe dont on fera varier le potentiel de grille au moyen d’une batterie de 40 volts et d’un potentiomètre (fig. fi).
- Cette lampe sera reliée par un transformateur à un amplificateur BF. L’intensité obtenue sera déjà plus considérable et permettrait à la rigueur d’actionner directement un relais Baudot. 1
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- A
- B
- Fig. 7. — Amplificateur T. B. F. (à 1res basse fréquence) à 8 lampes dont 3 en parallèle avec la première.
- Mais il vaut encore mieux, une fois les signaux amplifiés une première fois à haute et à basse fréquence, puis détectés de nouveau à BF, les amplifier à l’aide d’un amplificateur spécial dit à basse fréquence.
- Cet amplificateur étudié par MM. Abraham et Bloch, comporte un schéma identique à celui de l’amplificateur H F à résistances ordi-
- Balais
- Fig. 8.
- Cylindre isolé avec plots ~~
- naires : il en diffère par la valeur beaucoup plus grande des condensateurs de liaison, qui peuvent atteindre un \j.f, la capacité de ces condensateurs étant d’ailleurs en
- rapport avec la durée des signaux transmis. De plus pour éviter la réaction de l’amplificateur sur les appareils précédents, des condensateurs de 4/4 p./ sont placés en dérivation sur les résistances d’entrée.
- Un amplificateur à 3 lampes de ce modèle, débite environ 6 milliampères, un amplificateur à 8 lampes, dont 3 en parallèle sur le premier étage, débite 16 milliampères (fig. 7). La particularité principale de ces amplificateurs est de donner, sous l’influence de signaux forts, une variation brusque et complète de débit ; par exemple, le débit tombera brusquement de 15 milliampères à 0. Alors que dans un amplificateur ordinaire débitant par exemple 6 milliampères, la variation de débit aurait seulement été de 2 milliampères. Les amplificateurs sont donc en somme des relais indéréglables qui peuvent actionner directement soit des relais Baudot, soit Cçllecteur même des connecteurs commandant les. i°cordé circuits.
- M. Bloch a aussi étudié des appareils fonctionnant avec des tubes contenant
- des gaz rares (Argon par exemple) et qui fournissaient un débit suffisant pour commander directement un petit moteur.
- Le relais Baudot, contrôlé par l’amplificateur TBF, actionnera à son tour un multi-connecteur, appareil que l’amateur peut réaliser très facilement. Un modèle très simple (fig. 8) sera composé d’un électro-aimant dont l’armature, à chaque attraction, fait avancer d’un cran à l’aide d’un roehet un cylindre isolant tournant sur pivots et portant des plots métalliques appuyant sur des balais. Ces plots commandent ainsi différents circuits correspondant à des actions mécaniques distinctes.
- Le poste transmetteur sera très élémentaire, à étincelles (bobine de Ruhm-korff) ou à lampes. Le collecteur d’ondes ainsi que l’émetteur peuvent être des cadres ou des fils métalliques de gros diamètre enroulés en hélice. Ces dispositifs seront de longueurs égales à l’émission et à la réception. Un ingénieur américain a pu ainsi diriger un chariot, dont le collecteur d’ondes était formé par une bobine de fil de cuivre de 30 cm de diamètre, portée par des
- perches de 2 m.
- La figure 9 montre le schéma de principe d’une
- Armature de le/ectno aimant montée sur pivot T
- tFV—— Circuit du relais Ressort de Baudot
- Bobine d'electro
- Borne commune reliée aux plots
- Multi-connecteur commandant 3 circuits différents.
- installation de télémécanique sans fil pour essais d’amateur.
- Nous pensons avoir donné ainsi quelques indications sommaires, permettant aux amateurs d’essayer quelques expériences intéressantes, par exemple la commande à distance d’un petit bateau électrique, d’un chariot, de signaux ou d’appareils d’appel, etc.
- Quant au problème industriel et militaire de la télémécanique sans fil, on voit qu’actuellement il est déjà réalisé d’une manière satisfaisante. Bientôt peut-être nous verrons des trains circuler sans mécaniciens, des aiguilles et des signaux actionnés par T. S. F., et des combats entre avions et navires ne portant pas de combattants.
- P. IlÉMARDIXQCIiR.
- pOOQ.0 0000
- AmpliBcateur haute fréquence et basse fréquence (courants redressés)
- Amplificateur à très basse fréquence
- Relais Multi-Baudot connecté ou Siemens
- Appareils
- mecamqut
- Fig. 9.
- Poste récepteur de télémécanique par T. S. F. pour amateurs.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahehe, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- Fig. i. — Les dunes de sable sur la route d’El Oued. (Photo prise en avion.)
- LE SAHARA
- Le Sahara est l’immense région désertique qui s’étend entre l’Afrique Mineure et le golfe des Syrtes au nord, la Cyrénaïque et le Grand-Erg de Libye à l’est, la région des savanes soudanaises au Sud, P Atlantique à l’Ouest. A dire vrai, ses limites manquent de précision et il serait difficile par conséquent d’indiquer même approximativement sa superficie. Le Maroc, le Rio de Oro, la Mauritanie, le Soudan français, la colonie du Niger et celle du Tchad, la Lybie italienne, la Tunisie, les‘Territoires du Sud de l’Algérie, l’Algérie proprement dite se partagent, au point de vue politique, ces étendues pour ainsi dire illimitées de plateaux rocheux et de plaines de sable, parsemées de massifs montagneux.
- Le Sahara n’a jamais été le fond de mer desséché, qu’ont cru les premiers géographes. Ses montagnes n’ont jamais été des Atlantides. Au surplus, la véritable Atlantide n’a pas disparu dans l’Atlantique ; elle n’est pas davantage le Hoggar, quoi qu’ait pu en dire certain romancier improvisé géographe. C’est tout simplement la vvjcroç, que constitue l’Afrique Mineure, baignée à l’est et au nord par la Méditerranée, à l’ouest par l’Océan. Nvjaoç ne signifie pas forcément île, mais peut se traduire aussi par presqu’île et même dans certains cas par cap. L’Atlantide, c’est le pays de l’Atlas aux trois chaînes.
- Les limites orientales que nous avons données au Sahara peuvent surprendre, car beaucoup de carto-
- ‘Mourzouk
- Tibesti
- Borhou
- 1700 ,
- Tombouctou
- fLouisXk
- L. Tchad
- Fig. 2. — ILe Sahara.
- N° 2565. — 2 juin 1925. ~....................22,- 337.
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- graphes attribuent au désert de Lybie une bande de terrain à l’ouest du Grand-Erg, et y englobent les oasis de Koufra. Et pourtant la seule ligne de démarcation naturelle entre les deux déserts est bien constituée par le rebord occidental des ergs lybiques.
- Il y aurait intérêt par contre, au point de vue strictement géographique, à supprimer la distinction entre désert lybique et désert arabique ; la vallée du Nil ne constitue pas, en effet, une frontière naturelle, mais simplement une oasis au milieu des sables. Morphologiquement et géologiquement, désert libyque et désert arabique ne font qu’un. Cette différence de dénomination n’a qu’un intérêt historique et ethnographique. Dans l’antiquité, des pillards venus d’Arabie écumaientla région située entre le Nil, le Delta, la Mer Rouge et l’Ethiopie, tandis que des Lybiens, de race berbère, habitaient les oasis situées à l’ouest de la vallée du Nil.
- Mais revenons au Sahara. On peut le diviser en cinq parties : le Sahara occidental, le Sahara septentrional ou algéro-tunisien ; le Sahara nord-oriental ou tripo-litain, le Sahara sud-oriental.
- A. Sahara occidental. — Le Sahara occidental s’étend entre l’Atlantique à l’ouest, les derniers contreforts de l’Anti-Atlas etleTafilaletau nord-ouest et au nord, le Sahara algérien au nord-est, le sillon oued Saoura-oued Messaoud — désert du Tanezrouft occidental à l’est, la plaine alluviale de la Chemama, qu’inonde le Sénégal, la région du Hodh, l’Azaouad et l’Adrar Timatin au sud.
- « Un fait frappe au premier coup d’œil : sur une surface d’un million de kilomètres carrés, il n’y a pas un seul massif montagneux important », a écrit le capitaine Augiéras dans son mémoire sur Le Sahara occidental. Au point de vue morphologique, on distingue un plateau central avec petits massifs granitiques, entouré d’une série de dépressions qu’occupent des dunes de sable (Iguidi, Chech). Sur le pourtour on trouve le plateau rocheux de l’Oued Draa, couvert d’un cailloutis, les ergs et Yadrar de Mauritanie, la dépression du Djouf sans eau ni végétation, une région de hamadas et enfin le sillon Saoura-Messaoud. Une falaise calcaire, orientée du nord-est au sud ouest, relie l’Iguidi à la Mauritanie; c’est le liank. On ne trouve d’habitants que dans les oasis du pourtour, vallée de l’Oued-Draa, Seguiet-el-llamra, Mauritanie, Tafilalel, Tidi-kelt, Touat, Gourara. Dunes sablonneuses ou ergs,
- plaines caillouteuses d’alluvions ou regs, plateaux rocheux et caillouteux ou hamadas, petit massifs montagneux aux roches fendues ou brûlées par le soleil ou adrars, anciens marais desséchés aux efflorescences salines ou sebkhras, sont également inhabitables. Rares sont les daïas, « zones d’épandage de certains oueds, avec flaques d’eau douce après les crues et circulation souterraine, qui sont des régions de pâturages ».
- L’altitude moyenne est faible. On relève dans les ergs des côtes de 200 à 400 m. et le point culminant (1000 m.) se trouve dans l’Eglab, un des massifs du plateau central. Le plateau de l’Oued-Draa atteint 700 m. et l’Adrar Timatin de 750 à 800 m.
- R. Sahara algéro-tunisien. — Le Sahara algéro-tunisien est limité au nord par l’Atlas saharien
- (MontsdesKsour, Djebel Amour, Monts des Oulad-NaïL et du Tab, massif de l’Au-rès, monts de Tébessa, monts de Zeugitane).
- En Tunisie, on pourrait même reporter la limite un peu au nord de la ligne des chotts à la chaîne des collines de Cherb. C’est dans la région de Biskra, dans le prolongement du sillon de llgharghar, que le Sahara se rapproche le plus du Tell ; aussi le défilé d’El-Kantara a-t-il mérité d’être appelé la porte du désert.
- A l’est, cette partie du Grand-Désert est limitée par le golfe de Gabès, les montagnes des Troglodytes et la région accidentée, où se trouve l’oasis de Ghadamès (cote 550). Au Sud, elle est bornée par le Grand-Erg occidental, le plateau de Tademaït (cote 700 m.), le Grand-Erg oriental et le Tassili des Azdjers; elle communique avec le Sahara occidenlal et le Sahara central par la vallée de l’Oued Saoura et par des gassis (trouées à travers les dunes). Au nord-ouest, elle est limitée par le massif du Figuig et à l’ouest par le Tafilalet.
- Avec ses nombreuses et riches oasis (vallée de l’Oued-Guir, de la Zousfana et de la Saoura, Mzab, Ouargla, Touggourt, Laghouat, Biskra, Tozeur, Gabès, etc.), avec ses pâturages et ses daïas (terrains de parcours des Oulad Sidi Cheik, des Oulad Sidi Naïl et des Ghaamba), c’est la région la plus favorisée et la plus peuplée du Grand-Désert. C’est également la mieux connue; depuis longtemps, il n’y a plus rien à découvrir dans ses hamadas de l’ouest, ni dans ses ergs, aux dunes merveilleusement striées,
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- LE SAHARA
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- peignées, pourrait-On dire, par les vents. Signalons toutefois une forme nouvelle de terrain, la chebka ou ha-mada à ravins entre-croisés. Une particularité du Sahara algéro-tuni-sien en est la crypto-dépression des ehotls, lacs salés généralement à sec, mais où les crues subites, dues à l’afllux soudain des eaux des oueds d’eau douce ou d’eau salée, peuvent surprendre le voyageur imprudent.
- Cette crypto-dépression s’étend sur une ligne mince, longue de 400 kilomètres à travers le territoire militaire de Touggourt et la Tunisie; le point le plus bas se trouve au Chott Malghirt — 51 m.
- Le Sahara algéro-tunisien est une région de faible altitude, avec cotes variant entre 300 et 700 m.; on n’y rencontre pas de véritables montagnes.
- C. Sahara central. — Le Sahara central est au premier chef un pays de montagnes, de tassilis. Il est couvert de nombreux massifs, « formidables ilôts granitiques, falaises abruptes, qui forment blocs ou murailles et émergent brusquement de la plaine ou du plateau », comme l’a écrit Niéger. Ajoutons que des aiguilles basaltiques (mont Ilamann notamment) surgissent par endroits des socles de granit.
- Cette région est de beaucoup la moins étendue des cinq entre lesquelles se divise le Sahara. Elle est tout entière inscrite dans un quadrilatère, compris entre le 2° de long. W. et le 8° de long. E. de Paris, le 16e et le 28e degré de latitude N.
- LIARenet (600 m.), l’Eoimidir ou Mouydir (400 à 1400 m.), le Tassili des Azdjers (800 à 1700 m.), l’Ahaggar, qui culmine aux pics Taha (3000 m.) et Ilamann (2910 m.), le Tassili-Oua-N-Ahaggar, le
- Une palmeraie : le village nègre de Bèni-Abbès.
- Tassili-Tan-Adrar, l’Adrar des Iforas (cote 720), enfin l’Aïr (côte inaxima 1700 m.), tels sont les massifs que l’on y rencontre. Le plus élendu est le Tassili des Azdjers, où se trouvent les oasis de Ilhat et de Djanet, qui dépendent de la Lybie italienne.
- Les dunes sont rares ; on n’en trouve guère que sur le pourtour (Tanezrouft occidental, nord de l’Azaouad, Tenneré de l’Aïr, Talak, Tanezrouft oriental). On en rencontre aussi dans l’étroit couloir, qui sépare du Tassili des Azdjers les derniers contreforts du Ahaggar. Les ouadi sont nombreux et s’échappent en rayonnant des différents massifs ; la plupart se dirigent vers le sillon Saoura-Messaoud-Tanezrouft occidental.
- L). Sahara nord-oriental. — Le Sahara nord-oriental est séparé du Sahara sud-oriental par une diagonale, qui part du Tassili des Azdjers pour rejoindre le Grand-Erg du désert Lybique, en passant par les monts Tummo et le nord du Tibesti. Cette ligne de démarcation n’a que peu de valeur au point de vue géographique, mais elle présente un grand intérêt politique, car elle sépare les possessions italiennes des colonies françaises.
- Le Sahara atteint le bord de la mer au cap Misurata (cote 58 m.). Partout ailleurs, il est limité par un bourrelet (Djebel G h aria n, cote 910, Dj. Djeffren, Dj. Nefoussa), qui se relève doucement, lorsque l’on vient de l’intérieur, mais qui tombe à pic sur la plaine côtière, la Djéfara. Le point culminant de ce bourrelet est le Dj. Gharian, la seule partie de la Tripolitaine, qui présente un intérêt économique : 500000 Berbères ou Arabo-Berbères y vivent delà culture de l’orge et des arbres fruitiers, ainsi
- Fig. 4.
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- LE SAHARA
- que de la cueillette de l’alfa. La Djéfara en revanche est une plaine sablonnense, où s’égrène un chapelet d’oasis-avec plantations de dattiers et culture d’orge; elle se soude au désert de Libye à l’est par un couloir, qui sépare le plateau cyrénéen du Grand-Erg.
- Tout le reste de la Tripolitaine est purement saharien. Les principaux accidents de terrain qu’on y trouve, sont : à l’est de Ghadamôs, la Hamada-el-Homra, la hamada rouge, haut plateau de sables et de roches à 576 m. au-dessus du niveau de la mer, qui mesure 580 km d’est en ouest et 225 km du nord au sud dans sa plus grande largeur; les dunes d’Edeyen, qui la limitent au sud ; le Hamada de
- la partie septentrionale des territoires dénommés, assez improprement d’ailleurs, les Pays-Bas du Tchad ; à l’est enfin, une série de massifs montagneux, comparables à ceux du Sahara central : Borkou, Tibesti, Ennedi, Erdi. C’est dans le Ti-besti, que se trouve le point culminant de tout le Grand-Désert, l’Emi Ivoussi (3400 m.).
- Entre les monts Tummo et le Tanezrouft se trouve le Kaouar, groupe d’oasis, dont Bilma est la plus importante et qui se relie au Manga par Agadem et Bédouarem. Peut-être faut-il considérer d’ailleurs les monts Tummo comme un prolongement d’une des nervures de l’éventail tibestien. les monts Afali.
- Fig. 6. — Guerrara, ancienne métropole des Béni-Mzab. (Photo prise en avion.)
- Mourzouk, entre Rhat et Mourzouk ; une nouvelle zone d’ergs, entre cette hamada et les monts Tummo, ces derniers ayant de 1200 à 1500 m. d’altitude, le plateau du Fezzan, d’une altitude moyenne de 300 m. parsemé d’oasis, et séparé du bourrelet montagneux du littoral par les montagnes. Noires, orientées ouest-est entre Djefra et Mourzouk (cotes 750 à 800 m.) ; enfin tout à fait à l’est une longue plaine sablonneuse, orientée nord-sud, où se trouvent les oasis de lvoufra avec quelques petits ergs (*).
- E. Sahara sud-oriental. — Le Sahara sud-oriental se subdivise en trois grandes régions : à l’ouest, le Tanezrouft oriental, plaine sablonneuse, qui s’étend depuis Djanet et les monts Tummo au nord, jusqu’au Dammergoué, au Manga et au Kanem au sud, tous pays situés à cheval sur la limite entre la zone des déserts et celle des savanes ; au centre,
- 1. Cette plaine est souvent rattachée au désert de Lybie par les cartographes.
- Le Tibesti est une Auvergne perdue dans le Sahara. Ses volcans éteints forment cinq chaînes, qui divergent entre le nord-ouest et le nord-est de l’Emi Koussi (5400 m.), où elles se soudent; l’Emi-Koussi a un cratère de 12 km de long, sur 8 de large et 400 m. de profondeur. Plusieurs dépassent l’altitude de 3000 m., le Toussidé (3250 m.) et le Tierroko (3200 m.), notamment. Le Toh n’atteint que 2500 m. et le Kassamassa 1220 m. Entrevu en 1869 par Nachtigall, qui avait visité sa capitale Bardai, ce massif n’a été exploré sérieusement que par le commandant Tilho en 1916.
- Le Borkou et l’Erdi peuvent être considérés comme des dépendances du Tibesti, bien que le second en soit séparé par la dépression d’Ounianga, où se trouvent deux étangs d’eau douce inattendus dans ces pays.
- Il en est de même du plateau de Sef-Sef, situé a l’est du Tibesti.
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- ===== COMMENT ON FABRIQUE
- L’Ennedi, où l’on relèverait des altitudes de 1500 m., est séparé de l’Erdi par la dépression du Mourdi et des monts des Touna par le Tagaoua; c’est un massif de grès, ayant de 25 à 50000 km2.
- Le nord de l’Ouadaï, avec ses terrains de parcours, appartient encore au Sahara. Les confins de cette cinquième grande région et du désert de Lybie sont encore très mal connus. On sait pourtant que l’on pourrait gagner la vallée du Nil nubien, en partant de l’Erdi et en utilisant une trouée, qui sépare le Grand-Erg lybien de l’Erg méridional ; cette trouée est située sous la ,20e parallèle.
- Conclusion. — Ni par sa structure physique, ni par sa nature géologique, le Grand-Désert ne constitue une unité. C’est le climat avec sa sécheresse et son absence de pluies qui a donné un semblant d’unité à des régions originairement différentes. Les précipitations atmosphériques y sont rares; mais, quand par hasard elles se produisent, elles sont d’une extrême violence; en quelques heures, un oued devient un torrent furieux, qui emporte tout
- COMMENT ON FABRIQUE
- La télégraphie sans fil connaît en ce moment dans le monde des amateurs un succès sans pareil. De tous côtés, paraissent des opuscules, ou des traités plus savants écrits par des spécialistes, qui guident les premiers pas d’enthousiastes néophytes ou augmentent les connaissances des pratiquants et leur permettent de se perfectionner. Les journaux de vulgarisation scientifique et même les quotidiens renferment maintenant maintes colonnes à ce sujet, et ici même ont paru des articles très complets sur les appareils couramment employés aujourd’hui et leur fonctionnement. Mais il est une question que l’on a jusqu’à présent peu abordée, croyons-nous, celle de l’origine de ces lampes qui permettent la détection, l’amplification etlatransmission desondes, faisant faire à laT. S. F. despas de géant. En effet,^ la connaissance de leur fabrication est moins abordable aux profanes que celle de leur utilisation, le milieu technique étant assez fermé ! Il nous a donc paru de quelque intérêt d’en faire aujourd’hui un rapide exposé, comme nous l’avons fait naguère pour les lampes d’éclairage.
- Historique. -— Au début de la guerre, on ignorait pour ainsi dire en France l’existence des lampes à 3 électrodes, ou tout au moins on ne les utilisait pas.
- Ces appareils se présentaient alors soit sous la forme du tube allemand de Von Lieben —vaste ampoule allongée, séparée en deux parties par une grille de métal perforée comme une écumoire, un filament rappelant celui des lampes à incandescence se trouvant d’un côté, une tige métallique ou anode qui jouait le rôle de plaque se trouvant de l’autre — soit sous la forme de YAudion américain de De
- UNE LAMPE DE T. S. F. : -= 341
- sur son passage. En hiver, le Sahara est le siège d’une aire anticyclonique, centre d’émission de vents vers le pourtour. En été, il devient un foyer d’appel, mais l’Atlas, le Djebel Gharian et la Barka-el-Homra interceptent les nuages qui viennent de la Méditerranée, tandis que le plateau éthiopien et le massif du Djebel Marra arrêtent les nuées provenant de l’océan Indien. Seul le plateau central du Sahara occidental reçoit quelques pluies en hiver, quand le vent souffle du nord-ouest. Ciel d’une pureté admirable, sauf au lever du soleil, moment où se forment des brouillards secs de poussières en suspension dans l’air immobile ; brusques variations de température, avec journées torrides et nuits glaciales, et roches s’émiettant sous l’action de ces changements soudains ; mirages dans les gassis des ergs et dans les tanezroufts, voilà ce que l’on trouve dans toute l’étendue du Grand-Désert. Le Sahara n’est pas à proprement parler une unité géographique; c’est une unité climatique.
- Rexé Le Goxte.
- UNE LAMPE DE T. S. F.
- Forest ; c’est ce dernier que l’on doit considérer comme le point de départ de la lampe actuelle (fig. 1).
- Dans les tout premiers jours de la guerre, le colonel Ferrié, depuis général, ayant eu la bonne fortune de recevoir d’Amérique des appareils à lampes : un oscillateur ou hétérodyne et un amplificateur à transformateurs, ainsi qu’une demi-douzaine d’audions, chargea de leur étude M. Abraham, professeur de physique à la Sorbonne, mobilisé à la Télégraphie militaire.
- M. Abraham, qui avait suivi depuis longtemps toutes les questions de T. S. F. et avait été chargé d’ailleurs en 1913 d’une mission d’enquête à ce sujet aux États-Unis, s’intéressa immédiatement aux nouveaux instruments.En fort peu de temps, il reproduisit à son laboratoire de l’Ecole Normale Supérieure l’oscillateur rapporté d’outre-mer ; puis il s’efforça de réa-liserà Paris même, dansl’intérêt de la défensenatio-nale, quelques modèles de lampes, en s’adressantau maître verrier Berlemont, connu dans le monde scientifique pour sa fabrication des appareils de physique où il entre des montures de verre. Mais à ce moment, les essais d’Abraham furent interrompus momentanément par son départ pour Lyon, où il était affecté au grand poste de T. S. F. de la Doua dont on commençait l’installation.
- Malgré ce déplacement, M. Abraham, qui de tous les spécialistes avait le plus de foi dans l’immense utilité et l’avenir des tubes à vide, continua ses essais, malgré tout, avec le plus grand esprit de suite.
- S’étant renseigné, il sut qu’il existait à Lyon même une usine de lampes à incandescence appartenant aux établissements Grammont et ayant comme marque la Lampe Fotos. Il se présenta à la porte
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- de l’asine, demanda à voir le directeur, fut reçu par un « ayant droit » (car le directeur était alors mobilisé), se fit connaître ; et quelque temps après (4 novembre 1914), la maison Grammont put reproduire en le copiant un premier audion.
- Mais il ne donna pas d’emblée toute satisfaction. Le directeur de l’usine, M. Biguet, fut rappelé des armées dans la première quinzaine de no-
- Fig. i. — U audion de De Forest.
- vembré, et on se mit sérieusement au travail, Abraham apportant sa science et Biguet sa technique de la fabrication des lampes à incandescence.
- Très rapidement, l’appareil changea de forme; et, le l'er décembre, sortit le premier type à électrodes symétriques autour d’un axe commun, type que les radios de 1915 ont bien connu: le filament est devenu rectiligne, entouré par une grille en hélice, le tout étant à l’intérieur d’une plaque cylindrique ; le système était alors placé verticalement dans l’ampoule (fig. 2).
- Entre temps, Abraham et Biguet s’aperçurent que, pour avoir des lampes comparables entre elles, il fallait qu’elles soient vidéesà fond, que les électrodes et le verre soient parfaitement purgés de gaz; en un mot, que la lampe soit « dure ». Pour arriver à ce résultat, ils trouvèrent des méthodes analogues à celles que nous décrivons plus loin, car ce sont elles que l’on emploie encore actuellement dans leurs grandes lignes.
- Le 51 décembre, Abraham et Biguet firent au colonel Ferrié un premier envoi de 10 de ces lampes, en même temps qu’Abraham adressait au colonel un rapport donnant la description de l’appareil et de son mode de fabrication.
- A partir de ce moment, la plupart des officiers et techniciens se sentirent violemment attirés par la lampe à 5 électrodes ; et si merveilleuses étaient ses propriétés, si vaste paraissait le champ qu’elle ouvrait aux points de vue scientifique et surtout industriel, que la passion intéressée s’en mêla... Chacun apporte un mode démontage plus ou moins nouveau, tandis qu’Abraham et Biguet continuaient et perfectionnaient la fabrication de ces tubes à vide que tout le monde demandait.
- Cette fabrication augmente régulièrement. Mais Abraham, pour des raisons de service, est rappelé à Paris le 1er mai 1915.
- Telle qu’elle était, la lampe présentait les défauts suivants: une assez grande fragilité, car le système
- se trouvait monté en porte à faux et les chocs déformant l’ensemble amenaient des court-circuits et des ruptures de fdament ; une incommodité d’emploi résultant de la nature du culot : il fallait, après avoir vissé la lampe, établir les connexions de grille et plaque avec des fils souples partant de l’appareil et allant s’attacher sur les tiges métalliques qui débordaient de part et d’autre du culot. Les constructeurs n’étaient pas encore parvenus à se servir du culot à broches, bien qu’ils aient demandé son établissement dès décembre 1914 aux fournisseurs spécialistes; mais en vain.
- Le colonel Ferrié ayant parlé à Abraham de la fragilité de ces lampes lors de son retour, celui-ci lui indiqua aussitôt le remède : faire supporter solidement la grille par les deux bouts. Cette indication fut transmise de Paris à qui de droit par téléphone et peu à peu la lampe parvint à son état actuel : le système filament-grille-plaque y est rendu plus rigide que dans la Jampe précédente, et pour cela on a placé la plaque horizontalement, soutenue en son milieu par un fil gros et court ; la grille, formée toujours d’une hélice, est fixée par les deux extrémités ; enfin le filament est posé bien symétriquement. Quant au culot, il comporte4 broches— 2 pour amener le courant au filament, 1 à la grille, 1 à la plaque — et bien entendu leur disposition est telle qu’on puisse placer la lampe toujours en position nécessaire dans la matrice, même à tâtons : dans ce but, les broches sont placées de façon dissymétrique.
- Tel est le type dit Télégraphie militaire (T. M.), que tout le monde connaît aujourd’hui (fig. 5). II fut construit pour les besoins de l’armée pendant la guerre, au nombre de centaines de mille, d’abord par les établissements Grammont seuls (Folos), puis concurremment par Grammont et par la Compagnie générale d’électricité (Métal). A la fin de la guerre, Grammont interrompit sa fabrication. Aujourd’hui, nous avons comme fabricant s: La Compagnie générale des lampes Métal ; laBadiotechnique ; la Société indépendante de T.S.F.
- (S. I. F.). C’est celte dernière qui a bien voulu nous permettre de suivre dans ses ateliers les phases de la fabrication.
- Lampes T. M.
- — Pour éviter des redites, et nous permettre de nous attacher surtout aux traits caractéristiques de cette fabrication, nous prions nos lecteurs de bien vouloir se reporter à l’article
- Fig. i. — La lampe d’Abraham.
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- sur la confection des lampes d’éclairage paru dans La Nature du 24 février 1925: dans les grandes lignes, les opérations du montage des tubes à vide, les tours de main sont les mêmes. Nous les supposerons donc connus. Cependant, d’ores et déjà une remarque générale doit être faite : la production de ces tubes n’ayant pas besoin, pour le présent, d’être intensive comme celle des lampes d’éclairage, et leurs organes étant d’ailleurs plus compliqués, on emploie beaucoup moins de machines automatiques, une grande partie du travail se fait uniquement à la main.
- Suivons d’abord l’établissement de la petite lampe type T. M., partout en usage, et dressons un tableau de ses éléments: du tube de cristal pour la confection du pied ; du tube plus mince pour faire le queusot ; des fils conducteurs, dont l’extrémité sera façonnée pour former monture ; un filament ; une grille, une plaque, une ampoule pour enfermer le tout, un culot (fig. 5).
- Passons rapidement sur le découpage du tube en tronçons à la longueur voulue, qui s’obtient au moyen d’une pointe de diamant introduite à l’intérieur du petit cylindre de verre en rotation ; et sur son évasement, que l’on effectue à la main sous la pression d’une tige de fer recourbée, tandis qu’une machine le fait tourner sur son axe et le chauffe au chalumeau à gaz. Beaucoup plus intéressantes sont la préparation et la mise en place des fils conducteurs.
- Ceux-ci se composent de trois métaux : cuivre, platinite (ferro-nickel gainé) ou platine, nickel. Pour les réunir, l’ouvrière dispose les bouts de fil de cuivre en éventail entre les doigts de sa main gauche, en chauffe les extrémités dans la flamme d’un chalumeau qui les amène à fusion en formant une toute petite boule, et pique dans cette boule l’extrémité des tronçons de platinite ou de platine longs de quelques millimètres; elle opère de même pour les bouts de nickel, et finalement elle a obtenu des fils conducteurs qui seront placés dans l’ampoule : la partie nickel à l’intérieur, la partie platine noyée dans la masse du pied en fusion avec laquelle elle fera corps,
- la partie cuivre à l’extérieur pour amener le courant. Le pinçage de la base du tube de verre fondu emprisonnant les cinq conducteurs — 2 pour le filament, 2 pour la grille, 1 pour la plaque — s’obtient au moyen de l’ordinaire machine a faire le pied (fig. G).
- Il s’agit maintenant de garnir ce pied, c’est-à-dire
- de disposer à l’extrémité des fils conducteurs, convenablement recourbés en potences (munies ou non de crochets) au moyen d’une pince plate, la plaque, la grille et le filament. On obtient la plaque en la découpant dans une bande de nickel et en la roulant en forme de cylindre long de 1,5 centimètre sur 9 millimètres de diamètre; la grille, en enroulant un fil de molybdène dans la gorge d’une vis (tige
- filetée de 4 millimètres de diamètre) est fait ordinairement d’un fil de 55
- | de millimètre. Mais l’assemblage de ces pièces
- Fig. 3. — La lampe type T. M. modifiée pour permettre de chauffer la grille par un courant électrique au cours du pompage et de se servir de celte grille comme cathode.
- ; le filament tungstène de
- forme une opération délicate ! Pour la plaque et la grille, on emploie à cet effet la soudure électrique, réalisée au moyen d’une machine spéciale. Sur un bâti, est disposée une double mâchoire de cuivre dont une partie est fixe et l’autre mobile ; l’ouvrière applique les deux pièces à souder ensemble à plat sur la mâchoire fixe et donne un coup de pédale qui serre la mâchoire mobile, en même temps que passe un courant de très grande intensité produit par un transformateur ; un claquement sec se fait entendre : la brasure a eu lieu instantanément. Cette machine, d’origine américaine, porte le nom de spot-welder (fig. 7). Pour mettre en place le filament, dans les petites lampes, on en loge les extrémités dans les crochets des potences ; dans les grosses, on les soude au « spot ».
- Les différentes opérations qui précèdent le montage du pied garni à l’intérieur de l’ampoule — coupage de celle-ci, lavage, queusotage—ne diffèrent en rien de celles que nous avons décrites tout au long dans notre article sur la fabrication des lampes à incandescence pour l’éclairage; de même, la fixation de tout le dispositif dans sa prison de verre se fait à l’aide de la machine à fermer (fig. 8) dont nous avons naguère observé en détail le fonctionnement. Mais, en arrivant au vidage de la lampe, il faut s’étendre davantage.
- Pompage. — Il est nécessaire de faire le vide dans les lampes le plus complètement possible, en enlevant non seulement l’air qui est contenu dans l’ampoule, mais encore en expurgeant les électrodes des gaz qui y sont occlus, c’est-à-dire qui les im-'
- Fig. 4. — La lampe T. M.
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- 344 : COMMENT ON FABRIQUE UNE LAMPE DE T. S. F.
- Fig. 5. — Les phases de la fabrication d’une lampe T. M.
- prègnent à la manière dont l’eau imprègne un morceau de bois qui a longtemps séjourné dans un baquet.
- Pour effectuer cette opération, on va se servir de pompes excellentes, les meilleures que l’on connaisse ; ce seront soit des pompes moléculaires, soit des pompes à condensation de vapeur de mercure, dont l’étude sortirait de notre cadre.: Disons seulement que ces types de pompes, basés sur les propriétés cinétiques des gaz, peuvent pousser le vide
- .1
- à un point énorme, peut-être plus loin que
- de millimètre de mercure, c’est-à-dire plus loin que le cent-millionième d’atmosphère.
- On comprendra donc que, dans les pompes utilisant du mercure, il faudra employer des artifices spéciaux pour ne pas être gêné par la vapeur du mercure, qui, à la tem-
- 1
- pérature ambiante, est de ^
- de millimètre de mercure, c’est-à-dire 100 fois plus forte que la pression dont nous parlions plus haut; par exemple, on fera passer la canalisation de vide dans une enceinte refroidie par de l’air liquide ou plus simplement par de la neige carbonique dissoute dans l’acétone.
- Pour pomper les lampes, on va les monter sur un bâti qui comprend une sorte de tablette au-dessous de
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- laquelle court horizontalement une canalisation de verre reliée à la pompe, canalisation sur laquelle sont soudés des tubes de verre verticaux passant à travers la tablette. Ce sera au bout de ces tubes que l’on soudera les lampes à pomper, une quinzaine à la fois dans le cas de petites lampes, et quelquefois une seule quand il s’agit d’une grosse (fig. 9). :
- Au-dessus de la tablette, est placée une étuve en amiante, s’abaissant et se levant à volonté; elle a pour destination de permettre de chauffer la lampe
- Fig. 6. — Machine à faire le pied.
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- pendant qu’on y fait le vide. Enfin, les électrodes sont connectées aux divers circuits électriques qui vont y faire passer des courants, comme nous allons l’expliquer dans un instant. Le rôle de ces courants est d’amener un fort échauffement des électrodes, de même que l’étuve produit un échauffement de l’ensemble de la lampe. On ne connaît en effet qu’un moyen d’évacuer les gaz occlus dans les métaux et dans le verre, c’est d’amener ces matériaux à une haute température dans le vide.
- Tout d’abord, on fait passer dans le filament des courants de plus en plus intenses, de façon à l’amener progressivement à l’incandescence.
- Ensuite, on s’efforce de chauffer la grille et la plaque et, pour ce faire, on porte ces deux électrodes à une forte tension positive par rapport au filament. Dans ces conditions, on sait que, le filament incandescent émettant des électrons ou particules d’électricité négative, ceux-ci, attirés par les électrodes grille et plaque, se précipitent sur lesdites électrodes; au moment du choc, leur énergie cinétique se transformera en chaleur, et ce bombardement électronique produira un échauffement de la grille et de la plaque assez considérable pour les porter à l’incandescence.. . et même pour les fondre à l’occasion !
- Les gaz occlus dans les électrodes se dégagent, envahissent l’ampoule, où la pression vient par suite à remonter. Dans ce vide imparfait, les électrons rencontrent un grand nombre de molécules gazeuses et les ionisent fortement; il en résulte une lueur bleue dans l’ampoule, lueur d’autant plus intense que le vide est plus mauvais.
- On recommence plusieurs fois l’opération, jusqu’à
- Fig. — La soudure au spot-welder.
- ce qu’on puisse faire chauffer fortement les électrodes sans constater un dégagement gazeux important. A ce moment, le pompage est terminé et on sépare la lampe de la pompe au moyen d’un coup de chalumeau sur la partie rétrécie du queusot. L’opération dure, tout compris, environ une heure pour les petites lampes et plusieurs heures pour les grosses.
- Aü" cours du vidage, le filament, allumé dans un mauvais vide, survolté, et soumis au choc des particules ionisées positivement qu’il attire, s’use assez rapidement; la lampe sortie de la pompe est déjà « vieille ». Un moyen d’obvier à cet inconvénient consiste à employer, comme source d’électrons pour bombarder la plaque, non plus le filament lui-même, mais la grille, dans laquelle on fait passer un courant électrique ; c’est ce qui explique pourquoi cette grille est soutenue par deux fils distincts qui traversent le pied de la lampe (voir fig. 5).
- Divers types de lampes. — Comme personne ne l’ignore, les tubes à vide peuvent servir à bien des usages, dont les principaux sont : la détection des ondes de T.S.F. ; — l’amplification des courants, notamment en T.S.F, et en téléphonie ; — la création du courant alternatif à partir du courant continu (hétérodyne, postes d’émission en T.S.F.).
- Une mêq|e lampe peut remplir ces trois rôles. Aussi, durant la guerre, le général Ferrie avait-il tenu à ce qu’on ait une lampe « omnibus », pouvant servir à la fois à la détection, à l’amplification et aux petites émissions : c’est le type T. M. courant.
- Depuis lors, bien des types ont été mis en service; mais en France on
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- Fig, 9. — Pompage d’une-grosse lampe.
- est resté fidèle au type T. M. pour les appareils de réception en T. S.F. Quant aux lampes dites « de transmission », les plus grandes modifications leur ont été apportées.
- Dans les postes de transmission à lampes, en effet, une partie (de 50 à 50 pour 100) de l’énergie fournie parles machines, et que la lampe transforme en ondes électriques, reste dans l’appareil. Cette énergie se transforme en chaleur qui échauffe fortement les électrodes et par suite la lampe tout entière. Cet échauffement risque, si l’opération du pompage a été mal conduite, de faire dégager les gaz qui sont restés cachés dans quelque coin des électrodes ou du verre. Le vide devient alors moins bon et, à partir d’un certain moment, adieu la transformation de l’énergie des machines en ondes électriques !
- Ce phénomène se manifestera d’autant plus plus tôt que la lampe aura été moins bien vidée, mais il se produira toujours si elle arrive à trop chauffer.
- Aussi, pour éviter cet échauffement, est-on amené à augmenter les dimensions des lampes, en même temps qu’on augmente la qualité du vide.
- Les types des laïhpes de transmission sont assez nombreux et leurs dispositifs divers. Notre figure 10 en représente un modèle. Dans cet appareil, on a cherché à éloigner le plus possible les différentes entrées du courant (ce qui permet d’employer de très hautes tensions) tout en gardant le montage par un seul pied : ceci a conduit à faire des ampoules cornées, que l’on obtient e^ soudant à la main sur le sommet de petits appendices en verre, ou cornes. Dans d’autres modèles, au contraire, on soutiendra de part et d’autre sur des pieds différents les systèmes grille-plaque-filament. Notre lampe a en outre un
- filament beaucoup plus gros : de millimètre.
- Sa plaque, en molybdène et non en nickel, est relativement petite et travaille au rouge orangé (1 200 degrés) sans que l’appareil se détériore. Dans d’autres
- lampes de même puissance, la plaque, qui peut être en nickel, est beaucoup plus grande, mais ne supportera sans accident qu’une température bien inférieure.
- Essayage. — Quand les lampes ont été munies de leur culot à quatre broches — l’opération se pratique exactement de la même façon que pour les lampes d’éclairage — on les soumet à une épreuve, un essai. Cet essai consiste à leur faire subir certaines mesures électriques ayant pour but de vérifier que les caractéristiques sont comprises entre des limites définies.
- On placera pour cela chaque lampe successivement sur un tableau où des appareils variés mesurent les divers courants qui la traversent.
- Supposons qu’il s’agisse d’une lampe T. M. En premier lieu, on fait passer dans le filament un courant que l’on règle au moyen d’un rhéostat, de façon qu’il y ait juste 4 volts aux bornes du filament, ce que l’on constate au moyen d’un voltmètre; un ampèremètre mesure le courant qui traverse le filament lui-même : il doit être compris entre 0,6 et 0,75 ampère, cette condition définissant la grosseur du filament. On réunit alors la grille et la plaque et on les porte au voltage de -h 80 volts par
- Fig. 10. — Lampe de transmission de 25o watts, modèle S. I. F.
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- L’UTILITÉ DE LA FOURMI DES BOIS
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- rapport au filament : dans ces conditions, tous les électrons émis par le filament sont recueillis par l’ensemble grille-plaque et le courant correspondant porte le nom de courant de saturation. Pour un blâment de longueur et de diamètre déterminés, cette condition définit la température du filament (valeur : 10 à 20 milliampères). L’opérateur fait ensuite des mesures sur le courant plaque, en fonction du voltage grille, et, pour y parvenir, il réunit la grille au potentiel 0 et au potentiel — 3 volts par rapport à l’extrémité négative du filament. Le courant plaque doit alors être compris entre 3,5 à 5,5 milliampères et la variation de ce courant, en passant du voltage grille de 0 à — 2 volts, doit être au moins de 0,6 milliampère. Enfin, on mesure au moyen d’un galvanomètre le courant grille lui-même. Au cours de l’expérience précédente, il devra être plus petit qu’un millionième d’ampère. D’après une théorie que nous ne voulons pas développer ici, il est d’autant plus petit que le vide a été plus poussé. C’est donc une véritable mesure du vide que l’on effectue en même temps.
- Passons maintenant aux lampes de transmission. On chauffe le filament sous un voltage déterminé, et on vérifie que l’ampérage du courant de chauffage est compris entre des limites déterminées, notamment qu’il est plus grand qu’une valeur donnée, ce qui indique que le filament n’a pas été trop usé au pompage. D’autre part, nous avons vu que ces lampes
- doivent pouvoir chauffer sans dégager de gaz, ce qui nuirait à leur fonctionnement. Ces dégagements gazeux ayant pour elfet de modifier les courants qui passent dans la lampe dans des conditions déterminées, on opère souvent de la façon suivante à l’essayage : on réunit la plaque à un fort voltage positif par rapport au filament (souvent plusieurs milliers de volts) et on règle le courant filament-plaque au moyen du voltage grille de façon à dépenser dans l’appareil une énergie déterminée. La lampe se met à chauffer et, si elle est bonne, elle doit dans ces conditions garder pendant un temps déterminé (1/4 d’heure par exemple) le même courant plaque sur le même voltage grille. C’est là une garantie de bonne évacuation, car, dans le cas contraire, la présence des gaz qui se dégagent pendant cette opération ferait varier lesdits courants. Ainsi, dans la lampe de la figure 10, on peut dépenser une énergie de -+- 250 watts sans risquer d’accident.
- Les si nombreux amateurs qui utilisent aujourd’hui les lampes de T.S.F. seront très certainement heureux de connaître comment ont été confectionnés les tubes à vide qui garnissent leurs amplificateurs détecteurs, et hétérodynes, et nous remercions très sincèrement la Société indépendante de Télégraphie sans fil d’avoir bien voulu nous donner, par la visite de ses ateliers et l’étude de ses procédés perfectionnés, le moyen de les renseigner.
- L. Jouenne.
- L’UTILITÉ DE LA FOURMI DES BOIS
- (Formica rufa L.)
- Le grand public ne cultive guère de vives sympathies à l’égard de la gent sociale des fourmis. A part les quelques vagues vertus de zèle, de persévérance et de prévoyance, dont le bon La Fontaine nous a inculqué l’habitude d’affubler ces insectes, on ne leur connaît que défauts et vices. Certes, les fourmis n’ont à première vue rien de bien attrayant : leur grouillement, leurs piqûres et leur venin, leur goût prononcé pour les visites inattendues de nos garde-manger ne sont pas faits pour créer et entretenir des rapports de bon voisinage entre l'homme et la fourmi. Et l’on finit par ne la regarder que d’un œil méchant et irrité ; il s’ensuit en outre que le maître de la création* dans sa farouche outrecuidance, n’envisage guère que le côté désagréable et nuisible de l’activité de ces insectes.
- Mais cela n’empêche que certaines espèces jouent un rôle bienfaisant dans l’économie de la nature. Nous nous proposons de mettre en lumière un de ces rôles et que nous pourrons même préciser par des chiffres suggestifs.
- 11 s’agit de la grosse fourmi fauve de nos bois, spécialement de nos sapinières où elle construit de respectables dômes. Cette espèce, très commune, appelée depuis Linné Formica ru fan été surnommée par lès forestiers « la Police des bois, », et nous verrons que ce surnom n’est vraiment pas exagéré.
- Ayant visité un nid de cette espèce pendant plusieurs saisons, nous eûmes l’occasion de dénombrer leurs vic-
- times parmi le monde nuisible des insectes. De la fourmilière, d’une grandeur moyenne, partaient quatre grands chemins sur lesquels les ouvrières s’en allaient chercher la nourriture nécessaire à l’entretien de leur métropole. Elles irradiaient une superficie d’environ 4 hectares. Voici les nombres d’insectes capturés que nous comptions sur l’une des quatre prises.
- Minutes Nombre d’insectes capturés.
- 1 10
- 2 13
- 5 22
- 4 7
- 5 18
- 6 10
- 7 9
- 8 15
- 11 10
- 10 12
- Moyenne 12
- Sur la région du terrain et les dépendances de la piste examinée (= 1/4 de la surface totale), les fourmis capturaient donc 12 insectes (hyménoptères, lépidoptères, chenilles, petits coléoptères, etc.,) par minute. Prenons ce chiffre comme base de calcul et nous obtiendrons les résultats suggestifs que voici :
- Nous verrons d’abord que toute la fourmilière en ques-
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- LA VISION DES OISEAUX
- tion détruit par minute 12x4 = 48, ce qui fait par heure 2880 insectes, donc par jour 69 620. Rappelons à titre de comparaison qu’en 1874, l’éminent myrmécolo-giste A. Forel, arriva au chiffre de 100 000! En admettant que le travail de destruction ralentit pendant la nuit et surtout pendant les journées plus froides, nous pouvons prendre comme chiffre moyen de destruction journalière le nombre de 50 000. Et alors nous calculerons que la fourmilière annihile pendant une saison l’action de 5 millions d’insectes. Rapportons cela à la surface visitée de 4 hectares : nous trouverons alors qu’une fourmilière de Formica rvfa débarrasse pendant un été chaque mètre carré de son terrain d’exploitation de 125 insccles. Or, dans une foiêt il n’y a guère qu’un seul nid de
- notre espèce. Nous connaissons même des forêts qui en forment une véritable agglomération. Sur la clairière d’une forêt, près de Luxembourg, nous avons compté plus de 20 grands nids de Formica rvfa. Pour ces terrains le nombre d’insectes tués par notre fourmi représente la somme impressionnante de 100 000 000 par saison !
- Tous ces chiffres parlent un langage éloquent en faveur de cette espèce de fourmi. Rendons-nous compte par la méditation de ces chiffres de l’énorme travail caché, effectué par les Formica ru fa et tâchons de les protéger contre les innombrables actes de vandalisme auxquels elles sont malheureusement exposées de la part des personnes-mal renseignées.
- Roüert Stümpeu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1923.
- La dénaturation de l’alcool éthylique. — Parmi les produits « infectants », on a déjà préconisé les huiles de distillation des résines, des brais ou des goudrons de bois. Pour leur fournir les caractéristiques qui en permettent la facile identification, MM. Rordas et Touplain proposent l’addition d’éthers de l’anhydride B2 O3, comme les borates d’éthyle et de méthyle, dont les différents modes de préparation sont bien connus.
- Le tremblement de terre du Kansou. — À la demande du Bureau central, Mlle Y. Dammann a déterminé l'épicentre du séisme en utilisant à la fois les renseignements macrosismiques et les enregistrements des laboratoires. Cette étude a conduit a une courbe qui ne s’accorde qu’incomplètement avec celle de Zoeppritz ; elle est nettement en dessous, dans la partie comprise entre 1500 km et 4000 km. Si l’on joint à ce fait l’énormité de la zone ébranlée, il semble qu’il faille admettre un foyer plus profond que celui du séisme de Calabre, que Zoeppritz avait utilisé pour le tracé de sa courbe entre 0 et 4000 km.
- Un nouveau minerai radioactif. — Uranotitanomo-bate de calcium, offrant des cristaux gris-noir à éclat semi-métallique ou des masses cristallines, la mendele-jevite a été reconnue par M. Vernadsky dans des filons de pegmatite du massif granitique de Transbaïkalie, aux environs de Sludjanka (localité de Uluntuj). Contenant 25,5 pour 100 d’oxyde U3 O8, le nouveau minerai, de dureté 4,5, semble appartenir au groupe de la bétafite.
- La variation des parfums sous l’influence du greffage •
- — M. Lucien Daniel a déjà constaté qu’en greffant entre eux des végétaux dont les parfums sont différents ou encore des plantes odorantes sur d’autres dépourvues d’odeur, les produits fournis par les épibiotes varient suivant les bypobiotes utilisés et sont souvent modifiés en qualité et en quantité. Ses dernières expériences ont porté sur Artemisis absinthium; elles montrent que la symbiose influence à la fois les exemplaires greffés et leur descendance et qu’il y a, comme pour l’immense majorité des plantes greffées, des greffages améliorants et des greffages détériorants.
- La préparation du vin par fermentation continue.
- — Les travaux de Pasteur et de Martinand avaient établi
- que les cellules apiculées se développent les premières lors de la fermentation sponlanée des jus de raisin; à leur disparition les levures elliptiques commencent à se multiplier. De la note de M. Semichon, il résulte que l’alcool joue parfaitement le rôle d’agent de sélection pour éliminer les micro-organismes qui diminuent la qualité des vins et cette action se met nettement en évidence dans le procédé de fermentation continue. Pour cela on introduit du moût vierge, à une vitesse constante, dans un récipient contenant du jus de raisin, en plein travail sous l’action d’un pied de cuve de levures choisies ; on extrait du moût mi-fermenté, en quantité égale au moût vierge employé, et la fermentation se termine dans une cuve quelconque. Avec des cépages courants du Midi, M. Semichon a obtenu des vins sans rudesse, ni terroir, et possédant de la finesse et du fruité. Paul B.
- LA VISION DES OISEAUX [Suite et fin (*)']
- Rôle possible des boules colorées dans l’appréciation des distances. — Pour des objets non monochromatiques (ce qui est constamment le cas) assez petits pour donner une image punctiforme au fond de l’œil, le chromatisme de l’œil peut faire varier la couleur de cette image suivant la distance de l’objet à l’œil. Si, par exemple, l’œil de l’oiseau, à l’instar de celui de l’homme, reçoit une image nette
- 1. Voir n°* 2560, 2561, 2562, 2563 et 2564.
- des radiations rouges quand il n’est pas accommodé (vision à distance — repos de l’accommodation) la couleur rouge d’un objet connu (ou des bords de cet objet si son image n’est pas punctiforme) pourra être pour l’oiseau, le signe même de la distance ; la transformation du rouge en bleu-violet sera, au contraire, le signe du rapprochement de l’objet.
- On en vient à se demander si l’œil de l’oiseau ne serait pas hyperchromatique, comme l’objectif du I)r Polack, afin de tirer le plus grand parti possible
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- LA VISION DES OISEAUX
- de ses boules colorées. Est-ce par l’hyperchroma-tisme que se justifie l’existence des boules?
- Comme l’avait dit Buffon, intangible dans ses grandes lignes, la vue est donc le premier sens de l’oiseau, l’ouïe étant le second, l’odorat ne venant qu’en troisième ligne : « quoiqu’on dise de l’odorat du corbeau, du vautour, etc... il est fort inférieur à celui du chien; du renard ». (Discours sur la nature des oiseaux )
- Buffon ne s’en était donc pas laissé imposer sur ce point par les légendes ayant cours, et cela bien avant Àudubon, Levaillant, etc.
- Dans l’œil de l’oiseau, la nature a mis en œuvre, en faveur de l’acuité visuelle, plus de moyens que dans celui des singes et de l'homme. Elle a usé tout d’abord d’un même artifice, la création (*) d’une fovea.
- Puis, elle a utilisé les boules colorées, déjà présentes dans la rétine des sauriens, qui n’ont du reste que des boules jaunes, incapables de réaliser les mêmes effets que les boules polychromes des oiseaux.
- De structure plus délicate, plus riche et plus complexe que la Fovea humaine, celle des oiseaux doit leur procurer évidemment une acuité supérieure. 11 y aurait cependant à tenir compte de la grandeur et de l’éclairement de l’image analysée par cette Fovea et sans doute d’autres facteurs encore qui dépendent de la structure de la rétine elle-même et des centres nerveux récepteurs (lobes optiques).
- Si, par exemple, le bouquet central de la fovea de la Buse nous a paru contenir, dans l’unité de surface, quatre fois plus d’éléments récepteurs que la région correspondante de l’œil humain, ce n’est là que l’une des données du problème, et nous ne pouvons en conclure purement et simplement que la Buse a une acuité quatre fois supérieure à celle de l’homme, un minimum separabile quatre fois plus petit.
- Il nous a souvent semblé, sans qu’il y ait là plus qu’une simple présomption, que la structure de la fovea des oiseaux n’expliquait sans doute pas toute la puissance visuelle qu’ils semblent manifester.
- Il faut en effet tenir compte de la fonction des boules polychromes, des modifications qu’elles apportent à la vision des couleurs, de l’amélioration quelles procurent dans la netteté des images.
- En montrant que ces boules peuvent rendre nettes les images rétiniennes irisées par le chromatisme de l’œil, le D1 Polack a vraisemblablement découvert un facteur nouveau d’acuité visuelle, en
- 1. On prendra ce mot de création dans le sens que l’on voudra. Comme nous ignorons les influences qui ont agi sur la rétine pour y déterminer des structures particulières, il nous est permis d’employer ici un de ces mots par lesquels nous désignons l’inconnu. <c Nature » dans le sens de « nature créatrice » est aussi un de ces mots. L’essentiel est de ne pas dire « nous savons » quand nous ne savons pas.
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- même temps qu’une propriété spéciale de la vision des oiseaux.
- N’y a-t-il pas en effet quelque chose de tout spécial dans les qualités visuelles révélées chez l’oiseau par les expériences de Judd. « S’étant assuré que des criquets à teinte feuille morte entraient dans le régime alimentaire d’oiseaux déterminés, Judd recueille un grand nombre de ces criquets, les réduit à l’immobilité par amputation des pattes, puis les disperse dans un tas de feuilles sèches répandues sur le sol d’une volière, de telle sorte que lui-même ne distinguait plus lès insectes des feuilles. Ces préparatifs terminés, il lâche les oiseaux dans la volière : instantanément, ceux-ci aperçoivent leurs proies confondues avec un fond en apparence homochrome. Tout récemment Fou-cher constatait que Carausius morosus, Phasmidc qui, par ses teintes, sa forme, son attitude, res semble à des ramuscules de végétaux, ne peut être élevé en plein air, car les moineaux ne tardent pas à le découvrir là où l’œil de l’homme prévenu a de la peine à deviner sa présence (M. »
- Ce sont là vraisemblablement des faits de discrimination des couleurs ou des nuances, plutôt que d’acuité visuelle, qui, à courte distance, ne diffère pas suffisamment de l’homme à l’oiseau. Le « crible à couleurs » de la rétine des oiseaux leur permet vraisemblablement de distinguer des nuances que nous confondons.
- Comme le fait remarquer Rabaud, cela remet en question tout le problème du mimétisme.
- La vision binoculaire des oiseaux comparée à celle de l’homme, — Chez les rapaces, les hirondelles, nous voyons apparaître les foveæ postérieures conférant à leur champ de vision binoculaire l’acuité qui permet l’extrême précision de la visée dans la chasse au vol.
- Chez les anthropoïdes et chez l’homme, une seule paire de foveæ, grâce aux mouvements de convergence, procure à la vision centrale le bénéfice de l’association binoculaire, depuis quelques centimètres de distance jusqu’à l’infini.
- Mais chez les oiseaux, dont les yeux sont fixes, la vision fovéale binoculaire n’a pu être réalisée que par la création d’un second couple de foveæ dans les régions rétiniennes qui, déjà, recevaient Limage des même objets.
- L’appareil visuel fondamental de l’oiseau avec sa double acuité monoculaire permettant la vision nette simultanée, mais indépendante, à droite et à gauche, a donc acquis chez les rapaces, etc... un troisième point de vision nette, celle-ci binoculaire et assurant la précision absolue que nécessite la capture de proies au vol rapide.
- La vision binoculaire de l’oiseau, réalisée sur un couple d’yeux fixes l’un par rapport à l’autre, ne s’exerce qu’à partir d’une distance de quelques
- 1. Emprunté à Et. Itabaud— Éléments de biologie générale, Paris, 1920.
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- mètres jusqu’à l’infini (*) tandis que l’homme peut faire converger ses foveæ sur des objets distants de 10 à 12 centimètres seulement. Gela montre bien combien des organes mobiles peuvent l’emporter en amplitude adaptative sur des organes fixes.
- Au reste, chaque organe est en rapport avec les besoins de l’organisme auquel il appartient. U est presque ridicule de dire qu’un homme ne pourrait faire un travail de précision avec des yeux de faucon, faute de convergence, et qu’un faucon ne pourrait chasser avec des yeux d’homme faute de rapidité, d’aciiité visuelles, etc... Cette remarque n’est cependant pas tout à fait inutile à une époque où certains zoologistes nient qu’il y ait une adaptation des organes à leurs fonctions.
- Il y a une adaptation, mais elle n’est pas absolue, impeccable, elle n’est que relative, ne répond qu’à l’essentiel.
- Si on la croit absolue, on ne comprend plus les organes imparfaits, les parties inutiles ou exubérantes, et quelques-uns en arrivent à nier toute adaptalion, ce qui est absurde.
- On peut trouver que la vision binoculaire des rapaces est imparfaite puisqu’elle ne fonctionne qu’à partir de quelques mètres. Elle est ce qu’elle peut être avec des globes oculaires immobiles. Elle suffit à assurer leur existence, cet essentiel est réalisé.
- L’éducation du sens de la vue chez l’oiseau. — Les aveugles-nés opérés de la cataracte à l’àge de raison ont besoin d'apprendre à voir. Leur appareil visuel encore non éduqué, leur montre le plus ou moins de lumière, les couleurs, les profils des objets par la tache qu’ils font sur des fonds plus ou moins éclairés qu’eux-mêmes. Tout ce qui est notion du relief et appréciation des distances, la vision brute ne leur en dit rien ; ils allongent le bras pour saisir la lune, etc...
- Au cours du développement physique et intellectuel, la fonction visuelle apprend du toucher à interpréter comme étant des saillies ou des creux, certaines parties des objets que l’oeil nous montre simplement comme plus ou moins éclairées. Elle apprend de la locomotion qu’un objet de dimensions connues est éloigné s’il paraît petit et qu’il le paraît d’autant plus qu’il faut faire un plus grand nombre de pas pour arriver jusqu’à lui ; qu’un objet masqué par un autre est également plus éloigné que celui-ci, etc... Ainsi naît la notion des distances et de l’espace qui est purement empirique et n’a rien d’inné.
- Nous pensons donc que pour un être doué d’un appareil visuel donné, l’appréciation des formes par la vue est d’autant plus parfaite que le toucher éducateur est. plus développé ; que le jugement des
- I. Dans la recherche de la vision binoculaire fovéalc par les images Iransclérales, on remarque (p. ex. chez la chevêche) que les images de la source lumineuse tombent en dehors des foveæ. quand cette source lumineuse est en deçà de 4 ou 5 mètres des yeux.
- distances est d’autant plus exact, que la locomotion est plus aisée et plus rapide.
- L’oiseau naît, comme l’homme, avec une machine visuelle qui a des propriétés innées, limitées ainsi que nous venons de le dire, et dont il ne sait pas se servir. Son toucher étant bien inférieur au nôtre, il nous paraît vraisemblable que jamais sa vision n’acquiert une faculté d’appréciation des formes comparable à celle que possède la nôtre. Son manque de convergence et de vision binoculaire s’accommodant à la distance doit agir dans le même sens. La précision du coup de bec implique cependant une appréciation très nette des courtes distances.
- Mais la faculté du vol a nécessairement développé au maximum chez l’oiseau la faculté d’appréciation des distances par la vue.
- C’est ce qu’avait si bien vu Buffon dont les phrases imposantes placées en tête de ce travail, se rapportent toutes non pas à la vision brute, mais à la vision éduquée par le vol.
- « Les oiseaux étant de tous les animaux les plus habiles et les plus propres au mouvement, ont le sens qui les guide plus parfait et plus sur. »
- Voici tout d’abord les ailes et l’œil associés dans un but commun. (L'oiseau est une aile guidée par un œil.)
- (( Le sens de la vue est le seul qui produise les idées du mouvement. » Oui, une fois éduqué par le mouvement lui-même, quand l’oiseau en volant a appris ce qu’est l’espace et tla distance. C’est alors qu’il devient capable « de comparer immédiatement les espaces parcourus ».
- C’est par cette expérience acquise que « l'idée du mouvement et toutes les autres idées qui l’accompagnent ou qui en dérivent s ont plus nettes et
- trouvent plus de place dans la tête de l'uiseau que dans celle du quadrupède ».
- Buffon nous suggère déjà de rechercher une structure plus parfaite (plus de netteté.....) et un
- plus grand développement (plus de place....) dans
- les centres optiques des oiseaux que dans ceux des mammifères.
- « La seule vitesse avec laquelle on voit voler un oiseau peut indiquer la portée de sa vue. »
- Assurément pas de grande vitesse possible sans une vue rapide et excellente. C’est cependant avec le mode de recherche de la nourriture et non avec la vitesse que l’acuité visuelle est principalement en rapport. Le Biset qui voie si vite, mais se nourrit de graines qu’il picore en marchant à petits pas, n’a pas l’œil énorme, ni la fovea compliquée d’oiseaux à vol lent (buse, circaète, vautour) mais qui découvrent de si loin une proie déterminée.
- D’autres oiseaux : les faucons, les hirondelles, ont des yeux en rapport à la fois avec la vitesse de leur vol et leur chasse aérienne. Ce sont les grands virtuoses.
- Dr Rochon Dlvigneald,
- Ophtalmologiste île 1 hôpital baèimoc.
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- ----- S^vS/ ------
- LA MACHINE A CALCULER “ ADDIATOR ”
- Il existe aujourd’hui de très nombreux systèmes de machines à calculer; sans parler de la précieuse règle à calcul, on utilise, dans les grandes administrations, des machines qui font automatiquement toutes les opérations arithmétiques : addition, soustraction, multiplication, escompte, etc. Ces machines, rapides el sûres, rendent de précieux services; elles permettent de diminuer le nombre des employés de bureau, ou tout au moins de les employer à des besognes plus intelligentes que le fastidieux travail des chiffres. Mais ces instruments à grand rendement sont fort coûteux et ne peuvent trouver place que dans de véritables usines à chiffres : banques, bureaux de statistique, comptabilité de grandes administrations. La machine Addiator, que nous allons décrire s’adresse à des entreprises plus modestes : légère, essentiellement portative puisqu 'elle se présente sous la forme d’un portefeuille de poche, elle peut rendre de grands services aux commerçants désireux d’accélérer leur travail de comptabilité, c’est aussi un instrument très commode pour les vérifications rapides de grandes opérations, et qui permet par exemple à un chef de service de contrôler promptement et sans peine le travail de ses subordonnés.
- Le principe de cette machine est bien connu; c’est celui même sur lequel repose le calculateur de ïroncet qui a été décrit dans La Nature le 18 octobre 1890. Cet ingénieux instrument parait être tombé dans l'oubli. Les constructeurs de la machine Addiator l’on fait revivre d’une façon fort heureuse.
- L’Addiator est avant tout une machine à faire les additions ou les soustractions. La multiplication n’étant qu’une série d’additions, et la division une suite de soustractions, on peut également se servir de la machine pour faire ces opérations. Mais, pour en faire comprendre le fonctionnement, il nous suffira d’indiquer comment s’effectuent les deux premières opérations.
- L’apparei se présente sous la forme d’une boite métallique mince, dont chaque face est munie de
- 9 rainures formant fenêtres, et, à leur partie supérieure recourbées en forme de L renversé. Le long de chaque rainure sont inscrits à égales distances les
- 10 premiers chiffres de 0 à 9 ; au-dessus de ces rainures sont des ouvertures circulaires dans lesquelles apparaissent des chiffres. L’une des faces de la boîte sert aux additions; l’autre face aux soustractions.
- Examinons la première; pour cela soulevons-la; nous apercevons à l’intérieur de la boîte métallique 9 réglettes mobiles qui peuvent se déplacer de haut en bas, ou de bas en haut sur des glissières. Toutes ces réglettes sont identiques : à leur partie inférieure
- elles portent sur leur partie gauche 10 trous équidistants ; la distance qui les sépare est la même que celle qui sépare 2 quelconques des chiffres consécutifs inscrits sur le couvercle le long des rainures; la partie supérieure est munie de crans égaux à droite et à gauche : on y lit.de bas en haut les 10 premiers chiffres de 0 à 10 ; les pleins et les vides sont égaux, et leur longueur est celle qui sépare deux chiffres de la graduation du couvercle : les dents de gauche sont peintes en rouge. Dans chaque fenêtre du couvercle apparaissent les trous ou les dents rouges d’une réglette; dans l’encoche en L apparaissent les dents blanches de la réglette immédiatement voisine.
- Ces explications permettent de comprendre immédiatement le mécanisme : au départ toutes les réglettes sont également remontées : dans chaque rainure, nous voyons en regard de chaque chiffre un des trous de la partie inférieure de la réglette; dans toutes les ouvertures circulaires apparaît le chiffre zéro; prenons un exemple simple : effectuer l’addition de 4 h- 2 ; nous prenons le style métallique qui est fourni avec l’appareil, nous engageons sa pointe dans le trou qui fait face au chiffre 4 de la fenêtre de droile ; avec cet instrument nous faisons glisser la réglette vers le bas jusqu’à ce que la pointe du style soit arrêtée, elle est alors en face du zéro et le chiffre 4 apparaît dans l’ouverture circulaire de droite, nous avons ainsi pose le premier
- Fig. i. — Vue de la machine Addiator dans son portefeuille.
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- LA MACHINE A CALCULER “ ADDIATOR
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- Fig. 2. — Vue montrant le mécanisme du côté addition.
- chiffre de notre addition : puis nous plaçons la pointe du style dans le trou qui fait face à ce moment au chiffre 2 ; nous faisons la même manœuvre : nous déplaçons évidemment la réglette d’une longueur correspondant à 2 chiffres : le chiffre 6 apparaît dans l’ouverture circulaire. L’addition est faite.
- Si le total des deux chiffres à additionner est supérieur à 10, la manœuvre doit être modifiée; on s’en aperçoit immédiatement du reste sur la machine elle-même ; au lieu de se trouver en présence d’un trou incolore, le style en s’engageant devant le 2e chiffre de l’addition se trouve pris entre deux dents rouges : supposons par exemple qu’il s’agisse d’effectuer l’addition 6 -f 8 ; comme précédemment nous posons le chiffre 6 ; ou bien celui-ci se trouve posé par l’opération précédente ; nous engageons alors le style dans le cran qui fait face au chiffre 8; ce cran apparaît en rouge ; au lieu de redescendre la réglette nous la faisons coulisser vers le haut, en poussant la pointe jusqu’au bout de la rainure et en l’amenant dans la rainure en forme de L renversé. En faisant cette opération, nous avons fait remonter de 10 moins 8, soit 2 crans, la réglette de droite, et fait descendre de 1 cran la réglette immédiatement à sa gauche : nous faisons donc apparaître le chiffre 4 dans l’ouverture de droite, le chiffre 1
- dans sa voisine de gauche, nous avons notre total : 14.
- Impossible de se tromper dans cette manœuvre si simple : si par exemple après avoir engagé le style dans le cran en face du chiffre 8, nous avions voulu faire descendre la réglette, au lieu de la faire monter, nous nous serions aperçus immédiatement de notre erreur, parce que aucun chiffre ne serait apparu dans la fenêtre quand le style serait arrivé au bas de la fenêtre en face du zéro ; cette fausse manœuvre, si elle se produit, est peu grave du reste ; il suffit évidemment de remonter alors la réglette en sens inverse et jusqu’au bout, en faisant rentrer le style dans la rainure.
- Ce que nous venons de dire pour l'addition de nombres de 1 chiffre, s’applique manifestement pour l’addition de nombres quelconques : les 9 fenêtres de la machine représentent 9 colonnes : pour faire une addition, il suffit de poser chaque nombre successivement comme nous venons de l’indiquer; chaque fois qu’on inscrit ainsi un nouveau nombre, le total s’inscrit de lui-même dans les fenêtres circulaires.
- L’opération terminée, on ramène au zéro au moyen d’une tirette dont la manœuvre ramène toutes les réglettes à la position initiale.
- Pour les soustractions, c’est l’autre face de l’instrument qui sert: à chaque réglette d’addition, correspond une réglette de soustraction, solidaire de la première, glissant sur la même rainure; et de forme identique; mais la disposition des chiffres, des trous et des crans y est renversée ; la manœuvre de la soustraction est du reste aussi simple que celle de l’addition.
- Cette ingénieuse machine permet, on le voit, de faire sans fatigue et très vite, dès qu’on en a pris l’habitude, des opérations aussi nombreuses qu’on le veut et portant sur des nombres de 7 à 8 chiffres.
- Ajoutons qu’elle est très légère • longue de 170 mm., large de 105 mm., elle pèse 210 gr. ; en outre elle est présentée d’une façon très élégante soit dans une enveloppe de cuir, formant portefeuille, soit sur un socle de bureau.
- R. Yiuærs.
- Fig. 3., — La machine sur son socle de bureau.
- — Imprimerie Laiiure, 9. rue de Fieurus, à Paris.
- Le Gérant : P. Masson.
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- LA NATURE. — N° 2566.
- JUIN 1923
- LES POPULATIONS SAHARIENNES
- Trois races fondamentales ont contribué au peuplement du Grand Désert : les Berbères, les Arabes, les nègres soudanais ou nigritiens. Elles se sont d’ailleurs fréquemment métissées, formant ainsi des populations nouvelles.
- Les Berbères sont des Protosémites ou des Kou-chites, la différence n’est pas toujours facile à faire entre ces deux éléments, ethniques, venus d’Asie plusieurs millénaires avant notre ère. Ils ont absorbe des populations se rattachant aux races paléolithiques de Cro-Magnon etdeGrimaldi. De ce mélange sont sortis les Égyptiens, les Lybiens, les Gara-mantes, les Berbères proprement dits (Numides, Maures, Gétules). Appartiennent aujourd’hui à cette race les Fezzanais proprement dits, les Berbères de Tripolitaine, les Mozabites, les Touaregs, les Bera-bers du Tafilalet, la majorité des Draoui. Ces populations parlent toutes des dialectes protosémiliques : amacheq des Touaregs (chez qui existe une langue écrite quelque peu différente, ; le tifînar),' tamasirt des Fezzanais, elc. Ceux qui ont-le mieux conservé les coutumes traditionnelles sont les Touaregs, lièdes musulmans chez qui subsiste le matriarcat et qui sont divisés en tribus hiérarchisées : nobles (immochars) et vassaux (imrads), avec des esclaves noirs ou métis (beylas).
- Les nègres paraissent avoir été les habitants primitifs du Sahara. Des tribus de race mandé ont’ laissé des traces de leur séjour dans les régions
- situées au sud du Grand Atlas marocain (Sous, Oued-Draa) ; on y trouve en effet des pétro-glyphes, qui sont leur oeuvre. Elles avaient des frères de race dans le Sahara central, où l’on retrouve également des pétroç/lyphes. 'foutes ces populations furent refoulées vers le Soudan, quand les Berbères se retirèrent dans les oasis sahariennes en fuyant devant l’invasion arabe.
- • Dans le Sahara Oriental, des Lybiens se fondirent avec des populations noires
- 1. Figures extraites ites Documents scientifiques de la Mission saharienne Foureau-Lamy. Masson et Gie,
- Fig. 2. — U11 Iîeloui. . éditeurs.
- 51’ Année. — 1" Semestre. ,
- Fig. i. — Le guide Thàleb, Targui de la tribu des Iaihanarene (*)
- mal connues, vraisemblablement nilotiques ; ainsi se formèrent les tribus des Tibbous ou 'fédas et des Kanouris.
- Dans l’ouest elle cenfre du Sahara, les Berbères, tout comme les Arabes, se sont mélangés avec des captifs soudanais, capturés au cours de rezzous ou vendus par des caravanes. A côté d’une femme légitime de sa race, le Targui (singulier de Touariks ou Touareg) a souvent plusieurs concubines noires. Il s’ensuit que rares sont les familles de race blanche pure, tant arabes que berbères.
- Les Arabes Kountas de la vallée du Niger et du nord du Cameroun sont une population métisse. Rhatani de TAzaoual, Hartgni du Hoggar, Harratins du Touat sont des cultivateurs sédentaires, où prédomine le sang noir.
- Les Arabes sont les derniers venus. Ils sont arrivés en deux fois, au vne et au xie siècle. Mais, tandis que les conquérants de la première invasion n’ont guère fait que traverser le Maghreb et ont laissé de côté le Sahara, les sauvages tribus italiennes, quatre cents ans plus tard, ont dévasté l’Algérie et la Tunisie et ont pénétré à la suite des Berbères dans le Grand Désert.
- Ils se sont d’ailleurs tellement mélangés avec les vaincus que, la polygamie aidant, il n’y a pas dans l’Afrique du Nord de tribus arabes de race pure, mais seulement des Àrabo-Berbères et des Arabo-Soudanais parlant arabe. On trouve des Arabo-Ber-bères et des soi-disant Arabes de race pure enTripo-lifaine, dans tout le Sahara algéro-tunisien et jusque dans le sud du Maroc (Sous, une partie des Draoui).
- : Arabo-Berbères également sont les Ouled-Draa de Taoudéni et les Berabich de FAzaoual.
- Les Maures de la Mauritanie, du Rio de Oro, du Sénégal etdu Hodh ne sont pas autre chose que des Arabo-Berbères, métissés de nègres. Ils sont divisés
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- en castes : guerriers, marabouts, tributaires, les premiers se disant d’origine arabe, les autres se reconnaissant berbères; en dessous enfin existe la caste des affranchis noirs, lesquels sont restés souvent dans une espèce de servage. Dans chaque confédération, on trouve des tribus des trois premières castes. Eux-mèmes s’appellent les Beïdanes (blancs); ils parlent un mélange d’arabe et de berbère, qu’ils écrivent avec des caractères arabes, le hassania. Certaines tribus parlent un dialecte berbère, le zenaeja.
- Étudions maintenant le Sahara région par région.
- I. Sahara occidental. — Politiquement parlant,
- Leur confédération la plus connue est celle des Regueïbats (.'),"qui envoient leurs rezzous jusque dans l’Àïr. Smara, dans le bassin du Seguiet-el-Hamra, a été longtemps la capitale de Ma-cl-Aïnin; mais beaucoup de Maures ont quitté le pays à la suite de ce marabout et de son fils bl-Hiba pour aller s’installer au Maroc.' Maîtres un instant de Marrakech, ils en ont été chassés par les Français et se sont fixés dans ie Sous, à Tizuit et dans les environs. On ignore complètement le chilire que peut atteindre la population de cette possession espagnole.
- La Mauritanie comptait en 1921, 260 000 habitants, Maures en très grande majorité (189000). À
- Fig. 3. — Un Keloui, marchant.
- il se partage entre les Territoires du sud de l’Algérie, le Maroc, le Rio de Oro, la Mauritanie et le Soudan français. Nous vèrrons plus tard les Territoires du Sud.
- La population du Maroc saharien n'est pas connue avec certitude. Au Tafilalet, on trouve surtout des Berabers, mais aussi des Àrabo-Berbcres, notamment les Beni-Mahmial, immigrés de l’Aglef à une époque relativement récente. Le pays de l’Oucd-Draa est habiLé par une majorité de Berbères Chleuh (Ait Tatla, Tazzerkant ou Tadjakant, etc.), mais on y trouve aussi di s Arabes, tant sédentaires que nomades (Beni-Mohammed). En 1880, Oscar Lenz estimait à 200000 le nombre des Draoai, juifs, noirs et métis compris, mais il avait en vue tout le bassin, dont une partie est aujourd’hui nominalement espagnole.
- Le Rio de Oro est habité par des Maures dans le centre (bassin du Seguiet-el-Hamra) et dans le sud.
- côté d’eux se trouvaient 57 000 Toucouleurs, métis de nègres et de Peulhs, ces derniers d’origine kou-chite. Ces deux populations sont ordinairement nomades ou semi-nomades. Quant aux noirs proprement dits (Saracolets, Ouolofs, Bambaras, etc.), ce sont des sédentaires, habitant la Chemama (54000).
- La partie saharienne du Soudan français comprend : le Hodh, où habitent des Maures’; la région de. Taoudeni, peuplée d’Ouled-Draa, immigrés de la région de l’Oued-Draa ; le nord de l’Azaoual, pays des Berabichs, Arabo-Berbères que nous avons déjà mentionnés et dont les principales oasis sont Araouan, Mabrouk et Mamoum, enfin l’Adrar des
- I. Les tribus les plus connues sont les Ouled Moussa, qui viennent aussi dans l’Adrar de Mauritanie, et les Igouasscrn, La première de ces tribus est en paix avec les Français. En 1910, les Souaad, les Thalat, les Ouled Cheik et une fraction dès Ouled ben Saba avaient demandé l’aman au colonel Couraud.
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- Fig. 4. — femmes touareg d’Aoudéras.
- lforas, habile par la confédération des Touaregs de ce nom('). D’après le P. de Fou-cauld, les lforas, qui se divisent en tribus nobles (Ihag-garem) et vassales (imradsj, sans parler des nègres esclaves ou affranchis (beylas), compteraient en tout 2000 familles, soit de 8 à T 0 000 âmes.
- Les Ouetliminden ou Ille-minden ont leurs terrains de parcours à cheval sur les limites des colonies du Soudan Français et du Niger, tant dans les régions purement désertiques que dans la zone des savanes.
- Ils se sont infiltrés dans les cercles septentrionaux (Dori, Say) de la Haute-Volta, où ils seraient au nombre de 5000. Des Arabes Kountas métissés de noirs, apparaissent déjà dans la partie saharienne de la colonie du Soudan, mais la plupart habitent la zone sahélienne.
- La colonie du Niger (r) présente une grande variété de populations sahariennes : Touaregs, Ouellimin-dcn et Arabes Kountas à l’ouest, Ivanouris au Kaouar, Tibbous dans l’est, Touaregs de l’Aïr au nord ouest, Almoussakarés au centre à la limite des savanes. Elle est à cheval sur le Sahara central et sur le Sahara oriental.
- Deux populations lui sont particulières : les Touaregs de l’Aïr et les Ivanouris du Kaouar. Les premiers se divisent en plusieurs fractions : Kel-Fcrouane, Kel-Oui, Kel-Gress, etc., à demi sédentaires, habitant le cercle d’Agadès. Chez eux les serfs s’appellent Douzous.
- Les seconds habitent le Kaouar (10 villages), mince chapelet d’oasis, ayant pour c< ntre principal Bilmn, chef-lieu de cercle, et le nord du Kanem (cercle du Zigueï). llaniis Vischcr estimait en 1910 la population du Kaouar à 5000 âmes, Kanouris pour la plupart et pour le reste Tsoubous (fraction de Tibbous). Les Kanouris se prétendent originaires de l’Yémen, mais sont en réalité, comme nous l’avons vu, des Berbères méLissés de noirs.
- 11. Sahara central. — Revenons au Sahara central. La plus grande partie de cette région est possession française et fait partie de l’annexe du Tidikclt, laquelle comprend le louât, le Tidikelt, le Gourara, leAhnet, le Mouydir, l’Ahaggar et le Tassili des Azdjers. Celte annexe du Tidikelt, qui dépend des Territoires du Sud (Oasis sahariennes) et déborde sur le Sahara occidental, couvre en gros 2 millions de kilomètres carrés. Elle a pour chef-lieu In-Sàlah, d’après Y Indicateur général Havas pour l'Afrique
- 1. I,e territoire du Niger a été érigé en colonie par décret du 15.octobre 1922.
- 1. Avec l’Adrar des lforas, ou se trouve déjà dans le Sahara central.
- Fig. 5. — Fouarég des Kct-Feroudne.
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- du Nord de 1922, elle n’aurait en tout que 18 à 20000 habitants, chiffre certainement trop faible.
- Trois confédérations touaregs : lvel-Ahaggar ou Hoggar, Kel-Ahnet ou Taïtog, Azdjers en habitent la plus grande partie. Au Touat, on trouve des Arabes ou. Arabisés et des Ilarratins. Voici les chiffres que nous avons pu trouver à ce sujet :
- Kel-Ahaggar.......................... 869
- lvel-Ahnet..........................5.800
- Kel-Azdjers.........................2.565
- Touaregs. . . . 9.054
- Tidikelt (lato-sensu) compris. Or le poste d’El-Goléa aurait environ 18000 habitants. On arriverait donc pour l’annexe du Tidikelt à environ 62 000 habitants, ce qui est évidemment plus vraisemblable. Le P. de Foucauld estimait d’ailleurs à 8 ou 900 le nombre des familles des Kel-Ahaggar, soit environ 5200 à 5600 personnes.
- Tout le Tassili des Azdjers n’appartient pas à la France; un fragment avec Rhat dépend nominalement de la Lybie.
- Les plusconnus des Touaregs sont les Kel-Ahaggar, qui se divisent en nombreuses tribus : Kel-Rela, Kel-
- Fig. 6. — Un coin du village d’Aoudéras (Aïr).
- Ouled-Bahainan.................... 852
- Ouled-Dahamé. ....... 1.199
- Ouled-Moktar...................... 907
- Ouled-Yahia....................... 448
- Ouled-Zenane.....................2.227
- Arabes du Touat. . 5.615
- Divers: Ahl-Azzi...................1.571
- Akabli . 525
- Aoulef-Cheurfa................... !. 482
- In-Ghar............................. 856
- Tet . .............................. 600
- Zoua-Fogaret........................ 824
- 5.858
- £ Ces chiffres sont manifestement inférieurs à la vérité. La prpuve en est que, tandis que les chiffres provisoires du recensement de 1921 des Territoires du Sud étaient de 548 409 et ne comprenaient pas le poste d’El-Goléa et l’annexe du Tidikelt, les chiffres définitifs s’élèvent à 622 850, EI-Goléa et le
- Inrar, etc., nobles; Aït-Lahen, Day-Rali, etc., vassaux. Ils le doivent aux récits des explorateurs français et à la visite en France deMoussa-Ag-Amastane, ainsi qu’au massacre delà mission Flatters.
- IIÏ. Sahara algéro-tunisien. — Le Sahara algérien est occupé presque entièrement par les Territoires du Sud et pour le surplus par des prolongements au sud de l’Atlas saharien des trois départements d’Oran, d’Alger et de Constanline. Voici les chiffres des superficies et des populations des Territoires du Sud :
- kmq. liai). i
- Aïn-Séfra . 415.202 4657529
- Ghardaïa . 85.462 445.029
- Touggourt .... . 414.951 202.745
- Annexe d’Ouargla . . 54.000 57.108
- Poste d’El-Goléa . . . 80.000 48.000(7)
- 447.595 566.409
- Les Territoires ont pour chefs-lieux respectivement Aïn-Séfra, Laghouat et Biskra. Ils sont habités par
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- des Arabes, tant sédentaires (Ouargla, Beni-Sissine, El-Adjaja, Sidi Khaniled, N’Gouça, etc.) que nomades (Gbaamba, comprenant six tribus : Ouled-Sidi-Cheik ; Oulad-Naïl; Saïd Otba, Beni-Thena, etc.), et par des Berbères sédentaires (Mzabites).
- Le Sahara tunisien est occupé en très grande partie par les Territoires militaires du sud de la Tunisie, chef-lieu Medenim, qui comprennent trois caïdals. Ouerghemma, 75 000 hab., Nefzaoua, 40 000, dont 5000 nomades ; Malmala : 18 000 sédentaires. Le reste relève du territoire civil de la Régence (caïdat de Tozeur). Le tout est peuplé d’Arabo-Berbères.
- IV. Sahara nord-oriental. — Au point de vue démographique, on peut y rattacher la Djefara, ou plaine sablonneuse du littoral. Il se trouve correspondre à la Tripolitaine proprement dite avec IVhadamès, Rhat et le Fezzan et les oasis de Koufra. Le tout représentait en 1917 environ 500 000 k.q. et 569000 habitants, oasis de Koufra non comprises (1). Depuis lors la population a diminué, par suite des épidémies : le Fezzan, qui comptait 31 000 hab. en 1917, n’en aurait plus qu’une vingtaine de mille.
- Les Tripolitains se partagent ainsi au double point de vue racial et sociologique : Arabes : 203 000 (dont 7384 Chorfa, 58404 de tribus maraboutiques et chérifiennes, 157 594 Arabes ordinaires).
- Arabo-Berbères : 178 000 (dont 56 493 de tribus maraboutiques et 121 491 autres).
- Berbères : 136 000 (dont malékhites : 102 739; ibahdites : 35256).
- Coulouglis : 36 000.
- Juifs : 16000.
- Il y avait en 1917, 51 territoires : 22 pourleDjé-fara et le Djebel; 6 centraux; 3 dans le sud. Ce sont : le Fezzan, qui comptait 3.1 600 habitants; Ghadamès : 6700; Ouadi-Ech-Choti : 13 700.
- Les Italiens n’élèvent jusqu’à présent aucune prétention sur les oasis de Koufra.
- Au point de vue du genre de vie, on comptait 556468 sédentaires, 128 095 semi-nomades et 84530 nomades. Parmi ces derniers, mentionnons
- 1. Elles ont environ 500Ü habitants, d’après le maréchal de logis Lapierre, qui y fut mené comme prisonnier.
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- la présence de Touaregs dans le sud-est (Ghadamès, Chat) et de Tibbous dans le Fezzan méridional.
- V. Sahara sud-oriental. — Le Sahara sud-oriental est le domaine des Tibbous comme le Sahara central est celui des Touaregs. Politiquement parlant, il se partage entre la colonie du Niger, dont nous avons déjà parlé, la colonie du Tchad, dépendance de l’Afrique Équatoriale française, et, pour une très faible part, du Soudan anglo-égyptien (nord du Dar-Tama et du Dar-Four).
- Les Tibbous parlent le léda, langue nilotique mêlée de berbère. Ils sont encore assez mal connus. La dernière étude d’ensemble parue sur eux remonte à 1862 (Petermanns Mitteilungen, supplément);
- elle est l’œuvre de Behm.
- Depuis lors, de nombreux renseignements ont été recueillis sur ces peuplades (Nachti-gal, Rohlfs), mais ils sont restés éparpillés. Le commandant Tilho, au cours de sa mission de 1912-1917, a beaucoup contribué à les faire connaître.
- Dans son étude Bas Land und das Volk der Tebu, Behm penchait vers l’hypothèse deBarth, d’après laquelle les conquérants berbères et les Tibbous avaient été absorbés par des nègres soudanais. les Tédas. Mais, aujourd’hui, il paraît démontré que le téda et le kanouri n’ont rien de commun avec les langues nigritiennes ; il faudrait chercher du côté des langues nilotique s.
- Comme habitat géographique, Behm leur assigne la région comprise entre l’oasis de Fochi, à trois journées à l’ouest de Bilma et le désert de Lybie, mais sans leur fixer de limites précises vers l’est. Il assure qu’ils se divisent en 50 à 60 tribus d’importance inégale : 12 dans le Kaouar et au Bornou, 18 dans le Kanem, 9 dans le Tibesti, 10 dans le Borkou, 7 dans l’Onadianga, le Ouadaï et leDarfour. Aujourd’hui, le travail de Behm devrait être refait de fond en comble. Déjà Tilho et ses successeurs ont recueilli sur leur pays et sur eux-mêfties^fles données statistiques intéressantes. Voici des chiffres :
- Tibesti (1918), 15000; Borkou (1915); 6- à 8000, etc. ''
- Les raids des Tibbous sont d’une audace extrême. C’est ainsi que ceux du Tibesti, de ’ l’Erdi et de
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- TEnncdi lancent leurs rezzons jusqu’à Dongola dans la vallée du Nil, utilisant ainsi la trouée entre le Grand Erg et l’Erg Méridional de Lybie. Si es, nerveux, d’une endurance et d’une sobriété incroyables, ils sont les dignes émules, pour ces entreprises de pillage, de leurs ennemis mortels les Touaregs et des Régueibats. Mais, pour ce qui est de la bravoure,.
- ils sont certainement très inférieurs aux Touaregs.
- Tels sont les principales populations du Sahara. Nous n’avons nullement prétendu en donner une statistique complète, il n’en existe pas, ni une étude ethnographique détaillée; nous avons voulu seulement en donner une vue d’ensemble.
- René i.e Co.nte.
- LA FLORE DES INONDATIONS DE L’YSER
- A. L’étendue des inondations. — Derrière les dunes bordant la côte belge, s’étale une plaine basse, la plaine polderienne, qui se prolonge sur le littoral du département du Nord; son niveau est inférieur à celui de la marée haute et supérieur à celui de la marée basse. En octobre et novembre 1914, après la chute d’Anvers, l’armée belge inonda une petite partie de cette région pour arrêter l’ennemi qui se ruait vers Calais.
- Le.29 octobre, les pontonniers belges ouvrirent à marée haute, à Nieuport, les vannes dit Noordvaart, un canal servant normalement à l’évacuation des eaux. L’eau de mer pénétra dans le canal, de là dans les fossés de drainage séparant les champs, et déborda ensuite sur les terrains de culture. Dès le lendemain, l’inondation atteignait Ramscappelle ; le 2 novembre, elle remontait jusqu’à Dixmude.
- Les limites de cette nappe d’eau étaient : en aval, Nieuport; en amont, Dixmude; à l’Est, la digue de l’Yser; a l’Ouest, le remblai du chemin de fer de Dixmude à Nieuport.
- Mais l’inondation était loin d’être continue. Le Génie belge la maintenait à la cote 5 m. 45, ce qui mettait une couche d’eau de 10 à 50 centimètres seulement sur la majeure partie du terrain. Malgré leur horizontalité presque parfaite, les polders présentent tout de même de petites bosses ; celles-ci formaient autant d’îlots, à quelques décimètres au-dessus de la nappe liquide.
- . Plus tard, lorsque les Allemands se furent emparés de Dixmude, le 10 novembre 1914, on submergea le pays situé en amont, à droite de l’Yser.
- C’est donc en admettant de l’eau de mer dans les canaux et les fossés qu’on avait établi l’inondation. Une fois la cote 5 m. 45 atteinte, il s’agissait de la conserver. En effet, de nombreux avant-postes étaient installés sur les ilôts, et on n’y avait accès qu’à l’aide de passerelles (fig. 1); il fallait donc éviter à la fois que l’eau ne descendit, ce qui eût permis à l’ennemi de passer, et qu’elle ne s’élevât trop, submergeant les avant-postes et les passerelles.
- Pendant l’hiver, l’apport d’eau par les pluies était plus qüe suffisant pour compenser l’évaporation; aussi devait-on de temps en temps lever les vannes à marée basse pour laisser écouler le surplus. A chacune de ces opérations, la salure de l’inondation diminuait-Mais en été, l'évaporation l’emportait, et on était sans cesse obligé d’alimenter la
- nappe à l’aide de nouvelles admissions d’eau salée.
- C’est évidemment dans la section d’amont que les fluctuations de la salinité ont été le plus étendues. Depuis Nieuport jusqu’à la ligne Pervyse-Schoorbakke, la concentration variait peu, ce qui permettait à des Balanes (Balauus vmprovisus), à des Bryozoaires (Membranipora membranacea) et à des Moules (Mytilus edulis) d’y vivre pendant toute la guerre. Plus haut, au contraire, les organismes saumâtres n’ont jamais pu prendre pied.
- Examinons séparément les deux sections.
- R. Les inondations à salure continue. — C’est la salure qui a été le principal agent modificateur de la biologie dans la région submergée.. Celle-ci était occupée avant la guerre par une flore et une faune adaptées à vivre dans l’eau douce et sur la terre : prairies, champs, bords des chemins, fossés.... Le premier effet de l’eau de mer a été de tuer jusqu’à la dernière plante et au dernier animal.
- Le fait le plus saillant est la mort des arbres et des arbustes. Le long des routes, aux bords des fossés, dans les vergers, autour des fermes, pas un arbre n’a échappé : tous ceux dont les racines ont été touchées par l’eau salée ont péri.
- Ce qui est vrai pour les arbres Test aussi pour les plantes herbacées et pour les animaux : Insectes, Mollusques, etc. Après l’armistice, lorsque les eaux se furent retirées, la nudité du terrain était impressionnante (fig. 2) : sur celte immense plaine, jadis le pays le plus fertile de la Belgique, où pas le moindre bout de terre ne restait inoccupé, qui donnait les récoltes les plus variées et les plus opulentes, plus rien ne révélait l’existence possible d’êtres vivants.
- 1. La flore en 1919 : espèces saumâtres. — A travers ce désert circulaient, les passerelles surélevées; sur les îlots, il y avait des « tranchées » et des « boyaux », qui n’étaient pas creusés dans le sol, comme leur nom semble l’indiquer, mais construits en sacs de terre. Sur les parapets qui défendaient les avant-postes, ainsi que sur les tranchées et les boyaux, était installée une végétation purement terrestre, n’ayant aucun rapport avec l’inondation.
- Les graines venant de là pouvaient-elles coloniser, au printemps de 1919, le terrain récemment sorti de Beau? Nullement, car là lloré des parapets, empruntée en majeure partie aux bords des chemins dans les polders voisins, ne supportait pas l’eau
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- salée. Aussi, pendant le premier été, la région des inondations saumâtres ne portait-elle qu’une flore clairsemée, composée surtout d'Aster-Trifolium, de trois espèces d'Atriplex et de quelques autres plantes, toutes originaires des terrains salés. Elles vivent en abondance sur les prés salés et sur les alluvions qui bordent l’estuaire de l’Yser, en aval de Nieu-port, et qui sont envahies pair la mer aux fortes marées.
- Les graines qui ont germé en 19 H) sur les terrains d’où les eaux saumâtres venaient de se retirer provenaient sans aucun doute de l’estuaire; elles avaient été amenées par l’eau de mer qu’on faisait refluer par les vannes de Nieuport lorsque le niveau baissait.
- 2. La lutte entre les espèces saumâtres et celles qui descendent des parapets. — Dès la deuxième année, en 1920, le tableau de la végétation avait subi un bouleversement complet. Pendant deux hivers et un été, les pluies avaient délavé le terrain, entraînant vers la profondeur les sels qui imprégnaient la surface. Peu à peu, les endroits quelque peu élevés se déssalèrent, et il ne resta plus de sels
- en quantité appréciable que dans les trous d’obus et les fossés.
- A partir de ce moment, la flore des parapets put descendre sur le fond et y faire la concurrence à la végétation saumâtre. L’inventaire de la llore, en 1920, montre nettement que les plantes des alluvions salées sont lentement refoulées par les espèces banales, qui venaient d’accomplir un stage de cinq ans sur les tranchées et les boyaux.
- Le remplacement n’est presque nulle part achevé.
- Il est naturellement le plus avancé dans les régions parcourues par de nombreux boyaux, tandis qu’il est à peine entamé dans celles où les communications se faisaient par des passerelles (fi g. 3). On constate d’ailleurs partout que les espèces saumâtres, notamment Aster Trifolium et les Atriplex se concentrent auprès des trous d’obus. Aussi le pourtour de ces creux présente-t-il d’ordinaire une zonation régulière (fig. A). Autour de l’eau plus ou moins salée où nagent des Crevettes (Palae-monetes), il y .a une première ceinture d’argile crevassée et nue,
- Fig. 2. — La même après le retrait des eaux. Le soi est\complètémenl nu, sauf sur les petits îlots, au loin, qui sont couverts de roseaux ( P h ragrn ite s communis). Mai iqiq.
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- Fig. 3. —. La même seize mois plus tard. Il n’en reste que les poteaux de l’avanl-plan. Le terrain est couvert d’Aster Trifolium en fleurs, surtout autour des trous d’obus, en bas à droite. Septembre iqio.
- dont l’émersion ne date que des journées sèches de l’année 1920; immédiatement en dehors, une zone occupée par Atriplex; puis une autre où fleurit Aster ; enfin au delà de ce triple cercle viennent les espèces banales, parmi lesquelles se remarque particulièrement le Chiendent ordinaire (Agro-pyrum repens).
- En quelques points la lutte s’est déjà dénouée au profit des derniers immigrants ; il en est ainsi chaque fois que le Chiendent prend part au combat. On voit souvent, par exemple, au milieu de vigoureuses tiges sèches d'Aster Trifolium, ayant lleuri en 1919, quelques individus chétifs affaiblis par la con currence que leur fait le Chiendent, et qui succomberont sans avoir fleuri : l’année dernière, les Aster prospéraient encore en cet endroit; cette année-ci, ils sont vaincus par leur rival (fig. 5).
- 5. La flore des
- Vols non inondés. — Qu’est devenue la végétation des bosses non atteintes par l’inondation ? (fig. 2)
- En 1919, elle comprenait : a) les plantes cultivées ; b) les mauvaises herbes des cultures ; c) les espèces habitant les bords des chemins ; d) celles des fossés et des canaux.
- Ainsi qu’on le sait, les plantes cultivées et les mauvaises herbes qui profitent du travail de l’homme sont incapables de se maintenir dès qu’on n’intervient plus pour leur rendre la vie commode; aussi ont-elles toutes disparu, Restent les végétaux vraiment sauvages des fossés et des bords de chemins. Entre eux s’est engagée une lutte d’une âpreté extrême qui a fini presque partouL par la victoire incontestée du Roseau (Phragmiles communis). Celui-ci s’est propagé avec une telle exubérance, qu’il a étouffé tous ses adversaires : à l’armistice,
- Fig. 4. — Les bords d’un trou d'obus, près de Nleuport. Au-dessus de l’argile craquelée, zone cf Atriplex hastata; haut, Aster Trifolium : plus haut, Agropyrum repens et autres plantes d’avant-guerre. Septembre 7920.
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- LA FLORE DES INONDATIONS DE L’YSER
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- chaque petite éminence portait un fourré de Roseaux, tellement dense qu’il n’y avait plus place pour d’autres espèces.
- Mais les conditions d’existence du Roseau ont été totalement changées lors du retrait des eaux : les îlots, qui jusqu’alors avaient été suffisamment humides, se desséchaient dè plus en plus, ce qui rendait la vie impossible aux Phragmites.
- Ceux-ci ont alors produit des rhizomes aériens (fig. 6), courant dans toutes les directions jusqu’à des distances de dix à douze mètres, et qui avaient chance de descendre dans des fossés ou dans des
- creux plus humides. Et, de cette manière, les Roseaux qui s’étaient retirés sur les éminences pendant la guerre, regagnèrent après l’armistice leur ancien domaine.
- C. Les inondations à salure variable. - Les ré-
- Fig. 5. — Le retour de la flore d’avant-guerre, sur les terrains qui avaient été inondés : Aster Trifolium qui ont fleuri en iqiç, mais dont les descendants sont étouffés par Agropyrum repens, en tq20. A gauche, capitules de Matricaria inodora. Septembre 1920.
- Fig. 6. — Roseaux ^Phragmites communis) descendant des îlots sur lesquels ils avaient été cantonnés pendant la guerre {voir fig. 2). Octobre 7920.
- gions d’amont, où l’eau ne devenait saumâtre qu’ex-ceptionnellement, sont beaucoup moins intéressantes. Cette solution diluée ne fut pas fatale à toutes les plantes, et une sélection s’opéra. Celle-ci est particulièrement manifeste au Blankaart, un
- grand étang au Sud de Dixmude.
- Voici ce qu’on y constatait en 1919 et 1920 (fig. 7).
- Sont tous morts : Populus monilifera (Peuplier), Sambucus nigra (Sureau), Ty-pha angustifolia, Scirpus lacustris.
- Ont résisté en partie : Salix alba (Saule), Nymphaea alba (Nénuphar).
- Ont résisté : Salix cinerea (Saule cendré), Sium lati folium, Hydrocha-ris Morsus - Ranae, Phragmites communis (Roseau).
- Quelques arbres présentent une particularité curieuse.
- Pendant la guerre, le niveau de l’eau du
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- Fig. — Vue générale d’un étang, le Blankaert, au S. de Dixmude. Les arbres morts sont des Peupliers (Popülus monilifera) ; les arbres encore vivants sont des Saules (Salix alba); devant, des- Nénuphars (Nymphæa alba). Août uyio.
- Illankaart avait monté d’un mètre environ, et les racines étaient donc profondément submergées.
- Chez les deux Salix (fig. 8), une nouvelle ceinture de racines est née sur le tronc, à la surface de l’eau, la la lige, mieux nourrie au - dessus d’elles, s’y est accrue davantage.
- Autour du Blan-kaart, bordé jusqu’en 1914 d’un épais fourré de Ty-pha angnsti folia, celui-ci a cédé le terrain à Typha latifolia, qui y était presque inconnu avant la guerre, et qui était d’ailleurs fort rare sur tout le littoral belge. Or, actuellement, T. an-gustifolta a disparu presque de partout, et dans les innombrables trous d’obus dont la guerre avait criblé la Flandre, c’est T. lalifolia qui s'est installé en
- conquérant. La même espèce occupe, presque en culture pure, de grandes étendues de terrain dans les inondations des environs de Dixmude (fig. 9).
- Citons encore une plante qui s’est énormément répandue après l’armistice.
- Avant la guerre, la Moutarde commune (Brassica migra) était une mauvaise herbe dans les cultures des dunes, mais n’était pas connue dans les polders.
- Pendant l’été de 1919, dans le triangle compris entre Per-vyse, Schoorbakke et Dixmude, tous les parapets disparaissaient sous les Brassica nigra ; c’était comme un océan dont les vagues d’or envahissaient tout le pays. En 1920, ils étaient encore nombreux (fig. 10) ; mais, en 1921, leur nombre avait beaucoup
- Fig. 0. — L’accommodation des arbres à l’inondation. I.e riveaw de l’eau dans le Blankaert avait monté d’environ un mètre. Sur le gros arbre, au milieu, fSalix alba) el sur les petits arbres (Salix cinerea) une couronne de racines est née au niveau de la surface de' l’eau. Les troncs Sont devenus plus gros au-dessus des racines. L’arbre de gauche (Populus monilifera), qui n’a pas formé de racines, est mort. Août iç20.
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- Fig. <). — Le retour de la végétation dans la plaine qui avait été inondée pendant la guerre, entre Langewaede et Steenstraete, en amont de Dixmude. La‘flore est composée presque uniquement de Typha latifolia. Août /920.
- décru, et, en 1922, ils étaient devenus exceptionnels, même le long des tranchées et des boyaux qui n’ont pas encore été aplanis.
- Et pourtant aucune autre plante ne les a remplacés ; on a l’impression que le terrain est devenu impropre à leur existence.
- Ainsi qu’on le voit, la végétation de la région qui fut inondée pendant la guerre a passé par quatre phases successives :
- En 1914, flore des champs, des prairies et des bords de chemins.
- De 1914 à 1918, suppression totale de cette flore. En 1919, flore des terrains salés.
- En 1920, 1921, 1922, remplacement progressif de la flore saumâtre par les espèces d’avant-guerre descendant des parapets et des ilôts.
- 11 eût été certes fort intéressant de noter les péripéties de la lutte entre les végétaux saumâtres qui
- avaient immigré à la suite de la guerre, et les habitants d’avant-guerre qui, après s’ètre retirés sur les parapets, redescendent dans la plaine et refoulent les envahisseurs. Mais nous n’avons pas eu le temps de faire cette étude ; car l’agriculture a tout de suite
- repris possession des terrains pour les aplanir et les remettre en exploitation ; et actuellement (mars 1923), il ne reste plus un seul point où la concurrence des immigrants et des revenants puisse se poursuivre.
- Quoi qu’il en soit, les inondations de l’Yser constituent une vaste expérience montrant l’influence des changements de milieu sur la répartition des espèces botaniques. C’est à ce titre que nous avons voulu la signaler ici.
- Jean Massabt,
- Dirocleur de l'Institut lioliuiiquc Léo Errera, Professeur à l’Universilé de Bruxelles.
- Fig. 10. — Bras?ica nigra {Moutarde), sur les parapets des tranchées, à Kerkhoek, entre Stuiœkeuskerke et Caeskerke. Septembre IQ20.
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- LES FOURS A DECHARGE DANS LE VIDE
- Le problème du chauffage à haute température se ramène à celui de la consommation, dans un espace donné, d’une énergie aussi considérable que possible; en effet, la température d’un corps chauffé n’augmente plus lorsque la chaleur qu’il perd est égale à celle qu’il reçoit dans le même temps; or, les pertes, surtout celles par rayonnement, croissent très rapidement avec la température; il en est donc de même de l’énergie nécessaire pour les compenser.
- Dans les laboratoires, on emploie principalement le gaz d’éclairage ; lorsqu’on - veut par ce moyen
- obtenir des températures élevées, on cherche à réduire le rayonnement, à augmenter la consommation, à rendre la combustion plus complète, notamment par mélange avec de l’air comprimé.
- Toutefois, on est toujours limité par la température maximum théorique, qui serait atteinte par la flamme si toute la chaleur produite était utilisée uniquement à chauffer les produits de la combustion. Le remplacement de l’air par l’oxygène et du gaz d’éclairage par un gaz à fort pouvoir calorifique, comme l’acétylène, permet d'élever sensiblement cette limite.
- Mais pour utiliser au mieux la chaleur de la flamme, on est généralement conduit à soumettre directement à celle-ci le corps à chauffer (*), ce qui peut être gênant pour certaines recherches ; en outre, dans la plupart des cas, le produit étudié se trouve
- 1. Exemple : fusion du platine au chalumeau oxhydrique.
- Fig. i. — Four de Parsons et Campbell.
- placé dans des conditions qui en rendent l’observation difficile, voire impossible. Enfin la qualité des matières réfractaires constituant le creuset, le tube ou l’enceinte du four joue un rôle important et peut être cause de nombreux ennuis.
- Les fours électriques à résistance, très répandus aujourd’hui, et bien préférables à beaucoup de points de vue, ont des inconvénients analogues ; cependant ils rendent possible le chauffage dans le vide, à peu près impraticable avec le gaz.
- Les four» dont nous allons parler, basés sur des principes tout différents, ont le grand avantage de réaliser le chauffage d’une matière dans le vide par apport direct de chaleur à sa surface; le creuset qui la contient ne servant plus que de support, n’est plus chargé de la transmission de la chaleur, de sorte qu’il résiste beaucoup mieux ; de plus, le produit soumis à l’expérience y est d’une observation facile ; en particulier il se prête aux mesures de température par les méthodes optiques, dont l’application aux fours à gaz est souvent rendue aléatoire par l’in-terposition d’atmosphères absorbantes.
- Fours cathodiques.
- — Rappelons d’abord le phénomène découvert par Hittorf en 1808, et certainement déjà connu par la plupart de nos lecteurs : un tube muni de deux électrodes contient un gaz à une pression très faible, par exemple 0,001 mm de mercure ; si l’on applique aux bornes une tension de quelques milliers de volts, la cathode émet un faisceau de rayons invisibles à peu près normaux à sa surface et se propageant sensiblement en ligne droite : Wiedemann les a appelés rayons cathodiques.
- L’ensemble de leurs propriétés conduit à admettre qu’ils sont formés de particules chargées négativement, que l’on nomme électrons; ces particules très petites sont repoussées par la cathode et lan-
- C, cathode; A, anode ; T, tube de verre isolant la partie active de la cathode ; B, tige de quartz.
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- cées à grande vitesse tangentiellement aux lignes de force du champ, par suite de la valeur élevée de ce dernier au voisinage immédiat du pôle négatif ; ceci explique pourquoi leurs trajectoires sont à peu près normales à la cathode.
- Les électrons, bien qu’attirés par l’anode, ont une vitesse telle qu’ils ne sont pas déviés notablement avant d’avoir été ralentis par la rencontre d’un obstacle ; ils s’acheminent alors vers l’anode sans produire d’effet sensible.
- Les déformations de la trajectoire d’un électron sous l’influence d’un champ électrostatique et d’un champ magnétique permettent de mesurer sa vitesse v et c
- le rapport — de sa charge à sa masse ; on trouve
- ainsi que v, variable avec la tension, est comprise entre‘20 000 et 70 000 kilomètres par seconde (l) ; et
- que—, indépendant de la.nature du gaz de l’ampoule et du métal de la cathode, a pour valeur 1,865 X 10Y,
- les grandeurs étant mesurées en unités électromagnétiques.
- D’autre part on constate que te passage de la décharge devient de plus en plus difficile à mesure que la pression diminue; ceci conduit à expliquer la production des électrons par la dissociation des molé-Fig. 5. cules du gaz résiduel for-
- Schéma du montage de tement ionisé par le champ 4 soupapes Kenotron. électrique intense au voisinage de la cathode. Le courant traversant l’ampoule résulte du transport de charges négatives par ces derniers.
- Un électron en mouvement possède une énergie cinétique qui se transforme en chaleur lorsqu’il est arrêté par un obstacle fixe. Ce phénomène a été constaté dès la découverte des rayons cathodiques ; Crookes a le premier signalé qu’on pouvait l’utiliser pour fondre le platine.
- On peut se rendre compte approximativement de l’énergie susceptible d’être transformée en chaleur : l’énergie cinétique de n électrons de masse m et de vitesse v est
- W — ^ m nv2
- ou
- "W =
- 1 m
- ‘17
- nev1.
- Or si n est le nombre d’électrons par seconde, l’intensité du courant sera
- ï = ne.
- 1. ’Wieciieiit a mesuré V directement par une méthode très élégante, et a trouvé des nombres du même ordre. ( Wied. Ann., t. LXIX, 1899, p. 759.)
- TM . • • "l
- U autre part nous connaissons aussi — ; en prenant
- I unités éleclro-' magnétiques.
- v = 50 000 km/sec ou 5 X 103 i = 50 milliampères ou 5 X 10'
- — = 1,8 X 107 m
- on trouve ainsi
- W = 317
- X'iO7 ergs/sec
- soit environ 350 watts.
- Dans ces conditions il est facile de concevoir que si les rayons sont concentrés sur un tout petit espace par une cathode concave, on puisse atteindre des températures très élevées ; c’est sur ce principe que sont basés les fours cathodiques.
- Expériences de Parsons et Campbell. Les premiers essais d’application ont été fai!s par Parsons et Campbell ; ils ont employé l’appareil représenté par la figure 1 : c’est une ampoule munie de deux électrodes concaves A et B en aluminium, concentrant leurs faisceaux sur la matière à chauffer 0 ; celle-ci est portée par une capsule d’iridium à l’extrémité d’une tige G, dont est pourvu le bouchon rodé D.
- En alimentant l’appareil avec du courant alternai if sous une tension pouvant atteindre 12 000 volts (chaque électrode joue alternativement le rôle de cathode"et d’anode), les auteurs ont pu faire gonfler et noircir un diamant, dont la température, mesurée au pyromètre Féry, atteignit 1890°.
- Four Tiede. — C’est le premier appareil de
- big. 4.— Four de A. Fischet
- I
- i 2E 5-
- A B
- Fig. 6. — Montages de Viïlard.
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- 366 LES FOURS A DÉCHARGE DANS LE VIDE
- laboratoire susceptible d'applications variées. La j figure 2 en fait comprendre aisément la construction : l’enveloppe est en quartz, les électrodes, tubulaires, sont refroidies par uu courant d'eau; la matière à chauler est contenue dans un creuset de quartz placé à l’intérieur d’un creuset de porcelaine qui l’entoure sans le toucher et le protège contre le rayonnement.
- La tubulure latérale permet l’observation à travers une glace G, si le tube se ternit.
- Dans ses expériences, Tiede alimentait ce four avec une bobine de 20 cm d’étincelle munie d’un interrupteur électrolytique Wehnelt ; il a fondu facilement le fer, le nickel, le platine, le tantale, le bore, etc.
- Fours à chute anodique. — Hittorf a observé en 1869 que si dans un tube de Crookes on chauffe la cathode, la distribution du potentiel change : la chute cathodique diminue quand la température s’élève'; et une forte différence de potentiel se localise au voisinage immédiat de l’anode ; en outre, la cathode incandescente, si sa température est assez élevée, émet des électrons en abondance, et le courant passant dans le tube peut devenir intense, avec des tensions beaucoup plus faibles. L’énergie transformée en chaleur se trouve concentrée sur l’anode, dont l’élévation de température n’est limitée que par ses propriétés réfractaires.
- L’émission électronique est encore plus marquée lorsque la cathode est recouverte d’un oxyde alcali no-terreux (cathode de Wehnelt) ; les fours à chute anodique utilisent cette.propriélé.
- . Four de v. Wartenberg (1907). — Ce four à chute anodique est représenté schématiquement par la figure 5. L’anode est une tige de fer À sur laquelle repose la matière à chauffer M, soutenue par j des tubes de magnésie. La cathode est une lame de platine G, recouverte de chaux et fixée à deux électrodes tubulaires en cuivre à circulation d’eau. On la chauffe par effet Joule au moyen d’un transformateur T, qui peut la porter à 1500°, et on applique entre À et C une tension continue fournie par un secteur de 110 voit s ; on peut ainsi faire passer dans le tube jusqu’à 50 ampères; la puissance transformée en chaleur par la chute anodique est évaluée à l kilowatt. L’auteur s’est servi de ce four pour déterminer le point de fusion du tungstène, en mesurant la température au pyromètre de Wanncr ; toutes corrections faites, il a trouvé 28000-285(K
- Four de A. Fischer (1913). —- Le four de À. Fischer (fig. 4) peut être considéré comme un perfectionnement du précédent, dont il diffère surtout par la nature de la cathode et son mode de chauffage. Celle-ci, G, est en tungstène recouvert d’un mélange de chaux et de baryte ; une troisième électrode B également en tungstène sert à produire avec la cathode un arc sous une tension alternative de 5000 à 4000 volts ; cet arc porte la cathode à l’incandescence, et il suffit, alors de faire passer entre À et C le courant continu pour chauffer l’anode à très
- haute température. Avec ce four l’auteur a fondu le tungstène et a trouvé comme point de fusion 2700°.
- Sources d’électricité à haute tension. — Dans la plupart des expériences que nous venons de décrire, on a besoin d’électricité à haute tension continue ; le mieux serait évidemment une batterie de petits accumulateurs, mais il faudrait un nombre d’éléments très considérable.
- Les machines électrostatiques ont un débit trop faible, le plus souvent inférieur à 1 milliampère, et ne peuvent alimenter les fours calhodiques.
- La bobine d’induction peut être utilisée, mais le caractère intermittent et irrégulier du courant qu’elle fournit ne permet pas de mesures précises.
- La meilleure solution pratique est donnée par l’emploi d’un transformateur pour courant alternatif dont on alimente le primaire avec un secteur d’éclairage, ou à défaut une petite commutatrice si l’on ne dispose que de continu; on redresse le courant secondaire au moyen d’un commutateur tournant actionné par un moteur synchrone ou par la commutatrice elle-même. On peut encore utiliser comme redresseurs des kénotrons de Langmuir, soupapes à cathode incandescente que l’on construit actuellement pour de grandes puissances (jusqu’à 100000 volts, 100 milliampères).
- Dans ce cas, on obtient de bons résultats avec quatre soupapes montées suivant le schéma figure 5, qui laissent passer les deux alternances d’une période, et donnent un courant continu ondulé.
- Lorsque la puissance est faible, des soupapes cathodiques de Yillard (’) peuvent jouer le même rôle. On peut même avoir un débit sensiblement continu en associant un ou deux condensateurs de grande capacité avec une soupape, suivant le schéma de la I figure 6, préconisé par Yillard (2), et qui donne entre A et B une tension double de celle du transformateur.
- Appareils de mesure. — 1° Tension. — La distance explosive dans l’air renseigne d’une façon approchée sur la différence de potenliel maximum atteinte; si celle-ci est à peu près constante, on peut la mesurer avec l’électromètre d’Abraham et Villard, perfectionnement de l'électromètre cà plateau de lord Kelvin. Cet appareil, à lecture directe, est basé sur l’attraction mutuelle des armatures d’un condensateur plan.
- 2° Intensité.. — Pour un courant redressé, on peut utiliser un milliampèremètre éleclromagné-tique, mais s’il est par trop ondulé, le milliampèremètre thermique est préférable; on eu construit dans lesquels l’élévation de température du fil est mesurée par un couple thermo-électrique relié à un galvanomètre ; ils sont d’une précision supérieure, et surtout plus constante, que les appareils à dilatation. L. Bosxxo,
- Ancien élève de l'École Polytccln)i<|ue.
- 1. ViluïU). G. fi., I. GXXVItt, 1890, p; 994.
- ‘2. Yili.aiu). Journal (le Physique. série, t. X, 1901, p. 28.
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- LE FILM PARLANT
- Le cinéma est assurément une fort belle inven- j lion : il a cependant un défaut grave : ses person- j nages sont muets.
- Depuis longtemps physiciens et inventeurs s’ingénient pour faire « parler » le film. En associant un phonographe à la projection cinématographique, ils ont obtenu des résultats très intéressants, mais qui, de fait, ne réalisent pas la concordance absolue, le « synchronisme » parfait et indispensable des deux appareils.
- Se rendant compte de la difficulté que présente la solution vraiment pratique de ce problème, les chercheurs ont orienté leurs investigations dans un .autre sens.
- Parmi les multiples tentatives faites jusqu’à ce jour, il en est uhe qui mérite réellement d’être signalée comme susceptible de donner des résultats satisfaisants : celle qui consiste à enregistrer simultanément par la photographie les sons sur le même fdm que les vues correspondantes.
- L’idée première de ce procédé est encore due à un Français, M. Lauste, actuellement aux Etats-Unis.
- Voici du reste le mécanisme du dispositif établi par cet inventeur.
- Le son est inscrit à coté des « clichés » sur le même film qui se déroule par intermittences régulières— cliché par cliché— au moyen du mécanisme actionnant la chambre noire de l’appareil cinématographique.
- L’enregistrement s’effectue pendant que le film poursuit son trajet.
- A cet effet, le son est reçu par un microphone extra-sensible qui agit sur un courant électrique dont il fait varier — on dit, il « module » — l’intensité, suivant les variations des ondes sonores imprimées sur ce microphone.
- On envoie ce courant modulé dans un galvanomètre — un instrument composé de fines spires placées dans un champ magnétique, — de manière que le moindre courant qui traverse ces spires les fasse dévier.
- On projette sur les spires du galvanomètre un faisceau intense de lumière qui après avoir traversé les spires vient frapper le film sensible.
- Par suite, selon que les spires sont plus ou moins ébranlées par le courant qu’elles reçoivent, le film est plus ou moins impressionné.
- Le son enregistré se présente sous l’aspect d’une ligne en zigzag comprenant une succession de parties éclairées et de parties obscures plus ou moins rapprochées.
- Pour utiliser le film ainsi constitué, on le fait passer par le dispositif de projection et le dispositif reproducteur du son, à la même vitesse que celle à laquelle il a traversé le dispositif enregistreur.
- On dirige un faisceau lumineux Sur le son inscrit
- et les variations d’intensité de la lumière venant frapper une cellule sensible produisent un courant d’intensité variable qu’elles envoient dans un circuit comprenant un haut-parleur.
- La cellule sensible employée par M. Lauste était une cellule de sélénium, substance proche parente du soufre, possédant la singulière propriété suivante : sa résistance électrique varie suivant l’intensité de la lumière qui le frappe. Néanmoins la résistance électrique du sélénium ne répond pas instantanément aux variations de la lumière : elle ne peul donc reproduire celles-ci avec une entière fidélité, et la traduction en ondes sonores est défectueuse.
- Mais le sélénium n’est pas la seule substance photo-électrique. On dispose aujourd’hui de cellules nouvelles, douées d’une sensibilité suffisante et d’une inerlie beaucoup moindre que celle du sélénium. Ce sont en général des lampes à enduit de potassium dans le vide, dont la conductibilité intérieure est modifiée lorsque le potassium est soumis à l’action d’un faisceau lumineux.
- Plusieurs savants de différents pays cherchent actuellement à perfectionner, d’autre façon, le système de M. Lauste et, dans cet ordre d’idées, nous devons une mention spéciale à l’appareil qui vient d’être construit par M. C. A. Hoxie dans les puissants laboratoires de 1’ « International General Electric C° » de Sbenectady (E.-L1.).
- S’inspirant du principe de l’inventeur français, l’éminent ingénieur combine, lui aussi, l’enregistrement des vues et des sons sur le même film avec son appareil qu’il a baptisé du nom de « pallopho-tophone » —- du grec pallo, je secoue ; phos, pho-j los, lumière ; phôné, voix (lig. 1).
- Cet enregistrement s’opère de la façon suivante :
- On concentre un puissant rayon lumineux provenant d’une forte lampe à incandescence sur un miroir mobile, à peine gros comme une tête d’épingle, placé au bout mince du cornet du gramophone faisant partie de l’appareil et fixé sur un diaphragme d’une très grande sensibilité.
- Si donc l’on parle devant le cornet, les modulations de la voix produites dans ce cornet sont transmises par le diaphragme au petit miroir oscillant qui réfléchit le faisceau lumineux et le projetle, par l’intermédiaire d’un système optique approprié, sur un film sensible animé d’un mouvement de transla-| tion continue.
- j Lorsqu’on développe ce film, il présente une bande de blanc dont les bords sont festonnés de fines marques noires correspondant aux sons enregistrés (fig. 2).
- Par suite de l’extrême petitesse du miroir et de sa faible inertie, on peut réaliser un enregistrement de son comprenant les modulations les plus fines constituait la qualité de la parole et de la musique.
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- LE FILM PARLANT
- Voilà pour l’enregistrement. Gomment allons-nous maintenant utiliser ce film?
- Pour cela on le fait passer à la même vitesse devant un dispositif électrique qui produit une force électromotrice variant suivant la quantité de lumière tombant sur ce dispositif.
- M. Hoxie a remplacé la cellule de sélénium dont on se servait jusqu’ici, pour' la réalisation de ces variations, par une ingénieuse combinaison de tubes à vide obéissant parfaitement aux moindres insolations de la lumière projetée et cela avec une vitesse comparable seulement à la vitesse de la lumière elle-même ou à celle de la propagation des ondes hertziennes dans l’espace.
- En conséquence,lorsqu’on fait passer ce film sans interruption devant ce dispositif, celui-ci engendre un courant électrique correspondant rigoureusement aux vibrations de la parole émise.
- On fait passer ce courant dans un récepteur de téléphone ordinaire ou de téléphone haut-parleur : celui-ci vibre suivant la fréquence des intermittences lumineuses qui est la même que celle du son enregistré ; le téléphone reproduit ce son dont la netteté est tout à fait remarquable.
- Que donnera cet appareil dans la pratique? L’avenir le dira.
- Dans tous les cas, nous pouvons affirmer d’ores et déjà que, grâce à cette nouvelle invention, nous approchons du but : elle rend possible le film parlant, puisqu’on enregistre, simultanément sur le même film, les vues et les sons.
- Il suffit de projeter les vues en même temps qu’on reproduit les sons, pour être assuré d’un synchronisme parfait.
- L. Kuentz.
- Fig. 2. — Une photographie du son.
- La ligne ondulée a été produite par l’émission de la voyelle A dcvant'le pallophotophone.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahuku, rue île Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N* 2567
- EPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX RÉSIDUAIRES DE LA VILLE DE STRASBOURG
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- Fig. i. — Bassin de décantation d’une contenance de 100 m~\ où les eaux passent à une vitesse de 28 tn/rn par seconde et où se déposent 5o pour 100 des matières flottantes.
- L’épuration des eaux résiduaires des grandes villes est un problème toujours ardu, et l’on sait, pour n’en pas citer d’autres exemples, combien la Ville de Paris a eu de peine à le résoudre. Si elle y est enfin parvenue, grâce à ses champs d’épandage de Gennevilliers, il n’en est pas de même pour d’autres grandes agglomérations, qui n’ont pu trouver à proximité les terres de filtration rapide nécessaires.à ce mode d’épuration. Ce qui a été fait par la Ville de Strasbourg, qui semble avoir résolu élégamment ce problème, pouvant être un exemple pour de nombreuses cités, nous avons cru intéressant d’en entretenir nos lecteurs.
- Le reseau d’égouts de la grande capitale alsacienne, autrefois, rejetait simplement dans 1*111 ses eaux usées qu’il y déversait à quelque distance de l’agglomération. Mais, bientôt, les services d’hygiène allemands, très sévères, mirent la ville en demeure d’épurer ses eaux résiduaires avant de les rejeter dans cette rivière.
- Alors fut construit un système de nettoyage avec crible rotatif permettant d’enlever les grosses impuretés : fèces, déchets de légumes et de fruits, chiffons, papiers, etc. Les bassins de décantation, placés après ce crible, permettaient en outre l’évacuation des sédiments les plus lourds restés dans les eaux après leur passage au crible.
- Le liquide qui restait était alors rejeté dans l’Jll. L’amélioration, incontestable, était encore insuffi-
- sante. C’est alors que le Comité d’hygiène de Strasbourg eut l’idée d’utiliser la faculté qu’ont les eaux de s’épurer naturellement (ce qui se produit toujours dans un cours d’eau recevant l’égout d’une ville), faculté à laquelle les Allemands ont donné le nom barbare de « Selbstreinigungskraft des Wassers ».
- Cette faculté des eaux de s’épurer naturellement consiste simplement, ainsi qu’il résulte d’une communication du Dr Hofer, faite en 1907, au Congrès d’hygiène et de démographie de Berlin, en une transformation de substances organiques en organismes vivants. Le même Dr Hofer affirmait en outre, contrairement à l’opinion du biologiste Pettenkofer, que les eaux tranquilles des étangs possédaient cette faculté à un degré beaucoup plus élevé que les eaux vives des torrents de montagnes. La station royale de biologie de Miinich étudia, la première, le procédé d’épuration biologique des eaux d’égout par la cypri-nicullure. S’inspirant de l’exemple d’un petit étang qui recevait les eaux usées de l'Hospice de Kutrenberg (Haute Franconie), et où la production en poissons s’était élevée à plus de 7 quintaux à l’hectare, sans que ce déversement se soit montré en quoi que ce soit nuisible aux habitants, du voisinage, elle préconisait fortement ce mode d’épuration, affirmant qu’il pouvait même laisser des bénéfices aux municipalités.
- C’est en se basant sur ces travaux que la Ville de Strasbourg, en 1911, entreprit ses essais d’épuration, au
- Fig. 2. — Puits septique, d’une contenance de 40 m5 où les boues venant du,bassin de décantation sont travaillées par des bactéries anaérobies.
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- Fig 3. — Lit bactérien de sable et de gravier sur lequel sont répandues et desséchées les boues retirées du puits septique.
- moyen d’étangs d”une étendue d’environ trois hectares, à Wacken, près de Strasbourg. D’après les indications du Professeur Hofer, un hectare d’étang peut assurer sans inconvénient l’épuration des eaux usées de 2000 personnes environ. La municipalité de Strasbourg était décidée, si les essais étaient conciliants, à porter l’étendue des étangs à 100 hectares, ce qui aurait permis l’épuration totale des eaux de la ville.
- Avant d’être envoyées aux étangs, les eaux des égouts, au début, passaient au crible rotatif et aux bassins de décantation, dans lesquels on les laissait séjourner le moins possible, afin d’éviter la putréfaction des matières organiques.
- En 19! 3, on se contentait, avant leur envoi dans les étangs, de les faire passer au crible rotatif, mélangées à deux ou trois fois leur volume d’eau de rui.
- La grande tourmente de 1914 ne permit pas de perfectionner ces essais, qui furent même suspendus, et nous avons pu voir, celte année, les débris du crible rotatif. Son utilité, cependant, ayant été démontrée, et les inconvénients, qu’il présentait ayant pu être constatés, les ouvriers de la Station d’épuration de Wacken conçurent et exécutèrent un petit modèle d’essai, manoeuvré à la main, qui permet de retirer de l’eau d’égout brute tous les corps flottants d’un volume égal ou supérieur à 3 millimètres.
- Ce tamis, que. l’on fit, à la main, fonctionner devant nous, se couvrit eu un instant, de matières solides parmi lesquelles dominaient, évidemment, les matières fécales, auxquelles s’ajoutaient, en grand nombre, des épluchures de légumes et des démê-
- lures de cheveux. Toutes ces matières, susceptibles de donner un excellent engrais, peuvent être utilisées pour la culture maraîchère ou la grande culture.
- Le fonctionnement de ce modèle d’essai s’étant montré très satisfaisant, la Station est en train de monter, actuellement, un tamis-crible roulant conçu sur le même principe, et dont la construction reviendra à 40000 francs environ. Il existe d’autres machines du même genre ét qui sont peut-être mieux conditionnées, mais elles coûtent plusieurs fois ce prix, et leur rendement n’est guère supérieur à celui que la station, se basant sur les essais faits à l’aide du petit modèle, espère obtenir de cette machine.
- Ap rès leur passage au crible, les eaux sont envoyées dans un bassin de décantation de 12 m. 50 de long sur 5 m. 60 de large, d’une contenance de 100 mètres cubes. La partie inférieure de ce bassin, dans le sens de sa longueur, est divisée en trois longs fossés, aux parois très inclinées, séparés par une arête vive, et dont le fond forme un canal cylindrique surmonté d’une partie trapézoïdale. Trois poutres longitudinales, de même longueur que le bassin, et de section semblable à la partie trapézoïdale, peuvent être élevées ou abaissées à l’aide d’un volant placé à la partie supérieure du bassin de décantation, et qui, au moyen d’une vis sans fin, agit sur une tige de fer verticale, munie d’une crémaillère, qui soutient ces poutres. L’eau d’égout qui a passé au crible circule dans ce bassin à une vitesse de 28 mm. par seconde, et y séjourne, par conséquent, pendant environ 7 minutes. Ce temps est suffisant pour que 50 pour 100 environ des matières solides en suspension dans l’eau se déposent au fond,
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- Fig. 5.—Vue d'ensemble des étangs d'épuration et du distributeur mélangeur. Sur les digues, caniveaux qui amènent l'eau.
- dans les trois canaux cylindriques ou rigoles longiludinales. Tous les trois jours, les poutres sont abaissées sur ces canaux cylindriques, les fermant hermétiquement, et, par surpression de l’eau, les matières en suspension qui se sont déposées dans les rigoles en sont chassées, sans que l’on soit obligé de mettre le bassin à sec, et sans que cette opération puisse gêner ou troubler la décantation (fig. I ).
- Les boues provenant de ces canaux cylindriques sont envoyées, après leur expulsion du bassin de décantation, dans une sorte de puils septique ou fosse à boues d’une contenance de 40 mètres cubes. Il est fait, dans ces fosses, un mélange comprenant environ deux parties d’eau pour une de boues. Ces boues y sont travaillées par des microbes anaérobies, et la fermentation qui s’y produit les désintègre et les dissout. Les parties organiques sont gazéifiées, et il ne reste plus guère dans les fosses, lorsque la fermentation est terminée, que les parties inorganiques. Aussi le volume des boues, à ce moment, a diminué de 50 à 60 pour 100 (fig. 2).
- Extraites du puits septique, ces boues sont alors répandues sur un lit bactérien de sable et de gravier. Là, les bactéries aérobies s’en emparent, et, leur action, jointe à celle du dessèchement, diminue encore sensiblement leur volume. Bientôt, il ne reste plus sur ce lit qu’une sorte de terre sèche, sans odeur, et facilement maniable, que l’on peut charger dans des tombereaux et répandre sur les terres sans aucun inconvénient (fig. 5).
- Après décantation dans le bassin spécial, les eaux
- Fig. o.
- d’égout, débarrassées maintenant, par le crible, de leurs plus volumineuses matières solides, et, par décantation, de la moitié des matières plus fines qui avaient échappé au crible, sont- envoyées au compteur-mélangeur ou distributeur et mélangeur réglable et automatique des eaux d’égout et des eaux de rivière propres (fig. 4). Ce mélange a été essayé dans les proportions de 1 d’eau d’égout pour 1 d’eau de rivière à I d’eau d'égout pour 4 d’eau de rivière. Le mélange 1 sur 2 a été reconnu comme le meilleur en temps ordinaire. Il peut êlre modifié suivant le degré de concentration des eaux d’égout, et la dilution est moindre, évidemment, en cas de pluies. Après ce mélange avec les eaux de l'ill, qui coule à proximité de la station d’essais, les eaux mélangées sont conduites, à l’aide de caniveaux qui les longent sur l’un de leurs côtés, dans les 4 étangs d’épuration, d’une surface de 0 ha. 80 pour chacun d’eux avec une profondeur de 0 m. 60 à 1 m. 20. Elles y sont déversées par de nombreux tuyaux métalliques d’environ 2 mètres de longueur s’ouvrant dans le caniveau. Cette disposition permet de faire arriver l’eau mélangée sur de multiples points de l’étang, et elle évite, ainsi, la formation de dépôts qui ne tarderaient pas à donner naissance à des foyers de putréfaction et qui, polluant intensément une partie des étangs d’épuration, troubleraient leur fonctionnement normal (fig. 5).
- Dans la région où l'eau mélangée se déverse, il se passerait, parait-il, des phénomènes biologiques infiniment complexes et encore peu connus, qui ont pour résultat de transformer en aliment propice au développement du zoo-plancton (1), ou plus simplement plancton, les n atières organiques transportées par l’eau.
- Il ne faudrait pas croire, en effet, que les pois-sons qui habitent ces étangs — étangs plantés, avant leur mise en eau, d’herbes aquatiques — ont pour lâche d’absorber les détritus organiques que contiennent encore les eaux d’égout après filtration, décantation et mélange avec eaux de rivière. Ce serait
- 1. Oh appelle plancton les animalcules cl. petits végétaux (jui, restant eu suspension clans l’eau, servent, à la nourriture du poisson : crustacés, mollusques, petits vers et algues diverses.
- Plan de l'installation de Strasbourg
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- une erreur grossière, et l’absence totale de poissons, dans la zone où sont déversées les eaux provenant du. mélangeur, en est une preuve certaine. Ces détritus organiques favorisent simplement la production du plancton animal et végétal, pour qui elles constituent un excellent aliment, et c’est ce plancton, entraîné parles eaux, qui servira à son tour de nourriture aux poissons. L’épuration se ferait donc tout aussi bien en leur absence, et, dans ce cas, les eaux déversées dans l’Ill^ après passage dans les étangs d’épuration, où, bien que leur entrée et leur sortie soient permanentes, on a calculé qu’elles séjournent environ pendant 24 heures, seraient fortement chargées de plancton qu’utiliseraient les poissons de cette rivière. On a pensé qu’il était préférable de faire servir ce plancton à la nourriture de poissons captifs dans les étangs, dont la vente par la Aille de Strasbourg pourrait couvrir les frais d’épuration, ou tout au moins venir en déduction de ces frais. Les poissons, d’ailleurs, ne profitent pas seuls de cette nourriture, et nous avons pu voir, sur les étangs d’épuration, quelques troupes de canards qu’on y élève sans difficulté et sans aucun inconvénient.
- A sa sortie des étangs d’épuration, l’eau encore Irouble à son entrée est devenue d’une limpidité parfaite. Les analyses qui en ont été faites, et que nous ne pouvons reproduire faute déplacé, montrent qu’on peut, sans aucun inconvénient, les déverser dans la rivière. Nous avons pu suivre, d’ailleurs, les différentes phases de l’épuration à l’aide d’une éprouvette qui, au cours de notre visite, nous fut présentée après avoir été remplie à la sortie de l’égout collecteur— elle contenait alors un mélange innommable — après passage de l’eau au crible, au bassin de décantation, au distributeur mélangeur et à la sortie des étangs, et rien n'est plus probant que cette simple constatation.
- On n’élève dans ces étangs que des carpes et des tanches. Ces poissons, pesés au moment de leur déversement dans les étangs, au printemps, pesés à nouveau, au moment de la pêche, au commencement de l’automne, accusent une augmentation totale de poids de 900 à 1000 kilogrammes en moyenne, par hectare et par été, ce qui est un fort beau résultat.
- Les carpes et tanches ne prenant plus de nourriture dès que la. température de l’eau s’abaisse au-dessous de 9 à 8 degrés, c’est-à-dire vers la fin de septembre ou le commencement d’octobre, les poissons provenant des étangs d’épuration sont conservés, après la pêche, dans un étang spécial d’hivernage, aux eaux calmes et profondes, où ils restent à peu près sans mouvement pendant la période hivernale. Grâce à leur immobilité presque complète, leur déperdition de poids, à la fin de l’hiver, est absolument insignifiante.
- Indépendamment de cet étang d’hivernage, l’établissement de Wacken possède un bassin d’alevinage où sont conservés les jeunes alevins en attendant leur déversement dans les étangs d’épuration qui sont généralement empoissonnés avec des sujets de 2e été, c’est-à-dire nés au printemps de l’année précédente. Des frayères perfectionnées, système Dubiscli, ont été établies dans une autre partie de l’établissement. Dès que la température de l’eau est favorable à la ponte, on y introduit les mâles et femelles qui assureront le repeuplement. Souvent aussi, d’ailleurs, ce repeuplement se fait dans l’un des étangs où l’on déverse directement les reproducteurs.
- Une innovation intéressante à signaler est celle de l’établissement de petits bassins destinés à la production de Daphnies, genre de crustacés de l’ordre des Phyllopodes, qui constituent un excellent aliment pour les carpes et tanches. Grâce au fumier déposé dans ces petits bassins, et dans lequel pullulent les infusoires dont elles se nourrissent, ces Daphnies, appelées vulgairement poux aquatiques ou puces d’eau, s’y multiplient prodigieusement et y sont puisées pour être déversées dans les étangs d’épuration.
- La station d’essais possède encore un pelit aquarium où sont conservés des poissons servant de sujets d’étude. Tout est donc bien prévu, dans cct établissement, pour l’utilisation rationnelle des eaux résiduaires en vue de la production intensive de poisson destiné à la consommation.
- Celui-ci, péché une quinzaine de jours avant sa mise en vente, est déposé dans un bassin à fond sablonneux alimenté par les eaux de TIll. Il y acquiert une qualité qui le fait rechercher des hôteliers et particuliers de la ville. Son cours, fixé volontairement par la ville à 20 ou 50 centimes de moins par kilogramme que le cours normal, était d’environ 1 mark 40 par kilogramme avant la guerre. Il est actuellement de 6 francs le kilogramme, prix moyen.
- Il serait exagéré de dire que la vente de ce poisson laisse actuellement des bénéfices à la ville. Elle vient, cependant, en déduction des dépenses occasionnées par la station d’essais d’épuration. L'éminent ingénieur qui dirige cet établissement, et qui a bien voulu nous documenter avec une inlassable bienveillance, estime que si le nombre des étangs était augmenté, et permettait l’épuration totale des eaux résiduaires de la ville, la vente du poisson produit paierait largement tous les frais, et pourrait même, alors, laisser quelques bénéfices. C’est là un résultat intéressant et cette utilisation d’eaux usées en vue de la production de poissons qu’on pourrait, d’ailleurs, réserver à l’exportation, méritait d’être signalée aux trop nombreuses municipalités pour qui l’évacuation des eaux résiduaires est une cause de graves soucis. Georges Lanorville.
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- LES DOCTRINES LINGUISTIQUES DE M. MEILLET
- Bien qu’elle ait peu attiré l’attention du grand public, la linguistique compte parmi les sciences qui se sont le plus transformées depuis un demi-siècle. Nous avons signale l’an dernier à nos lecteurs (J) une nouvelle branche de l’étude du langage, la géographie linguistique. Nous voudrions aujourd’hui résumer, dans leurs traits essentiels, les doctrines d’un homme qui est le plus représentatif du mouvement linguistique contemporain, tant par l’ampleur de ses connaissances que par sa puissance de synthèse : nous avons nommé M. À. Meillel (2).
- A notre époque de spécialisation parfois outrancière, mais rendue nécessaire cependant par la complexité sans cesse croissante des recherches et des problèmes, l’éminent professeur au Collège de France est resté un des derniers savants capables d’embrasser encore l’ensemble, désormais si vaste, des langues indo-européennes, et môme plus encore, car sa curiosité avertie s’est penchée sur les autres familles des parlers humains. Son esprit est ouvert à toutes les nouveautés, qu’il a encouragées et dont il a suivi avec intérêt le développement, de la phonétique expérimentale à la géographie linguistique.
- La science du langage repose avant tout sur l’histoire. C’est en étudiant les transformations delà parole humaine à travers les générations successives qu’on a pu mettre en lumière, non seulement les lois qui ont présidé à son évolution, mais les rapports d’interdépendance qui conditionnent la parenté des langues et dominent la grammaire comparée. Par induction, on remonte du présent au passé, du passé historique et connu au passé inconnu plus lointain dont on arrive à rétablir les étapes antérieures.
- La conjecture maîtresse de la linguistique classique est la reconstitution de l’indo-européen primitif. Grâce à la richesse des matériaux colligés, grâce surtout à la rigueur de sa méthode, la science est parvenue à recomposer dans ses grandes lignes — vocabulaire, grammaire, phonétique — la langue primitive qui est l’ancêtre commun du sanscrit, du grec, de l’arménien, du slave, du germanique, du celtique et du latin. Pure hypothèse de savant, commode pour ramener à l’unité un ensemble de concordances? Non point. Après avoir longtemps réfléchi à la question, M. Meillet estime que l’indo-européen ou aryen n’est pas un schéma, mais une langue qui a réellement vécu, plus de mille ans avant notre ère, à l’époque où Germains, Latins, Arméniens, etc., ne formaient qu’un même groupe social.
- Cette langue a été l’organe d’une civilisation ; on en a la preuve par les racines communes qu’ont conservées les langues dérivées. On arrive ainsi à conclure qu’à cette époque, la famille était solidement constituée et que la femme entrait dans la famille du mari; que les Aryens habitaient des maisons et étaient groupés en villages,
- 1. Voir La Nature du 1er avril 1922.
- 2. "Voici les principaux ouvrages de doctrine.de M. Meillet : Introduction à la grammaire comparée des langues indo-européennes (Paris, Hachette, 1903; 4° édition, 1915); Les dialectes indo-européens (Paris, Champion, 1907); Les langues dans l’Europe nouvelle (destiné spécialement au grand public, Paris, Payot, 1918); Linguistique historique et linguistique générale (où l’on trouvera l'exposé le plus complet des idées générales du maître, Paris, Champion, 1921). A signaler aussi L’Aperçu d’xine histoire de la langue grecque ‘Paris, Hachette, 1915); Les dialectes indo-européens (Paris, Champion, 2e édition, 1922). Les autres travaux sont plus spèciaux.
- mais non en villes; qu’ils étaient chass>urs et éleveurs plutôt qu’agriculteurs. Cependant ils cultivaient déjà les céréales, ils savaient labourer, forger, fabriquer des objets; ils connaissaient la hache et la roue; ils avaient un système numéral. L’examen des noms d’arbres et d’animaux — toutes espèces septentrionales — permet de supposer que le foyer originaire des Aryens était le nord de l’Europe, et non l’Iran, comme on l’avait cru autr efois
- Voilà un bel exemple de reconstitulion historico-sociale d’après la linguistique. En voici un autre. Les traditions de l’histoire hellénique et les fouilles récentes exécutées spécialement en Crète nous ont appris que les anciens Grecs étaient des « barbares » venus du nord dans le monde méditerranéen qui était habité à ce moment par des peuples jouissant déjà d’une civilisation brillante. A cette civilisation égéenne, M. Meillet a montré que les Grecs devaient beaucoup : ils ont emprunté à la langue de leurs devanciers les noms de la vigne et de l’olivier, p'anles inconnues à leur pays d’origine — et, en même temps, du vin et de l’huile; il est même permis de croire que s’ils ont remplacé le nom européen de la pomme, abella (*), par un mot égéen, mâlon, c’est qu’ils ont trouvé aux bords de la Méditerranée une espèce de pomme plus perfectionnée. Les noms du bain et de la baignoire, du labyrinthe, du cortège bachique (thriamhos), de l’iambe et du dithyrambe sont aussi vraisemblablement égéens : objets et coutumes que les Hellènes ont empruntés, avec les mots correspondants, à leurs prédécesseurs, dont nous pouvons évoquer certains traits de civilisation grâce aux épaves linguistiques qu’ils ont laissées dans le grec.
- Ces deux exemples, que j’ai choisis à dessein, nous montrent l’étroite connexion qui, dans la pensée de l’auteur, unit les faits linguistiques et sociaux. Cette conception ne résulte pas seulement d’une interprétation avertie des faits linguistiques. M. Meillet y a été amené aussi par une autre voie, par la critique des lois qui président à l’évolution du langage.
- M. Meillet. est arrivé à la vie scientifique à l’époque où les néo-grammairiens constituaient leurs théories. Nul mieux que lui n’a compris le progrès réalisé par cette doctrine, qui remplaçait, dans l’étude du langage, les notions arbitraires de règles et d’exceptions par la notion scientifique de la loi, absolue dans son domaine. L’ancienne grammaire s’était discréditée « parce qu’elle n’était qu’une application maladroite de la logique formelle à la linguistique, où les catégories logiques n’ont rien à faire. »
- Mais la loi linguistique ne le satisfait pas pleinement, car elle varie suivant la langue et suivant l’époque. De telles lois « énoncent des conditions constantes qui règlent le développement des faits linguistiques ; mais, même si l’on parvenait à les déterminer d’une manière complète et de tout point exacte, on ne saurait pour cela prévoir aucune évolution future, ce qui est la marque d’une connaissance incomplète ». Il reste une variable qu’il s’agit de déterminer.
- Cette variable, la demandera-t-on à l’anatomie ou à la physiologie? Les organes de la parole sont sensiblement les mêmes chez toutes les races humaines. Des relations analomico- phonétiques ne peuvent être soupçonnées que dans des cas tout à fait exceptionnels : je citerai, par
- 1. C’est la racine qu’on trouve en ancien celtique [aballos) et en germanique, prototype de l'anglais apple et de l’allemand Apfel.
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- exemple, le changement de v (consonne labio-dentale) en b (*) (lahio-Iabiale) qu’on a observé dans le groupe ibéro-roman comme chez les nègres parlant anglais, et qui semble avoir été favorisé, sinon provoqué, par un prognathisme racial; de même M. P. Pa-sy s'est demandé si la disparition du p en celtique n’était pas due à une mutilation de la lèvre, comme le fait a été constaté chez les nègres et les Peaux-Rouges.
- Mais ce sont là des exemples très rares. Dans l’immense majorité des cas, il n’existe aucun rapport de ce genre : les divergences entre les systèmes phoniques des idiomes reposent sur des différences d’habitudes vocales acquises au cours de l’enfance et auxquelles la forme et le fonctionnement des organes sont, en règle générale, totalement étrangers : la preuve, c’est que les tout jeunes enfants transportés dans un milieu étranger arrivent à parler exactement comme les indigènes le langage de leur pays d’adoption.
- Si des sons on passe aux sens, on remarque que le fonctionnement psychique oiïre la même stabilité à travers les races. « Le seul élément dont les circonstances provoquent de perpétuelles variation'-', tantôt secondaires et tantôt lentes, mais jamais entièrement interrompues, c’est la structure de la société ».
- Voilà donc posé un principe capital dont la portée est considérable et qui est appelé, à son tour, à renouveler profondément l’étude du langage. Après avoir suscité de très vives critiques, il ne rencontre plus aujourd’hui qu’une opposition très atténuée. Faisons entrevoir quelques-unes de ses conséquences.
- Le langage est un fait social : truisme, que les linguistes commençaient à oublier et qu’il était bon de remettre en lumière, en cessant de considérer le langage comme une entité et en le replaçant sans cesse dans son ambiance. On parle pour être compris : on ne doit jamais perdre de vue ce but pratique, cette finalité de la parole, cet élément d’utilité sur lequel Michel Rréal aimait à insister. Il est donc exact, à ce point de vue, que les langues tendent à se perfectionner, et nous rejoignons les théories récentes de la géographie linguistique qui condamnent le « romantisme » des néo-grammairiens et consacrent la prééminence linguistique des langues littéraires.
- Une langue est l’organe d’une civilisation : « Toute unité linguistique traduit une unité de civilisation, soit présente, soit passée. L’abolition de l’unité traduit la rupture de l’unité Je civilisation : s’il y a aujourd’hui des langues romanes diverses, c’est parce que la civilisation antique s’est ruinée du me au vme siècle après J.-G. ». D’où une importance nouvelle attribuée, à juste titre, à l’histoire externe des langues, à leurs luttes réciproques — langue des vainqueurs contre langue des vaincus — à la formation et à l’extension des langues nationales, qui créent de vastes unités linguistiques en tuant sous elles les parlers socialement inférieurs, et, en revanche, au morcellement, à la différenciation du langage laissé à lui-même dès que le foyer de civilisation est détruit et le moteur central brisé.
- Désormais on ne confondra plus la langue et la race : la conception vague et dangereuse des influences ethniques est remplacée par la conception scientifique du
- i. Ou en un v bilabial (prononcé avec les deux lèvres); notre v est prononce, au contraire, avec la lèvre inférieure venant affleurer la rangée supérieure des incisives, ce qui suppose que la mâchoire inférieure est légèrement en recul ! par rapport à la mâchoire supérieure (il en est autrement | chez les races ou individus prognathes). j
- substrat. L’unité de civilisation, la vie en commun (et non pas une parenté anthropologique plus ou moins fictive) créent pour chaque peuple un ensemble d'habitudes linguistiques, tiansmises d’une génération à l’autre, et qui se conservent longtemps, même lorsque la population change de langage. Ces habitudes linguistiques antérieures, dues à une longue communauté de. langage et de civilisation, constituent, en cas de substitution d’idiome, le substrat.
- « Dès que, avec la baisse de la civilisation et avec la diminution de l’influence de l’école et de la langue écrite, qui en a été la conséquence, chaque partie de l’Empire (romain) a été livrée à ses tendances propres, les effets des habitudes linguistiques diverses qui existaient suivant les provinces se sont fait sentir, et il y a eu très vite autant de formes du latin qu’il y avait de provinces.... Là où le substrat ancien est le même, on observe des développements, sinon identiques, du moins semblables. Ainsi les parlers du nord de l’Italie, employés dans les régions où l’on a parlé gaulois comme en Gaule, présentent avec les parlers gallo-romans un bon nombre de particularités communes ».
- Le substrat n’explique pas tout, tant s’en faut, même au point de vue phonétique. Mais bien d’autres causes d’ordre social peuvent rendre compte de tel ou tel phénomène. Ainsi il apparaît de plus en plus, dans l’histoire des langues modernes, que certaines évolutions, à l'origine, sont purement urbaines et ont été ignorées longtemps do la campagne, comme en français le changement de ouë en oua (dans le groupe o/), et surtout le grasseyement de l’r : pourquoi, sinon parce que les conditions de la vie et la façon de parler sont devenues de plus en plus différentes à la ville et aux champs.
- La prise en considération des influences sociales n’a pas une répercussion moins profonde sur les changements de sens des mots. Dans une étude remarquable, M. Meillel a fait un juste grief à Arsène Darmosteter d’avoir usé d’une méthode un peu simpliste en voulant cataloguer et emprisonner des phénomènes complexes dans les cadres rigides d’une classification logique, et il a montré comment on devait cherchera dégager les réalités psychologiques et sociales, telles que l’influence des groupes sociaux et des langues spéciales, la nature exacte et la portée des emprunts d’une langue à l’autre, les relations entre les stades de la civilisation et le vocabulaire, etc. Les conceptions religieuses, qui se traduisent notamment par de nombreux tabous linguistiques, jouent un grand rôle à cet égard dans les langues anciennes comme dans les idiomes des peuples sauvages.
- M. Meillet a enfin établi — et c’est là une de scs découvertes les plus originales — l’existence de relations entre l’état social d’un peuple et les flexions grammaticales de son langage. « Dans la langue des peuples incom-l lètement civilisés, où les catégories grammaticales se rapportent à des notions en partie concrètes et où elles ont souvent une valeur expressive et sentimentale, les formes factitives, dési lératives, intensives sont naturelles ; elles tendent à s’éliminer au fur et à mesure que, avec le progrès de la civilisation, les catégories prennent un caractère plus abstrait. Elles tendent à se refaire plus ou moins dans les parlers .populaires ».
- On voit, par ces quelques exemples, combien sont fécondes les théories de M. Meillet et quelles vastes perspectives elles ouvrent sur les horizons de la linguistique.
- Albert D.ujzat,
- Directeur d'études à l’École pratique
- îles [[miles Eludes.
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- Chemins de Fer
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- Routes oes Auto-chenilles ____d°____ Caravanés
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- Mourzouk/ 1
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- Minora
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- Tibes
- Taoudénh
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- Borkou
- Tombouctou
- Oudianga
- Bourei
- Agadem
- XN’Guimi
- KordoFan
- T H Obe/d
- Ouadaï
- Bonnou
- Dar-Four
- Les routes de caravanes à travers le Sahara.
- LES VOIES DE COMMUNICATION A TRAVERS LE SAHARA
- Le Sahara n’a jamais été un obstacle infranchissable, ni pour les conquérants, ni pour les marchands. U était, d’ailleurs, au début de l’époque historique, beaucoup moins desséché que maintenant. Aussi de nombreuses routes ont-elles été suivies tant par les expéditions guerrières proprement dites que par les caravanes; elles sont côtoyées par des pistes, qu’empruntent les rezzous des pillards.
- Le trafic transsaharien a généralement suivi les voies d’accès, indiquées par les points d’eau (vallées d’ouadi, puits, oasis), du Soudan à la Méditerranée ou aux ports marocains. Rares sont les routes transversales. Les unes et les autres rencontrent des obstacles naturels (dunes, hamadas, adrars, tassilis), qu’elles réussissent dans la mesure du possible à éviter, grâce aux couloirs entre les dunes (gassis) et les plateaux (vallées).
- L’organisation des caravanes est chose extrêmement délicate : un bon chef caravanier ne doit pas seulement être un bon commerçant, il doit être diplomate, pour savoir se faire bien venir des tribus pillardes, dont il doit traverser le territoire; il doit être ainsi un chef militaire, afin de pouvoir livrer combat au besoin. On pourrait dire de lui qu’il doit réunir en sa personne les qualités d’un homme d’État, d’un chef d’armée et d’un homme d’affaires, et connaître en outre parfaitement les pays qu’il doit traverser ; il doit pouvoir, en effet, suppléer au besoin à l’absence d’un guide et même le remplacer en cas de trahison.
- Approvisionnement en eau potable, ravitaillement en vivres, négociations avec des tribus de nomades ou de semi-nomades en conflit perpétuel entre elles, tractations avec les plus importantes pour obtenir d’elles le droit de passage et au besoin une escorte, tempêtes de sable, tels sont les principales difficultés, qui se présentent chaque jour aux chefs de caravanes, et encore laisserons-nous de côté les dangers provenant d’agressions à main armée ou de discussions à l’intérieur de la caravane.
- Les grandes caravanes périodiques avaient leurs trajets réguliers à des époques bien déterminées ; elles couraient moins de dangers que les petites caravanes improvisées. Elles apportaient des pays du Nord au Soudan des étoiles (cotonnades le plus souvent), des armes, des bijoux, des verroteries; elles en ramenaient de l’ivoire, des
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- Fig. 3. — Une caravane.
- gommes, des peaux, des bois précieux, la poudre d’or et surtout des esclaves. Le Sahara même leur fournissait quelques marchandises : dattes des oasis, plumes d’autruche, sel, natron.
- Les routes de caravanes se divisent en deux catégories d’importance inégale : les routes du nord au sud. qui peuvent se diviser en occidentales, centrales et orientales, les routes transversales.
- A. Routes occidentales. —-Deux routes traversent le Sahara Occidental ; elles ont toutes deux pour point de départ le Sous, où convergent les routes de Mogador et de Marrakech. Généralement les grandes caravanes, jusque vers la fin du xixe siècle, se formaient dans l’une de ces deux villes, ou même dans les deux, quittes à se fondre en une seule à partir de ïignit ou de Taroudant. Du Sous, on gagnait le Sénégal en passant par Termassoun, Smara, les salines d’Idjil, Àreibut, Âtar, etc. On rapportait au Maroc du sel, des datles, dos gommes, des esclaves.-
- La grande route vers Tombouctou était suivie chaque année dans les deux sens par une caravane. Oscar Lenz en 1880 l’a empruntée pour aller de Marrakech au Niger ou, plus exactement, son guide lui a fait suivre des chemins latéraux afin d’éviter des rencontres fâcheuses. Il a franchi l’Oued-Draa à Oum-el-Achar et passé par Ten-douf, la Hamada Ain Berka, la plaine calcaire de Kerb-en-Neggar, où s’embranche une route vers le Tafilalet, le Kerb-el-Anima, les dunes de l’Iguidi, le plateau central (El-Eglab), les contreforts de l’Erg-Chech. Il a évité Taoudéni, station de la grande caravane, a contourné le Djouf par l’est, et a séjourné à
- Araouan, d’où il a gagné Tombouctou en traversant l’Azaouad.
- Notons au passage que les rezzous des Piegueïbats vers le Sahara Central traversent la falaise du llank et l’Eglab par un itinéraire encore mal connu.
- B. Routes centrales. — D’Oran et d’Alger partaient deux grandes routes de caravanes. La première suivait un trajet à peu près identique à celui de la ligne de chemin de fer, qui s’arrête aujourd’hui à Colomb-Béchar. Elle descendait ensuite vers le Touat par les vallées de l’Oued-Zousfana, de l’Oued-Saoura et de l’Oued Massaoud, en contournant par l’ouest le Grand Erg Occidental.
- La seconde franchissait l’Atlas Saharien par la porte d’El-Kantara, empruntait la vallée de l’Oued-Khir et celle de l’Oued-Igharghar, passant par Bis-kra, Touggourt etOuargla, l’Oued Mias, Nassi-Inifel, l’Oued Inssokhi, l’Oued Abiod. Elle passait ainsi entre l'Erg Occidental et le plateau de Tademait à l’ouest, l’Erg Oriental à l’est.
- A In-Salah, les deux routes se réunissaient en une seule, qui utilisait le couloir entre l’Ahenet et le Mouydir, laissait l’Ahaggar à l’est et le Tanezrouft
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- à l’ouest, puis empruntait le passage entre les dunes deTAzaouad et l’Adrar des Iforas pour atteindre la vallée du Niger à Bourem ou à Gao. À partir d’In-Salah, la route des caravanes suivait donc la ligne de séparation entre le Sahara Occidental et le Sahara Central.
- La prise d’Alger et l’occupation d’Oran portèrent un coup fatal au commerce transsaharien par l’Algérie. Tripoli devait recueillir l’héritage de ces deux ports devenus français.
- C. Routes orientales. — a A qui possédera Tripoli appartiendra économiquement le Soudan », a écrit Rohlfs. C’était une erreur, car aujourd’hui les courants commerciaux se sont déplacés ; ils vont du Soudan vers le golfe de Guinée, l’Atlantique et la vallée du Nil et non plus vers la Méditerranée et le Maroc.
- Néanmoins cette phrase de Rohlfs renfermait une part de vérité; à l’époque où elle a été écrite, Tripoli était devenu le centre principal du commerce transsaharien.
- Au milieu du xive siècle, Tripoli servait de point de départ à quatre grandes routes de caravanes : Tripoli-Ghadamès-Tamassinin-In-Salah-Gao (j) ; Tri-poli-Ghadamès-Ghat-Agadès-Gandé ou Sokoto ; Tripoli-Mou rzouk- Gatroun-Bilma-Agadem-Kanem ; Tri-poli-Mourzouk-Ouaou-Bardaï-Aïn-Galakha. Barth a suivi la seconde de ces routes pour aller au jBornou
- 1. Entre Ghadamcs el In-Salali, la route passe d’abord entre l’Erg Oriental et la llamada de Tinrert, puis elle traverse cette dernière en suivant l’Oued Iraouen, qu’elle quitte pour gagner In-Salali à travers la plaine.
- Fig. 6. — Une halle de la mission Haardt-Dubreuil dans le lîoggar.
- Fig. 5. — Les automobiles Citroën dans le lîoggar.
- et au Tchad ; il est revenu en 1855 par la troisième, quand il a regagné son point de départ. Nachtigall est passé en 1870 par Bilma et en 1879 par Bardai; Rohlfs a fait le trajet Mourzouk-Kaouar-Kanem en 1860. Ajoutons tout de suite que l’on va de Tripoli à Ghadamès par trois chemins différents et qu’il y a trois itinéraires possibles entre Ghadamès et Ghat et trois également entre Tripoli et Mourzouk.
- Si Tripoli est resté jusqu’au début du xxe siècle le grand marché des esclaves — officieusement, il csL vrai, dans les dernières périodes décennales — un etntre secondaire a subsisté non loin de là : Benghazi. Deux routes partaient du port de la Cyrénaïque vers le Soudan : Benghazi-Yen-Mourzouk-Rilma (variante Benghazi-Yen-Mourzouk-Bardaï) ; Benghazi- Angila-Djoraboub- Koufra-Erdi oriental-Ennedi oriental-Darfour. Cette dernière fut étudiée pour la première fois en 1879 par Rohlfs ; le maré chai des logis Lapierre, l’ancien chef du poste di Djanaet, fait prisonnier par les Sénoussis pendant la guerre en 1917, fut mené à Mourzouk et à Koufra, puis rapatrié par Djoraboub et Angila.
- Ajoutons que de Benghazi des caravanes partaient pour le Darfour et le Kordofan en contournant par l’est le Grand Erg de Lybie. lïlles suivaient le même itinéraire (Djoraboub-Sioua-Farafra-Dàkhel-Beris) jusqu’aux oasis de Selimeh. Là elles se séparaient. Les unes gagnaient le Darfour, en traversant T Erg-Méridional lybique et arrivaient à El Fâcher par Bir-Medou. Les autres allaient à El-Obéid, capitale du Kordofan, par ïlanneh et Es-Safi.
- D. Routes transversales, — Les routes transversales sont moins importantes que les routes entre
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- le Nord et le Soudan. Citons dans le Sahara Oriental ; Mourzouk-Ghadamès, Mourzouk-Ghat., Mourzouk-Koufra ; dans le Sahara Central, de Ghadamès au Tafilalet par Tamassinin, ln-Salah, Oued Messaoud, Oued Saoura et Oued Guir, qui emprunte successivement des tronçons de trois des routes déjà vues plus haut; Ghadamès à Biskra, à travers le Dahar-el-Erg, partie du Grand Erg Oriental, et la région des chotts ; de Tafilalet à la région de l’Oued Draa.
- L’étude des routes conduit à celle des chemins de fer transsahariens. Laissons de côté le projet de transmauritanien du général Calmel, car il e«t trop difficilement réalisable au point de vue du ravitaillement en eau, tant qu’il faudra contourner par l’est l’enclave espagnole du Rio de Oro ; en outre, il serait trop exposé à des agressions de Maures, sujets nominaux de l’Espagne. Venons aux trois projets, qui ont fait l’objet d’études officielles et de reconnaissances sur le terrain par des missions françaises : le Transafricain Colomb-Béchar-Tchad et le Transsaharien Colomb-Béchard-Bourem, étudiés tous deux par la mission Niéger en 1912; le Transsaharien Touggourt-Bourem, dont le trajet a été reconnu à diverses reprises, notamment par la mission Haardt-Audouin-Dubrcuil (décembre 1922-jan-vier 1923). Cette dernière ne s’est pas contentée en effet d’expérimenter le fonctionnement des autochenilles dans les dunes et les hamadas.
- D’ores et déjà, trois lignes de chemins de fer pénètrent dans le Sahara algérien : Àrzeu-Colomb-Béchar (711 kil.), mise en exploitation en 1906, avec un embranchement sur les houillères de Ke-nadza (28 kil.) construit en 1918; Alger-Boghari-Djelfa, en exploitation depuis 1921, qui doit être prolongée sur Laghouat; Constantine-Biskra-Toug-gourt, avec embranchement sur Taïga, mise en exploitation en 1914, et qui doit être prolongée sur Ouargla.
- La première et la troisième de ces lignes suivent à peu de chose près les anciennes routes de caravanes Oran, In-Salah et Alger-In-Salah. La mission Niéger a étudié le prolongement de la première par l’Oued Saoura et l’Oued Messaoud jusqu’à Silet dans la vallée de l’Oued Tamanrasset et de là à Tosaye sur le Niger, en contournant par l’ouest l’Adrar des Iforas (Q. Bourem est situé en amont de Gao, ancien terminus des caravanes ; une variante à l’est de l’Adrar des Iforas a été prévue et reconnue par un autre détachement de la mission depuis In-Guezzam, où elle s’embranche sur le Transafricain, à Asongo.
- La seconde ligne étudiée par Niéger est le Transafricain proprement dit : de Silet, elle se dirige sur
- 1. De Colomb-Béehar à Silet : 2220 kil. ; de Silet à Tosaye : 845 kil. ; de Tosaye à Ouagadougou : 600 à 700 kil. Le colonel Godefroy estime à 400 000 fr. le kilomètre le prix de construction entre Colomb-Béehar et Tosaye. Ce dernier point a été clioià parce qu’étant le seul où l’on puisse construire un pont de chemin de fer sur cette partie du cours du Niger. Au cas où l’on prolongerait la ligne jusqu’à Ouagadougou, il faudrait compter une dépense globale de 2 milliards de francs au minimum.
- N’Guigmi, en passant entre le Tassili-tan-Adrar à l’ouest et le Tassili-tan-Ahaggar à l’est (elle traverse même la ligne de mamelons de ce dernier), puis à travers la plaine de Kalak, en laissant Agadir au nord-est, et en traversant les régions sahéliennes du Teguna, du Damergou et du Manga. A N’Guigmi, le rail atteindrait le kilomètre 3854 à partir d’Alger via Arzeu et Colomb-Béehar.
- Le tracé Silet-N’Guigmi ne rencontre aucune difficulté sérieuse au point de vue du terrain, mais les points d’eau y sont très rares et ne suffiraient certainement pas au ravitaillement de la ligne, sauf, découverte imprévue. Le tracé vers Bourem parait; de beaucoup préférable; il a été naturellement prôné par la Chambre de Commerce d’Oran, notamment dans une circulaire récente à la presse.
- Quant à la ligne Touggourt-Ouargla-In-Salah, elle présente l’avantage d’être la plus courte des voies envisagées, mais elle nécessiterait de nombreux travaux d’art, particulièrement dans la région d’In-Salah.
- A côté des chemins de fer de'pénétration algériens dans le Sahara, il faut citer la ligne du littoral tunisienne, mise récemment en exploitation jusqu’à Gabès, et les lignes amorcées par les Italiens en Tripolitaine. Nos amis transalpins envisagent la construction d’une ligne Tripoli-Mourzouk-Gatroun-Bilma-Agadem-Tchad, mais ils n’ont pas pu construire avant 1917 plus de 224 kil. de voies ferrées dans la Djefara seulement.
- Tous les projets de transsahariens se heurtent à une objection de principe : comment, dans la situation économique et financière actuelle de la France et de l’Italie, entreprendre la construction d<e lignes coûteuses, sans trafic local sérieux et avec un trafic intercolonial très faible? Les transsahariens ne pourront jamais lutter contre la concurrence du Niger et des ports de l’Afrique Occidentale et Centrale.
- Qu’on pense seulement à la faiblesse du trafic des caravanes de la belle époque ! La caravane annuelle Mogador-Tombouctou ne transportait certainement pas la valeur de dix wagons de. 16 tonnes de marchandises dans chaque sens. Pour permettre à la moins coûteuse des lignes transsahariennes de faire ses affaires, il faudrait lui assurer un trafic annuel en marchandises mille fois plus considérable. Est-ce possible?
- Un transsaharien ne peut donc pas être une bonne affaire au point de vue économique : lès dépenses dépasseront toujours les recettes, et il coûtera au lieu de rapporter. Par contre, il peut être une excellente chose au double point de vue politique et militaire, en permettant d’amener plus rapidement des troupes noires en Europe. Pouvoir réprimer avec des tirailleurs algériens des troubles au Soudan et avec des spahis soudanais ou maures des soulèvements de Chaamba ou de Kabyles, c’est évidemment aussi un gage de sécurité pour notre empire colonial.
- Pour le moment, un transsaharien apparaît
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- comme une dépense de luxe, que l’étal de ses finances ne permet pas à la France d’engager actuellement. Aussi son gouvernement préfère-t-il visiblement améliorer d’une autre manière les communications entre les pays riverains du Grand Désert : en favorisant les progrès de l’aviation et de l’automobilisme et en créant des services transcontinentaux d’avions et d’autochenilles. Trois itinéraires d’autochenilles ont été récemment proposés par le commandant Derville :
- 1° Touggouri-lvidal-Bourem, en contournant par l’est l’Àdrar des Iforas : 2820 kil. dont 270 kil. de Kidal à Bourem ;
- 2° Culomb-Béchar-Tabelbala- Taoudéni-Àraouan-Tombouctou (1940 kil.);
- 5° Agadir-Tindouf-Atar-Saint-Louis : 2200 kil. ; avec variante d’Atar sur Kayes : 2550 kil.).
- Le second de ces itinéraires offre peu d’intérêt au point de vue économique; seules sont intéressantes les relations entre Taoudéni (salines) et Tombouctou, qu’assure deux fois par an une caravane du sel (azalaï). Par contre, il présente de grands avantages au point de vue militaire, pour deux raisons : il est le plus court et permet de surveiller plus facilement les rezzous des Regueïbats et les djichs des Bera-bers. R kmk Le Conte.
- LA GIROUETTE CONSTANTIN
- Ses applications à la navigation aérienne.
- 1 L’instrument. — Il est en T. S. F. un organe tout à fait merveilleux par la multiplicité des services qu’il peut rendre. Nous voulons parler delà lampe à trois électrodes. Il n’est guère, en effet, de problème concernant les transmissions sans fil où cet admirable instrument n’apporte une solution nouvelle, intéressante, souvent même définitive. Qu’il s’agisse d’émission, de modulation, de détection, de sélection, d’amplification, c’est presque toujours « la lampe » qui fournit les résultats les plus satisfaisants.
- Eh bien, en aviation, il en est un peu de même* de la girouette Constantin (*). Certes cet appareil est loin d’être universellement répandu comme l’est « la lampe », mais son apparition dans la technique de l’aérodynamique est aussi beaucoup plus récente. Et chacun sait que les hommes sont pitoyablement doués pour la perception des vérités nouvelles. Il en est de la vérité comme de la bonne musique : il faut la faire entendre bien des fois avant de réussir à la faire comprendre.
- Nous allons, dans les lignes qui vont suivre, montrer qu’il s’agit bien ici d’une vérité et d’une vérité féconde, dont tous les techniciens de l’aéronautique reconnaîtront bientôt, espérons-nous, l’exceptionnelle valeur.
- Tout le monde sait ce qu’est une girouette. Une girouette — il y en a une sur tous les clochers — est composée le plus ordinairement d’une surface s telle que celle représentée en coupe (fig. d). Celte surface, sous la poussée du vent, tourne autour de l’axe O. Si le vent souffle suivant la direction de la flèche /', la surface mobile prend la position marquée en traits pleins sur la figure et si le vent souffle suivant la direction de la flèche f, la surface mobile
- i. M. Constantin est l’inventeur du bateau à turbine aérienne qui, sans autre source d’énergie que le vent, peut avancer directement contre le vent aussi vite que vent arrière (Voir La Nature, du 11 novembre 1922) et toujours plus vite qu’avec une voile de surface égale à la surface balayée par la turbine.
- vient en S'. Les positions successives s et A permettent donc de connaître les directions successives du vent.
- On voit tout de suite quels inconvénients présente celte disposition :
- a) Si les variations de direction du vent sont de faible amplitude, il est bien difficile de mesurer le petit angle que s fait avec s' ; l’instrument manque de précision.
- b) D’autre part, Ta surface s étant plane, les variations de poussée correspondantes à des varia-
- Fig. i. — Schéma d’une girouette ordinaire.
- tions de la direction du vent sont faibles ; l’instrument manque de sensibilité.
- c) Enfin, toutes les vibrations mécaniques qui peuvent se produire sur Taxe O font naître des oscillations de la surfaces autour de sa position moyenne, oscillations dont l’amplitude est du même ordre que celle des changements de direction du vent. Toute mesure devient alors impossible et l’instrument manque d’exactitude.
- Voici comment M. Constantin a résolu ces diverses difficultés.
- Tout d’abord, la surface plane unique est remplacée par un ensemble de deux surfaces courbes S et (fig. 2) placées symétriquement Tune par rapport à l’autre. Cet ensemble, tout en restant symétrique par rapport au plan médian NX', jouit de tous les avantages des surfaces courbes, c’est-à-dire que les poussées qu’exerce sur elles un vent relatif de faible inclinaison par rapport à leurs cordes est beaucoup plus considérable que les poussées que ce même vent exercerait dans les mêmes conditions sur des surfaces planes. Ici, à surface égale, les poussées sont environ quatre fois plus fortes.
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- De plus, cet ensemble de deux surfaces, au lieu d’étre lié à un axe d’articulation unique, est monté sur un trapèze articulé abcd. Il en résulte que,
- Fig. 2. — Principe de la girouette Constantin.
- lorsque le vent souffle dans la direction de la flèche /', le système est en équilibre et reste immobile; mais si le vent prend la direction f', l’ensemble se meut vers la droite, jusqu’au moment où les surfaces S et S4, venues en S' et S^, ont leurs cordes parallèles à f'. À ce moment, comme il est facile de le voir, l’angle que font entre elles les deux droites ab et a'b' est justement égal à l’angle que font entre elles les directions des flèches f et f. Cet angle est précisément celui dont ont tourné les deux surfaces S et Sj ; mais leur rotation, au lieu de s’effectuer autour d’un axe unique et rapproché, s’est effectuée autour d’une série d’axes virtuels très éloignés, d’autant plus éloignés que la longueur cd diffère moins de la longueur ab.
- On sait, en effet, que si l’on avait ab = cd, la ligure abcd serait un parallélogramme ; a'b' resterait parallèle à ab et les deux surfaces, quel que fût l’angle de db' avec db, resteraient toujours parallèles à elles-mêmes.
- La rotation des surfaces sera donc d’autant moins accentuée que la longueur cd sera plus voisine de la longueur ab et l’on peut démontrer par le calcul que si l’on a par exemple
- cd = 0,99 ab
- l’angle de db’ avec db est pratiquement 100 fois plus grand que l’angle de abr avec ab, c’est-à-dire que l’angle de f' avec f, c’est-à-dire enfin que l’angle de déviation du vent.
- Or cet angle de db avec db' est beaucoup plus facile à mesurer qu’un tout petit angle ; il est très peu affecté d’autre part par les petites vibrations mécaniques des surfaces. On peut donc aisément
- arriver ainsi à la connaissance précise de l’angle cherché.
- Dans la pratique, un système simple de plots, de frotteurs et de lampes transmet électriquement l’indication à une distance quelconque. Ces indications peuvent aussi être enregistrées graphiquement au moyen d’un des nombreux dispositifs connus.
- Enfin, des contrepoids P, P' annulent les effets de la pesanteur.
- Nous voici donc en possession d’un indicateur d’angles de déviation du vent relatif, simple, robuste, sensible, précis et puissant. Nous allons maintenant passer en revue quelques-unes de ses applications.
- II. Applications. — À. Dynamique générale des fluides. — Le cas est fréquent où l’on a besoin de connaitre exactement la direction d’un courant gazeux ou liquide. Or, cette girouette permettra toujours de résoudre le problème avec autant de précision que l’on voudra.
- Nous ne pouvons, bien entendu, entrer ici dans le détail des opérations à effectuer chaque fois, mais il n’y a rien là, on s’en rend compte aisément, qui puisse embarrasser un technicien et nous n’insisterons pas davantage.
- B. Aviation. — Ici les applications sont innombrables. Nous nous contenterons de signaler en passant l’emploi de la girouette toutes les fois qu’on voudra se livrer à des investigations, par exemple sur la déviation du vent relatif produite par une cellule d’aéroplane au point de vue de son action sur les surfaces de queue, ou encore sur le meilleur emplacement d’un lance-bombes, ou enfin sur la direction des vents dans une région déterminée. Nous donnons justement la photographie des girouettes spécialement construites pour M. Idrac, le savant éminent que l’Office National Météorologique, à propos des divers concours de vol sans moteur, a
- Fig. 3. — Une polaire d’avion.
- chargé d’étudier les régimes des vents à Biskra et à Vauville.
- Nous allons passer maintenant à l’aviation proprement dite.
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- a) Indicateur d'angle d'attaque. — Ainsi que tout le monde le sait, un avion est, au point de vue de ses qualités aérodynamiques, caractérisé par sa polaire, c’est-à-dire par une courbe définie de la façon suivante :
- Si l’on considère un avion descendant en vol plané uniforme, à un angle d’attaque quelconque, par l’effet de la pesanteur, l’action résultante de l’air sur l’avion peut se décomposer en deux forces : l’une parallèle, l’autre perpendiculaire à la trajectoire. Ges forces sont respectivement proportionnelles à deux coefficients R.r et R y et en môme temps, toutes deux, au carré de la vitesse. Si l'on fait faire à l’avion des vols planés avec les divers angles d’attaque admissibles et que l’on construise une courbe ayant les Ræ ainsi obtenus pour abscisses, et les R y correspondants pour ordonnées, on obtient (fig. 5) la polaire de l’avion.
- Cette courbe jouit de propriétés remarquables sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici et nous devons nous contenter d’insister sur le fait qu’elle caractérise toutes les propriétés aérodynamiques de l’avion. Le pilote a donc le plus grand intérêt à connaître l’angle d’attaque auquel il vole, car il pourra en déduire, consciemment ou empiriquement en obéissant à ses réflexes, toute une série de conséquences très importantes pour lui.
- Ainsi pour la polaire considérée :
- A 0° les efforts mécaniques sur les divers organes de l’aéroplane sont considérables : il y a donc danger de rupture. 11 y a de plus, parfois, risque d’engagement.
- A (9° on approche d’une zone bien dangereuse, la zone de perte de vitesse— on sait que la perte de vitesse nous a coûté plus de pilotes que les balles des Fokkers —; à 11° ou atteint cette zone. Il faut donc, toujours à ce moment-là, donner à descendre. Cet angle de 11° est aussi celui qu’il ne faudra pas dépasser à l’atterrissage.
- L’angle de 4° est de même un angle très remarquable : c’est l’angle de meilleur vol plané, l’angle dit « optimum », celui qui permettra à l’aviateur, en cas de panne de moteur, d’atteindre le point d’atterrissage le plus éloigné.
- De plus, si l’on adapte l’hélice de telle sorte quelle ait à cet angle son rendement maximum (on sait que pour un planeur déterminé le rendement d’une hélice donnée, en vol en palier, ne dépend que de l’angle d’attaque, quels que soient le moteur, la démultiplication de l’hélice au moteur, l’admission des gaz et le poids de l’avion) l’angle optimum sera pratiquement toujours l’angle de moindre consommation, dans toutes les circonstances.
- Nous disons pratiquement toujours, car ceci restera vrai même par de grands vents, des vents atteignant par exemple le tiers de la vitesse de l’avion.
- On pourra donc, dans la très grande généralité des cas, donner aux pilotes l’instruction de voler k l’angle optimum, quelles que soient les circonstances de pouls, d'altitude et de vent.
- CONST ANTJN :......... ...........—.......... 381
- Aucun autre instrument connu ne pourrait à ce point de vue donner des indications aussi sûres et aussi simples.
- b) Indicateur de glissement latéral. — Un autre danger, particulièrement redoutable pour le pilote volant dans la brume ou dans la nuit, est la glissade sur l’aile.
- La girouette Constantin, placée au droit du centre de gravité, constitue un excellent indicateur du glissement latéral. Toute déviation du vent relatif, par rapport à l’axe longitudinal de l’avion, sera immédiatement signalée, avec sa valeur exacte, au pilote et celui-ci pourra corriger.
- 11 en sera de même pour tout virage incorrect, le propre du virage correct étant de ne comporter ni glissement vers l’intérieur du virage, ni dérapage vers l’extérieur.
- c) Indicateur de virage.— Considérons un avion que nous représentons (lig. 4) par son axe longitudinal AB et son centre de gravité G. Supposons que
- Fig. 4. — La déviation du vent relatif pendant le virage d’un avion.
- cet avion soit en virage de telle sorte que le rayon de courbure de sa trajectoire soit OC.
- Il est clair que le vent relatif au point A n’est plus dirigé suivant f comme dans la marche rectiligne, mais suivant f, faisant avec f un angle œ égal à la parallaxe de la longueur AG prise du point 0.
- Tout virage se manifestera donc au point A par une déviation du vent relatif et il suffira de signaler cette déviation au pilote pour qu’il soit prévenu que sa route n’est plus rectiligne.
- Dans la pratique, malheureusement, tout virage se complique soit d’un dérapage, soit d’une glissade qui faussent les indications de la girouette.
- Pour parer à cet inconvénient on peut placer une seconde girouette au droit du centre de gravité et commander avec les deux girouettes des aiguilles montées sur le même axe. Quand il y aura seulement glissade, les deux aiguilles resteront superposées et indiqueront cette glissade; quand il y aura en même temps virage, elles feront, de plus, entre elles, un certain angle. Le pilote pourra donc à la fois corriger le virage et la glissade.
- d) Essais en vol. — Nous ne nous étendrons pas sur le détail de cette très importante application.
- Nous nous contenterons de signaler les principes suivants :
- Si l’on connaît, par un moyen quelconque, la
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- penle d’un vol plané et la vitesse d’avancement correspondante, il sera facile d’en déduire les composantes, parallèle et perpendiculaire à la trajectoire, de l’action de l’air, c’est-à-dire les Hz- et R y correspondant à l’angle d’attaque auquel s’est elfeclué le vol plané. On aura ainsi un point de la polaire de l’avion en vol.
- Au moyen de plusieurs vols planés à des angles d’attaque différents, on pourra donc construire toute la polaire. C’est là un résultat de la plus grande importance à cause de l’incertitude où l’on est des lois de correspondance des essais sur petits modèles et sur modèles en vraie grandeur. D’autre part, toutes les tentatives qui ont été faites jusqu’à ce jour pour construire les polaires d’un avion en vol sans se servir des angles d’attaque ont donné lieu à des difficultés insurmontables.
- On comprend aussi que, connaissant la polaire de l’avion et la puissance du moteur, il soit possible d’en déduire le rendement réel et pratique de l’hélice, autre problème qui n’avait également jamais été résolu jusqu'à ce jour.
- e) Stabilisation automatique des aéroplanes. — Ainsi que nous l’avons vu ci-dessus, la girouette peut être employée comme indicateur de glissades et comme indicateur d’angles d’attaque. Ces deux propriétés nous permettent de concevoir un mode très simple de stabilisation automatique des aéroplanes.
- 1. —Stabilisation latérale.
- Au point de vue latéral, un aéroplane à une certaine distance du sol n’est en danger que quand il glisse sur l’aile. Or, toutes les fois qu’il y aura soit dérapage vers l’extérieur d’un virage, soit véritable glissade sur l’aile, la girouette nous préviendra.
- Elle peut faire même mieux que nous prévenir : elle peut agir sur les ailerons par l’intermédiaire d’un relais et d’un servo moteur et corriger la glissade ou le dérapage.
- Elle peut faire mieux encore :
- Supposons que nous lui donnions une surface par exemple de 1/2 mètre carré. L’effort exercé sur cette surface par un vent de 50 m. par seconde ou 180 km/h, vitesse aujourd’hui très courante, nous donnera vite un effort de l’ordre de T0 kg. C’est donc plus qu’il ne nous en faut pour commander directement les ailerons sans l’intermédiaire d’un servo-moteur,
- 11 est à remarquer qu’aussitôt que la glissacie cessera el que la girouette sera de nouveau dans le lit du vent relatif, les ailerons reviendront en place, et leur action croîtra et décroîtra comme l’angle de glissade lui-même.
- Si le pilote, désirant changer de direction, agit sur son palonnier, l’avion ne s’inclinera sans doute pas suffisamment de lui-même pour éviter un petit dérapage vers l’extérieur du virage. L’action de la girouette corrigera immédiatement ce dérapage et
- le pilote n’aura pas à s’en préoccuper : le virage sera correct.
- . 2. — Stabilité longitudinale.
- La girouelle pouvant servir comme indicateur d’angles d’attaque pourra, naturellement, agir directement sur le gouvernail de profondeur.
- Supposons par exemple qu’elle soit calée de façon à être dans le lit du vent relatif lorsque l’avion vole à 6°. Si, pour une raison quelconque, cet angle d’attaque change, la girouette tendant à rester dans le lit du vent relatif agira sur les commandes de profondeur de façon à ramener la cellule dans sa •position primitive et'la constance approximative de l’angle d atlaque sera assurée.
- Si le pilote possède de plus le moyen de régler en vol le calage de la girouette, il pourra toujours voler à l’angle de son choix, et même décoller ou atterrir.
- On peut donc concevoir les commandes d’un avion delà façon suivante :
- Un volant commandant, comme les volants d’automobiles, une direction irréversible. Sur ce volant : des manettes pour la commande des moteurs. À droite du pilote un levier, analogue au levier de changement de vitesse des automobiles, commandant le calage de la girouette.
- La manœuvre qui, en dehors de l’envoi et de l’atterrissage, se bornera à la surveillance de la route et de l’altitude, sera simplifiée àTextrême et n’imposera au pilote aucune fatigue physique.
- Celui-ci pourra choisir à volonté son angle de vol et s’y tenir.
- Le plan fixe des gouvernails de profondeur, avec tous les inconvénients qu’il comporte (complications, poids, moindre maniabilité, résistance à l’avancement, etc.), deviendra inutile. La compensation de la partie mobile, qui seule subsistera, deviendra par suite beaucoup plus aisée. Son réglage, suivant la répartition de la charge, sera automatique.
- L’importance à donner au fuselage sera donc également diminuée, ce qui entraînera une diminution de l’inertie longitudinale de l’avion et une augmentation de ses qualités de vol.
- f) Stabilité de roule des aéroplanes. — 1° Dispositif mettant automatiquement l'axe de Vaéro-, plane dans le lit du vent relatif.
- Soit un aéroplane, représenté schématiquement (fig. 5) par son axe de symétrie A, s’avançant dans l’air suivant la flèche f.
- Soit G le gouvernail de cet aéroplane.
- Une girouette, composée de deux surfaces symétriques S et Sj montées sur un trapèze articulé abcd, est reliée au gouvernail par un système cinématique composé par exemple d’une biellette [i et de deux bras a et oc, reliés rigidement, le premier au gouvernail, le second au bras ad.
- Tant que le vent relatif sera parallèle à l’axe A,
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- LA GIROUETTE CONSTANTIN
- c’est-à-dire à 180° de la flèche f, le système gouvernail-girouette sera en équilibre.
- Par contre, si à un moment donné le vent relatif prend la direction f, la girouette se -mettra en mouvement et les sur- • - " " faces S et S) iront vers S' et SV
- Par le jeu du système cinématique — non représenté pour ne pas alourdir le schéma — le gouvernail tendra vers G' et l’avion tournera dans le sens de la flèche q jusqu’à ce que l’axe À soit devenu parallèle à/'.
- A mesure que ce mouvement se produira, l’angle entre la direction du vent relatif et l’axe de l’appareil diminuera, la girouette et le gouvernail tendront à reprendre leur position normale.
- Lorsque l’axe A et le vent relatif seront parallèles, girouette et gouvernail seront parallèles aussi et l’avion continuera sa roule rectiligne jusqu’à ce qu’intervienne une nouvelle perturbation.
- L’ensemble suivra donc toutes les directions du vent relatif.
- Remarques.—-1. Les pulsations à courte période du vent n’auront qu’un très faible effet sur la direction de l’avion lui-même, à cause, de l’inertie de celui-ci. Elles se compenseront les unes les autres à peu près exactement.
- 2. Par contre, un changement durable de la direction du vent régnant provoquera un changement de cap de l’avion.
- o. Si le pilote peut commander l’orientation de la barre ab, la girouette agira comme servo-moteur de gouvernail. Le pilote pourra donc virer à volonté.
- 2° Maintien de la route de l'avion malgré les changements de direction du vent régnant.
- Soit un aéroplane faisant la route AB et parti par vent nul.
- Supposons (fig. 6) qu’au moment où il se trouve au point M, volant avec la vitesse MV, survienne un
- Fig. 5. -
- tie vaincues, sera MMj et, au bout de l’unité de temps, il se trouvera en Mj au lieu d’être au point V. Si par contre il est muni d’une girouette, comme
- A
- >-
- Dispositif assurant, au moyen d’une girouette, la stabilité de route d’un avion.
- par suite de soja inertie, son vent relatif sera MM2 durant un certain temps, il changera de cap et volera dans la direction MF ainsi qu’il a été expliqué ci-dessus.
- Sa vitesse propre restera MV' — MV et le vent latéral de vitesse V'M' = Mn le ramènera en M' au bout de l’unité de temps.
- En résumé :
- 1° Par un vent nul, la route sera MB;
- 2° Par un vent latéral et s’il n’y a pas de girouette, la route sera MMjB, ;
- 5° Par vent latéral et s’il y a une girouette, la route sera MM'B'.
- Remarques. — a) Si le navigateur surveille son compas, le changement de cap de MV à MV’ ne passera pas inaperçu pour lui.
- 11 pourra j même en déduire la valeur de la composante latérale du vent et compléter la correction.
- b) On pourra sans doute régler la girouette de façon quelle exécute elle-même cette correction automatiquement avec une approximation assez grande.
- c) L’avion devra être muni d’un correcteur de glissades de façon à ne pas permettre l’entrée
- en jeu de phénomènes perlurba-
- Fig. ô. — Emploi de la girouette pour maintenir la roule d’un avion malgré les changements du vent régnant.
- coup de vent latéral d.e vitesse Mo. Si l’avion est un avion ordinaire, et si le pilote n’est pas averti, sa nouvelle route géographique, unefoisles forces d’iner-
- teurs.
- C. Applications diverses. — Le nombre de ces applications est très considérable et il n’est guère possible de les décrire toutes.
- Nous pouvons cependant signaler les suivantes :
- 1° Une girouette de glissement latéral placée à l’avant d’un dirigeable avertirait à l’avance le pilote de toutes les embardées sur le point de se produire; il pourrait donc y avoir même une correction anticipée augmentant considérablement la stabilité de roule et le rendement, et susceptible peut-être d’éviter de terribles catastrophes comme celle survenue, il n’y a pas bien longtemps, en Angleterre par suite de, la trop
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- LA GIROUETTE CONSTANTIN
- Fig. 7. — La girouette Constantin utilisé? par M. Idrac.
- Conclusion. — On le voit, cet instrument est exceptionnellement riche de promesses et nous n’avons pas été exagérément optimistes en le plaçant, à ce point de vue, à. côté de la lampe à trois électrodes.
- Plusieurs de ces promesses ont déjà été tenues et la girouette Constantin a rendu plus d’un service aux techniciens de l’aviation.
- Il faut souhaiter que la connaissance de ses multiples applications pénétre rapidement dans tous les milieux susceptibles de les utiliser et que leur développement, inévitable avec le temps, ne soit pas entravé et retardé par ces terribles ennemis du progrès, l’inertie et la routine.
- J. Félix.
- F/g. 8. — Autre vue de la girouette de M. tdrac.
- grande brutalité des manœuvres ;
- 2° Des girouettes convenablement placées sur les sous-marins donneraient également de précieuses indications au pilote au point de vue des embardées et du maintien de l’assiette.
- ' Pourvues d’un dispositif d’enregistrement, elles constitueraient de véritables traceurs de route.
- 5° Sur les torpilles, elles permettraient sans doute de supprimer le gyroscope et les servo-moteurs;
- 4° Enfin, meme sur les bateaux à voiles, elles pourraient servir de servo-moteurs de gouvernail, sans exiger l’emploi d’un moteur auxiliaire.
- •tm ' t
- r............ ..
- Fig. 0. — Une autre girouette de M. Constantin.
- Le Gérant : 1*. Masson. — Imprimerie Pauvre, 9. rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2568
- 23 JUIN 1923
- UNE CRÉATURE PARADOXALE
- En présentant dans une récente édition du Bulletin, l’un des organes de la Société Zoologique de New-York, l’ornithorhynque reçu et exhibé par la savante Société, son très distingué directeur, le D- William T. Hornaday, écrit, en un élan d’enthousiasme qui nous apparaît justifié : « L’attente de plusieurs siècles est enfin satisfaite ! »
- Les poètes ont droit à l’exagération, et l’excellent écrivain qu’est M. Hornaday prend place dans leurs rangs, quand il écrit sur un sujet qui le passionne. Ne le chicanons pas sur Je nombre de ses siècles ! C’est, sous sa plume, une façon d’exprimer que les savants attendaient depuis longtemps l’occasion d’étudier méthodiquement l’être le plus bizarre que compte la faune actuelle.
- Cette occasion ne .s’est présentée que dans la seconde moitié de l’année dernière, avec l’arrivée à New-York du premier ornithorhynque qui soit jamais sorti de son pays d’origine, qui est l’Australie. Jusqu’à cette date, toutes les tentatives d’exporter un de ces petits animaux avaient échoué misérablement. Les résultats obtenus par la ténacité du Dr Hornaday apparaîtront encore plus remarquables, lorsque nous aurons dit que, même en Australie, c’est-à-dire dans le propre habitat de l’espèce, la diflîculté de conserver les ornilhorhynques en captivité est si grande que l’on ne voit jamais de représentants de l’espèce dans les jardins zoologiques del’île-continent.
- Il est à peine besoin de noter que l’ornithorhynque n’est pas un nouveau venu pour la Science. Il nous est connu depuis plus d’un siècle ; mais nous ne le connaissions encore qu’à l’état d’empaillé, ou d’après des dessins plus ou moins exacts. C’est lu première fois qu'une revue scientifique est en état de publier une série complète et détaillée sur la créature. Nous sommes redevable de l’aubaine à notre ami M. Elvvin R. Sanborn, photographe attitré de la New-York Zoological Society, qui a bien voulu
- L’ORNITHORHVNQy^-—^
- Fig. i.
- L’ornithorhynque du Jardin zoologique de New-York.
- Fig. 2. — L’ornithorhynque sortant de l’eau.
- 51° Année. — 1" Semestre.
- nous transmettre toute la série des photographies prises par lui.
- Avant de conter le petit roman d’aventures que fut le voyage du sujet exhibé à New-York — voyage de plus de 16 000 kilomètres! — nous donnerons une monographie de l’espèce, en recourant aux ouvrages de M. W. H. D. Le Souëf, le célèbre savant qui dirige le Jardin Zoologique de Melbourne.
- Les Anglo-Saxons donnent encore à l’animal le nom qui lui fut décerné par les premiers zoologistes : duck-billed Platypus. Les deux premiers mots indiquent un animal « à bec de canard », et le troisième, emprunté au grec, rappelle que la créature possède des pattes très larges. Le terme scientifique qui a prévalu est Ornilhorhynchus anatinus, bien qu’on emploie aussi celui de 0. pa-radoxus.
- L’ornithorhynque occupe une place toute spéciale dans la création. Il forme, presque à lui seul, l’ordre des Monotrèmes, où il ne compte qu’un compagnon : l’Echidné. On peut leur ajouter une forme fossile, retrouvée
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- 386 .....: UNE CRÉATURE PARADOXALE : L’ORNITHORHYNQUE
- en Patagonie. L’ornithorhynque et l’échidné ne sont d’ailleurs- apparentés que d’assez loin, et seulement par certains détails anatomiques.
- Les caractères externes diffèrent considérablement, ainsi que les mœurs. Les deux genres habitent les mêmes régions du globe : l’Australie et la Tasmanie. Cependant, l’échidné est représenté également en Nouvelle-Guinée.
- On pourrait, au besoin, exprimer les excentricités de l’ornithorhynque en disant de lui qu’il est àl.t fois ovipare (puisqu’il pond des œufs) et mammifère (puisqu’il allaite les petits éclos de ces œufs). On pourrait noter encore que ce quadrupède porte un bec de canard et un éperon de coq. Mais ces détails ne suffiraient pas à le dépeindre, car il pré-
- apparilion. La présence d'os marsupiaux dans leur squelette et l’absence du marsupium (poche ventrale) sont des constatations qui vaudraient la peine d’être approfondies. Ont-ils perdu cette poche en adoptant de nouvelles habitudes qui la rendaient désormais inutile? ou, descendus d'une souche commune avec les véritables marsupiaux, s’en sont-ils détachés avant d’avoir poursuivi leur évolution jusqu’au point où les replis de la peau du ventre se seraient transformés en une poche?
- C’est là un problème dont nous ne connaîtrons la solution qu’après que le sous-sol australien aura livré ses secrets paléontologiques.
- L’ornithorhynque est de petite taille ; elle ne dépasse pas 50 centimètres, du bout du bec au bout
- Fig. 3, 4 et 5. — Vues du bec : faces supérieure, inférieure cl latérale.
- sente bien d’autres bizarreries, que nous allons étudier. Celles que nous venons de citer montrent déjà que rornithorhynque forme comme un chaînon entre les oiseaux et les mammifères.
- Dans son bel ouvrage sur l’Origine et l'évolution de la vie, dont la traduction française (Masson et Cie) est déjà épuisée, mon maître et ami Henry Fairfield Osborn consacre à l’animal les lignes que voici :
- « La connexion des mammifères ancestraux avec un type reptilien des Temps Permiens est établie théoriquement par l’intermédiaire de la survivance d’une seule branche de mammifères primitifs pondeurs d’œufs (Monotremata) en Australie et en "Nouvelle-Guinée. »
- Ces lignes du grand paléontologiste américain mettent en relief la très haute importance desmono-trèmes dans l’élude de l’origine et de l’évolution des mammifères. Le fait que leurs fossiles n’aient été retrouvés jusqu'ici que dans des terrains d’un âge géologique relativement récent ne signifie pas, ainsi qu’on l’a écrit, qu’ils firent tardivement leur
- de la queue. L’individu dont nous donnons les photographies n’avait pas encoure terminé sa croissance, et ne mesurait que 46 centimètres (lig. I et 2). L’aspect général rappellerait celui de la loutre, si ce il’était l’extraordinaire appendice qui termine la tête ronde et massive.
- Ce bec est certainement unique dans la création. Il est fait d’une matière molle, dont la consistance est comparable à celle du cuir, et qui se contracte après la mort, sous l’action de la sécheresse. Pour cette raison, les spécimens naturalisés, que nous voyons dans les galeries zoologiques montrent des; becs racoornis, considérablement déformés.
- Comme on peut le voir sur les belles photographies de M. Sanborn (lig. 3, 4 et 5), les deux man-i dibules sont de grandeurs très inégales, là supé-; rieure débordant de beaucoup sur l’inférieure. Elles ? ne paraissent pas fa,ire corps avec la tête : on a l’illusion que l’animal « s’en coiffe » lorsqu’il a besoin de s’en servir, et qu’il peut s’en débarrasser à volonté 1
- Chez les jeunes, ces mandibules sont armées de
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- dents rudimentaires, qu’elles perdent en atteignant l’âge adulte, et qui sont alors remplacées par des plaques de matière cornée, qui facilitent la mastication. Ces plaques sont très visibles sur celle de nos photographies montrant le bec vu de profil. Sur celle qui montre le bec vu d’en haut, on distingue, près de la ligne de jonction, parmi les poils, deux petites fentes ou taches noires, qui sont les yeux. Ces organes sont d’une faible puissance. L’extrême sensibilité du bec, et, plus particulièrement, de la mandibule supérieure, compense ce défaut, et permet à l’animal de trouver sa nourriture au toucher.
- La queue, large et plate, l’aide à nager, et fait office de gouvernail. Les pattes sont dans leur genre aussi extraordinaires que le bec, et l’on a peine à croire que les deux paires appartiennent à la même
- par le Jardin Zoologique de New-York. Celte arme sert probablement dans les duels qui mettent les mâles aux prises ; on dit que leur piqûre est venimeuse. Les quatre pattes sont montées sur des jambes excessivement courtes. Pour cette raison,. l’ornilhorhynque ne peut pas se dresser au-dessus du sol, et sa marche est presque une reptation.
- Il convient de remarquer ici que tous les dessinateurs qui se sont occupés de l’ornithorhynque l’ont représenté avec les pattes antérieures développées en éventail, tout en les plaçant « à terre ». Nous savons maintenant que c’est là une grossière erreur. On doit noter, à leur excuse, qu’ils s’inspirèrent des spécimens exposés dans les collections zoologiques, où cette erreur est invariablement commise.
- La fourrure, qui ressemble-à celle du phoque, et
- Fig. 6 et 7. — Patte antérieure de l’ornithorhynque, pendant la marche et la natation.
- bête, quand on voit les photographies isolées.
- La paire antérieure offre un mécanisme absolument unique dans la création. Quand l’animal se trouve hors de l’eau, ses pattes de devant sont proportionnées à son corps : les doigts sont serrés les uns contre les autres, et le poids du corps repose sur les longues griffes, dont les extrémités sont seules en contact avec le terrain (fig. 6). Quand l’animal nage ou plonge, c’est une étrange métamorphose. Les doigts s’écartent considérablement, en déployant une membrane qui dépasse de beaucoup l’extrémité des grillés (fig. 7). C’est précisément cet étonnant élargissement des pattes durant la natation qui a valu à l’ornithorhynque son premier nom de Platypus. Dès qu’il sort de l’eau, cette membrane s’enroule sur elle-même, et vient se loger sous les doigts, rendant aux griffes leur liberté d’action soit pour marcher, soit pour creuser un terrier.
- Les pattes postérieures sont palmées, elles aussi, mais sans que la membrane jouisse de la même élasticité. En outre, elles sont armées d’un éperon qui est plus long chez le mâle (fig. 8). Sa longueur était de 12 millimètres chez le jeune individu acquis
- qui olfre une teinte marron, est composée de deux éléments : la fourrure extérieure, aux poils longs, bouclés et brillants, et la fourrure intérieure, aux poils courts et laineux. Etudiés au microscope, les poils de l’ornithorhynque se classent en sept catégories, qui diflèrent étonnamment entre elles par leur structure.
- Quand nous aurons ajouté que l'étrange animal ne possède pas d’oreilles externes, ce qui ne l'empêche pas d’être doté d’une ouïe très délicate, nous en aurons terminé avec sa description. Mais l’étude de ses mœurs va nous procurer d’autres surprises.
- Sur le point de devenir mère, la femelle se réfugie dans la chambre souterraine, tapissée de feuilles et d’herbes, située au. fond du terrier, et y pond de deux à quatre œufs, dont la coquille est faite d’une matière coriace ressemblant à du cuir. Nous avons déjà noté qu elle ne possède pas de marsupium. Elle y supplée en s’enroulant sur elle-même, avec les œufs placés sur son ventre. On ignore combien de temps dure l’incubation.
- Quand les œufs sont éclos, les nouveau-nés réclament leur pitance. Or, bien que classée parmi les mammifères, la créature n'a pas de mamelles.
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- Elle possède bien, partagées en deux groupes, des glandes lactaires, mais qui sont placées sous l’épaisseur de là paroi abdominale, et sans que la nature leur ait donné comme déversoir la tétine évoluée chez tous les autres mammifères. La mère provoque l’écoulement de la sécrétion en contractant certains muscles, et les petits recueillent le lait en appliquant leur bec et leur langue contre la surface lactaire.
- Ce mode d’allaitement, qui ne se rencontre ailleurs que chez l’unique parent de l’ornithorhynque, l’échidné, illustre pittoresquement les théories exposées par Osborn dans son Origine et évolution de la vie, que nous mentionnons plus haut. Dans la marche de l’évolution, la nature peut être comparée à un inventeur qui se livre à une série d’expériences avant de faire choix d’une solution. Le système lactaire des monotrèmes est probablement une des nombreuses expériences que poursuivit la nature avant de s’arrêter au syslème appliqué chez tous les autres mammifères.
- Les mœurs de l’étrange créature qui nous occupe ici peuvent être décrites rapidement. Répandus dans les rivières de la Tasmanie et de l’Australie orien taie, les ornilhorhjnques se creusent des terriers, dont la longueur totale atteint une dizaine de mètres.
- L’unique entrée est généralement située sous l’eau, et, de préférence, entre les racines d’un arbre.
- Le couloir, juste assez large pour laisser passer l’animal, s’élève en pente raide et sinueuse, et aboutit à une chambre, qu’il tapisse de feuilles et d’herbes.
- Ce réduit, où il passe la plus grande partie de la journée, est presque toujours situé à une faible distance du sol. Aussi les nègres australiens découvrent-ils assez facilement la retraite en heurtant la terre, sur laquelle ils appliquent leur oreille.
- Les ornithorhynques sortent de leur terrier à la nuit tombante pour chercher leur nourriture dans le lit de la rivière. Ils sont friands d’insectes aquatiques, de vers de vase, de crustacés, de coquillages.
- Us remontent à la surface pour mastiquer la proie, et peuvent emmagasiner dans leurs bajoues une certaine quantité de nourriture. On les voit très rarement à terre. Dans les régions inhabitées, on peut les apercevoir nageant en plein jour.
- L’éclosion des œufs prend place en octobre (au printemps de l'hémisphère austral). Les petits ont un peu plus de 2 centimètres de longueur. La peau reste complètement nue pendant deux ou trois mois.
- Nous croyons avoir résumé tout ce que l’on connaît sur les mœurs de l’ornithorhynque. Il nous faut montrer maintenant comment il se comporte en captivité, chapitre qui sera d’autant plus vite traité que l’étrange bête ne ' résiste pas à la perte de la liberté, même lorsqu’elle la supporte sans sortir de son pays d’origine.
- De nombreuses tentatives ont été faites en Australie, et dans des jardins zoologiques modèles comme ceux de Melbourne et de Sydney : toutes ont échoué, les captifs mourant au bout de quelques mois.
- Au reste, voici un résumé de la question, examinée au point de vue historique :
- Jusqu’en 1915, l’insuccès avait été général et complet; les captifs succombaient dès les premiers jours.
- A cette date, un amateur, M. H. Burell, de La Mascot (environs de Sydney), réussit à conserver un sujet pendant trois mois. L’alimentation du petit pensionnaire présentait de telles difficultés qu’il le céda au jardin zoologique de Sydney. Mais son entretien coûtait si cher que la direction, au bout de deux ou trois semaines, lui rendit la liberté en le lâchant dans un lac voisin.
- Les expériences de M.Burrell furent reprises, quelques années plus tard, par M. Ellis S. Joseph, collecteur d’histoire naturelle qui acheta de M. Bur-rell, et pour le perfectionner, l’appareil que l’amateur avait imaginé pour offrir à ses captifs une imitation assez fidèle de leur habitat naturel. La figure 9 montre ouverte cette boîte curieuse, qui permit à M. Joseph d’apporter vivant à New-York le seul ornithorhynque qui soit jamais sorti d’Australie.
- En se reportant à cette photographie, le lecteur comprendra mieux les ingénieuses dispositions de l’appareil, dont la longueur totale est de 3 m, avec 1 m de largeur et de hauteur. Il comporte deux caisses reliées par un « tunnel », la plus grande reconstituant une rivière; la plus petite, le terrier et sa chambre souterraine.
- Si nous détaillons la photographie qui montre l’appareil sans son couvercle, et couché sur le coté, nous voyons d’abord (à droite) la disposition intérieure de la petite caisse, partagée en un grand nombre de compartiments formant un véritable labyrinthe. Remontant delà « rivière » parle « tunnel » en plan incliné, l’ornithorhynque, tout trempé d’eau, pénètre dans un vestibule, d’où il gagne le premier compartiment oblong en passant par une étroite ouverture bordée d’une frange de caoutchouc, comme le sont toutes les ouvertures qu’il rencontre dans le labyrinthe. Il traverse ainsi les trois compartiments oblongs, dont les franges épongent sa fourrure, et atteint enfin un des compartiments plus spacieux, et garni d’herbe, où il retrouve l’é |uivalent de sa chambre à coucher.
- Quand il sort de celte caisse, il redescend le plan incliné du tunnel, au bas duquel il se trouve dans une cuve remplie d’une profondeur d’eau de 75 centimètres; c’est dans cette partie de a l'habitat » que le gardien verse la nourriture du prisonnier. De là, il peut gagner un second compartiment aussi spacieux, qui comporte une vaste baignoire surélevée, et, de chaque côté, un petit banc de sable, où il peut s’ébattre à sec.
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- Ayant ainsi perfectionné l’appareil de M. Burrel, M. Joseph entreprit de donner satisfaction au Dr Hornaday, qui réclamait à cors et à cris un Pla-lypus pour son jardin zoologique. La première tentative eut lieu en 1916 : le captif mourut après huit jours de mer. De retour en Australie, M. Joseph entreprit de laborieux et patients essais, et réussit plusieurs fois à conserver des ornithorhynques en parfaite santé pendant plus d’un an. Il apprenait peu à peu les mœurs et lès besoins de l’espèce.
- Enfin, le 12 mai 1922, il s’embarquait à Sydney pour San-Francisco avec 5 mâles. Un premier mourait bientôt.
- Le 5 et le 6 juin, deux autres succombaient, après une tempête qui avait endommagé leur caisse.
- Le 14 juin, un quatrième expirait en rade de Honolulu. Mais le cinquième débarquait sain et sauf à San-Francisco, le 50 du même mois, et atteignait New-York le 14 juillet.
- Un chèque de 1400 dollars fut la rançon du petit animal : comme il ne pesait guère que 700 grammes, nous ne commettrons pas une exagération en disant qu’il fut vendu son pesant d’or. But it ivas ivorth it ! proclame fièrement le I)1' Hornaday. Certes oui, il valait bien cette somme!
- Fut-ce là un bon placement? A première vue, on serait tenté de répondre par la négative, puisque le précieux animal succombait brusquement le 50 août, soit 46 jours après son arrivée à New-York. Mais il faut envisager le fait d’un autre point de vue. Grâce à la ténacité de son directeur, la Société Zoologique de New-York a pu manifester une fois de plus son esprit d’initiative, et l’exploit sans précédent que constitue l’exhibition publique du plus rare et du plus étrange animal qui soit au monde est une admirable façon, pour un établissement scientifique, d'organiser sa publicité.
- L’expression pourra choquer quelques lecteurs
- Fig. 8. — Patte postérieure montrant l’éperon.
- français. Ils devront se rappeler que les grands établissements américains vivent de la générosité du public. Plus fiers que jamais de leur Zoo, les New-Yorkais sauront donner à la satisfaction de leur amour-propre une forme palpable en multipliant leurs dons et leurs legs à la société.
- Nous avons indiqué que la plus grosse difficulté qu’aient à résoudre les jardins zoologiques dans la conservation d’un ornithorhynque est la question de la nourriture. D’après les observations de M. Ellis S. Joseph et des gardiens du jardin zoologique de New-York, on peut classer comme suit les aliments qu’il accepte, en commençant par ceux qu’il préfère davantage : vers de vase, crevettes de très petite taille, larves de papillon, huîtres, insectes aquatiques, le tout à l’état de parfaite fraîcheur. Mais il est d’un appétit insatiable : il lui faut par jour la moitié de son poids en nourriture.
- Pendant son séjour à New-York, le petit amphibie coûta 5 dollars par jour ! C’est le Dr Hornaday qui nous le déclare solennellement, et en nous faisant remarquer qu’il s’agissait d’un mois d’été.
- « Même durant cette période favorable, nous écrit-il, la question de la nourriture nous tint constamment en mouvement.
- Mais nous appréhendions terriblement les mois d’hiver, en nous demandant anxieusement comment nous pourrions nous procurer chaque jour une demi-livre de vers, 40 crevettes et 40 grosses larves ! »
- Les destinées du petit pensionnaire tranchèrent la question !
- Mais on voit que l’élevage de l’or-nithorhynque n’est pas une entreprise de nature à enthousiasmer les amateurs !
- Fig. g. — La caisse de transport de Vornithorhynque, couchée sur le côté et ouverte.
- Y. Foubin
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- LES COMBUSTIBLES MINERAUX INDOCHINOIS
- Parmi-les différentes richesses de l’Indo-Chine, aucune n’a plus d’importance que la houille.
- Au moment où l’on songe avec juste raison à favoriser un essor économique intense de notre belle colonie d'Extrême-Orient, il n’est pas sans intérêt d’examiner rapidement les possibilités houillères des différents pays de l’Union Indochinoise, ni de passer en revue les qualités et les défauts de leurs combustibles naturels.
- Le Tonkin restera toujours, en Indo-Chinc, le grand producteur de houille. La présence du précieux combustible dans la région de l’ile de Kébas était connue déjà des indigènes depuis des siècles, et, en 1805, des Chinois surent en extraire des quantités assez importantes pour les besoins de leur marine de guerre.
- Depuis, on est complètement renseigné sur l’extension des couches houillères. On se trouve là en présence d’un grand bassin homogène, assez comparable au bassin houiller franco-belge. Alignées suivant la direction générale est-ouest, et semblant venir de Formose, les couches houillères occupent presque entièrement l’ile de lvébas, notamment autour de Port-Wallut, pour se continuer ensuite sur le continent dans toute la région de Ilongay. De cette région, la zone houillère se divise ensuite en deux branches, dont la plus longue est bien exploitée autour de Dong-Trieu, pour se perdre enfin, en direction et en surface, à peu près à mi-chemin et au nord de la ligne Haïphong-Tlanoï.
- Dans tout ce bassin, les veines houillères sont nombreuses et souvent très épaisses, atteignant parfois localement 8, 10 et 15 m. de puissancevElles se présentent aussi dans des conditions d'extraction particulièrement avantageuses, puisque, très souvent, elles affleurent à la surface du sol sur de grandes étendues, permettant des exploitations à ciel ouvert, à la façon des carrières ordinaires. Dans les cas les plus défavorables, les morts-terrains ne dépassent pas généralement 100 m., ce qui évite les frais ruineux des puits importants, des centrales et des machines puissantes que connaissent malheureusement trop bien d’autres régions minières moins favorisées.
- Au point de vue de leur âge, grâce aux belles recherches paléobotaniques de Zeiller, on sait, depuis 1880, que les houilles tonkinoises datent surtout du début des temps basiques, du lihétien. Quelques-unes d’entre elles paraissent légèrement plus vieilles, qt sont actuellement rapportées au Trias.
- Les houillères tonkinoises paraissent doné, de prime abord, se présenter dans les meilleures conditions : abondance des couches, régularité et ' continuité sur des dizaines de kilomètres; faible profondeur, ne nécessitant souvent que des installations rudiméntaires pour l’extraction ; enfin, grande puissante, permettant un abatage facile, rapide et économique.
- Dans la hiérarchie mondiale, les charbonnages du Tonkin ne resteront jamais pourtant que dés houillères de second ordre.
- Cela tient à ce que le charbon tonkinois, à côté de quelques brillantes qualités, présente des vices rédhibitoires particulièrement graves. ! '
- Les charbons tonkinois, qui possèdent, à peu près tous les mêmes caractères et un air de famille très net dans toute l’étendue de la zone Kébao-Ilongay, Dong-Trieu, sont en effet tout d’abord des charbons maigres, peu riches en matières volatiles (4 à 9 pour 100 au maximum).
- Ce sont des houilles anthraciteuses, impropres à la fabrication du gaz, mais à forte teneur en carbone (72 à 89 pour 100), ce qui leur donne un pouvoir calorifique considérable, atteignant en moyenne de 7000 à 7800 calories au kilogramme.
- Mais ils ont bien des défauts.
- C’est surtout, en.premier lieu, une extrême friabilité originelle, qui, dans les couches ne s’atténue nullement en profondeur. Cette friabilité résulterait des mouvements orogéniques qui ont affecté la région, postérieurement au dépôt des alluvions végétales ayant formé la houille. Elle occasionne, à l’extraction, des pertes particulièrement graves. Impossibilité absolue d’obtenir des blocs compacts : presque tout tombe en poussière. Les « menus » atteignent parfois 85 pour 100. Dans ces conditions, tout transport devient ruineux.
- En outre, à côté de certains avantages accessoires — notamment une faible teneur en pyrite de fer et une proportion de cendres fort acceptable ((>-10 pour 100) — les charbons tonkinois ont un autre grand défaut : celui de brûler très mal sur les grilles des chaudières modernes.
- En effet, contrairement à la grande majorité des houilles, les charbons tonkinois ne gonflent ni ne s’agglomèrent par la chaleur. Ils ne peuvent fournir de bon coke, fait particulièrement grave à une époque où le coke métallurgique reste de plus en plus la forme classique du charbon utilisée dans les industries sidérurgiques. Les houilles maigres du Tonkin, brûlant avec une flamme -trop courte, donnent un mauvais rendement thermique avec la plupart des chaudières tubulaires modernes. Pendant leur combustion, elles ne supportent pas non plus, ou très mal, les brassages ou les coups de ringard. Tout s’émietterait encore davantage, pour tomber au-dessous des grilles. Enfin., elles ne brûlent convenablement et complètement que dans des foyers activés par une ventilation artificielle énergique, sur des grilles spéciales, et ne peuvent être maniées que par des chauffeurs expérimentés.
- A leur, honneur, il faut cependant signaler que, brûlant avec très peu de fumée, elles n’encrassent les chaudières et les conduites que fort lentement. De plus, très pauvres en pyrite de fer. leur combustion ne produit que très peu de gaz sulfureux, dont l’action corrosive néfaste sur les tôles et les grilles est malheureusement, avec d’autres charbons, si fréquente.
- Dans ces conditions, l’emploi des houilles tonkinoises seules, sans mélange, reste pratiquement difficile en métallurgie et dans la majorité des chaudières industrielles. Ensuite, leur trop grande friabilité prohibe formellement les exportations ou les transports quelque peu lointains.
- On a donc dû recourir, tout d’abord, à des mélanges, puis à une utilisation sous forme de briquettes et d’agglomérés.
- Mélangée avec un tiers de charbon gras, la houille maigre anlhraciteuse tonkinoise devient en effet parfaitement utilisable dans la plupart des cas. Pour cela, on s’adresse habituellement aux charbons du sous-sol japonais, particulièrement riche en houilles grasses. C’est ce mélange que livre en grand le port de Uaïphong, et c’est lui qui est utilisé sans trop de difficulté ni d’inconvé -nients par beaucoup de paquebots et de cargos d’Extrême-Orient.
- Pour la fabrication des briquettes, on utilise la grande
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- quantité de « poussier » de toutes les exploitations. Mélangé avec du brai, du poussier japonais et souvent aussi tout simplement avec de l’argile ou avec les limons du Delta, on obtient un produit très transportable, de bonne qualité, économique et brûlant bien. Près du quart du charbon tonkinois extrait annuellement est maintenant ainsi transformé par les importantes usines de Pong-Trieu, de Hongay, de Uaïphong, etc.
- En 1911, tous ceux qui s’intéressaient à l’avenir minier du Tonkin s’étaient réjouis. Jïn effet, dans la région de Phan-Mé (province de Thai Ngûyen), on venait de découvrir quelques veines d’un charbon gras, contenant jusqu’à 25 pour 100 de matières volatiles. On espérait ainsi pouvoir se libérer du joug japonais et élaborer avec lui des mélanges appropriés, uniquement tonkinois.
- Ces belles espérances, hélas! n’ont pas duré. Le petit bassin du Phan-Mé est trop restreint, eL sa production, qui avait atteint 11000 tonnes en 1919, n’a cessé de diminuer depuis.
- Quoiqu’il en soit, la houille tonkinoise restera toujours intéressante. L’extraction du charbon, qui dépassait 650 000 tonnes, va atteindre bientôt 820 000 tonnes, ce qui constitue déjà un joli chiffre. Dans ce dernier, la région de Hongay se taille, d’ailleurs, la part du lion (600 000 tonnes environ).
- Toutes les Compagnies houillères, à part une, font de bonnes affaires et distribuent de beaux dividendes à leurs actionnaires. Le port de Hongay a devant lui un bel avenir, ainsi que Port-Wallut. L’augmentation de la production est encore malheureusement retardée par la difficulté des communications et aussi par des difficultés de main-d’œuvre. L’Annamite, par superstition, reste en effet à peu près toujours rebelle aux travaux du sous-sol. Là aussi, c’est Je coolie chinois qui triomphe.
- La puissante Société française des Charbonnages du Tonkin électrifie en ce moment toutes ses nombreuses exploitations de la région de Hongay. Cette importante amélioration aura certainement une très heureuse répercussion prochaine sur l’importance du tonnage extrait, et il n’est pas douteux que le million de tonnes soit atteint bientôt annuellement.
- La Manilla Electric G3, l’une des plus puissantes organisations industrielles des Iles Philippines, vient de signer avec cette Société un contrat pour la fourniture annuelle de 65000 tonnes de charbon de Hongay, destinées surtout à la marine de guerre américaine.
- Dans les ports d’Extrême-Orient, on constate d’ailleurs, depuis quelque temps, un recul assez net des charbons japonais, indiens ou australiens devant les charbons tonkinois. De plus, les expériences en cours, notamment à la Centrale de Bruay, pour chauffe industrielle au charbon pulvérisé, permettent d’entrevoir pour eux l’avenir sous un jour très favorable.
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- Le charbon existe certainement aussi dans le sous-sol de la terre d’Annam. Plusieurs gisements ont été découverts. Mais on se trouve là en présence de petits bassins de peu d’étendue, irréguliers, discontinus, non comparables à la grande zone Kebao-IIongayDông-Trieu, probablement aussi d’âge différent ei dont l'origine paraît
- tout à fuit analogue à celle des traînées houillères situées autour du Massif Central français.
- Deux petites mines sont néanmoins actuellement en exploitation: l’une, à Nong-Son, produit un charbon maigre, analogue à celui du Tonkin ; un autre gisement, à 60 kin au sud de Tourane, mais malheureusement presque épuisé déjà, fournit au contraire un charbon gras, comparable au charbon japonais.
- Ces deux petites houillères alimentent surtout l’importante usine de briquettes de Tourane.
- Plusieurs permis de recherches viennent d’ètre délivrés et quelques concessions sont à l’étude.
- Au Laos, la houille existe certainement en plusieurs points, notamment aux environs de Louang-Prabang et dans la vallée duNam-Cham. Mais ce pays, au sous-sol si îiche, devra encore attendre des dizaines d’années avant d’être mis en valeur.
- Quant à la Cochinchine, son sous-sol est certainement vierge de toute trace houillère. Ses limons superficiels et la pierre de Bien-IIoa (variété de latérite) qui se trouve au-dessous, interdisent tout espoir à ce sujet dans la région du Delta, de même que la présence de roches cristallines dans les provinces montagneuses.
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- Les lignites sont assez abondants en Indo-Chine, et de types fort variés. Quelques-uns sont parfaitement utilisés par les forgerons indigènes et aussi par de petites industries locales.
- Les régions les plus riches sont incontestablement celles de Yen-Bay et de Tuycn-Quang. En 1920, la mine Alice a fourni plus de 16 000 tonnes, valant 470 000 francs. L’exploitation est malheureusement gênée par l’arrivée rapide de l’eau en profondeur.
- Les lignites ont fourni des. mollusques indiquant un âge remontant au milieu du Tertiaire. Des découvertes récentes d’ossements de vertébrés vont permettre de préciser davantage.
- Les régions de Cao-Bang et de Lang-Son renferment aus>i quelques pelits gisements exploités. Quant au lignite de l’île de Phu-Quoc, en Cochinchine, près des côtes du Siam, c’est surtout du jayet, utilisé d’ailleurs par les bijoutiers indigènes.
- Pendant longtemps, les plus compétents ont affirmé qu’il n’y avait point de pétroles en Indo-Chine.
- On ne peut considérer, en effet, comme indicés pétrolifères sérieux les quelques suintements hydrocar-burés signalés au Tonkin dans la région do Yen-Bay, dans certaines roches de la vallée de la Rivière Noire ou encore dans certains schistes de la région de Hoan-Bo, près Hongay,
- Mais des sondages, sur les rives du Bas-Mékong, recherchent actuellement, en Cochinchine et au Cambodge, le prolongement des « champs pétrolifères » de Birmanie et du Siam, dont la richesse est bien connue.
- Les résultats obtenus jusqu’ici paraissent très encourageants.
- Ce serait une riche affaire pour la C>>chinchine. Si la mise en valeur.de son sol réserve encore des surprises, la présence de gîtes pétrolifères déterminerait aussi dans ce pays de profonds bouleversements industriels et économiques. M. Debeaui'üis.
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- C’est en 1905 que l’usage du béton armé commença de se développer sur les chemins de fer. Depuis cette date, des applications de plus en plus nombreuses ont fait entrer ce procédé dans le domaine courant, d’autant plus que les ouvrages en béton coûtent, dans la majorité des cas, sensiblement moins cher que les constructions métalliques ou la maçonnerie.
- On peut presque proclamer que l’emploi du ciment armé a été généralisé à toutes les branches
- de sa résistance et de la sécurité de l’ouvrage.
- On a également conçu des fondations d’un type particulier, constituées par des puits cloisonnés de béton, cerclés d’une armature de vieux rails. Ce sont, toutefois, là des essais exceptionnels.
- Dans un but d’économie, on évite parfois l’usage des pilots, et l’on se contente d’établir des radiers.
- Cette formule est surtout adoptée pour les sols argileux, aquifères, vaseux, ou tourbeux, devant supporter des pressions considérables.
- de la construction ferroviaire : fondations, ouvrages d’écoulement des eaux, ponts et passerelles, tunnels, murs de soutènement, bâtiments d’exploitation, réservoirs et cheminées, quais, traverses, clôtures, dallages, etc.
- Les Pilots. — Il n’y a pas lieu d’insister sur l’utilisation du béton armé pour l’édification des fondations et des pilotis. Le chemin de fer n’agit pas, à ce point de vue, autrement que le bâtiment. Il convient, cependant, de noter que certaines compagnies françaises, russes, suisses ont recouru à la mise en œuvre de pilots spéciaux-: Simplex, Strauss, Fran-kignoul, toujours exécutés sur place, et damés dans un vide préalablement creusé. Ce procédé, à la vérité, présente l’avantage de n’exiger pas une fabrication antérieure du pieu; mais, par contre, il peut offrir des inconvénients lorsqu’il s’agit de terrains sans consistance. C’est ainsi que, quelquefois, le pieu peutf. comporter des étranglements imprévus, au détriment
- En Angleterre, par exemple, a été édifié un radier pour servir de socle à une puissante usine génératrice, tandis qu’un autre plancher bétonné forme l’assise d’un pont à 15 voies, appuyé sur une formation tourbeuse.
- Mais il ne faut pas se dissimuler que ce système a causé bien des mécomptes. Des affaissements et des fissures ont été constatés à maintes reprises, car il n’est pas toujours facile d’apprécier exactement la résistance du terrain, et les sous-pressfons qui s’y exercent.
- Les fondations ainsi établies sont-èlles imperméables? On ne saurait encore l’assurer. On a tenté pour y parvenir d’associer au béton des émulsions d’huile ou de graisses, de la cire, du savon à la potasse, mais on a dû reconnaître que l’addition d’un produit inerte ne saurait s’opposer à la formation de vides, et par conséquent supprimer la porosité.
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- Fig. 2. — Passerelle de la gare de Péri gueux (Cio d'Orléans); longueur lotals : 145 mètres, portée du plus grand arc : 33 m. 07.
- L’amélioration espérée ne saurait donc être que partielle.
- L’action de l’eau douce n’est, d’ailleurs, pas identique, à cet égard, à celle de l’eau de mer. Si, en Transcaucasie, on n’a point relevé d’influence nocive de l’eau saline, les expériences de laboratoire pratiquées en Italie ont laissé entrevoir certaines désagrégations, et les Compagnies américaines ont dénoncé les « dommages graves » dont elles ont eu à souffrir de ce chef.
- Les Ponts. — À l’air, les actions extérieures sont moins marquées encore. Aussi le pont en béton armé est-il de plus en plus préconisé. Cependant peu nombreux sont encore les passages inférieurs de ce type. Les ingénieurs semblent redouter les vibrations produites par des convois lourds à grande vitesse. Néanmoins, en Italie, plusieurs grands ouvrages de ce genre ont été aménagés, à la Lecco sur la ligne Bergame-Lecco et sur la ligne Lecco-Comerla ; en Russie à Sivache sur la voie Koursk-Sébastopol — pont comportant 7 arches de 21 mètres — en Suisse, sur la ligne de Coire à Àrosa qui comprend deux viaducs de 145 et 100 mètres de longueur, sous la gare de Bruxelles - Nord ; en France au Bernand (Allier) sur la ligne de Balbigny à Régny. Dans les pays britanniques, on compte 9 ponts de chemins de fer à voie normale pour l’Angleterre et 5 pour l’Aus-
- tralie du Sud. Mais un seul ouvrage métropolitain est accessible aux trains de voyageurs, et il a fallu l’appuyer sur un arc parabolique.
- En Tchéco-Slovaquie, Pilsen a été dotée d’une voûte en béton armé de 17 mètres d’ouverture et d’un pont de 9 mètres sous voies rapides, sans qu’on ait eu à enregistrer d’accrocs.
- Aux Etats-Unis, l’usage du béton armé pour la construction des ponts a fait des progrès remarquables. Non seulement on chiffre à plus de 150 000 mètres la longueur des aqueducs de ciment sous voies, mais on a également multiplié les grands ouvrages : le viaduc de Painesville qui a demandé 19 000 m.c. de béton, celui de la Dalaware, long de 442 mètres et haut de 20, celui du Paulins Ilill, de 5,i5 mètres et 7 travées, le viaduc de Bosedale, à Toronto (Canada) de 236 mètres de long et 50 de hauteur, et de nombreux ponts urbains à Chicago, Kansas-City et ailleurs.
- En Italie où des études approfondies ont été poursuivies à ce sujet, et où l’on a édifié plus de 500 ponts de 2 à 19 mètres de portée, on a constaté avec satisfaction que les rares fissures observées provenaient non des surcharges roulantes, mais du retrait. De même, on n’a pas remarqué d’oxydation au droit des fissures.
- La traction électrique peut-elle influencer la résistance des ouvrages inférieurs? Pour l’instant, aucune réponse définitive ne peut être donnée à cette question.
- On doit pourtant admettre, avec les ingénieurs italiens, que les courants secondaires sont susceptibles d’oxyder le métal en passant de l’armature au béton. Il y a donc lieu d’éviter la production de ces courants.
- Les inconvénients possibles du béton armé ne s’étendent pas aux ponts supérieurs, aux ponts-routes, destinés à supporter des charges infiniment moindres. Comme, d’autre part, ces ouvrages exigent peu d’entretien et sont plus économiques, par suite de la réduction des rampes d’accès,|le génie ferroviaire les multiplie à notre époque. En France, on ies appuie souvent sur des piles en
- Fig. 3. — Passage supérieur en ciment q.rmè d’Agen. Vue du côté de la rampe d’accès.
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- Fig. 5. — Passerelle d’Est-Ceinture en ciment armé, à Paris.
- maçonnerie (pont de Bercy), comme sur le Nord espagnol. A Bruxelles (ligne de Gand) on a édifié avec succès une voûte de béton à culées perdues reposant directement sur le sol. Il faut citer aussi le pont-route de la gare d’Agen sur le réseau du Midi, ceux de Roanne (P.-L.-M), et de Mouscron (Nord), et celui de la gare de Schaerbeck, à Bruxelles, construit sans interruption du trafic; 29 ponts-rGutes ont été installés en Angleterre. Leur portée varie de 8 m. 25 à 23 m. 15. L’un des plus intéressants mesure 221 mètres de long et comporte 17 travées.
- Depuis plusieurs années on a heureusement innové le renforcement d’ouvrages en fonte avec du eiment armé. Le procédé consiste à remplacer des parties d’arcs par des barres rondes. La dépense est ainsi fort réduite. De même on peut modifier sensiblement des ouvrages en service.
- S’il est aisé d’édifier des ponts de grande envergure, à plus forte raison devait-on songer à établir de légères passerelles sur les voies. En France, nombreuses ont été les applications de ce genre. Tantôt on a adopté la formule de la poutre unique, comme à Neussargues, sur l’Orléans; à Est-Ceinture l’ouvrage est constitué par des palées ne comportant qu’un palier unique. Tantôt on a préféré l’arc à hourdis supérieur (Beaufort, sur le P. 0.), ou l’arc à hourdis suspendu (Périgueux). On reproche à ces^pro-cédés d’exiger une grande quantité de bois de coffrage et d’échafaudage' pour une production de béton ré-
- duite, et les frais sont souvent supérieurs à ceux qu’entraîne la mise en place d’un tablier métallique.
- Aussi parfois se borne-t-on à n’utiliser le ciment armé que pour une partie des ouvrages: le plate-lage sous voie ou sous chaussée, comme à Fontpé-drouse (Midi), les voùtelettes de maçonnerie (chemin de fer Nicolas en Russie), les tôles cintrées, les ion-grines et les trottoirs. Dans les pays où la pierre est rare, on a diffusé le sommier en béton (Suisse, Belgique, Russie, Algérie). La dalle cimentée remplace le platelage entre rails, et le béton protège efficacement le métal contre la rouille.
- Le béton armé a fait son apparition dans la confection des tunnels. Le Transbaikal comporte des
- Fig. 4. — Ligne d’Issoudun à Saint-Florent. Élargissement du viaduc de Saint-Florent au moyen d’encorbellements
- en ciment armé.
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- souterrains pourvus d’un revêtement de ce genre. Celte initiative a été suivie en Italie, en Scandinavie et dans le Sud de la Russie. Pour faciliter les opérations, les Américains ont même inventé un wagon-malaxeur àgazoline, qui fonctionne sans interrompre le service.
- Nous devons, en outre, remarquer la faveur avec laquelle a été répandu le procédé d’édification de murs de soutènement en béton armé. S’il n’y a pas effectivement économie de dépense, du moins parait-il y avoir sécurité plus grande, les murs de briques ou de. ciment ordinaire ne résistant à la pression que par leur propre poids, alors que, dans le béton armé, les efforts de traction sont contrecarrés par la résistance même du massif.
- Il ne semble, toutefois, pas que l’emploi du béton armé se soit généralisé dans ce domaine aussi rapidement que pour l'exécution des bâtiments. Aujourd’hui, on ne construit plus guère, autrement les remises à locomotives. On a constaté, pourtant, que la fumée des machines causait des effets destructeurs sur cette matière. On y remédiera dans une certaine mesure par un enrobage particulièrement épais, et par des dispositifs spéciaux d’évacuation des fumées.
- Le béton armé convient, d’autre part, à la construction des halles à marchandises, des caves, des entrepôts, des glacières, des ateliers de réparation, des silos à blé des bureaux.
- Parmi les bâtiments modernes de cette nature, nous citerons la nouvelle station terminus duP.-L.-M. algérien, à Or an, entièrement en béton fretté, la coupole de la gare centrale d’Anvers, les splendides halles de Bristol, Birmingham et Battersea, en Angleterre. Aux États-Unis, d’imposantes stations de charbon et
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- Remise en béton armé de la gare de Lapeyrouse (Cio d’Orléans).
- Fig. 7- — Bâtiment des voyageurs de la gare d’Oran (Karguentah) en ciment armé (Cie P.-L.-M. réseau algérien)
- de sable en béton ont été créées à Philadelphie, à Kane, à Àshmorc. Nous ne saurions avoir.la prétention d’inventorier les innombrables applications du béton armé pour des usages secondaires, réservoirs, revêtements de quais, de talus, de fossés, canalisations, clôtures, puits, escaliers, paraneiges.
- Par contre, nous devons examiner, les résultats obtenus dans l’élaboration des traverses bétonnées. Les chemins de fer de l’État italien ont fait à ce sujet des expériences prolongées. Les épreuves de laboratoire initiales ont démontré la nécessité de multiplier les armatures, et la supériorité des traverses à 8 barres de 9 millimètres, du poids de 130 kilogrammes. Mais ces pièces sont malaisément utilisables en pleine voie, du fait de leurs poids et de leur fragilité, de la difficulté du bourrage, du fendillement des chevilles de bois, et de leur destruction aux appuis des rails.
- Les ingénieurs italiens décidèrent, en conséquence, de les réserver aux voies de gares.
- Les essais pratiqués parle P.-L.-M. avec des traverses à blachets, réunis par entretoises, et par le P. 0. avec des traverses prismatiques n’ont pas été plus encourageants. Le London and Norlh Western Railway, le London and South Western Railway, le Norlh Easlern Railway, le Great Northern Railway, en Angleterre, n'ont pu arriver à des conclusions plus précises. L’attache idéale n’a pas encore été imaginée.
- Peut-être pourrait-on, cependant, préconiser la traverse en béton pour l’armement des voies dans les régions tropicales, où fourmis et insectes attaquent le bois.
- En dernier ressort, nous devrons appeler l’attention sur l’emploi du ciment fondu, provenant du traitement de la bauxite. Ce ciment, riche
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- en aluminafes, acquiert en peu de jours une résistance égale à celle du mortier après un mois et demi; Sa durée est beaucoup plus longue que celle du béton ordinaire, et son décoffrage se peut opérer vivement, En outre, le ciment fondu n’est pas désagrégé par certains éléments chimiques du sol, les sulfates spécialement.
- Aussi le P.-L.-M. l’a-t-il expérimenté sur sa ligne nouvelle de Nice-Coni, en cours de réalisation. Le succès a couronné cette tentatrée. Ce précédent peut ouvrir de nouveaux horizons aux constructeurs et ingénieurs ferroviaires.
- Gomme on a pu le voir, le béton armé est aujourd’hui apprécié dans l’art des chemins de fer. Cependant, sa mise en œuvre exige certaines précautions, que le Congrès international de Rome a nettement précisées.
- Les études, disaient ses rapporteurs autorisés, doivent toujours tenir compte des propriétés caractéristiques du béton armé, telles que le retrait.
- D’un autre côté, les plans doivent être minutieux, et assez détaillés pour être exécutés avec une scru-
- puleuse fidélité. Le personnel employé doit être très expérimenté et surveillé rigoureusement. La qualité des matériaux devra être vérifiée avec soin. Le béton sera à peine mouillé, et fortement pilonné dans tous les cas. La position des armatures sera examinée avec attention.
- S’il est vrai que les frais d’entretien des ouvrages en béton armé sont insignifiants lorsque le travail a été convenablement exécuté, les exploitants devront néanmoins ne pas se désintéresser des phénomènes d’altération possibles.
- Un certain nombre d’applications du béton armé doivent jfaire l’objet de nouvelles recherches. La technique du ciment n’est pas, en effet, définitive.
- Quoi qu’il en soit, un sérieux progrès a été réalisé avec la multiplication de ses emplois sur les voies ferrées, et l’on peut augurer que, dans l’avenir, le béton armé sera à la base de la construction ferroviaire, comme il fut le facteur essentiel de la reconstitution rapide du rail belge après l’armistice.
- Auguste Pawi.owski .
- SUR L’ANTICINESE GIRATOIRE
- Cp
- Depuis fort longtemps déjà, j’ai appelé l’attention sur une réaction incitant les animaux à se déplacer en sens inverse d’un mouvement giratoire tendant à les entraîner. Par suite de considérations diverses, j’avais fait remarquer que les grandes migrations des peuples s’étant effectuées de l’est à l’ouest, c’est-à-dire en sens inverse du mouvement de rotation de la terre, il pouvait y avoir une relation de causalité entre cette influence cosmique et les migrations biologiques des hommes, des animaux et même des végétaux, une influence de milieu comme celle qui provoque le géotropisme Q).
- Depuis ma première publication sur ce sujet, je n’ai pas cessé de m’y intéresser et j’ai publié un certain nombre de résultats d’observations et d’expériences qui n’ont fait que confirmer l’exactitude de mon hypothèse première en la généralisant (1 2).
- 1. Bull, de la Soc. philoIh. du Maine, 1881, p. 215.
- 2. Raphaël Dubois, Les origines naturelles de la guerre, influences cosmiques, théorie anticiné ligue. La paix par la science, chez Georg, libraire éd., Lyon, 1916. L'anticinèse rotatoire et les migrations des êtres vivants. Ann. de la Soc. Linéenne de Lyon, oct. 1915, t. LVII. Sur l'anticinèse rotatoire, C. B. de la Soc. de Biol., déc. 1915, p. 617. Sur la Biocincse, C. B. de la Soc. de Biol., avril 1918, p. 401. Les origines de la conflagration européenne, la Science et la Vie, Paris, juillet 1916, elc:
- Les électrodes de plomb e + et e—. plongeant librement dans le liquide, restent immobiles pendant la rotation de l’appareil. Le courant peut être inversé ou interrompu par le commutateur à pointes de fer plongeant dans de petites cuvettes de mercure.
- J’ai donné au phénomène en question le nom (l'anticinèse giratoire ou rotatoire (anti contre et cinésis mouvement). J’ai montré qu’on pouvait le
- provoquer chez les mammifères, même' en état de torpeur (marmottes).
- Chez les oiseaux, repliles, poissons, chez les invertébrés, même chez l’anguille décapi tée, mais encore vivante, chez les végétaux, parce qu’il est partout réductible à une réaction due à une propriété générale de la substance vivante ou bioprotéon : l’irritabilité.
- De mes expériences, j’ai pu tirer les lois suivantes :
- 1° Si la réaction l’emporte sur l’excitation giratoire, il y a progression à contre mouvement ou anlicinèse;
- 2° Si la réaction est de même- grandeur que l’action excitatrice, l’organisme reste immobile en acinèse ;
- 3° Si la réaction est moins forte que l’excitation giratoire, il y a progression dans le sens de la rotation ou homocinèse ;
- 4° Toutes les causes qui diminuent ou suppriment l’irritabilité (fatigue, alcools, anesthésiques, stupéfiants, froid) diminuent ou suppriment la réaction anticinétique;
- * 5° L’inertie n’intervient pas dans l’accomplisse-
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- SUR L’ANTICINÈSE GIRATOIRE
- ment du phénomène chez les animaux immergés, car l’organisme mort ne se comporte plus comme lorsqu’il était vivant.
- Plusieurs savants ayant admis que les fluctuations périodiques des courants telluriques magnétiques et électriques sont dans un certain rapport avec diverses manifestations biologiques collectives telles que les guerres, j’ai cherché si l’électricité et le magnétisme ont également une influence sur la cinèse giratoire.
- L’appareil dont je me suis servi se compose d’un grand cristallisoir de verre au centre duquel s’en trouve un d’un plus faible diamètre posé dans le premier de façon à limiter une piste circulaire remplie d’eau dans laquelle peuvent se déplacer les organismes en expérience.
- Le tout est placé sur un plateau auquel on peut imprimer un mouvement de rotation à l'aide d’une roue à manette ou d’une poulie à gorges mue par un moteur électrique ou autre.
- Pour étudier l’action des courants électriques, la piste est interrompue en un point par une cloison isolante de part et d’autre de laquelle se trouvent
- Fig. 4-
- Vue d’ensemble de l’appareil.
- les électrodes pouvant entre elles établir un courant dans la piste courbe. Ce courant est amené par les électrodes plongeant dans des cuvettes et disposées
- 397
- de façon à ne pas être entraînées par le mouvement de rotation de l’appareil.
- Un commutateur permet d’interrompre ou d’in-
- Fig. 3. — Appareil pour étudier Vaction des courants électriques sur l’anticinèse giratoire.
- Cr, Cr', cristallisons en verre limitant entre eux un espace courbe P rempli d’eau de mer renfermant un crabe Cb; po, poulie à gorge mue par une roue à manette m pouvant aussi être actionnée par un moteur électrique ou autre; a a, accumulateurs; C, commutateur à main; Ch, Ch, charbons de pile servant d’électrodes placées de part et d’autre de la cloison isolante fermant la piste P; i, cloison isolante en verre.
- verser le courant électrique fourni par des accumulateurs.
- Grâce au dispositif indiqué ci-dessus, j’ai pu faire les constatations préliminaires que l’on peut résumer ainsi :
- 10 L’appareil étant immobile, le courant électrique convenablement gradué suivant l’irritabilité du sujet en expérience produit les mêmes effets que la cinèse giratoire et ceux-ci peuvent s’ajouter algébriquement, quand le système est entraîné dans un mouvement de rotation approprié.
- 11 en résulte que l’anticinèse peut être augmentée, annulée ou inversée par un courant électrique.
- II n’est donc pas impossible que les courants telluriques exercent une influence — et une influence comme eux périodique — sur l’anticinèse giratoire terrestre, laquelle autrement, s’exerçant d’une manière régulière, continue, invariable, pourrait devenir insensible pour nous et passer inaperçue faute de manifestations accidentelles, comme celles, par exemple, que produisent les taches du Soleil sur les grands courants telluriques.
- Les essais variés que j’ai faits pour mettre en évidence l’action du magnétisme sur l’anticinèse giratoire expérimentale ont échoué jusqu’à présent, peut-être en raison seulement de l’insuffisance des électro-aimants dont je pouvais disposer.
- Professeur Raphaël Dubois.
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- IMITATION DES FIGURES DU PROTOPLASMA ET DU NOYAU
- sans laboratoire ni appareils.
- Dans mon article précédent (r) j’ai décrit les imitations des cellules et autres structures organiques à l’aide de silicate alcalin ou de collodion additionnés de lycopode et d’alcool. Aujourd’hui, je voudrais présenter de remarquables images obtenues par une simple modification de celte technique. On fait un mélange intime de collodion ou de silicate de sodium 11 de noir de fumée ou mieux de noir d’ivoire qui est plus fin, sans matière grasse et ne colore pas en jaune les préparations. On répand ce mélange
- 1. La Nature, n° 2528, 10 septembre 1922.
- sur un carton blanc ou sur une plaque de porcelaine horizontale et aussilôt on y verse des gouttes d’alcool absolu à l’aide d’une pipette capillaire ou d’un compte-gouttes. Chaque goutte d’alcool déter mine des cercles de diffusions négatives ou centripètes, la coagulation du silicate, la formation d’un alcoogel silicique, comme dans le cas du silicate additionné de lycopode, mais ici les particules de noir d'ivoire permettent d’observer les plus fins détails de la structure, mieux que le lycopode, et figurent mieux les chromosomes des noyaux naturels. Avec un excès d’alcool, il y a production de
- Fig J.
- Ce que produit une série de gouttes dhiicool.
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- "............................ AUTOBUS A
- remarquables imitations des plasmodes, bien connus des Myxomycètes du genre Fulic/o ou Aelha-iium, montrant des mouvements amiboïdes de peu de durée.
- Chaque goutte d’alcool qui tombe sur le silicate noirci y produit une image de cellule ‘ et de noyau avec chromosomes très remarquables, mimant avec une fidélité surprenante les figures histologiques des chromosomes naturels, qui jouent un rôle si important dans la division mitosique ou indirecte des cellules.
- Quelques minutes après la production des fac-similés, on lave longtemps avec de l’alcool'à 40° pour enlever les traces d’alcali, puis on laisse sécher.
- Les cartons portant les structures peuvent alors être conservés indéfiniment.
- Ces faits sont intéressants. Le collodion, renfermant toujours des traces de silicates, donne des figures cellulaires très fines, mais sans figures chromatiques bien nettes. Si, au lieu de' collodion, on emploie le silicate, cette substance si vulgaire, dont labase, la silice, se trouve partout dans la nature où elle forme la plupart des roches, les résultats sont très supérieurs et donnent des formes macroscopiques qui ressemblent à des images microscopiques énormément grossies, de noyaux naturels. Les dimensions de ces imitations comparées à celles des cellules naturelles sont dans le rapport d’environ 4000 à 1 en longueur.
- En diluant les liquides, en superposant lentement les gouttes, j’ai produit des structures d’une finesse extraordinaire, rappelant les réseaux chromatiques,
- AUTOBUS
- L’autobus électrique à trolley a beaucoup plus de souplesse que le tramway pour se déplacer dans les agglomérations et pour éviter des encombrements.
- Il offre l’avantage de diminuer la dépense motivée par l'installation de la voie, et de supprimer l’entretien de cette dernière.
- Son fonctionnement consiste en l’emploi d’un trolley à double fil, étant donné que le retour ne saurait pas se faire, comme pour le tramway, par des rails puisque ceux-ci n’existent pas.
- L’avantage de la traction électrique est considérable, en effet, on peut placer directement le moteur électrique sur les essieux moteurs sans aucun organe mécanique de transformation de mouvement. Le moteur électrique tourne aussi bien en marche avant, qu’en marche arrière. On peut ralentir sa vitesse dans de grandes limites, par la simple manœuvre d’un rhéostat. On n’a plus le système bielle et manivelle exigé par le moteur à essence, pour transmettre le mouvement du piston aux roues.
- TROLLEY 399
- les mitochondries, les granulations cellulaires en général, les cordons protoplasmiques, la structure alvéolaire, etc. Pour cela il faut employer de l’alcool à 40° ou moins et du silicate de densité 1010 ou moins.
- En employant de l’alcool alcalinisé, j’essaie de produire les figures milosiqu'es et des imitations de la fécondation, les chromosomes sé dissociant et même se dissolvant dans un milieu alcalin et se reconstituant avec l’alcool, les acides, les sels coagulants. C’est un horizon infini pour les expériences.
- En employant un silicate très, dilué et de l’alcool faible, sur une plaque de porcelaine blanche et polie, j’ai vu se produire des longs filaments noirs, dus aux courants de diffusion cylindriques, qui déterminent l’agglutination des particules colloïdes coagulées et unies au charbon. Ces filaments se forment sur les bords des gouttes, par une espèce, d’enroulement. Peut-être dans les noyaux naturels, des diffusions très délicates sont-elles la cause des formes linéaires des chromosomes, ce qui serait impossible d’observer dans les éléments naturels et ce qui suffit à démontrer l’utilité de ces imitations (x).
- À. L. Herrera.
- 1. On peut obtenir des imitations aux doubles colorations présentant un bel aspect en ajoutant au silicate de sodium des colorants insolubles, finement pulvérisés, par exemple, bleu d’outremer et vermillon. Les chromosomes restent bleu et'le cytoplasma rouge, avec des nuances intermédiaires. Ces préparations sont très semblalcs à celles des cellules naturelles colorées et ont un grand intérêt pour la théorie des colorations histologiques.
- TROLLEY
- L’emploi des accumulateurs pour les véhicules électriques de transports en commun ne saurait être envisagé en raison du poids mort considérable des batteries nécessitées et des recharges fréquentes.
- L’appareil à trolley semble donclemeilleur. Il est appliqué déjà dans quelques régions de France avec parcimonie. Il a retenu l’attention de la Municipalité lyonnaise qui vient d’ouvrir un concours pour la fourniture éventuelle de véhicules de ce genre.
- En Angleterre, l’emploi de l’autobus à trolley est beaucoup plus développé. L’un des services les plus importants est celui qui relie le centre de la ville de Birmingham au faubourg de Nechells ; la longueur de cette ligne est d’environ 5 kilomètres, et les voitures s’y succèdent à intervalles d’environ 7 minutes.
- La roulé est relativement mauvaise ; elle comporte des rues étroites et mal pavées, avec des rampes allant jusqu’à l’inclinaison de 9, à. 10 °/0.
- Elle était desservie primitivement par des tramways, mais la voie était complètement usée et il était
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- AUTOBUS A TROLLEY
- nécessaire de la refaire, ce qui aurait entraîné des dépenses hors de proportion avec les recettes.
- En tenant compte de l’intérêt du capital nécessaire pour la réfection delà voie, l’exploitation aurait été vraisemblablement en déficit annuel de 5500 livres sterling.
- On décida alors d’exploiter la ligne avec des autobus électriques à trolley, en utilisant ba ligne aérienne de distribution existante, et en employant les voitures de tramway sur d’autres lignes.
- Le résultat de cette transformation fut de permettre l’exploitation avec un bénéfice annuel de 5000 livres environ.
- Le type d’autobus employé peut contenir 51 voya-
- les autobus ordinaires. De plus, cet avant-train moteur est facilement amovible, il n’est fixé à la carrosserie sous le poste du mécanicien qu’avec 8 boulons, et sa suspension faite en trois points est indéformable.
- Dans cet avant-train moteur, on a deux moteurs, dont chacun porte un pignon engrenant avec une denture intérieure dans chacune des roues. On a donc une simplicité extrême de transmission. La suspension est formée de ressorts de grande longueur semi-elliptiques, et l’essieu arrière est agencé de façon à permettre au plancher de se continuer à la faible hauteur à laquelle il est placé.
- Le freinage se fait sur 4 roués ; les roues arrière
- Fig. i. — LJ autobus à trolley de Leeds.
- geurs : 26 à l’intérieur et 25 à l’impériale. Le châssis porte deux moteurs, de 42 chevaux sous 525 volts.
- Un modèle particulièrement original d’autobus à trolley est celui de Leeds. Dans cette ville, on se passe entièrement du tramway à rail sur l’une des plus grandes routes et on a aussi remplacé avantageusement les tramways par des autobus électriques à trolley.
- Chaque autobus peut contenir à peu près 64 personnes ; sa largeur est de 2 m 28. La carrosserie comporte une caisse à angles arrondis, entièrement fermée, même à l’impériale. L’avant-train est un avant-train moteur, au-dessus duquel est le poste du mécanicien qui se trouve placé à un niveau intermédiaire entre les deux étages de l’autobus. L’emploi d’un avant-train moteur et la suppression de tout moteur sur les roues arrière permettent d’abaisser le plancher de façon que l’impériale n’ait pas une hauteur considérable, comme cela se présente dans
- sont d’ailleurs équipées avec des freins doubles qui sont commandés par des pédales. Le pied droit sert pouf le frein en marche courante; l’autre frein est muni d’un dispositif à cliquet et il permet d’immobiliser très rapidement le véhicule dans une descente. Le frein avant constitue une sécurité et il est commandé par un levier placé à la droite du conducteur.
- Ainsi que nous l’avons dit, la transmission électrique sur la voiture supprime l’embrayage, le changement de vitesse ; elle peut même supprimer complètement le différentiel, si l’on dispose d'un moteur pour chaque roue motrice.
- Le véhicule que nous venons de décrire offre de plus l’avantage d’abaisserconsidérahlementle centre de gravité et de donner aux voyageurs une sécurité qui est certes très appréciable, aujourd’hui que la vitesse réalisée devient de plus en plus considérable à la demande même des usagers de la locomotion électrique.
- E. Weiss.
- — Imprimerie Lauure, rue de Flcurus, 9, Paris.
- Le Gérant : P. Masson.
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- LA NATURE. — N* 2569.
- 30 JUIN 1923
- LES MÉTHODES ACTUELLES D’ABATAGE DES CHIENS ET CHATS ERRANTS
- Jadis pour se débarrasser des chiens, chats et autres petits quadrupèdes errant à travers les rues des grandes villes, les municipalités se contentaient de les faire pendre ou de les faire empoisonner à l’aide de substances toxiques mélangées à leur nourriture.
- Puis, le progrès aidant, ces méthodes d’exécution s’adoucirent. Voilà plus d’un demi-siècle, l’Anglais Bertram Richardson imagina pour le Dog's Home de Battersea un système destiné à asphyxier doucement les vagabonds à 4 pattes. Son installation comprenait trois parties principales s’emboîtant du dehors en dedans comme les tiroirs de certains meubles. Une sorte de maisonnette haute de 1 m 25, longue de 2 m 40 et large de 1 m 50, abritait une caisse, qu’un treuil permettait de manœuvrer verticalement et dans laquelle pouvait s’insérer une cage grillagée montée sur roues.
- Quand on voulait sacrifier des animaux, on les mettait dans la cage, puis on faisait bouillir pendant 4 minutes une certaine quantité de chloroforme dont on dirigeait les vapeurs sous le plancher perforé de la fosse, au fond de laquelle reposait la caisse. On ouvrait ensuite la chambre et on y introduisait la cage, puis on soulevait la caisse remplie de vapeurs chloroformées afin qu’elle enveloppe cette dernière durant une minute et demie environ. Après quoi on asphyxiait les pauvres condamnés ainsi anesthésiés en débouchant, dans l’enceinte où ils se trouvaient rassemblés, une bouteille d'acide carbonique comprimé. Au bout de cinq minutes, la
- z. — Le chenil de la nouvelle Fourrière de Paris (sis rue de Dantzig, il comprend 33o niches).
- mort avait accompli son œuvre et on sortait la cage pour en retirer les cadavres dont les attitudes semblaient attester la douceur de ce genre d’abatage.
- Au Dog's lost House de Londres, créé par l’initiative privée, on applique tous les ans. le procédé Richardson pour tuer 80 000 à 100000 chiens venus d’un peu partout et capturés sans prime. Dans cet établissement, on hospitalise les pauvres bêtes pendant quelque temps. Si leurs propriétaires ne les réclament pas, on garde les plus beaux qu’on vend, chaque quinzaine, aux enchères et on tue les autres, qui représentent 80 pour lOOdu ramassage. De même à l'Hospital for Cals, on reçoit annuellement 30 000 chats vagabonds capturés dans l’agglomération londonienne et on les sacrifie sans pitié, sauf quelques rares matous entretenus aux frais de leurs maîtres.
- A Paris, quoique un généreux cyno-phile, M. Gordon Bennett, ait offert à la Préfecture de police, dès 1904, un appareil Richardson, ce système fut abandonné après essai et l’ancienne Fourrière de la rue de Pontoise s’adressait au gaz d'e'clairage pour se débarrasser des indésirables toutous, rencontrés sans collier, sur les voies publiques de la Ville Lumière. Autre fois, les agents de certaines brigades • occupaient leurs loisirs matinaux à chasser les chiens par les rues de la capitale et cela amena quelques abus. Habillés en civils, armés d’un lasso en fil de laiton et suivis d’un sergent de ville en tenue, ces fonctionnaires raflaient indistinctement tous les chemineaux à 4 pattes qu’ils rencontraient sur leur passage.
- 2(3 — 401.
- Fig. 2. — L’automobile spèciale de la Préfecture de Police amenant les chiens errants dans kur niche individuelle.
- bi" Année — 1"' Semestre
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- 402 LES MÉTHODES ACTUELLES D’ABATAGE DES CHIENS ET CHATS ERRANTS
- Fig. 3. — La dernière heure des condamnés ! (Introduction des chiens dans la caisse d’exécution où on les asphyxie par le gaz d’éclairage. On voit à gauche la- vanne qui commande l’admission du gaz dans la caisse.)
- Or, parmi les propriétaires de ces animaux, quelques-uns venaient tout de suite réclamer les leurs, mais le plus grand nombre attendait patiemment le retour des fugitifs. Qu’en résultait-il ? Dans l’après-midi, d’officieux « commissionnaires » se rendaient régulièrement au poste de police afin d’y prendre livraison des chiens raflés qu’ils menaient par 5 ou 4 à la Fourrière. Là, on donnait à ces conducteurs bénévoles une certaine gratification que, peu scrupuleux, ils se chargeaient d’augmenter notablement, en substituant au grillon de race ou au superbe danois qu’ils avaient parfois capture, un atfreux caniche échangé en cours de route. Sans compter qu’on accusait les agents et les commissionnaires de s’entendre pour partager les bénéfices réalisés.
- Une loi, datant de 1881 et toujours en vigueur, abolit ce fructueux négoce. Elle exige, en effet, que les gardiens de la paix s’emparent des chiens en rupture de laisse et les mettent en niche immédiatement dans les postes de police. De cette façon, on isole les pauvres bêtes qui ne peuvent alors nuire ni aux personnes, ni à leurs semblables.
- Puis des voitures spéciales vont, 2 fois par jour, recueillir les animaux ainsi capturés pour les conduire à la nouvelle Fourrière installée au numéro 59 de la rue de Dantzig, dans le quartier de Grenelle. Là, les chemineaux à 4 pattes sont rendus ultérieurement à leurs légitimes propriétaires ou asphyxiés si personne ne les réclame dans les délais réglementaires définis ci-après. L’équarrisseur adjudicataire ne reçoit plus que les dépouilles des chiens et des chats errants. !
- Le chenil municipal (fig. 1) comprend 350 cellules en ciment armé avec portes munies de barreaux en forme de grilles. Ces cases superposées sur deux
- rangs en hauteur, s’alignent côte à côte sous un hall à toiture vitrée. Des rails, établis entre chaque file de box, permettent au personnel de rouler un chariot, qui amène les détenus jusqu’au seuil de leur prison et les emmène de même.
- Comme les humains qui ont maille à partir avec la justice, les chiens parisiens ont maintenant un confortable « panier à salade ». Dès son arrivée au « violon », chaque animal vagabond est mis dans une niche en bois, dont un des côtés, muni d’un grillage mobile, peut s’ouvrir à volonté. Puis tous les jours des automobiles (fig. 2) convenablement aménagées vont, de poste en poste, recueillir les quadrupèdes délinquants ainsi enfermés dans leur boîte individuelle et les conduisent à l’établissement de Grenelle.
- Si lors de son entrée à la Fourrière, le chien n’a pas de collier, son affaire sera réglée après un séjour de deux jours francs. Quand il porte une adresse autour de son cou, on avise l’intéressé et si, au bout d’une huitaine, le propriétaire n’a pas réclamé son toutou, on le sacrifie. <
- Le nouvel appareil d’exécution (fig. 5) installé rue de Dantzig est une caisse en tôle rivée encastrée dans le mur d’un auvent. Un des côtés, équilibré par
- Fig. 4. — Le Cynoctone, appareil four asphyxier les chiens par /'acide carbonique comprimé.
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- LES MÉTHODES ACTUELLES D’ABATAGE DES CHIENS ET CHATS ERRANTS 403
- un contrepoids, peut glisser entre deux montants afin de livrer passage au fatal chariot, sorte de cage sur'roues, formée d’un plancher plein et de solides barreaux de fer sur les autres faces. Une fois les animaux mis dans la cage d’asphyxie, on abaisse la cloison qui lui sert de porte et afin que l’obturation soit hermétique, on la presse au moyen de plusieurs vis de serrage. Ces préparatifs achevés, le « bourreau » ouvre la vanne d’un gros tuyau de gaz d'éclairage, qui arrive par le plafond de ladite caisse. Pour que l’enceinfe soit remplie complètement du fluide asphyxiant, on en laisse passer un volume légèrement supérieur à celui de la cage. Grâce aux hublots ménagés sur l’appareil dessus et latéralement, l'homme surveille la marche de-F©pération. Une ou deux minutes après l’introduction des animaux, le gaz a accompli son œuvre de mort avec le minimum de souffrance pour les condamnés. On relève la porte, on retire les cadavres qu’on met dans des boîtes métalliques closes, montées sur des roulettes et qu’on relègue dans un. coin de la cour en attendant l’enlèvement de leur contenu par l’équarrisseur. Dans chaque séance quotidienne, on asphyxie à la Fourrière de Paris une vingtaine de chiens, soit environ 6000 par an. Du reste, ce chiffre varie beaucoup d’une année à l'autre.
- D’après les observations que M. Raoul Débat, contrôleur de la Fourrièïe, a faites et qu’il a bien voulu nous indiquer, les chiens de forte taille meurent les premiers. Chose naturelle puisque le gaz d'éclairage arrive parle haut de l’appareil. Après avoir respiré le fluide toxique pendant 50 secondes environ, ils s'effondrent comme une masse et les plus petits de leurs compagnons d’infortune ne leur survivent pas plus d’une demi-minute. L’asphyxie est plus ou moins rapide selon le nombre des occupants de la cage et par conséquent en raison du volume d’air respirable contenu dans la fatale enceinte. Dès les premières émanations délétères, les sujets se trouvent anesthésiés et ils paraissent mourir sans douleur. Leurs cadavres ont l’attitude naturelle de bêtes endormies par suite de fatigue et leurs corps ne présentent pas de contractions musculaires.
- Dans quelques cliniques vétérinaires françaises, on se sert aussi du Cynoctone Lépinay-Darthuy (fig. 4) pour abattre les chiens. Cet appareil n’est qu’une variante des systèmes précédents. On place encore les pauvres patients dans une cage grillagée, qu’un treuil permet de descendre dans une chambré métallique, hefriieTiquement close. Une fois toutes les issues bouchées, on ouvre le tuyau
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- Fig. 6. — Coupe du dispositif servant à produire l’acide cyanhydrique.
- A, cloche;. D, pa-. niermobile ; E, cupule à cyanure de potassium, T, tube d’introduction de l’acide chlorhydrique.
- Fig. 5. — Vue schématique extérieure de l’appareil pour Vempoisonnement des chiens par /’acide cyanhydrique* à la Fourrière de Toulon.
- A, cloche; B, treuil;- C, couloir d’arrivée des chiens; P, porte; T, tube de verre par où s’introduit l'acide chlorhydrique.
- d’amenée de Y acide carbonique comprimé dans un cylindre sis à côté et en quelques minutes l’animal passe de vie à trépas, sans souffrance apparente. Cette méthode d’exécution, applicable seulement à une bête à la fois, est en tout cas moins brutale que la pendaison.
- A la Fourrière de Toulon, on utilise le cyanure de potassium depuis le commencement de l’année 1022. Cet établissement municipal se compose d’un bâtiment unique dans lequel se trouve un bureau pour le surveillant et une salle avec 17 cages pour les chiens capturés. De cette dernière pièce, part un couloir grillagé qui aboutit au lieu du supplice. L'appareil d'asphyxie (fig. 5), installéen plein air, comprend une plate-forme cimentée et circulaire sur laquelle s’appuie un panier mobile avec ossature correspondant au couloir C par où arrivent les chiens. Une cloche en tôle A, que les chaînes d’un treuil B permettent d’élever ou d’abaisser, coiffe le panier et ses bords reposent dans une rigole contenant de l’eau afin d’assurer une fermeture hydraulique.
- . Dans la paroi latérale de la cloche existe une porte P caoutchoutée, avec étagère supportant une ciipule en fonte E. D’autre part, à la partie supérieure de la cloche, se voit une ouverture à travers laquelle passe un tube en verre T correspondant au centre de la cupule (fig. 6).
- Une fois les chiens introduits dans le panier, et la cloche descendue, on place dans la cupule ad hoc la solution de cyanure de potassium (80 gr. pour 200 gr. d’eau), puis on verse 150 gr. d’acide chlorhydrique pur, par le tube en verre qu’on obture ensuite au moyen d’un bouchon de liège et finalement on referme la porte de la cloche qu’envahit l’acide cyanhydrique formé. Quelques secondes plus tard, on perçoit les plaintes étouffées des condamnés, puis le silence s’établit. Au bout de 2 à 6 minutes, on ouvre la porte de la cloche pour que les vapeurs se dégagent avant de remonter l’appareil et d’e’iiTévër
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- les chiens du panier. Quoique, d’après nos renseignements, la municipalité de Toulon soit satisfaite du cyanure de potassium, il y a peu de chance, croyons-nous, pour que le procédé se généralise, car les émanations cyanhydriques sont très toxiques. Personne ne doit circuler, en effet, autour de la cloche pendant l’opération et, en outre, il faut jeler le liquide restant dans un endroit inaccessible aux hommes et aux animaux. N’exagérons donc pas la sentimentalité envers nos « frères inférieurs » : sup-primons-les au besoin, quand l’hygiène l’exige et sans
- Fig. 8. — Chien dans la cage d’électrocution.
- trop les faire souffrir, mais sans risquer de compromettre 1 a santé infiniment plus précieuse d’honnètes employés municipaux !
- Si nous quittons maintenant l’Europe pour le Nouveau Monde, nous allons voir Y électricité employée à l’abatage dans les fourrières et institutions similaires.
- Les agents américains chargés de cette besogne doivent opérer avec rapidité puisque, d’après les statistiques officielles, ils ont mis à mort, au cours de l’année dernière, 480 848 petits quadrupèdes sur tout le territoire de l’Union.
- Aussi, pour la réalisation humanitaire et hygiénique de telles hécatombes, Yéleclrocution semble le procédé idéal.
- Les premiers « bois de justice » destinés à la race canine se dressèrent à Boston sous les auspices de Y Animal Rescue League (fig. 7) et 22 villes des ütats-Unis et du Canada possèdent les leurs actuellement.
- Comme on s’en rend compte, Y « échafaud » électrique se compose d’une cabane mesurant environ 75 centimètres de profondeur sur 1 m. 80 de haut, 1 m. 25 de large et reposant sur 4 pieds. La cage intérieure (fig. 8), isolée électriquement, possède un plancher métallique et, sur un des côtés, se trouve un barreau d’où pend un ressort spiral^qui se
- Fig. g. — L’exécuteur retire le cadavre d’un chat électrocuté, d'un appareil dont il a soulevé le couvercle en appuyant sur une pédale
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- CHRONIQUE
- termine par un crochet connecté avec le pôle à basse tension de la source électrique, tandis que le plancher métallique est relié à l’autre pôle- Au moment de l’exécution, le bourreau passe, autour du cou du condamné, un collier flexible en métal, qu’une chaîne rattache au crochet du ressort; puis il l’emprisonne dans sa cellule. Grâce à des contacts automatiques, l’électrocuteur ferme le circuit en même temps que la porte. Il n’a plus qu’à tourner un bouton de contact, sis à portée de sa main, et le fluide meurtrier fait passer le malheureux chien de vie à trépas, en moins de 2 minutes !
- Pour les chats et autres petits animaux de taille similaire, la cabane d'électrocation (fig. 9) s’ouvre par-dessus. Les électrodes métalliques se trouvent fixées à chacune des extrémités d’un plateau d’ardoise et le contrôle du courant à basse tension est assuré par Jes contacts automatiques du couvercle. L’opérateur commande ce dernier, à l’aidé d’une pédale et d’une corde passant sur une poulie de renvoi. De cette façon, l’exécuteur des hautes œuvres a les deux mains libres pour prendre le félin. Il introduit l’animal dans l’appareil, de manière que ses pattes de devant viennent se poser sur une des
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- électrodes et celles de derrière sur l’autre ; puis il ferme le couvercle de l’appareil. En une minute, l’électricité accomplit sa sinislre besogne. Il faut à peu près le double de temps pour amener la mort d’un chien, comme nous le notions ci-dessus.
- D’après les constatations faites depuis quatre ans par M. Huntington Smith, président de the Animal Rescne League, qui a bien voulu nous documenter, les voltages de 4000 à 5000 volts employés au début pour les électrocutions animales sont inutiles et même offrent des inconvénients (mutilations, brûlures, phénomènes convulsifs, etc.). Cinq cents volts suffisent'! provoquer le « sommeil éternel » de nos compagnons à 4 pattes et en pratique, quand on emprunte l’électricité à un secteur urbain, la dépense d’énergie pour tuer 800 à 1000 chiens ou chats de taille ordinaire n’excède guère un kilowatt-heure. L’abatage électrique ne paraît donc pas très dispendieux. Néanmoins, dansles fourrières des grandes villes d’Europe et d’Amérique, on utilise de préférence jusqu’ici le gaz d’éclairage et l’acide carbonique pour asphyxier les petits animaux.
- Jacques Boyer.
- «ai»
- COMMENT on fabrique une lampe DE T. s. F.
- A la suite de l’article publié sous ce titre dans notre n° 2565 et dans lequel son nom est cité, M. Jacques Biguet, invoquant la législation en vigueur relative au droit de réponse nous requiert d’insérer une rectification.
- Nous publions sa lettre intégralement et sans commentaires :
- « Il a paru dans votre numéro du 2 juin, sous la signature de M. Jouenne, un article au sujet de la lampe de T. S. F. dans lequel mon nom est cité.
- Je n’ai pas l’honneur de connaître l’auteur de
- cet article, j’ignore où il a puisé sa documentation, et l’historique qu’il donne de la création de la lampe de T. S. F. modèle T. M. contient des inexactitudes importantes contre lesquelles je me contenterai provisoirement de protester.
- Je fais donc appel à votre courtoisie pour publier la présente mise au point dans un prochain numéro de La Nature.
- Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de ma I considération distinguée. » Jacques Biguet.
- CHRONIQUE
- Les amplificateurs à lampes sur le câble Brest-Dakar. — Nous avons déjà dit que les progrès techniques des radiocommunications avaient une répercussion profonde sur les communications par câbles. S’il est vrai que ces dernières trouvent aujourd’hui en face d’elles une rude concurrence, il est vrai également qu’elles peuvent bénéficier des connaissances nouvelles que les premières ont aujourd’hui vulgarisées et les utiliser pour perfectionner leur propre rendement.
- Nous avons indiqué comment l’emploi des amplificateurs et des courants porteurs à haute fréquence a permis aux Américains de réaliser d’excellentes communications téléphoniques et télégraphiques entre Cuba , et les Etats-Unis.
- Voici un nouvel exemple que nous empruntons aux
- Annales des P. T. T. Un système d’amplificateurs à lampes a été installé à Brest et à Dakar sur le câble sous-marin reliant ces deux villes. La mise en service effectuée en avril dernier a donné d’excellents résultats. Jusqu’alors on ne pouvait guère dépasser 380 émissions, soit 95 lettres par minute. Grâce aux amplificateurs, on a pu augmenter progressivement la vitesse de travail, au fur et à mesure que le personnel se familiarisait avec les particularités de la nouvelle installation. Cette vitesse atteint, actuellement 450 émissions et sous peu dépassera 500. On peut donc compter sur un bénéfice de 40 pour 100 par rapport à l’ancienne exploitation. Si l’on considère que la pose d’un second câble coiîteraii une cinquantaine de millions, on voit le progrès et l’économie assurés par la nouvelle installation.
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- LA MORTALITE PAR MALADIES MICROBIENNES EN FRANCE
- avant et après Pasteur (*).
- Les innombrables manifestations qui ont été organisées pour rendre hommage à Pasteur à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance vont prendre fin après les cérémonies officielles qui doivent prochainement réunir, à Paris d’abord, puis à Strasbourg, l’élite intellectuelle des nations civilisées.
- statisticien particulièrement exercé, que la mission ilockefeller a bien voulu céder à notre Comité national de Défense contre la Tuberculose, j’ai pu réunir des chillres dont l’exactitude n’est pas contestable et qui sont, par eux-mêmes, suffisamment éloquenls.
- Jetons d’abord un rapide coup d’œil sur les varia-
- Mortalité. (Toutes causes et tous âges réunis.)
- Période
- Période pré-pastorienne. post-pastoriennc.
- OUI >10
- Fig. i. — Proportions annuelles moyennes des décès pour ioooo habitants (morts-nés non compris),
- par périodes décennales.
- C’est une des pages les plus glorieuses de l’histoire de l’humanité que nous allons achever de lire. Avant que cette page soit tournée, je voudrais prier l’Académie de me permettre d’en tirer, pour nous et pour les autorités sanitaires de notre pays, encore un enseignement.
- J’ai pensé à établir un parallèle entre ce que nous pouvons savoir d’à peu près exact sur la mortalité par maladies microbiennes avant l’époque où nous ignorions tout de leurs causes comme des moyens de nous en préserver, et ce qu’est aujourd’hui cette mortalité depuis que les découvertes de Pasteur ont fondé la médecine préventive et l’hygiène moderne.
- Nous ne disposons malheureusement, dans les publications officielles, que d’éléments d’appréciation fort imparfaits. Mais, avec l’aide de M. Moine, / 1. Lecture faite à l’Académie de Médecine, le 29 mai 1925.,'
- tions de la mortalité générale en France dans l’espace de vingt et une années :
- En 1890, pour une population en chiffres ronds de 58 300000 habitants, on relevait 876000 décès, morts-nés non compris, soit 228 pour 10 000 âmes.
- En 1910, malgré notre misérable natalité, la population s’était tout de même légèrement accrue. On comptait alors 59 millions et demi d’habitants et le nombre des décès n’était cependant plus que de 703000, soit 178 pour 10000 âmes.
- Pendant la période post-pastorienne comprise entre 1890 et 1910, la France a donc pu sauvegarder chaque année une moyenne de 90000 vies humaines, représentant, au taux d’avant-guerre, un bénéfice social de 2 250 000 000 de francs.
- Dans ces chiffres globaux de mortalité, séparons d’abord les décès dus à la tuberculose et aux cancers
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- qui commencent seulement à subir l’heureuse influence des campagnes d'éducation hygiénique et des organisations de lutte contre ces fléaux.
- La tuberculose causait en 1890, dans l’ensemble des villes de 5000 habitants, comprenant une population de' 12 218 000 âmes, 40 680 morts, soit 530 pour 100 000 habitants. En 1910 elle en causait 47 250 dans une population de 15212 000 âmes, soit 312 pour 100 000 habitants.
- sorte qui résultent, des découvertes pastoriennes : .la sérothérapie, les vaccinations, l’antisepsie et la désinfection; la propreté, l’éducation hygiénique des individus et des collectivités. Ce groupe comprend : la fièvre typhoïde, la diphtérie, la rougeole, la scarlatine et la coqueluche.
- La mortalité respective due à chacune de ces maladies était, toujours pour l’ensemble des villes de plus de 5000 habitants :
- Franc,e (Villes de 5000
- C an Cet et Autre* tumeirs malignes
- fuberad«e#
- Yig. 2. —'Mortalité par tuberculose, cancer et bronchite chronique, proportions four iooooo habitants.
- (Pour les années 1889, i8ço, 1891 et 1892, la tuberculose des méninges n’a pastétè différenciée des autres tuberculoses.)
- habitants et au-dessus).
- j
- t / t
- Fig. 3.
- Mortalité par principales maladies infectieuses, proportions pour iooooo habitants.
- Dans les autres maladies infectieuses on été comprises les causes : 2. Typhus exanthématique. — 3. Fièvre intermittente et cachexie palustre.— 10. Choléra asiatique.— 11. Choléranostras. —12. Autres maladies épidémiques.
- Pendant colle période de vingt et une années, la mortalité par tuberculose a donc à peine diminué. Par contre, celle par cancers s’est sensiblement accrue, peut-être parce que les diagnostics en sont devenus peu à peu plus précis. Nous ne possédons de chiffres à leur sujet qu’à partir de 1892. Us causaient alors40 761 décès dans l’ensemble des villes de plus de 5000 habitants, soit 88,5 p. 100 000 âmes. Vingt ans plus tard, en 1912, ils déterminaient 15 979 morts, soit 105 pour 100 000.
- Parmi les autres décès, réunissons dans un même groupe ceux qui sont dus aux principales maladies microbiennes qu’ont le plus manifestement fait régresser les mesures préventives de toute
- En 1S90 Propoi lion En 1910 Proportion
- — pour — pour
- Décès 100.000 hab. Décès 100.000 hab
- Fièvre typhoïde. 5.362 42,2 1.792 . 12,4
- Diphtérie. . . 6.850 ‘56,2 1.525 8.74
- lîuugeole.... 7.196 59,0 2.539 15.4
- Scarlatine . . . 751 6,0 417 2,74
- Coqueluche. . . 2.517 19,1 1.559 10.5
- Totaux, . 22.460 7.452
- En vingt années, la mortalité par ces maladies a donc diminué des deux tiers. La mortalité in fantile, morts-nés non compris, a subi une décroissance malheureusement encore trop faible, mais cependant appréciable. On peut s’en rendre compte en comparant deux périodes quinquennales :
- De 1881 à 1885, sur 935 000 naissances vivantes,
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- Mortalité infantile.
- Période prè-pastorienne.
- Période post-pastorienne.
- N N N
- V \ \ N „ —* H; ' ^
- Belgique _ ^ N :
- N \ / s2îf-i5' - - * K —j / / « t e / &
- Suède V V
- 1861-65 itit-76 1871-75 187( 8° 188-85
- 1686-IJM 1801-oS 1506-10 1811-15
- Fig. 4. — Proportions annuelles moyennes des décès au-dessous d’un an pour 1000 naissances vivantes, par périodes quinquennales.
- on a compté 156 000 décès d’enfants au dessous d’un an, soit 167 décès [pour 1000 naissances vivantes.
- vertes
- De 1906 à 1910, il est né seulement 783000 enfants. Il en est mort, au-dessous d’un an, 99 000, ce qui donne 126 décès pour 1000 naissances vivantes. L’effort à réaliser pour sauvegarder nos jeunes enfants contre les maladies évitables du tout jeune âge est donc encore considérable ! Nous sommes largement devancés à cet égard par la Suisse, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Norvège. Dans ces deux derniers pays, il ne meurt que 60 à 65 enfants de moins d’un an pour 1000 naissances vivantes. Il en mourait de 100 à 140 avant l'ère pastorienne.
- Si nous arrivions — ce qui serait certainement facile avec une meilleure organisation de nos services sanitaires — à obtenir les mêmes résultats que la Norvège, dont la mortalité générale n’est plus que de 132 pour 10000 habitants, au lieu de 178 en France (chiffre de 1910), nous verrions chaque année notre population s’accroître de 179400 âmes, alors même que notre natalité resterait aussi réduite qu’elle l’est actuellement.
- La nation qui a vu naître Pasteur tolérera-t-elle plus longtemps une si coupable négligence de ses intérêts vitaux ?
- Puisse-t-elle enfin comprendre'’' que sa prospérité économique et son existence dépendent de la manière dont elle saura mettre à profit les décou-pastoriennes! Dr À. Cachette,
- Sous-Directeur de l’Institut Pasteur.
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- On se prend à regretter que l’aviation soit née trop tard pour participer à l’exploration de la planète! Que d’élégantes et rapides solutions elle eût apportées aux problèmes géographiques qui nous passionnèrent, au siècle dernier! Stanley partant en aéroplane à la recherche de Livingstone, quelle jolie page d’histoire nous avons manquée !
- Mais le monde conserve encore quelques territoires impénétrés, et c’est l’un d’eux, la Nouvelle-Guinée, qu’un Australien s’est proposé d’explorer en prenant l’aéroplane comme mode de transport.
- Le capitaine Franc Ilurley, chef de l’expédition, porte un nom qui devrait être universellement connu, si la renommée se distribuait avec plus de justice. Il fut, durant la guerre, le chef du Service -photographique
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- de cette vaillante armée australienne qui se couvrit de gloire sur nos champs de bataille. En cette qualité, il prit, au péril de sa vie, d’admirables clichés qui eurent plusieurs fois les honneurs de ïIllustration. Et ce sont probablement les plus vivants instantanés de guerre qui aient jamais été publiés.
- Il fut chargé l’année dernière, par son gouvernement, d’organiser une expédition qui s’efforcerait de pénétrer en Nouvelle-Guinée, et d’en étudier la topographie, l’ethnographie, la faune et la flore. Dans ce but, il s’adjoignit un jeune savant australien,
- situé dans le delta du Purari. Nous aurons la franchise de reconnaître que nous ignorons la position exacte de ce fleuve, qui n’est pas indiqué sur les atlas.
- Il nous f^ut rappeler que la Nouvelle-Guinée, la plus grande île de la terre après le Groenland, a une superficie approximative de 800.000 km. carrés. Avant la guerre, elle était divisée en trois parties : une colonie hollandaise, occupant toute la moitié occidentale de l’île ; une colonie allemande (Terre de l’Empereur Guillaume), au Nord-Est; une colonie an-
- Fig. 2. — Les deux hyiroplanes du Captain Hurler à Kaïmari.
- M. Mac Culloch, qu’un séjour sur le littoral de l’île avait déjà familiarisé avec la question.
- L’expédition se poursuit actuellement. Les notes et photographies que nous publions ici ne doivent donc être considérées que comme « une préface » à la relation que nous espérons recevoir vers la tin de l’année. C’est à l’obligeance de notre confrère de Sydney, the Sun que nous sommes redevables de ces premiers documents.
- Un navire à vapeur avait transporté l’expédition sur un point du littoral colonisé de l’île (fig. 2), et ce fut de cette localité que les explorateurs s’envolèrent sur leurs hydravions pour visiter des régions inconnues. La plupart des photographies que nos lecteurs voient sur ces pages furent prises à Kaïmari, l’un des plus gros villages de la Papouasie. 11 est
- glaise (Territory of Papua), au Sud-Est. Depuis 1901, cette dernière est rattachée, administrativement et politiquement, à la Fédération Australienne. Partageant le sort de la plupart des colonies allemandes, la deuxième est devenue possession britannique, et il est probable qu’elle sera annexée au territoire de Papua. Ainsi, cette jeune république australe qu’est le Commonwealth aura sous sa domination toute la moitié orientale de l’île.
- Il est impossible desavoir, même très approximativement, l’importance numérique de la population de cette vaste terre, puisqu’elle est pratiquement inexplorée. La partie hollandaise, qui est de beaucoup la plus étendue, ne compte que quelques rares comptoirs sur son littoral, et l’on ne connaît rien de l’intérieur.
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- Pour le terriloirc de Papouasie, nous trouvons* dans les livres de statistiques anglais, qu’il est peuplé par 200000 Papous environ, 965 Européens, 311 Indiens ou Chinois. Quant à l’ancienne colonie allemande, elle passait pour abriter en 1914 « de 150000 à 550 000 » indigènes, plus 500 Européens, la plupart Allemands. Sa principale « ville a était Madang,# avec 243 habitants européens. Il est douteux que le total des indigènes pour l’île entière approche du million, même en comprenant dans le calcul les immigrants de race malaise, qui se sont I
- jugués de l’American Muséum of Natural History et du BerniceP. Bishop Muséum de Honolulu, qui poursuivent actuellement une enquête sur la question dans toute l’étendue de TOcéanie, éclairciront bientôt ce passionnant mystère. Qu’il suffise de dire ici que les Papous forment une race intelligente, hardie, aventureuse, mais cruelle, qui tient en médiocre estime la vie d’autrui, et qui montre un violent penchant pour le cannibalisme. Nous aurons l’occasion, plus loin, de parler en détails de scs mœurs.
- Le village de Kaïmari que nous décrit le capi-
- Fig. 3. — Une réunion dans le vestibule du « ravi » pour examiner la demande du Captain Hurley
- d’acheter un mugisseur,
- établis depuis plusieurs siècles sur quelques points du littoral.
- Les Papous forment la grosse masse de la population, mais on ignore encore quels autres éléments la composent, à l’exception des Négritos, mystérieuse race de petits négroïdes que l’on retrouve un peu partout dans le Sud-Est de l’Asie (Iles Andamàns, Indochine, etc.) et dans le Nord de l’Océanie (Philippines, Bornéo, Sumatra, etc.). Quelques bandes de ces Pygmées ont été rencontrées en Nouvelle-Guinée. D’après certains explorateurs, mais surtout d’après les récits des Papous, il existerait dans l’intérieur de la partie hollandaise des races très primitives aux caractères simiesques bien prononcés.
- Ne nous aventurons pas dans une discussion sur l’origine des Papous : jusqu’ici, la préhistoire océanienne est enveloppée de ténèbres impénétrables. Mais nous avons bon espoir que les efforts con-
- taine Hurley compte environ trois cents feux. Il est situé au centre d’une vaste baie, large de 80 kilomètres, que la marée basse assèche en grande partie. Toutes les maisons sont construites sur pilotis, ainsi que les « rues ». Une chaussée principale traverse toute l’agglomération, et des « ruelles », également établies sur pilotis, s’amorcent sur cette « grande rue », qu’elles relient à chaque ligne de buttes. Les planchers de ces chaussées sont faits de grosses branches de paléluviers, qui pourrissent assez rapidement sous l’action du soleil et de la pluie. Malheur à quiconque voit le « tablier » céder sous son poids ! Il tombe dans une fange immonde.
- Les maisons sont spacieuses, bien construites, et. recouvertes d’une épaisse couche de palmes que les pluies torrentielles ne peuvent percer. Leurs dimensions sont généralement de 10m. sur 6. Celles de la « Maison Commune », où se tiennent les conseils et
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- les cérémonies, sont beaucoup plus imposantes : l'édifice a 80 m. de longueur, et 6 m. de largeur et de hauteur (fig. 1).
- Cette construction qui, dans le langage des Papous, porte le nom de ravi, n’est éclairée à l’intérieur que par son immense porche, qui affecte la forme d’une ogive, dont le sommet est élevé de 15 à 16 m. Outre son rôle de salle du conseil, elle sert de vestibule à une chambre secrète, constamment plongée dans l’obscurité, qui cache aux yeux des simples mortels les redoutables irnounous, que les prêtres ou sorciers peuvent seuls regarder sans s’exposer à la mort.
- Les irnounous sont des idoles qui passent pour représenter de monstrueux crocodiles. Fabriqués de branches et de lianes, recouverts d’un grossier tissu de fibres végétales, plantés sur quatre pieds, ils présentent à l’avant une ouverture assez large pour qu’un homme puisse s’y glisser : c’est la gueule du monstre.
- Le ventre porte une autre ouverture, qui permet à un sorcier d’introduire sa tête et son torse dans l’intérieur de l’objet, et de le faire marcher et sauter, au cours d’une cérémonie religieuse. Le ravi de Kaïmari contenait vingt irnounous, qua id M. Mac Cul loch obtint, non sans peine, l’aulorLalion d’y
- Fig. 5. — Une veuve de Kaïmari, barbouillée de boue et ficelée de liens d’herbes en’ signe de deuil.
- « irnounous » du sanctuaire placé au fond du « ravi ».
- prendre une photographie au magnésium, que nos lecteurs verront reproduite ci-dessus (fig. 4).
- Mais ce ne sont pas là les objets les plus, redoutables que renferme le ravi. Entre les pattes de chaque idole repose sur le parquet d’écorve un paquet de forme oblongue qui contient ce que le capitaine Hurley appelle des buUroarers (littéralement, des taureaux mugisseurs).
- Ce sont des lattes de bois dur, minces et effilées, dont la longueur varie entre 20 et 40 cm. L’une de leurs extrémités est percée d’un trou par lequel se passe une ficelle. Chaque paquet contient vingt lattes, et le prêtre, on les faisant tournoyer autour de sa tête, produit un mugissement sinistre qui s’entend de fort loin, et que les naïfs Papous prennent pour la voix de Ximounou en colère. Ils ne peuvent pas entendre ces sons sans trembler, et ils sont bien convaincus que quiconque, hormis les prêtres, jette un regard sur ces paquets meurt subitement.
- .M. Mac Culloch, qui tenait à emporter un de ces « taureaux mugisseurs », dut négocier longuement avec les notables et les sorciers, avant de les séduire par sa distribution de koukou (tabac australien) et de riz. Enfin, le grand prêtre, gardien des irnounous, consentit à les introduire dans le « saint des saints ». Mais, au dernier moment, il refusa de leur laisser emporter un des mystérieux paquets, et les chargea de les ouvrir successivement pour retirer de chacun une latte. Quand M. Mac Culloch eut terminé son choix, les vingt pièces de bois furent enveloppées d’abord dans des feuilles de bananier, puis dans plusieurs nattes de couchage, et enfin dans le veston du savant. Alors seulement le sorcier consentit à laisser sortir de sa chambre les objets sacrés.
- Nous ne sommes pas surpris d’apprendre que l’apparition des hydravions impressionna fortement ces sauvages, qui les prirent pour les messagers ailés de quelque divinité redoutable, et nouvelle pour eux. Les ronronnements des moteurs les épou-
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- vantèrent, et ils résolurent d’apaiser le courroux des étranges oiseaux en leur sacrifiant des cochons. Les victimes furent déposées sollennellement sur les châssis des aéroplanes, qui, dès lors, furent considérés comme des dieux amis.
- Nous attendons avec une vive impatience la relation détaillée des explorateurs. Leurs belles photographies de villages néo-guinéens nous induisent à penser que les Papous et leur civilisation devraient pouvoir nous aider à reconstituer la vie de ces villages lacustres de l’Age du Bronze dont on retrouve les vestiges dans les lacs de Suisse, de Savoie et d Allemagne. Ces lointains ancêtres menaient vraisemblablement une existence analogue à celle des Néo-Guinéens. Au cours de la grande sécheresse de 1921, l’assèchement du lac de Morat mit à découvert deux longues rangées de pilotis qui pourraient bien avoir été les fondations d’une « grand’-rue » comparable à celle du village de Kaïmari que montre une des photographies du capitaine llurley.
- Méfions-nous, cependant, de ces comparaisons d’habitats, et gardons-nous d’en déduire que les lacustres européens avaient les mêmes mœurs que les lacustres océaniens actuels. Ce serait peu flatteur pour la race blanche, à qui nous donnerions ainsi des penchants ou des instincts cannibales ! Car c’est bien là un des gros reproches que l’on puisse adresser aux Papous : ils ont un faible pour la chair humaine, et les efforts tentés par les autorités coloniales australiennes ou hollandaises pour extirper ce vice ne sont pas toujours couronnés de succès.
- Si l’anthropophagie a disparu depuis une dizaine d’années parmi les tribus du littoral, qui sont étroitement surveillées par la gendarmerie, elle sévit encore clandestinement dans les districts éloignés, et surtout dans les archipels voisins (archipel Bismarck, îles Salomon, etc.), qui sont peuplés de Papous. Certaines tribus continuent même à la pratiquer ouvertement.
- Et c’est le cas d’une peuplade particulièrement féroce qui habite une petite île que sa ceinture de récifs corallins rend à peu près inaccessible aux canonnières qui voudraient en châtier les habitants. Watuno est située au large de la grande île de Nouvelle-Bretagne, et c’est de ce repaire que les redoutables cannibales s’élancent dans leurs pirogues pour aller razzier la terre voisine. En 1914, les autorités allemandes, impuissantes à protéger une tribu aux mœurs débonnaires que ces sauvages avaient terriblement décimée, en transportèrent les survivants sur un point mieux protégé. Une nouvelle descente des cannibales amena la disparition complète de la tribu.
- Un médecin militaire australien raconte sur ce chapitre, dans le magazine Asici, de nombreuses anecdotes plus sinistres les unes que les autres. Nous ne retiendrons que le dernier exploit des gens de Watuno.
- Débarquant sur le rivage de la Nouvelle-Bretagne,
- ils invitent les hommes d une tribu à les joindre sur la plage pour célébrer la paix et l’amitié éternelles qu’ils leur proposent. Gomme ils montrent de loin qu ils n ont point d armes sur eux, les villageois viennent a leur rencontre, et la fête commence. La longue inimitié s’oublie au milieu des danses, et dans le ronronnement des tambourins. Puis, les gens de Watuno s’apprêtent à partir et remettent à l’eau leurs pirogues. En une dernière démonstration d’amitié, ils serrent dans leurs bras leurs nouveaux amis, les entraînent gaiement jusqu’au rivage, et, soudain, les renversent d’un croc-en-jambe, et les jettent dans les embarcations qui s’éloignent au plus vite avec leur vivante cargaison de chair humaine.
- La mise-à-mort des victimes s’accompagne de cérémonies religieuses, et a pour théâtre une grande hutte cachée dans la jungle. Les femmes sont exclues de ces sinistres agapes. Avant le festin, la tête de la victime, ornée de fleurs, reçoit les hommages des convives, qui lui tiennent les discours les plus flatteurs, et les plus attendrissants. On la félicite de faire désormais partie de la tribu, tout en lui reprochant gentiment de s’y être prise un peu tard. On lui démontre que c’est bien cette bévue qui est cause de sa mort, mais qu’elle n’aura pas grand’-chose à regretter puisqu’elle sera désormais de toutes les fêtes. Dûment consolée, la tête est ébouillantée et mangée. Puis, le crâne, auquel on fixe la mâchoire inférieure par des fibres de ratan, est suspendu à l’intérieur du ravi. Parfois, l’os frontal est orné de desseins en incision. Dans quelques tribus, les crânes des victimes sont remplis de petits cailloux ou d’osselets, et munis d’un manche, ce qui les transforme en crécelles que l’on emploie dans les danses religieuses.
- Avant l’arrivée des Européens, soit jusqu’en 1884, il existait dans ces îles de véritables marchés de chair humaine, qu’indiquaient de loin des arbres marqués sur le rivage. Et c’était là que d’infâmes bouchers apportaient leur horrible marchandise pour la vendre, ou pour l’échanger contre d’autres produits.
- Une autre coutume non moins abominable que l’on trouve chez les Papous, comme chez d’autres . races primitives, est la mise à mort des vieillards devenus une charge pour la communauté. Cette pratique parait être répandue dans toute la Méla-naisie : dès qu’une personne offre des signes de décrépitude, on l’entraîne loin du village pour l’égorger, ou l’enfermer dans une hutte jusqu’à ce qu’elle succombe à la faim.
- D’après un explorateur, voici comment procèdent certaines peuplades. Le jour des funérailles des vieillards est fixé plusieurs mois à l’avance. Que les condamnés soient morts de mort naturelle dans l’intervalle, ou qu’ils soient encore vivants, ils n’en sont pas plus avancés. On les transporte ou on les conduit cérémonieusement vers des fosses, oh ils sont couchés par leurs propres enfants.
- Et toute la population danse aux sons des tam-
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- bourins, jusqu’à ce que la terre soit convenablement tassée.
- Et les Papous s’indignent que les blancs taxent de crimes ces pratiques que leur ont transmises les ancêtres! Pour eux, c’est une loi normale, naturelle et juste que les bouches inutiles ne soient plus à charge à la communauté. Décidément, la morale est loin d’être une!
- Comme les Papous qui sont eu contact avec les Européens n’osent plus imiler leurs ancêtres et supprimer les vieillards, ils font appel, dans bien des cas, à leur esprit de ruse pour obtenir le même résultat. Et voici ce que raconte un magistrat australien qui eut à juger un enfant de neuf ans accusé du meurtre de sa grand mère :
- Les notables du village lui démontrèrent que les vivres se faisaient rares, et qu’ils ne pouvaient plus se permettre de nourrir des bouches inutiles, dont lui et sa grand’mère étaient du nombre. Ah! si la vieille disparaissait, la situation serait tout autre !...
- Bref, après l’avoir épouvanté par le spectre de la famine, ils lui mirent une hachette dans la main, lui indiquèrent à quel endroit il devrait frapper, et le poussèrent vers la vieille femme qui sommeillait non loin de là... Puis, ils livrèrent le jeune meurtrier à la police !
- Ah ! les douces mœurs des primitifs, que des utopistes ont louangées !...
- Y. Forbin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1923.
- La raie, organe utile et non nécessaire. — On sait, qu’après splénectomie, les animaux vivent longtemps sans trouble appréciable et leur mode de digestion ne semble pas plus gêné que leur croissance. Des expériences du professeur Ch. Richet, il apparaît que les animaux dératés consomment, pour maintenir leur poids normal, plus d’aliments que les animaux normaux et, s’ils ne peuvent manger plus que ceux-ci, ils finissent par dépérir et succomber. La rate, indispensable à la bonne nutrition, serait ainsi un organe extrêmement utile, à la façon du foie, du pancréas, des surrénales et des reins, mais non pas un organe indispensable.
- Le dosage du carbone el de l'hydrogène. — Aux lieu et place dû mélange S04H-+ CrO3, MM. L. J. Simon et Guillaumin préconisent, dans l’analyse . des matières organiques, le bichromate d’argent Cr207Ag2; après l’opération, on dose la quantité de ce sel qui a réagi en brûlant l’excès à l’aide d’une substance nouvelle, carbonée, facilement combustible et de composition connue.
- Quelques dérivés de la glycérine. — En employant l’éther méthylique de l’alcool propargylique et en préparant le composé magnésien, à traiter ensuite par l’aldéhyde monochlorée. M. Lespieau vient d’isoler toute une série de corps nouveaux : oxydes, éthers, glycols-éthers,
- dont les formules développées indiquent une triple liaison entre deux atomes de carbone.
- Les vallées du versant Est des Vosges. — L’effondrement de la vallée du Rhin a changé le système hydrographique des Vosges et il semble qu’avant l’Oligocène, les ruisseaux de ces montagnes s’écoulaient surtout vers l’ouest. En discutant le parcours de quelques-uns de ceux-ci (Andlan, Ivirneck, Ehn, Weiss), M. Schnœbelé indique que le terme de « vallées tectoniques » devrait être employé, en ce qui concerne les Vosges, bien plus souvent que cela n’a été fait jusqu’ici.
- Le rôle du centrosome dans la cinèse. — Les expériences de M. P. Georgevilch ont porté sur deux algues marines : Padi’na pavonia et Slypocaulon scoparium. Elles indiquent que la membrane du noyau exerce une attraction sur les centrosomes et permettent de comprendre quelle différence sépare, du point de vue de la formation de la plaque cellulaire, les plantes supérieures et les algues.
- Un procédé de conservation des bois. — M. Chavas-lelen signale l’heureux effet d’une solution de bichromate de cuivre Cr2 O7 Gu, 211*0 préparée par mélanges de liqueurs riches à 6 pour 100, l’une de sel alcalin Cr-’OVK2 ou Cr2 O7 Na2, l’autre de sulfate cuivrique. R y a avantage à recouvrir, au1 préalable, le bois d’une mince couche de colle forte. Paul B.
- COMMENT ON LANCE UN YACHT
- Le lancement d’un navire est toujours une opération délicate et émouvante. On sait de quelle solennité elle s’entoure quand il s’agit d’un bâtiment important : paquebot, navire de commerce, navire de guerre. On sait aussi qu’elle n’est pas sans dangers, soit pour le personnel, soit pour le bâtiment lui-mème, et eulin on connait des exemples célèbres de navires restés en panne au cours du lancement.
- Le lancement d’un yacht, bâtiment de plaisance de tonnage modeste, est sans doute moins impres-
- sionnant. Mais il présente aussi de sérieuses difficultés et exige une réelle habileté de la part des construe-• tcurs. Nos lecteurs en verront la preuve dans l’exposé des opérations du lancement du yacht Joyeuse, récemment effectué avec succès à Sartrouville.
- Joyeuse e&t un voilier de 28 m. de long, 5 m. 80 de large, 5 m. 50 de tirant d’eau, 00 tonnes de déplacement. 11 pourra porter 400 m2 de voilures et sera muni d’un moteur auxiliaire de 45 chevaux, i Le but des préparatifs de lancement est de rem-
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- 414 ... ..COMMENT ON
- Écharpe
- Traverse
- 'Coulisses
- Couette fixe
- y7\ Savate
- Coulisse
- Le berceau de lancement.
- Fig. i.
- placer progressivement les divers supports qui ont servi à soutenir la coque en cours de la construction, supports nécessairement solidaires du terrain, par un ou plusieurs berceaux parfaitement solidaires de la coque, et ne prenant plus appui sur le terrain que par l’intermédiaire de coulisses qui, au moment du lancement, glisseront le long de glissières fixes servant de chemin de glissement.
- Pour les gros navires en fer, ayant des fonds relativement plats, s’étendant sur la presque totalité de la longueur du bateau, le berceau est généralement constitué par une large pièce de bois appelée savate, solidarisée morceau par morceau avec la coque, au-dessus d’une sorte de rail creux en pièces de bois (fig. 1), appelée coulisse.
- Dans le cas de coques comme celle de Joyeuse, l’exécution du berceau est sensiblement plus compliquée; de plus, au lieu de lancer sur un chemin de glissement unique, on lance sur un chemin double.
- Le berceau est constitué, comme l’indique la figure 1, par des pièces transversales ou traverses supportant directement le poids de la coque, et des pièces longitudinales, épousant parfaitement les formes de la coque et appelées sous-ventrières : celles-ci transmettent le poids qu’elles supportent aux traverses par l’intermédiaire de pièces verticales dites colombiers, contretenues par des écharpes obliques ; tout déversement est d’ailleurs empêché par des chaînes fortement tendues ou des roustures qui solidarisent les colombiers tribord avec les pièces correspondantes de bâbord.
- L’ensemble ainsi constitué repose sur les coulisses qui, dans ce système de lancement, sont mobiles avec le bateau.
- 11 a été établi deux berceaux pour le yacht Joyeuse, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, sans jonction rigide entre eux, de façon à faciliter le passage du tout sur les courbures de la cale.
- Comme le montre la figure 1, les coulisses glissent directement sur les deux couettes dont l’écartement est réglé comme pour des rails de chemin de fer, par les traverses sur lesquelles elles sont fixées.
- LANCE UN YACHT =".............
- La mise en place de ces couettes ne présente rien de particulier tant qu’il s’agit de la cale non immergée; il n’en est plus de même de l’avant-cale qui a du être établie sur une longueur de 40 m. sous le niveau de la Seine. Pour arriver à ce résultat, l’avant-cale est construite à sec, en ayant soin de renforcer les pièces de jonction et d’entretoisement, de façon que l’ensemble ne subisse aucune déformation au cours des manœuvres, ultérieures qui consistent en un véritable lancement. Au début du lancement, le chemin de glissement flotte encore, et on en profite pour l’aligner parfaitement, puis on le le rend fondrier, en le chargeant de rails, de façon à le couler à sa position définitive. C’est là une des opérations les plus délicates, dont les ports à marée ne connaissent pas les inconvénients, puisqu’il est alors possible d’établir l’avant-cale à marée basse.
- Ces principes étant donnés, décrivons rapidement les phases successives par lesquelles il faut passer, pour que la coque construite sur des traverses calées sur les tins de construction ((fig. 2) arrive finalement à reposer, non plus sur ces tins, mais sur les seules coulisses (fig. 1) prête à glisser, dès abatage du dernier organe de retenue.
- Ces phases sont les suivantes :
- Construction du berceau, non compris les coulisses.
- Mise en place des couettes fixes à l’alignement et à la pente voulue (fig. 2 B) ; des tins supplémentaires avec coins de réglage soutiennent, pendant ce temps, les traverses.
- Ces coins sont serrés, ce qui a pour effet de dégager (fig. 2C) les tins de construction, en soulevant la coque, jusqu’à ce que l’espace e soit suffisant
- Fig. 2.— Les opérations successives far lesquelles on amène la coque à reposer sur les coulisses de lancement.
- A, la coque construite repose sur des traverses calées sur des tins de construction ; B, mise en place de couettes fixes et des tins supplémentaires avec coins de réglage et établissement du berceau; C, dégagement des tins de construction et soulèvement de la coque ; D, mise en place des coulisses.
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- COMMENT ON LANCE UN YACHT
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- pour y passer les coulisses et leurs coins de réglage.
- Mise en place (le jour du lancement, après suifage des couettes) des coulisses (fig. 2 D), le poids du yacht continuant à porter sur les tins latéraux. Serrage des coins de coulisse, ayant pour effet de comprimer le suif, de soulever la coque et de dégager les coins latéraux.
- Il ne reste alors plus qu’à solidariser les coulisses avec le berceau, puis à larguer le dernier organe de retenue pour que le lancement soit possible.
- Toutefois, certaines conditions sont nécessaires pour que le glissement ait lieu : en effet, si l’on désigne par :
- 0 la pente du chemin de glissement,
- P le poids du yacht et de son berceau lesté, p la charge par unité de surface des coulisses,
- f le coefficient de frottement au départ.
- Fig. 3. — Construction du berceau de lancement.
- La force qui tend à imprimer le mouvement à la coque est :
- P sin G — /P cos G.
- La valeur de f est très variable avec la charge unitaire, la nature du suif employé, etc.... Pour que le bateau parte franchement, il faut que f réponde- à la condition :
- /
- P sin 0 P co s 0
- Ce n’éLait pas le cas pour Joyeuse pour laquelle les données étaient les suivantes :
- P — 80 tonnes,
- 0 = 5°
- p = 1 kg 200 0,07
- f
- sjp 1,200
- Fig. 4. — Établissement du chemin de glissement sur lequel s’effectue le lancement du yacht.
- et conduisaient à une force impulsive négative.
- Il était, sans doute, possible de diminuer f en augmentant la charge unitaire par diminution de la surface des coulisses, mais cette façon de faire n’était pas recommandable, avec la nature du terrain de la cale.
- Il fallut donc se résoudre à employer les moyens de poussée prévus à cet effet.
- La pente augmentant d’ailleurs, par la suite, seul le premier pas coûtait : quelques secondes après, la Joyeuse prenait possession de son élément.
- P. Jouet.
- Directeur (les Chantiers navals de Sarlrouville.
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- -.. .........:—
- UNE EXTRAORDINAIRE INVASION DE VÉLELLES SUR LES COTES DE GÊNES
- Il s’est passé, le mois dernier, dans toute la Ligurie, un fait intéressant qu’il y a lieu de signaler.
- Une quantité innombrable d’animaux: pélagiques, llottant sur la mer, du genre Velellci, a été transportée et jetée sur ses côtes, par les vents très violents de l’Est-Sud-Est, qui ont soufflé incessamment cette dernière semaine. L’invasion simultanée de ces Siphonophores, soit sur la Riviera di ponente, soit sur celle di levante, a été si abondante, que presque toutes les plages ont été en partie recouvertes par un dépôt de massé organique qui entrait en putréfaction et qui exhalait une odeur désagréable (fig. 1).
- Le dimanche io mai, ayant voyagé en train le long de la côte de Gènes à Finalmarina, j’ai pu observer ce spectacle bien extraordinaire d’une foule de Vélelles floltant en grande masse sur l’eau dans certains endroits les plus abrités, mais pour la plus grande partie recouvrant des étendues de sable sur les plages, et se distinguant facilement de loin par leur belle coloration bleue. Il y en avait un cordon ininterrompu le long de toute la cote et leur mauvaise odeur se sentait du train même dans lequel je voyageais. Les lundi et mercredi suivants (14 et 16 mai) je me suis transporté sur la plage de Slurla à 5 km. à l’Est de Gênes et là aussi j’ai pu admirer le même spectacle. En les examinant de près, j’ai reconnu que ces Siphonophores appartiennent au genre et à l’espèce qui a été appelée Velella spirans Esch., espèce qui est très répandue dans nos mers où elle flotte ordinairement en troupes très nombreuses.
- ~ Ces Vélelles, que nous appelons en génois bar-chette, sont constituées par un disque déprimé, aplati, de consistance cartilagineuse; elles portent
- une espèce de voile ou mieux une crête verticale placée en diagonale du corps, sur laquelle le vent agit pour les faire progresser. C’est ce qui détermine souvent leur arrivée et leur échouage sur nos plages, après les forts vents de mer. Cependant, une invasion aussi abondante et simultanée sur toutes les côtes de la Ligurie que celle dont nous venons d’être témoins, est un phénomène assez rare, que je me rappelle d’avoir vu seulement une fois il Y a une vingtaine d’années, ici à Gênes. Comment expliquer cette invasion soudaine et si extraordinaire? Je pense que la cause est la même que j’ai déjà eu l’occasion de faire connaître dans le Cosmos (N° 955, du 16 mai 1905), lors de cette autre invasion du même genre survenue en Ligurie.
- Les chaleurs précoces et le beau temps que nous avons eu les derniers jours d’avril passé et dans la première semaine de mai, ont permis probablement à ces animaux très prolifiques de se reproduire en nombre bien supérieur aux autres années. La mer, au large, devait être peuplée, dans une grande étendue, par cette foule immense de Siphonophores, que le vent du Nord tenait toujours en haute mer, c’est-à-dire dans les meilleures conditions pour leur existence. Mais subitement, vers le 6 ou 7 mai, le mauvais temps est survenu avec changement brusque de la direction des vents; ceux-ci ont commencé à souffler continuellement de l’Est-Sud-Est; alors ces animaux pélagiques, ballottés par les vagues, en une armée de millions, de milliards d’individus, ont été chassés vers les côtes par la violence de la tempête, et sont venus s’échouer sur les plages où ils ont produit les armées dont nous venons de donner une idée (4) -
- Dr Alexandre Bkian.
- 1. Des Vélelles ont été observées parfois, échouées sur nos côtes de France, notamment par Caullery en avril 1912, dans le Pas-de-Calais; par Gucrin-Ganivet en 1911 et 1912 à Concarneau. (Noie fie la ficdaction.)
- Fig. 2. — La Vélelle.
- — Imprimerie Fahure, 9, rue de Flcurus, à Paris.
- Le Gérant : P. Masson.
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- LA NATURE
- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE — 1923
- PREMIER SEMESTRE
- •'V
- . ..
- w /*.§
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abatage des chiens et chats errants, 401. Académie des Sciences : comptes rendus des séances, 14, 37, 77, 92,127,150, 222, 238, 255, 270, 287, 299, 526, 348 , 415.
- Acétylène : explosifs dérivés, 59.
- Acides aminés : synthèse, 116.
- — cyanhydrique : polymère, 157.
- — monochloracétique : nouvelle préparation, 222.
- Aciers : traitement par réchauffage, 78. Addiator, 551.
- Aérodynamique : essai de moteurs, 238. Aliments : absorption de la pepsine et de l’acide chlorhydrique, 77.
- Alcool éthylique : dénaturation, 548. Algérie : géologie du pétrole, 220.
- Algues lloridées : amidon, 157.
- Alpes orientales : structure, 156.
- Alumine : précipités, 255.
- Amérique : gisements de pétrole, 51. Amidon des algues lloridées, 157. Ammoniaque : synthèse et gaz de fours à coke, 222.
- Amplificateur le plus puissant en T. S. F., 273.
- Amplificateur à lampe sur le câble Brest-Dakar, 405.
- Amplificateur de sons, 93.
- Anguille : mystère, 65.
- Anticincse giratoire, 596.
- Antipyrine : polymorphisme, 156. Aquarium du Batlcry Park, 29.
- Supplément au n° 2669 de La Salure
- Aibres et foudre, 127.
- Arbre longitudinal : transmission, 156. Architecture bouddhiste à Java, 62. Argon : hydrate, 222.
- Armes à feu : choix, 177.
- — : rendement au tir sur des êtres vivants, 115.
- Asphyxiés : pour les sauver: 173. Atlantique : expédition océanographique danoise, 65.
- Aucuba : vitalité des feuilles, 157. Autobus à trolley, 399.
- Automobile : refroidissement des moteurs par l’air, 127.
- Automobile saharienne, 111.'
- Avions : guidage VY. A. Lolh, 93.
- — en Nouvelle-Guinée, 408.
- Avion : voyages de nuit, 316.
- B
- Bagnoles de l'Orne : sources, 78.
- Bains d’Ilercule : sources, 127.
- Barrage de San Chiara d’Ula, 154.
- Bassin de Paris : bordure orientale, 156. Bataille du Jutland : enseignements, 289. Bateaux phares nouveaux, 257.
- Béton armé et chemins de fer, 392. Bobines à noyau en poudre de fer comprimé, 28.
- Bois : conservation, 415.
- Bonneuil : blocs quaternaires, 272. Botryomycose du mouton, 127. Bouddhisme : architecture à Java, 62. Bruxelles : port,. 78.
- du 50 juin 1922.
- c
- Calcaires : sulfatation, 92.
- Calculateur Addiator, 51.
- Camphre : combinaisons définies, 222. Carbone : dosage, 413.
- Carbonifère : calcaire de Saint-Ségal, 218.
- Carburant national, 222.
- Carburesacétyléniqucs : préparation, 287. Catalyse : préparation du nickel, 77. Cathédrales du nord : ruine et résurrection, 195.
- Celtium, 182, 225.
- Centrale électrique de Gennevilliers, 100. Centrosome : rôle dans la cinèse, 415. Cerises : industrie des conserves, 55. Chalumeau : découpage de la tôle, 60. Cbats erranls : abatage, 401.
- Chaux : désulfuration des métaux, 157. Chemins de fer et béton armé, 592.
- — de himoges à Saint-Germain-des Fossés, 295.
- Chevalements de mines en ciment armé, 225.
- Chiens erranls : abatage, 401.
- Chine : tremblement de terre, 45. Chlore : nouvelles applications, 307. Ciments -. industrie française, 167. Cinéma domestique Pathé-Baby, 158.
- — : en relief par la lumière polarisée, 239.
- Cinèse : rôle du centrosome, 413. Climatologie comparée de 1921 et 1922, 245.
- 27
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- 418 .................—---------
- Coagulation du latex, 57.
- Collections : nettoyage et restauration des objets, 191. .
- Combustibles minéraux indochinois, 590. Congo bdge : art nègre, 57.
- Conserves de cerises : industrie, 55. Constantin : girouette, 579.
- Corbières orientales : nappes de charriage, 127.
- Cotylédons de la Ficaire, 287.
- Courants telluriques, 157.
- Crabes d’eau douce et terrestres, 6. Craie et calcaire pisolithique à Meudan-Caillon, 14.
- Cristaux : décharge électrique, 157. Crouelle : sondage, 299.
- Cyanamidc : emploi, 93.
- Cyclecars au Salon de l’Automobile, 14.
- D
- Décharge électrique dans les cristaux, 157.
- Découpage de la tôle par chalumeau, 60.
- Dépérissement des jeunes noyers en 1922, 37.
- Dessiccation électrique des fourrages, 5.
- Désulfuration des métaux par la chaux, 157.
- Diatomées : carapace siliceuse, 156.
- Dufour : oscillographe cathodique, 71.
- E
- Eau de mer : dosage du magnésium, 127. — potable : alimentation de Paris, 85, 108.
- Eaux résiduaires de Strasbourg : épuration, 569.
- Ecailles du bulbe du lis, 14.
- Écrouissage, 270-
- Électricité : production directe à partir des combustibles, 254.
- Élinvar et invar, 250.
- Épuration des eaux résiduaires de Strasbourg, 569.
- Erythrites : polymorphisme, 156.
- Ëxpëdiiion océanographique danoise, 65.
- Explosifs dérivés de l’acétylène, 59.
- Exposition de T. S. F. à Paris, 11.
- F
- Faune littorale et pêche à la lumière, 156. Fermentation continue, du vin, 348. Feux flottants, 257.
- Feuilles d’Aucuba : vitalité, 157.
- Ficaire : cotylédons, 287,
- Film parlant, 567.
- Fleurs coupées : transport, 227.
- Flore des inondations de l’Yser, 358. Formol et végétaux supérieurs, 157. Foudre et arbres, 127.
- Fours à décharge dans le vide, 364.
- — à induction, 299.
- — à résistance de molybdène dans le vide, 77.
- Fourmi des bois : utilité, 347. Fourrages : dessiccation électrique, 5.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Fourrière. 401.
- Freinage des tr uns de marchandises, 1. Frigorifique du Havre, 150.
- G
- Gare de La Rochelle, 25.
- Gélatine : action sur les piles de concentration, 299.
- Gènes : invasion de Vélellcs, 416. Gennevilliers : supercentrale électrique,
- 100.
- Giration : action sur les animaux, 396. Girouette Constantin, 579.
- Glucoside nouveau, 37.
- Glycérine : dérives, 413.
- Granits du Champ du Feu, 255.
- Greffage : variation des parfums, 548. Guidage W. A. Loth, 95.
- Gymnospermes : grains de pollen, 526.
- H
- Hérisson et virus rabique, 78.
- Hermine, 132.
- Homme : vie à 1800 m., 295.
- HouiHe : flore de la Sarre, 37.
- — de la Moselle, 14.
- Hudson : tunnels, 145.
- Huile de pépins de raisin, 299.
- — de ricin : décomposition cataly-
- tique, 157.
- Hydrates de Krypton et. d’Argon, 222. Hydroélectriques : inslallalions en Italie, 154.
- Hydrogène : dosage, 415.
- Hygiène : Pasteur, 321. llyperbioscs de Soleil et Topinambour, '93.
- I
- Iles nouvelles temporaires, 326.
- Indigo : industrie, 41.
- Indochine : combustibles minéraux, 590. Inhalations d’oxygène et respiration artificielle, 173.
- Inondations de Paris : réservoirs pour les supprimer, 212.
- Inondai ions de l’Yser : flore, 558. Intestin : désinfection, 238.
- Invar et élinvar, 250.
- Italie : installations hydroélectriques, 154. Italie : sécheresse de 1921, 222.
- J
- Java : architecture bouddhiste. 62. Jurassique dans la chaîne celtibérique, 255.
- K
- Kangourous et AVallabys, 93.
- Kansou : tremblement de terre, 548. Krypton : hydrate, 222.
- L
- La Hague : formation des sols, 14.
- Lampe de T. S. F. : fabrication, 541, 405.
- Lampes à incandescence : fabrique moderne, 119.
- Lancement d’un yacht, 413.
- Langoustes d’Indochine, 14.
- La Rochelle : gare, 25.
- Latex : coagulai ion, 37.
- Le Havre : docks frigorifiques, 150.
- Lcspugue : statuette, 324.
- Levant français : géographie administrative, 287.
- Lézard, 187.
- Linguistique : doctrines de M. Meillot, 373.
- Lis : écailles du bulbe, 14.
- Locomotive électrique, suisse, 74.
- Lodz, 137.
- Lueur antisolaire : cause. probable,
- 222.
- Lumière et pèche littorale, 156.
- — : perte à Paris, 157.
- LuaiUuiiu : comment on pense le rele-vi r. 183.
- M
- Machine à calculer Addiator, 551.
- — à écrire musicale, 225.
- Magnésium : dosage dans les eaux marines, 127.
- Magnétisme terrestre : mesure des éléments, 77.
- Maisons qui marchent, 255.
- Maladies microbiennes : mortalité, 406.
- Marine : enseignements de la bataille du Julland, 289.
- Massif Central : séismes, 238.
- Meillet : doctrines linguistiques, 575.
- Métaux : désulfuration parla chaux, 157-
- Mexique : Teotihuacan, 145.
- Microbiennes (Maladies) : modalité, 406.
- Microphotographie : nouvel appareil, 156.
- Microscope : perfectionnement par l’emploi des rayons X, 229.
- Mines : chevalements en ciment armé, 225.
- Minerai radioactif nouveau, 157.
- Mistral sur la côte de Nice, 255.
- Montmorency : ateliers néolithiques, 238.
- Mortalité par maladies microbiennes avant et après Pasteur, 406.
- Morvan : morphologie, 156.
- Moselle : Rouiller, 14.
- Moteurs d’automobiles : refroidissement par l’air, 127.
- Moteurs : essai aérodynamique, 258.
- Moteur humain, 295.
- Mouton : botryomycose, 127.
- Muscle strié : histologie, 299.
- Musique : machine à écrire, 223.
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-
- N
- Nébuleuses noires, 97.
- Nécrose par les rayons du radium, 299. Nègres : art au Congo belge, 37. Néolithique : ateliers de la forêt de Montmorency, 238.
- Néolithique : matériel industriel, 158. Nettoyage des objets de collection, '191. New-York : aquarium, 29.
- Nice : mistral, 255.
- — : région, 161.
- Nickel : préparation pour catalyse, 77. Nouvelle-Guinée : expédition aérienne, 408.
- Noyers : dépérissement en 1922, 37.
- O
- Océanographie : expédition danoise, 05. Oiseaux : vision, 267, 284, 300, 316, 529, 348.
- Ondes courte^ : réception pratique, 129. Orientation du pigeon-voyageur, 232. Ornithorhynqilé, 385.
- Oscillographe cathodique Dufour, 71. Oxygène : inhalations et respiration artificielle, 173.
- P
- Paludisme : vin, 59.
- Paquebot Lusitcmia : comment on pense le relever, 183.
- Parasites atmosphériques : prévision du temps ; 505.
- Parfums : variations par greffage, 348. Paris : alimentation en eau potable, 85, 108.
- Paris : perlé de lumière, 157;
- Paris : réservoirs pour supprimer les inondations, 212.
- Pasteur ét l’esprit de l’hygiène, 321.
- — : mortalité par maladies micro-
- biennes, 406.
- Pathé-Baby, 158.
- Pêche à là lumière et faüfte littorale* 156. Peintres : pathologie industrielle,’ 158. Pendule électrique, 326.
- Pépins de raisin : hüilè, 299.
- Pepsine : absdrption par lès aliments, 77. Pétrole : gisements d’Amérique, 51.
- — : géolôgife en Algérie, 220. Pharaon Toüt-ànkh-Amon : trésors* 209. Phares flottants, 257.
- Pigeon-voyageur : orientation, 232. Piles de concentration : action de la
- gélatine, 299.
- Plantes : respiration, 238.
- Pollen des Gymnospermes* 326. Polymère dè l’âcifle cyanhydrique, 157; Polymorphisme de l’àntipyririe, de la vàhilliné ët des érythritès, 156. Populations sahariennes, 553.
- Port dé Bruxelles, 78.
- Poteries noires, 258.
- Précipités d’àlümine, 255.
- Prévision du temps par les parasites atmosphériques, 305.
- Pfoto'plasftfa : i dît tâtions, 308, Pyroraètre : applications. 93.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Q
- Quaternaire : gros blocs du port de Bonneuil, 272.
- R
- Radioactivité d’un nouveau minerai, 157,
- 348.
- P.adioacti vite des sources de Bagnoles de l’Orne, 78.
- Radioactivité des sources des Bains d’Ilercule, 127.
- Radiochimie, 215.
- Radium : nécrose, 299.
- Raisin : huile de pépins, 299.
- Rate, organe Utile, non nécessaire, 415. Rayons X : perfectionnement dû microscope, 229.
- Redresseurs électriques à conductibilité gazeuse, 22.
- Réflexe larytigo-cârdiaque, 222. Refroidissement des moteurs d’automobile par Pair, 127.
- Relcvage dli Lusilania, 185.
- Réservoirs pour supprimer les inondations de Paris, 212.
- Respiration artificielle et inhalations d’oxygène, 173.
- Respiration des plantes, 238. Restauration des objets de collection,
- 191.
- Robinet électrique et ses applications, 33, 49.
- Roéës de Jéricho, 248.
- Roussillon, 17.
- Ruhr : bassin houiller, 241.
- S
- Sahara* 357.
- — : populations, 553.
- — : traversée en automobile, 116.
- — : voies de communication, 375. Salon de l’Automobile : voituretles et
- cyclecars, 14.
- Salses, 189;
- Saint-Ségal : calcaire carbonifère, 238. Sarre : flores houillères, 57.
- Sauvetage : nouvel appareil, 270.
- — des asphyxiés, 173.
- Schtaidt (D1) : expédition océanographique danoise, 65.
- Sécheresse en Italie en 1921, 222. Séismes dans le Massif Central, 238.
- Sel, 278.
- Self-induction : coefficients, 238. Sudammonium : propriétés, 14.
- Sols de la Hague : processus de formation, 14.
- Soleil ét topinambour : hyperbioses 95, Sons : amplificatèur, 93.
- Sondage de Grouelle, 299.
- Sources : formation, 157.
- Sources thermales : utilisation des calories, 287.
- Sphérolites hélicoïdaux : action de la chaleur, 92.
- Statuette de l’âgé du réunc, 324;
- gtêréüautogTBphe nouveau, 57,
- ' .... - 419
- Stéréoscopie des surfaces topographiques, 158.
- Strasbourg : épuration des eaux résiduaires, 369.
- Stroboscope : mesure des vitesses, 25". Sulfatation spontanée des pierres calcaires, 92.
- Superhélérodyne, 273.
- Syrie : géographie, 287
- T
- Tassilis des Ajjer : structure, 77.
- T S. F. : lre exposition à Paris, 11.
- — : fabrication des lampes, 541,405.
- — : réception pratique des ondes
- courtes, 129.
- — : superhétérodyne, 275. Télémécanique sans fil, 555.
- Temps : enregistrement, 526. Teotihuacan (Mexicjiie), 145.
- Terrasses d’obluration glaciaire, 222. Thallium : hydroxyde, 326.
- Tir sur cires vivants : rendement des armes à feu, 115, 177.
- Tôle : découpage par chalumeau, 00. Topinambours et soleils : hyperbioses, 03.
- Tout-ankh-Arnon, 209.
- Trains de marchandises : freinage, 1. Transmission par arbre longitudinal, 156. Transport des (leurs coupées, 227 Tremblement de terre du Kansou, 348. Tremblement de terre de Chine, 45. Triboluminescence, 238.
- Trolley : autobus, 599.
- Tunnels de l’Ifudson, 145,
- U
- Urée : fabrication industrielle, 116.
- V
- Vaccins : nouveau mode de préparation, 37.
- Variilline : polymorphisme, 150.
- Vélellés sur la côte de Gênés, 416.
- Vin contre paludisme, 59.
- Vin : fermentation continue, 548.
- Virus rabique et hérisson, 78.
- Vision des oiseaux, 267, 28î, 300, 516, 329, 348.
- Voilurettes au Salon dé l’Autonfiobiiè, 14.
- Vol à voile par vent horizontal, 81. Volcans fangeux, 189.
- Vosges : vallées du versant est., 4l5.
- w
- Waliabys et kangourous, 95.
- Y
- Yacht : lancement* 413.
- Yémen, 326,
- Yger t flore des inondations, 5^8,
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-
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- B. (A.). — L'oscillographe cathodique Dufour, 71. — L’automobile saharienne, 111. —Le BatlU-Baby, cinéma domestique, 158. — Nettoyage et restauration des objets de collection, 191. — Le cinéma en relief par la lumière polaiisée, 239. — Nouvel appareil de sauvetage, 270.
- B. (Paui,). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences 14, 37, 77. 92, 127, 150, 222, 238,255,270, 287, 299, 526, 318, 413.
- Barbier (J.-Emile). — Les salses ou petits volcans fangeux,
- IM).
- Bauü (Paul). — L’industrie de l’indigo, 41. — Fabrication industrielle de l'urée, 116.
- Bërtin (Léon). — Crabes d’eau douce et crabes terrestres, 6. Besnard (Charles-Henri). — La ruine et la résurrection de nos grandes cathédrales du nord, 193.
- Blin (Henri). — Le vin contre la fièvre paludéenne, 59. Bosa.no (L.). — Les fours à décharge dans le vide, 364. Bouleau (Maurice). — Le sel, 278.
- Bousquet (M.). —Les maisons qui marchent, 255.
- Boyer (Jacques.). — L’industrie des conserves de cerises, 55.
- — La supercentrale électrique de Gennevilliers, ICO. — L’état actuel de l’industrie française des ciments, 167. — Une illusion d’optique qui sert à mesurer des vitesses, 230.
- — Prévision du temps par les parasites atmosphériques, 305. — Les méthodes actuelles d’abatage des chiens et chats errants, 401.
- Brian (Dr A.). — Invasion de Yélelles sur la côte de Gênes,
- 416.
- Calmette (Dr A.). — Mortalité par maladies microbiennes en France avant et après Pasteur, 406.
- Cazaubieilh (Maurice). — Les installations hydroélectriques en Italie, 154.
- Chardin (Teilhard de). — Voir P. Lemoine.
- Coopman (L.). — L’hermine, 132.
- Daniel (Dr Gaston). — L’art nègre au Congo belge, 57. Dauzat (Albert). — Le Roussillon, 17. — La région niçoise, 161. — Les doctrines linguistiques de M. Meillet, 375. Reiieaupuis (M.). — Les combustibles minéraux indochinois 390.
- Dejust (D1 IL). — Pasteur et l’esprit de l’hygiène, 321. Diénert et Guileerd. — L’alimentation de Paris en eau potable, 85, 108.
- Dubois (Raphaël). — Sur l’anticinèse giratoire, 396.
- Fffère. — Chevalements de mines en ciment armé, 225. Faillie (Dr). — Le moLur humain, 295.
- Félix (J). — La girouette Constantin, 379.
- Feuillée-Billot (Alex.). — Le lézard, 187.
- Forbin (V.). — L’aquarium de Baltery Park, 29, — Le tremblement de terre de Chine, 45. — L’architecture bouddhiste à Java, 62. — Kangourous et YVallabys, 93. — Les trésors d’un pharaon : Tout-ankh-Amon, 209. — Une créature paradoxale : l’ornilhorhynque, 385. r— Expédition aérienne en Nouvelle-Guinée, 408.
- Gadeceau (Emile). — Les roses de Jéricho, 248.
- Gallois. — Les docks frigorifiques du Havre, 150.
- Gouy (G.). — Perfectionnement du microscope par l’emploi des rayons X , 122.
- Grouiller (11.). — Les nébuleuses noires, 97.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — L’invar et l’élinvar, 250.
- Guillerd. — Voir Diénert.
- D’Harcourt (Raoul). — La vallée de léotihuacan, 145.
- Hé marihnquek (P.). — Le dispositif superhétérodyne, 273. — La télémécanique sans fil, 533.
- Herrera (A.-L). — Imitation dis figures du proloplasma et du noyau, 318.
- IIutin (A.). — Quelques explosifs dérivés de l’acétylène, 59.
- Jouenne (Lucien). — Fabrique moderne de lampes à incandescence, 119. — Comment on fabrique une lampe de T. S. F., 541.
- Jouet (P.). — Comment on lance un yacht, 4!3.
- Kuentz (L.). — Machine à écrire musicale, 223. — Le film parlant, 367.
- Lafargue (Xavier). — Deux nouvelles applications du gaz chlore, 507.
- Lanorville (Georges). — Epuration biologique des eaux résiduaires de Strasbourg, 369.
- Leblanc (Maurice). —Le robinet électrique et ses applications, 53, 49.
- I.e Conte (René). — Géographie administrative du Levant français, 287. — Le Sahara, 337. — Les populations sahariennes, 355. — Les voies de communication à travers le Sahara, 575.
- Lefranc (Jean-Abel). — Les voyages de nuit en avion, 310.
- Legendre (R.) et Nicloux (Dr M.). — Pour sauv. r les asphyxiés, 173.
- Lemoine (Paul) et Teilhard de Chardin. — Gros blocs quaternaires du port de Bonncuil, 272.
- Lévine (Joseph). — Climatologie comparée des années 1921 et 1922, 245.
- Liurette (Henri). — Le vol à voile par vent horizontal, 81.
- Marchand (Henri). — Dessiccation électrique des fourrages, 5. — Bobines à noyau en poudre de fer comprimé. 28. — Un nouveau type de locomotive électrique, 74.
- Marcotte (Edmond). — Nouveaux baleaux-phares des côtes belges et italiennes, 257.
- Massaiit (Jean). — Flore des inondations de l’Yser, 358.
- Maurain (Gu.). — J/orientalion du pigeon-voyageur et son mécanisme, 232.
- Medinger (P.). — Rendement des armes à feu auflir sur des êtres vivants, 113, 177.
- Mercier-Rioncel. — Lodz, son industrie, 137.
- Nicloux (Ür M.). — Voir R. Legendre.
- PawloVvski (auguste). — La nouvelle gare de La Rochelle, 25. — Transversale de Limoges à Saint-Germain-des-Fossés, 293. — Le béton armé et les chemins de fer, 592
- Pecii (L ). — Projet de réservoirs pour supprimer les inondations de Paris, 212.
- Périsse (Richard). — Yoiturettes et cyclerars au Salon de l’Automobile, 14.
- Rabot (Charles). — L’txpédiliori océanographique danoise dans l’Atlantique, 65.
- Renard (Marius). — Le port de Bruxelles, 78.
- Rigaud (F.). — Les gisements de pétrole d’Amérique, 51. — La géologie du pétrole en Algérie, 220.
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- .....................................; LISTE DES
- Rochon-Duvigneaud (Dr). — L’orientalion du pigeon-voyageur et son mécanisme, 252. — La vision des oiseaux, 267, 284, 500, 516, 529, 548.
- Rolet (Antonin). — Transport des fleurs coupées, 227.
- Roussel (J.). — La première exposition de T. S. F. à Paris, 11. — Réception pratique des ondes courtes en T. S. F., 129.
- S. (Pu.). — Le freinage des trains de marchandises, 1. —
- Le bassin houiller de la Ruhr, 241.
- Sauvaire-Jourdan (Commandant). — Comment on peut relever le paquebot Lusitania, 185. — Les enseignements de la bataille du Jutland, 289.
- AUTEURS - 1 — 421
- Stdmper (Robert). — L’utilité de la fourmi des bois, 547.
- T. (A.). — Redresseurs électriques à conductibilité gazeuse, 22. — Le celtium, 182.
- Tournic (R.). — Curieuse statuette de l’âge du renne, 524. Vélain (Ch.). — Apparition temporaire d’îles nouvelles, 526. Vigneron (H.). — La radiochimie, 215.
- Villers (R.). —• Les tunnels de l’Hudson, 145. — La machine à calculer Addiator, 351.
- Weiss (E.). — Découpage de la tôle par chalumeau, 60. — Refroidissement des moteurs d’automobile par l’air, 127 — Autobus à trolley, 399.
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-
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 14, 57, 77, 92,
- '127, 156, 222, 258, 255, 270, 287, 299, 526, 348. . 413
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les nébuleuses noires (H. Grouiller)............... 97
- Nouveau stéréoaulographe........................... 57
- Représentation stéréoscopique des surfaces topographiques............................................ 158
- Polymorphisme de Vantipyrine, de la vanilline et
- des érylhrites ................................... 156
- Décomposition eatalylique de l'Iuiile de ricin . . . 157
- Désulfuration des métaux par la chaux............ 157
- Polymère de l’aride cyanhydrique................. 157
- Nouveau minerai radioactif.......................157
- Nouvelle préparation de l’acide nionochloracclique. 222
- Hydrates de krypton et d’argon.................... 222
- Gaz des fours à coke et synthèse de l’ammoniuque . 222
- Combinaisons définies du camphre...................222
- Contribution à l'élude du carburant national. . . . 222
- A propos du celtium. . ............................223
- Précipités d’alumine............................. 255
- Préparation des carbures acélyléniques...........287
- Hydroxyde l h alleux...............................326
- Dénaturation de l’alcool éthylique ........ 518
- Dosage du carbone et de lhydrogène.................413
- Quelques dérivés de la glycérine.................41
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- IV — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Physique.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- L’oscillographe cathodique Dufour (A. B.)............ 71
- Perfectionnement du microscope par l’emploi des rayons X
- (G. Goüv)..................................’. . . 229
- Radioactivité des sources de Ragnoles-de-l’Orne . . 78
- Action de la chaleur sur les sphérolites à enroulement hélicoïdal........................................ 92
- Nouvelles applications du pyromètre.................... 93
- Cause probable de la lueur antisolaire...............222
- Au sujet de la triboluminescence ......................238
- Enregistrement du temps en chiffres par un pendule 326
- 2. Chimie.
- L’industrie de l’indigo (P. Bauu)...................... 41
- Explosifs dérivés de l’acétylène ((A. Hutin) ...... 59
- Fabrication industrielle de l’urée (P. Baud)...........116
- Le celtium (A. T)......................................182
- La radiochimie (II. Vigneron)..........................215
- Invar et èlinvar (Cn.-En. Guillaume)...................250
- Le sel (M. Bouleau)....................................278
- Deux nouvelles applications du gu/, chlore (X. Lafargue). 507
- Propriétés du sodammonium.............................. 14
- Glucoside nouveau...................................... 37
- Préparation du nickel pour catalyse.................... 77
- Traitement des aciers par réchauffage et refroidis
- sement lent....................................... 78
- Sulfatation spontanée des pierres calcaires . , . , ,02 posage du magnésium dans les eaux marines , , , 127
- Le tremblement de terre de Chine (V. Forbin) .... Les gisements de pétrole d’Amérique (F. Rigaud). . . Les salses ou petits volcans fangeux (J.-K. Barbier). .
- Géologie du pétrole en Algérie (F. Rigaud).........
- Gros blocs quaternaires du port de Bonneuil (P. Lemoine
- et Teilhard de Chardin) . ......................
- Les combustibles minéraux indoebinois (M. Deueaufuis). Origine et processus de formation des sols de la
- Hague ... . ....................................
- Terrain houiller de la Moselle.....................
- Craie et calcaire pisolithique de Meudon-Caillon. .
- Flores houillères de la Sarre......................
- Structure des Tassilis des A jjer .................
- Mesure des éléments du magnétisme terrestre . . . Napp>es de charriage dans les Corbières orientales.
- ha foudre et les arbres............................
- Sources clés bains d’Hercule. . . .................
- Structure des Alpes orientales.....................
- Bordure orientale du Bassin de Paris...............
- Morphologie du Bas-Morvan..........................
- Courants telluriques...............................
- Formation des sources..............................
- Terrasses d’obturation glaciaire...................
- Calcaire carbonifère de Saint-Ségal................
- Séismes dans le N -0. du Massif Central............
- Granits du Champ du Feu............................
- jurassique dans la chaîne celtibérique , , ...
- Utilisation des calories fournies par Hs sources
- ihemqleS', » » » , , « • < » » » » * t , « , ,
- 45
- 51
- 189
- 220
- 272
- 390
- 14
- 14
- 14
- 57
- 71
- 77
- 127
- 127
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- 156
- 166
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- 157 157 222 238 238 255 255
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-
-
- ::........................., : TABLE
- Le sondage de Crouclle.............................
- Tremblement de terre du Kansou.....................
- Nouveau minerai radioactif.........................
- Vallées du versant est des Vosges..................
- 2. Météorologie.
- Climatologie comparée des années 1921 et . 1922
- (J. I évine)......... ..........................
- Prévision du temps par les parasites atmosphériques
- (J. Boyer)......................................
- Perte de lumière à Paris. ... ..............
- Le mistral sur la côte de Nice ....................
- Sécheresse eu Italie eu 1921 . . ..............
- I
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Crabes d’eau douce et terrestres (L. Bertln).......
- I,'aquarium de Liâttery Park (V. Forbix)...........
- L’expédition océanographique danoise (Ch. Bahut). . .
- Kangourous et Wallabys (Y. Forisin)................
- l/hermine ((L. Coupman)........................; .
- Le lézard (A. Feuillée-Billot) ....................
- L’oricntdlion du pigeon-voyageur (D1 Rociion-Lilviunkauii
- et Ch. Maurain).................................
- La vision des oiseaux (U1' Rociion-Duvigneaud), 267. 284
- 300, 516, 529 ..................................
- Le moteur humain (I)1' Faillie)....................
- Utilité de la i'ourmi des bois (Pi. Stumrer).......
- Une créature paradoxale : l’ornithorhynque (Y. Foruix).
- L’auticinèse giratoire (1t. Dubois)................
- Imitation des ligures du proloplasma (A.-L. Herrera) . Invasion de Yélelles sur*la cote de Gênes (Dr A. Brian). Deux espèces de langoustes des côtes d Indo-Chinc .
- Hérisson et virus rabique..........................
- Botryomycose du mouton.............................
- Faune littorale et pêche à la lumière..............
- Histologie comparée du muscle strié................
- 'La raie, organe utile non nécessaire..............
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Dessiccation électrique des fourrages (II. Marchand) . . L’industrie des conserves de cerises (J. Boyer) ....
- Transport des Heurs coupées (A. Rolet) !...........
- Les roses de Jéricho (F. Gadeceau).................
- Flore des inondations de 1 Yser (J. Massa ht)......
- Les écailles du bulbe du lis.......................
- Dépérissement des jeunes noyers en 1922............
- Coagulation du latex...............................
- Hy perbioses de soleil et topinambour..............
- Emploi de la cyanamide.............................
- Carapace siliceuse des Diatomées...................
- Formol et végétaux supérieurs......................
- Vitalité des feuilles d'Aucuba...................... .
- Amidon des algues floridées.......................
- Hespiratiou des plantes............................
- Cotylédons de la Ficaire...........................
- Huile de pépins de raisin............... ..........
- Grains de pollen des Gymnospermes. ................
- Variation des parfums par greffage.................
- Préparation du vin par fermentation continue . .
- Hôte du. centrosome dans la cinèse.................
- Procédé de conservation des bois .........
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Le Roussillon (A. Dauzat). ......................
- L’art nègre au Congo belge (Dr G. Daniel)........
- L’architecture bouddhiste à Java (V. Forbin). . . . Le port de Bruxelles (M. Renaru).................
- MATIÈRES ...-......== 423
- Lodz, son -industrie (Mercieh-Roindel)................137
- La vallée de Teolihuaran (R. d’IIarcocrt).............145
- La région niçoise (A. Dauzat)..........r..............161
- Nettoyage et restauration des objets de collection
- (A. B.) . . ......................................191
- Ruine et résurrection des cathédrales du Nord (C.-ll.
- Besnard)...........................................193
- Les trésors d’un pharaon : Tout-Arikh-Amon (V. Fobhinj. 209
- Le bassin houiller de la Ruhr (Pu. S.)..............241
- Géographie administrative du Levant français (R. 1 e
- Conte)...........................................287
- Curieuse statuette de l’âge du renne (R. Toritxic). . . 524
- Apparition temporaire d’îles nouvelles (Ch. Vêlai») . , 326
- Le Sahara (II. Le Conte)...............;..............337
- Les populations sahariennes (R. Le Conte) . . . . 4 . 353
- Les doctrines linguistiques de M. Meillet(A. Dauzat). . 373
- Voies de communication à travers le Sahara (R. Le
- Conte)...........................................575
- expédition aérienne en Nouvelle-Guinée (V. Forbin} . . 408
- Matériel industriel de l'époque néolithique. .... 158
- Poteries noires........................................ 258
- Ateliers néolithiques de la forêt de Montmorency . 238
- Au sujet de l'Yémen.................................326
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE.
- Le vin contre la fièvre paludéenne (11. Blin). .... 59
- L’alimentation de Paris en eau potable (Diénekt cIGul-
- lero)........................................85, 108
- Pour sauver les asphyxiés : respiration tiUfieiclic cl inhalations d’oxygène (R. Legendre et D1' M. Nicloux). 173 Pasteur et l’esprit de l’hygiène (Dr II. ûejust) .... 521
- Épuration biologique des eaux résiduaires de Strasbourg
- (G. LANORVILLEj......................................319
- Les méthodes actuelles d’abatage des chiens et chais
- errants (J. Boyer)...................................401
- Mortalité par maladies microbiennes eu France avant et
- après Pasteur (Dr A. Calmette).......................406
- Nouveau mode de préparation des vaccins................. 37
- Absorption de la pepsine et de l’acide chlorhydrique
- par les aliments..................................... 77
- Pathologie professionnelle des peintres............... 158
- Déflexe laryngo-cardiague...............................222
- Désinfection intestinale................................238
- Nécrose produite par les rayons du radium .... 209
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Découpage de la tôle par chalumeau (E. Weiss). ... 60
- Rendement des armes à feu au tir sur des êlres vivants
- (P. Medingeii) . .'.........1.....................115
- Les docks fngoriliques du Havre (Gallois^. ..... 150
- Le choix d’une arme de défense (P. Medibukr) .... 177
- Machine à écrire musicale (L. Kuentz). . . . . . 225
- Une illusion d’optique qui sert à mesurer des vitesses
- (J. Boyer).........................................230
- Les maisons qui marchent (M. Bousquet)................255
- La télémécanique sans fil (P. Hémardinquer)..........333
- La machine à calculer « Addialor » (R. Villers) ... 551
- Transmission par arbre longitudinal...................156
- Sur Vécrouissage......................................270
- 2. Photographie.
- Le Pathè-Baby, cinéma domestique (A. B.)............ 158
- Le cinéma eu relief par la lumière polarisée (A. B. ). . 259
- Le film parlant (L. Kuentz)...........................367
- Nouvel appareil de microphotographie..................156
- DES
- 299
- 518
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- 413
- 245
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-
-
- LA
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- t La reproduction des iUusfccations de “ La Nature ” est interdit
- a reproduction des -articles sans le^rfsS^^est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- N° 2544. — 6 Janvier 1923.
- Supplément.
- Horaire des émissions radiotéléphoniques (»5 décembre 1922). A la demande de nombreux lecteurs, et comme préface à une nouvelle série d’études de 1. S. F. pour les amateurs, nous publions les renseignements ci-dessous. , ,
- Rosies. d’oiuJu. d’émission
- Tour Eiffel 2600” 6 "50
- FL 4145
- H"20 à 19"
- 21 "50
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- I
- Bulletin météo. Bourse.
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- Météo. C. de Bourse. Radio-concerts irréguliers.
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- Le Bourget ZM ] Il "20 Messages aux avions
- Croydon GE D r Bruxelles BAV Y • 900” services Paris-Bruxelles,
- . à IG"20 Paris-Londres.
- ilaren OPVII \ toutes les Bruxelles-Londres
- heures ' et Bruxelles-Amsterdam
- Prague 1800” ' 7" Météo,.
- P RG 4500” 9" Radio-concert.
- 1800™ • H" Presse.
- 4500” 14" fi Radio-concert.
- 1800” 15 à 16" 21" Radio-concert. Radio-concert.
- 900” Emissions souvent irr lières. ,
- Lausanne. de 12" à 10" Trafic avec le Bourgc
- 1400” environ
- Tours 2500“ Vers 14" Essais militaires
- Issy-les-Mouli- ou 20" le jeudi irréguliers.
- neaux jForl) 1000” 13 "15
- Service des essais \
- Service du Rroad-casling anglais (Postes.radio-téléphoniques donnant les émissions destinées au public). Manchester Broadcasting Station.
- . 2 ZY
- Marconi Iiouse J-ondon 2L0 Birmingham ( VVitton) 2 WP
- (Wrilllc) Essex 2. MT
- 'Chelmsford)
- Vers 10 à 19h Essais, Paroles cl Phonograp.
- (actuellement supprimés).
- 585”
- 560“
- 425"
- 400“
- à
- 450”
- 18 à 22" Nouvelles,chantct musique. Tous les jours
- 18 à- 21" Ce s orvicccontinu ne- sera Tous les jours pas de longue durée.
- .18 à 21"
- Mardi
- de 20 à 21")
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- tiné à donner des concerts et des informations (puissance îoo xvatts, longueurs d’onde 180 à 200 ni., indicatif 8 AE); de plus le Radio-Club doit jirochainement faire des émissions de téléphonie, avec une puissance de 25o watts, son indicatif est 8 AF. Le fort d’Issy-les-Moulineaux, dont nous avons indiqué ci-dcssus les émissions, transmet avec une puissance de 4/0 watts sur une antenne en parapluie de 35 m.
- î\ous tiendrons nos lecteurs au courant, à chaque.cbro-nique, des modifications apportées à cet horaire et nous leur serons également reconnaissants de bien vouloir nous signaler les émissions qu ils pourraient avoir entendues en nous indiquant aussi exactement que possible les Longueurs d onde des postes et les heures d’auditions. On voit que le service anglais de radio-télcpbonie’ est déjà assez développé, les amateurs français qui veulent s exercer à la réception des ondes courtes peuvent avec profit essayer d’entendre les émissions d’outre-Manche.
- Les tanins synthétiques. — Actuellement, il en est mis un certain nombre dans le commerce. 11 intéressera peut-être nos lecteurs d’en connaître le nom et la composition.
- M. Desmurs, dans la Bourse aux Cuirs, de Bruxelles, nous donne quelques indications sur le sujet.
- Le « Néradal D » de la « Badische Anilin » (brevets de otiasny) est un mélange de crésol et de formol, condensés en présence d’acide sulfurique fort.
- Le « Néradal N » de la même firme est un mélange de naphtalène et de formol, condensés de la même façon.
- L’ « Ordonal » est du même genre, si ce n’est que le
- naphtalene est remplacé par l’antfiracène.
- Le « Corenol » est une combinaison d’un sel d’alumine et d un pi oduit de condensation formo-phénolique. ‘
- On connaît encore le « Cislan », le « Synlan V et le « Paindal ». Ces produits seront de plus en plus employés dans la tannerie moderne. •
- Leur , composition, leurs usages ont été amplement et judicieusement traités dans le journal français Le Cuir auquel nous ne saurions mieux faire que renvoyer le lecteur (MM. Ihuau et Hougfi sont spécialistes en la question du prétannage). Albert Hutin.
- Fabricati°n de pâtes à papier avec la fibre d’aloès.
- — Au Mexique, dans l’Etat de Yucatan, ont été faits des essais de fabrication de pâtes à papier avec l’henc-guen. Le journal La Papeterie, qui signale cette innovation, dit que les résultats de ces essais sont très encourageants.
- L’heneguen ou agave mexicaine, désignée dans le commerce sous le nom d’aloès, utilisée jusqu’à présent a la fabrication de cordes, de tapis, de hamacs, etc. peut etre cultivée facilement dans toutes les régions basses du Mexique, même sur.les terres les moins fertiles, et se prête fort bien à la fabrication de nàtes à papier. 1
- Les résultats sont tels que la San Rafael Paper Cy Société papetière .mexicaine, essaierait, d’ores et déjà' de fonder une société à gros capital pour la création’ au Mexique, d’un certain nombre d’usines pour la fabrication de la pâte à papier d’henéguen.
- Le Mexique deviendrait alors, avant peu, gros pro-' ducteur de papier de choix, car la fibre d’aloès est extrêmement résistante.
- D autre part., on croit que le maguey, plante de lu meme-lanullc que 1 beneguen, et qui pousse dans toutes les régions elevées ‘ du Mexique, pourrait, de même, cire transformé en pâte à papier.
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- INFORMATIONS
- .Culture des plantes à la lumière artificielle. — Le
- Bulletin de Renseignements de l’Office international d'Agriculture l’end compte d’une intéressante étude de M. llostermann sur ce sujet, parue récemment dans le Verein Deutscher Ingenieure.
- Les premières expériences sur l’emploi de la lumière électrique pour-provoquer le développement des plantes furent pratiquées en r88o par Wilhelm Siemens avec une lampe à.arc de 1600 bougies, capable d’envoyer sur les plantes un éclairage d’environ 4°° Lux ; ces expériences furent ensuite reproduites à Bromberg, au moyen de lampes à arc et de lampes à mercure, avec des résultats peu satisfaisants ; par contre, des essais effectués en Angleterre et en Irlande, en 1919, par Tjebhes et Ltholf, provoquèrent une augmentation de rendement (jusqu’à 5o pour 100). Dans les bâtiments de la Station expérimentale de physiologie des plantes, à Dahlem (Allemagne), on lit, durant l’hiver 1921-1922, des expériences visant à déterminer l’influence de la lumière artificielle sur le développement des plantes tenues en serres vitrées ; l’hiver, dans un local chaulîé, la différence de développement des plantes, en comparaison de l’été, est déterminée non seulement par la température et par la fumure qui peuvent être égales dans les deux saisons, mais aussi par la durée de l’éclairage journalier; en effet, c’est la lumière absorbée par la chlorophylle qui fournit l’énergie nécessaire à la réduction de l’acide carbonique en carbone, duquel prennent naissance, par l’assimilation, les hydrates de carbone. Mais ce n’est pas seulement la lumière du jour qui exerce une action efficace sur le processus d’assimilation; cette action peut également être exercée par une lumière provenant d’une autre source, pourvu qu’elle soit comprise dans la catégorie de longueurs d’onde dans le domaine de laquelle les matières colorantes des feuilles ont un pouvoir d’absorption. La question est de savoir quelle est la lumière qui peut être employée avec le meilleur rendement.
- D’après ce qu’on est autorisé à déduii’e de recherches sur la physiologie des plantes, avec une intensité lumineuse d’environ 1000 Lux, l’assimilation peut être considérée comme proportionnelle à l’éclairage, tandis qu’avec une plus forte intensité de lumière, l’assimilation s’accélère de moins en moins ; c’est pourquoi la lumière artificielle ne fut pas employée simultanément avec la lumière hivernale, mais la lumière journalière fut prolongée, à partir du crépuscule, au moyen d’un courant électrique.
- Sur une parcelle de 5 m. de longueur et de 1 m. 5o de largeur furent disposées 5 lampes « Nitra » de 200 watts, de façon cpie la lumière pût se répandre le plus uniformément possible; les lampes étaient placées à o m. 70 du bord de la parcelle, à une distance de 1 m. 20 l’une de Fautre, à o m. 60 au-dessus de la parcelle : elles étaient munies de réflecteurs Wiskott. L’intensité d’éclairage des plantes variait, sur les divers points de la surface de la parcelle, de 3oo à 900 Lux, et elle était précisément de 900 Lux sous la lampe et de 3oo sur le bord de la parcelle. La consommation journalière de puissance électrique des lampes, allumées tous les jours pendant 6 heures environ, à partir du crépuscule, s’éleva à 4,3 kilowatts-heüre, pour éclairer une surface de 7 m2. Des cultures forcées furent faites sur cette surface ; la période de végétation précédente de quelques-unes d’entre elles leur avait déjà permis de posséder une provision de principes assimilés; d’autres, venant de germer, devaient encore construire tous leurs éléments vitaux. Près de la parcelle des plantes éclairées se trouvait la parcelle témoin avec les mêmes plantes, séparée de la première par une cloison de bois blanc. Toutes deux reçurent les mêmes soins.
- Des laitues pommées, éclairées à partir de la mi-novembre, présentèrent après 12 jours, en moyenne, environ deux fois et demie plus de feuilles nouvelles que celles non éclairées; ces feuilles étaient plus grandes et plus fermes. Après 18 jours,' les plantes exposées à la lumière artificielle auraient pu être vendues 2 marks pièce tandis que celles ayant reçu seulement la lumière du jour exigeaient, pour atteindre le même degré de développement, de 4 à 5 semaines.
- Pour en examiner le développement subséquent, les laitues furent laissées en place, vu qu’elles ne fleurissaient paé, mais qu’elles continuaient seulement à végéter. Cependant, très probablement, ceci ne doit
- pas être attribué au peu de force de la lumière artificielle relativement à la lumière solaire, mais plus spécialement à la richesse en rayons rouges de la lumière artificielle par rapport à la lumière diurne. La récolte fut faite après sept semaines d’éclairage prolongé; une comparaison fut alors établie entre les plantes de la parcelle éclairée et celles de la parcelle non éclairée ! on trouva une supériorité de poids des premières sur les secondes, de 5o pour 100 à l'état vert et de 68 pour 100 à l’état sec.
- Les effets furent également bons sur les haricots et sur les vesces. Le Lathyrus odoratus se développa bien plus vigoureusement sous l’influence de l’éclairage, et il fleurit plus tôt et plus abondamment. Les fraisiers éclairés donnèrent, déjà à la mi-mars, des fruits très doux et parfumés, tandis que, pour ceux non éclairés, il fallut attendre encore quatre semaines.
- L’efficacité favorable de la lumière électrique comme prolongation du court éclairage diurne, de novembre à mai, se manifesta très clairement sur toutes les cultures en serre et spécialement sur le lilas, qui donna avec ce traitement de fort belles inflorescences, ayant un parfum plus intense et une teinte plus vive. Mais on manque de données certaines sur : i° l’éclairage le plus juste et le plus convenable pour certaines espèces de plantes ; 20 la durée de l’éclairage ; 3° les couleurs de la lumière les plus favorables; de même, sans la connaissance exacte des sources de lumière et des effets physiologiques de la lumière, il n’est pas encore possible de formuler un jugement concret.
- Préparation industrielle des sirops de raisin aux Etats-Unis. — La viticulture américaine, pour obvier à la suppression des débouchés de la production vini-cole, fabrique en grand les sirops de raisin qui, n’étant pas des produits fermentés, échappent à la prohibition.
- Ôn prépare trois sortes de sirops : un sirop rouge violacé foncé obtenu par concentration dans le vide et qui a une saveur agréable de baies ; un sirop rouge ou blanc, préparé par congélation; un sirop rouge ou blanc, fabriqué au moyen d’un appareil travaillant dans le vide et permettant de condenser les produits aromatiques.
- Le mode de préparation le plus employé comprend les opérations suivantes : foulage et égrappage du raisin, chauffage entre 7i°et 76° pour dissoudre la matière colorante dans le jus sucré. On opère dans des cuves en aluminium, en étain, en cuivre étamé ou argenté, ou en acier revêtu de verre, à l’exclusion du fer, qui altérerait la couleur et la saveur. Le chauffage s’effectue par injection de vapeur qui agite la masse et égalise les températures. Le moût coloré est pressé. Le marc, contenant 5o pour 100 de jus, est lessivé méthodiquement et concentré à part, car il donne un produit secondaire.
- Le sirop, soumis à l’ébullition à 290, est concentré dans une chaudière, et refroidi ensuite dans des cuves à double fond avec circulation d'eau froide. On conserve ainsi la couleur et l’arome et on évite la caramélisation.
- Le sirop est mis en bouteilles et sa conservation assurée par pasteurisation à 65°.
- Travail dépensé par la couture. — On a beaucoup discuté de l’hygiène du travail à domicile, notamment celui des couturières travaillant à la main et à la machine, mais on possède peu de données précises sur l’énergie dépensée dans ces deux sortes de labeur. MM. C.-F. Langworthy et H.-G. Bar viennent de publier dans Y American Journal of Physiology les résultats des expériences qu’ils ont faites au Laboratoire de Nutrition, en mesurant la dépense d’énergie au calorimètre.
- Quand une ouvrière coud à la main, que ce soient des mouchoirs fins, des draps de coton, du coutil, la dépense est de 5,5 à 5,8 calories par heure, chiffre très faible.
- Si la même ouvrière coud à la machine en l’actionnant au pied, la dépense par heure est sextuplée, mais le travail est douze fois plus rapide, si bien que le mètre de couture est obtenu avec une fatigue deux fois moindre.
- Enfin, si la machine est mue électriquement, la dépense d’énergie horaire est i,5 fois celle du travail à la main et le quart de celle du travail au pied, mais la dépense par mètre de couture n’est plus que le cinquième de l’emploi de la machine au pied et moins du dixième de la couture à la main.
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- r.
- *»_> .'Electricité
- Le relai-redresseur Lindet pour recharger les accumulateurs. — Les amateurs de T. S. F. se réjouiront de ce nouvel appareil.
- En effet, le problème de la recharge des accumulateurs sur courant alternatif n’avait été résolu, jusqu’à présent, qu’à l’aide d’appareils demandant soit un réglage et ùil entretien permanent (soupapes électrolytiques), soit une surveillance et. un réglage constants (vibreurs), soit une mise de fonds très importante (lampes à mercure, groupes convertisseurs).
- Le relais-redresseur Lindet est un redresseur de courants à fonctionnement mécanique : on sait que ce genre d’appareil est constitué en principe par un mécanisme d’interrupteur synchrone, c’est-à-dire par un interrupteur actionné par le courant alternatif à redresser et
- P'ig. i. — L’interrupteur Lindet.
- de telle sorte que le courant qui les parcourt augmente la puissance magnétique de l’une et affaiblit celle de l’autre ; les flux magnétiques produits par les enroulements étant, pour l’une des bobines, de même sens que le flux permanent, et de sens inverse pour l’autre, l’envoi d’un cdürant alternatif dans ces bobinages a pour effet d’attirer la palette alternativement vers l’une ou l’autre des masses polaires, de sorte qu’elle vient toucher alternativement l’un ou l’autre des deux contacts-butées établissant ainsi deux circuits distincts.
- L’appareil fonctionne sans aucune étincelle.
- Plusieurs branchements sont possibles avec cet appareil, mais celui qui donne entière satisfaction exige une prise équipotentielle sur le secondaire du transformateur (fig. 2).
- Ce branchement permet de
- n’avoir que deux sorties (+ et—) à raccorder aux bornes correspondantes de la batterie d’aCciis.
- Le diagramme (fig. 3) montre comment la partie inférieiire de la courbe du courant alternatif est reportée sur la partie supérieure, ce qui donne un courant ondulatoire très régulier.
- Les transformateurs Ferrix à employer doivent avoir une tension secondaire
- fOüüüiP
- Fig. 2. — Schéma de l’interrupteur.*
- égale à deux fois 3 n, n étant le nombre d’éléments à recharger.
- Ainsi pourunebatle-rie de4 volts, il faudra un i1 errix donnant deux pjg. 3, _ Diagramme du redres-IOIS O Volts 9. Ici SOI tl(3 I SGiïlôllt.
- Pour :
- 1 batterie de 6 volts, il faudra deux fois 9 volts;
- de 8 volts, il faudra deux fois 12 volts;
- de 12 volts, il faudra deux fois 18 volts, etc.
- De cette façon, les deux demi-périodes sont bien employées et les enroulements du transformateur sont utilisés au maximum, tout en ne travaillant qu’une demi-période à tour de rôle.
- L’amateur de T. S. F., l’automobiliste, le docteur trouveront dans le relai-redresseur Lindet l’appareil qui leur évitera les nombreux ennuis de la recharge des accumulateurs.
- M. Etienne Lefébure, constructeur, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris, 6°.
- qui coupe et établit le courant de charge suivant les alternàncés du courant afin de n’envoyer dans la batterie que la partie du courant qui est de même polarité qu’elle.
- Il diffère des soupapes basées sur le même principe en ce qu’il n’exige aucun réglage.
- Il utilise, en effet, comme interrupteur, une palette rigide et massive articulée sur couteau à la manière des fléaux de balance et qui, n’ayant pas de fréquence propre, peut suivre indifféremment les fréquences de tous les secteurs. Ce procédé - a permis de plus, comme on le verra plus loin, d’utiliser les deux demi-périodes du courant alternatif, ce qui présente l’avantage, en dehors de l’augmentation de rendement, d’employer un transformateur abaisseur 2 fois moins puissant à égalité d’intensité de courant de charge.
- L’appareil est constitué de la façon suivante (fig. 1) : un aimant permanent puissant présente d’un côté deux masses polaires en acier doux portant chacune une bobine, de l’autre une palette articulée ainsi qu’il a été dit, cette palette s’engageant entre les deux masses polaires et limitée dans chacun de ses déplacements par un contact fixe. Cette palette qui est le prolongement de l’un des pôles peut êti*e attirée indifféremment par l’une ou.l’autre des masses polaires qui constituent le second pôle. Les bobinages des masses polaires sont disposés
- L’arrêt « Glisspa ». — L’arrêt « Glisspa » a pour principe lé désaxage et pour but la fixation d’appareils divers sur un brin flexible (corde, câble, fil souple, fil de fer) ou, si les appareils sont fixes, la retenue du brin en un point voulu.
- Le brin flexible, passant dans l’appareil, est désaxé au moyen d’un organe mobile traversé lui-même par le brin (taquet, came, cheville ou levier).
- Le désaxage oblige corde ou fil à former un pli ou une ondulation de retenue.
- L’arrêt s'opère sans coincement, le logement du brin étant garanti après blocage par un fraisage ou un évidement, soit de la pièce mobile, soit de l’appareil. L’ondulation seule assure la retenue. Pour chaque appareil, une certaine élasticité dans le calibre des brins employés est permise, l’ondulation variant avec leur grosseur
- S’adressant à tout ce qui est fixation de corde, câble, fil souple, fil de fer, l’arrêt « Glisspa » trouve des applications très nombreuses dans tous les domaines.
- Nous donnerons ici une énumération des réalisations et projets d’applications faites par l’inventeur, M. Bou-
- ley :
- Suspensions électriques à réglage ou raccourcisseurs.
- Crochets amovibles pour fils souples.
- Suspensions réglables pour toutes lampes à carburant.
- Porte-bagages en cordes avec bretelle réglable.
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- Ficelage automatique de malles, colis, sans nœud ni boucle.
- Sécurités, sorte de cadenas automatique agissant comme un plombage pour 111 de fer et câble métallique.
- Tendeurs pour lignes aériennes (grenouilles), h Tendeurs'pour corde (tennis, campement, etc.).
- Support de bat-flanc (un coup de fourche le bat-flanc tombe).
- Corde à sauter réglable, etc.
- En ce qui concerne les installations électriques, elles seront grandement facilitées et simplifiées par les dispositifs suivants qui ont obtenu une médaille de vermeil au dernier concours Lépine.
- Les suspensions électriques et crochets amovibles « Glisspa » en bois verni ou laqué sont robustes, légers, coquets, d’un prix modique et se placent sur les installations existantes sans modification de pose.
- Ces appareils assurent la suspension d’une lampe électrique du plafond à bout de fil par simple accrochage ou décrochage. Elles ne nécessitent ni contrepoids, ni fil supplémentaire, ni scellement au plafond et ri’ont pas de limite de course.
- Les suspensions électriques réglables sont à glissière ou à poussoir. Pour les premières (fig. 5 et 6), la glissière-arrêt étant à sa position normale elle oblige le fil souple à faire une ondulation de retenue. Au contraire, après glissement, lorsque le clou doré se trouve au milieu de l’appareil, l’ondulation cesse ainsi que la
- Fig. 6.
- Fig. 5.
- retenue du fil. Pour les secondes (fig. 7 et 8), le poussoir, cheville percée d’un trou transversal, désaxe le fil grâce à un ressort à boudin qui n’exerce plus de pression une fois l’ondulation de retenue formée. Une pression exercée sur le poussoir fait disparaître l’ondulation et libère le fil.
- Ces appareils peuvent se monter de deux façons différentes :
- P Montage raccourcisseur (fig. 5). Placer l'appareil sur le fil à hauteur voulue pour l’accrochage de la lampe
- au repos. Fixer la lampe à l’extrémité du fil après l’avoir munie d’un raccord à anneau fourni avec l’appareil. La hauteur de la lampe pourra varier en déplaçant l’appareil;
- 20 Montage avec réserve de. fil (fig. 6). Faire sortir l’extrémité du fil qui a été fixé au plafond par l’ouverture latérale de la suspension choisie en l’introduisant par le sommet. Arrêter l’appareil à hauteur nécessaire pour l’accrochagc de la lampe au repos en glissant l’olive en bois jointe à l’appareil entre les brins torsadés du fil souple et contre le trou latéral.
- Repasser le fil dans l’appareil par le sommet, le faire sortir par la partie inférieure et lui donner la longueur utile suivant destination. Le fil nécessaire pour réglage de la lampe est laissé en réserve au-dessus de la suspension. En service, la lampe peut être modifiée de hauteur grâce à cette réserve de fil. Aurepos, munie du raccord de douille à anneau, contenu dans une pochette, la lampe est suspendue à l’appareil.
- Crochet amovible. — La fixation sur fil souple du crochet amovible se fait par désaxage du fil au moyen d’une came. Cette fixation est obtenue par une ondulation du fil lorsque la came est fermée, ouverte l'ondulation cesse et l’appareil glisse librement.
- Le crochet amovible peut être employé comme raccourcisseur ou pour suspendre une balladeuse, un fil traînant, elc..
- Youlant donner à l’éclairage électrique toute la souplesse désirable, M. Bouley a créé encore quelques accessoires :
- Les pinces enroule-fil qui, posées par paire sur un
- Fig. 7. Fig. 8.
- abat-jour, forment un enrouleur de fil pratique et bon marché pour balladeuse. Ces pinces permettent en outre d’accrocher la lampe sur le côté, l’abat-jour formant projecteur ou protecteur de lumière.
- Les carcasses ou abat-jour à galerie, avec ou sans crochet, offrent les mêmes avantages.
- Le;s supports de lampes a crochets sont aussi une heureuse innovation pour balladeuse et le modèle porte-copie support de lampe met la lumière à portée de la copie et de la machine à écrire.
- Aussi les appareils électriques « Glisspa » forment-ils le complément indispensable de l’équipement de toute lampe pendante ou balladeuse dans les usines, ateliers, bureaux, magasins, appartements, etc. Si vous avez une lampe au plafond qui fasse ombre ou vous éclaire mal : un bouchon prise de courant, un morceau de fil souple, un « Glisspa », et vous, aurez une lampe pendante à hauteur réglable vous donnant toute satisfaction.
- L’inventeur est M. L. Bouley, 14, rue Sainte-Cécile, Paris, 9e.
- Petite batterie de piles économique. — Nous avons donné à plusieurs reprises dans la « Science appliquée » le moyen de construire de petits éléments de piles à bon marché, soit piles à liquide immobilisé, soit piles sèches, piles à la soude, etc....
- Beaucoup de nos lecteurs se sont intéressés à ces constructions et certains ont trouvé des combinaisons nouvelles originales que nous signalons au fur et à mesure que nous en avons connaissance.
- C’est ainsi que l’un d’entre eux M. Lampetaz,. de Lyon, nous indique une réalisation de piles au sulfate de cuivre qui présente la particularité intéressante d’être d’une construction des plus économiques.
- La batterie qu’il a construite est composée de quatre
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- SCIENCE APPLIQUEE
- lÈ&g
- éléments; les vases de ces éléments sont constitués par de simples verres de lampes ou plutôt des verres que l’on utilise pour les becs de gaz; ce sont des tubes cylindriques de 5 cm de diamètre et de 20 cm de longueur environ.
- Ces tubes sont placés sur une planchette et on les entoure d’un cadre en bois de 1 cm de hauteur; dans ce cadre on coule de la cire à bouteille qui fixe les verres et qui rend le fond parfaitement étanche; cette opéra-
- ^nnrîp\
- Cui 1
- Cire
- I/erre de lampe
- Sulfate de cui vre
- Fig. 9. — Petite batterie de piles économique.
- lion doit être faite avec précaution afin de ne pas casser les verres sous l’action de la cire fondue chaude.
- On peut, si on le désire, préparer dans une planche de bois un peu épaisse quatre trous dans lesquels les verres viendi’ont se placer; on aura alors une dépense de cire moins considérable qu’avec le cadre qu’a imaginé notre lecteur.
- Les vases de verre étant ainsi immobilisés sur une planchette les uns à côté des autres et comportant un fond étanche en cire on place dans chaque élément un fil de cuivre d’ass.ez gros diamètre que l’on enroule en spirale, de manière à avoir quatre ou cinq spires dans lé fond du vase.
- La partie droite qui reste fait communiquer ce boudin de cuivre avec la partie supérieure de l’élément et constitue l’une des électrodes.
- A la partie supérieure du vase en verre, on accroche l’autre électrode par un petit crochet qui repose sur le vase; cette deuxième élecLrode est formée d’un déchet de zinc quelconque : débris de plaque de zinc, petit bâton court de zinc de pile Leclanché.
- En tous les cas, il est nécessaire que cette électrode en zinc soit amalgamée d’après la méthode ordinaire. Cette électrode plongera de 5 cm environ dans le liquide électrolytique; celui-ci est réalisé en jetant dans le fond du vase une cuillerée à bouche de sulfate de cuivre et sur ce .sidfate de cuivre on verse de l’eau qui arrive à 2 ou 3 cm du bord supérieur du vase.
- La solution de sulfate de cuivre, en raison de la différence de densité et en raison aussi de la hauteur du vase, reste dans le fond, au voisinage du boudin de cuivre. On a construit en réalité des éléments de piles Callaud ; cette pile est résistante, mais elle a l’avantage d’avoir ,Cire une constance remarquable.
- M. Lampetaz, qui nous a indiqué cette construction, emploie cette pile pour la charge d’accumulateurs.
- Ainsi que nous le disions au début, cette construction est, non seulement simple, mais elle est d’une économie
- l/erre
- Fig. 10.
- Détail d’une pile
- remarquable, càr tous les éléments que l’on emploie sont d’un usage courant et d’un prix d’achat extrêmement bas.
- Une batterie de piles de cette nature pourra comporter naturellement autant d’éléments qu’on le voudra; l’encombrement est faible étant donné que la section des vases des éléments est petite.
- II est possible de mettre une batterie de ce genre à l’abri de la poussière en prévoyant un coffre qui viendra coiffer la batterie ainsi constituée, le coffre comportera deux bornes pour les prises de courant ou une prise de courant de lumière montée sur le couvercle, ce qui offrira l’avantage de pouvoir brancher instantanément un circuit au moyen d’un bouchon de prise de courant à fiche, E. Weiss.
- Mécanique
- Nouvelle chignolle « Contai » à 4 vitesses. — Les
- professionnels comme les amateurs emploient mainte-
- IlitltffSil
- Fig, 11.
- La chignolle « Contai » à 4 vitesses.
- nantie chignolle d’une façon courante et jusqu’ici les différents modèles de ce genre d’outil se res-se m b 1 aient beaucoup.Tous les types de porte-fore t s vendus aujourd’hui dans le commerce s’appuyaient, en effet, sur un bâti en fonte et marchaient à 2 vitesses, par engrenages d’angle également en fonte. Aussi, vu la fragilité de leurs organes, ces perceuses se brisaient parfois entre les mains de serruriers ou de menuisiers,
- qui leur demandaient un trop rude effort ou qui simplement les laissaient tomber par terre.
- En outre, ces machines présentaient un autre défaut assez grave; elles ne pouvaient fonctionner que si l’ouvrier avait assez de place pour tourner la manivelle. Ainsi, dans la carrosserie, il était impossible depercer avec elle un trou dans un angle sous un châssis de voiture, c’est-à-dire dans plus de 5o pour 100 des cas habituels.
- La nouvelle chignolle « Contai » (fig. 11) entièrement en acier, légère, solide et capable de fonctionner dans loutes les positions,réalise un sérieux progrès sur ses devancières. Ses engrenages à picots, bien calculés et taillés dans la masse d’acier, offrent une solidité cinq fois supérieure aux pièces similaires, sidélicates, des perceuses françaises ou américaines auxquelles nous faisions allu -sion plus haut.
- D’autre part, son plat e a u d'entraînement porte 4 rangées de trous concentriques et partant 4 vitesses (20, z5, 33 ou 45 rotations complètes par 10 tours de manivelle). Cette heureuse disposition permet d’approprier, d’une façon judicieuse, la marche de l’outil à la grosseur du trou, à la dureté de la matière à percer, en un mot au travail à fournir. Le changement de vitesse s’opère en un clin d’œil, en appuyant sur un poussoir et comme l’arbre du mandrin, sur lequel s’exerce la poussée, se termine par une butée à bille sur grain trempé, la douceur de roulement empêche
- Fig. 12. —- Perçage par mouvement alternatif avec la chignolle « Contai ».
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- SCIENCE APPLIQUEE
- toute usure. Enfin,' grâce à un robuste cliquet placé sous l’axe du plateau et qu’on déclanche en dévissant simplement un boulon molleté, on peut percer en imprimant à l’appareil un simple mouvement alternatif quand la place manque pour effectuer un tour complet de la manivelle (fig. ia). Aussi, vu ces divers avantages, la nouvelle chignolle Contai, bien que lancée depuis quelques mois, jouit déjà d’une réputation méritée en P’rance et en Angleterre. Nul doute d’ailleurs, qu’une fois le brevet américain accordé à son constructeur, elle n’aille même concurrencer, aux États-Unis, les instruments moins commodes et moins robustes en service dans les firmes de l’Oncle Sam. Constructeur, Contai, n bis, rue de Milan, Paris. Jacques Boyer.
- Objets utile*
- Le Pereola. — II n’est pas de bon repas sans bon café; mais les qrnateurs de ce précieux breuvage sont souvent déçus par les mixtures de goût et de couleur bizarres qui leur sont offertes sous ce nom. La préparation du café est un art délicat; comme tous les arts, il a sa technique et exige d’abord l’emploi de bons instruments. Cette technique s’est perfectionnée à l’époque moderne, avec . l’apparition du percolateur ; dans les cafetières ordinaires, on passe de Peau bouillante sur du café finement moulu; l’eau n’est pas toujours assez chaude, elle est parfois impure, il arrive aussi qu’elle soit projetée trop rapidement. Enfin, comme l’opération estlongue, on la fait quelquefois à l’avance et on réchauffe le café avant de le servir. C’est une hérésie culinaire, car le café perd alors tout ou partie de son arôme. Bref, l’emploi fie la cafetière ordinaire exige pour donner de bons résultats une véritable expérience. Le percolateur est plus automatique et par suite plus simple; pourvu que les dosages soient bien observés, on doit avec lui obtenir presque instantanément de fort bon café.
- Voici un petit percolateur domestique qui est à la fois pratique et élégant et -qui peut être mis en oeuvre sur la table même devant les convives. Il comporte une chaudière D, que l’on remplit de la quantité d’eau nécessaire pour le nombre de tasses désirées. Sur cette chaudière se visse ùn corps cylindrique démontable C traversé par un double tube creux qui plonge dans l’eau de la chaudière, c’est dans ce corps cylindrique qu’est placé le café moulu entre les 2 filtres, ce dernier amovible au moyen d’une tige à oreilles. Le corps cylindrique se ferme au moyen d’un chapeau B lui-même muni d’un bouton isolant À.
- Le café étant placé entre ces 2 filtres et la chaudière remplie d’eau, on monte l’appareil, on visse le corps C sur la chaudière et on place le chapeau B en ayant soin de placer la flèche dont il est muni sur le chiffre x gravé sur G.
- On place le tout sur un petit réchaud à alcool que l’on allume ; l’eau chaude montepar le petit tube creux, s'écoule dans le corps C, et vient baigner progressivement le café.
- On est prévenu de la fin de l’opération quand , au bout de 10 minutes, op voit la vapeur s’échapper avec bruit par les trous percés dans le chapeau ; on éteint alors le réchaud et on met la flèche du chapeau sur le chiffre 2 ; le café fait à point retombe en D, il n’y a plus qu’à le soutirer.
- Le Pereola peut aussi être employé comme cafetière ordinaire ; il peut être employé comme bouillotte en enlevant le filtre supérieur; bref, il se prête à de nombreux usages. Il ne pèse que 55o gr. et peut être emporté aisément en voyage et en excursion. Il est fabriqué par Péricaud, 85, boulevard Voltaire, Paris,
- Le chauffe-eau à gaz l’Ochod. — L’eau chaude représente un élément aujourd’hui indispensable dans l’économie domestique, est-il besoin d’énumérer les circonstances variées où nous réclamons son secours : toilettes, bains, lavages, cuisine, etc. Quand il s’agit de fournir régulière-
- Fig. i4. — L’Ocliod.
- ment et d’une façon continue, un certain débit d’eau chaude, on utilise des chaudières spécialement conçues à cet effet. Mais dans les cas que nous venons de citer, c’est par intermittence seulement et par petites quantités qu’il faut la produire ; un appareil continu serait trop onéreux et l’on se contente souvent de moyens de chauffage rudimentaires, qui non seulement sont lents et incommodes,mais sontàlalongue fort onéreux, parce que grands gaspilleurs de combustibles. ^
- Ce qui est vrai dans l’intérieur le plus modeste, l’est bien davantage encore dans de grands établissements tels qu’hôpitaux, sanatoriums, hôtels, salons de coiffures, etc.
- Aussi comprend-on que de nombreux inventeurs se soient ingéniés à résoudre le prolilème de la fontaine à eau chaude, de maniement simple et de fonctionnement économique.
- A cette catégorie de
- dispositifs, appartient l’appareil Ochod que nous allons décrire : il est chauffé au gaz et l’on y peut à volonté puiser de l’eau froide, de l’eau tiède ou de l’eau chaude, à une température quelconque choisie entre la température ambiante et 76°.
- Il se compose d’un réservoir d’eau A annulaire, chauffé par un ou plusieurs becs de gaz B dont la flamme traverse la cheminée centrale du réservoir. L’eau froide pénètre à la partie inférieure C et par le tube D arrive au robinet à 3 voies E dit mélangeur. C’est la manœuvre de ce robinet qui assure le réglage de la température.
- Dans la position représentée sur la figure, l’eau froide gagne directement le tube vertical F, tombe dans le tube de trop-plein B et sort en H, sans, échauffement notable. Si l’on Qazj
- tourne le robinet, ri
- on ferme l’accès . jrrfj.
- du tube F, l’eau sortie du tube D, gagne le tube K à travers le robinet mélangeur et s’échappe près de la paroi de la F
- chambre annulaire à proximité du régulateur thermostatique Rohmet
- L. L eau circule a \
- ainsi autour de la cheminééctpasse par le tube de trop-plein et sort chaude en H.
- Le régulateur " thermostatique est combiné de manière à couper le gaz dès que la température de Sortie de // l’eau dépasse jb°, ^eau 4? A et il rétablit automatiquement Fig. i5.
- l’arrivée du gaz
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- Schéma de l’appareil.
- dès que la température descend au-dessous de ce chiffre. La consommation de gaz se trouve ainsi réduite au strict nécessaire, et l’on réalise une fort intéressante économie, d’autant plus appréciable qu’elle n’exige ni intervention ni surveillance.
- L’appareil est peu encombrant et d’un maniement commode et précis. Il est construit par les Etablissements Maladry, 20, passage des Mauxins, Paris (19e).
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- LA PRODUCTION ET LES UTILISATIONS PU CARDON
- Le cardon (Cynara Cardunculus) fournit par son pétiole appelé cote un légume excellent qui peut soutenir, à son avantage, la comparaison avec les cardes de poirée (bette à cardes).
- Au point de vue cultural, cette plante vient tout aussi bien dans le jardin de l’amateur que dans celui du maraîcher.
- I. Principales variétés de cardon. — On distingue les variétés suivantes :
- Le Cardon d’Espagne inerme à côtes pleines.
- Le Cardon d'Espagne blanc plein inerme.
- Le Cardon à feuilles d'artichaut ou Cardon à flèche, appelé encore Cardon Pu^is, qui est aussi inerme et à feuilles cassantes. Il est moins élevé que les autres, mais ses côtes, à demi-pleines, sont très larges.
- Le cardon épineux de l'ours, qui est l’objet d’une préférence marquée, car il résiste aux vents, tandis que les cardons inermes, à l’exception du cardon plein blanc, sont cassants ; ses cotes sont épaisses et pleines.
- Le cardon à côtes rouges, ou plutôt rougeâtres, à côtes bien remplies.
- IL Comment on cultive les cardons. — Le cardon â des racines simples, pivotantes, et peut donner parfois un ou deux œilletons; sa végétation est assez lente au début, c est surtout en juillet-août qu’elle devient vigoureuse.
- Il faut cultiver cette plante en sol profond, riche, pour obtenir un fort développement foliacé, c’est-à-dire une partie comestible abondante. Les terrains argilo-calcaires sont préférables, mais les terrains siliceux peuvent convenir, à la condition que l’on arrose abondamment.
- Les semis se font sur couche, en godets ou en pépinière, ou en place.
- Dans le premier cas, on sème en plein terreau, au début de mai, ou sur une couche de 22 à 20 cm d’épaisseur. On recouvre les graines de quelques centimètres de terre, et quand les cotylédons sont bien développés on empote en godets de 8. à 10 cm de diamètre en enfonçant les cotylédons; on replace sur la couche et, après reprise, en mai, on plante en place, en laissant le godet à côté du plant, pour le recouvrir en cas de gelée.
- Lorsque le semis a été effectué en pépinière et sur couche en avril, le repiquage en place,, ou directement en pépinière à l’air libre, a lieu en mai.
- Dans le Midi, il est préférable de transplanter en place, quand le plant a deux cotylédons ou quand les feuilles ont 10 à i5 cm; on lève alors en mottes.
- Pour la plantation en place, on trace sur le terrain des lignes distantes de 3o cm, et sur chaque ligne on creuse des poquets en échiquier, espacés de 1 m. à 1 m. 3o, dans lesquels on met un peu de terreau que l’on mélange à la terre.
- Chaque poquet reçoit plusieurs graines; on donne un léger' bassinage pour activer la levée, qui a lieu au bout de i5 jours environ.
- On choisit alors les plus beaux plants et on enlève les autres.
- Afin d utiliser le terrain entre les pieds de cardon — qui croissent lentement — on plante de la laitue, de la romaine ou de la chicorée, dont on peut faire deux saisons jusqu’en juillet.
- En août, les cardons commencent à prendre un certain développement, on’ leur donne alors un binage et une bonne mouillure deux fois par semaine, puis, en septembre-octobre, on les fait blanchir.
- III. Récolte des cardons. —Pour récolter les cardons on relève les feuilles et on les lie avec un lien de paille!
- S’il s’agit de cardons épineux, on procède de la manière suivante :
- On prend deux bâtons de 1 m. 20 à 2 m., reliés en-' semble, à o m. 5o, par une corde de o m. 60. Un homme passe un bâton de chaque côté dit pied, en
- tenant les bâtons par l’extrémité voisine de la corde • un autre homme les prend par les deux autres extrér mités. Après avoir placé en travers un autre bâton qu’il serre contre la plante avec le pied, il lève le tout et, quand les feuilles, sont relevées, il croise les deux bâtons pour maintenir le tout serré et permettre à l’autre homme de passer un lien autour du cardon.
- Le liage se fait à un, deux qu trois liens. A la rigueur, un seul peut suffire. Si on en met plusieurs, on commence par celui du bas; 3 ou 4 jours plus tard’ on met le deuxième. Le lien du haut doit être h une hauteur telle que les feuilles intérieures puissent recevoir la lumière, pousser droites et être à l’abri de la pourriture. On serre un peu plus le lien du bas, puis on enlève toutes les feuilles du bas qui ont été cassées, et on nettoie le sol convenablement; s’il n’est pas détrempé, on donne une forte mouillure.
- Deux ou trois jours plus tard, on butte chaque pied sur une hauteur de a5 à 3o cm afin de faire blanchir le collet, et de consolider le pied du cardon afin qu’il résiste au vent.
- IV. Blanchiment des cardons. —- Pour faire blanchir les cardons sur place on les empaille avec la moitié ou le tiers d’une botte dp paille par-pied en ayant soin de ne pas couvrir le sommet, car les feuilles p'oussent encore et, si l’humidité survenait, elles pourriraient. Dix-huit à vingt jours après, les cardqns sont blancs;’ on les coupe. Le blanchiment ne doit être effectué qu’au fur et à mesure des besoins de la consommation, car ils poussent très rapidement.
- Pour récolter les variétés épineuses on les coupe d’un coup de bêche et on les prend par la racine; on coupe les autres plus haut ; on enlève les feuilles extérieures, vertes ou pourries, puis pu passe un petit lien autour des feuilles du cœur. Le cardon est alors livré à la consommation.
- V. Utilisations culinaires des cardons. -— D y a différentes manières de préparer les cardons. Voici les recettes usitées :
- a) Cardons au gras. — Couper les cardons à la lonr gueur de 8 cm environ, les faire cuire une demi-heure dans de l’eau tiède, où on les épluche; les mettre ensuite dans une casserole avec du bouillon de pot-au-feu, dans lequel on a délayé une cuillerée de farine ; ajouter sel, oignons, carottes, bouquet de fines herbes-un filet de verjus et un peu de beurre.
- Après cuisson ajouter un bon coulis avec un peu de bouillon ; faire bouillir pendant une demi-heure dans cette sauce et servir.
- b) Cardons au maigre. — Mettre les morceaux de cardons cuits et égouttés dans une sauce blanche faite avec une pincée de farine, eau, beurre, sel, poivre et un filet dp vinaigre ; on y laisse les cardons bouillir un moment et à petit feu.
- c) Cardons au gratin — Faire cuire les cardons; ensuite beürrer un plat, le saupoudrer de chapelure, y disposer les cardons, saupoudrer encore de chapelure et arroser de beurre fondu; saler un peu, mettre le plat sur de la cendre chaude, le recouvrir d’une tôle chargée de braise ; faire prendre une belle couleur et servir.
- On obtient aussi un excellent gratin en ajoutant à la chapelure du fromage de Hollande ou de Gruyère râpé.
- VI. Porte-graines. — Les pieds de cardons destinés à fournir la graine doivent être coupés à 15 ou 16 cm du sol, à l’approche de l’hiver et buttés comme les artichauts. Ils passent ainsi la mauvaise saison et montent à graine l’année suivante.
- La semence de cardon conserve son pouvoir germinatif pendant cinq ou six ans; mais la semence jeune est toujours préférable à celle qui est âgée.
- HExai ,Eux.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Utilisation des pommes de terre gelées, ou pourries. — Les pommes de terre gelées peuvent être utilisées cuites au four, ou frites, après trempage d’un jour ou deux dans de l’eau.
- Si on veut les conserver, avant le dégel, on les met dans> de l’eau dégourdie, le temps nécessaire pour les dégeler, sinon elles pourraient se corrompre. Puis on les coupe en tranches, les blanchit à l’eau bouillante, et les sèche au four. On peut ainsi les utiliser dans l’alimentation humaine. On peut encore les traiter entières, en coupant seulement lés plus grosses, dans le four du boulanger chauffé comme si l’on voulait y cuire le pain. On les y étale en couche de io à 20 cm, et laisse la porte ouverte. On les remue de temps à autre. On ne les sort que lorsqu’elles sont dures. Enfin, on les tient en lieu sec, sur un plancher, par exemple.
- Dans certaines régions de l’Amérique du Sud, on fait, paraît-il, geler les pommes de terre, placées sur de la paille ; puis, après les avoir exposées au soleil, on les met dans des sacs que l’on porte dans un ruisseau après le coucher du soleil, pour les sortir quinze jours après, avant le lever du soleil. On en fait une farine noire, ou chùno négro, ou une farine blanche, chùno blanco.
- Pour les pommes de terre destinées au bétail, Bous-singault a conseillé la méthode suivante : les faire cuire à la vapeur, et quand elles sont encore toutes chaudes, les tasser fortement par couches peu épaisses dans un .cylindre, un tonneau, démontables. Quand le récipient est plein, le démonter pour dégager la masse, que l’on conserve à l’air sec.
- En ce qui concerne les pommes de terre pourries, il est à remarquer que les grains de fécule ne sont pas attaqués par les microbes de la fermentation; ce sont seulement les matières azotées et les matières grasses qui sont transformées.
- Yoici comment on peut en tirer parti :
- Les tubercules broyés au pilon sont mélangés avec de l’eau. Le produit est passé à travers une toile métallique. On le lave ensuite, abondamment, dans un récipient pourvu d’un orifice de décantation vers le tiers inférieur. 11 faut assurer aussi le départ de l’écume qui renferme à la fois les germes putrides, les pellicules, etc. En moyenne, la quantité d’eau à employer dans ce traitement égale seize fois le poids des pommes de terre. Le lavage est suffisant quand, après quelques heures de repos, le liquide est inodore, incolore, clair, ou simplement opalescent. On filtre alors la pulpe et la sèche à l’air. On assure mieux sa conservation en la passant au four, mais en restant au-dessous de ioo°. Le produit est utilisé pour l’alimentation des animaux. Pour l’alimentation humaine il faudrait le tamiser.
- Les eaux de lavage, riches en principes azotés, peuvent être portées au fumier ou au compost. Mais si on les chauffe à l’ébullition, une partie de ces matières se coagule et on peut les donner au bétail avec la fécule. Le reste du liquide contient encore de l’azote amidé.
- Il est possible de favoriser la destruction complète des composés azotés par la fermentation anaérobie, c’est-à-dire à l’abri de l’oxygène de l’air :
- On écrase les pommes de terre et les met dans un cuvier, où on les couvre de 10 cm environ d’eau. Une quinzaine de jours suffisent, si le récipient est tenu à une température voisine de 20°. Ce temps écoulé, on passe la matière à travers un tamis en fils de fer à mailles de 1 cm, et le reçoit dans un tonneau disposé sur un des fonds, le supérieur étant enlevé, et la bonde fermée avec un bouchon. On arrête le remplissage quand la pulpe est arrivée un peu au-dessous de cette ouverture qui va servir pour la décantation.
- On ajoute de Peau dans le tonneau, et l’on procède au lavage de la masse en la brassant énergiquement. Après repos on ouvre la bonde pour faire écouler le liquide, tandis que la fécule reste dans la moitié inférieure du récipient.
- On renouvelle les lavages jusqu’à ce que le dépôt soit suffisamment propre et ait perdu toute mauvaise odeur.
- Pendant la fermentation dans la cuve il est bon d’ajouter un peu d’acide sulfurique (au plus 2 pour 100) ou d’acide chlorhydrique, et même dans la fécule après la décantation.
- On sèche ensuite celle-ci pour la faire servir à l’alimentation des animaux. Ce travail est facilité quand on
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- y mélange un excipient, mousse, balles de céréales, avoine à chapelet hachée et séchée, tourteau de palmiste, etc. ; le tout est alors passé au pressoir. Si l’on n’a pas ajouté d’acide, comme il a été dit plus haut, on peut maintenant tremper le produit pressé dans une solution d’acide sulfurique à 10 pour 100. Enfin on sèche au soleil ou au four.
- On a encore donné le traitement;1 suivant, plus expéditif. Les pommes de terre pourries sont cuites, puis réduites en bouillie. Après lavage à trois à quatre eaux, on égoutte, met en sac et presse fortement, puis fait sécher au four après la cuisson du pain.
- Ant. Rolet, Ingénieur agronome.
- Colle-ciment imperméable. — Chemical Age donne la recette suivante d’une colle-ciment imperméable.
- On prend :
- Caséine 100 gr.
- Chaux fraîchement éleinte . , 18 —
- Soude caustique 11 — ,
- Fluorure de sodium 3 —
- Huile de paraffine i,5 —
- On mélange et l’on ajoute 200 à moment de l’emploi. 2 5o cm5 d’eau au
- Conservation des solutions de ferricyanure. —
- On sait que les solutions de ferricyanure se conservent mal. Elles s’altèrent lentement et deviennent inefficaces en photographie. On a déjà proposé divers moyens de les stabiliser. Le Bulletin de la Société française de Photographie indique, d’après American Photographj, le procédé suivant qui est un des meilleurs : on ajoute à la solution de ferricyanure de potassium un ou deux cristaux de bichromate de potasse, puis on porte à l’ébullition et l’on verse le mélange immédiatement dans une bouteille.
- Élévateur de liquide simple. — On a souvent intérêt, quand on utilise des liquides inflammables ou dangereux tels que de l’essence ou de l’huile, à loger les récipients qui contiennent des réserves de liquide dans un sous-sol ou dans une partie enterrée ; on est ainsi mieux à l’abri des accidents et des incendies.
- Si l’on a affaire à de l’essence pour alimenter le réservoir d’une automobile, à de l’huile pour garnir les burettes dans un atelier, on peut loger le baril qui contient la réserve dans une cave; on est alors obligé de descendre dans le sous-sol pour chercher l’essence ou l’huile nécessaires.
- Il est plus commode d’assurer la distribution près de l’endroit d’utilisation et de remplir les récipients par la manœuvre d’un simple robinet. Pour faire monter l’huile depuis le baril jusqu’à l’étage supérieur on peut employer la pression de l’air comprimé, et il existe des appareils intéressants pour cet usage.
- Lorsque le débit n’est pas suffisamment grand, on peut reculer devant la dépense d’un tel appareil, mais malgré tout on peut utiliser le principe pour équiper une installation de ce genre avec des appareils courants dont on peut disposer.
- Le tonneau ou le baril placé sur un chantier dans le sous-sol sera muni d’un tube qui passe par la bonde centrale et qui descend sensiblement jusqu’au fond, ce tube remontera jusqu’à la partie supérieure où il sera coudé et muni d’un robinet.
- Il est nécessaire que le passage du tube par la bonde se fasse d’une façon très étanche, on pourra utiliser un raccord à vis formant presse-étoupe.
- L’air comprimé est amené à la partie supérieure du tonneau au voisinage de la bonde centrale par un tube vissé également d’une façon étanche sur le tonneau ou le baril; l’air comprimé nécessaire est envoyé par une pompe analogue à celle qui sert à gonfler, les pneumatiques. Plus la pompe sera de gros diamètre et plus la pression nécessaire dans le baril à la surface du liquide sera obtenue rapidement.
- L’emploi de l’air comprimé produit par la pompe devra passer par l’intermédiaire d’un obturateur; ce peut être un obturateur à bille qui se déplace dans un logement et qui s’appuie sur deux sièges de soupape ; mais il est
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- plus commode d’employer une valve usagée de pneumatique que l’on placera dans la position verticale habituelle pour le fonctionnement de l’obturateur de la valve.
- Le tuyau qui relie la pompe près de la valve avec le baril aura avantage à être coupé sur une certaine longueur pour être remplacé par un tuyau de caoutchouc de façon à donner plus de souplesse et à empêcher que les vibrations ne viennent diminuer l’étanchéité des joints.
- Ainsi en donnant quelques coups de pompe on envoie de l’air comprimé dans le baril, cet air comprimé agit sur la surface du liquide, lequel remonte et peut passer à travers le robinet de distribution quand celui-ci est ouvert.
- Si, lorsqu’on ouvre ce robinet, le liquide ne vient pas, il suffit de pomper pendant quelques instants pour assurer le débit nécessaire d’essence ou d’huile dont on a besoin.
- Tendeur de chaînes peu coûteux. — Lorsqu'on veut monter une chaîne qui est en place sur les roues, il est nécessaire de tendre la chaîne pour amener au contayt les deux maillons extrêmes que l’on veut réunir, soit par un rivet ou un boulon, soit par une agrafe quelconque.
- Il est assez difficile si l’on n’a pas d’outil spécial d’assurer une tension suffisante de la chaîne pour amener les maillons extrêmes au contact.
- Yoici un moyen très simple d’arriver à ce résultat. Dans une pince coupante ou une pince universelle quelconque on prépare à la lime deux petites encoches sur les branches de la pince à l’intérieur vers l’extrémité, de façon que ces branches puissent s’appliquer sur un des maillons de la chaîne.
- La pince est placée de cette façon sur la chaîne, les mâchoires en bas, et lorsqu’elle est dans cette position et que la chaîne se trouve placée sur les branches, on peut agir avec la main sur ces branches en cherchant à les rapprocher.
- Ceci a pour effet de tirer sur la chaîne de chaque côté et on peut, par une pression suffisamment énergique de la main sur la pince, amener au contact les deux extrémités à réunir.
- L’autre main est libre et elle peut alors enfoncer le boulon ou la vis de fixation au moment précis où se trouvent en correspondance les ouvertures dans lesquelles le boulon doit se fixer.
- Il suffit ainsi de monter l’écrou sur l’extrémité du boulon et la chaîne se trouve montée très rapidement sans dispositif particulier.
- Moyen pratique de conserver des bougies de rechange. — L’automobiliste avisé doit toujours emporter des bougies de rechange, celles-ci doivent être conservées soigneusement et elles ne doivent pas voisiner dans la boîte à outils, pour pouvoir être en état de fonctionner lorsqu’on aura l’occasion de les utiliser.
- Un bon moyen de conserver les bougies consiste à les maintenir dans leur emballage quand on les achète, ou bien à les envelopper de papier épais, en épaisseur suffisante pour que la bougie vienne rentrer à force dans un étui de savon Gibbs. Malgré tout, les bougies conservées de cette façon peuvent être placées dans le coffre à outils ou dans un endroit quelconque souvent peu inaccessible de la voiture.
- Lin automobiliste ingénieux a eu l’idée de préparer dans un bloc de bois deux logements cylindriques ayant le diamètre de la bougie et une longueur suffisante pour que la bougie se trouve complètement placée dans ce logement, le bloc de bois comporte deux ouvertures de ce genre, il peut donc contenir deux bougies et il est placé avec des vis sur le tablier de la voiture à côté du moteur. La fermeture est obtenue par une petite plaquette qui est vissée sur le bloc à la partie supérieure au moyen d’une vis ; le coin de cette plaque près de la vis en contact avec le tablier, quand la plaquette est fermée, est arrondi de façon que l’ouverture puisse se faire en faisant pivoter la plaquette autour de la vis, on découvre ainsi les bougies dans leur logement, et l’automobiliste quand il veut changer une bougie a immédiatement à sa disposition les bougies de rechange dès qu’il a levé le capot pour visiter le moteur.
- Il y a là une petite amélioration intéressante qui rendra des services surtout quand on est amené à effectuer un changement de bougie sur la route en pleine obscurité.
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- BOITE AUX LETTRES
- . AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement- **>
- Erratum. — Nos lecteurs ont pu reclifier sans doute les erreurs d’impression des figures de notre article sur la super-amplification à basse fréquence du n° 2542.
- Nous nous en excusons auprès d’eux; elles étaient d’ailleurs évidentes.
- A la figure 1, la connexion reliant le récepteur à la plaque avait été oubliée; les figures 2 et 3 avaient leurs numéros intervertis et la polarité 6 volts de la figure 4 était inversée. ^Au moins en signes.)
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Appareil à rayons X transportable (n° 254O). Constructeur : Victor X-Ray Corporation, 236, South Robey Street, Chicago.
- Réponses. — M. M. Piot, à Ciry-le-Noble (Saône-et-Loire). — Voici une formule de pâle dentifrice se rapprochant de la marejue dont vous parlez :
- Miel blanc...............i5o grammes.
- Glycérine..................100 —
- Carbonate de chaux précipité . 200 —
- Poudre d’iris . ...........100 —
- Essence de menthe............, 2 —
- Acide phénique neige. .... 1 —
- Faire dissoudre au bain-marie le miel dans la glycérine, colorer par quantité suffisante de carmin au bi-tartrate, laisser refroidir et ajouter en broyant au mor-
- tier le carbonate de chaux et la poudre d’iris préalablement additionnés d’essence de menthe et d’acide phénique, malaxer jusqu’à homogénéité parfaite.
- Le carmin au bitartrate s’obtient comme suit :
- Prendre : Cochenille pulvérisée . 10 grammes.
- Alun pulvérisé .... 2,5 —
- Crème de tartre. . . . 2,5 —
- Eau distillée............i5o —
- Porter l’eau à l’ébullition, ajouter la cochenille, puis au bout de quelques minutes l’alun et la crème dé tartre, faire boullir à nouveau, laisser refroidir et filtrer. ' '
- M. le Dr Lacube, à Retournac (Haute-Loire). — Les lamelles transparentes désignées sous le nom de micas ne sont le plus souvent que des feuilles de celluloïd, leur réparation doit donc s’effectuer avec des lames de même nature fixées par une colle au celluloïd du type suivant :
- Celluloïd. ................... 5 grammes.
- Acétate d’amyle...............10 —
- Acétone....................... 10 —
- Ether sulfurique.............. 10 —
- Faire digérer en flacon bien bouché jusqu’à obtention d’une masse sirupeuse. Avoir soin d’aviver les parties à joindre avant réunion, opérer loin de tout foyer pour éviter l’inflammation des vapeurs.
- M. Bigot, à Paillencourt (Nord). — i° Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter ici la question très étendue du nickelage, veuillez consulter •pour cela l’excellent ouvrage de Levasseur, Les Métal-lurgies électrolytiques, éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins. — 20 L’argenture du verre par le procédé Lumière s’èffeclue ainsi : On fait une disso-
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- BOITE AUX LETTRÉS
- lution de xo gt\ de nitrate d’argent dans 200 cni3 d’eau distillée, on sature exactement avec de 1’âmmoniaque ajoutée goutte à goutte jusqu’au moment Où le précipité qui se forme d’abord est redissous.
- On prépare ensuite une dissolution de formol réel à 1 pour 100. Gommé lé formol du commerce est a 40 pour 100, on prendra 2 gr. 5 de formol du commerce que l’on amènera à 100 cm3 pour avoir la dissolution voulue.
- 1 Au moment d’àrgenterlà laine de verre, bien nettoyée, on mélange les deux solutions et on verse le tout sur la glace, placée par exemple dans une cuvètte photographique. La condition essentielle à observer est de recouvrir d’un seul coup la surface à ai'genter. Le dépôt argëntique se fait dans l’espace de 5 à 6 minutes, on lare ensuite à grande eau, laisse sécher et nettoie l’envers de la plaque:
- M. H. Rebière, à Coqueiros (Brésil). — Il vous sera facile de débarrasser vos sacs de jute dé la chaux qui les souille èn lès trempant dans un bain contenant environ 5 pour 100 d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique), puis en rinçant à fond après essorage entre deux rouleaux pour éliminer le chlorure de calcium formé. Mais une condition essentielle sera ensuite de passer les sacs lavés dans une solution légère de carbonate de soude (cristaux) à 1 pour 100 de façon à neutraliser toute trace d’acide et poür éviter l’épaillage. Un rinçage subséquent est inutile et les sacs peuvent être mis à sécher tels quels; c’est-à-dire imprégnés de carbonate de soude.
- M. R. Fleurent, au Vésinet. — Les revêtements de planchers dont vous parlez sont effectivement obtenus en délayant de la magnésie lourde dans du chlorure de magnésium et en iücürporaüt à la masse de la poudre de liège ; vous trouverez ces produits dans les maisons qui suivent : Blanc, 88, boulevard Magenta, toe; Brousse, 9, rue de Lagny, 20°.
- Automobiles Renault, à Billancourt. — i° "Voir là x'épbnse précédente à M. Fleurent, au Yésinet. — 20 Le nickel noir est une patine donnée éleetrolytiquenient aux objets par un dépôt mixte de nickel et de carbone. Pour l'obtenir on commence par nickeler suivant le procédé habituel, puis on introduit dans üü bain électrolytique composé de sulfate de nickel, d’ammoniaque et d’hypo-sullite de soude. Vous trouverez des renseignements très précis sur la question dans l’ouvrage Les Métal-lurgies électrolytiques de Levasseur, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- Sao Paulo Club (Brésil). — i° La coloration des fruits dont nous avons parlé consistait à injecter à l’intérieur des oranges une solution d’une couleur d’aniline pour leur donner les caractéristiques des sanguines ; quant à leur coloration extérieure elle pourrait également être réalisée par une pulvérisation d une solution alcoolique d’orange par exemple, mais nous devons vous mettre en garde au sujet de l’interprétation qüi sera faite de cette pratique par le service des fraudes. — 2° Tous les fers peuvent être employés dans les constructions en ciment armé, là présence du titane n’est pas un empêchement.
- M. Gauthereau, à Huatabaiiipo (Mexico). — Le tannage au chromé qui prend actuellement une importance croissante consiste à imprégner la peau d’afcide ehro-mique par immersion dans une solution de bichromate acidulée par l’acide chlorhydrique ou sulfurique, puis à réduire cet acide chromique pàr un réducteur tel que l’hyposulfite de soude, ce qui met en liberté de l’oxyde de chrome qui se comporte en présence deS fibres dé la peau comme le tanin en donnant naissance à un composé insoluble. Dans le procédé Procter, type des procédés actuels, le réducteur employé est le glucose, le bain est par exemple composé de :
- Bichromate de soude............. 90 kg
- Acide sulfurique................ go —
- Glucose........................ 3o —
- Eau.................... . . 2s5 litres.
- Au lieu de bichromate on peut avoir recours à l’alun de chrome, sel que l’on trouve dans le commerce en beaux cristaux couleur améthyste ou au sulfate basique de chrome plus riche en chroine puisqu’il renferme de 25 à 28 pour 100 d’oxyde de chrome Cr203.
- Après les opérations habituelles de reverdissage, chaulage, déchaulagè, etc., qui doivent être faites très, soigneusement; on soumet les peaux à un pickelage à l’acide sulfurique et au sel, où les fait égoutter, puis on
- les met dans une solution contenant 8 kg de sel commun et 10b à 1 5o litres d’eau fraîche pour 100 kg de peaux en tripes; on met le tonneau en mouvement et on ajoute par l’axe creux un tiers d’une liqueur de chrome obtenue en dissolvant 7 à 8 kg de sulfate basique de chrome dans 5o litres d’eau tiède auxquels on ajoute ensuite 5o litres d’eau froide.
- On fait tourner les peaux pendant une demi-heure à une heure dans Ce px’emier tiers de liqueur chromique, puis on ajoute le deuxième tiers et on lait tourner à nouveau les peaux pendant le même temps, enfin on ajoute le dernier tiers et une solution de soude caustique suffisante pour que le liquide présente une réaction faiblement basique, mais bien visible. On continue à fouler les peaux 2 à 4 heures suivant épaisseur et on se rend compte par une coupe, de temps à autre, de la pénétration du chrome. On arrête le foulon quand la structure est bien homogène, laisse reposer la nuit. Le lendemain matin on foule à nouveau pour enlever les plis de la peau, on les sort du tonneau et les fait sécher sur des tréteaux. Pour les opérations générales de tannerie, consulter les Matières animales de la Collection Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens, et pour le tannage au chrome en particulier un excellent article de la revue Le Cuir, ior février 1922, 54, rue de Bondy, Paris, X°.
- M. Guignabert, à Tours. — Les spécialistes opèrent habituellement comme suit pour tanner les peaux de crocodiles. Laisser trempêr pendant 10 à 12 jours dans l’eau contenant un peu de sulfate de zinc, la peau alors bien aixiollie est écharnée, raclée, lavée, puis plongée pendant un jour ou deux dans un bain composé de :
- Eau ordinaire ....... 20 litres.
- Borax........................ 200 gr.
- Acide borique................. 800 -—
- Acide tartrique. . . ... 5oo —
- Alumine en gelée............. 1000 —
- On laisse égoutter et plonge pendant le même temps dans :
- Phosphate de zinc. ..... 5oo gr.
- Benzoate d’aluminium-, . . . 5oo —
- Glycérine.....................1000 cm3
- Alcool dénaturé............... 4°° —
- Eau ordinaire.................. 20 litres.
- P’inalement on laisse sécher à l’ombre,
- M. L. de Ferluc, à Yinca (Pyrénées-Orientales). — Les sommités fleuries de la Lavande (Lavandula vera) peuvent être utilisées pour extraire au moyen de la vapeur d’eau une essence très appréciée dont les principes constitutifs sont des éthers acétique et butyrique d'un alcool, le linalol, l’essence contient en outre du géraniol, du cinéol et du pinène. L’extraction ne présente aucune difficulté, car il suffit de distiller dàns un alatnbic en présence de l’feàü, la séparation dé l’essence se fàit ensuite avëc un récipient florentin. Le rendement est de 8,5 pour 100 d’essence de première qualité et o,5 pour 100 d’essence de seconde qualité. Yous trouverez des appareils de distillation chez Deriveau, 10, rue Popincourt; Egrot, 19, rue Mathis, à Paris; Bernard, 28, rue Geoffroy-Lanier. Gomme maisons susceptibles d’achat de l’ësseùCe : Lautier fils, à Grasse; Yerley, 8, quai de là Marine, à Saint-Denis, Seine.
- M. le Médecin Chef, Infirmerie de Taroudant (Maroc). — Régénération d'une luzernière envahie par le chiendent. — On peut, par l’eînploi d’engrais phosphatés et potassiques, et pàr les hersages répétés, régénérer une luzernière. La luzerne, poussant alors vigoureusement, étouffe les plantes adventices, sa végétation prenant le dessus. Mais il est assurément plus difficile de réaliser cette régénération lorsque la luzernière est fortement envahie par le chiendent ( Tritiçum Repens. L ou Agro-pyrum Repens), plante vivace, à racines rampantes ou rhizomes souterrains portant des nœuds et dont chaque éclat, pourvu même d’un seul œil laissé sur ou dans le sol, reproduit un nouveau pied: Dans les terres arables, les laboufs supex'ficiels et souvent répétés exposent les racines du chiendent à l’action du soleil et finissent par le détruire. Dans les luzernièrës, là destruction radicale est certainement moins facile, c’est pourquoi On ne doit créer ces prairies artificielles que sur des terres qui ont été nettoyées par la jachère ou par une culture de plantes sarclées. On peut essayer de détruire le chiendent en hersant ou labourant la luzernière chaque année, vers la fin de l’hiver. Si, par ces opérations, on
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- BOITE AUX LETTRES
- ne réussit pas à débarrasser le sol infesté — le chiendent se multipliant aisément et rapidement — et si la fumure phospho-potassique n’a pas donné à la luzerne une vigueur suffisante pour qu’elle étouffe le chiendent, il n y a pas d’autre ressource que de retourner la luzer-nière, pour ne procéder à un réensémencement que quelques années plus tard, lorsque des labours et hersages répétés auront fait disparaître le chiendent complètement.
- La fumure comporterait par hectare : superphosphate 3oo à 400 kgi chlorure de potassium 200 kg, plâtre 200 kg. Faire ensuite un vigoureux hersage.
- M. Nortier, à Tavers (Loiret). — L’appareillage employé pour la concentration du moût de raisin d’après les procédés Guyon a fait l’objet d’un brevet dont la « Société industrielle d’utilisation des raisins et autres fruits », à Carcassonne, paraît s’être réservé l’exploitation, du moins quant à présent. Nous ne possédons pas les éléments nécessaires pour donner de plus amples indications sur les détails d’application de ces procédés. Pour cette raison, nous ne sommes pas renseigné sur les caractéristiques des appareils inventés et mis au point par M. GuyOn. Mais nous savons que ces appareils peuvent s’adapter à tous les genres de traitement, et traiter de grandes quantités de produits avec le minimum possible de dépense en force motrice et en combustible.
- La firme qüi construit les appareils s’est engagée, paraît-il, à- conserver le secret le plus absolu sur les procédés de fabrication et à ne vendre des appareils qu’à la Société précitée ou par son intermédiaire.
- Pour savoir s’il est nécessaire de disposer de l’énergie électrique, et dans quelles conditions il conviendrait d’opérer sur de petites quantités de moût, il faudrait
- connaître le mode de préparation dans tous scs détails.
- Nous ne pourrions que vous conseiller de vous adresser à M. J. Guyon, ingénieur, 61, rue de la Gare, à Carbassonne.
- Dr C., place Grangier, à Dijon. — Il existe des petits tracteurs agricoles adaptés à la culture de la vigne. Voici la nomenclature des divers modèles présentés aux dernières expositions et aux essais de motoculture :
- Tracteur «Beeman » (Société La Traction et le matériel agraires, Paris, 18, rue de Mogador, 9e); Tracteur viticole « Ara » (Société Ara, Paris, 2, rue de Viennè, 8e) ; Tracteur « Viticultural » (Etablissements « Agri-cultural », 25, route de Flandre, à Aubervilliers (Seine) ; Tracteur « César » (Mertens, Mottet et C‘e, Paris, 28, rue Saint-Lazare, 9e); Tracteur « Agro w (Paris, 116 bis, rue de Tocqueville, 17e); Tracteur « Clétrac » (Allied Machinery C° de France, Paris, 19, rue de Rocroy, io°) ; Tracteur « Midweet Utilitor » (Geo Dupuy, Paris, 31, rue Poussin, 16e); Tracteur a Chapron » (Etablissements B. Chapron, 45, rue de la République, à Puteaux (Seine), et deux types de moto-charrue de cette même marque; le petit motoculteur « S. O. M. U. A. », type C (Compagnie S. O. M. U. A., 19, avenue de la Gare, à Saint-Ouen (Seine); le « Cultivateur T-P » et le « Vi-gnoculteur T-P » Matériel agricole « Messidoi » (Etablissements Pétard et Préjean, Paris, 4L rue de Liège, 8e) ; binëuse automobile Bauche, modèle vigneron (Bauchè et Cio, Le Chesnay, près Versailles (Seine-et-Oise) ; Tracteur Etroit d Scemia », type E-10 (Société de construction et entretien de matériel agricole, Paris, 9, rue Tronchet, 8°); Tracteur « R. D. » (tracteur R. Dubois, type A) (i3o, avenue de Neuilly* à Neuilly-sur-Seine); Tracteurs a Alma » (Paris, 27, rue Quentin-Bauchart, 8e).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Natuke se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compté des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. . - -.....—
- Introduction à la théorie de la relativité, calcul différentiel absolu et géométrie, par H. Galbrun, i vol. 460 p. Editeurs GaUthier-Villars et Cie, Paris, 1922. Prix : 60 francs.
- Cet ouvrage est surtout mathématique : après une étude complète des méthodes du calcul différentiel absolu, l’auteur expose la théorie du déplacement parallèle d’un vecteur, selon M. Lévi-Cività et selon M. Weyl. Dans une seconde partie, il analyse les difficultés présentées dans la théorie électromagnétique classique par l’interprétation des expériences de Michelson et de Fizeau ainsi que la solution que M. Einstein s’est proposé de leur donner en imaginant la théorie de la relativité restreinte.
- Quand la lumière fût..., par Louis Maillard*, Tome I, Les cosmogonies anciennes, 1 vol. in-8, 214 p., 49 %•> 6 pi. Les Presses universitaires de France, Paris.
- On sait combien évolua là conception humaine du monde, depuis les peuples primitifs et les anciennes civilisations jusqu’à nos jours. M. Maillard a entrepris l’œuvre, hautement philosophique, de faire défiler en Un raccourci toutes les cosmogonies; Ce premier livre richement illustré, fort bien présenté, est consacré aux conceptions anciennes : idées mythiques des primitifs actuels et des anciennes civilisations américaine, indoue, chinoise, japonaise, chaldéenne, phénicienne, égyptienne, hébraïque, arabe, slave, Scandinave, été.; cosmogonies géométriques des Grecs, qu’elles Considèrent la terre plane (Ioniens) ou sphérique, et dans ce dernier cas immobile (Pythagore)
- ou mobile (Philolaüs). L’auteur rappelle les cercle de Platon, les sphères d’Aristote, les épicycles excentriques de l’Ecole d’Alexandrie. Le tout forn utte histoire claire et ordonnée de l’évolution d; idées sur la constitution du monde et fait impatiei ment attendre le tome II qui exposera les cOsmogon, modernes.
- Notés sur lès courroies de transmission, par R. Dei veuve. 1 vol, 72 p., 33. fig.,t abaque hors texte. Bér?*, ger, éditeur, Paris, 1922. Paris : 12 francs, y
- L’auteur étudie sommairement les substan entrant dans la confection des courroies, puis me comment on calcule une courroie ; il donne ensuit* tableaux de coefficients pratiques permettant d’ tuer ces calculs, il y ajoute d’utiles conseils choix, l’entretien des courroies et la proteclf ouvriers.
- Recueil d’Eléments des prix de coiist.
- Mégrot (nouvelle édition). 1 vol. 872 éditeur, Paris; 1922. Prix : relié 25 fram
- Cet utile recueil indique les temps néces; effectuer les divers travaux élémentaires semble constitue une construction; il contient des tableaux de poids et résistance des diver,. riaux, ainsi qu’un lexique qui constitue un dictio abrégé de la construction.
- IJ Eclairage et le démarrage électrique des automobiles,• par R. Bardin, i vol. in-8, 64 p., 38 fig. Desforgès, éditeur, Paris, 1922. Prix : 3 francs.
- Cet ouvrage expose lé principe, lè fonctionnement et les soins à donner à l’équipement électrique d’une automobile.
- L’auteur n’a pas examiné toutes les solutions fort nombreuses données à ce problème ; il s’est borné à en choisir quelques-unes parmi les plus répandues aujourd’hui. Leur étude permettra au lecteur d’en comprendre le mécanisme.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le menuisier pratique, par R. Le Bœuffle. i vol., i5i p., 287 fig. Hachette, éditeur. Paris, 1922.
- Petit livre destiné à l’amateur et au débutant, contient des notions sur les bois, l’énumération des outils du menuisier, la description avec croquis à l’appui des travaux les plus courants : assemblages usuels, habillages, cloisons et lambris, portes, fenêtres, volets, parquets, tables, chaises, etc.
- Le Doryphore, chrysomèle nuisible à la pomme de terre, par le Dr Jean Feytaud, numéro spécial de la Revue de zoologie agricole et appliquée. 1 br. in-8, 48 p-, i3 fig., 1 pl. en couleurs. Faculté des Sciences de Bordeaux. Prix : 2 fi\ 5o.
- Toute la documentation nécessaire pour la lutte contre le Doryphore est réunie dans cette brochure : anatomie, biologie, moyens de défense, réglementation administrative.
- Recherches sur les constituants morphologiques du cytoplasma des algues, par G. Mangenot. i vol. in-8, 34o p., 24 lig. et 16 planches. Archives de Morphologie générale et expérimentale, G. Doin, éditeur. Prix : 3o francs.
- De ses recherches qui portent sur tous les principaux groupes d’algues, l’auteur a tiré de nombreux résultats, les plus importants sont les suivants : les plastes chlorophylliens ont une évolution étroitement calquée sur l’organisation morpho-physiologique. Lorsque l’appareil végétatif est très simple (Vauche-ria), les chloroplastes sont uniformément répartis et ont le même aspect pendant toute l’évolution. Au contraire, quand l’appareil végétatif est complexe (type Lemanea — généralité des algues rouges), les plastes se présentent sous des aspects très divers : tandis qu’ils sont bien caractérisés dans les cellules exerçant l’activité photosynthétique ils existent, dans celles qui jouent d’autres rôles, sous forme de bâtonnets décolorés dont les réactions histo-chimiques répondent exactement à celles des chondriosomes.
- L’auteur montre ensuite l’importance morphologique que prennent chez certaines Algues les formations dépendant du système vacuolaire. Il prouve ainsi que les « grains de fucosane » des Phéophycées ne sont que des précipités du suc vacuolaire. Au point de vue des grains d’amidon des Floridées, l’àuteur modifie encore nos idées, et montre qu’il faut les considérer comme formés d’une substance beaucoup plus voisine du glycogène que de l’amidon. Signalons encore la découverte d’un processus nouveau, fort intéressant, de fructification, chez un Delesseria, et la solution du problème si controversé de la structure de l’anthérozoïde de Fucacées.
- Researches on Fungi. "Vol. II. Further Investigations upon the Production and Liberation of Spores in Hymenomycetes, par A. H. Reginald Bueler. r vol. in-8, 492 p., ^ 157 fig. Longmans, GreeN et C°, Londres. Prix : relié 25 sh.
- li auteui^ professeur de botanique à l’Université de Manitoba, avait publié en 1909 un premier ouvrage sur cette question. Il a poursuivi depuis ses recherches et vient de réunir les nouveaux résultats obtenus dans ce volume. Il y examine, espèce par espèce, la production et la libération des spores chez les Hymé-nomycètes, montrant les adaptations remarquables'de la structure à la fonction. Le tout forme une série de monographies importantes a consulter par les mycologues.
- Physikalische Chemie der Zelle und der Geœebe, par Rudolf Hober, i.r® partie, 5° édition entièrement remaniée. 1 vol. in-8, 544 P-, 81 fig. Wilhelm Engel-mann, Leipzig. Prix : 20 francs suisses.
- L’ouvrage de Hober est le seul traité complet et bien à jour des questions physico-chimiques appliquées aux cellules et aux tissus. Son apparition, en 1902, marqua un changement de nos conceptions sur la vie. Depuis, ses éditions se sont succédé, toujours plus amples et plus complètes. La dernière datait de la veille de la guerre, juin 1914* Depuis, les progrès
- ont été à pas de géants, tant dans les recherches de chimie physique pure (comme les lecteurs de La Nature le savent bien) que dans les études cytologiques. Une mise au point de toutes les questions était donc nécessaire: la* 5“ édition de l’ouvrage de Hober y satisfait. Les faits sont maintenant si nombreux que le nouveau traité comprendra deux volumes. Le premier qui vient de paraître rappelle tout d’abord les notions de chimie physique indispensables : théorie des solutions, pression osmotique, dissociation électrolytique, concentration ionique, tension superficielle, colloïdes, ferments, puis aborde leurs applications à la cellule et aux tissus.
- I microscopici Dispositivi periferici dei Nervi, par le professeur A. Stefanelli. i vol. in-16, 114 p-> 66 fig. Sonzogno, Milan. Prix : 4 lire.
- Petit livre1 de vulgarisation pour les étudiants, où l’auteur passe rapidement en revue le tissu nerveux (cellules et fibres), les organes des sens et les sensations, puis plus en détail les terminaisons nerveuses dans la peau, les muscles, l’œil, l’oreille, etc. Celles-ci fort nombreuses et fort curieuses de forme sont bien connues anatomiquement, mais l’on n’a pas encore expliqué leur mode de fonctionnement.
- Pasteur, Vhomme et l’œuvre racontés à nos enfants, par L. Descour, i vol. in-16, 67 p. avec un portait de Pasteur. Delagrave, Paris. Prix : 2 fr. 5o.-
- Pour associer la jeunesse à la commémoration du centenaire de Pasteur, l’auteur de Pasteur et son œuvre a écrit pour ses petits enfants ce petit livre accessible à tous, qui fait renaître sous une forme simple l’œuvre magnifique dont tous les jours, souvent sans le savoir ou sans y prendre garde, nous ressentons tous les bienfaits.
- L’éducation physique rationnelle. La Méthode. Les Maîtres. Les Programmes, par le Dr Philippe Tissié. 1 vol. in-16, 224 p., 37 fig. Félix Alcan, Paris. Prix : 9 francs.
- Plaidoyer en faveur des conceptions de l’auteur relatives à une éducation physique basée sur la méthode suédoise de Ling.
- La préhistoire, par le Dr Capitan. i vol. in-16, x57 p., 26 pl. Collection Payot, Paris. Prix : relié 4 francs.
- Bon petit exposé de l’état actuel de cette science, exposant les migrations, les industries de paléolithique, les habitats, les mégalithes, les métaux du néolithique et aboutissant à un tableau résumant l’évolution humaine préhistorique.
- Travels of a Consular Officer in Easiern Tibet, togelher 1 vith a Ilistory of the Relations between China, Tibet and India, par Eric Teichman, i vol. in-8, 248 p., 64 pl., 7 cartes et 1 grande du Thibet oriental. Cambridge University Press. Prix : relié, 25 sh.
- Ce livre est du modèle de ceux que les Anglais réussissent si bien quand ils racontent sans prétentions leurs voyages. M. Teichman a parcouru ces régions peu connues du Shensi et du Kansu à la limite de la Chine et du Thibet; il a observé les conflits sur cette frontière en 1918; il a servi comme médiateur entre les partis. Son séjour, ses fonctions, ses déplacements lui ont permis de connaître en détail un territoire dont beaucoup de points n’étaient même pas encore relevés sur une carte. Son livre nous donne non seulement la topographie des lieux, mais leur aspect, grâce à de nombreuses photographies. Puis l’auteur a bien observé les gens et les choses et il nous donne son point de vue plein de sagesse et de bon sens’ sur les grandes questions de cet Orient mal connu qu’est la Chine : le pétrole, l’exportation de coton de Tientsin, les chemins de fer, l’opium, etc. Ses réflexions sur les missions catholiques en Chine sont pénétrantes. Son jugement des hommes d’Etat chinois et du chaos actuel de l’Empire du Milieu nous expliquent bien les faits qui ont suivi la révolution. C’est un livre calme, documenté, attrayant comme un beau voyage et qui fait penser.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2545
- 13 Janvier 1923
- Chroniques de T. S. F.
- Le collecteur d’ondes. Le cadre. — Différents modèles adaptés à la radiotéléphonie. Détails de construction. — Tout poste émetteur de T. S. F. ou de radiotéléphonie, qu’il soit à arc, à étincelles, à alternateur ou à lampe, transmet par l’intermédiaire de son antenne des vibrations à l'éther environnant. Cet éther, milieu
- hypothétique des physiciens, impondérable etinfiniment élastique, existe dans tous les corps, solides, liquides ou gazeux, dans les espaces atmosphériques et même dans ceux que nous avons l’habitude d’appeler vides.Les vibrations de cet éther, produites par le poste d’émission, se propagent sous forme d’ondes circulaires autour du point d’émission, de même qu’une pierre jetée dans l’eau produit des ondes visibles à la surface d’une eau tranquille. Il y a évidemment uniquement transport d’énergie, et non de matière. Ces ondes se propagent donc à travers tous les corps puisque l’éther est dans tout. Mais cependant les rayons hertziens ne traversent pas les corps métalliques avec la même facilité ; ces derniers les absorbent en grande partie, de même que les corps opaques arrêtent les rayons lumineux. Les corps métalliques vont donc capter l’énergie transmise par les vibrations de l’éther en vibrant à leur tour, et l’on conçoit ainsi que le premier élément d’un poste récepteur doit être un ensemble métallique, antenne ou cadre, qui sera le collecteur d’ondes. Tout poste d’émission est caractérisé par sa longueur d’onde; c’est le chemin parcouru par l’onde pendant la durée d’une période T. (La période est l’espace de temps dans un mouvement vibratoire, au bout duquel le mouvement se fait de nouveau dans le même sens et avec la même intensité.) On peut d’ailleurs toujours représenter des vibrations par une courbe; les vibrations électriques seront représentées par des courbes (fig. i) en prenant comme abscisses les temps et comme ordonnées les tensions.
- La vitesse des vibrations électriques est la même que celle de la lumière et aune valeur constante Y=3ooooo km par seconde; soit X la longueur d’onde d’un poste; comme c’est le chemin parcouru par l’onde pendant la période T, on ppurra écrire la formule :
- X (kilomètres) = Y (kilomètres) T (secondes)
- Amplitude
- Fig. i. — Ondes électriques (entretenues).
- Fig. 2. -
- JZ
- Spirale plate
- C, i o X.
- Cadres schématiques.
- -formule fondamentale.
- Les longueurs d’ondes actu elle m ent employées en T. S. F. vont de quelques dizaines de mètres aune vingtaine de kilomètres.
- On voit que la fréquence, nombre d’oscillations par
- seconde
- est inversement proportionnelle à la lon-
- gueur d’ondes.
- Le cadre. — Un cadre se compose en principe d’un fil métallique enroulé en spirale plate ou en hélice sur une armature isolante (fig. a).
- Pour que le cadre puisse recevoir les ondes du poste transmetteur, il faut que son plan, c’est-à-dire le plan de ses spires, soit dirigé dans la direction de ce poste (fig. 3).
- En effet, lorsque le cadre est dans une position perpendiculaire à la position primitive, les ondes ne le traversent plus et lui sont pour ainsi dire tangentes. (Principe de la radiogoniométrie.) Un cadre a une longueur d’onde propre, c’est-à-dire que par sa construction même, il est adapté à résonner pour une onde de longueur déterminée. Très approximativement, on peut dire que la longueur d’onde propre d’un cadre tel que ceux que nous allons décrire est d’environ 5 fois la longueur du fil le composant; ainsi un cadre carré de i m. comportant 5o spires aurait une longueur d’onde propre de iooom. On peut d’ailleurs calculer la self d’un cadre au moyen des formules que nous indiquerons plus tard lorsque nous traiterons des appareils d’accord.
- Théoriquement, à toute longueur d’onde que l’on désire recevoir, correspondent pour le cadre des dimensions déterminées, un nombre de spires et un écartement de ces spires; des abaques permettent même d’établir ces données.
- En pratique, un cadre construit suivant les indications ci-dessous permettra la réception d’une gamme assez étendue de longueurs d’onde variant de plusieurs milliers de mètres. Nous pouvons diviser les cadres en deux classes distinctes : les cadres en hélice, les cadres à spirale plate. Ces derniers usités surtout pour la réception des petites longueurs d’onde et la radiogoniométrie (recherche de la direction et de l’emplacement des postes).
- Le cadre à spirale horizontale peut être bobiné « sur air » ou sur bois, c’est-à-dire que le fil peut être soutenu seulement en quelques points ou reposer seulement sur la carcasse.
- La forme du cadre n’a aucune importance au point de vue du rendement; la plus simple est la forme carrée ou rectangulaire.
- Le modèle le plus élémentaire de cadre destiné à la réception des émissions radiotéléphone ques de 1200 à 4ooo m. peut simplement se construire en bobinant du fil de cuivre de 6 à 8/io de millimètre isolé par deux couches coton sur une carcasse en bois préalablement gommelaquée (avec du vernis obtenu en dissolvant de la gomme laque dans de l’alcool à brûler).
- Pour construire la carcasse, on prendra des planchettes en bois blanc ou en hêtre, généralement de i à 2 cm d’épaisseur, et on les assemblera au moyen de vis ou de clous; il sera meilleur de coller également les coins. Une bonne dimension est le cadre d’un mètre, et dans ce cas les planchettes auront une longueur d’un mètre et une trentaine de centimètres de largeur. Au-dessous le cadre donnerait un rendement insuffisant; on pourra construire un cadre de dimensions plus grandes si l’on a l’emplacement disponible, mais l’augmentation de puissance n’est nullement proportionnelle. Une fois la carcasse terminée et gommelaquée ou -paraffinée (en l’imprégnant à l’aide d’un pinceau de paraffine chaude) on bobine sur le cadre de 1 m. environ 40 spires écartées, de 5 à 8 mm; pour le cadre de 2 m. ii faudrait environ z5 spires écartées de 1 à 2 cm. Les fils d’arrivée du cadre viennent aboutir à des bornes fixées sur une plaquette d’ébonite; quand le bobinage est fait, on peut passer sur le fil quelques couches de gomme laque et le dissimuler avec dû'papier ou de l’étoile si on le désire. Un rebord formé avec une baguette clouée ou vissée surélève le cadre et empêche le fil de venir en contact avec le sol (fig. 4)-
- Il est très commode pour pouvoir donner au cadre l’orientation favorable de le placer sur un support pivotant (fig. 5). Ce support est très facile à construire, la planchette, avec rebords portant le cadre, glisse simplement sur le pied fixe au moyen d’un plateau circulaire en bois, une vis avec écrous permet le serrage.
- Orientation du cadre.
- Fig. 3.
- 13 I»
- 2
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- I *Un cadre tendu sur air est encore mieux isolé; une carcasse de i m. servant à construire un cadre de ce genre est représentée par la figure 6.
- Des lames de bois blanc ou de hêtre forment la carcasse proprement dite; des bâtons d’ébonite de 2 à
- . 1 Fils d'arri vés Xdu cadre
- Plaquette .... ébonite avec bornes
- Fig1. 4. — Cadre ordinaire de i mètre.
- 20/1 o° environ composé de brins de préférence isolés à l’émail. Ceci dans le but de diminuer la résistance du cadre qui pourrait empêcher toute réception. Les spires seront entrés petit nombre et très écartées les unes des
- Crochet pour suspension au plafond quand on ne place pas le cadre sur support
- Croisillon en coupe
- Isolateurs
- Fig. 8. — Cadre pour ondes courtes.
- 3 cm de diamètre servent à supporter le fil et à le tendre. On peut tracer à la scie des entailles sur les bâtons d’ébonite pour éviter le glissement du fil.
- Si l’on désire construire un cadre tendu sur air de
- plus grandes dimensions, la carcasse devra être plus robuste, soutenue par des croisillons latéraux et de la forme indiquée par la figure 7.
- À l’aide d’un cadre de 2 m. comportant35 spires et du modèle ci-dessous, on a de très bonnes réceptions à Paris de la téléphonie de Kœnigs-Wüsterhausen.
- Pour recevoir les ondes au-dessous de 1000 m. il va\idra mieux employer un cadre en spirale plate. On
- Pied fixe
- Fig. 5. — Support pour cadre.
- Bâton
- ébonite
- Croisillon
- de scies
- Bâton ébonite
- Bâton ^. ébonite
- Fig. 6. — Carcasse de petit cadre tendu sur air.
- peut à la rigueur enrouler le fil sur des poulies isolantes en os ou en porcelaine fixées sur une porte, une armoire, etc..., mais ce système a l’inconvénient d’immobiliser le poste, il vaut mieux construire d’abord une
- Bâton ébonite soutenu par~ planchette bois
- Croisillon . èpaissC 2°P
- 2è 3eî”
- Coupe
- d'un croisilhn
- Fig. 7 :— Carcasse pour grand cadre tendu sur air.
- autres et le cadre généralement de grandes dimensions ; ainsi on reçoit le Bourget sous 900 m. avec un cadre de 2 m. comportant 7 spires écartées de 5 cm. La réception des concerts de La Haye (io85 m.) peut se faire avec un cadre de 1 m. 5o comportant 5 spires espacées de 5 centimètres.
- Quand on emploie certains procédés de réception très puissants tels que la super-hétérodyne et la superréaction, on peut utiliser pour la réception des ondes courtes des cadres de dimensions beaucoup moindres et plus simples. Ainsi, le cadre utilisé par M. Armstrong pour ses démonstrations avait o m. 90 de côté, était formé simplement d’une croix montée sur pivot dont les branches portaient quaLre plaquettes d’ébonite isolantes avec entailles ou isolateurs sur lesquels on enroulait le
- fil (%• 9)-
- Remarquons d’ailleurs ^ que l’on pourrait se servir pour la réception des petites ondes d’un cadre normalement adapté à la réception d’ondes plus longues, il suffirait de le coupler avec une self variable.
- La self totale obtenue serait plus petite et permettrait la réception des ondes courtes, mais cette méthode donne des résultats très irréguliers et demande des réglages longs et minutieux.
- Le cadre devra être réuni aux appareils d’accord avec des connexions aussi courtes et aussi peu résistantes que possible. La q^osilion d’un cadre n’a pas grande importance, cependant il doit être écarté de toutes
- Isolateurs
- _Pfaqueite ébonite Plateau en bois de soutien
- Support
- \pivotant
- Clavette
- Fig. 9. — Petit cadre pour ondes courtes.
- carcasse telle que celle indiquée par la figure 8. Sur les croisillons sont fixés des isolateurs au moyen de clous ou de vis et l’on bobine le fil sur ces isolateurs; on peut également placer le cadre sur support pivotant ou le suspendre au plafond pour permettre son orlentatipn. Pour ces cadres on emploiera soit du fil de gros diamètre de 8 à 12/10° de millimètre isolé, deux couches colon ou gutta qu’on doublera, soit mieux du câble de
- masses métalliques telles que coffre-fort, radiateur, véranda, etc.... Un cadre placé dans une maison ou un hall comportant une armature métallique donnera forcé? ment des résultats moins bons, car telle une cage de Faraday, la membrure métallique interceptera les ondes. Nous avons cependant obtenu de bonnes réceptions'avec des cadres placés dans des wagons métalliques ou dans des automobiles à carrosserie en tôle, ce qui tendrait à
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- prouver qu'il suffit que l’enveloppe métallique renfermant le cadre soit ouverte d’un côté pour que la réception soit possible.
- Si l’on désire recevoir uniquement les émissions de T. S. F., on pourra employer un cadre de dimensions moindres et bobiner avec du fil de 3 à 6/1oe de millimètre à spires jointives ; un cadre circulaire de o m. 60 de diamètre comme celui indiqué par la figure 8 et portant ioo spires environ servira à recevoir des émissions de 4 à 20000 mètres.
- Par ces quelques indications, nous pensons avoir montré que rien n’était plus facile que la fabrication d’un cadre à condition de disposer de quelques loisirs et d’avoir une élémentaire habileté manuelle. Dans un article prochain nous indiquerons quels en sont les avantages comparés à ceux de l’antenne et nous décrirons également les modèles d’antennes les plus usitées en donnant quelques indications sur leur construction.
- P. Hémardixquer.
- Un curieux appareil récepteur. — L’appareil que nous décrivons ci-dessous est d’invention et de fabrication américaines. Il est plus original d’ailleurs par sa présentation extérieure que par sa construction même. C’est un exemple d’un des multiples appareils créés actuellement en Amérique qui tendent à faire du poste de téléphonie sans fil un objet mobilier trouvant sa place dans tout appartement au même litre qu’un bureau, un fauteuil ou un lustre d’éclairage.
- Il se présente sous l’aspect d’une superbe lampe de bureau, en bronze doré, au monumental abat-jour de soie (fig. io).
- Il peut d’ailleurs servir aussi à cet usage propre. Mais cet abat-jour monumental sert simplement à dissimuler, comme le montre la figure n, un amplificateur puissant à trois étages, une lampe déteclrice et deux basses fréquences.
- Cet amplificateur est construit pour la réception des longueurs d’onde de i5o à 3ooo m. (avec antenne), Les
- Fig. io. — La Radiolampe Fig. it. — La Radiolampe fermée. ouverte.
- appareils d’accord, dont la figure 12 montre le vario-mètre, sont contenus également dans l’appareil. Le pied de la lampe est creux et sert en réalité de pavillon amplificateur pour un haut parleur.
- Ainsi tous les organes du poste sont contenus dans l’appareil.
- Nous ne savons les résultats donnés par ce poste, qui est d’ailleurs de par sa construction même d’un prix très élevé, mais cette radiolampe, il faut le reconnaître, a un aspect luxueux autant qu’original, qui a dû séduire les milliardaires yanlcee.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 12. — Yariomèlre d’accord.
- 'W->
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, Il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Page 191 de la « Boite aux Lettres », il est dit, par erreur, dans la réponse à E. M. F. G., Shangaï : La lessive de soude est le carbonate de solide Cor'Na*. En réalité la lessive de soude est une dissolution de soude caustique NaOII, vendue commercialement sur la base de 36° Baumé, ce qui correspond à 3o pour 100 de NaOII. C’est vulgairement la potasse des peintres.
- Communication. — A propos des empreintes digitales romaines (n° 2539). —-Un de nos lecteurs nous écrit : « Près de Millau (Aveyron) dans la plaine de la Granfe-senque, là où l’on fixe la situation de la ville gauloise de Cardatomac, que la Table de Peutinger place sur la voie romaine allant de Loteva à Secondum (Lodève à Rodez), sur l’emplacement de la fabrique de poteries samiennes si bien étudié par M. Déchelette, M. l’abbé Hémotettant d’autres, parmi les nombreux fragments des vases sigillés, on trouve des blocs d’argile pétris, sur lesquels ‘les empreintes digitales sont souvent nettes, la cuisson les ayant rendues inaltérables. Ces blocs sont assez répandus à la surface du sol et mériteraient peut-être d’attirer, un moment, l’attention de quelque amateur anthropologue, des fouilles permettraient d’.en exhumer quelques quantités, mais en plus de ces détails quels trésors ne trouverait-on pas! Les statues, les fours, les vases romains, la ville gauloise, tout reste enseveli : la terre garde sou trésor. Quelque généreux Mécène se présentera-t-il pour le lui enlever? »
- D’autre part, M. le Dr Eug. Stockis, professeur de Médecine légale à l’Université de Liège, nous signale qu’il a déjà publié sur les empreintes digitales et notamment sur leurs figurations préhistoriques, plusieurs
- mémoires dans Y Anthropologie et la Revue cl’ Anthropologie. Il entrerait volontiers en rapport avec ceux de nos lecteurs qui voudraient lui signaler de nouvelles observations.
- Réponses. — T. S. P. — M. P. de France, à Cardiff. — Réception d’ondes courtes — Yous n’indiquez pas si votre appareil est à selfs ou à résistances. Les appareils à résistances sont d’un rendement mauvais au-dessous dé 1000m. Ce défaut est dû principalement aux capacités parasites des lampes ordinaires; vous pourriez donc essayer d’utiliser votre appareil avec des lampes à cornes en le faisant suivre au besoin d’une ou dçux lampes BF. L’accord serait fait au moyen d’un Tesla nid d’abeille dont vous parlez, les galettes nid d’abeille ayant pour but également de diminuer les capacités entre spires, si nuisibles pour les ondes courtes. Yous pourriez d’ailleurs utiliser votre appareil à la suite d’un dispositif super-hétérodyne, que nous décrirons prochainement et qui fonctionne sur cadre et sur antenne. (Yoir La réception des ondes courtes, par M. Clavier; Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris ou le n° 28 de la T. S. F. Moderne).
- M. JDohmcn-Mouton, à Liège. — La Nature donnera régulièrement désormais un horaire des émissions radio-téléphoniques aussi exact que possible. Comme vous l’écrivez très justement, actuellement peu sont régulières, ce qui complique les recherches.
- M. H. Jan, à Guingamp. —Nous ferons paraître prochainement un article sur la super-régénération et ses avantages comparés à ceux du dispositif super-hétérodyne.
- M. Jacques Belloin, à Beauvais (Oise). — x° Les amplificateurs B. F. à résistances donnent en effet une très bonne qualité d’audition, mais il faut employer, pour avoir une grande puissance, des amplificateurs comportant des lampes en parallèle et fonctionnant'avec une tension de plaque élevée (voir l’article de M. Roussel n° aïai de La Nature). Nous employons un frans-
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- BOITE AUX LETTRES
- formateur : rapport i entre l'amplificateur HF à résistances et l'amplificateur BF ;
- i° Votre hypothèse est exacte; c’est d’ailleurs une application immédiate de la loi d'.Ohm : E = IR. Si R est 10 fois plus grand, E varie dans les mêmes proportions ;
- 3° A 80 km de Paris, avec une bonne antenne (2 brins au moins de 20 ni.), il suffît d’un amplificateur HF à 2 ou 3 lampes maximum pour recevoir nettement la téléphonie de FL. Avec 4 lampes, 2 HF et 2 BF, on reçoit en haut-parleur, mais il vaut mieux un bon cadre cju une mauvaise antenne. Avec un cadre de 1 m. à 45 spires ou de 2 m. à 3o spires vous pouvez entendre très nettement au moyen d’un appareil à 3 lampes HF à réaction électro-magnétique (voyez n° 2540), en ajoutant une ou deux lampes B F vous accroîtrez encore la puissance de réception.
- * L’antenne dont vous nous parlez ne semble pas devoir donner de bons résultats bien que vous n’indiquiez pas sa hauteur qui est de grande importance. Son orientation très mauvaise est également une cause de rendement moindre.
- 4° Pour construire vos appareils de T. S. F., il faut, avant tout, rechercher la simplicité plutôt que d’employer des dispositifs compliqués, si avantageux qu’ils paraissent.
- Nous ne pouvons vous donner d’appréciation sur des marques d’appareils commerciaux; nous vous conseillons seulement pour les parties essentielles du poste d utiliser des appareils de grandes marques bien connues et de fabrication irréprochable.
- 5° Généralement il n’y a pas grand intérêt à utiliser des récepteurs de 4000 ohms plutôt que des récepteurs de 2000. Pour leur protection, utilisez de préférence un transformateur rapport i/i;
- 6° Très prochainement nous indiquerons les schémas d accord qui vous intéressent. Celui que vous avez indiqué est inexact, le condensateur placé en série étant inutile.
- M. G. Aubert, à Argelès-sur-Mer. — i° Etant donné votre distance de 700 km de Paris, il serait préférable que vous utilisiez un poste à 5 ou 6 lampes, 3 ou 4 H F et 2 BF.
- 20 II est regrettable que la direction de votre antenne ne soit pas celle du poste à recevoir. L’antenne unifilaire possède, en effet, des propriétés directrices très marquées ;
- 3° Le Fil reliant l’appareil à la prise de terre n’a évidemment pas besoin d’être écarté des murailles; il est seulement regrettable qu’il soit si long;
- 4° Même avec une excellente antenne de plusieurs centaines de mètres ; la portée d’un poste à galène semble être actuellement de 4 à 5oo km, encore s agit-il de faits isolés, de réceptions accomplies dans des conditions particulièrement favorables et d’ailleurs les auditions sont généralement irrégulières.
- M. L. Immer, à Sainte-Marie-aux-Mines.— Pour dessiner sur des, feuilles de celluloïd, la composition suivante
- conviendra très probablement :
- Acétate de cellulose. ... 3o grammes.
- Tétrachloréthane............36o —
- Triacétine.................. 3 —
- Alcool à 9S0................ 40 —
- Ajouter une quantité de noir de fumée suffisante pour obtenir l’opacité désirée sans nuire à la fluidité.
- M. M. G., rue Ruffet, Paris. — Nous ne possédons pas de documentation sur les pays étrangers producteurs de moutarde et sur l’importance de leur production respective, non plus que sur les pays consommateurs de ce condiment et l’importance de la consommation.
- Il vous faudrait compulser les documents émanant'du service des douanes, et demander à l'Office national dit Commerce extérieur, à Paris, 22, avenue Victor-Emmanuel III, 8°, les renseignements qui vous intéressent. En tout cas, ce n’est que par voie consulaire que l’on peut, avec Les indications dudit Office, rechercher des statistiques concernant la production et la consommation, et en s’adressant aussi aux Attachés commerciaux. Peut-être trouveidez-vous des indications en vous adressant n M. Henry Poupon, président du Syndicat des Fabricants de moutardes de Dijon et de la Côte-d'Or, et à la Chambre syndicale des fabricants de moutardes français, à Paris.
- M. R. T., boulevard Saint-Germain, Paris. — Pour détruire les vers de terre dans un terrain de tennis, on peut recourir à l’un ou l’autre des procédés suivants : Arroser toute la surface du terrain avec de l’eau salée, en employant, à cet effet, du sel dénaturé. Renouveler l’arrosage jusqu’à disparition complète des vers, et s’inspirer de cette constatation que, dans les prairies irrigables, où les lombrics font des ravages, l’irrigation est le sûr moyen de s’opposer à leur multiplication rapide et abondante.
- Autre procédé : répandre le matin, à la rosée, le soir à la nuit tombante, ou aussitôt après une pluie douce, succédant à quelques jours de sécheresse, de la chaux récemment éteinte. Un moyen plus énergique encore consiste à préparer un lait de chaux soit avec de la chaux en poudre, récemment éteinte, soit avec de la chaux en pâte, comme celle des maçons, et à arroser le terrain infecté. Une dose de 3oo à 5oo gr. de chaux par arrosoir d’eau tue infailliblement tous les lombrics qui se trouvent près de la surface du sol. Employer un arrosoir muni d’une languette qui répand le liquide en nappe. La pomme d’arrosoir à trous s’obstruerait trop vite.
- La chaux à employer en arrosage doit être préalablement éteinte en bouillie dans un baquet ; on la maintiendra couverte d’eau pour la préserver du contact de l’air.
- J. R., Le Pin, La Garenne. — i° Voici la nomenclature des principales revues françaises d’apiculture intéressant les apiculteurs fpraticiens : L’Apiculteur (Bulletin mensuel de la Société centrale d’Apiculture), Paris, 28, rue Serpente, 6°; La Gazette apicole de France, directeur : Ed. Alphandéry, à Montfavet (Vaucluse). Il existait, avant la guerre, d’autres organes s’occupant spécialement d’apiculture. Par suite des difficultés résultant de la situation économique, nombre de revues n’ont pu reparaître. Voyez à la Société centrale d’apiculture indiquée ci-dessus, ainsi que pour renseignements sur les abonnements, dont les prix ont dû être modifiés.
- 2° Gomme groupements pour la défense des intérêts des apiculteurs français, il y a, au siège même de ladite Société (adresse précitée), le Syndicat national de défense de l’apiculture française. Demander les statuts de ce syndicat à M. Tourneville, à Saint-Brice (Seine-et-Oise ).
- 3° Des deux méthodes mentionnées, qui caractérisent Y apiculture mobiliste, avec des types de ruches différents, on ne peut dire qu’une chose : c’est qu’elles sont toutes deux également pratiques pour la création d’un rucher de rapport. Pour un débutant, cependant, le système de Layens nous paraîtrait préférable.
- M. J. G., à Thac-Nhai (Tonkin). — Dans le compte rendu, très sommaire, qui a été publié sur les essais de préparation d’un fumier artificiel, qui ont été faits à la Station expérimentale d’agriculture de Rothamstedt (Angleterre)’, la quantité de paille à employer, eu égard aux proportions de sulfate d’ammoniaque et de chaux, n’est pas indiquée. Nous présumons qu’il s’agit probablement d’un mètre cube, soit environ 400 kg de paille.
- Les expérimentateurs ne font pas mention, non plus, du rendement en engrais, d’après les proportions d’éléments employés, ni de la valeur de ce fumier eu égard à sës constituants chimiques. Vous obtiendriez des renseignements complémentaires, croyons-nous, en vous adressant à la Direction de la Station expérimentale précitée, de semblables essais n’ayant pas été entrepris en France jusqu’à présent.
- M. Th., Laboratoire, rue Chevreul, Lyon. — i° Les détails techniques que vo\is demandez sur la préparation industrielle des moûts de raisin concentrés (miel dé raisin) font l’objet d’nn procédé breveté, dont l’inventeur s’est réservé l’exploitation, du moins quant à présent. -
- 20 L’exportation de ce produit peut se faire sans qu’il perde ses qualités; mais nous ne sommes pas renseigné sur l’influence des hautes températures, la durée de conservation, non plus que sur la question des crus originaires, qui ne nous paraît pas à envisager puisqu’il n’y a pas d’étude faite dans ce sens, croyons-nous.
- 3° Vous obtiendriez des renseignements complémentaires en vous adrèssant, sous nos auspices, à M. J. Guyon, ingénieur (Société industrielle d’utilisation des raisins et autres fruits), 61, rue de la Gare, à Carcassonne.
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- N° 2546
- 20 Janvier 1923
- Lampes thermioniques de 100 kilowatts et de 1000 kilowatts. — L’industrie des lampes thermioniques fait de rapides progrès, aux Etats-Unis surtout où elle bénéficie des recherches engagées depuis plusieurs années par les puissants laboratoires de la General Electric C° de Sehenectady et de la Western Electric G" de New-York.
- Tous les amateurs de T. S. F., et même les profanes, connaissent aujourd’hui la lampe thermionique, à 2 ou 3 électrodes, née des inventions de Fleming et de Forest. La lampe à 3 électrodes : cathode à filament chauffé émetteur d’électrons, anode, et grille servant d’organe de contrôle, est employée aujourd'hui comme détecteur, comme relai-amplificateur, et comme générateur d’ondes entretenues. Les amateurs connaissent bien les petits modèles de ces lampes, leur puisssance varie en général de io à i5 watts. Dans les récentes expositions qui ont été faites en France, on a pu apercevoir, chez quelques constructeurs, des modèles puissants; aucun d’entre eux ne dépassait, à notre connaissance, i kilowatt.
- Or, il est manifeste que des lampes de grande puissance constitueraient, pour la télégraphie ou téléphonie sans fil, peut-être aussi pour d’autres industries électriques, un immense progrès. Les premières communications téléphoniques qui ont franchi l’Atlantique et le Pacifique ont été émises au moyen de lampes génératrices d’ondes entretenues. Mais il a fallu pour cela grouper près de 3oo lampes de 25 watts. Inutile de dire la complication et la difficulté d’uu tel montage. En fait aujourd’hui, les grandes communications radioélectriques internationales sont assurées pour la plupart au moyen d’alternateurs à haute fréquence : machines fort compliquées et coûteuses, mais d’une conduite beaucoup plus simple qu’une forêt de lampes.
- Cette situation pourrait évidemment se modifier avec l’apparition de tubes thermioniques puissants.
- La nouvelle revue Electrical Communication, organe de l’International Western Electric C°, qui possède, comme nous avons eu déjà l’occasion de le dire, le plus puissant laboratoire de recherches électriques du monde, avec plus de 2000 savants, ingénieurs et techniciens, annonce l’apparition de tubes commerciaux d’une puissance de 100 kw ou davantage, et en donne une description détaillée.
- En principe, ces tubes puissants ne se distinguent en rien des minuscules audions. Us comportent comme eux 3 électrodes, enfermées dans un récipient en verre, vidé aussi parfaitement que possible. Le seul point caractéristique est que l’anode est un tube creux, parcouru par une circulation d’eau destinée à dissiper la chaleur dégagée à l’anode par le bombardement des électrons. Cette quantité de chaleur est considérable, et le seul rayonnement qui suffit dans les petites lampes, grâce à la surface relativement grande de l’anode, est ici insuffisant.
- Rien ne semble donc, à première vue, plus simple que de construire des tubes thermioniques puissants.
- En réalité, pour arriver à ce résultat, il a fallu vaincre au contraire de très sérieuses difficultés et résoudre les problèmes qui avaient semblé jusqu’ici insolubles. Ces difficultés résident toutes dans le problème du scellement des conducteurs à travers les parois en verre du récipient; ces scellements doivent évidemment être rigoureusement étanches, car le vide extrême réalisé dans l’ampoule au prix de grands efforts doit être rigoureusement maintenu le plus longtemps possible.
- Or, il était généralement admis qu’un seul métal se scelle parfaitement au verre : le platine qui a un coefficient de dilatation à peu près identique à celui du verre. Les autres métaux, dès qu’ils ont une surface de contact un peu grande avec le verre, donnent lieu, lors des alternatives de chauffage et de refroidissement qui se produisent en marche, à des efforts qui entraînent le décollement du verre et des fissures.
- M. Houskeeper, à la suite d’une étude approfondie du phénomène, a reconnu que l’on pouvait réaliser des scellements parfaits de n’importe quel métal dans le 'erre, en donnant des formes convenables aux surfaces de contact; les scellements peuvent s’effectuer sur des surfaces rigoureusement planes, ou sur des surfaces
- dont les bords sont effilés à angles très aigus ; on peut ainsi sceller dans le verre, soit des disques plans dont les bords débordent hors du scellement, ou bien des rubans ou des tubes creux dont les bords enfermés dans le verre sont au préalable effilés à l’angle voulu. On peut ainsi réaliser des conducteurs permettant de faire passer au travers du verre des courants d’une intensité de i5o à 200 ampères et même davantage.
- Tel est le secret de la construction des tubes thermioniques puissants.
- La Western Electric C° annonce qu’elle est en mesure de fournir commercialement des tubes capables de mettre 100 kw dans une antenne sous la tension de ioooq volts. Elle ajoute qu’elle pourrait construire des tubes plus puissants encore si un débouché s’offrait pour de tels appareils. L’anode creuse de ces lampes est un simple tube en cuivre.
- S’arrêtera-t-on là? Il est certain qu’on ira plus loin. On annonce déjà, eu effet, que la General Electric C“ a construit un tube thermionique de 1000 kilowatts.
- Ce tube puissant, construit suivant les idées de M. Hull, repose sur un principe différent de celui du tube précédent à 3 électrodes : il n’a pas de grille, mais uniquement un filament chauffant émetteur d’électrons et une anode ; le filament est chauffé au moyen d’un courant alternatif à haute fréquence : ioooopériodes par seconde. Le passage de ce courant dans le filament développe un champ magnétique alternatif qui agit sur les électrons, en fonction de son intensité, mais non de son sens; il ramène les électrons au filament, quand il est maximum, les laisse obéir librement au contraire à l’action du champ plaque quand il est nul. Le tube débite ainsi du courant à 20000 périodes, et offre cette curieuse particularité d’être un doubleur de fréquence.
- Cet appareil a été baptisé magnétron : le magnétron de 1000 kilowatts a une anode cylindrique refroidie à l’eau, longue de o m. 65 et ayant 45 millimètres de diamètre. Le filament chauffant est un tube de tungstène de 1 centimètre de diamètre, 55 centimètres de long, placé dans l’axe de l’anode. Le filament est parcouru par un courant de 1800 ampères à 10000 périodes, et son chauffage absorbe 20 kilowatts. Ce magnétron a un rendement de 70 pour 100; il ne pèse que 3o kilogrammes.
- Dans cette branche nouvelle de l’industrie électrique, les Etats-Unis se sont assuré une très grande avance sur tous les pays d’Europe, la France notamment, et cela, grâce à une juste compréhension du rôle de la recherche scientifique en matière d’industrie. Exprimons donc le vœu que la science et l’industrie françaises s’organisent pour regagner dans ce domaine le terrain perdu.
- Un laboratoire français d’essais électriques à 1 million de volts. — Nous avons signalé récemment la construction çle Pasadena (Etats-Unis) d'un puissant laboratoire d’études qui expérimentera sur distensions électriques de 1 millions de volts. Ce laboratoire sera dirigé par l’illustre professeur Millikan. Il existe déjà anx Etats-Unis un laboratoire où l’on peut réaliser des tensions de cet ordre, c’est celui de la General Electric C1 à Sehenectady.
- Il ne faudrait pas croire que la France reste en retard dans ce grand mouvement qui dirige techniciens et savants vers l’étude des hautes tensions, à laquelle se lie la réalisation des transports [d’énergie électrique à grande distance. Les raisons qui poussent les Américains dans cette voie existent également chez nous; une Société française spécialisée dans la construction des isolants électriques, la Compagnie Générale d’Elec-tro-Céramique, a décidé d’installer à Ivry un laboratoire qui permettra d’effectuer des essais sur les isolateurs jusqu’à 1 million de volts, au moyen de 3 transformateurs en cascade connectés de façon à donner à l’extrémité de la dernière borne une tension efficace de 1 million de volts par rapport à la terre. Ces 3 transformateurs pourront également, par un couplage approprié, alimenter à 58oooo volts un tronçon de ligne triphasée, monté sur des pylônes en plein air, dans les conditions normales des lignes. Ou pourra y étudier par exemple | les phénomènes relatifs à l’exploitation d’une ligne à
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- 220000 volts avec un coefficient de sécurité de a,o5. Ce laboratoire sera le plus important de France.
- Un vol à voile de 7 heures sur avion ordinaire.
- — Le 3 janvier dernier, à Biskra, le lieutenant Thoret a réussi un remarquable vol à voile, battant, et de loin, tous les records antérieurs. II a tenu l'air, en effet, pendant 7 h. 3 m. Ce qui rend cet exploit particulièrement. remarquable, c’est qu’il a été accompli sur un avion à moteur dont l’hélice était calée. Cet avion était un avion Hanriot 14, du modèle ordinaire de l’armée, biplan pesant à vide 5x6 kg dont 140 pour le moteur, l’hélice et les réservoirs,. et pesant avec son pilote et l’essence 620 kg environ. Cette per-formance a été accomplie, grâce à de très puissants vents ascendants. Le lieutenant Thoret a, du reste, effectué de nombreux autres vols à voile de moindre durée, et quelques jours plus tard, il réussissait, dans les mêmes conditions, à faire un vol à voile de plus d’une heure avec un passager.
- La traversée d’un continent en avion. — Un officier de l’armée chilienne, le capitaine-aviateur Diego Aracena, vient d’accomplir un exploit digne d’être enregistré.dans la presse française. Le Président de la République chilienne, don Arturo Alessandri, l’avait chargé ;de porter, par la voie des airs, un message d’amitié à son collègue, le Président de la République du Brésil. Quand nous aurons rappelé que le trajet, entre les deux capitales, Santiago et Rio-de-Janeiro, est de plus de 4000 km, et qu’il comporte la traversée de la plus haute région des Andes, l’entreprise du hardi messager apparaîtra bien téméraire. Elle l’était d’autant plus que le capitaine Aracena ne disposait que d’un avion militaire (type anglais De Haviland), actionné par un moteur de 200 chevaux, et qui n’avait pas été construit pour fournir de longs trajets ou affronter de hautes altitudes.
- Pai'tant de l’aérodrome de Santiago, l’intrépide pilote abordait bientôt le formidable rempart de la Coi’dillère des Andes, qu’il franchissait au-dessus du massif de Tupungato, dont l’altitude est de 655o m. Après avoir survolé les 200 km de largeur qu’a cette chaîne, il traversait l’immense pampa ai’gentine en ligne droite, soit un millier de kilomètres, pour atterrir à Buenos-Ayres. Le plus fort était fait. Le capitaine n’avait plus qu’à se guider sur le rivage de l’Atlantique. Survolant l’Uru-guay, il faisait escale à Sao-Paulo, puis, d’un seul vol, atteignait Rio-de-Janeiro, où il remettait son message au chef de la nation brésilienne. Cette randonnée de 4200 km à travers l’Amérique du Sud, corsée de la traversée d’une des plus hautes chaînes de montagnes du globe, constitue un exploit qui fait autant d’honneur au capitaine Aracena qu’au peuple chilien.
- Un curieux phénomène d’automatisme chez l’homme. — h’Année Biologique rend compte d’une intéressante étude de MM. D. Danielopolu, A. Radovici et A. Carniol, communiquée par eux à la Société médicale des Hôpitaux de Bucarest. Il s’agit du phénomène d’automatisme suivant, signalé pour la première fois par Schwartz et Meyer. On se place de profil à côté d’un mur, dans la position du « garde à vous », le dos des mains en dehors. Puis on élève le bi’as voisin du mur jusqu’à ce que le dos de la main touche ce dernier et l’on appuie de toutes ses forces, comme pour repousser le mur. On s’écarte alors et on laisse retomber la main dans le rang.
- Quelques secondes après, le bras se soulève lentement tout seul, atteint la position horizontale, y reste un temps, puis retombe.
- MM. Danielopolu, Radovici et Cainiol ont constaté que ce phénomène d’automatisme est général; il se produit avec tous les mxxscles volontaires que l’on oblige à se contracter, alors qu’il leur est impossible de se raccourcir. Le mouvement automatique qui suit est d’autant plus intense que la contraction volontaire a été plus énergique et prolongée, sans aller jusqu’à la fatigue.
- L’expérience est curieuse et peut être reproduite par tous.
- Statistique alimentaire de l’Allemagne. — Le
- Bulletin de Renseignements de l’Institut international d’Agriculture publie l’analyse suivante d’un travail de
- M. O. Lemmermann sur l’alimentation des plantes et l’alimentation humaine en Allemagne, publié dans le Zeitschrift fur Pflanzenernàhrung und Düngung. Elle montre l’effort accompli avant la guerre, de l’autre côté du Rhin pour nourrir une population constamment et rapidement croissante.
- Avant la guerre, l’Allemagne produisait go pour 100 des éléments végétaux et 67 pour 100 des produits animaux : graisse, viande, lait, etc., qui lui étaient nécessaires. L’agriculture allemande réussissait donc à nourrir 56 millions d’habitants, et l’importation fournissait les 12 autres millions, ce qui était alors très facile. La perte de 73000 km2, soit 13,6 pour 100 de son territoire, a enlevé à l’Allemagne :
- 19,7 pour 100 de sa récolte de pommes de terre.
- 17,20 pour 100 de sa récolte d’orge.
- 1.3,72 pour 100 de sa récolte de seigle.
- 12,60 pour 100 de sa récolte de froment.
- D’autre part, la population a diminué de 7,5 millions, soit 10,8 pour 100. Il y avait auparavant 192 habitants par too hectares de terrain agricole; on en compte actuellement 202. Une plus forte importation est donc nécessaire, ce qui est très grave dans les conditions actuelles. Il faut alors augmenter la production, et cela peut être obtenu par les moyens suivants : travail et bonification intense des tei’rains, fumure opportunément augmentée, développement des plantations, choix des espèces appropriées, sélection des semences, lutte contre les mauvaises herbes, augmentation et amélioration des fourrages, etc. ; mais les questions les plus importantes sont celles qui concernent les maladies des plantes et des animaux.
- Pendant les 25 dernières années de paix, de 1886-1890 à 1913, les rendements par hectare avaient augmenté comme suit en Allemagne :
- Céréales pour la panification, de 58 pour 100.
- Céréales pour l’alimentation des animaux, de 5a pour xoo.
- Pommes de terre, de 56 pour 100.
- Seigle, de 11,8 à 19 quintaux par hectare.
- Blé, de i5,i à 23 quintaux par hectare.
- Avoine, de 14, x à 21,9 quintaux par hectare.
- Pommes de terre, de 101,8 à i58,6 quintaux par hectare.
- La consommation d’engrais était passée de 16,2 millions de quintaux en 1880 à 106,9 millions en 1913, avec une augmentation de 600 pour 100. Mais la guerre a causé une forte diminution. L’azote, de 635 000 tonnes consommées en 1913 (dont 185 000 comme engrais artificiels), avait baissé, en 1919, à 3o5 000 tonnes (dont n5ooo comme engrais artificiels). L’acide phospho-rique, de 1060000 tonnes (dont 55oooo comme engrais) en 1 g x 3, avait baissé jusqu’à 43oooo tonnes en 1919 (dont 23o 000 tonnes comme engrais).
- La conséquence en est que le rendement par hectare
- a diminué comme suit : ^ _
- Quintaux Pour
- par hectare. r 100.
- Céx'éales pour la panification................... de 18,39 à i4,4, soit de 2i,3o
- Céréales fourragères. . de 19,3 à i5,o, — 24,22
- Pommes de tei-re ... de 142 à 98 — 3i
- Pendant les 23 dernières années (1885-1889-1908-1912), la production d’aliments avait augmenté comme suit : Céréales.........de 18,3 millions de tonnes à 26 mil-
- lions de tonnes, soit 46,3 pour 100. Pommes de terre, de 29,7 millions de tonnes à 44>2 mil-lions de tonnes, soit 48,9 pour 100.
- En même temps, l’augmentation de la population, qui passait de 48 à 64 millions (3ooooo par an), était inférieure (de 33 pour 100) à celle de la production alimentaire.
- Pour se rendre complètement indépendante de l’importation, l’Allemagne devrait augmenter sa production de 5o pour 100. D’après Mayer, la production maximum possible par hectare sei’ait la suivante :
- 4o quintaux de blé et paille.
- 320 quintaux de pommes de terre, fanes compi'ises.
- 3oo quintaux de betteraves, feuilles comprises.
- De plus, il y a encore 3,5 millions d’hectaises de terrains incultes, qui pourraient être facilement rendus cultivables avec des engrais artificiels.
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- C, C, planchette sur laquelle on adapte lu lunette à l’aide de sangles.il est avantageux pour que la lunette soit bien fixée, de placer deux languettes de bois sur la planchette, formant ainsi une gouttière où s'inscrit bien la courbure du tube de la lunette); 11, B, B. montants sur lesquels repose l’axe de rotation D ou l’écrou de serrage E. La planchette A repose sur un pied photographique où elle est maintenue par la vis V. Di sserrer cette vis pour obtenir le mouvement horizontal, ou mieux, la remplacer par un boulon avec écrou serré à frottement doux.
- La construction et l’emploi des petits instruments en Astronomie (Suite) (l). — Construction d’un
- s pied. — La meilleure des lunettes nè vaut rien si elle repose sur un pied instable. A plus forte raison s’il n’y a aucun pied, ce qui est le cas au point où nous en sommes, puisqu’au précédent article nous nous étions arrêtés une fois la lunette proprement dite construite.
- On peut établir deux genres de montures : la monture altazimutale et la monture équatoriale.
- Môntures altazi-mutaies. — Les montures altazi -mutales sont très simples à construire et conviennent parfaitement aux observations terrestres, puisqu’elles possèdent deux mouvements, l’un horizontal, permettant d’observer le tour complet de l’horizon, l’autre vertical, permettant de voir de l’horizon jusqu’au
- zénith. C’est la monture bien connue des longues-vues. La monture se place soit sur un pied élevé, pour observer debout, par exemple sur un trépied photographique, soit sur un pied à colonne, pour poser l’instrument sur une table, un socle, et observer assis.
- La figure i représente, d’après M. L. Rudaux(2),deux modèles très simples de pieds pour petites lunettes. Remarquer dans la figure du haut l’emploi de sangles à dossiers pour fixer la lunette. Ces sangles serviront dans un grand nombre de cas, par exemple pour fixer une chambre photographique sur le tube d’une lunette, etc.
- On doit s’efforcer de réaliser des mouvements aussi doux que possible. En effet, on sait que les astres, par suite de la rotation de la Terre, se déplacent constamment, leur hauteur change et leur azimut change. Une monture dans le genre de celles de la figure i ne permettra donc de suivre un astre donné qu’en agissant à la fois sur le
- 1. Voir La Nature, n° 2537, P- I^9*
- 2. Comment étudier les Astres, par L. Run.vux (Masson et Cio, éditeurs).
- Fig. 2. — Lunette altazimutale sur trépied, avec appareil photographique. (Cliché G. Blum.)
- La lunette inférieure, longue et étroite, constituée par un tuyau de zinc, est munie d’un objectif provenant d’un verre de bésicles de 0 m. 055 de diamètre et de 2 m. de foyer. Elle est surmontée d'un tuyau de poêle constituant la chambre photographique.- A l’avant est un objectif semblable au précédent et de foyer plus court. A l’arrière, châssis en carton. Le trépied est construit avec des lattes et la colonne avec un manche à balai.
- mouvement vertical et sur le mouvement horizontal. Si ces mouvements sont durs, ils se feront par à-coups, l’astre sortira du champ à chaque instant, et les observations devien -dront très pénibles. On fera donc bien,avant de serrer les écrous servant d’axes de rotation ( écrou E de la seconde figure ) , d’enduire les parties frottantes de talc ou de sav on. Nous conseille r on s même d’interposer entre les deux planches une rondelle métallique mince et large, découpée dans une feuille de laiton par exemple, le frottement deviendra beaucoup plus doux.
- La figure 2 représente une monture un peu différente, construite par M. G.
- Blum. Le tube de la lunette est constitué par un tuyau de zinc. L’objectif, verre de lorgnon, a coûté 0 fr. o5 — c’était une occasion ! — le pied est constitué par des lattes assemblées. Sur la lunette se trouve une chambre noire utilisant un objectif semblable et dont le corps est constitué par des tuyaux de poêle. On verra plus loin l’excellent parti que l’on peut tirer d’un instrument aussi simple.
- La monture suivante est plus perfectionnée (fig. 3). Elle a été construite, il y a une vingtaine d’années, par M. A. Jarson (*) et son prix de revient total est de 5 francs. Il est vrai que pour ce prix on dispose de deux lunettes et d’un pied avec mouvement lent!
- L’objectif delà grande lunette, un verre n°72, a 2 mètres de foyer. Le champ est très faible avec une telle lon-
- Fig. 3.— Lunette altazimutale avec chercheur et déplacement horizontal lent.
- (Cliché A. Jarson.)
- Lune'le analogue à la précédente. Le chercheur est constitué par un verre de lorgnon de 0 111 10 à 0 m. 50 de foyer et l’oculaire par une lentille de 0 m. 10 de foyer. Le pied est plus stable que le précédent. Le déplacement horizontal est obtenu à l’aide du dispositif dessiné dans la figure ci-après.
- Fig. 4- — Dispositif pour déplacer lentement, dans le sens horizontal, une lunette astronomique, construit par M. A. JARSON.
- L, coupe du corps de la lunette; P, planchette reposant Sur le pied; P7, planchette fixée au moyen d’un boulon sur la précédente, et pouvant pivoter autour de ce boulon ; B, bouton molleté (ou à oreilles) permettant de taire tourner la vis V, qui pousse progressivement la planchette P' ; II, ressort de rappel empêchant tout jeu et tendant à ramener la planchette P' en arrière.
- gueur et il est à peu près indispensable de monter une lunette plus petite sur la première, lunette qui servira de chercheur. Ce chercheur étant bien réglé, c’est-à-dire son axe étant bien parallèle à l’axe de la lunette 1. Bulletin de la Société astronomique de France, 1901., p. 455.
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- (faire ce réglage en regardant le même objet situé très loin) si un astre est amené au centre de la lunette du chercheur, il se trouvera dans le champ de la grande lunette. Cet instrument est muni de grossissements de 20, 5o et îoo fois. Le corps des deux lunettes est en zinc.
- La lunette est fixée sur “une planche étroite P' pouvant pivoter sur une planche plus large P autour d’un boulon.' Séparer ces deux planches par une large rondelle métallique. Sur la planche large (fig. 4) on dispose un écrou fixe dans lequel passe une tige filetée, une vis Y qui vient appuyer sur la planche étroite et la pousse lentement quand on fait tourner la vis. On peut ainsi, vers le méridien, en tournant seulement la vis, suivre un astre pendant près de 20 minutes. Le mouvement en hauteur est donné par une charnière réunissant la planche large au pied et par . un simple cordon. Il faut équilibrer le tout par des contrepoids.
- Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire, d’entrer dans des détails plus circonstanciés sur la construction de cp:s montures, Les figures reproduites ici sont suffisantes pour donner une idée des appareils à établir. Ici encore l’habileté et l'ingéniosité des amateurs doivent
- suppléer largement à l’insuffisance et à la concision des explications.
- Montures équj-tor i al es . — On connaît le principe des montures équatoriales. Soit, en O (fig. 5), la sphère céleste, P P' la ligne des pôles, H H' l’horizon du lieu. Par suite de la rotation de la Terre, toute la sphère céleste fait un tour sur elle-même autour de l’axe P P' en un jour sidéral. Une étoile décrit un petit cercle. Elle se lève en E,, atteint le
- On a figuré au centre de la sphère céleste 0 uu équatorial. 00' est l’axe horaire confondu avec l’axe du monde PP' ; DD' est l’axe de déclinaison
- étoile E, en un jour, autour de l’axe du inonde. L’angle POH est égal à />, latitude du lieu. O11 voit que si la lunette vise l’étoile E, il suffira pour que cette étoile E reste tout le temps dans le champ, que tout l'ensemble (lunette et axe de déclinaison^ tourne d’une seule pièce autour de 00'. En adaptant une transmission d’horlogerie à 00', la lunette suivra automatiquement l’étoile.
- méridien en E2 et se couche en E3. Le centre de ce petit cercle est sur P P'. Disposons un axe tel que 0 0' qui soit parallèle à P P'. La Terre étant infiniment petite par rapport à la voûte céleste, tout se passe comme si l’axe O O' est confondu avec PP'. Construisons un second axe DD', perpendi-laire au premier, et en D', plaçons, faisant corps avec D D', une lunette L L' bien perpendiculaire à ce dernier axe. Les axes peuvent tourner sur. eux-mèmes.
- On voit de suite que si on fait tourner O O' sur lui-même,^ïsans rien toucher au reste, l’axe L L' de la lunette va décrire un cône autour de 0 0', autrement dit la lunette fera le tour du ciel par exemple dans le sens Est-Ouest.
- Si au contraire on fait tourner l’axe D D' sur lui-même sans rien toucher au reste, la lunette décrira un grand cercle, dü pôle Nord au pôle Sud.
- Ainsi, avec cette monture, on pourra explorer le ciel entier (visible, naturellement, c’est-à-dire au-dessus de H H'). Et si on cale l’axe D D' en faisant tourner l’axe O O' sur lui-même en un jour sidéral, une étoile qui sera dans le champ de la lunette y restera tout le temps. Il suffira donc de munir l’axe O O' d’un mouvement d’horlogerie pour suivre sans arrêt une étoile telle que E et dans ce cas la lunette explorera successivement tous les points du cercle E, E2 EiV
- L’axe O O' s’appelle l’axe horaire, l’axe D D' l’axe de déclinaison de lequatorial. L’angle POH, hauteur du pôle, est égal à la latitude du lieu (480 5o' pour Paris).
- Transformation des montures ordinaires ‘en montures équatoriales. — Si on incline l’axe vertical d'une lunette ordinaire de manière qu’il prenne une position telle que O O', on aura immédial ement une lunette équato-
- riale. La figure 6 montre une telle transformation. On construit avec trois planches un triangle dont un des côtés est’ incliné à la latitude du lieu. Le pied à colonne
- Fig'. 6. — Transformation d’une lunette altazimutale en lunette équatoriale, par l’inclinaison du pied, se posan t sur une semelle en bois inclinée à la latitude du lieu. (Cliché Eu. Touchet.)
- On peut avec ce dispositif, obtenir de bonnes photographies du ciel, notamment entre le Zénith et le Sud, dans (ouïe la région du méridien. Placer un appareil photographique ordinaire sur la 1 miette. Pour suivre une étoile pendant toute la durée de la pose, munir l’oculaire de deux fils en croix.
- de la lunette repose sur ce côté. Il suffit alors de l’orienter dans le méridien pour que la lunette soit réglée. On voit sur la lunette un appareil photographique fixé au moyen des sangles dont nous avons parlé et en
- Fig. 7. — Transformation rapide d’une lunette ordinaire en lunette équatoriale. (A. J’arson.)
- DM, pièce de bois solidement fixée au pied, dans la direction du méridien, vers le sud; CA, direction du pôle céleste; C, point d’attache d’un fil inex-Icnsiblc fixe eu un point C' du tube. P, contrepoids, tendant le fil. Pour observer entre Je pôle, et l'horizon nord, attacher le fil en Cv cl placer le contrepoids près de l’objectif.
- arrière un chercheur construit en carton comme il a été exposé précédemment.
- Ce pied spécial pourra être perfectionné par exemple en lui adaptant trois vis calantes. En construisant un socle fixe où la positioti de ces trois vis sera repérée
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- une fois pour toutes, il sera possible de mettre en place la lunette qui, ainsi, sera réglée immédiatement.
- On peut encore utiliser l’artifice suivant qui a été décrit par M. Jarson('). Après le pied d’une lunette altazimutale, on fixe une pièce de bois ou de métal M (fig. 7) serrée au moyen d’un collier B. On oriente cette pièce dans le méridien, au Sud du pied. On marque en G le point où une parallèle à l’axe du monde passant par A rencontre la pièce M. On joint C C’ par un fil inextensible. Un contrepoids P tend constamment le fil. En poussant la lunette à droite ou à gauche, le fil restant tendu, le triangle A G C' reste indéformable, l’angle A C C', distance polaire de l’étoile, ne varie pas et la lunette décrit un petit cercle sur le ciel, c’est-à-dire suit un astre donné.
- Si l'on observe entre l’horizon nord et le pôle, on attachera le fil en C" et on placera le poids près de l'objectif. Entre le pôle et le zénith, ce système ne convient guère. Pour les observations planétaires et pour les latitudesmoyennes.il donne d’excellents résultats (1 2).
- Construction d’une monture équatoriale. —Comme nous l’avons plusieurs fois répété ici, l’amateur doit faire preuve d’initiative et d’ingéniosité dans la construction
- Fig\ 8.— Monture équatoriale simple et très robuste pour placer un instrument assez puissant (lunettes de o m. 108 à 0 m. 160). (A. Jarson.)
- A, axe horaire; A', partie supérieure de cet axe, taillée en parallélépipède ; P>, colliers de l’axe horaire et formant coussinet; C, cercle horaire; t), D, disques tournant ensemble au moyen de la chape F; F, disques fixes; P, contrppoids; V, vis tangente.
- de la monture équatoriale qu’il envisage, il est bien difficile de donner des indications précises, car il s’agit d’utiliser des pièces de fortune.
- Il faut un axe tournant très facilement sur lui-même et que l’on dirigera vers le pôle. Puis un second axe, perpendiculaire au premier, et portant la lunette. C’est surtout en cherchant dans la ferraille, chez les bric-à-brac, dans les vieilles pièces provenant d’automobiles (3), que l’on trouvera l’arbre idéal, parfaitement tourné, qui servira d’axe horaire on d’axe de déclinaison. On peut employer de l’acier cylindré, du tube de cuivre ou. d’acier étiré, etc., et aussi des rouleaux de bois que l’on fait reposer à l’extrémité inférieure sur une pointe, pour l’axe horaire, et sur des coussinets formés par des petites longueurs de tubes ou dans des Y découpés dans du métal ou du bois dur pour les deux axes. Si l’on veut établir une bonne monture équatoriale, notamment pour une lunette un peu lourde ou un télescope, les frottements devront être très doux-, les arbres doivent tourner bien rond, et non excentriquement, ce point est très important.
- On pourra ainsi construire des montures équatoriales importantes avec des matériaux divers, sur lesquelles on pourra placer des instruments déjà grands. M. Jarson a ainsi établi une excellente monture pour une lunette de o m. 16 de diamètre (fig. 8). Dans cette monture, il
- 1. Bulletin de la Société astronomique de France, 1893,
- p. 165.
- 2. Voir La Nature, « Bulletin astronomique », n" 2489, pour plus amples détails pratiques.
- 3. M. À. .larsou a récemment construit avec de vieilles pièces provenant d’une automobile et trouvées dans la ferraille pn télescope à mouture équatoriale, (1 mouvement, rUhorlogerie, d’un fonctionnement excellent,
- y a lieu de signaler, en Y, l’adjonction d’une vis tangente qui engrène sur une roue dentée. Lorsqu’on fait tourner la vis Y, l’instrument entier est entraîné. Par suite de la démultiplication, on arrive, en faisant tourner ré-guliè rement ce tt e vis, à très bien maintenir un astre au centre du champ de l’oculaire pendant un long temps.
- On fera commander la vis Y par une horloge, tourne - broche , réveil, etc. , et avec un réglage approprié l’instrument suivra seul le ciel.
- La construction de la vis tangente et de la roue dentée ne sont guère du domaine de l’amateur. On trouve ces pièces dans un grand nombre de dispositifs mécaniques (automobiles, devantures de magasin, etc.). Il faut se les procurer et les adapter à
- Fig. 9. — Partie inférieure d’une petite monture équatoriale montrantle système d’entraînement. (Cliché Em. Touchet.)
- Un secleur denté, monté fou sur l’arbre horaire (constitué par un tube de laiton), fait corps avec cet arbre lorsque l’on bloque la vis mollelèe visible au dessus du secteur denté. Elle tourne nu moyen de la manette que l’on voit en avant de la ligure, à l’aide d’un joint à la cardan. 11 suffiUdonc pour suivre un astre, une fois la monture réglée, de tourner la manelte sur elle-même, la vis entraîne la monture et tout ce qui s’y trouve. On fixe tous les accessoires sur les planches dont on voit seulement, en liant, la partie inférieure.
- l’instrument que l’on a en vue. On ajoutera des cercles divisés C, D donnant l’ascension droite et la déclinaison. On peut les faire en métal, en bois bordé d’une bande de métal ou encore en bois sur lequel on colle du papier millimétrique où l’on a tracé la division convenable. ... -.......
- Donneraux cercles une circonférence de o m. 36 ou o m. 72, ce qùiper-met le tracé facile des 36o degrés.
- Yernir soigneusement le papier.
- La figure 9 montre une construction plus soignée. C’est uniquement la partie d'entraînement d’une monture équatoriale. Le cercle denté est remplacé par un secteur. La commande se fait à la main par une manette dont on voit l’extrémité articulée par un joint à la cardan.
- Enfin le bouton molleté placé au-dessus de l’axe, lorsqu’on le desserre, permet de libérer l’axe d’ascension droite qui n’est plus entraîné.
- On peut monter équatorialement les petits instruments construits avec les verres de bésicles que nous avons précédemment décrits.
- Envoiciun (fig. xo) dont le pied, muni de trois vis calantes, provient d’une vieille table. Il est à latitude variable, une vis permettant 4e régler ('inclinaison 4e l’ajçe horaire,
- Fig. ro. — Petite lune équatoriale en carton. (Cliché Eji. Touohf.t.)
- Lunette construite au moyen de papier collé ; l'objectif est. un verre de lorgnon. Les différentes parties delà monture sont en bois découpé. Le pied provient d’une ancienne table. 11 est muni de vis calantes. Les cercles sont divisés en cleg rés.
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- Toutes les pièces sont en bois découpé avec une petite scie à main. Les cercles sont en acajou verni et ont été divisés en degrés. Lorsque cette lunette est bien réglée on peut trouver avec elle un astre dont on connaît les coordonnées.
- Quelle que soit la monture équatoriale que l’on emploie, surtout si l’on veut faire de la photographie, il est absolument indispensable d’avoir un entraînement par mouvement lent.
- Lavis sans fin est évidemment la meilleure solution, surtout quand on peut y adapter une horloge. Mais c’est une solution un peu délicate et, en général, coûteuse, car on trouve difficilement, au hasard des recherches, les pièces né' cessaires et suffisamment précises.
- On peut faire appel à d’autres combinaisons mécaniques pour entraîner lentement l’axe horaire, par exemple à des poulies avec démultiplications successives, des roues dentées, etc. Mais, à notre avis, si l’on n’a pas de vis sans fin, rien ne vaut la vis droite, qu’elle tire ou qu’elle pousse.
- Voici un procédé simple de constituer un excellent système d’entraînement d’une monture équatoriale
- (fig. n). Se procurer une tige filetée assez longue A B. Disposer sur l’axe horaire HH' une pièce de bois C
- échancrée, et sur le bâti de la monture une autre pièce de bois D, de manière que la face supérieure de lapièceD soitdansle même plan que l’échancrure. Percer la tige filetée d’un trou dans lequel passe une goupille G. En F est une fourchette en forme d’U pouvant tourner sur son axe ; sur cette fourchette, qui s’oriente constamment perpendiculairement à la tige filetée, s’appuie un écrou à oreille E. On peut noyer cet écrou dans une pièce de bois ronde, ce qui est bien plus facile pour tourner à la main. La pièce de bois C est serrée sur l’axe horaire HH' au moyen d’un boulon S. En desserrant ce boulon, l’arbre HH' devient libre.
- Avec ce dispositif, tel qu’il est dessiné, on ne pourrait suivre un astre qu’en observant du côté de l’Est. Pour observer à l’Ouest, disposer une seconde pièce semblable à D du côté gauche delà monture — c’est-à-dire en avant sur le dessin — et faire faire un demi-tour à la pièce G, qui sera ainsi en bas pour observer à l’Ouest. Pour la facilité des observations, on pourra com-
- Fig. ii. — Entraînement d’une monture équatoriale par une vis droite.
- Ce système, que tout amateur peut construire, est particulièrement recommandé. HH', axe horaire; AB, tige filetée, percée d’un trou (on peut l’aplatir à l’endroit de ce trou) dans lequel passe une goupille G ; C, pièce de bois tournant linrcment sur l’axe horaire et que l’on bloque au moyen de l’écrou de serrage S ; F, fourchette spéciale tournant librement sur elle-même dans la pièce de bois D; E, écrou à oreilles ou bouton molleté. La fourchette F s’oriente toujours perpendiculairement à la direction de la tige iiletée. En tournant l’écrou E, on tire sur la pièce C,et si l’écrou S est serré, toute la monture est entraînée. Le dessin montre la tige AB en place pour observer à l’Est. Pour observer à l’Ouest, faire faire un demi-tour à la pièce C et disposer d’une autre pièce D, en avant de la figure, cette fois, lu tige filetée sera en dessous de taxe horaire. On a figuré en E, et en Iq des détails de construction des pièces E et F.
- — Carte de la région circumpolaire boréale, jusqu’à 2 degrés du Pôle, dressée d’apzws, des photographié par M. A. Benoit, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy. *
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- mander à distance l’écrou E par une manette, une commande souple, etc., afin de ne pas allonger démesurément le bras.
- Réglage de la monture équatoriale. — Nous sommes en possession à présent d’un instrument monté équatoria-lement, mais non réglé.
- Il faut amener l’axe horaire à pointer le pôle céleste.
- S’il existait une étoile au pôle même, ou si l’on pouvait voir s’y couper les cercles de déclinaison, les opérations seraient grandement facilitées.
- Nous n’emploierons pas la méthode classique de réglage — pour laquelle nous renvoyons aux traités spéciaux (!) — mais des méthodes simplifiées basées sur la considération suivante : s’il n’y a pas d’étoile au pôle même, il y a des étoiles assez rapprochées qui permettent de l’estimer. Il faut pour cela une bonne carte du Pôle. Celle de M. A. Benoît (fig. 12) convient parfaitement!1 2). On voit notamment que le pôle de 1920 à ig3o sera à peu près à égale distance de deux étoiles de 8° à 9e grandeur, visibles dans les petits instruments. La Polaire, que l’on voit en haut et à gauche de la figure, permet d’identifier toute la région sur le ciel.
- ire Méthode. — Amener la lunette parallèle à l’axe horaire.
- Ce n’est pas toujours très facile, même avec de bons instruments, car la moindre erreur de construction empêche de réaliser aisément ce parallélisme.
- On y arrivera par tâtonnements. Munir l’oculaire de deux fils en croix (collés sur le diaphragme donnant le champ net) afin d’avoir bien le centre du champ.
- Il existe certainement sur le ciel, près du prolongement de l’axe horaire, de petites étoiles.
- Faire tourner la lunette autour de l’axe horaire (en
- rectifiant peu à peu la déclinaison). Quand le parallélisme sera réalisé, les étoiles marquant le prolongement de l’axe horaire ne quitteront plus la croisée des fils, au cours de la rotation de cet axe horaire sur lui-même. Alors, agissant' uniquement sur le pied, sur les vis calantes et rappels s’ily en a, amener, en identifiant les étoiles, la région du Pôle à la croisée des fils. L’instrument sera réglé.
- 20 Méthode. — Celle-ci est une variante de la précédente , et ne peut guère être utilisée que lorsque l’on a une monture un peu importante avec un axe horaire constitué par un tube creux. Munir cet axe d’un petit objectif en haut, d’un oculaire en bas, et, en agissant sur le pied seul, opérer comme ci-dessus, c’est-à-dire amener le pôle au centre du champ.
- 3e Méthode photographique. — On monte une chambre photographique ordinaire, un appareil pour la photographie des paysages si l’on veut, soit sur l’axe horaire, soit sur la lunette, en ayant soin de pointer celle-ci à
- Fig. i3. — Photographie du pôle boréal à l’aide d’un objectif à portraits pour le réglage d’une monture équatoriale.
- Les traînées sont produites par les étoiles, la plus brillante par l’Etoile polaire. Celles-ci se déplacent en sens inverse des aiguilles d’une montre. Le centre de ces traînées est le Pôle. En faisant tourner l’axe horaire de la monture sur lui-même d’un certain angle, et effectuant une courte pose, on obtient, avec la Polaire, des points. On en voit deux sur la photographie. Ces points, et l’extrémité supérieure de la traînée de la Polaire, déterminent un cercle dont le centre est le point du ciel où aboutit l’axe horaire. La figure ci-après montre comment on tire parti d’une telle photographie.
- 1. Voir notamment Astronomie, Géodésie, par Gelion T ovine (Thomas, éditeur, 44, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris). Cet ouvrage rendra d’énormes services aux observateurs.
- 2. M. A. Benoît a dressé cette carte et un catalogue de 356 étoiles circumpolaires au moyen d’une photographie prise à l’Observatoire de .luvisy le 3 septembre 1902 (1902, 67). [FJAstronomie, février 190'b p. 60.)
- peu près vers le Pôle. On immobilise le mouvement en déclinaison.
- Ceci fait, on expose une plaque pendant un temps assez long — plusieurs heures — en ayant bien soin de noter l’heure exacte du début et de la fin de la pose. Les étoiles décrivent sur la plaque des traînées qui sont sensiblement des cercles, et dont le centre est le pôle céleste. Ensuite, on fait tourner l’équatorial sur son axe horaire d’un certain angle, plusieurs degrés, et on fait une pose courte, une minute par exemple.
- On recommence ainsi à deux ou trois reprises. On obtient un résultat comme celui que représente la figure i3, où la traînée très intense et courte est produite par l’Etoile polaire. Nous avons dit que le centre des courbes décrites par les étoiles est le pôle.
- Le centre du cercle qui passe par les points obtenus en faisant tourner l’é-
- Fig. 14. — Détermination de l’erreur en azimut (x) et en hauteur [y) de la position de l’axe horaire d’une monture équatoriale d’après une photographie. (Méthode de M. A. Benoit.)
- Voir le texte.
- quatorial autour de l’axe horaire est le prolongement, jusqu’à la voûte céleste, de cet axe. Il faut faire coïncider le pôle et ce point.
- La méthode a été indiquée par M. A. Benoît.
- L’équatorial doit, de préférence, être muni de vis calantes.
- En général, il y a trois vis, deux situées de part et d’autre du pied, une à l’Ouest, l’autre à l’Est. La troisième est située soit au Nord, soit au Sud du pied. On déterminera tout d’abord la valeur angulaire d’un tour de cette vis, ce qui est facile, connaissant : i° le pas; 2° la distance de cette vis à la droite qui joint les deux autres. Ainsi, en effectuant un tour de cette vis, on saura de quel angle se relève ou s’abaisse l’axe horaire.
- On disposera d’une autre vis horizontale qui, en poussant le pied entier le fera tourner sur lui-même. On déterminera la valeur angulaire d’un tour de cette vis toujours en connaissant son pas, et la distance qui la sépare du point autour duquel le pied tourne. (Dans les instruments importants, les trois vis calantes reposent sur des crapaudines; l’une est percée d’un trou où s’engage la vis, c’est le point autour duquel tournera tout le pied; la seconde est plane et la vis calante glisse dessus; enfin la troisième, qui supporte lavis calante située au Nord ou au Sud du pied, est poussée par la vis horizontale).
- Reprenons à présent la photographie précédente, dont nous ferons un agrandissement à assez grande échelle soit par dessin à la lanterne de projection, soit sur un papier au bromure mat, pour pouvoir facilement y faire des tracés, et ne considérons (fig. 14), pour simplifier, que les traces laissées par l’Etoile polaire. Soit EE' la courbe tracée par l’Etoile polaire pendant la pose, et Elt E2 deux points obtenus en faisant tourner, aussitôt après la fin de la pose, l’équatorial autour de l’axe horaire. Il est évident que le point E* est sur le cercle qui a pour centre le prolongement de l’axe horaire. Par le procédé classique, étant donné trois points, on détermine le centre du cercle qui passe par ces points. On trouve ainsi que le centre de l’arc EE' est le point P. Le centre du cercle qui passe par E, Et, E2, est le point A.
- Connaissant l’heure exacte du début et de la fin de là pose, nous savons quel était à ces moments l’angle horaire de la Polaire, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes ou d’après le « Bulletin astronomique » où nous donnons les heures de passage de la Polaire au méridien. Nous pourrons ainsi tracer la droite MM', les angles MPE' et MPE étant les angles horaires de la Polaire au début et à la fin de la pose. MM' est le méridien, la trace du plan vertical passant par le pôle. Du point A abaissons une perpendiculaire AA’ sur MM' (vu le voisinage du pôle et la petite région céleste
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- considérée, nous pouvons faire abstraction de la courbure des lignes PA', AA', qui sont en réalité des arcs de grand cercle). Pour régler notre équatorial, il faudra donc déplacer l’axe horaire horizontalement de A en A', d’une quantité x, puis verticalement de A' en P d’une quantité y. La distance polaire S — PE' de l’Etoile polaire est connue : elle est actuellement (1922, 0) de i° 6'44” — 4°°4 • En mesurant sur l’agrandissement, en millimétrés, les longueurs ô, x et y on trouvera, par une règle de trois, les valeurs angulaires de x et y. Comme on a eu soin au préalable de déterminer les valeurs angulaires du tour des deux vis (horizontale et verticale) du pied, il suffira de les faire tourner de la quantité nécessaire.
- Après cette correction, et à titre de vérification, on fera un nouveau cliché du pôle, dans les conditions précédentes, et, s’il y a lieu, on pourra apporter une petite correction pour faire le réglage.
- Cette méthode est beaucoup plus longue à décrire qu’à employer. Elle a l’avantage de faire voir immédia-
- tement l’erreur de position de l’équatorial. Elle a aussi l’avantage de permettre de régler surle pôle n’importe quel axe du moment que celui-ci tourne bien rond sur lui-même. Il suffît de l’amener, au jugé, dans la direction du pôle.
- Cette méthode convient bien pour régler les petites lunettes allazimutales montées sur un pied incliné, comme nous l’avons indiqué plus haut, à condition de bien les immobiliser en déclinaison quand on prend les photographies pour le réglage.
- Si l’on dispose d’une place suffisante, on sera bien inspiré de construire le pied incliné recevant la lunette sur un soubassement convenable et de l’y fixer une fois pour toutes, après réglage. C’est sur ce pied que l’on portera la lunette chaque fois qu’on voudra s’en servir : elle sera ainsi réglée automatiquement.
- Nous voici donc armés de lunettes construites de nos mains et même de lunettes équatoriales. Nous verrons, dans le prochain article, l’excellent parti que l’on en peut tirer.
- (A suivre). Em. Touciiet.
- ’1§D
- VAR] ETES
- CHOIX D’UN SOL TRUFFIER
- L’expérience a établi que les meilleurs sols truffiers sont ceux où le chêne se complaît particulièrement, c’est-à-dire les terrains légers à base de calcaire, peu riches en humus, frais mais non humides, et perméables. On trouve couramment la truffe dans le calcaire jurassique, l’oolithique, les marnes crétacées ; on ne la trouve jamais dans les terres non calcaires.
- A ce point de vue il est intéressant d’indiquer l’analyse d’un bon sol truffier de la région de Souillac (Lot) :
- Azote......................... 0.08
- Matières organiques non azotées. 10.10
- Acide phosphorique............ 0.20
- Acide sulfurique.............. 2.00
- Chaux........................ i3.oo
- Magnésie...................... o 4°
- Potasse...................... i . 00
- Soude......................... o.i5
- Peroxyde de fer et alumine . . . i5.i2
- Silice....................... 45.20
- Acide carbonique et pertes . . . 12.75
- Oxyde de manganèse...........traces.
- Pour..........100.00 parties.
- L’examen de ces résultats numériques montre qu’un très grand nombre de terrains en France ont une teneur en chaux plus que suffisante pour la production abondante des truffes, ce qui, du reste, est confirmé par la réalité, puisque, sur 82 départements français, il en est 5o dans lesquels il existe des truffières, donnant toutefois des tubercules de saveurs et de valeurs commerciales très différentes.
- Ce qui frappe également, en lisant l’analyse ci-dessus, c’est la teneur relativement élevée en peroxyde de fer et d’alumine. On peut se demander s’il s’agit là d’éléments indifférents ou s’il ne s’agit pas, au contraire, d’éléments exerçant une influence heureuse sur la quantité et sur la qualité des tubercules récoltés.
- Il est souhaitable que de nombreuses analyses effectuées sur le sol de bonnes truffières exploitées en diverses régions françaises permettent — par des comparaisons de chiffres — de déterminer la part d’influence que peut avoir chaque constituant sur la production et le rendement.
- Enfin on ne peut pas ne pas retenir la richesse en matières organiques et la pauvreté en azote, étant donnée l’opinion de nombreux truffîculteurs, opinion aux termes de laquelle le fumier de ferme est nuisible aux truffes, précisément parce qu’il est trop riche en principes organiques. Divers auteurs, notamment M. de Bosredon dans son Manuel du truffieulteur, et M. Gueguen partagent cette opinion, sans toutefois l’étayer par des arguments scientifiques probants. Il est probable que ce qu’il faut surtout incriminer, dans la fumure des truffières, c’est l’apport cfç bactéries pap je fumier et le |
- risque de contamination qui en résulte ; dans ce cas on peut admettre que le fumier apporte les spores de champignons variés, plus ou moins concurrents de la truffe, et qui, placés dans un milieu très nutritif, se développent rapidement, occupent le terrain et le gardent quand la truffe essaye de le leur disputer. Il n’est pas douteux, en effet, que d’autres hypogées, des ascomycètes notamment, se rencontrent dans certaines truffières et nuisent à leur rendement. Mais c’est là une action indirecte et tout à fait accidentelle.
- En passant, il est peut-être permis de faire justice d’une hypothèse vraiment hardie qui a été émise au sujet du rôle joué par l’azote en truffîculturc. On a prétendu que si les truffes les plus belles, les plus régulières et les plus grosses sont celles qui affleurent la surface du sol, tandis que les plus petites et les plus bosselées se trouvent en profondeur (25 à 3o cm de la surface) cela doit être rapporté à ce fait que l’air, composé d’azote pour 4/5, arrive en plus grande abondance aux premières qu’aux secondes.
- C’est bien la première fois que pareil rôle a été attribué à l’air en chimie agricole. Certes les labours n’ont pas seulement pour but d’emmagasiner l’eau de pluie, mais aussi de l’air en abondance. Seulement, on ne vise jamais que son oxygène, nécessaire à l’oxydation des éléments chimiques du sol, à la vie des racines et des micro-organismes aérobies qui aident à la solubilisation des matières organiques et à la nitrification. Très rares sont les éléments figurés qui, comme les bactéries des nodosités des racines des légumineuses, peuvent emmagasiner directement l’azote atmosphérique. Or, la truffe n’est pas une légumineuse et rien n’autorise à penser qu’elle possède des organismes susceptibles de lui apporter l’azote de l’air. Cette théorie est donc àu moins fort hasardeuse et ne repose sur aucune considération sérieuse. Il se peut que l’air soit utile à la truffe, mais c’est à cause de son oxygène qui doit lui être nécessaire, comme il l’est aux racines et aux autres champignons non hypogées et ainsi s’expliquerait partiellement que la plus grande taille soit obtenue en surface, mais il se peut aussi qu’il y ait là une simple action mécanique, la truffe restant plus petite et surtout bosselée parce qu’elle supporte une pression d’autant plus grande qu’elle est plus profonde et qu’elle y pourra plus difficilement repousser les parties indurées ou les petits cailloux que certains de ses points viennent heurter en cours de développement. Ne pouvant forcer l’obstacle, elle le contourne, la nature absurde abonde en exemples pareils.
- Quoi qu’il en soit, il faut retenir que, dans la création d’une truffière, il convient en premier lieu d’attacher la plus grande importance à la nature et à la composition chimique du sol. La présence du calcaire en propqptiqns relatiyement élevées (12 à 14 pour ioo)
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- VARIÉTÉS
- est indispensable et primordiale. La silice et l'argile doivent être représentées en proportions telles qu'elles réalisent les conditions physiques de perméabilité et de fraîcheur requises. Les terres renfermant de l’oxyde de fer doivent être préférées, comme étant vraisemblablement celles où le tubercule atteint le maximum de ses qualités gastronomiques. En thèse générale, du reste, les sols riches en acides et sels minéraux, qu’il s’agisse
- d’acide phosphorique, de potasse, voire de soude ou de magnésie, sont ceux où se rencontrent les meilleures variétés. Quant à l’humus, il est difficile de se prononcer avec certitude. Néanmoins, il semble bien que les terres renfermant des matières organiques bien décomposées et réparties de façon homogène dans leur masse sont favorables à la production du précieux diamant noir.
- Francis Marre.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’ANESTHÉSIE SANS ANESTHÉSIQUE
- On parle beaucoup depuis quelque temps d’un nou- I veau procédé employé par les dentistes américains pour insensibiliser leurs patients pendant les comtes opéra-lions et notamment pendant les extractions de dents.
- M. Guichard, chef de clinique à l’Ecole dentaire de l’aris, a indiqué dans Y Odontologie la manière de faire : on recommande au sujet de respirer très vite et très pi ofondément. Au bout d’une minute environ, il est dans un état d’insensibilité suffisante pour qu’on puisse lui arracher une dent sans aucune douleur.
- Le procédé n’est pas nouveau, mais il était à peu près totalement tombé dans l’oubli.
- Le premier, croyons-nous, un dentiste de Philadelphie, Boirwill l’employa pour les opérations rapides : ouverture d’abcès, cautérisations, etc. Le Dr Lee l’appliqua avec succès à de courtes interventions chirurgi- | cales : ouverture d’un abcès du périnée, excision de I brides cicatricielles. Puis un dentiste de Monaco, Ash. en obtint d’excellents résultats. Depuis la fin du dernier siècle on n’en parlait plus.
- Va-t-il redevenir de mode? En tout cas, il n’est recommandable que chez les sujets âgés de 10 à 4o ans, ayant le cœur absolument sain, car il crée un violent effort cardiaque. Avant 10 ans et après 40 ans, la fatigue est mal supportée et beaucoup ne peuvent maintenir le rythme respiratoire rapide pendant assez longtemps.
- La respiration doit être, en elîet, accélérée, profonde et constamment la même, sans arrêt, ni ralentissement. Le sujet respire comme s’il venait de faire une course
- au galop de plusieurs minutes; on soutient son rythme en i’encourageant et par le geste et par la perspective de la minute qui arrivera bientôt à son terme.
- Dès les i5 ou 20 premières secondes, on voit le sujet, dont la face se congestionne, prendre un aspect de fatigue. Les joues se colorent et parfois même les mains, à la fin de la minute, pendent inertes le long du fauteuil. Les yeux du patient à cet instant ont l’aspect un peu vitreux et, si l’on prend le pouls, on constate qu’il est devenu extrêmement rapide et parfois filiforme.
- A ce moment on peut intervenir sans que le patient ressente aucune douleur. Quelquefois, il lui arrive bien de pousser un cri, mais il ne manque pas de déclarer ensuite que la crainte seule d’avoir mal l’avait fait crier, et qu’en réalité il n'a rien ressenti, eu tout au plus une douleur insignifiante.
- Quel peut être le mécanisme de cette anesthésie, ou, plus exactement, de cette analgésie? Le fait physiologique doit dépendre en grande partie, pour les uns, de l’accumulation des gaz dans le sang, oxygène ou acide carbonique; d’autres prétendent qu’une respiration déréglée et exagérée volontairement amènerait une répercussion violente dans l’action régulatrice du cerveau et pourrait dérégler du même coup les fonctions sensitives de cet organe.
- Il est probable qu’il s’agit plutôt de l’accumulation de l’acide carbonique dans les tissus et dans le cerveau comme suite aux- efforts respiratoires et aux modifications de la circulation. R. M.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- CÆ
- 053?
- Pour empêcher un boulon à bois de tourner. —
- Lorsqu’on monte des petites charpentes avec des boulons, les boulons qu’on emploie ont généralement une tête ronde et lorsqu’on serre l’écrou pour assembler deux pièces il arrive fréquemment que le boulon tourne, en particulier s’il n'y a pas d’ergot ni de collet carré pour empêcher la rotation du boulon.
- Lorsqu’il s’agit de pièces en bois peu résistantes ou déjà usagées après des, démontages assez fréquents des boulons, le logement du collet carré n’est pas suffisamment résistant pour empêcher que le boulon ne tourne.
- On peut remédier à cet inconvénient au moyen d’un dispositif simple qui se trouve à la portée de tous.
- Pour cela on emploie les capsules métalliques qui servent à fermer les bouteilles d’eau minérale ou de limonade et qui comportent sur leur surface latérale des stries de grande amplitude.
- On écarte la surface latérale de cette capsule et on perce au centre un trou de manière à permettre au boulon de passer à travers la capsule.
- La capsule est enfilée sur le boulon avant le montage et les dents de la partie latérale s’impriment légèrement dans le bois et plus fortement au fur et à mesure que le serrage se produit grâce à l’écrou que l’on tourne avec une clé. Ceci a pour effet d’empêcher que le boulon ne tourne au montage sur le collet carré du boulon qui s’est fixé dans la capsule, le mouvement de rotation est complètement arrêté par les dents de celle-ci qui se se sont solidarisées parfaitement avec la pièce de bois.
- hB 2
- Fixation des fils barbelés sur les tubes. — Lorsqu’on emploie des fils de fer barbelés, il est assez difficile de les fixer sur les piquets qui maintiennent la clôture.
- Voici un dispositif qu’on peut utiliser avec avantage lorsqu’il s’agit de piquets fabriqués avec des tubes métalliques.
- On perce un trou qui traverse le tube de part en part à la même hauteur où passe le fil barbelé, on enfile dans ce trou un fil métallique ordinaire que l’on coude et qui vient entourer de chaque côté le fil barbelé en l’appliquant solidement contre le tour.
- Lorsqu’il s’agit de maintenir un fil de fer ordinaire de petit diamètre on peut agir d’une façon encore plus simple. A l’endroit où passe le fil contre le tube, on perce deux trous sur le tube de part et d’autre du fil, on coupe une petite longueur de fil métallique que l’on coude en forme de boucle.
- On enfile les deux extrémités dans les trous qu’on a préparés en s’arrangeant pour que les extrémités de ces fils viennent buter contre la paroi opposée du tube, de façon qu’ils se coudent à leur tour et qu’ils mainliennent la boucle fortement sur le tube.
- Cette boucle assujettit à son tour le fil métallique contre le piquet.
- Procédé simple pour nettoyer les brosses à cheveux. — Remplissez une cuvette d’eau chaude, à la hauteur des soies de la brosse, et ajoutez une cuillerée d’ammoniaque. Inclinez la cuvette de manière à amener
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- l'eau près du bord, et frappez l’eau avec la brosse de façon que l’eau claque contre le bois. Peignez la brosse et frottez-la avec les bouts des doigts. Rincez de même dans de l’eau tiède, essuyez et placez-la sur le côté pour sécher. A défaut d’ammoniaque, on peut employer du savon. Vous serez parfaitement satisfait du résultat.
- Formule de ciment pour manches de couteaux.
- — Les couteaux plongés dans l’eau de vaisselle et y séjournant plus ou moins se détériorent. A la longue, la lame ne tient plus dans le manche.
- On les répare en employant le mélange suivant :
- Résine en poudre..............45 grammes.
- Fleur de soufre............... 14
- Sable......................... 41 —
- Avec ce mélange, remplir la partie évidée du manche, chauffer fortement la tige de la lame et l’y enfoncer soigneusement.
- Procédé de destruction de la mousse dans les pelouses et les prairies. — Les pelouses et les prairies non entretenues sont souvent envahies par la mousse, surtout dans les terrains contenant un excès de matière organique et dans ceux dont on a négligé la fertilisation par des fumures minérales.
- Pour détruire la mousse on fait usage du sulfate de fer pulvérisé que l’on répand en février-mars. Quinze jours ou trois semaines après cet épandage on passe une herse en long et en travers.
- La dose de sulfate de fer exprimée en kilogrammes se calcule facilement ; il suffît de multiplier la hauteur de la mousse, exprimée en millimètres, par le coefficient 20. Si, par exemple, cette hauteur est de 25 mm, la dose de sulfate de fer à employer est de 5oo kg par hectare.
- En outre, le traitement doit être complété par l’application d’engrais minéraux, soit, par exemple, 6oo à 8oo kg de scories de déphosphoration et 3oo kg de sylvi-nite par hectare.
- Procédé de séchage rapide des bois par les vapeurs de benzol. — Ce procédé, imaginé par M. Mau-rer, ingénieur, consiste à soumettre, pendant quelques heures, les bois débités à l’action combinée d’une chaleur qui vjufie entre (io et 8o° et d’un agent chimique toxique détruisant la vitalité de la cellule ligneuse du bois, en agissant à l’état de gaz ou de vapeur.
- Le bois est placé dans une étuve au fond de laquelle se trouve un réservoir contenant du benzol porté à l’ébullition au moyen d’un serpentin chauffé à la vapeur. On laisse le bois baigner dans la vapeur de benzol pendant quelques heures, puis on arrête l’opération et on évapore les vapeurs de benzol qui imprègnent encore le bois; celui-ci est exposé ensuite à l’air libre et, en quelques jours, il devient parfaitement sec.
- En une semaine, on est arrivé ainsi à amener à un point de siccité tout à fait satisfaisant, et tout en conservant toutes leurs qualités mécaniques et autres, des pièces de bois ayant ioo mm d’épaisseur.
- Les avantages offerts par ce nouveau procédé, d’après l’inventeur, sont les suivants : destruction de la vitalité de la cellule végétale; chauffage régulier, la température étant celle du point d’ébullition du liquide employé ; évaporation de l’eau en proportion définie par les lois physiques du mélange des vapeurs ; retard au retrait par imprégnation de vapeur de benzol.
- Enfin, par ce procédé, les bois sont séchés en une semaine. L’installation même des étuves à vapeur de benzol est peu coûteuse, car elle n’exige aucun organe mécanique.
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- BOITE AUX LETTRES
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- « A VIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. R. P., à. Verzy (Marne). — En ce qui concerne les débouchés pour l’élevage des cobayes, on peut faire des offres aux Instituts Pasteur et aux Ecoles nationales vétérinaires d’Alfort, de Lyon et de Toulouse, ainsi qu’aux Laboratoires de bactériologie.
- Vous pourriez vous adresser à la direction de l’Institut Pasteur, à Paris, rue Dutot, à l’Institut Pasteur de Lille, à celui de Tunis, et, plus particulièrement, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, auteur de l’article sur l’élevage des cobayes, à M. Alexis Prévôt, directeur de l’Institut Pasteur, à Garches (Seine-et-Oise).
- M. V.-D. R., à Beveren-Waes (Belgique). — Pour obtenir des cobayes en vue de la reproduction et de l’élevage, vous pourriez vous adresser à un spécialiste très expérimenté, M. E. Meslay, à Sourdeval-la-Barre (Manche), qui vous renseignera, croyons-nous, s’il n’est pas en mesure de vous donner satisfaction lui-même. D’autre part, nous vous signalons que des demandes peuvent être adressées aux abonnés du journal L’Acclimatation, à Paris, 46, rue du Bac, 7“ et à la revue Chasse et Pêche, 72, rue de la Concorde, à Bruxelles. Voyez aussi au Jardin zoologique d’Anvers, et aux adresses suivantes : M. L. Pluymers, éleveur, Hex (Limbourg) ; M. Ducros, à Goussonville, par Guerville (Seine-et-Oise) ; Mme Dubois Le Ruy-d’Artigny, Mont-bazon (Indre-et-Loire).
- M. Ch.-O., rue Serpente, Paris. — La fabrication du produit dénommé « miel de raisin » — qui est du moût de raisin, concentré — n’est qu’à ses débuts, et le produit n’est pas encore lancé dans le commerce. Pour tous renseignements, veuillez vous adresser sous nos auspices à M. J. Guyon, ingénieur, 61, rue de la Gare, à Carcassonne. C’est, à l’heure actuelle, le seul fabricant
- que nous connaissions. Nous croyons savoir qu’il s’est réservé, quant à présent du moins, l’exploitation de son procédé qu’il a fait breveter.
- M. P. Pli., boulevard Vauban, à Auxerre — Voici le mode opératoire pour la destruction des herbes dans les allées de jardins, par le sulfure de calcium, que l’on prépare selon la formule suivante :
- Chaux vive........................ 5 kg.
- Eau ordinaire.....................5o litres
- Fleur de soufre. . .............. 4 kg'
- On commence par éteindre la chaux avec une petite quantité d’eau, après quoi la poudre de chaux hydratée ainsi obtenue est passée au tamis, puis délayée avec les 5o litres d’eau ajoutés petit à petit. On obtient de cette façon un lait de chaux que l’on fait bouillir dàns une chaudière en fer. A ce lait de chaux on ajoute, peu à peu, la fleur de soufre qui s’y dissout rapidement.
- On laisse refroidir le liquide et on y ajoute encore 5o litres d’eau. On a ainsi une solution herbifuge qui, répandue en arrosages ou fortes pulvérisations sur les terrains infestés d’herbes, les détruit radicalement.
- Voyez aussi la note sur la destruction de l’herbe des allées (procédé au lait de chaux), publiée aux Recettes et Procédés utiles, n° 2540, p. 189.
- M. Savarit, à Paris. — L’emploi d’une table, ou d’un graphique donnant, à tout moment, la hauteur du Soleil au-dessus de horizon d’un lieu, pourrait, en effet, être de quelque utilité pour la détermination du temps de pose en photographie. Les tables préparées pour la détermination du temps de pose telles que celles de MM. Huillard et Cousin publiées par la Société française de photographie et données chaque année dans VAgenda Lumière tiennent compte de cet élément, puisque I on y trouve un coefficient dépendant du mois et de l’heure de la journée. Nous ne connaissons pas de table ou graphique répondant à votre demande bien qu’il soit vraisemblable qu’il en ait déjà été publié. Il serait assez facile d’en entreprendre la construction. Pour un lieu donné, la hauteur du Soleil, à un instant donné, dépend de sa déclinaison et de son angle horaire. Ces éléments se trouvent dans
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- BOJTE AUX LETTRES
- les annuaires : Connaissance des temps, Annuaire du Bureau des Longitudes ou Annuaire astronomique Flammarion. Pour établir un tableau il serait, nécessaire de calculer par les formules de trigonométrie sphérique une série de triangles correspondant à des angles horaires de i5° en i5° par exemple (c’est-à-dire de ih, 2h, etc.) et des déclinaisons du soleil variant de 5° en'5°. On déterminerait, dans un de ces triangles, la distance du zénith au Soleil (le complément serait la hauteur cherchée). On pourrait résoudre le problème graphiquement au moyen de la projection stéréogra-
- phique de l'hémisphère céleste sur le plan de l’horizon. Tous les cercles de hauteur seraient des cercles parallèles à l’horizon. On tracerait les cercles de déclinaison que le Soleil peut occuper de (— 23°2jl à -j- 23°2j') de 5 en 5° par exemple. Et on déterminerait les angles horaires de i5 en i5°, suffisants pour interpoler, à vue, à un quart d’heure près.
- A. notre avis, comme un tel tableau ou graphique nécessiterait toujours l’emploi d’un annnaire de l’année en cours, il nous paraît plus simple de s’en tenir aux tables de temps de pose établies.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .......
- Cours de mathématiques spéciales. Mécanique, par J. Haag. i vol., 188 p., 29 fig. Gauthier-Villars, éditeurs, Paris, 1922. Prix : 12 francs.
- La mécanique étant enseignée dans les lycées, comme une branche des mathématiques pures,tous les ouvrages classiques d’enseignement qui lui sont consacrés sont conçus sous une forme exclusivement déductive et abstraite. Au point de vue logique, c’est parfait. Dans l’esprit des jeunes gens qui abordent la mécanique, de cette façon, il ne subsiste le plus souvent d’un tel enseignement que des notions fort vagues qu’ils sont incapables d’appliquer au plus simple des problèmes pratiques.
- L’ouvrage de M. Haag, fort bien fait, n’échappe pas à un tel reproche, qui du reste vise plus les programmes que les auteurs. L’intéressant, mais bref chapitre consacré aux principes de la dynamique, n’apportera que bien peu de lumières aux jeunes esprits neufs en cette matière et plongera sans doute dans un abîme de perplexité ceux qui ont pris déjà l’habitude d’observer et de méditer les phénomènes physiques.
- Les Mathématiques, par Pierre Boutroux. i vol. 181 p., 5i fîg. Albin Michel, éditeur (collection Cosmos). Paris, 1922. Prix : 5 francs.
- Ce remarquable petit livre a pour but de faire saisir à des lecteurs non mathématiciens, mais d’esprit cultivé, l’objet, le caractère et les .méthodes des sciences mathématiques ; il examine successivement l’arithmétique, science du nombre, la géométrie, science des figures, qui repose sur une suite d’axiomes fort discutés, l’algèbre qu’il définit : un ensemble de procédés pour résoudre les problèmes par des calculs mécaniques et automatiques, la géométrie analytique qui met l’algèbre au service de la géométrie, la notion de fonction qu’il rattache aux courbes, les équations différentielles, et enfin la théorie de fonctions. Dans une curieuse et bien intéressante préface, l’auteur se demande si les mathématiques peuvent être mises à la portée des gens du monde, et après avoir rappelé les efforts des plus célèbres vulgarisateurs des temps passés et aussi ceux des mathématiciens dits amusants, il répond nettement par la négative. Il combat aussi ceux qui veulent justifier l’étude des mathématiques par leur utilité pratique ; la valeur de la science mathématique réside uniquement dans le caractère esthétique de l’ensemble de l’édifice qu’elle construit. C’est comme une pure musique d’idées. C’est là une théorie qui rappelle dans un autre domaine celle de l’art pour l’art et contre laquelle il y aurait à élever les plus sérieuses objections; mais elle n’enlève rien, bien au contraire, au charme et à l’intérêt de ces pages, à la fois si courtes et si l’emplies.
- Ampère. 1 vol. 3o6 p. N° spécial de la Revue générale d’Electricité. Paris, 1922.
- Pour rendre hommage à l’illustre créateur de l’Electrodynamique, science dont on fêtait cette année le centenaire, la Revue générale de l'Electricité publie un magnifique numéro spécial consacré à André-Marie Ampère. Il comprend 3 parties : la i,e est plus particulièrement consacrée à mettre en relief les caractères du génie encyclopédique d’Ampère ; M. Appell y résume ses travaux de mathématicien, M. Brillouin retrace la curieuse carrière professorale d’Ampère au collège de France, M. De Launay étudie Ampère chimiste et montre comment il fut amené à formuler l’hypothèse dite d’Ampère-Avogadro ; M. Boucherot étudie dans Ampère l’homme et le philosophe, M. Gouy résume l’œuvre capitale d’Ampère, l’électrodynamique, et M. Pomey rappelle que le grand savant fut l’inventeur du télégraphe électrique. La 2e partie reproduit les discours officiels prononcés lors des fêtes du Centenaire ; le plus intéressant est celui de M. Mailloux, ingénieur franco-américain; c’est une étude profonde et poussée de l’œuvre d’Ampère et de ses méthodes, directement inspirées des conceptions newtoniennes sur la recherche scientifique.
- La 3° partie du volume est remplie par une série de notices consacrées aux diverses sociétés électriques de France, c’est en somme un tableau actuel de l’industrie née des découvertes d’Ampère.
- Les ondes courtes (émission, réception), par A. Clavier.
- 1 brochure, 47 p-, 32 fig. Chiron, éditeur. Paris, 1922. Prix : 4 francs.
- 11 s’agit dans cette brochure des ondes hertziennes dont la longueur est inférieure à 200 m. Elles présentent un double intérêt; tout d’abord elles paraissent constituer le domaine réglementaire que l’avenir réservera aux amateurs désireux d’installer des postes émetteurs. En outre, elles ont des propriétés qui paraissent leur assurer des applications importantes, mais encore mal définies faute d’études suffisamment poussées, et en raison des difficultés d’expérimentation nées du caractère même de ces ondes à haute fréquence. M. Clavier explique très clairement comment doivent être montés les postes émetteurs ou récepteurs pour ondes courtes. Son étude, en même temps très complète, est destinée avant tout aux amateurs, à ceux bien entendu qui ont déjà atteint un niveau assez élevé. Ils y trouveront enfin un chapitre sur les montages en superréaction d’Armstrong.
- Production économique de la vapeur, par O. Manville.
- 1 vol. in-8, 417 p-, 25g fig. Doin, éditeur. Paris, 1923. Prix : 2 5 francs.
- Le but de cet ouvrage est d’indiquer comment doit être organisée rationnellement la chaufferie d’une usine à vapeur en vue de réduire au minimum les dépenses de combustible. L’auteur envisage surtout les usines de moyenne importance, les plus nombreuses en France; ce sont aussi celles qui sont le plus négligées parce qu’elles ne sont qu’un accessoire dans l’installation industrielle et généralement ne sont conduites que par un personnel peu compétent et mal surveillé. L’auteur explique clairement les conditions à observer pour réaliser une production de vapeur économique, il montre le fonctionnement des principaux types de foyer et de chaudières, dis-
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- BOITE AUX LETTRES
- cute les divers systèmes de tirage, explique comment s’organise le contrôle d’une chaufferie, comment doit s’effectuer l’épuration de l’eau, etc. Son ouvrage sera un guide fort utile pour tous les industriels qui ont à se servir de machines à vapeur.
- Forgeage et Laminage, par L. Geuze. i vol. gr. in-8, 362 p., 229 fig. (Encyclopédie minière et métallurgique). Baillière et fils, éditeur, Paris 1922. Prix broché : 3o francs.
- Cet ouvrage est consacré à la description et au mode d’emploi des diverses machines employées pour le forgeage et le laminage de l’acier : marteaux-pilons, moutons à estamper, fours à chauffer les pièces, presses hydrauliques et à vapeur, trains de laminoirs, etc.
- Chimie industrielle, par P. Baud. r vol. 704 p-, 270 fig. Masson et C1", éditeurs, Paris, 1922. Prix : 40 francs.
- Dans cet ouvrage l’auteur s’est préoccupé, avant tout, de faire œuvre d’enseignement et de donner un tableau aussi suggestif que possible du vaste ensemble d’industries qui se groupe sous la dénomination d’industries chimiques. II y a parfaitement réussi. Il est entendu que ce livre n’est pas destiné aux techniciens ; il eût fallu en effet, pour traiter le sujet complètement, de ce point de vue, non pas un volume, mais de nombreux volumes. Cependant les techniciens eux-mêmes le liront avec intérêt, parce qu’ils y apercevront clairement l’enchaînement des diverses industries et qu’ils y trouveront d utiles renseignements généraux sur les industries voisines de la leur et sur les principales questions à l’ordre du jour. M. Baud étudie tout d’abord la grande industrie chimique, c’est-à-dire celle des acides minéraux, des soudes et potasses, et des engrais chimiques, qui forme dans la pratique un vaste et inséparable ensemble d’industries solidaires et se trouve à la base de toute l’industrie chimique ; dans ce chapitre, comme dans ceux qui suivent, il s’attache à faire ressortir les caractères des réactions chimiques mises en jeu dans les diverses fabrications et à décrire les procédés et le matériel les plus perfectionnés et les plus modernes. Le livre relatif à la grande industrie chimique comporte également une étude générale des combustibles et de leur mode d’emploi.
- L’auteur étudie ensuite, dans l’ordre de la classification de Dumas, les métalloïdes et leurs composés, les métaux et leurs sels, puis les industries organiques. Nous ne pouvons énumérer ici tous les sujets abordés. Les industries les plus importantes au point de vue économique : sidérurgie, industries de l’azote, chaux et ciments, celluloses, industries de fermentation, corps gras, etc., sont traitées avec plus de détails; mais toutes les substances ayant quelque utilisation pratique font l’objet d’une étude plus ou moins poussée suivant leur importance. Bref, c’est un véritable tableau d’ensemble de l’industrie chimique moderne que nous trace M. Baud; on y aperçoit les différents éléments qui la composent, replacés exactement chacun dans leur plan. Ce livre doit rendre de grands services.
- Les progrès de la Chimie en 1920, traduction française des Annual Reports on the Progress of Chemistry, publiés par la Chemical Society, traduits par Â. Kling. 1 vol. in-8 de v-33g p. Gauthier-Villars et C'% éditeur, Paris, 1922. Prix : 4o francs.
- La traduction des rapports annuels de la Chemical Society de Londres avait l’avantage de donner chaque année au lecteur français un tableau exact des progrès essentiels de la science chimique. Aussi constatons-nous avec regret que ce volume sera le dernier de la collection commencée en 1913 par M. Kling. Des raisons matérielles en sont la cause : la vente des précédents volumes a été insuffisante. Serait-il vrai qu’il manque en France un public pour les ouvx-ages scientifiques? Ce serait profondément regrettable, d’autant plus que le présent ouvrage est aussi utile, sinon davantage aux industriels qu’aux savants purs, les premiers sont plus nombreux que les seconds. Par la liste des sujets traités on se rend compte de l’intérêt de ce dernier volume; on y trouve en effet un
- magistral résumé de M. Mac Lewis sur la chimie générale et la chimie physique, M. Baly passe en revue la chimie minérale, MM. Pickard et Kenner la chimie organique, M. Ainsworth Mitchell la chimie analytique, M. Barger la chimie physiologique, M. Russell la chimie agricole, M. Barker la cristallographie et la métallurgie, M. Soddy la radioactivité.
- The Physiology of Reproduction, par J. II. A. Marshall, 2' édition revue, j vol. in-8, 770 p., 189 fig. Long-mans, Green and Co, London. Prix relié : 36 francs.
- Traité de la physiologie des processus reproducteurs et sexuels, tels qu’on les observe chez les ani-
- * maux supérieurs, spécialement chez les Mammifères et l’homme. Les travaux récents sur la détermination du sexe, les sécrétions internes des glandes reproductives, la cause de la naissance, la biochimie des organes sexuels sout particulièrement exposés et analysés. Les derniers chapitres sur la lactation, la fertilité, les phases de la vie, sa durée et la cause de la mort sont particulièrement intéressants. Bien illustré, abondamment pourvu de références bibliographiques, ce livre s’adresse aussi bien aux physiologistes, aux zoologistes, aux gynécologistes, aux vétérinaires qu’à tous ceux que préoccupent les problèmes sexuels et de natalité.
- La mise en valeur des colonies françaises, par A. Sar-raut, Ministre des Colonies. 1 vol. 656 p., 11 cartes. Payot, éditeur, Paris, 1922. Prix : 20 francs.
- La France, avec son domaine colonial de 10 millions de km* peuplé de 55 millions d’habitants, est la deuxième puissance coloniale du monde. Quelle est la valeur de cet empire, quels espoirs peut-on fonder sur lui, par quels moyens peut-on les réaliser, telles sont les grandes questions abordées par le Ministre actuel des Colonies, dans cet ouvrage qui renferme, outre une riche documentation, l’exposé d’un vaste programme de mise en valeur, programme rationnel et profondément mûri. L’auteur montre tout d’abord la précieuse collaboration apportée à la mère patrie par ses colonies pendant la grande guerre : envois de soldats, de matériaux, et d’argent. Ce fut la récompense d’une politique coloniale, généreuse et libérale dans ses rapports avec les indigènes. Les principes élevés sur lesquels elle se guide doivent donc être conservés; mais si la France a fait beaucoup pour le développement moral des populations soumises à son autorité7 et si elle a su par ses bienfaits conquérir leur cœur, elle n’a pas fait assez encore pour tirer de son domaine économique tous les fruits qu’il peut fournir. L’auteur établit le bilan commercial de nos colonies, brillant à beaucoup d’égards, mais bien insuffisant si l’on tient compte des richesses inexploitées qu’elles recèlent; il montre qu’il est impérieusement nécessaire de donner un grand effort; mais pour que celui-ci soit efficace, il faut qu’il s’exerce suivant un plan bien arrêté; c’est l’exposé de ce plan que M. Sarraut offre à nqs méditations, après en avoir fait l’objet d’un projet de loi; il comporte pour chaque colonie, classée par degrés d’urgence, un ensemble de grands travaux immédiatement réalisables : ports, canaux, voies de communication, irrigations, etc., appuyé sur des études économiques et statistiques. L’Algérie, la Tunisie et le Maroc ne relevant pas du Ministère des Colonies sont en dehors de ce programme. Est-ce la raison pour laquelle celui-ci ne comprend même pas une allusion aux communications transsahariennes ?
- Les Guides Bleus, publiés sous la dirfection de Marcel Monmarciik, Paris, Librairie Hachette. Prix: 25 francs.
- Trois nouvelles éditions viennent |de paraître : Savoie, 477 pages, 32 cartes, 2 panoramas et 7 plans, par M. Paillon et J. Dalbaune; Bords de la Loire et Sud-Ouest, 549 pages, 33 cartes et 26 plans, par L. Lheureux, introduction de G. Monmarché (ce volume comprend le Périgord, qui ne figurait pas dans l’édition précédente); Algérie et Tunisie, 468 p., 61 cartes et 3 5 plans, par P. Ricard, J. Dalbaune et L. Drappier, avec un aperçu géographique de L. Lar-naude, professeur à l’université d’Alger, et aperçu religieux, artistique et littéraire par P. Ricard.
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- LA NATURE n° 2547
- Supplément. 27 Janvier 1923
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS Ï923 (*)
- L’éclatante planète Yénus, qui brille le matin, avant le lever du Soleil, depuis déjà plusieurs mois, vient, une fois de plus, de semer la perturbation parmi les hommes. Combien de fois son vif éclat ne l’a-t-il pas fait prendre pour un dirigeable, un avion lançant les feux d’un projecteur; pour un phénomène lumineux spécial, comme à Cherbourg où, il y a quelques années, on dépêcha un torpilleur à sa recherche. Voici que, dans une ville de l’Ouest, on vient de découvrir « une énigme dans le ciel? » Un petit journal local a lancé la chose, que tous les journaux .ont répétée avec, parfois, des commentaires. On a pris des positions, des azimuts, des hauteurs du « phénomène » ; on a reconnu qu’à la lunette le « phénomène » présentait un petit croissant, analogue à la Lune. Personne n’a pensé à Vénus qui, étoile du matin, accomplit biën sagement sa révolution autour du Soleil, en accord complet, est-il besoin de le dire, avec les calculs des Annuaires.
- Une leçon doit cependant être tirée de ce vaste « canard ». Pourquoi la presse est-elle toujours disposée à accueillir les informations sans fondement, alors qu’il y aurait si bonne besogne à faire en annonçant les événements célestes ?
- Pour conclure, nous engageons tous ceux de nos lecteurs à même de le faire, à prévenir les journaux locaux des principaux phénomènes célestes signalés ici, à appeler l’attention sur les périodes de visibilité des grosses planètes, etc. La Nature est extrêmement répandue, et en agissant ainsi, nos lecteurs feront de l’excellente propagande scientifique.
- D’ailleurs ce mois de mars est riche en phénomènes astronomiques importants, comme nous allons le voir.
- I. Soleil. — Le Soleil remonte de plus en plus dans l’hémisphère Nord. Il coupera l’équateur céleste le •2i mars, à i5h29“. Ce sera le commencement du printemps. De —7° 52' le ior mars, la [déclinaison sera de + 3° 52' le 3i. La durée du jour augmente, en même temps, d’une manière très sensible, puisque de xoh 55m le ier le jour atteindra i2h43“ le 3i.
- Le tableau ci-dessous contient le temps légal à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Temps légal.
- La zone dans laquelle cette éclipse pourra être observée s’étend depuis la pointe de la Patagonie jusqu’à l’Est de Madagascar, en couvrant toute la partie australe de l’Océan Atlantique. La plus grande durée de la phase annulaire atteindra 7“5i“, mais en plein Océan. Au Sud de l’Afrique, cette durée sera encore de 6 minutes.
- Lumière zodiacale. — Période excellente pour observer la lumière zodiacale, le soir, dès l’arrivée de la nuit (notamment du io au x8), période de Nouvelle Lune.
- La lueur antisolaire est visible dans le Lion.
- Se reporter aux Bulletins antérieurs pour l’observation de ces deux phénomènes.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes :
- P. L. le 3, à 3” 23“ | N. L. le 17, à i2h5i”
- D. Q. le 9, à i8h3i“ | P. Q. le 24, à i6h4i“
- -Age de la Lune, à midi, le iar mars =: 13 J, 7 ; le
- x8 = iJ,o. Pour les autres
- dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i8r ou le 18, et, pour une heure considérée, oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent. L’âge de la Lune est un renseignement approximatif à faire figurer sur les dessins lunaires, pour aider à leur classement.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 10 mars — — 18° 147 î Ie mars
- = -|- i8° i3\ Si l’on observe la Lune ces jours-là, à son passage au méridien, on constatera qu’elle sera, le 10, à sa plus faible hauteur du mois au-dessus de l’horizon, et le 25 à sa plus grande hauteur.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 mars, à 1 ih.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 mars, à 201*.
- Eclipse de Lune. — Le 3 mars, éclipse partielle de Lune, entièrement visible en France. Voici les heures des différentes phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre........ xh 12“
- Entrée dans l’ombre.......................21' 28“
- Plus grande phase. .... ............3h 32“
- Sortie de l’ombre.........................4h 36“
- Sortie de la pénombre.....................5h 5i“
- Coucher de la Lune, à Paris...............6h 33“
- Fig. 1. — Éclipse partielle de Lune du 3 mars 1923. E = Entrée ; S = Sortie.
- Mars i*r
- — : 5
- -- IO
- — x 5
- — 20
- -- 25
- — 3i
- I2h 3“ *9*
- I 2h 2“ 29s
- I 2h 1“ 17e
- I»h 5q“ 56‘
- ÏIl 58“ 3o‘
- IIh 57“ o1
- IIh 55“ 9’
- Pour les dates intermédiaix-es, une simple interpolation suffira pour trouver le temps légal correspondant à ces dates. On sait que cette donnée est fort utile pour tracer la méridienne et orienter un instrument.
- Eclipse de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil, invisible en France, se produira le 17 mars. L’éclipse générale commencera à 9“5o“; le maximum aui’a lieu à X2h45“ et la fin à i5h39m. Grandeur de l’éclipse = 0,96a, le diamètre du Soleil étant un.
- 1. Toutes les heures données en ce Bulletin sont expiâmées, sans aucune exception, en temps légal, c’est-à-dire en temps moyen de Greenwich, compté de o'1 à 24h, à partir de minuit.
- Grandeur de l’éclipse =0,376, le diamèti’e de la Lune étant un.
- C’est donc une petite éclipse, puisqu’un peu plus du tiers du diamètre lunaire sera plongé dans l’ombx'e de la Terre (fig. 1).
- 11 y a grand intérêt à déterminer l’aspect de la partie dans l’ombre, au moment de la plus grande phase. Celte éclipse pourra-t-elle être rangée dans les « éclipses claires », ou dans les « éclipses obscures? » L’éclat de la partie dans l’ombre, comme l’a montré M. Danjon, est lié à la phase de l’activité solaire. (Voir La Nature : L’éclipse de Lune du 16 octobre 1921, n° 2486, du 26 novembre 1921). Tenir compte, dans l’estimation de la teinte, du contraste avec la partie éclairée.
- Occultations d’étoiles par la Lune visibles à Paris. — Le 2 mars, occultation de 48 Lion (gr. 5,2), de i7h38“ à i8h3ora.
- Le 19 mars, occultation de p Poissons (gr. 5,o), de ig1* 3” à igh 48“.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris (*) à sion et VISIBILITÉ
- MARS Paris. Paris. droite. son apparent. étoile voisine.
- 5 61 28“ I2h 2m2gs i7h 38m 23h r __ 6°2o' 32’ i8"o Verseau
- Soleil . . . i5 6 8 11 5g 56 *7 53 23 38 — 2 26 32 12,0 Poissons
- ! ! 5 5 47 11 57 0 18 8 0 i3 + I 3i 32 7.»2 Poissons
- 5 47 10 3o i5 12 21 23 — 16 45 6,0 p Sagittaire ^
- Mercure. . 15 5 45 10 48 15 51 22 20 —- I 2 42 5,4 0 Verseau Inobservable.
- 25 5 39 11 11 16 43 23 22 — 6 34 5,2 tp Verseau
- ; 5 4 35 9 6 i3 36 19 59 — J9 4 19»0 (3 Capricorne
- Yénus . . . i5 4 33 9 i4 i3 54 20 47 — 17 10 r7 >4 0'Capricorne! Bien visible le matin.
- 25 4 26 9 22 i4 18 2 I 38 — i4 8 16,2 0 Capricorne'
- 5 7 58 14 57 21 56 I 55 + I 2 6 4 j 3 0 Poissons Le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- Mars. . . . i5 25 7 7 33 9 14 14 45 33 21 21 56 56 2 2 22 5o +14 -j-16 35 5o 4,6 4,4 [x Baleine 1 Bélier
- Jupiter. . . i5 22 45 3 3i 8 16 i5 7 — 16 12 38,2 y Balance Seconde moitié de la nuit.
- Saturne * . i5 I9 56 i 37 7 »7 i3 i3 — 4 45 O r» H 0 Vierge Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 5 51 ; 1 22 16 53 23 3 __ 6 55 3,2 cp Verseau Inobservable.
- Neptune. . i5 14 i5 2 E 35 4 55 9 i3 -j-16 16 2,4 iri-n2 Cancer Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Le a3 mars, occultation d’Aldébaran (gr. 1,0), de i5h24ra à i6hi5ra. Curieuse occultation, à observer en plein jour. La Lune sera au méridien, presque au Premier Quartier, Une petite lunette suffira pour faire cette observation.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la Pleine Lune du 3 et à la fin du mois. Yoici leur amplitude, pour Brest :
- Dates. Marée du matin Marée du soir.
- Mars 1 °m,74 Om,82
- 2 ora,9o °m>97
- 3 iœ,o3 im,°9
- 4 im,i3 i ™, 15
- 5 im,i5 i“,i4
- 6 i”, 10 i“,o6
- 7 8 im,oo 0*93
- o”,84 om,76
- 3o o«\75 om,84
- 3i om,g2 im
- III. Planètes. - - Le tableau ci- dessus, établi au
- des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour I9'i3, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de mars.
- Mercure est pratiquement inobservable pendant tout le mois, sauf peut-être dans les premiers jours. Si l’on dispose d’un équatorial, on pourra le rechercher en plein jour. Yoici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pendant le mois de mars :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 2 0,69 + 0,2
- — 7 0,75 + 0,1
- — 12 0,80 0,0 .
- 17 0,84 — 0,2
- — 22 0,88 — 0,4
- 27 o,93 — 0,7
- La figure i du « Bulletin astronomique » de mai 1922 (N° a5o3) donne la phase calculée de Mercure et sera utile pour les comparaisons avec la phase réelle de la planète. Vénus brille d’un vif éclat le matin avant le lever du
- Soleil,. daus la constellation du Capricorne. Son diamètre diminue, car la planète s’éloigne de la Terre, se rapprochant lentement, en perspective, ‘du Soleil, sa conjonction supérieure ayant lieu le 10 septembre prochain. Yoici la phase et la grandeur stellaire de Vénus
- pendant le mois de Dates. mars. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 2 0,6 a — 3,8
- — 7 0,64 — 3,8
- — 12 0,66 — 3,7
- — 17 0,68 — 3,7
- — 22 0,69 — 3,6
- — 27 0,71 — 3,6
- Les observations physiques de Yénus doivent être faites avec un très bon instrument; on peut observer en plein jour. Utiliser des écrans colorés.
- Mars est encore visible le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- Son diamètre, réduit à moins de 5", ne permet guère d’observations utiles.
- Jupiter est visible à partir de 23h et on peut se livrer, dès à présent, à d’utiles observations physiques, quoique la hauteur au-dessus de l’horizon soit un peu faible.
- Rappelons qu’avec une petite lunette grossissant quarante fois, Jupiter présente un disque de même diamètre apparent que la Lune vue à l’œil nu. Une petite lunette permet de suivre les curieux phénomènes du système des satellites.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 5 21 42” II E.c. 17 31 52“ III O.f.
- 7 2 i5 II P.f. 21 2 54 II O.C..
- 4 28 I E.c. — 4 49 II P. c.
- 8 I 37 I 0. c. — 5 i4 II 0. f.
- ' — 2 43 I P. c. 22 5 24 I O.c.
- — 3 46 I 0.f. 23 I 20 II Em.
- ' — 4 5i I P.f. — 2 42 I E.c.
- 9 2 10 I Em. — 23 52 I O.c.
- 10 2 49 III P.c. 24 0 47 I P.c.
- — 4 0 III P.f. — 2 2 I O.f.
- 12 5 17 II E.c. — 2 54 I P.f.
- i4 0 21 II 0. c. 25 0 12 I Em.
- 2 27 II P. c. 27 23 54 III Im.
- — 2 41 II 0. f. 28 I 0 III Em.
- — 4 39 II P.f. 29 23 46 11 E.c.
- 10 3 3o I 0. c. 3o 3 4i II Em.
- — 4 32 I P. c. — 4 36 I E.c.
- — 5 40 I O.f. 3i 1 46 I O.c.
- 16 0 49 IV E.c. — 2 33 I P. c.
- — 3 58 I Em. — 3 55 1 O.f.
- 17 0 8 I O.f. — 4 41 I P.f.
- 1 7 I P.f. — a3 4 I E.c.
- 2 8 III O.c.
- Le 9 mars, à 2h45m, les quatre principaux satellites seront à droite de Jupiter, dans l’ordre I, II, III, IV (pour une lunette renversant les objets). Le 12, ils seront à gauche dans l’ordre III, IV, I, II. Le 19, à gauche, dans l’ordre III, 1, II, IV.
- Saturne est visible presque toute la nuit, dans la
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- constellation de la Vierge. Voici les éléments de l’anneau, à la date du i5 mars :
- Grand axe extérieur ....................... 43",oo
- Petit axe extérieur........................ 8",31
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. _|_ 11& g'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ......................................... -j-IO°22'
- On pourra observer Titan, le principal satellite de Saturne, à l’époque de ses élongations :
- Dûtes. Élongation orientale. Élongation occidentale.
- Mars icr 00
- — 9 6\4 —
- — 17 — 4\4
- — 25 4\i —
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 5 mars. Il est inobservable.
- Neptune pourra être recherché dans la constellation
- du Cancer, aux Dalcs. positions suivantes : Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mars 5 9h i4ra -f- 160 12' 2", 4
- — 15 9h i3m + 160 16' 2",4
- 25 911 i3ra —j— 16° 20' 2", 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ior, à i 2h, Neptune en conjonction avec la Lune, à 3° 16' N. Le 5, à 16U, Saturne — — la Lune, à o° io' N.
- Le 7, à i5h, Jupiter — — la Lune, à 3° 20'S.
- Le 9, à 20h, Vénus en conjonction avec
- Le 11, à i4h, Mercure
- Le i5, à 20h, Mercure Le 16, à 14h, Uranus Le 21, à 8h, Mars Le 21, à i8h, Mercure Le 28, à 21h, Neptune
- p Capricorne (gr.
- 4,9), à o°6' S. [Verseau (gr. 4,3), à o°8' N. la Lune, à 3° 49' S. la Lune, à i° 23' S. la Lune, à 4°44,N. Uranus, à i° 4o' S. la Lune, à 3° 18' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol {p Persée) : Le 12 mars, à 2 2h54“; le 15, à 09h48“.
- Etoiles filantes. — Peu d’étoiles filantes ce mois-ci. M. Denning indique deux radiants, à la date du 7, l’un près de p Scorpion (4R = 233°; (£) = — z8°), l’autre près de y Hercule (Æ = 244 1 (D = + 15°).
- V. Constellations. — L’aspect du ciel,, le icr mars, à 21h, ou le 15, à 2o\ est le suivant :
- Au Zénith, ou plutôt autour du zénith : La Grande Ourse ; les Gémeaux ; le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier; la Vierge; la Chevelure.
- Au Sud-Est : Le Corbeau; la Coupe.
- Au Sud : Le Lion; le Cancer; l’Hydre; le Petit Chien ; la Licorne.
- A l’Ouest : Les Gémeaux ; le Taureau ; Orion ; le Grand Chien. L’Eridan et la Baleine disparaissent à l’horizon.
- Au Nord-Ouest : Persée; le Bélier; Andromède; les Poissons.
- Le ciel d’hiver disparaît à l’Ouest, tandis que montent à l’Est les constellations qui pareront les nuits d’été.
- Em. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut êti'e, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — T. S. F — M. Gras, à Plascassier (Alpes-Maritimes). — i° L’intensité de la réception obtenue avec un amplificateur HF à résistances n’augmente pas proportionnellement au nombre des lampes. L’intensité avec (5 lampes, par exemple, n’est guère supérieure à l’intensité obtenue avec 4, et l’on se contente généralement d’un amplificateur à 3 ou 4 lampes.
- Le principal avantage des amplificateurs à résistances est de permettre une bonne réception des signaux éloignés, carils amplifient beaucoup mieux les signaux faibles que les signaux forts. Comme vous êtes à une grande distance de Paris, vous pourrez utiliser avec succès un amplificateur à résistances à 3 lampes ; pour augmenter l’amplification vous pourrez faire suivre cet amplificateur de deux étages, 2 B F à transformateurs à fer (Voir schéma n° 2Ô4o de La Nature).
- 2° Pour faire les soudures des connexions électriques on emploie généralement la résine ; il suffit de nettoyer soigneusement le fer à souder et les contacts et naturellement de chauffer le fer à une température suffisante. On frotte ensuite le fer avec du borax ayant de commencer. la soudure. L’opération ne semble présenter aucune difficulté.
- M. Cambefort, à Monségure (Gironde). — i° La portée d’un poste radiotéléphonique dépend non seulement de la puissance mise en jeu dans ses appareils d’émission, mais encore de l’antenne employée et c’est pourquoi d’autres postes utilisant une puissance égale à celle de F L ne pourront jamais obtenir des résultats équivalents.
- 20 Le montage en Tesla, qui sera d’ailleurs indiqué dans nos chroniques, permet une sélection bien supé--rieure à celle obtenue avec le montage en dérivation, le seul inconvénient est que, pour les accouplements lâches, il y a généralement affaiblissement de la réception.
- 3° Les dispositifs sélectifs et anti-parasites employés
- dans les grands postes ne sont pas encore à la portée des amateurs ; par contre, le couplage par lampes, qui sera prochainement décrit, peut être réalisé simplement et donne de très bons résultats.
- 4° L’Onde Electrique est l’organe des amis de la T. S. F., Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris.
- Radio Electricité, adresse : 12, place de Laborde, Paris.
- R. D., T. S. F., Alger. — Il est impossible, malgré notre désir, de donner ici une liste complète des Bulletins météorologiques émis par la Tour Eiffel. Vous trouverez tous renseignements concernant ces messages ainsi que la liste des stations de l’Afrique du Nord figurant dans les radiogrammes, dans le livre rédigé par l’Office National Météorologique (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Vous trouverez des renseignements sur les émissions de T. S. F. des grands postes européens n05 2 3 et 24 de la T. S. F. moderne (11, avenue de Saxe, Paris).
- Dryobalanops. — i° Nous vous recommandons le petit traité : Télégraphie et Téléphonie sans fil, par Gutton, édité chez Armand Colin. Prix : 5 francs.
- 20 Adresse des lampes Philippe, 8, Cité Paradis, Paris, io°.
- G. R., à Châlons-sur-Marne. —-Voici les adresses de plusieurs maisons d’optique : M. Manent, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine) ; Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris, 13”; Secrétan, i5i, boulevard Auguste-Blanqui, Paris, i3°; Société d’optique et de mécanique de précision, 125, boulevard Davout, Paris, 206; E. VionK 38, rue de Turenne, Paris, 3e.
- Il existe un grand nombre de travaux, brochures,, mémoires, etc., sur l’optique astronomique et sur les: instruments. Ces documents sont assez disséminés. Nous vous signalons toutefois, comme pouvant vous rendre-service, le volume : Astronomie, astrophysique, géodésie-et-, topographie pratique, de Gélion Towne, librairie-Thomas, 44, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris, contenant des instructions précises sur remploi des instruments. Voir aussi Comment étudier les astres, de L. Rudaux (Librairie Masson).
- M. E. Dutertre, à Vitry-le-François. — Il n’existe pus
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- BOITE AUX LETTRES
- d’ouvrage de photographie stellaire, mais un grand nombre de mémoires, travaux, etc., publiés dans les revues spéciales. Yoir notamment la revue L’Astronomie depuis sa fondation. Vous trouverez de nombreux renseignements sur la photographie céleste dans l’ouvrage Astronomie, astrophysique, géodésie et topographie pratique, de Gélion Towne (A. Thomas, éditeur, 44> rue Notre-Dame-des-Champs, Paris (6e).
- A. S., à Liège. — i", 2° et 3° Il est tout à fait impossible de décrire, dans la Boîte aux Lettres, les procédés de fabrication des plaques et papiers photographiques. Yous vous en rendez d’ailleurs bien compte, puisque vous nous demandez, à défaut d’un exposé détaillé, la bibliographie de ces sujets. Yoici les ouvrages les plus pratiques à consulter : Burton, Fabrication des plaques au gélatino-bromure ; Ris-Paquot, La préparation des plaques au gélatino-bromure par Vamateur lui-même ; C. Fabre, Traité encyclopédique de photographie, tomes II, III, suppléments A, B, C et D (Gauthier-Yillars, éditeur) ; 4° Le développement physique est obtenu à l’aide d’un réducteur, par exemple le pyro-gallol, et d'une solution de nitrate d’argent, dont le métal se dépose sur l’image latente. Yous en trouverez le procédé opératoire dans le Traité général de photographie en noir et en couleur, par E. Coustet, page i5o, de la 70 édition (Delagrave, éditeur). 5° Le relief vrai, en grandeur naturelle, se réalise en observant le stéréo-gramme dans un stéréoscope où la distance entre les images et les oculaires est égale à la distance qui séparait la plaque négative des objectifs. Cette condition est souvent impossible à satisfaire rigoureusement, parce que, d’une part, le tirage de la chambre noire varie suivant l’éloignement des sujets, et, d’autre part, le tirage du stéréoscope dépendant de la vue de l’observateur ne saurait être le même pour un myope et pour un presbyte. Néanmoins, en pratique, on se rapprochera suffisamment des conditions requises en employant un stéréoscope dont les oculaires auront même distance focale principale que les objectifs de l’appareil photographique. Certains appareils sont d’ailleurs réversibles, servant tour à tour à la prise des vues et à leur examen binoculaire : -tels sont le Vérascope, le Glyphoscope, etc. Nous avons donné tout récemment (Boîte aux Lettres du 23 décembre dernier, n° 2542) les adresses de constructeurs de stéréoscopes qui pourront vous donner satisfaction.
- M. R. Boeglin, à Ferrette (Haut-Rhin). — Yous trouverez tous les renseignements utiles sur la distillation du bois dans les ouvrages suivants : Distillation du bois, par Barillot (Encyclopédie Léauté), éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Le Bois (Encyclopédie Billion), éditeur Albin Michel, rue Huyghens.
- M. Fauvel, à Paris. —- D’une manière générale, les superpositions de couches de peinture ne donnent pas de bons résultats pour passer d’un ton à un autre. Dans le cas de meubles à amener au gris Trianon, nous pensons qu’il est préférable d’enlever l’ancienne couche de laque en ponçant à fond, sans cependant qu’il soit nécessaire de remettre le bois à vif, l’essentiel est que la teinte primitive ne soit pas susceptible d’influer sur celle de nouvelle application.
- M. Bloch, à Montmorency. — Pour donner de l’adhérence aux étiquettes mises sur le fer-blanc, il suffit de donner à ce dernier une surface rugueuse ; ce que l’on obtient sans difficulté en passant sur le fer-blanc avant application de l’étiquette une couche légère de solution d’acide chlorhydrique à 5 pour 100. L’acide chlorhydrique dissout superficiellement l’étain, le fer-blanc devient moiré et propre à une fixation solide.
- N. B. — Ne se servir pour appliquer la solution acide que d’un pinceau exempt de parties métalliques qui pourraient être attaquées.
- M. Woillez, à Beauvais. — i° Les écrans métallisés pour projections s’obtiennent ainsi : On commence par coller à l’envers du tissu bien tendu une feuille de papier blanc que l’on recouvre d’une, feuille de papier foncé ; puis on applique à l’endroit un badigeon à base de caséine préparé comme suit :
- Dans un lait de chaux très dilué contenant 10 gr. de chaux vive par litre, on délaye 3o gr. de caséine ordinaire préalablement gonflée dans son poids d’eau, on incorpore ensuite à la bouillie 20 gr. de blanc d’Espagne, 3o gr. d’aluminium en poudre très fine et 5o gr. de silicate de soude. On obtient ainsi un blanc mat métallique diffusant très bien la lumière, résistant
- aux frottements courants. 2e Pratiquement il ne faut pas espérer remettre en état un fût pétrolier en vue d’y loger des boissons, nous ne vous conseillons pas d’entreprendre quoi que ce soit dans ce but.
- M. Capon, à Paris. — A notre avis, le meilleur moyen de protéger votre ressort à boudin de Vaction de l'acide acétique est de le recouvrir d’un vernis au celluloïd que vous préparerez facilement en ajoutant 10 à i5 gr. de camphre à un litre de collodion riciné officinal tel qu’il se trouve chez tous les pharmaciens.
- M. G. B. — i° La gomme de cerisier, de même nature que celle de prunier et d’abricotier, et qui porte dans le commerce le nom de gomme de pays ou gomme de France, présente l’inconvénient de donner avec l’eau non une solution, mais un mucilage en laissant une quantité importante de matières insolubles. Pour servir à la préparation des colles, il est nécessaire de soumettre les gommes de cette nature soit à une torréfaction, soit à un chauffage sous pression, ainsi que l’a conseillé M. Jules Meyer. Après ce traitement on peut obtenir un résultat analogue à celui fourni par la gomme du Sénégal en prenant :
- Gomme.......................... 55 gr.
- Eau distillée..................xoo —
- Une fois la dissolution terminée, on ajoute un soluté de :
- Sulfate d’alumine............... 5 gr.
- Eau distillée.................. 20 —
- Il se forme un précipité de gummate (de chaux qu’on laisse se sédimenter pendant quelques jours, après quoi on décante et met en bouteilles le liquide limpide. 20 Le collage des cartes s’effectue sur du calicot ou une toile à tissu serré disposé bien à plat sur lequel on passe une couche de colle de pâte. On encolle d’autre part l’envers de la feuille de papier et on l’applique sur le calicot en pressant avec un tampon de toile et en opérant avec précaution de façon à ne pas faire de plis. Si la. carte doit être pliée, on la découpe au préalable en rectangles égaux et on trace sur le tissu avant badigeonnage deux axes perpendiculaires. On colle régulièrement les rectangles en se guidant sur les droites et en ménageant entre chacun un espace libre de 2 à 3 mm. On découpe finalement le calicot de façon à laisser dépasser une bordure large d’environ 1 cm, laquelle est encollée à la gomme arabique, puis rabattue sur le papier. On laisse sécher entre des planches fortement pressées. S’il s’agit d’une carte conservée à plat on passe une couche de vernis dit « cristal » ; dans le cas où la carte est découpée en rectangles on la replie régulièrement encore fraîche et on la finit de sécher sous presse.
- M. Frédéric Moreau, à Paris. — Les extincteurs « à mousse » dont vous parlez sont constitués par des récipients contenant une solution de bicarbonate de soude saturée, au sein de laquelle est une ampoule remplie d’acide chlorhydrique. Lorsque l’on frappe sur un percuteur, l’ampoule est brisée et l’acide chlorhydrique en réagissant sur le bicarbonate donne naissance à de l’acide carbonique qui exerce une forte pression sur le liquide et le fait sortir de l’appareil par un ajutage approprié.
- Le liquide chargé à la fois d’acide carbonique et de chlorure de sodium convient très bien pour l’extinction des matériaux courants enflammés, tels que bois, étoffes, etc., mais dans le cas spécial de la benzine, de l’essence ou du pétrole, le tétrachlorure de carbone donne de meilleurs résultats ; le principe de l’appareil reste le même : mise en liberté d’acide carbonique comme propulseur, seulement le tétrachlorure de carbone est substitué à la solution saline comme produit extincteur.
- M. ILuguenin, à Dijon. — Le polissage de Vébonile s’effectue en montant autant que possible la pièce sur le tour, puis en appliquant à la surface un tampon de laine imprégné d’un mélange d’huile de paraffine et de chaux de Vienne, l'opération est assez longue et demande de la patience.
- M. Muller-Couleaux, à Mullerhof, Bas-Rhin. — Dans les conditions que vous indiquez, nous pensons que le mieux serait de recouvrir votre terrasse d’un enduit de ciment dans lequel serait noyé un treillis métallique tel que du grillage en fer galvanisé. Bien entendu l’infrastructure devra être capable de supporter cette charge plus grande que celle des feuilles de zinc et il faudra assurer des pentes légères pour éviter la stagnation des eaux de pluies.
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- •‘WV NATURE
- \?Supplément.
- NB 2S48 3 Février 1923
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- INFORMATIONS
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- la prochaine émission et chacun se termine par le mot « schluss (/in) ».
- La téléphonie sans fil à travers l’Atlantique. —
- Des essais de téléphonie sans fil viennent d’être effectués avec succès entre New-York et Londres. Ce n’est pas la première fois que l’on réussit à entendre ainsi en Europe les voix d outre-Atlantique ; des amateurs ont même réussi, à plusieurs reprises, à saisir des conversations qui franchissaient l’Océan. Mais, jusqu’ici, les communications ainsi réalisées étaient purement accidentelles, la réception des messages téléphonés était extrêmement capricieuse et irrégulière, bref ne présentait qu un caractère de curiosité, sans intérêt commercial immédiat, iel n’est pas le cas des essais actuellement poursuivis par la Western Electric C"; il s’agit maintenant d’expériences de longue durée dont l’objet est de déterminer la possibilité pratique de réaliser des communications radiotéléphoniques entre l’Ancien et le Nouveau continent.Un rédacteur de Y Engineering, qui a assisté à un de ces essais d’une durée de 2 heures, relate que s il n est pas absolument exact de dire que, pendant ce temps, aucun mot ne s’est, perdu, la réception était toutefois assez bonne pour pouvoir saisir les paroles transmises avec plus de sûreté qu’à l’audition d’un orateur public ordinaire et pouvait être comparée, comme qualité à celle de beaucoup de communications téléphoniques ordinaires.
- On voit qu’il est actuellement impossible d’utiliser les câbles sous-marins de grande longueur pour transmettre électriquement la voix humaine. Aujourd’hui, la radiotéléphonie seule laisse entrevoir un moyen pratique de réaliser la téléphonie entre l’Europe et l’Amérique.
- Rappelons, à ce propos, que c’est en 1916 que pour la première fois la voix humaine franchit l’Atlantique en utilisant le support des ondes hertziennes. La station émettrice était le poste de l’Amirauté américaine, à Arlington, équipé à cet effet au moyen de 3oo lampes thermioniques, servant de génératrices d’ondes entretenues. Les paroles transmises furent entendues à Paris, à Honolulu et à Darien.
- Pour les expériences actuellement en cours, la station émettrice est le poste de Rocky-Point, les conversations lui sont directement transmises de New-York par un lil téléphonique ordinaire de i5o km de long. La longueur d’onde employée est de 5ooo mètres.
- . Quelques renseignements nouveaux sur les émissions radio-téléphoniques. — Marconi Housc London 240 36o m :
- lous les soirs de 18 h. à 18 h. 3o dernières nouvelles.
- de 20 h. à 21 h. concert,
- de 2i h. à 2i h. 3o informations,
- de 21 h. 3o à 22 h. concert et mu-
- siques de danses.
- Koenigswusterhausen LP 4000 m :
- Le puissant poste allemand de Koenigswusterhausen travaille sur 4000 m. environ depuis 7 heures du matin, durant tout l’après-midi généralement jusqu’à 20 ou 21 heures. On entend ses émissions en haut-parleur à Paris, sur cadre de 1 à 2 m. avec 4 à 6 étages HF et 2BF (distance 1200 km environ).
- Presque continuellement on entend l’onde porteuse de ses émissions, bien que les communications proprement dites aient lieu irrégulièrement, mais à des intervalles assez rapprochés, rarement supérieurs à une demi-heure. Le matin : Bulletin météorologique vers 8 h., puis à partir de 11 h. jusque vers 16 h., cours des métaux, de la Bourse de Berlin, de Paris, etc.
- Les valeurs sont indiquées par des chiffres, l’opérateur ou l'opératrice annonce successivement les classes :
- « Erstens (i°). Zweitens (2°). Driltens (3°) ». Chaque valeur est indiquée par un cours moyen. Par exemple :
- « Nummer dreizig Von drei hundert bis Vier hundert (n° 3o de 3oo à 400) ».
- Quelquefois les chiffres sont répétés après le mot « Wiederholung » (répétition).
- Les communications sont coupées du mot « Achtung » (attention) pour indiquer un nouveau sujet.
- A la fin de chaque alinéa est mentionnée l’heure de
- Le dimanche, les. communications sont supprimées, cependant on entend quelquefois des discours de propagande.
- Vers 18 ou 20 h., il y a quelquefois des radio-concerts intéressants. L’émission commence par une série de chiffres : Ein, zwei, drei (i, 2, 3), puis des mots Hier telephonist Von Wüsterhausen, puis indication des morceaux de musique.
- (Nous, serions très reconnaissants à nos lecteurs qui en auraient connaissance de nous envoyer le tableau donnant la clef des messages de Bourse chiffrés avec indications des valeurs et des différentes classes.)
- Un opéra transmis par radio-téléphonie. — Pour la première fois, croyons-nous, au moins en Europe, un opéra entier a été transmis au moyen d’émissions radio-téléphoniques le samedi, i3 janvier. Ce remarquable essai a été réalisé en Angleterre par la Compagnie Britannique de « Broadcasting » (Association de tous les constructeurs d’appareils de T. S. F. qui ont seuls 1 autorisation de donner des émissions publiques).
- L’opéra était joué à Covent Garden à Londres. Dans l’après-midi on entendit Hdnsel et Gretel de Humper-dinck et le soir, Faust.
- Nous avons pu entendre ces deux émissions à Paris, avec dispositif superhétérodyne sur cadre de 1 m, avec une puissance telle que l’audition était possible en haut-parleur avec une intensité comparable à celle des émissions de la S. F. R. Le chant et la musique étaient remarquablement nets et d’une modulation parfaite. La très belle voix de Miss Béatrice Miranda en particulier était rendue avec toutes ses inflexions.
- L’émission se faisait environ sous 3;o m. avec une puissance de i5qo watts.
- Il est à souhaiter que les dirigeants des postes émetteurs français suivent cet exemple et que, délaissant des programmes, par trop monotones, ils nous permettent aussi 1 audition d opéras ou meme des comédies complètes; les Anglais nous en ont prouvé la possibilité.
- Ajoutons que cet essai n’est pas unique, qu’un service régulier sera sans doute institué. Le mercredi, 17 janvier, l’artiste connue Nelly Melba se fit entendre au Covent Garden dans le rôle de Mimi de La Bohême et samedi 20 dans les actes 3 et 4 du même opéra, à la dernière représentation du British National Opéra. Ces deux représentations furent transmises par broadcasting.
- Pompe à vapeur curieuse en usage au XVIIIe siècle.
- — La « machine à feu » en apparence baroque et compliquée, dont nous reproduisons le dessin trouvé dans un ouvrage publié en 1774, servait à élever l’eau des ruisseaux pour l’irrigation des prairies et des jardins, ou à dessécher les mares et les étangs.
- Elle se composait d’un fourneau en briques servant à chauffer l’eau d’une chaudière à vapeur A, qui communiquait par une tubulure au corps de pompe B, au fond duquel on voit l’ouverture du tuyau d’aspiration C, munie de. son clapet a et l’orifice d’un tuyau d’ascension D qui déversait l’eau dans un réservoir basculant E.
- Le couvercle du corps de pompe portait un tuyau c par lequel une petite quantité d’eau du déversoir G venait condenser la vapeur contenue dans le corps de pompe.
- Yoici maintenant comment fonctionnait cetle curieuse machine élévatoire.
- La vapeur arrivant de la chaudière dans le corps de pompe 1e remplissait sous une certaine pression, et se condensait rapidement au contact de l’eau froide s’écoulant par le tuyau c; un vide se produisait et l’eau du ruisseau était aspirée pendant que le robinet b était fermé. Ce robinet s’ouvrànt automatiquement une fois le corps de pompe plein, la vapeur refoulait l’eau par le tuyau D jusque.dans le réservoir E. Le poids de l’eau obligeait celui-ci à basculer dès qu’il était plein et dans son mouvement de bascule il faisait mouvoir un bras articulé F qui ouvrait le robinet b et le refermait en-
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- INFORMATIONS
- suite eu reprenant, une fois vide, la position horizontale. Un second bras articulé F' ouvrait ou fermait le robinet // du tube d’ascension selon la position horizontale ou inclinée du réservoir E.
- Ce réglage automatique de la distribution de vapeur est très ingénieux et l’aspiration de l’eau par la vapeur
- ' i,
- condensée au contact d’eau froide prouve que l’usage du « condenseur » est beaucoup plus ancien qu’on le croit habituellement.
- Fabrication économique et moderne de l’éther ordinaire. — Si l’on se réfère au Rapport du Comité de fabrication du sucre et de l’utilisation de ses sous-produits, publié par l’Association des Planteurs de canne à sucre d’Hawaï (1920), on pourrait fabriquer de l’éther à un prix de 10 pour 100 seulement plus élevé que celui de l’alcool. Deux méthodes modernes se concurrencent, qui emploient toutes deux l’alcool en vapeur.
- La ir0méthode produit de la vapeur d’alcool éthylique, et la fait passer dans une chambre contenant des balles de plomb, sur lesquelles coule un lait mince et égal courant d’acide sulfurique.
- La transformation de l’alcool en éther aurait lieu instantanément. Les vapeurs produites passeraient au travers d’un laveur à soude caustique; ensuite une colonne à rectifier séparerait l’éther de l’eau; 100 livres d’éther (13,9 gallons) exigeraient 3 livres d’acide et 14 livres de soude caustique.
- Ce procédé serait employé à la fabrique « Natalité » à Merebank au Natal.
- La 2e méthode éliminerait l’emploi de l’acide sulfurique et de la soude.
- Les vapeurs d’alcool passeraient par un surchauffeur, puis de là sur de l’alumine.
- La vapeur et le catalyseur seraient maintenus vers 2000. Au-dessus de 2000, il se formerait de l’éthylène. Les vapeurs, à leur sortie, passent dans des échangeurs, où ils réchauffent l’alcool qui arrive; à un petit sur-chauffeur se résument les frais.
- Le total de chaleur nécessaire pour cette réaction, serait moins de 10 pour 100 que dans le x°r procédé.
- A. H.
- Valeur fertilisante comparée des phosphates de chaux, de fer et d’alumine. — Pour mettre en évidence l’action fertilisante comparée des phosphates de «haux, de fer et d’alumine, M. Brioux, directeùr de la
- Station agronomique de Rouen, a préparé ces produits purs au laboratoire, et les a essayés en pots, sur toute une série de plantes, cultivées successivement dans le sable : lin, orge, spergule, moutarde blanche, sarrasin et trèfle jaune des sables (anthyllide).
- L’ensemble des récoltes a donné, en chiffres ronds : sans phosphates, 81 gr. de matière sèche; avec phosphate de fer, 94 gr. ; avec phosphate de chaux, n3 gr. ; avec phosphate d’alumine, ii5 grammes.
- Quant à la quantité d’acide phosphorique fixée par les récoltes, elle est passée de 272 milligr. sans phosphates, à 417 milligr. avec phosphate de fer, 536 milligr. avec phosphate de chaux, et 779 milligr. avec phosphate d’alumine.
- Le phosphate d’alumine se montre donc sensiblement supérieur au phosphate tricalcique, pour la dose d’acide phosphorique absorbée ; il l’emporte aussi, légèrement, pour la production de matière sèche.
- Le phosphate de fer est le moins assimilable des trois phosphates étudiés. Cependant, les plantes, notamment l’orge et le sarrasin, l’ont utilisé dans une certaine mesure.
- Ces essais donnent donc des précisions utiles à interpréter dans la pratique agricole, quant à la valeur fertilisante respective de ces diverses formes de l’acide phosphorique.
- Les produits arsenicaux en France. — The Chemical Trade du i5 décembre 1922 publie un article intéressant sur le marché des produits arsenicaux, article qui ne manque pas d’intérêt, car il suggère certains débouchés à notre industrie chimique française.
- Ce journal constate, que, en quelques semaines, le cours de l’acide arsénieux a monté sans qu’on sache pourquoi, dans l’Amérique du Nord, de 41 livres à 70 livres, par tonne.
- Il nous apprend en même temps que les besoins des Etats-Unis seuls, en acide arsénieux, sont de 10000 t. par an. L’Etat de Nevada, à lui tout seul, consommerait 5ooo t. de produits arsenicaux, dont le principal emploi consiste en arséniate de chaux et de plomb pour la destruction du boll-weevil ou charançon.
- Dans nombre de contrées de l’Amérique du Sud, on se sert aussi en grandes quantités de l’arséniate de plomb, contre les insectes qui attaquent le coton.
- Les usages des produits arsenicaux sont multiples :
- Verts de Scheele et de Schweinfurt, Orpin en tannerie, etc., etc., et il semble étonnant que, producteurs de minerais d’arsenic les plus abondants du monde, nous ne puissions pas, nous Français, exporter dans le monde entier des produits fabriqués dont le prix est des plus intéressants.
- Voyons un peu, en effet, les prix actuels des composés de l’arsenic en France :
- Arsenic métallique en poudre, 35o francs; arséniate de chaux, 600 fr., de fer, 35o fr., de cuivre, 1000 fr., de plomb en pâte, 45o fr., de plomb sec, 800 fr., de potasse, 900 fr., de soude anhydre, 4°° fr-> qualité bleutée, 200 fr., qualité commerciale, 35o fr., arsenites de cuivre, g5o fr., de soude anhydre, 33o fr., commercial, 3oo fr., arseniure de cuivre, 2000 fr., de plomb, 800 francs.
- Notons que l’arsenic peut être un sous-produit sans valeur de la désarsénification dqs- acides sulfuriques impurs, pour la fabrication de l’acide pur pour brasseries, glucoseries et manufactures connexes, et rappelons aussi les prix actuels de l’orpin :
- Orpin rouge commercial, i38o fr., orpin jaune, 600 fr., et ajoutons que ce produit est d’une consommation courante et considérable. A. H.
- Un congrès du chauffage industriel. — Ce Congrès, dû à l’initiative de la Commission Interministérielle de l’utilisation du combustible, se.tiendra à Paris du 4 au 10 juin 1923, sous la présidence d’honneur de M. H. Le Chatelier et la présidence effective de M. Walkenaer.
- Son programme est le suivant : méthodes d’essai des combustibles, pouvoir calorifique, fusibilité des cendres, calculs des bilans thermiques, essais des appareils de chauffage industriel, données numériques et résultats d’expériences sur la combustion et les foyers, combustibles pulvérisés, utilisation des combustibles divers.
- Secrétariat du Congrès : 246, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- Chroniques de T. S. F.
- L’antenne. — Différents modèles et constructions. Avantages comparés du cadre et de l’antenne. — L’antenne, qui se compose en principe d’un ensemble de fils métalliques tendus au-dessus de sol et réunis au poste de réception, forme, avec sa prise de terre ou son contrepoids correspondant, un deuxième type de collecteur
- .T?
- Verdie poste émetteur
- —7-----CK>
- Corde paraffinée ou goudronnée'
- Fil bronze 12 à 20/iom-m
- Isolateurs ébonite.ouporcelaine p
- antenne unifilaire de 5o m. sera ainsi 4 X 5o = 200 m.
- Si au lieu de relier l’antenne à la terre, on la relie à un contrepoids électrique (masse métallique formant avec la terre un condensateur de grande capacité dont elle est une des armatures), sa longueur d’onde propre
- X: 2 L
- Antgnae
- Fig. 3. — Longueur d’onde propre de l'antenne unifilaire non réunie à la terre.
- ’*'* A Vers le poste
- ^ de réception
- Fig. 1. — Antenne unifilaire.
- d’ondes, beaucoup plus puissant d’ailleurs que le cadre, et qui était seul usité avant l’invention des amplificateurs.
- Plusieurs facteurs d’importances inégales peuvent influer sur son rendement : sa forme, le fil qui la compose, sa longueur, son emplacement et sa direction (pour les modèles non verticaux).
- L’influence des lieux ne peut guère être déduite que de l’expérience, et nulle règle précise être énoncée. Il est cependant acquis que le rendement d’une antenne est bien meilleur lorsqu’elle est tendue dans un endroit découvert, au bord de la mer ou sur un navire. Les obstacles rapprochés : arbres, montagnes, murailles, etc., exercent une influence nuisible, ainsi que les masses métalliques.
- La hauteur d’une antenne est un facteur important, et il y aura intérêt, généralement, à l’élever autant que possible au-dessus du sol, bien que des modèles, tel le système Béverage, soient peu élevés, et cependant d’un bon rendement.
- Sauf pour les antennes verticales ou « en parapluie » la direction doit être déterminée, et nous étudierons quelle est la position la plus favorable pour chaque antenne en fonction des postes à recevoir.
- Quant à la longueur, c’est évidemment le facteur le plus important, et nous indiquerons les différentes portées réalisées en radio-téléphonie correspondant à la longueur des antennes.
- Le modèle le plus simple est l’antenne unifilaire, qui se compose d’un fil tendu entre deux extrémités isolées, constituées par des cordes fixées à des supports et des poulies en porcelaine ou en ébonite. La figure 1 en donne le schéma.
- Ses propriétés directrices sont très marquées et sont
- varie aux environs de deux fois sa longueur métrique. Aussi, une antenne de 5o m. n’aura plus -qu’une longueur d’onde de 100 m. (fig. 3).
- On peut d’ailleurs vérifier expérimentalement ces ^résultats à laide d’un circuit oscillant comprenant une petite lampe à incandescence (fig. 4).
- En déplaçant ce circuit, à proximité d’une antenne émettrice, on décèle les nœuds et les ventres de courant
- Un type d’antenne unifilaire particulier est l’antenne Beverage, qui, bien que de <f grande longueur, permet la réception des % ondes courtes. Elle a été utilisée pour la 5
- première fois par M. Godley, au cours Q__________23 ~
- des essais transatlantiques de 1921. L’an- p- , c • tenne employée était constituée par un ÔSnliant' aveT nf horizontal de 260 m. à 3 m. 65 du Jampe à incan-sol ; l’extrémité tournée vers le poste descence, pour émetteur était reliée à la terre par une l’étude des vibra-résisiance réglable de 2 à 400 oluns. tions de l’an-L’autre extrémité était également reliée tenne.
- à la terre à travers le primaire de Tesla (nous décrirons plus tard ce mode d’accord (fig. 5).
- Un deuxième type d’antenne, très usité, est l’antenne en « nappe » qui se compose de plusieurs fils parallèles écartés d’au moins 1 m. 5o (fig. 6).
- Cette antenne possède également des propriétés directrices, d’ailleurs moins accusées que celles de l’antenne unifilaire. Sa longueur d’onde propre est plus grande proportionnellement à sa longueur métrique que celle
- Résistance• de 200 à 400*"*
- 2601'
- 3?65
- Y
- Fig. 5. — Antenne Beverage utilisée par M. Godley.
- de cette dernière. Elle augmente avec le nombre de fils, mais non proportionnellement.
- La portée d’une telle antenne est plus grande que celle d’une antenne unifilaire de même longueur, et elle augmente également avec le nombre des fils, sans que d’ailleurs non plus il y ait proportion. On emploie généralement au .maximum 3 ou 4 fils parallèles. Une antenne à 3 brins de 20 m. permet une portée, avec un
- X = 4 t
- Fig. 2. — Longueur d’onde propre de l’antenne unifilaire réunie à la terre. La terre se comporte comme un véritable miroir donnant une image réfléchie symétrique par rapport au point O.
- indiquées par le sens dé la flèche. Avec un bon amplificateur on peut compter qu’il faut 1 2 à i5 m. d’antenne par 100 km de distance, pour la réception de la radio-télé-phonie. Cette antenne possède une longueur d’onde propre, comme tout collecteur d’ondes, c’est-à-dire que par sa construction même elle vibre particulièrement pour des ondes d’une certaine longueur. La longueur d’onde propre d’une antenne unifilaire réunie à la terre est de quatre fois sa longueur métrique (fig. 2).
- A l’extrémité réunie à la terre, à travers les appareils de réception, se trouvent un nœud de tension et un ventre de courant. La longueur d’onde propre d’une
- <—----------------Direction de Vémetteur
- lso!ateur
- Béton en bambou
- >2Descente de poste
- Fig. 6. — Antenne en nappe.
- bon amplificateur, d’environ 3oo km; à 3 brins de 5o m. environ de 600 km; le rendement dépendant, comme nous l’avons dit, pour une grande partie, de la direction et des lieux.
- L’antenne en T (fig. 7) est du même type que l’antenne en nappe, mais la prise de poste se fait au milieu de l’antenne, au lieu de se faire à une extrémité. Cette
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- antenne est particulièrement usitée pour les navires et peut également servir pour l’amateur.
- L’antenne en Y possède des propriétés directrices très marquées, indiquées par la figure 8; les deux brins qui la composent sont écartés de 3o à (io°.
- L’antenne en parapluie enfin ne possède pas de pro-
- <-----------Directions des émetteurs------------------->.
- — Antenne en T.
- priélés directrices. Le sommet du mât de support est, bien entendu, isolé et tous les brins ont une longueur égale (fig. 9).
- Antenne de fortune, — A faible distance d’un poste récepteur, et s’il est impossible d’installer une antenne extérieure, on peut essayer d’utiliser une antenne de fortune : antenne intérieure composée d’un réseau de fils tendus, par exemple dans un grenier; d’un câble descendant au centre d’une cage d’escalier, antenne formée par un fil de ligne de téléphone ou d’éclairage, et dans ce cas il faudra utiliser en série un condensateur de protection qui ne laissera passer que les courants
- “Direction de l'émetteur
- 30 à 60
- 1Entrée de poste
- Antenne en V.
- de haute fréquence. Nous donnerons prochainement les dispositifs d’accord dans ce cas.
- Les résultats obtenus sont du reste très variables, et seule l’expérience peut être consultée.
- Enfin, avec des dispositifs très puissants ou à très faible distance du poste d’émission, toute masse métallique telle que coffre-fort, lit métallique, etc., peut servir d’antenne.
- Remarques générales sur la construction des antennes. — Les antennes sont généralement construites à l’aide de fils de bronze télégraphique de 12 à 20/10 de millimètre suivant la longueur. Le câble étamé convient encore
- Extrémité >_ isolée
- Entrée de poste
- Fig- 9- — Antenne en parapluie.
- mieux, et on peut à la rigueur employer du fil de fer bien que le rendement soit un peu moins bon. Toutes les connexions des antennes doivent être soudées soigneusement à la résine, et les fils de descente au poste autant que possible éloignés des murs. Il est d’ailleurs préférable que les appareils de réception soient placés au rez-de-chaussée. L’entrée de poste doit être particulièrement bien isolée, et le fil de descente, généralement câble recouvert de plusieurs couches de gutta,
- pourra passer dans une ouverture pratiquée dans une vitre, un tube de porcelaine, de verre ou d’ébonite.
- La prise de terre. — La terre forme une capacité pratiquement infinie, à laquelle on relie le poste et par laquelle s’écoulent les courants de haute fréquence. Tout se passe comme si la terre était un miroir qui donnerait une image symétrique de l’antenne par rapport à la prise de terre. Le choix et la construction de la prise de terre sont particulièrement importants, et quelquefois de bonnes antennes ne produisent que de mauvais résultats quand la prise de terre est défectueuse. Une conduite d’eau, un puits profond, permettent l’établissement d’une bonne prise de terre.
- Le fil reliant l’appareil à la prise de terre sera autant que possible gros et court (un ruban métallique serait encore préférable). Une bonne prise de terre sera également constituée en enterrant une plaque métallique, des barres de fer ou des grillages, dans la terre humide ou le coke pulvérisé à 1 m. de profondeur au moins (fig. 10).
- Sur des sols rocheux ou dans des avions, des wagons, etc., on pourra, comme nous l’avons dit, à défaut de prise de terre, employer un contrepoids électrique constitué par la masse des appareils ou par un ensemble de fils métalliques tendu à faible distance du sol, la coque d’un navire en contact avec la mer sera naturellement utilisée.
- Avantages comparés du cadre et de Vantenne. — Dans nombre de cas, il est impossible d’établir une antenne, surtout dans les villes, par suite de raisons matérielles ou du voisinage de circuits d’induction : distribution d’éclairage, de force, de téléphone, etc., et l’adoption du cadre s’impose nécessairement. Souvent aussi on ne peut réaliser que des conditions défavorables à son bon
- Fil de terre ou ruban métallique ferre humide ou coke mouillé
- Barres de fer ou plaque métafhqi
- rendement : longueur insuffisante, emplacement défectueux, hauteur trop faible, direction inexacte. Il vaut généralement mieux dans ce cas utiliser un cadx’e, et on peut dire en principe qu’un bon cadre vaut toujours mieux qu’une mauvaise antenne. Rares en effet sont les cas où, surtout en radio-téléphonie, les antennes de fortune sont efficaces.
- Examinons maintenant, lorsque le choix est possible, quels sont les avantages du cadre et de l’antenne. Nous avons d’ailleurs déjà effleuré celte question dans le u° 2540 de La Nature.
- L’antenne, sans contredit, capte une énergie infiniment supérieure à celle reçue par le cadre, et permet ainsi la réception avec des appareils moins puissants, mais elle capte aussi des parasites spéciaux dits parasites d’antenne. Elle est plus influencée par les circuits voisins, elle est fixe, ne permet pas le déplacement du poste et a une direction invariable, ce qui est parfois gênant pour la sélection ; le réglage sur antenne, pour obtenir la syntonie nécessaire, demande l’emploi d’un dispositif assez délicat à manœuvrer pour un débutant. Le réglage de cet accord n’est pas stable et varie suivant sa capacité, fonction des conditions atmosphériques.
- Le cadre exige l’emploi d’amplificateurs puissants pour la, réception des émissions radio-téléphoniques, beaucoup plus difficiles à recevoir que les émissions de T. S. F. (voir n° 2540). Mais il peut se placer partout, est facilement mobile, donne une bonne sélection avec un appareil d’accord de réglage très simple, très stable, et n’occasionne qu’un minimum de parasites.
- Déjà avec les postes actuels de radio-téléphonie puissants comme celui de Kœnigswusterhausen, on peut recevoir au cadre à plus de 1000 km en haut-parleur, sans aucune difficulté. La Tour Eiffel va accroître sa puissance, de nouveaux postes se montent chaque jour, et de récents dispositifs comme la super-hétérodyne (que nous décrirons prochainement) permettent la réception sur cadre des ondes courtes assez facilement. Nous ne prétendons pas que le cadre puisse, avec un
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- même -appareil, donner des résultats identiques à ceux obtenus avec antenne bien construite, mais avec un dispositif approprié on peut déjà réaliser avec un cadre non seulement la réception de tous les grands postes de T. S. F. d’Europe et d’Amérique, mais encore la plupart des radio-concerts d’Europe; souvent même cette réception est possible là où une antenne ne donnerait aucun résultat. C’est à l’amateur, donc, à faire son choix; la suite de ces articles lui donnera quelques indications sur la façon de réaliser son poste sur cadre ou sur autenne suivant ses préférences.
- P. Hémardinquer.
- Un haut-parleur américain facile à construire. —
- Cet appareil, que décrit la revue américaine Radio News,
- Rondelle cuivre soudée a la place de ! ampoule
- est monté à l’aide d’éléments simples et dont l’emploi assez inattendu montre que l’esprit inventif d’un amateur sait tirer parti de tous les objets usuels.
- Ce haut-parleur est en effet construit à l’aide d’un réflecteur parabolique provenant .d’un phare d’automobile (Ford) (fig. ii et 12), de rayons provenant d’une roue métallique avec leurs écrous et de la vieille poire en caouicliouc d’une corne.
- L’ouverture qui servait de passage à l’ampoule électrique a été obturée à l’aide d’une rondelle de cuivre soudée et des trous équidistants ont été percés dans le récepteur pour le passage des rayons, puis une pièce d’aluminium en forme de coquille (couvercle d’un interrupteur par exemple) est placée du côté de la concavité de la parabole, de l’autre un bloc de bois sert à maintenir un écouteur; le petit pavillon en caoutchouc diffuse les sons à l’intérieur du récepteur.
- Le mode de construction est clairement indiqué sur les figures, on voit : en A, les vis fixant la coquille d’alu-
- Lesbords du réflecteur sont pliés suivant, le schéma ci-dessus pour permettre la fixation.
- Fig. 12. — L’appareil vu de
- La coquille d’alu minium avec en À et en B les ou-verlurespour la fixation des rayons et du bloc de bois.
- face.
- minium au bloc de bois; en B, les écrous des rayons fixés d’une part au réflecteur, de l’autre à la coquille; en C, les rayons; en D, le récepteur téléphonique; en E, la pièce en caoutchouc diffusant les sons; en F, la coquille d’aluminium; en G, le bloc de bois creusé contenant le récepteur; en H, une vis servant à presser le récepteur téléphonique contre l’anneau de caoutchouc M; en J, les ouvertures servant au passage des fils du récepteur; en K et en L, les supports du réflecteur.
- L’inventeur assure que cçt appareil utilisé avec un récepteur téléphonique de bonne marque permet une réception puissante et surtout sans déformation; la construction semble en être si facile que nombre d’amateurs- français pourront l’essayer ; en expérimentant diverses formes de réflecteurs et en faisant varier la distance du récepteur au sommet de la parabole, ils déduiront des résultats quelles sont les données les plus favorables pour le bon fonctionnement du haut-parleur. P, HéM^BDINQUER,
- Objets utiles
- Échelle mobile, système Cottens. — Toutes les personnes qui ont travaillé sur une échelle ont été importunées par la nécessité, lors de chaque déplacement occasionné par l’avancement du travail, de descendre à terre pour amener 1 échelle dans une position voisine et de remonter ensuite pour continuer.
- Ces déplacements imposent à la longue une certaine fatigue, et, dans tous les cas, ils causent des pertes de temps préjudiciables.
- Pour les éviter, M. Cottens a présenté à la Direction des Recherches et des Inventions un dispositif simple permettant de déplacer et de diriger l’échelle sans descendre.
- Nous empruntons au Bulletin de cette Direction la description suivante de l’appareil : l’échelle est montée suides galets ; deux d’entre eux correspondant à un même panneau sont calés sur un axe horizontal portant un engrenage d’angle, dont la rotation est commandée par une tringle suivant un des montants et mue par une manivelle placée au sommet, à la portée de l’ouvrier.
- Les deux autres galets sont mobiles autour d’un' axe vertical, et rendus solidaires par l’intermédiaire de deux équerres et d’une barre de direction.
- Cette barre peut être déplacée à l’aide d’un renvoi et d’une deuxième tringle suivant un autre montant et se terminant en haut par un levier de direction.
- Pour avancer, il suffit donc de tourner la manivelle, et,pour se diriger, d’agir sur le levier.
- Un dispositif automatique bloque l’avancement dès qu’on lâche la manivelle de manière à assurer le calage de l’ensemble.
- Le modèle réalisé a 2 -m. de haut et son maniement est facile. Ce système peut être fort utile pour les peintres, électriciens, tapissiers, etc., et même dans les bureaux ou bibliothèques, toutes les fois que des recherches s’imposent dans les parties d’un local hors de la portée de la main.
- Pipe hygiénique. — Voici un nouveau modèle de pipe qui va enchanter les amateurs de pétun, puisqu’ils pourront dorénavant s’adonner à leur vice sans le moindre danger.
- Mieux que toutes les explications, le dessin ci-joint renseignera sur la nouvelle pipe imaginée par un chimiste de Béziers, M. Hubert.
- Le tuyau présente trois conduits en chicane qui triplent le trajet parcouru par la fumée. Celle-ci est obligée de passer d’abord autour d’un tube métallique où déjà une partie des produits de condensation et de la nicotine se déposent. Le fond du tube est légèrement concave et ses bords saillants sont ondulés de façon à permettre un passage aisé de la fumée; celle-ci est obligée enfin de suivre les parois intérieures pour être ensuite aspirée par le tube central. Les condensations se complètent au cours de cette circulation intentionnellement accrue.
- Jusqu’ici, la nouvelle pipe ne montre que peu d’améliorations sur les systèmes proposés antérieurement par de nombreux chercheurs, mais on va voir la suite :
- Un petit cahier joint, à lâ pipe, un peu plus graucj, uu
- Fig. i3. — Echelle mobile, système Cottens.
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- peu plus volumineux qu’un cahier de papier à cigarettes, est formé d’une vingtaine de feuilles de papier filtre imprégné d’une solution d’acide borique. Ces feuilles cousues sur leur petit côté sont perforées pour pouvoir être facilement détachées.
- On en prend une, on l’enroule sur le tube central et on l'introduit sous forme de rouleau peu serré dans le tube périphérique.
- On comprend ce qui va se passer. La fumée, obligée de traverser les spires de papier spécial, achève d’y
- Coupe de la pipe hygiénique.
- déposer les produits susceptibles de se condenser; le jus produit par la salive, si nuisible et si désagréable pour le fumeur, est absorbé entièrement par la feuille de papier filtré (la pipe ne s’encrasse donc jamais) ; enfin et surtout, la nicotine et les poisons de la même famille se combinent d’une façon complète avec l’acide borique qui imprègne le rouleau et que l’on renouvelle toutes les deux ou trois pipes, ou même plus souvent si on le veut.
- L’emploi de la nouvelle pipe triple la joie du fumeur, puisqu’elle lui procure, outre son plaisir habituel, une fumée privée de toute àcreté et sans aucun danger pour la santé.
- L’inventeur de la pipe hygiénique est M. A. Hubert, docteur ès sciences, 3, avenue Saint-Saens, Béziers (Hérault).
- Un appareil alîumeur pour les chalumeaux. — Ce bloc allumeur que son inventeur a appelé « Le Subito » fonctionne au ferro-cérium et il permet d’allumer instantanément des gaz sortant du chalumeau.
- Il constitue en somme le briquet du soudeur sans mèche ni essence, et ne demande pour son entretien que le remplacement de la pierre au ferro-cérium qu’il contient, au fur et à mesure de son usure.
- Cet allumeur se compose d’un bloc en foute comportant une rainure oblique, dans laquelle on engage la buse du chalumeau par un mouvement rapide. La buse
- Fig. i5. — Bloc-allumeur au ferro-cérium.^
- entraîne pendant ce mouvement un crochet métallique solidaire d’un petit frottoir en acier en contact avec la pierre de ferro-cérium.
- A la fin de sa course le crochet est libéré et un ressort le rappelle vivement en arrière avec le frottoir qui produit à ce moment l’étincelle.
- La température élevée de celle-ci sufGt pour allumer-les gaz.
- .L'appareil fonctionne très bien, est d’une grande simplicité et remplace avantageusement les veilleuses lampes d’allumage.
- Constructeur : M. Bonteiller, a5, rue de Navarin, Paris.
- 'Electricité
- Bouchon fiche et pince prise de courant. — Yoici deux petites nouveautés électriques intéressantes.
- i° Tout d’abord le bouchon fiche est constitué par une monture dans laquelle on peut fixer un bouchon fiche qui, d’un côté, présente un dispositif à baïonnette et de l’autre deux fiches de prise de courant. Suivant le cas, on peut brancher deux appareils quelconques sur une
- Fig. 16.
- Bon ton fiche.
- douille à baïonnette ou sur une prise de courant à broches (fig. 16).
- C’est donc un appareil à deux fins qui sera très utile pour déplacer les radiateurs, les lampes portatives, les petits moteurs et en général tous les appareils que l’on veut déplacer à volonté dans un appartement.
- On pourra, par ce petit dispositif, monter l’appareil soit à la place d’une lampe, soit sur une prise de courant à broches.
- Pour la monture qui n’est pas utilisée, on la protège au moyen d’un chapeau qui se visse aussi bien d’un côté comme de l’autre du bouchon fiche.
- 2° La pince jn’ise de courant permet de brancher instantanément un appareil électrique sur un fil souple.
- Pour cela on branche la lampe ou l’appareil qu’on veut actionner aux bornes de la pince, puis le fil souple sur lequel on veut monter cette pince est détorsadé légèrement de façon que chacun des fils puisse passer de part et d’autre de la pièce centrale de la pince.
- Les pièces extérieures portent des peignes constitués par des pointes que l’on fait pénétrer dans les conduc-
- Pince pi’ise de courant.
- teurs sous la pression des doigts qui agissent sur les lamelles extérieures de la pince (fig. 17).
- Le tout est assujetti en serrant le boulon à oreilles qui relie les trois parties de la pince.
- Ce montage est analogue à celui des lampes sur les; câbles servant aux décorations lumineuses électriques à l’extérieur.
- Les deux petits appareils que nous venons de décrire font l’objet de brevets, ils sont d’une ingéniçsité remarquable et pourront rendre de grands services dans l’emploi de l’électricité à la maison.
- Constructeur : M. Clémettl,, f8, rue Albouy, Paris.
- HKl- 38 B»
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- VARIÉTÉS
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- LE BILAN D’UN ÉLEVAGE D’INSECTIVORES
- La question des oiseaux nécessaires à l'agriculture fait d’incontestables progrès dans l’esprit de nos populations, si retardataires jusqu’ici par rapport à l’Angleterre, à la Suisse, à l’Europe centrale, aux Etats-Unis, où la protection des Insectivores est devenue une institution officielle, et est encouragée largement en outre par les particuliers.
- La série d’articles que j’avais publiés dans La Nature, il y a deux ans, m’a attiré des demandes de renseignements supplémentaires. On me consulte particulièrement sur les frais qu’exigerait l’établissement d’une de ces volières de repeuplement à grillage mobile que je préconisais pour les régions où les oiseaux ont été entièrement détruits. C’est à cette préoccupation que répond le présent article.
- Combien coûterait une volière de repeuplement? Combien rapporterait-elle? Quel serait le rapport de ce bilan avec le coût et le résultat des traitements chimiques ?
- Le chiffre des larves, pucerons et insectes minuscules supprimés par une couvée d’insectivores, surpasserait toute -évaluation. On ne peut estimer approximativement que le chiffre des insectes gros ou moyens détruits par ces oiseaux.
- D’après mes observations personnelles, une couvée de mésanges bleues (2 parents et 10 jeunes) dévore chaque jour de 600 à 800 chenilles lisses, vers, cochylis, etc. Durant les deux mois oii la volière à grillage mobile reste ouverte, les parents mangeront donc ou rapporteront des environs à leur couvée une moyenne de 42000 insectes. Je ne suis donc pas très éloigné du calcul de M. de la Blanchère (24000 pour un mois), surtout étant donné que le chiffre de 10 jeunes est un minimum pour cette mésange très prolifique.
- Une espèce d’oiseaux moins prolifique, mais plus grosse (bruant, alouette cochevis, etc.), donnerait un résultat peu différent. Je retiens de préférence ces derniers oiseaux, mieux appropriés à la vigne où la valeur de leurs services est plus facile à préciser que dans un verger où travaillent les mésanges.
- Dans un vignoble ravagé, estimons à 20 le nombre de cochylis ou d’eudémis rampant sur chaque cep. On peut donc compter par hectare une moyenne de 100 000 insectes. Dès lors 2 ou 3 couvées d’insectivores suffiraient pour assainir un hectare. J’ai dit précédemment que M. Zacharewicz, professeur d’agronomiedansle Vaucluse, estime à 5o le nombre de passereaux nécessaires pour protéger 1 hectare en quelques semaines. Mes 3 couvées, parents et jeunes, donnent un chiffre un peu inférieur. Adoptons son calcul et élevons à 5 le nombre des couvées nécessaires. Dès lors, pour un vignoble de 10 hectares, il faudra 5o couples reproducieurs dans une volière de 100 m2 (suffisante si l’on varie les espèces et si l’on évince les querelleuses).
- Que coûteront l’établissement et l’entretien de cette volière ?
- Frais d’établissement.
- rrniics.
- 4 murs (10 m. de longueur et 2 m. 60 de hauteur —
- hors sol).......................................4^oo
- Couverture en grillage de o,o5 et panneaux mobiles de 0,01...................................i5oo
- Abri-pansoir dans un angle (2 murs et toit) . . 5oo Porte du jardin-volière (bois plein et serrure). . 100
- Plantation pour nichages (lierre et autres plantes grimpantes tapissant les murs intérieurs ; genévriers, buissons-ardents, lauriers, houx, etc. dans le carré)................................... 4°°
- < Total. . . 8000
- Dépense annuelle.
- Intérêt et amortissement des frais d’établissement
- (à i5 pour 100)............................... 1200
- Nourrissage des 5o couples reproducteurs durant les 10 mois où la volière reste fermée (je suppose des grani-insectivores ; les purs insectivores coûteraient plus cher), graines et vers de farine.......................................... 600
- Pour 1 hectare, la dépense annuelle s’élèverait donc à 180 francs environ.
- J’ai plutôt enflé les chiffres afin d’y sous-entendre quelques légers frais supplémentaires comme l’établissement d’un petit bassin cimenté, peu profond et à bords très évasés, et aussi le prix du temps employé pour le pansage (à peine une heure par semaine). Dans le chiffre de 600 francs, prévu pour le nourrissage des adultes, j’ai compris le son destiné aux vers de farine (avec des épluchures de légumes, etc. Voir Les Jardins-volières) j1), ainsi que l'intérêt-amortissement de la cuve cimentée, à couvercle de toile métallique, où se multiplieront ces insectes, et que l’on construira sous le toit du petit abri-pansoir (cuve de 1 m3 environ, suffisante pour les grani-insectivores adultes pendant 10 mois, si l’on force sur le régime végétal, plus économique).
- La dépense de 180 francs par hectare représente à peine le prix actuel d’une barrique de vin.
- Elle n’est pas supérieure au coût des traitements chimiques sérieusement faits.
- L’action de l’oiseau l’emporte de beaucoup sur ces traitements en efficacité, car elle n’est pas soumise aux risques d’une averse, et elle supprime totalement et définitivement les insectes, au lieu de les assoupir ou de les chasser chez le voisin, comme il arrive le plus souvent.
- Elle n’exerce sur le vin aucune de ces influences nocives qui résultent parfois des traitements exagérés ou mal faits. Elle n’empoisonne pas la vigne elle-même.
- La dépense de 180 francs par hectare est d’ailleurs limitée aux 10 hectares que je suppose protégés par le seul élevage des couvées dans la volière à grillage mobile, durant 2 mois.
- Au bout de ces deux mois, les jeunes oiseaux seront lâchés au dehors, et la volière refermée sur les adultes reproducteurs. Les jeunes élimineront dès lors les insectes sur une vaste étendue et sans qu’il en coûte rien désormais, sauf un insignifiant prélèvement de graines, s’il ne s’agit pas de purs insectivores. Prélèvement compensé du reste par l’élimination des graines nuisibles.
- Pour peu que le domaine soit gardé contre les oiseleurs, et qu’on y piège les éperviers, écureuils, belettes et autres ennemis des passereaux insectivores, le repeuplement libre sera assuré et la volière bientôt superflue. La cochylis, l’eudémis ue seront plus qu’un mauvais souvenir. Tandis que l’insecticide exigerait chaque année la même dépense et le même travail pour un résultat précaire et limité.
- 11 serait bon, en temps de neige, de jeter quelques graines aux oiseaux, comme le font les Scandinaves.
- « On craindra peut-être, dit M. Magaud d’Aubusson, que les oiseaux, abondamment pourvus, deviennent paresseux et délaissent la chasse à l’insecte, pour ne plus songer qu’à cette nourriture toujours prête et facile à prendre; il n’en est rien cependant.
- « La nourriture végétale, si bonne soit-elle, n’est pour eux qu’un succédané qui ne peut remplacer l’œuf de papillon, la larve ou la chenille ».
- « Industrialisez voire projet de volières à grillage mobile, et il rendra en effet d’incalculables services. » Et le conseilleur me suggère une amélioration : rendre mobile la volière elle-même, substituer aux murs des cloisons latérales en planches démontables, ce que l’on a déjà fait pour les poulaillers. Dès lors, ce qui exigeait beaucoup d’efforts et de dépenses de la part des particuliers deviendrait facile et largement rémunérateur pour une compagnie ou une société agricole qui louerait ces volières démontables aux propriétaires convaincus de la nécessité de repeupler leur domaine en Insectivores. Mais l’Etat doit intervenir de son côté, soit pour répiùmer implacablement les destructions d’oiseaux utiles, soit pour répandre dans les écoles quelques notions d’ornithologie économique. Il ne suffit pas d’enseigner l’utilité générale de la faune ailée; il importe encore d’enseigner quelles espèces d’oiseaux peuvent sauvegarder chaque genre de culture. Pour le repeuplement en volières je répète que les purs insectivores exigeraient trop de frais et des soins trop compliqués et que l’on doit préférer les bacci ouïes grani-insectivores.
- 1. Perrin, éditeur, 35, quaides Grands-Augustins, Paris, 6e, franco : 7 fr.
- Total. . , 1800
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- VARIÉTÉS
- Supposez, par exemple, une futaie ravagée par les longicornes, les bostriclies, ou une châtaigneraie dont certains vers perforent les fruits et qu’un autre insecte fa'it périr elle-même en y propageant par ses piqûres un cryptogame dévastateur; les oiseaux indiqués ici pour le. repeuplement artificiel ne seront pas de purs insectivores comme le pic-vert, l’épeichette, le grimpereau ou la mésange à longue queue, mais des grani-insectivores : les mésanges charbonnières, bleue ou nonette, l’épeiche, la sittelle surtout (d’élevage si facile). Toutefois, si le pic-vert manque pour creuser des ni-choirs naturels à ces oiseaux, une fois multipliés dans la futaie, il faudra y poser quelques nids artificiels, comme l’usage s’en est établi dans l’Europe centrale (').
- Pour les vignobles, à défaut de leurs grands protecteurs naturels : l’engoulevent, l’hirondelle (papillons de i cochylis), les traquets (insectes parfaits), je signale, comme grani-insectivores et, dès lors d’un élevage possible, l’alouette cochevis et la lulu (plus insectivores que l’alouette des champs), toutes les espèces de bruants, le linot, plusieurs sortes de fauvettes. La perdrix rouge est beaucoup plus insectivore que la grise et rend de grands services dans les vignes. Le moineau, néfaste
- x Le Bulletin de la Ligue française pour la protection des Oiseaux (198, boulevard Saint-Germain, Paris, y) donne les adresses de plusieurs fabricants de nichoirs.
- dans les céréales, détruit beaucoup de papillons nuisibles; on me signale, et j’ai du reste observé moi-même, qu’il supprime la cochylis et son papillon.
- Pour les vergers, on multipliera, comme graui-insec-tivores, le pinson el un oiseau d’élevage extrêmement facile, le bouvreuil, si sottement accusé de ravager les bourgeons où il cherche en réalité leur plus dangereux parasite : l’anthonome. Contre le puceron lanigère, les chenilles lisses et leurs œufs, aucun oiseau n’est comparable aux mésanges.
- Pour les jardins, à défaut des purs insectivores tels que le troglodyte, les roitelets et les pouillots, on élèvera les diverses fauvettes et d’autres bacci-insectivores, l’aceenteur mouchet par exemple, qui se reproduit facilement en volière et peut se contenter, à la rigueur de diverses baies, de menues graines et de vers de farine.
- Je n’ai épuisé ni la liste des cultures ni celle des oiseaux utiles. Puissent néanmoins ces quelques aperçus profiter aux initiateurs qui s’efforcent de réagir contre l’inconcevable apathie de nos populations et des pouvoirs publics en tout ce qui touche à la protection et au repeuplement des Insectivores, ces seuls auxiliaires efficaces que nous possédions pour soustraire l’agriculture aux ravages toujours croissants des insectes!
- André Godard.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LE TRAITEMENT DE LA LÈPRE
- La lèpre fut une des grandes endémies du Moyen Age. Aujourd’hui, elle a presque totalement disparu de nos pays. Mais elle s’observe encore en assez grande abon dance dans diverses régions, notamment dans l’Inde, au Japon, en Indochine, à Madagascar, etc. En France on en rencontre encore quelques cas indigènes, notamment en Bretagne, en Béarn, en Languedoc.
- Depuis le début du xx“ siècle, le nombre des lépreux augmente certainement en h’rance, surtout dans les ports et à Paris, du fait des arrivées de plus en plus fréquentes de coloniaux : Annamites, Chinois, Soudanais, Sénégalais, Marocains, etc. Sans être un danger grave, cette possibilité de contagion doit éveiller l’attention et développer les recherches sur le mode de propagation et le traitement.
- A vrai dire, ou sait peu de chose de la contagion de celte maladie. Depuis la découverte par Hensen, en 1873, du bacille spécifique, de caractères très voisins de celui de la tuberculose, on a renoncé à considérer uniquement la transmission héréditaire pour admettre la contagion par le bacille. Mais la durée d’incubation est tellement longue, 10 à 12 ans et même plus, qu’il est difficile, quand la maladie se manifeste, de préciser le moment de l’inoculation.
- On s’est donc surtout occupé jusqu’en ces dernières années d’organiser une prophylaxie rigoureuse, tout au moins dans la plupart des pays anglo-saxons, car en France aucune mesure n’a encore été prise. Sans aller jusqu’à l’isolement complet du lépreux comme autrefois, on a prescrit la déclaration obligatoire de ces malades, leur surveillance médicale et au besoin leur hospitalisation dans des léproseries.
- Heureusement, la thérapeutique semble capable aujourd’hui d’arrêter le fléau et peut-être même de l’éteindre.
- M. le Dr F. Noc vient de passer en revue dans la Revue cl'Hygiène les récents progrès accomplis dans
- cette voie et nous lui emprunterons les renseignements suivants qui méritent d’être connus de tous.
- Depuis longtemps, l’huile de Chaulmoogra, extraite de Taraktogenos Kurzii, et l’huile de Kanti provenant de VHydnocarpus inebrians sont populaires aux Indes comme remède contre la lèpre. On a constaté que les acides gras de ces huiles ont une action favorable sur les plaies lépreuses en provoquant la résorption des bacilles. Les effets inconstants observés tout d’abord provenaient de ce que l’huile de Chaulmoogra était indifféremment extraite de la plante précitée ou des graines du Gynocardia odorata, grand arbre des forêts de l’Inde et de la Malaisie qui ne donne qu’une huile inactive.
- La véritable huile de Chaulmoogra est malheureusement assez irritante et provoque souvent des abcès quand elle est injectée dans les masses musculaires. Il faut donc la mélanger à du gaïacol, à de l’eucalyptol, à de la résorcine, ou plus simplement à de l’huile d’olive stérilisée.
- Depuis 1915, Jeanselme, Brocq et Pomaret, Noc, Heiser, Mc Coy et Hollmann, Lebœuf ont ainsi traité avec succès divers cas de lèpre.
- L’injection intraveineuse, pratiquée par Noc, Broq et Vahram, Sténevel, etc., fut encore plus efficace.
- On a cherché en outre à rendre l’huile de Cliaul-I moogra plus inoffensive en la traitant de différentes façons : traitement sodique, iodification, transformation en éthyls-éthers, et l’on est arrivé, semble-t-il, à plusieurs produits actifs dont l’injection hypodermique ou intramusculaire n’est plus douloureuse.
- Cette médication, associée à une amélioration des conditions de vie des indigènes : propreté corporelle, alimentation plus variée, et à l’isolement des lépreux avérés, doit faire reculer la maladie dont le souvenir persiste encore dans nos pays comme celui d’une des plus grandes calamités dues à la misère. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- OSL.
- essf
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt généra! et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement,
- Réponses. — M. Joly, à Eymet (Dordogne). — i° Voici quelques formules de cires à modeler dont l’onctuosité
- est due à des matières grasses :
- a) Prendre : Cire jaune............600 gr.
- Poix de Bretagne .... i3o —
- Saindoux............... 65 —
- JSssence de térébenthine , 35 —-
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- BOITE AUX LETTRES
- Meltre dans un vase avec un peu d’eau, faire bouillir, écumer les impuretés qui viennent à la surface, puis détacher le gâteau superficiel après refroidissement.
- b) Cire jaune. .............400 gr.
- Térébenthine de Venise. . 75 —
- Saindoux . . ,........... 75 —
- Fécule de pomme de terre. 400 —
- Faire fondre la cire, la térébenthine et le saindoux, puis ajouter par petites portions la fécule en remuant constamment jusqu’à refroidissement suffisant pour que celle-ci ne se sépare pas.
- Pour obtenir des cires colorées on ajoutera de 5 à 10 pour 100 d’une terre colorée, rouge d’Angleterre, ocre jaune, couleur minérale à l’exception de toute couleur vénéneuse. Suivant la saison on pourra également faire varier légèrement les proportions des constituants en se basant sur ce que la fécule rend le produit sec, le saindoux le rend plus mou et la cire jaune plus dur.
- c) On peut tout simplement constituer une terre à modeler en pétrissant de l’argile ordinaire humide avec le quart environ de son poids de glycérine. Après quelques jours, la plus grande partie de l’eau s’étant évaporée, l’argile ne retient plus que la quantité d’eau correspondante au pouvoir hygrométrique de la glycérine et la pâte conserve à partir de ce nioment toute sa jjlasticité. Suivant que l’on désirera cette plasticité plus ou moins grande, on pourra augmenter ou diminuer le dosage de la glycérine.
- 20 Vous trouverez chez Berville, 25, rue de la Chaus-sée-d’Antin, des cires et pâtes à modeler toutes préparées, ainsi que les instruments nécessaires au modelage.
- M. Campion, à Jeumont. — i° Vous pouvez prendre comme types de savons à polir les formules suivantes :
- A. Sa von pour polissage énergique :
- Savon de Marseille.........5oo gr.
- Terre d’infusoires.........3oo —
- Alun en poudre............. 20 —
- Acide tartrique en poudre . 20 —
- Blanc de céruse............ 20 —
- B. Savon pour polissage fin :
- Savon de Marseille.........5oo gr.
- Blanc d’Espagne............600 —
- Rouge d’Angleterre .... 10 —
- 20 Le savon de sable est un simple savon d’empàtagc, c’est-à-dire obtenu à chaud sans relargage ni liquation, auquel on incorpore, lorsqu’il est encore semi-fluide, du sable blanc très fin. A titre d’indication voici les proportions indiquées par Billon :
- Huile de coprah.......................... 100 kg.
- Lessive de soude caustique à 220 B . . . 160 —
- Solution de carbonate de potasse à 22° B. 100 —
- Solution de sel marin à i3° B............400 —
- Carbonate de soude Solvvay............... 20 —
- La proportion de sable varie suivant l’onctuosité que l’on veut conserver, elle peut atteindre 85 pour 100 de la masse finale.
- M. J. Si vans tri) ni, à Stockholm. — i° La formule suivante de colle pour cuir vous donnera très probable-
- ment satisfaction:
- Gutta-percha divisée. ... a5 gr.
- Sulfure de carbone...........200 c. c.
- Mettre en flacon bien bouché, laisser digérer en agitant fréquemment jusqu’à dissolution, puis ajouter : Essence de térébenthine . . 200 c. c.
- Eviter la proximité de tout foyer, le sulfure de car-
- bone étant très inflammable.
- 20 Pour le recollage de la porcelaine et de la faïence, on délaye du blanc d’Espagne dans une quantité de silicate de soude du commerce ' suffisante pour obtenir une pâte semi-fluide. Les parties à joindre sont enduites de cette mixture, j>uis serrées fortement l’une contre l’autre par une ligature ; au bout de quelques jours, si on a bien opéré, l’adhérence est telle que sous le choc l’objet se rompt dans une partie intacte plutôt qu’à l’endroit de la soudure. 3° Le linge lavable s’obtient de la manière suivante : après empesage et repassage comme d’habitude, on le trempe dans une dissolution
- composée de :
- Acétate de cellulose.......... 4 gr.
- Acétate d’amyle...............5o —
- Acétone......................5o —
- Le trempage est répété trois ou quatre fois, de
- façon que la couche protectrice soit suffisamment épaisse, le linge peut alors être nettoyé avec une éponge douce
- imprégnée d’eau et de savon, il reste toujours blanc, ce qui n’a pas lieu avec les vernis à la nitro-cellulose, eu outre il ne s’enflamme pas avec explosion et brûle simplement comme le linge ordinaire.
- M. Far gin-Fayolle, à Paris. — La réparation des parties fissurées s’effectue dans les fours au moyen d’un mélange de coulis et de terre à poêle à parties égales. Le coulis n’est autre chose que la poudre très fine obtenue en broyant des briques en terre réfractaire, ayant déjà servi et débarrassées de tout mâchefer. Le mélange ci-dessus est délayé dans de l’eau pour constituer une sorte de mortier, qui est mis en place suivant la technique habituelle, en ayant soin d’incruster quelques brique tons, si la fissure est trop grande, puis on laisse bien sécher et met à feu très lentement.
- M. El Fani, à Tripoli-Marine Syrie. — La proportion de crème de tartre employée pour le blanchiment de la cire est variable suivant son degré de coloration. Vous pouvez prendre comme base 5 pour xoo, mais l’expérience seule pourra vous fixer. Se rappeler en outre que l’exposition à la lumière est indispensable pour la réussite de l’opération.
- M. Thomacliot, à Prisse (Saône-et-Loire). — 1" Les sels de zinc ne sont pas décomposés par le fer. Il n'y a donc pas attaque de la tôle par le chlorure de zinc s’il est neutre chimiquement. 2° Les deux sels chlorure de zinc et acétate d’alumine ne pouvant donner naissance à un composé insoluble ou volatil, il n’y aura pas réaction. 3° Le sulfure de sodium, en présence d’un sel d’aluminium, donne un précipité d’alumine et non de sulfure d’aluminium, le soufre se dégage à l’état d’hydrogène sulfuré.
- M. Chassagne-Valère, à Marseille. — Il ne nous est pas facile, sans avoir eu en mains les bandelettes de papier servant à la gravure d’inscriptions sur acier, de connaître exactement la composition qu’elles portent, cependant nous supposons qu’il s’agit de bichlorure de mercure fixé par un enduit gommeux; un examen pourrait seul nous fixer à ce sujet.
- M. Jean Monthiers, à Paris. — Les plantes dites stérilisées sont recouvertes d’un enduit protecteur qui peut être la stéarine ou la paraffine, la condition essentielle est une dessiccation préalable ménagée ayant pour but d’éliminer toute humidité favorable au développement des micro-organismes destructeurs. Cette dessiccation se pràtique habituellement dans du sable bien lavé auquel on a incorporé à chaud, par 100 kg, 100 gr. d’acide stéarique et 80 gr. de blanc de baleine ou de paraffine.
- Dans une caisse en bois ou en tôle dont le fond est mobile on place une grille en fil de fer, puis une couche de sable préparé froid. On dispose la plante de façon qu’elle garde une'position aussi naturelle que possible, puis on verse doucement le sable en le tamisant et s’arrangeant pour qu’il pénètre partout dans les menus interstices. L’opération doit se faire lentement pour ne pas tasser le sable sur la plante. Quand elle est complètement recouverte, on porte la boîte dans une étuve chauffée à 35°-45°, ou l’y maintient 5 à G heures, après quoi on la retire et la laisse au repos toute une journée, on enlève alors le fond mobile, le sable s’écoule à travers le grillage et la plante se dégage bien conservée, quelques coups de pinceau achèvent d’enlever les quelques grains de sable encore adhérents. Le plus souvent, et si on a bien opéré, les couleurs ne sont pas altérées, au cas contraire on pourrait y remédier par pulvérisation avec un vaporisateur d’une solution alcoolique d’une couleur d’aniline appropriée. Après départ de l’alcool, si on désire un brillant accentué comme celui présenté par certains feuillages naturellement, on pourra immerger la plante dans un bain contenantpo gr. d’acide stéarique (stéarine des bougies) par litre d’alcool à brûler.
- M. Badie Levet, à Tunis. — i° Nous vous remercions de votre très intéressante communication relative au pouvoir conservateur de la souplesse du caoutchouc que présente l’essence de girofle, celle-ci étant un bon dissolvant de la gomme, il n est pas étonnant que ses vapeurs aient eu un effet favorable. Votre observation peut être très utile. 20 L’accident que vous nous signalez, démangeaisons consécutives à l'emploi d’une « essence à détacher », est un phénomène connu dû à la benzine et observé fréquemment chez les ouvriers des fabriques de benzine, dégraisseurs, nettoyeurs de gants, teinturiers, caoutchoutiers.
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- La forme légère se traduit par des démangeaisons, des fourmillements, des vertiges et maux de tête. La forme grave par de l’ivresse gaie, des hallucinations, de l’embarras de la parole et de la dépression.
- Lorsque l’affection devient chronique, on constate de l’anémie, du purpura, des polynévrites, des mouvements maladroits et du steppage. Le traitement consiste surtout dans une aération des poumons par séjour au grand air, voire même la respiration artificielle, l’administration de teinture de belladone ou de la potion ammoniacale du Codex.
- M. Merlin, à Montpellier. — i° Votre barreau de radiateur ne nous a pas été transmis; comme nous pensons qu’il s’agit de cuivre, il vous sera facile d’effectuer la réparation en effectuant la soudure au moyen de la soudure des plombiers, composée de deux tiers de plomb et un tiers d’étain, le décapant étant une solution de chlorure de zinc. 2“ Vous trouverez renseignements demandés dans les ouvrages qui suivent : Blanchissage et blanchiment, par Hercay, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Vins et vinaigres, conserves alimentaires, par Billon, éditeur, Albin Michel, rue Iluyghens.
- M. Desjardins, à Hanoï, Tonkin. — L'ivoire vrai peut se distinguer de ses imitations aux caractères suivants : i° L’examen à la loupe montre une certaine transparence des veinules et une structure organisée. 20 Les produits à base de celluloïd frottés énergiquement dégagent une odeur de camphre très reconnaissable. 3° En soumettant à l’action de la chaleur un peu de poudre détachée par grattage, celle-ci s’enflamme avec combustion vive s’il y a du celluloïd ou dégage une odeur de lait brûlé dans le cas où la caséine en constituerait la base. 3° Enfin comme caractère tout à fait spécifique, si on considère que l’ivoire vrai contient environ 65 pour 100 de phosphates de chaux et de magnésie, la présence de l’acide phosphorique sera tout à fait probante. Pour faire l’essai il suffira de dissoudre le produit de la calcination d’un peu de poudre dans l’acide azotique et d’ajouter à la solution, après avoir filtré, de la liqueur nitro-molybdique qui dans l’affirmative, c’est-à-dire s’il y a de l’acide phosphorique, fournira par chauffage au bain-marie vers 8o° un précipité jaune de phospho-molybdate d’ammoniaque. Ce réactif nitromolybdique se
- prépare ainsi :
- Faire dissoudre :
- Molybdate d’ammoniaque. ... 12 gr.
- Eau distillée chaude............ 40 —
- Après dissolution filtrer et ajouter :
- Acide nitrique pur D = 1,200. . 144 gr.
- Laisser reposer huit jours et ajouter :
- Eau distillée : quantité suffisante pour faire 200 cm3.
- M. Reboul, à Paris. — Toute peinture peut être employée sur le zinc à la condition d’en décaper préalablement la surface. Pour cela il suffit de passer un coup de pinceau (à monture non métallique) imbibé d’un
- liquide composé de :
- Acide muriatique................... 3o gr.
- Acide azotique..................... 20 —
- Eau ordinaire.....................1000 —
- L’affaiblissement du zinc par cette solution n’est pas à craindre, on peut du reste rincer après application, mais cela n’est pas indispensable. Quand la surface est bien sèche, on peint ensuite comme à l’ordinaire.
- M. M. K., à Cracovîe. — D’après les indications que vous nous donnez, nous pensons que la pointe de votre seringue hypodermique doit être obstruée par la substance redevenue solide après évaporation du solvant, la pression atmosphérique maintient ainsi en place le piston puisqu’elle n’agit que sur l’une de ses faces. 11 vous suffira très probablement de dégager ce petit orifice au moyen d’une épingle maniée avec précaution et au besoin coupée en biseau de manière à constituer une sorte de petite mèche que vous manierez en la tournant entre les doigts à mesure de l’avancement. Le piston sera alors libéré; s’il y avait encore un peu d’adhérenèe une immersion un peu prolongée dans un liquide ayant même composition que celui employé pour l’injection redissoudra les quelques parcelles solides pouvant exister entre le piston et la seringue. Comme vous avez omis de nous indiquer quelle était la solution injectée lors du dernier emploi, il ne nous est pas possible d’être plus explicite, mais il voxxs sera facile, le connaissant, de vous remettre dans les mêmes-conditions.
- M. Blay Ateneo, Barcelones. — D’après les renseignements qui nous ont été fournis, l’encre bleu-noir Waterman serait obtenue de la façon suivante :
- Faire les deux solutions :
- A. Acide gallique..................... 6 gr.
- Tanin à l’alcool.................. 20 —
- Eau distillée chaude..............y5o —
- B. Gomme arabique.................... 10 —
- Acide phénique................. o,5 -
- Sulfate ferreux................... 12 —-
- Chlorure ferrique à 10 pour 100 6
- Carmin dindigo. . '............... 10 —
- Eau distillée chaude..............200 —
- Mélanger les deux solutions, laisser reposer quinze jours, décanter avec précaution et,pourplus de sécurité afind’évi-ter une obstruction du canal d’alimentation de la plume, filtrer sur tampon de coton hydrophile à peine serré.
- M. Michelon, à Tours. — Nous croyons comme vous que l’obtention d’une encre donnant des caractères en relief lisibles par des aveugles ne doit pas être cherchée du côté d’une solution très épaisse à cause des inconvénients que vous signalez ; mais nous pensons qu’un résultat favorable pourrait être obtenu en procédant en deux temps : 1" Ecrire avec une dissolution gommeuse ou albumineuse, éventuellement glycérinée, pour éviter un séchage trop rapide. 2° Poudrer avec un oxyde métallique, minium par exemple, susceptible de se combiner à l’acide gummique ou à l’albumine. Quelques essais dans ce sens vous fixeront rapidement sur la valeur de l’idée que nous vous soumettons.
- M. Chapelle, à Bligny-le-Sec (Côte-d’Or). — i° Le bois ciré sur lequel l’eau a produit des taches a été très probablement teinté au brou de noix dont la matière colorante très soluble s’est trouvée enlevée ou absorbée. Il vous suffira d’appliquer avec un pinceau sur les parties claires la môme mixture que vous pourrez vous procurer chez tous les marchands de couleurs, après l’avoir étendue d’une quantité d’eau convenable pour obtenir la teinte d’intensité voulue. Le séchage étant complet, un peu d’encaustique remettra la pièce dans son état primitif.
- 2° La préparation suivante nous a donné de très bons résultats pour Ventretien de la fonte polie :
- Cire de Carnauba...................20 gr.
- Paraffine................... . 10 —
- Vaseline...........................i5 —
- Essence de térébenthine............t5 —
- Benzine............................20 —
- Pétrole........................... 20 —
- Faire fondre au bain-marie la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du feu, ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu de la plombagine (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur de la fonte. 3° Pour repolir votre réflecteur bronzé par la flamme de l’acétylène frotter avec un chiffon de toile fine imbibé d’eau et imprégné de la poudre suivante
- rendue bien homogène au mortier :
- Nitrate d’argent.................... 6 gr.
- Sel marin............................25 —
- Crème de tartre......................i5 —
- Rincer à l’eau pure et passer à la peau de chamois. 4“ Le brillantage de Valuminium s’obtient d’une façon analogue avec un tampon imbibé de :
- Borax pulvérisé.................... 5o gr.
- Eau ordinaire.................... 1000 —
- Alcali volatil..................... 10 —
- On lave ensuite et polit avec un chiffon sec.
- M. Lefranc, à Paris. — i° Il vous sera difficile d’obtenir une bonne peinture sur bois déjà passé au carbonyle, ce produit ayant déjà pénétré profondément.
- Pour obtenir un résultat à peu près satisfaisant, appliquer sur les pièces une bouillie de pétrole et terre à foulon, laisser sécher et brosser, répéter l’opération jusqu’à ce que le bois paraisse parfaitement dégagé du produit primitif. 20 Les arbres de meules en grès sont fixés au soufre fondu, s’il s’agit de meules en carbo-rundum on remplace le soufre par de la soudure ou mieux on applique des joncs en acier avec interposition de rondelles de plomb.
- M. Arnold de Muller, à Belfaux, Suisse. — Vous aurez tous renseignements utiles sur les expertises en écritures en vous adressant à M. Solange Pellat, président de la Société des experts en écritures, 6, quai de la Mégisserie, Paris, i°'\
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- BOITE AUX LETTRES
- M. F. Richard, à Saint-Girod (Savoie). — Pour recouvrir les plaies ou sections des branches après la taille des arbres, les arboriculteurs emploient, comme engluement, soit 1 onguent de Saint-Fiacre, soit le mastic à greffer, préparé à chaud ou à froid.
- L onguent de Saint-Fiacre se compose de deux tiers de terre glaise et d’un tiers de bouse de vache. On peut y mélanger de l’herbe hachée menu pour en augmenter la consistance.
- Les pépiniéristes fabriquent eux-mêmes leur mastic, dont la composition a généralement pour base une combinaison de poix blanche, de poix noire, de cire jaune, de suif et de résine. On y ajoute parfois de l’ocre, du saindoux, des cendres fines. On fond le tout sur le l'eu, dans un vase de fer, et on emploie la composition quand elle est attiédie. Yoici une composition particulièrement recommandable :
- i° Faire fondre ensemble :
- Résine........................i kil. a5o
- Poix blanche..................o — y5o
- F En même temps, faire fondre à part :
- Suif..........................o kil. 25o
- 3° Verser le suif fondu bien liquide sur le premier mélange en ayant soin d’agiter fortement.
- 4° Ajouter ensuite 5oo gr. d’ocre rouge en le laissant tomber par petites portions et en remuant longtemps le mélange.
- Ce mastic, onctueux, malléable, sans mordant, est employé tiède, plutôt froid que chaud, plutôt liquide encore que déjà solide. On l’applique à l’aide d’une spatule en bois.
- La composition chimique des mastics froids repose sur le résultat obtenu par le mélange intime de l’alcool avec la résine, c’est-à-dire la liquéfaction permanente de cette dernière après le refroidissement. Une fois exposé à l’air, cet onguent durcit un peu, il ne gerce pas au froid et ne coule pas au soleil.
- M. Aloïs Boeye, à Heverlee. — Les taches blanches constatées sur vos plaques diapositives ne pouvant résulter, d’après vos expériences, ni d’un voile, ni de poussières interposées au tirage, sont très probablement imputables à une altération de la gélatine. Les plaques en question étant, comme vous le supposez, assez vieilles, si elles n’ont pas été tenues constamment à l’abri de l’humidité, des moisissures ont pu s’y développer. Dans ce cas, pas de remède possible. Toutefois, une autre hypothèse est à envisager. Il peut se faire
- qu’au moment de l’immersion dans le révélateur, celui-ci ne pénètre pas uniformément dans la couche, et que les bulles d’air adhèrent à la surface. Le développement étant retardé sur ces points, des lacunes transparentes en résulteraient naturellement. Vous pourriez alors y remédier en plongeant d’abord les plaques dans l’eau pure et en les retirant, à plusieurs reprises, pendant quelques minules, de manière à ne commencer le développement qu’après imbibition complète de l’émulsion.
- M. L. D., rue Fargès, Marseille. — Les connexions des éléments des accumulateurs n’exigent pas d’alliage spécialement composé pour cet usage. On se sert tout simplement de la soudure employée habituellement pour les tuyaux de plomb, c’est-à-dire la soudure plomb-étain. On trouve dans toutes les bonnes maisons de quincaillerie la soudure pour tuyaux de plomb. Pour faire fondre cette soudure avec la lampe à souder il faut une certaine expérience, un tour de main, afin de ne pas fondre le plomb. Si vous n’êtes pas exercé à cette opération, et craignez de ne pas réussir, employez la soudure en pâte, notamment la Soudvite qui donne de très bons résultats. On la vend en tube dans toutes les quincailleries. Elle est fabriquée par les établissements Goupil, place Corneille, à Levallois-Perret (Seine). On l’utilise couramment en électricité pour les ligatures, cosses, etc. ; c’est dire qu’elle est à la portée même de l’opérateur peu exercé ; la réussite est toujours complète.
- T. S. F. — M. A. Castela, à Port de Piles (Vienne). — i° Voici les adresses de constructeurs français de lampes à 3 électrodes : Compagnie des lampes, 55, rue de la Boétie, Paris. La Radio-technique, 43, avenue de Friedland, Paris. Société Indépendante de T. S. F., 66, rue de la Boétie, Paris. 2° 11 est bon, avant de faire construire un appareil nouveau présentant des particularités intéressantes, de le faire breveter, ce qui demande un court délai. Il suffit de s’adresser à une agence sérieuse de brevets qui remplit toutes les formalités nécessaires.
- M. P. Collin, à Auberive (Haute-Marne). — Voici la liste des stations du Météo-Europe de xo h. 5 émises par la Tour Eiffel et ajoutées depuis le mois d’octobre 1922 : Messine, Reykiawick, Helwan (Egypte), Oran, Cassel, Malte, Constantinople, Tarente, Sofia, Bizerte, Tripoli, Agadir, Athènes, Funchal, Tanger, Belgrade, Pertusato.
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés, n Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .............
- L’Annuaire du bureau des Longitudes pour 1923, x vol. in-16, de 726 pages, avec 5 cartes célestes en couleurs et 1 carte magnétique avec un supplément de i5 pl., Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1923. Pi'ix, broché : 6 fr. 5o.
- L'Annuaire des Longitudes pour 1923 est, comme ses devanciers, précieux par le nombre de documents qu'il contient. C’est une petite encyclopédie dont l’éloge n’est plus à faire.
- Divisé en cinq chapitres principaux : Calendrier, Terre, Astronomie, Mesures légales, Données géographiques et Statistiques démographiques, l’Annuaire étudie les divers calendriers, fait connaître la position relative des astres, indique les mesures légales françaises et étrangères, le tonnage des navires, le mouvement des populations, etc.
- L’Annuaire 1923 publie en outre la notice scientifique et les deux notices biographiques suivantes :
- Le climat de la France : l’eau atmosphérique, évaporation, humidité, etc., par M. G. Bigourdan ; Gabriel Lippmann, par M. P. Appell; Jules Carpentier, par M. A. Jobin.
- Les rayons X, par M. de Broglie. i vol. 164 pages, 3 planches hors texte. (Conférences. Rapports de Physique). Presses universitaires de France. Paris 1922. Prix : i5 francs.
- Les Conférences-Rapports organisées à la Sorbonne en 1922 et qui se continuent cette année, ont pour but de donner des exposés critiques détaillés des travaux modernes sur les questions les plus importantes de la physique. D’éminents conférenciers ont été chargés de ces exposés, qui ont obtenu, auprès de leurs auditeurs, le plus brillant et le plus légitime succès. Aussi doit-on applaudir à la publication de ces rapports, qui permettra de faire bénéficier de ces excellentes mises au point un public plus large encore que celui qui se pressait pour les écouter dans l’amphithéâtre de la Sorbonne. Le livre de M. de Broglie inaugure cette intéressante publication. 11 est consacré à l’une des questions les plus passionnantes de la physique moderne : les rayons X constituent en effet aujourd’hui le moyen le plus puissant dont nous disposions pour essayer de pénétrer le mystère de la constitution de la matière ; M. de Broglie a lui-même effectué des recherches des plus importantes sur cette question. Son exposé joint au mérite d’une documentation éclairée et complète, celui d’une remarquable clarté, qui le met à la portée même des lecteurs encore peu initiés à ces questions. 11 x-appelle d’abord sobrement les traits essentiels de la théorie de Bohr sur la constitution électi’onique de l’atome, qui admet que l’émission du rayonnement caractéristique de l’atome se px’oduit chaque fois qu’un électron bondit d’une orbite à
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- une autre ; il évoque la loi de Moseley et les phénomènes de quanta. Il étudie ensuite, d’après les travaux de Laue et de Bragg, la diffusion des rayons X par les cristaux, qui permet soit de déterminer la longueur d’onde d’une radiation X, soit de révéler la constitution des édifices cristallins; le chapitre suivant est consacré à l’absorption des rayons X par la matière, à la détermination des coefficients d’absorption et à l’étude des discontinuités d’absorption, qui donnent, comme on le sait, des spectres caractéristiques pour chaque élément. Il analyse ensuite la structure des spectres d’émission de rayons X, et décrit les appareils : spectrographes et spectromètres, utilisés pour effectuer ces investigations. Lorsque des rayons X frappent une substance, ils provoquent un rayonnement corpusculaire secondaire, composé d’électrons plus ou moins rapides; l’auteur expose le résultat de ses propres recherches sur le rayonnement corpusculaire et il termine par une étude succincte des rayons y, qui ne sont autre chose que des rayons X de très faible longueur d’onde émis par les substances radioactives.
- L'arc électrique, par Maurice Leblanc fils, i vol. i3i p., 71 fig. (Conférences, Rapports de documentation sur la physique). Les Presses Universitaires de France, Paris, 19212. Prix : 10 francs.
- L’arc électrique est un phénomène extrêmement, complexe dont toutes les circonstances ne sont pas encore parfaitement élucidées. Ses applications à l’éclairage, au chauffage, à l’électro-chimie, son intervention accidentelle et en général fâcheuse dans les appareils électriques de grande puissance, donnent à son étude une importance de premier ordre.
- M. Maurice Leblanc fils, dans ce volume, expose d’abord les considérations théoriques qui permettent de guider l'analyse des phénomènes de l’arc; puis il groupe, d’une façon extrêmement claire et instructive, les résultats essentiels des diverses études expérimentales poursuivies sur l’arc; il résume ensuite les principales applications techniques de l’arc électrique : lampes, projecteurs, sources de rayons ultra-violets, fours à arcs, soudure, production d’oscillations électriques, redresseurs de courants alternatifs, et termine en examinant les procédés employés pour empêcher la production de l’arc dans les dynamos, dans les interrupteurs, et sur les lignes de distribution électriques. L’ensemble constitue une précieuse mise au point qui rendra les plus grands services aux physiciens et aux techniciens.
- T. S. F. et Téléphone sans fil chez soi, par J. Brun.
- 1 brochure 48 p., a5 fig. Albin Michel, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Cette brochure indique d’abord comment on doit monter le plus simple des postes récepteurs : le poste à galène. Après quelques détails sur les émissions de la Tour Eiffel et des principaux postes intéressant les amateurs, elle étudie sommairement l’emploi des audions comme détecteurs et amplificateurs, puis donne des notions sur les postes d’émission pour amateurs, et sur la réception par cadre ; elle se termine par des conseils pour l’apprentissage des signaux Morse.
- Notions d’acoustique physiologique et musicale, par le Dr M. Caillaud. 1 vol. in-16, 172 p., 20 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 8 francs.
- Ce petit livre s’adresse surtout aux musiciens et à ceux qui débutent dans l’étude de l’examen de la voix et de l’audition.
- Tous ceux qui cherchent à savoir la musique trouveront le rappel de notions pleines d’intérêt : étude des sons musicaux, théorie de la gamme, étude acoustique des accords, recherche des lois qui expliquent certains problèmes, de. composition musicale, phonétique des consonnes, des voyelles et des mots.
- Ceux qui se destinent à l’examen de l’audition auront dans ce petit ouvrage les notions indispensables pour comprendre les diverses épreuves de l’examen de l’ouïe, et pour saisir le peu que nous connaissons de la physiologie de l’audition. 1
- Théorie colloïdale de la Biologie et de la Pathologie, par Auguste Lumière, i vol." in-8, 2o3 p., a5 fig. Bibliothèque de synthèse scientifique. Chiron, Paris. Prix : 16 francs.
- Nos lecteurs connaissent les fort intéressantes théories de l’auteur par l’étude parue dans La Nature, n° 2488 du 10 décembre 1921. Pour lui, la vie est un élat colloïdal ; toutes les transformations de la croissance de l’état adulte, de la maladie et de la mort sont des manifestations de cet élat. La maladie et la mort s’expliquent par la floculation des colloïdes vivants. On peut donc appliquer la théorie colloïdale à la biologie et à la pathologie, elle en est la clé, l’explication nouvelle et lumineuse et tous les faits énumérés dans ce nouveau livre en sont la preuve évidente et convaincante.
- Aluminium, par J. T, Pattison, traduit par N. Champ-saur. 1 vol. 100 p., 16 fig. Béranger, éditeur, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- Ce petit volume résume les différents procédés de fabrication de l’aluminium, les propriétés du métal, ses usages ainsi que ceux de ses principaux alliages, et enfin les méthodes d’analyse des diverses substances qui interviennent dans la fabrication de ce métal.
- Fruits et légumes de primeur {culture sous verre et sous abri), tome II, Légumes, par J. Nanot et R. Vuignikk. 1 vol. 314 p- in-8, 72 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 10 francs.
- L’approvisionnement des villes en vivres frais entraîne un mouvement de capitaux considérable, rien que pour les produits maraîchers. Ces produits sont d’une vente très rémunératrice et beaucoup, depuis la guerre, se sont spécialisés dans celte branche de la culture. Les primeurs sont encore plus recherchées, et par suite susceptibles de bénéfices intéressants.
- MM. Nanot, directeur de l’Ecole d’Horticulture de Versailles, et R. Vuignier étudient jusqu’aux moindres détails la culture sous verre et sous abri des légumes suivants : carotte, radis, navet, chou-fleur, laitue, épinard, chicorée frisée et scarole, cerfeuil, persil, artichaut, asperge.
- Nutrition de la plante, t. III. Utilisation des substances ternaires, par Marin Molliard. i vol. in-16, 3ao p., 55 fig. Gaston Doin, Paris. Prix, cartonné toile : 14 fr.
- L’auteur a précédemment envisagé dans deux premiers volumes la nutrition minérale et la formation des substances ternaires chez les végétaux; dans l’ouvrage qui vient de paraître, M. Molliard poursuit et termine l’étude des composés organiques dépourvus
- d’azote, dont il considère l’utilisation soit par les plantes qui les ont produites, soit par d’autres végétaux incapables de réaliser la synthèse chlorophyllienne.
- La ir" partie du livre est consacrée au phénomène de la digestion, mise en évidence pour les différents composés ternaires à l’aide d’un certain nombre d’exemples, ainsi qu’une migration des substances qui en résultent. Il est ensuite montré comment les faits de digestion sont l’œuvre de substances spéciales, les diastases, et comment ils peuvent être ramenés au cas général des réactions catalytiques.
- La 20 partie est consacrée à l’ensemble des transformations que subissent les substances ternaires par voie d’oxydation et le phénomène respiratoire est longuement étudié.
- Enfin la 3e partie est réservée aux fermentations qui n’impliquent pas de fixation d’oxygène et c’est la fermentation alcoolique, la mieux connue actuellement, qui est traitée le plus longuement, ainsi que le phénomène de respiration intra-moléculaire.
- M. Molliard réussit à présenter un ensemble méthodique, clair et parfaitement à jour qu’on ne trouvait jusqu’ici dans aucun traité.
- Almanach Verniot, 38°. année, 192!. 1 vol. in-4, 400 p., nombreuses figures. En vente, 6 et 8, rue Duguay-Trouin, Paris. Prix : broché 4 fr. q5, relié 7 fr. 5o.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2519
- 10 Février 1923
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chimie
- Appareil à essayer ou éprouver l’eau « Dionic ».
- — Jusqu’à présent, la recherche et l’évaluation des impuretés dissoutes dans une eau ainsi que la mesure
- — Schéma de l’appareil.
- Fig. i.
- de la force des solutions faibles s’effectuent au moyen d’essais chimiques. L’éprouveur le « Dionic » (fig. a), dû à deux ingénieurs anglais Digby et Biggs, a pour but de remplacer ces essais, dont on sait en général toute la complication, par une simple mesure électrique.
- Quand la nature d’une substance quelconque en solution est connue, la conductibilité de la solution est une mesure de sa quantité ; dès lors le « Dionic » est capable, par une simple mesure de conductibilité, de déterminer avec une grande précision la force de la solution soumise à l’essai. Plus la solution est faible et plus la méthode devient sensible de sorte que l’appareil en question convient particulièrement bien pour révéler la contamination d’une eau potable. „
- Toutefois, il'ne peut établir de distinction entre une sorte de substance et une autre; on conçoit que seule l’analyse peut le faire. Mais comme dans la plupart des cas, l’essai est pratiqué pour des applications chimiques
- Fig. 2. — Le « Dionic ».
- ou industrielles, la substance présente dans l’eau est généralement connue. Ces essais ne sont donc pas faits dans un but d’analyse, mais seulement pour permettre de reconnaître quelle eslla quantité de substance connue .qui est présente dans l’eau examinée, et dans tous les cas l’appareil donne la réponse voulue avec une rapidité et une simplicité qu’un essai chimique, nous le répétons, ne peut donner.
- L’appareil complet est représenté par la figure x dans laquelle G désigne un tube de verre destiné à contenir l’eau soumise à l’essai, A et B les électrodes servant à faire passer le courant électrique à travers l’eau, reliées par des fils à un appareil à mesurer la conductibilité, à lecture directe, M et à une petite dynamo à courant continu E que l’on actionne à la main. Le thermomètre T qui mesure la température de l’eau soumise à l’essai est susceptible d’être descendu ou élevé dans l’eau, ce qui modifie ainsi la section transversale effective de la colonne liquide ; il est, en effet, monté dans un support coulissant L, se mouvant dans des guides II et portant un index I coopérant avec une échelle graduée en degrés centigrades J.
- Dès que l’eatx à éprouver, versée par l’entonnoir F, remplit le tube G, on note l’indication du thermomètre et on fait mouvoir son support coulissant jusqu’à ce que la lecture que fournit la coopération de l’index I avec l’échelle graduée J corresponde à la lectui'e du thermomètre. Cette opération compense le changement de conductibilité dû à la température et la lecture fournie par le cadran gradué en unités de conductibilité de
- Fig. 3. —Variations de conductibilité des solutions à forte conductibilité en fonction de leur teneur.
- l'indication M correspond ainsi à la conductibilité de l’eau à 20° C.
- En tournant la manivelle W de la dynamo, le courant électrique engendré traverse l’indicateur et l’eau contenue dans le tube G. L’aiguille de l’indicateur se déplace pour, au bout de 2 à 3 secondes, s’arrêter en un point quelconque de l’échelle graduée qui indique ainsi directement la conductibilité de l’eau contenue dans le tube et, comme il a été déjà'dit, à 200 C.
- La portée du thermomètre et de l’échelle compensatrice allant de io à 4o° C, il y a donc lieu de réchauffér l’eau, si elle est au-dessous de io° Ç, et au contraire de la refroidir si sa tempéi'ature dépasse 40 C.
- Il est évident que lorsqu’on veut mesurer la conductibilité d’une solution aqueuse, et si l’on veut également comparer entre eux les divers essais, il faut ramener toutes les observations à une température étalon quelconque. Ce résultat est obtenu automatiquement dans le tube G en élevant ou en abaissant le thermomètre T de manière à modifier, comme il est dit plus haut, la section transversale effective de la colonne liquide. Toutefois, dans le type de tube employé pour essayer des liquides possédant une faible conductibilité et dans celui qui est fourni pour éprouver des liquides à conductibilité élevée (par exemple : eau de mer, etc.), on doit observer la température et appliquer un facteur de correction dont la valeur est fixée par un simple calcul.
- La pratique a montré que dans les solutions diluées
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- telles que celles qui (bsont du domaine d’action du « Dionic », la conductibilité augmente d’une quantité égale à 2,2 pour 100 de la conductibilité à 200 C pour chaque degré centigrade d’élévation de température. Dans ces conditions, si la lecture de l’indicateur est n, si le thermomètre de l’entonnoir est à t° C et que K soit
- Parties par Million
- Fig. 4. — Variations de conductibilité des solutions à faible conductibilité en fonction de leur teneur.
- la conductibilité voulue à la température-étalon de 200 C, on a la relation :
- la fraction —-----r— indique alors le facteur de correc-
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- tion de température par lequel la lecture de l’indicateur doit être multipliée pour trouver la conductibilité à
- 20° C.
- Les applications possibles de cet appareil sont nombreuses. Citons entre autres : essai d’une eau de source ou d’une prise d’eau ; recherche de la pollution d’une eau de rivière; examen de l’effluent d’un égout ou d’une fosse aseptique ; crudité de l’eau ; adoucissement de l’eau, etc. M. Bousquet.
- Objets utiles
- Auto-dressor. — Cet appareil permet de soutenir les hauts talons des chaussures de dames, il assure une marche sans fatigue et il permet une grande durée du talon.
- Le talon haut, en effet, est sujet à un mouvement de va-et-vient continuel qui ne fait que s’accentuer et qui finit par désarticuler la chaussure (fig. 5).
- L’auto-dressor consiste en une pièce métallique qui affecte des conformations différentes suivant qu’il s’agit de chaussures bottier ou de talons Louis XV.
- On le place sous la chaussure et sur le milieu de la cambrure contre laquelle il adhère complètement. L’appareil fait retour contre la base du talon et s’oppose
- Fig. 5. — L’Àuto-dressor.
- ainsi au glissement du talon en dessous. Il remédie au défaut produit par l’irrégularité de la semelle, il s’étend sur une assez longue partie de la cambrure et il fait l’effet d’un tendeur qui neutralise les déformations.
- Il assure donc la stabilité des talons de chaussures de différentes hauteurs, il soutient le dessous du pied et il contribue à conserver à la chaussure l’élégance qu’elle possédait lorsqu’elle était neuve.
- L’appareil est constitué par une plaque métallique
- curviligne qui présente dans le sens transversal un côté dont les rebords longitudinaux sont en biseau ; ces rebords permettent à l’appareil de s imprimer dans le cuir de la chaussure et de parfaire l’adhérence (fig. 6b
- L’une des extrémités de la pièce se présente sous la forme de deux pointes parallèles biseautées et quand on enfonce ces pointes dans la semelle, elles se rapprochent grâce au plan incliné.
- Les pointes se referment automatiquement donnant une adhérence parfaite, et contre ses pointes il existe
- Fig. 6. — Effet de l’« Auto-dressor » sur la chaussure.
- des dents de scie formant butée qui a pour but de résister à la poussée du talon contre la pièce.
- L’inventeur a réalisé une pièce suffisamment résistante qui peut se modifier dans ses courbes assez facilement pour être appliquée à n’importe quelle chaussure, la pose est instantanée et l’appareil très léger est absolument invisible.
- Constructeur: Achart, 21, rue Yictor-Massé, Paris.
- Outils « Jimo » à manche métallique. — Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions signale un nouveau système d'outils caractérisé par la substitution au manche ordinaire en bois d’un manche métallique constitué par un gros fil d’acier recourbé en U, allongé et venant s’insérer dans deux trous pratiqués dans l’outil lui-même où ils sont soudés ou brasés. Pour la commodité de la prise de main, l’extrémité est garnie d’une fourrure en bois rainé (fig. 7). Ces manches sont très simples et très solides, car la soudure autogène permet de réaliser des ensembles assimilables à des organes d’une seule pièce. Toutefois, si ce manche résiste bien aux efforts qui se produisent dans son plan, il est inférieur aux manches de bois habituels quand on produit des efforts de torsion ou de flexion latérale. Le cas se produit pour certains outils tels que hache ou
- Fig. 7. — Outils « Jimo » à manche métallique.
- pioche, pour fendre le bois ou déchausser une pierre, quand l’ouvrier utilisant son outil comme un levier lui imprime des efforts qui ne sont pas contenus dans son plan de symétrie. Ausf-i ne semble-t-il pas que ce système de manche puisse remplacer complètement le manche en bois, tout au moins pour l’utilisation dans les ateliers ou les chantiers. Mais il peut être considéré comme un commode outi1 d’amateur dont 'l’emploi-'évitera certainement tous les ennuis de l’emmançhage.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un^ caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances,
- U ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- M. Lewis, à Paris. — i° démaillage sur tôle est le plus souvent constitué par un silico-borate métallique; nous pensons que vous pourrez très probablement faire disparaître l’émail altéré de vos abat-jour en les plongeant dans du carbonate de potasse fondu, peut-être même en les recouvrant de ce sel anhydre et en passant au feu de forge ; quelques tâtonnements sont nécessaires bien entendu pour mettre la chose au point; 2° Nous ne connaissons pas de maison se chargeant spécialement de ce travail.
- M. El Fani, à Tripoli Marine, Syrie. — L’orcanette un peu ancienne donne parfois quelques mécomptes pour la coloration, surtout si vous la désirez très accentuée comme dans le cas de rouge pour les lèvres, il vous suffira de la remplacer par le carmin en poudre tout préparé dans la proportion de un cinquième de la masse totale à obtenir. Si vous désirez une pâte moins dure, augmentez la proporlion de vaseline, les formules que nous donnons doivent uniquement servir de base à une préparation, mais chacun doit en faire une adaptation suivant les circonstances et le but poursuivi.
- M. Vincent, à Loulans-les-Forges. — L’encaustique suivante appliquée' sur votre carrelage remédiera très probablement à sa porosité et l'empêchera de se salir :
- Cire jaune........ 75o grammes.
- Savon blanc .... 25o —
- Eau non calcaire . . 5ooo —
- Crème de tartre . . 20 —
- Faire dissoudre le savon et la crème de tartre dans l’eau bouillante, ajouter la cire en copeaux, chauffer jusqu’à obtention d’un produit laiteux homogène. Appliquer à la brosse de peintre, laisser sécher, brosser et passer au chiffon de laine.
- Un résultat encore meilleur serait obtenu en faisant précéder l’encaustiquage d’une fluatation au fluate de magnésie que vous pourrez vous procurer avec mode d’emploi chez Teisset-Ivessler, à Clermont-Ferrand.
- M. Lebret, à Villejuif. — d Le plus souvent, lorsque les piles de poche cessent de fonctionner, c’est que le zinc est détérioré et il ne faut guère compter le remettre en service, la confection d'un nouveau cylindre s’impose; quant au bioxyde de manganèse, il peut resservir, sa provision d’oxygène n’étant pas épuisée. Le liquide excitateur est constitué par :
- Sel ammoniac . . . 200 grammes.
- Eau ordinaire. . . . 1000 —
- Agar-agar ..... 20 —
- On fait gonfler l’agar-agar dans l’eau pendant quelques heures, puis porte à l’ébullition pour dissoudre.
- Après avoir rempli les éléments du liquide chaud, on laisse refroidir, puis recouvre d’une couche de sciure de bois, par-dessus laquelle on met de la cire fondue en ayant soin de ménager un évent pour le dégagement des gaz pendant le fonctionnement de la pile. 20 Vous pourrez imiter Vencre ancienne en délayant de la sépia dans un peu d’eau gommée. 3° Pour allumer facilement les mèches de bougies, appliquer sur celle-ci une pâte semi-fluide de pulvérin et d’eau gommeuse; après séchage, l’approche seule d’une flamme suffira pour obtenir le résultat cherché.
- M. R. Gisclon, à Lyon. — Les maisons suivantes vous fourniront des alliages fusibles, Péricaud, 63, rue des Fêtes, 190. Bertrandias, 80, rue de la Roquette. David, 8, impasse Mont-Louis, n°. Mary, 16, rue De-laitre, 20e. David Louis, 9, rue de Madrid. Vous pouvez aussi préparer vous-même un alliage fondant à 53° en prenant :
- Bismuth.............80 grammes.
- Etain.............. 3o —
- Plomb............... . 5o —
- Mercure. ..... 20 —
- M. B. — i° L’emploi des peintures au silicate sur plâtre ne préseiite rien de particulier, sauf les observations que nous,avons déjà signalées d’appliquer selon la règle générale une pi’emièrc couche de silicate non
- teinté à 2a0 B. On donne ensuite la seconde couche avec la peinture proprement dite, puis on termine par une couche de silicate simple, mais à 26° B. Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche- avant application de la suivante. 20 Le pigment doit être une couleur minérale, ocre, outremer, blanc de zinc, blanc d’Espagne avec un peu de noir de fumée si 011 le juge nécessaire ; 3° Nous pensons que vous trouverez des agrafes pour claies de serres dans les maisons qui suivent : Prudhomme, 31, rue des Vinaigriers ; Dorléans et Lepage, i3, rue du Landy, à Clichy; Plançon, à La Garenne-Colombes; Onfroy, à Conflans-Sainte-Honorine.
- M. Debelhoir, à La Roche-sur-Yon. — Vous trouverez tous renseignements sur la fabrication des savons dans l’excellent petit ouvrage : Corps gras industriels de Billon, éditeur, Albin Michel, rue Huyghens, avec comme complément si vous voulez poursuivre cette étude : Chimie du Savonnier, par Ersham, éditeur Dunod, 47? quai des Grands-Augustins.
- Bibliothèque Municipale, Alger. — i° La pulpe des oranges et débarrassée de ses grains présente d’après
- Balland comme composition :
- Eau........................86.70
- Matières protéiques. . . 0.69
- — grasses , . . . 0.26
- — sucrées.............. 6.20
- — extractives autres. 4-94
- — minérales .... 0.28
- Cellulose.................. 0.9!
- Le sucre est fermentescible et il suffit, après avoir amené l’acidité aux environs de 1 gr. 5 par litre, d’ensemencer avec la levure pour obtenir d’après les données ci-dessus 3 lit. 5 d’alcool, cet alcool peut ensuite être séparé par distillation dans un alambic suivant les méthodes courantes. 2° L’industrie de Y acide citrique est surtout localisée en Italie et en Californie, elle permet de tirer parti des fruits impropres à l’expédition, de taille irrégulière, trop gros ou trop petits, abîmés par le froid ou la chaleur, blessés par chocs divers. La fabrication comporte les opérations suivantes : i° Extraction du jus. Les citrons débarrassés du zeste sont écrasés entre deux cylindres et la pulpe obtenue est pressée dans des presses continues agissant à plusieurs reprises avec délayages intermédiaires, on obtient ainsi d’une part un jus contenant en moyenne 4 pour 100 d’acide citrique et, d’autre part, une. pulpp. épuisée que l’on utilise comme engrais. Ce jus est abandonné à la fermentation durant 5 à 6 jours en été, 10 en hiver, ce qui liquéfie le mucilage; on additionne alors de pâte de cellulose, porfe à l’ébullition et filtre; suivant la nature des citrons utilisés, il faut de 12 à 20 kg de pâte de cellulose pour une bonne clarification. 2° Précipitation du citrate de chaux. Le jus limpide, brillant et légèrement ambré, est additionné d’une quantité de chaux hydratée exempte de fer, suffisante pour saturer les neuf dixièmes de l’acidité déterminée par liqueur titrée, puis on termine la saturation par du carbonate de chaux mis en excès ; on passe au filtre-presse, lave le gâteau à l’eau chaude et le sèche par un courant d’air. 3° Décomposition du citrate de chaux. Le citrate de chaux est mis en suspension dans l’eau, puis décomposé par l’acide sulfurique à 66° B. Ou s’assure que la réaction est totale en filtrant un peu du liquide, qui à ce moment commence à précipiter par le chlorure de calcium, on laisse reposer, décante et filtre à nouveau, la solution contient de 12 à i5 pour 100 d’acide citrique. 4° Concentration des liqueurs. L’évaporation est commencée à l’air libre au moyen de serpentins en cuivre de manière à atteindre ao-aS0 B., elle est complétée dans des appareils à vide jusqu’à 37-38° B., puis on verse dans des cristallisoirs en plomb. En deux jours la cristallisation est complète, les cristaux sont relevés avec une écumoire, essorés à la turbine et lavés à l’eau froide. Les eaux-mères concentrées à nouveau fournissent une seconde qualité de cristaux un peu colorés. 5° Purification des cristaux bruts. Après redissolution dans l’eau chaude, on précipite le fer et le nickel par addition de ferro-cyanure de calcium qui donne des composés pratiquement insolubles dans les conditions de l’expérience ; les traces d’acide sulfurique sont éliminées par un lait de chaux très léger et celles de plomb par un courant d’hydrogène sulfuré. Le liquide est passé aux filtres-
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- BOITE AUX LETTRES
- presses, concentré une dernière fois et mis à cristalliser dans des récipients en grès pour éviter l’adhérence et le retour d impuretés. On obtient ainsi un acide citrique très pur, soit en gros cristaux si la cristallisation se fait en milieu tranquille, soit en petits cristaux en troublant celle-ci par agitation mécanique. Le rendement est d’environ 3 kg d’acide citrique cristallisé par quintal de citrons traités.
- M. Champeu, à Ax-les-Thermes, — Aucune teinture à froid ne peut donner de résultats satisfaisants comme égalité et vigueur, encore moins sur tissus caoutchoutés, le caoutchouc empêchant toufe fixation de la couleur sur la fibre- 2° Pour déterminer les causes de l’inconvénient que vous signalez dans le cirage en question, il nous serait indispensable de connaître la recette à laquelle vous faites allusion, c’est-à-dire de nous indiquer le numéro de 1921 dans lequel elle a paru.
- M. Ch. Lefebvre, à Liège. — 10 Si la paraffine vous donne déjà des résultats satisfaisants, à part le détachement de quelques paillettes, il vous suffira très probablement d’ajouter en quantité convenable de la vaseline pour que ce petit défaut soit évité. 20 Voici une formule de pâte habituellement employée pour le ravivage du nickel et qui vous conviendra sans doute :
- Tripoli................. 4oo grammes,
- Poudre de savon. . 100 —
- Alcali volatil. ... 100 —
- Eau : quantité suffisante pour faire une pâle.
- Terminer le brillantage au moyen d’une peau de chamois saupoudrée de blanc de Meudon.
- M. R. Frossard, à Paris. — i° Après nettoyage à la benzine ou au savon-benzine pratiqué couramment, les gants ont le plus souvent perdu leUr brillant, on peut le leur restituer en appliquant la mixture suivante : Savon de Marseille. i5 grammes.
- Eau non calcaire . . 100 —
- Huile d’olives. ... 3o —
- Le savon réduit en copeaux est préalablement dissous dans l’eau au bain-marie, puis on y ajoute doucement l’huile en remuant ce qui fournit une sorte de creme.
- L’application se fait au moyen d’une petite éponge ou d’un tampon de linge fin de manière à ne déposer qu’une couche très mince, puis on laisse sécher le gant sur forme. Le savon peut être remplacé par deux jaunes d’œufs, alors c’est l’huile que l’on ajoute en premier, puis l’eau froide en dernier lieu, tout eu remuant; l’ensemble doit prendre l’aspect d’une mayonnaise, a0 Vous obtiendrez une crème genre Floréine en prenant :
- Acide stéarique pur . ... 60 gr.
- Lessive de soude à 3ü° B. 12 —
- Eau distillée de roses. . . a5o — Glycérine neutre............ 180 —
- Faire fondre au bain-mar'e l’acide stéarique, ajouter la lessive de soude et laisser quelques minutes en contact; verser ensuite la glycérine et l’eau de roses. Abandonner au repos jusqu’à solidification, puis refondre à nouveau et chauffer jusqu’à consistance pâteuse, faire refroidir à nouveau en remuant toujours, ajouter le parfum et couler en pots.
- N-B. — Le second chauffage est indispensable pour une bonne réussite.
- Comme parfum on peut employer
- Iïéliotropine cristallisée porphyrisée. 2 gr.
- Glycéi’ine neutre......................... 2
- Musc artificiel. . ...................... 1
- 3° Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le mastic dont vous parlez, le suivant pourra peut-être
- répondre à votre désir.
- Gutta percha................. 3o gr.
- Colophane.................... ho —
- Térébenthine de A’enise. . 10 —
- 4° Pour Ya.vivage du nickel, veuillez vous reporter aux indications que nous donnons à M. Ch. Lefebvre, de Liège, dans le présent numéro.
- M. P. de B., à Paris. — Le dévernissage des tableaux est toujours une opération délicate, les spécialistes emploient comme « eau à nettoyer » un mélange d’huile d’aspic ou de térébenthine avec deux parties d’alcool. Avoir soin d’opérer progressivement et avec précaution en frottant avec un tampon de colon. L’huile d’aspic n’est autre chose que l’essence de lavande commune ou aspic, elle contient une matière cristalline, qui paraît identique au camphre des laurinées, laquelle lui donne en particulier ses propriétés dissolvantes. Cette essence
- se dissout entièrement dans 5 parties d’alcool en donnant un liquide homogène, ce qui n’a pas lieu avec l es-sencc de térébenthine.
- M. J. Svanstrom, à Stockholm. — x° On utilise pour le nettoyage de l’aluminium la propriété de ce métal d’être décapé dans les solutions légèrement alcalines; pour cela on fait tremper dans une solution chaude
- composée de :
- Eau non calcaire................... 5oo gr.
- Cristaux de carbonate de soude . . 5o — Sel marin . • •.................... 25 —
- On rince soigneusement à l’eau tiède et polit avec : Potée d’étain. ... 75 grammes.
- Suif fondu........ —
- 20 Un très bon cirage crème donnant un noir bleuté
- est obtenu par le mélange de :
- Encaustique à l’essence de térébenthine. 5oo gr.
- Bleu de Prusse......................... 5 —
- Carmin d’indigo........................ 2,5
- Noir animal pulvérisé.................. 25 —
- M. Ch. Feige, à Paris. —- Le collage des tissus sur
- les caries d’échantillons s’effectue au moyen d’une colle à l’amidon, laquelle après séchage ne donne pas le brillant de la gomme arabique, il vous sera facile d’obtenir une colle semblable en versant dans un litre d’eau bouillante 5o gr. d’amidon de riz préalablement délayé dans son volume d’eau froide, celte addition doit se faire progressivement sous forme de filet en remuant constamment pour éviter la formation de grumeaux. On continue à remuer en chauffant jusqu’à ce que la masse soit devenue transparente et on étend d’eau suivant consistance désirée.
- M. Deschepper, à Aix-la-Chapelle. — i° Le dépolissage de votre pare-brise peut être corrigé par une redissolution superficielle du celluloïd, un léger frottement au moyen d’un tampon de coton imbibé d’acétone vous donnera très probablement un résultat satisfaisant. Vous pourriez également essayer du mélange : Alcool à 900, 25 parties éther (D = 0,720) ’jb parties. i° Pour repolir le verre, il faut employer successivement des abrasifs'de plus en plus fins; on commence habituellement par la potée d’étain et termine par le rouge d’Angleterre, mais chacun de ces produits est lui-même l’objet d’un classement des éléments qui le composent par délayage dans l’eau et sédimentation de 1, 2, 3 minutes, etc. Il ne faut pas se dissimuler que toutes ces opérations sont longues et fastidieuses, mieux vaudrait à notre avis changer simplement de lampes.
- M. Delabarre, à Cléres. — La préparation des toiles à peindre s’effectue en donnant d’abord une couche de colle de peaux qu’on laisse bien sécher et ponce ensuite en frottant avec un tampon chargé de pierre ponce. Après cela, on passe une couche de peinture à l’huile au blanc de zinc qui n’a pas l’inconvénient de noircir comme la céruse aux émanations sulfureuses. Lorsque le séchage est complet, la toile peut êîre employée.
- M. Malesset, à Bordeaux. — Une omission typographique a en effet rendu notre explication incomplète, la dose de 0,4 milligr. de bromure de radium s’entend par gramme de sulfure de zinc, chiffre auquel s’est arrêté le National Physical Laboralory d’Angleterre qui a effectué de nombreux essais à ce sujet.
- Helmet, à Bruxelles. — On polit Vébonite en montant si possible les objets sur le tour, puis on applique à la surface un tampon imbibé d’un mélange d'huile de paraffine et de chaux de Vienne que l’on trouve chez tous les droguistes. En dernier lieu, on passe un chiffon de laine bien sec.
- M. Hubert, à Ixelles. — L’application de la mixture suivante vous permettra de donner aux enveloppes de motos les apparences de caoutchouc neuf.
- Silicate de soude à 30° B. 200 gr.
- Poudre d’ardoise............ 5oo —
- Eau quantité suffisante pour consistance convenable. ,,
- Bien entendu, eu égard aux frottements de la route, cet enduit devra être renouvelé de temps à autre autant que cela sera nécessaire.
- M. Capon, à Paris. — A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de constituer un dossier bibliographique sur une question; veuillez vous adresser au Bureau technique du MSI, 8, rue Nouvelle, à Paris ou à l’Association de Documentation bibliographique, 82, rue Taitbout, directeur M. Jules Garçon.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2550
- 17 Février 1923
- J^o
- 1so
- INFORMATIONS
- Horaire des émissions radio-téléphoniques. —
- ier février^ 1923. — En raison des modifications subies par l’horaire, nous croyons utile de publier à nouveau les renseignements ci-dessous :
- Postes.
- Tour Eiffel FL
- Longueurs
- d’onde.
- 2600“
- Heures
- d’émission
- 6"50
- UH5
- 18h20
- 21 "50
- 22h,10
- Nature de l’émission.
- Prévisions agricoles par régions.
- Situation météorologique générale.
- Bulletin météorologique. Radio-concert.
- Concerts spéciaux annoncés à l’avance.
- Prévisions générales et prévision des vents sur les côtes
- ^ SFR 1565“ françaises. Radio-concerts.
- 14 à !6h Radio -concert du dimanche
- Société française 17h5 Informations. Cours de
- Radio-électrique. Bourse. Radio-concert.
- 20h45à 22" Informations. Cours de
- 21"45à 22h30 Bourse. Radio-concert. Musique de danse, les
- mercredi, samedi et dimanche.
- Poste de l’Ecole Supérieure des Postes et
- Télégraphes 450“ 16h50 à 19"50 Samedi.
- 19h45à 22" Mardi et jeudi.
- Lyon
- YN 5100“ 10»50
- Tours 2500“ 16"30 Sauf samedi et dimanche.
- 20"50 Jeudi.
- Issy-les-Mou-
- lin eaux 1600“ 15"15 Sauf le dimanche.
- Le Bourget ZM 900“ llh20 à16h20 1 Service avions toutes les
- Kœnigswüster- heures.
- hausen LP 4000m 7 à 8"30 1 Emissions irrégulières
- 11 à 12"30 V annoncées, à l’avance sauf
- 13"50 àl6"30 ) le dimanche.
- 16"30 à 17" J Bulletin météo. Bourse.
- 18 à 19" ( Divers. Radio-concerts l, irréguliers.
- La Haye PGGG. 1050“ 15 à 17" Radio-concerts le di-
- 21 "15 à 22» manche. Communications. Lundi. Concert de pho-
- 21" nographe. Jeudi. Conférences et
- Croydon GED 11"20 communications. ' Messages. Avions Paris-\ Bruxelles. Paris-Londres.
- Bruxelles BAY 900“ à 16"20 ' ' Bruxelles-Londres
- Haren OPVH t et
- Prague 1800“ 7» [ Bruxelles-Amsterdam. Bulletin Météo.
- P RG 4500“ 9» Radio-concerts.
- 1800” 11» Presse.
- 4500“ 14» Radio-concert.
- 1800“ 15 à 16» Radio-concert.
- 21» Radio-concert.
- Lausanne. 900“ de 12» à 16» Emissions souvent irrégulières. Trafic avec le Boureret.
- 1400“
- Madrid 2200“ 11» à 13»
- Service du Broadcasting
- anglais. 560“ 18» Nouvelles.
- Londres Mar-
- coni House. 20» à 22» Concert. Ce poste émet
- 2 LO également des opéras trans-
- Manchester 2 ZY 585“ 18» mis par le Covent Garden ou le British National. Dans ce cas les émissions durent jusqu’à 23" au moins Nouvelles.
- 20 à 22» Concert.
- Birmingham 425“ 18‘*30 Nouvelles. ,
- 2 YYP 20» Concerts.
- Newcastle 400“ de 18 à 22 ii
- approximativemen t.
- Le nouveau poste d’émission de l’Ecole supérieure des Postes et Télégraphes émettra désormais régulièrement sous 45o m. avec une puissance de 5oo watts dans l’an-
- tenne; il est établi à Paris dans le quartier de Grenelle, son émission est remarquablement nette et bien modulée. Le samedi 27 janvier, ce poste a envoyé pour la première fois en France un radio-concert, avec les artistes se trouvant dans une véritable salle de concert et jouant devant un public habituel.
- Le concert était donné à la salle Gaveau, les microphones placés dans la salle étaient mis en relation au moyen de lignes téléphoniques ordinaires avec le poste d’émission.
- Par suite de la faible longueur des ondes employées par ce poste, les amplificateurs à résistances ordinaires ne donnent pas de bons résultats de réception ; on peut essayer d’utiliser des lampes à cornes, mais il vaut encore mieux se servir d’un détecteur à galène ou à lampe que l’on fera suivre d’étages basse fréquence si on le désire. Le superhétérodyne également donne de merveilleux résultats.
- Journellement à l’aide d’une superhétérodyne et d’un cadre de 1 m. nous entendons en haut-parleur avec une intensité comparable à celle de FL, tous les concerts du « Broadcasting » anglais ainsi que ceux de La Haye.
- Le poste d’amateur 8 A. II. (M. Marcel Goze, 7, rue Lalo, à Paris) a l’obligeance de nous faire savoir que son poste d’émission fonctionne à peu près tous les jours à i2hi5 et 2oh i5 sur ondes de ig5 à 200 m., o amp. 6 dans l’antenne, émission modulée à 42,périodes; des essais sont également faits en radio-téléphonie. Malgré l’emploi du courant alternatif, en décrochant et en se déréglant, on peut arriver à diminuer le ronflement et la parole devient compréhensible, c’est ainsi qu’un amateur de la banlieue a déjà pu entendre et comprendre des émissions du poste 8 A. H.
- Quelques renseignements nouveaux sur les essais de téléphonie sans fil à travers l’Atlantique. —
- Dans le n” 2548, ont été relatés les essais de téléphonie sans fil réalisés le i5 janvier dernier, entre la station de Roclcy-Point (Long Island) et la station réceptrice de la Western Electric C° à Southgate.
- Notons encore ce point intéressant que la réception se faisait sur cadre de 2 m. à l’aide d'un amplificateur à 8 lampes. La longueur d’onde était approximativement de 5ooo m. Les tubes à grande puissance employés à la station émettrice étaient capables de donner 200 kw dans l’antenne. La transmission se faisait au moment où une tempête de neige avait lieu à New-York. Dans l’ensemble, l’audition était bonne et même il y avait des moments où la voix des orateurs était entendue avec une grande force en haut-parleur.
- P. Hémardinquer.
- Le record du vol à voile. — Les virtuoses du vol à voile font des progrès rapides. Maneyrol, qui, le 21 octobre 1922, avait conquis le record du monde au concours du Daily Mail par un vol de 3 h. 21” 7% vient, le 29 janvier, à Yauville, près de Cherbourg, de réussir un vol sans moteur de 8 h. 5“, sur son alérion, système Peyret; il a tenu l’air de r3 h. 16 à 21 h. 21. Le vent soufflait du large à des vitesses variant de 55 à 70 km à l’heure.
- Le3i janvier, à Biskra, Barbot sur alérion Deswoitine accomplissait un exploit plus remarquable encore en tenant l’air 8 h. 36m 55s. Le record du lieutenant Thoret, de 7 h. 3m, est donc fortement dépassé.
- L’explosion d’Oldebroek. — La Nature a publié dans son numéro 2533 le programme de cette expérience.
- Les résultats relatifs à l’audition de l’explosion d’Oldebroek, produite le 28 octobre 1922, pour l’étude de la propagation lointaine du son, sont maintenant connus dans leur ensemble. Ces résultats confirment l’existence de zones de silence et de zones d’audition lointaine. La zone d’audition entourant le lieu de l’explosion a été relativement peu étendue, ses limites variant entre 20 et 70 km suivant la direction; autour de cette première zone d’audition, on a constaté une zone de silence s’étendant jusqu’à au moins 180 ou 200 km, et, au delà, une nouvelle zone d’audition, dont on ne peut dire qu’elle
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- INFORMATIONS
- a été continue, les observations positives n'ayant pas été assez nombreuses pour cela, mais qui s’est étendue à peu près dans toutes les directions, jusqu’à des distances énormes : vers le sud, en France, jusqu’à 5oo km et même 600 km (par exemple Chàlons, Vitry, Romilly, environs de Dijon) ; vers l’W.-S.-W., en Angleterre, jusqu’à 700 km; vers le N.-W. en Ecosse, jusqu’à jSo km; vers le S.-E., en Autriche, jusqu’à 75o et même près de 900 km. Par suite de malentendus, la date exacte de l’explosion a été connue trop tard en Danemark et en Allemagne où, par suite, il n’y a eu que peu d’observations positivés (dans les environs de Brème, soit 200 km environ, et à l’Observatoire de Linderberg, près Berlin, à environ 5oo km). La Belgique a été .presque tout entière dans la zone de silence, il n’y a eu d’auditions que dans le sud (à rapprocher de quelques auditions dans le Nord de la France).
- Le fait que des auditions lointaines ont eu lieu dans presque toutes les directions et jusqu’à de très grandes distances est favorable à l’interprétation d’une propagation dans de très hautes régions de l’atmosphère où la variation de la composition de Pair produirait une incurvation des rayons sonores avec retour vers le sol. La variation de la vitesse du vent avec la hauteur peut avoir produit une incurvation des rayons dans certaines directions. Une étude détaillée des circonstances météorologiques et de leur influence possible est en cours.
- Les plus puissantes turbines hydrauliques du monde. — Ce sont celles qui sont actuellement en voie de montage à l’usine hydroélectrique de Queenston (Canada), sur les chutes du Niagara. Cette usine comprendra 5 groupes électrogènes de 4^000 kilowatts; chacun de ces groupes est actionné par une turbine hydraulique développant 55 000 chevaux sous une chute de g3 m. avec un débit de 5o m° par seconde.
- Les 5 groupes actuels recevront, du reste, des camarades, dans l’avenir; car on a prévu l’agrandissement de l’usine jusqu’àunepuissance de 55o oooà65oooo chevaux.
- On sait que la puissance des chutes du Niagara est répartie, en vertu de certaines conventions, entre les deux pays riverains : Etats-Unis et Canada. Les Etats-Unis ont déjà absorbé la part qui leur était réservée. L’usine de Queenston utilisera toute la puissance qui restait encore disponible pour le Canada.
- Quelques matières isolatrices de la chaleur. — Le Dr E. Griffiths, du « National Physical laboratory », a fait une conférence à la Société Faraday et à l’Association anglaise des Applications industrielles du Froid, dont nous avons extrait ce qui suit, qui nous paraissait intéressant pour les lecteurs de La Nature.
- Il a rappelé, au sujet des matières isolatrices de la chaleur, des principes généraux qui sont les « critériums » des qualités que l’on doit en exiger.
- L’idéal de la matière isolatrice de la chaleur consisterait en cellules très petites de gaz, entourées de cadres imperméables à l’humidité ; il est indispensable que chacune de ces cellules imperceptibles soit absolument fermée, pour être à l’abri de l’eau, et ceci pour deux causes :
- i° Premièrement, parce que la chaleur spécifique de l’eau est environ dix fois plus grande que celle de la matière elle-même.
- 2° Deuxièmement, parce que la présence de l’eau est hautement indésirable par suite des décompositions qu’elle produira dans les matières organiques qui se trouvent dans ces substances. G’estainsi que des isolants thermiques, qui seraient excellents, tels que la farine de bois, les déchets de coton, ne le sont que fort peu, car ils se détériorent rapidement en présence d’eau.
- 3° Un troisième facteur, d’une importance capitale, est la densité ou plutôt le poids du mètre cube en place ; ce point est tout particulièrement important pour la marine.
- Un exemple frappant de ce dernier point : Un vaisseau de transport de denrées périssables de 6400 tonnes doit contenir 400 tonnes de liège ; on conçoit, par suite, ce que ce facteur de densité a d’importance pratique.
- Les isolateurs de la chaleur, actuellement employés, sont les suivants : le liège en planches, le liège granulé, la laine de bois et le charbon de bois.
- Ces produits sont employés dans ce but depuis longtemps. Nous allons attirer l’attention de nos lecteurs
- sur diverses matières nouvellement employées dans le même but et qui possèdent une chaleur spécifique très basse.
- Parmi ces matières se trouve la matière appelée par les Anglais « Expanded Rubber », qui pourrait se traduire par caoutchouc dilaté. Mais cette façon de traduire ne serait pas exacte et ne correspondrait pas à la réalité des faits. C’est pourquoi une parenthèse s’impose
- Sous le nom de caoutchouc dilaté, le monde des caout-choutiers désigne divers articles de caoutchouc médical, parmi lesquels des sondes spéciales qui n’ont rien à voir avec l’article que nous avons en vue pour le cas actuel.
- En réalité, le produit appelé « Expanded Rubber » . par les Anglais nous parait semblable au « caoutchouc mousse » dont la marque est déposée et qui sert à faire des balles, des tubes de roulement, des coussins, des doublures de vêtements de sauvetage, etc.
- Ce produit qui a déjà été décrit dans mainte revue est du caoutchouc, dans l’intérieur duquel sont occlus des myriades de cellules d’air, ou mieux d’un gaz inerte. Il pèse moitié moins que le liège en planches.
- On peut voir ainsi les avantages comme matériel isolant de la chaleur de F « Expanded Rubber » ; on a fait en « Expanded Rubber » des coussins constitués par des rognures ou déchets d’ « Expanded Rubber » accumulés dans„des sacs, de manière à constituer des oreillers et traversins. De tels oreillers constituaient une matière isolante de la chaleur deux fois plus efficace, à poids égal que le liège granulé, et quatre fois plus efficace que le liège en planches. Il est vrai que le caoutchouc est perméable à l’eau dans une certaine mesure, de telle sorte que les cellules de gaz occlus ne peuvent pas être regardées comme absolument hermétiques. Des échantillons de cette matière; laissés dans l’eau durant 3oo heures, présentaient une augmentation de poids notable avec le temps. Cet effet est-il attribuable à l’absorption de l eau, due à la vapeur d’eau qui traverse le caoutchouc et qui forme une couche adsorbée à la surface des cellules, ou à l’absorption capillaire semblable à celle obtenue avec le charbon de bois? Le fait que cette action est lente semblerait faire croire que la première opinion est exacte. Mais on doit se souvenir également que, dans le cas d’attraction capillaire, l’action serait lente si les capillaires étaient à bouts fermés et que l’eau eût à dissoudre le gaz quand elle coule le long des capillaires. La constitution de cette matière ne parait pas être simplement celle de gaz occlus dans des cavités avec des murs de caoutchouc solide. Il est probable qu’une certaine quantité de gaz est adsorbée par le caoutchouc. La détermination de l’état dans lequel ce gaz est présent dans cette matière est encore un problème de la chimie.
- Actuellement il est difficile d’exprimer une opinion sur sa valeur comme isolateur pratique de la chaleur, comme garnissage des murs d’un magasin. Il faut encore des essais supplémentaires et sur des quantités de matières plus grandes que celles mises en essai jusqu’ici.
- Bois de Balsa. — Ce bois croît dans la République de l’Equateur. C’est le bois le plus léger qui soit connu. Il pèse o kg 17 par décimètre cube. Il a l’avantage sur le liège qu’il peut être travaillé avec des outils ordinaires à bois, qui, cependant, doivent être soigneusement affûtés et opérer à une grande vitesse. Avec certains antiseptiques, on peut rendre ce bois parfaitement hydro-fuge. S’il doit être employé dans des endroits secs, on peut le recouvrir d’une paroi de bois plaqué.
- Fibres de « Kingia australis ». — Cette matière a été proposée par M. R.-A. Fowler, du laboratoire des Produits forestiers de Perth, en Australie. Cet arbre est particulier à l’Australie occidentale, où il croît sur les sols les plus pauvres : c’est un arbre à tige cylindrique de 6 m. de hauteur, de o m. 3o de diamètre, surmonté par une touffe de longues feuilles ressemblant à de l’herbe. Ces touffes sont noires extérieurement à cause de la carbonisation due aux feux de forêts. Elles sont composées d’une gaine extérieure, de feuilles persistantes à la base, très serrées l’une contre l’autre, puis d’une seconde gaine, de 2 à 5 cm d’épaisseur de fibres longitudinales, réunies ensemble en un faisceau, et finalement d’une partie centrale, composée de fibres courtes, serrées fortement les unes contre les autres.
- Actuellement, seule, la gaine moyenne à longues fibres est employée. Un déchet est obtenu par le nettoyage de ces fibres, et c’est ce déchet qui pouri’ait être
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- INFORMATIONS
- employé comme matière isolante de la chaleur, à des prix très peu élevés.
- Paillassons en « herbes d’angïdlle ». — Les « herbes d'anguille » nettoyées et séchées sont cousues entre des feuilles de papier fort. La plante qui porte ce nom pousse dans l’eau salée et contient une forte proportion de silice.
- Elle ne contient jamais de parasites, ni aucune prolifération, ce qui en fait la valeur au point de vue de son emploi comme matière isolante de la chaleur.
- On prétend qu’une maison d’habitation doublée de cette matière, construite à Dorchester dans le Massachusetts, en 1635, aurait encore son doublage constitué de cette matière, à l’état de parfaite conservation.
- Tourbe comprimée. — Cette matière est employée depuis longtemps comme produit isolant de la chaleur ; elle est peu coûteuse et les matières bitumineuses qu’elle contient la protègent contre l’humidité. Comme conclusion de tout ceci, nous devons noter que la conductivité thermale des matières isolantes de la chaleur n’est pas une constante physique invariable.
- Par suite, il est à recommander d’essayer les échantillons de chaque arrivage, de même que l’on détermine le pouvoir calorifique des charbons, suivant leur provenance. A. Hutin.
- Emplois de l’alcool propylique comme désinfectant. — Suivant le Pharm. Zentralblatt, n” 31, 1922, l’alcool propylique serait un des meilleurs désinfectants de la peau, en même temps qu’il serait sans danger, même après avoir été étendu. Les solutions à 35-5o pour 100 ont donné des résultats excellents contre l’acné facial, et diverses maladies du cuir chevelu.
- Des pommades contenant de 10 à 20 pour 100 d’alcool propylique se sont montrées efficaces contre l’eczéma.
- Des eaux de Cologne à base d’alcool propylique ont l’avantage d’être bon marché et de n’avoir aucune mauvaise odeur. A. H.'’
- La lumière de la lune et îa germination des graines. — La lumière émise par la lune est-elle suffisante pour agir sur la germination des graines? Oui, répond Mrs Elizabeth Sidney Semmens, de l’Université de Liverpool, dans une note que publie Nature. Pendant l’été de 1921 elle avait placé des graines de moutarde, préalablement humectées, dans des boîtes de Pétri, les unes exposées à la lumière lunaire, les autres à l’obscurité. Or, les premières produisirent environ i5 pour 100 de plus de sucre que les autres.
- Mrs Semens l’explique par la polarisation de cette lumière. En effet, dans d’autres expériences faites à la lumière du jour, on observe toujours une hydrolyse plus intense avec lalumière polarisée qu’avec la même non polarisée, qu’il s’agisse de graines de moutarde, d’avoine, de blé, ou même de farine de maïs additionnée de diastase.
- Ce fait de l’action de la polarisation semble nouveau.
- Les coqs à plumage de poule. — Certains coqs, notamment ceux de la race Sebright, présentent la curieuse particularité d’avoir le plumage de la poule.
- Cette particularité, déjà étudiée par Dar,win, a fait l’objet de nouvelles recherches scientifiques, récemment, en France, par Pezard, et aux Etats-Unis, par Morgan. Une relation de ces nouvelles études est donnée dans la Revue Scientifique. Il y a là des observations fort intéressantes pour les aviculteurs.
- Pezard observe que, chez tous les oiseaux, le plumage mâle est un plumage normal, tandis que celui de la femelle est un plumage qui n’a pu arriver à son complet développement par suite d’un empêchement produit par les cellules femelles.
- Lorsqu’on supprime l’ovaire chez une poule, elle acquiert le plumage du coq. On en a conclu que l’ovaire exerce normalement une action empêchante sur le développement du plumage mâle ; et d’après Boring et Pearl cette action serait l’effet de la sécrétion de certaines cellules particulières de l’ovaire contenant un pigment jaune, les cellules à lutéine. Dans certaines races, telle la race Sebright — et ces races sont rares — le coq présente un plumage exactement semblable à celui de la poule. Or, tandis que les cellules à lutéine font généralement défaut dans la glande génitale mâle, on les trouve fort bien développées dans celles du coq Sebright à plumage de poule. Si l’on émascule un mâle Sebright, il acquiert le brillant plumage du coq.
- Les expériences ont été continuées par T.-H. Morgan, sur les coqs de race Gampine, dont il existe deux types : l’un à plumage mâle, l’autre à plumage femelle, tandis que dans la race Sebright on ne connaît que des coqs à plumage femelle. Dans Biological Bulletin (octobre 1920) T.-H. Morgan observe que les coqs Campine à plumage de poule sont dominants par rapport à l’autre type et ceci expliquerait le fait que, dans les lignées à plumage mâle, apparaissent, de temps à autre, des coqs à plumage de poule ou, du moins, présentant un nombre plus ou moins grand de plumes du type dominant.
- La difficulté d’obtenir une race pure tient, ici, à ce que les mâles, aussi bien que les femelles, peuvent être porteurs du facteur récessif du plumage de coq. La cause de la « réversion » étant connue, il ne serait probablement pas difficile alors d’obtenir, par une sélection convenable, une lignée pure. Effectivement, Morgan ayant pratiqué l’émasculation sur plusieurs jeunes coqs Campine à plumage femelle, à celui-ci s’est substitué le plumage de coq, et l’expérimentateur a constaté dans des fragments de glandes génitales restées en place la dégénérescence ou l’absence complète de cellules à lutéine et, à leur place, du tissu conjonctif et un grand nombre de lymphocytes. Si on pratique l’émasculation sur de tout jeunes coqs Campine, on n’a pas la certitude absolue d’avoir entre les mains un individu de lignée pure et qui n’aurait pas acquis spontanément des plumes de coq. En provoquant sur les coqs adultes, par une ligature, la dégénérescence et la résorption de l’organe, on constate que le sujet acquiert le plumage de coq ; toutefois si, malgré la ligature, une partie de la glande est restée intacte, la transformation du plumage est plus ou moins complété; plus la résorption de la glande génitale est prononcée, plus le, plumage ressemble à celui du coq. De ces observations, d’ordre physiologique, peuvent être tirées des déductions utiles aux aviculteurs.
- Les religions en Syrie. — La Syrie est peut-être le pays de l’Orient où il y a le plus de sectes et de reli-gions, 29 en tout, dit-on.
- On peut les classer comme suit :
- i° Musulmans. — Sunnites : 1.448-120 (Turcs, Tureo-mans, Tcherkesses, Tchétchènes, Arabes
- sédentaires, Kurdes).
- Chiites : Métanalis .... 38.000
- Ismaïlichs. . . . 19.840
- Persans.............. ?
- Wahabites :...................... ?
- 20 Religions dérivées de l’Islam :
- Yézidis................. 10.000
- Druses . ................., 85.863
- Alaonxtes...................35 2.000
- Béhaistes.......... ... ?
- Babistes......................... ?
- 3° Catholiques latins ....... 5.162
- 4° Églises orientales unies à Rome :
- Syriens......................... 9.571
- Grecs Melchites................ 89.312
- Arméniens...................... 19.755
- Chaldéens...................... 1.087
- 5° Églises orientales séparées de Rome :
- Syriens Jacobites.............. 16.591
- Arméniens Gi’égoriens .. . . 36.891
- Grecs..........................223.767
- Nestoriens ..................... 2.000
- Coptes, Abyssins............Mémoire.
- 6° Protestants......................... 7.248
- 7“ Israélites......................... 36.000
- Tels sont les chiffres que donne VArbre des Religions que l’on a pu voir à l’Exposition coloniale de Marseille, ils n’ont qu’une valeur approximative.
- A d’autres sources (Stateman’s Yearback, Annuaire de Statistique générale de la France et de l’étranger), on trouve des nombres assez différents. Sunnites : 1 200000; Chiites : 120000; Druses : i5oooo; Ala-mites : 38o 000 ; Ismaïlichs : 35 000; 56o 000 chrétiens orientaux unis à Rome; 65oooo chrétiens orientaux sépai’és de Rome ; i5oooo Druses (dont 44 000 dans le Liban et 100 000 dans le Djebel Druze).
- Ces discordances entre les statistiques officielles et officieuses ne sont pas autrement surprenantes ; il n’y .a eu jusqu’ici de recensement qu’au Grand Liban en 1920 et ses l’ésultats ont été approximatifs.
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- INFORMATIONS
- Les populations de l’Océan Pacifique. — La
- Revue économique internationale a récemment publié une intéressante étude démographique sur les terres que baigne l'Océan Pacifique sous la signature de M. Maurice Caudel, professeur à l’Ecole libre des Sciences politiques. Les conclusions qu’il en tire ne sont pas particulièrement optimistes, puisqu’il y trouve des causes de conflits extrêmement graves, étendues et prochaines.
- Se basant sur les statistiques récentes, M. Caudel établit le tableau suivant :
- Superlicic milles anglais carrés. Population, Densité par mille carré.
- Amérique du Nord.
- Etats-Unis 2>977,7°° io5,710,600 35.5
- Territoire de l'Alaska. 590,800 64,3oo 0.1
- Dominion du Canada. 3,729,600 7,206,600 ï-9
- 7,298,100 1i2,981,5oo i5.4
- Amérique centrale.
- Costa Rica 23,000( est.) 469,100 20.3
- Guatémala 42,400 2,200,000 52.3
- Honduras 44,200 637,000 14 • 4
- — britannique. 8,600 4o,5oo 4-7
- Mexique 768,800 i5,063,200 19.6
- Nicaragua 51,600 800,000 15.6
- Panama 3i,8oo 401,400 12.9
- San Salvador. . . . i3,ioo 1,271,300 97-7
- q83,5oo 20,882,500 21.2
- Amérique du Sud.
- Etats baignés par le Chili. ........ Pacifique : 289,700 3,777,400 i3.o
- Colombie .*..... 461,600 5,475,ooo 11.8
- Equateur 276,000 2,000,000 7.2
- Pérou 532,ooo 3,53o,ooo 6.6
- i,559,3oo 14,782,400 9-4
- Autres Etats :
- Argentine 1, 132,000 8,462,000 7-4
- Bolivie. . . ... 094,4°° 2,820,000 4.7
- Brésil 3,2q8,8oo 3o,000,000 9.3
- Guyane anglaise. . . 89,4°° 807,200 3.4
- — française . . 32,000 49,060 1.5
- — hollandaise . 49,800 io3,ioo 2. I
- Paraguay 75,700 800,000 10.6
- Uruguay 72,200 O O O xq.5
- Yénézuéla 363,700 2,411,900 6.6
- 5,708,000 46,360,400 8.1
- Asie.
- Chine i,8g6,5oo 427,679,000 225. (!)
- Japon proprement dit. 148,700 55,961,000 378. I
- Japon, dépendances Chosen (Corée). . . 84,700 17,284,000 205.7
- Taïwan (Formose). . 13,900 3,654,ooo 281.0
- Ivarafuto (Sakhaline). l3,iOO io5,ooo 8.0
- Indochine française . 265,000 16,990,000 66.3
- Siam 195,000 8,819,000 45.2
- lnsulinde hollandaise. 683,ooo 47,000,000 68.0
- Inde anglaise, . . . 1,802,600 3i 5,156,ooo 174.8
- 9 5,093,600 892,648,000 175.2
- Océanie.
- Australie 2,974,500 5,426,000 1.8
- Nouvelle-Zélande . . io3,8oo 1,240,000 11.8
- On y voit que la Chine, la Corée, Formose et surtout le Japon sont surpeuplés, alors que l’Amérique, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont une population très clairsemée.
- Normalement, l’Océan Pacifique devrait servir à faire communiquer largement ces territoires, à transporter l’excédent des jaunes, trop à l’étroit sur leurs terres, vers les points les moins peuplés des pays blancs. Or, on sait qu’il n’en est rien.
- « Tout l’effort de la diplomatie des blancs tend aujourd’hui à empêcher l’océan de remplir sa mission de convoyeur- de peuples », affirme M. Caudel. La dernière conférence de Washington s’est surtout occupée d’empêcher la pénétration des jaunes aux Etats-Unis.
- Or, la rive américaine de l’Océan Pacifique a une densité très faible de population blanche (ou métisse dans l’Amérique du Sud); les îles du Pacifique ne comptent presque pas de blancs.
- i. Chiffres très approximatifs.
- D'autre part, la population du Japon est passée de 33 millions en 1870 à 56 millions en 1920, les obligeant à émigrer en grand noqpbre. On en compte i5oooo en Corée, 73 000 à Sakhaline, 210000 à Formose.
- Les Japonais ont depuis longtemps essayé de pénétrer aux Etats-Unis. Actuellement, ils se servent du Mexique comme point de débarquement.
- Il leur faut des terres de colonisation ou de peuplement.
- Le grand problème du Pacifique est donc celui du déséquilibre actuel de la densité de peuplement des terres qui le bordent. M. Caudel insiste sur ces dangers et il nous a paru utile de fournir à nos lecteurs les documents précis qu’il apporte à ce sujet.
- Les Asiatiques, s’ils se groupaient, compteraient 400 millions de Chinois, 56 millions de Japonais, 47 millions de Malais, 18 millions d’Indochinois, 9 millions de Siamois. 315 millions d’Hindous. Se grouperont-ils ?
- Et dans ce cas, comment, se demande M. Caudel,
- « les io5 millions d’Américains, les 4$ millions d’Anglais soutiendraient-ils, contre le monde asiatique en marche, à travers les océans, à des milliers de kilomètres de leurs métropoles, les quelques millions de blancs jetés aux confins du monde comme la dernière et la plus lointaine vague de leur civilisation? »
- Prix Emil Chr. Hansen pour 1923. — Par 'acte testamentaire, le professeur Emil Chr. Hansen, de son vivant chef du Service physiologique du Laboratoire Carlsberg à Copenhague, et Mme Hansen ont institué un prix destiné à récompenser les travaux de microbiologie.
- Tous les deux ou trois ans, une médaille d’or à l’effigie du regretté savant danois, accompagnée d’une somme de 2000 couronnes (56oo à 6000 francs au cours actuel) est décernée à l’auteur du meilleur mémoire intéressant cette branche de la science paru dans ces dernières années soit en Danemark, soit à l’étranger.
- En vertu d’une décision du Conseil d’administration de la fondation Hansen, en 1923, le prix sera attribué à un travail relatif à la microbiologie marine expérimentale.
- Le jury est composé de deux chefs de Service du Laboratoire Carlsberg, le Dr Johs. Schmidt et le professeur S. P. L. Sorensen, du professeur C. O. Jensen, ainsi que deux ou plusieurs spécialistes étrangers ayant demandé à en faire partie. C’est ainsi que les professeurs H.-H. Gran (Christiania) et Charles Atwood Ko-foid (Berkeley, Californie) font partie du Comité.
- Pour tous renseignements, s’adresser au Président du Conseil et Administration de la Fondation Emil Chr. Hansen, Laboratoire Carlsberg, Copenhague (Yalby), Danemark.
- L’Office National des recherches scientifiques et industrielles et des inventions. — Une loi promulguée au Journal Officiel du 3o décembre dernier a réalisé la transformation de la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, dont La Nature a parlé dans sôn numéro 2460, en un Office National du même nom, pourvu de la personnalité civile et de l’autonomie financière.
- Le décret prévu par cette loi et.fixant la constitution et le fonctionnement de ce nouvel Office vient lui-même de paraître. Il définit ainsi les attributions de cet organisme :
- L’Office doit assurer l’exécution des études et recherches qui lui sont demandées par les différents services publics ; mettre à la disposition des laboratoires les possibilités expérimentales et les appareils dont ils peuvent avoir besoin pour leurs recherches ; provoquer, coordonner et poursuivre les recherches scientifiques de tout ordre et plus particulièrement celles intéressant l’industrie nationale ; assurer, à cet effet, une liaison efficace entre les laboratoires et les usines, la science et l’industrie ; examiner les projets soumis par les inventeurs et assurer les études, les expériences et les réalisations nécessaires à la mise au point des inventions retenues par la Commission supérieure des Inventions ; aider, encourager et orienter les inventeurs par des subventions, concours, prix, expositions, etc.; constituer un Service d’informations scientifiques et techniques à l’usage des laboratoires et des industriels; provoquer la création de laboratoires nouveaux avec le concours de l’Etat, des départements, des communes ou des particuliers.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *.> 'Électricité
- La lampe Webster.
- La lampe Webster.
- n connaît les difficultés que I on éprouve quand il s’agit de faire une réparation urgente à une voiture en pleine nuit; il est intéressant d’éclairer d’une façon convenable la pièce à réparer pour éviter toutes hésitations et tous tâtonnements. A ce point de vue, l'emploi d’une lampe est intéressant.
- Un modèle réalisé d’une façon originale et pratique est celui de la lampe Webster. Celte lampe robuste est une lampe constituée par un électroaimant qui l’a fait adhérer automatiquement et solidement sur toute surface de fer ou d'acier, plate ou bombée. Sur le moteur, sur les ailes, elle se colle fortement et se maintient jusqu’à la fin de la réparation. Un robuste réflecteur nickelé projette la lumière de 4 bougies sur l’endroit exact où elle est nécessaire et il protège la vue, permettant de travailler à l’aise. Elle adhère sur toute partie creuse ou en relief. Un fil souple de 4 mètres permet d’atteindre n’importe quelle partie de la voiture. On met simplement la prise de courant; on pose la lampe sur une surface métallique, et elle y reste malgré chocs et vibrations.
- L’électro-aimant produit une attraction de i5oo gr. sous 2 volts, courant insuffisant pour l’allumage.
- Cette lampe robuste se cramponne ainsi près de l’endroit où on travaille, et le contraste qui existe entre le réflecteur soigneusement poli et la base de l’aimant qui a une couleur foncée lui donne l’aspect d’un outillage soigné. L'encombrement réduit de cette lampe, aussi indispensable qu’une paire de pinces ou qu’un démonte-pneus, permet de la loger facilement dans la boîte de rechange et d’outils de réparation que tout automobiliste soigneux ne manque jamais d’emporter sur sa voiture.
- Constructeurs : Mory et Thomas, 2, rue d’Uzès, Paris, 2e.
- Microscopie
- Dispositif d’ultra-microscope facile à réaliser. —
- Il existe sur certaines lampes électriques de poche des demi-sphères de verre qui permettent de réaliser l’éclairage sur fond noir des préparations microscopiques (fig. 2).
- A cet effet, il suffit de coller sur la face plane une petite rondelle de papier noir AB et un diaphragme DD, puis de placer la lentille demi-sphérique sous la platine du microscope, de manière que la préparation soit dans le plan PP où se croisent les rayons lumineux obliques. Ce dispositif que nous signale M. de Bony, donne de bons résultats jusqu’à un grossissement de 5oo environ. Pour un grossissement plus fort, l’objectif du microscope étant très rapproché de la préparation, des rayons
- Miroir
- Fig. 2.
- 0
- -Z.JL
- Fig. 3.
- pénètrent à l’intérieur et le fond du champ n’est plus rigoureusement noir.
- Par exemple, la lentille ci-contre donne un bon éclairage (fig. 3) :
- DD — 17 mm.
- •E — 8 mm.
- AB = 4 mm.
- 00 = 10 mm.
- *>> Sténographie
- Nouvelle méthode de sténographie : l’autosténographie. — La sténographie est de plus en plus une impérieuse nécessité dans l’exercice de la plupart des professions. Aussi a-t-on imaginé de nombreux systèmes sténographiques, enseignés dans d’innombrables écoles, mais tous nécessitent d’assez longues études et une pratique constante, si l’on ne veut pas perdre l’habitude de ces alphabets conventionnels.
- En outre, leur écriture toute spéciale est d’une lecture assez délicate.
- A côté des écritures sténographiques, il existe depuis une trentaine d’années des systèmes d’écriture rapide employant simplement les lettres et signes de l’alphabet ordinaire.
- Ces systèmes, dont le plus original est la remarquable brachygraphie de MM. Canton et Delmas, de Bordeaux, ont leurs partisans surtout parmi les personnes qui ne veulent pas s’astreindre à l’apprentissage sténographique habituel.
- Aussi avons-nous pensé que nos lecteurs nous sauraient gré de leur signaler que M. Paul Rémy, de Paris, après une étude approfondie et minutieuse de la question, est parvenu à établir un système d’autosténographie, permettant de sténographier au moyen de l’écriture ordinaire, avec une précision et une vitesse suffisante, non seulement en français, mais encore, de manière identique, en anglais, allemand, etc....
- Cette méthode vient d’être publiée et l’on peut se la procurer chez l’auteur : à l’école des filles, 4C rue de Chabrol, Paris, io°, où l’on peut également obtenir tous renseignements utiles sur renseignement de cette nouvelle sténographie.
- Yoici quelques spécimens de notation autosténogra-phique qui donneront une idée de la méthode de M. Paul Rémy.
- il y a quelques semaines, je vous ai passe une commande considérable
- ce. à/wn ÿ d * ' —Ç*
- d’accessoires et fournitures électriques que, jusqu’à présent;' tous ne
- oCxi~ -> fi. c yf 71
- semblés pas même avoir commencé d’exécuter* Dana ces conditions
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- y _
- j’estime qu’il serait fortùpeu intéressant pour mol de vous recomman--
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- abc. ^
- de 'tfl d
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- der, comme je vous l’avais promis, auprès d’autres électriciens et
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- constructeurs d’automobiles dont vos déplorables pratiques commerciales
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- auraient tôt fait de lasser la patience*
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- My dear friend, I ara rec.eiving from my father a long letler 'Ttt d a. df -dt
- containing much congratulations for you and the address which you
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- were wanting last time*
- Hein teuer Freund, wenn S’ie eineri flrief aohreiben wollen
- 1
- 'H I -de v ^ d d vd
- Objets utiles
- Plateau tournant « Le Rotor ». — Qu’il s’agisse de servir des hors-d’œuvre, des gâteaux, du café, du thé, ou encore d’offrir aux fumeurs le cigare ou la cigarette de leur choix, le « Rotor » est le plateau rêvé.
- Il se compose d’un plateau de 5o cm de diamètre en bois contreplaqué, okumé verni, chêne verni, noyer ciré ou tout autre bois, bordé d’une ceinture en bronze doré uni ou à rubans Louis XYI.
- Ce'plateau est monté sur un plateau inférieur pins petit sur lequel il peut tourner au moyen de roulements à, rouleaux.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- F«
- On peut ainsi le faire tourner et présenter à chaque pers onne successivement les diverses assiettes ou les autres objets placés sur le plateau supérieur.
- Ce dispositif tournant simplifie grandement le service de table. Il peut également être employé à d’autres
- Fig. 4. — Plateau tournant « Le Rotor ».
- Usages et c’est ainsi que certains modèles de cadres de réception de T. S. F. pourraient y être fixés; c’est ce
- Fig. 5. — Utilisation du « Rotor ».
- qu’a fait notamment le Radiola pour ses présentations luxueuses d’appareils.
- Ce plateau tournant est construit par les établissements « Le Rotor », i, rue de Guernes, Rosny-sur-Seine (Seine-et-Oise).
- Réveil allumant une lampe à alcool. — Une invention originale est celle de M. Guimbail, qui a imaginé de provoquer l’allumage d’une lampe à alcool ou à essence au moyen d’un réveil.
- Le dispositif peut s’adapter à n’importe quel réveille-matin, Pour cela il suffit de mettre la sonnerie du réveil à l’heure voulue, comme d’habitude, et au moment où la sonnerie se déclenche, un arbre, qui se trouve poussé
- Fig. 6. —Le réveil vient d’allumer la lampe à alcool.
- par la rotation du colimaçon, fait jaillir l’étincelle qui allume la lampe.
- La figure schématique 8 indique le dispositif adopté : Une sorte de poussoir en forme de colimaçon est monté sur l’arbre du ressort du réveille-matin. Une pièce montée sur le poussoir commandé par le colimaçon fait fonc-tionnèr la petite roue d’engrenage. Cette pièce actionne aussi la molette d’un briquet à ferro-cérium. Là pierre à briquet se trouve dans une cheminée, Un ressort
- pousse cette pièce, et un autre ressort commande le déclenchement du briquet par un arbre central.
- L’inconvénient de l’allumage d’une lampe à essence ou à alcool par un briquet vient de ce qu’il est nécessaire que la lampe ait son chapeau enlevé, et si l’on
- Fig. y. _ Ra lampe et le réveil avant l’allumage.
- veut réaliser le fonctionnement au moyen du réveil, on sera tenu de laisser toujours ce chapeau enlevé, il en résultera des pertes d’alcool ou d’essence par évaporation.
- Cette difficulté a été tournée par l’inventeur au moyen du dispositif d’une roue à chevilles, qui est également actionnée par le poussoir. Cette roue à chevilles commande, par un levier, la levée du chapeau de la lampe au moment de l’allumage.
- Pour faciliter cette levée, le chapeau est muni d’un
- Engrenage
- Poussoir
- 0\Col
- wagon
- * floueè cheville
- Fig. 8. — Le mécanisme de l’appareil.
- contrepoids. Un système de petits galets mobiles sur des porte-balais facilite le déclenchement du chapeau.
- Ainsi que nous le disions au début, cet appareil se monte facilement sur un réveil ordinaire. Il est d’une originalité parfaite, et la valeur de l’invention est prouvée du fait que des brevets ont été accordés, même dans les pays où il y a des examens sévères.
- Constructeur : Guimbail et Cie, à Castillon (Ariège).
- Arrêt tenant ouverte la porte du garage. — L’arrêt indiqué sur le croquis (fig. 9) supprime le danger qu’occasionnent les portes du garage qui se referment sur la voiture à l'entrée ou à la sortie dù garage.
- Une barre d’acier de 3 cm de diamètre en forme de crochet a une extrémité taillée en pointe, l’autre est maintenue en place sur l’intérieur des portes par deux crampons ou par des coulisses qu’on coupe dans dü tube de 5 millimètres.
- Un clou lourd ou un croc est disposé dans la porte, pour permettre à la barre d’arrêt de s’accrocher et d portes sont ouvertes ou fermées.
- rester lévée quand les
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- PROBLÈME DU CALENDRIER
- Il s’énonce : Etant donné le millésime d’nne année, composer le texte de son calendrier.
- Un calendrier est la réunion de trois calendriers spéciaux; le calendrier des dates qui est la suite chronologique des noms des jours avec leurs numéros d’ordre appelés quantièmes ; le calendrier lunaire qui donne les dates des phases de la lune abréviatiquement désignées par NL, PQ, PL, DQ; le calendrier des fêtes qui donne les dates de celles-ci.
- Calendrier des dates. — Pour composer ce calendrier il faut et il suffit de savoir d’une part si l’année est commune ou bissextile, c’est-à-dire si février comporte
- 28 ou 29 jours et, d’autre part, quel est le nom du jour qui commence l’année.
- Une année est dite séculaire lorsque son millésime est terminé par 2 zéros et elle est séculaire et bissextile si le nombre qui reste en barrant ces 2 zéros est divisible par 4-
- Les années non-séculaires sont bissextiles lorsque le nombre représenté par les 2 chiffres qui terminent leur millésime est divisible par 4.
- J’ai composé le texte suivant pour préciser le nom du jour qui commence Une année; ce jour est celui qui dans une semaine commençant par Lundi y occupe un rang obtenu par la règle suivante : on fait la différence entre le millésime de l’année et le nombre 1922, on la majore du nombre des années bissextiles intermédiaires, puis on divise le résultat obenu par 7 pour considérer le reste; Si l’année est postérieure à 1922, ce reste est le rang cherché; si elle est antérieure, le rang sera la différence de ce reste à 7 si elle est commune, et à 6 si elle est bissextile. Le rang o donne dimanche.
- Dès lors on composera le calendrier des dates en constituant 12 cases réservées aux mois dans lesquelles on placera les quantièmes en allant jusqu’à 28 ou 29 pour février, puis on inscrira jusqu’au bout la suite naturelle des noms des jours en commençant par le nom du ior jour de l’année.
- Calendrier lunaire. — La lune, ,en tournant autour de la Terre, passe périodiquement entre celle-ci et le Soleil; à l’instant de ce passage on dit que la lune est nouvelle (NL). L’intervalle de temps qui sépare 2 NL consécutives est appelé lunaison, sa valeur est très voisine de
- 29 jours 1/2, on le partage en 3o parties égales, ces trentièmes peuvent donc être considérés égaux à un jour.
- A partir de l’instant de la NL, on dit que la lune prend de l’âge; le jour qui-comprend cet instant elle a l’âge 1, puis le jour suivant : l’âge 2 et ainsi de suite jusqu’à l’âge 3o au bout duquel on retrouve une NL, puis tout recommence.
- Si l’on connaissait l’âge de la lune au 3i décembre, le nombre de jours qui restent pour que la lunaison s’achève, c’est-à-dire ce qui manque à cet âge pour faire 3o, donnerait le quantième de la NL en janvier, puis en considérant à la suite de ce quantième des intervalles de temps successifs égaux à 29 jours 1/2 on aurait les dates des NL de l’année.
- Ce résultat est graphiquement obtenu si l’on a eu soin d’écrire le calendrier des dates sur des lignes équidistantes sur lesquelles on déplace une longueur représentant 29 jours 1/2. Cette longueur portée sans discontinuité jusqu’au bout du calendrier détermine des points de division, et on inscrira NL aux dates qui s’en rapprochent le plus.
- L’épacte d’une année est précisément l’âge de la lune au 3i décembre précédent; sa valeur est donnée par une formule dans laquelle figure ce qu’on appelle le nombre d’or de l’année qui n’est autre que le reste de la division par 19 du millésime augmenté de 1, si le reste est nul 19 est le nombre d’or; la lune intervient par ce diviseur 19, car tous les 19 ans les mêmes phases de la lune reviennent aux mêmes dates.
- Pour obtenir l’épacte à l’aide du nombre d’or on ajoute à celui-ci 10 fois le reste de sa division par 3, puis on retranche 12 et on divise la différence obtenue par 3o; le reste de cette division est l’épacte; si ce reste est nul on prendra 3o pour épacte, enfin le cas échéant on rendra possible la soustraction de 72 en majorant le nombre d’or de 3o.
- J’ai composé la règle suivante donnant, avec une approximation suffisante et par une opération mentale des plus simples, les dates des NL. Les quantièmes des NL sont pour janvier ce qui manque à l’épacte pour faire 3o et pour février, ce manquant diminué de 1. Le quantième pour un autre mois sera ce manquant auquel on retranche le numéro d’ordre qu’a ce mois en donnant à mars le N° 1 et le cas échéant on rendra- cette soustraction possible en ajoutant 3o au ior terme de la différence ; enfin le résultat o correspond à 2 NL placées aux extrémités du mois. On aura les dates des phases PQ, PL, DQ en ajoutant respectivement à celles des NL les nombres 7, 14, 21.
- Calendrier des fêtes. — C’est la fête de Pâques qui sert à fixer les dates des autres fêtes mobiles. Or, d’après les textes, Pâques doit être célébré le ier dimanche après la PL qui tombe le 21 mars ou immédiatement après; toutefois si le jour de cette PL est un dimanche, Pâques est reporté au dimanche suivant; on prend pour jour de la PL celui qui a le n° 14 en comptant 1 le jour qui contient l’instant de la NL.
- On voit que la date de Pâques dépend de l’élément qui fixe les dates des NL, c’est-à-dire de l’épacte, et elle dépend aussi d’un autre élément appelé lettre dominicale qui lui impose de tomber toujours un dimanche.
- Si on considère les 7 premières lettres de l'alphabet formant un cycle fermé, et si on les place en regard des 7 premiers jours d’une année commune, et si on continue à reproduire ce groupe à la suite jusqu’au bout du calendrier, en regard de tous les dimanches il y aura la même lettre, qui sera la lettre dominicale de l’année.
- Si l’année est bissextile, on convient de prendre pour lettre dominicale des mois qui suivent février, celle qui dans l’alphabet précède celle qui a été obtenue pour les 2 premiers mois; les années bissextiles ont ainsi deux lettres dominicales et dans ce cas c’est la seconde qui entre en jeu pour fixer la date de Pâques; en particulier si A est la ire lettre dominicale, G sera la seconde puisque c’est elle qui précède A dans le cycle fermé des 7 lettres.
- On obtient mathématiquement la date de Pâques en jours de mars par une formule dans laquelle entrent les 2 éléments précités, à savoir : l’épacte et le rang alphabétique de la lettre dominicale; si le nombre qu’elle fournit est inférieur à 31, il sera le quantième de Pâques en mars ; s’il est supérieur, le surplus sera le quantième en avril. Toutefois cette formule doit, pour satisfaire à toutes les exigences du texte qui fixe la date de Pâques, être appliquée d’une certaine manière pour chacune des épactes supérieures à 24. Dès lors il sera plus commode pour obtenir la date de Pâques en jours de mars de faire usage du tableau suivant dans lequel e représente l’épacte et Lie rang alphabétique de la lettre dominicale.
- Epactes. Ier nombre. 20 nombrt
- Inférieures à 24 45 — e L -f- e -j-
- 24 5o ' L —- 4
- 25 ou 26 49 L —3
- 27 48 L —2
- 28 47 L — 1
- - 29 46 L
- 3o 45 L -f- 1
- Le cas échéant on rendra possible la soustraction qui donne le 20 nombre en majorant L de 7. Dès lors on aura la date de Pâques en jours de mars en prenant dans la r‘° colonne la ligne qui contient l’épacte de l’année, en regard on trouve le Ier nombre auquel on ajoute le reste de la division par 7 du 2° nombre correspondant.
- Le 39e jour et le 49° après Pâques et le 47° avant, sont respectivement les jours^de l’Ascension, de la Pentecôte et du- Mardi Gras.
- En adjoignant aux dates des fêtes mobiles les dates des fêtes fixes on aura réalisé le calendrier des fêtes.
- Applications.
- Calendrier du millésime 1936.
- En suivant pas à pas le texte précédent on trouve successivement :
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- Que février comporte 29 jours.
- L’année commence par mercredi.
- Le nombre d'or est 18.
- L’épacte est 6.
- Les lettres dominicales sontE, D ; la seconde apour rang alphabétique 4, nombre utile pour fixer la date de Pâques.
- 11 y aura ÎNL aux dates suivantes : 24 janvier, a3 février, 23 mars, 22 avril, 21 mai, 20 juin, 19 juillet, 18 août, 17 sept., 16 oct., i5 nov., 14 déc.
- La date de Pâques est le 12 avril; les dates de l’Ascension et de Pentecôte sont respectivement les 21 et 3i mai. Prim.
- jto
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Préparation ménagère du boeuf de conserve. —
- La fabrication du bœuf salé, ou corned beef, relève en général du domaine industriel de la conserve. Sa préparation peut néanmoins rentrer dans le domaine familial en procédant selon les règles suivantes. Employer un baril très propre d’une contenance de 60 litres environ, un quatro, par exemple, qui servira à la préparation de 45 kg de viande. Déposer au fond du baril une couche de gros sel, y placer une couche de viande de i3 à i5 cm d’épaisseur qu’on.recouvre d’une nouvelle couche de sel, et continuer ainsi en alternant, successivement, le sel et la viande. Recouvrir la dernière couche de viande d’une épaisse couche de sel. Laisser le tout reposer une nuit. Le lendemain préparer une solution de 128 gr. 40 de salpêtre (azotate de soude) dans 4 lit. 53o d’eau tiède. Après dissolution, ajouter i3 à 14 litres d’eau et verser le tout sur la' viande du tonneau. Recouvrir la viande d’une plaque de bois sur laquelle on place un pavé afin d’assurer l’immersion de la viande qui doit demeurer recouverte de saumure. Le bœuf ainsi préparé se conserve pendant une durée prolongée, à la condition de garder le baril dans un lieu dont la température ne s’élève pas au-dessus de 4° 4-Inversement, la température ne doit pas être inférieure à o°6. Contrôler rigoureusement la saumure et la remplacer par une solution fraîche aussitôt qu’elle révèle la moindre trace d’acidité. Les formules suivantes peuvent être également utilisées avec succès :
- Eau....................... 90 lit. 600
- Sel de cuisine............ 17 kg 145
- Vinaigre épicé............907 gr. 18
- Vérifier la densité de la saumure au pèse-sels. Toutes les fois que de la viande fraîche est mise dans le baril, ajouter une quantité ad hoc de sel et de vinaigre. Les morceaux sont-ils mis roulés dans le tonneau, avoir soin, préalablement, de les saupoudrer de sel et de les arroser de vinaigre. Une propreté rigoureuse est une condition essentielle de succès. Enlever très soigneusement toutes les impuretés qui viennent nager à la surface du liquide, opération qui doit être effectuée quotidiennement.
- Corned beef fumé. — La préparation de la viande de conserve fumée diffère quelque peu de celle précé-
- demment décrite. Les pièces de viande — morceaux maigres et de faible épaisseur de préférence — sont suspendus dans un endroit frais pour les attendrir. Veiller à ce qu’ils ne prennent pas de coloration. Les frotter ensuite avec un mélange de :
- Vinaigre épicé.................. 22.5 gr. •
- Baies de genièvre écrasées ... 24 gr.
- Les pièces sont mises au saloir, saupoudrées de sel. Les frotter chaque jour avec la saumure en ayant soin de les retourner quotidiennement : opération à répéter durant i5 jours. Egoutter ensuite soigneusement la viande, puis fumage au bois, pendant 7 jours environ.
- Comment porter de grandes feuilles de verre. —
- Pour porter des feuilles de verre, de placage et autres objets plats et pesants, on fait une sorte de dressoir léger, comme le montre le croquis. Une série de pièces formant treillis donne un point d’appui à la main, ceci évite de recourber le bras et de le fatiguer en tenant les feuilles par dessous.
- Des bandes de feutre peuvent être collées aux parties en contact avec le verre.
- Un clou forme poignée dans un bouchon. — Les
- bouchons des pots de vernis ou d’autres récipients s’enfoncent souvent, ils sont très difficiles à enlever. Ceci est particulièrement ennuyeux quand de petites quantités du liquide contenu dans le récipient sont utilisées à de fréquents intervalles.
- Une méthode des plus simples pour pourvoir le bouchon d’une
- poignée qui permette de le tirer consiste à introduire un clou de métal dans le bouchon. On le recourbe suivant un angle qui permet au doigt de le saisir.
- Bouchon
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Correspondance. — Moyen de savoir instantanément à quel jour correspond une date des années présente, passées et futures. — Un de nos lecteurs, M. Stéphane Carpentier, nous écrit la lettre suivante :
- Voulez-vous trouver instantanément le jour de la semaine qui correspond à une date quelconque de l’année présente ou des années précédentes ? Retenez cette formule :
- Jean vogue, mais où P fais manoeuvre, joins et descends au Havre en juillet.
- Vous avez ainsi les premiers de chaque mois, rangés par ordre des jours de la semaine et avec les premiers, les 8, 15, 2i, 29.
- Appliquons notre système à 1923.
- Vous allez traduire de vous-même notre formule.
- Janv., oct., lundi. Mai, mardi. Août, mercredi. Fév., mars, nov., jeudi. Juin, vendredi, Hept., déc., samedi. Avril, juillet, dimanche.
- Quel jour tombera le 27 août 1923?
- Le 1" et le 29 août tombant un mercredi, le 27 tombera un lundi.
- Toute année retarde d’un jour sur la précédente, et Tannée bissextile d’un jour de plus à partir du icr mars.
- Voulez-vous savoir quel jour est tombé le 7 juin 1898 : De 1898 à 1923, 23 ans, donc pour cette dernière année a5 jours de retard, plus 5 jours pour les années bissextiles 1904, 1908, 1912, 1916, 1920. En tout 3o jours.
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- BOITE AUX LETTRES
- Chaque semaine ramenant les mêmes jours, si vous divisez par 7, sans reste, pas de changement, Si vous avez un reste, c’est de ce reste que vous êtes en retard. Le 8 juin étant en 1923 un vendredi comme le premier, le 7 est un jeudi. La division de 3o par 7 vous donnant un reste de 2, 1923 est effectivement en retard de 2 jours sur 1898. De jeudi vous remontez à mardi, jour auquel est tombé le 7 juin 1898, etc., etc.
- Yous avez ainsi toujours sous la main le calendrier de l’année. En tout cas, si vous n’avez pas celui des années passées et futures, avec ces quelques indications vous pouvez vous en passer.
- Réponses. — M. W., domaines d’El-Alem Henriville (Tunisie).—- i° Sur les procédés et appareils de séchage et de conservation des fruits, tubercules et racines, nous indiquons notamment, la documentation bibliographique suivante : Le séchage des fruits et des légumes, par J. Nanot et L. Gatin, 1 vol. ; Le séchage des fruits et des légumes dans Vexploitation agricole, par L. Malpeaux et P. Perronne, 1 brochure; Les séckeries agricoles, par D. Sidersky, 1 vol. ; La conservation des fruits, des légumes, des graines et des racines bulbeuses, par Henri Coupin, 1 vol. ; Conservation des denrées alimentaires, fruits et légumes, par Antonin Rolet, 2 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°) ; Procédés de conservation des produits et denrées agricoles, par Amédée Desmoulins, 1 vol. (Librairie Masson, Paris, 120, boulevard Saint-Germain, 6e); Conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e); Les raisins secs en Tunisie, 1 broch. par N. Minangoin et F. Couston (Direction de l’Agriculture, du Commerce et de la Colonisation, à Tunis) ; Ma pratique des conserves de fruits et de légumes, par Mlle Maraval, 1 vol. (Librairie agricole, précitée).
- 20 Sur l’olivier et la fabrication des huiles d’olives, voici les principaux ouvrages : L’Olivier, par L. De-grully, 1 vol. ; L'Industrie oléicole, fabrication de l'huile d’olive, par J. Dugast, 1 vol. (Librairie Masson, précitée) ; L’Olivier et Vindustrie oléicole, par H. Latière, 1 vol. ; L’olivier et l’huile d’olive, par P. d’Aygalliers, i vol. ; Culture de l’olivier, par de Mazières, 1 vol. ; L’olivier, par Coutance, 1 vol. ; L’olivier et le mûrier, par Guillaud, 1 vol.; N'arrachons pas nos oliviers, par F. Orengo, r brochure; Culture du midi, de l’Algérie et de la Tunisie, par Ch. Rivière et H. Lecq, 1 vol.; Les cultures sur le littoral de la Méditerranée, par E. Sauvaigo, 1 vol. (Librairie agricole, précitée) ; Compte rendu général du Congrès oléicole de Sousse, 1910 (Tunis, Direction de l’Agriculture, du Commerce et de la Colonisation); Les olives de table, par J. Chapelle et J. Ruby (Direction du Service de l’Oléiculture, à Marseille).
- 3° Le degré de salure du sol auquel pourrait résister l’olivier n’a pas fait, jusqu’à présent, croyons-nous, l’objet de recherches particulières. La proportion de S04Na'2 et de NaCl que vous indiquez nous paraîtrait excessive. Nous vous engageons à consulter, à ce sujet, M. L. Bonnet, Directeur du Service national de l’oléiculture, à Marseille, et M. le Dr Trabut, chef du Service botanique de l’Algérie, à Alger. Demandez aussi les publications du Service de l’oléiculture.
- 4° Yous pouvez adresser à notre collaborateur spécial, M. Henri Blin, le livre de Tourniéroux, dont vous parlez.
- 5° Pour ce qui concerne les procès-verbaux des séances et excursions du Congrès international d’oléiculture de l’Afrique du Nord, qui a eu lieu à Marrakech, du 5 au 20 novembre 1922, adressez-vous au Secrétariat général, 71, rue de la Procession, Paris, i5\
- M. J. Ch., à Mézin (Lot-et-Garonne). — Nous n’avons pas d’autre indication que celle qui vous a été donnée, relativement à l’industrie de préparation du moût de raisin concentré. Nous ne pouvons donc que vous conseiller de renouveler votre demande à M. J. Guyon, ingénieur, Société industrielle des utilisations du raisin et autres fruits, 61, rue de la Gare, à Carcassonne (Aude). Cette industrie n’est pas encore lancée, et nous croyons savoir que, quant à présent, la Société précitée s’est réservé l’exploitation du brevet pris pour la préparation de ce produit.
- Un abonné, à Saint-Moritz. — La présence de plantes de la famille des Cypéracèes, dans les terrains cultivés,
- est souvent 1 indice d’un excès d’humidité du sol. Nous supposons que c’est le cas qui se présente dans vos terres de culture où croît le Cyperus olivaris. Il conviendrait alors de procéder à un assainissement, à un assèchement par des rigoles ou des fossés assez profonds. En 1 absence d indication sur les cultures pratiquées dans les terrains dont il s’agit, nous ne voyons, comme moyen radical de destruction, que celui-ci : extirper à la pioche les pieds de Cyperus en ayant soin d enlever toutes les racines. La fauchaison avant floraison serait à conseiller, mais à la condition de la renouveler jusqu à épuisement de la souche, cela au cas où le trop grand nombre de plantes entraînerait trop de frais de main-d œuvre pour 1 arrachage. On peut employer aussi le crüd ammoniac pour détruire les plantes adventices, en le répandant au pied de chaque plante. Dans les prairies assainies, on complète l’opération par l’épandage de 600 à 800 kg de phosphate de chaux ou de sco-ries de déphosphoration, par hectare, pour favoriser la végétation des bonnes plantes (graminées et légumineuses).
- M M., rue de Rennes, Paris. — Fabrication du nougat de Montélimar. La formule employée ordinairement pour fabriquer le nougat de Montélimar, que l’on prépare comme le nougat blanc de Provence, est la suivante :
- Amandes cmondees. ... 10 kilog.
- Pistaches émondées. . 1 _
- Miel....................... 5 __
- Sucre...................... 5 _
- Petites pralines roses. . . 1 —
- 10 blancs d’œufs.
- Cuire le miel dans un poêlon en le remuant constamment avec une spatule en bois pour éviter qu’il se colore. Le miel est suffisamment cuit lorsque, en y trempant un couteau et en laissant refroidir la couche adhérente, celle-ci casse lorsqu’on frappe le couteau contre le marbre. A ce moment, retirer le miel du feu et le battre à froid. Pendant ce temps, une autre personne bat les blancs d’œufs en neige et les mélange intimement au miel ; remettre sur le feu et recommencer à cuire jusqu à ce que le miel soit cassant sur le couteau; ajouter les amandes séchées au four et très chaudes, en faisant cette addition peu à peu, avec les pistaches et les pralines, en remuant énergiquement pour bien mélanger le tout; ensuite on coule le nougat dans des moules carrés, en fer-blanc, de 4 cm de hauteur. Au fond de ces moules, on met du papier blanc très fin. Le dessus du nougat est recouvert de papier blanc. On le soumet à l’action de la presse entre deux plateaux unis, jusqu à' ce qu il soit presque froid. A ce moment, on le découpe au couteau mécanique, en morceaux de la dimension voulue. On emploie un couteau spécial, à lame d acier, qui découpe d un seul coup le gâteau de nougat en morceaux de la grosseur désirée. Pour la fabrication industrielle, on emploie une machine spéciale, constituée par un appareil chauffé à la vapeur, qui permet de régler la cuite et d’opérer une trituration active, ce qui est essentiel dans cette fabrication. Pour éviter que le nougat coule, on le met dans des boîtes de fer-blanc, bien closes, et on les conserve en lieu sec.
- 20 Yous trouverez des recettes de fabrication des biscuits dans le Manuel de boulangerie, pâtisserie, biscuiterie (J.-B. Baillière, éditeur, Paris, iû, rue Haute-feuille, -6e).
- M. Albei'to Delleam, a Turin. — Les mixtures vendues très cher, pour l’entretien des parties vernies d’automobiles, ont pour la plupart une composition voisine de la suivante :
- Huile de lin............... 60 gr.
- Essence de térébenthine. . 120 —
- Eau ordinaire.............. 785 _
- - Acide sulfurique à 66° B. . 20 ___
- Au moment de l’emploi, agiter fortement pour former une sorte d’émulsion dont on imbibe un tampon de linge très fin que l’on passe sur les endroits à traiter. Employer ensuite un autre linge sec et adoucir à la peau de chamois.
- JL Ilervochon, à Nantes. — Il ne nous est guère possible à distance, et sans avoir vu le produit dont vous parlez, d’en connaître la composition, nous supposons qu’il s’agit d’une solution de silicate de soude, mais cela demande vérification.
- NI. Petit de Fias, à Brive J — Comme dissolvants inin-
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- ÆL-
- flammables, vous pouvez employer en mélange avec les essences ou huiles minérales la série des dérivés chlorés
- suivants :
- Point d’ébullition. Densité.
- Tétrachlorure de carbone. . 76° i.5g
- Ethylène dichloré........... 54° 1.28
- Ethylène trichloré. ... 87° .1.47
- Ethylène perchloré .... iig° 1.62
- Ethane tétrachloré............... 1460 1.60
- Ethane pentachloré .... 1460 1.67
- M. Desmazières, à Sarrebrück. — i° Voici comment on doit opérer pour entretenir les meubles vernis tels que pianos et effacer les quelques rayures produites à l’essuyage par les grains de poussières d’origine minérale : On prépare quelques chiffons de toile (lin ou chanvre), toile qui doit être très fine, et on fait des tampons que l’on imbibe successivement d’essence minérale et remplace à mesure qu’ils se salissent. On frotte le meuble avec le tampon ainsi préparé, le vernis prend instantanément un ton terne et laiteux de mauvais aspect, mais il ne faut pas s’en inquiéter et continuer, peu à peu les taches disparaissent à mesure que l’essence s’évapore. Pour terminer, frotter avec un tampon de flanelle sèche et propre; au bout de quelques instants le vernis brille comme un miroir. Il faut toujours procéder par parties successives et non en grandes surfaces. Pour éviter la surprise toujours désagréable du ternissement momentané, faire l’expérience préalable sur une partie cachée du meuble, ce qui en même temps donne le tour de main. 20 Primitivement, la poix de Bourgogne était désignée d’après son origine véritable sous le nom de poix des Vosges, région où elle est extraite du tronc de 1 ’Abies excelsa. Sa dénomination de poix de Bourgogne lui vient très probablement de l’emploi qui en a été fait pour composer le mastic à greffer. 3° Le plomb est employé pour le polissage du marbre à l’état de raclures en frottant avec un tampon imbibé d’eau ; les proportions n’ont aucune importance.
- M. Mathieu, à Talmay (Côte-d’Or). — Le laitonnage est le plus souvent effectué sur des pièces en fer ou en zinc ; dans ce cas il est nécessaire de cuivrer avant de faire le dépôt de laiton, mais cela n’est pas utile pour les objets en cuivre ou en laiton auxquels on veut seulement donner un aspect particulier.
- D’après Levassesur (Métallurgies électrolytiques), le
- bain type est constitué par :
- Sulfito-cyanure de cuivre et potassium. . 3o gr.
- Sulfito-cyanure de zinc et potassium. . . 3o —
- Eau pure.................................1000 —
- Les anodes sont en laiton contenant deux tiers de cuivre et un tiers de zinc, elles doivent présenter une grande surface. La densité de courant doit être assez élevée pour que le zinc se dépose ; on se rend compte, d’après la couleur du dépôt, des proportions de cuivre et de zinc qu’il contient; on peut faire varier ces proportions par la densité du courant ou en ajoutant au bain, suivant besoin, du sel de cuivre ou du sel de zinc.
- M. G. R., à Paris. — L'éther sulfurique en s’évaporant produit un froid d’autant plus intense que l’évaporation est plus rapide ; sans connaître l’application que vous avez en vue, nous pensons que vous pourriez l’utiliser dans une disposition analogue à celle de l’appareil d’Adnet servant à la cryoscopie ; l’éther étant vaporisé par un courant d’air, les vapeurs sont évacuées au dehors par un tube de caoutchouc de façon à ne pas incommoder l’opérateur.
- M. E. B user, à Bâle. — i° Vous trouverez toutes indications sur la fabrication des cires à cacheter et appareils employés dans l’ouvrage très complet de Gouillon, Encres et cires à cacheter, éditeur Garnier, 6, rue des Saints-Pères. 20 Nous ne croyons pas qu’il y ait d’appareils spéciaux pour la fabrication de la gomme laque blanchie.
- M. M. N., â Nancy. — D’après Ferville, les crèmes employées pour faire disparaître le feu du rasoir sont obtenues ainsi. Prendre :
- Gomme adragante pulvérisée. , 5o gr.
- Glycérine...........................200 —
- Eau de roses...........„ . . . 800 —
- Acide salicylique.................... 1 —
- Menthol cristallisé............. o,5 —
- Délayer au mortier la gomme dans la glycérine, ajou-
- ter l’eau de roses progressivement, en remuant, puis l’acide salicylique, chauffer au bain-marie jusqu’à obtention de crème, laisser refroidir, puis incorporer le menthol préalablement dissous dans un peu d’alcool à g5°.
- T. S. P.— F. N. à Tancarville (Seine-Inf.). — i°Pour entendre la téléphonie à 25o km de Paris sur cadre, une lampe détectrice et une lampe amplificatrice sont d’un x-endement insuffisant. Il faut employer au moins 3 lampes HF et 1 ou 2 BF (voir n°“ 254o de La Nature).
- 20 On peut employer un cadre de 1 à 2 m. avec spires écartées d’un centimètre. 3o spires conviennent bien pour le cadre de 2 m. Le cadre que vous nous avez soumis peut parfaitement convenir à cet usage.
- 3° L'accord se fait au moyen d’un condensateur variable de i/ioooe en dérivation et il vaut mieux ne pas sectionner le cadre.
- 4° Pour l’établissement d’une antenne, il est préférable d’employer du fil peu résistant, de i2/ioe de mm de diamètr-e au moins.
- M. Daucroy, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Noi’d). —T. S, F. te Le voisinage de nappes de fils de téléphone et de télégraphe est peu préjudiciable au bon rendement d’une antenne, surtout étant donné que ces nappes se trouvent à grande distance de l’antenne, bien qu’il n’y ait là rien de bien absolu. Un cadre de 2 m. au moins permettrait sans doute une réception nette, mais non, bien entendu, l’audition en haut-parleur.
- M. Mouton, à Nacqueville (Eure). — Il est indifférent qu’une antenne de T. S. F. soit soutenue par un isolateur en un point de sa portée .
- 20 II faut que l’antennie soit écartée le plus possible du toit; 2 à 3 m. sont px’éférables.
- F. L. B., à Bruay-sur-Escaut (Nord). — i° Nous essaiei’ons de donner des détails aussi complets que possible sur la construction d’appareils simples de T. S. F., bien qu’il n’y ait rien d’absolu dans les données de cette construction.
- M. Gerdil, à Pai-is. — i° Le phénomène que vous nous signalez est intéressant; il a d’ailleurs été déjà indiqué au cours de l’émission téléphonique du soir, vous entendez une harmonique de l’émission de FL qui se trouve avoir à peu près la même longueur d’ondes et vous réglez évidemment en même temps, en faisant varier l’accord, l’intensité des deux réceptions.
- 20 A proximité d’un poste très puissant comme FL, il se produit souvent des phénomènes d1 interférence sans hétérodyne, ni ticker.
- M. J. V., à Bruxelles (Belgique). — i° Le poste signalé, RAC, est le poste de Petrograd qui envoie tous les jours à ig h. des signaux horaires sous igoo m. amorties.
- Les signaux rythmés consistent en 16 séries de 22 points.
- 20 Le poste GGB est un poste anglais, d’identité d'ailleurs inconnue jusqu’à présent.
- M. R. Porion, à Paris. — i° II est préférable d’employer pour la confection d’un cadre destiné à recevoir les émissions radiotéléphoniques des spires de fil ou de câble non jointives, écartées d’au moins 5 millimètres.
- 20 Dans un amplificateur HF à résistances, la détection se fait par la dernière lampe qui compi’end dans son cix’cuit de grille un condensateur shunté.Il est donc inutile d’employer en outre un détecteur à galène. Pour améliorer le rendement, on peut faire suivre cet amplificateur d’un autre amplificateur BF.
- 3° Si vous tenez absolument à utiliser votre détecteur à galène, il faut le faire suivre d’un amplificateur BF à transformateurs, genre 3 ter..
- 4° Il n’y a pas d’intérêt, dans un amplificateur HF à résistances, à augmenter la tension de plaque au-dessus de 80 à go volts, par contre la réception est bien meilleure avec 80 volts qu’avec d°-
- 5° Une antenne peut évidemment être constituée avec du câble isolé, bien que cela soit inutile et la prise de poste peut se faire à la partie inférieure de l’antenne.
- M. T., h Rambervillers (Vosges). — i° Nous ne croyons pas que le dispositif que vous nous avez indiqué, comportant une lampe LIF et un détecteur à galène, nécessite un deuxième transformateur entre bobine d’accord et grille de la lampe HF.
- 2° La construction du transformateur //Ffîgui'ée dans
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- le schéma est expliquée à la page 92 du livre de M. Du-roquier.
- 3° Pour la. construction d’un amplificateur, il est évidemment nécessaire d'avoir les condensateurs, appareils d’accord, etc.
- 4° La réception de la téléphonie à grande distance SLir_ antenne avec un poste à une lampe est possible, mais très délicate.
- 5° Nous .ne pouvons vous donner d’appréciation sur des appareils mis en vente dans le commerce et vous conseillons, comme nous l’avons déjà écrit, d’acheter des pièces détachées de première qualité. La différence de prix est modique et les résultats plus assurés.
- Æf. Alexis Pierre, La Ferté Saint-Aubin (Loiret). — ÏNous indiquerons prochainement le moyen de recharger les accumulateurs à l’aide de piles. Les meilleures piles à employer dans ce but sont les piles à sulfate de cuivre ou les piles Dubois à dépolarisation par l’air.
- M. Descamps, Séclin (Nord). — Nous croyons que le poste que vous avez entendu le mardi a3 janvier vers 21 heures est le nouveau poste des P. T. T. qui travail-
- lait sous 45o m. L’indication exacte de la longueur d’onde aurait servi à vous fixer plus sûrement.
- Mme Toru, à Paris. — Les émissions de la SFR sont d’une puissance beaucoup moindre que celles de la Tour Eiffel. Il faut donc, pour bien les entendre, surtout en haut-parleur, avoir un appareil plus puissant. D’autre part, la longueur d’onde est beaucoup moins grande ( 1565 m. au lieu de 2600 m.) et le cadre employé dans ces conditions doit porter une longueur de fil beaucoup moindre. Pour un cadre de 80 cm, il suffira par exemple de bobiner 160 m. de fil environ. L’antenne étant un collecteur d’ondes beaucoup plus puissant, comme nous l’avons expliqué dans le n° 2545, permet la réception avec un appareil de très faible amplification.
- M. Hennebert, à Dampniat (Corrèze). — T. S. F. , Nous ne voyons pas, a priori, pourquoi il vous serait : impossible, au fond d’une vallée, d’installer un poste de réception radio-téléphonique. En général, on a pu installer de très bons postes émetteurs et récepteurs dans les montagnes. Il peut seulement en résulter des déviations dans la direction de propagation des ondes.
- Service de librairie. -— Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- A Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ============
- Tables de logarithmes à i3 décimales, par H. Andoyer, membre de l’Institut, 1 brochure, 27 pages. J. Hermann, éditeur, Paris 1922. Prix : 8 francs.
- Cette brochure contient 5 tables : les logarithmes des nombres depuis 100 jusqu’à 1000 avec i3 décimales, les logarithmes des nombres de 100000 à 101 000 avec i3 décimales, une table de correction pour les interpolations, une table des nombres correspondant aux logarithmes depuis o jusqu’à 00432 avec 10 chiffres et une table des corrections pour les interpolations entre les nombres de cette table. L’auteur montre qu’avec ces tables et moyennant des calculs simples, du reste intuitifs, on peut calculer avec i3 décimales le logarithme d’un nombre quelconque et inversement trouver le nombre qui a pour caractéristique de logarithme un nombre quelconque de i3 chiffres.
- Les rayons d’électricité positive et leurs applications aux analyses chimiques, par J.-J. Thomson, traduit d’après la 20 édition anglaise par Fric et Corvisy. 1 vol. 224 pages, 42 fig. 9 planches hors texte. J. Hermann, éditeur, Paris 1923. Prix : 20 francs.
- Sir J.-J. Thomson a créé, en 1912, la méthode d’analyse au moyen des rayons positifs : ces rayons sont formés parles particules chargées positivement qui sont repoussées à l’arrière d’une cathode perforée, dans une ampoule à gaz raréfié soumise à la décharge électrique. En soumettant ces particules à l’action d’un champ électrique et d’un champ magnétique, on leur impose des trajectoires qui dépendent de leur masse, et que l’on peut fixer sur les plaques photographiques. L’étude de ces trajectoires permet de déterminer la nature des particules qui leur ont donné naissance. Cette méthode s’est révélée d’une précieuse sensibilité et d’une grande fécondité ; elle a servi en particulier à la détermination des isotopes par Aston ; mais elle pourra avoir, en chimie analytique notamment, de nombreuses autres applications dès que sa technique sera suffisamment vulgarisée. Dans ce volume, sir J.-J. Thomson fait non seulement connaître cette technique, mais il analyse en détail les phénomènes qui donnent naissance aux rayons positifs et, d’une façon plus générale, tous ceux qui se manifestent lors du passage de la décharge électrique dans
- une atmosphère raréfiée ; il discute les diverses hypothèses qui peuvent être formulées pour les expliquer et donne ainsi une complète justification des conclusions par lesquelles il arrive à identifier les molécules et les atomes d’après leur trajectoire. Ce nouvel ouvrage de l’illustre physicien anglais est un véritable trésor d’observations sur les phénomènes si complexes qui sont liés au passage de l’électricité dans les gaz : ionisation, mouvements et collisions des particules chargées, combinaison et dissociation des atomes et molécules, nature de la lumière émise, etc. C’est un livre dont la lecture s’impose à tous les physiciens et à tous les curieux de nouveautés scientifiques.
- Exposé concernant les résultats actuels relatifs aux éléments isotopes, par M. de Broglie. i brochure i5 pages. Hermann, éditeur, Paris 1922. Prix : 2 fr.
- Nos lecteurs savent ce que l’on entend par le mot isotope et l’extension qu’a prise en ces dernières années cette notion nouvelle. M. de Broglie en rappelle sommairement l’origine et la signification ; il rappelle également le mode de détermination du poids atomique par les rayons positifs imaginé par J.-J. Thomson et montre le parti que M. Aston a tiré de cette méthode pour découvrir les isotopes d’un grand nombre d’éléments ; il indique en outre les autres méthodes qui ont été essayées pour mettre
- en évidence et séparer les isotopes.
- La houille blanche, par Henri Cavaillés, i vol. in-x6, 216 pages, 12 fig. Armand Colin, éditeur, Paris 1922. Prix : 5 francs.
- Ce livre est consacré surtout à l’étude de la houille blanche en France; l’auteur rappelle d’abord comment on aménage les cours d’eau pour transformer en énergie électrique leur énergie dynamique ; puis il passe en revue les grandes régions de houille blanche en France : Alpes- Jura, Vosges et Rhin, Pyrénées, Massif Central ; il met en évidence leurs caractères distinctifs, fait ressortir leurs richesses hydrauliques et l’état actuel de leur mise en valeur ; il s’attache en même temps à dégager les caractères essentiels de l’industrie hydroélectrique. Il fait ensuite un examen rapide de la richesse en houille blanche des principaux pays étrangers ; il termine par une comparaison entre la houille blanche et la houille noire et par l’examen des conséquences géographiques de l’aménagement de la houille blanche.
- Les marées et leur utilisation industrielle, par E. Fichot. 1 vol. in-8, 256 pages. Collection Science et Civilisation. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 9 francs.
- Au moment où l’attention des gouvernements et des
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- BIBLIOGRAPHIE
- "Ü*).
- industriels se porte d’une façon toute particulière vers l’utilisation des marées sur une vaste échelle, M. Fi-chot, ingénieur-hydrographe en chef de la Marine, après une étude approfondie de la théorie des marées, expose en détail les projets ayant pour hut d’utiliser l’énergie inépuisable de la houille bleue.
- Analyse générale des eaux, par F. Touplan. i vol. in-8, 244 p-, 3i fig., 1 pl. Ch. Béranger, Paris et Liège.
- Chef des laboratoires de l’Institut d’Hydrologie et de Climatologie, l’auteur a réuni dans ce livre les méthodes qui lui servent à l’analyse physique et chimique des eaux douces et minérales : résistivité et conductivité électriques, cryoscopie, indice de réfraction, ionisation qui sont des méthodes récentes, déterminations chimiques depuis plus longtemps appliquées.
- L’ouvrage se termine par une carte hydrominérale de la France et un recueil des lois, décrets et règlements relatifs à l’eau.
- Oxidations and Réductions in the Animal Body, par H.-D. Dakin. 20 édition. 1 vol. in-8, 176 p. Mono-graphs ou Biochemistry. Longmans, Green and Co, London. Prix : cartonné 6 sh.
- Un grand nombre des réactions qui se produisent dans l’organisme et auxquelles on peut ramener les phénomènes vitaux sont des oxydations ou des réductions : les sucres et les graisses se transforment ainsi en eau et acide carbonique, les protéines en urée. Les divers stades de ces transformations ont pu être abordés par les méthodes biochimiques dont on dispose actuellement et ont permis de pénétrer dans le détail des réactions qui se révèlent de plus en plus intimement liées aux phénomènes de condensation et d’hydrolyse. Ce livre, remarquablement à jour comme toutes les monographies de cette collection, expose clairement les faits connus, systématiquement classés.
- Aide-Mémoire de l’ingénieur-constructeur en béton armé, par E. Perrin, i vol. 160 p., 189 fig. (Aides-mémoire Plumon). Béranger, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 fr. 7Â
- Ce volume représente le ier fascicule d’u^ ouvrage qui en comprendra plusieurs. Il est consacré à la partie théorique de la construction en béton armé et relève de la résistance des matériaux. Il renferme les éléments nécessaires à la détermination des efforts intérieurs dans les pièces en béton armé et des réactions d’appui des divers éléments.
- Le ferblantier-plombier-zingueur, par M. Thouvenin. 1 vol. 627 pâges, 667 fig. (Collection : « Le livre de la profession »). L. Eyrolles, éditeur, Paris 1922. Prix : i5 francs.
- Ce manuel fort bien compris et non moins bien édité est divisé en 3 parties, dont chacune se rapporte à une période de l’apprentissage : la première est relative aux tracés géométriques et aux notions élémentaires touchant la représentation des solides les plus simples; elle comprend en outre l’étude des matériaux et l’exposé des procédés de travail de fer-blanc et du zinc. La seconde partie traite des courbes usuelles et des éléments de géométrie descriptive. La 3* partie étudie sommairement les machines-outils, les travaux en série et les travaux du bâtiment qui intéressent la profession de plombier-zingueur. Chaque chapitre est accompagné de nombreuses figures très claires, de questionnaires et d’exercices. Les apprentis qui étudieront cet ouvrage y trouveront notamment des notions solides de géométrie pratique qui leur permettront de bien comprendre leur métier et de s’y perfectionner.
- Mon poste de téléphonie sans fil, par H. Ciiazelle. 1 brochure, 18 pages, i3 fig. Gaucher, éditeur, le Creusot 1922. Prix : 1 fr. 5o.
- Ce premier fascicule contient un rappel sommaire des principes de la T. S. F. et des notions sur Fan-tenne.
- Les races de poules par Vimage, par Y. Pulinckx-Eeman.
- 2e édition, revue et augmentée. 1 vol. in-8, 86 p., 43 fig. Baillière et fils, Paris. Prix : 5 francs.
- Les aviculteurs ne sont plus les seuls à s’intéresser aux volailles; le grand public veut les connaître; et l’engouement pour les races pures, justifié tant par la beauté des formes et du plumage que par le développement des aptitudes pratiques, semble se généraliser. L’auteur présente le standard officiel (de la F. N. A. B., ou de la Commission des Standards de France, ou des clubs spéciaux) de chacune des races qu’il décrit succinctement, accompagné de dessins précis.
- »
- Le dynamisme et la coordination des actions d’orientation et d’équilibration. I^eur étude par les épreuves oculo-vestibulaires de Lombard, par le Dr Jean Tar-neaud, 1 br. in-12, 67 p., 4 pl-, Arnette, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Les données physiologiques de l’orientation et de l’équilibration sont relatées dans cet ouvrage avec clarté et précision. Les épreuves oculo-vestibulaires de Lombard et les relations de l’appareil vestibulaire avec l’équilibre dynamique constituent des acquisitions qui sont exposées en détail.
- Souvenirs de la campagne romaine, par Evert van Muyden. i vol. in-8, 67 p., 3i vignettes, 24 planches. Editions d’art Boissonnas, Genève.
- Evert van Muyden est le peintre classique de la campagne romaine. De famille hollandaise, fils et frère d’artistes, il naquit à Albano en 1853 et étudia à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris de 1874 à 1878, puis il retourna à Rome et fixa par le crayon les aspects les plus caractéristiques de ce pays plat, qui rappelle notre Camargue. C’est un bouquet de dessins remarquables illustrant le récit de ses souvenirs alertement écrit que réunit ce livre de belle présentation, débutant par une histoire de la vie du peintre par son ami Paul Seippel.
- La poblacion del Valle de Teotihuacan, publié sous la direction du Dr Manuel Gamio, directeur de l’Anthropologie du Mexique. T. I, 2 vol. in-4, 778 p., 189 pl., 2o5 fig. Direction de Anthropologia, Filomeno Mata, 4, Mexico. Prix : 3o dollars.
- Ce livre est le premier ouvrage d’ethnographie exécuté entièrement au Mexique, selon les méthodes d’études scientifiques européennes ou nord-américaines.
- Admirablement présenté et luxueusement illustré, il contient une série d’études de la Direction d’An-thropologie groupées par son chef, M. Manuel Gamio, sur la population de la vallée du Teotihuacan, choisie comme représentative de celles qui habitent les Etats de Mexico, Puebla, Hidalgo,et Tlaxcala.
- On y trouve d’abord l’étude du milieu physique et biologique : géographie, géologie, flore et faune de la région, puis celle de la population préhispanique, de la colonisation espagnole et de la population au xixe siècle, au point de vue anthropologique et ethnographique.
- Nous consacrerons bientôt une étude étendue à cette oeuvre capitale.
- L'Allemagne nouvelle, par Y. Cambon. i vol. illustré, 287 pages, 20 planches hors texte. P. Roger et Cie, éditeurs, Paris 1923. Prix ; 8 francs.
- M. Y. Cambon compte parmi les observateurs les plus perspicaces et les plus documentés de l’Allemagne moderne. On n’a pas oublié ses livres d’avant-guerre, sur ce sujet, véritablement prophétiques par endroits. Depuis la fin de la guerre, l’auteur a visite l’Allemagne à deux reprises ; il y a retrouvé un peuple ardent au travail, acharné à perfectionner encore et à développer son outillage puissant et sa savante organisation économique. Effort plein d’enseignements et qui, en ce moment surtout, exige attention et méditation de la part de tous les Français. Souhaitons beaucoup de lecteurs au nouveau livre si instructif de M. Cambon.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2551
- 24 Février 1923
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1923 (‘)
- Un lecteur de ce Bulletin demande « où est placée la Polaire par rapport au Pôle. De quel côté est-elle? En vous [référant, dit-il, à [quelque étoile de l’Ourse ou à quelque point de repère visible, saris lunette, vous pourriez bien nous fixer à ce sujet. Cette indication, naturellement, doit servir pour indiquer, à tout moment, l’endroit où passe l’axe terrestre auprès de la Polaire. »
- Le moyen le plus simple pour trouver la Polaire est de se servir des étoiles de la Grande Ourse. On sait qu’en prolongeant la ligne (3 a de cinq fois la distance qui sépare p de a, on rencontre une étoile brillante de 2e grandeur qui est la Polaire. Comme on le voit sur notre figure i, le pôle occupe la position marquée par une croix, la distance du pôle à la Polaire étant actuellement de i°6’ 26".
- L’ascension droite de ô Grande Ourse est très sensiblement de 12h. Si-donc, sur notre figure, nous joignons le pôle à ô, cette ligne représentera le cercle d’ascension droite de nh.
- Reportons-nous, à présent, à la carte, beaucoup plus détaillée, de la région circumpolaire boréale parue récemment ici [La Nature, n" 2546, du ao janvier 1928 :
- Science appliquée, p. 22, fig. 12). En prolongeant la ligne Oh-XIlh vers la droite, nous rencontrerons l’étoile ô Grande Ourse. Cette direction et l’étoile Polaire (seule étoile ayant des rayons sur le dessin) trouvée au moyen de la figure 1 nous permettront donc de fixer, avec un instrument de faible grossissement, la position du pôle céleste parmi les étoiles.
- Ajoutons qu’au début d’octobre, vers 231', la Grande Ourse est au-déssous du Pôle, comme dans la figure. En janvier, à la même heure, elle est à droite. En avril, elle est au-dessus et en juillet elle est à gauche. En plaçant la figure de manière à avoir au bas un des mois marqués sur le pourtour, on aura la position de la Grande Ourse, pour le début de ce mois à 23h, ou le i5 à 22h.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en avril, varie de + 4° i5' le ier à-f-14° 32' le 3o. Sa présence sur l'horizon augmente très sensiblement, la durée du jour passant de i2h47'n 1>r à 14h 26” le 3o.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien dn Paris :
- Dates. Temps légal du passage.
- Avril j.r iih54m5i*
- . — 5 1 ih 53m3g‘
- — 10 11h 52“ 14“
- — i5 nh5ora55‘
- — 20 xih49m45‘
- — 25 11b 48“ 45”
- — 3o 11114 7 m 56s
- Pour les dates intermédiaires, une interpolation suffira pour trouver le temps légal du passage.
- Observations physiques. — Nous avons signalé, fréquemment, l’intérêt que présentent les observations suivies de la surface solaire et l’utilité de dessiner les taches et les facules. Pour orienter les dessins du Soleil et figurer les taches et facules à leur position par rap-
- port à l’équateur solaire, il faut connaître, pour le jour de l’observation, l’angle de position P de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point Nord du disque) ; B0 et L0 la latitude et la longitude, héliographiques du disque, ou, si l’on veut, du point du Soleil qui a la Terre à son zénith. Voici ces éléments pour avril :
- Dates. [P Bo Lo
- Avril Ier — 26°,28 — 6°,5i 298°, 65
- — 6 — 26°, 41 — 6°, 21 232°,67
- — 11 — 26°, 37 — 5°, 8 7 i66°,68
- — 16 — 26°, r 3 — 50,48 ioo°,66
- — 21 — >.5°,72 — 5°, 06 34°,63
- — 26 2 2°, I 2 O . o~- '•ï* t 3280,57
- Lumière zodiacale. — Le mois d’avril est particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale du soir. Cette lueur s’étend; tout le long du zodiaque, à. partir du Soleil, en diminuant d’intensité. Elle affecte l’aspect d’un cône dont l’axe est confondu avec l’écliptique. Observer sa forme, ses limites, son intensité, sa' couleur. On compare généralement son intensité à celle de certaines parties de la Voie lactée. L’emploi d’un petit miroir de poche est utile pour effectuer cette comparaison.
- La période la plus favorable sera celle du 5 avril au 20, la Lune étant nouvelle le 16 et ne gênant pas.
- II. Lune. —Les'phasesde la Lune, pendant le mois d’avril, seront les suivantes :
- P. L. le Ier, à i3h iom P. Q. le 8, à 5h 22“
- N. L. ,1e 16, à 6h 28m P. Q. le 24, à 5h 20m P. L. le 3o, à 2ih3om
- y am y
- POLE. +
- $ Polaire
- •VJ
- Ni
- -s
- s.
- ........-I*.'
- Z £
- V
- GRAN DE
- Y
- OU
- Octobre.
- Fig. 1. — Moyen de trouver le pôle céleste par les étoiles de la Grande Ourse et l’étoile Polaire. En plaçant la figure de manière à avoir vers soi l’un des quatre mois tracés sur le pourtour, on a la position de la Grande Ourse pour le début de ce mois à a3h ou le i5 à 22h.
- Age de la Lune, à midi, le ior avril — i5-i,o; le 16 = oJ,2. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1“ ou le 15, et, pour une heure considérée, oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril le 7 — — 18° 8' ; le 22 =. -J- i8°23'. Ces dates correspondent aux moments où ,1a Lune sera à sa plus faible élévation (le 7) ou à sa plus- forte élévation (le 22) du mois, au moment du passage au méridien, sur l’horizon du lieu.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le ier avril, à ai1*. Parallaxe '= 6i'a5". Distance = 357 o35 km. Diamètre = 33' 3i".
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i5 avril, à 23h. Parallaxe = 53'56". Distance = 4ob 574 km. Diamètre = 29'26". • ^ -d
- Périgée de la Lune, le 3o avril, à 8h.: Parallaxe = 6x'2o". Distance =357'520 km. Diamètre =33'28".
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le icr avril, occultation de 6 Vierge (gr. 4>4h de 2ih 3gm à 22h45m.
- Le 2 avril, occultation de x Vierge (gr. 4,3), de 23h3im à oh 36m le 3.
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à 24h, à partir de minuit. En cas de l’adoption de T heure d’été, augmenter tous les temps indiqués ici de une heure.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le 19 avril, occultation de 75 Taureau (gr. 5,ai, de 19" 16” à igh53”.
- Le 19 avril, occultation de 01 Taureau (gr. 4,a), de 1911 i5“ à igh 58™.
- Le 19 avril, occultation de 264 B Taureau (gr. 4,8), de 20h 7” à 2 iK 7“.
- Le 19 avril; occultation de 275 B Taureau (gr. 6,5), à ai1' 37m. Immersion seule visible.
- Le 20 avril, occultation de m Taureau (gr. 5,i), à 2ih32m. Immersion seule visible.
- Le 21 avril, occultation de 124 H1 Orion (gr. 5,7), de 2oh43” à 2ih33”.
- Le 23 avril, occultation de t Cancer (gr. 6,0), de i8biom à 19bim.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au début et à la lin d’avril, à l’époque de la Pleine Lune. Yoici les heures de la marée à Brest :
- Dates. Marée du matin. Heures. Coefficient. Marée du soir. Heures. Coefficient.
- Avril xer 311 38” im,°7 x6h o” i”,i3
- — 2 4h 2,1” i”,i6 i6h43” x“,i8
- — 3 5h 5“ x”, 18 i7h 27” 1”, 16
- 4 5» 43” 1 ”, 12 x8h 10” o“,i6
- — 5 61' 33” om,99 i8h 55” o”,9i
- — 29 2b 25“ o”, 92 i4h49m o“,99
- — 3o 3h i3“ i”,o5 i5h36“ i”,09
- Pour lçs autres ports de l’Océan ou de la Manche, l’heure de la marée diffère de celle de Brest, d’une quantité sensiblement fixe, en plus ou en moins, la variation pouvant être de -f- 81' pour Dunkerque à — oh 3om pour La Rochelle. Nous pourrons donner ces renseignements s’ils nous sont demandés par les lecteurs de ce Bulletin,
- En raison des fortes marées d’avril, le phénomène du Mascaret se produira à de nombreuses reprises. Yoici les heures de ce phénomène :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Avril ier x”,i3 i9“35” 201' I 2” 20h 21“
- — 2 i”, 16 71' 55” 8h 32” 8h 41”
- 2 1”, 18 20hl5” 20h 52” 2 j h j m
- — 3 i”, 18 8h 37” 9h ï4m 9h 2 3“
- — 3 im, 16 2 0h 59” 21h 36“ 2I b 45“
- — 4 ira, 12 9h 21” ioh 58” II1' 7”
- — 3o Im,Q9 ' igh i4” 1911 511,1 « 20h 0”
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 8 avril, à i8h.
- Il sera ainsi inobservable pendant la plus grande partie du mois.
- A la lin d’avril, il s’écartera suffisamment du Soleil^et on pourra le rechercher à partir du 25.
- Yoici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en avril :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellair
- Avril 1er 0,97 — 1, X
- —• 6 0,99 — i,5
- — 11 0,99 — 1 >7
- — 16 0,94 — i,4
- — 21 0,82 — 1,0
- — 26- 0,66 — o,5
- Vénus est toujours visible le matin, quoique se rapprochant peu à peu du Soleil. Le tableau ci-dessous montre qu’elle se rapproche peu à peu, comme Mercure, de sa conjonction supérieure, le disque illuminé aug-
- mentant Arers la valeur 1,00.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Avril icr 0,73 — 3,6
- — 6 0,74 — 3,5
- — I X 0,76 — 3,5
- — 16 o.-77 — 3,5
- — 21 °i79 — 3,5
- — 26 0,80 — 3,4
- Les observations de Yénus peuvent être faites en plein jour et avec un petit instrument, on pourra la suivre jusqu’à son coucher par beau temps.
- Mars est visible le soir, dès l’arrivée de la nuit, dans la constellation du Taureau. Son diamètre, très réduit par l’éloignement, ne permet guère, actuellement, d’observations utiles.
- Jupiter sera en opposition le 5 du mois prochain. Il est donc observable presque toute la nuit. La plus petite longue-vue permet de reconnaître les bandes qui traversent le disque de la planète et de suivre la marche si curieuse des satellites.
- Yoir ci-contre le tableau des phénomènes que Ton pourra observer.
- Le 2 avril, à ih i5m, les satellites de Jupiter seront tous à gauche de la planète, dans l’ordre 4> 3, 2, 1, If.
- Le 7 avril, même heure, ils seront à droite dans l’ordre , 1, 3, 2, 4.
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE AVRIL à Paris. U U Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5h 2 I Ib 53”22s x8h 26“ oh 58“ 4- 6° 10' 32' 0,0 Poissons
- Soleil . . . ) 16 5 2 11 5o 4o 18 41 i 34 -T 9 5i 3 ï 55,2 Poissons [ »
- 1 26 4 43 11 43 34 18 56 212 + i3 16 31 49,2 Bélier
- Mercure. . 6 » 16 1 26 5 29 518 5 i3 1146 12 23 I 2 5.7 18 3 19 28 20 42 0 43 2 7 3 20 + 3 14 + i3 20 + 20 34 5,0 5, 2 6,2 s Poissons Bélier ô Bélier Un peu visible le soir à la fin du mois.
- 6 4 14 9 29 14 43 22 28 — 10 18 i5,o eYerseau
- Yénus . . . 1 16 4 0 9 34 i5 8 23 i3 — 6 i5 i4,2 9 Verseau Le matin, dans l’aurore.
- 26 3 47 9 38 1 i5 3o 23 53 — 2 20 x3,4 X Poissons
- Mars. . . ... 6 16 6 42 6 22 14 r9 x4 8 21 56 21 54 3 23 3 52 -f- 19 i3 -j- 20 53 4,2 4,2 ô Bélier Pléiades j Le soir,,dès l’arrivée de la nuit.
- 26 6 3 x3 57 21 52 4 20 -j- 22 i5 4,0 £ Taureau
- Jupiter. . . 16 20 27 1 i5 6 4 14 58 — i5 3o 47,0 t Balance Presque toute la nuit.
- Saturne . . 16 17 33 23 18 5 3' i3 4 — 3 47 17,2 0 Vierge Toute la nuit. Oppos.le7.
- Uranus. . . x5 3 57 9 3o i5 3 23 9 — 6 19 3,2 9 Verseau Inobsei’vable.
- Neptune. . 16 12 6 19, 27 2 48 9 12 —j— 16 24 2,4 jU-it2 Cancer Pi’emière partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps légal, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi au moyen i des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 19,23, contient les. principaux renseignements pour l'observation des planètes pendant le mois d’avril.
- Le 28 avril, même heure, ils seront tous à droite dans, l’ordre "if, 1, 2, 3,
- Ces aspects sont ceux que donne une lunette astronomique, renversant les images.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Avril. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Avril. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 i11 58m I Em. 16 oh 3om I P. c.
- — 23 7 I P.f. — 2 12 I O.f.
- 4 0 9 III E.c. .— 2 38 I P.f.
- — 1 54 III E. f. — 23 53 I Em.
- — 3 21 III Im. 2 I 2 I 57 III O.c.
- — 4 25 III Em. — 23 36 III P. c.
- 6 2 22 II E.c. — 23 42 III O.f.
- 7 3 39 I 0. c. 22 0 39 III P.f.
- — 4 19 I P.c. — 2 24 II O.c.
- •— 22 35 II P.c. — 3 5 II P. c.
- — 23 37 II O. f. 23 I 56 I O.c.
- 8 0 47 II P.f. — 2 i4 I P.c.
- — 0 57 I E.c. — 4 6 I O.f.
- — 3 43 I Em. — 4 23 I P.f.
- — 22 8 I O.c. —. 23 I 2 I E.c.
- — 22 45 I P. c. — 23 45 II Em.
- 9 0 18 I O.f. 24 X 37 I Em.
- — 0 53 I P.f. — 22 34 I O.f.
- — 22 9 I Em. — 22 49 I P. f.
- 11 4 6 III E.c. 29 I 55 III O.c.
- i4 23 5i II O.c. 2 52 III P. c.
- 15 0 5i II P. c. — 3 39 III 0. f.
- — 2 I X II O.f. — 3 58 III P. f.
- —• 2 5o I E.c. 3o 3 5o I 0. c.
- — 3 3 II P.f. — 3 58 I P.c.
- 16 0 2 I O.c. — 2 3 29 II E.c.
- Saturne sera en opposition le 7 avril, à i5h. Il est visible toute la nuit, dans la constellation de la Vierge. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 16 avril.
- Grand axe extérieur......................... 43",3 2
- Petit axe extérieur......................... -j- 7",61
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. ............................... -j-io° 7'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... 4-io°48'
- On pourra rechercher Titan, le principal satellite de Saturne, à l'époque de ses élongations, à l’aide d’une petite lunette de om,o5 d’objectif au moins.
- Dates. Élongation orientale. Élongation occidentale.
- Avril 2 —
- — 10 ih,7
- — 17 —
- — a5 a3\3
- *\9
- 23\4
- Uranus est pratiquement inobservable ce mois-ci. Il s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 5 mars dernier.
- Neptune est visible une grande partie de la nuit. On le trouvera à l’aide d’une bonne carte céleste et de ses coordonnées astronomiques que voici :
- Dates. Ascension droite.
- Avril 6 gh 12“
- — 16 gh12"
- — 26 911 I 2n
- IV, Phénomènes divers.
- Le 16, à a3h, Vénus Le 19, à 71’, Mars Le 24, à 14h, Mercure
- Le 25, à '5h, Neptune Le 29, à 7h, Saturne
- Déclinaison. Diamètre.
- + l6°23' 2",4
- + i6°24' 2",4
- -f- i6° 25' 2",4
- Conjonctions :
- arec la Lune, à o° 24' N. la Lune, à 3° 11' S. la Lune, à i° 43' S. la Lune, à i°i4'S. Uranus, à o°23' S. la Lune, à 40 2-3' N. la Lune, à 5° 43' N. ô Bélier, (gr. 4,5), à o° 2' N.
- la Lune, à 3° 11' N. la Lune, à o° 33' N.
- Le 2, à oh, Saturne en conjonction Le 3, à 2211, Jupiter — —
- Le 12, à igh, Vénus —
- Lei2,à23h, Uranus — —
- Le 14, à ioh, Vénus — —
- Signalons comme remarquables les conjonctions du 2 avril et du 24.
- jEtoiles variables. — Il y a lieu de suivre avec attention l’étoile variable Mira Ceti (0 de la Baleine) dont le maximum doit se produire vers le 2 avril. Cette étoile varie assez irrégulièrement de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8.
- Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : Le 4, à 2111 28’*; le 27, à 20h i“.
- Etoiles filantes. — Le 9 avril, étoiles filantes; radiant Æ = 255°; (£) = -j- 36°, près tc Hercule.
- Du 16 au 3o avril, étoiles filantes; radiant près de V Bouvier (,R = ao6°; (£ — -f- i3°).
- Du ig au 22 avril, étoiles filantes; radiant près de 104 Hercule (/R = 271°; (£} = -)- 33°). Essaim des Ly-rides.
- Les 29 et 3o avril, étoiles filantes ; radiant près de a Verseau (.41 = 326°; (0 = —20).
- Etoile polaire. — Heure du passage inférieur de l’Étoile polaire au méridien de Paris.
- Dates. Heure.
- Avril 10' oh49ra 53!
- — 11 o1' iom 33!
- — i3 Qh.
- — i3 23'- 58“ 45s
- — 21 23h 27“ 1 g!
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le ior avril à 2ih, ou le i5 à 20", est le suivanl :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Lion.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée.
- Au Nord-Est ; Le Dragon.
- A l’Est : Le Bouvier ; la Chevelure de Bérénice ; la Balance; la Vierge.
- Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit Chien.
- Au Sud-Ouest Le Grand Chien.
- A l’Ouest : Les Gémeaux; Orion; le Taureau.
- Au Nord-Ouest : Andromède; Persée.
- Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- >«
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, U ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Retard du n° 2550. — Par suite d’une grève survenue dans l’Imprimerie où se tire LA NATURE, le n° a55o jlu 17 février a été expédié avec un retard dont nous nous excusons auprès de'nos abonnés et lecteurs.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Automobiles à refroidissement par l’air : La voiture décrite est construite par la Société des Automobiles S. A. R. A., 5, rue Paul-Bert, Courbevoie.
- Pipe hygiénique : M. A. Hubert, qui a imaginé la pipe
- décrite dans le n° 2548, nous informe qu’on peut se la procurer chez M. Paul Délayé, 34, rue des Archives, Paris, 3°.
- Réponses. — M. Bouteloup, à Paris. — Le plâtre suffit parfaitement pour fixer les montures métalliques sur le verre, mais il faut employer du plâti’e très fin, tel que le plâtre à modeler et, d’autre part, il est indispensable que ladite monture ne soit plus imbibée de pétrole, ce que l’on obtient enda portant au rouge naissant, quitte à la repolir ensuite avec une pâte ou poudre à brillanter quelconque.
- Ing. P. Boneto, à Milan. — Il est répondu à votre demande dans le présent « Bulletin astronomique ».
- M. Dryobalanops, à Clairac, Lot-et-Garonne. — x° Si vous désirez entreprendre une fabrication d’encres, le mieux est de faire l’acquisition de l’ouvrage Encres,
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- BOITE AUX LETTRES
- colles de bureau et cirages, de Gouillon, éditeur Garnier, 6, rue des Saints-Pères, dans lequel vous trouverez tous renseignements industriels à ce sujet. 20 Yous trouverez des thermomètres a maxima et minima de tous modèles chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange, à Paris, 5°.
- M. Baudinière, à Casablanca. — Nous pensons qu’un mélange de silicate de soude et de bleu de méthylène vous donnera satisfaction pour colorer vos ampoules. Quant aux proportions, elles seront à régler suivant l’intensité de la coloration que vous désirez obtenir, quelques essais sur des lames de verre vous fixeront rapidement à ce sujet.
- y. Rollin, à Lyon. — i° Le doublé est obtenu par application d’une feuille d’or avant étirage du métal que l’on veut recouvrir. 20 II vous suffira très probablement de passer sur l’objet ainsi doré une légère couche de sel de Barèges en solution à 1 pour 100, pour en ternir l’éclat, ainsi que vous le désirez.
- M. Gautié, à Albi (Tarn). — La formule ci-dessous vous permettra de fixer très solidement le caoutchouc au cuir même si l’article est ensuite placé en milieu
- humide. Prendre :
- Gutta percha................... gr.
- Sulfure de carbone.............5oo —
- Essence de térébenthine........5oo —
- Faire macérer la gutta percha avec le sulfure de carbone dans un flacon bien bouché, jusqu’à obtention d’un sirop, ajouter alors l’essence de térébenthine, bien mélanger et décanter après repos suffisant. N’appliquer que sur des parties bien sèches et en opérant loin de tout foyer pour éviter l’inflammation du sulfure de carbone.
- M. Pascault, à Alger. — La corne brute, pour être transformée en produit ouvrable, est mise à macérer dans l’eau tiède pendant un temps assez long; il se développe une fermentation albuminoïde due au Bacillus subtitis qui produit un effet analogue au' rouissage des fibres végétales ; il se dégage de l’hydrogène, sulfuré, de l’ammoniaque et de l’acide carbonique, en même temps que prennent naissance de 'l’indol et du scatol, la température optima est de 4o°. Lorsque la corne est suffisamment attaquée, on la passe à la presse hydraulique sous plaques chauffées pour obtenir des plaques, lesquelles sont alors livrées à la fabrication des divers articles : peignes, baleines de corne, etc. Le point délicat est la fermentation qu’une longue pratique apprend seule à conduire normalement.
- Institut Franco-Inglès, à Guadalajara. — Quel que soit le moyen employé, vous n’obtiendrez pas pratiquement un tissu qui restera longtemps imperméable pour l’usage que vous prévoyez, c’est-à-dire le transport de l’eau dans une outre en toile; forcément l’eau finira par passer après déplacement relatif des fils constitutifs. Yous pourriez peut-être essayer une immersion dans un bain gélatiné, suivie après séchage par un passage en eau formolée à 10 pour xoo, mais une mise au point serait nécessaire et nous ne pouvons garantir le résultat.
- Bibliothèque de Givors. — Les liquides sortant des fosses septiques renferment l’azote sous la forme nitrique et constituent par cela même un excellent engrais, il serait de mauvaise pratique d’y mélanger les eaux ménagères; celles-ci, par le savon qu’elles contiennent, sont nuisibles aux plantes et l’on irait à l’encontre du résultat cherché.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- Nature 5e tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- $ Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .............
- Annuaire de la houille blanche française (1922-1923), par A. Paavlowski. i vol. 196 pages. Editeur : Revue générale d'Electricité, Paris.
- On trouve dans ce volume des cartes de réseaux de distribution électrique, des notices sur les principales sociétés de distribution d’énergie de France, sur les principales sociétés d’électro-chimie et d’électro-metallurgie, sur les sociétés s’intéressant à la traction électrique des chemins de fer, une étude de M. Tochon sur les progrès de la houille blanche pendant l’année écoulée et la répercussion de la crise économique sur cette industrie, une note de M. Paw-lowski sur l’utilisation de la force des marées et des vagues; enfin une étude juridique de M. Bonnefoy sur la loi du i5 juin 1906.
- Cours élémentaire d’électricité. Première année, par E. François, i vol. in-16, 352 p., 124 fig., 6 pl., dans le texte. G. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix, cartonné : 12 francs.
- Ce livre expose clairement et sobrement les tout premiers éléments de l’électricité ; de nombreux exemples et calculs numériques accompagnent l’exposé de chaque question ; c’est là, sans conteste, un excellent moyen d’enseignement.
- Le Plâtre, par J. Fbitsch. i vol. in-8 br. de vm-246 p-, 43 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923. Prix ; 12 fr.
- Quoique très employé, le plâtre est un des matériaux les moins étudiés, et il tient dans la littérature scientifique ou technique une place qui n’est pas en rapport avec l’importance de ses applications. L’ou-
- vrage de M. Fritsch comble cette lacune. L’auteur y a condensé tous les renseignements théoriques et pratiques qui ont été publiés sur le sujet. Il étudie successivement la pierre à plâtre et les divers produits de sa transformation; la cuisson du plâtre dans les fours anciens et modernes ; les propriétés du plâtre : plâtre à enduit, plâtre à stuc, plâtre à plancher; la résistance au feu et à la durée des constructions en plâtre; l’analyse du plâtre. L’ouvrage se termine par un résumé des brevets les plus intéressants relatifs au plâtre.
- Les Maladies dites Vénériennes, par le Dr Paul Ravaut, 1 vol. in-16, 214 p-, 23 fig., Armand Colin, Paris. Prix, relié : 6 francs ; broché : 5 francs.
- Ce livre, écrit par un maître incontesté, médecin de l’hôpital Saint-Louis, est à la fois un cri d’alarme et une raison d’espérer.
- Un cri d’alarme, car les statistiques qu’on y trouve nous montrent quel effroyable danger menace la race française, surtout depuis que la guerre a étendu dans de si inquiétantes proportions le domaine de ces maladies, causes de dépopulation et facteurs de dégénérescence; une raison d’espérer, car le Dr Ravaut montre qu’il est possible de lutter contre elles et même de les vaincre. Il en indique les moyens.
- Le comptable, par E. Demur, ier vol. Manuel théorique et pratique de Comptabilité générale, 1 vol. xn-4, 3i6 p. Le livre de la profession, Eyrolles, Paris. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage expose avec méthode et clarté les principes et les règles comptables ; accompagnés d’exemples soigneusement choisis et d’applications graduées. Le premier volume est divisé en quatre parties : i° Les comptes, le plan comptable, les règles de la comptabilité ; 2° les livres, description des principales
- méthodes d’organisation comptable ; 3° les travaux de l’inveptaire, le bilan; 4° appendice : pièces comptables et documents commerciaux.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2552 3 Mars 1923
- ,S§D
- WF
- INFORMATIONS
- Q0L
- Nécrologie : G. Bonnier. — Le 3o décembre dernier est mort M. Gaston Bonnier, professeur de Botanique à la Sorbonne. M. Haller, président de l’Académie des Sciences, a rappelé sa vie et son œuvre dans les termes suivants :
- « Ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, M. Bonnier y fut de bonne heure attaché comme agrégé préparateur, puis comme maître de conférences, fonctions qui le conduisirent, à l'âge de 3a ans, à la chaire de Botanique de la Sorbonne.
- « Il débuta dans la science par un travail de longue haleine, très remarqué, sur l’anatomie et la physiologie des nectaires. Lauréat de l’Académie pour ce travail, il le fut encore pour ses recherches sur la synthèse des lichens. Grâce, aux ingénieuses dispositions qu’il sut réaliser, il parvint à obtenir des lichens complets, fruc-tiliés, en cultivant dans un milieu privé de germes un mélange de spores pures et d’algues ne provenant pas immédiatement d’une association lichénique.
- « Ces travaux furent suivis d’une série de notes, publiées en collaboration avec son maître Yan Tieghem, sur les échanges gazeux que présentent les graines, les tubercules et les bulbes conservés à l’air libre, dans l’air confiné, dans l’acide carbonique pur; les résultats conduisirent les auteurs à substituer à la notion de vie latente celle de vie ralentie.
- « C’est encore en collaboration, et cette fois avec notre confrère M. Mangin, que M. Bonnier a poursuivi de captivantes recherches sur la respiration des champignons, des .tissus dépourvus de chlorophylle, des tissus verts à l’obscurité; pour la première fois fut étudiée l’assimilation chlorophyllienne en la séparant du phénomène respiratoire.
- « Une autre partie de son œuvre, et non la moins importante, a eu pour but de réaliser des cultures comparatives à des altitudes diverses, et aussi d’exposer des végétaux à l’influence de la lumière électrique continue et discontinue. Fractionnant une série de plantes en plusieurs pieds identiques, chacun de ces pieds fut cultivé dans un terrain de composition semblable, dans diverses stations des Alpes et des Pyrénées comprises entre 5o m. et 2400 m. au-dessus du niveau de la mer. Les cultures ont porté sur i65 espèces différentes et ont abouti à des constatations du plus haut intérêt.
- « Des recherches plus récentes ont enfin été effectuées sur le développement de l’appareil vasculaire dans les végétaux supérieurs, et sur les caractères acquis par les végétaux sous l’influence du climat méditerranéen.
- « A cette œuvre personnelle et originale, qui rendra son nom impérissable, M. Bonnier a ajouté diverses œuvres didactiques, comme son Cours de Botanique publié en collaboration avec M. Leclerc du Sablon, sa Flore complète (illustrée en couleurs) de France, de Suisse et de Belgique, une nouvelle Flore des environs de Paris, etc.
- <c Rappelons aussi qu’on lui doit la création de la Revue générait de Botanique et du laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau. ».
- Le poste d’émission de l’Ecole supérieure des
- P. T. T. — Dans le n° 2548, en relatant les essais de téléphonie sans fil qui permirent la transmission d’un opéra entier par la station Marconi de Londres, nous, avons exprimé l’espoir que de semblables essais aient lieu en France. Il semble que la nouvelle station des P. T. T., dont nous avons déjà indiqué l’établissement, soit bientôt en mesure de le réaliser.
- Non seulement, en effet, sa modulation est tout à fait remarquable et permet la transmission des moindres inflexions de la voix, mais encore ses programmes sont particulièrement choisis. Le samedi après-midi actuellement ont lieu de très intéressantes conférences scientifiques, théoriques et pratiques sur des questions intéressantes en électricité, puis ensuite une causerie littéraire et un concert. Le jeudi, à l’instar des postes auglais, l’opérateur transmet une histoire pour les enfants. C’est ainsi qu’a été envoyé l’amusant conte de « l’homme qui a perdu son ombre ». Les autres transmissions sont consacrées soit à des concerts exécutés par les meilleurs artistes, soit à des représentations
- ayant lieu à la salle Gaveau, reliée au poste d’émission, on le sait, par ligne téléphonique.
- Nouveaux gisements de cobalt. — Le cobalt utilisé dans l’industrie provenait jusqu’à maintenant presque exclusivement des gisements de la ville de Cobalt et du district de Nipissing au Canada (Etat d’Ontario). Des gisements beaucoup plus riches viennent d’être découverts à Cloncurry, en Australie (Etat de Queensland). Les minerais canadiens sont des sulfo-arséniures dont la teneur en cobalt est de 8 pour 100 environ; associé à 7,5 pour 100 de nickel, à de l’arsenic, du soufre, de la silice, du fer, du cuivre et de la chaux.
- Le minerai australien contient 22 pour 100 de cobalt, et 0,4 pour 100 seulement de nickel, les autres impuretés étant les mêmes que pour le minerai cahadien.
- Les principaux emplois du cobalt se trouvent surtout dans l'industrie chimique. Mais depuis une dizaine d’années, on et emploie de petites* quantités en sidérurgie ; il sert à élaborer des aciers à outils à grande vitesse. L’emploi le p'ius intéressant du cobalt en sidérurgie serait la fabrication des aciers à aimant; la cherté du produit a jusqu’ici empêché le développement de cette application; mais la découverte des gisements australiens est de nature à modifier cette situation; les aciers à aimants sont presque exclusivement des aciers au tungstène et au chrome ; or un acier contenant 35 pour 100 de cobalt, ou bien un acier à x5 pour 100 de cobalt et i5 pour 100 de chrome, permettent, à poids égal, de réaliser des aimants bien plus puissants que les aciers précédents. L’industrie des magnétos pour moteurs à explosion, en particulier, trouverait grand bénéfice à l'emploi des aciers au cobalt.
- Nouveaux champs de pétrole en Californie. — Des
- nouveaux champs de pétrole d’une grande richesse viennent d’être découverts aux Etats-Unis, dans la région de Los Angeles; depuis de longues années, la Californie comptait parmi les principaux états producteurs de pétrole. Elle passe maintenant d’emblée au premier rang. Les nouveaux champs découverts sont ceux de Huntington Beach, Signal Hill et Santa-Fé Springs.
- La Revue France Amérique donne à ce sujet d’intéressants détails ; la découverte du pétrole dans cette région a fait naître un « boom » pétrolier qui rappelle la fièvre d’or du milieq du xixu siècle. Dans un rayon de 3o milles autour de Los Angeles, il y a plusieurs dômes pétrolifères qui donnent de 25oooo à 3ooooo barils par jour. Il y a deux ans, ces régions n’étaient que des terrains d'exploration de valeur incertaine.
- Signal Hill, le champ le plus important, n’était, il y a quelques mois, qu’une colline infertile, dont on offrait le terrain à 400 dollars le lot. On cite le cas d’un pauvre homme, nettoyeur de chapeaux dans un hôtel de Los Angeles, qui acheta un de ces lots à tempérament, en payant 100 dollars comptant, et qui vient de le revendre 75 000 dollars.
- Signal Hill produit aujourd’hui g5ooo barils par jour avec 157 puits répartis sur 80 hectares. Au Sud-Ouest, Huntington Beach, à i5oo m. de l’Océan, produit 5oooo barils par jour. Au Nord-Est de Signal Hill, le bassin de Santa-Fé Springs, encore incomplètement exploré, produit j5ooo barils par jour.
- Chaque jour, plusieurs gros navires réservoirs emportent de San Pedro, port de Los Angeles, chacun 70000 à 80000 barils pour les raffineries des ports de l’Atlantique.
- La potasse extraite de la leucite. — La Feuille d’Informations du Bureau, d1 Etudes économiques, industrielles et agricoles fait connaître qu’à l’heure actuelle se multiplient les essais de mise en valeur des réserves considérables de leucite (silicate d’alumine et de potasse) accumulées dans les régions volcaniques de l’Italie.
- Suivant certaines évaluations, ces réserves contiendraient près de 9 millions de tonnes de potasse, c’est-à-dire plus que l’ensemble des gisements allemands, et il serait relativement facile d’en extraire la potasse à l’état de chlorure, sans . grande . dépense de combustible, en
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- INFORMATIONS
- faisant réagir, sur la leucite, l’acide chlorhydrique synthétique fourni à bas prix par les nombreuses usines électrolytiques qui s’établissent au delà des Alpes.
- Là neîge à Paris. — M. Louis Besson, chef du Service physique et météorologique de la Ville de Paris, vient de publier dans les Annales des Services techniques d‘Hygiène un relevé des chutes de neige observées à Paris depuis 1872. Ce travail était demandé par l’ingénieur en chef du nettoiement pour servir de base aux prévisions de ce service.
- Des données recueillies, M. Besson a pu extraire le tableau dés probabilités suivantes, relatives au parc de Montsouris :
- Nombre de Durée Épaisseur Hauteur d’eau
- Mois. chutes. moyenne. moyenne. fournie.
- Octobre . . I i’1 6m 23ram 2mm I
- Novembre 28 6h I2m 51,nm 4mm 9
- Décembre. 5g ’j h 1 ' 54m,n 5m"' 0
- Janvier. . 81 7h 6m 44““ 4m“ 0
- Février. . 53 7"42m 47mm 3mm 9
- Mars. . . , 45 6h 6® 44mm 3mm 8
- Avril. . . 5 3h 6ni 3mm 8
- Année . . . 272 6h 52m 4ymm ^ 4"u‘12 2
- Ces données sont intéressantes pour la climatologie de Paris.
- L’alcool de figues de Barbarie. — Le South Afri-can Journal of Industries, de novembre, nous apprend qu’une nouvelle Société vient de se former, portant le nom de « South African Motor Fuel Development Co limited » qui a son siège social à Bloemfontein,au capital de 100 000 livres. Son but est de monter l’industrie de l’alcool, extrait des cactus ou figues, de Barbarie que les Anglais appellent Prickly Pear ou poire épineuse.
- Cet alcool servirait pour les moteurs, pour l’éclairage et le chauffage. Il pourrait, en outre, produire de l’alcool alimentaire, du vinaigre, du sucre, de la levure, de l’huile, et des confitures.
- L’alcool à brûler pourrait être vendu au prix de 2 shillings le gallon. Comme il y a 2 millions d’acres de terres incultes empoisonnées par les cactus en Afrique du Sud, la chose pourrait être intéressante, bien que l’on ne nous renseigne pas sur les possibilités de récolte économique et de ti’ansport à pied-d’œuvre de la matière première. A. H.
- Coloration artificielle des bois sur pied. — Une
- société allemande, qui fait le commerce des bois précieux, procède, actuellement, dans une forêt des monts Weser, près d’Uslar, à de curieuses expériences de coloration artificielle des bois non abattus.
- Les expériences portent sur différentes essences, en vue de leur donner une couleur recherchée, en opérant avant la coupe.
- A cet effet, à chaque arbre sur pied, et à une certaine hauteur sur le tronc, est fixé un réservoir clos en métal, contenant une couleur rouge ou bleue. Ce réservoir communique, par des tubes en caoutchouc, avec les plus grosses x-acines de l’arbre. La couleur est injectée sous pression et, paraît-il, au moyen d’un courant électrique. Aspirée par la sève ascendante, elle monte dans le tronc et les branches et va jusqu’aux feuilles qu’elle colore également.
- Le traitement demande moins de quatre semaines, mais il fait périr l’arbre, qui est alors abattu et débité.
- Des bois ainsi teintés sont employés à la fabrication de meubles de luxe.
- Par ce procédé, on aurait obtenu, paraît-il, des résultats concluants sur le bois de hêtre, particulièrement apte à l'imprégnation, La coloration artificielle des bois communs est donc en passe de devenir une industrie d’imitation des bois de luxe, et, comme on lé voit, l’in» dustrie de l’ameublement, èn Allemagne, est appelée à avoir, elle aussi, ses « ersatz ».
- La force de résistance du bois de chêne. — Dans une conférence qu’il fit récemment à l’Institut des Ingénieurs et Mécaniciens, à Storey’s Gâte, Sir Frank Baines, directeur de l’Office des Travaux publics, à Londres, chargé de la direction des réparations à effec-
- tuer a la toiture de Westminster-Hall, rappela que, depuis 1 année 1899, date à laquelle on la termina, cette toiture s’est affaissée de 18 pouces, soit de o m. 45 (1 pouce = 0,0 25).
- Une catastrophe se serait produite, l’effondrement total, a dit Sir Frank Baines, si la couverture de l’édifice n avait été soutenue par des poutres et des chevrons de chêne pédonculé, seul capable de résister à une pareille pression et offrant, en ce cas-là, une résistance supérieure à celle du fer et de l’acier.
- Effets de l’anesthésie sur les arbres transplantés.
- — Un savant hindou, Sir Jagadis Shunder Bose, professeur à l’Université de Calcutta, s’est livré, depuis quelques années, à des expériences ayant pour but de déterminer l’influence que pourrait avoir l’anesthésie sur la vitalité des arbres déplantés pour être replantés.
- Au Jardin d’essais de Calcutta, il montre deux arbres qu il déplante de temps à autre pour les replanter ailleurs.
- Ces opérations répétées réussissent, paraît-il, lorsqu’on a pris la précaution d’anesthésier les arbres, c’est-à-dire de les arroser avec de l’eau chloroformée.
- Effectivement, des arbres de même espèce et de même âge, non soumis à ce traitement, ne survivent pas à ces multiples transplantations.
- Une araignée pêcheuse. — Natural Jlistory, le journal de l'American Muséum, publie une fort intéressante étude sur ce sujet, de M. E.-W. Gudger, associé en ichthyologie de ce müsée. La première observation en est due au professeur Edward T. Spring, d’Eagleswood, qui, en 1839, rencontra une araignée qui avait pêché Un poisson. C’était une grosse araignée noire, accrochée au dos d’un poisson qui nageait en rond, lentement, comme à bout de forces. Quand ils arrivèrent sür lé bord, l’araignée sortit le poisson de l’eau, non sans lutte, et tous deux furent capturés. En 1876, M. T.-M. Peters, d’Alabama, communiqua une observation du même genre à la Smithsonian Institution; elle fut publiée par Y American Naturalist : l’araignée était tombée d’un arbre surplombant l’eaü et s’était accrochée au poisson denûère la tête ; elle ne le lâcha pas qu’il fût mort, et le traîna alors sur la rive. En 1885, le Dr Mc Cook rappela l’observation du professeur Spring et y ajouta celle de M. F.-R. Webrh, de Philadelphie, qui vit une araignée sur deux poissons-soleils qu’il gardait dans un bassin. En 1890, M. William T. Davis "vit encore le même phénornène et captura l’araignée ravisseuse qui était une Dolomedes. Enfin, en 1921, le Dr Thomas Barbour vit à nouveau une Dolomedes transportant un Gamhusia affinis mort, puis une autre avec sa proie mourante.
- Si l’on ajoute à ces récits l’observation, en 1883, par le Dr Carlos Berg d’une Lycose, Diapontia Kochii, pêchant des têtards de grenouille, il faut bien admettre que certaines espèces d’araignées savent pêcher et tuer des vertébrés aquatiques de taille sensiblement égale ou même plus grande. Qu’en font-elles ensuite, puisqu’elles ne peuvent absorber qüe les liquides préalablement digéi’és par l’injection de leur suc maxillaire? Il y a là sujet à de nouvelles observations.
- Les écoles en Syrie. — Au 3i décembre 1921, il y avait en Syrie 368 écoles officielles et 966 écoles privées. Elles se répartissaient ainsi entre les différentes circonscriptions administratives.
- Pxdvées
- Officielles. subventionnées. Total.
- Alep 85 3i 116
- Damas. , . . IOI 117 218
- Liban . . . . . 129 788 9[7
- Àlexandrelte . . » 10 10
- Alaouites. . . . 53 20 73
- 368 966 i334
- Pour une population de 2 700000 à 3 000 000 d’âmes, ces chiffres sont satisfaisants, étant donné la daté récente de l’occupation. Pour le Gi’and Liban, qui compte à peine plus de 700000 habitants, 917 écoles sont un magnifique résultat. Il est vrai que les Congrégations françaises y étaient installées solidement depuis près de cent ans quand la guerre a éclaté.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ir> Chroniques de T. S. T.
- Appareils d’accord. —Accord sur cadre. — Le collecteur d’ondes construit, il faut l’utiliser pour recevoir les ondes provenant des postes choisis et uniquement celles-là. Les appareils d’accord servent à réaliser ce but. Ils sont basés sur le principe de la résonance, principe très général, aussi, général que le phénomène vibratoire lui-même. Il existe, en effet, des phénomènes
- C
- WVVv---1
- N M
- ---------------------------R/jLk
- * C
- Fig. i. — Circuit oscillant.
- de résonance mécanique, acoustique, lumineux tout autant que des phénomènes de résonance électrique utilisés en T. S. F.; on peut résumer ces phénomènes de la façon suivante : « Tout corps vibre en résonance sous l’influence des oscillations qu’il est lui-même capable d’émettre » ; ces vibrations sont appelées vibrations propres du corps.
- Ainsi, sous l’influence de vibrations produites par le passage d’un lourd camion, les vitres d’un appartement vibreront à leur tour en résonance mécanique ; en chantant devant un piano, on fera vibrer les cordes correspondantes aux tonalités de la voix, phénomène de' résonance acoustique; enfin la couleur des corps est due à un phénomène de résonance lumineuse.
- Le phénomène de résonance électrique est absolument identique ; l’antenne ou le cadre forme avec les appareils d’accord un oscillateur ouvert ou fermé (analogie avec les tubes employés dans les orgues et dont on fait varier la note en modifiant la longueur.) On amène cet oscillateur à avoir des oscillations propres, de période égale à la période des ondes de l’émetteur. C’est parce qu’ils utilisent ces phénomènes de résonance électrique que l’on donne aussi aux appareils d’accord le nom de résonateurs.
- Examinons d’un peu plus près les • phénomènes et considérons d’abord ce qu’on nomme un circuit oscillant, soit un circuit (fig. i) comprenant un condensateur C, une self L, un interrupteur M, la résistance ohmique étant R; nous supposons que nos lecteurs sont familiarisés avec le mot condensateur, appareil formé de deux ou d’un ensemble de lames métalliques, séparées par des lames de diélectrique (isolant); air, mica, ébonite, verre, etc. Rappelons qu’en T. S. F., les condensateurs facilitent le passage des courants de haute fréquence en s’opposant
- Borne
- d'utilisation
- Lame métallique Lame métallique
- Fig. 2. — Condensateur simple à 2 armatures.
- au contraire au passage des courants continus (fig. a).
- Une bobine de self ou simplement self est composée de spires de fil métallique induisant les unes sur les autres, d'où le nom de self-induction ; les selfs, à l’inverse des condensateurs, servent pour ainsi dire de freins aux courants de haute fréquence.
- Ceci posé, et le condensateur étant chargé à l’aide d’une machine électrique, si l’on ferme l’interrupteur M, il s’établira des oscillations dans le circuit, d ailleurs rapidement amorties (c’est-à-dire dont l’amplitude diminue très vite); la période T de ces oscillations, qui ne peuvent d’ailleurs s’établir que si l’on a la relation
- R2 < -t^-> sera donnée par la formule de Thomson (lord L
- Kelvin).
- T (secondes) = 2 u ^LC (unités électromagnétiques CGS).
- On peut déduire de cette formule la longueur d’onde propre du système, grâce à la formule fondamentale déjà donnée (n° a545) X = VT ; on déduit de ces deux formules, en effet, la relation :
- X (centimètres) ;=z VT =
- YXa uy/LC(unités électromagnétiques CGS)=2~\/LCVSî .
- Or CV^ est (la capacité évaluée en unités électrostatiques CGS ; le rapport entre lés mesures effectuées en unités électrostatiques et unités électromagnétiques étant égal en valeur approchée à la vitesse de la lumière ou des ondes hertziennes ; la formule peut donc encore s’écrire :
- X (centimètres) =
- ^unités électro-\ GSJ'
- =*« \/ L(UniUSS °(Lu*». CGS,
- La formule, si on évalue L et C en unités pratiques, peut encore s’écrire :
- X (en mètres) - VX^'^C (farads) X L (henrys).
- X (mètres) = 3X io8X a " \/C (farads) X L (henrys).;
- /
- Entrée d'amplificateur ou du circuit Ù du détecteur
- Fig. 3. — Accord simple sur cadre.
- cjuijUH spiniiiiiüiüiiii
- Le farad vaut en effet io‘9 unités CGS et le henry 109 unités CGS.
- On voit que la longueur d’onde propre du système augmente en même temps que la self et la capacité ; lorsque la capacité s’annule, le circuit est dit apériodique. Les appareils d’accord pourront toujours être assimilés à un circuit oscillant ou en contiendront des éléments; les données précédentes' leur sont donc applicables.
- (Nous donnerons prochainement quelques précisions numériques sur les selfs et les capacités formant les circuits oscillants.)
- Il est aisé de concevoir comment on peut réaliser l’accord sur cadre ; ce dernier peut être considéré, en effet, comme un oscillateur fermé. Une première sélection est obtenue, comme nous l’avons dit (n° 2545), en modifiant sa position; le plan des spires devant être dans la direction du poste émetteur.
- Un premier montage d’accord consiste simplement à placer un condensateur variable à air en dérivation sur les fils d’arrivée (fig. 3). On réalise ainsi un circuit oscillant dont on peut régler la longueur d’onde propre en changeant la capacité. En général, le condensateur aura 1/100 à 2/1000 microfarad de capacité ; ce
- procédé est suffisant dans la majeure partie des cas et convient pour la réception des émissions radiotélépho-niques. (On emploie un condensateur à diélectrique d’air pour diminuer l’amortissement) (fig. 4)*
- Si l’on désire (et ce procédé n’est pas à recommander) recevoir une émission de grande longueur d’onde avec un cadre de self insuffisante, c’est-à-dire comportant trop peu de spires, on intercalera dans le circuit une self réglable en bobines ou en galettes (fig. 5) ; par exemple on emploiera des bobines fond de panier que l’on mettra successivement en circuit au moyen d’un commutateur à plots.
- Pour obtenir une sélection encore supérieure on peut intercaler entre le cadre et l’appareil de réception un circuit intermédiaire au lieu de le faire agir directement (fig. 6).
- Le cadre est relié à un premier circuit oscillant, dit primaire, comportant un condensateur vàriable à air et une petite self, ce premier circuit agit par induction sur un deuxième identique. On peut faire varier l’induc-
- Fig. 4.
- Condensateur à air.
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- tion mutuelle des deux bobines, primaire et secondaire, en faisant varier leurs positions. Le deuxième circuit est relié aux appareils de réception. On fait d’abord l’accord avec couplage serré, c’est-à-dire les deux bobines étant rapprochées au maximum, ou parallèles si on fait varier l’accouplement par rotation au lieu de translation; le deuxième circuit est alors apériodique,
- le condensateur étant hors circuit; on fait la recherche des postes en réglant le primaire au moyen du premier condensateur et de la self ; puis on améliore la sélection (élimination des émissions parasites) en désaccouplant, c’est-à:dire en faisant varier la position mutuelle des deux bobines et en réglant le condensateur du secondaire mis en circuit. Ce mode d’accord est particulièrement intéressant pour obtenir de bonnes réceptions à proximité d’un poste puissant dont les émissions peuvent être parfois gênantes.
- Cependant la perte d’énergie produite est assez sensible, aussi ne faut-il l’employer qu’avec des amplificateurs de bon rendement.)
- Le montage est facile à réaliser par l’amateur; on peut utiliser comme galettes des galettes en nid
- Secondaire
- Circuit
- primaire
- .Entrée
- a'amplificateur
- Bobine à couplage variable
- Condensateur
- a air
- Fig. 6. — Accord en Testa.
- d’abeilles, en fond de panier ou genre Coronna. Dans le circuit du cadre, il suffit de placer une bobine comportant quelques spires ; la galette du secondaire doit au contraire avoir une self beaucoup plus importante. Ces deux galettes sont montées sur des supports pivotants
- Borne d'entrée
- Supportsà charnières bois paraffiné ou èbonite
- Fig. 7. — Galettes de self montées sur supports pivotant à charnière.
- (fig. 7) permettant de faire varier le couplage. Une self de 2000 microhenrys placée dans le circuit secondaire permettra la réception des longueurs d’ondes de i3oo à 2000 m. environ; une de 4000 : des longueurs d’ondes de 25oo à 45oo mètres. On peut employer des galettes fractionnées, mais il est préférable d’avoir des éléments interchangeables, on pourrait également employer des bobiues cylindriques coulissant l’une à l’intérieur de l’autre.
- Un tel montage qui est dit en Tesla est employé dans
- les grands postes, par exemple, au centre d’écoute de Yillecresnes appartenant à la Compagnie Radio-France ; dans cette station, le point milieu du primaire est relié à la terre, ce qui augmente le pouvoir sélectif dû aux propriétés directrices du cadre.
- On voit que les systèmes d’accord, sur cadres sont très simples, faciles à monter et à régler. De plus, comme nous l’avons déjà expliqué, les réglages obtenus ont l’avantage d’être très stables, la capacité du cadre demeurant invariable.
- Dans un prochain article, nous étudierons les appareils d’accord utilisés pour la réception sur antenne, et nous indiquerons également quelques données numériques sur le calcul des selfs et des capacités employées dans les appareils d’accord.
- Un nouveau poste radio-téléphonique. — Le Ministre des postes et télégraphes vient d’autoriser l’établissement sur la Côte d’Azur, à Nice, d’un grand poste de téléphonie sans fil destiné à donner des informations, des concerts, des conférences, etc. Ce poste, qui va très prochainement entrer en action (sans doute, dans le courant de ce mois), est monté par une Société, dite « Radio Riviera » (filiale, croyons-nous, de la S. F. R.). Il doit émettre toute la journée et donnera dans la matinée des informations, pendant le déjeuner des concerts, l’après-midi des cours de bourse, résultats des courses, etc., à l’heure du thé, des musiques de danses, ainsi que pendant le dîner, et enfin dans la soirée les dernières nouvelles et de la musique classique. Ce programme ressemble donc à celui exécuté déjà actuellement par le poste de Levallois.
- Il est question également d’un système de location d’appareils pour hôtels et particuliers. Nous ne savons encore la longueur d’onde de ses émissions, elle sera sans doute voisine de celle du poste de Levallois.
- D’après certains bruits, il serait question également d’édifier d’autres postes dans les autres stations balnéaires : Biarritz, Dinard, etc.
- Quelques explications complémentaires sur la réception des émissions radio-téléphoniques à l’aide d’une hétérodyne séparée. — Nous avons indiqué dans le n° 2Ô4o un mode de réception à grande distance devant être utilisé lors de l’emploi du cadre.
- Un grand nombre de demandes de renseignements nous ont été envoyées et nous tenons à préciser tout d’abord que ce montage s'applique seulement à la réception des signaux faibles.
- On peut mettre ce fait en évidence au moyen de l’expérience suivante.
- Supposons les appareils d’accord et l’amplificateur réglés pour la réception d’une émission radio-téléphonique puissante, malgré la distance, comme celle de Kœnigswusterhausen. Comme nous l’avons déjà dit, la réception en haut-parleur est possible même sans l’emploi de la réaction. Diminuons maintenant volontairement l’intensité de la réception en modifiant le chauffage des lampes, en désaccouplant, ou en faisant varier la direction du cadre; aucune audition ne sera alors possible même à l’écouteur. Mettons- en action l’hétérodyne séparée suivant le procédé décrit, et de nouveau une audition nette sera possible. Ce qui montre à la fois l’action et les conditions de fonctionnement du procédé. Si, au contraire, en effet, lors de la réception en haut-parleur, nous avions voulu utiliser l’hétérodyne séparée, il n’en serait résulté aucun avantage ; un phénomène de blocage nuisant à l’intensité et à la netteté de la réception.
- Le procédé s’applique encore à la réception sur antenne, bien que les résultats semblent plus irréguliers. M. Marcel Yagné, membre du Radio-Club de France, a obtenu, en l’employant, des résultats remarquables. Utilisant une antenne Beverage à deux fils, un amplificateur à 3 lampes HF et 2 B F et une hétérodyne séparée, il a réussi à entendre un poste radio-téléphonique américain, et cette audition n’était possible qu’avec l’aide de l’hétérodyne séparée. Le réglage d’ailleurs était assez difficile; nous avons expliqué que la difficulté augmentait en raison inverse de la longueur d’onde. La parole était forte, mais d’une netteté imparfaite ; il est à espérer qu’il sera possible de renouveler ces essais et d’améliorer le réglage afin d’obtenir des réceptions régulières. P. Hémaudinquer.
- Self en bobinp ou en .galette
- Fig. 5. — Accord avec self et condensateur variables.
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- VARIÉTÉS
- COMMENT PRÉSERVER LES VÉGÉTAUX DES GELÉES TARDIVES
- Lorsque la terre est débarrassée, par les hàles du printemps, de l’excès d’eau retenue dans la couche superficielle, après l’hiver, elle ne fournit plus à l’évaporation spontanée qu’une faible quantité de vapeur qui refroidit peu l’atmosphère et le sol pour se produire.
- Ce que les nuits brillantes peuvent en condenser sous forme de rosée est d'importance secondaire.
- Si, d’aventure, le thermomètre descend, le matin, au-dessous de zéro, le très mince fourreau de glace qui entoure les jeunes organes des plantes est dissipé par les premiers rayons solaires, sans qu’il ait eu besoin d’emprunter à son support la chaleur nécessaire à sa liquéfaction.
- Dans un végétal sain, robuste, dont les cellules ne sont point gorgées, d’eau, ces cellules sommeillent, attendant que l’élévation générale de la température les détermine à entrer en mouvement, à reprendre leur rôle de pompes aspirantes vis-à-vis les unes des autres, depuis les parties les plus délicates des bourgeons naissants jusqu’aux extrémités les plus déliées des racines profondes. La plante revient à la vje sans encombre et seuls les arbres fruitiers à floraison trop hâtive (amandiers, pêchers), sont exposés à souffrir des effets d’un rayonnement intempestif pour eux.
- Il n’en est pas ainsi lorsque les intempéries sont caractérisées par des pluies persistantes. Le péril est alors dans l’état de pléthore aqueuse où se trouvent tous les tissus végétaux.
- En effet, ce n’est pas sans éprouver une diminution de contractilité, de puissance élastique, que ces tissus vivent dans un milieu qui n’est pas le leur : à force de s’étirer sous la poussée de liquide dont elle s’est remr plie malgré elle, la membrane cellulaire ne peut revenir que bien lentement à ses dimensions normales. Si elle est surprise par le froid avant que sa rétraction ne se soit opérée, les liquides qu’elle contient s’extravasent d’autant plus facilement que la résistance qu’ils ont à vaincre pour traverser une paroi amincie est moins considérable.
- D’autre part, la gelée ,peut être d’autant plus forte et de plus longue durée lorsqu’elle survient après une série d’averses qu’après une période de vents secs. La masse de vapeur d’eau, dont l’air est saturé avant la gelée, se condense en une abondante rosée dès que le rayonnement nocturne commence à se produire, pour passer un peu plus tard à l’état de glace. Au retour du jour, c’est aux organes sur lesquels elle s’est déposée que celle-ci emprunte une partie du calorique indispensable pour reprendre sa forme gazeuse initiale, et c’est à ce moment que, le plus souvent, la plante gèle à son tour.
- Les moyens de préservation. — Bien des moyens ont été proposés pour préserver les végétaux des gelées tardives. Ces moyens peuvent se rapporter à deux systèmes : dans l’un, on s’efforce, à l’aide d’abris divers, d’empêcher tout à la fois le dépôt de rosée et l’abaissement de température de la plante par rayonnement; dans l’autre, c’est l’évaporation rapide de la rosée que l’on cherche à éviter, en même temps que l’on s’ingénie à produire une élévation de la température de l’air dans lequel baignent les végétaux à protéger.
- Les paillassons, les paillons, les planchettes, les claies, les toiles, etc., sont les préservatifs appartenant au premier groupe. Les nuages artificiels, quelle qu’en soit l’origine, sont du second groupe.
- Théoriquement, ces derniers doivent avoir une efficacité supérieure. Pratiquement, ils ne sont pas sans présenter certaines difficultés d’application, et c’est souvent ce qui fait préférer les autres procédés, malgré les inconvénients qui leur sont inhérents.
- Le besoin primordial de tout végétal, c’est d’être directement sous l’influence des rayons solaires. L’obs-curité plus ou moins complète, la lumière diffuse lui sont funestes, parce qu’elles mettent obstacle à l’accomplissement d’une fonction essentielle : la fonction chlorophyllienne, qui lui permet de fixer l’acide carbonique de l’air, de s’accroître, de se développer. A l’ombre, la plante jaunit, s’étiole ; elle peut s’allonger, elle s’allonge même de tout son pouvoir dans la direction où il lui sera possible de subir l’influence bienfaisante du soleil ;
- mais elle n'augmente que fort peu de poids et n’arrive pas à constituer les tissus indispensables à son complet développement. Il suit de là que tous les écrans permanents interposés entre la plante et le ciel sont nuisibles et d’autant plus qu’ils sont plus opaques. A cet égard, les planchettes sont les écrans les plus défectueux, viennent ensuite les paillassons, puis les claies pleines, les toiles, les paillons. Il faudrait que ces abris fussent assez élevés pour s’opposer au dépôt de rosée et au rayonnement sans empêcher, au moins en plein midi et jusqu’au soir, le soleil de remplir ses bons offices; ou bien, il faudrait que ces abris fussent assez mobiles pour être enlevés ou relevés lorsque leur présence n’est plus indispensable.
- Les nuages artificiels, que l’on produit à volonté, ont des inconvénients qui entravent la généralisation de leur emploi. On n’est jamais bien sur, à moins de pouvoir disposer de beaucoup de combustible, que l’on allumera assez tôt et que l’on éteindra assez tard pour préserver les plantes pendant toute la période critique qui commence un peu avant l’aurore et ne finit qu’après vaporisation de la gelée blanche, vers 9 à 10 heures du matin. Cette protection serait-elle réalisée qu’il suffit d’une légère brise, au soleil levant, pour pousser au loin le nuage écran et laisser à découvert ce qu’il devrait préserver.
- A moins qu’une contrée entière n’adopte ce mode de préservation — et c’est là où il faudrait en venir — ou quffine configuration spéciale du terrain n’assure la permanence du nuage, les écrans formés par ces nuages artificiels ne constituent qu’un préservatif insuffisant et relativement dispendieux.
- On en revient donc, forcément, aux abris solides. Parmi eux, les plus pratiques sont évidemment ceux dont la matière première coûte peu, dont l'exécution est facile, la pose rapide, et le pouvoir de protection suffisant.
- Pour préserver les vignes, voici un abri réunissant ces conditions : on prend une poignée de paille non brisée, proportionnée à la grosseur du cep. On rabat la moitié supérieure des tiges, autour de la main, sur leur partie inférieure, puis, à l’aide d’une ficelle goudronnée, on fait une solide ligature, à 5 ou fi cm au-dessous de la rabatture. Le paillon est ainsi fabriqué. Avec un peu d’habitude, la paille placée à portée de l’opérateur, qui dispose de ficelles coupées de longueur voulue, soit 60 à 80 cm, on fabrique 35 à 40 douzaines de paillons en une journée.
- Une botte de paille de'seigle de 5 kg suffît pour faire 20 paillons, lesquels, de la ligature au bas des tiges, doivent mesurer au moins 7,0 centimètres.
- La mise en place de ces abris est aussi simple. Pour les vignes conduites sur fil de fer, c’est à ce dernier qu’on attache le paillon en écartant les tiges en éventail, au-dessus des boùtons naissants, pour les préserver particulièrement du côté de l’Est. C’est à l’échalas que l’on fixe l’abri, avec la même attention, lorsqu’on opère sur des vignes échalassées. Enfin, un sarment éborgné de la dernière taille sert à l’attache du paillon quand on n’a ni échalas ni fil de fer.
- La saison des gelées blanches passées, on emmeule les paillons bien secs sur un plancher volant bordé de ?inc, et fixé sur des piquets, à 5o cm au-dessus du sol, pour les préserver des incursions des rongeurs.
- L’immersion de la paille pendant 48 heures, dans une solution de sulfate de cuivre à 3 pour 100 (3 kg de sulfate de cuivre dans iqo litres d’eau), assure aux paillons une durée de plusieurs années,
- Lorsqu’on a la possibilité d’employer les nuages artificiels, ce sont, assurément, les foyers mobiles, en bois, garnis de matières résineuses, qui présentent les plus sérieux avantages. On peut les déplacer facilement lorsque survient une saute de vent. L’allumage se fait rapidement en employant quelques copeaux arrosés de pétrole ; l’extinction par étouffement est non moins prompte. Ces foyers se conservent en tas, d’une année à l’autre, sans que l’on ait à s’en occuper. La fumée qu’ils prpduisent et que l’on peut rendre humide, en les aspergeant d’eau pendant la combustion, est assez dense et opaque pour ne point trop s’élever dans
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- VARIETES
- l’air et pour constituer un écran momentané infranchissable aux rayons du soleil levant.
- Enfin, il est un troisième moyen ds préservation, mais applicable seulement sur de faibles étendues en raison du court laps de temps pendant lequel on peut, chaque fois, en faire usage, c’est celui qui consiste en un arrosage abondant des plantes à protéger. L’eau d’arrosage fournit la quantité de chaleur nécessaire pour liquéfier le givre déposé sur les organes extérieurs du végétal et empêche ainsi la congélation des liquides que contiennent ces organes.
- La préservation, au moyen de foyers fumigènes, est mise en pratique sur le littoral méditerranéen, pour les cultures de primeurs (pois,, artichauts, pommes de terre),
- les vignes et les arbres fruitiers, soit en faisant brûler des sarments en tas arrosés avec un peu d’huile lourde, ce qui donne une épaisse fumée, soit en disposant autour des vignes et des vergers, des récipients en fonte, ou marmites, contenant, chacun, 5 à 6 kg de goudron. Ces récipients sont espacés de io à i5 m. autour du champ, à i5 m. à l’intérieur, sur des lignes espacées entre elles de 5o m. environ.
- On emploie, par hectare, 35 à 4o de ces foyers fumigènes.
- Ces divers moyens, appliqués suivant les situations, permettent de prévenir les effets, si souvent désastreux, des gelées tardives sur les végétaux cultivés.
- lHenhi Blin.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Comment fixer une tige à l’extrémité d’un mât d’antenne. — Dans beaucoup d’occasions il est nécessaire de préparer une fixation à l’extrémité d’un tube pour monter le fil d’une antenne de T. S. F., le support d’un cadre ou d’autres organes semblables.
- Pour fixer une tige dans l’ouverture de l’extrémité d’un tube et pour laisser sortir la partie restante, on n’a qu’à suivre la méthode indiquée sur le croquis.
- En premier lieu on se procure iî à i5 m. de tube d’un diamètre plus petit que celui auquel la tige doit
- être attachée. On scie deux fentes diagonalement opposées à travers le morceau de façon à obtenir trois parties.
- La tige est placée à travers ces pièces et le tout est introduit dans le tube. L’écrou est alors assujetti solidement afin que l’extérieur des segments presse contre l’intérieur du tube.
- La tige peut être immobilisée en mettant un écrou et pour empêcher la tige de tourner pendant que l’on serre l’écrou, on place 2 écrous serrés à l’extrémité de la tige, ce qui donne une prise solide de la tige. E. W.
- Mastic pour rainures de parquets. — La poussière est le grand agent propagateur des maladies contagieuses et tous les modes de nettoyage employés : simple balai ou aspirateur électrique sont souvent insuffisants, lorsqu’il s’agit notamment de retirer toutes les saletés qui vont se loger ou se déposer dans les rainures des parquets.
- Un chimiste, M. Wolf, a inventé un mastic nouveau qui s’emploie à froid et qui reste ensuite adhérent. Ce produit, appelé l’Obturan-Flow, est constitué par un mélange de matières imputrescibles et antiseptiques qui assainissent non seulement par l’obturation des jours, mais encore parla destruction des larves qui sont tuées radicalement. Les mites, en particulier, disparaissent inévitablement. L’application dans une pièce d’un appartement demande au plus une demi-heure.
- Fabricant : Wolf, 6, rue de l’Isly.
- Procédé de chaulage des arbres fruitiers. — Les
- propriétaires, qui constatent chaque année de nouvelles invasions d’insectes sur leurs arbres fruitiers, peuvent employer un procédé très rationnel pour détruire les larves et chrysalides qui passent l’hiver sous les exfoliations de l’écorce.
- Par un chaulage bien appliqué on empêche la production de nouvelles générations d’insectes.
- Voici comment on doit procéder :
- Commencer par gratter le tronc et les principales branches à l’aide du gant à mailles d’acier (gant Sabaté), ou à défaut avec le dos d’un vieux couteau hors d’usage. Recueillir sur une toile les débris d’écorce et les insectes et les brûler immédiatement. Appliquer ensuite un lait de chaux que l’on rendra plus adhérent en y ajoutant i kg de terre glaise pour 2 kg de chaux.
- On peut utiliser également un mélange ainsi composé :
- Eau ......................... 25 litres.
- Chaux éteinte............ 5 kg.
- Fleur de soufre ..*.... 1 — 5oo
- Colle de peau............ o —*5oo
- Carbonate de potasse ... o — 5oo
- Nicotine.................. 1 litre 1/2
- On incorpore aux 25 litres d’eau le mélange des substances indiquées ci-dessus, en remuant pour obtenir, du tout, un mélange parfait.
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- 1*0
- BOITE AUX LETTRES
- csr,.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances,
- 11 ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Avdis, à Salbnique* — A notre avis, le meilleur moyen à employer pour rendre votre terrasse imperméable est d’y passer une couche de finale de magnésie, puis, 12 heures après, une autre couche. Enfin,
- 12 heures après cette deuxième couche, une troisième, mais étendue de 5o pour 100 d’eau. Après dessiccation complète, vous ne devez plus avoir d’infiltrations, étant
- bien entendu qu’il n’y a aucune fissure. Le fluate de magnésie est vendu par la maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand; jusqu’ici ce produit nous a donné des résultats très satisfaisants.
- M. Parandel, à Paris. — i° Les procédés de fabrication des matières plastiques genre galalith sont gardés secrets, seul le principe en est connu. La plupart de ces matières sont à base de caséine extraite du lait. D’une manière générale, on dissout cette caséine dans un liquide alcalinisé par soude caustique, carbonate de soude, phosphate de soude, borax, sulfite de soude, puis on y ajoute une substance inerte : oxyde de zinc, kaolin, ocre, etc. ; on comprime très fortement à chaud, puis on insolubilise la matière albuminoïde par immer-
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- siôn dans une solution de formol. 20 Pour préparer le mastic à la litharge et à la glycérine, il est inutile de faire cuire, mais la condition essentielle est de n’employer que de la litharge absolument sèche, d’où la précaution à observer de passer cette litharge préalable--ment au four si on veut obtenir un bon résultat.
- M. L. Payet, à Lyon. —- Ouvi’ages concernant la Confiturerie : Les confitures, par Henri Rousset, Paris, 1922. L,a confiturerie industrielle, par Àrnou, Vànües, 1918. Confiturerie et confiserie, parCorthag, Paris, 1891. Confiserie et confiturerie industrielles, par François, Paris, 1913. Confiturerie ,ménagère et industrielle, par Rollet, Paris. Conserves alimentaires, par Billon, Paris. Confiturerie italienne, par Carlo Bourdo,. Paris, 1921. Confiturerie industrielle, par Jacobsen, Berlin, >912. Confiturerie industrielle anglaise, parRapp, Magdebourg, 1907. Dans le Bulletin du Syndicat des fabricants de sucre, vous trouverez également des articles sur la question : Etude économique de l’industrie conliturière, par Helot, 1902. Technologie de la confiturerie, par Saillard, 1912. Demander enfin chez Egrot, constructeur spécialiste, 19, rue Mathis, à Paris, sa Notice sur la Fabrication industrielle des confitures.
- M. Parent, à Neuilly-sur-Seine. — Le jaunissement du celluloïd résulte d’une décomposition spontanée de la nitro-cellulose donnant naissance à des produits nitreux; eu égard à l’impossibilité de stabiliser ces substances, nous ne prévoyons pas que cet inconvénient puisse être évité d’une façon certaine, peut-être un séjour dans l’eatt oxygénée pourrait-il cependant être favorable.
- M. le Dr Diessen, à Roubaix. — Pour remettre en état votre bronze qui a été enfoui, voici comment il faut opérer : iü Passer sür les taches un tampon de coton imbibé d’alcali volatil, laver avec un autre coton mouillé d’eau, essuyer enfin avec un coton sec. 2° Donner une ou deux couches du mélange suivant, préparé à l’avance de façon que les sels soient bien dissous :
- Vinaigre..................... . 100 gr.
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . . x5 — Acide oxalique.................... 5 —
- Laisser sécher, appliquer au besoin une troisième et quatrième couche jusqu’à intensité désirée. Terminer en brossant l’objet bien sec avec une brosse imprégnée d'encaustique à l’essence de térébenthine. Comme dans toute opération professionnelle, un peu d’habitude est nécessaire, c’est pourquoi nous vous conseillons de vous faire la main sur une partie peu visible, par exemple le socle du bronze.
- M. Lemoyne, à Alger. — La dessiccation des déchets de poissons ne peut s’effectuer efficacement que sur des produits cuits et en grande partie déshüilés. Habituellement, les poissons avariés sont introduits dans des autoclaves et chauffés à la vapeur sous pression de 3 à 4 atmosphères, puis la masse est soumise à une forte pression à la presse hydraulique. La poudre obtenue est ensuite envoyée dans des cylindres rotatifs, où un courant d’air chaud allant en sens inverse de la matière l’amène à ne plus contenir que 10 pour 100 d’eau environ, forme sous laquelle elle est livrée au commerce, soit pour servir d’engrais, soit en vue de la nourriture des volailles.
- Après cette dessiccation, on peut effectuer avant la mise en vente un déshuilage complémentaire par un solvant approprié : essence de pétrole ou benzine; l’huile ainsi récupérée est vendue à la mégisserie ainsi que celle obtenue par extraction àux presses hydrauliques. Pour plus de détails, voir l’article « Les sous-produits de la pêche maritime », par Daniel Bellet (Revue scientifique du 22 avril igo5) et « Utilisation des résidus de l’industrie de la pêche maritime », par Labiche ; éditeur, Dunod, 47, qnai des Grands-Augustins.
- M. Ch. Millot, à Pans. — Nôus pensons que vous voulez parler de l’essence dite benzol ayant une densité comprise entre 0.690 et 0.780, avec point d’ébullition de 6o° à 70°. Les tensions de vapeur sont respectivement à 20® et à 3o° C. de 18 et 28 cm de mercure, Soit le qtiârt ou le tiers de la pression atmosphérique. Quant à l’évaporation elle est fonction de la section du tube d’aération des réservoirs et surtout des fluctuations de température que subissent ces derniers, elle peut être évitée en grande partie par l’adjonction de joints hydrauliques convenablement disposés.
- M. J. M. P., & Marseille. — Vous redonnerez à vos mèches pour briquet l’aptitude à Vinflammation en les
- faisant tremper pendant uné heure ou deux dans l’une
- des solutions suivantes :
- A. Acétate de plomb......... 4°° gr.
- Nitrate de potasse........ 5o —
- Eau...................... 1000 —
- B. Nitrate de plomb. ..... 3oo —
- Chlorate de potasse. .... 5o —
- Eau.................... iooo —
- Laisser sécher sur Une corde tendue et conserver en lieu sec ou, ce qui est préférable, en flacon bien bouché.
- M. Tony LLuber, à Paris. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la réparation du caoutchouc, veuillez vous adresser au journal Le caoutchouc et la gutta percha, 49, rue des Vinaigriers, qui peut-être pourra vous renseigner au point de vue technique.
- M. J. Clerc, à Bruxelles. — i° Il n’y a aucun inconvénient pour la santé de prendre des bains additionnés de carbonate de soude ; comme vous le dites fort bien, le nettoyage de la peau est beaucoup plus parfait qu’avec l’eau seule, les précautions à observer sont de ne pas dépasser la dose de 25o gr. de carbonate de soude cristallisé (cristaux) ou moitié, c’est-à-dire 125 gr., s’il s’agit de soude Solway, le volume d’eau étant de 3oo litres, d’éviter une élévation de température au-dessus de 35°, ce qui rendrait le bain débilitant, et de ne pas le prendre trop prolongé. Vous pouvez donner à ce bain l’odeur agréable du bain de Pennés dont il a l’élément principal en ajoutant au carbonate de soude indiqué ci-dessus :
- Essence de lavande. . )
- —* de thym . , . > de chaque 1 gr.
- — de romarin . )
- 20 En ce qui concerne Y enlèvement du dépôt calcaire dans les bouilloires d’aluminium par l’acide chlorhy-dx'ique, nous avons signalé qu’il fallait opérer avec précaution, car au moment où les sels de chaux sont dissous, l’attaque se poursuit sur le métal. Gomme moyen anodin on peut essayer une ébullition prolongée avec une solution Sucrée qui dans la plupart des cas dissout une grande partie du dépôt et rend le reste pulvérulent. 3° Pour jasper les tranches d’un livre, on procède par aspersion de gouttelettes très fines après avoir serré les feuillets très fortement. Les praticiens opèrent avec un pinceau imbibé de la couleur, dont la marche est arrêtée brusquement par l’avant-bras gauche, le pinceau étant lancé de la main droite. Toutes les solutions aqueuses de couleurs d’aniline, éosine, bleu de méthylène, etc., peuvent ainsi être employées.
- M. Chicot, à Levallois. — Pour graver sur le verre on recouvre celui-ci d’une cire ou d’un vernis propre à cette opération (4 parties de cire jaune, 1 de térébenthine ordinaire) et l’on dessine sur cet enduit de manière à pénétrer jusqu’au verre. On expose ensuite la pièce à l’acide fluorhydrique soit aqueux, soit gazeux. Dans le premier cas, on élève tout autour de la feuille de verre un rebord en cire et on verse dans la cUVette ainsi formée de l’acide fluoi'hydrique étendu d’eau ; dans le second cas, on mêle ensemble du fluorure de calcium et de l’acide fluorhydrique en fort excès, dans un vase en plomb que l’on recouvre avec la plaque de verre à graver, après quoi on chauffe faiblement de manière à ne pas faire fondre la cire. Quand on' emploie de l’acide liquide et étendu, le dessin est poli et transparent, tandis que si on s’est servi d’acide fluorhydrique gazeux, le dessin est mat et opaque.
- M. Fausto Funes, à San Miguel (Salvador). — i° D’après Clément et Rivière, deux pi'océdés sont employés pour séparer l’émulsion du support dans les vieux films cinématographiques : l’un, breveté par la Compagnie générale de phonographes et cinématographes, consiste à traiter le film par une solution faible de pancréatine, laquelle, à la température normale de 37°, dissout la gélatine du composé de gélatino-bromure d’argent, au bout de un jour ou deux de macération, un coup de brosse suffit sous un courant d’eau pour enlever l’émulsion. Le second pVocédé, peu coûteux, consiste à traiter le film par Une solution froide d’hypochlorite de soude : un simple brossage humide libère comme précédemment le support, par sédimentation on recueille des boues que l’on dessèche à l’étuve, calcine pour détruire la gélatine et traite par l’acide nitrique pour obtenir du nitrate d’argent. 2° Si vous précipitez l’argent de la solution de nitrate à l’état de chlorure, par le sel mai'in, il faut, pour libérer le métal, chauffer le chlorure avec
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- de la craie, en présence d’un réducteur qui habituellement est le charbon, les proportions suivantes con-
- viennent bien :
- Chlorure d’argent.............. ioo gr.
- Craie pulvérisée............... 70 —
- Charbon de bois en poudre ... 4 —
- Pour éviter que le chlorure d’argent fondu ne soit absorbé par le récipient, avant réduction se servir d’un creuset en porcelaine. 3° La pellicule débarrassée de Vémulsion peut être réenduite à nouveau ; au cas où elle présenterait des rayures, on la repolit au préalable sur une meule de verre à grain fin enduite d’acétone. 4° Tout traitement du nitrate de cuivre, pour en isoler les éléments, serait plus coûteux que les produits fabriqués : nous ne vous conseillons pas d’entreprendre cette manipulation. 5° Même observation pour les vieux disques de phonographes, seuls les fabricants seraient susceptibles de les réutiliser.
- T. S. F. — M. Lambertie, à Montfort-L’Amaury (Seine-et-Oise). — Pour entendre les émissions du poste de l'Ecole supérieure des P. T. T., nous donnons un montage qui réussit généralement. On obtient un rendement encore supérieur en se servant d’une superhétérodyne, mais il faut employer un cadre bobiné de préférence en spirale plate et comportant seulement 7 ou 8 spires de fil sur un cadre de 1 m. 5o par exemple (voir n" 2545, fig. 9).
- M. le Dr Alignez, à Bourbourg (Nord). — Le poste que vous avez entendu le lundi entre 2ih3o et aah3o n’est pas un poste radiotéléphonique situé en Angleterre, mais le poste de La Haye qui envoie le lundi soir sous io5o m. un concert de phonographe et des communications en anglais et en hollandais. Cette station donne
- également tous les dimanches des concerts de i5 à 1711.
- M. le professeur Guey, à Montauban. — Les heures des concerts de Kœnigswiisterhausen ne sont pas régulières. Les concerts commencent généralement à 19h 45. Vous pouvez prendre comme base, pour construire une bobine Oudin enroulée sur un cylindre d’une dizaine de centimètres de diamètre, une longueur de 400 m. de fil pour les grandes longueurs d’ondes.
- M. Gabriel Pezet, à Lyon.— i° Le meilleur dispositif d’accord sélectif sur antenne est le dispositif Testa que l’on peut établir soit avec une bobine à curseurs ou à plots, soit à l’aide de deux galettes de self à accouplement variable.
- 20 II est préférable d’utiliser pour la réception un écouteur de 4qoo ohms sur lequel on peut monter un pavillon renforçateur.
- 3° On obtient généralement une bonne prise de terre en soudant le fil d’arrivée à un robinet d’eau.
- M. Maroselli, au Mans (Sarthe). •—- Avec un bon amplificateur 4 HF et 2 BF vous devez obtenir sur cadre une réception satisfaisante en utilisant le renforcement produit par la réaction. Un cadre de 2 m. avec 20 spires convient bien (spires écartées d’au moins 1 cm) ; s’il vous est possible de le construire, vous aurez sans doute de meilleurs résultats, bien que nullement d’intensité proportionnelle, avec un cadre de 3 m. 10 à i5 spires convenant bien pour la réception de FL et pour la S. F. R.
- M. Thirard, à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée). — 1“ Nous avons expliqué les avantages comparés du cadre et de Y antenne dans les noS 2540 et 2548.
- 20 Le diamètre d’un fil pour cadre doit être de 6 à 8/io°min (pour les ondes longues) ; pour antenne, de 12 à 20/1 oc).
- JfeD
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- BIBLIOGRAPHIE
- aSL.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. =============
- Atomes et Electrons. Rapports et discussions du Conseil de Physique tenu à l’Institut international de Physique Solvay, à Bruxelles (i-b avril 1921). 1 vol. in-8, 274 p.avec fig. Gauthier-Villars, éditeurs, 1923. Prix : 20 francs.
- Nos lecteurs connaissent les séduisantes théories électriques de la matière ; elles expliquent un très grand nombre de phénomènes connus et ont permis d’en découvrir beaucoup d’autres. Mais bien des difficultés et des obscurités subsistent, qui appellent l’attention des théoriciens et les investigations expérimentales des physiciens. Ce sont ces questions qui ont fait l’objet des rapports et discussions que publie l’Institut Solvay. Les plus illustres physiciens de France, de Hollande, d’Angleterre, des Etats-Unis, étaient présents à la réunion de Bruxelles : c’est dire la haute valeur scientifique d’un volume où l’on trouve des rapports de Lorentz sur la théorie électronique, de Rutherford sur la structure des métaux, de M. de Broglie et Millikan sur les relations de quanta dans les émissions photoélectriques, de Kamerlingh Onnes sur le paramagnétisme et sur la conduction électrique aux très basses températures, de Pierre Weiss et de De Haas sur le magnétisme, de Bragg sur la réflexion des rayons X par le diamant, de Léon Brillouin sur la conductibilité des métaux, de Bohr sur l’application de la théorie des quanta aux problèmes atomiques, de Ehrenfest sur le principe de correspondance, et de Millikan sur la disposition etle mouvement des électrons dans les atomes. Aux discussions, ont pris part, outre les savants auteurs des rapports, MM. Langevin, Perrin, Larmor, Richardson, Barkla, Zeemann, Mme Curie.
- Dictionnaire méthodique illustré. (Travaux Publics). 1 vol. 734 pages. Béranger, éditeur, Paris 1922. Prix : 35 francs.
- Ce volume est un dictionnaire de termes techniques en français, anglais, allemand, italien, espagnol, hollandais. Les mots y sont groupés par paragraphes se rapportant chacun à une même question technique, et des figures assez nombreuses permettent d’en préciser, d’une façon concise, le sens exact. Ce volume est relatif aux ponts, routes, et travaux publics. Le dictionnaire méthodique est complété par des index alphabétiques qui permettent de retrouver les divers mots traduits. Une partie du volume contient des tables de conversion des unités métriques en unités anglaises et réciproquement.
- Agenda L^umière-Jougla, 1923. 1 vol., 517 p. éditeur : Gauthier-Villars, Paris et Etablissements Lumière-.lougla, Paris et Lyon. Prix : 3 francs.
- Cet Agenda continue à être une mine de renseignements et de formules relatives à la photographie, et aux diverses branches des sciences : chimie, optique, qui interviennent dans la pratique photographique.
- Abrégé de géographie physique, par E. de Martonne, 1 vol. gr. 8°, 355 p., avec 100 fig. en cartes et 8 pl. hors texte, Armand Colin, Paris. Prix : i5 francs.
- Le titre de cet ouvrage est trop modeste : c’est un traité élémentaire, mais complet, que nous donne l’auteur; ce n’est pas non plus un résumé de son grand ouvrage, car la méthode d exposition est généralement différente, et un nouveau chapitre a été ajouté pour établir la liaison entre la géographie physique et la géographie humaine. Cet ouvrage s adresse à la fois au grand public, qu’il mettra au courant des progrès considérables réalisés par la géographie physique depuis quelques lustres, et aux éleves des classes supérieures des lycées et des écoles normales à l’intention desquels ont été préparés des exercices à la fin de chaque chapitre.
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- N° 2553 10 Mars 1923
- LA NATUR˧
- Supplément.
- INFORMATIONS
- Nécrologie. W.-K. von Roentgen. — Le physi-sien allemand, Roentgen, né à Lennep en 1845, rient de mourir à Munich, le io février 1923 ; on lui doit d’importants travaux dans divers domaines de la physique, notamment sur la chaleur spécifique des gaz; mais ceux-ci ne lui avaient conféré qu’une honorable notoriété, lorsqu’en 1895, la découverte des rayons X vint à jamais immortaliser son nom. Il était alors professeur à l’université de Wurzbourg, et il avait entamé une série de recherches sur les rayons cathodiques, qui avaient déjà fait l’objet de travaux importants de la part du savant anglais Crookes et du savant allemand Lenard. Ce dernier avait montré que d’une ampoule à rayons cathodiques de Crookes on peut faire sortir dans l’air des rayons cathodiques au moyen d’une petite fenêtre en aluminium ménagée dans la paroi de l’ampoule : ces rayons, rapidement arrêtés, pouvaient exciter la phosphorescence de l’air sur des trajets de quelques millimètres. Or on avait observé déjà qu’au voisinage d’ampoules de Crookes, des plaques photographiques hermétiquement empaquetées se trouvaient voilées par un mécanisme mystérieux imputable peut-être aux rayons cathodiques. C’est pour éclaircir ce mystère que Roentgen monta l’expérience qui, par un de ces hasards heureux qui récompensent parfois les observateurs pénétrants, lui lit découvrir les rayons X. Roentgen avait enfermé dans du papier noirci un tube de Crookes rendu ainsi complètement invisible, même dans l’obscurité absolue. Or il constata qu’un écran de platino-cyanure de baryum, placé dans le voisinage pour déceler les rayons cathodiques, s’illuminait malgré l’enveloppe opaque qui entourait le tube; cette phosphorescence se manifestait encore à 2 m. du tube, prouvant ainsi que les rayons cathodiques ne pouvaient en être la cause.
- Roentgen constata immédiatement que ces radiations mystérieuses traversaient plus ou moins aisément des corps opaques à la lumière; les corps les moins deûses étant les plus transparents. 11 établit également que le siège de’ l’émission de ces rayons se trouvait au point où les rayons cathodiques frappaient la paroi de l’ampoule de Crookes, et le premier il émit l’hypothèse que ces radiations étaient des ondes de même nature que les ondes lumineuses, mais de longueur d’onde beaucoup plus courte ; plus tard il mit aussi en évidence les propriétés ionisantes de ces rayons qu’il avait baptisés rayons X.
- La découverte de Roentgen, qui provoqua une sensation énorme dans le monde entier, marque une date fort importante dans l’histoire de la physique, non seulement par les applications immédiates qu’elle reçut, en médecine notamment, mais surtout par les recherches et les courants d’idées nouveaux qu’elle provoqua. C’est l’étude des rayons X qui, par un autre hasard heureux, mit quelques mois plus tard Becquerel sur la voie dé la découverte de la radioactivité, qui, on le sait, entraîna une véritable révolution scientifique.
- Quelques années plus tard, l’étude approfondie des rayons X par Laue et ses élèves, par J.-J. Thomson, Rutherford et Moseley, donnait à la science un puissant moyen d’investigation sur la constitution intime de la matière et aboutissait dans ce domaine à une moisson de découvertes capitales qui n’est pas encore-achevée.
- Le poste de Nice. — Les émissions radio-téléphoniques ont commencé sur la Riviera. Régulièrement, à 11 heures, tous les jours sont envoyés des informations, un bulletin météorologique et un concert tzigane; à 17 heures, des informations et un concert de musique classique; à 21 heures, enfin, les dernières nouvelles de la journée et un autre concert.
- Le 9 février, à l’occasion de la bataille de fleurs, une attraction radio-téléphonique avait été organisée; le collecteur d’ondes de l’appareil récepteur était dissimulé dans d’immenses bannières de soie.
- Conférences par T. S. P. — Comme nous l’avons indiqué, la station de l’Ecole supérieure des P. T. T. donne à ses émissions un caractère plus élevé dans un but d’éducation. Luc entente a été réalisée entre l’Ecole
- des P. T. T. et la Sorbonne et des conférences radio-téléphoniques auront lieu les mardi et jeudi de 19 h. 4^ à 22 heures, le samedi après-midi de 14 h. 3o à 18 h. Une des conférences ainsi émises a été celle de M. Gé-mier sur le « Théâtre Educateur ».
- Le Concours transatlantique. — On sait que des essais de communications par T. S., F. à l’aide d’appareils d’amateurs entre le Continent et l’Amérique ont été organisés en France par un Comité, délégué des trois Sociétés Françaises de T. S. F.
- Ces essais ont réussi au delà de toutes les espérances, puisque non seulement un grand nombre de postes américains ont été entendus par des amateurs français, mais encore qu’un amateur français distingué, M. Deloy, a pu faire entendre en Amérique l’émission de son fameux poste 8 AB.
- Les revues des sociétés françaises de T. S. F. publieront d’ailleurs le compte rendu officiel de ces essais.
- La propagation du son et les changements de temps. — Un de nos lecteurs, M. Hardillier, de Talcy (Loir-et-Cher), nous adresse une intéressante communication à propos de la propagation du son et des anomalies sans raisons apparentes qu’un observateur attentif y peut remarquer. Nous en extrayons ce qui suit :
- « Dans notre plaine de Beauce, vaste et plane comme une steppe (fertilité en plus), les sons se propagent avec une facilité étonnante : tel village que vous apercevez à peine dans la brume légère de l’horizon vous envoie avec acuité les ondes cristallines de son « angélus » ; telle machine à battre le grain, dont vous voyez vaguement la vapeur en blanches volutes près d’une meule minuscule dans le vaste horizon, bourdonne sans relâche ou donne de son aigu sifflet en dépit de tous les bruits d’alentour; le coup sec du fusil d’un chasseur perdu dans la grisaille des chaumes s’y perçoit à une distance parfois très grande. Cependant, il n’en est pas toujours ainsi; certains jours, même certaines heures, on entend peu, sans que Fon puisse incriminer l’état quelconque de l’atmosphère.
- « Règle générale admise partout et par tous ; le vent porte le son. Les exemples cités plus haut sont surtout perceptibles apportés par le vent régnant. Eh bien, fait remarquable et inexpliqué — auquel j’ai voulu faire allusion tout à l’heure — cette règle se trouve parfois en défaut. Par une période de vents d’une même direction, malgré qu’il souffle encore tout au plus atténué, on observe tout d’un coup que l’audibilité est changée • de sens; c’est contre le vent que les sons vous proviennent du lointain, apportés mystérieusement par une force inconnue. L’air , en mouvement n’apporte plus que péniblement les bruits ouatés d’un court rayon. L’observation de ce phénomène est toujours traduite à la campagne en un pronostic de changement de direction du vent et par cela même du temps régnant. Le délai de son accomplissement varie de quelques heures à quelques jours. L’infaillibilité de ce processus est quasi formelle. »
- L’explication du phénomène qui a frappé M. Hardillier nous paraît devoir être cherchée dans le fait suivant :
- Le changement dans la direction du vent qui accompagne un changement de temps ne s’opère pas simultanément sur toute la hauteur de l'atmosphère; il commence dans les zones élevées pour gagner progressivement, avec un décalage plus ou moins grand, les régions voisines du sol. L’atmosphère est donc alors le siège de courants aériens superposés et de directions différentes, auxquels se joignent les courants de convection dans le sens vertical, dus aux différences de température entre les différents courants.
- On conçoit que, dans ces conditions, la propagation du son dans la direction du vent régnant au sol puisse être atténuée fortement. Nous serons reconnaissants à ceux de nos lecteurs qui pourront nous communiquer sur cette intéressante question des observations personnelles précises.
- L’avion sous le cercle polaire. — La ligne aérienne la plus septentrionale du monde est, dit l'Aéronautique,
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- INFORMATIONS
- la ligne privée qui a été établie récemment à l’extrême Nord de la Suède, en Laponie, pour desservir la station hydroélectrique en construction à Porjus, au bord de la rivière Lulea, à 66° 5y' de latitude Nord, donc à 5o km _ au-dessus du cercle polaire. Les travaux de construction de l’usine occupent depuis 1919 un personnel de -3oo à 400 ouvriers, entièrement isolés dans cette région déserte, éloignée de plusieurs jours de voyage de tout centre habité. Aussi fut-il décidé d’assurer entre les chantiers et l’arrière-pays une liaison par voie aérienne ; un service d’avions fut en conséquence organisé entre Porjus et Süorva; la distance qui est de 100 km est couverte en 1 heure. Les avions servent aux tournées d’inspection, au transport des docteurs, du personnel et du courrier, ainsi qu’à l’évacuation des malades.
- Un service d’essai débuta fin août 1920. Il fut ensuite transformé en service régulier fonctionnant 3 fois par semaine. Du début de 1921 au 21 octobre 1922, 524 voyages simples ont été effectués, transportant 816 passagers, i3 tonnes de marchandises, 1180 kg de courrier. La régularité du service a été très satisfaisante, troublée parfois seulement en hiver par les tempêtes de neige et la brièveté du jour, qui ne dure que 3 à 4 heures. Le froid, qui atteint parfois — 40°, a rarement interrompu - la ligne.
- L’aéroplane et le dirigeable auxiliaires du pêcheur.
- — Le capitaine de corvette Rouch, dans Y Aéronautique, signale l’aide précieuse que la pêche maritime pourrait demander à la navigation aérienne. Dès 1918, Ie Pro" fesseur Joubip indiquait la possibilité de reconnaître du haut d’un hydravion la présence de poissons de taille moyenne dans des eaux de faible profondeur. Il montrait quels services rendraient aux bateaux thonniers des patrouilles d’hydravions signalant les bancs de crevettes rouges, dont la présence annonce celle du thon. Un aviateur de la marine française, M. Pouyer, mit en pratique le premier les idées de M. Joubin. Celles-ci furent reprises ensuite avec succès aux Etats-Unis. En France, en 1921, M. Heldt, directeur delà station agricole de Boulogne-sur-Mer, a mis la question complètement au point, à la suite d’expériences à bord d’un dirigeable et d’un hydravion.
- Du haut d’un dirigeable ou d’un hydravion, on distingue par faible profondeur les accidents et la nature du fond et ces renseignements ont déjà un grand intérêt pour la pêche, car ils permettent aux pêcheurs de reconnaître facilement les couloirs de sable ou de vase, où le voilier doit traîner son chalut pour ne pas l’accrocher, le banc d’huîtres ou de coquilles Saint-Jacques qu’il peut draguer, etc.
- Ce n’est pas tout : en volant assez bas, on peut distinguer les poissons eux-mêmes qui apparaissent comme • de petites taches oblongues ; on reconnaît aisément les bancs de poissons.
- Un avion ou un dirigeable peut donc explorer en peu de temps de vastes étendues et prévenir les pêcheurs quand il a découvert un banc intéressant. Avec la T. S. F. il pourra prévenir facilement les gros bateaux qui sont tous munis d’appareils récepteurs. Les petits pêcheurs, qui n’ont que de petits bateaux à voiles, seront prévenus par des signes conventionnels.
- L’aéroplane ou le dirigeable pourra servir aussi à combattre les ennemis des ppissons : les bélugas, les marsouins, les dauphins par exemple, qui font aux sardines une chasse acharnée, au point de faire changer parfois la route des bancs, et qui font toujours des dégâts considérables. Actuellement, on arme chaque année de petits navires de guerre pour faire la chasse à ces ravageurs.
- L’appareil aérien serait en mesure de les apercevoir beaucoup plus vite et de leur donner une chasse très efficace, à la grenade ou à la mitrailleuse ; ce serait en même temps un excellent apprentissage de la chasse aux sous-marins.
- Malheureusement, dit M. Rouch, cette intervention si désirable de l’aéroplane ou du dirigeable n’est pas encore entrée dans la pratique, et il faut s’en prendre à l’inertie, à la routine, au fatalisme stérile qui pèsent sur notre industrie de la pêche et qui condamnent une de nos plus brillantes populations à la plus pénible existence pour obtenir un maigre rendement.
- Détermination de l’époque favorable à l’application des engrais aux terres. — Des expériences com-
- paratives ont été faites à l’Institut agronomique de Bonn en vue de déterminer le moment le plus favorable à l’application des engrais minéraux.
- On a comparé l’action produite sur la pomme de terre, l’avoine et le haricot par les mêmes engrais appliqués à trois époques différentes : avant le semis ou la plantation, trois semaines après la levée et lors de la pleine végétation.
- Les deux premières applications (avant le semis et trois semaines après la levée) ont donné les mêmes résultats pour l’azote du nitrate d’ammoniaque et la potasse du chlorure de potassium avec une légère supériorité pour l’emploi de l’azote après la levée. Mais un emploi plus tardif de ces engrais s’est montré bien moins efficace, surtout en ce qui concerne l’élément potassique. Quant à l’acide phosphorique du superphosphate, c’est l’application avant le semis qui a donné les meilleurs résultats. L’effet de l’engrais phosphaté s’est montré déjà fortement diminué après la levée des plantes et il a été presque nul dans le cas de l’application en pleine végétation.
- Voici, par gramme de principe fertilisant employé, l’augmentation de x’écolte en grammes produite sur la pomme de terre.
- Date d’emploi. Azote. Acide phosphorique. Potasse.
- 3t mars ... 3o gr. 61 gr. 45 gr.
- 17 mai. ... 4° — 4a — ï5 —
- i3 juin. ... 22 — 6 — 5 —
- Ces résultats fixent un point sur lequel les agronomes ne paraissaient pas complètement d’accord, quant à l’époque à laquelle, normalement, l’application des fumures minérales peut avoir le maximum d’efficacité.
- L’alcool amylique et l’acétone en Tchéco-SIova-quie. — La Tchéco-Slovaquie produit annuellement i5oooo kg d’huile de fusel ou alcool amylique brut, dont 5 pour 100 sont utilisés sur place; quant au reste il est exporté en Allemagne, aux Etats-Unis, en Hollande, Autriche, Hongrie et Suisse. C’est en Bohême que ce fusel brut est rectifié; l’alcool butylique .est employé aux Etats-Unis comme concurrent de l’huile de fusel brut; l’acétone produite par la distillation des acétates de chaux provenant de la distillation des hêtres très abondants en Tchéco-Slovaquie est produite par 5 usines. La production en est de 600 000 kg par an, dont les 4/5 sont exportés. L’industrie de l’acétone occupe 3ooo ouvriers. L’acétone sert surtout à la confection des peintures, de, celluloses et de préparations pour vernis à cuirs.
- Nouvelle méthode de dosage rapide de la potasse.
- — M. Paul Hubert, chef de Laboratoire de la mine Amélie, a étudié l’application à la sylvinite alsacienne d’une nouvelle méthode de dosage de la potasse, imaginée par le chimiste Przibylla.
- Cette méthode est bien plus expéditive et plus économique que les méthodes au chloroplatinate ou au per-chlorate, employées jusqu’ici et considérées comme suffisamment exactes pour l’industrie.
- La méthode Przibylla, basée sur l’emploi du bitar-trate de sodium, assure le Contrôle rapide des sels extraits de la mine ou sortant des broyeurs, ainsi que la surveillance des appareils de concentration. Elle sera certainement utilisée avec avantage par l’industrie des sels de potasse d’Alsace.
- Un marché de fauves à Saigon. — L’Eveil économique de VIndochine vient de lancer l’idée très intéressante d’organiser un marché de fauves à Saïgon. Depuis la guerre, les ménageries, les jardins zoologiques qui se fournissaient chez Hagenbeck, à Hambourg, ne savent plus où s’approvisionner. L’Indochine pourrait trouver là un commerce original et fructueux. Il faudrait annexer au Jardin zoologique de Saïgon un parc où les directeurs de cirques et de ménageries, les agents des jardins zoologiques et d’acclimatation de France et de l'étranger viendraient, choisir les animaux qu’ils désirent : tigres, panthères, ours, éléphants, rhinocéros, aurochs, cerfs, tapirs, etc.... Toute la faune d’Extrême-Orient et d'Australasie y serait représentée. L’introduction en Indochine d’animaux exotiques et utiles pourrait y être aussi étudiée.
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- Astronomie
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- La construction et l’emploi des petits instrur ments en Astronomie (Suite et fin) (1). — Le moment est venu de diriger vers le ciel la lunette que nous ayons construite. Si nous nous sommes arrêtés à la petite lunette faite avec un verre de lorgnon de 37 mm de diamètre, nous allons être étonnés du parti que l’on en peut tirer, aussi bien au point de vue visuel qu’au point de vue photographique.
- Observations visuelles.^— Nous commencerons par le Soleil.
- L’éclat relativement faible des images avec un objectif de cette dimension, surtout si nous avons choisi celui de 2 mètres de foyer, avec un oculaire donnant un grossissement de 100 à 120 fois, est presque une qualilé pour l’étude du Soleil. Mais un verre noir est absolument nécessaire pour protéger l’œil.
- Notre lunette nous permettra d’observer et de dessiner les taches importantes du Soleil, d’en suivre les transformations, de les compter, bref d’en faire là statistique.
- Si nous préférons observer par projection, ce qui*est évidemment plus commode, nous pourrons construire un dispositif dans le genre de celui de la figure 1. Avec une lunette comme celle ci-dessus, nous devrons le faire léger, nous augmenterons les dimensions du carton C, car notre lunette est peu lumineuse et, pour bien voir, il convient d’éliminer le plus possible la lumière extérieure.
- Avec un oculaire moyen, l’observation des cratères lunaires deviendra un régal pour l’étudiant du ciel, on pourra assister au lever du Soleil sur les montagnes
- Jupiter a un diamètre de . Un grossissement de 45 fois le montre déjà sous le même diamètre apparent que la Lune nous offre à l’œil nu. Avec notre grossissement maximum, il apparaîtra 'environ 3 fois gros comme la Lune vue à l’œil nu et on distinguera ses bandes.
- L’anneau de Saturne se révélera à notre curiosité,
- mais la planète paraîtra assez sombre.
- Avec un petit grossissement, nous suivrons facilement Ura-nus dans son déplacement sur le ciel.
- Nous pourrons observer, toujours avec un petit grossissement, les étoiles jusqu’à la 7° grandeur et demie, la 8° peut-être. Tout dépendra de la pureté de l’atmosphère et de la valeur du système optique de notre lunette. Cette valeur peut être très différente d’une construction à l’autre. On essaiera de séparer les étoiles doubles brillantes. Théoriquement, un objectif de cette dimension (35 mm d’ouverture libre) permet de séparer environ. Nous ne pensons pas qu’il soit possible de séparer le double de cette distance, et si quelques observateurs obtiennent d’intéressants résultats dans cette voie, nous leur serons reconnaissant de nous en aviser. M. Jarson signale que sa lunette de 2 mètres, munie de grossisse?-ments de 3o à-110 fois, lui permet de voir les étoiles doubles à composantes écartées, telles queMizar ('S Grande Ourse, gr. 2, 4 et 5, o à 14”,5) ; Albireo (P Cygne, gr. 3, 5 et 6, o à 34") et y Andromède (gr. a, 2 et 5, o à 10",o).
- Ces petites lunettes ne permettent guère l’observation des nébuleuses et des comètes, car, nous l’avons vu, elles sont peu lumineuses. Cependant, en les munissant de très faibles grossissements, on pourra tout au moins voir quelques amas et les nébuleuses brillantes.
- Photographie astronomique. — Les petites lunettes construites selon les indications précédentes, et dont
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- Fig. 1. — Dispositif pour recevoir par projection sur un écran l’image du Soleil ou d’une éclipse de Soleil.
- L, lunette ; 0, oculaire; E, écran; SS', image du Soleil; P, collier de serrage se fixant, au moyen d’un écrou V, sur la monture M et serrant sur le tube L ; GG', plateforme à glissière avec rainure pour le passage du boulon Y,, immobilisant l’écran ; J, jambe de force ; C, carton protégeant l’écran E contre les rayons directs du Soleil.
- Fig. 2. — Construction de chambres noires pour la photographie au moyen de petites lunettes :
- I, pour la prise d’images au foyer; II, pour la photographie par agrandissement direct.
- AB, corps de la lunette; T, tube de mise an point; C, tube porte-oculaire (dans les petits instruments, T et C ne peuvent, former qu'un seul tube)
- O, oculaire ; D, D', chambre noire ; E,E', bloc de bois découpé formant collier de serrage; L,,!/,, image agrandie que l’on peut faire varier de dimension soit en déplaçant E sur C, soit en construisant la chambre D' en deux parties rentrant l’une dans l’autre ; Ch, châssis photographique avec volet V ouvert
- P, plaque sensible.
- lunaires, voir peu à peu les pics émerger de la nuit, reconnaître les détails des mers, etc.
- Les occultations des étoiles brillantes sont accessibles à notre petit instrument, ainsi que les éclipses de Soleil et de Lune.
- Malgré son objectif de minime valeur, il nous fera voir les phases de Yénus et celles de Mercure, à la limite.
- Mars se reconnaîtra à ses neiges polaires.
- . i. Voir La Nature, n’ 253?, p. i5g et n° 2046, p. 19.
- l’objectif est un simple verre de besicles, permettent de prendre de bonnes photographies, soit que l’on s’en serve comme appareil pour la prise de la photographie, soit qu’elles jouent le rôle de pointeur pour suivre une étoile ou un autre astre, et entraîner l’appareil photographique.
- La faible luminosité de ces objectifs ne nous permet de photographier que des astres brillants, c’est-à-dire le Soleil et la Lune. Exceptionnellement les planètes et les étoiles brillantes. .-..u:.~
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- Le grand éclat du Soleil permet de le photographier, soit au foyer de l'objectif, en enlevant l’oculaire — et dans ce cas le tube de la lunette joue le rôle de la chambre noire classique, — soit en agrandissant directement l’image, en conservant l’oculaire.
- La figure 2 montre ces deux dispositions d’une lunette adaptée à la photographie céleste.La chambre noire représentée dans les croquis est supposée-adaptée à iine lunette de construction soignée. La disposition sera la même avec une lunette en carton. Cependant, en raison de la solidité moindre de cette dernière, on fera bien de toujours fixer la chambre photographique après le tube même de la lunette et non après celui de l’oculaire.
- Les châssis recevant la plaque photographique peuvent être quelconques.
- Pour diminuer le poids, nous recommandons les petits châssis en acier que l’on trouve à présent couramment dans le commerce à un prix très bas qui dispense d’entreprendre soi-même la construction d’un tel accessoire.
- Pour permettre une mise en plaque correcte, il est indispensable de compléter la lunette photographique par un chercheur muni, dans l’oculaire, d’une croisée de fils. On réglera le chercheur de manière qu’en amenant le centre du Soleil à la croisée des fils, l’image du Soleil soit juste au centre de la plaque.
- On peut encore, en utilisant un dispositif analogue à celui construit par M..Blum (voir le précédent article), employer un large tube. En repérant plusieurs points du champ du chercheur, par exemple au moyen de 4 fils se coupant à angle droit en dehors du centre de ce champ, ou en recevant l’image sur un carton blanc où l’on a marqué 4 petits ronds, ùn pourra obtenir 4 photographies sur la même plaque. En les prenant avec des poses différentes, on aura des résultats variés, et on choisira la meilleure.
- Le Soleil est si lumineux que pour obtenir une bonne photographie au foyer de notre objectif de 2 mètres, il faudra faire de l’instantané et employer des plaques lentes, par exemple les plaques qui servent à tirer les positifs pour projections.
- 11 sera nécessaire de construire un obturateur. Du carton et un élastique en caoutchouc en feront tous les
- que possible, afin d’éviter d’imprimer une secousse à la lunette lors du démarrage.
- Pour commander l’obturateur et produire son déclenchement, employer, soit une poire pneumatique, soit une commande souple Bowden, soit une commande électrique (fig. 3). Une fois de plus, nous laissons ici la
- place à l’ingéniosité des observateurs pour résoudre pratiquement les détails de ces appareils accessoires.
- Nous ne recommandons guère, pour la photographie du Soleil, d’enfumer l’objectif, tout au plus pourra-t-on le diaphragmer. Si l’on veut avoir quelques détails dans les taches solaires, il faut conserver à l’objectif son ouverture entière. N’oublions pas toutefois que nous avons affaire ici à un verre de lorgnon, verre simple, offrant de l’aberration chromatique. Le mieux serait de placer devant la plaque sensible un bon écran coloré, àfacesbien parallèles.
- On a souvent dit qu’il y avait avantage, en raison de la finesse du grain, à utiliser les plaques lentes. Si nous les recommandons, c’est à cause de leur lenteur même, mais la finesse du grain de ces plaques est bien loin de la netteté que peut donner un verre semblable, à cause de ses aberrations et de la diffraction.
- Mais, nous le répétons, si l’on emploie le dispositif d’agrandissement direct (fig. 2, croquis n° II), on obtiendra de très bonnes photographies solaires.
- Les photographies de la figure 4 ont été prises par M. G. Blum au moyen d’un verre de monocle de om. o33 de diamètre et de 1 m. 90 de longueur focale, diaphragmé à o m. 013, monté sur un tuyau de poêle. Sur une plaque 6 1/2X9, on pouvait recevoir 4 images du Soleil. Le chercheur était également un verre de monocle, de 1 m. 20 de foyer, donnant l’image du Soleil sur un carton blanc où étaient marqués à l’avance 4 cercles de repère correspondant aux 4 images reçues sur la plaque sensible. Pour réussir ce repérage, il faut être deux, un observateur maintient le Soleil sur le verre dépoli de la chambre noire et l’autre marque l’emplacement du Soleil sur le carton blanc du chercheur.
- Les dispositifs précédents conviennent, bien entendu, pour les éclipses de Soleil. La figure 5 en montre quelques exemples. Les vues du haut ont été obtenues au moyen de^l’objectif de monocle ci-dessus. Les deux
- Fig. 3. — Obturateurs photographiques pour petits instruments,
- A gauche : Obturateur à déclenchement |>neuinatique. — II, disque de bois percé d'une ouverture et se fixant sur l'oculaire; T, tube de verre; P, piston en cari on, relié par une tige à la lame obturatrice 0, en carton ; G, G', glissières en carton. Cet obturateur agit par asj.iral.ion. Employer une poire en caoutchouc assez forte.
- A droite : Obturateur à déclenchement électrique. — B, B', bornes d’arrivée du courant (produit par une pile sèche); V, vis formanl axe de rotation du volet en fer-blanc 0, percé d’un trou (ou d’une fente) en son centre ; E, électro-aimant; V', axe du levier en fer-blanc L; K, cran d’arrêt dans lequel s’engage L lorsque l’obturateur est armé; G, élastique; A, butée du volet 0.
- Fig. 4. — Photographies du Soleil et, de ses taches au moyen d’un verre de lorgnon. (Clichés G. Blü.m.)
- Aspect du Soleil du 3 au 8 novembre 1903. Photographies instantanées plus ou moins rapides, sur plaque lente (Lumière rouge), avec un verre de 1™,90 de foyer. Les poses très courtes, à droite, montrent la décroissance de la lumière au bord du disque solaire.
- frais. Placer cet obturateur très près et en avant du foyer, c’est-à-dire en avant de l (fig. 2, croquis n° I) et près O (fig. 2, croquis n° II).
- Pour le Soleil, la lame obturatrice pourra être percée d’une simple fente, perpendiculaire au déplacement de la lame. La largeur de cette fente et la vitesse, de déplacement se détermineront par expérience. On peut avantageusement pour cette lame remplacer le carton par une mince feuille d’aluminium.
- La partie mobile de l’obturateur doit être aussi légère
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- vues du bas au moyen d’une petite longue-vue dont l’objectif mesure seulement o m. 027, à laquelle était adaptée une petite chambre photographique avec châssis doubles en carton.
- La photographie de la Lune présente sur celle du Soleil la difficulté qui résulte du temps de pose. 11 convient d’avoir un obturateur qui démasque entièrement l’image, et celui, à fente construit pour le Soleil ne convient plus. On peut se contenter d’un bouchon pasé suc l’objectif et qu’on soulève ùn peu avant de démasquer
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- l’objectif, afin de ne pas remuer la lunette. On fait la pose quand l’image de la Lune tombe sur uu des,cercles repère du carton blanc du chercheur. Le temps d’expo-
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- Fig. 5. — Photographies d’éclipses de Soleil.
- (Clichés G. Bltjm.)
- a et b. — Eclipso du 28 juin 1908. Objectif rie lorgnon de h",90 de foyer diaphragmé à 151'"" el. lêgèrenu-m enfumée. Pose courie à la n ain : 0*,1.
- v el il.— Petite longue-vue de 27'““ d’objectif, légèrement enfumée.t’ose courte à la main : 0s.l : c, éclipse du 28 triai 1900, phase maximum (0,900) à Pans; d, éclipse du 17 avril 1912, phase voisine du maximum (0,750) à I.vou.
- sition avec notre objectif de monocle de 2 m. de foyer et avec les plaques les plus rapides du commerce peut être de 1/5 à 3/5 de seconde pour la pleine Lune, au foyer. Pour les éclipses de Lune, il faudra augmenter la durée d’exposition au fur et à mesure de l’entrée de la Lune dans la pénombre. Mais au delà de 5 secondes,' le mouvement de la Lune par suite de la rotation terrestre produira un flou gênant.
- Mais si l’on a pris soin de construire un pied équatorial avec entraînement par vis, comme nous l’avons conseillé, on pourra, en suivant à l’oculaire du cher-* cheur muni d’une croisée de fils, faire des poses longues
- Fig. 6. — Photographies d’une .éclipse de Lune au moyen d’un vei’re de lorgnon. (Clichés G, Bltjm.j
- Eclipse du 11 avril 1903. Poses : de 5/5 à 5 secondes sur plaques de sensibilité extrême (Lumière violette).
- et réaliser, même par agrandissement direct, de très bonnes photographies.
- Nous donnons dans la figure 6 quelques photographies d’éclipses de Lune prises par M. Blum au moyen de l’objectif de monocle de 2 m, de foyer sur pied ordinaire.
- La photographie des planètes (au foyer ou par agrandissement direct) et des étoiles (doubles très écartées) ne peut guère être tentée qu’avec le dispositif d’entraînement à vis que nous avons indiqué.
- Nous avons, au cours de ces articles, beaucoup in-sislé sur la construction et l’emploi des petites lunettes dont l’objectif est un verre de monocle, parce que ces instruments sont accessibles à tous, et qu’ils permettent, malgré leur simplicité, de .faire déjà des observations intéressantes.
- - Si au lieu d’un tel inslrument,' on a pu construire une lunette plus importante, avec de véritables pièces optiques ou encore si l’on possède une lunette astronomique provenant d’un constructeur, on pourra aborder beaucoup plus facilement toutes les questions de photographie que nous avons ébauchées ici. Les images seront plus lumineuses et plus nettes, la définition plus parfaite. Si l’on a soin d’incliner ees lunettes à la latitude du lieu au moyen d’un pied convenable, et de les entraîner par une vis, on réalisera des photographies parfaites et d’une grande netteté.
- Monture équatoriale photographique. —- Cependant, au moyen d’une lunette, la photographie des étoiles est chose difficile. Le champ est faible et pour obteuir une image nette d’une étoile, ou d’un groupe d’étoiles, au foyer, il faut suivre avec un soin extraordinaire, c’est une opération difficile, les montures des lunettes s’y prêtant généralement fort mal.
- Voici (fîg. y) une monture que tout amate u r peut construire soi-mème et qui est parfaite pour la pliologra^ hie céleste.
- Elle se compose d’un arbre cyliudrique dirigé suivant l’axe dn monde, sur lequel on fixe une planche — une table équatoriale — après laquelle on attachera tous les appareils.
- La monture représentée dans la figure a été construite par un fabricant d’appareils de précision, mais que l’on ne s’épouvante pas, tout le monde, avec un' peu de soin, peut l’établir. La partie essentielle est l’arbre cylindrique. On le constituera avec avantage par un tube d’acier, de laiton ou de duralumin. Ce tube reposera à son extrémité inférieure sur une butée,.par exemple, si on le termine par un tampon de bois muni d’une plaquette de métal, on le fera reposer sur l’extrémilé d’une vis.
- Si l’on préfère, on laissera lé tube creux, et on pourra le munir d’une lenlille.et d’un oculaire pour en faire le réglage sur le pôle, ainsi qu’il a été dit précédemment. Mais ce dispositif exige de faire souder à l’arbre deux épaulqmenUs pour le maintenir sur les coussinets, c'est une complication. D’autant plus qu’on fera le réglage parla méthode de M. A. Benoît.
- Donc, choisir ün tubë d’acier, de laiton étiré ou de duralumin d’un diamètre de 3 à 4 cm et de 1 mm à 1 min 5 d’épaisseur au plus. Ces tubes sout aujourd’hui couramment employés dans la fabrication des avions. Construire une monture en bois de manière que le tube soit incliné à la latitude du lieu. Le placer sur deux coussinets, un en haut, l’autre en bas, lui permettant de tourner facilement et sans jeu. Si l’on n’est pas outillé pour établir ces coussinets avec assez de précision, on peut faire porter l’arbre sur un V découpé dans du bois et recouvert de laiton. Une planchette transversale recouvrira les deux branches du V pour maintenir l’arbre. Ainsi cet arbre tournera bien rond étant soutenu en trois points.
- Le munir, au bgsf c}u dispositif d’entraînement à vis
- Fig. 7.—Monture équatoriale d’amateur permettant la photographie céleste eh suivànt à la main pour corriger le mou-. veinent diurne. (Cliché Em. Touchet.)
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- décrit ali précédent article {fig. n), en ayant soin de placer en S un fort écrou à oreilles permettant de bloquer la pièce C sur l’arbre.
- Nous terminerons notre monture par deux planches qui enserreront l’arbre, et lui donneront de la rigidité.
- Sur ces planches nous fixerons tous appareils, chambres, lunettes, etc. Cependant, comme il y a toujours une petite rectification à faire en déclinaison, nous conseillons de faire passer un fort boulon à travers les deux planches, ce fort boulon portera lui-même une autre planche, et c’est sur cette dernière que l’on lixera l’appareil photographique. Une vis Y (fig. 7) (et un ressort de rappel tirant l’appareil photographique sur la vis) permettront la correction en déclinaison si la mise en place n’est pas parfaite, ou la correction de la réfraction.
- Un avis essentiel : s’assurer qu’il n’y a aucun jeu perpendiculaire au plan du plateau dans ces vis. Autrement, avec l’inclinaison progressive de tout l’ensemble, au fur et à mesure de l’entraînement pour suivre le mouvement diurne, il se produirait une sorte de flexion, et, avec une pose longue, les étoiles formeraient des traînées centrées autour de l’étoile guide.
- Pendant toute la pose, on suivra une étoile guide assez brillante. A cet effet, une lunette — ici une lunette en
- carton avec objectif de monocle — est fixée après l’appareil photographique et fait corps avec. La maintenir par un bouton que l’on serrera fortement quand l’étoile guide et la région que l’on désire photographier seront la première dans le champ de la lunette,
- la seconde au centre a
- de la plaque. Il n’est pas nécessaire que les axes de la lunette et ,de l’appareil photographique soient parallèles.
- Placer dans la lunette une croisée de fils et utiliser un oculaire très grossissant.
- Pour bien suivre, 11e pas mettre au point, màis enfoncer un peu l’oculaire, l’étoile paraîtra comme un Risque divisé en quatre secteurs par la croisée de fils.
- ' On comprend pourquoi on ne met pas l'étoile au point dans le chercheur : dans la nuit, surtout avec le fort oculaire employé, on ne voit pas les. fils du réticule. Si l’étoile était au point et qu’elle vienne à quitter ces fils, on aurait dé la peine à la ramener à la croisée des fils, et, sur la plaque, ces tâtonnements auraient pour effet de produire des traînées à toutes les étoiles.
- Suivre pendant toute la pose au moyen de la vis (E, fig. 11) dont on tourne sans arrêt le bouton à la main, en maintenant
- Fig. 8. — Détermination photographique du foyer d’un objectif.
- La chambre étant fixée sur une monture équatoriale, on amène une étoile jusqu’au fil nord-sud du chercheur. On démasque la plaque el on laisse poser, sans suivre, par exemple une minute. O11 ramène rétoile-guide sur le fil, en décalant, un peu en déclinaison, 011 change la mise au point de l’objectiCphotographique, et l’on pose encore une minute. On recommence ainsi jusqu'à ce que, manifestement, l’on ait dépassé le foyer. O11 règle le nombre de traits, ou l’on fait une interruption, afin de savoir exactement à quelle mise au point correspond la traînée la plus nette laissée par les étoiles. O11 cale l’objectif sür cette position.
- ' c d
- Fig. 9 — Photographies stellaires obtenues an moyen d’un objectif à portraits de 8imm, placé sur une monture équatoriale d'amateur, sans mouvement d’horlogerie. Poses entièrement faites en suivant à la main. (Clichés Em. Toucuf.t.)
- Les Pléiades, pose 50 minutes ;
- Amas des Gèmaux (Messier 55), pose iO minutes ;
- Amas du Cancer, pose 51) minutes. L’étoile brillante, en baut, près du bord, est Y Cancer; celle du-bas, à gauche, 3 Cancer. d. — Région'de la grande nébuleuse d’Oriou.
- a.
- b.
- c.
- les 4 secteurs du disque de l’étoile égaux. Si la déclinaison varie un peu, corriger au moyen de la vis Y.
- L’appareil photographique — dont nous n’avons pas parlé — sera n’importe quel appareil de la photographie ordinaire. Avec un objectif rec-lilinéaire i3 X 18, nous avons obtenu, à l’Observatoire de la Société astronomique de France, des photographies de constellations d’une netteté remarquable. Utiliser, de préférence, des objectifs de grande ouverture, surtout si l’on veut photographier des nébuleuses et des comètes.
- Certains objectifs à portraits, genre Petzval, que l’on trouve d’occasion, détrônés qu’ils çont par les objectifs modernes, conviennent parfaitement. C’est un de ces objectifs, un Hermagis de o m. 081 de diamètre et de. o m. 34 de foyer, que l’on voit dans la figure 7.
- Il vaut mieux construire une chambre en bois rigide pour cet objectif. Serrer la crémaillère pour que la mise au point soit très dure, ou même la bloquer une fois cette mise au point faite. On peut aussi tracer sur la monture de l’objectif, avec la pointe d’un canif, une échelle divisée. Il imporle, en effet, de faire la mise an point avec une entière perfection.
- Pour faire cette mise au point, on peut opérer sur les étoiles comme suit. Ayant amené une étoile un peu brillante vers le centre de la plaque, ou fait une pose en laissant l’étoile traîner sur cette plaque pendant une minute. On obture, on change un peu la mise au point, on décale en déclinaison d’une petite quantité en ramenant, en ascension
- droite, l’étoile sur le fil du chercheur, et on recommence. On a soin de laisser une interruption dans la série des traits par un plus grand mouvement en déclinaison, et de ne pas faire le même nombre de traits de part et d’autre. On note à chaque pose, d’après la di\i-siou faite sur l’objectif, la mise au point correspondante.L’exu-meu à la loupe des traînées produites révèle la mise au point exacte. La fi gui e 8 est un essai de ce genre fait pour la mise au pointdel’objectif Hermagis de o m. 081. D’autres étoiles sont visibles sur la plaque. Elles permettent, souvent mieux qu'une étoile brillante, de trouver la mise au point parfaite,les étoiles brillantes, avec des objectifs imparfaits, donnant lieu souvent à uue auréole. C’est pour cette raison que les objectifs dits «anastigmats» donnent des images stellaires mieux piquées que les objectifs à portraits. Mais ces derniers"sont souvent excellents et, si l’on en (possède, il
- 1, pose l1' 5"'
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- faut les essayer sur le ciel. C’est avec un objectif à portraits que l’on a découvert un grand nombre de petites planètes à l’Observatoire de Nice. Dans un grand nombre d’observatoires on les utilise pour la photographie. A l’Observatoire de Juvisy, M. Quénisset a réuni une magnifique collection de régions du ciel avec un objectif de o m. 16.
- La monture que nous venons de décrire, entraînée par une vis, est un instrument qui rendra les plus grands services à l’amateur du ciel et lui permettra d’entreprendre des études et des recherches importantes, selon la partie optique qui y sera montée : photographie ou spectroscopie. La photographie des comètes, leur étude spectrale au moyen d’un prisme-objectif, l’étude photographique des étoiles variables, la photométrie stellaire, la photographie des étoiles filantes, etc., sont des sujets que pourra aborder le constructeur de la monture en question. 11 lui faudra seulement de la patience pour effectuer les poses.
- Nous avons pu, avec cette monture, prendre les photographies de région du ciel avec des expositions de plus de 2 heures ; la figure 9 reproduit quatre régions différentes du ciel, avec des temps d’exposition variant de 3o minutes à 1 heure 5 minutes, la pose étant faite foute entière à la main.
- Nous recommandons de munir la monture équatoriale photographique de vis calantes, et, si c’est possible, de la placer sur un socle solide où on la laissera à demeure. On l’abritera au moyen d’une petite cabane roulante. Cette façon sera la plus efficace de l’utiliser, puisque, le réglage une fois effectué, on n’aura plus à y toucher.
- Construction d’un télescope. — Jusqu’ici nous n’avons parlé que des lunettes, des réfracteurs. Si l’on a l’occasion de se procurer un miroir on pourra construire un réflecteur.
- De même que pour les objectifs, nous ne parlerons pas de la construction des miroirs eux-mêmes, cette construction dépassant, en général, l’habileté des amateurs. Cependant si nous ne le conseillons pas pour les objectifs, on pourrait essayer de tailler soi-même le miroir de son télescope. Ceux que la question intéresse pourront consulter dans Ciel et Terre (*) un récent article de M. Paul Vincart sur la « Taille des miroirs de' télescopes à la portée de l’amateur. »
- Si donc nous disposons de la partie optique d’un télescope, c’est-à-dire d’un miroir parabolique argenté, d’un petit miroir plan argenté ou d’un prisme et d’un oculaire — que l’on peut constituer au moyen d’un petit microscope à faible grossissement—on fera le montage de ces pièces avec le plus grand soin. Constituer le tube du télescope par un fut octogonal en bois. On assemblera les planchettes constituant, cet octogone sur des colliers en bois découpés en cercle à l’intérieur du diamètre du. miroir, et, à l’extérieur, ces colliers auront la forme d’un octogone.
- 1. Ciel et Terre, XXXVIII0 année, n° 4. Avril 199.2.
- Le petit miroir (ou le prisme) sera monté sur une bande mince de métal — de manière à faire le moins d’ombre sur le grand miroir — et dans une position telle que les rayons lumineux soient réfléchis à angle droit sur le côté du tube, où on les recevra dans l’oculaire.
- Tout ce montage, que nous ne pouvons seulement esquisser ici, on le comprendra facilement, doit être fait avec beaucoup de soin.
- Les télescopes offrent sur les lunettes le très grand avantage d’être parfaitement achromatiques. Ils donnent d’excellents résultats dans leur emploi pour la photographie.
- On leur reproche l’argenture délicate du miroir de verre, qui se ternit rapidement surtout dans les villes. On peut cependant facilement réargenter soi même les miroirs.
- Voici un procédé que nous a communiqué M. A. Se-nouque (procédé Martin, modifié par Mailhat) et qui donne d’excellents résultats. On prépare les solutions
- suivantes :
- SEau distillée..............100 gr.
- Azotate d’argent cristallisé . 4 —
- Azotate d’ammoniaque ... 6 —
- ( Eau distillée.........xoo gr.
- B ) Potasse pure.......... 10 —
- ( Sucre.................... 4 —
- f Eau distillée.........100 gr.
- C j Sucre ........... 10 —
- ( Acide tartrique....... 1 —
- Faire bouillir cette dernière solution pendant to minutes. Quand elle est refroidie, ajouter :
- Alcool à 4o°................... 10 cm3
- Eau distillée.............. . . 90 cm5
- Pour préparer le bain d’argenture, prendre :
- Solution A......................400 cm3
- — B......................400 cm3
- — C......................280 cm3
- On mélange les solutions B et C, puis on verse ce mélange en même temps que A dans la cuvette destinée à l’argenture.
- f-
- îfî #
- Nous nous excusons de la brièveté de la plupart des explications fournies au cours de ces articles. Nous répondrons dans le « Bulletin astronomique » aux questions qui nous seraient posées, et offrant, bien entendu, un intérêt général.
- En terminant, nous nous estimerons récompensé si la lecture de ces lignes a pu engager le lecteur à construire une lunette et à entreprendre l’étude du ciel.
- Em. Touohet.
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- VARIÉTÉS
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- L’EXPEDITION SUISSE DE
- Parmi les travaux, dont la publication a été retardée par la guerre, figure l’ouvrage de MM. de Quervain et Mercanton sur l’expédition suisse au Groenland de 1912-1913. Du 20 juin au 29 juillet 1912, l’expédition traversa Y inlandsis d’ouest en est, suivant une courbe de 645 km, partant de la côte située en face de l’ile Disko (69° 45’2" de lat. N. et 5o°7' long. W. de Greenwich) pour aboutir sur la côte orientale, un peu au nord-ouest de l’île Augmagsalik (66° lat. N. et 38° io’ long. W. de Greenwich). Quatre membres de la mission, MM. de Quervain, Fich, Gaule et Hôssli, prirent part à ce raid, lequel dura 3g jours. Ils constatèrent que Y inlandsis s’élève par degrés, parallèlement aux mouvements du sol, et que son épaisseur, très inférieure à ce que l’on croyait, ne dépasse pas celle des glaciers alpins. Ils constatèrent, en outre, que l’on traverse de temps en temps des espaces complètement libres de glaces. La ligne de séparation entre les deux versants occidental
- W2-Ï9J3 AU GROENLAND
- et oriental de Y inlandsis est à 4^5 km de la côte ouest et à 220 km de la côte est; elle est à la cote 2.5oi.
- L’expédition aperçut de loin Un massif montagneux, qu’elle appela Schweitzerland, en l’honneur de la patrie absente; ce massif aurait une altitude moyenne de 2000 m. et son point culminant, le Mont Forel, atteindrait l’altitude de 344o m. Il se trouve par environ 67° lat. N. Il est vraisemblable que le Mont Forel est la cote la plus élevée de tout le Groenland; il dépasse en tout cas de plus de 600 m. le pic Petermann, qui se trouve sous le 73° lat. N. La limite supérieure des chutes de neige est dans l’intérieur à l’altitude de i45o m. ou i5oo m; elle s’abaisse dans l’île de Disko à 1000 m. au maximum. Les chutes de neige sont d’ailleurs peu abondantes (de 2 à 8 cm par an seulement, à en juger par l’épaisseur de la neige nouvelle).
- La ligne de séparation des deux versants correspond à une zone anticyclonique, en été tout au moins. Au
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- VARIÉTÉS
- cours de la traversée de l'inlandsis, les vents observés étaient d’est et de sud-est sur le versant occidental, de nord-ouest sur le versant oriental. Il semble que les cuvettes, que l’on rencontre par places dans l’inlandsis, jouent un rôle dans ce régime des vents.
- Pendant que la portion la plus importante de la mission faisait cette expédition, le Dr Mercanton, avec MM. Stâlberg et Jost, restait sur la côte occidentale. Il s’y consacrait à des observations météorologiques et à des études sur le glissement des glaces. MM. Jost et Stâlberg firent même un séjour à la station météorologique de Godhavn, dans l’île de Disko, depuis le mois d’octobre 1912 jusqu’à la fin de juin 1913. Ils étudièrent tout particulièrement la direction des vents, qui soufflent tantôt de la mer (en ce cas, ils amènent des nuages et déterminent des précipitations atmosphériques), tantôt de Vinlandsis. Ils firent de nombreux lancers de ballons pilotes, pour sonder l’atmosphère à de grandes altitudes; quelques-uns de ces ballons dépassèrent 20000 m.; l’un d’eux atteignit même 3g5oo m., le record du monde.
- Le groupe de l’ouest procéda en outre aux mois de juillet et d’août à des mesures sur le glissement vers l’ouest de Y inlandsis du versant occidental. Il a trouvé
- pour Y inlandsis proprement dit, dans le voisinage de Nunap Rindlingà, à l’altitude de 56o m., où se trouve le bord de ce gigantesque glacier, une vitesse de déplacement de o m. 06 à o m. 60 par jour. Une ramification de Y inlandsis, le Sermak Ivujallek, qui descend par des gradins extrêmement raides du bord de Y inlandsis (cote 56o m.) au fond d’une petite vallée (cote 170 m.), n’a donné que des valeurs de o m. 14 à o m. 20 par jour, ce qui paraît bien faible. Une autre branche de Y inlandsis, l’Ekip Sermia, aboutit à la mer à l’Ikerasak Sund, entre 40 et 60 m. au-dessus du niveau de la mer. Ces vitesses de déplacement sont de o m. 70 à 1 m. 5o par jour sur le bord inférieur du glacier, de 1 m. 4ô à 2 m. 34 aux altitudes comprises entre 100 ni. et 318 m. Rappelons que de l’Eskip Sermia se détachent de nombreux icebergs ; la mission leur a consacré une étude spéciale. (D’après Hans Hess : Ergebnisse der Schweizerischcn Grônlands Expédition, 1912-1913, in Petermanns Miltei-lungen, Heft Oklober-November, 1922). Nous ajouterons que les vitesses de ces glaciers groenlandais sont de même ordre que celles des glaciers des Alpes (o m. oï à t m. 9.5 par jour), mais légèrement supérieures.
- Ri'KÉ Lr Conte.
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- 50D
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour découper la toile émeri et le papier de verre.
- — Ce découpoir est rapidement adjoint à un établi. Il consiste en une lame droite de scie qui repose sur deux rondelles fixées à la table par deux vis.
- La feuille de papier de verre ou de toile émeri à découper est glissée sous la lame, elle est déchirée par
- les dents, une déchirure nette et uniforme est ainsi obtenue, même lorsqu’il s’agit d’une toile résistante.
- Les dents sont tournées d’une façon normale du côté du tranchant, et la lame doit être placée de telle sorte que la partie à couper soit dirigée de gauche à droite.
- E. W.
- Formule pour crème glacée. — La formule suivante se recommande par la simplicité de sa préparation. Préparer préalablement un caramel pour la fabrication duquel on emploie 5oo gr. de sucre et 2Ôo gr. d’amandes du Jourdain, préalablement brunies au four puis concassées. Caraméliser le sucre, et, lorsqu’il prend une belle coloration brune, y mêler intimement les amandes préparées. Lorsque ce caramel est complètement refroidi on le passe au pilon pour en préparer une poudre fine. On prépare ensuite une crème fouettée, en quantité suffisante pour remplir le moule qu’on se propose d’utiliser. Partager cette crème en deux portions. On aromatise la première à la vanille, la seconde avec du chocolat râpé. Remplir ensuite le moule avec ces deux produits en alternant une couche de crème vanillée et une de crème chocolatée, et en saupoudrant chacune d’elles avec le caramel pulvérisé. Glacer le tout pendant une heure environ.
- Lard présentant un goût de créosote. Causes et remèdes. — Il arrive parfois que du lard fumé, bien que préparé avec tous les soins requis, possède une saveur de créosote, plus ou moins accusée, en rendant la consommation impossible. On a incriminé l’encre dont se servent certains fabricants pour imprimer leur marque, cause réelle, daps Ja grapde majorité des
- cas, se trouve dans la nature du bois utilisé pour le fumage. Deux cas principaux peuvent se présenter : i° Mauvais état de propreté des fumoirs dont les parois
- — trop rarement ou insuffisamment nettoyées — s’imprègnent fortement de la créosote qui se dégage au cours de la combustion du bois pendant le fumage. Des gouttes de créosote peuvent également tomber sur les viandes et les imprégner plus ou moins fortement de leur saveur désagréable. 20 Utilisation, pour le fumage, de bois résineux au lieu de bois durs. Non seulement la fumée des bois résineux communique aux viandes une forte saveur de créosote, mais de plus leur donne une coloration foncée, caractéristique, qui diminue considérablement la valeur du produit.
- Saucisses paraffinées. Méthode de préparation.
- — La préparation de ces produits comporte 3 opérations principales que nous résumerons brièvement ; i° salage, 20 fumage et cuisson, 3°paraffinage.
- I. Salage. — Pour i5o kg de viande environ, utiliser
- 4 kg 5oo de sel, o kg 900 de sucre, 370 gr. de salpêtre et 9 litres de saumure dont on se sert pour le salage des jambons. L’addition d’une petite quantité de sucre — celle indiquée— améliore la saveur du produit. Son utilisation est particulièrement recommandée. Placer la viande dans un tonneau, puis la recouvrir de saumure. Le séjour dans la saumure ne doit pas être inférieur à
- 5 jours et supérieur à 8, sinon la viande s’altère. Après hachage de la viande, y mêler intimement : 280 gr. de poivre de Singapour pulvérisé, g3 gr. 3o de'coriandre et i5 gr. 5o de poivre de la Jamaïque. De la fécule (1 kg 3Go à 3 kg 63o) peut être ajoutée, si les lois du pays où se fait cette préparation le permettent. On hache de nouveau soigneusement pour assurer le mélange de la viande et des produits, puis on procède à la mise en boyaux, la capacité de chacun d’eux ne devant pas excéder 2 kg 25o environ de viande.
- IL Fumage et cuisson. — Désire-t-on fumer ces saucisses, les placer dans le fumoir, pendant deux heures environ, à une température de 3;° C, à 45° C. On conseille l’utilisation de bois dur, ou mieux de sciure de bois dur.
- Cuisson. Employerles cuiseurs en usage en charcuterie. Cette opération doit se faire à, 710 C., pendant 2 heures environ. Elle doit être complète pour empêcher l’altération ultérieure du produit. Après cuisson, rincer soigneusement les saucisses afin de les débarrasser complètement des impuretés dont elles peuvent, être souillées, les faire ensuite égoutter soigneusement en veillant à ce que les pièces ne se touchent pas. Le séchage, qui exige six heures au minimum, doit être complet, pour que l’adhésion de la paraffine puisse s’effectuer,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- III. Paraffinage. — 'Pour cette opération, employer de la paraffine dont le point de fusion soit de n8° à 120°. Après avoir fait fondre la paraffine dans une cuve à cet usage, on la porte à 8o°. On plonge les saucisses dans la paraffine fondue, et on les y maintient immergées pendant dix secondes. On les en retire rapidement et on les tient maintenues au-dessus de la paraffine pour en permettre l'égouttage.
- Dès que celle-ci commence à « prendre », on y plonge
- de nouveau les saucisses pendant io secondes, puis on les laisse égoutter. Les saucisses restent ensuite suspendues, pendant une heure environ. On les porte ensuite dans le rafraîchissoir où elles demeurent jusqu’au moment de l’expédition.
- 11 est préférable de ne procéder à l’empaquetage qu’au moment de l’expédition. En règle générale, et pour éviter les déboires, ne préparer que des quantités de consommation courante.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Chenailles, à Saint-Julien-en-Jarez. — Pour déterminer exactement le procédé à appliquer eh vue d’une épuration de votre huile de ricin, il faudrait tenter quelques essais que vous seul êtes en mesure de faire. A noire avis, un épuisement par l’alcool nous paraît indiqué.
- M. Kergouniou, à Cavaguac. — i° Le laiton étant un alliage de cuivre et de zinc ne doit pas être employé pour la confection des alambics, car il est à craindre que les acides volatils n’attaquent ce dernier métal. 2° Le seul moyen de préserver le cuivre poli est de le recouvrir d’un vernis, celui par exemple obtenu en dissolvant 5 gr. d’acétate de cellulose dans too c. c. d’acétone. 3° Voici une bonne formule de pâte pour l’entre-
- licn’des fourneaux :
- Mine de plomb................... 12S gr.
- Cire jaune....................... i5 —
- Essence de térébenthine......... 110 —
- Noir de fumée ................... 3o —
- M. H. Perrin, à Villefranche-sur-Rhône. — La plupart des fourneaux à sciure de bois sont. constitués par un cylindre en tôle fermé par deux fonds également métalliques, dont l’un forme couvercle; à la partie inférieure, un peu au-dessus du fond, est une ouverture que l:on peut régler par une trappe; par ce trou, on introduit horizontalement un bâton cylindrique tel que morceau de manche à balai, puis on place verticalement au milieu du fourneau un morceau de bois semblable au premier, de telle manière que tous deux se rencontrent à angle droit. On remplit alors complètement le fourneau de sciure que l’on tasse fortement; quand le remplissage est terminé, on retire les morceaux de bois, à leur place se trouve ainsi constituée une cheminée coudée. Il ne reste plus qu’à allumer la sciure en faisant pénétrer au centre de celle-ci un papier enflammé. En enlevant le couvercle, on peut se servir directement de l’appareil comme réchaud fonctionnant en plein air; si, au contraire, on veut se servir du fourneau en appartement, il faut le fermer complètement et ménager à sa partie supérieure un second trou se raccordant à un lu^ au qui conduira les produits de la combustion dans une cheminée. Comme type commercial de poêle à sciure nous pouvons vous indiquer le Thermos, constructeur Dalion, 52, rue Château-Landon. 20 Le produit appliqué sur les cadrans de montre pour les rendre lumineux est du sulfure de zinc préparé suivant le procédé de Verneuil qui consiste à chauffer vers 8oo*’ un mélange de carbonate de zinc et de soufre avec une trace de sous-nitrate de bismuth. On augmente considérablement l’aptitude à la phosphorescence en ajoutant o mm 5 de bromuhe de radium par gramme de sulfure de zinc obtenu comme ci-dessus.
- M. Boone, Belgique. — La glu,servant à piéger les oiseaux se prépare habituellement avec le houx; au mois de mai on lève l’écorce et jette dans l’eau bouillante où on la laisse tremper afin de séparer la pellicule noirâtre qui salirait la glu. Ensuite on triture cette écorce dans un mortier, on met le tout dans un récipient et expose pendant i5 jours dans un lieu chaud pour qu’elle
- fermente ; lorsque la masse présente une forte adhérence aux doigts, on en sépare les parties ligneuses, puis laisse encore fermenter environ 3 jours ; le rendement est d’environ le septième du poids d’écorces mises en œuvre. En opérant de la même façon, on peut également extraire une glu des rejets de sureau, de la viorne cotonneuse ainsi que du gui dont on utilise simultanément l’écorce et les baies.
- M. Bonneville, à Paris. — Nous pensons que le procédé suivant vous donnera satisfaction pour obtenir des raies blanches sur votre tennis cimenté. i° Tracer les bandes au moyen d’un pinceau trempé dans le chlorure de zinc commercial et coloré provisoirement en y délayant un peu de kaolin, ceci pour suivre plus facilement l’exécution, laisser bien sécher. 20 Passer au même endroit une solution de carbonate de soude (cristaux) à 100 gr. par litre environ. Il se produira ainsi dans l’épaisseur du ciment un précipité de carbonate de zinc qui ne s’enlèvera que par l’usure même de celui-ci ; mais, bien entendu, il faudra toujours compter avec la salissure inévitable de ces raies blanches par la circulation sur le tennis, c’est pourquoi il sera toujours nécessaire de recommencer le tracé de temps à autre.
- L. B., Maroc. — La conservation des peaux de petits animaux tels que renards, chacals, chats sauvages, peut s’effectuer en opérant ainsi ; i° Après avoir dépouillé l’animal, on gratte le côté chair avec une lame mousse pour enlever toute matière adhérente. 20 Immerger dans un bain tiède, dont la température ne dépasse pas 3o° composé de :
- Sel marin ......... 600 gr.
- Alun ordinaire...........2000 —
- Eau de pluie.............. 20 litres.
- Laisser dans le bain 2 à 3 jours pour les peaux de
- lapins ou lièvres ; 6 à 8 jours pour les peaux de renards, chacals, etc., puis fixer les peaux, poils en dessus, sur une planche au moyen de clous dits semences, laisser sécher à l’ombre. 3° Lorsque les peaux sont presque sèches, les étirer dans tous les sens et les battre côté chair avec une baguette de rotin. 40 Enfin, pour leur conserver de la souplesse, enduire l’envers d’un mélange
- de :
- Eau de pluie....................200 gr.
- Glycérine . ....................100 —
- Il ne faut pas compter blanchir les peaux dont les poils ne sont pas naturellement blancs, les résultats sont toujours médiocres et l’on n’obtient que des teintes roussâtres. Si on veut procéder à une teinture, il faut préalablement dégraisser la peau déjà tannée dans un bain tiède de carbonate de soude et de savon (température 25° à 3o° C.), on rince. Pendant ces opérations, on prépare les deux solutions suivantes :
- A. Pour brun presque noir :
- Paraphénylène diamine. .... 100 gr.
- Alcool dénaturé................. 5oo —
- Eau de pluie.................... 5oo —
- Dissoudre d’abord la paraphénylène dans l'alcool, iis ajouter l’eau.
- B. Bichromate de potasse. .... 5o gr.
- Eau chaude......................1000 —
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l’emploi, puis on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table, poil en dessus. La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer
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- BOÎTE AUX LETTRES
- à l’éponge. Après séchage, on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile.
- Dans le cas où on désirerait du brun foncé, on rem-
- placerait la solution A par :
- Amidol............................ioo gr.
- Carbonate de potasse1............. 4° —
- Alcool dénaturé..................5oo —
- Eau de pluie.....................5oo —
- Dissoudre l’amidol dans l’alcool, le carbonate de potasse dans l’eau, mélanger les deux solutions, ce qui produit une légère effervescence; ajouter comme précédemment la solution B de bichromate volume à volume et teindre.
- Le bain alcalin savonneux atténuera considérablement l’odeur fauve des peaux, le séjour dans une caisse avec un peu de formol complétera l’action, en même temps vous assurerez ainsi la conservation.
- M. A. N. T., à Saint-Chamond (Loire). — La matière employée pour la fabrication des dentiers non métalliques est constituée par un mélange de caoutchouc, soufre et oxyde de fer que l’on introduit dans le moule ayant la forme de la mâchoire; on soumet ensuite le tout à une température de i 200, pour produire la vulcanisation. Vous pourrez consulter sur ce sujet la bibliographie du journal Le Caoutchouc et la gutta percha, 49 rue des Vinaigriers.
- M. A. IV., à Beeringen (Limbourg). — i° Le procédé de fabrication du papier de genêt repose sur les principes suivants : Diviser en fragments les branches, tiges ou rameaux et les introduire dans un bain alcalin à froid, par exemple un bain de soude caustique à io° Baumé ou un bain formé de carbonate de soude et d’un lait de chaux, ou de potasse et autres substances alcalines, dans des proportions convenables pour produire un effet semblable à celui de la soude caustique.
- Trois ou quatre jours après l’immersion, enlever du bain alcalin les tiges désagrégées, les exprimer et les laver avec soin, puis les plonger dans un bain d’eau contenant du chlorure de chaux dans la proportion de
- 1 à 2 pour 100.
- Les tiges séjournent dans ce bain pendant 2 à 3 jours, jusqu’à ce qu’elles deviennent suffisamment friables, après quoi on les enlève et on les introduit dans un bain de lavage contenant une petite quantité d’acide sulfurique ou d’hyposulfite de soude. Les tiges ainsi traitées sont alors soumises au broyage dans un appareil convenable et de façon à obtenir une pâte ayant la finesse désirée.
- Le liquide alcalin du bain retient la chlorophylle et dissout les gommes et résines dont une partie est saponifiée et l’autre mise en liberté.
- En ajoutant à ce liquide des corps gras ou de l’huile, on peut l’employer pour la fabrication d’un savon compact de bonne qualité. '
- 2° Il n’existe pas d’ouvrage consacré spécialement à cette fabrication, mais vous trouverez dans le catalogue de Dunod, éditeur (Paris, 47> quai des Grands-Augus-tins, 6e), l’indication d’ouvrages sur la papeterie et la transformation de végétaux ligneux en pâte à papier. D’autre part, nous signalons qu’une usine pour la fabrication de la pâte à papier, utilisant le genêt, a été installée, en 1922, dans la Creuse, à Moutier-Rozeille, au pont de Confolent (à 3 km d’Aubusson), par M. Vermot, éditeur, à Paris, 6, rue Duguay-Trouin, 6°, et qu’en Italie, des essais très satisfaisants furent faits, avant la guerre, aux Papeteries Clémente Collini, à Sigillo (Ombrie), et Carlo Villa, frères, à Fusene, Ponte Labro (machines Borgoninero).
- M. Amat, à Tunis. — Si le rideau de votre obturateur a complètement perdu sa souplesse, il sera difficile d’y remédier. Les recettes indiquées pour assouplir des tuyaux de caoutchouc (immersion dans un mélange de
- 2 parties d’eau et 1 partie d’ammoniaque du commerce, ou bien dans la paraffine chauffée vers 8o°) ne conviennent guère à un organe aussi délicat que celui dont il s’agit, et, s’il est trop endommagé, le seul parti à prendre serait de le faire changer. Quant à l'obturation des trous, elle ne présente aucune difficulté. On passe, à plusieurs reprises, sur chaque trou, une légère couche de dissolution de caoutchouc, en laissant, entre les applications de deux couches consécutives, un intervalle de temps suffisant pour que la dessiccation soit achevée, soit une demi-heure au moins. Lorsqu’on juge suffisante ’épaisseur de caoutchouc ainsi appliquée et que tout est
- bien sec, on frotte la surface avec du noir de fumée qui empêche l’adhérence des spires superposées du rideau. Toutefois, cet enduit de caoutchouc a l’inconvénient de former épaisseur et surtout de devenir poisseux quand la température s’élève, au point d’entraver ou de retarder le fonctionnement de l’obturateur. Le procédé précédent ne conviendrait donc peut-être pas au climat de la Tunisie. Il serait alors préférable d’employer le vernis noir commun, dit vernis Japon, suffisamment dilué par addition d’,un peu d’alcool et appliqué sur les deux faces du rideau au moyen d’un pinceau doux, manœuvré d’abord dans le sens de la trame, puis dans le sens de la chaîne du tissu.
- T. S. F. -— M. Buclon, à Paris. — Nous avons déjà indiqué qu’à proximité d’un poste puissant, il était possible de recevoir les ondes entretenues sans hétérodyne, ni tikker.
- 11 semble que ce phénomène provienne du couplage de deux circuits qui ne sont pas exactement accordés ; il existe entre leurs fréquences propres une différence assez faible pour permettre l’obtention de vibrations musicales et les battements obtenus sont ensuite détectés. On peut faire varier ces battements en réglant l’accord des deux circuits. Le phénomène ne peut avoir lieu que si l’énergie induite est très grande et donc à proximité immédiate d’un grand poste.
- M. Léon Laurent, à Beaumont de Lomagne (Tarn-et-Garonne). — i° La valeur de la longueur d'onde propre de votre antenne semble être d’environ 600 m., on peut en mesurer directement la self et la capacité, mais le calcul en serait difficile.
- 20 Le récepteur Reinartz est un mode d’accord particulier avec primaire apériodique et réglage s’effectuant seulement sur le circuit secondaire; il permet la réception des petites ondes sur des antennes très longues qui peuvent avoir jusqu’à 200 mètres.
- A la suite de cette boîte d’accord spéciale, on emploie une lampe détectrice suivie généralement de 2 étages, basse fréquence à transformateur à fer.
- 3° Le poste récepteur Reinartz a été construit tout d’abord en Amérique; actuellement plusieurs constructeurs français en ont entrepris la fabrication, entre autres la maison Montastier, 5i, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris.
- 4° La superhétérodyne est un dispositif extrêmement puissant pour la réception des ondes courtes, mais son emploi exigerait l’utilisation d’une antenne de longueur moindre.
- 5° Le meilleur dispositif de sélection est le dispositif « Tesla »; l’emploi de la réaction accroît également sa syntonie. Vous pourriez aussi essayer le dispositif d’accord sélectif avec amplificateur à résistances que nous avons indiqué.
- 6° Nous ferons paraître dès que possible des articles sur la superhétérodyne et la superréaction. La superhétérodyne permettrait l’utilisation de votre poste actuel avec étages basse fréquence. Un article sur une superhétérodyne d’un modèle particulier, a déjà, croyons-nous, paru dans la T. S. F. moderne.\
- 70 Nous avons expliqué les avantages du cadre au point de vue sélectif et élimination des parasites. Le cadre est surtout intéressant par la netteté plutôt que par l’intensité des réceptions fournies.
- Pour essayer la réception sur cadre, il faudrait ajouter des transformateurs basse fréquence à votre amplificateur (voir n° 2540). Il serait préférable d’employer un cadre de 2 mètres.
- M. Pélissier, à Labastide Rouairoux (Tarn). — Nous sommes heureux d’avoir pu vous donner quelques indications utiles. La réception sur cadre de la téléphonie, à 600 km, est un problème délicat mais non impossible. Nous avons déjà indiqué, dans le n° 2640, quelques notions sur ce problème. Nous avons l’intention de revenir d’une façon plus détaillée sur ce sujet.
- Dans votre cas, un amplificateur à résistances à 3 ou 4 étages suivi de 2 étages basse fréquence à transformateurs, réaction électro-magnétique, conviendrait bien, sans doute. L’emploi d’une hétérodyne séparée serait également intéressant.
- Un cadre de 2 m. avec spires écartées d’au moins 1 cm est à recommander.
- M. Genvresse, au Parc Saint-Maur (Seine). — Des erreurs de dessinateur se sont en effet glissées dans les
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- BOITE AUX LETTRES
- schémas donnés dans le n° 2542. Il est évident que pour la figure i, le récepteur est relié à la plaque de la dernière lampe et que les grilles sont reliées au pôle négatif de la batterie de chauffage par la résistance de un mégohm, sans que, bien entendu, grilles et plaques soient réunies ensemble par une connexion inexacte et malheureuse.
- En somme, cet amplificateur est basé sur le schéma ordinaire des amplificateurs HF à résistances.
- Le 2° et le 3e étage comprennent seulement des lampes en parallèle et les valeurs, capacités et résistances ne sont pas les mêmes.
- Les résultats dépendent également des appareils de réception placés avant lui et vous pourrez essayer également les données suivantes :
- Condensateur de liaison : 4/iooo° microfarad.
- Résistances de grille : 4 mégohms..
- Résistances de plaque : 5o ooo ohms.
- M. le lieutenant R. Deschapper, CT-4.DA. — Nous ne voyons pas l’intérêt qu’il y aurait à employer des disques de gramophones en guise d’isolant pour la fabrication d’appareils de T. S. F. Cette matière aurait tout au moins le désavantage d’être difficile à travailler. A défaut d’ébonite, le bois paraffiné ou verni est un isolant suffisant.
- M. H. A., Argelès (Hautes-Pyrénées). — i° Il ne nous semble nullement que l’établissement d’un poste de réception soit impossible à la distance où vous vous trouvez.
- Avec un bon amplificateur à 5 ou 6 lampes et une antenne d’une centaine de mètres, les résultats obtenus ne peuvent manquer d’être satisfaisants.
- M. Gruner, à Paris. — i° Le problème de F utilisation du courant alternatif pour le chauffage direct des lampes de T. S. F., malgré les essais ingénieux déjà réalisés, ne semble pas être encore parfaitement au point.
- Nous traiterons' prochainement cette question, mais le moyen le plus simple paraît être d’utiliser une batterie d’accumulateurs en tampon.
- a0 Nous indiquerons d’ici peu les divers moyens de recharger un accumulateur sur courant alternatif.
- L’appareil le plus pratique, sinon le moins onéreux, semble être un redresseur à lampe du type Tungar. Les soupapes électrolytiques sont d’un rendement défectueux et surtout d’un entretien délicat.
- On peut utiliser directement une soupape électrolytique sur le courant du secteur, sans transformateur intermédiaire. On règle le débit à l’aide d’un rhéostat.
- Nous décrirons sous peu la construction d’une soupape de ce genre.
- M. Pierre Seret, à Saint-Quentin (Aisne). — i° Une antenne en T, ou en nappe ordinaire vous donnera sans doute de bons résultats. Vous pourriez, par exemple, utiliser une antenne à 3 brins d’une cinquantaine de mètres, fils écartés de i m. à i m. 5o.
- 2° Vous pouvez utiliser un amplificateur à résistances à 3 lampes, réaction électromagnétique, suivies de 2 étages basse fréquence à transformateurs.
- L’amplificateur à résistances n’étant pas d’un bon rendement pour la réception des ondes au-dessous de iooo m. environ, vous pourrez utiliser en outre, comme montage de début, une lampe détectrice à réaction suivie de 2 étages basse fréquence. L’accord peut se faire, soit en dérivation, soit en Tesla, à l’aide de galettes, de préférence.
- 3" La réception sur cadre, bien que plus délicate, est cependant possible (voir n° 254o).
- M. Hubert Hugond, à Nogent en Bassigny (Haute-Marne). — i“ La réception sur cadre est parfaitement possible (voir n° 2540).
- 20 Employez pour votre antenne toute la longueur disponible. Le meilleur modèle à choisir, dans votre cas, est l’antenne en nappe à 3 ou 4 fils. La hauteur que vous nous indiquez nous semble un peu faible.
- 3° La descente de poste doit bien se faire du côté du poste d’émission.
- 4° Il existe dans le commerce des batteries de piles sèches spéciales fournissant la tension de plaque nécessaire.
- 5° Il est préférable d’employer un amplificateur comportant à la fois des étages basse fréquence et haute fréquence plutôt que deux amplificateurs distincts.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La.
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. t Toute commande doit être accompagnée desùn montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de xo °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .....—
- Hydrostatique, par H. Bouasse. i vol. 5oo p., 326‘fig. -Delagrave, éditeur, Paris, 1922. Prix : 3o francs.
- Ce nouvel ouvrage de M. Bouasse répond bien, comme ses prédécesseurs, à la devise que le savant professeur de Toulouse a placée en tête de chacun de ses livres : « beaucoup de science, mais en vue des applications ». Les exposés théoriques y sont toujours accompagnés d’un grand nombre d’expériences, en général faciles à reproduire, toujours suggestives et probantes ; M. Bouasse, avec raison, rappelle fréquemment les expériences les plus anciennes ; celles-là même qui ont servi à établir les théories modernes ; ce sont celles-là en effet qui font le mieux comprendre la nature réelle des phénomènes, et rien n’est à la fois plus instructif et plus vivant que la relation des célèbres expériences de Galilée, Toricelli, Otto de Guericke, Pascal, etc., sur lesquelles est fondée toute l’hydrostatique. De même, M. Bouasse examine volontiers, pour y trouver l’application des principes théoriques, les appareils industriels ou usuels les plus divers, dont il excelle à résumer le fonctionnement en quelques traits et en quelques dessins schématiques d’une grande clarté. L’ouvrage débute par l’établissement des équations générales de l’équilibre des fluides parfaits, avec application aux écluses et
- barrages ; il étudie ensuite les vases communicants et la presse hydraulique, puis le principe d’Archimède avec application à la mesure des densités; vient ensuite la statique des gaz, avec rappel de la vieille querelle du vide, de la découverte de la pesanteur de l’air ; puis l’étude très détaillée des baromètres et des manomètres, accompagnée de considérations sur la composition de l’atmosphère. Un excellent chapitre qui rendra service aux ingénieurs est consacré aux pompes à liquide de toutes espèces, y compris le modeste siphon d’eau de Seltz, mais à l’exclusion des pompes centrifuges; un autre, non moins utile, traite des applications de l’air comprimé ou raréfié ; l’ouvrage se termine par l’équilibre des corps flottants et son application à la construction des navires : l’auteur s’y inspire surtout du célèbre traité du navire de Bouguer. Signalons aussi un intéressant appendice consacré au radiomètre de Croolces.
- Comme d’usage, ce livre excellent est précédé d’une préface pleine de verve ; l’auteur s’y attaque au pédantisme, et l’on ne pourrait qu’applaudir à cette satire amusante, et au fond très raisonnable, si elle n’était déparée par des personnalités blessantes étrangères au sujet et absolument déplacées en tête d’un ouvrage scientifique de si haute valeur.
- Fabrication de l’acier au four Martin, par G. Barberot. x vol. 543 p., 160 fig. (Collection des grandes Encyclopédies Baillière). Baillière et fils, éditeur, Paris, 1923. Prix : 4° francs.
- La fabrication de l’acier suivant le procédé Martin, après avoir débuté péniblement vers i865, a pris peu à peu une importance énorme et qui va encore chaque jour croissant. On sait que ce procédé consiste à
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- fondre de la ferraille dans la fonte pour obtenir l’acier. Cette opération s’effectue dans des fours à récupération dont le principe est dû à Siemens. Le procédé Martin a prospéré grâce à sa souplesse et grâce aux qualités supérieures du métal qu’il fournit.
- L’auteur, après un bref rappel historique, étudie les matériaux réfractaires qui entrent dans la 'constitution d’un four Martin, acide ou basique, puis les matières premières qu’on y traite : fontes, riblons, fondants, ferro-alliages ; il passe ensuite à un autre point essentiel : le chauffage qu’il analyse à fond ; il décrit les divers types de gazogènes et de fours utilisés, et en établit les bilans calorifiques. Un important chapitre est consacré à la construction des fours Martin. Puis l’auteur passe à l’étude détaillée des opérations au four Martin; il termine par la description des appareils de coulée et de manutention ; un chapitre final est consacré aux bilans calorifiques du four Martin et aux prix de revient.
- Blanchiment. Teinture. Impressions. Apprêts, par P. Lederlin. i vol. grand in-8, 543 pages, i45 fig., a planches en couleur. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1928. Prix : 45 francs.
- Ce livre se rapporte exclusivement au coton. Après avoir rappelé brièvement la structure physique et la composition chimique du coton, et donné un exposé sommaire du mercerisage, il traite à fond les questions suivantes : d’abord le blanchiment du coton naturel, celui des filés et celui des tissus de coton pur et mélangés de soie ou de laine; il explique les réactions chimiques qui interviennent et décrit en détail la technique des opérations. Il passe ensuite à la teinture : il étudie tout d’abord les propriétés chimiques de la fibre du coton, l’action des divers réactifs et les produits d’hydratation et l’oxydation du coton; puis résume avec une grande clarté les propriétés des colorants et rappelle les principales théories visant à expliquer les phénomènes de teinture. Cette partie théorique est suivie d’une étude des mordants et des produits adjuvants. L’auteur passe alors à la classification des diverses méthodes de teinture qu’il répartit suivant les phénomènes chimiques généraux mis en jeu; il aborde ensuite la description des procédés pratiques de teinture en classant les procédés par nuances et par solidités; puis passe à la description du matériel employé dans les établissements modernes. Un important chapitre est consacré à l’impression des tissus et l’ouvrage se termine par des notions succinctes sur les apprêts. Ce volume, qui est l’œuvre d’un technicien éprouvé, rendra par sa clarté, aussi bien que par l’ampleur et la sûreté de sa documentation, d’éminents services à l’une de nos plus importantes industries.
- Traité complet d'aviculture, par Y. Pulinckx-Eeman. 3° édition. 1 vol. in-16, 147 p-, 18 pl. coloriées. Baillière et fils, Paris. Prix : 10 fiancs.
- Cet ouvrage pratique abonde en enseignements précieux, en vues personnelles ; il traite des parcours et des parquets, du logement avec ses annexés et accessoires, des spéculations sur la production des œufs, et de la production de la chair tant au point de vue économique que sous le rapport technique : les questions d’alimentation et d’embryologie, celles de l’incubation naturelle et artificielle, l’élevage, l’engraissement, l’hygiène et les maladies trouvent une large place dans le texte.
- The Elasmohranch Fishes, par J. Krank Daniel, i vol. grand in-8, 334 P-> 260 fig. et planches en couleurs, University of California Press, Berkeley, Cal. Prix : relié, 5,5o dollars.
- Les Elasmobranches sont les squales, les raies, les torpilles, tous poissons au squelette cartilagineux, faciles à disséquer, d’une part, très simples, presque schématiques d’organisation d’autre part, si bien qu’ils sont tout indiqués pour servir d’exemples de la constitution des vertébrés inférieurs. En France, depuis longtemps, la Roussette sert ainsi aux travaux pratiques des étudiants des Facultés. Aux Etats-Unis, M. F. Daniel, professeur de zoologie à l’Universitc
- de Berkeley, a étudié un Elasmobranche plus simple encore, Ileptanchus macutatus et s’en est servi pour revoir les divers travaux déjà pajçus sur ces Poissons. C’est cette œuvre, à la fois de laboratoire et de bibliothèque, précieuse non seulement pour les étudiants, mais aussi pour tous les zoologistes, qui vient d’être éditée. Une série de 11 chapitres, accompagnés chacun d’une bibliographie, examinent tous les détails anatomiques de ces poissons primitifs.
- Les sourciers et leurs procédés, 2e édition, par Henri Mager. i vol. in-8, 331 p., 113 fig. Dunod, Paris. Prix : 24 francs.
- On connaît les diverses publications de M. Mager sur la baguette divinatoire et le pendule des sourciers. Cette nouvelle édition répète ses théories, ses expériences en y ajoutant les faits nouveaux qu’il a réunis de igi3 à 1922.
- Les phénomènes de destruction cellulaire, par Louis Bory. i vol. in-8, 211 p. Masson et Cie, Paris. Prix : 12 francs.
- L’auteur étudie les modifications des cellules privées de l’apport de nourriture du sang dans un milieu aseptique, ce qui est le cas des tissus séparés du corps. Il suit leur disparition, leur fonte, l’aulolyse. Puis il observe le même phénomène in vivo, disparition d’un caillot, d’un exsudât, d’une tumeur et montre des réactions de l’organisme. Ceci le conduit aux deux faits d’autolyse les mieux étudiés actuellement : la bactériolyse et l’hémolyse, c’est-à-dire la réaction de l’individu vivant aux causes pathologiques par la destruction soit des microbes, soit des globules du sang. Sujet complexe, difficile, que l’auteur a su rendre clair et dont il a dégagé tout l’intérêt.
- Manuel de Législation sanitaire française, parles Drs H. Violle et R. Wibaux. 1 vol. in-8,3oop. Masson et C,l!, Paris. Prix : 12 fr. net.
- Actuellement, la législation sanitaire française n’a pas encore été groupée de façon rationnelle, de sorte que l’hygiéniste praticien est astreint à des recherches parfois pénibles pour trouver le texte législatif exact par lequel il pourra étayer son travail.
- En attendant qu’un code sanitaire officiel et complet, analogue au code de travail, vienne armer les fonctionnaires qui protègent la santé publique, les auteurs de ce manuel ont groupé les principaux documents dont à chaque instant l’hygiéniste a besoin.
- Ainsi présenté, ce manuel est un véritable code d’hygiène, indispensable à toùs les fonctionnaires de l’hygiène publique, de l’hygiène sociale et du service sanitaire maritime.
- Vue générale de l'histoire d’Afrique, par G. Hardy. 1. vol. in-16, 200 p., Armand-Colin, Paris. Prix : broché 5 francs; relié G francs.
- M. Hardy a tenté de faire en ce livre, riche de faits et fortement documenté, un résumé de l’histoire d'Afrique; il démêle, à travers un véritable fourmillement de races, une histoire extrêmement complexe dont il a pu cependant suivre et exposer le développement logique. Livre neuf qui éclaire les questions africaines actuelles.
- Propriétés générales des sols en agriculture, par G. André, i vol. in-16, 184 p. Armand Colin, Paris. Prix relié : 6 francs, broché 5 francs.
- Enrichir le sol, c’est, pour l’agriculteur, s’enrichir. Or, jusqu’à ce que MM, André et Berthelot nous aient initiés à la vie souterraine des infiniment petits, les pratiques agricoles,, relatives au sol, étaient restées empiriques. Elles sont, grâce à ces deux savants, entrées dans une voie scientifique où la marche a été rapide. L’initiateur expose le chemin parcouru en physique, chimie et biologie des sols et montre la complexité des réactions de la terre végétale qui éclaire les pratiques agricoles d’un jour plus grand. . . .... .
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- LA NATURE
- Supplément.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- O**
- N° 2554 17 Mars S 923
- *?>.Électricité
- Le télérupteur Rémy. — On appelle télérupteur un appareil permettant d’ouvrir ou de fermer à distance un circuit de courant électrique.
- L’utilité de ces appareils se conçoit aisément; ils permettent de manœuvrer à distance, en des points quelconques convenablement choisis, le ou les interrupteurs qui commandent tout ou partie d’une distribution électrique dans un immeuble.
- Ces interrupteurs, qui ont à couper des courants d’intensité importante, sont des appareils délicats que l’on place en général dans des endroits peu accessibles. On comprend aisément l’intérêt qu’il y a à pouvoir les commander à distance, en appuyant sur de simples boutons . poussoirs, placés en des points d’accès commode. Ces
- Fig. i. — Le télérupteur Rémy.
- boutons poussoirs ouvrent ou ferment un circuit électrique auxiliaire, traversé par un courant de faible intensité, donc sans danger.
- Il y a de nombreux modèles de télérupteurs; en général ils comportent des organes assez compliqués; M. Rémy vient d’en imaginer un nouveau qui est remarquable par sa simplicité, sa robustesse et son efficacité.
- Son originalité réside dans l’interrupteur qui ouvre ou ferme le circuit principal. Les deux branches de celui-ci aboutissent d’une part à un ressort en cuivre A, d'autre part à une plaque de cuivre B, en regard l’un de l’autre; entre ces 2 pièces, soigneusement enfermées dans une boîte close couverte d’une vitre, on peut insérer à volonté, en manœuvrant le courant auxiliaire, une bille conductrice C, ou une bille isolante en verre D. Quand la bille conductrice est saisie entre les a mâchoires de l’interrupteur, celui-ci est fermé et le courant passe dans le circuit ;i quand la bille; isolante est .substituée à la bille conductrice, l’interrupteur est ouvert et le courant est interrompu.
- Cette substitùtion doit se faire aussi rapidement que possible; elle est réalisée mécaniquement au moyen d’une sorte de percuteur électromagnétique, actionné par le courant auxiliaire. Lorsque celui-ci passe dans l’électro-aimant E, une tige métallique formant noyau à
- l’intérieur de cet électro est aspirée violemment; elle vient frapper la bille qui est au repos au fond de la boîte, et la projette en avant; cette bille, dans son mouvement, frappe l’autre bille qui, à ce moment, est maintenue entre les mâchoires à ressoi’t de l’interrupteur; en vertu des lois du choc, elle communique à celle-ci son mouvement, la chasse, tandis qu’elle-même s’arrête sur place et reste fixée à son tour entre les mâchoires
- Lampes X X X X
- i—
- Boutons
- 1$) (°) (°)
- Fier.
- de l’interrupteur; la bille ainsi chassée retombe aussitôt au fond de la boîte, et l’appareil est prêt pour la manœuvre inverse. Le circuit auxiliaire qui commande le percuteur peut être alimenté par des moyens divers : piles, accumulateurs, transformateurs, réducteurs de tension, ou même par une dérivation secondaire effectuée sur le circuit principal qu’il s’agit de couper ou de fermer.
- Les avantages de l’ingénieux système de M. Rémy sont nombreux ;
- Les télérupteurs employés jusqu’ici ont des contacts à mercure; aussi leur mise en place ou leur déplacement exigent de grandes précautions. Le télérupteur Rémy, au contraire, grâce à la simplicité de ses organes indéréglables, ne présente pas ces inconvénients.
- De plus, les surfaces de contact sont entretenues en parfait état de propreté par le frottement même des billes. L’allumage et l’extinction sont très brusques, la rupture de l’arc est instantanée ; enfin, l’effort moteur du percuteur étant très faible, la dépense d’énergie du circuit auxiliaire est minime; celui-ci peut donc être constitué en toute sécurité par des fils de petite section et la dépense d’installation est très faible.
- Aussi les applications de cet appareil sont-elles nombreuses.
- Il assurera par exemple la commande de l’interrupteur général d’un immeuble au moyeu de boutons placés dans une ou plusieurs pièces. Il peut remplacer
- Lampes X X X X
- Fig. 3. — Télérupteur actionné par courant auxiliaire de piles en utilisant une installation de sonnerie existante. (A.ux piles de la sonnerie, il faut ajouter un certain nombre d’éléments pour obtenir la tension nécessaire au fonctionnement du télérupteur.)
- tous les systèmes d’interrupteurs commutateurs pour allumages et extinctions de plusieurs points. Ces appareils sont alors remplacés très économiquement par autant de boutons poussoirs, tous montés en dérivation sur. 2 fils du circuit auxiliaire.
- Il servira aussi à commander un appareil éloigné ou difficilement accessible, sans avoir à faire passer le circuit de cet appareil par le point d’où on veut le manœuvrer, ce qui occasionnerait une dépense de fil et une installation onéreuse, parfois même dangereuse.
- Il permet de simplifier les tableaux d’allumage et d’en réduire l’encombrement. Il permet encore la com-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- mande automatique à des heures déterminées d’un circuit quelconque d’utilisation (éclairage, chauffage,
- Fig. 4. — Télérupteur actionné par courant auxiliaire dérivé du circuit principal avec résistance appropriée (lampe ou petit rhéostat en série dans le circuit de commande).
- force), la manœuvre du télérupteur étant alors produite par un contact d’horloge, etc.
- Nos figures 2, 3, 4. donnent quelques exemples de montages que l’on peut réaliser. Le télérupteur Rémy est construit par la Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force. Anciens Etablissements Cle-mançon, 23, rue Lamartine, Paris.
- dgoss, Agriculture
- Nichoirs pour Hirondelles. — A chaque printemps, nous constatons la diminution du nombre des Hirondelles, massacrées par milliers sur les bords de la Méditerranée, au cours de leurs voyages.
- Cette constatation n’est pas seulement pénible pour les amis de la nature, sensibles aux charmes des fées aériennes et observateurs attentifs de leurs mœurs aimables; mais elle est réellement inquiétante au double point de vue de l’intérêt de l’agriculture et de la salubrité publique.
- Les Hirondelles se nourrissent exclusivement d’insectes ailés : Culicidés, Moustiques, Anophèles, etc.... Elles dévorent des myriades de Papillons (Cochylis, Eudémis, etc...), nuisibles.aux récoltes, à tel point qu’on a pu trouver 3oo insectes dans certains estomacs de ces oiseaux.
- Les messagères du printemps, précieuses auxiliaires du cultivateur, sont par surcroît d’une utilité indiscutable dans leur rôle de gardiennes de notre santé, rôle trop peu connu, en général. En chassant les Mouches et les Moustiques, propagateurs de germes malfaisants, elles épurent notre atmosphère. On sait, par exemple, que le Moustique est un agent de contagion des fièvres paludéennes.
- Si l’on ne veut pas voir disparaître les Hirondelles, il faut s’ingénier à les protéger par tous les moyens, Aussi est-ce avec un véritable plaisir que la Ligue pour la protection des Oiseaux accueillit l’invention, par l’un de ses membres, de nichoirs artificiels construits spécialement pour nos amiesytilées.
- Ces nichoirs sont en plâtre, munis de trois pattes d’attache. La construction en est simple : deux planchettes, de largeur suffisante, sont clouées à angle droit; dans cet angle, on modèle un petit dôme, de la forme intérieure du nid naturel, au moyen de sable un peu
- Fig. 5. — Nichoir pour hirondelles.
- gras, ou de terre, argile ou autre, qui assure le maintien de l’édifice. Sur le faîte est pratiquée une ouverture assez large pour permettre de nettoyer le. nichoir, s’il y a lieu. Puis, sur le tout, une couche de plâtre est appliquée, lissée à la truelle ou à l’aide d’un outil analogue. Avant de mettre le plâtre, on a soin de préparer trois petites pattes d’attache que l’on [scelle en façon-
- nant; ces pattes“sont en fer-blanc, ou, de préférence, en zinc, parce que moins oxydable.
- L’intérieur du nid doit être badigeonné d’un peu de vase, tandis que l’extérieur demande à être crépi de la couleur des nids naturels. A ce crépissage il serait bon de mélanger un peu de gomme, de colle, afin d’éviter que les ongles des Oiseaux ne produisent des taches blanchâtres à la surface des nichoirs. Enfin, l’appareil étant posé, il faut boucher les interstices restants au moyen de terre, de même nature que celle ayant servi au fouettage.
- Les planches destinées à servir de supports aux nids et, de perchoirs aux Hirondelles doivent être teintées afin qu’elles ne se distinguent pas des solives ni du plafond, car la vue du bois neuf, tranchant sur les parties environnantes, effraie les Oiseaux. Toute section de bois scié doit être également teintée, pour le même motif.
- L’ouverture du nichoir est apparemment trop grande; mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter de ce détail, car les Hirondelles savent fort bien le rectifier à leur convenance. En effet, nous avons vu un nichoir dont l’entrée a été complétée par les Oiseaux qui l’ont occupé. Il est à remarquer que la partie ajoutée par les Hirondelles se bombe légèrement en avant; on peut supposer qu’en employant cette forme, ces oiseaux ont l’instinct d’empêcher
- Fig. 6. — Détails du nid.
- (Croquis extraits du Bulletin de la Ligue française pour la Protection "• des Oiseaux. )
- les petits de tomber lorsque ceux-ci se précipitent vers-les parents qui leur apportent à manger.
- Lors d’une première tentative, notre collègue ayant construit et posé huit nichoirs eut la satisfaction de constater la réussite de huit couvées. Encouragé par cette expérience, il avait installé vingt dispositifs à la fin de la saison.
- Pour construire un grand nombre de ces nichoirs, il serait certainement plus pratique d’employer un moule métallique, présentant les aspérités des nids naturels. Peut-être un fabricant voudra-t-il, un jour, entreprendre en série la construction de ces intéressants appareils dont l’usage mériterait d’être généralisé! C’est ce que nous souhaitons pour que puissent se multiplier les précieuses reines des airs. A. Feuillée-Billot,
- de la « Ligue française pour la protection des Oiseaux »..
- Objets utiles
- Fabrication d’un couteau pour travaux faciles. —
- Pour des travaux faciles, comme celui de dénuder des connexions de fils, un petit couteau commode sera fait d’un morceau de lam e de scie brisée, long ^ J w de 12 cm à i5 cm. '
- On enveloppe en- Tranctrantr viron 6 à 8 cm à ,v Ï'L'V
- une extrémité avec ~ Éi&-
- un ruban protecteur >
- épais de façon à permettre de le prendre comme avec un manche. On lime le côté opposé en forme de lame de canif, et les dents de scie sont aussi employées pour scier dans les endroits où une scie ordinaire à monture à cadre serait gênante.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qni parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un, caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Masque a inhalations d oxygéné : M. Spengler, constructeur, 16, rue de l’Odéon, Paris (6°).
- Réponses. — M. Déjon, à Arpajon (Cantal). — Les imitations de bois se font en mettant en couleur, après polissage au papier de verre, avec l’une des mixtures suivantes :
- Acajou. — Faire bouillir pendant plusieurs heures des copeaux de bois de campêche dans deux fois leur volume d’eau, en remplaçant à mesure celle qui s’évapore. Décanter le liquide après repos et ajouter une petite quantité de chlorure d’étain pour le faire rougir. Deux couches sont nécessaires.
- Noyer. — Permanganate de potasse 3o gr. ; sulfale de magnésie, 3o gr. ; eau chaude, 5oo gr. Après dissolution complète, appliquer la teinture en plusieurs couches, étendre au besoin d’eau, suivant l’intensité désirée.
- Cerisier. — Même formule que pour l’acajou diluée dans une quantité d’eau suffisante pour atténuer la teinte.
- Chene. — Bitume de Judee, ioo gr. ; essence de térébenthine, i5oo gr. Mêmes observations au sujet de l’intensité que pour le noyer
- Ebène. — Dissoudre de l’extrait de campêche dans dix fois son volume d’eau, appliquer sur le bois, laisser sécher, puis donner une couche d’oxalate de fer obtenue en mélangeant à volumes égaux deux solutions, l’une d’oxalate neutre de potasse, l’autre de sulfate de fer, chacune à 3o pour ioo.
- Citronnier. — Poudre de curcuma 3o gr. ; alcool à brûler, 5oo cm5, laisser macérer plusieurs jours, filtrer et passer plusieurs couches de la solution jusqu’à obtention de l’intensité cherchée.
- Après mise en couleur, le bois doit être poncé une première fois, gommelaqué, vernis, poncé à nouveau et poli à l’huile en se servant d’un morceau de feutre.
- M, G. Petit, à Limay. — i° La présence du colcothar dans la cire dont vous parlez ne nous semble aucunement justifiée, nous pensons qu’une composition voisine de la suivante répondrait mieux à votre attente :
- Cire d’abeilles......................5o gr.
- Colophane......................... t5 _
- Essence de térébenthine...........i 5 —-
- Noir d’ivoire.....................2o .
- 2° Vous trouverez dans l’ouvrage de Gouillon, Encres et cirages, des indications très complètes pour la fabrication des cires à bouteilles, à cacheter, etc. Editeur, Garnier, 6, rue des Saints-Pères.
- M, H. Blanc, à Lubersac (Corrèze). —,i° Pratiquement, toute intervention sur un objet en cuivre verni, aurait pour résultat d’altérer le vernis, il faut donc sè contenter pour l’entretien d’essuyer avec un chiffon très doux; si le vernis s’enlève par places, il faut dévernir entièrement à la potasse, laver, sécher et revernir à nouveau. 2° Seul le nickelage galvanique donne un revê-temént résistant à 1 usage, nous vous conseillons donc de confier les objets à un spécialiste, de même que vos lustres et pendules en bronze noircis et tachés, toute une série de tours de main interviennent dans les opérations et on ne peut les connaître que par la pratique. 3° La nigrosine à l’eau peut être substituée sans inconvénient à la nigrosine W, dans ce cas l’alcool est inutile.
- M. Y. Cornic, à Lille. — i°Le dosage du glucose dans le cidre au moyen de la liqueur de Fehling ne présente’ aucune difficulté, en ayant soin d éliminer la matière colorante par le sous-acétate de plomb qui la précipite. Habituellement, on ajoute à ioo cm5 de cidre placés dans un ballon jaugé de ioo-no cm3 environ 3 à 4 cm3 de sous-acétate de plomb, on complète no cm3, agite et filtre. Comme le liquide filtré contient un léger excès de plomb, pour enlever celui-ci, on en prend 5o cm3 que l’on met dans un second ballon de ioo cm3, on complété a ioo cm1' avec une solution de carbonate de soude saturée, on agite, filtre jusqu’à obtention d’un
- liquide limpide et se sert de ce dernier pour décolorer un volume connu de la liqueur de Fehling. Le résultat devra être multiplié par a, puis augmenté du dixième, afin de tenir compte des deux dilutions successives. Une bonne formule de sous-acétate de plomb est celle de Courtonne :
- Acétate neutre de plomb .... 35o gr.
- Eau distillée chaude.................825 —
- Après dissolution et refroidissement, ajouter : Ammoniaque liquide....................... 55 cm3
- 20 Ainsi que vous le pensez, le saccharimèlre ne convient pas pour un dosage dans ce cas, tout au plus ses indications peuvent-elles intervenir à titre de l'enseignement au sujet d’additions de saccharose ou de glucose, mais des calculs, assez compliqués sont alors nécessaires. JV. B. — Tenir compte dans la prise d’essai de liqueur de Fehling, dont 1 litre correspond à 5 gr. de glucose, que les cidres normaux suivant avancement de la fermentation peuvent contenir de 5 à 40 gr. de sucre par litre, la densité pourra déjà vous guider dans une certaine mesure.
- M. Gras, à Plascassier (Alpes-Marilirues). — Pour bien effectuer une soudure, il suffit, après avoir mis le métal à nu par grattage, de mettre sur la place ainsi préparée, au moyen d’un pinceau, une solution de chlorure de zinc. D’autre part, on prend un fer à souder bien débarrassé à la lime de toute scorie et, après l’avoir chauffé à la température convenable, on le frotte sur un morceau de sel ammoniac; il devient ainsi apte à prendre la soudure dont une goutte se fixe au 1er, on peut ainsi la transporter à l’endroit où doit se faire la fixation. Si une quantité plus grande de soudure est nécessaire, on place la baguette au-dessus du point à souder et en approchant le fer on amène la fusion de quelques gouttes qui tombent à l’endroit voulu et le passage du fer chaud permet ensuite de terminer l’opération. Le chlorure de zinc s’obtient très facilement en mettant des rognures de vieux zinc dans de l’acide chlorhydrique du commerce jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de bouillonnement, le liquide ainsi préparé est appelé par les praticiens acide décomposé. N. B. — La bougie doit être réservée pour la soudure des tuyaux de plomb; en aucun cas, ne se servir d’acide azotique dont l’action oxydante irait à l’encontre de ce que l’on cherche à réaliser, c’est-à-dire un métal mis à vif et débarrassé de tout oxyde.
- M. Courtois, à Asch (Belgique). — i° La dose de sel ammoniap à mettre dans les piles Leclanché est de 5o gr. par litre. 20 A notre avis, l'addition de chlorure de zinc est tout à fait inutile puisque ce sel se forme naturellement dans la réaction qui donne naissance au courant électrique. 3° Dans le but d’éviter les grimpe-ments, le mieux est d’additionner le liquide de 5 pour 100 de glycérine ou de recouvrir sa surface d’une couche de un centimètre d’huile de paraffine.
- Donaline, à Lyon. — Nous avons vérifié que le sulfate d’indigo convenait très bien pour la coloration en bleu d une solution de chlorure de zinc sans qu’il y ail ni précipitation, ni modification de la teinte.
- Le produit que nous avons employé avait été obtenu en prenant 6 gr. dindigotine pure et 65 gr. d’acide sul-furiquedeNordhausen; après mélange, en évitant réchauffement, et 48 heures de contact, la masse sirupeuse a été versée dans un litre d’eau, le liquide agité et refroidi a a finalement été filtré. Nous pensons qu’il est inutile de chercher une autre solution du problème.
- M, J. Barbier, à Lyon. — Le savon sablé n’est autre chose qu’un savon d’empâtage, c’est-à-dire un savon fabriqué sans séparation de la glycérine, ni relargage auquel on ajoute une quantité de sable quelconque ; si le savon est bien préparé à la saponification, on peut incorporer jusqu’à 85 pour 100 de sable.
- M. Richard Praet, à Gand. — L’obtention de beaux cristaux de borax ne présente pas de difficultés : il suffit d’amener la solution saline à marquer, étant prise bouillante, 24° à l’aréomètre de Baumé ; autrement dit, on prend le degré Baumé en plongeant l’aréomètre dans la solution bouillante pendant l’évaporation. Par refroidissement lent les cristaux se forment ainsi dans les meilleures conditions. En été, il est nécessaire de pousser l’opération un peu plus loin, de telle sorte que le liquide marque 2 à 3° en plus de celui indiqué ci-dessus.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant <tn un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ... .. .....
- 'Comment recevoir les petites longueurs d’onde, par L. J. Publication de la T. S. F. moderne, xi, avenue de Saxe, Paris. Prix : a fr. 5o.
- Les petites longueurs d’onde, c’est-à-dire celles comprises entre i5o et3oom., commencent à passionner les amateurs de T. S. F. ; car elles constituent le domaine où sont cantonnés les postes émetteurs d’amateurs en France, en Angleterre, aux Etats-Unis. Leur réception pose des problèmes spéciaux. Cette brochure résume très clairement la plupart de nombreuses solutions proposées.
- La lampe à 3 électrodes, par C. Guttom (Conférences-rapports de documentation sur la physique), i vol., 181 p., 90 fig. Les Presses universitaires de France. Paris, 1923. Paris, i5 francs.
- Ce volume, écrit avec la clarté et l’élégance qui -caractérisent tous les ouvrages de M. Gutton, traite des principales applications de la lampe à 3 électrodes en télégraphie sans fil. Après un rappel sommaire des propriétés essentielles de cet appareil, l'auteur étudie les amplificateurs basse fréquence à transformateur ou à résistance, les amplificateurs de courant continu, et les amplificateurs haute fréquence. 11 traite ensuite de la lampe génératrice d’oscillations, il en étudie le fonctionnement, le réglage et le rendement, les modes de couplage, puis examine l’emploi <le la lampe comme détecteur et analyse le mécanisme de l’hétérodyne : quelques détails sont donnés sur des dispositions ou des modèles spéciaux : résistances négatives, lampes à 4 électrodes, magnétron de Hull, dynatron, multivibrateur Abraham et Bloch.
- .Le chaudronnier en fer, par L. Gendron. 1 vol. 38a p., 249 fig. Eyrolles, éditeur, Paris iga3. Prix : 8 francs.
- Ce livre à l’usage de l’enseignement technique contient l’exposé raisonné des méthodes de travail manuel concernant la chaudronnerie en fer. L’auteur étudie en détail les opérations principales de cet art 1 et donne le principe des tracés qui permettent de ^déterminer la coupe des pièces : il passe ainsi en revue le perçage, le cintrage, les rivures à la main ou mécaniques, le chanfreinage, le matage et le meulage ; des chapitres spéciaux, sont consacrés à la construction des chaudières et faisceaux tubulaires de machines. à vapeur. Signalons également des notions sommaires sur les travaux de forge et de soudure autogène.
- The Détermination of Hydrogen Ions, par W. Mans-field Clark. 2e édition. 1 vol. in-8, 480 p., 42 fig-i 1 pl. en couleurs. Williams et Wilkins Cy, Baltimore .
- Les lecteurs de La Nature .connaissent l'importance capitale de cette question par l’article publié dans le n° n534. La première édition du livre de Clark, parue en 1920, a été si rapidement épuisée, les travaux nouveaux s’accumulent en tel nombre, qu’une mise au V‘.point a paru déjà nécessaire. La 2e édition compte “ près de 200 pages de plus, 900 nouvelles indications bibliographiques. C’est dire qu’elle est absolument à jour et qu’elle présente d’une manière classique la nouvelle notion du « pH », devenue — comme le dit l’auteur — aussi banale que celle de température, et — ajouterons-nous — aussi importante pour toutes les recherches touchant à la chimie biologique.
- En 21 chapitres, l’auteur expose lts principes de l’équilibre entre ions H et ions OH dans la dissociation électrolytique, la théorie et la pratique des indicateurs calorimétriques, la théorie et la pratique des mesures électrométriques au moyen d’électrodes à
- hydrogène, et enfin passe en revue les très nombreuses applications de ces mesures aux laboratoires et dans les industries les plus diverses.
- Manuel pratique de la fabrication des encres, par Des-maret et Lehner. 3e édition revue et augmentée, i vol. in-i6de 372 pages. Gauthier-Villars et Cie, éditeurs, Paris 1923. Prix : 12 francs.
- La première partie de cet ouvrage donne une description claire et précise de toutes les encres employées dans le commerce ou l’industrie : encres à écrire, encres à copier, encres en poudre, encres pour stylos, encres en crayons, encres à dessin, encres lithographiques, encres à marquer, encres à tampons, encres pour rubans de machines à écrire, encres spéciales, etc.
- La deuxième partie est consacrée à la fabrication des encres d’imprimerie.
- Méthode simple pour prévoir le temps, par l’abbé Th. Moreux. 1 vol. de iv-54 p- avec 2 fig. Dunod éditeur, Paris, 1923. Paris : 2 fr. 5o.
- La méthode de prévision de l’abbé Moreux est tout entière fondée sur le temps qu’il fait dans les différentes zones d’une dépression atmosphérique. Pour appliquer cette méthode, deux instruments seulement sont indispensables : une girouette et un baromètre.
- A l’observatoire de Bourges où cette méthode est appliquée, les réussites obtenues sont de 81 pour 100, et tout amateur peut arriver à de semblables résultats sans aucune pratique.
- La Gazette apicole. Numéro de Noël, décembre 1922. Alphandéry, éditeur, Montfavet (Yaucluse). Prix : 2 fr.
- M. Alphandéry a demandé à de nombreux gens de lettres : « Aimez-vous les abeilles? Quels souvenirs, réflexions ou anecdotes vous inspirent-elles?» et il réunit leurs réponses souvent fort intéressantes dans ce numéro spécial.
- Les Pyrénées, par M. Sorre, chargé de cours à la Faculté des Lettres de Bordeaux, in-16, 216 pages, avec 6 photographies et 6 cartes dont 3 hors texte, collection Armand Colin. Prix : 5 francs.
- Cette excellente petite monographie présente une synthèse claire et complète. Dans une première partie, l’auteur traite les Pyrénées dans leur ensemble, en envisageant tour à tour la formation géologique, le relief, le climat, la végétation, l’hydrographie, les formes de l’activité humaine. Il passe ensuite en revue les diverses régions naturelles du versant français et termine par un chapitre sur les ressources des Pyrénées, qui aurait mieux trouvé sa place à la fin de la première partie.
- Index generalis 1922-1923. Annuaire général des Universités, publié sous la direction de Moxtessus de Ballore. x vol. in-16, 2111 p. Gauthier-Villars, Paris. Prix : broché, 5o francs; reliq, 55 francs.
- Avant la guerre, les renseignements sur les Universités, Laboratoires, Musées, Académies, Sociétés savantes, Observatoires, Bibliothèques, Archives, etc., c’est-à-dire sur les ressources intellectuelles du monde, étaient groupés dans une publication allemande Minerva et une amércaine Who is who i‘ Aujourd’hui, la France a aussi son annuaire général. La première édition, parue il y a 2 aus, présentait quelques lacunes notamment du fait que certaines universités d’Allemagne, d’Autriche, de Hongrie, n’avaient pas encore fourni de renseignements; cette 2e édition a pu les compléter. On y trouve : 1007 notices concernant les Universités et grandes écoles avec noms des professeurs et indication des cours; 21 concernant les Académies; 320 sur les Observatoires; 671 sur les Musées; 1086 sur les Sociétés savantes; 3253 sur les Bibliothèques et Archives ; une table alphabétique de plus de 40 000 noms de savants.
- L'Index generalis est donc un instrument de travail de pi'emier ordre, indispensable à tous ceux qui, de près ou de loin, louchent à la vie intellectuelle mondiale.
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- N° 2555 24 Mars 1923
- LA N
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- Un opéra transmTs~par T. S. P. en France. — Pour la première fois eu France le poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. a transmis le samedi soir, 3 mars, un opéra entier par radiotéléphonie.
- Une liaison téléphonique avait été établie à cet effet entre le théâtre et la station émettrice. L’opéra transmis était La Flûte enchantée, de Mozart. Après des réglages inévitables, la transmission était très bonne et l’on pouvait sans peine comprendre toutes les paroles des acteurs.
- De telles émissions, qui maintenant se renouvellent, ne peuvent manquer d’accroître encore le nombre des amateurs de T. S. F. Un seul perfectionnement de détail serait cependant encore désirable ; tous les amateurs ne possèdent pas le livret correspondant à l’opéra transmis et ne peuvent donc par conséquent suivre les péripéties de l’action, privés qu’ils sont du jeu des acteurs et de la vue des décors.Dans ces conditions, l’opérateur, en décrivant avant chaque acte les décors et en annonçant les principales scènes, pourrait de beaucoup augmenter l’intérêt de l’audition. P. Hémardinquer.
- La télégraphie sans fil pour les communications avec les mineurs ensevelis. — Des essais exécutés par le Bureau des Mines des Etats-Unis laissent espérer que dans l’avenir on pourra établir des communications de cê genre entre les équipes de secours et les mineurs ensevelis dans une galerie de mine par suite d’explosion ou d’incendie. Dans les essais de transmission souterraine où des signaux ont été nettement perçus au travers de bancs de i5 m. d’épaisseur au moyen de trains d’ondes continues de 200 à 3oo m. de longueur, on a noté, nous dit la revue anglaise The Engineer, que l’audition cessait rapidement avec l’augmentation de la distance et qu’il était préférable d’utiliser des antennes verticales au lieu d’horizontales.
- Egalement il y aura intérêt à faire des essais avec des longueurs d’ondes plus grandes, car il semble que la direction des couches a une influence sur la transmission. En tout cas, l’humidité a une influence certaine.
- La pluie artificielle. — Le Army Air Service des Etats-Unis a entrepris à Dayton, sous la direction du professeur Bancroft et de M. F. Warren, des expériences couronnées de succès pour précipiter en pluie les nuages. Yoici sur ce sujet quelques détails extraits de Nature, de Londres. Le procédé employé est le suivant : un aéroplane volant à quelque i5o m. au-dessus du nuagè projette sur celui-ci une poussière de sable électrisé. Ce sable est chargé à 10000 volts; chaque grain constitue un noyau sur lequel se rassemblent un grand nombre des gouttelettes infimes qui composent le nuage ; et celui-ci se dissipe, son eau étant entraînée par le sable ; on aurait réussi par ce moyen à dissiper des nuages épais de i5o à 5oo m., mesurant plusieurs kilomètres en long et en large. Le temps nécessaire pour effectuer la précipitation dépasserait rarement 10 minutes ; dans le cas de nuages très minces, l’humidité s’évaporerait avant d’atteindre le sol.
- Une usine à hélium aux Etats-Unis. — L’hélium est, après l’hydrogène, le plus léger des gaz connus. On sait que, sur l’initiative du grand chimiste anglais, sir William Ramsay, ,on songea pendant la guerre à l’utiliser pour le gonflement des ballons, car il a l’avantage d’être absolument ininflammable. L’hélium, autrefois réputé corps rare, se rencontre, avec une abon-t dance relative, dans les gaz naturels qui se dégagent du sol en de nombreux points du globe, et notamment dans, les régions pétrolifères.
- Le gouvernement anglais fit étudier, au Canada, par le professeur Mac Lennan, la possibilité d’extraire de ces gaz de l’hélium assez pur pour être employé en aéronautique. Le gouvernement américain, dès l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, fit entreprendre des études analogues et des usines d’expériences furent montées dans le Texas, à Fort Worth et Petrolia, pour retirer l’hélium des gaz naturels qui se dégagent en abondance dans cette contrée et sont du reste largement utilisés pour le chauffage et l’éclairage. Ces usines com-
- mencèrent à fonctionner au début de 1918; au bout de quelques mois, les ingénieurs américains étaient fixés sur les procédés à adopter définitivement et l’on commença aussitôt l’installation d’une grande usine, qui fut achevée vers le milieu de 1920, et mise en marche commerciale vers la fin de cette année. Depuis lors, cette usine fonctionne régulièrement et produit chaque jour environ 42° ni3 d’hélium ne contenant que 4 à-5 pour 100 d’impuretés. Cette production doit être portée sous peu à 1000 ou 1100 m5 par jour.
- Les alliages ultra-légers au magnésium. — Après l’aluminium et ses alliages, le magnésium, plus léger encore, aborde à son tour les applications mécaniques. On pouvait voir, en effet, au dernier Salon de l’Aéronautique, une belle exposition de pièces mécaniques en alliages de magnésium, présentée par la Société d'électrochimie et d'électro-métallurgie.
- Ces alliages dans lesquels le magnésium entre pour q5 pour roo, les autres constituants étant le zinc et l’aluminium, ont une densité inférieure à 1,9. Les alliages légers d’aluminium ont des densités de l’ordre de 2,6 à 2,g.
- Les caractéristiques moyennes à la traction des alliages au magnésium paraissent être : limite élastique, 16 kg; charge de rupture, 23 kg; allongement, jo pour 100. On obtient avec eux des pièces de fonderie, des pièces étirées, des pièces laminées. On peut également les forger, les estamper et même les souder.
- Dès maintenant, on les utilise en fonderie pour faire des éléments de fuselage d’aéroplanes.
- Les huiles de graissage « voltolisées ». •— Ces
- huiles, connues en Allemagne depuis déjà quelque temps, ont été étudiées systématiquement tout récemment par Stanislas Larzecki. Le Kurier Palski, du 20 décembre 1922, a résumé ce que sont ces huiles, leurs propriétés, leur mode de production, leur avenir dans l'industrie.
- La Revue des Produits chimiques du 15 février 1923 a été la première à synthétiser toutes ces recherches fort intéressantes. Les huiles lubrifiantes appelées « huiles voltolisées » proviennent de l’hydrogénation des corps non saturés existant dans les huiles minérales ordinaires, cette hydrogénation toute spéciale ayant lieu, chose curieuse, en même temps que l’action d’effluves électriques. Ce traitement mixte, dont le mécanisme n’est pas encore bien connu, augmente la viscosité des huiles dans des proportions extraordinaires. Ainsi une huile minérale, qui a ioo°, n’a plus qu’une viscosité de 20 Engler, arriverait à posséder une viscosité de ioo° En-gler à ioo° C.
- Les effluves électriques, auxquelles on doit soumettre de telles huiles minérales pour les « "voltoliser », sont de l’ordre de 43oo/46oo volts, soit 19/23 ampères. L’hydrogène agit à la pression de 0,9 atmosphère. C’est surtout dans la lubrification des moteurs Diesel et semi-Diesel, des machines à vapeur surchauffée, des compresseurs, des arbres tournant sous une forte charge, des appareils de lubrification automatiques que la pratique exige des lubrifiants de haute viscosité à de hautes températures.
- Il en est de même pour les moteurs d’auto, et pour les moteurs rotatifs d’avions surtout.
- Jusqu’ici, seule l’huile de ricin avait donné relativement satisfaction. Elle commence à manquer ou tout au moins à être chère. Là, certains chiffres de comparaison sont nécessaires. Si l’on appelle (1) la viscosité de l’eau à 200, une huile minérale de viscosité égale à (24). à 3o°, n’aura plus que (4,5) comme viscosité à 5o°; à ioo°, sa viscosité sera (1) et elle n’aura plus de propriétés lubrifiantes, ni aucune « onctuosité ». Or, on arrive par la « voltolisation » à élever la viscosité d’une huile minérale à ioo° Engler à la température de ioo°, c’est-à-dire à la centupler. On pourrait, dit-011, arriver à 1700 Engler.
- Une huile « voltolisée » donnerait une économie de 2Ô-3o pour 100 de force, dans une marche à vide, et de i o-t 5 pour 100 sous une forte charge.
- Yoici un autre avantage sérieux de ces huiles « voltolisées » : elles conservent leur pouvoir lubrifiant aux
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- températures pratiquement les plus basses ; elles ne forment jamais de crasse sur les arbres.
- L’inventeur de la « voltolisation « est de Hemptinne, qui traitait les huiles minérales par l’effluve électrique aux voltages et ampérages énoncés ci-dessus, avec une atmosphère d’hydrogène raréfiée.
- Bien que des précisions manquent sur le vrai mécanisme de la « voltolisation », il semble qu’il s’agisse là d’une hydrogénation, accompagnée de polymérisation. Les huiles minérales sont placées dans d’énormes chaudières horizontales de 3o ooo litres de capacité ; chaque chaudière est munie d’un arbre horizontal à 4 électrodes. Ces électrodes sont des plaques d’aluminium alternant avec des plaques de presspahn (sorte de carton isolant comprimé). Les électrodes portent des godets-puiseurs d’huile,*qui la déversent sur les électrodes.
- La surface active de chaque chaudière est de 600 ms. On fait en sorte que la distance entre les électrodes d’aluminium et les plaques d’aluminium fixées sur le presspahn soit telle qu’il ne se produise pas d’étincelles.
- On se sert d’un courant alternatif monophasé de 45oo volts-5oo périodes. On réduit la pression de l’hydrogène à 0,9 atmosphère; alors les effluves se forment. A. H.
- La récolte des vins en 1922. — M. Prosper Ger-vais vient de faire connaître à l’Académie d’Agriculture les résultats prodigieux de la récolte de l’an dernier. Dire que c’est une grosse récolte n’est pas assez; elle dépasse 70 millions d’hectolitres. On n’avait pas enregistré pareil chiffre depuis près de 5o ans, avant l’invasion du phylloxéra.
- La récolte déclarée, est pour la France, de 69250839 hectolitres, et avec les stocks à la propriété de 71 i36 129. hectol. ; la production de l’Alsace-Lorraine, non plus que celle de la Corse et de l’Algérie, ne sont comprises dans ce total. Les grosses récoltes d’avant le phylloxéra étaient 68 millions d’hectolitres en 1864; 70 millions en 1869; 83 millions et demi en 1876, date qui marque l’apogée de la viticulture française ; seulement, et c’est un point digne de remarque, l’étendue de notre vignoble était alors de 2 5oo 000 hect., tandis qu’il n’est guère aujourd’hui que de 1 5oo 000 à 1 600 000 hect. ; 1 million d’hectares de moins en chiffres ronds, d’où cette constatation que la reconstitution de notre vignoble à l’aide du greffage sur porte-greffes américains résistants au phylloxéra n’a pas été pour lui — quoi qu’on ait pu dire — une cause de déchéance.
- La récolte en vins avait été, l’année dernière, de 45 millions d’hectolitres, contre plus de 56 millions en 1920. Elle avait oscillé dans les années antérieures entre 54 millions en 1912, 41 millions en 1913, 56 millions en 1914, 18 millions en 1915 (fléchissement dû aux désastres causés par les insectes ampélophages et les maladies cryptogamiques), 33 millions et demi en 1916, 36 millions en 1917, 42 millions en 1918 et 5i millions et demi en 1919. La moyenne décennale est d’environ 43 millions d’hectolitres, et celle des 40 dernières années de 46 millions d’hectolitres, dépassée de a5 millions par la récolte actuelle.
- Les 4 départements gros producteurs du Midi n’ont fait que 26 millions 4 d’hectolitres; par contre, les autres régions présentent une récolte formidable. La vallée de la Loire est particulièrement débordante : le Loiret avec 522 266 hectol. contre 200000 en 1921 ; le Loir-et-Cher avec? 2 3oo 33o contre 53s 535 en 1921; l’Indre-et-Loire avec 2 4i4 4i2 hectol. contre 607 869; le Maine-et-Loire avec 1623467 hectol. contre 576 028 en 1921 ; la Loire-Inférieure avec 1707 219 contre 463 000 en 1921. Ensemble, ces 5 départements se présentent avec 8467703 hectol. contre 2379613 en 1921, c’est-à-dire avec une récolte 4 fois plus abondante. C’est la plus grosse qui ait jamais été relevée pour ces départements.
- Que fera-t-on de ces 80 millions d’hectolitres de vin ? L’Académie d’Agriculture a longuement discuté ce problème. Trouvera-t-on à en exporter suffisamment? Faudra-t-il les boire en France, ce qui donnerait 200 litres de vin en moyenne par habitant? La distillerie servira-t-elle d’exutoire à cet excès de production? Mais alors que fera-t-on de l’alcool produit ? Le boire, c’est développer l’alcoolisme qu’on a eu tant de peine à diminuer pendant la guerre? Le brûler dans les moteurs, c’est concurrencer l’alcool de betterave et de grains, et
- de plus augmenter le mécontentement de ceux qui ne considèrent pas le carburant national comme une solution économique du problème de l’essence?
- Nous ne voulons pas entrer ici dans ces brûlantes questions, mais il nous sera bien permis de dire que les cours actuels du vin à la consommation, à peine plus bas que l’an dernier, ne correspondent guère à cette récolte pléthorique.
- Expérience d’exportations de bovins français en Amérique du Sud. — Les races françaises, de bœufs sont particulièrement estimées à l’étranger et pourraient être l’objet d’un important commerce d’exportation. Notamment les bœufs charolais sont très demandés en Amérique du Sud. A l’occasion du centenaire de l’Indépendance du Brésil, le syndicat des éleveurs de la race bovine charolaise a donc décidé d’envoyer 3o reproducteurs à Rio de Janeiro. Jusqu’à présent, les tentatives de ce genre avaient toutes échoué à cause de la mortalité trop élevée (g5 à 100 pour 100) des animaux français débarqués au Brésil, par suite des piqûres de tiques qui inoculent des anaplasmoses et des piroplasmoses.
- On décida donc d’immuniser ces bovins avant leur départ contre ces deux maladies et le Dr Brumpt, professeur de parasitologie à la Faculté de Médecine de Paris, se chargea de cette opération. La vaccination contre les piroplasmoses qu’on fit d’abord, bien qu’amenant de fortes réactions, réussit sans provoquer aucune mort, mais il n’en fut pas de même quand on passa ensuite à la vaccination contre les anaplasmoses. Cette fois, le tiers du troupeau périt. Le reste fut expédié et supporta fort bien le climat du Brésil et ses tiques.
- M. Alfred Massé a rendu compte à l’Académie d’Agriculture de cette intéressante expérience, qu’on se propose de répéter sur des animaux plus jeunes, avec une vaccination en plusieurs temps. Sa réussite eomplète créerait pour notre élevage un débouché considérable dans maints pays étrangers.
- Comment doit-on nettoyer les récipients en aluminium? — Mrs R. Seligman et Percy Williams ont parlé à l’Institut des métaux de> Swansea, le 22 septembre 1922, des conditions les meilleures pour nettoyer les récipients en aluminium.
- Bien longtemps, l’attaque de ce métal par les corps alcalins chauds a été un obstacle à son emploi dans l’économie domestique. Mais l’expérience a prouvé que les silicates alcalins faisaient exception à la règle. Ainsi l’addition de silicate alcalin à une solution de soude à 5 pour 100 (1 de silicate pour 100 de soude) suffit pour constituer un puissant agent de nettoyage de l’aluminium, agent qui n’attaque pas cependant le métal.
- Le silicate de soude n’était pas facile à employer seul; sous forme de solution il est visqueux, et d’autre part, à l’état solide, il était sans emploi.
- On fabrique maintenant des mélanges de soude en poudre et de silicate, faciles à manier.
- Rappelons les noms de quelques-uns de ces produits usités, en Angleterre : Çarbosil », « Pearl Dust », « Aquamol ». En France nous ne connaissons pas de produit correspondant ayant la faveur du public.
- A. Hutin.
- Concours international de camions à gazogènes.
- — L’Office national des Recherches et des Inventions et l’Automobile Club avaient organisé l’an dernier un concours de camions à gazogènes qui eut un grand succès et révéla la possibilité de se servir des gazogènes à bois et à charbon de bois sur des automobiles de charge et des tracteurs.
- Toutefois, les camions qui avaient été présentés aux essais étaient des camions à l’essence, transformés simplement par l’adjonction d’un gazogène, et les essais ont montré qu’il y aurait avantage à étudier des dispositions spéciales, de nature à atténuer la réduction de puissance causée par le fonctionnement au gaz pauvre et. à éliminer plus complètement les, dépôts de coke, de goudrons et de poussières, de nature à rendre l’entretien des moteurs plus difficile et plus coûteux.
- Un nouveau concours, comportant des essais au banc et des épreuves d’endurance, est donc organisé par ces deux Services à partir du icr octobre prochain pour des camions de 3,5 et de 5 tonnes. Le Ministère de la Guerre apportera la collaboration de ses services techniques aux épreuves.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lft> 7 . S. F, *:ÜS
- Un nouveau dispositif de réception sélective sur cadre. — Nous avons sommairement expliqué comment on pouvait établir des montages d’accord sélectifs sur
- Fig. i. — L’ensemble du dispositif sélectif sur cadre.
- La boîte de syntonie (fig. 5 et 6) comprend trois lampes avec commutateur permettant de prendre deux et trois lampes. La dernière lampe est simplement amplificatrice. Les circuits primaire et secondaire sont fractionnés et comprennent des galettes à accouplements ré-glables.
- Le schéma du BR 8 est connu et nous aurons d’ailleurs l’occasion de le décrire très prochainement.
- Le sélecteur mécanique à fréquence
- Fig 3. — Coupures du cadre, avec manette à 3 directions permettant d avoir des coupures entières.
- musicale (fig. 7) est
- construit sur le principe des monotéléphones qui sont, comme on le sait, des récepteurs téléphoniques
- cadre ; en réalité les dispositifs employés dans les grands postes à la fois sélectifs et anti-parasites sont assez compliqués et comprennent notamment des amplificateurs à résonance, délicats à construire et également à régler par un amateur. La Société Indépendante'de T. S. F. vient de mettre au point un nouvel ensemble de réception sélective qui comprend surtout des amplificateurs à résistances. Voici le principe de ce dispositif dont la figure 1 montre la photographie.
- Le cadre orientable est relié à une boîte d’accord comportant des condensateurs variables à air. À la sortie de la boîte d’accord, les courants de T. S. F. passent dans une boîte de syntonie comportant deux ou trois étages d’amplification ÎIF à résistances et un circuit oscillant primaire qui agit sur un deuxième circuit oscillant secondaire. Les oscillat ons de ce dernier circuit. sont transmises à un amplificateur BR 8 à 8 lampes dont 6 HF à résistances et 2 BF à transformateur avec compensateur autodyne. A la sortie de cet appareil les courants, maintenant à fréquence musicale, agissent par un sélecteur mécanique qui ne transmet que les sons accordés sur sa note de vibration propre. Les signaux sont enfin amplifiés à basse fréquence.
- Si l’on désire actionner un relais pour enregistrement, on redresse ce courant à l’aide d’un détecteur BF, la
- Fig. /,.. — Schéma de la boîte d’accord ; 2000 m.
- dont la plaque ne vibre que pour une seule note. Dans l’appareil ci-dessus on peut faire varier la tension de la
- iFig. 5. — La boîtetde syntonie.
- Amplificateur B R ô 6 lampes H F, 2 lampes B F
- Amplificateur B F Sélecteur QQQ
- Fig. 2. — Schéma de principe de l’ensemble.
- figure 2 montre clairement le schéma de principe de cet ensemble très intéressant.
- Donnons maintenant quelques détails sur la construction des appareils.
- Le cadre orientable est en fil divisé et comprend trois coupures établies pour la réception des ondes de 900 à 4000 m., de 3ooo à 12000 m., de ioooo à >0000 m. (fig. 3).
- La boîte d'accord {fig. 4) comprend : trois condensateurs de précision, avec réglage par vis micrométriques ; des résistances sont placées en shunt et servent, croyons-nous, à empêcher les accrochages spontanés tjui pourraient se produire,
- plaque à l’aide d’une vis de réglage, donc on fait varier sa note propre.
- Les courants vénant de l’amplificateur BR 8 passent dans l’électro-aimant de gauche ; celui-ci agit sur la plaque qui, à la façon d’un microphone, fait varier les courants passant dans l’électro-aimant de droite relié à l’amplificateur BF.
- En faisant varier la note du sélecteur, on élimine les signaux parasites.
- Vamplificateur BF ne présente rien de particulier, sauf qu’il est possible d’améliorer encore la syntonie en plaçant des condensateurs en dérivation sur les enroulements des transformateurs.
- Casque ou redresseur pour enregistrement
- Entrée,
- Accouplement réglable
- Fig. 6. — Schéma de la boîte de syntonie à 3 lampes,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Vers /'amplificat?
- B'F 9
- On voit les diverses sélections que ce dispositif permet d’obtenir.
- i° Sélection par orientation du cadre.
- a0 Sélection par accord obtenu avec boîte d’accord et choix de l’enroulement du cadre.
- 3° Sélection obtenue par réglage des circuits primaire
- et secondaire et
- Borne masse de laCCOUple-
- ment de la boîte de syntonie.
- 4° Sélection obtenue par le réglage autodyne du BR 8, et surtout par le sélecteur mécanique.
- Ces appareils permettent à proximité immédiate d’un poste puissant comme celui de la Tour Eiffel la réception et
- même l’enregistrement des postes américains.
- Il ne peut être question, pour l’amateur, d’établir lui-même un dispositif complet de ce genre, qui doit être réglé par des spécialistes. Indiquons cependant que l’on peut obtenir quelques résultats en utilisant la première partie dû principe indiqué et en employant à la suite du cadre accordé un amplificateur à résistances agissant sur un circuit oscillant primaire. Ce circuit induit lui-
- Vis de réglage
- Fig. 7. — Le sélecteur mécanique.
- Q. Q Q
- Cadre avec Amplificateur
- co n densa leu r résistances
- en dèfivetiün
- 00000
- C/rcutis oscillants réalisés avec galettes pivotantes
- Amph
- ordim
- Fig. 8. — Montage pour amateurs.
- même sur un deuxième circuit secondaire relié à l’amplificateur de réception habituel (fig. 8). Ce dispositif, à l’encontre évidemment du premier, peut servir pour la réception des émissions radiotéléphoniques.
- P. Hémardjnquër.
- *»> Mécanique
- Appareil de traction élastique « Accouplex » à désaccouplement automatique pour tracteurs. —
- Tous les appareils de traction mécanique sont établis pour exercer un effort maximum qui ne doit pas être dépassé, sous peine d’accident. Si, par suite d’une sur-
- Fig. 9. — L’Accouplex.
- charge excessive ou d’une résistance imprévue, la limite est dépassée, une rupture se produit qui provoque l’immobilisation de l’appareil et souvent une longue et coûteuse réparation.
- L’ « Accouplex » répond au besoin de limiter automatiquement la surcharge à l’effort maximum pour lequel le tracteur a été calculé et ceci de deux façons : par ses ressorts à compression réglable, il amortit les résistances brusques et supprime les à-coups aussi préjudi-
- ciables aux tracteurs qu’aux appareils remorqués ; par son dispositif de désaccouplement automatique, il rompt l’attelage quand l’effort dépasse la limite pour laquelle il a été réglé.
- Lorsque le désaccouplement se produit il est à noter qu’aucune pièce ne tombe et que 1 appareil reste dans la position du crochet de traction ouvert ; il suffit donc de faire reculer le tracteur pour obtenir, sans démontage ni aide supplémentaire, un nouvel accouplement instantané.
- L’ « Accouplex » est muni d’une graduation et d’un index qui en font un véritable dynamomètre ; le conducteur du tracteur se rend ainsi compte, à tous mo-
- qzp-
- Fig. io-ii. — Schéma de l’Accouplex.
- ments, de l’effort nécessaire au travail demandé. Ce dispositif, d’une très grande importance, permet une utilisation rationnelle du tracteur et des instruments remorqués. Le dynamomètre peut être rendu enregistreur à volonté par l’adjonction de quelques organes supplémentaires.
- Les figures ci-dessus montrent l’aspect et le fonctionnement de l’appareil. Là figure g permet de jüger de son aspect extérieur. Les figures 10 et 11 expliquent son fonctionnement. A, est la carcasse portant tous les organes; B, le crochet de traction; C, le loquet de déclenchement; D et E les ressorts amortisseurs; F, la vis réglant la tension des ressorts ; G, la came d’arrêt du crochet de traction B et H, le cliquetde blocage, qui provoquent le désaccouplement; I, l’aiguille du dynamomètre. Cet appareil peut rendre service sur tous les tracteurs et particulièrement sur les tracteurs agricoles qui ont à supporter de grandes et brusques variations de résistance. — Le constructeur est M. Henri Mille, 44, rue de Lisbonne, Paris.
- Objets utiles
- Une échelle qui ne peut pas glisser. — Beaucoup d’accidents ont été causés par une échelle qui glisse sur un parquet ciré ou lisse.
- Lorsque des supports spéciaux ne sont pas employés pour les échelles et lorsqu’on ne craint pas de rayer le plancher, il est très simple d’adopter la méthode illustrée ci-contre pour prévenir les accidents.
- On perce quelques trous dans une pièce de fer assez longue et épaisse, de la façon indiquée et l’on fixe cette pièce de fer à l’aide de vis au bas de l’échelle, comme il est montré sur la fig. 12.
- Le nombre et la taille des vis dépendra de la grosseur de l’échelle et aussi du genre de parquet sur lequel elle doit être posée. Ce dispositif offre une excellente garantie, sauf sur les planchers métalliques.
- Pinceau fixé à Un récipient à souder. — Quand un certain nombre de pièces doivent être frottées avec un liquide pour soudure, c’est une bonne idée de combiner le pinceau avec le récipient. Ceci peut être réalisé en introduisant un morceau de tube dans le goulot à vis du récipient et en plaçant la brosse dans ce tube. L’extrémité dit tube devra être resserrée légèrement afin de maintenir solidement le pinceau.
- Bouchon
- Fig. i3.
- Fig. 12.
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- VARIETES
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- LE FILM « NANOUK L’ESQUIMAU ”
- Tout Paris a, depuis près d’un an, pu admirer à loisir un film des plus curieux sur les Esquimaux du nord-ouest de la presqu'île d’Ungava. Ce film est édité par la Compagnie française du film. Les deux opérateurs, tous deux Canadiens, ont vécu pendant treize mois, en 1920 et 1921, la vie d’une famille de « mangeurs de chair crue », errant sur les territoires de chasse de la maison de fourrures Révillon, entre les caps Dufîerin et Smith. En sortant d’une représentation, nous avons jeté sur le papier quelques notes que nous soumettons aux lecteurs de cette Revue. Presque toutes les scènes ont été prises dans la famille de l’Eskimo Nanouk, laquelle se compose, en plus du mari, de la femme, de la belle-sœur non mariée et de deux bébés. Yoici les principales.
- Construction de l’iglou. — Avec son couteau d’ivoire à large lame, l’homme découpe des dalles de glace et en fait une espèce de boîte renversée, dans laquelle il s’introduit. Quand elle est hermétiquement close, il en sort, en faisant une porte basse, que ferme une dalle de glace mobile. Ensuite, il découpe une dalle de glace transparente, qu’il met dans une ouverture pratiquée dans les parois de l’iglou. Le jour pénètre dans l’intérieur par cette espèce de vitre ; un bloc de neige joue le rôle de réflecteur et renvoie les rayons du soleil à travers la vitre dans l’iglou.
- Les femmes terminent la maçonnerie, en cimentant avec de la neige les intervalles des dalles de glace. C’est dans cet abri que la famille passe la nuit. Un réchaud, alimenté avec de la graisse de phoque, sert à faire fondre la neige pour avoir de l’eau potable.
- Mœurs familiales. — Les sentiments familiaux sont très développés ; le père, la mère et les enfants font preuve de beaucoup d’affection et de tendresse. Ils ont un caractère visiblement très gai. Le père apprend à l eniant à tirer de l’arc et lui fabrique des ours blancs avec de la neige.
- La mère porte ordinairement son bébé dans le capuchon de son manteau de fourrure. Le matin, elle fait la toilette du bébé en le mettant tout nu ; elle crache dessus et le frictionne vigoureusement avec uu linge visiblement sale. L’eau est rare dans ces régions et réservée pour l’alimentation. Pendant ce temps, l’intérieur de l’iglou est rempli de neige et le bébé ne paraît nullement souffrir du froid. Malgré moi, les vers de Victor Hugo me sont revenus à la mémoire.
- Guerriers, je suis né dans le pays des Gaules.
- Ma mère m’a baigné dans la neige des pôles.
- Le soir, tout le monde se déshabille et se couche tout nu sous des fourrures, serrés étroitement les uns contre les autres, pour se tenir chaud.
- Les Eskimos se distinguent par une gloutonnerie réellement bestiale. Ils déchirent la viande crue avec leurs dents; ils sont capables d’ingurgiter en une journée jusqu’à 24 livres anglaises de viande et de graisse. Dès l’âge le plus tendre, le lard cru de phoque est une friandise. Il est vrai qu’une alimentation riche en corps gras leur est indispensable par les froids qu’ils endurent et qui peuvent aller jusqu’à — 56° centigrades,
- L’Eskimo ne se sépare jamais de son couteau en ivoire de morse à large lame plate. C’est avec, lui qu’il construit son igloü, qu’il découpe et écorche les bêtes abattues, qu’il racle les peaux.
- Moyens de transport. —- Pour ces populations errantes, qüi vivent de la chasse et de la pêche, des moyens de transport légers et rapides sont indispensables. Il y en à trois : le traîneau, que remorquent des attelages de chiens à moitié sauvages; le kayak, canot légêr de course, qui peut se traîner sur la glace, remorqué par les chiens et par les membres de la famille ; pour le rendre glissant, Nanouk le renverse et crache dessus, de manière à l’enduire par-dessous d’une mince couche de glace; la barque lourde de transport (oumyah). Pour conduire le kayak, le rameur tient par le milieu une rame Unique, aux deux extrémités aplaties également; il les plonge alternativement dans l’eau; l’une à droite, l’autre à gauche. Le propulseur et le gouvernail se trouvent ainsi combinés.
- Les chiens méritent une mention spéciale. Ils présen-
- tent deux types ; l’un qui rappelle le chien lapon, mais avec des oreilles larges analogues à celles du terre-neuve; l’autre est un chien-loup. Les deux types proviennent visiblement de deux races, croisées depuis les temps les plus reculés. Les uns et les autres sont également féroces et leur voracité n’a de comparable que celle de leurs maîtres. Ils se battent tout le temps entre eux, malgré les coups d’un fouet, dont la lanière mesure 10 m. de long, et qui coupe comme une lame.
- Chasse et pêche, — Tout comme les hommes de Chan-celade, qui habitaient la France à l’époque magdalénienne, les Eskimos du Labrador vivent de la chasse et de la pêche ; ils présentent d’ailleurs avec eux des caractéristiques communes ; l’arête sagittale sur le crâne ; le gros orteil, opposable aux autres doigts, aux pieds. Leurs gibiers préférés sont le morse, le phoque, l’ours blanc, le saumon. Malgré leur gloutonnerie) ils savent faire pour l’hiver des provisions de viande de phoque et de saumons. Voici les épisodes de chasse que présente le film :
- i° Chasse au. morse. — Pour la chasse au morse, plusieurs chasseurs se réunissent; ils s’approchent en rampant de l’endroit où les morses se reposent (grève dans l’occurrence). Brusquement l’un d’eux, arrivé à quelques mètres d’un animal magnifique (il pesait plus de 2000 kg), se dresse et le harponne ; l’animal n’en réussit pas moins à gagner l’eau, mais, après une lutte terrible, est ramené à terre par les chasseurs, tirant sur la corde en cuir du harpon; il est achevé : le dépeçage et la curée par les chasseurs commencent immédiatement; les chiens ne sont pas de la partie.
- 20 Chasse au phoque. — La chasse au phoque est moins dangereuse et sé pratique par des chasseurs isolés. Le chasseur repère le trou dans la glace, par où le phoque (oyapuk) vient respirer à la surface ; il enfonce brusquement son harpon sans voir l’animal) l’atteint et le hisse sur la glace avec l’aide de sa famille, femmes et enfants; pendant que ceux-ci tiennent la corde du harpon, lui-même découpe la glace tout autour du trou avec son couteau d’ivoire. La bête est hissée à l’air libre, achevée et dévorée séance tenante par les hommes et par les chiens, qui se battent entre eux pour se disputer les morceaux. On se demande alors lequel est le plus bestial, de l’Eskimo ou de son chien.
- 3° Chasse au renard blanc. — Le chasseur repère la tanière du renard, enfoui dans la neige. Il s’en approche en rampant, débouche le terrier avec son couteau d’ivoire, plonge brusquement sa main et retire le renard vivant, en le tenant par le cou. Il le ficelle ensuite tout vivant à l’arrière du traîneau.
- 4° Pêche au saumon. — Elle se pratique en été. Le pêcheur s’y rend en kayak, tire son canot sur la glace, puis se couche le long du glaçon de manière à ne pas être vu par le poisson. Il agite de sa main gauche un appât, composé de deux lamelles d’ivoire, tenues par une corde de cuir. Quand le saumon fonce sur ce qu’il croit être un petit poisson, le pêcheur le transperce avec un trident, tenu dans la main droite, le tire de l’eau et l’achève en lui broyant la tête à coups de dents.
- Blizzard. — Un des plus grands dangers des pays arctiques est la tempête de neige, le blizzard. ÀU péril de leür vie, les opérateurs ont réussi à en filmer üti. La neige impalpable, chassée par la tempête, produit à l’écran l’effet de nappes de pluie, drivées par le vent; elle balaie tout sur son passage. Nanouk et sa fàmillé s’étaient réfugiés dans l’iglou, pendant que les opéra^ teurs restaient dehors. Les chiens laissés à là porte dé l’iglou, à l’exception de deux chiots, tendaient le dos à la neige ; ils étaient bieniôt recouverts d’une Carapace de glace; il semble même qUé deux ou trois soient morts, les pattes raidies.
- Par ce film, on peut voir cjüels services peut rendre le cinéma âüx sciences physiques et naturelles, ainsi qit’à l'ethnographie et à la géographie. Un bon film, non truqué, en apprend plus que des volumes, si bien faits soient-ils. Malheureusement, et c’est là l’écueil, un film se truque aisément. Ce n’est heureusement pas le cas de NaHouk VEsquimau. René Lé Conte.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Dans le n° a544> horaire des émissions radio-téléphoniques. Emission de la Tour, lire i8hao à ig1’ au lieu de nh20 ài9h.
- T. S. F. — M. Henri Vallet, à Paris. — i° Pour améliorer une réception obtenue avec un poste à galène, on emploie un amplificateur à BF, de i à 3 lampes généralement; il suffit de placer l’entrée de cet amplificateur à la place du récepteur téléphonique du poste à galène. 2° La réception des émissions radio-téléphotiiques- est déjà délicate sur antenne en se servant uniquement d’un détecteur à galène ; elle est encore plus difficile évidemment sur cadre. On peut cependant recevoir à Paris, à l’aide d’un bon cadre bobiné avec du fil de 6 à 8/ioe de millimètre deux couches coton (voir n° 2545). Il est bon d’employer une galène sensibilisée avec laquelle la recherche des points favorables est plus facile.
- M. Martel, à Desvres (P.-de-C.). — i° Voici des adresses de maisons fabriquant des piles pour la recharge des accumulateurs de chauffage ; établissements Gaiffe, 23, rue Casimir-Perier, 70 ; le Carbone, 12, rue de Lorraine, à Levallois-Perret (Seine) ; Dubois, 54, rue Hoche, à Courbevoie (Seine).
- 20 La portée d’un poste dépend non seulement de la puissance de ses appareils d’émission, mais encore du rendement de son antenne. C’est ce qui explique pourquoi les émissions de FL sont entendues plus loin et plus fort que celles d’autres postes dont pourtant la puissance dans l’antenne est nominalement plus élevée.
- 3° Nous indiquerons prochainement - les formules simples permettant de calculer les selfs et les capacités ainsi que la manière de les mesurer à l’aide d’un onde-mètre.
- Vous pourrez trouver des renseignements de ce genre très complets dans La T. S. F., du général Ferrié et J. Boulanger; Berger-Levrault, éditeur; les renseignements plus simples dans le livre de M. Gutton ou de M. Roussel : Le livre de l'Amateur de T. S. F., librairie Vuibert.
- M. Raybaud, à Paris. — On peut réaliser un montage autodyne pour amplificateur utilisé avec un cadre, en couplant une petite galette de self placée dans le circuit-grille d’une lampe, avec une autre placée dans le circuit plaque d’une autre lampe. Votre amplificateur comportant 3 étages H.F. à résistances, la première galette doit être placée dans le circuit-grille de la première lampe, la deuxième dans le circuit-plaque de la troisième. La self placée dans le circuit de plaque devant avoir une valeur plus grande que celle placée dans le circuit-grille. La valeur de ces deux selfs dépend d’ailleurs des longueurs d’onde des postes que vous désirez recevoir.
- • M. Louis Caperan, à Maret. —- Pour permettre l'audition en public à 800 km de Paris des concerts de FL, il est nécessaire d’utiliser un amplificateur puissant avec une grande antenne et un haut-parleur de bon rendement.
- Vous n’indiquez pas l’emplacement dont vous disposez, mais il semble nécessaire que vous montiez une antenne en nappe ou en V d’au moins i5o m.
- Comme amplificateur, vous pouvez utiliser un amplificateur à 3 ou 4 étages H.F. à transformateurs ou à résistances, suivi de 2 étages B.F. à transformateurs. Un des dispositifs de superamplification décrit dans le n° 2542 vous donnerait sans doute de bons résultats, la construction et l’emploi en sont cependant plus délicats.
- Enfin comme haut-parleur il semble que les haut-parleurs électromagnétiques soient préférables dans votre cas (haut-parleurs type Magnavox ou Gaumont).
- M. JRozès, à Mirande (Gers). — Nous indiquons aussi exactement que possible l’horaire des émissions radio-téléphoniques et .mentionnons également le plus souvent possible les modifications.
- Souvent, avant Vémission normale de FL, ont lieu des essais 4e trausnaission ; généralement lectures de sujets
- quelconques, livres scientifiques ou même journaux quotidiens. C’est un de ces essais que vous avez dû entendre.
- Cercle des Beaux-Arts, à Nantes. — A proximité d’un grand pos£e, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, d’éliminer les harmoniques de ses émissions, lorsque par hasard elles se trouvent avoir la même longueur d’onde que les communications radiotélépho-niques de FL ou de la SFR.
- L’emploi de l’accord en Tesla avec antenne dirigée, ou mieux du cadre avec amplificateur à résonance ou superhétérodyne peut cependant améliorer la sélection.
- M. Guillerme, à Longuirlec (Morbihan), — i° 11 est relativement facile d’installer un haut-pwleur à grande puissance pour permettre de prononcer des discours ou des communications en public. On relie directement le haut-parleur à un microphone ou on intercale un amplificateur à transformateurs pour augmenter encore l’intensité des sons émis.
- Le type de haut-parleur convenant pour cet usage est le télémégaphone, plus robuste et plus puissant que les autres modèles.
- 20 Voici les adresses de constructeurs de télémégaphones : Maison Gaumont, 5y, rue Saint-Roch, Paris. Maison Fian, 3 bis, cité d’Hauteville, Paris, agent des haut-parleurs « Magnavox ».
- M. /. Lomez, à Paris. — i° Nous ne vous conseillons pas Valimentation directe d’un amplificateur à l’aide du courant de secteur dont vous abaisseriez la tension.
- Le rendement d’une soupape électrolytique est acceptable si l’on a soin de renouveler fréquemment l’électrolyte et d’enlever les dépôts de sels; il se produit évidemment une chute d’intensité notable et il n’est besoin de régler la tension qu’à l’aide d’un rhéostat. Comme électrolyte on emploie avec succès du phosphate d’ammonium à 11° Baumé ou une solution de phosphate de soude à saturation (phosphate disodique PO4 Na* H = 142).
- 20 Pour construire un transformateur abaissant la tension de 110 à 4 volts avec prises intermédiaires, vous pouvez employer comme noyau magnétique un paquet cylindrique de fils de fer bien serrés; les tôles feuilletées sont préférables, mais difficiles à travailler pour un amateur. Pour le primaire, on peut employer 5oo spires de fil 4/to mm isolé deux couches coton et pour le secondaire 20 spires de 12/10 mm environ. Il suffit pour placer les prises intermédiaires de se rappeler que le rapport de transformation est égal au rapport du nombre de tours des enroulements.
- Comme vous n’indiquez pas le nombre de lampes de votre amplificateur, nous ne savons quel est l’ampérage nécessaire.
- 3° Un cadre est un oscillateur fermé; dans le n° 2552 nous avons indiqué les divers montages d’accord sur cadre.
- C. P., n° 5ç), à Paris. — Nous donnerons prochainement des schémas avec description du dispositif superhétérodyne.
- Lorsqu’un amplificateur à résistances a été bien monté, il ne doit pas se produire d’accrochages spontanés et des sifflements ne peuvent en résulter : lorsqu’ils se produisent ils ne peuvent provenir généralement que d’une lampe défectueuse ou d’une connexion mal faite. Vous n’indiquez pas si vous utilisez une réaction électromagnétique ou électrostatique. Dans le cas d’une réaction électrostatique, il est bon, pour faciliter l’accrochage, d’intercaler dans un circuit-plaque une self avec résistance. Dans un amplificateur à 4 lampes, cette self sera placée dans le circuit de la quatrième plaque. De plus, on doit employer un compensateur à 2 armatures fixes dont l’une sert à produire un décrochage ; on relie ici la première armature fixe à la plaque de la première lampe.
- G. P. H. F., à Paris. — Nous ne connaissons pas de livre traitant spécialement des accumulateurs au point de vue T. S. F. Vous pouvez trouver des renseignements dans le livre de M. Roussel : Le livre de l'amateur de T. S. F. ou dans le journal l’Electrotechnicien (Ghiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ou la T. S. F. Moderne (11, avenue de Saxe, Paris),
- La question de la recharge des accumulateurs est également traitée dams beaucoup de livres d’éleçtrieité,
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- BOITE AUX LBTTRES
- mais leur achat ne semble pas intéressant si vous ne désirez connaître que cette question particulière. Elle sera d’ailleurs étudiée sous peu dans une chronique de La Nature,
- M. S, Bériot, à Lille. i° On peut sans inconvénients placer des anneaux isolants sur une antenne de réception.
- 2° Veuillez nous indiquer comment vous désireriez placer une tige de cuivre servant d'antenne-, serait-elle verticale ou horizontale ? Pour jouer le même rôle qu’une antenne unifilaire elle devrait, bien entendu, être soigneusement isolée et disposée à une hauteur de i5 à 20 m, du sol.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La.
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. q Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/o pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ,
- Méthodes et problèmes de la théorie des fonctions, par Emile Borel, membre de l’Institut, i vol. 148- p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 12 fr.
- La théorie des fonctions est une branche relativement récente, et à la vérité très abstraite, des hautes mathématiques ; elle a pris un rapide développement, au milieu duquel les lecteurs, même spécialisés, ont peine à se reconnaître. M. Borel a entrepris pour eux un travail de classement et de mise au point qui fait l’objet du présent volume et d’où il cherche à dégager les voies à suivre pour imprimer à cette science de nouveaux progrès. Inutile de dire que ce livre ne s’adresse qu’à des mathématiciens déjà au courant de l’ensemble de ces questions.
- hôte sur le calcul tensoriel, par Assier de Pompignan. 1 br. 3a p. J. Hermann, éditeur, Paris, 1923. Prix : 3 francs.
- Etudes élémentaires de météorologie pratique, par Albert Baldit. 20 édition revue et augmentée. 1 vol. in-8° de ix-34o pages, avec 118 fig. Gauthier-Villars et C10, éditeurs, Paris 1923. Prix : 24 francs.
- La nouvelle édition de cet excellent ouvrage renferme d importantes additions.
- L’auteur a ajouté quelques paragraphes, concernant les sondages aérologiques par tir d’artillerie, le vent du gradient, la turbulence de l’air, les cirrus et l’étude du temps, d’après les travaux de l’Observatoire de Montsoubis, la décroissance verticale de température par temps orageux, la manœuvre des avions en cas de grain, etc. Il a inséré, en outre, un chapitre nouveau sur la radiation nocturne de l’atmosphère et la prévision des températures minima, question si importante au point de vue agricole et un aperçu des idées de Bjerknes sur la constitution des; dépressions barométriques.
- Eléments de mécanique à l’usage des ingénieurs (statique cinématique), par R. d’Adhémar. i vol. in-8° raisin xi-254 pages. 153 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris 1923. Prix : 16 francs.
- Ce livre contient des éléments d& cinématique et de dynamique, et un développement élémentaire de la statique. Les questions traitées le sont avec une élégante simplicité, et un appareil mathématique réduit au minimum. L’auteur, rompant délibérément avec les usages modernes de l’enseignement classique, n’a pas craint de faire de la force une notion intuitive et fondamentale de la mécanique ; c’est en effet cette notion beaucoup moins abstraite que celle de la masse que l’expérience même inconsciente fait naître en nous tout d’abord (effort, musculaire, équilibre des corps pesants, etc.); l’auteur distingue cette force , qu’il appelle force statique de la force dynamique (produit de la masse par l’accélération). C’est là une méthode conforme au développement historique de la
- mécanique, et si elle fait perdre à l’exposé quelque peu de rigueur apparente et d’enchaînement logique, elle a le mérite de bien faire comprendre aux débutants de quoi il s’agit en mécanique, comment la théorie se dégage de la réalité expérimentale, et comment à son tour elle peut aider à l’étude des problèmes réels.
- Blanchiments et apprêts. Teinture et impression. Matières colorantes, par Ch.-E. Guignet, F. Dommer, et E. Grandmougin. i vol. gr. in-8, 674 p., 368 fig. et échantillons de tissus imprimés. Gauthier-Villars, éditeurs, Paris, i8g5. Prix : 3o francs.
- Cet excellent ouvrage, malgré son ancienneté relative, reste l’ouvrage le plus complet existant en langue française, sur l’outillage mécanique des industries de lavage, de blanchiment, d’apprêts, de tein-tude et d’impression relatives aux divers textiles industriels. Très clairement composé, il offre une documentation précieuse, qui reste du plus haut intérêt pour ces industries.
- Travail du bois, par J. Michel, i vol. in-16 br. de. xiv-288 p., i3a fig. Desforges,, éditeur, Paris 1923. Prix : i3 fr. 5o.
- Recueil de renseignements, recettes et tours de main relatifs au travail du bois, empruntés à divers ouvrages et classés méthodiquement : choix et propriété des bois, outillage, sciage et rabotage, assemblages, décoration, vernissage, teinture, etc.
- Eugénique et sélection, par Edmond Perrier, Frédéric Houssat, Charles Richet, E. Apert, Lucien Marcii, G. Papillault, Georges Schreiber, Major Léonard Darwin, L. Cuénot. i vol. in-8, 248 p. Félix Alcan, Paris. Prix : i5 francs. a
- Ce volume a pour but de donner au public de langue française une idée de l’objet et de l’étendue de la science à laquelle l’anthropologiste anglais, Francis Galton, a donné le nom d’eugénique. La plupart des mémoires qu’il renferme ont été présentés au cours d’une série de conférences, organisées par la Société française d’Eugénique. La diversité des problèmes envisagés se manifeste par les noms des auteurs et par les sujets qu’ils ont traités.
- A la suite de ces mémoires, comme témoignage des liens qui unissent la Société française d’Eugénique la Société anglaise,, the Eugénies Education Society, figure le résumé d’une conférence sur T « Eugénique pratique », par le major Léonard Darwin. Enfin, les rapports entre l’Eugénique et la Génétique sont mis en valeur par M. Lucien Cuénot, sous le titre « Génétique et adaptation ».
- L’importance des sujets, l’intérêt- des discussions qu’ils peuvent soulever inciteront tous ceux qui se préoccupent de l’avenir de leur pays et de l’humanité à lire ce volume rempli de faits et d?idées.
- The Biology of Peath, par Raymond Peaux. l vol,, in-8, 270 p., 64 fig. Monographs on Experimental Biology. Lippincott Cy,. Philadelphie et Londres. Prix : relié io sh. 6 d.
- La mort! Problème biologique encore fort mystérieux! L’auteur l’aborde du triple point de vue de la biologie générale, de la biologie expérimentale et de la statistique. Dans eè vaste: domaine, il passe en
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- BIBLIOGRAPHIE
- revue l’immortalité cellulaire opposée à la mortalité de l’individu, les causes de mort, la durée de la vie, la santé publique et le problème de la population. Son exposé ouvre la voie à maintes recherches nouvelles que peut faciliter une bibliographie de la question, qui termine le volume.
- Smell, Taste and allied Senses in the Vertebrates, par G.-H. Parker. j vol. in-8, 192 p., 37 fig, Monographs on Experimental Biology. Lippincott Cy, Philadelphie et Londres. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- Les organes des sens ont toujours excité l’intérêt, mais ils sont encore fort mal connus. La vue et l’audition ont été particulièrement étudiés, mais Podorat, le goût sont encore presque entièrement ignorés. Aussi faut-il être reconnaissant au professeur Parker d’avoir réuni en une monographie le peu que nous en savons, d’y avoir joint le sens chimique, l’organe voméro-nasal de Jacobson encore mystérieux, d’avoir suivi l’anatomie et le développement des organes de ces sens et de montrer leurs interrelations.
- Injury, Recovery and Death, in relation io Conductivity and Permeability, par W.-J.-Y. Osterhout. i vol. in-8, 25g p., 96 fig. Monographs op experimental Biology. Lippincott Cy, Philadelphie et Londres. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- Tout le monde sait que les idées fondamentales de la biologie : vie, vitalité, lésions, réparations, mort, sont les plus difficiles à définir avec certitude. L’auteur, dont les travaux personnels ont éclairé bien des points de biologie générale, aborde ces problèmes éternels au moyen d’expériences quantitatives du domaine physico-chimique. Il montre comment la mesure de la conductivité électrique et de la perméabilité des tissus permet de prédire avec un grand degré de précision le mécanisme de la vie, de la mort, des lésions, de l’anesthésie, etc. Ces mesures le conduisent à des formules mathématiques qui expriment la théorie quantitative de ces phénomènes. Une bibliographie abondante permet au lecteur de pénétrer plus avant dans ces sujets très récents et du plus grand intérêt.
- Souvenirs entomologiques ; études sur l’instinct et les mœurs des insectes, par J.-H. Fabre. Edition définitive illustrée. 7° série. 1 vol. in-8, 4^5 p., ifi planches, nombreux dessins. Delagrave, Paris. Prix : 20 francs; relié genre ancien, 4° francs.
- Dans le 70 volume qui vient de paraître, d’une présentation et d’une illustration aussi parfaites que les précédents, J.-H. Fabre expose une quinzaine de ses sujets parmi lesquels il faut citer le Scarite géant à propos duquel le grand naturaliste examine le problème de la simulation de la mort, le Larin doué d’instinct botanique, la Cicadelle écumeuse, le Bala-nin, le Grand Paon, etc.
- C’est une suite d’observations curieuses, toujours décrites avec un charme qui se renouvelle sans cesse. Le lecteur, merveilleusement conduit par son guide, fait de page en page les découvertes les plus inattendues, lit tout jusqu’à la fin comme un roman et reste émerveillé des dons d’observation et d’évocation du grand naturaliste de Sérignan.
- Le Maroc, par Augustin Bernard, professeur à la Faculté des Lettres de Paris, in-8°, 465 p., avec 5 cartes hors-texte, Paris, Alcan. Prix : i5 francs. 6° édition entièrement refondue.
- Parmi les nombreux ouvrages qui ont été consacrés gu Maroc, celui-ci est sans doute le plus complet, car il traite à la fois de la géographie physique, politique et économique, de l’état social et de la mise en valeur du pays ; il nous donne en outre son histoire complète, depuis l’époque préhistorique jusqu’au protectorat français. L’œuvre du maréchal Lyautey est magistralement analysée.
- Life Historiés of Nortk American Petrels and Pélicans and their Allies, par Arthur Cleveland Bent. i vol. in-8, 343 p,, 69 pl. Bulletin n° 121 du U. S. National
- Muséum. Smithsonian Institution. Government Prin-ting Office, Washington.
- Les souterrains-refuges de la France. Contribution à l'histoire de l’habitation humaine, par Adrien Blan-chet, 1 vol. in-8, 342. p., 16 pl. 1 carte. Auguste Picard, Paris.
- En diverses régions de la France (surtout dans l’ouest et le centre) existent des souterrains-refuges, galeries et salles souterraines, creusées par l’homme, dont l’auteur entreprend le relevé méthodique, par départements. Quand furent-ils créés? pourquoi? Furent-ils d’anciennes carrières, ou des cryptes d’approvisionnement, des sépultures ou des refuges ? Datent-ils de l’antiquité ou du moyen âge ? Quels sont leurs caractères spéciaux ? Là monographie très complète de M. Blanchet sur ce sujet nouvéau ouvre des horizons nombreux sur la préhistoire et l’histoire.
- Paysage d’Italie : de Trieste à Cattaro, par André Maurel, in-8° carré, 221 p., Paris, Hachette. Prix i 8 francs.
- M. André Maurel, l’auteur bien connu des Petites villes d’Italie, complète ses paysages d’Italie par un intéressant volume d’impressions sur les côtes, jadis austro-hongroises, de l’Adriatique. L’auteur sait agréablement combiner et doser l’évocation historique et la description, l’art et les questions politiques. C’est l’œuvre d’un témoin averti et qui s’efforce d’être impartial, mais dont la documentation est un peu hâtive et qui a parfois subi trop exclusivement l’influence du nationalisme italien.
- Madagascar pour tous. Comment aller, que faire à Madagascar, par Louis Cros. i vol. in-8. 479 P-> i5 fig., 3 cartes. Albin Michel, Paris. Prix : 10 francs.
- Madagascar est d’une prodigieuse richesse en minerais, en bois et en produits agricoles. C’est la colonie de l’avenir. Exclusivement pratique, comme à l’ordinaire, M. Cros ne s’embarrasse pas de géographie. Il dit comment on y obtient les terres; envisageant le commerce, il ajoute comment on le pratique, et, prévoyant les créations industrielles, il cite les plus urgentes. C’est un guide pratique, persuasif, intéressant.
- La connaissance supra-normale, par le Dr E. Osty.
- 1 vol. in-8, 388 p. Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris. Prix : i5 francs.
- Dans ce livre, le Dr Osty relate toute une série d’observations mettant en lumière l’étrange faculté qu’auraient certaines personnes de prendre connaissance de la réalité, êtres et choses, en des conditions où leurs sens et leur raison n’en pourraient absolument rien connaître. L’auteur analyse la nature et la diversité de cette faculté, son activité fonctionnelle, les sources inapparentes où elle puiserait ses informations.
- Le bon vigneron : art de cultiver la vigne, de faire le vin et d’obtenir des raisins de table, par Georges Couanon. 1 vol. in-16, 160 p., 3i fig. Nouvelle bibliothèque du Cultivateur. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix ; 4 fr. 5o,
- Simples conseils mis à la portée du petit propriétaire vigneron, soucieux de pratique plus que de discussions théoriques.
- Tout ce qui est essentiel dans l’art de cultiver la vigne, de faire le vin et d’obtenir des raisins de table est soigneusement étudié dans cet ouvrage.
- Annuario, publicado pelo Observatorio Nacional do Rio de Janeiro (année 1923). 1 vol. 462 pages. Imprensa National. Rio de Janeiro 1922.
- On trouve dans ce volume des éphémérides relatifs au soleil, à la lune et aux planètes pour 1923, de nombreuses tables astronomiques et physiques utiles aux observateurs du ciel, aux voyageurs et aux physiciens, le tableau des déclinaisons magnétiques dans les diverses localités du Brésil, les tables des marées des ports brésiliens, etc.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2&56
- 31 Mars 1923
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- INFORMATIONS
- QSK.,
- Nécrologie. — L’astronome américain E.-E. Bar-nard. — Le célèbre astronome américain Edward-Emerson Barnard est décédé le 6 février 1923. C’est une très grande perte pour l’astronomie physique qui lui doit un nombre considérable de travaux de la plus haute valeur et de découvertes importantes.
- Peu d’astronomes peuvent se vanter d’avoir réuni autant d’observations dans tous les domaines que E.-E. Barnard. Il a effectué d’admirables recherches photographiques sur la Voie lactée, les comètes, les planètes, et l’on peut dire de tous les phénomènes célestes, visibles et invisibles, puisqu’on lui doit la découverte de nombreuses nébuleuses obscures.
- La science lui doit la découverte d’une quinzaine de comètes, de nombreux travaux sur la lumière zodiacale, les étoiles filantes, des mesures micrométriques des positions de la petite planète Eros, des observations de planètes, des études èur les déformations des queues de comètes, etc. La liste seule de ses travaux remplirait de nombreuses pages de ce format. Mais l’un des principaux titres de Barnard à la reconnaissance des astronomes est la découverte du Ve satellite de Jupiter, faite le g septembre 1892, à l’observatoire Lick, au Mont Hamilton. Cette découverte, a été particulièrement féconde parce que, en attirant l’attention des astronomes sur les petits satellites pouvant exister autour des planètes en plus des satellites connus depuis l’invention des lunettes, elle a eu pour conséquence ultérieure celle des satellites VI, VII, VIII et IX de Jupiter et des satellites IX et X de Saturne.
- Les travaux de Barnard lui ont valu des distinctions scientifiques nombreuses. La Société astronomique de France, dont il était membre depuis 1900, en lui décernant, en 1906, la médaille du Prix Janssen, a tenu, dans une bien faible mesure, à récompenser par cet hommage les immenses services que ce savant a rendus à l’Astronomie. Barnard était né le 16 décembre 1857.
- Enfin les aviateurs procèdent aussi à des levés photographiques des plus utiles.
- L’organisation de ces services permettra d’assurer la protection des forêts canadiennes, avec un personnel plus réduit et cependant d’une façon plus efficace que par le passé.
- Statistique mondiale des automobiles. — Le
- Temps vient de publier une statistique des voitures4, automobiles dans le monde entier, qui aboutit au chiffre de 14743 468 véhicules, dont :
- Amérique..................10.078.279
- Europe................ i.3o2.i53
- Océanie..................... 147.18g
- Asie........................ i44-479
- Afrique................ 71.368
- En Amérique, les Etats-Unis dépassent tous les autres pays d’uné manière... écrasante, c’est le cas de le dire,
- avec 12364377 automobiles, soit 83,8 pour 100 de la totalité des voitures existant dans le monde.
- En Europe, on compte :
- Grande-Bretagne France Allemagne Ttalie. . . Espagne Belgique.
- Suède . .
- Suisse . . Danemark Norvège . Autriche. Hollande Autres pays
- 554.443 290.3o3 126.092 65.000 47.5oo 45.388 '<*'29.478 21.000 20.100 i3.34o 11.000 10.750 67.659
- L’aéroplane et la protection des forêts. — Trois provinces du Canada : la Colombie Britannique, l’Alberta et le Manitoba ont organisé pour la surveillance et la protection desforêtsun service d’aéroplanes, qui, d’après les renseignements officiels, rend de précieux services.
- L’emploi de ces avions varie suivant les régions : en Colombie Britannique, contrée à la fois boisée et très accidentée, l’aéroplane permet l’inspection rapide de régions inaccessibles aux autres moyens de transport. Dans les réserves forestières du Dominion, il existe un système de stations de guet reliées à des postes centraux par téléphone ou télégraphe optique, avec mission d’avertir immédiatement, dès qu’un commencement d’incendie est observé. Mais sur la fin de l’été, saison où les incendies sont nombreux, les fumées masquent la vue des observateurs. L’avion vient alors à leur aide, son pilote repère à faible altitude les foyers d’incendie, se rend compte des proportions et des conditions du sinistre, ainsi que des moyens les plus efficaces à mettre en œuvre pour le combattre.
- Dans l’Alberta, les avions observateurs ont la T. S, F. ; ils se tiennent en communication constante avec la base d’aviation, lui signalent tout foyer d’incendie; la base à son tour avise par téléphone le garde-feu le plus proche de l’endroit menacé et lui communique tous les renseignements recueillis par les aviateurs.
- On gagne ainsi un temps précieux.
- Dans le Manitoba, région couverte de lacs et de rivières qui constituent des endroits favorables à la descente, on utilise l’avion non seulement pour les patrouilles, mais pour transporter des équipes de travailleurs.
- Lorsque l’aviateur découvre un léger incendie, il descend et avec son compagnon éteint le feu. Si l’incendie a déjà des proportions considérables, l’avion vole jusqu’au village ou au poste le plus proche, il descend, on rassemble une équipe qui par la voie des airs est amenée aussitôt sur les lieux du sinistre. Si les circonstances l’exigent, celle-ci restera plusieurs jours surplace et l’avion la ravitaillera.
- En Asie, la plus grande circulation est aux Indes, 54 000, véhicules ; aux Indes hollandaises, 28000; dans la péninsule malaise, i3 760; aux îles Philippines, i3 000.
- En Afrique : le Sud africain, 35 5oo; l’Algérie, 14 5oo.
- En Océanie, la circulation se répartit ainsi : Australie, 97 189; Nouvelle-Zélande, 345oo et Hawaï, i5 5oo.
- La région du globe où la circulation automobile est de beaucoup la plus intense est l’Etat de New York où l’on compte plus d’un million de voitures, une pour 8 habitants !
- Principales applications des composés du zirconium. — Les applications du zirconium et de ses composés deviendront dans l’avenir d’une haute importance, et il n’est pas prématuré de songer déjà aux sources possibles de cet élément, qui, jüsqu’ici, a été plutôt un produit de laboratoire.
- Auer von Welsbach avait employé la zircone, oxyde de zirconium, dans la composition de ses premiers manchons à incandescence ; il y renonça par la suite. ,
- Les sources de zirconium sont assez nombreuses : en France même, les « zircons » forment des gemmes fort jolies et assez répandues, en Auvergne surtout. Ce sont des silicates de zirconium. Mais c’est actuellement de la Floride et du Brésil que nous provient la « zirkite » qui contient 55 à 65 pour 100 de ZrO2, et de i5 à 25 pour 100 de silicate de zirconium. '
- Le prix du minerai à cette teneur ne dépasse pas actuellement i5oo francs la tonne, rendu en Europe.
- D’après H. C. Meyer, J.-W. Bain et Geo-Û. Gollop [Canad. Chem, and Metall., février 1923, p. 35), les mines brésiliennes de zirkite se trouvent entre Gascata et Galdas : elles seraient, dit-on, presque inépuisables.
- En Floride, il s’agirait de sables zirconifères, difficiles à traiter, riches en silice, et qui ne pourraient être employés que directement, comme base de matières réfractaires.
- L’oxyde de zirconium, ou zircone pure, fond à 295o°-3ooo°. C’est la reine des matières réfractaires.
- Malheureusement, jusqu’ici, son haut prix èn a restreint l’emploi.
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- INFORMATIONS
- Sou coefficient de dilatation linéaire est de 0,00000084, égal à celui du quartz, c’est-à-dire pratiquement nul; la zircone peut donc subir des variations brusques et considérables de température, sans que les parois des cubilots ou des creusets qui en sont constitués soient le moins du monde .dégradés.
- Elle résiste à toutes sortes de scories, tant acides que moyennement basiques; elle a une conductibilité thermique deux fois plus faible que celle des briques les meilleures.
- Elle sért pour certains verres et certains émaux de l’émaillerie de ménage, comme corps opacifiant, qui vaudrait le tiers ou le quart de l’oxyde d’étain habituellement employé.
- Pour la construction de creusets, de tubes de pyromètres, de garniture fine des fours, elle est incomparable. Suivant Weiss, c’est un agent (à l’état de ferro-zirconium) désoxydant pour les alliages, plus intéressant que le ferrotitane lui-même. Le ferrotitane à 25 pour ioo de Ti vaut 1 sh. 2 la livre (soit 11 francs le kilo).
- Il resterait donc à savoir, ce que nous ignorons, quel serait le prix d’un désoxydant ferrozirconium, ayant même activité désoxydante que le ferrotitane à 23 pour 100 de Ti.
- On dit que moins de 1 pour 100 de Zr dans un acier, donnerait des masses fondues, saines, sans soufflures, tout en augmentant la ténacité du métal, et le rendant presque inattaquable aux agents chimiques.
- Dans les lampes Nernst, le corps incandescent contient 85 pour 100 de zircone additionnée de i5 pour 100 des corps ytriques.
- Dans l’industrie de l’émaillage, il faut employer un corps exempt d’oxyde de fer pour pouvoir concurrencer l’oxyde d’étain de belle qualité.
- En Amérique même, la question des aciers au zirconium est toujours à l’étude ; il devra en être de même ici.
- Pour obtenir de la zircone pure, on peut employer l’antique et toujours efficace procédé de Deville par le chlore :
- ZrO2 —{— a G -{- 4 Cl — Zr Cl4 -j- 2 GO
- que nous appelions autrefois le procédé des boulettes.
- On fait des boulettes de minerai impalpable (5o de zircone et i5 de graphite pur impalpable), on agglomère avec de l’amidon. On en fait des boulettes que l’on place dans un vaisseau chauffé à 7000; on fait passer le chlore sec.
- Le chlorure de zirconium volatil distille et peut être recueilli à l’état pur.
- On s’est aussi bien trouvé du procédé consistant à faire barboter du chlore sec dans du tétrachlorure de carbone. Cette vapeur composée passait ensuite sur ZrO2 chauffé au rouge.
- Le traitement dissolutif habituel des minerais, pour le cas où l’on ne recherche pas les corps chimiquement purs, est la dissolution de ZrO2, soit par les alcalis (caustiques ou carbonatés), par les bisulfates résiduels, soit par le fluorhydrate de fluorure de potassium, soit enfin par l’acide sulfurique concentré.
- C’est ce dernier procédé qui est le plus économique et le plus employé.
- Cette dernière dissolution étant faite (qui laisse inat-taqué le silicate de zirconium) amène à la purification des sels obtenus.
- Tantôt, on fait cristalliser les, sulfates basiques ou l’oxychlorure :
- ZrCl4 -f- H2 O — 2HCI -j- ZrO Cl2,
- Tantôt on traite le composé oxychlorure par l’anhydride sulfureux ou l’hyposulfite de soude.
- D’autres enfin font un phosphate de zirconium ou un fluozirconate de potassium.
- Mais ce serait dépasser le cadre de cet article documentaire que d’aller plus loin. D’ailleurs l’indication ci-dessus de la source originale satisfera les chercheurs.
- A. Hutin.
- Coefficient de rétrécissement des bois au séchage. — Le Laboratoire botanique de l’Université d’Yale a fait, récemment, des expériences précises ayant pour but de déterminer le coefficient de rétrécissement de certains bois verts soumis au séchage.
- IL a établi que, d’une façon générale, e rétrécissement ne commence qu’autant que l’humidité totale du bois vert est réduite, par l’évaporation, au tiers du poids qui aurait ramené le bois à l’état de siccité absolue.
- Il se manifeste surtout par une diminution dans la surface de section, et cette diminution est exactement proportionnelle à la perte en humidité dans le sens longitudinal; il est si minime, quand on le compare au rétrécissement sectionnel, qu’il peut être considéré comme négligeable.
- Quant au rétrécissement du volume, il est très variable, suivant les essences. C’est ainsi qu’il atteint 20 pour 100 dans certaines variétés d’eucalyptus, 20 pour 100 dans le noyer d’Amérique, i5 pour 100 dans le pin à longues feuilles, et 7 pour xoo seulement dans le cèdre rouge.
- Ces chiffres sont d'ailleurs calculés sur le volume final du bois intégralement séché, c’est dire qu’ils ne correspondent pas entièrement à la réalité, car dans les conditions normales de la température moyenne, les bois conservent toujours 12 à i5 pour 100 d’humidité.
- Il en résulte que, si l’on veut évaluer pratiquement le rétrécissement des bois verts, il faut réduire proportionnellement les chiffres théoriques indiqués ci-dessus.
- Production et consommation du caoutchouc. —
- Le rapport annuel de MM. Simington et Sinclair, sur le caoutchouc, évalue la production de l’année 1922 à 3ggooo tonnes, et estime que celle de 1923 atteindra environ 320 000 tonnes et se répartira à la façon suivante :
- Tonnes.
- Malaisie et Ceylan..............196.000
- Indes Orientales hollandaises . . 80.000
- Autres pays de l’Extrême-Orient
- et de l’Afrique Occidentale. . 14.000
- Brésil............................ 25.000
- Divers.......................... 5.000
- La consommation de l’année 1922 est évaluée à 4o3 000 tonnes, et les prévisions pour l’année 1923 seraient de 4i5ooo tonnes.
- MM. Simington et Sinclair ne croient pas que les Américains augmentent beaucoup leurs demandes au cours des prochains mois. Ils estiment que la France, l’Allemagne et la Russie diminueront leur consommation si leur situation économique ne s’améliore pas. Us ne croient pas qu’au prix de 1 sh. 6 d. la livre, les sociétés puissent faire des bénéfices et répartir des dividendes.
- Curieux cas de prolifération des fruits du poirier.
- — M. Demouchy, de Bellefontaine (Seine-Inférieure), a présenté à la Société Nationale d’Horticulture 4 poires monstrueuses, de la variété Beurré d’Amanlis, remarquables par un curieux cas de prolifération : deux et parfois trois fruits se sont développés les uns au-dessus des autres.
- Un rameau de 5 cm de longueur, pourvu de plusieurs feuilles normales, quoique petites, a pris naissance au centre d’un petit fniit rudimentaire, présentant un petit étranglement autour duquel sont insérées des bractées représentant les sépales du calice, devenus persistants, alors qu’ils sont caducs chez les fruits normaux. Ce rameau est lui-même terminé par un petit fruit de forme normale, comme ii s’en présente assez fréquemment sur les arbres produisant des fleurs tardives.
- Les proliférations sont assez fréquentes chez les plantes cultivées. On observe facilement celle qui se produit sur VArabis alpina flore pleno ; elle est constante et contribue à augmenter la durée des fleurs. On remarque deux et souvent trois fleurs superposées, naissant au centre l’une de I’aütre et présentant, chacune, quatre petits sépales verts, parfois même un court pédi-celle.
- Les organes sexuels font seuls défaut, la duplica-ture et la prolifération ayant entraîné leur transformation anormale en pétales ou plutôt en fleur supérieure.
- Le genre Pyrus (Poirier) présente rarement un cas de prolifération aussi curieux que celui décrit ci-dessus.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- »> T.
- Un nouveau redresseur de courants alternatifs. Le collecteur tournant L. R. — Le problème du redressement des courants alternatifs se pose aujourd’hui pour une foule d’amateurs de T. S. F. désireux de charger leurs batteries d’accumulateurs.
- La technique électrique offre à ce problème un grand nombre de solutions, qui ont reçu l’épreuve de la pratique industrielle; moteur-généraleur, commutatrices, alterno-redresseurs, redresseurs à mercure, etc. Mais leur adaptation au cas particulier des amateurs de T. S. F. ne semble pas avoir été jusqu’ici étudiée comme il convient. Ceux-ci ont, en effet, besoin d’un appareil simple, de montage et de réglage faciles, et la question du rendement est pour eux un peu accessoire.
- L’un des moyens les plus simples pour redresser un courant alternatif, consiste à l’interrompre purement et simplement pendant la demi-période où il est négatif. On obtient ainsi un courant dont la courbe de tension est toujours positive et a la forme représentée figure i, c’est-à-dire une série de boucles Oj Mt P1( 02 M2 P2, etc.
- C’est ce que l’on réalise au moyen d’interrupteurs à vibreurs, dont la lame vibre synchroniquement à la période du courant alternatif.
- On peut réaliser aussi ces interruptions périodiques
- au moyen d’un commutateur tournant, faisant exactement un tour pendant une période du courant. Ce commutateur sera par exemple cylindrique et divisé en 2 parties, l’une conductrice, l’autre isolante; et sera alimenté par le courant alternatif à redresser.
- Des balais collecteurs du courant, s’appuieront sur ce cylindre ; s’ils sont convenablement placés, on voit immédiatement qu’ils laisseront passer le courant exactement pendant la 1/2 période où il est négatif.
- On réalisera la rotation du commutateur en le commandant au moyen d’un moteur électrique synchrone alimenté par une dérivation du courant à redresser.
- C’est sur ce principe simple et très connu qu’est fondé le redresseur à collecteur tournant L. R., mais il comporte un perfectionnement intéressant. L idée en est due à M. Ferry, de Lunéville; elle a été mise au point par les Etablissements L. Rosengart, constructeurs de l’Alternacycle.
- Nos lecteurs connaissent cette petite machine, très répandue pour l’éclairage électrique des bicyclettes, motocyclettes (voir n° 2373, 23 sept. 1919). C’est une magnéto, c’est-à-dire en fait, un petit générateur ou moteur synchrone toujours excité. Le redresseur L. R. utilise l’alternacycle comme moteur pour commander un commutateur tournant à balais. Ce moteur possède 3 paires de pôles ; il en résulte que pendant une période du courant alternatif qui l’alimente, il tourne seulement de 1 /3 de tour.
- Pour réaliser le commutateur interrupteur dont nous indiquions plus haut le principe, il faudra donc, dans ce cas, le partager en 6 parties égales, alternativement conductrices et isolantes.
- La figure 2 représente le commutateur développé suivant une de ces génératrices ; il est divisé parallèlement à ces génératrices en 6 parties égales : les parties 1, 3, 5 hachurées sont conductrices ; les parties 2, 4, 6, sont isolantes.
- Si la génératrice A se présente devant le balai collecteur au moment où commence la période positive du courant, on voit que le commutateur le laissera passer pendant la période positive et le coupera pendant la période négative ; on obtiendra un courant redressé ayant l’allure de la figure 1.
- Le perfectionnement de M. Ferry, dont nous verrons un peu plus loin Futilité, consiste à sectionner le commutateur cylindrique, non pas suivant le dispositif de la figure 2, mais suivant celui de la figure 3,
- lklluc c
- Fig. 1. — Courbe d’un courant alternatif redressé jjar un interrupteur.
- Le rectangle A M N G représente encore le développement du commutateur suivant une génératrice; puisque ce cylindre fait un tour pendant 3 périodes, la longueur A G de sa circonférence représente, si l’on
- périodes ; inscrivons à cette
- \D E/ U 1 u
- veut, la durée de ces 3 échelle sur le rectangle A M N G la courbe sinusoïdale du courant alternatif à redresser.
- Au lieu de diviser comme précédemment le cylindre du commutateur par les génératrices passant aux points A B C D EFG, nous constituons la zone conductrice par des dents en forme de trapèze A B A'B', CD C'
- D', E F E' F’, inscrits dans les boucles positives de la sinusoïde, tout le reste du cylindre est isolé.
- Supposons le balai collecteur placé en PQ; il ne laissera passer le courant que lorsque le point R de la partie conductrice du commutateur tournant viendra en contact avec lui, il l’interrompra quand le point R' aura quitté le contact ; le commutateur ne laissera donc passer que la partie supérieure S A' B' S' de la boucle positive du courant.
- Le courant redressé obtenu aura donc la forme représentée sur la figure 4-
- Son voltage ne peut descendre au-dessous de la valeur O S. Celle-ci est du reste réglable à volonté; il
- Fig. 2. — Développement d’un cylindre commutateur entraîné par tin moteur synchrone à 3 paires de pôles.
- (Les parties hachurées sont conductrices.)
- — Développement du cylindre commutateur du redresseur L. R.
- Les dents conductrices en hachures sont inscrites daus la courbe sinusoïdale du courant à redresser.
- suffit pour la faire varier, de déplacer le balai collecteur parallèlement au commutateur.
- L’avantage de cette disposition est le suivant : le redresseur doit assurer la charge d’une batterie d’accumulateurs, et il le fait non pas avec un courant rigoureusement continu, de tension bien constante comme celui d’une pile ou d’une dynamo, mais avec un courant ondulé, dont le voltage s’annule périodiquement. Quand ce voltage tombe en dessous de la force contre-électro-
- Volt tge
- 0 .lenips
- Fig. 4, — Courbe du courant redressé obtenu avec le redresseur L. R.
- motrice de la batterie en cours de rechargement, celle-ci tend à se décharger à travers le redresseur et c’est un sérieux inconvénient.
- Le dispositif que nous venons de décrire permet, par un déplacement aisé du balai, de maintenir le voltage du courant de charge à la valeur convenable. Les autres dispositions de l’appareil se comprennent d’elles-mêmes. •
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le courant alternatif à redresser est amené au commutateur tournant par l’intermédiaire d’un transformateur abaisseur de tension dont le secondaire est relié au commutateur ; une prise de courant sur ce secondaire permet de prélever le courant sous iou 3 volts nécessaire pour faire tourner l’allernacycle qui entraîne le commutateur tournant.
- On sait que les moteurs synchrones ne démarrent pas seuls, il faut, avant d’admettre le courant, les lancer à une vitesse égale à celle du synchronisme ; cette opération s’effectue ici à la main, très facilement du reste, étant donné la légèreté des pièces tournantes ; à l’aide d un bouton disposé en haut du commutateur tournant.
- On règle très aisément aussi la position latérale du 'balai pour arriver à la mise en phase exacte; un voltmètre guide les tâtonnements.
- Enfin, les constructeurs ont ajouté à l’appareil un conjoncteur-disjoncteur à force centrifuge.
- Fig1. 5. '— Le redresseur L. R.
- A, conjoncteur-disjoncteur à boules; B, bouton de lancement; C, trou de contact tige; D, tige contact central; E, balai réglable longitudinalement et latéralement ; F, commutateur tournant. (Dent conductrice); G, vis de serrage du coulisseau du balai; 11, tige du coulisseau; 1, coulisseau; K, cadran gradué; L, index; M, alternacycle.
- Notre figure 5' représente un redresseur de ce système. Constructeurs : Etablissements L. Rosengart, 21, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Jtstronomie
- Une monture équatoriale originale. — La lecture des articles que nous avons donnés ici même sur la construction et l’emploi des petits instruments astronomiques, nous a valu la communication de la description d’une très curieuse monture équatoriale. Cette, monture a été établie, il y a une trentaine d’années, par un de nos lecteurs, M. G. Gallice, de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes). Nous la publions avec d’autant plus de plaisir qu’elle vient bien à l’appui de ce que nous avons souvent dit, à savoir que l’emploi judicieux et imprévu des matériaux les plus disparates permet parfois d’établir des instruments parfaitement utilisables, donnant à leurs auteurs des joies d’autant plus grandes qu’ils ont eu plus de peine à les construire.
- Comme le montre notre figure 6, la grande originalité de la monture de M. Gallice réside dans l’emploi, comme axe horaire, de la direction d’une bicyclette et comme support de l’axe de déclinaison de la fourche avant de ladite bicyclette. La direction est montée sur deux roulements à billes, d’où une douceur et une précision parfaites de roulement. Les deux tubes de la fourche ont été redressés.
- Le pied D est constitué par la partie inférieure, en fonte, d’un appui-tête photographique. Le poids de ce
- pied contribue à donner semble.
- Deux tubes parallèles À, reçoivent soit une lunette, soit une chambre photographique, que l’on fixe au moyen de courroies ou de sangles. Une tige B peut recevoir un contrepoids pour équilibrer le poids des instruments. Une tige à rentrant C permet de fixer solidement l’instrument en déclinaison, quand il est pointé sur un astre. Deux secteurs S, avec vis de serrage, règlent l’inclinaison de l’axe horaire suivant la latitude du lieu, dans des limites déjà grandes.
- Le mouvement est transmis à l’axe horaire par la roue dentée R (de 125 dents) au moyen d’une vis sans fin Y, entraînée, soit au moyen d’une manivelle, soit par la roue à gorge P, commandée par un tourne-broehe. •
- M.Gallice recommande d’employer des roues à go le coincement du câble de
- une grande stabilité à l’en-fixés sur l’axe de déclinaison,
- Fig. 6. — Curieuse monture équatoriale à latitude variable, à entraînement par vis sans fin ou mouvement de tourne-broche construite avec une fourche de bicyclette par M. G. Gallice.
- ge étroite et en Y, pour éviter transmission)1). E. T.
- Objets utiles
- Un tournevis à deux fins très puissant. - Pour ajuster un tournevis et lui permettre d’exercer une forte traction sur les vis fortement enfoncées, on perce un trou dans le centre de la lame et l’on y passe une barre d’acier qui servira comme un levier.
- L’utilité du tournevis peut être accrue encore en ayant une lame à deux fins. Si la douille du manche est assez grande pour supporter la plus large extrémité de la lame du tournevis, la plus petite extrémité peut aussi être insérée dans le manche.
- Une console faite avec deux clous. — Quand une console robuste est nécessaire pour supporter sur le mur, quelque objet pesant, par exemple une partie d’une machine, deux forts clous de métal peuvent être employés.
- Ils sont enfoncés comme il est indiqué, de façon que celui qui est plus, bas serve de support à celui situé à la partie supérieure.
- Cette combinaison procure un support étonnamment fort et rigide, même dans le plâtre, il peut être souvent employé surtout dans les endroits où les clous peuvent être facilement dis- Eig. 8.
- simulés.
- i. M. Gallice donne un renseignement qui sera très apprécié des constructeurs d’instruments de ce genre. On trouve des roues dentées et leur vis sans fin dans les pièces de série de la fonderie Piat, et des mouvements de tourne-broche chez Allez, frères.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ><
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI t923 (*)
- Il vient d’être fait quelque bruit, notamment dans la presse quotidienne, sur une étoile assez modeste — pour nos yeux — de la constellation de la Baleine. Le point de départ est une observation faite par un très jeune membre de la Société astronomique de France, M. W. Abbott, résidant à Athènes, et résumée dans le laconique télégramme suivant, daté de cette ville, 14 février 1923, ioh, et adressé à M. Flammarion : « Eclat subit de p Ceti supérieur à Aldébaran. » p Baleine, dans le catalogue de la Connaissance des Temps, est mentionnée de la grandeur 2,24; Aldébaran est de grandeur 1,1; il y a donc entre ces étoiles une différence d’éclat considérable.
- On doit peut-être regretter que M. Abbott n’ait pas prévenu immédiatement le Bureau Central astronomique de Copenhague. Son observation aurait été transmise le jour même à tous les observatoires du globe, et aurait permis sans doute de faire des constatations intéressantes
- Mais la pratique conseille quelque prudence. Fréquemment, en effet, la Société astronomique de France reçoit des observations de ce genre qui ne sont pas toujours confirmées. Récemment encore, on a signalé la découverte d’une Nova de ire grandeur, qui n’a pu être observée par personne.
- A l’Observatoire de Juvisy, M. F. Quénisset, prévenu aussitôt, a recherché cette étoile de la Baleine qui, à cette époque de l’année, se trouve très mal située, près de l’horizon sud-ouest, noyée dans le crépuscule. Le temps déplorable cjue nous subissons depuis longtemps est venu contrarier les observations. Mais le 23 février, le ciel s’étant découvert et l’horizon étant remarquablement pur après de fortes pluies, M. Quénisset a pointé l’équatorial de om,24 sur P Baleine, dans le crépuscule et, dès i8'\ il a été frappé de son éclat. 11 l’a suivie jusqu’à i8h25m, lors de sa disparition derrière un arbre. Elle était au moins de première grandeur. Une évaluation exacte n’a pu être faite en raison de la faible hauteur de cette étoile sur l’horizon.
- Une observation analogue
- a été faite à l’Observatoire Yerkes, aux Etat-Unis.
- Ainsi donc l’observation de M. Abbott est confirmée et l’étoile p de la Baleine a offert une augmentation considérable de son éclat. Nous attirons sur cet astre l’attention des observateurs qui devront la suivre dès qu’elle se dégagera, le matin, de la région lumineuse de l’aurore. Notre petite carte (fig. 1) sera très utile pour cette recherche.
- Ajoutons que, entre :43o et i5go, cette étoile paraît avoir subi une assez importante variation d’éclat. Le tableau ci-après, extrait des Etoiles de Flammarion, donne la grandeur de cette étoile, d’après divers catalogues ou astronomes. Il convient de ne retenir de ces observations anciennes que l’étoile devait être moins lumineuse que de nos jours.
- vrai, c’est-à-dire l’heure légale exacte lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates.
- Temps légal du passage.
- Mai i*r 1 ih 47 m 48*
- — 5 1 ih 47ra2os
- — 10 1 ih46ra 5g8
- — 15 1 ih 46 “528
- — 20 r ih 46“59'
- — 25 I Ih 47™ 20*
- — 3o 1ih 48“ T
- Pour les dates intermédiaires, une interpolation simple permettra de trouver le temps légal du passage. Observations physiques. — Pour orienter les dessins
- fication des lettres P, B0, L0 astronomique ») : au précédent « Bulletin
- Dates. P B0 L0
- Mai ier — 240,33 — 4°, 11 262°,49
- — 6 — 230,37 — 3°.5g 196°, 40
- Il 2 2°, 2 3 — 3°,o5 i3o°,2g
- — l6 20°, 92 — 20,49 640,17
- — 21 — I9°,44 — i°,qi 358°,o3
- — 26 170,82 — 10,3 2 2910,87
- — 3i — i6°,o5 o°,7» 225°,7 I
- Lumière zodiacale.—Cette lueur devient assez difficile à voir en mai, à cause de la longueur des jours. On pourra la rechercher, le soir, au début du mois, dès l’arrivée de la nuit.
- IL Lune. — Voici l’indication des phases de la Lune pour ce mois :
- D. Q. le 7,
- N. L. le 15,
- P. Q. le 23,
- P. L. le 3o,
- Age de la ior mai =
- le
- à i8hi8m
- à 22h 3m à i4h a5m à 5h 7ra Lune, à midi, i5-i,2; le 16
- Fig.
- — Carte de la constellation de la Baleine montrant la position de l’étoile (3.
- Dates.
- — 127 T 960 i43o 1690 i6o3 1660
- Grandeur.
- 3
- 3,2
- 3,2
- 2
- 2
- 2
- Dates.
- 1700
- 1800
- 1840
- 1860
- 1880
- Grandeur.
- 3
- 2,3
- 2
- 2
- 2,2
- L Soleil. Elle passe
- — En mai, la déclinaison du Soleil augmente, de -|-x405i/ le Ier à -j— 21°4R7 le 3i. La durée de présence du Soleil sur l’horizon croît de i4h29ra le ior, à i5h47m le 3i. Nous approchons des jours les plus longs de l’année.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi
- = oJ,6. On sait que pour avoir l’âge de la Lune, à midi, les autres jours du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier et le 16. Et si l’on veut l’âge de la Lune pour une heure quelconque, on ajoutera oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 3
- — -j- i8°27'; le 19 = — i8°33'. Ces époques sont celles où la Lune sera le plus élevée ou le plus basse sur l’horizon, au moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i3 mai, à 5h. Parallaxe [| 53' 5g". Distance
- — 406200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Teri'e), le 28 mai, à i6h. Parallaxe =6o'48,/. Distance = 36o 660 km.
- Occultations d’étoiles par la I.une. — Le ier mai, occultation de r\ Balance (gr. 5,5), de 22h46ra à 23h4gm.
- Le 2 mai, occultation de 24 Scorpion (gr. 5,o). Emersion seule visible à 2ih45m.
- occultation de | Lion (gr. 5,i), de I9hxra
- Le 22 mai, '"h 44™
- Le 23 mai, occultation de 48 Lion (gr. 5,2), de 23h 40“ à o^Sô01 le 24 mai.
- Le 24 mai, occultation de 83 Lion (gr. 6,3), de 22h 4om à 23h 39”.
- Le 24 mai, occultation de t Lion (gr. 5*2), de 23,liGm à oh i5m le 25 mai.
- Le 26 mai, occultation de 6 Vierge (gr. 4,4), de i8h i6m à igh 2im.
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à 24u, à partir de minuit. En cas de l’adoption de l’heure d’été, augmenter tous les temps indiqués ici de une heure.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le 27 mai, occultation de x Vierge (gr. 4,3), de 21b 2m à 22h g™.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront du Ier au 4 et du 29 au 3i, au moment de la Pleine Lune.
- Voici les heures de la marée, à Brest, pour ces dates :
- Dates.
- Marée du matin. Heures. Coefficient.
- Marée du soir. Heures. Coefficient.
- —
- Mai icr 311 58“ r, 1 '). i6h 21 “ i“,i3
- — 2 4h 43“ 1m, 13 17h 6“ im,io
- — 3 5b 29“ i“,o7 17h 5im I “,02
- — 4 6b ij“ o”,96 i8h37“ om,8g
- — 29 2h 5ora O”,97 i5bi5m Im,OI
- — 3o 3h 39“ im,o3 i6b 3“ im,o4
- — 3i 4h “26 i“,o4 161' 5o“ Xm,02
- Le phénomène du mascaret se produira au début du mois, en raison de la forte importance des marées. Voici les heures d’arrivée de la barre à Quillebeuf, Villequier et Caudebec :
- Coefficient
- Dates fie la marée. Ouillubeuf. Villequier. Caudebec.
- Mai 1e1 l“, 12 7 "34“ 8h 11 “ 8h 20“
- — ier 1 ”, 12 j g h jj 111 20b32“ 2 ob 41m
- — u , TU 1 'f I , I J 8b i5“ 811 52” 9I. jm
- •2 im, r 0 2,oh 38“ 2 1 h I 51,1 21h24“
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 29 mai, à 3b.
- Vénus est visible le matin avant l’aurore. Son grand éclat permet de la reconnaître immédiatement et, lorsqu’on l’a trouvée avec une lunette, de la suivre ensuite jusqu’au jour.
- Le tableau ci-après donne les mêmes éléments que
- pour Mercure Dates. Mai 1 Cr Disque illuminé. 0,81 Grandeur stellaire. — 3,4
- — 6 0,83 — 3,4
- — 11 0,84 — 3,4
- — 16 o,85 -3,4
- — 21 0,86 — 3,3
- — 26 0,87 — 3,3
- — 3i 0,88 — 3,3
- Mars est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit, dans la constellation du Taureau, mais, au point de vue des observations utiles, il est pratiquement inobservable.
- Jupiter, dans la Balance, sera en opposition le 5 mai. Il est ainsi visible toute la nuit.
- Une petite lunette grossissant 40 fois montre Jupiter avec un diamètre analogue à celui de la Lune vue à l'œil nu.
- ASTRE Dates : MAI Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ( 6 4h 25“ 1ih47“i5' 19h 1 q“ 2b 5o“ + 160 ig' 3U 44"4 Bélier (
- Soleil , . .' 16 4 n 11 48 5a ‘ 19 24 3 29 + 18 55 3i 4° >8 Taureau »
- 3 59 11 47 28 19 36 4 9 + 21 0 3i 37,2 Taureau
- 6 5 7 i3 11 21 16 4 i4 + 23 5i 8,0 a Taureau 1 Le soir,
- Mercure. .< 16 4 52 12 54 20 56 4 36 -f- 23 29 10,4 1 Taureau > plus grande élongation
- 2 6 4 21 12 5 19 49 4 26 + 20 28 12,0 a Taureau ; le 5.
- 6 3 29 9 44 i5 58 Q 42 + 2 3g 12,8 e Poissons
- Vénus . . . 16 3 13 9 4g 16 24 1 26 -j- 710 1 i , 2 v Poissons Le matin, dans l’aurore.
- 26 2 59 9 55 16 5i 2 12 -j- 11 28 n,8 \3 Baleine
- 6 5 45 i3 48 21 47 4 49 + 23 17 4,0 1 Taureau
- Mars. . . . \ 16 5 3i i3 36 21 42 5 18 + 24 0 3,8 P Taureau rl>n ptiu \îsiLtlt; Itî soir,
- ^ 26 5 18 i3 26 21 34 5 47 + 24 22 3,8 rj Gémeaux , dans le crépuscule.
- Jupiter. . , 16 00 22 5g 3 53 14 43 — 14 24 41,6 a Balance Toute la nuit.
- Saturne . . 16 i5 24 21 i3 3 r 12 56 — 3 6 16,8 44 Vierge Première partie de la nuit.
- Uranus. . . 15 1 5g 7 36 i3 i3 23 1.3 — 5 52 3,4 cp Verseau Le matin, avant l’aurore.
- Neptune. . 16 10 8 17 29 O LO O 9 12 + 16 23 2,4 Te1 -te2 Cancer Première partie delà nuit.
- 1. Cette cplpnne donne l’heure, en temps légal., du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, renferme les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de mai.
- La comparaison des heures du lever et du coucher du Soleil avec celles se rapportant aux planètes permet d’avoir une idée suffisamment précise sur leur visibilité.
- Mercure sera très près des Pléiades au début du mois et d’Aldébaran à la lin. Il sera à sa plus grande élongation du Soleil le 5 mai, à i8\ à 2o°58' à l'Est du Soleil. Cette élongation ne sera pas une des plus grandes, mais, en raison de la déclinaison plus boréale de Mercure, elle sera une des plus favorables de l’année pour voir cette planète. Nous conseillons aux observateurs de la rechercher du ier au 10 ou 12 mai. Une petite lunette montrera une phase analogue à celle de la Lune vers le Premier Quartier.
- VoicilaphaseetlagrandeurstellairedeMercure en mai :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mai ter o,5o + 0,1
- — 6 o,35 | Q
- — 11 0,28 + h'
- — 16 0,12 + i,7
- •— 21 o,o5 T- 2,4
- — 26 0,01. + 3,i
- — 3i 0,01 -j- 3,1
- La même lunette fera voir les bandes nuageuses qui traversent la surface et les 4 principaux satellites. Ces satellites, par leur révolution autour de Jupiter, ont des configurations changeantes particulièrement curieuses à suivre.
- Ainsi, le 6 mai, on remarquera la disposition et le rapprochement des satellites II, III et IV à l’Ouest de la planète, vers 23h45“.
- Le 7 mai, à 23h 45“, les satellites seront tous à l’Ouest dans l’ordre III, I, II, IV, y.
- Le 16 mai, de 23h6m à Uy” du 17, on ne verra qu’un seul satellite, le IVe, à l’Ouest de Jupiter.
- Le x5 mai, les quatre satellites seront placés à l’Est de Jupiter, dans l’ordre ^4, II, I, IV, III.
- Ces aspects sont ceux que donne une lunette astronomique renversant les images.
- Voici le tableau de tous les phénomènes que l’on pourra observer en mai :
- P — passage d’un satellite devant Jupiter;
- c, commencement;
- f, fin;
- O — passage de l’ombre d'un satellite sur le disque de Jupiter;
- E —éclipse d’un satellite dans l’ombre de Jupiter ;
- Im., Em,, immersion ou émersion d’un satellite passant derrière le globe de la planète.
- Saturne g été en opposition au début du mois précé-
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Mai. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Mai. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I Ih 6m I E.c. 16 2h 7m I O.c.
- — 2 X II Em. — 22 52 II P. c.
- — 3 21 I Em. — 20 4 III Im.
- — 22 18 I O.c. — 2 3 6 I Im.
- — 2 2 24 I P. c. — 23 22 II O.c.
- 2 0 28 I 0. f. T7 I 7 II P.f.
- — 0 33 I P. f. I 3i I E. f.
- — 20 34 II O.f. — I 4i II O.f.
- — 20 39 II p.f. — I 42 III E. f.
- — 21 47 I Em. — 20 *9 I P. c.
- 8 2 2 II Im. — 20 36 I O.c.
- — 2 57 I Im. — 22 28 I P.f.
- 9 ' 0 8 I P. c. — 2 2 46 I 0. f.
- — 0 i3 I O.c. 18 20 0 I E. f.
- — 2 T7 I P.f. — 20 22 II E. f.
- — 2 23 I O.f. 24 0 5o I Im.
- — r9 5o III Im. I 6 11 P. c.
- — 20 38 II P. c. — 1 56 II O.c.
- — 20 48 II O.c. — 2 20 ni Im.
- — 2 I 23 I Im. — 2 2 4 1 P. c.
- — 21 43 iri E. f. — 22 3i 1 O.c.
- — 22 53 11 P.f. 25 0 12 1 P. f.
- — 23 8 11 0. f. — 0 40 1 O.f.
- — 23 37 1 E. f. — 2 I 54 1 E. f.
- TO 20 43 1 P. f. —. 22 59 1 E. f.
- — 20 5i 1 O.f. 3i 2 3 49 1 P.c.
- 16 I 53 1 P. c.
- dent. Il est encore en d’excellentes conditions d’observation. Voici les éléments de l’anneau, à la date du io mai.
- Grand axe extérieur......................... 4^"
- Petit axe extérieur......................... -]- 7",oo
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. -f- g0'28'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ....................................... -fn° 8'
- Uranus est pratiquement inobservable au début du mois. On pourra le trouver à l’aide de sa position donnée au tableau des planètes pour le i5 mai.
- Neptune pourra être recherché au moyen d’une bonne carte et de ses coordonnées astronomiques :
- ><
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mai 6 911 12“ -f i6°25' 2", 4
- — 16 qhI2m + i6°a3' 3",4
- — 26 9" ï J,n -j- 160 21' -a", 4
- IV. Phénomènes divers. — - Conjonctions :
- Le Ier, à 4\ Jupiter en conjonction avec la Lune, à a°58'S.
- Le 13, à ih, Vénus Le 17, à 6h, Mercure —
- Le 18, à 4h, Mars —
- Le 23, à 121', Neptune —
- Le 26, à i4\ Saturne —
- Le 28, à g11, Jupiter —
- Etoiles filantes. — Le T radiant près de a Verseau.
- Du ie‘ au 6 mai, étoiles filantes Aquarides. Radiant y] Verseau.
- Le 32 mai, étoiles filantes : radiant a Couronne.
- Etoile Polaire. — Passage inférieur de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- la Lune, à o° 53' N. la Lune, à 6° 19' N. la Lune, à 5° 07' N. la Lune, à 20 56' N. la Lune, à o° 26' N. la Lune, à 20 54' S. et le 2 mai, étoiles filantes :
- Dates. Heure :S. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Mai ier 22h 48“ 3S •>} 33m 32s,3
- — 11 2 211 8m 495 3h 12m 5;s,8
- •— 21 2Ih 29“ 47* 3h 52m 23s,4
- — 31 201' 5om 26" 4h 3im 49s,o
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le Ier mai, à ai1' 1/2, ou le i5 mai vers 201' 1/2, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de Chasse ; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse; la Girafe; Céphée ; Cassiopée; le Cygne (au Nord-Est).
- A l’Est : Le Sagittaire ; l’Aigle ; la Lyre ; Hercule ; la Couronne.
- Au Sud-Est : Ophiuchus ; le Scorpion.
- Au Sud ! La Vierge; la Balance; le Corbeau,
- A VOuest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Ouest : Le Cocher, près de l’horizon.
- >—
- LA FAUNE DES ORGUES
- Les orgues, ainsi que l’enseignent les professeurs à leurs élèves, ont ceci de particulier qu’ils sont masculins au singulier et féminins au pluriel (on dit : un bel orgue et de belles orgues). Ce curieux changement de sexe qui n’a d’autre effet que d’engendrer des « pensums » et des « consignes » dans la gent scolaire, n’est pas le seul caractère biologique qu’ils ou elles présent tent. Elles servent en effet de demeure à une grande quantité d’animaux qui y trouvent, les uns de la nourriture, les autres un domicile, ce en quoi ils sont plus avantagées que quelques-uns d’entre nous. Dans cette faune, les insectes occupent une place importante, ainsi que vient de le constater un ingénieur agronome, M. Ernest Perrier de la Bathie, dans un opuscule, court, mais substantiel. Dans un orgue qu’il possède en Savoie, cet amateur mélomane a trouvé des Coléoptères (Corynète bleuâtre, Clairon des fourmis, Blaps présage de mort, Ilylotrope domestique), un Orthoptère (Perce-Oreille), des Hyménoptères (Bourdon des mousses, Xylo-cope violacé, Sirex géant), un Hémiptère (Réduye masqué), auxquels s'adjoignaient un Myriapode (Scutigère coléoptrée), des Crustacés terrestres (Cloporte des celliers, Cloporte des caves), etc. Les tuyaux à anches se taisent, la languette paralysée ou le canal obturé par la chute d’araignées, de Vrillettes, de Dermestes, de Ti-pules, de Papillons, de Mouches, etc. Certains insectes qui ont coutume d’établir leur nid dans les tiges creuses trouvent dans ces tuyaux et les sommiers des demeures
- qu’ils estiment idéales. C’est le cas, par exemple, d’ïly-ménoptères, les Osmies rousses, qui, chez M. Perrier de la Bathie, cachetaient d’un opercule de boue des cellules sériées dans la tubulure, les cheminées, les fuseaux et les bouts de jeux métalliques, et les Agénies ponctuées qui étageaient leurs urnes de glaise dans les porte-vent, les layes et les gravures des soupapes.
- Dans un vieil orgue d’une paroisse rurale, M. Perrier de la Bathie avait déjà constaté des boiseries vrillées par divers Coléoptères et couvertes de cocons jaunes du Microgastre aggloméré, parasite du Papillon blanc du chou-, un beau papillon, le Grand Paon de nuit sommeillant sous forme de chrysalide;' des bataillons de Pyrrhocore aptère et d’Eristales gluantes ; des cohortes de Fourmis, où les sons, même harmonieux, jetaient le désarroi ; le buffet était pavoisé des toiles de VAraignée domestique, des nids de la Guêpe germanique et du Frelon-, un Névroptère, la Clotliile frappeuse, déchiquetait le papier des étiquettes; des cadavres à’Hirondelles, de Moineaux, de Chauves-souris, de Bats se momifiaient dans l’entonnoir d’une trompette ou la pyramide d’une bombarde.
- Dans toute celte faune, il y a des amis et des ennemis. Les premiers, qu’il conviendrait de respecter, sont, par exemple, les Corynètes qui mangent les larves d’Anobium; le Tarsotène, qui détruit les larves des Lyolus ; les Ilémitèles, qui vivent aux dépens des Teignes et des Anobiums) Vlbalie, parasite des Sirex, le Bracon,
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- VARIETES
- parasite des Astynomes; les Ephialtes, parasites des Hylotrupes; les Araignées, grandes destructrices de mouches, etc.
- Quelques-uns des insectes des orgues s'y rencontrent sur n’importe quelle région de leur surface. D’autres ne s’attaquent qu’à des organes particuliers, où ils trouvent leur nourriture, ainsi que le montre l’énumération suivante qui indique, entre parenthèses, les parties attaquées : Dermeste renard, Dermeste de Frisch et Der-meste gris de souris (peau, feutre, liège), Dermeste du lard (peau), Attagène des pelleteries (peau, feutre, colle, liège), Attagène varié (bois, peau, papier, colle, liège), Valgue hémiptère fbois), Lime-bois (bois de chêne), Ptine voleur et Ptine larron (peau, colle), Vril-lettes (bois, peau, papier, colle), Ptilin pectiniforme (bois), Apate capucin (bois, parties en plomb ou en étain), Lycte canaliculé (bois), Dryophtore lime-bois (bois), Callidie sanglante (bois de chêne), Callidie violette (bois de sapin), Callidie variable (bois), Hespéro-phane cendré et Hylotrupe domestique (bois résineux), Clyte arqué (bois), Clyte bélier (bois), Gracilie pygmée (osiers des bourrettes et laitons d’accouplement, Capricorne charpentier (bois résineux), Lépisme (peau, feutre, papier, colle), Termite lucifuqe (bois, peau, feutre, papier, colle), Pou des livres (peau, papier), Chlothille frappeuse (peau, papier, colle), Cœcilie pédiculaire (peau, papier, colle), Xylocope violacé (bois), Sirex géant et Sirex bouvillon (bois), Aphomie sociale (liège), Teignes des fourrures, tapissière ou fripière (feutre), Teigne du crin (crin des sourdines des ventilateurs électriques).
- Comme moyens de destruction préventifs, il faut citer : (le bois dessevré et étuvé, le bois sénilisé par l’électricité ou par l’ozone, les bois injectés à l’acide arsénieux, à l’acide phénique, au bichlorure de mercure, au chlorure de zinc, à la créosote, au pyrolignite de fer, au silicate de potasse, aux sulfates d’alumine, de cuivre ou de fer), la peau tannée au chrome, le carton et feutre intoxiqués.
- Si ces moyens ne suffisent pas, on pourra avoir recours, comme substances curatives, aux liquides insecticides (sulfure de carbone, solution de sublimé corrosif,' pétrole, formol, essence de térébenthine, essence de pétrole, essence d’eucalyptus, de lavande ou de serpolet, créosote, carbouyle, benzine, acide phénique), aux poudres insecticides (soufre, pyrèthre, poivre, naphtaline, chaux, camphre), aux vapeurs insecticides (sulfure de carbone, essence de pétrole, chlore, bioxyde d’azote, benzine, aldéhyde formique, acide sulfureux), aux enduits protecteurs (vernis intoxiqué, rouge à la colle intoxiquée, peinture à l’huile intoxiquée, goudron de houille, goudron de bois, encaustique, colle forte térébenthinée, colle forte intoxiquée, et, pour le liège, à la paraffine et à la vaseline (mélangées à 4°°)> Ie tout accompagné de beaucoup d’air, de chaleur, de lumière (atténuée), et, naturellement, de beaucoup de soins de propreté. Il est bon enfin d’exiger du vendeur un mécanisme accessible et pratiquement démontable, de visiter souvent l’instrument (surtout au printemps), d’empêcher l’introduction des insectes en clouant une étoffe légère ou une toile métallique derrière la montre et les panneaux à jour. Hexki Coupin.
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- i AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qni II parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfS 1 oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherche* le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. J. L. — Revues de chimie : Chimie et Industrie, 49, rue des Mathurins, Paris. Bulletin de la Société chimique, Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain. Revue de Chimie industrielle, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris. Revue des Produits chimiques, 54, rue de Turbigo, Paris.
- M. J. Aubertin, à Reims. — i° Les encres noires d’imprimerie, étant à base de carbone, peuvent être considérées comme indélébiles, il ne faut donc pas compter effacer par un réactif une partie de votre en-tête de lettre, seule une surcharge est possible eû se servant d’un tampon que vous préparera tout fabricant de timbres en caoutchouc. 20 II est toujours dangereux pour les vins de cultiver dans la même cave des champignons comestibles, le milieu chaud et riche en matières nutritives favorise le développement des micro-organismes susceptibles d’infecter le vin et il vaut mieux ne pas courir ce risque. 3° L’introduction d’un produit quelconque dans Veau de votre bassin n’est pas à recommander si les canards doivent venir y barboter, le remède pourrait être pire que le mal; nous vous conseillons plutôt un nettoyage fréquent. 4° Comme formules de badigeons, vous pouvez employer l’une des suivantes :
- Badigeon simple : *
- Pâte de chaux éteinte......... 10 lcg
- Eau ordinaire................ 100 litres.
- Donner d’abord une première couche, puis, celle-ci étant sèche, une seconde avec la même composition (Jans laquelle on remplacera 20 litres d’eau par un même volume d’une solution saturée d’alun.
- Badigeon à la gélatine :
- Pâte de chaux éteinte.............. 10 kg
- Blanc d’Espagne..................... 1 —
- Sel marin........................... 5 —
- Gélatine (colle forte).............. 5 —
- Eau ordinaire..................... 100 —
- Faire gonfler la gélatine en la mettant macérer pendant 12 heures dans une partie de l’eau (10 litres envi-
- ron), ensuite liquéfier, de préférence au bain-marie, ajouter successivement la chaux, le blanc d’Espagne et le sel, finalement étendre avec le reste de l’eau. Pour obtenir un bon résultat, appliquer le badigeon encore tiède.
- M. Le Grand, à Luisant (Eure-et-Loir). —Le bioxyde de manganèse agit comme dépolarisant dans les piles Leclanché en perdant une partie de son oxygène d’après la réaction suivante :
- 2 (MnO2) = Mn205 -J- O/7.
- L’oxyde résultant est du sesquioxyde de manganèse ; quant à l’oxygène, il se combine à l’hydrogène dégagé pendant l’attaque du zinc :
- 2 (AzH* Cl) + Zu = ZnCl"2 + 2 Az + 2 H.
- Finalement l’oxygène et l’hydrogène donnent de l’eau. Il ne faut guère compter régénérer le bioxyde de manganèse, cette régénération serait plus coûteuse que l’achat de bioxyde de manganèse neuf.
- M. Lag-Dill. Martx, à Fort-de-France. — Ouvrages concernant Vélectrochimie, Vélectrométallurgie et les industries électrolytiques : Traité d’électrochimie, par Max Leblanc, éditeur Gauthier-Yillars ; Traité pratique d’électrochimie, par Richard Lorenz, même éditeur; Les industries électrochimiques, par Escard, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères; Electrométallurgie, par Minet, même éditeur; Electrochimie et électrométallurgie, par H. Vigneron, éditeur Albin Michel, rue Huy-ghens \ Electrométallurgie du fer et de ses alliàges, par Escard, éditeur Dunod, 47 bis, quai des Grands-Augustins; Les fours électriques et les fabrications électrothermiques, par Escard, même éditeur; Electrochimie, Electrothermie appliquée, par Flusin; Aluminium, magnésium et sodium, par Job, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille ; L’aluminium dans l'industrie, par Escard, éditeur Dunod. En langue allemande, il y a également : Electrométallurgie, par Borchers, éditeur Hirzel, à Leipzig; ’Elëctrochemie Wasseriger Losungen, par Fors-ter, éditeur Barth, même ville; Electrochemie Geschmol-zener Salze, par Laurenz et Kaüfler, éditeur Barth.
- M. J. D., Pas-de-Calais. — x° h’électrolyte de. Vaccumulateur Edison est constitué par :
- Potasse caustique..................3oo gr.
- Chlorure de lithium................ 5o —
- Eau distillée......................85o —
- La solution doit marquer 26° Baumé.
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- 2° Très pi’obablement, l’un des pôles doit être à la terre ; si deux des accumulateurs ne donnent pas de secousse quand on touche le bac, c’est qu’ils ne sont pas ou sont mal isolés. Au contraire, le bac qui donne une secousse est bien isolé et lorsqu’on y met la main, on le relie à la terre, c’est-à-dire que l’on ferme le circuit.
- M. G. Capdepont, à Pessac (Gironde). — Pour marquer les objets en porcelaine, il suffit de tracer les inscriptions au moyen d’un petit diamant monté comme un crayon, en ayant soin, de préférence, de faire des lettres ou des chiffres par traits doublés, l’émail est ainsi entamé facilement, et en passant sur les marques un peu de crayon bleu on obtient, quand les objets ont été passés au four, des inscriptions en rouge; nous employons couramment ce procédé au laboratoire et il nous a toujours donné entière satisfaction. Vous trouverez des diamants montés pour cet usage chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange ou Neveu, 16, rue Monsieur-le-P rince.
- M. Pecarr'ere, à Bordeaux. — En principe, le dépôt qui se produit dans une pile chargée au chlorure de manganèse est du manganèse d’après la réaction :
- Mn CL + Zn = Zn Cl2 -f Mn.
- Le manganèse, au contact de l’air, s’oxyde facilement et donne, suivant l’avancement de l’oxydation, différents oxydes que vous trouvez sous forme de dépôt brun. Il vous suffira très probablement, pour faire disparaître ce dépôt brun sur les zincs, de tremper ceux-ci dans le bisulfite de soude, puis de rincer à fond.
- M. Duverger, à Cambrai. — Vous pouvez prendre comme type des savons liquides, analogues à ceux que l’on place dans les distributeurs, la formule suivante :
- Beurre de coco 1000 gr
- Lessive de potasse caustique à
- 4o°. B. . . 700 —
- Eau 3oo —
- Glycérine 5oo —
- Sucre i5oo —
- Faire fondre le beurre de coco, y verser le mélange de lessive et d’eau, porter à l’ébullition et maintenir chaud vers 900 jusqu’à ce que la saponification soit complète, c'est-à-dire le liquide limpide. Ajouter ensuite le sucre et la glycérine, dissous préalablement dans 6 litres d’eau, abandonner au repos jusqu’à clarification complète, décanter, parfumer au besoin en se servant de préférence du terpinéol, mettre en bouteilles bien bouchées pour éviter l’évaporation.
- M. A. Nicolaïde, à Bucarest. — Ouvrages concernant la fabrication de la soie artificielle : Les matières cellulosiques, par Bèltzer et Persoz, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères; La soie artificielle et sa fabrication, par J. Foltzer, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins ; La soie artificielle, par Willems; Les soies artificielles, par A. Chaplet et H. Rousset, éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins; Le celluloïd et la soie artificielle, par Bôck-mann et Klôtz, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. de Eerthier, à Paris. —Les bâches vertes que l’on rencontre le plus souvent sont imperméabilisées ainsi :
- A. Eau non calcaire........... 10 litres.
- Savon de Marseille .... 25o gr.
- B. Eau non calcaire........... 10 litres.
- Sulfate de cuivre ..... 60 gr.
- On mouille la toile à l’eau et après l’avoir tordue on la plonge dans le bain A. Lorsqu’elle est bien imprégnée on l’égoutte, la tord à nouveau et la plonge dans la solution B. Après l’avoir fait sécher, on répète les opérations deux ou trois fois dans le même ordre jusqu’à ce que l’on juge que le tissu est suffisamment chargé en stéarate de cuivre.
- M. Lapoyade, à Toulon. — i° Le meilleur moyen de rendre au cuir sa souplesse est de l’imprégner de glycérine, laquelle étant hygrométrique assure la conservation d’une humidité suffisante. Dans ce but, vous pourrez employer un mélange à parties égales d’eau et de glycérine neutre, appliqué avec une flanelle, en répétant au besoin l’opération jusqu’à résultat cherché. 20 Nous pensons comme vous qu’il y a déperdition de chaleur par rayonnement, le meilleur remède est de bourrer de sciure de bois l’intervalle entre le plafond et la toiture ; ce procédé que nous avons employé à plusieurs reprises nous a donné de très bons résultats.
- M. de Bony, à Poitiers. — Vous trouverez tous les
- renseignements concernant la fabrication, l’emploi et la théorie des cellules de sélénium dans la Conférence qui a été faite par M. Rio, ingénieur de la maison Ancel, à l’Aéro-Club de France. Le compte rendu in extenso de cette conférence a paru dans la Technique aéronautique, numéros 5 et 6, mars et avril 1922, vous pourrez vous les procurer 5, rue de lTsly, à Paris (édition Roche d’Estrée). .
- P. G., à Morlaix. — La désignation mastic d’appartement est insuffisante pour nous fixer sur le produit dont vous voulez parler, veuillez nous donner des indications plus précises.
- M. Dreffe, à Salins. — La scie portative pour débiter des planches en montagne est construite par les Atelie7-s de Langenlhal, à Langenthal (Suisse).
- M. Ch-.Ij., avenue du Chemin-de-fer, Le Raincy. — Composition et préparation du sirop de capillaire. —
- Voici la formule de ce sirop :
- Capillaire de Montpellier. . y5o gr.
- Eau pure....................... 5 litres
- Sucre......................... 10 kg
- On ajoute souvent au sirop de capillaire, pour lui donner du parfum, de l’eau de fleurs d’oranger ou une infusion de thé pékao, qui a une légère odeur de rose, soit, pour 10 kg de sucre, environ 20 gr. de thé pékao.
- Ce sirop se prépare en deux temps. On fait, d’abord infuser les deux tiers de capillaire dans 3 litres et demi d’eau chaude; on y ajoute le sucre, on passe au tamis, après quoi on clarifie, puis on fait infuser le reste de capillaire, et on filtre en passant à la chausse.
- Ce sirop peut se préparer aussi en employant le capillaire du Canada, dans la proportion de 5oo gr., et en suivant le mode opératoire indiqué ci-dessus.
- M. J.-B.-C. B., à Pierre-Buffière (Haute-Vienne). — Puisqu’il ne s’agit pas d’utiliser de la paille entière, nous ne voyons pas la possibilité de tirer parti des déchets cle votre fabrique de paillons à bouteilles • autrement qu’en écoulant ces déchets à l’industrie, pour la fabrication du carton, du papier de paille, et peut-être aussi pour fabi'iquer certains objets de petite bimbeloterie.
- Nous supposons que ces déchets laissés par la coupe des bottes de paille sont constitués par la partie supérieure des tiges, c’est-à-dire portant les épis ; dans ces conditions, ils ne peuvent être que de peu de valeur et inutilisables à la chapellerie de paille, qui paie à un prix assez élevé les pailles entières, choisies et triées. La vente pour la préparation de la paille mélassée fourragère ne serait pas plus rémunératrice que la vente à la papeterie ou à la cartonnerie.
- M. A. B., à Bar. — Champagnisation des vins blancs : En mars, on colle le vin ave.c des blancs d’œufs, on le * soutire et on l’abandonne jusqu’au mois de mai, époque à laquelle on le met en bouteilles, mais après y avoir ajouté, pour produire le gaz qui donnera la mousse, i5 à 18 gr. de sucre par litre, quantité calculée de façon à ne pas dépasser la pression maxima que peuvent supporter les bouteilles (soit 5 atmosphères, correspondant à un volume de 5 litres d’acide carbonique).
- Verser un certain volume de vin dans un récipient que l’on puisse chauffer, y ajouter les i5 gr. de sucre par litre et faire fondre à douce température en remuant constamment. Après dissolution, verser la quantité totale de vin à champagniser, laisser refroidir, additionner d’un peu de bonnes lies blanches pour ensemencer la levure qui fera fermenter le sucre. Mettre en bouteilles ensuite et boucher solidement, en enfonçant le bouchon entièrement et retenant celui-ci par une ficelle ou un fil de fer. Coucher les bouteilles et les laisser au frais, à la cave, en évitant une température trop élevée à laquelle le verre ne pourrait résister.
- Deux mois après — en juillet -— la fermentation a cessé, le vin s’est éclairci et des lies se sont déposées sur les parois de la bouteille, on les élimine par le dégorgeage consistant à relever la bouteille le fond en l’air, en appuyant le goulot sur le sol et amenant progressivement la bouteille droite sur pointe; par des coups secs avec la paume de la main on fait glisser le dépôt sur le bouchon, on débride et on laisse vivement partir le bouchon et une certaine quantité de vin qui entraîne le dépôt. La bouteille est redressée vivement et le vide fait par le vin écoulé est rempli par un sirop ainsi composé : vin blanc 1 litre, sucre candi 1 kg 5oo, eau-de-vie vieille 100 centilitres. .
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- Boucher solidement avec un bon bouchon qu’on enfonce aux deux tiers environ et que l’on bride avec un fil de fer fortement serré.
- M. A. S., à Sidi-Ferruch (Algérie). — i0 Le sulfatage de vos panneaux en paille de seigle peut se faire très simplement de la manière suivante : plonger ces pan-neaux dans un bain de sulfate de cuivre composé à raison de 3 kg de sulfate pour ioo litres d’eau, ceci pour une première immersion, raviver la liqueur pour les trempages suivants, par une addition de sulfate de cuivre, à raison de 3oo gr. La fusion est plus prompte quand on suspend le sulfate dans le liquide ; à cet effet, on le met dans un vieux panier que l’on attache avec une ficelle à un bâton posé en travers du récipient contenant le liquide. Laisser les panneaux dans cette solution pendant deux à trois jours, et ensuite les faire sécher à l’ombre, sous un hangar.
- Pour préserver les paillassons et panneaux des ravages des rongeurs, il faut, quand la saison des gelées est passée, les rentrer bien secs et les emmeuler sur un plancher volant bordé de zinc et fixé sur des piquets à 5o centimètres au-dessus du sol.
- 2“ Il y a plusieurs modèles de machines à fabrique)' les paillassons, dites « métiers à paillassons », ceux de Genty, de Hauguel et du Dr Guyot. Nous n’avons pas d’adresses de fabricants, mais vous pouvez les demander à M. Ringelmann, directeur de la Station d’Essais de machines, Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 120.
- Commandant B., à Epinal.— Traitement de la maladie dite du « piquage » des poules : 1“ Le plus souvent, cette maladie a pour cause le manque d’espace, la réclusion, ce qui est probablement le cas chez vos poules retenues captives dans une volière, il y à perversion de l’instinct.- Les poules ont besoin de l’étendue de terrain nécessaire, autant pour satisfaire à leur besoin de locomotion que pour chercher et trouver des aliments naturels. Le premier et le meilleur remède au piquage est donc l’espace, la liberté.
- Si l’espace manque ou si le mal est invétéré, il faul, après avoir séquestré les poules atteintes de ce vice, jeter, sur le sol de la volière, de la fleur de soufre qui satisfera le goût de la poule. Si cela ne suffit pas, employer le moyen suivant : faire dans un baquet un mélange de balles de blé mouillées, de grains d’avoine et de criblures de blé ; une légère fermentation développe dans ce mélange un goût alcoolique ; on répand alors ledit mélange sur le sol; les poules apprécient beaucoup cet aliment qui leur fait oublier leur manie.
- La cure du piquage est lente. L’herbe, la verdure sont indispensables à la guérison; sans ces aliments, tous les moyens thérapeutiques risquent de devenir inefficaces. Suspendez à une certaine hauteur, dans la volière, des feuilles de choux, des salades, donnez des aliments azotés : viande, vers, sang desséché, ou distribuez, chaque jour, dans la ration, des os concassés. Jetez sur le sol les plumes d’un poulet destiné à la table. Badigeonnez les parties piquées avec de la teinture d’aloès.
- 20 Pour le sang desséché et la farine de viande, voyez aux adresses suivantes : À. Cordier, 25, rue des Francs-Bourgeois, Paris, 4°; Comptoir général de l’élevage, 106, rue Lafayette, Paris, 10e; Duquesne, à Montfort-sur-Risle (Eure) ; Office Aviculture, 3i, rue des Martyrs, Paris, 9e: Omnium agricole, à Charentay (Rhône).
- M. P. L., à Hesdin (Pas-de-Calais). — Traitement d’un vin « piqué » : Lorsque l’acidité n’est pas trop prononcée, on peut la faire disparaître en employant le tartrate neutre de potasse (ne pas confondre avec le bitartrate de potasse ou crème de tartre) pour saturer l’acide acétique. A cet effet, on fait fondre, dans une petite quantité d’eau chaude, et par hectolitre de vin à traiter, 3o gr. de tartrate neutre de potasse; on verse la dissolution dans le vin, après refroidissement, et on agite fortement afin que le mélange se fasse bien intimement, et que le tartrate puisse attaquer partout l’acide acétique. Si la dose était insuffisante, on l’augmenterait sans toutefois arriver à une saturation complète.
- Le tartrate neutre de potasse se transforme, dans le vin piqué, en acétate et en bitartrate de potasse; ce dernier sél se dépose sur les parois du tonneau. Dès que le vin a perdu le goût de piqué, soutirer en fût mêché.
- 20 L'anhydride sulfureux ne convient pas pour cet
- usage en vinification. Pour plus amples renseignements sur cette question, adressez-vous à la station agronomique du Pas-de-Calais, à Arras.
- M. le Dv F., & Calvisson (Gard). — Au point de vue des études botaniques, se rapportant à l’examen des graines, il n existe pas, du moins à notre connaissance, d’ouvrage spécialement consacré à cette question,. mais des directives que l’on peut interpréter dans des traités de botanique générale. Nous mentionnons les ouvrages suivants : Technique microscopique appliquée à l’étude des végétaux, 1 vol., par Henri Coüpin ; Ce qu’on peut voir avec un petit microscope, 1 vol., par Henri Coupin ; Traité des graines de la grande et de la petite culture, 1 vol., par Pierre Joigneaux; Botanique agricole, par Schribaux et Nanot. On trouve ces ouvrages à la librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°, où des indications pourront vous être données relativement aux auteurs ayant produit des études spéciales sur la question qui vous intéresse. D’autre part, vous auriez des indications sur la technique de l’examen des graines en vous adressant à M. E. Schribaux, directeur de la Station d’Essais de Semences, à Paris, 4, rue Platon, i5ü.
- M. Capéran, à Muret. — Recette pour confiture de baies de genévrier : Prendre des fruits parfaitement mûrs, les jeter dans une bassine avec une quantité suffisante d’eau pour qu’ils y baignent; avoir soin de peser, au préalable, ces fruits. Porter cette bassine sur le feu et soumettre à l’ébullition. Dès que celle-ci commencera, ajouter 375 gr. de sucre pour 5oo gr. de fruits. Laisser bouillir pendant trois quarts d’heure ou 1 heure, en remuant de temps à autre avec une cuiller en bois. Quand on juge la cuisson suffisante, on peut retirer la bassine du feu pour écraser les fruits dans leur eau de cuisson et passer le tout sur un tamis placé au-dessus d’une terrine. Dans ce cas, c’est à ce moment que l’on ajoute le sucre au jus que l’on a filtré et pesé. La cuisson est complétée jusqu’à ce que la mousse s’élève en bouillant ; il ne reste plus qu’à écumer légèrement et à mettre en pots.
- Pour opérer sur une plus grande quantité, on peut prendre 5 kg de fruits et ajouter à la pulpe, obtenue après ébullition, 3 kg de sucre. Pour bien conserver la confiture, on la recouvre d’une rondelle de papier blanc trempée dans de bonne eau-de-vie.
- M. C. G., à Marseille — Soins à donner aux vins. — Placer les barriques bonde dessus; pendant les premiers mois, ne pas négliger d’ouiller, c’est-à-dire faire le plein tous les 8 jours, ensuite tous les i5 jours, en employant du vin de bonne qualité, franc de goût; renouveler de temps à autre le linge qui entoure la bonde ; le laver à l’eau salée est une bonne précaution. Par temps clair et sec, soutirer le vin, lorsqu’il est bien limpide, dans un fût bien propre et méché (5 cm de mèche pour les vins rouges, 10 pour les vins blancs). Pour les vins fins, soutirer à l’aide du siphon. Pour les vins corsés, chargés en couleur, et pour hâter la mise en bouteilles, les coller vers la fin de la première année (8 ou 10 blancs d’œufs par barrique pour les vins nouveaux, 6 ou 7 pour les vins rouges déjà vieux) en ayant soin de soutirer préalablement quelques litres pour faciliter le fouettage. Placer ensuite la barrique, bonde de côté, jusqu’au moment du soutirage, renouveler plusieurs fois la deuxième année.
- Quand on reçoit un vin qui s’est développé complètement en fût, s’il n’a pas été collé avant l’expédition,
- 11 faut faire cette opération, puis le laisser au repos
- 12 ou i5 jours, le soustraire aux variations de température et faire le plein de suite avec du vin franc de goût.
- Quelques jours avant la mise en bouteilles, disposer les barriques de manière qu’on puisse tirer jusqu’à la fin sans les déranger, cela afin d’avoir un vin limpide jusqu’à la dernière bouteille. Pour la mise en bouteilles, opérer par temps clair et sec, éviter autant que possible le contact de l’air, s’assurer, quelques heures avant, de la parfaite limpidité du vin; prendre des bouteilles rincées et égouttées avec soin; choisir de bons bouchons, préalablement trempés dans l’eau chaude, puis dans du vin tiré de la barrique, ou dans de l’eau-de-vie. Cacheter les bouchons à la cire ou au mastic ou au goudron. Après bouchage, coucher les bouteilles par rangées en séparant celles-ci par des lattes.
- Les vins ordinaires ou peu corsés peuvent être mis en bouteilles dès la deuxième année, les vins fins et
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- corsés ne doivent l’être qu’à la fin de la troisième année, ou même la quatrième, selon leur force. Pour les vins rouges, le moment est indiqué lorsqu’ils commencent à prendre une teinte tuilée. La mise en bouteilles fatigue le vin, il est bon de le laisser au repos pendant 3 à 4 mois avant de le déguster; on évite ainsi un dépôt qui nuirait à sa qualité ou le rendrait trouble, s’il était remué.
- M. E. IL, rue de Paradis, à Paris. —Vous aurez tous renseignements sur l’entreprise industrielle s’occupant de la préparation du jus de raisin concentré, dit miel de raisin, en vous adressant à M. J. Guyon, ingénieur, Gi, rue de la Gare, à Carcassonne, qui a fait breveter un procédé de préparation, dont la Société des utilisations industrielles du raisin et autres fruits s’est réservé, quant à présent, l’exploitation.
- Un abonné, à Saint-Morilz. — Comme suite à l’indication que vous donnez relativement à la nature du terrain envahi par les Cypcrus olivaris, et à la nature des cultures que ce terrain porte actuellement, nous vous confirmons que le mode de destruction de ces plantes, soit par extirpation à la pioche, en ayant soin d’enlever toutes les racines, soit par des coupes réitérées, avant la floraison, pour épuiser la souche, est indiqué en pareil cas et nous paraît d’autant plus facilement réalisable que vos cultures potagères ne s’étendent, sans doute, que sur une superficie relativement restreinte. Le criid ammoniac répandu dans une rigole ménagée autour de chaque plante agit ainsi comme agent de destruction.
- La présence de ces plantes adventices tient probablement à la médiocrité du sol, à l’excès de calcaire et à la prédisposition de la terre à se dessécher, auquel cas on pourrait améliorer ce terrain par un apport de sable et d’argile.
- M. E. T. — Pour sceller un cadre de bois sur une glace formant table de laboratoire photographique, on peut employer, soit un ciment composé de silicate de potasse à 3o° et de pierre ponce finement pulvérisée, soit une composition analogue à la glu marine. On prendra, par exemple, 25 gr. de caoutchouc que l’on fera dissoudre dans 1 litre d’huile essentielle de goudron. Au bout d’une dizaine de jours, le mélange a acquis la consistance d’une crème épaisse. On y ajoute alors de la gomme laque, à raison de a ou 3 parties, en poids, pour i partie de dissolution. Le mélange doit s’employer à chaud, ioo à 1200 environ. Il est donc nécessaire de faire d’abord soigneusement dessécher le bois et de chauffer progressivement la glace, avant d’y appliquer la mixture, afin d’éviter la rupture que risquerait d’occasionner une trop brusque élévation de température.
- M. J. C. G., à Grenade. — Vous avez certainement lu Les enfants du capitaine Grant et Deux ans de vacances de Jules Verne. Or, Jules Verne s’est documenté dans Elisée Reclus et dans les récits de certains explorateurs comme Cook. Comme ouvrages plus récents sur les archipels chiliens vous avez Robert Maldonado, Estudios geograficos y kidrograficos sobre Chïloe (Santiago de Chili, imprimerie Roma, 1897); Alfredo*Weber, Chiloe, in estado actual, in colonisacion, in parvenir (Santiago de Chili, imprimerie Mezia, 1903). Voyez aussi Chili (Santiago, 1915, in-40). Pour ce qui est de l’île Marie-Thérèse ou Thabor, nous ne l’avons pas trouvée; par contre, nous avons découvert à 48 km au nord-ouest de Puerto-Montt l’île Tabon. Serait-ce elle, dont Jules Verne aurait déformé le nom ?
- M. F. D., rue du Confient, à Perpignan. — Voir la réponse à M. A. B., à Bar.
- Nous ne connaissons pas le liquide dont vous parlez. Adressez-vous à M. Weinmann, chimiste-œnologue, à Epernay (Marne).
- Foyer civil, à Nancy. — L'analyse des textiles comporte plus de difficultés que vous ne le pensez, seul un examen microscopique préalable demandant une certaine expérience vous permettrait de déterminer d’abord qualitativement, la nature des fibres qui entrent dans la composition du tissu. Quant à la détermination quantitative, elle devrait se faire d’après les éléments existants en se basant sur leurs propriétés en présence de certains réactifs. Si vous désirez approfondir cette étude que nous ne pouvons traiter ici vu son étendue, consultez le Mémento du chimiste de Haller et Ch. Girard, pages 624 et suivantes.
- M. E. L., avenue Godefroy-Cavaignac, à Saint-Maur.
- — Conservation des citrons et des oranges. On peut conserver les citrons en les préservant du contact de Pair et de l’humidité, par une matière absorbante qui les isole les uns des autres et qui les recouvre.
- Voici la manière de procéder :
- Au fond d’une caisse bien propre et à parois suffisamment épaisses, déposer une couche de sable très fin et parfaitement sec, ou de sciure de bois de 5 à 6 cm d’épaisseur, sur laquelle on range les citrons, après les avoir enveloppés dans du papier fin et en les espaçant entre eux. Sur cette première couche de fruits, jeter du sable, de manière à former un second lit sur lequel on dépose une seconde couche de fruits, que l’on recouvre également de sable, et ainsi de suite jusqu’à ce que la caisse soit pleine. Recouvrir le tout d’un dernier lit de sable, de 5 à 6 cm d’épaisseur. Fermer la caisse et la déposer dans un endroit sec et frais. On peut conserver les oranges par ce même procédé.
- Les citrons peuvent aussi se conserver frais pendant plusieurs semaines par le procédé qui consiste à les mettre dans un récipient quelconque rempli d’eau fraîche, en ayant soin de renouveler cette eau deux ou trois fois par semaine.
- Réunion des officiers, à Saint-Maixent. — Pour dessiner en traits blancs sur du carton noir, il suffit de délayer du blanc de Meudon réduit en poudre très fine dans du silicate de soude commercial, on obtient ainsi une pâte semi-fluide que l’on étend d’eau jusqu’à consistance convenable pour être employée au pinceau. On se sert du liquide ainsi préparé pour tracer les traits qui, après séchage, sont fixés très solidement sur le carton.
- M. Pithon, à Versailles. — Votre constructeur a parfaitement raison, car il a été constaté que la présence des matières grasses dans les chaudières à vapeur était tout à fait nuisible. Une épaisseur même minime de dépôt gras est suffisante pour isoler la tôle de l’eau et amener ainsi une surchauffe par phénomène de caléfaction. C’est pour cette raison que l’on pratique le dégraissage des eaux de retour, en particulier de celles provenant d’un condenseur à mélange dans lequel une fraction de l’huile employée à graisser la machine peut être entraînée. Il ne faut cependant pas exagérer le danger, attendu que si les matières grasses sont à l’état de traces, la présence constante de la chaux dans les eaux naturelles d’alimentation qui viennent compléter les eaux de condensation est suffisante pour précipiter ces matières à l’état de stéarate et oléate de chaux qui sont évacués lors de la purge régulière des chaudières.
- M. M. Armand, à La Suze. — Vous pourrez très facilement préparer un liquide pour faire briller les ongles en prenant :
- Chloroforme .... 3o grammes.
- Ozokérite............ 2 —
- Parfumer à l’essence de son choix.
- M. Meric Glove, à l’Iunieu. — Les formules de colles dans lesquelles entre le silicate de soude doivent naturellement varier suivant les applications que l’on a en vue, vous trouverez tous renseignements sur la question dans : Les colles, par de Keghel, éditeur Baillière, 12, rue Haütefeuille. Les colles, par Margival, éditeur Masson.
- M. Staehling, à Paris. — Industriellement, pour purifier l'acide sulfurique arsenical, on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite l’arsenic à l’état de sulfure, ce procédé est quelquefois modifié en substituant à l’hydrogène sulfuré du sulfure de baryum qui, dans ces conditions, donne naissance d’une part au même sulfure arsenical et d’autre part à du sulfate de baryum, ces deux composés étant insolubles sont séparés par repos et décantation. Enfin, une troisième méthode consiste à faire barboter dans l’acide sulfurique porté à 3oo° du gaz chlorhydrique, l’arsenic est amené à l’état de chlorure volatil qui est entraîné et peut être ainsi récupéré.
- M. Cousin, à Nîmes. — Il existe un très grand nombre de modèles courants de fers à souder chauffés au gaz, dont le maniement est des plus commodes, on peut également remplacer le gaz par l’essence avec résultats équivalents. Ces appareils peuvent vous être fournis par les maisons suivantes : Léon Guilbert, 68, avenue de la République. Forest, 32, boulevard Henri IV. Paul Duflos, 3, rue Sedaine.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. -------------
- Dynamique des solides, par J. Reyeille. i vol. grand in-8, 5o6 pages, 135 fig. (Encyclopédie de mécanique appliquée), J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix : 40 francs.
- La dynamique des solides, chapitre fort important de la mécanique, est sans conteste celui auquel les méthodes de la mécanique rationnelle ont pu être appliquées avec le plus de succès. Une fois les principes admis, le calcul purement déductif permet d’aller fort loin ; l’auteur du présent ouvrage a groupé en un tout bien homogène toutes ces déductions théoriques : après le rappel des principes et de leur expression mathématique, il aborde d’abord l’étude du mouvement sans frottement et avec frottement, d’un solide autour d’un axe fixe, avec application à l’arbre flexible de Laval, au pendule composé, au treuil, à la poulie; puis il passe au mouvement d’un solide parallèlement à un plan fixe et à l’étude du frottement, ce qui lui donne l’occasion d’aborder un certain nombre de problèmes pratiques. L’auteur traite ensuite la vaste question du mouvement d’un solide autour d’un point fixe, au moyen de la méthode mathématique d’Euler, puis de la méthode géométrique de Poinsot. La théorie du gyroscope qui en est un cas particulier est étudiée en détail. Nous arrivons ensuite au problème général du mouvement d’un solide libre; l’auteur dans ce chapitre fait l’étude analytique du mouvement des projectiles et du mouvement de la terre, puis examine l’effet des percussions et résume la théorie du choc. Il traite ensuite dans certains cas particuliers importants le problème du mouvement d’un solide pesant s’appuyant sur un plan horizontal fixe; ce qui lui permet de traitera fond les problèmes du cerceau et de la bicyclette. Enfin un important chapitre est consacré aux diverses applications du gyroscope. Ce résumé, nécessairement sec, suffit cependant à montrer que l’auteur, tout en faisant constamment appel aux ressources de la théorie pure et des mathématiques, a gardé constamment en vue les applications pratiques des théories qu’il expose.
- Manuel du prospecteur, par P. Bresson. t vol. in-18, 452 p., 137 fig. J.-B. Baillière, éditeur 1923. Prix : 12 francs.
- Cet ouvrage débute par des notions générales de géologie et une classification des gisements métallifères, permettant de guider méthodiquement le prospecteur; il indique ensuite suivant quelles méthodes générales le prospecteur doit procéder sur le terrain; puis il passe à l’étude des roches et des minéraux, avec éléments de métallographie, des minerais, avec résumé de leurs principaux caractères et d’utiles tableaux pour les reconnaître. L’ouvrage se termine par un chapitre consacré aux travaux de mine : creusement de puits, galeries, organisation de l’abatage et de l’extraction, traitement des minerais, etc.
- Nos plantes médicinales de France. — Série de planches en couleurs, in-16, avec texte au verso, publiées par le Comité interministériel des plantes médicinales et à essences.
- Tel est le titre d’une collection de fiches en couleurs, représentant nos principales plantes médicinales indigènes, dont le Comité interministériel des plantes médicinales vient de commencer la publication. *La première série, qui vient de paraître, compx-end : Aconit Napel, Sureau noir, Coquelicot, Bryone, Vio-
- lette odorante, Douce-amère, Digitale, Genêt. Une présentation artistique, des dessins exacts, des couleurs sincères font de ces cartes de véritables petits modèles du genre. Outre les noms savants, les dénominations vulgaires en 5 langues et l’indication de la partie employée, ces cartes portent au verso un texte donnant les renseignements relatifs à la récolte, au séchage et à l utilisatio'n de la plante.
- C’est là une œuvre intéressante d’enseignement et de vulgarisation que vient d’entreprendre le Comité interministériel des plantes médicinales, et qu’il se propose de poursuivre en éditant successivement des séries nouvelles de huit fiches.
- Cette première série de huit fiches est en vente à l’Office National des Matières premières, 44. rue de Bellechasse, Paris, 7e, au prix de o fr. 80 port en sus.
- Vade-Mecum du piégeur, par Jean Dailly. i broch. 76 p., fig. Baillière et fils, Paris. Prix : 8 francs.
- Le piégeage est un sport passionnant, mais qui exige une très grande habileté. Tout y est tromperie, puisqu’il faut masquer non seulement le piège, mais son odeur, celle de l’homme qui l’a placé, etc. L auteur explique clairement, avec une grande compétence, les divers engins à employer, la manière de les placer, de tracer les sentiers qui y conduisent. Ce petit livre est donc un conseiller précieux pour les chasseurs et les naturalistes qui veulent connaître les bêtes sauvages.
- Pratique bactériologique, par A. Orticoni et R. Cjlogne.
- 1 vol. in-16, 489 p., 110 fig., 2 pl. coloriées. Le François, Paris. Prix : 20 francs.
- L’étude de divers microbes est envisagée dans cet ouvrage, surtout au point de vue des diverses expertises et analyses qui sont le plus habituellement demandées au laborotoire de bactériologie.
- Aux renseignements classiques sur les instruments, les milieux de culture, les caractères des principaux microbes, les auteurs ont ajouté quelques notions nouvelles, telles que titrage en ions des milieux de culture, la coloration vitale dans l’étude des éléments leucocytaires, le mode de préparation et l’utilisation des vaccins.
- Alphonse Laverait, sa vie, son œuvre, par Marie Phi-salix. 1 vol. in-8°, 268 p., 3o fig. 2 portraits et 1 pl. en couleurs hors texte, Masson et Cie, Paris. Prix : i5 francs.
- Laveran, qui est mort récemment, a pour grand titre de gloire d’avoir découvert l’hématozoaire du paludisme. Mme Phisalix raconte sa vie, ses fonctions de médecin militaire, puis ses travaux à l’Institut Pasteur. Elle rappelle comment, en 1880, à l’hôpital militaire de Gonstantine, il aperçut dans le sang des paludéens des corpuscules qu’il sut interpréter comme étant les parasites, cause des fièvres des marais, ce qui permit de comprendre la transmission de cette maladie par les piqûres des moustiques et aboutit à une lutte raisonnée contre les insectes des lieux humides et malsains. Laveran étudia aussi maintes autres maladies à parasites sanguins : hématozoaires, sporozoaires, leishmanies, trypanosomes, et accomplit une œuvre considérable en hygiène prophylactique.
- Le développement de cette vie de travail fructueux est une belle histoire et un bel exemple.
- Archeological. Investigations, par Gérard Fowke. i vol. in-8, 204 p., 45 pl., Bureau of American Ethnology, Bulletin 76. Smithsonian Institution, Washington.
- Suites d’études sur les explorations de cavernes dans le Missouri et divers autres Etats, sur les dépôts*’ du Kansas et du Nebraska et sur les travaux archéologiques aux îles. Hawaii.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2557 7 Avril 1923
- Nécrologie. — Van der Waals. — L eminent physicien hollandais Van der Waals vient de mourir; voici en quels termes M. Haller a annoncé sa mort à l’Académie des Sciences dont il était associé étranger :
- « L’Académie vient de perdre en la personne de M. Van der Waals, un de ses Associés étrangers qui, par la haute portée de son œuvre et l’influence qu’elle a exercée, doit être rangé parmi les savants les plus féconds et les plus distingués de notre époque.
- « A l’exemple de plusieurs de ses compatriotes, notre regretté confrère a eu une prédilection marquée pour la physique mathématique et la physico-chimie.
- « Il n’est pas de physicien ni de chimiste qui ne connaisse les remarquables éludes de l’auteur sur les liquides et les gaz, études qui ont abouti à l’établissement des équations d’état vérifiées expérimentalement, malgré quelques divergences de détails, par M. Amagat et plusieurs autres physiciens de marque. On sait, d’autre part, que M. Van der Waals ne s’est pas seulement occupé des fluides isolés. A partir de 1889, il a publié une série de mémoires relatifs au cas infiniment plus compliqué des fluides mélangés. Les théories émises ont encore donné lieu à un nombre considérable de recherches expérimentales, soit dans les laboratoires de M. Kammerlingh Onnes, en Hollande, soit sous l’impulsion de M. Duhem, en France. Les résultats obtenus ont également confirmé la justesse et la profondeur des conceptions de l’auteur.
- « Indépendamment de l’œuvre géniale et de haute envergure que nous venons de signaler, M. Van der Waals a encore publié divers mémoires sur le déplacement du maximum de densité de l’eau, sur le potentiel thermodynamique, sur les systèmes ternaires, sur la capillarité, sur la dissociation, sur le nombre de chocs d’une molécule, sur l’influence de l’état moléculaire des corps dissous, sur la tension de vapeur, etc.
- « Pour terminer ce trop rapide exposé, je ne puis mieux faire que de citer l’opinion de Henri Poincaré, bon juge en la matière, sur l’œuvre de l’éminent savant hollandais. Dans le rapport qu’il lui a consacré, en 1910, il concluait : « On voit que M. Van der Waals a contribué aux progrès de la Physique, non seulement par ses recherches personnelles, mais par les travaux qu’il a inspirés; c’est en effet un de ces hommes qui font travailler parce qu’ils font penser. »
- Expériences de T. S. P. sur ondes très courtes. — On pensait jusqu’à présent que la portée des ondes de courte longueur était faible et l’Etat s’élait réservé le monopole ou tout au moins le contrôle rigoureux des émissions d’ondes à grande longueur. Les essais entrepris ces derniers mois à travers l’Atlantique ont démontré que les ondes très courtes pouvaient au contraire être transmises et enregistrées à très grande distance.
- Aussi bien, le Laboratoire d’études de la radiotélégraphie militaire procède-t-il officiellement à des recherches sur leur émission. Les essais ont lieu les mardis, mercredis et vendredis de i5 à 16 heures, de 20 h. i5 à 20 h. 45 et de 21 h. i5 à 21 h. 45, sur 45 mètres de longueur d’onde.
- Elles sont faites sous la forme suivante :
- « Quelques vvv-0e45-üc45, le signal caractéristique du l’émission constitué par l’une des séries suivantes : j.j.j.j. ou h.h.h.h., un texte en clair, différant d’une émission à l’autre transmis très lentement en répétant chaque mot, —le rappel du signal caractéristique — 0c45,0c45,0c45.
- Le général Ferrie, directeur des Services de la télégraphie militaire, 5i bis, boulevard Latour-Maubourg, à Paris, serait particulièrement reconnaissant aux amateurs qui capteront ces ondes de le lui faire savoir en indiquant l’emplacement de leur poste de réception et la description sommaire du montage adopté pour la réception. Ces expériences sont à la base d’une série de recherches scientifiques du plus haut intérêt.
- Changement dans la longueur d’onde des concerts de la S. P. R. — Nous avons fait remarquer plusieurs fois, que, pendant les concerts donnés par la Société française Radio-Electrique, à 17h5 et 20h4.5, on entendait également une harmonique de l’onde de 7200 m. de longueur employée par la Tour Eiffel. C’est sans doute pour
- cette raison que désormais le poste de Levallois n’émettra plus sous 1565 m., mais sous 1780 m. de longueur d’onde; ainsi la réception sera meilleure et l’élimination de l’émission perturbatrice plus facile.
- Le poste de l'Ecole supérieure des P. T. T. — Ce poste fera sans doute prochainement des émissions étalonnées sur courtes longueurs d’onde destinées aux amateurs. Cette initiative ne peut manquer de rendre les plus grands services et nous tiendrons nos lecteurs au courant dès le début régulier de ces émissions.
- Les programmes des concerts anglais. — Les postes du Broadcasting anglais varient chaque jour leur programme : c’est ainsi qu’ont été envoyées par T. S. F.les représentations de l’Olympia de Londres. Voici d’ailleurs le programme des concerts de Londres sur 36q m. : de 1 ih 1/2 à 12 1/2 chaque matin, et chaque soir, de i7h à 1 7u45 ; de 19 à ?.ih3o nouvelles, à ighi5 orchestre; de i9h25 à 2oh3o musique ; le dimanche depuis aob3o seulement.
- La station de Cardiff 5 W-A travaille maintenant sous 353 m. de 1711 à 201,3o. Au lieu de l’antenne en nappe usitée actuellement, une antenne prismatique sera montée prochainement et accroîtra la puissance de l’émission; un cinéma de Cardiff, le « Capitol Cinéma », a été muni exclusivement de haut-parleurs Magnavox, au lieu d’orchestre.
- Plusieurs de nos lecteurs habitant l’Angleterre, entre autres M. P. de France de Versent, nous signalent que les longueurs d’ondes des stations anglaises étant très voisines les unes des autres, il en résulte un brouillage assez gênant et qui provoque de nombreuses réclamations des amateurs d’outre-Manche.
- L’acide pyruvique et ses applications. — L’acide pyruvique est habituellement obtenu par l’oxydation de l’acide lactique :
- CH3CH (OH) CO2H-j-O = FI20 -j- CH3COCO (OH).
- Ceci a lieu par le moyen, soit du sulfate ferrique, soit de l’eau oxygénée, soit du permanganate de potassium.
- L’acide lactique est péu coûteux (3 francs le kg à 5o pour 100 de pureté). Son oxydation par voie électro-lytique donnerait l’acide pyruvique, dit-on (Smull et Lubkow, Chem, et Met. Eng., 21 février 1923, p. 357), à très bon compte.
- Ces chimistes ont étudié en détail cette réaction. Mais ce serait sortir du cadre vulgarisateur de cette revue que d’en donner les détails.
- Mais il est intéressant de connaître les applications techniques nouvelles de l’acide pyruvique.
- Tout d’abord, l’électrolyse des pyruvates alcalins donne à bon compte des célones à poids atomiques élevés.
- La synthèse de « l’atophane » ou « cincophane » en emploie aussi; ce corps, produit de condensation de l’acide pyruvique, de l’aldéhyde benzoïque et de l’aniline, serait un des meilleurs spécifiques contre les rhumatismes. Jusqu’ici l’acide pyruvique employé provenait de la pyrogénation de l'acide tartrique. Or, l’açide tartrique est lui-même cher, et le rendement de sa pyrogénation en acide pyruvique est remarquablement faible. A. Hutin.
- L’industrie française du bouton de celluloïd et des vernis cellulosiques. — La ligne harmonieuse du vêtement féminin, d’une robe bien conçue, d’un manteau bien drapé, ne saurait se passer d’un ornement qui est en même temps un objet de première nécessité; nous voulons dire le bouton.
- La fantaisie des créateurs s’est donc donné libre cours, tant dans la matière première employée que dans les moyens d’exécution. .
- La corne, le galalithe, les matières plastiques moulées (bakélites, matières à base de gommes-résines, de charges diverses, de sciures, de matières minérales), le corozo, l’ébonite, les métaux, le celluloïd soit seul, soit sous forme de vernis cellulosiques les plus divers : la nacre, le bois, le verre, etc., ont été et sont employés.
- Cette industrie est essentiellement française, et nous dirons plus, presque entièrement parisienne. Nous nous limiterons, ici, au bouton recouvex-t de celluloïd ou de vernis cellulosiques.
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- INFORMATIONS
- En effet, c’est dans la région de Paris, de l’Ile de France et de Normandie que ces industries se sont groupées.
- Qui n’a entendu parler des façonniers de Méru et euvirons, d’Ezy, etc., mais par-dessus tout des façonniers de nos faubourgs qui, dans leurs logis souvent malsains et haut perchés, animent de leur goût exquis, aidés d’un matériel qui fait sourire par sa simplicité, les fantaisies qu’ils conçoivent, en vue de conserver au goût français et parisien la réputation acquise depuis des siècles, et à juste titre.
- Cependant, il ne faut pas se dissimuler que les imitateurs sont nombreux, qui remplacent la fantaisie et le goût par leur effort patient, qui savent plagier habilement les créations des nôtres, et, de plus, qui, par leur technique avisée, savent abaisser les prix de revient à des tarifs tels qu’ils arriveraient à étouffer nos industries si celles-ci s’endormaient.
- Nous allons examiner successivement les traits les plus caractéristiques de l’industrie du bouton en celluloïd et des boutons aux vernis cellulosiques.
- Boutons vernis au celluloïd et aux vernis d’éthers cellulosiques. — C’est dans ceux-ci que la fantaisie et l’ingéniosité de nos façonniers se donnent le plus libre cours
- Il en existe de deux sortes :
- i° Ceux en carton recouverts d’un mince film de celluloïd.
- a" Ceux en métal recouverts d’un vernis cellulosique.
- Parlons d’abord des premiers.
- Du carton est découpé en rondelles de taille déterminée; du celluloïd inflammable oü ininflammable, que nos industriels livrent en feuilles transparentes de l’épaisseur voulue, est découpé en bandes, et ensuite coloré à l’aide d’un vaporisateur sur un côté, avec un vernis à base de celluloïd dissous dans les dissolvants convenables et additionné de pigments colorés divers, suivant ce que la mode exige (Ces vernis sont tenus secrets comme composition.) Ces bandes sont ensuite découpées en rondelles de taille vroulue.
- Des presses spéciales emboutissent ces rondelles de celluloïd sur les rondelles de carton et les sertissent, ou les matricent suivant un modèle adéquat aux exigence de la mode.
- Parfois vous rencontrerez des boutons aux coloris multiples et chatoyants qui sont obtenus par la vaporisation de vernis de couleurs différentes appliqués successivement au moyen de poncifs en nombre variable.
- On arrive ainsi à des effets merveilleux, pour lesquels l’artisan est souvent un véritable artiste, car ces poncifs doivent être soigneusement repérés sous peine de produire des dessins informes.
- Passons maintenant aux boutons en métal recouverts d’un vernis métallique.
- Ce genre d’articles est généralement fait en noir.
- On couvre des tôles d’un vernis souple, cette fois-ci non plus à base de celluloïd (car un tel vernis se fendillerait sous le matriçage et l’emboutissage), mais à base de vernis gras au copal. On emboutit et sertit ensuite.
- On dit que les Allemands sont arrivés à produire des vernis à base de celluloïd qui sont capables, une fois qu’on a enduit des tôles, de subir l’emboutissage et le matriçage sans se fendiller. Nous avouons être sceptiques à ce sujet.
- Ce qui est certain, c’est qu’il existe des vernis d’origine étrangère donnant sur la tôle des films d’un vernis profond, qui, sous une épaisseur infime, donnent l’illusion d’un film très épais et, l’on pourrait dire même, l’illusion d’une matière entièrement faite de celluloïd. Cela naturellement à un bas prix qui déroute nos façonniers français. Albert Hutin.
- Ce déchiffrement des écritures sur papier carbonisé. — Il arrive, lors d’incendies, que des papiers se retrouvent carbonisés, par exemple dans des coffres-forts. Des documents précieux se trouvent ainsi détruits, sans qu’on puisse les reconstituer.
- M. R. Davis, du Bureau des Poids et Mesures des Etats-Unis, vient de faire connaître une méthode qui permet de déchiffrer les inscriptions écrites ou imprimées sur les papiers ainsi carbonisés.
- Voici, d’après la Revue générale des Sciences, en quoi consiste cette méthode.
- Les papiers, étudiés par M. Davis, ayant subi l’action de la chaleur en vase clos, s'étaient transformés en une
- série de feuilles noires de carbone et non en cendres, comme c’eût été le cas, sile papier avait brûlé à l’air libre.
- On ne pouvait plus, sur ces feuilles, déchiffrer aucune trace d’écriture, bien que sous certaines conditions d’éclairage on pût encore apercevoir de faibles traces de marques, mais absolument illisibles.
- M. Davis eut l’idée de recourir à la photographie ; la plaque photographique,en effet, est sensible non seulement à la lumière,mais à l’action de certains gaz et vapeurs. Il plaça une feuille de papier carbonisé entre deux plaques photographiques « rapides » et abandonna le tout dans l’obscurité pendant deux semaines. En développant à la manière habituelle, il obtint une reproduction parfaite et de l’écriture et des caractères d’imprimerie qui avaient figuré sur le papier. L’explication du phénomène est la suivante : le papier carbonisé contient des gaz qui impressionnent la plaque : là où l’encre est présente, cet effet n’a pas lieu, l’encre agissant comme un écran et empêchant les gaz de s’échapper.
- Il est à noter que l’écriture apparaît des deux côtés du papier carbonisé, l’impression étant toutefois plus faible au verso.
- Les plaques qui conviennent le mieux pour ces impressions sont les plaques photographiques rapides et moyennes ; les plaques très lentes ne présentent qu’une trace d impression même au bout de 32 jours.
- Les pellicules Eastman rapides peuvent aussi être employées, mais elles sont impressionnées d’une façon inverse des plaques : les portions encrées y viennent en noir, tandis qu’elles viennent en clair sur les plaques. Sur les pellicules, c’est donc l’encre qui joue le rôle actif, le papier carbonisé ne produit pas d’effet. Par contre, si on lave au préalable les pellicules dans l’eau distillée et qu’on les sèche soigneusement, on obtient alors avec elles le même résultat qu’avec les plaques.
- Les melleures impressions sont obtenues sur une pellicule lavée après 8jours de contact avec le papier carbonisé.
- Mouvement de la population dans les 10 départements envahis. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie les renseignements suivants :
- Entre les recensements de ign et de iqai, la population totale des io départements envahis a diminué de 6 523 ooo à 5780000, soit de 743000 habitants ou 11 pour 100.
- D’après les renseignements fournis par les préfets, on a pu établir un tableau faisant connaître, par arrondissement, la population de la partie dévastée de ces départements à diverses époques intermédiaires; en voici un résumé par département :
- Population en milliers.
- Départements. Recense- ment Novembre Janvier Recense- ment
- 1911 1918 1920 1921
- Nord, en entier . . . . 1.962 1.100 1.744 1.788
- Pas-de-Calais, eu partie . 581 45 443 505
- Somme, en partie. . . . 276 68 187 222
- Oise, en partie 112 21 85 97
- Aisne, en entier . . . . 550 196 352 421
- Ardennes, en entier. . . 519 175 265 278
- Marne, en entier. . . . 436 200 530 367
- Meuse, en partie. . . . 160 21 65 100
- Meurthe-et-Moselle . . . 256 113 203 211
- Vosges, en partie. . . . 82 47 67 67
- Ensemble . . . 4.714 1.986 3.741 4.054
- Ainsi, pour l’ensemble des régions dévastées dans les 10 départements considérés, la population, qui dépassait 4700000 en 1911, était réduite à moins de 2000000 au moment de l’armistice. Entre le mois de novembre 1918 et le début de l’année 1920 elle s’est accrue de 2000000 environ à près de 3 g5o 000. Enfin, au recensement de 1921 elle dépassait 4 o5oooo, c’est-à-dire le double de sa valeur à la fin des hostilités; mais elle présentait encore un déficit de plus de 65oooo habitants environ par rapport à 1911.
- Le tableau des résultats détaillés fait apparaître des réductions considérables, entre 1911 et l’armistice, pour certaines régions particulièrement éprouvées : arrondissements d’Arras et de Béthune, population réduite de 58iooo à 45 000; arrondissement de Montdidier et Péronne, de 148000 à 5ooo; arrondissement de Reims, 20 5ooo à 5ooo; région dévastée de la Meuse, de 160000 à 21000, etc.
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- Photographie
- Une nouvelle machine à tirer les bleus. L’électrographe « Rex ». — Dans toutes les usines d'une certaine importance il existe à l’heure actuelle un Bureau d’Etudes et de Dessins chargé de mettre, au point les divers « plans de fabrication » qui, après approbation des chefs de Service, seront distribués axix contremaîtres et aux ouvriers capables de les exécuter, ou adressés, avec une demande de prix, à toutes les maisons susceptibles d’en assurer la fabrication à bon compte.
- Les « calques » originaux doivent donc être reproduits journellement, rapidement, à bon marché et à un grand nombre d’exemplaires sur papiers photographiques industriels.
- On a donné le nom de bleus à ces reproductions tirées le plus souvent sur papier au ferro-prussiate et il n’existe plus à notre époque un seul chef d’industrie, ni même un seul ouvrier qui n’en ait eu quelques-uns entre les mains, qui n’en connaisse la lecture et qui n’en ait apprécié les avantages.
- Les architectes, les entrepreneurs, les grandes et les petites administrations font une telle consommation de « bleus » qu’il a pu se créer dans les grands centres des ateliers de « tireurs de bleus » qui fournissent avec rapidité et à bon compte des reproductions impeccables.
- Ils utilisent des machines automatiques à tirer les
- bleus, qui font automatiquement et rapidement un travail qui, sans elles, exigerait un personnel nombreux et prendrait beaucoup de temps.
- L’électrographe « Rex » que nous allons décrire est une machine de ce genre. Elle offre les avantages suivants : d’un prix très abordable, de dimensions très réduites, d’un entretien nul et d’un maniement si facile qu’elle peut être conduite par un enfant, elle permet en outre de tirer très rapidement, pour une dépense de courant infime, un nombre d’épreuves des plus satisfaisants, puisqu’on peut obtenir avec elle jusqu’à 20 m. de dessins de 1 m. 10 à l'heure.
- Basé sur les propriétés de l’arc au mercure qui est la source lumineuse la plus actinique qui existe à l’heure actuelle, l’électrographe « Rex » se compose essentiellement d’un demi-cylindre en verre Y, à l’intérieur duquel est placée une lampe à vapeur de mercure constituée par un long tube de 1 m. 25 de partie lumineuse.
- Une toile sans fin « T », entraînée par un rouleau en bois « R » et maintenue par un second rouleau placé symétriquement au premier, est tendue fortement par un troisième rouleau en métal pesant « P » placé à la base de l’appareil ainsi que l’indique la figure en coupe ci-dessus (lig. 1).
- Le rouleau entraîneur « R » est relié à un petit moteur électrique de 1/20' de cheval par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse (pouvant donner jusqu’à la relation de 1 à 2000) placé dans un carter étanche en aluminium.
- La vitesse de ce moteur est très facilement réglable, grâce à une résistance à curseur et à un frein à air
- formé de deu-x ailettes métalliques assujetties sur l’arbre du moteur. Elle permet d’obtenir un rendement qui peut varier de x à 20 m. à l’heure, suivant la sensibilité du papier à impressionner.
- Tous les appareils de commande de la lampe et du
- Fig. 2. — L’électrographe « Rex » ouvert.
- moteur sont groupés pi’ès du mécanisme ; à coté de la résistance à curseur du moteur se trouve une autre résistance à curseur et un ampèremètre placés en série avec la lampe et permettant un réglage constant et facile de la source lumineuse dans les cas malheureusement trop fréquents où le voltage subit au primaire des variations de quelque importance.
- Ces courtes indications, permettent de se rendre compte du maniement pratique de l’électrographe « Rex ».
- Le papier au ferro-prussiate et le calque sont engrenés entre la toile sans fin et le verre, à une pression suffisante pour être entraînés ensemble à la vitesse détei-minée pour obtenir la meilleure impression du papier sensible. Ils sont recueillis de l’autre côté de l’appareil où il suffit de les prendre pour les laver..
- Dans le cas où, par erreur, le papier viendrait à être mal engagé, un système de débrayage placé entre le réducteur et le rouleau entraîneur permet de faire marcher en arrière, à la main, pour le dégager.
- La consommation de courant, sous 110 volts continu par exemple, n’est que de :
- 385 watts (3 A 5) pour la lampe.
- 85 watts pour le moteur.
- soit
- 470 watts,
- Fig.
- L’électrographe « Rex » fermé.
- e’est-à-dire qu’au prix de Paris elle représente une dépense de courant de o fr. 45 seulement à l’heui'e.
- L’électrographe Rex peut donc se placer, sans aucune dépense d’installation, dans le bureau de n’importe quelle entreprise possédant un compteur de 5 hectowatts courait continu. Son eocorobrçment réduit an minimum
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- (i m. 65 sur o m 43) permet de le poser, sans perte de place-exagérée, sur une table ou même sur une console ; il suffit de raccorder ses fils à la prise de courant.
- La description ci-dessus et les photographies de l’appareil fermé (en position de mise en marche) et ouvert 'pour en montrer le mécanisme) sont suffisantes pour comprendre son fonctionnement simple, sûr et pratique.
- Il est construit par la Verrerie scientifique, 12, avenue du Maine, Paris (XVe).
- Mécanique
- Modérateur de pressioii d’eau à clapets équilibrés. — Dans les grands centres, l’eau distribuée part
- masse de réglage
- sortie de Veau
- entrée de l'eau
- Fig. — Modérateur de pression d’eau à clapets équilibrés.
- généralement de réservoirs en maçonnei'ie élevés sur des points culminants dont l’altitude est supérieure aux maisons les plus hautes de la ville.
- Lorsque l'agglomération dans laquelle l’eau est distribuée comporte des quartiers construits à des altitudes •très différentes et des maisons de hauteurs variées, si de niveau minimum du plan d’eau dans le réservoir doit . être suffisant pour alimenter les étages supérieurs des maisons les plus hautes, les canalisations des points bas subissent par contre une pression de beaucoup supérieure à celle qui serait nécessaire.
- Il s’ensuit que les divers appareils de plomberie placés sur ces canalisations basses travaillent dans des conditions défectueuses.
- C’est ainsi qu’un chauffe-bains, un réservoir de chasse, un robinet à flotteur quelconque, construits et réglés généralement pour une pression de 5 à 6 kg — au maximum -— par centimètre carré, fonctionneront mal àune pression supérieure et s’useront prématurément.
- Il y a lieu également dans ce cas d’envisager les coups de bélier qui, provoqués par une pression initiale atteignant parfois dans certaines localités des environs j de Paris 12 kg par centimètre carré ou même plus, j
- produisent des chocs tellement énormes qu’aucune canalisation ni aucun appareil ne peuvent résister.
- Pour obvier à ces graves inconvénients il fallait trouver un appareil répondant aux conditions suivantes :
- i° Au moment du fonctionnement de l’un quelconque des appareils placés sur la canalisation, par exemple durant le puisage de l’eau au moyen d’un robinet de cuisine, n’obstruer en rien le libre passage de l’eau.
- a0 Dès la cessation de ce puisage, arrêter automatiquement l’élévation de la pression dans la canalisation de distribution, en la limitant à une tension déterminée : celle strictement nécessaire pour le bon fonctionnement des appareils.
- 3° Etre réglable commodément et à volonté.
- 4° Etre robuste, d’un démontage facile, d’un entretien simple et peu coûteux.
- 5° En cas d’arrêt dans le fonctionnement, n’être pas une cause de manque d’eau.
- C’est à tous ces desiderata que répond le modérateur de pression d’eau à clapets équilibrés que nous allons décrire. Il a été imaginé par MM. Mignard et Fiel.
- Supposons l’appareil posé à sa place normale, c’est-à-dire au bas de la conduite générale desservant l’immeuble, immédiatement après le compteur.
- La figure ci-contre représente le « Modérateur » lorsqu’il vient d’être posé et n’a pas encore fonctionné,
- Faisons arriver l’eau de la ville par l’orifice 5.
- Remplissant la chambre i et franchissant les fenêtres 14, elle se dirige vers l’immeuble par l’orifice 6, non sans avoir rempli au passage la chambre inférieure 15, tant au moyen de la cheminée 18 que par infiltration entre la tige 11 b et le siège 3 a.
- Si tous les robinets ou appareils quelconques de l’immeuble sont fermés, l’eau ne trouvant pas d’issue poussera de bas en haut le piston 10, à supposer pour le moment que la masse 12 ne soit pas trop pesante.
- Les poussées diverses sur les clapets 4 et 4 ci ne s’opposeront pas à celte montée puisqu’elles sont diamétralement opposées et par conséquent rigoureusement équilibrées. Dans son mouvement de bas en haut, le piston 10 entraînera avec lui les clapets 4 et 4 ci. Ceux-ci viendront se coller sur les sièges 3 et 3 a. L’eau ne pourra plus passer par les orifices 14, ni s’infiltrer entre les sièges 3, 3 a et la tige 11 a, 11 b.
- La communication sera coupée. La pression de l’eau dans la canalisation de l’immeuble sera interrompue avant d’avoir eu le temps de se rétablir à sa tension de départ. Nous verrons tout à l’heure à quel taux elle s’arrêtera.
- Que l’on ouvre maintenant un robinet ou un appareil quelconque sur la conduite de l’immeuble, il se produit aussitôt une chute de pression sous le piston 10. Lesté par la masse 12, il descend, entraînant avec lui les clapets 4 et 4 « qui laissent repasser l’eau par les orifices 14 et la cheminée 18, vers la sortie 6.
- Si nous fermons le robinet de puisage que nous avions ouvert, l’appareil va fonctionner alors comme au début de la mise en charge. L’eau ne trouvant plus d’écoulement, la pression tendra à se rétablir, le piston 10 se soulèvera, entraînera les clapets 4 et 4 ci, la communication sera encore interceptée et la pression d’eau interrompue à nouveau. Il est aisé maintenant de comprendre que si le plateau 19 n’est pas chargé, dès que l’on cesse tout puisage, la pression agissant aussitôt sous le piston 10 qui n’offre aucune résistance, l’appareil se ferme rapidement, interceptant sans retard la communication entre la ville et l’immeuble.
- Si, au contraire, nous chargions à l’excès le plateau 19 nous pourrions contre-balancer l’effet de la pression sous le piston 10. Nous arriverions même à l’empêcher de remonter. Les clapets 4 et 4 « ne pourraient plus se refermer, l’appareil serait pour ainsi dire inexistant et dans la canalisation de l’immeuble la pression s’établirait au niveau de celle de la ville.
- Mais entre ces deux extrêmes, il y a toute la gamme des pressions intermédiaires où l’on choisira celle que l’on voudra obtenir.
- L’appareil étant fourni avec un manomètre placé à la sortie de l’orifice 6, on lira directement la pression demandée et on l’obtiendra en mettant sur le plateau 12 la masse de fonte, de fer ou de plomb nécessaire.
- L’appareil est construit par la maison Fiel, robinetterie générale, 48, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris (10e), où on le trouve dans les diamètres courants de 20, 4° et 60 mm.
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- VARIÉTÉS
- LE RAYON VERT
- NOUVELLES CONTRIBUTIONS
- La Nature a, à plusieurs reprises, entretenu ses lecteurs du célèbre « rayon vert », dont on a maintes fois cherché à donner la véritable explication scientifique. On a soutenu que cé fameux phénomène d’optique atmosphérique s’observerait principalement au bord de la mer, lors du lever ou du coucher du soleil. Pour contribuer à élucider ce passionnant problème, voici trois nouvelles observations faites dans les Carpathes roumaines l’été dernier, dans de bonnes conditions atmosphériques.
- Nos observations eurent lieu dans le massif des Bucegi, dont l’altitude moyenne est de 2400 m. Dans ces montagnes, l’été de 1922 a été très sec, ce qui expliquerait peut-être cette fréquence relative du phénomène qui s’est montré chaque fois dans toute son ampleur.
- Nous nous trouvions donc, le 26 juin 1922, à 19 heures, par temps magnifique, mais froid, au sommet de l’Omul (2511 m.), le plus haut pic de ce massif. Le ciel d’un bleu sombre, ainsi qu il est en haute montagne par temps sec, était clair et limpide sur les trois quarts de l’horizon; à l’ouest seulement il présentait à environ 35oo m. d’altitude une longue et large draperie de cumulo-stratus, baignée dans les rayons du soleil couchant jaune d’or. Cet amas de nuages suspendus au-dessus de la ligne faîtière de Piatra-Craiului changeait de nuance à chaque instant. Pour bien saisir le caractère du phénomène il faut dire que Piatra-Craiului est une formidable muraille calcaire, abrupte, déchiquetée, longue de plus de 16 km, large d’environ 2, haute en moyenne de 23oo m. et orientée presque exactement du Nord au Sud. Située à l’ouest des Bucegi et presque parallèlement à eux, cette crête — séparée de ce dernier massif par une profonde et immense dépression ayant près de 20 1cm de diamètre — rend toujours les couchers de soleil splendidement impressionnants.
- Vers' 19 h. 3o m. (heure de l’Europe Orientale), le soleil approchait de la fin de sa course et à 19 h. 4o m. les cumulo-stratus, qui avaient passé par différentes teintes, se colorèrent subitement en vert émeraude d’une éclatante nuance, tandis que le bord inférieur de cette draperie nuageuse demeurait comme encerclé par une étroite bande jaune d’or. Au même instant, une puissante dispersion atmosphérique produisait un magnifique spectre, lequel touchant perpendiculairement la Piatra-Craiului se trouvait beaucoup plus bas que la bande de cumulo-stratus; le vert, comme toujours, était à sa partie supérieure.
- Il y avait en réalité, à ce moment-là, deux spectres non concentriques. Le premier, petite demi-circonférence aux couleurs bien définies, se développait de 5oo jusque vers a3oo m, d’altitude environ, dans une couche d’air dense et relativement chaude, à la réfringence considérablement accrue, rapportée à celle de l’air froid et raréfié dans laquelle nous nous trouvions plongé. Le second, placé beaucoup plus haut dans un milieu de densité différente, devait être presque aussi intense que le premier. De celui-ci, on ne percevait que le vert, qui, se développant en un immense cercle vert presque complet, coïncidait sur une grande portion de son segment supérieur (situé vers 35oo m. d’alt.) avec le groupe des cumulo-stratus qu’il colorait magnifiquement. Cette coloration verte des nuages était intensifiée et élargie en son milieu, probablement par une forte et double réflexion, car la face colorée montrée par les cumulo-stratus semblait se trouver comme dans le plan focal d’un gigantesque miroir concave imaginaire, où le vert du spectre se superposait à plusieurs faisceaux verts réfléchis, d’une plus faible intensité, émanant d’autres sources lumineuses que celle du second spectre. Quant aux radiations bleues et violettes, elles étaient inexistantes pour nous, à cause de la diffraction en présence des couches de nuages de densités inégales, mais surtout à cause de leur réfrangibilité différente et de leur intensité certainement insuffisante, qui ne leur permettait pas d’arriver à la limite de notre visibilité.
- Celte coloration, verte des nuages dura 12 minutes (jusq ’à 19 h. 52 m.), autant que les deux spectres-
- c’est-à-dire jusqu’au moment où le disque toucha de son bord inférieur la crête de Piatra-Craiului. A cet instant précis, l’arc-en-ciel et la coloration verte des nuages se dissipèrent brusquement. Une dizaine de minutes plus tard (à 20 h. 02 m.) lorsque le dernier segment du disque devenait tangent à la cime de Piatra-Craiului, une multitude de rayons verts, d’une durée moindre qu’une seconde et demie, s’échappèrent du bord supérieurdu soleil avec une telle intensité que la feuille blanche de notre carnet, frappée en plein, nous parut un instant verte. Nous insistons sur les conditions de production de ce merveilleux et fugace phénomène optique, à cause de sa complexité, afin que toutes les circonstances de production puissent être bien saisies. L’explication ressort en partie de cette description, et la théorie de M. Ch.-Ed. Guillaume — moins le facteur physiologique, croyons-nous — s’y applique aisément. En effet, malgré une attention soutenue, il nous fut impossible de découvrir la complémentaire. Le soleil, qui dès le début était jaune d’or, a conservé cette teinte jusqu’à sa disparition complète ; cela veut dire que le vert ne nous a pas paru aussi vif, par contraste avec le rouge, mais bien à cause de sa violence intrinsèque. Ce rayonnement vert tardif ne peut donc être attribué qu’à l’écart des indices de réfraction de l’air pour les radiations rouges, vertes, bleues ou violettes, qui fait disparaître toujours une seconde ou deux le rouge avant le vert, ainsi que par le pouvoir absorbant de l’atmosphère lorsque ces deux dernières radiations la traversent sous une grande épaisseur, comme cela a été le cas.
- Une seconde observation eut lieu dans les mêmes parages, une quinzaine plus tard, le 12 juillet 1922, toujours dans les Bucegi, sur la Bâtrâna (235o m.) à quelque 10 km de distance d’Omul. La montagne Bâtrâna fait partie de la chaîne occidentale du massif des Bucegi, parallèle à Piatra-Craiului. Le temps était aussi beau que la première fois et l’atmosphère plus limpide que jamais. Le phénomène eut lieu dans des conditions presque analogues, moins les spectres et sans la coloration des nuages, desquels il n’y avait pas trace. A 19 h. 54 m., le bord supérieur du disque solaire devenait presque tangent à la crête calcaire de Piatra-Craiului. A ce moment même, une gerbe plus fugitive que l’unité de temps éclaira instantanément le paysage d’une extraordinaire lueur verte. Le phénomène se manifesta avec une telle intensité que pendant une seconde le paysage fut livide. Là non plus, aucune radiation rouge ne fut observée, ni avant, ni après, ce qui prouverait que pour percevoir cette dernière coloration il n’est nullement indispensable qu’on soit au préalable impressionné par des radiations rouges. Cette dernière observation est d'autant plus importante qu’elle démontre combien est considérable dans certaines circonstances la dispersion atmosphérique à l'horizon, que cette dispersion seule serait le facteur physique essentiel dans la production du rayon vert et quel grand rôle joue, dans les phénomènes optiques atmosphériques, l’écart — aussi petit soit-il — des indices de réfraction de l’air, rapportés à sa réfringence, pour les différentes radiations du spectre.
- Nous croyons pouvoir énoncer les conclusions suivantes :
- a) Le phénomène n’a lieu que pendant le court instant où un très étroit segment du soleil, analogue à la fente d’un spectroscope éclairé à la. lumière parallèle, rencontre des conditions atmosphériques permettant une dispersion spectrale, qui ne soit pas sensiblement troublée par diffusion, et
- b) Au bord de la mer ou sur les hautes montagnes où l’on se trouve toujours à une distance considérable de l’écran sombre, on pourrait admettre que l’observateur est intercalé, pendant la durée du phénomène, dans l’angle correspondant aux radiations vertes du spectre vertical. Dans une production normale du phénomène, les côtés de cet angle semblent s’approcher de l’horizontale, ce qui expliquerait en partie les conditions physico-mécaniques où le phénomène peut avoir lieu entre deux chaînes de montagnes. Le contrôle de la justesse de
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- VARIETES
- cette théorie ne pourrait êtr.e fait probablement que spectroscopiquement.
- Une troisième observation, qui semble avoir un caractère différent des deux précédentes, eut lieu dans la matinée du 22 septembre 1922,.toujours dans les Bucegi, à la Pestera Ialomitzei, à 1600 m. d’altitude. Cette région ayant été décrite avec assez de détails dans cette revue même (voyez n° 2473 de La Nature, page i33), nous n’y reviendrons pas. Nous attendions donc à 6 heures le lever de l’astre du jour, montre en main, connaissant avec précision le point d’émergence, repéré exactement quelques jours auparavant. La veille, le temps avait été nuageux, mais la nuit le ciel limpide fut d’un éclat extrême. Le jour de l’observation, l’atmosphère pure et sèche était froide et venteuse. A 6 h. 19 m. le disque solaire fît son irruption de derrière la crête Babele (225o m.); au-dessus de cette crête il y avait plusieurs rangées de cirrus vers 4000 m. d’altitude qui se déplaçaient vite à cause du vent. Quelques minutes avant l’apparition du soleil, ces cirrus se colorèrent en rouge d’abord, puis en un vert très persistant et ensuite en un fugitif violet-mauve; à 6 h. 19 m., au moment de l’émergence, ces colorations disparurent subitement. Une minute plus tard, lorsqu’un segment, plus petit que le quart du disque solaire, se montra, un rapide et général éclairage vert colora l’horizon : nuages et ciel. Quelques minutes plus tard la ligne de faîte de Babele était dépassée par le globe jaune d’or.
- Cette troisième observation montrerait d’emblée avec les deux autres que la coloration verte n’est observable que par une atmosphère exempte d’humidité, afin que les radiations vertes, résultantes par dispersion ne soient pas totalement absorbées, ainsi que c’est le cas pour le rouge, le bleu ou le violet. Autrement il y a probablement peu d’analogie entre ce troisième phénomène et les deux premiers, car, tandis que précédemment l’observateur se trouvait à une distance considérable, presque 20 km, du point de production du
- phénomène, et était presque à la même altitude que ce point, dans le troisième cas il se trouvait à près de 700 m. plus bas que celui-ci, duquel il n’était distant en ligne droite que de 1 km environ.
- Ne faudrait-il donc pas faire intervenir ici la théorie de lord Rayleigh (*), qui explique le bleu du ciel par les molécules d’air regardées latéralement, lesquelles, diffractant et dispersant les radiations lumineuses, émettent une lumière réfléchie, donc polarisée et nuancée en bleu, indigo ou violet ? Dans certaines circonstances, qui restent à déterminer, au lever et au cou-' cher du soleil, cette lumière ne pourrait-elle pas être nuancée en vert ?
- Une chose est certaine; tous ces phénomènes sont d’une grande complexité et la plupart du temps, il y a liaison ou correspondance entre le rayon vert et les colorations vertes de l’ensemble, ciel et nuages, qui toutes doivent être provoquées ou produites par la même cause.
- Pendant l’été de 1922, nous avons passé en montagne nombre de nuits, observant plusieurs couchers et levers du soleil et cherchant en vain, en dehors de ces trois observations, cette fameuse et fugace lueur; car les soirées ou les matinées exemptes d’humidité et surtout de brouillard sont plutôt l’exception en haute montagne. C’est principalement ce qui rend ce phénomène si rare à observer dans ces régions. En dehors de ces considérations, « le rayon vert », méthodiquement poursuivi, montrerait qu’il est un phénomène optique normal de l’atmosphère non moins fréquent en montagne qu’à la mer. Lorsqu’il n’y a pas de radiations vertes à l’horizon, c’est qu’elles ont été absorbées et alors le ciel, les nuages et le soleil apparaissent rouges, comme éclairés par des lueurs d’incendie.
- Michel Harf.t,
- Membre de la Société des Naturalistes de Bucarest (Roumanie).
- 1. Philosophical Magazine, XLI (1871), page 107 et XLYIl (1899), page 375.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — Entraide féminine, à Marseille. — i° Les tableaux noirs qui par l’usage sont devenus lisses et dont l’enduit a disparu en partie peuvent être remis en état de la façon qui suit : Prendre 200 gr. d’ardoise finement pulvérisée, y ajouter 3o gr. de noir de fumée et délayer dans quantité suffisante d’une solution de silicate de soude au huitième pour obtenir la consistance d’une peinture (silicate de soude, 1 partie ; eau, 7 parties). Appliquer sur le tableau au moyen d’une queue de morue deux ou trois couches dans le sens horizontal et dans le sens vertical, en ayant soin de bien laisser sécher entre chaque application. 20 On peut préparer des craies de couleur en trempant de la craie ordinaire dans une solution aqueuse concentrée de toute couleur d’aniline : bleu de méthylène, fuchsine, chrysoïdine, violet de Paris, etc., on laisse ensuite bien sécher. Si vous désirez faire l’acquisition de craies toutes préparées, vous pourrez vous en procurer chez Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin.
- M. Doyen, à Paris. — i° Il n’est guère possible pratiquement dé réparer des récipients en verre simplement fêlés à cause de la difficulté de faire pénétrer la colle appropriée, il est fort douteux que vous puissiez arriver à un bon résultat,, la fêlure ayant déjà été enduite de goudron, celui-ci serait à enlever complètement avant toute nouvelle tentative par lavage à l’essence ou à la benzine. Sur parties bien nettoyées, nous pensons que le silicate de soude serait encore le meilleur produit à employer, l’acidité de l’électrolyte libérerait de la silice qui, mécaniquement, provoquerait une obstruction, Le mieux à pâtre avis est de faire l’acquisition
- d’un bac neuf chez le constructeur de la batterie ou à défaut de tenter de le réappareiller chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange ou Lecène, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine. 2“ Nous ne pouvons, à distance, nous rendre compte de l’état de votre batterie, vous seul pouvez juger de l’opportunité d’un désulfatage. 3° Pour conserver aux boyaux de raquettes leur tension normale, il faut les soustraire à l’influence de l’humidité, un léger enduit de vaseline donne le plus souvent une protection efficace.
- M. G. Prin, à Paris. — On peut, après avoir gravé à l’acide sur laiton, d’après les procédés habituels, donner aux parties creuses un ton noir mat par sulfuration ; il suffit, sans dévernir, un lavage soigné ayant été effectué pour enlever l’acide, d’exposer la plaque à des vapeurs d’hydrogène sulfuré, ou de passer à plusieurs reprises une couche de sulfhydrate d’ammoniaque jusqu’à intensité désirée. On enlève finalement le vernis protecteur et polit la surface suivant la pratique courante.
- P T., rue Prony, à Paris. — Quel que soit l’insecticide employé, il faut se rappeler que la nymphe est très bien protégée par son enveloppe, ce ne sont guère que les produits gazeux qui sont susceptibles de l’atteindre par osmose, c’est pourquoi nous conseillons le tétrachlo rure de carbone, versé dans un flacon bourré de coton, flacon que l’on place dans l’espace clos où on veut provoquer la destruction, un simple arrosage local serait insuffisant. Le maximum d’effet a lieu sur l’insecte parfait à l’éclosion et avant la ponte ; il faut donc répéter l’opération à ce moment : avril à juillet.
- M. Collin, à Paris. — i° L’acide sulfurique concentré a la propriété de déplacer l’acide nitrique de la nitro-cellulose, puis de carboniser en la solubilisant la cellulose libérée. Nous pensons que vous pourrez débarrasser vos bonbonnes de l’enduit de celluloïd qui les revêt à l’intérieur en y introduisant avec précaution de l’acide sulfurique à 66u R. et laissant eu'cpntgct plusieurs jours ;
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- BOITE AUX LETTRES
- un rinçage soigné, après enlèvement de l'acide, vous donnera très probablement le résultat cherché. 2° U odeur que laisse le poisson est due à des ammoniaques composées, on réussit à la faire disparaître en lavant d’abord les récipients à l’eau vinaigrée, on rince et lave ensuite avec de 1 eau additionnée de formol commercial, à raison d une cuillerée à café par litre d’eau, un dernier rinçage termine l’opération.
- F. L. B. — i° Nous n’avons pas connaissance qü’il y ait pour la fabrication de ces écrans de tours de main spéciaux autres que ceux particuliers au côllôdionnage ; en tout cas, eu égard à la surface, seuls des procédés mécaniques peuvent donner la régularité cherchée. 2° Le phosphate triphènylique a pour formulé PÔ ~ (OCeHs)5, c’est un corps solide, fondant à 48°, bouillant à 245° sous la pression de n cm de mercure. 3° La composition des vernis pour pis, dits émaillés, varie naturellement suivant chaque fabricant, on peut prendre comme type une solution d’acétate de cellulose à 5 pour ioo additionnée d’un quart de plastifiant : triacétine et phosphate triphènylique. Nous doutons que vous trouviez ces derniers produits dans le commerce, car ils sont obtenus sur place par les fabricants de vernis. En principe, il est préférable d’acheter les Vernis tout prêts plutôt que de chercher à les reconstituer ; adressez-vous par exemple à la maison Clément et Rivière, rué de la Cristallerie, à Pantin.
- M. Sivet, à St-Just-en-Chevalet (Loire).— i° Le sulfate de quinine n’arrête pas les rayons lumineux, il laisse passer toutes les radiations correspondant au spectre visible, mais il transforme les radiations de l’ultraviolet et les rend perceptibles par la rétine eu augmentant leur longueur d’onde et diminuant le nombre de vibrations par seconde, de sorte que le spectre visible se trouve ainsi prolongé au delà du violet. En réalité, le sel de quinine joue le rôle de transformateur et si on admet avec Wollî que les radiations à grande longueur d’onde produisent des phénomènes d’oxydation, les radiations à ondes courtes effectuant surtout une polymérisation, on voit que dans ces conditions les couleurs déjà oxydées ne seront plus modifiées, ce qui justifie l’emploi de l’écran au sel de quinine; quant au mélange du sel avec la couleur, il n’est pas à conseiller, car dans la plupart des cas il y aura des réactions chimiques secondaires modifiant les colorations. Comme conclusion, n’employer que des couleurs fixes à bases minérales, à l’exclusion des couleurs dérivées de la houille, toujours fugaces. 2° Vous trouverez le 909, liquide à introduire dans les chambres à air pour assurer l’obturation en cas de crevaison, chez Guymar, 61, avenue Philippe-Auguste, Paris.
- M. J. T., à Paris. — La phénolphtaléine et le carbonate de soude conviennent particulièrement au cas que vous nous indiquez, c’est-à-dire qu’un papier imbibé préalablement de carbonate de soude à 5 pour 100 et séché vous donnera au contact d’une encre à la phénolphtaléine une belle coloration violette. Celte encre pourra être préparée facilement en dissolvant i gr. de phtaléine dans 100 c. c. d’alcool à 5o° et en épaississant par addition d’un peu de glycérine jusqu’à consistance convenable, soit environ 5 pour 100.
- Progrès agricole, à Amiens. — Le procédé le plus pratique pour faire réapparaître les caractères d’écritures effacées consiste à exposer aux vapeurs de suif-hydrate d’ammoniaque qui donne avec les sels de fer de l’encre, du sulfure de fer noir verdâtre. Pour cela on place le sulfhydrate dans une ou plusieurs assiettes au fond d’une boîte en bois et au-dessus sur un morceau de tarlatane apprêtée la feuille de papier légèrement humidifiée par passage d’une éponge très propre imbibée d’eau. On ferme la boite au moyen d’un couvercle ou de préférence d’une vitre pour suivre l’opération et empêcher le contact de-l’air; au bout de peu de temps on voit les caractères apparaître et devenir lisibles, ce qui permet de les photographier.
- M. G. Fradet, à Paris. — Les fils dits émaillés sont habituellement recouverts d’un vernis à l’acétate de cellulose additionné d’un plastifiant, tel que la triacétine et de phosphate triphènylique (Voir dans la présente Boîte aux lettres, réponse à M. F. L. B.). Vous trouverez d’autre part de nombi’eux renseignements sur la question dans l’ouvrage : Les Ternis isolants en électrotechnique, par A. Malthis, éditeur Dunod, /\j, quai des Grands-Augustins.
- M. Caget, à Bonneville, Charente. — i1 Le noir chimique employé par les ébénistes est obtenu ainsi : On laisse en contact pendant quelque temps de la ferraille, telle que clous, objets rouillés dans du vinaigre fort pour constituer une solution d’acétate de fer. D’autre part, dans un quart de litre d’eau chaude, on fait dissoudre 5o gr. d’extrait de bois de campêche. On étend d’abord sur le bois bien poncé, c’est-à-dire débarrassé de tout enduit, vernis ou encaustique, la première solution, puis, sans lui donner le temps de sécher, on passe la seconde, le bois prend ainsi une belle teinte noire très solide. 26 Pour remise en noir d’un damier, vous ne pouvez appliquer qu’une peinture ou Un vernis Japon.
- M-. Gautkereau, à Huatabampo, Mexique. — Le blé empoisonné se prépare en faisant tremper 2 kg de froment dans une solution composée de
- Eau ordinaire................780 c. c.
- Sulfate de strychnine. •. . 5 gC.
- Fuchsine...................... 4 —*•
- On mélange soigneusement en sè servant d’un morceau de bois et prenant bien garde de ne pas toucher au mélange avec les doigts; au bout de 2 ou 3 heures, on retire les grains et les laisse sécher à l’air. Eviter que ce blé soit à la portée des poules qui en mangeraient et seraient aussitôt empoisonnées. Nous vous signalons à ce sujet que le virus Danysz préparé par les Instituts Pasteur de tous pays donne des résultats équivalents pour la destruction des mulots, sans présenter aucun inconvénient pour les animaux domestiques.
- M. Plasssard, à Paris.— Les pièces de cuure ou laiton qui garnissent votre glace ont très probablement été vernies, ce qui explique le résultat négatif donné par les produits que l’on emploie d’ordinaire pour nettoyer les cuivres. Il serait donc indispensable de les dévernir en les faisant bouillir après démontage dans un bain alcalinisé par la soude caustique (potassium des peintres), puis de les passer ensuite dans un bain de déca-
- page composé de
- Acide nitrique........... 20 c. c.
- Acide sulfurique............ 20 —
- Acide chlorhydrique ... 5 •—
- Eau....................... 5oo
- L’immersion ne doit durer que juste le temps nécessaire pour dissoudre l’oxyde et le sulfure de cuivre; rincer pour terminer, abondamment à l’eau claire, sécher à la sciure de bois et revernir à nouveau.
- M. Max Gallez, à Willebroeck, Belgique. — Les échantillons d’enveloppes à fenêtre transparente que vous nous avez soumis sont tous à base de gomme laque, vous obtiendrez un résultat analogue avec la préparation suivante :
- Gomme laque .... 20 grammes.
- Baume du Canada. .4 —
- Alcool à 90°........25o c. c.
- Laisser digérer 3 à 4 jours en agitant fréquemment; quand la dissolution est complète, filtrer sur coton en couvrant l’entonnoir de manière à éviter l'évaporation de l’alcool, recueillir, la solution limpide dans un flacon pouvant se boucher à l’émeri. Pour l’emploi, mettre une cache sur le papier, appliquer la solution au pinceau et laisser sécher. Si on veut obtenir une transparence parfaite, passer à l’étuve chauffée à 7O0-8o° qui donne instantanément le résultat attendu. Quand on n’a pas en vue une fabrication industrielle, on peut substituer à l’étuvage l’emploi d’un fer à creux à eau chaude, tel que celui employé pour le lustrage, en ayant soin d’interposer entre le fer et l’enveloppe une feuille de papier buvard.
- M. Boutan, à Courbevoie. —> Le fendillement du vernis des cuirs est dû à l’inégalité de dilatation du support et de l’enduit. Pour y remédier, le mieux est de conserver au vernis sa souplesse par l’intervention de cérésihe ou de paraffine, une bonne formule qüi nous a bien réussi jusqu’ici est établie sur les bases suivantes :
- Bitume de Judée. . . i5 grammes.
- Cérésine .... . . 3 —
- Huile de lin cuite . . 60 —-
- Bleu de Prusse . . . 3 —
- Benzine 20 —
- Faire fondre ensemble la cérésine, l’huile de lin et le bitume de Judée, incorporer le bleu de Prusse, laisser refroidir et ajouter en dernier la benzine en se tenant éloigné du feu pour éviter toute inflammation.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient a la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. *
- » Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/q pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ______________
- La théorie des quanta et l’atome de Bohr, par Léon Brillouin (Conférences-Rapports sur la Physique), i vol. 181 pages, 44 fig. « Les Presses Universitaires de France », Paris igai. Prix : i5 francs.
- Les phénomènes de quanta, mis en évidence par Planck à propos du rayonnement du corps noir, apparaissent également dans les phénomènes photoélectriques, dans le rayonnement X, et c’est sur eux qu’est bâti le célèbre atome de Bohr qui rend si parfaitement compte de la répartition des raies du spectre de l’hydrogène. Les quanta sont donc une réalité physique indiscutable; mais leur existence s’accorde mal avec les théories classiques de la physique et de la mécanique, fondées elles aussi sur l’expérience. Les contradictions qui en résultent posent à la physique moderne de passionnants et difficiles problèmes. Dans le présent ouvrage, M. Brillouin, après avoir repris, à la lumière des travaux les plus récents la question du rayonnement thermique, berceau de la théorie des quanta, puis donné un aperçu général de la théorie de Bohr, explique comment les règles de quanta permettent de calculer a priori les spectres de l’hydrogène et de certains corps, les spectres de rayons X, l’effet Zeemann et l’effet Stark. 11 montre notamment comment les idées générales de Bohr et Sommerfeld sur la constitution de l’atome conduisent logiquement à la loi de Planck pour le corps noir. Puis, dans des chapitres très théoriques, l’auteur cherche à établir dans quelle voie il faudra chercher le raccord entre la théorie des quanta et la théorie électromagnétique classique, jusqu’ici inconciliable. Il expose notamment les divers phénomènes qui paraissent actuellement incompatibles avec les théories de quanta.
- Oscillographe cathodique pour l’étude des basses, moyennes et hautes fréquences, par A. Dufour, i brochure 70 pages, 4g fig- Chiron, éditeur, Paris igi3. Prix : 6 francs.
- La Nature a décrit (n° 2548) le remarquable oscillographe à rayons cathodiques imaginé et construit par M. Dufour, et indiqué une de ses applications : les oscil-logrammes à basse fréquence. Cet appareil permet également de relever des oscillogrammes dont la fréquence dépasse 1 million par seconde. On trouvera dans cette brochure une description très claire et très détaillée de l’instrument, le principe de son fonctionnement, son mode d’emploi et de belles reproductions d’oscillogrammes. La science se trouve ainsi dotée d’un nouvel et précieux outil de mesure, d’une sensibilité et d’une précision sans précédents.
- Comment entendre la T. S. F. chez soi, par A. Soulier. 1 brochure, gi pages. Garnier, éditeur, Paris 1923. Prix : 3 francs.
- En termes excellents,- l’auteur indique comment avec antenne et poste à galène, c’est-à-dire avec une installation peu coûteuse, on peut recevoir même à 5oo km les émissions de la, Tour Eiffel. L’ouvrage contient aussi quelques notions sommaires sur les audions et les amplificateurs.
- Notions élémentaires de télégraphie et de téléphonie sans fil et construction pratique de postes récepteurs (ondes amorties, ondes entretenues, téléphonie), par J. Rémaur. 20 édition revue et augmentée. In-8 vi-160 pages, 99 fig. Desforges, éditeur, Paris 1923. Prix : g francs,
- Des chapitres spéciaux traitant de la transmission et réception des ondes entretenues et de la téléphonie sans fil, des amplificateurs, des procédés nouveaux de réaction, super-réaction, super-hétérodynage ont été adjoints à la ir0 édition, ainsi que l’indication de nombreux montages avec antennes, cadre, tubes avide
- montés en amplificateurs, en réaction ou super-réaction.
- Théorie de l’allotropie, par le D1' Smits, professeur de chimie générale à l’Universilé d’Amsterdam. Traduite par J. Gillis. i vol. in-8 raisin (a5 X 16) $24 pages, 23g fig. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris 1923. Prix : 53 francs.
- Cet ouvrage continue la série des travaux célèbres de l’Ecole américaine et hollandaise de Physico-Chimie, qu’illustrent les noms de Gibbs, Yan der Waals, Vant’Hofî, Bakhuis Rozeboom. Schreine-malcers et Smits ont, depuis lors, poursuivi, chacun dans sa voie, l’étude théorique et expérimentale de la doctrine des phases; Smits étudia d’abord les phénomènes qui se manifestent dans les systèmes binaires et ternaires quand se présentent des phénomènes critiques en présence des corps solides. Puis il chercha à approfondir la connaissance des rapports qui existent entre les différentes phases d’un système unaire, en s’appuyant sur les considérations théoriques acquises par l’étude des autres systèmes. Il réussit ainsi à découvrir des points de vue insoupçonnés et à ouvrir un nouveau champ d’expérimentation.
- Les résultats de ces travaux sont exposés dans le présent ouvrage d’un très vif intérêt pratique et théorique.
- Manuel de tissage (matières textiles, tissus simples), par M. Labriife. i vol. in-18, 4°° pages. J.-B. Baillière, éditeur, Paris 1923. Prix : 16 francs.
- La première partie de ce volume est consacrée à l’étude rapide des matières premières employées en tissage : soie, laine, coton, lin, chanvre, jute, aloès, sparte, phormium, raüa, amiante, soie artificielle, papier, kapok, etc.; l’auteur indique l’origine de ces matières, leurs principaux caractères physiques, chimiques et commerciaux, les traitements préalables qu’on leur fait subir. Il étudie ensuite d’une façon générale l’agencement du métier à tisser; comment on dispose la matière à tisser et quelles opérations préliminaires elle subit, enfin le travail accompli par le métier. Un dernier chapitre est consacré aux armures.
- Ecrits et paroles. Une année de législature, par le D' C. Chauveau, sénateur. 1 vol. in-16, 276 p. Baillière, Paris.
- Continuant son oeuvre de propagande en faveur de l’agriculture, l’auteur aborde dans ce livre divers problèmes d’actualité : forêts de protection, animali-culture, haras, chambres d’agriculture, viticulture, remembrement, etc., et donne sur chacun son opinion personnelle très documentée.
- L’Agriculture commercialisée, par Armand Bouat. i vol. in-16, 358 p., 58 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 7 lr. 5o.
- On connaît mal les débouchés fructueux et étendus offerts à telles ou telles denrées destinées à l’approvisionnement des grands marchés. On connaît moins encore le fonctionnement des Halles de Paris, du marché anglais où s’écoule, avec avantage et facilité, une grande partie de notre production, bien éloignée parfois des voies d’embarquement. L’auteur cite de brillants résultats obtenus par certaines cultures. Il indique les cours pratiqués et traite la question des transports et des tarifs. Il insiste en outre sur le goût des consommateurs français et étrangers et indique les débouchés actuels.
- Les doctrines de l’homœopathie, leurs rapports avec la science moderne, par le Dr Mouézt-Eon. i vol. in-16, 368 p. Editions médicales, Paris. Prix : 8 fr. 5o.
- Dans une première partie, l’auteur, après avoir situé l’homœopathie dans l’Histoire de la Médecine, et raconté la vie de son fondateur, en définit les principes; il en décrit ensuite les applications. Dans une troisième partie, il démontre quels rapports unissent les donnéés de la méthode homœopathique avec les derniers progrès de la physique et de la biologie, et il termine par un répertoire médicamenteux et clinique destiné à mieux faire comprendre le mécanisme d’application de la méthode.
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- LA NATU
- Suppléme
- N° 2558 14 Avril 1923
- O0C
- CStf
- Essais réguliers cte.j^di^W'phonie transatlantique. — Nous avons déjà relaté les essais qui ont eu lieu en janvier dernier entre le poste de Long-Island (New-York) et le poste de la Western Electric Co, à Southgate, en Angleterre. Ces essais avaient lieu, on le sait, sur une longueur d’onde de 5ooo mètres.
- De nouveaux essais hebdomadaires vont être tentés, mais en employant une longueur d’onde beaucoup plus courte, par l’Institut polytechnique de New-York. Les deux postes émetteurs, qui ont pour indicatifs WHAZ et aXAP, auraient une puissance de 5oo watts dans l’antenne.
- WHAZ transmettra en téléphonie sur 400 m. de longueur d’onde. Le premier essai a eu lieu dans la nuit du 27 au 28 mars (mardi à mercredi) de 1 h.i5 à 2 h. 3o.
- aXAP transmettra sur 200 m. de longueur d’onde en télégraphie tous les dimanches à 3 h. 3o pendant 10 minutes. La première émission a eu lieu le i" avril.
- Réception en radiotéléphonie de postes américains. — Dans le n° 255a, nous avons relaté les essais effectués par M. Marcel Yogué en utilisant une hétérodyne séparée. Précisons que, depuis, 4 postes américains ont pu être entendus en radiotéléphonie avec le même dispositif. L’amplificateur comprend 3 étages HF, 1 lampe détectrice et 2 étages BF. L’antenne employée est du type Beshage à 2 fils de grande longueur.
- Une nouvelle coagulation du latex. — Nous référant à une indication du Caoutchouc et Gutta Percha, du i5 février 1928, page 172g, nous voyons que M. J. Edwardes, de la Rubber Grower’s Association, signale l’emploi de l’acide fluosilicique et des fluosilicates alcalins comme fort intéressant, tant comme prix que comme qualité des gommes obtenues dans la coagulation des latex de Malaisie.
- D’après M. J. Edwardes, l’acide fluosilicique et les fluosilicates auraient l’avantage sur l’acide acétique d’être plus antiseptiques, de restreindre « l’oxydation » du latex, et d’empêcher le caoutchouc obtenu de moisir. Ce serait ainsi du plus haut intérêt. Rappelons la curieuse propriété des fluosilicates alcalins d’être très peu solubles dans l’eau, alors que les fluosilicates alca-lino-terreux, et des métaux lourds, sont solubles en général, ce qui est le contraire de ce qui arrive ordinairement.
- D’autres fois, au lieu d’employer l’acide fluosilicique et ses sels alcalins seuls, on les mélange à l’acide acétique.
- Rappelons aussi que l’acide fluosilicique et ses sels sont des sous-produits de l’attaque des phosphates naturels, plus ou moins fluorés, par l(acide sulfurique, dans la fabrication des superphosphates (*).
- Les gaz fluorés sont traités par une solution saturée de sel marin.
- L’attaque de la fluorine contenue dans les phosphates naturels CaFl2 par SO4 donne
- CaFl* + S04H* = SOCa + 2HFI.
- L’acide fluorhydi’ique formé donne en présence des gangues silicieuses
- 6HF1 -j- S 10* = Si F16H* -f 2 H*0.
- L’acide fluosilicique formé donne avec le sel marin
- S1 Fl« H2 + 2 Na Cl = S1 Fl6 Na* + 2H Cl.
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- L’action a lieu par courant inverse; la saumure tombe sur des chicanes couvertes de paille, tandis que les gaz fluorés vont en sens inverse. On condense HCl à la manière habituelle, et on obtient du fluosilicate de sodium presque insoluble.
- En Belgique, on traite les gaz fluorés par des oxydes de zinc résiduaires, on a aussi le sel de zinc. La maison Kessler, de Clermont-Ferrand, vend depuis de bien longues années ces produits, qui sous le nom de « fluates » ont éu des applications multiples, dans le
- 1. Cf. A. Ilutin, Revue de Chimie industrielle, juillet 1914.
- vieillissement des pierres, mais pas autant qu’ils l’auraient mérité.
- Voici donc une nouvelle application possible des « fluates ». Passons maintenant au mode de coagulation du latex.
- On commence à « standardiser » le latex, c’est-à-dire à 1 amener à une teneur constante de 2 liv. 1/2 de gomme vraie par gallon. On l’agite alors en ajoutant 1 livre de fluosilicate de sodium en poudre pour i5o gallons de latex « standardisé ». On a constaté que o liv. 75 -de fluosilicate est trop peu et que 1 livre est suffisante.
- Albert Hutin.
- Procédés modernes de « secrétage » des poils destinés à la chapellerie. — Pour nos lecteurs qui pourraient l’avoir oublié, rappelons que le « secrétage » appelé « carotling » par les Anglais est l’opération effectuée parles coupeurs de poils pour feutres, opération qui consiste à traiter les poils de lapins et autres petits animaux par des solutions dfe mercure dans l’acide nitrique, afin de provoquer dans le poil la formation de couches épidermiques nombreuses qui s’incurvent, de manière que les poils, s’enchevêtrant, arrivent ainsi à former ce qu’on appelle un « feutre ».
- Dans cette opération, les poils secondaires (si l’on peut s’exprimer ainsi) forment une sorte de poil composite à dents de scie.
- On admet que l’action du nitrate mercureux dans le « secrétage » ou « carotting » réside surtout en l’action des vapeurs nitreuses qui se . dégagent, ou de l’acide nitreux. On dit aussi que le sel de mercure agit en gonflant la peau, facilitant ainsi les opérations du « soufflage ».
- On s’est aussi servi ces temps derniers de nitrates de zinc, cadmium, bismuth et plomb, pour le même but.
- C’est le nitrate de plomb qui a donné relativement les meilleurs résultats, mais sans valoir le nitrate mer-curique. Les feutres ainsi obtenus ne vaudront jamais les feutres « secrétés » au nitrate mercurique f1).
- Mais il a eu de mauvais résultats comme feutres.
- Il en a eu de bons en dissolvant une partie de cuivre et une de zinc, dans u parties d’acide nitrique 400 B, diluant ensuite à i3° B. Ces renseignements proviennent du J. Ind. Pyg., 1922, 4, 325/334.
- A. S. Minot a publié dans "le même journal 1922, 4, 253/255, une étude intéressante sur les teneurs en mercure de différents feutres :
- Une fourrure secrétée « jaune.», c’est-à-dire séchée au four et secrétée quand elle est encore humide, contenait 2,41 pour 100 de mercure.
- Une autre fourrure, séchée au four, et laissée ensuite à mûrir durant 3 mois, contenait 1,88 pour 100 de mercure.
- Un chapeau apprêté en contenait 1,69 pour 100 et un chapeau fini o,85 pour 100.
- La plus grande perte en mercure a donc lieu lors de l’apprêtage, et surtout de la mise sur forme, à chaud.
- Il faut aussi noter que les poussières de feutre sont malsaines à respirer. |Albert Hutin.
- Les chinchillas. — Le port de Goquimbo qui, le ii novembre 1922 fut, partie détruit par les tremblements de terre, partie noyé par les raz de marée consécutifs, était, le marché centralisateur principal des peaux de chinchillas chassés dans le massif montagneux andin qui s’élève du nord chilien aux hauts plateaux de la Bolivie. *
- La fourrure de chinchilla, objet des convoitises de nos mondaines de l’ancien monde, voire des Etats-Unis, n’est autre chose que la peau d’un mignon petit rongeur, originaire du versant occidental de la Cordillère des Andes.
- Sans être rat, ni lapin, ni écureuil, le chinchilla n’en a pas moins toutes les caractéristiques principales de ces petits mammifères, avec cette circonstance avantageuse qu’il est vêtu de ce pelage soyeux, aux tons gris
- 1. Braun (Br. amer. .1215246) (/. Soc. Ch. Ind., 1917, p. 334) dit avoir employé le carbonate de soude.
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- INFORMATIONS
- cendrés tournant sur le bleu d’azur auquel on doit ces fourrures chatoyantes que chacun connaît. Le chinchilla, Mus laniger des naturalistes, avec les viscachas, ses cousines germaines, s’offre la vanité de fournir à l’histoire naturelle une famille à part, qui porte le nom de chinchillidé.
- La peau de ce petit rat des Andes, séchée à plat, iœcouvre, à tout prendre, environ 5o cm2. On se rend tompte par là du nombre relativement grand de peaux qui est nécessaire pour' l’établissement d’un manteau de luxe. Si l’on considère qu’au pays même d’origine, les chasseurs de chinchillas réclament, au bas mot, pour les belles sortes entre 70 et 90 francs par douzaine de cuirs verts de chinchilla, on ne sera pas surpris du prix auquel nos marchands fourreurs débitent leurs manteaux, tant enviés des mondaines.
- Jadis et jusque dans la première partie du siècle dernier, les chinchillas vivant en paisible communauté avec les viscachas étaient les maîtres incontestés du haut plateau bolivien. D’anciennes relations de voyages assurent que ces animaux étaient si nombreux qu’il n’était pas rare qu’en s’enfuyant, effarouchés par les caravanes, ils se fissent écraser sous les pattes des mules qu’ils voulaient éviter.
- C’est qu’à cette époque, la fourrure de chinchilla n’avait pas cours dans les grandes capitales du monde. On ne chassait pas le chinchilla.
- Depuis lors, la mode s’en étant imposée, l’homme a tout imaginé pour capturer ces animalcules, morts ou vifs. On en est arrivé à ce point que leur race disparait; ce qui n’est pas banal alors qu’il s'agit d’une race de rongeurs, particulièrement prolifique comme nul ne l’ignore. Les Gouvernements de la Bolivie et du Chili mettent tout en œuvre pour en subordonner la chasse à des règlements autant dire illusoires et inapplicables, dans ces régions montagneuses et quasi désertes. Ils ne peuvent pourtant pas installer à demeure des brigades de gendarmes sur les hauts plateaux pour la répression du braconnage contre les chinchillas. Aussi faut-il prévoir, à brève échéance, la destruction presque totale de cette race.
- Il restera comme ersatz les faux chinchillas ou viscachas, qui ressemblent aux premiers comme un frère adultérin, attendu [que la viscache est loin d’avoir un pelage aussi séduisant que le chinchilla.
- C’est par milliei’s qu’en chevauchant sur le haut plateau bolivien et sur les versants andins les plus abrupts, on rencontre des viscaches. Aux rayons du soleil matinal, elles se chauffent, l’œil vif, grignotant des racines, des herbes sèches, des graines ou des fruits quand elles s’en sont procurés d’aventure. C’est un des rares amusements du voyageur, s’il est armé d’un fusil, d’essayer son adresse sur ces légions de petits rats des hauts plateaux. Leur viande est exquise, paraît-il. Mais il n’est pas aisé d’en déguster une gibelotte, car ces petites bêtes, qui ont l’agilité de l’écureuil sautent dans leurs terriers dès la plus légère alerte.
- Les divisions administratives de la Yougo-Slavie.
- — La Vie technique et industrielle a consacré récemment un numéro spécial à la Yougo-Slavie : Le royaume des Serbes, 'Croates et Slovènes. Nous en extrayons les données statistiques suivantes, d’ordre démographique.
- Le royaume a une superficie globale de 248 25o km2 et une population de 12080000 âmes en chiffres ronds, soit 48 en moyenne au kilomètre carré, d’après le recensement de 1920.
- Il se divise en sept provinces historiques, dont voici les superficies et les populations :
- Croatie-Slavonie. . . . 44.000 m- 2.750.000 bàb. 62
- Bosnie-Herzégovine . . 51.000 — 1.880.000 — 37
- Dalmatie................. 13.'000 — 630.000 — 48
- Slovénie.................. 16.000 — 1.060.000 — 65
- Serbie. ....... 90.000 — 4.040.000 — 44
- Monténégro ..... 14.000 — 340.000 — 24
- "Voïvodine................ 20.000 — 1.380.000 — 69
- 248.-600 — i’2.680.000 — ' 48
- Les provinces se subdivisent en départements (ohranas), dont chacun groupe plusieurs arrondissements. La province, le département et l’arrondissement ont chacun une Assemblée élue.
- Les principales villes sont les suivantes :
- Belgrade . . . 125.000 hab., capitale de 1 a Serbie.
- Zagreb . . . . 109.000 — — Croatie.
- Ljoubljana. . 54.000 — — Slovénie.
- Saraïévo . . 60.000 — — Bosnie-Herzégovine
- Split. . . . 52.000 — — Dalmatiç.
- Novi-Sad . . 40.000 — — Voïvodine.
- Padgoritza . 20.000 — — Monténégro.
- Les autres villes importantes sont :
- Skespljé . . . 42.000 hab. Dubrovnik . . . 12.000 liai..
- Iiitelj . . . . 30.000 — Keter . . . . . 6.000 —
- N i cli . . . . 25.000 — Cétinjc. . . . . 5.000 —
- Pour plus de clarté, nous rappelons que : Ljoubljana = Laybach ; Zagreb := Agram ; Skeplje = Uskub ; Split — Spalato; Bitelj — Monastir; Keter"= Cattaro ; Dubrovnik = Raguse : Novi-Sad = Neusatz.
- La Yoïvodine correspond sensiblement à la Yoïvodie serbe de 1848, accrue de la partie du Banat, attribuée à la Yougo-Slavie (Baranya, Batchka, etc.). Elle comprend donc des territoires enlevés à la Hongrie par le Traité de Trianon. La Slovénie se compose des parties delà Carinthie, de la Styrie et de la Carniole, enlevées à l’Autriche pour être données à la Yougo-Slavie, ainsi que du comitat de Zala, pris à la Hongrie. Gettigné, la capitale historique du Monténégro, a été déchue au profit de Podgoritza.
- A propos de la dessiccation électrique des fourrages (Voir n° 2544)- — Nous recevons de M. H. Jenny, ingénieur-agronome assistant au Laboratoire de Chimie agricole du Polytechnicum de Zurich, l’intéressante lettre qui suit :
- « Mon intention n’est pas de discuter ici les excellentes notes de M. Marchand. Je voudrais seulement rapporter quelques expériences faites à ce sujet.
- « C’est en Suisse que M. Schweizer a fait ses premières recherches sur la dessiccation électrique des plantes destinées à l’alimentation du bétail. Le Laboratoire de chimie agricole à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich continue à étudier la base scientifique de cette question.
- « Yoici quelques-uns des résultats obtenus :
- i° Le courant électrique n’arrête pas la vie organique. C’est seulement réchauffement ohmique qui influe sur le développement des bactéries.
- 20 La décomposition de l’albumine n’est pas arrêtée. Au contraire, la dégradation des substances alimentaires est au moins aussi grande que dans le foin (20 pour 100) ou dans la conservation sans l’aide du courant électrique (t5-20 pour 100).
- « Le progrès consiste en ceci : on peut conserver les fourrages à l’état frais, on est indépendant du temps, ce qui est très important dans les climats humides.
- « En Suisse, on ne recommande pas l’introduction de l’électro-silo. Le lait des vaches qui ont été affourragées avec de l’herbe préparée est infecté par le Bacillus buiy-ricus. Cette bactérie occasionne dans le fromage^des gonflements qui le déforment, causant ainsi un préjudice à un produit national suisse, »
- Utilisation de la sciure de bois comme aliment du bétail. — Des recherches out été faites récemment, aux Etats-Unis, en vue d’essayer l’emploi de la sciure de bois dans l’alimentation des animaux domestiques.
- A l’état naturel, la sciure de bois n’est qu’une cellulose très indigeste et inutilisable. Mais on peut la faire consommer après l’avoir transformée en sucre, par l’ébullition sous pression, dans un acide dilué.
- Par cette méthode on obtient un sirop qui, neutralisé, peut être ajouté au résidu et est bien accepté par le bétail s’il a été mélangé à d’autres aliments ; le mélange est d’ailleurs une nécessité parce que le sucre, à lui seul, ne peut constituer la ration alimentaire de l’animal. Il faut y ajouter des albuminoïdes et des graisses.
- D’après les essais qui ont été faits aux Etats-Unis, des vaches nourries avec de la sciure ainsi traitée, remplaçant de temps à autre la farine d’orge, ont donné autant de lait et conservé le même poids que lorsqu’elles avaient été soumises au régime alimentaire habituel.
- On a constaté -que ce sont les sciures tendres des conifères qui donnent les meilleurs résultats.
- Il y a lieu d’ajouter que, depuis plusieurs années, par un procédé analogue, en Allemagne, on est parvenu à augmenter, considérablement et très économiquement, la valeur alimentaire des pailles.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. -— Dans le n° 2555, page 91, lig. 4, les condensateurs de la boite de réception ont une capacité de 2.000 cm. Erreur d’ailleurs facile à rectilier.
- Réponses. — M. Meyssan, à Bordeaux,— 1° La librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, doit faire paraître très prochainementun traité sur la chapellerie en feutre, paille et soie; nous pensons que cet ouvrage répondra à votre désir. 20 Le salpêtrage de votre mur doit avoir une cause ancienne que vous ignorez et que seul un examen sur place pourrait révéler. La capillarité des matériaux du mur ramène constamment à la surface les sels ammoniacaux et aucun remède ne peut être apporté à cet état de choses, sauf une démolition et une reconstruction en matériaux non poreux.
- B. M. L. — i° Si les déchets d'ivoire ne sont plus de dimensions suffisantes pour y tailler de menus objets, la seule utilisation est la fabrication de noir par carbonisation en vase clos. 20 L'emploi des algues que nous avons signalé dans notre n° du 3o septembre 1922 pour la préservation des sacs à superphosphate nous a été connu par la communication de M. Albert Bruno à l’Académie d’Agriculture ; vous aurez tous renseignements à ce sujet au Secrétariat, 18, rue de Bellechasse. 3° Ouvrages sur les Colloïdes : Traité de Chimie physique, de Mac Lewis, traduit par Vigneron (3 vol.) éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. La chimie des Colloïdes, par Pozzi-Escot, éditeur Rousset, 1, rue Casimir-Delavigne. Les Colloïdes, par Duclaux, éditeur Gauthier-Yillars, 53 bis, quai des Grands-Augus-tins. Zes Colloïdes dans l’industrie, par Bary, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Théorie colloïdale, par A. Lumière, même éditeur. 4° Ouvrages sur les Engrais : Les Engrais, par Ch. Girard, éditeur Dunod. La Technique des Engrais, par Dumont. Dictionnaire des Engrais, par Bellenoux, L.es Engrais, par Garola. Caractères analytiques des Engrais, par Fourton. Industrie et Commerce des Engrais, par Pluvinage, éditeur Amat, 11, rue de Mézières.
- M. Egger et Girod, à Loveresse. — Le bleuissement de l’acier peut être enlevé sans difficulté, il suffit pour cela d’immerger les pièces dans un bain acidulé par l’acide chlorhydrique; aussitôt la teinte disparue, rincer abondamment pour enlever tout excès d’acide et sécher dans la sciure de bois chaude.
- Poudrerie du Bouchet. — La fabrication du carton rentre dans celle du papier avec cette seule différence que la paille remplace le bois, le chiffon et autres matières cellulosiques. Voir, à ce sujet, La Fabrication du papier, du carton et leurs dérivés, par Charpentier ; éditeur Dunod, 47, quai des Grandç-Augustins, ainsi que Les Succédanés du chiffon, par Urbain; éditeur Masson.
- T. S. F. —- M. Marcel Duval, à Kerhostin (Morbihan). — Très prochainement paraîtront dans Z« Nature des articles sur la superhétérodyne et la super-réaction. Dès maintenant, nous pouvons vous indiquer que le montage en superhétérodyne est beaucoup plus facile à réaliser et d’ailleurs beaucoup plus efficace que la superréaction.
- M. Simoes, à Lisbonne (Portugal). — Etant donnée la distance à laquelle vous êtes de Paris, la réception des émissions radio-téléphoniques est assez difficile (la réception des émissions de Madrid serait évidemment plus simple). Il vous faudrait établir une grande antenne à plusieurs brins d’une centaine de mètres. Utiliser un très bon amplificateur à 4 ou 6 étages HF suivis de 2 étages BF et peut-être d’un dispositif de superamplification ou encore une superhétérodyne.
- La réception sur cadre qui offrirait dans votre cas beaucoup d’avantages nous paraît malheureusement à peu près impossible, sauf peut-être en utilisant une superhétérodyne également.
- M. Arnoux, Paris. — Vous trouverez des renseignements sur la mesure des longueurs d’ondes, des capacités, des selfs, etc., en dehors des indications qui sont
- déjà fournies ici, dans les livres suivants : Télégraphie et téléphonie sans fil, de Gutton (A. Colin). L,a télégraphie sans fl, de J. Boulanger et Ferrié (Berger-Levrault). Précis de télégraphie sans fl, de Zenneck (Gauthier-Villars).
- M. Martin, à Bricquebec (Manche). — Nous vous remercions de votre communication et recueillerons volontiers les suggestions pratiques que vous pourriez nous indiquer.
- Nour ferons paraître prochainement un résumé de la description du condensateur variable construit par vous. Des modèles de ce genre avaient d’ailleurs été expérimentés avant la guerre; mais à tort, croyons-nous, ils sont actuellement peu connus des amateurs.
- M. Boucher, à Billancourt (Seine). — Le dispositif superhétérodyne a donné lors des essais transatlantiques d’excellents résultats ; nous le décrirons très prochainement.
- M. Thirard, à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée). — 11 vous a été répondu par la voie de « la Boîte aux Lettres ». Pour la construction d’un cadre de 2 m. destiné à recevoir les émissions de F.L.,il faut utiliser 3o à 35 spires de fil 8/ioe millimètre isolé, deux couches coton et écartées d’un centimètre, c’est-à-dire environ 25o m. de fil.
- Vous pouvez utiliser une antenne uniflaire de 40 à 5o m. de long construite en fil de bronze 12/10° ou mieux en câble étamé : pour une antenne en nappe à 3 brins, une longueur d’une trentaine de mètres serait suffisante.
- M. Badet, à Verlin (Marne). — Pour établir un poste de téléphonie sans f l permettant la réception des concerts de F.L. et de la S.F.R. à 120 km de Paris sur cadre, voici les caractéristiques des appareils à employer.
- i° Cadre : bobiné en hélice (non en spirale plate) de 1 m. à 1 m. 5o de côté, et comportant 3o à 35 spires pour le cadre de 1 m. et 20 a 25 pour celui de 1 m. 5o, spires écartées de 8 mm, fil 8/10e isolé, deux couches coton.
- 20 Condensateur d’accord de i/iooo microfarad placé en dérivation.
- 3° Amplificateur comportant 3 lampes HF à résistances et 2 lampes BF à transformateurs, réaction électromagnétique (voir n° 2540 : Emploi facultatif d’une hétérodyne séparée).
- La réaction électro-magnétique est obtenue en couplant une petite galette, en fond de panier par exemple, placée dans le circuit de grille de la première lampe avec une deuxième intercalée dans le circuit de plaque de la troisième ; la valeur de cette deuxième self étant un peu plus grande que celle de la première. Vous pourriez également établir une réaction électro-statique, mais son emploi en serait plus délicat.
- Frère Alban, à Saint-Sébastien (Espagne). — Voici les adresses des constructeurs que vous demandez : i° Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Universilé, Paris. 20 Maison Ragonot, 29, rue de Chabrol, Paris. 3° Société Mildé, 60, rue Desrenaudes, Paris.
- Voici d’autres maisons ayant établi du matériel pour grandes distances : 1° Société indépendante de T. S. F., 66, rue de la Boétie, Paris, 20 Le matériel Radio-téléphonique, 84, boulevard de la Tour-Maubourg, Paris.
- M. Esnoult, à Bolbec (Seine-Inférieure). — i° Dans un amplificateur LL.F. à résistances, la détection se fait par la dernière lampe qui contient dans son circuit de grille un condensateur shunté ; dans un amplificateur LT. F. à transformateurs, au contraire, il est nécessaire d’intercaler, dans le circuit de plaque de la lampe détectrice, un condensateur de 5/ioo.ooo° microfarad shunté par une résistance de 4 mégohms.
- 20 Pour monter un amplificateur à transformateurs, on relie les bornes d’entrées du primaire à la plaque d’une lampe et au pôle positif de la batterie de tension. Le secondaire agissant entre la grille de la lampe suivante et l’extrémité négative du filament.
- Cependant il faut bien remarquer que les courants d’entrée doivent agir entre la grille et l’extrémité positive du filament de la lampe détectrice.
- Pour construire des transformateurs II. F. à noyau de fer (fil émaillé) ou sans fer, on emploie un tube de carton d’environ 5 cm de diamètre. Pour le primaire et le secondaire, on bobinera environ 3 à 4oo spires de fil 1/10° isolé soie pour une longueur d’onde de quelque
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- i5oo m. ; les tubes auront environ 8 cm de long, on pourra réaliser un transformateur H. F. pour ondes courtes sous la meme forme en utilisant des coupures ; il est préférable de le construire sous forme de tore d’environ 5 cm de diamètre en fil de 10/100 à i5/ioo. On emploie généralement ces transformateurs pour réaliser le montage suivant :
- Une lampe H. F., une lampe détectrice, deux lampes B. F. à transformateurs à fer, il est difficile d’utiliser plus d’une lampe H. F. à transformateur de ce genre sans éviter les accrochages parasites.
- 3® Les amplificateurs H. F. à résistances sont construits normalement pour la réception des ondes au-dessus de iooo m. de longueur. Pour recevoir par ce moyen les ondes courtes de 4oo m. il faut utiliser des lampes à cornes et encore le rendement n’est-il jamais très bon.
- Nous pensons que votre antenne est bien disposée pour la réception des ondes courtes et, si vous avez pu écouter des postes de Broadcasting anglais, cela tient non seulement à la puissance de leur émission, mais encore à la distance relativement faible à laquelle vous êtes de l’Angleterre.
- Vous auriez certainement un rendement meilleur en utilisant un appareil à transformateurs H. F. ou à selfs pour ondes courtes et encore plus satisfaisant à l’aide d’un dispositif superhétérodyne que vous pourriez employer avec votre amplificateur actuel.
- Les amplificateurs H. F. à transformateurs, qui fonctionnent sur une gamme assez restreinte de longueurs d’onde, surtout pour les appareils à transformateurs sans fer, sont d’un rendement meilleur que les amplificateurs à résistances.
- 4° L’antenne unifilaire doit être dirigée dans la direction de l’émetteur avec descente de poste du côté du poste émetteur (voir n° 2548).
- 5° Les résultats décrits dans le n° ?.55o sont obtenus avec le dispositif superhétérodyne suivant :
- a) Cadre accordé par condensateur en dérivation.
- b) Hétérodyne pour ondes courtes à 1 lampe.
- c) Détecteur agissant sur un circuit de couplage accordé sous i5 000 m. et induisant sur une 2e relié à un amplificateur à selfs à 5 étages H. F. et 2 B. F. ou à un amplificateur à transformateurs 4 H. F. et 2 B. F.
- M. de l’Herbier, à Paris.— 1° Voir réponse à M. Duval, de Kerhostin. 20 Vous pourrez trouver quelques indications dans la T. S. F. Moderne, en attendant que l’article annoncé soit paru.
- M. H. Lecrenier, à Val Saint-Lambert----Voir réponse
- ci-dessus.
- M. Garbarini, à Courbevoie (Seine). — 1° Voir réponse ci-dessus. 20 Le livre contenant la description avec schéma de montage de la superhétérodyne n’existe pas encore,
- M. G. P., à Dijon (Côte-d’Or). — i° Pour construire un transformateur réduisant le courant alternatif no volts à 4 volts, on peut employer 5oo spires, et 20 spires au secondaire; 200 spires conviennent bien pour obtenir 40. volts.
- Employez, du fil de 9/10 de millimètre de section pour le premier enroulement et du fil de 20/10 pour le deuxième ; noyau magnétique en tôle feuilletée ou formé d’un faisceau de fil de fer.
- 20 Les galettes de self ont sur les bobines employées antérieurement l’avantage de supprimer les « bouts morts » et surtout d’éviter les capacités entre spires très nuisibles pour la réception des ondes courtes. Les plus faciles à construire par l’amateur sont les galettes <c en fond de panier ».
- Prochainement, sans doute, nous décrirons leur fabrication dans une chronique.
- M. Cluzel, à Paris. -— Dans un amplificateur à basse fréquence destiné à amplifier les réceptions provenant d’un détecteur à galène, on emploie généralement comme transformateur d’entrée un transformateur à rapport 5, bien que dans le type 3 ter, le transformateur d’entrée ait un rapport plus élevé. Mais l'amplification obteuue avec une lampe seulement n’est jamais très considérable et on emploie toujours 2 lampes au moins pour avoir un rendement suffisant.
- M. Courvoisier, à Paris. — Il ne gêne en rien la réception téléphonique de se servir du fil de ligne comme antenne de fortune en intercalant un condensateur dans le circuit ; les résultats sont d’ailleurs assez va-
- riables, mais généralement à la campagne où les lignes sont aériennes, ils peuvent être intéressants.
- M. P. H., à Epernay (Somme). — i° Voir réponse de M. Esnoult, à Bolbec.
- 20 Avec votre appareil et votre antenne, vous devriez pouvoir recevoir les émissions de Kœnigswüsterhausen émises sous 4000 m ainsi que celles de La Haye sous io5o m. avec des galettes appropriées. Par contre, la réception du poste de l’Ecole Supérieure des P. T. T. exigerait non seulement des galettes de préférence en « nid d’abeille », mais encore l’examen précis de la longueur d’onde propre de votre antenne, dont vous pourriez sans doute supprimer quelques brins.
- Vous pourriez également employer l’accord en dérivation qui a l’avantage d’être plus puissant, sinon aussi parfait comme syntonie. De plus votre amplificateur étant à résistance est d’un très mauvais rendement pour la réception des ondes de 45o m. et il vaudrait mieux utiliser simplement une détectrice suivie de 2 ou 3 B. F. ou un détecteur à galène suivi de 3 B. F.
- M. le lieutenant Deschepper, Armée belge d’occupation. — Il vous a été répondu par la voie de la « Boite aux lettres ».
- Vous pouvez vous servir sans inconvénients de vieux disques de gramopkone en guise d’ébonite, pour le montage d’appareils de T. S. F., mais il né semble pas que ce procédé soit très avantageux.
- M. S. Bériot, à Lille. — i° 11 vous a déjà été répondu par la voie de la Boîte aux lettres.
- 2" 11 est très possible de recevoir à Lille les émissions radio-téléphoniques avec un cadre de 1 m. 5o sur 2 m. Il faut tendre ce cadre sur air ou sur bois, spires enroulées en hélice; vous pouvez utiliser 3o spires de fil 8/10, isolé deux couches coton, écartées de 1 cm, pour la réception des concerts de F. L.
- 3° C'est généralement par l’expérience que l’on vérifie le rendement d’une prise de terre. D’ailleurs on peut a priori se rendre compte de ses qualités.
- 4° On ne fixe jamais directement du fil isolé au coton sur de l’ébonite, on le maintient par simple serrage, s’il s’agit de bobine, ou au moyen de bandes isolantes en soie, chatterton, etc.
- 5° On se sert de fil rigide de 10 à 12/10® pour réaliser les connexions intérieures d’un poste; pour les liaisons extérieures on se servira de préférence de câbles souples.
- M. C. R., Saint-Paul-de-Léon (Finistère). — Il est très difficile d’éliminer le ronflement produit dans un amplificateur, par l’alimentation sur le courant continu du secteur. On peut pour atténuer cet inconvénient employer une petite batterie d’accumulateurs en tampon. On peut également employer un circuit filtreur comprenant des selfs et des capacités ; nous vous signalons (sans garantie d’ailleurs) le filtreur S. I. V. A., 15, rue Hégésippe-Moreau, Paris.
- M. N. D., à Bellevue (Seine-et-Oise). — En supprimant mise à la terre et en vous servant du fil de lumière et d’un ensemble d’autres fils, vous réalisez un montage « antenne contre poids » qui donne souvent de très bons résultats, surtout lorsque la prise de terre aurait été défectueuse ; la longueur d’onde propre du collecteur d’onde en est seulement changée Ainsi que vous l’exposez il y aurait à craindre certainement un affaiblissement de puissance si vous vouliez utiliser un montage en Tesîa.
- Par contre vous pourriez essayer, peut-être avec succès, d’utiliser un montage en dérivation réalisé simplement à l’aide d’une petite self nid d’abeille et d’un condensateur variable.
- M. Risler, à Bruxelles (Belgique). — Même réponse qu’à M. Garbarini.
- M. Dubois, à Courbevoie (Seine). — Nous vous remercions de votre communication et nous comptons décrire dans une chronique les curieux résultats que vous obtenez.
- M. G. P., à Dijon (Côte-d’Or). Un paratonnerre composé d’un réseau métallique entourant l’édifice à protéger, formant « cage de Faraday », affaiblirait dans de grandes proportions toutes réceptions sur cadre que l’on voudrait effectuer dans cette maison. La réception ne sei'ait cependant, pas impossible, comme certains exemples l’ont démontré, mais seulement moins bonne. La réception sur antenne extérieure offrirait beaucoup j moius d’inconvénients.
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- LA NATURE
- Supplêmen
- mi'
- N* 2559 21 Avril 1923
- Nécrologie. — Sir James' Dëwar. — L’Angleterre vient de perdre un de ses plus distingués savants, Sir James Dewar, décédé le 27 mars dernier dans sa 81“ année. Dewar était né le 20 septembre 1842. Ses premiers travaux furent des travaux de chimie et de spec-troscopie. Il participa avec Sir Frederick Abel à l’invention de l’explosif nommé cordite, en usage aujourd’hui dans l’armée et la marine britanniques. Dewar se consacra pendant de longues années à l’étude des basses températures et c’est lui, qui, le premier, en 1898, réussit à liquéfier l’hydrogène. Tout le monde connaît les vases à double paroi qui portent son nom; un vide très poussé est réalisé dans l’intérieur de la double paroi, et le vase est de plus argenté; ces vases constituent des isolants presque parfaits et permettent de conserver des corps à l’état liquide à de très basses températures. A la vérité, l’idée du vase à double paroi est due à d’Arsonval. Dewar la perfectionna au moyen de l’argenture. On est redevable également à Dewar d’études sur le pouvoir absorbant du charbon pur, études qui ont permis de pousser les vides beaucoup plus loin qu’on ne savait le faire avant lui. On lui doit aussi de remarquables études sur les bulles de savôn, qui furent son dernier travail scientifique.
- Bourse Jacques Vignon pour l’Astrophysique française. — Yoici une fondation qui vient à son heure, à une époque où la cherté de Ta vie dirige de plus en plus les étudiants vers les études de première utilité, et où la carrière astronomique est trop souvent délaissée. Nous lisons, en effet, dans la Revue d’Optique de février 1923,0e qui suit :
- « Mme F. Abadie-Dugué vient de faire don, à l’Université de Paris (Faculté des Sciences), d’une rente perpétuelle de 2000 francs, destinée à fonder une bourse qui portera le nom de son fils Jacques Yignon, engagé volontaire à l’âge de 18 ans et tué à l’ennemi, en Argonne, le 27 mars 1917, à l’âge de 20 ans.
- « Aux termes de cette donation, cette bourse sera attribuée, en principe, à un étudiant de la Faculté des Sciences de Paris, âgé de 20 à 3o ans, sans fortune et s’occupant à'Astrophysique. Dans le cas où il ne se trouverait pas, quelque année, d’étudiant s’occupant d’Astrophysique apte à recevoir la bourse, celle-ci pourra être attribuée à un étudiant en Physique de la même Faculté, ou être reportée à l’année suivante, soit pour constituer une deuxième bourse, soit pour doubler le montant de la bourse attribuable cette année-là. »
- Le rédacteur de l’article de la Revue d’Optique fait remarquer, en terminant, qu’il n’est pas de monument plus durable et plus noble à élever à la mémoire des morts de la Grande Guerre. Le geste de Mme Abadie-Dugué ne pourra avoir qu’une brillante répercussion sur le développement de la science française. Il répond bien aux idées de son fils, Jacques Yignon, qui affectionnait particulièrement la physique et l’astronomie.
- Un nouveau poste radiotéléphonique. — Un de
- nos lecteurs de Metz, M. Cahen, nous signale les émissions d’un poste radiotéléphonique militaire établi dans cette ville. Ce poste émet sur une longueur d’onde de 1400 m. à i5oo m. Le 29 mars, ce poste a envoyé par radiotéléphonie une conférence de 20 à 21 heures. Les émissions sont assez irrégulières ; elles ont lieu le plus souvent vers 15 heures et comprennent généralement des disques de phonographe.
- Le poste de T. S. F. de Nice.— Nous avons indiqué déjà plusieurs fois l’établissement d’un poste émetteur à Nice, dénommé « Radio-Riviera ». Pour répondre aux demandes de nombreux lecteurs, précisons que ce poste émet sur courte longueur d’onde : 370 m. Sa puissance est de 5oo watts et son antenne constituée par deux fils supportés par des pylônes de iS m. de haut.
- Une île nouvelle. — Le mois dernier, une île apparut près de la côte d’Annam, que le navire japonais Wakasa-Maru vit et signala pour la première fois. Aussitôt, le gouverneur général de l’Indochine envoya le chalutier-
- sondeur Astrolabe, du service hydrographique, en prendre possession au nom de la France.
- Le 16 mars dernier, Y Astrolabe rencontra l’île annoncée par io°io'io" de latitude nord et io8°o9'2" de longitude est de Greenwich, à 20 milles dans le sud de 1 île Poulo-Cecir de Mer, qui. est elle-même au large de l’embouchure du Mékong. La mission hydrographique annonça par T. S. F. que l’île a un diamètre de 400 m. et une hauteur maxima de 35 m. Y'ers le nord, un cratère continue à manifester son activité par des éruptions fréquentes.
- Ce n’est pas la première fois, on le sait, que des îlots volcaniques apparaissent ainsi. En i83i, on vit apparaître entre les îles de Selinonte et de Pantellaria, près de la Sicile, un îlot qui atteignit au maximum 4800 m. de tour; pendant qu’on discutait de son nom : île Julia, ou Giulia, ou Ferdinandea, ou Graham, et de sa possession, il disparut comme il était venu. En Islande, le fait est commun, près de la presqu’île de Reykjanes, où des îlots de scories temporaires ont été vus en 1211, 1226, I23i, 1238, 1240, 1422, 1783, 187g. Aux îles Aloutiennes, l’île Bogoslov naquit en 1796 et atteignit en 1819 7 km de tour et i3o m. de haut; elle a fondu depuis. Aux Açores, on connut aussi à plusieurs reprises dans l’histoire une île Sabrina, toujours fugitive.
- Le nouvel îlot de la côte d’Annam agrandira-t-il notre domaine colonial? ou bien s’en ira-t-il comme il est venu ?
- Pourquoi pas de phare au Cap Guardafui? — Sait-on suffisamment en France qu’il n’existe aucun éclairage de nuit sur l’un des promontoires les plus importants de la Côte d’Afrique, le fameux Cap Guardafui, qui, vers l’océan Indien, forme l’extrémité la plus orientale du continent noir ?
- Situé par 11° 5o' 3o" de latitude Nord et par 5i° iô; 10" de longitude Est (Greenwich), il consiste en un escarpement à pic, haut d’environ 25o m., mêlé à d’autres qui lui ressemblent à s’y méprendre dans le morne paysage d’une presqu’île désertique où aucune verdure n’agrémente l’aridité des rocs et des sables torréfiés par le soleil. Au pied des falaises, déferle une mer profonde qu’entrecoupent des courants et contre-courants parmi lesquels il y a péril à s’engager, surtout quand, d’avril à octobre, se mettent à souffler les moussons du Sud-Ouest. i
- Les anciens donnaient à ce cap le nom de « Promontoire des Aromates ». Il était connu et redouté dès les temps où des marins phéniciens parcouraient l'Erythrée pour le fastueux Salomon ou pour le pharaon Néko, suivis plus tard par des navigateurs hellènes ou romains, tels qu’Eudoxe de Cyzique et Arrien d’Alexandrie. Les Arabes l’appelèrent Ras Asir et le signalèrent parmi les pires dangers de ces redoutables parages du « Bab-el-Mandeb » (portail de la désolation) dont il est parlé jusque dans les « Mille-et-une nuits ».
- Depuis un demi-siècle, grâce au canal de Suez, c’est chaque année par milliers que se comptent les bateaux à vapeur, tant paquebots que cargos, qui ont à reconnaître et à doubler le Cap Guardafui; opération qui, faute de balisage lumineux, n’est facile de nuit que s’il y a clair de lune. Sans lune, et, ce qui n’arrive que trop souvent, sans horizon assez visible pour permettre de relever des hauteurs d’étoiles, il ne reste plus que la ressource de sonder pendant des heures, tout en louvoyant à l’aveuglette comme Sindbad-le-marin et avec autant de risques de naufrage.
- On remarquera qu’à l’extrémité opposée du même continent, sur la côte Occidentale d’Afrique, un autre promontoire non moins célèbre, le Cap Yert, jalonne pareillement l’une des routes maritimes les plus fréquentées du globe, mais en l’éclairant très au loin par un phare de premier ordre, oeuvre de l’autorité française, maîtresse du pays.
- Autour du Ras Asir, il n’y eut longtemps que l’anarchie pillarde des indigènes Somalis. Maintenant, depuis quelques dizaines d’années, ces côtes ressortissent à la couronne italienne.
- Mais alors pourquoi pas de phare au Cap Guardafui? Et devant les vœux unanimes des longs courriers de
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- INFORMATIONS
- l’Océan Indien, qu’attend donc le gouvernement de Rome, héritier d’augustes traditions civilisatrices dont il a tant à cœur de poursuivre l’essor?
- Emile Merwart, Gouverneur des Colonies.
- Anciennes marques françaises d’arbres en Alsace.
- — La Revue des Eaux et Forêts publie une intéressante observation faite dans la forêt de Haguenau. En abattant de vieux chênes arrivés au terme de leur existence, on releva sur leurs troncs diverses marques dont les dessins ci-dessous donnent une idée.
- C’est l’empreinte des anciens marteaux français, apposés sur ces arbres à diverses époques. Celle de
- gauche, montrant un faisceau de licteurs surmonté de la hache et du bonnet phrygien et entouré des lettres F. N. (forêt nationale), date de la première Révolution; celle du milieu, à l’aigle, est du premier Empire; celle de droite, à la fleur de lys, de la Restauration, entre i8i5 et 1820. Le numéro 20, visible au bas des deux dernières, est celui de la conservation, dont le siège était à Colmar et qui s’étendait sur les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
- Il est curieux de retrouver aujourd’hui sur des arbres qui, comme le sol qui les porte, ont subi tant de vicissitudes, des marques de propriété ancienne.
- Le prix d’un journal à Moscou. — Le Journal des Imprimeurs typographes et lithographes publie, d’après les Izvestia, les renseignements suivants :
- Les Izvestia, le quotidien de Moscou le plus répandu, tire de 170000 à 200000 exemplaires. Après lui viennent la Pravda, 70000; la Vie économique, 27000 et le Journal des coopératives, 17000. Les Izvestia paient 3900000 roubles le poud (16 kg) de papier; 800000 roubles pour la composition de 1000 lettres, 10000000 de roubles pour la mise en page de chaque page, 5 000 000 de roubles pour le tirage de 1000 numéros. Le prix de revient d’un numéro des Izvestia de quatre pages (dont une d’annonces) est de 18000 roubles; d’un numéro à six pages (dont deux d’annonces), de 27 000 roubles ; d’un numéro à huit pages (dont quatre d’annonces), de 36 000 roubles. La ligne d’annonces se paie 5ooooo roubles et le numéro du journal pris à Moscou se vend i5 000 roubles.
- Et les Izvestia déclarent que, pour s’en tirer, il faudra bientôt porter à 100000 roubles le prix de l’exemplaire vendu à Moscou!
- A propos de l’expédition suisse au Groenland
- (n° 2553). — M. le professeur Mercanton, de Lausanne, ' nous écrit : « Dans l’analyse des « Résultats scientifiques de l’Expédition suisse au Groenland 1912-1913 », parue le 10 mars dernier dans La Nature sous la signature de M. Le Conte il s’est glissé quelques inadvertances. La publicité étendue de votre excellent journal le fera sans doute servir de source d’informations sur notre expédition. C’est pourquoi je crois préférable de rectifier ici les erreurs principales et tout d’abord la plus essentielle :
- « Au contraire de ce que dit l’article en cause, la traversée a démontré la parfaite continuité de l’inlandsis, dont la nappe n’est plus interrompue par aucune étendue notable de terrain découvert dès qu’on s’éloigne de la côte même, Ce résultat est en tous points conforme à ce que les traversées antérieures de Nansen et de Peary et la traversée postérieure de Koch ont indiqué. Il convient d’excepter toutefois les îlots rocheux, sommets arrondis de chaînes noyées dans la glace, qui en émergent au voisinage immédiat des côtes et qu’on appelle des nounataks. Leur étendue est négligeable en regard de celle du grand glacier continental.
- « Secondement c’est la limite du névé, c’est-à-dire la ligne séparant la région centrale de l’inlandsis où l’alimentation annuelle en neige l’emporte sur l’ablation, qui
- se trouve à i45o-i5oo m. d’altitude et non la limite supérieure des chutes de neige. (Nous ne la connaissons pas.) D’autre part, la hauteur de 2 à 8 cm donnée pour la chute de neige totale de l’année est certainement inexacte, car le gain de l’inlandsis annuel en eau a été évalué par M. de Quervain à 35 cm pour 1911-1912; cela correspond a quelque 4 m. de neige fraîche.
- « La vitesse de marche superficielle que j’ai mesurée au front de l’inlandsis sur le Nunap Kigdlingà n’a été que de 0,6 à 6 centimètres par jour, soit dix fois moins grande que M. Le Conte ne la donne. Au bord de la falaise de glace qui termine l’Eldp Sermiâ, affluent de l’inlandsis, dans la mer, j’ai mesuré 8 à 32 cm/j et, en amont, vers 318 m. d’altitude, 145 à 235 cm/j.
- « Permettez-moi de vous remercier d’avoir fait place au compte rendu, précieux tout de même, de M. Le Conte ». Paul-L. Mercanton.
- Cette lettre a été communiquée à notre collaborateur, lequel nous a répondu :
- K Je suis le pi emier à regretter les erreurs que signale M. Mercanton, mais la responsabilité ne m’en incombe pas; elles sont attribuables à l’auteur de l’article des Petermanns Mitteilungen, que j’ai analysé. Je n’ai malheureusement pas eu l’ouvrage original entre les mains, les bibliothèques de Paris ne l’ayant pas dans leurs rayons. » t René Le Conte.
- Les moyens de communication en Yougo-SIavie. —
- LaYougo-Slavie est un pays continental, malgré sa façade de 55o km de côtes sur la mer Adriatique, par suite de l’existence des Alpes dinariques, la zone côtière est sans relations avec l’hinterland, à deux ou trois couloirs de pénétration près (le plus important étant la vallée de la Narenta, rivière non navigable). Il s’ensuit que routes et chemins de fer y ont une importance capitale.
- La longueur des voies ferrées en exploitation était la suivante en 1920 :
- Provinces
- Voie normale. Voie étroite.
- Total.
- Slovénie.......... 1.025 km »
- Croatie-Slavonie . . 2.464 — 191 km
- Dalmalie........... 125 — 122 —
- Voïvodine........ 2.225 — »
- Bosnie-Herzégovine . 173 — 1.545 —
- Serbie.,.......... 928 — 670 —
- Monténégro......... 55 — »
- 6.971 — 2.528 —
- 1.025 km 2.655 — 247 — 2.225 — 1.518 — 1.598 — 55 —
- 9.299 —
- L’Etat yougo-slave possède à lui seul 44^7 km de voies ferrées ; des Compagnies privées se partagent les 4812 km restants. Le réseau serbe doit être relié à l’heure actuelle par Orseva au réseau roumain, grâce à une ligne construite sur la rive droite du Danube et traversant ce fleuve dans le voisinage des Portes-de-Fer.
- Pour ce qui est des routes, la Yougo-SIavie est mieux desservie, comme en témoigne le tableau suivant :
- Slovénie . . Croatie-Slavonie . . Dalmatie . . Bosnie-Herzégovine . . Voïvodine. .
- Serbie et Monténégro .
- 1" catégorie.
- 736 km
- 1.070 — 1.098 —
- 2.036 — 1.215 —
- 6.288 —
- 2” catégorie.
- 6.971 km
- 4.808 — 576 —
- 2.170 —
- ' 5.840 —
- 4 041 — 24.206 —
- 5“ catégorie.
- 2.665 km
- 14.759 — 2.550 —
- 2 847 — 16.876 —
- 5.079 —
- 44.556 —
- Total.
- 10.372 km
- 20.757 — 5.804 —
- 7.055 — 25.931 —
- 9.253 —
- 75.150 —
- Il ne faut pas se faire d’illusions sur les routes de 3° et 3° catégorie de la Serbie propre, de la Macédoine et du Monténégro, ce ne sont que de mauvaisesjpistes.
- Exposition de l’Union des inventeurs de la Loire.
- — Une exposition de nouveautés industrielles, organisée par l’Union des inventeurs de la Loire, aura lieu à Saint-Etienne en mai prochain.
- Un certificat, délivré gratuitement sur demande par le Ministre du Commerce, garantit, pendant un an, les inventions présentées à cette exposition et qui ne seraient pas brevetées.
- Le Comité se charge de l’installation et de la présentation des objets ou plans appartenant aux inventeurs éloignés et qui ne pourraient pas se déplacer.
- Les inscriptions sont reçues à l’Union des Inventeurs de la Loire, à l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> T. S. T. i
- Fig. 2.
- Bobine coupée.
- Fig. 3.
- Support d’axe.
- Comment fabriquer soi-même d’une façon économique les différentes parties de son radio. — Beaucoup de débutants hésitent à s’aventurer dans le champ de la T. S. F. à cause de la dépense occasionnée par l’achat des diverses pièces. La majorité des appareils de télégraphie sans fil sont des modèles types et sont
- confectionnés par des spécialistes en la matière, mais ceux qui désirent faire l’expérience avec leur propre installation épargne -ront de l’argent en employant des matériaux obtenus économiquement.
- Les Rotors pour variocoupleurs et variomètres, par exemple, sont obtenus avec des balles en carton ou en bois de 8 à xo cm de diamètre, comme on peut en trouver facilement. Deux morceaux sont coupés de façon à laisser à la moitié de la section une partie de 4 cm. Deux disques d’un diamètre légèrement plus fort que celui des extrémités de la portion centrale de la balle sont découpés dans du carton dur, ou mieux dans de la fibre et collés en place. Le rotor est alors prêt pour le montage et l’enroulement.
- Une bobine, comme celle que l’on trouve à l’intérieur des rouleaux de papier d’emballage, fera ensuite parfaitement l’affaire pour le bouton. On emploie l’une des
- extrémités de la bobine, le trou devra être tamponné et repercé afin de recevoir l’arbre du rotor.
- Cet arbre est enfoncé dedans à force et c’est tout ce qu’il est nécessaire de faire s’il tient d’une manière satisfaisante ; autrement on emploie une vis à bois à la manière d’une goupille.
- Après avoir été passé soigneusement au papier de verre, le bouton est placé dans un étau et limé avec une lime tiers point, faisant des rainures d’environ a mm, puis il est peint en noir et recouvert d’une couche de vernis à la gomme laque ou de vernis japonais.
- D’excellents cadrans peuvent être tracés sur du papier blanc et collés avec de la colle transparente sur les disques coupés dans du celluloïd raide. Ils peuvent être ensuite fixés au bouton avec de la colle et de petites griffes.
- Des disques fixes peuvent être montés directement
- sur le panneau, si on les préfère à des index en métal fixés au bouton.
- De vieux disques de phonographe servent souvent dans la construction d’un poste de T. S. F., car ils peuvent
- être coupés avec des ciseaux ordinaires, d’autant mieux d’ailleurs qu’ils auront été chauffés auparavant dans une casserole d'eau.
- Automobilisme
- Explorateur économique du bon fonctionnement des bougies d’automobile. — Une auto a des ratés. Une bougie ne marche pas ; mais laquelle ?
- La vérification demande le démontage après refroidissement, d’où perte de temps et doigts salis, sinon brûlés.
- Avec un bouchon et deux morceaux de fil de cuivre un peu gros on peut faire l’explorateur ci-dessous décrit.
- Les fils ABC et A' B' C' traversent le bouchon A' B'
- Fig. 4. Bouton avec disque celluloïd.
- Fig 5. Bouton avec disque collé.
- Fig. 6. Echelle sur disque carton.
- coudé de façon à laisser entre les extrémités un écart D au moins égal à celui des branches de la bougie. En B et B' ils sont recourbés de façon particulière, BC pouvant pivoter à frottement dur de telle façon que C’ touchant le culot de la bougie, quelle que soit la taille de
- Fig-. — Schéma de l’explorateur.
- l’isolant C, puisse se poser contre la molette serre-fil ou dans sa cuvette.
- La vision de l’étincelle sera améliorée par le collage d’une rondelle de papier noir E sur laquelle elle se détachera mieux ou par le simple noircissement à l’encre de l’extrémité du bouchon.
- Le moteur étant en marche, on appuie successivement l’explorateur sur chaque bougie et l’on voit celle qui ne « donne pas ».
- *i> Construction
- Crochet Lemonnier pour la sécurité des ouvriers couvreurs. — Il n'est pas, dans le bâtiment, de métier
- Fig. 8. — Le crochet Lemonnier.
- plus dangereux que celui de couvreur. Un étourdissement, un vertige, ou, moins encore, un pied qui glisse
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- Fig. 9 — Emploi du crochet Lemonnier pour la fixation d’un garde-corps fixe.
- sur le toit mouillé, et c’est la chute sur le sol. Le nombre des accidents de ce genre ne se compte pas.
- Pour y remédier, M. Limonier, de Nantes, a imaginé un crochet de dalle qui présente les avantages suivants :
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- II empêche par sa butée la dalle de se déverser, ce qui est le point capital pour éviter les accidents. Il permet d’adapter en une minute un garde-corps fixe ou
- mobile donnant une grande sécurité à celui qui travaille sur les toitures, facilitant son travail et lui donnant toute liberté de mouvement. Il préserve les passants de la chute des matériaux ou objets tombant des toitures ou lucarnes, ainsi que les vitrages. Il permet, en cas d’incendie, l’accès facile sur les toitures. Il permet de fixer avec facilité des réclames ou enseignes ou guirlandes électriques (que le propriétaire peut louer). Il s’adapte à toutes les couvertures et se place comme les autres crochets et ne se déforme pas. Il remplace avantageusement le crochet de service.
- La figure 8 représente ce crochet, fabriqué en feuil-lard d’acier doux galvanisé et la figure 9 montre son emploi pour la fixation d’un garde-corps fixe. Il peut s’adapter, comme on le voit à tous les genres de couvertures : tuiles, ardoises, zinc, fibro-ciment, membron, etc.
- Dans le cas où le toit se termine par une gouttière demi-ronde, on emploie un autre modèle, en deux pièces, dont une passe sous la gouttière et l’autre au-dessus; cette dernière reçoit la tige où s’adapte le garde-corps et est liée à la première par un rivet ou une pointe (fig. 10).
- La figure 11 montre un garde-corps portatif fixé de cette façon. L’installation de ce garde-corps est extrê-
- Fig. 10. — Mod pour gouttière.
- Fig. 11. — Garde-corps portatif fixé à l’aide du crochet représenté au-dessus.
- mement facile, il suffit d’avoir quelques petites barres de fer pleines ou creuses de 14 mm sur 54 cm, de les introduire dans les trous de chaque crochet et de développer ensuite le garde-corps portatif qui s’emboîte très facilement dans les tiges T et offre toute sécurité, l ins-tallation ne demandant pas une minute, dès qu’on a mis la première tige, on est en sécurité pour mettre la seconde et ainsi de suite.
- Ce nouveau système de protection, très ingénieux et très pratique, a déjà été adopté par la Société des Architectes de Nantes et le Génie militaire de cette ville.
- L’inventeur et constructeur est M. C. Limonier, 17, avenue de la Chézine, Nantes.
- Tamponnoir pour ciment ou briques. Un instrument commode pour percer des trous dans le ciment et
- Fig ic. — Tamponnoir pour ciment ou briques.
- les briques est beaucoup plus actif que l’ancien système de perceur en étoile; il est confectionné en préparant une des extrémités d’une pièce d’acier, de la grosseur et
- de la longueur voulue, en forme de queue de poisson.
- L’autre extrémité a la forme pointue d’un vilebrequin ordinaire et ensuite on trempe l’outil. Les ouvriers trouveront une aide dans ce nouvel instrument à percer les briques, surtout lorsqu’il s’agit de monter des appareils téléphoniques ou électriques où il faut percer à travers les murailles pour le passage des câbles.
- Echelle à crochets pour réparations de toitures.
- — Pour permettre d’employer en toute sécurité des échelles courtes destinées aux opérations de couverture
- Fer à
- Cheval/
- Montant '/ d'échelle m
- 4
- L’échelle à crochets et son utilisation.
- Fig. 13.
- on les munit de crampons formés de fer à cheval cloués aux extrémités supérieures des montants de l’échelle.
- Ces fers à cheval ouverts s’agrippent à l’arête du toit et maintiennent l’échelle en toute sécurité.
- Oh jets utiles
- Petit étau pour pièces minces. — De petits travaux à exécuter (pour les appareils de radio et les instru-
- Fig. i'|. — Petit étau pour pièces minces.
- ments électriques par exemple) peuvent souvent être maintenus dans un étau fixé à l’établi, comme celui du croquis.
- Le corps de cet étau est une pièce d’acier mince d’environ 1/2 cm d’épaisseur, 6 cm de large et 20 de long. Les extrémités sont coudées en forme de mâchoires et le centre est replié à angle aigu de manière que les côtés soient à 3 cm l’un de l’autre.
- Des trous fraisés sur un côté sont munis de vis qui fixent l’appareil au banc. Une pièce de métal filetée passe à travers des trous percés l’un en face de l’autre de chaque côté du corps de l’appareil et un écrou sert à assujettir les pinces sur la pièce à maintenir.
- L’élasticité de l’acier écarte les côtés lorsque le travail est enlevé.
- Enrouleur à main pour fil de fer.
- ment du fil de fer est une chose aisée grâce à l’appareil décrit.
- Sur le croquis, on voit qu’il est simplement en forme de T, fait avec des tuyaux de courte longueur et de 1 cm de diamètre. Cet outil peut être employé par les fermiers pour pratiquer tous les travaux de clôtures. Le bout du fil à enrouler est passé au travers d'un crochet pour être conduit par un petit trou dans la tige r
- du T, puis il est tordu à la I,)‘ main sur le tuyau en faisant tourner le T. Lorsque le fil
- L’enroule-
- Enrouleur à main.
- est tendu, le crochet est
- enfoncé entièrement pour le maintenir.
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- VARIETES
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- sLES FACTEURS CLIMATÉRIQUES DE
- - - if faut deux ans pour que s’accomplisse une fructification de nos arbres.
- La première année est une année de préparation : l’arbre construit des boutons floraux.
- La seconde est l’année de réalisation : les boutons construits précédemment s’ouvrent; les fleurs s’épanouissent, la fécondation s’opère. Sous l’afflux des aliments de réserve qui leur arrivent, les ovaires (futurs fruits) grossissent et mûrissent. Ils passent alors par la main du jardinier qui les cueille et c’est la récolte, ou bien ils tombent comme les glands, les faînes de nos forêts, et c’est l’ensemencement naturel.
- Les arbres d’une haute fertilité, vignes, pêchers en général, pommier Belle fleur jaune, et quelques poiriers peuvent, simultanément, nourrir des fruits et construire des boutons floraux qui seront des fruits un an après, en même temps que d’autres boutons se formeront, assurant une fructification sans repos; mais sur la généralité des poiriers et des pommiers ce degré de fertilité ne peut s’obtenir que fort difficilement.
- Enfin, certaines années, les facteurs climatériques (lumière, chaleur, pluie), agissant dans un sens singulièrement favorable, nous assistons à une préparation fruitière d’autant plus considérable qu’elle s’étend à tous les arbres, quelle que soit leur essence.
- Nous avons eu, précisément, une situation de ce genre en 1921. La chaleur qu’il a fait en été, et même après; l’éclat très lumineux du ciel presque toujours sans nuage, la sécheresse, tous ces états anormaux ont provoqué l’apparition d’un nombre incalculable d’organes floraux qui, s’épanouissant l’année suivante, ont procuré une fructification extrêmement abondante aussi bien sur les arbres des vergers que sur ceux des vignobles, des forêts et des parcs d’ornement. Vignes, poiriers, pommiers, cerisiers, pêchers, ormes, frênes, hêtres, chênes, charmes, houx, etc., ont souvent plié sous le poids de la production.
- En interprétant les résultats des expériences faites sur des données analogues, il nous est facile aujourd’hui de voir comment ont agi les éléments climatériques de cette exceptionnelle année et quelles conclusions pratiques il est possible d’en tirer. Passons-les donc en revue.
- La lumière. — La matière verte, ou chlorophylle des plantes, lorsqu’elle est baignée de lumière, décompose immédiatement le gaz acide carbonique de l’air en oxygène qui est rejeté et en carbone que la chlorophylle combine aussitôt avec les éléments de l’eau (hydrogène et oxygène) pour former des hydrates de carbone : une sorte d’alcool, d’abord, devenant ensuite glucose, saccharose, maltose, dexlrine, puis amidon. Tout ceci se passe très vite et dans la feuille elle-même. C’est une digestion. En même temps, une autre digestion a lieu, toujours dans la feuille, c’est celle des matières minérales azotées qui sont transformées en matières albuminoïdes.
- Pendant le jour, l’amidon formé dans les feuilles-s’y accumule ; il n’émigre dans les autres organes que la nuit ou à la lumière diffuse, de sorte qu’à un moment de la journée, la feuille en est parfois saturée au point de ne plus pouvoir en former d’autre. La quantité maximum que peut emmagasiner cet organe varie selon les espèces; tandis qu elle atteint 16 gr. par mètre carré pour la vigne, elle n’est que de i3 à 14 gr. pour la ronce (Sapoznikow).
- Mais il y a un degré d’éclairage et un degré de chaleur au-dessus et au-dessous desquels la digestion chlorophyllienne diminue.
- On sait, par exemple, que le maximum de décomposition de l’acide carbonique est toujours atteint bien avant que les feuilles soient directement baignées de soleil (Timiriazeff).
- Sapoznikow trouve que la quantité d’hydrates de carbone formée dans les feuilles par unité de temps et par unité de surface, quelles que soient les plantes, est en raison directe de la clarté du ciel. Ainsi, en une heure et pour un mètre carré de feuilles, un HeUant/ius produit o gr. 729 d’hydrates de carbone par ciel clair et seulement o gr. 140 par ciel couvert.
- La chaleur, — Les végétaux n’ont pas plus de chaleur
- LA FRUCTIFICATION DES ARBRES
- naturelle qu’un animal à sang froid, un ver de terre ou un poisson. Ils vivent de la chaleur solaire comme de sa lumière.
- Des arbres (les Résineux) accomplissent encore, mais faiblement, la digestion chlorophyllienne à o°. Cependant l’élévation de la température accélère ce phénomène. Mais si la température considérée dépasse une certaine mesure, la fonction chlorophyllienne est ralentie ; si elle monte davantage, la fonction cesse, et si elle s’élève plus encore, la plante meurt (G. André).
- Chez une Ronce, d’après Ivreusler, la digestion étant représentée par 1 à i°,3 C., et par 2,6 à 200. acquiert son maximum (3) par une température de 25°, puis elle décroît ensuite au fur et à mesure que la température monte pour retomber à 1 quand le thermomètre marque 46°-
- C’est à ces moments de grande chaleur que la plante, réagissant, se défend avec énergie par une évaporation intense qui abaisse la température de ses feuilles.
- Il apparaît maintenant que la digestion chlorophyllienne de nos arbres fruitiers, en 1921, a dû être plutôt modérée, ralentie par une lumière et une chaleur qui ont presque constamment dépassé la bonne mesure.
- La préparation fruitière qui est apparue n’a donc pas été produite directement de ce chef. Mais en y regardant d’un peu plus près on s’aperçoit que si la production des matières de réserves, telles que le glucose, l’amidon, etc., a été moyenne, fort peu de ces éléments ont été transformés en cellulose, c’est-à-dire en branches et feuilles. En effet, les arbres n’avaient pas seulement à réagir contre l’intensité de la chaleur et de la lumière, ils avaient à se défendre contre la sécheresse et ils se sont défendus en réduisant l’expansion de leurs branches et de leurs feuilles, C’est-à-dire qu’en majeure partie, le glucose, les albuminoïdes et Y amidon fabriqués sont demeurés intacts, prêts à servir la fructiflca-tion.
- L’eau. — Le rôle de l’eau est considérable. Elle est dans une proportion de 80 à 90 pour 100, la substance même des végétaux; mais elle est aussi un dissolvant des matières minérales du sol (nitrates, phosphates, sels d’ammoniaque et de potasse, etc.).
- De ce fait, et aussi par ses constituants (hydrogène et oxygène), elle est un aliment, un des composants des matières sucrées et de l’amidon. Enfin elle transporte dans tous les organes de la plante les aliments bruts, tels qu’ils viennent du sol, et les aliments digérés tels qu’ils sont issus de la fonction des feuilles. A cet autre point de vue, l’eau est un véhicule.
- Replaçons-nous dans les conditions de milieu de l’année 1921 : chaleur et lumière intenses, sécheresse.
- Sous l’action directe du soleil, la matière verle des feuilles, dont le pouvoir absorbant des radiations calorifiques est fort élevé, s’échauffait et provoquait, comme réaction de défense contre la chaleur, une transpiration pouvant s’élever jusqu’à 80 et 88 pour 100 du poids des feuilles, c'est-à-dire environ 60 à 65 gr. par heure et par mètre carré de surface foliaire.
- De pareils chiffres nous permettent d'imaginer quelle perte d’eau ont subi nos arbres pendant tout l’été sans pluie de 1921.
- Cette perte a été tellement considérable que cet élément a fini par devenir insuffisant et le transport des matières de réserves s’en est ressenti, Il a été impossible notamment, aux arbres considérés, d’assurer un ravitaillement suffisant des racines et des tiges trop éloignées des feuilles d’où partaient les hydrates de carbone (amidon ou isomères de l’amidon) et les albuminoïdes qui leur étaient en partie destinés.
- Au lieu de se répandre partout, les réserves sont restées en l'air-, les feuilles semblent les avoir déposées à la base de leurs pétioles, dans les bourgeoüs de leurs aisselles, où elles se sont immobilisées (par suite de la sécheresse, de la déshydratation générale), et c’est ainsi qu’on vit une masse considérable de ces bourgeons devenir des boutons floraux, grâce à cette suralimentation locale créée par le manque d’eau,
- A ce moment (c’est-à-dire en septembre 19ai) beaucoup d’arbres furent en danger; mais en majorité ils surent encore réagir en laissant tomber leurs feuilles
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- VARIETES
- devenues désormais dangereuses par leur menace d’évaporer, non un surcroît d’eau qui n’existait plus, mais le constituant liquide même des arbres, constituant sans lequel la vie de son protoplasma, celle de ses ferments, celle de son organisme total, seraient impossibles.
- En résumé, si les facteurs climatériques de 1921 n’ont pas agi en créant une quantité plus abondante de réserves nutritives, ils ont empêché une dépense excessive de ces réserves en cellulose (bois, branches, etc.), et surtout ils ont localisé les réserves considérées dans les rameaux, au voisinage des feuilles, où elles ont organisé des boutons floraux.
- Bref, la fructification extraordinaire dont tous les arbres nous ont donné le spectacle est le résultat d’un
- déséquilibre dans la distribution des réserves, déséquilibre provoqué à l’origine par la grande sécheresse de l’année 1921.
- Si naturelles qu’elles soient, de pareilles fructifications sont exceptionnelles. Elles épuisent les arbres parla somme énorme de substances utiles dont elles les privent.
- L’arboriculteur averti sait toujours tirer parti des phénomènes analysés ici, soit qu’il les laisse se manifester à leur gré s’ils agissent dans le sens le meilleur, soit qu’il intervienne, pour en aider l’action, lorsque cette action est insuffisante, ou pour la freiner, au contraire, lorsqu’elle devient excessive et dangereuse.
- Georges Bellaur.
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- BOITE AUX LETTRES
- C*K~
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Pintrand, à Thiers. — 1° La maison Mobiloil, 34, rue du Louvre, vous fournira tous renseignements sur les huiles qui conviennent à chaque cas spécial. 20 Une bonne composition à’adhésif pour cour-
- roies est ainsi obtenue :
- Colophane....................i5o gr.
- Poix noire...................200 —
- Cire jaune..................t5o —
- Huile de pied de bœuf . . . 5oo —
- M. M. Pour, à Paris. —• La plupart des peintures à l’eau dites lavables sont constituées par du silicate de soude additionné de 20 pour 100 d’huile de lin au moyen duquel on délaie le pigment. Vous pourrez trouver ce genre de peinture dans les maisons suivantes : Le Solo, chez Guittet, 2, cité Paradis ; le Lithochrome aux Etablissements Rambaud, à Aubervilliers ; la Mondiale, 42, rue de la Jonquière; l’Euchromine, 9, rue du Congo, à Aubervilliers; la Palma, chez Bind’schedler, n, rue Blanche.
- M. G. Kehrer, à Laeken. — Pour déterminer la densité d’un liquide en se servant de la balance et d’un thermomètre plongeur, on se base sur le principe d’Archimède d’après lequel tout corps plongé dans un liquide éprouve de bas en haut une poussée égale au poids du liquide déplacé. On commence par équilibrer dans l’air le plongeur au moyen d’une tare dont il est inutile de connaître la valeur en poids marqués. On fait alors pénétrer le plongeur dans le liquide considéré, puis on rétablit l’équilibre en chargeant le plateau qui supporte le plongeur, de poids connus, par exemple 1 gr. 264.
- On répète l’expérience en introduisant cette fois le plongeur dans l’eau distillée et on constate que pour rétablir l’équilibre il faut mettre en poids marqués 1 gr. 717. ^
- Dans les deux cas, le volume déplacé est le même, c’est le volume du plongeur. La densité étant le rapport entre le poids du corps et le poids d’un même volume d’eau distillée pris à la même température, la densité sera 1,264 : 1,717 — 0,736. La variation de densité du liquide avec la température dépend de son coefficient de dilatation.
- M. G. Adam, à Boulogne-sur-Mer. — i° Dans les conditions que vous indiquez, la meilleure solution est de faire cimenter le mur de votre couloir avec un ciment hydraulique. 20 Ouvrages sur la Radiographie : La Technique des Rayons X, par Hébert ; éditeur Masson. Manuel pratique de Radiographie, par Brunei; éditeür Gauthier-Yillars, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Radiognostic technique, par Jaugeas ; éditeur Masson. Les Rayons X, par de Broglie. Conférence-rapport de la Société de Physique, Presses Universitaires de France, 1922. Vous trouverez en outre un grand nombre de renseignements pratiques sur la question dans le Journal de Radiologie, édité par Masson.
- M. Culot, à Cambo. — Lutte contre la poussière sur les routes. La poussière des routes provient de l’usure des matériaux de la chaussée, qui sont comme meulés par le passage des véhicules. Le moyen qui paraît le plus efficace pour empêcher la poussière est donc de lutter contre cette usure en revêtant la chaussée d’un enduit protecteur élastique. C’est ce que l’on fait avec le goudronnage superficiel.
- Ce procédé se répand rapidement ; il exige un matériel spécial et un personnel exercé. Il assure aux routes une protection d’assez longue durée. Un autre moyen de protection est de maintenir agglutinées les particules usées ; c’est ce que l’on réalise par l’arrosage à l’eau pure; l’effet n’en est que de courte durée.
- Aux Etats-Unis, on pratique couramment des arrosages aux huiles de pétrole ; procédé impraticable en Europe en raison du coût élevé de ces produits. On a préconisé aussi les arrosages antipoussière, genre Westrumite, effectués avec des huiles à paraffine ou asphaltiques émulsionnées et rendues nuisibles à l’eau par un savon. Ces arrosages, du reste coûteux, ne sont efficaces que pendant quelques jours; il faut ensuite les renouveler. Actuellement, quand on veut protéger temporairement une chaussée contre la poussière, on pratique surtout l’arrosage au moyen d’une solution de chlorure de calcium; ce sel est déliquescent; c’est-à-dire très avide d’eau, cristallisant dans les interstices des pierres de la chaussée, il s’humidifie en absorbant l’eau de l’atmosphère qu’il retient longuement. La dissolution saline doit être répandue en deux arrosages assez rapprochés de façon que 1 m2 de chaussée reçoive 1 kg de chlorure de calcium. Si le temps reste sec, on pratique quelques arrosages supplémentaire*s à l’eau pure. L’effet peut se maintenir 5 à 6 semaines. Pour plus de détails, consulter l’ouvrage Les chaussées modernes, par L. Garrian, Baillière, éditeur.
- Foyer du soldat, Secteur 25. — i° Pour vider un tub dans une cuisine on peut utiliser la force vive de l’eau du robinet pour alimenter une petite trompe à eau aspirante. La Société anonyme Crystal, i5, rue Hégésippe-Moreau, Paris, pourrait sans doute vous fournir cet accessoire dont elle munit ses baignoires.
- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur la technique des laques d’art. Nous consacrerons un article à cette question.
- M. E. A., à Jette (Belgique). — i° Préparation du cidre champagnisé. Voici une formule qui donne de bons résultats : A é\5o litres de cidre de bonne qualité ajouter i3 à 14 litres de miel fin ou 10 kg de sucre granulé. Bien agiter, abandonner au repos pendant une semaine, puis clarifier le cidre au moyen de 2 litres de lait écrémé, et ajouter 18 litres d’alcool. Au bout de 2 à 3 jours, on peut mettre le cidre en bouteilles. 20 II faut observer que le cidre est dit mousseux lorsqu’il le devient par le dédoublement de son sucre en acide carbonique et en alcool, sans adjonction de liqueur de titrage augmentant le degré, tandis que le cidre champagnisé est au contraire celui qui est traité comme les vins de Champagne (liqueur de titrage, dégorgement). Les cidres fermes, même un peu verts, sont ceux qui produisent le plus de gaz acide carbonique. Pour rendre un cidre mousseux il faut d’abord le clarifier, puis, au
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- BOITE AUX LETTRES
- printemps, le mettre en bouteilles et ranger celles-ci dans une cave dont la température ne doit pas être inférieure à i o°. et variant le moins possible, pour obtenir la fermentation plus ou moins rapide du cidre. Quand celle-ci est achevée et le dépôt bien formé, les bouteilles sont alors mises sur pointe, inclinées d’abord de 3o à 35°, le goulot en bas, sur une planche percée de trous ovalisés. Onles tourne chaque jour, pour faire descendre le dépôt sur le bouchon; lorsque ce dépôt est bien descendu, on débouche vivement; la pression de l’acide carbonique chasse dépôt et bouchon. Le liquide évacué est remplacé par une liqueur faite avec du cidre vieux et du sucre candi (environ 20 gr. par bouteille). On bouche avec un bouchon neuf qu’on ligature à la ficelle ou au fil de fer; ensuite on range les bouteilles dans un lieu sec.
- T. S. F. — M. B., à Lyon (Rhône). — \° La réception à grande distance en haut-parleur sur cadre est assez délicate au moyen d’un amplificateur ordinaire. Vous auriez des résultats plus sûrs en employant un montage super-hétérodyne.
- a0 Vous pouvez utiliser un cadre de 2 m. de côté et de 1 m. 40 profondeur et enrouler 20 spires de fil 8/10 de millimètre isolé 2 couches coton, écartées de 2 cm. Ce cadre aura approximativement une longueur d’onde propre de i3oo m.
- M. Raphaël Germey, à Madrid (Espagne). — Il est meilleur d’utiliser des manettes à plots au lieu de curseurs pour le réglage des selfs ; le réglage est plus précis et surtout le contact est bien meilleur. D’ailleurs, en employant des selfs en galettes, l’emploi de curseurs serait évidemment impossible.
- M. le lieutenant Deschepper, Armée belge d’occupation. — i° Les lampes à cornes sont utilisées avec des amplificateurs à résistances pour la réception des ondes courtes, parce que les connexions d’entrée grille, filament et plaque sont nettement séparés, ce qui a pour effet d’éviter les capacités parasites si nuisibles aux très hautes fréquences des ondes courtes ; les lampes à cornes se montent exactement comme les lampes ordinaires.
- 20 La réception est plus forte lorsqu’on porte la tension de plaque de 4° à 80 volts parce que le courant filament-plaque augmente en même temps que la tension de plaque. Cependant, le courant filament-plaque n’augmente pas indéfiniment en fonction de la tension de plaque, il y a une limite correspondant à un courant dit de « saturation » et c’est pourquoi il n’y a pas intérêt, lorsqu’on chauffe le filament à 4 volts, à augmentér la tension de plaque à plus de 80 volts ; d’ailleurs, pour les amplificateurs haute fréquence à résistances, les éléments sont calculés pour une certaine tension de plaque et on obtient donc un mauvais rendement en augmentant celle-ci au-dessus de 80 volts.
- La tension de plaque optima varie d'ailleurs avec la caractéristique, c’est-à-dire avec le type de tube à vide employé. Ce que nous venons de dire s’applique aux lampes de réception du type français.
- 3“ Le rendement d'une lampe à faible consommation est généralement assez peu satisfaisant; le fonctionnement autodyne semble par exemple être difficile lorsqu’on emploie ce type d’audion; en outre, sa fragilité est très grande.
- D‘ Legras, à Cherbourg (Manche). — Vous pouvez améliorer le rendement d’un amplificateur à résistances en employant des lampes à cornes ; si vous utilisez à la suite de cet amplificateur 2 étages BF, il vous sera possible avec une antenne de bon rendement de recevoir l’émission de l’Ecole des P. T. T. Ces résultats seraient encore meilleurs à l’aide du dispositif super-hétérodyne.
- M. Cassan, à Hérépian (Hérault). — Nous décrirons sans doute prochainement le montage en superréaction ; ce montage est d'ailleurs loin de présenter tous les avantages que vous énumérez.
- M. de France de Tersant, à Cardiff (Angleterre). — i° Nous vous remercions des renseignements fournis sur les émissions du Broadcasting anglais qui nous ont beaucoup intéressés.
- 2e Nous donnerons prochainement les délails de construction d’une super-hétérodyne.
- 3° Les transformateurs qui sont intercalés entre la sortie d’amplificateur et les récepteurs ou entre un amplificateur haute et basse fréquence et une boîte d’amplification sont généralement à rapport 1. Ils
- peuvent être simplement à noyau de fer ou à circuit magnétique fermé. Généralement, on emploie du fil de cuivre de 8 à 12/100 isolé à la soie. Bobiner 4000 tours pour le primaire, 5ooo tours pour le secondaire sur tube de 7 cm de long et d’environ 12 à i5 mm de diamètre. Tube en bois isolé par couches papier ou carton paraffiné Enroulements isolés par papier paraffiné ou carton. Noyau en fils de fer doux.
- M. Gippet, Le Chambon de Tence (Haute-Loire). — i° Avec le montage d'accord Reinartz, vous pouvez utiliser une lampe détectrice suivie de 2 lampes amplificatrices BF. à transformateurs ; vous pouvez utiliser une antenne en nappe ou prismatique dont la longueur n’est pas limitée, puisque c’est là l’avantage du dispositif Reinartz.
- 2° Pour la lampe détectrice et les deux étages basse fréquence, vous pouvez utiliser la même batterie de chauffage et la même batterie de tension.
- 3° Les cinq volts indiqués dans l’article de La Nature pour le chauffage du filament sont nécessaires seulement avec une lampe spéciale ; le Reinartz, utilisé avec une lampe française ordinaire, n’exige qu’une tension de
- 4 volts.
- 4“ Pour les réceptions indiquées, l’antenne employée était une antenne prismatique en T.
- Les appareils se composaient simplement d’une détectrice munie de lampes basse fréquence.
- 5“ Il est évident que le Reinartz, par son principe même, n’offre aucun intérêt pour la réception des ondes longues.
- M. G. Carré, au Perreux (Seine). — Pour la construction d’un transformateur haute fréquence, il nous semble que la quantité de fil que vous désirez employer est
- beaucoup trop grande. Vous pouvez choisir le rapport -,
- mais il suffit d’employer 5o à 60 m. de fil 12/100 pour chaque enroulement.
- Pour les connexions intérieures de l’appareil, employez du fil nu 9/10 millimètre de diamètre.
- M. X., à Paris. — Pour recharger une batterie d'accumulateurs sur le courant continu 110 volts il suffit d’employer un rhéostat composé par des lampes à filament de charbon montées en parallèle. Le nombre de ces lampes varie suivant la capacité de l’accumulateur. Si la capacité de l’accumulateur est par exemple de 60 ampères-heure, on raisonnera ainsi :
- Pour charger l’accumulateur il faudra un courant de charge de 6 ampères et il faudra perdre 110 v. — 6 v. = 104 v. dans une résistance extérieure de io4 ,
- —g- = 17 ohms environ.
- Or, une lampe à filament de charbon de 3a bougies consommant environ 3 watts 1/2 par bougie absorbe environ un ampère et sa résistance à chaud est donc
- de — = 110 ohms.
- 1
- Pour avoir la résistance voulue de 17 ohms, il faudra donc placer 6 lampes en parallèle et parfaire le réglage si l’on veut, à l’aide d’un petit rhéostat.
- On voit par ce résultat approché que dans ce cas particulier, on peut appliquer la règle suivante : employer autant de lampes de 32 bougies montées en parrallèle que l'on désire avoir d’ampères dans le circuit de charge.
- 2° Il est facile de placer dans le circuit un conjoncteur-disjoncteur qui ferme le circuit au moment où les accumulateurs ont besoin d’être rechargés, nous indiquerons d’ailleurs prochainement dans une chronique tous les détails sur la recharge des accumulateurs.
- M. U. V. T., Paris. — Le. voltage nécessaire pour le chauffage du filament dans l’appareil type Reinartz dépend'du type de lampes employé. Avec les lampes ordinaires, type français, il est de 4 volts, et il est de
- 5 volts lorsqu’on utilise une lampe d’émission. .L’ensemble C3 et r représente la capacité shuntée servant à rendre la lampe détectrice. La capacité est de 5/iooooo de microfarad shuntée par une résistance de 4 mégohms.
- M. le Dr Lainey, Paris. — i° Dans l’enroulement de la self en fond de panier type américain, ou en tube type anglais, les prises de plot doivent être de préférence des boucles fixées aux plots.
- 20 II est préférable d’utiliser des plots pour le réglage des selfs (voir réponse à M. Germey, de Madrid).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. «
- » Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/o pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Géométrie descriptive, par G. Monge, augmentée d'une théorie des ombres et de la perspective, extraite des papiers de l’auteur, par B arnabéBrisson (Collection des Maîtres de la Pensée scientifique). 2 vol. in-16 illustrés. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 6 francs.
- La géométrie descriptive est une branche des mathématiques appliquées qui est due tout entière au génie inventif de Monge. Son enseignement est aujourd’hui universellement répandu, et cristallisé dans nombre d’ouvrages où du reste on trouve rarement cité le nom de son créateur. La réédition dont M. Solovine vient d’avoir l’heureuse idée nous donne l’occasion de relire l’ouvrage original de Monge; on y constate avec une agréable surprise qu’il contient, exposée avec lumineuse clarté, la substance même de ce que l’on enseigne aujourd’hui et qu’il reste même pour notre temps un instrument didactique de premier ordre dont la lecture est à conseiller à tous les débutants. On y trouve autre chose encore : à chaque page s’exprime la pensée profonde qui animait Monge : mettre la science au service de la pratique pour donner «à la technique des armes sûres, d’emploi commode; Monge ne fait pas de dilettantisme; le souci des applications pratiques le guide constamment ; à chaque pas il montre le parti qui peut être tiré des méthodes qu’il explique si clairement. Et il n’a garde d’oublier parmi ces applications celles qui peuvent aider la géométrie pure elle-même. Ces aperçus restent aujourd’hui encore du plus vif intérêt et donnent au livre de Monge à la fois la force et l’agrément.
- Cours de mécanique céleste, par M. H. Andoter, membre de l’Institut. Tome I. 1 vol. 44» p- Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1923. Prix : 5o francs.
- Ce savant ouvrage est destiné surtout aux. astronomes praticiens, en particulier aux calculateurs. L’auteur y expose sous une forme très personnelle les méthodes classiques de la mécanique céleste, avec de nombreuses additions originales; chaque exposé théorique est aussitôt éclairé par une application numérique à un cas concret. M. Àndoyer s’est attaché à fixer rigoureusement le choix des formules, la suite et l’ordonnance des calculs en vue d’atteindre une approximation déterminée. Ce premier volume contient tout d’abord le rappel des théories générales, puis une étude complète du mouvement képlérien : détermination des orbites, calcul numérique des perturbations, développement analytique de la fonction perturbatrice. Manuel de Varpenteur-métreur, par J. Rabatk. i vol. in-18, 366 p., i5o fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- L’ouvrage débute par des notions de géométrie, de trigonométrie, et de calcul logarithmique. Il décrit ensuite les appareils usuels de l’arpentage et de la topographie, puis les opérations topographiques et celles d’arpentage, et se termine par des notions de métrage et de vérification des devis de bâtiments.
- Les huiles en mécanique (graissage, combustibles liquides),parG. Franche, i vol.in-i6devm-376p., 1 i8fig. Desforges, éditeur. Paris, tgi3. Prix, broché : 16 fr. 5o.
- Les huiles employées en mécanique sont, soit des huiles minérales provenant de la carbonisation de la houille, ou du raffinage des. pétroles, soit des huiles végétales ; l’auteur résume tout d'abord sommairement les procédés de fabrication; puis il définit les qualités commerciales des huiles et décrit les procédés employés pour les mesurer : densité, viscosité, onctuosité, fluidité, inflammabilité, volatilité, pouvoir calorifique, pouvoir lubrifiant ; il résume ensuite les notions élémentaires et classiques sur le frottement; on regrettera de ne trouver dans ce chapitre aucune indication sur les théories d’Osborne Reynolds qui ont permis en ces dernières années la création de pa-
- liers plus simples et plus parfaits que ceux employés jusqu'alors. L’auteur étudie ensuite le graissage des cylindres de machines thermiques, en décrivant les principaux graisseurs en usage et en précisant les qualités de l’huile nécessaire ; puis il passe au graissage des mouvements, notamment des paliers, mais en omettant la description des paliers type Michell ; enfin au graissage des roulements à billes. Un chapitre spécial est consacré au graissage des moteurs d’automobiles ; l’ouvrage se termine par des notions sur la fabrication des lubrifiants et sur les combustibles liquides.
- OEuvres de Pasteur, réunies par Pasteur Valiæry-Radot. Tome I. Dissymétrie moléculaire. 1 vol. in-8, 480 p., nombreuses fig. et 1 portrait hors texte. Prix : 5o fr. Tome II. Fermentations et générations dites spontanées. x vol. in-8, 660 p., nombreuses fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 65 francs.
- Les travaux de Pasteur n’avaient jamais été réunis. Us étaient épai s dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, dans des revues, dans des journaux scientifiques. Seules les études sur le vin, sur la bière et sur la maladie des vers à soie avaient été réunies en volumes. Le Dr Pasteur Yallery-Radot a rassemblé et classé ces travaux. Il a divisé l’œuvre en six étapes : la dissymétrie moléculaire ; les fermentations et les générations dites spontanées ; les études sur le vinaigre et sur le vin; la maladie des vers à soie; les études sur la bière; les maladies virulentes et les virus-vaccins. L’ordre adopté pour chaque série de travaux a été l’ordre chronologique. Le texte original de Pasteur a été intégralement reproduit. Un grand nombre de notes ont été ajoutées au texte. Quelques pages inédites ont été insérées.
- « Ces Notes, ces Leçons et ces Mémoires rassemblés montrent, dit le Dr Pasteur Yallery-Radot dans son Avant-Propos, l’immensité de l’œuvre et son unité. Par un enchaînement de faits, de raisonnements et d’expériences. Pasteur fut conduit de la dissymétrie moléculaire aux fermentalions, puis à l’étude des générations dites spontanées, enfin aux maladies transmissibles, aux virus-vaccins et à la prophylaxie de la rage. »
- Le tome I réunit les Thèses de chimie et de physique et les travaux de cristallographie. Ces travaux comprennent les recherches sur le dimorphisme, les Mémoires sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire, les recherches sur l’acide racémique, le Mémoire sur les acides aspartique et malique, les Notes sur le dimorphisme, sur l’alcool amylique, le Mémoire sur le mode d’acci'oissement des cristaux, les Leçons à la Société chimique sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels, etc. Enfin ce tome contient des pages inédites écrites en 1878 par Pasteur pour un volume qu’il projetait sur la dissymétrie moléculaire. Il se termine par les rapports de Biot, de Sénarmont, etc. sur les Mémoires de Pasteur.
- De nombreuses notes ont été ajoutées par le Dr Pasteur Yallery-Radot d’après des manuscrits de Pasteur.
- Le tomé II groupe les Mémoires sur la fermentation lactique, la fermentation alcoolique, la fermentation butyrique, la fermentation des acides tartrique et paratartrique, la note relative au Pénicillium glau-cum et à la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels, les Mémoires sur la putréfaction, sur le rôle de l’oxygène dans la destruction des matières! animales et végétales, sur la vie sans air; les Notes à l’Académie des Sciences et les leçons sur les générations dites spontanées, le Mémoire de L.862 sur les corpuscules organisés qui existent dans l’atmo-sphèi’e, la discussion avec Pouchet; les discussions qui s’élevèrent à l’Académie des Sciences de 1871 à 1879 sur l’origine et la nature des ferments ; l’opuscule paru en 1879, intitulé : Examen critique d’un écrit posthume de Claude Bernard sur la fermentation ».
- Des documents, dont certains sont inédits, complètent ce volume.
- Les autres volumes paraîtront prochainement.
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- LA NATURE
- Supplément
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 'è'ô'i sy
- O0>A
- N° 2560 28 Avril 1923
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1923 (*)
- Yoici un mois assez calme, astronomiquement parlant : quelques occultations, une plus grande élongation de Mercure et beaucoup de phénomènes du système des satellites de Jupiter. A signaler particulièrement l’occultation, en plein jour, de l’étoile p Yierge, le ai juin, et la conjonction de Saturne et de la Lune, le 22 juin.
- La longueur des jours viendra d’ailleurs réduire l’intérêt d’un grand nombre d’observations. A l’époque du solstice d’été, en France, la nuit n’est pas complète, le Soleil ne descendant pas à 180 sous l'horizon. Le crépuscule astronomique dure du soir au matin. Le phénomène s’observe fort bien loin des villes éclairées, lorsqu’il n’y a pas de clair de Lune, notamment dans la moitié nord de la France. Cette année, la Lune gênera un peu l’observation de ce phénomène du crépuscule de minuit. On pourra essayer de la faire du 16 au 20 juin, la Lune se couchant le 16, à 2ihi2ra, à Paris; le 17, à 2ih53m; le 18, à 22h3om; le 19, à 23b 3“ et le 20 à 23h33ra.
- Si, le 21 juin, alors que nous observons le crépuscule de minuit, nou s nous d éplacions très ra pidement ver s le Nord, nous verrions le crépuscule augmenter et quand nous attendrions le cercle polaire arctique, nous assisterions au lever du Soleil de minuit. Il faudrait, pour cela, une vitesse autant dire infinie....
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juin, atteint sa valeur boréale maximum :
- -)-23027'. Elleétaitde -^-2tl05y, le 1er juin et ne sera plus que de -j- 23° 13' le 3o. Le solstice d’été se produira le 22 juin, à nb3m. La durée des jours atteint alors sa plus grande valeur, puisque la durée de présence du Soleil sur l’horizon, qui était de i5h49mle icr juin, atteindra i6h7“ à
- Observations physiques. — Un grand nombre d’observateurs ont pris l’habitude de relever chaque jour, soit par le dessin, soit par la photographie, l’image du Soleil. Pour orienter les dessins, on utilisera les éléments suivants (voir la signification des termes P, B0, L0 au « Bulletin astronomique » du N° 2551).
- Dates. P B0 ho
- Juin 5 — 14°i 15 — 0°, I I 159°, 54
- — 10 12°, l4 + of>, 49 930,36
- — 15 — io°,04 + I0.09 270,18
- — 20 — 7°,86 + i°,68 320°,99
- 25 — 5°, 63 -(- 2°,26 2540,81
- — 3o — 30,37 -j- 2°,82 i88°,62
- Lumière z odiacale, lueur anti-solaire, — En raison
- de la longue durée des jours , et de la forte déclinaison
- D. Q. N. L.
- le
- le
- 6, à 9h 19"
- 14, à i2h 42”
- l’époque du solstice et déjà elle retombera à 16h 5m le 3o.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure légale, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Fig. 1. — Marche de la planète üranus sur le ciel pendant l’année 1923. (D’après l’Annuaire astronomique.)
- Les chiffres de 1 à i3 marqués sur la trajectoire indiquent la position d’Uranus le ier de chaque mois (13—1er janvier 1924).
- Dates.
- Juin
- Temps légal du passage.
- i,r nb48“ 9*
- 5 1 i*,48m47s
- IO 1 ih49“42s
- i5 1 ib5om43‘
- 20 11h 5 im 48-
- 25 iib52m53s
- 3o 1 ih 53?* 55-
- Pour un autre lieu en France, le temps légal du passage (ou si l’on veut l’heure que marque à ce moment la pendule de l’Observatoire de Greenwich) sera égal à celui de Paris. moins ou plus la longitude, en temps du lieu par rapport à Paris, moins, si le lieu est à l’Est,plus, s’il est à l’Ouest.
- Si l’on considère que le Soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, on voit aisément qu’il passe au méridien des lieux situés à l’Est de Paris, avant de passer par celui de Paris. Comme on utilise la même heure dans toute la France, il sera donc plus tôt quand le Soleil sera au méridien d’un lieu situé à l’Est de Paris. Il serait plus tard pour un lieu situé à l’Ouest. La différence est le temps que le Soleil met, par le fait de la rotation terrestre, pour passer du méridien du liqu au méridien de Paris. Cette différence est, sensiblement, la longitude en temps. Ainsi, pour Nice, dont la longitude est 19” 52* Est de Paris, le 20 juin, le passage du Soleil au méridien aura lieu à :
- nh5im48’i— i9m 52* ~ 1 ih 3im 56s.
- A Brest, dont la longitude est 27“ 20* Ouest de Paris, le même jour, le passage aura lieu à :
- iTh 5im 48" + 27“ 20*= 12b 19™ 8*.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont données en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de ob à 24", à partir de minuit.
- du Soleil à cette époque de l’année, ces deux phénomènes sont pratiquement inobservables en juin.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pour le mois de juin, sont les suivantes :
- P. Q. le 21, à 20h 46“
- P. L. le 28, à i3h 4m
- Age delà Lune, à midi, le ior juin = i6i,6; le i5 = U,o.
- Pour avoir l’âge de la Lune, à midi, pour les jours intermédiaires, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le i5. Pouruneheure quelconque, on ajoutera 0^,0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le ior = -j-18° 36'; le]i 5 == — 18° 39'; le 28 = -f- i80 39'. Ces époques sont celles où la Lune sera à sa plus grande ou à sa plus faible hauteur au-dessus de l’horizon lors -qu’elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 9 juin, à i9b. Parallaxe = 54' ')" Distance = 4o5 190 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 25 juin, à 15b. Parallaxe = 60' o". Distance =365 470 km. Occultations d’étoiles par la Lune. — Le i,r juin, d Sagittaire (gr. 5,o). Emersion seule
- gr- 5,7),
- avant le
- occultation de visible à 22h . ^ .
- Le 16 juin, occultation de 162 B Gémeaux de i8h55ra à i9h42m (à observer entièrement coucher du Soleil).
- Le 21 juin, occultation de B Yierge (gr. 3,8), de i3b i5m à i4hom (à observer en plein jour. Lever de la Lune, à 1 ih 23“).
- Le 24 juin, occultation de 22 B Balance (gr. 6,4), de 20h 9“ à 20b 4ira.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront tout à fait au début du mois, à la suite de la Pleine Lune du 3o mai, vers le milieu, au moment de la Nouvelle Lune du 14 et à la fin, à l’époque de la Pleine Lune du 28. Yoici quelques-unes de ces marées pour Brest; on remarquera combien leur amplitude est
- faible. „ . ,
- Maree du matin.
- Dates.
- Juin
- 133 m
- Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- ior 5b i3m iœ,oo 17h37“ om,q6
- 2 5h 59“ Om,92 _ l8b 22m om,86
- i4 3b 47“ °m,77 i6h 4m °m>79 Ora,82
- i5 4h 22“ o*,8i i6h 4im
- 16 5h om om,82 i7h i8m om,8ï
- *7 5h 37” om,8i 1711 56“ om,8o
- 18 6h 17” om,78 i8b37“ o“,7Ô
- 26 ib 38m °m>79 t4h r om,83
- 27 2h 34m om,87 i5b ora om,go
- 28 3h 26“ o™, 93 i5h5om om,95
- 4h i4“ o“,95 i6h'37ni ora,95
- 3o 5b om o™,95 I7h 22m o”,93 '7
- Marée du soir.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le phénomène du mascaret, en raison de la faible amplitude des marées, ne se produira pas en juin.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 19^3, donne les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de juin.
- Le 16 juin, même heure, on ne verra que trois satellites à l’Est, dans l’ordre + , II, III, IV. Le iar satellite sera devant Jupiter.
- Le 18 juin, même heure, les quatre satellites seront à l’Ouest, dans l’ordre III, II, I, IY, .
- Le 25 juin, même heure, ils seront à l’Ouest, dans
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à 8. U à sion et VISIBILITÉ
- JUIN Paris. de Paris (d) Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 1 5 3” 52“ nh 48“47s I9h 47“ 4” 5o“ J- 22° 28' 3ï' 34 "8 Taureau
- Soleil . . .• i5 3 48 1 r 5o 43 J9 54 5 31 + 23 *7 3i 32,4 Taureau ))
- 25 3 49 11 52 53 19 56 6 i3 + 23 25 31 31,2 Gémeaux
- 5 3 40 I I 7 l8 34 4 9 + 17 28 11,8 6 Taureau Le matin,
- Mercure. . ! 13 3 6 10 28 *7 5i 4 7 -j- 16 39 9.8 y Taureau > plus grande élongation
- 25 . 2 45 10 r9 53 4 34 -f- 18 44 7,8 a Taureau ' le 23.
- 5 2 47 10 3 17 18 2 59 -f i5 22 n,4 o Bélier ’Un peu visible le matin, avant le lever du Soleil.
- Vénus . . . ! ' a5 2 2 39 35 10 10 I 2 23 ll 18 46 I I 3 4 47 38 4- 18 H- 21 40 12 11,0 10,6 À Taureau oc Taureau
- 5 5 7 i3 i5 21 23 6 16 + 24 23 3,6 g Gémeaux
- Mars. . . .< i5 4 58 i3 4 21 10 6 45 + M 5 3,6 s Gémeaux Inobservable.
- 4 51 12 53 20 55 7 i3 + 23 27 3,6 0 Gémeaux
- Jupiter. . . t5 i5 51 20 49 I 48 i4 3i — i3 36 39,6 oc Balance Presque toute la nuit.
- Saturne . . i5 i3 32 !9 12 I I 12 53 2 53 16,2 44 Vierge Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 23 55 5 32 I I 9 i5 — 5 39 3,4 96 Verseau Le matin, avant le jour.
- Neptune. . i5 8 14 i5 34 22 54 9 i4 + 16 14 2,4 nJ-Tc2 Cancer Un peu visible le soir.
- r. Cette colonne donne l’heure, en temps légal, du passage au méridien de Paris.
- Mercure pourra être recherché le matin, dans la seconde moitié de juin. Il sera à sa plus grande élongation du Soleil le 23 juin, à i3h, à 22°i8' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation sera très favorable pour observer Mercure, en raison de la déclinaison très boréale de cette planète. Voici la valeur de la phase et la grandeur stellaire de Mercure en juin :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 o,o5 + 2,4
- — 10 0,12 + i,8
- — i5 0,20 + i,3
- — 20 o,3i + o,9
- — 25 o-, J a + o,5
- — 3o o,55 -j- 0,0
- On remarquera l’accroissement rapide d’éclat de cette
- petite planète, qui était de 3e grandeur au début du mois, et atteint la grandeur 0,0 le 3o. Cet accroissement est dû surtout à la phase qui augmente. La conjonction avec le Soleil s’est produite le 29 mai.
- Vénus est encore un peu visible le matin dans l’aurore, surtout au début du mois. Le tableau ci-dessous donne les mêmes éléments que pour Mercure^ :
- Date?. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 0,90 — 3,3
- — 10 0,91 — 3,3
- — i5 o,92 — 3,3
- — 20 0,92 — 3,3
- 25 0,93 — 3,3
- — 3o o,94 — 3,3
- Mars est pratiquement inobservable, se couchant vers 2i\ très peu de temps après le Soleil.
- Jupiter est très bien placé pour les observations, son opposition ayant eu lieu au début de mai. Voir ce que nous avons dit au sujet des observations avec une petite lunette, au précédent « Bulletin astronomique ». Les phénomènes présentés par les satellites au cours de leur révolution peuvent être facilement suivis. En voici la liste pour ce 'mois-ci :
- Le Ier juin, à 22h3om, les satellites IY et III seront seuls visibles à droite de Jupiter (image renversée), les deux autres étant derrière la planète.
- Le 4 juin, à la même heure, les quatre satellites seront à l’Ouest de la planète, dans l’ordre IV, III, II,
- 1, •
- l’ordre IY, III, II, I . Curieuse disposition à observer.
- Le 3o juin, même heure, ils seront à l’Est, dans l’ordre -if, I, III, II, IV.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I oh 25“ I 0. c. 10 221' 4o" II O.f.
- — 1 58 I p.f. 11 0 12 III p.f.
- — 21 2 I Im. 16 0 34 I Im.
- — 22 O II Im. — 21 5o I P. c.
- — a3 48 I E. f. — a 2 44 I O.c.
- 2 i 36 II E.f. — 23 59 I P.f.
- — 20 25 I P.f. 17 0 53 I O.f.
- — 21 4 I O.f. — 21 8 II P.c.
- 3 20 6 II 0. f. — 22 5 I E.f.
- — 20 43 III P.f. — . 2 2 56 II O.c.
- — 21 49 III O.c. — 23 26 II P. f.
- — 2 3 33 III O.f. 2 I 21 35 III E.f.
- 8 22 48 I Im. 23 23 39 I P.c.
- 9 0 l9 II Im. 34 20 49 I Im.
- — 20 49 I 0. c. - 23 3o II P.c.
- — 22 11 I P.f. — 23 59 •I E.f.
- — 2 2 h I O.f. 25 20 i5 I P.f.
- 10 20 11 I E.f. — 21 17 I O.f.
- — 20 21 II O.c, 26 22 47 , II E.f.
- — 2 I 6 II P.f. 28 2 I 12 III Em.
- — 22 40 III P. c. —5? a3 48 III E. c.
- Saturne est encore visible le soir, surtout avant minuit. Les éléments de l’anneau, à la date du 11 juin, sont les suivants :
- Grand axe extérieur................ 40",70
- Petit axe extérieur. ........... + 6",44
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. + 90' 7'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . . .................................. -f- 11°34'
- Uranus devient invisible le matin, se trouvant en quadrature occidentale, c’est-à-dire à 90 à l’Ouest du Soleil, le 9 juin. Pendant tout le mois de juin, il se rapprochera
- -il
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- de l’étoile 96 du Verseau. Il en sera constamment à moins de 1/2 degré, ce qui facilitera sa recherche, comme on le voit sur notre petite carte (figure 1 ). Il sera visible, dans une petite lunette, dans le même champ que cette étoile.
- Neptune devient très peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit, qui arrive fort tard en cette saison. On essaiera de le rechercher à l’aide de ses coordonnées célestes :
- Dates
- Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Juin 5 911 i3œ
- — 15 c)*11
- — 20 911 i5m
- IV. Phénomènes divers.
- + i6°i8' 2",4
- + i6° 14' 2", 4
- + 16° 9' 2", 4
- Conjonctions :
- Le 6, à 15h, Uranus en conjonction avec la Lune, à o04V S
- T . P T O Q "V ûniio In T -.ivirt À ^0 n 1\T
- Le 12, à 8h, Vénus Le 12, à'22h, Mercure Le 16, à oh, Mars Le 18, à i8h, Neptune Le 21, à i6\ Mercure Le 22, à 2111, Saturne Le 24, à i4\ Jupiter
- la Lune, à 3° 28' N. la Lune, à o° 4V N. la Lune, à 5° 33' N. la Lune, à 2040' N. Vénus, à 20 38' S. la Lune, à o° 7' N. la Lune, à 3° l\ S.
- La conjonction de Saturne et de la Lune du 22 juin sera particulièrement intéressante à observer, en raison du rapprochement des deux astres, au lendemain du Premier Quartier. Le phénomène sera aisément visible, la Lune se couchant peu après minuit.
- Etoiles filantes. — Aucun essaim très caractérisé ne donne lieu, en juin, à des météores. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en ait pas en ce mois. Toute l’année, on
- peut en observer, venant de directions diverses, qu’il y a grand intérêt à enregistrer sur des cartes, afin de permettre de découvrir de nouveaux essaims non encore signalés.
- Etoile Polaire. — Passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : .,, , .
- Temps sidéral a
- Dates. Heures. Passage. midi moyen de Paris.
- Juin 10
- — 20
- — 3o
- — 3o
- 20 1 r
- Inférieui
- 5h tim x4S,5 5h 5om 40% 1 6h 3ora 5s,7
- 1 i6s
- i9h32m 7S —
- —
- 6h 54m fié5 Supérieur V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le ier juin, à 23h ou le i5 juin à 22h, est le suivant (les lettres et nombres entre parenthèses, suivant le nom des constellations, indiquent les principales curiosités sidérales visibles avec un petit instrument :
- Au Zénith : Le Dragon (v, «D, 0, g); Hercule (a, [3, p, 93, ô, M. 13) ; le Bouvier (=, %, £, 44 b p).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Cassiopée (y;, t, or) ; Capella est à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin (y, S, 2703); la Flèche; la Lyre (ô, e, 4, t;); l’Aigle (i57i, rj) ; le Cygne (p, 0; g, 6 xe) ; le Capricorne; le Sagittaire (X, W, ?, v, 54e1) est au Sud-Est.
- Au Sud .' La Couronne (Z, or) ; le Serpent (ô, 6, v) ; Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g, amas); la Balance (a, 6, P. xiv. 212); le Scorpion (v, to, p, a, \, a).
- A l’Ouest : La Grande Ourse (L Ç, 57, 23 h, a); Chiens de chasse (2, 2, M. 5i); la Chevelure; le Lion (y, 1, 54, v, 88, 90, M. 65); la Vierge (y, 84, 54, 17, nébuleuse). E11. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
- >-
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Dans mon article sur le magnétisme et les pigeons voyageurs paru dans le numéro du 14 avril, j’ai laissé échapper une erreur de noms dont je m’excuse : dans la note de la page 2.36, au lieu de M. Palliez, c’est M. Paul Wéry qu’il faut lire. M. Paul Wéry, qui est un distingué colombophile, a'bien voulu nous apporter de précieux renseignements et un concours empressé.
- Ch. Maurain.
- Correspondance. — A propos des ües du Pacifique (n° 2556). — Un de nos abonnés, M. Cabanis, à Paris, nous écrit :
- « L’ile Tabor existe parfaitement et n’a pas été inventée par Jules Verne. Elle n’est nullement située dans les archipels chiliens, mais quelques degrés à l’est de la Nouvelle-Zélande, sur le 37e parallèle (environ) de latitude sud.
- « Elle est très parement indiquée sur les allas français, mais sur les cartes allemandes et probablement aussi anglaises, elle s’appelle « Maria-Theresa ».
- « C’est ce double nom qui constitue tout le nœud des aventures des Enfants du Capitaine Grant ».
- M. Cabanis serait très aimable de nous donner une référence précise, non empruntée à Jules Verne, qui avait déjà parlé de cartes allemandes et anglaises, sans donner de précisions. La Rédaction.
- Réponses. — M. Eug. Dubosq, à Saint-Pierre-lès-Elbeuf. — Les articles de M. Paul Vincart, vice-président de la Société d’Astronomie d’Anvers, sur la taille des miroirs de télescopes à portée de l'amateur, ont paru dans Ciel et Terre, XXXVIIIe année, n° 4 (avril 1922, p. 126 a 132), n° 5 « mai à juillet 1922, p. i63 à i83) et n°6 (août 1922, p. 243 à 269). Vous pourrez vous procurer ces trois numéros au Secrétariat administratif de la Société belge d’Astronomie; écrire à M. P.-L. Dupont, 63, avenue de l’Opale, à Schaerbeek-Bruxelles (Belgique).
- M. G. L. V. — U oeuf de cane anormal que vous nous
- avez envoyé, est intéressant. C’est un phénomène qu’on rencontre parfois dans les œufs sans coquille ou à coquille très mince par manque de calcaire dans la nourriture.
- M. H. P. — Pour la fabrication des laits concentrés, consulter Martin, Laiterie, Encyclopédie agricole. Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris (6e).
- M. Alliaume, à Paris. — i° Veuillez vous reporter aux indications que nous avons données, sur la teinture des bois, à M. Déjon, à Arpajon (Cantal), dans le n° 2554, page 87 de la Boite aux Lettres.
- 20 La désignation vernis laque est insuffisante pour nous fixer sur le vernis auquel vous faites allusion.
- M. Léon, à Verviers, Belgique! — Le tableau noir sur lequel vous avez appliqué la peinture au silicate avait dû être précédemment peint à l’huile ; dans ces conditions, la préparation suivante s’adaptera mieux,
- pensons-nous :
- Huile de lin..................200 gr.
- Essence de térébenthine......260 —
- Noir animal pulvérisé. . . . . . 3oo —
- Ardoise en poudre ............... roo —
- Emeri dit diamant ....... 3o —
- Vernis gras................... . 60 —
- Siccatif liquide................ 3o —-
- Broyer le noir, l’ai'doise et l’émeri, y ajouter progressivement l’huile de lin, l'essence, puis en dernier lieu le vernis gras et le siccatif. Etendre cette composition sur le tableau, laisser sécher au moins trois jours, donner une seconde couche et éventuellement une troisième si on le juge convenable.
- M. Dubois, à Vierzon. i° Pour nettoyer le cygne, on commence par tremper les plumes dans l’eau oxygénée froide, c’est-à-dire à une température de i8° à 20° au maximum, après avoir ajouté quelques gouttes d’ammoniaque par litre de liquide On laisse baigner sans tasser en retournant les pièces de temps à autre jusqu’à ce que le blanchiment soit obtenu.: Après rinçage on passe à l’amidon cru obtenu en délayant : Amidon de riz. . .... 2ô gr.
- Acide oxalique . ! ..... 1 -—
- Eau froide................. . 4 1000 c. c.
- On agite doucement pour que l’àmidoti pénètre biën le duvet, on égoutte et laisse sécher, enfin on tapotte
- ; 40, 135
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-
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- BOITE AUX LETTRES
- avec une baguette pour faire sortir l’amidon. — N. B. L’addition d’une trace d’outremer au bain d’amidon donne un blanc plus éclatant. 20 Le vernis qui recouvre les jantes de bicyclettes les protège très suffisamment contre les attaques des insectes; d’autre part, les trépidations sont contraires à leur développement, il n’y a donc pas lieu d’envisager une protection spéciale.
- M. A.-M. Simoes, à Lisbonne. — i° Une utilisation possible de la poudre de marbre dont vous disposez en grande quantité serait la préparation de ciments par cuisson après mélange avec de l’argile. 20 Les huiles de graissage peuvent être récupérées facilement en envoyant les produits rejetés par la machine dans un séparateur lequel utilise la différence de densité, l’huile monte à la surface et s’écoule par un trop-plein à mesure qu’elle est chassée par l’eau qui reste en dessous. Il existe un assez grand nombre de modèles d’appareils de ce genre et vous pourrez vous en procurer couramment. 3° On peut préparer une peinture genre Ripolin en faisant macérer ensemble pendant plusieurs jours :
- Caoutchouc pur Para......... 90 gr.
- Nitrobenzine................ 1000 c. c.
- Après dissolution, ajouter 20 gr. du mélange par kilogramme de peinture préparée à la façon ordinaire.
- M. Champeu, à Ax-les-Thermes (Ariège). — Le nitrate d’argent et l’ammoniaque ne sont pas incompatibles, au contraire, lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque à une solution de nitrate d’argent, le précipité qui se forme d’abord se redissout avec la plus grande facilité dès qu’il y a une trace d’alcali en excès. On peut indifféremment employer comme seconde solution, pour la teinture capillaire, le nitrate d’argent neutre ou le nitrate rendu ammoniacal; le seul avantage de ce dernier est qu’étant alcalin il saponifie légèrement la matière grasse qui imprègne le cheveu et le pénètre plus profondément.
- M. Bourgeat, à Sainte-Adresse (Le Havre). — Quel que soit notre désir de renseigner nos lecteurs, il nous est impossible d’entreprendre l’analyse de toutes les spécialités dont une au moins apparaît chaque jour. Vous trouverez d’utiles indications pour l’étude des produits actuels dans les ouvrages suivants : Encres et cirages, par de Keghel, éditeur, Baillière, 12, rue Haute-feuille; Encres et cirages, par Gonillon, éditeur Garnier, 6, rue des Saints-Pères.
- M. Remède, à Bordeaux. — Vous pouvez préparer une excellente colle de bureau inaltérable en opérant ainsi :
- Prendre : Gomme arabique. . 55 gr.
- Eau froide......... 100 —
- Laisser digérer en agitant, pendant plusieurs jours, jusqu’à dissolution complète.
- U’autre part, préparer une dissolution composée de :
- Sulfate d’alumine............... 2 gr.
- Eau chaude ....................25 c. c.
- Mélanger cette solution avec la première et laisser au repos, l’acide gummique qui était combiné à la chaux dans la gomme naturelle se porte sur l’alumine pendant que l’acide sulfurique s’empare de la chaux en donnant du sulfate de calcium qui se précipite.
- On attend quelques jours que la sédimentation soit complète et que le liquide ait acquis une limpidité parfaite, on décante avec précaution et met en bouteilles.
- T. S. P. — M. J. Plassard, à Paris. -— Pour recharger une batterie d’accumulateurs de 6 volts, sur le courant du secteur 110 volts alternatif, il faut utiliser un redresseur de courant après avoir abaissé la tension à l’aide d’un petit transformateur. Les redresseurs de courant les plus simples et les plus faciles à employer sont la soupape électrolytique et le redresseur Tungar, à argon. Vous trouverez des détails sur ces appareils dans le Poste de VAmateur de T. S. F. (Chiron éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Pour réaliser une installation de charge automatique vous pourriez utiliser un électro-aimant relié aux accumulateurs. L’armature serait équilibrée par un contrepoids. Lorsque la tension des accumulateurs baisserait l’armature serait libérée et l’extrémité mobile monterait, fermant le circuit du redresseur. Au contraire, lorsque la tension désirée serait atteinte, l’armature serait attirée de nouveau et le circuit du redresseur ouvert.
- M. R. Téheim, au Caire. — i° Avec un bon cadre de am ^ vous pouvez entendre les émissions de T. S. F., mais la réception des émissions radiotéléphoniques est
- très difficile à si grande distance. Sans doute avez-vous ou aurez-vous bientôt des postes émetteurs locaux plus faciles à recevoir.
- 20 On peut augmenter la puissance d’un poste en utilisant une hétérodyne séparée et en employant un étage de superamplification avec batteries séparées (voir n° 2542).
- 3° Pour recevoir les émissions depuis 2000 m. de longueur d’onde environ, employez un cadre de 2 m. de côté comportant 3o spires écartées de 1 cm à 2 cm.
- M. A. Marchand, à Paris. — i° Le montage Reinartz n’est pas applicable à la réception sur cadre. Pour avoir un montage fondé sur le même principe, c’est-à-dire, pour recevoir les ondes courtes avec un cadre de très grandes dimensions, il suffirait, au lieu d’un seul cadre, de se servir de plusieurs cadres couplés en parallèle, ce qui diminuerait la self. Ce montage est inutile en pratique, il serait d’ailleurs délicat à appliquer et fournirait des résultats très incertains.
- 20 Le dispositif d'accord Reinartz est fabriqué par la maison Montastier, 8, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. Maurice Crépin, à Amiens (Somme). — i° Les fils constituant une antenne en parapluie doivent avoir la même longueur. Nous ne comprenons pas la raison pour laquelle vous avez l'intention de les doubler, ce qui est tout à fait inutile.
- 20 La prise de poste doit se faire au sommet de l’antenne, qui doit être isolé, et auquel doit être fixé le fil de descente.
- M. J. Ivonnet, à Cachan (Seine). — Votre antenne nous semble déjà devoir être d’un bon rendement si elle est bien isolée et située à une hauteur suffisante.
- Pour construire une antenne tubulaire, vous pouvez utiliser des cerceaux de 1 m. 5o de diamètre et employer 5 ou 6 brins. Cette antenne donne de bons résultats, même si elle est de longueur moyenne.
- M. J. Snœck, à Bruxelles. — i° La boîte d’accord Reinartz est construite en France par la maison Montastier (voir réponse à M. Marchand). On utilise généralement avec cette boîte d’accord une détectrice et 2 lampes BF. En employant une lampe ordinaire pour la détection, un chauffage de 4 volts suffît. Les résultats sont, généralement encore meilleurs avec une lampe type émission et dans ce cas le chauffage doit être plus poussé.
- 20 En utilisant une lampe détectrice à réaction suivie de deux lampes BF ou 3 à la rigueur vous devez, avec une bonne antenne, obtenir la réception en haut-parleur.
- Les amplificateurs H. F. à transformateurs interchangeables sans fer, types anglais, sont généralement d’un bon rendement, mais par contre d’un réglage extrêmement délicat. Il est nécessaire, entre autres précautions, d’utiliser des manches isolants de grande longueur pour éviter l’influence nuisible du corps de l’opérateur.
- Nous pensons donc que vous pourrez obtenir des résultats suffisants avec le Reinartz, ou une détectrice suivie d’étages BF. Puisque, par suite des conditions locales, vos réceptions sont brouillées,vous pouvez, pour les améliorer, utiliser un Tesla, réalisé simplement à l’aide de deux galettes de self en nid d’abeilles.
- Le rendement de votre poste dépendra également de votre antenne, dont vous n’indiquez pas d’ailleurs les caractéristiques.
- S’il vous était possible,vous obtiendriez des réceptions d’une puissance beaucoup plus grande et en même temps vous supprimeriez le brouillage au moyen d’un .dispositif superhétérodyne.
- Nous vous signalons également que l’on peut obtenir d’excellentes réceptions des ondes courtes à l’aide d’un amplificateur à selfs.
- 3° Vous ne nous donnez pas d’indications précises sur le poste que vous avez entendu; surtout vous ne fixez pas les jours de la semaine où vous avez obtenu l’audition. L’émission pouvait provenir de la Haye (io5o m. dimanche, lundi et jeudi) ou de Metz (de 1400 m. à i5oo m. heures irrégulières) ; les paroles de l’opérateur auraient pu vous renseigner sur sa nationalité.
- 4° Il n’existe pas de fabricants français utilisant les lampes brisées.
- 5 La recharge des accumulateurs à l’aide de piles est réalisable avec des piles genre Callaud, Féry ou Dubois. Les frais de recharge par ce procédé sont malheureusement assez élevés.
- ïlëlH-
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- N° 2561 5 Mai 1923
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- Supplément ^
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie. — M. de Mohtessus de Ballore. —
- La science française vient 3e faire une perte sensible dans la personne de notre regretté collaborateur, M. F. Montessus de Ballore, directeur du Service sismologique du Chili, à Santiago, poste qu’il occupait depuis 1902. Né en i85i, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, ancien commandant d’artillerie, M. Montessus de Ballore s’est entièrement consacré à l’étude des problèmes sismologiques et il laisse une œuvre de la plus haute importance.
- On lui doit d importants ouvrages : la Géographie sismologique (1 906), la Science sismologique (1907), la Science sismologique (1911) et un grand catalogue des tremblements de terre connus quienumère plus de 160000 séismes, et qui représente la répartition de l’énergie séismique sur notre Globe pendant toute l’étendue des temps historiques.
- M. de Montessus de Ballore a étudié surtout la répartition géographique des tremblements de terre ; il divise le Globe en régions séismiques, dans lesquelles les tremblements de terre sont fréquents et souvent destructeurs, en régions pénéséismiques, dans lesquelles les tremblements de terre sont nombreux, mais de faible intensité, et sans effets destructeurs, et en régions aséis-
- miques, dans lesquelles les tremblements sont de faible intensité et très rares, sinon inconnus, et il arrive à cette conclusion que les grands tremblements de terre restent localisés à travers le temps, dans certaines régions privilégiées, à équilibre instable. « Là où la terre a tremblé, elle tremblera. » Il montre que les zones renfermant les régions séismiques coïncident avec les géosynclinaux de l’époque secondaire. Ces régions instables sont celles dans lesquelles des couches sédi-inentaires de grande épaisseur ont été violemment plis-sées, disloquées et surélevées à l’époque tertiaire, au moment de la formation des principales chaînes de montagnes actuelles, tandis que les zones stables sont celles qui correspondent à l’architecture tubulaire des grandes régions continentales.
- Il a établi également la règle suivante : de deux régions contiguës, par exemple de deux versants de vallées, de deux flancs de chaîne môntagneuse, la plus instable est celle qui offre la pente moyenne la plus grande.
- Ainsi, les tremblements de terre dépendent avant tout de la constitution géologique des régions où ils se manifestent ; ils ne sont pas liés, par un rapport de cause à effet, aux éruptions volcaniques, comme certains auteurs l’ont cru, bien que ces dernières puissent effectivement provoquer des séismes.
- MMe Montessus'de Ballore a également étudié les types de construction qui conviennent le mieux aux régions séismiques.
- Nos lecteurs n’ont pas oublié l’article que nous avons publié dans notre numéro du 11 novembre 1922 et dans
- lequel M. de Ballore résumait ses vues sur la science séismique et dont la conclusion était : que nul n’entre ici s il n est géologue. Cette étude constitue en quelque sorte son testament scientifique.
- Guetté déjà par la maladie qui devait l’emporter, menacé de cécité, M. de Ballore se voyait, au moment où il l’écrivit, obligé de ralentir son travail. Néanmoins, il s attachait à. réunir toutes les données sur le grand tremblement de terre qui dévasta la côte du Chili le jour où paraissait son article ; c’est à son poste que la mort a frappé ce grand travailleur.
- L’éclipse de soleil du 21 septembre 1922 et la théorie d’Einstein. — Le Bureau central de l’Union astronomique internationale, dans sa « Circulaire, n° i5 », apporte la nouvelle tant attendue des premiers résultats des mesures des clichés photographiques pris pendant
- I éclipse totale de soleil du 21 septembre 1922.
- M. Harlow Shapley, directeur de l’Observatoire de Harvard College, vient en effet d’informer, à la date du i3 avril, le Bureau central qu’il a reçu de M. W.-VV. Campbell, directeur de l’Observatoire Lick, des renseignements sur les résultats des mesures, en ce quf concerne la théorie de la Relativité d’Einstein.
- L’Observatoire Lick avait envoyé une mission en Australie, à Wollal, sur la côte occidentale. M. W.-W. Campbell et les astronomes de la mission, favorisés par un ciel superbe, ont pu prendre une bonne série de clichés .
- Les mesures de ces clichés ne sont pas encore terminées , elles le sont aux cinq sixièmes. Un nombre relativement considérable d étoiles (de 60 à 80) a été mesuré, ce qui donne un grand poids aux résultats ci-après.
- Onpeutdire, dès à présent, que la déviation des rayons lumineux au bord du soleil sera presque sûrement comprise entre i"59, et i",86, avec une moyenne de 1",74.
- La théorie d’Einstein indique pour cette déviation 1",75. Le rapprochement remarquable de ces deux nombres constitue donc une confirmation expérimentale éclatante de la théorie de la Relativité, en ce qui concerne la déviation des rayons lumineux au voisinage des corps (d’après L‘Astronomie),
- Les dirigeables aux Etats-Unis. — Les Etats-Unis construisent actuellement pour leur marine militaire un gigantesque dirigeable du type Zeppelin, dénommé Z. R. /. Il mesurera 207 m. de long et 28 m. 35 de haut, mesurés du haut du ballon au bas de la nacelle. Le plus grand diamètre de l’enveloppe est de 24 mètres.
- II contiendra près de 60 000 m® d’hydrogène. Il sera mû par six moteurs de 3oo chevaux chacun et sa vitesse dépassera 96 km a 1 heure. Destiné au service de reconnaissance, il aura un équipage de 23 hommes. Sa construction doit être achevée au mois de juillet prochain. Un autre Zeppelin du même type est actuellement en construction en Allemagne pour le compte des Etats-Unis.
- La peinture à fresque 3ur ciment. — M. Marcel Magne a fait récemment sur ce sujet une communication à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. Nous la résumons d’après le Bulletin de cette Société.
- La peinture à fresque est la meilleure technique de peinture : elle exige une exécution rapide qui oblige l’artiste à arrêter son œuvre d’avance dans tous ses détails, dans la forme comme dans la couleur. Les Italiens et les Flamands du xvi° siècle, puis, plus tard, les Hollandais, avaient bien compris l’importance qu’elle a pour la formation de l’artiste à qui elle impose une discipline : c’est à leur apprentissage de la fresque qu’il faut attribuer leur « honnêteté de métier » ; Raphaël et Michel-Ange étaient des fresquistes.
- Dans le procédé ancien, on utilisait la chaux grasse. La chaux étant eteinte, on ?la tamise pour retenir les incuits. On mélange à sec la chaux tamisée et du sable ; on en fait un mortier qu’on applique en enduit sur la surface à décorer; on y reporte le dessin. On prépare les tons en poudre en y ajoutant un peu de chaux; on peint très fluide et très légèrement. C’est la chaux qui donne le blanc et qui éclaircit les tons, par transparence, comme le papier dans l’aquarelle.
- La limitation de la palette — on ne peut employer que des pigments minéraux — s’accorde avec la simplicité qui ^convient à dés œuvres de grande 'décoration
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- INFORMATIONS
- architecturale. Bien exécutée, avec des pigments stables, la fresque est quasi indestructible si la chaux ne renferme pas d'incuits; ceux-ci, en s’éteignant, provoquent plus tard des éclatements et la formation de trous blancs. Ce sont ces mécomptes dus aux incuits qui ont conduit M. Magne à rechercher l'application du procédé aux liants hydrauliques modernes, dont la fabrication est parfaite. D'ailleurs, l’importance prise parle ciment dans la construction incitait aussi à cette recherche.
- Dans le nouveau procédé, on recourt aux mêmes pigments minéraux (oxydes) que dans l’ancien et on applique les tons en les mélangeant à un peu de ciment au lieu d’employer la chaux. La couleur grise du ciment forme ainsi le fond comme la chaux dans le procédé des vieux maîtres italiens. Cette technique paraît sans inconvénient : la teinte grise du ciment est assez fine : elle ne paraît désagréable que par sa monotonie. Prise comme fond, elle s’harmonise fort heureusement dans un ensemble polychrome. Le blanc y devient donc un ton fourni par la chaux.
- C’est ainsi que M. Magne a procédé pour une frise qui orne l’église Saint-Christophe et son presbytère, actuellement en construction à Paris, dans le quartier de Javel.
- Auparavant, des essais très durs, commencés il y a quatre ans, sur la chaux hydraulique et le Portland, ont prouvé que ce nouveau genre de fresque résiste aux intempéries. Ces bons résultats ont décidé M. Ch.-H. Besnard, architecte de la nouvelle église, à employer le procédé. Sur des panneaux de 3><a m., on a décalqué, avec une pointe, des cartons grandeur d’exécution.
- M. Magne espère que ce premier essai incitera les chimistes à étudier la question de l’adhérence de la couleur au ciment frais, à rechercher de nouvelles couleurs pour enrichir la palette du fresquiste et à étudier de quelle manière les différents pigments se comportent au contact du ciment. Le nouveau procédé pourra ainsi prendre tout le développement auquel il paraît appelé.
- Les inconvénients du benzène et du tétrachlorure de carbone dans les industries du caoutchouc.
- — Le journal de Y Hygiène industrielle vient de publier sous la signature de E. B. Slarr, 1922 (4, p- ao3-iii), une étude complète sur les inconvénients du benzène, soit seul, soit mélangé à du tétrachlorure de carbone, dans les industries du gommage à façon (étoffes caoutchoutées) et collages connexes, dans les industries de la coulure desdites étoffes.
- En général, la solution employée est à 3 pour 100 de gomme vraie, et 97 pour 100 de dissolvant; ce dernier contient 2 parties de tétrachlorure de carbone et 1 partie de benzène. Les deux produits, mais surtout le premier, semblent devoir être incriminés dans les accidents éprouvés par les femmes qui travaillent dans ces industries.
- Les femmes, en effet, sont beaucoup plus sensibles à ces vapeurs que les hommes. Quand l’atmosphère contient plus de 1/100 000e de vapeurs de benzène, l’atmosphère devient nocive pour les ouvrières. Avec le trichloréthylène et le tétrachloréthane, c’est encore infiniment plus dangereux (manufactures de vernis d’acétate de cellulose, etc.). Les symptômes de ces empoisonnements sont d’abord une irritation des muqueuses de la gorge, des nausées, des vomissements, des brûlures à l’épigastre, des envies fréquentes d'uriner, des étourdissements, des gênes respiratoires, et des faiblesses. C’est pourquoi, l’on a suggéré d’obliger les vendeurs de ces solvants, à apposer sur les récipients une étiquette détaillant les conditions minima de ventilation dans les ateliers où l’on emploie ces produits.
- L’inventaire des périodiques scientifiques des Bibliothèques de Paris entrepris par l’Académie des Sciences. — Au Congrès des bibliothécaires et des bibliophiles qui vient de se tenir à Paris, M. Bultin-gaire, bibliothécaire à l’Université de Paris, a fait à ses collègues une communication sur l’état actuel de cet inventaire entrepris par l’Académie des Sciences sous la direction de M. Lacroix. Une des raisons qui en ont retardé la publication a été l’afflux de plus en plus considérable des renseignements fournis par les bibliothèques participantes, dont le nombre dépasse maintenant la centaine. L’inventaire manuscrit déposé dans les cartons de l’Académie des Sciences porte actuellement sur plus de 17000 périodiques distincts. L’inipression des 1 o premières feuilles énumérant 2832 périodiques avec l’indication des bibliothèques qui les 'détiennent est
- presque terminée et le reste suivra dans un délai aussi court que le permettent les difficultés du travail.
- Races et religions en Yougo-Slavie. — Les habitants de la Yougo-Slavie se répartissent ainsi :
- Serbes,
- Croates, Autres Rou-
- fourecutagus. Slovènes. Slaves. Allemands. Magyars. Iliiliens. mains Autres
- Croatie-Slové-
- nie .... 88 2,5 5,1 4,1 » )) 0,5
- Bosnie-Herzé-
- govine. . . 92,2 1,5 1,4 0,5 » » 0,5
- Dalmatie. . . 95 0,3 0,4 )) 2,8 )> 1,5
- Slovénie. . . 74,3 0,2 8 S )) )) 5,5
- Serbie. . . . 86 6,6 0,2 0,06 )) 5 9,8
- Monténégro. . 88 )> » y> 1,7 » 17,0
- Voïvodine . , 31 2,5 26,3 27,5 )) 12 0,1
- 80 1,8 5,9 5 0,1 2,5 5,6
- Par autres, il faut entendre surtout les Juifs, les Tziganes et les Albanais, les seconds particulièrement nombreux en Serbie ; les troisièmes au Monténégi’o, en Serbie et en Dalmatie.
- Au point de vue religieux, on distingue cinq grandes confessions :
- Orthodoxes......................... 5.600.000
- fiatholiques....................... 4 800.000
- Musulmans......................... . 1.400.000
- Protestants............................. 210.000
- Juifs.................................... 60.000
- Les catholiques se divisent en Romains et Uniates, ces derniers Serbes et Ruthènes.
- Ajoutons que l’Etat libre de Fiume a 49806 habitants pour une superficie de 21 kms, dont 24212 Italiens,
- 15 187 Yougo-Slaves, 64g3 Magyars, 2315 Allemands.
- Enfin, 554 ooo Yougo-Slaves (Slovènes), Dalmates, Croates), vivent sur les territoires acquis par l’Italie, à Rapallo (Goritz et Gradisca, Trieste, Istrie, Carniole, Zara, îles dalmates).
- Congrès chronométrique de 1923. —A l’occasion de la célébration du Centenaire de l’horloger Abraham-Louis Breguet, se tiendra au mois d’octobre prochain un Congrès national dé chronométrie. Les séances auront lieu à l’Observatoire de Paris, sous la présidence d’honneur de M. Baillaud, directeur de l’Observatoire et sous la présidence effective dé M. G. Bigourdan, vice-président de l’Académie des Sciences.
- On sait que d’immenses progrès ont été réalisés depuis 1900, date du dernier congrès chronométrique international, dans la détermination, la mesure et la conservation de l’heure exacte. Ces progrès feront l’objet d’une révision générale et donneront lieu à la publication d’un volume de comptes rendus qui sera comme une mise au point des grandes questions chronométriques. Au programme figureront, en effet, la télégraphie sans fil (émission et enregistrement des signaux horaires, utilisation des émissions pour la mise à l’heure et le réglage des horloges), le problème de la compensation aux températures qui a reçu, à la suite des travaux de M. Guillaume, une solution à la fois nouvelle et définitive parce que rationnelle, Yhorlogerie électrique sortie des tâtonnements longs et pénibles qui retardèrent si longtemps une expansion s’annonçant aujourd’hui comme magnifique, Venseignement professionnel à tous ses degrés, l’établissement et le développement des laboratoires de recherches et d’étude, la normalisation des mesures et des types, l’influence de la pression et d’autres agents extérieurs {vitesse, trépidations, etc.) sur les marches des appareils portatifs, le développement de la fabrication mécanique, etc. On peut également prévoir des aperçus intéressants sur de nouvelles formules d’appareils, tels ceux utilisant le pendule libre, sans mécanisme moteur, ou des spiraux associés, sur la documentation générale scientifique et technique sous toutes ses formes (livres, brochures, articles de revues, brevets, prospectus, etc.), le chronométrage sportif, etc.
- Dans le principe, ce Congrès devait être international. Il a été transformé en Congrès national pour répondre à certaines préoccupations et faciliter la formation d’un Comité national de chronométrie, susceptible de devenir le noyau d’une Union chronométrique internationale sous les auspices et dans le cadre du Conseil international des recherches scientifiques.
- Les adhésions sont reçues dès maintenant au secrétariat du Gprnité d’organisation, 9, rue Beudant, Paris, 17e.
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- Moteur à hélice aérienne pour canot. — L’emploi de l’hélice aérienne pour les bateaux est intéressant en raison du grand rendement que l’on peut obtenir aujourd’hui pour les hélices. De plus, l’installation d’un moteur de ce genre sur une embarcation est des plus commodes et ne nécessite aucune modification sensible à la coque de l’esquif.
- Un modèle intéressant établi par l’inventeur de la voiture à traction aérienne, M. Leyat, consiste en un moteur à cylindre de noo cm3 qui actionne par démultiplication une hélice à 4 pales de i m. 40 de diamètre.
- Le poids total de ce groupe, avec ses réservoirs, son dispositif de mise en marche, la tuyauterie, les accessoires et les supports, est environ de 85 kg, et tous les appareils sont disposés de façon que le centre de gravité soit très surbaissé, ceci afin de ne pas nuire à la stabilité de l’embarcation ainsi équipée.
- Là fixation se fait uniquement au moyen de 8 boulons et elle est possible sur tous les genres de barques.
- Celle-ci, lorsque le moteur marche, peut se déplacer alors à une vitesse de 25 km à l’heure environ avec quatre personnes à bord.
- Le poids faible de l’appareil, qui est celui d’uiie per-
- Fig, i. — Canot muni ùe l’hélice aerienne Leyat,
- sonne de forte corpulence, a pour effet de permettre à l’embarcation de passer sur des fonds peu profonds, elle peut donc naviguer partout où il y a un peu d’eau et ceci permet d’envisager son utilisation sur les rivières peu navigables et spécialement sur les cours d’eau des colonies qui fréquemment ont des herbes aquatiques rendant impossible l’emploi de l’hélice immergée.
- Constructeur : S.'. I. D. P. E., 24» rue des Belles-Feuilles, Paris.
- Optique
- Négatoscope du Dr Polack. — Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions présente la description d’un nouvel appareil pour l’examen par transparence, imaginé par le Dr Polack.
- Toutes les fois qu’il est nécessaire d’obtenir une plage uniformément éclairée dans les applications les plus diverses :
- Agrandissements à la lumière artificielle ;
- Eclairage d’échelle d’acuité visuelle;
- Examen de clichés retouchés;
- Négatoscopes pour les radiographies ;
- Eclairage des vues autochromes; on utilisait jusqu’ici une sorte de caisse peinte en blanc, dans l’intérieur de laquelle des lampes étaient disposées en nombre correspondant à la puissance de l’éclairement qu’on voulait obtenir. Si les lampes se présentaient directement derrière la glace diffusante — verre dépoli ou opaline — on avait beaucoup d’intensité, mais le point lumineux correspondant à chaque foyer apparaissait sur la plage en autant de taches brillantes,
- gênantes pour l’observateur et nuisibles lorsqu’on recherche l’uniformité absolue d’éclairement.
- Si les lampes sont dissimulées dans une sorte de gouttière, de façon à éclairer le fond de la caisse par
- Fig. 2. — Le Négatoscope.
- réflexion, l’éclairement de la plage peut être uniforme, mais l’intensité décroît considérablement, et pour compenser la perte de lumière on est obligé de multiplier le nombre des foyers.
- De sorte qu’il en résulte une consommation de courant asse^ sérieuse et un échaufîement souvent préjudiciable à la conservation des images mises en observation.
- Pour remédier à ces inconvénients, le Dr Polack a réalisé un dispositif dans lequel il met à profit les propriétés optiques des surfaces paraboliques qui émettent des rayons parallèles lorsqu’elles réfléchissent la lumière d’une source placée au foyer. Son appareil se compose essentiellement d’un miroir cylindro-parabo-lique formé par une plaque de métal ou toute autre
- Fig. 3. — L’appareil ouvert laissant voir le miroir cylindro-parabolique.
- surface réfléchissante. Au foyer du paraboloïde ainsi constitué, il place une lampe à filament rectiligne dont les allongements du filament dus à la chaleur sont judicieusement compensés par un ressort. (Il importe, en effet, que le filament soit rigoureusement droit pour qu’il reste toujours au foyer.)
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- En avant de ce réflecteur on dispose un verre dépoli qui reçoit la lumière réfléchie par le miroir. Chaque tranche de ce miroir, considéré suivant un plan perpendiculaire à ces génératrices, reçoit lés rayons émanant du filament qui viennent frapper le verre dépoli suivant un faisceau dé rayons parallèles dont l’intensité est la même sur toute l’étendue de la surface.
- On obtient donc de part et d’autre de la lampe deux
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- CLICHE
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- Fig. !\i — Schéma du hégatoscope.
- plages Uniformes, dont l’éclairage peut être renforcé par l’adjonction d’ttü miroir cylindrique demi-circulaire, engainant la lampe du côté opposé au paraboloïde. Si l’on n'a besoin que d’une seule p’age, le miroir parabolique est constitué seulement d’une demi-parabole et l’appareil se trouve ainsi réduit de moitié.
- M. Massiot, constructeur, a constitué divers modèles répondant aux diverses applications qu’on peut obtenir de cet intéressant appareil dont les avantages se résument ainsi. simplicité extrême et éclairement Uniformément intense obtenu avec le minimum de consommation.
- Constructeur : M. Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Objets utiles
- Tampons-protecteurs et anti-glisseurs pour échelles. — Les pieds d’échèlles glissent avec une grande facilité sur les parquets cirés, ainsi que sur toutes surfaces unies, et nombreux sont les accidents, parfois graves, qui en résultent. Les montants, d’autre part, en s’appuyant sur les glaces, tentures, tapisseries, etc., risquent de les détériorer.
- On peut y remédier par divers moyens de fortune, mais mieux vaut un appareil spécialement approprié.
- Le tampon antidérapant et protecteur, imaginé par M. Poeÿmiron, répond à cé besoin. Il se compose
- (fig.5) d’une enveloppe creuse de caoutchouc G en forme de poire ouverte à son sommet par lequel on introduit le pied (ou la têie) de l’échelle. Le caoutfihouc est renforcé considérable -ment soüs un angle déterminé pour supporter la Charge et pour résister très longtemps. à l’usure dans les loties où il travaillé lé plus. Les pieds d’échélles, par leur formé anguleuse, détruiraient rapidement ce Caoutchouc par Vintérieur et les tampons ne tiendraient pas solidement à tous les pieds de différentes grosseurs si l’inventeur n’avait complété son dispositif par une armature d’acier intérieure B qui reçoit directement les angles des pieds et protège ainsi le caoutchouc; cette même armature, formée de quatre branches d’acier élastiques, « pince » énergiqtiement les pieds d’échelles et peut s’oùvrir et se refermer sur des montants de dimensions ti‘ès différentes et de forme ronde otl rectangulaire.
- Il est à noter que la partie supérieure de ces tampons peut s’ouvrir jusqu’à concurrence de la largeur de la }
- Fig. 5. — Tampütt protecteur et anti-glisseurpdtïl1 échelles.
- base, soit environ 85 mm. Yoilà donc un objet pratique et utile aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels : peintres, électriciens, menuisiers, charpentiers, etc.
- L’inventeur-constructeur est M. Poeÿmiron, i3, rue Beâucoùrt-Decourchelle, Lille.
- Bouton arrière dé faux-col. — On connaît les inconvénients du bouton arrière de faux-col du modèle ordinaire. Non seulement ce bouton est difficile à placer, le faux-col est difficile à mettre, mais encore ii a l’inconvénient de produire parfois une surépaisseür gênante qüi donne une bosse au
- veston.
- Yoici bouton offre là
- Fig. G.
- Bouton de faux-col « The Fiat »,
- un nouveau système de appelé « the Fiat » qui particularité d’être extra-plat. C’est en effet une simple plaque
- de métal découpé, de formé spéciale qui est également incurvée dans les deux sens. La tête de ce bouton est enfoncée à fond dans la boutonnière de la chemise entre les deux épaisseurs formant pochette.
- Puis on bascule de manière à ramener la tête en bas ét c’est dans cette tête que le faux-col vient de se fixer. Tout mécanisme est supprimé et la courbure en lar-
- geur épouse la forme du cou, en hauteur elle empêche le col de se décrocher.
- Pour éviter l’oxydation, on fait ce bouton en matière inoxydable, nickel, argent ou or. C’est la suppression des boutons à tige pour l’arrière dés chemises à faux-col.
- Ce bouton, inventé par M. Barthélemy, 3y, rue du Yert-Bois, est en vente dans tous les grands magasins.
- Attaches « Cerclo ». —Un système d’attaches intéressant permet d’assurer le maintien des cercles sur tous les récipients en bois : fûts, cuves, baquets, etc....
- Ces attaches sont en fer doux malléable, elles se composent d’une petite plaquette dans laquelle on a découpé deux petites ouvertures en laissant subsister Une languette qui vient immobiliser la plaquette sur le bois.
- On rabat ensuite l’autre partie de la languette lorsqu’elle a été enfoncée sous le cercle et Ce rabattement forme une boucle qui retient le cercle et l’empêche de glisser sur une partie du récipient, ayant Un diamètre plus faible que celle où le cercle se trouve placé.
- Ceci évite donc le glissement et la perte du cercle par sécheresse, par choc ou par-frottement; par conséquent on évite le coulage du liquide et l’effondrement des fûts.
- On. n’a plus besoin d’utiliser des clous qui abîmaient les douves; ces attaches se posent et s’enlèvent instantanément, elles ne traversent pas et n’abîment pas les doûelles et elles peuvent servir plusieurs fois.
- La solidarité de l’at-làche avec le cercle est COm-
- Fig. 8. Attache « Cerclo ».
- Mil»
- Fig. 9 — Mode d’emploi de « Cerclo ».
- plète et il suffit de deux
- attaches par cercle pour le retenir parfaitement.
- C’est une invention Utile pour les vignerons et les négociants en huile et liquides divers, car ils pourront par ce moyen Conserver en bon état les fûts et les baquets. — 120, rue de la République, à Fontenay-le-Comte (Yendée).
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- LA TRANSMISSION DES MALADIES CONTAGIEUSES PAR LES USTENSILES DE TABLE O
- Une différence dans le mode de lavage des ustensiles de table d une collectivité suffit à faire baisser la morbidité des affections à virus salivaire dans la proportion de cinq à un.
- Telle est la conclusion qui ressort des travaux épidémiologiques dé Lynch et Cumming, travaux ayant porté sur un nombre total de 66076 sujets.
- Les ustensiles de table peuvent donc, le cas échéant, jouer un rôle considérable dans la transmission des maladies contagieuses, puisqu’il suffit que, dans une collectivité, leur désinfection ne soit pas satisfaisante pour que la morbidité épidémique soit quintuplée.
- Le rôle des ustensiles de tablé comme vecteurs de germes des affections contagieuses est encore actuellement si méconnu que, sauf rares exceptions, dans les établissements hospitaliers, même dans les salles de contagieux, aucune précaution n’est prise contre ce mode de transmission des germes pathogènes. <
- On traite les ustensiles de table comme on traitait les instruments de chirurgie avant l’ère pastorienne. Or, est-il beaucoup moins dangereux de placer la bouche en contact avec un objet souillé dé traces de salive contenant des bacilles vivants que d'utiliser pour une intervention chirurgicale du matériel non stérilisé?
- Un certain nombre d’aüteurs Ont cependant signalé ce danger. Ils ont montré que la diphtérie pouvait être transmise d’enfants malades ou porteurs dé germes à un enfant sain par l'intermédiaire d’une cuiller. Un verre souillé par du bacille diphtérique mélangé à dé la salive est encore virulent après quinze jours.
- L’attention a été attirée d’une façon curieuse sur le danger de contage que présentent éventuellement les verres à boire; dans l’Eglise Réformée, les fidèles, pour communier, boivent à un même calice. Le danger de contamination dans ce cas pouvait donc, a priori, être supposé très grand. L’expérience le démontra.
- Après avoir fait boire des tuberculeux Ouverts à un même calice, on essuya des traces déposées par les lèvres et le vin à l’endroit où avaient bu les sujets. Le tampon d’essuyage fut ensuite inoculé à un cobaye. Cinq expériences analogues furent faites portant aü total sur tt cobayes : 9 moururent dé tuberculose.
- De même on a pu mettre en évidence des bacilles tuberculeux à la surface d’une fourchette ou d’uné tasse utilisées par un phtisique.
- Des streptocoques, dés pneumocoques ont également pu être décelés à la surface de couverts
- Tout ceci nous montre que des ustensiles dé table peuvent être porteurs de germes pathogènes, mais ne démontre pas qü’en fait ils sont fréquemment l’origine de contaminations bactériennes.
- En cë qui concerne la tuberculose, il est impossible de déterminer quantitativement quelle part incombe à ce mode d’infection dans la propagation de la maladie.
- En dehors des conditions expérimentales du laboratoire, ou bien des modes de pénétration massifs ou accidentels, on ne peut, en effet, rapporter la contamination tuberculeuse d’un objet à un événement précis et déterminé.
- Dans le milieu familial, Un tuberculeux infecte son entourage; quel pourcentage de contamination est dû aux gouttelettes de salive projetées par la toux? Quel pourcentage aux poussières de crachats desséchés ? Quel pourcentage à la contamination par les ustensiles de table ?
- Pour le bacille tuberculeux, ces pourcentages sont impossibles à déterminer, mais on n’a guère de motifs de les supposer très différents de ce qu'ils sont pour toutes les autres affections à viras salivaire.
- Or, dans ces cas, nous connaissons le rôle épidémiologique joué par les ustensiles de table.
- 1. Un exposé plus complet de cette question, et notamment le compte rendu des expériences originales, a été publié dans la Revue d’hygiène.
- Lu-H. Dejust, Wibaux, et L. Dardel. « Rôle des ustensiles de table dans la propagation des maladies contagieuses. Le leur désinfection. » Mai 1922
- L.-H. Dejust et Mlle G. Bigourdàn. « De la désinfection de la verrerie de table. Influence de l’eSsuyage. » Novembre 1922.
- Nous le connaissons grâce aux belles recherches de Lynch et Cümmiüg, auxquelles nous faisions allusion ci-dessus.
- Ces auteurs ont étudié la morbidité grippale dans de nombreuses agglomérations militaires dé l’armée américaine. Dans chacune de ces collectivités (camp, école militaire, forteresse, etc.), les soldats étaient divisés en deux groupes ayant exactement le même genre de vie, à un détail près. Le premier groupe, dit « groupe protégé », utilisait des Ustensiles de table lavés à la Cuisine par un personnel spécial et, semble-t-il, généralement traités par l’eau bouillante; le second groupe, « non protégé », effectuait son lavage « à la plonge », chaque soldat d’une même unité lavant ses ustensiles de table dans un bac commun.
- Sans suivre Lynch et Cumming dans leur inspection à travers tous les camps américains, donnons les résultats globaux.
- Lès groupes « non protégés », comprenant au total 3a 624 hommes, ont présenté une morbidité grippale dé 202 pour 1000. Les groupes « protégés », comprenant 33462 hommes, ont présenté une morbidité grippale de 5i pour 1000, soit 5 fois plus faible.
- On ne peut faire intervenir ici quelque circonstance, fortuite et propre au virus grippal.
- Cumming, en effet, a étudié d’autre part deux groupés de soldats : l’un de 3115 hommes « protégés » par son mode de lavage des ustensiles de table ; l’autre de 2856 hommes qui ne l’étaient point. L’observation a porté sur lés affections suivantes : méningite, diphtérie, oreillons, rougeole, grippe, pneumonie. Le groupe « protégé » a présenté une morbidité de i5 pour 1000, tandis que, toutes choses égales d’ailleurs, la morbidité montait à 85 pour 1000 dans le groupe « non protégé »; elle est un peu plus que quintuplée. Les chiffres concordent.
- Comme agents de contamination intermédiaire, les auteurs font intervenir, et à bon droit, semblé-t-il, lés mains des sujets.
- La connaissance dé ce mécanisme dé contamination n’est pas sans intérêt. Mais nous retiendrons seulement ici que c’est grâce aux ustensiles de tablé que se fait le contage et nous allons examiner quelle peut être la prophylaxie.
- La place nous manque pour rapporter en détail les résultats auxquels nous a mené l’étude expérimentale du lavage d’objets souillés de lests bactériens. Nous renvoyons sur ce sujet aux deux mémoires de la Revue d'Hygiène.
- La technique de ces expériences consistait à souiller une surface de verre d’une culture bactérienne, généralement de Bacillus prodigiosus, puis à laver suivant diverses modalités, enfin à immerger cette surface de verre dans un milieu de culture approprié.
- Dans les premières expériences, la surface de verre souillé était la paroi intérieure d’un tube de verre que l’on faisait ensuite parcourir par un courant d’eau stérile.
- Même après une demi-heuré, la surface du tube n’était pas débarrassée des germes dont elle avait été primitivement souillée.
- Si on souille une surface de verre, par exemple une lame à préparation microscopique, et qu’on la lavé sôus Un courant d’eau distillée tout en frottant avec un linge stérile, on constate que sur 36 objets ainsi traités, 26 ont conservé leurs souillures bactériennes, soit 72 pour 100.
- Autrement dit, le lavage dans les conditions expérimentales où nous nous placions s’est montré d’un pouvoir désinfectant bien faible et irrégulier. Ceci confirme l’opinion généralement admise.
- Dans les expériences ci-dessus, les objets ont été lavés sans être ensuite essuyés.
- L’essuyage succédant au lavage a-t-il une action désinfectante? *
- Sur ce sujet, les résultats expérimentaux sont tout à fait inattendus.
- Aussi bien dans la série d’expériences que nous avons faites ensemble, que dans celle que l’un de nous a poursuivie en collaboration avec Mlle Bigourdàn, l’essuyage
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- succédant au lavage et pratiqué au moyen d’un linge stérile s’est montré d’une action désinfectante considérable vis-à-vis d’une surface de verre expérimentalement souillée de culture de Prodigiosus.
- Cet essuyage a réussi à débarrasser complètement la lame de tous les germes qui étaient à sa surface, 98 fois sur 104.
- Les expériences ont en effet porté au total sur 104 objets (lames à préparation) : 6 seulement sont restés contaminés après l’essuyage succédant au lavage. Ce chiffre est à rapprocher de celui qui nous fut fourni ci-dessus par l’action du lavage non suivi d’essuyage : 72 pour ioo d’objets restaient alors contaminés.
- L’essuyage au moyen d’un linge stérile a donc une efficacité désinfectante considérable.
- Nous supposons que cette efficacité est due à un phénomène d’adsorption des microbes à la surface des fibres textiles (phénomène analogue à celui qui retient les microbes dans les pores des bougies filtrantes).
- L'un de nous, en collaboration avec Mlle Bigourdan, a étudié de ce point de vue 7 espèces de tissus différents, parmi les plus généralement utilisés pour l’essuyage; les résultats obtenus ont été identiques.
- Mais l’efficacité de l’essuyage est sous la dépendance de l’état stérile, ou du moins modérément souillé, du linge d’essuyage.
- Ces mimes expériences ont montré qu’apres avoir été utilisé à l’essuyage d’un certain nombre d'objets souillés, un linge primitivement stérile n’est plus capable de «désinfecter ces objets et a, par contre, acquis le pouvoir de transporter sur des objets primitivement stériles des germes provenant des objets souillés.
- Or, dans la pratique, un même torchon est utilisé à l’essuyage d’un grand nombre d’objets avant « d’être mis au sale. » Particulièrement dans beaucoup d’établissements ouverts au public (restaurants, etc.), lorsqu’un torchon est devenu trop humide pour être en état d’essuyer, on se contente de le laisser sécher, et on l’utilise à nouveau, quelques heures après, lorsqu’il est sec. Il n’est envoyé à la lessive que lorsqu’il porte des marques trop apparentes de souillures. Il y a donc une sorte l’enrichissement mécanique en germes.
- On ne peut donc compter sur une action désinfectante de l’essuyage pour se mettre à l’abri de la contamination par les ustensiles de table. Il faut chercher ailleurs un mode de protection contre ce danger.
- Pour les ustensiles qui peuvent, sans dommage, supporter l’immersion dans l’eau bouillante (couverts, assiettes), la question est facilement résolue.
- Dans les collectivités importantes, il est avantageux d’utiliser les appareils de lavage mécanique.
- Ces machines sont en général construites selon le dispositif suivant :
- Dans un premier cylindre à double paroi, contenant une solution chaude de carbonate de soude ou de savon noir, on plonge un panier métallique dans lequel ont été disposés les objets à laver; un moteur électrique actionne une hélice placée au fond du cylindre, celle-ci projette violemment, entre les 2 parois, la solution qui, par des orifices ménagés à la partie supérieure, retombe en tourbillonnant sur la vaisselle et la lave en un temps de une minute environ. Un palan permet de saisir le panier métallique et de le plonger dans un deuxième cylindre, cylindre rinceur qui contient de l’eau courante maintenue à l’ébullition par un système de réchauffage approprié. Ce procédé de lavage est très rapide, nécessite une main-d’œuvre restreinte et supprime l’essuyage de la vaisselle. Celle-ci, en effet, étant portée à i‘oo°, sèche spontanément et presque instantanément dès qu’elle se trouve retirée de l'eau.
- Il serait à souhaiter que l’emploi de semblables machines fût obligatoire dans les collectivités, et particulièrement dans les hôpitaux. D’ailleurs, l’instruction du 22 mai 1922 sur l’hygiène des navires armés et des équipages de la flotte prescrit le nettoyage de la vaisselle à l’eau bouillante.
- Enfin, dans le décret du 10 août 1920, le ministre de I Hygiène prescrit par l’article 11 de ce décret que « tout sanatorium doit être muni d’un dispositif pour le nettoyage de la vaisselle des malades à l’eau bouillante.
- Il n’existe pas encore à notre connaissance de modèles satisfaisants de semblables machines à l’usage de petites collectivités (famille, petits restaurants, petites maisons de santé).
- Quant à la verrerie de table, sa désinfection présente de grosses difficultés pratiques. Cependant, récemment encore, le Dr Briau attirait l’attention sur l’importance de cette question.
- La verrerie de table habituellement utilisée ne peut supporter, sans casser, d’être immergée dans l’eau bouillante. D’autre part, l’utilisation de solutions antiseptiques pour laver cette verrerie semble peu pratique.
- Un antiseptique en effet, pour être employé à cet usage, doit réunir un certain nombre de conditions : Etre efficace par simple et rapide immersion; ne pas être un toxique dangereux pour l’homme; ne pas altérer la matière (généralement zinc ou tôle galvanisée) dont sont formés les rince-verres; ne pas altérer la peau des laveurs; ne pas être doué d’une odeur trop forte; être d'un prix modique.
- Un seul antiseptique nous avait paru répondre aux desiderata ci-dessus : l’eau de Javel. Malheureusement nous allons voir qu’on n’en peut conseiller l’emploi dans le cas actuel.
- Plusieurs auteurs ont étudié l’action désinfectante des hypochlorites, et ont constaté qu’en général les microbes sont tués rapidement par ces agents d’oxydation.
- Mais il semble bien, quoi qu’en ait dit Schmidt, que le bacille tuberculeux soit doué d’une très grande résistance vis-à-vis des hypochlorites. Cette résistance a été soigneusement étudiée par Uhlenhuth etXylander. Comme hypochlorite, ils ont utilisé l’antiformine (eau de Javel additionnée de lessive de soude). Ils ont constaté que des crachats tuberculeux renfermaient encore des bacilles vivants après cinq heures de contact avec une solution à 20 pour 100 d’antiformine. Ces bacilles vivaient même encore après un contact de six heures entre parties égales de crachat et d’antiformine.
- Des bacilles tuberculeux en suspension dans l’eau ne sont tués dans une expérience qu’après quatre heures, dans une autre, six heures de contact avec une solution à i5 pour ioo d’antiformine. On ne peut donc espérer détruire les bacilles tuberculeux à la surface d’un objet de verre en le trempant quelques secondes dans une solution d’eau de Javel.
- La prophylaxie de la transmission des germes pathogènes à la surface des verres à boire doit être envisagée suivant un autre et bien simple procédé, au moins dans les établissements où les risques de contamination sont particulièrement élevés (sanatoriums, hôpitaux). Il suffit de remplacer la verrerie ordinaire par des récipients stétilisables à chaud (timbales, tasses, bols de porce-laine, gobelets de verre de composition appropriée identique à celle de la verrerie de laboratoire et supportant l’immersion dans l’eau bouillante).
- Les administrations hospitalières devraient procéder à ce remplacement au moins dans les services où peuvent être traités des malades atteints d’affections contagieuses transmissibles par la salive.
- Dr L.-H. Dejust et Dr L. Dardel. de l’Institut Pasteur.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS.- L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. J.-B. C. B., à Pierre-Buffière (Haute-Vienne). — Comme suite à la réponse que nous vous avons faite dans la Boîte aux Lettres du n° 2056, au sujet de 1 utilisation des déchets de paille de votre fabrique de paillons à bouteilles, nous vous indiquons, après recherches, l’essai d’utilisation dans la fabrication des cagets, clayettes, paillpnç à freurre et £ fromages.
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- Voyez : Manufacture de paille ouvrée, Mmes Hospital et Faugeron, avenue de la Gare, à Treignac (Corrèze).
- M. S., à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône). *— Vieillissement artificiel de Veau-de-vie de marc. Ordinairement, c’est par le coupage avec les petites eaux et par le sirop vierge que l’on procède , au vieillissement des eaux-de-vie. Par ce vieillissement artificiel, le tanin se transforme en acide gallique, les principes sont dissous et, à la dégustation, l’eau-de-vie a une odeur balsamique, une saveur franche et de rancio.
- Les eaux-de-vie les plus ordinaires sont vieillies par une addition d’eau distillée ou d’eau-de-vie faible de 28° (petites eaux), que l'on a fait vieillir préalablement pendant un an ; elles communiquent ensuite le goût de vieux au mélange.
- Pour les eaux-de-vie communes, on peut obtenir un vieillissement artificiel rapide par l’oxygénation ou l’exposition à l’air.
- L’électricité employée dans ce but a fait disparaître leur cachet.
- On peut aussi obtenir le vieillissement par addition de i5 à 25 gr. d’ammoniaque par hectolitre; ensuite on filtre l’eau-de-vie en vase clos. On a recours aussi au siropage, à raison de 5o centilitres à i litre par hectolitre. Mais tous les moyens connus pour vieillir les eaux-de-vie ne remplacent pas l’action du temps, et pour quelques bouteilles seulement, en dehors de l’oxygénation ou de l’exposition à l’air, c’est peut-être là le seul moyen pratique et économique.
- M. A. J. L., à Levallois. — Le meilleur moyen de constituer un sol sain pour Vinstallation d’une basse-cour, c’est d’abord de disposer d’un terrain sec, de préférence sablonneux et calcaire, à sol léger et, surtout, perméable, exposé soit au levant, soit au midi et bien abrité des vents du nord.
- Un terrain en pente, où l’écoulement facile et rapide des eaux est assuré, offre la disposition la plus convenable.
- En terrain plat, on évite l’humidité, on l’éloigne en faisant des nivellements, c’est-à-dire en creusant le sol dans un sens et en jetant les terres dans un autre. On a ainsi une partie creuse, où l’eau vient s’égoutter et une partie élevée, où les volailles peuvent trouver un terrain sec. Si le sol contient de la glaise, il faut extraire celle-ci et la remplacer par du gravier non terreux, qui sera pioché, puis nettoyé fréquemment avec le râteau,
- Si le terrain ne remplit pas les conditions indiquées ci-dessus, on doit y remédier par un bon drainage soit à ciel ouvert, par simple fossé bornant de deux côtés la partie à assainir, soit par fossés cachés, drainage qui ne tient aucune place, et que l’on effectue de la manière suivante : creuser un fossé, disposer dans le fond de petites pierres cassées, très propres, mettre au-dessus des fagots peu volumineux ou des bruyères, que l’on recouvre de terre. Mieux encore employer, si possible, des pierres plates disposées de manière à former un conduit triangulaire ou rectangulaire, ou des briques, des tuiles solides ou des tuiles creuses. Pour faciliter l’accès de l’eau dans ces dernières canalisations, on les entoure de petites pierres.
- Le sol ainsi drainé sera parfaitement assaini.
- M. Rousselet, à Uzès. ,— Le nom de cellit est le premier doûné par les Allemands en iç)o5 à l’acétate de cellulose lorsqu’il a été lancé sur le marché par la Société Bayer, d’Elberfeld, Ce produit a ensuite été fabriqué par l’Actien Gesellschaft für Anilin Fabrication, la Société Heydèn, les Verein für Chemische Industrie. Depuis iqii, la Société chimique des usines du Rhône est la grande productrice d’acétate de cellulose et la Société Cellonit, de Bâle, importe également Une quantité notable de ce produit- L’acétate de cellulose commercial renferme 48,7 à 5a,6 d’acide acétique pour 100, il brûle avec une flamme courte en donnant des produits fusibles; sa température de décomposition est de 255°, on l’emploie le plus souvent additionné de triacétine et de phosphate triphénylique.
- M, E. L, L. G., à Luisant (Eure-et-Loir).— i° La soudure sur la tôle galvanisée ne présente aucune difficulté si on observe les précautions d’usage, veuillez vous reporter aux indications que nous avons données dans un numéro précédent à M. Gras, de Plascassier (Alpes-Maritimes). 20 Nous avons répondu à votre question dans un numéro antérieur.
- "M. Chenesseaù, à Orléans. —Il n’existe d’autre moyen pour combattre la suie dans les appareils de chauffage
- que d’assurer une combustion complète du carbone. Très probablement votre calorifère a un tirage insuffisant et vous procédez à une sorte de distillation du combustible- Comme règle générale, 011 doit ménager une large évacuation et le réglage doit se faire par l’entrée de l’air, non par la sortie des gaz, ceux-ci 11c doivent pas traverser la masse non encore soumise à la combustion, mais sortir latéralement du foyer en parfaite igni-tion. Quant au nettoyage de l’appareil encrassé, il ne peut être que mécanique et cela est du ressort du fumiste.
- M. Bortal, à Bosc-Roger. — La conservation dés peaux de petits animaux sauvages ou domestiques peut se pratiquer ainsi d’une façon économique ; 1* Après avoir dépouillé l’animal, gratter le côté chair avec une lame mousse pour enlever les débris encore adhérents. 20 Immerger dans un bain tiède dont la température ne
- dépasse pas 25°, composé de :
- Sel marin ......... 600 gr.
- Alun ordinaire. ...... 2000 —
- Eau de pluie............. 20 litres.
- Laisser dans le bain deux ou trois jours pour les peaux de lapins ou de lièvres, six à huit pour les peaux -de renards ou de chèvres, puis fixer les peaux poils en de ssus sur une planche au moyen de clous dits semences, laisser sécher à l’ombre. 3° Lorsque les peaux sont presque sèches, les étirer dans tous les sens et les battre côté chair avec une baguette en rotin, Enfin, pour leur conserver de la souplesse, enduire l’envers d’un mélange de :
- Eau ordinaire ... ...... 200 gr.
- Glycérine . . , ................ . 100 —
- M. Queiro Bianchi, à Gènes, — Le Manuel du peintre, de Goffignier, tomes I et II, vous fournira tous renseignements sur les matières premières employées en peinture ainsi que sur la préparation des enduits, mastics, etc., éditeur Baillière, 19, rue lïautefeuille.
- M. J. Amiot, à Paris. — Le dernier procédé industriel de fabrication de l'hydrogène est effectivement celui de Claude, qui consiste à extraire l’hydrogène du gaz à l’eau par liquéfaction partielle et détente avec travail extérieur; il convient dans ce cas de laisser un peu d’azote, la buée produite par ce gaz à chaque détente assurant la lubréfaction (Voir comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 17 octobre 1921, p. 653). Nous ne possédons pas de renseignements sur le prix de revient dans ces conditions.
- M. Scheidegger, à Lausanne. —- i° On peut obtenir des lampes de toutes couleurs en appliquant sur Tarn-poule un vernis au celluloïd coloré. Ce vernis est préparé en faisant dissoudre du celluloïd (déchets) dans l’acétone et en colorant avec des couleurs dérivées de la houille telles que vert acide, vert naphtol, rose bengale, tartrazine, etc. 20 Vous pouvez placer avant ou après la lampe, cela n’a aucune importance, l’essentiel étant que la résistance soit dans le circuit.
- Mme Mossmann, à Yaivre (Haute-Saône). — L’apprêt pour bas s’obtient ainsi :
- Prendre : Riz en grains ... 4° gr.
- Gélatine blanche. . 2 •*—
- Eau non calcaire. . 1000 0. c.
- Faire tremper la gélatine dans environ 100 cm5 d’eau pendant quelques heures. D’autre part, cuire le riz dans le reste de beau (900 cm3 environ) en ayant soin, de remplacer l’eau qui s’évapore, cela jusqu’à T obtention d’une bouillie. Ajouter à ce moment la gélatine gonflée et son eau, donner encore un bouillon et passer au tamis.
- Pour l’apprêtage, plonger les bas dans le bain jusqu’à imbibition complète, tordre légèrement, mettre enferme.
- M. Dupuis, à Beauvais. — i° Les peintures a l’eau ne peuvent prétendre à la solidité des peintures à l’huile et ce n’est que dans une certaine mesure qu’ôn peut les considérer comme lavables. 2°. La bouillie bordelaise est ainsi constituée : 1
- A) Sulfate de cuivre (vitriol bleu). 2000 gr. 1
- Eau ordinaire chaude. . .... 5o litres. B) Chaux grasse en pierres . . . . 1000 gr.
- Eau ordinaire ......... 5o litres.
- Eteindre la chaux en la mouillant seulement avemune partie de l’eau, puis, lorsqu’elle a fusé, délayer la poudre avec le reste de liquide. Verser alors peu à peu en agitant avec un bâton le lait de chaux dans la solution de sulfate de cuivre (ne jamais faire l’inverse). Habituellement on emploie de i5 à 18 hectolitres de bouillie bordelaise à l’hectare-
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-pos te ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _________
- Scienlific Papers presentend before the American Geo-physical Union (2e session), publication du the National Research Council of the National Academy of Sciences, i brochure, 108 p. Washington, 1922. Prix : $ i,5o.
- Cette brochure réunit les communications fort intéressantes présentées en 1921 au Congrès de l’Ameri-can Geophysical Union. Nous y relevons une note de M. Lyman J. Briggs sur la mesure de la gravité en mer, problème difficile pour la résolution duquel l’auteur propose un appareil nouveau; puis une conférence de M. J.-F. Hayford sur l’isostasie, une excellente mise au point de M. N.-D. Lambert sur les marées de l’écorce terrestre. M. Abbot expose le résultat de ses recherches sur les rapports entre la radiation solaire et les phénomènes météorologiques terrestres, M. Bauer expose également le résultat de ses observations sur le magnétisme terrestre et l’électricité atmosphérique et les relations entre ces phénomènes et l’activité solaire. M. Swann indique comment se pose aujourd’hui le problème des radiations pénétrantes, radiations encores mystérieuses, mais dont de nombreux phénomènes font soupçonner l’existence. Cette brochure contient encore de nombreuses communications sur divers sujets de météorologie et d’océanographie.
- Cours d’exploitation des mines, par L.-E. Gruner. Livre IV. Transports souterrains. Extraction. 1 vol. 3o6 p., 161 fig. Livre V, Epuisement. Aérage. Eclairage. 1 vol. 343 p., 170 fig. Eyrolles, éditeur, Paris, 1922. Prix : 25 francs le volume.
- Nous avons signalé l’apparition des premiers volumes de l’excellent cours de M. Grüner. Les deux volumes qui viennent de paraître marquent l’achèvement de cet ouvrage considérable. Dans le livre IY, l’auteur étudie d’abord le problème du transport des matériaux dans la mine, examine les divers appareils mécaniques utilisés à cet effet et leurs conditions d’emploi ; il étudie ensuite le problème de l’extraction, indique comment sont équipés les puits de mines et donne des notions sommaires sur les divers systèmes de machines d’extraction à vapeur ou électriques. Le livre Y est consacré tout d’abord aux procédés d’épuisement des eaux, avec description des principaux types de pompes en usage; l’auteur passe ensuite à l’important problème de l’aérage, et à la lutte contre le grisou, il expose comment s’effectue la ventilation d une mine et décrit les principaux modèles de ventilateurs ; l’ouvrage se termine par la description des lampes de mines.
- Aciers, fers, fontes (Tome I), par A. Jacquet, 2e édition.
- 1 vol. i3-2i de viji-23i p. 160 fig. Dunod, éditeur. Paris 1923. Prix broché : 10 francs.
- Dans ce premier volume, l’auteur étudie en un langage à la portée de tous la constitution des produits sidérurgiques, les moyens de la déceler, les divers essais en usage pour reconnaître les propriétés mécaniques de ces substances ; puis il étudie plus en détail et successivement les fontes, les fers, les aciers de diverses compositions, et les traitements qu’on peut être appelé à leur faire subir: recuit, trempe, revenu, cémentation, malléabilisation de la fonte. Toutes ces questions sont exposées d’une façon précise et avec d’utiles détails pratiques.
- Les chemins de fer d’intérêt local. Tramways et services publics automobiles, par L. Vasseur, i vol. grand in-8, 729 p. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix broché : 5o francs.
- Cet ouvrage, après avoir fait l’historique des chemins de fer d’intérêt local, expose tout ce qui concerne la législation et la réglementation de ces chemins de fer ainsi que des tramways et transports publics au-
- tomobiles; il étudie également les diverses modifications proposées à la législation actuelle.
- La photographie stéréoscopique, en noir et en couleurs, par Ernest Coustet, 1 vol. br., 226 p., io5 fig. Mendel, éditeur, Paris. Prix : 9 francs.
- La stéréoscopie, qui seule permet une reproduction exacte de la nature, est certainement la forme la plus attrayante que l’on puisse donner à la photographie. Mais les questions touchant la stéréoscopie sont mal connues des amateurs, faute d’ouvrages spéciaux.
- Cette lacune dans la documentation photographique est aujourd’hui comblée. Le livre de M. Coustet est non seulement un traité précis et complet, mais encore une véritable encyclopédie où sont exposées, avec la clarté et la méthode qui caractérisent le talent de l’auteur, toutes les questions concernant la stéréoscopie. Sans négliger l’étude théorique de la question — qui est ici de toute première importance — l’auteur s’est efforcé de donner à son ouvrage un caractère éminemment pratique, ne craignant pas d’entrer dans les détails lorsqu’il traite de l’obtention des négatifs et positifs; à cet égard, le chapitre sur la stéréoscopie en couleurs est particulièrement intéressant.
- Les amateurs liront également avec intérêt l’étude consacrée aux appareils et y trouveront tous les éléments nécessaires pour un choix motivé entre les modèles les plus modernes des divers constructeurs.
- Un chapitre traite de la stéréoscopie appliquée à la microphotographie, à la photographie aérienne et même à la radiographie.
- Manuel du laitier-crémier, par A. Cornez, i vol, in-18, 307 p., n4 fig. J.-B. Baillière, éditeur, 1923. Prix :
- 10 francs.
- Cet utile ouvrage explique comment on transporte, comment on traite et on contrôle le lait destiné à la vente, puis comment on fabrique le beurre, et le parti que l’on tire des sous-produits de cette industrie; il donne les éléments d’établissement du prix de revient.
- 11 étudie de même la fabrication et le commerce des fromages. Un chapitre est consacré à des notions de commerce et d’administration. Le livre se termine par des notions sommaires de microbiologie, et par un chapitre sur le commerce des fruits, légumes et œufs.
- Le mécanisme de l’hérédité mendélienne, par T.-H. Morgan A.-H. Sturtevant, H~J. Muller et C.-B. Briuges. Edition française traduit de l’anglais, par M. Herlant,
- 1 vol. in-8, 391 p., 73 fig. Lamertin, Bruxelles.
- Prix : 2 5 francs.
- Les philosophes parlent de l’hérédité depuis... qu’il en existe, mais les naturalistes ne savent encore comment aborder ce problème. On sait que le moine Gregor Mendel, en 1865, énonça une loi qui la régit, loi déjà découverte par Naudin, qui resta lettre morte jusqu’en 1900. Depuis cette dernière date, les travaux sur l’hérédité mendélienne se sont tellement multipliés qu’ils ont créé toute une littérature spéciale et que des revues leur sont exclusivement consacrées. Depuis une dizaine d’années, Morgan mène ce mouvement dans son laboratoire de génétique et il n’est donc pas étonnant que l’œuvre écrite par lui et ses collaborateurs soit l’exposé le plus complet et le plus à jour de ce grand problème. lia dû grouper les faits innombrables et épars, aujourd’hui acquis et en extraire les théories qui lui paraissent les plus explicatives.
- Il faut savoir gré à l’Office de traduction de l’Institut Solvay d’avoir entrepris la traduction de cet ouvrage capital, dans le but de contribuer à la diffusion de la langue française comme langue auxiliaire internationale.
- Les opérations cardinales de l’esprit humain. Noble Pantagruel, par Alcuin Miliait (William Nicati).
- 1 vol. in-8, 609 p., 1 fig. G. Doin, Paris. Prix : 25 fr.
- Curieux livre de l’auteur de la Physiologie oculaire, dédié à la mémoire de Ranvier. Sous une forme littéraire, bourrée de citations et de souvenirs personnels, il édifie une psychologie, une sociologie et une métaphysique, basées sur ses connaissances de la cellule nerveuse qu’il considère comme le foyer de toutes les forces psychiques.
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- LA NATURE
- Supplément. ; »'
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- N° 2562 92 Mai 1923
- Les figures de souffle. — Quand on souffle sur une plaque de verre préalablement lavée avec de l’eau et du savon, puis essuyée au moyen d’un mouchoir en toile, de la vapeur d’eau se condense uniformément sur le verre, de telle sorte que la surface entière, vue en lumière réfléchie, apparaît terne et plutôt blanche. Si l’on dirige la pointe d’une petite flamme de chalumeau sur une plaque de verre ainsi préparée, puis qu’on souffle sur celle-ci aussitôt après refroidissement, on observe alors un dépôt blanchâtre sur toutes les parties non touchées par la flamme, tandis que le trajet de la flamme est marqué par une forme de condensation qui, à cause de sa transparence, paraît noire par contraste avec les parties voisines.
- Ce phénomène a été découvert il y a longtemps, mais la cause en était restée inconnue. M. T. J. Baker a essayé de l’élucider. La Revue générale des Sciences résume ses observations publiées dans le Philosopkical Magazine.
- Elles ne sont pas particulières au verre; les figures peuvent être obtenues également avec la porcelaine, le cristal de roche, le mica, le spath d’Islande, le platine, le nickel, l’argent, le laiton et le mercure, ce qui fait tomber l’hypothèse d’Àitken, attribuant ce phénomène à une modification du caractère de la surface. Il ne provient pas davantage d’un dépôt laissé par la flamme du chalumeau à la surface du verre, car on obtient les mêmes résultats avec une flamme d’hydrogène.
- Par contre, on n’obtient pas les figures de souffle, ou tout au moins elles ne' se forment que d’une façon très imparfaite quand on emploie du verre nettoyé chimiquement. Le traitement à l’eau de savon et l’essuyage avec un mouchoir de toile laissent donc quelque chose sur la surface, nécessaire à la production de l’effet, que la flamme détruit ensuite en tout ou en partie.
- Mais l’observation la plus frappante de M. Baker, c’est que l’état qui rend la plaque de verre capable de présenter les figures de souffle peut être transféré à une autre plaque. Il suffit de placer en contact une plaque ayant subi l’action de la flamme avec une plaque lavée et essuyée, mais non chauffée. Si, le lendemain, on sépare les deux plaques, on constate que toutes deux donnent des figures de souffle, qui sont l’image exacte l’une de l’autre. En outre, la figure de la plaque originale ne présente aucune diminution d’intensité.
- M. Baker a reconnu ensuite qu’il suffit de quelques minutes de contact pour la transmission parfaite de la propriété ci-dessus quand les deux plaques sont soumises à une faible pression atmosphérique. Le transfert a encore lieu quand les plaques sont distantes de i mm. Dans un cas, le transfert s’est produit 18 jours après le traitement par la flamme.
- D’après l’auteur, puisque le processus est hâté par la diminution de la pression et l’élévation de la température, et qu’il se produit même quand les plaques ne sont pas en contact, il est évident que c’est une substance gazeuse qui se transporte d’une plaque à l’autre.
- Mais, malgré de très nombreuses expériences, il n’a pu jusqu’à présent mettre en évidence la nature de cette substance
- Canalisations en fer ou en plomb? — C’est en France un usage immémorial de faire en plomb les raccordements des canalisations d’eau ou de gaz. On peut se demander si cette manière de faire s’explique par quelque raison technique. Le plomb se travaille facilement, on le soude, on le coude, on le martèle facilement. Ce sont là des qualités précieuses sans doute, mais contre-balancées par de sérieux défauts. Le plomb est un métal coûteux, la France en produit peu et est contrainte d’acheter dans les pays à change élevé le complément de sa production déficitaire ; ce serait donc une grande économie de substituer au plomb le fer ou l’acier, pour les canalisations de raccord qui absorbent un tonnage de plomb fort important. Ajoutons que, dans les canalisations d’eau, le plomb n’est pas sans danger, puisque, par oxydation, il peut donner un oxyde aussi toxique que la céruse.
- Dans une récente communication à la Société des Ingénieurs civils, M. Félix Binder fait remarquer que
- les Allemands et les Anglais ont renoncé depuis longtemps au plomb dans les canalisations de gaz ou d’eau. En Alsace, sous le régime allemand, un règlement administratif prescrivait d’office, depuis de longues années, pour l’eau l’emploi de la tuyauterie en fer galvanisé sur les deux faces, et pour le gaz la tuyauterie en fer noir. Cette méthode a donné de bons résultats, elle est consacrée par une expérience presque demi-séculaire, il n’y a donc pas de raisons sérieuses pour qu’elle ne se généralise pas dans le reste de la France, puisqu’elle assure à la fois économie et sécurité.
- M. Binder fait ressortir que les tuyaux en fer coûtent, tout compris, environ moitié moins cher que les tuyaux en plomb, et que, moyennant un outillage approprié, leur pose est aussi facile que celle des tuyaux de plomb.
- Il fait remarquer en outre que, dans les régions envahies, les tuyauteries en plomb ont été pour les Allemands de véritables mines de plomb, que nos ennemis ont exploitées au bénéfice de leurs industries de guerre et au grand dommage de nos soldats.
- M. Binder signale pour terminer une application récente et de grand style faite à Paris : les postes d’eau de la nouvelle ligne du Métropolitain Saint-Cloud-Opéra ont été installés avec des conduites en fer. Il est à souhaiter que eet exemple se généralise.
- L’utilisation du lignite en Allemagne. — Lorsqu’on examine les statistiques de la production allemande en combustibles, on est frappé de la progression rapide de l’extraction du lignite.
- En iqiB, l’Allemagne produisait 190 109000 tonnes de chai’bon ordinaire et 87233000 t. de lignite. En 1919, ces chiffres passent respectivement à 116707000 t. et 93648000; en 1920, on note 146601000 t. de houille et i23oooooo de tonnes de lignite.
- L‘Engineering qui commente ces chiffres fait remarquer que les Allemands expliquent l’augmentation de l’emploi du lignite par la nécessité où ils sont de trouver un succédané au charbon ordinaire livré aux puissances alliées, en vertu des clauses du traité de Versailles. Le rédacteur anglais estime que cette affirmation n’exprime pas toute la vérité. Il pense que lg dévelop- . pement du lignite en Allemagne n’est pas seulement la conséquence des obligations économiques de l’Allemagne vis-à-vis de ses anciens adversaires, mais surtout la conséquence des grands progi’ès techniques apportés en ces dernières années à l’utilisation du lignite, progrès sur lesquels les Allemands gardent une remarquable discrétion.
- On sait que le lignite forme un excellent combustible pour les foyers domestiques et qu’il est très employé, dans ce but, outre-Rhin, sous forme notamment de briquettes. On sait aussi qu’il est très employé sous forme pulvérisée dans de nombreuses installations industrielles, et en particulier pour chauffer les chaudières de grandes centrales électriques.
- Il peut aussi être, avec avantage, distillé ou gazéifié et c’est sur ce point que les techniciens allemands paraissent désireux de ne rien divulguer. La distillation du lignite fournit des huiles minérales qui, par fractionnement, donnent des produits capables de remplacer le pétrole et ses dérivés. La distillation de ï million de tonnes de lignite donne 60000 t. d’huile minérale brute. Or l’Allemagne, qui n’a pas de gisements pétrolifères sur son territoire, importait en 1911 plus de 1 200000 t. de pétrole ou produits dérivés; en 1920, son importation se réduit à 4^5 500 t. C’est dire que l’Allemagne tend à se rendre indépendante des pays maîtres du pétrole, et qu’elle a déjà réussi à conquérir à cet égard une autonomie partielle. C’est évidemment sur son territoire qu’elle trouve les succédanés nécessaires à son industrie : c’est au lignite qu’elle les demande.
- Ajoutons que la distillation du lignite donne comme sous-produit : de l’ammoniaque et du coke utilisable comme combustible.
- Par gazéification, on produit un gaz d’éclairage de pouvoir calorifique satisfaisant, de prix peu élevé et l’on recueille encore de l’ammoniaque comme sous-produit. Cette utilisation en grand du lignite mérite d’attirer
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- INFORMATIONS
- l’attention du public français. La France, mal dotée en combustibles minéraux, possède cependant d’importants gisements de lignite. Elle en extrait à peine i million de tonnes par an. Comme le fait remarquer M. Guiselin, dans la Revue Chimie et Industrie, il est indispensable que nous nous inspirions de l’exemple allemand sur ce point, d’autant plus que le lignite est la matière première de choix pour l'application des procédés du type Bergius, dans lesquels on transforme le carbone en hydrocarbures liquides, en le combinant sous haute pression avec l’hydrogène.
- Les grandes puissances industrielles se disputent aujourd’hui avec âpreté, sur toute l’étendue du globe, les gisements de pétrole, et l’on a pu dire que celui-ci était actuellement le pivot de la politique internationale. La situation pourrait être entièrement transformée par la fabrication synthétique des carbures d’hydrogène. L’Allemagne paraît déjà avancée dans cette voie; de même qu’elle s’est affranchie du Chili pour les produits azotés (on sait ce que cela nous a coûté pendant la grande guerre), de même elle demande à ses chimistes de la rendre indépendante de l’étranger pour les combustibles liquides. Il importe que la France en fasse autant.
- Les plus grandes Bibliothèques du monde. —
- Voici un intéressant document statistique que nous devons à l’obligeance de M. Montessus de Ballore.
- Volumes.
- Paris, France, Bibliothèque Nationale................. 5.500.000
- Washington, U. S. A., L. of Congress..................2.918.256
- (^New-York, U. S. A., New-York Public L.................. 2.637.505
- -YvLondon, England, Bril.ish Muséum Library.............. 2.500.000
- Cambridge, Ü. S. À., Harvard University L . .. . . . 2.101.000
- S’Gravenhagc, Pays-Bas, Koninklijke Biblioleek . . . 2.000.000
- Berlin, Deulsehland, Preussische Staatsbibliothek. . . 1.750.000
- München, Deutschland, Bayerischc Staatsbibliothek. . 1.550.000
- New llaven, U. S. A., Yale University Library, . . . 1.217.500
- Boston, U. S. A., Public Library...................... 1.197.498
- Chicago, U. S. A., Public Library.....................1.012.000
- Kôbenhavn, Danemark, Det kongelige Bibliothek. . . 1.000.000
- Madrid, Espana, Biblioteca Nacional................... 1.000.000
- Oxford, England, Bodleian Library..................... 1.000 000
- Strasbourg, France, Bib. Universitaire et Régionale. . 1.000.000
- Wien, Oesterreich, llofbiblioLhek................ 1.000.000
- Cambridge, England, University library................ 950.000
- Borna, liaiia, B. Nazionale Yittorio Emanuele .... 900.000
- Amsterdam, Pays-Bas, Bibliotheek der Univcrsiteit van
- Amsterdam....................................... 800.000
- München, Deutschland, Universitacts Bibliothek . . . 800.000
- Paris, France* Bibliothèque de l’Arsenal.............. 720.000
- Bruxelles, Belgique, Bib. Royale de Belgique .... 700.000
- Leipzig, Deutschland, Universitaels Bibliothek .... 700.000
- Paris, France, Bib. de l’Institut de France................ 700.000
- Paris, France, Bib. de FUniversité de Paris............... 700.000
- YYarszawa, Pologne, B. Universytecka w ’Warszawie. . 700.000
- Wien, Oesterreich, üniversitaets bibliothek.............. 700.000
- Krisliana, Norvège, Univcrsitcts biblioteket.............. 685.000
- Gottingen, Deutschland, Üniversitaets Bibliothek. . . 670.000
- Ithaca, U. S. A., Cornell University L................ 650.000
- Dresden, Deutschland, Saechsische Landesbibliothek. . 640.000
- Cleveland, U. S. A., Cleveland P. L............... 624.941
- Chicago, U. S. A., University oî Chicago Library. . . 625.425
- Trier, Deutschland, üniversitaets Bibliothek...... 620.000
- Detroit, U. S. A., Detroit Public Library............. 612.521
- Saint-Louis, U. S. A., Public Library................. 610.000
- Philadelphia, U. S. A., Free Library.................. 606.551
- Cincinnati, U. S. A., Public Library.................. 604.641
- llamburg, Deutschland Stadlbibliothek............. 600.000
- Lisboa, Portugal, Bibiiotheca Nacional............ 600.000
- Uppsala, Suède, Kungl. Universitetets Bibliothek. . . 000.000
- Zurich, Suisse, Zentralbibliothek................. 600.000
- Alhany, U. S. A., New York State Library.............. 575.550
- Manchester, England, Public Library............... 558.909
- Glasgow, England, Glasgow Corporation P. L. . . . 555.500
- Budapest, Hongrie, Kir. magy. ludomânyegyetemik. , 529.000
- Birmingham, England, Birmingham P. L.............. 519.615
- London YV. C. 2., England, British L. of Poiilieal
- Science................................................. 500.000
- Lyon, France, Bil). de la Ville....................... 500.000
- Philadelphia, U. S. A. University of Pennsylvania L. . 500.000
- Salem, U. S. A., Essex Institute Library.............. 500.000
- Stockholm, Suède, Kungl. Bibliotek................ 500 000
- YVürzburg, Deulsehland, üniversitaets Bibliothek. . . 500.000
- Action stimulante des sels de magnésie et de
- manganèse sur la végétation. — Les expériences récentes faites par l’agronome Popoff, de Sofia, ont conduit à cette constatation que les sels de magnésie et de manganèse font développer, en deux ou trois semaines, et en plein hiver, les bourgeons et les boutons floraux.
- En trempant des semences de blé, de lentille et de
- maïs dans des solutions contenant de i à 3 pour ioo de chloi’ure de magnésium, de sulfate de manganèse ou de nitrate de manganèse, seules ou mélangées, cet agronome est parvenu à leur faire produire 4o, 5o et ioo pour ioo de plus qu’aux semences témoins non traitées. M. Popoff fixe la durée du traitement à une heure pour la moutarde, à 3 heures pour le blé, le maïs et le seigle, à 8 heures pour l’orge et à îo ou 12 heures pour l’avoine.
- Ces résultats d’expériences jettent un jour nouveau sur le pouvoir fertilisant des sels de magnésie et de manganèse.
- Poste de réception sur automobiles. — A l’instar des Américains, nombre d’automobilistes français équipent maintenant leurs voitures avec des poste récepteurs de T. S. F.
- Déjà au Salon de l’Automobile, en 1922, la carrosserie Ivelsch avait présenté une torpédo portant un appareil complet. Tous les éléments du poste étaient contenus dans un meuble en ébénisterie, placé derrière le siège du conducteur. Ce meuble prenait la place du meuble ordinaire des voitures modernes qui renferme les strapontins et les cantines. L’amplificateur employé comprenait deux étages à haute fréquence, une lampe détectrice et trois étages à basse fréquence; réaction électrostatique par compensateur. Bien que la caisse du torpédo fût métallique, le collecteur d’ondes était formé simplement par un cadre entourant le meuble. Les résultats furent excellents.
- Plus récemment encore, la carrosserie Dumied projette d’équiper les voitures de grand luxe Hispano-Suiza avec des postes récepteurs du même genre. Mais, vu le manque de place, le collecteur d’ondes sera sans doute formé d’un cadre extérieur démontable. Le chauffage des filaments sera assuré à l’aide des batteries d’accumulateurs de la voilure servant à l’éclairage et au démarrage. Des rhéostats spéciaux permettront l’utilisation de cette batterie de 6 volts.
- La T. S. P. sur les bateaux parisiens. — Nombre de grands paquebots transatlantiques sont maintenant pourvus de superbes installations radio-téléphoniques pour le plus grand plaisir de leurs passagers. Les petits « bateaux mouches », eux aussi, veulent rivaliser avec les navires de haute mer. Des essais ont été entrepris récemment, auxquels assistaient des ingénieurs de la Compagnie et des conseillers municipaux. Les résultats furent bons. Seul le haut-paiTeur donnait des sons peu harmonieux. Le remplacement en est facile et bientôt, sans doute, l’installation sera définitive.
- Leçons de T. S. P. — Le poste de l’Ecole supérieure des P. T. T., qui sous l’active direction de M. Dennery vient toujours en tête du progrès, inaugure les leçons par T. S. F. Tous les mardis et jeudis, un professeur de l’école Berlitz lira une page d’anglais afin de permettre aux débutants d’en suivre la prononciation correcte. Ces lectures correspondent aux différentes leçons d’un livre que les élèves doivent avoir sous les yeux au moment de l’audition.
- Un nouveau poste d’émission. — Une station radio-téléphonique, destinée aux communications avec les avions, va entrer en service à Abbeville. Comme celle du Bourget, sa longueur d’onde sera de goo m. et sa puis-sage de 25o watts.
- Cours de T S. P. — La Société des « Amis de la T. S. F. » organise des cours réguliers de T. S. F. principalement destinés aux amateurs. Les conférences seront faites par les plus éminents techniciens et comprendront des parties théoriques, comme introduction générale à l’étude de la T. S. F., et des causeries pratiques.
- Nouveau laboratoire d’essais. — La Société française d’études de télégraphie et de téléphonie sans fil dont le secrétaire général est M. J. Roussel, bien connu des lecteurs de La Nature, vient d’installer un laboratoire d’essais avec poste d’émission et de réception. Ce laboratoire, pourvu d’outillage et d’appareils de mesure, sera ouvert aux sociétaires trois fois par semaine.
- Des techniciens appartenant à la Société dirigeront les travaux pratiques et initieront en outre leurs auditeurs au fonctionnement théorique des appareils décrits ou construits.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Y K> T. S. E. <4
- Un grand cadre de réception. — Il est souvent utile, pour la réception des postes éloignés en radiotéléphonie, et spécialement pour“les postes travaillant sur grandes longueurs d’onde, si l’on désire un bon résultat, d’avoir un cadre de grand diamètre.
- Il faut non seulement que ce cadre soit pivotant, et adapté pour permettre l’enroulement d’un bobinage de bon rendement, mais encore qu’il soit de construction mécanique solide et de préférence démontable.
- Le cadre dont nous donnons la description (iig. j) a été construit par M. Lagadec. Il a -x m. 5o de diamètre et comprend 12 côtés, sa profondeur est de 0,80 cm. Il est entièrement démontable, chacun des côtés le constituant comportant des tenons serrés à l’aide de vis et d’écrous et dans lesquels s’emboîtent les croisillons.
- Ce cadre est posé sur un support qui peut pivoter au moyen de deux roulements de billes, dont l’un sert de butée.
- Sur ce cadre ont été enroulées 4° spires de fil de 8/ro mm, isolé, 2 couches coton. Ces spires sont donc
- Fig. t. — Grand cadre de réception.
- écartées de 2 cm, ce qui donne un très bon rendement. L’enroulement a été divisé en trois sections entières, ce qui permet de prendre 10, 20 ou 40 spires.
- La première section a une longueur d’onde propre de 55o m. et l’ensemble de 220b m.
- Avec la première section et un amplificateur approprié, on peut entendre les poncerts de la Haye ainsi que les transmissions des bateaux sous 600 m. et du Bourget sous 900 m.
- En prenant 20 spires, on obtient des réceptions de concerts de la T. S. F.
- Enfin, en prenant la totalité du cadre on peut recevoir la Tour Eiffel, à grande distance, ou les émissions de Ivœnigswusterhausen. #
- Objets utiles -*<&.
- Radiateur « Sylvain » pour pianistes. — Avez-vous déjà joué, ayant l’onglée? Si, oui, vous vous réjouirez de cet appareil.
- Ce radiateur a été spécialement étudié et construit pour distribuer une chaleur douce et agréable sur les mains des musiciens, pianistes ou organistes, pendant leurs études ou leurs exécutions musicales, sans le moindre risque pour l’instrument, qui ne peut au contraire que bénéficier pendant les saisons froides ou humides de la très douce chaleur qui lui parvient ainsi indirectement.
- Comme l’indique la figure, ce radiateur qui se suspend par deux crochets au fermoir-couvercle du piano consiste en une sorte de long tube de cuivre poli, ajouré du côté des mains, occupant toute la longueur du clavier
- et contenant le long de son axe une résistance en fil de chrome nickel enroulée autour d’un tube garni d’amiante régularisant la radiation calorifique. Du côlé du piano une enveloppe isolante empêche le rayonnement d’échauffer très sensiblement le fermoir-couvercle; du côté des mains, au contraire, le tube de cuivre est largement ouvert pour laisser passer la chaleur, un treillis de cuivre à grosses mailles protégeant du reste la. résis-
- Fig. 2. — Le radiateur « Sylvain » adapté à un piano.
- tance contre tout heurt et empêchant les mains imprudentes de l’approcher. Le radiateur pivote sur ses deux supports pour pouvoir orienter les radiations à volonté et il peut aussi s’allonger ou se raccourcir pour atteindre les longueurs désirées.
- Sa température ne s’élève jamais assez pour brûler les mains q\ii peuvent se poser sur lui lorsqu’on veut les chauffer, et cét ustensile reste encore chaud quelques minutes après l’arrêt du courant.
- La prise d’électricité est très simple; elle a lieu sur le côté gauche du radiateur et se branche sur lampe ou sur fiche. La dépense en marche continue est de 275 watts à l’heure, mais cette continuité n’est pas nécessaire, sauf les jours de grand froid.
- Une forme de support spéciale existe pour les fermoirs tout à fait droits (pianos à queue, orgue, etc.).
- En vente chez MM. Poeymiron et Cio, i3, rue Beau-court-Decourchelle, Lille.
- Biberon en verre Pyrex. — Nos lecteurs connaissent le verre Pyrex, borosilicate alumino-sodique, remarquable par sa résistance aux chocs et aux brusques variations de température.
- On a eu l’idée d’en faire des biberons qui ont l’avantage d’être épais et par conséquent solides, de supporter aussi bien le lait bouillant que la brusque plongée dans l’eau froide, de pouvoir être bouillis ou stérilisés sans risque de casse.
- Ce biberon incassable a la forme des bouteilles ordinaires et se fait en trois tailles : ifîo, 200 et 2Ôo cm3; il est vendu par M. Raoul Neveu, 16-20, rue Monsieur-le-Prince, Paris, 6°.
- Utilisez comme rabot une lame de rasoir pour les travaux fins. — Un rabot utile et commode peut être
- Fig. 3. — Rabot fait avec une lame de rasoir.
- fabriqué en introduisant une lame de rasoir de sûreté dans un support en bois, comme le montre le croquis. L’ouverture dans la poignée en bois tendre est coupée à l’aide d’une scie ou de la manière pratique que l’on veut.
- Une ouverture est aussi ménagée au dos pour permettre aux copeaux de sortir.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La forme de la poignée doit être telle que la lame, restant en place pendant l’usage, puisse être ensuite enlevée.
- Tous les modèles de lames de rasoirs de sûreté pourront servir, et une lame pourra travailler assez longtemps sans perdre son tranchant.
- Ce rabot est utile dans la menuiserie fine, quand un rabot ordinaire est trop large, par exemple pour finir les glissières d’une vieille table. Il peut servir également pour les marqueteries.
- *> Ameublement
- Un appartement originalement agencé. — Un de nos abonnés, M. Marcou, vient d’imaginer un « lit vertical » et une « desserte mobile » qui donnent une solution ingénieuse à la crise du logement. Ces appareils ont reçu d’ailleurs la médaille d’or au dernier Concours Lépine.
- Suivant la conception de M. Marcou il n’y a pas de pièces spécialisées, donc pas de salon, de salle à manger ou de chambre à coucher, mais chaque pièce pourra faire salon, îsalle à manger ou chambre à coucher. Ce
- Fig. i. — Agencement de l’appartement : lit vertical.
- résultat est obtenu grâce au « lit vertical » et à la « desserte mobile ».
- Dans chaque pièce un des côtés est occupé par un décor, au milieu du décor une tenture, et à droite et à gauche deux sortes d’armoires. Le tout occupe une profondeur maximum de 60 centimètres.
- Pour transformer cette pièce (qui constitue un salon ou un bureau) en une chambre à coucher, il n’y a qu’à tirer le rideau et le lit apparaît dressé verticalement.
- Or, ce lit vertical est un lit quelconque du commerce transformé en quelques minutes en un lit pouvant se redresser.
- On utilise à cet effet la mortaise qui existe dans tout lit métallique et qui sert à la fixation des barres d’accouplement reliant l’avant à l’arrière du lit.
- Cette mortaise sert à fixer par un boulon un pied supplémentaire de chaque côté du lit. Ces pieds sont eux-mêmes reliés par un tube de fer. Sur ce tube de fer tourillonne le sommier.
- Eulin, des ressorts et un contrepoids facilitent la relevée du lit.
- Contrairement aux lits en armoire, ce lit est donc confortable et hygiénique. Il n’est pas privé d’air et participe à l’aération de la pièce.
- Il facilite le nettoyage de celle-ci et permet d’utiliser les lits existants.
- A droite et à gauche sont deux réduits non moins aérés et contenant : l’un un lavabo, l’autre un tub et un appareil à douches (ou une penderie).
- Enfin, cette même pièce se transforme en salle à manger par l’apport d’un petit buffet monté sur trois roues et contenant tout ce qui est nécessaire à un repas.
- Les plats chauds sont maintenus à la température adéquate par un réchaud électrique se trouvant dans le four, qui occupe la partie basse jlu buffet.
- Sur les tablettes du dessus prennent place les plats froids et assiettes propres.
- Deux tiroirs sont placés sous la planche supérieure et reçoivent l’argenterie, les serviettes, etc....
- Enfin, autour de cette planchette supérieure et tenus par une galerie sont les condiments, le sucre, l’huile, le
- Fig. 2. — Detail du lit vertical.
- filtre à café, etc.... Sur les côtés, sont les bouteilles et verres.
- Enfin un petit four électrique permet d’avoir l’eau bouillante nécessaire à la confection du café.
- Point donc n’est besoin de domestique pour faire le service de table, car on a tout sous la main.
- Cet ensemble permet ainsi d’avoir dans une seule pièce tout le confortable d’un grand appartement sans avoir les ennuis du personnel.
- Mais, direz vous, la ventilation devra laisser à désirer ?
- Les pièces n’ont pas de cheminées, car on dispose du chauffage central; mais comme il n’est pas prudent de n’avoir pas un chauffage de secours on fait installer dans chaque pièce un conduit de fumée permettant le cas échéant d’y adapter une cloche à bois.
- Ce conduit se termine par une bouche de chaleur à laquelle s’adapte le tuyau du poêle, mais ce conduit sert encore à évacuer l’air vicié, le nettoyage de la
- Fig. 3. — Servante mobile électricpie.
- pièce étant assuré par un appareil de nettoyage par le vide.
- Cet appareil (en enlevant le sàc à poussières) s’adapte à la bouche de chaleur et aère par aspiration. Deux minutes de fonctionnement du moteur suffisent à changer tout l’air de la pièce.
- Et après avoir lu cette description de la vie simplifiée ne parlez plus de la crise du logement et des domestiques, dit notre ingénieux abonné que nous félicitons pour son invention pratique et originale.
- M. Marcou, 15, rue de Satory, Versailles.
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- VARIETES
- CHEMINS DE FER
- VOIES LARGES ET VOIES ÉTROITES1
- Lorsqu’on a établi en Angleterre les premières voies ferrées, on leur a donné une largeur de 5 pieds, soit i m. 515, comptée d’axe en axe des rails; ceux-ci étaient d’abord de faible poids, et le champignon n’occupait qu’une largeur de 3 pouces, soit 7S mm ; plus tard on a compris que la mesure vraiment intéressante pour la réussite de la circulation était l'écartement entre les champignons, soit i,5i5 — 70 = 1 m. 44 et ce chiffre est devenu la caractéristique de la « voie normale ».
- L’expérience ayant montré ensuite que pareille "voie convenait bien à presque tous les genres de trafic de quelque importance, ce type s’est généralisé, ce qui a permis de faciles transbordements, c’est même pour rendre difficiles les transbordements en cas de guerre que certaines contrées, la Russie et l’Espagne, ont adopté une largeur plus grande de 10 et même de 25 cm.
- D’autre part, les services spéciaux, les entreprises de mines, de carrières, de travaux passagers, quand ils se sont mis à faire leurs transports par voie ferrée, ont trouvé suffisant d’adopter des voies très étroites, descendant jusqu’à 35 cm d’écartement; l’empirisme paraissait prouver que le carré de l’écartement devait être proportionnel au tonnage à transporter journellement; les plus grandes entreprises de terrassements ont pris les écartements de 1 m. 20 ou 1 m. 067; d’autres plus modestes se sont contentées de o m. 75, o m. 60, o m. 5o.
- Dans un sens opposé, l’accroissement progressif des vitesses sur des lignes à grand trafic comme celle de Manchester à Londres a fait craindre à un certain moment que la voie normale devînt insuffisante et on a porté la largeur à 6 pieds, soit 1 m. 83 ; mais plus tard ou a compris que la stabilité dépendait surtout de la bonne construction des véhicules, de la solide fixation des rails, du poids des traverses et des rails, du rayon des courbes.
- On a pu conserver les anciens tracés à courbes de 600 m. de rayon en portant de 25 à 5o kg le poids du mètre de rail, et en éclissant ceux-ci ; et le passage dans les courbes a été rendu possible pour les énormes véhicules en montant ceux-ci sur deux boggies, petits chariots soutenant la voiture chacun par un pivot : au point de vue des courbes, ces chariots n’ont que 2 ou 3 m. d’empâtement et la voiture qu’ils portent a jusqu’à 25 m. de longueur, ce qui, pour une courbe de 600 m. de rayon, correspond respectivement à des flèches de x au lieu de 12.
- Mais l’établissement d’une voie ferrée dans ces conditions revient à un prix très élevé, surtout avec la sujétion de ne pas avoir de pentes supérieures à 10 ou 11 millièmes ; il faut un trafic énorme pour que l’exploitation ne soit pas ruineuse, et par conséquent 011 ne peut pas adopter un pareil système pour des chemins de fer autx-es que les plus grandes communications ; partout ailleurs on devrait se contenter de petites voies, et l’expérience a montré qu’avec une bonne organisation et une surveillance assidue on arrivait à faire jusqu’à 3ooo et même 35oo tonnes avec une voie de x m. 067 ; l’exemple des mines de phosphates de Gafsa est concluant à cet égard, et fait regretter que ce module n’ait pas été exclusivement adopté pour les grandes lignes coloniales, dont aucune ne semble appelée à dépasser 1 million de tonnes par an.
- Dans l’Europe, où les grandes voies sont assez multipliées, les lignes secondaires sont peu étendues, et on s’est décidé à les mettre toutes à la voie normale, à cause des difficultés et des dépenses qu’enti’aîne le transbordement des marchandises par quelque système que ce soit. On a, en effet, essayé sans succès, de mettre les caisses des wagons du modèle petite voie sur. les trucs de la grande voie sans les vider : les essais
- prolongés ont montré que, tout compte fait, on n’avait pas avantage pécuniaire à l’économie d’installation que l’on avait ainsi tenté de faire sur les services locaux. Tout ce qu’on peut essayer, c’est de pourvoir les lignes secondaires de rails relativement légers, en n’y admettant pas les énormes locomotives des grandes lignes; on peut aussi, en limitant les vitesses, accepter des courbes et des pentes plus dures, et même gravir les escarpements les plus raides en employant le système à crémaillère avec une locomotive à double fin.
- Deux circonstances militent en faveur des voiés étroites quand on n’a pas à se préoccuper du transbordement de marchandises par grandes quantités : ce sont les frais de premier établissement et les frais d’exploitation.
- On peut admettre que le prix de ^revient de la voie s’accroît proportionnellement au cube de l’écartement des rails, étant entendu que les éléments du chemin de" fer sont calculés raisonnablement en vue du trafic que la traction doit desservir : on comprend en effet que si l’on n’a par exemple que 10 tonnes à tx'ansporter à chaque voyage, on peut les répartir en 2 ou 3 véhicules et traîner le train par une locomotive de 5 tonnes par exemple, et pour pareil service la charge ne sera que de 2 t. 1/2 par essieu, les rails de i5 à 20 kg seront largement suffisants et les traverses seront de section proportionnée à ce chiffre, tout en conservant au moins la distance de 80 cm telle qu’elle est adoptée pour les lourdes traverses des grandes lignes.
- On aura d’ailleurs un matériel léger, ce qui n’empêche pas de porter de longs et lourds fardeaux à la condition de multiplier le nombre des essieux porteurs ; et on peut agir de même pour les locomotives.
- Appliquant la règle du cube aux diverses voies possibles, on forme le tableau suivant du coefficient des dépenses de premier établissement • dans les cas les
- plus ordinaires,
- Largeur de voie. Cube. Coefficient simplifié.
- 1 m. 44 2,986 3o
- 1 m. 067 1,208 12
- 1 m. 000 1,000 10
- 0 m. 80 512 5
- 0 m. 60 216 2
- Il n’en est pas de même pour le coût du matériel roulant, qui dépend presque exclusivement du trafic et va plutôt en augmentant qu’en diminuant quand la voie est plus étroite, par tonne kilométrique.
- Mais les frais de service, calculés au kilomètre, sont largement réduits en passant de la voie large à la voie étroite.
- Il faut ajouter aussi qu’une voie éti’oite se prête 1res bien à la ti*action électrique, et que celle-ci se présente souvent comme très économique dans les sections à forte pente qui sont voisins de cours d’eau à chutes rapides, mais à faible débit.
- Dans ce cas, ce qui convient le mieux au service, c’est la voiture isolée automobile, ou le train de deux véhicules seulement.
- Rien n’empêche de multiplier à volonté de pareilles voitures et par conséquent de satisfaire à un trafic assez intense avec des frais d’établissement très, modérés ; le matériel se développé au fur et à mesure des besoins.
- En résumé, dans l’état actuel des constructions, on obtient de si "bons résultats par l’emploi des petites voies, et notamment par celles de 1 m. à 1 m. 20, qu’on peut regretter que ce modèle réduit n’ait pas été plus généralement adopté, sauf à réserver le type 1 m. 5o à quelques lignes à très grand trafic ou à grandes vitesses, dont le nombre est assez restreint.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- L’euparal. Milieu de montage des préparations microscopiques. — C’est le nom d’un milieu solidi-liable remplaçant le baume de Canada et les autres résines employées pour le montage des ‘préparations microscopiques. Sa composition est assez singulière : c’est une solution de sandaraque dans un mélange, en proportions rigoureusement déterminées, d’eucalyptol, de paraldéhyde et de camsal, qui est lui-même une combinaison de camphre et de salol. Ces deux derniers corps solides jouissent de la propriété de donner en s’unissant un produit liquide, le camsal. Or, ni le camsal, ni l’eucalyptol, ni la paraldéhyde ne conviennent séparément comme véhicule de la sandaraque pour les besoins de la micrographie, mais mélangés dans la proportion voulue, déterminée par de longs tâtonnements, avec la sandaraque, ils fournissent un médium de montage présentant des propriétés remarquables :
- i° Son indice de réfraction est inférieur à celui du baume de Canada n — 1.48302, l’indice du baume pur étant n — i,548 ; ceci est favorable à la visibilité de certains détails quand on ne cherche pas à éclaircir un objet très opaque.
- 2° Il est exempt, contrairement à certaines résines, de matières oxydantes nuisibles à la conservation de certaines matières colorantes (d’après P. Mayer, de Naples). Loin d’être oxydant il possède des propriétés réductrices.
- 3° On peut le colorer en y dissolvant certaines substances, ce qui est utile pour l’examen des objets à la lumière monochromatique. Une magnifique teinte verte, par exemple, est obtenue par l’addition d’une faible quantité d’un sel de cuivre. Ce baume vert renforce les colorations à l’hématoxyline.
- 4° Il épargne aux objets délicats les mauvais effets de la déshydratation complète, indispensable dans l’emploi des autres milieux résineux. Un objet imprégné d’alcool à 70 pour 100 peut y être inclus directement. Toutefois il est préférable, au point de vue de la conservation des colorations, de passer par un intermédiaire appelé essence d’euparal et dont voici la composition :
- Eucalyptol..................9 vol.
- Paraldéhyde.................7 vol.
- Ce mélange ne dissout presque aucune des matières colorantes usitées.- On voit que l’alcool absolu, cher et nuisible aux objets, est totalemeut banni de cette technique.
- 5° Il .possède une bonne fluidité, n’est pas filant et se manipule fort aisément, sa tendance à emprisonner des bulles d’air étant moindre que celle des autres médiums.
- 6° Il sèche très rapidement, dans la partie qui déborde le couvre-objets il devient très dur sans présenter la tendance au craquelage qui rend les autres solutions de sandaraque inutilisables ; il conserve une certaine élasticité et adhère fortement au verre.
- L’euparal peut remplacer les baumes pour tous les usages, histologiques et cytologiques, et convient tout particulièrement pour le montage des petits animaux entiers, crustacés, insectes, vers, larves, hydroïdes, etc., qui s’altèrent sous l’action de l’alcool absolu, mais
- supportent celle de l’alcool à 700. Son exceptionnelle facilité de manipulation en indique l’emploi pour les cours pratiques élémentaires,
- Inventé il y a 18 ans par Gilson, directeur du Musée royal d’Histoire naturelle de Belgique, il a, dès aujourd’hui, conquis droit de cité dans les laboratoires. Bolles Lee, dans la dernière édition de son traité de technique microscopique, le donne comme la principale innovation technique à signaler depuis l’édition précédente.
- Noter que l’euparal ouvre la voie à de nouveaux procédés de coloration multiple grâce à la suppression des alcools forts et absolus qui décolorent rapidement les objets dans le montage au baume; mais ceci fera l’objet d’une autre note de technique.
- La préparatiou de l’euparal est assez délicate, tous les produits devant être soigneusement dépurés afin d’assurer ses propriétés conservatrices. 11 a obtenu les honneurs de la contrefaçon. Le produit original est fabriqué par Flatters et Garnett, opticiens, 309, Oxfort Road, Manchester, et livré par toutes les maisons de fournitures scientifiques.
- Pâte à polir les meubles. — La Revue de Chimie industrielle signale la formule suivante de M. Andès :
- On prépare une pâte pour nettoyer les meubles en bois verni ou ciré ou d’autres objets de même genre, en faisant bouillir de l’eau avec du savon et en y incorporant de la cire, de l’encaustique à parquet et un peu de soude. On remue pendant le mélange, et encore après, jusqu’à refroidissement. L’eau en excès se sépare, il reste une masse qu’on fait égoutter à travers une mousseline, et l’on obtient finalement une pâte jaune ou rougeâtre, ayant la consistance du beurre et répondant à peu près à la composition suivante : savon, 3,2; eau, 2 ; cire, 8 ; soude, 1,8.
- On applique cette pâte en très mince couche à la surface des objets à nettoyer, on étale et frotte bien et l’on obtient rapidement une surface pure et luisante. Le vernis ou la couleur des objets nettoyés ne sont pas attaqués par la pâte, qui ne donne pas d’endroits claircis. Ces pâtes sont employées pour le nettoyage des meubles, portes, encadrements, objets émaillés, vernis, etc., peints, colorés, vernis ou cirés.
- Préparation de caillettes pour l’industrie fromagère. — Utiliser, de préférence, les caillettes provenant de jeunes veaux. On les débarrasse des matières qu’elles contiennent par lavage, mais en employant de faibles quantités d’eau. Veiller à ne pas employer d’eaux dures, c’est-à-dirfe fortement chargées de sels calcaires qui sont préjudiciables à la préparation des produits en question. Après avoir dégraissé les caillettes, on les attache par leurs extrémités, puis on les fait sécher, pendant 48 heures, à une température qui ne doit pas dépasser 5x° C. Le séchage doit s’opérer progressivement afin que les caillettes demeurent molles et puissent aisément se plier. Après séchage, couper les extrémités, plier les pièces en quatre et en faire des paquets de a5. Une température trop élevée détruit les propriétés de la pressure. Séchées, les caillettes doivent avoir un poids de 310 gr. environ.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — T. S. P. — M. Louis Ahraliam, à Port-au-Prince (Haïti). — Voici l’adresse demandée : Ecole pratique de Radioélectricité,- 57, rue de Vanves, Paris.
- M. E. Gruner, à Paris. — L’avantage du dispositif Reinartz est de permettre l’utilisation d’une antenne de grandes dimensions; celle-ci peut atteindre 100 m. de longueur sans inconvénients et on n’est donc limité que
- par l’emplacement disponible pour son installation. Les condensateurs variables indiqués dans la figure
- de la page i3o du n° 2552 ont une valeur de —-— uf et
- 2000
- de-----gf.
- 4000
- Le montage" Reinartz n’est pas destiné à la réception sur cadre. Pour utiliser des cadres de grandes longueurs d’onde propres à la réception d’ondes courtes,, il conviendrait d'essayer de les accoupler en parallèle ; ainsi la self totale de l’ensemble serait moindre que la self de chacun des composants.
- M. L. Philipon, à Parcy (Aisne). — i° Votre antenne nous semble devoir être d’un bon rendement, jl serait
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- seulement préférable que la descente de poste se fit du côté opposé. Cette antenne doit avoir une longueur d’onde propre voisine de 3oo m. (voir n° 2548).
- Les récepteurs et haut-parleurs nous semblent bien choisis, il resterait donc à améliorer les appareils d’accord et l’amplificateur.
- 20 L’amplificateur que vous utilisez actuellement est en réalité une lampe détectrice à réaction autodyne, suivie d’un étage BF et l’accord se fait simplement à l’aide d’un montage en dérivation.
- Il nous paraît assez difficile de recevoir avec cet appareil, et en conservant le même dispositif d’accord et de réception, toutes les longueurs d’onde de 400 à 4000 m. De plus, la détection ne se faisant bien que pour les signaux déjà assez puissants, il en résulte que les émissions de postes éloignés sont très mal amplifiées.
- Yous pouvez d’abord essayer de monter un petit Tesla, comme il est d’ailleurs expliqué dans la notice que vous nous avez communiquée. Une galette en fond de panier par exemple, ou en nid d’abeilles et un condensateur variable de 1/1.000 gf. vous permettront cet essai.
- Yous pourriez faire l’accord simplement au moyen de galettes extérieures; les galettes « nid d’abeilles » vous donneront le meilleur rendement pour les ondes courtes. (Pour Koenigswüsterhausen se rappeler que la longueur d'onde est de 4000 m.)
- 3“ Pour augmenter l’amplification et pouvoir recevoir directement les ondes de i5o m. à 4000 m. de longueur d’onde, il faut utiliser des étages IIF à transformateurs ou mieux à selfs. (Le réglage de ces derniers est moins délicat.)
- Yous pourriez peut-êtée combiner ces étages avec votre appareil, mais il faudra supprimer le système rétroactif de votre lampe détectrice. Il sera bon également, si vous achetez ces étages séparés chez un constructeur, de lui confier votre appareil' pour un essai préalable, car le résultat de cette modification peut être plus ou moins satisfaisant.
- Yoici une adresse de maison construisant des appareils à selfs pour ondes de courtes et moyennes longueurs : établissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris.
- 4° Il n’y a aucun intérêt à employer une batterie de 6 volts pour le chauffage des filaments, ni à se servir d’un potentiomètre. Vous pouvez utiliser une batterie de plaque de 40 à 60 volts et une batterie de chauffage de 4 volts ; un petit rhéostat intercalé simplement dans le circuit de la batterie de chauffage peut améliorer seulement le rendement de la détection.
- M. André Alhenque, Les Bréviaires (Seine-et-Oise). — 1" Dans un amplificateur à résistances HF, la valeur des condensateurs de liaison dépend de la longueur d’onde des signaux à recevoir. En pratique, il suffit que les premiers, ou le premier condensateur ait une capacité plus grande qu’une certaine valeur par exemple > 4/10.000 gf et que le dernier condensateur ait une valeur plus petite, par exemple 2/10.000 gf. On voit qu’il y a là des limites de fonctionnement assez étendues que l’on détermine au mieux en essayant l’appareil.
- 20 On relie les grilles généralement au pôle positif de la batterie de chauffage par l’intermédiaire des résistances de 5 mégohms; il n’y aurait pas d’intérêt à changer le montage.
- Dans cet amplificateur la détection se fait par la dernière lampe qui contient déjà en réalité dans son circuit de grille un condensateur shunté. En ajouter un autre serait inutile et même nuisible.
- 3° Le montage que vous indiquez ressemble à celui déjà décrit par nous dans le n0 2555, chronique de T. S. F., figure 8. Les batteries de plaque et de filament doivent dans ce cas être séparées de celles de l’amplificateur. L’ensemble est d’ailleurs d’un réglage assez difficile, mais l’essai en est intéressant.
- 4° Lorsqu’on utilise deux étages BF dans un amplificateur à la suite d’autres étages HF, on emploie généralement un transformateur rapport 5 pour le prelnier étage et rapport 3 pour le deuxième. Mais il n’y a pas là de règle absolue et on obtient également très souvent d’excellentes auditions en utilisant deux transformateurs à rapport 3.
- Dans un amplificateur à 3 étages BF destiné à être placé à la suite d’un détecteur à galène, le transformateur d’entrée a généralement aussi un rapport 5.
- 5° Nous avons donné dans le n° a54a des schémas de
- dispositifs de super-amplificateur à BF. Le meilleur moyen qui donne déjà des résultats appréciables est d'employer un seul étage avec une ou deux lampes en parallèle et batteries séparées.
- La construction d’amplificateurs de puissance à plusieurs étages et à transformateurs est beaucoup plus délicate et le bon fonctionnement dépend avant tout des transformateurs employés. Les résultats sont de même très variables avec des lampes d’émission. Nous vous signalons avoir construit un amplificateur de puissance donnant de très bons résultats et comportant 3 étages avec lampes type réception ordinaire. La tension de plaque était de 90 volts et le chauffage se faisait simplement sous 6 volts. Les transformateurs du type Siemens blindés à circuit magnétique ouvert avaient les rapports suivants :
- Transformateur d’entrée, rapport 5.
- Transformateur ior étage, rapport 20 (3ooo-6oooo tours).
- Transformateur 2e étage, rapport 4 (i5 000-60 000 tours).
- Transformateur de sortie, rapport 1.
- Le plus souvent, avec des transformateurs ordinaires à circuit magnétique fermé, il est impossible d’utiliser plus de deux étages. Yous trouverez d’ailleurs des renseignements sur ces appareils dans le Poste de l’amateur de T. S. F. (Ghiron, éditeur, 4o> rue de Seine, Paris).
- 6° Les plaques positives de vos accumulateurs sont très probablement en mauvais état. Vous pouvez essayer de les charger et de les recharger plusieurs fois de suite, mais il serait préférable d’utiliser un courant plus puissant que celui provenant de piles. Si vous ne notez aucune amélioration, il faudrait démonter les éléments, nettoyer et au besoin changer les plaques défectueuses.
- M. A. George, à Poitiers.— Nous vous remercions de votre communication et serions désireux d’avoir plus de détails :
- i° Sur l’amplificateur (à résistances ou détection suivie de BF ?).
- 20 Sur le moyen employé pour utiliser l’antenne pour ondes courtes et celle pour ondes longues.
- 3° Sur le disjoncteur automatique (dessin ou photographie. Diamètre et bobinage de l’électro-aimant, etc.).
- M. Jioffredy, à Monte-Carlo. — Le réglage par plots est d’un meilleur rendement et beaucoup plus sûr que le réglage par curseur et il est d’une réalisation mécanique plus simple malgré les apparences ; c’est pourquoi on l’utilise de plus en plus. Pour l’appareil Reinartz, en particulier, la largeur de bobinage étant minime et les prises devant se faire quelquefois spire par spire, il est nécessaire d’utiliser le réglage par plots pour être sûr du résultat ; ce qui évite d’autre part de dénuder le fil de bobinage. Les prises sur la bobine doivent d’ailleurs être décalées pour éviter leur rapprochement trop grand.
- , M. Germain Petit, à Conflans-Sainte-Honorine (Seine-et-Oise). — i° Dans une antenne en V il est préférable que les brins aient la même longueur et soient de nature identique; cette dernière condition est moins importante.
- Il y aurait intérêt à ce que votre fil de descente soit d’une section plus forte et soit extérieur à l’habitation, mais telle qu’elle est votre antenne sera suffisante.
- 20 Etant donnée la faible distance à laquelle vous êtes de Paris, un cadre yous donnerait des réceptions nettes et fortes.
- 3° Yotre appareil est monté normalement, sa construction ne permet pas d’autre dispositif, excepté le montage super-hétérodyne.
- 4° Avec un haut-parleur plus sensible, l’amélioration de l’audition serait certaine, les plus puissants sont le Brown, Le-Las et le Magnavox. Ces appareils sont malheureusement d’un prix élevé. Le haut-parleur Pival, d’un prix modique, est cependant d’un bon rendement, bien qu’un peu inférieur à celui d’un Brown grand modèle.
- 4° Pour recevoir les ondes courtes avec votre appareil, vous pouvez utiliser une lampe détectrice, suivie d’étages BF. Pour réaliser l’accord employez votre Tesla s’il est construit en conséquence, ou mieux des galettes en nid d’abeilles ou genre « Coronna ».
- Avec un cadre de 1 m. 5o bobiné en spirale plate, la réception du poste des P. T. T. serait sans doute bonne également avec le même montage.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ........
- Interférences, par H. Bouasse et Z. Carrière, i vol. in. 8 raisin, 216 fig., 462 p. Delagrave, éditeur. Paris, 1923. Prix broché : 32 francs.
- Cet ouvrage est entièrement consacré à l’étude des phénomènes optiques d’interférences.
- Il débute par le rappel des notions essentielles de la cinématique des mouvements vibratoires; suivi immédiatement d’un précieux chapitre de conseils pratiques destinés à guider le lecteur dans la mise en œuvre d’instruments et de méthodes simples qui lui permettront d’effectuer les expériences indispensables à la compréhension et à l’analyse des phénomènes; Dans le chapitre suivant, les auteurs rassemblent et exposent les hypothèses fondamentales qui sont la base de toute l’optique physique, et qui se vérifient ultérieurement par le bon accord entre l’expérience et les déductions théoriques. Ils étudient ensuite les franges d’interférences obtenues en lumière monochromatique, par la méthode du miroir de Fresnel ou par des dispositifs analogues : demi-lentilles, biprismes, bilames ; puis, les franges colorées, observées au moyen des mêmes dispositifs avec une lumière composée; les franges d’interférence reçoivent dans la métrologie de précision un grand nombre d’applications dont le principe est exposé dans un chapitre consacré à l’interféromètre. Les auteurs passent alors à l’étude des anneaux de Newton, puis aux phénomènes observés avec les lames minces ; ils étudient ensuite en détail les franges observées avec les lames épaisses. Ils abordent alors l’étude du célèbre inter-féromètre de Michelson, celui qui a servi à effectuer l’expérience fameuse, point de départ des théories relativistes. Le livre de MM. Bouasse et Carrière est, à notre connaissance le seul ouvrage en France qui contienne une description complète et raisonnée de cet appareil, qui expose clairement les phénomènes qu’on y observe, et les mesures auxquelles il est destiné. Mentionnons aussi un très intéressant chapitre sur les ondes stationnaires et la photographie des couleurs; l’ouvrage se termine par l’étude des phénomènes dits de diffraction auxquels donne lieu le passage des rayons X à travers les cristaux. Le livre est comme d’usage précédé d’une préface satirique. M. Bouasse y exprime, les plus sages idées sur le style qui convient aux ouvrages scientifiques. Pour animer cette dissertation, il s’en prend, non plus à ses contemporains, mais à Buffon et à son pompeux discours sur le style.
- La construction des grands barrages en Amérique, par W.-P. Creager. Traduit de l’anglais, par E. Callan-dreau et H.-P. Humbert. 1 vol. in-8 raisin, 243 p., 88 fig. et 7 pl. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs. Paris, 1923. Prix : 25 francs.
- Ouvrage destiné aux techniciens qui y trouveront l’exposé des modes de calcul, et de construction en usage aux Etats-Unis pour la construction des grands barrages, ainsi que d’utiles conseils dictés par une grande expérience sur le choix de l’emplacement et du type de barrage, le traitement des fondations et le choix des matériaux.
- Le Catéchisme de VAutomobile à la portée de tous, par II. de Grai-eigny (4° édition). 1 vol. in-16, 261 p., 88 fig. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1923. Prix : 7 fr. >0
- Cette nouvelle édition est entièrement refondue. On y trouve la description claire et précise des organes essentiels de tout véhicule automobile, des notions sur leur rôle, des conseils pour leur entretien, des descriptions des principaux modèles ^de machines et appareils, des conseils pour la conduite. L’ouvrage se termine par la reproduction du Code de la route.
- Les zoocécidies des plantes d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, par C. Houard. 2 vol. in-8, io56 p., 1909 fig.,
- 4 portraits. Jules Hermann, Paris. Prix ; 100 francs.
- Les zoocécidies, ce sont les galles produites par certains insectes et qui déforment et attaquent les végétaux. Elles présentent un intérêt biologique particulier en ce qu’elles montrent des processus de réaction et de défense qui ressemblent par certains points au cancer de l’homme et aussi un intérêt économique de premier ordre étant donné les dommages qu’elles peuvent causer aux plantes utiles à l’homme.
- M. Houard, professeur de botanique à l’Université de Strasbourg, s’est spécialisé dans leur étude et a déjà publié un catalogue des zoocécidies des plantes d’Europe et du bassin de la Méditerranée. Aujourd’hui, il étend ses recherches à tout l’ancien continent. Tâche laborieuse si l’on songe à la rareté des documents connus qui l’a obligé à fouiller les herbiers, les collections et à demander aux voyageurs des récoltes spéciales.
- Le résultat est ce nouvel ouvrage, formidable catalogue de toutes les galles connues sur les plantes d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Chacune est décrite, figurée, classée par catégories de plantes et d’animaux qui les produisent et d’après sa répartition géographique. Le tout, remarquablement présenté et édité, forme une œuvre de premier ordre que zoologues, botanistes et colons consulteront avec profit.
- Défense organique et centres nerveux, par le D1' Pierre Bonnier. Nouvelle édition. 1 vol. in-16, 284 p. Nouvelle Collection Scientifique. Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- Considérant que c’est par le système nerveux que nous nous défendons dans toute maladie’ aiguë, que c’est au bulbe qu’est confié notre équilibre physiologique, l’auteur montre les résultats obtenus en clinique en pratiquant la « centrothérapie », c’est-à-dire le traitement par l’excitation des branches nerveuses qui aboutissent au bulbe.
- The Appearance of Mind, par James Clark Mc Ker-row. 1 vol. in-16, 120 p., 2 fig. Longmans, Green et Co, Londres. Prix relié : 6 sh.
- Essai de conciliation des principales contradictions philosophiques : déterminisme et libre arbitre, réalité et esprit, en admettant que c’est une loi naturelle que la conscience est faite, a une disposition naturelle pour sentir, connaître, vouloir.
- L’empire britannique : Etude de géographie coloniale, par Albert Demangeon. i vol. in-i6, 280 p. Armand Colin, Paris. Prix : 7 francs.
- L’empire britannique est l’une des constructions politiques les plus originales et les plus étonnantes de l’histoire. Comment s’est-il formé? Comment se maintient-il? Comment vit-il? Forme-t-il réellement une unité politique ? Forme-t-il une unité économique?
- i Contient-il des forces d’union, des forces de dissociation? Que faut-il penser des tendances nationales des Dominions et surtout du développement des nationalités dans de grands pays indigènes comme l’Inde? Telles sont les questions sur lesquelles ce livre du professeur de la Sorbonne apporte ample matière à réflexion.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2563 19 Mai 1923
- NFORMATIONS
- L’avion automatique. L’avion sans pilote. — La
- Société des Ingénieurs civils de France, la plus importante des Associations techniques de France, vient de célébrer avec éclat son 75° anniversaire. Durant cette existence déjà longue, ses travaux et ses publications ont toujours été à l’avant-garde du progrès technique et ont puissamment contribué aux progrès de l’industrie française, ainsi qu’à sa renommée à l’étranger.
- Des conférences remarquables ont été faites au cours de ces journées de jubilé par des conférenciers éminents. Le choix des sujets marque bien l’esprit d’initiative et de progrès qui anime la Société aujourd’hui tout comme à ses débuts; M. Jordan a montré ,les efforts heureux de l’industrie métallurgique pour reconstituer les établissements du Nord et de l’Est saccagés à dessein par les Allemands.
- M. Janet a exposé l’œuvre de reconstitution de l’industrie électrique et montré comment furent résolus les problèmes que posait la création dans les régions libérées d’un réseau général de distribution d’énergie à haute tension.
- M. Bizet a étudié le problème de transport à grande distance de l’énergie électrique et mis en évidence l’intérêt national qui s’attache à l’interconnexion des divers réseaux qui alimentent le territoire.
- Le général Ferrié a fait un brillant tableau des progrès des communications radioélectriques. Il a montré que la F rance tient la tête des nations pour la puissance et le nombre des postes, pour l’étendue des réseaux radioélectriques.
- M. Soreau a retracé à grands traits l’évolution de l’avia-tion depuis la veille de la guerre ; il a montré comment les événements ont donné raison aux techniciens et indiqué les voies à suivre pour maintenir le pays à la tête d’une technique dont 1 importance est capitale pour sa sécurité militaire aussi bien que pour son rayonnement économique.
- Enfin, M. Percheron a fait sur l’avion automatique et sur 1 avion sans pilote une remarquable communication; elle évoque pour un avenir que nous souhaitons très proche des réalisations qui paraissaient hier du domaine de la fantasmagorie et qui cependant paraissent aujour-d hui à la portée des moyens des ingénieurs.
- Rappelons tout d abord l’historique de la question : au cours de la’guerre, les Allemands lançaient sur les jetées de Nieuport une vedette chargée d’explosifs. On s’aperçut que cette embarcation était commandée à distance par un avion muni de T. S. F. C’était un premier exemple, très simple du reste, de ce que l’on peut demander à la télémécanique.
- Bien avant la guerre, le professeur espagnol Torrès y Queredo avait réalisé la commande à distance, avec fil il est vrai, d’une embarcation à moteur avec des moyens analogues à ceux qu’il met en œuvre pour réaliser son curieux automate : le joueur d’échecs.
- Au cours de la guerre, la marine française réalisa également la direction à distance au moyen d’ondes hertziennes, d’embarcations à moteurs et de torpilles.
- Ces problèmes, déjà complexes, paraissent simples à coté de ceux que comporte la commande à distance d’un avion qui se meut dans un espace à 3 dimensions et dans un milieu essentiellement capricieux. Ce dernier problème a cependant été abordé dès les derniers mois de la guerre par un groupe de techniciens rassemblé à Etampes sous la direction du capitaine Boucher; on y relève les noms de MM. Guéritot, Manescot, Brillouin, etc. Le 14 septembre 19x8, un avion sans pilote, commandé de terre par ondes hertziennes, effectuait 5x minutes de vol, soit un parcours d’une centaine de kilomètres."
- Puis 1 armistice et la démobilisation survinrent, dispersant les techniciens, et les études furent momentanément suspendues.
- Cependant, les tentatives faites en France trouvaient à l’étranger des imitateurs, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre. Le Service technique Aéronautique décida bientôt de reprendre l’étude de la question. Des résultats d'une très grande importance sont dès maintenant acquis; M. Percheron a pu, à plusieurs reprises, voler à Etampes sur un avion à commandes automa-
- tiques. L’avion automatique n’est pas l’avion sans pilote; mais c’est le premier pas et le plus difficile à franchir. Qu’est-ce en effet qu’un avion automatique? C’est un appareil sur lequel le pilote n'a qu’à indiquer sa volonté à des organes mécaniques ; ceux-ci prennent ensuite à leur compte l’exécution intégrale des manœuvres demandées; si le pilote veut mettre l’appareil à la montée, il lui suffit d’appuyer sur un bouton; de même pour le mettre à la descente ou en virage ; le pilote devient ainsi comme le capitaine d’un navire, il n’a qu’à transmettre ses ordres à des agents particulièrement fidèles et dociles, et lui-même n’a plus qu’à se préoccuper des problèmes généraux inhérents à la conduite de son appareil, problèmes de plus en plus impérieux et difficiles à mesure que s’accroissent la puissance, la durée du vol et le parcours des avions et qui suffisent à absorber l’attention, l’intelligence et l’énergie du pilote.
- La réalisation de l’automatisme apparaît donc comme un précieux moyen d’accroître la sécurité et la puissance de la navigation aéi'ienne.
- La solution du problème exige évidemment l’emploi d’organes complexes et délicats que nous ne pouvons décrire ici en détail : il faut donner à l’avion de véritables sens qui lui permettent de discerner les variations du fluide dans lequel il se meut : ces sens communiquent leurs indications à des servo-moteurs, qui, à leur tour, agissent dans le sens convenable et pendant une durée rigoureusement calculée sur les organes de commande. On obtient ainsi une véritable stabilité automatique; mais celle-ci deviendrait néfaste si elle ne pouvait être momentanément suspendue lorsque l’avion, répondant à la volonté de son pilote, doit monter, descendre ou changer de direction; le mécanisme qui assure l’exécution des ordres doit donc tout d’abord paralyser pendant une courte durée l’action des organes stabilisateurs, jusqu’à ce que l’avion ait pris la nouvelle position d’équilibre qui répond au désir de son guide.
- Tels sont les principes qui ont guidé la recherche de l’automatisme à bord des avions. Les résultats actuellement enregistrés autorisent les plus brillantes espérances.
- Lorsqu’ils seront définitivement acquis, il n’y aura plus qu'un pas, beaucoup plus aisé à franchir, pour arriver à l’avion sans pilote.
- Les expériences de 19x8 permettent d’affirmer que la commande télémécanique par ondes hertziennes ne comporte pas de difficultés essentielles.
- M. Percheron a rappelé des expériences curieuses faites récemment aux Etats-Unis : un avion pilote commandait à distance un avion tenu en laisse par un fil de 5 km, qui livrait passage au courant électrique de commande. Ce sera un jour un curieux spectacle que celui d’un troupeau d’avions sans pilotes ainsi conduits à distance par un seul avion monté.
- Mais bien plus importants seront les emplois de l’avion automatique commandé par un opérateur à terre ; les applications militaires sont évidentes et d’une importance primordiale. C’est une nouvelle arme qui fera alors son apparition à côté des autres armes aériennes dont nous disposons déjà. Mais on peut envisager des utilisations plus pacifiques : par exemple des avions porteurs de courrier dirigés automatiquement d’un point à un autre ; quelque chose d’analogue, toute proportion gardée, à un gigantesque système d’expédition de lettre par pneumatique.
- On a démontré que dans les hautes régions de l’atmosphère où l’air raréfié n’oppose plus qu’une faible résistance au mouvement, des avions pourraient naviguer des vitesses de l’ordre de 5oo km à l’heure. Mais comment assurer, sans un surcroît excessif de poids mort, la vie et le confort des pilotes et passagers à de telles altitudes ? M. Percheron voit dans ces hautes régions le domaine propre de l’avion sans pilote. C’est là qu’on ferait circuler à des vitesses vertigineuses, guidés par la T. S. F., de véritables colis automobiles qui partant de Paris gagneraient Marseille en 2 heures, et Saigon en 3o heures.
- Un programme national de Broadcasting. — On
- sait ce qu’il faut entendre par le mot broadcasting. Ce terme anglais a rapidement acquis droit de cité dans
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- INFORMATIONS
- le langage des amateurs de T. S. F., et il nous faut Lien l’employer, faute d’un équivalent. Le Broadcasting consiste dans la diffusion, au moyen de la téléphonie sans fil, de communications de tous genres, de musique, de concerts, de conférences, que peuvent recueillir à leur gré les amateurs munis d’un poste d’écoute. Nos lecteurs savent que c’est la France qui a été, avec le poste de la Tour Eiffel, l’initiatrice du mouvement et que çelui-çi a pris une formidable extension dans tous les pays, La France possède actuellement 4 postes de Broadcasting ; l’ancêtre la Tour Eiffel, puis le poste des P. T, T. et les deux postes privés de la S, F, B., à Levallois et sur la Côte d'Azur.
- Bans la conférence qu’il vient de faire aux Ingénieurs civils sur l’état actuel de la T, S. F., M. le général Ferrié a signalé tout l’intérêt que les pouvoirs publics portent au développement dü broadcasting. Outre qu’il alimente une industrie fort intéressante, il a une influence sociale de la plus haute importance ; c’est en effet un outil de vulgarisation et d’information extrêmement précieux : il permet de rapprocher des êtres que les conditions de leur existence semblent condamner à s’ignorer ; c’est ainsi que le paysan, isolé dans sa campagne, peut se rattacher par les liens invisibles des ondes hertziennes aux grands centres d’informations, d’instruction et de distractions que sont les villes. L’homme des champs, plus encore que le citadin, doit tirer bénéfice d’un broadcasting bien compris qui lui fera parvenir en temps utile les renseignements météorologiques propres à sa région, les cours des denrées, les nouvelles politiques essentielles, le tout accompagné de concerts agréables et au besoin de conférences documentaires utiles.
- Les autorités, que l’on pouvait craindre de trouver sceptiques ou malveillantes à l’égard de la T, S. F. des amateurs, ont compris au contraire qu’un intérêt national s’attachait au développement du broadcasting,
- Or, actuellement, on constate qu’il existe à cet égard une région privilégiée, la région parisienne, dans laquelle avec des appareils simples et peu coûteux on peut écouter les trois postes FL, Radiola et P, T. T. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne de Paris, il faut des appareils de plus en plus complexes et onéreux, et l’audition cesse, à une certaine distance, d’être à la portée de petites bourses, ou des personnes ignorantes de la technique de T. S. F.
- Les pouvoirs publics ont projeté de remédier à cette situation en faisant appel aux divers postes de T. S, F. officiels répartis sur le territoire de la France : postes militaires ou postes des P. T. T.; chacun d eux à certaines heures ferait du broadcasting à l’usage de la contrée environnante, De la sorte la France serait partagée en un certain nombre de régions qui chacune aurait un poste dont les émissions pourraient être reçues, dans sa zone d’action, par des écouteurs à galène. Les postes de Lyon, Nantes, Bordeaux, Strasbourg seront appelés à coopérer ainsi au broadcasting. Les programmes seront arrêtés par les autorités locales au mieux des intérêts de la région desservie, 11 est a souhaiter que ce programme soit promptement réalisé.
- La traversée de la Manche en moto-aviette. — Le
- 7 mai dernier, l’aviateur Barbot a réussi la double traversée de la Manche à bord d’un petit avion Dewoitine, muni d’un moteur de a5 chevaux et ii34 cm5 de cylindrée. Parti à 5 heures du soir de Saint-Inglevert, l’aviateur atterrissait à 6 b u à Lympne; reparti à 7 heures, il était de retour à son point de départ à 7 h. 44, s’adjugeant ainsi un prix de a5ooo francs offert par Le Matin. Cet exploit remet à l’ordre du jour la question du tourisme aérien, éclipsée jusqu’ici par les applications militaires et commerciales de l’avion. Il est bon de rappeler que la première traversée de la Manche par Blériot en 1910, fut effectuée avec moteur de a5 chevaux et qu’à la même époque Santos-Dumont inaugurait avec sa Demoiselle le tourisme aérien. On voit ainsi qu’il y a souvent intérêt à reprendre les chemins déjà battus et trop tôt abandonnés; la même observation s'applique au vol à voile que pratiquèrent avec maestria les frères Wright de 1900 à igo3 et qui n’est revenu à l’ordre du jour que dans ces dernières années.
- Influence des engrais sur la réaction acide des terres. — A la Station agronomique de Rhode Island (Etats-Unis), on a étudié l’influence qu’exerce l'appli-
- cation continue des engrais, pendant une longue période, sur la réaction acide du sol, laquelle a une grande importance au point de vue cultural.
- On a constaté que tous les engrais phosphatés diminuent l’acidité des terres, aussi bien les scories de déphosphoration que les superphosphates; il en est de même des engrais potassiques. Quant aux engrais azotés, leur influence varie avec leur composition : le nitrate de soude diminue nettement l’acidité ; la corne torréfiée, le sang desséché, l’engrais de poisson dissous l’augmentent un peu, tandis que le sulfate d'ammoniaque l’augmente beaucoup. Les agriculteurs ont dans ces observations UU utile enseignement pour l’application des engrais.
- Concerts publics par T. S. P. — M. Léon Riotor, conseiller municipal, a proposé au préfet de faire installer par la municipalité parisienne des appareils de T. S. F. destinés à donner des auditions publiques. Des appareils de ce genre sont déjà en service dans quelques villes, à Nice par exemple, et ont un grand succès. Nul doute que la réussite ne soit encore plus certaine à Paris.
- Le poste die La Haye, — Ce poste qui, autrefois, avec l’aide du Daily Mail, donnait des radio-concerts destinés aux amateurs anglais, est devenu maintenant un poste exclusivement hollandais; sa puissance a été réduite et n’est plus que de 4°° watts, Cependant les heures d’émission sont restées les mêmes :
- Le dimanche, de i5 heures à 17 h, 3o.
- Le lundi, de 21 h. 20 à 23 h, 3o (quelquefois sur i3oo m.).
- Le jeudi, de 21 h. 20 à 22 h. 3o,
- Le service allemand de radiotéléphonie. — Les
- Annales des P. T. T. d’avril donnent des renseignements intéressants sur l’organisation du Service radio-téléphonique commercial allemand. Dans la maison de commerce de la Société « Eildienst », à Berlin, sont reçues les nouvelles commerciales les plus importantes du monde, par câble ou radio. Lecture en est faite aussitôt devant un microphone relié par câble à la station de Koenigsvvusterhausen. 140 villes sont déjà reliées au central; un grand nombre d’abonnés en donnant une légère redevance ont fait installer chez eux des postes récepteurs,
- En automne, le service sera considérablement perfectionné ; des conférences et des radio-concerts seront envoyés chaque jour.
- Rappelons que la puissance du poste de Kœnigs-wusterhausen est telle que l’audition est relativement facile dans tonte la France sur antenne ou même sur cadre, (Cette Station est à 40 km de Berlin.)
- La radiotéléphonie aux Etats-Unis. — Le Telegr. and teleph. Age rend compte du développement de la radiotéléphonie aux Etats-Unis. 562 stations émettrices autorisées existaient en novembre 1922, C’est la Californie qui vient en tête avec 66 stations émettrices. Le record des demandes de licences a été établi en mai 1922 avec 97 licences.
- D’autre part, malgré leur répulsion pour les monopoles, il semble que les Américains commencent à se rendre compte de la nécessité d’une réglementation sévère des émissions. M. Henri Ford, le constructeur d’automobiles connu, a paraît-il, en effet, l’intention de faire établir 4qo stations de « broadcasting » et cette construction constituerait en fait un véritable monopole tout à fait inadmissible au profit d’un particulier. D’ailleurs les brouillages produits ont déjà actuellement fort gêné même les postes officiels.
- Lés émissions du poste de l’Ecole supérieure des
- P, T- T. — En plus des leçons d’anglais déjà commencées, des cours de lecture au son vont être, transmis par ce poste à l’usage des débutants en T. S. F. En outre, des essais irréguliers sont effectués sur 4^5 m. de longueur d’onde.
- Quelques émissions radiotéléphoniques. — La
- Tour Eiffel envoie depuis quelque temps un Bulletin financier à i5 h. 3o. Ce Bulletin indique les valeurs des changes et la cote des principales valeurs de la Bourse dé Paris.
- Lyon ( YN) sur 3100 m., de 10 h. 45 à 11 h. i5, le dimanche excepté, envoie un radio-concert phonographique,
- Bruxelles [B A V) sur i3oo m. le dimanche, le mardi , et le jeudi émet à 17 heures avec une puissance de 1 kw.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Matériel de Laboratoire ?«$,
- Bain-marie électrique. — L’électricité, comme moyen de chauffage, est de plus en plus employée au laboratoire.
- La figure ci-contre représente un bain-marie électrique
- du type conique habituel.
- Le dispositif de chauffage consiste en deux colliers placés à la partie inférieure. Il permet deux allures de chauffe :
- Avec les fiches 2 et 3, on obtient la grande allure pour porter rapidement l’eau à l'ébullition.
- Avec les fiches 1 et 3, la petite allure pour entretenir cette ébullition.
- La consommation maximum de ce bain-marie est de 3oo watts à l’heure en employant la grande allure, et de 100 watts lorsqu’on fait usage de la petite allure.
- Yoici quelques résultats des essais auxquels il a été soumis :
- Un litre d’eau placé dans un bain-marie de 3o cm de diamètre à la température initiale de io° est porté à l’ébullition en 40 minutes, pour une dépense de courant de 200 watts.
- Deux litres d’eau (dans les mêmes conditions, température io°) sont portés à l’ébullition en 60 minutes, dépense de courant 3oo watts. La petite allure maintient l’ébullition avec une consommation de courant inférieure à 100 watts à l’heure.
- Constructeur : Raoul Neveu, 16-18-ao, rue Monsieur-le-Prince, Paris, 6e.
- Constructions d'amateurs
- Appareil distributeur de bonbons. — Cette machine n’est pas difficile à construire, elle peut servir de jouet, pendant les fêtes, distribuant les friandises faites à la maison. Elle peut être construite entièrement en
- Caisse à sous Distributeur tiroir Fig. 2. — Coupe schématique du distributeur de bonbons.
- bois, sans aucun dispositif mécanique. Nous nous sommes inspiré des indications données dans Popular Science.
- Les dimensions dépendent de ce que l’on veut distribuer; si ce sont des caramels ou des bonbons analogues qui doivent être distribués, la taille sera moins grande que si Ton choisit des petits-beurre ou du chocolat. Par conséquent on ne peut donner de dimensions déterminées.
- Fig. 1.— Bain-marie électrique.
- place du bonbon
- On confectionne la boîte, en laissant un côté et le devant détachés pour permettre d’assembler les parties travaillées.
- Le panneau de devant est scié en deux parties, la plus haute doit être quelque peu plus petite que celle du bas. Cette partie qui sert pour déposer les objets est munie de charnières et fermée à l’aide d’une petite serrure.
- Elle donne accès à la boîte en fer-blanc qui est mise à l’intérieur de la plus grande portion du panneau de devant.
- Les parties qui demandent du travail sont la poignée que 1 on tire et le dispositif de détente. La poignée doit, être de bois dur, légèrement plus large que la friandise qui doit être vendue et presque aussi profonde. La longueur totale doit être environ les deux tiers de celle delà boîte.
- Tiroir
- Fig. 3.— La poignée-tiroir.
- Près de la poignée est découpé un réceptacle B qui doit être juste un peu plus grand que les petits paquets, mais pas tout à fait aussi profond. Derrière cela, et environ au milieu de la poignée, est une dent saillante A, sur laquelle la détente glisse quand elle est en position (fig. 3). La partie que l’on tire est arrondie et dépasse le devant de la boîte. On dispose cette poignée dans une paire de rainures en fer-blanc qui s’étendent de l’arrière à l’avant de la boîte, dans le centre et vers le bas. Elle doit glisser librement.
- Il faut prévoir un dispositif qui arrête la poignée et l’empêche d’être poussée plus loin en arrière après que le réceptacle B est venu sous le distributeur.
- On fait ensuite pour la monnaie un récepteur en fer-blanc, et on le cloue dans le bas de la boîte à une distance d’environ 3 cm en arrière du dispositif d arrêt.
- La'détente doit être en bois dur, un clou droit passant au centre sert d’axe. Ceci doit être parfaitement droit de façon à ne laisser aucun jeu à la détente. L’axe se meut entre deux supports de fer-blanc qui sont disposés de part et d’autre de la poignée et qui sont cloués au bas de la boîte.
- On doit remarquer que l’extrémité de la détente est recourbée en angle. Ceci pour que la monnaie ne se renverse pas sous l’action de la détente, comme cela pourrait arriver en raison de l’action du poids de la monnaie.
- Le récipient où repose la monnaie est en fer-blanc, il est fixé à chaque exlrémité.
- La détente est montée de façon que le réceptable soit juste sous la sortie du distributeur de monnaie, elle doit être engagée sur la dent de la poignée. Celle-ci est alors placée de façon que B se trouve à l’aplomb du magasin à bonbons.
- Le tube destiné à la descente de la pièce devra être en fer-blanc ou en bois mince cloué ou collé. Il doit être oblique et dépasser du haut de la boîte. Une barre fixée au dos le maintient rigide. On emploie un très léger ressort pour maintenir la poignée constamment contre la détente.
- Lorsque le travail est achevé on remet les côtés ët on expérimente le mécanisme. Il faut avoir soin que la détente soit bien équilibrée de façon que le poids de la monnaie la fasse juste agir quand la pièce frappe le réceptacle à monnaie,
- Détente et ses supports
- Fig. 4.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La pièce fait trébucher la détente et, en pratique, la pièce glisse le long du tube de chute, frappe la détente qui, à ce moment, trébuche. Ceci libère la poignée qui avance légèrement sous la tension du ressort.
- La pièce tombe dans la caisse à monnaie et la détente descend sur la partie incurvée de la dent.
- En tirant la poignée en avant on sort le bonbon de B, puis on repousse la poignée en arrière jusqu’à ce que la butée l’arrête. Ceci permet à un autre bonbon de descendre dans B et permet à la détente de s’engager à nouveau. Ainsi la machine est prête à fonctionner à la réception de la prochaine monnaie.
- Plusieurs essais et diverses modifications devront sans doute être faits avant que la détente, la chute et le ressort soient parfaits, mais une fois bien agencée cette machine ne s’arrêtera plus. E, Weiss,
- Objets utiles •*«&>
- Petite machine à relier. — Lorsqu’on est abonné à une revue, quand on veut conserver la collection complète, et cela est évidemment le cas de tous les abonnés et lecteurs de La Nature, il est nécessaire de la relier. Or, la reliure est actuellement chère en raison du ren* chérissement des matières premières et aussi de l’augmentation des salaires, il est donc intéressant de
- Fig. 7. — Machine à relier « Le Religo ».
- chercher à relier soi-même les revues que l’on désire conserver.
- Une machine pratique est celle que son inventeur a appelée le <c Rêligô », c’est une machine à relier, construite en bois de hêtre d’épaisseur suffisante pour éviter toute torsion. Elle se compose de quatre pièces principales :
- i° Le cousoir qui sert à tenir les ficelles sur lesquelles seront cousus les cahiers de la publication à relier. À noter que la tension uniforme de ces ficelles est obtenue très simplement par des ressorts placés sous le plateau de l’appareil ;
- 20 La presse ;
- 3° Les plateaux qui, réunis par des planchettes spéciales, forment avec la presse l’étau à endosser;
- 4° Enfin, le couteau-rogneur.
- Grâce à l’ingéniosité de l’inventeur, oes quatre pièces suffisent pour effectuer toutes les opérations de la reliure : laminage des Cahiers, grecquage, couture, collage, préparation du dos qui doit être arrondi, rognage rectiligne des petits côtés et rognage en creux de la grande tranche, cartonnage, etc. Tous les genres de reliüré sont possibles avec cette machine qui est utilisable pour les ouvrages, depuis les plus petits formats jusqu à celui de VIllustratiotif depuis les plaquettes de 3a pages jusqu’aux gros dictionnaires.
- Pour relier un livre ou un ensemble de rèvues avec cet appareil, on découpe le livre oü On plie les revues les Unes avec les autres, on serré T ensemble fortement entre les deux jumelles de la prêsôe et on laisse dépasser le dos par le haut pour donnée 4 traits de scie dans le dos du volume.
- G’est dans le dos ainsi préparé que l’on place les ficelles sur lesquelles le livre sera côusU, ficelles qui serviront à le réunir aü carton, Les ficelles sont tendues sur lë coüsoir, ceci est facile grâce aux tendeurs à ressorts spéciaux et on coud ensuite d’après les schémas donnés dans la notice de l’appareil.
- Les ficelles sont coupées à 4 cm de chaque côté du livre, le dos étant Collé, et on laisse sécher, on arrondit le dos à la main ou au marteau, puis on place le livre
- dans l’étau en laissant ^dépasser [le dos au-dessus des parties biseautées et on rabat au marteau les cahiers extérieurs pour former les mors où devront s’engager les cartons.
- ) On rogne les tranches avec le fût à rogner qui est fourni avec l’appareil et qui réalise un grand progrès dans la reliure chez soi. Les cartons sont coupés avec
- Fig. 8. — La presse.
- le même outil et on les fixe au moyen des ficelles que l’on colle ; on place ensuite sur le dos du livre un faux dos en papier fort qui recevra la peau ou la toile dont on veut recouvrir le volume.
- Il ne reste plus qu’à coller cette peau ou cette toile, puis le papier marbré que l’on veut pour le dessus des cartons et les gardes de couleür intérieures. On met sous presse et la reliure est terminée au bout de 30 minutes de pressage sous la presse.
- On peut passer ensuite au travail sur une autre série de revues ou sur un autre livre.
- Constructeur : Morin, ïi, rue Dulong, Paris.
- Nouveau système de bretelles et de boutons d’attache, —- Depuis toujours les boutons habituels qui soutiennent le pantalon aVéC le Concours des différents systèmes de pattes de bretelles actuels sont la causé d’une foule de petits ennuis. Un inventeur, M, Géffroy, s’est proposé de corriger les défauts de nette partie modeste, mais nécessaire, du costume masculin.
- Le nouveau système d’attache qu’il présente abandonne complètement la méthode des boutons et des pattes actuels. De petites pinces plates en métal inoxydable sont posées à cheval SUC là CCinturè du pantalon à l’emplacement des anciens boutons ; elles emprisonnent un petit anneau qui déborde là ceinture du pantalon. Dans les deux côtés des pinces, à leurs extrémités, est ménagé un trou pour y passer un rivet tubulaire spécial qui traverse l’étoffe et, écrasé à fond, applique la pincé à demeure sur la ceinture.
- L’impossibilité d’arrachage et de déchirement est absolue. La ceinture du pantalon est emprisonnée entre les pinces; le rivet tubulaire qui traverse l’épaisseur de l’étoffe ferme complètement la pincé, l’applique sür l’étoffe et s’oppose à tout arrachement. Ces boutoùs-anneaux rivés sur un pantalon y sont pour la durée du vêtement. Ils ne déchirent pas l’étôffe et sont moins grossiers que les boutons ordinaires. Ils se posent plus vite que n’importe que boùton et cela sans aucun outil spécial.
- Pour s’engager dans ces boutons-anneaux, les anciennes pàtteë sont remplacées pâr des pattes en fine Chaînette métallique inoxydable, terminées par de petits mousquetons. Leur durée est indéfinie, Elles peuvent s’adapter à tous les systèmes de bretelles. — L’inventeur-fâbriGant est M, G. Geffroy, à Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir).
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- - Nouveau système de bretelles et de boutons d’attache,
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- VACCINE ET VARIOLE : A PROPOS DU CENTENAIRE DE JENNER
- L’Académie de Médecine a célébré lé 23 janvier dernier, en une séance solennelle, le centième anniversaire de la mort de Jènner. Des fort intéressants discours qui y furent prononcés et qüi viennent d’être réunis en une élégante plaquette!1) n011s extrairons lès deux passages suivants qui méritent d'être Connus.
- M. Chauffard, président de l’Académie, rappela les débuts de la prophylaxie Variolique avant Jenner.
- Pour se rendre compté, dit-il, de ce qu’était la variolé au xvïi6 et au xvmè siècle, il suffit de rappeler la longue sérié de deuils successifs dont elle a frappé là descendance de Louis XIV, Tout lé cours de nôtre histoire nationale en a subi les contre-coups.
- C’est au commencement du xvme siècle que la lutte contre la variolé est entreprise par Une méthode nouvelle, et qui commence ce que l’on pourrait appeler la période préjënnériennè dé la prophylaxie variolique.
- De temps immémorial, on pratiquait dans la région du Caucase, en Géorgie, en Circassie, lâ variolisation préventive et 1a méthode fut importée en Turquie par deux opératrices célèbres, connues dans l’histoire Sous les noms populaires de la vieille de Philippopoli et de la Thessalienne. C’est alors que Lady Worthley Mon-tagu, femme de l’ambassadeur d’Angleterre à Constantinople, eut connaissance de Ces faits, et apprit de la Thessalienne la pratique de lâ variolisation. Cette Opératrice, désireuse de s’assurer le concours bienveillant des prêtres grecs, pratiquait ses inoculations en croix, une au front, une au menton, une à chaque aisselle, et une sur la poitrine. Lady Montagu, convaincue par les faits dont elle était le témoin, n’hésita pas à faire inoculer son fils âgé de trois ans, et voici les curieux détails que, dans une de ses lettres à une amie, elle donne sur la technique de la petite opération. « A propos de maladies, écrit-elle, je vais vous dire Une chose qui vous fera désirer d’être à Constantinople : la petite vérole, ce mal si cruel, si Commun parmi nOüs, n’y ést nullement dangereux, par l’insértioü de Y inoûUlatiôtif c’est ainsi qü’Oü l’appelle.
- « C’est le métier de quelques femmes âgées qui Sê consacrent à faire Ces sortes d’opérations dans l’aU-tomné, vèrs 3e mois de septembre, lorsque les grandes chaleürs sont passées(
- « On s’envoie demander, les uns aux autres, si quelqu'un de la famille veut se donner la petite vérole, on arrange cela comme une partie. Quand on ést rassemblé, et pour l’ordinaire quinze ou seize ensemble, Ces vieilles femmes arrivent, avec une écaille de noix pleine de matière variolique de la meilleure qualité, et Vous demandent où vOuS préférez qü’èlleS vous ouvrent la veiùe. Alors elles piquent l’ehdroit que vous leur indiquez avec une grande aiguille, Cela ne fait pas plus de mal qü’une légère égratignure; elles introduisent dans lè petit vaisseau toute la matière qu'elles peuvent fixer sur la pointe dé l’aiguillé j après Cela, elièS bandent céttê petite plaie, én observant de la couvrir d'un fragment de coquille creuse ; elles répètent cette Opération à quatre ou cinq endroits différents. » .
- Ainsi se pratiquait, à Constantinople, lâ variolisation, et les suites eu étaient très bénignes : huit jours d’incu-bation, deux à trois jours dë petite maladie, et üüe guérison sans cicatrices; la mortalité était considérée comme nulle; aussi, ajoute Lady Montagu : « l’ambassadeur de France disait, fort plaisamment, qu’dû prend ici la petite vérole pour faire diversion, comme ailleurs On prend les eaux. »
- Deux ans plus tard, en 1718, Lady Montagu rentre en Angleterre, et se dévoile à la Cause de la variolisation. En iÿ21, elle fait inoculer publiquement sa fille, en présence des médecins de la Oour, La prinCësëe dë Galles fait faire des expériences de contrôle sur sept prisonniers et sur cinq enfants pauvres ; le succès est complet, et dès lors la paftie est gagnée en Angleterre; on y variolise en grand.
- G’ést ainsi que pgr son initiative intelligente et courageuse Lady Montagu a mérité la gloire de rester pour la postérité le prè'cui'selir de Jennér dans la lutte antivariolique.
- En France, la Variolisation, connue à Montpellier dès
- x. MasSort et G16, éditeurs.
- 1717, eut quelque peine à se répandre, malgré l’appui que lui apporta Voltaire dans la XIe de ses Lettres philosophiques. Cependant on peut citer parmi les vario-lisés de marque : Turgot, le fils et la fille du duc d’Orléans, Louis XVI et toute la famille royale. En 1764, la Faculté de Médecine de Paris avait déclaré que la pratique de la variolisation pouvait être tolérée, froid assentiment, mais qui, au moins, n’était pas un refus.
- La variolisation était à coup sûr un grand progrès, mais elle était passible d’une grande objection, Si en effet, au point de Vuê individuel, elle constituait une excellente méthode de prophylaxie, au point de vue social elle créait un danger de plus et mettait la collectivité en état d'anaphylaxie, au sens étymologique du mot. Chaque variolise devenait Un foyer de contagion et, au lieu dé s’éteindre, la maladie né pouvait qu’être ainsi entretenue et propagée. Seule, la méthode qu’allait apporter Jenner pourra permettre de protéger à la fois l’individu êt la collectivité.
- Après le rappel, par M, L, Camus, directeur de l’Institut supérieur de vaccine, de la vie et de l’œuvre de Jenner, M. Pierre Teissier montra les admirables résultats de la vaccination.
- Jusqu’au milieu du xixe siècle, la variole fut certainement la maladie la plus redoutable et la plus redoutée.
- ÎJâns la population civile de la France, dit M. Tissier, — j’emprunte ces chiffres à mon collègue Camus — la mortalité oscillait dans les années qui ont suivi 1877 entre 3ooo et i5oo. A partir de 1907, la mortalité est à peine de 100, exception faite de l’année 1913, où là ville dè Marseille, dont le service dé vaccination n’a pas subi encore l’heUreUsé réorganisation que va lui imposer le Dr Arnaud, est victime d’une épidémie sérieuse.
- A Paris, depuis 1907, la mortalité n’a guère dépassé le chiffre de 10, sauf en 19x8, où l’on relève 18 cas et 1919, 34 cas, en suite de varioles d’importation qui frappent en premier lieu dès étrangers.
- Pendant leS années de guèrré, la mortalité fut nulle.
- Ainsi les progrès réalisés depuis 1902 sont considérables, et comme les économies auxquelles ils donnent lieu, ils sont surtout le fait de la loi relative à la protection de la santé publique, qui règle l’obligation de la vaccine et de la revacciné.
- Mais déjà, longtemps avant la loi de lâ vaccination obligatoire, l’armée à sü se protéger et de façon remarquable!1). De même, qu’elle a le privilège de posséder aujourd’hui la vaccination antityphique, elle eut le pouvoir d’imposer la vaccination ou revaccination aux jeunes rëcrües. Lès revaccinations répétées de l’homme sous les drapeaux vont le protéger pendant toute une période, où la femme qui ne se soumettra pas spontanément a la vaccination contractera plus fréquemment la variole ; comme d’ailleurs aujourd’hui, pour ne pas être obligée à la vaccination antitÿphîqUë, elle Contracte Cétte maladie dont les hommes mobilisés sont présentement préservés.
- Dans l’armée, l’officier était plus souvent victime de la variole que l’homme de troupe, jusqu’au moment où il fut astreint à la même obligation.
- Je résume quelques chiffres parmi ceux que je dois a l’ôbligéâüce de la Direction du Service de Santé ïfiili-taix-e :
- 185*>. — ÀMnée métropolitaine .... 604 cas 68 tttôrtS.
- d8Îf6. — — — .... 804 — d 05 morts.
- Puis pendant quelques années, chiffres similaires :
- Mars 1908. — Armée métropolit. : 8 cas,
- — 1909. — — — i 9 — Armée algér. ï 10 cas.
- — 1910, — — — ! 15 — — — ; 5
- — 1911. — — — : 6 —- — — . : 3 —
- — 1912. — — — :6— — — : 12 —>
- et depuis 1908 pas de décès pour l’armée métropolitaine, 3 décès pour l’armée d’Algérie eu 1909, 2 en igi2. L’œuvre de prophylaxie sociale, accomplie par le Service dé Santé dé l’armée avânt la loi de igda, mériterait déjà la reconnaissance publique.
- Tous ces documents civils et militaii-es témoignent eü
- 1. La réglementation de la vaccine dans l’ai'naée française rëmoiitë à un dëCVét du 29 tuai i8î i pfis d’aprè& leS Instructions dè l’Empéretn'.
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- HYGIENE ET SANTE
- définitive que la France, dans les années qui précédèrent la guerre, pouvait se ranger parmi les pays les mieux protégés contre la variole.
- Survient la guerre, champ d’expériences sans pareil pour juger de l’efficacité des règlements nouveaux que la loi de 1915 va heureusement compléter en imposant la vaccine à toute personne, quel que soit son âge, qui ne peut justifier avoir été vaccinée ou revaccinée avec succès depuis moins de cinq ans.
- Gomme vous l’exposait en 1919 le médecin principal Fasquelle, l’armée de soldats et d’ouvriers mobilisée n’était certes pas à l’abri de la variole, puisque la réceptivité des soldats à l’inoculation vaccinale était de 5o pour 100, celle des ouvriers de guerre parfois de 100 pour 100 avec une moyenne de 67 à 70 pour 100.
- Et cependant quelle opposition éloquente et tout à l’honneur de notre pays s’établit entre la période douloureuse de 1870, qui vit la dernière épidémie grave de variole en France, et la période de 1914-1918, où, en dépit des circonstances et parce que les règles imposées pour le bien public ne sont plus transgressées, la protection vis-à-vis de la variole est quasi absolue.
- 1870 — guerre de six mois — par quelques centaines de mille hommes : 200000 soldats sonjt frappés de la variole, 20470 succombent, et, dans le même temps,
- 200000 victimes dans la population parisienne avec 18000 morts. La France est alors, de tous les pays d’Europe, le plus éprouvé par la maladie.
- Guerre de 1914-1918; quatre ans d’une lutte incomparablement plus cruelle ; armée forte de millions d’hommes de races variées : sur notre sol, mouvements de population qui ne furent jamais plus intenses, exodes de familles de réfugiés, apports considérables de populations étrangères et exotiques.
- Quatre années, durant lesquelles jamais ne furent accumulés plus de facteurs favorables au développement d’une épidémie et cependant la variole reste pour ainsi dire inconnue de nos soldats. 26 cas pour l’armée française, la plupart d’importation : tirailleurs algériens ou marocains, soldats malgaches qui ont échappé à la vaccination lors de leur embarquement, soldats italiens non vaccinés. Dans les troupes coloniales qui luttent surtout en Orient, 44 cas.
- Et M. le médecin principal Fasquelle fait ce calcul que, si au cours de la dernière guerre la variole avait suivi la même marche qu’en 1870-1871, l’armée à elle seule aurait pu présenter près de 1 200 000 cas avec plus de 200 000 morts.
- Ces observations ne sont-elles pas le meilleur témoignage en l’honneur de Jenner? R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement-
- Errata. — Dans la chronique de T. S. F., n° 2558, p. 121 du Supplément; capacité d’une antenne, lire :
- Dans les Informations du même numéro, page 117 du Supplément. C’est M. Marcel Vagné et non Marcel Vogué qui a expérimenté un dispositif de réception avec hétérodyne séparée. L’antenne était du type Beverage.
- Réponses. — M. Fr. D., à Perpignan. — Préparation du vin mousseux artificiel. i° Il n’est pas étonnant que vous n’ayez pas réussi en voulant obtenir la gazéification de votre vin au moyen de l’acide carbonique produit dans la bouteille même par la réaction de l’acide tartrique ou citrique sur le bicarbonate de potasse ou de soude. La coloration et le goût du vin sont toujours plus ou moins altérés par un semblable traitement.
- Le seul procédé qui donne de bons résultats, quand il est bien appliqué, consiste dans la saturation du vin à une pression variant entre 5 et 8 atmosphères au moyen de l’acide carbonique liquide et d’un appareil servant à la fabrication des eaux minérales gazeuses, Guéret frères, Bobet, etc., ou encore avec les machines à gazéifier Quéru, Pépin et spécialement Le Grand de Mercey, à Montbellet (Saône-et-Loire).
- 2® La plus grande partie des limonades gazeuses est fabriquée avec les premiers appareils et l’acide carbonique liquide.
- 3° Il se peut que le produit dont vous parlez existe, mais, ne le connaissant pas, je ne puis vous le recommander.
- Si vous faites le commerce de ces vins ainsi gazéifiés, ayez soin que sur l’étiquette le mot « mousseux » soit accompagné du qualificatif « fantaisie » imprimé en caractères de même grandeur, sans quoi, en vertu du décret du 3 septembre 1907. vous seriez passible de poursuites légales.
- M. P. O., boulevard Montmorency, Paris. — Voyez, pour l’emploi du bisulfate de soude, la réponse à M. F. T., Boîte aux Lettres, n° 24^5, du 25 septembre 1920, page 104. L’épandage doit se faire à l’aide d’un pulvérisateur, dans la proportion indiquée, ceci pour la grande culture : employer une seringue de jardin pour
- les petites surfaces, préparer la solution dans un récipient en bois.
- Il ne manque pas d’autres procédés de destruction des mauvaises herbes. Celui auquel vous faites allusion s’applique aux champs de céréales.
- Dans ce cas on emploie le procédé, plus récent, à Yacide sulfurique dilué (procédé Rabaté) 8 à 10 litres d'acide à 65°, dans 100 litres d’eau ; quantité à répandre par hectare : 400 à 5oo litres de la solution, employer un pulvérisateur produisant de fines gouttelettes. Si les herbes sont très développées, verser xoo litres d’acide dans 1100 litres d’eau (dosage 8,3 pour 100) ou dans i3oo litres d’eau (dosage 7 pour 100); prendre toutes F mesures de prudence dans la manutention de l’acide sulfurique.
- Pour les petites surfaces on peut recourir au procédé au sulfure de calcium (Voyez Boîte aux Lettres, n° 2546, du 20 janvier 1923, page 26), ou au lait de chaux (Voyez Recettes et Procédés utiles), n° 2540, du 9 décembre 1922, p. 189).
- Enfin, tout récemment, l’Etablissement fédéral de Chimie agricole de Lausanne (Suisse) a obtenu de très bons résultats par l’emploi du chlorate de soude à la dose de 1 kg dans 100 litres d’eau en arrosage à l’aide d’un arrosoir ordinaire, muni d’une pomme à trous très fins. La pénétration de la solution est facilitée par un arrosage préalable à l’eau claire, qui dilate le sol et fait pénétrer jusqu’aux racines la solution toxique. Pour les gazons, il est bon de renouveler les arrosages à l’eau chloratée sodique à quelques jours d’intervalle. En répétant l’opération deux ou trois fois au cours de l’été, on entretient exempts de mauvaises herbes les allées, terrasses, cours et empierrements ; mais il faut éviter l’usage du chlorate près des plantes utiles, qu’il étiolerait et empoisonnerait comme les mauvaises plantes.
- M. le Dr P. B., Sao-Paulo (Brésil). — Jusqu’à présent nous n’avons pas été informé des résultats qu’aurait pu donner, en Europe, l’application de la méthode de plantation des arbres fruitiers imaginée par Stringfellow, non plus, d’ailleurs, que sur les lieux d’expérimentation. Vous auriez probablement quelques indications en vous adressant en France à la Direction de l’Ecole nationale d’Horticulture, à Versailles (Seine-et-Oise), et en Italie à l’Institut international d’Agriculture, à Rome, qui a probablement signalé cette méthode dans son Bulletin mensuel de Renseignements.
- E. E. A. B. — La fabrication d’un papier photographique auto-vireur n’est guère à la portée d’un amateur ; néanmoins, voici les formules et le mode de préparation d’une émulsion satisfaisant aux conditions requises,
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- On lave dans l’eau distillée 5 gr. de gélatine que l’on fait ensuite gonfler à froid dans 200 cm5 d’eau distillée. Au bout d’une heure ou deux on fait fondre à une douce chaleur, puis on ajoute, par petites quantités, 8 à 10 cm3 d’alcool. Dans cette solution est alors introduite, goutte à goutte, la suivante :
- Eau distillée.................20 cm3
- Chlorure d’or................. S gr.
- Chlorure de lithium. . . . 1 gr. 5
- On prépare, d'autre part, avec les mêmes précautions pour le lavage et le gonflement de la gélatine dans l’eau froide, avant de la faire fondre ;
- Eau distillée..................100 cm3
- Nitrate d’argent............... 20 gr.
- Gélatine........................ 5
- Cette solution est versée tiède dans le mélange précédent, par petites quantités et en remuant fortement. Enfin, on ajoute une dernière solution ;
- Eau distillée.................20 cm3
- Citrate de soude.............. 3 gr.
- Acide citrique................ o gr. 5
- L’émulsion ainsi préparée est coulée tiède sur un papier tendu bien horizontalement. Cette condition est indispensable pour la régularité de l’épaisseur de la couche. Elle est réalisée, dans l’industrie, au moyen de machines assez coûteuses, analogues à celles qui sont employées dans la papeterie, pour le couchage. Dès que la gélatine est sèche, le papier peut être utilisé. Au sortir du châssis-presse on le passera d’abord dans de l’eau pure ou salée, plus ou moins longtemps suivant la tonalité à obtenir, puis dans le bain d’hypo-sulfite. Pas d’ouvrage à vous conseiller sur cette question qui n’intéresse que très exceptionnellement les amateurs. Les divers fabricants ont chacun leurs formules et leurs tours de main, qu’ils ne tiennent guère à divulguer.
- M. van S., Audenarde. — Les travaux de M. Raymond Rollinat ont paru sous forme de communications dans le Bulletin de la Société nationale d’Acclimatation, 198, boulevard Saint-Germain, Paris, 7a, et dans le Bulletin de la Société zoologique de France, 28, rue Serpente, Paris, 6e, où vous pourrez les consulter.
- M. Gaffier, à Auzits (Aveyron), — Le ciment silicate-craie résistera probablement très longtemps dans les conditions que vous indiquez. Mais il faut laisser la prise se faire au moins une huitaine de jours avant de mettre en contact avec l’eau.
- T. S. P. — M. JR. Pochan, à Haubourdin (Nord). — i° Votre antenne nous semble bien disposée pour fournir de bons résultats.
- 20 La réception sur galène est possible, mais sera sans doute faible malgré votre antenne ; en ajoutant un amplificateur à 3 étages B. F. les auditions seront amplifiées en haut-parleur. Il est nécessaire d’employer un. échantillon de galène bien sélectionné ou même sensibilisé,
- 3° Les lampes allemandes ont certaines qualités comme détectrices, mais comme amplificatrices, employées avec des trnsformateurs ordinaires, elles sont nettement inférieures aux lampes françaises.
- M. R. G, T., à Versailles. — 10 II existe d’excellents appareils permettant l’enregistrement pratique de la parole ou des chants. Ces appareils servent également pour l’enregistrement en T. S. F. (Voir Poste de l'amateur de T, S. F,), Voici l’adresse d’un fabricant : Emile Furn, 3 bis, cité d'Hauteville, Paris.
- M. R. Mulot, à Saint-Mandé. t— i° Pour la réception des émissions radiotéléphoniques, le dispositif autodyne de réaction a pour but uniquement d’augmenter l’amplification en diminuant l’amortissement du circuit.
- 20 Le bruissement que l’on entend souvent lors des émissions des P. T, T. est dû sans doute à l'emploi de lignes téléphoniques intermédiaires et l’élimination en est impossible,
- 3° Consultez le Wireless World, 3 juin 1922 et i3mai 1922.
- M. France de Tersant, à Cardiff (Angleterre). —- i° La description du dispositif superhétérodyne a paru dans len°a56i. Vous trouverez également des détails dans le Poste de l’amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur.)
- Le montage superhétérodyne est tout à fait différent du super-régénérateur et d’un réglage beaucoup plus facile.
- 20 Nous vous remercions des détails que vous nous
- envoyez sur les concerts anglais et en ferons part à nos lecteurs.
- 3° Pour la construction d’un cadre pour ondes courtes, il faut employer du fil de faible résistance à forte section ou du câble. Il est nécessaire que les spires soient très écartées (3 cm), Votre cadre nous semble porter une longueur de fil trop grande et de ce fait avoir une longueur d’onde propre trop élevée, 8 ou 10 spires seraient sans doute suffisantes. De plus, avec les ondes courtes, il se produit souvent des phénomènes particuliers, par exemple en approchant le cadre spécial d’un autre cadre ordinaire. Il faut prendre soin de maintenir le cadre écarté de quelque 3o cm à 60 cm des autres accessoires du poste.
- M. Lefèvre, à Paris. -— Nous ne comprenons pas la raison de votre insuccès dans l’écoute des concerts de la S. F. R. Du moment que vous entendez bien les autres postes, seul le manque de réglage peut vous empêcher d’entendre celui-là. Nous croyons qu’il est préférable que vous continuiez vos essais en conservant le même montage, puisque les résultats étaient en somme favorables. Il suffit de régler les curseurs de votre bobine.
- M. Perriquet, à Bitourta (Algérie). — i9 En employant du fil ou du câble de 20/10 mm environ, vous pouvez avoir une portée d'antenne de 100 m. au moins sans inconvénient. Si vous désirez soutenir l’antenne par des mâts intermédiaires, vous pouvez utiliser des isolateurs de télégraphe.
- 20 II serait préférable que l’entrée de poste se fît au pied du mât de support, en tout cas le point d’entrée de poste doit être isolé, il n’y a aucun effet de capacité à craindre.
- 3° Le voisinage immédiat de lignes de transport de force à haute tension est extrêmement nuisible, surtout suivant la disposition indiquée par vous. Seule l’expérience peut indiquer à quel point la réception sera troublée, mais nous craignons fort que les résultats soient peu satisfaisants. Le seul point favorable est que vous pouvez disposer votre antenne perpendiculairement a la ligne, ce qui diminue l’induction. Le choix de la prise de terre sera particulièrement délicat pour la même raison. Vous pourriez peut-être utiliser un contrepoids électrique.
- M. J., à Bruxelles. — i° Vous pouvez parfaitement utiliser Yaccord en Testa avec votre appareil. Il suffit de réaliser un Tesla avec deux galettes de self, en nid d’abeille par exemple (Voir chronique de T. S. F). La galette secondaire sera connectée aux deux bornes marquées « Cadre » de votre appareil. Il faudra, bien entendu, changer les galettes suivant les longueurs d’onde. Un deuxième condensateur à air seulement sera nécessaire. Le montage peut évidemment servir pour toutes longueurs d’onde. 0
- 2° Les différences d’intensités constatées dans la réception des émissions sur ondes courtes constituent un phénomène maintenant souvent décrit que les Anglais nomment fading effect. Il ne faut accuser ni votre appareil, ni votre antenne; la cause de ces irrégularités n’a pas encore été trouvée.
- 3° Nous faisons des recherches pour découvrir l’identité de ces nouveaux postes et nous répondrons sous peu.
- M. Prévost, au Rossay (Maine-et-Loire). —Toutes les maisons de T. S. F. vendent des pavillons séparés en aluminium; vous pourrez vous adresser par exemple aux maisons suivantes : Etablissements Ducretet, j5, rue Claude-Bernard, Paris; Le Matériel Radiotéléphonique, 86, boulevard La Tour-Maubourg, Paris.
- M. Trinies, Le Lauzet (Basses-Alpes). — Le poste d'émission de Nice (Voir n° 255g) a une puissance relativement faible. Il nous semble donc très difficile, pour ne pas dire impossible, que vous puissiez avoir une audition satisfaisante sur simple galène.
- Si vous vous décidez à employer des étages à lampes vous pourrez utiliser l’accord en dérivation ou en Tesla, avec galettes par exemple et une antenne en nappe ou prismatique à 4 ou 5 brins d’une trentaine de mètres.
- M. J. Devait, à Bougie (Algérie). — Pour la réception des émissions radiotéléphoniques il sera nécessaire que vous utilisiez une antenne, par exemple une antenne en nappe à 3 ou 4 bis de 8° à 100 m. de long.
- L’appareil le plus simple pour la réception est l’amplificateur ù 4 étages H. F. à résistances ou à selfs, suivi de deux étages B. F. à transformateurs à circuit magnétique fermé.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Naidrh se tient a la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- .Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/9 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _____________
- Les doctrines chimiques en France du début du xvii“ siècle à la fin du xvm0 siècle, par Hélène Metzger. ire partie, i vol. in-8, 496 p. Les Presses universitaires de France, Paris, 1923. Prix : 25 fr.
- Les historiens des Sciences consacrent en général leurs ouvrages, soit à la biographie des savants célèbres, soit à la mise en lumière des découvertes fondamentales qui ont provoqué le progrès. Ils éliminent par contre, dans la mesure du possible, les théories périmées. Mlle Hélène Metzger se place à un point de vue tout différent ; elle s’attache au contraire à résusciter l’atmosphère intellectuelle dans laquelle vivaient les savants du siècle dont elle écrit l’histoire scientifique; elle nous montre le bagage de philosophie, de métaphysique, de science générale avec lequel ils abordaient les problèmes de chimie; elle nous fait assister aux conflits et à l’évolution des doctrines; nous les voyons se heurter les unes aux autres, connaître des triomphes éphémères, dues à des découvertes importantes, ou à l’engouement de la mode ; puis se modifier, soit sous la pression de leur logique interne, soit sous celle d’influences extérieures, sociales et scientifiques et finalement s’évanouir temporairement ou définitivement.
- C’est donc l’histoire des courants de pensée du xvii° siècle qu’a voulu l’écrire Mlle Metzger; son livre savant et touffu, mais parfaitement ordonné, est d’un puissant intérêt; on le lit avec plaisir de la première à la dernière ligne ; il a une qualité essentielle : il est vivant. Il nous fait pénétrer successivement dans la pensée et comprendre les ambitions et les efforts des sectateurs d’Aristote, de Paracelse, des alchimistes, de Yan Helmont qui cherchait dans l’eau la seule cause matérielle des choses créées ; puis il nous montre le développement de la philosophie mécanique issue de Descartes, son influence sur la théorie chimique et son plein épanouissement, notamment dans
- I œuvre de Lémery et de Boyle, puis le commencement de sa décadence provoquée par l’excès de verbalisme auquel elle prête, verbalisme qui éloigne ses adeptes de l’observation impartiale des faits et qui stérilise la science.
- Traité de chimie générale, par W. Nernst. ae édition française refondue d’après la io° édition allemande, par A. Corvisy. 2e partie : Transformations de la matière et de l énergie. 1 vol. 5oo p. J. Hermann, éditeur, Paris, 1923. Prix : 40 francs.
- Les termes « Chimie générale » doivent être entendus ici dans le sens qui est d’habitude donné en France aux mots « Chimie physique ». Le traité de Nernst, célèbre dans le monde entier, compte parmi les meilleurs ouvrages didactiques publiés sur ce vaste et difficile sujet; une première édition française publiée avant la guerre est épuisée depuis longtemps ; il pouvait sembler délicat de présenter à nouveau au public français l’ouvrage d’un savant allemand, illustre il est vrai, mais qui s’est distingué également pàr des attaques haineuses contre notre pays et qui n’a pas craint d’attacher son nom au manifeste tristement célèbre des intellectuels allemands. Mais sans oublier ce passé si proche, il faut reconnaître que rien n’est plus dangereux pour un pays que de pratiquer en matière scientifique un isolement systématique. Les ouvrages de l’envergure du traité de Nernst sont rares, et en ce qui concerne la chimie physique on ne peut trouver son analogue dans la littérature française; exception faite dp livre également étranger de Mac Lewis.
- II convient donc d’approuver l’apparition de cette nouvelle édition, traduite d’une façon parfaite et qui rendra d’excellents services à nos étudiants. Ce volume traite de la loi des masses, de la statique chimique des systèmes homogènes et hétérogènes; de
- 1 équilibre chimique dans les solutions salines et de 1 influence des ions libres ; il aborde ensuite la cinétique chimique : étude des vitesses de réaction et des facteurs qui l’influencent; puis il étudie la thermodynamique des réactions chimiques, à la lumière des deux principes fondamentaux de la thermodynamique, principe de l’équivalence et principe de Carnot, et résume avec beaucoup de clarté les travaux notamment de Gibbs, Le Chatelier et Yan t’Hoff; il analyse l’influence de la température et de la pression sur les équilibres chimiques, puis l’influence de la température sur la vitesse des réactions, et étudie les explosions ; on trouvera dans cette partie de l’ouvrage un exposé résumé de la récente et célèbre théorie par laquelle Nernst établit une relation entre l’affinité chimique, et le dégagement de chaleur dans les réactions chimiques; c’est, comme le dit l’auteur avec une impartialité méritoire, un rajeunissement du principe du travail maximum de Berthelot; les deux derniers chapitres sont consacrés à l’électrochimie et la photochimie. Le traducteur a ajouté deux notes personnelles intéressantes, l’une relative à la théorie cinétique du gaz, l’autre à la concentration des ions hydrogène.
- Wavelengthtables for speclrum Analysis (tables de longueurs d’onde pour analyse spectrale), compiled by F. Twyman. 1 vol. 106 p. Adam Hilger, éditeur. 75. A. Camden Road. Londres. NW, 1. Prix : 7 sh. 9 d.
- Ce petit livre, très pratique par sa présentation et son format, a été composé à l’usage des laboratoires qui s’adonnent à l’analyse spectrale. Il contient les tables essentielles pour ce genre de travail, établies d après les travaux les plus récents et les plus sûrs; il donne d’abord la liste des longueurs d’onde étalons admises par l’Union Internationale des Recherches solaires et par l’Union Astronomique Internationale, puis les longueurs d’onde des principales raies du spectre des corps usuels, une table des raies caractéristiques des divers corps simples rangées par ordre de longueurs d’onde croissantes, et enfin les résultats numériques de A. de Gramont sur les raies sensibles et ultimes.
- Matériaux de construction (pierres), par A. Mesnager, membre de l’Institut. 1 vol. 514 p., 110 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix broché : 45 francs.
- La première partie de l’ouvrage traite des pierres naturelles classées en : pierres calcaires, solubles en presque totalité dans l’acide chlorhydrique ; en grès calcarifères qui partiellement solubles dans cet acide laissent un résidu de grains siliceux, et en pierres inattaquables à l’acide chlorhydrique. L’auteur énumère les matériaux qui rentrent dans chacune de ces classes, et indique leurs caractères distinctifs. Il montre comment on étudie les propriétés physiques et mécaniques des pierres, d'abord sur place, puis au Laboratoire ; à cette occasion, il étudie théoriquement les lois de la déformation des corps solides; un chapitre est consacré à l’exploitation des carrières. La seconde partie de l’ouvrage traite des pierres artificielles qui comprennent les agglomérés et briques silico-calcaires ; les produits céramiques, c’est-à-dire : briques, tuiles, carreaux, tuyaux, faïences, grès et porcelaines; et enfin les verres. L’auteur donne de brèves notions sur les procédés de fabrication, indique la nature et l’usage des produits, ainsi que les essais qu’on leur fait subir pour contrôler leurs qualités marchandes.
- En annexes, on trouvera notamment la nomenclature et la description des différentes sortes de cassures qui s’observent dans les pierres à bâtir; un tableau donnant le poids et les résistances des diverses pierres naturelles de France, un tableau de résistances au choc, un tableau de résistances au meulage, un tableau des coefficients d’élasticité, des coefficients de dilatation par imbibition d’eau et de dilatation thermique, un tableau d’essais effectués sur matériaux d’empierrement, des tableaux d’essais de briques, de tuiles et de carreaux, etc., enfin le cahier des charges pour les travaux du Service des Ponts et Chaussées.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2564 26 Mai 1923
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1923 (*)
- Mercure, Venus, Mars et Neptune sont invisibles, noyés dans le rayonnement solaire. Jupiter et Saturne sont un peu visibles le soir. Le monde planétaire est donc peu représenté ce mois-ci, et l’étudiant du ciel devra porter par ailleurs son activité. Mais la voûte céleste est vaste, le Soleil, la Lune offrent déjà d’immenses sujets d’étude et le monde sidéral ne laisse jamais de repos à ceux qui l’étudient.
- A noter en particulier, en juillet, plusieurs essaims d’étoiles filantes. Nous y reviendrons plus loin, au chapitre consacré à ces météores.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, décroît de -f- 23° io' à + i8°28'. La durée du jour diminue également, et de 16" 4m, le ior juillet, n’est plus que de i5h8™ le 3i.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Temps légal du passage.
- Juillet ,.r nh54“ 6*
- -— 5 11h 54m 518
- __ 10 1 ih55ra 4o‘
- — 15 1 ih 56™ 19*
- — 20 iih56™46‘
- — 25 1 ih 56™ 5qs
- — 3i • 1 ib 56™ 54*
- Pour les lieux de France situés en dehors du méridien de Paris, on aura le temps légal du passage en retranchant la longitude du lieu, en temps, si ce lieu est à l'Est de Paris, et en l'ajoutant s’il est à l’Ouest. (Voir le précédent « Bulletin astronomique », au N° 256o.)
- Observations physiques. — Pour orienter les dessins ou photographies du Soleil, on utilisera les éléments du tableau^ci-dessous (voir au N’ 2551 la signification des termes P, B0, L0) :
- Dates. P B0 L0
- Juillet 5 — I°,09 + 3°, 37 122°,44
- — 10 -1- i°, 18 ' + 3°,89 560,27
- — 15 •+ 3°,43 + 4°,38 35o°, 10
- — 20 + 5°,64 + 4°. 85 2830,95
- 25 + 70,80 + 50,28 2170,80
- — 3o + 9°,88 + 50,68 i5i°,66
- Parallaxe et distance. — La parallaxe horizontale
- Soleil est l’angle sous lequel, du Soleil, on voit le rayon de la Terre. A la-distance moyenne, cette parallaxe est de 8”,8o. Cela veut dire qu’à cette distance moyenne, qui est de 149 5oi 000 km, un observateur placé au centre du Soleil verrait le diamètre de la Terre sous un angle double, soif 17",60.
- La parallaxe varie en raison inverse de la distance.
- Voici les valeurs de la parallaxe et de la distance pendant le mois de juillet :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Juillet i5 8",66 161970000 km
- — 3o 8", 67 151770000 —
- Lumière zodiacale, lueur anti-solcHre. — Pour les latitudes voisines de ~f- 45°, il convient d’attendre les mois de septembre et d’octobre pour observer ces phénomènes. Nous en reparlerons le moment venu.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en juillet, sont les suivantes :
- D. Q. le 6, à ih 56“ I P. Q. le ai, à ib32™
- N. L. le 14, à ob45m | P. L. le 27, à 22h32m
- Age de la Lune, à midi, le ior juillet =171,6; le 14 = oJ,5. Pour avoir l’âge de la Lune à midi, pour les jours intermédiaires, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ierou le 14. Pour une heure quelconque, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sont exprimées, sauf indication spéciale, en temps légal, compté de oh à 24h, à partir de minuit. Le temps légal est le temps de Greenwich. La loi sur l’application de l’Heure d’Eté étant sur le point d’être votée, il y aura lieu, à partir de sa mise en vigueur, d’augmenter de une heure tous les temps mentionnés ici.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 12 = -j-I^°38'; le 25= —18°36'. Ces deux dates marquent les époques où la Lune sera à sa plus grande ou à sa plus faible hauteur au-dessus de l’horizon, au moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 juillet, à i2>‘. Parallaxe — 54' i5". Distance — 4o4 200 1cm.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 22 juillet, à 2b. Parallaxe = 59’ 21". Distance = 369 470 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3o juillet, occultation de 81 Verseau (gr. 6,4), de 2ih43“ à 22'’24™.
- Le 3i juillet, occultation de 24 Poissons (gr. 6,1), de 23h4om à oh5om du *ier août.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au début du mois (peu après la Pleine Lune de fin juin), au moment de la Nouvelle Lune du i4 juillet et vers la fin du mois (Pleine Lune du 27). Voici quelques-unes de ces marées pour Brest. Leur amplitude est très faible.
- Marée du matin.
- Dates. Heures. Amplitud
- Juillet ier 5h45™ o™, 90
- — i5 4h 43“ om,86
- . — . 16 5h 23m o“,89
- — *7 6h 3™ o™,89
- — 18 6h 45“ o™, 86
- — 27 3h i6“ om,85
- — 28 4h 3™ o™,9c
- — 29 4“ 46“ ,Om,92
- — 3o 5b 26™ o™,9i
- — 3i 6h 3“ om,86
- Marée du soir.
- Heures. Amplitude
- e? -à
- i8h 6m 17h 2m
- i7h 43“ i8b23“
- ,9h 7m
- i5b 4iœ i6‘l 25“
- I7k 7m i7h 45m
- i8h21”
- $
- om,87( o“,88' om,8q om,88 om,84 om,87 om,yi 0m,92 om>89 om,83
- En raison de cette faible amplitude des marées, phénomène du mascaret ne se produira pas en juillet.
- le
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour i923, donne les principaux renseignements sur la position et la visibilité des planètes pendant le mois de juillet.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil (c’est-à-dire au delà du Soleil) le 22 juillet, à ioh. Il est de la sorte invisible pendant ce mois-ci.
- Il est intéressant de suivre la marche de la phase de cette planète :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,69 — 0,5
- — 10 0,83 —-1,0
- — i5 0,94 — i,4
- — 20 0.99 — ï>7
- — 25 0,99 - i,5
- — 3o 0,96 — t,o
- Au fur et à mesure de la marche de Mercure, au delà du Soleil, vers le moment de sa conjonction supérieure, la planète, pour nous, est éclairée de plus en plus de face, et la phase, au moment de la conjonction, atteint la valeur 1,0 (en réalité cette valeur ne devrait être atteinte que lorsque Mercure passe juste derrière le Soleil).
- Vénus est encore un peu visible le matin, dans l’aurore, dès son lever. Mais sa forte déclinaison permet très facilement de l’observer en plein jour, soit qu’on la suive depuis son lever avec une petite lunette, soit qu’on la trouve sur le ciel au moyen d’un petit équatorial. Elle est assez près du Soleil et il paraît impossible de la voir, à présent, à l’œil nu en plein jour. La phase tend vers la valeur 1,00, la planète approchant, elle aussi, de sa conjonction supérieure, qu’elle atteindra en septembre.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,95 — 3,3
- — 10 0,96 — 3,3
- — i5 0,96 — 3,3
- — 20 o,97 — 3,4
- 25 0,98 -3,4
- — -3o 0,98 3,4
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : JUILLET Lever à_ Paris. Passage au Méridien de Paris (J) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- , 5 3h 55m iih 54m5is 1911 55“ 6h 54“ -f- 22® 5a' 31 ' 31 " 2 Gémeaux
- Soleil . . . i5 4 4 11 56 19 19 49 7 35 + 21 39 3i 3i, 2 Gémeaux »
- 25 4 i5 11 56 5g 19 38 8 i5 + 19 5o 3i 3a,4 Cancer
- 5 2 45 10 37 18 3o 5 3o + 21 57 6, 2 P Taureau , Inobservable,
- Mercure. . i5 3 19 ii 22 19 25 6 51 -j- 23 34 5, 2 ç Gémeaux ? en conjonct. avec le Soleil
- 25 4 28 12 i3 19 5g 8 31 4- 20 42 5,o y] Cancer le 22.
- 5 2 38 10 36 18 34 5 3o -j- 22 46 10 ! 4 pTaureau
- Vénus . . . ^ ï5 2 49 10 5o 18 5o 6 23 + 23 15 10,2 g Gémeaux À peine visible le matin,
- r 25 < 3 6 11 3 19 0 7 16 4 22 38 10,0 ô Gémeaux avant le lever du Soleil.
- 5 4 46 12 42 20 38 7 4l -|- 22 32 3,6 -/. Gémeaux
- Mars. . . . \ ï5 4 41 12 3o 20 18 8 8 + 21 19 3,6 S Cancer Inobservable.
- 25 4 37 1217 <• 19 57 8 35 + J9 5i 3,6 0 Cancer
- Jupiter. . . i5 i3 5o 18 49 23 48 14 28 — i3 32 37,6 a Vierge Le soirdès l’arr.delanuit.
- Saturne . . i5 n 29 17 16 23 3 12 55 — 3 16 i5,2 44 Vierge Le soirdès l’arr.delanuit.
- Uranus. . . 16 21 58 3 34 9 10 20 l5 - 5 44 3,6 96 Verseau Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . i5 6 20 i3 3g 20 58 9 18 4- i5 58 2,4 lU-it2 Cancer Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps légal, du passage au méridien de Paris.
- Mars est inobservable.
- Jupiter s’achemine vers sa quadrature orientale. Il est donc visible dès l’arrivée de la nuit, mais se couche de plus en plus tôt. L’observation de Jupiter est accessible à tous les petits instruments. Une longue-vue grossissant 4° fois montre Jupiter de la grosseur apparente de la Lune vue à l’œil nu. C’est une expérience facile à faire lorsque la Lune passe auprès de cette planète. On regarde Jupiter avec un œil dans la lunette, et on observe la Lune de l’autre œil. Plus exactement, ayant les deux yeux ouverts, l’un perçoit l’image de Jupiter et l’autre reçoit celle de la Lune, vue directement. On sera étonné de la grosseur apparente de Jupiter comparée à la grandeur de la Lune.
- Nous avons bien souvent insisté sur l’intérêt de l’observation des déplacements présentés par les principaux satellites. Le tableau ci-dessous donne les phénomènes importants pour juillet.
- On pourra, avec une lunette d’environ o“,o6 d’ouver ture au moins, rechercher Titan, le plus lumineux des satellites. Yoici les dates des plus grandes élongations de Titan :
- Dates. Heures, Élongation.
- Juillet 5 i4\ 4 Occidentale
- — 14 i5h, 5 Orientale.
- — 22 i3\ 9 Occidentale
- — 3o i5h, 0 Orientale.
- Uranus devient de mieux en mieux visible, se levant vers as1'. On le trouvera facilement au moyen de la petite carte que nous avons donnée le mois dernier (N° 256o).
- Pendant tout le mois de juillet, Uranus sera à moins de i° de l’étoile 96 du Verseau, ce qui facilitera beaucoup sa recherche sur le ciel.
- Neptune est inobservable pendant ce mois.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Juillet. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE J uillet. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I 2 2h 39“ I Im. 18 20h 17® I p. f.
- 2 21 3 I O.c. — 21 3i I O.f.
- — 22 5 I P. f. 19 20 4 II P.c.
- 23 12 I O.f. — 22 ü5 II P.f.
- 3 20 23 I E.f. ' — 22 33 II O.c.
- ' 20 45 II Im. 23 20 33 III P.c.
- 5 23 6 III Im. — 22 26 III P.f.
- 9 21 47 I P.c. 16 20 2 I P.c.
- 2 2 58 I O.c. — 21 17 I O.c.
- 10 22 17 I E.f. —. 22 11 I P.f.
- 23 i4 II Im. 26 20 36 I E. f.
- I 2 2 2 16 II O.f. 28 20 0 II Em.
- 16 2 T 43 III O.c. — 20 14 II E.c.
- *7 20 49 I Im.
- Le 14 juillet, à 21+0“, les quatre satellites de Jupiter seront à droite de la planète (image renversée), dans l’ordre 'if, 2, 1, 4> 3,
- Le 21, à la même heure, ils seront également à droite dans l’ordre , 4» 2> O 3.
- Saturne est encore un peu visible le soir.-Voici les éléments de l’anneau, à la date du i3 juillet :
- Grand axe extérieur ...................... 38",53
- Petit axe extérieur........................ -j- 6",35
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. + 90/2g'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................................... . + 1 ï°5g'
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 23h, Uranus en conjonction avec la Lune, à o02/ S. Le 4, à i5Mercure en conjonction avec Vénus, à û° 47’ S. Le 12, à i6\ Vénus en conjonction avec la Lune, à 4° 3/N.
- Le i3, à 4r Mercure Le 14, à i8h, Mars Le 16, à 2h, Neptune Le 20, à 3h, Saturne Le 21, à 20h, Jupiter Le 26, à 2h, Mercure Le 31, à 7h, Uranus Le 3i, à 1 ih, Mercure
- la Lune, à4°59'N, la Lune, à404o, N. la Lune, à 20 28' N. la Lune, à o° 18' S. la Lune, à 3° 24' S. Mars, à o° 3g' N, la Lune, à o° 21' S. Neptune, à i°36'N.
- La conjonction de Mercure et de Vénus du 4 juillet sera fort curieuse. On essaiera de l’observer en plein jour; une monture équatoriale sera très utile pour trouver les deux astres.
- Etoiles filantes? — Un grand nombre de radiants sont actifs en juillet, notamment celui des Perséides, qui donne des météores depuis le début du mois jusque vers le 20 août, soit pendant un mois et demi.
- Voici la liste des principaux radiants donnant lieu à des étoiles filantes en juillet :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine,
- 8 Juillet » )) 0 Cassiopée (I).
- 23-25 — 48° + 43° P Persée.
- 25-28 — 335° + 2fi0 t Pégase.
- 26-29 342° — 34« ô Poisson austral
- 27 — 7° 4- 32° ô Andromède.
- 27-29 — 34i° ~.i3° 0 Verseau (II).
- 27-3ï , — 29° + 36» p Triangle.
- Le radiant marqué (I) dans le tableau ci-dessus est celui du début de la chute des Perséides. Il se déplace peu à peu vers Perséç puis la Girafe.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le radiant marqué (II) est celui des Aquarides. Il convient d’effectuer les observations à partir du aü juillet et de les prolonger jusqu’au 3o. Les étoiles filantes provenant de cet essaim ont de longues trajectoires et se déplacent lentement.
- Les amateurs peuvent rendre un réel service à la science en entreprenant l’étude des étoiles filantes. Nous leur recommandons, notamment, la photographie de ces corps. Pour cela, les appareils de la photographie ordinaire conviennent très bien. Employer de préférence des objectifs lumineux. Disposer en avant de l’objectif un obturateur interrompant périodiquement la pose, par exemple une roue de bicyclette munie de secteurs obscurs. On fera tourner la roue avec une vitesse connue. Si un météore est photographié, sa trajectoire sera interrompue lors du passage des secteurs pleins de la roue, elle apparaîtra donc comme un trait discontinu. Le nombre des interruptions et la vitesse de rotation de la roue feront connaître la durée de visibilité du météore.
- D’autre part, les observateurs devraient se grouper deux par deux, s’entendant toujours pour photographier la même région du ciel (pour des observateurs situés à quelques, kilomètres l’un de l’autre, mettons io à 20 km). Un météore aurait ainsi des chances d’être photographié en deux postes peu éloignés et l’on pourrait déterminer de la sorte la longueur réelle de sa trajectoire. Connaissant la durée et la longueur de la trajectoire, on en déduira facilement la vitesse.
- S’il se trouvait parmi les lecteurs de ce Bulletin des personnes disposées à entreprendre ce genre si captivant d’observations, nous serions heureux de leur donner des renseignements complémentaires et d’avance
- nous pouvons leur dire qu’ils feront une œuvre scientifique utile.
- Etoiles variables. -— Minima de l’étoile Algol (p Péril
- Etoile Polaire. dien de Paris
- Dates. Heures.
- sée) : 17 juillet, à 2h47m; 19, à 23h36
- Passage de l’Etoile Polaire au méri-Pnssage.
- Temps sidéral à midi moven de Paris.
- 7 9'
- 1 3is
- 7h 48“56\8
- Juillet 10 6hi5m4^s Supérieur
- — 20 5h 36m 4os —
- — 3o 4h 57“ 3a' — 8h 28“ 22s,3
- Le temps sidéral pour un jour intermédiaire s’obtiendra en ajoutant 3m56s,6 par jour écoulé depuis le 10, le
- nr» mi le» ^r»
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel, le Ier juillet, à 2ih, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon (v, <L, 0, p) ; Hercule (a, p, p, 90, S, M. 13) ; le Bouvier (s, %, £, 44 f. !*).
- Au Nord : La Petite Ourse (a); Cassiopée (yj, c, or); Capella est à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin (y, L, 2703); la Flèche; la Lyre (ô, e, Ç, ï]) ; l’Aigle (i5 h, i)) ; le Cygne (p, 9; p, 61e); le Capricorne.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire (X, W, Ç, v, 54 e1).
- Au Sud : La Couronne (Ç, a); le Serpent (fi, 6, v) ; Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g, amas) ; la Balance (a, ô, P. xiv. 212); le Scorpion (v, w, p, a, Ç, a).
- A l'Ouest : La Grande Ourse (S, l, Sq, 23 h, 5); Chiens de chasse (a, 2, M. 51 ) ; la Chevelure; le Lion (y, t, 54, t, 88, 90, M. 65); la Vierge (y, 84, 54, 17, nébuleuse). Em. Tovchet.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Pédagogie <r*
- Crochets additifs Gobert pour l’enseignement du calcul. — Pour donner aux jeunes enfants la notion des nombres, on a déjà imaginé maints moyens ingénieux, depuis le comptage des billes, des cailloux, des allumettes jusqu’au boulier-compteur qu’on trouve accroché au mur de la plupart des petites classes.
- M. Gobert, instituteur à Boulogne-sur-Mer, a inventé, dans le même but, des bâtonnets qui se fixent par des crochets.
- Chacun des dix premiers nombres est ainsi représenté par une sorte d’échelle essentiellement mobile, s'accrochant sur le tableau noir de la classe au moyen d’une tringle à rideau.
- Les échelles s’ajoutent l’une à l’autre de deux façons différentes, matérialisant l’addition verticale, horizontale, la soustraction, la multiplication et même la division.
- Grâce à un artifice d’une simplicité... enfantine, elles sont immédiatement reconnues par l’enfant dès qu’elles lui sont présentées et sans qu’il ait besoin de dénombrer par unités successives.
- La dizaine se présente également sous l’aspect d’un bloc, muni de crochets et qu’on constitue sous les yeux mêmes de l’enfant.
- Dix dizaines permettent la formation des 100 premiers nombres.
- D’un aspect, d’un coloris séduisants, les « crochets additifs Gobert » captivent l’attention et exercent une action remarquable sur la mémoire visuelle.
- La figure représente un tableau noir sur lequel sont accrochés quelques « crochets additifs ».
- La petite fille tient en mains l’échelle roetla dizaine bloc.
- Sur le tableau noir on peut voir plusieurs applications des crochets :
- a) un exercice sur la numération : le nombre 34 formé de 3 dizaines et de 4 unités.
- b) les 2 modes d’addition verticale en même temps qu’une étude du nombre 5.
- c) l’addition horizontale : 4 + 3.
- Le nombre des combinaisons possibles est illimité. A gauche, en d, se trouve la série complète des « crochets
- Fig. 1. — Emploi des crochets additifs Gobert,
- additifs » sur tableau cartonné. — Les « crochets additifs Gobert » sont vendus*parla librairie Nathan, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, Paris,
- gQêsiah
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Physique appliquée
- Siphon à amorçage automatique. — L’amorçage d’un siphon est une opération souvent délicate surtout quand il s’agit de manipuler un liquide corrosif. Yoici
- un procédé d’amorçage automatique très simple, imaginé et breveté par M. Que-vedo, de Marengo (Algérie).
- L’extrémité dé la petite branche du siphon est entourée d’une chambre annulaire formant cloche à air (e). La cloche à air communique seulement par un petit trou (a) avec le siphon et par un espace annulaire o avec le vase à vider.
- Lorsqu’on plonge le siphon dans un liquide, ce liquide pénétrant dans la petite branche du siphon tend à y occuper le même niveau que dans le vase, mais en même temps l’air de la cloche, comprimé, s’échappe par (a), émulsionne et allège la colonne liquide qu’il entraîne avec lui vers la grande branche. Le siphon est amorcé.
- Du dimensionnement convenable de la cloche, du trou a et de l’espace o, dépend le bon fonctionnement de l’appareil. Il est bon de munir la grande branche d’un robinet qu’on ouvre une fois le siphon en place, mais ce n’est nécessaire que lorsqu’on ne veut pas répandre de liquide.
- Objets utiles
- Porfe-monnaie le « Glissia ». —Les monnaies divisionnaires actuelles, partie en papier, partie en aluminium, obligent à avoir un porte-monnaie et un portefeuille et l’on est dans la nécessité d’ouvrir souvent les deux à la fois. Le <c Glissia » est un porte-monnaie classeur qui permet de loger dans la même pochette les billets et les pièces. Il comprend trois soufflets dont deux servent pour les billets et le troisième pour le classeur de pièces. Celui-ci comporte cinq glissières calibrées pour recevoir respectivement les pièces ou
- Fig. 2.— Siphon à amorçage automatique.
- Fig, 3, — Le « Glissia ».
- Pour payer, on ouvre la pochette que l’on tient dans la main gauche, on incline de manière que les pièces viennent se présenter aux extrémités des branches. On prend la pièce que l’on désire de la main droite et on la sort en tirant à soi. Pour ranger les pièces qu’on reçoit, il suffit d’engager chaque pièce dans sa case respective et de lui faire franchir les ressorts en la poussant avec l’index de la main droite.
- Quand on veut faire ses comptes ou le bilan de sa fortune, il suffit de tirer le « Glissia » presque entièrement hors de sa pochette (fig. 3).
- On a ainsi groupés, dans un seul objet, billets et pièces qu’on possède, ce qui facilite leur maniement.
- Le « Glissia » est construit par M: Charles Petit, 9, rue Casimir-Périer, Paris (7e).
- Cendrier nouveau — Le cendrier est un accessoire indispensable pour les fumeurs, puisque ceux-ci fabri-
- — Le nouveau cendrier.
- quent continuellement des cendres, des bouts de cigarettes ou de cigares, des culots de pipe qu’il leur faut bien déposer quelque part.
- Les cendriers répondent à ce but. Leurs formes sont innombrables et il semble difficile d’en inventer de nouvelles qui répondent à un but précis. C’est cependant ce que réalise le cendrier que représente la figure 4-
- Sa forme est celle d’une soucoupe, comme tant d’autres ; il présente quatre rainures pour poser les cigarettes ou les cigares, ce qui n’est également pas inédit, mais en outre il possède un dôme central creusé de quatre cavités correspondant aux rainures, et c’est là sa nouveauté.
- Lorsqu’une cigarette est finie, on la dépose sur le cendrier où elle continue de fumer jusqu’à combustion complète quand elle est faite de tabac imprégné de nitrate de potasse, comme c'est le cas notamment des cigarettes étrangères et celles de tabac d’Orient. Fumée inutile qui s’agrémente parfois, si l’on use d’allumettes bougie, des relents de la stéarine grésillant au contact de la cigarette; le tout assez peu agréable. Avec le nouveau cendrier, il suffit de pousser le bout allumé dans une des cavités pour qu’il s’y trouve enfermé et qu’il s’y éteigne immédiatement, faute d’air.
- Ajoutons que le nouveau cendrier est en faïence vernie rouge, bordée d’un liséré noir, d’une couleur et d’un aspect élégant..
- En vente chez Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Comment refroidir la fumée dans une pipe à manche court. — Tous les fumeurs de pipe savent que les pipes à long tuyau donnent une fumée froide, mais elles sont encombrantes et voyantes. Une pipe à tuyau court peut néanmoins, en étant modifiée sans grande difficulté, offrir le même avantage.
- Il faut choisir une pipe avec un manche droit et un petit bout. On ôte la pièce qui se porte à la bouche et
- Fit d’aluminium \ en hélice
- jetons de 1 fr., 2 fr., o fr. 20, o fr. xo, o fr. 5o (les pièces <fè Q fr. 5ov et de o fr. o5 vont dans la même glissière). Dans chaque glissière on peut superposer 2 rangées de pièces^, ce 'quj pepmet de caser en moyenne 6 pièces de’ chaque sorte, sauf celles de 2 fr. dont le nombre est de 4- Les pièces glissent librement dans leurs cases et des ressorts en acier, fixés aux extrémités des branches, les empêchent de sortir et de tomber.
- l’on perce dans le tuyau et le fourneau un trou qui recevra une petite tige d’aluminium.
- Cette tige est entourée d’un fil en spirale sur toute sa longueur et arrêtée à une extrémité afin de pouvoir entrer dans le bout. Il faut la couper assez courte pour permettre au petit bout de venir juste se joindre au tuyau.
- La fumée sera alors obligée de suivre le long du fil avant d’arriver à l’extrémité qui est dans la bouche.
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- VARIETES
- Q0C
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- LA FORMICULTURE OU ÉLEVAGE DES FOURMIS
- EN VUE DE L’ALIMENTATION DES OISEAUX DE CHASSE ET DE FAISANDERIE
- Les propriétaires de chasses et de faisanderies qui veulent réaliser la multiplication du gibier plume sur leurs domaines, et les aviculteurs qui ont à élever de jeunes gallinacés, sont souvent embarrassés pour se procurer facilement et en abondance les larves et nymphes de fourmis, ces dernières appelées improprement « œufs de fourmis », qui constituent des aliments précieux, considérés comme indispensables pour mener à bien l’élevage des faisans et des perdreaux.
- Dans les domaines et les terres avoisinantes où les fourmilières naturelles existent, celles-ci sont mises largement à contribution, leur exploitation est livrée au hasard, et étant abusive, le plus souvent, il en résulte la raréfaction d’un aliment si utile et, par conséquent, de sérieuses difficultés pour nourrir les faisandeaux et les perdreaux, espoir des chasses giboyeuses et des élevages lucratifs.
- L’importance de cet aliment est telle que, sans son utilisation, les entreprises d’élevage artificiel de ces oiseaux sont vouées à l’insuccès.
- Dans le Bulletin de la Société d'Acclimatation (J), M. Maurice Girard donne, à ce sujet, d’intéressantes précisions. Généralement, les éleveurs distribuent aux faisandeaux et aux perdreaux de o lit. o5 à o lit. 06 de larves de fourmis, par jour, durant les deux premières semaines, puis de o lit. 07 à o lit. 08 pendant les quatre semaines suivantes, après quoi on diminue la ration, pour la supprimer ensuite totalement. En l’espace de six semaines environ, un élevage de 100 perdreaux, par exemple, consomme, en moyenne, 7 litres de larves par jour, soit, au total, 3i5 litres. Un élevage moyen de 400 unités en consomme 1260 litres, et un élevage plus important, soit de 1000 unités, absorbe facilement la quantité considérable de 3i5o litres.
- Si l’on considère que certaines faisanderies entretiennent jusqu’à 3ooo et 4000 élèves par an, et si, d’autre part, on observe que les larves de fourmis ne se conservent pas et ne peuvent être mises en réserve, on se rend compte de l’épuisement rapide des ressources naturelles et des difficultés rencontrées par les éleveurs pour ravitailler leurs élevages.
- On sait, d’ailleurs, comment opèrent la plupart du temps les ramasseurs d’ « œufs de fourmis » : ils connaissent les emplacements des fourmilières et, munis d’un sac et d’une pelle en bois, ils vont de bon matin récolter les larves en enlevant la partie supérieure de la fourmilière. Lorsqu’il y a de nombreuses fourmilières dans une prairie ou dans un terrain boisé, on peut récolter, en une heure, près de 20 litres de larves. L’opération est renouvelée quinze jours ou trois semaines plus tard, et comme on continue la récolte plusieurs fois il en résulte un rapide épuisement de ces fourmilières naturelles, en l’espace de trois à quatre mois (de mai à septembre). Il faut au moins i$o fourmilières pour un élevage de 100 perdreaux, 600 pour un élevage de 400 et i5oo fourmilières pour un élevage de 1000 perdreaux.
- Le problème de l’alimentation des jeunes oiseaux de chasse et de faisanderie est devenu, du fait de cette situation critique, un problème complexe. Pour remédier aux difficultés croissantes, d’année en année, on s’est demandé s’il y aurait possibilité de recourir à l’élevage artificiel des fourmis.
- Dans la Revue d’Histoire naturelle appliquée(*), M. Fernand Willaume de Raoul, ingénieux agronome, préparateur à la Station entomologique de Paris, pose nettement la question : Peut-on créer une formiculture ? et apporte une fort intéressante contribution à l’étude de cette question. Nous en donnons ci-dessous une analyse en vue de souligner les déductions pratiques auxquelles elle aboutit.
- Tout d'abord, M. Fernand Willaume de Raoul observe que l’importation d’ « œufs de fourmis » n’est pas pra-
- 1, Maurice Girard. Le gibier à plumes et les fourmis. Bull. Soc. d’Acclimatation, 2e série, t. YI, p. 118 et suivantes.
- 2. Fernand Willaume de Raoul. L’élevage des fourmis au point de vue cynégétique. Revue d’Histoire naturelle appliquée, n° 10, octobre 1922.
- tique, parce que coûteuse et conduisant à des déboires, les « œufs de fourmis » ne supportant pas les longs transports et se conservant difficilement, alors qu’il faut les distribuer vivants ou, tout au moins, très frais.
- D’après l’auteur précité, il faut entendre, par formiculture, l’ensemble des opérations à effectuer pour assurer ou favoriser la multiplication des fourmis, en vue de leur utilisation économique, et il y a, dans ce sens, toute une technique à créer.
- Avant tout, il faut tenir compte des divers facteurs qui influent sur la vie des fourmis. Ces facteurs sont :
- Pour l’œuf : l’air, l’eau, la chaleur et la lumière.
- Pour la larve : ces mêmes facteurs auxquels s’ajoute la nourriture.
- Pour l’adulte : ces mêmes facteurs et la liberté.
- Parmi une centaine d’espèces de fourmis existant en France, trois espèces sont le plus généralement utilisées pour nourrir les jeunes gallinacés.
- Ce sont : la grosse Fourmi rouge des bois ou « char-pentière » (Formica rufa), qui construit son nid avec de la terre, du bois, des pierres, des feuilles, des tiges, des aiguilles de pin.
- La Fourmi brune (noir cendré) (.Formica fusca) qui vit dans des nids de terre pure, grossière et raboteuse.
- La Fourmi maçonne (Formica pratensis), vivant, elle aussi, dans des nids de terre pure.
- Ce sont ces trois espèces de fourmis dont il faut favoriser, par un élevage approprié, la multiplication intensive, en dehors des endroits très fréquentés par l’homme, cela en ayant recours à des procédés s’appliquant à des élevages naturels et ensuite à des élevages artificiels, les deux méthodes pouvant se conjuguer et se compléter.
- La grosse fourmi rouge est la plus avantageuse pour les élevages de faisans.
- a) Elevage naturel. — M. Fernand Willaume de Raoul envisagerait la pratique de cet élevage, soit en imitant ce que font les faisandiers, c’est-à-dire en transportant, non loin des habitations, quelques nids qui seraient ensuite l’objet d’une surveillance particulière, soit par l’élevage en captivité, dans des nids naturels ou dans des nids artificiels.
- En août, époque de l’accouplement, on visiterait la fourmilière pour mettre à part les mâles et les femelles dans une grande cage, afin qu’ils s’accouplent; on leur adjoindrait quelques ouvrières et un peu de nourriture.
- Les Tournais trouvent leurs aliments dans les fruits, les sucs végétaux, la viande, les cadavres d’animaux, en particulier d’insectes, dans les déjections des cochenilles et des pucerons.
- Ayant obtenu un certain nombre de reines fécondes et désailées, on établirait alors une colonie sur un emplacement dépeuplé, dans un cantonnement assez éloigné de toute habitation et peu fréquenté par les promeneurs, en recherchant, pour le choix définitif de cette installation, les conditions d’exposition ensoleillée, d’humidité, de présence des matériaux, et les possibilités de nourriture aux alentours de la fourmilière.
- L’ombre ne convient pas aux fourmis, sauf cependant pour la grosse fourmi rouge des bois que l’on trouve sous les couverts les plus touffus.
- Pour installer ce npuvel embryon de fourmilière, composé de deux ou trois reines et de quelques ouvrières de la même espèce, on bêcherait légèrement le sol et on placerait à portée les matériaux ordinairement utilisés pour la construction du nid. Un utile complément de cette installation serait une cloche de verre mettant les travailleuses sous une véritable serre chaude et dans des conditions de multiplication bien plus favorables qu’en plein air.
- Par ce clochage on favoriserait le développement des colonies ou stations naturelles qui pourraient être repérées. Chez la fourmi maçonne particulièrement, on trouve souvent des fourmilières encore faibles comprenant des femelles en petit nombre, avec une ouvrière féconde. Les grosses fourmis rouges et les fourmis brunes peuvent, comme les fourmis maçonnes, occuper jusqu’à quatre nids en même temps.
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- VARIETES
- Il faut, naturellement, protéger les fourmis utiles contre leurs ennemis : la taupe-grillon, les larves de fourmi-lion et les autres fourmis, que l'on détruira ainsi que leurs nids.
- b) Elevage artificiel. — Cet élevage comporte l’utilisation de nids artificiels, notamment le type de nid imaginé par M. Janet, qui paraît le plus pratique.
- Le nid horizontal est constitué par un bloc en forme de parallélépipède allongé, en plâtre ou autre substance poreuse, creusé d’un certain nombre de chambres placées les unes à la suite des autres et communiquant entre elles par d’étroits couloirs. Ces chambres sont recouvertes d’une plaque de verre assurant l’obturation complète, mais permettant d’examiner les fourmis ; une plaque opaque maintient partiellement l’obscurité dans l’intervalle des observations.
- Une cuve, creusée à l’extrémité du bloc, permet d’imbiber d’eau celui-ci d’une façon constante.
- La chambre la plus rapprochée de la cuve est la plus humide, et celle qui en est la plus éloignée, la plus sèche; entre ces deux extrêmes les fourmis trouvent tous les degrés d’humidité intermédiaires, selon leurs besoins.
- La chambre sèche, laissée constamment en éclairement, représente l’espace extérieur au nid, et c’est dans cette chambre qu’est placé un godet servant de mangeoire, laquelle reçoit, pour nourrir les fourmis, du miel très liquide, recouvert d’une rondelle de papier fendu ou perforé de trous, afin d’empêcher que les fourmis s’engluent et périssent en grand nombre. De temps à autre, pour éviter qu’elles s’entre-dévorent et par suite la destruction d’un certain nombre de nymphes, on met à la disposition des fourmis des cadavres d’insectes encore frais.
- Dans la chambre la plus humide du nid, un fragment d’éponge bien imbibé d’eau sert d’abreuvoir.
- Le peuplement de ces nids artificiels se fait soit avec des colonies entières, soit avec une ou deux femelles fécondes aidées de quelques ouvrières.
- M. Janet a réussi, durant ces dernières années, de nombreux élevages dans ces nids horizontaux construits en substance minérale poreuse, sans terre et munis d’un dispositif qui permet d’établir dans les chambres une humidité graduée.
- Ces nids artificiels mettent les fourmis dans des [conditions pouvant être réellement considérées comme normales.
- Toutefois, M. Fernand Willaume de Raoul estime que cette méthode ne semble pas suffisante, actuellement, pour assurer, à elle seule, la nourriture d’un élevage important de faisans et de perdreaux, bien que l’on puisse multiplier, sans beaucoup de frais, si l’on possède un moule, ces nids dont la capacité est trop restreinte. On pourrait sans doute l’utiliser pour alimenter des élevages réduits de petits gallinacés. Il n’en reste pas moins que les nids artificiels peuvent rendre d’importants services, d’une part en fournissant un appoint de nourriture constamment à la portée de l’éleveur, et d’autre part en venant en aide aux élevages naturels.
- En définitive, les observations formulées par M. Fernand Willaume de Raoul démontrent la possibilité de créer une formiculture économique, basée sur des principes rationnels et une organisation méthodique, dont les éleveurs d’oiseaux de chasse et de faisanderie devront poursuivre l’étude et l’expérimentation, suivant les données établies par ce savant entomologiste.
- La formiculture apparaît comme un élément de première importance pour notre aviculture et pour la reconstitution de nos richesses cynégétiques.
- Henri Blin.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — A propos de la~région niçoise (n° a554). — Un de nos abonnés, M. Jiofîredy, de Monte-Carlo, nous écrit :
- « Je me permets de signaler au rédacteur de l’article 'sur la « Région niçoise » une petite erreur d’ordre botanique : le palmier mûrit très bien sur la Côte d’Azur, dans la région niçoise et non pas seulement à Bordigherra ou à San Remo. A Monaco, tout particulièrement, mûrit le Phoenix canariensis (les graines mûres qui tombent des arbres germent avec une très grande facilité, sans soins de culture aucuns) ; le Phoenix daciy-lifera (un dattier planté dans les jardins du Casino a des fruits qui sont arrivés à maturité... mais on. les enlève avant cette époque) ; le Chamœrops mûrit des graines qui lèvent, de même que le Pritchardiæ filifera et d’autres encore.
- « Le bananier auquel vous n’avez pas fait allusion mûrit aussi dans la région : à Beaulieu-sur-Mer (à la Petite Afrique), à Roquebrune-Gap Martin; on en a même obtenu ici à Monte-Carlo. »
- La machine à écrire musicale. — A propos de l’article paru sous ce titre dans notre numéro du 7 avril, un de nos lecteurs, M. Legeay, 2, rue Gambetta, à Saumur, nous signale avec raison que l’idée fondamentale de cette machine n’est pas nouvelle. Il rappelle notamment l’enregistreur musical de Rivoire, construit par J. Richard et décrit dans La Nature le 25 septembre i8g5; cet appareil comporte quelques unes des dispositions adoptées par le Dr Stœhl. M. Legeay nous communique également le brevet d’une machine dont il est l’inventeur et qui, par des dispositifs électromagnétiques, imprime ou transpose une composition musicale pendant son exécution. Elle permet même de produire simultanément des jeux de lumière et de parfum.
- Réponses. — M. V. M., h Madrid. — Il est possible d’employer un objectif d’amplificateur photographique à deux verres (les dimensions de o m. 11 de diamètre et 1 m. 10 de longueur focale nous étonnent un peu, pour un amplificateur) pour construire une lunette astronomique. Toutefois, il est probable que les images ne seront pas parfaites, l’objectif en question ayant été corrigé pour les rayons chimiques et non pour les rayons auxquels l’œil est le plus sensible. Nous vous conseillons de faire un essai préalable en montant cet objectif sur une caisse quelconque et d’examiner une source de lumière située au loin ou une étoile. Le résultat ne peut être précisé à l’avance, l’expérience seule vous fixera. Essayer tout d’abord un oculaire de faible grossissement.
- 61-3, Lyon. — Voici quelques adresses où vous pourrez vous procurer un objectif astronomique :
- A. Jobin, 3i, rue Humboldt, Paris (14e) ! Société d’Optique et de mécanique de précision, ia5, boulevard Davout, Paris (20e) ; Secrétan, i5i, boulevard Auguste-Blanqui, Paris (i3a); F. Jarret, 7, rue Jean-Daudin, Paris (i5°); E. Vion, 38, rue de Turenne, Paris (4e); Manent, rue du Parc, à la Croix-de-Berny (Seine). Objectifs astronomiques d’occasion : Maurice Ballot, 7, rue Suger, Paris (6e).
- Dr J. Bridoux, à Beuvry. — Nous vous conseillons, pour construire une petite lunette grossissant 3o fois environ, de prendre un verre n° 24, de 0 m. 67 de distance focale et un compte-fils ou une lentille de o m. 02 de foyer. Le grossissement sera de 33 fois. Le tube de l’instrument aurait environ o m. 65 de longueur, la mise au point s’effectuant au moyen du tube portant l’oculaire.
- M. le Br JDamade, à Paris. —Les taches blanches que Von observe sur les fubans de chapeaux d’hommes sont dues à l’efflorescence des matières salines contenues dans la sueur : urée et sels ammoniacaux. Après avoir dégraissé, il convient de laver avec une eau légèrement acidulée par l’acide oxalique, mais il est à craindre que la bordure du chapeau, elle-même saturée, ne cède bientôt des éléments nouveaux.
- M. Michaud, à Paris. — La mixture dont on se sert pour garnir le fond des traits de gravure sur cuivre ou
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- laiton est obtenue en dissolvant du bitume de Judée dans la benzine et renfoiçant l’intensité avec du noir de fumée, vous pouvez prendre comme base les proportions suivantes, mais elles peuvent varier suivant la qualité du bitume qui renferme parfois des matières terreuses en quantité importante :
- Bitume de Judée...........20 grammes.
- Benzine...................10 .—
- Essence de térébenthine . . 40 —.
- Noir de fumée....quantité suffisante.
- Laisser le bitume digérer plusieurs jours en présence de la benzine et de l’essence jusqu’à dissolution complète des matières solubles, cela en agitant fréquemment; décanter, puis incorporer le noir de fumée, on obtient ainsi une préparation qui sèche assez vite, n’est pas cassante et à laquelle on peut au besoin donner plus de liant en y ajoutant quelques gouttes d’huile de lin.
- M. de Flacellière, à Paris. — i° Les lampes à incandescence portent sur le culot l’indication du nombre de bougies qu’elles sont sus'ceptibles de fournir en fonctionnement normal, il vous suffira par conséquent de faire la substitution en vous basant sur le nombre de bougies que donnent les becs à gaz existants, d’après les données que vous indiquez ; — 20 Le brunissement de vos tableaux est dû à une modification du vernis, le remède consiste à enlever celui-ci. Les spécialistes emploient comme « eau à nettoyer » un mélange d’huile d’aspic ou de térébenthine avec deux parties d’alcool. Il faut avoir soin d’opérer progressivement et avec précaution, en frottant avec un tampon de coton. Par huile d’aspic on entend l’essence de lavande commune ou aspic. Le nettoyage une fois terminé, c’est-à-dire la peinture étant parfaitement dégagée, on revernit avec le vernis à tableaux que vous trouverez tout préparé chez les marchands de fournitures pour peintres.
- M. Capon, à Paris. — Les courroies Titan fabriquées par la maison Getting et Jonas, à Saint-Denis, conviendront très probablement pour le travail dans les conditions que vous indiquez, vous pourriez également faire de la transmission par câbles métalliques.
- T. S. P. — M. J. Snœek, à Bruxelles. — Nons vous signalons, sans aucune garantie d’ailleurs, qu’une maison de T. S. F. fondée récemment offre de remettre à neuf les lampes audion hors d'usage. Yoici l’adresse à titre de document : Robert et Cie, 40, rue Denfert-Roche-rau, Paris (5").
- Abonné 12, à Coblence. — i° Il nous semble à peu près impossible que vous puissiez obtenir sur cadre des réceptions d’émissions radiotéléphoniques avec un simple détecteur à galène.
- ^ 20 II serait préférable d’employer un cadre vertical. En tout cas, il y a intérêt à simplifier la construction de votre cadre e1 à utiliser simplement des spires, écartées de 3 cm, si^ vous le désirez. Les spires sont naturellement montées en séries, avec coupures s’il y a lieu.
- 3° Votre cadre de u m, de tour avec spires écartées de 3 cm aura, en utilisant 16 spires, une longueur d'onde propre: d’environ 1400 m., ce qui permettrait la réception de FL avec accord par condensateur de i/xoqq pi.
- En utilisant 4 spires seulement, la longueur d’onde propre permettrait la réception des émissions depuis 4oo m. de longueur d’onde environ.
- 4° Les conditions d’isolement que vous indiquez sont suffisantes. Nous pensons que vous utilisez du fil isolé par deux couches coton ou soie, ou du câble également isolé,
- M. le Dr Piérides, à Limassol (Chypre), — x° Etant donnée la très grande distance qui vous sépare de la France,, il serait plus facile pour vous de recevoir les postes italiens ou espagnols.
- 20 II est d’abord nécessaire que vous utilisiez, une très bonne antenne, avec des brins d’une centaine de mètres de longueur au moins, bien située évidemment et très isolée. Accord en Tesla.
- 3° L’amplificateur devrait comporter 3 ou 4 étages à haute fréquence par résistances, transformateurs ou selfs, suivis de 2 étages à basse fréquence. Pour la réception des ondes courtes, une superhétérodyne donnerait sans doute de bons résultats.
- 4° Voici les adresses que vous demandez : Société Indépendante de T. S. F., 66, rue La Boëtie, Paris; Société française Radio-Electrique, 79, boulevard Hauss-mann, Paris ; Etablissements Radio LL, 66, rue de
- l’Université, Paris; Le Matériel Radiotéléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris.
- Ecole professionnelle, Yverdon (Suisse). — Il est préférable d’avoir une boîte en ébénisterie de dimensions assez grandes pour contenir les éléments d’un amplificateur, composé de nombreux étages à haute et à basse fréquence. Pour la construction d’un amplificateur à 6 étages HF et 2 étages BF, voici les dimensions qui peuvent convenir :
- Longueur o m. 45.
- Largeur o m. 25.
- Hauteur o m. a5.
- M. Steiner, à la Chaux-de-Fonds (Suisse). — Le phénomène que vous signalez est, en effet, particulier aux ondes de longueurs inférieures à 1000 m. et n’est nullement imputable à un défaut des appareils de réception. Ce phénomène, nommé par les Anglais fading effect, semble provenir d’une déviation du champ électromagnétique. Des déviations du champ ont également été observées au cours de la réception d’ondes de grandes longueurs à l’aide de moyens radiogoniomé-triques ; mais ces déviations étaient peu accentuées.
- Cercle Le Tam-Tam, à Perpignan. — La réception des Concerts de la Tour Eiffel est facile depuis l’augmentation de puissance de ce poste. Pour avoir! une bonne audition en haut-parleur, vous pouvez utiliser une antenne en nappe (à 3 brins par exemple), ou en V; un appareil d’accord en Tesla (réalisé simplement avec deux galettes de self) et un amplificateur à 5 ou 6 étages dont 3 ou 4 à haute fréquence à résistances. Réaction électrostatique par compensateur ou électromagnétique par galettes de self en « fond de panier ».
- M. Morin, à Paris. — i° Nous croyons savoir que la Société française Radio-Electrique, associée avec les Société Telefunken et Marconi, a installé en République Argentine des postes émetteurs et récepteurs radio-téléphoniques, à Buenos-Ayres en particulier.
- 20 En s’appuyant sur les accords dont il est parlé plus haut, les sociétés construisant les lampes de T. S. F. prétendent interdire l’exportation des lampes.
- Il existe des brevets sur les lampes de T. S. F. qui ont déjà suscité plusieurs procès, en Angleterre notamment.
- M. Cambefort, à Monségur (Gironde). — Nous croyons comme vous que les phénomènes gênants d’induction produits par le réseau d’éclairage proviennent plutôt de votre prise de terre. Il y aurait lieu d’essayer de prendre une prise de terre indépendante, si votre prise actuelle est faite sur une conduite d’eau. Il vaudrait encore mieux supprimer complètement la prise de terre et employer simplement un contrepoids métallique isolé. Bien entendu, la longueur d’onde propre de l’antenne serait modifiée et serait voisine de deux fois sa longueur métrique ; il faudrait évidemment modifier en conséquence le réglage des appareils d’accord.
- M. Gillon, à Frayence (Var). — Malgré la faible puissance du poste de Nice, la réception de ses émissions sera pour vous parfaitement possible, à notre avis.
- Le dispositif super-régénérateur est d’une manœuvre beaucoup trop délicate pour un débutant; si vous désirez recevoir sur cadre, vous pouvez utiliser une superhétérodyne ou un amplificateur à selfs ou à résonance. Votre amplificateur devra comporter x ou 2 lampes HF, t lampe détectrice et 2 BF.
- Vous trouverez des schémas de montage dans l’article paru sur la superhétérodyne dans Le Poste de VAmateur de T. S, .F., ou dans le Manuel sur les ondes courtes (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Nous vous signalons que plusieurs fabricants de T. S. F. ont établi déjà des amplificateurs pour ondes courtes, entre autres les établissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris,
- M. Thomas, à Strasbourg (Bas-Rhin). — La réception sur cadre des. émissions radiotéléphoniques de FL est possible avec un amplificateur suffisant. Avec un amplificateur à 2 ou 3 étages HF, détectrice et 2. lampes BF, vous pouvez obtenir une forte réception à l’écouteur.
- Avec un dispositif superhétérodyne, l’audition est possible en haut-parleur. Vous pouvez utiliser un cadre de 2 m. de côté comportant 3o spires de fil 8/10 mm isolé deux couches coton, espacées de 1 cm au moins.
- Vous trouverez des détails de montage et de réglage dans le n° 256o de La Nature ou dans le Le Poste de l’Amateur de T. &. F.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du. journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- • Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Les Isotopes, par F.-W. Aston,,traduit de l’anglais par Mlle S. Veil, préface de G. Urbain, i vol. 164 p-, 4 pl. hors texte, J. Hermann, éditeur, Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- M. F.-W. Aston est aujourd’hui universellement célèbre par ses beaux travaux sur les isotopes. Il a utilisé, d’une façon systématique et il a perfectionné, la méthode d’analyse chimique par les rayons positifs, que créa J.-J. Thomson, et il a soumis à ce mode nouveau d’investigation un très grand nombre de ce que nous appelons encore par habitude des corps simples; il a révélé ainsi que la plupart d’entre eux ne sont en fait que des mélanges de corps de masses atomiques différentes, mais dont les autres propriétés physiques et chimiques sont identiques, et qui notamment ont le même nombre atomique : ce sont les isotopes. Dans son livre, M. Aston ne se borne pas à publier les résultats de ses travaux, ni à faire connaître le détail de sa technique expérimentale, il s’attache au contraire à bien faire saisir au lecteur la haute portée scientifique de la question des isotopes, et il montre comment elle se rattache au problème de la constitution de l’atome, tel que le pose la physique électronique moderne. Aussi cet ouvrage constitue-t-il un livre de haute vulgarisation scientifique ; on y trouvera, outre l’exposé complet des travaux de l’auteur et de quelques uns de ses élèves ou émules, de magistrales présentations de l’historique des isotopes et de la théorie électrique moderne de la matière.
- La traduction de Mlle Yeil est correcte et fidèle. C’est un point à noter. En ces derniers temps, trop d’importants ouvrages étrangers ont été présentés au public français à travers des traductions qui les défigurent complètement.
- Comment recevoir la téléphonie sans fil, par J. Roussel.
- 1 vol. 266'p., n3 fig. Yuibert, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- Les amateurs de T. S. F. sont légion; l’auteur de ce livre, bien connu de nos lecteurs, a puissamment contribué par ses écrits et son action personnelle à multiplier les adeptes de ce nouveau sport scientifique. Son nouvel ouvrage sera accueilli par, eux avec la même faveur que le Livre de l’Amateur, ou les articles de La Nature et de La T. S. F. Moderne. Après avoir expliqué en termes fort clairs le principe de la radio-téléphonie et ses usages actuels, il décrit le poste de la Tour Eiffel et donne d’abondants détails sur ses messages météorologiques ; puis vient une intéressante enquête sur les résultats obtenus à la réception par les amateurs' en divers points de la France. L’auteur indique ensuite comment doit se monter un poste récepteur; il étudie d’abord le poste le plus simple à galène, avec réception sur antenne ; puis les appareils à lampes, dont il décrit et discute de nombreux montages. Un chapitre spécial est consacré aux haut-parleurs, les lecteurs de La Nature en ont eu la primeur il y a quelques mois. Un dernier chapitre est consacré aux postes émetteurs d’amateurs. En appendice on trouvera la description du Reinartz, des montages d’Armstrong, du [haut-parleur Gaumont et des notices fournies par les constructeurs qui y résument les caractéristiques des appareils [de leur fabrication.
- L’Electricité, par Ernest Coustet, i vol. in-16, 190 p,, 107 fig. Hachette et Cic, éditeurs, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- C’est un sujet bien vaste que l’électricité, puisqu’il englobe aujourd’hui toute laj physique et un immense domaine industriel. M. E. Coustet, par un joli tour de
- force, a réussi à le résumer dans ses grandes lignes, en un langage atti'ayant, accessible à tous, qui sait cependant ne pas sacrifier la précision au désir de faire image. Il décrit avec une parfaite clarté les phénomènes essentiels dont l’ensemble constitue la science électrique, donne des aperçus suggestifs sur les théories modernes de l’électricité, et passe en revue les plus importantes applications industrielles : transport de l’énergie, éclairage, chauffage, électrochimie, force motrice, traction, télécommunications.
- Synthetic colouring, matters. Vat Coiours (matières colorantes synthétiques, couleurs de cuve), par J. F. Thorpe et G. K. Ingqlt. i vol. 491 p. Longmans, Green and C°, éditeurs, Londres, 1923. Prix: 16 sh.net.
- Les couleurs de cuve, employées en teinture, sont des substances insolubles dans les solvants usuels, mais que l’on rend solubles par l’action d’un réducteur qui les transforme en leucodérivés. Dans ces solutions, on plonge le tissu ou textile à teindre; le produit pénètre les fibres; puis par réoxydation à l’air on régénère le colorant qui est alors inséparable de la fibre. A cette catégorie de substances appartiennent le pourpre des anciens auquel les auteurs du présent livre consacrent un intéressant historique,
- 1 indigo et ses dérivés, ou analogues; puis les couleurs à anthraquinone qui, en ces dernières années ont pris une grande importance commerciale. Les auteurs, après un historique très complet de l’indigo naturel, décrivent sa fabrication, ses modes d’emploi, et établissent la formule chimique du colorant et le mécanisme par lequel se produit la teinture ; ils exposent ensuite les travaux successifs qui ont abouti à l’indigo synthétique et décrivent les principaux procédés préconisés pour réaliser cette synthèse. Ils passent en revue les nombreux et divers produits dérivés ou de substitution de l’indigo dont l’usage a été proposé ou réalisé en teinture, puis les corps analogues à l’indigo, mais plus complexes, dont l’énumération serait fort longue. Pour les couleurs à l’anthraquinone, les auteurs exposent avec une grande clarté la constitution, les propriétés et le mode de préparation des nombreux dérivés de ce corps qui trouvent leur emploi comme couleurs de cuve. Cette monographie, très claire, très solidement documentée, jette une vive lumière sur une question fort complexe, mais d’une grande importance industrielle.
- Variations biochimiques du rapport nucléo-plasmatique au cours du développement embryonnaire, par Eliane Lebreton et Georges Schæffer. i vol. in-8, 196 p., 16 fig. Masson et G”, Paris. Prix : i5 francs.
- Cette première publication des Travaux de l’Institut de Physiologie de la Faculté de Médecine de Strasbourg aborde un problème important et difficile : la détermination de la masse protoplasmique active. Chaque fois que l’on envisage le poids du corps des êtres vivants, on est en présence de données très variables à cause des matériaux de réserve. Les auteurs ont cherché à les éliminer en dosant une substance caractéristique de la matière vivante active et ils ont fait choix de l’azote des purines. Ils ont appliqué ces dosages à l’étude du développement de l’œuf de poule, de la souris et du porc et en ont déduit une série de conclusions d’une haute portée sur les variations du rapport de la masse du noyau à celle du protoplasma.
- Essai histochimique sur les pigments tégumentaires des crustacés décapodes, par Jean Yerne. Archives de Morphologie générale et expérimentale, fasc. XYI, 1 vol. in-8, 170 p., 2 pl. en couleurs. G. Doin, Paris. Prix : 18 francs.
- Les crustacés décapodes possèdent dans leurs téguments des amas pigmentaires ou chromatophores auxquels ils doivent une partie de leurs couleurs. L’auteur a étudié leur composition chimique et leurs variations et trouvé nombre de faits curieux, dont le moindre n’est pas la formation par l’organisme animal d’un hydrocarbure, le carotène.
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- LA NATURE
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- N° 2565 2 Juin 1923
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- La télévisioir^^ïÊeAnot télévision signifie étymologiquement : vision à grande distance. Si l’on s’en tient à cette définition, le problème de la télévision est résolu depuis longtemps; en fait, depuis le jour où lunettes et télescopes ont rendu accessibles à la vision humaine les profondeurs des mondes planétaires et stellaires. Mais sur notre globe, notre œil, même armé des plus puissants instruments d’optique, ne peut rien apercevoir au delà des limites imposées par la rotondité de la Terre. Le problème de la télévision consiste à rendre visibles pour un observateur des spectacles qui se déroulent à une distance quelconque. De nombreux chercheurs ont tenté bien souvent de le résoudre en faisant appel à l’électricité comme intermédiaire de même que l’on sait faire porter par le courant électrique ou par les ondes hertziennes les modulations de la voix que l’on retraduit à l’arrivée, de même on sait faire porter par les mêmes agents les variations d’intensité d’un faisceau lumineux. Les procédés de transmission à distance des dessins et des photographies en sont la preuve. Mais le problème de la télévision est beaucoup plus complexe que celui de la transmission d’une image, car, dans ce dernier cas, l’on dispose de tout le temps nécessaire pour reconstituer point par point l’image à transmettre; pour la télévision au contraire, il faut transmettre presque instantanément et simultanément un ensemble d’impressions lumineuses constituant une image.
- Aussi, jusqu’ici, ne connaît-on aucune solution pratique de la télévision. Mais on commence à apercevoir les voies dans lesquelles cette solution peut être cherchée.
- M. E. Belin, à qui l’on doit de merveilleuses réalisations de transmissions d’images à distances, a indiqué dans une récente conférence à la Société astronomique de France comment il envisageait le problème de la télévision.
- M. Belin l’a jugé insoluble tant que l’on n’a disposé comme substance photoélectrique que du sélénium; ce corps permet bien de traduire électriquement une variation d’intensité lumineuse, mais son inertie interdit les transmissions rapides.
- Aujourd’hui la physique a créé des ampoules photoélectriques beaucoup plus sensibles et fidèles : ce sont les ampoules au sodium et au potassium. Ce sont des ampoules à 2 électrodes dans lesquelles on a fait le vide; une électrode est constituée par une plaque métallique, l’autre par une mince couche de sodium ou de potassium déposée par distillation sur la paroi intérieure. On établit une différence de potentiel de plusieurs centaines de volts entre ces i électrodes. Si une lumière vient à frapper la surface de sodium ou de potassium, il y a émission d’électrons, et un courant traverse l’ampoule ; son intensité est proportionnelle à celle du faisceau lumineux; l’émission est instantanée, c’est-à-dire de l’ordre de io-7 seconde et le phénomène cesse pratiquement aussitôt que la lumière incidente a disparu. Ce courant, très faible, peut être renforcé par les amplificateurs bien connus aujourd hui. D’autre part, les transmissions par fils, notamment en raison de la capacité électrique des lignes, n’offrent pas l’instantanéité nécessaire à la transmission d’une image par points. Mais les ondes hertziennes n’ont pas cet inconvénient.
- M. Belin considère une image de la dimension d’une image cinématographique 18 mm x 24 mm. En admettant, ce qui est une limite tout juste acceptable, que cette image soit formée de 5 points par millimètre, l’image entière comprendrait 10800 points. La persistance d’une impression lumineuse sur la rétine étant de 1/10e de seconde, il s’agit de transmettre durant ce court laps de temps 10 800 signaux traduisant électriquement l’intensité lumineuse de ces points, soit 108000 points par seconde. La durée d’un point serait donc de io“5 seconde, c’est-à-dire 100 fois plus grande que la durée d’émission de l’ampoule photoélectrique. Ainsi donc, ce qui était impossible avec le sélénium, devient possible avec ces nouvelles ampoules.
- Déjà M. Belin a pu transmettre par T. S. F. et reconstituer à l’arrivée les variations d’éclat d’une source lumineuse constituée par un point. C’est là un premier
- pas. Le fil électrique et les ondes hertziennes ont déjà supprimé les distances pour la parole; il en sera peut-être bientôt de même pour la vue.
- Subterfuges par T. S. P. dans la guerre navale.
- — La T. S. F. a déjà joué un rôle important dans la tactique navale et notamment dans cette tactique, relativement difficile, qui consiste à tromper l’ennemi. Elle a aussi parfois donné lieu à des erreurs fâcheuses. Voici deux curieuses anecdotes que signalent les Annales des P. T. T.
- En igiô, le contre-torpilleur français Intrépide avait reçu la mission de rechercher un paquebot pour l’escorter dans l’estuaire de la Gironde. U Intrépide, construit dans la République Argentine, était équipé avec une station de T. S. F. du type « Telefunken », c’est-à-dire allemand. Quand le paquebot français reçut les messages de Y Intrépide il crut avoir affaire à un sous-marin allemand qui voulait l’attirer dans un piège. Heureusement, le paquebot eut l’idée de répondre en « breton » pour s’assurer de l’identité de l’envoyeur et on finit tout de même par s’entendre.
- En 1914, dans les premiers jours de la guerre, le croiseur allemand Goeben connaissant la clef des signaux secrets d’une nation alliée, les radiotélégraphistes du Goeben appelèrent les croiseurs lancés à sa poursuite en leur intimant, dans ce code secret, un ordre de destination fantaisiste. Le stratagème réussit parfaitement et le Goeben échappa aux croiseurs qui le recherchaient.
- Reportage par T. S. P. — Pour la première fois en France, le dimanche 6 mai, le poste de la S. F. R. a donné, round par round, les résultats du match Carpen-tier-Nilles. Il est à désirer que ce mode d’informations immédiates se généralise. La diffusion de la radiotéléphonie en sera accrue.
- Le moulage centrifuge des tuyaux en béton. —
- Les tuyaux et conduites en béton ou ciment se multiplient rapidement. Dans bien des cas ils tendent à se substituer aux canalisations en fonte trop coûteuses. Mais ces tuyaux sont d’une fabrication difficile lorsqu’on emploie les procédés ordinaires, c’est-à-dire la compression du béton par pilonnage dans des moules verticaux. Les tuyaux ainsi fabriqués sont lourds, de longueur limitée, et insuffisamment étanches.
- Un procédé nouveau a fait son apparition : il consiste à produire des tuyaux moulés en utilisant la force centrifuge.
- Le procédé Hume, fondé sur l’emploi de la force centrifuge, a été créé, dit le Génie civil, en Australie, où il est exploité dans une trentaine d’usines; il est également en pratique aux Indes, au Transvaal; en Angleterre on achève une usine capable de produire 1000 t. de tuyaux par semaine. En France, la Société des Chaux et Ciments de Chanaz vient d’entreprendre une usine du même genre près de Vion-Chanaz, au débouché du lac du Bourget dans la Vallée du Rhône.
- Les tuyaux fabriqués par centrifugation sont beaucoup plus résistants et en même temps plus légers que les tuyaux ordinaires en béton ; la centrifugation produit une compression du béton, de plus elle élimine l’eau et l’air et on obtient des conduites étanches. On arrive par ce procédé à fabriquer des tuyaux jusqu’à 2 m. de diamètre et de longueur quelconque.
- La conservation des eaux de Javel du commerce.
- — M. A. Guillaume relate dans le Bulletin de la Société de Pharmacie les résultats de ses expériences systématiques sur la conservation des extraits et eaux de Javel du commerce. Ses conclusions sont les suivantes : les solutions exposées à la lumière solaire perdent peu à peu leur titre, plus ou moins rapidement, suivant que la concentration est plus ou moins forte; en conséquence : envelopper le flacon d’eau de Javel de papier, et mieux d’un double papier, noir de préférence ; ne jamais les exposer en pleine lumière aux étalages, comme le font trop souvent les marchands.
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- INFORMATIONS
- Protection des oiseaux. — Nous sommes heureux de faire connaître aux lecteurs de La Nature, et aux amis des oiseaux, la très intéressante initiative prise par le Conseil d’Administration de la Société protectrice des Oiseaux d’Aix-les-Bains, et par son actif président, M. Vuillermet.
- Un concours de fabrication de nichoirs, d’abris et de mangeoires pour oiseaux et spécialement pour mésanges,
- a été organisé par la Société Aixoise ; il était uniquement réservé aux enfants des écoles qui surent mettre à profit leur esprit inventif, leur goût et leurs aptitudes manuelles.
- Les espoirs de la Société ne furent pas déçus par la valeur et le nombre des objets exposés : i5i nichoirs, 28 mangeoires, 4 abris d’hiver, puisqu’elle attribua 520 francs de prix, plusieurs médailles et de nombreux diplômes aux jeunes et adroits concurrents.
- Les nichoirs furent mis en place sur les arbres des jardins ou des parcs de la ville, dès la fin de l’exposition. Ils n’attendront sans doute pas longtemps leurs hôtes; les petits constructeurs comptent sur leur venue prochaine qui leur donnera droit à une prime spéciale.
- Souhaitons que le succès de ce concours incite d’autres communes de France à éveiller ainsi dans l’âme des enfants le respect de l’oiseau et le sentiment de l'aide à fournir à ces précieux et gais auxiliaires de l’agriculture.
- Les huîtres sont riches en zinc. — MM. Gabriel Bertrand et Vladesco ont déterminé la teneur en zinc des parties molles d’un grand nombre de mollusques et crustacés. Ces invertébrés, tout comme les vertébrés, contiennent tous du zinc dans leurs tissus, en proportions du reste variables suivant les espèces et les individus. Mais, parmi eux, les huîtres témoignent d’une richesse en zinc tout à fait exceptionnelle.
- Le Bulletin de la Société chimique de France expose les résultats des recherches de MM. Bertrand et Vladesco; ces savants ont étudié des huîtres que l’on ne peut soupçonner d’être contaminées par des eaux industrielles polluées de résidus de fonderies ou autres industries. Ils ont analysé des huîtres du Morbihan et des gryphées provenant de la côte Nord ou Sud de l‘île de Ré.
- Dans l’huître comestible (Ostrea edulis Linn.), ils ont trouvé, une teneur en zinc variant de 16,1 milligr. à 27 milligr. par 100 gr. de matière fraîche, ou de 94,8 milligr. à 132,6, par 100 gr. de matière sèche.
- Les gryphées ou huîtres portugaises (Grjphea angu-lata Lam.) révèlent une richesse plus grande encore : à 1 an, 5o,6 milligr. de zinc par 100 gr. de matière fraîche et 262,3 par 100 gr. de matière sèche; à 2 ans, io3,7 milligr. et 542,9; à 3 ans, 87,8 milligr. et 464j5 ; à 4 ans, i3i,i milligr. et 716,6 par 100 gr. de matière* fraîche ou sèche.
- Les autres animaux étudiés : moules, praires, clovisses, coques, palourdes, sèches, langoustines, etc., contiennent aussi du zinc, mais les teneurs sont de iî> à 100 fois plus petites.
- Le zinc doit donc jouer un rôle important dans la biologie de l’huître, mais le mécanisme de cette action est encore obscur. Les auteurs pensent que ce métal joue un rôle essentiel dans le phénomène de la fécondation.
- Production et commerce du nitrate de chaux. —
- L’agriculture française n’utiiise que depuis une époque relativement récente le précieux engrais qu’est le nitrate de chaux produit au moyen de la méthode qui consiste à fixer l’azôte de l’air.
- La production des usines norvégiennes s’est rapidement développée depuis la constitution de la Société norvégienne de l’azote. D’après la Feuille d’informations du Bureau d’Etudes économiques et agricoles, cette production peut atteindre, en pleine marche, près de 200000 tonnes par an, à raison de 5oo tonnes par jour, à Rjukan, et 5o tonnes à Nottoden, mais les circonstances climatériques et les événements modifient plus ou moins ce chiffre, suivant les années.
- A elle seule, la Norvège produit d’importantes quantités de nitrate de chaux, mais comme la surface cultivée y est assez restreinte, la plus grande part de cette production est exportée, ainsi que le montrent les chiffres ci-dessous :
- 1913 1920 1921 1922
- tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. Production. . 73.750 148.000 i3o.ooo iBy.000
- Exportation.. 70.927 117.419 81.877 i56.ooo
- C’est le Danemark qui est le plus fort consommateur de nitrate de chaux : 70000 à 75000 tonnes; viennent ensuite la Norvège : 25 000 t. ; la Suède : 20000 t. ; la France : 10000 t. en 1921-1922, 14000 t. en 1919-1920.
- La demande est bien supérieure à ce chiffre, mais, jusqu’à présent, les usines norvégiennes n’ont pu fournir à l’agriculture française la quantité dont elle a besoin, surtout dans les régions dépourvues de calcaire et dans les sols décalcifiés auxquels le nitrate de chaux convient plus particulièrement.
- Un poirier remarquable. — M. E. Baronnet-Frugès a l’amabilité de nous adresser la photographie ci-jointe d’un poirier remarquable.
- « C’est, dit-il, un poirier situé dans la propriété de M. Flourens, à la Gange, commune de Goudourville (Tarn-et-Garonne). Sa hauteur est de 14 m.; à 1 m. de
- la base, il a 2 m. jB de tour et le périmètre couvert par ses branches est de 55 m. Je ne connais pas son âge, mais déjà en 1854, d’après la relation des vieux habitants, le maire d’alors, M. Monlencq, faisait battre le tambour dans toute la commune qui a une grande superficie, pour inviter ses administrés à venir cueillir ou ramasser les poires sans nombre que portait cet arbre.
- « Cette coutume a disparu, et c’est le bétail de la propriété qui en profite aujourd’hui.
- « Le propriétaire, M. Flourens, a été photographié au pied de ce poirier tenant un mètre vertical et horizontal à la main, l’automne dernier. »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique
- La petite pompe multicellulaire centrifuge Dau-bron. — Les établissements Daubron viennent de mettre sur le marche une remarquable petite pompe multicellulaire qui se prête à tous les usages domestiques, et même aux travaux industriels légers.
- Le problème posé était le suivant : réaliser des élévations pouvant aller jusqu’à 4° m. au maximum,
- Fig- i- —: Pompe centrifuge multicellulaire Daubron.
- tout en conservant, dans chaque application moins importante, le meilleur rendement mécanique, et, par conséquent, réduire au minimum les puissances absorbées; utiliser, autant que possible, comme agent moteur le courant électrique des lignes de lumière dans les meilleures conditions d’économie. Le constructeur a été ainsi amené à adopter le type centrifuge multicellulaire qui est une véritable réduction des pompes de séries industrielles bien connues, fabriquées par la même maison.
- Les avantages de ces pompes sont : pas de pièces frottant les unes sur les autres, pas d’usure, rendement constant, pas d’entretien ni de pièces à changer, tous les organes sont métalliques. Le liquide circule dans les tuyaux sans à-coups, sans crainte de surpression, ni de coups de bélier en cas de fermeture brusque du refoulement ; facilité d’accouplement élastique direct aux moteurs électriques ou à essence normaux; pas de courroies, ni d’engrenages à entretenir. Facilité de démarrage et d’arrêt automatiques.
- En outre, la petite pompe présente les avantages spéciaux suivants :
- Silence absolu dans le fonctionnement; aspiration maximum (8 m.); rendement élevé; facilité d’amorçage (en une seule fois, dans la majorité des cas).
- La petite pompe multicellulaire permet : une surpression de 5 à 3o m., si l’eau arrive à une pression insuffisante.
- Même avec un puits de 8 m. de profondeur, placé au sol, elle donnera une pression suffisante pour assurer tous les services, et si le puits est plus profond, la petite pompe peut être placée sans crainte à l’intérieur, sur de légères ferrures, à 8 m. des basses eaux; la pression permettra encore d’assurer dans ce cas tous les services courants.
- Pour arroser et laver les automobiles, la petite pompe donnera le débit (4 m3) et la pression (20 m.) à la lance indispensables, avec une différence de niveau pouvant aller jusqu à 10 m. Ces propriétés lui font rendre de grands services en cas d’incendie.
- Comme nous l’avons dit, cette petite pompe est surtout établie en vue de l’accouplement direct semi-élastique avec moteurs électriques et à essence; dans le cas des moteurs électriques, que ce soit pour courant continu ou alternatif triphasé, diphasé ou même monophasé, on peut, dans la plupart des cas, se brancher directement sur un compteur de lumière tant l’intensité
- absorbée est faible. De plus, pour tous courants, les moteurs sont établis spécialement pour démarrer en charge, par simple fermeture d’un interrupteur, ne présentant, par suite, aucun danger et pouvant être mis entre toutes les mains ; cela permet, en outre, l’usage d’un interrupteur automatique par flotteur ou par pression, très simple et par suite très robuste.
- La maison Daubron présente cette année un nouveau petit groupe qui rendra des services nombreux dans toutes les installations ne disposant pas d’énergie électrique.
- 7,Il constitue par la pompe multicellulaire type MF.
- 5 décrite ci-dessus, accouplée directement sur socle commun, à un petit moteur à essence de 1 cheval, à rotation rapide, 2S00 à 3ooo t/m.
- Le moteur est à 4 temps, allumage par magnéto, graissage par barbotage dans un carter étanche, ce graissage se faisant automatiquement par-compte-gouttes ; le refroidissement est assuré par une circulation d’eau prise en dérivation sur la pompe, et se règle par conséquent à volonté; il peut être rendu très énergique l’été, ou dans un local chaud, alors qu’il peut être presque complètement supprimé dans les périodes froides.
- En raison de la grande vitesse de rotation, l’équilibrage^ des pièces en mouvement a été particulièrement étudié, ainsi que les articulations et paliers; le vilebrequin est monté sur roulements à billes, et la tête de bielle sur roulements à^rouleaux; la consommation d’huile de graissage est de ce fait presque nulle.
- L accouplement élastique à la pompe est réalisé par cuirs, et le démarrage est obtenu par une courroie de lancement placée sur le manchon du volant.
- Ce moteur fonctionne à l’essence légère d’automobile; sa consommation est excessivement réduite et dépend du travail fourni par la pompe, c’est-à-dire : débit et élévation, ce groupe pouvant donner jusqu’à 3 m3 à 3o m. ; les débits ou élévations moindres sont obtenus à la demande par réglage de la vitesse du moteur, grâce au régulateur placé sur l’admission.
- Ce groupe est livré complet en ordre de marche avec magnéto, carburateur, réservoir à essence de 4 litres, permettant une marche de 6 à 8 heures, tuyauteries de refroidissement, en un mot prêt à fonctionner sitôt que les tuyaux sont raccordés sur la pompe. Son poids est de 3o kg environ, et son encombrement très réduit :
- Longueur, o m. 65 ; largeur, o m. 35 ; hauteur, o m. 5o.
- Ajoutons enfin un détail qui de nos jours prend une importance considérable, le prix de ces appareils est très modéré.
- Constructeur : etablissements Daubron, 57, avenue de la République, Paris.
- Une tente rapidement faite. — On donne à une tringle de fer d’un seul morceau la forme indiquée sur la ligure 2, et on y attache la toile ; puis le tout est fixé
- f'1 de fer ga/vanist
- Fig. 2,
- La tente et sa monture.
- au chambranle de la porte à l’aide de puissants crampons de fer.
- Une tente construite de cette manière et avançant de 1 m. en dehors peut servir à protéger une pompe à essence dans les garages. Elle ne coûte pour ainsi dire rien à construire, d’autant plus que la toile peut provenir d’une vieille bâche d’automobile.
- A
- *>.> “Electricité
- Poulie agrafe en verre. — Il est intéressant pour les électriciens d’économiser la main-d'œuvre. 4 ce
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- SCIENCE APPLIQUEE
- point de vue, une nouvelle poulie agrafe, d’un montage instantané, leur rendra service. Elle peut être employée dans toutes les installations de lumière, de force, de sonnerie, de téléphone, quelles qu’elles soient.
- La poulie comporte une rainure. Une fois que le fil est enfoncé à la main dans la rainure, cela en tirant suffisamment dessus, il se trouve tendu et fixé instanta-
- Fig. 3. — Poulie-agrafe en verre.
- nément; il ne peut ni glisser, ni se détendre, ni sortir de son logement.
- On supprime ainsi toute espèce de ligature, la tension du fil est rationnelle., elle ne fatigue pas la poulie et le fil n’est pas abîmé. Cela permet de poser une ligne en trois fois moins de temps qu’avec les poulies ordinaires, tout en évitant des déplacements sur les échelles et en présentant une sécurité d’isolement aussi grande qu’avec les poulies habituelles.
- On économise aussi une longueur appréciable de fil en évitant l’enroulement autour des poulies. Enfin, on peut envisager beaucoup plus facilement toutes les combinaisons d’angles, de courbes ou de descentes avec le minimum de fil.
- Constructeur : Appareillage. Lewis, .213, rue Lafayette., Paris.
- Caîçul
- Curseur universel à loupe. — Il existe une grande variété de modèles de règles à calculs, de sorte que le curseur d’une règle ne peut s’adapter sur une autre règle qui serait légèrement plus large ou plus épaisse. Remplacer un curseur perdu ou détérioré présente donc souvent une réelle difficulté.
- Le nouveau curseur universel à loupe imaginé par M. Berville remédie à cet inconvénient; car, en outre qu’il présente l'avantage d’avoir une loupe grossissant considérablement les divisions, ce qui permet une approximation beaucoup plus rigoureuse, il peut s’adapter sur tous les modèles de règles à calculs existants, que la règle soit large ou étroite, épaisse ou mince.
- Pour l'ajustement : i° Si la règle est très large ou très étroite, on écarte ou serre à la main les deux
- Fig. 4. — Curseur universel à loupe.
- montants formant ressorts, de telle sorte qu'avant d’agrafer le curseur dans les rainures de la règle, les deux montants soient plus rapprochés de 2 ou 3 mm que la largeur du dessus de la règle; puis, on agrafe d’abord le côté qui porte les deux vis, la partie présentant une fenêtre carrée étant tournée du côté d’où vient la lumière. (Si la règle est très étroite, il est nécessaire de couper avec des ciseaux une petite bande de la plaque de celluloïd, qui, trop large, empêcherait les rebords des ressorts de se loger à fond dans les deux rainures
- de la règle). 20 Si l’épaisseur existant entre le dessus de la règle et les rainures dans lesquelles coulisse le curseur est plus ou moins grande, on dévisse légèrement les deux vis, qui pouvant se monter ou se baisser dans les fentes pratiquées à cet effet permettent de monter ou baisser la plaque de celluloïd dont le trait de repère doit être en contact constant avec le dessus de la règle.
- La plaque de celluloïd est coudée suivant un angle obtus qui permet d’obtenir ce contact.
- Quand la plaque de celluloïd est dans sa position normale on serre à fond les deux vis.
- En vente chez P. Berville, 25, Chaussée d’Àntin, Paris.
- *>> Hygiène
- Lampe « Alfer » à vapeur de formol pour désinfecter. —-Le formol est connu depuis longtemps comme un des meilleurs antiseptiques; sous la forme gazeuse, c’est un désinfectant de choix pour les appartements. Divers modèles, d’appareils producteurs de formol gazeux ont déjà été imaginés, mais aucun, croyons-nous,
- ____ ! ~ 1_^1/% r» 1 «-» |ftmr\Û t! A 1 tO »» \\ rmî ont
- n’est aussi simple que la lampe d’être imaginée.
- L’appareil se compose essentiellement d’un bocal assez large, pouvant contenir un demi-litre d’alcool mé-thylique.
- Le bocal A est fermé par un bouchon de liège traversé en son centre par une cheminée en cuivre rouge C garnie extérieurement d’un revêtement d’amiante et percée près du bouchon de 8 orifices B pour l’admission de l’air.
- Une petite mèche annulaire placée intérieurement et dans le bas de la cheminée vient se terminer au niveau des orifices de celle-ci,
- , Cette mèche bourrée de coton permet au liquide de monter jusqu’à son som-
- Alfer » qui vient
- Fig. 5.
- Lampe à formol Alfer ».
- Dans l’intérieur de la cheminée pénètre par la partie supérieure un petit panier cylindrique en toile de cuivre.
- Il contient le catalyseur D destiné à transformer l’alcool en formol.
- Enfin, l’aspiration de l’air par les orifices précédents et l'entraînement simultané de l’alcool est activé par une cheminée amovible en aluminium G qui augmente le tirage.
- Le catalyseur est en amiante imprégné d’argent et placé dans un panier de cuivre.
- C’est lui qui, chauffé, produit la réaction et donne naissance au formol.
- Pour allumer, on saisit par Je fil muni d’un petit manche le panier en cuivre renfermant le catalyseur, on le chauffe au rouge naissant sur la flamme d’un réchaud à gaz.
- Si l’on ne dispose pas du gaz, il suffit de chauffer le catalyseur avec une lampe à alcool ou même plus simplement avec un tampon de coton imbibé d’alcool et fixé à l’extrémité d’un fil de fer.
- Ceci fait, on introduit rapidement le panier de cuivre chaud dans la cheminée métallique C et on le laisse glisser jusqu’à la mèche.
- Dans une bonne marche de l’appareil, le cylindre doit demeurer rouge sombre, on en est d’ailleurs averti par un dégagement abondant de formol d’odeur caractéristique et piquant fortement les yeux.
- Une fois l’appareil allumé, il fonctionne jusqu’à épuh sement de l’alcool renfermé dans le bocal.
- Une dose de 5oo cm? d’alcool méthylique suffit pour la désinfection d’une chambre de 20 m?. Il faut donc
- employer autant de lampes qu’une pièce a de fois cette capacité.
- La lampe « Alfer » est en vente aux établissements Poulenc frères, 122, boulevard SainLQermain, Paris.
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- VARIETES
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- LES ORIGINES
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- Les appellations d’origine se multiplient de plus en plus, après les vins, les eaux-de-vie de vin, les beurres, les fromages, et il n’y aura bientôt plus, et avec raison, un seul produit agricole jouissant d’une réelle réputation qui ne sera pas protégé par son appellation d'ori-gine. C’est de cette façon que, parmi les eaux-de-vie de cidre, le « Calvados », qui au point de vue du renom est à ces dernières ce qu’est le « Cognac » au regard des eaux-de-vie de vin, entend se défendre contre l’usurpation de son. nom par les eaux-de-vie fabriquées partout ailleurs que dans son département.
- Mais, si l’origine de la dénomination <c Cognac » est bien connue du grand public, il n’en est pas de même de celle de la dénomination « Calvados », et c’est pourquoi je me propose de la lui indiquer aussi brièvement que possible, en faisant porter ce renseignement, à la fois sur le département et sur l’eau-de-vie. Il y a, en effet, une distinction à faire, car s'il est évident que l’origine de l’eau-de-vie, en tant qu’expression, est la même que celle du département, ce qui importe pour l’appellation d’origine, c’est de savoir où et quand l’emploi en a été fait, sinon pour la première fois, du moins d’une façon commerciale habituelle.
- Pour le découvrir, je suis remonté aux deux genres de sources où je pouvais rencontrer plus sûrement cette origine : a) aux dictionnaires géographiques et historiques ainsi qu’aux encyclopédies ; b) aux ouvrages de pomologie et de cidrologie et aux journaux techniques spéciaux.
- Origine relative au département. Les indications contenues dans les publications ci-dessus peuvent se résumer comme suit : le département, qui porte aujourd’hui le nom de Calvados, est ainsi dénommé depuis 1790, à la suite d’une réclamation de Delaunay, député de Bayeux ; il s’appelait, auparavant, département de l’Orne-Inférieure.
- L’origine du mot « Calvados » provient de la chaîne de rochers à fleur d’eau située dans la Manche et s’étendant de l’Est à l’Ouest, de l’embouchure de l’Orne jusqu’à celle de la Vire. Ces rochers tirent eux-mêmes leur nom d’un navire espagnol de l’invincible Armada de Philippe II, le Salvador, qui fit naufrage en i588. Son nom, écrit d’abord, Çalvador, puis Calvadoz, s’est finalement orthographié Calvados.
- Je dois dire, cependant, que P. Joanne, dans son Dictionnaire géographique de la France et de ses colonies, tome 2, à l’article Calvados, émet des doutes sur cette explication. « L’opinion, dit-il, qni fait dériver le nom de Calvados de celui de l’un des vaisseaux de l’invincible Armada (Salvador) échoué sur ces côtes, n’est pas suffisamment justifiée. Elle est fondée seulement sur de vieilles cartes anglaises qui donnent le nom de Calvados à l’écueil du littoral, d’où l’on a supposé que ce nom était celui, mal orthographié, d’un navire espagnol brisé sur ces récifs. »
- D’autre part, le journal, Y Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, auquel la question : « Que signifie le nom de Calvados? » avait été posée en 1864, a publié, en dehors de plusieurs réponses concordant absolument avec les précédentes, celle qui suit, dans laquelle, après avoir rappelé le naufrage, son correspondant compare les rochers à une échine de pierre, à une autre montagne du Chat, sinon pelée du moins aride et chauve. Or, chauve, c’est, en espagnol, calvo etcalva, de la même famille que calvez, calveza, calvero, calverio, calvarip et autres dérivés semblables dans chacun desquels entre essentiellement l’idée de calvitie, etc. Cette explication originale, mais dont on peut dire qu’elle est tirée par les cheveux, ne peut infirmer celle attribuée au naufrage du navire qui paraît la plus rationnelle et vraisemblable ; c’est d’ailleurs la seule origine admise officiellement aujourd’hui.
- Aucun ouvrage de pomologie et de cidrologie n’y fait allusion.
- Origine relative à l’eau-de-vie de cidre. - Le plus grand nombre des dictionnaires ou encyclopédies accorde une ligne ou deux, au plus, à l’eau-de-vie, mais il n’y en a que trois qui lui donnent la dénomination de
- DU CALVADOS
- ET EAU-DE-VIE)
- « Calvados » presque comme synonyme. Ce sont : a) Grande Encyclopédie, Inventaire raisonné des Sciences, des Lettres et des Arts-, b) le Nouveau Larousse illustré, Dictionnaire universel encyclopédique ; c) le Larousse pour Tous.
- Voici ce qu’ils relatent à ce sujet. Le premier : « Calvados, eau-de-vie », mais dans la description de ce spiritueux, le mot Calvados n’est pas répété ; le second ouvrage est un peu plus explicite, au mot eau-de-vie : « La Bretagne et la Normandie fournissent des eaux-de-vie de cidre et poiré connues sous le nom de Calvados, Cognac normand, Fine-Champagne normande, et qui proviennent de la distillation des marcs de cidre et de poiré ou de ces boissons elles-mêmes », et au mot Calvados ; Eau-de-vie de cidre; boire un calvados-, un verre de calvados, Le troisième se contente d’imprimer un résumé des phrases qui viennent d’être citées.
- Comme les dates de publication de ces ouvrages sont comprises entre 1866 et 1902 pour le début et la fin, il m’est possible d’en inférer que l’appellation Calvados, en tant que synonyme d’eau-de-vie de cidre, puisque les autres dictionnaires sont muets à son égard, n’a été vraiment assez répandue dans le langage courant, pour retenir l’attention des encyclopédistes et mériter à leurs yeux l’impression, que depuis un demi-siècle environ.
- Je n’ai pu trouver dans les ouvrages de pomologie et de cidrerie, qui ont été publiés depuis 1790 jusqu’à nos jours, malgré tout le soin que j’ai apporté à mes investigations, qu’une seule mention du mot Calvados pour désigner l’eau-de-vie de cidre, ç’est dans l’excellent ouvrage de M. Warçollier, Pomologie et Cidrerie. Yoici ce qu’il dit : « En dehors des eaux-de-vie de cidre jeunes, qui sont le plus demandées pour la consommation, il ne faut pas négliger de produire et de faire connaître nos meilleures eaux-de-vie, nos vieux Calvados qui, par leur finesse, peuvent rivaliser avec les meilleurs cognacs. » Cette mention, contenue dans la première édition de cet ouvrage, ne remonte guère, si je ne me trompe, que vers 1904.
- Enfin, au Congrès de la Foire-Exposition qui s’est tenue du i'r au 5 avril dernier à Vimoutiers (Orne), M. Choisne, de Neuville-sur-Touques, a rappelé les circonstances dans lesquelles prit naissance l’appellation « Calvados » servant à désigner les eaux-de-vie de cidre. « Autrefois, dit-il, on ne parlait que des eaux-de-vie de cidre du pays d’Auge. Ce sont les herbagers fréquentant le marché de la Villette, ceux de l’Orne y compris, qui firent prendre l’habitude d’appeler Calvados les eaux-de-vie qu’ils apportaient à Paris; sans doute parce qu’elles provenaient presque toujours des régions d’Orbec pu de Livarot qui devaient être à oette époque les centres principaux de production. »
- Le fait est très possible, mais il est fâcheux que M. Choisne n’ait indiqué ni la source d’où il tire cette assertion ni l’époque à laquelle il faut l’attribuer, parce que ces renseignements auraient forlement contribué à faire connaître le moment à partir duquel on a dû commencer à faire uçage de cette appellation.
- En résumé, malgré le côté hypothétique et encore obscur qui entoure ce point historique, je conclus :
- i° Que l’appellation « Calvados » a pour origine au regard : a) du département, le nom du vaisseau espagnol Salvador qui, en 1588, s’échoua sur les rochers situés devant la côte du littoral; b) de Y eau-de-vie de cidre, le nom du département où elle est fabriquée ;
- 20 Que, bien qu’il soit presque certain que cette appellation ait servi depuis un temps probablement assez reculé à désigner partiellement, mais uniquement, les eaux-de-vie produites dans le Calvados, il m’a été impossible dç fixer l’époque où elle y a été assez répandue pour en devenir un synonyme et les représenter couramment dans le commerce des spiritueux ;
- 3° Qu'il me paraît probable, cependant, en me basant sur ce que les dictionnaires et les encyclopédies n’ont inséré cette appellation qu’entre 1866 et 1888, au plus tôt, que l’époque à laquelle elle est entrée dans le langage courant et surtout commercial ne doit guère remonter plus haut que 5o à 60 ans. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement-
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Machine à calculer « Addiator » : 18, rue Grange-Batelière, Paris.
- Communication. — A propos de l'ile Tabor (voir Boîte aux Lettres, nos 2556 et a56o). — Au sujet de l’île Maria-Theresa (île Tabor), dont parle Jules Verne dansZes enfants du capitaine Grant, M. le professeur Berget nous communique les renseignements très précis que voici :
- L’île Maria-Theresa figure sur le planisphère de la marine allemande (édition de i8g3);.elle figure de plus sur Y Atlas de Stieler (édition de 1906, Süd-Polar Karte). Elle figure enfin sur Y Atlas de Schrader (Hachette 1906, carte 5i, Océanie). De plus elle figure sous le nom d’île Tabor sur un planisphère de Dussieux, publié chez Garnier.
- M. Granderye nous écrit que la position exacte de l’île se trouve par i530,26' longitude occidentale et 37°, 14" latitude sud; il faut remarquer en outre qu’elle ne figure plus dans le nouvel Atlas Schrader en cours de publication chez Hachette. (Planisphère-Océan Pacifique), et il se demande quelle est la raison de cette nouvelle disparition de la célèbre petite île.
- Le Phare de la Loire nous signale que le Hand Atlas de Sydow (Justus Perthes, 4e édition) porte sur une de ses feuilles deux croix -marquées « Maria-Theresa ? » entre les i3o et 140e degrés, et sur une autre deux croix avec la même inscription dubitative, entre les i5o et 160e degrés de longitude ouest.
- MM. Balsan, Chollot, Lanza, Ogée, etc., nous ont également écrit sur ce sujet.
- Réponses. — M. M. Becquart, à Buenos-Ayres. — Les eaux de Javel ordinaires, c’est-à-dire propres à l’emploi (non les extraits), sont ordinairement à i°,5-2° chlo-rométriques. On peut obtenir un hypochlorite de soude
- équivalent en prenant :
- Chlorure de chaux en poudre . . ao gr.
- Carbonate de soude cristallisé . . 40 —
- Eau ordinaire................. 1000 c. c.
- Délayer avec soin au mortier le chlorure de chaux (dit poudre de chlore) dans environ 5o c. c. d’eau. Dissoudre d’autre part le carbonate de soude dans le reste de l’eau, verser peu à peu le lait de chlorure de chaux dans la solution de carbonate de soude, mélanger, laisser reposer, décanter le liquide clair surnageant que l’on peut colorer en jaune, si on le désire, par addition de quelques gouttes d’une solution de bichromate de potasse.
- M. Jession, à Bucarest. — 1° La formule de préparation contre la chute des cheveux dont vous nous envoyez copie est illogique, et l’emploi d’une semblable mixture serait particulièrement dangereux, seul le sulfure de carbone est susceptible de dissoudre convenablement le soufre; quant aux autres solvants, ce sont de véritables poisons pour l’organisme; — Nous ne pouvons analyser toutes les spécialités lancées journellement et avons le regret de ne pouvoir Vous satisfaire, le fabricant n’ayant pas publié ses formules.
- M. G. Petit, à Limay. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2554, page 87 de la Boîte aux Lettres.
- M. Kreitmann, à Thonon (Haute-Savoie). — i° Dans le cas que vous indiquez, fixation d’ornements de métal sur une coupe en verre, le ciment, craie pulvérisée, silicate de soude, vous donnera très probablement satisfaction; l’intervention de l’eau tiède ne devant être que momentanée et peu fréquente. Mais une condition essentielle est de laisser le ciment faire sa prise pendant plusieurs «jours avant tout mouillage; — 20 Pratiquement il vaut mieux démonter les galons pour les nettoyer, le drap support se trouvant toujours fâcheusement,influencé. Les spécialistes effectuent cet astiquage au moyen d’une petite brosse imprégnée de magnésie anglaise sèche qui suffit le plus souvent.
- M. Carlier, à Lobbes. — i° Veuillez vous reporter
- aux indications que nous avons données sur la teinture
- des bois, à M. Béjou, à Arpajon (Cantal), n° 2554, page 87 de la Boîte aux Lettres ; — a0 La désignation vernis laque est insuffisante pour nous -fixer sur le vernis auquel vous faites allusion.
- M. S., à Paris. — Le moyen le plus sûr de se débarrasser des fourmis est de rechercher la place exacte de la fourmilière en suivant le chemin parcouru par les bestioles. Cela fait, après la tombée de la nuit, on verse par l’ouverture un mélange émulsionné de pétrole et d’eau de savon, puis on rebouche soigneusement avec un tuileau et de la terre. Ce procédé que nous avons appliqué à plusieurs reprises nous a toujours réussi, alors que d’autres essais étaient restés infructueux.
- M. Montaigne, à Nice. — La feuille que vous nous avez adressée n’est autre chose qu’une pellicule de col-lodion, obtenue par dissolution de la nitro-cellulose dans un solvant approprié. L’emploi de cet article pour la conservation et la protection des produits comestibles tels que : pain d’épices, bonbons, etc., était plus fréquent, il y a quelques années, qu’aujourd’hui, où les pellicules d’acétate de cellulose l’ont presque complètement remplacé. Pour la préparation on utilise des celluloses parfaitement nitrées à la turbine d’une teneur en azote de u,5 à ra pour 100données par le bain suivant :
- Acide sulfurique. . . . 61.90 pour 100.
- Acide nitrique........22.40 pour 100.
- Eau.................. 15.70 pour 100.
- Ce bain est employé, d’après Clément et Rivière, à
- raison de 10 kg pour 100 gr. de pâte à papier ou 280 gr. de coton, la nitration dure environ un quart d’heure. Après lavage et blanchiment au permanganate de potasse, le produit est comprimé, séché et broyé, puis mélangé aux solvants additionnés d’un peu de camphre comme plastifiant, on peut prendre comme type pour fabrication sur machines rotatives :
- Nitrocellulose........17.75 pour 100.
- Acétone................78 pour 100.
- Alcool amylique .... 1 pour 100.
- Camphre............... . 3.25 pour 100.
- Parfois on ajoute, pour conserver la souplesse, un peu d'huile de ricin, la proportion ne dépassant pas 5 pour 100 de la nitrocellulose. La maison Acétoïd, 20, boulevard Saint-Denis, doit encore fabriquer des articles de ce genre.
- MM. Meusnierq à Tours et Martinez, à Saint-Sébastien. — Une bonne formule de pâte à copier est la suivante :
- France. Pays chauds.
- Grenétine................. 100 gr. 100 gr.
- Sucre blanc en poudre. . . xio — 120 —
- Eau de pluie..............35o — 3oo —
- Glycérine pure à 3o° . . . 600 — 600 —
- La grenétine n’est autre chose que le produit n° 1 des gélatines du commerce, connu aussi sous le nom de blanc-manger, on opère ainsi :
- On fait dissoudre au bain-marie, dans un vase émaillé ou de porcelaine, le sucre dans l’eau; on ajoute la glycérine, puis plonge les feuilles de grenétine une à une dans la solution très chaude. Quand le mélange est bien homogène, on coule dans des moules au format approprié, confectionnés soit en carton, soit, ce qui est encore mieux, en fer-blanc. Dans certaines administrations on se contente de plonger de simples feuilles de gros papier dans la solution bien chaude, on les fait égoutter et on obtient ainsi des feuilles doubles à polycopies que Ton jette après service.
- On peut obtenir une pâte plus ou moins ferme, selon que Ton supprime de l’eau ou laisse plus ou moins longtemps au bain-marie.
- L’encre employée s’obtient avec :
- Violet d’aniline (violet de Paris) ^ . . 2 gr.
- Alcool . ............................ . 20 c. c.
- Eau distillée...................... 80 —
- M. Bos, à Lille. — i° Le ciment pour réparations d’accumulateurs en ébonite est obtenu en faisant fondre, avec précaution pour éviter la décomposition pyrogénée, 60 gr. de gomme laque avec la même quantité de gutta-percha; on ajoute ensuite, toujours en remuant, 5 gr. de minium et autant de soufre préalablement fondu. Ce ciment doit être employé à chaud sur parties bien décapées par grattage, finalement on lisse au fer chaud; un
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- BOITE AUX LETTRES
- peu d’expérience est indispensable pour la bonne réussite ; — 2° Vous pourrez vous procurer de l’ébonite dans les maisons qui suivent : Beausoleil, 9, rue Charles-V ; Didier, 2 bis, rue Mercceur, X° ; Trabet, 1, rue Amelot, XI0; Colonial Rubber, 42, rue de Bondy, Xe; Arssine, 13, rue du Départ; — 3° Ces accumulateurs étant de provenance américaine, il s’agit peut-être du tyjie Edison; voyez pour l'acquisition de bacs neufs à la Société de l’Accumulateur Edison, 3t, rue Daru ; d’autre part, les maisons mentionnées en 20 sont susceptibles d’exécuter au modèle ; — 40 Seule la maison représentant la marque pourra vous fournir des plaques de rechange.
- T. S. P. — M. A. Gilbert, à Aubrac (Aveyron). — i° On signale de bonnes réceptions obtenues avec un'toit en zinc comme antenne. Etant donnée surtout la très faible distance (12 km) à laquelle vous êtes de Paris, nous croyons que vous pourrez obtenir une audition sufïisante avec un détecteur à galène. Yous pourrez plus tard augmenter l’entensité de l’audition à l’aide d’un amplificateur à basse fréquence à transformateurs. Employez, bien entendu, une bonne terre.
- Comme accord utilisez l’accord en Oudin, c’est celui qui convient le mieux dans votre cas, où il est assez difficile d’accorder exactement le primaire. Yous pouvez le réaliser avec une simple bobine à deux curseurs. Il est préférable de souder au toit le fil d’entrée du poste pour avoir un bon contact.
- 20 Bien que votre poste soit dans des conditions défavorables, puisque situé au fond d’une vallée, nous pensons que vous pourrez cependant avoir des résultats satisfaisants. Il y aurait intérêt à utiliser une antenne en parapluie; accord simple en dérivation ou en Tesla. Yous pourriez monter 4 ou 5 brins d’une centaine de mètres. Pour avoir la réception en haut-parleur il faudrait un amplificateur à 3 ou 4 lampes H F et 2 BF, à réaction. L’amplificateur à résistances est le plus simple, mais ne nous permettra pas l’écoute des ondes courtes avec un bon rendement. Pour obtenir ce dernier résultat il faudrait utiliser un amplificateur HF à selfs ou à résonance, à 2 étages avant la lampe détectrice.
- M. L. T., à La Londe (Yar). — i° Etant donnée la faible puissance du poste d’émission de Nice il nous semble difficile que vous puissiez l’entendre à l’aide d’un simple détecteur à galène.
- Puisque vous disposez d’un grand emplacement, une bonne solution consisterait à utiliser une grande antenne d’une centaine de mètres avec un dispositif Reinartz décrit dans le n° a55u. Vous pourriez faire suivre la lampe détectrice d’un étage d’amplification à basse fréquence par transformateur à circuit magnétique fermé. Ainsi vous n’auriez besoin que de deux lampes.
- 20 Avec petite antenne vous pourriez adopter, soit un détecteur à galène suivi de deux lampes BF (montage peu sélectif et gênant à cause des transmissions des bateaux), soit une lampe déteclrice à réaction suivie d’un étage BF (Tesla : primaire 100 spires, secondaire 60 spires, réaction i5o spires, selfs en « nid d’abeilles » de préférence).
- Une lampe de couplage avec détecteur à galène et un étage basse fréquence donne aussi un excellent rendement.
- 3° Nous ne vous conseillons pas le chauffage des filaments avec du courant alternatif. Il serait en tout cas préférable de le redresser au moyen d’une soupape type « Tungar » par exemple. Yous pourrez trouver des détails de montage dans Le Poste de l'amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur).
- M. Pomerol, à Thiers (Puy-de-Dôme). — Nous sommes très intéressés par les beaux résultats obtenus avec votre super-hétérodyne. Nous vous indiquons ci-dessous quelques détails de réglage que vous demandez.
- i° Le couplage entre les deux circuits oscillants accordés pour Une longueur d’onde de i5ooo m. doit toujours être très serré.
- 20 Dans le cas de l’accord en Tesla sur antenne, le couplage, entre le circuit ondes courtes et l’hétérodyne, se fait entre le secondaire et la bobine exploratrice, ou entre une petite galette intercalée à cet effet et la bobine exploratrice.
- 3“ Il vaut mieux utiliser 80 volts comme tension de plaque du détecteur et régler soigneusement le chauffage à l’aide du rhéostat,
- 4° Le condensateur variable agissant sur le deuxième
- circuit oscillant grandes ondes est très utile et peut par son réglage permettre un rendement bien meilleur.
- 5° Il n’y a aucun inconvénient à utiliser des batteries de chauffage de 6 volts si l’on a des rhéostats de résistance appropriée.
- 6" Il est très mauvais, pour la réception des ondes courtes, d’utiliser des bobines à spires jointives bobinées en fil émaillé avec réglage par curseur ; il vaut mieux utiliser des galettes genre « nid d’abeilles » ou fond de panier.
- 70 Le phénomène que vous indiquez et qui a lieu lors de la réception des concerts du poste des P. T. T. est un phénomène maintenant bien connu, phénomène du fading effect comme l’appellent les Anglais. Cet effet d’affaiblissement ne provient ni du collecteur d’ondes, ni de l’appareil lui-même. D’ailleurs s’il provenait de l’appareil il aurait lieu évidemment également hors de la réception des ondes plus longues. Il est seulement très curieux que les émissions anglaises de même longueur d’onde ne présentent pas ces mêmes irrégularités.
- 8° Yous pouvez consulter pour ces réglages Le poste de l’amateur de T. S. F..
- F. R. P., à Sorèze (Tarn). — i° Nous avons été très intéressés par les détails donnés sur vos réceptions sur galène. Nous vous serons reconnaissants de bien vouloir nous indiquer, même approximativement, la longueur d’onde des postes entendus pour l’indiquer à nos lecteurs. Il nous semble qu’il s’agit des émissions du poste de Nice, mais il est impossible de rien affirmer avant d’avoir ce minimum d’indications. (Se rappeler que les annonces de musique, de danse, même des postes français, sont faits avec des titres anglais.)
- 20 Le fil de fer galvanisé peut servir à l’établissement d’une antenne de réception, mais le rendement est moins bon. Employez plutôt du câble.
- M. P. J. C., à Sceaux. — Nous vous remercions de votre communication et ferons connaître à nos lecteurs la fabrication que vous avez bien voulu nous indiquer.
- M. Ilarben, à Andrémont (Belgique). — Il est à peu près impossible d’éliminer les bruits provoqués par une dynamo très rapprochée d’un appareil de T. S. F. 11 faudrait enfermer le poste et l’opérateur dans une cage de Faraday et encore ce moyen difficile à réaliser ne serait peut-être pas absolument efficace.
- Abonné U. R. S. /., à Paris. — La formule L = (x dn)* X l est parfaitement exacte. Nous avons eu la précaution de bien préciser que n désignait le nombre de spires de la self par centimètre. Si on appelait N le nombre de tours total de la self on aurait la relation :
- N
- n — — e
- et en remplaçant, dans la première formule, valeur, on aurait de même :
- L =
- itrfN
- e
- *Xl
- MN)a
- n par sa
- cette dernière formule était celle que vous indiquiez comme formule exacte.
- M. A. Cà Gérardmer (Yosges). — Votre antenne et votre prise de terre nous paraissent suffisantes, par contre le schéma que vous nous avez soumis est inexact.
- L’entrée est défectueuse, les courants de T. S. F. devant agir entre la grille et l’extrémité négative du filament. La première grille est évidemment uniquement reliée à la base d’entrée et non pas également, comme vous semblez le croire à l’extrémité positive du filament.
- D’ailleurs, on construit généralement des amplificateurs à 4 lampes HF à résistances dont la dernière lampe, par son montage même, est détectrice ; il est donc tout à fait inutile d’ajouter une cinquième lampe détectrice.
- Enfin, on a généralement une amplification plus satisfaisante en utilisant une batterie de plaque de 80 volts.
- Yous trouverez dans le n° a56i, page 275, le schéma d’un amplificateur à 6 étages dont 4 HF par résistances. Dans Le poste de l’amateur de T. S. F. vous trouverez également de très nombreux exemples de montages.
- M. Léon Rois, à Pélussin (Loire). — L’indication de la longueur d’onde du poste que vous entendez permettrait de vous renseigner plus exactement. Il s’agit soit du poste de Koenigswüsterhausen (4000 m.), soit du poste d'Ueberschleiden (2950 m.), soit du poste de Lausanne (i»5o m.),
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- BIBLIOGRAPHIE
- QS?,.
- Service de librairie. — Ae service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée dé son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. r============z
- Descartes, par Louis de Launay, membre de l’Institut, i vol. 128 pages (Collection, Les Grands hommes de France). Payot, .éditeur, Paris, 1923. Prix": 3 francs.
- Nous sommes tous habitués à vénérer en Descartes le reconstructeur de la philosophie rationnelle et l’initiateur de la pensée moderne. Mais si l’enseignement classique nous apprend à admirer l’œuvre du philosophe, il nous laisse en général dans la complète ignorance de ce que fut l’homme, c’est cependant une très curieuse figure : M. de Launay en fait un portrait rapide mais pénétrant, il narre les singulières aventures de sa vie vagabonde; plein d’admiration pour le grand homme, il ne dissimule pas cependant ses faiblesses et ses ridicules, non pas pour jeter bas son idole, mais pour mieux dégager les traits essentiels de sa physionomie et leur rendre l’apparence de la vie.
- Dynamique générale, par H. Bouasse. i vol. 324. p., 178 fig., Delagrave, éditeur, Paris, 1923.
- Dans ce volume, M. Bouasse reprend, en le développant, un chapitre qu’il a traité autrefois déjà dans son cours d’ensemble de mécanique rationnelle. Il suit dans ses grandes lignes l’exposé classique de la dynamique : étude géométrique des moments d’inertie, principes, théorèmes généraux et équations fondamentales de la dynamique, dynamique du point matériel, étude des corps tournant autour d’un axe, percussions, notions générales de balistique intérieure et extérieure. Ce qui fait l’intérêt particulier de ce nouveau volume, c’est, comme dans tous les autres ouvrages de M. Bouasse, les nombreux problèmes traités à titre d’exemple pour montrer comment on doit se servir de la théorie et comment il convient de la contrôler constamment par l’observation ou l’expérimentation. Tous ces problèmes sont empruntés à la pratique courante et la plupart se prêtent à des manipulations à la fois simples et instructives, bien faites pour développer le bon sens, la réflexion et l’esprit d’observation nécessaires au futur physicien ou ingénieur. La préface discute le problème de la formation des ingénieurs dans les Universités. M. Bouasse attaque vivement les diplômes au rabais délivrés par certaines Universités sous le titre de certificats de licences.
- Le ballon et l’avion. La route aérienne, par Maurice Larrouy. 1 vol. in-16, 25 fig., 2i5 p., Armand Colin, éditeur, Paris, 192,3. Prix : 6 francs.
- M. Larrouy, alias René Milan, est un romancier de grand talent. Son nouveau livre nous révèle un écrivain technique de premier ordre. En Un style précis, nerveux, il nous initie aux problèmes essentiels de la navigation aérienne et aux connaissances indispensables pour les résoudre; il nous apprend ce qu’est l’océan aérien, quelles sont ses propriétés statiques et de quels mouvements il est agité. Il rappelle ensuite les principes mécaniques sur lesquels sont fondés les 2 modes de sustentation en usage pour les navires aériens, sustentation cinématique de l’avion ou de l’alerion, sustentation archimédéenne du ballon; il résume les traits essentiels de l’architecture de l’avion, du ballon libre, du dirigeable ; enfin, il montre comment l’on fait naviguer ces engins, tâche délicate, qui exige des pilotes des connaissances multiples, un entraînement sévère, un corps alerte et un moral à toute épreuve.
- Magnéto et allumage, par Marcel Astruc. i vol. ai5p., g3 fig. Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1923.
- L’auteur rappelle d’une façon élémentaire les phénomènes essentiels du magnétisme et du courant électrique, puis il explique très clairement le fonc-
- tionnement de la magnéto comme générateur de courant alternatif; il décrit ensuite le mécanisme des magnétos d’allumage; d’abord la magnéto basse tension encore employée avec les moteurs à gaz, puis la magnéto haute tension. Des notions sont données également sur les systèmes d’allumage par dynamo et par bobines d’induction. E.nfin d’utiles conseils sont donnés pour la recherche des pannes, pour la recharge et l’entretien des accumulateurs, etc. Ce livre se recommande par sa clarté et par le caractère toujours élémentaire des explications qu’il contient.
- Manuel de l’industrie du gaz, par J. Quéret. i vol. in-18, 322 p., ia3 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- L’ouvrage décrit les diverses phases de la fabrication du gaz d’éclairage : gaz ordinaire ou gaz à l’eau, ainsi que les principaux types d appareils en usage. Puis il indique comment sont constitués les canalisations et les branchements ; il donne des notions sommaires sur les principaux sous-produits de la fabrication du gaz : coke, goudron, sulfate d’ammoniac, benzol et il se termine par une brève description de becs d’éclairage, des appareils de chauffage et des moteurs à gaz.
- A Study of the Flight of Sea Gulls, par R. C. Miller.
- I brochure, 11 photog., 2 diagrammes. Extrait de la Revue The Condor, 1923.
- L’auteur a observé avec précision les conditions du vol à voile des sternes, et il conclut que dans tous les cas étudiés par lui, ce yoI s’explique par l’existence de courants ascendants.
- Les fiancés du Soleil, par Y. Forbin. i vol. in-16, 253 p. Lemerre, Paris. Prix 6 fr. 75.
- C’est un roman préhistorique dont l’auteur est bien connu des lecteurs de La Nature : durant ces vingt dernières années, M. V. Forbin a publié dans notre revue un si grand nombre d’articles que nous n’avons pas à faire ici son éloge, comme écrivain et comme vulgarisateur.
- Notre collaborateur s’est attaché à reconstituer l’existence des Crô-Magnons, ces Français de l’âge de la Pierre Taillée qui furent les premiers représentants en Europe de l’Homme raisonnable (Homo sapiens).
- II nous les montre menant de front l’invention de l’Art et des armes, et la lutte contre les animaux sauvages qui pullulaient alors dans notre pays, et'aussi contre les Néanderthaliens, ces homo-simiens qu’ils finirent par exterminer.
- Une action passionnante se déroule dans l’enchaînement des chapitres ; les personnages y sont solidement campés et donnent la curieuse illusion que l’auteur a vécu parmi eux, tant ils sont vivants et jeunes, malgré leurs trois cents siècles d’existence! Il y a là notamment une chasse aux mammouths qui apparaît vécue, et bien d’autres évocations d’un réalisme étonnant.
- Le Livret du cordonnier, par J. Matiiis, avec la collaboration de Le Bourhis et Huffschmitt. i broch., 91 p., 20 fig. Eyrolles, éditeur, Paris, 1923. Prix : 3 francs.
- Ce petit ouvrage, rédigé par un professeur et deux spécialistes, est destiné à la formation professionnelle des apprentis cordonniers. Il expose à ces débutants, d une façon excellente, les connaissances indispensables sur les matières premières de l’industrie du cuir, la tannerie, le corroyage, la mégisserie, les différents types de cuir en usage dans le métier, l’outillage et l’organisation de l’atelier du cordonnier, l’anatomie du pied, la confection des chaussures.
- Annuaire de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, 89e année, 1923. Lamertin, Bruxelles.
- Cet annuaire contient tous les renseignements utiles sur l’Académie, ses membres, son fonctionnement, ses prix. Il se termine par une série de notices biogra-graphiques sur les académiciens morts, ornées de portraits gravés.
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- N° 2566 9 Juin 1923
- L’étude chimique d’une hache préhistorique. —
- MM. Weiss, Dandurand et Dureuil ont étudié, par les moyens de l’analyse chimique et de la métallograpliie, une hachette trouvée pendant la guerre, dans la toumba de Gono, dans la vallée de la Vasilika, près de Salo-nique, par M. L. Rey, archiviste paléographe attaché à l’armée d’Orient. D’après divers renseignements concernant la couche de terrain où elle était, on a pu induire avec certitude que cette hachette remontait au moins à i3oo ans avant Jésus-Christ. Les connaissances sur les populations macédoniennes de cette époque étant fort rares, on eut l’idée d’interroger, en quelque sorte chimiquement, ce curieux objet. On demanda ’à trois chimistes de dire s’il appartenait à l’âge du cuivre rouge ou à l'âge plus récent du bronze, s’il était possible d’avoir une idée sur sa métallurgie et son origine, ce qui pouvait mettre sur la voie de relations d’ordre commercial avec d’autres peuples. Bien entendu, la hachette devait être le moins possible endommagée.
- Voici les conclusions de MM. Weiss, Dandurand et Dureuil, d’après une communication publiée par le Bulletin de la Société chimique de France; nous passons sur la technique employée, en nous bornant à signaler que l’on se contenta de découper sur la hachette une fine lamelle destinée aux examens microscopiques et spectrographiques, la limaille détachée par la scie étant utilisée pour une analyse électrolytique.
- On constata que le métal de la hachette contenait 96 pour 100 de cuivre, i,a5 pour 100 d’arsenic, un peu d’étain, de plomb, de fer et des traces d’argent. L’examen métallographique démontra que la hache avait été obtenue par le traitement d’un minerai, qu’elle avait été coulée, puis forgée.
- Sur l’origine du métal, les auteurs ne peuvent donner de conclusions formelles ; il existe des minerais de cuivre arsénié presque sur place à Tazos en Grèce ; il en existe en Serbie, en Arménie, à Trébizonde, dans le Caucase; enfin, au mont Sinaï où les Egyptiens exploitaient des mines célèbres dès la plus haute antiquité.
- Quoi qu’il en soit, les résultats ci-dessus montrent l’aide que les techniques de la chimie moderne peuvent apporter à la résolution des problèmes archéologiques.
- Production et commerce du sulfate de cuivre.—
- Les statistiques de la consommation du sulfate de cuivre, en France montrent que l’agriculture et surtout la viticulture en absorbent au moins 60000 tonnes annuellement, chiffre atteint en 1917, alors que toute importation était impossible.
- L’engouement des viticulteurs français pour le sulfate de cuivre d’origine anglaise, qu’ils surpaient souvent, sans raison sérieuse, oblige les industriels français à restreindre très sensiblement leur fabrication, laquelle est de 35 000 à 40 000 tonnes seulement, ce qui place la France au troisième rang des pays producteurs, après l’Italie et l’Angleterre.
- La Feuille d1 Informations du Bureau d'Etudes économiques et agricoles publie la statistique suivante des importations de sulfate de cuivre en France, pour les deux dernières années, comparées à celles de igi3 (statistique exprimée en tonnes) :
- Provenances. 1913 1921 1922
- Angleterre .... i8.3i3 10.217 18.186
- Italie. ...... — i.ig£> 1.000
- Belgique................. 384 $98 5oo
- Divers.................... 89 3.461 740
- Total. . . , 18.786 15.471 20.426
- Les exportations françaises de sulfate de cuivre,
- presque pour la totalité sur l’Algérie et la Suisse, se sont chiffrées par 7771 tonnes en 1922, contre 3388 tonnes en 1921 et 53i2 tonnes en 1913.
- Une méthode d’assouplissement des objets en caoutchouc. — La Revue des Produits chimiques du 3r mars 1923 signale comme intéressant le procédé de E. Hug (Br. anglais, 177 4g5 du 20/2 1922), ayant pour but l’amélioration de l’élasticité des objets en caoutchouc, qui s’abîment durant leur séjour en magasin, et qui deviennent souvent impropres à la vente.
- On fait une infusion ou une décoction d’un kilo de camomille romaine dans 5 litres d’huile de ricin bouillante, durant une heure.
- On presse le tourteau et l’on mélange le décocté avec i5 litres d’huile de ricin non traitée.
- On frotte ensuite les surfaces à rajeunir, intérieures ou extérieures, les unes contre les autres, après les avoir imbibées du mélange ci-dessus j1).
- On immergé alors les objets ainsi traités dans un bain d’huile de ricin une demi-heure à 5o°, un quart d’heure à 700, et 10 minutes à 8o°.
- Chacun de ces 3 traitements est espacé de 24 heures. On enlève finalement l’excès d’huile, avec le plus grand soin. J.-B. Pérégrin.
- L’huile de pin. — Les pins résineux donnent, par distillation destructive, ou par le procédé employé pour extraire l’essence de térébenthine, une huile dont les caractères sont les suivants, d’après le C himiste-Droguiste.
- L’huile de pin est un liquide clair, de consistance huileuse, de couleur variant du blanc au jaune, et dont l’odeur assez caractéristique rappelle celle de la sciure de bois fraîche de pin.
- La densité de l’huile de pin varie de 0,89 à 0,95, à la température de io° C. ; son indice de réfraction, vers 20° C., est d’environ 1,4860.
- Dans le procédé ordinaire de la distillation sèche du bois de pin', l’huile de pin est entraînée avec la térébenthine, à une température moindre que celle nécessaire pour produire ila distillation destructive ; elle est ensuite séparée de la térébenthine brnte par 'distillation. La térébenthine, qui est de densité plus légère, distille primitivement.
- L’huile de pin n’est que légèrement soluble dans l’eau ; aussi ne peut-on l’employer au nettoyage ou au détachage, mais elle dissout certaines substances peu solubles. Sa composition est un peu variable, on n’en a pas encore déterminé tous les éléments obtenus par les divers traitements.
- L’industrie des résineux doit trouver dans l’huile de pin un produit intéressant à tirer de l’exploitation- des pineraies landaises. *
- Influence de la silice dans la fertilisation des terres. — Les agronomes anglais Hall et Morison ont démontré expérimentalement que la silice fournie à une graminée, sous forme de silicates solubles, exerce sur la formation du grain une influence analogue à celle de l’acide phosphorique.
- Récemment, un professeur allemand, M. Lemmer-mann, recherchant un succédané, un ersatz de l’acide phosphorique, dont l’Allemagne s’efforce de limiter l’emploi, parce qu’elle est obligée de l’importer, a émis l’opinion que la silice colloïdale peut être un aliment d’épargne, permettant de mieux utiliser les fumures phosphatées et d’obtenir, avec une dose moyenne do phosphates, des récoltes pour lesquelles il faudrait en employer davantage en l’absence de silice.
- Dans des expériences sur céréales, graminées, légumineuses fourragères et crucifères cultivées en pots, M. Lemmermann a récolté autant avec un décigramme d’acide phosphorique en présence de silice, qu’avec 3 décigrammes d ’acide phosphorique sans silice.
- L’action de la silice, qui se fait sentir sur tous les organes de la plante, serait d’autant plus marquée que l’acide phosphorique, est moins abondant; l’insuffisance de potasse ou d’azote l’empêche, au contraire, plus ou moins complètement.
- Il convient donc de considérer la teneur du sol en silice pour déterminer ses besoins en acide phosphorique, sans oublier que les engrais phosphatés habituellement employés contiennent eux-mêmes des proportions notables de silice.
- Il faut aussi que les résultats en grande culture viennent confirmer ceux qu’ont donnés les essais relatés ci-dessus.
- 1. Rappelons que pour donner un bel aspect aux articles vieillis, il est courant.en caoutchouterie de les badigeonner de glycérine commune. Les articles rouges surtout (poires, chirurgie) prennent un aspect vermeil et luisant.
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- INFORMATIONS
- Nouvelle méthode de vinification. — L’étude des levures en vinification a été poursuivie, durant ces dernières années, avec beaucoup de persévérance, parles spécialistes oenologues.
- Récemment, M. Lucien Sémichon, directeur de la Station oenologique de Narbonne, a signalé à l’attention des producteurs vinicoles les résultats d’observations nouvelles qu’il a pu faire en vue d’améliorer les conditions de la vinification par un judicieux emploi des levures. Il a constaté que l’addition d’environ 5 o/o d’alcool à du moût de raisin frais suffit pour conserver les bonnes levures, c’est-à-dire les levures elliptiques, avec toutes leurs propriétés, tandis que cette addition d’alcool paralyse les levures sauvages et vulgaires qui déterminent une mauvaise vinification.
- En s’appuyant sur cette observation, M. Lucien Sémichon a pu établir une nouvelle méthode de vinification, laquelle a été employée avec succès dans des exploitations vinicoles du département de l'Aude. Cette méthode consiste à ajouter, d une façon continue, au moût frais, un moût en pleine fermentation alcoolique, dans lequel dominent les levures elliptiques.
- Ce nouveau procédé marque un sérieux progrès en œnologie. ’ 1
- Un éléphant nain. — La revue Natural History, journal de l’American Muséum, annonce la récente arrivée du deuxième individu connu de l'éléphant nain, Loxodon pumilio. Le premier, acheté à Hagenbeck après avoir été décrit par le Dr Noakes, de Berlin, était arrivé au parc zoologique de New York en igo5; après sa mort, rapide, il fut monté dans les collections de l’American Muséum.
- Le nouvel individu est une femelle âgée d’environ 2 ans et demi. Elle mesure seulement 90 cm de haut. Grasse et forte, elle semble heureuse de vivre, malgré la faiblesse de sa jambe postérieure droite qui fut jadis fracturée et qui est maintenue par un bracelet.
- L’éléphant nain, considéré longtemps comme un mythe, existe donc bien. Les deux spécimens déjà recueillis proviennent du Congo et de l’Afrique occidentale.
- Les globules rouges du sang. — On imagine mal le nombre fantastique de globules rouges que charrie le sang dans nos artères et dans nos veines. Un statisticien, Kaiserling, dans une étude publiée par la Deutsche Medizinische Wochenschrift, a cherché à représenter ce nombre d une manière parlante et voici ce qu’il a trouvé.
- Dans 5 litres de sang, volume contenu dans tous les vaisseaux d’un individu de taille ordinaire et dont les 3/5 sont du plasma (partie liquide du sang), on trouve 25 trillions de globules rouges. Si l’on plaçait ces globules rouges les uns à côté des autres, cela ferait une bande de 187 000 km, soit presque 5 fois le pourtour de l’équateur. Pour dénombrer ces globules, il faudrait 80 000 ans de travail ininterrompu, à condition' qu’on en compte 10 par seconde. Posés les uns sur les autres ces globules rouges feraient 62 000 km, soit i fois 1/2 le tour de la terre, distance qu’un train express faisant 70 km à l’heure parcourt en plus de 100 jours. Posés les uns à côté des autres, ces globules rouges recouvriraient une surface de 1400 mètres carrés.
- Ces calculs ne sont pas tout à fait vains. Etant donné que la fonction des globules rouges qui consiste à porter l’oxygène aux tissus les plus éloignés des poumons est proportionnelle non pas à leur poids ou à leur volume, mais à leur surface, on voit tout de suite quel formidable travail de transport ils peuvent réaliser, bien qu’ils n’occupent guère plus qu’un volume de 2 litres>
- Les productions agricoles de la Yougo-Slavie. — La
- Yrougo-Slavie est au premier chef un pays d’agriculture et d’élevage ; les statistiques y signalent aussi des étendues considérables de forêts. Mais ici il est nécessaire défaire une distinction entre les maigres maquis des Alpes Dinariques et les forêts véritables des bords du Danube.
- Yoici comment la superficie du sol est occupée par les différentes branches de l’agriculture.
- Céréales..........7.500.000 hect. Prairies . 2.140.000 liect.
- Vergers et potagers 450.000 — Pâturages. 3.757.000 —
- Vignobles .... 587.000 — Forêts. . 7.000.000 —
- Terres incultes . 2.582.000 — Marais. . 55.000 —
- La production moyenne annuelle pour les principales céréales s’établit comme suit en quintaux métriques :
- blé : 24700000; maïs : 36 575 000; avoine : 4^51000, seigle : 6164000. Viennent ensuite l’orge et le millet. La vigne existe partout, sauf au Monténégro; la production annuelle moyenne de vin est de 3 165 000 hectolitres pour l’ensemble du royaume (Serbie : 840000; Slovénie : 837000; Dalmatie : 728000; Voïvodine.: 372000; Croatie : 248000; Bosnie-Herzégovine : 40000).
- Parmi les cultures secondaires, signalons : le tabac en Serbie (5ooo hectares et 5o 000 quintaux) et au Monténégro ; l’olivier en Dalmatie et au Monténégro ; le sésame en Serbie ; le coton en Serbie ; la betterave sucrière en Voïvodine ; la pomme de terre en Voïvodine et en Croatie; le mûrier en,Serbie et en Croatie.
- L’élevage vient après l’agriculture. Il occupe la superficie totale des prairies et des pâturages, ainsi qu’une partie de celle des forêts (glands et baies pour les porcs). Tl a beaucoup souffert de la guerre, surtout en Serbie, mais commence à se reconstituer. Voici les chiffres du recensement de 1920:
- Equidés.................... 1.619.818
- Bovins..................... 6.229.000
- Moutons................. 12.399.925
- Chèvres.................... 3.566.281
- Porcs...................... 5.192.867
- Les buffles sont compris parmi les bovins ; il y en avait 2 5 000 en Serbie en 1914.
- L’élevage des volailles constitue pour la Serbie et la Croatie une ressource importante; il en est de même pour le ver à soie en Serbie.
- Pour ce qui est des forêts, les statistiques présentent de sérieuses divergences. Voici quelques chiffres, dont les totaux ne concordent pas entre eux :
- Bosnie-Herzégovine. . . . 2.500.000 hectares.
- Serbie 1.500.000 —
- Croatie-Slavonie 1.500.000 —
- Slovénie 680.000 —
- Macédoine 570.000 —
- Dalmatie 580.000 —
- Monténégro 220.000 —
- "Voïvodine . 100.000 — 7.450.000 —
- Appartiennent à l’Etat . . . . 5.062.700 hectares
- — aux personnes morales . . . . 1.675.800 —
- — aux particuliers . . . . . . . 2.184.000 —
- 6.922.500 —,
- La production du bois pour l’ensemble de la Yougoslavie serait de 20772598 m3.
- A propos de la coloration artificielle des bois sur pied. — Au sujet de la note publiée dans La Nature, n" 2552, du 3 mars 1923, un de nos correspondants nous fait connaître que des expériences mettant en œuvre un procédé plus simple que celui employé en Allemagne ont été faites récemment en Afrique et ont donné des résultats fort intéressants.
- On enfonce dans une grosse racine de l’arbre une aiguille métallique creuse, communiquant, par un tube de caoutchouc, avec Un réservoir contenant une solution aqueuse d’un sel métallique ou d’un composé d’aniline. Dè l’air envoyé sous pression dans le réservoir fait écouler à travers l’aiguille le liquide coloré, qui se dilue lentement dans la sève ascendante et monte avec elle dans le tronc, jusqu’à l’extrémité des branches, parfois même jusqu’aux feuilles.
- La même opération est faite, à la fois sur les diverses racines principales, à 25 ou 3o cm du collet, de façon à assurer une pénétration régulière dans tous les tissus. Celle-ci est complète au bout de quatre ou cinq semaines. A ce moment, l’arbre meurt, mais son bois conserve une coloration persistante.
- L’Exposition de Physique et de T. S. P. — La Société Française de Physique, qui a joué un rôle fort important dans les progrès de la Physique, fêtera cette année son cinquantenaire. A cette occasion, ellè organise une imposante manifestation sous la forme d’une Exposition Nationale de Physique et de T. S. B’, destinée non seulement à mettre en évidence les progrès de la science théorique au cours de ce dernier demi-siècle, mais encore à présenter au public, méthodiquement groupées, toutes les applications industrielles de la physique. L’Exposition se tiendra au Grand Palais, du 3o novembre au 17 décembre prochains. Elle comprendra 19 groupes, eux-mêmes partagés en un grand nombre de sections. Le délégué général est M. de Valbreuze, 12, rue Pelleport, Paris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- <$>& 'Electricité
- Construction d’un redresseur rotatif synchrone pour courants alternatifs. — Un de nos lecteurs, M. Rouvière, de Dijon, nous communique la construction suivante , qui pourra rendre service à de nombreux amateurs. L’appareil est destiné à la recharge des accumulateurs lorsqu’on ne dispose que de courant alternatif de secteur. La construction en est très simple. Le nombre de pièces ne doit pas effrayer l’amateur qui voudrait en essayer la construction. Voici quelques chiffres.
- Alimenté par un réseau à no v. 5o p. le courant est abaissé à 25 v. L’appareil prend 2 ampères pour la rotation et on peut en tirer jusqu’à 6 ampères et 10 volts
- utiles environ : le rendement est de -^-1 soit de
- 110
- 55 pour 100. Il est évident que si l’on n’a pas de transr formateur, le rendement sera moins bon : une bobine de self vaudrait mieux qu’un rhéostat.
- i° Principe. — Considérons un moteur synchrone entraînant un commutateur inverseur. A chaque demi-tour
- puis, quand on aura obtenu une forme convenable, le paquet sera démonté et on ébarbera à la lime douce. Enfin on remontera le paquet en interposant une feuille de papier mince. On finira le tout à la lime douce.
- Ceci fait on le bobinera. Pour cela, après avoir enroulé une couche de toile huilée,on enroulera 3o m. de fil 6/10 isolé à la soie ou au coton ou même émaillé, peu importe. Enfin on opérera comme on fait pour tous les bobinages ; il est inutile d’isoler toutes les couches, mais il sera _P M avantageux de les séparer toutes les 5 couches environ. Ceci fait, l’inducteur ece 4 sera prêt à être fixé lorsque l’on aura préparé, en la découpant dans la même toile, une pièce comme l’indique la figure 4.
- b) Partie rotative. — La seule pièce délicate est l’axe. On aura avantage à le faire faire pour un prix très modique par un tourneur sur métaux, il sera en acier doux et aura la forme de la figure 5.
- Les paliers qui pourraient être à billes seront faits facilement en bronze. On se procurera un jet de bronze de 7 mm de diamètre, on en sciera deux tronçons de 10 mm que l’on percera le plus au centre possible d’un
- Fig. 4.
- Epau/ement
- 6 mm. f
- Inducteur
- Pièce 4
- Support 1 /
- Cale en bois
- Plan général du bâti
- Support .du porte-balais
- O
- Balai - fixe
- Fig. 2.
- le courant changera de sens, de sorte qu’en un tour il effectuera deux demi-périodes. Or, comme le moteur synchrone suit la période du courant excitateur, le courant sortant du commutateur aura toujours le même sens.
- Il nous faudra donc construire un moteur synchrone et un inverseur.
- 2* Construction du moteur synchrone. —r a) Partie fixe. — Le support sera fait en bois, marbre, laiton, comme on voudra, le bois sera préférable; on prendra une planche de chêne mesurant 20x8x2 cm. Là-dessus,
- nous monterons les paliers et leur support. Celui-ci sera fait avec du fer plat de a5 x 5 mm et sera courbé en U à chaud de préférence (tig. 1). On percera 4 trous de 5 mm en a et 2 Irous de 8 mm en b. Les cotes sont indiquées figure 1, le bâti est destiné à être fixé sur le support comme on le voit figure 2. L’inducteur sera découpé dans de la tôle, l’épaisseur importe peu, j’ai pris de la tôle de 5/io de mm environ. Elle sera découpée selon le profil de la figure 3. On en découpera 25 semblables. On les réunira en paquet à peu près exactement et on percera 4 trous de 6 mm après les avoir serrées dans un étau. Après cela on les boulonnera et on finira le paquet à la lime, à gros grain;
- Partie
- bobinée
- 120
- ->r«-
- 37
- d = 4 mm Partie '-.filetée
- Fig. 5/
- trou de 6 mm. Enfin un deuxième trou de 2 mm sera percé radialement à quelques millimètres d'une extrémité.
- L’enduit sera formé de 25 feuilles de. tôle découpées selon le profil de la figure 6. On les travaillera comme on l’a fait pour l’inducteur : l’induit n’a pas de bobinage.
- Montage. — On vissera le bâti sur le support par des vis, puis on enfilera les bagues de bronze sur l’axe. Si le jeu n'est pas suffisant, on les alésera avec la queue d’une lime ou mieux on les rodera à la pâte d’émeri en «î agissant avec une pièce de bois * dure qui entrera dans le trou sans forcer. Si au contraire le jeu est trop fort, ce qui sera évité si on a fait tourner l’axe à 6 mm fort, on
- recommencera de percer d’autres bagues, mais à 5 mm i au lieu de 6 mm. Enfin quand l’axe tourne bien, on 1( monte sur les bagues et on les enfile dans les trous préparés dans le bâti, on cale avec des morceaux d< clinquant et on soude abondamment à l’étain en prenan soin d’avoir les petits trous, radiaux, verticaux : ce seron les orifices de graissage; quand cela est fait on monte 1 induit sur 1 axe. Pour cela, le mieux est de préparer des bagues de bronze
- Induit
- Collier
- Equerre . £
- ^ Equerre
- y>s de pression
- Collier de
- ...serrage
- sur / 'axe.
- comme celles qui servent de coussinets et de fileter le trou radial : on s’en servira comme de colliers qui maintiendront latéralement l’inducteur.
- Pour l’empêcher de tourner, on boulonnera sur celui-ci, en se servant des boulons servant à maintenir ces tôles, deux
- équerres de tôle qui se fixeront sur les vis de sei rage des colliers comme il est indiqué figure 7.1 U troisième collier sera monté à gauche de l’axe et l’extérieur.
- Enfin l’inducteur sera maintenu en place au moye de la pièce (fig. 4) en le centrant et en le calant ave des petites pièces en bois. Il sera fixé non pas direct ment sur le support, mais en interposant une plaque d bois de 85 X 55 X i5 mm rainurée pour laisser passe l’U support, J/épaisseur sera telle que l’indtacteur. sa
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- SCIENCE APPLIQUEE
- D = 18 mm. a =-î80c-hômm.
- Fig. 8.
- à la hauteur voulue, soit environ i5 mm. Des tâtonnements seront nécessaires pour bien centrer. Au besoin quelques coups de lime sur l’inducteur corrigeront de petites erreurs inévitables.
- Il nous reste maintenant à décrire le commutateur qui sera entraîné par ce petit moteur. On prendra un morceau d’ébonite rond de 4° X mm, il ,sera percé bien au centre d’un trou de 4 nim. On y entrera à
- frottement deux pièces spéciales en cuivre dont on va voir la description.
- Enfin on mettra une rondelle en laiton contre l’épaulement, puis le collecteur d’ébonite et on bloquera le tout en vissant un écrou sur la partie filetée.
- Les lames de cuivre sont tirées d’un tube de cuivre rouge de 18 mm de diamètre intérieur. On en scie deux tronçons de 20 mm de long, puis on fait une entaille occupant une demi-circonférence plus 5 mm. Enfin on scie suivant deux génératrices aboutissant à l’extrémité de l’entaille circulaire. On obtient une pièce de la forme de la figure 8.
- Cela fait, on essaie l’appareil, on relie les extrémités de l’enroulement à une source d’électricité alternative d’environ a5 volts et on lance l’appareil à la main après avoir enroulé de la ficelle que l’on tire, ou avec un petit moteur. L’appareil tourne à 3ooo tours à la minute.
- Une certaine expérience est nécessaire pour bien accrocher le moteur. Aussi ne faut-il pas se désespérer des premiers insuccès. Bien construit, l’appareil doit tourner.
- Quand on aura vérifié que l’appareil tourne bien on construira les frotteurs. Le plus simple est de faire comme suit :
- Le premier contact se fait sur la partie circulaire la plus près du palier. On visse une borne sur le support A, puis on prend du gros fil de cuivre 2 à 3 mm. On le passe dans le trou de la borne qui doit être parallèle à l’axe. On le replie à angle droit pour l’a mener à i cm du collecteur ou on le replie en formant un œil ; dans celui ci on introduit un faisceau de lil de cuivre produit par un fil lumière dénudé et doublé. On le soude dans l’œil et on le coupe proprement à i cm environ. La pression sur la bague se règle facilement après avoir desserré la vis de la borne et en approchant ou éloignant le balai.
- Les autres se font de même, mais on les montera sur un disque en bois ayant un axe de pivotement situé dans le prolongement de 1 axe moteur et à 2-3 mm de son extrémité. 3 bornes y seront lixécs, l’une sera en communication avec la bague extrême, les deux autres avec la partie moyenne sur deux balais qui seront
- Cuivre
- Ebonite
- Ebonite
- Fig. 9. — Vue du collecteur
- Fig. io. — Schéma des connexions électriques.
- diamétralement opposés. La pression doit etre assez douce et les balais avoir i cm de long environ Le courant arrivera par les bagues et. ressortira par les balais moyens. Une figure d’ensemble fait comprendre les détails.
- Voici donc construit un appareil qui donnera toute satisfaction à son auteur. Par exemple celui que j’ai construit débite en pleine charge 6 ampères presque sans étincelles. Du reste par rotation des balais on peut les supprimer à peu près complètement. Certaines parties seront exécutées par un serrurier, mais le prix est assez faible. A titre de renseignement un tel appareil m’est revenu à;environ 25 francs et a demandé une
- douzaine d’heures de travail. L’appareil fait peu de bruit et ne se désaccroche jamais, il ne craint que les « pannes de courant ». Le transformateur que j’utilise est un économiseur Weissmann trouvé à l’état de neuf
- Moteur synchrone
- Fig. ii. — Vue d’ensemble.
- pour quelques francs, cet appareil n’est du reste pas indispensable.
- En résumé, tout amateur peut entreprendre la construction d’un redresseur rotatif et la réussir. Les détails que je donne ne sont pas absolus, on pourra les modifier sans inconvénient afin d’utiliser son outillage et le matériel que l’on possède déjà. Cela n’est qu’une question d’ingéniosité.
- Condensateur à vernier. — Il est souvent très utile pour les réglages, par exemple pour la réception des ondes courtes, d’avoir un condensateur variable à air, à variation très précise.
- On construit des condensateurs dont le bouton peut être commandé au moyen d’une vis micrométrique, niais cette solution a le désavantage de demander une construction mécanique délicate et par conséquent d’être fort onéreuse.
- On utilise depuis quelque temps en Amérique des condensateurs dits à « vernier » ; sur ce modèle est construit en France le condensateur Gravillon et Chabot (fig. 12).
- C’est un condensateur à lames semi-circulaires ordinaires dont l’ensemble des lames mobiles est commandé par le gros bouton molleté fixé sur Taxe.
- Ce bouton sert à effectuer les réglages préliminaires.
- Pour les réglagles minutieux, on se sert du petit bouton que l’on aperçoit au-dessus de l’autre; celui-ci commande deux lames mobiles indépendantes du pre-
- mier ensemble. On conçoit ^SÉilement que le'fdéplace-ment des deux lames ;moï>w®s, étant donné la faible capacité produite, permetj;|!®ne variation très lente et par suite un réglage prognfssif.
- On parvient donc avec çe| appareil à obtenir des réglages comparables à ceu?î: fournis par un appareil à vis micrométrique. , jv*.
- Adresse : Chabot, i5, rue, de Berne, Paris.
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- VARIÉTÉS
- >«
- CURIEUSE ANALYSE DE VIN FRELATÉ FAITE EN 1745
- La plupart des lois actuelles sur les fraudes alimentaire ou sur l’hygiène - publique existaient dès le commencement du xviiib siècle. C'est ainsi que l’emploi des matières colorantes d’origine minérale était sévèrement interdit aux pâtissiers et aux confiseurs par une ordonnance royale de 1740- Les récipients contenant des produits alimentaires devaient porter des étiquettes visibles indiquant la nature du contenu. (Exemple : Huile de noix pure ; Huile de noix et d’œillette mélangées). L’usage de la céruse était lui-même réglementé sous Louis XV.
- Malheureusement, les experts chimistes chargés officiellement de découvrir les fraudes n’avaient ni la science suffisante, ni les moyens dont on dispose aujourd’hui pour en imposer aux fraudeurs. Leurs longs rapports, très détaillés, se terminent le plus souvent par des conclusions vagues sur la nature du produit incriminé. Dans le doute, ils se prononcent toujours en faveur de la santé publique dont ils ont la sauvegarde et concluent à la « noscivité probable » du produit louche.
- Dans l’expertise qui suit, il s’agit d’un vin aigri, dont l’acidité a été masquée par l’addition d’une base dont la nature a échappé aux examinateurs, membres de l’Académie des Sciences. La lecture de ce rapport intéressera certainement nos lecteurs, au point de vue de l'histoire de la Chimie organique. Ils verront, qu’avant Lavoisier, cette science n’était pas encore sortie des langes de l’empirisme le mieux caractérisé.
- « Rapport des Experts du 25 octobre 1745. »
- « Nous soussignés, Joseph Geoffroy, Jean Hellot et François Rouelle, de l’Académie Royale des Sciences, en conséquence de la Sentence de l’Electiou de Paris du 8 de ce mois, à Nous signifiée, par laquelle nous avons été nommés d’office à l’effet d’examiner par expérience si les vins saisis à la Requête de Me. Thibault Larue, Fermier Général des Fermes-Unies de France, sur le sieur Forsonnet, Marchand de vin, et sur le sieur Nicolas, Maître-Vinaigrier, n’ont point été rétablis de l’état de vinaigre en vin potable, par le moyen de drogues et ingrédiens qui puissent rendre ces vins nuisibles à la santé, causer des maladies, ou avoir d’autres mauvais effets,, nous nous sommes transportés le 16 dudit mois, à l’Hôtel Bretonvilliers, où nous avons trouvé M. le Procureur du Roy et les parties saisies; nous avons été conduits par le sieur Delphin, Contrôleur des Aydes, dans une cave dudit Hôtel, où l’on nous a fait voir quatre demi-queues(') de vin, qu’on Nous a dit être les pièces saisies. Nous avons demandé de quel crû était ce vin ; mais les parties saisies présentes ont paru refuser de nous donner cet éclaircissement Nous l’avons goûté et nous l’avons trouvé mêlé à’aigreur et d’âcreté{2) ; cette épreuve par. la dégustation ne pouvant pas nous convaincre de la falsification dont ces vins ont pu être soupçonnés par ceux qui en ont fait la saisie, nous avons numéroté ces quatre futailles des numéros 1, 2, 3, 4; chiffres qui ont été écrits chacun sur une carte avec parafe de l’un de nous et ladite carte clouée d’une bro-quette sur le fond antérieur de chacune de ces futailles; puis de dessous cette carte nous avons fait passer une ficelle double qui a été ensuite arrêtée dessus et en travers le bondon, pour empêcher que ces bondons ne puissent être levés, et les bouts de cette ficelle ont été cachetés du cachet de M. Geoffroy, l’un de nous, ce qui a été exécuté aux demi-queues numérotées 2, 3, 4. Quant à la futaille n° 1, reconnue par la dégustation des Commis contenir le même vin que les trois autres, après en avoir tiré, ainsi que des l'trois autres, huit pintes dans quatre bouteilles de g'rais par nous numérotées comme les futailles 1, 2, 3, 4> nous avons fait soutirer cette demi-queue dans une autre futaille laquelle a été
- 1. On appelait demi-queue un tonneau d’une contenance de
- 25o litres 'environ. ,
- 2. Les mots soulignés sont imprimés eh italique dans l’original.
- numérotée du n° 1. Nous avons fait verser dans une cruche de grais contenant 7 à 8 pintes le sédiment ou lie claire restée dans la demi-queue vuidée ; et dans la crainte que ce sédiment ne fût pas suffisant pour nos expériences, nous avons requis que cette futaille vuidée fût portée chez M. Geoffroy, l’un de nous, ce qui a été exécuté sur le champ, par un compagnon tonnelier; mais nous n’avons trouvé dans cette futaille qu’environ un poinçon de sédiment, ce qui prouve que ce vin avait été précédemment soutiré. Quant à la cruche de grais et bouteilles numérotées comme dessus, nous ne les avons point abandonnées et nous les avons conduites nous-mêmes chez ledit sieur Geoffroy; ainsi nous certifions que personne n’y a touché que nous, depuis le moment qu’elles ont été remplies.
- « Le lundi 18 octobre, nous avons mis dans des verres à boire, tenus dans un lieu chaud, du vin des 4 bouteilles de grais; mais jusqu’à ce jour nous n’y avons trouvé d’autre altération que dans le goût qui nous parait celui d un vin éventé.... Nous avons fait évaporer au bain-marie le sédiment de la futaille vuidée et dans des vaisseaux séparés, une portion du vin de chacune des quatre bouteilles, au bout de deux on trois heures le Laboratoire était rempli d'une odeur des plus désagréables, et en cela bien différente de celle d’un vin légitime que nous avons” fait venir de Saint-Cloud, qui évaporé dans un autre endroit avait l’odeur d’un vin cuit. Nous avons reconnu dans le sédiment et dans les vins saisis réduits en consistance de syrop épais, un goût de quelque chose de gras, ou provenant de matières étrangères, ou propres à ce vin, mais - altéré et désuni des autres principes par l addition de quelqu’absorbant. Nous ne pouvons dire si ces additions ont été faites de matières animales ou d’un autre genre....
- « De plus et outre ce que dessus, la couleur de la résidence (sic) sur des assiettes de fayance, était d’un rouge brun et no ira tre ; celle des vins légitimes est de la couleur d’une gelée de groseilles; par la distillation ces vins donnent une eau-de-vie qui emporte avec elle la mauvaise odeur dont il a été parlé et qui a le goût de l'eau de-vie de lie.
- , « Nous avons goûté de nouveau ce vin à plusieurs reprises et nous y avons reconnu un retour acéteux(P), ce qui nous a fait soupçonner qu’on y aurait mis quelqu absorbant qui n’aurait pas entièrement détruit ce goût. Pour connaître si cet absorbant ne serait point la litarge, ou quelqu’autre matière métallique dangereuse, nous nous sommes servi de la liqueur hépatique, d’orpiment et d’un esprit urineux(!) ; l’une nous a démontré qu’il n’y avait pas de plomb; l’autre qu’il n’ÿ avait point de cuivre ; mais la première (la liqueur hépatique) nous a convaincus qu'on y a mis des matières absorbantes, comme cendres, chaux ou autres, pour détruire l'âcreté.
- « Par l’esprit de vin mis sur les résidus desséchés, la mauvaise odeur s’èst développée de nouveau, et en goûtant cet esprit de vin, il nous a paru qu’il en avait extrait quelque chose de très piquant.
- « De toutes ces expériences il résulte que le vin saisi et tout autre vin qui aura été travaillé de même, peut être nuisible à la longue (!) à la santé du petit Peuple auquel on le débite, quoique nous n’y ayons point trouvé de matière dont Veffet dangereux soit prompt. Tel est notre avis. A Paris, Je 25 octobre 1745. Signé : Geoffroy, Hellot et Rouelle, avec parafes. (Dictionnaire de la Police Générale. Paris 1775).
- Ce rapport attira sur les marchands de vin une sévère Sentence de la Cour des Aydes. Les quatre « demi-queues » furent défoncées et îe vin iucriünné, « jeté dans le ruisseau au devant des maisons desdils Forsonnet et Nicolas ». Les te contrevenants » furent condamnés à 5oo livres d’amende chacun. Leurs « boutiques » demeurèrent fermées pendant six mois.
- Si la science était faible, la justice ne manquait pas d’énergie. J. Chataing.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NaturO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. H. L., Huppy (Somme). — Destruction des ronces. — On ne peut obtenir un résultat satisfaisant par des coupes répétées, celles-ci faisant naître des redruges ou rejets qui, au contraire, donnent une végétation plus active et le pouvoir émissif de la souche est encore stimulé. Le mieux est de recourir à l’arrachage complet, pied par pied. La ronce s’extirpe très aisément à l’aide de la pioche, et l’époque la plus convenable pour effectuer cet arrachage est l’automne.
- Si les souches sont très nombreuses et ont de grosses racines, on peut opérer plus rapidement, après avoir coupé les ronees, en détruisant les racines dans le sol, tout au moins le pivot de chaque souche en employant, avec toutes les précautions nécessaires pour éviter tout accident au cours des manipulations (brûlures aux mains ou aux vêtements), l’acide sulfurique versé très lentement dans une petite cuvette creusée autour de la souche.
- Les substances chimiques qui peuvent empoisonner les plantes sont notamment le crüd ammoniac, le sulfure de calcium, le chlorate de soude, et surtout l’arséniate de potasse en solution concentrée employée pour faire périr les arbres sur pied.
- On peut se procurer ces produits chimiques aux adresses suivantes : Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, ' Paris 3e; Lambert-Rivière, 16, rue de Miro-mesnil, Paris 8e ; Comptoir agricole et commercial, 54 bis, rue de Clichy, Paris 9e.
- L’Entraide Féminine, Marseille. — Il n’est pas possible de rechercher le moyen d’empêcher les ravages causés par les insectes dans vos pineraies provençales, sans avoir l’indication très exacte de l’espèce d’insecte. Il faut examiner et l’insecte et la nature ainsi que l’importance des dégâts produits sur les pins. La simple indication : « ver rongeant l’arbre sous l’écorce » est absolument insuffisante. De nombreuses espèces s’attaquent aux pins, notamment les Scolytes, les Bostriches (Bostrichus typogvaphus-chalcographus), les Tomices ou Tomiques, les Bombyx (Lasiocampa pinï], les Charançons (ILylobius pini notatus), les Noctuelles (Trachea piniperda), les Phalènes (Fidonia pinairia), le Tomique piniperde (Hylesinus piniperda), etc.
- Cette détermination et l’appréciation des ravages ne pouvant se faire à distance, le mieux, croyons-nous, serait que vous vous adressiez dans la région même, aux organismes dépendant de l’Institut des Recherches agronomiques. Voici des adresses : M. R. Poutiers, chef de l’Insectarium de Menton; M. Paillot, directeur de la Station entomologique de • Saint-Genis-Laval (Rhône); Station entomologique de Montpellier; M. le Directeur des Services agricoles des Bouches-du-Rhône, à Marseille.Voyez aussi à l’Institut du Pin, à Bordeaux, et demandez des renseignements à l’Institut des Recherches agronomiques (Paris, 42 bis, rue de Bourgogne, 7e).
- M. Ph. M., boulevard de la Halle, Issoire (Puy-de-Dôme). — Coloration artificielle des fleurs. — i° Ce n’est pas par arrosage des plantes que vous pourrez réussir, ou alors il faudrait faire la section des racines et rafraîchir le chevelu, pour que le liquide puisse pénétrer dans les tissus. L'imprégnation des vaisseaux ligneux se fait par osmose. Lorsqu’on a fait dissoudre les couleurs dans l’eau, on y plonge l’extrémité des tiges et c’est par là que se fait l’ascension, jusqu’aux pétales de la fleur, du liquide coloré, c’est-à-dire qu’il faut opérer sur les fleurs coupées, et employer des couleurs acides, car les colorants basiques sont absorbés par les tissus de la tige avant d’avoir atteint la corolle ; prendre des colorants pour laine, colorants acides du commerce, marqués S. L’infiltration de la couleur n’est pas toujours régulière, et l’absorption des couleurs bleues se fait, en général, plus lentement. Dans tous les cas, opérer en traitant les fleurs aussitôt leurs tiges coupées et en trempant préalablement celles-ci dans de l’eau à5o°; écraser l’extrémité des tiges et les mettre
- dans l’eau filtrée à laquelle on ajoute un peu d’alcool pour faciliter la dissolution de la matière colorante. Quand on a obtenu la teinte, on coupe la partie de la tige écrasée et on fait tremper le rameau dans l’eau fraîche.
- Pour obtenir la coloration bleue, on peut employer : bleu de méthylène, bleu de triphényl-rosaniline trisul-foné, indigo carmin, bleu carmin V.
- Pour donner aux roses rouges la teinte bleue que l’on obtient très bien sur géranium rouge, tremper les corolles ou mettre les tiges, la fleur en bas, dans un bocal ou au-dessus d’un verre contenant un liquide composé de 8 parties d’éther sulfurique (éther ordinaire) et 2 parties d’ammoniaque.
- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrages sur cette question. Voyez article spécial, n° 2478, du ier octobre
- I92Ï.
- M. J.-P. La Coupiane, La Valette (Var). — Il n’existe pas d’ouvrage traitant spécialement de la préparation de poudre d'os et de coquilles d’huitres pour l’alimentation des volailles. Cette préparation se fait très simplement, dans l'un et l’autre cas, à l’aide d’un matériel très réduit comprenant un four pour la torréfaction des os et la dessiccation des coquilles d’huîtres, et un broyeur-concasseur. On peut aussi faire usage d'un râpeur d’os frais. L’ébouillantage des coquilles d’huîtres, suivi d’une dessiccation à haute température, les rend très friables et d’un broyage très facile. De même, on peut concasser les os plus facilement quand ils ont été fortement desséchés, de manière à leur faire perdre 20 à 25 pour 100 de leur poids; on les enferme dans un four, après la cuisson du pain, et on les écrase tout chauds an fur et à mesure qu’on les en retire. Le passage au broyeur, plusieurs fois, si besoin est, les réduit ensuite en poudre impalpable.
- Lorsqu’on veut conserver en magasin, pendant un temps assez long, une grande quantité de poudre d’os, et lorsque celle-ci provient d’os assez récents contenant encore du tissu cellulaire, on évite la fermentation en soumettant les os à une légère torréfaction qui les rend friables et d’une décomposition facile. Dans tous les cas, on assure la conservation de la poudre d’os en l’étendant sur une faible épaisseur, dans un local exempt de toute humidité, et en la remuant à la pelle, de temps à autre.
- On trouve le type de broyeur-concasseur pour os calcinés, coquilles d’huîtres, grains pour la volaille, au prix de i5o francs environ; le râpeur d’os frais, au prix de 185 francs environ. Voyez, pour ces appareils, J.-C. Tissot, Paris, 7, rue du Louvre, ier.
- M. G. L., rue Saint-Paul, à Granville (Manche). — Sans examiner l’état de vos poules, dont les tarses sont envahis d’exostoses qui les empêchent de se percher et rendent leur marche très difficile, on ne peut formuler un diagnostic certain permettant de déterminer la nature exacte de la maladie.
- Toutefois, d’après la description sommaire que contient votre lettre, nous présumons qu’il s’agit probablement de la gale des pattes, maladie causée par un parasite acarien qui vit sous les écailles des pattes. Celles-ci deviennent énormes, écailleuses, et leur aspect se rapproche de l’aspect rugueux de l’écorce d’un vieux tronc d’arbre. Les écailles sont soulevées, poudreuses, et c’est entre elles que vit et s’abrite l’acare, cause de ces désordres physiques. La peau est plus ou moins tuméfiée et purulente.
- Si tels sont les caractères du mal, voici ce qu’il conviendrait de faire : Préparer un bain sulfureux, avec 3o gr. par litre de sel de Barèges dans de l’eau chaude, et y tremper les pattes des poules malades. Après une demi-heure, faire tomber les croûtes en les savonnant et brossant à l’aide d’une petite brosse dure à ongles. Après ce brossage énergique, laisser sécher et, la patte étant tenue en l’air, frictionner avec de la pommade d’Helmerich, en faisant pénétrer celle-ci sous les écailles.
- Si le mal est ancien, renouveler l’opération après cinq ou six jours.
- Isolement. Désinfection. Mettre à la portée des poules du sable mélangé de fleur de soufre.
- En cas de non concordance du diagnostic avec les caractères existants, fgirg examiner les poules par le vétérinaire,
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- BOITE AUX LETTRES
- M. le DT Fédou, à Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne). — Yoici les adresses (de l'époque) des firmes dont il est question dans l’article paru dans La Nature du 12 juillet 1919 :
- Société Anonyme des Etablissements B. R. B., 3i, rue de Rome, Paris; J. Gohier, constructeur syst. Fildier, a Dourdan (S.-et-O.) ; Société d'exploitation des brevets Delille, 77, rue Saint-Lazare, Paris; Société du Ciment armé démontable S. A. C. D., rue Eugène-Delacroix, i5, Paris.
- M. E. T., à Strasbourg. — Numérotage des automobiles, — Les lettres qui suivent le numéro indicatif d une automobile désignent l’arrondissement minéralogique auquel est rattaché le domicile du propriétaire. L’arrondissement minéralogique est une subdivision régionale du Service des Mines qui a, on le sait, la surveillance de tous les moteurs thermiques.
- Voici la liste de ces arrondissements et leur indicatif :
- E, G, I, U, X, VY,, Paris (Seine); Y, Z, W12, Versailles-, R, W2, Arras; D, W7, Douai-, L, Ws, Nantes; B, P; K, W3, Bordeaux; T, W14, Toulouse; N, O, W10, Nancy; C> H, W4, Lyon; S, W15, Saint-Etienne; F. W6, Clermont-Ferrand ; M, Y, W9, Marseille; A, W1S, Alais; VLA, Bas-Bhin; YI.B, Haut-Rhin; YI. C, Moselle; SAAR, Sarre.
- M. A. Terrier, à Blanzy. — 1° Planisphère céleste dressé sous la direction de M. Flammarion, par M. Fouché. Librairie astronomique Thomas, 44, rue Notre -Dame-des-Champs, Paris (6e). Si vous désirez un Atlas céleste plus détaillé, voyez, à la même librairie, Y Atlas de 100000 étoiles, de Ch. Dien et Flammarion,
- 20 L'Atlas photographique dé la Lune, de C. Le Morvan, vous donnera toute satisfaction. Même librairie.
- 3° La Revue d’Optique est éditée par l’Institut d’optique, 140, boulevard Montparnasse, Paris (6e).
- 4° Voyez les Leçons de Cosmographie de Tisserand et Andoyer, librairie Armand Colin, io3, boulevard Saint-Michel, Paris. Si vous désirez un ouvrage plus détaillé, nous vous conseillons le Cours d’Astronomie d’Andoyer (librairie Hermann, rue de la Sorbonne, Paris). Cet ouvrage sera complété, d’ici quelque temps, par un traité d’Astrophysique (en préparation).
- M. Lombard, à Genève. —sUne bonne préparation pour imperméabiliser les vêtements s’obtient en prenant :
- Paraffine.......................... 75 gr.
- Blanc de baleine. . ................ 20 —
- Vaseline blanche.................... 5o —
- Benzine............................3oo c. c.
- Faire fondre au bain-marie la paraffine, le blanc de baleine et la vaseline, laisser légèrement refroidir et ajouter la benzine, puis, après refroidissement complet, y verser :
- Essence d’automobiles. .... 45o c. c.
- Pour l’emploi, amener à la température de 45°-5o°, en prenant toutes précautions, c’est-à-dire en opérant loin de tout foyer (vase plongé dans l’eau préalablement chauffée), on introduit dans le liquide le tissu à imperméabiliser et, quand il est bien imprégné, on l’essore de préférence entre deux rouleaux. Ln séchage au grand air fait disparaître l’odeur des solvants.
- M. de Chateaubriand, à Alger. Si les tapis dont vous parlez ont été réellement décolorés par un acide, il vous suffira, pour ramener les couleurs à leur teinte primitive, de passer dans un bain léger de carbonate de soude (cristaux du commerce), ou encore dans une eau rendue ammoniacale par addition d’une cuillerée d’alcali volatil par litre d’eau, mais il sera bon de faire un petit essai préalable sur une mèche de laine pour se rendre compte de l’effet produit, avant de traiter le tapis en entier.
- M. Baltet, à Hendaye. — Il nous semble peu probable que l air de la mer et le soleil aient produit un effet semblable sur de l’ébonite vraie; il s’agit peut-être du produit désigné sous le nom de matière moulée à base de brai sec. L’enduisage, répété à plusieurs reprises, des bonnettes de votre jumelle avec un peu de nitrobenzine, produira très probablement un gonflement suffisant pour ramener leur diamètre à la dimension primitive.
- M. Bauduin, à Chellala (Alger). — i" Vous aurez tous renseignements sur la situation de Yémaillage d’art, à la Chambre syndicale de la Bijouterie, 2 bis, rue de la Jussienne; — 20 Ouvrages sur la question : Manuel pratique de Vémaillage sur métaux, par Mil-
- lenet; La fabrication des émaux et l’émaillage, par Paul Randau, traduction Campagne, éditeur Dunod, 47 bis, quai des Grands-Augustins ; — 3° Demander chez Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin, catalogue des ouvrages concernant les arts décoratifs.
- M. Radais, à Thorigny (Seine-et-Marne). — Vous trouverez d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, le moyen de rendre aux pinceaux durcis par la peinture à l’huile ou le vernis leur souplesse primitive.
- M. Carlos Silva, à Lisbonne. — Comme revues concernant la savonnerie et les huiles, nous pouvons vous indiquer : Les corps gras industriels, 20, rue Turgot. Les matières grasses, chez Dunod, 47> qnai des Grands-Augustins.
- M. L. Favre, à Genève. — Vous trouverez les matières colorantes qui vous intéressent dans l’une des maisons suivantes : Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois ; Chenal et Dôuilhet, 12, rue Lagrange; Pelliot, 24, place des Vosges, Paris.
- M. Lefebvre Carpentier, à Lille. — A notre grand regret nous ne pouvons nous occuper de mettre au point des questions industrielles, veuillez vous adresser à l’Office technique, 8, rue Nouvelle, Paris, 9e.
- M. R. Franco, à Para, Brésil. — i° Nous n’avons pas connaissance d’un ouvrage spécial à la fabrication des craydns. 20 La préparation du graphite artificiel pour cet usage ne présente aucun avantage, le graphite naturel étant assez abondant et suffisamment riche après traitement épurateur.
- M. Guéguen, à Quimper. — Pour juger de ce qu’il serait possible de faire au plancher dont vous parlez, il faudrait être sur place, car tout dépend du support qui né doit pas être susceptible de déformation. En principe, rien ne s’oppose à l’application d’un ciment sur treillage, ledit ciment étant mélangé de sciure ou de poudre de liège en proportions convenables, le mieux est de consulter votre entrepreneur de maçonnerie habituel.
- M. Caritey, à Tananarive. — La barbotine est de la pâte à porcelaine ou à faïence, amenée à consistance appropriée (4o° à 45° Baumé) à laquelle on ajoute 22 pour looo d’une solution de silicate dè soude à 3o° Baumé et 84 pour 1000 d’une solution saturée de carbonate de soude. Le produit ainsi obtenu est moulé en utilisant la propriété ,des moules poreux d’absorber l’humidité, la barbotine y perd la majeure partie de son eau, prend de la consistance et épouse les infractuosités du moule dans lequel elle a été coulée.
- On opère de la façon suivante : on prend de la bouillie claire préparée comme ci-dessus au moyen d’une casserole à bec et on la verse dans le moule en plâtre de l’objet à reproduire, quand l’absorption de l’excès d’eau a eu lieu, on remet de la barbotine une ou deux fois, puis après un temps variable on vide l’excès de barbotine restée liquide, on obtient ainsi dans le moule Une croûte d’épaisseUr plus ou moins grande suivant le temps d’absorption et la nature du plâtre. Après démoulage on cüit comme d’habitude en cazettes. Pour plus de détails sur la composition de la pâte à porcelaine ou en faïence, consultez le Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. P. Debachy, à Lille. — L’ouvrage de Haller et Girard est le plus complet au point de vue documentaire, vous y trouverez beaucoup plus de renseignements que dans l’autre livre dont vous parlez, entre autres les principales méthodes analytiques industrielles.
- M. Plassart. — Les plantes dites naturalisées sont le plus souvent préparées au moyen d’un enduit de paraffine; celle-ci étant insoluble dans l’eau, il vous suffira pour enlever la poussière de passer sur le feuillage une éponge douce imbibée d’eau qui sera lavée soigneusement entre chaque application.
- M, Pétrequin, à Strasbourg. — i° Le spectre' solaire est un spectre complet du rouge au violet, celui fourni par les lampes à incandescence à filaments métalliques est discontinu et ne présente que les raies lumineuses propres au métal employé ; en outre il n’y a que peu ou pas de raies d’absorption suivant l’état de raréfaction de l’air ou du gaz contenu à F intérieur de l’ampoule. 20 Pratiquement, il ne faut pas compter sur une réparation durable par collage dès fragments d’un stylographe cassé, les surfaces de contact étant presque toujours trop faibles.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/? pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. » _________
- Electricité (ire partie). Théorie. Production. Transformation, par E. Dacremont, 20 édition revue et mise à jour par L. Grininger. 1 vol. de xn-846 p., 609 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix relié : 42 francs.
- Cet ouvrage, très judicieusement composé, fait connaître dans ses grandes lignes l’état actuel de la technique électrique, et rappelle en même temps dans leur ordre logique les bases expérimentales et théoriques sur lesquelles repose cette technique. Le livre débute par des notions un peu sommaires d’électricité statique, puis par l’étude du magnétisme; il définit ensuite le courant électrique et les grandeurs qui s’y rattachent : force électromotrice, intensité, résistance ; l’auteur rattache à ce chapitre les rayons cathodiques et, ce qui est moins naturel, les rayons X. Il passe alors à la théorie de l’électrolyse, puis aux lois fondamentales de l’électromagnétisme et de l’induction, et aux propriétés essentielles des courants alternatifs simples ou polyphasés.
- Deux chapitres importants sont consacrés aux appareils et aux méthodes de mesùre. L’auteur aborde alors la description des générateurs d’électricité en s’aidant des théories précédentes pour en expliquer le fonctionnement : piles thermoélectriques, piles chimiques, dynamos, alternateurs, turboalternateurs; la partie descriptive de ces chapitres aurait pu, semble-t-il, être allégée, certaines machines qui y figurent ont disparu depuis longtemps et ne présentent même plus d'intérêt historique. L’auteur montre ensuite comment on calcule une dynamo, puis termine ce premier volume par l’étude des transformateurs et des accumulateurs.
- La corporation de l’acier aux Etats-Unis, par Arundel Cotter, traduit de l’anglais par André Aude, i vol. 238 p. Yuibert, éditeur, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- La production sidérurgique des Etats-Unis dépasse le tonnage fabriqué dans le reste du monde. La moitié de cette gigantesque productiou se trouve concentrée entre les mains d'une puissante corporation : la United States Steel Corporation, dont l’animateur est depuis l’origine le célèbre juge Gary. La « Steel » a un capital qui dépasse 1 milliard et demi de dollars, elle occupe plus de 275 000 ouvriers, produit chaque année plus 16 millions de tonnes de produits finis; elle possède des mines dç fer, des houillères, des fours à coke, des chemins de fer, une flotte, et fabrique toutes les catégories de produits se rattachant à l’industrie du fer et de l’acier. M. Cotter nous fait connaître la genèse et, dans ses traits essentiels, l’histoire de ce formidable trust, la personnalité de ses dirigeants et les vues qui les guident. Il expose l’œuvre accomplie par la corporation après ses débuts en 1902, elle peut se résumer ainsi : dans l’ordre ». technique : perfectionnement constant des fabrications poursuivi avec les moyens les plus puissants, amélioration des qualités, diminution du prix de revient ; dans l’ordre économique : suppression des concurrences à outrance entre les individus ; maintien d’une plus grande stabilité dans les affaires malgré les crises économiques, organisation de l’exportation dans l’ordre social : amélioration et stabilité du sort des ouvriers intéressés à la prospérité de l’entreprise et attachés à elle par des institutions généreuses qui veillent à leur logement, à leur bien-être et à leur instruction.
- Le livre de M. Cotter a souvent le ton d’une apologie; mais c’est un ouvrage bien documenté et fort intéressant pour les industriels, les sociologues et les économistes.
- Manuel de l’automobiliste, par A. Lecerf. i vol. in-18, 428 p., 207 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix cartonné : 12 francs.
- On trouvera dans cet ouvrage la description des divers organes d’un véhicule automobile, voiture de tourisme, camion ou tracteur; des conseils pour la conduite, l’entretien, les remèdes aux pannes, ainsi que les renseignements essentiels d’ordre administratif : impôts, circulation, etc.
- Théorie du navire, par M. Le Besnerais, tome I, 1 vol. 160 p., 61 fig. Armand Colin, éditeur, Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- L’auteur résume tout d’abord en quelques pages les principes de l’hydrostatique, de l’hydrodynamique et de l’hydraulique; puis il étudie l’équilibre des corps flottants, ses conditions de stabilité; explique les méthodes qui servent au calcul des carènes, et montre comment on calcule a priori les effets des divers incidents ou avaries qui surviendront au cours de la construction ou de la vie du navire. Il fait ensuite l’étude mathématique des mouvements de lames, qui le conduit à l’analyse du roulis et du tangage. Ce petit volume n’est pas un simple résumé des théories classiques ; sur de nombreux points l’auteur a apporté d’importantes et originales contributions.
- Les animaux, par L. Joubin et Aug. Robin, i vol. in-4, 34o p., iiii dessins, 910 photos, 18 pl. hors texte en noir et 11 en couleurs. Larousse, Paris. Prix broché : 55 francs; relié demi-chagrin : 80 francs.
- La librairie Larousse vient de faire paraître le tome II (Les Animaux) de son Histoire naturelle illustrée, qui aura le même succès que le tome 1er : Les Plantes. Les deux volumes se complètent en effet; leur ensemble présente un tableau complet de la vie dans le monde.
- Cette immense étude embrasse tous les animaux qui peuplent les continents, les mers et les airs; elle est d’une lecture plus que facile, agréable. Et une magnifique illustration vient encore renforcer cet agrément et cette instruction. Une énorme documentation photographique met sous les yeux ce que le microsç.ope permet seul de découvrir, elle montre les bêtes surprises dans leurs attitudes familières, et des planches en couleurs d’une perfection rare en ce genre d’ouvrages rendent avec toute l’exactitude possible l’image d’animaux inconnus en nos régions. Ce beau volume n’est pas seulement une œuvre de science : il est aussi une superbe œuvre d’art.
- L’homme fossile de la Quina, par le Dr Henri Martin. Archives de Morphologie générale et expérimentale, fasc. XY, 1 vol. in-8, 264 p., 4a fig- Gaston Doin, Paris. Prix : 25 francs.
- L'auteur présente sa découverte de la station de la Quina, en Charente, et cette monographie est l’histoire d’un homme moustiérien et de son genre de vie. On y trouve l’historique du gisement et de la découverte, la position du squelette dans le sol, le dégagement du crâne et la description de la tête : mensuration, maxillaires, dents, l’extraction du squelette, les moyens de consolidation et de reconstitution employés, l’étude des vertèbres et des membres. Le tout forme un modèle de monographie d’un type d’homme à très petit cerveau, qui complète nos connaissances sur la race de Néanderthalien déjà connue par les crânes de Néanderthal, Spy et la Chapelle-aux-Saints.
- Légendes cambodgiennes que m’a contées le gouverneur Khien, par G.-H.’ Monod, i vol. in-16, i52 p. ornées de reproductions de sceaux cambodgiens. Editions Bossard, Paris. Prix : 6 francs.
- Choix de six légendes Khmers aussi intéressantes au point de vue littéraire que comme documents de folk-lore. Elles montrent une imagination fertile, une naïveté jeune et plaisante et révèlent les mœurs, coutumes et idées religieuses d’un peuple de vieilles traditions.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2567; 16 Juin 1923
- Le téléphone en France et à l’étranger. — Le téléphone est un des plus précieux moyens de communication créés par la civilisation moderne. En France, il est peu développé et fonctionne mal. Nous extrayons d'un article de M. Andrew, dans Electrical Communication, quelques statistiques qui précisent d’une manière frappante cette regrettable situation.
- Au Ier janvier 1921, il y avait dans le monde 20860000 postes téléphoniques dont 13329379, soit 64 pour 100 aux Etats-Unis. Le nombre total des postes dans tous les pays d’Europe réunis était de 5289606, soit 26 pour 100 du total mondial.
- La France compte 473 212 postes, ce qui la classe au 3e rang parmi les nations européennes après l’Allemagne qui en compte 1 809 574 et l’Angleterre qui en compte g85 964.
- Mais c’est le nombre de téléphones par centaines d’habitants qui caractérise l’importance du service téléphonique dans un pays. La France se classe fort mal à cet égard; en tête viennent les Etats-Unis avec 12,4 téléphones par 100 habitants, puis le Canada avec 9,8; le Danemark avec7,7 ; la Nouvelle Zélande avec 7; la Suède avec 6,6; la Norvège avec 5; l’Australie avec 4,3; la Suisse avec 3,8; l’Allemagne avec 3; les Pays-Bas avec 2,4 ; l’Autriche avec 2,2; la Grande-Bretagne avec 2,1 ; le Luxembourg avec 2,0; l’Uruguay avec 1,5 ; l’Argentine avec i,3; la Finlande et Cuba avec i,25; la France avec 1,2; la Belgique avec 0,8, etc.
- La France n’occupe donc que le 19“ rang, et le tiers de ses abonnés est groupé dans la seule Ville de Paris. Certaines villes des Etats-Unis, comme New-York (892 198 abonnés) ou Chicago (5y5 840 abonnés), comptent dans leur enceinte plus de postes que la France sur tout son territoire.
- Quoi qu’il en soit, le téléphone se développe dans tous les pays avec une rapidité remarquable.
- Aux Etats-Unis, l’augmentation des postes depuis 1914 est de 3 800000, soit 40 0/0. En Europe, la guerre ët le traité de paix qui a modifié les frontières de tant de nations ont produit de sérieuses modifications dans la situation téléphonique respective des divers pays. En Autriche et en Hongrie, les pertes de territoires ont diminué très notablement le' nombre des postes ; mais comme les territoires perdus étaient les moins développés, le nombre de téléphones par 100 habitants a augmenté.
- Parmi les nouveaux états créés, la Tchéco-Slovaquie tient la tête avec 77 ig5 téléphones, suivie de près par la Pologne qui en compte 72 45o.
- Le téléphone s’est tout naturellement développé plus vite chez les non-belligérants que chez les belligérants : de 1914 à 1921, le Danemark a presque doublé le nombre de ses postes ; Pays-Bas, Norvège, Suède, Espagne et Suisse manifestent également un accroissement rapide. La Belgique n’a pu que revenir à sa situation d’avant-guerre. En France, Angleterre, Italie, la guerre a pratiquement enrayé tout développement; mais les années 1919 et 1920 ont marqué des progrès sérieux. Il est à noter toutefois pour la France que l’augmentation constatée tient en grande partie au Te-tour à la mère-patrie de l’Alsace-Lorraine et à l’achat du matériel téléphonique de l’armée américaine. En Allemagne, pendant la guerre même, on enregistre une légère progression qui s’accentue très rapidement de puis la fin des hostilités, malgré les diminutions de territoires.
- Un curieux phénomène météorologique. —
- M. Bidault de l’Isle nous écrit :
- Je vous signale un joli phénomène météorologique que j’ai observé le samedi 12 mai, alors que j’étais en chemin de fer entre Laroche et Tonnerre.
- Il était environ i5 heures. Des averses. orageuses dispensées avec violence par des nuages noirs et épais, de basse altitude, chassés par un vent d’ouest rapide qui pliait les arbres, s’abattaient de temps en temps sur la contrée parcourue par l’express.
- Vers Saint-Florentin, la pluie, fortement poussée par le vent, tomba alors que nous n’étions pas encore arrivés à cette station. L’arrêt du train permit aux nuages, qui suivaient la même direction que nous, de nous dépasser,
- et derrière eux, un soleil assez vif, quoique légèrement voilé par les brouillards retardataires, se montra tout à coup. Je m’attendais à voir un arc-en-ciel du côté qpposé, c’est-à-dire dans la direction même de la pluie que continuait à déverser au loin le nuage qui nous avait dépassés, mais au lieu de l’arc traditionnel, j’observai des franges irisées aux sept couleurs se superposant deux fois très nettement, et une troisième fois beaucoup moins, et qui contournaient très régulièrement les diverses circonvolutions que la différence d’altitude de la couche nuageuse et la distance en perspective de ses différentes courbes terminales, nous présentait.
- Je signalai ce phénomène curieux à mon compagnon de route, M. Leclère, de Dijon, qui l’admira comme moi-même. Le train s’étant remis en marche dans la direction suivie par l’ondée qui remontait la vallée de l’Armançon, nous pûmes l’observer pendant près de dix minutes. Les franges irisées conservèrent leurs couleurs très vives, tout en modifiant leurs formes conformément aux changements que la marche imprimait aux contours de la nuée pluvieuse, qu’on aurait pu comparer à une vaste draperie aux bords teintés des couleurs du prisme répétées trois fois, et qui aurait été soumise à de lentes ondulations.
- A un tournant de la ligne, le phénomène s’estompa rapidement en raison de l'éloignement, et la nuée reprit, sur ses bords, la teinte ardoise foncée générale.
- Le sort des canons qui bombardèrent Paris. — Il y a quelques semaines, une curieuse polémique s’engageait dans la presse quotidienne au sujet des fameux canons allemands à longue portée qui bombardèrent Paris. M. Léon Daudet, dans l’Action Française, affirmait que ces canons n’avaient jamais existé ; cette affirmation audacieuse fit quelque bruit, malgré son invraisemblance. Cependant, aucun de ces canons ne fut remis aux alliés après l’armistice. Que sont-ils devenus? Le Scientific American a posé la question aux constructeurs mêmes, à la maison Krupp. Il a obtenu, en réponse, quelques détails intéressants que voici : Il a été construit seulement 7 de ces canons à longue portée ; au début de l’été 1918, lorsque la retraite allemande commença, il n’y en avait que 3 sur le front; les 4 autres étaient alors dans les ateliers de la Société Krupp. Comme il ne pouvait plus être question de leur emploi contre Paris, 2 de ces canons furent détruits à cette époque, certaines parties furent employées pour d’autres canons et le reste mis à la fonte. Les 2 autres canons furent transformés en canons courts, puis plus tard détruits en novembre 1919 et mis à la fonte à l’usine Krupp de Magdebourg. Au moment de l’armistice, il n’existait donc plus que 3 canons à longue portée. Ils avaient été retirés du front dès le début de la retraite, ils furent détruits et mis à la fonte à la fin de l’année 1919.
- En donnant ces renseignements à notre confrère américain, la maison Krupp entend, dit-elle, se défendre et défendre l’Allemagne contre l’accusation de fabriquer et dissimuler du matériel d’artillerie. On peut en tout cas se demander pourquoi ces canons n’ont pas été livrés aux alliés.
- L’Electrogénétique. — Les études biologiques du savant italien bien connu, M. Alberto Pirovano de Vaprio d’Adda, ont abouti à des résultats fort intéressants caractérisés, notamment, par l’obtention de nombreux croisements de vignes.
- Récemment, ce savant a enrichi la biologie végétale de nouvelles observations qui éclairent davantage la science de la génétique en dotant celle-ci d’une nouvelle branche : l’Electrogénétique.
- Le Dr Attilio Éagionieri a présenté un récent travail de M. Alberto Pirovano de Yaprio d’Adda, travail publié à Milan et analysé dans la Revue Horticole, sur la mutation électrique des espèces végétales et la discipline de l’hérédité dans l’hybridation (‘).
- Cet éminent botaniste a eu l’idée de provoquer des mutations dans les espèces végétales en modifiant le plasma végétal avant la fécondation.
- 1. Alberto Pirovano de Yaprio d’Adda : La Mutasione elettrica delh specic vegetali c la disciplina délia eredita nclla ibridazione, U. Hœpli, édit., Milano.
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- INFORMATIONS
- Pour arriver à ce résultat, il a eu recours, comme agent modificateur, à l’électricité, dérivée de sources différentes, telles que l’électro-magnétisme, les rayons X, les rayons ultra-violets, les émanations radio-actives, et ses expériences ont porté sur le plasma génital masculin (pollen), plus facile à manier et à conserver.
- A ce procédé de modification électrique du pollen, M. Alberto Pirovano a donné le nom d’ionolisation.
- Jusqu’à présent, on ne connaît pas les altérations provoquées dans le plasma génital par ce procédé, du moins dans leur essence intime, mais on croit qu elles doivent être très importantes, puisqu’en dépassant certaines limites qui, d’ailleurs, varient d’une espèce à l’autre, le pollen est tué.
- M. Alberto Pirovano a soumis à ce procédé le pollen de plusieurs espèces et races végétales, et les résultats obtenus sont très marquants. C’est ainsi que, par exemple, la petite Courge d’Italie (Cucurbita pepo cucurbitella), habituellement dioïque, est devenue monoïque et aussi hermaphrodite. ïu’Althæa rosea sauvage a montré des mutations dans la taille de la plante, dans la grandeur, le coloris, la forme, la disposition des fleurs, qui ont pris l’apparence de celles de Y Hibiscus syriacus.
- Dans d’autres espèces, on a vu se produire du gigantisme, du nanisme, de la tendance à remonter, des changements dans la forme des fruits, etc.
- Les mutations se sont montrées transmissibles héréditairement.
- Dans les croisements, Y ionolisation du pollen altère les lois qui règlent la descendance des hybrides.
- D’après l’opinion du Dr Attilio Ragionieri, « on peut prévoir que ce nouveau procédé, dont la grande valeur scientifique est évidente, aura aussi des applications pratiques très importantes en horticulture, car, effectivement, il ouvre une nouvelle branche dans la génétique : Y Electrogénétique. »
- Dans la Revue Horticole, un praticien distingué, en matière horticole, M. A. Meunissier, commentant les patientes observations de M. Alberto Pirovano, estime que ce nouveau procédé laisse entrevoir certaines possibilités; mais il rappelle que l’on doit toujours faire de prudentes réserves, lorsqu’il s’agit d’attribuer à des mutations provoquées les variations qui se produisent.
- Avant tout, il importe, dit-il, de bien se rendre compte de l’état de pureté du matériel employé, et cela en faisant une culture isolée de ce matériel, pendant plusieurs années, car il faut retenir que, suivant l’avis exprimé par Lotsy : « La pureté du matériel initial est une condition sine qua non pour l’obtention d’une preuve définie de l’existence de la mutation. »
- Jadis, on s’est beaucoup occupé, en France, des mutations provoquées par voie de traumatisme, notamment en opérant sur le maïs, plante qui ne pouvait convenir pour ces expériences, le maïs étant presque toujours hybride, très rarement à l’état pur, et les variations signalées, à la suite de traumatismes, se présentant naturellement, de temps à autre, dans les cultures.
- Ces réserves faites, il est évident que, si 1 on peut agir sur la structure moléculaire des chromosomes des cellules sexuelles, on entrevoit la possibilité de ces modifications héréditaires. Telle est l’appréciation de M. A. Meunissier qui observe que, durant ces dernières années de nombreux travaux ont été accomplis, surtout aux Etats-Unis, au point de vue cytologique. Ces travaux ont donné lieu à d’intéressantes constatations. M. Davenport, de la Carnegie Institution de Washington, a signalé, en 1922, que des modifications de chromosomes ont été constatées en soumettant les plantes à des changements brusques de température au moment de la fécondation.
- La génétique — comme le font espérer les récentes recherches des biologistes — est donc en passe de voir, dans l’ordre scientifique et dans les applicationa pratiques, son domaine s’étendre singulièrement du fait de la transmissibilité héréditaire des mutations et de l’intervention de l’hybridation pour créer des types nouveaux parmi les espèces et les races; dans le règne végétal. Henri Blin.
- Le blé perdu. — La Revue internationale des. Renseignements agricoles — qui continue sous un nouveau titre l’œuvre précieuse de documentation de l’Institut international d’agriculture de Rome — rend compte d’une
- étude parue à Washington sur les pertes causées à la production du blé, aux Etats-Unis, par les diverses conditions adverses : temps, insectes, parasites, etc. D’après une enquête du Ministère de l’Agriculture de ce pays, portant sur les i3 années 1909-1921, la moyenne annuelle de la production du blé n’a été que de 781 359 000 bushels (1 bushel de froment = 27 kg 2).
- C’est ce qui reste d’une production qui aurait pu atteindre x 23o 000 bushels. En d’autres termes, la production d’environ 449°o°o°o bushels fut empêchée par différentes causes. Parmi celles-ci, on peut signaler : une quantité trop ou trop peu abondante d’humidité dans le sol, des gelées tardives au printemps et des gelées précoces en automne, des vents brûlants, la grêle, les inondations et les orages. De mauvaises semences, les maladies cryptogamiques, les attaques des insectes et autres animaux entraînèrent aussi une diminution de production.
- Par suite des différents dommages ainsi causés à la récolte de blé, la récolte possible fut diminuée d’une moyenne de 36 pour xoo pendant ces i3 années.
- Si l’agriculteur pouvait réaliser la production totale qu’il est en droit d’espérer, il pourrait obtenir de 2 acres la récolte qu’il moissonne actuellement sur 3, et l’on peut assurer que la surface emblavée pourrait être réduite si toute la récolte possible était réalisée.
- Aucune valeur exacte ne peut être assignée au froment dont la production a été ainsi empêchée. Mais, pour s’en fairè une idée, il suffit d’indiquer que la valeur moyenne de la récolte réalisée chacune des années considérées a été d’un milliard de dollars.
- Congrès pour la prévention des accidents du travail. — L’Association des Industriels de France contre les accidents du travail organise un Congrès technique, qui se tiendra les 22 et 23 juin prochains, au Conservatoire National des Arts et Métiers, sous la présidence de M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, et où seront étudiées les questions relatives à la prévention des accidents et à l’hygiène dans les ateliers.
- S’adresser à l’Association, 10, place Saint-Michel, Paris (VP).
- Congrès de Bordeaux de l’Association française pour l’avancement des sciences. — L’A. F. A. S., vieille Société qui réunit chaque année en un Congrès savants et industriels de toutes les disciplines, tiendra sa prochaine réunion à Bordeaux du 3o juillet au 4 août prochains. De nombreuses communications intéressant toutes les branches de la science y sont annoncées
- S’adresser au Secrétariat général de l’Association, 28, rue Serpente, Paris 60.
- Les appareils d’enseignement à l’Exposition de Physique. — A l’Exposition de Physique et de T. S. F. qui doit s’ouvrir au Grand Palais des Champs-Elysées le 3o novembre 1923, le Comité de la Classe 58 (Enseignement, appareils d’enseignement et de démonstration) a décidé de faire une large place au matériel construit dans les établissements d’instruction mêmes.
- Beaucoup de ceux-ci, à quelque ordre d’enseignement : supéiùeur, secondaire, primaire ou technique, qu’ils appartiennent, possèdent des appareils qui, établis par les maîtres.ypour les besoins de leurs cours ou pour les exercices d’élèves, présentent, avec un caractère vraiment personnel, une particulière valeur pédagogique.
- Il sera d’un haut intérêt de les réunir, comme il a été fait déjà, mais de façon restreinte, dans les expositions intimes de l’Union des Physiciens, et dans les expositions internationales de Londres et de Bruxelles. On y pourra joindre les documents, tels que tableaux schématiques, feuilles de manipulation, etc., voire des travaux d’élèves.
- Les professeurs et directeurs de laboratoires qui croient pouvoir apporter à cette manifestation une contribution utile sont priés de se mettre en relation avec le Secrétaire de la Classe 58, M. Carimey, au lycée Saint-Louis, 24, boulevard Saint-Michel, à Paris. Tous documents utiles leur seront envoyés sicen’estdéjàchosefaite.
- Le règlement de l’exposition accorde la gratuité d’emplacement pour les objets dépourvus de tout caractère commercial; il est prévu, d’autre part, que sous la même réserve, de grandes facilités seront données pour le transport; la question des frais ne peut donc, en l’espèce, gêner d’aucune manière les participations éventuçlles.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Chroniques de T. S. T.
- Les appareils d’accord sur antenne. — Nous avons déjà expliqué dans une chronique précédente les divers moyens de réaliser l’accord sur cadre (n“ 255a).
- 11 nous reste à étudier les meilleurs procédés pour obtenir la syntonie lorsqu’on utilise une antenne.
- Remarquons d’abord, qu’en général, l’accord sur
- ftecepteur
- téléphonique
- Fig. i. — Montage en direct.
- condensateur en dérivation sur la self, la longueur d’onde propre du circuit oscillant formé a augmenté proportionnellement à la capacité ajoutée.
- On peut donc réaliser le montage en dérivation simplement à l’aide d’une galette de self (fîg. 3) et d’un condensateur variable.
- De cette façon, en changeant la valeur des selfs, on
- Fig. 3. — Montages en dérivation avec galettes.
- antenne est plus difficile à obtenir avec autant de précision que l’accord sur cadre ; l’antenne peut être considérée, nous l’avons dit, comme un oscillateur ouvert et l'on fera varier sa longueur d’onde propre (n° a55o) au moyen de sçlfs et de capacités. En augmentant la self, on augmentera également la longueur d’onde propre du système; nous verrons plus loin le double rôle joué par les capacités introduites.
- La tendance, de plus en plus générale, consiste à abandonner les • selfs enroulées en hélice, si encombrantes, pour les remplacer par des selfs en galettes, bobinées de différentes façons : en fond de panier, en nid d’abeilles, etc.
- Il y a dans cet usage, non seulement l’avantage d’un rendement meilleur, surtout pour la réception des ondes courtes, mais encore la possibilité d’un accord pour les longueurs d’onde les plus grandes au moyen d’appareils très réduits.
- Ceci posé, on utilise uniquement maintenant, pour réaliser l’accord sur antenne, trois sortes de montages :
- Le montage en dérivation, le montage en Oudin et le montage en Tesla.
- Notons seulement pour mémoire qu’à proximité d’un poste très puissant on utilise encore quelquefois le montage en direct qui consiste à placer simplement le détecteur entre l’antenne et la terre et à faire varier la longueur d’onde du système au moyen d’une self (voir fig. i).
- Ce montage a le très grand inconvénient d’introduire une grande résistance dans le circuit, aussi son rôle se borne à l’usage indiqué.
- Le montage en dérivation est le montage le plus employé, non seulement parce que le plus simple à réaliser,
- pourra recevoir, à l’aide d’une galette en nid d’abeilles ou en fond de panier, non seulement les ondes courtes mais encore les ondes les plus longues.
- Il est également facile de réaliser une bobine d’accord en hélice qui, si elle n’est pas d’un usage aussi commode, ni d'un rendement aussi bon, a du moins l’avantage d’être plus facile à bobiner par l’amateur.
- On peut construire cette bobine variable par curseurs ou par plots. Il suffira pour cela d’enrouler sur un tube d’une dizaine de centimètres de diamètre en spires jointives du fil de 6/io de millimètre isolé à la
- soie ou au coton. A la rigueur, on pourrait prendre du fil isolé à l’émail.
- Le tube en carton préalablement goromelaqué est soutenu par une joue en bois de chaque côté (fig. 4).
- On peut également placer une troisième rondelle en bois qui sert à soutenir le tout. Si l’on veut obtenir l’accord par curseurs on fixe une réglette sur les joues. Cette réglette doit servir à supporter un curseur. On dénude le fil suivant une génératrice correspondant au trajet du curseur; pour réaliser un contact perfectionné et s’appliquant à une seule spire, l’extrémité du curseur
- Curseur
- Regiette
- Fig. 4. — Bobine d'accord à curseur.
- Environ 150 mètres de fil. Gommelaquer une fois l’enroulement terminé.
- Entrée détecteur ou amplificateur
- Condensateur pour ndes courtes ^
- Fig. 2. — Montage en dérivation avec bobine à curseur.
- £2]
- 1
- ô ô
- Fig. 5.-Bobine d’accord Fig. 6.— Montage en dérivation
- à réglage par plots. avec variomètre.
- mais encore parce que sa manœuvre est la plus facile pour le débutant. Il est ainsi appelé parce que le système récepteur, détecteur ou amplificateur est placé en dérivation sur la self ou le condensateur d’accord (fig. 2).
- On peut, comme nous l’avons dit, se servir d’un condensateur variable à air de deux façons :
- Si on le place en série entre la self et la terre, la capacité introduite aura pour but de diminuer la longueur d’onde propre de l’oscillateur. Ce qui est facile à comprendre, parce qu’en réalité la capacité de ce condensateur et celle de l’antenne se sont combinées de la façon déjà indiquée; c’est-à-dire que ce sont leurs inverses qu’il a fallu considérer et, par conséquent, la capacité totale a diminué ; au contraire, en plaçant le
- sera par exemple formée par une petite bille d’acier.
- On peut aussi relier un certain nombre de spires à des plots et on modifie ainsi la self au moyen d’une manette (fig. 5) s’appliquant sur ces plots.
- Remarquons qu’un variomètre dont nous avons déjà parlé peut servir également à réaliser l’accord (fig. 6). L’accord se fait au moyen du curseur ou de la manette.
- Ce montage très simple a cependant l’inconvénient de ne pas produire une excellente syntonie. Le montage Tesla lui est préférable sur ce point, bien qu’en général il produise une déperdition d’énergie.
- En voici le principe :
- L’antenne et la prise de terre ou le contre-poids sont reliés à un premier circuit osçillapt dit çirçuit primaire.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Üs
- Ce circuit agit par induction sur un autre dit secondaire, relié aux appareils de réception.
- On peut non seulement faire varier la longueur d’onde propre de chacun de ces circuits, mais encore on peut faire varier le couplage entre ces deux circuits, c’est-à-
- Montage Testa avec galettes. Galettes sur leur support.
- dire l’induction entre les selfs qu’ils contiennent, il en résulte une sélection supplémentaire (fig. 7).
- Yoici en général comment on réalise l’accord avec un dispositif Tesla. On maintient le couplage serré au maximum, c'est-à-dire les deux selfs très rapprochées, puis on accorde le primaire en maintenant le secondaire apériodique ; on accorde le secondaire en le rendant périodique et enfin on fait varier le couplage de façon à
- Fig. 8. — Bobine Tesla.
- Primaire fixe réglable par curseur. Secondaire mobile réglable par plots (Üiamélrç des tubes : de 8 à 10 ccnlimèlrès.)
- obtenir non seulement l’audition maxima, mais encore la plus nette....
- On peut construire un dispositif Tesla à l’aide de galettes en fond de panier ou en nid d’abeilles, par-exemple; dans ce cas, on les placera simplement sur des supports à charnières pivotants (fig. 7).
- On peut également construire un appareil Tesla sous forme de bobines concentriques; l’une de ces bobines,
- -WWVWVWY
- A/VWVWWVj
- >
- Secondaire
- o
- Fig. 9. — Montage Tesla sans self d’antenne.
- fixe, sera par exemple le primaire et l’autre, mobile, le secondaire. On réalisera une telle bobine au moyen de tubes de carton glissant l’un à l’intérieur de l’autre. Le tube le plus gros qui entoure le premier est porté par dés joues en bois; l’autre, le mobile, ëst porté par des tubes à glissières. La valeur des enroulements dépend naturellement des longueurs d’onde à recevoir (fig. 8).
- On pourra par exemple, pour les longueurs d’onde
- Self d'antenne
- 1
- Fig. 10. — Montage Tesla avec self dlantenne.
- jusqu’à 0000 m., employer pour le secondaire des fils de 6/10 mm (environ 4°° tours).
- La longueur du primaire est plus petite, généralement elle sera le 1/4 du secondaire (une centaine de tours) et il est bobiné en fil plus gros par exemple en 9/10 mm. On peut avoir ou non une self d’antenne (voir fig. 9 et 10), c^st-à-dire une self séparée permettant d’augmeuter
- la longueur d’onde propre du primaire sans augmenter outre mesure la capacité.
- Enfin, il existe un troisième procédé d’accord qui tient à la fois du montage en dérivation et du montage en Tesla, c’est le 'montage Oudin. C’est en somme le montage en Tesla, dans lequel le primaire et le secon-
- Fig. 11. — Le montage en Oudin.
- La partie A est commune aux deux circuits, primaire et secondaire.
- daire ont une partie commune ; on le réalise généralement à l’aide d’une bobine à deux curseurs. Cette bobine sera à peu près construite comme une bobine en dérivation (fig. 11 et 12).
- Pour réaliser l’accord on rend d’abord le primaire apériodique, on fait varier l’accord par le jeu du premier curseur et par la manette du condensateur placé en série dans le circuit oscillant en employant dans ce but, le maximum de capacité, puis on rend l’autre circuit périodique et on fait l’accord avec le maximum de self. On enroule généralement pour obtenir une bobine en Oudin 120 à i5o m. de fil, sur un tube d’une dizaine de centimètres de diamètre. On peut également réaliser le montage en Oudin à l’aide de selfs en galettes dont les
- 12. — Bobine Oudin.
- spires seraient reliées à des plots commandés par des manettes. *
- Le montage en Oudin semble moins employé maintenant dans les postes importants. On utilise plutôt soit le montage simple en dérivation, soit le montage perfectionné en Tesla.
- Remarquons enfin qu’en dehors des formules déjà données pour les appareils d’accord on pourrait réaliser d’autres systèmes produisant également de bons résultats; par exemple, M. Roussel a construit un Tesla dont le primaire et le secondaire sont formés par des cadres mobiles montés sur pivots et tournant l’un à l’intérieur dê l’autre. Ces deux cadres peuvent être de forme circulaire ou rectangulaire,
- Primaire
- VWWVV—;
- Bobine /\A/VW) / |WA/VW|
- de réaction /
- *
- TP-
- Secondaire
- Circuit plaque d'une lampe
- Fig. i3. — Montage Tesla avec bobine de réaction.
- Il est enfin un dernier montage qui dérive des précédents, c’est le montage Armstrong. Il consiste à utiliser une self spéciale dite de réaction. Nous verrons prochainement le principe du montage régénérateur qui consiste à faire rétrograder l’énergie, obtenue à la sortie des appareils de réception, dans le circuit d’entrée.
- Cet effet est possible grâce à cette bobine qui est couplée avec les selfs des appareils d’accord.
- On petit réaliser ce montage soit dans l’accord en dérivation, alors la self de réaction sera couplée avec
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- la bobine d’accord ordinaire, soit dans l’accord en Oudin et en Tesla et alors la bobine de réaction sera couplée avec le secondaire (fig. i3).
- On peut évidemment se servir, comme bobine de réaction, d’une galette comme il a été indiqué.
- Nous voyons que l’accord sur antenne est plus difficile à réaliser que l’accord sur cadre et comporte une manœuvre plus délicate, cependant en utilisant un dispositif approprié au but que l’on veut atteindre et, notamment, en employant dans les appareils modernes des galettes interchangeables, on peut arriver à obtenir des ensembles réduits et des manœuvres d’accord simples.
- Nous n’avons d’ailleurs indiqué ici que les modes d’accord les plus courants à l’usage des amateurs. Il en existe d’autres, notamment à circuits intermédiaires, mais comme leur manœuvre est délicate et leur rendement assez incertain nous n’en parlerons pas ici.
- Quant à l’accord à réaliser avec des antennes de fortune, les montages sont les mêmes que ceux indiqués. Il faut seulement prendre la précaution d’intercaler un condensateur fixe entre la terre et les selfs. Donnons comme exemple un accord réalisé sur circuit d’éclairage (fig. 14). .; VtÜ Ar.Ofa, v
- Il est encore évident ici qu’avec des antennes de fortune, la sélection est plus difficile à obtenir et les réceptions en général moins bonnes qu’avec une antenne bien isolée.
- Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur ce
- Condensateur ou petit transformateur
- -o o—'
- Fig. 14. — Montage Oudin sur circuit d’éclairage.
- Un petit transformateur formé de deux enroulements en fil de 6/10“ mm isole au coton sur deux tubes concentriques peut remplacer le condensateur d’arrêt.
- point lorsque nous étudierons le rendement d’un poste. C’est le sujet que nous aborderons d’ailleurs dans une prochaine chronique. P. Hémardinquer.
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- VARIETES
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- LES HORAIRES DES ÉMISSIONS RADIOTÉLÉPHONIQUES AU J" JUIN 1923
- Indicatifs
- Longueurs
- d’onde.
- Tour Eiffel 2600“ FL
- SFR 1780“
- Société française Radio-électrique.
- Ecole Supérieure des P. T. T. 450”
- Lyon
- YN
- 470“
- , Tours 2500”
- l'ssy-les-Mou-lineaux 1600”
- Le Bourget ZM
- 900“
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- Metz
- poste militaire 1500" Radio-Riviera 560“
- Nice
- Cros-de-Gagnes Station P. T. T. 1500“
- en raison des modifications impor- Indicatifs. Longueurs rî’nnrîe. Heures. Nature de rémission.
- les heures d’émission, de donner
- des émissions radiotéléphoniques. Grande-Bretagne.
- Londres 369ra 11“30 à12“30 Orchestre.
- Heures Nature de l’cmission. 2 LO 17“50 Histoire pour enfants.
- 19“ Nouvelles.
- France. 19“30 à 21“45 Concert.
- 21 “45 Nouvelles.
- 7“50 Prévisions agricoles par 22“ Orchestre.
- régions. Birmingham 420ni 11“30 à 12“50 Orchestre.
- 1245 Situation météorologique 51T 17“30 Histoiré pour enfants.
- générale. 19“ Orchestre.
- 15h30 Cours des changes et de 19“30 Nouvelles.
- Bourse. 19“45 à 21“ Concert.
- 18>‘20 Radio-concert. 21 “30 Orchestre.
- 19h20 Bulletin météorologique. 21 “45 Nouvelles.
- 2540 Prévisions généra les et pré- Manchester 585“ 11 “50 à 12“30 Concert.
- vision des vents sur les côtes 2 ZY 17“30 Histoire pour enfants.
- françaises. Radio-concerts 18“50 Orchestre.
- irréguliers. 19“30 Nouvelles.
- 12“45àl5“45 Nouvelles et concert tzi- 23“40 Sign aux horaires de FL(re-
- gane. transmission au tom a t. ).
- 14 à 16h Radio-concert du * di- Newcastle 400“ U“30 ùl2“30 Orchestre.
- manche. 5 NO 17 “30 Histoire pour enfants.
- 17“ Cours de Bourse. Nou- 19“30 à 21 “30 Nouvelles. Orchestre.
- velles. Concert.1 Glascow 415"' 17 “30 Histoires pour enfants.
- 20“45 à 22“ Informations. Radio-con- 5 SC 19“ à 21“ Orcheslre.-Nouvellcs.
- cert. 21“30 à 22“ Orchestre. Nouvelles.
- 21h45à22h50 Musique de danse, les 22“ Musique de danses.
- jeudi et dimanche. Cardiff 553“ 17 “30 Histoires pour enfants.
- 5 WA 19“30 Nouvelles. .
- 19“40à21“50 Nouvelles.
- 14h30 Conférence. 22“05à 22“30 Orchestre.
- 16“ Le samedi, Radio-concert. Le dimanche le s concerts commencent à 20“30.
- 20“30 Le lundi et le jeudi. Croydon CED 900ra Messages aux avions.
- réprésentations théâ-
- trales. Allemagne.
- Souvent émissions sup- Berlin
- plémentaires. Kœnigswüster-
- hausen LP 4000"' 7“ à 8“ Cours de Bourse et nou-
- !0h50 Concert.. 12“ à 15“30 velles.
- 14“ Concert du dimanche. 17“ à18“30 Radio-concerts.
- 15“55 Cours de Bourse. 10“ à 20“30 Lundi, mardi* jeudi.
- 16“30 Sauf samedi et dimanche. Eberswalde. 2900“ 17“ à 20“ Le dimanche.
- Hollande. -
- Service actuellement
- supprimé. La Haye PCGG. 1050“ ' 16 à 18“ Radio-concerts du di-
- •11“20àl6“20 Service avions toutes les manche.
- heures. 21“40 à 22“40 Lundi et jeudi.
- La Haye PCUU, 1050“ 3“45 à 11“ Concert.
- vers 15“ Service irrégulier. (laboratoire 10“40 à 11 "60 Dimanche et vendredi,
- Ne transmet plus actuel- La Haye PG.KK
- lement. (Yellhuyzen) 1050“ 21“40 à 22“40 Le samedi.
- Ijmuiden PGMM 1050“ 21 “40 à 2240 Mercredi.
- Amsterdam
- 18“à 18“30 Emissions d’essais. PAS 1050“ 21“10 à 224 0 Nouvelles et. concerts.
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- Bruxelles.
- Bruxelles Aviation BAV
- Belgique.
- I100m 13"
- 17'-50 19"
- 22"
- 900“ Il"20 à 16"20 Suisse.
- Bulletin météorologique »
- Concert le dimanche. Concert.
- Messages aux avions.
- Genève IIB l 1200“ 19" à 20"
- Lausanne HB2. 1200“ 19" à 20"
- Lausanne
- (aviation) 900“ 12i>àl6"
- Concert.
- Concert.
- Trafic avec le Bourget.
- Tchéco-Slovaquie.
- Prague. PB G 1800' u 8h 12" • 16" Bulletin météorologique el nouvelles.
- 4500 “ 10" »
- 15" Concerts.
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- Espagne.
- Madrid EGC 2200 111 12" à 14" Tous les jours.
- Italie
- Rome. 5200e 11 10 à 11 "50 .
- N. B. — Toutes les heures sont indiquées en heures d’été.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L' abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — L’apparition éphémère d’îles nouvelles (n° 2564, p 327, ire colonne, ligne 9, lire Graham au lient de Grasiam (nom anciennement donné à l’île Julie ).
- Page 3a8, ligne 4, lire plages de sable au lieu de plaques.
- Réponses. — G. B., & Thonon (Haute-Savoie). — i° Pour remettre à neuf votre serviette de cuir, il faut, avant toute application de vernis, donner un léger encollage à la gélatine ou simplement avec une dissolution de colle forte un peu épaisse, sans exagération ; après séchage on polit légèrement au papier de verre, puis on donne une couche de vernis composé comme suit :
- Alcool à 900..............900 cm3
- Colophane................. 3o gr.
- Térébenthine de Venise . . 3o —
- Essence de térébenthine . . 3o —
- Sandaraque................ 60 —
- Gomme laque en écailles. . 120 —
- Laisser digérer en agitant fréquemment jusqu lution et ajouter :
- Noir de fumée............. i5 gr.
- Bien mélanger et appliquer au pinceau.
- 20 Inutile de chercher bien loin un antiseptique pour stériliser les mouchoirs après grippe ou coryza ; après passage à la lessive, l’immersion dans l’eau additionnée d’une cuillerée à café d’eau de Javel par litre d’eau assure la destruction complète de tout élément microbien ; dans ces conditions la solution chlorée est complètement inoffensive pour la fibre, terminer par un rinçage à l’eau claire.
- 3° D’après les expériences dé Cailletet et Mathias sur la liquéfaction des gaz, .quand la température s’élève, la densité de la vapeur saturée augmente alors que celle du gaz liquéfié diminue; au point critique, la densité est la même pour chacun d’eux. Si par conséquent on considère un tube de Natterer, contenant de l’acide carbonique liquéfié dont la température critique est de 3i°, un flotteur de densité inférieure à celle du gaz liquéfié au-dessus de 3i°, mais supérieure à celle de la vapeur saturée prise à la température critique, devra tomber lorsque cette température est atteinte. M. Mathias a montré que la densité critique d’un corps est très sensiblement égale au tiers de la densité du liquide prise à la température la plus éloignée possible de la température critique. En résumé la densité du flotteur devra être très légèrement supérieure à celle de la densité critique. Si elle lui était égale il y aurait équilibre instable, la sensibilité dépendra de l’écart entre les deux éléments. Si le flotteur est réglé par exemple pour la température de 3o°, il peut ainsi servir d’avertisseur du changement d’état au point critique. On peut du reste effectuer ce réglage pour toute température inférieure à 3i°.
- M, le Dt Cavaillès, à Paris. — Le caoutchouc liquéfié par la chaleur est parfaitement miscible aux corps gras; il est de pratique courante, dans la préparation des cuirs, de se servir de graisses, huiles de poissons, suif ou axonge additionnées de caoutchouc. Pour cela on chauffe à feu doux le caoutchouc réduit en très petits morceaux (il s’agit bien entendu du caoutchouc pur ou Para), avec la matière grasse choisie; au bout de très peu de temps, le mélange devient parfaitement homogène. La seule précaution à observer est d’éviter une altération par chauffage exagéré et une inflammation de la masse, laquelle prend feu facilement.
- Un abonné. — Le nickel n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique dilué, il vous suffira pour enlever le calcaire déposé par l’eau dans vos récipients d’y verser
- une solution composée de :
- Acide chlorhydrique commercial . 5o gr. Eau ordinaire.................... 1000 —
- N. B. — L’acide chlorhydrique commercial est connu vulgairement sous le nom d’acide muriatique.
- M. F. C., à Marche-les-Dames, Belgique. — L’essence minérale n’est autre chose que l’essence de pétrole employée pour l’éclairage, dont la densité est de 0,700 à 0,710. Son emploi pour l’entretien des meubles permet de faire disparaître les taches grasses dues au passage des mains, mais on ne peut lui demander de dissoudre les taches d’autre nature, ni d’enlever les rayures ; dans ce cas un revernissage est nécessaire.
- M. L. Briigge.r, à Serrières-Neûchatel, Suisse. — 1° Le mica étant de nature minérale, il n’existe aucun moyen, sans modifier sa constitution, de le rendre flexible au delà des limites habituelles. 2° La micanite est constituée par des déchets de mica agglomérés par de la gomme laque. 3° Les acides ne peuvent dissoudre à froid que les pierre calcaires et non les pierres siliceuses, encore dans le premier cas donnent-ils des cavités très irrégulières, le mieux pour percer des trous est d’employer un perçoir dentelé dit tamponnoir.
- M.. Ch. Langue, au- Raincy. — Le taffetas chiffon est fabriqué par un grand nombre de maisons : Robert et Carrière, usine à Bourg-la-Reine (Seine); Wuhrlin, usine à Hondouville (Eure); Royer, à Genay (Ain); Gallia, à Etampes (Seine-et-Oise) ; Lagary et Cie, à Sarcelles (Seine-Oise); Froger et Gosselin, à Saint-Remy (Calvados); Deffins, à Amboile (Seine-et-Oise); Ravier, à Hodent (Seine-et-Oise) ; Canard et Cie, à Roanne (Loire) ; Larochette, à Villçfranche-sur-Saôue. La plupart de ces usines ont un dépôt à Paris, vous pourrez également trouver cet article chez Husson, 66, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; Vieille, 21, rue Gre-neta; Maréchal, 14, rue Turbigo ; Macé, 53, rue Notre-Dame-de-Nazareth, ce dernier a une usine à Auber-villiers.
- H. D., à Paris. — i° Pour délustrer les vêtements, on commence par dégraisser les parties luisantes en frottant avec un tampon imbibé d’eau ammoniacale (une cuillerée à soupe d’alcali volatil dans un verre d’eau), on rince à l’eau pure pour enlever le savon formé, ce qui est indispensable, et on laisse parfaitement sécher. On frotte alors à sec avec un morceau de papier de verre ou de papier émeri d’un numéro çprrespondant 'à la
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- finesse du tissu de façon à redonner du duveté à l’étoffe. Bien entendu, il faut opérer délicatement en tendant bien'le tissu ; avec un peu d’habileté, s’il n’y a pas eu usure, le résultat est excellent. 20 La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction :
- Essence d’Ylang-Ylang. ....... 10 gr,
- Essence de roses..................... o,25 —
- Teinture de musc Tonkin au i/iooe. . 5 —
- Teinture d’iris de Florence au i/5° . . 5oo cm5 Alcool à 900.........................5oo —
- M. Vintenon, à Levallois-Perret (Seine). — Pour réaimanter les aimants de vos magnétos, constituer un bobinage d’électro-aimant avec 20 spires de fil 18/10, diamètre moyen de la spire 80 mm, placer le tout sous 12 volts pendant un temps très court, couper et rétablir le courant à plusieurs reprises. Votre batterie de l’équipement d’auto peut convenir pour cette opération ; si vous ne disposez que de 6 volts, mettre les deux moitiés de la bobine en parallèles en prenant l’un des.contacts sur la moitié du solénoïde.
- A. C., à Lynd, Sénégal. — ï° Le fonctionnement défectueux de votre appareil à pyrograver doit tenir à un mauvais réglage, l’arrivée d’air froid étant trop considérable ou celle de combustible insuffisante par faible volatilité; il vous sera facile de remédier à ce défaut suivant la disposition de l’instrument. 2" L’adjonction de céruse broyée aux peintures n’est pas indispensable, le pigment pouvant être employé seul dans le cas d’une peinture noire par exemple, le noir d’os et le noir d’ivoire renforcés par le noir de fumée broyé à l’huile peuvent parfaitement suffire, l’huile de lin, l’essence de térébenthine et le siccatif entrant dans les proportions habituelles.
- M. H. Chemin, à Bologne, Haute-Marne. — Le meilleur moyen, pour supprimer la porosité de votre béton, est la fluatation. Pour cela passer avec Un pinceau, sur le béton sec, une couche de fluate de magnésie, puis douze heures après une autre couche. Douze heures après la deuxième couche en passer une troisième, mais étendue de 5o pour 100 d’eau. Laisser sécher.
- Le fluate de magnésie se trouve chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- M. V. Bermon, à Nice.—Vous trouverez tous renseignements sur l’utilisation des déchets de liège dans l’ouvrage : Déchets et sous-produits industriels, par Razous, éditeur, Dunod, 47, quai des Grands-AugUstins.
- M. Dupuis, à Paris. — Aucune application réellement pratique de la pile à gaz n’a été réalisée jusqu’à ce jour.
- M. Du Puytison, à Feytiat (Haute-Vienne). —- Vous pouvez effectivement reconstituer les éléments de votre batterie d’accumulateurs en partant de lames de plomb par le procédé classique de Gaston Planté ; toutes les fois qu’une lame de plomb est anode, l’oxygène qui se dégage sur elle 1 oxyde superficiellement, l’oxyde est ensuite réduit par l’hydrogène quand le courant passe, en sens inverse ; il en résulte que la surface des lames de plomb est ainsi rendue spongieuse et qu’elle peut accumuler les produits de l’électrolyse en plus grande quantité. Le procédé dé formation de Planté est actuellement abandonné et remplacé par un autre plus rapide et plus efficace imaginé par Faure et perfectionné par Sellon et Wollkmar. Les lames sont en plomb antimonié, plus dur que le plomb pür ; elles sont creusées d’alvéoles de formes variées suivant les constructeurs, dans lesquelles on a introduit une pâte d’oxyde de plomb et d’eau acidulée. Cet oxyde est de la litharge PbO pour les plaques dites négatives qui constitueront le pôle négatif de l’accumulateur et du minium Pb504 pour les plaques dites positives qui seront le pôle positif. Pour former l’accumulateur, on joint les plaques positives au pôle positif $ du générateur de courant, en l’espèce une dynamo, et les négatives au pôle négatif, l’eau acidulée de l’électrolyte est décomposée, l’ion SO4 dégagé à l’anode agit sur l’eau et donne de l’oxygène (SO4 -f- 1IS0 = S04Hâ + O) qui transforme le minium en peroxyde de plomb Pba O4 -j- 2O = 3Pb02, l’hydrogène dégagé à la cathode réduit la litharge en donnant du plomb spongieux PbO -f- H2 — H20 + Pb. A là fin de l’opération, les gaz libérés par l’électrolyse ne produisant plus aucune réaction chimique, se dégagent en abondance et on reconnaît ainsi que la formation est terminée; la plaque positive présente la couleur rouge du peroxyde de plomb et la plaque négative a la teinte grisâtre du plomb métallique.
- M. Moreau, à Paris. — Les fosses septiques sont bien susceptibles de produire une épuration, si les eaux de savon ne sont pas introduites en trop grande quantité ; le savon possède, en effet, un pouvoir antiseptique qui peut gêner le travail des éléments microbiens dans la dissociation qu'ils produisent des matières organiques. Mais si les eaux sortant de la fosse peuvent être considérées comme inoffensives au point de vue hygiène, il n’en résulte pas qu’elles puissent être, sans inconvénient, mises au contact des plantes quand elles ont reçu des quantités notables de savon, c’est pourquoi nous vous avons signalé Ge danger. En résumé le point important est de bien calculer la capacité de la fosse et la durée du cheminement des matières, suivant le volume apporté journellement, Par prudence, en vue d’un emploi agricole, nous préférerions évacuer séparément les eaux savonneuses.
- M. M. Ârdoin, à Paris. —- Nous n’avons pas retrouvé dans les Recettes de La Nature la formule à laquelle vous faites allusion; à notre avis, votre insuccès tient à l’emploi de chlorure d’or au lieu d’ot- métallique. Dans la pratique courante, On se sert d’or précipité de sa solution dans l’eau régale par le sulfate de protoxyde de fer en solution étendue ou par le nitrate mercureux. On emploie aussi l’or divisé mécaniquement par le broyage de feuilles minces avec du miel, du sucre, du sel ou toute matière que l’on enlève ensuite par lévigation à l’eau. L’or peut alors se mettre directement sur les porcelaines ou les faïences recouvertes d’üne glâçùre fondant facilement, après avoir délayé cet or dans de l’eau gommeuse ou mucilaginense. Si cette glaçure n’existe pas, ou si la fusion ne peut être obtenue sans déformation, ce qui est le cas du vêrre, on ajoute un fondant spécial à l’or. Pour le préparer on précipite une solution azotique de nitrate de bismuth par un grand excès d’eau et on ajoute au dépôt séparé et séché un douzième de borax fondu et pulvérisé. Pour l’emploi, on incorpore à l’or environ un quinzième de fondant, Il ne reste plus qu’à passer au moufle à température convenable. Après cuisson, le métal est généralement mat, on lui donne l’éclat métallique en le frottant à l’aide d’un brunissoir en hématite ou en agate.
- M. Risler, à Paris. — Dans le cas que vous indiquez, de perles en ivoire qui ont jauni, il faut pour les blanchir les laver d’abord à l’eau de savon tiède (température ne dépassant pas 5o°) ; après rinçage complet on met à tremper dans un mélange à parties égales d’eau et d’eau oxygénée, additionné de quelques gouttes d’ammoniaque, cela jusqu’à ce que le blanchiment soit obtenu, finalement on rince à grande eau, sèche et polit en plaçant les perles dans un petit sac avec de la magnésie calcinée ; quelques minutes de secouage énergique donnent le résultat cherché.
- M. Gauthier, à Nantes. — Nous ne croyons pas, malgré les réclames plus ou moins ronflantes, qu’un procédé spécial réellement efficace ait été trouvé pour la destruction des punaises, le mieux est l’application des moyens classiques, c’est-à-dire qu’il faut faire la chasse aux adultes en mai et en août, en inspectant minutieusement les bois de lit, les sommiers, les matelas, les fissures de parquets, les fentes des murs et des boiseries ; on fait un nettoyage à l’eau bouillante et on insuffle de la poudre de pyrèthre ou on pulvérise une solution de sublimé au millième. L’éssence dé pétrole, l’essence de térébenthine, la benzine ou mieux le jus de tabac sont encore très efficaces. On conseille aussi de disséminer sur le lit des feuilles fraîches de haricots : les punaises viennent s’y abriter, ce qui évite la peine de les rechercher pour les écraser, mais ce n’est qu’un palliatif qui ne peut être équivalent à Une destruction systématique, laquelle doit être poursuivie, pendant plusieurs semaines, attendu que les insectes ont toujours effectué une ponte qui produira une nouvelle génération qu’il faut surveiller et détruire à son tour, particulièrement lorsqu’elle se montrera sous forme de larves grisâtres.
- C’est surtout dans ces conditions que l’intervention des insecticides jointe aux lavages produira son plein effet.
- M. de Védrines, à Montflanquin (Lot-et-Garonne). — Nous avons donné dans notre précédent numéro toutes indications sur la manière de préparer les peaux de petits animaux, veuillez bien vous reporter à la réponse faite à M. Bortal, à Bas-Roger.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/o pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ___________
- Les forces hydrauliques et les usines hydroélectriques (aménagement des chutes d’eau et des centrales électriques), par E. Pacoret, i vol. p., 23q fig. Dela-grave, éditeur, Paris, 1923. Prix broché : i5 francs.
- Dans ce volume, l’auteur étudie d’une façon élémentaire, mais cependant très complète, chacun des éléments dont l’ensemble constitue une installation hydroélectrique ; d’aî>ord les cours d’eau : le caractère de leur profil, leurs régimes, la mesure des débits, la prévision des crues, l’influence des réservoirs. Il montre ensuite comment on calcule et l’on construit une conduite forcée et donne un aperçu des phénomènes des coups de bélier qui peuvent s’y manifester ; il étudie de même les barrages et les canaux, puis les turbines hydrauliques dont il donne une théorie élémentaire et dont il décrit les divers types usuels, et il trace à grands traits un programme d’utilisation rationnelle des chutes d’eau. Un chapitre est consacré à l’énergie des marées. L’auteur indique ensuite brièvement comment on étudie un projet d’établissement hydroélectrique et à quelles réglementations l’on doit se conformer. Puis il explique comment, et par quelles machines, l’énergie mécanique fournie par la turbine est transformée en énergie électrique, puis transportée et distribuée. Pour terminer il résume les principales applications industrielles de l’énergie électrique.
- La voilure automobile, par H. Maillard, i vol. in-4 couronne (23 X 175), 278 p., 2.5i fig. Gauthier-Villars et Cu, éditeurs. Paris, 1933. Prix : 18 francs.
- Ouvrage à la portée de tous, très clairement rédigé, éclairé par des figures très soigneusement dessinées; il explique le rôle mécanique de chaque organe, décrit les formes de réalisation usuelles, montre comment il fonctionne, indique les pannes dont il peut être victime et les moyens d’y remédier. Des notions sommaires, mais très utiles, sont données sur les matières employées dans la construction automobile, et l’ouvrage se termine par la reproduction intégrale du code de la route.
- La préparation des charbons, parM. Loiret, i brochure illustrée, éditée par Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris, 1923. Prix : 6 fr. 25.
- Cette étude concernant d’une façon générale la préparation des charbons et particulièrement l’installation des ateliers de lavage, criblage et dépoussiérage, est accompagnée d’une annexe relative aux courbes de lavabilité et d’une partie descriptive donnant le détail de diverses installations modernes de préparation des charbons (criblage de Lens, lavoir des Cha-vannes, rhéolaveurs de Maries, etc.).
- Il s’agit donc d’un important ensemble.de documents, dont l’intérêt d’ailleurs n’est pas pour les seuls spécialistes, car le chapitre consacré au côté commercial de la question contient les plus utiles conseils pour tous les acheteurs et consommateurs de charbon.
- Le principe constitutif de la nature organique, par Edouard Jung, i vol. in-8°, 694 p. Bibliothèque de Philosophie Contemporaine. Félix Alcan, Paris. Prix : 3o francs.
- L’ouvrage expose des vues nouvelles, rationnelles et déterministes sur les diverses fonctions appelées à ressortir de la biologie générale. Mais il s’attache surtout à élaborer un principe de rapport entre ces fonctions, entre la nature physiologique des êtres, l’instinct primaire des inférieurs, l’instinct supérieur des vertébrés, l'intelligence, le sens moral, et le sens esthétique. Toute fonction relativement supérieure
- n’est explicable, pour l’auteur, que par les fonctions antérieures qui lui ont donné naissance en fournissant à sa constitution les éléments nécessaires, de même que la nature physiologique ne peut être expliquée que par la physique, la chimie et la mécanique.
- Einführung in die Vererbungswissenschaft, par Richard Goldschmidt, 4° édition, 1 vol. in-8, 547 p., 176 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : broché, 15 francs suisses ; relié, 20 francs suisses.
- L’auteur, directeur du Kaiser-Wilhelm Institut für Biologie, de Berlin, a réuni dans ce volume les données essentielles de la génétique. Il étudie d'abord la variabilité et ses lois statistiques, puis le mendélisme sous ses divers aspects : croisements, différences de structure nucléaire, mutations, sélections, évolution et après l’examen de divers problèmes spéciaux aboutit à l’application des lois de l’hérédité à la population humaine.
- Théorie et pratique des colloïdes en biologie et en médecine, par le Dr W. Kopaczewski. i vol. in-8, 3o8p., 112 fig. Yigot frères, Paris. Prix : 25 francs.
- Nos lecteurs connaissent l’importance aujourd’hui reconnue aux colloïdes. La matière vivante est sous cette forme et par conséquent les phénomènes colloïdaux régissent toute la biologie et la médecine. Il n’existait pas encore de livre à l’usage des laboratoires où chacun des moyens d’étude de l’état colloïdal soit examiné : diffusion, dialyse, viscosité, tension superficielle, cryoscopie, conductivité électrique, concentration ionique, transport électrique, réfraction, néphélométrie, ultramicroscopie, photométrie, adsorp-tion, stabilisation, gonflement. Le Dr Kopaczewski, qui a fait progresser nos connaissances au sujet des colloïdes, et qui possède une large expérience des méthodes de laboratoire à choisir pour celte étude, a réuni dans ce livre tout ce qu’il est utile de savoir, théoriquement et pratiquement. Son ouvrage, d’une forme toute nouvelle, est le guide indispensable des chercheurs dans cette voie. 11 a sa place marquée dans les laboratoires de chimie physique et de biologie.
- Premiers secours et soins à donner aux malades et aux blessés, par le Dr Walter Douglas Hogg. 8e édition revue et augmentée. 1 vol. in-16, 424 p., 104 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : cartonné 10 francs.
- Le nombre des éditions de ce livre prouve son utilité. La première partie enseigne la conduite à tenir en présence d’un malade ou d’un blessé : les symptômes de quelques maladies, les secours d’urgence en cas d’accidents et notamment aux empoisonnés, aux asphyxiés, aux blessés, leur transport, les moyens de sauvetage. La deuxième partie est un guide de l’infirmière au chevet du malade, indiquant ce qu’elle doit faire : hygiène, régimes, médication, soins aux enfants, etc. Le tout, complété par une table des matières- facile à consulter, répond bien à son titre et forme un recueil de conseils pratiques que tout le monde devrait connaître.
- Guide élémentaire de multiplication et d’éducation des végétaux, par S. Mottet, 20 édition, 1 vol. in-16, 275 p., 110 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 8 francs. Franco, 8 fr. 80.
- Les différents modes de multiplication des végétaux sont d’abord envisagés dans leurs rapports avec les lois de la physiologie générale, puis décrits au point de vue pratique. Les quatre principaux chapitres : Semis, Bouturage, Greffage et Division renferment de nombreuses indications relatives aux divers procédés et moyens d’effectuer chaque opération.
- Le chapitre des greffes décrit quarante sortes de greffes dont la plupart sont représentées par des figures explicatives, la greffe à l’anglaise, la greffe sur racines, la greffe en écusson. Ce livre se termine par des conseils sur la transplantation des végétaux et surtout des arbres. Le tout forme un bon manuel pour les amateurs et les jeunes jardiniers.
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- LA NATURE
- Supplément
- Une statue à Marc Seguin. — Parmi toutes les statues dont la France est hérissée, il n’en est aucune qui soit consacrée au grand inventeur que fut Marc Seguin. Cet oubli invraisemblable va être réparé. Le io juillet sera inaugurée une statue érigée en l’honneur de Seguin, à Annonay, sa ville natale. Marc Seguin est né en 1786. Il était le neveu et l’élève de Joseph Montgol-fier. Il est mort en 1875, et sa longue carrière est remplie de travaux et d'inventions de la plus haute importance : on lui doit les ponts suspendus en fil de fer. Le premier fut construit en 1824 à Tournon, et quelques années plus tard, il en existait plus de 400. On lui doit également l’invention de la chaudière tubulaire, grâce à laquelle la locomotive pratique put être réalisée. Il laissa généreusement cette invention dans le domaine public. La première locomotive de Steplienson, la Fusée, utilisa la chaudière de Marc Seguin.
- Les chemins de fer, du reste, doivent beaucoup à Seguin : c’est lui qui substitua le rail en fer au rail de fonte des Anglais, la traverse de bois aux dés en fer.
- C’est lui aussi qui traça et construisit la première voie ferrée de France, en 1826, entre Saint-Etienne et Lyon. C’était une entreprise fort audacieuse : tout était à inventer et à créer ! Marc Seguin, associé avec ses frères, réussit du premier coup à réaliser une voie susceptible d’une exploitation en vitesse. Elle subsiste aujourd’hui telle qu’elle fut conçue. C’est donc à juste titre que le ministre des Travaux public et les grandes Compagnies de chemin de fer se sont associés à la glorification de la mémoire du grand homme, qui fut le créateur de la technique des chemins de fer. Marc Seguin a du reste publié sur ce sujet un livre célèbre : De l'influence des chemins de fer et de l’art de les tracer et de les construire.
- Marc Seguin n’était pas qu’inventeur et ingénieur, c’était un penseur profond qui explora tous les domaines de la science et de la philosophie; et il y fut souvent un véritable précurseur. Rappelons que dès 1866 il démontrait que la solution du problème de l’aviation ne dépendait que du poids des moteurs.
- Un éclair remarquable.— M. Mercanton, de Genève, nous écrit : « Dans la nuit du 3i mars au i0" avril 1923, un grain orageux très inattendu a balayé la région du Léman, passant sur Lausanne entre 28 h. 3o et 24 heures. Je fus frappé d’emblée par la fréquence et l’aspect insolites des éclairs, presque tous très allongés horizontalement et à faible hauteur au-dessus du lac, avec de multiples coudes mais peu de ramifications. Ayant sous la main un appareil photographique chargé, je m’en saisis et malgré l’absence d’un trépied j’en dirigeai l’objectif démasqué vers le ciel. Pour éviter que la lumière de l’éclairage urbain ne voilât la plaque (As de Trèfle, rapides) je diaphragmai fortement la lentille (Goerz anastigmat, F = ia cm). Au moment où, après l’enregistrement d’un premier éclair, je m’apprêtais à changer de plaque, je fus ébloui par un second, extrêmement remarquable, celui que représente la figure. Le fin linéament au milieu est le premier éclair photographié). Il se développa avec une lenteur (quelques dixième de seconde) telle que j’eus le temps de me raidir et de fixer sur la plaque ses singuliers détails. (Les traînées qui élargissent le tracé sont dues au mouvement de raidissement des bras du photographe.)
- L’éclair était d’un beau jaune d’or. Il présentait à l’œil un chapelet de nodosités brillantes reliées par une ligne de feu continue. La photographie montre qu’il s’agit de sinuosités du tube de gaz incandescent qui donne voie à la décharge; ces coudes* ont une luminosité" plus accentuée. L’éclair semble avoir débuté à l’O.; il s’est étendu vers l’est pour revenir ensuite vers l’O. et s’allonger enfin vers le sud. L’enchevêtrement terminal de gauche est sans doute la projection, sur le plan normal à l’axe de visée (azimut vrai =S.20°0.) des contours de cette portion de la. décharge. Si l’on admet — et c’est un minimum — que l’éclair s’est déployé à quelque 2 km de l’observateur, on constate que sa longueur atteint plus de 6km. A 3 km de distance moyenne, elle atteindrait 10 km.
- Il est bien regrettable que nous n’ayons pas, de tels éclairs, deux vues prises au moyen de deux appareils
- N° 2568 23 Juin 1923
- identiques, distants^die—qu'élque 5o à 100 m. Ils nous eussent fourni le stéréogramme d’éclair qui manque encore à notre documentation iconographique, et cela dans des conditions particulièrement heureuses.
- Je ne saurais trop engager les naturalistes photographes à essayer de telles prises simultanées. Ils
- auront avantage à utiliser un trépied et à rendre la plaque verticale. Il n’est pas nécessaire que les axes optiques des appareils soient parallèles ; ils peuvent converger, même notablement. En revanche ils ne doivent diverger en aucune mesure ; l’effet stéréoscopique serait impossible à obtenir. »
- Le fer électrolytique. — D’une intéressante communication de M. Bouchayer à la Société des ingénieurs civils nous extrayons les renseignements suivants :
- Le fer électrolytique est fabriqué industriellement à Grenoble depuis 1920 par les Etablissements Bouchayer et Viallet, et désigné sous le nom de fer électrolytique Bévé.
- Il se présente sous 3 états : état brut, tel qu’il est au sortir du bac d’électrolyse ; états intermédiaires, lorsqu’il n’a pas été recuit au-dessus de 95o°; état définitif, lorsqu’il a été recuit au-dessus de g5o°.
- A l’état brut, le fer Bévé a un aspect blanc argent, satiné et irisé. La surface est lisse, régulière, moelleuse au toucher. Sa structure donne l’impression d’un grain excessivement fin et serré. Les micrographies donnent l’image d’une structure parsemée d’aiguilles fines ou sensiblement parallèles.
- Dans son état définitif, le fer électro a complètement changé d’allure ; il a l’aspect d’une tôle d’acier ou d’une plaque de feuillard; la structure à gros grains est celle du fer fin de Suède. Sa résistance est comprise entre 28 et 3o kg; sa limite élastique entre 18 et 20 kg et son allongement proportionnel est compris entre 40 et 5o pour 100. C’est donc un métal extra-doux, mais dont on peut modifier les caractéristiques par écrouissage, en lui donnant une résistance de 5o kg, une limite élastique de 4.5 kg et un allongement de 18 pour 100.
- Par ses propriétés physiques, le fer électrolytique se classe d’une façon remarquable dans les essais de pliage imposés aux aciers extra doux par les cahiers des charges des chemins de fer et dans les essais sur barreau entaillé possédant une amorce de rupture. Ses qualités en font un bon métal pour emboutissage, se classant immédiatement après le laiton à emboutir et le cuivre.
- Le métal Bévé est un fer pratiquement pur; il contient 99,9 pour 100 de fer; o,o3 pour 100 de carbone; 0,004 pour ioo de silicium, soufre et phosphore, pas de manganèse.
- Yoici les principales applications actuelles de ce fer : à l’état brut, il est employé, en sidérurgie, comme métal pur pour améliorer la qualité des produits finis ; en Amérique il est également employé à l’état brut pour fabriquer des noyaux de bobines pour appareils téléphoniques.
- A l’état définitif, le fer électrolytique qui est préparé sous forme de tubes, et peut être obtenu sous de très faibles épaisseurs, peut être envisagé pour tous les
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- INFORMATIONS
- emplois qui utilisent des corps creux. Il a été appliqué à la construction de conduites forcées pour usines hydrauliques; il existe à la station de la Haute-Isère une conduite de 200 mm de diamètre, supportant une pression de 100 m. d’eau et dont l’épaisseur n’est que de 1 mm. Les tubes électrolytiques commencent à être employés pour la fabrication d’échangeurs de température à grand rendement : radiateurs de chauffage, cuves de transformateurs électriques, etc.
- On l’emploie pour obtenir des pièces embouties, notamment des bouteilles pour gaz comprimé ; enfin, on envisage son application à la construction de tubes pour chaudières marines, à la soudure autogène comme métal d’apport et à la fabrication de timbres en raison de sa sonorité.
- Rappelons encore que pendant la guerre, les Allemands, à court de cuivre, employèrent le fer éleclrolytique pour lés ceintures de leurs obus.
- .Les poêles, explosifs. — La question a fait grand bruit l’hiver dernier; un grand nombre de poêles domestiques ont donné Heu eu marche à des explosions, entraînant des dégâts parfois considérables et quelquefois même des accidents de personnes. L’opinion publique alarmée a cru tout d'abord à des attentats provoqués par des engins, explosifs dissimulés dans le combustible. Les enquêtes n’ont rien révélé de semblable. Dans un article sur les explosions de gaz dans les foyers et carneaux de chaudières, publié par le Bulletin des Associations de propriétaires d’appareils à vapeur, M. Kam-merer révèle la véritable cause de ces accidents : ils sont dus à des explosions brusques de gaz. Le gaz qui se produit dans un foyer, surtout immédiatement après la charge de combustible frais, péndant la période dite de distillation, est un gaz analogue au gaz d’éclairage. Il est combustible et s’il brûlait aussitôt formé, aucune explosion ne serait possible. Il devient explosif lorsqu’il est mélangé à de l’air dans une proportion bien déterminée. Or, il peut arriver que le gaz distillé ne s’enflamme pas dès sa formation; ce sera le cas lorsque le foyer est à température peu élevée, et que les parties en ignition sont recouvertes par du charbon frais qui empêche les gaz d’entrer en contact avec elles ; si le tirage est réduit, ce gaz s’accumule au-dessus du charbon ; il suffira dès lors d’ouvrir intempestivement une porte du foyer et d’agiter la masse pour que le mélange explosif se forme, et entre en contact avec un point à haute température qui le fait exploser. On a alors de très dangereux retours de flamme et souvent de graves destructions.
- Lorsque des foyers devant marcher en couche épaisse ou à combustion lente sont alimentés par des charbons riches en matières volatiles, au lieu de l’être comme c’est la règle par de l’anthracite ou du coke, on comprend que les conditions sont particulièrement favorables à la production de ces explosions. Comme le rapport du prix des houilles flambantes et de l’anthracite est du simple au double, il ne faut-pas s’étonner, dit M. Kam-merer, qu’il se trouve, comme par hasard, quelquefois de la houille flamblante mélangée à des fournitures d’anthracite.
- La bactériologie agricole. - On se préoccupe beaucoup depuis quelques années des êtres vivants microscopiques qui se trouvent dans le sol et l’on a préconisé la stérilisation de ce dernier dans le but de le rendre plus fertile. Si les expériences pratiques ont donné raison dans beaucoup de cas à ce procédé, l’étude analytique de la flore et de la faune du sol est encore incertaine.
- M. Rossi, professeur à l’Ecole supérieure d’agriculture de Portici, vient de donner, dans la Revue internationale de renseignements agricoles, une bonne étude critique de la question.
- « Si, dit-il, on ajoute des microbes déterminés à un terrain naturel, sur place ou en pot, ceux-ci ont à lutter contre trop de germes préexistants pour que leur action ne soit pas enrayée. Si l’on stérilise préalablement le terrain, on altère profondément sa composition, si bien que l’expérimentation est des plus difficiles et les conclusions qu’on en tire souvent incertaines.
- Par exemple, la nitrification est attribuée aux germes nitrifiants; or, ceux-ci sont toujours en très petit nombre. Or, malgré cela, nous n’hésitons pas à attribuer toute la nitrification du sol agricole à ce peu de germes, les
- seuls capables, pour nous, de nitrifier in vitro ! Et si l’on songe que, pour arriver à faire fixer à un microbe en culture pure, et dans des conditions de milieu qui nous semblent excellentes, des quantités d’azote qui rentrent presque dans les erreurs d’analyse, les bactériologistes n’hésitent pas actuellement à exiger que l’expérience soit faite dans un courant d’azote, et qu’ils demandent également un courant d’air quand il s’agit de faire nitrifier in vitro un peu d’ammoniaque, on est amené à penser que rien ne s’éloigne davantage des conditions naturelles que les conditions expérimentales que nous provoquons, et que nous ne connaissons qu’à grand’peine quelque côté, peut-être négligeable, de certains processus fondamentaux pour l’économie naturelle.
- L’expérimentation serait plus sûre, pratiquée sur des terrains vierges ou mieux encore stériles naturellement. Parmi les premiers, on pourrait utiliser les forêts, les terres nues des montagnes, les réserves des parcs nationaux. Parmi les seconds, M. Rossi a l’idée de suggérer les terrains volcaniques récents, tels que les coulées de laves et de cendres qui entourent le Vésuve, le Stromboli et l’Etna. La formation de laves stériles étant continue dans le cône du Vésuve, on aurait constamment à sa disposition des terres de comparaison avec celles de même nature qui commenceraient à s’ensemencer en êtres vivants. »
- Une culture de Paramécies de 15 ans. —L’Année Biologique vient de rendre compte de la dernière publication de Lorande Loss Woodruff sur ses expériences d’élevage d’un genre d’infusoire cilié. On sait que celui-ci a suivi depuis mai 1907, dans son laboratoire de Yale University, une culture de Paramecium aurelia, avec isolement journalier des individus conservés; il a pu ainsi, pendant les cinq premières années de la culture, entretenir quatre lignées sans observer de conjugaison, et les pousse/1 ainsi jusqu’à la 3o2ie génération. On peut donc dire que le protoplasme de la cellule primitivement isolée a eu virtuellement la possibilité de se diviser d’une manière répétée jusqu’à donner un nombre de cellules représenté par 2 à la3o2i° puissance, et correspondant à un volume égal à 1000 fois celui de la Terre. Ces expériences ont pratiquement démontré la non-nécessité de la conjugaison. Dans les cultures en masse, la tendance à la conjugaison a été faible; les essais faits pour la faire apparaître n’ont eu un premier succès qu’en décembre 1 g 13 ; l’épidémie de conjugaisons suivante eut lieu en juin 1920. L’axamen attentif du taux de division a mis en évidence des rythmes, dont les dépressions correspondent à des processus de rénovation interne de l’appareil nucléaire, désignés par l’auteur sous le nom d’endomixie. Après la découverte de ce fait, il sembla inutile de pousser plus loin l’expérience, qui fut ainsi arrêtée, le Ier mai 1915, à la èoyi0 génération. L’élevage fut cependant continué, avec une surveillance moins continue, mais en reprenant de temps en temps, par un prélèvement exactement suivi pendant 3o jours, une information sur la vitalité de la lignée. On peut' compter qu’en nombre rond, en décembre 1920, après i3 ans et de demi de culture, on était arrivé à 8400 générations !
- La lune influe-t-elle sur les animaux ? — Aristote, puis Pline, l’ont prétendu et longtemps on a accepté leur croyance. Aujourd’hui, on en sourit, mais n’a-t-on pas tort? L'Année Biologique rend compte d’un travail de M. H. Munro Fox, paru dans Nature, où l’auteur affirme l’influence de la lune, tout au moins sur les ouçsms. A Suez, où il observe, les oursins sont pleins (de produits sexuels) à la pleine lune et vides à la nouvelle. Est-ce affaire de marées ? Celles-ci sont si faibles à Suez que ce n’est guère probable. En tout cas, on pourrait expérimenter sur ce fait et supprimer l’action» de la marée en tenant les oursins en boîtes flottantes. D’autres animaux semblent également influencés par la lune, le palolo par exemple et peut-être aussi d’autres vers, mais de façons diverses selon les parages. Il y a une certaine, périodicité lunaire chez la race humaine (Arrhenius) et chey: l’algue Dictyota la connexion est évidente. En outre il existe beaucoup de croyances sur les influences lunaires en apiculture, etc. Que valent-elles exactement? M. Munro Fox, de l’Ecole de médecine du Caire, serait reconnaissant à quiconque lui ferait connaître les croyances courantes à ce sujet dans les divers pays.
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- Un nouveau dispositif d’antenne. — L’utilisation de la T. S. F. à bord des engins de .transport : automobiles, canots, aéroplanes, a suscité des dispositifs originaux pour les antennes et les prises de terre.
- M. Archibald Montgommery Low, du Flying Corps Experimental Work, a breveté une disposition spéciale dont le principe est indiqué par le schéma ci-contre.
- Cette antenne peut s’adapter sur tous les véhicules comportant un moteur à explosion. On utilise les gaz d’échappement au moyen d’un tuyau de caoutchouc A, ou tout autre conduit isolant, le silencieux B, que l’on maintient en position au moyen de supports isolants, de manière à le séparer de la masse métallique du véhicule.
- Les gaz d’échappement traversent ce coffre dans lequel se trouvent aménagées un certain nombre de pointes C, sur lesquelles le courant des gaz d'échappement est obligé de passer avant de s’échapper dans l’atmosphère par le tuyau D.
- L’inventeur a expérimenté que cette disposition assurait la captation des ondes de T. S. F. d’une manière très efficace.
- Ce sont les gaz d’échappement envoyés dans l’atmos-
- Fig. i. — Nouveau dispositif d’antenne.
- phère qui constituent le collecteur d’ondes, permettant d’assurer des communications sous de très grandes distances. L’antenne est naturellement reliée à des appareils appropriés, soit des postes de transmission, soit des postes de réception; et dans le cas delà figure i, elle utilise un appareil transmetteur à étincelles avec montage en induction F.
- La prise de terre, lorsqu’il s’agit d’un canot, est facile à réaliser; elle est délicate avec une automobile, elle l’est encore plus avec un avion. Dans ce cas, on la constitue par un ensemble métallique de fils ou de câbles ayant une grande capacité ou bien des fils métalliques reliés au bâti du véhicule ou entourant les ailes et le fuselage de l’aéroplane.
- Les essais effectués avec ce dispositif ont fait constater l’excellence des résultats obtenus.
- *> Électricité <«*
- Un arrangement ingénieux de piles sèches. —
- Quand une faible lumière électrique fournie par des piles est nécessaire pour l’éclairage, il est souvent désirable d’employer pendant le jour les piles sèches pour d’autres usages, spécialement quand ces piles sont employées pour actionner [de petits appareils.
- Il est mauvais de déconnecter les piles chaque fois que l’on en a besoin. Voici une disposition qui donne une heureuse solution au problème.
- On fabrique une boîte comportant un couvercle à charnières et capable de contenir le nombre de piles en service. Trois ou cinq est un bon nombre. Sur l’un des côtés on place un interrupteur à manette ayant le même
- nombre de contacts qu’il y a de piles, autrement dit un interrupteur multipolaire.
- A une extrémité de la boîte, près du haut, une douille destinée à recevoir une lampe minuscule du voltage désiré se trouve placée. En desspus les deux bornes de sortie sont à l’abri, et près, fie la base un interrupteur à un pôle est placé pour contrôler le courant de lumière et des bornes.
- Les plots et les lampes sont connectés en parallèle et quand on désire employer les plots, on doit donner
- quelques tours à la lampe pour les déclancher; ceci évite l’emploi d’un autre interrupteur. Si on le désire, la lampe peut être supprimée et les fils du système d’éclairage en miniature reliés directement aux plots.
- Une bande de cuir est fixée au couvercle et tient lieu de poignée. Une extrémité du couvercle est munie d’un crochet qui glisse spr une agrafe et permet de maintenir le couvercle fermé ou de l’ouvrir lorsqu’on veut prendre ou vérifier les piles.
- Les piles sont reliées en série, c'est-à-dire que le pôle positif d’un élément va ap pôle négatif de l’autre et pour chaque pôle positif le fil est conduit à l’un des contacts de l’interrupteur multipolaire. Ceci permet de mettre en circuit ou de supprimer au contraire le nombre de piles que l’on veut.
- Les fils sont reliés aux pôles de l’interrupteur en ordre consécutif, de façon que lorsque la lame de l’interrupteur passe sur les contacts, les piles, l’une après l’autre, sont ainsi mises ou retirées du circuit.
- Les avantages que présente cet arrangement de piles sont nombreux : étant dans upe boîte avec une poignée, elles peuvent être aisément transportées, et la commodité que présente la facilité de mettre ou d’enlever les piles du circuit est évidente. On remarquera ainsi que les piles dureront plus longtemps, qu’elles seront toujours prêtes lorsqu’on en aura besoin et qu’aucune
- Fig. 3.
- perte de temps n’est occasionnée lorsqu’on désire les relier ou les déconnecter au moment de les employer.
- Optique
- Lampe polygonale du D1 Polack pour l’éclairage des salles d’opérations chirurgicales. — De nombreuses solutions ont été proposées pour réaliser un éclairage du champ opératoire de telle sorte qu’aucune ombre formée par les instruments et les mains du praticien ne vienne troubler la vision.
- Les Allemands, sans égard pour la complexité, les procédés, ni la dépense, avaient employé plusieurs projecteurs combinés où le système consistait à subdL viser un faisceau lumineux puissant émanant d’un pro-
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- jecteur placé à l’extérieur en un grand nombre de faisceaux secondaires.
- Chacun de ces faisceaux secondaires était reçu par autant de miroirs dont l’orientation était telle que tous les faisceaux venant de divers points se concentraient enfin sur le champ opératoire.
- Installation fort coûteuse et d’une utilisation compliquée à cause des difficultés d’orientation de chaque miroir. En France, l’appareil « scyalitique », imaginé par le Dr Yérain, de Nancy et construit par la maison Barbier Besnard, résolvait le problème d’une façon beaucoup plus élégante et plus simple. Tous les chirurgiens ont vu cet appareil dans les congrès scientifiques et ont constaté qu’on obtenait dans les anfractuosités les plus profondes, dans les replis les plus difficilement accessibles, un éclairage absolument uniforme et exempt d’ombres.
- Le Dr Polack a pensé que cet appareil pouvait encore être plus simplement conçu en utilisant une couronne
- Fig. 4. — Lampe polygonale du Dr Polack.
- lumineuse constituée par la réunion de plusieurs lampes à incandescence en forme de longs tubes cylindriques à un seul filament. L’appareil se présente donc sous l’aspect d’une sorte d’auréole qui plane au-dessus de la tête du chirurgien, 8 lampes suffisent généralement à donner un éclairage convenable dans la majorité des applications, et l’on conçoit que la lumière venant de tous les côtés à la fois concourt à donner une place sans ombre puisque celle qui pourrait se produire d’un côté se trouve atténuée par la lumière qui arrive en sens opposé.
- La couronne lumineuse est suspendue au moyen d’un câble muni d’un contrepoids, l’intensité dépend uniquement de la distance qu’on peut aisément régler, et du rc -ime de fonctionnement des lampes.
- Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions qui décrit le nouvel appareil signale que M. Massiot, s’inspirant d’un premier dispositif créé à la Direction, a réalisé un appareil à 8 lampes et peut étudier des appareils construits suivant les mêmes principes en augmentant ou en diminuant le nombre des lampes, selon les applications recherchées.
- Constructeur : M. Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Fabrication d’un projecteur pour gravures, cartes postales et photographies. — Un projecteur de cartes postales procurera une source illimitée d’amusement
- durant les soirs. La construction de cet appareil n’est pas difficile si l’on peut employer le courant électrique. Deux lampes, de yS watts de préférence, sont nécessaires ainsi que deux loupes. Celles-ci peuvent avoir de 3 à 5 cm de diamètre. Les verres larges donnent une image plus brillante sur l’écran.
- On construit une boîte de bois ou de métal pour contenir les lampes, les lentilles et les réflecteurs. Les
- Miroir
- Support de cartes
- Fig. 5. — Projecteur pour gravures, etc.
- dimensions indiquées sur le croquis conviennent bien, mais elles peuvent être quelque peu modifiées pour s’accorder avec le matériel dont on dispose.
- Le fond, fixé d’un côté par des charnières, s’ouvre complètement pour rendre plus facile le changement de vues. Le support de la carte postale doit être légèrement incurvé pour donner de meilleurs résultats et afin de permettre que toutes les parties de la gravure passent par les foyers.
- Deux réflecteurs sont placés dans chaque coin à l’avant de la boîte ; ils peuvent être en étain brillant, ou en fer-blanc émaillé blanc. L’intérieur de la boîte doit être émaillé blanc (ou peint au ripolin), à l’exception du dos et des tubes des lentilles qui seront noirs. Les tubes des lentilles peuvent être faits en métal ou en carton; on peut aussi trouver deux tubes qui glissent intérieurement l’un dans l’autre.
- Une loupe est attachée à l’extrémité de chaque tube, la plus grande étant placée en arrière. Lorsque l’appareil est bien centré, le tube avec les lentilles larges est fixé solidement en place et le plus petit tube est employé pour régler la distance focale.
- Dans le cas où l’on n’aurait pas le courant électrique, l’amateur peut employer l’acétylène. On place simplement un brûleur ou une petite lampe dans la position des lampes et on emploie une bouteille d’acétylène dissous ou un petit générateur à acétylène.
- On peut montrer tous les genres de gravures, mais elles sont inversées sur l’écran. Ceci n’offre pas d’incon-
- Miroir
- lampe
- Carte
- postale
- Fig. 6. — Coupe du projecteur.
- vénients, à moins qu’il n’y ait des lettres ou des chiffres, dans ce cas, la gravure doit être vue du dos de l’écran par transparence.
- *»> Mécanique
- Compteurs pour les matières granulaires et pulvérulentes. — La recherche du rendement maximum dans les productions industrielles exige un contrôle scientifique de tous les éléments qui interviennent dans les fabrications. Des niesures précises, en même temps que faciles, et si possible automatiques sont indispensables.
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- On installe pour toutes ces opérations des appareils contrôleurs ou enregistreurs qui permettent de se rendre compte, presque à chaque instant, du bon fonctionnement d’une installation.
- Occupons-nous aujourd’hui du contrôle de la consommation du charbon et en général de la mesure du débit des matières granulaires ou pulvérulentes, qui passent dans des transporteurs ou dans des tapis sans fin.
- Un appareil de ce genre, très intéressant, a été imaginé par un ingénieur anglais, M. Lea de Manchester. Il permet d’enregistrer, d’une façon continue, la quantité de charbon qui passe sur la grille, ou qui alimente un foyer à chargement automatique. Il est très simple, d’une construction robuste et d’un fonctionnement sûr.
- Au moyen d’un volet qui peut monter ou descendre d’une quantité plus ou moins grande, on règle la veine de matière qui passe sur la courroie transporteuse. Il est évident que cette quantité de matière qui passe est égale à la section droite de la veine, multipliée par la vitesse de la courroie transporteuse.
- Or la section droite de la veine est égale de son côté, au produit de la largeur de la courroie multipliée par la hauteur de la couche entraînée. La largeur de la courroie est constante, on n’aura comme quantité variable que la vitesse de cette courroie.
- On n’aura donc à enregistrer en fait, que le produit : épaisseur multipliée par la vitesse.
- Cette opération s’effectue simplement par un dispo-
- Fig. 8. — Installation d’un compteur de charbon sur un foyer à alimentation automatique.
- sitif qui permet d’intégrer le produit d’une façon absolument automatique. Si on suppose que l’épaisseur est constante et que la vitesse de la courroie varie, cette vitesse se transmet à un tambour denté sur la moitié de sa surface seulement.
- La ligne de séparation de la partie dentée et de la partie lisse, est alors une hélice, Le tambour tourne
- proportionnellement à la vitesse du tapis transporteur, et il actionne le pignon denté en relation avec le totalisateur.
- Ce dernier inscrira par suite un chiffre qui sera proportionnel à la vitesse de la courroie.
- Si on fait varier [l’épaisseur de la couche de matière, il faut en plus que le petit pignon denté tourne d’une quantité proportionnelle rigoureusement à l’épaisseur de lacouche.
- Pour cela l’épaisseur de la couche, qui est réglée par un volet, commande le déplacement du petit pignon parallèlement aux génératrices du tambour.
- Ce déplacement est réglé de façon que si le volet est fermé, c’est-à-dire s’il ne passe aucune matière sur la courroie, le pignon se trouve à l’extrémité du tambour, à l’endroit où il n’y a aucune denture. Par suite, le totalisateur du compteur restera immobile.
- Lorsqu’au contraire, le volet est ouvert en grand, l’épaisseur de la couche de matières est maximum, le pignon est déplacé jusqu’à l’autre extrémité du tambour, là où la denture se trouve sur toute la périphérie.
- Compteurl
- Trémie
- Vitesse
- Grille mécanique
- Fig. 9. — Schéma de fonctionnement d’un compteur à charbon système Lea.
- Le mouvement du pignon est ainsi continu et il donne par suite au compteur, le débit maximum.
- Quand le pignon se trouve dans des positions intermédiaires, iî engrène naturellement avec un nombre de dents plus ou moins grand, qui dépend de la hauteur à laquelle se trouve le volet et par suite de l’épaisseur de la couche de malière. Ainsi le totalisateur indique des
- jFig. 10. — Détails de l’intégrateur Lea.
- volumes, mais il est facile d’étalonner ses indications d’après la densité de la matière qui passe sur le transporteur, pour obtenir des poids.
- L’appareil placé sur une chaudière à grille mécanique, donne ainsi le poids de charbon consommé.
- On pourrait craindre que l’approximation obtenue par cette méthode fût ingufïîsapfe, et cju[il fût préférable dq
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- procéder par pesées successives, mais le procédé de la pesée est entaché de beaucoup d’erreurs.
- Pour la pesée, la main-d’œuvre intervient, les appareils ou bascules sont sujets eux-mêmes a être déréglés et à avoir un fonctionnement défectueux, auquel on ne peut pas toujours remédier rapidement.
- Le système Lea donne la mesure des matières qui passent avec une approximation de 3 à 5 pour ioo lors-
- Fig. ii. — Détail de la trémie.
- Le volet est relié parmi câble en invar au pignon intégrateur. Une chaîne fait tourner le pignon rlenii-denté à parlir du lapis transporteur.
- qu’il s’agit de charbon, où la grosseur de grains, les différences de qualité, ont pour conséquence des erreurs plus fortes.
- Les expériences faites il y a quelques mois aux ateliers de la Courneuve ont donné des résultats intéressants. Des essais ont été effectués sur des quantités de 5oo kg, pour obtenir la comparaison entre la mesure volume et la mesure poids.
- Cet étalonnage préalable fait, on a mis le compteur en fonctionnement. Le premier essai a porté sur du mélange de poussier de coke et de brai à i5 pour 100, le deuxième fut effectué avec un combustible différent, composé de poussier de charbon très humide, d’un peu de tourbe, et d’une faible proportion de coke.
- L’ensemble des observations relevées a donné pour les séries d’erreurs aux différentes heures, de 0,9 à 3 pour 100 maximum pour le premier essai, et de 0,2 à 2 pour 100 pour le second.
- Des essais on peut déduire des coefficients de poids correspondants aux poids spécifiques pratiques du combustible employé.
- Les bons résultats qu’on obtient donc dans le contrôle du charbon des chaudières ont amené les constructeurs de ce système de compteur, à envisager son emploi pour le contrôle de la manutention mécanique de toutes les matières granulaires ou pulvérulentes.
- Naturellement, il est facile d’appliquer ce système à un appareil élévateur de charbon tout-venant ; le combustible est déversé dans un silo; celui-ci vient à son tour déboucher au-dessus d’un tapis. Le tapis transporte le charbon jusqu’à l’élévateur, et il remplit les godets de cet élévateur.
- Un volet règle l’épaisseur de la couche et commande le pignon du totalisateur. Comme pour une chaudière, la mesure du charbon est obtenue en fonction de l'épaisseur de la couche et de la vitesse du tapis,
- n En règle générale, il faut donc pour la mesure de toutes matières : minerai, grain, etc., transporter ces matières par une toile sans fin, de manière à avoir un volet réglable qui puisse agir sur le totalisateur en fonction de l’épaisseur de la couche, la vitesse du tapis communiquant le mouvement au tambour intégrateur.
- La Compagnie française du Zinc a installé un de ces compteurs pour mesurer la blende pulvérisée, que l’on transporte sur un tapis à raison de deux tonnes à l’heure.
- Comme précédemment, là trémie se déverse sur le tapis transporteur et la largeur de la couche est réglée par les flasques guides. La hauteur de la couche est déterminée par le volet.
- Pour avoir une liaison rigide et précise entre le volet et le pignon de l’intégrateur, on dispose un système de renvois sur lequel passe un ruban métallique formé de métal invar, qui est peu sujet aux dilatations et aux contractions.
- On peut adjoindre à cet agencement des mesures de minerai, un appareil échanlillonueur qui est constitué par une petite chaîne à godets, laquelle prélève à des intervalles fixes et déterminés quelques échantillons de la matière qui passe sur le tapis.
- On a donc un appareil très complet qui permet d’aborder des applications intéressantes et précieuses, particulièrement dans les industries chimiques et les exploitations minières.
- Enfin cette disposition permet de doser également, d’une manière exacte, des mélanges de plusieurs matières différentes. Le principe appliqué d’abord au mélange des combustibles peut être utilisé pour tous les mélanges appropriés de matières.
- C’est ainsi que l’on peut doser la constitution d’un béton, en connaissant à chaque instant la proportion de sable, de ciment et de gravier.
- On emploie pour cela un compteur enregistreur spécial qui porte plusieurs cadrans.
- Le principe des intégrateurs est toujours le même; les cadrans sont indépendants les uns des autres pour le déplacement lougitudiual du pignon, c’est-à-dire pour les épaisseurs différentes de matières diverses qui passent chacune sur le tapis qui lui est propre. La vitesse de rotation des tambours intégrateurs au contraire est la même, car elle dépend de la vitesse du tapis, qui est identique pour chaque matière différente.
- Les cadrans sont donc reliés chacun au volet qui règle le débit; ils enregistrent ainsi chacun le débit de la matière à laquelle ils sont affectés.
- On peut contrôler alors d’ùne façon précise le mélange fait avec différentes matières. L’étalonnage des appareils peut être d’ailleurs conçu soit en poids, soit en volumes.
- On peut également concevoir des totalisateurs qui
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- Fig. 12. — Transporteur-mesureur automatique avec échan-tillonneur ensacheur et compteur enregistreur.
- indiqueront des débits horaires, ce qui qmrmet de régler à l’avance le dosage des mélanges, en déplaçant simplement les volets qui commandent les orifices des trémies distributrices.
- Les applications de ce système de compteur multiple sont évidemment très nombreuses; outre l’exemple pris pour le ciment, on peut envisager tous les autres mélanges de matières pulvérulentes quelconques qu’on rencontrera dans les différentes industries. E. Weiss.
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- VARIÉTÉS
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- LE RAYON VERT
- Notée collaborateur, M. Efîère, nous adresse les observations suivantes :
- Les observations faites dans les Carpathes par M. M. Haret, naturaliste à Bucarest (n° 2557), sont très intéressantes et fort bien relevées, mais elles portent sur un phénomène très différent de celui que les voyageurs ou les touristes appellent le rayon vert.
- Le rayon vert des touristes est instantané et coïncide exactement avec l'instant où le dernier segment du soleil disparaît derrière l’écran; on ne le voit jamais ailleurs qu’en pleine mer, par calme plat, avec un ciel parfaitement clair, sans nuages ni brume à l’horizon; pour le percevoir il faut être doué d'une vue très solide, permettant de regarder, sans fléchir, les restes de l'astre brillant, pendant quelques secondes avant qu’il s’efface.
- Dans ces conditions seulement, au moment même où le soleil disparaît, l’œil perçoit, exactement à la place du dernier contact, une tache verte excessivement brillante et de forme ovale, allongée vers le haut, et plus étroite à l’horizon que l’espace occupé par le diamètre apparent du soleil avant son effacement.
- L’explication du phénomène ne peut faire aucun doute pour l'observateur qui a pu le voir, surtout s’il l’a recherché dans d’autres circonstances; c’est exclusivement la réaction rétinienne.
- La preuve est facile à faire, à la condition d’avoir un second complaisant : celui-ci doit fermer les yeux précisément au moment où l’observateur les fixe de toute sa volonté sous le soleil très bas, disparu pour plus du g/ioe de son diamètre. Au moment où le soleil disparaît complètement et définitivement, jusqu’au lendemain, et où l’observateur perçoit l’éclat vert, un avertissement manuel fait ouvrir les yeux du compagnon, qui ne voit rien autre que l’horizon très lumineux en jaune plus ou moins rougeâtre.
- Le rayon vert n’existe que pour l’observateur ébloui par la lumière solaire qui est toujours assez chargée de rayons rouges même sans brumes à l’horizon.
- C’est donc bien une impression de l’observateur, un phénomène physiologique et non pas un phénomène physique ayant une existence propre.
- La condition essentielle est la brusque disparition du dernier segment solaire en un temps trop court pour que la fatigue rétinienne ait pu cesser. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que l’éclipsement du soleil s’opère en 2 minutes quand il descend perpendiculairement à l’horizon du lieu d’observation, tandis qu’au pôle (sauf les nuages) il faut une trentaine d’heures. Il résulte de là que l’impression « Rayon vert » n’est assez facile à éprouver que dans les régions tropicales : là, d’ailleurs, les calmes sont fréquents, et en réali,té je ne l’ai bien vu que dans les régions de la mer des Sargasses, en plein été.
- J’ai cherché à le retrouver dans les montagnes de Californie et dans celles de la Colombie tropicale, et je ne l’ai pas plus rencontré là que sur le sol français, espagnol ou marocain, et cela ne m’a pas étonné; comme je l’ai dit déjà, il faut l’instantanéité de l’extinction d’une lumière violente, et pour que la disparition d’un segment assez éblouissant s’accomplisse totalement avant le rétablissement de l’équilibre rétinien, il faut un hoi’izon parfaitement rectiligne. Or on ne trouve cette forme d’horizon que sur une mer calme et surtout d’un point un peu élevé rejetant l’horizon à 25 ou 3o km à l’ouest (peut-être aussi trouverait-on des conditions favorables en plein désert de sable fin); mais de faibles dentelures de l’horizon l’empêchent totalement; le dernier segment ne disparaît que par fractions successives et d’ordinaire avec des fractions de retour.
- Il semblerait, d’après ce que je viens de dire, que le rayon vert devrait se manifester mieux encore si la forme de l’horizon épousait exactement celle du bord du soleil au moment de l’occultation, comme il arrive dans une éclipse totale de soleil et comme on peut le reproduire au télescope par le mouvement d’un disque opaque tel que Jansen l’a employé à l’étude des protubérances. Mais sans doute les missions chargées de suivre les phénomènes de ce genre ont-elles trop à faire au moment psychologique pour se préoccuper de cette
- question de faible importance; en tout cas elle n’a pas été signalée à ma connaissance.
- Dans les observations relevées aux Carpathes, il y aurait d’autres remarques à faire. L’un«d’elles est relative à la teinte jaune pure qu’aurait présentée le soleil couchant. Et ce point est inexact; même par le temps le plus clair, il y a une forte proportion de rayons rouges 'dans l’éclat du soleil, assez pour expliquer la teinte verte du contraste; mais, de plus, la lumière jaune pur a pour complémentaire un vert bleuâtre, et tout en ayant fait directement l’observation du rayon vert, je ne saurais pas dire s’il contenait plus ou moins de bleu; quant à la teinte du soleil disparaissant, elle était plus blanche que jaune ou rouge, dans le ciel pur.
- En second lieu, rien d’analogue au vrai rayon vert ne se présente au lever du soleil; il est tout à fait spécial au moment où se termine le coucher. Et c’est là qu’il y a une différence profonde avec les observations de M. M. Haret; pour les phénomènes spectraux qu'il relate, il indique le moment du contact d’un des bords du disque avec l’horizon ou avec Une bande de nuages, soit à l’entrée, soit à la sortie; il s’agit donc là d'une illumination réelle de certaines régions du ciel ou de ses vapeurs, comme au spectre du Brocken, illumination compliquée certainement par des effets de contraste rétinien; d’ailleurs il faut cela pour expliquer comment le vert se montre à l’opposite dû rouge; dans l’arc en ciel, le vert ne forme pas le bord de l’arc, c’est le violet, et si on a plus loin une impression verte, c’est un pur effet de contraste ; la photographie en couleurs est un sur garant qu’il s’agit là d’une illusion d’optique.
- Encore un mot : j’ai dit plus haut que le rayon vert se présente comme un ovale allongé perpendiculairement à l’horizon. J’attribue cette apparence à un effet rétinien spécial dont j’ai souvent observé le caractère en regardant une chute d’eau tombant entre des parois rectilignes ; quand on a regardé pendant quelques instants, une minute ou deux par exemple, l’eau qui tombe, et qu’on porte son regard un peu vite vers la paroi fixe, on voit celle-ci remonter rapidement vers le ciel. Evidemment cette illusion est due à ce que l’œil ou son intérieur a suivi le mouvement descendant de l’eau assez longtemps pour s’y habituer où s’en fatiguer, et réagit contre cet effort. De même î’œil qui a suivi le mouvement descendant du soleil est dans une disposition psychologique convenable pour faire rencontrer le point vert.
- De pareils effets internes sont d’ailleurs fréquents, et le plus remarquable est probablement celui qui fausse le jugement de chacun en regardant le ciel, la lune et le soleil.
- La voûte céleste apparaît à chacun surbaissée dans une énorme proportion ; son rayon de courbure au zénith semble 5 à 10 fois plus grand que celui de la chute de la courbure à l’horizon, ou, si l'on veut, les astres voisins du zénith semblent 10 fois plus rapprochés de nous qu’à leur arrivée à l’horizon.
- Sur cette erreur de jugement il s’en greffe deux autres : l’une c’est la grosseur de la ïunê à l’horizon, où elle devient inférieure à celle du Soleil comparée à notre appréciation vers le Zénith où la différence est faible entre les deux! astres, mais où nous les trouvons une dizaine de fois moins gros qu’à l’hoi izon.
- L’autre, c’est que, si vous demandez à n’importe qui de partager en deux le.quart de grand cercle compris entre le zénith et l’horizon, on vous désigne un astre qui n’est pas à 3o° de hauteur!
- Les instruments de mesure sont là pour prouver qu’il ne s’agit là que d’erreurs de jugement ! Ni le Soleil ni la Lune ne modifient leurs diamètres de 1/20, quand ils arrivent à l’horizon ou au zénith, et l’étoile polaire à Paris, que les instruments fixent à 47° de hàüteür, nous semble à l’œil plus près de jS* qüe de 706 ; c’est-à-dire au sixième de la distance' du pôle à l’horizon au lieu de moitié environ.
- Je dois dire qu’é là cause de notre erreur de jugement est mal expliquée : pour la hauteur on dit bien que la fatigue de regarder en l’air nous fait trouver très dur de lever la tête jusqu’à r/3 de l’espace libre, si bien que nous croyons avoir dépassé la moitié du mouvement total ; pour la distance à l’horizon on dit aussi que
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- VARIÉTÉS
- nous avons des points de comparaison sur le trajet, et que cela nous permet d’apprécier un peu mieux l’éloignement que dans le sens vertical. Cela est médiocrement satisfaisant, cependant il y a du vrai dans ces explications; il me semble bien que les différences entre
- les grosseurs au zénith et à l’horizon sont moins sensibles dans les rues à hautes constructions que dans les campagnes et les villages....
- Mais je me garderais bien d’insister ! c’est trop fugitif. Effèrk.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renséignements qni parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’întérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, réponcRi immédiatement.
- Communication. — M. D. Achard de la Vinte, à Saint-Cyr du Bailleul [Manche), nous adresse quelques renseignements fort curieux sur l'orage d'une extrême violence qui a éclaté le 8 mai 1923 sur une grande partie de la Normandie : Fougères, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Mortain, Tinchebray, Fiers, Messéi, la forêt d’Àndennes, Domfront, etc. Vers 16 heures, une pluie torrentielle, bientôt accompagnée de grêlons de la taille d’œufs de pigeon, transforma bientôt les routes en rivières. Certains grêlons, aplatis, en forme de disques, pesaient i5o grammes environ. A Domfront, les dégâts ont été considérables, les toitures, ardoises, vitres, etc., ayant été brisées par des grêlons encore .plus gros que les précédents, assure-t-on. On en aurait trouvé pesant 400 grammes. Nous donnons ce renseignement sous réserve, comme le fait, avec juste raison, notre aimable correspondant.
- Réponses. — Un abonné. — Th. Bensa : La peinture en Basse Provence, à Nice et en Ligurie. Cannes, imprimerie V. Guiglion, 1909, in-4, 178 p. Préface de G. Ha-notaux.
- M. M. Cambournac, à Àuris [Isère). — Contre les cétoines [Cetonia aurata), qui attaquent les rosiers, plus particulièrement les organes floraux, il n’y a, comme moyen de destruction, que la lutte directe, c’est-à-dire la chasse aux insectes adultes qui se pratique le matin, de bonne heure, alors que les cétoines sont encore engourdies par la fraîcheur. On les recueille sur des draps étendus sur le sol, puis on les plonge dans un seau contenant de l'eau bouillante ou de l’eau dans laquelle on a versé, préalablement, du pétrole.
- Comme moyen préservatif, vous pourriez recourir au soufrage qui consiste à répandre de la fleur de soufre ordinaire, ou du soufre nicotiné, finement tamisé pour en faciliter la dissémination et atteindre surtout les organes floraux, l’intérieur des fleurs; opérer par temps sec et couvert de préférence. Renouveler ce soufrage plusieurs fois pendant l’été et notamment lorsqu’une pluie a entraîné le soufre, mais après disparition de l’humidité.
- Les Stations entomologiques de Saint-Genis-Laval (Rhône), de Bordeaux, de Montpellier et l’Insectarium de Menton (Alpes-Maritimes) peuvent recevoir des spécimens d’insectes nuisibles et indiquer les traitements.
- M. H. G. G., négociant à Castiglione [Algérie). — Achat du poiré de Clécy. Il est impossible de vous indiquer à Clécy même une maison susceptible de vous envoyer cet excellent poiré, mais comme Clécy appartient à l’arrondissement de Falaise, il est presque certain que vous pourrez en trouver chez les trois négociants en cidres et poirés dont les noms suivent : MM. Aubert (Émile), rue Notre-Dame, Aupée (O.), Route de Caen, 3. — Hurel, Place Reine Mathilde, à Falaise (Calvados).
- Pour éviter tout ennui ultérieur,* ayez soin de bien spécifier « Poiré de la Commune de Clécy » et de demander s’il est en état de supporter sans inconvénient, en fût, ce long voyage, ce qui n’est pas certain, tandis qu’il en serait tout autrement, en bouteilles, à l’état de poiré mousseux.
- M. H. van Bomberghen, à Bruxelles. — Si le rideau de votre obturateur de plaque a complètement perdu sa souplesse, il sera difficile d’y remédier. Les recettes indiquées pour assouplir des tuyaux de caoutchouc (im-
- mersion dans un mélange de 2 parties d’eau et 1 partie d’ammoniaque du commerce, ou bien dans la paraffine chauffée vers 8o°) ne conviennent guère à un organe aussi délicat que celui dont il s’agit, et, s’il est par trop endommagé, le seul parti à prendre serait de le faire remplacer; mais le prix qui vous est demandé pour cette réparation nous paraît un peu exagéré. Quant à l’obturation des fissures, elle ne présente aucune difficulté. On passe, à plusieurs reprises, sur chaque trou, une légère couche de dissolution de caoutchouc, en laissant, entre les applications de deux couches consécutives, un intervalle de temps suffisant pour que la dessiccation soit achevée, soit une demi-heure au moins. Lorsqu’on juge suffisante l’épaisseur de caoutchouc ainsi appliquée, on frotte la surface avec du noir du fumée, qui empêche l’adhérence des spires superposées du rideau. Toutefois, cet enduit de caoutchouc a l’inconvénient de former épaisseur, et aussi de devenir poisseux pendant les grandes chaleurs, au point d’entraver ou de retarder le fonctionnement de l’obturateur. Aussi est-il préférable d’employer le vernis noir commun, dit vernis Japon, suffisamment dilué par addition d’un peu d’alcool et appliqué sur les deux faces du rideau au moyen d’un pinceau doux, manœuvré d’abord dans le sens de la trame, puis dans le sens de la chaîne du tissu.
- Abbé Th. Martins, à Pau. — i° Pour faire adapter un oculaire céleste à votre lunette, il faut envoyer le tube porte-oculaire terrestre à un constructeur en ayant soin d’indiquer le diamètre de l’objectif et sa longueur focale. Si vous n’avez pas cette longueur, vous la mesurerez facilement : c’est la distance qui sépare l’objectif de l’image du Soleil donnée par cet objectif et reçue sur une fetiille de papier. Le constructeur pourra vous dire le grossissement à appliquer d’après les chiffres que vous lui ferez connaître. Peut-être sera-t-il nécessaire de faire établir un tube porte-oculaire céleste. Cela dépendra du mode de construction de votre lunette. Vous pourrez vous adresser pour ce travail à M. Manent, constructeur, rue du Parc, à La Croix-de-Berny (Seine).
- 20 Les miroirs du télescope anglais que vous possédez sont très certainement constitués par du bronze spécial, employé autrefois pour les miroirs de télescopes. Ce bronze contient : Etain, 33 parties; Cxrivre, 66 parties. On obtient un métal très dur et très cassant, mais pouvant recevoir un très beau poli. 11 existe d’autres formules dans lesquelles il entre du zinc, de l’antimoine et même du platine, mais il est fort probable que les miroirs de votre télescope ont la première composition. Lorsque ces miroirs sont ternis, comme c’est le cas des vôtres, il faut refaire un polissage complet, c’est-à-dire le travail optique entier des surfaces. La construction de miroirs en \erre, réalisée pour la première fois par Foucault, a été un très grand progrès, malgré la fragilité de cette substance. Lorsque la surface argentée est ternie, on la nettoie par l’acide azotique et on procède à la réargenture du miroir, sans être obligé de refaire la surface optique.
- 3° Nous ne connaissons aucun moyen pour rendre un chien aphone sans intervention chirurgicale.
- M. P: Bourdillet. — Il vous sera facile de récupérer l’essence légère ou gazoline de votre mélange par simple distillation, l’essenCe bout à 7P°-8o0, c’est-à-dire qu’il suffira d’un chauffage modéré, la cire restera comme produit non volatil et pourra trouver un nouvel emploi. Tout alambic courant pourra vous servir dans cette opération : il faut chauffer au bain-marie et prendre toutes précautions utiles pour éviter l’inflammation des vapeurs, en particulier bien séparer par une cloison la cucurbite du serpentin duquel s’écoule le liquide.
- Frère Alban, à Hendaye (Basses^Pyrénées). — Nous regrettons de ne pas couuaîtpe de procédés nouveaux,
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- BOITE AUX LETTRES
- réellement efficaces pour la destruction des punaises, ainsi que nous le disons d’autre part dans la présente Boîte aux Lettres, à M. Gauthier, de Nantes; il faut s’en tenir aux moyens classiques. En ce qui concerne l’attaque des ressorts de sommier par l’acide sulfureux, vous pourriez peut-être l’éviter par un enduisage avant fumigation, au moyen de vaseline'jaune dont le coût est peu élevé.
- M. Alliaume, à Paris. — L’humidité des murs est surtout due à la nature des matériaux employés, dont la capillarité et la teneur saline favorisent l’ascension de l’eau contenue dans le sol, parfois aussi à l’exposition sud ou ouest. Comme il est impossible de supprimer la cause, le mieux est de faire appliquer sur le mur, par un entrepreneur de peinture, des feuilles de plomb très minces que l’on trouve couramment dans le commerce pour cet emploi, on colle ensuite par-dessus le papier de tenture comme d’habitude, l’humidité ne peut ainsi apparaître qu’en dehors des parties protégées.
- M. de Bertren, à Neuilly-sur-Seine. — Le polissage du martre est surtout un travail de patience dans lequel on emploie successivement des abrasifs de plus en plus fins, tels que grès, ponce, potée d’étain; le mieux est de confier la pièce à un marbrier.
- Usines réunies, à Denderleeuw, Belgique. — La colle que vous employez doit probablement être à base de fécule ou de farine, c’est-à-dire qu’elle devient très rapidement acide et l’acidité est cause de la rouille qui se produit ensuite après collage sur boîtes de fer-blanc, nous pensons que la colle suivante alcaline et antiseptique conviendrait plus particulièrement à cette desti-
- nation.
- Colle de Flandre....................ia5 gr.
- Borax............................... 10 _
- Carbonate de soude cristallisé . io —
- Eau ordinaire.......................700 —
- h aire gonfler la colle dans l’eau pendant une .nuit, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter en dernier lieu le borax et le carbonate de soude, employer tiède, bien laisser sécher avant d’emmagasiner ou mettre en caisses.
- M. Coulon, à Martigny (Suisse). —; Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter un sujet aussi étendu que la galvanoplastie. Veuillez consulter l'un des ouvrages suivants : Les métallurgies électrolytiques, par Levasseur, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins ; Galvanoplastie, par Laurencin ; Manuel de galvanoplastie, par Brunei, éditeur, Bernard-Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Roustan, à Saint-Girons. — i° Nous n’avons pas connaissance qu’une maison ait spécialement employé la formule du Laboratoire anglais, mais les mixtures en usage actuellement doivent s’en rapprocher beaucoup; — 2° Le mâchefer est constitué par des silicates plus ou moins fondus, de cette fusion dépend la résistance des fragments ; la substitution du mâchefer aux cailloux pour obtenir un béton ne peut donc se faire avec certitude d’un résultat équivalent; — 3° L’huile de lin que vous devez employer pour imperméabiliser votre toile doit être de l’huile cuite en présense de litharge, c’est-à-dire de l’huile siccativée ; comme pour les peintures, vous pourrez activer le séchage par addition de siccatif, de préférence siccatif liquide.
- M. Pache, à Lausanne. — Les piles dites sèches, employées actuellement, sont toujours construites sur le même type que celles indiquées par votre croquis : zinc extérieur, crayon de charbon central, bioxyde de manganèse et solution de sel ammoniac immobilisée par l’agar-agar, vous n’avez qu’à modifier les dimensions suivant l’usage auquel vous destinez vos piles, les proportions des^ éléments actifs sel ammoniac et bioxyde n’ayant aucune importance.
- M, Ménard, à Nîmes. — Si le cuir de vos chaises n est pas éraillé, il vous suffira d’appliquer d’abord au pinceau, sur les parties claires, une solution suffisamment etendue de brou de noix que l’on trouve toute préparée chez les marchands de couleurs, éviter d’employer une teinte trop foncée et opérer plutôt par couches successives, de façon à raccorder avec les parties environnantes. Apres séchage complet passer à l’encaustique ordinaire (cire et essence de térébenthine). Au cas où le cuir aurait une tendance à se dessécher, passer à l’envers une petite éponge imprégnée d’une solution à parties égales d’eau et de glycérine.
- M. C. Brandi, à La Chaux-de-Fonds. — Pour fixer
- les photographies sur le verre il suffit d’employer une dissolution de gélatine blanche à 5 pour 100. Faire tremper préalablement la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, liquéfier ensuite au bain-marie, appliquer à peine tiède pour ne pas altérer l’épreuve, la plaque étant elle-même à température douce, chasser les bulles d’air au moyen d’un rouleau en caoutchouc, laisser sécher lentement.
- M. Jager, à Montpellier. — i° Nous ne connaissons pas la composition de cette spécialité ; — 20 Cela dépend de la longueur à’onde à recevoir, de l’installation, etc., pratiquement on ne descend pas au-dessous de 2/10°.
- M. J. d’Orfeuilles, à Nantes.— i° Le liquide employé dans les extincteurs dont vous parlez est le tétrachlorure de carbone; — 20 Pour éviter le tartrage il faut épurer l’eau au préalable en précipitant la chaux qu’elle peut contenir. On obtient ce résultat par addition de carbonate de soude et de soude caustique; après sédimentation, on décante l’eau claire qui peut alors être employée sans inconvénient. Quant aux proportions de matières épurantes, elles dépendent de la teneur de 1 eau en chaux, on compte o gr. 77 de carbonate de _ soude Co3Na2 par gramme de sulfate de chaux et o gr. 80 de soude caustique Na OH par gramme de carbonate de chaux à précipiter; — 3° Aucun procédé autre que le démontage n’est applicable dans ce cas.
- M. Descamps, à Berchem (Belgique). — i° La cellophane est, croyons-nous, un acétate de cellulose, dans ce cas, le dissolvant le meilleur serait l’acétone ; — 20 Yous trouverez tous renseignements sur les éthers cellulosiques dans l’ouvrage La cellulose, de Clément et Rivière, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères; — 3° La buée est due à un phénomène d'adsorption, par suite du choc de l’air sursaturé contre les vitres. Les savons anti-buée n’agissent que par la glycérine, laquelle, à cause de son hygroscopicité, empêche la formation des gouttelettes et les résout en nappe transparente, supprimer la glycérine serait aller à l’encontre du résultat cherché; — 3° On obtient les peintures à l’eau dites lavables en ajoutant à du silicate de soude environ 20 pour 100 d’huile de lin, mais on ne peut attendre de ces peintures la solidité des peintures à l’huile, une bonne marque commerciale est « La Briotine », 124, avenue Emile-Zola, Paris XVe.
- M..., à M. — i° Le meilleur moyen d'enlever les taches d’huile sur les dalles consiste à recouvrir celles-ci de plâtre sec. Par capillarité l’huile monte et est absorbée par le plâtre, on change celui-ci après contact de 24 heures et répète l’opération avec du nouveau plâtre jusqu’à disparition complète de la tache. II faut un peu de patience, mais nous savons par expérience que l’on peut obtenir un résultat parfait ; — 20 Aucune amélioration ne!*peut être apportée s’il s’agit de matériaux salpêtrés, la cause est dans la porosité de la pierre et le soubassement du mur se trouvant très probablement dans un milieu riche en sels ammoniacaux, le seul remède serait la démolition.
- M. Adant, à Anduluis (Belgique). — i° Les huiles solubles sont des huiles sulfonées, elles sont surtout consommées en quantités considérables pour l’apprêt des étoffes parce qu’elles rendent les tissus souples sans leur faire perdre la main, tout en se mélangeant facilement avec les genres d’apprêts les plus divers. On peut sulfoner toutes les huiles, mais le type de ces produits est l’huile sulfonée de ricin, que l’on obtient ainsi. A 100 kg d’huile de ricin on incorpore, peu à peu, de façon à ne pas échauffer le mélange, 25 kg d’acide sulfurique à 66° B., on laisse reposer deux jours, puis on lave trois fois avec de l’eau salée contenant la première fois 5 pour 100 de sel marin, la deuxième et la troisième fois 4 pour 100. Après décantation on neutralise avec 10 litres d’ammoniaque liquide. Le rendement est de 60 à 70 pour 100 d’huile soluble; — 20 L’ouvrage Technologie d’analyse des huiles, graisses et cires, par Lew-koyvitsch, vous donnera très probablement satisfaction, ' éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Augustins; voyez également Les graisses industrielles, par Ehrsam, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. L. Requier, à Marseille. — La préparation de Y encre à marquer les sacs ou caisses ne présente aucune difficulté, il suffit de délayer du noir de fumée dans de l’huile de lin cuite. Si on préfère un produit coloré, remplacer le noir de fumée par une couleur minérale telle que le vert Guignet, le minium, etc.
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- J. II. h Brest. — i° Le mélange dépolarisant employé dans les piles type Leclanché est constitué par poids égaux de bioxyde de manganèse et coke à l’état de grains de la grosseur d’un petit pois); — 20 Le zinc doit être bien amalgamé.
- M. Anastaj, à Marseille. -— Pour l’application que vous avez en .vue -. obtention de réclames transparentes à coller sur vitres, il faut commencer par imprimer sur papier, peu chargé, comme d’habitude donner ensuite la transparence par la gomme laque employée dans les conditions que nous avons indiquées dans la « Boîte aux Lettres » du n° 2557, Pa8'e réponse à M. Max Gallez.
- Société Philomatique de Bordeaux. —- Les produits commerciaux suivants pourraient très probablement être employés comme revêtements de planchers, Enboo-lithe, 36 bis, rue Laugier; Xilolithe, 48, rue deReuilly; les fabricants vous donneront tous renseignements sur la possibilité d’emploi eu égard à l’état des planchers, que vous nous signalez.
- M. Vasselin, à Paris. —• Il acide diphènylacétique ayant pour formule (OH5)2 ÇHCO^H fond à 146°, il s’obtient par saponification de son nitrile (OH3)2 CHCAz, par réduction de l’acide benzilique (OH5) C (OH) COOH à l’aide de l’acide iodhydrique et du phosphore en solution acétique, en chauffant le diphényl-chloréthylène (CGH5)2 CCC1- avec des solutions d’alcoo-late de sodium à 180°, réaction qui peut être généralisée. Nous ne connaissons pas d’autre mode de préparation.
- M. Courtois, à Fouquerolle. — Tout d’abord et à notre avis ce serait la meilleure solution, vous pouvez remplacer le bichromate de potasse (prix actuel 8 fr. le kilogramme) par le bichromate de soude à 5 fr. 5o, ce dernier a en outre l’avantage de contenir à poids égal plus d’açide chromique que le bichromate de potasse, c'est-à-dire plus de produit utile. Si cependant vous tenez à employer un autre dépolarisant, vous pourriez essayer de plonger le charbon circulaire dans la solution utilisée pour la pile Oméga composée de :
- Nitrate de soude neige .... yS gr.
- Eau ordinaire.....................1000 c. c.
- Acide sulfurique à 66° B. . . . a5o gr.
- En ce cas, le dépolarisant est, en réalité, l’acide nitrique mis en liberté par l’acide sulfurique.
- Quant au zinc placé dans le vaseporeux, le plonger dans :
- Eau ordinaire.................... 1000 c. c.
- Sel de cuisine.................... i5o gr.
- M. C. S., rue de Provence. —• D’après les indications que vous nous donnez il s’agit très probablement d’une encre d’aniline décolorée par la lumière. La plupart des matières colorantes dérivées de la houille sont très fugaces et, une fois altérées, il est impossible de les ramener à l’état primitif; nous n’entrëvoyons pas de moyen pour rendre utilisable votre encre bleue.
- M. Schoellkoff, à Massevaux. — L'étain est très faci-lement dissous à chaud par l’acide chlorhydrique, tandis que le cuivre dans ces conditions n’est pas attaqué. Il vous suffira donc, pour désétamer votre chaudron de cuivre, de verser à l’intérieur de l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) étendu de deux ou trois fois son volume d’eau, puis de chauffer légèrement. Rincer ensuite abondamment pour enlever le chlorure d’étain, Bien entendu il s’agit de cuivre rouge et non de laiton, ce dernier contenant du zinc serait attaqué comme l’étain.
- M. Heitz, à Mulhouse. — Il y a eu omission typographique dans la recette dont vous parlez ; c’est 5oo cm5 d’essence de térébenthine qu’il vous faut lire dans les Recettes de l'Atelier, page 282 E et non 5o cm5. Observez de bien dissoudre la gutta dans le sulfure de carbone avant d’ajouter l’essence de térébenthine.
- M. Maublanc, à Lille. —~ Nous pensons que la formule qui conviendra le mieux pour Y argenture de vos réflecteurs sur lampes électriques est celle de Martin, modifiée par Mailhat, on prépare les solutions suivantes :
- A. Eau distillée............., . 100 gr.
- Nitrate d’argent cristallisé. . 4 —:
- Nitrate d’ammoniaque. ... 6 —
- B. Eau distillée..............100 gr.
- Potasse pure................ 10 —
- Sucre........................ 4 —
- G. Eau distillée............ 100 gr.
- Sucre....................... 10 —
- Acide tartrique ...... 1 —
- Faire bouillir cette dernière solution pendant 10 minutes, quand elle est refroidie ajouter :
- Alcool à 4oq.................... 10 c. c.
- Eau distillée................... 90 e. c.
- Pour préparer le bain d’argenture prendre :
- Solution A.....................4ooÿc. c-
- — B..................... 400 c. c.
- — G.....................280 c. c.
- On mélange les solutions B et C, puis on verse ce mélange en même temps que A dans la cuvette destinée à l’argenture.
- Bibliothèque de Bouviers. — i° Pour désulfater des accumulateurs, on commence par siphonner l’acide et on le remplace par de l’eau distillée que l’on siphonne à nouveau et rejette. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 3 ou 4 pour 100 et l’on charge. Si à un moment quelconque l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate n’ait pas complètement disparu, on rajoute de la soude jusqutà réaction alcaline. On continue ensuite la charge, de façon que la plaque positive prenne la teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde de plomb. On retire alors la solution de soude que l’on remplace par de l’acide sulfurique à la concentration habituelle et on fait passer le courant jusqu’à ce que l'élément soit chargé; — 20 Le métal que vous nous avez soumis est du cadmium, il s’agit donc très probablement d’une pile du type Wes-ton, dans laquelle le mercure serait remplacé par le plomb et le zinc par le cadmium; dans ce cas, le liquide qui remplit la pile serait du sulfate de cadmium.
- II. T. D., à Marseille. — D’après la loi de Régnault, la tension maxima d’un liquide est atteinte lorsqu’il est à l’ébullition et cette tension est mesurée par la pression atmosphérique ambiante ; par suite, la tension de vapeur la plus faible sera donnée par un liquide le plus éloigné de son point d’ébullition. Sans connaître la réalisation que vous avez en vue, nous pensons que le mercure qui bput à 36o° satisfera à la condition imposée de donner à la température ordinaire une tension de vapeur négligeable. Voici du reste quelles sont les tensions de vapeur du mercure pour les principales
- températures. Degrés Tensions en millimètres
- centigrades. de mercure.
- o° O, 02
- 5o° O, i l
- IOO° 0,74
- i5o° 4, 26
- 200° 19,9° 75,75
- 200°
- 3oo° 24a,i5
- 35o° 663,18
- 357°,25 760,00
- Réunion des Officiers, à Toulon, — Pour enlever
- taches dues à des encres à base de charbon, il faut
- céder ainsi : imbiber la partie tachée d’huile ordinaire ou de tout autre corps gras, beurre ou saindoux; laisser en contact pendant quelque temps, puis laver au savon; les granules de charbon, rendus mobiles par la matière grasse, sont facilement libérés du feutrage des fibres et bientôt la tache disparaît.
- M. Le Grand, à Luisant. --- A notre avis il n’y a aucune relation entre la combustion du pétrole dans votre fourneau et le noircissement des ustensiles en nickel; il s’agirait plutôt d’une sulfuration ayant pour origine la cuisson de certains légumes riches en soufre, tels que choux, choux-fleurs, etc.
- M. Coperan, à Muret. — Le meilleur moyen de conserver la souplesse de votre vêtement imperméabilisé est de l’asperger modérément à l’intérieur avec un peu d’eau glycérinée, par exemple un tiers de glycérine et deux tiers d’eau.
- M. Coste, à Béziers. — Les vins et les marcs sont fortement acides par suite de la présence des acides maiique, tartrique, acétique, etc., une chaudière en fer serait donc très rapidement attaquée; d’autre part, la formation de sels de fer aurait pour résultat de modifier complètement le goiit des produits distillés, il est donc préférable de s’en tenir aux chaudières de cuivre dont l’expérience a consacré l’usage,
- M. Campion, à Jeumont (Nord). — 1° Les savons pour se débarrasser du cambouis sont des savons
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- BOITE AUX LETTRES
- d’acides gras sulfones, additionnée d’un des solvants sui-vants : tétrachlorure de carbone, trichlorure d’éthylène, tétrachlorure d’élhane, toluène, xylène ; — 2° Pour
- obtenir du carbonate de soude cristallisé en partant de la soude Sohyay (carbonate de soude sec), il vous suffira d’en préparer une dissolution telle qu’elle marque 28° Baume à l’ébullition, par refroidissement lent vous aurez de beaux cristaux. — N. B. Pendant l’été tenir à 20 ou 3° Baume au-dessus du chiffre indiqué ; — 3° Nous ne voyons pas de débouché intéressant pour le gras de savonnerie -, — 4° La meilleure protection que vous pouvez donner à vos formes est l’étamage ; — 5° Yoici quelques formules de lessives en poudre :
- Carbonate Soude Silicate Perborate
- de soude. caus- tique. de soude. de soude. Savon. Eau.
- — — — — —
- Phénix . . 40 8 a5 » )) 1)
- Génie. . 5o 7 18 )> » 20
- Salsonate 5o 12 20 b ï) l8
- Persil . . 33 » 7 10 20 ))
- Dixin. . 32 d 3 8,5 38 ))
- M. Armand, à la Suze. — Si les films cinématographiques sont à base de nitrocellulose, on emploie comme colle une mixture analogue à la suivante :
- Celluloïd...................... 25 gr.
- Acétone........................ 40 —
- Acétate d’amyle................ 40 —
- Dans le cas de films à base d'acétate de cellulose prendre :
- Acétate de cellulose............ a5 gr.
- Acétone ........................... y5 —
- M. Croste, à Bayonne. —- Le vernis pour instruments de physique est ainsi constitué :
- Copal pâle finement pulvérisé. . 125 gr.
- Essence de lavande.............25o —
- Essence de térébenthine .... y&o —
- On chauffe au bain-marie l’essence de lavande, puis on y projette peu à peu la poudre de copal à mesure de la dissolution. On ajoute alors par petites portions à la fois et en remuant constamment le liquide, l’essence de térébenthine également chauffée. Avant de revernir avoir soin d’enlever le vernis ancien par passage à la potasse pour éviter les surépaisseurs.
- M. Decupper, à Paris.—Vous pouvez prendre comme type des compositions employées pour enlever les taches sur les vernis de carrosserie les éléments suivants :
- Essence de térébenthine . . . i5o c. c.
- Woodoil........................ 75 —
- Eau ordinaire..................1000 —
- Acide sulfurique................ 25 gr.
- Mélanger d’une part l’eau et l’acide en versant l’acide dans l’eau, d’autre part, l’essence et le Woodoil. Agiter au moment de l’emploi pour émulsionner.
- M. Farigoule, au Puy (Haute-Loire). — i° A notre avis votre batterie est hors de service et vous aurez tout avantage à la remplacer; — 20 La capacité d’un accumulateur est la quantité d’électricité qu’il peut fournir à la décharge quand celle-ci est poussée à la limite pratique de i\75 à i7,8o.
- C = J idt-
- Si le débit est constant oa a C = IT, I représentant l’intensité du courant et T le temps de décharge, on exprime donc cette capacité en ampères-heure. La capacité varie en sens inverse de l'intensité de décharge. Penkert a donné une formule pour le calcul rapide des capacités aux différents régimes de décharge I“T = Constante ~ K, I étant l’intensité constante du courant de décharge en ampères, T la durée de la décharge complète en heures, n une constante, pour chaque type d’accumulateur et variant de 1,2 à 2. On peut ainsi, connaissant/* et la capacité Ct correspondant au régime Ij Tj, calculer la valeur de C., correspondant à un régime I2 T2 :
- La capacité augmente avec la densité de l'acide, passe par un maximum, puis décroît ensuite. La capacité augmente également avec la température d’environ 1 pour 100 par rapport à la valeur à i5° C et par degré centigrade, mais les plaques se détériorent bien plus facilement; — On compte en moyenne par kilogramme de plaque environ o kg yS d’électrolyte, mais ce rap-
- port de 4 à 3 varie naturellement suivant les modèles d’accumulateurs.
- M. Hunebelle, à la Bridja. — Il y a eu effectivement une erreur d’impression dans la recette figurant page 41 des Recettes de l'Atelier, il faut lire 25 gr. de gélatine et non 25o gr. Faire gonfler cette gélatine pendant 12 heures en la couvrant simplement d’eau froide, puis ajouter le restant de l’eàu, liquéfier au bain-marie, mettre l’acide acétique et le bichromate. Tremper le papier dans la solution tiède et laisser sécher à la lumière.
- M. Kien, à Yincey (Yosges). — La laine n’intervient pas au point de vue calorifuge par sa capacité calorifique ou son pouvoir diathermane propre, mais seulement par sa contexture feutrée qui lui permet d’emprisonner une grande quantité d’air, corps mauvais conducteur qui est ainsi immobilisé, on peut considérer que c’est seulement cet air qui joue un rôle dans la transmission de la chaleur. Pratiquement la laine, sous forme de feutre avec une épaisseur de 20 à 40 mm, diminue le rayonnement de 80 à 85 pour 100 par rapport à la source de chaleur non protégée.
- M. Swanstrom, à Stockholm. — T Le palmitate d'alumine a pour composition (C16H5102)3 Al; — 2° On obtient le palmitate d’alumine par double décomposition entre le palmilate de sonde et le sulfate d’alumine, le palmitate d’alumine étant insoluble se précipite; — 3° Les savons métalliques sont pour la plupart solubles dans les matières grasses, ce sont/ donc celles-ci qu’il faut employer comme solvants, nous ne connaissons pas la valeur de cette solution pour la conservation des semelles de chaussures, mais nous croyons que ce sont plutôt les graisses qui agissent en permettant au cuir de garder sa souplesse ; — 40 Les colles au celluloïd se préparent en faisant macérer pendant plusieurs jours du celluloïd dans le mélange suivant ;
- Acétone .................., yS> gr.
- Acétate d’amyle., ....;. 25 —
- La quantité de celluloïd est variable suivant la consistance que l’on veut donner à la colle.
- Dryobalanops. — T Le prussiate jaune est du ferro-eyanure de potassium et non du chromate; il est employé non pour tremper, mais pour aciérer le fer, autrement dit il s agit d’une cémentation. On peut tout simplement pour obtenir ce résultat saupoudrer le métal préalablement rougi de prussiate en poudre fine, mais il est préférable de se servir d’un mélange de prussiate, sel ammoniac, résine et sel de cuisine, l’addition de corne et de suie favorise la carburation du fer, une bonne formule est la suivante :
- Ferrocyanure de potassium. . . 225 gr.
- Sel de cuisine................ 45 —
- Sel ammoniac.................. 45 __
- Corne en poudre.............. i5 —
- Résine ...................... . i5 •—•
- Suie.........., . ‘............ 35 -r-
- Os calcinés et pulvérisés .... i5 —
- La pièce étant préalablement rougie on recouvre sa surface de la composition, puis on chauffe au rouge cerise et trempe à l’eau; suivant la dureté que l’on veut conserver on fait revenir dans les conditions habituelles.
- 2° La tremp.e au plomb pur s’effectue surtout pour les lames de scies,; pour les autres, objets on se sert d’un alliage de plomb et d’étain, amené à fusion; les proportions suivantes peuvent servir de types
- Plomb. Etain.
- Rasoirs, lancettes, canifs Burins, cisailles, bêches Rabots, haches .... Ciseaux, couteaux . . .
- Petits ressorts.........
- Gros ressorts...........
- Lames de scies ....
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- 3oo
- 45o
- 5oo
- 5oo
- 40
- 40
- 40
- 40
- 40
- 20
- Teintes
- correspondantes.
- Jaune.
- Brun.
- Brun pourpre. Pourpre.
- Bleu clair. Bleu foncé. Bleu noir.
- 3° L’ouvrage suivant : Pâtisserie et Biscuiterie, de la Bibliothèque professionnelle de René d’Hommée, vous donnera très probablement satisfaction, éditeur, Baillière, 19, rue Hautefeuille. 4° Pour le détartrage des récipients employer l’acide chloihydrique du commerce (acide muriatique) étendu de trois à quatre fois son volume d’eau, surveiller l’action et rincer aussitôt que le tartre aura été dissous, de manière que l’acide ne poursuive pas son attaque sur le métal.
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- BIBLIOGRAPHIE
- 0§U
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/q pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Le royaume des deux (Un peu du secret des étoiles), par Ch. Nordmann, i vol. 260 p. Hachette, éditeur, Paris, 1923. Prix : 7 fr. 5o.
- C’est un passionnant voyage que celui auquel M. Nordmann convie ses lecteurs à travers les immensités célestes. Guide habile, habitué au grand public, l’auteur sait aplanir tous les obstacles sous les pas de ses compagnons de route, et leur laisser toute liberté d’esprit pour admirer avec lui le spectacle des astres, s’émerveiller devant les problèmes résolus par la science humaine et réfléchir aux mystères profonds qu’ells laisse subsister. L’excursion commence par notre plus proche voisine : la Lune. L’auteur en décrit poétiquement les curieux paysages. Puis, nous passons aux planètes; en est-il parmi elles qui recèlent des êtres vivants ? aucune observation ne le démontre ; les fameux canaux de Mars, en particulier, ne sont que des illusions d’optique, mais l’auteur affirme que la vie peut se transporter d’un monde à l’autre; et en conséquence il croit, comme Fontenelle, à la pluralité des mondes habités. Après les planètes, le Soleil et les actions calorifiques lumineuses, électriques, magnétiques qu’il exerce sur notre globe font l’objet de chapitres captivants. Puis l’auteur nous fait sonder l’immensité et la complexité du monde sidéral, telles qu’elles résultent des plus récents travaux astronomiques ; il montre comment naissent, évoluent et meurent les étoiles ; enfin il aborde l’antique problème : La Terre tourne-t-elle ? qui se pose à nouveau depuis l’avènement des théories relativistes. Et l’ouvrage se ferme sur une profession de foi toute spiritualiste.
- Algebraïc numbers, by L. E. Dickson, H.W Mitchell, H. S. Yandover, G.-E. Wahlin, i br. 96 p. publiée par the National Research Council of the National Academy of Science, Washington, igz3.
- Principes et premiers développements de la géométrie générale synthétique moderne, par Emile Bally, i vol. in-8 raisin, 218 p., avec fig. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 20 francs.
- Éléments de la théorie électro-magnétique de la lumière, par L. Silberstein, traduit de l’anglais par G. Matisse, 1 vol. in-8, 94 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- L’auteur rappelle tout d’abord l’historique des théories élastiques de l’éther lumineux, il montre les difficultés insurmontables auxquelles elles se sont heurtées et qui les ont fait rejeter au profit de la théorie électromagnétique. Il donne de celle-ci un exposé simple et complet, qui exige toutefois du lecteur la connaissance préalable des éléments de l’analyse vectorielle.
- A B C de téléphonie sans fil, par F. Yitus, i vol in-16, 112 p., 41 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1923. Prix : broché, 4 francs. .
- L’auteur a groupé dans ce petit ouvrage tous les renseignements pratiques utiles à l’amateur, laissant délibérément de côté tout développement théorique.
- Les principaux montages actuellement employés sont très clairement décrits, l’ouvrage est complété par la réglementation des installations radio-électriques.
- Guide de graissage (automobiles et bicyclettes), 1 br. illustrée, 64 p. Editée par le Yacuum Oil C°, 34, rue du Louvre, Paris.
- Cette petite brochure, quoique rédigée dans un but
- de publicité, offre un vif intérêt par la clarté, la précision et la justesse des conseils techniques qu’elle renferme. Le problème du graissage intéresse une foule de personnes : cyclistes, automobilistes, qui en connaissent, en général, assez mal l’importance et qui le plus souvent en ignorent, à leur grand dommage, les caractéristiques essentielles ; ils trouveront dans cette brochure la description très claire des divers systèmes de lubrification, l’exposé des conditions auxquelles doit satisfaire un bon graissage, les difficultés auxquelles on se heurte fréquemment dans la pratique et les moyens pratiques pour en venir à bout. Ils y trouveront également d’utiles conseils pour dépister les pannes de moteur et pour y remédier.
- Eugénies, Genetics and the Family, vol. I, 439 p., fig., 26 pl. ; Eugénies in Race and State, vol. II, 472 p., fig., ai pl. Communications scientifiques du a" Congrès international d’eugénique tenu à New-York, en septembre 1921, 2 vol. in-8, Williams and Wilkins Cy. Baltimore. Prix : relié 11 $.
- Ce Congrès fort important avait réuni à l’American Muséum 4°° savants de tous les pays, s'occupant d’hérédité, de statistique, d’anthropologie, d’eugénique. Il débuta par un discours de M. Fairfield Osborn, suivi d’importantes communications d’ensemble par le major Leonard Darwin, Davenport, Cuénot, Jennings, etc., puis d’études variées où nous relevons les noms des Français : de Lapouge, March, Rabaud, etc., parmi ceux des eugénistes américains, anglais, italiens, Scandinaves, etc.
- Les comptes rendus forment deux volumes où l’on trouve les aspects les plus variés du problème eugénique : aspects biologique, anthropologique, économique, social, et, bien entendu, les points de vue les plus nouveaux sur chacune des faces de ce vaste problème.
- Traité de psychologie, par Georges Dumas, avec la collaboration de MM. L. Barat, G. Belot, Ch. Blondel, B. Bourdon, F. Challaye, Ph. Chaslin, Ed. Claparède, J. Dagnan, G. Davy, H. Delacroix, L. Dugas, P. Janet, A. Lalande, J.-P. Langlois, L. Lapicque, A. Mayer, I. Meyerson, H. Piéron, G. Poyer, Et. Rabaud, G. Revault d’Allonnes, A. Rey, A. Tournay, H. Wallon, tome I. 1 vol. in-8, 967 p., 58 fig. Félix Alcan, Parix. Prix : 40 francs.
- Ce Traité, œuvre commune des psychologues français, est un gros effort de mise aupoint et de synthèse. Il comble une lacune : nous n’avions pas, jusqu’à présent, en France, d’ouvrage d’ensemble, clair et complet, qui pàt servir d’instrument de travail, et qui, sur chaque question,; donna à la fois un exposé précis des connaissances actuelles, des suggestions pour des recherches nouvelles et une bibliographie méthodique et détaillée. Ce livre pourra ainsi servir aussi bien aux psychologues professionnels qu’aux professeurs de philosophie, aux médecins aliénistes et neurologistes, aux étudiants de philosophie, de physiologie et de médecine, et à cette partie du public qui s’intéresse aux problèmes de l’esprit.
- Le tome Ie'' traite des objets et des méthodes de la psychologie (Lalande), de l’homme dans la série animale (Rabaud), du poids du cerveau et de l’intelligence (Lapicque), du système nerveux (Langlois et Tournay), du problème biologique de la conscience (Wallon). Puis viennent les éléments de la vie mentale : excitation et mouvement (Dumas et Piéron), sem sations (Bourdon), états affectifs (Dumas et Dugas), images (Barat et Meyerson), excitation psychique et sécrétions (Mayer) ; les associations sensitivo-motrices : orientation et équilibre (Dumas et Claparède), expression des émotions (Dumas), rire et larmes (Dumas), langage (Barat et Chaslin); les formes générales d’organisation : habitude et mémoire (Piéron), association des idées (Dagnan, Delacroix et Dumas), attention (Revault d’Allonnes), tensionpsycho- . logique et ses oscillations (Janet).
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2569 30 Juin 1923
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Matériel de Bureau
- Les appareils duplicateurs. — La reproduction de l’écriture, pour permettre d'éditer commodément des
- A gauche : prêt à servir. — A droite : en position pour être accroché sur l’Isostyle.
- circulaires ou même simplement pour faire des exemplaires multiples d’un écrit quelconque sans passer par
- caractères une feuille pelure pour éviter que la paraffine ne rentre dans les lettres. On frappe un peu plus fort sur la machine, lentement et bien également. Le parchemin sert naturellement indéfiniment.
- Le duplicateur le plus simple, celui à main, est formé d’une feuille tamis avec une tension assurée par un double cadre. C’est ce tamis que l’on imprègne d’encre spéciale tous les cent exemplaires tirés et c’est à la partie intérieure de ce tamis que l’on place la feuille-cliché.
- Dans des appareils perfectionnés, comme l’isographe Delpy, la feuille-cliché est simplement posée sur le tamis, qui, au préalable, a été encré à l’intérieur avec un rouleau gélatine; puis on applique la feuille-cliché qui se trouve tendue et collée.
- On fixe alors un cadre métallique sur lequel glissent verticalement et horizontalement des plaques mobiles. Ces plaques servent à entourer les bords de la feuille-cliché et forment ainsi un cadre extensible pratique quelles que soient les dimensions de ces feuilles.
- La feuille est ainsi maintenue d’une façon simple, sans qu’on ait besoin de la coller et sans qu’on soit obligé de lui donner des dimensions plus grandes que celles du châssis support. De cette façon, on peut se contenter d’un petit morceau de feuille-cliché, quand on n’a à faire qu’une reproduction de 'cette dimension.
- Cette disposition est pratique et particulièrement commode, car elle permet d’entourer toutes les grandeurs des feuilles-cliché et de préserver le papier à imprimer de toute infiltration.
- On place ensuite sur la planchette qui forme le socle de l’appareil une feuille repère qu’on assujettit par une pince à vis. Cette feuille repère permet de placer à une place précise les feuilles qu’on soumet à l’impression.
- Fig. 2 et 3. —
- On place la feuille-cliché à l’intérieur de l’isographe.
- Fonctionnement de l’isographe.
- Le cadre relevé maintient la feuille-cliché, même petite.
- l’imprimerie, n’a disposé pendant longtemps que de la pâte à polycopier.
- La vulgarisation de la machine à écrire a donné encore plus d’importance aux appareils appelés duplicateurs, qui permettentdereproduire l’écriture avec des moyens moins primitifs que ceux qui utilisaient simplement la gélatine.
- Le principe des duplicateurs est le suivant : préparer un cliché ou feuille sur laquelle les caractères sont perforés, qu’il s’agisse d’écriture manuscrite ou de lettres tapées à la machine à écrire. La gravure ou la perforation est naturellement très fine et l’encre passe aux travers des trous imperceptibles ainsi produits, pour venir impressionner la feuille de papier que l’on applique plus ou moins fortement avec un rouleau souple.
- Voyons d’abord comment on prépare, les clichés.
- Pour l’écriture à la main, on emploie une plaque finement striée, appelée ic lime » et on pose sur cette plaque une feuille de papier baudruche, sur laquelle on écrit avec un stylet en appuyant de façon à perforer la feuille finement, mais suffisamment pour laisser l’encre filtrer.
- Pour faire un cliché à la machine à écrire, on enlève le ruban et on nettoie les caractères. On emploie une feuille de papier paraffiné, qui est supportée par un parchemin et on interpose entre la feuille-cliché et les
- On encre la partie supérieure du tamis au moyen du rouleau pour obtenir une reproduction. La première
- Fig. — Tirage d’une épreuve en passant le rouleau.
- épreuve est faite sur papier buvard pour enlever des excédents d’encre qui pourraient se trouver placés entre différents points. La main qui ne manie pas le rouleau aide le cadre à se soulever automatiquement, et retiré ensuite la feuille imprimée. Chaque épreuve est fournie par un coup de rouleau et on peut reproduire les dif-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- férentes épreuves à une vitesse de 800 à l’heure environ.
- Quelques appareils, comme le duplicateur « Météore » par exemple, ont rendu le mouvement du rouleau assujetti à des glissières supportées par le cadre mobile, ce qui donne un appareil qui tend à devenir un peu plus automatique, mais qui, malgré tout, n’a pas la rapidité et le débit des appareils rotatifs.
- Il existe de ces appareils rotatifs très compliqués et impôt-tants qui constituent presque une véritable machine à imprimer.
- Ce n’est pas le fait d’un amateur d’utiliser de telles machines, il doit se contenter d’appareils plus simples. Dans ce sens il faut noter l’Isostyle qui est dû également à M. Delpy et qui produit des épreuves avec une rapidité plus grande que les appareils plats, tout en conservant une netteté qui ne varie pas.
- Comme l’Isographe, cet appareil comporte un tamis circulaire résistant et souple; ce tamis est tendu et il est réglable automatiquement sur deux joues cylindriques. C’est à travers ce tamis que l’encre, distribuée par des rouleaux encreurs intérieurs, se trouve filtrée et égalisée proprement sur le cliché que l’on a préparé au stylet ou sur une machine à écrire.
- On n’a dans cet appareil aucune tôle perforée, ni aucun grillage fixe qui rendent l’appareil inutilisable si ces pièces viennent à se déformer. L’encre employée ést ici spéciale, elle n’est pas trop liquide pour qu elle ne puisse baver sur le papier.
- Le tamis souple a l’avantage d’être démontable facilement et de pouvoir être remplacé en cas de détérioration. Le changement ne demande que deux minutes sans aucun outillage spécial. Le cliché est placé sur le tamis par l’intermédiaire d’une toile quia la propriété de donner une grande finesse d’impression et de garder l’encrage.
- Le mouvement encreur est disposé à l’intérieur du tamis quand ce dernier est monté sur l’appareil.
- Pour cela, à l’arbre central intérieur, est suspendu par des tiges filetées et des boutons réglables un rouleau encreur de même largeur que le tamis. Sur ce rouleau, un autre plus petit s’appuie d’une façon élastique et l’encre déposée par un verseur est laminée entre les rouleaux.
- Enfin cet arbre central peut tourner sur lui-même, de sorte qu’en touchant la petite manette on amène tout le mouvement encreur à la partie supérieure en vue d’un nettoyage facile, si cela est nécessaire.
- On n’a donc pas d’encreurs perpétuels qui donnent des pertes de temps et des encrassements et le mouvement imprimeur est très simple.
- Quand on actionne la manivelle qui fait tourner l’appareil, la came tourne avec la même vitesse et soulève le levier qui s’appuie sur elle. C’est un levier qui commande, sous l’appareil, des bras qui supportent un rouleau imprimeur. Ce rouleau indéformable se soulève, il entraîne le papier qui est imprimé.
- Un plateau qui se soulève également forme plan incliné et aide le papier à glisser directement dans la cuvette.
- Le levier est brisé et il peut s’incliner plus ou moins sur les cames au moyen d’une vis moletée réglable. Ceci permet d’obtenir une pression déterminée afin d’avoir 4 une netteté plus ou moins grande.
- Naturellement il y a à cette pression une limite qu’on ne peut dépasser afin de ne pas détériorer les clichés.
- Le repérage des feuilles à imprimer s’opère par un index, sur un plateau distributeur placé à l’avant de l’appareil. On pose sur ce plateau plus d’une centaine de feuilles.
- Enfin, une pince retient d’une façon ferme le cliché qui ne peut se déplacer pendant le travail.
- A portée de la main et en vue de l’opérateur se trouve
- un compteur qui enregistre le nombre de copies exécutées. Ce modèle permet de tirer jusqu’à 120 copies à la minute sur papier sécheur, ou biendocopies quand on doit encarter chaque copie entre des buvards.
- La prise delafeuille à imprimer est automatique ainsi que le décollage du papier.
- On peut également prévoir l’encartage automatique entre les buvards et même l’alimentation en buvards.
- On a donc ainsi un appareil de petit volume, de complications réduites, tout en présentant les avantages d’une machine très compliquée, mais en y ajoutant les moindres risques
- Fig. 7. — Mécanisme encreur de l’Isostyle Delpy à l’intérieur du rouleau.
- A. — Tapis souple .démontable supporté sur deux roues parallèles li. — Cylindre caoutchouc souple repoussant le tamis.
- C. — Cylindre entraîneur souple en caoutchouc.
- b. — Cylindre recevant l’encrage de la burette pneumatique,
- E. — Axe central.
- t ' F". — Ecrou permettant le réglage du cylindre. .
- H' II". — llessorts tendeurs du cylindre.
- I. - - Toile Triplex démontable, régulatrice d’encrage.
- de dérangement, ce qui se présente d’ailleurs chaque fois qu’on s’adresse à un mécanisme simplifié. E. Weiss.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- ;CSK
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1923 (*)
- L’observation d’une occultation par la Lune est toujours captivante : elle devient d’un très grand intérêt quand l’objet occulté n’est plus une étoile, mais une planète.
- Une occultation de ce genre se produira le 16 août, dans la matinée : la Lune passera devant la planète Saturne. Le phénomène débutera à ioh42m et prendra lin à i ih 4om. La Lune présentera une phase intermédiaire entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier. Elle se lèvera à g11 29™ et sera donc assez haute sur l’horizon.
- Saturne disparaîtra derrière le bord obscur et réapparaîtra derrière le bord éclairé de la Lune.
- L’angle au Zénith de l’immersion sera de 1710 ; celui de l’émersion de 3o3°. Cet angle au Zénith permet de déterminer à l’avance les points de contact du limbe de la Lune et dé Saturne; on le compte dans le sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre à partir du point de la Lune le plus rapproché du Zénith.
- Il y a une très grande différence d’éclat intrinsèque entre Saturne et la Lune : dans une précédente occultation nous avons été frappé de l’aspect gris très sombre de Saturne contrastant avec le croissant lunaire.
- La présente occultation sera difficile à observer et il conviendra d’employer une lunette assez puissante : Saturne se détachera très peu sur le fond du ciel. Remarquer s’il se forme un liséré au bord lunaire, se projetant sur Saturne. La figure 1 donne la marche apparente de Saturne derrière la Lune.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en août, continue de décroître.
- De + i8°i3' le xor, elle tombe à + 8°56'le 31.
- La durée du jour diminue aussi de longueur et de 151’ 5™, le ier n’est plus que de i3h3i,n le 3i.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges (non corrigées par l’heure d’été) lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- siner ses limites par rapport aux étoiles, qui serviront de repères. Il y aurait un grand intérêt à entreprendre l’étude photométrique de la lumière zodiacale et à rechercher si elle offre, ce qui est probable, des variations dans son intensité propre. Enfin, à reconnaître, en supposant ces variations existantes, si elles sont liées à la période undécennale des taches solaires.
- IL Lune. — Yoici les phases de la Lune pendant le mois d’août :
- D. Q. le 4, à i9h22m I P. Q. le 19, à 6h 7“
- N. L. le 12, à nh i6m | P. L. le 26, à ioh29m
- Age de la Lune, à midi, le ior août = i8i,5 ; le 12 août = oJ,o. Pour avoir l’âge de la Lune à midi, pour les jours intermédiaires, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ouïe 12 etpourune heure quelconque, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Ainsi supposons une photographie de la Lune prise le 5 août, à 211, soit 14'' après le 4 août, midi; nous aurons :
- Age de la Lune le ier août midi.................... i8J,5
- Du icr août, midi, au 4 août midi.................. 3J,o
- Du 4 août midi au 5 août, 211 soit 14h ; oj,o4i 7X 14. oj ,6
- Age de la Lune, le 5 août, 2h . ...........12L1
- Ce renseignement est un moyen très grossier d’estimer la phase de la Lune en vue du classement des dessins ou photographies. Un procédé beeucoup ; plus précis consiste à ranger ces dessins ou photographies selon la longitude du terminateur lunaire. Cette longitude peut se déterminer au moyen d’une carte et des objets lunaires où passe le terminateur à un moment donné ; soit encore à l’aide d’un calcul facile dont nous avons indiqué le principe il y a quelques années.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 9 —)— 18° 33'; le 20
- = — i8°3x'. Ces époques marquent le moment où la Lune sera à sa plus grande ou à sa plus faible hauteur au-dessus de l’horizon, lors de son passage au méridien. Pour l’hémisphère austral, ce sera l’inverse.
- Fig'. 1. — Occultation de Saturne par la Lune du 16 août 1923. (Image droite telle qu’on la voit dons une lunette ne renversant pas les objets.)
- Dates. Heure du passage (T. vn. fi.).
- Août iér 1 ih 56m 5i‘
- — 5 1 xh 56m34‘
- — 10 1 ih 55” 5gs
- i5 1ih 55raio‘
- — 20 11h 54m 8‘
- — 25 nh 5am 3S
- —• 3i xih5im 9‘
- Pour les lieux situés en dehors du méridien de Paris, voir le « Bulletin astronomique » paru au N° 256o.
- Observations physiques. — Pour orienter les dessins ou photographies du Soleil, on utilisera les éléments du tableau ci-dessous (voir au N° 255i la signification des termes P, B0, L0) :
- Dates. P B« L
- Août 4 + ii°,88 + 6°,o3 85°,53
- — 9 + x3°,78 -f 6°,35 i9°,42
- — 14 + x5°,58 + 6°, 62 3x3°,3a
- — !9 —|— 170,26 + 6°, 84 247°,23
- — 24 + 18°,83 4- 70,02 i8i°,i6
- — 29 -j- 20°, 26 -j- 7°, i5 1 i5°,io
- Parallaxe et distance. — - Yoici les valeurs de
- parallaxe et de la distance du Soleil pendant le mois d’août.
- Dates. ' Parallaxe horizontale. Distance.
- Août 14 8",69 151 440000 km
- — 29 8", 71 150960000 —
- ÎAimière zodiacale. — On peut la rechercher le matin, avant l’arrivée de l’aurore, le long de l’écliptique. Des-
- i.. Toutes les heures figurant dans ce Bulletin sont données en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à 24\ à partir do minuit. Pendant la période d’application de Vheure d’Eté, augmenter de une heure tous les temps indiqués ici.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 août, à 6h. Parallaxe = 54' i5". Distance = 4o4 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 16 août à ioh. Parallaxe = 5g' 38". Distance =368 33okm.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune. — Le 8 août, occultation de 117 Taureau (gr. 6,0), de oh55m à ih47”.
- Le 14 août, occultation de 89 Lion (gr. 5,7), à 201l4m-Immersion seule visible, la Lune se couchant à 2ob nra.
- Un temps d’une grande transparence atmosphérique sera nécessaire pour observer ce phénomène.
- Le 16 août, occultation de Saturne de ioh42mà nh4om (voir plus haut et figure 1).
- Eclipse partielle de Lune. — Une éclipse partielle de Lune, invisible en Europe, se produira le 26 août. En voici les éléments, d’après YAnnuaire du Bureau des
- Longitudes.
- Entrée de la Lune dans la pénombre .... 8h i2m,o
- Entrée dans l’ombre........................ 9h5im,5
- Plus grande phase.......................io1' 39™, 4
- Sortie de l’ombre.......................... nh27m,2
- Sortie de la pénombre....................i3h 6™,8
- Grandeur de l’éclipse =0,168, le diamètre de la Lune étant un.
- C’est donc là une petite éclipse. Nos lecteurs de l’Amérique du Nord (à l’exception de la partie extrême nord-est), de l’Ouest de l’Amérique du Sud, de l’Australie (sauf la partie sud-ouest) et du Nord-Est de l’Asie pourront observer le début de l’éclipse.
- La fin en sera visible de l’Amérique du Nord (sauf la partie nord-est), du Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, de l’Australie et de l’Asie Orientale.
- Le phénomène sera visible de la plus grande partie de l’Océan Pacifique.
- Nous attirons l’attention de nos lecteurs qui seront à même de YOÎr çeRe pclipsg srir l’importance de l’obser?
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- vation ci-après. M. Danjon, de l’Observatoire de Strasbourg, a signalé la corrélation qui existe entre l’éclat de la Lune dans l’ombre et la phase de la période d’activité solaire. On devra donc porter toute son attention sur l’éclat de la partie de la Lune plongée dans l’ombre de la Terre et noter si cette partie reste tout le temps visible, si elle est rouge ou grise, ou bien si elle est invisible. Pour plus amples renseignements, voir l’article spécial que nous avons consacré à cette corrélation des éclipses et de l’activité solaire dans La Nature, n° 2486, à propos de 1’ éclipse de Lune du 16 octobre 1921.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au moment de la Nouvelle Lune du 12 et de la Pleine Lune du 26. Voici quelques-unes de ces marées pour Brest, avec leur amplitude.
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. 1 _ Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Août 12 3h 44m O ^ 1 00 vx i6h 4m °m,9°-
- — i3 4h 24“ om,94 i6h44m °”%97
- — i4 5h 5“ i" i7h 25m Im,OI
- — 15 5h 45m Im.0I i8h 6m 1“
- — 16 6h 26“ om,98 1 S" 48m om,q5
- — 17 7h iom om,9o 19h m32 o“,85
- — 2 5 3h 7ra om,81 i5h29“ o“,85
- — 26 . 3“ 5om om,88 i6h 8“ om,9o
- — 27 4h27“ °m, 91 i6h 46"' Om,92
- — 28 5h 3“ Om,92 I7h 20m om,gi
- — 29 5h 37“ O 3 OO 17b52“ o“,87
- En raison du coefficient peu important des marées ce mois-ci, le phénomène du mascaret sera très faible en août. III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au
- et la grandeur stellaire de — 3,4 à —3,5. La valeur 1,00 du disque illuminé prouve que la planète, située au delà du Soleil, est éclairée, pour nous, juste de face.
- Mars sera en conjonction avec le Soleil le 8 août. Il est, lui aussi, inobservable ce mois-ci.
- Jupiter sera en quadrature orientale le 3 août, et pourra encore être observé, surtout au début du mois, dans le crépuscule. Il se couche, en effet, de plus en plus tôt à 22h 24“ le 6 ; à 2ih 46“ le 16 ; à 2 ih 10 le 26. On essaiera d’observer quelques-uns des phénomènes suivants :
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 tg1 42“ III E. c. 17 20h 17“ I P. c.
- — [9 5o I O.f. 18 20 49 I E.f.
- — 21 3o III E.f. 20 l9 44 II P.c.
- 4 20 i3 II Im. 2 I 19 25 III O.f.
- 9 20 69 I Im. 22 *9 42 II E. f.
- 10 19 36 I O.c. 25 19 22 I Im.
- — 20 27 III Em. 26 20 4 I O.f.
- — 20 3o I P. f. 29 !9 58 II Em.
- i3 *9 27 II P.f. >9 59 II E. c.
- l9 37 II O.c.
- Saturne est pratiquement inobservable, se couchant le 6 août à 2ih39ra, le 16 à 211' 2“ et le 26 à 20h24m.
- ASTRE Dates : AOUT Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (x) Coucher à Paris ^ Ascen- -sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- I 6 4h 3 jm 1ib56m28‘ 19’’ 2 2œ 9h 2“ + 160 55' 3i'36"o* Cancer
- Soleil . . . 16 4 4f 11 54 5g 19 5 9 4o -b i3 5g 3i 38,4 Lion ))
- ' 26 4 58 11 5a 36 18 46 10 17 + 10 4X 3i 43,2 Lion
- [ 6 5 52 i5 5o 20 4 10 3 + i3 24 5, 2 a Lion } Le soir.
- Mercure. . ) ’-b 6 47 i3 19 19 5o 11 3 + 6 19 5,6 ex Lion ] Sera à sa plus grande
- ' 26 7 27 i3 27 19 28 Il 52 — 0 26 6,4 P Balance élongat, le 2 septembre.
- 6 3 35 11 18 19 2 8 19 + 20 25 9,8 rj Cancer
- Vénus . . . ^ 16 4 2 11 3o 18 57 9 9 -j- 17 3o 9,8 ti-%~ Cancer ; Inobservable.
- r 26 4 31 11 3g 18 46 9 58 + i3 45 9,8 a Lion
- 6 4 32 12 I 19 3o 9 6 17 48 3,4 r:*- Te- Cancer } Inobservable.
- Mars. . . . ! ,6 4 27 11 47 19 6 9 2 9 + 16 5 3,4 7 Lion > En conjonction avec le
- 26 4 23 I I 32 . 18 4l 9 54 + i4 0 3,6 a Lion ' Soleil le 8 août.
- Jupiter. . . 16 11 57 16 51 21 46 14 37 — 14 21 33,4 a Balance Des le crépuscule.
- Saturne . . 16 10 35 UX/ 00 21 2 i3 3 — 4 12 i4,6 0 Vierge Inobservable.
- Uranus. . . i5 19 58 1 33 7 8 23 12 — 6 3 3,6 9 Verseau Toute la nuit.
- Neptune. . 16 4 21 11 38 18 55 9 22 + *5 37 2,4 7 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- moyen des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois d’août.
- Mercure sera visible le soir, à la fin du mois, sa plus grande élongation se produisant au début de septembre, le 2. On pourra le rechercher à partir du 25 août. Il sera bien placé pour être observé.
- Nous donnons la suite du tableau relatif à la phase et à l’éclat stellaire de Mercure.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Août 4 0,9° . — 0,6
- — 9 0,84 — 0,3
- — i4 0,79 — 0,1
- — 19 0,78 + 0,1
- — 2.4 0,68 + 0,2
- — 29 0,61 — 0,4
- Vénus sera en conjonction supérieure avec le Soleil au début du mois prochain. Elle est invisible. Pendant le mois d’août, le disque illuminé varie de 0,98 à 1,00
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 août :
- Grand axe extérieur........................ 36",68
- Petit axe extérieur . ....................... -j- 6",68
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ -j-io°'3o'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -f-I2° 25'
- Voici les dates des élongations dé Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne.
- Dates. Heures. Élongation.
- Août 7
- — 15
- — 23
- i3h, 7 Occidentale.
- i4h, 9 Orientale.
- 13tl, 8 Occidentale.
- Uranus est visible toute la nuit. Il sera en opposition le mois prochain. On le trouvera facilement au moyen de la petite carte que nous avons donnée au « Bulletin astronomique » du n° 256o. Une simple jumelle suffit pour voir et suivre Uranus. On peut même le suivre à l’œil nu à condition d’avoir d’excellents yeux. Avec une
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- forte lunette (au moins o m. 081 et mieux o m. 108) on reconnaîtra son petit disque bleuâtre d’environ de diamètre,
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil le n août, il est par conséquent inobservable ce mois-ci.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ii août, à 221', Vénus en conjonction avec la Lune, à 3° 46' N.
- Le 12, à 1 ih, Mars en conjonction Le 12, à 1 ih, Neptune —
- Le 12, à 15h, Mars — -
- Le 14, à ih, Mercure —
- Le 16, à i2h, Saturne —
- Le 18, à 4\ Vénus — -
- Le 18, à 5h, Jupiter — —
- Le 23, à i6h, Vénus — -
- Le 27, à i3h, Uranus — -
- avec la Lune, à 3°22' N. la Lune, à 20 22'N. Neptune, à o05g'N. la Lune, à o° 3g'N. la Lune, à o® 4V S. Neptune, à o°58'N. la Lune, à 3° 45' S. Mars, à o° 6' N. la Lune, à o° 24' S.
- On peut se demander pourquoi l’on mentionne ici des conjonctions qui, de toute évidence, sont inobservables.
- C’est parce que ces conjonctions permettent de mieux se rendre compte de la marche des diverses planètes sur le ciel et de la manière dont elles se rencontrent sur la sphère céleste, ou encore de la manière dont la Lune les croise dans sa marche au milieu des constellations.
- Etoiles filantes. — Le mois d’août est le mois des étoiles filantes. Plus exactement, c’est un mois de vacances et un mois généralement chaud. La longueur des jours et la température élevée conduisent aux flâneries du soir, la nuit venue. Et l’on remarque ainsi plus facilement les météores célestes qu’aux autres époques. Car on ne doit pas oublier qu’il y a des météores toute l’année, pour qui veut les voir. Cependant, reconnaissons que le mois d’août est un mois très riche en étoiles filantes.
- Voici les époques d’apparition de ces météores, d’après M. Denning.
- i*r-4 Dates. Août Ascens. droite. Déclinaison. Étoile voisine. 290 -)- 36° p Triangle.
- 7-n — 295° + 54° X Cygne.
- 7-12 — 292° + 7°° ô Dragon.
- 8-9 — 5° -f 55° a Cassiopée.
- 9-11 — 44° + 56° r\ Persée.
- 9-i4 —- 9° — 190 P Baleine.
- I2-i3 — 345° -|- 5o° 3o84 Bradley.
- 12-16 — 6in + 48° g Persée.
- 20 et 25 — 6° + ii° y Pégase.
- 21-23 — 291° -j- 6o° 0 Dragon.
- 23-31 — 282° -f- 410 a Lyre.
- 2Ô-3o — 237° + 65° r; Dragon.
- Le radiant de Perséides, surtout actif du 9
- 11. août, donne des météores jusque vers le 22 août. Il se déplace, et à ce moment se trouve dans la Girafe.
- Voir pour l’observation des étoiles filantes les remarques publiées au dernier « Bulletin astronomique » n" 2564, P- i63.
- Etoiles variables.—Minima de l’étoile Algol (p Persée).: 9 août, à ihi5m; 11, à 22h4m; 29, à 2h55m; 3i, à 23h 44m-
- Etoile Polaire. — Passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : Temps sidéral à
- midi moyen de Paris.
- Dates.
- Heures.
- Août 9 4h 18“ 24s
- — 19 3h 3gm i5s
- — 29 3h om 5S
- Passage.
- Supérieur
- 9h 7m49%9 9h47m i3%4 ioh 26“ 38s,g
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le Ier août, à 2ih, sera le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon (v, 0, g) ; la Lyre (s, Ç, 6, 7]) ;
- Hercule (a, y., p, g5, 5).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire) ; Cassiopée (y), t) ; Andromède (y, M. 31 ) ; le Cocher, à l’horizon.
- A VEst : Le Cygne (p, 0, g, 61e) ; l’Aigle (y, i5 h); le Dauphin (y, S, 2078); Pégase (~, e, 1) ; le Verseau ; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire (£, v, 54 e1, M. 8); le Scorpion (a, v, p, cr1, t) ; Ophiuchus (70, 67).
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier (g, tc, g); la Grande Ourse (4, v, 23 h). Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Compteurs granulaires (nD2568) : M. Albanèse, 24, rue de Londres, Société Alba.
- Appareils duplicateurs : Delpy, 17, rue d’Arcole; Météore (A. Mellée), 74, rue Turbigo, Paris.
- Réponses. — DT Tixier, à Tours. — Le seul moyen économique dont vous puissiez disposer pour enlever le bitume adhérent à des feuillets de parquet relevés est de les décaper au grattoir après chauffage à la lampe à souder, d’une façon analogue à celle qui est pratiquée pour l’enlevage des vieilles'peintures.
- A notre avis, il serait préférable d’envisager le réemploi, dans les mêmes conditions, c’est-à-dire sur nouveau bain de bitume lequel présente de grands avantages au point de vue de la conservation du parquet et de l'assainissement de la pièce.
- M. M. Alliaume,'k La Varenne (Seine). — i° Le repolissage du marbre s’effectue par ponçage en se servant d’abrasifs de plus en plus fins, sable, potée d’étain, etc. Ce travail est long et fastidieux, le mieux est de remettre la pièce entre les mains d’un marbrier. 20 On peut toujours avec un peu de patience et d’attention trouver Vemplacement de la fourmilière en suivant les allées et venues des bestioles; verser alors par l'ouverture une émulsion de savon noir et de pétrole, puis reboucher le trou, cette opération doit être faite le soir quand la colonie est au complet, le moyen est
- radical, nous en avons fait l’expérience. 3° Tous les parfums peuvent être employés dans les appareils dits ozonateurs. Habituellement, on fait une solution de 20 gr. d’essence de verveine dans un litre d’alcool et on colore par un peu de vert malachite ou un mélange de carmin d’indigo ou de safran. On peut, suivant les préférences, remplacer l’essence de verveine par la même quantité de terpineol ou par i5 gr. d’essence de géranium. 4° Le Tungar est un excellent appareil, mais la mise au point, assez délicate, doit être faite par.une personne expérimentée en électricité ; la soupape électrolytique est bonne, mais demande un entretien constant, prenez plutôt un redresseur rotatif, du genre de celui vendu par la maison Hervé, 76, boulevard Garibaldi, Paris.
- M. Guillemot-Saint- Vinebault, à Paris. — Il ne faut pas compter revernir- directement vos barreaux de lit en cuivre, car il se formerait des surépaisseurs du plus fâcheux effet, d’où nécessité de dévernir préalablement en appliquant au moyen d’une vieille brosse de la potasse des peintres ; après grattage et rinçage revernir avec un vernis du commerce de bonne qualité, qu’il sera plus économique d’acheter tout prêt, la préparation des vernis demandant certains tours de main (pyrogénation des copals), dont la non-observation expose l’amateur à un insuccès.
- M. Widmann, à Versailles. — Le moyen le plug pratique de se rendre compte de la qualité d’un lait, sans procéder à une analyse de laboratoire, est de se servir judicieusement du densimètre en opérant ainsi : on prend la densité du lait tel qu’il se présente après l’avoir mélangé doucement par retournement du récipient, sans produire de mousse, et on note la température ; au moyen d’une table rendue avec le densimètre, on ramène cette densité à i5° C, le lait de vache pur; c’est-à-dire non mouillé, ni écrémé, a une densité com-
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- prise entre 1029 et io33. On remplit alors une éprouvette de 100 cm3 jusqu’au trait 100 de ce même lait bien homogène, puis on laisse le tout reposer dans un endroit frais pendant 12 heures, la crème monte alors à la surface et il est facile de lire sur la graduation l’épaisseur qu’elle présente, un lait non écrémé doit fournir ainsi xo à 12 cm3 de crème. Enfin, au moyen d’une petite cuiller on enlève avec précaution toute cette crème et on reprend la densité du liquide sous-jacent, le lait ainsi privé de sa crème doit avoir une densité de io32 à xo36. Si le lait a été mouillé, il en résulte une diminution de la densité qui la fait sortir des limites indiquées précédemment. Bien entendu, dans le cas d’un lait très riche en crème, il faudrait tenir compte que celle-ci a pu motiver un chiffre plus faible dans la première observation. Tout densimètre peut servir aux essais, mais on vend spécialement, sous le nom de lactodensi-mètre, un densimètre qui porte en outre de 3 en 3 divisions les indications 1/10 — 2/10 — 3/io d’eau, ce qui rend les constatations plus faciles. Le contrôle, tel que nous venons de l’indiquer, n’a pas la rigueur d’une analyse chimique, mais il peut fournir de très utiles renseignements.
- M. Requillart, à Saint-Cloud. — Dans les conditions que vous indiquez : confection de petits objets en ciment, le meilleur moyen d’éviter l’adhérence dans les moules est de paraffiner le bois en immergeant celui-ci bien sec dans un bain de paraffine fondue, jusqu’à ce que les bulles d’air aient cessé de se dégager. En prenant de la paraffine brute, c’est-à-dire non raffinée, et laissant bien égoutter les moules au-dessus de la chaudière pendant que le produit est encore liquide, le prix de revient de l’opération sera très raisonnable et vous y gagnerez une conservation prolongée desdits moules.
- M. R. B., à Grenoble. — Tout essai de régénération des agglomérés dë piles Leclanché serait beaucoup plus coûteux que le rechargement, le bioxyde de manganèse en grains vaut actuellement 2 francs le kilog, le prix du coke est négligeable, adoptez la solution la plus économique et la plus rapide.
- M. Mulot, à Saint-Mandé (Seine). — Dans notre n° 2463, nous n’avons nullement dit qu’il s’agissait du O’Cédar, nous signalions même n’avoir pas encore eu l’occasion de l’analyser, il ne pouvait donc y avoir de confusion, nous pensions seulement d’après le mode d’emploi que ce pouvait être une encaustique à la cire.
- C. A., Loire. — Une des meilleures encres à marquer le linge est celle à la paraphénylène diamine qui s’obtient en mélangeant au moment de l’emploi les deux solutions :
- A. Paraphénylène diamine. . . 5 gr.
- Alcool à brûler.............. x5 —
- Dextrine...................... 5 —
- Eau ordinaire................ i5 —
- Dissoudre la paraphénylène dans l’alcool, la dextrine dans l’eau tiède et réunir :
- B. Chromate jaune dépotasse . . xo gr.
- Eau ordinaire tiède.......... i5o —
- Pour l’usage prendre parties égales de A et de B, bien mélanger et marquer le linge avec un tampon en caoutchouc. La coloration ne se développant que par oxydation à l’air ne se montre que peu à peu, mais finit par donner un beau noir, très solide au lavage, sans qu’il y ait altération du linge.
- Mme Thury, à Berkeley, Californie. — Les indications que vous nous donnez : pâte plastique devenant aussi dure que la pierre, sont insuffisantes pour nous fixer, .veuillez nous envoyer un échantillon du produit en question, avec mode d’emploi détaillé.
- M. Melen-Leroy, à Lœuilly (Somme). — i° Vous trouverez toutes indications pour le désulfatage des accumulateurs dans la réponse que nous avons faite dernièrement à la Bibliothèque de Louviers, ou dans le n° 2543, page 212 de la Boîte aux Lettres, réponse à M. Lecot, à Nangis. 20 La maison Chenal et Douilhet, place de la Sorbonne, pourra vous procurer fil de plomb pur, ainsi que tissus de verre et d’amiante.
- M. Bogenez, à Vertus (Marne). — L’ambre ou succin, résine fossile, provenant principalement des bords de la Baltique, n’est soluble que dans la proportion d’un tiers dans la plupart des dissolvants : alcools éthylique et méthylique, benzine, acétone, chloroforme, tétrachlorure de carbone, aniline, essence de térébenthine, mais sa solubilité devient presque complète par pyrogénation et
- chauffage à feu nu. C’est pourquoi les Allemands, qui se sont spécialisés dans la fabrication des vernis au succin, opèrent une distillation préalable qui fournit de l’acide succinique et se servent ensuite de l’ambre fondu pour l’obtention d’enduits qui présentent l’inconvénient d’être durs, cassants et toujours très colorés. En conséquence si vous désirez fabriquer un article de ce genre il faudra effectuer au préalable un traitement pyrogéné ou prendre l’ambre fondu pour que la solubilisation soit presque entière dans les essences ou les huiles. A titre documentaire voyez l’article que vous avons publié dans La Nature, en 1910 : L'Industrie de l’ambre.
- M. Lataste, à Santiago, Chili.— Le bureau technique du journal Le Cuir, 54, rue de Bondy, à Paris, vous foui’nira les renseignements les plus complets sur la fabrication des cuirs à semelles et d’une manière géné-rale sur tout ce qui concerne le tannage et la- mégisserie. Abonnement d’un an pour l’étranger, 64 francs.
- M. Viguier, à Juan-les-Pins. — Le badigeon simple ne peut avoir de grande adhérence avec le support, cette adhérence n’étant due qu’à la formation de carbonate de chaux peu résistant, le badigeon à la gélatine est donc
- de beaucoup préférable. Prendre : Pâte de chaux éteinte. . 10 kg.
- Blanc d’Espagne. . . . I
- Sel marin 5 —
- Eau ordinaire 100 litres
- Gélatine (colle forte). . 5 kg.
- Faire goufler la gélatine en la mettant macérer pendant une nuit dans une partie de l’eau (10 litres environ), liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter successivement la chaux, le blanc d’Espagne et le sel, finalement étendre avec le reste de l’eau. Pour obtenir un bon résultat employer le badigeon encore tiède.
- M. Bourg, à Bordeaux.— 1° Il n’existe pas de procédé pour absorber l’azote à froid et sous la pression normale. 20 On peut métalliser les bois par voie électrolytique, mais cette méthode ne présente pas la simplicité de procédé Schopp, 48, boulevard Haussmann. 3° La sciure de bois peut effectivement être agglomérée soit par la gélatine formolée, soit par des résines, l’emploi que l’on a en vue pour le produit moulé guide dans ce cas sur le choix de l’agglomérant à employer.
- M. S., à Bordeaux. — 1° Le siccatif en poudre renferme comme produit essentiel un sel de manganèse, acétate, sulfate, borate, etc. Ce sel employé seul aurait une trop grande activité dans l’oxydation de l’huile de lin (transformation de l’acide linoléique en acide linolé-nique), c’est pourquoi on le dilue dans une poudre
- inerte, généralement du sulfate de chaux, on peut prendre comme type de composition :
- Borate de manganèse .... 6 gr.
- Sulfate de manganèse.... 4 —
- Blanc de zinc,.............10 —
- Sulfate de chaux .... . 80 —
- Tous ces pi’oduits sont finement broyés ensemble, puis le mélange est tamisé afin d’enlever les grains dont l’effet serait nuisible à la peinture à laquelle le siccatif est ajouté tel quel. 2° Le siccatif liquide est une dissolution de résinate de manganèse dans l’essence de térébenthine :
- Résinate de manganèse ... 3o gr.
- Essence de térébenthine. . . 70 —
- Il a l’inconvénient d’être coloré, c’est pourquoi on ne peut l’utiliser pour les peintures blanches, on se sert alors dans ce cas du siccatif en poudre.
- M. Vignals, à Montauban. — Si le cuir de vos chaussures est éraflé, comme votas l'indiquez, l’application directe d’un vernis ferait des taches plus foncées à l’endroit où les éraflures ont rendu le cuir spongieux. Pour éviter cet inconvénient il suffit avant de vernir de faire un encollage léger avec de la gélatine ou plus simplement de la colle forte un peu épaisse; après séchage on polit légèrement au papier de verre et on vernit avec un vernis pour cuir composé par exemple de :
- Copal Sierra Leone............a5 gr.
- Huile de lin décolorée .... 45 —
- Essence de térébenthine. . . 3o —
- Matière colorante d’aniline
- pour corps gras .... quantité suffisante Eu égard à la difficulté de préparation des vernis aux copals (pyrogénation), nous vous conseillons plutôt l’acquisition d’un vernis du commerce de bonne qualité. M, Orlhac, à Paris. — i° La fprrpulè suivante vous
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- BOITE AUX LETTRES
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- donnera très probablement satisfaction pour écrire sur
- celluloïd :
- Gomme laque.................. x5o gr.
- Borax........................ 2 5 —
- Eau ordinaire............... 1000 —
- Après dissolution à chaud de la gomme laque dans le liquide boraté ajouter jusqu’à consistance suffisante un mélange par parties égales de noir d’ivoire et indigo en poudre. 20 Les agglomérés de,liège sont le plus souvent préparés par gélatine formolée ; bien que la réalisation puisse comporter des variantes, la méthode ci-dessous peut servir de type. Préparer une solution de :
- Colle forte ..... . . . ioo gr.
- Glycérine.....................ioo —
- Eau ordinaire ................5oo —
- Mélanger ensuite, le liquide étant mcore chaud, avec
- Poudre de liège..............2800 gr.
- Comprimer fortement en moules graissés, laisser refroidir complètement, puis plonger pendant plusieurs heures dans une solution de formol à 20 pour 100, la gélatine devient ainsi tout à fait insoluble dans l’eau.
- M. H. Riso, à SanLorenzo (Pai-aguay).—• L’extraction de l'acide stéarique (vulgairement stéarine) en parlant du suif comporte deux opérations successives, la saponification ou dédoublement des corps gras en acides gras et glycérine. Ensuite séparation mécanique de l'acide stéarique solide à la température ordinaire d’avec l’acide oléique liquide. La saponification la plus simple est celle par la chaux, on introduit dans un autoclave 2000 kg de suif, 1 m3 d’eau et un lait de chaux contenant un poids de chaux représentant les 2 à 3 centièmes du poids du suif. On chauffe à la vapeur à 8 kg de pression, la température monte à 1720, il se forme un savon de chaux et la glycérine est mise en liberté. On maintient la pression pendant 8 heures, après quoi on laisse la température s’abaisser à environ x3o°, on ouvre le robinet de vidange et laisse d’abord s’écouler l’eau chargée de glycérine que l’on envoie dans un bac spécial, puis on reçoit le savon de chaux dans un bac doublé de plomb et on le décompose par de l’eau acidulée au moyen d’acide sulfurique, les acides gras ainsi libérés montent à la surface du liquide chauffé par un courant de vapeur, on les enlève et lave à l’eau bouillante, puis on les coule dans des moules où ils se solidifient. Les acides gras retirés des moules sont jaunâtres, on les soumet à froid à une forte pression par une presse hydraulique après les avoir enfermés dans des sacs de laine. Cette pression est élevée graduellement jusqu’à 200000 kg, les 9/10 de l’acide oléique s’écoulent dans des rigoles, on enlève ce qui reste par compression à chaud, c’est-à-dire que les gâteaux sont placés entre des plaques creuses en tôle chauffées à 4o° par la vapeur et comprimés par une presse hydraulique horizontale, l’acide oléique ainsi extrait sert à fabriquer les savons mous. Quant aux gâteaux restant dans les sacs, ils sont blancs, sauf sur les bords que l’on ébarbe, on lave les gâteaux à l’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis à l’eau pure. Si l’acide stéarique est destiné à la fabrication des bougies, ce qui est généralement le cas, on y ajoute après fusion un peu de paraffine pour empêcher la cristallisation et on coule dans des moules légèrement coniques constitués par un alliage de plomb et d’étain.
- M. le Dr Nain, à Taroudant (Maroc). — i° Les sortes commerciales d’ambre sont l’ambre de Kumst, luisant jaune pâle ou verdâtre, parfois veiné de blanc, l’ambre Baterst, jaune citron non transparent, l’ambre dit couleur d’os, blanc mat ou présentant un aspect mixte, certaines parties étant mates, d’autres transparentes, l’ambre couleur d’agate, présentant les caractères de ce minéral, l’ambre Schlaubig, très impur, contenant de nombreux débris organiques, enfin l’ambre nuageux. La variété Kumst est utilisée pour fabriquer les fume-cigarettes et les embouts de pipes, le Baterst sert à faire des colliers, celui couleur d’os est très recherché en Russie pour articles de fumeurs, l’ambre impur n’est employé que pour les produits inférieurs, quant à 1 ambre nuageux on peut le rendre transparent en le cuisant dans de l’huile de navette. De toutes ces sortes, l’ambre transparent est le plus estimé et le plus recherché pour les articles de luxe. Aucun prix ne peut être fixe d avance, car il dépend de l’offre et de la demande ainsi que delà qualité de la marchandise. 20 Pour écrire sur le fer-blanc on se sert d’une solution de nitrate de cuivre à 10 pour xoo que l’on peut préparer très faci-
- lement en attaquant du cuivre par de l’acide azotique. Le fer-blanc étant souvent gras à la suxfface il est. indispensable, pour que l’encre prenne bien, de le frotter avec un tampon imprégné de blanc d’Espagne. 3° Le dépolissage du verre à vitre se pratique à l’acide fluor-hydrique ; dans une cuve en plomb on fait une bouillie de fluorure de calcium et d’acide sulfurique en remuant avec une baguette également en plomb, puis rapidement on couvre la cuvette avec la vitre à dépolir; lorsque l’on juge que l’attaque est suffisante on rince à grande eau. Opérer de préférence en plein air afin de ne pas absorber de vapeurs d’acide fluorhydrique. 4° Les gargoulettes deviennent imperméables par l’obstruction des pores de la poterie, ce sont des algues microscopiques du type sulfuraire qui en sont cause ; le meilleur moyen de remédier à cet inconvénient est de faire bouillir dans une solution de potasse caustique à 5 pour xoo ou pratiquement à 10 pour 100 de potassium des peintres. (Lessive de soude caustique à 36° B-) Bien entendu i-incer abondamment pour éviter tout goût de lessive. 5° Le tannage n’empêche pas l’invasion des Dermestes {Attagenus pellio) ni de la teigne des fourrures (Tinea tapezella), les précautions à prendre consistent essentiellement dans des battages fréquents, un enveloppement complet des fourrures afin d’empêcher les femelles de venir y pondre, enfin dans l’emploi d’insecticides tels que le pyrèthre courant ou le formol; dans ce cas, les articles doivent être enfermés dans une caisse hermétique pour éviter l’évaporation; ce dernier que nous avons expérimenté nous a donné dans ces conditions de très bons résultats. 6° Nous pensons que le mastic ci-dessous conviendrait pour joindre les carreaux de votre terrasse et éviter les infiltrations :
- Brique pilée.................3oo gr.
- Lithargc. . 100 —
- Céruse...................... 100 —
- Huile de lin.................5oo —
- 70 Veuillez vous reporter pour l’extraction de l’acide citrique au long article que nous avons publié à ce sujet dans la Boîte aux Lettres du n° 2549, 10 février 1923, p. 47i réponse à la Bibliothèque municipale d’Alger. »° Le greffage dont vous parlez ne présente rien de particulier par rapport aux méthodes habituelles, l’époque dépend des conditions climatériques locales. 90 L’extraction de l’essence de citron se pratique comme celle de toutes les essences par distillation en présence de vapeur d’eau, on sépare ensuite l’essence surnageante au moyen d’un récipient florentin.
- Geneviève, à Laon. — i° Nous ne vous engageons pas à entreprendre le dégraissage d’ensemble d’une robe, celte opération s’effectue en plongeant toute la pièce dans un bain de benzine et il faut, à cause de l’évaporation, disposer d’un tambour rotatif heixmétiquement clos dont seuls les professionnels peuvent disposer; quant au peignoir en flanelle de coton, un bain tiède monté au carbonate de soude (cristaux) suffira à la condition de ne pas fouler ce qui produirait un feutrage du tissu. 20 En ce qui concerne la teinture d’une robe de soie, la première observation s’applique également, si en principe il suffit de tremper une étoffe dans un bain approprié dont nous vous donnerions volontiers la fo: -mule; en pratique, la connaissance de certains tours de main est nécessaire pour réussir et obtenir un uni satisfaisant; le mieux est de confier l’article'à un teinturier. 3° Réparation de l’ébonite : Amener à fusion en prenant les précautions d’usage contre l’inflammation, 100 gr. de colophane, jusqu’à ce qu’elle commence à émettre de la fumée, ajouter peu à peu en remuant 5o gr. de gutta percha coupée en petits morceaux, couler le mastic ainsi obtenu dans des moules. Au moment de l’emploi faire fondre et appliquer chaud sur les parties à joindre, serrer fortement pendant que le ciment est encore liquide, enlever les bavures et laisser refroidir. 40 Les ustensiles d’aluminium se nettoient à la brosse dans, une solution chaude à 5 pour 100 de cai’bonate de soude (cristaux) ; si on désire du brillant, il faut ensuite polir à la potée d’étain. 3° Les bronzes d’art étant patinés et les bronzes dorés vernis, tout astiquage aurait pour résultat de les détériorer, on doit se contenter de passer une éponge imbibée d’eau de savon, légère et tiède, pour enlever la poussière et les souillures de mouches, puis on essuie avec un linge fin. 6°Manuel du Peintre, Couleurs et Vernis, tomes I et II, par Coffignier. Manuel de menuiserie, par Godeau, éditeur Baillière, 19, xue Hautefeuille.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- ) Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. '
- Le Ciel, par A. Berget, illustré sous la direction de L.Rudaux. i vol. grand in-4, 3ia p.,6oograv., 2 cartes et 8 pl. en couleur; 16 pl. hors texte. Larousse, éditeur, Paris 1923. Prix broché : 5o francs.
- L’astronomie est la plus ancienne et la mère de toutes les sciences ; c’est celle qui a exercé l’influence la plus profonde sur la pensée humaine ; ses applications pratiques sont innombrables et d’une importance primordiale. Et cela justifie les efforts de tous ceux qui, à l’exemple des Arago, des Flammarion, font effort pour mettre cette science et ses progrès à la portée de tous. Le nouveau livre du professeur Berget appartient à cette catégorie d’ouvrages et mérite à tous égards la faveur du grand public ; c’est un vaste tableau, soigneusement ordonné, de l’ensemble de nos connaissances actuelles sur les divers corps qui peuplent l’espace et sur les lois qui président à leurs mouvements et à leur évolution.
- L’exposé est toujours limpide, et de compréhension facile ; des figures schématiques, extrêmement ingénieuses, facilitent les démonstrations ; une admirable illustration photographique ajoute encore au charme du livre. Il débute par une description générale de la voûte céleste ; puis vient l’étude de la terre : rotondité, rotation, mesure du temps, pesanteur, attraction universelle, mouvement autour du soleil, saisons ; vient ensuite la description du soleil, puis celle de la lune?, l’explication des éclipses et des marées. Delà nous passons aux planètes, puis aux comètes, pour aborder ensuite les mondes plus lointains des étoiles et des nébuleuses. Dans un curieux voyage à travers l'espace, l’auteur étudie la passionnante question de la vie dans les autres planètes. Un chapitre spécial initie le lecteur à l’emploi des instruments et des méthodes astronomiques et géodésiques. On trouvera également dans ce captivant ouvrage l’exposé des conceptions nouvelles sur la structure, l’origine, l’évolution des mondes, le passé et l’avenir de laTerre, et comme conclusion un aperçu sur les théories de la relativité.
- Les phénomènes thermioniques, par Eug. Bloch (Recueil des Conférences-Rapports sur la Physique). 1 vol., ni p., 24 fig. Editeurs : Les Presses universitaires de France. Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- En deux conférences, fortement nourries. M.E. Bloch a réussi à résumer, avec une remarquable clarté et sous une forme attrayante, l’essentiel de nos connaissances actuelles sur les phénomènes thermioniques ; c’est un chapitre tout récent de la physique, mais déjà fort touffu et d’une extrême importance par les applications pratiques et théoriques qui en ont été tirées. Les phénomènes thermioniques comprennent les émissions de charges électriques négatives ou positives par les corps incandescents. Aperçus dès i853, par Becquerel, puis par d’autres physiciens, observés à nouveau par Edison, ils n’ont donné naissance à des études méthodiques qu’à partir du jour où, vers i8g5, les études de J.-J. Thomson, sur le passage de l’électricité dans les gaz, permirent de les rattacher à la théorie générale de l’ionisation. Dès lors, les progrès sont rapides;Richardson, Langmuir analysent les faits et les applications jaillissent : la merveilleuse lampe à 3 électrodes naît et ses applications prennent une ampleur inattendue. M. Bloch développe les théories émises pour expliquer les phénomènes thermioniques, il indique les dispositifs employés pour les étudier, et il expose les résultats expérimentaux obtenus, tout d’abord, pour l’émission électronique pure dans le vide presque absolu, puis en présence de gaz qui donnent lieu, en particulier, à de très curieux phénomènes chimiques, il étudie également l’émission d’ions
- positifs par les métaux ou les sels chauffés dans le vide et dans les gaz, sujet très complexe qui exige encore, pour être bien éclairci, de laborieuses études ; il termine par un résumé des principales applications actuelles des phénomènes thermioniques.
- L’adaptation et l’évolution, par Etienne Rabaud. i vol. in-8, 284 p., 81 fig. Collection de synthèse scientifique, Etienne Chiron, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- L’idée d évolution est actuellement acceptée par tous, mais les tendances opposées se retrouvent quand il s’agit du mécanisme de l’évolution et les discussions renaissent sous une forme un peu différente. A la base de l’évolution se trouve nécessairement l’adaplation, et c’est sur elle que porte le principal effort. Les uns soutiennent l’adaptation lamarckienne, d’autres l’adaptation darwinienne, d’autres tentent de faire triompher la préadaptation que l’on peut entendre de plusieurs façons.
- La question valait d’être reprise. C’est ce que M. Etienne Rabaud, professeur à la Sorbonne, fait dans ce nouveau volume où il examine les théories proposées et constate qu’aucune d’elles ne satisfait aux données du problème, car toutes sont, presque exclusivement, des théories morphologiques. Envisageant alors le point de vue physiologique, l’auteur montre que l’adaptation n’implique ni formes, ni fonctions spéciales, qu’elle se réduit de la seule possibilité de vivre. Prise de ce biais, l’évolution devient intelligible et se dégage de toute finalité.
- La Vie Cellulaire. Eléments de Cytologie, par Félix Henneguy. i vol. in-16, 160 p., 12 fig. Collection Payot, Paris. Prix cartonné : 4 francs.
- Cet ouvrage s’adresse à ceux qui désirent avoir une notion de la constitution et du fonctionnement de la cellule, ainsi qu’aux débutants dans l’étude des sciences biologiques.
- L’auteur résume en un petit nombre de pages l’état actuel de nos connaissances en biologie cellulaire. Les manifestations vitales de la cellule, ses réactions à l’influence du milieu et ses relations avec le monde extérieur sont traitées avec clarté et précision. Les faits relatifs aux constantes cellulaires sont exposés avec assez de détails pour qu’on puisse saisir l’importance de ce nouvel ordre de recherches. Toutes les questions qui sont du domaine de la biologie générale, telles que la différenciation et la spécificité cellulaire, la constitution des éléments reproducteurs, la localisation des caractères héréditaires, etc., sont indiquées. ^
- Le Savant, par le professeur Charles Richet, i vol. in-16, 128 p. Hachette, Paris. Prix : 5 francs.
- La librairie Hachette a eu l’idée d’éditer une série de « Caractères de ce temps », à la manière de La Bruyère, en s’adressant pour chaque milieu et chaque condition à l’homme le plus représentatif : Barthou pour la politique, Hermant pour le bourgeois, Lou-cheur pour l’homme d’affaires, Pierre Mille pour l’écrivain, etc. ; Richet, enfin, pour le savant.
- Le professeur Charles Richet est le type du grand savant : riche d’idées, audacieux dans ses' recherches, vivant loin des sentiers battus, ce qui lui a permis de découvrir la sérothérapie, l’anaphylaxie, cent autres faits riches de conséquences importantes autant qu’imprévues. Il n’est pas jusqu’à sa curiosité des mystères occultes de la métapsychie qui ne fasse de lui la figure la plus originale des biologistes de notre temps. Indépendant, arrivé au sommet de la gloire, ayant connu tous les savants de sa génération, il a réuni leurs portraits et ses propres opinions dans ce petit livre où les pages savoureuses abondent : telle la visite académique du candidat, la silhouette du savant néophobe, et bien d’autres. Derrière le type conventionnel du savant, il nous montre l’homme, les hommes avec leurs caractères et leurs valeurs, parfois si différents de leurs œuvres. Et, dans son propre exemple, on trouve le type d’un savant fertile et de l’honnête homme, j
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- LA NATURE
- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE — 1923
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Accidents du travail : Congrès de prévention..................
- Acétone en Tehéco-Slovaquie...................................
- Acide pyruvique : applications. . . - •'...............
- Aéroplane auxiliaire du pécheur...............................
- — et protection des forêts..............................
- Alcool amylique en Tehéco-Slovaquie. . .......................
- — de figues de Barbarie.................................
- — propylique désinfectant...............................
- Alimentation allemande : statistique..........................
- Allemagne : statistique alimentaire...........................
- — : utilisation du lignite..............................
- Alliages ultra-légers au magnésium...................•• • • •
- Aloès : fabrication des pâles à papier........................
- Aluminium : nettoyage des récipients..........................
- Amérique du Sud : expérience d’exportation de bovins . . .
- Anesthésie : effets sur les arbres transplantés...............
- Araignée pêcheuse.............................................
- Arbres : anciennes marques françaises en Alsace.................
- — transplantés : effets de l'anesthésie.................
- Arsenicaux en France..........................................
- Association française pour l’avancement des sciences : Congrès
- de Bordeaux ...............................................
- Astrophysique : bourse Jacques Yignon.....................
- Automatisme : curieux phénomène chez l'homme..................
- Automobiles : statistique mondiale............................
- — : T. S. F. . .........................................*
- Avieltc : traversée de la Manche..............................
- Avion sous le cercle polaire..................................
- — sans pilote..................................
- — : traversée d’un continent............................
- Bactériologie agricole........................................
- ljarnard : nécrologie.........................................
- Bateaux parisiens : T. S. F...................................
- Benzène : inconvénients pour caoutchouc.......................
- Bétail : sciure de bois, aliment..............................
- Bibliothèques les plus grandes........................... . . .
- — de Paris : inventaires des périodiques scientifiques . .
- Blé perdu.....................................................
- Bois de chêne : résistance....................................
- — : coefficient de rétrécissement au séchage............
- — : coloration artificielle.............................
- — : coloration Sur pied.................................
- Bonnier : nécrologie..........................................
- Boutons de celluloïd : industrie française....................
- Bovins : expérience d’exportation en Amérique du Sud . . .
- Broadcasting : programme national.............................
- Californie : nouveaux champs de pétrole.......................
- Camions à gazogènes : concours................................
- Canalisations en fer ou en plomb?.............................
- Canons qui bombardèrent Paris.................................
- Caoutchouc ; assouplissement..................................
- — : nouvelle coagulation du latex.......................
- 186
- 74
- 109
- 74
- 97
- 74 66 51 18 18
- 145
- 89 1
- 90 90 66 66
- 196
- 66
- 54
- 186
- 125
- 18
- 97
- 146 151
- 75 155
- 18
- 191
- 97 146 158 118 146 158 186
- 66
- 98 178
- C6
- 65
- 109
- 90
- 153
- 65
- 90
- 145
- 185
- 177
- 117
- Caoutchouc : inconvénients du benzène et du tétrachlorure de carbone................................................
- — : production et consommation..........................
- Cap Guardafui : pourquoi pas de phare?........................
- Celluloïd : boutons : industrie française.....................
- Cellulose : vernis, industrie française.......................
- Chaleur : matières isolatrices................................
- Chapellerie : sécrétage des poils.............................
- Chauffage industriel : Congrès................................
- Chêne : résistance du bois....................................
- Chinchillas...................................................
- Chronométrie : Congrès de 1923................................
- Ciment : peinture à fresque...................................
- Cobalt : nouveaux gisements...................................
- Coloration artificielle des bois................
- — des bois sur pied.....................................
- Conférences par T. S. F.......................................
- Congrès chronométrique de 1923................................
- Coqs à plumage de poule.......................................
- Couture : travail dépensé. . .................................
- Désinfection par l’alcool propylique.....................
- Dessiccation électrique des fourrages . . . . ................
- Dewar : nécrologie............................................
- Dirigeable auxiliaire du pêcheur..............................
- Dirigeables aux Etats-Unis....................................
- Eaux de Javel : conservation............................. . . .
- Éclair remarquable............................................
- Éclipse de soleil et théorie d’Einstein.......................
- Écoles en Syrie...............................................
- Écritures sur papier carbone : déchiffrement..................
- Einstein : théorie et éclipse de soleil.......................
- Électricité : laboratoire français d'essais à 1 million de volts.
- Électrogénétique.................................................
- Eléphant nain.................................................
- Engrais : action sur l’acidité des terres.....................
- — : époque favorable d’application .....................
- États-Unis : dirigeables......................................
- Éther : fabrication.............................................
- Explosion d’Oldebroek.................. . '............
- Exposition des inventeurs de la Loire.........................
- — de physique et de T. S. F.............................
- Fauves : marché à Saigon......................................
- Figues de Barbarie : alcool...................................
- Figures de soul’lle...........................................
- Fer cleclrolytiquc . . . •....................................
- Forêts : protection par aéroplane........................ . . .
- Fourrages ; dessiccation électrique...........................
- Fruits du poirier : curieux cas de prolifération ......
- Gazogènes : concours de camions...............................
- Germination et lumière de la lune.............................
- Globules rouges du sang.......................................
- Graissage : huiles voltolisées................................
- 138
- 98
- 125
- 109
- 109
- 50 117
- 34
- 66
- 117 138 157
- 65 178
- 66 75
- 138
- 51 2
- 51
- 118
- 125 74
- 157
- 169
- 193
- 137
- 66
- îio
- -157
- -17
- 185
- 177 154
- 74
- 137
- 34
- 49
- 126
- 178 74 66
- 145
- 195
- 07.
- 115
- 98
- 90
- 51
- 178
- 89
- Supplément au n* 2569 de La Nature du 50 juin 1925.
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Groenland : expédition suisse................................
- Hache préhistorique : étude chimique.........................
- Hélium : usine aux États-Unis................................
- Homme : curieux phénomène d’automatisme......................
- Huiles de graissage voltolisées............................ . .
- Huile de pin.................................................
- Huîtres riches eu zinc ......................................
- Ile nouvelle.......................................
- Inventeurs de la Loire : exposition..........................
- Isolants de la chaleur.......................................
- Journal à Mo'cou : prix......................
- Laboratoire d’essais de T. S. T..............................
- — français d’essais électriques à 1 million de volts . . .
- La Haye : poste de T. S. F...................................
- Lampes thermioniques de 100 kw et 1000 kw....................
- Latex : nouvelle coagulation.................................
- Leucilc, source de potasse...................................
- Lignite : utilisation en Allemagne...........................
- Lumière artificielle : culture des plantes...................
- Lune et germination..........................................
- — : influe-t-elle sur les animaux ?....................
- Magnésie : action stimulante sur la végétation...............
- Magnésium : alliages ultra-légers............................
- Manche : traversée en molo-aviette...........................
- Manganèse : action stimulante sur la végétation
- Météorologie : curieux phénomène.............................
- Mineurs ensevelis : communications par T. S. F...............
- Montessus de hallore : nécrologie ...
- Moscou : prix d’un journal...................................
- Moulage centrifuge des tuyaux de béton.......................
- Nécrologie : E.-E. Barnard . . . ................
- — : G. Bonnier.........................................
- — : Sir James üewar. . ............................
- — : Montessus de Ballore...............................
- — : Rœntgen............................................
- — : Van der Waals......................................
- Neige à Paris................................................
- Nice : poste de T. S. F............................ 73;
- Nitrate de chaux : production et commerce....................
- Océan Pacifique : populations................................
- Oiseaux : protection....................................
- Office national des Recherches et Inventions.................
- Oldebroek : explosion........................................
- Opéra transmis par T. S. F..............................5ô)
- Pacifique : populations...............................
- Papier de fibres d’aloès.....................................
- Paramécies : culture de 15 ans...............................
- Paris : neige................................................
- Pêche : aéroplane et dirigeable auxiliaires................
- Peinture à fresque sur ciment................................
- Périodiques : inventaire des bibliothèques de Paris..........
- Pétrole : nouveaux champs en Californie......................
- Phare au Cap Guardafui ; ; .
- Phosphates de chaux, de fer et d’alumine : valeur fertilisante ...................................................
- Physique : appareils d’enseignement à l’exposition...........
- — : exposition.................................... ,
- Pin : huile...........................................
- Plantes : culture à la lumière artificielle..................
- Pluie artificielle...........................................
- Poêles explosifs........................................
- Poils : procédés modernes de secrétage.......................
- Poirier : curieux cas de prolifération des fruits............
- — remarquable.....................................
- Pèle : avion............................................
- Pompe à vapeur du xviue siècle...............................
- Population : mouvement dans les 10 départements envahis
- Populations de l’Océan Pacifique.............................
- Potasse de leueite......................................
- — : méthode de dosage rapide.................
- Prix Emil Chr. Hansen........................
- T26
- 178
- 89
- 18
- 89
- 177
- 170
- 125 120
- 50
- 126 146
- 17
- 151
- 17
- 117
- 65
- 145
- 9
- 51 194
- 146 89
- 154
- 146
- 185
- 89
- 137
- 126
- 169 97
- 65 125 157
- 73 109
- 66 125 171)
- 52
- 170 52 49 89 52
- 1
- 194
- 66
- 74
- 137
- 138 65
- 125
- 34
- 186
- 178
- 177
- 2
- 89
- 194
- 117
- 98
- 170
- 73 33
- 110
- 52
- 65
- 74 52
- Radiotéléphonie : émissions..................................
- — aux ütats-Unis........................................ .
- — : horaire des émissions..................... I. 53,
- — : nouveau poste......................................
- —• : service allemand...................................
- — transatlantique : essais réguliers................. . .
- Raisins : préparation industrielle de sirops................. .
- Religions en Syrie...........................................
- Reportage par T. S. F........................................
- Rœntgen : nécrologie. . . ...................................
- Saigon : marché de fauves....................................
- Sang : globules rouges.......................................
- Sciure de bois, aliment du bétail............................
- Séchage des bois : rétrécissement............................
- Secrétage des poils : procédés modernes........................
- Seguin : statue......................................... . . .
- Silice : influence sur la fertilisation des terres...........
- Sirops de raisins : préparation industrielle. . .............
- Son : propagation et changements de temps....................
- Souffle : figures............................................
- Sulfate de cuivre : production et commerce...................
- Syrie : écoles. . ...........................................
- — : religions..........................................
- Tanins synthétiques..........................................
- Tchéeo-Slovaquie : alcool amylique et acétone................
- T. S. F. sur bateaux parisiens...............................
- — : changement de longueur d’onde des concerts de la
- S. F. R............................................
- — pour communiquer avec les mineurs ensevelis....
- — : concerts publics...................................
- — : concours transatlantique...........................
- — : conférences........................................
- — : émissions de l’École supérieure des P. T. T. . . .
- — : essais transatlantiques réguliers de radiotéléphonie .
- : expériences sur ondes très courtes.................
- — : exposition.........................................
- — : horaires des émissions.................... 1,37,
- — : nouveau laboiatoirc d’cssaL........................
- — : leçons.............................................
- — : nouveau poste d’émission' . .................• • •
- — : poste d’émission de l’Ecole supérieure des P. T. T. .
- — : poste de la Haye...................................
- — : poste de Nice.................................75,
- — : programme de broadeasting..........................
- — : réception sur automobiles..........................
- — : réception en radiotéléphonie de postes américains. .
- — : reportage ...................................
- — : subterfuges dans la guerre navale..................
- — : transmission d’un opéra..........................39,
- Téléphone en France et à l’étranger.............................
- Téléphonie sans fil à travers l’Atlantique................oô,
- Télévision......................................................
- Tétrachlorure de carbone : inconvénients pour caoutchouc. .
- Transplantation d’arbres anesthésiés..........................
- Turbines hydrauliques les plus puissantes.....................
- Tuyaux de béton : moulage centrifuge..........................
- Van der Waals : nécrologie....................................
- Végétation : action stimulante des sels de magnésie et manganèse .......................................................
- Vernis cellulosiques : industrie française....................
- Vins : récolte en 1922 .......................................
- Vinification : nouvelles méthodes.............................
- Vol à voile de 7 heures.......................................
- — : record...............................^..............
- Yougo-Slavie : divisions administratives......................
- — : productions agricoles...............................
- — : races et religions..................................
- — : voies de communication..............................
- Zinc : teneur des huîtres.....................................
- Zirconium : principales applications..........................
- 154
- 154
- 49
- 125
- 154
- 117 2
- 51
- 169
- 73
- 74 178
- 118 98
- 117
- 193
- 177
- 2
- 73
- 145
- 177 66 51
- 1
- 74
- 146
- 109
- 8!)
- 154
- 75 73
- 154
- 117
- 109
- 178 49
- 146
- 146
- T46
- 65 154
- 125 153 146“
- 117 169 169
- 89 185
- 49
- 169
- 138
- 66 -50.
- 169 109
- 146
- 109
- 90
- 177 18 49
- 118
- 178 138
- 126
- 170 97
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accord en T. 8, F. : appareils i , 67
- Accouplex............................................ _ i^2
- Allumeur pour chalumeaux..........................!... '38
- Antenne........................................................ gg
- — : nouveau dispositif.................................. , ' jgg
- Appartement original........................................ T48
- Al'rêt tilisspa............................................... 3
- Arrêt de porte........................................ • • • 54 -
- Astronomie : construction et emploi des petits instruments . 19
- Attaches Cercle...............................................140
- Auto-dressor de chaussures.................................... 46
- Automobile: explorateur des bougies. .............; . . 127
- Bain-marie électrique............. . . . '.........• 135
- Batterie de piles économique................................... 4
- 214
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-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Bleus : tirage par l’éleclrograplie Rex.....................111
- Bonbons : distributeur......................................
- Bouchon-fiche................................................... 38
- Bougies d’automobile : explorateur..........................127
- Bouton arriére pour faux-col................................... 140
- Bretelles : nouveau système. . . ...............................136
- Cadre........................................................... 13
- Cadre de réception..............................................147
- Calcul : enseignement par les crochets additifs Gobert. . . . 165
- Canot à hélice aérienne.........................................139
- Capacités : calcul et mesure................................• HO
- Cendrier nouveau ..............................................16-*
- Chaulfe-eau Ocliod............................................... 6
- Chaussures : auto-dressor ...................................... 46
- Chignolle Contai à 4 vitesses.................................... 3
- Collecteur d’ondes.............................................. 13
- — tournant L. R........................................... 09
- Compteurs pour matières granulaires.............• 196
- Condensateur à vernier..........................................180
- Console faite avec deux clous...................................100
- Couteau pour travaux faciles.................................... 86
- Couvreurs : crochet de sécurité............................... 127
- Crochet de sécurité pour ouvriers couvreurs.....................127
- Curseur à loupe.................................................172
- Désinfection par lampe « Aller ........ .... 172
- Duplicateurs....................................................205
- Eau : essayeur Dionic........................................ . 45
- Echelle à crochets pour toitures............................... 128
- — mobile Cottens.......................................... 57
- — qui ne peut glisser..................................... 92
- — : tampons protecteurs...................................140
- Électricité : bouchon fiche et pince prise de courant .... 58
- Électrographe Rex...............................................111
- Enrouleur à main pour fil de fer. ..............................128
- Equatorial : monture originale..................................100
- ÉLau pour pièces minces.........................................128
- Faux-col : bouton arrière.......................................140
- Fer à souder : support..........................................121
- Fil de fer : enrouleur à main...................................128
- Granules : compteurs............................................196
- Haut-parleur facile à construire................................ 57
- Hélice aérienne pour canot......................................159
- Hétérodyne séparée pour réception de T. S. F.................... 68
- Lampe « Aller » à vap°ur de formol..............................172
- — électrique Webster...................................... 55
- — polygonale Polack ......................................195
- Lindet : relai-redresseur....................... .... 3
- Manche métallique d’outils...................................... 46
- III. —
- La production et les utilisations du cardon (H. Blin)........... 7
- Choix d’un sol Iruflier (F. Marre).............................. 24
- Le bilan d’un élevage d’insectivores (A. Godaiui).................. 59
- Problème du calendrier (Puni)................................... 55
- Gomment préserver les végétaux des gelées tardives (H. Blin). 69 L’expédition suisse de 1912-1913 au Groenland (R. Le Conte). 79
- Le film « Nanoulc l’Esquimau » (R. Le Conte).................... 93
- La faune des orgues (H. Codpin).............................. . 103
- Le rayon vert : nouvelles contributions (M. Haiiet) .... 115
- Modérateur de pression d’eau à clapets équilibres............ 112
- iN’égatoscope du Dr Polack......................................139
- Nichoirs pour hirondelles ...................................... 86
- Ondernètre......................................................119
- Outils Jimo..................................................... 46
- Percola......................................................... 6
- Pianistes : radiateur Sylvain...................................147
- Piles sèches : arrangements ingénieux...........................195
- Pinceau fixé à un récipient à souder......................... 92
- Pipe hygiénique................................_............. 57
- — : pour refroidir la fumée...........................164
- Plateau tournant « Le Rotor »................................... 53
- Pompe multicellulaire centrifuge Daubron........... . . 171
- Porte arrêt la tenant ouverte................................... 54
- Porte-monnaie Glissia...........................................164
- Poudres : compteurs.............................................196
- Poulie-agrafe en verre......................................... 171
- Pression d’eau : modérateur à clapets équilibrés................112
- Prise de courant................................................ 58
- Projecteur pour gravures : fabrication..........................196
- Rabot fin fait d’une lame de rasoir.............................147
- Badiateur Sylvain pour piarrisG s...............................147
- Radio : fabrication économique..................................127
- Redresseur de courants L. R..................................... 99
- — Lindet................................................. 5
- — rotatif synchrone : construction.......................179
- Reliure : petite machine........................................156
- Réveil allumant une lampe d’aleoo'............................. 54
- Selfs: calcul et mesure.........................................119
- Siphon à amorçage automatique...................................161
- Sténographie : nouvelle méthode................................. 55
- Tamponnoir pour ciment ou briques...............................128
- T. S. F. : accord............................................. 67
- — : antenne.............................................. 35
- — : calcul et mesure des selfs et capacités..............119
- — : collecteur d’ondes; cadre........................... 13
- — : grand cadre de réception............................147
- — : haut-parleur......................................... 37
- — : montage intéressant..................................121
- — : poste de réception original..........................121
- — : nouveau poste........................................ 68
- — : curieux récepteur.................................... 15
- — : réception sélective sur cadre........................ 91
- Télérupteur Rémy . ............................................. 85
- Tente rapidement faite..........................................171
- Tournevis à deux fins très puissant.............................100
- Tracteurs : appareil élastique « Accouplex ».................... 92
- Lltramicroscope facile à réaliser. ............................. 53
- Le poiré (A. Truelle)......................................... 122
- Les facteurs climatériques de la fructification des arbres (G.
- Bellair).....................................................129
- Chemins de fer : voies larges et voies étroites (Em:ne). . . 149
- La formiculture (11. Blin)..................................... 165
- Lesorigines du Calvados : départementetcau-de-vie (A. Truelle). 175 Curieuse analyse de vin frelaté en 1745 (J. Gratatno). . . . 181
- Les horaires des émissions radiotéléphoniques.................. 189
- Le rayon vert (Efkère)....................................... 199
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- L’anesthésie sans anesthésique (R. M.)....................... 25
- Le traitement de la pre (R. M.).............................. 40
- La transmission çles maladies contagieusss par les ustensiles de
- table (Dr Dejust et Dr üakuel)..........................141
- Vaccine et variole : à propos du centenaire de Jenner (R. M.). 157
- V. - RECETTES ET PROCÈDES UTILES.
- Arbres fruitiers : chaulage............................... 70
- Automobilisme : conservation des bougies de rechange ... 9
- Benzol : séchage des bois................................. 26
- Bœut de conserve : préparation ménagère.................... . 56
- Bœuf fumé.................................................... 56
- Bois : séchage par les vapeurs de benzol.................... 26
- Bouchon : clou-poignée ..................................... 56
- Bougies de rechange : conservation.......................... 9
- Boulon à bois ; pour l’empêcher de tourner.................. 25
- Brosses à cheveux : nettoyage............................... 25
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- 5Site
- §5$
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Caillettes pou1* fromages.......................................150
- Chaînes : tendeur peu coûteux.................................... 9
- Chaulage des arbres fruitiers................................... 70
- Ciment pour manches de couteaux................................. 26
- Colle-ciment imperméable......................................... 8
- Couteaux : ciment pour manches.............................. "20
- Crème glacée : formule.......................................... 80
- Elévateur de liquide simple..................................... 8
- Euparal, milieu pour préparations microscopiques................150
- Ferricyanure : conservai ion des solutions.................. 8
- Fils barbelés : fîxalion sur les tubes...................... 2f>
- Fromage : préparation de caillettes.............................150
- Lard à goût de créosote : causes et remèdes................. 80
- Mastic pour rainures de parquets............................... 70
- VI. —
- Construction et emploi des petits instruments (E. Tou-
- chet)................................................49, 75
- Bulletin astronomique (E. Touche?). 29, 61, 101, 155, 161, 207 Chroniques de T. S. F. (P. IIemardinquer) :
- Le collecteur d’ondes. Le cadre . . . ....................... 15
- Curieux appareil récepteur . . .............................. 15
- L’antenne.................................................... 35
- Màt d'antenne : pour fixer une tige.......................... 70
- Meubles : pâte à polir.......................................150
- Microscope : milieu Euparal pour préparations................159
- Mousse : destruction..........................•.............. 26
- Papier de verre : pour le couper............................. 80
- Parquets : mastic pour rainures.............................. 70
- Pâte à polir les meubles.....................................150
- Pommes de terre gelées ou pourries : utilisation............. 8
- Saucisses paraffinées : préparation.......................... 80
- Séchage des bois parles vapeurs de benzol.................... 26
- T. S. F. : pour fixer^Êine tige au mât d’antenne............. 70
- Tendeur de chaînes peu coûteux............................... 9
- Toile émeri : pour la couper................................. 80
- Ycrre : comment porter de grandes feuilles................... 56
- Haut parleur facile à construire............................. 37
- Appareils d’accord.............................................. 67
- Nouveau poste radiotéléphonique................................. 68
- Réception des émissions par hétérodyne séparée.................. 68
- Calcul et mesure des selfs et capacités : l’ondemètre........119
- Les appareils d’accord sur antenne..............................187
- LUS DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- -%;[ 216
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-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES
- 3. Electricité.
- 5. Transports.
- Première exposition de T. S. F. à Paris (J. Roussel) Redresseurs électriques à conductibilité gazeuse (A. T. Bobines à noyau en poudre de fer comprimé (H. Mar-
- tôi<SHiNB) . . ............_.......................
- Le robinet électrique et ses applications (M. Leblanc). 53 La supercentrale électrique de Gennevilliers (J. Boyer) ^Fabrique moderne de lampes à incandescence (L. Jouenne) RécSjUiÂài-p'ratique des ondes courtes en T. S. F. (.1
- Roussel)..........................................
- Le dispositif superhétérodyne (P. IIéjiardinquer) . . . Gomment on fabrique une lampe de T. S. F. (Jouenne^
- 341...............................................'
- Fours à décharge dans le yide (L. Bosano). . . .
- Four à résistance de molybdène dans le vide. .
- Amplificateur de sons Gaumont.....................
- Différents aspects de la décharge électrique dans les
- cristaux.......................................
- Coefficients de self-induction....................
- Production directe d'électricité à partir des combustibles ...............................................
- Les fours à induction................................
- Action de la gélatine sur les piles de concentration. Amplificateur à lampes sur le câble Drest-dakar, ,
- 11
- 22
- 28
- 49
- 100
- 119
- 129
- 273
- 405
- 364
- 77
- 93
- 157
- 238
- 254
- 299
- 299
- 405
- Le freinage des trains de marchandises (Pu. S.). . . . 1
- Voiturettes et cyclecars au Salon de l'Automobile (II.
- Périsse).............................................. 14
- Nouvelle gare de La Rochelle (A. Pawlowsiu).............. 25
- Un nouveau type de locomotive électrique (H. Marchand). - 74
- L’automobile saharienne (A. B.)..........................111
- Refroidissement des moteurs d’automobile par Pair (E.
- Weiss).............................................. 127
- Transversale de Limoges à Saint-Germain-des-Fossés
- (A. Pawloyvski).......................................295
- Le béton armé et les chemins de fer (A. Payuoavsiü) . 592
- Autobus à trolley (E. Weiss)........................... 399
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le vol à voile par vent horizontal (H. Liurette)
- Voyages de nuit en avion (J.-A. Lefuanc)........
- La girouette Constantin (J. Félix). ........
- Guidage par les procédés W< A. Loth.............
- Dispositif aérodynamique pour l'essai des moteurs
- 81
- 510
- 379
- 93
- 258
- 4. Travaux publie». — Art do l'ingénieur.
- Les tunnels de l’Hudson (R. Yillers)....................143
- Los installations hydroélectriques en Italie (M. Cazau-
- bieilh).................................................154
- Etat actuel de l’induslrie française des ciments (J.
- Boyer)..................................................167
- Projet de réservoirs pour supprimer les inondations de
- Paris (L. Pecii)........................................212
- Chevalements de mines en ciment armé (Effère). . . 225
- 7. Marine.
- Comment on peut relever le paquebot Lusilania
- (Commandant Sauvaire-Jourdan)......................183
- Nouveaux bateaux-phares des côtes belges et italiennes
- (E. Marcotte).................................... 257
- Nouvel appareil de sauvetage (A. B.)..................271
- Les enseignements de la bataille du Jutland (Commandant Sauvaire-Jourdan)................................289
- Comment on lance un yacht (P. Jouet) . . .... 413
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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