La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- LA NATURE
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- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE 1923 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
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- LA NATURE. - N° 2570
- 7 JUILLET 1923
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- NOS MORUTIERS SUR LES BANCS DE TERRE-NEUVE
- Partis vers le milieu de mars dernier, les navires français qui font chaque année la pêche de la morue sur les Bancs de Terre-Neuve — parmi les grandes
- vieux port normand a de tout temps joué un rôle important dans l’histoire de la pêche de la morue. Nous nous y trouvions à l’époque du départ des
- Fig. i. — Les doris à bord sur l’avant d’un morutier sortant du port.
- industries de la mer, aucune n’a plus d’importance que celle-là — sont à leurs postes de mouillage dans les brumes de l’Atlantique septentrional, au sud du groupe formé par la grande île anglaise et nos minuscules possessions de Saint-Pierre et Miquelon. Ils y vont depuis des siècles. Il nous a paru intéressant d’examiner quelles sont les conditions actuelles de la pêche de la morue à Terre-Neuve et de voir en quoi elles diffèrent des anciennes.
- Dans l’armement français, qui se fait en plusieurs points de notre littoral, suivons, pour être plus concrets, la fortune des morutiers de Granville : le
- Banquiers (nom générique des pêcheurs au Banc) ; nous avons pu les interroger, examiner leurs batiments de près et prendre diverses photographies qui illustrent cet article.
- Le nombre des bateaux pêcheurs qui se rendent soit en Islande, soit à Terre-Neuve, a malheureusement bien diminué depuis la guerre. Mais ils paraissent avoir gagné en qualité ce qu’il perdaient en quantité. Pour ceux qui ont connu les batiments employés autrefois, et même voilà seulement quinze ou vingt années, les progrès réalisés sautent aux yeux. Ceux que nous avons vus cette année à Gran-
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- S1' Année
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- ville, propriété de la Société des Pêcheries de France, semblent de grands yachts de plaisance (surtout au départ... !) à côté de leurs ancêtres! Ce sont toujours des voiliers, mais tous gréés en trois-mâts-goélette, gréement qui, avec ses voiles carrées au mât de misaine et ses voiles auriques au grand mât et à l’artimon, offre le plus de facilité de manœuvre pour une grande surface de toile et permet de faire une bonne route au plus près comme à toute autre allure. Leurs coques de 450 à 500 tonneaux — 50 mètres de long, 7 à 8 mètres de large au maitre-bau, 4 mètres de creux — sont robustes et tiennent très bien la mer, tout en ayant des lignes fines et même élégantes. L’intérieur est disposé de façon à donner
- aux marins.......
- nous ne dirons pas plus de confort, un tel mot serait bien déplacé, mais un peu plus d’aise dans leur vie si rude. Les postes des hommes et des officiers sont plus grands, mieux aérés, mieux éclairés, pourvus d’alcôves, de tables, de lampes de roulis, de poêles.
- Un gros moteur à essence facilite toutes les manœuvres et des pompes d’un modèle tout récent sont disposées contre les parois pour les lavages | du bord. Seulement, ces bateaux construits au Canada (Nouvelle Ecosse) coûtent extrêmement cher : tout armés, ils représentent, paraît-il, à peu près un petit million....
- Et voilà ce qui nous éclaire sur la disparition du modeste armateur de jadis.
- Un équipage de 35 à 36 hommes monte ces navires : un capitaine; un second; deux maîtres d’équipages; les marins pêcheurs parmi lesquels on compte un mécanicien; un ou deux novices; un mousse. La plupart sont des Bretons. Les Normands vont presque tous s’embarquer à Saint-Malo, on se demande pourquoi? Autrefois, le capitaine était fort souvent un « pratique », tout simplement sorti du rang; il n’en est plus de même aujourd’hui : le maître du bord après Dieu a conquis le brevet d’une école d’hydrographie, à la suite des études théoriques nécessaires et du temps voulu d’expérience à la mer. C’est un technicien connaissant parfaitement son affaire et possédant une culture
- qui lui donne l’autorité morale indispensable; et il a toutes les allures d’un « monsieur ».
- Un malin, au réveil, les gens de la ville ont constaté que plusieurs morutiers arboraient en tête de mât le pavillon tricolore et le pavillon de la maison d’armement. Ceux-là vont partir aujourd’hui. Depuis deux jours, sous la direction d’un capitaine d’armement et d’un marin expérimenté du port faisant fonction de subrécargue, on a travaillé activement à embarquer au moyen de palans tout le matériel restant. Qui n’a pas vu cette opération ne s’imagine guère le nombre d’objets de toute sorte que doit renfermer un navire pour sa campagne sur les Bancs (nous verrons tout à l’heure pourquoi). Dans
- les dernières heures, on met à bord la viande, a la*» légume, les sacs de pommes de terre, les grosses miches de pain que des voitures viennent de décharger sur quai ; la plupart de ces denrées ne dureront naturellement que peu de temps, et après il faudra vivre de pain cuit à bord, de biscuit, de pommes de terre, de légumes stes, de poisson et d’en-daubage. Les marins arrivent,font embarquer leurs coffres, leurs ballots, leurs paillasses et leurs couvertures qu’ils arriment dans les alcôves du poste, aidés quelquefois de leur famille. C’est une conEusion de scènes colorées et pittoresques. Quelques heures plus tard, à mer haute, le premier morutier, se hâlant au moteur sur sa touline, prend l’écluse. Là, sous les yeux des curieux accourus, il y a de derniers embrassemenls et des larmes! Toutefois, nous n’avons pas vu cette année à Granville de ces navrantes scènes d’ivresse'et d’embarquement forcé que l’on a parfois décrites; et quelques partants nous ont déclaré que, si la campagne et la séparation sont longues, oui certes, s’il y a risque et vie dure, on a aujourd’hui un peu moins d’appréhension qu’autrefois, parce que les conditions sont meilleures et que les mœurs à la mer sont devenues tout de même plus douces.
- Le pilote monte à bord. On prend la passe, on établit les focs, les huniers, les voiles d’étai, la brigantine; on salue trois fois du pavillon et on commence à danser à la lame. Il fait beau et sec, il
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- NOS MORUTIERS SUR LES BANCS DE TERRE-NEUVE ~...... 3
- Fig. 3. — Le retour, en septembre. Débarquement des morues.
- y a bonne brise. Bientôt, ces bateaux aux beaux noms à la mode de jadis : la Leone, la Normandie, la Raymonde, le Mousquetaire, la Magicienne, etc... couverts de toile, échelonnés, s’éloignent du vieux roc à la silhouette familière cjui a déjà vu tant de départs, se fondent à l’horizon, courant vers l’ouest, vers les Bancs lointains. En l’espace d’une semaine, tous sont partis.
- La grande île de Terre-Neuve, devant l’embouchure du Saint-Laurent, est située à 5700 kilomètres de la France. Les Bancs sur lesquels pèchent nos morutiers s’étendent au sud et au sud-est, à cent mi 1res seulement de profondeur en moyenne1.
- Ils reposent sur le plateau continental de l’île — partie intermédiaire entre le continent émergé et les grandes fosses océaniques. Sur cette espèce de socle, d’ailleurs accidenté, se sont déposées et se déposent continuellement des quantités énormes d’alluvions amenées de l'ouest et du nord par les eaux du Saint-Laurent et par le grand courant polaire de Labrador; lorsque ces courants rencontrent le rapide Gulf-Stream, qui passe en biais au sud-est, les débris qu’ils tiennent en suspension vont au fond.
- D’autre part, les eaux chaudes du Gulf-Stream entraînent à partir des mers tropicales des masses considérables de mollusques et d’animalcules marins (notamment des radiolaires), que le contact
- des eaux froides tue aussitôt et dont les tests amoncelés depuis des siècles viennent sans cesse accroître la hauteur des plateaux sous-marins.
- Le plus vaste de ces hauts-fonds ainsi recouverts de sables, de graviers, de coquilles, et le plus fréquenté par nos pêcheurs — le Grand Banc — a la forme d’un triangle équilatéral de 500 kilomètres de côté ; il se trouve à une profondeur moyenne de 60 mètres. Il en existe d’autres un peiEdans l’ouest : le Banc à Vert, celui de Saint-Pierre, la Misaine,
- VArtimon, le Banquereau, le Bonnet Flamand. La faune et la flore marines : algues, plankton, poissons (ceux-ci amenés par ceux-là) se montrent dans ces parages d'une extrême richesse. Les modernes études océanographiques ont établi d’une part que la vie se manifestait avec une particulière intensité sur la lisière des grands courants marins, d’autre part que les poissons affluent sur tout plateau continental, où les conditions d’habitat leur sont éminemment favorables. Les Bancs de Terre-Neuve constituent donc une région de choix, surtout pour la morue.
- La Morue (Gadus morhua) est peu connue des citadins dans sa forme • naturelle ; on la vend fendue en long et aplatie, si bien qu’on peut la prendre pour un grand poisson plat. À l’état frais, on la nomme généralement cabillaud, et la plupart des acheteurs ne soupçonnent point la véritable identité de la bête. Rien ne prête d’ailleurs plus à la confusion que les noms vulgaires des poissons. Elle appartient comme le merlan,
- Fig. 4- — Le parc en bois, au milieu du ponl, où Von jette les morues qui viennent d’élre pêchées, avant leur préparation.
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- 4 NOS MORUTIERS SUR LES
- le merlu (colin dans les villes), le lieu, l’églefin, etc... à la très nombreuse famille des Gadidés. Son corps, recouvert d'écailles extrêmement fines, est brun olivâtre avec un semis de petites taches jaunes ou brunes sur le dos. Sa mâchoire inférieure porte un long barbillon. La morue parvient à une très grande taille : la moyenne est de 60 à 80 centimètres, mais certains individus ont jusqu’à 1 m. 50 de long! Poisson des mers froides, ne se rapprochant des côtes que pour frayer, elle vit en bandes pressées et se montre d’une voracité sans pareille. Quant à sa fécondité, elle est prodigieuse : on a compté sur des femelles de 8 à 9 millions d’œufs ! Sa chah^blanche et feuilletée, que l’on peut conserver soit en la salant, soit en la faisant sécher, a une importance considérable dans l’alimentation de tous pays; et on poursuit la morue dans les mers nordiques depuis les temps les plus reculés sans que son abondance paraisse diminuer.
- Autrefois, nos nationaux la pêchaient sur la côte sud de Terre-Neuve — la French Shore — et le poisson était préparé à terre dans des établissements spéciaux nommés chaffauds; nous en avons été dépossédés par les accords franco-anglais de 1904. Puis nos navires ont opéré uniquement sur les Bancs, en salant la morue à bord, mais en touchant Saint-Pierre deux ou trois fois pendant la campagne pour se réapprovisionner. Aujourd’hui, nos Granvillais ne vont plus du tout à Saint-Pierre : ils se rendent directement sur les Bancs, ils y restent pendant
- 5 mois environ, en pleine mer, à 400 ou 450 kilomètres de toute terre.
- Conséquence : le bateau doit emporter absolument tout ce qu’il lui faut comme matériel et approvisionnements. Au cours de la traversée, les longues lignes de fond ont été confectionnées. Dès l’arrivée, le capitaine choisit un lieu de pêche, mouille par une soixantaine de mètres de fond, et le navire reste là, maintenu debout à la houle par sa seule voile d’artimon. Si la pêche donne mal, on changera de •mouillage, jusqu’à ce qu’on ait trouvé le bon coin. Il n’est plus guère question de navigation, et le navire se transforme en une véritable usine de pêche.
- On commence par se préoccuper de l’appât pour garnir* les hameçons, la boëtle en terme de métier. Jadis, on en faisait provision à Saint-Pierre; de nos jours, il faut se la procurer par les moyens du bord. On pêche donc son appât. Le premier que l'on utilise est le buccin ondé (Buccinum undatum), nommé bulol par les pêcheurs. Ce mollusque gastéropode, fort répandu sur les Bancs, est enfermé dans une coquille si épaisse que les hommes doivent se servir de marteaux pour la briser et en retirer l’animal. On prend le bulot au moyen de casiers en osier immergés au bout d’un orin et amorcés avec de la viande de cheval ou des débris de poisson. Mais-, à partir du mois d’août, arrive par grandes quantités le calmar ou encornet (Loligo vulgaris), boëtle de tout premier ordre. On pêche ce céphalopode à la lurlute ; on appelle ainsi un morceau de bois long
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- comme la main, taillé en fuseau, et garni d’une couronne de petits hameçons par un bout; par l’autre, on l’attache à une ligne. On le descend dans l’eau • et on le fait danser par saccades. Aussitôt que l’encornet l’aperçoit, il se précipite dessus, l’enserre de ses bras courts et se trouve accroché par les pointes barbelées. Ces pêches forment une des occupations journalières de ceux qui restent toujours à bord, la chaffauderie (un souvenir de l’ancien chaffaud).
- Une fois la boëtte assurée, la guerre à la morue commence aussitôt. Tandis qu’en Islande on la pêche à la ligne à main du bateau même, sur les Bancs de Terre-Neuve on la prend au moyen de lignes de fond tendues alentour. Autrefois, on employait à cet effet deux grosses chaloupes montées chacune par huit hommes. Depuis un certain nombre d’années, on se sert àe doris, d’origine américaine : petites embarcations légères, longues de 5 mètres sur 1 m. 40 de large, à bouts pointus, à fond plat, faciles à mettre à l’eau et à embarquer. Chaque morutier en possède 16 ou 18, qu’il emporte emboîtées les unes dans les autres, le fond en l’air. Ces véritables coquilles de noix, si frêles d’apparence, tiennent merveilleusement la mer; elles soulagent à la lame comme pas une. On les conduit d’ordinaire à l’aviron, mais par beau temps on peut les gréer avec un mâtereau portant une petite voile. Deux hommes seulement les montent : un patron et un avant de doris, spécialistes de cette pêche. Ils emportent leurs lignes toutes boëttées dans deux mannes rondes, quatre bouées faites de petits tonnelets traversés par une perche, des grappins, quelques vivres, de l’eau; et pour le cas où, égarés, ils ne pourraient rallier leur bord dans les délais ordinaires, chaque doris est muni de boites plates étanches en fer, avec couvercle à pression, logées à force contre les parois et renfermant du biscuit.
- La pêche a lieu pendant la nuit, moment où tous les poissons de mer se déplacent et chassent activement. Chaque doris met deux lignes en place, souvent à plusieurs milles du bateau, vers 4 heures du soir. Ces lignes, nommées harouelles ou palangres, comportent chacune 12 pièces de 70 à 80 mètres mises bout à bout. Sur la maîtresse-corde, partent de courtes empêques, des avançons en cordelette espacés de 1 m. 40 et portant un hameçon : soit 1200 haims environ, en tout. Par des fonds de 50 à 50 mètres, nos pêcheurs jettent à la mer le bout de la ligne armé d’une chatte (grappin) qui mord le sol; un orin relie la chatte à une bouée flottant à la surface; ils filent la ligne, Vélongent, au fur et à mesure que le doris avance, et, arrivés au bout, ils disposent un second grappin et une seconde bouée. L’opération dure en moyenne l h. 1/2. Après quoi, les doris reviennent à bord, les hommes se restaurent et dorment.
- La relève a lieu au point du jour. Pénible travail, qui peut durer de 4 à 5 heures : 1800 mètres de corde à ramener du fond, alourdie par les paquets
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- Fig. 5. — La cale à sel d’un morulier où les poissons fendus, vidés, étalés, seront disposés par couches superposées.
- d’herbe et les morues qu’il faut décrocher pour lover à mesure les lignes dans les paniers ! Quand il rejoint son bateau, après bonne pêche, rempli de poissons en vrac jusqu’au plat-bord, pêle-mêle avec le matériel, le doris est bien lourdement chargé et les hommes peuvent à peine s’y mouvoir. La marée une fois embarquée, le patron et l’avant mangent un morceau et, sans tarder, se mettent à boëtter leurs lignes, opération d’autant plus longue que fort souvent il faut les démêler avec peine, les réparer, remplacer des hameçons ; quand tout a été mené à bonne fin, il est temps de repartir pour tendre à nouveau !
- Aussitôt après le retour des doris, les poissons, soigneusement comptés, sont jetés dans un parc en planches et en madriers placé sur le^milieu du pont.
- Les chaffaudiers vont les préparer.
- En premier lieu, les morues prises une à une sont accrochées par la tête à des tiges de fer pointues, nommées piquois, disposées sur le pourtour du parc. Dans cette position, on les incise de façon à permettre l’enlèvement des viscères, que l’on jette à la mer à l’exception des œufs ou vogue, des foies dont on fera de l’huile, et des langues, mets recherché, que l’on salera. Cette opération porte le nom d’ébrouaillage. Des mains des ébrouailleurs, métier que l’on apprend vite, les poissons vont parvenir à deux personnages plus spécialisés. Les voici, revêtus de grands tabliers en toile à voile, en position autour d’une lourde table qui fait suite au parc. Le décolleur saisit le premier de la main gauche la morue vidée, l’étend devant lui, prend de la
- droite un couteau piqué dans le bois, pratique une légère entaille de chaque côté de la mâchoire, repique son couteau, puis fait basculer la tête sur le rebord de la table de façon à l’arracher le plus nettement possible. Un bon décolleur peut décapiter de 450 à 500 morues à l’heure! Aussitôt, il passe le poisson sans tête au trancheur. Celui-ci, dont la tâche est beaucoup plus délicate, se tient debout dans un tonneau à l’autre bout de la table, armé d’un couteau de forme spéciale, bien affûté. Il fend d’abord la morue dans toute sa longueur d’un premier coup, en tranchant les arêtes d’un côté; d’un second coup en sens contraire, il les coupe de l’autre bord, enlève l’épine dorsale ou raquette. Sur le dos, il doit rester une épaisseur de chair suffisante pour qu’on puisse facilement ouvrir en deux et bien étaler la bête. Tout cela se fait avec une dextérité remarquable. Décolleur et trancheur sont des artistes, spécialement payés !
- Enfin, après Yénoctage, qui consiste à presser le poisson avec des cuillers de fers pour en exprimer le plus de sang possible, à gratter toutes les taches, les morues, soigneusement lavées, brossées, rincées, égouttées, sont mises sur une longue dale ou glissière en pente qui les amène dans la cale, aux pieds du saleur.
- La cale aux morues, très vaste, occupe toute la partie centrale et toute la hauteur du navire sous le grand panneau. Dès le départ de France, le fond se trouve déjà garni d’une [bonne couché de gros sel. Pour y placer les premiers poissons,
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- oji commence par ci parer un rain », c'est-à-direqu’on y creuse à la pelle une sorte de tranchée où on les ' dispose en long.
- Par dessus, on jette une petite quantité de sel, et on empile les autres peu à peu. Le saleur doit être un homme connaissant à fond son métier, et consciencieux; il ne faut pas mettre trop de sel, la morue serait « brûlée » ; si on en mettait Irop peu, elle serait « douce ». On a vu des navires rentrer au port en répandant une odeur effroyable, leur cargaison perdue parce que le salage avait été défectueux. Aussi le capitaine porte-t-il le plus grand intérêt à cette préparation, dont dépend la conservation du poisson, son aspect et par conséquent sa valeur marchande.
- Si les différentes opérations de pêche et les travaux du bord se faisaient avec la simplicité, d’ailleurs toute apparente, de cet exposé, ce serait trop beau! Mais il n’en est pas ainsi : celte simplicité n’existe que par vrai beau temps; or ce vrai beau temps est tout à fait exceptionnel sur les Bancs de Terre-Neuve.
- Pour les navires eux-mêmes, il y a d’abord les dangers de la traversée. A la saison où ils font route (équinoxe de printemps), la mer est souvent fort mauvaise et ils ont à compter avec le Gulf-Stream, qu’on a surnommé à juste titre le « charrieur de tempêtes ». En approchant de l’île, certaines années, ils sont exposés à rencontrer par le travers des glaces flottantes venues du nord. Sur les Bancs eux-mêmes, le plus grand danger consiste dans la présence si fréquente d’une brume intense, déterminée par la rencontre des eaux froides et des eaux chaudes, une brume très souvent épaisse « à couper au couteau ». Les morutiers sont là, au mouillage, tanguant sur leurs chaînes, dans un voile opaque qui ne leur permet pas d’apercevoir leurs plus proches voisins; et ils n’ont pour révéler leur présence aux courriers de la mer que le faible son de leurs cloches et de leurs cornes (trompes) à la voix si lugubre. Par gros temps à quel moment, après avoir filé de la chaîne à mesure que le vent augmente, le capitaine devra-t-il se décider à faire virer son ancre, travail important et assez long, pour fuir dans la crainte qu’une lame plus violente ne vienne à coiffer son bateau? Et s’il tarde un peu, l’opérai ion sera-t-elle encore possible?
- Pour les doris, le gros temps est le moment du chômage. « Quand la mer est mauvaise, nous disait nn patron, naturellement, nous ne sortons pas ». Oui. Mais d’abord le temps peut se gâter au cours du travail et l’embarcation se trouver bien exposée, malgré ses qualités nautiques. Et surtout, la maudite brume épaisse peut survenir brusquement. Les hommes perdent de vue leur navire, les chances de le retrouver sont très problématiques; ils s’en vont « en dérive ». Si la brume persiste plusieurs jours, ils errent dans la ouate sur les flots, au caprice du vent, de la houle, du courant. Souvent ils sont recueillis par quelque autre bateau pêcheur; mais
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- certains voguent des jours et des jours, leurs vivres et leurs forces s’épuisent, et c’est la tin. Des navires ont retrouvé, loin de leurs lieux de pêche, des doris flottant à l’aventure avec deux cadavres à bord. On cite toujours cette navrante année de 1896, où 165 doris partirent en dérive, dont 52 se perdirent corps et biens. Année plus qu’exceptionnelle, fort heureusement! Que sera 1925? Nos lecteurs savent par les quotidiens et les illustrés qu’à l’époque où nous paraissons on a déjà enregistré plusieurs désastres.
- Pour les hommes à bord enfin, même quand la mer se montre clémente, l’existence est chargée de labeurs, de fatigues, souvent de souffrances. Au large pendant six mois, ils vivent dans une perpétuelle humidité, trop fréquemment glacée; et quelle que soit la fatigue, quand la morue donne, il faut travailler en'dépit de tout, trempés, huileux, courbaturés, quelquefois en proie à des crampes musculaires violentes, avec des plaies aux mains occasionnées par les éclats de la coquille du bulot, une ligne qui a filé trop vite, un hameçon malencontreux, un coup, une gerçure. On mange en hâte, on dort quand il reste du temps, souvent tout habillés et bottés, dans des logements qu’on n’a guère le temps de tenir comme il le faudrait, parmi l’odeur de la morue et de scs déchets régnant en maîtresse. Et tomber malade devient un désastre! Une seule éclaircie se produit quelquefois dans cette existence violente et sombre : elle est amenée par l’apparition d’un des navires-hôpitaux de l’admirable société des Œuvres de mer — le plus réc ni est la Sainte Jeanne d'Arc — qui possède à son bord médecin, pharmacien/ aumônier, porte le courrier, soigne blessés et malades, réconforte tout le monde — et a recueilli maint doris errant....
- Quels que soient les progrès réalisés dans l’aménagement des bateaux et l’adoucissement certain des mœurs à la mer comparativement à ce qu’elles étaient voilà une quarantaine d’années, il reste qu’un pareil mode de pêche, sous un tel climat, dans de pareilles conditions, rend la vie des Banquiers extrêmement rude et pénibles, exige de ces hommes un courage, une vigueur et une endurance de tout premier ordre. Nous prions nos lecteurs de donner à ces termês leur plein sens, à une époque où un usage abusif a fait perdre aux mots tant de leur valeur. Au retour, les pêcheurs de morue, sans chercher à voes apitoyer, vous diront simplement, avec la réserve des hommes faits pour agir plus que pour parler : « Ah oui, on en a « de la misère » dans le métier ! » Soyons absolument justes avec eux, mais gardons-nous déjuger leur vie, dont ils sont fiers, avec des nerfs de citadin. ,
- Les (xranvillais reviennent à leur port d’attache vers la fin de septembre : la campagne, sans jamais toucher terre, dure moins longtemps qu’autrefois. Pendant de longues années, les morutiers allaient vendre leur cargaison à Bordeaux ou à Nantes; à présent, il y a des sécheries pour la préparation définitive du poisson dans tous les lieux d’armement.
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- ALIMENTATION EN EAU PAR BÉLIERS HYDRAULIQUES DE KASBA TADLA 7
- Les salaires que recevaient avant la guerre les pêcheurs pour prix de tant d’efforts et de peines étaient extraordinairement dérisoires : de 900 à 1200 environ, dans les’ bonnes années! Depuis, ils ont beaucoup augmenté, comme partout, sans que les hommes, pour des raisons trop connues, en soient proportionnellement bien des fois plus riches! Sur ce sujet délicat, nous n’avons d’ailleurs pu recueillir que des renseignements assez imprécis. Nous pouvons en tirer les conclusions suivantes : le marin s’engage d’abord à la maison d’armement pouf une somme fixe ; sur cette somme, il ri çoit au départ une avance variant de 2 à 5090 francs. Aussitôt, du reste, il lui faut en dépenser une partie pour se procurer son équipement : vêlements et tricots de laine, suroîts, cirés, flanelles, bottes — et une paire de bottes vaut aujourd'hui 180 francs! L’un d’eux nous disait • « Oh dame, je ne donnerais pas mon gréement pour 1500 francs ! » Une délégation est versée aux familles dans le milieu de l’année. A leur retour, les pêcheurs reçoivent : le
- complément de la somme fixe; un prix convenu d’avance par « milles » de morues qui leur ont J passé par les mains pendant la campagne (voilà pourquoi contrôleur et intéressés les comptent avec soin); une répartition faite entre eux, selon leurs grades ou fonctions, sur le prix de venle de la cargaison. Il parait dVlleurs qu’en ces dernières années les Granvillais ne se sont pas plaints, parce qu’il y a eu de bonnes pêches et que les prix de vente ont été élevés. Mais tout cela est pour le présent fort instable.
- Certainement, pendant un temps assez long, on continuera à pêcher sur les Bancs de Terre-Neuve, et en Islande, avec des voiliers. Mais déjà on a commencé à les remplacer par des morutiers à vapeur, cordiers ou chalutiers. Là est l’avenir. Cela changera complètement les conditions de la pêche ; et les aménagements possibles du bord — jusqu’à et y compris la T. S. F. bien entendu — vaudront aux équipages plus d’aises et plus de garanties de sécurité.
- Lucien Jouejnmî.
- ALIMENTATION EN EAU PAR BÉLIERS HYDRAULIQUES
- de Kasba Tadla (Maroc).
- I. La question de l’eau au Maroc. —Il y a vingt-trois siècles que l’écrivain romain Salluste disait de là province romaine d'Afrique : « Terre fertile en céréales, propice à l’élevage, contraire aux arbres ; l’eau y fait défaut, les pluies et les sources étant rares ». Cette appréciation n’a rien perdu de sa valeur, et peut être étendue à toute l’Afrique du Nord, au Maroc en particulier. Elle souligne l’importance de l’eau sur la vie du pays. On peut affirmer qu’après la pacification des esprits, la tâche la plus digne de tenter l’effort du peuple colonisateur, souverain de ces contrées, et de justifier sa souveraineté, doit consister dans l’appropriation des eaux.
- Ce n’est pas que rien n’ait été fait, par les anciens sultans, à ce sujet. 11 suffit pour s’en convaincre d’une visite à Marrakech, dont la vaste palmeraie est presque entièrement une création des hommes ; à Fez, qui doit son existence à la distribution ingénieuse des eaux de l’oued Fez ; aux oasis merveilleuses de Béni Mellal (près de Kasba Tadla) ou de Sefrou (près de Fez), véritables édens de fraîcheur et de verdure. Mais l’état d’anarchie habituel du pays ne permettait, en général, ni l'exécution de grands travaux d’utilité'publique, ni la conception de ces travaux.
- Or, bien que le Maroc, du moins son versant atlantique, soit, dans l’Afrique du Nord, favorisé sous le rapport des chutes de pluie (la moyenne annuelle de ces précipitations, qui augmente du Sud au Nord, est sensiblement la même à Rabat qu’à Paris), l’irrégularité, saisonnière ou annuelle, des précipitations, rend encore trop fréquents les dégâts de la sécheresse sur les récoltes et sur les
- pâturages, sources des principales richesses du pays.
- Grâce aux montagnes de l’Atlas, qui non seule ment favorisent les précipilations des pluies, mais encore conservent les eaux dans leurs névés et leurs roches fissurées, le Maroc possède plusieurs cours d’eau permanents, notamment deux véritables fleuves : l’oued Sebou et l’Oum-er-Rbia, auxquels aucun autre cours d’eau de l’Afrique du Nord ne peut être comparé. C’est ainsi que l’Oum-er-Rbia jaillit d’une source vauclusienne qui lui fournit plus de 4 mètres cubes par seconde au minimum ; le débit d’étiage est de 11 mètres cubes environ à Kasba Tadla, 18 mètres cubes au confluent de l’oued el-Àbid, 28 mètres cubes près de son embouchure, en un point où l’on projette d’édifier une puissante usine hydro-électrique.
- Il s’agit donc d’utiliser pour le mieux ces eaux, dont la plus grande partie va se perdre dans la mer tandis que, en été, la plaine marocaine riche et peuplée qu’elles ont à traverser se meure de sécheresse. Les ouvrages à entreprendre sont de tout ordre: petites canalisations d’irrigation, pour multiplier les jardins potagers et vergers; gros travaux d’irrigation pour livrer de nouvelles terres à la culture ; adduction d’eau aux villes et villages qui tous en sont insuffisamment pourvus.
- Le problème de l’eau se posa à nous dès le début de notre installation : le souci le plus pressant était l’alimentation des camps du corps expéditionnaire; la population civile des villes voisines en a généralement profité. A mesure que notre occupation s’étend à des régions nouvelles, l’autorité militaire crée de nouveaux camps, de nouveaux postes, qu’il
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- faut aussi alimenter en eau. Or les troupes occupent le pins souvent des positions dominantes, commandant le pays : -mamelon, éperon, rocher. La corvée d’eau est toujours pénible, d’un rendement faible, parfois dangereuse : car ce service, exécuté régulièrement suivant un itinéraire invariable, fournit aux rebelles de superbes occasions d’embuscade dont ils n’ont garde de profiter. On s’est donc efforcé de réduire ces fatigues et d’améliorer en même temps par une alimentation en eau plus abondante les conditions d’existence toujours pénibles dans les postes, en s’adressant aux procédés mécaniques d’élévation des eaux.
- Des norias sont utilisées lorsque la disposition des
- que les frais d’exploitation sont réduits au minimum.
- Parmi ces machines, le bélier hydraulique, remarquable par la simplicité de sa surveillance et sa longue durée, est susceptible de s’adapter aux cours d’eau les plus irréguliers, comme aux chutes les plus petites.
- Ces qualités justifiaient une première tentative d’installation de bélier hydraulique au Maroc. Il fut décidé d’appliquer ce procédé à l’alimentation en eau de Kasba Tadla, dont les travaux allaient être entrepris en 1921.
- II. Kasba Tadla, situation et problème de l’alimentation en eau. — On donne, au Maroc, le nom de « Kasba » à une enceinte fortifiée; celle de
- Fig. i. — Kasba Tadla. — Juxtaposition de photographies prises en avion à 5oo mètres de hauteur,
- montrant l’ensemble des travaux.
- lieux le permet, ce qui est rare. Les aéro-moteurs n’ont un fonctionnement satisfaisant que dans la région littorale favorisée par une brise marine régulière. Ailleurs on a installé des moto-pompes à essence qui, robustes, d’une conduite facile et d’une mise en marche immédiate, conviennent parfaitement aux petites installations, et fournissent, par surcroît, en actionnant le soir une dynamo, l’éclairage électrique. Mais le ravitaillement en essence est encombrantet difficile à assurer ; en outre la dépense qui en résulte grève de frais d’exploitation non négligeables les installations de ce genre. Il est préférable d’utiliser, du moins sur les cours d’eau, des machines mues par la puissance même des eaux, comme force motrice : roues, turbines, béliers hydrauliques. L’emploi en pourra être avantageux, même s’il conduit à une augmentation des dépenses de première installation, puisqu’il n’en résulte point de complication dans le ravitaillement du poste, et
- Tadla a été construite pour garder un passage du fleuve Oum-er-Rbia dont le cours, longeant l’Atlas, a servi constamment de barrière contre les incursions des tribus insoumises de la montagne. Elle servait de résidence au représentant du Sultan, de caserne à ses soldats, et de refuge, le cas échéant, aux habitants paisibles du voisinage qui y accouraient avec leurs troupeaux et leurs biens. Son mur d’enceinte a environ 800 mètres de développement. Assise à l’extrémité d’un plateau rocheux qui se termine en versant abrupt sur le fleuve elle domine un gué et un vieux pont.
- Actuellement, la Kasba de Tadla abrite les services militaires; à.l’ombre de ses murs s’étage le village indigène, tandis que sur le plateau se trouve un camp important, auprès duquel s’est constitué un centre commercial européen. L’importance de la localité provient du voisinage de la riche et fertile plaine des Béni Mellal, et de ce qu’elle est reliée à
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- Oued Zem et à Casablanca par une bonne route empierrée depuis la fin de l’automne 1921. L’alimentation en eau du camp et de la Kasba, entreprise par le Génie Militaire, a été étendue à la population civile, moyennant une contribution des services civils à la dépense d’établissement.
- Le problème à résoudre consistait forcément, faute de sources ou d’autres cours d’eau permanents, à élever sur le plateau une certaine quantité d’eau prélevée sur l’Oum - er- Rbia, fleuve abondant (11 mètres cubes par seconde) qui, pour.contourner la base du plateau de la Kasba, est obligé de se frayer un chemin dans un terrain de roches dures ; il en résulte une différence de niveau notable, que le fleuve franchit en un cours impétueux et rapide.
- Le régime de l’Oum-er-Rbia est fort irrégulier : il est sujet à des crues subites qui peuvent, après certains orages, élever son niveau de plus decinqmètres en quelques passages. Ce régime impose la nécessité de mettre les machines élévatoires à l’abri des fortes crues tout au moins, puis d’envisager la clarification de l’eau à distribuer et même son filtrage complet, pour la fraction destinée à la boisson.
- L’emplacement choisi pour édifier le réservoir des eaux à distribuer fut un mamelon, situé à proximité du fleuve, en aval de Kasba Tadla, principal mouvement de terrain du voisinage. Il domine d’environ 10 mètres le plateau à desservir, d’environ 40 mètres le niveau du fleuve, et se trouve à l’aplomb du point désigné par la nature pour recevoir la machine élé-valoire; plus loin en aval, en effet, la pente du fleuve s’atténue fortement. La dénivellation depuis
- Fig. 3. — Canal d’alimentation ou « séguia ».
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- \<spagno le
- Fig. 2. — Croquis d’ensemble du Maroc. (En hachures : les régions dissidentes.)
- la prise d’eau située en amont de Kasba Tadla est, à l’étiage, de O m. 30 environ, qu’on ne peut d’ailleurs utiliser qu’en partie.
- 11 a été décidé, en effet, de disposer le bélier hydraulique à 2 mètres au-dessus du niveau d’étiage du fleuve pour permettre son fonctionnement en cas de crue, petite et même moyenne. En se fixant 0 m. 80 comme limite de la perte de charge dans le canal d’amenée, on voit que la chute d’eau utilisée est réduite à 3 m. 50 puisque:
- 3,50h- 0,80 -h2,00 = 6 m. 30.
- Bref, les travaux à entreprendre comprenaient les ouvrages suivants :
- 1° Un canal d’alimentation, oul< Séguia » prélevant l’eau dans l’Oum-er-Rbia, en amont, et l’amenant, avec le minimum de perte de charge, à proximité du bélier hydraulique, à un ouvrage appelé « regard de batterie » ;
- 2° Une canalisation de charge réunissant le regard de batterie au bélier, et dite « canalisation de batterie » ; l’eau y pénètre sans vitesse, dans le regard, et en sort en charge pour mouvoir le bélier;
- 3° Le bélier hydraulique. En réalité, le regard de batterie, la canalisation de batterie, le bélier ont été doublés, de façon à permettre d’interrompre la marche d’un de ces appareils, pour visite, réparation, etc., sans arrêter le fonctionnement de la station;
- 4° La canalisation de refoulement, conduisant l’eau refoulée des béliers au réservoir, tandis que l’eau motrice en excédent retourne directement à la rivière ;
- 5° Le réservoir d’eau ;
- 6° Les canalisations de distribution.
- Nous allons examiner en détail quelques-uns de ces ouvrages.
- III. Canal d’alimentation. — Sa longueur est d’environ 1400 mètres. La section en fut calculée pour un débit d’alimentation des béliers de 50 litres par seconde, chiffre élevé. Le constructeur avait
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- garanti, en effet, que dans les conditions de l'installation^, 5 mètres de hauteur de chute et 45 mètres environ de hauteur de refoulement), il suffirait d’alimenter les béliers à 40 litres par seconde pour que la quantité d’eau refoulée atteigne la valeur demandée: 144 mètres cubes par 24 heures, ou I 1. 66 par seconde. La formule utilisée, pour déterminer la section de la séguia, formule applicable au cas de canal à parois bien lisses facilitant l’écoulement du liquide, fut la suivante: ^—0,00020, dans laquelle :
- R est le rapport de la section mouillée au périmètre mouillé; R = 7 pour une section circulaire.
- 4
- I est la pente moyenne par mètre ; dans le cas considéré
- 1 ~ nii =0’0006'
- V est la vitesse moyenne de l'eau en mètres par seconde, rapport du débit (50 litres ou 0,05 mètre cube par seconde)
- ;i la section mouillée:
- (i D U71 4
- La formule détermine le diamètre D de la section semi-circulaire de la séguia. On trouveD = 0 m. 55, dimension qui a été légèrement augmentée par mesure de sécurité.
- Le canal proprement dit a été constitué en béton de chaux hydraulique, armé, et revêtu intérieurement d’un enduit au ciment lissé. La section intérieure est approximativement semi-circulaire, la section extérieure rectangulaire. Le béton a été coulé sur place, au moyen de coffrages que l’on déplaçait à mesure de l’avancement des travaux.
- IV. Regards de batterie et canalisations de charge. — Cet ouvrage comprend : un bassin amont muni d’un déversoir de trop-plein, et un bassin aval, double, de façon qu’à chaque bélier correspond une canalisation de charge et un a regard de batterie ». Celui-ci communique avec le bassin amont par une vanne commandée à la main ; les eaux qui y pénètrent traversent un tamis vertical en laiton, destiné à arrêter les saletés, avant de pénétrer dans la canalisation de charge ou « batterie ». Celle-ci est en fonte; le diamèire et la longueur en avaient été fixés par le constructeur.
- Si l’on songe que la batterie doit supporter la réaction en retour de chaque coup de bélier, donnant naissance à des contre-pressions d’eau considérables, et qu’il est nécessaire que les vibrations dans le métal, lesquelles absorbent ces réactions, n'aient aucune influence sur l’étanchéité des joints,
- Fig. 4. — Regards de batterie. Canalisations de charge et chambre des béliers.
- on se rend compte que l’établissement de cette canalisation doit être faite avec le plus grand soin, les tuyaux scellés si possible, individuellement au sol, et les joints réalisés avec le maximum de solidité ; ceux-ci sont constitués par un triple cordon de plomb maté, et recouvert de plomb fondu.
- Y. Béliers hydrauliques. — Les béliers hydrauliques ont été fournis par la maison E. Bollée, du Mans, spécialiste de ces appareils auxquels elle a apporté divers perfectionnements (fig. 7).
- Le bélier hydraulique Bollée est constitué par un corps de bélier, en fonte, supportant, d’une part, des organes mobiles (un clapet, une soupape, etc.) et relié d’autre part, par des brides boulonnées, aux organes fixes suivants:
- a) A l’amont, le raccord à emboîtement de la conduite de batterie;
- b) À la partie supérieure amont, une haute colonne en fonte supportant la pompe à air ;
- c) A la partie supérieure aval : une hausse de cloche supportant la cloche à air (la hausse est supprimée si la hauteur de refoulement est petite, le matelas d’air de la cloche n’exigeant alors qu’un volume restreint) ;
- d) En dessous de la cloche à air, un orifice de sûreté à ressort d’une part, et, d’autre part,
- le raccord de la conduite de refoulement.
- La soupape S, à charnière, est disposée sous la cloche à air. Cette pièce, ainsi que le clapet C, est en bronze dur et doit être parfaitement ajustée; le rendement du bélier en dépend.
- Le clapet C est formé d’une boîte cylindrique percée de lumières O coulissant de bas en haut dans la boîte à clapet B, laquelle est fixée au corps de bélier et munie d’évidements à sa partie supérieure. Dans les béliers Bollée, il est relié par une tige verticale à l’extrémité du levier d’équilibrage P, oscillant au sommet de la cloche à air ; ce levier, en équilibrant plus ou moins le poids du clapet, permet de modifier dans de certaines limites la vitesse de battement du bélier (nombre de coups frappés par minute), suivant les données précises de la chute d’eau envisagée, et suivant les variations du débit du cours d’eau pour obtenir le meilleur rendement.
- La pompe à air agit comme machine auxiliaire, sous l'action de l’eau, pour maintenir constant dans la cloche le matelas d’air qui tend à diminuer par dissolution de l’air dans l’eau refoulée.
- Fonctionnement du - bélier. — Supposons la vanne du regard de batterie fermée à l’origine, le bélier au repos et la conduite de batterie vide. A ce
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- moment, le, clapet G est à sa position basse, c’cst-à-dire ouvert (comme le représente la figure 7) : scs lumières 0 permettent libre communication ( nlre l’intérieur du corps du bélier et l’extérieur, par l’intermédiaire, de la boîte à clapet fixe B, et de ses évidements.
- Si nous ouvrons la vanne, l’eau descendra par la conduite de batterie et s’écoulera par cette librç communication. Mais, la vitesse de l’eau croissant dans la conduite de batterie, depuis zéro jusqu’à un maximum correspondant à la hauteur de chute (égal à \J 2gh), sa pression sur le fond du clapet imprimera à celui-ci son mouvement d’ascension, mouvement qui va s’accélérant, malgré le frein constitué par les lames d’eau traversant les lumières du clapet. Bref, ce dernier achève brusquement son mouvement et vient s’appliquer sur sa boîte, les lumières voilées interrompant à ce moment tout échappement d’eau dehors.
- La colonne d’eau contenue dans la conduite de batterie exerce alors toute sa forcé vive sur la soupape S, qui se soulève, laissant pénétrer une certaine quantité d’eau dans la cloche; le cube d’air en est réduit en conséquence, mais l’augmentation de pression qui en résulte fait jouer à cet air le rôle de ressort ; sa tension augmente à mesure que la force vive de l’eau diminue. Au bout d’un instant, la détente de l’air force la soupape à se refermer brusquement, emprisonnant dans la cloche un certain volume d’eau qui sera, par la continuation de la détente de l’air dans la cloche, refoulé dans la conduite de refoulement.
- Le mouvement de fermeture de la soupape se transmet par ailleurs à la colonne d’eau, incompres-
- Fig. 5. — Regards de batterie et canalisations de charge.
- sible, contenue dans le corps du bélier ; il en résulte un léger mouvement de recul de l’eau et une dépression dans le corps du bélier. Cette dépression provoque la retombée du clapet ouvrant de nouveau ses lumières.
- Le phénomène décrit se renouvellera automatiquement.
- Les béliers Bollée sont munis d’une pompe à air H, destinée à maintenir constant le volume d’air de la cloche, malgré les pertes d’air par dissolution dans l'eau refoulée. L’air provient d’un ajutage W. Sous l’action des mouvements d’eau dans la colonne creuse G, l’air est successivement aspiré, puis refoulé par le tube T sous la cloche à air.
- En résumé, le fonctionnement du bélier est automatique et continu. Dans le cas du bélier Bollée, on dispose : pour le réglage du clapet, des contrepoids variables de l’équilibreur P, et, pour le réglage du matelas d’air de la cloche, de l’ajutage de prise d’air de la pompe à air du haut, \\7.
- VI. Chambre des béliers. — A Kasba Tadla, en raison de la grande hauteur de refoulement, et suivant la suggestion du constructèur, on a interposé, à la jonction du refoulement de chaque bélier, un « collecteur de refoulement » formant réservoir d’air supplémentaire.
- Les trois appareils (béliers et collecteur) sont installés dans une chambre en maçonnerie ordinaire, dont les murs sont suffisamment élevés pour la mettre à l’abri des crues de l’Oum-er-Rbia. L’orifice d’évacuation des eaux motrices est munie, pour la même raison, d’une vanne, Il est donc nécessaire d’arrêter les béliers lorsque les eaux du fleuve atteignent cette vanne ; celle-ci est située, ainsi que les béliers, à 2 m. au-dessus du niveau d’étiage. De sorte que le fonctionnement des (appareils peut
- Fig. 6, — Bélier hydraulique Bollée.
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- de voies de communication nouvelles et construction de postes nouveaux en hiver. Bref, la grande majorité des ouvriers dut être recrutée à la côte, et non sans difficultés.
- Les ressources locales, infimes en ce qui concerne le personnel, étaient nulles pour la plupart des matériaux. La région ne fournit ni bois, ni fer, ni ciment, ni chaux. Tous ces matériaux doivent être apportés de la côte, ou de lieux de production lointains; ils arrivent sur camions automobiles. Seule la pierre se trouvait sur place, ainsi qu’un peu de sable trop argileux..
- Aux difficultés des travaux en général, il fallut ajouter les obstacles suscités par le climat.
- Les pluies, au Maroc, sont rares, mais torrentielles ; à plusieurs reprises, des crues du fleuve ont contraint d’arrêter les travaux et bouleversé les terrassements effectués.
- En été, d’autre part, la chaleur est excessive à l’intérieur du Maroc, et la sécheresse de l’air extrême : le thermomètre atteint chaque jour 45° (à l’ombre) et parfois 50ü. Malgré ces conditions défavorables pour la prise du béton, le réservoir a été édifié au mois d’août 1922, et son étanchéité s’est montrée parfaite.
- Les travaux avaient été commencés en fin de 1921. En novembre 1922 on a pu mettre en service la distribution de l’eau par les béliers hydrauliques.
- Essais. — Le montage des béliers hydrauliques n’s présenté aucune difficulté particulière ; il a été effectué, cependant, par un personnel n’ayant aucune connaissance de ces appareils. On s’est conformé pour ce montage, ainsi que pour le réglage préalable des béliers et pour leur mise en marche, aux indications détaillées fournies à ce sujet par le
- tion qui aboutit à la place principale de Kasba Tadla ; des canalisations secondaires desservent : la Kasba, le camp Nord, le village européen, le village indigène.
- "VIII. Difficultés éprouvées dans l’exécution des travaux. — De nombreuses, difficultés ont été éprouvées. La principale est inhérente à tous les pays neufs : défaut de main-d’œuvre qualifiée.
- Rappelons que Kasba Tadla n’est reliée à la côte, par une route, que depuis l’automne 192T ; jusqu’à cette époque, les relations s’effectuaient par piste, c’est-à-dire qu’elles étaient pratiquement interrompues après la moindre pluie. De plus, la région est encore peu sûre, fermée à la colonisation. On ne peut donc s’étonner si, à l’époquè du début des travaux, aucun artisan européen n’y résidait. Quant aux indigènes, ils ne fournissent d’ouvriers convenables que dans les villes de la côte ; à part deux ou trois menuisiers ou maçons médiocres, on n’a recruté sur place que des manœuvres totalement inexpérimentés et peu stables. Heureusement, la compagnie du génie locale a fourni quelques hommes de métier, trop peu nombreux en raison de la fp __ Réservoir ~de IOO en bélon armL
- tâche absorbante qui incombe aux troupes de la yue prjsc pendant la confection des coffrages de
- région : lutte contre les dissidents en été, création la cuve.
- Fig. 7. — Coupe verticale d'un bélier Bollée.
- encore être assuré en cas de crue inférieure à ce niveau, ce qui est le cas le plus fréquent.
- Dans la chambre des^béliers, chaque bélier se trouve scellé dans un'bassin muni, à la sortie des eaux motrices, d’un tamis et d’une vanne. On peut donc isoler un des appareils, pour procéder à son nettoyage ou à son démontage, sans entraver le fonctionnement de l’autre appareil.
- VII. Autres ouvrages. — La canalisation de refoulement, en fonte de 10 cm. de diamètre, débouche au sommet d’un réservoir. La différence de niveau (pertes de charges comprises) est de 42m. 50. Du réservoir, en béton armé, de 100 mètres cubes de capacité, part la canalisation principale de distribu-
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- constructeur. Ces instructions se sont trouvées fort efficaces, car aucun incident digne d’être signalé ne s’est produit au cours des essais, et il n’a pas été utile de modifier le réglage préalable des differents organes.
- Les essais, effectués du 16 au 19 septembre, ont été satisfaisants, le débit désiré ayant été atteint, au cours d’un fonctionnement continu de 53 heures, sans incident.
- Conclusions. — En résumé, le Service du Génie militaire du Maroc n’a pas craint, en un pays neuf, à peine pacifié, et malgré toutes les difficultés que nous avons signalées, d’entreprendre l’important travail d’adduction d’eau à Ivasba Tadla, utile aussi bien à la population civile qu’à la population militaire, d’utiliser pour élever l’eau la force motrice
- On sait que ces appareils peuvent être utilisés en de nombreux cas où l’on dispose d’un cours d’eau moteur au débit abondant, par rapport au débit à élever; ils présentent l’avantage de s’accommoder fort bien d’une chute de hauteur infime, et de fonctionner sans entretien et, on peut dire, sans surveillance.
- Si les béliers sont relativement peu répandus, c’est peut-être que leur fonctionnement parait, au premier abord, malaisé à comprendre, et, d’autre part, obéit à des lois de mécanique peu familières, qui se rattachent aux théories des chocs. Mais l’exemple cité montre qu’il est loisible, pour déterminer certains éléments du problème, de se conformer aux suggestions qui sont indiquées au constructeur par une longue expérience ; il semble donc que
- Fig. q et io. — Béliers hydrauliques, et collecteur de refoulement: vues prises pendant le montage en usine.
- du fleuve Oum-er-Rbia, et de faire une heureuse application d’un appareil élévateur nouveau au Maroc : le bélier hydraulique.
- l’usage des béliers hydrauliques pourrait se développer avec avantage, tant aux colonies qu’en France.
- H. Marc.
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- et les nouvelles explorations souterraines
- Tandis que, par suite des morts et ruines entassées par la guerre, les explorations souterraines hydrogéologiques françaises ne sont plus guère continuées que par le professeur E. Fournier dans le Jura, l’abbé Gaurier aux Pyrénées et À. Viré en Quercy, beaucoup de pays étrangers (Angleterre, Italie, Belgique, Roumanie, Tchéco-Slovaquie, Yougoslavie, Espagne) s’y livrent avec une ardeur toute rénovée.
- Le mouvement a repris d’abord dans le Ivarst, jadis autrichien, aujourd’hui italien ou yougoslave; c’est en effet dans cette terre privilégiée pour les abîmes, les cavernes, les rivières souterraines — (et dont le sous-sol commença à être interrogé dès 1748 par Nagel) — que des spécialistes militaires austro-hongrois furent utilisés à partir de 1915. On
- autrichiennes et allemandes (1916-1922).
- sait maintenant qu’on leur fit activement rechercher les excavations naturelles nouvelles, ou en aménager de connues, pour y disposer des abris, magasins, dépôts de munitions, mines, etc. Et ces travaux auraient rendu bien difficile (comme je l’avais annoncé dès septembre 1915) la prise de Trieste par vive force (*). Ne mentionnons que deux de ces entreprises : la première fut l’exploration complète, en juillet-août 1916, par G. Lahner, et au moyen de grands travaux d’élargissement, du plus profond gouffre où l’on soit actuellement descendu : on Fa nommé grotte Sarkotié ; il est situé en Monténégro (à 910 m. d’altitude) près de Njégus, sur les pentes du fameux Mont Lovcen, tant bombardé; les habi-
- 1. Voir la Nature 2188, 4 sept. '1915, et 2290, 18 août 1917.
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- tanls de (Njégns s’y réfugièrent dans la grotte qui en forme la première partie ; et les Autrichiens espéraient y rencontrer de l’eau pour le ravitaillement de leurs opérations sur la route si complètement sèche de Cattaro à Cettinjé ; il fallut descendre de 540 m. (profondeur totale du gouffre) pour être arrêté par un petit bassin d’eau inutilisable. Mais la trouvaille présente un très gros intérêt géologique (l).
- La seconde entreprise a consisté à vouloir réunir, par des tunnels artificiels, les diverses parties du réseau des cavernes d’A-delsberg (2) (que les Italiens ont rebaptisée de son nom romain de Postoina ou Postumia), elc., creusées par les rivières souterraines de la Piuka, de Zirknilz, etc. Gomme l’éti ndue des galeries naturelles ici reconnues antérieurement atteint 21 km, et comme il en reste peul-clre autant à découvrir, en forçant ou contournant les obstacles des éboulis et des siphons souterrains, on voit quel labyrinthe de sapes on aurait peut-être réussi à disposer et à utiliser, aux contins de l’IsLrie et dé la Car-niole, où passe maintenant la frontière italo-yougo-slave.
- Mais, quand survint l'armistice du 11 novembre 1918, un seul de ces tunnels était en voie d’exécution, et percé à concurrence de 553 m. sur les 465 m. prévus ; si les Italiens achèvent maintenant les 112 m. manquants cl s’ils entreprennent les autres galeries projetées, cela sera avant tout dans un but d’ordre touristique (3).
- Dans les Alpes Orientales demeurées autrichiennes, l’acliviLé du travail souterrain a repris de surprenante manière: le club styrien de Graz (conduit par M. Bock) continue ses travaux aux énormes glacières naturelles du Dachtstein (labyrinthes de 8 kilomètres (l) et à la grande rivière souterraine de
- 1. Voir la coupe de cet abîme, p. 184 de mon nouveau Traite des eaux souterraines (Paris, Doin 1921), d’après les Milleil. des Vereins fur Ilôhlenkunde de Graz, n° 19 (de 1920).
- 2. Y. La Nature ncs 4088, 7 avril 1894 et 1676, 8 juillet 1005 et les abîmes 1894.
- 3. Y. Bertarelu, Sopru et Solto Terra, in Le Vie d’italia, avril, mai, juin 1921 (revue du Touring Club italien).
- 4. V. La Nature, n° 2104, 20 septembre 1915.
- Lur-Loch (plus de 7 km connus) ; et Salzburg se fait le centre (avec le concours zélé des Muniehois) d’entreprises et de trouvailles que nous n’avons pas le droit d’ignorer : non seulement on y a, comme à Graz, réorganisé le « Verein für Hôhlenkunde » (1912) et créé (1920) un « musée des cavernes » dans le parc d’Heilbrunn, grâce à la libéralité d’un noble mécène (il en subsiste donc?) le baron Kust von WoltersdorfF, — mais encore on a poursuivi des pénétrations, dont les résultats quoique incomplets, sont déjà extraordinaires (dans 170 cavernes):
- n’indiquons que le principal, qui est le plus récent.
- A 35 km en S.-S.-E. de Salzburg, le massif calcaire des Tennen-Gebirge (culminant à 2409 m.) est, comme ses voisins (le Dach-stein notamment), tout percé de grottes et gouffres, et creusé de lapiaz et bassins absorbants ; en 1878-1879 Posselt et Czorick y avaient pénétré de 500 m. environ, dans une caverne ascendante, ouverte (au-dessus de Werfen) à 1686 m. d’altitude et encombrée de glaces :,un mur d’eau congelée les avait arrêtés. Il fut franchi en 1912 par Alex, von Môrk de Salzburg, tué à la guerre) qui poussa (1915) jusqu’à 600 m. de l’orifice. De 1919 à 1922, MM. E. von An-germager, R. et F. (Edi, AV. Czoernig, assistés du photographe A. Asal (de Munich) ont développé l’exploration, très difficile, jusqu’à reconnaître 25 km de galeries, semées ou coupées de vrais glaciers souterrains, d’abîmes, de siphons désamorcés, etc. Et l'œuvre n’est pas achevée. D’après les pbotographies publiées (1 ), la caverne dénommée
- i. Dans la revue mensuelle bavaroise der Alpenfreund (Munich, 9, Amalien-Strasse, 1922), sous le litre Die Hohle (56 p. in-4, 1922; communiquée par M. II. Bock, de Graz). Ce mémoire contient une noie sur la photographie des cavernes par M. Alfred Asal (de Munich) : il cite comme premières photographies de grottes au magnésium celle de MM. Dvorcak ' (de Prague) et II. Bock (de Graz) : il ignore donc (ou méconnaît) les belles épreuves obtenues (nolamment dans les Causses) et dès 1889 par P. Nadar, J. Vallol, Bri-chant, G. Goupillât, E. Dupin, etc. Pour les distances, les vues publiées par M. Asal ne paraissent pas excéder 20 à 30 m. En 1899. à l’Aven Armand (Lozère) j'ai obtenu d’excellents clichés (&X9) à 60 m. de. distance (V. ma brochure : La photographie souterraine, Paris, Gaulhier-Yillars, 1903, in-8, 27 fig.).
- a,o DO UNE DU B OKI-DO
- Coupe ^ c/e ta Grotte-Gouffre
- 'St. von SARKOr/c
- Explorée et levée par
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- non plus Rosselt-Hohle, mais 1’ « Eisriesenwelt », (le « monde glacé géant ») apparaît vraiment comme extraordinaire. Ancienne rivière souterraine des hauts niveaux, elle est à la fois la plus grande glacière naturelle du monde et la caverne la plus développée que Ton connaisse en Europe (1), puisque le système Postoina-Pivka reste, quant à présent, de 21 km.
- Il était opportun de donner quelque publicité à cette énergique et fructueuse entreprise des Autrichiens, Lrès belle découverte géologique (2).
- D’autant plus qu’elle a suscité, de la part de l’Académie des Siences de Vienne (qui, dès l’époque de Schmidt,. en 1850, s’intéressa toujours aux cavernes d’Autriche et fit même les frais de son livre classique sur l’Adelsberg, etc., 1856), la création en 1920 d'une « Slaatliche Ilôhlen Commission » (Comité national des cavernes), dirigée par le Dr Hauser.
- En 1921-1922, ce Comité a publié ou projetait de publier toute une série de rapports d’études scientifiques ou de monographies de cavernes, entre autres celles du Dachstein et de l’Eisriesenwelt.
- On croit rêver, ou plutôt on ne sait plus que penser — en présence de l’effondrement monétaire de l’Autriche — quand on lit le procès-verbal de tels travaux, dans un fascicule, affranchi, comme imprimés, avec 5300 couronnes de timbres-poste!
- 1. L'exactitude de ces données m’a été confirmée cet laver par M. Barton, de Caius College de Cambridge, qui, à la fin de l’été 1922, a visité 10 km de lEisriesenwell, sans en voir seulement la moitié. Norddeulsche allgemeine Zeitung de Berlin en a parlé le 5 juillet 1921.
- 2. Voir Robert Œdl, Hohlenmeteorologie (Eisriesenwelt.) dans la Meteorulogisclie Zeitschrift, lévrier 19z3, p. 55-37. Etude sur la formation de la glace souterraine d’après différents mémoires (Bibliogr. dans La Géographie, de mai 1923, p. 641, n° 699).
- Comme pour l’exploration méthodique des abîmes en 1883, c’est donc l’Autriche, vraie terre promise des excavations naturelles, qui nous redonne ici un remarquable et vigoureux exemple.
- En sa détresse économique actuelle, cela peut sembler bien étrange ; mais ce pays du moins n’a pas de provinces dévastées à restaurer et les initiatives individuelles demeurent libres de s’y consacrer à d’autres problèmes (1).
- MM. Czoernig et B. (Edi ont dressé pour le Hôhlen-Museum de Salzburg (Hellbrunn) un plan (t colossal » de l’Eisreisenwelt, établi au théodolite, à l’échelle de 1/400” et mesurant 5 m. 60 sur 2 m. 80.
- Et dans tout cela, une large part scientifique est faite à la flore et à la faune souterraine, ainsi qu’à la paléontologie et à la préhistoire, à la recherche des phosphates, etc.
- Enfin, et tout en s’abstenant de commentaires, on ne peut passer sous silence que « le Verein für Ilôhlenkunde », de Salzburg a lui-même provoqué, en 1920, la fondation à Munich, d’une association analogue qui a pris pour champ d’études les Alpes calcaires bavaroises : cette solidarité ne doit pas demeurer inaperçue (2).
- E.-A. Martel.
- 1. En 1920, MM. Racowitza et .leanncl ont fondé un institut de spéléologie à l’université roumaine de Cluj (ancienne Transylvanie). L’Italie en projette un autre à Postoina (Adels-berg) avec musée et laboratoire de biologie souterraine. Et M. E. de Pîcrpont songe aussi à un musée de cavernes à Han-sur-Lesse. En France, la Société de Spéléologie (1895-1914) n’a pas survécu à la guerre, et le laboratoire souterrain du Muséum de Paris n’a pas été rétabli après sa submersion par l’inondation de Janvier 1910!
- 2. Extrait d'une communication faite au Congrès international de la Protection de la nature au Muséum d’Ilis-toire naturelle de Paris (51 mai-3 juin 1923).
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1923.
- Le magnétisme du nickel. — Ayant déjà montré l’inlluence des métaux étrangers sur la Lhermoélcclricité et la résistivité du nickel marchand, M. Hector Pécheux étudie, par une nouvelle note, les modifications apportées, dans les caractéristiques magnétiques du même métal, par la trempe et le recuit.
- Le spectre d'absorption des corps en solution et h l’état de vapeur. — Des mesures de M. Victor Henri, il résulte que, pour les molécules ne contenant qu’une seule liaison double, le premier postulat de Bohr ne s’applique pas et que, seul, le second est valable. Lorsqu’il s’agit de . molécules à deux liais.ons doubles voi.-incs, les deux postulats s’appliquent, le premier étant déterminé par l’existence d’une polarité électrique dans la molécule même.
- Un nouveau réactif des alcaloïdes. — MM. Caille et Viel ont remarqué qu’en solution légèrement chlorhydrique, les sels d’antimoine donnent, au contact d’une dissolution d’iodure de potassium et d’un sel de quinine, un précipité jaune d’or amorphe ; la réaction est suffisamment sensible pour déceler, dans une liqueur, 1 /2000e Sb. Ces chimistes en ont déduit la préparation d’un réactif iodo-anlimonique, particulièrement utile dans la recherche des alcaloïdes, tels que : pyridine, quinoléine, quinine, cinchonine, émétine, strychnine, morphine, caféine et théobromine.
- Les rochers de l'Adrar des Iforras et de l’Ahaggar. — Les roches recueillies par MM. Chudeau et Villatte ont été étudiées par M. E. Denaeyer. Il v a lieu de remarquer leur écrasement qui est en rapport avec l’existence
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- UNE PLUIE DE SOUFRE DANS LA RÉGION DE TOULOUSE
- des plissements sahariens et l’existence de granités alcalins à amphibole à In Zize et dans l’Adrar des If or as.
- . De telles roches marquent une nouvelle extension, vers l’ouest, des limites de la province pétrographique alcaline du Tchad.
- La pomme des choux-fleurs. — De nombreuses coupes en série, colorées par des réactifs appropriés, ont permis à M. Henri Coupin d’élahlir que cette masse blanche n’a
- rien de floral et qu’elle est uniquement constituée par des rameaux, sans sclérenchyme ni vaisseaux ligneux, arrêtés dans leur développement après s’être hypertrophiés en diamètre.
- Sa production ne semble pas avoir une origine parasitaire; c’est en somme une simple monstruosité qui présente ces deux particularités d’être héréditaire et de ne durer qu’un temps limité pour, sur le tard, se développer en organes floraux.
- Paul 13.
- UNE PLUIE DE SOUFRE DANS LA RÉGION DE TOULOUSE
- Les Toulousains qui, le 24 avril dernier, se rendaient à leur travail à une heure matinale, furent fort étonnés de voir le sol jonché d’une poussière d’un jaune vif, ressemblant, à s’y méprendre, à de la fleur de soufre.
- A la vérité, 1 pluie avait déjà nettoyé le sol, et la line poussière se trouvait rassemblée au bord des rigoles et autour des flaques, où l’eau, en baissant de niveau, l’avait abandonnée sous forme de bordures ou d’auréoles.
- Mais la présence de cette substance dans toutes les rues de la ville écartait l’hypothèse de quelque déchet -d’usine ou d’une matière tombée d’un véhicule en marche, et nul ne mit en doute que cette poussière jaune fût venue du ciel. En effet, les personnes qui se trouvaient déjà dehors entre quatre et cinq heures du matin avaient assisté à ce phénomène.
- Il soufflait un très faible vent d’ouest, accompagné de légères ondées, et, après la chute de la poussière, il se mit à pleuvoir assez abondamment.
- Quand la ville s’éveilla, et tandis que l’on parlait déjà de la « pluie de soufre », les chercheurs s’empressèrent de recueillir un peu de cette curieuse substance et de l’examiner sous leur microscope.
- C’était bien, comme toujours dans les « pluies de soufre », du pollen de pin. Ces grains de pollen, si caractéristiques (lig. 1), portent chacun deux petits ballonnets (couverts de hachures sur la figure), véritables sacs à air provenant du décollement des deux
- enveloppes du grain (exine et indue). Grâce à ce dispositif, le pollen des fleurs de pin est excessivement léger et susceptible de transport par le vent à de très grandes distances.
- Les pins, ainsi que d’autres conifères, sont un exemple particulièrement intéressant de plantes anémophiles, dont la pollinisation s’effectue par les vents.
- Cette chute de pollen très abondante, qui a couvert toute la ville et la région environnante, jusqu’à 25 kilomètres au moins dans la direction de Montauban, provenait certainement des forêts de pins maritimes des Landes ; le pollen avait été transporté par le vent, qui soufflait de l’ouest.
- Dans la région de Mont-de-Marsan, ces chûtes sont fréquentes, et personne ne s’en étonne.
- On admet d’autant mieux que le vent puisse charrier, sur un long trajet, une substance aussi légère que le pollen, quand on sait qu’il transporte, dans certains cas, des multitudes de petits crapauds, aspirés par une trombe hors de la mare natale, et qui retombent en pluie très loin de leur lieu d’origine.
- On comprend l’importance biologique, pour la propagation des espèces, du transport à grande distance, dans des conditions favorables, de pollen, de spores, d’reufs ou même d’animaux de petite taille, tels que des batraciens ou des poissons.
- G. Nicolas et J.-F. Uup.AiM)
- Professeur Chargé de Cours, à la Faculté dés Sciences de Toulouse
- Fig. i.
- La pluie de soufre vue au microscope apparaît comme formée de grains de pollen de pin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Iaih-he, rue de Fleurus, 9, Paris,
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- LA NATURE. — N‘257l-
- 14 JUILLET 1923
- PASCAL (1623-1662)
- L’immortelle renommée du philosophe et de
- l’écrivain éclipse quelque peu, chez Pascal, la
- gloire du mathématicien et du physicien. Néanmoins il se révéla comme un génial savant dans des domaines très divers' Quoique dédaigneux des puissants moyens analytiques découverts par Descartes pour faciliter la tâche des mathématiciens, il se mon Ira, tour à tour, é-mule de Fermât !
- dans la théorie H# ^
- des nombres, dé- / / JP. laissée depuis tant de siècles, géomètre aux raisonnements impeccables, créateur original du calcul des probabilités, hydrauli-cien subtil, mécanicien inventif et observateur très sagace en météorologie où régnait alors l’empirisme le plus complet.
- Cependant ses conceptions mathématiques, et sa façon de raisonner le rattachent beaucoup plus à Euclide qu’à ses prédécesseurs immédiats ou à ses successeurs.
- À l’encontre de Descartes, qui tout en édifiant la géométrie a-naly tique sur des hases solides, invoque cependant l’intuition naturelle, le bon sens, l’évidence comme preuves suffisantes de ses théorèmes et de ses déductions, Pascal dans son exposé de l’Esprit géométrique s’attache à la rigueur des définitions, des axiomes et des démonstrations qu’il préfère au doute rationnel de son illustre devancier.
- Pour lui « l’art de persuader... consiste en trois parties essentielles : à définir les termes dont on doit se servir par des définitions claires, à proposer des principes ou axiomes évidents pour prouver la chose dont il s’agit et à substituer toujours mentalement, dans la démonstration, les définitions à la place des définis ». Puis il conclut : « La méthode
- «««S
- Ü
- de ne point errer est recherchée de tout le monde. Les logiciens font profession d’y conduire mais les géomètres seuls y arrivent ». Voilà sa profession de foi scientifique et elle explique son œuvre. Néanmoins si Pascal dédaigna de se servir de la méthode cartésienne qu’il connaissait pourtant fort bien, il fit progresser l’arithmétique, la géométrie, la mécanique, la physique et il créa le calcul des probabilités.
- Né à Clermont-Ferrand, le 19 juin 1623, notre savant montra dès son jeune âge les plus rares aptitudes nu travail intellectuel. Aussi son père, président de la Cour des aides de Montferrand, abandonna-t-il sa ‘targe en 1651 pour venir à Paris se consacrer exclusivement à l’éducation de ses enfants dont il voulut être le premier et l’unique maître.
- Tout le monde connaît l’anecdote, rapportée par sa sœur afin d’attester la précocité du génial penseur.
- Un jour, son père trouva le jeune Biaise, alors âgé de
- 12 ans, en train de résoudre la 52e proposition d’Euclide (la somme des angles d’un triangle est égale à deux droits) bien qu’il eût mis sous clef tous les livres mathématiques de sa bibliothèque de peur que son fils négligeât l’étude du latin. Tallemant des Réaux conteste d’ailleurs l’authenticité de ce récit et affirme, d’après l’aveu de Pascal lui-même, que le futur auteur des Provinciales avait lu en cachette l’ouvrage d’Euclide et se l’était assimilé. En tout cas, Etienne Pascal avait merveilleusement réussi « à débrouiller l’esprit » de son fils qui, quaire ans plus tard, écrivait un Traité des sections coniques (1640). Dans ce petit opuscule, se trouve
- Fig. i. — Buste de'Pascal d’après une gravure du dix-septième siècle.
- 51’ Année — 2’ Semestre.
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- PASCAL (1623-1662)
- énoncée la propriété fondamentale que possède tout hexagone inscrit à une conique d’avoir les trois points de concours de ses côtés opposés en ligne droite. Lès nombreuses conséquences, tirées ultérieurement de « l’hexagramme mystique », montrent assez la fécondité de ce théorème.
- De 1042 à 1645 Pascal met au point sa fameuse machine arithmétique pour simplifier les comptes de son père, alors surintendant de Normandie. En faisant hommage de son chef-d’œuvre mécanique au chancelier Pierre Séguier, il lui écrivait les lignes suivantes :
- « Si le public reçoit quelque utilité de l’invention que j’ai trouvée pour faire toutes sortes de règles d’arithmétique par une manière aussi nouvelle que commode, il en aura plus d'obligation à Votre Grandeur qu’à mes petits efforts, puisque je ne saurais me vanter de l’avoir conçue, et qu’elle doit absolument sa naissance à l’honneur de vos cora-ni and ements.
- Les longueurs et les difficultés des moyens ordinaires dont on se sert m’ayant fait penser à quelque secours plus prompt et plus facile pour me soulager dans les grands calculs où j’ai été occupé depuis quelques années en plusieurs affaires qui dépendent des emplois dont il vous a plu honorer mon père pour le service de Sa Majesté en la haute Normandie, j’employai à cette recherche toute la connaissance que mon inclination et le travail de mes premières études m’ont fait acquérir dans les mathématiques, et, après une profonde méditation, je reconnus que ce secours n’était pas impossible à trouver. »
- Etant donné le peu d’avancement de la mécanique pratique au xvne siècle, la réalisation de cette machine était chose peu aisée et entraina Pascal dans d’énormes dépenses. Il en fabriqua plusieurs modèles dont un existe encore dans les collections du
- Conservatoire des Arts et Métiers de Paris (fig. 5 et 4). A l’intérieur du couvercle, se lit l’inscription suivante : Esto probali, inürumenii symbolum hoc. Blasius Pascal, Arvernus, inventor, 20 may 1652, dont voici la traduction : « Que cette signature soit le signe d’un instrument éprouvé. Biaise Pascal, Auvergnat, inventeur, 20 mai 1652. » Cet appareil ressemble à un coffret dont le dessus est percé de lucarnes où apparaissent les chifïres de l’opération. Le long de cette série d’ouvertures se trouvent placées des
- roues, grâce auxquelles on peut inscrire les chiffres des divers nombres à totaliser. En outre, un dispositif spécial permet également les soustractions.
- Embrassant peu après les théories jansénistes, le solitaire de Port-Royal va faire désormais de la science « l’essai, mais non l’emploi de ses forces » intellectuelles.
- Il mettra dans la composition des Provinciales son éloquence persuasive, ses dons merveilleux d’ironiste et de dialecticien, il jettera sur le papier, au fur et à mesure de leur éclosion, ses profondes Pensées, matériaux épars d’une apolosie de la religion chrétienne. Néanmoins il sut encore mener à bien .jusqu’au déclin de sa vie, d’importants travaux de physique et de mathématique.
- Des fontainiers de Florence ayant demandé à Galilée pourquoi l’eau cessait de s’élever dans le tuyau d’une pompe aspirante quand elle atteignait une hauteur de 32 pieds, le maître ne sut pas en donner une explication plausible ; mais son disciple Torricelli l’attribua à la pesanteur de l’air. Pascal ayant eu connaissance du fait expérimental (’) ainsi
- 1-Dîins une le lire, écrite en 1631 cl- publiée eu 1881 par Nourisson, Pivorles indique' iieUemcnt le principe Je lu pesanteur de l’air : « Les couches d’air accumulées les unes au-dessus des autres jusque par delà les nues, dil-il, font une
- Fig. 2. — Statue de Pascal à Clermont-Ferrand.
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- constaté, résolut de démontrer, de façon irréfutable, que l'ascension des liquides dans les tubes était bien due à la seule pression atmosphérique et non à « l’horreur de la Nature pour le vide », selon l’opinion régnante alors. En outre, si la colonne de mercure du baromètre équilibre la pression de l’air, elle doit diminuer à mesure qu’on s’élève et être par conséquent plus petite sur une montagne. Il pria donc son beau-frère Périer de s’assurer si au sommet du Puy de Dôme le baromètre ne se tiendrait pas plus bas que dans la ville de Clermont-Ferrand, sise à ses pieds. Les chiffres trouvés légi-
- comme le précédent ouvrage entre les années 1649-1655 mais publié seulement à Paris en 1665, un an après sa mort.
- Dans ce dernier ouvrage, il énonce la loi de la transmission des pressions dans un liquide. Voici comment il formule ce théorème d'hydraulique connu aujourd’hui sous le nom de Principe de Pascal :
- « Si un Vaisseau plein d’eau, clos de toutes parts, a deux ouvertures, l’une centuple de l’autre; en mettant à chacune un Piston qui luy soit juste, un homme poussant le petit Piston égalera la force de
- Fig. 3. — La machine arithmétique de Pascal.
- Vue extérieure de l’exemplaire original du Conservatoire des Arts et Métiers.
- timèrent pleinement la justesse et les vues du profond physicien et de nouvelles expériences effectuées sur la Tour Saint-Jacques de La Boucherie, à Paris, confirmèrent les résultats obtenus en Auvergne (1647-1648). Développant alors sa théorie, il écrit son Traité de la pesanteur de la masse de l'air, où il explique, avec preuves expérimentales à l’appui, tous les phénomènes atmosphériques par la pression de l’air. Ces recherches l’amenèrent à examiner les fondements de l’hydrostatique dans son Trai é de l'équilibre des liqueurs composé
- grandes peanteur ». Puis il explique l’expérience de la suspension du mt rcurc dans le lube barométrique. Il note, en' effet, que le poids refoulant la colonne mercurielle égale le poids qui presse la surface libre du métal liquide. Or Torri-celli construisit le premier tube barométrique douze ans plus lard et Pascal exécuta seulement en 1047 les célèbres expériences du Puy de Dôme et de la Tour Saint-Jacques. On peut donc se denander si Descàrtes n’aurait pas suggéré l’idée de son expérimentation, au savant auteur des Provinciales.
- cent hommes, qui pousseront celuy qui est cent fois plus grand, et en surmontera quatre-vingt-dix-neuf.
- (( Et quelque proportion qu’ayent ces ouvertures, si les forces qu’on mettra sur les Pistons sont comme les ouvertures, elles seront en équilibre. D’où il paroist qu’un Vaisseau plein d’eau est un nouveau principe de Méchanique, et une machine nouvelle pour multiplier les forces à tel degré qu’on voudra, puisqu’un homme, par ce moyen, pourra enlever tel fardeau qu’on luy proposera. »
- Cel te « machine nouvelle » n’était autre que la presse hydraulique, si utilisée actuellement dans nombre d’industries. Un peu plus loin, il découvre encore une règle fondamentale des transformations mécaniques en reconnaissant que « le chemin est augmenté en proportion de la force ».
- Remarquons, en outre, que dans son Traité de la Pesanteur de l'air, il calcule, pour la prêmière
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- fois, le poids de la masse gazeuse qui environne la Terre et il découvre, entre autres phénomènes météorologiques, l’iniluence du « temps qu’il fait » sur les fluctuations barométriques.
- Au milieu d’infirmités survenues avant l’àge, Pascal donna aussi, un opuscule sur le Triangle arithmétique destiné à obtenir rapidement les coefficients des puissances successives d’un binôme. Comme nous le rapportons dans notre Histoire des Mathématiques (1900), la loi de formation de ces derniers avait été trouvée par Yiète, et Newton un
- au moyen d’un treuil, de lourds fardeaux et en particulier des tonneaux. N’oublions pas non plus la création des carrosses à 5 sols qui suivaient dans Paris un parcours déterminé avec faculté pour chaque voyageur d’y monter et d’en descendre en cours de route. Un duc de Roannez, son ami, obtint en 1661 le monopole de ces véhicules qui commencèrent à sillonner la Capitale d’une façon régulière le 18 mars 1672, dix ans après la mort de l’illustre philosophe. Toutefois l’entreprise, qui avait obtenu beaucoup de succès au début, ne tarda pas à péri-
- Fig. 4. — L'intérieur de la machine arithmétique de Pascal.
- L’inscription latine qu’on lit à l’intérieur de la boîte : Esto probati, inslrumenti symbolum hoc. Blasius Pascal, Arvernus, inventor, 20 May 1652 paraît être de la main de l’illustre inventeur.
- peu plus tard en indiqua la formule. Dans un autre domaine scientifique, le nom de Pascal est intimement lié à celui de Fermât parmi les inventeurs du Calcu l des probabilités. Cette « science sans racine dans le passé » naquit de la sorte. En 1654, le chevalier de Méré posa à l’illustre chercheur quelques questions relatives au jeu de dés. À l’aide d’ingénieux raisonnements, Pascal parvint à mesurer le degré mathématique de croyance qu’on pouvait attribuer à de simples conjectures. Il transforma ainsi la demande oiseuse d’un mondain frivole en un corps de doctrine.
- D’ailleurs, quoique Pascal vécut assez retiré du monde, il ne négligea pas les applications de la science aux usages de la vie courante. Il inventa, non pas la brouette comme on l’a dit à tort, mais le haquet, charrette basculante capable de se transformer en plan incliné, sur lequel on peut charger,
- cliter. Mais l’idée fut reprise au xixe siècle. Un certain Baudry établit d’abord à Nantes et à Bordeaux, puis à Paris un service d’omnibus (1828). Pour le concurrencer, diverses sociétés installèrent alors de nombreuses voitures publiques, de noms et de modèles variés. Les Parisiens montèrent dans les « Citadines » ou dans les « Dames blanches », dans les « Favorites » ou dans les « Batignollaises ». Plus tard, ils utilisèrent les « Gazelles » et les « Hirondelles » pour se transporter à travers les rues de la cité jusqu’à ce qu’en 1855, la « Compagnie générale des omnibus » englobât toutes ces exploitations en une vaste société, devenue en 1921, la « Compagnie générale des Transports en commun delà région parisienne » par la réunion, en une seule main, de toutes les lignes d’autobus, de tramways et même de bateaux concédées par l’Administration municipale.
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- LES OCRES D’APT
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- Avec ses carroses à 5 sols, le pratique « auvergnat » avait trouvé, du premier coup, la vraie formule de la circulation urbaine.
- En résumé, comme l’écrit d’Ocagne chargé de représenter l’Académie des Sciences aux fêtes du Tricentenaire, qui viennent de se dérouler à Clermont-
- Ferrand, Pascal posséda, au suprême degré, toutes les qualités de l’intelligence humaine. Voilà pourquoi il apparaît « peut-être le plus grand parmi les plus grands » des initiateurs scientifiques, des philosophes et des écrivains français de son époque.
- Jacques Bover.
- LES OCRES D’APT
- En observant, par la portière d’un compartiment de chemin de fer, les aspects changeants du paysage, chacun a pu noter au passage des pièces de terrain aux couleurs éclatantes, d’un rouge plus ou moins jaunâtre, faisant le plus vif contraste avec la verdure environnante. Ces colorations sont dues à des oxydes de fer. D’ailleurs, si ces oxydes, pourvu que leur proportion soit un peu notable, suffisent à rendre le terrain coloré, il est relativement rare que l’on puisse employer comme matières colorantes les terres rouges dont nous parlons. Quand le fait se produit, on a les bols et les ocres, très recherchés, en raison de leur prix avantageux et de leur résistance aux divers agents d’altération, comme matières colorantes et minérales. Vendus tels qu’on les extrait, ou après une .préparation très simple, ces produits entrent dans la composition des peintures dont on revêt, en diverses nuances, du jaune et du rouge, les murs et les boiseries à l’intérieur de nos habitations.
- Les bols sont des argiles ferrugineuses, relativement peu abondantes dans notre pays, ce qui limite leur emploi.
- Les ocres, au contraire, essentiellement constituées par des sables imprégnés d’oxydes de fer, comptent en France plusieurs gisements importants. Parmi ces derniers, ceux de Vaucluse, bien que leur exploilation industrielle ne semble pas remonter à une époque très éloignée, méritent une mention spéciale, tant par leur étendue et leur
- Fig. i. — Coupe verticale du terrain dans une carrière au S. W. de Gargas.
- puissance que par la variété et la qualité des produits qu’ils fournissent au commerce.
- Transportons-nous donc un instant dans la région vauclusienne, non loin de la limite des Basses-Alpes, et gravissons la colline isolée de Péréal, bien connue des géologues (').
- De là, l’œil embrasse un des tableaux les plus chaudement colorés qui puissent se rencontrer sous le ciel pur du Midi. Toutes les nuances du jaune et du rouge, étalées dans la plaine et sur les coteaux, composent une palette magnifique, que rehausse encore, par places, la brusque saillie de quelque rocher calcaire ou la sombre verdure des pins. A ses pieds et au Sud, le curieux de la nature aperçoit le modeste village de Gargas, d’où les gisements d’ocre s’étendent en une suite ininterrompue, vers le Sud-Ouest, jusqu’à Roussillon, pittoresquement juché sur la colline aux teintes de feu, d’où il a tiré son nom.
- Au levant, l’observateur domine une plaine, avec les villages de Saint-Saturnin et Villars, toute parsemée de gisements d’ocre, qui se continuent bien au delà des collines, dans la direction de Rustrel. Cette plaine vient finir au Sud à la coquette ville d’Apt, adossée aux contreforts du massif crétacé du Lubéron. Plus eon-
- Fig. 2. — Exploitation de Vocre a ciel ouvert, près d’Apt.
- 1. C’est sur le liane oriental de cette colline, en effel, que se trouve le gisement de la Débruge, qui a fourni des restes fort intéressants de mammifères fossiles.
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- LES OCRES D’APT
- Fig. 3. — Galerie dans une carrière d’ocre, près a’Apt.
- nue du grand public par ses fruits confits et ses poteries artistiques, Apt est le centre de l’industrie ocrière de Vaucluse, qui n’y comptait pas moins, en 1914, de 18 usines et occupait 1000 ouvriers.
- Les gisements d’ocre sont constitués par des sables de l’époque crétacée (étage albien), imprégnés d’un peu d’argile et d’une quantité variable d’oxyde ferrique Q). Ce dernier y existe sous deux formes : l’oxyde anhydre (oligiste), qui est rouge à l’état divisé, et un oxyde hydraté (li-monite), qui est jaune dans les mêmes conditions (2). On conçoit que. suivant les proportions de l’argile et de ces deux composés, les produits A
- exploités puissent présenter des nuances très variées, du rouge franc au jaune. La coupe ci-contre (flg. 1), relevée dans une carrière au S. W. de Gargas, montre bien la disposition des couches ocreuses :
- T-Terre végétale;
- C-Sable imprégné d’oxyde de fer, ce dernier, parfois, en blocs.
- 1. Ces ocres passent latéralement, soit à 'des sables ordinaires, soit à des minerais
- de fer, qui ont clé jadis exploites près de Rustrel.
- 2. On sait qne ces composés répondent
- aux formules : r
- Fe*U3 et 2 Fe*Os, .3 H*0.
- L’ensemble des deux couches ci-dessus constitue la découverte, c’est-à-dire, en terme de carriers, le terrain à enlever comme stérile, en cas d’exploitation à ciel ouvert.
- O-Ocres jaunes, diversement nuancées, parfois rougeâtres. Pas de fossiles.
- La disposition des couches et leur nature (sable) indiquent un dépôt littoral. Les couches sont courbes, formant des sortes d’écailles, dont chacune est d’une nuance différente, ce qui démontre que l’imprégnation du sable par les oxydes de fer esL contemporaine du dépôt.
- Suivant AB, par exemple, il y a eu abrasion des couches Ou puis dépôt des couches 02. Aux colorations primaires des couches se superpose parfois, sans les effacer, une coloration limitée par une ligne sinueuse PPPP ; le colorant minéral semble avoir coulé vers le bas.
- Quant à la disposition des particules d’oxydes de fer dans les couches sableuses, elle est révélée aisément par le microscope, qui, sous un faible grossissement, montre les gradins d’oxydes de fer — rouges ou jaunes, suivant leur état anhydre ou hydraté — accolés aux grains de sable. L’argile est incorporée aux grains d’oxydes de fer, dont elle modifie la nuance.
- L’extraction se fait à ciel ouvert ou par des galeries, ces deux modes étant d’ailleurs employés concurremment dans d’importantes exploitations de Gargas et des Villars, par exemple. L’abatage de la roche a lieu au moyen d’explosifs ; des piliers sont ménagés dans les galeries pour soutenir le terrain, assez résistant, en général, pour que tout boisage soit inutile (fig. 2 et 3).
- Du gisement, le minerai est transporté sur le chantier où doit avoir lieu la séparation de l’ocre marchande, suivant le schéma :
- / oxyde de fer. ) ~ , ,
- ... • \ -i - Ocre marchande.
- Minerai l argile . . . \
- ' sable. . . . I Résidu.
- Fig. 4. — Lavagejde l'ocre naturelle.
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- LES OCRES D’APT
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- Les grains d’oxydes de fer étant, nous l’avons vu, adhérents aux grains de sable, c’est la lévigation dans un courant d’eau qui seule a permis, jusqu’ici, d’obtenir la séparation désirée. Aussi les points d’eau, rares dans la région aptienne, sont-ils avidement recherchés. Certains exploitants lavent leurs ocres près du gisement ; d’autres les transportent à Apt, où ils utilisent l’eau du torrent qui traverse la ville, le Coulon ou Calavon. Quoi qu’il en soit, la pénurie d’eau occasionne une morte-saison très accentuée dans le travail du lavage.
- Cette opération se fait en soumettant les blocs de minerai d’ocre à l’action d’un courant d’eau, qui circule dans des canaux et traverse ensuite une série de bassins (fig. 4) : les particules d’oxydes de fer et d’argile se détachent des grains de sable et vont, en raison de leur ténuité, se déposer dans les derniers bassins, tandis que le sable est relativement peu entraîné. Ce dernier reste donc dans les rigoles et dans les premiers bassins, d’où il sera ensuite rejeté, comme inutilisable, dans les terrains environnants (‘). Quand le dépôt d’ocre dans les derniers bassins atteint une épaisseur suffisante, on coupe l’eau et on abandonne ce dépôt à l’évaporation, très intense sous ce climat sece.toùle vent n’est pas rare. Bientôt, l’eau qui surnageait disparaît, la masse se dessèche et présente les craquelures prismatiques bien connues dans le retrait des argiles. Il ne reste plus qu’à extraire l’ocre du bassin et à la transporter à l’usine, généralement située à Apt même ou à son voisinage. Là, elle est finement blutée, puis mise en barils de bois, dans lesquels on l’expédiera aux acheteurs (fig. 5).
- Les ocres ainsi obtenues présentent des nuances variées, qui ne suffisent pas cependant aux demandes de la clientèle. Avant la mise en barils, on fait donc, quand cela est nécessaire, des mélanges des diverses qualités d’ocres que fournit le pays. Les techniciens de l’ocre acquièrent d’ailleurs une grande habitude dans l’estimation des nuances. Pour comparer deux échantillons d’ocres, ils les étalent côte à côte, au moyen d’une spatule flexible, sur une feuille de papier blanc; dans ces conditions, la moindre différence de nuance se révèle à un œil exercé. Une
- 1. L’oxyde de IV r, que ce sable relient, toujours, l’a rendu impropre jusqu’ici aux usages de la verrerie.
- Fig. 5. — Blutage et mise en barils de l’ocre.
- collection d’ocres, de toutes les nuances, permet à l’industriel de retrouver à une date quelconque — ces produits étant inaltérables — une quantité autrefois obtenue : précaution indispensable pour faciliter l’accord de l’offre avec la demande, en attendant que se généralise enfin l’emploi d’un Code de couleurs.
- Pour simplifier cet exposé, il n’a pas été fait mention ci-dessus d’une particularité concernant les ocres rouges. En réalité, on utilise rarement les ocres rouges naturelles, qui ne se présentent pas, en général, dans les nuances les plus demandées. Le plus souvent, c’est par la cuisson des ocres jaunes que l’on prépare les ocres rouges, procédé qui repose sur la déshydratation, par la chaleur, de l’oxyde de fer hydraté. Selon la température atteinte, la nuance obtenue varie, et du reste le mélange des ocres rouges
- entre elles et avec les ocres jaunes fournira encore des teintes nouvelles (Q.
- Le total de la vente des ocres d’Apt a atteint dansl’annéel914 environ 40 000 tonnes, dont 4000 ont été vendues en France et 36 000 à l’étranger. . .
- Voici enfin, à titre d’exemples, les analyses de quelques ocres de la région apté-sienne :
- A B C D
- Perte à 100° (11-0). . 0,22 0,76 1,89 0,54
- Perle au rouge (I12U,'. 5,17 7,26 7,45 8,85
- Oxyde de fer (Fe205j. . 20,11 55,22 38,87 20.12
- milice (SiOa) . 52,58 46,40 45,77 59,68
- Alumine (APO3). . . . . 14,94 12,56 6,04 10,51
- 100,00 100,00 100,00 100,00
- En terminant cette courte étude, je suis heureux de remercier le Comptoir des Ocres françaises, qui a son siège à Apt, d’avoir bien voulu me communiquer les clichés reproduits ci-dessus, me faciliter la visite des carrières et des usines, et me permettre ainsi de décrire une de nos industries les plus intéressantes et les plus prospères.
- J.-F. Durand,
- Ingénieur-chimiste I. IL N., Agrégé de l’Uiiiversilé.
- 'J. La préparation clés ocres rouges par le procédé de cuisson paraît remonter à une époque 1res éloignée. En elFet, 500 ans avant noire ère, Théoplirasle, dans son célèbre Traité des pierres, décrit les ocres jaunes, el mentionne spécialement les ocres rouges de l’Ile de Céa. Il attribue à Cydias la découverte de la préparation des ocres rouges par. cuisson des ocres jaunes, dans une observation faite à l’occasion de l’incendie d’une maison.
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- LES PÉLICANS BRUNS DU GOLFE DU MEXIQUE
- Fig. i. — Jeune sortant de l’œuf, dans le nid.
- Un naturaliste américain, M. le Pr Alvin R. Gahn, a réussi ce rare exploit de passer une semaine entière au milieu d’une colonie de pélicans. Il vient de publier sur son séjour un article du plus haut intérêt dans Natural Hislory, notre excellent confrère new-yorkais, organe de l’American Muséum. Grâce à la cordiale intervention de notre ami, M. Herbert Schwarz, rédacteur en chef de cette revue, nous avons obtenu de l’auteur la permission d’analyser sa relation et de reproduire les belles photographies qu’il a rapportées de son séjour. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire son article intégralement ; mais nous nous efforcerons de conserver l’humour dont l’auteur n’a pas craint — et nous l’en félicitons — d’assaisonner ses observations.
- A une cinquantaine de kilomètres au sud de Cor-pus-Christi, petit port du Texas, et à dix kilomètres au large de la côte, se trouve un îlot, que les gens du pays appellent l’ile aux Oiseaux. Long de 800 mètres et large de 200 environ, il s’élève au-dessus des flots à l’altitude vertigineuse de... trente centimètres ! S’il n’était pas protégé par la dune qui limite le long et étroit bras de mer qu’est la Laguna Grande, il serait sans cesse balayé par les vagues du Golfe du Mexique, et ne se prêterait pas à la vie animée.
- Malgré cette défense, il n’échappe pas à la furie des tempêtes exceptionnellement violentes. Ainsi, pendant l’automne de 1919, il fut ravagé par un véritable raz de marée, qui précipita une muraille liquide de 7 mètres de hauteur sur la région, et notamment sur Corpus-Christi, qui subit de graves dommages.
- La catastrophe était si récente que M. Gahn, après avoir atteint ce port avec ses deux compagnons, se demanda s’il pourrait remplir son programme, qui était « d’interviewer les pélicans chez eux ». L’ile aux Oiseaux méritait-elle encore son nom? était-elle de nouveau peuplée de colonies ailées? Les citadins et les pêcheurs qu’il interrogea ne lui fournissaient que de vagues renseignements. Mais le propriétaire
- d’un canot-automobile le tira enfin d’embarras en lui apprenant qu’il avait visité récemment l’île, et que les colonies détruites en 1919 s’étaient à peu près reconstituées.
- Quelques jours plus tard, par un beau matin de la fin de mai, l’expédition prenait place à bord du canot. Vers midi, le capitaine pointait son doigt dans la direction d’une terre qu’un effet de mirage recouvrait d’une forêt verdoyante. La trompeuse vision s’évanouissait bientôt : pour toute végétation, l’îlot n’offrait que des broussailles et de minuscules arbustes. Avant d’en atteindre le rivage, les explorateurs durent charger leur matériel de campement et leurs appareils photographiques dans une petite barque prise en remorque, qu’ils poussèrent devant eux avec de l’eau jusqu’à la poitrine. 11 ne faut pas être’rhumatisànt pour tenter de pareilles expéditions !
- Avant d’abandonner le canot-automobile, les voyageurs recommandèrent au capitaine de ne pas revenir les prendre avant le sixième jour.
- « Je suppose, écrit l’auteur, que le brave homme nous prit pour des fous. Quoi! Se condamner à passer une semaine sur ce récif brûlé par le soleil tropical, sans autre compagnie que celle des oiseaux? Mais il se décida enfin à remettre son moteur en marche. Bird Island était nôtre! »
- Une distance de quatre cents mètres en eau peu profonde séparait encore les explorateurs de leur but. Ils la franchirent en tirant derrière eux le petit bateau. A mesure qu’ils se rapprochaient, le murmure qui s’élevait de l’île, et qui les avait d’abord intrigués, devenait plus distinct : c’était le concert organisé en leur honneur par des milliers d’oiseaux qui chantaient, sifflaient ou caquetaient, en se demandant probablement ce que leur voulaient les visiteurs.
- Puis, par centaines, des mouettes commencèrent à tournoyer au-dessus de leurs têtes, en faisant mine de se précipiter sur eux pour les corriger à coups de bec; mais leur colère se contentait de manifestations vocales. Quand la quille grinça sur le sable delà plage, ce fut un déchaînement de frayeur et de fureur sur tout l’îlot! Jamais on n’aurait pu supposer qu’il abritait une population aussi nom-
- Fig. 2. — Poissons apportés par la mère pour distraire ses trois enfants dans le nid.
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- LES PELICANS BRUNS DU GOLFE DU MEXIQUE ===== 25
- breuse. Et c’était par nuées que les oiseaux s’envolaient en poussant des cris perçants.
- « Durant les jours qui suivirent, jours implacablement ensoleillés, note M. le Pr Cahn, j’eus la joie d’étudier la faune de la petite terre et d’en photographier les divers habitants. Hérons deWard, hérons de Louisiane, aigrettes rougeâtres, sternes royales, mouettes rieuses, et beaucoup d’autres espèces intéressantes, s’accoutumèrent progressivement à notre présence. Mais ce furent les pélicans bruns qui retinrent plus particulièrement mon •attention.... »
- Ces grands oiseaux avaient établi leur village à l’extrémité de l’île, dans un endroit nettement séparé des autres colonies. Cependant, une ou deux aigrettes, et quelques hérons, n’avaient pas craint d’édifier leurs nids dans le voisinage immédiat du village.
- « J’estime, constate l’auteur, que je n’aurais pu trouver une période plus favorable pour ma visite. En leur ensemble, les nids reconstituaient toute la genèse de l’espèce, car certains ne contenaient encore qu’un seul œuf fraîchement pondu, alors que d’autres avaient été déjà désertés par la couvée. Et ces nids se comptaient par centaines. Aperçu de loin, le village prenait l’aspect d’une prairie aux premiers jours du printemps : çà et là, persistaient des plaques de neige... figurées par des bandes de jeunes oiseaux vêtus d’un duvet d’une blancheur immaculée. »
- Décrivant les nids, M. le Pr Cahn nous apprend qu’ils sont formés par de grandes masses de branches, d’herbes, d’algues, dont le sommet présente une
- Fig. 4. — Le duvet est développé.
- Fig. 3. — Quand le duvet commence à sortir.
- vaste concavité, où sont déposés les œufs, dont le nombre est de trois en moyenne. Dans quelques nids, la dépression est rembourrée d’herbes marines desséchées. Les œufs ont une coquille très épaisse et très dure, dont la couleur est d’un blanc crayeux.
- En venant au jour, l’oisillon montre une peau noirâtre, absolument nue. C’est bien la créature la plus grotesque que l’on puisse imaginer, avec sa grosse tête d’où sortent des yeux énormes, et son grand bec d’où pend un goitre flasque. Cette tête parait être si lourde que le nouveau-né ne peut la soulever qu’en tremblant, œt pendant, une fraction de seconde. Il inspire réellement la pitié.
- Les parents semblent se reposer beaucoup sur le soleil du soin de couver la nichée. Ses rayons sont si chauds sous cette latitude que les œufs peuvent être abandonnés sans danger pendant de longues heures. Mais cette confiance entraîne parfois des conséquences fatales. Si les petits sortent de leur coquille en l’absence des parents, ils courent le risque de succomber à un coup de soleil. Ce danger n’échappe pas au jugement des parents, qui, aux moments les plus chauds de la journée, se postent près des nouveau-nés de façon que l’ombre de leur corps ou de leurs ailes les abrite.
- Bientôt, de petites touffes de duvet apparaissent sur la peau nue et noirâtre des oisillons, dont les forces et la taille se développent presque à vue d’œil. Les parents contribuent activement à leur croissance en leur apportant fréquemment des poissons à demi digérés, dont les petits s’emparent en plongeant tête et bec dans la poche suspendue à la mandibule inférieure.
- Quand ils sont entièrement revêtus de duvet, les jeunes ont enfin la force de se tenir « assis », et encore à condition de se supporter les uns les autres. Mais, dès qu’ils peuvent allonger leurs jambes sans que leur corps pesant les fasse fléchir, ils deviennent actifs et turbulents, apprennent vite à faire le tour du nid, puis, entreprennent de « petits voyages d’exploration ».
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- Fig. 5. — Un pélican adulte, revenant de la pêche, est entouré par tous les jeunes.
- « Ces premières promenades, écrit M. le professeur Cahn, sont du plus haut comique. Ils avancent en titubant, trébuchent contre les obstacles les plus insignifiants, s’embarrassent les pattes dans les lianes et les herbes, donnent l’impression qu’ils n’apprendront jamais à marcher convenablement. Quand ils en ont assez, ils ne s’obstinent [pas, et reprennent le chemin du nid, dans lequel ils grimpent en s’aidant laborieusement des pattes, des ailes et du bec. »
- A mesure qu’ils prennent de l’âge et de la force, ils allongent leurs excursions, puis, apprennent... à découcher ! Enfin, ils abandonnent définitivement la maison paternelle pour se joindre aux bandes vagabondes de jeunes qui ont secoué la tutelle des parents. Ces indépendants errent dans un espace restreint du village, en attendant le retour des parents, qui continuent à les nourrir jusqu’à ce qu’ils soient en âge de pêcher eux-mêmes.
- Le spectacle qu’offre ce retour est amusant pour l’observateur, plus que pour la plupart des témoins! Dès que l’oiseau adulte atterrit, avec sa poche pleine de poissons, toute la bande se précipite sur lui, en poussant de curieux sifflements. Mais il est bien décidé à ne vider sa poche que dans les estomacs de sa propre progéniture, et il se défend vigoureusement contre les assauts en distribuant des coups de bec.
- Et il n’y va pas... de bec mort! note M. Cahn. Parfois, un oisillon qui. s’acharne après la poche gonflée de friandises reçoit un coup qui met fin à ses destinées. Quant adiré comment un père ou une mère reconnait ses enfants dans la mêlée, on en est réduit à invoquer la puissance mystérieuse de l’instinct.
- Entre ses expéditions dépêché, le pélican s’adonne au dulce far niente : immobile sur le rebord du nid, il prend une attitude de penseur, et ne sort de ses réflexions que pour lisser de temps en temps ses plumes, ou pour ouvrir au maximum d’amplitude son énorme bec, « d’où il laisse exhaler le plus étrange bâillement que l’on puisse entendre ». Si un
- jeune étourneau s’aventure trop près du rêveur, il est puni de son outrecuidance par un coup de bec qu’il s’efforce d’esquiver aussi adroitement que possible, mais, généralement, pour s’exposera la mauvaise humeur du voisin!
- Quand l’adulte s’apprête à quitter son perchoir, il se dresse le plus haut qu’il peut sur ses pattes, déploie ses ailes, se baisse, et bondit dans l’espace. Au retour, il atterrit exactement sur le rebord du nid, posant ses larges pattes à quelques centimètres' de sa progéniture, et avec une adresse que M. Cahn
- Fig. 6. — Un pélican brun adulte protégeant ses petits contre l’ardeur du soleil.
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- LE TIRAGE DES FOYERS
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- trouve admirable chez des oiseaux aus4 volumineux, et qui apparaissent si gauches.
- Ainsi que nous l’indiquions à l'instant, les parents ont soin de se tenir perchés entre le soleil et leurs petits, aux heures chaudes de la journée, pratique qu’ils n’abandonnent qu’après que le corps des oisillons est entièrement recouvert de duvet. Mais cet instinct n’est pas toujours obéi avec intelligence. Plusieurs fois, des pélicans, inquiétés par le voisinage des explorateurs, se perchèrent de telle façon sur leur nid que le soleil tapait en plein sur les petits. Cependant, ils déployaient à demi leurs ailes pour augmenter la surface d’ombre... qui n’abritait que le terrain !
- Dans les derniers jours, les pélicans étaient devenus presque apprivoisés : c’était à peine s’ils faisaient mine de s’envoler à l’approche des explorateurs. M. Cahn résolut de tenter une curieuse expérience : jusqu’à quelle distance pourrait-il s’approcher d’un adulte et en prendre un « porlrait posé » ?
- « Avant tout, écrit le distingué professeur, je fis choix d’un nid vers lequel je pourrais avancer avec ma tête fourrée sous le voile de mon appareil, et sans avoir à partager mon attention entre mes pieds et mon modèle.
- « Je pris mon premier cliché à 7 mètres, changeai la plaque, et me remis en route. L’oiseau restait
- immobile comme une statue sur le bord du nid, oii les bébés digéraient lourdement un repas copieux. A 5 mètres, je pris un nouveau cliché, et, successivement, à 4 et à 5 m. 50. Chaque fois, j’avançais lentement, en évitant tout mouvement brusque. Quand j’avais gagné quelques centimètres, l’oiseau étendait ses ailes et se ramassait pour bondir. Je m’arrêtais, et il reprenait sa position de repos.
- « A 2 m. 50, je pris un cliché : l’image de l’oiseau couvrait entièrement la plaque. A 2 m. 20, la tête et le cou suffirent pour la couvrir. Diminuant progressivement la distance, je la réduisis à moins de deux mètres, puis à 70 centimètres! Avec la tension que je leur imposais depuis une demi-heure, mon dos et mes bras étaient courbaturés, et la sueur me coulait en petites rigoles sur l’échine.
- « Je reprenais déjà ma marche, quand une explosion formidable, suivie aussitôt d’une odeur pestilentielle, déclancha la catastrophe : j’avais, dans ma surprise, bondi de côté, et mon modèle s’était envolé ! »
- La chaleur avait fini par faire éclater un vieil œuf qui gisait à terre, entre les pieds du professeur ! Mais, si l’expérience s’en trouva arrêtée, M. Alvin, R. Câlin ne rapporta pas moins de son expédition une splendide série de clichés dont nos lecteurs admireront ici quelques échantillons.
- Y. Fol! 1U X.
- LE TIRAGE DES FOYERS
- L’ascension des corps légers dans un milieu dense est le principe physique, qui a certainement le plus grand nombre d’applications pratiques; c’est, en
- autre but; elles sont destinées à recevoir les gaz provenant de la combustion, qui, grâce à leur température élevée et par conséquent à leur densité
- a
- Fig. i. — Mi 1rs fixes.
- a, en terre ajourée ; b, champignon; c,c, cauchoises; ci, à fentes.
- ellet, lui qui régit la montée des ballons, la flottaison des navires, la production des vents, et c’est lui qui permet la décantation et cent autres opérations de la plus haute utilité. Enfin, — et c’est une de ses principales applications — c’est de lui que dépend le tirage des foyers.
- Les cheminées ne sont pas, en effet, des appareils uniquement destinés à évacuer; dans les hautes régions de l'atmosphère, les fumées nauséabondes, qui infecteraient l’air que nous respirons, si elles s’échappaient au ras du sol; les cheminées ont un
- inférieure à celle de l’atmosphère ambiante, s’élèvent, formant piston, et aspirent à leur suite l’air frais; celui-ci traverse alors le foyer, activant ainsi la combustion. La cheminée est en somme au foyer ce que le verre de lampe est à la mèche : sans verre, les produits de la combustion s’échappent directement sans créer l’appel d’air nécessaire ; la flamme est alors fuligineuse, inéclairante et rougeâtre; mais cet état de choses cesse immédiatement lorsque le verre vient coifler le bec. y
- Il s’ensuit qu’il est nécessaire de donner aux che-
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- LE TIRAGE DES FOYERS
- minées une section et une hauteur convenables, en rapport avec leur débit. La section des cheminées industrielles est déterminée par une formule, dite de Péclet, qui tient compte de la dépression produite par l’écoulement des gaz, de la longueur des conduits d’air chaud et de certains coefficients déterminés par l’expérience. Cette section est d’ailleurs calculée pour que la vitesse des gaz à leur sortie soit d’environ 3 à 4 mètres par seconde ; elle est théoriquement fonction de la quantité d’air qui traverse le foyer, de la température à laquelle les fumées pénètrent dans la cheminée et enfin de la hauteur de cette dernière.
- La hauteur, dont dépend également le volume de la colonne gazeuse formant aspiration, est naturellement fonction de la dépression que l’on veut obtenir à la base de la cheminée.
- Partant de là, il serait possible de construire une cheminée modèle an point de vue tirage ; mais ce dernier peut être modifié lui-même par d’autres circonstances. Pour ne nommer que les principales, je citerai : l’encrassage par la suie, les sinuosités des conduits, reflet des intempéries, les pertes de calories par rayonnement et le refroidissement causé par la récupération de la chaleur.
- La suie, en se déposant sur les parois intérieures des cheminées, en restreint la section ; par conséquent, si nous supposons à peu près constante la vitesse de sortie des fumées, le débit se trouve diminué et, par suite, le tirage amoindri ; ceci sans préjudice de la résistance de frottement opposée par la suie, substance très poreuse, à la marche ascendante des fumées. D’où, seconde nécessité du ramonage, en dehors des risques d’incendie dus à l’inflammabilité de la suie, qui est uniquement composée de particules combustibles.
- Les sinuosités des conduits annulent la vitesse des gaz à chaque changement de direction brusque ; il s’ensuit donc un amoindrissement de tirage, ce qui est un inconvénient dans certains cas et un avantage dans d’autres. On est ainsi conduit à adopter, pour certains poêles par exemple, des tuyaux coudés aux formes souvent bizarres, aux doubles fins de forcer les gaz chauds à séjourner plus longtemps dans l’enceinte à chauffer et d’augmenter ensuite la surface de rayonnement. L’empilage du combustible a d’ailleurs un effet comparable à celui de la sinuosité des conduits. L’air circule à travers le combustible par autant de canaux qu’il y a d’interstices entre les morceaux ; d’où diminution ou même annulation de sa vitesse à chaque changement brusque de direction, c’est-à-dire à chaque rencontre de particule. Il s’ensuit
- qu’il est nécessaire, pour la bonne marche du foyer, d’empiler le combustible de façon à laisser circuler l’air dans la masse à brûler, en un mot à ne pas « étouffer le feu ».
- Les intempéries ont sur le tirage des effets variés : le vent d’abord. S’il s’engouffre par le sommet d’une cheminée, il contrarie toujours .l’effort ascendant de la fumée, diminue le tirage, peut l’annuler ou même l’inverser, suivant que la pression qu’il produit est inférieure, égale ou supérieure à la pression ascendante des fumées. Dans le premier cas, le tirage de la cheminée est défectueux ; dans le second, le combustible ne brûle plus; dans le dernier enfin, la fumée et l’air chaud sont rejetés dans la pièce avec d’autant plus de force que le vent est plus violent. Pour remédier à ces effets, qui contrarient la bonne marche de nos foyers, on munit l’extrémité des cheminées d’appareils appelés mitres. Les unes sont fixes (fig. 1) et brisent le vent ; d’autres dénommées tourne-au-vent (fig. 2) sont mobiles; munies d’une girouette, elles ont, comme leur nom l’indique, la propriété de présenter toujours l’orifice de sortie des fumées dans une direction opposée à celle du vent. Tous ces genres d’appareils ont de plus l’avantage d’éviter l’entrée de la pluie dans les conduits.
- Les brumes, en augmentant la densité de l’atmosphère et en épaississant celle-ci, opposent à la sortie des gaz une résistance d’inertie qu’il est nécessaire de vaincre ; il faut pour cela faire appel à la force ascendante du gaz, ce qui diminue d’autant la puissance de tirage.
- Mais si les éléments, lorsqu’ils agissent directement, sont une cause de perturbation dans le fonctionnement de nos foyers, ils peuvent, au contraire, si l’on sait les capter ingénieusement, mettre leur énergie à notre service.
- C’est en partant de ce principe qu’on a construit des aspirateurs, que l’on place sur le sommet des cheminées, en guise de mitres. Certains de cés appareils sont basés sur le phénomène de la trompe ; le vent y joue alors le rôle de l’eau et aspire les fumées du foyer, comme l’eau fait le vide dans le récipient mis en communication avec la trompe. D’autres reposent sur le principe qu’un cylindre entièrement plongé dans le vent ne subit, de la part de ce der-*0
- Fig. 3. — Récupérateur pour poêle.
- Fig. 2.
- Tourne-au-vent.
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- LE TIRAGE DES FOYERS
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- nier, une pression que sur 1/6 de sa surface, alors qu’une dépression est créée sur les 5/6 restants (fig.4).
- Enfin, pour terminer la revue des causes perturbatrices du tirage des foyers, nous parlerons du refroidissement dû à la conductibilité, au rayonnement et, en particulier, à la récupération.
- Etant donné la cherté du combustible, chacun de nous veut retenir de celui-ci le plus grand nombre de calories possible. Or, le tirage nécessaire pour la bonne marche des foyers est l’ennemi du chauffage; il entraîne à la cheminée, puis évacue dans l’atmosphère, des calories précieuses, qui nous échappent. Pour obvier à cet inconvénient, on a inventé toutes sortes d’appareils, plus ou moins perfectionnés, appelés récupérateurs de chaleur ou plus simplement récupérateurs.
- Le plus simple est évidemment pour les poêles, par exemple, l’adjonction au tuyau de sortie d’une série de tubulures qui augmentent la surface de chaulfe par rayonnement du tuyau. D’autres sont encore basés sur l’ascension dp l’air chaud dans un milieu froid : sur le trajet de sortie des fumées, on interpose un tronçon de tuyau horizontal AB (fig. 3) qui est entouré lui-même d’une sorte de tronc de cône en tôle dans lequel s’échauffe et. s’élève l’air froid qui séjournait dans les parties basses de la chambre, créant ainsi un appel ff’air. L’appareil fonctionne alors comme une véritable cheminée, débouchant dans l’enceinte même à chauffer, mais qui ne rejetterait uniquement que de Pair chaud à l’exclusion de fumées et de gaz carbonique.
- Un autre système très employé dans les cheminées est l’appareil Fondet (fig. 5). Il se compose d’une série de tubes creux verticaux en fonte ; ces tubes sont placés dans la flamme du foyer; ils communiquent à leur partie inférieure avec une chambre qui reçoit l’air froid de l’extérieur, et sont en relation par leur partie supérieure avec une autre chambre où s’amasse l’air qui s’est échauffé dans les tubes et qui est distribué dans la pièce par des conduits débouchant de chaque côté de la cheminée.
- D’autres modèles existent, qui sont tous basés
- Fig. 5. — Appareil Fondet.
- sur le même principe d’échange de calories entre les fumées chaudes et de l’air froid,, qu’on amène à leur contact. Mais, si pratiques que soient ces appareils, ils n’en ont pas moins leurs inconvénients, qu'ilest facile de déduire de l’étude sommaire que nous avons faite du tirage.
- En retenant en effet des calories emportées par les fumées, ils refroidissent celles-ci, qui perdent une partie de leur force ascensionnelle, diminuant d’autant le tirage du foyer.
- Il arrive que pour certains fours industriels, dans le laboratoire desquels les gaz chauds séjournent fort peu de temps, ceux-ci sortent à une très haute température, entraînant ainsi à la cheminée de précieuses calories. Il est nécessaire, pour obvier à cet inconvénient, d’interposer entre le laboratoire et la cheminée, un volumineux récupérateur, dont il existe deux types principaux :
- Le premier, appelé récupérateur céramique, est composé de conduits en poterie, où l’air s’échauffe en circulant entre deux carneaux de fumées; l’autre qui porte le nom de régénérateur, utilisé dans les fours métallurgiques et dans les fours de verrerie, est constitué par des chambres où sont édifiés des empilages de briques réfractaires. On y fait circuler les fumées pendant le temps nécessaire pour échauffer les empilages ; on inverse ensuite les fumées et l’air; ce dernier vient alors s’échauffer au contact des empilages et ramène aux brûleurs du laboratoire une partie des calories qui avaient traversé celui-ci sans s’y être arrêtées. Mais la récupération se fait toujours aux dépens du tirage ; il est donc nécessaire, quelquefois, d’avoir recours à un tirage artificiel ; tel est par exemple le système Prat, où les fumées sont aspirées par un ventilateur et rejetées par lui dans une cheminée tronconique, spécialement calculée pour la circonstance.
- Nous avons aussi parlé déjà des aspirateurs fonctionnant par l’effet du vent ; nous n’y reviendrons pas.
- Enfin, pour augmenter le tirage, on peut encore injecter de la vapeur sous pression dans le conduit de sortie des fumées ; c’est le cas pour les locomotives, où, dans la courte cheminée qu’elles possèdent, on fait arriver un jet de vapeur, produit lui-même par la chaudière. Telles sont les idées générales, qui président à l’établissement d’un bon tirage, qui est lui-même l’âme du feu, notre premier serviteur.
- Jacques Sénart,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- tig. 4.
- Aspirateur Chanard.
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- CHRONIQUE
- Les chaudières à vapeur à très haute pression. — Dans les chaudières des machines à vapeur usuelles, la pression ne dépasse guère d 5 kg par centimètre carré, et c’est là une valeur qui semble même fort élevée, si on la compare à celles qui étaient en usage il y a seulement un quart de siècle. Depuis quelques années, un mouvement fort intéressant enlraine les ingénieurs vers des pressions de plus en plus élevées.
- . Les raisons en sont faciles à comprendre : en augmentant la pression, et par suite en élevant la température de l’eau, on peut espérer améliorer le rendement thermo dynamique des installations à vapeur, et c’est là un point fort important pour les grandes usines de force électrique ; la moindre économie dans la production de la vapeur s’y traduit en fin d’exercice par des sommes considérables. De plus, cette augmentation de la pression permet, à puissance égale, de réduire le poids et le volume des chaudières, et le diamètre des canalisations, ce qui se traduit par une réduction sensible des frais de premier établissement. C’est ainsi que l’on voit la supercentrale de Gennevilliers établir des chaudières à 25 kg, exemple immédiatement suivi par plusieurs autres établissements similaires à l’étranger et même déjà dépassé; il existe en Angleterre une usine pourvue de chaudières à 55 kg.
- Mais ces réalisations, qui s’appliquent toutes à des usines considérables, paraissent déjà bien timides à côté des audacieuses tentatives qui s’organisent de tous côtés, et dans lesquelles on envisage des pressions de l’ordre de J 00 kg et même bien davantage. Il est juste ici de rappeler, que des efforts ont été déjà tentés dans cette voie il y a fort longtemps par de courageux précurseurs au premier rang desquels il faut signaler le Français Serpollet et le Suédois de Laval. Mais ils arrivèrent trop tôt, l’industrie n’était pas alors en mesure de tirer parti de leurs idées, ni même d’en comprendre parfaitement la portée. Il n’en est plus de même aujourd’hui.
- VEngineering, qui consacre à cette question un intéressant article, signale trois essais importants en cours de réalisation.
- Le premier est celui de la Edison llluminaling C° de Boston (Etats-Unis), qui construit une turbine de 1200 kilowatts, alimentée par de la vapeur à 84 kg. La vapeur sortira de cette turbine à la pression de 26 kg, et après réchauffage sera envoyée à la turbine principale.
- La seconde tentative citée par notre confrère est celle d’une maison suédoise. Nous croyons savoir qu’il s’agit de la Société Atmos de Stockholm, exploitant les brevets de l’ingénieur Blomquist. Cette société entreprend la construction de chaudières à 100 kg de pression environ. L’eau est vaporisée, à l’intérieur de tubes cylindriques, et tous animés d’un mouvement de rotation continu autour de leur axe. Le but de cette curieuse disposition est le suivant : maintenir grâce à la force
- centrifuge l’eau liquide appliquée contre la paroi interne du tube, de façon que celle-ci reste toujours parfaitement mouillée et qu’aucune bulle gazeuse ne se dégage à son contact, tandis que la vapeur se dégage librement au centre du tube, dans l’espace libre créé par la rotation.
- La chaudière Atmos n’a pas encore reçu, à notre connaissance, d’applications industrielles.
- Mais voici une troisième tentalive bien plus révolutionnaire encore due à un ingénieur Anglais, M. Ben-' son, et en cours de réalisafion dans les ateliers Willans, constructeurs de machines à vapeur à Rugby.
- Il s’agit d’une chaudière dans laquelle l’eau sera por-lée au-dessus de son point critique, c’est-à-dire à une température supérieure à 505° et une pression supérieure à 229 kg. On sait qu’au point critique le liquide et sa vapeur ont la même densité, et qu’il n’y a plus de distinction entre ces deux états de la matière. Si, dans une chaudière où la pression est maintenue au-dessus de la pression critique on chauffe de l’eau, au moment où la température de celle-ci atteint et dépasse la température critique de 565°, on peut dire que la masse entière de l’eau se transforme en vapeur sans qu’il se forme de surface de séparation entre vapeur et liquide. Cette transformation au surplus s’effectue sans absorber de chaleur : la chaleur de vapori-ation au point critique est nulle ; et à partir de ce point l’eau n’est plus qu’un . gaz permanent que l’on échauffe dans la chaudière.
- La chaudière n’a plus, bien entendu, l’aspect d’une chaudière ordinaire, elle est formée uniquement de tubes, qui,-d’après les quelques indications données par l'Engineering^ rappelleraient un peu ceux des chaudières Serpollet à vaporisation instantanée.
- La vapeur à 225 kg est, au sortir de la chaudière, détendue à 105 kg, puis réchauffée et surchauffée à 570°; elle se détend jusqu’à 16 kg dans une turbine à haute pression et sa tempéralure tombe à 205°; on la réchauffe à nouveau jusqu’à 370°, et on la fait travailler alors dans une turbine ordinaire où elle se détend jusqu’à la pression du condenseur.
- La puissance de l’installation de M. Benson est de 1000 kilowatts.
- Quels avantages peut-on espérer de la vapeur à ces hautes pressions? le professeur (’allendar, qui fait autorité en ces matières, donne les chiffres suivants : en fixant à 0 kg 22 la pression absolue à l’écbappement, le rendement thermique maximum d’une machine à vapeur saturée, à 14 kg est de 51,96 pour 100; à 55 kg il devient de 55,5 pour 100 et à 168 kg de 41,78 pour 100.
- S’il s’agit de vapeur surchauffée à 580° U, le rendement maximum sera de 53,82 pour 100 à 14 kg; de 57,6 pour 100 à 55 kg et de 45,28 pour 100 à 168 kg.
- Quant à la double turbine de M. Benson, son rendement théorique global ne pourrait dépasser 38,8 pour 100.
- LE “ COIN HYDRAULIQUE ”
- Il faut reconnaître que les procédés mis en œuvre pour démolir de gros massifs de béton ou de maçonnerie de pierres ou de moellons sont primitifs, et l’on est étonné de savoir que jusqu’à ce jour rien n’ait été fait dans cet ordre d’idées qui pût obvier, par exemple, aux inconvénients que présentent les explosifs. Une lacune était donc à combler et c’est ainsi qu’un dispositif hydraulique vient d’être récemment mis au point qui permet de diviser sans secousses des blocs de maçonnerie, de quelque dimension que ce soit.
- Le « coin hydraulique » est un vérin actionné par une pompe à très haute pression, de construction spéciale, travaillant sur la masse à démolir par une série de plusieurs pistons, pouvant exercer une pression considérable. Des trous, dont l’emplacement est judicieusement choisi, sont préalablement forés dans la masse à l’aide de machines perforatrices actionnées par l’air comprimé ou par la vapeur.
- Pendant le forage, toute production de poussières est évitée par l’emploi d’injection d’eau.
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- L’ÉRUPTION DE L’ETNA
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- Etant introduit dans l’un de ces trous et la pompe étant manœuvrée, une force brisante considérable et augmentant graduellement est exercée par les pistons du coin hydraulique jusqu’à 'ce que le massif à démolir « éclate », c’est-à-dire que la masse se désagrège en blocs pouvant être enlevés, soit à la main, soit à la grue, suivant les cas. La vitesse du travail est telle quelle est uniquement limitée par la rapidité d’enlèvement des débris ; en tout cas, il ne nécessite pas un personnel nombreux.
- Cette rapidité est surprenante; ainsi une é-quipe a pu démolir en quatre semaines un massif de 300 m. c., et il est à remarquer que ce travail a été fréquemment suspendu par suite de la difficulté d’évacuation des parties démolies qui devaient être évacuées par une sortie très étroite et pendant le fonctionnement de toutes les machines de l’usine. Cette entreprise de démolition a été effectuée ces temps derniers à la Centrale électrique de Bascoup-Cba-pelle. Aucune machine ne s’est, en effet, arrêtée durant les diverses opérations, et les offres faites pour l’exécution du même travail par la main-d’œuvre prévoyaient un délai de huit mois.
- Ainsi que l’indique la figure 1, l’appareil est de dimension réduite, facilement transportable et peut fonctionner dans des endroits peu accessibles, où un personnel nombreux ne trouverait pas l’em-
- placement suffisant pour effectuer semblable travail.
- On comprend combien cet appareil est intéressant, attendu qu’en matière de construction il est reconnu que le temps joue un rôle prépondérant dans l’établissement du prix de revient de la main-d’œuvre, et qu’il est dès lors possible de tourner les difficultés énormes que l’on éprouve notamment dans les usines dévastées par les Allemands, ou encore par le changement de lourdes machines , machines - outils, etc., installées sur d’importants soubassements pour démolir les massifs des anciennes machines avant de reconstruire les blocs destinés à ceux devant supporter le nouvel outillage. Il résout aussi cette autre difficulté présentée par certaines démolitions qui ne pou-vaient être auparavant exécutées que par l’explosif, non seulement dangereux, mais impossible lorsqu’il s’agit d’endroits couverts ou situés près de machines coûteuses et dont le fonctionnement est nécessaire à la marche d’une industrie.
- Le coin hydraulique a devant lui un vaste champ d’applications industrielles ; il a été notamment utilisé, en outre de la Centrale électrique de Bascoup-Chapelle, par la Société Gaz et Électricité du Hainaut ; la Centrale électrique de Sclessin ; la Société d’Élec-tricité du pays de Liège; la Société anonyme des Établissements Follet, etc.
- M. Bousquet.
- Fig. r. — Le coin hydraulique.
- L’ÉRUPTION DE L’ETNA
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro (voir Informations), les renseignements que nous possédions sur l’éruption de l'Etna. Cette éruption a atteint son paroxysme dans les journées du 15 au 18 juin; puis à partir, du 19 juin, elle s’est calmée progressivement. Les dégâts fort heureusement sont purement matériels, et il semble même qu’ils ne seront pas extrêmement graves. Il y a cependant à déplorer la destruction d’un certain nombre de maisons, de vergers et de vignes. Nous n’avons pas encore de description précise du phénomène et de ses diverses phases. Nous croyons intéressant toutefois de
- publier dès maintenant les photographies ci-dessous qui représentent quelques phases de l’éruption.
- Parmi les précédentes éruptions de l’Etna, on doit signaler celles de 1895, qui dura du 8 juillet au 12 août, et donna lieu à de très importantes coulées de lave, celle de 1886 qui dura du 26 au 30 mai, celle de 1879 qui dura du 25 mai au 9 juin, remarquables par la violence de l’éruption et l’importance des coulées. Il est à noter qu’en 1909, lors de la catastrophe qui détruisit la ville de Messine, l’Etna ne marqua aucune recrudescence anormale d’activité.
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- L’ÉRUPTION DE L’ETNA
- Fig. j. — L’Etna.
- 1. Un aspect de l’Etna (Les flancs de la montagne sont recouverts d’une pluie de cendre ayant l’aspect de la neige);
- 2. Éruption de l’Etna. — Les nouveaux cratères; 3. La coulée de lave menaçant Linguaglossa; 4. Paysans
- fuyant devant l’éruption.
- Le Gérant : P. Masson
- Imprimerie Lahohe, 9, me de Fleurus, à Paris,
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- LA NATURE. — N° 2572
- 21 JUILLET 1923
- Les régions géographiques.
- LE PAYS DE GUÉRANDE
- f. Configuration, aspects pittoresques, climat (J). — La presqu’île guérandaise est le type des petits pays de France, nettement délimités, qui forment à eux seuls un ensemble géographique et qui ont gardé jusqu’à nos jours leur individualité et une véritable autonomie sociale.
- Au sud, le long de la mer, s’allonge en bourrelet une traînée de gneiss et de micaschistes d’où émergent çà et là des éruptions de granulite ; au
- Les apports de la Loire ont été surtout considérables. Combinés avec l’action de la marée, ils ont submergé la côte méridionale dans sa partie basse, entre le Pouliguen et Pornichet, sous une houle de dunes, dont l’invasion a atteint son maximum vers la fin du xvme siècle. L’ancien Escoublac, village qui a été rebâti à 2 km en arrière, s’enlisa dans le sable à partir de 1770 : aujourd'hui l’église est recouverte par 60 mètres de dune. Comme sur la côte
- Fig. i. — Le port du Croisic.
- nord, un plateau peu élevé. Entre les deux s’ouvre largement un ancien golfe occupé aujourd’hui par les marais salants. La petite région est bornée au sud et à l’ouest par la mer, au nord par la fosse profonde d’une vallée, ancien fjord; à l’est, parla région marécageuse de la Grande Prière. Elle a formé longtemps une île, qui a été peu à peu soudée à la terre ferme par les apports continus de la Vilaine et de la Loire, deux larges estuaires qui l’encadrent au septentrion et au midi.
- 1. Memento r.iDUOGRAPiiiQOE. — Géographie, guides : E. Auzod, La presqu’île guérandaise (t’aris, Plou, 1897); Monographie du pays de Guérandc (anonyme, Paris, Jouve, 1904) ; Guides Bleus, Bretagne. — Histoire et archéologie : Qüilgars, La condition des personnes et des terres de la sénéchaussée de Guérande (Saint-Cricuc, 1912); Guide historique et archéologique de la presqu’île guérandaise (Vannes, Lafolye, 1907); diverses études historiques du môme ; P.-A. Monnier, Le pays guéi andais (Angers, Lachôse, 2 vol., 1897). — Littérature, descriptions : Balzac, Beatrix ; Ch. Le Goffic, L’Abbesse de Guérande. — Industrie : G. Horveno, Les marais salants de la presqu’île guérandaise (Paris, Giard, 1904).
- landaise, on a fixé les sables par des semis de graminée, Varundo arenaria, puis par des plantations de pins maritimes.
- Sur un espace restreint, le pays de Guérande offre une extrême variété. La côte d’abord se divise en deux zones principales, A l’ouest du Pouliguen, c’est la Grande Côte rocheuse, qui porte le bourg de Balz et derrière laquelle s’abrite le Croisic sur son golfe : les blocs granitiques rougeâtres, ridés, fendillés, se déroulent en criques et en caps pittoresques qui présentent leurs plus beaux aspects à la pointe du Croisic, avec des falaises plongeantes bordant un promontoire sauvage. A l’est s’éploie une immense plage de sable fin% sans interruption du Pouliguen au Pornichet, et dont la Baule occupe le centre ; en arrière les anciennes dunes, relativement peu accidentées, sont couvertes de vastes bois de pins. La côte se relève au delà, et de même tout au nord, vers Piriac, où les rochers sont percés d’excavations, de petites grottes. Au large, des récifs, comme l’ilot de Baguenaud et celui de Pierre Percée,
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- 5C Année — 2* Semeetre
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- LE PAYS DE GUÉRANDE
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- à l’arête trouée d’une fenêtre naturelle, sont les derniers témoins de l’affaissement qui a progressivement abaissé le premier soulèvement des roches primitives.
- Les marais salants qui s’étendent entre Batz, Guérande et la mer, sont une des curiosités du pays. L’aspect de cette morne étendue, tantôt asséchée, tantôt coupée jusqu’à l’horizon de rectangles d’eau morte, a un cachet particulier de tristesse et de grandéur. Le marais s’anime en août et septembre au moment de la récolte du sel, lorsque les paludiers draguent les étangs saumâtres et amoncellent le sel en muions (*). Plus loin s’étend à l’infini le plateau bas de Guérande, bien cultivé, et où l’arbre reparaît aux abords de la petite ville.
- Le climat, essentiellement océanique et tempéré, forme transition entre celui de Vendée et celui de Bretagne.
- Doux, moins chaux l’été qu’au sud de la Loire, assez tiède l’hiver, il est d’une humidité moyenne. La pluviosité, on le sait, va en s’accroissant rapidement de l’embouchure de la Loire au sud-ouest du Finistère.
- IL Histoire, population, art, activité sociale, tourisme et bains de mer, — La presqu’île, alors île, de Guérande fut habitée par une population qui dut être assez dense dès les temps paléolithiques, témoins les dolmens et menhirs épars dans la région et les nombreux objets préhistoriques trouvés au cours des fouilles. À l’époque romaine, la Grande Côte formait encore une île : la contrée était un centre actif de fabrication de poteries et d'objets en métal, exportés par le Croisic, qui était déjà url port important, et dont le nom gallo-romain devait être Cruciacus.
- La période des grandes invasions fut ici particulièrement agitée. L’invasion des Bretons, venus de Grande-Bretagne au vie siècle, chassés par les Anglo-Saxons, fut l’épisode capital. Les Armoricains indigènes appelèrent à leur secours les Francs, qui reprirent le pays de Guérande et en firent une marche frontière. Néanmoins cette victoire, rapportée par l’histoire, fut bien superficielle ou éphémère, car l’examen des noms de lieux (2) suffit à nous
- 1. Mot local dérivé de « meule ».
- 2. Les noms du type Escoublac, Piriac ont un suffixe gallo-romain, acus, dont le breton a conservé le thème,
- prouver que la colonisation bretonne fut intense dans la presqu’île guérandaise, au point d’y éliminer le latin : le breton y fut parlé exclusivement pendant plusieurs siècles jusqu’aux abords de Saint-Nazaire et de Pont-Château; il s’est conservé plus longtemps à Batz. Aujourd’hui il a reflué dans le Morbihan au delà de l’embouchure de la Vilaine.
- La fusion des Bretons et des Armoricains, qui avaient adopLé le nom de leurs envahisseurs, était accomplie au ixe siècle lorsque Noménoé fonda le royaume de Bretagne. Puis viennent les incursions des Normands et la féodalité, la formation du fief de Guérande. Un large trou dans l’histoire, du xie au xive siècle, et voici les guerres de Bretagne : villes fortes détruites, fortifications rasées, population passée parfois au fil de l’épée. Le Croisic était alors
- un port très actif : il armait en course aux xve et xvie siècles.
- La région trouva définitivement la paix avec la réunion de la Bretagne à la France. La presqu’île formait une sénéchaussée dont Guérande était le chef-lieu, ville de bourgeois et surtout de ro-bins, où, par suite du voisinage de la mer et des marais salants, on compta jusqu’à 73 juridictions différentes : civiles, criminelles, militaires, maritimes, seigneuriales, de la gabelle, etc.
- La population a le sérieux et la ténacité des Bretons, l’esprit ouvert et accueillant des gens de la basse Loire. Trait d’union entre deux races fort différentes qui se sont amalgamées ici, les indigènes sont à la fois attachés à leurs traditions, plutôt conservateurs, mais sans préjugés ni routine, et mettant à profit les progrès de la civilisation. Ainsi les paludiers de Batz ont conservé longtemps le pittoresque costume, un des plus archaïques de France, qu’on ne voit plus guère aujourd’hui que dans le musée local et sur les cartes postales illustrées : veste, braies, large feutre Henri IV, manteau à l’espagnole; ils ont gardé encore des coutumes très particulières. Mais les villages sont
- tandis qu’il a évolué phonétiquement jusqu’à ay, é ou y en ) roman de langue d’oïl entre le vi° et le x° siècle. D’après ' Longnon, la finale de Pornic, le Croisic, aurait subi une influence germanique du fait de l’installation de colonies saxonnes qui seraient venues par mer : double hypothèse assez hasardeuse.
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- LE PAYS DE GUÉRANDE
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- proprets, d’aspect plutôt moderne, les maisons souvent remises à neuf, voire rebâties. La population a favorisé de son mieux le développement du tourisme. Elle a des dispositions commerciales. Saint-Nazaire n’est-il pas sa métropole, toute voisine?
- L’art gothique a laissé quelques églises de valeur, d’un style déjà nettement breton et presque toutes de l’époque flamboyante qui fut si féconde en Bretagne. Notre-Dame du Croisic et Saint-Guénolé de Batz datent également de la fin du gothique avec, ici et là, un clocher du xvne siccle. Mais Saint-Guénolé est plus intéressant par les détails de l’architecture, l’originalité de ses pignons et la belle allure de sa tour qui sert de repère aux bateaux. Batz a également les ruines pittoresques de la chapelle du Mûrier, dont les arches béantes encadrent une petite nef à la voûte effondrée. Mais l’église la plus remarquable de la région est encore l’ancienne collégiale Saint-Aubin de Guérande, avec une nef du xne siècle, un choeur du xve, des vitraux Renaissance; le portail flamboyant, flanqué d’une curieuse chaire extérieure, est un petit bijou.
- Guérande est une des rares villes de France qui aient gardé leur enceinte médiévale : c’est peut-être la seule dont les remparts gothiques soient demeurés à la fois aussi complets et à l’abri de toute restauration. Seule une petite fraction a été démolie. Une grande partie des fossés subsiste encore, et elle s’accompagne de verdure et de grands arbres ombrageant une promenade circulaire. Çà et là le lierre drape les murs, feutre les mâchicoulis; herbes et arbustes poussent dans une brèche ou remplacent les merlons effrités. Voici la tour Beaumanoir, basse et trapue, la Gaudinaise, haute et puissante,
- Guérande.
- Fig. 4.
- La porte Saint-Michel.
- Fig. 3. — Un coin de la côte rocheuse.
- la tour Sainte-Anne, qui se dérobe derrière les arbres ; enfin, la mieux conservée, la porte Saint-Michel, dont les toits coniques coiffent encore les tours jumelles. Ces fortifications, dont l’unité d’ensemble frappe l’œil, ont été construites, en 1451, par Jean V. Toute la ville évoque encore la poésie du passé qu’a fait revivre M. Le Goffic, avec les mœurs archaïques de la vieille noblesse, dans VAbbesse de Guérande.
- Moins intéressant que la périphérie, l’intérieur de Guérande a cependant du cachet avec ses ruelles silencieuses, ses petites maisons de granit aux façades crépies à la chaux, sauf l’encadrement des portes et des fenêtres, les toits pointus où le chaume côtoie encore l’ardoise. Mais les anciens hôtels des gens de robe et d’épée ont été pour la plupart détruits, remplacés par des édifices d’âge plus récent, ou rendus méconnaissables par des mutilations profondes.
- La variété des aspects physiques et de la configuration de la contrée a sa répercussion * directe sur la géographie humaine.
- Nulle part la spécialisation économique n’est aussi accusée et aussi fragmentée. Guérande est restée à la fois cité bourgeoise et modeste, centre de commerce agricole. Au nord et à l’est s’essaiment les villages de cultivateurs. A l’ouest, Piriac et la Turballe sont de petits ports de pêche.
- Le Croisic est le port traditionnel de la région. Il se consacre à la grande pêche, particulièrement, celle de la sardine, dont l’importance a quelque peu diminué, et à l’exportation du sel; les importations (bois, charbon, etc.) ont fléchi devant la redoutable concurrence de Saint-Nazaire. Le port, profond, et bien abri-.té, est pittoresque. Dans l’agglomé-
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- 36 i.....LES SIGNAUX SOUS-MARINS
- ration, divisée jadis en onze quartiers, on découvre encore de vieilles maisons en bois du xve siècle, d’élégants logis Renaissance, des hôtels sévères de l’époque classique.
- Par contre, le bourg de Balz n’a rien conservé, autant dire, en dehors de son église. Pas d’anciennes demeures caractéristiques, comme à Guérande ; on a peu à peu tout refait et rebâti à neuf. Juché sur le renflement d’un plateau qui domine la mer au sud et les marais salants au nord, c’est le pays des paludiers : la majorité des habitants sont occupés à l’exploitation des salines.
- L’industrie des étrangers se concentre autour de la vaste plage dont la Baule est le centre. Le Pouli-guen et Pornichet, aux deux extrémités, se développèrent d’abord, vers la fin du siècle dernier, comme modestes stations de bains de mer. La Baule prit un essor rapide et devint bientôt le centre touristique
- LES SIGNAUX SOUS-MARINS
- Nul n’a oublié les ravages causés pendant la guerre par les sous-marins ennemis; on sait quels vides cruels ils ont faits dans les rangs des flottes alliées, militaires ou de commerce. La lutte contre les sous-marins a donc été, à partir de 1916, une des grandes préoccupations des marines de l’Entente. Pour combattre un sous-marin, il faut tout d’abord savoir où il se trouve ; que faire, en effet, contre un ennemi invisible, mais qui vous voit? On a donc imaginé et perfectionné divers types d’appareils destinés à déceler les sous-marins ; tous ceux qui ont été pratiquement employés au cours des hostilités, reposent sur l’écoute et la localisation des bruits produits par le sous-marin en marche : La Nature a résumé déjà l’essentiel de ces procédés (voir n° 2459) et montré quels services précieux ils ont rendus. Nous n’y reviendrons pas : notons toutefois deux inconvénients inhérents à la méthode : elle tombe en défaut lorsque le sous-marin est immobile, à l’affût, c’est-à-dire au moment où il est parfois le plus dangereux; d’autre part, les bruits extérieurs, et notamment ceux qui sont produits à bord du bâtiment écouteur, peuvent masquer les bruits propres du sous-marin. D’où, le plus souvent, l’obligation d’arrêter le bâtiment pour procéder à l’écoute, c’est-à-dire de le mettre en posture particulièrement dangereuse à proximité d’un sous-marin; en fait, les écoutes ont dû le plus souvent être effectuées à bord des petites embarcations de patrouilles qui, par suite de leur faible tirant d’eau, étaient invulnérables aux torpilles des sous-marins.
- Vers la fin de la guerre, une nouvelle méthode fit son apparition; c’est celle qui consisté à explorer les profondeurs sous-marines au moyen de faisceaux d’ondes ultra-sonores. Ces ondes se propagent sous l’eau, se réfléchissent lorsqu’elles rencontrent un obstacle, c’est-à-dire un corps de densité diffé-
- PAR ONDES ULTRA-SONORES :----------------r-----
- et la plage la plus élégante, la plus recherchée de la région : les baigneurs y trouvent à la fois l’immensité du sable fin, les charmes de la forêt de pins, à travers laquelle s’éparpillent villas et chalets, une grande variété d’excursions et un climat agréable jusqu’à la fin de septembre. Des plages plus modestes ont été aménagées à l’est, à Sainte-Marguerite et à Saint-Marc, près de l’embouchure de la Loire. On villégiature aussi à Batz, au Croisic; la Turballe etPiriac hébergent des amateurs de pêche et de rusticité.
- D’excellentes communications sont assurées par la grande voie ferrée de Saint-Nazaire au Croisic, prolongement de Paris-Saint-Nazaire, avec l’embranchement de Guérande, que continue le tramway de Piriac, raccordé au réseau du Morbihan.
- Albert Dauz.vt.
- PAR ONDES ULTRA-SONORES
- rente de l’eau; elles donnent alors un écho qui peut être perçu par le poste émetteur, et qui décèle à la fois la présence de l’obstacle et sa position.
- Le principe de cette méthode fut proposé dès 1915 par M. Constantin Chilowski à M. Painlevé, alors ministre des Inventions.
- Celui-ci, séduit par cette idée originale et audacieuse, chargea M. Langevin d’en poursuivre, avec M. Chilowski, la réalisation pratique. Celte collaboration d’un inventeur et d’un grand savant eut les plus heureux effets, puisqu’elle aboutit en 1918 à la mise au point d’une méthode d’exploration sous-marine qui suscita les espérances les mieux fondées : exposée aux techniciens alliés, elle en provoqua l’unanime admiration. Et l’Amirauté anglaise, à l’exemple de la marine française; s’empressa de la mettre en service. Mais l’armistice survint presque aussitôt, et les ondes ullra-sonores ne trouvèrent pas l’occasion de s’employer contre les sous-marins ennemis.
- Depuis lors, les études ont continué, non seulement en France, mais aussi à l’élranger : l’invention- de MM. Chilowski et Langevin a élargi le domaine de ses applications, et elle paraît sur le point d’être employée en grand pour résoudre de nombreux problèmes de navigation.
- C’est qu’en effet, à la différence des méthodes d’écoule que nous rappelions plus haut, elle ne borne pas son objectif à la recherche d’un sous-marin ennemi : elle permet de repérer la position de tout obstacle. On peut donc l’employer pour effectuer des sondages continus, c’est-à-dire pour déterminer à chaque instant la distance du fond. Nos lecteurs savent que M. Marti, notamment, a déjà expérimenté les méthodes de sondage au son, mais avec des ondes sonores produites par l’explosion d’une cartouche. Les ondes ultra-sonores ont sur
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- celles-ci l’avantage de donner un faisceau beaucoup plus serré, analogue à celui d’un phare lumineux, et de plus, elles sont silencieuses, mérite particulièrement appréciable en temps de guerre. Le sondage conlinu est appelé à rendre à la navigation les plus grands services ; on sait assez de quelles difficultés et de quelles incertitudes s’entourent les méthodes usuelles de sondage : il suffit de rappeler les erreurs ou les omissions qui sont de temps à autre relevées sur les meilleures cartes marines, et dont les conséquences sont parfois Iragiques : témoin la perte du cuirassé France. L’exploration sous-marine par les ondes ultra-sonores servira de guide au navire qui se dirige à travers des passes difficiles, et, en outre, elle paraît devoir être l’instrument de choix pour l’exécution des cartes hydrographiques.
- Lille a encore d’autres emplois : elle peut révéler la proximité des mines sous-marines, des épaves bottant entre deux eaux, et dans la nuit ou dans le brouillard, l’approche d’autres bâtiments. On espère enfin qu’elle pourra être utilisée pour déceler les icebergs qui, dans certains parages, comme aux abords de Terre-Neuve, font courir de grands dangers aux rapides transatlantiques. Nul n’a oublié le Titanic, éventré la nuit par un iceberg.
- La recherche des icebergs par les ondes ultra-sonores semble, au premier abord, se heurter à une difficulté sérieuse : la densité de la glace est peu différente de celle de l’eau de mer et lui est légèrement inférieure. On peut donc craindre que la glace ne fasse pas obstacle au passage des ondes sonores, et par suite ne donne ni réflexion, ni écho. Des études sont en cours sur ce point et, d’une récente communication de M. Langevin à l’Académie de marine, on peut conclure que les ondes ultra-sonores sont capables de déceler même les icebergs.
- Enfin les ultra-sons peuvent être employés pour transmettre des signaux à travers le milieu sous-marin à la manière des ondes lumineuses sur terre pour la télégraphie optique.
- Il nous faut maintenant expliquer ce que sont les ondes ultra-sonores, comment on les produit, et comment on en observe les échos.
- Les ondes ultra-sonores. — Les ondes sonores sont dues aux vibrations qui se produisent et se propagent à travers les milieux matériels ; leur vitesse de propagation V ne dépend que de la nature du milieu qu’elles traversent : une onde est en
- Fig.
- L’appareil
- à ultra-sons de Langevin.
- Une mosaïque de quartz a est serrée entre 2 lames métalliques g, g', La boîte étanche/* enferme la lame isolée g et le quartz ; les ultra-sons sont émis ou reçus par la lame g' en contact’avee l’eau.
- outre caractérisée par sa fréquence a, c’est-à-dire par le nombre de vibrations qu’effectue en une seconde un point atteint par l’onde; si l’origine de l’onde est un point vibrant plongé dans un milieu indéfini, l’onde se propage par sphères concentriques autour de ce point : le chemin parcouru par l’onde pendant la durée d’une vibration est lalongueur d’onde À. La fréquence a, la longueur d’onde X et la vitesse de propagation V sont liées y
- par la relation X = — a
- Les ondes sonores perceptibles à l’oreille, c’est-à-dire les ondes sonores ordinaires, ont des fréquences de l’ordre de 200 par seconde. Certaines oreilles exceptionnelles paraissent capables de percevoir les sons d’une fréquence de 38 000 ; mais c’est là le maximum qu’on ait jamais constaté.
- On peut produire des vibrations de fréquence bien supérieure, mais elles sont sans action sur l’oreille humaine. Ce sont ces vibrations que l’on qualifie d’ultra-sonores. De même, dans l’échelle des vibrations lumineuses, il existe des vibrations de fréquence bien supérieure à celles des rayons visibles : ce sont les rayons ultra-violets et les rayons X.
- Bien avant M. Chilowski, on avait proposé l’emploi des ondes sonores ordinaires pour déceler à distance la présence dans l’eau des obstacles dangereux pour la navigation.
- Mais ces procédés sont restés peu efficaces pour la raison suivante : lorsque la fréquence est faible, le son émis se propage dans toutes les directions, s’affaiblit rapidement avec la distance, contourne les obstacles, et ne donne que de très faibles échos, difficiles à distinguer du son originel. Autrement dit, il est très difficile, en raison des phénomènes de diffraction, de produire avec des ondes de fréquence faible un faisceau sonore étroit, et susceptible d’être dirigé dans une direction précise, analogue au faisceau lumineux d’un projecteur.
- Si les ondes sont produites par un disque vibrant de diamètre d,Ta théorie montre que l’énergie émise reste localisée dans un cône dont l’axe est normal à la surface rayonnante et dont l’ouverture sera d’autant plus faible que les dimensions linéaires de cette surface d’émission sont plus grandes par rapport à la longueur d’onde. La valeur eu de l’angle au sommet de ce cône est donnée par la formule
- Fig. 1.
- Une lame de quartz a placée entre 2 armatures conductrices b etc se contracte et se dilate synchroniquement auxoscil-lations électriques produites dans le circuit d.
- : 0,(1X étant la longueur d’onde dans l’eau.
- On voit aisément qu’avec les ondes ordinaires, dont la longueur dans l’eau est de l’ordre de quelques mètres, il faudrait une surface rayonnante de
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- très grandes dimensions, pratiquement irréalisable. [
- Les ondes ultra-sonores employées par MM. Chi- I lowski et Langevin ont des fréquences comprises entre 50000 et 200000 par seconde, ce qui correspond dans l’eau à des longueurs d’onde comprises entre 5 et 0,7 centimètres; et pour les surfaces émettrices à des diamètres de 30 à 100 centimètres.
- Il y a une limite dans le choix de la fréquence : pour de trop hautes fréquences, les oscillations trop rapides s’amortissent rapidement en raison de la viscosité du milieu transmetteur. C’est pourquoi pratiquement, il semble qu’on ne puisse dépasser la fréquence de 200000 sans réduire très sensiblement la portée du faisceau.
- C’est pour la même raison que l’emploi des ondes ultra-sonores ne peut être envisagé dans l’air : celui-ci est un milieu très compressible, dans lequel les oscillations rapides s’amortissent très vite ; il serait impossible de réaliser dans l’air avec les ultra-sons des portées suffisantes pour rendre des services pratiques. Il n’en est pas de même dans l’eau ; les ultrasons peuvent s’y propager jusqu’à plusieurs kilomètres.
- Il est bon de remarquer ici que les ondes hertziennes, employées par la T. S.F., et que la lumière n’ont dans l’eau que des portées de quelques mètres.
- Les ultra-sons nous offrent donc le seul moyen pratique dont nous disposions pour transmettre des signaux à travers le milieu sous-marin.
- La production des ultra-sons. Leur détection, — C’est à M. Langevin que revient l’honneur d’avoir créé le moyen pratique de produire et de détecter les ultra-sons.
- Il repose sur les propriétés piézoélectriques du quartz découvertes, voici plus de 30 ans, par Pierre et Jacques Curie.
- Lorsque sur une lame de quartz taillée perpendiculairement à un axe binaire, on exerce une compression normale à la lame, on fait apparaître sur ses faces des charges électriques égales et de signes contraires; si Ja lame est serrée entre deux lames métalliques, formant ainsi un condensateur électrique, celui-ci se charge ; la charge du condensateur est proportionnelle à la surface de la lame et à la pression exercée sur elle ; elle suit donc très fidèlement les variations de la pression; si au lieu d’une compression la lame subit une traction, la charge change de sens. Si donc un tel condensateur inséré dans un circuit électrique reçoit des ondes élastiques, qui le mettent en vibration mécanique, il traduit celles-ci en ondes électriques de même fréquence, que l’on peut détecter, et amplifier par les procédés actuellement en usage en télégraphie sans filv
- Inversement, si le condensateur à lame de quartz est inséré dans un circuit électrique oscillant, la production d’oscillations électriques dans ce circuit s’accompagnera de contractions et dilatations synchrones de la lame de quartz, et par suite de l’émission dans l’eau d’ondes élastiques de même fré-
- quence. La lame de quartz est alors un émetteur d’ultra-sons.
- On voit que le même appareil peut servir indifféremment comme émetteur ou comme récepteur.
- Dans son brevet du 17 sept. 1918, M. Langevin signale qu’il a pu obtenir par ce procédé des émissions d’énergie élastique dans l’eau s’élevant jusqu’à 10 watts par cm2.
- Comment est constitué le condensateur à lame de quartz qui constitue l’élément essentiel pour la production ou la réception des ultra-sons?
- Une lame mince de quartz, ou si l’on ne dispose pas de lames de dimensions suffisantes, une mosaïque de lames est placée entre deux plaques métalliques d’égale épaisseur, adhérant au quartz par un ciment convenable. L’une de ces plaques constitue l’armature externe du condensateur, et se trouve en contact avec l’eau par la surface qui émet ou reçoit les ondes élastiques.
- L’autre plaque est isolée et forme l’armature interne du condensateur. L’épaisseur de ces plaques n’est pas indifférente : il importe, en effet, que la transmission ou la réception des ondes par le condensateur se fasse avec le meilleur rendement : ce résultat est obtenu lorsque l’ensemble de la lame de quartz et de ses armatures possède dans le sens de son épaisseur une période propre de vibration élastique égale à celle des oscillations électriques excitatrices, s’il s’agit d’émission, ou à celle des ondes élastiques incidentes s’il s’agit de réception. Ceci exige que l’ensemble du condensateur ait une épaisseur égale à une demi-longueur d’onde de l’oscillation employée. Autrement dit, si l’on néglige l’épaisseur de la lame mince de quartz, chacune des armatures métalliques doit avoir une épaisseur égale au quart de la longueur d’onde employée.
- Quand cette condition de résonance est réalisée, l’amplitude des ondes élastiques émises est maxima pour une amplitude donnée de la différence de potentiel oscillante appliquée aux bornes du condensateur ; de même à la réception lorsque les ondes incidentes sont parallèles à la surface du condensateur, l’énergie élastique incidente est absorbée intégralement par le condensateur, sans réflexion.
- L’emploi des ultra-sons. —Après ces explications, on comprend aisément comment sera constitué dans ses grandes lignes et comment fonctionnera un poste d’ultra-sons.
- Il comprendra tout d’abord un poste de production d’oscillations électriques à haute fréquence; les postes à lampes thermioniques de la télégraphie sans fil conviennent parfaitement à cet usage : ces oscillations parcourront le circuit oscillant d’émission comprenant le condensateur à quartz que nous venons de décrire, avec les organes nécessaires pour le supporter et changer son orientation soit verticalement, soit horizontalement.
- Le condensateur et le circuit de réception seront en général les mêmes que le condensateur et le circuit oscillant d’émission.
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- LE COUCOU
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- L’appareil émet un train d’ondes ; puis l’émission terminée, l’écho est reçu par l’appareil d’émission lui-même qui se trouve • ainsi automatiquement accordé pour sa propre fréquence.
- L’orientation du quartz à ce moment fait connaître la direction de l’obstacle rencontré par le train d’onde : l’intervalle de temps t qui sépare le moment de l’émission du moment de la réception permet de calculer la distance de l’obstacle ; la viLesse du son dans l’eau de mer étant d’environ 1500 mètres
- à la seconde, la distance cherchée est ——tr~~‘
- Le courant électrique oscillant produit par le condensateur à la réception est amplifié par un amplificateur de T. S. F., et peut être après détection perçu dans un téléphone; on peut aussi, au moyen
- les marines étrangères étudiaient activement l’utilisation des procédés de sondage au son. Nous en trouvons la preuve dans un récent numéro du Scien-lific American, qui relate les sondages récemment elï'ectués par le contre-torpilleur américain « Stewart » au cours d’une traversée de l’Atlantique de Newport-Gibraltar du 22 au 29 juin 1922. Le navire avait été équipé avec les appareils Fessenden de la Submarine Signal C°.
- La méthode employée est celle des on les sonores ordinaires, analogue à celle qu’a étudiée en France l’ingénieur Marti; nous en avons nofé les infériorités par rapport au système Chilowski-Langevin. Quoi qu’il en soit, en 9 jours, le Stewart, marchant à 15 nœuds à l’heure, a pu effectuer 900 sondages et rapporter un intéressant profil du fond de l’Atlan-
- Flg. 3. — Le profil de l’Océan Atlantique établi par le contre-torpilleur américain « Stewart >•
- au moyen de sondages sonores.
- (Les profondeurs sont indiquées en mètres.)
- d’appareils chronographiques analogues à ceux qui furent utilisés par les artilleurs pour le repérage au son, enregistrer à la fois les oscillations émises et reçues ; l’observation des courbes enregistrées permet de constater simplement et d’une façon continue la production des échos.
- Nous disions, au début de cet article, que toutes
- tique, profil que nous reproduisons ici d’après notre confrère américain.
- De tels résultats doivent encourager en France la marine militaire et la marine de commerce à hâter la mise en service des appareils à ultra-sons.
- A. Tkolleil
- LE COUCOU
- Il n’est point d’Oiseau qui ait fait autant parler de lui que le Coucou. Depuis l’antiquité, la biologie de ce Grimpeur a suscité — et suscite encore — maintes controverses. Tandis que les naturalistes ont discuté sur les mœurs du Cuculm canorus, le peuple a cru reconnaître, dans le mystère qui entoure ses habitudes, la marque du merveilleux : le Coucou est un être extraordinaire qui change de nature deux fois par an; au printemps, il est Coucou, après quoi il devient Epervier. A d’autres moments, il devient Crapaud. Elevé par des Passereaux, l’ingrat finit par dévorer sa nourrice... Telles sont les légendes populaires. Il appartient au savant de démêler la parcelle de vérité qui a donné lieu aux croyances superstitieuses. Le plumage gris, strié de
- brun, de l’Oiseau, rappelle celui des Rapaces —, à des yeux inexpérimentés; le petit Coucou, au nid, ressemble assez à un Crapaud : sa peau brune, glabre, luisante, son large dos, son énorme tête aux gros yeux et au grand bec, le rendent fort laid. Quand le jeune Coucou, déjà grandelet, est nourri par un petit Oiseau, dont la tête s’engouffre dans le grand bec ouvert de son élève, on dirait que le nourrisson va dévorer sa mère adoptive.
- Dans certaines contrées, l’appellalionde « Coucou» équivaut à une injure, et s’adresse aux gens paresseux, malhonnêtes ou sots. Les uns apprécient cet Oiseau comme gibier, le mangent jeune et, même, adulte. Les autres, le regardent comme une bête immonde, de mauvais augure, et se gardent bien
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- Fig. j. — Jeune Coucou de i à 2 jours dans un nid
- de Rouge-queue. Deux cadavres de petits Rouges-
- queues et trois œufs gisent auprès du nid (Mai
- 1907) C1)-
- d’y goûter. Enfin, dans nos campagnes, un dicton, connu de tous, promet la fortune à celui qui entend le premier chant du Coucou et qui porte sur soi une bourse garnie.
- Le Coucou — ainsi nommé par onomatopée — est un Grimpeur, qui ne grimpe pas. Il se reconnaît à son bec de grandeur médiocre, bien fendu, un peu arqué, légèrement comprimé et sans échancrure à son extrémité, — à ses tarses courts, à ses ongles courbés, à sa queue longue et composée de dix pennes. On en connaît un grand nombre d’espèces qui habitent l’ancien continent. Nous n’avons en France qu’une seule espèce de ce genre, le Coucou ordinaire, qui est gris cendré et de la taille d’une tourterelle. Le Coucou roux (Cuculus hepalicus) n’est qu’un jeune Coucou gris dans sa livrée de deuxième année. Migrateur, il nous arrive en avril, lorsque la Primevère-Coucou émaillé les prés. En août, il repart vers l’Afrique.
- Vif et agile, il se tient dans les bois et chaqueannée revient au même endroit. Son vol a l’élégance de celui du Faucon, mais l’oiseau marche mal. C’est un insectivore.
- On croit que les mâles sont en nombre plus considérable que lés femelles. Ce qui est certain, c’est que, de toul temps, on a remarqué que le Coucou ne fait pas de nid, mais qu’il pond dans les nids des Passereaux insectivores auxquels il abandonne l’éducation de ses enfants.
- Pourquoi le Coucou ne fait-il pas de nid? Le savant Fabre avance que la structure de la poitrine du Coucou ne lui permet pas de couver... ; les pontes rapprochées, pendant le temps que l’Oiseau passe
- \. Photographies de M. Ad. .Burdet communiquées par la « Ligue française pour la protection des Oiseaux ».
- sous nos deux, ne lui laisseraient pas la possibilité de n’cher....
- Le Coucon n’est, d’ailleurs, pas le seul Oiseau qui ne fasse pas de nid : la Veuve dominicaine, entre autres, nous disait dernièrement M. Jean Delacour, pond dans le nid d’autres Oiseaux. Pourquoi? Nous l’ignorons. Cette première question reste donc sans réponse.
- Le Coucou pond dans le nid des insectivores : là, on s’explique qu’un instinct l’avertit, puisqu’il est nécessaire que le jeune Coucou reçoive une nourriture carnée. Jamais le Coucou ne pond dans le nid des Oiseaux qui sont nourris de graines dès leur naissance.
- Pourquoi le Coucou a-t-il recours à des Insectivores plus petits que lui : Rouge-gorge, Traquel, Mouchet, etc..., et même Troglodyte? Peut-être un Oiseau égal en force au Coucou ne voudrait-il point se charger d’élever un étranger et se défendrait-il victorieusement contre l’envahisseur. Tandis que les petits Oiseaux qui deviennent les martyrs du Coucou acceptent la servitude, par crainte ou sous l’empire d’une suggestion.... Ce ne sont que des hypothèses et, en réalité, cette deuxième question est jusqu’ici demeurée sans explication scientifiquement valable.
- Pas davantage on ne peut expliquer pourquoi le Passereau élève le petit Coucou au détriment de ses propres enfants. Force nous est de nous contenter momentanément du raisonnement de Fabre : « Il faut bien qu’il en soit ainsi, sinon, depuis longtemps, il n’y aurait plus de Coucous au monde pour nous délivrer des Processionnaires du chêne. »
- Le Coucou pond tous les deux jours. Ses œufs sont de grosseur et de teinte très variables, et en quelque sorte appropriées à l’espèce des petits
- Fig. 2. — Trois petits Tariers rejetés par un petit Coucou qui demeure seitl occupant du nid (26 juin ign).
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- Oiseaux qui devront les couver. C'est là un cas curieux de mimétisme.
- Le Coucou ne dépose qu’un seul œuf par nid, car les Passereaux ne peuvent élever qu’un petit Coucou. Et encore, à nourrir cet étranger plus gros qu’eux et toujours affamé, s’épuisent-ils et se donnent-ils une peine infinie.
- Le Coucou pond toujours dans le nid des memes espèces. S’il a adopté le nid du Rouge-gorge, il ne s’adressera jamais qu’aux seuls Rouges-gorges.
- Mais comment pond le Coucou? Ici, les avis sont partagés. D’une part, les uns assurent que l’œuf est pondu à terre, puis emporté par la mère dans un nid repéré d’avance. Le savant Fabre est de cet avis : il certifie que le Coucou recueille l’œuf dans son bec, en réserve au fond du gosier dilaté spécialement en poche.
- M. Adrien Legros, professeur à Valenciennes, le dévoué secrétaire aux Refuges de la « Ligue pour la protection des Oiseaux », a vu le Coucou, par deux fois, pondre à terre. Notamment, il vit un Coucou déposer son œuf dans un sentier sous bois. Afin de pouvoir lui dérober cet œuf, M. Legros frappa dans ses mains pour effrayer le Coucou et l’éloigner avant qu’il ait eu le temps de s’en saisir. Par malheur, en voulant s’emparer de l’œuf, M. Legros le brisa.
- Il est vraisemblable que le Coucou, qui atteint 0 m. 59 de longueur et une envergure de 0 m. 67, ne peut procéder que de cette façon pour introduire son œuf dans le nid du Pouillot ou du Troglodyte.
- D’autre part, certains ornithologistes soutiennent que le Coucou pond directement dans le nid du petit Passereau. M. Edgard Chance, le naturaliste anglais, qui a patiemment observé pendant cinq années les singuliers agissements du Coucou, a donné les résultats de ces études dans la revue British Birds et dans une brochure intitulée « The Cuckoo’s secret », appuyés de photographies prises
- Fig. 4. — Coucou élevé par un Accenteur. Le nid est dans un Thuya.
- Fig. 3. — Jeune Coucou en train d’expulser un œuf de Rouge-queue (2 juillet içiô).
- sur le vif. M. Chance certifie avoir vu la femelle Coucou pondre dans le nid de ses victimes. Par exemple, il raconte qu’un Coucou se glisse dans un nid de Pipit (Anlhus), saisit l’œuf du Pipit le plus rapproché de lui, s’installe sur le nid, y pond son œuf, tout en tenant dans son bec l’œuf volé, se retire à reculons et s’envole, le tout en dix secondes.
- Pour ma part, je ne mets en doute ni l’assertion de M. Legros, ni celle de M. Chance. Je crois que les deux modes de ponte sont employés par les Coucous, suivant que le nid convoité a la forme d’unecoupe facilement accessible,ou qu’au contraire, il s’agisse d’un nid fermé, à très petite entrée, tel que celui du Troglodyte.
- M. Chance croit que le Coucou confie ses œufs à l’espèce d’Oiseaux qui l’a lui-même élevé. La femelle de cet Oiseau pondrait l’après-midi et non pas le matin comme le font les autres volatiles. Chaque femellePa un cantonnement, dans lequel elle ne tolère aucune concurrente. Avant de pondre, elle épie les allées et venues des Oiseaux auxquels elle veut substituer ses œufs.
- Un autre point, fortement discuté, c’est celui de savoir si la maman Coucou s’occupe ou ne s’occupe pas de son œuf après l’avoir déposé chez les parents nourriciers choisis.
- M. Geo J. Sholey, sous le titre « The Cuckoo’s Vigil », dans la Revue anglaise « Natureland » (avril 1925), rapporte le résultat de ses observations. Un Coucou, ayant choisi des nids de Bergeronnettes pour y pondre, détruisit dans chaque nid un œuf de ces charmants Oiseaux pour le remplacer par l’un des siens. La maman Coucou est revenue surveiller l’éclosion et épier les faits et gestes de la mère adoptive. Le naturaliste a photographié l’étrange mère en train d’espionner la nourrice.
- Le Coucou serait capable des ruses les plus subtiles pour assurer le bon développement de sa progéniture. Ainsi, un Coucou, quelques jours après son arrivée en Angleterre, de propos délibéré, détruisit des nichées de Bergeronnettes trop avancées
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- pour ses desseins. Il perse'euta les parents pour les obliger à délaisser leur nid et à en refaire un autre, dans lequel le Coucou déposa son œuf.
- -Ce Coucou pondit 14 œufs pendant son séjour; après la ponte, il disparut une quinzaine de jours, temps nécessaire à l’incubation. Ensuite, il revint, deux jours de suite, visiter chaque nid où il avait déposé un œuf. Par contre, M. Burdet n’a jamais vu les parents Coucous surveiller l’élevage de leurs petils; mais les Coucous n’opèrent pas toujours forcément de façon identique.
- Il est admis que le Coucou dépose son œuf en l’absence des parents nourriciers, ou bien après b s avoir chassés s’ils sont là, et toujours en soustrayant !un de leurs œufs remplacé par le sien. Les parents adoplifs couvent l’œuf du Coucou comme les leurs propres. Puis les enfants naissent. Le petit Coucou est naturellement plus gros que les autres, et il croît avec une extrême rapidité.
- Presque aussitôt après sa naissance, le petit Coucou est seul dans le nid : œufs et petits sont jetés par-dessus bord. Voilà encore une énigme qui a fait couler beaucoup d’encre. Est-ce la mère Coucou, la mère adoptive ou bien le petit Coucou qui expulse les enfants légitimes? Depuis les temps les plus reculés, le désaccord à ce sujet règne entre les naturalistes.
- Un Français, le docteur Lottinger, dans « l’Histoire du Coucou d’Europe », (1795) a relaté avoir vu, dans un nid de Rouge-gorge, un jeune Coucou jeter hors du nid les œufs de ses nourriciers.
- Jenner, le médecin anglais qui a découvert la vaccine, a vu un jeune Coucou vider un nid d’Accenteur-mouchet. D’autres observations lui montrèrent le petit Coucou chargeant ses frères sur son dos pour les précipiter au dehors (1788).
- Bailly, ornithologiste savoisien, vit un jeune Coucou, quelques heures après sa naissance, jeter les œufs hors du nid (1853).
- Fabre explique que le petit Coucou, à l’étroit dans le nid et turbulent, s’aidant du croupion et des ailes, parvient à charger, sur son dos « creusé à dessein en cuvette », chaque petit Oiseau, se traîne à reculons jusqu’au bord du nid, fait un effort et jette son fardeau dehors. Puis, il redescend au fond du nid, qu’il vide de la sorte pour en demeurer le seul occupant.
- Un certain nombre de naturalistes se sont refusés à admettre que le petit Coucou à peine éclos, aveugle et faible, puisse se débarrasser de ses frères.
- Parmi ceux-ci est M. Xavier Raspail, à qui le fait paraît impossible.
- Cependant, l’on ne peut plus douter de la culpabilité du Coucou nouveau-né devant les preuves fournies par M. Ad. Burdet qui s’est attaché à éclaircir ce mystère.
- Le patient et habile naturaliste suisse a consigné ses observations dans le Bulletin de la Société romande pour la protection des Oiseaux, observations qu’a reproduites le Bulletin de la Ligue Française pour la protection des Oiseaux (Nos 5-6, 10-11 de 1921).
- M. Burdet, en mai 1907, a vu dans un nid de Rouge-Queue (Ruticilla phœnicurus), un petit Coucou occuper le nid autour duquel gisaient deux cadavres de petits Rouges-queues et trois œufs : Qui les avait jetés hors du nid? (Fig. 1.)
- En mai 1908, dans un nid de Tarier (Pra-t incola rubetra), un jeune Coucou occupait la place, tandis que quatre petits Tariers entassés hors du nid étaient encore vivants. M. Burdet remit les Tariers dans le nid, à côté du Coucou, et il vit ce dernier expulser un à un ses petits compagnons.
- Le criminel, c’est donc bien le petit Coucou ; criminel inconscient qui agit, les yeux encore fermés, simplement pour obéir à l’inslinct le poussant à se débarrasser ,des corps qui le gênent dans un berceau déjà trop étroit pour lui.
- En Juin 1909, M. Burdet observa un Coucou élevé par un Aecenteur (Accenior modularis) dans un Thuya. Bientôt l’Accenteur fut obligé de nourrir à terre son nourrisson, devenu trop gros pour le nid. En effet, la croissance du petit Coucou est, au début, des plus promptes et le nid ne tarde pas à lui devenir inhabitable. Aussi, dès qu’il est capable de se traîner sur ses pattes, le Coucou court dans les buissons où les parents adoptifs continuent à le nourrir.
- Pour donner une idée de la croissance du Coucou, rappelons les chiffres donnés par M. Burdet : Un Coucou pesant 4 gr. à son éclosion, pesait 80 gr. 23 jours après, soit une augmentation de 20 fois son poids en 23 jours. A 8 ou 10 jours, le nourrisson remplit le nid. A quinze jours, devenu deux ou trois fois plus grand que ses parents nourriciers, il quitte le nid. Mais quand il commence à s’emplumer, cette croissance anormale ralentit considérablement.
- En Juin 1911 (fîg. 2), dans un nid de Tariers, le Coucou naquit quatre jours après les petits Tariers ; il se remua en vain, les Tariers étant en état de se défendre. Pourtant, âgé de trois jours, le Coucou
- Fig. 5. — Le même Coucou, nourri à terre, quelques jours après.
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- réussit à jeter hors du nid un Tarier, le lendemain les trois autres Tariers restants eurent le même sort.
- Le 17 Juin 1912, dans un nid de Rouge-queue, les petits naquirent plusieurs jours avant le Coucou qui fut étouffé et disparut du nid.
- En Juillet 1912, une Fauvette Effarvate éleva un Coucou (fig. 6).
- En Juin 1914, dans un nid d’Accenteur, alors que le Coucou remplissait tout son berceau, les parents trouvaient commode de se percher sur son dos pour le nourrir ; le nourrisson renversait la tète pour recevoir ses repas.
- En Juillet 1916, dans un nid de Rouge-queue, M. Burdet réunit, auprès du petit Coucou, un Rouge-queue nouveau-né et un œuf expulsés : le Coucou rejeta successivement le petit oiseau et l’œuf (fig. 3).
- Enfin, dans un nid de Rossignol des murailles, un Coucou expulsa un petit Rossignol pendant que la couveuse était sur son nid et sans qu’elle intervienne pour empêcher ce meurtre; mais non pas sans manifester une vive inquiétude. La pauvre mère semble ne rien comprendre au drame qui a lieu sous elle, et s’étonne visiblement de l’agitation qui règne parmi ses enfants. Le petit Coucou n’en continue pas moins à pousser dehors le petit Rossignol, lequel tombe sans que sa mère paraisse le voir. M. Burdet réussit à filmer cette scène incroyable (Bulletin de la L. P. 0., nos 7-8 de 1922). Cinq fois, le petit Rossignol fut replacé dans le nid, cinq fois il fut rejeté par le Coucou, sous les yeux du naturaliste abrité dans une tente, — postée à un mètre du nid, — et demeuré plusieurs heures de suite en observation.
- Ce film, d’un intérêt capital au point de vue de l’Ornithologie, a été présenté, le 2 juin 1923, au Muséum, au Congrès international pour la protection de la Nature. Commenté par M. Ad. Burdet, il a produit sur les assistants une impression saisissante.
- Fig- 7- — Jeune Coucou à terre.
- Fig. 6. — Petit Coucou élevé par une Fauvette Effarvate.
- De ce qui précède, on peut donc retenir la règle suivante : le jeune Coucou expulse ses compagnons de nid le jour même de sa naissance, à moins qu’il n’ait été devancé de plusieurs jours par ceux-ci.
- Chaque Coucou en naissant coûte la vie à une nichée de précieux Passereaux insectivores. Les petits, jetés hors du nid par l’usurpateur, se tuent dans leur chute, ou bien, si le nid est peu élevé, ils meurent de froid : les parents, dans l’impossibilité où ils sont de les replacer dans le nid, ne peuvent les sauver, en admettant qu’ils le veuillent.
- Du reste, pour une raison inconnue, ces parents ne sont occupés que du seul Coucou et comme frappés d’inertie vis-à-vis de leurs véritables enfants.
- Malgré ses mœurs plus surprenantes que sympathiques, le Coucou est un oiseau digne d’être protégé d’une façon absolue, car, exclusivement insectivore, il est d’une incontestable utilité. 128 autopsies ont prouvé qu’il consomme 88 pour 100 d’insectes nuisibles. Il se nourrit de Coléoptères, de Papillons de nuit, de Libellules, d’insectes Lanigères et surtout il préfère les Chenilles velues que les autres Oiseaux ne peuvent pas manger. En particulier, il détruit la Chenille processionnaire du Chêne (Cnethocampa processionea) qui déambule en longue file sous la conduite d’un chef. Le Coucou est l’indispensable gardien des forêts.
- C’est pourquoi, en la séance de la « Ligue pour la protection des Oiseaux », du 26 Avril 1923, j’ai demandé l’addition du Coucou à la liste des Oiseaux utiles protégés par la loi. Et devant le Congrès pour la Protection de la Nature (1er Juin de cette année), au nom de mes Collègues, j’ai renouvelé ce vœu, à savoir : que le Coucou soit ajouté à la liste n° 1 (Oiseaux utiles) de la Convention internationale pour la protection des Oiseaux, datée du 19 Mars 1902.
- A. Feullée-Billot,
- de lu Ligue française pour la protection des Oiseaux.
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- LA FABRICATION DES BOUTEILLES
- Fig. i. — Vue d’ensemble d’un four de verrerie montrant les ouvreaux Ou places de travail et les moules disposés tout autour.
- On désigne sous le nom de verres des composés à base de silice, de soude ou de potasse, de plomb ou de chaux, qui donnent par fusion, un corps transparent, insoluble dans l’eau, et inattaquable par la plupart des acides.
- Le cristal est un verre spécial à base de plomb et de potasse.
- Pour préparer le verre, on fait fondre à une température élevée (1300 à 1800°) dans un four en matière réfractaire, un mélange de sable et de fondant (chaux ou soude sous forme de carbonate ou de sulfate). La fusion, progressive, donne, lorsqu’elle est achevée, le verre.
- Si la fusion a été bien conduite, le verre obtenu est bien homogène et sans défauts. Dans le cas contraire, il présente des imperfections qui en diminuent l’aspect et en amoindrissent la valeur.
- D’autre part, si les matières employées sont très pures, le verre est incolore, mais si elles contiennent un corps étranger, tel que du fer, le verre est plus ou moins coloré (en brun ou en vert).
- Cependant, si la teneur en fer est très faible, par conséquent si le verre est presque blanc, il est possible de faire disparaître sa coloration et d’obtenir un verre incolore par addition, en quantité variable, de bioxyde de manganèse, qui, par la couleur particulière qu’il donne lui-même au verre, compense celle provenant des matières premières.
- Cette propriété du bioxyde de manganèse (Mn O*) lui a fait donner le nom de « Savon des verriers ».
- Les verres peuvent être classés en diverses catégories : verres à vitres, glaces, bouteilles, gobeletterie (qui comprend les objets de laboratoire), cristal, émaux et enfin verres colorés et verres d’optique qui constituent la verrerie fine.
- Nous nous occuperons ici uniquement du verre à bouteilles et de la fabrication de ces dernières.
- Nous rappellerons rapidement le processus de l’ancienne fabrication, pour mieux faire saisir la différence que les procédés mécaniques modernes présentent avec elle et en faire ressortir tous les avantages.
- Fours. — On en distingue deux sortes, les fours à pots et les fours à cuve ou à bassin. Ils sont construits de la même façon, mais les premiers renferment des pots ou creusets, en I terre réfractaire disposés sur la sole, et dans lesquels se liquéfient les matières vitrifiables qu’on y puise pour le travail. Ils sont abandonnés à peu près partout, sauf pour la verrerie fine, qui exige un travail particulièrement délicat.
- Dans les fours à cuve ou à bassin (fig. i) au contraire, la fusion du mélange vitrifiable s’effectue à même la sole construite en forme de cuve. Toute la surface du four est ainsi employée. Les matières premières sont introduites à une extrémité par des orifices de chargement, qu’on peut fermer par une pièce de brique réfractaire, et le verre fondu est cueilli à l’autre par les ouvreaux. Le travail est continu.'
- Le toit des fours est concave, de façon à réfléchir
- Fig. 2. — La coulée du verre dans le moule.
- Le verre liquide (à i3oo“) est puisé dans le four avec une cuillère en fer à long manche par un ouvrier monté sur une partie surélevée autour du four.
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- Fig. 3. — L'ébauche est terminée dans le moule supérieur après un premier soufflage. Le moule ouvert pour dégager l’ébauche incandescente qui se détache en blanc sur la photographie.
- et concentrer la chaleur sur la masse en fusion. La construction est faite avec des produits réfractaires de première qualité, maintenus extérieurement par une armature métallique, et de telle façon qu’on obtienne le maximum de chaleur avec le minimum de dépense en combustible.
- L’intérieur du four doit, toutefois, être facilement accessible pour en permettre l’entretien et la réparation sans difficulté. Les fondations doivent être particulièrement soignées pour qu’elles puissent supporter le poids considérable de la construction et des matières contenues dans le four; en outre, le sol sur lequel elles reposent doit être parfaitement asséché pour que tout refroidissement provenant de l’humidité soit évité.
- Ce n’est qu’au prix de ces multiples précautions qu’on peut obtenir la marche des verreries dans des conditions d’économie satisfaisantes.
- Enfin, les fours doivent être établis assez loin des habitations pour éviter les inconvénients qui pourraient résulter de la chaleur rayonnée et des gaz nocifs qui s’en échappent.
- Actuellement, à peu près tous les fours de verrerie sont chauffés par les gaz produits par des gazogènes placés à proximité.
- Gazogènes. — La disposition en est variable, mais le principe reste le même. Le combustible (généralement du charbon de terre) est versé sur une grille où il brûle partiellement en dégageant des gaz combustibles. Ceux-ci s’élèvent dans une cheminée en briques qui les dirige vers un orifice percé dans la partie latérale du four, appelé brûleur, où a lieu la
- combustion. Mais, ces gaz n’étant pas épurés, entraînent avec eux des fumées, des poussières et des goudrons qui pourraient souiller les parois des fours et la matière fondue; d’autre part, leur combustion dans les fours serait incomplète. Pour éviter ces inconvénients, on les mélange dans le brûleur, à de l’air qui, provenant de l’atmosphère par la partie inférieure des fours, se réchauffe en montant vers le brûleur par circulation autour de colonnes en briques réfractaires creuses dans lesquelles passent les gaz chauds du four. Ce mélange d’air chaud et de gaz facilite la combustion qui, rendue ainsi très active, produit une forte flamme et brûle la plus grande partie des impuretés.
- Fabrication des bouteilles. Ancien procédé par soufflage à la canne. — La composition du verre à bouteilles est variable suivant le produit à obtenir.
- Mais on y ajoute toujours un fondant (sulfate ou carbonate de soude et chaux, ou carbonate de chaux) qui, par combinaison avec la silice du sable, forme des silicates fusibles. La fusion est accélérée et le verre obtenu est plus liquide par conséquent plus facile à travailler. On y ajoute également en plus ou moins grande quantité des débris de bouteilles ou groisil provenant de la mise au rebut des produits manqués, ou du ramassage par lès chiffonniers.
- Quand les matières sont bien fondues et que le verre a la consistance convenable, l’ouvrier souffleur, placé sur une estrade surélevée en cueille par l’ouvreau, au bout d’un long tube de fer appelé canne, la quan-
- Fig. 4. — Aptes rotation de 1800, l’ebauche placée dans le moule inférieur subit un deuxième soufflage. La bouteille terminée est sortie du moule. On la distingue sur la photographie avant son extraction'*du moule. Elle est à la température du rouge cerise.
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- tité nécessaire à la formation d’une bouteille. Cette masse de verre ou paraison est dressée dans une pièce de fer ou de fonte creusée d’une cavité hémisphérique, appelée marbre où le verrier lui donne une forme allongée pour façonner le col.
- Elle est ensuite réchauffée et placée dans un moule ayant la forme intérieure de la bouteille. Sous l’action du souffle de Fouvrier, le verre épouse la forme de ce moule en s’appliquant contre ses parois. Pour lui donner sa forme définitive, un aide cueille dans le four, au bout d’une tige de fer appelée pontil, une petite quantité de verre qu’il appuie sur le fond de la bouteille où elle adhère,.et produit un renfoncement conique à l’intérieur, c’est l'empon-lillage. Le goulot est alors sectionné pour le séparer de la canne et, la bouteille étant maintenue par le pontil, on applique sur la périphérie du goulot une couronne de verre destinée à le renforcer, et appelée collet ou bagne. •
- Le pontil est ensuite séparé du fond par le désem-pontillage et la bouteille, terminée, est portée au four à recuire.
- Procédé moderne par soufflage mécanique. — Celte façon de procéder était longue, difficile, et extrêmement fatigante pour le souffleur. Aussi l’a-t-on remplacée partout par le soufflage à l’air comprimé, plus rapide et qui supprime totalement le travail de l’homme pour cette opération.
- Dans le four, devant les ouvreaux et flottant sur le verre liquide, sont placés des anneaux circulaires, en forme de cylindres sans fonds, à parois épaisses, en matières réfractaires, qui servent à séparer le verre pur, destiné à la fabrication, des quelques impuretés qui peuvent provenir des matières premières, des fumées, etc. Ces anneaux laissent pénétrer dans leur partie circulaire intérieure le verre dont le niveau s’établit à la même hauteur que dans le reste du four, mais arrêtent les impuretés, qui se rassemblent à leur périphérie.
- Le verrier, desservant deux moules qu’il remplit alternativement, cueille par F ouvreau, à l’intérieur de l’annêau dans une cuiller en fer à long manche, la quantité de verre nécessaire à la fabrication d’une bouteille, et la déverse dans la partie supérieure du moule (fig. 2). Lorsque celui-ci est plein,. le filet de verre restant adhérant à la cuiller, est coupé de façon à libérer celle-ci. (Ce sectionnement, en raison de la consistance semi-fluide du verre, se fait avec des ciseaux ordinaires sans difficulté).
- Chaque moule est en réalité constitué par l’ensemble de deux moules distincts, disposés-l’un au-dessus de l’autre, sur un axe vertical commun, le moule supérieur formant l’ébauche de la bouteille, e goulot en bas, tandis que le moule inférieur donné la forme définitive le goulot à sa partie supérieure.
- Entre ces deux moules, à égale distance de chacun d’eux, un axe horizontal creux permet l’arrivée de l’air comprimé par des raccords de caoutchouc fixés sur la conduite venant du compresseur. Une
- DES BOUTEILLES :------------
- tubulure très courte disposée dans l’axe des moules, et calée à angle droit sur l’axe creux horizontal sur lequel elle peut tourner, permet d’insuffler l’air, soit dans le moule supérieur pour former l’ébauche, soit dans le moule inférieur, après une révolution de 180°, pour terminer la bouteille.
- Ces deux moules sont formés, chacun de deux parties rigoureusement identiques, articulées sur une charnière qui en permet la fermeture pour le soufflage et l’ouverture pour le dégagement de l’objet façonné. Ces mouvements sont faits à la main par deux poignées disposées de façon à éviter leur échauffement.
- Quand le moule supérieur est rempli, l’ouvrier mouleur au moyen d’une manette placée à sa gauche, y lance un jet d’air comprimé qui, appliquant le verre contre les parois, lui donne sa première forme (fig. 5). Au bout de quelques secondes de soufflage, le moule est ouvert et la tubulure verticale, est tournée de \ 80° de façon à amener l’ébauche, qui y est restée adhérente, dans le moule inférieur, ouvert. Celui-ci est aussitôt refermé et un nouveau jet d’air comprimé, légèrement plus long que le premier, donne à la bouteille sa forme définitive (fig. 4).
- Le moule est rouvert, et la bouteille alors, à la température du rouge cerise, est saisie par le goulot avec une pince et déposée dans un cylindre en fonte, qui la maintient et évite l’affaissement du verre encore mou. Elle est enfin prise dans le sabot et portée au four à recuire. Le sabot est un cylindre de fer de 15 à 20 cm de hauteur, fermé à sa partie inférieure, qui fait corps avec une longue tige de fer, et servant à la manipulation des bouteilles chaudes.
- Four à recuire.— Dans un long tunnel rectiligne d’une vingtaine de mètres de longueur, en briques réfractaires, est disposée une voie ferrée le parcourant dans toute sa longueur, sur laquelle peuvent se déplacer des chariots dans lesquels on empile, couchées les unes sur les autres, au moyen d’une longue pince en fer, les bouteilles provenant du moulage. Le four est chauffé, à l’extrémité où se fait le chargement, à une température de 600° environ (alors que dans le four de fusion elle atteint et et dépasse 1500°) qui maintient les bouteilles au rouge sombre.
- Quand un chariot est chargé, on le fait avancer de sa longueur et un autre, vide, le remplace. Chacun d’eux parcourt ainsi, très lentement, tout le tunnel où la température va en décroissant régulièrement jusqu’à la sortie où les bouteilles, à peu près froides (40 à 50° environ), sont défournées et emportées à l’atelier de vérification.
- Là, des ouvriers examinent les pièces une à une par transparence. Celles qui présentent des défauts sont rejetées et brisées, leurs débris repassent au four de fusion. Le diamètre du goulot est jaugé avec un calibre en fer .
- Les principaux défauts, qui font mettre au rebut
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- les produits finis sont : les Bouillons, bulles gazeuses qui sont restées emprisonnées dans le verre.
- Les Nœuds, grains de verre mal fondus.
- Les St?ûes ou cordes : rides circulaires irrégulières dues à un manque d’homogénéité du verre qui parait s’être affaissé.
- Au sortir du four à recuire, les bouteilles sont recouvertes de poussières provenant des fours, de l’air, etc., qui les ternissent. Un simple lavage à l’eau suffit pour leur rendre leur brillant et leur transparence.
- Les moules, lorsqu’ils sont neufs, présentent à l’intérieur un aspect poli et brillant et leur fermeture hermétique permet d’obtenir des bouteilles parfaitement lisses; mais au bout de peu de temps, sous l’influence surtout de la température élevée à laquelle ils sont constamment soumis, et qui, à la fin d’une journée de travail, les a portés au rouge sombre (malgré leur épaisseur et les ailettes de refroidissement dont ils sont munis), leur paroi intérieure se corrode et offre une surface granulée qui est reproduite sur l’extérieur des bouteilles et leur donne un peu l’aspect d’une écorce de mandarine.
- En outre, la fermeture devenant moins étanche, laisse tout le long de la bouteille, du goulot,
- jusqu’au fond, une légère saillie verticale. La résistance de l’objet n’en est du reste pas diminuée.
- Les moules, fabriqués à la fonderie, sont terminés au tour, à la verrerie même.
- Lorsque la bouteille doit porter une marque en relief, un orifice circulaire est percé de part en part dans une des moitiés du moule, et on y introduit à frottement, dur, une pièce de fonte portant la marque gravée au burin, en creux et à l’envers.
- Nous avons dit que, au composé de sable introduit dans le four de fusion, on ajoutait les bouteilles mises au rebut. On doit, au préalable, les réduire en morceaux très menus, pour en faciliter la fusion.
- Mais si l’on jette dans le four en activité une bouteille entière ou insuffisamment brisée, on la voit immédiatement éclater comme sous l’effet d’un explosif, par suite delà dilatation subite de l’air intérieur.
- Les photographies qui accompagnent cet article ont été prises dans les ateliers de la verrerie de Gra-ville-Le-Havre, que MM. Tourres, les directeurs, ont bien voulu nous laisser visiter à loisir en détail et à qui nous adressons ici nos plus vifs remerciements.
- Georges Gallois.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1923.
- L'évolution de la tuberculose expérimentale chez le lapin et le cobaye. ~- Aux varinlions de résistance individuelle qui,, en langage médical, constituent le terrain, on attribue en général un rôle prépondérant dans l’infection tuberculeuse. D’après MM. Calmette, Boquet et iNègre, lorsqu’il s’agit d’un sujet vierge, soumis à une première atteinte, les facteurs essentiels, pour la gravité de la maladie, sont le nombre et la viru-
- lence des bacilles introduits à un même moment et par une même voie dans l’organisme. Ces opinions ont été nettement confirmées, du moins en ce qui concerne le lapin et le cobaye dont la réceptivité à l’égard des tuberculoses expérimentales est remarquablement constante, et le facteur terrain n’intervient en aucune manière pour modifier la durée d’évolution de la maladie produite par l’absorption d’un nombre déterminé de bacilles. P. B. •
- LES POLYPIERS FOSSILES DE LA POINTE DU CHÉ, PRÈS LA ROCHELLE
- Les coralliaires ou polypiers constituent un groupe considérable d’animaux, vivant à l’état isolé ou en colonies, dans les mers actuelles; on constate l’existence* de formes analogues pendant toutes les périodes géologiques.
- Dès l’époque silurienne, au début du premier grand développement de la vie organique à la surface du globe, on trouve des constructions colossales de ces animaux; leurs débris fossiles, agglomérés les uns au-dessus des autres, ont constitué de puissants massifs calcaires. On voit des formations semblables dans le Dévonien et le Carbonifère, puis dans les terrains secondaires et tertiaires ;,les formes organiques variant et se remplaçant successivement. Il y a des types analogues dans les mers actuelles chaudes, surtout dans l’océan Indien et dans l’océan Pacifique, où les polypiers se sont développés autour
- de certaines îles et forment des récifs. Bref, à cause de l’immense développement des côtes, de ces îles, le nombre des coralliaires est énorme ; leur extension dans l’espace, à la surface du globe, est donc considérable.
- Les polypiers sont étudiés à la fois par les géologues, les paléontologistes et les zoologistes pour arriver à établir leur évolution dans le temps et dans l’espace. On sait aujourd’hui que les polypiers.. actuels ne peuvent vivre que dans des conditions déterminées de température et de profondeur des , eaux marines. *
- Il m’a paru intéressant d’attirer l’attention sur les j récifs fossiles de la Pointe du Ché et d’Àngoulins j (Ghârenté-Inférieure), qui sont à huit kilomètres seulement au sud de La Rochelle. Ils ont été visités par de nombreux géologues, à commencer par Al-
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- Fig. i. — Pointe dit Ché. Vue générale des falaises et de la plate-forme d'crosion marine couverte de Fucus.
- eide d’Orbigny, qui était originaire de cette dernière ville.
- Le Ché constitue un promontoire comme son nom l’indique (ché ou chef = cap); il s’avance à l’Ouest où il est battu par la mer, formant une falaise haute de 8 à 12 mètres environ; celle-ci se continue, en s’abaissant, jusqu’au sud d’Angoulins. La constitution géologique est la même partout (jurassique, étage séquanien, ancien corallien) ; elle est facile à étudier, grâce à la coupe des falaises, toujours rafraîchie par la mer, mais l’étude est quelquefois dangereuse, à cause des éboulements. Les photographies, que je dois à l’obligeance de M. Auguste Dollot, permettent de se rendre compte de l’aspect général.
- L’ensemble est formé de calcaires en lits réguliers, alternant avec des zones plus tendres ; les assises sont à peu près* horizontales; on y voit, de temps à autre, des masses irrégulières, plus ou moins lenticulaires, de calcaire non stratifié dur, à structure grumeleuse ; ces massifs sont souvent remplis de fossiles, surtout de polypiers énormes ; ils rappellent un ancien récif corallien et sont épais quelquefois de plusieurs mètres ; ils s’étendent, en certains endroits, sur une grande surface horizontale, au milieu de bancs stratifiés.
- A la suite du choc des vagues, ces noyaux de calcaire récifal tombent au bas de la falaise et rendent la marche difficile, si on veut contourner le promon-
- toire à marée basse et récolter des fossiles.
- On voit des bancs stratifiés qui vont d’un massif à l’autre; ils sont de môme nature que ceux qui sont au-dessous ou au-dessus.
- Tous ces dépôts sont de mer peu profonde ; il n’y a pas d’Ammonites, mais on trouve beaucoup de Mollusques Gastéropodes et Lamellibranches, des Brachiopodes, Bryozoaires, Oursins, Grinoïdes, Polypiers et Spongiaires.
- Tous ces fossiles sont agglomérés par une bouillie calcaire qui provient de la pulvérisation du test
- Fi.. 2. — Grand polypier rameux,, à l'extrémité Nord de ia l'alaise du Ché.
- Fig. 3. — Calcaire corallien récifal et blocs éboulés.
- des animaux par les vagues de l’époque jurassique.
- Cette falaise du Ché et d’Angou-li.ns constitue le point le plus remarquable du littoral du Centre-Ouest de la France, pour un naturaliste; c’est là qu’on peut voir le seul véritable récif ancien de notre pays, qui est cependant loin de la grandeur des constructions analogues des mers chaudes actuelles ;
- Jules Wel.sch,
- Professeur de géologie à l’Université de Poitiers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.aiilt.e, rue de Flcurus, 9, Paris,
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- N* 2573. :
- LE PALMIER NAIN ET SES EMPLOIS
- .Son utilisation nouvelle eii papeterie.
- 28 JUILLET 1923
- Depuis^uèlques années, une campagne a été poursuivie, en France, tendant à l’utilisation intégrale de nos richesses coloniales, trop délaissées avant la guerre. On a très justement proclamé que notre pays pourrait recueillir dans ses possessions d’outre-mer la majeure partie des matières premières qui font défaut à la métropole, et qu’il importait, dans le passé, de l’extérieur. Le palmier nain figure au premier rang des produits végétaux pouvant ainsi être acclimatés et exploités dans nos domaines de l’Afrique du Nord, et ses fibres précieuses peuvent, dans une large mesure, être substituées à des matières similaires indispensables à l’économie nationale.
- Le palmier nain, Chamaerops hiimilis, et le Doum Hyphœne thebaïca, sont assez répandus dans l’Afrique du Nord. Ils n’occupent en Tunisie qu’un espace restreint. Au contraire, en Algérie, ces plantes sont presque aussi développées que l’alfa, et on les rencontre couramment dans les départements d’Alger et d’Oran. Elles ne sont, toutefois, denses que dans la région d’Oudjda, à la frontière marocaine, et sur le territoire du Maroc. M. l’ingénieur Roger Tardieu, chargé d’une mission en 1920 et 1921, a reconnu la présence du palmier nain sur presque toute l’étendue de l’Empire chérifien, à l’exception, cependant, des plateaux sablonneux de l’intérieur, c’est-à-dire à l’est de Settat, vers Kasbah-ben-Ahmed, sur la route de Casablanca à Oued-Zem, et aux abords de Taza.
- Les peuplements ne sont, d'ailleurs, pas tous d’une égale richesse: Les plus intéressants, au point de vue d’une exploitation éventuelle, sont situés dans les Chaouïa et les Doukkalà, à proximité du littoral Atlantique, et forment comme une bande ininterrompue du Cap Rir à Mazagan. A la hauteur de
- 53° degrés de latitude, là palmeraie s’élargit et se prolonge jusqu’à une trentaine de kilomètres de la côte, englobant les centres de Mazagan, Settat, Mediouna, Bou-Skou-ra, Camp-Boulhaut, Fedhala. Dans cette partie du pays, le palmier nain couvre environ le dixième de la surface. Autour de Ber-Réchid, la plante e st plut ôt rare. A la hauteur de Ca-H*. 2. sablanca, le peuple-
- Le palmier nain. ment tend à sepour-
- 51* Anné» — 2* Semestre.
- Fig. I.
- La zone du palmier nain au Maroc.
- suivre vers les Zemmour,et le palmier nain apparaît dans tout le rayon de Meknès et:Fez, jusque vers Taza. La limite septentrionale du peuplement paraît se confondre avec le 35e degré de latitude. Toutefois, la plante fait défaut dans les bas-terrains de l’Oued-Sebou et chez les Beni-Assen.
- Il est assez difficile d’évaluer précisément les ressources du Maroc en palmiers nains. Les expériences pratiquées parM. Tardieu ont permis, néanmoins, de fixer à 800 touffes environ, le peuplement par hectare (dont 1600 pour les sols particulièrement favorisés, et 200 pour les plus pauvres).
- Le palmier nain couvrant un cercle de 0,80 à 1 mètre de diamètre, la superficie occupée par hectare varie donc de 1000 à 1250 mètres carrés.
- Du fait de la médiocrité des moyens de transport, l’exploitation semble devoir être présentement confinée dans les Chaouïa et au nord des Doukkala, avec Fedhala comme port principal d’expéditions.
- Les voyageurs et savants qui ont eu l’occasion . d’étudier les conditions du développement du palmier nain ont observé que la plante croit aussi bien dans'les mauvais terrains, impropres à la colonisation, qui s’étendent au Maroc sur 14 millions d’hectares, que sur les sols susceptibles d’un défrichement (5UOOOO hectares). Il serait, par conséquent, facile de multiplier les peuplements. Si l’on songe qu’à la différence des ligneux, le palmier nain reproduit annuellement, sans culture, on en peut conclure que le Maroc serait en état de fournir à l’industrie un tonnage plus considérable. En admettant, avec M. Tardieu, qu’un hectare peut normalement livrer 1000 kg de feuilles, il serait loisible de recueillir 2 millions et demi de tonnes de feuilles. M. Fouché considère que la réserve annuelle doit être effectivement chiffrée à 4 millions de tonnes.
- 4. — 49.
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- 50 r:r : ::: ,. „ : LE PALMIER NAIN ET SES EMPLOIS
- L’occupation de millions d’hectares ne serait pas onéreuse, comme on pourrait l’appréhender. Les territoires de peuplement appartiennent, en effet, à FÉtat chérifien. Ce sont des biens Maghzen, ou domaniaux qui ne présentent, à l’heure actuelle, aucun intérêt, en raison de leur stérilité. Le gouvernement marocain les concéderait sans doute volontiers, moyennant une participation aux bénéfices de l’exploitation.
- Si l’on considère les diverses parties de la plante, on remarque que les feuilles, dont le limbe est divisé et les pétioles sont armés d’épines, constituent 18 pour 100 du poids total; la gaine formée par les portions élargies du pétiole des feuilles tombées : 35 pour 100, la tige courte : 32 pour 100, les racines : 15 pour 100.
- La gaine offre des fibres dont l’ensemble présente une sorte de tissu assez résistant, mais altéré par les influences atmosphériques. Sa couleur marron décèle une certaine quantité de matières tannantes, tandis que la tige contient une fécule astringente et possède une saveur révélant la présence du tanin. Une cellulose liquéfiée garnit les parois externes.
- Une analyse de la feuille accuse : 10,70 pour 100 d’eau; 5,10 de cendres; 23,20 de cellulose et 61 pour 100 de matières organiques. Pour la gaine, le degré d’humidité atteint 11,95 pour 100; la cendre 3 pour 100; la cellulose 23,54 pour 100; les matières solubles dans l’eau 22,37 pour 100, dont 4,50 de tanin.
- La tige possède une teneur en eau analogue (11,60 pour 100), 2,60 de cendres, 26 de matières solubles dans l’eau, 14,06 de celluloses, 4,11 de matières azotées, 25,20 de matières sacchari-fiables.
- On doit noter que la tige est riche en glucose et glucosides, ce qui permettrait d’employer le tanin et le glucose combinés au traitement des peaux.
- Le palmier nain, malgré son abondance, n’est employé que très modestement au Maroc, soit comme combustible, soit pour la préparation du crin végétal.
- L’indigène utilise de préférence dans ses foyers la feuille, très rarement les racines, si ce n’est pour la fabrication des poteries.
- La fibre, qui figure dans la feuille dans la proportion de 35 à 40 pour 100, est transformée en crin végétal. Cette industrie, florissante en Algérie, où la production dépassait avant la guerre 50 000 tonnes par an, et l’exportation 45 000 tonnes, avait été instaurée au Maroc, qui comptait 9 usines, 7 dans le rayon de Casablanca, 1 à Mazagan, 1 à Fez. En 1918, sous la pression de l’Intendance, plus de 50 ateliers furent aménagés. Non seulement ils ont disparu, mais, au début de 1921, un seul établissement, d’ailleurs, remarquablement outillé, fonctionnait à la ferme Danton, à 25 kilomètres de Fed-hala. La capacité de cette usine dépassait 3 tonnes par jour.
- Mais la concurrence algérienne, la difficulté des
- transports, le désir des industriels de faire rapidement fortune, tendentdeplusen plus à faire abandonner cette fabrication dans l’Empire chérifien.
- On pourrait tirer du palmier nain d’autres produits. La filasse tressée pourrait être utilisée pour la sparlerie, la fibre pour la confection des câbles, des - sacs, au même titre que le jute. A Lyon on prépare une toile solide avec des fibres de palmier nain.
- Les fruits et la racine du végétal recèlent une notable quantité de tanin (0,50 à 2,25) qui pourrait être recueillie (*), tout comme l’acide gallique de la souche, lequel fait parfois défaut, d’après les recherches du laboratoire de Casablanca.
- La fécule incluse dans la racine peut remplacer la pomme de terre dans l’alimentation; fruits et fleurs sont également comestibles. La graine accuse 50 pour 100 de manioc.
- On a aussi proposé de distiller le palmier nain. Celui-ci contient, à l’état frais, de 11 à 64 pour 100 d’eau, et 20 pour 100 après séchage. Il semble qu’une tonne de palmier nain doit donner 250 kg de gaz, 305 de charbon, 97 de goudron, 67 d’acétate de chaux, 16 d’esprit de bois.
- Des expériences ont été entreprises en vue d’extraire de l’alcool du palmier nain. Elles, n’ont été que médiocrement favorables.
- 1. Un essai de diffusion méthodique à froid a donné 2,05 litres de liquides à 1,008'de densité, tandis qu’un essai de macération dans l’eau et pressurage a accusé 2,140 litres à 1,003 de densité. Les drèches de déchets sont inutilisables.
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- LE PALMIER NAIN ET SES EMPLOIS ..... ...... 51
- D’après M. l’Intendant Général Adrian, 1000 kg de palmier nain contiendraient 131 kg de matières saccharifiables, 64 kg d’alcool et 22 de tanin.
- Signalons que le même savant voit dans la farine provenant des tiges du Chamaerops humilis un excellent désincruslant de chaudière.
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- Cependant la haute teneur en cellulose du palmier nain devait naturellement inciter les industriels à rechercher s’il ne serait pas avantageux d’en confectionner de la pâte à papier. Déjà M. l’Intendant général Adrian avait affirmé la « possibilité » de cet usage. Adrian estimait qu’on pourrait traiter dans ce but les feuilles, les pétioles et les tiges.
- Les premières expériences de laboratoire n’infirmèrent pas ces pronostics; sans, toutefois, fournir les précisions décisives nécessaires. Un essai industriel à grande échelle s’imposait. Il fat simultanément conduit par l’entremise des papeteries Navarre dans leur usine de Monfourat (Gironde) et par les papeteries Godin de Huy (Belgique) et Delcroix, de Nivelles (Belgique).
- Les papeteries Navarre ont formulé des réserves quant à l’utilisation éventuelle de la fibre, qui peut convenir pour la fabrication de certaines catégories de produits, mais contient des impuretés difficiles à éliminer. Un blutage énergique ne saurait être adopté, car il aurait pour effet de briser les feuilles.
- Après avoir regardé le traitement des feuilles de Chamaerops humilis comme « industriellement possible », l’usine de Huy, jugeait le 7 mai 1921, que cette matière première lui apparaissait « sans intérêt, parce que d’un emploi trop onéreux. En effet la papeterie belge a enregistré un prix de revient de 237 fr. 07 pour la pâte brute, 259 fr. 89 joour la pâte blanchie, la tonne de feuilles de palmier étant de 509 fr. 66, mais ceci pourrait être sensiblement réduit dans l’avenir.
- Fig. 4. — Un transport au Maroc.
- Au premier plan : touffes de palmier nain.
- Fallait-il abandonner tout espoir de ce côté? Certains industriels ont estimé que l’heure était trop grave pour ne pas tenter de nouvelles expériences, et ils ont confié l’étude du problème au Dr Lenz, l’éminent chimiste allemand.
- Celui-ci, après avoir reconnu l’impossibilité d’utiliser le palmier nain avec un rendement en cellulose de 51 pour 100, s’est préoccupé d’accroître ce rendement.
- Tout d’abord, il s’est ingénié à produire une fibre de la phis grande longueur possible, et il y est parvenu.
- Ses recherches l’ont conduit à déclarer que le procédé au bisulfite est à rejeter toutes les fois qu’il s’agit de graminées, et de palmier nain. D’un autre côté, on peut obtenir des fibres plus longues et plus solides en séparant soit chimiquement, soit mécaniquement, les faisceaux. La tige paraît plus particulièrement propre à l’élaboration des pâtes à papier.
- Après quelques tâtonnements, le Dr Lenz a employé le traitement au natron, qui accuse 55 pour 100 de rendement de matière non blanchie. Les bois ainsi traités donnent 22 à 38 pour 100 de cellulose. Une installation moderne, permettant la récupération des produits chimiques, faciliterait certainement le relèvement du rendement à ce niveau pour le palmier nain.
- Le savant allemand juge qu’il conviendrait d’aménager une usine pouvant travailler 50 000 kg de palmier par jour.
- Celle-ci pourrait, outre la pâte à papier, livrer de la viscose (soie artificielle), de la nitrocellulose, de l’acé-tyle-eellulose, de la toile imprégnée, toutes matières que le D’ Lenz a pu retirer des fibres du palmier nain. Les essais du savant ont prouvé que la cellulose extraite des feuilles du Chamaerops humilis peut recevoir toutes les formes d’apprêt, et M. Lenz peut, aujourd’hui, conclure à la pos-
- Fig. 5. — Une halte au Maroc. Touffes clairsemées de palmiers nains.,
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- sibilité d’utiliser pratiquement la pâte de palmier nain dans la composition du papier.
- Ces études infirment nettement les jugements antérieurement portés par l’industrie française. Elles présentent d’autant plus d’intérêt pour nous que l’emploi du palmier nain n’exige aucunement la transformation du matériel en service dans les papeteries, que la pâte obtenue est plus résistante que celle résultant du traitement des bois, qu’enfin
- l’Afrique du Nord, et spécialement le Maroc, peuvent nous assurer les 60000 tonnes de pâtes nécessaires à nos fabrications.
- L’utilisation rationnelle du palmier nain serait une source de richesse pour le pays producteur, et affranchirait la France du lourd tribut qu’elle doit payer à l’étranger pour les celluloses dont elle ne saurait se passer.
- Georges Hersent.
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- RESSOURCES PÉTROLIFÈRES DE L’ANCIEN MONDE
- Afrique. — En dehors de la région Caspienne etMéso-potamienne, l’ancien monde est moins favorisé que les Amériques en exploitations de pétrole.
- L’Afrique apparaît comme excessivement pauvre en hydrocarbures, et n’offre pas de compensations par d’autres combustibles. Il est vrai que des régions très étendues y sont fort mal connues à ce point de vue, mais les renseignements provisoires sont peu encourageants.
- Dans la partie Sud, on a bien trouvé un peu de houilles et l’on dit qu’à Madagascar il y a d’importantes formations du genre schistes bitumineux : et c’est tout.
- Cependant le sol, au Nord du Cap, serait composé de terrains bien stratifiés, ce qui est une condition favorable à l’existence de couches de houilles ou de sables pétrolifères, et les montagnes bordant le lac Nyanza passent pour être une chaîne volcanique. Ce qu’il y a de plus certain, c’est qu’on sait peu de choses sur ces régions.
- Quand on arrive au parallèle 20° N., on est dans la large zone des grands déserts Sahariens, région d’affaissement qui nous parait une branche, peut-être la principale ramification, du grand mouvement tectonique de la mer des Antilles : on n’en connaît pas le sous-sol, caché presque partout sous d’énormes dunes, et on ne signale pas de chaînes volcaniques ; mais ce faciès de la surface, en se terminant vers la mer Rouge, au Nord de l’Abyssinie, est accompagné par des émanations d’hydrocarbures sur lesquelles on commence une exploitation en Egypte.
- La zone Saharienne est limitée au Nord par les plissements de l’Atlas, qui disparaissent à l’Est sous la mer en sortant de la Tunisie, et sont probablement en liaison avec la Crète et l'Asie Mineure.
- Le flanc sud de ces chaînes est la région des phosphates et des calcaires phosphatiques qu’on retrouve d’ailleurs dans le pli placé au Nord de la première ligne de montagnes. Y a-t-il liahon entre l’émission des phosphates et les phénomènes de formation des hydrocarbures ?
- C’est une question qui ne comporte pas de réponse actuelle ; tout ce que l’on peut dire, c’est que des études récentes ont montré, au Sud de l’Atlas algérien, de^ faibles zones de combustibles interposées dans les terrains stratifiés ; et quand on sera bien installé sur les phosphates Marocains de Settat, il sera intéressant de pousser par là quelques grands sondages pour connaître la géologie de ce sol et voir s’il ne' renfermerait pas des couches de combustibles quelconques.
- Au Nord des principales lignes de l’Atlas se montre une ligne de dépressions, pli synclinal jalonné par le cours moyen du Sébou, de l’Ouerrah, de l’Imaouann : le sous-sol semble formé là par des terrains triasiques sur
- lesquels et au travers desquels se serait épanchée une forte éruption boueuse, comme on le voit aussi en Tunisie au Nord de Kairouan, probablement aux débuts des temps tertiaires. C’est à ce phénomène qu’il faut probablement rattacher les nombreux suintements bitumineux dont la description a été donnée dans La Nature (30 avril et 7 mai 1922) et auprès desquels s’installent maintenant de petites exploitations, importantes au point de vue des intérêts locaux, mais sans intérêt mondial; et il en est sans doute de même des petites venues de pétrole d’Algérie et des traces aperçues en Tunisie.
- En résumé, pour l’Afrique, on ne voit pas qu’il y ait nulle part à espérer la découverte de gisements de combustibles minéraux, liquides ni solides, ni gazeux, qui puissent entrer en ligne de compte dans l’avenir des développements industriels du monde : leur intérêt est tout local. L’exploitation parait devoir y être rémunératrice pour les sommes modérées dont elle comporte l’immobilisation, et rendra de grands services à la contrée ; mais elle ne peut pas tenter les grands spéculateurs mondiaux à moins de découvertes brillantes sur lesquelles nous sommes sceptiques.
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- Europe. — L’Europe méridionale n’est pas riche en combustibles minéraux : elle pourrait compenser cela en bonne partie par un bon emploi de ses cultures diverses.
- L’Espagne tout entière fait suite à l’Afrique, car son orographie est dominée par les plissements de l’Atlas : ceux-ci ont formé tant de plis anticlinaux que la constitution du sous-sol est presque partout mise en évidence et qu’il ne, peut guère y avoir de couche combustible un peu développée sans qu’elle soit manifestée par ses affleurements.
- Grâce à ces'dispositions, on a reconnu de faibles gisements anciens d’hydrocarbures : le bassin de Belmez au Sud avec d’autres petits lambeaux, le bassin des Asturies au Nord avec le petit gisement de Monterubio et d’autres insignifiants, les dignités de l’Esera au Sud des Pyrénées ; quant au genre pétroles, on en a ümrvé seulement des traces dans la région de la basse Ebre, où le voisinage des lignites et la disposition assez régulière du sous-sol pouvaient le faire espérer : à l’Ouest d’autre part, sur le cours moyen de l’Ebre, des sondages ont donné issue à un dégagement très notable de gaz combustibles.
- Est-ce là une preuvq de l’existence d’un gisement exploitable de pétrole? Cela nous semble fort douteux, mais si la venue du gaz se maintient, ce serait déjà intéressant pour cette contrée.
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- L’Italie n’est pas beaucoup .mieux pourvue, quoique son rapprochement de l’axe volcanique de la Méditerranée et les nombreux phénomènes plutoniens qu’on y connaît dans presque toùle la péninsule et les îles fussent de nature à faire espérermieux ; car les solfatares, les émissions d’acide borique, sont évidemment en rapports étroits avec les volcans en activité plus ou moins continue : le soufre surtout est le produit de la réduction des sulfates par les hydrocarbures.
- D’assez importants gisements de lignite et des schistes bitumineux sont les témoins de l’activité de la production d’hydrocarbures avant les temps tertiaires, et ces phénomènes continuent à se manifester par les volcans, les salses, les eaux thermales minéralisées, etc. Malgré cela, la production d’huiles minérales est extrêmement restreinte, et il ne paraît pas y avoir d’espoir de la voir s.’accroitre beaucoup, le sous-sol étant assez bien connu. Si l’on peut Irouver des hydrocarbures, ce serait peut-être dans la région des marais Pontins.
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- En France, à l’Ouest du côté des Landes, on croit avoir trouvé quelques indices de naphte, en relation probablement avec les eaux thermales et les satines de Dax, et au milieu de 1922 un sondage peu profond, voisin d’Arcachon, a donné un dégagement de bon gaz combustible, s’élevant, dit-on, à 30000 mètres cubes par jour.
- Ces gaz feraient pendant à ceux qu’on a rencontrés de l’autre côté des Pyrénées, au Sud des Asturies. Il n’est pas impossible que la poursuite des forages fasse découvrir par là des couches de lignites ou d’ozocérite, ce qui serait très intéressant, sinon des puits de pétroles ; la géologie de ces terrains est assez favorable à cette hypothèse.
- En approchant des Cévennes et des massifs volcaniques du Cantal et des Cévennes, on a les houillères de l’Aveyron et quelques schistes bitumineux, puis d'assez nombreux lignites.
- Quand on passe la ligne des Cévennes, laissant au Sud les mines de Graissessac, on entre dans la région du Rhône, départements du Gard, de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, où les manifestations d’hydrocarbures sont très nombreuses et datent de toutes les époques géologiques, commençant par des anthracites, des houilles, et continuant par beaucoup d’étages de lignites, de plus en plus modernes dans le Gard, un peu plus anciens dans les Bouches-du-Rhône et le Yar où la succession se fait en sens inverse, les plus anciens étant là à l’Est au lieu de se rencontrer à l’Ouest; la formation a des ramifications, l’une anlhraciteuse au Nord-Ouest dans l’Ardèche, l’autre au Nord-Est vers Die où des gaz inflammables assez abondants se dégagent des excavations du sol, où les calcaires néocomiens ont du pétrole dans leurs vacuoles, où les sulfates de chaux d’Apt ont été réduits en soufre par les émanations.
- 11 faut aussi citer, au milieu des gisements de lignites tertiaires du Nord d’Alais, la source bitumineuse des Fu-mades et les asphaltes conjointes, dont les environs seraient bien tentants pour un grand sondage de recherches. C’est même le seul endroit en France où un pareil travail serait justifié, ce qui ne veut pas dire qu’il aboutirait à une grande exploitation de pétrole, ni même que la probabilité de rencontrer là des combustibles exploitables soit bien grande.
- Mais on sait que le sous-sol profond renferme d’importantes assises perméables, à très grande profondeur probablement, les dolomies du lias, les sables du trias et les arènes granitiques beaucoup plus bas encore ; on sait aussi que ces couches sont recoupées par une grande faille, la faille des Cévennes, qu’on suit depuis le Cani-gou jusqu’à Genève, et ce seraient là des motifs d’espérance, bien supérieurs à ceux qui ont entraîné l’Etat à faire un sondage dans la Limagne.
- Continuant à remonter vers le Nord, nous trouverons une autre traînée de houillères dans la Loire, avec des ramifications à l’Est sous la forme des schistes et calcaires bitumineux d’Ambérieu et de Seyssel, et à l’Ouest des nids d’anthracite dans le Bourbonnais, et plus loin encore de petits bassinsisolés assez nombreux et d’étendue très limitée. Ensuite plus au Nord on rencontre les traînées houillères de Blanzy et du Creusot, avec de petits bassins sporadiques et de larges couches de schistes bitumineux anciens, datant du même temps que les houillères ou à peu près, exploitation fort intéressante, et malheureusement pas très productive malgré les efforts soutenus de la Société lyonnaise qui travaille là depuis longtemps et paraît assez prospère.
- A l’Ouest on trouve peu de chose dans les schistes plissés de Vendée et d’Anjou.
- Mais quand on dépasse Paris, on atteint la partie importante des houillères européennes : suivant le parallèle 50° environ s’alignent les gisements du bassin anglo-franco-belge, auquel se rattachent à l’Ouest les houillères de Cornouailles, et à l’Est, celle de la Sarre, puis celles de Westphalie, de Silésie, de Pologne; très peu au Nord viennent les charbonnages d’Ecosse, du Limbourg, de la Ruhr, et un peu plus au Sud ceux de la Hongrie et de la Serbie, avec ceux du Danube et plus loin ceux du Donetz. Tout cela est compris entre les parallèles 45° et 55°, même les lignites du Hanovre et de Saxe, et ceux de la Bavière.
- L’ensemble de ces gisements, avant la guerre, produisait plus d’un milliard de tonnes de charbon par an !
- Ce qu’il y a de remarquable, c’est que les pays producteurs de pétrole en Europe sont compris dans la même bande ou s’en écartent peu : ce sont, au Nord des Garpathes, les naphtes de Silésie et Galicie ; au Nord de la Transylvanie sont les ozocérites de Hongrie et ses lignites, puis les puits de pétrole Roumains, et en déviant un peu vers le Sud on trouve les pétroles du Caucase.
- De telle sorte que cette zone, outre un milliard de tonnes de houille et une centaine de millions de tonnes de lignite, fournit encore, en bonnes années, cent millions de barils de pétroles marchands.
- Faut-il croire qu’il y a, dans cette situation au long d’un parallèle, une raison tectonique générale due à ce plissement avec axe suivant un parallèle, provoqué par le rétrécissement, par refroidissement, du sphéroïde fondu, dont nous avons parlé plus haut ? Ce qui peut le faire penser, c’est que la zone des houillères, en quittant l’Europe, se retrouve sous un parallèle à peu près semblable en Chine et dans l’Amérique du Nord, où on l’exploite en Colombie britannique, puis un peu plus au Sud dans l’Utah et dans les houillères de Pennsylvanie.
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- Sur ce long parcours, il y a une région très remarquable, celle des tourbières modernes, qui suit le même parallèle depuis l’Irlande jusqu’aux steppes russes, en passant par îe Nord de la France et la Hollande, par les
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- plaines du Hanovre et de la Bavière, se terminant à peu près en Pologne, tout en étant encore un peu représentée au Nord de la mer Noire.
- Il y aurait là de quoi servir d’arguments aux adeptes de la théorie végétale des houilles, s’il n’y avait pas un correctif sérieux : sous le même parallèle il n’y a plus de tourhe en Russie-Sibérie-Chine..., parce qu’il n’y pleut pas assez; il n’y en a pas non plus dans l’Amérique du Nord, parce que le climat y est trop froid à la latitude de 50°, et il n’y en a pas non plus à une latitude plus basse, parce que le Soleil y est trop chaud.... Et tout ceci s’explique bien par la disposition duGulf Stream qui donne une très grande humidité à l’Ouest de l’Europe, avec un climat doux, mais un soleil trop peu vif pour brûler les herbes au lieu de les laisser fermenter lentement sous leur propre ombrage. Et de là résulte que la formation des tourbes est exclusivement question climatérique
- On a parlé de période houillère, ce qui est une expression impropre, tandis qu’il y a une période tourbière qui a commencé lorsqu’une déviation très importante du Gulf Stream a fondu l’énorme calotte de glace qui couvrait l’Europe au delà du 45° parallèle, comme elle couvre maintenant l’Amérique Canadienne.
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- Dans toute la partie européenne (non compris le Caucase) les manifestations anciennes d’hydrocarbures sont beaucoup plus importantes, sous la forme de houilles, lignites, schislesbilumineux, que les manifestations modernes, c’est-à-dire les terrains perméables à naphte liquide.
- En Angleterre il ne semble pas qu’il y ait rien comme naphtes, non plus qu’en France, en Belgique, en Hollande : peut-être trouvera-t-on quelque chose dans la région d’Aix-la-Chapelle et plus à l’Est dans les plaines du Wurtemberg ; mais jusqu’ici il n’y a de connu que le petit gite alsacien du Pechelbronn.
- C’est seulement des deux côtés de la Hongrie qu’on rencontre des puits à pétrole productifs ; les uns au Nord des Carpathes, en Galicie, qui donnent en ce moment 5 ou G millions de barils par an avec d’importantes venues de gaz combustibles ; les autres en Roumanie, au Sud des Alpes de Transylvanie, où la production annuelle est arrivée à 8 millions de barils; on commence à trouver du pétrole sur les vallées de la Save et du Danube, entre Tienne et Belgrade, sans pouvoir encore juger ce que sera l’avenir de ces exploitations.
- (A suivre.) F. Rigaud.
- LA FORMATION DU MONDE SIDERAL
- L’évolution des idées sur la constitution du monde sidéral,. —Quel esprit, au magnifique spectacle du monde étoilé, ne s’est posé de multiples questions sur la naissance et l’évolution des divers corps qui peuplent les vastes étendues du ciel?
- Nos ancêtres, sans doute, avaient une conception rudimentaire de l’univers, et leur curiosité n’avait pas autant de raisons d etre surexcitée. Mais dès la découverte des télescopes, il devint possible de pénétrer quelques-uns des mystères du ciel, et que de surprises étaient réservées aux premiers explorateurs du monde sidéral ! Avec une rapidité prodigieuse, l’aspect des deux se compliquait.
- Auparavant, quelques raisonnements très simplistes pouvaient facilement rendre compte des divers mouvements observés parmi les astres. Maintenant, il devenait de plus en plus difficile d’imaginer une explication satis-
- Fig. i. — Le mathématicien t,aplace auteur de l’Exposition 'du système du monde.
- faisante de la grande diversité des phénomènes dont la variété se renouvelait à mesure que les
- télescopes devenaient plus puissants.
- Mais l’homme veut expliquer à tout prix, et ceci donne la raison de la naissance au cours du xixe siècle, et jusqu’à nos jours, d’une multitude d’hypothèses cosmogoniques, dont Poincaré faisait déjà un saisissant exposé en 1911.
- L’hypothèse de La-place. —- La première édition de Y Exposition du système du monde deLaplaeedate de 1796. A cette époque, quelques astronomes, et le grand llerschel en particulier, ont jeté, déjà, un coup d’œil audacieux dans les profondeurs célestes. Mais l’astronomie physique n’en est pas encore à ses premiers balbutiements, et forcément leur premier inventaire est bien incomplet. C’est cette connaissance encore imparfaite de l’univers qui va servir de base à Laplace, dont l’hypothèse peut
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- LA FORMATION DU MONDE SIDÉRAL —...........- 55
- être considérée comme la plus ancienne en date.
- Pour l’illustre mathématicien, notre système solaire est le prototype d’une formation dont, à quelques variantes près, il faut voir des échantillons dans les millions d’étoiles qui fourmillent dans le champ des télescopes. Ces innombrables cortèges de soleils, avec leurs planètes et leurs satellites, ont pris naissance dans la masse diffuse des nébuleuses, qui sont encore considérées, alors, comme des curiosités du ciel. C’.est donc sur le processus de la transformation d’une nébuleuse en système solaire que vont porter les efforts d’analyse de Laplace.
- Poincaré nous donne un puissant raccourci des conceptions auxquelles parvient celui-ci : « Le système solaire est sorti d’une nébuleuse qui s’étendait autrefois au delà de l’orbite du système; cette nébuleuse était animée d’un mouvement de rotation uniforme ; elle ne pouvait être homogène, elle était condensée et même fortement condensée vers le centre; elle était formée d’un noyau relativement dense qui est devenu le soleil, entouré d’une atmosphère d’une ténuité extrême qui a donné naissance aux planètes. Elle se contractait par refroidissement, abandonnant de temps en temps à l’équateur des anneaux nébuleux: ces anneaux étaient instables, ouïe devenaient promptement. Ils devaient donc se rompre et finalement sé rassembler en une seule masse sphéroïdale ».
- Les problèmes posés par notre connaissance actuelle de l’univers stellaire. — Des réflecteurs en
- Fig. 2. — Henri Poincaré le plus célèbre mathématicien de'notre époque.
- métal poli de William Ilerschel, au grand télescope de 2 m. 50 d’ouverture du Mont Wilson, un pas de géant a été accompli, et notre connaissance de l’univers stellaire s’est prodigieusement enrichie.
- Aussi nos exigences, au point de vue des explications cosmogoniques,, sont-elles devenues beaucoup plus considérables.
- Pour Laplace, le problème fondamental résidait dans la compréhension du mode de formation d’un soleil et de son système de planètes : certes, comme nous le verrons plus tard, ce problème est loin d’être résolu d’une manière satisfaisante. Mais nous voulons encore savoir comment vit une étoile, le personnage principal du système; comment naissent et vivent les étoiles doubles, les étoiles multiples ; comment ont pris naissance les familles, les amas d’étoiles ; quel est le rôle des innombrables nébuleuses planétaires, ovoïdes, lenticulaires, diffuses et surtout spirales, et enfin, ambition suprême, quel est l’importance et le rôle de tous ces corps aux formes hétéroclites dans le système du monde, et quelles sont les dimensions de ce dernier.
- Dire que ces questions n’ont pas préoccupé les astronomes contemporains de Laplace, et Laplace lui-même, serait injuste. Les dénombrements sys-
- Fig. 3. — La nébuleuse IL I. 2/5 du Dragon.
- Sous-l’influence de sa rotation la masse nébulaire a pris la forme d’une lentille biconvexe qui est vue en perspective.
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- Fig. 4. — La nébuleuse H. /. i63 du Sextant.
- Un remarquable exemple de nébuleuse fortement aplatie.
- Ici la lentille est presque vue par la tranche.
- tématiques d’étoiles d’Herschel et beaucoup d’autres travaux de la plus haute envergure sont là pour nous démentir. Mais l’astronomie d’observation n’était pas encore assez avancée, et l’auteur du système du monde se défiait particulièrement de tout ce qui n’était pas observation et calcul.
- Eblouis par les découvertes de l’astronomie moderne, ne méconnaissons donc pas la haute valeur de cette première tentative d’explication basée sur des faits solides, et n’oublions pas la grande influence quelle a exercée en ouvrant la voie à une foule de recherches mathématiques qui, peu à peu, ont permis de pousser et d’étendre l’analyse de Laplace.
- Les résultats auxquels ont conduit les développements mathématiques.— L’observation directe de la formation et de l’évolution des mondes stellaires est, d’ailleurs, restée presque inattaquable directement. Quelle que soit la puissance de nos instruments d’optique géants, les étoiles persistent, avec une obstination invincible, à nous apparaître sous forme de petits disques de diffraction qui, si fins soient-ils, dépassent de beaucoup les dimensions apparentes réelles d'astres dont le diamètre absolu vaut parfois des centaines de fois celui de notre soleil. Nous ne pouvons pas dire que nous avons véritablement vu dans le ciel un système semblable à notre monde solaire, ni saisi sur le vif (sauf dans des cas extrêmement particuliers) des transformations de nébuleuses en étoiles, ou inversement.
- Mais, heureusement, deux chemins de traverse existent : la physique et l’analyse mathématique, qui ont permis de prendre à revers un assez grand nombre des obstacles, à première vue insurmontables.
- Une pléiade de géomètres, parmi lesquels Jacobi, Lord Kelvin, Henri Poincaré et Jeans, pour n’en citer que quelques-uns, se sont, en particulier, appliqués à toujours développer et généraliser le problème posé par Laplace : celui de l’évolution d’une masse nébuleuse en rotation.
- Avec le dernier de ces savants, notamment, héritier favorisé de glorieux devanciers, les résultats prennent une telle ampleur que l’on peut s’attendre à les voir déborder hardiment du cadre restreint de l’évolution d’une étoile, et dans un avenir rapproché le calcul permettra, sans doute, de rendre compte de la forme et l’évolution d’un assez grand nombre des formations diverses qui peuplent l’univers.
- Esquissons donc, d’après Jeans, les principales modifications que les progrès de la géométrie ont permis d’apporter aux conceptions de Laplace.
- Fig. 5. — La nébuleuse spirale Messier 81 dans la Grande Ourse. Une belle spirale dont le plan est incliné sur la ligne de visée.
- La structure spirale, très fine et très nette sur les clichés originaux, est difficile à reproduire.
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- Les théories mathématiques, dans leur état actuel, montrent, comme l’avait énoncé ce dernier, qu’une masse fluide en rotation, gazeuse ou sous un état différent, doit prendre la forme d’un sphéroïde aplati. Si l’on a affaire à un fluide très compressible, comme dans le cas d’une nébuleuse gazeuze, la forme sphéroïdale se modifie bientôt, tandis que la vitesse de rotation s’accroît. On a une sorte de lentille biconvexe très effilée sur les bords. Et quand la rapidité du mouvement de rotation est devenue suffisante, aucune transformation de la forme de la masse fluide en rotation n’est susceptible de permettre de retenir celle-ci à son équateur, et les particules gazeuses qui la constituent sont abandonnées à son extérieur.
- Ces résultats ne sont, jusqu’ici, pas différents de ceux de Laplace; une divergence fondamentale apparaît cependant : l’analyse moderne montre en effet que, dans de telles conditions mécaniques, la formation de l’an-
- Fig. 6. — La nébuleuse spirale de Messier 5i dans la constellation des Chiens de chasse.
- Cette magnifique spirale se présente à nous de face et on peut y discerner très nettement les points d'attache diamétralement opposés des deux spires principales.
- neau de Laplace, qui doit donner naissance aux planètes, n’est possible à aucun moment de l’évolution. La matière nébulaire est plutôt, durant la rotation, projetée à l’extérieur, à la manière d’une gigantesque pièce d’artifice.
- On trouvera une très belle illustration de cette évolution d’une masse gazeuse en rotation dans les deux nébuleuses H. I. 215 du Dragon (fig. 3) et 11. I. 163 du Sextant (fig. 4) qui représentent, sans doute, des nébuleuses en forme de lentilles biconvexes plus ou moins vues par la tranche.
- Où apparaissent les nébuleuses spirales. — On a supposé, dans le paragraphe précédent, que l’astre en évolution jouissait d’un splendide isolement, et qu’il n’existait pas d’autres formations célestes dans son voisinage. C’est une condition qui souvent ne sera, pratiquement, pas réalisée. Si l’attraction gravitationnelle de Fig. 7. — La]spirale Messier 8i sur laquelle Van Maanen a noté corps même relativement très éloi-par des flèches la direction et l’intensité du mouvement de la matière r . ,,, ... ,, ..
- nébulaire des spires de la nébuleuse. gnes, apparaît, 1 évolution décrite sera
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- profondément perturbée. La masse en rotation subira des marées, et les développements de Jeans montrent que, si faibles que soient ces dernières, elles contribueront à localiser l’éjection de la matière nébulaire en deux points opposés du bord équatorial de la lentille gazeuse. Il en résultera deux jets locaux qui, par suite de la rotation, s’incurveront et prendront la forme de branches spirales. Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs deux belles photographies des nébuleuses spirales de Messier n°81 dans la Grande Ourse (fig. 5) et n° 51 dans la constellation des Chiens de chasse (fig. fi) où ils discerneront très bien les deux courants, en forme d’hélice, de matière nébulaire en mouvement. Dans Messier 51, en particulier, que nous voyons bien en face, il est très net que la naissance des deux bandes apparaît à deux points diamétralement opposés du noyau fluide de la nébuleuse.
- L’étude du mouvement de la matière nébulaire dans les spirales. — On ne peut, toutefois, se contenter de vagues analogies de formes, et en astronomie, plus qu’ailleurs, il faut serrer de près les faits d’observation. Pour que l’analyse mathématique soit efficace, il faut qu’elle appuie ses développements sur les observations; chacune de ses conséquences nouvelles doit, autant que possible, donner lieu à une vérification expérimentale.
- Dans le cas des spirales, les résultats mathématiques énoncés ci-dessus conduisent tout naturellement à l’étude du mouvement de la mâtière cosmique dans ces nébuleuses. Il est évident que l’on doit retrouver un double mouvement de rotation d’ensemble, et d’éjection vers l’extérieur, le long des branches spirales.
- Mais, comme nous aurons l’occasion de l’étudier plus en détail, les spirales sont des objets très éloignés et très vastes. Les mouvements de rotation y ont, sans doute, des durées de période très grandes et, à cause de la distance aussi, ces mouvements nous paraissent très faibles. En fait, jusqu’à ces dernières années, on n’avait pu déceler aucun changement dans ces astres.
- Van Maanen, cependant, un astronome du Mont Wilson, ayant eu la bonne fortune de disposer de photographies de spirales prises à de grands intervalles de temps, a pu en effectuer une comparaison
- minutieuse. Six nébuleuses ont déjà été étudiées de la sorte, et les résultats acquis sont les suivants :
- Les mouvements observés ne sont pas distribués au hasard dans la matière nébulaire. Ils affectent une allure systématique bien nette, la même pour les six nébuleuses, et qui au premier abord décèle bien une rotation d’ensemble ou un charriage le long des branches en hélice.
- Tous ces mouvements ont donc, en particulier, une composante dans le sens d’une rotation et la période de rotation correspondante serait, notamment, de 45 000 ans pour la spirale de Messier n° .51, 58 000 ans pour Messier 81, 85 000 ans pour Messier 101 et 160 000 ans pour Messier 35.
- Dans quelques-unes de ces spirales, plus Ton s’éloigne du centre, plus la rotation devient rapide ; tandis que pour d’autres elle reste sensiblement constante.
- Il est, naturellement très difficile de séparer le mouvement de rotation proprement dit du mouvement d’éjection, car tous deux peuvent produire des apparences peu différentes.
- La discussion de Van Maanen montre, pourtant, que les déplacements mesurés rendent mieux compte du mouvement de répulsion de la matière cosmique, plutôt que d’une rotation d’ensemble. Cette dernière est peut-être trop lente, apparemment, pour être perceptible actuellement à nos mesures, et il faut attendre de longues années encore pour la mettre nettement en évidence.
- Pour éclairer cette discussion nous donnons ci-contre (fig. 7) une photographie de la spirale Messier n° 81 sur laquelle Van Maanen a porté des petites flèches qui indiquent pour chaque point étudié la direction 'de la vitesse et sa grandeur relative. L’aspect de ce graphique est véritablement frappant.
- Nous n’avons pu, naturellement, dans ce court article, présenter l’ensemble des résultats actuellement acquis sur la constitution et l’évolution de l’univers. Nous avons dû nous borner à une première reconnaissance dans un domaine restreint. Mais nous nous proposons de faire, en compagnie de nos lecteurs de La Nature, une exploration méthodique d’un champ d’études captivantes entre toutes.
- H. Grouiller.
- Astronome à l’Observatoire de Lyon.
- LE NOUVEAU LABORATOIRE DE LA HOUILLE BLANCHE DE BEAUVERT
- (GRENOBLE)
- L’élite des hydrauliciens était, il y a quelque temps, réunie à Grenoble pour célébrer l’inauguration du laboratoire de Beauvert, aménagé par la Société Hydrotechnique de France.
- Insuffisance de nos installations. — De longue date, ingénieurs et savants avaient constaté de sérieuses lacunes dans la technique de la Houille blanche, et reconnu la nécessité de pouvoir apprécier la valeur
- effective des nouveaux appareils hydrauliques que le génie humain multiplie avec l’incessant développement des réseaux d’électricité.
- L’évaluation des pertes de charge, les effets des coups de bélier, le rendement des moteurs, la mesure précise des gros débits ne pouvaient être parfaitement fixés, faute de stations expérimentales,, et les remarquables travaux du comte de Sparre, de MM. Rateau,
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- Camichel, Eydoux, Barbillon sur ces questions ont un caractère de préférence théorique.
- « La plupart des expériences ont porté jusqu’ici sur de faibles débits ou de faibles chutes, fort peu ont eu lieu sur une échelle pratique et dans l’ordre de grandeur des installations actuelles, en sorte que les applications exigent de^" extrapolations fort incertaines. On est ainsi conduit, à raison du doute qui subsiste, à se donner des marges de sécurité considérables, et à grossir, par suite, le total des dépenses, et l’on utilise mal les ressources disponibles.
- Qu’il s’agisse de petits tuyaux fonctionnant sous de fortes charges ou de conduites à de très grands diamètres, l'incertitude la plus grande règne sur les lois du mouvement et de l’écoulement de l’eau. Dans ce dernier cas, la détermination des pertes de charges, qui joue un rôle si important dans la plupart des problèmes de l’hydraulique appliquée, ne peut s’obtenir avec une exactitude suffisante par l’une des formules en usage étudiées sur des canalisations moyennes, et vérifiées sur des tuyaux de quelques centimètres de diamètre. Il est, par suite, difficile, sinon impossible, de calculer le rendement en énergie d’une canalisation ou de fixer, avec quelque certitude, le volume d’eau à introduire dans une conduite pour en retirer le maximum de force. Le besoin se fait donc sentir impérieusement de compléter les expériences et les recherches de l’hydraulique industrielle, en se plaçant dans des conditions comparables à celles de la pratique. »
- Ainsi s’exprimait le rapporteur de la Société llydro-technique de France il y a six ou sept ans.
- Les installations officielles des Instituts Electro techniques de Grenoble, de Toulouse, de Nancy et du Conservatoire des Arts et Métiers, ne répondant pas aux exigences du présent et de l’avenir, la Société Hydrotechnique se donna pour tâche de créer l’organe qui faisait défaut, organe accessible à tous, et susceptible d’éviter « le gaspillage d’un bien national », ainsi que de « rendre plus rares des accidents qui peuvent être graves pour les hommes et pour les choses ».
- Avec l’aide financière de l’Etat, de la Chambre syndicale des Forces Hydrauliques et de l’industrie privée, elle est, aujourd’hui, parvenue à remplir la mission qu’elle s’était tracée.
- Edifié sur un vaste terrain, proche de Grenoble, et aimablement mis à sa disposition par les Ateliers Neyret, Beylier et Piccard Pictet, le laboratoire de l’Hydraulique comporte essentiellement deux sections : l’une réservée aux essais proprement dits des appareils, l’autre relative à l’étude des conduites forcées.
- 1° Laboratoire d'essais. — Celle section est logée dans un bâtiment en béton armé, de 35 mètres de long et 16 de large, desservi par un pont roulant de 4 tonnes.
- Des motopompes, aspirant les eaux d’un lac artificiel, permettent d’obtenir trois chutes, dont voici les caractéristiques.
- a) La chute n° 1 dispose d’un débit de ! 600 litres par seconde, pouvant être momentanément porté à 2500. La dénivellation varie de 2 à 4 mètres.
- Un canal d’amenée en ciment est alimenté par les motopompes. Il porte, à l’une de ses extrémités, une chambre d’eau, fermée par des vannes, — lesquelles assurent la variabilité des niveaux utilisés — et à l’autre bout une seconde chambre destinée à recevoir les turbines à l’examen.
- A l’issue de la chute, le canal de fuite mesure 100 m. de longueur et 2 m. de largeur. Sa profondeur atteint
- un mètre. Il porte un déversoir de Bazin pour le jaugeage des débits.
- b) La seconde chute ne reçoit que 750 litres par seconde, mais sa hauteur est de 8 mètres. Un canal en béton surélevé, sur piliers, aboutit à la chambre d’eau.
- Cette installation a pour objet d’étudier l’action des turbines — à faible ou forte aspiration — fonctionnant sous une conduite forcée- verticale.
- Un canal de fuite, analogue au précédent, mais moins large (1 m. 40) et de même profondeur complète, la chute.
- On y mesurera les débits tant avec la méthode du déversoir que par les procédés chimiques, du moulinet et de l’écran mobile.
- II convient de remarquer que les deux canaux, jumelés, de fuite faciliteront de nombreuses observations, touchant les pertes de charge à travers les grilles, la transmission et l’amplitude des ondes provenant de l’ouverture ou de la fermeture des vannes, le tarage des moulinets, etc.
- c) Enfin, la chute n° 5 aura 200 mètres de hauteur et 15 litres de débit.
- Un réservoir d’air permettra d’abaisser la dénivellation au gré de l’opérateur.
- Un compteur Venturi est également interposé entre la pompe et les turbines.
- Afin de pouvoir confirmer les résultats enregistrés au moyen du compteur Venturi on a imaginé de placer à la sortie des turbines une série de bassins calibrés, dont le nombre a été calculé pour que l’expérience soit poursuivie normalement durant 15 ou 20 minutes.
- Cette station sera particulièrement affectée à l’étude des roues Pelton et appareils de même ordre.
- 2° Laboratoire des conduites forcées. — La section des conduites forcées, dont l’intérêt capital ne saurait échapper, est constituée par une chambre d’eau, alimentée par une pompe, pouvant élever 400 litres à la seconde.
- De ce réservoir partiront les conduites, divisées en deux tronçons : l’une, de 60 mètres de long, comporte des tuyaux de matières diverses (tôles, béton), et de diamètres différents. Des organes accessoires, collecteurs, manchettes, coudes, etc., pourront être mis en œuvre, aux fins de calculer les perles de charge qui peuvent résulter de leur adjonction.
- Le second tronçon, au contraire, restera immuable. Séparé du premier par une cheminée d’équilibre, il mesure 50 mètres de longueur. Sur son parcours, ont été disposés un robinet vanne, pour la variation du débit, et un compteur Venturi de 300 mm. de diamètre.
- La hauteur de chute est de 3 mètres.
- Les eaux s’écouleront dans le canal de fuite de la station n° 2, ce qui permettra de corfiparer les indications du compteur et celles du déversoir.
- 5° Etablissements complémentaires. — Le laboratoire étant destiné à l’essai des appareils industriels, il importait, au premier chef, que le secret fût gardé sur les expériences effectuées. Il était, par conséquent, nécessaire d’éviter aux constructeurs l’obligation de transporter leur matériel à l’extérieur en vue de réparations ou modifications.
- Aussi, le Laboratoire a-t-il été doté d’un ateüer de mécanique bien outillé, et d’une réserve-magasin pour le dépôt des machines. ,
- Tel est le nouvel Institut, qui fait honneur à ceux qui l’ont conçu. .
- La station de Beauvert ne doit, d’ailleurs, pas êtrè
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- 60 INSTALLATIONS MODERNES DES VACHERIES-LAITERIES AMÉRICAINES
- uniquement employée par l’industrie privée. La Société Hydrotechnique de France, qui compte dans son sein d’éminents savants, comme les professeurs d’Arsonval, et Perot, Camichel et Barbillon, Flusin et Hahn, MM. Rateau, de Sparre, Eydoux; des constructeurs MM. Bouchayer, Neyret, Bouvier, Ducrest, se propose d’y entreprendre, conformément à son programme, d’importants travaux personnels, et, en particulier, l’étude des efforts de l’eau sur des surfaces immergées, et des tuyaux d’aspiration.
- L’usage des turbines à très grande vitesse sous basse chute rend, en effet, d’une incontestable utilité la recherche de la récupération des vitesses restantes.
- Le nouveau laboratoire complète donc d’une façon singulièrement heureuse les installations universitaires, surtout orientées du côté de l’enseignement, et la station des ateliers Neyret-Beylier, ouverte depuis deux ans, et d’une valeur industrielle indéniable, mais naturellement fermée aux constructeurs extérieurs.
- Les industries de houille blanche, sauvegarde de la France pendant la guerre, sont destinées, par la force
- des choses, à se développer et à se multiplier.
- La Société Hydrotechnique de France, qui répandit le jaugeur Venturi, vérifia les formules du comte de Sparre touchant l’intensité des coups de bélier dans les conduites, éclaira le problème des cheminées d’équilibre, élabora les cahiers de charges-types pour les turbines et canalisations, et s’occupe présentement de l’interconnexion des réseaux d’électricité, se devait de combler une lacune de notre organisation scienlifico-industrielle.
- Avec une clairvoyance qu’il faut louer elle a conclu, en outre, des accords avec les Instituts Electrotechniques de Grenoble, Toulouse et Nancy pour parachever ses essais.
- Elle a fait œuvre nationale. Son ambition légitime se borne à jouer, dans l’hydraulique, un rôle analogue à celui de l’Association des Propriétaires d’appareils à vapeur dans l’industrie en général. Le laboratoire de Beauvert nous paraît devoir remplir une mission plus haute, sous l’égide de MM. Routin et Bourgeat ; il sera comme le phare qui éclairera les amis de la Houille blanche. ' Auc.uste Pawi.owski.
- INSTALLATIONS MODERNES DE VACHERIES-LAITERIES AMÉRICAINES
- L’industrie laitière a fait en Amérique, au cours de ces quinze dernières années, de remarquables progrès. L’augmentation du prix de la terre, la diminution de sa fertilité, la crise de la main-d'œuvre agricole devaient forcément amener les agriculteurs de ce vaste pays à diriger tous leurs efforts sur cette industrie aussi bien dans le but d’engraisser leur sol que de rendre plus rémunératrice leur exploita-trice. Et dans celte organisation scientifique de la production agricole, il faut reconnaître que le ministère de l’Agriculture américain a déployé une énergie considérable dont le magnifique résultat a été mis en évidence par la guerre de 1914-1918.
- On commence enfin à se rendre compte en France qu’il y a tout avantage à utiliser bien des méthodes américaines, et que si l’on veut parer à la pénurie des ouvriers agricoles comme aussi donner une plus grande valeur commerciale aux récoltes, augmenter la valeur nutritive des aliments consommés sur la ferme, enfin mieux conditionner les produits fertilisants, il faut résolument envisager la mécanisation de la ferme selon la juste expression de la revue « Vie à la campagne ».
- C’est un fait bien connu que la vache est un animal sensible auquel il est permis de retenir son lait, de détourner son activité de celte fonction, s’il se trouve dans des conditions insalubres ou peu confortables. Il ne suffit donc pas, quand on construit une vacherie-laiterie de la bien aérer et éclairer, il faut aussi qu’elle soit confortable, de telle sorte que les animaux s’y trouvent presque aussi bien que lorsqu’ils sont dans les herbages.
- Voici comment ce confortable est réalisé par une des firmes américaines qui se sont spécialisées sur cette question : de l’équipement mécanique de la ferme, la The Louden Machinery Company, de Fairfield (Iowa).
- Afin que la vache soit absolument libre de se coucher d’un côté ou de l’autre, de tourner la tête de tous côtés, tout en lui rendant impossibles tous mouvements en avant et en arrière afin qu’elle reste constamment propre, de pouvoir enfin manger sa nourriture à terre — ce qui est conforme à sa structure, — un collier spécial a été établi (fig. 1) lequel, rigide dans le haut, ne permet pas, en effet, à l’animal d’avancer ou de reculer, mais qui, articulé dans le bas, grâce à une attache qui laisse un jeu de 0 m. 25, lui permet cependant tous mouvements du cou.
- Ce collier est constitué par un tube de fer rond de forte section, à courbes très douces, afin de ne pas blesser l’animal et l’on comprend qu’il doive être libre de se balancer en avant ou en arrière, de façon à ne pas abîmer les épaules lorsque la vache se couche ou se lève, ce qui lui fait porter d’abord tout son poids en avant.
- Ainsi, grâce au mode d’attache de ce collier et à la conception parfaite de la place où la bêle se couche, il n’y a pas de perte d’aliments ni de souillure possible de l’animal et celte même figure 1 nous montre que la meilleure façon de faire une étable hygiénique, c’est encore de l’organiser en vue de sa grande facilité de nettoyage, et surtout de sa facilité à la conserver propre. Une stalle complète comprend : un tube coudé de séparation, deux montants, un tube supérieiir de 1 m. 10 d’écartement, le collier spécial avec ses crochets d’attache dans le ciment et son dispositif pour le maintenir ouvert quand l’attache est hors de l’étable. La largeur courante de la stalle est de 1 m. 10, mais peut varier à la demande et suivant la grosseur de la bête ; quant à sa hauteur totale,, elle est de 1 m.,60 au-dessus du sol.
- La mangeoire, placée en avant sur une murette
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- Fig. i. — Vue d’une élable équipée par la Louden Machinery C° montrant qu’avec le collier spécial les animaux sont libres de tous mouvements de la tête.
- de 0 m. 25 de hauteur, a elle-même une hauteur maximum de 0 m. 15 sous l’attache du collier. Comme elle ne comporte aucune arête vive, la saleté ne peut s’y réfugier, et de ce fait elle est entretenue et nettoyée sans difficultés par le vacher. Au moyen de séparations à relevage automatique, on peut rendre la mangeoire individuelle; grâce à ce dispositif, chaque vache a à sa disposition la nourriture qui lui est destinée, comme aussi on peut plus facilement la rationner et éviter la contagion. Ces séparations sont en tôle d’acier galvanisé (fig. 2).
- Chaque vache a aussi son abreuvoir automatique individuel (fig. 2 et 3) de façon à éviter toute contagion possible et donner à tout moment à l’animal la quantité d’eau qu’il désire. Construit en tôle d’acier embouti, valves et pointeaux en cuivre, il est très solide, peu encombrant, ce qui fait qu’on le loge facilement entre les montants de la stalle ; il se démonte enfin aisément pour le nettoyage, et, comme il est dit, assure à la vache la quantité d’eau qu’elle veut, et rien que cette quantité, attendu que c’est en appuyant son mufle sur une sorte de pédale ajourée que l’eau arrive dans l’auge. En aucun cas cette eau ne peut déborder.
- Des stalles sont aménagées spécialement pour le vêlage, car on sait que la parturition demande à être faite dans un local très propre et très tranquille. Dans les box, constitués par des panneaux en tubes de fer et qui ont une hauteur de 1 m. 52 au-dessus du sol avec une porte de 1 m. 10 de large, la bête reste libre si l’on veut. La mangeoire basculante, placée sur un côté, a 0 m. 90 de longueur sur 0 m. 70 de largeur et de hauteur.
- Quant à ce problème assez difficile à résoudre dans toute exploitation agricole d’une certaine im-. portance et qui a trait au transport rapide, propre et économique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments, de tous les produits à manipuler : nour-
- riture, fumier, lait, etc., il est résolu par les Américains par l’emploi de petits transporteurs aériens (fig. 1). Seuls, en effet, les appareils de transport et de manutention permettent de maintenir une étable constamment propre, et étable propre signifie bétail sain, augmentation des produits laitiers, plus grande fertilité des terres.
- Leurs adaptations sont des plus variées et leur permettent non seulement d’évacuer proprement le fumier sans laisser tomber, sur le sol de l’étable, aucun débris ni purin, mais encore de le déverser au-dessus des charrettes en un point désigné du bâtiment ou mieux encore de le transporter directement à-la fumière. On sait tout l’avantage qu’il y a à procéder à cet enlèvement aussi fréquemment que possible, puisqu’il est reconnu que le fumier employé frais et contenant encore sa proportion complète d’eau, est d’au moins 50 pour 100 plus riche que le vieux fumier.
- Le rail utilisé est en acier au carbone et comporte un double chemin de roulement (fig. 4) ; il se fixe soit sur les solives apparentes du plafond de l’étable, soit sur les demi-bastingues montées spécialement pour le recevoir. Il est suspendu tous les 0 m. 90, 0 m. 60, 0 m. 40 ou 0 m. 30 suivant que les charges à soulever et tr an s porter varient de 1 à 200 kg, 200 à 600 kg, 600 à 800 kg et 800 à 1500 kg.
- Il peut, prendre facilement la courbe voulue en raison même du métal employé et comporte des plaques de croisement, des aiguillages à 2 ou 3 voies (et même plus) pour permettre le passage des wagonnets, 2 ou 5 départs différents d’un même point de l’étable ; il suffit de tirer la corde de commande pour ouvrir la voie sur laquelle on doit faire circuler le wagonnet en même temps que l’autre voie se bloque. Un autre wagonnet ne peut s’engager sur celle-ci que si l’on exécute une manœuvre spéciale.
- Fig. 2 — Vue d’une étable montrant le collier, la séparation des box, les mangeoires et l’abreuvoir automatique.
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- Fig. 3. — Abreuvoir automatique.
- Les galets des wagonnets sont tous montés sur roulements à billes.
- Pour le cas où l’on désire relier deux bâtiments entre eux sans pour cela gêner la circulation autour de chacun d’eux, on se sert d’une sorte de bras articulé (fîg. 4) qui permet de franchir sans poteaux ni scel-. lements une distance déplus de 12 m.
- L’articulation de ce bras au point de pivotement est formé d’une série de rails qui ressemble à des vertèbres.
- Très solide, ce bras, établi sur le principe des ponts suspendus, est constitué par des tubes d’acier soutenus par des tendeurs qui l’empêchent de subir la moindre déformation sous une charge dix fois supérieure à celle qu’il doit réellement supporter.
- Un élévateur-transporteur permet d’engranger facilement et rapidement les foins, pailles et récoltes dans cet appareil à fourche extrêmement robuste, le chariot se trouve verrouillé en place pendant l’élévation de la charge pour être libéré instantanément dès que cette dernière arrive à toucher le chariot. A ce moment, un frein agit sur le câble, empêchant la charge de redescendre ;
- alors, par la traction du câble, on entraîne le chariot. Le freinage sur le câble est complété par celui d’un cliquet qui s’engage dans une denture de la roue du câble qu’il empêche de revenir en arrière. Inversement, quand on ramène le chariot à sa position de départ au moyen du câble spécial de retour, il se verrouille automatiquement en place.
- L’articulation du butoir des poulies à crochet est telle qu’il est possible de tirer la charge de biais, pour la passer au-dessus d’un obstacle quelconque sans risquer d’endommager l’appareil. Enfin une corde supplémentaire permet de dégager un irip block quelle que soit la hauteur d’élévation de la charge, et de la transporter sans qu’il soit necessaire de l’amener en haut de sa course. Le châssis du transporteur est donc en deux parties : la partie supérieure, qui roule sur le rail par le moyen de huit roues équilibrées; la partie inférieure, qui peut pivoter sous la précédente de manière que le chariot puisse aller aussi bien d’un côté que de l’autre du trip block. Ainsi, sitôt la voiture chargée et conduite à destination, il ne reste qu’à crocheter les deux boucles de la fourche qui se trouvent aux extrémités du lien du crochet inférieur de l’élévateur ; on fait la manœuvre voulue, et la charge de foin est soulevée de la voiture et transportée dans la partie du grenier que l’on a indiquée.
- Disons en terminant que la Louden Machinery Company a équipé, ou est en train de proc éder à quelques installations, en France notamment, dans les exploitations agricoles : de laLaurendièresà Selles-sur-Cher ; à Courtonne-la-Meurdrac, près de Lisieux (Calvados) pour 176 têtes de bétail; à Croix-Moli-gneaux (Aisne) pour vacherie de 76 bêtes, porcherie de 50 mères-truies, etc. M. Bousquet.
- Fig. 4. — Bras articulé avec benne basculante en tôle galvanisée.
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- NOUVEL APPAREIL POUR LA RESPIRATION ARTIFICIELLE
- Depuis quelques années, le nombre des accidents d’ordre asphyxique s’est accru très notablement. Ce sont surtout les asphyxies de cause industrielle qui se sont faites plus nombreuses.
- Le développement exceptionnellement rapide de l’industrie électrique, en rapport avec l’utilisation de nos ressources en houille blanche et la diffusion domestique de l’électricité, a rendu très fréquents les accidents d’electrocution.
- Ils ont été longuement étudiés déjà et l’on distingue au cours de ces accidents :
- a) les brûlures qui font le pronostic d’avenir ;
- b) les phénomènes d’ordre asphyxique ou syncopal, qui, eux, règlent le pronostic immédiat.
- L’industrie houillère et ses nombreuses collatérales se sont, elles aussi, énormément développées. Elles ont vu s’accroître le nombre des accidents asphyxiques dus à l’intoxication par l’oxyde de carbone.
- Soit dans les mines, soit dans les cokeries ou bien encore près des hauts fourneaux, près des fours Martin,près des cornues Ressemer, partout enfin où l’on rencontré de l’oxyde de carbone apparu spontanément, ou par combustion de charbon en présence d’une quantité insuffisante d’oxygène, on voit survenir l’intoxication.
- Elle peut être minime, et ne se manifester que par une anémie progressive qu’il faut, à ses débuts, reehercher chez les ouvriers ; mais elle peut aussi prendre un caractère aigu et foudroyant. Elle aboutit à la mort fonctionnelle du globule rouge et en pratique à l’asphyxie du malade qui: succombe au milieu de phénomènes nerveux.
- La manipulation des produits chimiques, elle aussi, ne va pas sans danger et dans ce cas encore les asphyxies sont assez fréquentes.
- Enfin, il suffit de rappeler les asphyxies par submersion, accidents toujours fréquents dans les ports, et pendant la période des bains.
- C’est donc affirmer un fait bien connu des chefs d’industrie que de souligner le nombre des asphyxies ou syncopes dues soit à l’électrocution, soit à l’inhalation de gaz irrespirables ou même toxiques.
- Mais c’est aussi insister sur l’importance de la respiration artificielle qui compte tant de succès dans toutes les formes d’asphyxie, mais qui, pour être
- efficace, doit être pratiquée dès les premières minutes qui suivent l’accident.
- Ici même, déjà, MM. Legendre et Nicloux ont montré (n° 2554) quelles sont les manœuvres de respiration artificielle les plus simples, les plus efficaces, et pourquoi la méthode de Schàfer doit être préférée.
- D’ailleurs le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France a approuvé cette méthode dans sa séance du 23 avril dernier.
- Nul ne méconnaît l’intérêt qu’il y aurait à répandre partout l’enseignement de ce moyen de secours dont l’efficacité toutefois dépend du savoir, du sang-froid, et de la résistance musculaire du sauveteur.
- C’est parce que ce sauveteur exercé peut être
- absent ou se fatiguer vite qu’on a cherché un appareil réalisant automatiquement la partie délicate et pénible de la manœuvre, de telle sorte qu’une personne tout à fait incom pétente et malhabile puisse se transformer en un sauveteur u-tile, parce qu’efficace.
- Un tel appareil a été étudié par M. Panis et mis au point à l'Office National de* Recherches scientifiques et des Inventions.
- Il s’adresse surtout au milieu industriel où sa diffusion doit rendre de grands services en mettant le moyen de secours sur le lieu même de l’accident.
- Associé au masque à oxygène de MM. Legendre et Nicloux, il réalise un poste de secours complet contre l’asphyxie, d’une remarquable simplicité et dont, cependant, la valeur thérapeutique est indiscutable.
- C’est donc là un gros progrès pour une branche de plus en plus importante de l’hygiène sociale et industrielle.
- Au point de vue pratique, l’appareil à respiration artificielle R. A. P. est absolument inaltérable; tout en tôle nickelée ou laquée, il n’exige aucune précaution, aucun entretien. Cependant, son poids dépasse à peine 4 kilogrammes, son volume est d’environ 80 X 38 X 20, lorsqu’il est plié.
- Son fonctionnement vient d’être exposé à l’Académie de Médecine dans sa séance du 1er mai dernier.
- L’appareil comprend :
- a) un support destiné à recevoir la face ventrale du thorax; (deux porte-épaules mobiles épousent
- Fig. i.
- La manœuvre de l’appareil à respiration artificielle.
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- 64 ...: NOUVEL APPAREIL POUR LA RESPIRATION ARTIFICIELLE
- WSéÊÊÊÈÈSmlwÊÊÈ.
- m%MMÊÊÊMÈÊÊÊm
- Fig. 2.
- Vue d’arrière de l'appareil.
- l’obliquité de la portion claviculaire de la ceinture scapulaire).
- b) un jeu de leviers à l’aide desquels s’effectuent les mouvements.
- La mise en place de l’appareil est simple et ne peut prêter à aucune erreur; les mots « à -plat ventre » inscrits sur le support rappellent la position que doit occuper le malade.
- La place exacte du patient est nettement précisée par la concavité des porte-épaules, concavité destinée à recevoir les bras.
- Le malade installé, il suffit de boucler sur son dos une sangle dont la position réglée au moment de la construction supprime tout risque de lésion viscérale ou osseuse.
- A partir de ce moment, le jeu de leviers permet, par un mouvement de haut en bas, de presser progressivement le thorax sur son support, effaçant en même temps les porte-épaules : c’est l’expiration.
- Les mêmes leviers, en remontant, sous l’effort de ressort et de l’élasticité thoracique, élèvent et rejettent les épaules en dehors et un peu en arrière : il en résulte une inspiration.
- Ces deux mouvements alternants, combinés, analogues à une sorte de pompage d’une grande douceur sont répétés quinze fois par minute environ ; ils réalisent une respiration artificielle d’une notable amplitude.
- On a remarqué que le rythme s’en fixait spontanément en quelques minutes au chiffre normal.
- Cette respiration artificielle permet ainsi de commencer très tôt les inhalations d’oxygène à l’aide du masque spécial. Elle pourra être prolongée aussi longtemps qu’il sera nécessaire et cela, sans entraîner de fatigue.
- Elle permettra, avant tout, cl' intervenir très tôt et de secourir efficacement en attendant l'arrivée cm médecin.
- Ce dernier, au lieu d’être "accaparé par des manœuvres respiratoires, gardera son rôle de médecin et pourra pratiquer, s’il le juge utile, piqûres, frictions, etc., tout en surveillant la respiration.
- En somme, l’appareil R. A. P. rend la respiration artificielle praticable à n’importe qui. Il met ce moyen de secours, si merveilleux souvent, à la portée de tous ceux que leur travail peut mettre en danger de mort.
- 11 répond donc à un besoin certain.
- Fig. 3.
- Vue avant de l’appareil montrant le levier et les sangles.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, 9, rue de Fleurus, i Paris.
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- LA NATURE. — N‘ 2574.
- 4 AOUT 1925.
- LES PRÉVISIONS DU TEMPS DE LA TOUR EIFFEL
- Le poste de T.S.F. de la tour Eiffel transmet chaque jour à de nombreuses reprises des prévi sions du temps destinées au grand public. Désireux de rendre service à un aussi grand nombre de personnes que possible, l’Office national météorologique qui rédige ces prévisions ne se contente pas de les confier au télégraphe sans fil, accessible aux seuls amateurs qui connaissent l’alphabet Morse : il prend
- ces termes, mais aussi ce qu’ils ne signifient pas et qu’on imagine à tort qu’ils signifient.
- Prévision régionale et prévision professionnelle. — Tout d’abord, le temps indiqué dans la prévision est celui d’une région bien déterminée. L’étude climatologique de la France a conduit à la partager en un certain nombre de régions, dans chacune desquelles le temps peut être considéré comme sensi-
- Fig. i. — Cumulus de beau temps (Cumulus Humilis de Vincent).
- soin, depuis environ un an, d’assurer leur diffusion par la téléphonie sans fil en langage clair.
- Pour que chacun tire de ces communications sans lil le maximum d’avantages, il importe que tous leurs termes soient parfaitement compris de ceux qui les reçoivent. Malgré la précaution que prennent les rédacteurs du communiqué météorologique d’employer un vocabulaire aussi peu nombreux et aussi peu technique que possible, de fausses interprétations et des malentendus se présentent parfois encore. Nous en avons observés plusieurs fois. Dans l’intérêt de tous, il faut s’efforcer de les faire disparaître. Tel est le but poursuivi dans les explications qui vont suivre.
- Nous indiquerons d’abord les caractères généraux de la prévision et définirons ensuite les principaux termes qu’on y rencontre. Nous trouverons aussi l’occasion de dire non seulement ce que signifient
- 51e Année. — 2° Semestre
- blement uniforme. Cette approximation est d’autant plus grande que la région envisagée est plus judicieusement délimitée et moins étendue. En fait, elle est suffisante actuellement si l’on choisit \ 2 régions dont le tableau ci-dessous donne les noms et la grandeur définie par les départements qu’elle englobe.
- Tableau des régions climatériques.
- I. Nord (4 départements) :
- Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme.
- II. Bretagne (4 départements) :
- Côles-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan.
- III. Nord-Ouest (7 départements) :
- Calvados, Eure, Mayenne, Morbihan, Orne, Sarthe,
- Seine-Inférieure.
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- LES PRÉVISIONS DU TEMPS DE LA TOUR EIFFEL
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- IV. Parisienne (5 départements) :
- Eure-et-Loir, Oise, Seine, Seine-et-Marne, Seine-
- et.-0ise:
- V. Nord-Est (10 départements) :
- Aube, Ardennes, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Marne, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges.
- VI. Ouest (8 départements) :
- Charente, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Vienne.
- VII. Centre (6 départements) :
- Cher, Indre, Loiret, Loir-et-Cher, Nièvre, Yonne.
- VIII. Est (11 départements):
- Ain, Côte-d’Or, Doubs, Haute-Saône, Hautes-Alpes, Haute-Savoie, Isère, Jura, Rhône, Saône-et-Loire, Savoie.
- IX. Massif Central (10 departements) :
- Allier, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Haute-
- Loire, Haute-Vienne, Loire, Lozère, Puy-de-Dôme.
- X. Sud-Ouest (12 départements):
- Ariège, Basses-Pyrénées, Dordogne, Gers, Gironde, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne.
- XI. Sud (5 départements) :
- Ardèche, Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales.
- XII. Sud-Est (6 départements) :
- Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône,
- Drôme, Var, Vaucluse.
- Le tableau précédent ne saurait prétendre être définitif. Le progrès de nos connaissances météorologiques et les exigences croissantes des usagers conduiront vraisemblablement à le reviser et surtout à le compliquer.
- Par ailleurs, la rédaction d’une prévision du temps est essentiellement variable avec les besoins de son destinataire, c’est-à-dire avec sa jmofession. L’agriculteur et l’aviateur ont, l’un et l’autre et l’un autant que l’autre, grand besoin d’être avertis du temps qu’il, fera ; mais les éléments de la vie atmosphérique qui les intéressent sont fort différents en général. La transparence de l’air et la vitesse des courants qui l’animent à une grande altitude sont pour le pilote d’avion des éléments fondamentaux et laissent indifférent le cultivateur. Inversement, la température au sol et spécialement la menace de gelée inquiètent fort le cultivateur et semblent à peu près dépourvues d’intérêts pour l’aviateur. Tout au plus, on peut citer la grêle, les orages et les fortes pluies qui les touchent l’un et l’autre. En fait, la prévision rédigée pour les usages radiotélégra-phiques généraux de la Tour Eiffel est plus spécialement à l’adresse des cultivateurs. Les aviateurs reçoivent par d’autres voies des messages particuliers. Les prévisions, tout en étant destinées à un
- public très nombreux, ne s’adressent donc pas indifféremment à tout le monde.
- Il convient toutefois d’observer qu’elles sont établies d’une façon très objective afin d’être utiles à d’autres qu’aux cultivateurs et c’est pourquoi elles se gardent de toute appréciation sur la qualité du temps (beau ou mauvais) annoncé. Quand, par exception, ces termes de beau et de mauvais temps figurent dans la prévision, ils y possèdent un sens particulier qui sera défini plus loin.
- Le caractère objectif est indispensable. Chacun apprécie en effet le temps d’après ses intérêts. Un agriculteur qui appelle la pluie après une longue sécheresse trouve mauvaise une journée de grand soleil qui semblera au contraire fort bonne à un aviateur. Inversement cet aviateur craindra un temps sans pluie, mais brumeux, tandis que le cultivateur n’y trouvera aucun sujet de plainte. Le météorologiste ne doit pas, au moins en général, se risquer à de tels jugements. II rendra plus de service à l’un et à l’autre, au cultivateur et à l’aviateur, en indiquant simplement et objectivement s’il pleuvra et si l’air sera trouble, laissant à chacun l’appréciation subjective de la qualité du temps.
- La terminologie météorologique. — La météorologie, comme toutes les sciences, ne saurait se contenter du vocabulaire courant, et, même dans les messages qu’elle destine au grand public, des termes spéciaux ne peuvent être évités. On conçoit qu’il y ait là une source, et la plus importante, de difficultés d’interprétation et de malentendus. La terminologie météorologique est particulièrement exposée à ces dangers, comme nous allons le montrer.
- On peut dire, en effet, que les termes scientifiques se forment de deux manières différentes. La première consiste à les construire de toutes pièces, artificiellement, en associant et francisant des mots étrangers grecs ou latins le plus souvent : c’est ainsi que procèdent en général les médecins et les chimistes. Quand un non-initié rencontre un mot de celte sorte dans un texte, diphénylamine par exemple, il lui est impossible de le comprendre, ce qui est fâcheux, et il s’en rend compte lui-mêtne et immédiatement.
- La deuxième manière de former des termes scientifiques est employée très souvent’par les météoro^ logistes et comporte de plus graves inconvénients : elle consiste à ne rien emprunter aux langues étrangères, à se servir simplement des mots du vocabulaire français courant, mais à leur donner, par convention, un sens beaucoup plus précis, plus restreint que dans le langage courant et parfois même un sens différent. G'est ainsi que procèdent les mathématiciens quand ils parlent de figures semblables ou de représentations conformes. La similitude géométrique veut que deux figures remplissent des conditions très précises que le vulgaire n’exigerait certainement pas. Quant aux représentations conformes, ce sont, par définition, celles qui
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- LES PRÉVISIONS DU TEMPS DE LA TOUR EIFFEL ===== 67
- conservent les angles suivant lesquels se coupent toutes les lignes possibles d’une figure. Voilà un exemple d’un mot courant dont une science a complètement altéré le sens en l’adaptant à ses besoins.
- Quand un non-initié rencontre un mot de cette sorte dans un texte, conforme par exemple, ou nuageux, il ne le comprend généralement pas ; mais, grave inconvénient, il lui attribue sa signification vulgaire, croit ainsi le comprendre et donne au texte qu’il lit un sens tout autre que son rédacteur. Presque tous les termes employés dans les prévisions du temps participent de cette nature ambiguë et notre but essentiel, au cours des développements
- lieu, la prévision par région s’y oppose également, car les régions sont souvent assez étendues pour que le vent n’y ait pas la même direction partout. Enfin le météorologiste lui-même peut se trouver dans l’incertitude, si la situation météorologique est instable. Toutes ces raisons conduisent à attribuer au vent futur au lieu d’une direction unique une portion de l’horizon, parfois assez vaste, dans laquelle il prévoit qu’il restera enfermé.
- Les mécomptes ne sont d’ailleurs pas impossibles avec un élément aussi capricieux : « Tout, sur terre, appartient aux princes, hors le vent ».
- Citons à titre d’exemple les expressions: vent
- Fig. 2. — Exemple
- qui vont suivre, sera de préciser la différence entre leur sens vulgaire et leur acception scientifique. Nous examinerons successivement à cet égard les termes se rapportant au vent, à la température et aux états du ciel, nous bornant bien entendu aux plus usités.
- Le vent. —- La direction du vent s’exprime au moyen de 8 divisions de la circonférence: Nord, Nord-Est, Est, etc.
- Pour diverses raisons, on ne peut pas prévoir la direction du vent sous la forme simple : vent d’Ouest.. La nature physique du vent s’y oppose en premier lieu, car il varie en un même lieu au cours d’une journée, soufflant parfois de points opposés de l’horizon à quelques heures d’intervalle, et, lors même que sa direction moyenne est stable, il imprime à tout instant à la girouette, au cours de ses rafales, de brusques écarts, qui l’inclinent parfois de.45® sur. sa position normale. En second
- de cumiilo-nimbus.
- d’entre ouest et nord — vent des régions ouest — du secteur Ouest — vent variable. Il convient de distinguer les deux expressions : vent des régions Ouest et vent du secteur Ouest. Le secteur a une étendue de 45° de part et d’autre de la direction donnée, soit : 90° en tout; tandis que la région est deux fois plus petite (45° en tout). Ainsi dans une ville où ont été annoncés des vents des régions Ouest, on pourra voir les girouettes à l’Ouest, Nord-Ouest ou bien à l’Ouest Sud-Ouest sans que la prévision soit infirmée. Si ce sont des vents du secteur Ouest qui sont annoncés, les girouettes pourront même incliner jusqu’au Nord-Ouest ou bien jusqu’au Sud-Ouest.
- L’expression : « région parisienne, vents variables » appelle aussi quelques éclaircissements. Le qualificatif de variable s’applique à la fois à l’étendue de la région parisienne et au cours de la journée. En d’autres termes, si l’on relève les directions dans
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- 68 r:...LES PREVISIONS DU TEMPS DE LA TOUR EIFFEL
- toutes les stations météorologiques de la région et à toutes les heures de la journée, on trouvera des vents de toutes espèces de direction. C’est ainsi qu’on aura observé des vents du Nord à Beauvais le matin et des vents du Sud à Fontainebleau à midi. Le vent de Fontainebleau pourra lui-même passer au Sud l'après-midi, variant aussi complètement en un même lieu. Mais la prévision ne sera pas infirmée si pendant toute la journée le vent souffle du Nord à Beauvais et du Sud à Fontainebleau. Les vents auront varié seulement dans l’espace au lieu de varier aussi dans le temps.
- La force du vent s’exprime par une série graduée d’adjectifs : faible, modéré, assez fort, fort, très fort, violent qui correspondent aux degrés des échelles conventionnelles (échelles terrestre et de Beaufort). Le contrôle de ces prévisions n’est pas aisé dans les villes où des tourbillons locaux causés par les immeubles altèrent profondément les courants aériens. De plus, le public est toujours tenté de juger le vent plus fort qu’il n’est jugé par les météorologistes. C’est ainsi que le vent qualifié de modéré dans la série des adjectifs indiqués ci-dessus peut atteindre une vitesse de 7 mètres par seconde, par définition même. Une personne munie d’un parapluie ouvert estimerait que ce vent est fort. Le vent violent dépasse par définition 15 mètres par seconde. Dans le langage courant, nul n’hésitera de qualifier de violent un courant beaucoup moins rapide.
- L’état général de l’atmosphère se caractérise par des termes comme ceux de bourrasque ou de temps cyclonique qui risquent aussi d etre inexactement interprétés. Ils évoquent, en effet, des manifestations violentes, dangereuses même pour les vies humaines, auxquelles le météorologiste ne songe pas nécessairement chaque fois qu’il en fait usage. Le temps cyclonique est, par définition, celui qui correspond à l’invasion d’une dépression profonde ou seulement étendue. L’intensité des vents n’est pas en cause. Encore moins s’agit il d’un véritable cyclone, comme on en observe sous les tropiques. Les tempêtes s’élèvent toujours dans nos climats quand le temps est cyclonique, mais la réciproque n’est point vraie et cette condition nécessaire n’est nullement suffisante. Les définitions météorologiques du cyclone et de la bourrasque font abstraction presque complètement du vent, facteur essentiel de la définition courante, pour s’attacher à la forme et à la cote des isobares.
- La température. — Dans les observations météorologiques la température se mesure exclusivement au moyen de l’échelle thermométrique ; mais, dans les prévisions, on la caractérise par une série graduée d’adjectifs: très froid, froid, frais, assez doux, doux, assez chaud, chaud et très chaud, que l’on complique parfois encore de termes tels que, un peu frais ou très frais. Employant les adjectifs et les nombres simultanément, les météorologistes ont été naturellement conduits à définir entre les uns et les autres une correspondance précise, à coter en
- nombres chacun des adjectifs, alors que le langage courant se contentait de les associer à une sensation toute subjective, relativement vague et provoquée par des. éléments autres que la seule température de l’air. La température correspondante à l’adjectif « chaud » est comprise entre 25 et 50° centigrades par définition. Si l’atmosphère demeure immobile et humide, lourde, le public n’hésitera pas à juger qu’il fait très chaud et non pas chaud. Si à la même température le vent est assez vif, l’air sec, et si quelques nuages coupent de leur ombre la réverbération du sol, le public trouvera au contraire la prévision du temps chaud presque exagérée.
- Voici la correspondance entre les degrés de l’échelle parlée et ceux de l’échelle thermométrique : au-dessous de — 5°, très froid, de — 5 à H-5°, froid, de +5 à H- 10° frais, de -4-10 à H-15° assez doux, de + 15 à -)- 20° doux, de 20 à 25° assez chaud, de 25 à 30° chaud, au-dessus de 30° très chaud.
- Le météorologiste, en même temps qu’il précisait la valeur numérique d’une épithète comme chaud ou froid, restreignait sa valeur expressive: il la condamnait, en effet, à la représentation d’un phénomène unique et simple, la température mesurée au moyen du thermomètre, et faisait abstraction de l’humidité, du vent, du rayonnement terrestre, et de l’éclat du ciel, des cent éléments qui concourent à créer la sensation complexe de température appréciée au moyen des sens de l’homme ; et c’est précisément cette sensation que représente le mot de chaud ou de froid dans le langage courant.
- Considérons, par exemple, une prévision comme celle-ci : « prévision pour la nuit du 5 au 6 mai 19... et la matinée du 6 : température fraîche la nuit, douce le jour ». Pour peu qu’on soit porté à cette incrédulité ironique dont les prévisions du temps ont à souffrir parfois, on peut être tenté de croire qu’il n’y a là aucune prévision et que le premier venu peut annoncer, sans grande chance d’erreur, une température plus élevée le jour que la nuit. Begardons la lettre de plus près à la lumière de ce qui précède. La prévision contient beaucoup plus que nous ne venons de dire. Elle ne se borne pas en effet à prévoir que la température croîtra par degrés de la nuit au jour: elle fixe les niveaux de ces degrés, il est aisé de vérifier si la température s’est abaissée la nuit en dessous de 5° et si elle a dépassé 20° le lendemain à midi. La limite inférieure prévue (5 degrés) est particulièrement intéressante.
- L’état du ciel, — La prévision de l’état du ciel est d’une extrême importance pratique. Elle comprend aussi celle des précipitations. Les termes qui rentrent dans sa rédaction prêtent plus que tous autres à des confusions et des malentendus. Trois points sont à considérer dans toute prévision de cette sorte : la fraction de la voûte du ciel couverte par les nuages (c’est ce que les météorologistes appellent la nébulosité) , le caractère général que présentent les nuages dans leur ensemble (ciel orageux, ciel pur, nuages
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- de beau temps, etc...) enfin la nature et l’intensité des précipitations.
- a) Nébulosité. — La nébulosité s’exprime dans les observations météorologiques au moyen de nombres variant de 0 à \ 0 et représentant le nombre de dixièmes du ciel que recouvrent les nuages. Dans les prévisions, on se contente d’une échelle plus grossière à quatre degrés que traduisent les termes suivants : ciel pur, peu nuageux, très nuageux, couvert. L’échelle numérique en dixièmes correspond à l’autre de la manière suivante : Ciel pur : pas de nuages en quantité appréciable ; 1, 2, 3 = peu nuageux: 4, 5, 6 = nuageux — 7,8, 9 = très nuageux —10 = couvert. De toutes ces expressions, celle de ciel nuageux est peut-être la plus trompeuse. On s’imagine trop souvent que c'est un terme vague et qui n’engage guère celui qui l’emploie. En réalité, le contrôle d’une prévision de ciel nuageux est facile : s’il y a seulement quelques nuages épars, la prévision est fausse : c’est un ciel peu nuageux qu’il aurait fallu annoncer. S’il y a seulement quelques trous bleus dans un ciel extrêmement chargé, la prévision est également inexacte, c’est un ciel très nuageux qu’il aurait fallu annoncer.
- On a également tendance, dans le langage courant, à donner une interprétation trop large au qualificatif de couvert. Dans la définition précise que nous venons de donner, une nappe continue de nuages dissimule totalement le bleu du ciel. La nature de cette nappe est d’ailleurs variable et l’on distingue souvent dans les prévisions le ciel couvert haut du ciel couvert bas. La nappe nuageuse peut être un voile de structure presque uniforme, souvent assez peu opaque pour que la lumière le traverse en partie et que le soleil apparaisse derrière cet écran translucide comme derrière du verre dépoli. Le voile homogène (cirros-tratus ou altostratus de la classification internationale des nuages) plane alors à une altitude considérable, d’autant plus grande qu’il est plus diaphane (4000 à 8000 mètres). C’est généralement à lui que le météorologiste fait allusion lorsqu’il prévoit un ciel couvert haut. La nappe nuageuse dissimulant le ciel peut aussi être constituée par une troupe de nuages serrés aux formes déchiquetées ou globuleuses. Elle est alors accompagnée fréquemment par la pluie et parfois par des vents violents. Cette nappe à structure complexe reste toujours à faible altitude : il arrive que ses éléments (fracto cumulus et nimbus de la classification internationale des nuages) frôlent les clochers des églises et presque jamais ils ne s’éloignent à plus de mille mètres du sol. C’est cet aspect du ciel que le météorologiste désigne dans ses prévisions sous le nom de ciel couvert bas.
- A la nébulosité, se rattache tout naturellement la visibilité. Dans les observations météorologiques, on caractérise la visibilité par la distance maxima à laquelle elle permet de distinguer un objet donné : bouquet d’arbres, clocher, etc... et par la nature du phénomène qui arrête la pénétration du regard
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- (brume ou brouillard). Dans les prévisions, on se borne à cette dernière indication. On donne, quand cela est possible, une appréciation quantitative grossière sous la forme brume légère ou brouillard épais.
- Il ne faut pas, comme on le fait trop souvent, dans le langage courant, employer indistinctement les mots de brume et de brouillard. Le brouillard proprement dit est composé de gouttelettes liquides.
- Il remplit donc une atmosphère saturée d’humidité, c’est un véritable nuage qui traîne sur le sol. On l’observe souvent vers la fin de l’été au cours des nuits fraîches ; il se dissipe dans la matinée du lendemain, sous l’influence de la chaleur solaire. La brume est un trouble laiteux répandu dans les airs quel que soit leur degré d’humidité. Sa nature physique n’est pas connue avec certitude et il existe vraisemblablement plusieurs variétés de brumes. Sa teinte est variable, tantôt d’un gris ardoise, tantôt c’est celle d’une impalpable poussière d’or. Le brouillard, dans nos régions, est le plus souvent d’un blanc cotonneux.
- b) Caractère général du ciel. — La quantité des nuages qui recouvrent le ciel ne saurait suffire à donner une idée exacte du temps. Dans les observations météorologiques, nous caractérisons l’état général du ciel au moyen de cartes synoptiques indiquant quelle place il occupe dans les systèmes nuageux. Dans les prévisions, on en est réduit à employer, chaque fois que c’est possible, des termes courants, comme temps orageux, à giboulées, ciel pur, beau temps, mauvais temps, etc...
- L’expression de ciel pur ne doit pas être prise à la lettre : elle signifie qu’il n’y aura pas dans l’atmosphère de nuages en amoncellement ou de bancs nuageux, mais elle ne doit pas faire espérer une atmosphère rigoureusement transparente et exempte de nuages. En particulier, elle n’exclut pas la possibilité d’une brume légère, ou même, par endroits, d’un brouillard de quelques heures, ni de certains voiles de cirrus très élevés. Il n’y a rien là qui doive surprendre et cette définition étendue du ciel pur, est, au fond, logique.
- Le ciel le plus pur, par les chaudes journées d’été, n’est généralement, dans nos pays, pas d’un bleu profond, mais d’un bleu lavé par un peu de brume. Si cette brume prend plus de densité par endroits ou par moments, les caractères du temps n’en seront guère changés et il n’y a pas lieu de modifier la prévision. Le brouillard des belles nuits d’automne s’accumule dans les vallées et n’altère pas la pureté du ciel. S’il n’est pas encore dissipé dans les premières heures de la journée en certaines stations d’une région climatologique il ne légitime pas une transformation de la prévision de ciel pur. On indiquera simplement « ciel pur avec brouillard par endroits ». Pour les cirrus, il arrive assez souvent que, par une' très belle journée, un voile presque imperceptible de ces nuages se tende par tout le ciel comme une gaze légère. L’éclat du soleil n’en
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- est nullement terni et le bleu du ciel garde sa fraîcheur. La nébulosité des cirrus est égale a dix, si l’on s’en tient à la définition, mais on tromperait fort le public en lui affirmant que le ciel est couvert. Aussi maintient-on l’expression de ciel pur pour désigner cet état particulier du temps.
- Les nuages de beau temps sont des cumulus plats qui traversent le ciel par longues files et dont le nombre varie au cours d’une journée : le ciel reste pur jusqu’au milieu de la matinée. A ce moment, apparaissent des lambeaux cotonneux qui se gonflent et s’étendent rapidement jusqu’à prendre la figure de cumulus plats et inoffensifs (fig. 1). Le ciel devient nuageux, parfois même très nuageux vers deux heures de l’après-midi, heure où le nombre des cumulus est le plus élevé. A mesure que le soleil descend vers l’horizon, les nuages se dissolvent, et, à la nuit, ils ont disparu.
- L’expression de mauvais temps a une signification plus complexe, car elle ne s’applique pas seulement au ciel : on dit : mauvais temps de sud-ouest et on entend par là, avant tout, des coups de vent des régions sud-ouest. Ces coups de vent sont naturellement accompagnés du ciel sombré et bas des tempêtes et par moment de pluies. Nous avons dit en commençant que les prévisions évitaient les appréciations subjectives sur les qualités du temps. Les expressions de mauvais ou de beau temps semblent faire exception à cette règle de conduite. En réalité, elles résument des définitions précises et objectives. On peut seulement regretter le choix de ces expressions et souhaiter que la météorologie soit bientôt pourvue d’im vocabulaire rationnel.
- Le temps orageux est caractérisé par des aspects très changeants du ciel. Durant des heures, le ciel reste pur ou traversé seulement par des cirrus. Soudain, dans l’espace de quelques minutes, d’immenses nuages menaçants montent de l’horizon. Ce sont des cumulus aux formes tumultueuses, aux bases sombres et déchiquetées, souvent surmontés d’un voile de cirro-stratus (eumulo-nimbus de la classification internationale des nuages). Les manifestations qui accompagnent le passage de ces nuages sont elles-mêmes très irrégulières. Tantôt c’est un déchaînement d’éclairs et de tonnerre mêlés à des coups de vent brusques et intenses (grains) et à des averses diluviennes, tantôt la menace se dissipe après quelques gouttes d’eau seulement et quelques souffles d’air inoffensifs. Entre ces deux extrêmes, cent états intermédiaires sont possibles et. s’observent effectivement.
- Il n’est donc pas surprenant qu’au cours d’une journée orageuse certaines stations soient dévastées par l’ouragan, tandis que d’autres observent un ciel constamment pur. La prévision de temps orageux ne saurait donc être contrôlée dans une seule station, pas plus que celle de vent variable dont il a été parlé précédemment. C’est dans l’ensemble de la
- région où elle a été annoncée qu’il faut la juger et 11e pas la déclarer inexacte sous prétexte que, dans la ville où l’on se trouvait, il n’y a pas eu d’orage.
- Le temps à giboulées participe des caractères du temps orageux par le caprice de ses manifestations aussi bien dans le temps que dans l’espace. Les aspects nuageux ressemblent aussi beaucoup à ceux des orages. Les phénomènes électriques y sont par contre moins fréquents et moins intenses. Les averses sont souvent de neige, de grêle et de grésil. Ici, comme précédemment, le ciel peut rester pur dans une station donnée sans que la prévision soit infirmée, pourvu qu’on ait effectivement observé des giboulées dans la région climatologique indiquée.
- c) Les précipitations. — Dans les observations météorologiques, les précipitations sont caractérisées par leur nature et par la hauteur d’eau tombée, transformée en eau liquide si la précipitation se composait de glace. Dans les prévisions, on indique la nature de la précipitation et on évalue sommairement son intensité probable. Les diverses variétés de précipitations sont les pluies, les averses et les ondées.
- En pratique, les pluies se distinguent des averses par leur moindre intensité : une averse peut déverser dans une heure vingt fois plus d’eau qu’une pluie. De plus, les pluies durent généralement plus longtemps que les averses, souvent pendant plusieurs heures. En théorie, les nuages d’averse sont fort différents des nuages de pluie, mais pour une prévision cela importe assez peu. Il convient néanmoins de retenir ceci. Les pluies tombent de nuages très étendus, en sorte qu’elles touchent simultanément de nombreuses stations. Si donc une pluie a été annoncée dans une région climatologique donnée, on doit s’attendre à en observer dans toutes les stations de la région. Il en va tout autrement des averses. Les eumulo-nimbus qui leur donnent naissance sont relativement petits et une averse abondante peut inonder Versailles tandis que Taris ne recevra pas une goutte d’eau. Les remarques faites au sujet de la vérification des prévisions de temps orageux peuvenL être répétées ici.
- Les ondées sont des averses atténuées ou, si l’on préfère, de courtes pluies.
- L’intensité des précipitations s’annonce au moyen de termes généraux tels que : quelques pluies ou grandes pluies. Quelques pluies indique une précipitation moindre que pluies, et grande pluie, une précipitation plus abondante.
- L’expression « quelques averses par places », en insistant sur le caractère sporadique des averses, déjà contenu pourtant dans leur définition même, marque que ces précipitations seront particulièrement faibles.
- Pu. ScHERESCHEWSKY,
- Ancien Chef fin Service météorologique aux armées.
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- LES GEMMES DE MADAGASCAR
- Dans la galerie de minéralogie du Muséum, trônent depuis quelque temps de superbes gemmes provenant de Madagascar et taillées par un habile lapidaire parisien M. L. Joz-Rolland. Le patriotique désintéressement de la Société de l’Ankaratra permit à un généreux mécène, M. Edouard Tuck, d’offrir, à notre grand établissement d’histoire naturelle, cette magnifique collection (fig. 1), réunie par M. Vielle-Koechlin et qui avait figuré auparavant à l’Exposition coloniale de Marseille en 1922.
- Quels élincelanls jeux de lumière, quelle limpi-
- pour voir divers minéraux de la grande île africaine employés en joaillerie ou dans l’ornementation, à la suite des recherches effectuées par plusieurs prospecteurs et géologues.
- Durant cette période, la Société Nantaise parvint d’abord à extraire, des carrières d’Antandrokomby et de la vallée de Sahatany, des tourmalines, puis des béryls tandis qu’on découvrait les corindons rouges et bleus de l’Ankaratra, le triphane rose (kunzite), la cordiérite et plusieurs variétés de grenat. Plus récemment M. le professeur A. Lacroix
- Fig. i. — Vitrine renfermant la collection des gemmes de Madagascar donnée par M. Ed. Tück
- au Muséum de Paris.
- dilé, quels tons chauds et veloutés n’offrent pas ces béryls vert d’eau, ces tourmalines sombres aux reflets aciérés, ces translucides quartz roses, ces améthystes d’un violet pâle ou ces grenats rouge foncé, qui soutiennent avantageusement la comparaison avec les rares spécimens du Brésil voisinant dans la même vitrine !
- Les richesses minérales de Madagascar attirèrent l’attention des premiers explorateurs, mais les joailliers européens n’apprécièrent pas beaucoup les pierres précieuses qu’en rapportèrent ces hardis pionniers. De son côté, la Compagnie française des Indes qui essaya d’exploiter, pendant les xvne et xvme siècles, certains gisements malgaches de topazes et d’aigues-marines, d’opales et autres gemmes de couleur ne fut pas plus heureuse dans ses tentatives. Il faut arriver aux trente dernières années
- signalait la topaze blanche, le zircon et dans son remarquable ouvrage consacré à la Minéralogie de Madagascar (1920-1922) décrivait, entre autres raretés, la danburite, la kornerupine, l’adulaire (orthose limpide) et la diopside qu’il y rencontra dans plusieurs localités de la colonie sous une forme hyaline inconnue avant lui.
- Les principales gemmes actuellement exploitées à Madagascar sont les béryls et les tourmalines dont les différentes entreprises, ayant des concessions minières dans l’île, exportèrent 453 915 grammes en 1919. Les statistiques officielles notent encore, comme pierres sorties de la colonie pendant la même année, 3984507 grammes de corindons et de grenats utilisés dans diverses industries.
- La plupart des gisements gemmifères de Madagascar s’exploitent de façon primitive (fig. 2). Quand
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- 72 LES GEMMES DE MADAGASCAR
- on doit extraire les pierres précieuses de pegmatites granitiques intactes, — ce qui se présente le plus rarement — les mineurs emploient de simples barres d’acier pointues à leurs extrémités. Ils enfoncent ces outils d’une vingtaine de centimètres dans ces roches et s’en servent comme de leviers. Après avoir désagrégé ainsi le filon, peu à peu, ils en jettent les fragments dans un courant d’eau. Celle-ci entraîne les matières légères tandis qu’ils recueillent à la main les gemmes et autres parties lourdes de la gangue. Pour l’abatage, on s’adresse exceptionnellement aux explosifs qui, en fissurant les gemmes, les rendent souvent inutilisables dans un rayon de plusieurs mètres. Une fois donc le triage des cristaux opéré, on les dégrossit sur place, puis le chef de chantier procède à leur égrisage, dans un endroit voisin, de façon à n’exporter en Europe que des matériaux capables d’être utilisés pour la taille — les pierres malgaches acquittant à leur sortie une taxe proportionnelle à leur poids.
- Au contraire, lorsque les gemmes se trouvent dans des pegmatites décomposées (par exemple, les béryls bleus et verts de Yatomanga au sud de Betafo) l’exploitation se fait par grandes tranchées à ciel ouvert. Les ouvriers enlèvent à la main les trop gros morceaux, puis débitent les roches meubles ou les sables qu’ils lavent ensuite et dont ils trient les résidus lourds. Enfin, mais plus rarement, on doit rechercher certaines gemmes de Madagascar dans les allu-vions. On s’adresse alors aux mêmes méthodes de lavage que pour l’or.
- Ainsi à lfempina, on extrait, de la sorte, les grosses topazes roulées. On traite également de cette façon les
- alluvions basaltiques de l’Ankaratra pour obtenir les petits cristaux de corindons bleus. Des gneiss, retirés du lit de certaines rivières de l’île, on recueille, par le même procédé, des grenats almandins.
- Au premier rang des gemmes de Madagascar les plus recherchées actuellement par les joailliers français, se placent donc les béryls : silicates doubles d’alumine et de glucine, dans lesquels des quantités progressives de glucinium se trouvent parfois remplacées par des métaux alcalins ainsi que par du césium et du rubidium aux poids moléculaires plus élevés. En ce dernier cas, la densité et la réfringence des échantillons s’accroissent. D’autre part, la variation de composition explique la diversité de teinte des béryls malgaches. Les plus légers se rencontrent en prismes hexagonaux très allongés mesurant quelquefois un mètre de longueur. La région de Tongafeno en fournit de beaux échantillons bleu foncé, celles d’Anka-zobe et de Betsiry en donnent des bleus de ciel encore plus estimés. Quant à la couleur des béryls jaunes qu’on rencontre à Ampangabe (fig. 5) et à Sahani-votry, elle varie du jaune paille au jaune d’or (fig. 4).
- Les béryls les plus denses gisent dans les pegmatites sodo-lithiques. De composition variable, de taille minime et aplatis suivant leur base, ils présentent, sauf exception, toute la gamme des teintes rosées depuis la fraîche nuance des fleurs du pêcher jusqu’au rose carmin. Il s’agit là d’ailleurs d’une classification artificielle, car certains béryls roses de Tsilaizina appartiennent au type le plus léger. Au point de vue de leur valeur en joaillerie les béryls bleu foncé valent le plus cher, puis après eux les
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- béryls rose intense tandis que les variétés d'aigues-marines ou béryls bleu vert et vert d’eau (fig. 5) qu’on trouve très communément à Ampangabe, à Betsiry et dans la région d’Ànkazobe par exemple, se vendent assez bon marché.
- En second lieu, viennent les tourmalines ou boro-silicates fluorés d’alumine, de composition et de couleur variables. Les seules employées en joaillerie sont les tourmalines lithiques, autrement dit celles où un peu de lithium remplace une égale quantité de sodium (fig. 6). L’unique gisement malgache d’où on les retire aujourd’hui se trouve à Ànjana-bonoina. On en extrait des variétés innombrables, entre autres les magnifiques rubellites dont la coloration va du rouge sang au rouge veineux mélangé parfois de violet. Quand leur teinte se rapproche du rubis on les vend, une fois taillés, jusqu’à 100 francs le carat. Les tourmalines roses valent de GO à 40 francs le carat; les jaunes, plus riches en manganèse et de densité plus forte, atteignent encore 30 francs ; mais les échantillons vert foncé ou vert olive ne coûtent guère plus de 10 francs le carat.
- Enfin les lapidaires dédaignent les tourmalines noires (ferrifères) très répandues à Madagascar (fig. 7). Néanmoins ils pourraient utiliser certaines associations de cristaux de tourmalines multicolores et des variétés fibreuses qui, taillées en cabochons, produiraient des pierres à reflet d’œil de chat analogues à celles des carrières californiennes. De meme, les améthystes se rencontrent en abondance, principalement à Tongafeno et à Ambotomanga, sous forme de beaux cristaux violet clair (fig. 8) et on extrait du gisement de Tsilaiho de superbes quartz citrins ou rougeâtres.
- Récemment, M. le professeur A. Lacroix a pu élever au rang de pierres précieuses, quelques gemmes de Madagascar peu prisées jusqu’ici par les bijoutiers, car on n’en avait trouvé nulle part d’échantillons assez limpides. Telle est d’abord la Korne-purine, silicate double d’alumine et de magnésie d’un joli vert olive, qu’on avait jadis rencontré au Groenland cristallisée en forme de baguettes’fibro-
- Fig. 4. — Béryls de Madagascar taillés parjoz Rolland. (En haut, béryls rose; en bas, béryls vert d’eau.)
- bacillaires presque opaques. Puis l'orthose ferrifère dont les échantillons sont parfois assez gros pour donner des pierres jaune d’or éclatant dont le poids atteint plusieurs grammes ; malheureusement sa faible dureté lui nuit en joaillerie. Quant à la dan-burite, silicate de chaux orthorombique, découvert dans les pegmatites de Maharitra et dans les élu-vions d'Imalo, ses limpides cristaux d’un jaune madère voisin de la topaze se taillent très bien. De son côté, la scapolite (silico-chloro-carhonate d’aluminium, sodium et calcium) également jaune paille et jaune d’or s’exlrait des gisements de Tsarasaotra en gemmes qui, vu leurs dimensions et leur poids, rappellent la teinte foncée de certains béryls.
- Pour compléter la série des pierres précieuses qu’on tire de Madagascar, il nous faut maintenant énumérer quelques gemmes de moindre importance.
- La Kunzite est une variété de triphane ou silicate double d’alumine et de lithine possédant une jolie couleur rose lilas plus ou moins foncé. Ce minéral, qui donne de fort belles pierres par la taille, se trouve à Maharitra et il acquiert une jolie fluorescence rose orangé quand on le soumet aux radiations ultra-violettes, aux décharges produites dans un tube de Crookes ou aux rayons du radium.
- Les seuls grenats malgaches considérés comme gemmes sont les spessartites et les almandins. Les premiers s’extraient principalement de Tsilaizina, en gros cristaux jaune orangé, fendillés et donnant beaucoup de déchets à la taille. Les seconds rouge sombre ou rouge violet tirant sur le rose, se recueillent principalement dans les éluvions et les alluvions situés entre Itrongay et Benitra, dans les régions de Yatomandry, sur la route d’Ambalavao à lhosy, etc. Ils fournissent de jolies pierres transparentes dont les plus foncées valent, une fois taillées, jusqu’à 20 francs le carat.
- Dans les alluvions de Belambo et d’Ifempina, on rencontre aussi de petits cristaux de cymo-phane ou chrysobéryl. Cet aluminate de glucine possède une magnifique teinte jaune d’or d’une réfringence supérieure à celles des autres gemmes de même couleur. M. le Professeur
- Fig. 5. — Une belle aigue-marine de 16 cm. de longueur trouvée à Tongafeno. (Collection ;du Muséum.)
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- Fig, 6. — Tourmalines lithiques (rubelliles).
- Leur coloration va du rouge sang au rouge vineux mélangé parfois de violet.
- Lacroix conseille éga’ement aux prospecteurs de rechercher des Zircons (lig. 10) et des diopsides dans les environs d’Ytrongay. Il y a recueilli, en effet, plusieurs zircons limpides et violels ressemblant à ceux de Ceylan ainsi que de gros cristaux vert bou teille de diopside assez transparents. Le même sa vaut a examiné eiilin des cordiérifes trouvées au mont Tsilaizina. Malgré leur rareté et leur couleur bleue, plus agréable que celle des saphirs d’eau de Ceylan, elles sont peu estimées des lapidaires.
- Mais à côté des gemmes que nous venons de décrire, il existe dans notre riche colonie de l’Océan Indien beaucoup de pierres d’ornementation et d’industrie dont nous allons parler maintenant.
- On y rencontre d’abord en abondance le quartz hyalin ou cristal de roche. Jadis on tirait des élu-vions et des alluvions ' des blocs mal cristallisés pesant jusqu’à 550 kilogrammes et mesurant un mètre de tour. À l’heure actuelle, on préfère extraire, des quartzites du massif cristallin, des échantillons de moyenne et de petite taille (0m10 à 0m20 de hauteur) mais parfaitement limpides. L’exploitation des gisements de cette variété de quartz tend à se développer dans l’ile. D’après les statistiques du Service des mines, on en a exporté, principalement par les ports de Yohémar et de Nossi-Bé, 2059 kilogrammes en 1919.
- Les gros échantillons de cristal de roche ont divers usages artistiques. On réalise avec eux des
- vases, des coupes, des lustres, des boîtes et des flacons à parfums. Dans la collection du Muséum d’histoire naturelle figurent entre autres, un bec de parapluie sculpté et deux camées gravés en creux par M. Fourrier dans des quartz de Madagascar (fig. 9). On réserve les fragments sans défaut pour la lunetterie et l’optique de précision (prismes de spectrographe) ; d’autre part, M. Langevin leur a trouvé un nouveau débouché scientifique, en mettant à profit leurs propriétés piézoélectriques. Grâce à ce phénomène, l’habile physicien transforma des oscillations électriques de haute fréquence en oscillations élastiques ultra-sonores aussi rapides et vice versa. Il mit une lame de quartz taillée perpendiculairement à un axe binaire (axe électrique) entre deux plaques métalliques constituant les armatures d’un condensateur. Puis chargeant celui-ci, il vit la lame de quartz se contracter ou se dilater dans le sens de son épaisseur suivant le sens du champ électrique réalisé de la sorte. Si donc on introduit ce condensateur dans un circuit oscillant de haute fréquence, il se charge alternativement d’électricité positive et négative tandis que les dilatations et les contractions de la lame de quarlz se règlent sur la fréquence des oscillations. En outre, quand on immerge une seule des armatures du condensateur dans l’eau, les vibrations qui y naissent se transmettent au liquide, sous forme d’ondes ultra-sonores dont la vitesse de propagation égale celle du son M. Langevin se servit également du phénomène inverse pour construire des appareils très sensibles employés, pendant la guerre, à la détection des ondes ultra-sonores. Effectivement les compressions et dilatations périodiques que les ondes ultra-sonores incidentes provoquent dans le quartz, déterminent, entre les armatures du condensateur, une différence de potentiel alternative de haute fréquence, décelable par les instruments ordinaires de télégraphie sans fil.
- Quant aux déchets de l’exploitation des eryptes à cristal de roche d’une pureté chimique parfaite, on les utilise dans l’industrie de la silice fondue dont les applications deviennent chaque jour plus nombreuses. On fabrique, en particulier, avec du quartz fondu, des capsules, des tubes et autres instruments de laboratoire.
- Dans la carrière
- 7• — Tourmaline noire et Almandin (grenat) provenant de Tongajeno.
- Cet échantillon mesure 7 à 8 cm.
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- à pegmatites de Sahanivotry et de Samirey, on rencontre aussi du quartz rose en même temps que des béryls. Avec cette variété de cristal de roche, on confectionne des coupes translucides, des encriers, des presse-papier, des statuettes, des manches de parapluie ou d’ombrelles, des grains de colliers et de chapelets tandis qu’avec les quartz opalescents ou à inclusions du mont Bity, on réalise également de menus objets similaires, voire même d’artististiques bijoux.
- Depuis quelque temps certaines industries spéciales utilisent aussi les échantillons de gemmes malgaches trop défectueux pour s’employer en joaillerie. Ainsi un lapidaire parisien, M. Bozzachi, a sculpté, dans des diop-ides et des béryls, de jolies coupes dont nous avons pu admirer au Muséum les tons chatoyants. lin autre de i-es confrères, M. Fourrier, a taillé un vase dans de la cordiérile bleue du mont Tsilaizi-na. De leur côlé, les diverses calcédoines,
- qui se trouvent à la surface du sol dans les formations sédimentai-res de la côte nord-ouest et ouest de Madagascar, commencent h. faire prime sur le marché français. Avec les sardoines rougeâtres ou brunes à coloration homogènes, on fabrique d’artistiques bibelots ; avec les agates et les onyx à structure zonce, la Taillerie de Royat fait des couteaux de balance, des mortiers et des polis-soirs pour divers usages industriels sans compter
- Fig. 10. — Zircon long de 8 cm (provient d’Ampanobe).
- Fig. 8. — Améthystes (en bas) et grenats (en haut) taillés par M. Joz Rolland.
- (Collection Ed. Tück au Muséum )
- les billes, les encriers, les dessus de tables et autres objets de bimbeloterie.
- Au cours des dernières années, l’exploitation des gisements de yrenatsalmandins s’in-tensifia à Madagascar pour satisfaire aux demandes sans cesse croissantes de l'horlogerie mondiale. Ces pierres dures, recherchées pour la pivoterie, et la tréfi-lerie, forment la plus grande partie des pierres de la seconde catégorie, exportées de File en 1922. Quant aux béryls opaques inutilisables en joaillerie, ils entrent sous forme de nitrates dans la composition des manchons de lampes à incandescence et les corindons non transparents servent à la fabrication d’abrasifs. Eulin les lapidaires apprécient le zircon quand il est limpide et ses échantillons opaques s’emploient encore comme produit réfractaire.
- Ce rapide aperçu permet de se rendre compte de l’importance économique des gemmes de Madagascar qui, par leur éclat, la transparence de leurs eaux et leurs teintes variées, rivalisent avec leurs concurrentes américaines. Souvent même les importateurs étrangers donnent certaines pierres malgaches comme provenant du Brésil, de l’Inde ou des États-Unis, afin de mieux les faire apprécier de leurs ignares acheteurs. Puisse donc la nouvelle collection du Muséum contribuer à l’éducation de nos snobs compatriotes, inciter les spécialistes à mettre en valeur les Irésors souterrains de Tongafeno ou d’Ampangabe, d’Ankazobe ou d’Ambatomanga et. autres gisements malgaches afin que bientôt brillent, à l’étalage de nombreux bijou fiers parisiens, les feux multicolores de ces remarquables gemmes !
- Jacques Bovek.
- Fig. (>. — Pomme de parapluie sculptée et camées gravés par M. Fourrier dans du quartz de Madagascar.
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- LE VOL A VOILE PAR VENT DESCENDANT
- Dans le numéro de La Nature du 10 février dernier nous avons décrit le mécanisme du vol à voile
- M. Méditerranée
- Fiq. i. — Vents à trajectoire descendante le 23 avril iq23 à La Ciotal.
- par vent horizontal — c’est le vent le plus fréquent.
- Nous avons vu comment, réagissant aux forces vives du vent, l’aile transforme ces forces pour les utiliser et ainsi procure à l’oiseau, en combinaison avec la pesanteur, les poussées aériennes qui le soutiennent et le propulsent.
- Cette solution qui s’applique a fortiori au vol à voile par vent ascendant explique tous les cas observés tant au-dessus des continents qu’au-dessus des mers.
- Mais il faut convenir quelle fut déduite surtout de l’étude des oiseaux de terre.
- Si les observations furent nombreuses, en effet, sur les vautours, milans, etc., etc., et autres voiliers terrestres qui se meuvent dans le vent horizontal ou parfois ascendant, rares par comparaison furent celles faites sur les oiseaux marins.
- Et ceux-là utilisent surtout les vents horizontaux ou même descendants.
- *
- * *
- Il y eut cependant quelques relations intéressantes, écrites sur le vol des oiseaux de mer.
- Elles furent rapportées parles navigateurs qui, au cours de leurs longues traversées, ont tout loisir de suivre les évolutions des mouettes, des goélands, etc.
- Malheureusement on n’en trouve pas en librairie, ayant un exposé suffisamment objectif et précis dont on puisse tirer parti soit au point de vue théorique, soit pour la construction d’un alérion.
- En somme, l’étude des voiliers marins est loin d’être complète.
- Nous sommes heureux d’y apporter une modeste contribution, nous joignant en cela à quelques chercheurs dont les idées ont été publiées récemment.
- Nos observations ne concordent pas toujours avec les leurs; le lecteur en jugera facilement, car nous faisons suivre leurs observations A, B, G, des nôtres avec les commentaires qu’elles nous suggèrent.
- Obsfrvation A. —Les oiseaux de mer se soutiennent grâce au vent ascendant que crée le passage du bateau.
- Oui, la chose est possible lorsque les oiseaux suivent le bateau ou s’en tiennent très rapprochés.
- ... Mais d’où leur vient le vent ascendant lorsqu’ils volent loin du bateau, souvent en le précédant?
- Observation B. — Les goélands trouvent du vent ascendant à la crête des vagues ; la composante ascendante du vent est créée par l’inclinaison de la vague.
- Oui, lorsque le goéland vole au ras de l’eau.
- ... Mais lorsqu’il évolue à une hauteur de 50 m ? ou tout simplement lorsqu’il n’y a pas de vagues?
- Ce sont pourtant là des faits constatés.
- Observation C. — Les falaises créent une zone de vent ascendant qu’utilisent les voiliers marins.
- Oui, sans aucun doute, ils utilisent cette zone quand ils la trouvent ou s’ils tiennent à rester dans la région.
- ... Mais les oiseaux de mer ne volent pas seulement au-dessus des falaises !
- Il y en a en pleine mer, très loin des côtes, très haut ou très bas suivant leur besoin du moment ou... leur fantaisie !
- N’est-il pas raisonnable de penser qu’en ces lointains parages ils volent dans le vent horizontal ?
- *
- # *
- Personnellement nous en avons fait souvent l’observation en mer ou aux colonies.
- En particulier, nous avons pu à loisir étudier les voiliers marins à Sassandra (Côte d’ivoire) pendant plus d’une année.
- L’observatoire était excellent ; c’était la Résidence, juchée sur un rocher tout au bout d’une longue presqu’île qui sépare la mer de l’embouchure du tleuve de Sassandra.
- En France nous avons renouvelé les mêmes études sur les côtes de Normandie, de Bretagne, du pays Basque.
- Mais c’est à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), en observant des goélands, que nous avons eu l’occa-
- Fïg 2
- b, position initiale du ballon; b', positions successives M, point d’amerrissage.
- sion d’acquérir une certitude quant à la direction réelle du vent dans lequel évoluaient ces oiseaux.
- Et ce vent-là était descendant.
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- .........---------- LE VOL A VOILE PAR
- Voici ces observations qui furent faites le lundi 23 avril dernier à 5 heures du soir.
- Première observation. — Le vent souffle de l’Ouest ; c’est, me dit-on, le mistral.
- Il est très frais.
- Il a plu abondamment pendant la nuit dernière (dimanche à lundi).
- Quatre goélands tiennent l’air au-dessus de la baie de La Ciotat, entre 10 et 50 m. de hauteur.
- Il n’existe aucune vague. Le mistral semble s’opposer à leur formation tant il fait pression sur la surface de la mer.
- Il paraît en effet souffler en descendant.
- On peu4 en juger par les petits sillons qui rident la surface de l’eau, en direction Est.
- Ces sillons ne se forment qu’à environ 100 m. du parapet bordant le littoral, et le vent qui les produit tombe lourdement sur la mer, par plaques de 5 à 10 mètres carrés.
- Le long du littoral, l’eau complètement abritée par les maisons, le parapet, est calme et meme d’aspect huileux.
- On s’explique fort bien la trajectoire descendante
- Fig. 4.
- z, zone de dépression créée par le canot; b, position du ballon avant l’arrivée du canot; b’, positions successives après l’essor.
- suivie par le veut, pour peu qu’on examine la topographie des environs.
- La ville de La Ciotat est située au fond d’une baie et tourne, peut-on dire, le dos à l’Ouest.
- De ce côté-là elle s’appuie sur un cirque de montagnes de 400 à 500 m. d’altitude. C’est le massif de Soubeyran, le mont Canaille, etc.
- Le vent venant de l’Ouest doit donc franchir cette muraille avant de souffler dans la baie.
- On conçoit que heurtant cet obstacle il subisse une déviation tout au moins dans le plan vertical.
- Sa trajectoire est celle de la figure 1.
- Cette trajectoire est descendante.
- « C’est vite dit », objectera-t-on...
- « Qui sait si un remous venu latéralement, ne « vient pas corriger cette trajectoire avant qu’elle « atteigne vos goélands ?
- « La corriger en la redressant même et peut-être « en rendant ascendant ce vent que vous nous « représentez comme descendant. »
- Deuxième observation. — Le lecteur connaît ces petits ballonnets gonflés au gaz d’éclairage ou tout autre gaz plus léger que l’air ; ornement des fêtes populaires de jadis et qui faisait la joie des enfants !
- Un de ces ballonnets donc, fut lâché sur le litto-
- VENT DESCENDANT ........... = 77
- ral, exactement boulevard Clemenceau (toujours le lundi 23 avril à 5 heures du soir).
- Qu’advint-il de ce ballon ?
- Esclave du vent régnant, il ne pouvait qu’être
- Mer Méditerranée Fig. 3. — Plan de la région.
- c, canot dans sa première direction ; c', canot ayant obliqué
- vers le ballon; b, ballon; AB, flèche indiquant la direction du vent.
- exactement obéissant, à une légère déviation près causée par sa force ascensionnelle dans la description aérienne du tracé que nous attendions de lui.
- La trajectoire du mistral allait nous être rendue visible et précisément nos goélands se tenaient en vol à voile à environ 150 m. du parapet.
- Voilà donc notre ballon lâché !
- Tout d’abord, il monta suivant une verticale — fait qui s’explique puisque le .ballon se trouvait dans la zone abritée du vent, ou zone de dépression.
- Puis, saisi par le mistral à quelque 20 m. de hauteur, il fut rabattu vers la mer en une trajectoire rapide et descendante conforme à celle de la figure 2.
- Cette trajectoire alla déposer notre ballon, le fixer plutôt sur la mer à 150 m. du rivage, au point M (%• 2).
- Parvenu à ce point, le ballon plaqué sur la mer paraissait impuissant à se libérer des forces qui le retenaient.
- Etait-il vraiment maintenu sur l’eau par le vent descendant?
- Ou avait-il perdu sa force ascensionnelle? Cephé-
- y"
- Fig. 5.
- x, aile voilière (coupe); r, fouet (coupe) ; V, vent horizontal; A, courant ascendant produit par l’aile; a, composante de ce courant; S, poussée sustentatrice; B, poussée propulsive; p, composante de la poussée propulsive; a, angle de récupération.
- nomène était-il possible dans un vent aussi froid que l’était le mistral du 23 avril ?
- Mais non, le ballon avait conservé sa force ascensionnelle ainsi que nous le prouve la troisième observation.
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- 78
- LE VOL A VOILE PAR VENT DESCENDANT
- Fig.
- V, vent ascendant ; v, composante de ce vent; h, horizontale.
- Troisième observation. — Ayant a amerri » au point M (fig. 2) le ballon, toujours entraîné par le
- vent sur la mer,
- > ^ 9 7
- flottait vers l’Est poussé par le mistral.
- Il flotta ainsi sur un parcours de plusieurs centaines de mètres.
- Un canot automobile, venu du port de La Ciotat, traversait la baie à ce momen(-là, se dirigeant vers la côte des Lecques, au N.-E (fig. 5).
- Le pilote aperçut le ballon que les goélands survolaient avec curiosité — ils le survolaient en vol à voile à 20 m. de haut.
- Il fit un à droite — vers l’Est — et mit le cap sur l’objet flottant qui venait d’attirer son attention.
- Après une poursuite de quelques instants,' il s’apprêtait à le saisir, quand, ô surprise, le ballon reprit subitement son vol ! !
- De loin on eût dit un oiseau des marais poursuivi et échappant à l’étreinte du chasseur dans un suprême coup d’ailes ! !
- Ainsi le ballon avait retrouvé sa force ascensionnelle! ! Que s’était-il donc passé?
- Ceci :
- Le canot, qui se déplaçait de l’Ouest à l’Est en direction du ballon et dans le sens même du vent, créait en avant de lui une* zone de quelques mitres abritée du mistral (fig. 4).
- Plaçant le ballon dans cette zone de dépression, il l’avait libéré du même coup de la pression aérienne descendante qui le retenait prisonnier.
- Le ballon retrouvant en air calme sa force ascensionnelle avait tout naturellement quitté la surface de l’eau...
- Ce fut d’ailleurs une envolée de courte durée, caria zone abritée' ne dépassait guère la hauteur du canot.
- Repris par le vent descendant, notre ballon était de nouveau plaqué sur la mer... et enfin capturé.
- Ainsi donc c’était bien du vent descendant qui soufflait dans la zone où nos goélands faisaient leur vol à voile.
- Ces observations faites à La Ciotat prouvent tout au moins que le fait est possible à La Ciotat et qu’il peut y être reproduit.
- 11 est vraisemblable qu’il peut être reproduit sur un autre point de la côte d’Azur, et même ailleurs que sur le littoral Méditerranéen.
- Enfin ces observations prouvent aussi que dans le monde il se trouve des vents descendants et que l’oiseau voilier, enfanté par la nature ingénieuse, a été construit pour les utiliser.
- Ces observations ne viennent-elles pas détruire l’hypothèse que nous avions émise du mécanisme de l’oiseau voilier?
- Nullement.
- Voyons la chose de près :
- Nous savons que le vent horizontal V, heurtant l’aile de l’oiseau est tout aussitôt transformé en un courant oblique et ascendant A dont la composante est a (fig 5).
- Sous l’aile voilière il se produit une poussée S qui est sustentatrice et une poussée propulsive P (p composante).
- La force P fait avec la direction du vent V un angle a que nous appellerons angle de récupération (fig. 5).
- Cet angle x restera sensiblement le même dans tous les cas observés en supposant, bien entendu, une déformation constante de l’aile.
- On comprendra donc que la force P qui oscille en raison même des variations du vent V acquierre de l’intensité ou en perde en raison même de la force ou de la direction de ce vent.
- (Nous négligeons l’intensité du vent et n’envisageons que la direction — seule intéressante pour le moment).
- Par exemple si nous faisons souffler sur l’oiseau du vent ascendant V dont la composante est v, nous augmenterons l’intensité de la force P (composante p) (fig. 6).
- L’oiseau a donc intérêt à rechercher les courants ascendants qui le soutiennent et dont il tire une force propulsive intense.
- Examinons maintenant le cas d’un vent descendant.
- Soit le vent V dont la composante descendante est v (fig. 7).
- Construisons l’angle de récupération a qui nous donne en direction la force P.
- On constate que l’intensité p de cette force diminue. Elle diminue en raison même de la « descendance » du vent V, mais elle n’est pas pour cela détruite.
- Elle ne serait détruite que si le vent soufflait avec une composante plus descendante encore, par exemple celle de la figure 8.
- En effet, dans ce cas la force P cesserait d’être propulsive et viendrait se confondre avecS.
- Mais ce phénomène suppose un vent descendant exceptionnel. On voit que l’oiseau « a de la marge », comme on dit vulgairement.
- Conclusion. — vent descendant.
- Fig. 7.
- vent descendant; v, composante de ce vent; h, horizontale.
- V, vent descendant; v, composante de ce vent; h, horizontale.
- •Le goéland peut voler à voile par
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- Les autres oiseaux voiliers qui ont une aile semblable peuvent voler aussi dans le vent descendant. Il est tout aussi logique de dire : l’oiseau voilier, en général, peut voler indifféremment à voile par tous les vents — sauf dans le vent tourbillonnant.
- Voilà une conclusion qui donnera de l’espoir aux
- chercheurs, aux constructeurs et qui sans doute convertira quelques scepliques.
- Décidément il y a intérêt à multiplier les observation des oiseaux ! !
- ... Et nous avons sans doute encore beaucoup de choses à apprendre de la nature! II. Liurette.
- LE CHRONOMÉTRAGE ÉLECTRIQUE DES COURSES D’AUTOMOBILES
- Alors que la vitesse des voitures automobiles augmentait dans des proportions considérables, et que les vitesses moyennes des courses passaient de 30 km à plus de 100 km à l’heure, le système de chronométrage à la montre dédoublante rattrapante restait exactement le même que par le passé.
- Ce système de chronométrage par lecture rapide sur un chronomètre de poche, lecture dont on ne peut garder aucune trace, et par suite non susceptible de vérification ultérieure, permet, dans les cas les plus favorables, de faire la lecture à 1/5 de seconde près. En outre, il faudrait tenir compte du coefficient personnel des chronométreurs, qui peut varier suivant les circonstances de plus d’une demi-seconde pour un même opérateur.
- Ce système de chronométrage ne résiste donc pas à une critique un peu serrée ; il est du reste reconnu comme étant tout à fait insuffisant.
- C’est pour cela que depuis 1909 nous avons étudié un système de chronométrage électrique déclenché par les voitures elles-mêmes ; système à peine modifié depuis, même dans ses détails.
- Le système Galy-Bonnet. — Pour remédier aux défauts indiqués ci-dessus, il faut employer des appareils enregistreurs, qui permettent de faire les lectures à tête reposée, et de les refaire autant de fois qu’il est nécessaire en cas de réclamation. Cet appareil doit mesurer les fractions de seconde au moins égales au 1/10. Afin d’éviter les erreurs provenant de la variation inévitable de deux chronomètres l’un sur l’autre, il faut que les départs et les arrivées soient pointés par le même appareil. Cela implique la nécessité d’établir une ligne télégraphique entre les deux postes, et cela semble une complication bien grande; en réalité il n’en est rien. Un fil simple de sonnerie placé sur le sol même peut suffire. Pour éviter les accidents qui pourraient lui arriver par suite de la malveillance ou pour toute autre cause, il n’est guère difficile de l’accrocher aux branches des arbres ou aux poteaux télégraphiques qui longent la route. Dans tous les cas, celte complication est rachetée par un avantage qui n’a pas de prix : cette disposition permet, au moyen d’un procédé d’une extrême simplicité, d’utiliser ce même fil pour établir la communication téléphonique entre les postes.
- Enfin, pour éliminer l’erreur due au coefficient personnel, il suffit d’employer des appareils entièrement automatiques pour établir le contact au moment du passage. Nous allons décrire successivement
- ces divers organes, qui comprennent : 1° Un appareil enregistreur ; 2° Un chronomètre; 3° Les contacts de passage.
- Appareil enregistreur. — L’appareil enregistreur dont nous nous servons est un chronographe de llipp à ressort et à régulateur à lame vibrante, dont le mouvement d’horlogerie détermine l’entraînement d’une bande de papier.
- Sur cette bande viennent appuyer trois plumes alimentées par un réservoir d’encre, plumes qui tracent un trait continu. Elles peuvent chacune recevoir un léger mouvement de côté par le jeu d’un électro-aimant, ce qui fait que, lorsque cet éleclro est excité, le trait tracé par la plume correspondante présente une petite encoche qui se produit évidemment au moment exact où le courant est envoyé dans l’enroulement.
- La plume médiane est reliée à un chronomètre à contacts fermant le circuit à chaque seconde. Comme la vitesse du papier est réglée à 1 centimètre par seconde, les encoches sont espacées de 1 centimètre, et le mouvement étant uniforme, chaque fraction de centimètre correspond exactement à la même fraction de seconde. Les deux autres plumes sont reliées l’une au poste de départ, l’autre au poste d’arrivée au moyen de la ligne télégraphique.
- Chronomètre à contacts. — Cet appareil est un chronomètre de marine, monté sur suspension à cardan, dont l’échappement' est muni d’un contact qui établit le courant toutes les secondes pendant la durée d’une demi-seconde. Pour la facilité de la lecture, le courant est établi pendant une durée double toutes les dixièmes secondes, et en outre ce courant de durée double subit une très légère interruption toutes les soixantièmes secondes. Cette interruption produit sur le trait tracé par la plume une légère encoche ; il est ainsi très facile de faire le comptage des secondes de 10 en 10 et de vérifier si le chiffre des soixantièmes secondes est bien divisible par 2 et par 3 ; une erreur de 10 secondes dans le numérotage est ainsi rendue impossible.
- Les contacts de passage. — Les contacts de passage sont du système électro-pneumatique. Un tube de caoutchouc est placé en travers de la route et relié à un tambour de Marey. Cet appareil, d’un usage constant dans les laboratoires de physiologie, se compose d’une petite boîte dont un des fonds est constitué par une membrane de caoutchouc, qui est solidaire d’un levier. Toute augmentation ou diminution de pression à l’intérieur de la boîte, si faible
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- soit-elle, se traduit par un déplacement de plusieurs centimètres de l’extrémité de ce levier.
- Il est facile de comprendre que, dans ces conditions, le simple déplacement d’air produit par le passage d’une automobile puisse influencer le tambour de Marey. Le déplacement du levier est utilisé pour actionner un contact à mercure.
- Ce dispositif est d’une sensibilité parfaite et d’une sûreté de fonctionnement absolument remarquable. Si par accident le tube de caoutchouc vient à être perforé, l’appareil n’en fonctionne pas moins pour cela. Il continue même à marcher très bien si on laisse le tube complètement ouvert du côté opposé au tambour.
- Il est même indispensable de percer, sur le tube
- qui permet d’envoyer sur la ligne des séries de signaux conventionnels qui viennent s’inscrire sur la bande d’enregistrement, et indiquent les numéros des concurrents. Ces signaux sont, bien entendu, toujours confirmés au moyen du téléphone, de sorte que chaque signal de passage est numéroté sans erreur possible.
- Chaque boîte de contact porte en outre un milli-ampèremètre permettant de déterminer très rapidement le nombre d’éléments de piles nécessaire au fonctionnement de l’appareil, suivant la résistance de la ligne.
- Ce système électro-pneumatique, dont la figure ci-dessous montre le dispositif, a été inventé et employé par nous dans de nombreuses courses auto-
- Fig. i. — Boite à contact électro-pneumatique.
- A droite on voit le tube de caoutchouc reliant le boyau pneumatique à la capsule de Marey, dont le levier porte à son extrémité un pont plongeant dans les godets à mercure; une butée réglable limite le mouvement de relèvement du levier. Au centre le milliampermètre. A gauche les deux bornes de l’appareil : une poire constituant la clé d’isolement et le manipulateur Morse. Au-dessous de la planchette supérieure on aperçoit les cases où l’on place les piles de lampes de poche et les ressorts servant à les maintenir.
- métallique d’arrivée au lamLour, un trou de I mm. de diamètre environ, afin d’assurer l’équilibre statique de pression entre l’air enfermé dans l’appareil et l'atmosphère. On évite ainsi toute surpression ou dépression à l’intérieur de l’appareil, en cas de variation de température au cours des épreuves.
- Notre boyau est en réalité constitué par un faisceau de tubes à gaz enfermés dans une enveloppe de toile. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, cet organe ne souffre pas le moins du monde du passage répété des automobiles, même munis de bandages ferrés.
- Nous avons muni chaque appareil à contact pneumatique d’une clef d’isolement à ressort, montée en série sur le circuit du contact, qui permet de ne connecter les piles qu’au moment voulu. De cette façon, tout fonctionnement intempestif de l’appareil est évité, et l’on n’est pas à la merci de la maladresse d’un spectateur qui poserait le pied sur le boyau pneumatique.
- Chaque poste est également muni d’une clef Morse
- mobiles depuis 1909. Dans toutes ces épreuves il n’y a jamais eu la moindre réclamai ion de la part des concurrents qui, au contraire, à maintes reprises, ont déclaré que les temps donnés par l’appareil correspondaient exactement avec le temps qu’ils avaient mesuré eux-mêmes au moyen de leur compte-secondes.
- Il a été décrit dans le Bulletin de l'Aulomobile-Club du Rhône de mars 1909 et juin 1912. Nous avons eu la satisfaction de le voir dernièrement adopté officiellement par la Commission sportive de l’A. C, F., après plusieurs essais qui ont montré que la somme des variations accidentelles, pouvant provenir des divers organes, ne dépassait pas, dans les cas les plus défavorables, un cinquantième de seconde au maximum.
- Du reste, lors du grand prix de 1925 à Tours, notre principe du boyau pneumatique a été appliqué pour mesurer la vitesse de passage des concurrents devant les tribunes sur une base de 150 m. (Voir L'Auto du 5 juillet 1925.) A. Galy et A. Boxjnkt.
- Le Gérant . P. Masson. — Imprimerie Lahcbe, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- I AOÛT 1923
- LA NATURE. — N* 2575.
- ÎÉMIÔNÔBLE ALSACIEN
- De tout temps la vigne a figuré en Alsace parmi ses meilleures productions. Introduite en Gaule, sous la domination romaine, par l’empereur Probus, c’est à la même époque qu’elle est venue s’y installer. Trouvant de suite dans ce milieu des conditions favorables à son développement, sa propagation au pied du versant bien ensoleillé des Vosges s’est faite avec une telle intensité et ses vins acquirent bientôt une si grande célébrité, que les vieilles chroniques nous les annoncent figurant à la place d’honneur sur la table des rois Mérovingiens. Les Capitulaires de Charlemagne signalent la haute estime attribuée aux vignobles possédés par le Grand Roi dans ce pays. Froissard ensuite nous apprend qu’après leur transport en Angleterre dès 1327 «lesvins d’Alsace avaient la préférence sur ceux de Gascogne, qui faisaient partie du même convoi ».
- Sur place leur réputation était si solidement établie que des réunions bachiques se sont organisées dans les principaux centres du vignoble pour en célébrer la qualité. La principale, celle des francs-buveurs du Hoh-Barr, organisée, dans le groupe de Saverne, par l’évêque Jean de Mandersheid, sous le nom de Cou-frérie de la Corne, avait pour principe que nul ne pouvait y être admis sans avoir vidé d’un seul trait une énorme corne d’aurochs contenant « deux pots de vin » (lisez deux litres) d’un des meilleurs crus.
- Tous les membres des plus nobles familles des bords du Rhin et d’Alsace, ayant brigué l’honneur d’en faire partie, on raconte que des enthousiastes de première force, tels que Christophe de Wangen et François de Landspenz, n’obtinrent leur admission en 1632, qu’après avoir vidé, sans débrider, cette corne, deux fois de suite au lieu d’une. Ainsi s’est trouvé justifié son nom de « Vidercome » (Revenez-y), comme il devait l’être d’ailleurs à nouveau plus tard, quand pour sceller la paix entre les soldats épiscopaux défenseurs de la Ligue catholique et ceux de Richelieu alliés à l’Union protestante, ce fut Isaac de Saint-Simon, oncle de l’auteur des Mémoires et premier gouverneur du château de IIoh-Barr, qui remplit cette condition « avec toute la cérémonie requise pour une pareille solennité ». Dans le même temps, les bourgeois de Colmar plaçaient dans les statuts de leur Société (Cercle du Wagneller), pour vanter le cru célèbre de Ecerenberg du vignoble de Kientzheim qui leur 'appartenait : « On ne décède pas tant qu’on boit de ce bon vin si utile à la santé,
- mais il est défendu au beau sexe d’en profiter, de peur que les dames ne deviennent maîtresses de leurs maris. »
- Quant à l’importance prise actuellement par ce vignoble, quelques chiffres suffiront pour l’indiquer. Sur les 515000 hectares représentant la superficie totale des terrains mis en culture en Alsace, la part qui revient à la vigne atteint 24 000 hectares et son rendement moyen par hectare oscille entre 70 et 80 hectolitres. Avant la guerre, le nombre des familles vivant de ses produits s’élevait de 20 à 25 000, soit à plus d’un quart de la population agricole du pays (*).
- Nulle part la vigne n’est cultivée avec autant de soin. Nulle part aussi elle n’est devenue l’objet d’un si fort rendement. Le vigneron alsacien étant le plus souvent proprié- -taire de son exploitation, prodigue, pour sa mise en valeur, tout son temps et s’applique sans relâche à l’améliorer. Si bien que l’intensité de cette culture et de ses produits tient précisément à la division de la propriété; celles comprises enlre 10 et 50 ares sont prédominantes. Sous cette influence, le revenu net par hectare pouvant atteindre et même dépasser 900 francs, on voit de quelle aisance peuvent jouir les familles de ces vignerons.
- C’est ce qui se traduit par une prospérité dont les maisons en pierre blanche du vignoble portent si bien l’empreinte ; ainsi qu’il en est du reste dans ses gracieuses petites villes, telles que Kaysersberg, Obernai et Turkheim. Étroites et resserrées entre les murs crénelés de leurs anciens remparts, ces anciennes cités impériales de la Décapole d’Alsace, avec leur dédale de rues tortueuses et leurs vieilles maisons aux pignons pointus, ébréchés ou penchés, sont sans doute d’un pittoresque achevé, mais toutes aussi jouissent d’une grande prospérité. Les fils des bourgeois, ci-devant impériaux, devenus aujourd’hui plus libres qu’à l’époque des Chartes octroyées par les Hohenstaufen, ont pu édifier, en dehors des anciens remparts, des demeures plus spacieuses, et surtout de puissantes usines dont les bénéfices accentuent ceux déjà si élevés de la viticulture.
- La zone du vignoble s’étend avec une remarquable continuité, au pied des Vosges, sur les versants des collines sous-vosgiennes qui s’alignent sur
- 1. Cn. Gra'o. I/Alsace, sa situation et ses ressources au moment île l’Annexion. Bull, de la Soc. de Géographie, 6° sér., III, 1872.
- Fig. i. — Le château d’Insenbuch près de Rouffach et son vignoble reconstitué.
- 51” Année. — 2° Semestre.
- 6. — 81.
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- LE VIGNOBLE ALSACIEN
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- Fig 2. — Failles en escalier et struclure des collines sous-vosgiennes au pied du versant raide des Vosges dans la région de Thann.
- le bord faille de la montagne, depuis le débouché de laDoller, en plaine, au pont d’Aspacb (Haut-Rhin), jusqu’à celui de la Mossig à Wasselonne en Bas-Rhin (110 kilom.).
- Sans doute, on rencontre encore des vignes sur la plaine, notamment dans le pays du Sud (Suncl-ç/aii), au voisinage de la grande forêt de l’Ochsen-feld (Champ des Bœufs), ainsi qu’en bordure de l’fll, aux environs de Mulhouse, de Colmar (plaine de la Hartz) et de Seleslat ; mais leur vrai domaine, celui devenu capable de fournir les meilleurs crus des vins musqués d’Alsace, c’est au pied du versant raide des Vosges, dans la rangée des collines qui prennent pour centre Ribeauvillé, qu’il vient se placer.
- Dans cette région, le vignoble a marqué dans le paysage son empreinte d’une façon aussi impérieuse, qu’en Champagne de part et d’autre d’Épernay, ainsi qu’en Bourgogne sur ses « côtes » à grands . crus de Beaune et d’ailleurs. Partout on ne voit que lui, entre les gros villages blancs à maisons serrées.
- 11 suffit ensuite qu’une vallée s’ouvre dans la montagne, pour qu’à son débouché sur la plaine, la vigne en profite pour s’y infiltrer en venant étayer ses belles rangées de ceps, sur ceux de ses flancs qui, bien exposés au midi, font face au soleil levant. C’est ce qui lui a permis aussi de monter jusqu’à une altitude de 500 m. C’est le cas surtout de la vallée de la Fecht qui offre sur son versant nord, malgré la raideur des pentes, une rangée interrompue de vignes (18 kil.) jusqu’à Munster, tandis qu’en face le côté de l’ombre reste uniformément boisé. Mais il est juste d’ajouter que le climat intervient pour motiver son développement à cette hauteur. Les vents chauds qui descendent des Vosges y déterminent une douceur de température telle que les gelées printanières, si désastreuses pour les vignes du bas, ne sont plus à redouter.
- A noter aussi que les brouillards faisant défaut, sous un ciel devenu lumineux, les rayons du soleil non seulement entretiennent la végétation, mais en prolongent la durée. En automne notamment, de belles journées chaudes permettent aux vignes de parvenir rapidement à ce degré de maturité qui les rend capables de fournir des vins capiteux. D'ailleurs, comme témoignage de pareilles et si bonnes conditions, on y voit apparaître, dès qu’elles se trou-
- vent à une hauteur d’une cinquantaine de mètres au-dessus de la plaine, le grand lézard vert ocellé et la Genette du Midi.
- C’est ensuite la nature du terrain qui intervient pour motiver ce mode particulier de distribution du vignoble en Alsace et notamment la localisation de ses meilleurs crus dans la zone des collines sous-vosgiennes. Sous ce nom vient se placer une rangée d’avant-monts, résultant du morcellement par les torrents d’une large bande de terrains sédimen-taires abaissés par failles en escalier, au pied du bord cassé des Vosges, dans la zone effondrée du fossé rhénan. Or, parmi ces terrains figurant la superposition à des grès triasiques, de marnes et de calcaires jurassiques (fig. 2), c’est précisément ce dernier élément, qui est devenu le prétexte du développement pris par le vignoble dans cette zone, absolument comme il en est dans les régions précitées de la Champagne crayeuse, et dans celle calcaire de la Bourgogne. L’analogie avec cette dernière est d’autant plus grande, que sur ces coteaux d’Alsace, absolument comme il en est en Bourgogne sur les « côtes » à vignoble qui font face aux plaines affaissées de la Saône, c’est sur leurs pentes marneuses que s’étagent les vignes, tandis que les crêtes de la plate-forme calcaire qui les couronne sont couvertes de bois.
- L’exemple le plus typique étant offert, dans le vignoble de la Haute-Alsace, par celles de ces collines qui flanquent, en face de Soultz, le versant raide du Ballon de Guebwiller, sous les noms d’Ax-fald et d’Erlenbach, nous en donnons la représentation (fig. 3) d’après un dessin extrait de notre carnet de notes, et ayant de plus pour objet de montrer de quelle façon se répartissent les vignes sur leurs talus marneux. Celte culture s’y fait en terrasses étagées, avec emploi, pour les soutenir, de murs en pierres sèches, quand la pente dépasse 25°. Le service des différents étages est assuré par des sentiers tortueux, très raides, et la vigne s’y trouve plantée en lignes sur des rigoles peu profondes, avec ceps au nombre de 2 ou 3, recourbés à la base en arceaux et attachés en pointe au sommet d’un échalas central de 1 m. 50 à 2 m. de haut. Cette méthode dite, en raison de son aspect, en quenouille, est de beaucoup la meilleure (fig. 4j, sa forme arborescente devenant pour la vigne une cause essentielle de vigueur et de fécondité. Aussi
- Ft-g.
- Les avant-monts de Soullz avec leurs pentes couvertes de vignes.
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- LE VIGNOBLE ALSACIEN
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- se trouve-t-elle appliquée de préférence aux vignobles à grands crus (').
- Quand ensuite au pied de ces collines s’étale en couches épaisses, sous le nom de Loess, ce limon particulièrement fertile qui devient, dans la plaine . d’Alsace, la cause principale de sa fécondité, ce terrain meuble, où la présence du calcaire s’affirme sous la forme des concrétions dites « poupées du loess », devenant un sol aussi profitable pour le développement de la vigne que les marnes, alors se présente en bordure des avant-monts et, dans leurs intervalles, un vignoble de plaine, non moins productif que celui des pentes. Sur ce terrain plat, le procédé employé pour cette culture, devenu très différent, consiste dans l’emploi de la méthode dite en traverse où les sarments à fruit sont reployés, comme l’indique la figure 4, sur des perchettes attachées horizontalement à 50 cm. du sol, à de petits échalas (carassons), distants d’un mètre les uns des autres. Les récoltes y deviennent plus abondantes que dans les vignes en quenouille; les raisins aussi, plus rapprochés du sol, y parviennent plus rapidement à une maturité com-plèle, mais ceci aux dépens de la qualité ; les cépages à gros rendement de la plaine ne fournissent que des vins secs qu’un fort sucrage permet seul d’améliorer, voire même une maigre
- Fis:.
- Vignes en traverses du vignoble de Thann.
- 1. Actuellement dans les vignes de reconstitution récente, en raison de ce fait que le prix des éclialas qui, avant la guerre, restait compris entre 30 à 55 lr. le cent, s’est élevé à 1 fr. la pièce; pour atténuer ces frais devenus excessifs, on les remplace par des piquets en lcr reliés par des (ils de même nature et sur lesquels s’allongent les sarments par cordons horizontaux. Mais si dans ce cas, par suite d’une extension plus grande des ceps, leur rendement est accentué, c est l’inverse pour la qualité, ce système ne pouvant fournir que des vins grossiers, dépourvus de bouquet.
- Fig. 5. — Cep en quenouille dans le vignoble de Riquewihr.
- Les sarments recourbés en arceaux sont destinés à fournir les bourgeons à fruits.
- Fig. 6. — Les ruines du Gisberg et le vignoble de Ribeauvillë.
- S. Vallée du Stengsbach. En deçà de la ville, plaine de flll et rideau d’arbres jalonnant le cours du Rhin. Dans le fond la Foret Noire avec, à son pied, le vignoble badois.
- piquette, consommée sur place, quand les vignes s’éparpillent sur les nappes alluviales de sables et de graviers, abandonnés par le Rhin.
- Quoi qu’il en soit, c’est toujours la production des vins blancs qui partout prédomine, et leur qualité est en fonction de la nature des cépages employés.
- Pinots gris (Tokay) et blanc (Weisse-levner), les Gentils (duvet et aromatique), le Nature (Traminer), le Riesling sont les plus estimés. Le Petit mietleux (Kniperlé) est aussi très recherché non seulement en raison de son bouquet spécial, mais de l’abondance de sa récolte et de son grand degré de résistance à 1’oïdium. Localement ensuite dans le vignoble précité de Guebwiller, YOlber fournit un vin musqué et réputé par la faculté qu’il aurait de pouvoir guérir la gravelleQ). Plus bas, à Thann, le Rangç offre le vin le plus capiteux de l’Alsace et d’un tel effet qu’on déclare dans le pays en manière de malédiction : « Que le Range te pousse » absolument comme ailleurs : « Que le diable t’emporte ».
- Au centre du vignoble, à Ribeau-villé, ses Rieslings vigoureux sont des plus réputés. En même temps cette région privilégiée où la vigne depuis les terres basses de la plaine, jusqu’aux gradins élevés de la Montagne où se tient l’étonnante rangée de ses vieux châteaux ruinés (fîg. 6), s’est emparée à ce point du sol, qu’aucun coin de terre ne lui a échappé, cette région est devenue le siège de la « Fête des vendangeurs ». La fin des vendanges devenant l’objet de vives réjouissances, tous les ans à cette époque on voit arriver de tous côtés, vers cette cité du vin, les vendangeurs chantant de gais refrains autour de lourds chariots attelés de bœufs et chargés de cuveaux remplis de la dernière récolle, ainsi qu’enguirlandés de fleurs et de rubans. Plus celle cueillette a été abondante, plus le vin nouveau déjà fermenté a de force capiteuse, plus les éclats de joie se font bruyamment.
- Dans cette même région, le clos si bien entretenu de Riquewhir où se tiennent les meilleurs crus des Tokay s, tire son importance non seulement de la proportion assez forte d’acide phosphorique et de
- 1. Jta.KS Hiver. Élude des vignobles de France, t. lit. Régions du N.-E. (Haut-Rhin et Bas-Rhin).
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- Fig.
- Châssis d’un Kammerbau.
- potasse fournie dans son terrain marneux par les argiles rouges gypsifères du trias, mais de la présence de terres grises cendreuses dites « morgon » et en tout poiiff semblables à celles qui, dans le Beaujolais, devenant l'effet de la désagrégation d’anciennes laves volcaniques (porphyrites), constituent, en raison de leur richesse en chaux, la cause essentielle des si bonnes productions de son vignoble.
- C’est aussi pour cette raison qu’on a pu s’v livrer avec profit à la culture des vignes à vins rouges (Pinots noirs el gros . rouge, Garnay) qui d’habitude sont si délaissées en Alsace.
- C’est leur faiblesse ainsi que leur peu de solidité qui en est la cause, Fi£-
- tandis que les vins
- blancs, en plus d'une qualité supérieure, doivent leur préférence à ce grand degré de résistance qui leur permet, après mise en bouteille, de s’améliorer en vieillissant. La seule maladie qui puisse les atteindre, la graisse, est facilement combattue avec un peu de tanin, et surtout à l’aide d’une fermentation préalable des raisins blancs pendant quelques heures.
- Le vignoble en Basse-Alsace. — Cette belle rangée de vignobles étagés à flanc de coteau en Haute-Alsace, loin de s’arrêter à Wolskheim en face de Strasbourg, se poursuit bien loin au delà vers le nord, mais en subissant dans son mode de culture et son aspect de grandes modifications. D’abord dans la dépression de Saverne qui s’introduit très profondément creusée entre les Hautes et Basses Vosges, le champ des fractures qui lui ont donné naissance ayant déterminé le morcellement du terrain, on assiste à un émiettement du vignoble sur les pentes tournées à l’est, des divers accidents du relief. Dans les Basses Vosges qui suivent la montagne devenue uniformément ^gréseuse (grès vos-giens et grès bigarrés triasiques), n’affectant plus avec son relief effacé que des formes tabulaires, sur les bords de ce plateau couvert de forêts, il ne peut plus être question de « côtes à vignes ». Elles
- ne se présentent que sur les fîancs, ainsi que souvent en couverture de buttes à formes carrées, des sinant en bordure du plateau gréseux, dans la zone d effondrement faillée, une seconde rangée d’avant-monts, mais celte fois plus dispersés et de composition différente. Leur soubassement est fait de grès triasiques et le sol sec riche en chaux, favorable au développement de la vigne, est déterminé par la présence en couverture des buttes, de marnes et de calcaires d’origine lacustre, placés sous la dépendance des dépôts de cette nature qui se sont faits dans la fosse rhénane quand, vers le milieu des temps tertiaires (époque oligocène), cette dépression linéaire était tout entière occupée par un lac. Mais l’influence de la nature gréseuse de leur support se traduit par la présence, dans le sol des vignobles, d’une proportion de silice assez forte pour avoir permis d’intensifier la culture de ceps qu’un pareil terrain marno-siliceux rend plus vigoureux. Tel le Trot-linger offrant cet avantage de fournir des vins gris (claret) bien appréciés et le Traminer (gentil duvet), qui devient un des plus fins cépages de l’Alsace.
- Quant au procédé de culture, à l’arrangement des ceps en quenouille si caractéristique du vignoble en Haute-Alsace, se substitue leur logement dans des « Chambres à vignes » dites Kammerbau.
- Elles sont représentées.(fig. 7) par une série de châssis plats rectangulaires, à plusieurs traverses, -et recouverts par les vignes après fixation de leurs sarments sur les châssis. Assurément l’aspect d’un Kammerbau en pleine vigueur est des plus gracieux (fig. *8), d’autant mieux que sous ces berceaux entourés de fossés de drainage herbeux, l’intérieur des cadres (hautes) est rendu verdoyant par des cultures maraîchères (choux, haricots, carottes, etc.) associées à celles de la vigne. Malgré cela cette méthode n’en est pas moins celle qui de tous les procédés de viticulture employés en vVlsace, est la plus défavorable à une bonne mise en valeur des vignes. La hauteur des pieux ne dépassant pas 80 cm., les vignerons, pour leur entretien, doivent ramper sous les châssis. De provenance bavaroise, où elle est employée dans le vignoble du Palatinat, elle aurait du y rester.
- Quoi qu’il en soit, son effet en Basse-Alsace, de-
- Kammerbau couvert de vignes.
- Fit
- ç. — Rangées de vignes palissées sur fil\ de i d Bouxwiller.
- fer
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- RESSOURCES PETROLIFERES DE L’ANCIEN MONDE 85
- puis qu’on s’est appliqué à améliorer ce procédé en substituant au réseau quadrillé des châssis du Kam-merbau, des lignes palissées sur fil de fer horizontalement (fîg. 9), comme le sont les traverses du vignoble de Thann, est loin d’être négligeable. La surface occupée par les vignes atteint 13 000 hectares et leur produit annuel s’élève à 20 millions de francs.
- Dès 1816, Julien, dans son excellente étude des vignobles alsaciens, déclarait que « la vigne est la plus grande richesse du Bas-Rhin ». A plus forte
- raison en est-il de même aujourd’hui, grâce à son extension plus grande, ainsi qu’à l’amélioration précitée de ses procédés de culture.
- Si bien qu’en somme, le grand vignoble alsacien, figurant au nombre des meilleures productions du sol d’une province française, dont la prospérité était devenue la cause de son absorption par les Allemands, on voit que sa reprise peut être considérée comme compensant largement ce que nous coûte actuellement la Victoire.
- Cir. Véuin,
- professeur honoraire à la Sorbonne.
- RESSOURCES PÉTROLIFÈRES
- Asie. — En continuant à l’Est l’examen que nous avons dans noire précédent article arrêté à la Russie d’Europe, on traverse les champs houillers du Donetz, dont l’avenir paraît assez étendu ; mais ensuite on arrive au Caucase, à la Caspienne et à la Mésopotamie dont nous avons parlé au début de cette révision générale, et qui appartiennent à l'Asie.
- La production de Bakou qui a passé en 1901 par un maximum de 100 millions de barils, est maintenant tombée à moins du quart ; elle se relèvera tôt au tard et d’importantes additions y seront faites par les terrains de la rive Est de la Caspienne, par la Perse, et la Mésopotamie : tout indique qu’il y a là des ressources sérieuses, et dès maintenant on y tire environ 12 millions de barils par an.
- En dehors de cela, on ne connaît en Asie Continentale que les exploitations de l’Inde qui donnent 7 à 8 millions de barils, et on peut espérer trouver aussi des hydrocarbures dans les contrées avoisinant Hanoï, en rapport avec les formations de houille anthraciteuse qui sont importantes dans cette contrée.
- On parle aussi de pétroles en Chine, avec puits de feu comme à la Caspienne, mais rien ne permet d’assurer qu’il y ait par là de sérieuses ressources d’avenir.
- Quant à l’immense Sibérie, l’idée qu’il peut y avoir à y récolter des naphtes au long de l’effondrement arctique surtout vers l’embouchure de l’Obi est une pure hypothèse géologique, faiblement corroborée par le voisinage des dépôts houillers et des naphtes de Sakhaline à l’Est" et par les houillères découvertes au Spitzberg ou à la Nouvelle-Zemble. (??)
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- Les lies de la Sonde. — Mais avec Sakhaline nous entrons dans une autre catégorie, celle des îles du Pacifique, longue ligne volcanique, commençant au Nord par la presqu’île de Kamschatka, continuant par les îles du Japon et par Formose, pour reparaître plus au Sud dans les îles de la Sonde.
- L’île de Sakhaline, dans sa partie Nord, renferme un beau gisement de pétrole, à peine exploité, mais qui, d’après les ingénieurs, est appelé à fournir plus d’huiles que la Roumanie par exemple ; la partie Sud de la même île contient des gîtes de houille que le Japon exploite avec quelque activité, et qui sont sa principale ressource industrielle.
- 1. Voir n° 2573. *
- DE L’ANCIEN MONDE [S»iie (*).]
- Les îles du Japon produisent peu de houilles et de pétroles : il est à supposer que les gisements principaux sont sous la mer, qui est profonde rapidement autour de la chaîne volcanique; plus au Sud, Formose est mieux pourvu et donne, dit-on, un million de barils par an.
- Continuant à suivre le même méridien vers le Sud, on rencontre les Philippines, où l’on n’a pas signalé de pétrole jusqu’ici, mais où il y a de sérieuses chances pour qu’on en trouve tôt ou tard, plus ou moins exploitable.
- Enfin on arrive aux grandes îles de la Sonde, qui sont maintenant un lieu important de production de pétroles, dans des conditions qui rappellent plutôt celles du Mexique qu’aucun des autres types de districts naphti-fères. En 1920 on a évalué à 17 millions de barils la production de ces forages ; ce qui mettait la région des Indes orientales au quatrième rang des pays producteurs.
- Comme théorie, nous pensons que ces îles sont au croisement d’un long axe volcanique faisant pendant à la chaîne des Andes des deux Amériques, avec une dépression qui se rattacherait vaguement à celle des Antilles en passant par le Sahara et la merdes Indes, et par conséquent sa situation serait très analogue à celle du Mexique.
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- * *
- Résumé général. —Dans l’examen des disponibilités du monde en hydrocarbures liquides ou solides, il ne faut pas oublier que les 5/4 de la surface du globe terrestre sont occupés par les mers, et qu’il n’y a aucune raison de croire que les océans soient moins pourvus de gîtes combustiles que les régions émergées (*).
- De plus il faut encore déduire de ces dernières les parties rendues pratiquement inaccessibles, soit par les glaces permanentes comme le continent volcanique austral, soit par une altitude exagérée comme le grand plateau du Thibet, ou par des profondeurs vraiment inabordables comme cela pourrait être le cas sous Paris, ou même dans la région du Rhône, entre Avignon et Alais.
- * * *
- Il résulte de là que nous connaissons trop bien les ressources mondiales en combustibles pour nous faire
- i. Certains anciens fonds de mers sont accessibles aux travaux actuels des mineurs : c’est le cas pour la dépression Cau-casiquc et pour la zone américaine comprenant le bassin de l’Amazone et celui du Mississipi. C’est là un des faits qui expliquent la richesse relative de ces deux régions en gisements d’hydrocarbures.
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- beaucoup d’illusions sur l’avenir de la grande industrie.
- Les ressources connues sont auprès des grands gisements que nous-avons signalés : Mexique, Caspienne, Indes Orientales; en outre la région comprise entre New-York et les Grands lacs et celle du Canada Occidental, cette dernière fait partie de l’Auréole de la grande chaîne volcanique des deux Amériques, avec le Texas, le Mexique et les régions moins connues de l’Orénoque, de l’Amazonie, du Brésil et de l’Argentinè, d’un côté, avec les rives orientales du Pacifique de l’autre côté.
- Les ingénieurs du Geological Survey des Etats-Unis ont essayé de dresser le bilan des réserves probables, que nous mettons en face des productions de 1920. Mais il faudrait y ajouter les pays à gisements pauvres, qui dureront probablement plus longtemps que les contrées à production intensive et surtout que les zones de la Pennsylvanie où la production est disproportionnée avec les ressources en réserve prévues.
- Réserves et productions de 1920 en millions de barils (de 145 litres).
- Le baril type anglais est de 32 gallons et le gallon de 4L 54 soit donc 145,28 litres par baril normal: mais le modèle adopté pour les raffineurs parait dépasser un peu ce chiffre. La densité des huiles variant de 0.8 à 0.9, un baril contient 116 à 150 kg de pétroles; en brut on peut compter couramment 125, soit 8 barils pour 1 tonne de 1000 kg.
- Jï (-.serves. 1920
- Etats-Unis avec l’Alaska. . 8.500 450
- Mexique. . 5.000 165
- Canada 1 .000 2
- Région du Caucase . . . 6.500 25
- Indes Orientales .... 5.500 17
- Perse et Mésopotamie . . 6.500 12 1/2
- Roumanie 800 7 1/2
- Ualicie 700 5 1/2
- Inde . 1.100 7 1/2
- Pérou, Equateur, Côte Pa-
- cilique 6.500 T)
- Argentine, et colé Est des
- Andes 4.000 2
- Japon, Formose,8akhaline. 1.500 2 2/2
- Trinidad 2 1/2
- Chine, Egypte, Nord de 2
- l’Afrique, y compris Tu-
- nisie, Maroc, Algérie. .
- 44.900 env. 700
- Il y aurait donc des réserves pour 600 ans au taux de production de 1920, mais les Etats-Unis seraient épuisés avant vingt ans.
- Inutile d’ailleurs d’insister sur les incertitudes de ces évaluations de réserves ; les chiffres les moins hasardeux sont ceux des Etats-Unis, et ce sont les plus menaçants.
- Quant aux contrées à fractures volcaniques, le Mexique, la Caspienne, les Indes Orientales, il est impossible de prévoir jusqu’à quel point le renouvellement compensera l’épuisement des parties en exploitation.
- Les succédanés. — Que peut-on conclure de ces constatations sommaires ?
- D’abord, dans un temps très restreint, avant vingt ans sans doute, les prix des combustibles s’exagéreront encore,
- avec un renchérissement général de la vie qui bouleversera davantage l’ordre social, déjà si troublé, et menacera de plus en plus l’espèce d’équilibre intellectuel et. moral qui tendait à s’établir avant le paroxysme industriel et qui constituait le progrès vers la civilisation.
- Les contrées qui souffriront le plus sont celles où l’industrie était le plus développée dans ces dernières années, Etats-Unis, Angleterre, Belgique, France et pays allemands, ceux aussi où il y avait abondance relative de combustibles et qui avaien t basé là-dessus les formidables extensions de leurs exploitations industrielles.
- Les nations favorisées seront celles qui vivent aujourd’hui presque sans industrie et sans combustibles autres que les produits journaliers du sol, et parmi elles, c’est la Norvège avec ses puissantes chutes d’eau qui paraît appelée au meilleur maintien, sinon à de grands développements, d’un état d’équilibre satisfaisant.
- D’autres pays, faibles consommateurs, mais bons producteurs agricoles, pourvus de très faibles gisements de combustibles, éparpillés sur une large étendue, et par conséquent à l’abri d’une production intensive, seront encore parmi les peuples relativement heureux : on peut mettre dans cette catégorie les riverains de la Méditerranée : 'Italie, Espagne, Tunisie, Algérie, Maroc.
- Pour parer à la décadence, on fait de tous côtés des efforts énergiques en vue de l’économie des combustibles et de leur remplacement.
- L’industrie a fait, dans le dernier demi-siècle, un progrès considérable en remplaçant autant que possible les moteurs à vapeur par les appareils à combustion interne : l’économie d’énergie calorifique peut atteindre 80 p. 100, plus consi lérable relativement pour les petits moteurs que pour les machines puissantes.
- D’autre part les Etats intelligents surveillent un peu le déboisement et le reboisement de leurs pays : il y a des étendues énormes, surtout dans les pays semi-tropicaux voisins de la Méditerranée, qui pourraient être successivement affectées à la production du combustible végétal, à la condition d’y supprimer la vaine pâture et les nomades, qui sont les plus dangereux ennemis des forêts.
- Comme succédané des combustibles, on a aménagé les chutes d’eau, solution très avantageuse du problème dans les rares contrées où il y a de grandes chutes un peu régulières : la Norvège et la Suède en sont le type, avec certaines parties de l’Amérique du Nord. Ailleurs l’aménagement des chutes irrégulières ne peut être qu’un adjuvant temporaire pour les industrie nombreuses qui exigent la continuité.
- Les progrès de la mécanique ont été considérables dans cette voie : on a su utiliser directement les très hautes chutes et les très basses, ce qui en améliore beaucoup le rendement énergétique. D’autre part la généralisation des transports de force sous la forme de courant électrique permet d’aménager des chutes, mal placées pour l’emploi, et de distribuer indirectement leur puissance dans un assez large territoire, condition nécessaire surtout pour les chutes puissantes, comme celles du Niagara, mais aussi pour les faibles forces qu’on peut ainsi combiner entre elles et avec des moteurs à feu, de manière à obtenir la régularité et à profiter, sous la forme d’économies de combustibles, de tout ce que peut donner la « houille blanche a, expression pittoresque et
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- LA RENAISSANCE DES PÂTÉS A PAPIER EN FRANCE
- assez juste au moins quand on fait de la métallurgie électrique.
- La possibilité de l’utilisation des basses chutes a permis d'envisager, mieux qu’autrefois, « la houille bleue » sous ses deux- formes, les marées et les vagues : de nombreuses études et des projets sérieux ont été publiés sur cette question ; malheureusement l’irrégularité est la lègle de ces phénomènes, comme pour les vents, et on n’a pas encore trouvé de moyen d’emmagasiner l’énergie d’une façon vraiment, pratique permettant de la conserver assez longtemps pour la stocker comme on le fait d’un combustible, presque sans limite de temps ni de distance. Les accumulations d’eau par pompage, qui paraissent le seul emploi pratique des mouvements des vagues, exigent des étendues énormes pour donner des résultats de quelque importance, et les accumulateurs électriques ne sont admissibles que pour quelques instants de suppléance.
- On a cherché aussi.des ressources dans le captage de la chaleur solaire, passablement régulière pendant le
- jour et surtout pendant une demi-journée, dans les régions tropicales, mais qui semble plus utilement employée à la végétation.
- On a proposé aussi l’utilisation de la forte différence de potentiel entre le sol et une face de condensateur placée assez haut : on admet environ 150 volt s par mètre de hauteur : mais le courant est d’un si faible ampérage qu’il faudrait d’énormes appareils pour quelques kilogram-mètres ; là aussi mieux vaut laisser travailler la nature à faire du combustible végétal, opération dans laquelle le courant aéro-tellurique joue un rôle important et donne des résultats notables, parce que l’appareil utilisateur a la même étendue que le sol où pousse le végétal.
- Enfin on fait usage des dégagements gazeux, combustibles émanant de toute la surface du globe, très faibles au mètre carré, mais concentrés par la nature et devenant utilisables là où ils filtrent dans une zone perméable interposée entre des assises imperméables, à la condition d’ouvrir, par un forage, un orifice de sortie assez étroit Où affluent les gaz de toute une contrée. F. Ric.au».
- LA RENAISSANCE DES PATES A PAPIER EN FRANCE
- On connaît la propriété naturelle qu’ont les filaments animaux laineux . de . s’enchevêtrer les uns dans les autres sous certaines influences. C’est le feutrage. ,; - ,
- D’une façon analogue agissent les fibres végétales. Elles forment la cellulose que toute plante contient à doses variables. Lorsque broyée, réduite en bouillie et diluée, on déverse cette cellulose sur- une toile métallique tamisante qui marche en continu, l’agrip-pement des fibres entre elles, facilement visibles au microscope, fournit une surface plane ininterrompue. C’est le papier.
- Le tamis métallique roulant sur lequel se déverse automatiquement la dilution ou pâte à papier, constitue dans toute machine à papier en continu (et il n’en existe plus d’autres maintenant) sa partie antérieure, dite table de fabrication. C’est là, en effet, que le mélange dépose à la surface son sédiment cellulosique, tandis que l’eau s’égoutte dans une fosse sous-jacente. Quand après avoir circulé sur une succession de tapis transporteurs, dits : feutres coucheurs et montants, puis de batteries: de rouleaux creux chauffés à la vapeur, nommés : sécheurs, ce sédiment, devenu sec, formera un tout consistant homogène, il s’enroulera à l’extrémité de la machine sur un mandrin ou bobine. Ce sera le papier, tel que nosjecteurs le voient à la devanture des grands journaux périodiques, se débobinant de son mandrin maternel et allant passer sous des machines rotatives qui l’impriment et le débitent mécaniquement.
- Tel est l’inévitable curriculum, vitæ de tout papier, qu’il soit papier à journal, papier d’emballage, carton, papier à écrire ou papier à cigarettes. Les uniques variantes dans les fabrications consistent dans l’allure donnée à la table de fabrication, selon qu’il s’agit de papiers épais ou minces, et des
- ‘qualités à obtenir. Il n’est plus rare en l’état actuel de l’industrie du papier, de voir fabriquer du journal à l’allure de 150 m. par minute, tandis que pour du papier à cigarette on ne peut guère espérer plus de 15 à 18' m. par minute.
- D’après le Paper Trade Review, les Etats-Unis jaloux de conserver, en tout, le record du colossal, viennent d’installer dernièrement la plus grande machine à papier du monde.
- Sa table de fabrication donne une largeur de papier de 4 m. 55.
- Toutes ses parties tournantes sont montées sur roulement à billes. Elle possède 54 sécheurs chacun de 1 m. 52 de diamètre et embobine son papier à l’extrémité, à raison de 215 m. à la minute. C’est en effet colossal.
- La vitesse possible est également fonction de la préparation cellulosique, autrement dit pâte à papier utilisée. Plus sa teneur sera riche en fibres, plus on pourra accélérer l’allure sans risquer des ruptures (en termes de métier : des cassés) de la nappe continue qui doit aboutir à la bobineuse. On conçoit aisément que les cassés ont le grave inconvénient d’arrêter la machine dans son ensemble, afin de laisser reprendre la feuille cassée et de l’engager à nouveau, à la main, dans les cylindres, qu’on remet ensuite en marche.
- Donc, qu’on nous fasse de bonnes celluloses et nous v7ous ferons de bons papiers.
- Mais pour en extraire de bonnes celluloses, il faut des textiles ou des bois idoines en teneur cellulosique, Des gens sensés m’ont -souvent dit avec naïveté :
- — Mais le coton... ? Pourquoi pas... ?
- — Pour la même raison qu’il serait enfantin de braser avec de l’or, là où la soudure à l’étain fait merveille.
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- Au surplus, l’emploi classique chez nos pères des chiffons et cordes de coton, lin, chanvre, jute, phormium, et encore maintenant dans une très petite proportion par rapport à la production centuplée du papier depuis quarante ans, n’est autre chose qu’une récupération relativement économique des précieuses fibres de ces végétaux. On peut les placer au premier rang en tant que types de riche teneur en cellulose.
- J’ai dit : relativement économique, parce qu’à l’heure actuelle ces fibres de récupération sont souvent plus coûteuses que les fibres neuves. Les bif-fins ne cèdent qu’à prix d’or leurs vieux chiffons et cordages. On les réserve ordinairement pour la
- J’en connus qui offraient d’aller faucher la Mer des Sargasses, du côté des Bermudes, pour en transformer les varechs en cellulose. Un Herr Professor, d’outre-Rhin, proposait d’extraire delà pâte à papier des fanes d’asperges. D’autres, adjudicataires du nettoyage des abattoirs de la Yillette, sur la foi d’essais de laboratoire très rudimentaires, voulaient récupérer la cellulose des déchets semi-digérés dans la panse des bovidés abattus, à tel titre qu’ils constituèrent une société à cet effet.
- Mais je veux rester sur le terrain industriel où s’estompe l’aube d’une renaissance des celluloses en France. Il restait admis, jusqu’avantla guerre, àl’égal
- Fig. x. — Machine pour papier parcheminé avec table de fabrication en 2 mètres de longueur utile. A gauche, la table; au fond, les sècheurs.
- fabrication des papiers de choix et pour papiers à cigarette.
- Pour l’imposante majorité des papiers de tout ordre à usage d’impression, d’écriture, d’emballage, de cartonnage, l’industrie papetière a dû forcément se rabattre sur des celluloses, excellentes du reste, qu’on extrait du sapin épicéa, de l’alfa, de la paille. Ce sont les végétaux les plus idoines. Comme tels, les plus utilisés.
- Afin de mettre une note gaie, mais très exacte, dans cet article, je peux ajouter que tout végétal renfermant de la cellulose à des teneurs variables, on voit surgir à tout moment des prospecteurs de fibres nouvelles. Ils inondent la Presse scientifique ou professionnelle de relations, qui sans être imaginaires, sont voisines de l’utopie. Car, trouver de là cellulose, n’est rien. Pouvoir en livrer à pied d’œuvre à des prix moindres que les celluloses d’usage constant, est tout.
- d’un postulat, que, depuis l’époque, déjà lointaine si l’on tient compte de l’allure de l’Industrie, de 1877-1879 où les savants chimistes allemands, puis Scandinaves: Mitscherlich, Kellner,etc.,etc., mirent au jour les procédés et leurs perfectionnements suc-sessifs pour l’extraction de la cellulose des végétaux, le sapin épicéa était le prototype du végétal cellulosique par excellence et le plus économique. Donc indispensable.
- La Scandinavie, terre de prédestination pour les forêts d’épicéa, se tailla rapidement et sans grandes . peines un monopole des pâtes à papiers. Jusqu’en août 1914 elle tenait ses prix dans des cotes très abordables. On ne s’ingéniait donc nulle part, sauf en Allemagne, à chercher de nouveaux succédanés, pour l’obtention de la cellulose sur une vaste échelle. Malheureusement, au point de vue de ses industriels, ses produits naturels représenlént moins une I denrée effective qu’un pivot permanent à spécula-
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- tions. Au cours de nos souffrances de la grande guerre ils en abusèrent. L’industrie française a le désir naturel de se libérer tôt ou tard, en partie du moins, de la servitude des pays du nord.
- Mais la France ne possède pas, à beaucoup près, sa suffisance du bois type Standard : l’épicéa. Les plus autorisés forestiers sont unanimes sur ce point.
- Evidemment les noms des premiers pionniers en France de la cellulose sont depuis longtemps au tableau d’honneur : Les Outhenin-Chalandre, les Weibel, les Gouraud, les Bergès, les Dalle, et, plus
- 30 septembre 1922. Entre temps elle équipe l’importante usine de La Traille, sur le Rhône, près d’Avignon, et livrera de la pâle avant la fin de 1923 à la consommation. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
- L’autre initiative non moins intéressante, c’est le procédé qui a largement fait ses preuves en Espagne | et en Italie, d’où la France l’importe (car nul n’est prophète en son pays) de l’ingénieur chimiste de Vains. Il se distingue par sa simplicité et son économie.
- L’inventeur de Vains est parti de ce principe, que beaucoup d’auteurs confondent sous le nom géné-
- Fig. 2. — Machine à papier à marche lente et à levage automatique de la feuille, type pour papiers minces. A droite, table de fabrication ; à gauche, sécheurs recouverts d’un couvercle pour éviter les buées.
- récemment dans un redressement d’efforts magnifiques, Navarre, Biclet.
- Nous étions forcément tributaires de l’étranger pour les achats de bois. Cela paralysait l’industrie de la cellulose en France. Il lui fallait des éléments de remplacement, suffisants comme quantité et équivalents, comme qualité, à prélever sur notre sol national ou nos colonies. On s’est finalement rejeté sur nos alfas d’Algérie, mis depuis longtemps à l’épreuve concluante par l’Angleterre, et sur nos pailles métropolitaines : deux éléments qui ne manqueront jamais ; ce qui n’exclut pas l’emploi éventuel du roseau, du bambou, du papyrus, et autres éléments moins ligneux que l’épicéa, sans parler de notre pin des Landes, qui semble devoir devenir utilisable.
- Aussitôt, deux grandes initiatives se sont manifestées pour le traitement de ces éléments. L’une fut la constitution delà Société de l’Alfa. Nous en avons déjà parlé sommairement dans nos Informations du
- riqiie de cellulose, la cellulose proprement dite, d’une part, et la pâte à papier, dite mécanique, d’autre part, ou encore les demi-pâtes. Ces deux dernières ne sont que du bois râpé sur des meules d’émeri. Le produit que fournit cette usure du bois contre la pierre, est une sciure impalpable. On l’obtient, en général, en détruisant par des moyens mécaniques souvent très rudimentaires, beaucoup plus que par des procédés physico-chimiques, le ciment naturel qui réunit la partie fibreuse d’une ligno ou pecto-cellulose, laquelle constitue la cellulose à l’état libre. Ce que j’appelle ciment naturel, est ce que les chimistes appellent les incrustations minérales et résines contenues dans tout végétal. Ces auteurs prétendent arriver à la cellulose pure avec un rendement considérable, moyennant une consommation de produits chimiques très au-dessous delà réalité.
- Pour d’autres auteurs, tout végétal ayant certaines
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- qualités feutrantes dues à la simple division mécanique des filaments est de la cellulose pure.
- Ces deux conceptions sont également fausses. Il est facile de s’en rendre compte par l’examen des photo-micrographies ci-jointes qui sont au grossissement de 100 diamètres. Elles représentent des celluloses pures. Les fibres constituant ces pâtes sont complètement isolées les unes des autres. Les cellules parenchymateuses et scléreuses se présentent chacune sous la forme d’une unité parfaitement visible. La présence de ces cellules indique clairement que le filament a été décomposé en ses éléments, dont, seuls, sont représentés sur la gravure les éléments qui étaient insolubles dans les réactifs employés.
- Dans les pâtes mécaniques, rien de semblable. A la vérité on y verrait çà et là quelques fibres isolées, mais la majeure partie de cette pâle est constituée par des filaments mécaniquement brisés. Toutes les fibres s’y trouvent encore liées entre elles et l’on peut constater l’absence complète de cellules parenchymateuses et scléreuses.
- Une pâte à papier n’est donc pas nécessairement de la cellulose pure. La pâte dite mécanique et les demi-pâtes ont cependant un emploi considérable dans la fabrication du papier journal, des [papiers communs et d’emballage. Mais elles ne fourniront dans la catégorie des fins, que des papiers peu solides et diversement appréciables. Au contraire, les celluloses de nos micrographies fourniront des papiers de qualité supérieure.
- La cellulose pure répond à une formule chimique définie de (CG H10 0S)\ Elle est de contexture fibreuse, dont chaque unité prend une teinte spéciale et définie dans le réactif iode et nitrate de chaux de Séléger. La cellulose se dissout dans le réactif cupro-ammoniacal et reste incolore sous l’action de la phloroglucine.
- La pâte à papier obtenue par des moyens physicochimiques n’a aucune formule définie. Elle .ne se colore pas au moyen du réactif de Séléger avec les mêmes teintes que les celluloses correspondantes.
- Elle ne se dissout pas dans le réactif cupro-ammoniacal, et, enfin, elle se colore en pourpre sous l’action de la phloroglucine.
- Tel est le point de départ du procédé de Vains, pour l’obtention économique de la cellulose puie.
- Pour bien définir ce procédé, je dirai qu’il est une réalisation en grand de la méthode de laboratoire pour extraction de la cellulose rendue classique par ses auteurs : Cross et Bevan, et généralement employée pour déterminer en vue de la fabrication du papier la teneur en cellulose de tout végétal.
- En substance, celle-ci consiste à opérer à diverses reprises successives sur des quantités variant de
- 2 à 5 grammes du végétal mis à l’examen au moyen d’une lessive de soude caustique (N a O H) et du chlore (Cl), puisa laver le produit jusqu’à ce que la cellulose soit complètement isolée et dégagée.
- La mise en pratique industrielle de cette méthode en vue d’une production quotidienne de plusieurs tonnes de cellulose n’était pas chose aisée. Il fallut étudier et construire des machines et appareils spéciaux dont on parlera plus bas.
- Il ressort donc de ce qui précède que le procédé de Vains a le caractère distinctif des procédés au chlore. L’idée d’obtenir la cellulose par le-chlore n’est pas nouvelle. Des essais industriels avaient été tentés en France dès 1900. On avait dû les abandonner. D’une part, la pâte obtenue était de qualité très irrégulière. D’autre part, le chlore gazeux produit à cette époque par l’action de l’acide chlorhydrique sur l’oxyde de manganèse ou sur le chlorure de chaux était d’un prix de revient trop élevé;
- La particularité qui fait novation dans le procédé qui nous occupe est la chloruration en continu, au moyen de l’hydrate de chlore (Cl2, 8ÏP0), alors que dans les procédés anciens c’est l’emploi du chlore gazeux qui prédomine. L'hydrate de chlore est formé par le barbotage du chlore dans l’eau et le chlorure de chaux, dont il sera parlé à la fin de l’article est produit par le barbotage du chlore dans un lait de chaux.
- Fig. 3. — Micrographie de cellulose d'alfa à l’hydrate de chlore obtenue par le procède de Vains à l’usine de Bussi {Italie).
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- Fig. 4. — Micrographie de cellulose de paille de blé à l'hydrate de chlore obtenue par le procédé .de Vains.
- Voici, en outre, quelques notions sur les deux formes de chloruration, l’ancienne chloruration intermittente ; la nouvelle : chloruration en continu.
- Dans la chloruration intermittente on remplit un récipient de matière cellulosique. Entendez par là tout végétal après son lessivage initial. Le lessivage, puis la chloruraliou désin-crustent le végétal de ses matières siliceuses ou résineuses. On se trouve alors en présence d’une matière cellulosique à forte teneur en cellulose.
- On admet ensuite dans ce récipient une quantité de chlore variable qui attaque la matière cellulosique et, en se combinant avec elle, effectue la chloruration. Puis, il faut vider le récipient et répéter successivement la même opération. Ce qui n’est pas de la cellulose a formé les composés chlorés que le lavage éliminera par la suite. Il reste donc la cellulose pure.
- Dans la chloruration en continu (procédé nouveau) on fait entrer dans un récipient, d’un côté de la matière cellulosique et par une autre ouverture le chlore. La matière cellulosique et le chlore se combinent comme dans l’ancien système et, à l’opposé du récipient sort la matière chlorurée dont les composés chlorés seront éliminés par le lavage, comme précédemment.
- Le nouveau procédé en continu offre donc un gain considérable de temps en évitant les intermittences I
- occasionnées par chaque chargement des récipients. De plus il .permet une production uniforme qui est impossible dans le procédé intermittent, attendu qu’avec cet ancien procédé il est difficile de mesurer exactement les quantités de matière cellulosique et de chlore mis en présence à chaque opération successive, la matière cellulosique se présentant à l’état de dilution dans l’eau dans des proportions variables.
- Avec le procédé nouveau on règle mécaniquement, une fois pour toutes, les quantités de matière cellulosique et de chlore entrant en présence dans la même unité de temps. On obtient donc, grâce à lui, une régularité absolue.
- Mais ceci n’est que le prélude pour ainsi dire, du nouveau procédé, qui au fond, repose sur la production électrolytique du chlore et de la soude et sur l’emploi de l’hydrate de chlore (eau chlorée) en continu alors que l’ancien procédé n’utilise pas cette eau.
- Par l’ancien procédé on attaque au lessivage la matière cellulosique, uniquement par la soude. Et comme il faut pousser l’attaque à fond, cela entraîne à une grande consommation de soude. On se trouveJà dans la perplexité, ou de tomber dans l’exagération d’emploi de soude aùquel cas on [peut attaquer la cellulose elle-
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- même ; ou si l’on ne force pas assez en soude, de mal désincruster les matières végétales de leurs incrustants : silices, résines, gommes.
- Maintenant que cette théorie un peu longue est exposée, il ne reste plus qu’à exposer les phases successives du nouveau procédé qui livrera une cellulose parfaite après les opérations purement mécaniques en usage telles que le défibrage et les lavages.
- Procédons avec ordre :
- 1° Lessivage modéré de la matière végétale à traiter dans une solution alcaline faible.
- 2° Chloruration en continu, par l’hydrate de chlore, des substances non cellulosiques.
- 3° Solubilisation des produits celluleux de la chloruration imparfaitement formés, au moyen d’une solution alcaline.
- 4° Blanchiment de la demi-pâte obtenue par les opérations ci-dessus, au moyen d’une solution de chlorure de chaux.
- Les produits chimiques nécessaires à ces opérations sont :
- La lessive de soude caustique (NaOH).
- I*e chlore (Cl).
- La chaux (Ca 0).
- Les deux premiers sont obtenus facilement au cours de la décomposition du sel marin (chlorure de sodium) par l’électrolyse ; par conséquent, abstraction faite de la matière première fibreuse et du combustible, il ne faut pour l’application du procédé, que :
- 1° du sel marin (NaCl), 2° de la chaux (CaO), 3° de la force motrice.
- Mais l’adaptation du procédé de Vains exige une installation d’électrolyse et un appareillage permettant de transformer le chlore gazeux en hydrate de chlore et en chlorure de chaux.
- La demande intensive de chlore à l’usage des gaz asphyxiants durant la guerre a développé rapidement le perfectionnement des électrolyseurs, si bien que leur fonctionnement est actuellement tout à fait au point en tant qu’appareils d’usage courant.
- Examinons maintenant en détail chaque partie d’une fabrique de cellulose, et à titre d’exemple concret choisissons le traitement de l’alfa.
- Jusqu’à présent l’alfa n’était traité dans les nombreuses fabriques d’Angleterre que par l’ancien procédé, à la soude.
- Actuellement l’alfa, dont la teneur en cellulose est d’environ 50 pour 100, est coupé menu par des machines, puis transporté dans des cyclones de dépoussiérage d’où il est réparti par des vannes dans différents silos. Des silos, l’alfa tombe dans les lessiveurs d’une capacité de 30 à 50 m3. Il est lessivé à l’aide d’une lessive faible de soude caustique dont l’effet est de dissoudre les matières incrustantes. Le chauffage se fait indirectement, la lesssive circulant continuellement au moyen d’une pompe à travers un réchauffeur disposé à l’extérieur du lessiveur. On évite ainsi la dilution de la lessive par la condensation de la va-
- peur et on obtient une attaque uniforme de toute la matière contenue dans le lessiveur. Un dispositif ingénieux permet, par le seul déplacement d’un levier, d’intervertir le sens de la circulation de la lessive dans le lessiveur, ce qui brasse la matière, qui sans cela se tasserait peu à peu et ce qui améliore et active l’effet du lessivage. Ce lessivage consomme une quantité considérable de chaleur, sous forme d’échappement et de lessives usées chaudes. Mais les calories sont pour la majeure partie récupérées et utilisées pour chauffer Feau de lavage destinée, soit à rincer la matière lessivée, soit à préparer de nouvelles lessives de cuisson. Il en résulte, que les lessiveurs ne se refroidissent pas et que, par suite, la consommation de vapeur et de combustible est très réduite.
- On peut suivre les progrès du lessivage par l’observation de la température, par des analyses régulières de la lessive et par la surveillance de la pression dans le lessiveur et le réchauffeur.
- Après un lavage à grande eau, le lessiveur est vidé dans des caissons à fond perforé où la matière s’égoutte. Elle est transportée ensuite à des machines de défibrage. Ces machines la transforment en mi-pâte, par Je malaxage, la trituration et le brassage. Ces différentes opérations n’exercent sur les fibres aucune action nuisible.
- La pâte, très diluée après ces diverses opérations, est épaissie dans des tambours laveurs ; l’eau 'qui. s’en écoule ^est chargée d'incrustants dissous par Je lessivage. Les opérations de lavage sont faites plusieurs fois et à contre courant. On arrive donc, avec une consommation d’eau relativement très réduite, à avoir une pâte propre qui est enfin débarrassée dans un sablier, des pierres, du sable et des autres impuretés.
- Le sablier consiste en un canal de 100 à 200 mètres de longueur, très légèrement incliné, dans lequel la pâte très diluée coule très lentement, ce qui permet à toutes les matières denses de se déposer; elles sont retenues par des râteliers de bois qui forment le fond du sablier.
- Ainsi purifiée, la pâte passe dans un épaississeur où elle perd une grande partie de son eau; elle a alors la consistance d’une bouillie épaisse. Elle est prise par une pompe aspirante et foulante qui la pousse dans les chlorureurs où elle est soumise à l’action de l’hydrate de chlore.
- A la sortie des chlorureurs, les acides qui se sont formés et qui sont solubles ainsi que l’excès éventuel de chlore, sont neutralisés par une solution alcaline, de sorte que la pâte n’attaque pas chimiquement les appareils et les machines où elle passe dans la suite de sa fabrication.
- La pâte est ensuite lavée avec des eaux provenant de lavages précédents, puis elle est classée.
- Les classeurs ramènent la pâte à une dilution d’environ 1/4 pour 100 et la font passer à travers de fines toiles métalliques qui retiennent tous les incuits, autrement dit les parties incomplètement
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- LA. RENAISSANCE DES PATES A PAPIER EN FRANCE ...93
- attaquées par la soude et le chlore et qui seraient par conséquent difficiles à blanchir. La pâte ainsi épurée est amenée par une pompe dans les piles blanchisseuses où elle est légèrement chauffée et blanchie au chlorure de chaux.
- Les piles blanchisseuses sont des récipients en ciment armé, en forme de bac, dans lesquelles la pâte est maintenue en circulation par un agitateur. On leur donne habituellement une capacité de 50 à 150 m3. Après le blanchiment, la fabrication proprement dite est terminée.
- Toutefois, pour que la cellulose puisse être vendue,
- Tel est le processus de la fabrication dans une usine de cellulose.
- Encore quelques mots sur l’électrolyseur de Vains, puisqu’il est Lame de la Renaissance de la cellulose en France par ce nouveau procédé, et j’aurai tout dit.
- C’est un appareil à diaphragme, composé d’un cadre, d’anodes de graphite et de tôles cathodiques; l’espace cathodique est séparé de l’espace anodique par un diaphragme d’amiante.
- La saumure de chlorure de sodium est continuellement décomposée en chlore (Cl) et en soude caus-
- Fig. 6. — Salle de batteries de piles à l'usine de la Roberlsau.
- C’est dans ces piles que se préparent les libres de cellulose et les divers mélanges qui constitueront la pâte à papier
- à déverser sur la table de fabrication.
- il faut encore la taire passer sur un séchoir. Celui-ci a beaucoup d’analogies avec les machines à papier et à carton classiques. La pâte liquide chemine sur une toile métallique en continu et y forme une feuille qui, au moyen d’un feutre sans fin, est conduite entre les cylindres de pressage, puis enfin dans une série de cylindres sécheurs chauffés à la vapeur.
- Généralement, on fixe à l’extrémité de l’installation, une coupeuse qui débite la feuille en continu, en larges feuilles ; celles-ci sont immédiatement triées, comptées et emballées. On les expédie sous forme de balles aux diverses papeteries qui retransforment [ces balles en pâte, laquelle, mélangée avec d’autres substances, afin de la coller ou éventuellement d’y introduire de la charge, donne enfin le papier qui serà livré au commerce.
- tique (NaOH). Cette dernière est diluée pour être employée au lessivage. L’alimentation en saumure se fait automatiquement.
- Le chlore, comme je l’ai signalé au début, est conduit à travers des tuyaux de grès dans des tours également en grès où il forme, dans les unes de l’hydrate de chlore, dans les autres du chlorure de chaux.
- Lorsqu'on veut obtenir le chlore sous la forme d’hydrate, on arrose les tours avec de l’eau, et pour obtenir le chlorure de chaux, une autre tour est arrosée avec un lait de chaux.
- Pratiquement, il suffit d’une installation si simple qu’elle permet les plus grands espoirs pour le développement de l’industrie de la cellulose en France et, conséquemment, de notre industrie pape-i tière tout entière. Juan-Emile Barbier.
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- LES ONDES ÉLECTRIQUES DE COURTE LONGUEUR
- Les ondes électriques les plus courtes qui aient jamais été obienues, viennent d’être réalisées par M. Nichols, du Laboratoire Nela de Cleveland. Ce laboratoire, dans lequel on étudie tous les problèmes relatifs à l’éclairage, est une dépendance de la General Electric C°.
- Avant d’exposer les résultats obtenus par le Dr Nichols, i! faut tout d’abord préciser le sens du mot ondes électriques.
- Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour admettre, suivant les idées de Maxwell, que la lumière est formée d’ondes électriques, et qu’il y a identité de nature entre les ondes utilisées par la T. S. F. par exemple, et celles qui impressionnent notre œil; la seule différence porte sur la longueur d’onde de ces ébranlements.
- L’identité se poursuit beaucoup plus loin et s’étend j usqu’aux rayons X et aux rayons y du radium. Pour cette raison, ces derniers peuvent être considérés comme les ondes électriques détenant le record de la plus courte longueur d’onde ; mais ce n’est pas d’eux qu’il s’agit ici.
- Nous voulons parler des ondes électriques au sens où Hertz comprenait ces mots, lorsqu’il entreprit les expériences célèbres qui démontrèrent à la fois l’exactitude des vues de Maxwell, l’existence d’ondes électriques se propageant à travers l’espace avec la vitesse de la lumière, et l’identité de ces ondes avec celles de la lumière. Bref nous voulons parler d’ondes électriques engendrées par la décharge oscillante d’un condensateur; à cette catégorie appartiennent les ondes utilisées pratiquement en T. S. F. ; tout le monde sait aujourd’hui qu’elles s’échelonnent entre 50 mètres et 20 km.
- Hertz, guidé par des vues théoriques, avait surtout cherché à réaliser des ondes beaucoup plus courtes, de façon à se rapprocher autant que possible des longueurs d’onde de la lumière ordinaire, et à vérifier directement que les radiations nouvelles avaient des propriétés optiques analogues à celle de la lumière qui nous est familière. Les ondes de Hertz n’avaient que quelques mètres de longueur : après la mort prématurée du savant allemand, d’autrés cherc'Hëû'rsHs’eflbrcèrenl toujours dans le même but de produire des ondes plus courtes; grâce aux efforts de Righi, Sarrazin et de la Rive, on descendit jusqu’à quelques décimètres; puis quelques centimètres.
- Jagadis Shunder Bose obtint même des ondes de G millimètres.
- Même avec ces dernières, une large lacune subsiste encore entre les ondes électriques et les ondes optiques, si par quelque moyen cette lacune pouvait être franchie, non seulement la science disposerait de radiations encore inconnues et dont les propriétés se révéleraient peut-être utiles, mais on pourrait, envisager ce que l’on a appelé la synthèse de la lumière, c’est-à-dire la production'de rayons lumineux par des moyens purement électriques, et avec un rendement bien supérieur au rendement véritablement infime de nos sources actuelles de lumière.
- ' Les plus économiques d’entre elles se transforment en effet en lumière ulile qu’une fraction très làible de l’énergie qu’elles consomment.
- 11 est aisé de mesurer la ' difficulté du problème ainsi posé.
- Le spectre visible ne contient qu’une très courte
- gamme de longueurs d’onde, dont les longueurs s’échelonnent entre 0 cm, 000058 (rayons violets) et 0 cm, 000078 (rayons rouges). Au delà des rayons violets, du côté des courles longueurs d’onde, on a une suite de radiations qui est aujourd’hui explorée sans discontinuité jusqu’aux rayons X et y; en deçà des rayons rouges, du côté des grandes longueurs d’onde il n’en était pas, jusqu’à ces derniers temps, absolument de même; toutefois on y connaissait toute une série :,de radiations invisibles, dites infra-rouges, qui prolongent très loin le spectre lumineux ; le grand physicien américain Langley, puis Rubens et Nichols par leur méthode des rayons restants, et enfin Rubens et Wood, ont progressivement prolongé la zone explorée dans l’infrarouge jusqu’à 0 cm, 055.
- Entre cette limite et les ondes de 0 cm, (5 réalisées rlu côté des radiations électriques, il restait donc une lacune importante; c’est elle que le D1' Nichols vient de combler complètement, en produisant des ondes électriques de longueurs comprises entre 1 cm. et 0 cm, 025. Ces dernières sont les plus courtes ondes électriques réalisées jusqu’ici et l’on voit qu’elles rejoignent et débordent la zone extrême précédemment explorée dans l’infra-rouge.
- Pour la produire, le Dr Nichols fait éclater des étincelles entre deux petites tiges de tungstène, séparées par un très court intervalle, et plongées dans l’huile de kérosène.
- Ces tiges de tungstène sont scellées chacune dans un petit tube de verre, d’où leur pointe seule émerge sur une très faible longueur. Elles constituent un oscillateur de Hertz et sont chargées à un potenliel élevé au moyen d’une bobine d’induction. Le principe de ce dispositif est en somme identique à celui qu’employèrent les successeurs de Hertz, notamment Snrazin et de la Rive.
- Quand l’étincelle éclate entre les deux pointes, il se produit une décharge oscillante de courte durée qui donne naissance à un train d’ondes électriques de courte longueur.
- La longueur d’onde de la radiation émise dépend des dimensions et du montage des tiges de tungstène.
- Les radiations les plus courtes ont été obienues avec dès fils de tungstène de 1/10 de millimètre de longueur et de diamètre.
- Le faisceau divergent de rayons ainsi créés est rendu parallèle au moyen d’une lentille en paraffine; on mesure l’intensité des rayons au moyen cl’une sorte de radio-mètre de Crookes : la déviation de l’équipage mobile de cet appareil sous l’action d'une radiation incidente est proportionnelle à l’intensité de celte dernière. Pour analyser exactement le faisceau et mesurer .la longueur d’onde des radiations qui le composent, le I)r Nichols a créé un très ingénieux interféromètre, qui lui a permis de constater qu’il avait effectivement exploré une zone de radiations jusqu’alors inconnue.
- Avec le même appareil/le savant physicien a pu également explorer à nouveau les régions déjà connues de l’extrême infra-rouge et mesurer la longueur des radiations extrêmes appartenant à eéque l’on appelait autrefois la chaleur rayonnante.
- C’était là un moyen très sûr de contrôler les résultats obtenus dans la zone jusqu’alors inconnue.
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- UN AUTODROME SUR LE TOIT D’UNE USINE ----- 95
- « Ainsi, dit le D1' Nichols avec une légitime satisfaction clans une intéressante élude que publie Popular Radio, ainsi pour la première fois l’on a obtenu cl’une part : des ondes provenant de corps chaud ; d’autre part des ondes électriques, engendrées artificiellement, et ayant la même longueur que les précédentes : on les a comparées
- et on les a trouvées identiques. Celte expérience constitue donc le dernier chaînon dans la longue chaîne de preuves expérimentales qui a établi un lien entre la lumière et les ondes électriques. C’est une nouvelle preuve convaincante à l’appui de h théorie électromagnétique delà lumière de Maxwell ». A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et mai 1923.
- La désaimantation du fer par les oscillations électro-magnétiques. — M. S. R. Mitra, revenant sur le phénomène signalé en 1842 par Henry, s’est proposé de l’étudiër dans des limites de fréquence aussi étendues que possible en utilisant des oscillations entretenues par des lampes à trois électrodes. Les résultats obtenus s’expliquent, soit en admettant que les oscillations du champ provoquent des vibrations des aimants moléculaires et agissent comme des vibrations mécaniques, soit en remarquant qu’à l’instant où le champ
- oscillant est en sens inverse de l’aimantation résiduelle il tend à faire disparaître celle-ci.
- Le pouvoir thermo-électrique des alliages. — Cette donnée varie considérablement avec la composition du métal et des expériences de M. Pélabon qui ont porté sur les alliages Sn + Bi, Sb + Cu, Sb -j—, S b + Zn, il ne semble pas qu’on puisse trouver là des indications précises sur l’existence ou non de composés définis à une température fixe. t Paul B.
- UN AUTODROME SUR LE TOIT D’UNE USINE
- Les voilures qui ont couru au dernier Grand Prix automobile ont montré l’utilité de taire sur des autodromes ou sur des pistes les essais des châssis spéciaux construits en vue de ces courses. C’est
- le seul moyen de se rendre compte par l’expérience des qualités des différents organes, de la résistance qu’ils montreront» aux vitesses élevées que l’on veut obtenir.
- Fig,, 1. — Les usines Fiat à Turin On aperçoit l’autodrome sur le toit du grand bâtiment.
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- UN AUTODROME SUR LE TOIT D’UNE USINE
- Fig. 2. — La piste d'automobiles sur le toit des usines Fiat. Détail du côté nord de la piste : les ascenseurs, le virage.
- Il est question en France d’installer un ou deux autodromes ; il n’y a encore là que des projets, sur lesquels nous reviendrons quand ils seront plus près des réalisations.
- En Angleterre et en Amérique des pistes spéciales pour l’essai des automobiles existent et les constructeurs en tirent de sérieux avantages.
- Une solution originale, qui n’est d’ailleurs pas à la portée de toutes les usines, est celle qui a été adoptée à Turin par la Société des Automobiles Fiat.
- On a établi en haut des bâtiments une piste véritable, qui constitue la toiture d’un grand édifice rectangulaire dont le périmètre est de 1160 m.
- Les châssis sont transportés jusqu’à 50 m. de hauteur^ où se trouve la piste elliptique de 24 m. de large et déplus de 1 km. de long. Cette piste est faite en béton armé, elle est recouverte d’asphalte : elle est protégée par un mur épais de 1 m.-50 dans les lignes droites; dans les courbes, le mur a 3 m. sur le côté extérieur. Les virages sont relevés ainsi que dans les vélodromes et on a profité de cette surélévation pour établir les ateliers de réglage au-dessous des virages; on peut y pénétrer par un passage qui se trouve àr l’extrémité des parties rectilignes,
- Le sol est légèrement convexe afin d’obliger l’eau à couler dans les gouttières, et des tuyaux de chauffage à vapeur à haute pression sont préparés sous la piste de façon à fondre la neige et la glace en hiver.
- On peut ainsi procéder à des essais par tous les temps et en toutes saisons.
- La distribution d’essence est assurée par des systèmes de pompes et les réservoirs sont construits de façon qu’il ne reste pas le moindre produit inflammable dans l’édifice.
- Des dispositifs analogues sont pré-
- vus pour les huiles qui sont contenues dans les réservoirs souterrains, pouvant être chauffés par des tuyaux de vapeur quand cela est nécessaire.
- Des pompes à air servent à gonfler les pneus; pour la mise en marche des moteurs, on utilise un réseau de distribution de courant à 12 volts, qui actionne des démarreurs électriques.
- Pour s’y reconnaître dans toutes ces tuyauteries diverses, on a peint en jaune les tuyaux de gaz, en vert ceux d’essence, en bleu ceux d’air comprimé, et en rouge ceux de distribution d’eau.
- On peut alors essayer le châssis provisoirement tout d’abord avec une carrosserie spéciale.
- Ces essais sont au nombre de deux, faits chacun par un vérificateur différent.
- Si quelque défaut est reconnuj le châssis e>t renvoyé à l’usine; si les résultats sont bons, le châssis passe aux atetiers de carrosserie.
- Une fois terminé il est soumis à une nouvelle épreuve.
- 11 est nécessaire d’assurer pour la circulation des voitures sur l’autodrome une discipline sévère; car, étant donné la hauteur à laquelle se trouve la piste, tout accident serait susceptible d’entraîner des conséquences fâcheuses.
- L’originalité de cette disposition est remarquable, mais elle exige des usines très étendues. Par contre, elle assure aux ateliers de construction une piste qui leur est personnelle, et sur laquelle ils peuvent, sans obstacle et sans gêner autrui, se livrer en toute liberté et méthodiquement, aux essais et vérifications nécessaires à la mise au point de bonnes voitures.
- E. Weiss.
- Fig. 3.
- Le virage sud de la piste.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lajiure, rue de Fleurus, 9, Paris,
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- LA NATURE.
- N* 2576.
- AOUT 1923.
- LES PILOT-CHARTS DE LA MARINE AMERICAINE
- et l’art de bien naviguer.
- T
- 9Ton
- g|
- Si, en géométrie, la ligne droite ou l’arc de grand cercle restent sans conteste le plus court chemin d’un point à un autre, il est loin d’en aller toujours ainsi pour le marin qui ne doit compter que sur ses voiles pour le pousser vers tel ou tel point du globe. En fait, on surprendrait beaucoup de gens en leur apprenant qu’un bâtiment à voile partant de Brest, par exemple, pour se rendre en Nouvelle-Calédonie, doit commencer par se diriger vers le cap San Roque, point le plus avancé vers l’est du continent Sud-Américain, en se servant des vents du Nord-Est, dits alizés (fig. 1). Ces vents soufflent régulièrement dans la zone de l’Océan Atlantique comprise entre les parties nord de l’Afrique Occidentale et de l’Amérique du Sud. De là notre navire descend le long de la côte du Brésil et de l’Argentine, pour aller chercher une autre série de vents réguliers et souvent violents du Nord-Ouest et d’Ouest qui l’amène rapidement jusqu’à la'-longitude du cap de Bonne-Espérance, dont il passera à environ 600 milles (1100 km) au Sud. >
- Ce crochet allonge en apparence la route de quelques 5000 milles, mais en fait il la raccourcit d’un nombre important de semaines et peut-être de mois, parce qu’un navire qui s’aviserait d’aller doubler le cap de Bonne-Espérance en prenant la route directe le long de la côte occidentale du continent Africain, aurait à louvoyer contre des vents presque toujours contraires et subirait un retard de longueur indéterminée (•).
- Si l’action des vents n’a plus, pour les navires à vapeur, la même valeur que pour leurs confrères à voile, il n’en est
- 1. Granpré, au xvu* tiède, cite un navire qui mit 11 mois pour aller de France à Angola (côte ouest it’AlVi-que) « parce qu’il voulut longer rouliniè'rc-ment les rivages de l’Afrique ».
- /O 20 30 40 60 60
- il.lil.tr l-r h
- 70 80 30 IOO
- -t-r+r+H
- Fig. 2. — Exemple des indications pour les vents observés. (Pilot-chart de janvier iç23.)
- a, moyenne des vents et des calmes dans le Sud Est de Terre-Neuve sur la route des paquebots.
- b, moyenne des vents et calmes sur l’Equateur devant le golfe de Guinée.
- Fig. i. — Route que doit suivre un navire à voile allant de France en Extrême-Orient pour utiliser les vents permanents.
- pas moins important pour eux que leur route soit tracée en tenant compte de leur régime général, de façon à n’avoir pas à affronter, dans la mesure du possible, des grosses mers ou des courants dont l’action se traduit nécessairement par des retards ou des avaries, c’est-à-dire par des consommations excessives de charbon et des pertes d’argent.
- Si ces préoccupations ont toujours hanté l’esprit des capitaines, elles se sont, dès 1865, particulièrement imposées à celui d’un jeune officier de marine américain, le lieutenant de vaisseau Maury, dont les travaux météorologiques ont fait connaître le nom aux marins du monde entier.
- C’est par l’étude des vents dans l’Atlantique Nord que commença Maury. Ayant recueilli un nombre considérable d’observations, il établit des caries spéciales où leur régime était représenté, comme il l’est encore sur les admirables Pilol-Charls du Service Hydrographique de la marine des Etats Unis, dont nous allons parler.
- Vers 1905, la marine anglaise pensa devoir à sa dignité de première marine du monde, de publier, elle aussi, des cartes analogues à celles de Maury et du Service Hydrographique Américain. Mais après deux ans, elle dut renoncer à des essais qui ne donnaient pas aux intéressés toute satisfaction.
- Une autre concurrence se dressa, vers 1906, aux États-Unis même. Lé Grand Service civil du Weather
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- 616 Année. — 2" Semestre
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- 98 == LES P]LOT-CHARTS DE LA MARINE AMÉRICAINE
- riées, forment un ensemble très complet, où chaque donnée cependant ressort avec une nelteté admirable. Très luxueusement gravées et imprimées, ces cartes sont vendues 10 cents, ce qui, en remontant aux temps fabuleux où le dollar valait 5 francs, les mettait au prix de 0 fr. 50.
- Pour obtenir la masse énorme de renseignements qui sont condensés dans les Pilot-Charts, l’Hydrographie Service remet à tous les capitaines de navires touchant aux ports des Etats-Unis un questionnaire où ceux-ci sont priés d’inscrire leurs observations météorologiques et autres, et de noter les incidents qu’ils pourront recueillir au cours de leur traversée. Ces feuilles sont renvoyées sans frais à l’Hydrographie Service.
- Ce Service dispose en outre de petits bâtiments qui font des observations directes. C’est ainsi notamment que deux navires ont été longtemps affectés à la surveillance spéciale des icebergs qui constituent un si grand danger pour les bâtiments traversant l’Atlantique Nord entre les ports d’Europe et ceux du nord des États-Unis.
- Rappelons seulement à ce sujet la catastrophe, en 1912, du grand paquebot * anglais Titanic, éventré par un iceberg, qui coula en entraînant à la mort 1600 personnes. Ces navires de surveillance s’attachaient aux icebergs placés sur„.Ja route des paquebots et par conséquent particulièrement dan-
- Fig. 3. — Indications des courants sur les pilot-charts Le Gulf-Stream à sa naissance dans le golfe de Floride.
- Bureau, analogue à notre Service Central Météorologique, s’avisa qu’il devait lui appartenir de régenter la météorologie maritime et de publier lui-même des Pilot-Charts. Pour régler ce conflit, on demanda aux marins une consultation, à laquelle, dans une largeur d’esprit que je me plais à signaler, les navigateurs étrangers furent invités à participer.
- Le résultat en fut net et décisif. Le Weather Bureau dut renoncer à ses prétentions et, depuis cette époque, l’Hydrographie Office travaille seul à la publication de ces cartes auxquelles les marins de toutes les nations sont redevables d’une foule de renseignements des plus précieux. 11 ne cesse pas d’ailleurs de les perfectionner. Les Pilot-Charts sont publiées tous les mois pour l’Atlantique Nord, à des intervalles variables pour l’Atlantique Sud, le Pacifique, l’Océan Indien, etc.
- Nous allons passer en revue les différents éléments qui les composent, et qui, inscrits en couleurs va-
- S 5- long. W
- la tM
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- 'Terre-Neuve
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- Ftg. 4. — Indications des brumes sur le banc de Terre-Neuve. Position des Ioébergs — Epaves et bouées en dérive.
- Baharna
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- LES P J LOT-CH ARTS DE LA MARINE AMÉRICAINE
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- Fig. 5. — Pilot-chart de janvier /92J.
- Tracé des routes de quelques dépressions observées dans le mois précédent. Les cercles marquent la position des centres de dépressions.
- (Remarquer la dépression ab du 12 Décembre qui le i3 se divise en deux : b qui file directement au N-E et a qui disparaît après une marche accidentée.)
- Échelle
- de Beaul'ort. Vitesse du veut.
- gereux. Ils les suivaient dans leur course vagabonde jusqu’au moment où ils disparaissaient pour les causes dont nous parlerons plus loin. Ils signalaient chaque jour leur position à l’Hydrographie Service qui pouvait ainsi prévenir les capitaines. Celte chasse aux icebergs a fourni à plusieurs reprises aux équipages du navire de surveillance l’occasion d'assister au spectacle rare et émouvant du retournement de la montagne de glace lorsque, sous l’efFet de la fonte de la partie immergée, l’équilibre se rompt et le chavirement de l’énorme masse se produit.
- Vents. — Le régime probable des vents est indiqué, sur les Pilot-Char ts, de la façon suivante
- La carte est divisée en carrés de 5° de longitude et de latitude (fi g. 2).
- Au centre de chaque carré une rose des vents teintée en bleu montre le caractère des vents qui ont soufflé dans le carré au cours d’une longue période d’observations pendant le mois considéré. Les flèches indiquent la direction' des vents dominants. La longueur de la flèche, mesurée du centre et rapportée à l’échelle jointe à la carte, indique le nombre de fois pendant lesquelles ce vent a soufflé sur 100 observations. Le nombre des barbes de chaque flèche donne la force de ce vent d’après l’échelle de Beaufort, que nous reproduisons ci-dessus. Enfin le nombre inscrit au centre du cercle montre le pourcentage des calmes ou des brises légères.
- Échelle
- de Beaufort. Vitesse du vent.
- Calme. ......................... 0 O"1 à 0,5
- mètres-seconde.
- Presque calme................... 1 0,5 à 1,5
- Légère brise............. . 2 , 1,5 à 5,5
- Petite brise.................... 5 5,5 à 5,5
- Jolie brise..................... 4 5,5 à 8
- Fig. 6. — Exemple de routes d’aller et de retour L laissant entre elles une distance de 40 milles pour éviter les rencontres.
- Bonne brise 5 8 à 11
- Bon frais G 11 à 14
- Grand frais 7 14 à 17
- Petit coup de vent. . . . 8 17 à 21
- Coup de vent 9 21 à 25
- Fort coup de vent. . . . 10 25 à 29
- Tempête U 29 à 54
- Ouragan 12 Plus de 54
- mètres-seconde.
- Courants. — Les courants marins sont indiqués par de courtes flèches noires dont le réseau est d’autant plus serré que le courant qu’elles décèlent est plus fort. La figure 3 que nous donnons en exemple montre le canal de la Floride, d’où s’échappe le Gulf-Stream. On y remarquera le contre-courant qui règne le long de la côte Est de Floride, tout comme le long des berges des grands fleuves.
- Brumes. — Des lignes de points bleus entourent les zones où les brumes paraissent le plus fréquemment en janvier.
- Un chiffre inscrit sur le pourtour de ces zones indique le pourcentage des jours dans lesquels ces brumes ont été observées. La figure 4 montre une_de_c.es zones où les brumes sont redoutables par leur fréquence et leur intensité. Il s’agit d’pn espace de l’Atlantique compris entre 40 et 50° de latitude nord et 45 et 55° de longitude ouest où viennent se heurter les eaux froides amenées par le courant qui descend du Nord et celles plus chaudes du Gulf-Stream.
- Les glaces sont figurées par des cercles, s’il s’agit
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- de champs de glace, ou des pyramides s’il s’agit d’icebergs. Ces indications sont placées à l’endroit même où les champs ou icebergs ont été rencontrés pendant le mois précédent, avec la date de la rencontre (fig. 4).
- Ces icebergs, si dangereux, sont des blocs énormes qui se détachent des glaciers du Labrador, du Spitz-berg, etc., et tombent à la mer. Au cours de l’été, sous l’action du courant venant du Nord, ils descendent vers Terre-Neuve et se tassent et /'agglomèrent sur la côte nord-est de cette île. L’hiver venu, ils se ressoudent et forment une banquise qui bloque la côte Est de Terre-Neuve. L’été suivant, cette banquise se disloque, et les icebergs, reprenant leur course, se dirigent vers le Sud, toujours sous la poussée du courant polaire, en passant par le détroit de Belle-Isle, ou par l’Est. Ils arrivent ainsi jusqu’aux premiers filets du courant du Gulf-Stream qui les ramène vers l’Est et les fond lentement. En un ou deux mois ils disparaissent^1).
- Boutes à suivre par les bâtiments. — J’ai déjà parlé de ces routes dans le numéro du 16 sept. 1922 de La Nature. Je rappellerai donc seulement ici que ces routes ont été rendues obligatoires et qu’elles se répartissent en routes d’aller et en routes de retour séparées par une distance de 40 milles, de façon à éviter les rencontres. Ces routes sont tracées dans les Pilot-Charts (fig. 5). Elles varient suivant les saisons, elles sont plus au Nord pendant les mois d’hiver parce que plus courtes et que les icebergs soudés à la banquise ne circulent pas, plus au Sud pendant les mois où les dangers errants sont poussés vers le Sud.
- De plus, les Pilot-Charts indiquent les routes que doivent prendre de préférence les vapeurs à faible puissance. Ces routes sont plus longues à la vérité, mais les font passer par des parages où ils ont des chances de ne pas rencontrer lés grosses mers, que
- î. Voir à cc sujet l'artide du Commandant, Poncelet, dans La Nature, 25 avril '1914.
- leurs frères, les grands paquebots, peuvent affronter avec moins de risques.
- Dépressions. — Un des renseignements les plus importants donné par les Pilot-Charts est le tracé des trajectoires des centres des principales dépressions atmosphériques observées pendant le mois précédent. Ce tracé est fait en lignes rouges avec indication de la position du centre de la dépression à midi tous les jours. Nous en représentons quelques-unes sur la figure 6. (Le Pilot-Chart de janvier en porte 18.) On notera que presque toutes proviennent de la partie de côte des États-Unis comprise entre les 55e et 45e degrés de latitude Nord, et semblent suivre, dans leur course, le Gulf-Stream dès sa naissance à la sortie du golfe du Mexique. Ces tourbillons, souvent très redoutables, atteignent leur maximum de puissance le long de la côte d’Amérique. Ils traversent généralement l’Atlantique et se diluent sur les côtes d’Europe.
- Fig. 8. — A bord de l’Aquitaine en içot.
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- Fait remarquable, on n’en trouve pas au sud du 50e degré de latitude Nord. En observant, sur la figure 5, les positions successives de leurs centres, on constatera que ces météores sont animés d’une vitesse de translation qui varie dans des proportions considérables.
- Épaves. — Des épaves flottantes dont la rencontre peut être assez dangereuse parce que, souvent, rien ne décèle leur présence, circulent dans le grand remous de l’Atlantique Nord. Le Pilot-Chart, où elles sont baptisées derelicls, indique leur position à chaque rencontre qui en est faite, avec le signe indiqué sur la figure 4. Ce sont en général des navires en bois, chargés eux-mêmes de bois, qui ont été abandonnés par leur équipage, à la suite d’accidents ou de voies d’eau. Ils peuvent flotter ainsi pendant des années. L’un d’eux, le Fanny F. Wolston, est resté célèbre. Abandonné le 15 oc-
- tobre 1891, il a disparu seulement le 21 oct. 1894, après avoir parcouru deux fois toute la largeur de l’Atlantique, du cap flatteras aux Açores.
- Un grand nombre d’autres renseignements susceptibles d’intéresser les navigateurs figurent encore sur les Pilot-Charts. Ce sont : la position des stations radiotélégraphiques, des stations radiogo-niomélriques, avec une table de correction pour pouvoir porter les relèvements obtenus sur une projection de Mercator, un tableau des isobares et des isothermes du mois écoulé, les signaux des ports, etc.
- Tel est,“dans ses données principales, le bel outil que le Service Hydrographique de la Marine Américaine met à la disposition des marins et pour lequel elle a droit à toute leur reconnaissance.
- Cl Sauvaire Jourdan.
- LES PROVERBES MÉTÉOROLOGIQUES
- Nous sommes en vacances.
- Jusqu’à la rentrée, à la mer, à la montagne, aux champs, nous nous préoccuperons chaque jour du temps qu’il fera, beaucoup plus qu’à la ville. Les paysa?is, les marins répondront souvent à nos questions par un proverbe.
- M. le Professeur Berget a pensé à les recueillir, avant que la T. S. F., annonçant partout les prévisions officielles, ne les fassent disparaître, comme le chemin de fer a chassé les costumes et les coiffes, la chanson de Paris les mélodies locales, la dentelle mécanique les merveilles du fuseau, l’école primaire les patois, etc.
- Un certain nombre de ces proverbes météorologiques ont déjà été notés par M. Angot, l’ancien directeur du Bureau central météorologique, mais il en reste certainement un grand nombre à récolter.
- Nous serons obligés à ceux de nos lecteurs qui voudront bien nous adresser ceux dont ils pourront avoir connaissance autour d’eux.
- On a dit, et l’on dit encore que « les proverbes sont la sagesse des peuples ».
- Sans avoir l’importance d’une vérité démontrée, ce dicton célèbre n'en possède pas moins une réelle valeur. Les proverbes, en effet, représentent, en réalité, et résument en quelques mots le résultat des observations prolongées et concordantes d’un très grand nombre d’individus. Ceux qui sont d’ordre « général » se retrouvent à peu près partout, et des sentences populaires comme : « à père avare, fds prodigue » ou comme « pierre qui roule n’amasse pas mousse » ; ou « qui ne risque rien n’a rien », pour n’en citer que trois, sont en quelque sorte, internationales, sous une forme ou sous une autre.
- Parmi ces proverbes, il en est qui concernent la météorologie, surtout au point de vue'de la prévision du temps, soit à courte, soit à longue échéance. Ils sont le résultat de longues et patientes observations, non seulement d’observations relatives à des cas isolés, mais encore d’observations portant sur de longues périodes de temps.
- Les uns sont « généraux » et on les retrouve, plus ou moins altérés, dans tous les pays, comme :
- Temps pommelé, femme fardée Ne sont pas de longue durée.
- D’autres, au contraire, sont essentiellement régionaux, comme celui-ci parlant des paquets nuageux qui enca-.puchonnent parfois le mont Pilate :
- Quand Pilate a son chapeau C’est que le temps sera beau.
- Ces proverbes métérologiques Iraduisent souvent des résultats empiriques d’observations faites par plusieurs générations de paysans comme celui-ci
- Tonnerre d’avril,
- Prépare ton baril.
- ou encore :
- Noël au balcon,
- Pâques au salon.
- Mais c’est surtout quand ces proverbes sont recueillis dans une région déterminée où ils sont courants, qu’ils prennent de l’importance : ils traduisent alors, le plus souvent, des états caractéristiques du climat de cette région, et, dans beaucoup de cas, d’une façon exacte, avec une concision qui les rend très faciles à relenir. Ils constituent donc un moyen mnémotechnique tout à fait remarquable.
- Il serait du plus haut intérêt de grouper, de réunir en un tout, l’ensemble de ces dictons, tout au moins ceux qui sont relatifs aux territoires français et belge. Il serait intéressant non seulement de connaître les dictons eux-mêmes, mais encore d’en donner l’explication rationnelle, en se basant sur les données acquises en météorologie.
- On constituerait ainsi un véritable répertoire qui, réuni en une brochure, serait, dans certains cas,: un document important au point de vue de l’étude climatérique de régions déterminées, •
- Il y aurait, à mon avis, lieu de grouper ces proverbes en plusieurs catégories.
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- D’abord, ceux qui constatent le caractère des saisons pt des mois, comme celui-ci :
- En avril, n’ôte pas un fil En mai', ôte ce qu’il te plaît.
- Ensuite, ceux qui donnent l’époque habituelle de certaines opérations de culture, par exemple :
- La T ussaint venue Laisse là la charrue.
- Puis, nous avons les dictons qui pronostiquent le temps futur, d’après le temps à certaines époques de l’année, en voici un type :
- Pluie à la Saint-Médard Dure quarante jours plus lard.
- Après cela, il y a les dictons qui disent si le temps sera favorable à certaines cultures d’après le temps qu’il fait à un moment donné. Nous citerons celui-ci :
- Pluie de février Remplit le grenier,
- Nous avons des dictons — et très nombreux ! — relatifs à la prévision de la pluie prochaine. Par exemple :
- Nuage sur la montagne Ne baigne pas la campagne.
- Nous ne ferons que mentionner ceux qui sont relatifs
- à P influence de la Lune (ou des astres), comme celui-ci : « Ne rien semer quand la Lune diminue ». Enfin, nous terminerons par les proverbes qui parlent de l’aspect météorologique de l’année ou d’une saison, d’après l’état de l’atmosphère pendant une période déterminée : par exemple :
- Février trop doux,
- Printemps*en courroux.
- On voit ainsi qu’il est intéressant de classer les proverbes météorologiques par catégories. Il est non moins utile de les classer par régions, en indiquant, à la suite de chacun d’eux, la région de la France ou de la Belgique dans laquelle il est populaire. La comparaison de tous les résultats régionaux montrera quels sont ceux qui sont généraux.
- Il est donc nécessaire de connaître et d’expliquer les dictons relatifs à l’atmosphère. S’ils sont exacts, ils constituent de précieux moyens mnémotechniques : s’ils sont manifestement faux, il est également utile de les connaître, afin de combattre les croyances eironées sur lesquelles ils reposent. En tout, cas, leur étude rationnelle sera certaine ment fructueuse, et leur réunion constituera un document précieux pour l’étude de la météorologie de nos territoires frères de la France et. de la Belgique.
- Alphonse Bep.cet.
- Professeur à l’Inst.ilut Océanographique.
- LA RADIOTÉLÉPHONIE SUR LES TRAINS EN MARCHE
- Il y a quelques années déjà, une compagnie américaine de chemin de fer, la Lackawanna Railroad Company, érigea des stations de télégraphie saris lil en divers points de son réseau, à Scranton, à Hoboken, à Binghamton et à Buflalo afin de remplacer les télégraphes et téléphones ordinaires ; puis, peu après, elle mit en marche des trains munis de postes radiotélégraphie]ues.
- Aujourd’hui, le moteur de chacun de ceux-ci est actionné par un courant continu de 50 volts, que fournit la dynamo servant à l’éclairage des wagons. Un transformateur ordinaire élève la tension à 250 volts et l’intensité du débit atteint environ 35 ampères à l’antenne. Grâce à ces engins, le télé-sanfiliste d’un convoi peut envoyer, en cours de route aux Etats-Unis, un message à une distance de 209 kilomètres et en recevoir d’une station lîxe, éloignée de 321 kilomètres.
- L’antenne aérienne comprend un fil de bronze phosphoreux dessinant quatre rectangles disposés suivant la longueur des voitures. Des isolateurs en porcelaine se trouvent aux coins et au centre de chaque véhicule, que réunissent, en outre, des chaînes de connexion. Le fil conducteur pénètre par le toit du wagon et arrive dans une petite cabine, qui abrite les appareils radiotélégraphiques et l’opérateur.
- Pour réaliser cet équipement, les spécialistes durent résoudre des problèmes qu’on n’avait pas rencontrés jusqu’alors (économie d’espace, hauteur
- limitée des antennes, bas potentiel fourni par les dynamos d’éclairage et emploi des rails comme connecteur souterrain sans déranger les signaux de la voie). Les électriciens de la Lackawanna Railroad surmontèrent heureusement ces difficultés techniques. Us s’assurèrent que, malgré le bas voltage, on pouvait établir un'service normal de radiotélégraphie; que les ondes hertziennes du train ne déclanchaient pas, d’une façon intempestive, les disques ou les sémaphores, et que la vitesse du convoi n’influait nullement sur l’envoi ou la réception des dépêches.
- Pour la téléphonie sans fil, les premières installations américaines analogues ont été construites sur les plans de MM. Foley et Lee de Forest. Ces appareils fonctionnent maintenant sur le train qui quitte Hoboken pour Buffalo, tous les jours, à 10 h. 15 du matin. Les fils d’antennes des quatre voitures sont reliés en série au moyen de conducteurs flexibles. La station centrale génératrice, enfermée dans un réduit du fourgon de bagages, se compose d’une turbine à vapeur de 5 chev. couplée directement sur un alternateur à haute fréquence d’un type spécial, qui produit les ondes destinées au transport des vibrations de la voix.
- Ce poste radiotéléphonique original permet à une personne qui monte dans un wagon circulant sûr cette ligne transatlantique de continuer, pendant son voyage, une conversation interrompue par son' départ. Actuellement, les- voyageurs des grands
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- express américains peuvent écouter des concerts radiotéléphoniques, téléphoner de leurs compartiments avec les principales gares du réseau ferré de l’Union ou recevoir en cours de route des radiotélé-grammesde leurs amis. Mais en France, ce mode de communication sans-filistc est de date plus récente.
- En 1921-1922, la Compagnie du Nord poursuivit de très intéressants essais radiotélégraphiques sur la ligne de Creil. Un train lancé à 80 kilomètres à l'heure resta en liaison constante avec un poste récepteur parisien. De son côté, la Compa-
- Après de multiples expériences, les ingénieurs du service électrique de la Compagnie s’arrêtèrent aux dispositions suivantes :
- \j antenne comprend 5 fds de cuivre de 20 m. de longueur, tendus horizontalement à 20 centimètres environ de la toiture du wagon et à fort isolement de caoutchouc ; réunis à une de leurs extrémités en une descente commune qui pénètre dans la voiture par une entrée étanche, ils reposent sur des colon-nettes en ébonite disposées tous les 2 m. environ. L’autre bout des fds est bien isolé. De son côté, la
- Fig. i. — Vue extérieure du fourgon des chemins de fer de l’Etat renfermant le poste mobile raiiotèlèphonique.
- gnie des chemins de fer d'Orléans étudie, depuis quelques mois, les possibilités d’application* de la télégraphie ou de la téléphonie sans fil à l’exploitation de son réseau. Dès le mois de décembre 1922, elle installa les appareils nécessaires sur de confortables voitures-fumoirs en service sur la ligne Paris-Bordeaux afin de donner, en cours de route, à ses voyageurs soit des nouvelles par sans fil, soit même des concerts radiotéléphoniques émis par les trois stations françaises de Broadcasting (Tour Eiffel, Radiola et Ecole des P. T. T.).
- Or, comme le savent nos lecteurs, ces dernières se trouvent toutes groupées dans la région parisienne et le réseau de l’Orléans s’étendant à plus de 500 kilomètres de la Capitale, les émissions doivent pouvoir s’entendre dans un rayon d’au moins 500 à 400 kilomètres de Paris, pour que l’innovation offre un intérêt pratique.
- prise de terre se fait sur un boulon d’un bogie et servit d’abord pour la réception; mais on la remplaça ensuite par un contrepoids formé de 2 fils parfaitement isolés et logés dans les boiseries intérieures du véhicule. Ainsi réalisée, cette antenne permet d’obtenir, avec un résonnateur du type T.M. 2, l’accord sur les longueurs d’onde comprises entre 300 m. et 3000 m.
- D’autre part, on a monté, à chaque extrémité du wagon-fumoir, une paire de diffuseurs Pathé S. F. R. sur cadres amortisseurs. Ces 4 récepteurs haut-parleurs permettent aux voyageurs, confortablement installés dans des fauteuils ou fumant une cigarette, d’entendre les communiqués ou les concerts radiotéléphoniques.
- Les appareils de réception se trouvent placés dans une armoire, logée elle-même à l’extrémité du couloir du wagon, à l’aplomb de la descente d’antenne.
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- Une de nos photographies (fig. 5), prise à l’extérieur du véhicule, montre, sur le rayon du haut, la boîte d’accord, qui sert à régler l’audition de tel ou tel poste et l’amplificateur pour les petites longueurs d’onde. Au milieu, se voit l’amplificateur S. F. R. haute fréquence pour les longueurs d’onde supérieures à 1200 m. Au-dessous, on distingue l’amplificateur de puissance à basse fréquence, 4 de ses lampes actionnant chacune un récepteur haut-par-
- leur. Au dernier étage de l’armoire (et cachés sur notre gravure par la cloison du compartiment), reposent les batteries d’accumulateurs, qui servent à l’alimentation des amplificateurs.
- Enfin, grâce à une boîte de jacks et à divers organes annexes, le réglage se borne à celui de la boîte d’accord, qu’un employé non spécialisé peut opérer en manœuvrant simplement un commutateur. A l’aide de cet ensemble, on reçoit toutes les longueurs d’onde usitées par les postes radiotéléphoniques d’information existant en France, à l’heure actuelle. Toutefois il fallut, en outre, surmonlcr un certain nombre d’obstacles inhérents aux conditions spéciales de fonction-
- nement des appareils et que révélèrent les premiers essais. D’abord, on protégea les lampes audions contre les trépidations du train par le caoutchoutage des parois de l’armoire. Puis grâce à une très forte amplification, on remédia aux défectuosités d’audition résultant des faibles dimensions de l’antenne et de son cheminement entre les deux nappes de fils télégraphiques bordant, de chaque côté, la voie ferrée. Malgré l’amortissement partiel des chocs ainsi réalisé, les secousses reçues par les électrodes des lampes modifient leurs positions relatives. On perçoit alors dans les récepteurs des bruits plus ou moins intenses, variables avec les accidents de la ligne. Par exemple, au passage des courbes, on entend des sons désagréables correspondant au frottement du boudin de la roue sur le rail.
- D’autre part, les parasites électriques sont fort nombreux. Si la friture normale du poste émetteur n’empêche • pas l’audition; en revanche, les harmoniques des stations à arc de grande longueur d’onde voisines de l’installation réceptrice amènent d’assez grandes perturbations. Ainsi sur le trajet Bordeaux-Paris, les postes de T. S. F. de Sainl-Pierre-des-Corps et de la Croix d’Hins se montrèrent particulièrement gênants.
- De même, à proximité des gares et des sémaphores, les courants de retour par le rail des sonneries trem-bleuscs produisent des parasites intenses, mais l’emploi du contrepoids les élimine en partie. Quant aux différentes inductions, déterminées sur l’antenne par les nappes de fils télégraphiques, par les décharges atmosphériques même lointaines ou par les dynamos d’éclairage des voitures du train, on les combat difficilement. Malgré tout, les techniciens de la Compagnie d’Orléans reçurent assez bien dans les hauts parleurs du wagon-fumoir, les grands postes français de T. S. F. dont les fortes émissions couvraient presque toujours ces désagréables perturbations, d’une intensité moyenne à peu près constante.
- D’après leurs constatations, l’excellence de l’audition dépend surtout de la puissance et de la distance de la station ëmettrice. Ainsi ils entendirent la Tour Eiffel fonctionnant avec 4 ou 5 kilo-Avatts jusqu’à 350 kilomètres de Paris c’est-à-dire au delà de Poitiers, le poste de Levallois à 180 kilomètres quand il transmettait de la musique et à 120 kilomètres seulement lorsqu’il s’agissait de communications parlées ; mais ils distinguèrent un
- Fig. 2. — Wagon-fumoir de l’Orléans pour l’audition des concerts radiotéléphoniques en cours de route sur la ligne Paris-Bordeaux.
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- peu mieux les paroles du poste des P. T. T.
- D’une façon générale, la réception faiblit si le convoi traverse de hautes futaies ou de profondes tranchées et elle disparaît presque complètement sous les tunnels. Malheureusement l’utilisation, par les chemins de fer français, de la radiotéléphonie sur les trains en marche présente un médiocre intérêt à l’heure actuelle, car jusqu’ici seuls les trois postes précités de la région parisienne transmeltent des nouvelles de presse et des concerts.
- Cependant, la Croix d’Hins a inauguré récemment un service radio-téléphonique et tout fait espérer que d’autres stations de broadcas-ting ne tarderont pas à fonctionner sur divers points de notre territoire.
- En attendant cette décentralisation sanfdistc, la Compagnie des chemins de fer de l’Etat vient d’entreprendre, elle aussi, des expé-riencès de radiotéléphonie entre un wagon en marche et un petit poste fixe, installé dans un fourgon remisé sur une voie de garage de la gare Montparnasse à Paris (fîg. 4).
- Son antenne se compose de 2 fils de bronze phosphoreux placés à 60 centimètres de hauteur au-dessus de la nappe des fils télégraphiques et téléphoniques qui longent la ligne Paris-Chartres. Cette disposition a pour but de canaliser les ondes de haute fréquence émises par le poste fixe et d’augmenter la portée du poste émetteur dans la proportion de 1 à 1 La mi«e à la terre s’effectue par le rail et par 15 fils de cuivre enterrés sous la nappe à 15 cm de profondeur.
- L’appareil émetteur est un poste à lampes ordinaires de la Société française radioélectrique (S. F. P».).
- La tension de la plaque peut atteindre 1100 volts, ce qui correspond à une puissance d’émission de 50 watts dans l’antenne. Une dynamo génératrice à I 2 collecteurs, attelée avec un moteur à courant cou-tinu, produit les 2 différences de potentiel : 12 volts pour le chauffage des filaments des lampes émet-trices et 1100 volts pour la plaque. Le meuble éînet-teur comprend un amplificateur à 4 lampes qu’on aperçoit vers la droite du fourgon.
- La même antenne sert à la fois pour la réception et l’émission, le pas«age de l’une et de l’autre s’obtenant par la manœuvre d’un commutateur.
- Le poste mobile racliotéle'phoniqne possède une antenne en forme de T, placée sur le toit d’un wagon et ayant 6 fils de 10 m. de longueur](fig. 1).
- L’installation émettrice est moins puissante que celle du poste fixe puisqu’elle ne dépasse pas 10 watts dans l’antenne.
- Quant aux appareils récepteurs, ils n’offrent rien de particulier.
- Les essais faits successivement avec les longueurs d’onde de 2000 m., 3000m. et 4000 m., donnèrent les résultats les plus favorables avec 3000 m. comme longueur d’onde et voici les con-
- clusions que les ingénieurs des chemins de fer de l’Etat en tirèrent.
- Avec une puissance de 10 watts dans chaque poste, l’audition est insuffisante au poste mobile par suite des bruyantes trépidations du fourgon et à une distance de 20 km. (Versailles) on ne peut plus suivre aucune conversation.
- Afin de remédier à ce défaut, on porta la puissance du poste fixe à 50 watts, celle du poste mobile restant à 10 watts. On constata alors une réception très intense jusqu’à Yiroflay (15 km.), puis elle alla en diminuant peu à peu, tout en permettant une communication suivie jusqu’à environ 40 kilomètres (gare du Perray).
- Fig. 3. —* Ensemble des appareils du poste radio téléphonique mobile installé dans tintfourgon des chemins de fer de l’Etat.
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- Fig. /.
- Ensemble des appareils du poste fixe des chemins de fer de l’Etat.
- La vitesse du train n’exerçait aucune influence sur l’énergie reçue, mais le bruit assourdissant du wagon gênait encore la perception.
- Toutefois, lorsque la nappe téléphonique s’éloignait de la voie, une légère modification de l’audition se faisait sentir.
- En somme, au point de vue de la signalisation et de la sécurité en chemin de fer, on ne saurait compter sérieusement aujourd’hui sur la radiotéléphonie, car le matériel semble trop délicat pour lés cheminots.
- Mais ,comme agrément, nos compagnies pourraient peut-être utiliser de telles installations pour la commodité des voyageurs, soit pour les messages téléphoniques, soit surtout pour la réception des concerts en cours de route, si de nouvelles stations de T. S. F. s’installaient en diverses villes convenablement réparties sur l’étendue du territoire français.
- Yerrons-nous bientôt des wagons-concerts sur les grandes lignes des réseaux français, ou bien les essais des compagnies de l’Etat, du Nord et de Paris-Orléans resteront-ils sans lendemain ?
- Quoi qu’il en soit, nous avons tenu à mettre nos lecteurs amateurs de T. S. F. au courant des expériences déjà accomplies et de leurs résultats.
- Jacques Boyer.
- Fig. 5. — Armoire du poste radiotêléphonique du wagon-fumoir de l’Orléans.
- Sur le premier rayon du haut : à gauche : boîte d’accord et à droite : amplificateur pour ondes courtes. Sur le rayon du milieu : amplificateur haute fréquence pour ondes longues. En bas, amplificateur basse fréquence.
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- Vers le pôle du froid.
- LE LABORATOIRE CRYOGÉNIQUE DE LEYDE
- Il existe à Leyde un laboratoire dont La Nature a déjà eu souvent l’occasion d’entretenir ses lecteurs. C’est là, en effet, qu'ont été réalisées les plus basses températures qui aient jamais été atteintes. Sous la direction de l’illustre Kamerlingh Onnes, ce laboratoire a, depuis 50 ans, perfectionné sans cesse ses moyens d’action, en vue de reculer jusqu’au voisinage du zéro absolu, le domaine des températures accessibles aux investigations scientifiques. On sait qu’il y a une limite théorique au - dessous de laquelle on ne peut descendre dans l’échelle des basses températures ; c’est la température de —273° centigrades ; c’est le pôle du froid ; il est fort probablement impossible d’atteindre ce point ; mais Kamerlingh Onnes a réussi à atteindre des températures inférieures à 1° absolu, ou — 272° C. Le but du savant hollandais n’est pas de battre une sorte de record scientifique; ses desseins sont beaucoup plus vastes; l’objectif vers lequel tendent ses efforts inlassablement soutenus depuis plus d’un quart de siècle, est d’étudier les propriétés de la matière aux basses températures. A cet effet, il lui faut être en mesure d’obtenir et de maintenir avec une rigoureuse constance, pendant plusieurs heures, toute température comprise entre le zéro centigrade et la température la plus basse actuellement réalisable. Tel est le programme auquel répond l’outillage du laboratoire cryogène de Leyde, et qui a abouti déjà à d’importantes découvertes, comme celle de l’état supraconducteur des corps aux basses températures.
- Il est donc intéressant d’examiner les moyens mis en œuvre aujourd’hui à Leyde. Une récente communication faite à Londres par le Dr Grommelin nous servira à guider nos lecteurs à travers l’arsenal frigorifique du Dr Kammerlingh Onnes.
- Nous verrons successivement comment on y produit le froid, puis comment on réalise des cryos-
- tats, enceintes maintenues à une température constante, pendant de longues heures, et qui permettent de se livrer à toutes les recherches physiques sur les substances à étudier.
- Production du froid. — Le visiteur non prévenu . qui, pour la première fois, pénètre dans le Laboratoire de Leyde, s’attend, sans doute, à éprouver quelque effet sensible des froids formidables qui y sont produits ; à sa grande surprise, il ne constatera aucun signe extérieur de froid : la température des pièces est normale et, nulle part, sur aucune pièce des appareils, on n’aperçoit neige, ni glace, attributs ordinaires des installations frigorifiques.
- C’est qu’ici le froid est chose précieuse, produite au prix de soins minutieux, et dont on s’interdit de gaspiller la moindre fraction ; aussi toutes les précautions sont-elles prises pour qu’il ne puisse s’en dissiper à l’extérieur ; tout le froid produit reste localisé à l’intérieur des appareils, là où il est employé.
- H est engendre par l’ébullition de liquides convenablement choisis, et tout le problème consiste à obtenir ces liquides ; les plus basses températures sont obtenues par l’ébullition de l’hélium liquide; c’est du reste à Leyde que ce corps, qui ne peut pas exister à l’état liquide au-dessus de — 267°,84, a été liquéfié pour la première fois.
- L’installation frigorifique du laboratoire cryogénique est constituée, en somme, par une série de machines frigorifiques en cascade, suivant le principe indique par Pictet, dès le début de ses recherches célèbres sur la liquéfaction des gaz ; le froid produit dans une première machine est utilisé pour liquéfier ou pour aider à liquéfier le corps qui sert d’agent frigorifique dans la machine suivante.
- Liquéfaction du chlorure de méthyle. — Le premier étage frigorifique comporte une machine à chlorure de méthyle tout à fait analogue à celles qui
- Hydrogène comprimé
- î ^
- Pompe a vide
- Hydrogène
- ' liquide
- Hydrogène liquide
- Fig. i. — Appareil à liquéfier l’hydrogène.
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- 108 ======= LE LABORATOIRE CRYOGÉNIQUE DE LEYDE
- fonctionnent dans l’industrie. Le chlorure de méthyle est un corps qui est liquide à la température ordinaire sous une pression d’environ 4 atmosphères. Au départ, on fait arriver une certaine quantité de ce liquide dans un vase évaporatoire, en maillechort, réuni d’autre part à une pompe à vide engendrant 560 m5 à l’heure et qui produit un vide allant jusqu’à 1 ou 1,5 cm; le chlorure de méthyle bout et se vaporise, et la température du vase tombe à — 85° ou — 00°,6. Les vapeurs de chlorure de méthyle au sortir de la pompe à vide sont reprises par un compresseur, qui les comprime jusqu’à 5 ou 6 atm., en même temps qu’on les refroidit au moyen d’une circulation d’eau extérieure ; le chlorure de méthyle se liquéfie et renlre à nouveau, sous celle forme, dans le cycle frigorifique.
- Liquéfaction de Vé-thylène.— Le deuxième étage frigorifique est constitué par une machine à éthylène fonctionnant dans ses grandes lignes suivant le même principe ; l’éthylène ne se liquéfie pas à la température ordinaire (son point critique, c’est-à-dire la température au-dessus de laquelle il est impossible que le corps existe à l’état liquide, est à 9°,5) ; on l’emmagasine donc à l’état gazeux dans un récipient de 600 litres de capacité : on le comprime à 5 ou 6 atmosphères 2-
- au moyen d’un compresseur, et on le fait circuler à travers un serpentin plongeant dans le vase évaporatoire où bout le chlorure de méthyle ; l’éthylène comprimé se trouve à travers le serpentin en contact d’abord avec les vapeurs de chlorure de méthyle qui circulent à l’extérieur en sens inverse, puis avec le liquide bouillant; il se refroidit donc progressivement aux dépens du chlorure de méthyle, qui lui cède ainsi tout son froid, et il se liquéfie à son tour complètement sous l’influence combinée de la pression et du froid. Ce dispositif' d’éehangeur de chaleur à contre-courant qui utilise intégralement tout le froid produit par la première machine est connu sous le nom de cycle à régénération du froid.
- L’éthylène liquide va servir à son tour à engendrer des froids plus intenses; il est reçu dans un deuxième vase évaporatoire où une pompe à vide maintient une pression de 2 cm ; l’éthylène bout alors en abaissant sa température à — 150° ; les vapeurs sont rejetées dans le compresseur qui les ramène à la pression de 5 à 6 atm. La vitesse de circulation du gaz est de 18 à 20 m3 à l’heure.
- La température de — 150° qui vient d’être ainsi atteinte est bien inférieure au point critique de l’oxygène (—118°,82) ; on va donc pouvoir, par un système identique aux précédents, réaliser un troisième étage frigorifique au moyen de l’oxygène.
- Liquéfaction de l'oxygène. — L’oxygène comprimé à 20 atmosphères au moyen d’un compresseur à 3 étages circule dans un serpentin qui plonge dans l’éthylène bouillant; d’abord refroidi par les vapeurs d’éihylène qui circulent à contre-courant autour du serpentin, il se liquéfie aux dépens de l’éthylène bouillant. On reçoit le liquide dans un troisième vase évaporatoire en caoutchouc, où on le fait bouillir à la pression atmosphérique. Sa température tombe alors à — 185° C. Les vapeurs d’oxygène sont reprises par le compresseur et ramenées à la pression initiale.
- En abaissant jusqu’à quelques millimètres la pression au-dessus de. l’oxygène, on pourrait descendre jusqu’à —217°. Mais ce serait une complication sans grand intérêt, car cette température ne serait encore pas suffisante pour liquéfier le gaz suivant, c’est-à-dire l’hydrogène dont le point critique est à —240°. Pour gagner à nouveau du terrain dans le domaine des basses températures, il va donc falloir modifier la méthode frigorifique; nous expliquerons un peu plus loin le système employé.
- Liquéfaction de l'air. — L’ensemble de machines qui viennent d’être décrites constitue en définitive une machine frigorifique à oxygène liquide ; elle est utilisée notamment pour liquéfier de l’air; l’air est une substance gratuite fournie par un
- Hydrogènei liquide "
- Hélium
- Y
- Appareil à liquéfier le néon.
- Hélium comprimé
- <? Ü
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- LE LABORATOIRE CRYOGÉNIQUE DE LEYDE
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- réservoir illimité; aussi l’air liquide constitue-t-il pour les basses températures un agent frigorifique commode et précieux, surtout depuis qu’on sait le conserver dans les vases de Dewar, et son emploi est constant dans un laboratoire cryogénique ; l’air est liquéfié par le même procédé que l’oxygène; après avoir été débarrassé chimiquement de son acide carbonique, on le comprime à 15 atmosphères et on le fait passer dans un serpentin qui plonge dans le vase évaporatoire à oxygène; on peut ainsi préparer à Leyde 14 litres d’air liquide à l’heure.
- M. Crommelin fait remarquer que cette production est tout à fait économique, malgré la complication apparente de l’installation ; le but de celle-ci n’est du reste pas de produire de l’air liquide; ce n’est là qu’une application accessoire; le but essentiel est de réaliser des cryostats à chlorure de méthyle, à éthylène, à oxygène, ou à tout autre corps, permettant d’effectuer des déterminations physiques à toute température comprise entre
- — 24° et — 217° G.
- Quoi qu’il en soit, la
- puissance mécanique nécessaire pour la production de l’air liquide est de 1,64 cheval-vapeur par litre d’air liquide à l’heure. Les installations industrielles de Claude ou de Linde ne consomment pas moins.
- La machine à oxygène permet aussi de produire du protoxyde d’azote liquide employé pour l’étude des températures comprises entre — 90° et —102° C, du inélhane liquide pour les températures entre — 161 et —183° C et de l’azote liquide.
- La machine à oxygène ne peut descendre au-dessous de —: 217° et nous avons dit que, pratiquement, on ne la faisait fonctionner que Jusqu’à
- — 185° C. Pour explorer le domaine des températures les plus basses, il faut recourir à l’hydrogène liquide d’abord, puis à l’hélium liquide.
- L’hydrogène liquide bout sous la pression atmosphérique à —252°,76, et en abaissant la pression au-dessus du liquide, on peut avec lui descendre jusqu’à— 259°,14.
- L’hélium, le plus difficile à liquéfier de tous les gaz, dont le point critique est à —267°,84, bout sous la pression atmosphérique à — 268°,83 et on peut, en abaissant la pression, descendre jusqu’au-dessous de —272°, c’est-à-dire se rapprocher à moins d’un degré du zéro absolu.
- Liquéfaction de l'hydrogène. — L’hydrogène liquide est obtenu au moyen d’une machine à détente utilisant le même principe que celui mis en œuvre dans la machine à air liquide bien connue de Linde; c’est-à-dire le phénomène de la détente sans travail extérieur, étudié par Joule et Lord Kelvin. La théorie indique, pour un gaz parfait, que, si on le détend sans travail extérieur, il ne se produit aucun changement de température. Mais aucun gaz n’est parfait et, pour la plupart des gaz, la détente sans travail extérieur produit un abaissement de température proportionnel à la différence des pressions.
- Cependant pour l’hydrogène et l’hélium, une détente de ce genre produit une augmentation de température. Cette anomalie a tout d’abord paru surprenante. Une étude plus approfondie du phénomène de la détente a montré qu’il s’agissait là, en réalité, d’un fait très général; tous les gaz, au-dessus d’une certaine température, nommée point d’inversion, s’échauffent par la détente, tandis qu’au-dessous du point d’inversion, la détente les refroidit. Pour l’air, ce point est très élevé, 360° environ ; en pratique, toute détente de l’air produit donc du froid. Pour l’hydrogène, au contraire, il faut, au préalable, abaisser la température du gaz au-dessous de—80°. A Leyde, ce refroidissement est assuré par l’air liquide bouillant.
- Voici comment fonctionne l’appareil à hydrogène liquide représenté figure 1. L’hydrogène gazeux est comprimé à 150 ou 200 atmosphères dans des compresseurs spéciaux, d’où il sort refroidi à la température ambiante par des refroidisseurs à eau.
- Le gaz comprimé pénètre alors en À dans le liqué-îacteur formé d’un tube qui se divise en 2 tubes
- (Th A (Th.
- Air liquide
- Fig. 3. — Coupe d’un cryostat.
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- LE LABORATOIRE CRYOGENIQUE DE LEYDE
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- parallèles : une partie du gaz passe dans le tube en spirale B, l’autre dans la spirale B'. Les 2 tubes se réunissent à nouveau en C; l’hydrogène continue son trajet à travers les tubes-spirales D, E, F, et finalement se détend jusqu’à la pression atmosphérique à travers la valve de détente K, commandée de l’extérieur par la poignée K'.
- Le gaz se liquéfie partiellement et le liquide se rassemble dans un vase de Dewar G d’où on peut le siphonner au moyen de robinets S et S' dans les vases de Dewar H et H' ; ces vases sont amovibles et servent à transporter l’hydrogène liquide dans les pièces du laboratoire où on l’utilise.
- Les branches B, D, E du tube spirale plongent dans un récipient au fond duquel bout de l’air liquide sous une pression d’environ 2 millimètres, maintenue par une pompe à vide ; cette disposition de l’appareil assure le refroidissement méthodique de l’hydrogène gazeux, non seulement par l’air liquide, mais par les vapeurs d’air et d’hydrogène, suivant le principe des échangeurs de chaleur à contre-courant. Le froid produit par la détente de l’hydrogène va s’accumulant jusqu’à ce que la liquéfaction commence. Il faut environ une demi-heure de marche pour obtenir les premières gouttes d’hydrogène liquide. On voit sur la figure que l’hydrogène est refroidi en E par l’air liquide, en D et en B p?r les vapeurs d’air, en B' C et F par les vapeurs d’hydrogène.
- L’appareil produit 15 litres d’hydrogène liquide à l’heure : chiffre formidable, si on se reporte aux premières expériences de liquéfaction de l’hydrogène par Cailletet dans lesquelles on était satisfait d’apercevoir un léger trouble dans le gaz, signe d’une liquéfaction fugitive.
- L’hydrogène commercial, même le plus pur, contient toujours de 2 à 5 pour 100 d’impuretés, formées en particulier d’azote et d’oxygène; ces corps étrangers se congèlent dans la machine à hydrogène liquide, et finissent par l’obstruer ; elle ne peut fonctionner plus de 2 heures d’une façon continue. Il importe donc de purifier rigoureusement l’hydrogène appelé à circuler dans la machine. On se sert à cet effet d’un séparateur; on fait circuler l’hydrogène gazeux et impur dans une spirale refroidie extérieurement par de l’hydrogène liquide impur en ébullition, provenant d’une première liquéfaction ; la température à l’intérieur de la spirale descend au-dessous de — 255° C. ; l’oxygène et l’azote se solidifient, et, comme à cette température leur tension de vapeur est nulle, l’hydrogène sort rigoureusement pur.
- Liquéfaction de l'hélium. — Nous arrivons maintenant au dernier étage frigorifique : à la machine à liquéfier l’hélium. M. Kammerlingh Onnes a simplifié et perfectionné notablement le dispositif originel qui lui a permis en 1912 de liquéfier l’hélium pour la première fois, en supprimant ainsi le dernier gaz dit permanent.
- L’appareil à liquéfier l’hélium est en principe tout
- à fait analogue à l’appareil à liquéfier l’hydrogène ; comme ce dernier il utilise la détente sans travail extérieur et la récupération du froid dans des échangeurs à contre-courant.
- L’hélium est refroidi au-dessous du point d’inversion par un bain d’hydrogène liquide en ébullition.
- Le dispositif est représenté sur la figure 2 ; l’hélium comprimé à 30 atmosphères pénètre en A, et se partage entre les deux spirales B et B'; celles-ci se réunissent ensuite, pour bifurquer à nouveau en C et G' ; les branches B‘ et C sont refroidies par la vapeur froide d’hydrogène ; B' et C' par la vapeur froide d’hélium. Ges spirales aboutissent finalement à une même spirale dont la partie supérieure D est refroidie par les vapeurs d’hydrogène les plus froides, dont la partie médiane E plonge dans l’hydrogène bouillant, et dont la partie inférieure F conduit à la valve de détente K. L’hélium se liquéfie à la sortie de cette valve et le liquide se rassemble dans le cryostat à hélium, qui dans ce cas est directement réuni au liquéfacteur.
- Au début, le Laboratoire de Leyde ne possédait que de petites quantités .d’hélium péniblement préparées à partir de sables monazites. Mais, aujourd’hui, l’hélium n’est plus un corps rarissime, surtout depuis qu’on envisage son emploi pour le gonflement des ballons. M. Kammerlingh Onnes en a reçu d’assez grandes quantités offertes notamment par M. G. Claude de Paris, par l’Amirauté des États-Unis, et par le professeur Mac Lennan de Toronto (Canada) ; le laboratoire de Leyde est actuellement très largement pourvu d’hélium.
- II. Les cryostats. — Comme nous l’avons dit, le but poursuivi à Leyde n’est plus de liquéfier les gaz permanents. Depuis 1912, ce résultat a été atteint pour tous les gaz existant sur notre globe. Il s’agit maintenant d’étudier sur toute l’échelle des basses températures les diverses propriétés de la matière, et pour cela il faut réaliser dans ce domaine des enceintes maintenues à des températures rigoureusement constantes. M. Kammerlingh Onnes a construit des cryostats où la température reste constante pendant plusieurs heures à moins de 0,01 degré près.
- Pour obtenir un tel résultat, le moyen le plus sûr est d’utiliser des bains de liquides maintenus en ébullition sous des pressions convenables et constantes.
- D’autre part, pour des faisons de sécurité faciles à comprendre, Al. Kammerlingh Onnes s’est imposé de n’avoir jamais dans ses cryostats de pressions supérieures à la pression atmosphérique.
- Dans ces conditions, un liquide déterminé ne peut donner par ébullition que les températures comprises entre sa température d ébullition sous la pression atmosphérique, et la température au-dessous de laquelle il cesse d’exister à l’état liquide; cette dernière est connue sous le nom de triple point.
- Il est intéressant d’examiner le tableau ci-dessous qui donne la température d’ébullition et celle du
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- NOUVEAU MOYEN DE TRANSMETTRE L’ALPHABET TÉLÉGRAPHIQUE = 111
- triple point pour les substances capables de donner par ébullition des températures au-dessous de — 24°.
- Substances. Point d'ébullition. Triple point. Pression au triple point en
- centimètres.
- Chlorure de
- méthyle. Protoxyde — 24°09 — 102° 9
- d’azote.. — 89,8 — 102,5
- Ethylène. . — 105,72 — 169
- Méthane. . — 161,57 — 183,15 7,0
- Oxygène. . — 182,95 — 218,4 ± 0,2
- Azote. . . — 195,78 — 209,86 9,64
- Néon. . . , — 245,92 - 248,67 52,55
- Hydrogène. - 252,76 - 259,14 5,41
- Hélium. . . - 268,85 < — 272 < 0,002
- Ce tableau montre que les cryostats à liquide bouillant ne permettent pas d’atteindre toutes les températures comprises entre — 24° et — 272°.
- Il y a deux grandes lacunes : la première comprise entre — 218° et — 255°, à l’intérieur de laquelle toutefois le néon liquide permet d’explorer la petite étendue comprise entre — 246° et — 249°, la seconde est comprise entre — 259° et — 269°.
- M. Kammerlingh Onnes a donc été conduit à réaliser deux types de cryostats, l’un pour le cas où l’on peut disposer d’un bain liquide susceptible de donner la température voulue, l’autre pour travailler dans les lacunes qui viennent d’être indiquées.
- Le cryostat à bain liquide est très simple : la figure 3 représente le modèle employé pour tous les bains autres que l’hélium et le néon. Un grand vase de Dewar Y (diamètre intérieur 12 centimètres) contient un cylindre de maillechort, qui reçoit le bain liquide (2 1. 5 environ) ; le vase est fermé par un couvercle muni d’ouvertures pour laisser passer les appareils, et pour laisser sortir la vapeur. Le vase est lui-même plongé dans l’air liquide )pour !
- diminuer la vitesse d’évaporation du bain liquide et maintenir bien constante la température.
- Le cryostat de la figure 3 contient, à titre d’exemple, un thermomètre différentiel à gaz Th, deux thermomètres à résistance W et deux agitateurs II.
- Un manomètre à huile très sensible non figuré permet de se rendre compte de la constance de la pression.
- Les cryostats à hélium et à néon sont analogues à celui qui vient d’être décrit ; mais le néon et l’hélium étant des produits encore fort coûteux, on évite de les transporter, par crainte d’en perdre même de petites quantités et les cryostats sont alors fixés directement à la machine à liquéfier.
- Pour travailler dans la première des lacunes signalées plus haut (de — 217 à — 253), on a construit à Leyde un cryostat à hydrogène gazeux. C’est un appareil fort compliqué, que nous ne décrirons pas en détail.
- Il nous suffira de dire que la capacité où sc font les expériences est maintenue à température constante au moyen d’un courant froid de vapeur d’hydrogène ; avant de circuler autour de cette capacité, l’hydrogène est réchauffé à la température voulue par une résistance électrique chauffante, dans laquelle le passage du courant électrique est réglé au moyen d’un dispositif automatique très précis, mais très délicat; dès que la température de l’hydrogène dépasse tant soit peu la valeur choisie, le courant électrique s’interrompt pour se rétablir aussitôt que cette température s'abaisse.
- Pour travailler dans la seconde des lacunes (— 259° à — 269°), on a réalisé un cryostat à vapeur d’hélium qui jusqu’ici a servi exclusivement à étudier les supraconducteurs.
- On voit, par cette description rapide, avec quelle méthode, quel esprit de suite et quelle ténacité a été entreprise à Leyde l’exploration des basses températures. Une large moisson de découvertes sera, sans nul doute, la récompense de cet admirable effort.
- A. Troller
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- SUR UN NOUVEAU MOYEN DE TRANSMETTRE L’ALPHABET TÉLÉGRAPHIQUE
- L’extraordinaire multiplication des postes d’émission radio télégraphique et la nécessité de mettre les postes de réception, particulièrement les postes radio-téléphoniques, à l’abri des effets perturbateurs dus à ces postes d’émission, ont amené le Général Major Squier, le radiotélégraphiste bien connu, chef du service de signalisation de l’armée américaine, à rechercher un moyen de transmettre l’alphabe.t Morse
- ! d’une façon moins rudimentaire et plus efficace que celle qui est aujourd’hui d’une application générale.
- Au point de vue des àctions perturbatrices, la grande nocivité de la méthode de transmission usuelle provient de ce que l’alphabet Morse est basé sur l’emploi d’émissions inégales, obtenues soit par des interruptions soudaines du courant sur l’an-
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- NOUVEAU MOYEN DE TRANSMETTRE L’ALPHABET TÉLÉGRAPHIQUE
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- tenne, soit par des variations brusques de ce courant : « cette méthode est à peu près la source la plus préjudiciable qui puisse être, sous le rapport des perturbations, parce qu’elle est cause que les-dites perturbations sont tout à fait irrégulières » ; les irrégularités inévitables de la manipulation augmentent encore cette nocivité.
- En 1915, s’occupant d’améliorer le travail télégraphique sur les câbles sous-marins, le Général Major Squier imagina de substituer aux courants interrompus de la télégraphie ordinaire un courant alternatif régulier, en abandonnant le principe fondamental du Code Morse quant à l’emploi d’émissions de longueurs différentes pour la formation des signaux et en adoptant un arrangement dans lequel « toutes les unités de signaux sont d’égale durée et ont une égale importance, qu’elles repré-
- nécessairement l’usage de trois intensités de courant distinctes : intensité faible, intensité moyenne, intensité forte ; l’affectation de ces trois degrés d’intensité est quelconque ; ainsi, l’on peut convenir — courbe A — que les intensités inférieures représenteront les points; les intensités moyennes, les barres et les intensités supérieures les espaces ; ou bien — courbe B — l’on réserve les intensités inférieures pour les espaces, les moyennes pour les points et les fortes pour les barres ; ou enfin — courbe G — les intensités inférieures sont réservées aux barres, les moyennes aux intervalles et les fortes aux points.
- La vitesse de transmission réalisable avec l’une ou l’autre de ces combinaisons dépend uniquement de la fréquence du courant alternatif mis en œuvre; celle-ci sera appropriée à l’application que l’on a en vue; par exemple, en télégraphie sous-marine, on
- “ Now *j i* /s i r The " Time
- Fig. i. — Emploi d’un courant alternatif d’intensité variable pour la transmission de l’alphabet Morse.
- sentent des points ou des barres ou des espaces ».
- « Les signaux étaient identifiés simplement par leurs intensités, la variation d’intensité étant d’ailleurs opérée dans le transmetteur au moment où le courant résultant sur le câble passe par le zéro d’intensité » ; une caractéristique fondamentale du système est que les éléments de signal consécutifs ne sont jamais de même sens,’ chaque demi-période du courant étant utilisée pour la transmission des signaux, soit pour fournir un point, soit pour fournir une barre, soit pour donner un espace.
- C’est ce système que M. Squier propose de reprendre et de généraliser pour la télégraphie ordinaire, pour la télégraphie sous-marine et, surtout, pour la télégraphie sans fil, dans le double but : 1° d’atténuer les effets perturbateurs des émissions et 2° d’accélérer les transmissions; la suppression ou la diminution des perturbations est obtenue grâce à la continuité et à l’uniformité des émissions ; l’accroissement de la vitesse, grâce à la disparition des émissions longues et, surtout, à la mise en œuvre d'un courant alternatif sinusoïdal, forme de courant qui est la mieux appropriée à la réalisation d’une propagation rapide et exempte de distorsion.
- La figure 1 ci-dessus illustre trois modes de réalisation du principe sus-indiqué ; le système comporte
- emploiera un courant de transport à la fréquence 10, on peut facilement reconnaître qu’avec des mots de 5 lettres en moyenne, cette fréquence permet d’atteindre une vitesse de transmission de 75 mots par minute; ceci est assez notablement supérieur à ce que l’on peut réaliser par les méthodes usuelles; avec un courant porteur de fréquence 60, la vitesse de transmission peut aller à 450 mots par minute.
- M. Squier n’indique pas de quelle façon il réalise les trois degrés d’intensité requis; mais cela est aisé à concevoir ; les moyens de modulation utilisables sont variés, soit que l’on opère à l’aide de sources et tensions différentes, soit que l’on intercalle dans le circuit des éléments de résistance appropriés; quant à la formation des signaux, elle est obtenue à l’aide d’un transmetteur à bande perforée ; si la vitesse fournie en travaillant à la fréquence propre du courant porteur est trop grande, il suffit de faire en sorte que les perforations dans la bande correspondent à un multiple de demi-périodes (l).
- H. M.
- I. G. 0. Squier, A melhod of transmitling (lie lelegrapli Alphabet applicable for raclio, land Lines and submarine Cables, Journal of the Franklin Instituée, mai 1923, p. 633.
- Le Gérant . P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE
- N° 2577
- 25 AOUT 1923
- ORIGINE ET EVOLUTION DES ÉLÉPHANTS
- L’étude d’un squelette d'Elephas planifrons découvert, il y a trois ans, dans les sables de Ghagny (Pliocène supérieur : Yillafran chien) (*) et la révision des documents français, italiens, anglais, etc., se rapportant aux Eléphants fossiles et actuels (2), nous ont conduit à envisager l’origine et l’évolution de ce groupe de Proboscidiens d’après les grandes lois paléontologiques, aujourd’hui bien établies (5) et dont il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici les principales.
- 1° La variation des genres et des grandes espèces, dans la nature actuelle, reste limitée à des races ou variétés dont la production est essentiellement liée aux conditions et surtout à l'isolement géographiques. Il en a été de même à chacune des époques géologiques antérieures. On peut affirmer qu’il n’existe aucun lien de transition entre des genres ou des grandes espèces contemporaines.
- 2° Le temps est le facteur nécessaire à l’évolution des formes animales. En fait, cette évolution est affirmée par l’existence dans la série des niveaux géologiques, de mutations superposées, qui constituent ce qu’on a appelé : Séries de formes (Formen-reihe), Phylums et que nous nommons en français, les Rameaux phylétiques. Les mutations en représentent les étapes rapprochées et successives.
- 5° Dans tout rameau phylétique, se produit une
- '1. Mayut, Nugue et Dareste de i.a Chavanne. Découverte d’un squelette d'Elephas 'planifrons Falconer dans les sables de Chagny, à Bellecroix, près Chagny (Saône-et-Loire). C. Ji. Académie des Sciences, 2 août 1920.
- 2. Ch. Deperet et L. Matet. Monographie des Eléphants pliocènes. Un volume in-8 des Annales de l’Université de Lyon. Rey à Lyon et J.-B. Baillière et fils, à Pans, éditeurs, 1923.
- 3. Ch. Deperet. Les Transformations du monde animal. Un volume in-16 de 360 pages. E. Flammarion, éditeur. Paris.
- Fig. 2. — Elephas planifrons iBellecroix-Chagny). Ms droite..
- Laboratoire de Paléontologie de l’Université de Lyon. i/3 grandeur naturelle.
- Une molaire d’élcphant est constituée par une série plus ou moins nombreuse de collines ou lames transverses dont chacune est formée d’une plaque d’ivoire entourée d’émail. Les lames plongent en quelque sorte dans un bloc de cément et, en raison de' l’usure plus rapide de celui-ci, font saillie à la surface de la couronne dentaire.
- Les dents sont utilisées non pas simultanément, mais successivement et chaque'dent s’use d’avant en arrière. Les lames anterieures se trouvent souvent très usées alors que les lames postérieures entrent à peine en fonction. -
- D’où l’aspect très particulier des molaires d’Élèphants.
- Fig. i. — Mandibule d’Elephas planifrons, avec un bec très développé (Senèze, Haute-Loire).
- Collection De Brun, à St-Remy, i/io* grandeur naturelle.
- Un des caractères spécifiques les plus curieux de YE. planifrons est la présence en avant de la symphyse mandibu-laire, d’un prolongement osseux, constituant une sorte de « bec » incliné en bas et en avant.
- Cette figure permet également de constater un caractère important des molaires du rameau E. planifrons-E. meridio-nalis : la faible hauteur de la couronne dentaire.
- augmentation graduelle de la taille depuis les petites formes du début de chaque rameau jusqu’aux formes géantes par lesquelles il se termine.
- Cette loi d'augmentation de taille est générale, aussi bien pour les invertébrés que pour les vertébrés. Il est cependant des rameaux à évolution lente où l’augmentation de taille est peu accusée.
- .4° Non moins nette est la loi de spécialisation progressive : tous les rameaux tendent à un état de spécialisation de plus en plus prononcée de certains organes. Plus cette spécialisation s’accentue, plus le rameau s’approche de son extinction (Depéret) ; sous une autre forme, Gope avait énoncé la même loi en disant : « Seuls sont susceptibles d’une évolution ultérieure les types organiques qui ne sont point spécialisés.
- 5° La loi d'extinction brusque des espèces et des rameaux est la conséquence de la précédente : représenté par une série de muta tions de taille croissante et de spécialisation de plus en plus étroite, le rameau arrivé au maximum de taille et de spécialisation organique, disparait brusquement.
- Extinction brusque d’un rameau ne veut pas toujours dire disparition totale de tout le groupe d’animaux auxquels correspond le rameau. Les
- rameaux phylétiques sont généralement groupés en faisceaux. Dans un-même faisceau, tel rameau évoluera rapidement et disparaîtra bientôt, tel rameau voisin évoluera plus lentement, sera encore à son stade de jeunesse lorsque le premier s’éteindra et la persistance du groupe zoologique se trouvera assurée par ce second rameau, puis par un troisième, etc., jusqu’à la fin de tous les éléments du faisceau.
- 6° La loi d'irréversibilité de - Vévolution
- 51* Année — 2* Semestre •
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- 114 ...... .. ORIGINE ET ÉVOLUTION DES ÉLÉPHANTS
- Fig. 3. — Elephas meridionalis, forme archaïque, Asiésan;
- NIr, droite.
- Mu&ce paléontologique du Palais Carignan, à Turin. i/3 grandeur naturelle.
- Cette mutation a, comme la précédente (E. planifrons), des molaires à couronne large et basse, mais la fréquence laminaire (nombre de lames sur io cm. de longueur de la couronne) est de 4,5, Fèmail présente de larges plis, peu profonds, les sinus loxodontes sont plus irréguliers.
- (Dollo) répond à celle constatation que toute spécialisation d’organe reste définitivement acquise. C’est ainsi que le cheval qui a perdu peu à peu ses doigls latéraux, ne les reprendra plus, que les Félidés dont la dentition est très réduite, avec seulement 2-5 prémolaires et 1 arrière-molaire, ne reviendront jamais à la formule dentaire de 4 prémolaires et 5 arrière-molaires.
- 7° La loi des changements de faunes par voie de migration peut être comprise ainsi : Lorsqu’on suit, dans une même contrée, les mutations d’un rameau en remontant en arrière dans les étages géologiques, on aboutit presque généralement à un arrêt brusque, à un hiatus qui ne peut être comblé qu’en allant découvrir dans une autre contrée du globe, la série interrompue de ce rameau. Une telle interruption peut se produire à plusieurs reprises dans l’évolution des rameaux. De là cette conclusion que les renouvellements de faune sont le plus souvent le résultat de migrations brusques et à point de départ lointain.
- Ces lois s’opposent aux « arbres généalogiques » dont on a trop longtemps encombré la paléontologie et dans l’établissement desquels l’imagination s’est donnée libre carrière. 11 faut savoir reconnaître que nous savons seulement peu de choses et ne pas combler les lacunes par des hypothèses et des erreurs.
- Revenons maintenant à l’évolution des Éléphants.
- Ces énormes Proboscidiens, réduits à l’heure actuelle à deux espèces — l’Éléphant d’Afrique et l’Eléphant de l’Inde — sont des êtres à la fois de très grande taille et de caractères très spécialisés, ce qui dénote l’approche de la fin de leurs rameaux.
- Les Eléphants sont des êtres presque dépaysés dans le monde actuel.
- Les deux rameaux de YEIephas africa-nus et de YEIephas indiens ont été précédés dans le Quaternaire et dans le Pliocène supérieur des deux mondes, par d’autres espèces constituant des'rameaux parallèles que l’on peut suivre jusqu’à l’extrême base du Pliocène supérieur ou -étage villafran-chien. Là, tous les rameaux s’interrompent brusquement et à l’heure actuelle nous ne saurions dire quels sont l’origine ancestrale et le point de départ de la migration du plus ancien Éléphant connu, YEIephas planifrons, espèce de grande taille et déjà tout à fait spécialisée.
- Cependant, jusqu’ici, la presque unanimité des paléontologistes rattachaient les Éléphants aux Mastodontes par une sorte de trait d’union que représentait un groupe d’autres grands Proboscidiens des Siwa-liks de l’Inde, les Stegodon. Ce rapprochement était uniquement fondé sur une certaine similitude des lames d’émail des molaires. Or les Stegodon, au .crâne .surbaissé, au squelette bas et trapu, sans aucune affinité réelle avec le squelette relativement élancé des Éléphants, constituent un rameau indépendant de celui auquel appartient VE. planifrons.
- Fossiles ou vivants, les Éléphants présentement connus se répartissent en cinq groupes évolutifs parallèles comprenant huit rameaux indépendants (') dont les points de contact et de bifurcation — jusqu’ici invoqués — sont en réalité totalement inconnus.
- Premier groupe. — Elephas planifrons. — Elephas meridionalis.
- Rameau des E. planifrons Falconer. — E. meridionalis Nesti.
- Il comprend des Éléphants ayant atteint déjà une taille élevée au moment de la migration du plus
- i. Gu. Depéret et L. Mayet. Les rameaux phylétiques] des Eléphants. C. R. Académie des Sciences, 6 mai 1923.
- Fig. 4. — Elephas meridionalis, forme type du Val d’Arno supérieur; NI-, droite.
- Collection de l’Institut géologique de Florence.
- Photographie de M. le Professeur Stefanini, i/3 grandeur naturelle.
- Les molaires de cette mutation type d’E. meridionalis sont à couronne large et un peu moins basse que dans les formes précédentes ; le nombre des lames s’accroît, la fréquence laminaire augmente, 5; l’émail est moins épais, présente un plissement qui intéresse presque toute l’épaisseur ]du ruban (section par usure des plaquettes d’émail); sinus loxodontes peu accusés et irréguliers.
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- ORIGINE ET ÉVOLUTION DES ÉLÉPHANTS
- 1 15
- ancien d’entre eux : E. planifrons de l’extrême base du Pliocène supérieur de l’Inde (horizon de Pinjor) et de l’Europe (Villafranchien inférieur). Dans les mutations anciennes de ce rameau, la mandibule est prolongée en avant par une assez longue apophyse mentonnière, sorte de « bec » tout à fait caractéristique. Les lames des molaires s’accroissent un peu en nombre, la fréquence laminaire sur 10 centimètres de la surface de la couronne dentaire passe de 3 5 à 4 chez E. planifrons à 6 et 6,5 pour la mutation quaternaire terminale â'E. meridionalis. L’émail devient moins épais et plus profondément plissé. Les sinus loxodontes diminuent d’importance.
- Les mutations successives du rameau traduisent une évolution tout à fait progressive, par passages insensibles d’une forme à l’autre :
- Monastiuien. j Tykiuiénten.
- I Milazziex. Sicilien. . . (Croméneii.)
- E. mendionalis, mulal. eromerensis.
- Saint-Prestien. E. meridionalis, mutation évoluée. !..
- / E. mendionalis, mutation type. LAFiiANcniEN. I E. meridû
- Villa
- ÀS'J'IEN .
- • ‘J
- Plaisancier .
- , ... «u,/ idiona/ü, mutation archaïque.
- I
- \ E. planifrons.
- ^ O
- Deuxième groupe. — Elephas antiquus,
- Deux rameaux :
- I. Rameau des E. ausonius. — E. antiquus Falconer.
- Ce rameau débute avec le Pliocène supérieur d’Italie (Villafranchien) et. d’Angleterre (Norwich Crag) par une mutation d’un tiers plus petite que la mutation terminale, avec des molaires effilées et étroites, ayant en moyenne 15 à 16 lames à M III,
- Fig. 6.— Elephas meridionalis, mutation Eromerensis du Forest-Bed, à Kessin gland ; M- gauche.
- Collection du DrPontier, à Lumbres (Pas-de-Calais). ri/3 grandeur naturelle.
- Forme terminale du rameau, cette mutation a des molaires avec couronne moins large, plus haute, 12 à 16 lames aux M III, fréquence laminaire 6 à 6,5; émail beaucoup plus mince, à plis nombreux et serrés affectant toute l’épaisseur du ruban; sinus loxodontes peu accusés et irréguliers.
- Fig. 5. — Elephas meridionalis, forme évoluée du iiaint-Prestien. Sainl-Prest; Ms droite.
- Ecole Nationale des Mines, à Paris.
- (Collection de Boisvillette.)
- Photographie de M. Saunier. i/3 grandeur naturelle.
- A la lin du Pliocène, les M. d’E. meridionalis se présentent avec une couronne toujours large, mais moins basse ; une ou deux lames de plus aux M III ; fréquence laminaire 5,5 ; émail relativement mince, à plis serrés affectant toute l’épaisseur de la bandelette ; sinus loxodontes faibles et irréguliers.
- lames serrées et peu épaisses donnant une fréquence laminaire de 5-6 : c’est l’Elephas ausonius F. Major, espèce déjà de grande taille à en juger par le crâne volumineux conservé à l’Institut géologique de Florence.
- E. ausonius évolue vers E. antiquus par une série de mutations intermédiaires de l’étage Sicilien et de l’étage Milazzien pour aboutir à la forme devenue géante du Tyrrhénien (Chelléo-acheuléen, terrasse de 30 m.), étage où E. antiquus s’éteint sans laisser de descendants.
- II. Rameau des Elephas melitensis Falconer. — Elephas atlanticus Pomel.
- Ce rameau comprend les formes naines insulaires méditerranéennes et périméditerranéennes ainsi que des formes évoluées périméditerranéennes.
- Elephas melitensis Falconer avec une série de variétés — E. cypriotes, E. cretiens, E. mnai-drensis, etc., — mutations archaïques de petite taille du rameau.
- Elephas atlanticus Pomel (d’Algérie) et Elephas priscus Falconer (Angleterre) mutuations évoluées du rameau.
- Elephas iolensis Pomel, mutation collatéralê naine persistant en Algérie jusqu’à la fin du quaternaire (Monastirien).
- Troisième groupe. — Elephas primigenius et Elephas trogontherii. (Mammouths.)
- Ce groupe comprend les véritables Mammouths caractérisés par leurs défenses fortement spiralées, leur crâne comprime d’avant en arrière (Eléphants brachycéphales), à vertex très élevé, à front plat, à molaires larges avec bandes d’émail régulières, dépourvus de sinus loxodontes.
- /. Rameau dé Y Elephas trogontherii Pohlig.
- Ce rameau apparaît dans le Villafranchien de l’Astésan, se continue pendant la plus grande partie du Quaternaire et s’éteint, sans laisser de descen-
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- ORIGINE EF EVOLUTION DES ELEPHANTS
- Fig. ~. — Elephas Ausonius, San Romano (Toscane,
- Val d'Arno inférieur); il/3 droite.
- Collection de l’Institut géologique de Florence.
- - Photographie du P* Stefanini, inversée (prisme). i/3 grandeur naturelle.
- Il y a un contraste frappant entre le volume du crâne de VE. ausonius et l'ètroitesse, la gracilité des molaires.
- Cette dent de San Romano est une pièce type de l’espèce, déterminée par F. Major, non figurée jusqu’ici. •
- Couronne étroite, haute, avec Lunes relativement minces. Émail finement et assez régulièrement plissé. Forts sinus loxodontes sur les lames peu usées. Fréquence laminaire 5.
- peut-être même plus fin du
- dants, à la fin du Tyrrhénien tardivement encore.
- Il s’agit d’un rameau à évolution terminale ralentie et il il n’y a que des transitions insensibles ou presque entre la mutation pliocène de l’Astésan et la dernière mutation rencontrée dans les niveaux chelléens de France, d’Allemagne et surtout d’Angleterre. Comme caractères dentaires, ceux des Mammouths, mais avec de lames moins nombreuses, plus écartées, à émail plus plissé et plus épais.
- II. Rameau des Elephas primigenius Blumenbach mut. astensis n. mut. — Elephas primigenius.
- Ce rameau débute comme le précédent par une mutation de taille un peu faible, à molaires relativement étroites, très hautes, avec une fréquence laminaire de 8 lames pour 10 centimètres, émail régulier, mince, peu ou pas plissé., comme chez le Mammouth type. C’est la mutation astensis, d’âge pliocène supérieur, de VE. primigenius.
- Puis, peu à peu, pendant la première partie des Temps quaternaires le rameau continue son évolution pour aboutir à VElephas primigenius, type qui disparaîtra à la fin du Mo-nastirien et persistera même plus longtemps dans les régions protégées contre les grands froids post-glaciaires.
- III. Rameau des Elephas primigenius Blâment ach, forme sibiricus. Le Mammouth de Sibérie se distingue de YE. primigenius du centre et du sud de l’Europe par les lames de ses molaires encore plus nombreuses, à émail plus mince et plus régulièrement uni, sans plissements. 11 est venu sans doute du nord de l’Eurasie et n’est pas éteint depuis très longtemps.
- La migration sur notre sol du Mammouth sibérien est d’âge quaternaire très récent.
- On a généralement admis jusqu’ici que la forme sibérienne dérivait du Mammouth normal par une évolution directe représentée par
- l’accroissement graduel du nombre des lames des molaires qui deviennent par suite plus serrées et à émail plus mince. Cette hypothèse, conforme à la règle habituelle de l’évolution des molaires dans les différents groupes d’Éléphants, serait très admissible si elle n’était contredite par l’épaisse toison laineuse, la longue crinière qu’ont révélées les cadavres congelés trouvés en Sibérie et les dessins des hommes de la fin du Paléolithique empêchant de le regarder comme un descendant de VE. primigenius normal, lequel ayant vécu sous un climat chaud, puis tempéré, puis pas très froid, devait être à peau nue comme les éléphants actuels.
- E. primigenius sibiricus est donc à considérer comme un petit rameau spécial, venu des régions arctiques en Europe à la faveur du refroidissement intense de la Quaternaire.
- Quatrième groupe. — Elephas indicus.
- Rameau des Elephas namadicus Falconer. — Elephas indicus Linné.
- L’E. namadicus, du Quaternaire de la Narbada (Inde centrale) est à placer comme première mutation ascendante du rameau actuellement représenté par E. indicus d’Asie.
- Celui-ci, morphologiquement, se rapproche d'E. primigenius par les lames nombreuses de ses molaires (24-27 lames au M III) mais en diffère par les plis nombreux et d’une remarquable régularité des cordons d’émail.
- Cinquième groupe. — Elephas africanus.
- Rameau des Elephas africanus Blumenbach fossi-lis. — Elephas africanus.
- Nous ne connaissons qu’une mutation fossile,
- Fig. 8. — Elephas primigenius, mutation Astensis, San Paolo de Villafranca; Astésan; M5 droite.
- Musée paléontologique du Palais Carignan, à Turin. i/3 grandeur naturelle.
- Mutation pliocène, déjà fort évoluée, du rameau de YE. primigenius.
- Dernière molaire supérieure qui devait compter 21 à 22 lames. Véritable M de Mammouth à couronne large et haute. Fréquence laminaire 8. Bandes d’émail très minces, onduleuses, à peu près sans plissement. Aucune trace de sinus loxodonte.
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- ORIGINE ET ÉVOLUTION DES ÉLÉPHANTS ===== 117
- rencontrée dans quelques gisements quaternaires péri-méditerranéens, de ce rameau de l’Éléphant africain actuel : Eiephas africanus fossilis.
- Telle se présente aujourd’hui la phylogénie des Éléphants.
- Là, comme pour beaucoup d’autres groupes d’animaux, nous ne savons que peu de chose. Du moins s’impose-t-il de ne pas vouloir compléter les lacunes de nos connaissances paléontologiques par des notions ressortissant à la seule imagination et présenter comme l’expression de la vérité scientifique, des assertions que les découvertes à venir
- seraient susceptibles de montrer absolument erronées.
- La phylogénie des Éléphants se réduit présentement à des terminaisons de rameaux qui plongent dans la dernière partie des temps géologiques sans que nous puissions les suivre au delà des limites indiquées par le tableau ci-dessous, résumant les notions qui viennent d’être exposées.
- Charles Depéret et Lucien Mayet.
- Membre de l’Institut., Chargé de cours d’Anthropologio Professeur de Géologie et de Paléontologie humaine a l’Université de Lyon. à la Faculté des Sciences de Lyon.
- Tableau phylogénique des rameaux des Éléphants fossiles et actuels.
- ETAGES GKOLOGIQU1S
- Europe
- Inde
- Époque actuelle
- QUATERNAIRE f.E IM,US RECENT
- MONASTIRIEN
- (Moustérien)
- TYRRUENIEN
- (Chelléo-
- Acheuléen)
- SICILIEN
- (Cromérien)
- PLIOCÈNE
- SUPERIEUR
- (Calabrien)
- PLIOCENE
- MOYEN
- (Aslien)
- 3 <D
- S E
- 3 C
- eq ^ o O
- O
- 5°
- S
- CROUPE
- E.
- meridionalis
- t"1' rameau
- Eteint
- K.
- méridional™
- mut.
- cromerensis Forest-bed, Durforl, etc.
- E.
- mendionalis
- évolué
- = E.hysudri-cus
- E.
- meridiona iis type
- E.
- méridionalis archaïque
- E.
- planifrons (Inde, Europe',
- groupe E. anliquus
- 2e rameau
- E.
- anliquus
- Eteint
- E.
- anliquus (toute l’Europe )
- anliquus ,Cornelo,liai.)
- E.
- anliquus (Palerme, Forest-bed)
- E.
- ausoniits (Italie, Angle -ter. e)
- 3e rameau
- E.
- melilensis
- Eteint
- E. o allanlicus • (Algérie) ^ et
- E. priscus (tuglctcrrej
- t
- E.
- melilensis cre liens et
- cypriotes
- GROUPE DES MAMMOUTHS
- 4e rameau
- E.
- Irogonllierii
- Eteint
- E.
- Irogonllierii
- (toute
- l’Europe)
- E.
- Irogontherii
- (Forest-bed)
- E.
- Irogontherii
- (Arlésati)
- oe rameau
- E.
- primigenius
- Eteint
- E.
- pi i.migcnius
- E,
- primigenius
- (toute
- l'Europe)
- E.
- primigenius
- (Forest-bed)
- E.
- primigenius
- mut.
- astensis
- (Astésan)
- 6e rameau E.
- sihiricus
- Eteint
- E.
- sibiricus
- GROUPE
- E.
- indiens
- Ie rameau
- Actuel
- Y
- indiens
- E.
- namadicus
- (Narbada)
- GROUPE
- E.
- africanus
- rameau
- Actuel
- Y
- africanus
- E.
- africanus fossile (Sicile, Algérie, France sud)
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- UN NOUVEAU HAUT-PARLEUR AMPLIFICATEUR : LE “ FRENOPHONE ”
- On connaît le dispositif de haut-parleur réalisé par MM. Tohnsen et Rahbek en utilisant le phénomène de l'adhérence électrostatique : une bande flexible, s’appliquant sur le pourtour d’un cylindre tournant à -vitesse uniforme, est attachée, d’une part, par l’intermédiaire d’un ressort à boudin, à un point fixe et, d’autre part, au centre du diaphragme d’un grand pavillon genre phonographique; la bande est métallique; le cylindre, formé d’une substance non conductrice : agate, craie, pierre typographique ; ou inversement : lame non conductrice, en gélatine, et cylindre conducteur; les courants à déceler, superposés à un courant polarisateur convenable, sont envoyés de la lame au cylindre ; les variations d’adhérence qu’ils déterminent font s’appliquer plus ou moins fortement les deux parties l’une sur l’autre, d’où résultent des tractions et relâchements du diaphragme, en concordance avec les variations des courants à traduire.
- M. S. G. Brown, l’inventeur anglais bien connu en radiotélégraphie et radiotéléphonie, pour ses hauts-parleurs et ses relais, vient de créer un système de haut-parleur qui réalise, par voie électro-magnétique, une idée du même genre; il lui a donné le nom de a Frenophone » : « c’est un instrument jouant non seulement le rôle de haut-parleur, mais aussi celui d’amplificateur, et d’amplificateur purement mécanique, capable de fournir une amplification considérable » ; il est représenté schématiquement par la figure 1 ; le seul examen de la figure permet de deviner immédiatement le principe et le mode d’action de l’appareil, sans qu’il soit pour ainsi dire nécessaire de l’expliquer.
- Le fonctionnement dépend du frottement s’exerçant entre un disque tournant, en verre, G, et un petit sabot, S, dont la partie inférieure est garnie d une couche de bouchon, pour frotter contre le disque; le disque G est parfaitement plan et soigneusement poli, de façon à présenter une surface absolument unie; il doit tourner à une vitesse de quelque 70 tours par minute ; on peut l’actionner au moyen d’un mécanisme de gramophone; le diamètre est, par exemple, de 15 à 20 centimètres ; le sabot est formé d’un petit disque en acier, fixé à l’extrémité inférieure d’un fil d’acier AV, d’environ 2 cm. 1/2 de longueur, qui le rattache à l’anche du diaphragme d’un récepteur téléphonique Brown de construction ordinaire.
- Le sabot est également relié, d’un côté, par un fil, au diaphragme d’un gramophone, et, de l'autre, de la même façon, à une vis de réglage, avec inser-
- tion d’un petit ressort à boudin ; la surface frottante du sabot, qui est formée d’une mince feuille de bouchon telle qu’on en emploie pour la confection des bouts de cigarette, est appliquée légèrement sur la surface du disque tournant; par l’effet du frottement, celui-ci tend à entraîner le sabot latéralement, en exerçant sur le lien qui le rattache au diaphragme du gramophone une certaine traction ; on règle la pression du sabot et la tension des fils, de manière qu’au repos du téléphone, le diaphragme reste silencieux.
- Les déplacements communiqués à l’anche du récepteur par les courants qui y viennent agir se reportent au sabot et déterminent des augmentations et diminutions de pression, entre le sabot et le disque; d’où résultent des variations dans l’effort de traction latérale exercé sur le fil du diaphragme et, par conséquent, des déplacements de celui-ci ; en fin de compte, ce dernier traduit, en vibrations sonores mécaniquement amplifiées, les variations de courant reçues par le système électromagnétique de l’appareil.
- Le haut-parleur en question n’est pas encore construit industriellement ; la démonstration en a cependant été faite devant la Boval Institution d’Angleterre; la reproduction de la voix est, affirme-t-on, remarquablement bonne et « il n’est pas exagéré de dire que cet instrument puisse rivaliser victorieusement avec n’importe quel type de haut-parleur actuellement sur le marché » ; quant à son efficacité comme amplificateur, on en aura une idée si nous disons que « le degré d’amplification est approximativement le même que celui auquel on arrive avec deux étages d’amplification basse fréquence ».
- On pourrait se demander si l’adjonction du sabot à l’anche du récepteur électromagnétique n’a pas pour résultat d’alourdir cet organe et de donner au système une inertie nuisible à son bon fonctionnement, en donnant lieu, par exemple, à une certaine distorsion dans la reproduction de la parole ; mais, « en pratique, il ne semble que rien de semblable ne se produise » : « Les transmissions du poste émetteur 210, qui, avec une valve détectrice et un étage d’amplification basse fréquence, ne se percevaient, à l’aide de téléphones ordinaires, qu’à 10 cm. des récepteurs, après leur passage dans le haut-parleur amplificateur, donnaient un volume de son suffisant pour emplir entièrement la salle d’expérience et ce, avec une absence de distorsion à peu près totale ».
- H. M.
- Fig. i. — Principe du “ Frenophone'^ de M. S. Q. Brown.
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- L’INDUSTRIE
- Le graphite est employé dans de si nombreuses branches de l’industrie que la production ne peut guère satisfaire la demande. Il se présente à l’état naturel sous différents états — cristallin, lamellaire, amorphe et est préparé artificiellement. Ces diverses variétés sont utilisées pour des buts différents.
- Le plus important de tous est la fabrication des creusets réfractaires, dont l’origine estfort ancienne, puisque Agricola en parle dans son traité de Re Me-tcdlica.
- Les premiers creusets de graphite, très recherchés par les alchimistes, ont été préparés à Passau, en Bavière, où se trouvent des gisements de graphite exploités depuis plusieurs siècles.
- Les autres usages du graphite sont :
- Préparation de produits réfractaires, tels que couvercles de creuset, tampons pour poches de coulées, tuyères d’épanchement, agitateurs, écumoires, puise ttes, écrans de pyromètre, boîtes pour la cuisson des crayons, briques; fabrication de crayons, d’enduits de fonderies de batteries sèches ; construction de moules pour électrotypie, de balais pour dynamos et commutateurs d’électrodes.
- Il sert aussi comme lubrifiant, il entre dans la composition de pâtes à polir et forme le pigment de couleurs. Enfin il est utilisé comme désincrustant de chaudières.
- À cette longue énumération, on peut encore ajouter quelques emplois subsidiaires, tels que : garnitures de machines, caoutchouc durci, polissage des chapeaux, fabrication de cordes et de câbles en fils de fer.
- Nous examinerons rapidement ces diverses industries, nous proposant de voir ultérieurement quels sont les gisements fournissant en quantité suffisante le graphite convenant à chacun de ces usages.
- Creusets. — La fabrication des creusets en plombagine ou en graphite et des accessoires tels que ringards, tuyères, appareils à phosphorer, utilisés pour la fonte des métaux, absorbe les trois quarts de la production mondiale du graphite.
- Cette matière n’entre pas seule dans là confection
- Fig. 2. — Modèles de creusets en usage dans la réduction des métaux non ferreux. (Joseph Dixon Crucible C° Jersey City)
- DU GRAPHITE
- Fig. i. — Machine servant à la fabrication des moules en graphite.
- d’un creuset; elle est mélangée d’argile et de sable qui doivent être choisis avec le plus grand soin. L’argile, même la plus réfractaire, ne résiste pas longtemps au contact de l’acier fondu. On connaît l’action néfaste des oxydes de fer, qui abaissent considérablement le point de fusion des argiles. L’argile résistera d’autant mieux qu’il y aura plus de graphite. Ce dernier intervient également pour une autre raison ; il conduit très bien la chaleur. Aussi le creuset peut-il résister à de brusques variations de température; on gagne en outre du temps pour le chauffage. Il est recommandé cependant de ne pas soumettre un creuset de graphite à de trop brusques refroidissements ou réchauffements; par une variation lente de la température, on assure une plus longue durée aux creusets.
- Le mélange d’argile, de sable, et de graphite dojt être tel que la densité, la solidité, la conductibilité soient aussi grandes que possible. Cette dernière propriété serait obtenue avec du graphite presque pur; plus un creuset renferme de graphite, plus ses parois sont minces. Mais dans le graphite le plus pur, il y a des impuretés : quartz, mica, calcaire, pyrite, si parfait que soit le mode de traitement adopté pour purifier le minerai. Le quartz n’est pas très gênant, puisque l’on: doit toujours en ajouter à
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- L’INDUSTRIE DU GRAPHITE
- Fig. 3. — Modèles de creusets utilisés dans un four à bascule.
- (Joseph Dixon Crucible C°).
- l’argile ; mais la présence du mica est plus dangereuse. Le mica est un fondant qui produit des trous dans les parois du creuset ; aussi est-il l’impureté la plus à redouter. A cause de sa forme lamellaire, de sa facilité d’être clivé, le mica ne se sépare que très difficilement du graphite lui aussi lamellaire. Le calcaire perd son anhydride carbonique sous l’action de la chaleur; il diminue alors de volume, en même temps que l’anhydride produit des soufflures.
- Pour éviter la présence du mica, on s’est adressé de préférence au graphite de Ceylan, dont la structure est cristalline. Quand on broie au mortier le graphite de Ceylan, il se brise en fragments plus ou moins anguleux ayant la forme d’un coin ou d’une tige. De tels éclats se mélangent très bien à l’argile et résistent bien à l’oxydation. D’autres fabricants préfèrent utiliser un graphite formé de lames superposées, qui peuvent glisser pendant la dilatation ou la contraction. Les parois des creusets, préparés avec un tel graphite, résisteraient mieux aux variations de volume produites pendant le chauffage et le refroidissement. Une solution mixte consiste à mélanger les deux sortes de graphite, pour utiliser leurs avantages respectifs et diminuer le prix de revient des creusets.
- Le graphite est livré sous la forme de particules passant au tamis de 40 à 90 mailles; il peut être rebroyé, parce qu’un graphite à fines particules cuit plus facilement qu’un graphite à grandes particules. Il faut avant tout éliminer les particules trop riches en mica, qui s’y trouve englobé.
- Le graphite de Ceylan, dont la densité est plus
- Fig 5. — Creuset se vidant du fond pour empêcher le métal oxydé et autres impuretés de s’introduire dans 1rs moulages.
- (Joseph Dixon Crucible C°).
- grande que celle des graphites des autres régions, résiste mieux à l’oxydation à cause du rapprochement des molécules; il exige aussi moins d’argile.
- Les argiles les plus réputées sont celles de Stourd-brige, en Angleterre, de Passau et Klingenberg en Bavière, de Saint-Loup en France. Celle de Klingenberg, à cause de sa belle pureté, de son homogénéité, de ses qualités réfractaires était, avant la guerre, uniquement employée dans le monde entier.
- On ajoute à l’argile et au graphite du kaolin et des écailles de pots qui servent d’amaigrissants. Voici à peu près la composition de ces mélanges :
- Creusets Creusets
- à laitons à acier
- Graphite .... . , 45 50
- Argile . . 35 50
- Kaolin . . 10 10
- Ecailles de pot. . . . 10 10
- Si les creusets doivent être soumis à l’action de températures très élevées, on augmente la proportion de graphite.
- Le graphite est préparé par les fabricants, qui n’utilisent pas telles quelles les sortes qui leur sont livrées. Pour le graphite de Ceylan, les variétés standardisées sont :
- Lump n° 1.
- — n° 2.
- Chip n° 1.
- — n° 2.
- Poussière.
- La teneur en carbone varie depuis 92 pour 100 pour le lump n° 1, à 70-75 pour 100 pour la poussière ainsi que le prix. Le fabricant pile et tamise dans ses ateliers les catégories de lump et de chip pour obtenir un mélange de diverses grosseurs de grains. La poussière produite est utilisée comme enduit de fonderie ou pour divers usages.
- Le graphite lamellaire, dont la teneur en carbone est de 90 pour 100, est broyé et tamisé. Les particules qui ne passent pas à travers le tamis de 20 mailles sont rejetées, parce qu’elles abaisseraient beaucoup la densité.
- On remplace souvent une partie des écailles de pot par du sable quartzeux, qui agit aussi comme amaigrissant ; mais les écailles présentent l’avantage de maintenir la porosité, ce qui permet à la vapeur et aux gaz de s’échapper.
- Les matières nettoyées, classées, sont pesées et mélangées avec de l’eau dans un malaxeur pouvant contenir deux tonnes. La pâte est ensuite filtrée à la main pour former des morceaux, qu’on abandonne à eux-mêmes pendant plusieurs semaines; on les remet ensuite dans le malaxeur pour former une pâte bien homogène, qui est prête au moulage.
- Les creusets sont actuellement presque unique-
- Fig. 4. — Modèles de creusets employés pour la réduction de l’acier. (Joseph Dixon Crucible C°).
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- L’INDUSTRIE DU GRAPHITE
- ment préparés mécaniquement. On prend un poids déterminé de pâte que l’on pétrit à la main pour en faire une balle. Cette balle est placée dans le moule mis debout sur une table tournante. La balle est enfoncée et aplatie avec un pilon de bois. La table est mise en mouvement et un petit bras recourbé, la cote, attaché à un arbre vertical, est introduit dans le moule. Le bras force la pâte à remonter entre lui et la paroi ; on détermine ainsi l’épaisseur du fond et celle des parois. Comme on connaît le poids de la pâte, il n’y a pas d’excédent qui s’échappe du moule et il suffit d’aplanir à la main le bord supérieur du creuset. La lèvre est formée en découpant dans ce bord un petit morceau avec un outil approprié. Les moules sont faits de deux moitiés verticales bien raccordées.
- Les creusets sont ensuite séchés lentement et cuits ensuite au-dessus de 1100°.
- Il convient de conserver les creusets dans un endroit sec pour éviter qu’ils n’absorbent de l’humidité et de les maintenir à une température de 50° environ pendant quelque temps avant de les utiliser.
- Il se produirait une rupture du creuset par suite du départ de la vapeur ou d’une différence de dilatation que l’on appelle le scalpage ; l’emploi des combustibles est également une source de détériorations.
- Produits réfractaires. — Les figures ci-contre Fig. 7. - Cornue en gra- mollirent des creusets à phite pour la réduction de refroidissement lent,des l’or, de l'argent, du zinc. creusets à braser, des cazettes de pyromètre, des phosphorisateurs. Ces instruments servent, les premiers à refroidir graduellement l’acier dans un bain de plomb fondu ou des substances chimiques, les seconds à tremper les cadres de bicyclettes, les troisièmes à protéger le tube du pyromètre contre un contact avec le métal en essai. Avec le phosphorisa-teur, on introduit à l’abri de l’air le phosphore dans le bronze. Les briques en graphite servent à garnir certaines régions des parois des fours pour empêcher que les scories ne s’y attachent.
- Crayons. — Ceux-ci sont fabriqués en grande quantité depuis la découverte du fameux gisement de Borrowdale dans le Cumberland, en 1564. Les gros blocs pouvaient être découpés en bâtons-crayons sans qu'il fût nécessaire de les épurer. Au moment où le gisement anglais était presque épuisé, un gisement comparable fut découvert en Sibérie au mont Batougoh. A ce moment on commença à découper des tiges plus fines de graphite que l’on encastrait dans deux morceaux de bois. Afin de durcir la mine
- de plomb, on chauffait les bâtonnets dans du soufre en fusion, avant de les placer dans leur gaine de bois.
- Conté diminua la dépense en graphite en mêlant une argile finement pulvérisée avec du graphite pour former une pâte épaisse que l’on moulait sous forme de bâtons de mine de plomb et que l’on cuisait ensuite. Le produit était de texture plus uniforme et en modifiant les proportions d’argile on obtenait un produit plus ou moins dur. Le gaspillage du graphite fut ainsi évité. À Borrowdale, on avait essayé, mais sans succès, un autre moyen consistant à pulvériser le graphite, à le traiter par des
- Fig. 6. — Creusets à braser pour le brasage par trempage
- Au-dessous ; boîtes en graphite pour trempe de surtace, carbonisation, etc. (Joseph Dixon Crucible C°).
- Fig. 8. — Modèles de coussinets sans huile, type Bound Brook.
- Les coussinets sont moulés ave des sillons que l’on remplit ensuite par pression hydraulique avec une composition lubrifiante en graphite.
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- L’INDUSTRIE DU GRAPHITE
- réactifs pour éliminer la gangue, et à le comprimer soit seul, soit mélangé avec des produits divers: colle, suif, cire, soufre, etc. Seul, le procédé de Conté a survécu.
- On n’emploie aujourd’hui dans la fabrication des crayons que le graphite amorphe qui se laisse résoudre en poudre plus fine que les autres variétés. L’argile est choisie avec soin, broyée à sec, flottée et placée dans des réservoirs. Elle est mélangée au graphite (deux parties de graphite et trois d’argile en moyenne) et les mélanges sont pulvérisés sous des broyeurs à meules en caisses fermées. La bouillie, filtrée par le vide, est pétrie à la main pour avoir la fermeté voulue et filée par une presse à travers des filières. Le cordon recueilli sur un plateau est déroulé ensuite et coupé en longueurs égales à trois fois la dimension d’un crayon ; ces tiges sont placées dans une boîte en graphite et, après dessiccation, sont chauffées à 1100°.
- Les enveloppes de bois sont en bois de cèdre, de pin ou de sapin, le diamètre du bâtonnet de graphite est d’autant plus gros que le crayon est plus tendre. Chaque bloc comporte six cannelures dans lesquelles on enchâsse les bâtonnets. On les colle et on les découpe en crayons que l’on sépare après dessiccation, puis on les polit au papier de verre. On les peint et on les vernit.
- Enduits de fonderies. — Les enduits forment la couche superficielle qui doit produire un beau poli. Bien des matières sont employées pour former ce revêtement ; celle qui est la meilleure est le graphite en fine poussière provenant des déchets des autres fabrications. Pour agglomérer cette poussière de graphite, on ajoute de l’argile. Celle-ci en se retirant rend l’enduit poreux, et cette porosité facilite le départ de l’humidité et des gaz. Les fondeurs appellent les enduits carbonés formés de graphite, de coke, de charbon de bois, des cirages par opposition à ceux renfermant de la silice, du talc, de la stéa-tite et qui sont des enduits minéraux.
- Batteries sèches. — Le graphite mélangé au bioxyde de manganèse augmente la conductibilité électrique et fournit des piles bien supérieures à celles préparées avec des débris de carbone. On utilise surtout le graphite artificiel.
- Graphite pour électrotypie. — Il sert à recouvrir les modèles pour les empêcher d’entraîner la cire du moule et ensuite pour rendre conducteurs les moules de cire. Les graphites lamellaire et amorphe conviennent très bien. Dans le cas où la surface est très grande, on se sert de machines. Le graphite sert également à préparer des papiers conducteurs qui sont employés comme anodes pour le raffinage des métaux par électrolyse.
- Balais de graphite. — Le graphite a complètement remplacé les balais de cuivre ou les balais en carbone. Les balais de graphite se lubrifient automatiquement, ce qui n’arrive pas avec le carbone ou avec le cuivre qui deviennent rugueux suivant la force du courant ; la composition des balais est la suivante :
- Graphite ;
- Graphite et coke de pétrole ;
- Graphite, coke de pétrole et cuivre en poudre.
- Sous le nom de morganite, la Morgan Crucible Cy prépare des balais en graphite, formés de couches superposées. Ces balais sont plus résistants dans le sens transversal que dans le sens opposé et celte résistance transversale tend à réduire le courant dans la bobine à court circuit tandis que le chemin de plus haute conductibilité est fourni au courant dans le circuit extérieur.
- Electrodes de graphite. — Les électrodes en graphite sont bien meilleures conductrices que les électrodes en graphite obtenu par cuisson à très haute température de coke de pétrole. Elles supportent mieux que ces dernières le travail au taraud, et peuvent être mises sous toutes les formes. Le graphite est aggloméré avec un hydrocarbure, mais la résistance à la traction de telles électrodes est faible. ‘
- Lubrification. — Le graphite est un lubrifiant très recherché, parce que son coefficient de frottement est très faible et qu’il adhère facilement aux surfaces, qualités éminemment recherchées pour un lubrifiant, surtout quand il s’agit d’assurer le glissement de surfaces portées à haute température.
- Grâce au graphite, le tréfilage du tungstène a pu être réalisé; il aurait été impossible d’utiliser les autres lubrifiants. Des paliers ont été préparés soit en mélangeant le graphite en alliage en fusion, soit en l’introduisant de force dans des cannelures ou des rainures ; on les a appelés paliers à lubrification automatique (fig. 8) Le graphite « défïoculé » d’Acheson est ajouté à l’eau ou à l’huile pour augmenter leur pouvoir lubrifiant.
- Couleurs. — Dans certaines couleurs qui doivent résister à l’action corrosive des gaz, des acides, des alcalis..., le graphite est utilisé comme pigment. La pâte à polir, comme tout le monde le sait, est à base de plombagine.
- Désincrustant. — Depuis quelques années, on a préconisé l’emploi du graphite pour empêcher les incrustations de se produire ou pour détacher celles qui se sont déjà formées. Le graphite lamellaire convient le mieux. Ajouté à l’eau d’alimentation, il pénètre par les moindres fissures dans la couche incrustante et en arrivant, au contact du métal, il diminue l’adhérence delà couche incrustante.
- Lustrage. — Les grains de poudre sont protégés contre l’humidité par un dépôt de graphite. Le graphite bon conducteur de l’électricité égalise en outre le potentiel. Les balles sont polies avec du graphite.
- Si l’on ajoute à ces nombreux emplois du graphite, la préparation de papiers au carbone, de plaques pour aplanir les vitres, la fabrication de briques en magnésie et en graphite, on voit combien cette matière est précieuse et quel intérêt nous avons à voir se développer l’exploitation commencée à Madagascar avec tant de succès. pAUL Nicolardot.
- Répétiteur à l’École Polytechnique.
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- L’ILE DES CENDRES
- Volcan indochinois récemment apparu (‘)
- L’ilot volcanique nouvellement formé (3) à 20 km au sud de Poulo-Cecir de Mer, par 106° 58' 46" de longitude E (Paris) et 10°10'10" de latitude N, a été découvert le 2 mars 1925 à 15h 501 2” par le navire japonais Wakcisa-maru qui aperçut un nuage de fumée épais, calme et vertical, accompagné d’une épaisse colonne de vapeur flottant au loin à une faible hauteur. Après s’être approché, à 16h45m l’équipage observa une série d’explosions avec colonne de fumée. La hauteur de cette colonne est mal connue (100 à 500 pieds). L’eau aurait été plus chaude qu’ailleurs. Le ciel était clair, la mer calme. Mais les insulaires de Poulo-Cecir avaient ressenti dans la nuit du 15 au 16 un violent séisme; jusqu’au 22 février, il y eut d’autres secousses. Aucun raz-de-marée, aucune dénivellation de l’eau des puits n’ont été notés (cette eau d’infiltration a un niveau un peu supérieur à celui de la mer) ; les habitants n’avaient d’ailleurs pas aperçu le volcan.
- Dans la nuit du 10 au 11 mars, la mer rejeta sur le village de Poulo-Condor (à 500 km environ du volcan) une masse de scories évaluée à 500 m3. Ce trajet correspond bien à la direction de la mousson en cette saison. D’autres scories furent recueillies à l’embouchure du Bassac (au nord-nord-ouest de Poulo-Condor), le 20 mars.
- Les 15, 16 et 17 mars, l’ilot fut visité par une mission hydrographique à bord de Y Astrolabe. Dans la matinée du 15 mars, il y eut grande activité, des éruptions furent notées à 6U 45ra puis à 7h 10”; on observa alors pendant 5 minutes une colonne épaisse et noire de plus de 100 m. de haut; diverses éruptions moins importantes curent lieu dans la journée. Les sondages indiquèrent des fonds voisins de 100 m. L’ile affectait la forme d’un croissant à cornes brisées; il s’agit d’un cône volcanique ' à double penle, ruiné et dont la partie SW est de beaucoup la plus développée; l’explication de cette dissymétrie me paraît simple, la mousson soufflait du NE de sorte que les matériaux projetés sont retombés plus nombreux au SW et que d’autre part, la mer a attaqué plus fortement le front NE de l’ilot formé. Si, par la pensée, on complète le cône, on voit la ligne de — 50 m. s’en éloigner assez uniformément.
- Le 29 mars, un ingénieur des Travaux Publics de Saigon trouva l’ile déjà très modifiée. Ce n’est malheureusement que le 5 avril qu’envoyé en mission avec M. le commandant Dussault, chef du Service géologique, qui a bien voulu me charger de Eétude du volcan, j’ai pu étudier l’ile des Cendres. Les éruptions avaient cessé; l’ile était fortement réduite, presque méconnaissable. Les cornes du croissant n’existaient plus ; la longueur était plus grande que la largeur; le sommet de l’ile occupé par une crcte à peu près horizontale, dessinant un arc de 60° d’ouverture concave vers le N-NE, atteignait au maximum la cote 54 m. Du côté du cratère se voyait un fragment d’amphithéâtre avec rupture de pente, sectionné par une falaise verticale.
- Du côté externe, la pente, très légèrement convexe, était de 19°. L’ile, sur tout son pourtour, était limitée
- 1. (Note présentée à l’Académie des Sciences le 30 juillet 1925).
- 2. Voir La Nature, n° 2564.
- par une falaise abrupte de hauteur variable, accessible au sud et au pied de laquelle s’étendait une-plage.
- La section naturelle fournie par la falaise montrait une succession très nette de strates bien soulignées par des efflorescences salines et épaisses en moyenne de 10 cm.
- A l’extérieur, les strates sont inclinées de 20° environ ; à l’intérieur, elles sont d’inclinaison moins régulière; celles-ci sont en discordance sur celles-là. Les matières rejetées sont des scories basaltiques de taille très variable pouvant atteindre 20 cm, de menus fragments arrondis de lave vitreuse très vacuolaire, de minuscules fragments très irréguliers de verre et de cristaux. Il existe aussi de plus gros fragments d’hyalobasalte plus ou moins vacuolaire. Il faut noter l’existence de morceaux de basalte bien antérieur aux dernières éruptions; ils sont inclus dans des tufs clairs ou du calcaire construit avec Antho-zoaires et Mollusques. Le nouveau volcan est donc apparu, sinon à l'emplacement d’un ancien appareil, du moins dans une région volcanique.
- Le plus gros bloc projeté atteignait environ 1/5 de mètre cube. L’activité interne ne se manifestait plus que par l’émission de gaz en deux points, dont l’un correspondait au centre du cratère ; les bulles de gaz, atteignant au maximum 4 cm de diamètre, ne créaient môme pas un remous; les gaz presque inodores avaient une faible odeur aromatique; ils ne donnaient pas de fumée avec les vapeurs soit de HCl, soit de Nil3. En marchant sur les scories, on sentait une odeur sulfureuse provenant de gaz inclus dans le sol; des oiseaux gisaient asphyxiés.
- Les verres basaltiques, hyalobasaltes, noirs, insolubles dans l’acide chlorhydrique chaud, renferment des phéno-cristaux de labrador, de l’olivine. Les tufs clairs contiennent beaucoup de verre de teinte très variable, du quartz, de l’olivine, de la calcite. On trouve de rares morceaux de fin agrégat' d’olivine, le plus souvent complètement transformée en matière rouge, en tout petits grains, parfois avec ses formes cristallines, et d’un peu de quartz, cimentés par de la calcite. Les basaltes anciens, presque des lubradorites, contiennent des phénocristaux d’anor-thite, plus d’augite, presque pas d’olivine, des microlites de labrador. De très rares morceaux de ponce très clairs contiennent du quartz et correspondént à des rhyolites; ils sont enduits de scorie basaltique récente; leur fraîcheur permet de se demander s’ils ne sont pas contemporains.
- Le 20 avril, un nouveau séisme agita Poulo-Cecir et le continent à Phan Thiet ; les insulaires, aperçurent un fort dégagement de fumée ; un bateau signala peu de temps après des projections d’eau.
- Le 27 mai, j’ai revu l’ile : les falaises ont reculé; une large plage en fait le tour; la formation .d’une plateforme littorale a cependant ralenti l’attaque des vagues ; j’évalue l’aire restante, limitée par la falaise, à moins des 2/5 de celle observée en avril. Le volcan n’avait pas rejeté de nouveaux matériaux. 11 n’y avait plus de dégagement de gaz.
- Le rocher de la Grande Calwick, à 16 km au S-SW, est formé de tufs avec coulée de basalte interstratifiée. Poulo-Cecir est formée d’appareils volcaniques ruinés et de coulées de basalte réunis par des dunes de sable ; elle
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- renferme en particulier une colline de tuf stratifié, ruine d’un cratère qui recouvrait des basaltes dont les témoins dessinent une ligne circulaire de rochers et de hauts fonds de plus de 1 km de diamètre, évoquant la forme de l’ancien volcan ou d’une caldeira. Poulo-Cecir m’a livré trois échantillons de roches acides contenant toutes de la micropegmatite plus ou moins fine.
- Des basaltes de plateau et de vallée ont été signalés en maints endroits de l’Annam, mais aucune tradition ne fait mention d’éruptions.
- La carte mentionne à 50 km au S-SE un récif, le Vétéran, repéré en 1880, non retrouvé en 1882.
- Etienne Patte.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1923.
- Les prochlorites des roches a corindon. — On sait I que le corindon des gisements américains (côté Est des | Etats-Unis) est toujours associé à un grand nombre de phyllites diverses, dont M. Orcel vient de faire une étude approfondie. Pour ce minéralogiste, on doit séparer les prochlorites ferrugineuses ou ripidolites des prochlorites magnésiennes, souvent confondues avec le clinochlore et qui pourraient se dénommer grochauites.
- La nappe du Labourd, pays basque français. — De la note de M. Pierre Viennot, on peut conclure à une tectonique extrêmement complexe pour cette région, car le massif gneissique appartient bien à une nappe flottant sur le Flysch qui en a gardé des lambeaux déchiquetés par des phénomènes orogéniques subis postérieurement, mais, le rejaillissement du Flysch vers le Sud a encore compliqué les rapports des unités.
- La trempe de l’acier extra-doux. — D’après les analyses de MM. Sauvageot et Delmas, à mesure que la teneur en carbone des aciers diminue et qu’on se rapproche du fer pur, la température critique de trempe s’élève très vite et atteint le point de fusion pour une teneur en carbone un peu inférieure à 0,09 pour 100; enfin, la martensite obtenue a une dureté de plus en plus faible. Ces faits expliquent l’impossibilité de durcir le fer pur par trempe, même à très haute température.
- La corrosion du fer en présence du sulfure FeS. — On a remarqué depuis longtemps que le soufre abrège la durée de service des constructions en fer et en fonte. Une première série d’expériences conduites par M. Robert Stumpfer a porté sur des échantillons d’acier Thomas ou de fonte grise et nettement indiqué que l’action corrosive du sulfure de fer est un phénomène électrochimique.
- La déshydratation du gypse. — Le sulfate naturel S04Ca,21I30 fournit par calcination le «plâtre » industriel auquel on attribuait la formule S04Ca,1/aHi0. Les mesures effectuées par MM. Jolibois et P. Lefèbvre montrent qu’à la sortie des fours, on obtient un mélange de semi-hydrate et de sulfate anhydre; toutes les parties qui se sont trouvées dans l’air sec ou dans la vapeur d’eau au-dessus de 200° fournissent S04Ca et celles qui ont été maintenues au-dessous de 160°, dans la vapeur d’eau provenant de l’opération, donnent SOCaU/aHUO.
- Le dosage des matières humiques du sol. — La note de M." Maurice Piettre met en évidence l’intérêt que présente la pyridine qui, diluée d’environ son volume d’eau distillée, constitue un solvant d’emploi facile et fournit
- ainsi une méthode de dosage simple et exacte, à la fois pour l’humus libre et pour l’humus fixé ou combiné. Elle permet aussi d’isoler les substances organiques des matières grasses que l’on considère souvent comme faisant partie du bloc des « toxines du sol. »
- Sur la stéréoradioscopie. — Elle offre l’avantage de corriger les déformations des ombres projetées sur l’écran et d’obtenir, sur les organes en mouvement, des indications beaucoup plus complètes que la simple radiographie. Le dispositif soumis à l’Académie parM. S. Lambert est basé sur l’emploi simultané de deux disques strobo-scopiques, l’un opaque aux rayons X pour les sources, l’autre opaque à la lumière pour les yeux; il permet l’observation aisée du relief thoracique et doit rendre plus rapide la diffusion delà stéréoscopie dans la pratique radiologique courante.
- La sensibilité des plaques aux sels de mercure. — L’étude faite par M. Athanasiu indique que les plaques à l’iodure Hgl2 sont les plus sensibles, avec un maximum dans le vert, et leur emploi comme plaques orthochromatiques sans écran peut être commode pour des travaux exigeant une moindre sensibilité dans le bleu et le violet que dans le jaune et le vert ; quant aux plaques au chlorure (HgCl2) ou au bromure (HgBr2), elles ne sont sensibles que pour des radiations fortement absorbées par le verre, à la limite de la région ultraviolette du spectre, et ce dernier point explique les échecs de Lippo-Cramer.
- Le pouvoir antioxygène des polyphénols. — On connaît les travaux du Pr Moureu et de M. Dufraisse mettant en évidence la propriété remarquable de ces composés qui est de rendre les corps les plus autooxydables presque insensibles à l’action de l’oxygène. M. Alfred Gillet, essayant d’établir une relation entre « la solidité à la lumière » des colorants sur fibre et la présence dans leur molécule de la fonction diphénol, a constaté d’abord que la condition de résistance aux ondes lumineuses serait pour les azoïques, l’existence sur un même noyau, en position ortho ou para, de deux radicaux auxquels leur constitution confère le même pouvoir antioxygène que le groupement OH de la pyrocatéchine ou del’hydroquinone, puis que les colorants développés sur fibre doivent leur solidité aux phénols qui, par réaction secondaire, viennent du diazoïque, dans le bain ou sur la fibre, pendant le développement.
- La fréuuence de rotation de l'arbre d'un moteur. — La mesure de la vitesse angulaire, parla méthode stro-boscopique, demande que l’on sache produire des éclairs
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- à intervalles réguliers et fixes, puis qu’il soit possible de modifier à volonté ces intervalles, enfin que le stroboscope indique sa propre fréquence pour chacun de ces états. Le dispositif imaginé par M. A. Guillet réalise toutes ces conditions, à l’aide d’une corde vibrante à mouvement entretenu.
- L’emploi d'un mélange alcool-pétrole comme carburant. — En modifiant simplement les gicleurs et la buse du diffuseur, M. Dumanois a employé sur le parcours Paris-Toulouse, à une vitesse moyenne de 40 km, le mélange : alcool 70; pétrole lampant, 50. La consommation de ce carburant n’a pas dépassé 10 litres aux 100 km., pour une voiture de dix chevaux, et il a même été possible d’effectuer la plus grande partie du parcours en prise directe, bien que le trajet Limoges-Cahors-Montauban soit spécialement accidenté.
- . Sur le molybdale de Thorium. — En établissant sa formule Th(Mo04)a et son isomorphisme avec le molyb-date céreux qui possède comme lui une faible solubilité à l’état solide, M. Zambonini, affaiblit les arguments de MM. Coster et Ilevesy qui, . dans leur discussion avec MM. Urbain et Dauvillier, prétendent que l’élément 72 ne pouvait se trouver dans la préparation de M. Urbain, parce que cet élément est homologue du zirconium et tétravalent, alors que les terres rares avec lesquelles il se serait trouvé sont trivalentes.
- Les dextrines de réserve des Monocotylédones. —
- Contrairement aux conclusions de Leclerc du Sablon, la dextrine du bulbe de Jacinthe n’est., au dire de MM. Colin et Belval, qu’une lévulosane. très répandue chez les Monocotylédones, insoluble dans l’alcool, soluble dans l’eau et non rédactrice, mais le devenant sous l’action des acides. L’existence de ce principe, semblable à la scilline ou sinistrine de Scbmiedeberg, ruine les considérations d’ordre général émises jusqu’ici sur le rôle des dextrines en tant qu’hydrates de carbone de réserve servant de point de départ pour la genèse de l’amidon.
- La mouche de Goloubatz. — Cet insecte (Simulia co-lumbacensis) semble avoir causé cette année la mort de quatre mille bœufs et chevaux tant en Roumanie qu’en Serbie, car son habitat s’est étendu aux districts de Turu Severin et de Pirot. M. Jivoin Georgevitch reprend les études qui lui ont déjà permis d’isoler sur cette mouche un trypanosome et une microspirie, mais ses dernières expériences ne lui ont pas encore laissé définir la nature du venin au point de vue chimique et physiologique.
- Le thorium X et la calalase du foie. — En utilisant l’eau oxygénée parfaitement neutre fournie par la Société l’Air liquide, et en appliquant les méthodes de G. Bertrand et de P. Thomas, MM. Maubert, Jalouslre et Lemav ont élabli que, grâce au rayonnement a, le thorium X et son émanation agissent sur la catalase du foie pour l’activer à faibles doses et la paralyser à doses massives. Paui B.
- LES COULEUVRES DE FRANCE
- Dès la venue des beaux jours, un grand nombre de Couleuvres se rencontrent dans nos campagnes. A première vue, elles se distinguent des Vipères par la sveltesse de leur corps, par leur tête qui, bien que distincte du tronc, ne s'en détache pas autant que celle du Serpent venimeux. Les Couleuvres ont le dessus de la tête garni de larges écailles, régulièrement disposées ; tandis que les Vipères n’ont que de petites écailles, ou bien un mélange de petites et de grandes écailles; de plus,les formes de la Vipère sont plus trapues, sa tête est triangulaire, et ses pupilles sont verticales.
- On ne connaît pas moins de 450 espèces de Couleuvres, répandues sur toute la surface du globe. Ce sont principalement des animaux diurnes, à pupille arrondie ; la plupart d’entre eux montent aux arbres.
- Chasseurs habiles, les Couleuvres vivent de proies. Il leur arrive même de dévorer leurs pareilles. Il est à remarquer que les Couleuvres qui se nourrissent de Mammifères et d’Oiseaux, les tuent avant de les manger, tandis que celles qui se nourrissent de Batraciens et de Poissons, les avalent vivants.
- Vers la fin de l’automne, les Couleuvres se mettent à l’abri, dans quelque trou, pour hiverner; elles en sortent, au printemps, plus ou moins tôt. Après la mue, la ponte a lieu. Les oeufs, déposés dans un endroit humide et chaud, éclosent sous l’action de la chaleur solaire.
- Il est inutile d’insister sur le fait que lés Cou-
- leuvres sont inolfensives, puisqu’elles ne possèdent pas de crochets à venin. Malgré leur caractère souvent irascible et leur propension à se jeter sur leur agresseur, leurs morsures ne sont pas à redouter.
- La Couleuvre de France la plus commune est la G. à Collier, ou Tropidonote à Collier (Tropidono-tus natrix), ainsi nommée à cause de la tache claire qu’elle porte à la nuque. Cette tache tantôt blanchâtre, jaune citron, orangé ou rougeâtre est moins apparente chez les femelles et disparaît même tout à fait chez les sujets âgés. Comme chez tous les Ophidiens, les mâles sont de plus petite taille que les femelles, ils ont aussi des couleurs plus vives.
- Le Tropidonote à collier présente une tête assez large, un cou étroit et très distinct, marqué de chaque côté d’une tache noire qui souligne le collier clair. Les parties supérieures du corps sont revêtues d’écailles carénées. La queue est allongée et conique. Le museau est obtus, les narines grandes. Cet animal atteint 1 m. 70 de longueur; mais plus fréquemment de 1 m. à 1 m. 50.
- Comme coloration, le Tropidonote à collier a généralement le dessus de la tête d’un brun rougeâtre. Le dos et les flancs, bleuâtres ou verdâtres, sont ponctués de noir. Le ventre brun est tacheté de blanc. La gorge est jaune. Quand on le voit ramper d’une démarche rapide, la tête légèrement soulevée, il paraît dans son ensemble d'un gris-bleuté.
- Dès les premiers jours de mars, il sort de sa
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- retraite, et par les belles journées d’automne, il se chauffe encore au soleil.
- Cette couleuvre habite de préférence les lieux humides, le bord des mares et des étangs ; on la rencontre dans les forêts et dans les bois, aussi bien que dans les prairies. A propos de son nom A'anguille de haie que les paysans lui donnent parfois, l’explication en est donnée par l’habitude qu’a ce Serpent de monter sur les haies et d’y demeurer immobile : M. Raymond Rollinat a capturé de la sorte plusieurs Tropidonotes à collier, ainsi grimpés sur des haies élevées.
- Le Tropidonote à collier est d’un caractère doux et craintif. Il est exceptionnel qu’il cherche à mordre pour se défendre. M. Rollinat qui en a souvent pris à la main, dit en avoir éLé quitte pour un aspergeage de la liqueur visqueuse, à odeur répugnante, sécrétée par des poches anales, et qui constitue la seule défense de l’animal.
- La frayeur de la C. à collier capturée est telle quelle ne songe pas à mordre; mais lorsqu’elle se voit en cage, elle se montre souvent très irritée. Une femelle de grande taille, tenue captive par M. Rollinat, soufflait bruyamment dès qu’on l’approchait, se jetait avec violence sur les parois de sa prison et manifestait tant d’irascibilité qu’elle fut mise dans la cage des Vipères, avec lesquelles elle s’accorda parfaitement.
- Par contre, le savant naturaliste d’Argenton, éleva des Tropidonotes qui s’apprivoisèrent suffisamment pour avaler sous les yeux de leur maître les Poissons, les Crapauds ou les Grenouilles, dont ils se nourrissent. Ils prenaient paisiblement leur bain dans le petit bassin de leur cage.
- Les sujets que l’on voit dans la galerie des Reptiles, au Muséum de Paris, ne semblent pas souffrir de leur captivité.
- M. Rollinat ne s’est pas contenté d’élever des Tropidonotes à collier en captivité. En 1895, en ayant élevé deux cents dans son jardin, il les expulsa pour n’en garder qu’un seul. Pendant cinq ou six ans, celui-ci vécut librement dans le jardin du naturaliste; il se tenait dans un rocher, près d’une pièce d’eau, et il s’était familiarisé au point que M. Rollinat pouvait le caresser.
- La Couleuvre à collier qui habile toute l’Europe, l’Asie occidentale et le nord-ouest de l’Afrique, passe pour s’élever facilement; elle est même tenue en domesticité en certains pays. Brehm a rapporté que les Russes se gardent bien de la tuer parce qu’ils croient à un mystérieux empire des Couleuvres dont le roi se venge cruellement du meurtre de l’un de ses sujets,... Du moins, était-ce une légende ayant cours dans l’ancienne Russie.
- Dans les cages du Jardin des Plantes, on voit souvent des lambeaux d’épiderme perdus par les Serpents en mue. Quelquefois l’animal perd sa dépouille en une seule fois. C’est encore M. Rollinat qui nous renseigne à ce sujet : le changement de peau se produit à intervalles irréguliers; avant la
- mue, le Serpent paraît aveugle, son œil devient blanchâtre, sa livrée se ternit. Puis, l’épiderme se détache, en commençant par les bords de la bouche, et environ quarante-huit heures après, le Reptile, totalement débarrassé de son vieil habit, apparaît l’œil brillant, et revêtu de fraîches couleurs.
- La Couleuvre à collier s’accouple en avril. Sa ponte a lieu en juin ou au début de juillet. C’est communément dans un fumier que cette Couleuvre s’introduit pour pondre. Après avoir façonné une loge, elle y dépose ses œufs, blancs et parcheminés, non pas en chapelets, mais en tas, pêle-mêle, agglutinés par une matière gélatineuse. Chaque œuf mesure de 25 à 53 millimètres de longueur. Une femelle peut en pondre une quarantaine et comme plusieurs Couleuvres aiment à se réunir pour pondre au même endroit, il n’est pas rare de trouver des centaines d’œufs, divisés en paquets qui représentent chacun une ponte.
- Ces Couleuvres déposent également leurs œufs dans des trous et jusqu’au bord des routes.
- M Rollinat croit possible la protection exercée par les femelles sur les œufs, qu’elles défendraient au besoin contre les Rats ou contre les Belettes. Mais cette vigilance maternelle ne s’étend pas aux petits qui viennent d’éclore. Ceux-ci commencent seuls la lutte pour la vie.
- Deux mois après la ponte, les petites Couleuvres sortent de leurs œufs, après en avoir fendu l’enveloppe au moyen d’une lame tranchante qu’elles portent en avant de la mâchoire supérieure. Cette lame disparaît deux ou trois jours après la naissance de l’animal.
- Dans une grande caisse, placée dans une excavation creusée ad hoc dans son jardin, et remplie de fumier de bœuf, M. Rollinat a pu observer l’éclosion de 200 œufs de Tropidonotes à collier (tig. 1).
- Le jeune Tropidonote mesure une vingtaine de centimètres à sa naissance. Sa réserve de graisse lui permet d’attendre le printemps suivant pour chercher à se nourrir. Après avoir passé l’hiver au creux d’un fumier, il va dans les lieux humides se repaître de larves de Batraciens. Un peu plus tard, il avale les petites Grenouilles et les petits Crapauds, pour s’attaquer ensuite à de plus gros individus. Après un bon repas, la Couleuvre demeure plusieurs jours sans manger.
- On peut considérer la Couleuvre à collier comme nuisible, car sa nourriture se compose surtout de Batraciens anoures et urodèles et de Poissons. Exceptionnellement, elle mange de petits Mammifères et des Oiseaux. M. Albert Chappellier, notamment, a tué, dans le Loiret, un Tropidonote à collier emportant un jeune Oiseau pris au nid.
- Mais la plupart du temps, c’est le Crapaud commun qui est la victime de cette Couleuvie. Au mois d’août de 1918, sur un plateau des environs de Blois, un de mes parents tua un Serpent de cette espèce, de belle taille, en train d’ingérer un crapaud. Celui-ci, rendu par le Reptile, revint à la vie et fut
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- emporté par nous dans le jardin familial. En reconnaissance de son sauvetage, nous lui avons demandé de détruire les Insectes et les Mollusques nuisibles de notre petit domaine.
- Par un juste retour des choses d’ici-bas, si la Couleuvre mange des Grenouilles, les Grenouilles mangent les Couleuvres quand celles-ci sont toutes petites.
- Les Erpétologues qui ont disséqué des Couleuvres à collier, ont cru que ces Reptiles dévoraient des Insectes. Il n’en est rien : ces Insectes provenaient simplement de l’estomac des Batraciens avalés par eux.
- Quant au prétendu pouvoir de fascination des Serpents, il est à ranger au nombre des superstitions qui circulent sur le compte de ces animanx. Ce qui est réel, c’est que la vue d’un Serpent doit pétrifier de terreur un jeune Oiseau : on n’a qu’à regarder un peu fixement les yeux durs d’un Ophidien pour s’expliquer le malaise, la frayeur paralysante, éprouvés par un être inexpérimenté devant le Reptile.
- Mais un Oiseau adulte, loin de se laisser fasciner, déploie une grande intelligence pour défendre sa couvée contre les Serpents. Dès qu’un couple ailé, nichant à terre, aperçoit une Couleuvre ou une Vipère, il s’élance vers elle, volète autour de sa tête pour détourner son attention et l’entraîner loin du nid. Le père et la mère ayant harcelé leur ennemi se retirent, quand ils croient pouvoir retourner, en toute sécurité, vers la nichée que leur courage et leur adresse ont préservée.
- Ainsi que le dit M. Rollinat, l’observateur qui assiste à pareille stratégie peut croire que les Oiseaux, hypnotisés par le Serpent, vont être happés par lui.
- La Couleuvre à collier semble aimer assez le voi sinage de l’Homme. Dans mon enfance, je me souviens être allée chez des parents qui habitaient la vallée de la Cisse, dans le Blésois. Le bord de la rivière était couvert de Couleuvres que j’allais curieusement regarder de très près, sans que mon examen les fit se sauver le moins du monde.
- Elles entrent volontiers dans les maisons où leur odeur nauséabonde les rend fort incommodes. On en voit s’introduire dans les cages, manger les Serins qu’elles contenaient et ne plus pouvoir ressortir, gonflées qu’elles sont par l’ingestion de leur proie. Cependant, M. Galien Mingaud a possédé une Couleuvre qui, en pareil cas, rendit volontairement les Canaris morts, qu’elle avait avalés, afin de pouvoir sortir de la cage.
- Quand vient le froid, la Couleuvre à collier creuse des galeries dans les tas de fumier de nos fermes, dans des tas de pailles, dans des trous de terre, de rocher ou d’arbre. A cette époque, elle est très grasse et, comme telle, peut passer toute la mauvaise saison sans prendre de nourriture.-Mais il ne faudrait pas la croire privée de sens et la moindre chaleur la tire de son engourdissement.
- Ce que les paysans trouvent le plus souvent en remuant le fumier, ce sont les jeunes Tropidonotes
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- qui passent l’hiver dans le lieu où ils sont nés. Ces jeunes ne deviennent adultes qu’à l’âge de trois ou quatre ans, et encore, s’ils sont aptes à la reproduction, ils n’ont pas atteint leur taille définitive.
- Cette habitude qu’alaCouleuvre à collier de pondre dans le fumier et de vivre dans les basses-cours, a donné lieu à des croyances populaires très amusantes. Aux yeux des bonnes gens d’autrefois, les œufs de Couleuvre étaient des œufs de Coq dénaturé.... Ce n’est pas tout : La Couleuvre s’introduisait par la bouche dans le corps des gens endormis sur l’herbe et pour sauver ces malheureux d’une mort certaine, il n’y avait qu’à faire revenir le Serpent en lui offrant du lait chaud.... La Couleuvre aimait tellement le lait qu’elle tétait les vaches et les chèvres....
- Cependant, en réalité, une Couleuvre captive se laisserait mourir de faim plutôt que de toucher au lait.
- La croyance à la prétendue passion des serpents pour le lait s’explique par l’abondante salive blanche que les cultivateurs ont remarquée à la bouche des Reptiles. C’est cette salive, chargée de peptone, qui permet aux Ophidiens, ainsi que l’a fait observer le D1' Pierre, de digérer les proies qu’ils avalent sans les mastiquer.
- La Couleuvre Vipérine ou Tropidonole vipérin ( Tropidonotus viperinus) se rencontre fréquemment dans le sud-ouest de la France. Sociable, elle vit en colonies nombreuses; on l’appelle vulgairement Couleuvre d’eau ou Vipère d’eau, car ses habitudes sont encore plus aquatiques que celles de la C: à collier. Elle se plaît particulièrement dans les mares et les étangs où abondent les nénuphars et les sagittaires. Elle affectionne également le bord des fleuves. Il me souvient qu’ayant pris part à une partie de pêche, à ma façon, c’est-à-dire assise sur l’herbe et regardant autour de moi, je suivais du regard les gracieuses évolutions d’une Couleuvre vipérine. Tout à coup, elle s’enroula autour de la chaussure d’un de nos pêcheurs et de là, tranquillement, elle guetta une Grenouille; mon parent n’eut qu’à secouer un peu le pied pour faire partir le Serpent, sans doute très surpris de sentir remuer son point d’appui. Ceci se passait sur les rives de la Loire, à Blois.
- La Vipérine, ainsi que l’indique le nom dont La-treille l’a baptisée, ressemble à la Vipère. Elle y ressemble au point qu’il peut y avoir confusion entre les deux Serpents pour des yeux exercés. Ainsi, M. Constant Duméril, professeur d’Erpétologic au Muséum de Paris, au cours d’une excursion dans la forêt de Sénart, n’hésita pas à prendre à la main une Vipère Bérus qu’il prit pour une Couleuvre Vipérine. La Vipère mordit le naturaliste qui fut gravement malade pendant deux jours. Le surlendemain, M. Duméril ne se sentait plus de l’accident; mais le vigoureux vieillard eut lieu de croire qu’une telle morsure empoisonnée aurait pu causer la mort d’un enfant.
- La Vipérine atteint au maximum un mètre de longueur. Ses formes sont moins effilées que celles
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- Fig. i. — Eclosion de Tropidonotes à collier dans une des couveuses de M. Rollinat. (Cliché Rollinat.)
- de la C. à collier, mais plus sveltes que celles de la Vipère. Comme cette dernière, elle porte sur la tête une tache qui dessine un V. Son coloris est très variable; brune et jaunâtre, elle est couverte de taches noires carrées figurant assez bien un damier.
- Elle diffère essentiellement de la Vipère par ses pupilles rondes, par ses plaques céphaliques et par l’absence de crochets à venin.
- Tandis que la Vipère préfère les lieux arides et secs, la C. Vipérine ne se tient que dans les endroits humides et marécageux. Elle plonge et nage mieux encore que la C. à collier.
- Inoffensive, la C. Vipérine cherche rarement à mordre celui qui la capture et elle se familiarise assez aisément. Mais elle est nuisible parce quelle se nourrit de Batraciens et surtout de Poissons, tels que Goujons, Chabots, etc.... Elle ne s’attaque pas aux Oiseaux. Comme la C. à collier, elle avale des proies très volumineuses par rapport à sa taille. .
- ])ès le mois dé mars, la Vipérine sort de sa cachette, s’accouple et pond 5 à 15 œufs, en juin ou en juillet, d’ordinaire dans des terriers abandonnés par les Taupes ou les petits Rongeurs. Les petites Couleuvres naissent en septembre ou en octobre et se développent avec lenteur.
- La Vipérine se rencontre encore en novembre et il lui arrive de s’accoupler par les beaux jours d’automne. Les Tropidonotes Vipérins hivernent en compagnie, dans un creux de rocher, dans une excavation du sol ou dans un tronc d’arbre. A l’instar des Vipères, elles s’enroulent les unes autour des autres et prennent ainsi l’aspect d’une pelote de corde em-
- mêlée. Leur repos d’hivernage n’est pas un engourdissement profond.
- Bien que chez les Reptiles, l’albinisme soit rare, M. Rollinat en a constaté deux cas, notamment chez un Tropidonote Vipérin, capturé aux environs d’Ar-genton-sur-Creuse (Indre). C’était un beau sujet femelle, presque entièrement blanc; il s’habitua à la captivité. Après la mue, M. Bollinat le tua pour le conserver dans l’alcool, non sans avoir pris soin de le faire photographier auprès d’un Tropidonote vipérin normalement coloré (tîg. 2).
- A part le Tropidonote à collier et le T. vipérin, on trouve en France huit autres espèces de Couleuvres : l’Elaphe ou Serpent d’Esculape (Callopellris Æsculapii), consacré par les anciens au dieu de la médecine; l’Elaphe à quatre-raies; laCoronelle lisse (Coronella lævis), assez commune dans le centre'; le Zamenis vert-jaune (Zamenis viridiflavus), commun dans le sud-ouest et le midi, ainsi que : la Coronelle bordelaise (Coronella girundica) ; la Couleuvre à échelons (Rhinechis scalaris); la Couleuvre maillée ou C. de Montpellier (Cœlopellis monspessitlanvs) ; et la C. Chersoïde ou Tropidonote chersoïde (Tropidonolus chersQïdes.) A. Feuille-Billot j1).
- de la Soriété Nationale d’Acclimalation de France.
- 1. Je licus à remercier ici M. Rollinat qui m’a gracieusement permis de puiser clans scs savants travaux, publiés sous les titres de : « Vertébrés sauvages du département de l’Indre ». (Edit, scionliiiques, 4, rue Antoine-Dubois. Paris, 6e.) « Sur l’accouplement des Ophidiens à la (in de l’été et au commencement de l’automne »; « Sur le caractère et l’intelligence de quelques Reptiles du département de l’Indre » : « Notes sur deux Serpents albinos » [Huiletins et Mémoires de la Société Zoologique de France) ; « Observations sur la nourriture des Reptiles du département de l’Indre » [Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France). (Tirés à part, épuisés).
- « Reptiles de la France centrale nuisibles aux Oiseaux ».
- Bull, de la Ligue française pour la protection des Oiseaux, décembre, 1922) — (en vente à la Société d’Acclimatation de France). A. F.-B.
- Fig. 2. — Tropidonote vipérin albinos dans la main de il/. Rollinat, avec Tropidonote vipérin normalement coloré.
- (Cliché Rollinat.)
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahciie, rue de Fîeurus, 9, Paris.
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- LA NATURE — N° 2578
- 1" SEPTEMBRE Î923
- Fig. i. — La vallée du Lot à Luzech. (Cliché A. Viré.)
- A. Oppidum gaulois de l’Impernal ; B, Luzech et le donjon ; C, Butte de la Pistoulc ; D, Saint-Vincent-Rive-d’Olt.
- I. Configuration, aspects pittoresques, climat (1).
- Le Quercy est essentiellement un fragment du vaste plateau calcaire des Gausses, que découpent les affluents de la Garonne. Il en forme au nord-ouest l’extrême saillie, appuyée au nord sur le massif 1. Mémento uidliographique.— Géographie, guides : Armand Viré, Le Lot (Paris, Masson, guides Boule); Guides Bleus, Auvergne et Centre (Cahors et Gourdon) et Cévennes et Languedoc (Rocamadour-Padirac) ; Audouin-Dumazht, Voyage en France, 51e et 32e séries (Paris, Berger-Levrault), — Histoire, archéologie : F.-A. Calvet, Essai archéologique ci historique sur l’ancien Quercy (Paris, 1891) ; Gluck, Album historique du département du Lot (Cahors), — L'il-térature, descriptions : Emile Bouvillon, Pays et Paysages, Terre d'oc et divers romans (Paris, Plon); Pierre Loti, Roman d’un enfant (Castelnau de Bretenoux).
- Fig. 2. — UOuysse et le château de Belcastel (commune de Lacave). (Cliché A. Viré.)
- granitique, au relief usé et vallonné, du Limousin, tombant en pente douce, à l’ouest et au sud, sur les plaines de l’Agen ai s et de Montauban. Vers l’est, la limite avec le Rouergue — le cours moyen du Lot — est assez conventionnelle, bien que ces deux régions de Gausses soient, dans l’ensemble, assez différentes l’une de l’autre et qu’un isthme très prononcé resserre, vers leur jonction, le plateau.
- Au nord-est, le Quercy se rattache à l’Auvergne par une série de transitions bien marquées : d’abord, vers Lacapellc-Marival, une bande de lias marneux, correspondant à un pays humide et vallonné coupé de ruisselets; plus haut, autour de Latronquière, un ségala (terre de seigle) à sous-sol granitique, assez profondément découpé par les cours d’eau, et qui amène par gradations au Limousin et aux châtaigneraies de la haute Auvergne.
- Le Quercy offre un contraste bien connu entre son plateau et ses vallées, entaillées à vif dans le calcaire comme des canons, à rebords très anguleux dans les petites vallées et même sur une partie du cours du Lot, qui décrit des boucles capricieuses : celle de Luzech est une des plus remarquables. Les formes sont plus adoucies par l’érosion dans la vallée de la Dordogne, dont la majestueuse perspective a un grand caractère.
- Les vallées sont très fraîches, boisées, vertes jusqu’à l’automne, tandis que le plateau présente de vastes espaces pierreux et dénudés. Il ne fau-9. — 129.
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- drait cependant pas exagérer le contraste. Même le causse de Gramat, renommé par son cailloutis, est, par endroits, — par exemple du côté d’Alvignac — ondulé et verdoyant, avec des boqueteaux, des prés bordés de haies vives et de peupliers qui évoquent certains coins du Charolais. Mais les parties sèches dominent : terrain maigre dont on a retiré les pierres pour en faire de petits murs de clôture sans mortier, el où on ne cultive guère que le seigle et le sarrasin. On voit encore pas mal de friches. Les chênes truffiers rabougris, au pied desquels les porcs viennent chercher le précieux tubercule, sont une des rares richesses du pays. Gomme arbre fruitier, le noyer ; comme bétail, le mouton et des vaches utilisées surtout au labour.
- L’élément pittoresque est fourni d’abord par les vallées, leurs méandres et leurs falaises, leurs gorges dont les plus belles sont celle d’Àutoire où le vieux castel des Anglais ajoute au pittoresque du site, et celles de la Cère, sur la frontière de l’Auvergne et du Ségala, défilé où le rocher s’encadre d’une épaisse verdure. Le Gausse a aussi sa majesté, surtout au voisinage des vallées : le cirque de Montvalent, qui domine la Dordogne, est vraiment grandiose.
- Mais la principale curiosité pittoresque de la région, ce sont ses grottes. Par endroits les eaux ont foré le sol par des puits circulaires, nommés en Gévaudan avens et ici igues; les cloups sont des excavations sans puits apparents. En débouchant du Ségala et du lias sur le plateau calcaire, les rivières se sont creusé de longs parcours souterrains, pour ressortir par diverses résurgences en contre-bas, vers le Lot et surtout vers la Dordogne. Ces gouffres ont été explorés pour la première fois par M. E.-A. Martel,
- dont les lecteurs de La Nature n’ont pas oublié les relations passionnantes et les savantes études(l), puis par M. A. Viré : une science nouvelle, la spéléologie, est sortie de ces recherches.
- G’est en 1889 et 1890 que MM. Martel et G. Gaupillat, accompagnés de collaborateurs et de guides dévoués, découvrirent les grottes de Padirac, qui furent aménagées en 1899 pour les touristes, et qui comptent parmi les plus belles du monde entier, dignes de rivaliser avec celles de Han et d’Adelsberg. La descente par l’aven béant est des plus impressionnantes, et le parcours en bateau plat sur la rivière souterraine, claire et glauque, entre les détroits et les caps des rocs blafards, dans la pénombre d’une lumière judicieusement mesurée, est unique en son genre et évoque les visions d’enfer des épopées antiques.
- C’est M. Armand Viré, — le zoologiste après le géologue, — qui a exploré et fait aménager, près de la Dordogne, les grottes de Lacave, d’une autre architecture, remarquables surtout par la variété, la richesse des stalactites et stalagmites comme par l’étrangeté de leurs formes. De nouvelles galeries souterraines, révélées par la curieuse méthode des sourciers, dont M. Viré a entretenu les lecteurs de La Nature, doivent être prochainement déblayées.
- En dehors de ces deux cavernes les plus célèbres, combien d’autres excavations pittoresques perforent le plateau : grotte des Alysses, gouffre du Réveillon, source de l’Ouysse, et bien -d’autres, comme l’Aussure, dont l’exploration inachevée réserve encore des surprises.
- Malgré la latitude déjà méridionale et bien que l’altitude du plateau ne dépasse guère 400 m., le
- 1. Voir notamment son ouvrage, Le gouffre el la rivière souterraine du •puits de Padirac (Paris, Delagrave, 3e édit. 1923).
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- Fig. 4. — Rocamadour. (Cliché A. Viré.)
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- climat des Causses est plutôt montagnard, sec, parfois venteux, à étés très chauds et à hivers froids, assez longs. La différence est d’ailleurs sensible entre le bas Quercy, plus doux, plus tempéré, et le haut Quercy, plus rude : les deux extrêmes sont à peu près Puy-1’Evêque au sud-ouest et Àssier au nord-est. L’influence océanique s’accuse d’ailleurs par une pluviosité plus grande que dans les Causses méridionaux; mais les nuages humides du sud-ouest passent souvent, sans tomber, sur le plateau du Quercy, pour se briser contre les épaulements du Limousin et de la haute Auvergne.
- IL Population; villes et bourgs; art et tourisme. — Les gouffres du Quercy, difficilement accessibles, n’ont pas été le siège d’habitats préhistoriques aussi nombreux que les grottes du Périgord. M. Viré a découvert un ossuaire néolithique dans les grottes de Lacave.
- Les Gaulois ont marqué profondément leur empreinte dans la région, qui était habitée par la tribu des Cadurques, d’où Cahors (Cadurcis) et le Quercy (Ccidurcinum) ont tiré leur nom. C’est au nord delà région, à Uxellodunum, que des fouilles toutes récentes ont identifié définitivement avec le puy d’Issolu (’), — que succomba, après un siège tragique, le dernier rempart de la Gaule indépendante. On a retrouvé à Murcens et au-dessus de Luzech, à l’ouest de Cahors, sur la hauteur de l’Impernal, où se poursuivent en ce moment des fouilles importantes dirigées par M. Viré, les vestiges de deux autres oppida gaulois.
- La répartition actuelle des types d’habitation rurale montre l’extension, dans la région, de la maison latine, venue de Toulouse, qui gagna la vallée du Lot jusqu’au-dessus de Capdenac, en face de la maison gauloise, au toit pointu, jadis en chaume, dont le type, malgré ses transformations, s’est maintenu sur les causses de Gourdon et de Gramat. Le Quercinois a gardé la tradition des hulLes coniques voûtées en pierre sèche, qu’on voit encore çà
- 1. On a retrouvé, autour d’une fontaine, des pierres de fronde formées de roches étrangères à la vallée, des traits gaulois et des projectiles de catapultes romaines.
- Fig. 6. — Château de Castelnau-de-Br*. tenoux. (Cliché A. Viré.)
- Fig. 5. — Autoire {Lot) : Château des Anglais. (Cliché A. Viré.)
- et là dans les champs comme en Périgord, en Cala-logne et dans les Pouilles, et qui représentent le type . de construction antérieur à l’arrivée des Indo-Européens dans nos pays.
- Il est remarquable que la cité des Cadurques, devenue pays du Quercy, a conservé à travers deux millénaires son même territoire et sa même individualité sociale, que la division départementale elle-même a respectée : preux e de la cohésion géographique et économique de la région. Cahors en lut toujours la métropole; elle fut le siège d’une université du XIVe au xvme siècle.
- Par la langue, le Quercy est foncièrement languedocien, de la grande famille toulousaine, avec quelques traits régionaux. Des limites phonétiques très nettes le séparent, au nord et au nord-est, du Limousin et du pays de Mauriac : ainsi le Quercy, comme tout le Midi, garde le c occlusif devant l’a (vaco, vache; canlà, chanter), tandis que le Limousin et l’Auvergne (Àurillac à part) disent tchanlà ou tsantâ.
- Dans l’ensemble, le Quercy est une région plutôt archaïque, mais point arriérée et sensiblement plus développée que le Gévaudanet même quelcRouergue, Les vieux usages et coutumes sont assez persistants. Mais les anciens costumes ont disparu plus rapidement que dans l’Auvergne et le Velay ; les villages y sont également plus propres. Par rapport à ses voisins de Toulouse et d’Agen, le Quercinois paraît froid, rélléchir concentré comme tous les habitants des Causses : l’exubérance méridionale de la plaine n’est pas son fait.
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- Fig. 7.— Une vue typique du Causse avec mie igue (près de Carennac). (Cliché A. Viré.)
- Dans sa physionomie générale comme dans ses monuments anciens, Cahors offre le même mélange de caractères méridionaux, d’influences septentrionales et d’éléments montagnards. Campé sur une boucle du Lot dont elle épouse le contour, la ville présente un ensemble pittoresque. Son ehtf-d’œuvre monumental est le pont Valentré, le plus beau pont fortifié et le seul entièrement conservé de l’ancienne, France, digne d’être comparé au pont d’Alcantara de Tolède et, en tout cas, supérieur par sa perspective; il est d’un style très méridional (comme le palais de Jean XXII) par la forme des tours de défense.
- Mais il ne faut pas oublier la vénérable cathédrale, une des plus archaïques de l’art roman, à une nef couverte de trois coupoles, imitation, avec certains perfectionnements, de Saint-Front de Périgueux; les fresques retrouvées à une coupole, sans parler de celles qui ont été restaurées près du choeur, sont particulièrement précieuses. Un remarquable portail sculpté procède de Moissac, et accuse même de visibles progrès dans l’exécution. L’époque gothique a ajouté un cloître et la façade où s’affirme la lourdeur qui caractérise l’art ogival dans tout le Massif Central.
- Cette lourdeur architecturale se manifeste encore à la Renaissance, tout au moins dans certaines œuvres, par exemple dans les fenêtres massives qui décorent une maison rue des Boulevards, et dans l’architecture de la maison Henri IV, rude et rèche comme une forteresse. Mais cetle demeure renferme des joyaux : trois portes accolées et étagées au flanc de l’escalier à vis, et une superbe cheminée de la plus belle période du xvie siècle.
- En dehors de Cahors, le Quercy regorge de curiosités archéologiques et artistiques. Beaucoup d’églises
- romanes, qui ont subi, surtout au nord, l’influence limousine plutôt que toulousaine : la plus typique est peut-êlre celle de Carennac, près d’un prieuré oii Fénelon écrivit Télémaque.
- Les châteaux féodaux hérissent puys et éperons, qui semblaient prédestinés à les porter, et sont surtout nombreux aux abords de la Dordogne, grande voie de passage, face aux forteresses de la turbulente féodalité limousine. Parmi les plus remarquables, il faut citer avant tout Castelnau de Bretenoux, dont le donjon carré et la puissante armature de tours et de courtines dominent un paysage magnifique près de la Cère. Bien situés aussi les deux châteaux de Ca-brerets. Belcastel surplombe l’Ouysse dans un site pittoresque et Cénevières, le Lot. Nous avons déjà signalé à Autoire les ruines saisissantes du château des Anglais. A noter que la forteresse de Luzech date de l’époque mérovingienne.
- La Renaissance a laissé un chef-d’œuvre : le châ-
- Fig. 8. — L’Entrée du gouffre de Padirac. (Cliché E.-A. Martel.)
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- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC
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- teau de Montai, voisin de Saint-Céré, restauré par M. Fenaille. Les ruines du château d’Assier datent de la même époque et dénotent une influence de la France septentrionale, avec de curieuses tendances arabisantes dans la décoration; l’église, attribuée parfois à Nicolas Bachelier, a des affinités toulousaines.
- Plus encore que par les détails des monuments, la région est remarquable par les ensembles que présentent nombre de petites villes et de bourgs cristallisés dans la physionomie du passé. À ce titre Gourdon est déjà intéressant, mais Figeac bien davantage, avec une série peut-être unique de maisons des xme et xiv° siècles, groupées ou disséminées dans des ruelles moyenâgeuses.
- R ien n’est pittoresque comme Rocamadour, ses sanctuaires accrochés à la pente sur l’éperon d'un canon très caractéristique, et le village qui s’allonge sur une rue presque au fond de la vallée. Le château, qui domine, a l’air d’une église, tant sa tour rappelle un clocher, tandis que l’église ressemble à une forteresse. Lourdes, massives, sans ornements anciens, les deux églises superposées ont du caractère, que n’arrivent pas à leur faire perdre les enjolivures et mutilations modernes exécutées pour les besoins des nombreux pèlerinages.
- Saint-Cirq-la-Popie, surleLot, couronnant un fouillis de rochers découpés, compose, par son groupe de vieux logis, son castel, son église, de compte à demi avec la nature, un paysage qui mériterait d’être
- Fig. ç. — Les gtottes de Lacave : salle des Trois Parques. (Cliché A. Viré.)
- plus célèbre. Faut-il rappeler encore, le long du Lot, Luzech sur son isthme, Puy-l’Evêque en gradins, Capdenac l’ancien couronnant une butte de ses remparts, tous riches en souvenirs vivants des rudes temps féodaux? Et le val du Gélé est admirable, tant pour le pittoresque naturel que parles vieux villages agrippés à ses flancs.
- Le Quercy n’a guère d’industrie ; le commerce est surtout agricole et local et porte principalement sur les céréales, les truffes, le vin dans la vallée du Lot. Très bien desservie par la voie ferrée, la région est coupée à l’ouest et à l’est par les deux lignes de Paris à Toulouse, via Gourdon-Cahors et Rocamadour- ( apdenac, que relient entre elles deux transversales longeant respectivement les vallées de la Dordogne et de la Gère, sur un très beau parcours à travers les gorges et la vallée du Lot.
- Il n’existe qu’une modeste station thermale, Àlvignac-Miers, aux eaux sulfatées so-diques. Le pays n’est pas propice aux villégiatures estivales, à cause des chaleurs, mais septembre y est agréable. Les gourmets y apprécient les pâtés truffés, les vins de Cahors au fin bouquet et diverses spécialités qui ont fait un certain renom à la cuisine quercinoise. Les meilleurs centres d’excursion sont Gahors, Figeac, Saint-Céré, et Roca-madour-gare d’où des circuits automobiles, pendant toute la belle saison, permettent de visiter Padi-rac, Lacave et les nombreuses curiosités du causse de Gramat. Albert Dauzat.
- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC
- I. — Aperçu historique et origine du monopole en France — Régime actuel Les diverses variétés de tabacs exotiques — Fabrication des poudres à priser.
- Aperçu historique depuis l’importation du tabac en Europe au xve siècle jusqu’à i 865. — Quand Christophe Colomb, Americ Vespuce, Cortez et autres navigateurs célèbres du xve siècle abordèrent, pour la première fois, en divers points du continent américain, ils constatèrent que presque tous les habitants du Nouveau Monde employaient le tabac
- sous diverses formes. Dans le sud, on prisait et on chiquait, sauf dans les régions de la Plata, de l’Uruguay et du Paraguay, oùles naturels durent attendre l’arrivée des Espagnols pour apprendre à goûter les charmes de « l’herbe sainte » ! Par contre, les autochtones de l’Amérique du Nord étaient d’enragés fumeurs depuis les aborigènes de l’isthme de Panama
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- et des Antilles jusqu’à ceux du Canada et de la Californie. Les uns savouraient des espèces de cigares faits de tabac enrobé dans une feuille de maïs ; les autres, comme les Àzlèques du Mexique ou les Indiens des Etats-Unis, hachaient plus ou moins leur tabac pour le fumer dans de longs calumets.
- Selon le savant hollandais van Someren Brand, les anciens insulaires de Cuba inventèrent des pipes spéciales en forme d’Y ; ils se fourraient dans les narines, les deux branches de cet original appareil, puis, allumant le tabac dont ils avaient bourré le tuyau inférieur, ils aspiraient par le nez d’enivrantes
- veau » (1556). De leur côté, des matelots espagnols et portugais propagèrent la nouvelle drogue tandis que Boncalo Hernendez de Toledo, chargé par Philippe II d’aller étudier la flore américaine, introduisait quelques graines de tabac en Europe.
- Mais on n’aurait guère rencontré ces plantes que dans les collections botaniques du Vieux Monde, si notre ambassadeur au Portugal, Jean Nicot, n’en avait rapporté plusieurs pieds de Lisbonne. Comme on tenait alors la poudre de tabac pour un excellent remède contre les maux de tête, notre avisé diplomate en envoya un peu à Catherine de Médicis,
- Fig. i. — Récolte du tabac à La Havane (Vuelta Abajo, région de Pinar del Rio).
- bouffées. En tout cas,, d’après le même érudit, un marin de la flotte de Christophe Colomb nommé Sancho paraît mériter le titre de premier fumeur chrétien. Mais, contrairement à l’opinion soutenue par plusieurs historiens, Tiedemann a démontré, en compulsant les écrits des voyageurs du Moyen âge, que la narcotique Solanée s’introduisit beaucoup plus tard chez les Asiatiques (Hindous, Turcs, Persans, Chinois ou Japonais) et grâce aux Européens.
- D’autre part, nous devons les premières descriptions du tabac à un religieux espagnol, Romana Pana, demeuré quelque temps à Haïti après la deuxième expédition colombienne, au Milanais Giro-lamo Benzoni, explorateur du Mexique entre 1541 et 1555, au cordelier angoulêmois André Thivet, qui se vante d’avoir fait connaître en France cette plante « appelée Pelun au Brésil où on la dit fort salubre pour faire distiller et consumer les humeurs du cer-
- très sujette aux migraines. La cure fut merveilleuse. « L’herbe à l’ambassadeur » ayant guéri la souveraine, s’appela dorénavant « l’herbe à la Reine », « Médicée » ou « Nicotiane ». La Cour et la Ville prisent à qui mieux mieux, cette panacée universelle capable de soulager les misères humaines. Puis, sous Louis XIII et sous Louis XIV, la bour-j geoisie et le peuple commencent à lumer tandis que les hautes classes de la société restent plutôt fidèles à la tabatière. Les raffinés portent constamment sur eux une petite carotte de tabac et une râpe afin d’avoir leur poudre toute fraîche. Les élégantes prennent leur « prise d’Espagne », parfumée cà la marquise » puis plus tard « à la Pompadour » dans de coquettes tabatières d’or, enrichies parfois de miniatures ou de pierres précieuses! On juge de l’éducation des gens d’après la manière de se servir de ces minuscules coffrets et Boileau raille avec
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- esprit « l'herbe à Nicot, ». En vain, Jacques IP|' roi d’Angleterre compose un traité contre a cette habitude dégoûtante à la vue, repoussante pour l’odorat, dangereuse pour le cerveau, malfaisante pour la poitrine et qui répand autour du fumeur des exhalaisons aussi infectes que si elles sortaient des antres infernaux ».
- A leur tour, la Faculté et l’Eglise s’en mêlent. Fa-gon, le médecin du Grand Roi, déteste l’herbe de la Reine, tandis que d’autres praticiens en vantent les mérites, et que le pape Urbain VÏII en défend l’usage dans les églises sous peine d’excommunication.
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- la suite, le produit de cette redevance s’accroît sans cesse pour atteindre 4 200 000 livres en 1720. La contrebande et la fraude s’exercent cependant sur une vaste échelle dans tout le royaume, malgré la sévérité de la répression.
- Puis de 1749 à 1721, une législation nouvelle s’introduit. Le trafic redevient libre en France tandis que pour favoriser le développement de nos colonies, on prohibe la culture du tabac sur tout notre territoire. De 1723 à 17 47, la Compagnie des Indes prend à bail la concession des tabacs moyennant le payement annuel de 3 millions de livres au Trésor.
- Fig. 2. — Magasin de réception des tabacs à la Manufacture nationale de Pantin.
- Les ouvriers retirent les manoques des balles et des boucauts, les pèsent, les mélangent et les mettent sur des chariots
- de transport.
- Tout cela n’empêcha pas le succès du tabac de s’affirmer de jour en jour et de se continuer jusqu’à nous. Mais Richelieu découvrit en 1629 la principale vertu de la fameuse Solanée : celle d’accroître les revenus de l’Etat. Les Ministres de la Royauté, de l’Empire et de la République lui reconnurent successivement cet incontestable mérite.
- L’Administration commença alors par imposer, de plus en plus lourdement, les priseurs et les fumeurs français, puis finalement monopolisa la fabrication et la vente des tabacs. Une ordonnance royale du 17 novembre 1629 frappe le tabac venant de l’étranger d’un droit d’entrée en France de 30 sols par livre. En 1674, Louis XIV réserve ce commerce aux fermiers généraux, à leurs procureurs ou commis et l'affermage de ce privilège lui rapporte 500,000 livres dès la première année. Par
- Ensuite jusqu’à la Révolution le monopole revient aux fermiers généraux, qui le conservent jusqu’au décret du 20 mars 1791, reconnaissant à tous les Français le droit de « cultiver, fabriquer et vendre du tabac » : il rapportait alors 32 millions. A cette époque, les négociants vendaient sous son nom tous les « ersatz » possibles, en dépit de la surveillance dont ils étaient l’objet. Les « Sans-Culottes » fumaient des feuilles de choux ou de noyer, du varech ou du foin, prisaient des racines de lichens d’Islande pulvérisées pendant que les Incroyables achetaient aux Hollandais des herbes de Virginie à la « marque des trois rois » ! Ce régime aussi onéreux, pour les finances de l’Etat que pour la bourse des particuliers, se prolongea jusque vers la fin de l’Empire et voici, d’après Maxime Du Camp, la circonstance qui amena sa suppression.
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- Fig. 3. — Masses ou meules de fermentation.
- (Des ouvriers, nus jusqu’à mi-corps et armés de pics, démolissent les masses après 4 mois et demi de fermentation.)
- Au début de l’hiver de 1810, à un bal donné aux Tuileries, Napoléon Ier, remarquant une jolie femme couverte de diamants, demanda cà un de ses aides de camp quelle profession pouvait exercer son mari. Celui-ci devait, en effet, gagner beaucoup d’argent pour parer sa femme d’une telle profusion de bijoux ! L’officier apprend que c’était Mme R., jeune épouse d’un importateur et fabricant de tabac. 11 s’empressa alors d’en informer le monarque qui, prenant bonne note du renseignement, ne tarda pas à accaparer au profit du trésor impérial un si lucratif négoce!
- Quelle que soit l’authenticité de l’anecdote rapportée par l’historien de Paris, l’organisation de nos Manufactures nationales de tabac remonte à cette époque et les décrets des 29 décembre 1810 et 11 janvier 1811 forment encore la base j du régime actuel.
- d’abord aux Contributions Indirectes, devint en 1851 une direction relevant du Ministère des Finances, puis réuni à nouveau aux Contributions Indirectes en 1848, il reprit son autonomie en 1860 et constitue depuis 1865 la Direction générale des manufactures de l'Etat, qui gère également le monopole des allumettes depuis 1890.
- Organisation actuelle du régime des tabacs en France. — Aujourd’hui, l’Etat a le droit exclusif de fabriquer et de vendre du tabac en France. Il ne cultive pas lui-même les tabacs indigènes nécessaires à s?s fabrications, mais il accorde' ou refuse les autorisations pour les planter sur le territoire français. L’administration autorise seulement cette culture dans 52 départements (Ain, Alpes-Maritimes, Aube, Aveyron, Bouches-du-Rhône, Charente-Inférieure, Corrèze, Côte-d’Or, Dordogne, Drôme, Haute-Garonne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Isère, Jura, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Nord, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Haute-Saône, Savoie, Haute-Savoie, Somme, Var, Vaucluse et Vosges). Une décision du Ministre des Finances répartit, chaque année, le nombre d’hectares à cultiver, ainsi que les quantités de tabac que doit fournir chacun des 52 départements ci-dessus énumérés. Une Commission paritaire, composée de 4 planteurs élus et de 4 fonctionnaires,
- Fig. 4. — Hachoirs de gros.
- Le Service des tabacs, soumis
- (Les feuilles sortent de l’appareil débitées en lanières de 10 mm., puis elles tombent dans une vis d’Archimède, qui les conduit à la mouillade.;
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- fixe, pour chaque Commission de classement siégeant dans les départements, le prix moyen auquel l’ensemble des tabacs indigènes sera payé et le coefficient de la valeur des différentes qualités. Un président de chambre de la Cour des Comptes fait fonction d’arbitre en cas de partage des voix de ladite Commission (Lois des 31 mars 1919, 51 juillet 1920 et 50 décembre 1922). En outre, un arrêté préfectoral répartit la superficie totale entre les différents arrondissements du département et spécifie les conditions et formalités à accomplir par les planteurs.
- Tout individu qui désire cultiver le tabac, doit effectivement en faire la déclaration à la mairie de sa localité, requête qu’examine une Commission despermis. Celle-ci, composée d’un délégué du préfet, du directeur des Contributions Indirectes, du directeur du Service des Tabacs, d’un conseiller général et d’un Conseiller d’arrondissement, statue sur les demandes. Une fois en possession du (( permis de culture », le planteur est soumis à un contrôle fiscal de la part des « agents de culture » qui lui donnent les graines à semer et procèdent à l’inventaire de ses champs de tabac pour reconnaître d’un côté la superficie cultivée et le nombre de pieds plantés et compter approximativement, d’autre part, les feuilles existantes.
- Le planteur livre toute sa récolte à l’Etat après en avoir opéré le séchage puis le triage. Il assemble ensuite le tabac par paquets de 25 ou 50 feuilles. 11 réunit alors 100 ou 200 de ces mcino-ques, selon les départements, pour former des balles, qu’il soumet à une Commission de 5 experts dont 2 planteurs élus, 2 fonctionnaires du service des tabacs et un arbitre, planteur lui-même (Loi du
- 50 juillet 1913). Ce jury examine les manoques livrées, et, les comparant aux échantillons-types, en détermine la qualité et par suite le prix qu’en donnera la Régie. En outre, si les livraisons ne correspondent pas aux quantités, figurant en nombre de feuilles sur les inventaires, le planteur paye la valeur des différences constatées, déchets déduits.
- On centralise alors les feuilles séchées dans des magasins, qui, après fermentation, les envoient
- dans les fabriques chargées de les transformer en poudres à priser, rôles et carottes à mâcher, scaferlatis, cigares et cigarettes, selon les variétés.
- Ces manufactures, au nombre de 20, sont situées à Bordeaux, Château-roux, Dieppe, Dijon, Issy-les-Moulineaux, le Havre, le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Morlaix, Nancy, Nantes, Nice, Orléans, Pantin, Paris (Reuilly), Riom, Tonneins et Toulouse. Il existe aussi à Limoges des ateliers spéciaux chargés de confectionner l’outillage des divers établissements précédents. En outre, comme la culture du tabac est libre en Algérie, l’Etat français a installé 5 magasins à Alger, à Blidah et à Bône afin de centraliser les achats faits, de gré à gré, à nos colons.
- La culture du tabac est donc réglementée d’une façon assez rigide en France. La surveillance continuelle qu’exercent les agents du fisc interdit toute fraude sérieuse et garantit les intérêts du Trésor. Et cependant, malgré les frais culturaux élevés et les formalités administratives, on comptait, en 1915, 46 017 planteurs français qui cultivaient 14 251 hectares et livrèrent à la Régie 24100000 kg. de tabac. Leur nombre a fortement diminué pendant la guerre. Mais, en 1922, 59 740 de nos propriétaires s’adonnèrent à cette culture sur
- Fig. 5. — Moulins de râpage de la Manufacture de Pantin.
- (Ces 2 batteries, de 8 appareils chacune, occupent avec les tamis-bluteurs le rez-de-chaussée et 2 étages d’un batiment.)
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- 15 536 hectares et récoltèrent 21 988 722 kg. de tabac. Les déclarations de culture pour 1925 s’élèvent à 45 514 avec une superficie de 45 510 hectares, supérieure de plus d’un millier d’hectares à celle emblavée en tabac sur notre territoire avant le conflit mondial.
- Principales variétés de tabacs exotiques. — Indépendamment dès tabacs indigènes, l’Etat français a besoin de se procurer des tabacs exotiques pour l’approvisionnement de ses manufactures. En principe, ces marchés sont passés par voie d’adjudication mais l'administration achète aussi, de gré à gré, dans certains cas particuliers et après autorisation du Ministre des Finances, qui fixe le maximum de prix.
- Les achats sont quelquefois-effectués sur les places étrangères par des missionsd’in-génieurs, réduites au nombre de trois actuellement (Etats-Unis et Havane, Pays-Bas, Brésil).
- Avant la guerre, les tabacs du Brésil s’achetaient à Brême et à Hambourg mais aujourd’hui une mission spéciale va examiner les lots de cette provenance, dans des ports français, avant de les acquérir.
- Après une série d’opérations ayant pour but de sauvegarder les droits de l’Etat et de garantir la loyauté des transactions, les tabacs exotiques arrivent aux magasins de transit (Dunkerque, Dieppe, Le Havre, Bordeaux ou Marseille) sauf le Havane et certains tabacs pour robes de cigares qu’on dirige - directement sur la manufacture de Bèuilly.
- Voici maintenant un aperçu des tabacs exotiques, que nous distinguerons en 4 catégories correspondant à leur destination :
- 1° Les tabacs pour cigares (La Havane, Brésil et Indes Néerlandaises) ;
- 2° Les tabacs pour scaferlati et cigarettes en Maryland (Etats-Unis) ;
- 3° Les tabacs d'Orient ou du Levant (Asie Mineure et Balkans) ;
- 4° Les tabacs d’appoints pour scaferlatis (supérieurs et ordinaires) pour rôles et carottes et pour poudres (Etats-Unis, Manille, Colonies françaises,etc. )
- Les tabacs pour cigares viennent principalement de La Havane, du Brésil (province de Bahia) et des
- Indes Néerlandaises. Les tabacs de la Havane servent à confectionner les différentes parties des cigares de luxe (*), les tabacs du Brésil s’emploient pour les sous-capes et les intérieurs, ceux des Indes Néerlandaises pour les capes et les sous-capes.
- Les plus fameux tabacs havanais poussent dans la « Vuelta Abajo », soit sur une zone large de 30 km et longue de 112 km longeant la côte sud-ouest de l’île depuis le cap SaintAntoniojus-qu’à labaieBroa. Dans cette région, située au voisinage de Pinar del Rio (fig. 1), les « vegas de tierra Llana » (plantations de plaine) fournissent des tabacs d’un arôme développé mais decomhustibilité moyenne et de couleur foncée. On doit donc les mélanger avec d’autres crus dans les intérieurs de cigares. Les « vegas de lomas » (plantations de coteaux) donnent des feuilles moins aromatiques, plus claires, plus combustibles et d’un aspect plus satisfaisant. On les emploie comme capes ou on les mélange dans les intérieurs avec des variétés moins combustibles. Les grandes fabriques de la Havane accapa-
- (1) Comme nous le verrons plus loin, un cigare se compose de 3 parties : l’intérieur ou tripe qu’entoure une sous-cape, recouverte elle-même d’une cape extérieure plus line.
- Fig. 6. — Cases de râpé parfait.
- (Le râpé sec, après mouillage à l’eau très chaude et salée, subit, dans de vastes chambres, une série de fermentations et de transvasements.)
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- ront les meilleurs lots de la Vuelta Abajo qu’elles achètent souvent sur pied avant leur maturité. Le reste de la récolte havanaise (Semi-Vuelta et P.u ti-dos) s’exporte. Pour la confection de nos cigares en Havane, nos manufactures utilisent, en dehors des tabacs de la Vuelta, des appoints de ces derniers crus.
- Les tabacs du Brésil, dont les meilleurs centres de culture sont situés dans la province de Bahia, servent également , à fabriquer des cigares fort appréciés des fumeurs pour leur goût, leur arôme et leur combustibilité.
- Les tabacs des Indes Néerlandaises, achetés par des missions spéciales à Amsterdam et Rotterdam, se cultivent principalement dans les îles de Java et de Sumatra. Ces derniers fournissent des feuilles fines et à nervure droite, employées comme capes jJ,e cigares à prix élevés. Les tabacs de Sumatra de qualité inférieure, ainsi que ceux de Java s’emploient comme couvertures pour les cigares français à Ofr.25, les Picaduros et les Ninas.
- Les tabacs du Maryland, que la mission des Etats-Unis achète sur les lieux de production, servent à fabriquer, sans mélange avec aucune autre espèce, des scaferlatis, très à la mode aujourd’hui parmi les fumeurs français. Le Maryland se recommande, d’ailleurs, par sa très grande légèreté, sa combustibilité excellente et sa nuance claire.
- Les tabacs d'Orient ou du Levant se récoltent en Asie Mineure et dans les Balkans. Les meilleurs crus avoisinent la région de Cavalla (Grèce). On les utilise généralement seuls pour la confection de certaines catégories de cigarettes.
- Indépendamment des variétés ci-dessus, nos manufactures ont besoin de tabacs exotiques d'appoints pour compléter nos ressources nationales et elles
- les trouvent surtout aux Etats-Unis. La France y achète des tabacs dans le Kentucky et en Virginie. Le Kentucky s’introduit dans la fabrication de la poudre ainsi que dans celle des scaferlatis supérieurs et ordinaires auxquels il fournit une grande partie de leur arôme ; il s’emploie également pour faire les rôles et carottes à mâcher. De son côté, le tabac de Virginie s’utilise en variété corsée (Darlï) dans la poudre à priser et en variété claire (Brighf)
- dans les cigarettes en tabac jaune (Fashion et Iligh Life), qui ont rencontré un vif succès auprès du public depuis leur lancement en 1920.
- La France transforme . encore des tabacs de Manille, de Colombie (Carmen), de Saint-Domingue et du Paraguay, généralement légers et combustibles. Mais depuis la guerre, la Régie a cessé d’acheter les tabacs hongrois et russes qui entraient partiellement dans la composition de nos divers scaferlatis.
- Quant aux autres pays, ils comptent peu comme, appoints pour le moment.
- Cependant des essais culturaux de tabac poursuivis dans nos colonies de Madagascar, de l’Indo-Chine et du Cameroun, au cours des dernières années, autorisent de légitimes espoirs.
- En revanche, nous tirons maintenant de l’Algérie plusieurs millions de kilogrammes de tabacs divers. Enfin la Régie achète encore des cigares de la Havane, du Mexique et de Manille, des cigarettes de divers types (égyptiennes, anglaises, algériennes, ottomanes, etc.), des scaferlatis anglais, turcs et américains, qu’elle revend avec de larges bénéfices.
- Fabrication des poudres à priser. — A présent que nous connaissons la matière première, examinons ses transformations successives (poudres à
- Fig. 7- — Mouillade du râpé parfait.
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- ^ 1 (AlIX
- après
- priser, rôles et carottes à mâcher, cigares, scaferlatis et cigarettes).-
- La préparation du tabac à priser exige des approvisionnements considérables, de vastes locaux, un outillage mécanique perfectionné et immobilise d’importants capitaux. En France, cette fabrication comporte une série de fermentations conduites aujourd’hui d’une façon rationnelle dans nos manufactures de Châteauroux, de Dijon, de Morlaix et de Pantin.
- Pour réaliser la pondre ordinaire, on prend des tabacs corsés, aromatiques, colorés, gommeux et possédant un tissu résistant afin d’obtenir un régulier râpage.
- À leur arrivée dansunedecesfa-briques, on éven-trelesboucautset les balles, puis on en retire les ma-noques(fig. 2)de différentes provenances et on les mélange. Les ouvriers mettent ensuite les mano-ques sur des chariots pour les amener à l’atelier de hachage.
- Là, les tabacs passent dans un hachoir de gros (fig. 4) dont les lames à profil hélicoïdal, disposées sur la périphérie d’un tambour mobile autour
- d’un axe horizontal, forment l’organe principal. Pendant leur rotation, ces couteaux viennent passer successivement devant une contre-lame fixe placée au bout d’une glissière en bois, à l’autre extrémité de laquelle l’ouvrier charge le tabac, qu’entraînent deux rouleaux cannelés.
- Les feuilles de tabac sortent du hachoir, débitées en lanières de 10 mm de largeur, puis elles tombent dans une rigole horizontale abritant une vis d’Archimède. Celle-ci les fait passer sous un réservoir nommé « pleureur » en communication avec un réservoir à niveau constant alimenté lui-même par une cuve remplie d’eau salée. Le taux d’humidité
- Fig. 8. — Mise en tonneaux de la poudre à priser.
- (On pilonne la poudre dans des tonneaux, mais afin d’éviter les fermentations ultérieures on ajoute du sel fin.)
- doit être exactement de 15,5 pour 100, sinon la fermentation ultérieure s’accomplirait mal.
- La vis, se prolongeant au delà du pleureur, amène le tabac mouillé à l’extrémité d’une noria, qui l'élève jusqu’au plafond où une seconde vis le reprend pour le conduire jusqu’à la salle des masses (fig. 4). Là, des ouvriers disposent les lanières de tabac haché et mouillé en couches horizontales, de façon à former des meules régulières de 50000 à
- 55 000 kg, retenues par des planches.
- Ils rangent les niasses, côte à côte, le long des travées de ce vaste hall. Cinq thermomètres mis l’un au milieu et les autres aux quatre angles de chacune des masses emmagasinées permettent de suivre l’activité du travail que les microbes vont accomplir dans cet amoncellement de matières végétales humides, pendant 4 mois 1/2 de fermentation.
- D’après les expériences de M. Schlœsing, les micro-organismes déterminent une combustion aux dépens de Pair ambiant. La chaleur augmente de jour en jour, gagnant du centre à la périphérie. De l’acide carbonique et des vapeurs ammoniacales se dégagent au détriment de la nicotine dont le taux s’abaisse de 6 à 2 ou 5 pour 100. Les acides citrique et malique diminuent également tandis que le pourcentage de l’acide acétique passe de 0,5 à 1,50. De son côté, le thermomètre monte jusqu’à 40° ; puis, vers 40° à 45° les réactions chimiques amorcées continuent à élever la température qui atteint 80° et si elle s’élève à 85°, on fait une tranchée. L’arome du tabac se développe alors pour se maintenir pendant le reste de la fabrication mais la poudre acquerra seulement son montant (dû à la teneur en ammoniac) durant son séjour ultérieur dans les
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- Fig. 9. — Tamiseur-remptisseur.
- (Cette machine se compose d’une caisse dans laquelle on verse le ràpè parfait et qui est placée au-dessus d’un tamis oscillant. Au-dessous de ce dernier, 011 dispose des petits godets métalliques qui se remplissent automatiquement.)
- cases. Selon le même savant, on pourrait laisser les meules fermenter à 100° et après 10 ou 12 jours les microbes auraient achevé leur besogne ; on risquerait toutefois de mettre le feu à l’établissement !
- Mais voici le moment venu de démolir les masses. Les ouvriers chargés de cette pénible tâche sont nus jusqu’à mi-corps (fig. 5), car ils doivent travailler dans une atmosphère chaude, étoulfante et saturée de vapeurs irritantes. Ils désagrègent, au moyen de pics, les matières forte ment agglomérées. Sous leurs coups redoublés, se détachent les grosses mottes de « bouilli », qui donneront du parfait râpé ou des paquets rugueux de « rôti » plus fermenté provenant d’une oxydation excessive et dont l’arome sera moins développé.
- On met ensuite les mottes en sacs pour les transporter aux engins de broyage. A Pantin, ces moulins de râpage (fig. 5) sont agencés d’une façon monumentale. Ils comprennent 2 batteries de 8 appareils qui, avec les tamis-bluteurs, occupent le rez-de-chaussée et deux étages d’une aile de bâtiment. Une batterie comporte deux moulins dégros-sisseurs et 6 moulins de fin ; chacun de ceux-ci se compose d’une cuvette fixe en fonte encastrée dans un socle, garnie suivant ses plans axiaux de lames en acier et dans laquelle tourne une noix tron-conique pesant 100 kg. Cette dernière, également en fonte et garnie de lames inclinées, est montée sur un arbre vertical qui, animé d’un mouvement circulaire alternatif, repose dans une crapaudine
- dont un contrepoids permet de régler les oscillations. Les lanières de tabac s’écrasent entre les lames de la noix et celles de la cuvette, puis la masse pulvérulente tombe dans une vis sans fin en cuivre régnant sous les moulins. Cette vis transporte le tabac jusqu’aux deux chaînes porte-godets d’une noria qui va le déverser dans un blutoir, porteur de deux toiles à mailles carrées tendues sur des cadres de bois. Quatre bielles à joints sphériques et un excentrique impriment au tamis un mouvement circulaire plan. Les mailles de la toile retiennent le tabac le plus grossier. Une vis ramène cet « en-grain » au moulin pour un nouveau râpage. De son côté, la poudre la plus fine, après avoir traversé le tamis, est conduite, au moyen de deux vis et d’une noria, aux cases de râpe' sec, vastes chambres constituées par une charpente en chêne avec des planches en chêne et un revêtement en peuplier.
- Après un à deux mois de séjour dans ces magasins, on mouille le râpé sec à l’eau très chaude et salée. Le taux d’humidité finale doit être exactement de 55 pour 100 avec 5 kg 55 de sel pour 100 kg de tabac sec. Une trituration suit le mouillage afin de briser les boulettes formées au cours de l’opération. On soumet alors ce râpe' parfait à une série de nouvelles fermentations et de transvasements, dans de vastes chambres (fig. 6) analogues aux cases prédédentes et qui occupent deux étages superposés. Des trappes facilitent les manutentions. On rèm-
- Fig. 10. — Salle d’empaquetage des poudres à priser.
- (Les ouvrières font, au moyen d’un mandrin, des poches de papier à l’intérieur desquelles elles mettent une feuille d’ètain laminé puis, à l’aide d’un bloc en bois porteur de 5 trous, elles les remplissent de poudre et les ferment.)
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- plit avec le râpé sortant de la mouillade (fig. 7) deux ou trois cases dites « de formation » ; on l’y laisse 5 mois, puis on l’amène dans des cases de « transvasement » où il séjourne respectivement 5 mois, 2 mois et 1 mois. Enfin après un stage de 1 mois dans une chambre dite « des mélanges » le râpé est devenu propre à la consommation : on peut l’emballer pour la vente.
- Dans les cases de râpé parfait, se développe le « montant » qui provoque l’éternuement cher aux priseurs. La fermentation s'opère, grâce à des microbes aérobies, isolés encore par M. Schlœsing et le transvasement a pour but de renouveler les surfaces en contact avec les microbes qui se développent ainsi plus aisément. De même, le mélange du râpé dans les grandes cases répartit mieux faction des ferments. Les acides malique et citrique se trouvent détruits tandis que des vapeurs d’ammoniac et de nicotine se dégagent. La température ne doit pas dépasser 70°. En somme, comme nous le remarquions au début, la fabrication totale de la poudre à priser est fort longue et nécessite une immobilisation de capitaux considérables. A l’étranger, elle est bien moins importante qu’en France et on ne sait pas y obtenir des produits d’aussi bonne qualité.
- Dix-huit mois après l’entrée des tabacs à la manufacture de Pantin, on peut songer à les vendre sous forme de poudre. L’emballage se fait avec l’appareil de mouillade, dans lequel on arrête le courant d’eau. On pilonne (fig. 8) la poudre dans des tonneaux, mais afin d’éviter les fermentations ultérieures, on ajoute du sel fin, qu’on distribue uniformément au moyen d’une vis auxiliaire. Le pilon est en chêne en forme de T renversé, guidé par 4 galets et commandé par 2 cames cylindriques. On commence seulement à pilonner lorsque le tonneau est rempli au tiers de sa hauteur, on le fait tourner pour égaliser la pression sur chaque couche et une fois plein on le recouvre d’un papier, on le fonce, on l’estampille et on le met en magasin durant un mois.
- On vend également la poudre en paquets. En ce cas, on se sert du tamiseur-r empli sseur (fig. *9) pour le préparer à l’ensachage. Cette machine se compose d’une caisse dans laquelle on verse le râpé parfait et qui est placée au-dessus d’un tamis oscillant. Au-dessous dudit tamis, on dispose des petits godets métalliques, qui se remplissent automatiquement. Puis on empile ces récipients sur un chariot monté sur roues afin de les amener aux salles d’empaquetage (fig. 10). Là, des ouvrières font, au moyen d’un mandrin, des poches de papier, à l’intérieur desquelles elles mettent une feuille d’étain laminé; puis, lorsqu’elles en ont confectionné un plein panier, elles vont les remplir de poudre et les fermer. Pour cela, elles se servent d’une sorte de bloc en bois, séparé en deux parties réunies par une charnière et dans l’épaisseur desquelles on a ménagé 5 trous, au gabarit des paquets. Ces femmes
- ouvrent le bloc installé devant elles, puis elles insèrent dans les orifices du fond de celui-ci un sac de papier dont elles coupent les 4 angles afin de pouvoir rabattre les parties qui dépassent le moule. Abaissant ensuite le chapeau de l’appareil, elles y versent les doses contenues dans les godets et tassent la poudre en la foulant avec un morceau de bois sur lequel elles donnent des coups de maillet. Elles relèvent ensuite le couvercle du bloc et, tirant des coulisses mues par des leviers à pédales, elles recueillent à la main le paquet sous les orifices. Elles n’ont plus alors qu’à fermer celui-ci et à y coller la vignette pour terminer l’empaquetage.
- Actuellement les manufactures françaises de tabac fabriquent plusieurs espèces de poudres spéciales dont voici, grosso modo, la désignation et les principales caractéristiques.
- Parmi les poudres étrangères, on vend très peu de Virginie pur formé avec les feuilles de tabac de Virginie triées parmi les plus saines et les plus corsées. Après hachage et mouillage ordinaires, on les met dans des toiles au sein d’autres masses et on les laisse fermenter deux fois plus longtemps que la poudre ordinaire. Une fois le râpage achevé, on renferme celle-ci dans des sacs au milieu des cases de râpé parfait. Puis avant le paquetage, on lui incorpore à nouveau un peu d’eau, de manière à atteindre un taux de mouillage de 55 pour 100.
- On obtient le Virginie de haut goût en prenant également des feuilles de Virginie, mais après râpage, la poudre ne subit pas de fermentation; on la met dans des tonneaux où on la laisse séjourner quelque temps, puis on la déballe et on la mouille à la main, de façon qu’elle présente un excédent d’eau de 35,5 pour 100. On l’empaquète ensuite.
- Le Portugal se compose de 40 pour 100 de Virginie pur et 60 pour 100 de râpé ordinaire. Le mélange des poudres se fait avant le râpage et comme le grain doit être fin, on le repasse aux moulins jusqu’à ce qu’il traverse un tamis spécial de crin. Aux 100 kg pulvérulents ainsi réalisés, on ajoute 17 kg d’une pâte compacte formée de 8 kg de poudre d’iris, 5 kg de brun Van Dyck et 4 kg d’eau salée à 120° densimétriques. Avec cette pâte, on confectionne des boulettes d’environ 2 kg qu’on laisse sécher pendant 2 jours, puis on les incorpore au Portugal et on passe le tout au tamis de soie. Le mélange mis en tonneaux attend 5 à 6 mois avant son paquetage.
- Dans la poudre supe'rieure entrent maintenant 80 pour 100 de poudre ordinaire, 10 pour 100 de Virginie pur et 10 pour 100.de Virginie haut goût. On ajoute de l’eau salée pour avoir une humidi'é totale de 55 pour 100, puis on tamise et on paqucilc sous étain.
- La poudre ordinaire, dont nous avons étudié plus haut la fabrication en détail, est d’une composition plus variée : Virginie 20 pour 100, Kentucky corsé 40 pour 100; Lot-et-Garonne (Auriac) et Ille-et-Vilaine 20 pour 100; Lot et Nord (2e, 3e et
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- 4e qualités) 11 pour 100, débris courts 8 pour 100 et tabacs de saisie 1 pour 100.
- Quant aux poudres d'hospice, elles sont constituées avec 40 pour 100 de poudre ordinaire et 60 pour 100 de débris courts. On mouille les débris avec de l’eau salée, puis on procède au râpage qui dure environ deux jours, vu la consommation actuelle. Comme cette opération donne des poussières extrêmement désagréables pour les ouvriers, on n’y procède que deux fois par an à la manufacture de Pantin. On remouille ensuite les râpés pour avoir 33 pour 100 d’humidité et 5 pour 100
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- de salure. On mélange alors avec le râpé parfait; après quoi, on met en tonneaux de 500 kg qui servent de cases de fermentation et qu’on vide au bout de 4 à 5 mois pour emballer leur contenu, soit dans des petits barils de 50 à 100 kg, soit dans des caisses garnies de papier d’étain. Finalement cette poudre prend le chemin des établissements hospitaliers publics ou privés et des maisons de retraite. Là, elle va chasser les idées noires des malades et des vieillards, qui deviseront joyeusement tout en prenant de bonnes prises !
- (4 suivre.) Jacques Boyer.
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- Séances de mai et juin 1923.
- Les hismuthamvn.es. — Une note de M. Yournazos signale une nouvelle classe de produits aminés dérivant du métal Bi tri valent et obtenus, soit par l’union directe de leurs constituants, soit par l’action d’un composé comprenant le groupement Azll2 sur un sel complexe de bismuth. Parmi les composés aminés, on peut citer des sels ammoniacaux anorganiques et organiques, des sels d’amines primaires et secondaires grasses et aromatiques, enfin des sels d’hydtazines primaires.
- L'origine des gisements de nitrate du Chili. — Une étude comparative des produits rejetés par l’Etna ou le Yésuve, et des roches de la province de Tarapaca indique à M. Jules Stoklasa que les énormes quantités d’azote que représentent les gisements chiliens pourraient être d’origine volcanique ; les masses de sels ammoniacaux rejetés lors des éruptions auraient été, par la suite, nitrifiées par voie biochimique, la rapidité de la nitrification étant rendue explicable par la radioactivité du milieu (en maints endroits, la caliche mesure jusqu’à 1.600 X 10-12 Ra par gramme).
- La tension superficielle, le gonflement et la narcose. — M. Kopaczewski a déjà montré que la presque totalité des narcotiques abaisse la tension superficielle de l’eau et du sérum et que, pendant la narcose, cette tension diminue également. Sa nouvelle communication signale qu’une conception rationnelle de la narcose doit jusqu’à présent tenir compte, à la fois, de tous les facteurs réglant le franchissement de la couche externe de la cellule et de tous les phénomènes pouvant survenir à l’intérieur de cette dernière, considérée en tant qu’un complexe colloïdal.
- Elections. — Le mois de mai a été marqué par les élections de M. Marin Molliard et de M. Henri Villat. Le doyen de la Faculté des sciences occupera le fauteuil rendu vacant, dans la section de botanique, par le décès de M. Gaston Bonnier et M. Villat succède, comme Corres-jpondant pour la section de Mécanique, à M. E. Aries.
- Un nouveau sucre : le procellulose. — Des travaux de Braconnot, déjà vieux d’un siècle, ont établi que la cellulose est une sorte d’anhydride du glucose que l’on peut, par suite, transformer en ce sucre par hydrolyse sous l’action des acides; Mais, dans la formule de constitution
- (C6H100S)°, on ignore la valeur du coefficient n. Depuis, les recherches de Franchimont ont permis de considérer la cellulose comme formée d’un certain nombre de molécules de cellose ou cellobiose, dédoublable en deux C6H120°. Une série d’études poursuivies sur l’octoacétate a permis à Mu# Benoist et à M. Gabriel Bertrand d’isoler un produit intermédiaire, le procellulose, qui, sous l’action de l’eau, donnerait d’abord une molécule de glucose et une de cellulose et, finalement, trois molécules de glucose.
- La théorie des moteurs à combustion interne. — La note de M. Marcus Brutzkus cherche à établir les conditions qui permettent de réaliser complètement la réaction de la combustion dans un temps voisin de cinq centièmes de seconde; elle se résume dans le principe qui suit : toute réaction chimique peut être conduite, dans une direction voulue, avec une vitesse déterminée par une modification extérieure continue de la pression, de la température, de la concentration, dans le sens opposé à celui des variations provoquées par la réaction désirée.
- Les minerais de fer oolithigue secondaires. — Pour M. Cayeux, la distribution de l’hématite rouge et du fer oligiste, en liaison intime avec l’abondance des restes de Crinoïdes, entraîne cette conséquence que le grand développement de l’oxyde Fe^O3, dans Page secondaire de France, est fonction non de l’âge des minerais, mais des conditions de milieu réalisées au moment même de la sédimentation. Le degré de fréquence des crinoïdes, par suite de la matière organique, a joué un rôle décisif dans l’élaboration de l’hématite rouge et du fer oligiste.
- La flore fossile des meulières de Beauce. — L’étude attentive de l’aquitanien a montré à M. P.-II. Fritel des portions fragmentaires de pennes, indiquant deux types de Fou, ères jusqu’ici inconnues et qui semblent cantonnées dans les meulières recueillies à Yauboyen, entre Bièvres et Jouy-en-Josas ; les autres gisements du même niveau (Bue, Palaiseau,Ghamplan et Longjumeau) n’en ont pas encore présenté d’échantillons, malgré leur proximité du précédent.)
- Paul B.
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- LAMPE DÉMONTABLE DE GRANDE PUISSANCE POUR T. S. F. (1)
- Lorsqu’on veut réaliser un appareil thermionique (valve, tube à rayons X ou triode) susceptible d’être vidé de gaz une fois pour toutes, on est forcé d’employer dans la construction de celui-ci uniquement des substances pouvant être chauffées sans décomposition, telles que le verre, le quartz ou les métaux et ne présentant pas de tension de vapeur ; les différentes parties de l’appareil sont réunies par des soudures, ce qui rend tout démontage impossible. La rupture d’un filament, la fusion d’une quille ou le vide devenu insuffisant à la suite d’une grosse surcharge, entraînent la perte totale d’un instrument coûteux lorsqu’il est de grande puissance.
- Une autre solution consiste en la construction d’un appareil démontable, les différentes pièces isolantes et métalliques étant réunies par des joints. L’anode est refroidie par une circulation d’eau et une pompe fonctionnant en permanence devient alors nécessaire pour entretenir le vide dans l’instrument qui ne peut être purgé de gaz.
- Description. — La figure représente la coupe d’une triode de 10 kilowatts du type de celles actuellement en service au poste de la Tour Eiffel.
- Les joints sont constitués par des bagues À de caoutchouc exempt de matières volatiles et de soufre en excès. Ces bagues sont placées autour des pièces de verre B et C, plus haut que la base des tubes et sont serrées par des brides formant presse-étoupe. Le joint ainsi constitué est étanche et facilement démontable.
- La matière plastique n’a qu’une faible surface de contact avec le gaz à basse pression.
- Le filament est porté par deux tiges de nickel DE qui sont fixées dans la pièce métallique F. Une électrode isolée G sert à amener le courant à la tige E, l’autre extrémité D est réunie à la masse.
- Une tige de molybdène, formée de deux parties isolées JH et poussée par un ressort K, sert à assurer la tension du filament. Un radiateur à ailettes augmente la surface de refroidissement de la tête.
- La grille M, en molybdène, est portée par un anneau fendu L entrant à frottement dans le tube B.
- 1. Note présentée à l'Académie des Sciences le 16 juillet 1923.
- Une électrode soudée N permet d’établir la communication électrique avec la grille.
- La « plaque » est constituée par un cylindre de cuivre rouge, refroidi par l’eau circulant entre le tube O et un autre tube P. Les inégalités de dilatation qui se produisent entre ces deux pièces lorsque le tube O reçoit beaucoup d’électrons sont permises au moyen d’un joint élastique P. Un thermomètre, non représenté, indique la température de l’eau à sa sortie et permet ainsi la mesure du rendement.
- L’auteur a utilisé, pour entretenir le vide dans la triode, la pompe moléculaire hélicoïdale décrite dans une précédente note.
- A cet effet, la pièce de verre C repose sur le cône rodé Q de la pompe. L’ensemble de la lampe et de la pompe étant étanche, le vide préparatoire n’y est fait qu’à de longs intervalles.
- Caractéristiques et résultats. — Le filament est constitué par 36 cm de tungstène cylindrique de 0 cm 05 de diamètre, alimenté par deux moitiés montées en parallèle, le courant de chauffage est de 36 ampères, la température du filament 2700° abs. et le courant de saturation 6 ampères environ. La grille est une hélice de 1 cm 8 de diamètre au pas de 0 cm 3 faite avec du fil de molybdène de 0 cm 04. La plaque a 4 cm 5 de diamètre et 11 cm de long.
- Avec une tension plaque de 5000 volts, la puissance mise dans l’antenne de la Tour Eiffel est de 8 kw, soit 35 ampères. Avec 4000 volts, la puissance dans l’antenne est encore de 5,8 kw (30 ampères). Le rendement est de l’ordre de 80 pour 100.
- Le temps de mise en marche de la triode est celui de la mise en vitesse de Ja pompe, soit 30 secondes environ.
- Un essai en usage permanent est actuellement en cours au poste de la Tour Eiffel; à cet effet, une lampe démontable assure exclusivement le service de radiotéléphonie depuis le 23 mai. La puissance mise dans l’antenne, avec une bonne modulation, est de 5 à 6 kilowatts.
- IIOLVVECK.
- Fig. I,
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE - N° 2579
- 8 SEPTEMBRE 1923
- ICONOGRAPHIE DE L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
- Femmes-à-plateaux.
- Le bon maître, dans son Génie latin, cite Brantôme et dit de Marguerite de Navarre : « Elle même composait des contes dans la litière, en allant par pays ; car elle avoit de plus grandes occupations étant retirée. » C’est très exactement ce qui nous est arrivé en Afrique équatoriale, c’est la genèse assez originale de l’iconographie que nous venons de publier (*) et dont La Nature veut bien nous demander de dire quelques mots.
- Rien n’est plus insupportable que des voyages répétés en tipoye. Il faut s’entendre sur le terme. Il ne s’agit ni du large palanquin anglais, ni du filanzane malgache, ni du hamac dahoméen, encore moins de « la litière » où se firent « les marguerites » et qui était bel et bien un ht ambulant, confortable et soyeux. Le tipoye congolais, lui, est un véhicule plutôt rude, bâti ordinairement avec de gros bambous et rarement bien porté par deux équipes de quatre hommes qui, suivant leur race, reçoivent ce fardeau sur la tête ou sur l’épaule. Or, que faire en pareil équipage, cahoté chaque jour
- 1. « Sons le Grand Soleil, chez les Primitifs ». Images d'Afrique équatoriale. Par le D1' G. Muraz. Préface de Pierre Mille. Un volume orné d'une carte et fie 80 planches mi héliogravure d'art. Société d’Èdilions géographiques, )7. rue Jacob, Paris (VIe).
- Fig. 2. — L’éléphant africain.
- Fig. i. — Traversée en tipoye d’un marécage.
- sur une distance de 50 à 40 km.? La lecture est impossible ou très difficile. Des notes rapides demandent presque toujours un arrêt de la crissante machine dont la trépidation n’est à aucune autre comparable : les rois francs, élevés sur le pavois, devaient être de singuliers acrobates.
- Obligé de nous faire transporter ainsi (fig. 1) dans un pays où les chevaux sont tués par la mouche tsé-tsé, nous avons parcouru des régions très diverses de l’Afrique équatoriale et il nous est venu l’idée d’utiliser les longues,
- • les mornes heures de tipoye à la composition d’une série de poèmes légers qui commenteraient les photographies les plus originales prises sur ces vastes routes. Puis nous avons été appelé à servir en d’autres pays fort différents de la zone forestière équatoriale : le Tchad, le Cameroun et la Nigéria anglaise nous ont montré la savane soudanaise; le Bor-kou, inconnu hier, nous a offert les solitudes sahariennes. Il y avait là, nous a-t-il semblé, une suite intéressante d’illusirations à présenter à beaucoup de Français qui ne savent souvent, de nos colonies — pas toujours! — qu’un nombre vague de kilomètres carrés et d’habitants.
- En un mot, faire voir l'Afrique équatoriale française a été notre but. Une fort belle récompense pour nous
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- ICONOGRAPHIE DE L AFRIQUE EQUATORIALE FRANÇAISE
- Fig. 3.
- Tchakaboa. Type de vieillard baya. Haute Sang ha.
- serait que sur cinquante lecteurs un seul se décidât à aller examiner
- de près la primi- r* . «t
- tivité des ta- .
- bleaux que nous lui montrons.
- Chevalier divise l’Afrique équatoriale française en cinq zones : forestière, guinéenne, soudanaise, sahélienne et saharienne, classifiea-tion basée sur la flore propre à chaque région.
- Nous avons voulu d’un plan plus schématique encore, qui pût frapper l’esprit et rester en mémoir\ Notre film de scènes africaines se déroule donc du Sud au Nord dans -
- trois zones : la Forêt, la Savane, le Désert. C’est bien ainsi, oroyons-nous, qu’il faut lire la carte de l’Afrique équatoriale, si l’on veut en retenir une figure simple. Forêt
- Fig. 4. — Maladie d.i sommeil à la dernière période.
- nouvelles, toutes surprenantes que nous avions sous les yeux?
- Le caractère dominant du conflit entre la nature et l’homme, au Congo, est l’impuissance de ce dernier vis-à-vis de celle-là. Nous sommes ici dans la grande forêt. Quelles énergies n’ont pas déployées contre elle les peuplades qu’elle abrite? Et quels piètres résultats ! L’homme taille une piste dans la verdure immense : elle n’a qu’un jour. Là, le pêcheur tend un filet fragile : une crue d’eau bourbeuse l’emporte. Dans ce coin de sylve, péniblement éclairci, commencent à pousser quelques plants de tabac ou le léger semis du sésame : les fantaisies nocturnes d’un pachyderme (fig. 2) transforment en bauge le champ clair qui jetait sa tache verte dans la lourde pénombre forestière. Qu’est le balai de fines brindilles que tient à toute heure du jour la main de ce vieillard baya (fig. 5)? Lui doit-il la vie ou une discutable immunité? Peut-être. C’est là le chasse-mouches qu’emploie le nègre'dans les régions infestées de tsé-tsés, mouches d’une espèce particulière (glossines) qui transmettent, comme on sait, là
- maladie du som-’ meil. Ce sont, à
- ; ; coup sûr, de
- beaux types humains que ces porteurs représentés dans la figure 1. Leurs muscles se tendent sous une au reflet la « peau du nègre bien portant ». Que deviendront ces hommes si quelque G lossina pal-palis, transportant le trypanosome spécifique,
- vient à les piquer? Leur obscure destinée est toute
- peau
- poli,
- de sa limite politique sud au 5° de latitude nord (cours supérieur de l’Oubangui), savane du 5° au lac Tchad, désert au delà et jusqu’aux oasis borkouanes, telle est l’esquisse la plus sommaire qu’on puisse donner de notre grande colonie équatoriale.
- Mais quelle sélection faire dans la gamme si riche des choses toutes
- Fig. 5. — Les terres termitées. Moyen-Logone. Tchad.
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- en quelques mots : s’ils ne sont pas examinés et traités par un médecin dans les six mois suivants, ils mourront presque certainement en un ou deux ans. Le début de l’hypnose africaine est, en effet, fort insidieux.
- Le trypanosomé n’avoue être malade que lorsqu’il se sent lentement mourir. Le drame qui se joue en lui ne l’inquiète que fort peu en son premier acte, car il n’en est pour ainsi dire pas le spectateur. Il ne peut en percevoir le dénouement que plus tard, lorsque la symptomatologie d( son cas se précise, et lorsqu’il voit les voisins, qui l’ont devancé sur la scène morbide, mourir en dormant (fîg. h).
- Dans la zone de la savane, la terre est en réalité moins dure à l’homme.
- La maladie du sommeil y a des foyers épidémiques très sévères, mais plus localisés qu’en zone forestière, le dôme de verdure étouffante a disparu, l’espace est libre. Moins de terreurs secrètes et plus de hardiesse à vivre : l’animisme fait place à l’islamisme. Là aussi, manger est parfois difficile. Il faut jeter le grain au bon endroit et frapper le sol du pied, non pour en faire sortir des cohortes, mais pour s’assurer qu’il n’est pas effroyablement ulcéré par les termites (fig. 5). Ces grandes étendues de terres termitées ont l’aspect de vastes nécrppoles ; chaque puits de termites est marqué par une stèle ou un champignon géant. L’effet . est saisissant : c’est la mort de
- Fig . 7. — Plateau de 24 cm. de diamètre créant une lèvre inférieure de 75 cm.
- Fig. 6. — Groupe de femmes sara-djingé. dites « femmes-à-plaleaux ».
- la terre, broyée par des milliards de mandibules.
- Si la culture d’un champ est plus aisée dans la savane que dans la forêt, il n’en a pas été toujours ainsi. C’est nous qui avons apporté au cultivateur le sentiment de sécurité qui lui permet aujourd’hui de pouvoir compter sur le fruit de son effort, sur sa récolte de mil, sur sa provision de poisson sec ou de viande boucanée. Avant notre arrivée au Tchad, certaines régions étaient de véritables zones de chasses-'a-l’homme sur lesquelles, périodiquement, déferlaient les hordes de l’Est armées de fusils, montées sur des chevaux rapides, le sabre de l’islam haut levé, razziant tout. Une fuite éperdue et hâtive pouvait seule sauver quelques éléments de la race qui, le ilôt disparu, revenaient constater la ruine du clan. Le pays sara-djingé (ou sara-kaba), dans le sud tchadien, était un de ces principaux réservoirs d’esclaves. De là conclure que les larges mutilations de la face des femmes kabas (fig. 6 et 7) étaient pratiquées pour détourner le ravisseur d’un butin aussi déprécié, il n’y avait qu’un pas. Nous avons expliqué ailleurs (1) que cette hypothèse était peu fondée. C’est le liancé qui transfixe ordinairement les lèvres de la
- I. fi. Muh.az et S. Gktzoww. Les lèvres des lemmes djingés, dites « femmes à-pla-teaux ». (Etude anatomique, physiologique et histologique). F Anthropologie.
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- petite fille djingé. Il s’agit plus probablement là d’un rite de fiançailles ou d’une manifestation de coquetterie que d’une réaction passive contre l’esclavage.
- Au nord de la savane tchadienne, nous trouvons cette zone un peu spéciale qu’on a nommée sahel, bande assez étroite qui est la porte même des parcours désertiques et dont les grands steppes, peu irrigués, conviennent admirablement à son nombreux élevage.
- Au delà, ce sont encore quelques oueds que remplit la verdure des acacias, puis c’est le pays des dunes, du sable, du vent, de la soif. Le nord de la carte de l’Afrique équatoriale est orné, entre le lac Tchad et le Borkou, d’un nombre assez considérable de noms qui comblent les « blancs » des anciens documents géographiques. Qu’on ne s’y méprenne point. Ils répondent, presque tous, non à une agglomération humaine, mais à un ouedj à un puits, à un « sable » dont il sera possible d’obtenir de l’eau. Ce ne sont que des « zones de parcours », rapidement traversées par les convois qui vont apporter à nos garnisons de l’exlrême-nord, à Faya et à Fada, dans le Borkou et l’Ennedi, des approvisionnements indispensables. Ces fortins sont établis dans une région d’oasis qui ne produit que des dattes, dont le cheptel est misérable et qui doit compter sur le Tchad pour éviter la famine. Il est amusant — et pitoyable aussi — d’y voir cultiver le blé, dans le fond des oasis, par jardinets grands comme des mouchoirs, arrosés avec d’infinies précautions. Cç grain rare, comme on le pense bien, est réservé aux seuls chefs.
- Nous sommes en des lieux aussi ingrats (fig. 9), où les tempêtes de sable aveuglent les hommes, effacent les pistes et transportent des dunes, parce que nous devons y être ; ce sont des marches militaires, qui assurent la sécurité des zones pastorales sahéliennes. Avant 1913, les éleveurs tchadiens vivaient sur un qui-vive incessant, redoutant les bandes khouanes qui venaient razzier leurs trou-
- peaux. La conquêle du Borkou, en 1913-14, mit fin à celte perpétuelle menace. Deux colonnes méha-ristes, venues l’une de l'ouest (colonel Largeau), l’autre de l’est (capitaine Dufour), firent leur jonction au sud de l’imposante forteresse élevée par les Senoussistes à Aïn-Galakka et détruisirent ce repaire à la fin de l’année 1913 (fig. 8). Le combat fut très dur, car nous faisions face à un ennemi très brave, armé de fusils à tir rapide et fortement retranché ; le capitaine Meignan, le lieutenant Ber-rier-Fontaine, l’adjudant Lagrion et de nombreux tirailleurs tombèrent glorieusement à l’assaut de ce « tata » dont le nom terrorisait les pasteurs tchadiens. La chute d’Aïn Galakka — et par elle l’uccupation du Borkou et de l’Ennedi — nous apporta une double assurance : la tranquillité de la zone tchadienne sahélienne et la cessation des gros trafics d’esclaves dont le Tchad, par l’intermédiaire du Ouaddaï et du Borkou, faisait depuis si longtemps les frais.
- Yoici donc, dans des régions bien différentes de
- Fig. 9 — La tempête de sable. Borkou.
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- .........:...:..LA SCIENCE
- l’Afrique équatoriale française, des modalités de vie très diverses. L’homme, plus ici que partout ailleurs, s’incline devant la nature et se soumet à ses lois. L’a-t-on suffisamment aidé à supporter les duretés de celles-ci? Non. Nous devons faire pour l’indigène du Congo beaucoup plus que nous n’avons fait. Il faut, en particulier, que nous donnions à la lutte contre la maladie du sommeil une impulsion qui ne se ralentisse point. L’animateur de ce combat, c’est un budget nécessaire et suffisant, et jusqu’ici les moyens ont été inadéquats. Ce n’est qu’avec plus d’argent qu’on aura le nombre de médecins et d’infirmiers, la quantité de matériel et de médicaments que réclame la gravité d’une telle situation.
- Pour le reste — pour tout le reste, peut-on dire — vient de s’ouvrir en Afrique équatoriale une ère nouvelle. Un chemin de fer, dont les travaux ont été commencés en 1921, apportera dans quelques années à la vie économique de cette colonie un essor qu’elle n’a jamais eu. Tributaire du chemin de fer du Congo belge, au débit très limité, l’Afrique équatoriale souffre d’une parésie lamentable de son
- LÀ SCIENCE
- Les vacances sont venues, les écoliers exultent de joie, voici l’époque heureuse de l’année, par excellence, pour eux comme pour leurs parents, enchantés, pour la plupart, de voir leurs enfants revenir pour deux mois à la maison paternelle. 11 est vrai que les deux mois écoulés, il y en aura beaucoup qui ne seront pas fâchés de voir le lycée rouvrir ses portes. Ainsi.va le monde.
- Quoi qu’il en soit, il importe de bien employer ce temps pour la santé physique et intellectuelle des enfants. Non pas qu'il s’agisse de leur faire faire des devoirs et apprendre des leçons, ils ont l’année scolaire pour cela, mais il s’agit de mettre les vacances à profit pour leur enseigner ce qu’ils ne peuvent apprendre au collège, par suite du défaut d’espace et des nécessités de la discipline.
- Le temps n’est plus où beaucoup de jeunes Parisiens ne quittaient, pour ainsi dire, jamais la grande ville et passaient les jours de mauvais temps de la période des vacances dans des appartements étroits et malsains. De nos jours, presque tout le monde va passer ses vacances, sinon au bord de la mer ou dans les pays montagneux, au moins dans quelque fraîche campagne, comme il y en a beaucoup, même aux environs de nos grandes cités.
- Là, si nous voulons nous instruire, cela ne dépend que de nous, car la nature nous offre, à chaque instant, des leçons gratuites.
- Dans l’armée, on enseigne l’art de lire la carte aux jeunes gens que l’on juge capables de devenir sous-officiers, et on lait très bien ; mais, dans la plupart des cas, il faut commencer par leur donner des notions tout à fait élémentaires, et leur apprendre à trouver les quatre points cardinaux.
- Or, c’est une chose qui est à la portée d’un enfant de dix ou douze ans, et il n’est pas nécessaire d’attendre qu’il soit soldat pour qu’on la lui enseigne.
- FAMILLE
- exportation. Cette ligne nouvelle de 540 km., à la construction de laquelle M. le. Gouverneur général Augagneur donne toute son énergie et sa foi la plus ardente, reliera Brazzaville à la baie de Pointe-Noire et aura une capacité annuelle de 200 000 tonnes environ. Au Nord, un chemin de fer à voie étroite fera communiquer entre eux les bassins de l’Ou-banghi et du Chari. Ainsi sera constitué, dans le grand axe de la colonie équatoriale, un système mixte, fluvial et ferroviaire, qui supprimera les voies les plus importantes de portage humain et offrira aux riches produits du Congo et du Tchad l’heureux accès à la mer.
- Voilà, dans ses grandes lignes, ce qu’est l’Afrique équatoriale française.
- Nous avons voulu faire d’elle une iconographie qui ne fût ni trop banale, ni trop singulière, mais attrayante et documentaire à la fois, et qui pût animer légèrement, aux yeux des Français de la métropole, le visage mystérieux de la vie équatoriale, depuis la pénombre de la forêt congolaise jusqu’aux routes éclatantes du Tchad désertique.
- Dr Gastox Muuaz.
- EN FAMILLE
- Quand une montre bien réglée marque midi (heure d’hiver), regardez le Soleil, vous êtes tourné vers le Sud, et si vous faites demi-tour, vous le serez vers le Nord.
- Le soir, regardez vers cette dernière direction, vous ne tarderez pas à distinguer deux groupes d’étoiles très remarquables, la Grande Ourse et la Petite Ourse.
- L’étoile qui termine la queue de celle-ci (les ours n’ont d’ailleurs pas de queue) est l’étoile polaire, qui est presque immobile dans le ciel. Quand on connaît cette étoile, on a un repère sûr, auquel on peut se fier pour se guider la nuit.
- Regardant toujours vers le Nord, on a l’Est à sa droite, l’Ouest à sa gauche.
- En partant de là, il est facile d’apprendre à connaître les principales constellations, surtout si l’on s’aide d’une petite carte céleste, t*dle qu’on en trouve dans les livres de cosmographie les plus élémentaires, ou dans les Annuaires que le Bureau des Longitudes a publiés en ces dernières années.
- C’est une chose honteuse, pour le dire en passant, que l’ignorance du ciel étoilé par les gens qui ont « fait leurs études ». A cet égard, ils sont moins avancés que les paysans, qui, pour la plupart, connaissent les principaux groupes d’étoiles, bien qu’ils leur donnent des noms différents des appellations classiques.
- L’attention des enfants se porte volontiers sur .les phases si remarquables de la Lune, dont l’explication est très facile. On les intéressera beaucoup si on leur donne cette explication, qui repose sur ce fait que la Lune tourne autour de la Terre pendant que celle-ci tourne autour du Soleil, et que, des positions relatives de ces trois astres, il résulte que c’est, selon l’époque, une portion plus ou moins grande de la partie de la surface lunaire qui est tournée vers nous qui reçoit les rayons du Soleil. Quelques expériences, faciles à imaginer et à réaliser, viendront en aide au raisonnement.
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- Le déplacement de la Lime, au milieu des étoiles, est considérable, puisque noire satellite fait le tour de la sphère étoilée en 29 jours et demi environ. D’un jour à l’autre, ce déplacement est très appréciable, et il convient d’attirer l’attention des jeunes gens sur ce phénomène; si on se trouve sur nos côtes de l’Océan ou sur les bords d’un fleuve où les marées se font sentir, on fera observer que le retard journalier du flux et du reflux est lié à celui du passage de la Lune au méridien, ce qui mène à donner l’explication du soulèvement des eaux par l’attraction de la Lune. C’est un premier témoignage en faveur de la grande loi de l’attraction universelle, qui régit les mouvements des astres, et il sera plus probant si on remarque que les marées sont les plus fortes au moment des nouvelles et des pleines Lunes.
- Nous n’aurons pas d’éclipse visible en France d’ici la la fin de l’année, mais, le 10 septembre prochain, il y aura une éclipse de Soleil très belle, très importante, qu’on pourra observer dans l’Amérique du Nord. Les journaux en parleront assurément, car son observation permettra de contrôler les théories d’Einstein. Ce sera peut-être une occasion favorable pour exposer devant un jeune auditoire la théorie si simple des éclipses de S deil et de Lune.
- En ce moment, la magnifique planète Jupiter est très facile à observer. On sait que c’est avec une lunette de très faible grossissement que Calilée lui a découvert
- LES CÉRAMIQUES D’ARI
- Les argiles ont la propriété de former avec l’eau une pâte malléable que la dessiccation et la cuisson rendent dure et résistante ; c’est là le principe de la fabrication de la céramique.
- Cette appellation a pour étymologie le mot « Ivera-mos » qui servait, en Grèce, à désigner les cornes des animaux et par extension les vases en poterie rappelant la forme de celles-ci.
- La fabrication de la céramique date de la plus haute antiquité.
- Les Egyptiens, en effet, pratiquaient déjà cet art, dont on a retrouvé maints vestiges; ce sont en général des poteries blanches et dures recouvertes d’une couche vernissée de teinte bleuâtre.
- Les Grecs vinrent ensuite et furent les maîtres dans l’art de la terre cuite ; est-il utile de rappeler la grâce et la sveltesse des silhouettes de Tanagra?
- Puis, les Romains continuèrent la tradition de leurs prédécesseurs dans le monde civilisé; les Etrusques, en effet, doivent à la céramique leur renommée artistique, puisqu’ils excellèrent dans la fabrication des vases (canopes), des objets de toutes sortes et même des sarcophages de terre cuite, dont les musées italiens, et particulièrement celui de Florence, nous offrent de remarquables spécimens.
- L’invasion des barbares suspendit momentanément l’évolution de la céramique et ce n’est qu’au début du moyen âge que cet art reprit tout son essor.
- Malheureusement, nous le vîmes brusquement
- quatre satellites, auxquels cinq autres sont venus s’ajouter dans ces dernières années. Avec une forte jumelle d’opéra, on peut observer ce bel astre et ses principaux compagnons, peut-être même leurs éclipses, qui ont eu, pendant longtemps, une très haute importance pour la détermination des positions géographiques.
- Saturne sera visible dans la première partie de la nuit. Si l’on a un instrument pouvant grossir de 40 à 50 fois, on verra nettement les anneaux si curieux qui l’entourent, et quelques-uns de ses dix satellites.
- Si, en suivant nos indications, on connaît les principales constellations, on pourra facilement observer quelques-uns de ces merveilleux amas d’étoiles qui se trouvent en diverses régions du ciel. On peut, par exemple, à l’heure actuelle, admirer la Chevelure de Bérénice, les Amas du Cancer et d’ilercule, etc.
- Enfin, n’oublions pas que, vers le 10 août, tous les ans, il se produit une étonnante pluie d’étoiles filantes, que l’on appelait jadis les larmes de Saint-Laurent. Ce phénomène se rattache, on le sait aujourd’hui, à celui des comètes. Plus qu’aucun autre, il est capable de frapper les jeunes imaginations, et il ne faut pas qu’il reste inaperçu.
- Nous n’avons pas quitté le ciel aujourd’hui, une autre fois, si on le veut bien, nous descendrons sur la Terre.
- E. DoruLUT.
- Astronome à l’Oliservaloiro de lîordennx.
- ET LEUR FABRICATION
- péricliter à nouveau au début du xu° siècle el il nous fallut la période de la Renaissance pour qu’il réapparut, mais cette fois, pour ne plus faire que croître et se perfectionner.
- Depuis cette époque, nous avons assisté en Europe à l’éclosion de nombreuses manufactures.
- En Hollande, c’est Delft; en Belgique, Liège; en Allemagne, Hoechst et Nuremberg; en Espagne, Alcora; en France, Rouen, Nevers, Lunéville, Marseille, Strasbourg...
- Ainsi, jusqu’au début du xvn° siècle, l’Europe fabriqua uniquement la faïence. La Chine, à cette époque, répandit dans le monde ses porcelaines, qui par la délicatesse de leur fabrication et l’originalité de leur décoration, s’imposèrent immédiatement, déterminant de celte façon les céramistes européens à rechercher le procédé de fabrication des orientaux. A la fin du même siècle, ce fut chose faite. Nous assistâmes alors à l’éclosion des manufactures de Meissen en Saxe, de Saint-Cloud, de Chantilly, puis de Yincennes, où étaient façonnées et cuites des pièces de pâte tendre. Cependant, les Allemands découvraient le secret de fabrication de la porcelaine dure.
- En 1750, nous étions nous-mêmes, après des travaux scientifiques de haute valeur, en possession dudit procédé que nous mimes en œuvre à la manufacture de Sèvres. Entre 1800 et 1847, sous la direction de Brongniart qui y introduisit l’analyse chimique des pâtes, puis, successivement d’Ebel
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- men, de Régnault et de Robert, notre grand établissement national ne cessa de faire des progrès hors de pair en produisant des œuvres admirables.
- De 1879 à 1887, Lauth était mis à sa tête et y découvrait une des matières colorantes les plus importantes : le violet qui porte son nom ; et depuis cette époque, les plus savants chimistes se sont succédé à la direction du laboratoire de notre grande manufacture, qui voit chaque jour s’accroître sa renommée dans le monde entier.
- Après ce court aperçu historique, nous allons passer en revue les divers procédés de fabrication des pièces céramiques.
- L’argile, nous l’avons dit, est leur base commune ; c’est le produit de désagrégation des granits par l’eau de pluie ; ces rcches sont alors séparées en silicates solubles et en d’autres insolubles, ces
- cinée ou le quartz, qui, en cuisant ne se contracte pas, et permet ainsi d’éviter les gerçures; puis, de la recouvrir d’un émail qui remédie à la porosité en imperméabilisant la surface extérieure; on utilise pour cela le stannale de plomb, le silicate de soude ou le feldspath. On peut même, comme pour les grès, par exemple, la vernir en projetant dans le four de cuisson du sel marin, qui, en se volatilisant donne du silicate au contact de la vapeur d’eau et delà matière siliceuse de la pâte.
- La porcelaine tire son nom de l’italien porcel-lana qui désigne un mollusque dont la coquille a l’apparence de la porcelaine. Elle est caractérisée par une pâte blanche, fine, homogène, sonore, infusible et résistante à la gelée.
- Comme nous l’avons vu plus haut, deux catégories de porcelaines sont à distinguer : la porcelaine
- Dégourdi
- Fig. i.
- Four à flammes directes.
- Fig. 2.
- Four à flammes renversées.
- Fig. 3.
- Four à flammes renversées.
- derniers constituant précisément la matière première en question.
- Le kaolin est un silicate d’alumine très pur; c’est une substance blanche, inîusible, happant à la langue, et, qui, mélangée à l’eau, devient plastique et ne subit pas de retrait à la cuisson.
- Ses principaux gisements se rencontrent en Chine, au .lapon, en Saxe, en Bavière, en Cornouailles, et surtout en France, aux environs de Saint-Yrieix, qui forme avec Limoges, le principal centre céramique de notre pays.
- Les argiles ordinaires sont, par contre, constituées par les silicates entraînés par les eaux ; on les trouve en couches, toujours additionnées de quartz, de kaolin, de calcaires et mêmes d’éléments métalliques qui ont la propriété de colorer la pâte après cuisson; suivant d’ailleurs qu’elles contiennent en grande quantité du calcaire, de l’oxyde de fer ou de l’oxyde de manganèse, les argiles se nomment marnes, ocres ou terres d’ombre.
- À l’inverse du kaolin, l’argile subit à la cuisson un retrait considérable ; elle se déforme et devient poreuse. Pour obvier à ces inconvénients, il est d’abord nécessaire d’incorporer à la pâte une substance dégraissante, comme le sable, l’argile cal-
- tendre, composée d’argile, de sable et de phosphate de chaux et la porcelaine dure, formée de kaolin, de feldspath et de quartz.
- La préparation de la pâte est assez délicate : le kaolin est d’abord lavé, puis décanté dans de grandes bassines ; on lui incorpore ensuite le mélange dégraissant de feldspath et de quartz, qu’on désigne sous le nom de pegmatite; après quoi, la masse est abandonnée à elle-même, raffermie au filtre-presse, pétrie à la machine, puis enfin malaxée à la main. Elle est alors prête à être employée.
- Le façonnage se pratique par modelage, par tournage, par moulage, ou bien enfin par coulage.
- Dans le modelage, les formes sont données aux pièces à la main ou bien à l’ébauchoir; dans le tournage qui convient seul aux objets de révolution, le bloc de pâte placé sur un tour est travaillé comme une pièce de bois ou de métal ; dans le moulage, employé surtout pour les pièces de sculpture, les ornements, les anses de vases... la pâte est introduite dans les moules en plâtre qui reproduisent en saillie les parties creuses de la matrice; dans le coulage enfin, la pâte fortement éclaircie par addition d’eau est versée dans des moules où elle se solidifie; on obtient alors la barboline.
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- Les objets ainsi fabriqués, soit par l’une ou l’autre de ces méthodes, sont, après séchage, passés au four où ils subissent une première cuisson de dégourdi qui a pour but de -leur donner la consistance suffisante pour recevoir la couche de glaçure. Les pièces ainsi obtenues, qui ne doivent pas recevoir de couverte, prennent le nom de biscuits; tels sont les biscuits de Saxe, quelquefois émaillés et les biscuits de Sèvres qui ne le sont jamais.
- Les pièces qui doivent subir une seconde cuisson sont alors plongées dans une bouillie claire de pog-matite, de feldspath et de quartz en quantités déterminées ; elles reçoivent ainsi la couverte ou glaçure. Après celte opération, elles sont portées au lour où s’opère leur cuisson.
- Il existe plusieurs modèles principaux de fours à porcelaine.
- Le premier, dit à flammes directes (lig. 1), est de forme circulaire, il est composé d’une chambre inférieure, dite chambre de cuisson et d’une chambre supérieure dite chambre de dégourdi, surmontée elle-m ême d’un globe que termine une courte cheminée.
- Les pièces sont placées à l’intérieur des chambres dans des cazeites, sortes d’enveloppes en terre réfractaire, qui sont elles-mêmes empilées les unes sur les autres ; les portes des chambres sont ensuite maçonnées ; des regards seuls, répartis sur le pourtour permettent de contrôler l’atmosphère intérieure du four. Les alandiers placés à la base du four envoient les gaz chauds dans la chambre inférieure; ceux-ci, traversant alors la voûte perforée, passent dans la chambre supérieure ; puis par un dispositif analogue, ils sont évacués dans le globe, et finalement à la cheminée
- Après la cuisson, les portes sont débloquées, pour permettre le refroidissement à l’aide de l’air extérieur ; puis ensuite, les pièces sont sorties par un personnel entièrement spécialisé dans l’enfournement et le défournement. Celles qui sont dégourdies, sont alors descendues dans la chambre inférieure pour y être cuites. Elles sont elle-mêmes remplacées
- dans la chambre supérieure par d’autres pièces crues.
- Un second procédé de cuisson consiste à utiliser un four à flammes renversées (fig. 2); à l’inverse du four précédemment décrit, les gaz chauds, après y avoir cuit les produits de la chambre inférieure, sont évacués par la sole de cette dernière et montent dans l’épaisseur des parois du four pour déboucher dans l’enceinte supérieure et y dégourdir son contenu. Ils sont ensuite évacués dans le globe d’où ils gagnent la cheminée.
- Une utilisation plus élégante du four à flammes renversées (fig. 5) consiste à loger les alandiers au
- premier étage, la chambre supé-rieure constituant la chambre de cuisson ; les gaz chauds qui y arrivent traversent sa sole puis pénètrent dans la chambre inférieure de dégourdi d'où ils sont évacués par le meme procédé au carneau collecteur qui les amène à la cheminée. Cette dernière méthode à l’inconvénient d’obliger celui qui l’utilise à monter le combustible au premier étage de son four, mais elle possède un triple avantage.
- D’abord, en obligeant les gaz chauds à toujours descendre, elle crée dans les deux chambres une pression qui répartit également les calories; puis pour l’industriel qui possède une cheminée, elle évite la construction d’un globe ; enfin, elle ne contraint pas à monter pour les dégourdir des pièces crues en pâte molle, qui risquent toujours, par leur manque de rigidité de se délormer.
- Le procédé le plus moderne qui permet la production la plus régulière est celui qui utilise le four continu. Celui-ci se compose d’un certain nombre de chambres accolées (généralement 14 ou 16) dans lesquelles on empile les pièces à cuire; lorsque le contenu de la chambre est cuit, on débloque la porte; l’air extérieur pénètre et s’échauffe au contact des produits qu’il refroidit ; il est alors envoyé au brûleur de la chambre suivante où il enflamme le gaz d’un gazogène ; les fumées passent sur l’empilage qu'elles cuisent et sont dirigées dans la
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- chambre suivante où elles réchauffent et dégourdissent des produits crus; enfin, on peut indifféremment les faire passer dans la chambre suivante, si elle est encore assez chaude, ou les évacuer directement à la cheminée. On a donc ainsi une récupération de chaleur tout à fait rationnelle, puisqu’elle s’opère sur les produits en refroidissement.
- La décoration des pièces se fait alors à l’aide cl'émaux spéciaux en substances vitrifiables et contenant des oxydes métalliques qui donnent des teintes variées : les couleurs de grand feu qui ne s’altèrent pas à la chaleur et peuvent supporter la température de cuisson des pièces comprennent : le vert de chrome, le bleu de cobalt, les bruns de manganèse et de fer et les jaunes de titane. Leur série, comme on le voit, est très limitée.
- Par contre les couleurs de moufle, qui s’appliquent après cuisson et qui se vitrifient à basse température,sont beaucoup plus nombreuses ; elles permettent d’obtenir à peu près toute la gamme des teintes. Quant à l’or enrobé dans un fondant, il se fixe également par ce dernier procédé.
- Les grès (de l’allemand grioz)
- ont une composition à peu près semblable à celle de la porcelaine; ils en diffèrent toutefois par une température de cuisson moins élevée et une vitrification moins avancée, ce qui leur donne, après leur sortie du four, une plus grande opacité ; le feldspath y est d’ailleurs en proportion beaucoup plus considérable.
- Mais ils sont émaillés et cuits comme elle ; leur glaçure est à base d’étain, de plomb ou de bore; on introduit quelquefois dans les cazettes de l’oxyde rouge de plomb ou de l’oxyde de cuivre, qui, volatili-sables et vitrescibles, recouvrent la surface des pièces de vapeur métallique.
- Si la cuisson est brusquement interrompue par un courant d’air, l’oxyde en fusion se décolore par places, et, se solidifiant, présente des coulées de nuances diverses, qui produisent un heureux effet et qui constituent les grès flammés.
- Fig. 5. — 1. Vase Empire en porcelaine dorée ; 2. Soupière en vieille faïence de Strasbourg ; 3. Plat (Delft ancien) ; 4. Corbeille de fruits (Vieux Rouen); 5. Enfants buveurs (biscuit).
- La faïence (de Faenza, ville d’Italie célèbre par ses ateliers céramiques) est caractérisée par une température de cuisson moins élevée et par une plus grande perméabilité; la pâte est composée d'argile plastique, de sable et de marne argileuse ;
- les pièces sont façonnées par tournage ou moulage.
- Comme pour la porcelaine, elles sont d’abord cuites eu biscuit, puis glacées par immersion ou par arrosage, l’opacité de la glaçure étant due à la calcine, sorte de poudre à base d’oxydes de plomb et d’étain, mélangés à du sable quartzeux, à de la soude et à du sel marin.
- Cette glaçure est assez délicate, car la substance dont elle est constituée doit avoir une adhérence parfaite avec la malière à glacer, et, de plu-;, posséder même coefficient de dilatation qu’elle.
- La décoration de la faïence se fait soit sur biscuit , soit sur émail cru, soit enfin sur émail cuit.
- Dans le décor sur biscuit, la couleur produit, au moment de la seconde cuisson, un mélange intime avec la glaçure en fusion le décor sur émail cru est délaissé de nos jours comme étant trop délicat; quant au décor sur émail cuit, le plus employé maintenant, il est exécuté à l’aide de couleurs que l’on a préalablement noyées dans un fondant; on fixe alors ces teintes au moufle sans produire la fusion de la première couverte.
- La cuisson a lieu comme pour la porcelaine.
- Les Terres cuites enfin, sont des produits poreux et rougeâtres, obtenus par la cuisson d’argiles très impures auxquelles on incorpore du sable quartzeux, elles sont en général assez tendres et leur surface est mate.
- La fabrication des produits céramiques a pris depuis le siècle dernier une extension considérable, chaque manufacture s’est maintenant à peu près spécialisée ; en dehors des usines qui produisent uniquement la céramique industrielle, j’entends par là les carrelages, la taxence sanitaire, la porce-
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- 154 . — LA LUTTE POUR L’EAU DANS LES TERRES CULTIVÉES
- laine électrique, etc... il faut citer des manufactures de céramiques d’art qui sont bien souvent subventionnées par leur gouvernement, tant est considérable l’intérêt qui leur est porté.
- La Saxe est réputée pour ses sujets de biscuit et de porcelaine, Delft pour ses plats et ses assiettes, Copenhague pour ses animaux, Sèvres pour ses coupes et ses services de table. Et tout cela est fort instructif.
- La céramique ‘est en effet très intéressante au point de vue documentaire.
- Rien de mieux qu’elle ne dépeint, à mon avis, une époque, un pays, je dirai même : un état d’âme.
- En examinant les porcelaines de Delft aux rosaces délicieusement peintes ne croyons-nous pas contempler la stylisation de ces moulins qui tournent à perdre haleine dans la plaine de la Haye?
- Si nous portons les yeux sur les merveilleuses
- faïences de Copenhague, aux tons de grisaille, n’avons-nous pas une vision des pays septentrionaux aux habitants graves et réfléchis, aux ciels de neige, aux froids précoces?
- Par contre, les sujets de Saxe ne respirent-ils pas l’embonpoint et la rose béatitude des artistes qui les ont moulés ?
- Il n’est pas jusqu'à l’Espagne très catholique, qui n’ait spécialisé sa manufacture d’Alcora dans la fabrication d’appliques décorées de sujets religieux.
- Le vieux Strasbourg aux teintes vives reflète la jovialité du caractère alsacien.
- Le vieux Rouen, en nous représentant ses pommes aux jolis coloris, nous dépeint la fécondité des vergers de Normandie.
- Quant aux porcelaines de Limoges et de Sèvres, si finement décorées, elles sont sans contredit une vivante illustration de la délicatesse française.
- Jacques Senart.
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique-
- LA LUTTE POUR L’EAU DANS LES TERRES CULTIVÉES
- Il faut donner à cette expression la signification que lui aurait donnée Darwin. La « lutte pour l’eau » n’est qu’une phase de « la lutte pour la vie ».
- Restons dans le domaine de la culture. Nous y
- elle aussi, ou si nous n’intervenions pas en sa faveur.
- La plante a plusieurs manières de réagir : elle pousse ses racines dans les parties profondes du sol où elle trouve, en réserve, l’eau qui manque à la
- Fig. /. — Liseron des champs (Convolvulus arvense), spécimen développé sur un terrain bien pourvu d'eau et fertile.
- Fig. 2. — Liseron des champs. Spécimen développé sur un terrain aride et pauvre : la plante a réagi contre l'aridité en réduisant les dimensions de ses feuilles.
- voyons l’eau saisie et retenue alternativement par le sol, puis par l’atmosphère, laissant la terre tantôt saturée d’humidité, tantôt plus ou moins déshydratée.
- Dans cette lutte, la plante est placée comme pour recevoir les coups. L’eau entre pour 80 à 90 pour 100 dans son poids vif et il lui faut, selon les espèces et les circonstances, de 300 à 1 000 litres de ce liquide pour construire 1 kilogramme de matière sèche. Or il arrive parfois qu’elle est démunie du précieux liquide, soit par le sol qui ne lui en cède pas assez, soit par l’atmosphère qui lui en emprunte trop. Bref, elle périrait si elle ne réagissait pas,
- surface. Elle construit moins de feuilles et elle les construit plus petites (fig. 1 et 2). Elle ferme les stomates, ou bouches respiratoires, des feuilles considérées. Elle en détache et laisse tomber un certain nombre, comme on jette du lest, ralentissant ainsi (de ces trois derniers chefs et parfois d’une façon considérable) la dépense d’évaporation dont ces organes sont l’objet.
- Tout le monde connaît la sécheresse intense de l’année 1921. Je crois qu’on n’en observa jamais de cette force. Mais s’il n’y a pas souvent des années de sécheresse, il y a, tous les ans, des périodes de sécheresse pendant lesquelles les plantes cultivées
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- LA LUTTE POUR L EAU DANS LES TERRES CULTIVEES — 155
- Fig. 3. — Terre labourée réduite en mottes et en particules laissant entre elles de larges espaces qui offrent des canaux pour la descente rapide des eaux de pluie.
- ont besoin qu’on les protège et qu’on les aide.
- Comment la sécheresse naît-elle? Voyons les faits :
- Quand les pluies de la saison humide surviennent, la terre se comporte de diverses manières, selon les circonstances. Sa surface est-elle horizontale et bien meuble (fig. 5), l’eau qu’elle reçoit va la pénétrer et, par les larges canaux qu’elle présente alors, descendre dans son fond pour y constituer des réserves. Est-elle dure, compacte, c’est-à-dire non ameublie, non labourée et comme prise en un seul bloc : elle n’absorbera, et lentement, qu’une partie de l’eau reçue ; l’autre, restant à la surface, y formera des plaques en attendant qu’elle s’évapore pour retourner à l’atmosphère (fig. 4).
- Si, par surcroît, la terre est argileuse et déclive, l’eau des pluies ne la pénétrera pas ; glissant à sa surface rendue impénétrable par sa triple nature
- A B
- // /f F
- Pig. 5 — A. Sol dont la superficie binée s’est déshydratée rapidement, formant sur la couche sous-jacente un couvercle sec qui la protège contre P action desséchante du soleil et des vents. B. Sol contigu, non biné. Ici l’eau monte sans obstacle jusqu’à la surface restée humide et s’y perd en vapfturs.
- Fig 4. — Terre non labourée, lassée et comme prise en un seul bloc, difficilement pénétrable aux pluies.
- A la surface, dépressions où s’amasse et s’évapore l’eau des averses.
- compacte, argileuse et déclive, elle viendra s'amasser au bas des pentes qu’elle inondera temporairement.
- Cependant, dès la fin du printemps, les pluies sont plus rares, le soleil est plus chaud. La terre perd, par l’évaporation produite à sa surface, une part importante de l’eau reçue qui monte par capillarité dans cette terre ameublie d’automne et maintenant tassée. On assiste alors, au bout d’un temps plus ou moins long, à une réaction naturelle de défense: l’eau de réserve montant moins vite qu’elle n’est évaporée, la superficie du sol se dessèche, durcit, se prend en croûte, qui agit en empêchant désormais, dans une large mesure, l’eau montante de s’élever jusqu’à la surface d’où elle se dissiperait en vapeurs.
- Cette réaction est lente, tardive, et l’on peut provoquer rapidement une réaction plus efficace en brisant la couche superficielle du sol avant qu'elle soit sèche, en la réduisant en miettes qui, réparties ensuite sur toute la superficie et foulée (si c’est possible), constitue un obstacle à la montée de l’eau, plus agissant que la croûte durcie. C’est la triple opération du binage, du hersage et du cylindrage dans les champs, ou du binage, du ratissage et du tassement à la « dame » dans les jardins.
- Ce qu’il faut pratiquer surtout, c’est donc le binage des terres encore humides, ni boueuses, ni sèches non plus. C’est que, après avoir été bien mouillé par une pluie en été, un sol, s’il reste sans être ameubli pendant deux semaines peut perdre près de 25 pour 100 de l’eau qu’il a absorbée, tandis que s'il est biné et hersé assez tôt, puis maintenu meuble, on peut lui faire conserver, au bénéfice des plantes, la presque totalité de l’eau reçue (Widsœ).
- L’été, les plantes pour végéter, les graines pour germer, font au sol un grand appel d’eau. Les réserves souterraines «s’élèvent vers les racines, se dépensent à leurs besoins en même temps qu’elles se perdent par évaporation directe du sol, quand on n’a pas pris les précautions indiquées tout à l’heure.
- Si les réserves considérées sont incomplètes, comme dans le cas des terres mal ameublies à l’époque des pluies, ou si, ce qui est plus rare et pis, ces pluies ont été insuffisantes, comme en 1921, alors la disette d’eau commence, la végétation se ralentit et les récoltes sont compromises.
- Elle est d’autant plus accentuée, cette disette
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- LA LUTTE POUR L'EAU DANS LES TERRES CULTIVEES
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- d’eau, que l’argile et l’humus (terreau), sont plus abondants ; car ces éléments retiennent l’eau avec force et n’en cèdent que ce qui dépasse leur capacilé de rétention.
- Ce qui compte ici, c’est l'eau libre, la seule que les racines et les graines en germination soient .capables de s’approprier. Mais dans une terre riche en argile comme dans une terre riche en terreau (humus), il n’y a d’eau libre qu’à partir d’un pourcentage relativement élevé.
- Ainsi, dans une terre dosant peu d’argile, moins de 3 pour 100 d’eau suffisent pour provoquer la germination des graines, alors qu’il faut plus de 7 pour 100 d’eau dans une terre composée à 13 pour 100 d’argile pour mener à bien ce même phénomène. (G. André.)
- Dans une terre chargée de terreau, pour qu’une graine germe il faut que la teneur en eau s’élève à 19 pour 100. (G. André.)
- L’affinité des éléments argile et humus est tellement grande qu’elle est capable de soustraire cette eau à des graines qu’on a préalablement fait tremper pendant 24 heures afin d’en hâter l’éclosion, c’est-à-dire, que dans ce cas, le but atteint est diamétralement opposé au but poursuivi : la germination est reculée au lieu d’être hâtée, ainsi que l’a démontré Muntz.
- La manière dont se comportent les plantes est analogue : un pied de tabac, un pied de dahlia se fanent dans un sol argileux contenant 7 pour 100 d’pau alors qu’ils restent frais et turgescents dans un sol sableux qui en contient moins de 2 pour 100.
- Beaucoup d’eau est nécessaire au début de la végétalion, période de la construction des organes.
- Il en faut moins à la fin qui est la période de gre-naison et de formation des réserves. Il en faut assez cependant pour véhiculer ces réserves aux points où elles doivent s’emmagasiner.
- On a vu, pendant l’été aride de 1921, des betteraves à sucre rester pauvres parce que le sucre formé dans les feuilles ne pouvait pas être évacué à temps vers les racines, faute d’eau, et des pommes de terre rester petites, toujours parce que l’eau manquait dans ces plantes pour y canaliser jusqu’aux rhizomes les fécules fabriquées dans les parties vertes.
- C’est surtout la radiation solaire qui accélère | l’absorption, par l’atmosphère, de l’eau de constitution des plantes. Voici sur ce point des chiffres dus à Boussingault.
- Tandis qu’à l’obscurité, 1 mètre carré de feuilles ne perd que 5 gr d’eau en une heure, à la lumière diffuse la même surface de feuilles, dans le même temps, perd 8 gr d’eau, et, en plein soleil, la perte s’élève à 85 gr (8 fois plus qu’à l’ombre, 22 fois plus que dans l’obscurité).
- L’âge et la consistance des feuilles ont une influence considérable : l’atmosphère emprunte plus d’eau aux feuilles jeunes, ou maintenues tendres par des ablutions, qu’aux feuilles âgées ou durcies par un
- régime sec, aux feuilles vertes qu’aux feuilles panachées. Chez les feuilles jeunes ou tendres, il y a transpiration abondante par tous les points de la surface foliaire ; chez les autres, il y a émission de vapeur d’eau surtout par les stomates ou bouches respiratoires, que la plante a la faculté de fermer, au besoin, pour se protéger, et il est des végétaux, ceux à feuillage panaché qui, ne possédant qu’une petite surface évaporante (la surface verte) et un petit nombre de stomates, résistent remarquablement dans les sols secs.
- Quand la sève des plantes est riche en matière nutritive, la transpiration des feuilles diminue en raison de cette loi qui veut que la quantité de vapeur d’eau dégagée d’une solution concentrée soit inférieure à celle de la vapeur d’eau dégagée d’une solution moins concentrée. Par conséquent plus la richesse de l’eau du sol en éléments fertiles se rapproche de la richesse optima, moins la plante consomme de cette eau et moins la terre en perd par évaporation directe.
- Les observations techniques sont d’accord avec ces données : d’après Widsœ, si dans un sol de fertilité médiocre, il faut 908 kg d’eau pour produire 1 kg de matière végétale sèche, une fumure normale de ce sol ramène la quantité d’eau nécessaire à 613 kg et, en ajoutant à la fumure précédente une faible quantité de nitrate de soude répandu au printemps, on réduit encore la quantité d’eau nécessaire qui s’abaisse à 585 kg.
- Les résultats des expériences de Widsœ ont. été contrôlés et confirmés par Pagnoul, Elriégel, Sora-ner, Gardner, etc.
- L’on peut en conclure que partout, en France, pendant l’année 1921, si les terres avaient été parfaitement labourées, binées et surtout plus copieusement enrichies d’engrais, les récoltes n’auraient pas été si gravement déficitaires.
- Mais quelle fumure pouvions-nous donner alors? Les fermes étaient presque vides d’animaux, les engrais chimiques étaient rares et d’un prix tellement élevé que les agriculteurs effrayés n’osaient pas en aborder l’emploi. De plus, les graines mises à la disposition des fermiers n’étaient pas toujours bien appropriées à leurs terres. On ensemençait dans certaines contrées des argiles pauvres où il faut plus de 1 000 kg d’eau pour produire 1 kg de matière végétale et on laissait en jachère, dans d’autres, des terres calcaires riches qui eussent produit le kilogramme de matière végétale avec seulement 574 kg d’eau.
- Nos plantes cultivées peuvent donc résister à la sécheresse si on veut les y aider. Mais, quels que soient les raisons et le degré de leur résistance, elles s'évaporent toujours, plus ou moins, empêchant ainsi leurs organes aériens de s’élever à une température dangereuse.
- C’est quand l’évaporation s’arrête tout à fait,
- I faute d’eau, que la plante est en danger ; alors, au I soleil, la température de ses feuilles monte sans
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- LA LUTTE POUR L’EAU DANS LES TERRES CULTIVÉES
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- obstacle, et tellement, que la mort de ces organes est fatale.
- Conclusions pratiques. — Etant donné que c’est en faveur des plantes que nous voulons intervenir dans cette lutte pour la possession de l’eau, notre premier soin sera de tenir, par des labours, et pendant la période des pluies, le sol des cultures profondément ameubli, alin de faciliter la pénétration des eaux tombées ou provenant de la fonte des neiges.
- On ne se hâte jamais assez, à l’automne, de labourer les terres du potager, du jardin fruitier, des champs, etc. C’est en retardant trop cette opération qu’on prive le sol d’une réserve d’eau qu’il n’eùt rien coûté d’assurer et sans laquelle telle culture, 1 été suivant, sera peut-être compromise.
- Mais par sa surface, au printemps et l’été surtout, la terre mouillée est exposée à perdre en vapeurs une grande quantité de l’eau qui l’imprègne. On réduira celte quantité au minimum en pratiquant, pendant que la-superficie est encore moite, des binages, des hersages, des plombages qui, détruisant les interstices capillaires de la surface, permettent un ralentissement considérable de l’évaporation de l’eau en créant sur le sol une couche protectrice, mince et sèche, impénétrable à l’eau montante (fig. 5).
- Au cœur de l’été dernier nous avons vu réussir, par une sécheresse que chacun a pu apprécier, des semis tardifs de haricots faits en juillet par petites cuvettes profondes d'environ 4 ou 5 cm. La terre de chaque cuvette avait été mouillée préalablement mais recouverte, aussitôt après le semis, de 3 cm d’épaisseur de terre sèche pulvérisée. Cette précaution permit de ne pas renouveler la distribution d’eau et les binages suffirent, par la suite, pour mener la culture jusqu’à une récolte normale.
- Le grand remède, le remède banal contre la sécheresse, c’est l’arrosage ; seulement, outre qu’il est souvent impossible de le mettre en œuvre, il est peut-être mal appliqué. Par exemple, quand il est donné un peu chaque jour, mouillant à la fois feuillage et sol, il entretient la consistance tendre, la consistance jeune des feuilles et leur fait garder plus longtemps leur pouvoir d’évaporer beaucoup; c’est-à-dire de perdre l’eau du sol par toute leur superficie.
- Puis, en arrosant souvent, on empêche la plante de réagir contre la sécheresse et on amorce sans cesse l’évaporation du sol (l’eau dont on la mouille chaque jour en haut, s’évaporant, appelle conti-
- Fig. 7- — Plantes non arrosées : leurs racines plongent pour se soustraire à la sécheresse et occupent un volume de terre double comparativement au précédent.
- Fig. 6. — Plantes arrosées : leurs racines se maintiennent à la surface.
- nuellement l’eau des profondeurs). Dans ces conditions, au lieu de s’enfoncer vers les parties humides et profondes, comme elles le feraient si elles étaient privées d’arrosage, les racines se maintiennent à la surface (fig. 6). Survienne un accident (grand vent, soleil ardent) ou un oubli, et que le sol, mouillé habituellement se dessèche vite, les racines n’ont pas le temps de plonger.
- La plante elle-même est soumise à une
- évaporation violente; elle se fane, elle meurt.
- C’est le phénomène qui s’est produit l’été de 1921, le jour fameux où souffla le brûlant sirocco : ce jour-là, des légumes, habituellement arrosés, c’est-à-dire cultivés sur un sol dont l’évaporation était toujours amorcée, furent tués alors qu’à 100 m d’eux, d’autres légumes semblables, traités par les seuls binages résistèrent, parce que, dans la terre qui les portait, l’ascension de l’eau jusqu’à la superficie était empêchée et que cette eau restait en plus grande quantité à la disposition des racines qui la puisaient d’ailleurs dans un volume de terre plus que doublé.
- En horticulture, avec certaines plantes délicates, les arrosages, les binages, les paillis formant couvercle sur le sol, sont parfois insuffisants et obligent de protéger contre la radiation directe en ombrageant à l’aide de claies, de toiles, de paillassons ou de branches feuillées. Sous cet écran, comme l’a indiqué Boussingault, l’évaporation des feuillées, par heure et par mètre carré, tombe de 65 gr à 8 gr environ, économisant plus de 87 pour 100 d’eau.
- Concluons : le problème de la lutte dans laquelle l’homme (par une sorte d’impressionnante symbiose) est associé aux plantes pour la possession de l’eau à leur profit se résume ainsi :
- Faciliter la pénétration des eaux de pluies et de fonte des neiges dans le sol par des labours profonds d’automne. Canaliser cette eau vers les plantes cultivées ; la détourner, par des binages fréquents, de la superficie du sol (où elle se perd en vapeurs) et des mauvaises herbes qu’elle fait croître en appauvrissant la terre au détriment des bonnes ; l’économiser en enrichissant le sol d’engrais qui font de cette eau une solution nutritive plus concentrée permettant à nos plantes et au sol d’en absorber et d’en évaporer moins. Ne cultiver que des espèces végétales appropriées à la teneur en eau du sol, c’est-à-dire n’ayant que des besoins d’une satisfaction possible, telles sont, vues en raccourci, les précautions qui s’imposent. Nous serions inexcusables des pertes causées par la sécheresse si nous ne les prévenions pas.
- Georges Bellair.
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- LA SEMAINE INTERNATIONALE DES NUAGES
- La première semaine clés nuages organisée par l’Office National Météorologique de France clans le courant du mois de Janvier 1925 a obtenu un plein snccès ; plus de 250 correspondants répartis sur l’ensemble du territoire français ont apporté à la Seclion scientifique de l’Office leur bienveillante collaboration et près de 5000 épreuves ont constitué dans les archives de la Météorologie française une précieuse documentation (1). Cette entreprise, qu’on pourrait qualifier de « semaine nationale des nuages », n’était dans l’esprit de ses organisateurs, que le prélude d’une entreprise plus vaste et infiniment plus fructueuse pour la Science météorologique : la Semaine nternationale des nuages. Elle se proposait pour but essentiel de prouver qu’une semaine internationale des nuages pouvait être réalisée, de déterminer les précautions à prendre pour en assurer le succès, de prouver enfin par quelques études partielles que ses résultats scientifiques correspondraient aux efforts que réclamait son organisation.
- Ce but fut atteint et le Comité météorologique international décida d’organiser une semaine internationale des nuages qui aura lieu du 24 septembre 1925 inclus au 50 septembre 1925 inclus, à l’équinoxe; le choix de cette date permet à la fois de profiter d’une longueur assez grande des journées, circonstance favorable à la photographie, et d’espérer l’apparition des intéressants phénomènes météorologiques (cyclones, etc...) qui deviennent beaucoup plus nombreux à partir de l’équinoxe d’automne.
- Nous ne saurions trop attirer l’attention de nos lecteurs sur l’importance que prend, dans le succès d’une telle entreprise, la collaboration qu’ils peuvent y apporter; la valeur d’une documentation synoptique, comme celle que la « Semaine Internationale des Nuages )) se propose de recueillir est dans la densité des photographies, c’est-à-dire dans le rapprochement géographique des stations où seront effectuées les prises de vues. Cette sorte d’interpolation photographique, même effectuée par les opérateurs non spécialisés dans la photographie des nuages, permet seule de saisir les transformations fugitives qui caractérisent la vie des « Systèmes nuageux » et dont les lois sont un des objets essentiels des recherches de la Météorologie dynamique. A cet égard, le réseau des observatoires officiels est trop peu serré et des phénomènes fondamentaux s’échapperaient à travers ses mailles si des collaborateurs bénévoles ne venaient les garnir. L’Office National Météorologique a donc fait appel au public à l’occasion de la semaine d’essai du mois de Janvier; il renouvelle cet appel aujourd’hui, persuadé que les collaborateurs bénévoles répondront aussi nombreux que la première fois et tiendront à honneur que la France se place au premier rang par le nombre et la qualité des épreuves qu’elle rassemblera.
- Sept prix, dont les valeurs vont de 500 à 100 francs, récompenseront les meilleurs envois et le Directeur de l’Office National Météorologique se fera un devoir de remercier personnellement chacun de ses collaborateurs. 11 leur adressera sur simple demande un fascicule dù à M. l’Astronome Quenisset, remarquable spécialiste de la photographie des nuages, et intitulé : « Instruction pour la Photographie des Nuages ».
- Nous ne croyons pas inutile de rappeler ici ce que
- 1. Cf. Comptes rendus de l’Aradémio des Sciences du 14 mai 1925 : Noie de MM. -Scliercscliowsky et Wehrlé sur la Photographie Synoptique du Ciel.
- nous écrivions dans le n° 2542 de La Nature (25 décembre 1922), à l’occasion de la Semaine d’essai :
- « Les progrès de la Météorologie dynamique, dont « nous avons donné un aperçu dans un article antérieur (( (La Nature, ne 2475 du 10 septembre 1921),n’ont pu a être réalisés que par l’établissement de caries synop-« tiques dps grandeurs météorologiques que l’on se pro-« posait d’étudier. Rappelons qu’on appelle synoptiques « des cartes géographiques où l’on reporte les valeurs « des éléments observés simultanément dans un grand « nombre de stations. On peut dire sans aucune exagé-« ration : « Pas de cartes synoptiques, pas de pro-(( grès ».
- (( L’étude des nuages présente une importance théo-(( rique et pratique fondamentale. Sans elle, la sécurité (( de la navigation aérienne et la prévision du temps « sont impossibles. Les nuages sont, en effet, les enne-« mis les plus redoutables des navigateurs de l’air et « prévoir le temps, n’est-ce pas principalement prévoir « les nuages ?
- « Les cartes synoptiques sont indipensables dans l’étude des nuages comme dans toutes les autres (pression, vent, température, etc.). Mais elles sont, de beaucoup, les plus difficiles à établir : Un simple nombre mesure aisément la pression ou le vent, mais comment peut-on décrire fidèlement par un chiffre ou quelques mots l’aspect complexe et fugitif du ciel? Et pourlant, si on ne le peut pas, comment perfectionner la connaissance scientifique des nuages?
- .(( Nous avons proposé de substituer au langage descriptif la photographie d’un coin caractéristique du ciel. En reportant sur une vaste carte les épreuves prises au même instant, on constituera la carte synoptique idéale. Nous sommes convaincus que l’on créera ainsi un outil puissant qui améliorera grandement nos connaissances et perfectionnera, en particulier, le concept de « système nuageux » dont nous entretiendrons quelque jour les lecteurs de La Nature et qui domine la théorie des nuages. ))
- Voici enfin quelques indications pratiques :
- I. Date et heure des photographies. —• Les photographies seront prises dans la semaine du lundi 24 septembre 1925 indus au dimanche 50 septembre inclus (le dimanche étant facultatif, à raison de 5 par jour, à des heures aussi voisines que possible de 8 h., 14 et 19 heures (heure d’été). Toutefois, en cas d’empêchement absolu, toute photographie prise à une heure quelconque sera d’une utilité réelle et pourra être jointe aux envois. Il en est de même des séries incomplètes ne comportant par exemple qu’une ou deux photographies par jour au lieu de 5. Chaque photographie devra porter au dos, d’une manière très nette, l’indication de la ville où elle a été prise, la date et l’heure, ainsique la signature et l’adresse de l’auteur, et, autant que possible^ la direction (Nord, Nord-Ouest, Ouest, etc.) dans laquelle était pointé l’appareil photographique ; ainsi qu’une description sommaire du ciel. (Mentionner notamment si le fond du ciel est gris ou bleu et si les places sombres qui apparaissent sur le papier sensible correspondent au bleu du ciel ou à des ombres propres de nuages.
- II. Nature des photographies. — Le principal mérite des photographies demandées sera de constituer ui.e série régulière de documents pris au cours d’une même semaine, et dans un très grand nombre de stations, de manière à donner une vue d’ensemble du ciel, continue
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- LA POSITION DE LA LIGNE DES CORNES DE LA LUNE 159
- dans l’espace et dans le temps. La valeur artistique des photographies doit donc passer au second plan et toute épreuve, quelle qu’elle soit, floue, grise, ou insuffisante, constituera peut-être un document utilisable par comparaison avec d’autres documents meilleurs. Il sera donc essentiel de s’attacher à reproduire les aspects caraclé-ristiques (*) du ciel plutôt que les aspects artistiques et,
- 1. Par aspect caractéristique du ciel, nous voulons désigner celui qui comporte le plus de nuages de natures différentes et qui donne, de ce fait, l’idée la plus fidèle de la composition du ciel,
- d’une manière générale, aucune photographie ne devra cire rebutée.
- Les photographies de nuages se font en employant autant que possible des écrans colorés en jaune et de faibles temps d’exposition. (Cf. la notice deM. Quenisset.)
- Les photographies devront être envoyées en franchise à l’adresse suivante :
- Monsieur le Ministre des Travaux Publics (Office National Météorologique).
- Rue de l’Université 176, Paris (VIIe).
- Ph. SciIERESCHEWSKY.
- Ancien chef du Service météorologique aux Armées.
- SUR UNE APPARENCE PRESENTEE DANS LA POSITION DE LA LIGNE DES CORNES DE LA LUNE
- L’att<yition a été appelée, il y a peu de temps (*), sur une apparence que semble présenter la position de la ligne joignant les cornes de la Lune par rapport à la direction du Soleil. Si donc l’on joint par une droite les cornes de la Lune, par exemple à l’époque du premier (ou du dernier) quartier, la ligne ainsi tracée parait former avec la droite joignant les centres de la Lune et du Soleil un angle qui est toujours plus grand que 90 degrés.
- Yoilà, en vérité, une observation quelque peu imprévue ! On a peine à croire, au premier abord, qu’un phénomène de ce genre ait pu échapper à la sagacité des astronomes. C’est un fait admis, indiscutable, que la Lune est éclairée par le Soleil, que sa forme est très sensiblement sphérique, et que le terminateur — c’est-à-dire le grand cercle lunaire qui sépare l’ombre delà lumière, est, sauf déformations locales dues aux accidents du sol, un plan perpendiculaire à la droite Lune-Soleil.
- Les règles qui régissent l’éclairement d’une sphère par une source lumineuse ne s’appliqueraient-elles pas à notre satellite et serait-ce un nouveau méfait à lui impuler et à ajouter à toutes les autres influences que lui attribue la croyance populaire?
- L’autorité des observateurs qui ont signalé cette apparence mérite que l’on se livre à un examen consciencieux des faits.
- Les astronomes ont tracé sur la sphère céleste, pour leur usage, un grand nombre de cercles. On les connaît bien pour les avoir vus sur les globes célestes, dessinés à la manière des méridiens et parallèles sur un globe terrestre. Mais si on les voit bien sur un globe en plâtre recouvert de papier verni, on peut dire qu’on se les représente généralement très mal sur le ciel lui-même ou, plus exactement, on ne songe pas, en général, à se les représenter.
- » i
- 1. Par une double communication de MM. F. Debrand et Bordeaux, à la séance du 7 février 1925, de la Société astronomique de France. M. Debrand avait déjà signalé cette apparence dès août 1919, dans une note à ladite Société et M. Bordeaux, de son côté, a fait la même remarque en août 1922, sans connaître les observations antérieures de M. Debrand. M. Bidault de l’isle, de l’Observatoire de la Guette, à l’isle-sur-Serem (Yonne), vient d’adresser à La Nature un exposé détaillé de la question. Nous sommes heureux de lui adresser ici nos vils remerciements (N. 1). L. U.).
- Eh bien! imaginons un instant qu’un de ces cercles soit tracé en ligne de feu dans la nuit étoilée, et demandons-nous quelle apparence il aura.
- Nous ne considérerons, bien entendu, que les grands cercles, c’est-à-dire ceux dont le plan passe par notre œil.
- 1° L’un de ces grands cercles est horizontal, il se confond avec l’horizon et nous savons, sans plus insister, qu’il nous apparaît comme une ligne droite.
- 2° Si nous portons notre attention sur les grands cercles qui se coupent au zénith, un peu à la manière des baleines d’un parapluie à leur point de jonction, nous nous rendons facilement compte que l’un de ces cercles —que nous choisirons — descend verticalement du zénith sur l’horizon. Il se confond dans tout son parcours avec un fil à plomb, que nbus tiendrons près de l’œil et il nous apparaîtra encore comme une ligne droite.
- 5° Considérons à présent un grand cercle oblique sur l’horizon. Ce que l’on dira de l’un de ces cercles s’appliquera à tous les autres, l’inclinaison seule différant-Nous pouvons donc choisir un de ces cercles, particulièrement bien connu des astronomes, l’équateur céleste. Les observateurs qui possèdent des équatoriaux savent qu’il leur suffit de mettre l’œil au niveau du plan du cercle horaire pour voir ce cercle se projeter sur le ciel, confondu avec l’équateur, comme une ligne droite.
- Cependant, si nous voulons considérer l’équateur dans son ensemble au-dessus de l’horizon et le représenter, nous éprouverons, à cette représentation, une légère surprise.
- Imaginons, toujours, que ce
- grand cercle
- soit tracé
- sur le ciel en une ligne lumineuse. A Paris, il fait à son lever, juste au point Est de l’horizon, un angle de M°10' avec cet horizon (c’est le complément de la latitude du lieu). Puis il s’élève et atteint le méridien où il est horizontal, c’est-à-dire- qu’il fait avec l’horizon un angle de 0°. Il redescend ensuite jusqu’au point Ouest où il fait avec l’horizon un angle de — 41°10' (le signe — ayant simplement pour but d’indiquer ici la continuité).
- La figure 1 fera mieux comprendre celte description. On a représenté, en .0, le centre de l’hémisphère céleste visible. IlIIl'J est le tour de l'horizon. IIEIT le plan de l’équateur, qui coupe la sphère céleste suivant le grand cercle I1KEM1T. Construisons le. demi-cylindre HABIT entourant la partie droite de l’horizon. Le prolongement de l’équateur jusqu’à ce cylindre donnera Tare JIE'IT.
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- LA POSITION DE LA LIGNE DES CORNES DE LA LUNE
- Ouest
- ' Est
- Fig. 2.
- Pour un observateur situé en 0, cet arc sera visible, en tous ses points, comme une ligne droite. Mais si nous développons le cylindre sur un plan, nous obtiendrons la courbe de la figure 5.
- Nous avons voulu représenter l’équateur dans son étendue au-dessus de l’horizon. Or, notre œil ne peut em brasser à la fois qu’une partie de ce grand cercle et pour le voir en entier nous devons porter successivement le regard sur tous ses points. Chaque direction du regard correspond à un plan de projection différent, et l’ensemble de ces plans de projection constitue le cylindre tangent à la sphère céleste, le long de l’équateur. C’est cette courbure apparente — du fait que nou« sommes obligés nous-mêmes de nous tourner pour regarder les divers points d’un grand cercle - qui donne l’impression d’une courbure des lignes droites : ce n’est qu’une apparence.
- Nous pouvons à présent aborder l’étude de la question posée au début de cette note. Le Soleil, la Lune et l’œil de l’observateur déterminent un plan. Ce plan n’a rien de particulier. Pour nos latitudes, il est toujours incliné sur l’horizon ('), donc se présente à nous d’une manière analogue à l’équateur que nous venons d’étudier. L’inclinaison diffère ainsi que l’azimut des points de rencontre avec l’horizon qui, tout à l’heure, étaient rigoureusement les points Est et Ouest.
- Soient donc (fig. 3) IILIL la représentation du grand cercle passant par le Soleil S, la Lune L et l’œil de l’observateur. Les points 11 et H' de rencontre avec l’horizon soi. t distants de 180°; si l’observateur a le point II devant lui, le point H' est derrière lui, il ne faut pas oublier ce détail. Considérons, enL, la Lune, vers l’époque du premier quartier, le Soleil étant en S, près de l’horizon (dessus ou dessous, peu importe). Le terminateur occupera une position lt', perpendiculaire à la direction apparente du grand cercle 1ILH'. Nous pouvons considérer une autre posilion L' de la Lune, vers la pleine Lune. La ligne des cornes prendra une position tj/'j, toujours perpendiculaire à l’arc de grand cercle 1ILH'.
- Si nous traçons > n L et en L' des tangentes apparentes (parce qu’en réalité elles se confondent avec) au grand cercle HLH', le Soleil sera toujours au-dessous de ces tangentes AB, A'B'. et toujours les angles ÆJ/S ou /LS paraîtront plus grands-<iu un angle droit.
- Une expérience bien facile à réaliser montrera qu’il s’agit là d'une apparence. Sur une planchetle bien dressée on fixe une règle mobile autour d’un axe perpendiculaire
- 1. Au voisinage des tropiques cl de l’Équateur, suivant la déclinaison du Soleil et de la Lune, ce plan peut être vertical.
- au plan de la planchette. Une extrémité de la règle porte un œilleton, l’autre extrémité une fente large munie d’une croisée de fils dont l’un est perpendiculaire à la planchette. On fixe cette dernière sur un trépied d’appareil photographique, à l’aide d’une tête de pied à rotule, afin de pouvoir donner à la planchette toutes les inclinaisons.
- Lorsque la Lune et le Soleil seront visibles en même temps, on disposera la planchette, en variant son inclinaison, de manière que, en faisant tourner la réglette autour de son axe, on voie successivement le Soleil et la Lune passer par la croisée des fils. On constatera alors que, malgré toutes les apparences, la ligne des cornes de la Lune est dirigée exactement dans le sens du fil perpendiculaire à la planchette. Or, le plan de celle-ci passe bien par notre œil, la Lune et le Soleil et matérialise le grand cercle dont nous avons parlé.
- Si Von veut, on peut remplacer la réglette par une petite lunette munie d’un réticule, ce qui permettra une vérification encore plus précise.
- L’exécution de vues perspectives vient à l’appui des figures précédentes pour les confirmer. Si nous considérons toujours le grand cercle qui passe par la Lune, le Soleil et l’œil de l’observateur, et que nous le dessinions en perspective (fig. 4), nous serons conduits à diviser notre dessin en plusieurs parties I, II, III, en raison du champ restreint de la vision. Les directions des points de vue 0, Op 02 font un certain angle entre elles. En I, (phase du 1er quartier) le grand cercle EE' étant une droite parallèle à l’horizon sera représenté par la droite EE\, parallèle à H1I'. Dans la vue II, qui fait suite, le grand cercle E'E" étant une droite oblique à l’horizon, sera représenté par une ligne inclinée E'E" sur H'II". En 111, Je grand cercle considéré sera représenté en E"E'". Nous avons supposé le Soleil S à l’horizon. On remarquera que les points E' etE" des figures I, Il et III sont seulement indiqués pour montrer la continuité de l’arc de grand cercle. De même, en II, la ligne E'E" ne se rencontre avec les points E' de I et E" de III que pour la facilité du dessin. Il n’en reste pas moins, si on considère l’ensemble de la figure 4, l’impression que le terminateur de la Lune ne paraît pas perpendiculaire à la droite joignant LS.
- Fiç. 4.
- On doit donc remercier les auteurs qui ont attiré l’atlention sur ce petit problème de perspective céleste, et les féliciter de leur curieuse remarque.
- Em. Touchet.
- Fig. 3.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Laiiütik, rue de Fleurus, 9, Paris.
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- LA NATURE - N° 2580
- 15 SEPTEMBRE 1923
- Les régions géographiques.
- LES HAUTES VALLÉES DE LA GARONNE
- I. Configuration, aspects pittoresques, climat (1). — Les vallées pyrénéennes qui convergent1 en éventail autour de Montréjeau forment dans la grande chaîne un ensemble géographique bien caractérisé entre le Bigorre à l’ouest et le Couserans à l’est. Il
- le centre économique et social était Saint-Bertrand, mais qui s’est fractionné de bonne heure, le val d’Aran à l’est et les Quatre-Vallées à l'ouest ayant constitué des unités secondaires dès le moyen âge.
- Comme tous les pays pyrénéens^ celui-ci est adossé
- Fif.'i. — Hospice et port de Venasque (Cliché Cantaloup, photographe à Luchon.)
- ne porte pas, ou plutôt il ne porte plus de nom générique : c’était jadis le pays de Comminges, dont
- 1. Mémento liinuüüitAiMiiQUE. — Géographie, descriptions, guides : Soude, Les Pyrénées (Paris, A. Colin, 1922) ; Taine, Voyage aux Pyrénées (Paris, Hachette, lr<! éd., 1855); An-douin-Dumazet, Voyage en France, t. XL (Paris, Berger-Le-vrault) ; Guides Bleus, Pyrénées (Paris, Hachette, cd. 1921); l)r G. Chai.ot, Les Quatre Vallées (Bull, de la Société de Géographie de Toulouse, 1900) ; P. Bedi.n, Saint-Bertrand-de-Ôomminges (Toulouse, Privât). — Histoire et sciences annexes : Bibliographie complèle dans Baukaü-Diiugo, La Gascogne (Paris, Cerf; 1905, collection des Bégions de la France).
- — Langue, littérature, folklore : A. Luchaire, Les origines linguistiques de P Aquitaine (Vans, 1881) et De lingua aquilanica (Paris, 1887) ; Van Bever, Les poètes de terroir du xve au xxe siècle (Paris, Delagrave, t. IJ); J.-F. Bj.aiié, Poésies populaires de là Gascogne, 3 vol., et Contes populaires de Gascogne,3 vol. (Paris, Guilmoto, 1881 et 1886).
- — Archéologie : CénaoMoncaut, Voyage archéologique et historique dans l'ancien comté de Comminges et les Quatre-Vallées (Tarbes, 1856), — Industrie et sourees thermales : 11. Cavaielès, La houille blanche en France (Paris, A. Colin, 1922), et Annales de Géographie, 1919 (La houille blanche dans les Pyrénées) ; E. Lajirhon, Les Pyrénées et les eaux, de Bagneres-de-Luchon (Paris, 1860) ; Dr J. Dutecii, Les thermes de Cadéac (Toulouse, M. Bonnet, 191 A).
- à la crête frontière. Au nord, le plateau de Lanne-mezan et la plaine de la Garonne forment une limite précise. A l’ouest, les hautes bornes du Néouvielle et du Pic du Midi de Bigorre jalonnent la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Garonne et de l’Adour, ce dernier plus exposé aux influences océaniques. A l’est, la délimitation est moins nette : cependant les massifs ariégeois offrent des caractères sensiblement différents, notamment une altitude plus basse, l’absence de massifs glaciaires et un système plus rayonnant de vallées.
- Le plissement majeur des Pyrénées centrales ne suit ni la frontière ni la ligne de partage des eaux, lout en lui demeurant sensiblement parallèle. L’axe du soulèvement granitique, noyé dans de puissantes assises dévoniennes, passe entièrement en territoire espagnol, du pic Peguera aux Posets, en atteignant son maximum d’altitude avec les monts Maudits, où on trouve le point culminant de toutes les Pyrénées, l’Aneto (3404 m.). Une seconde ride, au nord, disloquée par le cirque supérieur de la Garonne, offre à l’est le Piedrafita espagnol, à l’ouest la belle chaîne
- 11.— ICI.
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- frontière dominée par le Perdighero. Plus au nord, s’étagent les escarpements des assises calcaires, profondément découpés et ravinés par les eaux.
- Les glaciers - ont jadis occupé et corrodé toutes ces vallées. Ils se sont retirés aujourd’hui sur les sommets, réduits à des glaciers suspendus dont le plus vaste est le grand glacier de l’Àneto ; viennent ensuite ceux des Posets, du Tue de Boum, du Perdighero et des Crabioules. En dehors de ce massif glaciaire, les Pyrénées n’en possèdent qu’un autre de même importance, celui qui entoure Gavarnie et le mont Perdu.
- Sur le versant français comme sur le versant espagnol, les vallées sont transversales, perpendiculaires à l’axe de la chaîne, marquant nettement l’orientation des glaciers préhistoriques. Le contraste s’accuse entre les sommets arrondis, en ballons, de
- Cette région pyrénéenne est une des plus belles de la chaîne. Superbagnères, au-dessus de Luchon, est le belvédère naturel d’où on peut le plus facilement en embrasser un vaste ensemble. L’ouest est riche en lacs d’altitude, qui comptent parmi les plus grands des Pyrénées : lac d’Oo, au fond duquel tombe une cascade, dans un paysage justement célèbre ; à l’origine de la vallée d’Àure, délicieux lac d’Orrédon* blotti dans une conque boisée, Cap-de-Long encaissé* Aumar et Aubert, de physionomie alpestre. Pour être moins connus et plus difficilement accessibles, les petits lacs du val d’Aran et du massif des monts Maudits ne sont pas moins pittoresques. Les cascades sont nombreuses aux environs de Luchon : celle de Montauban et celles qui jaillissent au fond de la vallée du Lys méritent surtout l’attention : celle du gouffre d’Enfer est la plus impressionnante
- la montagne moyenne, — formes usées, disent les géographes — et les arêtes vives, déchiquetées, anguleuses des crêtes centrales, peu ou point touchées par l’érosion. En particulier, le massif de la Maladeta, qui s’enlève brusquement au-dessus de sillons profonds, donne une saisissante impression d’altitude pour l’observateur qui le contemple aux abords du port de Vénasque. L’opposition n’ést pas moins frappante entre l’aspect farouche, désertique de la haute montagne et le caractère riant des vallées inférieures, boisées, cultivées et vivantes, où s’essaiment de nombreux villages.
- Le val d’Aran fait exception a l’orientation générale : entièrement ceint de hauteurs, sauf en aval où la Garonne s’est fait une brèche, il présente plutôt la configuration d’un cirque d’effondrement, moins régulier et moins récent que ceux de Gavarnie et de Troumouze.
- Val d’Aran, val de Luchon, vallée d’Aure, telles sont les trois unités géographiques créées par l'hydrographie. Un soulèvement contre lequel elle bute rejette la Garonne dans Taxe de la Pique. Plus au nord, la Neste d’Arreau vient se heurter au plateau de Lannemezan, qui la. renvoie à l’est rejoindre la Garonne, contrainte elle-même à une déviation similaire.
- des Pyrénées. Les gorges d’Enfer, en amont de la vallée du Lys, ont un caractère sauvage.
- Par suite de la déclivité rapide des vallées supérieures, les zones de végétation se succèdent à intervalles rapprochés (*). Les forêts, très opulentes, dépassent dix-huit cents mètres. C’est le sapin qui s’élève le plus haut : la sapinière du val de Riou-majou, au sud de la vallée d’Aure, est une des plus belles des Pyrénées. La vallée de Luchon a de magnifiques hêtraies. Plus bas, se mêlent toutes sortes d’essences, tilleuls, charmes, chênes, pins, frênes, oliviers, peupliers d’Espagne effilés qui encadrent les prairies, etc., dans une exubérance de verdure due à la terre d’alluvion et à l’abondance de l’eau. Les basses vallées sont très fertiles : céréales, maïs, sarrasin, vigne, toute la végétation de la Gascogne. On a longtemps cultivé le lin dans la vallée d’Aure.
- Le climat, pour la montagne, est assez tempéré, surtout dans les vallées moyennes, la latitude et les influences océaniques corrigeant les effets de l’altitude. L’orientation des vallées au nord et la présence de nombreux ombrages adoucissent la chaleur de l’été et provoquent des vents réguliers, venant du nord le jour, généralement inversés et plus faibles la nuit. Les soirées sont souvent même assez fraî-
- 1. Pour la flore de montagne, le val d’Esquierry, près du lac d’Oo, est un des coins les plus riches des Pyrénées.
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- ches, dès que l’on dépasse cinq ou six cents mètres. Juillet et août sont les meilleurs mois pour l’alpinisme, septembre pour le séjour dans les vallées. Les pluies sont assez abondantes au printemps. En hiver, la neige descend en aval de Luchon et de Yielle-Aure.
- II. Population, mœurs, caractère ; l'art; l’activité sociale; le tourisme.
- — Historiens et linguistes croient généralement aujourd’hui que les Ligures ont été les premiers .habitants historiques des Pyrénées : les Arrevasces, qui occupaient la vallée d’Aure à l’époque prélatine, devaient être d’origine ligure; le nom de Vé-nasque (au sud de Luchon), dont on trouve l’équivalent dans les Alpes, porte, comme le mot précédent, un suffixe ligure. Mais le massif fut de bonne heure colonisé par les Ibères. A l’époque romaine, la région qui nous occupe était habitée en majeure partie par une peuplade de cette race, transplantée peut-être d’Espagne et que les Piomains appelaient les Convenue : ce nom, prononcé à l’ibère (v remplacé par m) (*) est l’origine du nom du pays de Comminges ou mieux Comenge (Convenicum, puis Commenicum).
- Le chef-lieu était Lugdunum Convenarum, ville importante détruite par les Barbares à deux reprises, et reconstruite plus tard dans des proportions plus modestes sur la colline voisine sous les auspices de saint Bertrand. Le centre social de la région se forma plus en aval à l’époque moderne, à Saint-Gaudens.
- Le moyen âge, dans les Pyrénées comme dans les Alpes, consacra le morcellement féodal. Chaque
- 1. Voir sur l’hisloire de ce nom, A. Thomas, Essais de j philologie française (Paris, Champion), p. 1 et suiv. i
- Fig. 3. — Le lac d’Espiitgo.
- (Cliché Cantaloup, photographe à Luchon.)
- vallée jouissait d’une autonomie très large et de privilèges. Les Quatre-Yallées (Aure, Luchon, Barousse, Magnoac) se fédérèrent de bonne heure, tandis que le val d’Aran, plus fermé, menait une vie à part. Toutes ces vallées étaient sous la suzer raineté du roi d’Aragon, monarchie guerrière et montagnarde qui se forma, comme celle de Savoie, a cheval sur les deux versants pour s’orienter plus lard vers le midi. A la fin du xive siècle, les Quatre Yallées passèrent au comte d’Àrmagnac et, un siècle plus tard, au roi de France. Le val d’Aran, n’ayant jamais été convoité, est resté à l’Espagne, bien qu’il soit géographiquement et linguistiquement gascon.
- Un proverbe pyrénéen bien connu oppose la rude franchise des Bigordans à l’amabilité moins sûre des Béarnais. Sur ce point, le montagnard d’Aure et de Luchon se rattache plutôt aux Bigordans, avec moins de rudesse. Il n’a pas le bagou et l’humeur railleuse du Gascon de la plaine : il est sérieux, réfléchi, mais point taciturne, assez liant et très hospitalier. La population, qui voyage volontiers, a l’esprit ouvert, et diffère profondément des Aragonais qui habitent sur l’autre versant. L’écart est surtout considérable entre les habitants de la vallée d’Aure et leurs voisins de Biel-sa, qui ont encore les mœurs et les costumes du moyen âge. L’attirance d’une grande ville d’eaux a, au contraire, influé davantage sur Yé-nasque, dont beaucoup d’habitants se sont établis, depuis un siècle, à Luchon et y ont fait souche.
- Les habitants du val d’Aran sont demeurés longtemps plus primitifs que leurs voisins des Quatre Vallées, par suite de leur isolement géographique et social : irascibles, intraitables, nourrissant des vendettas san-
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- Fig. 5. — La rue d’Enfer, dans la vallée du Lys, Luchon. (Cliché Cantaloup, photographe à Luchon.)
- glantes, il fallut au xvie siècle les évangéliser.
- De nos jours, ils ont beaucoup émigré en France, à titre temporaire ou saisonnier, les mœurs se sont fort adoucies, l’état social a progressé bien plus qu’en Aragon. Toute la vallée parle le français, y compris la plupart des paysans, souvent mieux que l’espagnol. Mais les conditions matérielles restent encore fort inférieures à celles des vallées françaises. Politiquement, le val d’Aran est rattaché à la Catalogne.
- Les siècles passés ont laissé quelques monuments remarquables, spécialement dans l’ancienne métropole du Comminges. De la Lugdunum romaine, des fouilles récentes ont mis à jour, dans la plaine, les vestiges d’un théâtre, des thermes, des mosaïques et une nécropole. Mais c’est surtout l’ensemble des églises qui est intéressant : il est rare qu’une si petite région offre une série aussi complète et aussi originale, depuis le roman le plus archaïque jusqu’au flamboyant. Saint-Just-de-Valcabrère, première cathédrale du Comminges, a un chœur carolingien et une nef un peu plus récente, construite avec des matériaux antiques. La petite chapelle d’Agos, dans la vallée d’Aure,
- est du "plus pur xie siècle. La cathédrale de Saint-Bertrand, romano-gothique, la plus belle des Pyrénées après celle de Bayonne, a des morceaux superbes : sa porte sculptée, ses tombeaux et son cloître gothiques, ses admirables boiseries Renaissance. Curieuse aussi et composite l’ancienne collégiale de Saint-Gaudens : clocher roman, portail flamboyant. Voici les ruines du prieuré de Sarrancolin, une belle tour et une porte romane dans les églises d’Arreau. A Bourisp, un porche a conservé d’expressives et symboliques peintures de la Renaissance; l’église d’Ancizan a un retable remarquable de 1545 (Mise au tombeau) en bois, sculpté et doré.
- Comme châteaux forts, il n’y a, par contre, dans la montagne, que les ruines du castel de Saint-Béatj commandant le défilé de la Garonne, et quelques tours gothiques à signaux comme celle de Castelvieil. Dans la plaine de la Garonne s’élèvent sur des buttes les restes imposants des châteaux de Montpezat et de Montespan. Les vieilles halles d’Ar-reau et de Montréjeau ont beaucoup de caractère.
- Ville déchue, Saint-Bertrand-de-Comminges mérite de compter parmi les vieilles cités médiévales les plus pittoresques, par son site, par ses remarquables logis des xvc et xvie siècles, par l’ensemble si bien conservé, tassé et étagé, derrière les vestiges des remparts, sur la calotte du monticule que domine la cathédrale. Dans le val d’Aran, Viella a un ensemble intéressant d’églises et de vieilles maisons Renaissance qui attestent Finfluence espagnole.
- Les habitants de la montagne se sont surtout consacrés jusqu’à nos jours à l’élevage du bétail : moutons, chèvres, et, de plus en plus, bœufs et vaches. La transhumance des troupeaux de moutons espagnols, qui ravageaient tout sur leur passage, a fort heureusement disparu depuis longtemps. Comme dans les Alpes, le bétail paît en été dans les pâturages d’altitude; les bergers demeurent alors dans les granges voisines, aménagées pour une habitation provisoire. Malheureusement les prairies de mon-
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- tagne sont grillées de bonne heure, et, même dans les vallées, elles n’ont pas une herbe aussi abondante que dans les Alpes. Néanmoins il semble que l’élevage des bovins pourrait se faire sur une plus grande échelle, et qu’on pourrait tirer un meilleur parti des possibilités agricoles dans les vallées moyennes. La culture du lin a disparu récemment de la vallée d’Aure, et, avec elle, l’industrie du tissage concentrée surtout à Ancizan.
- De grandes installations hydro-électriques ont été aménagées dans la haute vallée d’Aure et, depuis la guerre, dans celle de Luchon (lac d’Oo et Glère).
- Le sous-sol offre des marbres magnifiques,-qui sont très exploités: brèche de Bize, marbres colorés et veinés de Sarrancolin, utilisés pour maintes colonnes de Versailles et de l’Opéra de Paris ; marbre blanc de Saint-Béat, avec lequel fut élevée la colonne Trajane.
- Utilisées aussi par les Romains', les sources thermales, cette grande richesse des Pyrénées françaises, ont connu de nos jours un nouveau et plus éclatant succès. Luchon, qui doit son nom au dieu, sans doute ibère, des sources, Ilixo (l), possède un en-
- 1. Le nom officiel de la localité était Onesiorum Thermae à l’époque romaine.
- Fig. 8. — Retable d’Ancizan, vallée d’Aure. (Cliché du Dr G. Chalot.)
- • Arreau, vallée d’Au-re. (Cliché du Dr G. Chalot.)
- semble de sources sulfureuses d’une richesse et surtout d’une variété uniques au monde, employées spécialement pour le traitement des maladies des voies aériennes et des dermatoses. Les petits satellites thermaux sont nombreux : Siradan, Sainte-Marie, Barbazan, Izaourt en aval, Lès dans le val d’Aran, Cadéac dans la vallée d’Aure, qui possède en outre beaucoup de sources peu ou point exploitées, sulfureuses (le Garet, Couret, Loudenvielle, Cazaux) et ferrugineuses, comme celles deMoudang, a véritable ruisseau de fer » (Dr Dutech).
- L’industrie des étrangers a pris, depuis le début du siècle, Une grande extension, sauf dans le val d’Aran qui n’est pas aménagé pour recevoir les touristes. La vallée d’Aure attire une clientèle familiale aux goûts paisibles. Luchon est à la fois une ville d’eaux, une villégiature d’été et, avec Cauterets et Gavarnie, un des trois principaux centres d’alpinisme des Pyrénées françaises, à proximité du plus haut massif de la chaîne, la Maladeta. Une station de sports d’hiver a été créée, depuis quelques années, à Superbagnères, qui est en même temps, l’été, une station de haute altitude ; on fait du ski et de la luge dans les hautes vallées de l’Oueil et du Lys.
- La route et la voie ferrée ont suivi la rivière. La grande ligne de Toulouse à Bayonne longe, au bas des montagnes, la Garonne et la Neste avant de monter sur le plateau de Lannemezan : sur cet axe s’embranchent les lignes de Luchon et d’Arreau, la première prolongée par le chemin de fer à crémaillère de Superbagnères; le val d’Aran ne dispose que d’un tramway qui mène de Marignac à la frontière espagnole, mais une bonne route et un autobus conduisent de là à Salardu,non loin de la source de la Garonne. Une seule transversale, mais d’importance : c’est la route thermale ou route des Pyrénées, qui, par les cols d’Aspin et de Peyresourde, relie Bagnères-de-Bigorre à Arreau et à Luchon.
- Pour franchir la crête des Pyrénées, il n’y a que
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- Fig. 7.
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- des sentiers muletiers, traversant des ports escarpés et élevés (Ourdissetou, 2-400 m. ; flan, 2457 ni. ; Yénasque, 2448 m.), bloqués huit mois par la neige.
- Il est fâcheux que cette contrée ait été oubliée par les transpyrénéens ; les sommes dépensées pour
- construire des lignes d’intérêt régional auraient permis de faire une « directe » Paris-Madrid par Luchon et Saragosse, avec un seul tunnel frontière, gagnant plus de cent kilomètres sur le trajet actuel.
- Albert Dauzat.
- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC {Suite).
- II. — Rôle et carottes à mâcher. — Cigares et Cigarillos.
- Tabacs à mâcher. — Les tabacs à mâcher comprennent les rôles supérieurs dits rôles menu-files, les rôles ordinaires ou gros rôles et les carottes à chiquer. Certaines manufactures font également des rôles de troupes et d'hospice.
- D’une façon générale, on confectionne les rôles avec de larges feuilles résistantes, corsées, gommeuses et de couleur foncée. Parmi les tabacs exotiques, on choisit de préférence le Yirginie et le Kentucky; parmi les espèces indigènes, on emploie l’Ille-et-Vilaine, le Lot, le Lot-et-Garonne et le Nord. On les soumet d’abord à un époulardage, qui s’opère avant ou après la mouillade ; puis on les écôte, c’est-à-dire qu’on enlève tout ou partie de la nervure centrale des feuilles. Après quoi, on réalise avec elles des cordes au moyen de rouets de divers modèles.
- Quel que soit son type, un rouet comprend, comme organes principaux, trois rouleaux cylindriques horizontaux portant des secteurs mobiles parallèles à l’axe. On introduit, entre ces derniers, les tabacs venant de l’écôtage, en présentant chaque demi-feuille de façon que son passage entre les rou-, leaux lie sa pointe à. l’exlréiUité inférieure de la demi-feuille précédente et lui permette soit de s’enrouler sur elle-même (meny-filé), soit dei s’enrouler, sur l’intérieur composé de feuilles écôtées et tordues (gros rôles et carottes). Un grand cadre, dont!l’axe! prolonge celui du filé en formation* est animé d’un mouvement de rotation; il porte .une bobine qui, tournant elle-même, provoque l’enroulement du filé autour d’elle. Une fois la bobine garnie, ou l’enlève et on dévide en sens inverse le cordon de tabac, aui moyen duquel on constitue des pelotes hélicoïdales très serrées dites rôles. Afin de renforcer le goût et de noircir ces bouts de « câbles à chiquer », on les 'immerge durant quelques minutes dans un jus de, nicotine additionné de sel ou bien on les asperge avec le même liquide. D’autre part, on forme les carottés avec de gros brins de filés assemblés par juxtaposition et comprimés, de façon à réaliser une masse compacte et sensiblement cylindrique.
- Examinons à présent les particularités des différentes catégories de tabac à chiquer, en commençant par les rôles menu-files ou cordelettes de 5 à 6 millimètres de diamètre. Jadis on les fabriquait exclusivement avec du Yirginie pur ; mais, vu le prix élevé d’une telle composition, on y a renoncé et on
- les confectionne- aujourd’hui avec du Lot-et-Garonne (Auriac) époulardé à sec, puis trempé dans un jus de tabac et essoré, Ensuite on école complètement le tabac mouillé et on étale les demi-feuilles qu’on remet aux ouvrières conduisant les rouets Legg, appareils généralement employés pour cet usage
- On procède ensuite au rôlage(fig. 2), quiconsiste à enrouler le filé sur une petite broche en cuivre terminée en forme de passe-lacets et qui permet, une fois U opération terminée, d’introduire dans l’axe du rôle une boucle de ficelle, croisée ultérieurement à l’extérieur du produit. Vient ensuite le trempage, destiné à renforcer le goût et à intensifier la couleur. Après leur immersion, les rôles sont égouttés ; puis, grâce hdespresses hydrauliques (fig. 3), on comprime chacun d’eux, mis au préalable dans un moule muni d’un couvercle. Celui-ci comprend des alvéoles dans lesquels une série de poinçons pénètrent sur une certaine longueur. Une fois la pression donnée, on chasse avec un mandrin les rôles menus-fîlés devenus alors parfaitement cylindriques. Il ne reste-plus qu’à les sécher par une ventilation d’air chaud et à les emballer
- Le filé des rôles ordinaires mesure 18 millimètres de diamètre; leur intérieur est formé de fejiilles allongées, écôtées partiellement ou non, tordues et enveloppées dans des robes au moyen de rouetsf*-Actuellement, on confectionne les capes avec du Kentucky corsé et du Lot. On a éliminé le Ndrd (qui conviendrait au point de vue de la structure et de la qualité), à cause de sa couleur rougeâtre peu appréciée des consommateurs. Quant à leur intérieur, il se forme d'une part avec les rejets des tabacs pour robes et d’autre part, avec les tabacs du Nord, d’Ille-et-Vilaine et de Lot-et-Garonne, ce dernier étant trop petit pour fournir les revêtements dès gros rôles. Après époulardage à sec, on trie les feuilles pour robes dont les rebuts servent soif pour . les intérieurs, soit pour la fabrication de la poudre à priser.
- La mouillade des feuilles pour robes et intérieurs ! s’effectue de la même façon que celle des menu-1 filés ci-dessus décrite. Les feuillèà pour robes sonf' alors complètement écôtées et étalées, les feuilles' pour intérieurs s’écôtent au tiers inférieur. On procède ensuite au filage au moyen du rouet Andrews (fig. 1). Cette machine exige deux ouvrières : une fîleuse qui place les robes et une servante qui insère le
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- Fig. I- — Filage des feuilles de tabac au moyen du rouet Andrews, perfectionné par M. Boullet, Directeur de la Manufacture nationale de Morlaix.
- tabac pour l’intérieur entre les rouleaux, de manière à permettre l’enroulement des feuilles autour de lui. M. Boulht, directeur de la Manufacture de Morlaix, a modifié heureusement ce,t appareil. Le dispositif qu’il a inventé limite la tension du fil selon la grosseur progressive de la bobine. Il a obtenu, de la sorte, une amélioration de 25 pour 100 du rendement. Finalement, pour transformer le filé en rôle, on dévide la bobine qu’on pelote, par 500 grammes
- Fig. 2 1
- Ouvrier en train de confectionner un <- rôle> de tabac.
- ou 1 kilogramme sur de grosses broches en fer.
- Les opérations ultérieures concernant les rôles ordinaires varient d’une manufacture - à l’autre. Ainsi à Morlaix l’établissement le plus important pour ce genre de fabrication, on trempe les rôles, puis on les presse sans les sécher. Ailleurs on ne donne ni pression, ni trempage. Quant aux rôles de troupes et d’hospice, leur intérieur n’est pas écôt.é èt dans leur composition, variable selon les stocks disponibles, entrent presque exclusivement des tabacs indigènes du Nord, du Lot et de l’Ille-et-Vilaine.
- Passons aux carottes ordinaires, consommées en Bretagne à l’état de chique ou fumées dans la pipe et prisées, de préférence, par les populations du Plateau Central. Pour les réaliser, on prend 8 morceaux de gros filé de 28 millimètres de diamètre sortant du rouet Andrews. On les assemble provisoirement avec des ficelles et on les soumet à une série de pressions dans des moules, pressions alternées avec des séjours en cases, puis terminées par un ficelage (fig. A) et un ébarbage. Le ficelage empêche la carotte de s’abîmer, et, comme leurs brins s’épanouissent aux extrémités, on les ébarbe en pointe de diamant avec un couteau spécial. Une carotte terminée pèse environ. 2 kilogrammes.
- Cigares et cigarillos. — L’habitude de fumer des petits rouleaux de feuille^ de tabac fut importée d’Amérique par les marins espagnols qui l’introduisirent en Europe à l’époque de la découverte du Nouveau Monde ; mais, en France, le cigare ne devint « le complément indispensable de toute vie oisive et élégante », selon les acerbes paroles de George Sând, que vers le milieu du xixe siècle. Depuis cette époque, sa vogue a singulièrement grandi dans le monde entier, quoique sa consommation n’atteigne pas celle du scaferlati et des cigarettes.
- Un cigare (fig. 5 et 6) [comprend trois parties :
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- Fig. 3.
- Presse hydraulique comprimant des moules à carottes ordinaires {Manufacture-nationale de Morlaix).
- d’abord la tripe, assemblage de morceaux de feuilles écôtées formant un noyau central allongé suivant son axe, puis une première enveloppe dite sous-cape qui entoure cet intérieur et enfin une lanière de tabac fin appelé cape ou robe disposée en spirale autour de la poupée, constituée par les deux premiers éléments.
- La fabrication mécanique des cigares est surtout développée aux Etats-Unis. A Cuba et aux Philippines comme en France, les meilleurs se font encore soit entièrement à la main, soit avec des moules en bois, qui leur donnent une régularité parfaite. Les machines existantes permettent soit de réaliser des poupées, soit de les caper, soit de faire l’ensemble des cigares.
- La Régie française importe des cigares de Manille, du Mexique et de La Havane. Ces derniers, en particulier, sont fort estimés. Ils se distinguent : d’abord par leurs marques, qui indiquent soit leur fabrique d’origine, soit leur dénomination commerciale (Henri Clay, Bock, Roméo y Julietta, Corona, Vilar y Vilar, Flor de Cuba, Para la Noblezza, Flor de Tabacos, etc.); ensuite par -leurs modules ou Vitoles, qui correspondent à leurs formes et dimensions (Invencibles, Salomones, Bouquet, Perfectos, Regalias, Reinas, Brevas, etc.). On note aussi, sur les coffrets, les principales nuances des cigares par des expressions telles que : maduro (foncé), Colorado (rouge), claro (jaune clair), etc.
- Pour les cigares sortant de nos manufactures
- nationales, l’administration les groupe en trois catégories ;
- 1° Les cigares supérieurs au-dessus et y compris les Londrecitos ;
- 2° Les cigares français et les cigaros.
- 3° Les cigares ordinaires (picaduros à bouts coupés, les ordinaires proprement dits ou module -19 H).
- On fabrique la plupart des cigares supérieurs français à Beuilly et à Pantin, qui, comme les grandes firmes de La Havane, utilisent certaines marques indiquant approximativement les compositions intérieures. Ainsi El fénix, apposée sur les Patriotas, les Camélias et les Reinitas, correspond à des tripes en Brésil léger et aromatique avec sous-capes en Brésil ou Java et capes en Sumatra ; Es-trella portée par les Régalias et les Opéras, implique du Havane pur (cape, sous-cape et tripe), tandis que la Garmenciia des Invencibles, dés Londrès, des Bouquets et des Reinas est un symbole plus élastique, représentant des mélanges variables de Havane, de Brésil avec capes en Sumatra. Enfin les Perfectos de Reuilly, les Favoritos et les Selectos de Pantin, ne portent pas plus de marques que les Londrecitos, nés aux 4 coins de la France.
- Les qualités que les consommateurs demandent aux cigares sont la combustibilité, la force, l'arome et le goût.
- La combustibilité tient à la nature du tabac et au mode de fabrication. D’après M. Schloesing voici comment se consume un cigare. Dans une tranche allumée se trouvent des brindilles de charbon en ignition, qui provoquent la distillation des
- Fig. 4. — Ouvrier ficeleur de « carottes ordinàires ».
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- substances environnantes, puis celles-ci deviennent à leur tour le siège d’une carbonisation partielle. Dans cette meule en miniature, le feu se propage d’autant plus aisément que le tabac est plus riche en carbonate de potasse, car alors le cigare brûle en donnant une cendre poreuse au travers de laquelle l’oxygène accède aisément. D’autre part, avec une même espèce de tabac la combustibilité peut varier selon la maturité et l’épaisseur des feuilles : plus elles sont mûres et minces, mieux elles se consument. Certaines fermentations améliorent également la combustibilité.
- De son côté, la force dépend essentiellement du taux de nicotine ; elle varie suivant l’origine et le mode de culture tandis qu’une relation étroite existe entre Yarôme et l’espèce; par exemple, le Havane est très aromatique, le Brésil aussi. Quant au goût que les experts qualifient de plat, commun, droit, amer ou piquant, il ne faut pas le confondre avec l’arome. En outre, la combustibilité étant plus active à la périphérie qu’àr l’intérieur d’un cigare, la robe exerce une influence appréciable sur legoût. Autant que possible la cape doit être plus combustible que la sous-cape, celle-ci plus inflammable elle-même que l’intérieur et le cigare, plutôt se consumer en pointe qu’en cratère. On choisira donc pour capes des tabacs fins, aromatiques et combustibles, pour sous-capes
- des feuilles moins fines mais encore de bonne com
- Fig. 5. — Feuilles de tabac de La Havane employées pour la confection des cigares supérieurs.
- A gauche, mauoque.; au milieu, une. belle feuille pour cape ou robe; adroite, 3 feuilles prêtes à former la tripe ou l'intérieur d’un cigare.
- bustibilité et tout au moins neutres sous
- port de
- fabrication et terminés.
- Fig. ù. — Cigares en cours de
- A gauche, 5 « poupées » recouvertes de leur sous-cape ; à droite, 5 cigares français portant une bague avec la marque de la Manufacture nationale des Tabacs de Reuilly.
- Fig. f. «— Ouverture des feuilles de tabàc 'à ‘la main.
- Des ouvrières ouvrent les feuilles pour capes,’ les déploient complètement et les mettent par paquet.
- le rap-1 ’ arôme et du goût. Enfin on exigera simplement des tripes une parfaite combustibilité et un agréable a-rome.
- Telles sont les conditions à remplir pour fabriquer de bons cigares; elles expliquent les méthodes employées aujourd’hui, méthodes dont l’application scientifique a valu aux produits de nos manufactures nationales leur excellent renom dans le monde entier.
- Pour les cigares supérieurs, on utilise, en France, du Havane ou du Brésil, du Sumatra et du Java qu’on mouille d’abord à l’eau pure, soit par immersion, soit par aspersion, soit par pulvérisation avec la machine Belot.
- Dans ce mouilleur, les ouvrières mettent les manoques par deux, sur un transporteur formé de lanières de cuir fixées transversalement à des barres de hêtre.
- Cette espèce de courroie sans fin les fait passer sous trois jets d'eau (un 'au-dessus et deux au-dessous). L’eau sous pression tourbillonne dans un petit cylindre d’où elle s’échappe pulvérisée par la force centrifuge ;
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- • Fier. 8. — Atelier d'ëcôtaçe des feuilles à la main.
- ' Les bonnes feuilles pour robes sont ècôtées (c’est-à-dire qu’on enlève leur nervure centrale), puis lissées et classées par longueur.
- des vannes permettent d’en régler le débit, de façon à obtenir le taux d'humidité voulue.
- Une fois mouillées, les feuilles cheminent jusqu’à l’autre extrémité de la machine où elles se déversent dans une caisse qu’un ouvrier amène à pied d’œuvre sur un chariot. Cet homme les y range au fur et à mesure de leur chute, puis,-quand une caisse est remplie, il la remplace par une autre vide.
- Après mouillade, les feuilles séjournent en masse pendant quelques heures. Les feuilles de Sumatra sont ensuite époulardées et données le lendemain à l’atelier d’étalage pour capes. Quant aux feuilles de Brésil et de Havane, on les distribue à l’atelier de triage et d’écôtage. Des femmes ouvrent les feuilles pour capes (fig. 7), les examinent, les déplient complètement et les mettent par paquet de 200 gr. avec une bande numérotée.
- Elles rejettent les feuilles qui ne peuvent servir de robes et qu’on emploiera soit pour sous-capes et intérieurs de cigares (Havane, Brésil,
- Java), soit pour scaferlati (Sumatra).
- Les bonnes feuilles pour robes sont alors écôtées (fig. 8), puis étalées, lissées et classées par longueur, suivant les modules (Begalias, Opéras,
- Patriotas, etc.). Pour les feuilles destinées à servir de sous-capes eti de tripes, elles les mettent à plat l’une sur l’autre par petits paquet^, qu’elles recouvrent d’une planchette et surmontent d’un poids. Reprenant ensuite les feuilles, ainsi empalmées, elles alignent par1 la pointe celles qui sont triées pour sous-capes et les découpent^ à une longueur déter-
- minée, avec un couteau de boulanger. Pour les feuilles d’intérieur, on les écôte complètement et on les livre aux cigarières après séchage.
- La confection des cigares s’exécute aujourd’hui avec le moule-bloc (fig. 9), composé de deux mâchoires en bois de peuplier, garnies d’une série de petits alvéoles et pouvant s’emboîter Vun dans l’autre. Il en existe deux modèles, un grand à 20 ou 25 cases, et un autre, dit bloc nain système Mannheim, de longueur réduite à 2 rangées de 10 alvéoles superposés. Ces moules durent environ 5 à 6 ans, mais l’atelier de Limoges peut en fabriquer 5000 par mois.
- Une fois les tripes des cigares enroulées dans leurs sous-capes, l’ouvrière en garnit les alvéoles d’un moule dont elle referme les deux mâchoires et quelle comprime au moyen d’une petite presse. Quelques heures plus tard, elle retourne les poupées dans leurs cases et elle les soumet à une seconde pression. D’ordinaire, on distribue les feuilles l’après-midi et on enrobe le lendemain pour laisser les fournitures se ressuyer pendant la nuit. Dans certaines manufactures, le séchage dure 24 ou 48 heures. Il faut alors un double ou un triple jeu de moules-blocs.
- Quelquefois pour pouvoir employer les feuilles dans la confection des cigares sans les écôter, on utilise des machines qui écrasent les côtes. M. Belot a construit récemment un appareil de ce genre, qui calandre et sèche en même temps le tabac (fig. 10).
- Fig. 9. — Confection des cigares an moule-bloc.
- Cet appareil se compose de deux mâchoires en bois, garnies d’une série de petits alvéoles pouvant s’emboîter, l’un, dans L’autre. Une fois les tripës des cigares enroulées dans leurs sous-capes, l’ouvrière en garnit les alvéoles d’an moule dont .elle refermé les 2 -mâchoires: et qu’elle comprime au moyen d’une petite presse,
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- Les feuilles, mises par les ouvrières sur une toile sans fin, sont amenées à passer entre les deux rouleaux ea-landreurs qui écrasent leur nervure centrale. Refroidies ensuite par un ventilateur, les feuilles se dirigent vers un tambour perforé et incliné. De là, elles tombent dans un panier. Le calandrage supprime l’écô-tage et permet d’utiliser comme tripes les tabacs ayant ainsi leur côte aplatie.
- De toute manière, les cigares, aussitôt faits, passent à la réception. On prend, comme receveuses, les meilleures cigarières, qui doivent examiner 55 'a 40 kg de produits par jour. Leur travail exige de l’œil et du doigté. Dans chaque lot, elles pèsent quelques paquets, le poids étant un critérium infaillible. Puis elles prennent les cigares un à un et les rejettent s’ils ont des nœuds, des tampons et des creux, si leurs tôles manquent de souplesse, si leurs capes sont trop foncées, présentent des trous, des taches, des marbrures ou font la bague.
- Alors, les ouvrières (qu’on connaît grâce à un numéro mis sur chaque paquet), remplacent les rejets immédiatement ou on les déduit de leurs salaires à la fin de la semaine. Les cigares reconnus bons vont au séchoir, ou bien, quand ils doivent être pressés dans les coffrets, on les dirige xœrs l’atelier de triage-boîtage et leur dessiccation s’achève dans
- Fig. 10. — Machine à calandrer système Belot.
- Cette machine, destinée à écraser les côtes, permet d’employer les feuilles sans avoir besoin de les écôter.
- les caissettes.
- Fig. ii. — Machine à teindre lès bois de 'peuplier.
- Les planchettes passent entre 2 cylindres garnis de drap imprégné, sur les 2 faces, d’une substance colorante,
- Pour les cigares supérieurs et les Londrecitos, l’Administration française les assortit en 5 sortes de nuances : claro, çlaro Colorado, Colorado, Colorado ma-daro et. maduro. Puis on les range dans des coffrets de bois par 100, 50 ou 25 et en étuis de carton de 5. Les coffrets sont confectionnés soit en Okumé (arbre de l’Afrique équatoriale), soit le plus souvent ën peuplier teinté qui coule moins cher.
- A Rèuilly, M. Belot a imaginé une machine spéciale (fig. H ), qui colore les planchettes d’essences indigènes trop claires. Son fonctionnement est simple. Le bois tranché passe entre 2 cylindres garnis de drap imprégné sur les deux faces d’une substance colorante indélébile (mélangé de cachou et d’oxyde rouge de fer). On met celte teinture dans des cuves inférieures et supérieures qui la distribuent au drap continu. Les feuillets
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- -.«SB? -
- mg 12.
- Machine à agrafer les planchettes des, coffrets pour cigares.
- ligneux sortent, de l’autre côté, veinés et colorés.
- On débite ensuite à la scie, en planchettes de grandeur appropriée, les plateaux d’Okumé ou de bois teints, puis on les assemble au moyen d’une machine à agrafer (fig. 12), tandis qu’avec divers appareils à pédale (fig, 15), les ouvrières peuvent appliquer sur les arêtes des coffrets soit un filet de papier blanc, soit coller à plat les chromos qui décorent les dessus. Un entonnoir débite la colle, ce qui empêche les garnisseuses de maculer le papier avec leurs mains.
- Il existe également à Neuilly une machine à timbrer (fig. 14), sur les couvercles des boîtes, des armes, devises ou marques. C’est une sorte de machine à imprimer les cartes de visite à laquelle on a associé latéralement un trépideur.
- Cet organe secoue au préalable les planchettes tranchées et sciées pour faire tomber la sciure qui gênerait l’impression.
- Une fois leur toilette achevée, les cofïrets arrivent à l’atelier de boîtage (fig. 15).
- Pour une bonne présentation, les ouvrières placent deux couches de cigares, puis donnent un petit coup de presse.
- Elles insèrent ensuite le troisième lit et compriment à nouveau.
- Dans les boîtes plates (Favoritos)
- 11 y a seulement deux rangées de
- 12 et 15 cigares, dans les coffrets cubiques (Reuilly), Irois rangées de 8, 9 et 8. On assure la fermeture par deux petites pointes enfoncées au marteau; on ^appose encorejdiffé-
- rentes étiquettes et deux timbres en caoutchouc indiquant la date et la nuance.
- Quant aux étuis en carton employés pour mettre 5 cigares, ils sont à fenêtre fermée par une plaque de gélatine ou de colophane.
- Les différentes catégories d’autres modules de cigares comportent de nombreuses variantes dans leurs formes, leur composition et leurs procédés de fabrication.
- Il nous est impossible d’y insister au cours d’une si brève étude. Nous allons cependant signaler, chemin faisant, quelques particularités dignes de remarque.
- Les cigares français et les ciga-ros ont un profil cylindrique (diamètre, 14mm. ; longueur, 100mm.), leurs capes sont en Java et parfois en Sumatra ; leurs tripes soit en tabac long du Brésil simplement écôté (Français), soit en Brésil haché (Cigaros), les sous-capes en Brésil (Français) ou en Java (Cigaros).
- On les classe en trois nuances (clairs, mi-bruns, bruns) dans des coffrets de 250 et 50.
- Les cigares français sont également paquetés par 10 ët par 25. Les cigares « I H » (intérieurs en Havane) créés jadis à la manufacture disparue du Gros-Caillou, ne renferment depuis une vingtaine d’années que du Brésil haché ’ mécaniquement; leur sous-cape est en Java, leur cape en Sumatra.
- Les trois modules de cigares ordinaires se réalisent avec des intérieurs en Brésil et rognures de Java, des sous-capes indigènes, des capes indigènes
- Fig. i3. — Appareils à pédale pour la décoration des boites de cigares.
- Les uns servent à appliquer un filet de papier sur les arêtes des coffrets, les autres collent à plat les chromos du couvercle ou des côtés.
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- ou exotiques. Pour obtenir des sous-capes régulières, on les découpe à l’emporte-pièce qui donne des profils uniformes.
- Il existe également une variété intermédiaire entre les cigares et les cigarettes. • ’;***
- Ce sont les’ Cigarillos constitués par un boudin de tabac haché et ^enveloppe dans une robe sans sous-cape.
- Ils comprennent les Damitas (capes en Sumatra, intérieur en Havane haché), les Senoritas (capes en Sumatra, intérieur en Brésil haché) et les Ninas. (capes en Java ou Sumatra, intérieur en Brésil haché).
- ' Les robes sont préparées et utilisées comme pour les cigares, les intérieurs mouillés à l’eau pure, hachés et séchés sur des claies cannées dans un séchoir très ventilé et dont la température ne dépasse pas 25°.
- On les livre ensuite aux ateliers après un séjour de quelque temps dans des caisses.
- La confection des Cigarillos s’exécute dans des moules formés de 2 flasques en tôle réunies par une charnière et supportant une toile sans fin caoutchoutée, par l’intermédiaire de 2 petits axes que l’ouvrière fait tourner avec ses pouces.
- Fig. 14. — Machine à timbrer le bois des coffrets.
- Elle imprime sur les couvercles des boîtes, des armes, devises ou marques.
- : Les ouvrières placent.2 couches: de. cigares, puis donnent un petit coup de presse; elles insèrent ensuite le troisième lit; compriment à nouveau et assurent enfin la fermeture du coffret par 2 petites pointes enfoncées au marteau.'
- On colle le bout de la cape avec de la gomme adragante et on pince cette extrémité pour indiquer aux consommateurs le côté à mettre dans leur bouche, car, en cas d’erreur, la robe se déroule.
- Après réception des Cigarillos terminés, une machine les coupe à la dimension requise, puis on les comprime pour leur donner une forme prismatique, et on les met, par 100 unités, dans des coffrets d’Okumé.
- Enfin les Ninas, ces petits cigares si appréciés de la clientèle modeste, se confectionnent avec le moule décrit plus haut ou avec des rou-leuses à tambour et se vendent en boîtes de carton par 100 (Ninas ronds) ou par 20 (Ninas comprimés).
- (A suivre.) Jacques Boyer.
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- ^smssmss^wmya
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1923.
- Les réserves hydrocarbonées de la Mercuriale vivace. — M. P. Gillot, étudiant les organes de réserve qui sont constitués par un rhizome, long et traçant, portant aux nœuds des racines adventives fasciculées et des rameaux plus ou moins nombreux, établit que le maltose y subit
- des variations comparables à celles de l’amidon et du saccharose et que par suite ce sucre peut être oonsidéré comme une substance de réserve au môme litre que les deux autres polysaccharides.
- Paul B.
- LE VENIN DES FOURMIS
- Les naturalistes croyaient connaître la nature du [ venin des insectes, au moins de celui des espèces I les plus connues, abeilles, fourmis, etc. Il n’en est rien! On ne trouve dans la littérature scientifique que des indications vagues, incomplètes et erronées sur ce sujet et on note une disharmonie flagrante entre nos connaissances sur la morphologie et la physiologie de la fonction venimeuse de ces arthropodes. Tandis que les appareils vénéneux ont fait l’objet de nombreuses recherches, nous ne connaissons pour ainsi dire rien sur leurs produits de sécrétions. Ainsi, nous avons pu démontrer pour les fourmis que l’agent toxique de leur venin n’est pas T acide formique, comm e on 1 e croyait uni versellement, mais que nous ignorons complètement la nature chimique de ce venin, parfois extrêmement actif.
- À mesure que l’on s’enfonce dans ce problème de la toxicologie entomologique, les problèmes surgissent, multiples et variés, et nous nous proposons d’en exposer ici différents aspects, tels que nos recherches nous les ont révélés.
- L’intérêt pratique et scientifique d’une pareille étude saute aux yeux, surtout si l’on pense qu’il y a là un domaine tout nouveau, d’une portée générale, encore entièrement à défricher. Examinons, pour préciser, le problème des données morphologiques et systématiques :
- Malgré la diversité des fourmis — 011 en connaît actuellemen t 7000 espèces e t sous-espèce s — elles possèdent toutes, à Vexception des mâles, un organe venimeux. Néanmoins cet appareil diffère suivant les sous-familles ; chez les sous-familles des Ponerinæ, Myrmicinæ elDorylinæ, le dard est bien développé. Ce sont les fourmis piquantes. Leur organe vénéni-fique (voir fig. 1) se compose de la glande proprement dite, un canal bifide qui s’unit dans un tube unique à l’entrée de la vessie à venin dans laquelle il se continue pour se terminer par un bourrelet, d’où le nom de glande à bourrelet. L’aiguillon se compose de deux pointes appliquées l’une contre l’autre et logées dans une gaine unique en forme de gouttière. Le tout est entouré de deux autres gaines. Les deux pointes peuvent être avancées et retirées par le jeu de deux groupes de forts muscles. La fourmi pique en faisant avancer les deux pointes dans leur gaine et en éjaculant une goutte de venin de la vessie dont le conduit déférent
- débouche dans l’orifice de la gouttière. Ainsi l’aiguillon fonctionne presque comme une seringue de Pravaz.
- Voyons maintenant l’appareil vénénifique des deux autres sous-familles, les Camponolinés et les Doli-choderinés. Chez les premiers, les fourmis supérieures, le dard fait défaut et est transformé en garniture de soutien de la glande. L’organe vénéni-fique est adapté à l’éjaculation pure et simple du venin. Laglande, très volumineuse, se compose d’un canal ramifié et enroulé sous forme d’un coussinet appliqué sur la vessie (voir fig. 2). La vessie est également fort volumineuse et présente une paroi musculaire épaisse. Les Camponotinés ne piquent donc pas, mais inondent leuns ennemis d’un jus toxique.
- Les Dolichoderinés possèdent un appareil vénéni-fique comme les fourmis piquantes, mais en miniature et inapte à un fonctionnement efficace. Leur réaction protectrice consiste à sécréter le jus laiteux odorant et gluant de leurs glandes anales.
- Examinons brièvement les effets produits par le venin de ces différents types de glandes.
- Ce sont les fourmis piquantes qui sont dangereuses pour l’homme. Certes, en Europe, il n’y a guère d’espèce bien dangereuse, mais tout change dans les pays chauds ! Chez nous, la seule fourmi dont la piqûre égale celle de l’abeille, est la, Myi'-mica rtibida, espèce pacifique qui habite le Jura, la vallée du Rhône, etc. La petite fourmi rouge Myrmica rubra et la plus petite Tetramorium cæpilum de nos contrées n’arrivent qu’à transpercer la peau humaine aux endroits où l’épiderme est assez mince. Ici encore l’efl’et produit est purement local : une éruption rouge, accompagnée de démangeaison, le tout disparaissant après quelques heures. Quant au danger des fourmis tropicales, nos connaissances sont fort incomplètes. Voici à peu près tout ce que nous en savons :
- D’après l’explorateur Stanley, certains peuples nègres de l’Afrique centrale emploient du venin de fourmis pour empoisonner leurs flèches. Les anciens indigènes mexicains torturaient et tuaient leurs ennemis en les exposant aux piqûres de fourmis du genre Pogonomyrmeæ, que les Américains appellent « stinging ant ». „
- Remarquons, en passant, que les nègres du Congo
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- LE VENIN DES FOURMIS
- punissent l’adultère par des piqûres de fourmis, notamment de certaines Ponérinés.
- Une seule piqûre d’une fourmi du genre Sima Pachysima, suffit pour endolorir le bras et même pour l’immobiliser pendant quelque temps.
- En Amérique centrale et méridionale, les Pachy-çondyla, les Dinoponera sont parmi les plus redoutées. La piqûre de ces insectes occasionne des troubles généraux (fièvre) chez l’homme. La fourmi la plus à craindre, malgré sa petite taille, est Sole-nopsis geminata et ses congénères, répandues dans toute l’Amérique chaude, où elles sont très communes. Leur nom vulgaire le dit bien :
- « fîre ant ».
- Finissons cette rapide et incomplète énumération qui nous permet quand même deux conclusions importantes : le caractère dangereux de la piqûre de fourmi (pour l’homme) dépend de deux facteurs : 1° de la longueur du dard et 2U ,de la nature du venin inoculé. Les fourmis les plus dangereuses sont donc celles qui remplissent simultanément ces deux conditions et on comprend, dès lors, pourquoi les espèces d’un même genre ne sont pas venimeuses au même degré.
- Les faits établis nous permettent, en outre, de mettre en doute l’opinion courante qui rend l’acide formique responsable de la toxicité des piqûres. On ne comprend pas, quelques physiologiques sérieux tels que von Fürth, Kobert, Faust l’ont d’ailleurs également dit, que cet acide, inoculé nécessairement en petite dose, puisse provoquer des troubles généraux comme nous en avons vu des exemples. En outre, deux savants américains, Melander et Brues, ont déjà prouvé en 1906 qu’une espèce piquante fort dangereuse, la Pachycondyla, ne renferme pas une trace d’acide formique.
- Tel était, en ses grandes lignes, l’état du problème quand nous nous sommes mis à l’étudier. Nous avons tenu à rechercher et à doser l’acide formique dans le venin des fourmis les plus diverses, afin d’établir une relation entre la morphologie de l’appareil vénénifique et la nature chimique du suc venimeux sécrété.
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- Un premier problème à élucider fut de savoir si les fourmis piquantes sécrètent de,d’acide formique. Nous avons soumis à l’analyse les Myrmicinés et les Dolichoderinés suivants : Myrmica; Tetramorium Messor, Tapinoma, etc., et nous n’y avons trouvé aucune trace d’acide formique.
- L’acide formique n'est pas sécrété par la glande à bourrelet. La nature du venin des fourmis piquantes nous échappe donc complètement et seulement leur analogie d’effet — étant donné la quantité très petite quelles peuvent inoculer — permet de le
- rapprocher du venin albuminoïdique des serpents.
- Mais les Camponoti-næ, les fourmis non piquantes, possédant l’appareil vénénifique dit à coussinet, sécrètent de l’acide formique.
- Nous avons d’abord tâché de trouver d’autres acides libres dans le venin sécrété.
- A cet effet nous nous sommes servi de l’élégante méthode micro-biologique de Duclaux qui nous a permis de prouver que les trois genres Formica, Cam-ponotus et Cataglyphis ne sécrètent, en dehors de l’acide formique, aucun autre acide libre.
- Ceci prouvé, nous avons dosé l’acide libéré par différentes espèces.
- Le tableau I renseigne sur les teneurs en acide formique des espèces analysées.
- Tableau 1. Quantité d’ac. form. sécrétée Quantité d’ac. form. contenue
- Espèce. Pro enance. par fourmi, dans 100 g. Grammes, de fourmis.
- Camponotus ligni-
- perda (ouvrière) Suisse. 0.0017 7 gr.
- Camponotus ma-culatus thora-
- cius ..... Tunisie. 0.00054 5,7 »
- Camponotus ae-
- thiops .... Italie. 0.00013 1 »
- Formica rufa . . Luxembourg. 0.002 18 »
- Formica praten-
- sis — 0.0012 12 »
- \A.
- Fig. i. —Appareil vénénifique des, fourmis piquantes.
- gl., glande à venin avec bourrelet terminal; gl.a., glande accessive; V., vessie à venin; A., aiguillon avec garniture chitineüse de soutien g et les muscles A.
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- Fig. 2.
- Appareil à venin des fourmis non piquantes.
- g 1, glande à venin (acide formique); • V., vessie; C., conduit éjaculateur.
- Quantité Quantité d’ac. l'orm. d’ac. l'orin, sécrétée contenue par fourmi, dans 100gr. Espèce; Provenance. Grammes, de fourmis.
- Formica trunci-
- cola . . . . . Luxembourg. 0,004 4 »
- Formica sangui-
- nea..... Suisse. 0.00035 3,6 »
- Formicarufibarbis. 0.00017 2,8 »
- Formica fusca . . Luxembourg. 0.00014 3,6 »
- Formica emerea . Suisse. 0.0001 3,4 »
- Lasius flavus. . . Luxembourg. 0.00012 7,8 ».
- Lasiusfuliginosus. — 0.0001 4 »
- La quantité d’acide formique varie donc entre les limites assez larges de 1 à 18 pour 100 dupoidsdes fourmis. Elle varie, en outre, suivant la grosseur des fourmis d’une même espèce.
- Quelle est la concentration de l’acide formique dans le venin? Une première série d’analyses sur la fourmi des bois, Formica rufa, démontra que la concentration varie entre 20 et 72 pour 100 et ici un problème intéressant se pose : comment les parois de la vessie à venin résistent-elles à l’action d’un acide si concentré?
- Pour le moment, nous sommes en voie de prouver expérimentalement l’origine diastasique de l’acide formique, produit très .probablement par une oxydase aux dépens des hydrates de carbone. Enfin nous pouvons encore nous demander quel est le mécanisme chimique de l’action toxique de l’acide formique, son effet est double : 1° une action corrosive commune à tous les acides et 2° une action toxique proprement dite sur les centres nerveux de la respira-
- tion et de la circulation. L’action toxique de l’acide ne se manifeste chez l’homme que s’il en a ingéré des quantités assez grandes, tandis que les quantités sécrétées par les fourmis sont un moyen de défense efficace contre leurs ennemis animaux. L’acide formique, premier acide de la série grasse, répond à la formule HCOOH ; il est ionisé en l’ion positif H^ et l’ion négatif HCOO. Le cation H+, porteur de l’acidité, est responsable de l’action corrosive, tandis que Fanion HCOO renfermant le groupement carbonyle = CO produit les effets proprement toxiques (analogie avec l’oxyde de carbone CO). .<
- Pour finir, nous pouvons résumer tous nos résultats dans le petit tableau statistique bien suggestif que voici :
- bormicinæ : 236 genres = 100 pour 100. Fourmis piquantes, pas d’acide formique :
- 1 sous-famille: Ponerinæ, 64 genres — 27 pour 100.
- 2 sous-familles : Dorylinæ, 6 genres ~ 2,5 pour 100.
- 3 sous-familles : Myrmicinæ, 120 genres = 51 pour 100.
- Fourmis non piquantes, pas d’acide formique :
- 4 sous-familles : Dolichoderinæ, 16 genres = 6,8 pour 100.
- Fourmis non piquantes, présence d’acide formique:
- 5 sous-familles : Camponotinæ. 30 genres — 12,7 pour 100.
- Il en résulte — sous certaines réserves de généralisation — que seulement 13 pour 100 des fourmis existantes sécrètent de l’acide formique et que la nature du venin de toutes les autres nous est inconnue !
- 11 y a peut-être lieu à révision de tout ce qui était admis jusqu’à ce jour sur la nature du venin des insectes. Robert Stumper,
- ingénieur-chimiste I. C. S.
- Fig. 3. — Fourmi des bois irritée, lançant son venin l’acide formique.
- Le. üérant : P. Masson. — imprimerie f.*nur,E, 9, rue de Fleurus, à Puris,
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- LA NATURE — N° 2581
- 22 SEPTEMBRE 1923
- LE TORCOL VERTIC1LLE
- Des Heurs, rien que des Heurs dans les vergers/ rutilant sous la parure des corolles nacrées dont s’ornent toutes les branchettes gonflées de sève. Partout aussi, dans les herbages, la floraison de l’avril qui va s’achevant, l’or des pissenlits s’encadrant merveilleusement des marguerites éparpillées dans les prés.
- Sur les rameaux qui embaument, des mésanges, fleurs vivantes, se livrent à de mystérieuses besognes et, sous leur bec, se décortiquent des bourgeons qui, peut-être, cèlent de la vermine menue. A l’orifice des cre-vasse* qui s’enfoncent dans les troncs vétustes, des moineaux fri-quets babillent et un rouge-queue de muraille, à la cime d’un poirier, module sans se lasser,sa brève chanson. Un troglodyte mignon, dans un monceau de ramilles sèches entassées contre le mur d’un hangar noirci, chante éperdument, un ac-centeur-mouchet qui se faufile, affairé, dans la haie broussailleuse, lui donnant la réplique avec brio.
- Dans l’air attiédi, les brises printanières emportent des pétales roses et blancs, que semblent lutiner des papillons couleur de soufre, qui folâtrent insouciants.
- Et voici que sur les basses branches d’un pommier si vieux que chaque brindille en est tordue, se pose légèrement un torcol verti-cille (Ymix t. torquiUa Lin.). Aussitôt il prend
- 51" Année — 2° Semestre.
- Fig. i à à. 1. Visitant les creux; un tronc moussu; 4 mauvaise humeur;
- part à l’allégresse qui, de toutes parts, monte, radieuse, vers la lumière.
- Sonore, son appel résonne, extériorisant sa joie ; il serait évocateur de l’un des rois de l’air, le faucon hobereau, n’était que les notes en sont plus « mouillées », plus timides, moins aiguës. Aussi la gent ailée ne s’y laisse pas prendre et, sans inquiétude, tous les oiselets continuent à vaquer à leurs petites affaires du moment : le torcol, hôte familier des vergers, leur est connu de longue date.
- Dans sa grange, le fermier sourit. Un torcol ! le « messager du coucou » ! C’est le printemps qui chante, c’est du soleil à satiété, des fleurs, le ravissement des beaux jours en perspective !...
- Précédant de peu son collègue migrateur, le cuculidé, d’exécrable réputation, notretorcol était de retour déjà depuis quelques jours, mais les fatigues de son voyage ne l’avaient pas incité à se faire entendre encore et il avait passé inaperçu.
- Le torcol, qui aime vivre caché, n’est pas non plus un volatile très connu ; car iln’est pas commun, ce qui n’est pas sans un peu surprendre, sa nichée étant toujours nombreuse. Vraisemblablement son existence cèle une énigme que l’on n’a pas encore percée ou est influencée par une cause inconnue qui provoque la disparition des spécimens de son espèce. Ce ne doivent pas être, ainsi
- 12. — 177.
- — Le torcol.
- 2. Aux écoutes; 3. Dur , Dans la haie; 5. De '6. A la fourmilière.
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- 178 v....= LE TORCOL
- qu’on l’avance, les oiseaux de proie et les quadrupèdes de rapine qui mettent tant de ces oiseaux à mal, leur désir de vivre obscurément devant les préserver souvent de semblables ennemis.
- De mœurs discrètes, ne menant guère tapage, sinon à l’époque nuptiale qui ne dure guère, le torcol ne décèle pas souvent sa présence aux indifférents. Au surplus, sa livrée sert à merveille son envie de n’être pas remarqué. Son habit, pour n’être pas éclatant, est néanmoins loin d’être terne. Finement nuancé des teintes des feuilles mortes qui achèvent de se transformer en humus, son plumage, velouté comme les plus belles soies, s’enjolive de toutes les gammes qui se dégradent et se fondent, des bruns chauds que sertissent des raies de velours noir enrobé de cendré clair, avec de-ci de-là du blanc pur ou parfois pointillé de jais. Sa gorge aux teintes rouilleuses, rayée transversalement, son abdomen blanchâtre, grivelé de macules en forme de Y qui vers la queue se renversent, n’est pas pour le déparer, non plus que sa tête effilée, où les nuances de son habit se retrouvent, s’allient, tantôt s’emmêlant, tantôt nettement séparées, lorsqu’elles constituent une sorte de moustache brune ou une arcade sourcilière blanchâtre.
- Sur sa branche, l’oiseau, lentement, se meut. Il est de nature indolente; certains le prétendent paresseux. Ainsi le veulent ses mœurs qui n’exigent nulle rapidité dans ses gestes. D’autre part, il obéit à l’atavisme et il pratique l’adaptation à son milieu sans aucun doute. Nonchalamment, allongeant le cou, le voici maintenant qui descend dans les branchages. A petits sauts, il s’y promène en quête d’une proie qui lui convienne et, dans le gazon, soudain en arrêt, il s’immobilise. Devant lui, sur une motte de terre que l’on dirait tamisée et d’où des brins d’herbe surgissent, des fourmis rousses œuvrent fiévreusement. Tendant le cou, inclinant la tête, le torcol darde vers elles une langue, longue étonnamment, enduite de viscosité, sur laquelle s’engluent les hyménoptères qu’il engouffre aussitôt. Et le mouvement de va-et-vient de cet appendice délié est si prompt que c’est à peine si on le perçoit; on croirait qu’un aimant attire dans Je gosier du volatile les malheureuses bestioles qui se débattent en vain.
- Le torcol est, dit-on, un mangeur d’insectes. C’est surtout un « dévoreur » de fourmis et, pour lui, nul plaisir n’équivaut à celui de déguster, vivants, ces tout petits qu’on découvre dans son estomac, par masses menues et comprimées, enchevêtrant leurs débris lorsque la digestion s’opère. Il n’est que leurs nymphes qu’il gobe avec plus de satisfaction.
- En volière, un torticol nouvellement capturé refusera, a-t-on souvent constaté chez les éleveurs, tous insectes, mais se jettera avidement sur les fourmis et leurs « œufs ».
- N’est-ce point là la raison de l’apathie de l’oiseau qui n’a nul besoin de déployer grande activité
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- pour se sustenter et qui trouve toujours la table mise sous ses pas, qu’il s’installe devant la fourmilière, ou qu’il surprenne les minuscules insectes alors qu’ils ascensionnent, défilant devant lui, les troncs et les branches ?
- Observer à l’aise le torcol n’est pas malaisé : c’est un oiseau peu farouohe qui se laisse approcher de très près.
- Changement à vue : inopinément, le chien de la ferme voisine a jappé bruyamment. Un sursaut brusque et le torcol, surpris, s’enlevant d’un coup d’aile bref, se perche, anxieux, sur une branche qui se penche vers le pré. Là, il se dresse, hérisse les plumes de la tête, gonfle la gorge, tend le cou, épanouit la queue par intermittence. Le torcol exprime, par ce manège quelque peu grotesque, sa mauvaise humeur d’avoir été dérangé; mais, tôt rassuré, il reprend vite sa tranquillité et voletant, sautillant de branche en branche, il erre à présent, paisible, dans le verger où l’an passé il vécut déjà, sans guère de trouble, avec les siens.
- Il visite en détail le vieux noyer dont les nodosités sont feutrées du velours vert qu’y mettent les mousses épaisses ; il inspecte minutieusement les pommiers et les poiriers aux écorces rugueuses.... Une courte envolée le jette peu après dans la haie du clos. Posément, il y rôde, scrutant les creux des chênes tout bosselés que festonnent des guirlandes de lierre, explorant les charmes aux rameaux déjetés, les saules têtards entremêlant leurs pousses flexibles aux branchettes épineuses des églantiers et des aubépines qu’enlacent les lianes des chèvrefeuilles, inspectant les cormiers qu’escaladent les clématites surgies des prunelliers aux piquants acérés. Il passe de l’un à l’autre, furetant dans les recoins, émettant par intervalle son appel invariable.
- Interrompant sa promenade, tout à coup, il se fige sur le chicot vermoulu d’une vieille branche jadis brisée sur lequel, de ses doigts alternés comme ceux des grimpeurs, il s’agrippe nerveusement, le col tendu, interrogatif. Il ne chante plus, il écoute... Il écoute, venant du verger, le cri d’un de ses semblables auquel, rageusement, il ne tarde pas à riposter, sa voix en l’occurrence se faisant plus sourde, son émission plus précipitée, avec, dans les intonations, de la colère. D’un trait, il fonce vers l’arbre sur lequel est branché son congénère. Celui-ci est un intrus qui, estimant le cantonnement propice, a fait le projet de s’y établir, ignorant, « selon toutes probabilités », que déjà la place est prise.
- Les deux oiseaux, posés à peu de distance l’un de l’autre, quelques instants s’observent en silence ; puis, soudainement loquaces, s’adressent, en leur langage qui se fait aigre, des reproches certainement, puis des injures. Ils doivent aussi se provoquer, car voici que leur plumage se boursoufle, que sur leur tête les plumes se hérissent, leur gorge se gonfle; leur queue s’ouvre et se ferme spasmodi-
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- quement. Tous deux se contorsionnent, très excités, avec une égale vivacité, tortillant bizarrement le cou qui s’allonge démesurément, tandis que leur tête vire telle une girouette et que leurs yeux se voilent à demi. Se mêlant à leurs cris, un petit grondement monotone monte de leur gosier d’où s’échappe parfois un bref sifflement. Sans relâche, les gros mots jaillissent du bec des adversaires qui, se rapprochant, se dandinent à présent sur une même branche, toujours ébouriffés, toujours trépignants. Parfois aussi l’un d’eux s’allonge étrangement tout en s’applatissant sur la branche et d’une brusque saccade, projette la tête vers l’adversaire, en soufflant comme un chat.
- Mais le nouveau venu semble néanmoins regretter son intrusion et ne demander qu’à s’éclipser. Aussi, lorsque son antagoniste se penche vers lui, mandibules entrouvertes, il n’bésite guère et, à petits pas pressés, s’écarte le long de la branche. Un geste plus brusque du maître de céans et l’étranger prend son vol, fuit, avec à ses trousses le premier occupant des lieux qui le pourchasse au loin, pour peu après, en chantonnant, réapparaître dans le verger. A ces manifestations anodines se bornent les querelles que les torcols ont entre eux au temps de la prise de possession d’un cantonnement ou de l’accouplement, alors que leurs chemins se croisent.
- Cette alerte, tôt oubliée, notre oiseau se consacre à nouveau, après une courte visite à la fourmilière, à l’inspection de son habitat, interrompue néanmoins presque aussitôt par les cris assourdissants des oies de la métairie qu’alarment les entrechats d’un porcelet ivre des effluves printanières.
- A ces clameurs imprévues, le torcol, d’un envol rapide, se précipite vers le tronc du pommier voisin et à la façon des pics auxquels les doigts de ses pattes et sa langue démesurée l’apparentent,, il s’accole à l’arbre, tapi contre l’écorce. Pourtant, il ne se hissera pas, comme le feraient de véritables grimpeurs, par petits à-coups brusques et saccadés, le long du tronc. Simplement il s’accrochera des ongles, quelques moments, sans se livrer à -nul mouvement, sinon de la tête qu’il incline en tous sens, observant les alentours.
- Son émoi apaisé, il retourne se percher sur une branche, se posant transversalement, comme un ordinaire passereau le ferait.
- Sur le vieux noyer, il se fixera encore tout à l’heure, du même geste familier aux pics, mais sans se hausser le long de l’arbre. Il se bornera à s’emparer, sans changer de place, de quelques fourmis qui vagabondent parmi les mousses. Sa proie avalée, il reprendra sur un rameau la position familière aux oiselets du bocage qui s’installent en travers de leur perchoir. Grimper le long des écorces n’est pas dans les mœurs de la gent torcol et sa queue aux barbes soyeuses et molles, toujours intacte, toujours en bon état, sans trace d'usure, vous indiquera, sans erreur possible, qu’il en est bien ainsi.
- Le fermier, sous les arbres fruitiers, s’applique à
- ses travaux champêtres, mais sa présence ne fera naître en l’oiseau aucune appréhension. Avec son habituelle indolence, le volatile poursuivra sa promenade, allant des basses branches des arbres aux buissons voisins, voletant des broussailles sur le sol, répétant ces manœuvres tout au cours du jour, à moins que longuement il ne se repose, immobile, sur une branchette morte qui se balance ou ne somnole sur la tête ronde d’un saule au bord de la mare.
- Jamais il ne s’aventurera dans la cime des arbres, qui est pour lui sans attrait.
- Mais voilà que le lendemain le verger et son voisinage s’emplissent d’appels qui cascadent dans les pommiers fleurant bon : ce sont chants de fiançailles renouvelées. La compagne du torcol est de retour et l’époux manifeste sa félicité par une agitation inaccoutumée.
- La robe de dame torcol est identique à celle de son conjoint et c'est à peine si des nuances plus pâles marquent entre eux une légère différence que l’œil ne percevra pas toujours. Plus petite est la femelle, avance-t-on, mais allez donc y voir. Même lorsqu’ils sont proches l’un de l’autre, il n’y paraît guère et tout dans leur tournure, dans leur manière d’être, apparaît analogue.
- Tous deux, la future épouse se prêtant aux agaceries de son compagnon, parcourent leur domaine, en gazouillant. Ils se content peut-être des impressions de voyage... Ensemble, ils font une réglementaire visite aux fissures des arbres, car c’est dans une de celles-ci qu’ils projettent d’installer leur nichée. Ils explorent les crevasses des pommiers fendillés, les creux plus arrondis des poiriers, les plaies béantes et profondes des chênes et des charmes. C’est cependant là occupation bien superflue ; car nos oiseaux savent bien que nulle cavité ne sera plus que celle du vétuste noyer évidé, propice aux lins qu’ils envisagent. Cette anfractuosité abrita leur couvée, la saison précédente ; d’autres ans encore la virent pleine à déborder d’une nichée copieuse.
- C’est là aussi que chaque année nouvelle ils reviendront, si un hasard malencontreux, au cours d’un de leurs voyages, ne met un terme à leur existence ; et rien ne les fera varier d’emplacement, sinon des persécutions trop répétées.
- L’allégresse que le mâle témoigne au retour de l’oiselle ne durera pourtant pas longtemps, tout au plus l’espace de quelques matins consacrés à de brûlants épanchements. Les soucis pour les oiselets viendront tôt, car il importe de ne pas perdre de temps lorsqu’il s’agit d’élever une famille qui doit être sur l’aile avant la fin de l’été.
- Elle n’est pas à une grande hauteur du sol, la cavité choisie il y a longtemps déjà par le couple : 1 m. 50 tout au plus. Mais à ceci, rien de surprenant : ce sont les crevasses rapprochées du sol qui attirent le plus les torcols.
- D’autres fissures s’ouvrent dans l’arbre, dans les branches transversales, et ils auraient pu aisément s’y installer, mais elles les ont laissés indifférents.
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- Quelque couple de mésanges, des moineaux friquets y nicheront, élevant leur famille dans la mousse et le duvet.
- Jamais pourtant une brouille n’éclatera entre ces voisins de mœurs dissemblables. Les torcols semblent ignorer ces sybarites qui ont rembourré leurs nids de toutes les plumes recueillies dans la basse-cour. Quant à eux, de même que les grimpeurs, leurs proches parents, ils élèveront leurs rejetons sans s’embarrasser de ces puérilités. Comme leur bec est trop faible pour cette besogne, ils ne tenteront même pas, ainsi que font les pics, de creuser le bois vermoulu pour aménagerpl us confortablement leur logis.
- Le torcol n’est pas un charpentier.
- Un simple coup de balai suffira pour que le home soit aménagé. Quelques débris de bois gâté, trop encombrants, quelque feuille morte, de menus déchets, seront expulsés du tronc que le temps, secondé par tous les insectes gros et petits qui se meuvent sous les écorces, creusa lentement. Et le gîte rêvé sera prêt.
- Le fond du trou bien raclé, le bois décomposé, finement pulvérisé, qui seul y demeure, quelque peu ameubli, sera le « nid » du torcol ; nid sommaire certes et logis bien fruste, mais suffisant pour nos oiseaux. Sur la dure, les adultes ont été élevés; sur la dure naîtront les enfantelets.
- Les soucis aujourd’hui sont venus et le torcol à présent vit presque silencieux. Sa compagne a pondu sept, huit, dix, parfois onze œufs, d’un blanc pur, à fécale brillante, un peu rosée au début de la couvaison, alors que transparaît le jaune, et elle ne quitte plus guère son trésor. S’il n’est pas en quête de victuailles, le mâle, sur un rameau proche, fait le guet. Ses strophes monotones du début de la saison, ses « Hwîîdwîîdwîîd », dix fois répétés, sont remplacés par un rude « tchêck », s’il a quelque motif d’alarme. La nichée s’élève pour, grandelette, quitter enfin son abri.
- L’été passe. Jeunes et vieux qui, quelque temps en la région, vagabondaient de compagnie, ont terminé leur mue. Les liens qui unissaient la petite troupe se sont dissous progressivement.
- Alors que va"naître l’automne, chacun séparément se met en route, pas toujours de nuit comme on le croit généralement, mais plus souvent de jour-, par le gai soleil qui parfois luit encore, et même par temps brumeux, si l’arrière-saison est trop humide.
- Solitaire, le torcol s’en va par monts et par vaux, toujours musardant, suivant comme tous les voyageurs ailés que l’approche des frimas met en branle, les lignes fictives des migrations dont son instinct ne le fera pas dévier. Souvent, à cette époque, on le voit ainsi aller de l’avant, en de courtes envolées, s’attardant quelques moments, entre deux vols, dans les vieilles haies, dans les clos dont les arbres se dépouillent, ayant conservé son habitude de chercher sa nourriture sur le sol, ainsi qu’en témoignent souvent son bec et ses pattes maculés de glaise.
- Comme toujours, les fourmis seront ses proies de prédilection presque exclusivement. C’est son régal coutumier comme il fut celui de ses jeunes alors qu’il les élevait dans le verger. L’attirance qu’exercent sur lui les terres meubles lui joue parfois le mauvais tour de le conduire dans les filets d’un tendeur. Dès que celui-ci l’a saisi, on assiste alors à un singulier spectacle. L’oiseau hérisse les plumes de la tête, allonge démesurément le cou, l’anime d’un mouvement lent, continu, faisant pivoter la tète en tous sens, à tel point que le bec est parfois dirigé complètement vers le dos. A ce moment, il semblerait que l’on ait en main un serpent, tant ces mouvements du col sont identiques à ceux qu’exécute de la tête un ophidien captif. En même temps, l’oiseau fait jaillir la langue du bec, ses yeux se ferment à demi, chavirent, tournent dans l’orbite ; quelquefois aussi, il pousse un léger sifflement. Ces singulières contorsions lui sauvent parfois la vie, le tendeur, étonné, désagréablement surpris, desserrant l’étreinte de ses doigts.
- C’est bien là le torcol, qui « tord » le cou en tous sens, c’est bien le « tournecou », le « torticolis », le teurd-cou » de nos campagnards, le « tord-cou » des Normands, le « chaitor » des Limousins. Partout, au surplus, cette particularité lui a fait donner un nom de baptême significatif, car c’est le « Wryneck » des Anglais, le « Draaihals » des Flamands, le « Wendehals » des Allemands ; c’est, en toutes les langues, le torcol.
- Ces mêmes gestes et son sifflement nous expliquent aussi pourquoi l’on donne quelquefois au torcol le nom d’ « oiseau-serpent », pourquoi en Ardennes, en l’une ou l’autre région, on l’affuble de l’appellation de « Couleuvre du chêne » (colouve du tehêne), pourquoi pour les Anglais, il est, en certains comtés, le « Snake-bird ».
- Au cours de sa migration, le torcol ne s’écarte pas des habitations que le hasard met sur son chemin et souvent on le voit sautiller sur un toit, souvent venir se percher sur une cheminée. Bizarre habitude que rien ne semble justifier, pas même la recherche des araignées qu’il pourrait trouver là-haut, car une demi-douzaine de torcols capturés en ces endroits, infortunées victimes de la curiosité des habitants des champs intrigués par ces hôtes passagers qui leur étaient inconnus, et qui me furent apportés, avaient l’estomac complètement vide. Coïncidence évidemment, mais remarquable cependant.
- Je n’ai non plus jamais trouvé dans l’estomac des torcols de ce petit gravier que d’autres affirment y avoir découvert. Coïncidence encore peut-être.
- Ajoutons que les torcols émigrent parfois assez tardivement; on en aperçoit encore, en effet, dans la premièré huitaine d’oclobre, qui ne paraissent pas plus pressés que ceux des leurs, oiseaux erratiques vraisemblablement, qui paraissaient vouloir se mettre en route fin août ou début de septembre, se dirigeant déjà, dirait-on, le bec dans le vent, vers des contrées amies du soleil. L. Coopman.
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- Fig. i. — Répartition des régions séismiques d’après Montessus de Ballore. (La Géographie séismique. A. Colin, Editeur.)
- La catastrophe qui, le 1er septembre dernier, s’est abattue sur le Japon dépasse en étendue et en
- horreur toutes celles du même genre, hélas si nombreuses, qu’enregistrent les annales de l’histoire.
- Quelques secondes de tremblement de terre ont suffi pour accumuler, dans une contrée hier riche et peuplée, autant de ruines que la guerre en 4 ans dans nos régions dévastées. Les victimes se comptent par centaines de mille. Il faudra sans doute un temps très long pour établir une description exacte du cataclysme, dresser un bilan des pertes humaines et matérielles, et dégager les leçons de cette cruelle expérience. Dans ce qui suit, nous nous proposons de résumer quelques-unes de celles que l’on a pu tirer des catastrophes antérieures.
- Rappelons d’abord les faits essentiels, tels qu’ils se dégagent des informations, nécessairement un peu confuses, données par la presse d’informations.
- Le 1er septembre, à 3h llm 23 (heure d’été), le sismographe du Parc-Saint-Maur, près de Paris, enregistrait une première et violente secousse. Ainsi s’annonçait à Paris le terrible drame qui commençait à se dérouler à l’autre extrémité du globe.
- Comme c’est le cas dans la plupart
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- 1 a 10 Epicentres
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- Vol cap s les plus actifs
- Fig. 2. — Carte séismique du Japon, d’après Davison. (.A Manuel of Seismology.)
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- des grands tremblements de terre, c’est à cette première secousse que sont imputables les plus graves dégâts-; mais elle fut suivie dans la journée et le lendemain, de nombreuses autres secousses qui achevèrent l’œuvre de la première. C’est ainsi que le 2 septembre à 2h 59m 26, l’observatoire de Strasbourg enregistrait encore un 2e séisme très intense.
- Il était environ midi au Japon, lorsque commença le tremblement de terre ; la foule se pressait dans les magasins, les usines, et les rues étroites des grandes cités de Tokio, et Yokohama. Les grands édifices modernes, construits à l’européenne s’écroulent et ensevelissent des milliers de victimes; dans
- Du reste, rien ne donne une idée plus précise du mécanisme d’un tel cataclysme que les notations suivantes empruntées à la classification des tremblements de terre du grand séismologue japonais Omori. Ce sont des impressions vécues, correspondant à de longues et minutieuses observations. Omori classe les tremblements de terre par ordre de violence, en prenant pour mesure l’accélération maxima imprimée à un point du sol. À partir de 900 mm par seconde, le séisme est violent. Or nous lisons :
- Pour une accélération cle 1200 mm.
- Environ un quart des cheminées d’usine sont endommagées; les maisons de briques de mauvaise
- Fig. 3. — Ferme villageoise japonaise en bois, modèle du Comité Impérial des tremblements de terre.
- le sol qui se soulève et se crevasse, les conduites d’eau, les canalisations de gaz se rompent; le gaz qui s’échappe prend feu, et l’incendie se propage rapidement à travers les légères maisons en bois qui constituent la majorité des habitations japonaises ; la population fuit au hasard à travers les flammes et les gaz délétères. Comment lutter contre le sinistre? Les services publics n’existent plus; rien ne peut être tenté contre l’incendie; les survivants, affolés au milieu des ruines, ne connaissent plus d’autre loi que celle du plus fort; ce n’est plus qu’un troupeau impossible à diriger et que guette la famine. Nulle aide à espérer que de l’extérieur, et celle-ci sera longue à venir.
- A Yokohama, située au bord cle la mer, aux horreurs des écroulements et de l’incendie, s’ajoutent celles du raz de marée. Des vagues de grande hauteur se forment subitement, progressent avec une vitesse extraordinaire, balayant tout, hommes et choses sur leur passage.
- construction sont partiellement ou totalement détruites; quelques vieilles maisons de bois sont détruites, ainsi que tous les magasins, les ponts de bois sont endommagés; les tuiles des maisons de bois sont dérangées, de légères crevasses s’ouvrent dans les sols bas et mous. Quelques fragments de roches descendent des flancs des montagnes.
- Pour une accélération de 2000 mm.
- Toutes les cheminées d’usines sont brisées; la plupart des maisons ordinaires en briques sont partiellement ou totalement,détruites; quelques maisons de bois sont totalement détruites ; des fissures de 2 à 5 pouces de large s’ouvrent dans les sols bas et mous ; çà et là les remblais sont légèrement endommagés; les ponts de bois sont partiellement détruits; les ishidoros (colonnes de pierre ornant les abords des temples) de construction ordinaire scfnt renversés.
- Pour une accélération de 2500 mm.
- Toutes les maisons ordinaires en briques sont
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- Fig. 4. -r- Cottage bourgeois japonais en bois, modèle du Comité Impérial des tremblements de terre.
- sérieusement endommagées; environ 0 pour 100 des maisons de bois sont entièrement détruites : remblais sérieusement endommagés, les voies ferrées sont légèrement tordues ou retournées ; les murs de maçonnerie sont endommagés çà et là; des crevasses de 1 à 2 pieds de large s’ouvrent le long des rives des cours d’eau; l’eau des rivières et des fossés est rejetée sur les bords ; le régime des puits est perturbé; glissements de terrain.
- Pour une accélération de 4000 mm.
- 50 à 80 pour 100 des maisons de bois totalement détruites; les remblais sont presque détruits; les
- Fig. 5. — Château fort de'Nagoya, respecté par le tremblement de tet re du 2 8 octobre 1801. (D’après Montessus de Ballore. La science séismique, A. Colin, éditeur.)
- routes en terrain plat sont tellement crevassées et défoncées que le trafic est arrêté; les voies ferrées sont tordues; les culées et les piles des grands ponts métalliques sont détruites, les ponts de bois sont tous partiellement ou totalement endommagés; les tombes japonaises de solide construction sont retournées; des crevasses de quelques pieds de large se forment dans le sol et s’accompagnent parfois de notables jaillissements d’eau et de sable ; des réservoirs en poterie de fer enfoncés dans le sol sont pour la plupart détruits. Les sols bas et les champs sont complètement bouleversés, tant horizontalement que verticalement, si bien que les arbres et les plantes en meurent; nombreux glissements de terrain.
- Accélération supérieure à 4000 mm.
- Toutes les constructions sont totalement détruites à l’exception d’un petit nombre dé celles en bois ; quelques portes ou habitations de bois reposant sur des pierres de fondation sont projetées jusqu’à 3 pieds de distance, il se produit d’énormes glissements accompagnés de failles et de dénudations. Voici ce que l’on
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- 184 ===== LE TREMBLEMENT
- sait aujourd’hui sur l’étendue de la catastrophe. Les chiffres que nous allons donner sont, bien entendu, sujets à caution ; -150 à 200000 morts ; de très nombreux blessés; des millions de personnes sans abri ; le port de Yokohama (400 000 hab.) entièrement détruit, Tokio (2 millions 1/2 d’hab.) aux deux tiers rasée. 50 000 km2 de territoire ravagés autour de Tokio ; l’ile de O. JSima, au large de la péninsule Idzu, au sud de Tokio, aurait disparu. Devant l’immensité d’une catastrophe aussi subite, l’esprit reste confondu; on ne peut, sans une profonde émotion, évoquer l’aspect
- DE TERRE DU JAPON ... —
- bler à nouveau et reconstruire leurs cités sur leurs anciens emplacements.
- N’avons-nous pas l’exemple de San Francisco détruit en 1868 et en 1906, de Messine détruite en 1785 et en 1908, de Lima détruite 10 fois en moins de 400 ans, de Lisbonne anéantie en 1755, de tant d’autres agglomérations victimes de séismes, et toujours renaissant en dépit des catastrophes du passé et des menaces de l’avenir.
- Les premières questions qui viennent à l’esprit toutrnaturellement en présence de tels événements
- Fig. 6. — Exemple de crevasse produite par un tremblement de terre au Japon.
- Rives du Skomaï garva près de Biwashima (banlieue de NagO}ra), effondrées sur une longueur de i5oo mètres parallèlement au lit de la rivière pendant le tremblement de terre de 189t.
- de cette contrée à la fois pittoresque et industrieuse, hier si prospère, aujourd’hui couverte de ruines, et où l’œuvre admirable d’un demi-siècle de civilisation ardente est détruite en quelques instants. Le monde entier sympathisera avec le grand peuple si durement frappé et voudra l’aider à effacer les traces de ce désastre. Car, malgré la gravité de la situation et les perturbations qu’elle entraînera, le Japon voudra se relever rapidement de ses ruines et il y réussira. Ce pays, qui compte aujourd’hui 60 millions d’habitants, a donné trop de preuves de son énergie, et de ses ressources, pour que le moindre doute puisse subsister à cet égard. Au surplus, n’a-t-on pas vu, toujours, après de pareils cataclysmes, les survivants d’abord dispersés par la terreur, se rassem-
- sont les suivantes : la science ne peut-elle les prévoir, et l’industrie les prévenir?
- Pour la première, nous renverrons nos lecteurs au magistral article de M. Montessus de Ballorre. « L’état actuel de la science sismologique » publié ici même dans notre Numéro du 11 novembre 1922. ils y verront que les observations et les études accumulées au sujet des tremblements de terre aboutissent en définitive à confirmer le vieil adage de Pline. « Là où la terre a tremblé, elle tremblera. »
- S’il est une contrée à laquelle ce dicton s’applique exactement, c’est bien le Japon; car le sol y est en état de tremblement perpétuel et les grandes catastrophes y sont très fréquentes. C’est
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- du reste le pays où la séismologie a fait l’objet des plus nombreuses études.
- De 1902 à 1907, on enregistre au Japon une moyenne de 1605 séismes par an. Entre le ve siècle de notre ère et l'année 1898, on ne relève pas moins de 222 tremblements de terre destructeurs et de 1601 à 1898, on en compte 108, soit 1, tous les 56 mois.
- La carte ci-contre, extraite du Manuel de Séis-mologie de Davison, représente les régions séismiques du Japon, au cours de la période 1885-
- sur la Terre, des régions dites séismiques, assez bien délimitées, dans lesquelles les séismes de tous ordres sont particulièrement fréquents, et où se localisent la plupart des grands tremblements de terre. Ces régions ont la figure de longues bandes linéaires, réparties sur les régions faibles de l’écorce terrestre, jalonnées par les grandes chaînes montagneuses, à haut relief. Elles suivent d’une façon frappante les grands géosynclinaux de l’époque secondaire. Les cartes ci-jointes révèlent trois longues, mais étroites bandes séismiques : l’une part
- Fig. 7- — L’arrière-port de Yokohama détruit par le récent tremblement de terre.
- 1892, pendant laquelle’on a enregistré un total de 8551 séismes. Elle permet de se rendre compte dans quel état de perpétuelle menace vivent les régions les plus peuplées des îles Nippones.
- Déjà en 1855, Tokio fut détruite par un tremblement de terre; en 1891, ce fut la région de Gifu et Nagoya ; cette dernière ville a aujourd’hui près de 400 000 habitants ; il y eut alors 80 000 maisons détruites et des milliers de morts.
- On sait donc, parfaitement, et nul Japonais ne l’ignore, que les tremblements de terre au Japon, se succèdent à intervalles rapprochés, et, perspective peu consolante, que la catastrophe d’aujourd’hui ne sera, hélas, pas la dernière.
- de que nous savons pour le Japon, nous le savons aussi pour bien d’autres régions du globe. La géographie séismique, à laquelle reste attaché le nom du regretté Montessus de Ballorre, établit qu’il y a,
- des lies de la Sonde, embrasse l’Himalaya, l’Asie Mineure, les rives de l’Adriatique, l’Italie, les Alpes, les Pyrénées, l’Algérie, l’Andalousie, le sud du Portugal; les deux autres s’étendent tout le long des deux rives du Pacifique. Les 5 bandes réunissent à elles seules 91 pour 100 des tremblements de terre observés.
- Au lendemain d’une grande catastrophe, c’est un sentiment d’égoïsme assez naturel, que de faire un retour sur soi-même et de s’inquiéter de sa propre sécurité.
- A cet égard, l’examen des cartes séismiques est assez rassurant pour l’ensemble de la France ; mais sous réserve de deux exceptions : il existe, en effet, deux régions qui sont quelque peu menacées: le rebord des Pyrénées, et une zone plus étendue en Provence. Cette dernière a du reste reçu déjà des avertissements sérieux ; on n’a pas oublié le trem-
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- blement de terre qui, le 25 février 1887, dévasta la ] côte des Alpes-Maritimes aux environs de Nice, et celui du 14 juin 1909 qui fît de très sérieux dégâts et quelques victimes dans la région d’Aix-en-Provence.
- La science est donc en mesure de préciser les régions exposées aux tremblements de terre. Mais là s’arrête aujourd’hui son pouvoir. On la voudrait capable de prévoir, en chaque point menacé, l’approche du cataclysme destructeur. Pour y parvenir, il faudrait sans doute qu’elle fût en mesure d’ausculter en permanence les régions de l’écorce terrestre où se forment les foyers séismiques, dont l’ébranlement, propagé jusqu’à la surface, produit les catastrophes.
- La profondeur des foyers séismiques, surtout de ceux qui correspondent aux plus violents tremblements de terre, n’est pas très considérable. Les méthodes d’évaluation dont on dispose sont encore, il est vrai, assez peu précises. Blais elles concordent suffisamment pour permettre de localiser les foyers séismiques, dans une couche profonde d’une vingtaine de kilomètres au maximum à partir du sol. C’est fort peu de chose, relativement au diamètre du globe terrestre. Mais nos moyens d’investigation, même à ces profondeurs réduites, sont encore à peu près inexistants.
- Les grands tremblements de terre, et celui du Japon n’a pas échappé à celte règle, sont en général précédés de secousses faibles, dites prémonitoires, qui malheureusement ne peuvent guère servir d’avertissement dans une région où le sol est en perpétuel frémissement. Ils sont suivis de répliques, mouvements d’importance décroissante qui se prolongent parfois sur plusieurs mois, et qu’enregistrent les séismographes.
- On est tout naturellement conduit à interpréter comme il suit ces phénomènes : « des mouvements lents ou une modification lente des tensions mécaniques dans une région de l’écorce aboutissent à un moment donné à des conditions d’instabilité et à un mouvement brusque qui constitue le tremblement de terre principal ; ce mouvement brusque modifie les conditions de tension ou de mouvement lent dans les régions voisines ; de ces modifications peuvent résulter bientôt des mouvements locaux plus ou moins importants. » (Ch. Maurain, Physique du globe).
- En s’appuyant sur ces considérations, von Koves-lighety a entrevu une possibilité de prévoir les tremblements de terre en mesurant régulièrement l’état de tension du sol. Cette mesure pourrait se déduire de l’étude des courbes microséismiques que les séismographes enregistrent quotidiennement ; la variation de la tension du sol doit entraîner, en effet, une variation des vitesses de propagation des ondes séismiques. Mais la mesure de ces vitesses au moyen des séismogrammes est encore bien imprécise ; et la suggestion ci-dessus reste pour l’instant dans le domaine purement théorique.
- Le nombreux savants se sont demandé si les grandes catastrophes séismiques ne seraient pas déclenchées par quelque cause extérieure à notre globe : on a interrogé la lune et ses phases, les taches solaires, l’électricité atmosphérique, phénomènes périodiques qui ramèneraient périodiquement les grands cataclysmes et par là permettraient d’en fixer les dates à l’avance. Mais aucune correspondance n’a pu être établie. Même s’il en existait une, la question importante serait de prévoir le point exact du globe qui sera frappé. Un séisme, même gigantesque, survenant dans une région déserte, ou en pleine mer, nous laisserait en effet assez indifférents.
- Jusqu’à plus ample informé, il faut donc conclure que le hasard seul préside à la répartition des catastrophes séismiques, sinon dans l’espace, du moins dans le temps. Or, le hasard a ses lois; celles-ci constituent le meilleur avertissement aux populations menacées, et les invitent, en permanence, à organiser une lutte méthodique contre les conséquences d’un fléau inévitable.
- Les seules mesures efficaces, actuellement concevables, résident dans le choix pour les maisons et les travaux d’art de méthodes de construction adaptées au sol agité qui doit les supporter.
- Le Japon est un peuple trop intelligent et énergique pour être resté passif dans ce domaine ; la science séismologique y est cultivée plus qu’en tout autre pays, et les séismologues japonais font autorité dans le monde entier. L’étude des constructions à l’épreuve, l’auscultation des terrains propres à former des ilôts de salut, au milieu des vagues terrestres qui déferlent lors des grandes tempêtes séismiques, ont été au Japon poussées plus à fond que partout ailleurs. Certaines constructions japonaises, en particulier, sont souvent citées comme des modèles.
- Toutes ces études auraient-elles été vaines? C’est peu probable ; mais il faut considérer que le Japon depuis 1868, s’est assimilé, avec une extraordinaire rapidité, la civilisation européenne ; sa population, son industrie se sont accrus à toute vitesse; et il est vraisemblable, que dans la fièvre de constructions qui en est résultée, on n’a pas eu le temps de concilier partout l’art de bâtir à l’Européenne, avec les conditions si spéciales du sol japonais.
- Les constructions européennes modernes n’ont été soumises qu’assez récemment à l’épreuve des trem-: blements de terre ; c’est surtout à San-Francisco en 1906, puis à Blessine sur une moindre échelle en 1908, que l’expérience en fut faite. L’autopsie des édifices détruits a 'conduit alors à cette conclusion que les bâtiments en béton armé, construits avec soin, suivant les règles de l’art les plus strictes, formant un tout monolithe, offraient les meilleures garanties de résistance, à la dislocation d’abord, puis à l’incendie. Mais la construction en béton armé est en somme relativement récente, elle exige des spécialistes très exercés ; il est donc probable
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- que les grandes villes modernes du Japon n’ont pu en bénéficier que sur une échelle assez réduite. Le grand désastre actuel apparaît alors, à certains égards, comme une cruelle rançon des progrès si rapides qui en un demi-siècle ont mis le Japon au premier rang des peuples civilisés.
- Quoi qu’il en soit, les constructions séismiques ont été très étudiées au Japon, et celui-ci peut s’enorgueillir de monuments anciens qui ont victorieusement résisté aux secousses.
- L’habitation d’autrefois, modeste ou importante, était presque exclusivement construite en bois. Le bois reste encore très employé aujourd’hui dans la construction japonaise, ce qui entraîne de terribles dangers d’incendie dans des agglomérations aussi denses que Tokio ou Yokohama.
- Les maisons anciennes, sans étages, étaient à charpente de bois très légère, très enchevêtrée, mais très élastique ; elles supportaient une assez lourde toiture de tuile à profil concave. Ces habitations, contrairement à un préjugé qui subsiste encore, n’olfrent qu’une bien médiocre résistance aux séismes ; tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elles résistent mieux que des maisons plus modernes en mauvaise maçonnerie.
- Aussi, à la suite de longues études, le Comité Impérial d’investigation des tremblements de terre a-t-il recommandé, pour les maisons en bois, des types de construction plus logiquement conçus, que nous reproduisons ci-contre. Mais s’ils plient sans se rompre, lors des ébranlements du sol, ils continuent à offrir, à l’incendie, une proie aussi facile que les maisons anciennes.
- Les grands monuments japonais d’autrefois offrent un exemple frappant de stabilité ; un grand nombre sont sortis indemnes d’épreuves terribles, témoin le château fort de Nagoya (fig. 5) respecté
- par le tremblement de terre du 28 octobre 1891 qui ravagea toute la contrée environnante. Cette fois ci encore, on signale que le Palais du Mikado, à Tokio, a peu souffert.
- Dans ces monuments, « on a fait, dit M. Mon-tessus de Ballorre, une extraordinaire consommation de bois, tant par le nombre des pièces assemblées sans règles fixes et bien définies, que par leur énorme équarrissage. Mais elles sont agencées d’une manière tellement inextricable que le tout forme un ensemble très élastique, pouvant céder dans toutes les directions sans se rompre, ni se renverser' ».
- On a étudié très minutieusement, ce que l’on pourrait appeler la mécanique des bâtiments, la façon dont se comportent'les divers éléments de la construction sous l’effet des secousses verticales et horizontales que leur communique le sol agité. Ces études ont abouti à d’intéressantes et utiles conclusions, que nous n’entreprendrons pas de résumer ici ; car la principale d’entre elles est surtout en faveur, nous l’avons déjà indiqué, de la plus moderne des méthodes de construction : le béton armé.
- La résurrection des grandes villes détruites imposera, sans doute, plus encore que par le passé, la recherche de la sécurité pour les grands ouvrages publics dont la destruction paralyse instantanément toute la vie sociale : conduites d’eau, de gaz, grands viaducs, ouvrages des ports ; il y a beaucoup à faire dans cette voie, et assez peu de précédents. Cependant, on peut rappeler que les Romains ont dû construire, en régions séismiques, de grands travaux d’art en maçonnerie qui ont victorieusement supporté l’épreuve des siècles et des tremblements de terre. 11 y aurait sans doute souvent intérêt à s’inspirer de leur exemple.
- A. Troij.er.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1923.
- La radioactivité de quelques stations pyrénéennes. — Utilisant, comme dans ses précédentes recherches, l’appareil de MM. Cheneveau et Laborde, M. Adolphe Le-pape a caractérisé et dosé l’émanation du radium dans les gaz spontanés et dans les eaux de certaines sources de Bagnères, de Vernet-les-Bains, des Escalades et de Thuès, pour les Pyrénées, et de la Bourboulc, de Royal et de Saint-Nectaire, pour le Plateau Central. La recherche de l’émanation du thorium effectuée au griffon de quelques-unes de ces sources, par la méthode de l’activité induite, n’a jamais révélé plus que dps traces de cette émanation. Jusqu’ici le classement des eaux minérales françaises laisse le premier rang à la source Lepape (Bagnères de Luchon), avec 41,5 millimicrocuries par litre d’eau, à l’émergence.
- Le massif central saharien de l’Âhaggar. — Les
- parties nord et nord-est de l’enceinte tassilienne, dont M. Conrad Kilian a déjà analysé deux parties (Tassirt-Is-kaouen et Imidir) sont ridées suivant une direction subméridienne et, de l’Est à l’Ouest, on peut distinguer quatre groupements ou régions anticlinales. La nouvelle note du savant Professeur de la Faculté de Grenoble établit l’histoire de ces mouvements que rien ne semble, comme on pourrait le croire, faire remonter à l’époque hercynienne.
- L’homologie des feuilles cotylédonaires. — Etudiant les Papilionacées, M. P. Bugnon indique que chez Lupi-nus angustifolius, comme chez toutes les espèces de Lupins qui présentent pareillement un nodule de tissu recloisonné au dos de la nervure médiane cotylédonaire, au-dessous de la première dichotomie, les cotylédons peuvent être interprétés comme des phyllodes d’ébauches foliaires.
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- La faculté germinative des graines. — Reprenant une série d’expériences analogues à celles de Vilmorin, de Laurent, de Maquenne et de Duhamel du Monceau, M. Guillaumin a constaté sur le Radis, le Blé, la Laitue et le Cerfeuil musqué que des procédés simples et facilement réalisables prolongent le pouvoir germinatif des graines et permettent ainsi le transport de certaines semences dont l’introduction semblait jusqu’ici particulièrement difficile.
- Un g lucoside nouveau. —En collaboration avecMUeBrae-cke, M. Marc Bridel a déjà montré que le noircissement d’un certain nombre de Scrofulariacées, au cours de leur dessiccation, était dû à la décomposition d’un glucoside identique à l’aucubine, fournie par Aucuba japonic a L. Quelques essais qui ont porté sur des échantillons de Monotropa Hypopitys L., récoltés aux environs de Mantes, ont permis à M. Bridel d’isoler un nouveau glucoside, la monotropine, lévogyre, qui, hydrolysable par l’acide SOU* à 5 pour 100, au bain-marie bouillant, et par l’émulsine, cristallise en prismes incolores et inodores, à saveur acide assez prononcée.
- Les moteurs à combustion interne. — Une précédente étude de M. Marcus Brutzkus a démontré que nous ne pouvons brûler des combustibles dans les moteurs, pour le court délai de 0,05 seconde, qu’à la condition d’agir continuellement sur la pression, la température et la
- concentration des gaz dans une direction définie. La nouvelle note de ce savant ordonne les principaux combustibles, d’après leurs variations de volume, dans la com bustion à température constante, et permet de conclure que nous sommes en état de déterminer d’avance le degré de convenance de n’importe quel combustible pour moteurs, d’indiquer de quelle manière il doit y être brillé et par suite d’évaluer son rendement.
- La région de Saulieu. — Mlle Brepson a étudié les sols aux environs de Saulieu, dans la partie nord-est du Morvan cristallin, non loin de la bordure secondaire du Massif ancien. Le processus de la formation y est particulièrement simple : les sols proviennent de la décomposition de la roche sous-jacente, sous l’influence des agents atmosphériques, et les apports éoliens,comme ceux de ruissellement, jouent un rôle insignifiant ; seul, le transport par solifiuxion vient, dans certaines régions, déplacer les sols de leur lieu d’origine.
- A propos de certains gisements manganésifères. — La note de M. J. Barthoux est relative aux trois gisements du Sinaï, de Dj. Mahser, au sud d’Oudjda (Maroc) et de Bou-Arfa, entre Oudjda et Figuig : Le premier est originel, le second différentié et le troisième remanié. Formations marines peu profondes et résultant de l’altération, par immersion, de roches éruptives, ce sont là des gisements sédimentaires, formés au début d’une transgression. Paul B.
- LA CRYPTOGRAPHIE
- I. Les divers systèmes cryptographiques.
- La parole et l’écriture sont sans conteste deux des plus précieuses facultés dont l’homme ait été doté par la nature pour donner à sa pensée la prodigieuse puissance de diffusion que l’on sait. Mais, s’il est des personnes dont on peut dire qu’elles abusent de cette puissance, il en est d’autres qui la considèrent, dans certaines circonstances, comme un inqualifiable vice. Sans compter les gens malintentionnés, espions, malfaiteurs, détenus; un grand nombre de personnes, particuliers, commerçants, militaires, chefs d’Élats, peuvent avoir un besoin impérieux de communiquer entre elles à l’insu d’un chacun.
- Pour ce qui concerne le langage parlé, les innombrables argots, plus ou moins réguliers, tel le fameux largonji, maintenant tombé en quelque sorte dans le domaine public, remplissent ce rôle d’agents secrets de liaison. Mais il ne sera question dans cet article que des moyens employés pour transmettre secrètement sa pensée par des signes graphiques. L’étude de ces écritures artificielles constitue la cryptographie. Les procédés, baldurinos et autres, qui consistent à remplacer les chiffres d’un prix de revient par des lettres,-relèvent de la cryptographie parce qu’ils ont été imaginés dans le but évident de permettre aux seuls initiés de connaître ces prix. Ne sont pas de la cryptographie les alphabets Morse, pour la télégraphie, et Braille, pour les aveugles,
- car ils ne sont secrets pour personne, et n’ont pas été combinés avec l’intention de dissimulation.
- La presse quotidienne a eu plusieurs fois l’occasion de signaler quelques usages de la cryptographie, principalement à propos de certaines « causes célèbres ». Aujourd’hui cet art est de nouveau à l’ordre du jour. Les milieux littéraires viennent d’apprendre, avec surprise, que, grâce à un travail systématique et acharné, des cryplographes américains sont parvenus à déchillrer des textes secrets, de l’époque, donnant des détails les plus inattendus sur la vieille et mystérieuse question Shakespeare. Les lecteurs de La Nature nous sauront certainement, gré de résumer, pour eux, l’exposé des principaux systèmes cryptographiques et d’esquisser la méthode de travail du déchiffreur.
- Entrons de suite dans le vif de notre sujet par un exemple. Ceux qui ont eu pendant la guerre des correspondants à l’étranger se souviennent, non sans rancune, des indiscrétions flagrantes commises par Dame Anastasie. Les censures qui s’exerçaient alors aux frontières des pays étaient d’une incontestable utilité, mais peut-être pas toujours d’une efficacité absolue. Il est si facile par exemple de dissimuler un texte dans un journal ou dans un livre en y pointant convenablement des lettres. A cette époque j’avais un ami, très amateur de cryptographie, que
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- = LA CRYPTOGRAPHIE
- *89
- A B C D £ F G H / d F L M N O P Q R S T u V w 1 Y z
- A a b C d e F 9 h L J F L m n O P 9 n <5 t u y w X y z Z
- B b c d e F 9 h L J F l m n o n 9 r a A u y w X y z a Y
- C c d e F 9 h L J F l m n o n 9 n S A U y w X y z a b X
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- £ e F 9 h L J F / m n o P 9 r a A u i/ w X y z a ù c d V
- F f 9 h i J F / m n o P 9 n a A U V w X y z a b c d e u
- G 9 h L J F / m n o P 9 r S A u V w X y z a b c d e F T
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- / L J F / m n o P 9 n ù A U V w X y z a b c d e F 9 b R
- d J H / m n o n 9 n a / u V w X y z a b. c d e F 9 b L 0
- K h / m n o P 9 n S A a y w X y z a b c d e F 9 b i J P
- L / m n o n a n s A u V w X y z a b c d e F 9 h i J F 0
- M m n o n 9 n ô A U V w X y z a b c d e F 9 b i J F / N
- N n o P 9 r a A U V w X y z a b c d e F 9 b i J F / m M
- O o n 9 n s A u V w X y z a ô c d e F 9 b i J F / m n L
- P P a. r s A u V W X y z a b c d e F 9 b i J F / m n o K
- a 9 r s A u y w X y z a Ô c d e F 9 b i J F / m n o P d
- R r a A u i/ w X y z a b c d e F 9 b i j F / m b o P 9 /
- S s b u V w X y z a 6 c d e F 9 h / J F / m n o n 9 n H
- T t u V w X y z a b c d e f a b i J F / m n o n 9 n a G
- U u V w X y z a ô c d e F 9 b i J F / m n o n 9 n a A F
- V V w X y z a b c d e F 9 b i J F / m n o P 9 n a A u E
- W w X y z a b c d e F 9 b i J F / m n o P 9 n a A u V D
- X X y z a b c d e F 9 h i J F / m n o P 9 p a A u y w C
- Y y Z a b c d e F 9 h i J F / m n d P 9 n a A u y w X B
- Z Z a b c d e F 9 h i J F / m n o P 9 n s A u w X y A
- Z Y X w V u T «5 R Q P O N M L K J / H G F E D C B A
- ses fonctions retenaient dans un pays surveillé par une censure très sévère. Un jour, j’eus la fantaisie de lui envoyer les quelques portées représentées par la figure 1 en les accompagnant d’un billet qui prétendait expliquer le motif de cet envoi. Si Anastasie avait été plus musicienne et plus curieuse encore, elle eût certainement été frappée par le caractère cacophonique de cet « Exercice », et l’aurait aussitôt soumis à un examen plus détaillé.
- Elle ne le fit apparemment pas, car ma lettre atteignit son destinataire
- dans les délais ordinaires.... et
- nous ne fûmes inquiétés, ni mon ami ni moi, pour usage prohibé de la cryptographie. Car ces lignes, sans en avoir l’air, constituent un cryptogramme dont la traduction est tout à fait aisée en remplaçant les accords par des lettres, suivant la correspondance indiquée au bas de la précédente figure. Cette clef permet de lire : « L’art du cryptographe exige une connaissance approfondie des langues ainsi qu’une patience et une volonté qui ne se laissent pas décourager. » Nous verrons plus loin comment mon correspondant s’y est pris pour lire cette écriture peu ordinaire sans que j’aie eu besoin de lui en envoyer la clef.
- Le système cryptographique employé dans ce message est dit à substitution ; des lettres, chiffres, notes ou signes quelconques étant mis à la place des lettres du texte clair. Si la même lettre de ce texte est toujours remplacée par le même signe, la substitution est dite simple.
- Tel était /e/système imagine par le célébré chan-
- ct / / 'û ( n f f / Çj / V* C
- Exercice
- ç b c d e F y h i i A / m n c p <j r $ ! u v !«/ x y z
- — Type de cryptogramme.
- Fig. i. — Tableau de Vigènère.
- ce/iér-p/iilésopAfe Francis Bacon (1561-1626). Plusieurs paséages/des ecjiiioné 'origjinaies de cejt auteûr contiennent unj'textej dissànule cju’moyeki Au p'i/p-céde/suiv^nt. Ces/passades sa^t imprimés/au moyèn de jeux sortes cm carrfctèrejs, et ceysont fes grqtapes dé 'cmqjlettijes( caractérises (j/iacunj par la| dispo-/ ktiHti relative de ces deux modèles, qui correspondent aux le/tres du texte dissimulé. Nos lecteurs ont sans doute remarqué que cet alinéa était chiffre de cette façon. J’ai employé' des lettres italiques (i), en pins des caractères ordinaires de La Nature (n). L’éqnivafence des groupes est donnée par le tablean suivant qai est précisément le c/ziffre de Bacon :
- nnnnn=À nniin=G niinn =N innin =T
- nnnni =B nniii =11 niini =0 innii =UouV
- nnnin —C ninnn=IouJ niiin =P ininn =W
- nnnii =D ninni=K niiii =Q inini =N
- nninn =E ninin =L innnn=R iniin =Y
- nnini =F ninii =M innni =S iniii =Z.
- Le travail de déchiffrement se dispose comme suit :
- Telet aille systè meima ginép
- nnnnn innii nnnnn niinn innin
- A Y A N T
- arlec élèbr echan celie rphil....
- nnnni nnnnn nnnin niini niinn
- B A. C 0 N
- ; texte dissimulé se trouve donc être : « Avant
- Bacon, Fréderici avait employé trois sortes de carac-j* tères, ce qui permet de réduire à trois le nombre 1 des lettres de chaque groupe ».
- Ô ^ e iityy
- £ a, i el.it. y ex. t
- t tmpto y l ttâiS $,00.
- c te p £ i.i
- Fig. 2.
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- 190
- LA CRYPTOGRAPHIE
- Ce n’est pas ici le lieu d'analyser les raisons pour lesquelles Bacon jugea nécessaire de confier à des cryptogrammes le soin de révéler aux générations futures qu’il revendique la paternité des œuvres de Shakespearè, Spencer, Marlowe et d’autres! Remarquons seulement que s’il a fallu plus de trois siècles avant que ces cryptogrammes fussent déchiffrés, cela tient à ce que la différence des deux types de lettres employés est généralement très difficiles à percevoir et échappe aux lecteurs non avertis. Ce n’est le plus souvent qu’après une étude minutieuse à la loupe qu’on arrive à effectuer un classement. Indépendamment de ce facteur le système de Bacon n’offre aucune difficulté à déchiffrer, même pour celui qui ne connaîtrait pas le tableau de correspondance.
- Lorsqu’on cryptographie au moyen de chiffres, il est nécessaire de remplacer chaque lettre par des
- FJ* °
- que celles de la première ou de la dernière colonne servent à former ce que l’on appelle le mot-clef. Le cryptogramme s’obtient alors en remplaçant la première le' tre du texte par la lettre correspondante du tableau, qui se trouve dans la ligne commandée par la première lettre du mot-clef, la seconde du texte clair sera chiffrée au moyen de l’alphabet désigné par la seconde lettre du mot-clef, et ainsi de suite, en répétant ce dernier autant de fois que la longueur du texte à cryptographier l’exigera.
- La phrase suivante : « Le roi est mort, vive le roi », se chiffrera au moyen du mot-clef, PRINCE, de la maniéré suivante :
- Le roi est mort vive le roi
- PR INC EPR INCE PRIN CE PRl
- av zbk ihk ublx kzdr ni gf<i
- On remarque que les mots « le roi », qui revien-
- r
- 7ÏÏ
- Fig. 3. — Grille servant à lire un cryptogramme.
- groupements plus ou moins importants caractérisés, eux-mêmes, soit par la somme des chiffres, leur arrangement, ou tout autre combinaison imaginable. Il en est de même lorsqu’on emploie des notes. Le document suivant, pour être lu, doit être divisé en tranches de trois chiffres dont la somme indique le rang, dans l’alphabet, de la lettre correspondante :
- 39$i é&]li
- 10 / 9 / /3 7 J ' 9 t K / Ij f !$- Ji, / ç Z F On lit donc : 3 4- 9 + 8 = 20 = T, 8 + 1 + 0 = 9 = I, G —f— 6 —|— 1 = J3 = M, etc., soit : « Time is money ».
- Il est à remarquer que dans ce système, tout en étant une substitution simple, une lettre peut être chiffrée au moyen de groupes en apparence différents.
- Si l’on convient de remplacer les lettres du texte clair par des signes différents suivant le rang qu’elles occupent, on obtient une substitution complexe. Le type de ces systèmes peut être facilement réalisé au moyen du Tableau de Vigénère, connu depuis longtemps et encore très employé. Les majuscules formant la première ou la dernière ligne de ce tableau représentent les lettres du texte clair, tandis
- nent deux fois dans le texte clair, sont chiffrés par les groupes différents avzblî et niyfq, ce qui n’est certainement pas fait pour faciliter les recherches des indiscrets !
- On peut utiliser facilement et rapidement l’une quelconque des clefs que le Tableau de Vigénère permet d’imaginer, et en créer de nouvelles, en s’aidant des réglette s de Saint-r,yr. Celles-ci se composent simplement de deux régfeltes coulissant Tune à côté de l’autre. Sur la plus longue sont inscrits deux alphabets et sur la plus courte un seul, représentant par exemple les lettres du texte à cryptographier. Il correspondra à celles-ci différentes lettres du cryptogramme suivant la position relative qu’occupent les deux réglettes. Cette position peut changer après chaque lettr-e ou groupe de lettres et cela suivant une loi quelconque.
- On peut évidemment compliquer beaucoup le Tableau de Vigénère ou les réglettes de Saint-Cyr en disposant les lettres de l’un, ou de plusieurs des alphabets dans un ordre conventionnel quelconque. *
- 11 existe encore d’autres cryptogrammes, formant
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- une classe importante, dans lesquels les lettres ont conservéleur identité propre, l’ordre qu’elles occupent dans le texte clair est seul modifié suivant une loi arbitraire.
- Le plus simple peut-être de ces systèmes à transposition consiste à écrire le message à cryptogra-phier, à raison d’un certain nombre de lettres par lignes horizontales et à le copier ensuite suivant les colonnes verticales ; ces dernières pouvant être prises dans leur ordre naturel ou dans un ordre convenu dont on garde le souvenir à l’aide d’un procédé mnémotechnique quelconque.
- Voici, par exemple,le début d’un cryptogramme: Iviecteeenpnicznssuvrijosnotaspoaroaludjrrousdur uüirqnesnreeensearesielseapnolddeiunuomotsb....
- Si nous savons qu’il résulte d’une transposition simple avec mot-clef PAllIS-LYON, il suffit de l’é-
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- reste été en quelque sorte popularisé par le roman de Mathias Sandorf. On se souvient qu’alors les conspirateurs hongrois, de Jules Verne, correspondaient avec leur chef par des messages chiffrés au moyen d'une grille. Rappelons cependant en quoi consiste cette dernière.
- C’est un morceau de papier fort, le plus souvent carré, dans lequel on a pratiqué des fenêtres convenablement disposées. Le cryptogramme étant alors écrit dans un gabarit de mêmes dimensions, il suffit de le recouvrir de la grille pour que les lettres qui forment le texte secret apparaissent dans les ouvertures. La figure o représente à droite une grille et à gauche un cryptogramme recouvert de ce carton perforé, placé dans sa première position. La suite du document se présente dans les fenêtres lorsqu’on fait faire à la grille, un, puis deux, puis trois quarts
- Fig. 4. — Grilles.
- crire sur neuf colonnes (tableau de gauche), puis de disposer celle-ci
- LP Y A O R N S I vmoruqseu ics os nean e zn a d e a p u c no t u srn0 t s t 11 r n e 0 m e s a d n r si 0 e u s j I e i d t e v p ri.ee d s n r 0 r i e t e b
- PAR ISLYON mrquevous connaisse zaeupenda ntsoncour sunmottre sdro 1 e a 11 s u j e t d e s 1 i v r e s d e p i e rrebenoit
- de manière que les lettres de la première ligne forment le mot-clef (tableau de droite), pour obtenir aussitôt la traduction du grimoire, soit : « M. P»., que vous connaissez, a eu pendant son cours un mot très drôle au sujet des livres de Pierre Benoit.... ».
- En somme, les systèmes à transposition ne diffèrent les uns des autres que par le procédé employé pour obtenir rapidement et sans erreurs .un nouvel arrangement des lettres. Le système de la grille est un des plus sûrs et des plus employés. 11 a du
- de tours. Le cryptogramme signifie donc en langage clair : « les principales planètes sont, par ordre de distance au soleil : Mercure, Vénus, Terre, Mars,. Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune ».
- La grille peut n’être utilisée que dans une, deux ou trois positions, les cases restant libres sont alors remplies par des lettres, dites nulles, qui ne servent qu’à dérouter les recherches des personnes non initiées. On peut aussi en faire usage de manière que l’on doive écrire le cryptogramme dans les ouvertures. Dans ce cas, le texte clair apparait, au contraire, lorsqu’on enlève la grille. On peut enfin se servir de grilles ayant d’autres formes, telles que celles représentées dans la figure k.
- Les codes sont connus par de nombreuses maisons de commerce. Ils permettent de remplacer une phrase, voire une lettre commerciale entière, par un seul mot, ce qui fait qu’ils sont particulièrement apréciés pour les communications télégraphiques. O11 a également construit des codes pour les usages purement cryptographiques. Ce sont des listes de
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- Fig..5. — Machine électrique àZpryptographier,
- mots, désignés chacun par un nombre, qui en indique le rang. Le cryptogramme se forme en plaçant ces nombres les uns après les autres, soit tels quels, soit après les avoir eux-mêmes « cuisinés ». Cette manière de chiffrer un texte présente des inconvénients évidents qui restreignent ses applications.
- Il existe enfin des machines à cryptographier. Comme c’est dans ce cas une mécanique qui travaille, on peut lui faire accomplir un labeur considérable, rapide et exact, dont aucun chiffreur ou déchiffreur, ne pourrait assumer la charge.
- Les deux machines dont nous donnons ici les photographies, ont été construites par la Société « Cryptograph », à Stockholm, qui s’est appliquée à mettre en pratique les résultats des intéressantes recherches de cryptographie scientifique faites par les savants I. et A. G. Damm. Ces machines, combinées de la sorte sur des bases rationnelles, assurent une sécurité pratiquement absolue.
- Elles réalisent une substitution complexe dans laquelle la période peut atteindre jusqu’à 725 lettres.
- C’est-à-dire que si l’on chiffre le texte : aaaa...., par exemple, ce n’est qu’après 725 lettres que le cryptogramme se répétera identiquement.
- Ces intéressants appareils mériteraient, à eux seuls, une description détaillée. -Leurs organes principaux, servant à former la clef, sont un cylindre composé de 25 disques divisés chacun en 25 secteurs portant les lettres de l’alphabet, et une sorte de chenille ou chaîne, formée de 8 à 29 pièces de deux formes différentes.
- La combinaison de la clef, ainsi que
- taxe d’un
- le fonctionnement de la machine résultent de l’arrangement des disques composant le cylindre et de celui des pièces de la chaîne. Il est donc possible de réaliser un nombre considérable de combinaisons différentes. Ces machines sont réversibles, en ce sens qu’elles permettent aussi bien de déchiffrer que de chiffrer. On s’en sert comme d’une machine à écrire ordinaire , et l’impression se fait simultanément sur trois bandes de papier, dont l’une pour le texte clair et les autres pour le cryptogramme qui s’imprime en double exemplaire. Comme les cryptogrammes sont généralement destinés à être télégraphiés, certaines machines sont combinées d’une manière telle que les voyelles et les consonnes sont alternées, cela permet de sectionner le cryptogramme en groupes de dix lettres pour lesquels on ne paye que la mot.
- Parmi les systèmes cryptographiques types que nous venons d’examiner, il en est peu qui, si on les sollicite habilement, ne consentent à dévoiler leur secret. Aussi ne les emploie-t-on le plus souvent que superposés l’un à l’autre. Un cryptogramme obtenu par transposition sera dans une deuxième opération transformé au moyen d’une substitution. Il est évident qu’on ne saurait aller trop loin dans cette voie. Il arrive fréquemment, par exemple, dans les cryptogrammes compliqués, qu’une erreur bénigne de transmission rende un texte inintelligible pour le destinataire. Comme d’autre part ces messages sont généralement urgents, à vouloir trop compliquer on peut aller à l’encontre du but qu’on se propose.
- (A suivre.) 'Ch. Volet.
- Fig. 6. — Machine à cryptographier.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahore, rue de Fleuras, 9, Paris.
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- LA NATURE —
- N° 2582
- 29 SEPTEMBRE 1923
- LES SÉISMOGRAPHES ET LES ONDES SÉISMIQUES
- Le monde entier a suivi avec angoisse les nou-A'elles successives de la catastrophe du Japon, si rapidement transmises et diffusées parla télégraphie et la presse. Le public, toutefois, n’a pas pu ne pas être frappé du fait que, plusieurs heures avant les journaux les mieux informés, les observateurs des stations séismologiques, réparties au nombre de 300 environ dans les principaux centres civilisés, pouvaient signaler le tremblement de terre, cause du désastre, en situer approximativement le foyer, et en prévoir en gros l’intensité.
- L’attention se trouve donc attirée vers ces observatoires séismologiques, dont en France surtout on connaît assez mal les études. Le sol de notre pays, dans son ensemble, jouit fort heureusement d’une grande stabilité, et nous ne nous sentons guère menacés par les tremblements de terre. Cette immunité explique sans doute l’indifférence relative qui règne chez nous à l’égard de la science séismolo-gique aux progrès de laquelle, en dehors du Français Montessus de Ballorre et du Busse Galitzin, ont contribué surtout des Anglais, des Allemands et des Japonais. Toutefois la France est aujourd’hui bien outillée pour les observations séismologiques ; l’Institut de physique du globe récemment fondé à Paris, sous la direction du savant M. Maurain, a englobé l’observatoire du Parc Saint-Maur, qui est pourvu de plusieurs excellents séismographes. Le rattachement à la France de ses provinces perdues a fait d’elle l’héritière du siège de l’Ancienne Association Internationale séismologique fondée à Strasbourg en 1901, l’Institut de Physique du globe de Strasbourg que dirige M. Rothé a entrepris d’en continuer la tâche.
- En outre, des séismographes sont installés à Marseille, Al-- ger, Besançon, au Puy-de-Dôme et au Pic du Midi.
- Nous nous proposons, dans cet article, d’indiquer par quels moyens les observatoires séismologiques enregistrent les secousses du sol, et quels enseignements ils tirent des graphiques que leur fournissent les séismographes.
- Les observations et les études accumulées sur ce sujet ont conduit à d’intéressantes conclusions. Sans doute, celles-ci ne nous apportent, jusqu’ici, aucune lumière sur la cause même des tremblements de
- terre, ni aucun moyen de prévision. Mais elles ouvrent aux investigations de la science un domaine qui lui paraissait inaccessible, celui des profondeurs du globe.-
- Les ondes séismiques, que propagent au loin les tremblements de terre, traversent en effet l’intérieur du globe jusqu’à de grandes distances du sol et les variations de vitesse que l’on observe à leurs différents points d’émergence nous donnent de précieux renseignements sur la constitution interne de notre planète, si mystérieuse encore.
- Les séismographes. —
- Quelques indications sommaires sur les séismographes sont d’abord nécessaires. On désigne sous ce nom des appareils enregistrant en un point donné les mouvements ondulatoires du sol. Pour rendre cet enregistrement possible, il faut en principe réaliser un corps fixe par rapport au sol; ce corps sera muni, par exemple, d’un style enregistreur, celui s’appuyant sur une feuille de papier qui participe aux mouvements du sol, tracera sur cette feuille des courbes qui traduiront le mouvement relatif du corps fixe par rapport au sol.
- Il est impossible de réaliser par rapport au- sol, un corps absolument fixe, car il faut bien qu’il soit relié au sol de quelque façon, si lâche soit-elle. Mais en faisant appel aux propriétés de l’inertie on peut obtenir un corps qui se refusera à obéir aux mouvements vibratoires rapides que les ondes séismiques communiquent au sol.
- Observons, tout d’abord, qu’en théorie un petit mouvement du sol peut toujours se décomposer en un mouvement de translation dans une direction définie, et un mouvement de rotation autour d’un axe de direction définie. Ces mouvements s’étudient en les décomposant en mouvements élémentaires rapportés à trois axes de coordonnées rectangulaires.
- On s’est peu préoccupé jusqu’ici du mouvement de rotation à peu près insensible du reste, sauf à très courte distance du foyer séismique.
- Quant au mouvement de translation, on détermine ses deux composantes horizontales,, respectivement suivant les directions Nord-Sud et Est-Ouest, et sa composante verticale.
- Les appareils qui enregistrent les composantes horizontales sont tous formés d’un pendule de grande inertie ; Il est aisé d’en comprendre le principe. Prenons un pendule de grande masse suspendu à un
- 13. — 195.
- V//////7//7///777777,
- Fig. 2. — Principe du séismographe de Wiechert à pendule vertical renversé.
- Fig. i. — Principe du séismographe à pendule horizontal.
- 51* Année — 2° Semestre
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- LES SEISMOGRAPHES ET LES ONDES SEISMIQUES
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- fil assez long, et communiquons avec la main, par exemple, un -mouvement vibratoire horizontal assez rapide, à son point de suspension ; nous constaterons aisément que la masse du pendule n’obéit pas aux mouvements de la main, et que le pendule tend seulement à prendre le mouvement d’oscillation qui correspond à sa période propre.
- Le calcul montre que le mouvement relatif d’un tel pendule par rapport au sol animé d’un mouvement vibratoire est la somme de deux termes ; le premier est un mouvement vibratoire amorti ayant la période propre du pendule; le second est un mouvement vibratoire non amorti qui reproduit fidèlement relui du sol.
- L’habileté du constructeur consiste donc : d’une part, à amortir aussi complètement que possible les oscillations propres du pendule, d’autre part à augmenter l’amplitude des vibrations non amorties, pour réaliser le maximum de sensibilité.
- Au surplus, dans tous les appareils les mouvements du pendule sont toujours amplifiés par des dispositifs mécaniques, optiques ou éleetriques; ils s’inscrivent sur un cylindre enregistreur animé d’une rotation uniforme, qui permet de retrouver sur les diagrammes l’indication des temps.
- 11 existe de nombreux modèles de séismographes pour mouvements horizontaux : les uns sont à pendule vertical, la masse fixe pesant quelques centaines ou quelques milliers de kilogrammes est placée à l’extrémité d’une suspension aussi longue que possible. Ce sont des appareils encombrants et on leur préfère le pendule horizontal, dont le principe est expliqué par la figure 1. Un pendule AB terminé par une masse B peut osciller de part et d’autre du plan de la figure autour de l’axe de suspension XX' presque vertical, placé dans ce plan.
- Le mouvement d’oscillation de la masse B est perpendiculaire au plan de la figure, et est le même que celui d’une masse suspendue à un fil, attaché au point A' où la verticale de B rencontre l’axe XX'.
- On voit que sur ce principe on peut réaliser des appareils peu encombrants, ayant cependant une grande période propre d’oscillation. A cette catégorie d’appareils appartient le séismographe de Galitzin, le plus- fidèic et le plus sensible des appareils actuellement en usage. Sa masse est de 7 kg, l’amortissement et l’enregistrement sont effectués par des moyens électromagnétiques.
- On se sert aussi de séismographes dits à pendule renversé dont le type est l’appareil de Wiechert; celui-ci comporte un lourd pendule dont le centre de gravité est au-dessus, au lieu d’être au-dessous du point de suspension relié au sol. C’est une sorte
- de grosse toupie faite d’une masse d’acier pesant en général 1 tonne, parfois beaucoup plus (il y en a qui pèsent 17 tonnes) centrée sur une forte tige de fer, dont la pointe inférieure, formant centre de suspension, repose sur le sol.
- La tige peut s’incliner sans frottements dans tous les sens. La masse étant en position d’équilibre instable est maintenue par des ressorts et des obstacles qui limitent ses mouvements (fig. 2).
- Ces divers appareils ne conviennent plus pour enregistrer les mouvements verticaux du sol ; on se sert, dans ce but, d’un ressort à boudin vertical portant à son extrémité libre une tige horizontale au bout de laquelle est fixée la masse immobile (fig. 5).
- Les séismogrammés. — Nous allons maintenant examiner les tracés fournis par les séismographes, en nous bornant à l’étude des composantes horizontales.
- Dans une période ordinaire, les séismogrammés ont presque toujours l’apparence de lignes très finement dentelées ; ces dentelures paraissent dues à des frémissements locaux du sol, dont la cause n’est pas très nettement élucidée, mais qui ne sont pas imputables aux tremblements de terre; on retrouve aussi dans les séismogrammés l’enregistrement de toutes les vibrations accidentelles du sol au voisinage de l’observatoire.
- Les tracés séismographiques présentent donc, pour un néophyte, un aspect très complexe, et au premier abord indéchiffrable. Mais un observateur expérimenté sait très nettement distinguer, au milieu des vibrations parasites, l’inscription d’un tremblement de terre, rapproché ou lointain.
- Voici tout d’abord (fig. 4),la reproduction d’après Davison (*) des composantes horizontales d’un violent tremblement de terre survenu à Tokio le 20 juin 1894 et enregistré à l’observatoire même de Tokio. On y distingue, pendant les trois premières
- I. Davison. A manual of Seismologij. Cambridge Uni-vcrsity Press, 1921.
- Fig. 4. — Séismogrammés du tremblement dÿ. terre de Tokio du 20 juin 1894, enregistrés à Tokio même {d'après Davison).
- 0
- Fig. 3. — Principe des séismographes pour l’enregistrement des mouvements verticaux du sol.
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- LES SÉISMOGRAPHES ET LES ONDES SÉISMIQUES
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- secondes, des frémissements préliminaires ; puis soudain un mouvement violent, un déplacement du sol de 57 mm, suivi d’un mouvement en sens inverse de 75 mm d’amplitude, puis d’un autre mouvement, à nouveau changé de sens de 42 mm. La période de ce mouvement principal est de 1,8 seconde. Celui-ci est suivi de vibrations d’amplitudes faibles qui vont en s’éteignant progressivement.
- Lorsque l’origine du tremblement de terre est lointaine, les séis-mogrammes prennent un aspect tout différent.
- Nous reproduisons (fig. 5), toujours d’après l’ouvrage de Davison, le séismogramme du tremblement de terre d’Asie Mineure, du 9 février 1909, enregistré à Pulkowa (Russie), par un séismographe Ga-litzin.
- Sur le tracé, très caractéristique, le mouvement se divise en trois phases bien distinctes, dont les débuts sont marqués par les flèches P, S, L.
- On y voit d’abord une ligne à peu près droite, à peine dentelée par les frémissements microsismiques dont nous avons parlé au début de ce paragraphe, puis tout à coup en P un déplacement très brusque, mais assez faible, suivi de vibrations rapides et irrégulières, chacune durant une ou plusieurs secondes et manifestant par places des renforcements accidentels.
- Cette phase initiale est appelée encore phase des ondes primaires ou phase des premiers frémissements préliminaires.
- La seconde phase se révèle en S par un accroissement considérable de l’amplitude ; cette première vibration peut être suivie de mouvements irréguliers, dont l’amplitude va en croissant jusqu’à un maximum, puis diminue.
- Cette phase qui se termine en R est celle des seconds frémissements préliminaires, ou phase des ondes secondaires.
- Il est à noter que, pour les tremblements très lointains (plus de 12 000 km), la seconde phase n’est plus nettement marquée.
- Fig. 5. — Séismogramme d’un tremblement de terre lointain.
- (Tremblement de terre d gistré par un séismographe l’ouvrage de Davison.)
- 'Asie Mineure du 9 février 1909 enre-Galitzin à Pulkowa, reproduit d après
- Les mouvements de la deuxième phase se sont maintenant éteints et voici que commencent à apparaître, en L, des vibrations de longue période qui constituent la troisième phase.
- Les premières oscillations en sont en général assez irrégulières, leur période allant jusqu’à 40 secondes parfois; puis le mouvement se régularise; on distingue une série de vibrations de période assez constante, comprise entre 12 et 20 secondes ; certaines d’entre elles ont une très grande amplitude, beaucoup plus grande que celle des vibrations des deux premières phases.
- Enfin après avoir atteint leur maximum, les ondulations tout en diminuant, deviennent moins régulières et finissent par s’éteindre au bout d’un temps plus ou moins long, une heure ou même davantage.
- Cette troisième phase est dite phase des ondes longues ; dans cette phase la région où apparaissent les amplitudes maxima est dite portion principale.
- Souvent, après les oscillations de la partie terminale ou queue du séismogramme, on voit apparaître une nouvelle série d’ondulations de même forme que celles de la portion principale, mais de moindre amplitude, et même lors des violents tremblements de terre, on enregistre encore, un assez long temps après celles-ci, l’arrivée d’une deuxième série d’ondulations analogues.
- On voit que les indications, fournies par le séismogramme d’un tremblement de terre lointain, sont beaucoup plus étalées que celles données par un tremblement de terre rapproché.
- Celles-ci montrent que le tremblement de terre est un ébranlement violent, très brusque, de très courte durée ; le séismogramme lointain révèle que cette percussion propage au loin au moink trois sortes d’ondes de vitesses différentes.
- Lorsque l’épicentre (on appelle ainsi le point de la surface terrestre qui est à l’aplomb du foyer séismique) est connu, les séis-mogrammes permet-de calculer la
- -’o1 tent
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- vitesse des ondes séismiques ; puisque les tracés décèlent, avec «ne précision du reste plus ou moins grande, l’arrivée de leurs premières vibrations.
- Pour des distances faibles correspondant à un arc de 5°, on trouve aux ondes primaires une vitesse Vj de 7,1 km par seconde; aux ondes secondaires une vitesse V2 de 4 km par seconde.
- Mais, fait très important sur lequel nous reviendrons plus loin, on constate que la vitesse de ces ondes augmente en même temps que la distance entre la station d’observation et l’épicentre. À 120° de celui-ci, Vj est de 13,6 km par seconde, V2 de
- 7.7 km. 11 est évident que, à mesure que la distance augmente, les ondes séismiques pénètrent de plus en plus profondément dans l’intérieur du globe, et ces changements de vitesse sont donc en relation avec la constitution interne de la terre.
- Quant aux ondes longues qui, nous allons le voir, se propagent par la surface de la terre, on trouve pour elles une vitesse constante V3 de
- 3.8 km par seconde environ.
- En analysant les indications fournies par de "très nombreux séismo-grammes, on a établi des tables ou des graphiques indiquant la vitesse des ondes Vj et V2 à toutes distances de l’épicentre ; l’intervalle de temps qui en une station donnée sépare l’arrivée des premiers frémissements P et S, de chacune de ces 2 ondes, permet évidemment, au moyen de ces tables, de calculer la distance entre la station et l’épicentre.
- Avec cette seule indication de distance, il faudrait 2 séismogrammes au moins enregistrés en 2 stations très distantes pour calculer l’emplacement de l’épicentre.
- Mais Galitzin a montré que le premier déplacement enregistré à la station s’effectue dans la direction du rayon séismique qui réunit la station à l’épicentre ; le séismogramme donne les composants de ce déplacement et permet, par suite, de déterminer la direction de l’épicentre.
- C’est ainsi qu’un observatoire qui enregistre un tremblement de terre peut immédiatement en préciser l’origine.
- Les ondes séismiques et l’interprétation des séismogrammes. — Il est intéressant de confronter les résultats purement expérimentaux qui précèdent avec les indications a priori que fournissent les théories classiques de l’élasticité. Admettons que notre Terre soit le solide élastique homogène et isotrope auquel s’appliquent les équations de cette théorie.
- Voici ce qu’elle nous apprend. Dans un tel milieu, supposé d’abord indéfini, la violente percussion initiale, origine du séisme, donne naissance à 2 ondes, toutes deux sphériques, mais qui se propagent indépendamment l’une de l’autre, avec des vitesses
- Fig. 6. — Les ondes séismiques superficielles Jont parfois tout le tour de la T erre autour de Vépicen tre E.
- différentes autour du foyer d’ébranlement comme centre.
- La plus rapide de ces deux ondes est une onde de dilatation et de compression, elle propage des vibrations longitudinales ; la plus lente est une onde de distorsion et propage des vibrations transversales.
- La vitesse de chacune d’elles dépend de la densité et des coefficients d’élasticité du milieu.
- La théorie montre qu’il existe un rapport numérique bien déterminé entre ces deux vitesses; la première étant \Jo fois plus grande que la seconde. Il est remarquable de constater que ce rapport est sensiblement celui que l’on trouve entre les vitesses V1 et V2 des ondes primaires et secondaires du paragraphe précédent.
- Mais la Terre n’est pas un solide de dimensions indéfinies, et les séismes prennent toujours naissance dans le voisinage de la surface (10 à 12 km de profondeur) .
- Lord llavleigh a démontré qu’un ébranlement, dans un solide de dimensions finies, donne naissance à une 3e onde se propageant par la surface libre ; sa vitesse de propaga-92
- tion est théoriquement les de
- celle de l’onde de distorsion.
- Les séismologistes sont, en général, d’accord pour assimiler à ces ondes de surface, les ondes longues qui s’enregistrent dans la 3e phase des séismogrammes lointains.
- Ici encore l’accord entre la théorie et l’observation est satisfaisant : la vitesse V5 des ondes longues est de 3,8 km. La vitesse des ondes secondaires Va, pour trajets courts, donc localisés dans les régions supérieures de l’écorce, milieu identique à celui qui transmet les ondes superficielles, est de
- V
- vérifiera que le rapport — est assez ’2 92
- voisin du chiffre théorique de •
- Ces ondes superficielles sont de grandes voyageuses ; elles ne se contentent pas d’atteindre l’observatoire par le chemin le plus court ; elles font tout le tour de la Terre et même davantage (fig. 6) : les mouvements qu’elles propagent à partir de l’épicentre E sont dirigés dans tous les sens autour de lui ; il en est un qui atteint la station S par le chemin le plus court E S ; mais il en est un autre qui partant d’E en sens inverse va d’abord passer par l’antipode E' de l’épicentre, et qui viendra s’enregistrer beaucoup plus tard sur le séismogramme ; enfin quand l’ébranlement est très violent, le mouvement qui a atteint le premier la station continue à se propager dans le sens de la flèche I, fait le tour complet de la terre, et revient à nouveau au bout de 2 h. 1 /2 s’imprimer sur le
- 4 km. On
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- LES SÉISMOGRAPHES ET LES ONDES SÉISMIQUES
- séismogramme. Ainsi s’expliquent les deux groupes supplémentaires d’ondes longues qui se révèlent à l’analyse des séismogrammes.
- Il faut noter, en outre, en ce qui concerne les ondes primaire et secondaire rayonnant autour du foyer séismique, que leur rencontre avec la surface de la terre, ou avec la surface de séparation de couches de nature très différente, donne lieu à de multiples réflexions et réfractions ; aux mouvements qui ont suivi le trajet le plus court, doivent donc succéder un cortège de vibrations plus ou moins complexes, plus ou moins enchevêtrées qui expliquent l’étalement et la continuité des phases des séismogrammes.
- L’augmentation de la vitesse des ondes primaire et secondaire quand la distance augmente est un fait particulièrement instructif.
- Dans le solide idéal de la théorie élastique, la vitesse des ondes est constante ; leur forme est sphérique; dans l’intérieur de la Terre, il n’en est pas ainsi. Les ondes ne sont plus sphériques*: les rayons séismiques normaux aux surfaces d’onde, ne sont plus les rayons d’un cercle, mais des lignes courbes.
- Un savant anglais, M. Knott, a calculé la forme des surfaces d’onde et des rayons séismiques, en s’appuyant sur les données numériques établies par les observations, et en réduisant, au minimum les hypothèses.
- Il suppose seulement la Terre sphérique, le foyer séismique très proche du sol et il admet que les propriétés élastiques d’un point quelconque à l’intérieur du globe ne dépendent que de sa distance au centre.
- Les surfaces d’onde et les rayons séismiques ont la même forme pour les ondes primaires et secondaires : à part le rayon dirigé vers le centre de la Terre, tous les rayons sont courbes. Tous ceux qui émergent à moins de 60° de l’épicentre (dans le Cas des ondes primaires) sont régulièrement concaves vers l’extérieur; dans ceux: qui émergent plus loin, on note que la partie centrale se raidit, s’incurve même vers l’intérieur (fig. 7). Le changement de courbure se produit à une profondeur à peu près égale aux 5/10 du rayon terrestre. Cela signifie que,
- oEcorce
- 'Noyau fluide
- Centre de ta terre
- Fig. 8. — La constitution interne du globe, déduite de l'étude des ondes séismiques.
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- à cette profondeur, la vitesse de l’oncle qui jusqu’alors avait augmenté avec la profondeur a atteint son maximum et commence à diminuer. Les rayons qui émergent plus loin encore sont rectilignes sur la
- Fig. 7. — Les rayons et les ondes séismiques,
- dans l’intérieur de la Terre (d’après Knott).
- En irait plein ; les ondes et les rayons primaires.
- En pointillé •: les ondes secondaires.
- plus grande partie de leur parcours, ce qui indique dans ces régions des vitesses de propagation constante, et par suite des propriétés mécaniques constantes. Même allure pour les rayons séismiques secondaires ; mais leur maximum de vitesse est atteint à 200 km plus près du sol que pour les ondes primaires.
- Enfin à 110° de l’épicentre il ne sort plus de rayons secondaires, c’est donc que, dans leur parcours, ils ont été arrêtés par une matière qui ne transmet plus les ondes de distorsion, c’est-à-dire qui ne possède plus de rigidité; autrement dit ils ont rencontré un noyau qui n’est plus solide.
- Tous ces faits jettent une certaine lumière sur la constitution du globe ; ils aboutissent en résumé aux conclusions suivantes :
- En se déplaçant de la surface vers le centre de la Terre, on traverse d’abord une couche hétérogène rocheuse, d’une épaisseur de 50 km environ, soit \
- j—rr du rayon R de la Terre.
- Au-dessous on rencontre une couche homogène, élastique et rigide s’étendant jusqu’à mi-distance
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- LES OBSERVATOIRES DE MONTAGNE
- environ du centre de la Terre, mais dans laquelle la rigidité commence à diminuer à partir de la profon-
- deur-^ P». Enfin, à partir du milieu du rayon terrestre, à la couche élastique rigide succède un
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- I. Les observatoires de montagne sont nécessaires, i spectre, pour celles que la photographie révèle ; dans surtout pour la branche nouvelle de l’Astronomie, un air pur, comme on sait, la perte subie par la actuellement la plus féconde, qui est l’Astronomie ! radiation stellaire est proportionnelle à la quatrième
- Fig. i. — Vue générale de VObservatoire du Pic du Midi.
- puissance de sa fréquence. Finalement, dans les trente dernières années, les plus belles découvertes ont été faites dans des observatoires de montagne, de création relativement récente.
- La grande majorité des observatoires actuels est à basse altitude; ils ont été construits pour la branche ancienne de l’Astronomie, dite branche de position, qui, au début, a limité son effort au système solaire et aux étoiles les plus brillantes jusqu’à la 9e grandeur; puis, surtout avec l’aide de la photographie, on a relevé les étoiles jusqu’à la 14e grandeur; et actuellement l’étude doit être étendue aux étoiles beaucoup plus faibles, jusqu’à la 20e grandeur et au delà. D’autre part, la branche de l’Astronomie physique examine non seulement le point brillant de l’étoile, mais le point étalé suivant une ligne par le prisme, ce qui exige une intensité de lumière plus grande. Il en résulte à tous égards l'obligation d’avoir des instruments de large ouverture, placés à une grande altitude.
- De plus, la plupart des observatoires ont été, à l’origine, rattachés à une université ou à une aca-
- sique ; ils sont aussi necessaires pour d importantes recherches de physique et de physiologie; mais dans ce qui va suivre, j’examinerai leur utilité seulement pour la science astronomique qui progresse surtout par l’observation des astres, continue et améliorée le plus possible (i). Or, pour mieux observer les astres, il faut diminuer l’épaisseur de l’atmosphère, qui est l’obstacle interposé entre eux et nous ; l'atmosphère absorbe les rayons stellaires et par les mouvements très variés qui l’animent, elle trouble les images de nos lunettes.
- Quand on s’élève, on échappe à la vase atmosphérique, et, pour une large part, aux particules qui apportent la gêne la plus grande et sont formées dans l’air par la vapeur d’eau. Le bénéfice est grand surtout pour les radiations les plus réfrangibles du
- 1. On peut distinguer en effet l’astronomie d’observation et l’astronomie mathématique ou mécanique céleste. Certes, la mécanique céleste, appliquée au système solaire, a donné des résultats merveilleux ; mais l’observation directe des astres est encore plus utile et importante, surtout dans l’étude des étoiles.
- noyau, mats qui a perdu toute rigidité, un noyau fluide capable encore de transmettre les ondes de compression, mais non les ondes de distorsion, à vibrations transversales.
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- demie, et établis dans son voisinage immédiat, aux limites même de la ville, et il est arrivé souvent que la ville, s’agrandissant peu à peu, a englobé l’observatoire, le plaçant ainsi dans une situation fâcheuse pour l’observation des astres. C’est le cas de l’Observatoire de Paris, qui était hors les murs, au moment de sa création.
- Les Américains ont rompu les premiers avec ces habitudes; ils ont distingué clairement les observatoires qui servent à l’enseignement, et sont rapprochés des centres universitaires, et les observatoires de recherches, organisés seulement pour assurer à l’étude du ciel la meilleure possible. A cette dernière catégorie appartiennent quatre observatoires de montagne, récemment construits en Amérique et justement célèbres, à savoir : ,
- Nom de l’Observatoire Altitude. Latitude.,
- Lick ou du Mont Hamilton. 1283'" 37° 20' Nord
- Arequipa................... . 24-52m 16° 22'Sud
- Flagstafï...............2210m 35° 12' Nord
- Mont Wilson. .................. 1742m 34° 12'Nord
- Ces observatoires, étant à une latitude basse, n’ont pas en hiver un froid rigoureux, et sont occupés aisément pendant toute l’année ; ils sont établis dans les régions du globe les plus remarquables par le calme, la pureté et la sécheresse de l’air. Le premier et le deuxième sont en Californie, le troisième dans le désert de l’Arizona, et le quatrième au Pérou. Les quatre ont de grands instruments, qui, même, sont les plus grands de ce monde ; et un roulement spécial entre les astronomes permet de les utiliser pendant toute la nuit; lès conditions sont telles que le rendement est le maximum possible. Enfin l’Observatoire du Mont Wilson est doublé d’un grand laboratoire de physique, placé dans la ville voisine, à l’altitude de 300 m. Les astronomes viennent, à intervalles réguliers, s’y reposer et préparer les recherches futures.
- Ces organisations nouvelles ont donné des résultats remarquables, et il convient de les avoir en vue, I
- Fig. 3. — Le Pic du Midi en hiver; un convoi de ravitaillement.
- Fig. 2. — L’accès au Pic du Midi; le •< chemin >> en juillet.
- au moment où il est fortement question de refondre nos établissements d’Astronomie.
- En ce qui concerne les observatoires de montagne, les Etats-Unis tiennent actuellement la tête; les autres pays et la France, en particulier, sont dans une situation nettement inférieure. Le tableau suivant donne la liste des observatoires qui, en dehors des Etats-Unis et du Mexique, ont une altitude supérieure à 1000 m.
- Nom île l'Observatoire. Altitude. Latitude.
- Kodaïkanal (h Empire Britannique. .do). . . . 2547m 10° 15' Nord
- Johannesburg ' . 1806- 26e110' Sud
- Kônigstuhl. Allemagne. 570'" 49° 23' Nord
- Sétif (Algérie) France et Algérie. 1113m 36° 1' Nord
- Mont Blanc. ...... 4572m 45° 50' Nord
- Pic du Midi. 2850m 42° 56' Nord
- Mont Etna . Italie. 2950'" 37° 30'Nord
- Les trois premiers observatoires, occupés toute l’année, ont obtenu des résultats importants, les deux premiers d’ailleurs n’ayant que des instruments petits ou moyens. Le troisième, celui de Kônigstuhl, dépend de l’Université d’Heidelberg, et est pourvu d’instruments puissants ; il est le plus élevé de l’Allemagne, mais sa hauteur est bien au-dessous de 1000 m. Il a été ajouté sur la liste, parce que son fondateur a insisté sur les avantages réalisés en élevant de 350 m. jusqu’à la hauteur de Kônigstuhl son observatoire établi d’abord à Heidelberg (altitude 200 m.). Combien le bénéfice eût été plus grand, si la hauteur totale avait pu être doublée.
- Parmi les quatre autres, celui de Sétif peut être mis à part et réservé pour une Note ultérieure. Oh
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- a réclamé souvent pour notre pays deux observatoires de montagne, situés l’un en France, et l’autre dans l’Afrique du Nord. Il semble indiqué d’examiner d’abord celui qui est à organiser en France.
- Les trois derniers (Mont Blanc, Pic du Midi et Etna) forment un groupe naturel caractérisé par les mêmes qualités et les mêmes défauts. Ils ont l’avantage d’une grande hauteur, mais leur accès est difficile ; leurs instruments, qui sont seulement moyens, sont insuffisants, et, à cause de leur latitude élevée et de leur grande hauteur, ils ne peuvent être utilisés pendant l’année entière. J’ai été ainsi conduit à étudier de près la question, en particulier dans l’inspection générale des observatoires français dont j’ai été chargé en 1922, et la note actuelle a pour but de mettre en relief les points suivants :
- 1° Notre pays offre des stations de montagne, qui n'ont pas les inconvénients signalés ci dessus, et qui sont comparables aux stations étrangères ;
- 2° Il convient, tout en conservant et améliorant nos observatoires actuels de grande altitude (Mont Blanc et Pic du Midi), d’organiser à une altitude moindre d’autres observatoires, qui offrent à la fois de grandes qualités pour l’observation du ciel et de multiples commodités pour la vie courante, qui soient pourvus de grands instruments et d’un personnel permanent, qui soient organisés pour un rendement élevé pendant l’année entière.
- II. L’Observatoire actuel du Mont Blanc, construit par M. Yallot sur le rocher des Bosses (à 4372 m.), a été porté sur le tableau parce qu’il dispose d’un instrument astronomique de dimensions moyennes (réfracteur de 30 cm. d’ouverture allié à un sidéro-stat), qui avait été monté autrefois par Janssen au sommet même du Mont Blanc. L’instrument a été descendu dans la vallée, mais peut être remonté jusqu’au rocher des Bosses. De toute façon/depuis sa fondation qui remonte à 1892, l’Observatoire a assuré de nombreuses recherches de Physique et de Physiologie, qui exigeaient une forte altitude, et sa grande utilité pour la science est manifeste. Mais l’ascension et aussi le séjour au sommet sont
- pénibles, et sont possibles, dans de bonnes conditions, seulement pendant deux ou trois mois de l’année.
- Les difficultés sont bien moindres au Pic du Midi, qui est plus bas de 1300 m. (altitude 2860 m.) ; mais si, comme on le fait d’ordinaire pour aller au Pic, on part de Bagnères-de-Bigorre, le trajet est long : il exige 6 heures et demie, dont 1 heure et demie en tramway, et 3 heures à pied ou à mulet (') ; pendant huit mois de l’année, le chemin est bloqué par les neiges. L’ascension et le séjour au Pic ne sont faciles que pendant quatre mois de la belle saison. L’Observatoire est surtout météorologique ; puis, en 1908, M. Bail-laud y a fait installer un instrument astronomique moyen (réflecteur de 0 m. 50 et réfracteur de 0 m. 25 accolés) ; enfin on a commencé l’organisation d’un laboratoire de Physique. En ce qui concerne le personnel, deux aides météorologistes et deux auxiliaires y sont maintenus toute l’année et relèvent plusieurs fois par jour les éléments météorologiques.
- Par contre, les observations astronomiques, plus longues et plus délicates, sont presque impossibles en hiver ; la neige est trop épaisse et le froid trop rigoureux. J’ai compté en moyenne par an 28 jours où la température minima a été au-dessous de —15° C. Aussi n’a-t-on attaché à l’observatoire aucun astronome en permanence ; l’instrument astronomique est utilisé seulement pendant l’été par des volontaires, qui, le plus souvent, sont en petit nombre; en 1922, on n’a fait au Pic aucune observation astronomique.
- i. IL est fortement question de relier par une route carrossable le col de Tourmalet à l’iiôtellerie-refoge de Soncours, qui est au pied du Pie ; la durée du trajet, qui doit être fait à pied ou à mulet, serait alors réduite à 1 heure et demie. Mais, même si la route carrossable était prolongée jusqu’au Pie lui-même, le sommet, par sa position même, sera toujours éloigne d’un centre habité.
- Fig. 5. — Les sommets des montagnes au-dessus de la mer des nuages.
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- D’ailleurs les deux stations du Mont Blanc et du Pic du Midi se trouvent dans la partie du territoire dite atlantique, qui reçoit les vents humides de l’Ouest, et offre un ciel souvent couvert avec des pluies fréquentes. Dans l’autre partie du territoire, dite méditerranéenne, et beaucoup moins étendue, le climat est à peu près celui de la Provence ; l’air est plus sec, plus pur et le nombre des belles journées notablement plus grand. Sur les 15 observatoires d’État (celui du Mont Blanc compris) que nous avons en France, 10 sont dans la zone atlantique, et trois seulement, celui de Nice et Marseille, auxquels on joint celui d’Alger, sont situés dans la zone méditerranéenne, et favorisés d’un beau ciel. Cet avantage naturel peut suffire à expliquer le rendement supérieur des Observatoires de Ni'ce et d’Alger.
- III. La discussion précédente fait bien ressortir les points faibles de nos établissements actuels et les conditions à remplir par l’observatoire de montagne nouveau qui est à créer. Il faut d’abord diminuer l’altitude ; mais, quelle est la hauteur maxima à laquelle on peut, sous nos latitudes, observer le ciel pendant toute l’année et avoir en même temps une vie acceptable ?
- Les stations nombreuses, organisées récemment en montagne pour les sports d’hiver, apportent une indication précieuse.
- Nous avons en France par exemple, dans les Alpes, les stations du Revard (près d’Aix-les-Bains), de Peïra Cava (près de Nice) à 1500 m. d’altitude, et dans les Pyrénées, celles de Superbagnères et de Font-Romeu, à 1800 m. Les quatre ont de grands hôtels ouverts pendant l’hiver et l’été, et sont desservies par de bonnes routes et même par des voies ferrées.
- A priori, il semble donc que l’on puisse aller jusqu’à 1800 m. ; et il convient d’étudier d’abord la valeur astronomique de ces stations sportives, qui ont déjà leur voies d’accès parfaitement organisées.
- Élis
- swisall
- Fig. 7. — U11 grand observatoire américain : Lick Observalory Mount Hamilton, en Californie.
- Fig. 6. — La fin de VObservatoire Janssen au sommet du Mont Blanc.
- J’ai visité avec soin deux d’entre elles, le Revard'et Font-Romeu.
- Le Revard a été recommandé déjà avant la guerre par M. Jarry-Desloges, astronome amateur, qui y a fait de très bonnes observations \ il offre de bons emplacements pour un grand observatoire, avec, il est vrai, la restriction qu’il est dans la zone atlantique du territoire et voisin du lac du Bourget.
- La station de Font-Romeu en Cerdagne a des avantages particuliers ; elle est méditerranéenne et dans la partie de la France qui a la latitude la plus basse (environ 42° 50'); même elle est située au sud de la crête des Pyrénées. J’ai eu sur le climat de la région des renseignements précis, aimablement fournis par M. Mengel, directeur de l’Observatoire météorologique de Perpignan, et par M. Gave, instituteur à Montlouis (altit. 1600 m., à 6 km de Font-Romeu), météorologiste volontaire et très bon observateur.
- A Montlouis, de 1894 à 1922, on a compté en tout 19 jours pour lesquels la température minima a été au-dessous de —15°; à Font-Romeu, plus élevé de 200 m., d’après la règle connue, la température est plus basse de — 1°,2. Dans le même intervalle de 29 ans, la. nébulosité, déterminée trois fois par jour, a donné en moyenne et par an les nombres suivants, rapprochés de ceux obtenus à Alger (l) :
- 1. On rappelle que, pour le météorologiste, la nébulosité est la fraction du ciel couverte par les nuages, et cette fraction est exprimée par un nombre compris entre 0 et 10. Ainsi la nébulosité 3 correspond .à un ciel dont les 3/10 sont masqués par les nuages ; la nébulosité 0 indique uil ciel parfaitement pur, et la nébulosité 10 un ciel complètement couvert.
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- Nombre de ciüls.__
- beaux, Nuageux, (’,ouverts, nébulosités, nébulosités, nébulosités.
- 0, 1 et 2. i, o, 6 et 7. 8, 9 et 10.
- Alger. . . 431 244 421
- Montiouis . 432 441 223
- Les journées ou portions de journée, dites belles, sont en nombre égal dans les deux stations, et, à cause de l’altitude plus grande, elles sont certaine-ment plus belles à Montiouis.
- De plus, fait important, la température moyenne en hiver à Montiouis et Font-Romeu est moins basse qu’à l’Observatoire russe de Poulkovo, situé dans le voisinage de Petrograd. Or, à Poulkovo, on observe pendant toute l’année, et les publications de l’Observatoire signalent des mesures astronomiques faites à — 23°. Partant de ces données, j’ai admis la température de— 15° comme limite inférieure dans notre pays, pour les observations astronomiques en montagne ; pratiquement la limite varie avec les personnes et aussi avec la force du vent.
- Les observations astronomiques sont donc possibles en hiver à l’altitude de 1800 m. ; il faut seulement avoir dans la station des hommes vigoureux, bien entraînés au froid, et vêtus comme les gens du Nord.
- On peut aussi imiter les aviateurs qui luttent aisément contre le froid avec des vêtements souples échauffés à l’intérieur par un courant électrique que l’on règle 'a volonté. Tout progrès dans cette voie a une réelle importance; sous nos latitudes, les nuits d’hiver sont les plus belles, et, en montagne où la précipitation de la vapeur d’eau est plus forte, elles peuvent dépasser les nuits justement vantées de la Californie, au moins en ce qui concerne l’éclat des astres.
- L’intensité de l’image stellaire, en effet, n’est pas le seul élément de la question ; il faut aussi considérer sa netteté, et le calme de l’air, variables suivant les régions. Ce second élément devra être déterminé par une mission temporaire envoyée sur les lieux avec des instruments transportables.
- Dans un premier examen, la région de Montiouis et Font-Romeu offre, à une altitude de 1800 m. environ, plusieurs bons emplacements d’observatoire.
- De là on domine de 200 m. la haute vallée de la Cerdagne, vallée large et riche, qui offre des villages bien approvisionnés. La vie y serait donc facile, d’autant que l’on dispose de deux voies ferrées, de la ligne entre Perpignan, Montiouis et Bourg-Madame qui s’élève à plus de 1600 m., et de la ligne à trains rapides qui sera prochainement ouverte entre Toulouse et Barcelone.
- Enfin l’observatoire serait doublé d’un laboratoire de physique et d’une station de repos établis à
- Montiouis, ou mieux à Vernet-les-Bains, qui est à l’altitude de 500 "m. et à 2 heures de Montiouis par chemin de fer.
- Avec tous ces avantages, j’estime que l’on trouvera aisément des astronomes qui accepteront la vie en montagne pendant l’année entière; d’ailleurs le personnel permanent serait peu nombreux, et il aurait un supplément de traitement, par exemple le quart colonial.
- Quant aux instruments à placer dans ces observatoires élevés, ils sont relativement simples et même peu coûteux ; on peut recommander :
- a) un grand réflecteur du type Cassegrain, de 1 m. à 1 m. 50 d’ouverture, qui est court et suffit pour un grand nombre de recherches ;
- b) une grande table équatoriale (*), capable de porter des appareils lourds et volumineux ;
- c) un instrument à miroirs (sidérostat, cœlostat, équatorial coudé) qui permet à l’astronome d’observer dans une chambre fermée.
- J’ai examiné avec détails dans cette Note la région de Montiouis pour fixer les idées et bien montrer les améliorations possibles ; mais d’autres stations peuvent être meilleures, en particulier dans la zone méditerranéenne des Alpes. Il faut prier tous les astronomes de France d’apporter leur concours et de rechercher les bons emplacements de montagne.
- Un crédit spécial serait demandé pour les missions temporaires qui auront à reconnaître la netteté des images dans les diverses stations ; et le choix définitif serait fait ensuite avec tdutes les garanties désirables.
- Si l’altitude de 1800 m. est trouvée trop grande, on peut la diminuer sans toutefois descendre au-dessous de 1000 m. et les emplacements possibles seront plus nombreux (2).
- Le mieux serait d’avoir les deux observatoires, celui de 1000 m. et celui de 1800; en ajoutant les observatoires actuels de 2800 m. et de 4400, notre pays disposerait de stations échelonnées, capables d’assurer toutes les recherches, et il ferait de nouveau figure sur le terrain astronomique. *
- IL Deslandres,
- Membre de l’InsLitut, Directeur de l’Observatoire d'Astronomie physique de Mcudon.
- 1. La table équatoriale est un équatorial d’un type nouveau, qui convient surtout aux recherches d’aslronomie physique. La lunette de l’équatorial ordinaire est remplacée par une grande table circulaire métallique, qui a jusqu a 2 mètres de diamètre et même plus ; et on place sur cette table, comme sur une labié de laboratoire, des appareils quelconques, qui peuvent alors être dirigés sur un point quelconque du ciel, et suivre le mouvement diurne. L’observatoire de Meudon possède deux tables équatoriales.
- 2. On peut signaler aux environs de Marseille la hauteur de la Sainte-Baume.
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- II. Comment on déchiffre.
- Les différents systèmes cryptographiques décrits dans mon précédent article ont dû paraître à quelques lecteurs assez compliqués pour présenter toutes les garanties désirables d’inviolabilité. Or, dans la pratique, les cryptogrammes chiffrés au moyen des systèmes-types se distinguent les uns des autres par certains caractères, quelquefois fort subtils, qui permettent, dès l’abord, d’orienter la recherche, et qu’un déchiffrcur exercé ne tarde généralement pas cà discerner.
- Certes, il existe des clefs pratiquement indéchiffrables. Il suffit, comme nous l’avons dit, de superposer deux systèmes, même élémentaires, pour obtenir un brouillage capable de mettre à une rude épreuve la patience des intermédiaires fâcheux. Mais il y a aussi des décrypteurs d’une habileté et d’un flair tout à fait remarquables. On cite le cas, par exemple, du romancier américain Edgard Poe qui était un passionné de l’art des écritures secrètes, dans lequel il avait acquis une petite célébrité. Son opinion était que « le génie humain est incapable d’imaginer un système que le génie humain soit impuissant à déchiffrer ». Ce trait peut être cité pour stimuler le zèle des néophytes; mais, en somme, il vaut mieux le considérer comme une boutade! Car j’admets comme parfaitement démontré qu’avec les cinq cents lettres d’un texte quelconque, on peut écrire un grand nombre d’autres textes, sensés, absolument différents, au besoin dans des langues diverses. Dès lors, on pourra imaginer, à l’aide d’une machine par exemple, des clefs présentant une période égale ou supérieure à cinq cents lettres, qui, appliquées à ces textes les ramènent tous à un même cryptogramme. Celui-ci sera donc traduisible, pour ainsi dire, en autant de textes clairs que l’on voudra.
- Tout le monde connaît les serrures à secret des
- fi vrôyehwbmoqzaqnpKcdl x t u j
- coffres-forts, dont il faut savoir le chiffre pour les ouvrir. Les constructeurs de ces appareils font état du nombre prodigieux de chiffres qu’ils permettent
- e ô n a i furol.dcpmvcjgFhbjx.yzK
- l'ig. t — Diagramme de la fréquence des lettres en français.
- de combiner, ainsi que du nombre d’années qu’un cambrioleur mettrait à les essayer tous! Or, j’ai rencontré une fois un honnête ouvrier qui possédait ce talent, assurément pas ordinaire, de rechercher les chiffres qui avaient été malencontreusement perdus. Ce serrurier était, en particulier, admirablement servi par une ouïe d’une sensibilité extrême qui lui permettait, après un certain nombre d’essais, de reconstituer le chiffre « secret ». Certes, ses succès n’étaient pas toujours très rapides, mais ils étaient considérablement plus nombreux que s’il avait cherché au hasard.
- Le déchiffrcur de cryptogramme procède de la même façon. Ce qui lui permet d'agir avec méthode, en limitant au minimum le nombre des essais faits au hasard, c’est la connaissance de certaines caractéristiques grammaticales propres à chaque langue. Cette connaissance est basée sur l’étude statistique de la fréquence. Celle-ci est un caractère très important à considérer, présentant cependant des écarts souvent assez considérables. Comme je n’ai pas l’intention d’écrire un Traité, je me bornerai à examiner, sous ce rapport, la langue française seulement. Voici les résultats auxquels je suis arrivé en dénombrant les lettres de textes de différents auteuçs, ayant rapport avec différents sujets. On trouve, en moyenne, sur i000 lettres :
- 73 a 8 hc 54 o 17 v
- 7 b 72 i 51 p 0 w
- 35 c 12 q 4 x
- 38 d 0 k 65 r 5 y
- 180 e 52 1 87 s 1 Z
- 9 f 29 m 72 t
- 10 g n n 66 u
- Fig. 2.
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- LA CRYPTOGRAPHIE
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- En portant en abscisse les lettres dans leur ordre de fréquence, et ces dernières en ordonnée, on obtient le diagramme de la figure 1, qui caractérise assez bien, à ce point de vue, la langue française. Cette étude statistique, pour être utile, doit être étendue aux groupes de deux (bigrammes) et trois lettres (tri-grammes) les plus fréquents, ainsi qu’à d’autres particularités de la langue. Sans qu’il soit nécessaire d’exposer les résultats de ces longues recherches, nous pouvons nous rendre compte, par un exemple, du parti qu’on peut en tirer.
- Examinons en détail le cryptogramme suivant dont nous allons chercher à reconstituer le texte clair : gtjrsqzhtqrythkzaigthrqhzdjxhvzvzytqlzjkzhtqrzij tqlthrktqkvxwtjvqhzxvacjxkclhazgzzvzuuj tchckjzj zdxjvzklhhzazrqjzgxexqkzqjrgvsqzggzgzdzhczrzr kzgzlzhtqrrzhkthrxsqzgitchkyzkkzexqkzqjrqjixrrz ktqkzryzggzrxqmsqzggzrhtkjzeqawgzzrijckrxqjxc kxkkzchvjzzkqhzrtjkzvzlzjkcdzrzaixjzvzhtqr.
- On procède d’abord au dénombrement des lettres. Il y en a 274, les plus fréquentes sont 2 (54), k et q (24), r (22), j, h et t (21), a (17), g (15), etc. La plus fréquente (z) l’est environ deux fois plus que les suivantes. Donc, il n’y a pas de doute, nous sommes très probablement en présence d’un texte français « camouflé » au moyen d’une substitution. Cette simple constatation nous permet de poser 2 = e. Il s’agit maintenant d’identifier d’autres lettres. Selon toute probabilité, certaines des lettres, k, q, r,j, h, t, en raison de leurs fréquences, doivent correspondre aux lettres s, n, a, i, t du texte clair. Or, nous savons que la lettre qui, de beaucoup, suit le plus souvent le e est la lettre s. Dans notre cryptogramme, les lettres qui suivent le z sont, par ordre de fréquence, g (8), r (8), v et h (4), etc. L’équation g — s étant exclue d’après la fréquence des lettres, il reste r = s que nous conservons jusqu’à preuve du contraire. Au besoin, nous aurions pu faire usage d’aulres critères pour justifier ce choix. La statistique des redoublements nous en fournit un. Sur mille lettres, on trouve, en moyenne, 8 e redoublés, les autres redoublements les plus communs sont : s (7), 1 (5), t, n, m (5), etc. Nous savons aussi que, parmi les trigrammes symétriques dont le e forme la première et la dernière lettre, celle qui est le plus fréquemment au milieu est le d, après laquelle viennent : s, m, r, 1, etc. L’application de ces quelques règles ne peut conduire, bien évidemment, qu’à des présomptions. Mais si leurs témoignages concordent, il y a bien des chances pour qu’on soit sur la bonne voie. Dans le cas contraire, le nombre des alternativés se trouve néanmoins considérablement diminué.
- Examinons encore le cas de la lettre v du texte chiffré. D’après sa fréquence nous supposons v — à, c, p, m ou L, etc. Comme ce signe n’est jamais redoublé, nous pouvons très probablement éliminer les équations i> = moul. Essayons autre chose : parmi les lettres qui précèdent le « dans le cryptogramme, le v est parmi les plus nombreuses ; elle
- doit donc représenter, d’après nos dénombrements, d, 1, r, t, etc. I/équation u=d nous parait donc très probable.
- Est-il possible de poursuivre l’application de cette méthode jusqu’à identification de toutes les lettres? Peut-être; mais je n’ai, pour ma part, jamais essayé, car il existe d’autres voies beaucoup plus rapides. Dans le cas présent, on pourrait sans doute pousser plus loin, mais deux ou trois lettres — ou signes — ayant été identifiés avec une quasi-certitude, il est avantageux de revenir à l’examen du texte lui-même.
- Au premier tiers, environ, un groupe zgzzvzuu attire notre attention. Plus loin il y en a d’autres : sqzggz à deux endroits; zkkz, zggz, etc. D’après les résultats précédents, le premier serait traduisible par : e.eede.... Que peuvent bien signifier ce g et cette lettre redoublée terminant le groupe? Selon toute vraisemblance, ee est la fin d’un mot et les lettres qui nous manquent sont des consonnes. La fréquence du g (5,5 p. 100) nous fait supposer, dans l’ordre de probabilité : g = o, 1, r, u, etc.; g = lest d’emblée l’équation qui a notre préférence d’autant plus que, dans le cryptogramme, les redoublements du g sont fréquents, comme d’ailleurs, ceux du 1 en français. De même, la lettre qui nous plaît le mieux à la place du u est f, on aurait alors ici un mot comme a d’effort » ou « d’effroi », etc. Mais nous devons réserver notre jugement, la lettre u ne se trouvant nulle part ailleurs dans le texte.... Cependant!... Comme il ne faut négliger aucune indication, voyons rapidement à quoi cela nous conduirait d’admettre l’un ou l’autre de ces mots. L’application de nos règles de fréquence ne nous laisse pas hésiter, c’est le mot « effroi » qui est le plus probable des deux. Nous posons donc j= r et t — 0.
- Le travail semble progresser ; mais sommes-nous sur la bonne voie? Jusqu’à présent, nous n’avons fait que des hypothèses, dont une, au moins, bien peu fondée! Récapitulons cependant : z — e, -r = s, v = d, g = 1, u—f, j = r, t = 0, et lisons le début de notre document : lors..e .o.s.o..e..l. C’est engageant! les deux premières lettres manquantes sont certainement qu, donc s = q et q — u. Est-il nécessaire de continuer? Je pense que la méthode apparaît déjà clairement.
- Dès lors la marche s’accélère ; d’autres passages du cryptogramme nous donnent la signification d’autres lettres, et l’on arrive finalement au tableau de correspondance suivant :
- a —x e~z i — c m — a q = s u = ç - y = 0
- b = w f = u j = f n =h r —j v—l z —n
- c — y g —d k — b 0 = t s = r w =p
- d —fl h —e 1 = </ p=i t=/î x = m
- au moyen duquel on lit : « Lorsque nous contemplons une grande découverte, nous éprouvons tout d’abord une admiration mêlée d’eiïroi ; notre regard étonné mesure la hauteur à laquelle le génie s’est élevé ;
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- nous sentons à quel point cette hauteur surpasse toutes celles auxquelles notre humble esprit saurait atteindre, et une sorte de vertige s’empare de nous. » Je ne sais pas de qui est cette belle période. Mon correspondant occasionnel, à qui je l’ai demandé, ne m’a jamais répondu ; c’est peut-être par modestie, mais je croirais plutôt qu’il n’a pas déchiffré le cryptogramme par lequel, à mon tour, je lui posais cette question.
- Sans qu’il soit nécessaire de tomber sur un a filon » qui conduit rapidement au but, le déchiffrement des cryptogrammes de cette sorte ne présente aucune difficulté. Ce sont des secrets de polichinelle ! Il est à remarquer toutefois que la difficulté est généralement d’autant plus grande que le texte est plus court, puisqu’on se base, en somme, sur la loi dite « des grands nombres ».
- Lorsqu’un texte est cryptographié au moyen de cette méthode, par des chiffres, la difficulté est accrue par le fait qu’il y a deux inconnues de plus à déterminer : le nombre de chiffres employés pour désigner une lettre et la manière de les combiner entre eux pour caractériser chaque lettre. On s’en tire néanmoins en groupant les chiffres successivement par deux, trois, quatre, etc., jusqu’à ce qu’on trouve une combinaison donnant au diagramme des fréquences un dessin analogue à celui de la figure 1 ; après quoi, la recherche se poursuit sur les mêmes bases que précédemment.
- L’exemple suivant est relatif à un système généralement plus difficile à déchiffrer, mais dont, par un hasard heureux, le secret m’est apparu presque aussitôt.
- On m’a remis un jour un certain nombre de documents en m’assurant qu’ils provenaient de la même source. Voulant prendre un chemin raccourci, je supposai que tous étaient chiffrés de la même façon et procédai rapidement à un pointage réciproque des signes qui me paraissaient caractéristiques. J’en fus pour ma peine, car je reconnus finalement que presque tout ces textes étaient cryp-tographiés au moyen de chiffres différents.
- Voici l’un de ces rébus : xyrxylijqbyynwvvwvw hhbyuvyefhuhrgfecnryvymioytidzbv hhfvrcpyi afa pbsohndlvmeikrsqzafvinqmurniegwskefqzftmfabg
- khfpcrqslemcirkszaevvipyjefgvisiqqfvzatx i hdxzbo wgefrvmoskrryvqfwcrnszfqvfq i ezaoslfds iefwgbohi bowrhnsprohlpimwssidy.
- Il se compose de 221 lettres dont les fréquences sont représentées par le diagramme de la figure 2. Celui-ci me permet déjà de restreindre notablement le champ des hypothèses. Il ne s’agit évidemment pas d’ün système à transposition, car les lettres les plus fréquentes seraient e, s.... Je ne suis pas plus en présence d’une substitution simple, car l’une des lettres aurait une fréquence notablement supérieure aux autres. Du reste, dans ce cas, le diagramme des fréquences serait beaucoup plus rapproché du diagramme moyen, ou normal, représenté sur la même figuré, en pointillé. Je cherche
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- alors si ce grimoire n’a pas été formé avec deux, trois ou plusieurs alphabets, par exemple au moyen du tableau de Vigénère (1). Si tel était le cas, il y a quelques chances pour que les lettres qui ont servi à chiffrer le e se trouvent parmi les plus nombreuses : f, i, v, r, s, y...., qui correspondent respectivement (voir le tableau de Vigénère) aux lettres B, E, R, N, 0, U..., du mot-clef. Aussitôt, des considérations, qui n’ont rien de commun avec la cryptographie pure, me suggèrent l’idée, que le mot-clef est tout simplement le nom de la capitale de la Suisse. Il n’en coûte pas grand’chose d’essayer, j’écris :
- Cryptogramme : xyrxylij.,..
- Mot-clef BERNBERN....
- Texte clair wuakxhnw...
- •Comme texte « clair » ça n’est pas très satisfai-faisant! Mais, comme je me méfie instinctivement des premières lettres d’un cryptogramme, je fais des essais en différents endroits et j’ai le bonheur de constater que le mot-clef est bien celui que je pensais. Le déchiffrement s’effectue de la manière suivante, en se reportant au tableau de Vigénère :
- Cryptogramme : xyrxylijgbyynwvvw .... Mot-clef BERNBERNBERN
- Texte clair Kestauhavrej ....
- Le document complet est : « (xyrxy) K. est au Havre jusqu’au dix août, date à laquelle il s’embarquera pour New-York. Tâchez de terminer rapidement votre mission actuelle pour l’y rejoindre. Vous recevrez des instructions. Prenez note que dès le mois prochain, nous correspondrons au moyen du chiffre ML ». Les premières lettres sont des lettres milles destinées à égarer les recherches, ou plus probablement, elles servent à désigner, pour le destinataire, la clef du mystère.
- C’est évidemment une chance inespérée qui m’a permis de traduire, en moins d’une heure, ce cryptogramme, Car, lorsqu’on emploie plusieurs alphabets, comme c’est ici le cas, les lettres les plus fréquentes ne sont pas nécessairement celles qui correspondent aux e du texte clair. Mais si ce document ne m’avait pas si bêtement livré son secret, j’aurais eu d’autres moyens de le lui faire dire. On peut, par exemple, examiner chaque cas en particulier. En dénombrant séparément les lettres de rang pair et impair, on reconnaîtra aussitôt si le texte est chiffré alternativement au moyen de deux alphabets. De même, en groupant ensemble les lettres de rangs 1, 4, 7,..., 2, 5, 8,..., 3, 6, 9,..., on remarquera facilement, par l’examen des fréquences relatives, si l’on est en présence de trois alphabets. Il est enfin possible de déterminer le nombre des alphabets employés, en considérant les espacements des
- bigrammes, etc ° s»
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- 11 est évidemment impossible, dans le cadre de 1. Voir l’arlicle précédent, n° 2581.
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- cet article, de donner des exemples de tous les genres de déchiffrements pouvant se présenter. Un grand nombre -de cas particuliers doivent cependant être connus de celui qui s’adonne à cet art attrayant, car celui-ci ne s’accommode pas, à proprement parler, de méthodes générales, mais bien de nombreuses règles, qu’une longue pratique enseigne et que tout déchiffreur « conscient et organisé » relève soigneusement dans un registre.
- Comment devra-t-on aborder l’étude d’un système à transposition? Un compas à pointes sèches est alors d’une grande utilité. Les lettres ayant été écrites à des distances égales les unes des autres, de préférence sur une seule ligne et en répétant au besoin plusieurs fois le cryptogramme, on cherche au moyen du compas si certaines dispositions n’ont pas une tendance à se reproduire périodiquement. Dans le cas le plus simple, les lettres du texte clair se suivent simplement de distances en distances égales. Si l’on croit avoir reconnu la présence d’une période de quinze lettres, par exemple, on écrit le cryptogramme sur des lignes de quinze lettres chacune et, si l’on est sur la bonne voie, un peu d’habitude et de flair conduisent rapidement au but. Néanmoins, on peut dire que les systèmes à transpositions présentent des caractères distinctifs moins apparents que ceux à substitution. Si le nombre des lettres d’un cryptogramme est un carré parfait, on peut essayer de le déchiffrer au moyen d’une grille. Celle-ci est alors reconstituée pour ainsi dire, trou par trou, en prenant pour guide le fait que les lettres qui apparaissent dans ces fenêtres doivent former des mots sensés dans les quatre positions que peut occuper la grille.
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- J’ai dit plus haut que, théoriquement du moins, un cryptogramme quelconque était traduisible en autant de textes sensés que l’on voulait. Comment donc peut-on dire qu’on a déchiffré un document? C’est que, parmi tous ces textes, il n’en est peut-être qu’un dont la reconstitution à partir du cryptogramme puisse se faire au moyen d’une loi relativement simple. Quoique cela ne soit pas impossible, je crois qu’on ne connaît aucun exemple de cryptogramme, donnant lieu à des interprétations différentes, au moyen de lois de formation également simples. Tout ceci dépend, bien entendu, de la longueur du texte considéré. Les anagrammes, qui ne sont, en somme, que des cryptogrammes très courts, sont fréquents dans toutes les langues. Lorsque la règle que Ton suppose être exacte se vérifie pendant plusieurs pages consécutives d’un texte, on peut être absolument certain de tenir la véritable clef du mystère.
- On peut dès lors se demander comment on a pu écrire que les déchiffreurs des documents Bacon pouvaient s’être trompés. Il doit exister ailleurs qu’en Amérique des éditions originales de Bacon, on peut donc vérifier les assertions des savants
- cryptographes américains. J’ai dit ce qu’était cette mystérieuse affaire. Il ne peut y avoir aucun doute : Bacon a réellement écrit ce que viennent de découvrir le colonel Fabyan et ses collaborateurs. Pourquoi le célèbre chancelier l’a-t-il fait sous cette forme dissimulée, et ses prétentions sont-elles seulement plausibles? Ça, c’est une autre histoire.
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- Cet exposé rapide des principaux systèmes cryptographiques fait bien voir, j’espère, la nature des services que cet art peut rendre. Tous ceux qui, depuis la plus haute antiquité, ont eu quelques raisons de garder le secret autour de leurs combinaisons politiques ou autres ne se sont pas fait faute de recourir à la cryptographie. Hérodote, Plutarque témoignent que les Grecs la connaissaient et l’employaient sous des formes qui nous paraissent, il est vrai, bien simples, aujourd’hui. Jules César, Auguste, Charlemagne, entre autres, communiquaient avec leurs ministres au moyen de chiffres qui n’étaient, le plus souvent, que de simples substitutions. Plus tard, les procédés se compliquèrent. Les mathématiciens Viète, Wallis s’occupèrent des écritures secrètes, sur l’ordre de leurs souverains. Charles Ier, Richelieu, Louis XIV, non plus, ne négligèrent pas ce moyen. Le chiffre de Louis XIV était même fort compliqué; il comprenait près de six cents signes différents, et l’on n’a réussi à le reconstituer que 175 ans après la mort du Roi.
- Aujourd’hui, la cryptographie est couramment employée par les diplomates. Dans chaque puissance, les employés chargés de ce service forment le Bureau du Chiffre. Pendant la guerre, certains de ces bureaux comptaient plusieurs dizaines de cryptographes, dont le rôle était aussi bien de combiner de nouveaux systèmes, que de déchiffrer les messages qui pouvaient avoir été saisis à l’ennemi. La cryptographie se prête aussi à des œuvres plus pacifiques. Ainsi, c’est grâce à ses méthodes, que. l’on est parvenu à lire certaines inscriptions cunéiformes, et le champ de ces études est encore vaste.
- On peut prévoir que le développement des communications radiotélégraphiques attirera de plus en plus l’attention sur les écritures secrètes. Car rien n’est plus indiscret qu’une antenne ! H est vrai que les procédés de transmission multiples avec changement de fréquence ou de longueur d’onde assurent à peu près le secret des communications. Mais l’emploi des machines à cryptographier peut présenter, comme nous l’avons vu, cet avantage appréciable de réduire au minimum le nombre des mots «payants ».
- La cryptographie est un art. Sera-t-elle un jour une science comme tente de le devenir l’expertise en écritures? Au fond, elle peut se passer de ce beau titre, car, de par la nature des choses, les cryptographes ne se trompent guère, alors que les gens de Science.... Cu. Volet.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1923.
- L’état de l'huile dans les graines oléagineuses. — Pour un grand nombre d’auteurs, dans les cellules de réserve des graines mûres, l’huile se trouve à l’état de très fine émulsion cytoplasmique. Or, en reprenant l’étude histologique de l’albumen du Ricin, à l’aide du Rouge écarlate et du Bleu d’indophénol, MM. Policard et Martgenot ont été amenés à voir que la conception de Tschirsch, d’un cytoplasma intimement mêlé d’huile, est proche de la réalité. Encore faut-il admettre que l’accu-
- mulation de gouttes de dimensions variées conduit bientôt à la rupture de l’équilibre colloïdal de la cellule ; d’abord phase interne, l’huile devient, pour la graine mûre, phase externe ou milieu de dispersion. Cela explique comment la propriété lipasique, signalée par INicloux, est liée aux éléments cytoplasmiques, dispersés et intégrés en quelque sorte dans l’huile, et devenus invisibles dans la graine mûre.
- Paul B.
- CULTURES SUR ALUMINIUM
- L’aluminium, métal cependant très avide d’oxygène, est pratiquement inoxydable à l’air.
- Cette particularité heureuse est due à l’adhérence
- Fig. 1. — Attaque d’un culot d’aluminium par le mercure (durée 5 minutes).
- et à la continuité de la couche d’oxyde d’abord formée, cette couche jouant ensuite vis-à-vis du métal sous-jacent le rôle d’un vernis protecteur contre l’action ultérieure de l’air.
- De sorte que l’on serait tenté, à première vue, de ranger l’aluminium parmi les métaux précieux qui présentent indéfiniment l’éclat métallique.
- Mais il existe une expérience qui permet de faire ressortir l’affinité de ce métal pour l’oxygène. Cette expérience vraiment « pittoresque », peu connue du grand public, au surplus facile à reproduire, mérite d’être rappelée aux lecteurs de La Nature, toujours amateurs de curiosités instructives.
- Frottons énergiquement avec un tampon de coton et sous un bain de mercure une lame d’aluminium préalablement bien décapée et abandonnons-la dans une atmosphère absolument immobile.
- Au bout d’un instant, une observation attentive
- nous révèle une altération étrange de la surface du métal : de-ci, de-là, sur cette surface que le traitement précédent n’avait nullement modifié, du moins
- Fig. 2. — Attaque d'un culol d’aluminium par le mercure (durée 10 minutes).
- en apparence, surgissent, grandissant à vue d’œil, tantôt isolées, tantôt par plates-bandes serrées, des protubérances d’un blanc de neige vibrant au moindre courant d’air, s’écrasant sous les doigts en une poussière impalpable, en tout semblables à des colonies de moisissures.
- Laissons se développer ces délicates efflorescences : en quelques heures elles atteindront 12 à 15 cm de longueur ; enroulées en boucles elles figureront alors une chevelure aux mèches éblouissantes de blancheur, si fragiles qu’un souffle suffit à les arracher et les faire voler en poussière,
- Aux points d’origine, nous constaterons une corrosion parfois assez profonde pour traverser la plaque de part en part, mais, toujours, nous serons frappés de la disproportion entre le volume apparent de la protubérance et celui de la masse de métal qui l’a fournie. Ceci amène à attribuer une très grande
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- CULTURES SUR ALUMINIUM
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- Fig. 3. — Plaque d’aluminium attaqué par le mercure.
- porosité au produit de la réaction tout en expliquant sa prodigieuse légèreté : 10 gr. de houppettes, non tassées mais brisées par le contact mutuel, occupent 200 cm3.
- Du reste, les houppettes ne tarderont pas à repousser aux mêmes endroits, plus vigoureuses encore, comme stimulées par la taille subie (un ' brossage énergique est souvent utile afin de déboucher les pores du métal).
- La plaque, à la longue, percée, rongée, découpée, finira par présenter l’aspect d’une véritable dentelle.
- Plongée dans l’eau elle donnera un dégagement gazeux, avec formation d’efflorescences blanches très différentes des premières.
- Par des essais successifs, en répétant souvent l’expérience dans des conditions difïérentes, nous acquerrons un véritable tour de main tout en faisant des observations intéressantes.
- Par exemple, la présence d’impuretés dans le mercure ou dans la plaque semble nécessaire ; certaines régions de celle-ci, quoi qu’on fasse, toujours stériles, le doivent peut-être à la pureté relative du métal dont elles sont formées.
- Autre observation très intéressante : la réaction faite sur une assez grande échelle dégage beaucoup de chaleur; c’est alors que le chimiste, rapportant l’importance de ce dégagement de chaleur aux faibles masses de métal mises en jeu, est amené à penser qu’il s’agit sans doute là d’une réaction très vive, d’une combinaison — si combinaison il y a — entre deux éléments présentant une grande affinité.
- Comment allons-nous, en effet, rattacher ce phénomène à ce que nous savons des propriétés chimiques de l’aluminium?
- Une première question se pose à notre esprit : quel est le rôle du mercure dans l’affaire?
- Les ouvrages de chimie peu récents, comme le premier dictionnaire de Würlz (1869), le traité de Cahours (1879), considéraient l’aluminium comme non susceptible de s’amalgamer; mais depuis que l’aluminium a pris une si grande importance industrielle, depuis surtout que le's amalgames des métaux oxydables se sont révélés comme de puissants réducteurs,lès chimistes en sont venus à y regarder de plus près : on connaît fort bien actuellement
- l’amalgame d’aluminium et les laboratoires de recherches qui l’obtiennent en dissolvant du métal en limaille dans du sublimé à 0,5 pour 100 savent l’utiliser comme réactif d’hydrogénation.
- Dans un travail déjà ancien, publié dans les Annales de Chimie physique (6-17, 248, 1889), MVI. Baille et Féry ont même donné une étude de l’amalgame d’aluminium; mention faite de l’expérience qui fait le but de ces lignes, ils donnent un procédé direct de préparation de cet amalgame. Ils indiquent la composition du produit de son oxydation à l’air — oxydation qui est spontanée — et la reconnaissent identique à celle des efflorescences :
- A1203,2H20 (*).
- Ayant mesuré la quantité de chaleur dégagée par les réactions, ils ont retrouvé la chaleur d’oxydation de l’aluminium, prouvant ainsi que notre expérience réalise bien une combustion du métal.
- Le mercure, qui du reste ne se retrouve pas dans les houppettes, joue donc simplement le rôle d’un catalyseur physique: la légère couche adhérente à l’aluminium dissout le métal ; l’amalgame formé, en contact avec l’air, s’oxyde partiellement en se couvrant d’un feutrage d’alumine poreux et non adhérent ; le mercure libéré recommence le cycle.
- On voit que la croissance 'des houppettes, théoriquement du moins, n’a pas de raison de cesser ; en pratique un peu de mercure est toujours entraîné mécaniquement, surtout au début ; de plus, au fur et à mesure que la couche de métal liquide pénètre dans la plaque, l’accès de l’air devient de plus en plus difficile.
- Ce sont ces raisons qui font que, tôt ou tard, nos cultures sont destinées à péricliter et à périr, mais non sans nous avoir distraits et instruits de longues heures durant.
- A. Cirot-Gayon.
- 1. Hydrate d’aluminium précipité: AIa03, 31I20.
- Fig. 4- — Plaque d’aluminium attaqué par le mercure à plusieurs reprises. La dernière attaque a duré 12 heures.
- On distingue l’alumine produite entassée au piéd de la plaque.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Iahdre, 9, rue de Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE — N° 2583
- 6 OCTOBRE 1923
- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC [Suite (*).]
- III. — Fabrication du scaferlati.
- Le Scaferlati. —Sous le nom de scaferlati, on désigne le tabac découpé, qui se fume dans la pipe et qui sert à confectionner les cigarettes. Les manufactures françaises en fabriquent les sortes suivantes : Vizir et Levant supérieur (en très minime quantité) Levant ordinaire, Virginie, Chébli, Maryland,
- moins propres à la confection du scaferlati. Il faut nécessairement les mélanger pour obtenir des produits appréciés des fumeurs. Ainsi les Marylands sont combustibles, aromatiques et très légers ; mais la mouillade altère leur nuance claire rougeâtre; tandis que les Kentuckys, forts et très foncés, mais
- Fig. i.
- Hachoirs à scaferlati (système Belot) installés à la Manufacture des tabacs d'Issy-les-Moulineaux. (Leurs lames tranchantes marchent à la vitesse de -3oo coups à la minute.)
- Caporal supérieur, Caporal doux et ordinaire, scaferlatis de troupe et d'hospice.
- Les qualités générales que les consommateurs distinguent dans les scaferlatis sont une bonne combustibilité, le chevelu, l'arôme et une jolie nuance. Pour qu’un tabac brûle bien dans une pipe ou une cigarette, il doit être haché finement et renfermer des sels de potasse naturels qui donnent de la porosité aux cendres. Sa force tient à la proportion de nicotine ; on le dit très léger s’il en renferme moins de 1 pour 100, léger de 1 à 1 1/2 pour 100, moyen de 1 1/2 à 2, fort de 2 à 2 1/2. Enfin seules les feuilles développées, intactes et convenablement assouplies au moment du hachage par une légère mouillade donnent du scaferlati « chevelu ».
- Les différentes variétés de tabac possèdent telle ou telle de ces qualités et sont par suite plus ou
- 1. Voir n“ 2578, 2580.
- médiocrement combustibles, servent à rehausser le goût des scaferlatis supérieurs et ordinaires. Nos tabacs indigènes ont une assez forte teneur en nicotine, les Algériens possèdent une faible combustibilité et peu d’arome sauf les crus de la région de Bône et delà Kabylie. On s’arrange donc pour obtenir des mélanges homogènes. Par exemple, dans le scaferlati ordinaire, il entre, suivant les ressources de l’année, de 15 à 50 pour 100 de Kentucky léger, de 25 à 40 pour 100 de tabacs indigènes, de 15 à 25 pour 100 de tabac d’Algérie. Le complément provient de crus divers : Saint-Domingue, Colombie, Manille, Java, etc. D’après les stocks existant en magasins et les directives générales de l’administration, l’ingénieur iudique au chef de fabrication la composition et les quantités à mettre en œuvre chaque jour. Alors commence une série d’opérations que nous allons suivre à la manufacture d’ïssy-les-
- 14. — 209.
- 51* Année -- 2° Semestre.
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- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC
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- Moulineaux, une des plus importantes de France à cet égard.
- Après avoir secoué les manoques, les ouvriers procèdent à leur écabochage ils sectionnent les pédoncules des feuilles de façon qu’on ne rencontre pas dans le scaferlati de « bûches » ou morceaux de côte trop gros. Pour les tabacs ordinaires, le travail s’effectue au moyen d’une cisaille mécanique dite « écabochoir » ; pour les tabacs d’Orient trop petits, il se fait au moyen d’un couteau à main. Une partie des caboches enlevées qui, selon , les espèces, représentent de 5 à 18 pour 100 du poids des manoques, s’utilisent dans le scaferlati de troupe ou dans la préparation des liquides nico-tineux,
- Après l’écabo-chagê, vient l’e-poulardage ou séparation des feuilles qui facilite la mou Iliade, destinée elle-même à rendre possible le hachage. Cetle mouillade se fait de différentes manières, par aspersion, par trempage, par immersion complète ou mieux pulvérisation au moyen du mouilleur-transporteur Belot ci-dessus décrit. Les feuilles de tabac, que leur humidification a suffisamment assouplies arrivent aux hachoirs dont divers modèles (Winicker, Belot, Quester et Legg) fonctionnent dans les manufactures de l’Etat français. Ces machines comprennent', en principe, une lame tranchante mobile devant l’embouchure d’une caisse dans laquelle les ouvriers placent les feuilles. Des rouleaux cannelés prennent ces dernières et les font avancer vers l’avant de la machine. De cette façon, la charge de tabac introduite à l’arrière se trouve entraînée et forme un gâteau très compact sous une pression assurée par des contrepoids. Dans certains systèmes,, deux glissières fixes guident le couteau, monté sur un châssis auquel une bielle imprime un mouvement rectiligne alternatif. Comme une grande vitesse favorise la régularité du travail, la plupart des types modernes fonctionnent sans glissières, c’est, en particulier, le cas d’un modèle étudié par M. Belot et très répandu. Ce hachoir (fig. 1) donne 300 coups à la minute. La lame tranchante suit une trajectoire qui l’écarte de l’embouchure pendant la remoqtée. L’avance du tabac, variable suivant la
- nature du scaferlati (0 mm, 8 pour le scaferlati ordinaire), est donnée par une roue à gorge, qu’actionnent des coins réversibles permettant la marche arrière au moteur, en cas de bourrage. Dans tous les genres de hachoirs, un dispositif simple facilite l’enlèvement rapide de la lame qu’il faut affûter assez souvent.
- Une fois les feuilles hachées, on les torréfie pour enlever Fou qu’on a dû leur incorporer afin d’obtenir une coupe régulière. Celle dessiccation qui s’opère à une température comprise entre 70° et, 110° ramène le taux d’humidité à 20 pour 100 et, en détruisant certains microorganismes, diminue les chances de fermentation. Elle communique malheureusement au scaferlati un léger goût de four, qui dispaix.it au cours des opérations ultérieures.
- Le torréjac-leur (fig. 2) encore eu usage n: date pas d'hier. Il a été imaginé eu 1835, par l’ingénieur Eugène Holland, qui consacra trente ans de sa vie à transformer le i vieil outillage des manufactures de l’Etat dont il devint directeur général en 1800.
- Comme aspect extérieur, le torréfacteur Bolland offre quelque ressemblance avec une locomotive sans tuyau. 11 se compose d’une énorme enveloppe cylindrique horizontale posée sur un fourneau de briques, et abritant un gros tube en tôle terminé à chacune de ses extrémités par une couronne en fonte. Ce cylindre est installé au-dessus de deux foyers chauffés au coke et peut tourner autour de son axe, grâce à deux paires de galets ; sa surface intérieure porte des nervures hélicoïdales armées de.griffes de fer qui provoquent le cheminement, des brindilles hachées, pendant que les nappes d’air chaudes en les léchant superficiellement, leur font perdre, en un quart d’heure, leur excédent d’eau. De leur côté, les produits de la combustion, après leur circulation autour du cylindre rotatif, s’échappent par des conduits en maçonnerie dans des canaux communiquant avec la grande cheminée de la manufacture. Des valves permettent de modifier convenablement le tirage des foyers. D’autre part, l’air destiné à sécher le tabac va s’échauffer au contact de la surface extérieure du cylindre avant que d’autres canaux le
- Fig. 2. — Torréfacteurs Rolland.
- Une lois les l'cuilles hachées, on les torréfie pour leur enlever une partie de l’eau qu’on a du leur incorporer afin d’obtenir une coupe régulière.
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- ramènent vers l’extrémité opposée de l’appareil. Traversant alors le torréfacteur, il sort du même côté que le scaferlati; puis des gaines spéciales, munies d’un papillon de réglage, le déversent dans la cheminée. En outre, des dispositifs spéciaux empêchent les déperditions de calories. Les manœuvres d’introduction et d’évncualion du tabac se font très rapidement et à intervalles réguliers, au moyen de doubles portes ouvertes alternativement et de distributeurs automatiques.
- L’appareil Rolland est robuste; mais il coûte cher d’installation et brûle pas mal de combustible, on a essayé de le remplacer. A Reuilly,
- M. Belot a expérimenté un système simple.
- Dans son torréfacteur (11g. 5) le tabac chemine en couches minces, sur des chaînes entre des plateaux chauffés à 100 degrés par la vapeur. Puis il arrive sur la table inférieure qu’une rampe à gaz porte à 150°.
- Sur notre photographie on a enlevé les panneaux de visite des engrenages et de l’étuve afin de laisser voir le mécanisme intérieur. Finalement le scaferlati torréfié et séché tombe dans un cylindre re-froidisseur qui, tournant sur des galets autour de son axe, le déverse dans les sacs de transport. Cet appareil coûte moins cher d’établissement que les fours Rolland, sa marche est plus économique, son entretien facile et sa manœuvre aisée puisque de simples robinets permettent de régler la chaleur, mais il n’a fonctionné jusqu’à présent qu’à titre d’essai.
- Au sortir des torréfacteurs Rolland, il faut encore enlever un peu d’eau au scaferlati et le refroidir. On le porte donc dans le sécheur ou cylindre horizontal en bois muni intérieurement de 2 hélices et dont un ventilateur, placé du côté des organes d’introduction, assure le refroidissement. L’air sec,
- arrivant en sens inverse du cheminement du tabac, se charge peu à peu de vapeur d’eau et entraîne des débris dans une chambre à poussière. En une heure, on passe environ 800 kg de scaferlati ordinaire et un peu moins de scaferlati supérieur.
- Une fois séché, le tabac est mis en masses de 2 à o mètres de hauteur analogues à celles que nous avons déjà rencontrées dans la fabrication de la poudre à priser, mais un.peu moins volumineuses. On bâche les meules et on les laisse reposer un mois. Ce séjour fait disparaître le goût pris par le
- scaferlati dans le four de torréfaction et développe son arôme. Des thermomètres mis dans des gaines en bois et vérifiés tous les 5 jours ne doivent pas indiquer d’élévation de température ; en cas contraire, on pratique immédiatement des tranchées dans les masses. Pour le Maryland, en particulier, réchauffement est désastreux. On maintient le taux de l’humidité du scaferlati supérieur entre 19 et 21 pour 100 et on la porte de 20 à 22 pour le scaferlati ordinaire afin qu’ils puissent se paqueter mécaniquement.
- L’opération du paquetage se décompose en plusieurs temps. On fait d’abord un sac de papier autour d’une douille, puis on verse dans ce dernier le scaferlati pesé au préalable ; on comprime ensuite le tabac ensaché. Finalement on ferme et on colle le papier. Toutes ces manipulations s’exécutaient jadis à la main. Mais dans la plupart des manufactures, le paquetage du scaferlati s’effectue aujourd’hui avec des presses hydrauliques spéciales ou des patiueleuses Belot. Les paquets sont de 40 ou 50 grammes, de 1 ou 5 hectos.
- Dans chaque machine hydraulique, l’eau se trouve refoulée par un accumulateur et ùn piston, dont la tige se termine par un plateau portant deux boîtes creuses. Dans ccs dernières vont s’insérer les
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- douilles garnies du papier de paquetage. La manœuvre de la machine exige trois ouvrières. Une peseuse prépare les charges de 40 grammes au moyen d’unë balance romaine à contrepoids et déverse le tabac dans des douilles à l’aide d’un entonnoir double fixé à une console tournante. De son côté, la vignetteuse place le papier de paquetage autour des douilles pour former les sacs et y applique la vignette, tandis que la mécanicienne agissant sur un levier de commande provoque le soulèvement du piston porteur des poches, des douilles
- En 1891, M. Belot inventa deux machines : l’une fabriquait les sacs, l’autre remplissait les paquets, puis il eut l’idée de les réunir en une seule. De là, l’origine de la paqueteuse actuelle (fig. 4) qui effectue mécaniquement l’ensemble des opérations. D’un côté, le papier d’une bobine passe entre deux rouleaux dont l’un porteur de bagues en caoutchouc lui sert d’appui et dont l’autre animé d’un mouvement discontinu déroule, à chaque fois, le papier nécessaire pour un paquet. La bande, découpée ensuite par un couteau à dents, va s’enrouler sur
- Fig. 4. — Paqueteuse à scaferlati système Eelot.
- Cette machine fabrique les sacs et les remplit automatiquement; 2 peseuses mettent du scaferlati en quantité voulue sur le plateau d’une balance et la mécanicienne n’a qu’à prendre les paquets, en achever la fermeture et à les jeter, au fur et à mesure, dans une manne sise à côté d’elle.
- et du. scaferlati. Dans leur ascension, les douilles rencontrent des fouloirs suspendus au bâti de la machine à l’extrémité d’un ressort à boudin. Ces fouloirs pénètrent dans lesdites douilles et compriment le tabac en bandant le ressort. Par la manœuvre du levier en sens inverse, l’ouvrière provoque la descente du piston avec son plateau et les deux paquets. Finalement la mécanicienne ferme et colle ceux-ci, dégage les douilles arrêtées au haut de leur course par deux taquets et les range dans des caisses.
- Le paquetage en 5 hectogrammes s’exécute de même,'mais les machines hydrauliques compriment seulement un seul paquet à la fois. Les rendements atteignent par jour, 2400 paquets de 5 hectos, 5600 paquets de 1 hecto, 5800 de 50 grammes et 4000 paquets-de 40 grammes.
- une douille mue par un levier oscillant, qui en rabat l’extrémité libre destinée à former le fond de la poche, 'k ce moment, divers organes appliquent une vignette gommée également et enroulée en-bobines contre le sac qui va se loger dans un alvéole creux en regard de l’orifice de sortie du tabac.
- D’autre part, une caissette verticale reçoit le tabac qui s’y déverse automatiquement et dans laquelle deux fouloirs à angle droit compriment le scaferlati avant de le repousser dans la douille creuse. Desservie par 5 ouvrières (2 peseuses et une mécanicienne), la paqueteuse Belot a un rendement presque double de la presse hydraulique. Le travail s’organise de la façon suivante : les peseuses mettent du scaferlati en quantité voulue sur le plateau d’une balance et des bobines de papier, de temps en temps. La mécanicienne n’a qu’à prendre les pa-
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- quets, en achever la fermeture et à les jeter, au fur et à mesure, dans une manne sise à côté d’elle.
- Il existe un appareil Derazey terminant le paquet de 5 hectos sans l’intervention de l’ouvrière et une machine Rose à fort rendement mais assez encombrante. Enfin avant d’emballer les paquets dans des tonneaux ou dans des caisses pour leur envoi aux services de la vente, il faut en vérifier l’aspect extérieur et le contenu. Ce contrôle se faisait soit par pesées à la main, soit au moyen de la balance automatique Dargnies qui effectue automatiquement le triage en paquets bons (compris dans les tolérances réglementaires), trop lourds ou trop légers. En 1912, M. l’ingé-
- nieur Provost a eu l’idée de supprimer cette vérification et de la remplacer par des primes données aux ouvrières peseuses d’après la dispersion de leurs pesées et l’écart du poids moyen. Ces essais furent poursuivis après la guerre sous l’impulsion de M. l’inspecteur général Blondeaux. M. Simon, directeur de la manufacture des tabacs de Riom, perfectionna l’application pratique du système des primes, qui, adopté actuellement dans presque tous nos établissements, procure au Trésor une économie importante par suite de l’exactitude plus grande des pesées.
- (A suivre.) Jacques Boyer.
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- Jusqu’à la veille de la guerre, les États-Unis encouragèrent le mouvement de l’immigration. Mais le chiffre de la population dépasse désormais le centième million (106 millions en 1918), et le rétablissement de la'paix laissait prévoir à bref délai une véritable inondation humaine, où les races considérées comme indésirables formeraient la majorité.
- Le pouvoir législatif s’empressa d’édicter des lois qui dresseraient une digue contre le flot annoncé. Actuellement, l’accès du territoire est réglé par des restrictions si sévères que la grande majorité des émigrants se déverse sur l’Amérique du Sud.
- Si les Etats-Unis se ferment à l’immigration humaine, ils ont organisé scientifiquement une autre immigration, celle des plantes utiles. Il nous a paru intéressant d’étudier la méthode employée, et d’exposer quelques-uns des résultats qu’elle a déjà produits.
- Auparavant, nous ferons remarquer que le terri toire continental des États-Unis, presque aussi vaste que l’Europe, jouit d’une grande variété de climats, qui s’étagent d’un climat sub-arctique à un climat tropical. Avec les possessions américaines, la gamme est complète, puisque les Philippines avoisinent l’équateur, et qu’une moitié de l’Alaska se trouve au delà du Cercle Polaire.
- Nous rappellerons encore que cet immense territoire — a world in itself — présente un aspect géographique d’une variété incomparable, avec ses vastes plaines bien arrosées, ses-régions montagneuses couvertes d’épaisses forêts, ses hauts,plateaux dénudés. A une heure de marche de la frontière orientale de la Californie, qui est peut-être le pays le plus fertile du monde, il suffit de traverser un col pour tomber dans un désert où règne une température saharienne.
- Jusqu’à la fin du siècle dernier, les agriculteurs américains se contentèrent de cultiver les plantes importées d’Europe : céréales, arbres fruitiers, plantes textiles. Quand nous aurons nommé le maïs, certains haricots, l’érable à sucre, nous aurons dressé la liste des espèces indigènes dont la culture
- fut continuée. Et l’on sait avec quelle rapidité nos espèces européennes s’acclimatèrent dans leur nouvelle patrie, puisque les États-Unis devinrent bientôt un des greniers du monde.
- Mais ces espèces ne suffisaient pas à la mise en exploitation de tous les climats variés que nous venons de mentionner. De vastes étendues demeuraient incultes ou ne donnaient que de faibles rendements, en l’absence du végétal— the right plant in the right. place ! — qui tirerait le meilleur parti de leurs conditions climatériques et de la constitution de leur terrain.
- Ce fut en 1897 que le Ministère de l’Agriculture américain s’attaqua résolument à un problème d’aussi grande envergure en créant une administration qui est certainement unique au monde : le Bureau of Plant Industry, bientôt complété par un Office of Seed and Plant Introduction. Comme l’indiquent suffisamment ces titres, il s’agit d’un organisme qui s’occupe,,dans un but industriel (ou utilitaire), de rechercher de nouvelles espèces et d’en poursuivre l’acclimatation aux États-Unis en s’en procurant des graines, des boutures ou des plants
- « Notre but, a écrit M. David Fairchild, l’un des éminents savants qui dirigent cette administration, est de trouver la plante qui, parmi toutes celles qui peuvent pousser sur un hectare de notre sol, donnera les meilleurs résultats. »
- Si ce programme tient en quelques lignes, il nous faudrait bien des pages pour en décrire les modes d’exécution! Et ce serait des livres que nous aurions à remplir pour exposer les résultats obtenus en un quart de siècle ! Nous ne pourrons donc donner ici que quelques indications.
- Le principal rouage du Bureau de l’Industrie de la Plante, c’est Yagricultural explorer, le botaniste expérimenté qui explore toutes les régions de la terre à la recherche d’espèces ou de variétés nouvelles et qui en expédie les semences ou les rejetons à Washington.
- Le Ministère de l’Agriculture possède des stations
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- nu jardins d’essais disséminés sur toute l’étendue du territoire. Une plante découverte, par exemple, en Indochine (climat chaud et humide) sera confiée à la station de Miami (Floride) tandis qu’une autre, provenant du Turkestan Chinois, sera expédiée à une station septentrionale. Si nous sommes exactement renseigné, le nombre de ces élablissemenls, appelés Plant Introduction Field Stations, serait de six.
- Malgré les minutieuses précautions prises par les explorateurs, beaucoup d’échantillons meurent en roule. Si les survivants s’adaptent bien à leur nouvel habitat, s’ils tiennent leurs promesses quant aux qualités vantées par leurs obtenteurs, les semences ou rejetons obtenus par la station d’essais sont mis à la disposition des agriculteurs et des botanistes.
- Dans ce but, le Ministère de l’Agriculture publie plusieurs périodiques qui tiennent tous les intéressés au courant des nouveautés.
- C’est d’abord une circulaire mensuelle tirée au multigraphe, intitulée Plant Immigrants, qui signale non seulement les espèces récemment, découvertes par les explorateurs du Bureau, mais aussi celles qui lui sont procurées et décrites par ses collabora-tors (ou correspondants attitrés).
- Un Bulletin trimestriel d’une centaine de pages, intitulé Inventory of Seeds and Plants im-jiorted, revise et complète les descriptions faites dans la circulaire mensuelle. Enfin, un catalogue annuel, appelé New Plant Introductions, et qui se publie chaque automne, dresse la liste de toutes les plantes nouvelles que le Bureau peut procurer aux intéressés.
- Il n’est pas exagéré de dire que ce Bureau de l’Industrie et de la Plante est devenu un facteur très important dans la prospérité des États-Unis, et qu’il a déjà augmenté de plusieurs millions de dollars les revenus annuels de la république.
- On lui doit, notamment, l’introduction de plusieurs espèces fruitières qui ont métamorphosé et enrichi plusieurs régions. Nous citerons en premier lieu le dattier, dont l’expatriation fut longtemps considérée comme une utopie.
- Il y a^ine vingtaine d’années, un des explorateurs du Bureau récemment fondé, M. David Faircbild
- (qui en est actuellement le directeur), parcourut une grande partie de la Perse, de l’Arabie et de l’Afrique du Nord, pour y étudier la culture du dattier et y recueillir de vivants échantillons de toutes ses variétés.
- Vers 1905, des plantations de daLtiers, comprenant plus de cent variélés, furent établies dans les régions désertiques de la Californie méridionale et de l’Arizona. Six années plus tard, soit en 1911, . la plupart de ces palmiers donnèrent des fruits, et l’événement fut considéré, non sans raisons, comme de haute importance. Car il donnait brusquement de la valeur à de vastes terrains qui, jusqu’à l’introduction du dattier, étaient totalement improductifs.
- Depuis cette date mémorable, la Californie du Sud est devenue un centre actif d’industrie dattière et les planteurs peuvent regarder l’avenir avec confiance. Grâce aux expériences des botanistes officiels, ils ont pu choisir à coup sûr les variétés à grand rendement et à exploitation facile, et leur choix semble s’être porté sur une race à tronc peu élevé dont les régimes sont cueillis à la main, sans l’aide d’échelles.
- Nous citerons encore le cas du kaki, ce fruit délicieux qui commence à être connu en France et qui est originaire de la Chine et du Japon, où l’arbre est cultivé depuis des milliers d’années. L’Amérique du Nord possède une espèce sauvage, le persimmons, dont les fruits sont sans valeur.
- Le Bureau of Plant Induslry s’avisa que la domestication de celte espèce indigène prendrait plus de temps et plus d’argent que l’introduction de plants exotiques cultivés, et il dépêcha en Extrême-Orient un de ses explorateurs, Frank N. Meyer, qui découvrit dans l’intérieur de la Chine plusieurs variétés remarquables par la beauté, la grosseur et la saveur de leurs fruits.
- Ces variétés ont prospéré admirablement aux États-Unis, où le kaki tend à devenir aussi populaire que la pomme. Leur sève est lente à se réveiller au printemps, propriété qui protège les arbres contre les brusques retours du grand froid. Dans certaines régions de l’intérieur, on a constaté que ces kakis d’origine chinoise résistent aux hivers rigoureux qui tuent tant d’autres arbres fruitiers.
- Fig. i. — Astragalus sinicus, luzerne trouvée prèi de Mokas haï, Chekiang (Chine).
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- Ce sont donc, au premier chef, des immigrants désirables! • «
- Nous nous ré&ervons de parler en détails, dans un prochain article, de l'introduction de l'avocatier, dont les fruits énormes, fort peu connus en France, sont remplis d’une pulpe qui a la couleur, la consistance et la saveur du beurre frais. C’est un autre explorateur agricole, M. Wilson Popenoe, qui', après avoir parcouru pendant plusieurs années les régions montagneuses de l’Amérique tropicale, de la frontière du Mexique jusqu’à l’Ecuador, a découvert des variétés de cette espèce éminemment utile qui se sont bien acclimatées en Californie et en Floride. Le sujet est d’autant plus intéressant que la lecture des travaux de M. Popenoe nous donne à croire que l’avocatier pourrait très probablement prospérer sur le littoral de la Provence, et qu’il s’acclimaterait certainement en Corse.
- Plutôt que de multiplier ces exemples, nous tracerons la biographie dé l’explorateur, agricole dont nous mentionnions le nom à l’instant : .Frank N. Meyer, l’homme de science et d’action que l’on a justement appelé « le héros de la botanique », tant à cause de ses beaux travaux que de sa fin tragique.
- D’.origine hollandaise, Mever était le fils d’un horticulteur de la région d’Amsterdam, et c’est dire qu’il avait subi dès l’enfance un entraînement méthodique. M. David Fairchild, qui fut son chef et son ami, a consacré à sa mémoire, dans le
- Fig. 2. — Pinus bungeana, vieux de Joo ans, près de Pékin.
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- Fig. 2. — Pistachier et autres arbres entourant le tombeau de Confucius, à Tchoufi (Chantoung).
- National Géographie Magazine, des pages émues auxquelles nous empruntons maints détails.
- Meyer avait l’amour des plantes et les traitait presque comme des êtres doués d’intèlligence. Il veillait affectueusement à leur bien-êtrè, et on le vit pleurer en constatant que la négligence d’un subalterne avait, mis en péril l’existence d’une plante qu’il chérissait. „
- Il ne se contentait pas d’étudier par le menu les caractères extérieurs d’une plante d’espèce nouvelle, il en détachait un fragment (feuille ou brindille) qu’il mâchait longuement et dont la saveur s’enregistrait pour toujours dans sa mémoire si curieusement spécialisée.
- Après un long stage au Jardin Botanique d’Amsterdam, i) s’en allait chercher fortune en Amérique, et entrait bientôt au service du Ministère de l’Agriculture. Lorsque, quelques années plus tard, le Bureau de l’Industrie de la Plante décida d’envoyer un explorateur en Chine à la recherche de nouvelles espèces, Meyer fut choisi autant pour ses profondes connaissances scientifiques que pour sa constitution robuste. Marcheur infatigable, c’était un jeu pour lui que de parcourir ses 60 km dans la journée.
- Parti en automne 1905, Meyer passa trois années en Chine, et ce premier voyage fut fertile en résultats. Son programme comportait, avant tout, l’obtention de variétés de kaki dignes d’être introduites aux États-Unis. Voici de quelle curieuse façon il atteignit son but :
- Fixé provisoirement à Pékin, il visitait chaque jour les marchés de la grande ville et de ses vastes faubourgs, guettait l’arrivée des paysans, surveillait leur étalage. Il achetait leurs plus beaux fruits, les
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- Fig. 4. — Poirier sauvage du nord de la Chine.
- goûtait, les disséquait, mais évitait de demander des renseignements aux vendeurs, sachant bien, par une expérience chèrement acquise, qu’il n’en obtiendrait que défaussés indications. Les paysans se méfiaient de ce « diable étranger » qui passait tout son temps à courir les marchés et à déguster des fruits !
- Quand son choix s’était arrêté sur un fruit, il « filait » le vendeur, à son départ de Pékin, s’attachait obstinément à ses pas, prêt à le suivre à n’importe quelle distance. Parfois, après avoir marché toute une journée, il avait la déception de constater que l’homme n’était qu’un revendeur. Mais, s’il avait affaire avec un véritable cultivateur, il ne tardait pas à découvrir l’arbre dont provenaient les fruits convoités. Et ce fut ainsi, en suivant patiemment un paysan qui l’entraîna jusque dans la vallée des Tombes des Ming, qu’il découvrit le tamopan, variété de kaki dont les fruits, d’un diamètre de 10 cm, sont sans pépin.
- D’immenses plantations de cette variété ont été constituées aux États-Unis, grâce aux plants obtenus par Meyer.
- Nous citerons une autre anecdote rapportée par M. David! Fairchild.
- Un matin d’automne,Meyer voit
- passer dans une rue de Pékin un revendeur qui porte dans ses paniers des pêches d’une grosseur monstrueuse, pesant chacune une livre. Il fait au marchand des offres qu’il décline; ces beaux fruits ont été retenus par un puissant mandarin. Mais notre explorateur ne se tient pas pour battu! Des pêches de cette taille, et qui mûrissent en automne ! Il en obtiendra des noyaux coûte que coûte !
- Il apprend bientôt que ces fruits magnifiques sont connus dans la région sous le nom de « pêches de Fei », et que les arbres sont cultivés dans un village du même nom, à plusieurs journées de marche de la capitale, dans la Province de Chan-toung. Il fait le voyage, mais se heurte à la méfiance des paysans, qui refusent de lui vendre des plants à n’importe quel prix, car ce pêcher, cultivé sur leurs petites fermes depuis d’innombrables générations, leur assure une sorte de monopole, dont ils se montrent fort jaloux.
- Vainement, Meyer revient à Pékin pour en rapporter une lettre de recommandation à l’adresse du chef du village. Une troisième fois, puis une quatrième, il refait le long et pénible voyage, sans triompher de l’hostilité des paysans. Et il dut se rabattre sur une solution héroïque : il acheta une ferme, dont tous les pêchers furent expédiés à Washington! Cette splendide variété s’est fort bien accommodée du climat de plusieurs régions américaines, particulièrement dans le Sud-Ouest de la république.
- Parmi les nombreuses trouvailles faites par Meyer au cours de ce premier voyage, M. David Fairchild accorde une mention spéciale à une race d’épinards qu’il découvrit dans l’intérieur de la Chine, et qui jouit de cette précieuse propriété de pousser et de prospérer au cœur de l’été, c’est-à-dire à une époque de l’année où toutes les autres variétés connues
- Fig. 5.
- Cerisier sauvage (Prunus microcarpa), découvert far F.-N. Meyer dans le Turkestan.
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- montent en graine. La pincée de semences que Meyer expédia de Ly.ao-yang en 1906 a déjà rapporté aux fermiers américains des millions de dollars.
- Cette première campagne faillit se terminer d’une façon tragique. Alors que Meyer se trouvait à Kharbin (Mandchourie), il fut attaqué par deux bandits russes. Il tua un de ses agresseurs et mit l’autre en fuite.
- La deuxième campagne, ouverte en 1909, fut peut-être encore plus fertile que la première. Meyer découvrit notamment un jujubier dont on dit que son introduction aux États-Unis a été comme une révolution dans l’industrie fruitière de ce pays.
- Cette espèce aux fruits exquis fleurit si tard que les fleurs ne sont pas exposées aux gelées printanières qui déciment les vergers de plusieurs régions. Dans le Texas et la Californie du Nord, de nombreux planteurs, découragés par plusieurs mauvaises années successives, ont abandonné toute autre culture pour se consacrer exclusivement à celle du jujubier chinois et le succès qu’ils obtiennent est considérable.
- Au cours de cette même campagne, Meyer découvrit près de Paodji, dans le Kansou, un pêcher sauvage (Amygdalus potaxinï) qui pourrait bien être l’ancêtre de nos pêchers domestiques. Cette découverte est probablement de haute importance, car cet arbre survit aux grands froids et aux longues sécheresses, et les experts du Bureau of the Plant Industry poursuivent des essais dans le but de greffer de belles, espèces cultivées sur cette espèce
- illMSSÉl
- • Fig. 7- — Kachbek {Caucase),
- où M. F.-N. Meyer découvrit de nombreuses plantes herbagères nouvelles.
- Fig. 6. — Fourrages de l’oasis di Merv (Turkestan).
- sauvage, ce qui créerait des variétés susceptibles de prospérer dans des régions montagneuses et froides.
- Nous allongerions démesurément cet article si nous nous laissions entraîner à parler de toutes les autres trouvailles de Franck N. Mëyer. Nous ne mentionnerons, à l’actif de sa deuxième campagne, que les obtentions les plus importantes : un châtaignier de la province de Chilhi, réfractaire aux maladies qui détruisent cet arbre en Europe et en Amérique ; un citronnier nain, qui prospère dans un pot tout eu donnant de beaux fruits; des bambous comestibles, qui se sont bien acclimatés dans le sud des Etats-Unis.
- Troisième expédition en 1910, et, cette fois, dans le Turkestan chinois, région qu’il est le' premier botaniste à explorer. Meyer y récolte un énorme butin d’espèces nouvelles, dont un peuplier qui pousse en plein désert. Malheureusement, les distances considérables, les mauvaises routes, l’extrême lenteur des communications, conspirent contre lui, et la plupart des plants succombent au cours du voyage. Ceux qui survivent suffiront, néanmoins, à rendre la campagne fructueuse, car Meyer rapporte un mélèze qui s’acclimatera dans les régions froides ; un poirier, qui prospérera dans les vallées les plus torrides ; de nouvelles variétés de blé, d’orge et de luzerne.
- L’infatigable explorateur repart en 1914 pour pénétrer dans le Tibet. Abandonné par tout le personnel chinois de sa caravane, qui redoute les soldats tibétains, il doit rebrousser chemin, et parcourir seul, à pied, des]régions infestées par des bandits.
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- 218 ======== PRODUCTION DE LUMIÈRE PAR LES PLANTES
- Des soldats chinois l’accusent d’espionnage. Sans l’intervention d’un puissant mandarin militaire, il serait fusillé.
- Frank N. Meyer ne rapporte de cette fâcheuse campagne que les fruits d’un amandier qui se contente des terres les plus pauvres. Plusieurs régions montagneuses des Etats-Unis sont maintenant couvertes de milliers d’amandiers qui proviennent des semences introduites par Meyer.
- Il repartit en Chine à la fin de 1916, mais avec moins d’enthousiasme, comme s’il avait l’intuition qu’il ne reverrait pas ses amis. Ses malheurs commençaient peu de temps après son débarquement. Tombant en pleine révolution, il fut arrêté plusieurs fois par des bandes de rebelles, qui menacèrent de le fusiller. Réfugié à Kingmen, petite ville fortifiée de l’intérieur de la Chine, il y subit un siège de trois mois, durant lequel il contracta des troubles nerveux.
- Cependant, dès la fin du siège, il parlait en exploration dans la haute vallée du Yang-tsé-kiang, mais tombait gravement malade. Sa robuste constitution reprenait le dessus. Et il se remettait au travail. Durant les premiers mois de 1918, le Ministère de l’agriculture recevait à Washington de nombreux échantillons de plantes découvertes par Meyer.... Puis, le silence se fit.... Des mois s’écoulèrent dans l’attente de ses nouvelles....
- Ce ne fut que vers la fin de 1918 que le mystère commença à s’éclaircir, à la suite de l’enquête entreprise par les agents consulaires américains; l’intrépide explorateur avait disparu, le soir du 2 juin 1918, alors qu’il se trouvait, à bord du vapeur qui le ramenait à la côte en redescendant le Yang-tsé-kiang.
- Et c’est là le seul fait précis que l’on connaisse à cette date sur la fin du malheureux botaniste : il disparut dans la soirée du 2 juin, après le dîner, laissant à bord du navire ses malles et valises,'qui furent retrouvées intactes, ainsi que des colis de
- plantes qu’il comptait bien rapporter à Washington. Fut-il assassiné par un passager chinois, qui jeta son cadavre dans les eaux boueuses du grand fleuve?... Affaibli par la maladie, fut-il pris de vertige en se penchant sur le bastingage? .. Malgré toutes les recherches ordonnées par le Gouvernement américain, son corps ne fut pas retrouvé. A l’époque, le bruit courut que Meyer s’était noyé en traversant un gué. Mais on voit que sa fin fut plus mystérieuse et plus dramatique.
- Sous quelque angle que l’on étudie sa vie, il faut convenir que Frank N. Meyer fut un des plus grands botanistes de notre époque, et que personne n’a découvert autant de plantes nouvelles que lui. Son nom, devenu le nom générique de nombreuses plantes qu’il fut le premier à décrire, a conquis l’immortalité.
- Ce n’est pas sans une vive émotion que nous ajouterons ce détail : avant d’entreprendre son dernier voyage, il avait rédigé un testament par lequel il léguait à ses collaborateurs et amis du Bureau of Plant Induslry la plus grande partie de son avoir.
- A la décision unanime des intéressés, le legs a été consacré à la fondation d’un prix annuel, appelé la Médaille Frank N. Meyer, qui récompensera les savants, à quelque nationalité qu’ils appartiennent, qui se seront signalés dans l’obtention ou l’acclimatation de plantes nouvelles.
- Ce prix envié a été décerné déjà deux fois. Nous sommes heureux de dire que le deuxième bénéficiaire est un savant français, M. h Dr L. Trabut, directeur du Jardin botanique d’Alger, et correspondant attitré du Bureau of Plant Induslry.
- Nous ne saurions omettre de mentionner que toutes les photographies publiées sur ces pages sont l’œuvre de Frank N. Meyer, et que nous sommes redevables de leur communication .à la bienveillante intervention de M. Wilson Dopenoe, l’explorateur agricole dont nous avons mentionné le nom au cours de cet article. Y. Forbin.
- PRODUCTION DE LUMIERE PAR LES PLANTES
- Pour compléter ce que nous avons dit précédemment (n° 2574) de la production de chaleur par les plantes, nous devons dire quelques mots sur des phénomènes qui rentrent un peu dans la même catégorie, à savoir la production de lumière par les végétaux.
- Pour la production de lumière par les plantes à fleurs (phanérogames), la chose sera vite faite puisqu’elle n’existe pour aucune espèce. La seule observation que l’on possède à cet égard est due à la fille de Linné qui prétend avoir vu, par une journée chaude et sèche, des fleurs de capucine émettre des lueurs. Il est difficile — et ce serait, d’ailleurs, peu galant — de mettre en doute cette affirmation ; mais on ne peut s’empêcher de remarquer que, depuis, des milliards do personnes ont vu plusieurs milliards de capucines et que, jamais, — du moins à ma connaissance — le même phénomène n’a
- été observé. Si l’observation de Mlle Linné est exacte, c’est-à-dire si elle n’est pas due à une imagination excessive, il semble qu’on puisse, peut-être, l’attribuer à des aigrettes lumineuses d’origine électrique qui, tels les « feux Saint-Elme », se seraient formées sur le bord des pétales par suite d’un ensemble de circonstances tout à fait exceptionnelles qui ne semblent pas s’être à nouveau rencontrées depuis, ce qui est bien étonnant.
- On peut aussi signaler, chez les autres phanérogames, le fait que certains latex — on désigne par ce nom la sorte de lait s’écoulant de quelques tiges brisées — peuvent devenir lumineux à l’obscurité, mais la chose demande à être confirmée el, si elle existe véritablement, à être précisée. S’il en est ainsi, peut-être pourra-t-on montrer que ladite lumière provient de changements moléculaires ou de certaines cristallisations au sein du
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- LES CONSÉQUENCES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITE ==
- bitex, lequel est constitué par un mélange complexe de diverses substances appartenant, su'lout, au groupe mal défini des « caoutchoucs ».
- Les seuls végétaux nettement lumineux par eux-mêmes se rencontrent, exclusivement, chez les cryptogames. Parmi les Algues, il convient de signaler, particulièrement, divers Péridioicns (4), êtres presque microscopiques — quoique d’organisation assez complexe — qui se déplacent, par leur propres moyens, dans l’eau. Il est à noter que les Péridiniens {Péridium, Ceralium) lumineux sont tous marins tandis qu’aucune des espèces d’eau douce n’est phosphorescente.
- Le groupe qui contient le plus d’espèces lumineuses est celui des bactéries, qui en compte, au moins, une trentaine. Ces espèces vivent, par exemple, à la surface des viandes plus ou moins avariées : c’est là que Fabricius les a signalées en 1592, mais sans, naturellement, en connaître la véritable nature puisque, dans ces temps lointains, on ignorait encore les microbes ; Fabricius avait remarqué que celte luminosité pouvait se transmettre d’un milieu à un autre par le contact des doigts. Depuis, Raphaël Dub ns a montré qu’il s’agit là de bactéries aérobies et que leur luminosité croit avec la température. En outre, Molisch a fait voir que la luminosité est plus fréquente avec la viande de bœuf qu’avec la viande de cheval et que les cultures sur le lait, la viande, le bouillon, ne sont lumineuses que lorsque ces milieux renferment au moins 5 pour 100 de chlorure de sodium.
- Ces bactéries semblent avoir aussi pu rendre lumineux certains cadavres humains, mais le fait paraît rare et tout à fait exceptionnel. Il est, d’ailleurs, à noter que celte phosphorescence n’est nullement liée à l’état de putréfaction de la viande, car elle a pu être constatée sur des viandes presque saines et aussi sur les saucisses, même lorsqu’elles ont été conservées à — 14°, température à laquelle la putréfaction n’est pas possible. Certains animaux vivants peuvent, d’ailleurs, être phosphorescents par suite de la présence de bactéries lumineuses dans leurs tissus : le fait est, par exemple, fréquent chez les Talitres, petits crustacés, et Giard, a pu rendre lumineux des Talitres qui ne l’étaient pas en leur inoculant des sucs provenant de Talitres qui étaient, à l’état naturel, phosphorescents.
- Un savant russe a pu aussi rendre lumineuses des Gre-
- 1. On en trouvera de nombreux dessins dans l’album que j’ai publié sous le nom : Les Algues du Globe, et qui vient d’être terminé.
- nouilles en leur injectant des bactéries phosphorescentes dans les sacs lymphatiques de la région dorsale, ce qui les laissait en bonne santé.
- On a aussi signalé des chairs lumineuses chez les poissons marins et constaté que cette phosphorescence peut être transmise par contact à celles des poissons d’eau douce qui, à l’état naturel, ne le sont jamais. De même on a pu rendre lumineux, de la même façon, des insectes, des vers et même des tubercules de pommes de terre.
- D’autres bactéries lumineuses vivent librement dans la mer et ont été très étudiées, ce qui fait qu’elles sont aujourd’hui bien connues, il y en a bien une dizaine d’espèces; ce sont, en partie, elles qui rendent la mer phosphorescente, phénomène dû aussi, comme on le sait, à de nombreuses espèces animales.
- Il arrive, quelquefois, que les bois morts et à demi décomposés sont lumineux; la chose n’est pas rare et, pendant la guerre, un de mes amis m’en a, par exemple, envové un fragment qu’il avait rencontré en creusant, des tranchées, lïagnml qii, d’ailleurs, m’est arrivé complètement obscur : il avait bien voulu briller pour un poilu, mais refusait de le faire pour un vulgaire civil, dont le cœur, cependant, était au front....
- Celte luminosité du bois n’est pas due à lui-même, mais à des filaments clc champignons qui l’envahissent et aident à sa décomposition.
- Chez un champignon à chapeau bien connu, l’Armil-laire de miel (ainsi nommé parce qu’il est de la couleur du miel et non parce qu’il est sucré), il est fréquent de voir les filaments épais et enchevêtrés (rhizomorphes) de la base briller d'une douce clarté. Chez d’autres Champignons, c’est le chapeau lui-même, tout entier, ou seulement par ses feuillets, qui est lumineux, ainsi que beaucoup de mycologues l’ont constaté chez le Pleurote de l’olivier, le Polypore pourpre, une espèce de Tramelès. Une telle luminosité n’est pas due, comme on pourrait le croire, à l’envahissement par des bactéries phosphorescentes : les champignons élevés en culture pure, sont tout aussi lumineux, même peut-être plus qu’à l’état naturel. Du bois pourri, Molisch a isolé une espèce qui, en culture aseptique, est demeurée lumi-j neuse pendant deux ans. Je regrette, ne le sachant pas, i de ne pouvoir dire de quelle espèce il s’agit en réalité. C’est aussi à des filaments mycéliens d’espèces mal connues qu’il faut attribuer la phosphorescence des feuilles humides, surtout dans les régions tropicales.
- Henri Codpin.
- UNE NOUVELLE VÉRIFICATION ASTRONOMIQUE DES CONSÉQUENCES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- Depuis quatre ou cinq ans les théories relalivisles ont fait couler des (lois d’encre et ont suscité une discussion passionnée. Tantôt ce sont les mathématiciens qui s’efforcent de développer encore l’appareil logique qui constitue l’armature de la nouvelle théorie, ou de découvrir dans la structure de l’édifice quelque point faible, susceptible de provoquer son effrondrement. Les philosophes, d’autre part, essaient de concilier les généralisations révolutionnaires, introduites par les idées d’Einstein, avec
- nos antiques conceptions cosmologiques, ou de prouver leur incompatibilité. Pendant ce temps, astronomes et physiciens se préoccupent de vérifier les conséquences astronomiques et physiques et, en dernier ressort, statueront sur la légitimité de la nouvelle théorie.
- C’est auprès de ces derniers que nous conduirons aujourd’hui nos lecteurs. Nous pénétrerons dans le sanctuaire si fermé de la recherche astronomique. Nous verrons les astronomes à l’œuvre durant la
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- 220 ===== LES CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE LA RELATIVITÉ
- dernière éclipse solaire totale, et nous étudierons les précieux résultats d’observation qui viennent d’être acquis.
- Rappel d’une conséquence du principe de relativité généralisée. —Einstein, on le sait, en application du fameux principe de relativité généralisée, a montré que ce dernier conduisait* à la conclusion particulière suivante : les rayons lumineux ne se propagent généralement pas en ligne droite dans les champs de gravitation. Un rayon lumineux, passant au voisinage d’un corps céleste, doit être courbé vers celui-ci.
- Cette courbure des rayons lumineux, calculée d’après la théorie de la relativité généralisée, est, certes, extrêmement petite dans les champs de gravitation dans lesquels nous faisons nos expériences. Mais elle doit atteindre, par contre, 1,7 seconded’arc pour les .rayons lumineux qui se propagent tangen-tiellement au Soleil et l'angle de déviation a doitavoir
- , , . , 1,7 seconde
- une valeur égalé a a =---------^------pour un rayon
- lumineux qui passe à une distance du Soleil égale à D rayons de celui-ci.
- Ce résultat, a noté Einstein, est très important^), car on peut le vérifier expérimentalement en prenant des photographies des étoiles voisines du Soleil au moment d’une éclipse totale : il faut attendre une éclipse, parce qu’à tout autre moment l’atmosphère est si brillamment illuminée par la lumière du Soleil, que les étoiles voisines sont invisibles (2).
- La figure! ci-contrefait comprendre facilement ce qui se passe. Sans la présence du Soleil S on verrait une étoile située pratiquement à l’infini dans la direction Rr Mais par suite de l’action exercée par le Soleil on la voit dans la direction R2, c’est-à-dire à une distance plus grande du centre du Soleil qu’elle n’est en réalité.
- La vérification expérimentale peut donc s’effectuer facilement de la façon suivante : on photogra-graphie les étoiles dans le voisinage du Soleil au moment d’une éclipse totale. On prend ensuite une seconde photographie des mêmes étoiles lorsque le Soleil occupe une autre position dans le ciel (c’est-à-dire quelques mois plus tôt ou plus tard). Les images des étoiles, prises au moment de l’éclipse de Soleil, doivent être déplacées radialement vers l’extérieur (en s’écartant du Centre du Soleil), d’une quantité correspondant à l’angle a, par rapport à la photographie de comparaison.
- Ainsi la solution de ce problème est très simple en apparence : nous allons voir combien sont nombreuses les difficultés auxquelles on se heurte pratiquement.
- 1. Ce résultat est encore très important, à un point de vue principalement spéculatif, mais qui est moins lié aux observations que nous voulons décrire aujourd’hui.
- 2. Les travaux de M. Hamy sur la photographie des étoiles en plein jour font espérer qu’il sera peut-être possible un jour de répéter de telles observations sans attendre une éclipse totale de Soleil.
- Une première vérification de la déviation des rayons lumineux. — La Société Royale Astronomique britannique a fait, en 1919, un premier essai de vérification de cette conséquence importante de la théorie de la relativité.
- Sans se laisser arrêter par les difficultés créées par l’état de guerre, cette Société a envoyé plusieurs de ses astronomes les plus distingués (Eddington, Crommelin, Davidson) en mission, pour photographier l’éclipse de Soleil du 29 mai 1919 à Sobral (Brésil) et dans l’ile Principe (ouest de l’Afrique). Les écarts auxquels il fallait s’attendre entre les photographies prises au moment de l’éclipse et les photographies de comparaison s’élevaient seulement à quelques centièmes de millimètre. Il fallait donc se montrer très exigeant quant à la précision des photographies et à celle de leur mesure. Les résultats de cette dernière se sont trouvés en assez bon accord avec le calcul selon la théorie relativiste. Einstein a même écrit que la confirmation était on ne peut plus satisfaisante.
- Y a-t-il lieu de se montrer aussi optimiste? En fait, divers auteurs, et en particulier M. Esclangon, Directeur de l’Observatoire de Strasbourg, ont montré qu’il fallait être prudent. Tout d’abord l’insuffisance du nombre des observations peut permettre encore quelque hésitation. Certes, en introduisant l’effet Einstein, on rend assez bien compte des déviations mesurées, mais une étude critique très serrée des mesures et des réductions montre que l’on ne peut pas affirmer que la loi de déviation d’Einstein est nécessairement la meilleure. On peut même dire avec Zappa que, vis-à-vis des clichés britanniques, un grand nombre de lois de dévia-lion, dont certaines très éloignées de la formule d’Einstein, donnent la même précision que la loi fournie par la théorie de la relativité, avec cette remarque, que pour toutes, y compris celle d’Einstein, la représentation est mauvaise. En résumé, conclut M. Esclangon, d’un nombre aussi limité de clichés, se rapportant en somme à une observation unique,, pouvant comporter nécessairement des erreurs systématiques diverses, aucune conclusion certaine ne saurait être tirée.
- Si l’on se borne à ces clichés, la formule de déviation d’Einstein ne rend pas mieux compte (ou même moins bien) des déplacements des images, que beaucoup d’autres, qui en sont très éloignées et très différentes. Et il y a des écarts par rapport aux diverses lois, qui peuvent correspondre à des déplacements systématiques d’images provenant soit des appareils, soit des conditions dans lesquelles ont été faites les observations, soit des méthodes de mesure des clichés.
- En fin de compte le nombre des observations de ce genre n’est pas suffisant ; on ne peut tirer du cas isolé des clichés britanniques aucune loi certaine de déviation des rayons au voisinage du Soleil, et on ne peut y voir une vérification définitive de la formule d’Einstein %
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- Une nouvelle vérification en 1922. — Tout ceci a prouvé qu’il y avait lieu de multiplier les photographies d’étoiles durant les éclipses. La première occasion nouvelle se présentait en septembre 1922, mais dans des conditions moins favorables qu’en 1919. Diverses missions se formèrent pour aller observer le phénomène dans les points les plus favorisés du globe. II y eut en particulier une mission germano-hollandaise à l’île Ghristmas, à l’ouest de l’Australie, et au sud de Java, et une mission américaine à Wallal, dans l’Australie Occidentale. La première ne réussit à faire aucune observation pendant l’éclipse, car le ciel fut presque complètement nuageux. La seconde dirigée par M.W. W. Campbell, Directeur de l’Observatoire de Lick, au mont Hamilton, aux Etats-Unis, a été plus favorisée : elle a pu faire de brillantes observations dont nous donnons ci-dessous un compte rendu d’après les renseignements fournis par M. Campbell lui-même, et par M. Trumpler, son principal collaborateur dans ce travail.
- Les erreurs systématiques à éviter. — Comme l’avait noté M. Esclangon, une foule d’erreurs systématiques sont susceptibles de déformer les résultats des mesures directes et de fausser et de rendre inintelligible leur interprétation.
- Toutes ces causes d’erreur ont été bien étudiées par les astronomes et les physiciens depuis l’expérience britannique de 1919, et les principales d’entre elles ont été résumées parM. Campbell.
- Il faut se défier tout d’abord des distorsions, introduites, dans la reproduction du champ stellaire photographié, par le système optique des instruments utilisés, et éviter dans de tels systèmes l’emploi de miroirs qui sont facilement déformés par suite des. inévitables changements de température se produisant durant les éclipses totales.
- Il y a d’autre part une source d’erreur due à
- . Fig. 1. — Schéma montrant comment sont déviés les rayons lumineux passant au voisinage du Soleil.
- l'illumination inégale du fond du ciel, dont l’intensité diminue graduellement quand la distance au Soleil croît. La pellicule de la plaque photographique peut subir des distorsions systématiques durant son séchage, d’autant plus que la partie plus noire correspondant à l’image de la couronne solaire a tendance à sécher plus vite.
- Des anomalies s’introduisent aussi dans la réfraction de l’atmosphère terrestre : ces dernières sont encore consécutives aux inévitables variations de température accompagnant l’éclipse.
- Il faut enfin tenir compte des effets de réfraction dans l’atmosphère solaire proprement dite et d’un phénomène observé par Courvoisier, dit réfraction annuelle : ce dernier consiste en un déplacement apparent des étoiles vers l’extérieur du Soleil.
- En vue d’assurer la plus haute valeur possible à leurs observations, MM. Campbell et Trumpler se sont efforcés d’éliminer par de nombreuses précautions particulières toutes ces erreurs systématiques : il serait trop long d’entrer ici dans le détail de ces précautions, qui intéressent plutôt les astronomes désireux de reprendre à nouveau la même expérience.
- Autres difficultés. — A toutes ces difficultés d’ordre théorique vinrent encore s’en ajouter d’autres qui étaient inhérentes à l’éclipse spécialement considérée.
- Tout d’abord les conditions particu-
- Fig. 2. — Einstein photographié parmi les membres du personnel de VObservatoire Yerkes aux États-Unis.
- L’instrument est la grande lunette de 1 mètre d’objectif de cet établissement.
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- Fig. 3 — I.e professeur W.-W. Campbell, directeur de VObservatoire de Uck. au Mont Hamillon, aux États-Unis.
- Hères de la œiss’on n'ont pas permis de tirer les clichés de comparaison (non affeciéspar le champ de gravitation du Soleil), à la station de l’éclipse elle-même. Ces observations de comparaison ont dù être elï’ectuées au mois de mai précédant l’éclipse, à l’ile de Tahiti, ce qui a entraîné le démontage, le transport et le remontage des télescopes, entre les deux séries d’observations à comparer. Une précaution spéciale a été prise pour contrôler les perturbations introduites par cette circonstance.
- D’autre part l’éclipse de septembre 1922 s’est présentée dans des conditions beaucoup moins favorables que celle de 1919.
- Le champ stellaire de la première fut très pauvre en étoiles brillantes : il n’y avait même que deux étoiles plus brillantes que la 9e grandeur situées à moins de 1° du centre du Soleil, tandis qu’en 1919, 7 étoiles plus brillantes que la 6e grandeur se trouvaient dans un champ analogue. Il a donc fallu s’efforcer de photographier des étoiles aussi faibles que possible. Heureusement, on a pu profiter de la circonstance suivante : un léger voile de la plaque permet d’atteindre de plus faibles étoiles que dans des circonstances normales.
- MM. Campbell et Trumpler ont donc recherché expérimentalement, au préalable, la limite de temps d’exposition qui donne les meilleurs résultats, car au delà d’une certaine limite le voile produit par le fond lumineux du ciel s’intensifie trop et devient nuisible. La durée trouvée pour l’instrument utilisé fut de 2 minutes et a donné des images stellaires mesurables jusqu’à la grandeur 10.5.
- Instruments utilisés. — On pourrait croire a priori que de puissants astrographes sont nécessaires pour réaliser la vérification de la conséquence d’Einstein : il n’en est rien. Les instruments emportés par MM. CampheT et Trumpler étaient de petils instruments : deux objectifs photographiques de 15 pieds (5 mètres) et de 5 pieds ( I m. 65) de longueur focale, ayant seulement 5 pouces (15 centimètres) d’ouverture.
- Ces objectifs furent montés sur une charpente rectangulaire rigide de bois et d’acier, recouverte de toile caoutchoutée. Le porte-plaque était fixé par des vis de réglage et de serrage,; quant à l’obturateur, il était constitué par une simple calotte d’objectif monté sur des ficelles. Les p’aques étaient taillées dans des glaces carrées de 45 centimètres de côté, et de 6 mm. 5 d’épaisseur. Une lunette guide était constituée par un objpctif visuel de 10 centimètres d’ouverture et de 5 mètres de longueur focale, monté sur un tube de bois accolé à la chambre photographique. La plus grande partie de la monture équatoriale de l’instrument était en bois, avec des pièces de réglage métalliques. Un dispositif d’horlogerié, 1res ingénieux et très simple, donnait à l’ensemble des lunettes un mouvement de rotation correspondant au mouvement diurne céleste.
- En somme, ce qu’il faut admirer dans cette installation c’est la simplicité des matériaux mis en œuvre, avec une habileté et un débrouillage tout américains.
- L’instrument, naturellement, fut construit en pièces facilement portatives; ses diverses parties furent marquées en vue de rendre toute erreur impossible, et l’installation, soit à Tahiti, soit à Wallal, s'effectua suivant un plan minutieusement étudié et ne rencontra aucune difficulté.
- Les observations à Tahiti et à Wallal. — M. Trumpler arrive à Tahiti le 11 avril. H installe les instruments à Papeete, dans le jardin d’une maison privée, et aménage une chambre noire. Du 7 au
- Hg. 4.
- Vue d’ensemble de l'installation à Wallal de la mission Crocker dirigée par le professeur Campbell.
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- 20 mai il peut photographier la région stellaire de l’éclipse, non encore perturbée par le champ gravitationnel du Soleil, qui se trouve à ce moment dans un autre endroit du ciel. Une photo est prise aussi d’un champ auxiliaire, contrôle, qui permettra de vérifier dans quelle mesure on a pu éviter les diverses erreurs systématiques.
- Dans la même nuit de 9 h. 40 à 10 h. 50 il faut tirer le champ de l’éclipse, puis attendre que le champ contrôle ait la même hauteur au-dessus de l’horizon et de 4 h. à 4 h. 50 du malin on peut en effectuer une photographie. Les poses à Tahiti sont portées à 5 m. au lieu de 2 m. à Wal-lal, car la transparence de l’air est moins bonne.
- Les instruments sont ensuite démontés et embarqués pour l’Australie. A Wallal, tout est prêt à la date fixée. Les observations du 21, jour de l’éclipse, comportent la photographie du Soleil éclipsé dans la journée, et le soir celles du champ stellaire auxiliaire. Le 20 on commence par assurer ces dernières photographies, pour le cas où la soirée du
- 21 serait nuageuse.
- * Le 21 le temps est beau : 25 minutes avant la totalité de l’éclipse, on ouvre le toit de la salle d’observation. Avec un petit chercheur, on effectue un premier pointage du télescope sur le croissant solaire. 50 secondes seulement avant le commencement de la totalité apparaît dans le télescope-guide l’étoile p de la Vierge, qui est indispensable pour effectuer un pointage exact des instruments. Ceux-ci sont réglés en toute vitesse, et 10 secondes après le début de la totalité commence la première pose de deux minutes. Sitôt terminée, on change de plaque : en 50 secondes on réussit à effectuer cette opération, et à amortir les vibrations inévitables des instruments. La nouvelle pose est de 2 min. 5 s. et prend fin 10 secondes seulement avant la fin de la totalité de l’éclipse.
- 11 n’est pas nécessaire d’être professionnel pour comprendre combien de sang-froid nécessitent de
- Fig. 6. — Le Soleil éclipsé el Ix Couronne Solaire x l’éclipse du 21 septembre 1922.
- Fig. 5 — L’instrument photographique avec lequel Jurent tirés les clichés pour Ix vêrijicalion de Ix déviation des rayons lumineux.
- telles observations : une fausse manœuvre de quelques secondes peut, dans une telle occurence, faire perdre le fruit de plusieurs mois de préparation et d’un long voyage.
- De grandes précautions doivent encore être prises au développement, car il ne faut pas abîmer des clichés qui ont été si difficiles à obtenir. Une série d’expériences avait, en conséquence, été effectuée avant le départ pour étudier les meilleurs développements, et le temps du développement le plus convenable. Il faut surtout lutter contre une tendance psychologique intense à raccourcir la durée du développement, par suite de la rapidité avec laquelle la couronne solaire atteint son intensité : en fait, la durée du développement des étoiles vaut au moins dix fois le temps nécessaire à l’apparition de la couronne.
- Sur tous les clichés obtenus a l’éclipse, celte dernière est très intense : ses traces s’étendent à enxiron 1°15' du centre du Soleil. La plus faible étoile avec image mesurable est de la grandeur photographique 10 m. 8 tandis que dans la partie la plus dense de la couronne (à moins de 50' du limbe du Soleil) les étoiles de grandeur 9,5 se montrent très difficilement.
- Les mesures et les résultats. — Les précieux clichés ainsi obtenus furent rapportés à l’Observatoire du Mont llamilton, et là ils furent mesurés séparément par MM. Campbell et Trumpler, à l’aide de l’une de ces machines à mesurer les clichés dont l’emploi est si répandu maintenant dans les observatoires. Plus de 50000 pointés furent ainsi effectués par ces deux astronomes.
- Nous ne rentrerons pas dans le détail de la technique de ces mesures et dans celui de leur réduction, ce qui dépasserait le cadre de cet article. Notons, seulement, que la discussion des mesures fut faite sans aucune supposition, a priori, sur la loi selon laquelle les déviations des rayons lumi-
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- LES CONSÉQUENCES DE LA THEORIE DE LA RELATIVITÉ
- Fig.
- Déplacement
- radial
- — Carte stellaire de l’éclipse solaire totale du 21 septembre 1922 contenant 92 des étoiles actuellement mesurées.
- Les tirets, tracés à partir de chaque étoile, donnent la direction des déplacements observés : leur longueur est proportionnelle à ces déplacements. Sur cette carte sont représentés : le disque du Soleil au centre, puis la partie brillante de la couronne et ensuite la limite des plus faibles traces de la lumière coronale. (L’échelle de gauche est celle de la carte, l’cchelle de droite est celle des déplacements des étoiles.)
- neux diminuent, quand la distance angulaire des étoiles au centre du Soleil croît. 118 étoiles furent ainsi mesurées : ce nombre laisse bien loin celui des 7 étoiles de la mission britannique de 1919. Toutes les déviations mesurées sont représentées surlafïgure 8. Les déplacements radiaux ainsi observés sont en remarquablement bon accord avec les déplacements prévus par la théorie d’Einstein. Même les étoiles de 1° 25 à 2° 25 du centre du Soleil, qui se trouvent en dehors de toute trace de la couronne, montrent des déviations très nettes, et il est difficile de prétendre là qu’il s’agit d’un effet de l’atmosphère solaire. Une représentation graphique de la coïncidence entre les déviations observées et prédites est donnée dans la figure 9.
- En adoptant la prédiction d’Einstein, selon laquelle les déplacements sont inversement proportionnels à la distance au centre du Soleil, on peut déterminer à l’aide des mesures la déviation p pour les rayons rasant le limbe du Soleil.
- MM. Campbell et Trumpler trouvent ainsi l,,72dt O'Tl, tandis que la valeur annoncée par Einstein est 1"745.
- L’accord avec la théorie est très satisfaisant. D’autre part il résulte de la discussion que les mesures ne donnent pas de déviation sensible dans une autre direction que celle du rayon vecteur, vers l’extérieur du Soleil. En outre, l’étude des plaques-contrôles montre que les déviations mesurées dans le champ de gravitation du Soleil ne peuvent pas avoir leur source dans les erreurs instrumentales, ni dans la méthode utilisée pour mesurer les plaques et réduire les résultats.
- Il réste cependant un point troublant : l’élude des plaques-contrôles suggère une certaine correction à apporter aux mesures de la déviation de la lumière, et après avoir effectué celte correction, la déviation au limbe du Soleil devient 2"05, de 17 pour 100 en excès sur la valeur prévue par Einstein.
- Tout se passe comme s’il existait une déviation supplémentaire qui ne rentre pas dans le cadre de la théorie d’Einstein. Toutefois cette déviation supplémentaire affecte principalement les étoiles à 2 ou 5 degrés du Soleil plutôt que celles qui sont très voisines du disque. MM. Campbell et Trumpler pensent qu’il faut voir là l’effet de la réfraction annuelle de Courvoisier, dont il a été question au début de cet article, et ils espèrent lever cet énigme à l’aide des clichés de l’instrument photographique de 5 pieds de longueur focale qui n’ont pas encore été discutés.
- S i cette difficulté est levée il deviendra de plus en plus difficile de ne pas admettre la légi timité de l’une des plus importantes preuves astronomiques de la ihéorie de la relativité : celle de la déviation de la lumière dans les céleste.
- ch amps de gravitation
- H.
- Groüii.leu,
- Astronome ii l'Observatoire de Lyon.
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- Distance - au centre au ôa/c/i
- Fig. 8.— On a porté en abscisses les distances au centre du Soleil et en ordonnées les déplacements radiaux mesurés pour chaque étoile.
- La ligne courbe pointillèe représente les déviations théoriques prévues par Einstein. La ligne brisée représente les déplacements moyens mesurés sur les clichés.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Laiiche, rue de Fleurus, 9, Paris,
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- LA NATURE - N° 2584
- 13 OCTOBRE 1923
- LA GRANDE BRIERE
- La Grande Brière est une vaste tourbière d’une étendue de plus de 6000 hectares, située au pied du sillon de Bretagne, sur la rive droite de la Loire, à trois kilomètres de son embouchure à Saint-Nazaire. C’est une propriété indivise entre dix-sept communes, où l’exploitation de la tourbe, réglementée par un arrêté préfectoral, est autorisée chaque année, au mois d’avril, pendant une période de huit jours. Elle est parcourue par une petite rivière sinueuse : le Brivet, affluent de la Loire et dont la1 source est mystérieuse et discutée comme celle du Nil; son cours est d’environ 50 km.
- C’est l’émissaire de tous les canaux de dessèchement de la Grande Brière qu’il traverse.
- Vue des hauteurs environnantes, la Grande Brière ressemble à une mer intérieure dont les rives, découpées de mille manières, forment une quantité innombrable de promontoires, de caps, de golfes, dont surgissent des îles. Les îles de Trignac, de Pandille, de Fe-drun, de Saint-Malo, etc., sont des sommets é-mergés « plus ou
- moins inondés dans certains hivers, a Elles sont rangées en file régulière, semblables à des piles préparées pour supporter un immense via-duc (’) ».
- Ces îles sont garnies d’habitations couvertes pour la plupart en chaume (vulg. Ros) et d’arbres parmi lesquels dominent l’ormeau, puis le Saule (vulg. Sauldre), le Peuplier et même, dit-on, des Chênes. Autour de ces habitations on voit souvent le feuillage gracieux du Tamarin (Tamarix anglica), arbuste qui ne s’éloigne guère du littoral ; puis des plantes médicinales, telles que les Menthes poivrées (Mentha piperilaet permixta Gad.) et fréquemment la Cardiaque (Leonurus Cardiaca).
- L’origine de cette plaine de dénudation marine remonte à l’époque tertiaire, nous dit le géologue le plus autorisé en la matière : M. Ch. Barrois. « Ce marais tourbeux occupe l’emplacement d’un ancien
- 1. Léon Maître. Ann. Soc. de Géogr. Cornm. Nantes, 1897, p. 141.
- 51". Année — 2' Semestre
- Morbihan, héritier lui-même d’un ancien lit creusé par la Vilaine (*) ».
- La tourbière est remplie de troncs d’arbres parmi lesquels le chêne domine, dit-on. Ces arbres ont, d’après Ogée (dict. p. 54), la racine au Sud-Ouest et la tige au Nord-Est.
- D’après Orieux (2) il en a été retiré qui avaient 20 mètres de longueur et un très gros diamètre. Ils sont connus sous le nom de « morias ».
- Le bois en est aussi noir et aussi dur que l’ébène. Les Brièrons les trouvent facilement au moyen d’une tige en fer pointue qui leur sert tà sonder la terre. Ils savent tout de suite s’il s’agit d’un arbre couché ou
- d’un tronc brisé,
- encore planté dans le sol ancien.
- La Brière occu perait ainsi la place d’une ancienne forêt renversée. D’après M. Léon Maître, ce serait aux nombreux cataclysmes signalés par les historiens pendant les ve, vxe et vne siècles de notre ère qu’il faudrait attribuer cette destruction.
- Il n’entre pas dans le plan de cet article de discuter les hypothèses historiques que certains journaux ont récemment publiées comme des certitudes.
- D’après M. Léon Maître, archiviste consciencieux du département de la Loire-Inférieure : « le plus «
- «
- «
- «
- «
- «
- ancien document écrit qui fasse mention du bassin tourbeux de la Brière est une ordonnance bretonne de 1460, dans laquelle on lit que depuis un temps immémorial les habitants de 17 paroisses riveraines étaient dans l’usage de couper des mottes pour leur chauffage. » (Archives départ., série B. Concessions.)
- Que l’ancien golfe soit ou nom le Povins Bri-vates de Ptolémée ou « l’emporium » de Corbilon de Strabon, nous laisserons cette question dans le doute où elle est encore plongée.
- Mais ce que l’on peut affirmer avec M. Léon Maître, c’est que les Gaulois et les Romains ont
- 1. Ch. Barrois. Bull. Soc. Géol. Nord, 1895, p. 194.
- 2. Voir Orieux. César chez les Vénèles. Nantes, Vincent Poresl (1881-1885).
- 15. — 225.
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- 226
- LA GRANDE BR] ÈRE
- laissé dans la contrée de nombreuses traces de leur passage, car « il n’y a pas de région où les décou-« vertes d’antiquités aient été plus abondantes : « chacune dés communes arrosées par le Brivet a « envoyé au Musée Archéologique de Nantes des « curiosités celtiques et romaines. Bracelets d’or « gaulois, monnaies à l’effigie des empereurs ro-« mains du me siècle, etc., etc., et surtout des « armes gauloises en bronze ».
- M. Maître nous donne une intéressante liste de
- l’étude des graines et des bois subfossiles m’eût conduit, j’en suis sûr, à des résultats intéressants. *
- * *
- La notion précise des groupements végétaux, des Formations, des Associations végétales ne semble pas avoir encore pénétré dans le domaine du grand public.
- Je voudrais, à l’occasion de la présente étude, en signaler ici les grandes lignes.
- Fig. 2. — Ker feuille :
- a) Tronc d'arbre à fleur de tourbe; Scirpus et Nymphœa ; b) parois de tourbe montrant une ligne d’affleurement de sel blanc ; c) extraction de mottes de tourbe à la « marre » ; d) enlèvement des mottes.
- noms de lieux, au nombre de 20, ils sont celtiques ou latins, à peu près par moitié (').
- C’est cette curieuse contrée dont 31. Alphonse de Chateaubriant vient de nous donner, sous la forme d’un roman, une admirable et fidèle peinture, aux innombrables couleurs. C’est certainement l’œuvre d’un grand artiste.
- C’est aussi ce pays que, sur les pas de mon Maître, Lloyd, j’ai parcouru pour en étudier la flore dont je vais présenter le tableau ; j’aurais désiré pouvoir faire laies mêmes recherches qu’à Belle-lle-en-Mer dont j’ai exposé ici-même les importants résultats (2). Mais l’absence de subvention ne me l’a pas permis.
- Avec le concours de mes collaborateurs pour Belle-Ile, dont la continuation m’était assurée,
- 1. Léon Maître. Les Villes disparues de la Loire-Inférieure. Extr. Ann. de Bretagne, Rennes, 2e trimestre 1889.
- 2. La Nature n° 2535, 4 nov. 1922.
- La combinaison des facteurs écologiques (*) crée la Station, où la plante trouve les conditions biologiques qui lui sont nécessaires.
- Ces facteurs sont : l'eau, la chaleur, la lumière, l’atmosphère, le sol.
- La Station représente, en géographie botanique, l’unité physiologique de nomenclature: haies, fossés, buissons, décombres etc. Les Stations sont habitées par une ou plusieurs Associations. Il suffit d’examiner avec quelque attention le tapis végétal qui les recouvre pour constater qu’il se compose, dans une même contrée, d’éléments à peu près semblables et groupés dans les mêmes proportions. Une espèce dite : dominante, est presque toujours accompagnée d’un même- cortège d’espèces subordonnées. Ces associations expriment de la façon la plus exacte les conditions physiques et biologiques qui régnent dans une région déterminée; si bien qu’on a pu 1. De otxoç =r Demeure.
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- dire, sans exagération, que celui qui sait lire sur un sol quelconque les éléments des Associations végétales qui le couvrent est par là même fixé sur les cultures qui peuvent y prospérer.
- Les conditions générales du milieu créent, en s’uniformisant, des groupes plus étendus, correspondant à des configurations physiographiques, ayant reçu généralement des noms consacrés par un long usage : Bruyère, Lande, Marais, Tourbière, etc. Ce sont là des Groupes d’associations; les Formations de Warming (').
- La Grande Brière appartient à la Formation de la tourbière plate (Low Moor de Warming) (Flach-moore des Allemands) opposée à la tourbière bombée (High Moore, Warming) (Hochmoore des Allemands). Cette dernière est constituée surtout par des Muscinées spéciales : les Sphagnum qui ontla faculté de croître par le sommet et forment alors des touff s qui s’élèvent de plus en plus en verre de montre. Il faut pour que celle-ci s’établisse qu’il y ait, au-dessous- de la zone, végétative, une couche isolante empêchant les plantes de trouver une nourriture minérale suffisante. Les poussières et fumées hydrocarburées des automobiles détruisent la tourbière bombée.
- Celle-ci est d’un âge postérieur à la tourbière plate et lui succède souvent lorsque l’accumulation de la tourbe ne permet plus aux eaux terrestres de la pénétrer.
- Il n’y a pas, à ma connaissance, de Sphagnum dans la Brière.
- On peut distinguer dans la Formation de la tourbière plate deux Associations qui, d’ailleurs se relient souvent entre elles : les Hélophytes et les Oxylophytesde Warming.
- Chez les Hélophytes (2), la Roselière, Sous-Asso-ciation, dont la dominante est le Roseau (Phrag-mites communis), joue le rôle le plus important. Elle se compose de grandes herbes perennantes, dont une partie des tiges est submergée et l’autre émergée. Ces tiges, hautes et légères, fléchissent avec souplesse sous les vents et les courants pour se
- Warming. OEcoloyy af plants, Oxford, 1909.
- 2. De e'Aoç = Marais.
- Fig. 4. — Tamarix ait village de Brais.
- Fig. 3. — herfeuille : un garde tenant le « salet » 0.
- redresser de nouveau ; « Je plie et ne romps pas ».
- Munis de puissants rhizomes, de tubercules d’hibernation et de multiplication, contenant souvent des réserves amylacées, parfois aussi de très longs stolons épigés, les associés de la Roselière forment des groupes compacts, parfois sans mélange, composés de grandes monocotylédones, entre lesquelles s’élèvent cependant le plus souvent de hautes herbes dicotylédones vivaces. Les roseaux s’avancent d’année en année plus loin du bord et possèdent, à un haut degré, la faculté d’assécher, en les comblant de leurs détritus organiques, les marais peu profonds qu’ils transforment ainsi en prairies marécageuses.
- Les principaux associés du Phragmitetum sont : le Jonc des lacs, Scirpus lacustris (jonc vert) et le Scirpus Tabernæmontani (Jonc blanc) que les indigènes distinguent entre eux, mieux que certains botanistes (tiro) ; les Typha angustifolia et probablement le T. latifolia, Roseau du Christ (en Brière, Chandelle de Loup); le Cladium Maris-cus (vulg. Ros. ou Rau), très employé pour faire des toitures de chaumières, des fonds de paniers, etc. Les principales hautes herbes qui pénètrent dans le Phragmitetum sont ; la Ciguë vireuse (Cicuta virosa) très répandue; la Lysimaque à fleurs jaunes
- 1. O11 dit plaisamment en Brière : « Quelles sont les fins dernières de l’homme? : la Marre et le Salet ».
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- (Lysimachicivulgaris); la Salicaire (Lythrum Sali-caria); le Liage (Sparganiiim ramosum), celui-ci est le grand dessécheur du Lac de Grand-Lieu où on le nomme la Carrée ; ici on en fait des cordes, des ruches d’abeilles. La Ghevrée du Lac de Grand-Lieu est connue ici sous le nom de Rosette, c’est le Glyceria aquatica; le Couturier (Bidens cernuci),’ l’iris Peudo A corus.
- La Roselière occupe aussi bien les eaux douces que les eaux plus ou moins acides et même salées ! ou saumâtres et relie généralement l’association sui-ivante des Oxylophytes aux marais plus hydratés.
- ' Les caractères communs aux habitants de la Roselière sont : la haute taille, les tiges minces,’ droites, point cm peu ramifiées.
- La seconde association de la Brière est constituée par les Oxyloiuiytes Q) proprement dits, c’est-à-dire par les plantes végétant sur les sols acides, tourbeux.
- Les plantes composant cette association présentent des caractères nettement xérophiles. 11 ne faut pas, en effet, perdre de vue que le sol des tourbières contient de l’humus acide : il se forme de la tourbe très azotée, qui est difficilement assimilable par les plantes et, comme l’écrit Warming : « un sol duquel une espèce est incapable d’extraire l’eau doit être considéré comme sec ». Quoique contenant une grande quantité d’eau, ce sol est pour ces plantes physiologiquement sec. Cette sécheresse physiologique seule joue un rôle dans la distribution des plantes. Une plante peut périr dans un sol saturé d’eau, si la température du sol tombe au-dessous d’un certain degré; parce que, dans de telles circonstances, les racines ne peuvent pas absorber d’eau et une telle plante peut geler par une température trop basse du sol, quoiqu’elle puisse supporter une température aérienne plus basse. La tourbe a un grand pouvoir de retenir l’eau. L’humus acide diminue l’activité des racines, ce qui rend plus difficile pour la plante de remplacer l’eau perdue par la transpiration, d’où la nécessité de réduire celle-ci pour éviter la dessiccation.
- Pour lutter contre ces conditions défavorables les Oxylophyles présentent des caractères biologiques spéciaux, dont les principaux sont :
- \° Feuilles plus ou moins enroulées ou pliées (Joncs. Scirpes, Carex) protégeant les stomates;
- 2° Épaisse cuticule des tiges ; feuilles filiformes ou « éricoïdes » chez lesquelles les stomates, grands régulateurs de la transpiration, sont situés sur des points où la vapeur d’eau peut difficilement s’échapper (Bruyère commune, Calluna vulgaris, Scirpus mult.) ;
- 3° Feuilles bilatérales ou même repliant leurs deux faces l’une contrel’autre, chez diverses Cypera-
- J. De o-jo; : Acide. Dans son magistral ouvrage, édition anglaise, précité, Warming proposait, en 1009, ce nom à'Oxylophytes pour cette formation. La même année, sans en avoir eu connaissance, je proposais, dans mon Lac de Grand-Lieu. celui de Dyslrophopliytes : Ssuç, mauvais; Trpoœï], nourriture.
- cées ou chez quelques autres Monocotylédonées, Iris, Bulomus, etc.
- On peut distinguer chez les Oxylophytes plusieurs sous-associations dont les principales sont : le Mcignocariectum caractérisé surtout par les larges touffes du Carex slricla, qui sert ici, comme ailleurs, au fonçage des chaises. C’est la Moutine ou Gvizelle du Lac de Grand-Lieu. Il est connu en Brière sous ce premier nom et aussi, nous dit-on, sous ceux de Cubado et d ’ Al trait.
- Ce Carex forme, dans les marais tourbeux, des touffes élevées, volumineuses, compactes, isolées, très solides, atteignant jusqu’à 2 mètres de haut. Racine cespiteuse, touffes formées de pseudorrhyzes à chevelu abondant entrelacé en feutrage dense et se maintenant humide par capillarité pendant les basses eaux ; elles croissent ainsi sur leurs propres débris. Celle sous-association montre assez souvent les hôtes ci-après :
- Dans les interstices à eau peu profonde le Nénuphar (Nymphæa al b a) ; une Ombellifère (Carum verticillatum) ; une petite Àlismacée (Echino lorus ranunculoides), Iris Pseudp-Acorus ; une petite Graminée élégante (Airopsis agrostidea), labelleFou-gère royale ; l’Osmonde (Osmunda regalis) dont j’ai vu des débris dans la tourbe de Kerfeuilie avec des graines de Potamogelon, et de nombreux élytres de coléoptères, des racines et des tiges de Bouleau et, d’après le garde, on y trouverait aussi des Chatons de Conifères.
- Gne autre sous-association est le Myricelum, dont la dominante est un arbrisseau aromatique de 4 à 20 décimètres, à fruits drupacés, à rhizomes hypo-gés, à feuilles lancéolées, épaisses, coriaces, caduques, c’est le Myrica Gale, connu en Brière et ailleurs sous le nom à.'Avorte. Il paraît en voie d’ex-tinclion actuellement un peu partout. Il est commun à l’Europe et à l’Amérique. Les principaux associés du groupe sont : la Stellaire glauque (Slellaria glauca), le Pigamon Thaliclrum flavum, les Peuce-denum palustre et lancifolium, etc., beaucoup d’espèces de Joncs et de nombreuses espèces de Carex (Laîches) ainsi que la Landèche ou Guinche (.Molinia cœrulea) dont on bourre les matelas.
- Le Callunetum représente la sous-association des pelouses moins humides, caractérisée par le Calluna vulgaris et autres espèces de Bruyères auxquelles, d’après certains ëtymologistes, la Brière devrait par corruption son nom. Les gazons de Calluna recouvrent directement la tourbe. C’est un pelit sous-arbrisseau extrêmement répandu dans les landes de l’Ouest de la France, ligneux, toujours vert, dont les feuilles « éricoïdes » présentent, comme nous l’avons dit plus haut, des caractères tout à fait xéro-phytiques. La « Landèche » (Molinia cœrulea) y dresse souvent ses longues tiges filiformes.
- Tel est l’ensemble de la végétation de ce pays. Mais un élément que nous avons négligé y remplit cependant un rôle assez important, c’est le chlorure de sodium, le sel marin, dont l’influence se.faitsen-
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- tir surtout dans la partie inférieure du Brivet.
- Quoique le degré de salure y soit assez faible, il suffît cependant pour faire apparaître quelques espèces qui peuvent être considérées comme halo-phytes (?). Aux alentours du Pont de Rozé, on voit tout à la fois des hydrophytes d’eau douce et des espèces salicoles proprement dites, telles que V Aster Tripolium, l’Ache des marais Apiitm graveolens, le Mouron marttime (Triglochin marilimum) ; la Spergulaire maritime (Spergularia marina) et même, me dit-on, le Schœnus nigricans, vulg. Choin (?), le Jonc maritime (Juncus maiilimus), YAithæa officinalis, etc., etc.
- Il est vrai que des espèces qui semblent des halo-phytes pures peuvent se contenter d’un degré de salure très faible : 2 à 3 degrés à l’aréomètre Baumé d’après G. Ferronnière (*).
- 1. G. Feruonkikre. Zones supra-littorales de la Loire-Inférieure. Bull. Soc. Sc. nal. Ouest, 1901, p. 111.
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- En amont des Écluses, où l’eau est moins salée, nous dit le garde, nous voyons de nombreux hydrophytes d’eau douce : Limnanlhemum nymphoides ; Butomus umbellatus, Jonc fleuri (Jonchée des Brié-rons) (?) Myriophyllum spicatum.
- De nombreuses espèces de Renoncules aquatiques d’eau douce et d’eau salée, le Nénuphar, jaune (.Nuphàr luteum), Renoncules aquatiques et autres plantes nageantes forment des amas nommés Brousse des ma [rages en Brière.
- Tous les halophyfcs (') présentent les caractères xérophytiques que nous venons de signaler chez les plantes de marais.
- Les eaux saturées de sel offrent pour les plantes les mêmes difficultés d’absorption ; les sols salés sont physiologiquement secs comme les marais tourbeux.
- Emile Gadeceal.
- 1. De a).oç: sel.
- LES MANUFACTURES FRANÇAISES DE TABAC [Suite (').j
- IV. — Les cigarettes. — Statistiques.
- Les Cigarettes. — Jusque vers 1860, les fumeurs devaient faire eux-mêmes leurs cigarettes en roulant entre leurs doigts du tabac déposé sur une feuille de papier. Mais vers 1864 on commença à les confectionner à la main dans nos ateliers nationaux, puis en 1872 leur fabrication s’intensifia beaucoup, grâce à l’emploi de moules qui la rendaient plus aisée. Ce n’étaient toutefois que de timides essais. La première machine capable de réaliser des cigarettes fut construite par M. Durand et figura à l’Exposition universelle de 1878. Parla suite, Leblond, Decouflé et autres techniciens français ou élrangers perfectionnèrent beaucoup l’invention primitive. Les machines Gallia, Standard et Universal en service actuellement dans les manufactures françaises, sont des merveilles d’ingéniosité, aux rouages admirablement ordonnés, des Fées mécaniques qui dament le pion aux plus agiles ouvrières de jadis.
- Mais avant de voir ces cigareltières mécaniques à l’œuvre, examinons les matières premières qu’elles transforment. Elles admettent le tabac à l’humidité normale de 18 à 21 pour 100 avec une tolérance de 3 pour 100. Comme papier, on emploie des vélins ou des vergés très résistants (de 15 à 16 grammes au mètre carré) en bobines ayant 1560 mètres ou 3120 mètres de longueur et une largeur variable selon le genre des cigarettes et le mode de fermeture (Elégantes 29 mm., Gauloises 30 mm., etc.). Pour la fabrication à la mp qui tend à diminuer et ne s’applique plus qu’à des modules de luxe, on se sert de rames découpées en feuillettes.
- Afin de définir la combustibilité du papier, on 1. Voir n«-2578, 2580, 2583.
- prend une cigarette faite avec du tabac cà l’humidité de 20 pour 100, on l’allume et on le place horizontalement. Le feu doit tenir pendant 3 minutes, mais il ne faut pas qu’une trop grande proportion des cigarettes se consume entièrement. Si le papier n’est pas combustible, l’intérieur brûle plus vite et le papier charbonne; au contraire un bon papier bride sans noircir.
- Le papier à cigarette se fabrique d’ordinaire avec des fibres de chanvre et de lin : association de substances excellentes quant au goût, mais très peu combustibles, comme en témoignent les cahiers de Joh. Aussi pour donner de la combustibilité au papier, il faut soit incorporer à la pâte une matière appelée charge, soit la rendre chimiquement combustible par l’addition de nitrates. Toutefois cet accroissement artificiel de la combustibilité doit être modéré afin de ne pas compromettre le goût du papier.
- La Régie utilise des papiers rendus combustibles par l’addition de charges (carbonate de calcium colloïdal ou carbonate de magnésium). Le procédé de nitration employé par de nombreuses fabriques étrangères ou coloniales (Algérie, Etats-Unis, etc.), est proscrit par les manufactures de l’Etat français, car il éloigne les consommateurs en altérant trop le goût du papier.
- On confectionne les Amazones vizir, Favorites, Sultanes Fashion, High Life avec du papier vergé afin d’imiter les cigarettes égyptiennes. On se sert également du papier paraffiné pour les Grenades dites « ambrées ».
- I De toute manière, la fermeture des cigarettes
- | s’obtient par collage ou mieux par agrafage suivi
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- Fig. i. — Machine « Universal » à faire les cigarettes.
- Ce modèle possède un distributeur automatique de tabac et le débitage des cigarettes s’obtient à l’aide d’un seul couteau circulaire.
- de sertissage. Vu les difficultés de préparation des colles d’amidon très hygrométriques, les fumeurs français préfèrent les cigarettes agrafées, d’une netteté beaucoup plus parfaite que les autres.
- Gomme procédé de fabrication, on s’adresse au bourrage qui s’effectue à la main pour les modules de luxe et mécaniquement pour les modules plus courants. De leur côté, les machines à grand rendement réalisent un boudin de tabac autour duquel s’enroule le papier. Le système mixte de la machine a Gallia» procède à la fois par formation de boudin et bourrage.
- Les cigarettes des modules supérieurs se fabriquent en tabac long ou en débris, tantôt ouvertes aux deux bouts, tantôt terminées à une de leurs extrémités par une petite couronne de carton dite « Bouquin ». Voici leurs désignations et quelques-unes de leurs principales caractéristiques. Les Gitanes et les Amazones sont agrafées, sauf les Gitanes en Vizir que distingue leur section ovale jet les Amazones Vizir qui ont un bout d’or. Les Hidalgos, formés avec un mélange de tabacs exotiques comprenant du Havane, se différencient seulement des Madrilènes par leur papier. Les massives Boyard es ne ressemblent guère aux fines Favorites et Sultanes-à bout d’or ou de liège, ni aux Aimées à bouquin, faites en débris de tabac d’Orient. Les Entractes et les Jockeys agrafées se terminent également à une de leurs extrémités par un bout de carton. Enfin les High-Life et les Fashion, de création ré-
- cente, se font en tabac de Virginie et leur succès s’affirme de plus en plus.
- Les modules courants sont seulement au nombre de cinq aujourd’hui. On range dans cette catégorie, les Gauloises produites avec les machines Gallia ou Standard, les Élégantes faites de même, mais de préférence avec la machine Universal, les Roulées et les Parisiennes collées, ouvertes et enveloppées de papier vergé ou vélin, enfin les petites Françaises fermées à une extrémité.
- Ceci posé, décrivons, en peu de mots, la confection des Cigarettes à la main, de moins en moins pratiquée, bien qu’on l’emploie encore pour certains modules supérieurs comme nous l’avons déjà noté plus haut.
- L’ouvrière introduit le tabac dans un moule cylindrique en mailleehort sectionné sur toute sa longueur et s’ouvrant à charnière, autour delà génératrice opposée; puis, après avoir inséré, par l’autre extrémité, un bout de papier roulé au préalable, elle pousse avec un mandrin le scaferlati dans le tube.
- Quand on bourre avec des débris, on prépare des cylindres de papier fermés à un bout. On les dispose alors, côte à côte, de façon à former une sorte de « roue » qu’on saupoudre de brindilles de tabac en secouant de temps en temps. Ensuite, on adapte les bouquins aux cigarettes prises une à une. Les cigarettes Boyardes se confectionnent avec une machine Decouflé à production moyenne et une seule ouvrière peut en produire 50 000 par jour. Ces
- Fig. 2. — Machine « Universal » à 2 couteaux.
- La receveuse n’a qu'à prendre les cigarettes et à les mettre dans des caisses. Un ajusteur surveille le fonctionnement de 2 machines.'
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- appareils et divers autres de cette catégorie bourrent, au moyen d’une broche dans un tube de papier préparé à l’avance, le scaferlati moulé en boudin dans un compresseur.
- Mais actuellement la Régie française fabrique la presque totalité de ses cigarettes avec plusieurs centaines de machines à grand rendement ne différant entre elles que par des perfectionnements de détails. Ces « eigarières mécaniques’», merveilleusement agencées, se composent des parties essentielles suivantes :
- 1° Un distributeur automatique du scaferlati-,
- 2° Un dispositif de formation du boudin de scaferlati-,
- 3° Un dérouleur et un timbreur de la bobine de papier-,
- 4° Des mécanismes réalisant le boudin de cigarettes. Grâce à ceux-ci, le ruban de papier arrive dans le même sens que le boudin de tabac et l’enveloppe ;
- 5° Un organe de fermeture du ttibe par collage ou par agrafage-sertissage;
- 6° Un système de coupe débitant le boudin de cigarettes en morceaux de longueur déterminée (75 mm pour les Gauloises et les Élégantes, par exemple).
- Dans les premières machines à grand rendement, on alimentait le distributeur en pesant des charges de tabac que l’on plaçait entre des traits de repère sur une toile sans fin. Aujourd’hui, les distributeurs sont complètement automatiques. On y intro-
- Fig. 4. Machine Gallia-Decouflé.
- Elle fait séparément le tube de la cigarette et les organes compresseurs amènent le tabac dans ce dernier de façon à le transformer en un boudin continu d’un diamètre légèrement inférieur à celui de l’enveloppe. Le tube de papier et le boudin de tabac cheminant à la rencontre l'un de l’autre, sont coupés, puis réunis par l’intermédiaire d’un organe à barillet.
- Fig. 3. — Machine américaine Standard.
- Récemment installée à la Manufacture des tabacs d’Issy-les-Moulineaux pour la fabrication des nouvelles cigarettes Sultanes et Favorites.
- duit le scaferlati en vrac et leur fond mobile, constitué par une toile sans fin à mouvement lent, appuie le scaferlati contre un tambour cardeur de fort diamètre garni de pointes pliées d’équerre servant à accrocher au passage les petites mottes de tabac. Un second tambour, porteur de pointes droites, égalise ces dernières. Après laminage entre ces deux rouleaux, un troisième cylindre muni encore de pointes droites, de faible diamètre et tournant à grande vitesse, extrait des cardes le scaferlati dont il distribue les brins clairsemés sur une seconde toile sans fin à mouvement rapide. Celle-ci déverse les matières sur un ruban de toile, qui les conduit entre un système de roues à gorge destinées à les comprimer. Il se forme alors un boudin cylindrique continu de tabac qui va rejoindre le ruban de papier et se poser sur lui.
- Un même temps, le papier, déroulé' d’une bobine de 3120 m. de longueur, passe devant une petite imprimerie qui applique des marques variées (une ou deux couleurs, caractères bronzés, etc ) et rentre avec le boudin de tabac dans le dispositif de formation du boudin de cigarettes appelé également « dispositif d’enrobage ». Le mouvement des deux éléments, papier et tabac, s’obtient par transport sur un ruban de toile. Des organes appropriés obligent alors le papier à envelopper le tabac.
- Si la cigarette doit être collée, un disque gommeur dépose, avant le rabattement complet du papier,
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- une mince ligne de colle sur le bord de la feuille; quand on la ferme par agrafage-sertissage, les deux bords. du ruban de papier, saisis par les rampes d’un ourleur, se replient et s’engagent ensemble, s'enroulent en spirale, puis passent entré 2 molettes d’acier qui les sertissent à fond.
- Voici le boudin de cigarette réalisé, il ne reste plus qu’à le débiter au moyen d’un ou de plusieurs couteaux circulaires tournant très rapidement.
- Portés sur un chariot, ils doivent, au moment de leur rabattement pour la coupe, avoir la même vitesse que le boudin de cigarette, afin de ne produire ni arrachement, ni écrasement.
- Enfin, parfois ces machines possèdent des dispositifs permettant le paraffinage (Grenades), la pose de bouts dorés (A-mazones en Vizir, Sultanes,
- Favorites) ou de bouts de liège (Sultanes et Favorites).
- Dans les manufactures de l’État français, ainsi que dans les fabriques d’Europe, de l’Algérie et de l’Amérique du Sud, on emploie surtout la machine Universal (fig. 1) mise au point il y a une vingtaine d’années par la Société anglaise « United Cigarette Machinery » et construite aujourd’hui par diverses usines de tous pays, en particulier par la Société française Decou-llé (modèle U. D. 5). Cette machine (fig. 2), conduite seulement par deux ouvriers (un homme et une femme ou deux femmes), fournit, par journée de 8 heures, environ 200 000 cigarettes agrafées ou 240 000 cigarettes collées. Un seul ajusteur suffit pour assurer l’entretien d’un groupe de plu sieurs de ces machines, dont la Régie possède près de 200 exemplaires en service.
- Dans la machine américaine Standard (fig. 3), très employée aux États-Unis, le boudin de tabac se forme dans le papier même, sans compression. De la sorte, on obtient une cigarette beaucoup plus légère, à condition d’utiliser un tabac à coupe très fine ét d’une préparation plus méticuleuse qu’il n’est nécessaire pour l’Universal. Simple et robuste, la Standard ne fabrique quotidiennement que
- 160 000 cigarettes agrafées ou 180 000 cigarettes collées, mais d’aspect très satisfaisant; elle se recommande pour la confection des cigarettes à bouts spéciaux (paraffinés, en liège, dorés, etc.).
- Pour la fabrication des cigarettes Gauloises, les manufactures françaises se servent surtout de la machine Gallia (fig. 4) construite encore par la société De-couflé, et qui réalise l’agrafage d’une façon parfaite. Elle procède par bourrage, dans des tubes de papier confectionnés séparément dans une autre partie de la machine, avec des morceaux de tabac découpés eux-; mêmes dans un; boudin continu. On doit, en effet, s’en tenir au bourrage si l’on veut, tout en employant des tabacs incomplètement écôtés, conserver à une cigarette agrafée une fraîcheur parfaite.
- Le distributeur de la Gallia est identique à celui de l’Universal, mais un vanneur qui élimine les plus grosses bûches, le complète. L’agrafage, ainsi que le sertissage s’y font à l’aide de dispositifs remarquablement étudiés. Le tube continu de papier et le boudin de tabac cheminent à la rencontre l’un de l’autre, sont coupés, puis réunis par l’intermédiaire d’un organe à barillet fort ingénieux. Comme production, la'machine Gallia atteint seulement 90000 ciga-
- Fig. 5. — Machine Boullet à paqueier les cigarettes.
- Dans chacun des 32 alvéoles du barillet sécheur qui surmonte la machine, viennent successivement se placer 2 paquets l’un au-dessus de l’autre et quand un troisième se présente par en dessous, celui du haut culbute sur une toile sans fin où une receveuse le prend.
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- Fig. 6. — Réception des paquets de 20 cigarettes.
- La rotation du barillet de la machine Boullet autour de son axe amène les paquets de 20 cigarettes au sommet d’une coulotte près de laquelle se tient une ouvrière qui les range dans des caisses.
- r et tes environ par journée de 8 heures, mais elle réalise en revanche des Gauloises qui, grâce à leur excellente qualité, tendent à se substituer, peu à peu, aux Elégantes.
- Les cigarettes sortant de l’une ou l’autre des machines sont mises, par 4000 dans des caissons et données ensuite à des ouvrières receveuses qui les vérifient, puis on les paquèle mécaniquement.
- Le paquetage des cigarettes se fait soit à la main en boudons, soit mécaniquement en paquets plais. On tend à abandonner le premier mode de paquetage peu portatif pour lui substituer le second qui s’opère au moyen de la machine Boullet (fig. 5 et 6). Celle-ci confectionne d’abord des sacs à l’aide d’une bande de papier couché qui, se déroulant d’une bobine, passe sous une imprimerie rotative destinée à lui appliquer les marques réglementaires. Elle arrive ensuite sous un découpoir, qui enlève, à l’emporte-pièce, une partie du papier, de façon à faciliter sa pliure. La bande, découpée à la longueur voulue, se trouve alors poussée dans un barillet dit barillet des sacs où commence le pliage. Dans la position suivante, le sac reçoit les cigarettes distribuées comme nous l’expliquerons plus loin. Puis la rotation du barillet continuant, le sac achève de se fermer et dans une troisième position, il est éjecté, tout en entraînant la vignette placée à cheval sur 2 bandes caoutchoutées et gommées. L’application de la vignette se termine dans un couloir vertical.
- À la sortie de ce dernier, le paquet rentre dans un barillet sécheur (fig. 5) dont les 32 alvéoles peu-
- vent recevoir chacun 2 paquets. Lorsque ledit barillet a effectué 2 tours complets, la poussée d’un troisième sac, introduit dans l’alvéole, provoque l’extraction du paquet achevé. À ce moment, il tombe, par l’intermédiaire d’une coulotte, sur une toile sans fin caoutchoutée qui l’amène devant l’ouvrière receveuse. Celle-ci range alors les paquets dans des caissons envoyés ultérieurement au grou-page.
- Complétons à présent notre description de la paque-teuse Boullet en nous rendant compte de la manière dont s’y distribuent les cigarettes. La trémie d’introduction les déverse d’abord dans un réservoir-compteur, récipient à section rectangulaire divisé par cloisons verticales en 7 compartiments ayant chacun la longueur d’une cigarette JSlillW et une hauteur égale à 3 fois leur 1 diamètre. Il peut contenir 21 cigar rettes. Comme on doit paqueter celles-ci par 20 sur 3 rangées, il faut retenir une cigarette pendant l’éjection du compteur; par suite, on les expulse, à cet instant, au moyen d’un fouloir pénétrant dans les 7 compartiments du réservoir, le segment médian étant évidé de façon à empêcher le heurt de la cigarette centrale. Les 20 cigarettes se placent alors dans un autre barillet appelé barillet des cigarettes d’où, pendant une phase subséquente, elles s’insèrent dans l’enveloppe vide, que vient leur présenter le barillet des sacs. •
- Enfin des cigarettes rejetées, soit à la réception, soit par suite des avaries en cours de fabrication, les
- Fig. 7. — Nouvelle machine à déchirer.
- Cet ingénieux appareil permet de récupérer le tabac dès boudins et des cigarettes qu’on a dûjmettre au rebut en cours de fabrication.
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- manufactures récupèrent, au - moyen d’une machine à déchirer (fig. 7), le contenu qui peut servir à nouveau. Cet ingénieux appareil comprend divers organes de distribution et de déchiquetage ainsi qu’un disposilif classeur séparant le papier du tabac. Quand l’ouvrière veut déchirer un boudin elle met en marche un simple chemin de toile se déroulant entre deux guides. Si elle désire retirer les débris de cigarettes, elle aclionne un tambour en bois porteur de baguettes fixées parallèlement sur sa surface, de distance en distance. Comme on s’en rend compte sur notre photographie, la femme met des brassées de déchets de cigarettes dans une caisse où tourne ce tambour qui les fait tomber dans une coulotte et de là sur un couteau circulaire
- Grâce à leur outillage mécanique très perfectionné, aux procédés modernes mis en œuvre par leurs habiles ingénieurs, aux dosages scientifiquement effectués de tabacs indigènes et étrangers ainsi qu’à l’entraînement d’un personnel émérite, les divers produits qui sortent de ces fabriques font prime sur le marché mondial.
- Le tableau ci-dessous montre, en effet, l’accroissement continu de la consommation du tabac en France et son importance actuelle.
- D’autre part, la vente des tabacs importés, poussés sur notre sol ou transformés dans nos usines et vendus par l’administration a permis à l’État de réaliser un bénéfice net d’environ 1 milliard 183 millions de francs, en 1922. Ce chiffre constitue une
- Consommation du tabac en France de 1914 à 1922
- Espèce de Tabsc 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922
- — - — — (en Milliers de kilogrammes) - - -
- Cigares d’importation . . Cigares fabriqués en 51 41 48 51 53 66 70 56 52
- France 2.529 2.588 2.618 1.890 2.094 1.925 2.048 1 .335 1.289
- Cigarillos fabriqués en
- France 276 250 245 510 325 523 556 207 182
- Cigarettes d’importation . Cigarettes fabriquées en 72 129 234 257 276 417 555 587 224
- France 3.758 5.880 4.637 4.958 4.518 4.502 4.890 5.929 6.858
- Scaferlatis d’importation . Scaferlatis fabriqués en 9 20 19 19 9 544 614 81 9
- France 56.405 45.620 47.093 43.312 35.567 51.197 35.293 57.710 58.958
- Rôles 437 393 352 365 551 590 442 417 512
- Carottes 591 552 480 452 482 580 650 779 755
- Poudre à priser .... 4.510 4.552 4.470 4.250 5.765 5.341 3.536 4.355 4.558
- Total général . . 48.408 55.805 60 196 55.864 45.018 45.283 46.234 51.254 52.977
- tournant à grande vitesse. Au-dessous se trouve un rouleau à gorge appuyé sur une bielle et un contrepoids. Le couteau fend les cigarettes, puis les lance sur une plaque de bois où elles se vident par le choc. Enfin, un ventilateur complète l’œuvre des organes déchireurs en les projetant sur 5 tamis qui séparent les déchets en poussières, chevelu et papier.
- Statistiques relatives à la production et à la consommation du tabac en France. — Telle est l’organisation remarquable de nos manufactures de tabac (*).
- 1. Quoique le régime des tabacs en Alsace et en Lorraine diffère seulement par quelques détails surtout administratifs de celui des autres départements français, nous nous en voudrions de ne pas mettre en relief l'importance de nos provinces libérées, sous ce rapport. Dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin on comptait en 1922, 7277 planteurs qui cultivèrent 2089 hectares et récoltèrent 5800000 kg: de tabac; on 1923 leur nombre s’éleva à 10 301 et la superficie emblavée à 2622 hectares. Quant aux manufactures de Strasbourg et de Metz, qui existaient déjà avant 1870, elles fonctionnent aujourd'hui dans les mêmes conditions que les établissements similaires
- éloquente réponse aux détracteurs du monopole dont nos planteurs réclament, du reste, le maintien avec de simples modifications administratives. Quant aux consommateurs, ils payent cher leur « Râpé » ou leur « Flor fina », leurs « Scaferlatis supérieurs » et leurs « Sultanes à bout doré », mais la Régie leur vend au moins de la marchandise toujours loyale. ... sinon hygiénique! Une fois le trafic de « l’herbe à Nicot » redevenu libre en France, les mercantis s’empareraient vite de ce fructueux négoce et ce jour-là nous regretterions sans nul doute, en fumant de douteux Marylands ou du Havane de pacotille, les tabacs rationnellement préparés par nos vieilles manufactures nationales !
- Jacques Rover.
- du reste de la France et fournissent des produits analogues (cigares, cigarettes, tabacs à fumer ou à mâcher) très appréciés des consommateurs. Mais à côté d’elles, existent encore trois usines privées (deux à Strasbourg et une à Sainte-Marie-aux-Mines), qui travaillent à façon pour le compte de la Régie.
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- LA COULEUR PROPRE DES NUAGES(1)
- On a souvent parlé de la couleur des nuages, mais en j faisant seulement ainsi allusion aux teintes qu’ils prennent lorsqu’ils sont éclairés par les rayons colorés du soleil à son coucher ou à son lever, et l’on admet généralement que tous les nuages, qu’ils soient formés d’eau ou de glace, sont des objets blancs, ne pouvant posséder d’autre couleur que celle de la lumière qui les éclaire.
- J’ai fait, au cours de ces vingt dernières années, de nombreuses observations montrant qu’il est loin d’en être , toujours ainsi : très souvent les nuages peuvent présenter une couleur propre et, bien que recevant du soleil très élevé sur l’horizon, de la lumière blanche, ils ne sont pas nécessairement blancs.
- L’une de mes premières observations fut la suivante : au début d’une après-midi d’été, je voyais au N.NW, à une distance de 8 km environ, une série de petits cumulus alignés, à la même hauteur, suivant une direction approximativement EW, et, par suite, éclairés pour moi à peu près de face ; il n’y avait pas d’autres nuages dans le ciel; d’autre part, le soleil étant très haut et les cumulus tous à la même altitude, aucun d’eux ne pouvait porter ombre sur l’un des autres.
- Ces nuages étaient en voie de lente évaporation sur place et, en même temps qu’ils se dissipaient, leur teinte se modifiait considérablement : très blancs d’abord, sauf, à la base, une étroite bande bleutée correspondant à la partie non éclairée, ils sont devenus peu à peu fauves, puis se sont assombris graduellement jusqu’à devenir d’un gris bleuté se détachant presque en noir sur le fond très pur du ciel.
- La dissipation de ces cumulus étant devenue presque complète, totale même pour quelques-uns, une nouvelle condensation s’est proiuite, régénérant à peu près les mêmes nuages qui ont alors repassé, en ordre inverse, par les mêmes teintes que précédemment.
- En moins de deux heures j’ai observé plusieurs disparitions et réapparitions de ces légers cumulus, toujours avec les mêmes variations de couleur, et aucun doute ne pouvait subsister sur la réalité du phénomène.
- 11 existe donc parfois des nuages qui, en lumière blanche, et observés du côté éclairé, peuvent présenter des teintes diverses et même se détacher en noir sur le ciel, c’est-à-dire avoir un albedo très inférieur à celui de ce dernier.
- Les conditions un peu spéciales du cas précédent se présentent rarement, mais il est une foule de circonstances dans lesquelles on peut faire en toute certitude des observations analogues. Il en est ainsi dans la plupart des embellies, lorsque le temps se dégage et qu’il n’y a plus, dans une grande étendue de ciel, que deux ou trois petits cumulus assez éloignés les uns des autres pour ne pouvoir se porter ombre (2) ; on observe alors souvent que ces cumulus en voie d’évaporation s’assombrissent, puis noircissent avant de disparaître, ou, au contraire, passent du noir bleuté au blanc lorsque après disparition presque complète ils viennent à se reformer, ce qui correspond généralement à un arrêt de l’embellie.
- Parfois ces nuages presque noirs, entraînés par le vent, passent devant un grand cumulus plus éloigné et très éclatant : le contrasté: devient alors tout à fait frappant.
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences, séance du 17 sept. 1923.
- 2. Si l’on est placé en un lieu élevé, on peut souvent vérifier que les ombres de ces nuages se projettent sur le sol.
- Par exemple, au Croisic, vers 1 1 heures, à la fin d’une matinée à averses par vent de NW, le ciel s’étant presque entièrement dégagé, une bande de cumulus d’un noir bleuté se détachait au NW, c’est-à dire à l’opposé du soleil, sur un fond très blanc de cumulus beaucoup plus lointains ; en même temps, à une hauteur de 15° à 20°, et à une distance qui, à en juger par la rapidité du déplacement, ne pouvait dépasser 5 km. à 4 km, un nuage peu épais, paraissant couvrir au moins 1° carré, était, dans toute son étendue, d’un noir bleuté très franc et, d’ailleurs, en voie de dissipation rapide. Ce nuage était cependant fortement éclairé presque de face, aucun autre nuage ne se trouvant alors dans la région du ciel comprise entre lui et le soleil, ni même bien au delà.
- On observe couramment ce même phénomène lorsque, à la suite de mauvais temps, le vent passe progressivement de l’W au NW et au N. Le manteau pluvieux se fragmente alors en cumulus de plus en plus clairsemés, de plus en plus petits, qui sont tous à la même altitude et ne peuvent par suite se porter ombre si le soleil est un peu élevé au-dessus de l’horizon. Parfois il ne reste plus dans toute l’étendue du ciel que deux ou trois, ou même un seul de ces nuages en cours de dissipation, et l’observation devient facile et certaine.
- Dans de telles circonstances, comme dans d’autres moins aisées à définir, j’ai vu nombre de fois des cumulus, ou des stratus, résultant de la dégénérescence de ceux-ci, prendre, en s’évaporant, des teintes fauves, violacées ou bleu ardoise plus ou moins foncé, avant de disparaître ; parfois ces nuages passent par une teinte assez peu différente de celle du ciel pour qu’on cesse un instant de les distinguer nettement ; le noircissement continuant à augmenter, on ne tarde pas à les voir réapparaître se détachant en noir sur le ciel, alors que peu auparavant ils apparaissaient plus clairs.
- Très souvent le nuage qui s’évapore ne s’assombrit pas sur toute sa surface visible ; la partie centrale reste blanche ou à peine teintée, les bords seuls et les parties qui se désagrègent noircissent. C’est d’ailleurs généralement ainsi que débute le phénomène, qui peut s’arrêter à ce stade ou même s’inverser si une condensation nouvelle vient à se produire.
- J’ai fait nombre d’observations de ce genre dans diverses régions delà France; le phénomène m’a été également signalé à Alger, où il semble se montrer surtout à l’est de la ville, d'où résulte qu’il s’y produit le plus souvent dans l’après-midi.
- Ces changements de teinte ne sont pas constants ; on les observe souvent par ciel clair et vent faible ou modéré du Nord ou Nord-Ouest : ils sont au contraire très rares ou à peine marqués par temps légèrement brumeux, par vent du Sud-Est par exemple.
- Il est remarquable que seuls les nuages aqueux présentent cette particularité : je n'ai jamais observé une variation de teinte quelconque sur les nuages formés par des particules déglacé, c’est-à-dire sur les cirrus.
- Les nuages ne sont pas les seuls objets aqueux susceptibles de changer de teinte en s’évaporant : le panache, dit de vapeur, qui s’échappe de la cheminée d’une locomotive, ou mieux de la soupape de sûreté ou du sifflet, ce qui exclut toute possibilité de mélange avec de la fumée de charbon, donne très souvent le même résultat, sous la dépendance aussi des conditions atmosphériques; tout jet de vapeur peut convenir et cela permet de pré-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- ci-or facilement les conditions d’éclairement convenables: j’ai ainsi reconnu pins sûrement qu’avec les nuages, que l’angle formé par deux demi-droites menées d’un point du nuage, l'une vers le soleil, l'autre*vers l’observateur, doit être inferieur à 90° et, de préférence, aussi petit que possible, d’où résulte que si le soleil est haut, les nuages peu élevés sur l’horizon seront seuls dans des conditions favorables. :
- L’observation suivante est, à ce sujet, très démonslra- 1 live. !
- Par une matinée de juin sans nuages,' à La Roehc-sur-Yon, sur la place d’Armes, une locomobile en marche .donnait un panache se dissipant rapidement sans laisser trace de fumée de charbon. Placé très près de la baule cheminée de la machine, du même côté que le soleil, je voyais le pan; clic se détacher en blanc sur le ciel cependant très lumineux du zénith. L’angle dont il est ques- j tion plus haut était en effet très supérieur à 90°. Je me j suis alors éloigné du côté du soleil de manière à réduire j cet angle : 'progressivement l’éclat du panache s’est atténué devenant successivement égal, puis inférieur à celui de la région du ciel, plus éloignée du soleil et moins lumineuse que dans le premier cas, sur laquelle il se pro- j jetait et arrivant à paraître presque noir, Devenant alors près de la machine, j’ai vu se succéder, en ordre inverse, ! la même série d’aspects.
- ACADÉMIE D
- Séances de juin
- Elections.— Au cours de la séance du 11 juin, le professeur Jean Perrin a été élu membre de la section de Physique générale, en remplacement de M. E. Bout y.
- Le rougissement des cerises. — Pour expliquer la formation des composés anthoevaniques, on a fait intervenir, tantôt l’action de la lumière, tantôt l’abaissement de la température, mais jusqu’ici aucune expérience n’avait été conduite avec la précision qui caractérise la méthode de M. Fernand Obaton. La communication, présentée en son nom par M. M. Molliard, prouve que le rougissement des cerises dépend de la température et que la lumière n’a aucune action directe sur ce phénomène ; de plus, l’étude du quotient respiratoire montre que les fruits qui rougissent sont le siège d’une fixation d’oxygène.
- Le spectre secondaire de l’hydrogène. — Ce gaz est susceptible d’émettre, dans la région visible, deux spectres de structure très différente : l’un constitué par la-setie de Balmer, l’autre très complexe et appelé longtemps spectre de bandes de l’hydrogène; on attribuait le premier à l’atome II, le second à la molécule H2. Reprenant les mesures de M3I. Bubson et Fabry, M; Duffieux indique, de façon définitive, que la totalité des raies observées dans le spectre secondaire doit s’attribuer uniquement à la molécule.
- La constitution de Vésérine. — Mélhyluréthane d’une base à fonction phénolique, (éséroline) et possédant deux azotes tertiaires liés à un groupe Cil3, l’ésérine a été étudiée par MM. Max et Michel Polonovski qui peuvent en donner la formule développée, corrigeant ainsi les schémas de Salway et de Strauss.
- Ces phénomènes, peut-être observés déjà, niais dont les météorologistes ne semblent pas s’ôtre préoccupés, peuvent donner des indications utiles sur l’état de l’atmosphère au niveau des nuages et par là, surtout s’ils ne sont pas trop localisés, conduire à des pronostics d’un certain intérêt.
- L’interprétation toutefois en est difficile; on est tenté de penser à la tache noire des bulles de savon ; mais nos connaissances sur la constitution des nuages sont insuffisantes pour permettre de tenter une explication. On admet par exemple volontiers que les nuages sont de simples brouillards : or un brouillard, même assez épais pour être à son maximum de pouvoir diffusant, est généralement gris ; souvent, en été, on voit l’horizon barré par une brume grisâtre d’où émergent ultérieurement des cumulus d’un blanc éclatant cl, de plus, à contours remarquablement nets, tandis que ceux de la brume ou d’un brouillard sont toujours indécis. L’assimilation ne parait donc pas justifiée.
- D’autres part les puissantes décharges électriques que peut donner un cumulus conduisent à admettre que ce nuage est conducteur ; or les brouillards sont i.-olants.
- On peut espérer cependant qu’un phénomène accessible à la fois à l’observation et à l’expérience pourra trouver une explication sati-faisante et en même temps utile. P. Vu.laan.
- Membre de riiisliliil.
- BS SCIENCES
- et juillet 1923.
- La série chairice des Coi bières, entre la Berre et Narbonne. — La nouvelle note de M. L. Barrabé indique qu’une nappe de charriage constituée par du Trias, du lias et parfois des dolomies du Jurassique moyen, s’étend depuis la région de Durban jusqu’à l’ouest de Narbonne. La direction du charriage est N. W., comme le prouvent la direction et le pendage des plis couchés de la chaîne de Fonlfroide; enfin son âge est indiqué d’une façon précise par le chevauchement de la nappe sur le Lutécicn moyen, dans la région de Coustouge, et par l’oligocène des premiers dépôts transgressifs sur la région charriée.
- Sur une combinaison de. réflecteurs. •— M. Marsat soumet à l’Académie une combinaison optique qui, réfléchissant parallèlement tous les rayons lumineux émis par une source de petite dimension placée au foyer, conserve au faisceau la forme méplate; elle comprend, comme organes essentiels, deux réflecteurs, l’un torique, l’autre cylindrique.
- Pompe moléculaire hélicoïdale. — M. Ilolweck présente un nouvel appareil basé sur le même principe que la pompe de Gacde. Les molécules du gaz à déplacer s’engagent dans un canal dont une partie de la paroi, mobile, est animée d’une grande vitesse ; par chocs successifs, elles sont entraînées et, eu fin d’opération, évacuées clans une pompe préparatoire.
- Les composés magnésiens arsinés. — L. Meunier a signalé que l'ammoniac et les amines.primaires ou secondaires réagissent sur les organomagnésiens, pour fournir des composés des types C6ID AzlI.MgBr ou C6HsAz (MgBr)2. MM. André Job et René Reich, ayant réussi à étendre cette
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- LES NOUVELLES CABINES TELEPHONIQUES A ENCAISSEMENT 237
- réaction aux phosphines, aux arsines et aux stibines, démontrent l’existence des arsinomagnésiens et cela indique la possibilité de fixer le groupement carboxyle sur l’alome As. Il semble aux auteurs qu’ils pourront utiliser ces magnésiens pour obtenir, soit à partir des arsines primaires et secondaires, grasses ou aromatiques, soit à partir des arsénobenzènes, des types nouveaux de molécules arsénicales.
- La Tgrrhénide dans larégion ouest de Bougie. — Sur la rive gauche de la Soummam, au nord d’EI liseur se dresse l’imposant massif du Dj. Arbalou, qui domine la région ouest de Bougie et se prolonge par une série de crêtes calcaires jusqu’au (iouraya de Bougie et au Cap Carbon. Les études de M. F. Ehrmann établissent, par la présence de couches violacées, analogues à l’Oxfordien dans la chaîne des Babors, de schistes argileux et certains calcaires, que les chaînes du Djurdura, circonscrivant vers l’Est la grande Kabylie, lui constituent une limite géographique aussi franche que celle du Sud. Enfin, les chaînes de la Kabylie des Babors ne constituent pas le prolongement direct du Djurdura, car elles s’affirment plus méridionales et nettement indépendantes.
- La prise du plaire. — Poursuivant leurs études sur le sulfate anhydre S04Ca et les hydrates S04Ca, 211-0 —
- S04Ca, ifl20, MM. Pierre Jolibois et Chassevent montrent
- que, dans le cas du premier sel, le phénomène de' la solidification ou prise se produit en trois temps : formation du demi-hvdrate solide, dissolution de ce composé, enfin cristallisation du gypse.
- L'humus dans les terres à café du Brésil. — On sait que le grand souci des planteurs est la recherche de la terre vierge, recouverte de forêts inviolées où pendant des centaines d’années se sont accumulés les détritus organiques qui représentent une abondante réserve d’humus. L’analyse des différents échantillons (terre rouge de Sào Paulo, terre semi-argileuse de Minas Geraes) a indique à M. Piettre que l’accumulation en surface des matières minérales (CaO, P2O3 MgO, K01I, etc.) et des substances humiques favorise l’immobilisation des premières par les secondes et qu’après l’abatage des forêts, on devrait non seulement s’abstenir d’en détruire la plus
- grande partie par le feu, mais les enfouir, dans le sous-sol, par un labour profond.
- Le diabète sucré experimental. — Pour Claude Bernard, le diabète artificiel était toujours temporaire et l’objection faite à cette conclusion étail, que chez le chien et le lapin soumis aux expériences, il s’agissait surtout d’une glycosurie passagère. Les travaux que résument MM. Jean Camus, Gournay et Le Grand indiquent aujourd’hui que, comparativement à la piqûre classique de Cl. Bernard, la lésion du tuber est susceptible de créer chez le lapin un diabète d’assez longue durée.
- Acquisitions nouvelles sur la rougeole. — La note de MM. Charles Nicolle et E. Conseil, résume des travaux, commencés en 1911, parallèlement à ceux d’Anderson et de Goldsberger, et qui tendent non seulement à déterminer les conditions de la contagion, mais encore à découvrir une méthode de vaccination préventive.
- Une lampe démoniable de grande puissance pour T. S. F. — Lorsqu’on veut réaliser un appareil thermoionique susceptible d’être vidé de gaz une fois pour toutes, on doit employer dans sa construction du verre, du quartz ou des métaux, et réunir ses différentes parties par des soudures, ce qui rend impossible tout démontage lors de la rupture d’un filament ou la fu-ion d’une quille. M. Molneck soumet à l’Académie un appareil démontable, ne comportant que des joints; l’anode est refroidie par une circulation d’eau et le filament constitué par un cylindre de tungstène de 0 cm 05 de diamètre et une pompe fonctionne en permanence pour entretenir le vide.
- La préparation du pétrole à partir d huiles végétales. — M. A. Mailhe a déjà indiqué qu’on peut obtenir certains constituanls du pétrole en décomposant les huiles végétales par pyrogénation catalytique et hydrogénation des produits formés: mais on ne saurait obtenir dans cette transformation des huiles lourdes ou des huiles de graissage. Les dernières expériences du savant toulousain établissent que faction déshydratante du chlorure de zinc, jointe au cracking, produit sur l’huile de colza une destruction profonde qui conduit à un véritable pétrole, analogue aux pétroles américains, et l’action polymérisante de ce même sel donne des huiles visqueuses, utilisables comme lubrifiants. P.wn, B.
- LES NOUVELLES CABINES TELEPHONIQUES A ENCAISSEMENT AUTOMATIQUE
- de l’Administration des Télégraphes et des Téléphones, à Paris.
- L’Administration des Télégraphes et des Téléphones a mis à l’essai depuis quelque temps, à Paris, un système de cabine téléphonique à encaissement automatique qui, s’il subit victorieusement l’épreuve de la pratique, est certainement appelé à prendre beaucoup d’extension et à constituer un nouveau facteur de progrès, dans le développement et la vulgarisation de la téléphonie.
- On sait quelles sont les raisons d’ordre technique et économique qui ont amené la plupart des grandes administrations de téléphonie du monde à envisager,
- après les Compagnies téléphoniques nord-américaines, l’introduction du machinisme et de l’automaticité dans les bureaux centraux ; ces raisons existent pour ce qui concerne les cabines aussi bien, et davantage même à certains égards que pour les centraux.
- Déjà, d’ailleurs, plusieurs pays ont adopté dés équipements de ce genre, soit pour faciliter la multiplication des cabines publiques, soit pour rendre les installations privées plus facilement accessibles aux amateurs ; dans la première application, l’ob-
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- 238 = LES NOUVELLES CABINES TELEPHONIQUES A ENCAISSEMENT
- jectif essentiel est d’éviter les dépenses prohibitives qu’entraînent, en frais de personnel, les cabines ordinaires; dans la deuxième application, on vise à abaisser — jusqu’au voisinage des Irais d’amortissement proprement dits — Ja redevance minima initiale réclamée à l’abonné, en ne percevant les taxes de communication qu’à mesure des reliements demandés.
- Il ne s’agit plus, alors, à vrai dire de « cabines » à encaissement automatique, telles que l'administration française en a mis quelques spécimens à l’expérience, mais de simples postes d’abonnés avec
- plupart des instruments et des dispositions utilisables.
- Qu’il ait fallu, malgré l’intérêt incontestable du système, un délai relativement long avant qu’on en fit l’essai, cela s’explique aisément : dans une grande ville comme Paris, où les services administratifs de I tout genre abondent, et aussi les établissements possédant des appareils téléphoniques qu’ils sont prêts à mettre obligeamment à la disposition des particuliers, les conditions ne sont pas les mêmes que dans les régions, moins peuplées et moins actives, où le système automatique a été introduit d’abord.
- Fijs, i. — Vue extérieure de la cabine à encaissement automatique.
- « compteurs de communication à prépaiement » ; mais le problème, sous le rapport de l’outillage, est pratiquement identique dans les deux cas et c’est par les mêmes moyens qu’on le résout pour l’une et pour l’autre application.
- Les avantages de l’encaissement “automatique avaient depuis longtemps frappé beaucoup d’ingénieurs français ; il y a une quinzaine d’années au moins, si je me rappelle bien (mes collections de documents et de revues ont en partie été détruites au cours delà guerre, et je n’ai pas sous la main de quoi les remplacer), que, désireux d’exposer à ses lecteurs l’état de la question, M.-J. A. Montpellier voulut bien me faire l’honneur de me demander de donner dans sa Revue, Y Électricien, un aperçu du problème et des appareils proposés pour le résoudre; j’ai décrit à cette époque la
- Fig-. 2.
- Vue intérieure de la cabine.
- Si notre administration a paru lente à se rallier au système en question, il ne faut donc point lui en faire grief : ailleurs, des nécessités plus impérieuses imposaient davantage d’adopter le procédé, fût-ce avec des instruments rudimentaires ; chez nous, le système ne pouvait devenir vraiment intéressant, dans la pratique, qu’à la condition d’être réalisé à l’aide d’appareils irréprochables a tous égards, et d’une construction parfaitement industrialisée, à niveau du restant de l’outillage de nos grands réseaux et centraux téléphoniques.
- La cabine à encaissement automatique, mise à l’essai, par l’administration française, est due à des constructeurs anglais ; des exemplaires en sont déjà en service aussi, depuis quelque temps, en Suisse; on en a installé, l’année dernière, au bureau de Charing Cross de l’administration anglaise; l’admi-
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- LES NOUVELLES CABINES TÉLÉPHONIQUES A ENCAISSEMENT
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- « comme
- Fig. 3. — Le poste téléphonique complété par l’encaisseur automatique.
- nistration argentine'en a, parait-il, également acquis quelques-uns et l’administration belge serait sur le point d’en installer à titre d’essai.
- Elle est conçue pour être employée cabine publique, en rue, dans les magasins, dans les immeubles à logements multiples, etc., partout où un client occasionnel peut avoir besoin d’une communication téléphonique et où il convient que l’intéressé acquitte personnellement et immédiatement la taxe afférente à la communication sollicitée » ;
- « sa caractéristique particulière est d’être utilisable aussi bien sur des réseaux à service automatique que sur des réseaux à service manuel » ; jusqu’à ce jour, l’adaptation de l’encaissement automatique aux conditions de fonctionnement des centraux automatiques avait rencontré de sérieux obstacles.
- Les figures 1 et 2 ci-contre montrent la cabine à encaissement automatique française, vue de l’extérieur et vue de l’intérieur ; on notera le soin avec lequel sont présentées, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, les inscriptions destinées à l’initiation du public au mode d’emploi de l’équipement; cette initiation est, cela va de soi, une des plus grosses difficultés du problème.
- La figure 3 fait voir le poste muni de l’appareil d’encaissement proprement dit et la figure 4 le mécanisme de cet appareil ; on remarquera aux figures 2 et 3 que ce dispositif comprend deux parties superposées ayant chacune leur serrure de fermeture ; la partie inférieure constitue la boîte à monnaie ; elle n’est plus représentée à la figure 4, qui ne donne que la partie supérieure, c’est-à-dire le mécanisme ; à la figure 5 est donné le schéma d’installation de l’équipement, tel qu’il est appliqué en France.
- Le client qui désire obtenir une communication, s’étant installé dans la cabine, commence par « verser dans la fente de l’appareil, la somme de 0 fr. 25, en une pièce de nickel non déformée », ainsi que l’indique la notice explicative affichée à côté de la caisse ; « il décroche ensuite le téléphone et, lorsque la téléphoniste lui a répondu, il fait sa demande et attend, téléphone à l’oreille » ; « quand il entend son correspondant » il doit, pour pouvoir se faire entendre à son tour « enfoncer à fond un bouton A, dont l’appareil est muni, le lâcher, après quoi il peut parler librement » ; si le correspondant est
- Fig. 4. — Mécanisme de l’encaisseur automatique.
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- 240 LES NOUVELLES CABINES TÉLÉPHONIQUES A ENCAISSEMENT
- absent ou si sa ligne est hors de service, le client a se fait rembourser la monnaie qu’il a versée », en a pressant sur un deuxième bouton B ».
- Le mécanisme (fig. 4) comprend principalement, pour commencer, une série de pièces mécaniques E, dont l’objet est d’éliminer toute pièce ou jeton non conforme, et qui amènent la pièce, si elle est bonne, contre l’extrémité d’un levier basculant équilibré 2 ; par un cavalier réglable, C, dont il est muni, ce levier agit sur un système de lames de contact S, agencé, avec d’autres, dans la partie inférieure de l’appareil; aussi longtemps que le client ne manœuvre ni le bouton A, ni le bouton B, le levier est
- court-circuit, ce qui ne lui est possible qu’en actionnant le bouton A.
- En enfonçant ce bouton, il fait tourner sur lui-même un axe horizontal H, qui, par une goupille dont il est muni, fait à son tour se déplacer le secteur ; ceci projette la pièce dans la caisse et détermine la rupture des contacts a et b, figure 5, ce qui établit entre le client et l’abonné correspondant une communication régulière.
- Si, au lieu d’actionner le bouton A, le clhnt agit sur le bouton B, il provoque par l'intermédiaire d’un levier coudé U, le déplacement du secteur V vers la ! droite (la manœuvre de A le pousse vers la gauche),
- Répartiteur
- intermédiaire
- ! Cabine )
- Sonnerie
- magnétique
- -si Terre
- jooou
- Relais
- polarisé
- Monnaie
- Groupe de départ spécial avec bduton d'inversion sur-les fiches de réponse.
- Fig. 5. — Les circuits de la cabine téléphonique à encaissement automatique.
- i°) a et » sont fermés par l’introduction de la monnaie; a et b s’ouvrent à l’encaissement, a s’ouvre seul au remboursement, b restant fermé jusqu’à l’encaissement suivant.
- 2") Ouand la ligne est prise au jack local, le relai polarisé n’attire son armature que dans le cas où la téléphoniste, pour recevoir la demande du client, appuie sur le bouton d’inversion, ce qui relie momentanément le fil 2 au pôle négatif de la batterie. '
- 3”) Quand la ligne est prise à un jack général, le fil 2 est relié au pôle négatif de batterie et le relai polarisé attire en permanence son armature.
- immobilisé, par le talon T, dans la position que montre la figure.
- Dans cette situation, on peut voir, en se reportant à la figure o, que le courant d’appel se produit, mais que l’appareil transmetteur de la cabine est court-circuité et que le client ne peut donc se faire entendre ; cependant, si l’opératrice, prenant la ligne ou jack local, appuie sur le boulon d’inversion, elle intervertit les liaisons de telle sorte que le fil 2 de la cabine est momentanément relié au pôle de la batterie centrale. Le relai polarisé attire alors son armature, interrompt le court-circuit et permet au client d’indiquer à l’opératrice le numéro qu’il sollicite.
- Le « relai polarisé » de la figure 5 n’est pas représenté sur la figure 4 ; une fois que l’opératrice a établi la liaison entre le client et l’abonné qu’il demande (ce qui se fait sur le jack général), le relai polarisé R cesse d’être excité et le client ne peut se faire entendre de son correspondant ; pour que son transmetteur agisse, il faut qu’il fasse cesser le
- ce qui détermine le rejet de la monnaie et, par la mise en jeu d’un contact S", à amortisseur R, détermine le retour de tous les organes, dans la cabine et au central, à la position de repos ; le client qui n’a pu communiquer avec son correspondant, ne peut non plus rentrer en relation avec le central qu’à la condition de déposer au préalable une pièce de monnaie convenable dans l’appareil.
- Ces indications sommaires suffisent, je crois, à faire comprendre le mode de fonctionnement du système ; je laisse de côté divers détails qui ne sauraient avoir d’intérêt que pour des professionnels ; je ne mentionne que pour mémoire le fait qu’il est aisé d’appliquer le système à un réseau à central automatique ; cette application n’exige pour ainsi dire aucune modification, ni de l’outillage du central, ni de l’équipement de la cabine (1).
- Henri Marchand
- 1; Je dois les photographies illustrant cet article aux constructeurs, la Hall Téléphoné Accessories, L(d, 61, Olcl Broad Street, London E. G. ; je leur exprime ici mes remerciements-
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laihjbe, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2585
- LE CASTOR
- 20 OCTOBRE 1923
- Nombreuses étaient jadis les colonies de Castors en France, particulièrement aux environs de Paris, en Sologne, et dans les provinces du Sud-Est. Le Castor était communément nommé « Bièvre », et il a laissé le souvenir de son nom dans beaucoup de localités.
- Ce souvenir, nous le retrouvons fixé par la Bièvre, cette rivière de Seine-et-Oise, si jolie aux environs de Versailles et qui arrive à Paris souillée par les blanchisseries et les tanneries de la banlieue ; — par la B ièvre et le Beuvron-, rivières de Loir-et-Cher; — par les Bièvres de l’Isère, plaine d’alluvions autrefois boisée; etc... Hors de France même, le nom anglais du Castor : beaver, rappelle l’ancien nom populaire de cet animal qui se rencontra en Grande-Bretagne jusqu’à la fin du xne siècle.
- Au xvme siècle, les Castors étaient très répandus en France lorsqu’on s’avisa de les considérer comme un gibier recherché, et de leur faire une chasse exterminatrice. Aussi ont-ils presque totalement disparu. Les quelques individus qui ont survécu aux massacres ont végété, par couples isolés, dans la vallée du Rhône.
- Cependant, au xixe siècle en Camargue, aux bords du grand et du petit Rhône, dans le Gardon et dans l’Auvèze, quelques Castors se réunirent et, obéissant à leur instinct, ils essayèrent de construire le long des digues du Rhône. Aussitôt, pour les en punir, le syndicat des digues du Rhône àBeaucaire, mit leur tête à prix : quinze francs furent alloués par animal tué. De 1885 à 1891, l’homme fit la guerre aux malheureux architectes rongeurs.
- Fig. 2. — Travaux de castors.
- Fig. i. — Castor du Rhône.
- Dessin de M. Maurice de Clermont (juin 1923).
- M. le Professeur Valery-Mayet eut l’heureuse idée d’intervenir pour mettre un terme à cette destruction qui aurait fatalement entraîné la fin de l’espèce; il parvint à faire supprimer la mise à prix.
- Les Castors n’étaient pas hors de danger, néanmoins ; car l’administration des Eaux et Forêts se plaignant de leurs- dégâts, on continua à les persécuter. Traqués de toutes parts, ils ne pouvaient plus exercer leur merveilleux instinct de constructeurs.
- La guerre vint qui favorisa les Castors. Pendant que les humains se battaient entre eux, les bêtes ont connu enfin un peu de tranquillité.
- Les Castors du Rhône et de la Durance en ont profité pour se multiplier et pour élever des constructions. Leur intelligence, on le sait, est assez souple pour se plier à toutes les circonstances : dans le Midi, ils ont utilisé les pierres pour bâtir leurs cabanes. Plusieurs villages ont ainsi reparu, depuis 1914, sur la Cèze et sur la Durance (1).
- Sans doute, les Castors sont nuisibles aux arbres, puisqu’ils les abattent pour étayer leurs travaux et puisqu’ils se nourrissent d’écorces ; ils sont gênants, parfois, à cause de leurs canaux qui détournent les eaux courantes ; mais il serait vraiment dommage que disparaisse cette espèce si intéressante et si réellement sympathique. Pour sauver la race, il suffirait de créer en France quelques réserves dans lesquelles les Castors pourraient se réunir et vivre en colonies, suivant les lois de leur nature. La Camargue semble tout indiquée pour abriter des réserves de ce genre.
- La question a préoccupé M. Raoul de Clermont qui, à plusieurs reprises, a demandé que les Castors du Rhône et de la Durance soient protégés. On lui a fait observer qu’il y aurait lieu de dédommager les propriétaires des dégâts causés par ces rongeurs; diverses solutions ont été envisagées, mais
- 1. Des réserves et parcs nationaux [Annales de la Science agronomique), par BÏ. Raoul de Clermont.
- 1b.— 241.
- 51* Année — 2* Semestre»
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- LE CASTOR
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- rien n’a été accompli, jusqu’à présent, en faveur des derniers Castors de France.
- C’est pourquoi, au Congrès international pour la protection de la Nature qui s’est réuni à Paris (31 mai, 1er, 2 et 3 juin), nous avons émis le vœu « que des mesures d’urgence soient prises pour empêcher la disparition du Castor et, spécialement, que des réserves de Castors soient créées en Camargue ».
- Ce vœu est justifié par l’intérêt scientifique et économique que présentent ces animaux dont le talent d’architectes et d’ingénieurs est une des curiosités les plus attachantes du monde vivant.
- Le Castor (du grec Kastôr) n’a pas une forme élégante, parce que trop trapue (fig. 1). Sa bonne tête ronde, aux oreilles peu marquées, est éclairée par de petits yeux. La bouche est garnie, à chaque mâchoire, de vingt dents, dont 4 molaires en haut et en bas, et deux grandes incisives recourbées. Les narines sont d’une extrême mobilité.
- Ces mammifères rongeurs ont de courtes pattes, mais celles de devant, aux doigts profondément séparés, leur servent en quelque sorte de « mains », tandis que celles de derrière sont terminées par des pieds palmés.
- Le ventre est gros, à cause du développement du cæcum, nécessité par la nourriture herbivore de l’animal, nourriture souvent coriace.
- Mais la particularité la plus curieuse de cette organisation, c’est la queue, longue de 0 m. 30, large, ovale, aplatie horizontalement et écailleuse, tour à tour truelle de maçon ou gouvernail.
- Le Castor fiber nage parfaitement. Ses oreilles mobiles se ferment lorsqu’il plonge : le pavillon s’applique à la tête et s’oppose à l’entrée de l’eau dans le conduit auditif.
- S’il est peu gracieux, du moins le Castor est-il richement vêtu. Son pelage, d’un brun fauve, se compose de deux sortes de poils : une bourre fine et imperméable et de longs poils soyeux. Cette superbe fourrure, objet de la convoitise de l’Homme, a causé la perte du Castor; pour s’en emparer, une guerre abusive a été faite à cet animal qui, même en Amérique, est menacé de disparition, si toutefois à l’heure actuelle cette disparition n’est pas consommée.
- En fait de fourrure cle Castor, on ne voit plus que des imitations, très reconnaissables aux yeux du connaisseur, car elles ne rappellent guère la somptueuse parure des infortunés rongeurs qu’une exploitation intelligente aurait permis de laisser vivre.
- Quand l’homme comprendra-t-il que son intérêt lui commande de ne pas puiser sans compter dans les trésors naturels ?
- Mais la fable de la poule aux œufs d’or se répète tous les jours sans que jamais soit suivi le conseil qu’elle renferme.
- Qu’il est triste de voir les richesses de la nature s’appauvrir de jour en jour, les espèces animales et
- végétales disparaître avec une rapidité effrayante, sans que rien vienne combler ces vides !
- L’humanité à venir ne connaîtra pas nombre de beautés de la création, cela par la faute de nos prédécesseurs, trop avides de jouir et de détruire; et aussi par notre faute si nous ne nous efforçons pas de réparer le mal commis dans cette sphère.
- C’est dans ce but que s’est réuni le Congrès international pour la protection de la nature, organisé par la « Société d’Acclimatation de France », la « Ligue française pour la protection des Oiseaux » et la « Société pour la protection des paysages de France ». Ce congrès a travaillé en vue d’obtenir que soit sinon augmenté, du moins conservé intact, l’héritage des richesses terrestres que nous devons transmettre à nos descendants.
- En ce qui concerne le Castor, il est surprenant que son élevage ne se soit pas généralisé ; très vigoureux et très doux, ce rongeur s’accoutume à la domesticité.
- M. R. de Clermont a signalé que M. Dick Kilgare, fermier à Boskom, en Géorgie (Etats-Unis) ayant créé une ferme, en a obtenu d’excellents résultats. Une ferme analogue pourrait avoir le même succès dans la Camargue.
- Plus anciennement, à Modlin, en Pologne, sur un étang, un essai d’élevage a été tenté. La « Société d’Acclimatation » a publié, dans l’un de ses bulletins (janvier 1866), le compterendu de six années d’observations sur ces Castors.
- La vente de l’étang vint interrompre cette intéressante expérience dont on a conclu que les marais de l’Europe pourraient être avantageusement utilisés pour l’élevage des Castors, tenus en demi-domesticité. Ce robuste mammifère ne craint pas le climat le plus rigoureux; il se multiplierait rapidement. Les bords des marais employés à cet élevage devraient être garnis de Saules, d’Aunes, de Bouleaux, de Peupliers, etc. Quand l’hiver est très sévère et de longue durée, il est bon de casser la glace et de glisser dans l’eau quelques troncs frais, afin que les Castors ne meurent pas de faim.
- Au point de vue utilitaire, un tel élevage fournirait une chair comestible, des fourrures admirables, sans parler du castoreum, cette substance sécrétée par deux glandes situées sous la queue de l’animal et que la médecine considère comme antispasmodique.
- L’expérience de Modlin a permis d’observer les mœurs des élèves ; les Castors en question étaient de ceux qui se creusent des terriers.
- En effet, le malheureux Castor d’Europe, sans cesse tourmenté, a été obligé de modifier son genre de vie et ne pouvant plus élever sur les eaux sa hutte trop visible, il s’est réfugié dans les fentes des rochers. Ainsi que l’a écrit un naturaliste : « le maçon est devenu mineur, faisant ainsi l’inverse de l’homme, qui, caché d’abord dans les cavernes, s’est construit plus tard des cabanes au grand jour, alors qu’il n’avait, plus à craindre les bêtes féroces. »
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- LE CASTOR —243
- Revenons aux Castors de Modlin. Leur propriétaire a assisté à des fiançailles : elles furent célébrées à la nage ! Le mâle poursuit la femelle à la surface et au-dessous de l’eau, l’ayant atteinte, il la tient embrassée par les pattes de devant. Pendant qu’ils s’expriment leur affection mutuelle et se promettent ' (sans doute) de passer ensemble sinon leur vie, du moins la saison, tous deux se tiennent verticalement, la moitié supérieure du corps au-dessus de l’eau.
- La femelle porte six semaines ; dans un terrier bien sec, elle met bas deux ou trois petits. A leur naissance, ces petits sont aveugles ; quand leurs yeux s’ouvrent — vers le huitième jour — la mère les conduit à l’eau, à la tombée de la nuit. Les petits plongent et nagent aussitôt.
- Adultes à trois ans, les jeunes quittent alors leurs parents pour creuser à leur tour de nouveaux terriers.
- Très timides, ces Castors ne sortaient guère que le soir. Telles étaient du moins les mœurs des élèves de M. Exinger, de Vienne.
- Le Jardin des Plantes de Paris a possédé des Castors vivants. Quatre furent envoyés d’Amériqùe et M. H. Milne-Edwards, alors directeur du Muséum (c’était avant 1870), leur portait un grand intérêt. Ils furent logés dans une spacieuse caisse de bois, dont l’ouverture donnait sur l’eau, et leur premier-travail consista à revêtir leur cabane d’une couche de gazon, pris à la pelouse prochaine; ils eurent soin de confectionner une manière de toit sur lequel l’eau pouvait couler.
- L’intérieur de leur habitation était d’une «extrême propreté (les excréments sont jetés au dehors, le Castor ne supporte aucune mauvaise odeur). Qnand l’hiver vint, ils bouchèrent l’ouverture de leur cabane pour se mettre à l’abri du froid. Ils allaient parfois se promener sur l’eau.
- Les Castors ne tolèrent dans leurs terriers ou leurs cabanes que les individus de leur propre famille.
- Ceux du Jardin des Plantes prouvèrent qu’ils n’hospitalisent pas les étrangers : les habitants de la grande cabane partirent, un jour, rendre visite à un autre Castor qui vivait seul dans une cahute à l’autre bout du domaine; l’entrevue parut cordiale de part et d’autre. Le lendemain, le solitaire alla rendre visite à ses voisins ; leur demanda-t-il d’entrer dans leur communauté? On ne sait ce qui se passa, mais le malheureux Castor fut trouvé mort à la porte de ses prétendus amis. De tels exemples de cruel ostracisme doivent être rares chez ces Rongeurs, essentiellement pacifiques, qui ont horreur du sang et de la chair.
- Dans les galeries de zoologie du Muséum de Paris sont conservés, entre autres, de fort beaux Castors du Rhône et un Castor mort à la ménagerie, peut-être celui qui a fini si tragiquement ainsi que nous venons de le raconter; il n’avait pas atteint son complet développement d’adulte.
- Les mœurs du Castor sont trop connues pour que nous nous attardions à les détailler; mais elles sont si attrayantes qu’on ne peut résister au plaisir d’en rappeler les grandes lignes. Aussi bien, on paraît évoquer un conte fantastique.
- Autrefois, dans les solitudes du Canada, des centaines de Castors se réunissaient, en été, pour créer un village. S’ils s’établissaient sur un îleuve, ils commençaient par conslruire une digue. Tour à tour charpentiers ou maçons, ils abattaient des arbres, plantaient des pilotis et consolidaient cet ouvrage formidable par un solide mortier. La digue atteignait 50 ou 35 mètres de longueur, sur 3 ou 4 mètres d’épaisseur à la base, et 1 mètre seulement au sommet. Ayant ainsi paré au danger de l'inondation, les Castors se subdivisaient en groupes afin d’élever, chacun pour son compte, une hutte commune.
- Ces groupes se composaient de deux ou trois couples, et même de six, huit ou dix couples. Les huttes offraient des dimensions proportionnées au nombre de leurs habitants ; leur diamètre intérieur était de 2 à 3 mètres. Rondes ou ovales, bâties sur pilotis, elles avaient deux ou trois étages : l’étage inférieur servait de magasin, les autres, de logements. Parfois les étages se subdivisaient en compartiments où s’isolait chaque couple. Une ouverture donnait sur la jivière, dans le magasin ; une autre, à l’étage supérieur, était la véritable porte à l’usage des habitants.
- Le magasin était rempli d’écorces et de branches de bois tendres et ce magasin ne pouvant suffire à renfermer les provisions d’hiver, des branches d’arbres étaient également amassées dans l’eau, auprès de la cabane.
- La cabane, aux murs épais de 50 et 60 centimètres, dont la substance composée de bois, de pierre, de sable ou de limon cimentés, était imperméable, offrait un abri confortable et sûr.
- Lorsqu’un Castor percevait l’approche de quelque ennemi, il avertissait la colonie en frappant l’eau de sa queue.
- A ce signal, chacun se précautionnait contre le danger possible.
- Ennemis de la rapine et de la guerre, tous vivaient en parfaite harmonie.
- Les petits naissent en hiver ; pendant que les femelles les soignent avec sollicitude, quand arrivent les beaux jours, les mâles quittent les huttes pour aller dans les bois à la recherche d’une nourriture fraîche ; de temps à autre, ils reviennent visiter leurs familles. Et quand les petits sont capables de les suivre, les mères s’en vont aussi se promener dans les bois, sur les eaux, et se régaler de jeunes pousses, de racines aquatiques, voiie de petits poissons.
- A la fin de l’été, la colonie se rassemble pour procéder aux réparations que les intempéries ont pu rendre nécessaires : digues et cabanes sont minutieusement restaurées.
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- Puis, l’automne ramène chaque groupe dans sa maisonnette.
- Tout cela existe-t-il encore dans quelque coin perdu du nord américain ?... Regrettable contresens, à présent que le progrès a rendu "plus faciles les voyages et les explorations, tandis que le cinématographe est susceptible de populariser les merveilles
- du monde, la nature a perdu quelques-uns de ses joyaux !
- Peut-être, un jour, nous sera-t-il donné d’admirer l’organisation d’une cité prospère de Castors dans le Midi de la France ! Ce serait à souhaiter.
- A. Felillée-Billot.
- L’AVENIR DU JAPON
- Dans l’affolement causé par les premières dépêches, beaucoup de journaux ont annoncé que les désastreux tremblements de terre, qui ont* dévasté le Japon du Ier au 6 septembre, avaient compromis le développement de-ce pays à un point tel qu’il avait besoin d’une génération pour réparer ses ruines.
- C’était bien mal connaître les ressources de cet Empire. Notons tout d’abord que le cataclysme n’a éprouvé que la région comprise entre le 138° et le 141° long. E. de Paris, les 54° et 37° lat. N. Encore, seuls les huit départements (biens) de Shizuoka, Yamanasi, Kanagava, Saitama, Guanna, Tàchigi,'Ibarachi et Chiba, ainsi.que le municipe (fou) de Tokio ont-ils réellement souffert.
- Malheureusement, c’est une des plus riches régions du Japon au double point de vue industriel et commercial, avec sa capitale, son plus grand port et ses stations balnéaires les plus fréquentées, qui a le plus souffert de la catastrophe.
- Autant qu’on peut en juger, la superficie de la région secouée ne dépasse pas 50000 kmq et celle de la zone dévastée atteint tout au plus 15000 kmq. C’est peu, relativement à la superficie totale de l’Empire. Le Japon proprement dit s’étend, en effet, sur 382 415 kmq. dont 223 520 kmq. pour l’île de Hondo ou Nippon, dont la partie sud-orientale vient d’être si cruellement éprouvée.
- Le nombre des victimes, si exagéré par les premières dépêches, est compris entre 150 000 et 200000 morts, alors que la population du Japon proprement dit dépasse actuellement 57 millions d’habitants, si Ton tient compte de son accroissement normal depuis le recensement de 1920; elle s’élevait alors en effet à 55 961 000 âmes.
- La catastrophe n’a atteint aucune des autres parties du territoire de la métropole, ni ses possessions coloniales (296 537 kmq. et 21959000 habitants en 1920).
- Le Japon industriel et commercial a évidemment beaucoup souffert. Il existe trois grandes régions industrielles : Tokio (2175201 hab. au lor octobre 1920,. 5 millions avec la banlieue) et ses ports de Yokohama (422 952 habitants) et de Yokosuka ; Osaka avec son port de Kobé; Nagasaki, Kioto et Ilingo se rattachent au groupe Osaka-lvobé. Mentionnons enfin quelques ports : Ilakodaté, Ivuré, Sasebo, où existe une vie industrielle très importante.
- Mais, comme on peut le voir, seule la première région a été dévastée, les autres sont intactes et Osaka est le plus grand centre de l’industrie du tissage: l’industrie des allumettes est concentrée à Osaka et à Kobé.
- Or, ce sont les industries du tissage et de la teinturerie, qui occupent le plus grand nombre d’ouvriers : 777 654 ouvriers, répartis.entre 40 558 usines, au recen-
- sement professionnel de 1918. On comptait, en 1917, 141 filatures de colon et en 1909, 150 fabriques d’allumettes.
- Ce sont les tissus de coton et de soie, notamment les pongées, qui constituent, avec les allumettes, la base des exportations; ces produits japonais sont pour ainsi dire maîtres des marchés de l’Extrême-Orient- et ils concurrencent avantageusement leurs similaires anglais dans l’Inde.
- La cotonnade japonaise a même pénétré dans les colonies européennes d’Afrique ; elle arrive par voie de terre, d’Egypte au lac Tchad. Pour les allumettes, le Japon a un quasi-monopole dans toute l’Asie et l’Insu-linde ; en 1909, il en exportait pour 296 millions de 1rs et ce chiffre a presque doublé depuis cette époque. Ajoutons-y le papier.
- La catastrophe n’a pour ainsi dire pas affecté ces industries fondamentales de l’exportation.
- Elle a par contre porté un coup très sérieux aux industries métallurgiques et navales, qui sont concentrées à Yokohama et à Yokosuka. Ces industries s’étaient subitement développées pendant la guerre générale ; elles approvisionnaient les Alliés d’armes et de munitions et construisaient des navires pour leur compte. C’est à elles qu’était dû le brusque essor du chiffre global des exportations, montées de 708500000 yens en 1915 à 2098 900 OOOyensen 194 9 et retombées à 1 057300000 y. en 1922.
- L’industrie métallurgique n’a pas de grandes possibilités d’avenir : le charbon japonais est des plus médiocres et le minerai de fer très pauvre et peu abondant (57 000 t. en 1915). Par contre, le Japon dispose de minerais de cuivre très riches et en très grande quantité et la production du cuivre s’est élevée à TU 000 t. en 1917. Il a en outre à sa disposition des forces hydrauliques considérables et encore à peine exploitées (R, ainsi que d’abondants gisements de pétrole (2) (Japon, Formose, Corée, Sakhaline).
- Le recul actuel des exportations de produits métallurgiques est la conséquence logique de la fin de la guerre générale. Il n’a rien à voir avec le tremblement de terre, mais celui-ci retardera de plusieurs années le retour à un état d’équilibre.
- D’exportateur dans ce domaine, le Japon va devenir importateur.
- Mais avec quoi paiera-t-il ses fournisseurs étrangers ? Tout simplement avec les produits de l’agriculture et de la pêche.
- 1. 339 moteurs primaires fixes et 247 000 chevaux-vapeur en 1919.
- 2. 360000 t, mét. en 1922 pour le Ja on et Formose réunies.
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- L’ÉLECTRIFICATION DES CAMPAGNES
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- Les trois richesses fondamentales du Japon sont : le riz, la soie, le poisson, le reste est secondaire. La production du riz était évaluée en 1922 à 109 600 000 quintaux mét. pour le Japon, à 27 500 000 pour la Corée et à 9 800 000 pour Formose; la production de la métropole est inférieure à la consommation, mais ses colonies comblent une partie du déficit. Les riz japonais étant de qualité supérieure sont en partie exportés et ce sont des riz indo-chinois de qualité inférieure, mais bon marché, dont le peuple se nourrit ; la balance des ventes et des achats montre un excédent en faveur des ventes. C’est du riz que le Japonais tire non seulement sa nourriture fondamentale, mais aussi sa boisson favorite, le saké ; c’est avec sa paille qu’il fabrique ses chapeaux, ses nattes et une partie de son papier.
- Après le riz viennent les pommes de terre et les patates (55 200000 qtx en 1920), le maïs (5 500000 qtx en 1922), l’avoine (2 millions de qtx en 1922), l’orge (22 500 000 qtx en 1922) et le froment (7500000 qtx en 1922).
- Ces trois dernières céréales se cultivent dans le Nord, de llondo, à Yézo et aux Kouriles (Tchi-Shima).
- Le thé est la boisson des gens sobres. En 1920, la production en feuilles livrées à la consommation s’est, élevée pour le Japon proprement dit à 561700 qlx mét. et pour Formose à 90400 qtx mét. ; or, c’était une année bonne pour le Japon et très mauvaise pour Formose (1). Le thé japonais est mauvais et se boit vert, ce qui plaît peu aux Européens. Le Japon n’en exporte pas et est même obligé d’en faire venir de Chine.
- Les soies japonaises sont célèbres. Elles sont exportées de plus en plus sous forme de tissus et de moins en moins sous forme de soies grèges. Elles représentent un
- 1. Production moyenne de cette île (140 à 150 000 quintaux).
- des éléments les plus sûrs et les plus stables de la production du pays. En 1919, le poids total des soies grèges récoltées atteignait 40 millions de kin, soit 25 millions de kgs. . '
- Moins connu, le tabac offre pourtant de brillantes perspectives. Sa production s’accroît rapidement depuis 1900 (1922 : Japon, 679000 qtx; Corée : 45 500 qtx; 1920: Formose, 65 800 qtx). Le Japon vient a ce point de vue au second rang des pays producteurs. Par contre, la production du coton est devenue insignifiante.
- Pour en finir avec les produits agricoles, rappelons que le Japon et Formose donnent les neuf dixièmes du camphre récolté dans le monde entier, ce qui assure au Japon la maîtrise du marché.
- La seconde base de l’alimentation du Japonais est le poisson. Ce peuple en consomme d’énormes quantités, qui sont pêchées tant dans ses rivières que dans ses eaux territoriales. En outre, le traité de Portsmoulh de 1905 permet aux pêcheurs japonais d’aller chercher le poisson dans les fb uves et sur les côtes de la Sibérie. Aussi l’Empire du Soleil Levant peut-il non seulement faire face à ses besoins, mais encore exporter des conserves de poisson dans tout l’Extrême-Orient.' En 1906, il possédait 426 000 barques de pêche et 5 millions de personnes y vivaient de la pèche et des industries connexes. Il suppléait ainsi à l’insuffisance de son élevage de bétail.
- De ce court exposé se dégage une conclusion bien simple : la catastrophe de septembre 1925 n’a pas compromis la situation économique du Japon. Malgré ses pertes en population et en matériel dans une de ses plus grandes régions industrielles et maritimes, l’Empire du Soleil Levant reste une' grande puissance : il n’a nullement été atteint dans ses forces vives et son avenir est des plus brillants.
- René ce Conte.
- L’ÉLECTRIFICATION DES CAMPAGNES
- L’électrification rurale préoccupe actuellement toutes nos populations paysannes, et ceux qui ont charge de ses destins. La très grande majorité des Conseils généraux se sont déjà prononcés en faveur de l’installation de réseaux à travers les campagnes, et ont pris des résolutions à ce sujet au cours de leurs dernières assises estivales.
- Le gouvernement lui-même, sous la pression de l’opinion publique, a autorisé le Ministre de l’Agriculture à déposer un projet de loi, portant l’ouverture d’un crédit de 600 millions en vue de faciliter et hâter cette réalisation, et la Chambre des Députés a voté cette proposition sans grands débats. Le mouvement, à peine esquissé il y a deux ans, s’affirme et ne paraît pas pouvoir être désormais entravé.
- L’électricité à la ferme et dans les champs. — A l'heure, en effet, où toutes les productions doivent être intensifiées, les productions agricoles en particulier, où la main-d’œuvre fait de plus en plus défaut aiix champs plus encore qu’à la ville, l’éleo-tricité apparaît comme l’unique remède efficace, susceptible de suppléer à l’insuffisance des bras et de favoriser l’augmentation des rendements. L’élec-
- tricité présente une infinie souplesse qui lui permet de s’adapter à tous les besoins.
- S’il s’agit d’éclairage, elle réduit les risques d’incendie, autorise les travaux de nuit, souvent nécessaires durant les périodes de presse, économise l’argent et le temps ; elle est, en outre, beaucoup plus hygiénique que tous autres modes de lumière.
- Enfin elle palliera, dans la plus large mesure, à la désertion des villages en assurant à ï’ouvrier une partie de ce bien-être, qui lui fait si fréquemment se ruer vers la ville.
- Il a été établi qu’un kilowatt-heure lumière, qu’on taxe généralement autour de 2 francs ou 2 fr. 50, correspondait à la consommation de 4 litres de pétrole.
- Avec une dépense de ce genre, il est loisible d’éclairer pendant 50 heures, sans interruption, une pièce du logis ou d’illuminer, durant le même laps de temps, une écurie de 16 chevaux, une bergerie de 100, moutons, une porcherie de 50 animaux, une étable de 15 vaches ou un chai de 100 m. carrés de surface.
- Mais s’il fallait s’en tenir au seul bénéfice précité, peut-être serait-il excessif de sacrifier des milliards
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- Fig. i. — Concasseur-broyeur à moteur électrique de la maison Japy.
- à l’économie nationale. Le plus grand bienfait que l’agriculture doit retirer de l’électricité réside dans son emploi rationnel comme force motrice.
- Tous les appareils de la ferme sont tributaires du courant. Tout d’abord, ceux qui sont utilisés pour l’alimentation des animaux. Le même kilowattheure — qui en matière industrielle sera le plus souvent taxé à demi-tarif — permet d’aplatir 400 litres d’avoine, de broyer 600 kg de tourteaux, de couper 5000 kg de betteraves, de concasser 200 kg de blé ou 300 de maïs ou de hacher 500 kg de paille.
- La laiterie peut être complètement modernisée sous l’influence du courant. Non seulement, on peut imiter les fermières danoises, qui ont généralisé la traite électrique des vaches — 1 seul kilowatt-heure est nécessaire pour la traite de 20 bêtes —, mais l’écrémage, le barattage, le malaxage du lait et du beurre se peuvent exécuter avec une faible dépense d’énergie. La ventilation et le séchage des fruits, la réfrigération en vue de la conservation des denrées périssables, le sciage du bois, l’extraction de la caséine du lait, le couvage des œufs, le blanchiment et le pétrissage des formes seront réalisés à peu de frais et avec un personnel des plus limités.
- Le grenier sera transformé sans aucune difficulté, puisqu’au lieu de porter à dos d’homme les sacs de blé, on les élèvera électriquement à raison de 70 sacs à l’heure. Le trieur débitera 100 sacs de blé, la tarare en nettoiera complètement une dizaine avec un kilowatt-heure.
- Il n’est pas jusqu’à la viticulture qui ne pourra être révolutionnée par l’électrification. Avec 2 francs ou 2 fr. 50, elle aura la facilité de fouler 10 tonnes de vendange, ou de soutirer 300 hectos, ou de remplir et boucher 250 bouteilles, en attendant qu’elle stérilise les liquides et qu’elle vieillisse habilement ses alcools et ses vins. Qu’on ne dise pas que ce sont là miracles de demain. Une seule société de distribution du Midi a déjà électrifié plus de 200 caves du Languedoc !
- L’irrigation bienfaisante, indispensable dans cer-
- taines régions trop ensoleillées et arides, doit rendre la fécondité au sol. Or 1 hectare n’exigera qu’un kilowatt-heure pour être humidifié pendant 14 heures.
- Le battage électrique a, dès longtemps, conquis droit de cité en Suisse, où certaines machines triturent 150 gerbes à l’heure avec un petit moteur de 3/4 de cheval.
- Il est moins répandu, et à tort, en France. Il nous serait difficile d’opposer un effort analogue à celui de nos voisins des Alpes. Pourtant déjà en 4913, nous commencions à réagir contre notre traditionalisme et nous avons fait de sérieux progrès depuis
- 10 ans.
- La supériorité du battage électrique est indéniable. Un fait concret le démontre. Un cultivateur de l’Aude dépensait avant la guerre 2500 francs pour le dépiquage de 2000 sacs de grains. L’emploi d’une machine électrique de 20000 francs avait réduit ses débours à 600 francs. Avec l’amortissement de l’outillage, l’économie réalisée excédait 35 pour 100.
- L’électricité et la motoculture. — L’adduction du courant à la ferme doit également développer la culture électrique. Nous ne saurions ici entrer dans des détails sur les procédés à employer, sur les appareils à mettre en œuvre, et qui sont aujourd’hui au point ou'peu s’en faut. Mais nous devons, dans ce bilan, enregistrer quelques-uns des résultats obtenus. Dans l’Eure-et-Loir, département agricole, où l’électrification intégrale est en cours, l’ingénieur en chef Duperrier a constaté qu’il fallait 83 kilowatts-heure pour labourer à 0 m. 29 un hectare de luzerne (coût moyen 100 francs). A Ondes (Haute-Garonne), des terres sèches et argileuses ont demandé 77 kilowatts-heure pour un fonçage à 0 m. 22. A Meaux,
- 11 n’a, au contraire, fallu que 35 kilowatts-heure pour labourer à 0 m. 15.
- Le professeur Sourisseau, de la Faculté de Toulouse, estime qu’on doit tabler sur 150 kilowatts-heure pour deux labours, un déchaumage, deux hersages, un roulage et l’ensemencement.
- Par contre, M. l’ingénieur Petit considère qu’avec 1 kilowatt-heure on labourera 1 are à 0 m. 30, 2 à
- Fig. 2. — Moteur électrique transportable Japy pour travaux agricoles.
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- 0 m. 22, 5 à 0 m. 15. Enfin, les services officiels de la Seine-Inférieure, qui préparent l'électrification départementale, ont escompté une consommation de 20 kilowatts-heure pour la culture d’un hectare normand où la polyculture domine.
- Yoilà bien des raisons pour justifier l’engouement de l’agriculture à l’égard de l’électricité. Il en est d’autres qui seront ultérieurement à faire entrer en ligne de compte. Encore qu’à ses débuts, l’électro-culture, étudiée en Angleterre par les savants officiels, a révélé son efficacité. On a vu des fraisiers produire jusqu’à 80 pour 100 de plus, le blé de 20 à 40 pour 100, voire 50 pour 100; la pomme de terre 50 pour 100, la tomate et la carotte de 20 à 60 pour 100, sous l’influence de décharges électriques.
- L’électricité peut résoudre la crise du personnel, restreindre les efforts, accroître les rendements sans dépenses supplémentaires, et doit fatalement s’imposer dans nos campagnes.
- Les réseaux ruraux et leur organisation financière. — Mais l’aménagement des réseaux ruraux pose un certain nombre de problèmes d’une solution délicate. Si, pour desservir une ville, on peut tabler sur 2 m. de ligne de répartition par tête d’habitant, pour 'alimenter des foyers disséminés on doit envisager la pose de 20 à 50 m.
- Les dépenses seront donc sensiblement plus élevées à la campagne, et cependant les recettes seront plus modestes, car la consommation rurale est limitée. Songez que pour 4000 villageois on évalue les besoins à 80 kilowatts permanents seulement !
- De là le peu de propension des Compagnies à charte existantes à électrifier les bourgs non industrieux ou à feux clairsemés. Il faut, toutefois, reconnaître que certaines compagnies ont fait effort pour alimenter les ruraux. La Méridionale de Carcassonne dessert 500 communes purement agricoles de l’Aude. La Nîmoise d’Electricité fait fonctionner 200 pompes à eau ou à vin du Gard. Le Sud Électrique a équipé 400 kilomètres de câbles pour ravitailler la culture du Gard. On doit, néanmoins, observer qu’il s’agit surtout de pays viticoles, donc riches par essence. Toute la
- Fig. 4. — Hache-paille Japy à commande électrique.
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- Fig. 3. — Bulleuse Alburet actionnée par un moteur électrique transportable de Japy.
- France n’est pas aussi favorisée, tant s’en faut.
- On ne saurait demander à l’initiative privée de tenter une entreprise qui, dans bien des cas, ne saurait être rémunératrice. Il faut, et tout le monde est d’accord sur ce point, que l’Etat et les départements aident à constituer le capital de premier établissement, et que les intéressés fassent le reste.
- Toutes les fois qu’il sera impossible de recourir à une station de production ou à un secteur proches, mais seulement dans cette alternative, car l’installation d’une centrale hydro-électrique spéciale entraînerait à des débours supplémentaires sans que le réseau rural ait la sécurité de son approvisionnement en courant, on se résignera à créer une usine. Mais, en principe, le réseau rural sera raccordé à une centrale pourvue de réserves thermiques ou à un câble haute tension de transport de force.
- Il conviendra, tout d’abord, de bien délimiter, en tenant compte de la situation topographique et des conditions économiques, l’étendue du réseau. La discrimination judicieusement établie, les communes intéressées se grouperont en syndicat intercommunal, ou les intéressés eux-mêmes en coopératives. Les syndicats ou coopératives réuniront une partie des fonds nécessaires. Pour le complément, ils feront appel, par l’intermédiaire du Génie Rural, à la collectivité.
- L’Etat, d’après les projets prévus, consentira une subvention et un prêt à taux réduit, 2 à 5 pour 100, lequel dépendra à la fois des frais envisagés, de la population desservie et de l’intérêt économique que présente l’électrification. En aucun cas, l'aide ne saurait dépasser 55 pour 100 des débours initiaux.
- Les communes et départements, de leur côté, auront le devoir de collaborer à cet effort, dont ils profiteront. Les communes peuvent, à cet effet, soit emprunter, selon les formes ordinaires, au Crédit Foncier, et gager l’emprunt par des centimes additionnels, soit, et le Génie Rural les incite à s’orienter dans cette voie, émettre des bons garantis qu’elles placeront parmi les futurs consommateurs Ce système a déjà été pratiqué dans le Jura et l’Ain.
- Les groupements coopératifs devront s’instituer
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- de façon un peu différente. Après avoir recueilli des fonds individuels, en quantité suffisante, ils s’adresseront au Crédit agricole, aux municipalités, au département, à l’Etat. Il sied de remarquer que, pour la desserte de fermes isolées, le syndicalisme intercommunal aura rarement l’occasion de jouer, et que la coopération entre intéressés s’imposera d’ordinaire.
- La question s’est posée de savoir si les subventions seront accordées à fonds perdus. Pour l’Etat la formule peut être admise. Il paraît difficile de l’étendre aux départements et communes. Dans bien des circonscriptions, on risquerait de retarder ou même d’empêcher l’électrification. On doit donc prévoir l’imposition de surtaxes sur la vente du courant, en vue du remboursement des avances consenties.
- Cette hypothèse doit d’autant plus être envisagée, ainsi qu’il a été exposé au récent Congrès de Montpellier, que les réseaux ruraux devront presque toujours escompter des déficits d’exploitation au cours de leurs premiers exercices.
- Certains orateurs ont même préconisé que les pouvoirs publics devraient s’engager à couvrir ces insuffisances. Y consentiront-ils s’ils ne sont pas convaincus d’être un jour remboursés de ces concours ?
- Le capital étant acquis, le réseau rural pourra être équipé. Quelques chiffres approximatifs permettront de mesurer le coût des installations et de leur entretien.
- La construction des lignes ne saurait être évaluée à moins de 5000 francs par km, plutôt 6000. En Eure-et-Loir on l’a estimée à 9000. Chaque poste de Iransformation reviendra à 7 à 8000 francs, quoique certains affirment qu’on pourrait réduire la dépense à 1600 francs. L’entretien du réseau s’équilibrera
- autour de 100 francs par km et par an, plus 100 francs par kilowatt-an fourni. Ce qui met le kilowatt-an à 1000 francs en chiffres ronds, sans bénéfice pour personne.
- L’exploitation des réseaux. — Le réseau en service, il faudra l’exploiter.
- Quel mode siéra-t-il d’adopler? La régie directe est très discutée, car elle présente les inconvénients de toutes les entreprises officielles, où la responsabilité nécessaire faitdéfaut. La régie intéressée rencontre également de nombreux détracteurs. Il semble, et l’Administration de l’Agriculture opine dans ce sens, que mieux vaudrait concéder le réseau à un distributeur d’énergie, qui percevrait un pourcentage pour son concours.
- Une tentative assez originale est actuellement en cours de réalisation dans la Corrèze. Le canton d’Egletons, assez pauvre et désireux de jouir de l’électricité, a constitué dans ce but une société anonyme mixte, comme il en existe en Suisse et ailleurs.
- Elle a associé à son capital son conslruc-
- Fig. 6. — Gerteur de sacs système Gallia à moteur électrique Japy.
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- teur et futur exploitant du réseau.
- Dans l’Eure-et-Loir on a également fait participer le futur concessionnaire à la dépense.
- Celui-ci a fourni un tiers des fonds nécessaires.
- L’avenir seul dira quelle formule est préférable.
- Mais quel que soit le gestionnaire, il importe d’équilibrer le budget du réseau dans toute la. limite possible.
- Les électriciens de métier jugent qu’en vue de développer l’emploi rural de l’énergie, on doit grever spécialement la lumière. Voici, à cet égard, une méthole qui a réussi aux sociétés méridionales. Le prix de vente du courant pour la lumière sera établi à un taux tel que les frais de production, de transport et d’entretien du réseau seront couverts. Les recettes d’énergie provenant des heures où la lumière n’est pas employée permet-
- fincrage fixe
- d'ancrage
- Charrue
- Champ 16 Ha.
- Cable d acier
- Treuil
- //Cable souple isolé sous tresse acier
- Cabine de .transformation
- Ligne électrique
- Fig-. 8. — Schéma du fonctionnement du treuil de labourage électrique C. E. E. M.
- Le courant prisa une ligne électrique est amené au treuil placé à poste fixe en bordure du champ à labourer. Il porte deux tambours d’où partent, en sens inverse, deux câbles d’acier qui entourent le champ en passant sur quatre poulies placées aux angles et viennent s’amarrer sur la charrue. Deux de ces poulies sont fixes, les deux autres sont montées sur des chariots d’ancrage mobiles.
- tront d’amortir le capital et de réaliser un bénéfice au profit du réseau et de l’exploitant. De fait, malgré sa clientèle surtout agricole, la Méridionale de Carcassonne distribue couramment 10 pour 100 à ses actionnaires.
- Le Congrès de Montpellier a révélé par ailleurs qu’aucune formule de tarif ne pouvait être regardée comme supérieure aux autres. Le forfait, la vente à F ampère-an, la vente au compteur, avec ou sans minimum, avec ou sans prime fixe ont leurs protagonistes ou leurs opposants. Ici le compteur a donné de meilleurs résultats que le forfait, là il lui a été inférieur.
- Quoi qu’il en soit, il semble que la lumière ne doit pas être vendue plus de 2 fr. 50 le kilowattheure et l’énergie plus de 1 franc à 1 fr. 25. L’électrification rurale repose, en définitive, « sur un effort continu de solidarité », suivant la juste expression de M. Atger, préfet du Gers.
- C'est, d’ailleurs, dans cet esprit que les provinces françaises tendent à l’effectuer. Aussi comme, dans bien des circonstances, les réseaux ruraux seront éloignés des sources de production ou des secteurs, ou même des lign.es haute tension et, de ce chef, dans l’impossibilité de s’installer, un grand nombre de Conseils généraux ont envisagé l’équipement d’un réseau départemental de transport sur lequel se brancheront les artères interlocales. On peut dire que, dans l’ensemble, les lignes rurales seront des organes tertiaires.
- On peut, toutefois, admettre que l’électrification rurale pourra, parfois, être immédiatement généralisée à un département. C’est ce qui se produit pour l’Eure-et-Loir en ce moment, ce qu’on prévoit pour la Loire-Inférieure, le Gers, la Savoie, la Seine-Inférieure.
- On ne saurait présentement préciser les résultats que procurera cette évolution nationale. L’expé»
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- L’ATMOSPHÈRE DE VÉNUS
- rience est trop récente. Elle a été, à proprement parler, limitée jusqu’ici à quelques zones riches du Midi. Les stalistiques font, d’ailleurs, défaut.
- Toutefois, signalons que telle Compagnie du Languedoc a enregistré par an et par habitant 10 fr. 24 en moyenne après 10 ans, 13 fr. 25 après 15 ans,
- i 18 fr. 90 après 20 ans. Telle autre a recueilli G fr. 42 la 10e année, 16,09 la 16e. Ces quelques indications prouvent que l’usage de l’électricité ne pèsera guère sur le budget de l’agriculteur enrichi.
- Accoste Pawlowski.
- L’ATMOSPHÈRE DE VÉNUS
- Les astronomes admettent, en quelque sorte avec la force d’un axiome, que la planète Yénus, la brillante Etoile du Berger, est un monde assez semblable au nôtre, par son atmosphère chargée d’épais nuages, où l’on trouve, comme ici, l’oxygène et la vapeur d’eau.
- Ce sont ces nuages épais, qui jamais ne s’entr’ouvrent pour montrer la surface de la planète, qui donnent à i Yénus ce grand pouvoir réflecteur et diffuseur, cet albedo, cause du brillant éclat de notre céleste voisine lors de ses élongations.
- L’analyse spectrale nous fixe sur la composition chimique des astres. Leur lumière, étalée par le prisme, montre l@s raies caractéristiques des corps qu’ils renferment.
- Il semble donc facile de connaître la composition chimique de l’atmosphère d’une planète. Le problème, toutefois, offre de sérieuses difficultés. En effet, dans le cas de Yénus par exemple, les rayons solaires pénètrent dans son atmosphère, se réfléchissent sur la couche nuageuse, retraversent l’atmosphère pour venir jusqu’à la Terre où, après avoir traversé notre propre atmosphère, ils pénètrent dans le spectroscope. Ainsi donc, le spectre que nous obtiendrons sera celui de la lumière solaire moins ce qui aura été retenu en route dans la traversée aller et retour de l’atmosphère de Yénus et dans notre propre enveloppe atmosphérique.
- On peut, toutefois, faire la part des choses en prenant un terme de comparaison. Celui-ci sera fourni par le spectre solaire donné par un corps céleste dépourvu d’atmosphère : la Lune joue heureusement ce rôle. On a soin de faire les observations — ou les photographies — à la même hauteur au-dessus de l’horizon pour la Lune et pour Vénus. Alors, dans les deux cas, l’épaisseur de l’atmosphère terrestre traversée est la même. En comparant les photographies des spectres des deux astres, s’il y a des différences, elles seront imputables à l’atmosphère de Yénus.
- Les observations spectroscopiques anciennes — est-il permis d’employer cet adjectif pour une science qui remonte à un peu plus d’un demi-siècle — ces observations (du Père Secchi, de Huggins, de Yogel, de Schei-ner) étaient très nettes en ce qui concerne la présence de l’oxygène et de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de Vénus.
- Le spectre de cette planète, comparé au spectre de l’atmosphère terrestre éclairée par les rayons solaires seuls, montrait toujours les raies de l’oxygène et de la vapeur d'eau renforcées, Il était donc naturel d’attribuer ce renforcement à une absorption sélective de l’atmosphère de Vénus.
- Percival Lowell, le regretté directeur-fondateur du grand Observatoire de Flagstaff (Etats-Unis), a indiqué (Lowell Observatory Bulletin, 1905, n° 17), que cette absorption ne doit pas toujours se superposer exactement
- à l’absorption terrestre, mais que les raies doivent être déplacées pour Vénus par l’effet Doppler-Fizeau. Au moment des quadratures notamment, la vitesse relative de Yénus et de la Terre est la plus grande dans le sens du rayon visuel.
- Les spectrogrammes obtenus à l’Observatoire Lowell par M. V.-M. Slipher n’ont pas permis un dédoublement appréciable des raies de l’oxygène et de la vapeur d’eau, de sorte que jusqu’ici la question n’était pas tranchée..
- Mais voici que deux astronomes dont les travaux sont bien connus, M. Charles Saint-John et M. Seth B. Nichol-son, viennent d’apporter à cette question une contribution, qui est une véritable révolution. Dans lé numéro de décembre 1922 de YAstrophysical Journal, ils donnent les résultats des recherches qu’ils ont entreprises au grand Observatoire du Mont-Wilson, aux Etats-Unis, au moyen du télescope « Snow » muni du spectrographe « Littrow ». Le télescope « Snow », du nom de sa donatrice, est un télescope horizontal, fixe, d’environ 20 m. de longueur focale, qui donne une image directe du Soleil de 0 m, 16 de diamètre. Les rayons lumineux tombent sur un cœlestat à deux miroirs et son t réfléchis presque horizontalement sur le miroir concave du télescope. L’ensemble est d’une stabilité parfaite.
- Les spectrogrammes de Vénus ont été pris lorsque la planète était située près de ses élongations de part et d’autre du Soleil (le matin, à l’élongation orientale, Vénus s’éloigne de la Terre ; le soir, à l’élongation occidentale, Vénus s’approche de la Terre). Les vitesses relatives au moment de la prise des spectrogrammes étaient de — 12 km, 80; — 10 km, 68 ; -f- 11 km, 36 par seconde, suffisantes pour donner des déplacements appréciables des raies du spectre vers le violet dans le cas du rapprochement (signe —) ou vers le rouge dans le cas de l’éloignement (signe +), déplacements permettant de séparer les raies dues à l’atmosphère terrestre des raies d’absorption dues à l’atmosphère de Vénus.
- Et voici les conclusions vraiment extraordinaires auxquelles conduisent les savantes recherches de MM. Saint-John et Nicholson.
- En ce qui concerne l’oxygène, et bien que des raies de très faible intensité du spectre solaire soient visibles, on ne voit aucune raie de l’oxygène à la place où devraient apparaître les raies déplacées de ce corps. La conclusion que l’on en tire est qu’il n’y a pas d’oxygène dans l’atmosphère de Vénus, ou encore que la proportion de ce corps y est trop faible pour donner naissance à des raies d’absorption : les auteurs estiment que cette proportion est moindre du millième de celle qui existe dans notre propre atmosphère.
- En ce qui concerne la vapeur d’eau, aucune trace non plus de raies déplacées.
- Naturellement, pour toutes ces observations, il s’agit de la partie de l’atmosphère de Vénus située au-dessus de
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- la surface réfléchissante. Quelle peut être celle profondeur? A ce sujet, on en est réduit aux conjectures. MM. Saint-John et Nicholson, après une longue discussion où ne nous les suivrons pas, concluent que l’atmosphère de Ténus, contrairement aux idées admises jusqu’ici, est probablement dépourvue d'oxygène et sèche. Ils estiment, en outre, que l’albedo de Ténus, qui est de 0,49, vient à l’appui de cette conclusion, car s’il y avait sur Ténus des nuages analogues anx nuages terrestres, l’albedo serait beaucoup plus fort, compris entre 0,60 et 0,75. Ils font remarquer que l’albedo de la petite planète Testa — où l’on peut affirmer qu’il n’y a pas de nuages — est égal à celui de Ténus (0,48).
- Maintenant, il est bien vrai que la surface réfléchissante de Ténus — où les observations ont révélé des changements, vagues d’ailleurs —, a bien l’apparence d’une surface nuageuse. Comment concilier cette apparence avec l’absence de nuages constitués par l’eau.
- Les astronomes américains y parviennent comme suit. La rotation de Ténus sur son axe n’est pas encore déterminée et le caractère nuageux de la planète est cause de cette indétermination.
- Toutefois, les estimations actuelles de la durée de rotation sont d’accord, en général, pour une période supérieure à 15 jours terrestres. L’échauffement considérable Q), contrastant avec le refroidissement de l’hémisphère plongé dans l’ombre, doit donner lieu à un état
- 1. La distance de Vénus au Soleil est de 0,72, celle de» la Terre au Soleil élant prise pour unité. 11 en résulte que le rayonnement solaire est le double de celui que nous recevons ici. L’échauffement qui en est la conséquence est considérable.
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- atmosphérique instable, engendrant- des courants d’une violence inouïe. Et les auteurs concluent que ces courants soulèvent en permanence des nuages de poussière et de sable analogues à ceux des tempêtes de sable des déserts terrestres.
- Ils se proposent de continuer leurs recherches, par une méthode dont ils indiquent le principe, et qui leur permet d’espérer atteindre une profondeur bien plus grande dans l’atmosphère de Ténus, sinon la surface même de la planète.
- Nous avons emprunté la plupart des renseignements que l’on vient de lire à une importanle étude sur cette question que vient de publier M. Max Hauplmann, dans Ciel et Terre (juillet, août 1923). On s’est peut-être trop dépêché de conclure, dit-il avec MM. Saint-John et Nicholson, qu’en admettant pour Ténus des conditions climatériques analogues à celles de la Terre, l’évolution organisée à dû passer par les mêmes stades qû’ici.
- Ixcene, dans ses Mémoires de Chimie (1856),«a émis l’avis que l’oxygène libre de l’atmosphère terrestre h été formé aux dépens dé l’acide carbonique préexistant. Arrhénius admet, également, que la vie végétale a réalisé la séparation des éléments oxygène et carbone.
- Puisque l’oxygène semble absent sur Ténus, c’est sans doute que les conditions de sa production ont fait défaut, « soit que le manque d’eau n’ait pas permis le dévelop-« peinent de la végétation, soit que les conditions d’éclo-« sion de la vie elle-même n’aient pas été réunies, et l’on « en arrive à penser que l’atmosphère de Ténus, tout au « contraire de la nôtre, serait formée principalement de « gaz permanents ou semi-permanents, tels que l’azote « ou l’anhydride carbonique ». E. Tocchkt.
- LES LEVÉS TOPOGRAPHIQUES AÉRIENS AUX ÉTATS-UNIS
- On connaît depuis longtemps en Europe, et particulièrement en France, les importantes applications que la photographie aérienne est susceptible de recevoir pour l’exécution des opérations de géodésie et de cartographie.
- C’est, au surplus, à umFrançais, le colonel Laus-sedat, que revient l’honneur d’avoir suggéré, dès 1845, d’employer la photographie aérienne pour les besoins de la cartographie, trop mal assurés par les laborieuses méthodes de la topographie ordinaire.
- Bien que, dans la suite, cette originale idée eût été reprise à différentes époques, elle ne reçut de réalisation sérieuse qu’au commencement de ce siècle, ou pour mieux dire, depuis la création de l’aéronautique et de l’aviation.
- L’une des étapes les plus intéressantes dans cette voie fut marquée par la création de la chambre photographique multiple et du transformateur d’obliquité, par l’Autrichien Théodore Scheimpflug (1911).
- L’appareil photographique de Scheimpflug comprenait une chambre centrale, pointant verticalement vers le bas, et sept chambres verticalement disposées autour de la première, et pointées obliquement.
- Les sept photographies obliques données par ces
- chambres étant rectifiées au moyen du transformateur, on obtenait, par combinaison des huit photographies élémentaires, une photographie composée, englobant une surface de terrain d’un diamètre correspondant à cinq fois l’altitude à laquelle on avait opéré.
- Ce système n’était utilisable que sur des cerfs-volants, des ballons ou des dirigeables ; il a néanmoins été d’un grand secours pour l’établissement des appareils spéciaux que l’on a créés dans la suite, pendant la guerre, pour l’aviation.
- Tous les pays ont étudié et réalisé, au cours des opérations, divers modèles d’appareils de photographie aérienne et utilisé les appareils d’une façon étendue, pour les reconnaissances militaires ; le sujet est, d’ailleurs, rebattu et nous n’y reviendrons pas.
- *
- * *
- Quoique nos pays aient ainsi été les premiers à concevoir et à réaliser la photographie aérienne pour la cartographie, les applications de cette méthode sont demeurées, en pratique, relativement restreintes.
- La raison en est vraisemblablement que nos services topographiques, organisés de longue date,
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- Fig. i et 2. — Vue de l’appareil photographique K-i employé par les services géùdàsiques des États-Unis.
- et disposant de moyens d’observation nombreux, n’ont pas un besoin immédiat et régulier de cet outil, cependant merveilleux, qu’est l’aérophoto-graphie.
- Au contraire ne compiant pas, dans l’organisation de ses services, une carrière aussi longue, et ayant par contre une tâche extraordinairement ardue à accomplir, l’Amérique se préoccupe vivement de mettre cette méthode à profit.
- Elle y avait aperçu, dès avant la guerre, un moyen exceptionnellement avantageux pour elle par son efficacité et sa rapidité, de procéder aux relevés nombreux qu’il lui reste à établir pour fixer la géographie de son immense territoire ou surveiller la configuration de ses côtes.
- Les hostilités terminées, elle n’a pas manqué de revenir à cette idée, en tirant parti de l’expérience précieuse acquise par les services de l’armée et de la marine, tant en aviation qu’en photographie aérienne.
- Aussi, depuis 1919, son excellent service géodé-sique poursuit-il des travaux du plus haut intérêt. Après quelques expériences préliminaires — à Atlantic City, à Key-West (Floride), à New-Jersey, au delta du Mississippi — il a rendu le procédé définitif.
- Il l’applique actuellement au relevé topographique complet du littoral oriental et du golfe de Mexique, dont la configuration est soumise à des
- variations incessantes, par suite de l’attaque exceptionnellement violente des vagues, des marées et des courants de l’Atlantique.
- Disons tout de suite que le gouvernement et les services officiels ne sont pas seuls à s’intéresser à cette question; des agences privées s’en occupent également, la puissante société Kodak, en particulier, qui a fourni d’importantes contributions.
- D’autre part, on envisage également d’autres applications, pour la photographie aérienne : notamment de véritables opérations d’exploration, par exemple pour reconnaître, dans les grandes forêts
- Fig. 3.
- Hydravion du service géodésique des États-Unis.
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- Fig- 4-
- Mosaïque d’une section de la côte O. New-Jersey. (Photographie du service aérien de l’armée des Etats-Unis.)
- du nord, les forces hydrauliques susceptibles d’utilisation.
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- Les services américains de géodésie et de photographie aérienne emploient principalement, après avoir essayé de nombreux autres systèmes, comme chambres photographiques, les appareils « Ragley » et « K-l », avec stabilisation simple, à l’aide du niveau à bulle.
- Les figures 1 et 2 ci-contre montrent l’aspect de la chambre photographique K-1 ; cet appareil fonctionne de façon entièrement automatique ; on y emploie un film en rouleau, de 75 pieds de longueur, permettant de prendre 90 photos de 18 X 24 cm.
- L'acheminement est assuré au moyen d’un moteur électrique ou d’un moteur à hélice; on fait usage de lentilles à foyer universel, de 10, 12 ou
- 20 pouces ; l’appareil est conditionné de telle sorte que l’opérateur n’a pas autre chose à faire, pour le mettre en action, que de manœuvrer un commutateur.
- La chambre Ragley est moins simple, mais plus parfaite, au point de vue des résultats qu’elle permet d’obtenir : c’est, en effet, une modification de la chambre multiple de Scheimpflug, mais avec trois lentilles seulement, au lieu de huit.
- Une des lentilles photographie le terrain directement sous l’appareil et les deux autres photographient le terrain de part et d’autre; les photographies prises au moyen de ces lentilles sont obliques, comme dans le Scheimpflug original, et doivent être rectifiées à l’aide du transformateur.
- La chambre Ragley n’est pas automatique ; par le groupement des trois photographies, médiane et latérales, qu’elle permet de prendre simultanément,
- Fig. 5. — Photographie aérienne d’Annapolis. (Photographie du service aérien de l’année des Etats-Unis.)
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- elle donne une photographie continue embrassant une bande de terrain d’une largeur triple environ de l'altitude.
- De nombreux autres modèles d’appareils ont été employés ou expérimentés, d’une façon plus ou moins étendue, mais les deux systèmes ci-dessus mentionnés sont considérés comme les plus pratiques pour les usages courants.
- Le bureau d’étalonnage des États-Unis étudie de son côté la construction d’un nouvel appareil, du genre stéréoscopique, pour le compte du service géodésique; celui-ci emploie un stéréoscope d’origine française (un Pellin), pour, l’étude des photographies aériennes.
- Les opérations se font en ballon, en avion ou en hydroplane; on a opéré en ballon et en avion militaire à Atlantic City, au cours des expériences de juin et juillet 1919; en avion uniquement en mars 1920, pour le relevé des 120 milles de côtes de New-Jersey; et en hydroplane (fig. 3) pour le Mississipi; on travaille à Une hauteur de 2 à 3 mille mètres.
- Dans les premiers travaux, on avait fixé la chambre à demeure sur l’aéroplane, mais cela n’était pas pratique, obligeant le pilote à de véritables tours de force pour maintenir son appareil constamment horizontal ; dans la suite, on a monté les chambres sur des tourillons pour permettre à l’observateur d’assurer la verticalité de son appareil, indépendamment de la position de l’avion.
- Avec une chambre K-l ainsi agencée, un avion a pu, couvrant 120 milles, prendre 185 photographies se joignant de façon convenable et effectuer en deux heures, un travail topographique qui eût demandé, par les moyens ordinaires, plusieurs mois de labeur à une expédition.
- Pour le développement, le film était découpé en fragments de 8 pieds de longueur; plus tard, on a établi des. machines à développer qui permettent d’opérer sur toute la longueur du film, sans le découper ; on tire ensuite généralement deux épreuves : l’une qui est étudiée photo par photo, l’autre que l’on emploie pour constituer des mosaïques, en juxtaposant les éléments (fig. A) de
- ES SCIENCES , -...r............
- façon à former des bandes fragmentaires de grande longueur.
- Munis de ces mosaïques, les agents des services topographiques identifient quelques points de repère ; puis on mesure les distances en Ire ces points et, par comparaison avec les dimensions relevées sur la mosaïque, on détermine l’échelle à laquelle celle-c est faite.
- A l’aide du pantographe, on transpose alors les données de la mosaïque, à l’échelle cartographique ordinaire de 1/80 000, le dessinateur ayant soin de choisir, parmi les innombrables détails du relevé photographique, ceux-là seuls qu’il est d’usage de figurer sur les cartes.
- Le travail exécuté, en 1921, sur le delta du Mississipi, qui, d’année en année, s’avance dans le golfe de Mexique par les apports sédimentaires du fleuve et dont la superficie est aujourd’hui de 100 milles carrés, a également été des plus intéressants.
- Les photographies prises dans les airs sont précieuses non seulement pour les renseignements qu’elles fournissent, en peu de temps, sur la configuration des lieux, mais encore, et surtout, poulies indications que des spécialistes expérimentés peuvent déduire de la seule coloration révélée par les documents, quant à la nature de la végétation, au caractère du sol qui la porte, etc.
- Signalons, enfin, pour terminer, les intéressantes photographies des fonds de l’Atlantique dans le voisinage de Key-West, en Floride : les eaux de cette partie de l’Océan sont particulièrement claires et l’on a pu y photographier jusqu’à 15 et 18 m. de profondeur.
- Le but des opérations était de remplacer les laborieux travaux de mesure de profondeurs, de localisation des bas-fonds, bancs, écueils, etc. ; les résultats à cet égard sont malheureusement demeurés un peu incertains.
- Dans l’ensemble, cependant, le travail acccompli par le service géodésique et les services qui lui ont prêté leur concours est des plus remarquables : par les relevés déjà obtenus et par la preuve que fournissent ces relevés quant à l’élégance, l’économie et à l’efficacité de la nouvelle méthode.
- Henri Marchand.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1923.
- Un nouveau genre de Pyrénomycètes. — M. Lou-bière a isolé du fromage de Brie, une Mucédinée qui répond par ses caractères à Monilia ccindida et peut produire abondamment, en cultures pures, des fructifications ascosporées; ces dernières, réniformes, ne se rapportent à aucun des genres de Pyrénomycètes déjà
- décrits. M. Loubière la dénomme JSephrospora Mangini en l’honneur du Professeur L. Mangin.
- Les solutions aqueuses. — MM. Armstrong, Kling et G. Gillet arrivent à cette conclusion que l’eau est un mélange en équilibre de dissociation : d’hydrol IPO, de
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- LE TYPHON DU j8 AOUT DERNIER SUR HONG-KONG --- 255
- dihydrol (IPO)2 et de polyhydrol (1I'0)\ Le premier cA un gaz et sa molécule très réactionnelle, parce qu’à l’état naissant, donne des combinaisons chimiques avec les substances de nature acide ou basique ; elle peut encore se tautomériser. Ces nouvelles conceptions permettent d’expliquer très simplement la floculation des solutions et des sols par les électrolytes, la formation des émulsions et notamment l’action détersive des savons.
- La basalile de Bas Vallon. — Les échantillons recueillis par M. Kerforne ont été analysés par M. J. Orcel, pour qui ils constituent une chlorite compacte, finement écailleuse et de densité 5,20. On en peut déduire que, dans la série des prochlorites, la basalite fournit le type le plus ferreux et le plus pauvre en fer ferrique et en magnésie, après la daphnite.
- La formation de la chlorophylle. — Contrairement aux affirmations de Kraus, les multiples expériences de M. Henri Coupin démontrent que, si l’on excepte certaines espèces comme les plantules de Pins et de nom-
- breuses algues unicellulaires, il est inexact d’affirmer que les plantes étiolées peuvent fabriquer de la chlorophylle à l’obscurité quand leur liberté de croissance est entravée.
- La résistance de l’air sur le matériel des chemins de fer. — Les évaluations qu’en on a faites, jusqu’à présent, se déduisent des résultats de mesures globales de la résistance totale, celle-ci se représentant, en fonction de la vitesse, par des formules empiriques telles que
- a + bV+cV*
- où l’on admet que Y2 indique la résistance de l'air. Les expériences conduites par MM. Maurain, Toussaint et R. Pris sur de petits modèles, construits par M. Munaret, indiquent que la proportion de cette résistance de l’air dans la résistance totale, croît très vite avec la vitesse et dépasse 33 pour 100, dès qu’on atteint 100 km. à l’heure.
- Paul B.
- LE TYPHON DU 18 AOUT DERNIER SUR HONG-KONG
- Un typhon, à la fois remarquable et désastreux, s’est abattu le 18 août dernier sur Hong-Kong et ses environs. Depuis 1908, c’est le plus violent qui ait été constaté dans les mers de Chine, où ces météores sont pourtant saisonniers.
- A. l’Observatoire Royal, on a pu faire d’intéressantes constatations sur sa genèse et ses caractères.
- Né le 11 août, au sud de Guam, le typhon en question, de faible diamètre, mais d’une violence exceptionnelle a évolué rapidement en mer. Le 16 août, on le retrouve par 17° lat. Nord et 128° long. Est. Le 17 août, au matin, on le situe par 21° lat. N. et 118° long. E et, l’après-midi, par 20° lat. N. et 119° long, est, avec une direction générale ouest-nord-ouest.
- En 24 heures, le typhon parcourut plus de 500 milles. Cette vitesse se ralentit un peu à l’approche de la côte. Cependant, en passant sur Hong-Kong, à 10 h. 15, l’Observatoire a enregistré la vitesse fantastique de 150 milles à l’heure.
- Le baromètre, complètement affolé, est descendu en palier à 28,66 pouces (soit 727,6mm), point le plus bas enregistré jusqu’à ce jour dans la colonie anglaise (précédemment 28 inches 73, lors du typhon du 10 novembre 1900). Le fait est d’autant plus remarquable que la pression moyenne, très élevée à Hong-Kong, oscille toujours entre 76 et 77 cm. de mercure.
- La vitesse de 150 milles h l’heure serait aussi la plus forte constatée jusqu’ici dans l’histoire météorologique du monde.
- La dépression gyratoire du typhon n’a jamais dépassé un diamètre de quelques milles; son action s’est fait sentir seulement dans un rayon maximum de 50 km environ, mais avec une violence telle que beaucoup de navires, même dans le demi-cercle maniable, ont subi de graves avaries.
- Dans le port de Hong-Kong, les gros navires, avertis à temps, et dès le 17 août, quittèrent les apponlemenls pour mouiller en rade. Toutes les embarcations avaient doublé et renforcé leurs amarres.
- Le 18 août, à 10 heures, 20 navires cependant, par
- la violence du météore, rompirent leurs câbles et furent jetés à la côte. Le vapeur chinois Loony Sang coula de suite avec tout son équipage. 5 bateaux japonais et plusieurs navires américains partirent en dérive; le vapeur français Reims talonna sur des roches sous-marines et s’échoua. Le croiseur britannique Bluebell, pour éviter la rupture de ses chaînes, dut faire face au typhon en donnant sur place une vitesse de 7 nœuds afin de lui tenir tête.
- Il n’en perdit pas moins un mât, ses appareils de T. S. F. et tous ses canots de sauvetage. Le sous-marin anglais L. 9, n’ayant pu à temps se mettre en plongée, fut drossé contre la digue où il s’écrasa. Ses occupants purent néanmoins se sauver à la nage.
- Le grand paquebot André Lebon, des Messageries maritimes, faillit couper en deux un transatlantique de la C. P. R, 1 ’Empress of Australia.
- L’André Lebon, parti lui aussi en dérive,Lput néanmoins, grâce à la puissance de ses chaudières sous pression, contourner à temps l’autre paquebot et éviter Fabordage.
- A terre, les dégâts sont considérables. Beaucoup d’édifices se sont écroulés. La plupart des maisons restées debout n’ont plus de toit. Arbres et poteaux télégraphiques gisent sur le sol.
- La région du Peak (la montagne pittoresque qui domine*’ Hong-Kong) se trouve dans un état indescriptible.
- Peu après le typhon, quelques navires, surpris au large, ont dû rallier le port. La plupart présentaient un aspect lamentable : démâtés, et sans bastingages, quelques-uns n’avaient plus ni compas, ni gouvernail, voire même plus de cabines.
- En ville, on compte une soixantaine de morts, dues surtout à des ensevelissements sous les décombres ou à des électrocutions par rupture de câbles aériens. Le chiflre des pertes aurait été beaucoup plus considérable, si la population n’avait été utilement prévenue à temps.
- Le typhon du 18 août dernier, par ses caractères et sa violence, restera célèbre dans les annales météorologiques. „ M. ÜEBEAUrUlS.
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- UN TUBE AUDION MINUSCULE
- Fig. î. — La nouvelle ampoule U. V. 19g, le plus petit tube à vide pour T. S. F. aujourd’hui réalisé.
- La « General ElettricC0 » de Schenectady (E. U.) vient de lancer sur le marché américain la plus petite des lampes de T. S. F. à 5 électrodes actuellement connue ; elle est désignée sous le nom de UV-199.
- Ce nouveau type de lampe se distingue par sa consommation réduite ;il exige en effet 70 pour 100 de moins de courant que n’importe quel tube de catégorie minuscule et cette qualité lui a immédiatement valu la faveur des sans-filistes amateurs d’Outre-A tlan tique.
- Il est facile de se rendre compte de sa faiblesse de consommation, si l’on songe qu’une batterie de piles sèches de 3 éléments, ordinairement employée pour la marche des petites lampes portatives, est suffisante pour en entretenir le fonctionnement.
- Le nouveau tube est muni d’un filament de tungstène X-L que les ingénieurs sans-filistes considèrent comme un avantage aussi grand sur le vieux filament de tungstène des tubes à vide ordinaires que la lampe à incandescence à hélice de tungstène en est un sur la lampe à filament de charbon en éclairage électrique.
- Le diamètre du nouveau filament est extrêmement faible, c’est au plus le 1/4 de celui d’un cheveu ordinaire. Et cependant il n’est nullement fragile : le filament est recouvert d’une gaine de sels rares, qui ont la propriété d’avoir une émission électronique élevée, mais à basse température. Avec le tungstène pur, il faut au contraire porter le métal à une température très élevée, pour produire l’émission d’électrons: On peut ainsi produire une émission électronique d’intensité égale, mais avec un courant de chauffage beaucoup plus faible. Cette propriété de certains sels, les sels de baryum, et surtout de thorium, est connue depuis longtemps, mais k difficulté à vaincre était de déposer sur un fil de très faible diamètre, un enduit d’épaisseur
- uniforme, et surtout parfaitement adhérent au métal sous-jacent.
- La consommation de courant du tube n’est que de 0 watt 18, et sa température de fonctionnement est inférieure à 400°.
- Il est intéressant de signaler dans ce tube la présence de 14 agents chimiques, sans compter les traces de plusieurs autres.
- Ce nouveau radiotron peut s’appeler : « Le tube à 2 vies 0, parce que, si le filament est soumis à une température trop élevée, l’émission électronique cesse et le tube devient inactif. Cependant, en combinant un chauffage du filament avec la tension plaque, on peut produire à nouveau le.bombardement cathodique et le tube reprend sa marche normale.
- Le temps nécessaire pour parachever cette reprise est proportionnel à celui pendant lequel le tube a fonctionné sous une tension trop élevée. Ceci ne veut pas dire que pour obtenir des résultats satisfaisants il ne soit pas essentiel de faire un réglage minutieux du courant du filament, mais en tout cas, un chauffage excessif n’abîme pas le tube au point de le rendre inutilisable.
- Ce tube à vide est un excellent amplificateur, tout indiqué pour les récepteurs d’ondes courtes, à cause de sa faible capacité électrostatique due à sa petite taille.
- Le tube UV-199 absorbe une énergie si faible que le chaufïage peut en être assuré par des piles sèches qui servent remarquablement longtemps.
- Ainsi 3 éléments secs en série actionneront un UV-199, une heure par jour, pendant toute une année.
- Le tube UV-199 ne s’utilise pas en générateur, sa puissance est trop faible. L. Ivuentz.
- Fig. 2. — Le diamètre du filament de tungstène de Z;U.V. 199 est le 1/4 de celui d’un cheveu.
- (.4 droite, cheveu humain ; à gauche, le .filament.)
- Le Gérant : î*. Masson, — Imprimerie Lahohe, rue de Flburus, 9, Paris.
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- LA NATURE — N° 2586
- 27 OCTOBRE 1923
- L’INSTITUT DU PETROLE DE L’UNIVERSITÉ DE STRASBOURG
- C’est presque un lieu commun que de parler aujourd’hui du problème du pétrole et des combustibles liquides, problème soulevé par la guerre, mais dont la paix souligne chaque jour davantage l’importance et que chaque nation s’efforce de résoudre à son profit et par ses propres moyens.
- Quelle que soit, en réalité, la limite que les géologues assignent aux réserves mondiales en pétrole, la progression rapide et continue de la consommation en huile minérale nous oblige, dès maintenant, à rechercher les moyens qui permettront
- Fig. i. — L’Institut de Chimie de l’Université de Strasbourg.
- de la
- reculer au delà des quelque 60 à 70 ans que nous accordent des calculs récents.
- Multiplier les prospections scientifiquement organisées, accroître le rendement à l’exploitation, améliorer les méthodes physiques ou chimiques de traitement des huiles et, avant tout, entreprendre ou développer la fabrication des combustibles liquides de nature diverse, ce sont là les moyens essentiels dont nous disposons pour conjurer la crise que nous entrevoyons prochaine.
- L’étude de toutes ces questions est ardemment poursuivie en France aussi bien qu’à l’étranger. Parmi toutes les recherches, celles qui relèvent du point de vue chimique se sont révélées plus particulièrement fécondes : les méthodes de cracking
- Fig. 2. — Laboratoire de recherches.
- 5i* Année — 2’ Semestre-
- qui permettent de transformer en essences les fractions de pétrole difficilement utilisables ou tout au moins mal utilisées, la distillation des combustibles solides et particulièrement la distillation à basse température, l’hydrogénation enfin des huiles minérales de valeur médiocre ou des charbons eux-mêmes constituent des solutions plus ou moins complètes du problème général des combustibles liquides.
- Est-ce à dire que le sujet soit épuisé; que, la phase d’expérimentation scientifique dépassée, la période d’adaptation industrielle sur le point de se clore, le chimiste, satisfait de son œuvre, doive orienter son activitédans des voies entièrement nouvelles? Non certes; l’étude de la matière organique complexe qui constitue les combustibles solides ou liquides, aussi bien au point de vue de sa constitution que de scs multiples transformations, et l’application méthodique de ces recherches aux buts techniques les plus divers ouvrent un champ à peu près illimité à l’exploration scientifique et à la mise en œuvre industrielle.
- Qu’il s’agisse d’études sur le terrain, au laboratoire, à l'usine, de la création ou de la conduite d’exploitations propres au pétrole et aux combustibles liquides, la création d’un organisme scientifique s’imposait qui eût pour tâche de faciliter lès recherches dans toutes les voies où elles doivent se poursuivre et d’assurer, d’autre part, la formation des diverses catégories de spécialistes indispensables.
- L’Université de Strasbourg, proche de l’unique exploitation de pétrole que nous possédons en France, a compris,
- 17:- 257*
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- 258 . : .::r L’INSTITUT DU PÉTROLE DE L’UNIVERSITE DE STRASBOURG
- Fig. 3. — Salle de distillation.
- L’étude du pétrole étant inséparable de l’étude des combustibles liquides en général, le but initial du Laboratoire du pétrole s’est progressivement transformé et surtout élargi : l’Institut du pétrole, malgré que son nom n’ait pas changé, est devenu réellement l'Institut des combustibles liquides. Les recherches et les études de toute nature qui lui sont confiées ou qu'il poursuit de sa propre initiative, embrassent en effet dès maintenant toute l’industrie des combusLibles liquides et portent aussi bien sür leur production même que sur leurs emplois lès plus divers, en particulier comme générateurs d’énergie calorifique ou mécanique et comme lubrifiants.
- Voici les grandes lignes de son pro-
- au lendemain même de sa réouverture, le rôle qu’elle avait à remplir.
- Dès 1920, le Laboratoire du pétrole, premier stade de l’organisation complète qu’elle se proposait de créer, ouvrait ses portes avec un enseignement spécialisé dù à la collaboration étroite de professeurs de l’Université de Strasbourg et d’ingénieurs spécialistes, techniciens réputés.
- Au début de 1922, parait le Bulletin du Laboratoire du pétrole. Edité par la Revue Les Matières grasses avec un désintéressement qui mérite d’être signalé, il rassemble les divers travaux du laboratoire qu’il ne lui est pas interdit de pubjier. En juin 1922, le deuxième stade est atteint : une circulaire ministérielle crée officiellement l'Institut du pétrole de l’Université de Strasbourg.
- Le dernier stade était lê plus facile à franchir. | gramme : L’Institut du pétrole de l’Université de
- Strasbourg coordonne et groupe en trois sections les études et enseignements théoriques et techniques, chimie, géologie, exploitation, relatifs au pé-j trole et produits similaires.
- L’un des buts de cet Institut est de ‘ provoquer et de développer des éludes et des recherches d’ordre purement scientifique ou technique dans ces < trois branches, entre lesquelles une collaboration étroite sera rendue possible. Un autre but est de former simultanément un certain nombre de techn -ciens, chimistes, géologues et ingénieurs.
- Sont admis de droit à l’Institut du pétrole : a) Section chimie (Laboratoire du pétrole) : les jeunes gens munis d’un diplôme d’ingénieur-çhimiste ou Fi?. 5. — Laboratoire d’analyses. de la licence ès sciences avec deux cer-
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- L INSTITUT DU PÉTROLE DE L’UNIVERSITÉ DE STRASBOURG = 259
- tificals de chimie; b) Section géologie : les jeunes gens munis du diplôme de géologue ingénieur ou de la licence ès sciences avec certificat obligatoire de géologie; c) Section exploitation : les ingénieurs diplômés des Ecoles du gouvernement, des Instituts de mécanique ou d’électricité des Universités.
- La durée normale des éludes est :
- a) Section chimie : deux ans.
- Les jeunes gens munis du diplôme d’ingénieur-chimiste ou possédant des grades jugés suffisants par la Faculté peuvent être dispensés, sur leur demande, d’une année d’études ;
- b) Section géologie : un an.
- Les jeunes gens munis du diplôme de géologue-ingénieur ou possédant des grades jugés suffisants par la Faculté
- Fig. 6. — Laboratoire d’analyses.
- et galeries ; législation minière; topographie; chimie du pétrole; essais physiques et chimiques.
- III. Exploitation. — Recherches minières ; sondages ; puits et galeries ; législation minière; géologie (cours spécial) ; géologie générale du pétrole: monographie des gisements pétrolifères ; chimie du pétrole ; physicochimie du pétrole ; machines électriques et thermiques; emplois mécaniques et calorifiques des combustibles liquides ; technologie des pétroles et combustibles liquides ; essais physiques et chimiques.
- A la tin de leur seoîariLé, les étudiants subissent des épreuves orales et pra-tiques portant sur les matières figurant au programme.
- Fig. 7. — Laboratoire de recherches. . Ceux d’entre eux qui satisfont à
- cette épreuve reçoivent le diplôme peuvent être dispensés, sur leur demande, d’un | de l’Institut du pétrole de l’Université de Stras-semestre d’études ;
- c) Section exploitation : un on.
- Programme des enseignements.
- I. Chimie (Laboratoire du pétrole).
- — Chimie et physicochimie des huiles minérales et matières bitumineuses ; technologie des pétroles et combustibles liquides ; géologie du pétrole ; monographie des gisements pétrolifères; em plois mécaniques et calorifiques des combustibles liquides ; essais des huiles minérales et matières bitumineuses (travaux pratiques tous les jours pendant un semestre).
- Travail original : un semestre et demi.
- II. Géologie. — Géologie du pétrole ; monographie des gisements pétrolifères; recherches minières ; sondages ; puits
- Fig. 8. — Laloratoire d’essais.
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- 260 ' --LA NOUVELLE CARTE DE FRANCE
- bourg, mention chimie, géologie ou exploitation.
- En 1922-1923, 6 étudiants : 3 Français, 1 Américain, 1 Roumain, 1 Arménien ont été régulièrement inscrits à la section de chimie.
- Le matériel scientifique des diverses sections comporte les appareils nécessaires aux travaux pratiques des étudiants et aux recherches de tous ordres.
- Une petite installation semi-industrielle a été montée, en outre, dans une des salles du Laboratoire du pétrole. Elle comprend actuellement une chaudière de 6.in? de surface de chauffe, des surchauffeurs, cinq alambics, un centrifugeur, une super-centrifuge, deux fours de carbonisation rotatifs, etc., appareils auxquels viendront s’ajouter prochainement divers fours d’hydrogénation à pression ordinaire et sous pression.
- Celte installation, si modeste soit-elle encore, a
- déjà permis d’effectuer de nombreuses études de combustibles liquides, tant au point de vue de leur utilisation que de leur production même à partir des combustibles solides.
- L’initiative prise par l’Université de Strasbourg mérite d’être connue, non pas seulement des cercles plus directement intéressés à son succès, mais aussi de tous ceux que passionnent les multiples questions scientifiques soulevées par l’élude du pétrole et des combustibles liquides.
- L’offre cordiale que m’a fait La Nature d’exposer dans ses colonnes les buts et les programmes de l’Institut du pétrole me permet aujourd’hui de réaliser très heureusement cette diffusion si nécessaire à son développement et à sa prospérité.
- H. Gault.
- Directeur du Laboratoire du pétrole de rUniversité de Strasbourg.
- LA NOUVELLE CARTE DE FRANCE
- Le Service géographique de l’Armée vient de publier sous ce titre, et par les soins de son Directeur, une étude (*) d’intérêt capital, qui mérite la plus large publicité.
- Elle expose le projet et les modes de réalisation d’une nouvelle carte de France au 50 000e et au 20 000e, pour remplacer la carte au 80000e, depuis longtemps reconnue insuffisante et dont les planches sont très usées.
- Ou sait que, deux fois déjà, depuis trente ans on a fait des tentatives de cartes au 50 000e ; « suivies « de simulacres d’exécution, qui ont plutôt esquissé « l’œuvre à accomplir, qu’elles ne l’ont sérieuse-« ment entamée.... Notre insuffisance cartogra-« phie apporte aujourd'hui de véritables entraves « au développement industriel et économique du « pays. »
- Les administrations, les entreprises publiques et privées, l’élaboration des travaux de toute nature, les géologues, les agriculteurs, les projets de captages d’eau potable, les forces hydrauliques, les besoins de la défense nationale, exigent que le territoire entier de la France soit levé à grande échelle (au 10 000e en principe) pour qu’on puisse a dresser à l’aide de ces levés une carte de tout « le pays à l’échelle du 50000e.... Le Service Géo-« graphique a les moyens de faire cette mise au « point, à l’aide de toute la documentation qu’il « possède. »
- Mais il faut que les pouvoirs publics lui accordent les ressources nécessaires : « La carte générale d’un «.pays est véritablement d’utilité publique : la «. charge doit en incomber à l’ensemble de la « nation. »
- Depuis le projet présenté il y a plus d’un siècle
- 1. Paris, Imprimerie du Service géographique de TArmcc, 1923, in-80, 128 p. et 14 pl. hors Leste.
- par « la célèbre commission de la carte de France « présidée par Laplace (‘) », les tâtonnements, les réticences, les fausses économies, les essais malheureux, les changements de programmes ont, d’une part, « coûté fort cher à la France », et, d’autre part, établi qu’ « il ne faut pas chercher à « réaliser une œuvre d’une perfection idéale, sous « peine de s’exposer à ne jamais aboutir. »
- Cette déclaration est juste, sage et courageuse. Le 50000e du type 1898-1901 a échoué (voir ci-après) parce qu’on l’a voulu trop complexe.
- Le 80000e a demandé plus de 60 ans; et l’on sait de quelles critiques (souvent injustes) ses « erreurs (2) » ont été l’objet. Il n’en reste pas moins une œuvre magnifique; ce fut la première carte générale terminée par un grand pays ; et son grandiose assemblage complet fit, à juste titre, l’admiration des visiteurs de Y Exposition Universelle de Paris en 1878.
- Il faut lire les ouvrages du général Berthaut (la Carte de France, les ingénieurs géographes, etc.) et de H. Beraldi (Balaïlous et Pelvoux), pour comprendre la science, l’abnégnation, le labeur exigés des ouvriers de ce monument 1
- Il est tout naturel qu’après les évolutions humaines réalisées depuis 1817, il faille en édifier un autre.
- Les besoins ont changé radicalement ; aussi pour, terminer l’œuvre, en délai utile, la principale condition est de ne pas s’égarer à la poursuite d’une irréalisable et illusoire perfection.
- En première ligne on doit se résigner à des sim-
- 1. üiiiNERAi, ÜËimiAUT. La Curie de France 1750-1898, Paris, Serv. Géogr., 2 vol. in-4°, 1898.
- Idem. Les erreurs de la Carte de France, 25e cahier du Serv. Géograph 1906, analysé dans La Nature n“ 1819, 4 avril 1908.
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- LA NOUVELLE CARTE DE FRANCE
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- Fig.1. — Reproduction au i/20000e des minutes des levés à grande échelle servant de base à l’établissement de la carte au i/5oooob (.spécimen de la rédaction d’avant-guerre).
- Fig. 2. — Schéma mettant en évidence la situation comparée de l’état d’avancement des levés à grande échelle en France et dans les pays voisins (1Q22).
- En hachures serrées, région levée à grande échelle (25ooo’) ou échelle plus grande; en hachures espacées, région levée à grande échelle pour la planimétrie seulement.
- plifications notables et.renoncer à une « carte de luxe ».
- Si Ton n’active pas les nouveaux levés (*) entrepris après 1871 et accélérés depuis 1901, il faudra trois siècles pour les terminer. Quant à la carte au 50000e conçue en 1898 et commencée en 1901 avec huit couleurs (et 10 à 14 planches) « elle est « apparue à l’expérience si lente et si coûteuse à « établir qu’on ne peut même pas faire de prévi-« sions sur ses délais(2)...,sa tenue à jour est pra-« tiquement irréalisable : l’œuvre est mort-née ! » Un 21e seulement (50 feuilles) a pu être exécuté en vingt-deux ans (non compris l’Alsace-Lorraine).
- En résumant l’historique de la Carte de France, le Service Géographique rappelle que la Commission Centrale des Travaux Géographiques (instituée par la loi des Finances du 26 décembre 1890) proposa, le 2 mai 1898, le « levé d’ensemble de la France
- 1. Les anciens levés au 40 000e des minutes et courbes, étaient à trop petite échelle, on a reconnu que les inévitables « erreurs » s’y manifestaient trop nombreuses pour y porter remède. C’est pourquoi ;on abandonna, dès les premières feuilles, l’essai de 1881 d’un 50 000° en couleurs, reproduisant simplement les courbes au 40 000°.
- 2. En 1912, le général Bourgeois déclarait qu’avec les faibles crédits accordés, ce délai serait de 250 à 300 ans. Au taux de 1907 (25000 francs par an), il eût fallu 1200 ans !
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- « aux échelles du 10 0001 pour les régions de plaines « et moyennement accidentées, et du 20000e pour « lespaysde montagnes », — une carte d’ensemble au 50000e en couleurs, — et la reproduction des minutes pour les besoins de la science et deTindus-trie.
- La Commission demandait 18 millions et demi en trente ans : elle ne les obtint pas, et presque tous les Etats d’Europe nous distancèrent rapidement en cartographie.
- Il faut noter que l’Allemagne, malgré sa pseudo-
- Cellc des Ingénieurs-Géographes et de l’Etat-Major ( 1817-185i) doit et peut suffire. La nouvelle triangulation, d’une nécessité indiscutable, sera continuée, mais « en cédant le pas à l’exécution de la nouvelle carte ». Pour les altitudes, les nouveaux levés seront rattachés au « nivellement général de la France », dont « les repères sont, à l’heure actuelle, suffisamment nombreux ».
- Les levés sont effectués par la Section de Topographie qui a absorbé en 1910 les brigades des levés de précision constituées en 1885.
- Fig. 3. — Reproduction deS minutes au ]/iooooe des levés à grande échelle servant de base à l'établissement de la carte au i/5ooooe (spécimen de la rédaction nouvelle).
- détresse financière, a entrepris un 50 000e en 1226 feuilles, dont deux sont publiées.
- « En résumé on peut affirmer que les levés à « grande échelle (10000e et 20000e) et la carte « au 50000e donneront satisfaction à des besoins « d’une extraordinaire diversité, auxquels s’ajoutent., « sous une forme particulièrement impérieuse, « ceux de la défense nationale. »
- Avec raison, le Service Géographique déclare que, pour aboutir enfin cette fois à un bon 50 000e, il ne faut pas attendre l’achèvement de la a nouvelle triangulation générale de la France » (entreprise en 1898 et seulement amorcée à l’heure actuelle).
- En 1914 les travaux au 10 000e et au 20000e ne correspondaient qu’à 154 feuilles (sur 1050) de la carte au 50 000e : ils portaient sur les environs de Paris, les frontières Nord et Est (Vosges, Jura, Alpes), la Côte d’Azur de Marseille à Menton et quelques régions sporadiques (Lyon, Perpignan, Bayonne, Brest, Cherbourg, Le Havre, etc..).
- Dans les contrées montagneuses, ces levés sont exécutés au moyen des procédés stéréophotogram-métriques, imaginés en Allemagne et en Autriche(J) où ils continuent à progresser.
- 1. Voir l’arlicle du Colonel Laussedat dans La Nature du 1er juillet 1905 (n° 1675).
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- Le terrain y est exprimé en courbes équidistantes de 5 m. (au 10000e) ou de 10 m. (au 20000e) avec adjonction de courbes intercalaires quand elles sont nécessaires.
- Les levés seront-désormais publiés au 20000e en cartes régulières vendues en librairie (jadis pour les minutes au 40000e en courbes, base du 80000e, on ne pouvait se faire délivrer que des copies manuscrites fort coûteuses).
- Ces levés seront publiés] en une seule couleur
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- Pour le 50 000°, l’abondance de couleurs (10 à 14 planches) du type 1901, entraînait des dépenses prohibilives ; le nouveau projet ne comporte plus que cinq planches.
- Conformément au vœu général des géographes les plus competents, cette capitale modification réalise non seulement une indispensable économie, mais une esthétique amélioration; la suppression du rouge (criard) pour les habitations et du violet pour les vignes retirera fort heureusement à la
- Fig. 4. — nouvelle carte de France au ij5o ooo'\ type militaire (specimen de la rédaction projetée).
- (Notre reproduction ne peut, faute de couleurs, que donner une impression incomplète; dans la carte militaire, qui est une édition simplifiée, les courbes de niveau sont en bistre, les cours d’eau en bleu. Dans le type normal en couleurs, on trouve 5 couleurs : le noir pour la planimôtrie, les noms, sauf ceux des cours d’eau, les chiffres de population et les cotes; le vert-bois pour, les bois; le vert-culture pour les près, vignes, houblonnièrcs, vergers, jardins; le bleu pour l’hydrographie; le bistre pour les courbes de niveau; le terrain est modelé au moyen d'un dégradé bistre.
- (noire), sauf pour certains 20000e de régions de montagne des environs de villes ou de centres militaires, qui recevront deux ou trois couleurs (noir et bistre, et bleu).
- Des reproductions des minutes de levés au 10 000° pourront être, sur demande spéciale, exécutées et vendues aussi aux adminislrations, ingénieurs, techniciens, etc., qui en auront besoin pour leurs travaux.
- carte le très fâcheux aspect de chromolithographie du type 1901.
- Cetle simplification rendra possible une mise à jour fréquente.
- Le tableau d’assemblage restera le même. On adoptera le noir pour les signes planimétriques (notablement simplifiés), les habitations, la viabi-lilé, les cotes et les chiffres de population; le vert pour les bois et cultures ; le bleu pour les eaux,
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- les courbes des glaciers et balhymétriques ; le bistre pour les courbes de nivellement ; une cinquième planche (bistre) donnera un dégradé (estompe) modelant le terrain.
- Personnellement j’avais suggéré l’économie du vert et la figuration des bois en feuillu noir, comme sur le 25 000e et 50000e du bel atlas Siegfried de la Suisse et de plusieurs états de l’Allemagne. Mais les aviateurs ont réclamé le maintien de cette couleur.
- Et je demeure l’adversaire jdu dégradé bistre qui, sous prétexte de mieux faire lire le terrain, surcharge les régions montagneuses et nuit à la netteté des courbes (1). Mais c’est une vieille survivance, difficile à déraciner, de l’ancien procédé des estompes (lumière oblique à 45°).
- D’ailleurs ces deux suppressions seront heureusement réalisées par « une édition militaire simplifiée » en trois couleurs seulement, noir, bleu, bistre.
- Ce type militaire portera « un quadrillage kilométrique permettant l’emploi des coordonnées rectangulaires », innovation très pratique, appliquée pendant,la guerre aux « plans directeurs » au 20 000e de l’État-Major.
- Le spécimen, en trois couleurs de ce type, est tout à fait satisfaisant : à mon avis et à la rigueur, il vaudrait encore mieux s’en contenter (si le Parlement est effrayé des dépenses pour le type en cinq couleurs), que de demeurer privé d’un 50 000e devenu nécessaire à tous points de vue et à bref délai. « La réduction du nombre des couleurs ne nuit pas à la clarté de la carte ».
- 1. Après 45 ans de pratique assidue de la plupart des cartes officielles d’Europe et des Etats-Unis, j’affirme que l’ccartement plus ou moins grand des courbes, l’emploi d’une courbe maîtresse sur 4 ou 5 et l’adjonction d’intercalaires en plaines suffit parfaitement à exprimer le terrain. Je sais très bien que le public français fut longtemps réfractaire à leur lecture; mais une grande partie a appris leur usage pendant la guerre. Et pour les collégiens de 15 ans, une heure d’explications en classe et deux promenades sur le terrain suffiront à en apprendre l’emploi.
- Je me permettrai d’ajouter : bien au contraire !
- Tel qu’il est présenté, le projet de la nouvelle carte au 50 000e en 1050 feuilles et en deux types (cinq ou trois couleurs) et de la publication des levés au 20 000e (4200 feuilles) comporte une durée de vingt ans (à raison de 50 feuilles au 50 000e et 200 feuilles de levés environ par an), et une dépense annuelle de 5 millions et demi.
- La révision de chaque feuille pourra avoir lieu tous les 15 ans.
- « La somme est importante, mais il paraît tout à fait impossible de la réduire », L’outillage et l’organisation du Service géographique de l’Armée permettent seuls d’assurer l’exécution.
- Et il faut « faire vite », sans lésinerie, sans hésitations, sans restrictions mal comprises.
- Cette fois enfin le projet est excellent, son programme bien arrêté : « Depuis longtemps, le principe de l’établissement d’une nouvelle carte de France au 50 000e basée sur des levés de précision à grande échelle est admis, le moment est venu d’aboutir ».
- Ici même, il y a 15 ans, nous demandions un million par an pendant 50 ans pour le seul 50000e (type 1898-1901). Aujourd’hui, malgré le coefficient qui multiplie toutes dépenses par 5 à 5, le Service géographique de l’Armée ne sollicite que 20 ans et 70 millions pour la double exécution et du 50 000e et du 20 000e. Il sait qu’il pourra réaliser le projet, grâce au dévouement et à la compétence de son personnel et au perfectionnement de ses voies et moyens. Il y aurait crime de lèse-Nation à ne pas lui accorder les crédits demandés, miraculeusement restreints pour une si urgente et si grande entreprise. Un peu de compression sur d’absurdes et inutiles gaspillages administratifs, somptuaires, artistiques et sportifs, donnerait aisément les trois millions et demi annuels qu'il faut allouer : l’œuvre projetée fait, au premier chef, partie de celles nécessaires au redressement et à la sécurité de la France!
- E.-A. Martel.
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- C’est une vallée pittoresque à souhait dont la sauvagerie émerveille les amis de la nature. Elle a dû se créer en des temps lointains, si lointains que seuls les géologues pourraient parler de sa naissance. De toutes parts, les rocs la hérissent, revêches et d’allures rébarbatives, tantôt s’érigeant en monolithes informes aux cassures brusques et aiguës, tantôt rampant sur le sol, leurs contours étranges prenant alors apparence de bêtes mauvaises embusquées sous les broussailles d’où ils jaillissent, quelques-uns tout verdis de lichens.
- Les flancs du val sont aussi garnis d’aspérités énormes qui sont encore des roches tourmentées.
- Mais entre celles-ci, l’humus s’est, au cours des ans, amassé petit à petit et des arbrisseaux ont poussé qui, à la longue, sont devenus de grands arbres. Il en est de diverses essences ; mais tous, avec la même ténacité, se cramponnent à la terre, de leurs racines solides qui se sont insinuées dans le sol rude, divisant parfois sous leur poussée les masses de granit qui leur faisaient obstacle. Au pied des ancêtres, des taillis croissent toujours, que. rend denses et inexpugnables l'enlacement de toutes les lianes serpentines et griffues des terres incultes.
- Il est dans les talus cent gueules de fissures béantes, grandes et petites, qui sont les portes
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- d’insondables galeries souterraines menant en des repaires innombrables. En leur labyrinthe gîtent en effet des quadrupèdes farouches qui y vivent entourés du mystère dont volontairement s’enveloppent les petits sylvestres craintifs. Extérieurement ces antres sûrs sont reliés entre eux par de petites sentes nues et sèches, tantôt feutrées d’herbes courtes, avec au centre un étroit passage piétiné mais où nulle trace ne se marque nettement. Ce n’est que par les temps pluvieux qu’à l’une ou l’autre bouche des sombres boyaux, où le palier est de glaise, des empreintes décèlent la présence d’êtres décrétés indésirables et qui viennent de tous les environs se réfugier en cet endroit où l’homme ne jette pas souvent le trouble de sa présence. Le jour, la vie semble de coutume bannie de ces sentiers minuscules.
- Mais voici la vesprée, et aussitôt le sous-bois s’anime. Des renards, des blaireaux, des putois, des lapins, s’évadent de leur repaire, abandonnent leur gîte. Précautionneusement ils escaladent le talus, fdant vers la campagne environnante et, dans le silence du crépuscule, montent tous les bruissements qui suivent l’éveil de la faune amie de la pénombre; de temps à autre il s’y ajoute le murmure des rocailles menues qui, alors qu’une bête errante fait un faux pas, dégringolent en cascade jusqu’au pied de la côte raide.
- Peu de cris, sinon incidemment un grondement bas qui n’est ni provocation, ni défi, mais seulement indication que des rôdeurs nocturnes dont les voies se croisent, sont sur leurs gardes. Rarement on ouït des bruits de lutte et c’est un événement anormal si, dans la nuit, s’élève l’angoissante plainte d’un animal en péril. On pourrait croire que tout ce petit monde vit en parfaite harmonie et que carnassiers et herbivores ont de semblables mœurs pacifiques. C’est que les malandrins à quatre pattes tout comme les forbans emplumés, peut-être par une prudence instinctive, pour ne pas se dénoncer à la vindicte des hommes toujours à craindre pour eux, hésitent à satisfaire leurs penchants sangui-
- Fig. 2. — En chasse.
- Fig. i. — Le blaireau.
- naires trop à proximité des endroits qui leur servent de retraite.
- D’autre part, tous ces sylvestres n’ont pour le logis nul motif à altercation : il n’est pas nécessaire qu’ils se disputent des abris qu’ils ont à profusion et où ils peuvent vivre sans se gêner mutuellement.
- Mais bientôt tous les chuchotis se perdent dans le lointain ; chaque bête, selon sa nature, se coulant, glissant, trottinant vers les endroits où la prébende l’attire.
- Puis c’est l’aube. Le matin, qui fait se fondre les ombres, ramène en leurs pénates tous ces maraudeurs forcément impénitents.
- Tête dressée, une poule aux dents, un renard survient d’un trot rapide et s’engouffre en sa tanière. Après s’être rassasié aux dépens du fermier, il rapporte une de ses victimes dont à l’abri, sans risque, il pourra se repaître la nuit suivante.
- Les uns après les autres, les lapins désertent les prés et, par bonds légers, rentrent sous bois après s’être, oreilles relevées, immobilisés un instant à la lisière, comme s’ils voulaient, de leurs narines qui palpitent doucement, humer l’air plus pur, rafraîchi par le vent qui se lève avec l’aurore.
- Un putois, semblable à un vieux chat de gouttière malmené par le sort, se faufile à son tour vers sa crevasse familière.
- Il a certes bien mauvais air, soit que par petits sauts, échine bombée, il franchisse une éclaircie, soit que presque rampant, il s’avance cauteleuse-sement à travers le fouillis végétal. Son aspect est en tout cas toujours bien du brigand qu’il est effectivement.
- Il est aussi un infortuné lapereau qui, le flanc percé par le plomb d’un braconnier, se traîne péniblement vers une anfractuosité où il achèvera de mourir. Après un dernier regard vers la campagne qu’il ne reverra plus, il s’introduit, lamentable, des frémissements sous la peau moite, dans le terrier où son agonie se terminera.
- Souvent ce sont les blaireaux qui reviendront les derniers, cheminant posément, d’un pas lourd, et qui sans hâte se replongeront sous terre.
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- Et quand le soleil se levant, un geai criard dénoncera votre présence alors que vous vous laisserez glisser du chêne qui vous a servi d’observatoire, tous les représentants de la tribu vagabonde,auront regagné leurs cavernes et peut-être dormiront déjà, digérant le fruit de leurs rapines.
- Pas tous, cependant; car, en serre-fde, apparaît un vieux, très vieux blaireau, qui s’avance paisiblement sur ses courtes pattes.
- C’est un ancêtre qui n’est jamais pressé de regagner sa demeure, ayant toujours, jusqu’au dernier moment à fouiner là où il semble n’avoir que faire. C’est néanmoins une bête que l’expérience a assagie et que les accidents et les mésaventures, dont ceux de son espèce peuvent être victimes, rendent prudent. Mais il s’est vraisemblablement rendu compte depuis longtemps que les lieux solitaires qu’il hante et qui conviennent si parfaitement à son humeur farouche et à sa timidité lui permettent d’agir à sa fantaisie, sans grand péril.
- Jadis il vivait loin de la contrée rocailleuse dont il est l’hôte aujourd’hui. Il habitait une colline sablonneuse, séjour de prédilection de ses pareils et où il pouvait dans le sol meuble, l’envie l’en prenant, donner libre cours à ses instincts de terrassier, approfondissant son terrier, creusant de nouvelles galeries.
- Mais un jour, des hommes survinrent; armés de pelles et de pioches ils creusèrent tant et si bien qu’ils l’acculèrent dans un cul-de-sac. Il avait cependant défendu sa liberté de toutes ses forces. Devant le chien qui, pas à pas, le suivait dans le sous-sol et qui décelait sa présence par ses aboiements, il avait foui dans le sable friable avec acharnement.
- Ainsi qu’une taupe gigantesque, il avait gratté le terrain avec une énergie désespérée, ouvrant devant lui une galerie qui sans cesse s’allongeait, ne s’interrompant que pour, hâtivement, d’un coup de croc, écarter le ratier qui le harcelait sans grand dommage pourtant, son pelage rude et serré et sa peau épaisse le préservant des morsures de son ennemi.
- Si la malchance ne s’en était mêlée, le faisant creuser vers l'intérieur de la butte, peut-être même aurait-il réussi à s’échapper. Revenu à la surface du sol, il aurait certes pu fuir, car ceux de son espece sont, plus qu’on ne le pense, agiles à la course et il eut sans peine distancé les hommes cruels et et meme leur collaborateur à quatre pattes. Le blaireau n’est pas le lourdaud que l’on imaginerait, loin de là, et un piéton serait tout à fait incapable de se tenir à la hauteur de l’animal lorsqu’il détale pour fuir un péril.
- Réduit en captivité, on ne lui épargna nulle cruauté. Aussi étant, par le plus grand des hasards, parvenu à s’enfuir, il vint se réfugier au bord de la rivière, dans la forteresse que lui offraient les rocs de ces lieux. Depuis, il y séjourne sans presque nul souci. Il ne songe même plus à ses oreilles déchirées qui, avec quelques cicatrices, pourraient lui rappeler ce tragique événement.
- Aujourd’hui, il n’a plus qu’une préoccupation : subsister sans que la faim le talonne; l’expérience qu’il a acquise au cours des ans le sert en ceci à merveille.
- Nul plus que lui n’est habile à saisir, lui posant la patte sur le corps d’un mouvement preste, la grenouille qui sautille dans les herbes humides. Son ouïe, très fine, le guide sûrement vers les gros coléoptères dont les tarses crissent sur les feuilles tombées.
- Son odorat, développé à l’extrême^ le mène sans coup férir vers l’animal défunt que la mort entoure de relents nauséabonds, car le blaireau ne dédaigne pas la charogne.
- Même un soir, il en vint, très heureux de l’aubaine, à se repaître de la chair d’un de ses semblables tué par un garde et dont le cadavre, que déjà les vers rongeaient, gisait dans un fourré.
- Par contre, certaines nuits, il a dû se contenter de grands lombrics qu’une averse faisait sortir de terre ou de limaces surgies de leur abri.
- Quand il est en chasse, tout lui est bon. Rencontrant sur son chemin un nid d’oiselet, il en dévore le contenu avec une satisfaction qu’il ne dissimule pas. Une omelette d’une vingtaine d’œufs de perdrix, d’une douzaine d’œufs de faisan ne lui a jamais paru trop substantielle. Hâtons-nous de dire que ce sont là méfaits occasionnels.
- Le blaireau ne semble pas rechercher spécialement les nids d’oiseaux et il n’est que le hasard qui le seconde en la circonstance. Et ce hasard est bien malencontreux pour sa réputation....
- La chair fraîche a pour lui beaucoup d’attrait et les petites souris champêtres réfugiées au fond de leur trou sont perdues si leur présence est révélée à notre blaireau qui, en quelques coups de patte, a tôt fait de les extraire de leur cachette. Quand il est affamé, il ne se fait pas scrupule de s’en prendre à Jeannot-Lapin, alors que notre rongeur est blotti sous terre, ce dont il se rend compte aisément, à la façon d’un chien, par l’odorat. Comme sa taille est trop forte pour lui permettre de pénétrer dans la garenne, le plantigrade ouvre fort simplement une galerie au-dessus du gîte du pauvret qui, s’il manque de prestesse, est capturé de temps à autre. La peau de l’infortuné, vide de son contenu, déchiquetée, dénonce alors l’auteur du meurtre.
- Le lapin doit être la plus grosse des proies poursuivies par le blaireau, à moins qu’il n’achève un lièvre blessé par le chasseur et rencontré fortuitement au cours d’une de ses randonnées.
- Ltonnante aventure cependant : on connut un blaireau qui s’en prit à une nichée de renardeaux. Comment le gaillard osa-t-il se risquer en une tèlle entreprise? Vraisemblablement un jeûne prolongé lui avait-il fait perdre toute retenue. Ce n’est pas que le blaireau craigne le renard, mais son caractère semble l'inciter à vivre en paix avec ce voisin et il évite d’habitude toute cause de conflit avec celui-ci, qui de son côté fait montre d’une égale réserve.
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- Quoiqu’il en soit, au matin, trois renardeaux, bel et bien étranglés, gisaient à l’entrée de leur repaire, tandis qu’un quatrième cadavre à demi dévoré était étendu à quelques pas de là. Des empreintes indiscutables désignaient en l’occurence comme l’auteur du haut fait un vieux blaireau qui, selon toute probabilité, avait opéré alors que la renarde s’étant mise en chasse, avait momentanément abandonné sa famille.
- Peut-être étaibcc une vengeance?
- Compère Renard, une belle nuit que les poules étaient trop bien gardées et les lapins à mauvais vent, n’avait-il pas eu l’audace de mettre à mal.trois petits blaireaux qui dormaient au fond d’une galerie de la butte de sable. C’était de mignons blaire-tons, fidèle image réduite de leurs parents, encore incapables de se défendre et qui bien qu’âgés de près de trois semaines, avaient à peine les yeux entr’ouverts. Ils avaient succombé sans même pousser un cri, ne s’étant pas seulement rendus compte dn danger qu’ils couraient.
- Les nids de guêpes, de bourdons sont pour le blaireau entremets apprécié et, sans guère s’inquiéter des insectes furibonds, il s’empare, les déterrant habilement, de. leurs gâteaux remplis de larves grassouillettes dont il adore se délecter, avalant en même temps la cire des cellules. La marque des ongles dans le sol ne laisse aucun doute sur l’identité du larron.
- La saison des fruits est pour le blaireau époque bénie. A ce moment, il a dans les champs, dans les bois, la table toujours prête. Les mûres, les prunelles qu’il grappille dans les buissons, les pommes sauvages, les merises tombées sous l’arbre, lui fournissent des repas variés auxquels s’ajoutent, si les circonstances s’y prêtent, les cerises, les pommes, les poires qui viennent à choir des arbres des vergers écartés.
- En cette saison, on découvre souvent dans les résidus de la digestion du blaireau, des noyaux,
- Fig. 4. — Un vieux blaireau.
- Fig. 3. — A la sortie du terrier.
- des pépins, qui indiquent avec certitude quel a été son menu, comme en d’autres circonstances des débris d’insectes trop coriaces pour pouvoir être digérés, des poils d’animaux révèlent de quoi il s’est rassasié. Les glands entrent aussi dans la composition des repas du blaireau de même que les faînes, les châtaignes lorsqu’il lui en tombe sous la dent. Il ne dédaigne pas non plus les racines charnues, et si des champs de carottes, de navets se trouvent à proximité de son cantonnement, il leur fait des visites si répétées qu’il peut, pour le cultivateur, devenir une nuisance. Ce cas n’est cependant pas commun, le blaireau ne parvenant à vaincre que malaisément sa timidité et la crainte que lui inspire l’homme le détournent d’habitude des lieux que celui-ci fréquente.
- Il n’est pas exact que le blaireau soit essentiellement nocturne. Là où il se sait en sûreté, il n’hésite pas à venir, au milieu du jour, se chauffer au soleil, devant son terrier, paressant avec une jouissance non déguisée.
- Parfois aussi, il descend jusqu’à la rivière pour s’y désaltérer. Cette petite promenade lui fournit quelquefois l’occasion de dévorer une couleuvre dormant parmi les pierrailles au bas du talus. Il la capture de la même façon que les grenouilles, lui posant vivement les pattes antérieures sur le corps, un peu comme le chat qui immobilise une feuille morte farandolant sous le souffle du vent.
- Mais quelle fuite éperdue, lorsque vous lui apparaissez soudainement. Rien d’aussi amusant que l'affolement de la pauvre bête, gravissant à toute vitesse les flancs de la colline rocheuse, faisant ébouler les terres et les rocailles. Je ne sais s’il est image plus frappante de l’effroi qu’un blaireau qui s’esquive en ces circonstances.
- Les jeunes blaireaux, moins expérimentés, moins prudents, prennent aussi l’habitude d’aller, de jour, vagabonder aux abords deleurs retraites. De temps à autre, on les aperçoit fort absorbés à ouvrir un terrier dans une prairie. Peut-être s’exercent-ils au métier de fouisseur ?
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Les blairetons qui ne sont pas encore en âge de courir le monde viennent aussi, s’ils se savent en sécurité, ce que les parents n’ont pas manqué de leur faire saisir, prendre des bains de soleil. Egalement ils se livrent aux jeux de leur âge, se bousculant, se mordillant, à la façon des renardeaux. Mais toujours ils sont prêts à se réfugier sous terre au moindre grognement maternel.
- Le blaireau est, nous l’avons dit, un terrassier étonnant et dans un terrain sablonneux ou crayeux, il creuse par plaisir, par besoin de fouiller, en tous sens, de multiples galeries d’une grande profondeur. C’est au fond d’une de celles-ci qu’il va dormir sur une litière d’herbes, de feuilles sèches. II y dormira chaque jour, jusqu’au moment où la vigueur se retirant de ses membres qui se raidissent lentement sous l’emprise de la vieillesse, le poil tout gris, il s’étendra une dernière fois sur sa couchette qu’il n’a pas renouvelée, s’éteignant doucement, sans s’apercevoir que sa dernière heure a sonné. Dans ses prunelles embuées, peut-être passera alors l’ultime vision des lieux qui lui furent hospitaliers, vision que l’on devine dans le regard absent de toutes les bêtes sauvages qui vont mourir et qui vous fixent des yeux sans vous voir.
- 11 reposera ensuite de son dernier sommeil, enseveli sous le roc comme un pharaon sous sa pyramide, avec dans les galeries proches les restes de ses ancêtres, petits tas d’ossements décharnés que l’on découvrira peut-être un jour, dans la position où la mort laissa le cadavre. Il n’est pas très rare en fait que l’on retrouve, au fond des couloirs d’un refuge utilisé par diverses générations de blaireaux, des squelettes anciens qui se délitent.
- N’était l’homme, le blaireau n’aurait guère d’ennemis à craindre. Le renard pourrait seul lui tenir tête, mais maître Goupil ne semble guère songer à le molester. Le madré compère n’ignore pas que les mâchoires du plantigrade sont de belle force et puissantes suffisamment pour faire respecter leur possesseur. Au reste les deux rôdeurs doivent généralement vivre en bonne intelligence, relativement, car il n’est pas extraordinaire de constater que ces espèces voisinent en des logis assez proches l’un de l’autre. Ce doit être une fable que ce récit qui nous montre le renard venant salir le gîte du blaireaü pour le lui faire délaisser.
- Le blaireau n’abandonne pas volontiers une retraite familière à laquelle il revient communément malgré] les persécutions dont il est victime. Le
- renard qui s’en serait emparé pourrait ne pas dormir en sûreté s’il voulait se servir du logis de l’expulsé. Le blaireau, au surplus, sait tenir sa demeure propre. L’hiver, le blaireau ne quitte pas volontiers sa tanière. Selon toute probabilité, il somnole, à demi engourdi, vivant sur ses réserves graisseuses, ce qui ne l'empêche pas, si les frimas n’ont pas été trop rudes, de conserver un certain embonpoint. Vers la fin de la mauvaise saison, si une chute de neige tardive survient, on aperçoit quelquefois, aux traces qu’il a laissées — de larges empreintes avec aux extrémités la marque des' ongles —, qu’il est allé faire une petite promenade au clair de la lune.
- Pour avoir une excuse pour mettre la bête à mal, on affirme dans les campagnes que sa graisse est un remède souverain dans le traitement des rhumatismes. Mais cette propriété est fort contestable et, après expérience, il faut bien reconnaître qu’en réalité elle est nulle. Cette graisse n’a de vertu que pour le cuir des chaussures quelle assouplit. On a décrété le blaireau animal nuisible. C’est une autre excuse pour l’occire sans trop de remords, mais on exagère certes considérablement. On prétend l’avoir surpris dans l un ou l’autre poulailler ; celui-ci devait alors être bien mal clos et bien à l’écart pour lui permettre de perpétrer un forfait en contradiction avec ses mœurs toutes de prudence.
- . En vérité, le blaireau est une bête indifférente, autant dire inoffensive, se contentant le plus souvent d’une nourrilure végétale et causant au gibier beaucoup moins de dommages qu’on ne le prétend. Au surplus, ce n’est pas un animal commun et il n’est nulle part en grand nombre. Quatre blaireaux adultes constituaient la tribu la plus considérable que j’aie connue. Ils habitaient dans les cavernes de la vallée pierreuse et ne semblaient pas vivre en association, même s’ils pénétraient sous terre par des chemins fort rapprochés.
- Mais il faut justifier les poursuites dont il est l’objet et agir de façon à ne pas trop émouvoir les cœurs sensibles, ce qui fait qu’un méfait occasionnel, telle la capture d’un lapin, la destruction de quelques œufs, peut-être d’un ou deux levrauts, se transforme aussitôt, dans la bouche des hommes, en un crime quotidiennement renouvelé. En fin de compte, il résultera de la chasse à outrance qui lui est faite que l’espèce s’éteindra forcément, si on ne prend des mesures pour la protéger efficacement alors qu’il en est temps encore.
- L. Coopman.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et août 1923.
- Les phénomènes biologiques dans la tourbe. — On admet qu’il existe une relation étroite entre l’activité biologique du sol et la quantité d’anhydride CO2 produite. Les expériences de MM. Demolon et Boischot établissent que, pour la tourbe, sa passivité relative a pour
- cause essentielle la pauvreté du milieu en éléments nutritifs, notamment en acide phosphorique. Les résultats obtenus, dans la stérilisation partielle de la tourbe par la chaleur, ne sont attribuables ni à une destruction de toxines ni à une action sur les protozoaires ; ils s’expli-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE .. .....—...-. ... 269
- quent, dans ce cas particulier, par une modification chimique du milieu, d’ordre alimentaire.
- Les éléphants fossiles iVAngleterre. —Parmi les nombreuses molaires retrouvées sur les côtes du Norfolk et du Suffolk, ou dans les alluvions de la Tamise, toute une série doit être rapportée au groupe de YElephas antiquus, en indiquant l’existence de différentes mutations. La note de M. Pontier confirme l’opinion de MM. Depéret et Mayet, en rattachant El. priscus au rameau des formes naines méditerranéennes et prémédilerranéenes ; pénétrant en Angleterre, au début du Tyrrhénien, ce rameau se serait maintenu assez longtemps, en se déve-
- loppant jusqu’à donner des animaux de grande taille, comme Elephas atlanlicus Pomel.
- Fluorescence et photochimie. — Une théorie récente de M. Jean Perrin voit, dans la fluorescence, le signe d’une transformation chimique. En cherchant à définir les réactions que peuvent subir les corps fluorescents éclairés, M. R. Levaillant a été amené à étudier une série d’hydrogénations catalytiques, comme celles que produisentles polyalcools et les acides-alcools sur l’éosine, l’érythrosine, les fluorescéines, les thiazines et le bleu de méthylène.
- Paul B.
- LA SCIENCE EN FAMILLE [Suite (*)].
- Nous ne voudrions pas quitter le firmament, sans attirer l’attention de ceux qui nous lisent sur le curieux phénomène de la lumière zodiacale, dont on n’a pas encore donné une explication bien certaine, mais qui mérite d’être étudié avec la plus grande attention, et qui nous apprendra, dans un avenir plus ou moins éloigné, bien des choses sur la constitution de notre système solaire.
- Cassini croyait avoir découvert ce phénomène, qu’il tenta d’expliquer. En réalité, on l’avait observé bien avant lui. Quoi qu’il en soit, la lumière zodiacale est une lueur visible à l’œil nu et qui, sous nos latitudes, se distingue bien au printemps le soir, après le coucher du Soleil, ou, en automne, le matin, avant son lever. Elle se présente sous la forme d’un fuseau triangulaire dont la base repose sur l’horizon et dont la ligne centrale pointe vers le Soleil. En la cherchant le matin, dans les environs du jour de l’équinoxe (21 septembre) on aura grande chance de pouvoir l’observer. Ce phénomène est d’ailleurs beaucoup plus net dans les pays tropicaux que dan^ les nôtres.
- Un phénomène grandiose,, mais tout à fait irrégulier, est celui de l’aurore boréale.
- On a rarement l’occasion de l’observer en France, mais il y en a cependant des exemples, et les vieux Parisiens n’ont pas oublié celle qui s’est manifestée à eux pendant les tristes jours du siège, le 24 octobre 1870. Si le hasard faisait qu’une aurore boréale se produisit prochainement, il ne faudrait pas négliger cette occasion d’instruire la jeunesse, signaler cette merveille à l’attention des enfants, leur apprendre qu’il en résultera probablement de grandes perturbations dans la transmission des dépêches télégraphiques, et qu’il y aune relation certaine entre ce phénomène et ceux qui se passent dans le Soleil.
- L’arc en ciel mérite, lui aussi, d’être considéré, et on doit faire remarquer que si les rayons du Soleil viennent à illuminer la gerbe produite par un jet d’eau, les sept couleurs du prisme se montrent encore à nos yeux.
- C’est une chose banale que le lever et le coucher du Soleil, mais combien peu de gens l’ont examiné avec quelque attention ! Si l’on jouit d’un horizon bien découvert, on remarquera la netteté avec laquelle se manifeste la disparition du bord de l’astre du jour. A coup sûr, on pourrait déterminer l’instant de cette disparition à une demi-seconde près. Mais ce qui n’importe pas moins, c’est de noter le changement de forme du disque solaire au moment du coucher. Ce disque est par-
- i. Voir La Nature, n° 2579.
- faitèment circulaire aux autres heures, mais on le voit alors considérablement aplati. C’est l’effet de la réfraction atmosphérique, qui relève le bord inférieur du Soleil plus que l’autre, et cette réfraction se manifeste en bien d’autres circonstances ; c’est elle qui fait qu’un bâton plongé dans l’eau semble n’èlre plus droit :
- « Quand l’eau courbe un bâton, ma raison le redresse, a dit La Fontaine. D’autre part, on peut répéter l’expérience très simple de la pièce de monnaie que le bord d’un vase où elle est déposée empêche de voir, et qui devient visible si le vase est rempli d’eau.
- Certains corps transparents jouissent de cette propriété qu’ils montrent deux images d’un point lumineux dont la lumière les traverse. C’est ce qu’on appelle la double réfraction. Le diamant n’a pas cette propriété et c’est une différence entre lui et une autre pierre précieuse qui lui ressemble beaucoup et qu’on nomme goutte d'eau ou topaze du Brésil. Si le hasard fait que l’on puisse montrer cette différence par une expérience facile à réaliser, on peut être assuré que celle-ci intéressera beaucoup les jeunes filles.
- Yenons-en à des sujets beaucoup plus terre à terre.
- Le 21 septembre, avons-nous dit, est le jour de l’équinoxe, c’est-à-dire celui où, sur toute la Terre, le Soleil reste 12 heures au-dessous de l’horizon et 12 heures au-dessus. Vers le temps des équinoxes, il se produit généralement de grandes perturbations atmosphériques, effroi des navigateurs.
- C’est une occasion toute naturelle d’exposer à grands traits à un jeune auditoire ce que l’on sait du déplacement des tempêtes, qui ne sont pas des phénomènes locaux, mais décrivent au contraire, le plus souvent, une immense trajectoire sur la surface du globe, et qui sont des tourbillons (cyclones), animés d’un double mouvement de translation et de rotation.
- Si l’on, est au bord de la mer, on ne manquera pas d’attirer l’attention sur les signaux par lesquels les sémaphores font connaître les prévisions de l’Office national météorologique aux marins, signaux dont le pêcheur le plus ignorant tient grand compte, sans négliger pour cela les règles pratiques que ses pères ont été amenés à adopter, relativement à la prévision du temps, par une expérience de bien des siècles.
- 11 y a peu de pays où les marées soient aussi élevées que sur nos côtes de l’Océan; à Saint-Malo, à Roscoff, à Granville, la marée atteint une amplitude qui va à près de 15 mètres, précisément vers le temps des équinoxes.
- Cela ne se fait pas sans produire un travail mécanique prodigieux dont, à l’heure actuelle, on se préoccupe de
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- tirer parti. On doit faire savoir aux enfants qu’ils ont le bonheur d’habiter un pays exceptionnellement favorisé par la nature et que si la France n’est pas très riche en mines de houille proprement dite, da houille verte des bords de la mer, la houille blanche de nos pays de montagnes sont là pour y suppléer, et elles ne s’épuiseront jamais.
- L’Allemagne ne jouit pas d'un pareil avantage, car il n’y a pas de marées dans la mer Baltique.
- On peut donc espérer que, dans un avenir peu éloigné, nous posséderons de nombreuses usines qui, sans enlaidir le paysage par d’immenses cheminées, nous fourniront les produits les plus riches et les plus variés, au grand bénéfice du bien-être du peuple français. La jeunesse se doit à elle-même, doit au pays de se préparer, par son application à l’étude, aux diverses occupations qu’elle trouvera dans ces usines, qui lui ouvriront des carrières à la fois lucratives et honorables.
- Ne quittons pas les bords de la mer sans contempler avec quelque étonnement ces énormes tas de varech, hauts comme des meules de foin qui se transforment en un engrais sans égal, et rappelons que depuis quelques années seulement, on sait que les algues de la mer peuvent donner au bétail un aliment précieux, même servir à l’alimentation des hommes. Cela attire notre pensée vers cette mer clés Sargasses, plusieurs fois aussi vaste que la France et qui. si on réussit jamais à en organiser l’exploitation, vaudra mieux pour l’humanité que les mines du Pérou.
- Enfin, le spectacle d’un marais salant peut nous offrir de très utiles leçons. Il est à noter que, quand on a extrait des eaux marines le condiment sans lequel nos aliments nous sembleraient absolument insipides, les t aux que l’on rejette contiennent encore quantité de sels précieux cpie l’on pourrait utiliser dans maintes industries.
- Vers 1850, le chimiste Balard avait songé à tirer parti de ces sels, et imaginé des procédés pour les recueillir. Mais voyez la malchance : ces procédés, la nature les avait appliqués en grand, bien des milliers de siècles avant que l’homme apparût sur la Terre, et la découverte des mines de Stassfurt, près deMagdebourg, ruina toutes les espérances qu’il avait conçues de doter son pays d’une grande industrie.
- 11 y a une vingtaine d’années, un gisement tout à fait
- LES ANIMAUX DE BAT
- Au Liban et en Syrie, comme en Chine, cômme dans tons les pays où il y a peu ou pas de routes carrossables, la traction par les équidés1 : chevaux, ânes, niulels, n’existe que peu ou pas ; elle est remplacée par le portage sur bat.. Le réseau routier et l'erré syro-libanais se développe à une vitesse qui garantit une longue durée aux entreprises de transport par les bêles de charge et aux industries de la carrosserie et de la charronnerie le temps de s’organiser. Même au Liban, dont l’autonomie fut imposée aux Turcs en 1864, bien que les voies carrossables soient plus nombreuses que dans les anciens vilayets de Beyrouth, de Damas et d’Alep,
- pareil fut découvert aux environs de Mulhouse et les deux exploitations fusionnèrent de telle façon que l’empire allemand, investi par la nature du monopole des sels de potasse, fut le maître du marché. La guerre lui a enlevé ce privilège, et c’est une perte très sensible pour lui.
- Ceux qui ont le bonheur de pouvoir visiter l’Alsace redevenue française ne doivent pas négliger, dans leurs excursions, ces mines dont l’exploitation couvre actuellement une surface de 200 kilomètres carrés. Nous en dirons autant à ceux que leurs affaires ou leurs plaisirs conduiront en Tunisie, où il y a des mines inépuisables de phosphate de chaux. Celui qui a découvert ces mines, l’ingénieur Philippe Thomas, a rendu à l’agriculture française un service incomparable, qui fera de notre pays le plus grand des producteurs de blé quand nos cultivateurs voudront bien ne plus se borner à l’emploi du fumier de ferme. Des gisements analogues de phosphates se trouvent d’ailleurs en France même, notamment dans le Lot et dans la Somme.
- En résumé, avec un peu de bonne volonté, en s’aidant au besoin des livres qui sont entre les mains des heureux enfants d’aujourd’hui pour lesquels on ne trouve plus que soient suffisants les livres composés en vue de l’éducation des fils de Louis XJV, ad -usuni Delphini, un père de famille peut donner gratuitement à sa jeune famille d’excellentes leçons, dont le souvenir sera durable. Pour notre part, nous n’avons pas oublié le plaisir que nous avons ressenti pendant une de ces promenades topographiques que Jules Simon avait organisée s pendant son ministère et qu’on supprima après sa chute. Celui qui dirigeait ces promenades, un préparateur de géologie de la Sorbonne, tout en nous apprenant à lire la carte, nous parlait de tous les objets que le hasard mettait sous nos yeux. Notamment, l’exploitation d’un banc de marne lui fut l’occasion de nous expliquer comment on fabrique ces bâtons de craie dont nous avions fait jusqu’alors une grande consommation sans jamais nous inquiéter de leur origine, et nous y prîmes grand intérêt.
- De semblables excursions, comprenant au besoin les enfants de plusieurs familles liées entre elles et dirigées par quelqu’un de suffisamment capable, peuvent contribuer à rendre à la fois utile et agréable le temps des vacances. E. Doublet.
- Astronome à l’Observatoire de Bordeaux.
- EN SYRIE ET AU LIBAN
- l’effectif des animaux de bât reste très supérieur à celui des animaux de trait, plus par tradition qu’à cause du caractère montagneux du pays.
- Laissant de côté le mulet peu abondant et le cheval syrien, dont la réputation n’est plus à faire, mais qui n’est guère utilisé que comme bête de selle, : je ne parlerai que du chameau et de l’âne dont le troupeau nombreux a la charge de transporter sur bât voyageurs, matières premières, matériaux et objets manufacturés de toutes sortes.
- Chameau. — Le chameau caractérise le Proche-Orient ; il évoque la mer de sable, le désert dont on l’a appelé le « vaisseau ». il roule et tangue sur les
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- pistes ou dans les dunes, balançant rythmiquement sa charge vivante ou inerte, voyageur ou marchandise.
- Sa haute taille parait aussi démesurée dans les rues des villes que la mâture d’une goélette d’Islande dans la pièce d’eau d’un jardin public. Il y marche sans bruit, comme chaussé de pantoulles, le cou tendu et l’œil plein de curiosité.
- Il a moins l’air d’une bête de charge que d’un touriste qui vient visiter les ruines de Baalbeck et de Palmyre et qui porte par amitié les bagages de ceux qu’il accompagne ; il regarde les gens et les choses de l’air dédaigneux d’une douairière. Venant de Damas, de Saïda ou de Tripoli, il montre dans les rues de Beyrouth sa robe couleur de sable, robe de bure élimée comme celle du capucin. Sa sobriété légendaire lui est nécessaire dans les régions arides qu’il parcourt, il y a des siècles qu’il doit pratiquer le régime « sec ».
- Il n’a jamais goûté à ce nectar qu’est le vin d’or du Liban, dont il côtoie, sur la route de Damas, les ceps qui l’ont produit.
- Avec l’àne, le ch a- i
- meau donne à la ville de Beyrouth la seule note pittoresque qu’elle montre au voyageur ou au résident. En caravane, il est précédé d’un àne, mens agitai molem; l’àne porte un homme, on ne sait lequel mène l’autre ; c’est cette association du bipède et du quadrupède qui a pu faire dire parfois que l’homme est un âne, on pourrait aussi bien dire que l’àne agit commeunhomme; en tout cas le petit pilote conduit sans bruit sa caravane à bon port.
- Le « vaisseau du désert » est long-courrier ou caboteur; il accomplit les grands parcours à travers le désert de Syrie, de Bagdad à Alep par exemple,
- Fig., 3. — Cl.ameau agenouillé pour rompre charge.
- Fig. i. — A Damas, quartier de Miian : départ d'une caravane pour le désert.
- ou les petits trajets d’une ville à l’autre à l’intérieur de la Syrie et du Liban. Il trouve facilement l’emploi de ses facultés de porteur : on le rencontre sur toutes les routes et sur toutes les pistes, il est le camionneur universel, on lui met tout sur le dos :
- balles de cotonnades, sacs de céréales,réglisse, peaux, etc., toutes les matières et objets d’importation et d’exportation ; dans les villes, il transporte les matériaux de- construction, moellons, planches, pianos, charbon, etc... Le prix de beaucoup de denrées se compte par charge de chameau.
- Le chameau se comporte très bien à la mer quand parfois on l’embarque sur une goélette côtière ; il s’agenouille sagement sur le pont et se fait aussi petit qu’il peut (fig. 4). ' t
- En 1895, d’après Guinet, la Syro-Palestitie comptait 75000 chameaux; la guerre, au cours de laquelle ils furent mobilisés pour les transports, en a beaucoup réduit le nombre, sans qu’on puisse donner une approximation à ce sujet ; espérons que la paix rétablira l’ellectif de ces animaux utiles et si bien adaptés à leur milieu; on peut dire que le chameau est une création du désert comme le désert est une création de l’Arabe ou plus exactement une transformation par destruction de la Bore.
- Un bon chameau coûte actuellement de 30 à 100 livres syriennes, soit de 1000 à 2 000 francs (la livre syrienne vaut 20 francs) ; il porte de 200 à 250 kg et peut faire une étape quotidienne de 50 à 60 kilomètres.
- Ane. — L’àne de Syrie, souvent pas plus gros qu’un veau de trois mois, est une précieuse petite bête, non moins sympathique et plus utile encore que le chameau.
- Avant 1914, dahls les territoires comprenant le
- Fig. 2. — Petite caravane dans les dunes littorales . ... de Beyrouth.
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- Fig. 4. — Chameaux embarqués à bord d’une goélette.
- Liban et la Syrie actuels, la race a sine comptait environ 130 000 représentants; après la guerre qui a fortement entamé le troupeau, il est clificile d’en donner le chiffre exact.
- Un âne du pays se vend de 15 à 50 livres syriennes (de 500 francs à 1000 francs) ; l’âne de Chypre, plus grand et plus fort, qu’on importe en Syrie et au Liban comme monture, est d’un prix encore plus élevé. La charge qu’on peut mettre sur le bât d’un âne du pays est de 100 kg, les plus robustes peuvent porter jusqu'à 150 et 140 kg.
- On rencontre l’âne, en ville à tous les coins de rues, à la campagne sur tous les chemins; on le voit chargé d’herbes, de fagots, d’arbustes, de fumier, d’ordures ménagères, de moellons, de sable, de planches, etc. ; il circule partout dans les voies urbaines étroites, inaccessibles aux charrettes ; il est le véhicule universel, supportant et portant tout, même l’homme parfois aussi gros et presque aussi lourd que lui.
- Il accompagne le villageois au marché de la ville avec toute une basse-cour ou un potager ballottant sur ses flancs; il est la monture de celui qui ne peut s’offrir un cheval arabe; il charge tout et tous sans récriminer, trottinant toujours, parfois titubant sous le poids. La bonne petite bête, on se demande comment le Liban et la Syrie pourraient s’en passer? Il fait la corvée d’eau dans les localités, presque toutes, qui n’ont pas l’eau à domicile, il en po;te 70 litres en quatre bidons avec l’ànier en croupe. Pendant la grande guerre, sur le front français, il a conquis l’estime de nos soldats qui garnissaient les tranchées, en leur y portant la soupe
- et le pinard ; c’est la petite bête de somme sans peur et sans reproches dont l’éloge n’est plus à faire.
- On l’emploie aussi à la traction, les yeux bandés, comme à colin-maillard; mais ce n’est pas un jeu pour lui, il tourne sans trêve pour actionner la noria qui élève l’eau destinée à l’irrigation des cultures maraîchères; il fait également tourner la meule qui broie les olives pour en exprimer l’huile; que ne sait-il faire, ce n’est pas de lui qu’on dira qu’il est un âne ; tout le monde l’aime et l’estime.
- Aujourd’hui encore, dans la maison à pièce unique des montagnards de la Syrie septentrionale, la vue de l’âne et du bœuf qui y vivent en tête à tête avec la famille, évoque la nativité du Christ, dont ils furent les témoins, et la vision de la crèche de Bethléem non étable, mais habitation commune aux hommes et aux animaux domestiques, alors comme aujourd’hui. Dans ces pays immuables où le présent et le passé se confondent et se ressemblent, avec l’âne et le bœuf, les moutons, les poules et les pigeons sont accueillis dans la maison, les uns à terre, les autres perchés, mêlant leur haleine à celle des hommes.
- Un Anglais a écrit que « le Bédouin est le parasite du chameau » ; on peut dire aussi justement que dans tous les pays d’Orient l’humanité est parasite de l’âne, ecto-parasite pour parler le langage zoologique. La vérité est que l’homme, l’âne et le chameau y forment une symbiose forcée que les conditions sociales et économiques ne sont pas près de modifier. D1' Je\n Legemdre.
- Fig. 6 — Anes porteurs d'eati à Lalakieh.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiîure, 9, rue de Fleures, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2587 c;..::. .._ 3 NOVEMBRE 1923
- DÉCOUVERTE D’HOMMES FOSSILES D’AGE AURIGNACIEN
- à Solutré, près Mâcon (Saône-et-Loire) (1)..
- Fig. i. — Le village de Solutre, vu de l'esl. (La lièche indique l’emplacement du gisement.)
- Solulré est l’une des stations paléolithiques les plus célèbres de la France. Découverte en 1866 par Adrien Arcelin, elle fut tout d’abord explorée par lui et H. de Ferry, puis par l’abbé Ducrost, Lortet, Chantre,
- Ricard, de Fréminville, De Mortillet,
- Capitan et de nombreux collectionneurs. En 1907, le D1 Fabien Arcelin commençait l’exploration méthodique du gisement, reprise par nous, sur une grande échelle en 1922-1923, à l’aide des ressources de l'Association régionale de Paléontologie humaine récemment fondée à Lyon.
- M. Mazenot, instituteur à Royer, nous a constamment prêté son intelligente et dévouée collaboration.
- Stratigraphie du gisement. — Pittoresquement étagé au pied d’un abrupt calcaire bajocien, « La Roche de Solutré », le village de ce nom est dominé par une pente d’éboulis calcaires, stratifiés, mélangés de terre argilo-ferru-gineuse, qui reposent sur les marnes du Lias et qui constituent le gisement préhistorique dont on sait la renommée mondiale (fig. 1 et 2, flèches).
- La stratigraphie de cet éboulis, dénommé le Crot-du-Charnier du fait de l’existence d’une couche pétrie d’ossements de chevaux — débris de cuisine représentant par dizaines de milliers les animaux consommés par les chasseurs nomades quaternaires— a été bien éclairée par Adrien Arcelin, qui en a donné une coupe partout reproduite. Ce savant préhistorien attira l’attention sur la couche dite « magma de cheval » qui traverse tout l'éboulis et
- sépare les foyers supérieurs d’autres foyers plus anciens, inférieurs au magma. Il figura celui-ci presque horizontalement : cela tient à ce que la coupe est orientée en direction des couches, suivant la pente actuelle Nord-Sud. Nos trois coupes parallèles, sensiblement Est-Ouest, nous ont montré une structure fort différente du schéma d’Arcelin : tandis que les éboulis actuels suivent la pente Nord-Sud du terrain, au contraire, les couches d’éboulis quaternaires plongent assez fortement de l’Est à l’Ouest. Cette disposition s’explique probablement par un affaissement général du terrain du côté Ouest, par suite de la dissolution des marnes sous-jacentes.
- La conséquence de cette structure est que le magma de cheval vient affleurer en surface au milieu du Crot-du-Charnier suivant une ligne axiale Nord-Sud. Cette stratigraphie, qui nous est maintenant familière, permet d’orienter méthodiquement les fouilles suivant que l’on se propose d’explorer les niveaux inférieurs aurignaciens ou les niveaux supérieurs solutréens.
- Age des niveaux paléolithiques. — Avec une précision remarquable, Arcelin avait indiqué la succession des niveaux suivants :
- 1° Terre végétale;
- 2° Zone d’éboulis stériles ;
- 3° Foyers de l’âge du Renne ;
- 4° Zone stérile;
- 5° Amas d’ossements de chevaux et foyers. 6° Zone stérile ;
- 7° Petite zone de foyers;
- 8° Zone stérile ;
- 9° Petite zone de foyers ;
- 10° Marnes toarciennes.
- Il avait bien reconnu que les beaux silex finement taillés en forme 18.- 273.
- 1. Communication faite le 8 octobre 1925, à l'Académie des Sciences.
- big. 2. — La Roche de Solutré, vue du 'sud-ouesl. (La Mèche indique l’emplacement du gisement.)
- 51’ Anné* — 2* Scm#atr».
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- de feuilles de laurier (type classique solutréen) se rencontraient toujours au-dessus de la couche à chevaux, mais c’est à l’abbé Breuil que revient l’honneur d’avoir fixé l’âge aurignaeien du magma de cheval et des foyers situés au-dessous de celui-ci. Nos fouilles ont confirmé en tout point les conclusions de l’abbé Breuil.
- Fouilles de l’a<ssociation régionale de paléontologie humaine. — En août 1922, nous avons fait dans la terre Souchal, en dessous du mur qui limite en bas le Crot-du-Charnier, une tranchée longue de 16 m., large de 6 m. et profonde de
- En août-septembre 1925, une première tranchée fut creusée sur 12 m. de long, dans le Crot-du-Charnier, en dessus et un peu à l’ouest de la précédente. Nous avons rencontré à une faible profondeur le magma de cheval plongeant vers l’Ouest. Cette couche a fourni une industrie conforme à celle recueillie en 1922 : 15 grandes lames terminées en pointe, sans retouche, 6 grattoirs sur bout lame, 2 lames à arête médiane marielée.
- Au-dessus du magma, un petit foyer solutréen daté par une pointe foliacée caractéristique.
- récents
- -f 'cnre.' - végétarë'r
- (Magma de cheval)
- Couche
- de gauche
- Fig. 3. — Coupe et plan de l’extrémité ouest de la seconde Iranchée de 192.?, indiquant la situation
- des squelettes aurignaciens.
- 1, squelette féminin; r, squelette d’enfant; 2 et 3, squelettes masculins; N, niveau du sol auriq-mcien lors des sépultures
- S, sol actuel du Crot-du-Cliarnier.
- o m. 50. Le magma de cheval affleurait, en surface. A 0 m. 70 en dessous se trouvait une ligne continue de foyers, s’étendant sur toute la longueur de la tranchée. Puis, 0 m. 50 d’éboulis stérile, nouvelle ligne de foyers, 0 m. 25 d’éboulis stérile, troisième et quatrième lignes de foyers ; enfin, éboulis stériles sur le reste de la profondeur de la tranchée. Ces lignes de foyers (cendres, ossements de chevaux calcinés) s’inclinaient vers l’ouest.
- Dans le magma, nous avons recueilli un outillage lithique comprenant une centaine de burins, de belles lames et de pointes, peu ou pas retouchées, utilisées cependant. Quelques-unes se-terminent par un grattoir demi-circulaire, enfin deux petites lames appointées, à dos rabattu, signent cet outillage, comme aurignaeien. Les .foyers sous-jacents n’ont livré aucun silex, aucun es travaillé.
- A l’extrémité ouest, immédiatement sous le magma, était un foyer considérable, d’épaisseur moyenne de 1 m. La partie de ce foyer que nous avons fouillée a livré 14 grandes et belles lames, longues de 8 à 14 cm., l’une d’elles habilement retouchée sur les deux cotés, une autre avec arête médiane retaillée sur la moitié de sa longueur.
- Enfin la campagne de fouilles s’est brillamment terminée par les découvertes faites dans une seconde et vaste tranchée creusée sous le chemin qui traverse le Crot, à la suite de la tranchée Arcelin-Breuil de 1907 (fig. 5).-
- Le magma affleurant presque en surface du sol, a fourni 87 silex identiques aux précédents j lames et pointes avec ou sans retouches, une lame appointée avec dos rabattu du type de la Gravette, un grattoir épais presque caréné, un autre grattoir
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- DÉCOUVERTE D HOMMES FOSSILES D’AGE AU RI GN AC J EN rrry _ 275
- Fig- 4. — Deuxième squelette aurignacien. Homme de 25 ans environ Photographie prise en place, avant extraction du squelette, le ~ septembre ig23.
- double, un beau burin busqué, un autre petit burin, etc.
- En dessous de La couche à chevaux intacte, mais un peu moins compacte, un peu plus mince que dans les tranchées précédentes, nous avons eu la bonne fortune de découvrir un alignement de trois squelettes disposés sur un plan incliné plongeant à l’Ouest comme les couches quaternaires del’éboulis. Un premier squelette — squelette féminin accompagné des débris de deux squelettes de tout jeunes enfants — gisait à 1 m. 50 de la suiface, sous le magma bien caractérisé. Un deuxième squelette suivait à 1 m. 80 de la même ligne de surface (fig. 4) Enfin, un troisième squelette à 2 m. 40 de profondeur (fig. 5). Tous trois étaient sensiblement sur la même ligne droite, orientés Ouest-Est, le visage face au soleil levant.
- L’intention de sépulture se trouve affirmée non seulement par cette orientation commune, mais encore par la présence Sur le côté de la tête de chaque corps, de deux dalles calcaires •— empruntées à la Roche de Solutré — hautes en moyenne de 0 m. 50 et placées verticalement.
- Ces dalles ne descendaient pas jusqu’au niveau de la tête et devaient émerger du sol de l’époque, simple repère d’une sépulture. Une disposition analogue de dalles calcaires a été signalée par M. Verneau auprès des squelettes aurignaciens des Grottes de Grimaldi.
- On peut aussi les rapprocher des dalles fichées en terre au-dessus des cadavres, dans les cime-
- turcs indigènes actuels de l’Afrique du Nord. Ainsi se trouve définitivement démontrée l'existence de sépultures de l'époque au-rignacienne à Solutré.
- Le squelette n° 2 reposait dans un foyer épais de cendres et d’os calcinés qui nous a livré 516 éclats de silex, tous de petites dimensions et assez mal taillés. Us rappellent l’outillage lithicjue que nous avons trouvé dans le magma : lames sans retouche, plus ou moins ébréchées, quelques perçoirs d’un travail assez délicat, burins d’angle, burins à biseau médian, grattoirs et racloirs de facture banale, percuteurs en galets de quart-zite, nuclei divers ; aucune pièce en os.
- Dans la terre enserrée par les os du crâne o, une pointe de llèche en silex.
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- Fig. 6. — Tête osseuse du deuxième squelette aurignacien vue de profil (réduit; au i/3).
- ; V
- ; L’ensemble de l’outillage lilhique du magma et des foyers immédiatement sous-jacents appartient à l’Aurignacien supérieur. Son identité est complète avec celui de l’abri-sous-roche de la Colombière, étudié par MM. Mayet et Pissot, qui accompagnait la remarquable série de galets gravés, d’os de Mammouth gravés, aujourd'hui conservés dans les collections préhistoriques de l’Université de Lyon.
- Principaux caractères anthropologiques des squelettes masculins. — Nous nous bornerons, ici, à indiquer très sommairement les grands caractères morphologiques de nos deux Aurignaciens milles de Solutré et nous indiquerons qu’ils se placent dans le grand groupe quaternaire des hommes du type de Cro-Magnon (fig. 6 et 7).
- Taille — calculée ici en utilisant les coefficients de Rollet, préférables à la méthode de Manouvrier (Mayet) — élevée : 1 m. 85 pour le sujet 2 ; 1 m. 75 pour le sujet 3, âgés l’un et l’autre de 25 à 30 ans.
- Os des membres : robustes, volumineux, servant d’insertion à des muscles vigoureux — mais sans exagération. Pas de « pilastre » fémoral, pas de platymérie, pas de fosse sous-trochantérienne; platycnémie tibiale insignifiante (Indice = 65,7 et 65,2); péronés non cannelés.
- Rapport normal des segments des membres : c’est-à-dire absence d’allongement notable de l’avant-bras par rapport au bras, de la jambe par rapport à la cuisse, du membre supérieur par rapport au membre inférieur.
- Crâne mésaticéphale, presque sous-brachycéphale (2 : 79,34; 3 : 79,12), avec voussure dépassant la moyenne (II. auriculobragmatique, 127 et 120 mm.) et grande capacité crânienne évaluée provisoirement à 1690 c. c. et 1600 c. c.
- Courbe sagittale harmonieuse : le front bien développé s’élève à peine obliquement, la portion
- pariétale est longue, la ligne occipitale descend presque verticalement. Courbe horizontale indique une tendance à la forme pentagonale en raison de l’accentuation des bosses pariétales.
- Face très large (Diam. bi-zygomalique, 143 mm.) et basse (Haut, nasio-alvéolaire, 73 mm.), mais sans 1rop grande dysharmonie avec le crâne large aussi. Orbites rectangulaires, basses, franchement nicro-sèmes (Indice 68,1). Nez allongé, étroit, fortement leptorhinien (Ind. 44,6).
- Mâchoire inférieure (2) exagérément haute — 39 mm. — Menton s’infléchissant à son extrémité et creusant son bord inférieur en une petite inei-sure sous-mentale. Angle mandibulaire 113°. Cet aspect archaïque de la mandibule s’atténue chez le sujet 5 : H. = 36 mm., angle 122°, menton non échancré.
- Aucun prognathisme ni supérieur, ni inférieur.
- Squelette féminin. — Femme d’environ 23 à 25 ans. Indice céphalique de 77,7. Face et nez devaient être larges. Mandibule relativement forte et.haute.
- Mais en raison des variations individuelles ou sexuelles, il serait hasardeux de comparer ce squelette aux deux précédents et d’autre part la pénurie de documents féminins aurignaciens est grande.
- Conclusions. — 1° Les fouilles que nous avons poursuivies en 1922 et 1923, au Crot-du-Charnier (Solutré) ont définitivement précisé la stratigraphie de ce célèbre gisement préhistorique, donnant ainsi une base solide et une orientation précise aux recherches ultérieures ;
- 2^ Deux squelettes masculins, adultes, ont été découverts en septembre dernier, formellement datés de l’époque aurignacienne. Ils sont à rapporter à la race de Cro-Magnon. Mais nos chasseurs de chevaux de la vallée de la Saône ont un crâne beau-
- Fig. Crâne cl J'ace du même squelette, vus de face (réduits au ij3).
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- coup moins allongé qu’il n’est habituel chez les Cro-Magnons de la Yézère et des grottes de Gri-maldi. Ils possèdent une individualité propre qui témoigne d’un certain flottement, sinon de variations assez étendues, dans la morphologie d’un groupe humain considéré jusqu’ici comme assez homogène.
- Il serait superflu d’insister sur l’importance de ces deux documents paléontologiques.
- 5° La mise au jour de ces sépultures aurigna-ciennes tranche définitivement par l’affirmative, l’importante question, très controversée, des sépultures paléolithiques à Solutré.
- Gu. Deperet, Fabien Arcelin et Lucien Maylt.
- LES CLOCHES FUNÉRAIRES
- L’épouvantable catastrophe de 1914-1918 a de trop rudes conséquences pour être de sitôt oubliée.
- Ce qu’on oublierait par exemple assez facilement ce sont les morts, si de tous côtés ne s’élevaient des monuments pour rappeler leur souvenir et ce que nous leur devons.
- Parmi ces monuments, il en est de tous les goûts, depuis le plus simple jusqu’au plus grandiose. Il n’en est peut-être pas de plus touchant et de plus curieux à la fois que celui qu’on vient d’inaugurer le 22 juillet dans une modeste ville de province anglaise, à Loughborough.
- Au point de vue architectural, ce monument-souvenir n’a rien de particulièrement remarquable. Si nous avions une architecture du xxe siècle, on pourrait même le trouver un peu fruste. Ce qui cependant le distingue nettement de tous les autres et lui donne sur eux une supériorité incontestable, c’est qu’il a une âmel 11 est vivant sous sa pierre rigide. Et il parlera aux foules du terrible passé, les fera palpiter et au besoin leur arrachera des larmes !
- Comment? Voici. Dans cette tour carrée on a installé des cloches, de très belles cloches, harmonieusement accordées suivant les règles dé l’art le plus pur, et, à côté d’elles, un clavier sur lequel un carillonneur officiel pourra jouer les mélodies les plus diverses. Ce carillonneur est un tout jeune homme. Il a 22 ans. Il se nomme William-Eric Jordan. Il avait onze ans lorsqu’il remplaça au pied levé l’organiste de sa ville natale." Deux ans plus tard, cet artiste ayant été nommé à la cathédrale de
- Ilipon, il lui succéda officiellement. 11 y a donc déjà plus de onze ans que ce jeune homme est familier avec le clavier! Rien d’é-tonnant à ce que le Comité du monument de Loughborough l’ait choisi parmi douze candidats.
- La séance d’inauguration de l’instrument campanaire du War Memorial de Loughborough a eu lieu le 22 juillet. On y a entendu le chevalier Jef Denyn, le carillonneur quasi légendaire de Saint-Rombaut de Malines,. le maître des maîtres dans la musique des cloches.
- Le monument de Loughborough a coûté environ 20 000 livres sterling et a été érigé par souscriptions. On ose à peine traduire en francs ce chiffre au change ! 11 faut cependant l’enregistrer, car il est réel.
- La tour dont la base est de pierre de Portland jusqu’à la hauteur de 17 pieds (5 m. 18) mesure 24 pieds sur chaque face (7 m. .31). La hauteur totale est de 150 pieds (45 m. 72), Le campanile qui termine l’ouvrage est couvert en cuivre.
- Les cloches sont au nombre de 47, soit . 4 octaves chromatiques,
- La plus grosse pèse 4 tonnes 1/4 (Q et la plus petite : 20 livres (9 kg 7). Le poids de l’ensemble est de 22 tonnes. Ces cloches ont été fondues dans les établissements célèbres de MM. Taylor, M. William Taylor, décédé il y a deux ans, laissant la direction de la fonderie à son frère Denison, avait été durement éprouvé par la guerre qui lui prit trois de ses fils à Courcelette, à Saint-Quentin et à Contai-maison. C'est à la mémoire de ces trois enfants L 4950 kg et 1 m. 93 de diamètre à la base.
- Fig. i. — La tour du War Memorial de Loughborough.
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- qu’est dédiée la plus puissante des 47 cloches dont nous donnons l’aspect avec les inscriptions ('). On voit dans l'intérieur de c eLte cloche un jeune homme portant dans sa main, la plus petite, celle de 20 livres.
- Ce carillon est identique à celui fourni en 1921 par la maison Taylor à l’TIôtel de Ville de Rotterdam et offert à cette ville par M. P. J. Van Ommeren, avec cette seule différence que, pour le moment, à Loughborough, les deux demi-tons les plus graves n’existent pas encore, alors qu’ils sont déjà installés à Rotterdam. Les 49 cloches de Rotterdam, dont la plus puissante est un la bémol, pèsent 28 tonnes. L’accord de Loughborough en pèse par suite environ 22.
- On pense que prochainement il sera ajouté au clavier un cylindre automatique permettant de jouer à volonté des airs déterminés à telles heures que l’on voudra.
- Il existe en Angleterre un autre monument mémorial de guerre avec carillon. Il est installé à la tour de la chapelle de la Mostyn Hou se Srhool, de Parkgate (Cheshire), et compte seulement 51 cloches dont la plus basse est un mi de 2000 kg. Il ne lui
- 1. Dans les carillons anglais la cloche la plus liasse porte le nom do ténor Dell. Fig.
- manque, pour être chromatique, que le demi-ton le plus bas.
- Il a été question pendant un certiin temps de construire un War Mémorial de ce genre à Washington On avait prévu un carillon de 55 cloches ('). Toutefois il n’est pas certain que le projet se réalise, la souscription ne paraissant pas encore pouvoir en permettre l’exécution.
- 1. Ce serait le p'us puissant du monde.
- L°s îo cloches de Ya’e, montées sur leur beffroi.
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- Les carillons de cloches continuent d’exercer leur séduction. Non seulement en Angleterre qui est, par essence, le pays des cloches, et où les sonneries carillonnées constituent un véritable sport sous le
- On carillonne (Ier) à Saint-Quenlm !
- On carillonne (1er) à Saint-Quentin !
- Des trip’s et du boudin (bis).
- Ce brave petit carillon, dont les 50 cloches ne
- Fig. 4. — Les 23 cloches de Toronto, sur leur bejjroi.
- nom de change ringing, non seulement dans la Belgique et les Pays-Bas, mais dans le nord de la France, aux États-Unis et au Canada.
- Dans notre pays une souscription est, en ce moment, ouverte pour rétablir le charmant carillon de Saint-Quenlin détruit par les Allemands et dont Pair populaire est aussi célèbre que celui de Dunkerque :
- dépassaient pas 800 kg en poids, avait été restauré, il y a 25 ans, sous la direction de l’architecte Delmas-Àzéma. Son carillonneur est assurément le doyen de la confrérie des joueurs de cloches. C’est JI. Can telon, entré en fonction en 1880, et actuellement âgé de 72 ans. Ces 72 ans ne l’empêchent, du reste, pas d’être actif comme un jeune homme, de se
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- démener en faveur de la restauration de son instru- I ment dont il compte bien refaire prochainement j l’inauguration à la .grande joie des Saint-Quentinois,
- De leurs pompiers,
- De leurs troupiers,
- De leurs rosières,
- Bonnes ouvrières,
- Gentils trotlins,
- De Saint-Quentin !
- pour lesquels le
- Bon carillqn,
- Sonn’ sans façon Dans tout’s les occasions !
- On a donné à diverses reprises l’inventaire des carillons existant actu dlement dans les pays divers du monde. La liste la plus complète de ce genre est celle publiée par M. William Gorham Rice, dans un volume fort attrayant intitulé The Carillons of Bel-gium and Holland. M. Gorham Rice, grand amateur de sonneries de cloches, a visité à fond les Pays-Bas, Il cite une soixantaine de villes hollandaises possédant un ou plusieurs instruments cam-panaires, et à peu près autant en Belgique. En France il en nomme une trentaine et ne cite pas tout. Il en marque une quinzaine en Allemagne.
- Fig. 5. — Fonte de l’une des cloches de Loughborough.
- Cela coûtera 150000 francs. Mais qu’est-ce que 150000 francs pour un carillon? Celui de Lough-horough en vaut 1400000!
- Une des 'grandes universités des États-Unis, Yale, à Nevv-IIaven, Connecticut, vient de s’offrir 25 000 kg de bronze en un accord de 10 cloches dont la plus grosse pèse 6 tonnes. Ces cloches viennent de la fonderie Taylor. Ce sont également ces fondeurs qui ont restauré le vénérable carillon d'Edam dont l’une des cloches porte une très belle figure de Philippe II, fondue par le célèbre fondeur Malinois, Pierre |Van den Ghein en 1561.
- La figure 4 donne une idée de ce qu’est une installation de carillons à clavier et à tambour automatique. Elle représente les 23 cloches pesant ensemble 17 tonnes qui viennent d’être livrées par un autre fondeur anglais Gillett et Johnston, à Toronto, Canada.
- Il y a eu l’an dernier à Malines une importante exposition de machines, de pièces et de documents relatifs au carillonnage. Le catalogue de cette exposition donne en particulier une liste impressionnante des fournitures de carillons faites par les grands fondeurs depuis l’époque où le carillonnage automatique ou à clavier a commencé à se répandre, c’est-à-dire depuis la seconde moitié du xve siècle. On y trouve toute une dynastie de Waghevens, une autre de Van den Ghein, d’autres noms réputés, quoique moins connus, et au milieu de tous, les dominant de leur incomparable habileté professionnelle, les deux frères François et Pierre Ilemony qui fondirent succéssivement à Zutphen et à Amsterdam, et dont une quarantaine de grands orchestres aériens s’honorent de posséder des cloches, en particulier celui de Malines.
- Pierre ïïemony fut un fondeur incomparable qui
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- LES CLOCHES FUNÉRAIRES
- travailla durant environ 55 ans, de 1645 à 1680. Il porta la technique difficile de la cloche à sa perfection. La science des harmoniques n’avait pas pour lui de secrets. Et c’est un plaisir pour nous de rappeler qu’il était Lorrain, étant né à Levecourt. C’est le Stradivarius de la cloche et le roi des fon deurs.
- Aujourd’hui, les moyens puissants dont disposent quelques grands fondeurs et l’analyse acoustique
- Fig. 7. — Portrait de Philippe II d’Espagne, sur une vieille cloche de Van den Ghein.
- ont permis de fixer les lois d’harmonie et d’accord des cloches, et les maîtres de l’art campanaire sont en état de produire pour ainsi dire mathématiquement les séries de cloches qu’on leur demande sans craindre la moindre dissonance. On attribue au chanoine Simpson, ancien recteur de Fittleworth, la première détermination des règles musicales de la construction des cloches accordées et susceptibles de s’accorder avec d’autres. La première condition pour qu’une cloche s’accorde avec d’autres est.qu’elle soit d’accord avec elle-même. C’est naturel, mais peu de fondeurs sont en état de réaliser ce desideratum élémentaire. Le fameux musicologue anglais, M. William Wooding Starmer, spécifie dans un article du Musical Times du 1er février 1918 que toute cloche digne de ce nom doit au moins donner les cinq principales notes suivantes : la note frappée, son octave grave et son octave aiguë, la tierce mineure et la quinte. Si la note frappée est un do, ces harmoniques principaux seront en dessous, le do grave, au-dessus le mi bémol, le sol et le do aigu.
- La technique campanaire et la préparation métallurgique du métal, fruit d’innombrables expériences exécutées chez des générations de fondeurs, peuvent être considérées comme définitivement fixées. Il n’entre pas dans notre intention de faire faire au lecteur une excursion dans la fonderie à propos du sujet de ces lignes. Il nous semble cependant intéressant de mettre sous leurs yeux deux photographies curieuses (fig. 5 et 6).
- La première représente l’opération de la fonte des cloches du War Memorial de Loughhorough. Cette opération revêt un certain caractère de solennité et les chefs de la maison y assistent avec des invités.
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- UN VER-CALENDRIER
- Dans la seconde, on voit une sorte de personnage mystérieux, évocateur du moyen âge. Que fait-il avec sa lance dans sa cellule de pierre ? Il nettoie au jet de sable une de ces cloches qui demain, dans la tour du Memorial, rappelleront le souvenir des grands morts de la grande guerre, en chantant c-t en pleurant, suivant la touchante expression de
- Lamartine dans ces trois vers que je demande la permission d’altérer légèrement pour la circonstance :
- L’airain retentissant dans sa haut(^demeure
- Sous .les marteaux sacrés, tour à tour chante et pleure
- Pour célébrer la gloire, la victoire et la mort !
- Léopold REVEncuoN.
- UN VER-CALENDRIER
- Si « le ver de terre amoureux d’une étoile » n’est qu’une fiction — une jolie fiction, d’ailleurs — imaginée par les poètes, on pourrait, par contre, parler, avec plus d’apparence „
- d’exactitude, cette fois, de certains-vers qui semblent « a-moureux de la lune »>. Ces vers marins, ce sont les Palolos, souvent cités dans les livres d’histoire naturelle et sur lesquels M. Charles Gravier vient de nous apporter, enfin, quelques précisions (*) qui, certes, étaient nécessaires, car leur existence est resLée longtemps mystérieuse et obscure.
- On en connaît plusieurs espèces qui, toutes, d’ailleurs, se comportent à peu près de même. L’une des mieux connues est le Palolo de l'Océan Pacifique (Eunice viridis) qui a été étudié, particulièrement, par Krâmer, Friedlânder, et, surtout, Woodworth. Ce ver (40 cm. de long environ) offre cette particularité de posséder un corps divisé en deux parties, l’une antérieure, assez large et munie d’une tête; l’autre postérieure étroite et, seule, remplie d’éléments sexuels. A la maturité, cette sorte de longue queue se détache etvient nager à la surface de la mer où, dès lors, elle ressemble à un « ver sans tôle », ce qui a longtemps intrigué les naturalistes.Les indigènes des Samoa et des îles des mêmes parages récoltent ces êtres nageants et en font leur nourriture.
- Les Palolos en question sont, les uns, brun rougeâtre — ce sont les mâles —, les autres vert bleuâtre—ce sont lesfemellcs. Ils vivent au fond de la mer, dans les fissures d’une roche qui, à la surface, a l’aspect d’un gâteau de miel et d’où il est difficile de les extraire intacts. La séparation de la partie postérieure de la partie antérieure a lieu à des
- 1. Ch. Gravieb, La ponte et l’incubation chez les Annélidcs polychètes. Ann. des Se. nat. Zoologie, t. VI, 1923.
- Ver marin (Eunice viridis) dont la partie postérieure constitue le Palolo. Dessin d’après W. Woodworth.
- dates remarquablement fixes, à savoir, pour les îles Samoa, les mois d’octobre ou de novembre, durant le dernier quartier de la lune ; d’où l’allusion faite au début de cet article ; c’est alors que la « montée » à la surface de la mer a lieu en très grande abondance, en même temps, d’ailleurs, que d’autres espèces d’Annélides et de divers Poissons.
- Cette singulière ascension est bien connue des indigènes et leur sert de date de calendrier, car elle leur indique, en même temps, que c’est le moment où certains fruits et certains tubercules — les Ignames, par exemple — vont être mûrs, d’où, pour eux, abondance de victuailles. «Letemps du Palolo aux Samoa, écrit M. ^Gravier, embrasse trois jours successifs.Dans le dernier quartier de la lune, en octobre et en novembre, plus spécialement dans ce dernier mois, l’eau des régions à Palolo est trouble et porte à sa surface des taches flottantes d’écume. A ce signe, les indigènes savent que,deux jours après,le Palolo va monter. Le premier jour est appelé salefu. Le second jour est marqué par l’essaimage d’Annélides de petite taille (Lysidice fa lia x) sans tête, comme le Palolo, avec les mêmes différences de coloration dans les deux sexes ; ce second jour est appelé montusagci. Le troisième jour est 1 e tatelega, c’est alors qu’essaime le Palolo. Les indigènes viennent de plusieurs milles à la ronde, aux places favorites où il pullule, pour le recueillir: ils utilisent dans leur alimentation les matières grasses du vitellus des œufs. »
- Une autre espèce, YEunice fucala, dit « Palolo atlantique »,vit dans l’Atlantique (mer des Antilles) et, étudiée par A.G. Meyer, a montré une histoire analogue. Ce ver vit dans les crevasses des Madrépo-raires morts et corrodés et essaime, lui aussi, dans
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- L’ALASKA AU CINÉMA
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- l’intervalle de trois jours à partir du début du dernier quartier de la lune, entre le 29 juin et le 28 juillet. C’est alors avant le lever du soleil, le matin du jour de l’essaimage annuel, qu’il sort de son gîte et, lorsque les premiers rayons du soleil tombent à la surface de l’Océan, qu’il monte dans les couches superficielles et commence à se contracter violemment pour expulser le contenu des anneaux à travers les déchirures de la peau. Il est à noter que quand le dernier quartier de la lune tombe tard en juillet, il peut y avoir un essaimage au premier quartier qui ne supprime pas celui du dernier quartier.
- Il nous .reste enfin à signaler le a Pctlolo japonais qui n’appartient pas au mimé genre et qui
- abonde le long de la rivière Sumida (où est situé Tokio), à 6 milles de son embouchure et aussi dans les canaux et les fossés qui se déversent dans ce cours d’eau. Les essaimages à la surface se font quatre fois par an, dans les mois d’octobre et de novembre : chacun d’eux dure de un à quatre jours consécutifs, immédiatement après les jours de nouvelle et de pleine lune, et a lieu dans la soirée, aprè'î le coucher du soleil et, d’ordinaire, dans l’intervalle d’une à deux heures. Sil’essaimage des Palolos est lié aux phases de la lune, il ne semble pas, comme on l’a dit, qu’il est influencé par la lumière du soleil réfléchie par notre satellite, mais par un ensemble d’autres causes qui nous échappent. Henri Coopin .
- L’ALASKA AU CINÉMA
- Les Établissements Gaumont viennent de projeter sous le titre la Croisière-Blanche un film de voyage bien intéressant. Paysages merveilleux des côtes du Pacifique et de la mer de Behring, aperçus des mœurs des habitants, scènes de chasse et de pêche prises sur le vif, nous transportent sans fatigue dans une des plus curieuses régions du globe.. C’est le grand mérite du cinéma que de raccourcir ainsi les distances et de lever le voile de mystère qui, pour la plupart d’entre. nous, enveloppe des contrées lointaines. L’écran devient un agent de haute vulgarisation et un précieux moyen d’instruction.
- Nous invitons donc nos lecleurs à suivre avec nous les phases de ce voyage.
- L’Alaska forme dans la partie Est de l’Amérique du Nord un immense territoire qui s’étend de part et d’autre du Cercle Arctique ; il est baigné au Nord par l’Océan Arctique, à l’Est par la mer de Behring, au Sud par le Pacifique. Il/ a en gros la forme d’un carré, prolongé vers le Sud par une étroite et longue bande en bordure de la Colombie britannique. Sur» scs côtes se développe, jusqu’à l’extrémité de la presqu’île Alaska et au chapelet des îles Aléoutiennes,le prolongement de la grande chaîne montagneuse des Andes, avec de hauts sommets comme le Mont Logan, le Mont Saint-Élie (5900 m,), le.Mont Wran-gel, et de nombreux volcans. L’Alaska était autrefois une colonie russe dont la capitale était la ville de Sitka située dans l’île Bavanof. C’était alors un prolongement lointain de la Sibérie qui n’én est séparée que par le détroit de Behring souvent gelé.
- En 1867, la Russie céda l’Alaska aux Etats-Unis contre une indemnité de 58 millions de francs.
- La superficie de l’Alaska, trois fois plus grande que celle de la France, est de 1 530550 km carrés. Ce vaste territoire n’était, en 1920, habité que par 55000 habitants, dont une vingtaine de mille au maximum sont des Indiens, vestiges d’anciennes tribus indigènes décimées par les progrès de la civilisation.Au Nord des îles Aléoutiennes, on ne rencontre plus que quelques tribus d’esquimaux.
- Cette population est, en grande majorité, répartie
- sur les côtes et dans les îles, où elle vit surtout de l’industrie du bois, de la pêche au saumon ou à la baleine, et de la chasse aux phoques.
- L’intérieur, que traverse l’immense fleuve Youkon, est une région montagneuse, riche en forêts, recouverte pendant la plus grande partie de l’année de neiges et de glaces; c’est un vaste désert que parcourent seuls quelques trappeurs à la poursuite d’animaux à fourrure. C’est le domaine du grand silence blanc du Nord suivant l’expression du romancier Jack London, à qui l’Alaska a inspiré ses plus beaux ouvrages.
- Celte région silencieuse et désolée, qui ne s’éveille à la vie que quelques semaines chaque année au moment de l’été, a vu cependant se précipiter vers elle, à partir de 1897, un flot d’émigrants de race blanche, partis à la conquête de l’or du Klondike. Des milliers d’entre eux ont péri de misère ou de froid en essayant de gagner, par la route du Youkon gelé, la région des placers située aux confins de l’Alaska, dans le Nord canadien. Chaque pas de cette route, longue de plus de 3.000 km, est « marqué de plus de malédictions qu’aucune autre route sur la surface du globe » (1).
- Ce n’est pas dans cette dramatique région que nous conduit le film de la « Croisière-Blanche ». Nos voyageurs, artistes de cinéma en quête de paysages se prêtant à la reconstitution de scènes destinées à un grand drame, n’ont pu, bien entendu, que se borner à longer sur leur yacht la façade marine du gigantesque territoire et à pousser des excursions autour de quelques localités côtières. Mais c’est là, nous l’avons dit, que se concentre, exception faite des gisements aurifères, tout ce qui fait la vie de l’Alaska.
- Ainsi au printemps de 1922 un petit bâtiment, ancien chasseur de sous-marins, équipé eii yacht, quitte le grand port américain de Seattle et se dirige vers le Nord. Il emmène une petite expédition cinématographique que conduisent Mme Kleinschmidtet M. Kleinschmidt, celle-là uneFrançaise, celui-ci un grand amateur de chasse.
- ]. Jack Lonhon, Le Fils du Loup, traduit par Joubert.
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- Et nous voyons tout d’abord se dérouler sous nos yeux les majestueux paysages de la côte de la Colombie britannique : montagnes descendant en pentes rapides sur l’Océan, aux flancs recouverts de hautes forêts de sapins, à travers lesquelles ruissellent d’innombrables cascades. Le petit yacht poursuit ainsi sa route vers le Nord, à travers le long détroit nommé Passage intérieur entre le Continent et le chapelet d’iles qui forme depuis Pile de Vancouver une longue ligne parallèle à la côte.
- Enfin nous atteignons la pointe Sud de l’Alaska et nous visitons la curieuse ville indienne de Kassan, célèbre par ses poteaux _ totémiques : ce sont de grands poteaux sculptés de figures d’animaux symboliques ; ces sculptures tiennent à la fois du monument funéraire et commémoratif et de l’arbre généalogique ; elles résument tout le passé de la tribu.
- Les indigènes de l’Alaska appartiennent à plusieurs peuplades, toutes apparentées les unes aux autres ; les travaux ethnographiques, poursuivis avec beaucoup de soin par les savants américains, révèlent en eux une race très ancienne implantée sur ce sol depuis les âges les plus reculés. Leur civilisation, du reste, n’est nullement primitive ; elle est remarquablement adaptée aux conditions de climat et témoigne d’une race intelligente et progressive : ces Indiens habitent des maisons de bois, savamment construites, et cela suffit à démontrer le degré d’avancement de leur civilisation. Pêcheurs et navigateurs, ils sont aussi d’habiles tisserands et fabriquent des tapis appréciés. Par contre, ils n’ont pas d’agriculture et consomment peu de nourriture végétale. Sans doute les masques symboliques, dont ils se couvrent la figure
- lors de leurs fêtes dites « potlach », nous paraissent barbares et grotesques. Mais c’est parce que nous ne comprenons pas le sens qui s’y attache. Malheureusement le contact, du reste très récent, de la civilisation blanche a été fatal à ces Indiens; l’alcool, la phtisie, la variole les déciment et leur nombre se réduit chaque année. Mais notre expédition ne s’attarde pas trop aux études ethnographiques des Indiens ; nos voyageurs ont hâte de déployer leur valeur cynégétique ; ils passent à Sitka, l’ancienne capitale russe de l’Alaska; d’immenses et merveilleux glaciers descendent jusqu’à la mer et des icebergs s’en détachent ; des montagnes de 2000 m. d’altitude dominent le paysage. D’autres paysages, plus grandioses encore, se retrouveront plus'au Nord; mais notons
- Fig 2. — Carte de l’Alaska.
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- Fig. 3. — Une baie de la péninsule d’Alaska.
- qu’il faudra monter très au Nord pour trouver des régions ayant réellement l’aspect polaire que nous attribuons volontiers aux paysages septentrionaux. Nous sommes au printemps, ou plutôt au début de l’été, et toutes ces côtes jusqu’aux îles Aléoutiennes sont réchauffées par un courant marin chaud, venant
- des mers du Japon, analogue au Gulf-Slream qui échauffe les côtes occidentales de la France; aussi n’est-il pas surprenant de constater en plusieurs points, sur les flancs de hautes montagnes en partie couvertes de neige, des coins où éclatent une végétation luxuriante et une admirable floraison, qui
- Fig. 4. — Un front de glacier débouchant dans la mer.
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- Fig. 5. — Le volcan Lasaire dans la péninsule d’Alaska.
- semblent avoir beaucoup étonné les voyageurs de la a Croisière-Blanche ».
- Les voici donc installés dans une rade de 1’Lnlrée IIook, à la naissance de la presqu'île Alaska, au pied du cratère fumant de Llliana. Des glaciers descendent au flanc du volcan, se terminent dans la mer par un pont de hautes murailles de glace, du reste d’une grande fragilité.
- La région environnante est l’habitat de l’ours brun de l’Alaska (Ursus (jiyas); ce colosse, qui, adulte, mesure debout plus de 5 m. de haut et dont le poids peut dépasser 750 kg, est un géant assez inoffensif, il fuit l’homme et pour l’approcher il faut déployer toutes les ruses habituelles
- aux photographes des fauves. La prr-*-
- « Croisière-Blanche » nous offre L
- l'intéressant spectacle de plusieurs ours bruns en liberté, suivi d’une chasse qui se termine par un cruel massacre de ces plantigrades ; disons, à la décharge de nos voyageurs, que les dépouilles des ours sont destinées au Muséum de New-York et doivent contribuer à élucider la question des rapports entre l’ours brun de l’Alaska et l’ours des Cavernes, compagnon de l’homme préhistorique. (Voir La Nature, n° 2528, 16 septembre 1922).
- Un autre spectacle fort intéressant est celui delà pêche au saumon. C’est là une des grandes industries de l’Alaska : en 1910 elle occupait 14000 hommes et exportait pour
- plus de 50 millions de francs de produits ; cette pêche se pratique à l’embouchure des fleuves : le saumon naît en eau douce; il y passe un an, puis à la fin de sa première année il descend vers la mer où il passe 5 ou 6 ans; un mystérieux instinct le rappelle alors en eau douce ; par bancs épais il remonte les fleuves pour y frayer. C’est au moment de cette montée que l’on se livre à la pêche : pêche sans difficulté, car le poisson est tellement dense qu’en bien des endroits il y a plus de poissons que d’eau. Tout le problème est d’aller vite et de ramasser le plus de poissons dans le temps le plus court ; car lorsque les saumons ont séjourné
- l ig. 6. - . Ours bruns de l’Alaska.
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- quelque temps en eau douce, leur chair perd toute qualité comestible ; de plus, aussitôt après le frai, le plus grand nombre de ces poissons meurent et leurs cadavres pressés encombrent les rives. Il faut donc se hâter ; aussi les pêcheries de saumon ont-elles renoncé à l’antique harpon des Indiens ; elles disposent d’embarcations à vapeur, munies soit de vastes filets qui se manœuvrent mécaniquement et prennent parfois d’un seul coup plus de 30 000 saumons, soit de roues à aubes qui ramassent le poisson, à la façon d’une chaîne sans fin. Aussitôt que le bateau est plein, il va livrer sa pêche à un établissement voisin ; vaste usine où le poisson est transformé en produits marchands; c’est là qu’on prépare ces boites de conserve dite de « Salmon » qui de là se répandent à travers l’univers entier. Des machines automatiques, rapides et précises, font le travail et remplacent avantageusement une main-d’œuvre par trop difficile à recruter. En moins d’une heure la pêche d’un bateau est nettoyée, cuite et mise en boîte.
- C’est dans cette région de la presqu’île Alaska, puis plus au Nord, dans la mer de Behring, peuplée d’icebergs, et aux environs des îles Pribylov, qu’ont été prises, pour autant que nous avons pu les situer, la plupart des vues projetées sur l’écran. La presqu’île de l’Alaska, longue pointe effilée parsemée de volcans, se prolonge par la file des îles Aléoutiennes. Les plus voisines de la terre ferme forment l’archipel des Renards, et méritent bien leur nom. On s’y livre, en effet, à l’élevage en grand du renard bleu, dont la riche fourrure est très appréciée dans les pays civilisés.
- Nous pouvons admirer dans une de ces fermes quelques gracieux exemplaires de renards, parfaitement apprivoisés.
- Le journal de Mme Kleinschmidt nous apprend
- aussi que dans celte région nos voyageurs visitèrent et photographièrent la curieuse île volcanique de Bogoslov, remarquable par les changements rapides et continuels de sa configuration. Il est regrettable que le film de la « Croisière-Blanche », ne contienne aucune vue de cette île à transformations. (Voir La Nature, n° 1888, 31 juillet 1909.)
- Au delà des îles Aléoutiennes, nous gagnons la mer de Behring, cette fois à bord d’un baleinier, qui naviguait de conserve avec le yacht de la « Croisière-Blanche » et nous assistons à une belle chasse à la baleine : nous voyons harponner un beau cétacé de 25 m. de long et d’un poids de 150 tonnes ; à la fin de sa journée le petit navire revient à la côte avec 4 baleines arrimées à ses flânes ; une cinquième, qui n’a pu être emmenée, est. gonflée à l’air comprimé, et forme une immense bouée qui restera sur place jusqu’au retour du navire. Des établissements spéciaux sont installés sur la côte pour dépecer les baleines capturées et en extraire tous les produits utiles ; le monstre que nous avons vu capturer four-. nira 06 000 kg de graisse, 54000 kg d’huile, et
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- Fig. g. — Le dépeçage de la baleine.
- 1800 kg de fanons. Son squelette sera Utilisé par les indigènes Esquimaux pour édifier la charpente de leurs cabanes.
- Les rivages des îles de la mer de Behring sont peuplés de puffîns, gros pingouins dont les œufs piriformes ne peuvent rouler sur les pentes raides où nichent ces amusants animaux.
- Là vivent aussi d’innomhrahles troupeaux de phoques et de morses. Les lions de mer stellaires, la plus grande espèce de la région, se sont assez volontiers laissé photographier : nous assistons à leurs gracieux plongeons filmés au ralenti et à de touchantes scènes de famille.
- La fourrure du phoque est très recherchée; aussi ces animaux sont-ils l’objet d’une chasse acharnée qui eût détruit toutes leurs colonies, si les Américains n’y avaient mis bon ordre. Le troupeau des îles Pribylov, estimé à 4 millions de têtes vers 1880, ne comptait plus que 500 000 individus en 1902. La chasse en fut alors réglementée par des conventions internationales conclues entre les Etats-Unis, la Russie et le Canada. Seul est autorisé, de juin à août, sous le contrôle d’agents du gouvernement, l’abatage des mâles superllus. Le gouvernement se réserve le monopole de la vente des peaux. Il exerce, en outre, une surveillance sévère sur les bâtiments qui sillonnent ces parages. Néanmoins, la contrebande, pratiquée par des aventuriers de toutes races et de toutes couleurs, est active et audacieuse, elle donne lieu fréquemment à des conflits tragiques.
- Le morse moustachu, aux défenses farouches, abattu par les chasseurs de la « Croisière-Blanche » est certainement un de ces mâles dont la chasse est autorisée par le gouvernement américain. Il mesure 7 m. de long, et sa peau seule pèse plus de 500 kg !
- La « Croisière-Blanche » se termine par une chasse à l’ours blanc. Une famille d’ours, Monsieur, Madame et Bébé, attirée sans doute par quelque appât, nage autour du yacht : d’un coup de lasso, le mâle est fait prisonnier; la femelle se précipite à son
- secours, tandis que l’ours se débat de toute sa force, au moment, où en apparence épuisé, il n’oppose plus de résistance, et où les matelots se préparent à le hisser à bord, il tente soudain un suprême effort, brise la corde et s’échappe. Les chasseurs se tournent alors vers l’ourson, proie plus facile : le petit animal est à son tour saisi au lasso ; la mère affolée tourne impuissante autour de son petit ; toute son attitude exprime un désespoir profond et émouvant; Mme Kleinschmidt en est touchée; elle intercède auprès des chasseurs ; le petit ours aura la vie sauve; on coupe la corde : il retombe à l’eau; la mère l’entraîne au plus vite, vers les glaces qui flottent dans le lointain.
- Ainsi s’achève la pittoresque et instructive promenade.
- R. Vit.lers.
- Fig. io. — Un morse aballu par les chasseurs.
- Le Gérant : P. Ma?son, — Imprimerie Lahdre, rue de Fleura», 9, Paria
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- LA NATURE - N° 2588
- 10 NOVEMBRE 1923
- LA RÉGENTE ÉRUPTION DE L’ETNA
- On n’a pas oublié la dernière éruption de l’Etna survenue le 17 juin dernier Elle a provoqué pendant plusieurs jours des craintes très vives. Fort heureusement, les dégâts furent relativement peu graves. Le phénomène n’en a pas moins présenté un caractère impressionnant. Le professeur Gaetano Ponte de l’Institut Yolcanologique de l’Etna, donne dans la revue anglaise Nature des détails très précis sur cette éruption, et sur les manifestations diverses d’activité qui l’ont précédée. Nous en extrayons ce qui suit :
- Au cours des dix dernières années, dit-il, l’Etna
- nant non des gaz volcaniques, mais d’une puissante pression hydrostatique.
- En juin 1922, le cratère Nord-Est redevient actif et l’on entend de faibles explosions. Au prin temps 1923, l’activité augmente ; au pied du cône de déjection qui s’est formé, des coulées de laves apparaissent et s’étalent en plusieurs branches sur les champs de neige. Il est curieux de noter que la lave chaude, se répandant sur la neigp, n’én provoque pas la fusion, mais plutôt la transformation en glace.
- L'activité du cratère latéral continua à se mani-
- Fig. i. — Carte de l’Etna montrant le trajet de,
- a été le théâtre de divers phénomènes d’un grand intérêt, parmi lesquels il faut retenir notamment l’apparition, en mai 1911, d’un cratère latéral sur la pente Nord-Est du cône central, à l’altitude de 3100 m.
- La formation de ce cratère a été le prélude de la violente éruption de septembre 1911, au cours de laquelle le cratère latéral manifesta une activité plus grande que le cratère central.
- En 1917, une colonne lumineuse, haute d’un millier de mètres, jaillit de ce cratère adventice, et, en une demi-heure, près de 50 000 mr’ d’une lave très fluide s’en échappèrent, mais sans provoquer de grondements, ni de secousses du sol; témoignage frappant, dit M. Ponte, de la résistance opposée par la structure du volcan aux énormes forces qui tendent à mettre la lave en mouvement, forces prove-
- coulées de lave et les nouveaux cratères de IQ2-3.
- Tester jusqu’au moment de l’éruption de juin, qui, elle, se produisit comme nous allons le voir, dans une zone différente. Elle fut précédée par de grandes explosions dans le cratère central, dont la cheminée, obstruée depuis 1918, se rouvrit le 6 juin, pour projeter, à de très grandes hauteurs, d’immenses nuages arborescents de cendres rouges. Pendant plusieurs jours le ciel en resta obscurci ; et toute observation devint impossible.
- Le 17 juin à 2 h. 30 du matin, les habitants des pentes Nord du volcan se trouvèrent brutalement réveillés par les grondements et les secousses du sol; au voisinage des cratères de 1809, à l’altitude de 1500 m., d’imposantes coulées de lave apparaissaient; en même temps des cratères nouveaux se formaient à un niveau plus bas donnant à leur tour issue à de nouvelles coulées. Puis, 1 h. 1/2
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- plus tard, à l'altitude de 2000 m., sur le flanc Ouest du Mont Ponte di Ferro, et à la base du Sud-Ouest du Mont Nero, s’ouvraient les cratères qui livrèrent passage au principal flot de lave.
- La coulée provenant du Mont Nero resta faible et de courte durée; elle s’écoula, sur 5 km., le long du lit de lave laissé par l’éruption de 1879, et son orifice se ferma le 21 juin.
- La coulée du Mont Ponte-di-Ferro est beaucoup plus importante ; elle recouvre la forêt de pins de Petarrone, puis s’écoulant rapidement sur le flanc Est du lit de lave de 1911, elle atteint en quelques heures Piano dei Felici ; là son front s’étale ; elle se dirige vers Cerro, elle détruit les vignobles et les noyers de Piano di Pallamèlata. En dix heures, elle a parcouru 7 km. en descendant de 1200 m.; mais maintenant elle est arrivée en plaine, sa vitesse se ralentit, et le flot s’étale. Dans la soirée du 17 juin, le flot est à 1 km. de la voie ferrée qui fait le tour de l’Etna ; et il n’atteint la gare de Castiglione que dans la nuit du 19.
- Le 20 juin, le front de lave a 1 km. de large et progresse encore à la vitesse de 10 à 15 m. par heure. Le 21, il continue à s’étaler doucement, balayant quelques maisons et menaçant la ville de Linguaglossa. Mais 1 écoulement, fort heureusement, diminue peu à peu ; le 26 juin sa vitesse est réduite de moitié ; le 29 le front de lave s’immobilise définitivement ; mais la lave à Piano di Pallamèlata menace de dériver latéralement sur le côté Est, menace qui heureusement ne persiste pas longtemps. L’émission de lave continue de plus en plus faible jusqu’au 18 juillet. A ce moment, le torrent liquide parait s’être enfin solidifié dans la bouche du cratère. La superficie recouverte par la lavç est d’environ 3 kdomètres carrés.
- On a pu faire au cours de l’éruption un certain nombre d’observations et d’expériences du plus haut intérêt.
- 0n~ a constaté tout d’abord que les explosions
- étaient dues à la détonation de mélanges de gaz volcaniques : hydrogène, uxyde de carbone, méthane, dégagés par la lave; ils s’amassent dans des cavités souterraines et forment avec l’oxygène de l’air des mélanges détonants.
- Les plus fortes explosions se produisent dans les fissures où se sont formées des chambres profondes, capables d’emmagasiner le gaz ; dans les parties découvertes du canal de lave, les explosions sont plus faibles et accompagnées seulement de petits jets de gaz. Plus tard, lorsque le long de ce canal, de petits cônes d’explosion se sont formés avec des chambres d’explosion correspondantes, les bruits s’intensifient. A l’orifice de ces petits cônes, on voit souvent des jets enflammés, rappelant les dards des chalumeaux oxhydriques.
- Les observateurs de l’Institut vulcanologique ont fait en outre un certain nombre d’expériences. C’est ainsi qu’ils ont étudié l’effet de l’introduction d’acide carbonique dans les petits cratères dont il vient d’être parlé. Ce gaz empêche les gaz combustibles de se mélanger à l’oxygène de l’air; on diminue ainsi les explosions et même on les arrête pendant quelque temps. Ils ont également insufflé de l’azote dans la lave liquide, afin d’en extraire les gaz qu’elle contient, sans les laisser se mélanger d’air atmosphérique ; ils ont constaté que les gaz recueillis sont exempts de vapeur d’eau, constatation importante pour la théorie des phénomènes volcaniques.
- On a aussi mesuré la température des laves, très variable du reste suivant les points de la coulée, en raison du refroidissement superficiel dû au contact de l’air. On a noté qu’entre 670° et 690°, la lave est encore plastique, et qu’elle peut facilement être pliée ou comprimée.
- Les nouveaux cratères apparus dans la partie supérieure de la région éruptive ont été baptisés cratères Victor-Emmanuel III ; tandis que les cratères voisins de l’orifice de sortie de la lave ont été nommés cratères Mussolini.
- LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS DES PHARES
- et des projecteurs de lumière intensive.
- L’utilité des phares. — Le service des phares en France. — Bien que la tour, autrefois installée à l’entrée du port d’Alexandrie,.fut assez remarquable pour constituer l’une des sept merveilles du monde ancien, on peut penser que des progrès considérables ont été apportés depuis, aux établissements destinés à guider les navigateurs, La tour et le feu d’Alexandrie ont cependant donné leur nom aux constructions modernes ayant la même destination et l’on désigne sous le nom de phare un édifice ou une charpente surmontée d’un signal lumineux. Il est regrettable que l’on use du même vocable pour désigner les projecteurs qui éclairent lé chemin
- devant les automobiles : un phare est essentiellement un signal destiné à être perçu au loin de manière à prendre une apparence qui le caractérise ; un projecteur a pour but de diriger un faisceau lumineux plus ou moins intense vers un but qu’on veut éclairer.
- Les progrès dans la construction des tours sont assez remarquables et l’on sait maintenant les établir au large, dans des parages d’accès difficile, sur des rochers qui n’affleurent qu’aux plus basses mers de vives eaux d’équinoxe. Quand cela n’est pas possible, on place les fëûx sur des bouées ou sur des bateaux spéciaux comme ceux que nous avons cludiés
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- dans celte revue (*). On peut même, quand il existe un plateau sous-marin peu profond, Y « araser » de façon à pouvoir y couler un vaste radeau formé de caissons sur lequel, dans le porta l’abri des tempêtes, on a édifié l’ossature principale des constructions,
- Quelle que soit la maîtrise technique acquise dans cet art par le Service des Ponts et Chaussées en France, et qui s’est affirmée particulièrement dans la construction des phares de la « Jument d'Oues-sant » et de « Men-Tensel » au bord de passages dangereux, on doit admirer, davantage peut-être, les progrès relatifs à la puissance lumineuse des feux qui sont abrités dans des lanternes, au sommet des édifices.
- Si, par temps clair, la moindre lumière s’aperçoit de fort loin (dans une atmosphère absolument pure, une bougie décimale se verrait à 27 km), il faut des millions de bougies pour percer la brume et augmenter par conséquent les chances de visibilité d’un signal à une distance donnée. Les signaux sonores, sirènes et cloches aériennes ou sous-marines, les signaux hertziens, peuvent évidemment compléter alors les dispositifs de signalisation maritime; mais rien ne vaut, pour la sécurité, la vision directe d'un phare ou mieux de plusieurs phares associés. Le balisage d’une passe difficile ne peut être efficace que par des feux établis de façon à circonscrire les dangers, à indiquer les secteurs dangereux et les secteurs accessibles, ou à déterminer rigoureusement l’alignement à suivre.
- Cette signalisation lumineuse n’a pas seulement un intérêt puissant et indispensable pour la sécurité de la navigation aux abords des côtes ; elle présente
- 1. Voir nouveaux lialeaux-pliares des coles belges cl ila-lienncs, La Nature, n° ‘2560, ‘28 avril 1025.
- un intérêt économique important en permettant aux navires d’emprunter les routes et les passes les plus directes : lorsqu’un navire peut passer par le « From^êur », entre Ouessant et l’archipel de Molène, par exemple, il peut gagner souvent une marée pour l’entrée des porls de la Manche : une marée, c'est-à-dire une demi-journée, profit notable pour un bateau un peu important. Ainsi la création ; d’un phare ou d’un groupe de feux peut constituer,
- ! en plus d’un renforcement de la sécurité, une opération d’ordre économique.
- Nos côtes sont particulièrement bien éclairées, notammentcelles de Bretagne. De la galerie du phare de l’Ile de Sein, on peut apercevoir, par temps clair, un nombre considé-rablede feux dont le phare électrique de premier ordre de Creac’h d’Ouessant de 30 millions de bougies décimales et les phares importants : d’Armen, de la Vieille, de la Jument d’Ouessant, du Four et de Mentensel, absolument isolés au bord de passages redoutables.
- L’équipement de ces phares perdus à des .distances parfois très grandes du port de ravitaillement est particulièrement difficile. La place manque sur l’étroit rocher qui suffit tout juste à constituer le soubassement de l’édifice; dans certains cas les roches ne découvrent jamais; on a donc renoncé à l’éclairage électrique à cause de la machinerie qui serait indispensable et qu’on ne pourrait loger, mais on est arrivé cependant à constituer un fou puissant à l’aide de manchons rendus incandescents par des brûleurs alimentés au pétrole lampant dans des conditions excellentes de sécurité. Le même combustible alimente dans certains cas les moteurs qui actionnent des trompettes ou des sirènes, que l’on installe au sommet même des tours afin d’augmenter leur portée.
- Fig. i. — Le phare Je l’Ile Vierge.
- (.La lanterne est à 8o mètres au-dessus du sol.)
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- 26,5 28
- Fig, 2. — Courbe de visibilité de quelques phares.
- 15,5 17
- 32,5 milles
- En dehors de ces phares importants, de ceux qui sont placés sur la côte et dont le phare d’Eckmühl, à Penmar’ch, est sans doute le modèle architectural le plus accompli, et le phare de l’Ue Vierge (fig. 1), le plus élevé au-dessus du sol des phares isolés dont nous venons de parler,'il existe une quantité de feux qui restent allumés en permanence au sommet de tourelles placées sur les récifs ou de pylônes surmontant le corps des bouées. D’ingénieux mécanismes éclipseurs permettent de varier l’apparence des signaux lumineux et de caractériser ces feux qui fonctionnent au gaz d’huile apporté par le bateau-baliseur. On emploierait davantage l’acétylène si les bouteilles dans lesquelles ce gaz est dissous sous pression dans l’acétone n’étaient pas si coûteuses. Dans tous les cas, des appareils d’horlogerie ou des appareils automatiques, commandés par la lumière solaire, éteignent le feu principal le jour pour ne laisser brûler qu’une veilleuse très économique qui, par une opération inverse, rallume le signal avant la nuit.
- La construction des phares isolés et des tourelles-, balises, l’étude et le per-
- I j fectionnement des ma-
- 'T----| chines, du matériel et
- des appareils de phares font le plus grand honneur au Service des Phares et Balises de France qui a toujours su mettre un grand souci d’économie dans l’extension du nombre et de la puissance des feux et des signaux lumineux, sonores ou hertziens. Il est naturel de penser que la France, qui développe ses côtes sur une longueur importante, qui a vu naître Buffon, l’inventeur des lentilles à échelons, Fresnel qui les réalisa, grand animateur dont l’influence se fait encore sentir, soit à l’avant-garde des progrès de la signalisation maritime à grande distance. C’est grâce à ce savant et à ses successeurs que l’industrie des appareils de phare s’est presque tout entière concentrée à Paris, près du Service Central des Phares et Balises où les gouvernements étrangers viennent souvent chercher des conseils.
- , Echelon ,
- \\d'un demi-pouce .
- Echelon
- \dun demi-pouce Epaisseur au centre: un pouce
- -JL......-
- Fig. 3.
- Tracé d’une lentille à échelons indiqué par Buffon en 1748.
- S’il est de mode maintenant de médire des administrations publiques, on se trouve forcé d’admirer la sagesse et l’habileté des administrateurs de nos phares, la science et la maîtrise des techniciens qui, sous la direction de M. Babin, inspecteur général des Ponts et Chaussées et'de M. Blondel, ingénieur en chef et professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées, savent conserver et perfectionner, avec une rigoureuse économie, notre outillage de signalisation maritime. Ils sont les dignes successeurs d’une longue suite de fonctionnaires et d’ingénieurs de talent dont nous ne citerons que les deux derniers disparus, MM. les Inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées G. de Joly et Ribière, renonçant d’ailleurs à énumérer leurs principaux travaux théoriques et pratiques qui concernent particulièrement la construction de nombreux édifices comme ceux des célèbres phares en mer de la Jument d’üuessant et de Mentensel, de feux flottants et de bouées lumineuses, l’établissement de la machinerie des phares électriques de « grand atterrage », celle des signaux de brume, etc...
- Les divers rôles des phares. — La portée des phares. — Si nous voulions passer une revue rapide des perfectionnements de ces appareils, depuis les simples candélabres qui servent à hisser au fanal, à l’extrémité des jetées des petits ports de pêche, jusqu’aux grands phares électriques, il faudrait donner à cet article un développement trop considérable et nous devons nous borner à l’étude des principes essentiels, accompagnée d’exemples caractéristiques pris parmi les réalisations les plus récentes,
- Deux ordres de faits retiendront notre attention.
- La signalisation maritime lumineuse doit donner deux catégories principales de renseignements : faci-
- Fig. 4. — Profil de lentille adopté par Fresnel.
- E C, partie dioptrique ;
- E G et CO, parties cata-dioptriques ;
- F, foyer.
- (Si l’on fait tourner le prolil entier autour de l’axe Fy on a une optique de feu fixe d’horizon'; si on le fait tourner autour de F.\-, on a une optique de feu de direction ou de feu à éclats.)
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- liter l’atterrissage en permettant de faire un point exact; signaler les dangers groupés ou isolés.
- Un navire vient du large ; plusieurs jours parfois se sont écoulés depuis le dernier point astronomique ; la route n’a été déterminée qu’à l'estime et des erreurs de 10 à 20 milles par jour sont possibles; le premier phare qu’on peut apercevoir et identifier donne alors un renseignement précieux, indiscutable, que la radiogoniométrie ne suffit pas encore à fournir aveo la même précision. L’augmentation de la vitesse des paquebots exige, au fur et à mesure, l’avancement de l’instant où cette signalisation peut être perçue à bord, ce qui ne peut être obtenu que par l’augmentation des portées lumineuses. Les phares qui remplissent cette fonction, dits phares de grand atterrissage ou de grand « atterrage », ne sauraient être trop puissants ; ils doivent être équipés avec les appareils les plus perfectionnés pour obtenir les plus grandes intensités lumineuses au moindre prix ; ils doivent être disposés de sorte que le foyer de la lampe soit assez haut pour réaliser une limite de portée que l’on calcule facilement en fonction du rayon de courbure terrestre. Ge chiffre, appelé « portée géographique », n’est qu’une indication du rayon dans lequel on peut apercevoir le phare; les variations incessantes delà réfraction atmosphérique et de la transparence de l’air causent des perturbations importantes; une brume intense réduit à quelques milles la portée des phares les plus puissants.
- M. Allard, à la suite d’essais nombreux, effectués d’ailleurs à des distances Irop réduites, avait établi des formules et des abaques qui donnaient la portée d’un feu en fonction de son intensité et du coefficient
- de transparence atmosphérique. Ces formules se sont trouvées en défaut pour les phares puissants et l’on préfère renoncer à toute formule théorique pour apprécier la portée d’un feu. On a institué des expériences directes et prolongées de visibilité, qui servent à calculer deux chiffres que l’on porte sur le livre des phares : le premier, appelé portée moyenne ou portée par temps moyen, est la distance pour la-
- quellelefeuestvi-sible 50 jours sur 100; le second, dit portée par temps brumeux, indique une plus faible portée, réalisée 90 fois sur 100. Il est, en effet, rationnel, toutes les fois que des phénomènes météorologiques interviennent, de n’envisager que àesprobabilite's.
- Ces renseignements sont beaucoup plus utiles aux navigateurs que le chiffre de la portée par temps clair, presque jamais réalisé. En outre des courbes de visibilité (fig. 2) précisent encore ces renseignements.
- A puissances lumineuses et à distances égales, les probabilités de visibilité diffèrent beaucoup suivant les régions. Dans le Pas-de-Calais, le phare électrique de Gris-Nez (20 millions de bougies décimales) est visible 50 fois sur 100 à 25 milles et 90 fois sur 100 à 10 milles alors que les chiffres correspondants pour un phare de 15 millions de bougies, sont respectivement sur l’Océan 32,5 et 15,5 milles marins et sur la Méditerranée, 37 et 20 milles (*).
- Aussi puissantes que soient les sources lumineuses dont nous disposons, jamais nous n’aurions pu réaliser ces portées sans combiner des appareils capables de concentrer le flux lumineux vers l’horizon, pour impressionner, du plus loin possible, la pupille du navigateur anxieux qui cherche sa route; d’auge 1. Un mille marin = 1852 m.
- Fig'. 5 à 8. — a, optique de feu à éclats; b, appareil à 3 panneaux, l’un d’eux formant portière pour l’entretien de la lampe placée à leur foyer commun, c, tambours- dioptriques de feux d’horizon; d, optique de feux d’horizon.
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- LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS DES PHARES
- Fig. q. — Feu à occultations régulières.
- A, écran; B, brûleur à incandescence à vapeur de pétrole; C, cuve à mercure;, D, régulateur; E, machine de rotation.
- raenter la concentration de la lumière aux dépens même de la durée des éclats successifs analogues à des éclairs, dont le nombre dans tin même groupe suffit à caractériser les feux principaux. La visibilité des lumières brèves a été étudiée au laboratoire, particulièrement par MM. Blondel et Rej et il semble qu’il n’y ait, pour ainsi dire, pas de limite à la brièveté des éclats et qu’il soit généralement avantageux d’augmenter l’intensité des éclairs en sacrifiant la durée, pourvu que les signaux se succèdent à des intervalles assez rapprochés pour permettre de déterminer le gisement du feu.
- On conçoit, en effet, que l’impression produite sur l’œil puisse, en raison de la persistance des impressions lumineuses, s’accroître par accumulation des sensations rétiniennes, ceci pendant un temps assez court qu’il n’y a jamais intérêt à dépasser mais qu’il n’est pas indispensable d’atteindre. À quantité d’énergie lumineuse égale, il peut être avantageux, au contraire, en abrégeant la durée de l’éclair, de le rendre plus fulgurant ; on bénéficie ainsi d’un effet de contraste plus marqué. D’ailleurs, à la limite de portée, au-dessous d’une certaine valeur de l’éclairement, on ne saurait franchir le seuil de la sensation lumineuse, même en augmentant le temps pendant lequel un éclairement plus faible serait offert à la pupille, on ne percevrait rien. Il est donc préférable
- de diminuer la durée du signal si l’on peut, par ce moyen, en augmenter l’éclat.
- Ce que nous venons de dire s’applique seulement aux feux de grand atterrage. Les feux plus modestes qui signalent des dangers, soit en les circonscrivant, soit à l’aide de secteurs colorés, n’ont besoin que de portées plus réduites, mais ne doivent jamais être perdus de vue dès qu’ils sont aperçus ; aussi doivent-ils être, sinon fixes, du moins composés de signaux relativement longs, 4 à 2 secondes, séparés par des éclipses très courtes, lesquelles servent à les caractériser.
- Ainsi les caractères des deux catégories principales de feux se précisent : les phares de grand atterrage dont la longue portée est obtenue en concentrant la lumière dans des éclats puissants donnant la sensation d’éclairs; les feux qui signalent des dangers, dont la portée peut être réduite, mais qui ne peuvent être caractérisés que par des éclipses dont la durée est faible par rapport aux apparitions de lumière. Ces derniers feux sont donc des feux fixes ou des feux à occultations ; les premiers sont appelés, au contraire, feux à éclats.
- Mais quelle que soit l’apparence des feux et la forme des lentilles qui les constituent, le profil de ces lentilles reste semblable et se réalise suivant des principes que nous croyons devoir rappeler.
- Les lentilles des phares. — L’invention de Buffon. — La réalisation de A. Fresnel et ses perfectionnements. — C’est à l’illustre savant français, Augustin Fresnel que revient l’honneur d’avoir réalisé, le premier, les lentilles dont le principe est encore appliqué dans.nos feux les plus puissants. Une grande partie des phares installés à l’étranger comporte du matériel français et il n’est peut-être pas d’exemple plus remarquable de l’influence com sidérable et bienfaisante d’un savant sur l’industrie de son pays. Les ingénieurs du service des Phares français ont sans doute réalisé, comme nous l’avons
- FEUX FIXES ET À OCCULTATIONS
- Fig. 1.
- Cardinaux___Rouvrau
- Feu fixe d'horizon
- Port-Murin de Quiberon
- Feu fixe a secteurs blajie
- Feu fixe de direction F.d/.
- Fig. io. — Exemples de figuration graphique : des signaux des phares.
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- vu, d’intéressants perfectionnements, mais nos constructeurs de phares bénéficient encore de la renommée universelle d’Augustin Fresnel.
- L’invention est bien française, la seule antériorité connue est la citation suivante faite par Fresnel lui-même dans son Mémoire de 1822 ; c’est un passage de YHistoire des Minéraux où Buffon expose comment on pourrait avec le soleil, produire de grands effets calorifiques. « J’ai trouvé, dit Buffon, une manière simple et assez aisée de diminuer les épaisseurs des lentilles autant qu’il me plaît, sans pour cela diminuer Sensiblement leur diamètre et sans allonger leur foyer. Ce moyen consiste à travailler ma pièce de verre par échelons. Supposons, pour me faire mieux entendre, que je veuille diminuer de 2 pouces l’épaisseur d’une lentille de verre qui a 26 pouces de diamètre, 5 pieds de foyer et 5 pouces d’épaisseur au centre ; je divise l’arc de cette lentille en 3 parties et je rapproche concentriquement chacune de ces portions d’arc, en sorte qu’il ne reste qu’un pouce d’épaisseur au centre ; et je forme de chaque côté un échelon d’un demi-pouce, pour rapprocher de même les parties correspondantes; par ce moyen, en faisant un second échelon, j’arrive à l’extrémité du diamètre, et j’ai une lentille à échelons qui est à peu près du même foyer,
- FEUX A ECLATS.
- IV Anciens leux.
- Roches-Douvj'os.
- Feuà éclats réé
- Feu à éclata réguliers toutes leslO secondes F .üMûf)
- Durée de l'éclat. 0?7.
- Feu à édats réguliers toutes les 4 s «aides
- F.c.M)
- Durée de léclat
- Durée de l'éclat 10s
- 2V Nouveaux feux.
- Fig. 9.
- La Hague—Villefranche Cap Cris-Nefc
- Feuà éclats groupés pr2 uaesWlOscundes
- Feuà éclats réguliers Waeâles 5 secondes F.e- U?)
- Grdâc'h OfJO
- Fig. 12. — Exemples de figuration graphique des signaux des phares.
- FEUX FIXES ET A OCCUI.TATIOXS
- Combrit
- Feu a occultau&TiS régulât Durée de 1 occultation
- par deux
- Durée de î
- Fig. il. — Exemples de figuration graphique dés signaux des phares.
- et qui a le même diamètre, et près de deux fois moins d’épaisseur que la première, ce qui est un très grand avantage.... »
- Buffon supposait la possibilité de couler et de tailler une lentille suivant le profil qu’il décrivait (fig. 3), il ne pensait d’ailleurs pas aux phares et c’est Condorcet qui conseilla le premier l’application des lentilles à échelons à ces appareils. Fresnel eut le mérite de réaliser une construction pratique en composant la lentille de plusieurs morceaux, et de calculer les courbures de manière à diminuer l’aberration de sphéricité. Depuis, d’autres auteurs, particulièrement Ribière, ancien Directeur du Service des Phares et Balises et M. A. Blondel ont perfectionné les méthodes de calcul de Fresnel, mais le profil d’un appareil lenticulaire comprend toujours (fig. 4j :
- Une lentille plan-convexe au foyer de laquelle se trouve la source lumineuse ;
- Des tronçons de lentilles dioptriques (8ioc otcto;aou) encadrant ce,tte lentille ;
- Des tronçons de prismes à réflexion totale ou catadioptriques (x<xtoc oTctoi/at) encadrant encore les premiers.
- Ainsi tous les rayons qui arment de la source sur la lentille sont envoyés après réfraction ou réflexion dans la direction de son axe.
- Si l’on fait tourner, autour de cet axe, le profil de Fresnel, on a un panneau d’optique (fig. 5) capable de projeter la lumière dans la direction de l’axe. Un certain nombre de panneaux (fig. 6) ayant pour foyer commun la source lumineuse, étant : disposés alentour, la totalité du plan lumineux pourra ainsi être répartie-dans certaines directions privilégiées, c’est-à-dire. vers l’horizon maritime, ce qui exige d’ailleurs une certaine inclinaison des axes sur l’horizontale.
- Ces optiques constituent une source secondaire de lumière aussi brillante à peu près que la source principale, ce qui permet d’augmenter l’intensité à la sortie de l’optique, ou puissance lumineuse, en augmentant la surface des panneaux ; cela revient à allonger leur foyer, et l’on peut dire que, toutes choses égales d’ailleurs, les puissances de deux panneaux semblables sont entre elles comme les carrés de leurs distances focales. On aurait ainsi le moyen
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- d’augmenter tant qu’on le veut la puissance lumi-• neuse, si les dépenses d’établissement n’augmentaient encore plus vite.
- Un moyen plus économique consiste à réduire au minimum le nombre des. côtés de la section droite du prisme formé par l’ensemble des panneaux autour de la source lumineuse, de sorte que la surface de chaque panneau augmente par diminution de leur nombre, ce qui est réalisé dans les grands phares électriques, lesquels n’ont que quatre panneaux groupés autour de la lampe : suivant un carré lorsqu’on veut des éclats réguliers, c’est-à-dire régulièrement espacés; ou suivant un losange, si l’on veut des éclats groupés par deux. Ainsi sont construites les optiques des plus puissants phares électriques. On place deux optiques semblables sur la même table et l’on règle le tout pour que deux panneaux homologues donnent des faisceaux parallèles qui ajoutent leurs effets dans l’œil du navigateur qui les reçoit simultanément. 11 est bien évident que l’on donne à la table un mouvement de rotation autour d’un axe vertical afin de balayer successivement. tout l’horizon maritime et de produire cette apparence d’éclairs régulièrement espacés ou régulièrement groupés.
- En France, quelle que soit la multiplication des feux, on s’est arrangé pour rendre inutile tout chronographe dans l’identification des feux : il suffît de compter le nombre d’éclats groupés. Nous avons dit que pour les phares de grand atterrage, il n’existe que deux caractères, celui d’éclats régulièrement espacés toutes les cinq secondes ou de deux éclats groupés, c’est-à-dire se succédant après une très courte éclipse, ces deux apparitions se renouvelant toutes les 10 secondes. Pour les autres phares à éclats, on emploie des groupes plus complexes : deux, trois ou même quatre éclats blancs groupés, des éclats colorés réguliers'ou groupés et même des éclats rouges alternant avec des éclats blancs, mais bien que l’in-
- dication de la durée des périodes de lumière et d’obscurité soit indiquée à titre de renseignement au livre des phares, il suffit pour nommer un feu d’observer son caractère et de compter ses éclats blancs et colorés.
- Si maintenant on imagine que le profil de Fresnel tourne autour de l’axe vertical passant par le foyer, on aura un tambour dioptrique (fig. 7) ou dioptrique etcatadioptrique (fîg. 8) qui ne va plus concentrer la lumière dans une direction donnée, mais qui va, au contraire, l’étendre suivant une nappe à tout l’horizon maritime. On aura un feu d’horizon, moins intense, mais visible de tous les côtés et dont on peut colorer certains secteurs pour indiquer une zone dangereuse. On peut aussi faire tourner autour de cette optique des écrans qui interceptent régulièrement la lumière pendant un court espace de temps et l’on a une nouvelle catégorie d’apparences, celle d’un feu à occultations régulières ou groupées régulièrement ou d’un feu fixe varié par des occultations. On peut aussi en faisant tourner des panneaux lenticulaires de projection autour de l’optique d’horizon avoir un feu fixe varié par des éclats. Le nombre des combinaisons possibles se trouve assez grand pour éviter toute confusion, mais les feux les plus puissants ont les caractères les plus simples, ce qui permet d’ailleurs d’augmenter leur puissance par diminution du nombre des panneaux lenticulaires ; de la distance limite à laquelle on les aperçoit la confusion n’est pas possible, puisque les autres ne se voient pas encore, et quand ils apparaissent, la position relative des divers feux, alors visibles, achève de les caractériser d’une manière indiscutable.
- La rotation des appareils lenticulaires ou des écrans d’occultation n’est d’ailleurs pas indispen-
- 0A 0,8 1,2 IA
- ' Longueurs d’onde en microns
- Fig. 14. — Graphique montrant les portions utiles des courbes d'énergie lumineuses aux diverses températures.
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- sable dans les feux à lampes électriques ou à brûleurs acétyléniques, on peut alors employer dés appareils automatiques qui interrompent suivant le rythme voulu le courant électrique ou gazeux d’alimentation des lampes, mais quand on veut des feux très puissants, il faut profiter du maximum de concentration lumineuse et employer des panneaux tournants ; les seules optiques utilisables avec les appareils d’occultation mécanique étant des optiques d’horizon dont le rendement est moins grand en raison de la plus faible condensation du flux lumineux réparti sur tout l’horizon à chaque apparition de lumière.
- Les feux colorés qui ne contiennent qu’une partie du flux lumineux «absorbé partiellement par des glaces colorées sont également moins puissants, des quatre cinquièmes environ pour les feux rouges et des sept huitièmes pour les feux verts.
- * *
- Les tableaux des figures 10, 11 et 12 donnent, par une double figuration graphique, une idée de la diversité des caractères réalisés. Chaque figure supérieure donnant les intensités lumineuses successivement offertes à l’œil de l’observateur, est complétée par une vue en plan de la répartition de la lumière autour de l’appareil, cette dernière suffirait avec l’indication de la vitesse de rotation, pour déterminer le caractère du feu. Le même caractère peut être réalisé avec des appareils différant par le nombre des panneaux, pourvu qu’ils tournent avec des vitesses inversemént proportionnelles au nombre de ces panneaux, c’est-à-dire des faisceaux lumineux. Cependant si l’apparence reste sensiblement la même, la puissance lumineuse diminue avec le nombre des faisceaux.
- Appareils de rotation. — Le plateau qui supporte l’optique ne pouvait, autrefois, aller bien vite à cause des résistances offertes par les galets et le chemin de roulement dont on se servait. Actuelle-
- Fig. là. — La lampe à arc Garbarini.
- A, électrode négative refroidie ; B, charbon positif; C, bobine D, eau de circulation.
- Fig. r5. —r Mécanisme de la lampe à arc .Sperry.
- ment on peut faire tourner les petites optiques sur roulements à billes et depuis longtemps déjà on emploie, même pour les plus grands appareils, une cuve à mercure annulaire dans laquelle peut tourner un flotteur qui supporte tout le poids de l’optique et de ses accessoires, flotteur qu’il suffit de guider pour obtenir, sans dépense excessive d’énergie, un mouvement très régulier et assez rapide. Dans de petits phares qui fonctionnent sans gardien, la rotation de l’optique sur mercure est commandée par un anneau Gramme qui tourne entre les pôles d’aimants permanents sous l’influence de la faible énergie apportée par 3 éléments de pile.
- Dans les grands appareils, on se sert d’une machine entraînée par la chute d’un poids moteur et munie d’un régulateur à force centrifuge et à frottement ainsi que d’un dispositif ingénieux permettant le remontage du poids sans interruption de mouvement.
- Les Arcs électriques et leurs perfectionnements.
- — Bien que des perfectionnements importants aient permis de réaliser des lampes à incandescence électrique d’une puissance considérable, l’arc étant une source beaucoup plus brillante et la « brillance », c’est-à-dire l’éclat étant ce qui importe le plus dans la projection lointaine de la lumière, aussi bien dans les optiques de phares que dans les miroirs des projecteurs, les autorités chargées des phares ont du s’attacher à utiliser parallèlement les progrès des lampes à arc et des lampes à incandescence.
- Jusqu'à ces dernières années, on a surtout utilisé l’arc à courant alternatif dont les cratères, qui ne donnent pas plus de 10000 bougies par centimètre carré, présentent par rapport au cratère unique, plus brillant de l’arc positif, l’avantage de pouvoir illuminer à la fois tous les panneaux d’une optique. La création de deux zones lumineuses principales n’est pas inutile à la bonne répartition du flux lumineux en profondeur et atténue les petites imperfections du régulateur, d’ailleurs précis, employé dans les lampes.
- Le choix des constantes des alternateurs monophasés ou diphasés a été fait par M. A. Blondel avec beaucoup de science et de talent, et mériterait mieux qu’une mention, mais trop de dispositions sont
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- remarquables dans les phares pour que nous puissions tout, examiner. L’arc alternatif n’exige pas de rhéostat -de stabilité, grand dissipateur d’énergie ; les fréquences que l’on emploie sont de 50 à 75 périodes par seconde ; par couplage convenable des machines et des enroulements, on peut augmenter l’intensité avec la brume, de 50 à 60 et à 120 ampères avec des charbons ayant 14, 18 et 28 mm. de diamètre.
- Le rendement de l’arc, comme celui de toute source lumineuse, dépend de la température ; il s’agit de concentrer le plus d’énergie possible dans le spectre visible, c’est-à-dire dans les rayons dont les longueurs d’onde sont comprises entre 0,4 jj. et 0,8 jx: il faut atteindre 4000a pour que le maximum d’une radiation soit dans la partie visible (fig. 14).
- Tous les progrès auront donc pour but d’augmenter le plus possible la température du charbon, substance dont Je point dé volatilisation est très élevé. Les mèches et les mélanges de matière donnant une flamme, augmentent bien le flux total de l’arc, mais masquant je cratère diminuent l’éclat ; l’arc n’est pas meilleur, au contraire, pour la projection.
- Lampe Sperry. — Cependant, M. E.-A. Sperry, ingénieur en Chef et président de la « Sperry gyroscope Company » ayant remarqué, pendant les essais des arcs à flamme, un point très lumineux au cratère positif, est arrivé avec des charbons appropriés, un courant intense et un cratère profond à retenir les gaz dans ce cratère par la flamme du négatif et à produire un point lumineux constant d’ûn éclat intrinsèque de 50 000 bougies par cm2, triple de celui de l’arc ordinaire.
- Il fallait pour cela assurer, au cratère positif, une tenue suffisante, ce qui exigeait un refroidissement convenable qui fut tenté au moyen d’une flamme d’alcool empêchant en même temps l’oxydation, mais celte flamme déforme le faisceau projeté, l’arc dévient instable, la ventilation du projecteur est difficile et le tout, très compliqué.
- Sperry s’arrêta au modèle suivant (fig. 15 et 15).
- Le refroidissement s’opère grâce à un jet d'air comprimé issu d’une soufflerie installée à la/base de la lampe et qui envoie l’air par les supports creux
- des électrodes, autour des disques radiateurs de chaleur, qui font partie des porte-charbons ; le courant d’air produit protège le porte-charbon positif de l’arc et permet certaines inclinaisons de la lampe.
- Pour conserver au cratère profond sa régularité, on fait tourner le charbon positif autour de son axe; il est d’un petit diamètre (16 mm. pour 150 ampères) afin de donner une quantité suffisante de gaz par combustion rapide ; ce charbon doit être assez long pour avoir une durée suffisante. Le charbon négatif de 11 mm. de diamètre reçoit un revêtement très mince en cuivre afin d’accroître la conductibilité.
- Ces charbons de faible diamètre doivent être supportés sur presque la totalité de leur longueur par les porte-charbons et, pour compenser l’usure, il faut se résoudre à faire avancer, non les supports mais les charbons eux-mêmes, ce qu’on réalise à l’aide de rouages mus par le moteur de la soufflerie. Un thermostat règle l’avancement du charbon.
- La flamme négative, dont on se sert pour maintenir les gaz lumineux dans le cratère positif, doit être dirigée avec soin pour emprisonner les gaz sans détruire les bords du cratère. Ce n’est qu’après. une mise au point très longue qù’on est arrivé à détërminer l’angle et les formes des têtes positives et négatives. Le cratère positif profond se conserve grâce à l’emploi d’une mèche qui, un peu plus conductrice que le charbon, tend à brûler un peu plus vile.
- La figure 15 donne l’aspect de l’arc avec les flammes, l’éclat apparent du cratère positif est de 50000 bougies par cm2 et le flux lumineux resle constant dans un angle suffisant ; ces résultats, ainsi que la petite dimension de la source, permettent de combiner avec ces lampes des projecteurs très puissants.
- Leur mécanisme^ est indiqué par la figure 15. La rotation du charbon positif est commandée par le moteur de la soufflerie par l’inlermédiaire d’engrenages et d’un arbre vertical. Le négatif ne tourne pas, mais avance d’un mouvement réglé par sole, noïde, ressort, pignons et roues d’entraînement. Le positif avance à l’aide d’un mécanisme analogue ; son cratère est maintenu au foyer de l’optique, soit à la main, d’après l’image recueillie sur un verre
- Fig. ij. — Une lampe à incandescence pour phare.
- (Lampe Philips de 68?5 bougies à feu nu, fonctionne sous 47,5 ampères, 80 volts, consomme 38oo watts. Le faisceau obtenu en plaçant la lampe au foyer d’un panneau lenticulaire à éclat pour feu de 0 m. 3oo de distance focale et 90° d’amplitude a une intensité de 2708000 bougies décimales.)
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- dépoli muni d’un repère, soit automatiquement à l’aide d’un thermostat comportant essentiellement une lame qui se déforme, lorsqu’elle ne reçoit plus le rayon réfléchi d’un petit miroir auxiliaire, et dont le mouvement amplifié déclenche le mécanisme d’avancement.
- Un perfectionnement plus profond encore a été apporté aux lampes à arc ; il consiste dans la suppression de la cathode en charbon remplacée par un anneau métallique refroidi par circulation d’eau et entouré d’un solénoïde qui permet la rotation rapide de l’arc. La mise au point de ce dispositif dû à M. Garbarini n’est pas encore achevée.
- Arc à cathode métallique Garbarini. — L’emploi d’électrodes métalliques refroidies par circulation d’eau avait d’ailleurs été indiqué par Edison, Thomson et appliqué par Fessenden à la T. S. F. D’autre part, Poulsen, guidé par les essais de Duddeletde Thomson, a réalisé un arc qui, jaillissant dans l’hydrogène, est soumis au soufflage magnétique et dont les électrodes sont refroidies par circulation de pétrole, l’une d’elles tournant lentement.
- Marconi employa 2 électrodes tournant à grande vitesse, mais tout cela pour l’arc chantant à ondes hertziennes, non pour la lumière.
- M. Garbarini a combiné heureusement ces divers moyens.
- Une anode en charbon avec mèche minérale donne un cratère qui se présente au centre de l’anneau métallique creux constituant la cathode (fîg. 10) ; l’arc qui jaillit tendrait à se stabiliser entre le cratère et un point de l’anneau, mais la bobine qui entoure la cathode crée un champ magnétique qui fait tourner l’arc à une vitesse qui peut atteindre 3000 tours par minute, ce qui donne l’apparence d’une fixité remarquable.
- L’éclat obtenu est de 69000 bougies par cm2.
- Le cratère passant dans l’évidement de l’électrode négative n’est soumis, en avant de lui, à aucune
- Fig. Jq. — Ëclipseür pendulaire électrique {modèle iç22).
- et manchon.
- t occultation, ce qui permet de projeter intégralement tout le flux produit.
- Un profite de la circulation d’eau pour refroidir aussi le porte-charbon, ce qui, permettant d’augmenter la densité du courant, est une des causes du renforcement de l’éclat.
- Mais ces charbons de faible diamètre se consomment très vite, comme ceux de la lampe Sperry d’ailleurs.
- Quoi qu’il en soit, les arcs Garbarini sont très efficaces pour la projection. On les a employés avec succès pour la télégraphie optique, nocturne et même diurne, sur les sous-marins et l’on ne saurait se désintéresser de cette invention remarquable.
- Lampes à incandescence de grande intensité. — On sait que, pour l’éclairage domestique, de grands progrès ont été apportés par la substitution de l’osmium, puis du tantale, enfin du tungstène au charbon de bambou, dans la confection des lampes à incandescence par l’électricité. Il s’agissait d’obtenir des fils fins et résistants dont on empêche la désagrégation, dans une certaine mesure, en rem plissant l’ampoule de gaz inactifs (azote, argon, vapeur de mercure).
- Si l’on ne doit pas prendre à la lettre les rendements indiqués par les fabricants qui annoncent, non le nombre de watts par bougie moyenne sphérique, mais seulement le nombre de watts par bougie horizontale Hefner, ces perfectionnements ont beaucoup diminué la dépense d’énergie. Le filament
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- porté à 2600® C (le point de fusion du tungstène est 3270) donne une lumière blanche dont l’éclat atteint 1000 bougies décimales par cm2 avec une consommation de 0,8 à 0,7 watt par bougie sphérique moyenne pour les grandes intensités.
- Yoici quelques chiffres qui se rapportent à des lampes capables d’équiper des phares importants.
- FORME DU FILAMENT COURANT d'alimentation INTEN- SITÉ MOYENNE APPAREIL OI TIQUE INTENSITÉ 1)U FAISCEAU APRÈS l’optique
- 2 plans verticaux orthogonaux de 3 cm de hauteur, placés en dérivation. 80 V ; 50 A b. déc 6875 Panneau lenticulaire de 90° d’ouverture et de 0 m 30 de distance focale. bougies déc. 3.000.000
- Id. 80 v; 30 A 426 i Id. 1.160 890
- Grille verticale devant un réflecteur argenté. 110 v; 14 A ,4827 Id. 1.546.000
- Tambour. 110 v 2335 Optique de feu fixe d’horizon de 0,30 de distance focale. 38.000
- Couronne aplatie. 110 v 75 Optique de feu de direction de. 180° d’amplitude et de 0,1875 de distance focale. 49.000 * dans l’axe, 75.000 un peu à droite de l’axe.
- À la sortie d’une optique, on obtient 3 millions de bougies avec 4 kilowatts et un million et demi de bougies avec 4 kw 5 seulement si l’on ajoute un réflecteur dans la lampe.
- Peut-on reprocher à ces lampes d’être encombrantes, fragiles, d’un centrage difficile? Le filament est, en effet, de dimensions un peu'excessives et manque parfois de symétrie.
- Sources lumineuses, vapeur de pétrole, gaz d’éclairage, gaz d’huile, acétylène, gaz Blau. — Mais il faut observer que la « brillance », c’est-à-dire l’éclat, n’est pas la seule qualité de la source lumineuse d’un phare, avec une grande durée, une faible consommation et un prix d’installation réduit. Il faut encore que la source soit assez étendue ; d’abord pour conserver une certaine diurée de perception lorsque l’optique tourne rapidement ; ensuite pour que la source puisse englober tous les foyers réels des anneaux. D’après le mode de calcul même des rayons de courbure des sections toriques de ces anneaux, il subsiste, en effet, des aberrations qui répartiraient les foyers sur des hélicoïdes, autour du
- foyer théorique, si des aberrations de construction n’aggravaient pas encore la dispersion des foyers dans une zone plus étendue. Quels que soient les progrès réalisés, ce sont les imperfections des opliques qui, seules, peuvent expliquer que des manchons incandescents, de grande surface apparente sans doute, mais d’éclat beaucoup moindre que celui de l’arc, aient été, dans certains cas, plus visibles que des feux électrique à arc. Il semble donc que l’adaptation dans les optiques des phares, d’arcs puissants et brillants comme le « Sperry » ou le « Garbarini » soit précédée d’une augmentation de la précision des optiques.
- Celles qui existent s’accommodent bien, en tout cas, des lampes à incandescence électriques et des manchons rendus incandescenis parla vapeur de pétrole le gaz d’huile, ou l’acétylène.
- Les brûleurs à pétrole avec manchons de 85, 55 et 35 mm. consomment respectivement 1300, 640 et 200 gr. de pétrole à l’heure. L’éclat, qui varie de 30 à 22 bougies par cm2 suivant les calibres, pourrait être doublé par injection d’oxygène, mais cette complication est inutile, si l’on songe qu’une optique à 4 panneaux de 0,70 de distance focale, donne des faisceaux dont la puissance atteint 270 000 bougies et reste supérieure à 2 000000 de bougies dans un angle de 5°.
- Le Service des phares a éprouvé certaines difficultés pour l’alimentation de ces brûleurs. On pourrait consommer du pétrole relativement lourd à condition que ce pétrole fût bien rectifié et composé de produits distillant entre des températures assez rapprochées : on a dû renoncer à procéder à des redistillations coûteuses et l’on a augmenté seulement le réchauffage afin d’obtenir des combustions plus complètes. On doit cependant épingler l’éjecteur pour le débarrasser des dépôts de goudrons et de coke qu’il vaudrait mieux, sans doute, éliminer à l’avance.
- La figure 18 représente l’un des derniers types d’installations de brûleurs à incandescence par la vapeur de pétrole.
- On n’a utilisé dans les phares, ni l’oxyacétylène, ni l’oxy-essence qui rendent incandescente, dans les petits projecteurs militaires, une pastille de terres rares, ni le « gaz d’air » ; mais depuis longtemps on se sert du gaz d’huile et du gaz d’éclairage ordinaire dans les manchons des optiques de bouées ou de balises isolées. Pour le même usage, on tend à utiliser l’acétylène dissous dans l’acétone et le gaz Blau. Ce dernier provient de la distillation à basse température (550-600° C.) du boghead ou des schistes et de la compression échelonnée des produits. Sous 100 atmosphères, on obtient un produit liquide que l’on peut, transporter dans des bouteilles qui contiennent 300 fois leur volume de gaz, ce qui est avantageux pour les feux isolés. Le gaz qui s’échappe de ces bouteilles contient plus de carbure, et sa flamme, très chaude, augmente de 30 pour 100 l’éclat des manchons.
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- LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS DES PHARES
- Les gaz peuvent aussi actionner un moteur à membrane capable de faire tourner l’optique dont ils illuminent le manchon.
- Mais les gaz et particulièrement l’acétylène ont surtout, comparativement avec la vapeur de pétrole, l’avantage de pouvoir se prêter à une distribution rythmée sous l’influence d’appareils dits éclipseurs (fig. 19 et 20). Ainsi les apparences des phares les plus compliqués peuvent être réalisées ou à peu près avec de simples optiques de feux d'horizon.
- Le bec est muni d’une veilleuse qui permet de rallumer le feu principal à chaque afflux de gaz. L’ingéniosité des inventeurs s’est beaucoup exercée sur les dispositifs éclipseurs. En général, le gaz, arrivant sous faible pression dans un petit cylindre plat, déforme une membrane qui commande par leviers, ressorts, déclics aimantés ou non, le déclenchement des soupapes de décharge du gaz dans les brûleurs et d’alimentation de l’éclipseur. On peut obtenir des éclats groupés avec deux ou plusieurs compartiments : un qui règle la période totale du signal, un autre la durée de chaque éclat et de l’éclipse correspondante.
- Ces dispositifs seront particulièrement utiles pour servir de secours aux feux électriques à incandescence pourvus de caractères analogues à l’aide d’éclipseurs électriques. Il est très facile d’interrompre, suivant une loi donnée, un courant électrique; au point de vue de la régularité de la période, rien ne vaut sans doute le dispositif pendulaire suivant, à condition de l’alimenter par un courant très régulier.
- L’appareil pendulaire (fig. 19) monté sur couteaux, comprend deux contrepoids qui permettent le réglage rigoureux de l’équilibrage et, entre certaines limites, celui de la période d’oscillation.
- Le mouvement pendulaire est entretenu, grâce à l’attraction périodique d’un noyau de fer doux faisant partie du système oscillant, par un solénoïde fixe, recevant un courant dont la distribution est réglée par un courant à mercure, solidaire du pendule.
- Un second contact fixé sur ce même support commande les apparitions de lumière.
- Les interrupteurs à mercure dont il s’agit sont des tubes toriques à deux contacts en platine (fig. 20)
- qui sont alternativement reliés et séparés par le mercure qu’ils contiennent, le mouvement relatif du mercure étant établi par l’oscillation du système. L’orientation du mercure, par rapport au système pendulaire peut aussi être modifiée pour parachever le réglage des apparitions de lumière.
- Ce système n’est pas recevable pour les feux flottants et nous avons eu l’occasion de décrire celui que nous avons appliqué aux nouveaux bateaux-phares de West-Hinder et de Vaudelar (Belgique).
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- Bien des points encore seraient dignes d’être mentionnés dans ce prestigieux faisceau de moyens simples et sûrs qui donne à notre signalisation maritime une supériorité incontestable.
- Nous regrettons de ne pouvoir même effleurer la question du balisage lumineux aérien, certaines applications possibles en temps clair de l’éclairage par luminescence, quelques études théoriques importantes sur la transparence des milieux optiques, la visibilité des signaux, la réfraction atmosphérique, les propriétés photométriques des lentilles et des miroirs de projecteurs.
- ]es derniers peuvent, en effet, concourir à la signalisation maritime, encore que leur principal rôle soit, non de signaliser, mais de projeter la lumière pour l’éclairement d’un but maritime, terrestre ou aérien. Les perfectionnements apportés aux bouées et aux signaux de brume (sonores ou hertziens) mériteraient une étude spéciale.
- On y rencontrerait certains dispositifs susceptibles d’être appliqués à d’autres objets.
- On doit reconnaître que les appareils des phares et balises, qui mettent en oeuvre les moyens les plus divers, optiques, mécaniques, électriques et chimiques, qui exigent la construction de bateaux et d’édifices spéciaux, qui font rayonner des ondes lumineuses, électro-magnétiques et sonores dans l’éther, dans l’air et dans les eaux, constituent une étude d’un grand intérêt scientifique et technique.
- Edmond Marcotte.
- Fig. 20. — Rclipseur électrique montrant les contacts à 7nercure.
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- UN NOUVEAU “ JARDIN DE JUSSIEU ” A VERSAILLES
- Une des actualités les plus intéressantes dans le monde des botanistes est assurément la création à Versailles d’un nouveau « Jardin de Jussieu ».
- Chacun sait que Bernard de Jussieu avait, sur l’invitation de Louis XV, établi au Petit Trianon un jardin alors appelé simplement « La Botanique ».
- 1.1 y avait classé les plantes selon sa fameuse méthode naturelle qui est un de ses titres de gloire. Tout en étant démonstrateur au « Jardin du Boy », c'est-à-dire au Jardin des Plantes de Paris, de Jussieu avait fondé à Trianon une école de botanique qui devint célèbre dans toute l’Europe (La Nature, n°2517).
- Pour commémorer ces illustres souvenirs, il était juste de rendre hommage au grand naturaliste à la fois parisien et versaillais, en donnant son nom au nouveau jardin botanique de Trianon.
- La direction du Muséum dans la personne de M. Mangin a eu cette délicate attention.
- Le Petit Trianon va donc redevenir un centre d’études scientifiques comme il l’était il y a un peu plus d’un siècle.
- Le futur Jardin de Jussieu laissera loin derrière lui, par son ampleur et sa magnificence, le petit jardin du temps de Louis XV. La « Botanique » de Jussieu mesurait trente toises en largeur sur cent de longueur. Le nouveau jardin couvrira une étendue de 230 hectares. En comparant cette surface à une surface connue du parc, on trouve qu’elle équivaut à la totalité de la superficie du Petit et du Grand Trianon, plus celle de la partie du parc comprise entre le château et le bassin d’Apollon qu’on appelle communément le Petit Parc de Versailles, plus 30 hectares encore. Ce jardin scientifique sera le plus grand de l’Europe et aussi le plus beau du monde par son admirable disposition.
- Placé dans la Plaine de Chèvreloup, ses limites seront : au sud les deux Trianons et le parc, à l’est la route de Versailles à Saint-Germain, au nord celle de Paris à Mantes et à l’ouest le territoire de Bailly.
- En contemplant les belles avenues du parc de Versailles, ses vastes pelouses, ses splendides groupes d’arbres, le visiteur ne peut que s’incliner devant la majestueuse conception de. l’artiste qui en a fait le dessin. Le sens du grandiose a présidé à cette création.
- Le plan du nouveau Jardin de Jussieu, par la juste proportion de ses parterres et par l’admirable harmonie de ses lignes qui continuent et complètent celles du parc et des Trianons, est digne du tracé d’un Le Nôtre. Il ne suffit pas de bien dessiner un jardin pour obtenir de bons résultats, il faut savoir le meubler avec des massifs d’arbres et l’orner avec des parterres de fleurs. Celte composition, particulièrement délicate quand il s’agit d’un jardin botanique, demande une connaissance approfondie
- des végétaux que l’on distribue ainsi que la science des effets et des oppositions de couleur si importante pour l’aspect général et le bon goût de l’ensemble. Aucun détail n’a été omis dans l’étude de ce plan. L’original, dressé par M. Chaussemiche, architecte du domaine de Versailles, a été exposé cette année au Salon des Artistes français. L’auteur a bien voulu nous en confier une reproduction pour les lecteurs de La Nature. En voici brièvement la composition.
- Un parterre ovale de 500 mètres de longueur, constitué par un jardin anglais occupera le centre des plantations. Dans cet ovale, outre les espèces florales qui en feront l’ornement principal, se trouvera un lac dont la superficie sera celle du lac actuel du hameau de Mr rie-Antoinette. Pour donner une idée de la grandeur du projet, les espaliers du fond auront un kilométré de longueur et la portion de terrain limitée par l’allée parallèle à la clôture ouest du jardin couvrira une surface de douze hectares. La roseraie, qui formera le massif placé entre l’ovale du centre et le rond-point proche de la porte de Bailly, mesurera plus de quatre hectares. Le jardin français placé devant l’allée de Choisy aura un rectangle central de deux hectares et comprendra deux énormes bassins de Nymphæas à la place actuelle des réservoirs de Ghèvreloup que l’on désire conserver.
- De la porte Saint-Antoine, on pénétrera dans le jardin par deux avenues. L’une, conduisant au jardin anglais, sera bordée d’arbres géants ; l’autre traversera une plantation de feuillus dé tout genre pour aboutir à une tour chinoise monumentale placée au centre d’une étoile d’allées. Du sommet de cette tour la vue embrassera l’ensemble des plantations et l’on jouira du plus magnifique coup d’œil sur le jardin tout entier, et au delà sur Versailles, les Trianons, Bailly et la forêt de Marly. Deux autres avenues, continuant celles du parc, permettront d’accéder au jardin par le sud-ouest et deux avenues symétriques seront tracées dans la partie nord, vers la fontaine de Rocquencourt. Afin d’oflrir un nouvel intérêt aux visiteurs et aux enfants peu versés dans l’étude de la flore, la partie longeant la route de Mantes à Paris sera réservée à un jardin zoologique.
- A ces proportions grandioses s’ajoutera la plus riche ornementation florale qu’on puisse désirer, on y trouvera une collection complète de conifères, d’arbres forestiers, d’arbres fruitiers, d’arbustes à l’étude. Des roseraies offriront aux regards les plus belles variétés de rosiers de plein vent et de sous-bois. Des parterres seront réservés aux plantes médicinales et aux plantes bulbeuses, aux bambous et aux saules pleureurs. Plusieurs massifs seront occupés par des rhododendrons. Des arbustes grimpants feront pendant à la roseraie circulaire de
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- UN NOUVEAU “ JARDIN DE JUSSIEU ” A VERSAILLES
- l’ouest. Une fougeraiereprésentera les aspects variés de nos Filicinées. Enfin un alpinum fera connaître la flore si richement colorée de nos montagnes, et
- de M. Wendling, un successeur des Bichard, jardiniers-chefs de Trianon qui furent les collaborateurs de B. de Jussieu, fournissent chaque année des
- Fig. i. — Plan du Jardin de Jussieu, dressé par M. Chausiemiche, architecte du domaine
- de Versailles.
- une station de recherches scientifiques agricoles complétera cette installation unique.
- La plaine de Chèvreloup, ancienne chasse royale, est réservée pour l’emplacement de ce jardin. Le sol a fait ses preuves comme rendement cultural.
- Los pépinières, qui y prospèrent sous la direction
- milliers de plantes et d’arbustes à nos palais nationaux.
- Le jardin botanique du Muséum ne pouvait rester plus longtemps dans la capitale-Son transfert à la campagne et sa reconstitution sur un autre plan s’imposaient. Tout ami des plantes qui a visité le jardin du Muséum a pu déplorer les conditions pré-
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- 304 UN NOUVEAU " JARDIN DE JUSSIEU ” A VERSAILLES
- Fig. 2.
- Porte Saint-Antoine. L’entrée du jardin sera à gauche.
- cuires de son installation. La Seine y déverse, ses brouillards, la gare d’Austerlitz y ajoute ses fumées et ses gaz toxiques. La flore de nos climats ne peut résister à ce milieu défavorable et les planles exotiques habituées à une atmosphère chaude et exempte de brumes dépérissent malgré les soins dont on les entoure.
- Versailles fut heureusement choisi comme nouvel habitat de nos collections nationales. Cette ville, d’un accès facile, centre de tourisme, et voisine de Paris, fournira aux plantes du Muséum un air excellent et un soleil plus clair.
- De jeunes officiers de l’Ecole du Génie ont déjà fait les travaux préparatoires du nivellement, et, chose importante dans l’état actuel de nos finances, ils ont ainsi contribué gracieusement à l’établissement des nouvelles plantations tout en s’instruisant dans l’art du géomètre.
- Tout semble donc présager un succès complet et un essor magnifique à ce jardin national : une situation unique, un climat favorable, un plan impeccable. Cette œuvre magistrale sera, peut-on dire, le
- Fig- 4-
- La plaine de Chèvreloup. Au fond, Rocquencourt ; devant le massif d’arbres, bassin de Chèvreloup.
- Fig. 3.
- Les pépinières de Chèvreloup.
- plus beau fleuron quë la France puisse offrir à la couronne de la Botanique. Elle mettra notre pays au premier rang pour la partie pratique de l’enseignement d’une science illustrée par tant de savants français. Elle rétablira en outre à Versailles un champ d’expériences qui eurent au xmii® siècle des résultats intéressants (J). Elle immortalisera par son nom et sur place les travaux de l’humble et savant botaniste de ïrianon. L. P.
- 1., Dans la Gazelle de France du 50 octobre 1755, on lit : a Le roi vit à Trianon le préparatif des expériences sur la cause de la corruption des blés et sur les moyens de la prévenir. Le sieur Tillet chargé par sa Majesté de faire des expériences lui présenta le plan de ses opérations et lui donna quelques détails sur les principaux effets qui devaient en résulter ».'(Cf. Précis des expériences faites à Trianon sur la cause qui corrompt Içs blés. Troyes, 1756, in 4). L’année précédente, on avait fait des expériences sur la culture des fraisiers. Le botaniste Ducbcsne réunit ses observations dans un livre qui, mentionné honorablement par l’Aeadémie des Sciences, obtint des éloges de Linné, de Haller, de Bernaïd de Jussieu et contribua beaucoup à l’amélioration et au développement de la culture des fraisiers en France. (Cf. liis-loirè naturelle des fraisiers. Paris, 1766, in-12.)
- Fig. 5.
- Plaine de Chèvreloup. Au fond, route de Versailles à Saint-Germain ; à droite, allée de Choisy.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Laiiuhe, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2589
- 17 NOVEMBRE 1923
- Le 27 octobre dernier, s’est éteint brusquement un de nos plus grands inventeurs, un homme en qui se prolongeait brillamment la glorieuse lignée des Montgolfier, des Seguin, des Dupuy-de-Lôme, des Giffard.
- A ces illustres représentants de l’invention française, Maurice Leblanc s’apparentait directement, non seulement par la puissance de son imagination créatrice que l’âge n’avait pas ralentie, mais encore par sa culture universelle et profonde, par sa curiosité toujours en éveil devant les progrès de la science, par l’aisance avec laquelle il se les assimilait, et par la belle âme qui inspirait son génie. Maurice Leblanc était en effet de ces hommes qui font honneur à l’homme.
- Ses vertus familiales, sa grande bonté, son désintéressement, sa passion pour le beau et le bien, faisaient de lui une des plus attachantes figures de notre époque.
- Maurice Leblanc est né à Paris en 1857.
- Sorti de l’Ecole Polytechnique en 1878, il exerce pendant dix ans les fonctions d’ingénieur, notamment aux Chemins de fer de l’Est; il y puise une expérience approfondie de la mécanique qui devait lui être fort utile dans le reste de sa carrière.
- Mais le démon de l’invention, maître impérieux, habitait en lui et, en 1888, il se décide à obéir à sa voix. D’ingénieur, il devient inventeur. Cependant, pendant toute sa vie, Maurice Leblanc s’est intitulé modestement ingénieur.
- C'est en effet l’ingénieur qui, en lui, posait à l’inventeur les problèmes à résoudre ; la connaissance approfondie qu’il avait acquise des moyens industriels et des problèmes essentiels de son temps lui épargnait la tentation de laisser son imagination vagabonder par delà les frontières du royaume
- d’utopie; s’il les a parfois côtoyées, il ne les a jamais franchies.
- En 1888, l’électricité était au début de son règne industriel ; l’invention de la lampe à incandescence par Edison venait d’ouvrir à la distribution électrique des perspectives imprévues, qu’avaient encore élargies les travaux de Marcel Deprez sur la transmission électrique du travail mécanique.
- C’est ce domaine tout neuf et encore mal exploré,
- que Maurice Leblanc décide de défricher.
- Et immédiatement, il en devient l’un des plus brillants pionniers.
- Les distributions électriques d’Edison et de Marcel Deprez n’utilisaient que le courant continu, pour la génération duquel Gramme venait d’inventer sa célèbre dynamo ; on commençait seulement à entrevoir les avantages, aujourd’hui bien connus, de la distribution en courant alternatif, surtout depuis l’invention du transformateur par Gaillard et Gibbs ; mais les praticiens de l’électricité étaient déroutés par les phénomènes paradoxaux que présentait le courant alternatif ; et surtout ils ne disposaient pas alors de bons moteurs à courants alternatifs.
- Maurice Leblanc veut combler cette lacune, et ainsi permettre le développement des distributions électriques dont il aperçoit tout l’intérêt économique et social.
- Il entame une étude générale approfondie des phénomènes du courant alternatif et des machines qui l’utilisent; il invente d’abord un moteur à balais tournants ; puis il entreprend l’étude du moteur d’induction ou à champ tournant, dont le fonctionnement restait inexpliqué; il en établit la théorie, en déduit cette conclusion alors paradoxale que pour faire démarrer ce moteur, il faut fermer ses circuits
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- Fig. i. — Maurice Leblanc.
- 51* Année — V Semaitf»«
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- induits sur des résistances variables, très grandes au: moment du démarrage, et graduellement diminuées à mesure que le moteur prend de la vitesse. Ainsi était né, grâce aux résistances variables, un moteur pratique, répandu aujourd’hui par milliers dans l’industrie.
- Cette étude théorique mit également en évidence le rôle du glissement dans le moteur d’induction : le couple développé sur l’arbre est proportionnel à ce glissement, c’est-à-dire à la vitesse relative du champ tournant développé dans l’armature par rapport aux circuits induits. Le couple change de signe avec le glissement.
- Un moteur d’induction devient donc générateur lorsqu’on le force à prendre une vitesse supérieure à celle du synchronisme, en lui fournissant du travail.
- Maurice Leblanc part de là pour créer la génératrice électrique d’induction ou asynchrone. Ce type de machine jouit d’une curieuse et précieuse propriété ; si l’on en branche plusieurs sur un réseau de distribution, il est inutile de s’assujettir à les faire tourner synchroniquement, comme c’est le cas avec les alternateurs synchrones en usage général. aujourd’hui. Il suffit de disposer quelque part un seul alternateur synchrone qui distribuera sur le réseau des courants à la fréquence voulue ; les génératrices asynchrones, branchées en divers points du réseau, obéiront aux indications de l’alternateur chef d'orchestre, et fourniront toutes du courant ayant là même fréquence que celui-ci.
- La génératrice asynchrone n’a pas pris tout le développement que son inventeur était en droit d’ell attendre : son essor a été arrêté par celui deâ turbines à vapeur, accouplées à des alternateurs synchrones munis de circuits amortisseurs : autre invention de Leblanc, qui supprima les difficultés de la marche en parallèle des alternateurs.
- Cependant, aujourd’hui où le problème de l’utilisation économique des petites chutes d’eau est à l’ordre du jour, l’emploi de la génératrice asynchrone paraît devoir redevenir en honneur. Les électriciens trouveront dans les travaux de Leblanc la solution de tous les problèmes qui se poseront à cette occasion.
- A l’étude du moteur d’induction se rattache également l’invention des avanceurs de phase, destinés à rendre égal à l’unité le facteur de puissance des moteurs d’induction ou à permettre à ces machines employées comme génératrices de produire des courants déwattés comme des courants wattés.
- Ces appareils, inventés en 1898, perfectionnés en 1902, commencent seulement sous d’autres noms, disons-le à regret, que celui de leur inventeur, à se répandre dans l’industrie, notamment pour la régulation de moteurs asynchrones employés à la commande des laminoirs.
- On doit encore à Leblanc, en électricité : le pan-chahuteur, appareil transformant les courants alternatifs eu courant continu, et qui précéda la commu-tatrice; les transformateurs rotatifs en cascade,
- LEBLANC : . ...... ......-
- tous appareils qui ont reçu de nombreuses applications.
- Leblanc fut aussi le premier à attirer l’attention sur les phénomènes de résonance et de surtension dans les réseaux à courants alternatifs et à les soumettre au calcul.
- Ces études le conduisirent dès 1890 à une invention imprévue, celle de la téléphonie multiple par courants alternatifs à haute fréquence, qui permet sur une même ligne d’expédier un grand nombre de communications téléphoniques, portées par autant de courants à fréquences élevées, mais différentes, que l’on trie à l’arrivée. Cette méthode, qui aujourd’hui est en voie de prendre une extension universelle, est une invention, on le voit, bien française,, et les noms étrangers sous lesquels elle nous revient, au bout de 30 ans, n’y peuvent rien changer. *
- Il faut signaler encore, dans le même ordre d’idées, ses recherches sur la transmission sans fil de l’énergie électrique, au moyen des courants à haute fréquence; entreprises dès 1890, elles montrent en lui un des précurseurs de la télégraphie sans fil. Pour produire ces courants, il imagina d’abord des alternateurs à haute fréquence, puis un éclateur électrique qui permettait de réaliser de véritables ondes entretenues.
- Ses travaux sur les grandes vitesses en mécanique devaient, vers la fin de sa carrière, le ramener à la production et à l’utilisation des courants à haute fréquence. Nos lecteurs n’ont pas oublié l’article dans lequel il exposait son projet audacieux de routes pour automobiles électrifiées à haute fréquence.
- C°s travaux originaux et profonds semblaient devoir.réserver à leur auteur urie ample moisson de résultats. Mais en 1901, Maurice Leblanc abandonne l’électricité. Il aimait à conter les raisons de ce changement de front subit : ses brevets venaient d’être acquis par George Westinghouse, inventeur lui-même, mais surtout grand industriel.
- Celui-ci lui tint à peu près le langage suivant :
- « J’ai acquis .vos brevets parce qu’ils contenaient des menaces perpétuelles de révolution pour mon industrie électrique ; mais je n’ai pas l’intention de les exploiter avant d’avoir amorti les grandes dépenses faites pour dessiner et construire notre matériel Standard actuel. Vos idées sont en avance de 15 ou 20 ans sur notre temps. Il faut orienter votre activité dans une autre direction. »
- C’est alors que Maurice Leblanc, avec l’appui de George Westinghouse, entreprit la réalisation d’un frigorifère domestique. Il s’agissait d’inventer un appareil permettant de refroidir les habitations des pays chauds, aussi aisément que le calorifère réchauffe nos maisons en hiver. La première condition à remplir était de n'employer comme agent frigorifique qu’un corps universellement répandu, à l’exclusion des produits chimiques. Maurice Leblanc s’adresse à la vapeur d’eau. Il fait évaporer dans le vide de l’eau douce ou salée, suivant le
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- principe bien connu de la machine Carré; mais pour extraire la vapeur qui se dégage et maintenir le vide dans le vase évaporatoire, il recourt aux éjecteurs à vapeur auxquels il apporte de grands perfectionnements. Ces éjecteurs aspirent les vapeurs produites et les refoulent dans un condenseur refroidi par un courant d’eau.
- Procédant suivant la même méthode qui lui avait si bien réussi en électricité, Maurice Leblanc pour résoudre le problème qu’il s’est posé, entreprend avec toutes les ressources scientifiques dont il dispose, l’étude théorique approfondie de toutes les questions qui s’v rattachent : théorie générale du froid, écoulement des gaz, fonctionnement des éjecteurs, condensation.
- Il n’aboutit pas au frigorifère domestique, mais il réalisa une machine frigorifique à vapeur d’eau et à éjecteurs, qui fut un grand succès et a été employée en particulier sur les navires de guerre du monde entier. En outre, il créa à cette occasion, pour extraire l’air des condenseurs, une pompe à air rotative, sorte de petite turbine hydraulique renversée dont les aubes projettent des pistons d’eau qui entraînent l’air. Cette pompe qui permet de réaliser le vide théorique dans un .condenseur a vu le jour en même temps que se développait la turbine a vapeur qui exige un vide parfait au condenseur. Aussi a-t-elle immédiatement reçu d’innombrables applications.
- Les études de Maurice Leblanc sur l’éjecteur à vapeur, les perfectionnements qu’il y apporta ramenèrent l’attention sur cet instrument de fonctionnement si simple, mais longtemps délaissé en raison de son faible rendement. Grâce à lui l’éjecteur a repris une grande place dans l’industrie et est très employé aujourd’hui pour extraire l’air des condenseurs de machines à vapeur.
- La machine frigorifique à vapeur d’eau et à éjecteurs n’avait pu donner le frigorifère domestique, à cause des grandes quantités de vapeur exigées par le fonctionnement des éjecteurs.
- Maurice Leblanc songea à les remplacer par un compresseur rotatif, mais il fallait lui imprimer d’énormes vitesses de rotation et pour cela venir à bout de grandes difficultés dans la réalisation méca- i
- nique; ceci le conduisit à aborder, d’une façon très générale, le problème des grandes vitesses en mécanique ; ce fut l’origine de toute une série d’études et d’inventions, fort importantes, que la guerre vint malheureusement interrompre.
- Maurice Leblanc fut un des premiers à apercevoir l’importance industrielle des phénomènes qui se manifestent lors du passage de l’électricité à travers les gaz raréfiés ou dans le vide. Il fit en 19 lo une conférence véritablement prophétique à cet égard. Il suivit avec un intérêt passionné le développement de ce nouveau chapitre de l’électricité, il y voyait pour les inventeurs une mine épuisable de moyens nouveaux ; lui-même, dans ces dernières années, envisagea l’emploi des tubes avide pour transformer statiquement le courant continu en courants alternatifs de toutes fréquences, problème inverse de celui qui est résolu par le redresseur à vapeur de mercure de Cooper Ilewitt. La solution de ce problème devait, dans son esprit, permettre de substituer dans les grands transports de force, le courant continu haute tension, au courant alternatif qui, malgré ses avantages, présente de grands inconvénients. Des générateurs à grande vitesse, mus par des turbines à vapeur à une roue, produisent du courant alternatif à haute fréquence, dont des transformateurs élèvent la tension ; des redresseurs Cooper Hewitt ou des kénotrons le transforment en courant continu pour le transport; au point d’arrivée, des « robinets électriques » retransforment ce courant continu en courant alternatif qui se prêle à toutes les utilisations industrielles. Tel est le schéma entrevu par Maurice Leblanc, et la chaîne à laquelle se rattachent un grand nombre de ses derniers travaux.
- Les derniers mois de son existence si bien remplie ont été consacrés à l’étude et à la mise au point de sa nouvelle machine frigorifique à air dont le principe a été exposé ici même il y a quelques mois.
- Une mort prématurée est venue faucher l’inventeur en plein travail et arrêter une carrière qui promettait d’être encore extraordinairement féconde. Mais l’œuvre qu’il laisse derrière lui suffit à préserver son nom de l’oubli.
- A. Troller.
- LE BAGUAGE DES OISEAUX MIGRATEURS
- L’idée de marquer les oiseaux d’une façon quelconque, afin de pénétrer leurs habitudes, n’est pas nouvelle. L’ancienne littérature ornithologique fournit à ce sujet des indications intéressantes. Au xvm0 siècle déjà, J.-L. Frisch mentionne, dans son ouvrage Oiseaux de l'Allemagne, qu’il mettait du fil rouge aux pattes des hirondelles, pour vérifier si, selon la croyance de l’époque, ces oiseaux passaient l'hiver en léthargie dans les étangs et marais. Frisch se disait fort jugement que si réellement les hirondelles séjournaient dans l’eau pendant la mauvaise saison, le fil entourant leurs pattes serait déteint quand elles en sortiraient.
- Or, il couslata, lorsque les oiseaux revinrent au printemps, que la couleur du fil était restée intacte, et il en conclut que les hirondelles, comme d’autres oiseaux allaient passer l’hiver sous des climats plus cléments. Cela se passait en '1740, et l’on peut estimer que c’est à cette époque qu’eurent lieu les premières recherches expérimentales sur les oiseaux migrateurs.
- En 1804, d’après Meyer et Wolf (Manuel d’Ornithologie) le professeur Burgmanns, de Leydc, mit des marques aux pattes de plusieurs jeunes cigognes se trouvant dans le meme nid et constata que ces échassiers revinrent tous au même lieu, au printemps de 1805.
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- 308 ........LE BAGUAGE DES OISEAUX MIGRATEURS
- En 1825, une gazette prussienne relata qu’à Damas un chasseur avait abattu un oiseau de proie ayant au cou une petite plaque maintenue par une chaînette et portant l’inscription suivante : « Landsberg, Prusse. 1822». En 1858, d’après le journal susnommé, un certain Nowicki tua une cigogne ayant également au cou un écusson de cuivre sur lequel on lisait (( Dantzig, 1835 ».
- Au début du xix» siècle, le baron vander Heyden faisait déjà, en Hollande, des recherches sur les migrations et l’âge de certains oiseaux ; dans ce but, il mettait des anneaux au cou de jeunes canards et oies sauvages. 11 remarqua que ces volatiles revenaient chaque année aux mêmes lieux de nidification. En 1800, il annela une oie qui fut abattue trente-cinq ans plus tard à la Frische Nehrung (Dantzig-Koenigsberg).
- En France, Millet fil paraître en 1860 un travail intitulé . « Etudes sur les oiseaux voyageurs et migrateurs et sur les moyens de les protéger » ; il y conseillait d’enlourer de fil coloré les pattes des oiseaux, pour contrôler les voyages de ceux-ci. Ce n'était d’ailleurs qu’une répétition de ce qu’avait proposé Frisch un siècle auparavant. Cet avis n’eut aucune suite.
- L’ornithologue qui publia les premiers résultats réellement intéressants sur les essais de marquage des oiseaux, fut Hoineyer (Migration des oiseaux). Il signala qu’en juillet 1880, le chef des Postes de Berka sur Werra munit une jeune cigogne d’une plaque de laiton portant l’inscription suivante en allemand : « Postes de Berka, Germanie, 27. 7. 1880 »..L’oiseau quitta son cantonnement le 20 août et fut abattu le 24 cliio dans la province de Gérone (Espagne). Ce fut certainement un résultat de grande valeur pour lés naturalistes, car il indiquait que la cigogne avait migré vers le sud-ouest pour gagner l’Afrique en survolant l’Espagne, et qu’en quatre jours elle avait couvert la distance de 1200 km, c’est-à-dire 300 km en moyenne par jour. L’incontestable importance du marquage des oiseaux destiné à faciliter l’élude des migrations, fut bien mise en évidence par l’expérience ci-dessus relatée.
- Un grand ami des animaux, Frédéric de Falz, tenta à son tour un essai, en 1892, dans sa propriété d’Ascania-Nova, en Tauride ; il annela le cou d’une grue au moyen d’une capsule métallique sur laquelle on lisait : « Cette grue naquit et grandit dans ma propriété d’Ascania-Nova, Gouvernement de Tauride, Sud de la Russie. Prière d’indi |uer l’endroit où elle serait capturée ou tuée. Septembre 1892. Fr. Falz ». L’oiseau fut abattu en décembre de la même année à Dongola (Afrique), par 20° de latitude Nord.
- En Angleterre, vers 1890, le duc de Northumberland faisait aussi des recherches sur les migrations, notamment sur celles des bécasses; il mettait aux pattes de ces oiseaux des anneaux portant son initiale et le millésime.
- Jusqu’alors, le marquage des oiseaux migrateurs n’avait été entrepris qu’individuellement par quelques chercheurs sagaces. Mais en 1899, le Danois Mortensen, professeur au collège, l’éleva à la hauteur d’une méthode scientifique en baguant un grand nombre d’étourneaux, . de cigognes, canards et oiseaux marins, et en publiant régulièrement les résultats de ses recherches.
- 11 compléta d’ailleurs ses expériences de façon parfaitement conforme au but poursuivi, en faisant fabriquer des bagues de différents calibres et portant un numéro d’ordre désignant individuellement chaque oiseau annelé.
- En 1903, l’ornithologue allemand Thienemann tint à reconnaître la grande importance du baguage des oiseaux
- au point de vue de l’étude des migrations, en faisant admettre, par la « Deutsche Ornithologische Gesell-schaft », ce genre d’expériences comme but principal de l’Observatoire Onithologique de Rossitten appartenant à ladite société.
- Et puisque le résultat des expériences dépend, avant tout, de l’annonce des trouvailles d’oiseaux annelés, Thienemann fit connaître les essais de l’Observatoire de Rossiten, par des écrits et causeries, invitant la presse de tous les pays à seconder les efforts des chercheurs. Il perfectionnait donc encore les essais en les élevant au rang d’entreprise internationale.
- La même année, la a Centrale Ornithologique Hongroise », de Budapest, inscrivit à son programme le baguage des oiseaux, et un an plus tard l’Institut Biologique d’Héligoland, prit la même décision. Puis ce furent successivement, rn 1909, l’Université d’Aberdeen (Thomson), le journal Bristirh Birds (Witherbv) et la « Station Biologique deKielkond » appartenant à la « Société des Sciences Naturelles de Riga » vStoll) ; en 1910, la « Société Ornithologique Bavaroise » (Stresemann) et la « Centrale Ornithologique Croate » à Agram (Rôssler) ; en 1911, la « Centrale Suisse pour le Baguage des Oiseaux à Berne (Daut), et en Suède le « Cercle Biologique de Gothenbourg « (Jagerskiôld), jauquel se joignit, deux ans plus tard, le « Musée d’IIistoire Naturelle de Stockholm » (Rendhal). En 1912, de nombreux chefs-gardes forestiers allemands commencèrent à s’oocuper du baguage des oiseaux, surtout des jeunes rapaces, leur collaboration fut très appréciée. En 1915, les sociétés ornithologiques belges de Louvain, Liège et Yerviers, commencèrent aussi à mettre des bagues à la disposition de leurs membres désireux de contribuer à l’étude des migrations. La même année, Treatz créait la « Station Ornithologique de Salzhourg » et, en 1914, Loos fondait la « Station Ornithologique du Loto » à Liboch (Bohème), tandis que, sur les instances de Van Oort, l’Université de Leyde (Hollande) suivait le mouvement, dans'lequel s’engagea également la « Ligue Française pour la Protection des Oiseaux », ainsi que le « Bureau Ornithologique » institué par la « Société d’Acclimatation » de Moscou. Enfin, la « Société Ornithologiq"c de France » publiait, dans la Bevue Française d’Ornitho-logie du 7 mai 1925, un avis annonçant qu’elle va commencer l’étude des migrations et des déplacements des oiseaux, par le baguement d’espèces aussi nombreuses que possible.
- La nomenclature qui précède est loin d’être complète. Nombreux sont en divers pays d’Europe, aux Etats-Unis d’Amérique, même au Japon et dans le nord de l’Afrique, les cercles d’ornithologues et les field-naturalistes qui s’occupent de baguer certains oiseaux, dont ils étudient les migrations.
- L’indéniable valeur de ce système de recherches réside dans le fait que les expérimentateurs peuvent baser leurs conclusions, non plus sur des présomptions toujours discutables, mais sur d’irréfragables constatations. Supposons, par exemple, qu’un oiseau annelé le 10 octobre à l’Observatoire de Rossiten (Kurischen Neh-rung, Courlande), soit trouvé le 50 à Ostende ; on pourra en déduire qu’il a migré vers l’ouest le long des côtes de la Baltique et de la mer du Nord, et mis dix jours pour franchir la distance séparant Rossiten d’Os-tende.
- On calculera en outre le trajet effectué en moyenne par jour. Qu’un autre oiseau de même espèce soit trouvé en hiver au Maroc, on admettra que cette espèce aecom-
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- LE BAGUAGE DES OISEAUX MIGRATEURS
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- plit la migration automnale en longeant les cotes de l’Europe jusqu’à Gibraltar, pour passer au-delà jusque dans le Nord africain. Cette présomption se vérifiera si d’autres oiseaux bagués appartenant encore à la même espèce, sont également constatés sur les côtes occidentales de France et d’Espagne, ainsi que dans le nord de l’Afrique.
- Autre expérience : qu’un tout jeune oiseau migrateur, bagué au nid, soit trouvé dans les mêmes parages l’élé suivant, on en, conclura que cet oiseau revient nicher dans son cantonnement d’origine.
- Le baguage des oiseaux permet donc de déterminer de façon certaine le chemin suivi par des oiseaux de même espèce mais originaires de différents lieux de nidification. Adoptent-ils tous la même direction? Les routes migratrices de différentes espèces concordent-elles jusqu’à un certain point, ou diffèrent-elles? Dans quel rapport se trouve la situation géographique du pays d’origine avec celle des quartiers d’hiver? Le voyage de retour au printemps s’effectue-t-il par la même route que le voyage d’aller? Autant de problèmes à résoudre.
- Les essais de baguage n’éclaircissent pas seulement la question complexe des migrations, mais aussi d’autres questions biologiques concernant notamment l’âge des oiseaux, le début de leur maturité sexuelle, la durée des conjonctions entre reproducteurs, ainsi que les variations de couleur du plumage qui se produisent avec l’à'ge et qui,
- par exemple, chez les rapaces, durent plusieurs années.
- C’est ainsi que les susdits essais ont ouvert la voie vers de nouvelles recherches de haule importance, qui permettent de pénétrer les mœurs des oiseaux jusque dans leurs moindres particularités.
- On peut donc estimer que tout oiseau bagué, découvert par hasard, constitue un document scientifique d’une force démonstrative incontestable.
- Comme toutes les innovations, les essais de baguage d’oiseaux ont, dès leur début, éveillé quelque défiance : certaines personnes amies des animaux y virent, sinon une torture, du moins une tracasserie pour les oiseaux, et elles frémirent à la pensée que le désir de trouver des oiseaux bagués incilérait probablement les chercheurs à tuer en grand nombre les représentants de l’avifaune. Mais ce fut une profonde erreur de la part de ces gens sensibles : aucun observatoire ornithologique de n’importe quel pays — même des pays où les massacres d’oiseaux sont encore autorisés aujourd’hui — ne conseille de tuer les oiseaux pour trouver ceux qui portent un anneau. Les trouvailles doivent être laissées au hasard. Ce hasard ne peut-il d’ailleurs se présenter fréquemment?
- N’est-il pas exact qu’innombrables sont les oiseaux qui, chaque année, au cours de leurs lointaines randonnées vers les contrées méridionales, tombent aux mains des hommes ? Ne savons-nous pas aussi que dans tous les pays, des oiseaux sont tués en masse, soit qu’on les considère comme gibier, soit qu’on les regarde comme économiquement nuisibles ? Et à ce sujet, pensez aux massacres qui s’opèrent régulièrement, pour la satisfac-
- lion des gourmets, en Tlalie et dans le nord de l’Afrique. Il serait donc absolument absurde et stupide d’abattre un oiseau ou de le prendre au piège, pour constater s’il est bagué.
- Quoi qu’il en soit, les heureux résultats des expériences de baguage montrent combien est grand le nombre des oiseaux détruits chaque année par les hommes. Mais encore, si la science tire quelque utilité de cette destruction, ce serait une erreur de l’en accuser.
- Les âmes sensibles ont élevé une autre plainte : les bagues feraient souffrir les oiseaux et ceux-ci, troublés dans leur bien-être, n’effectueraient pas normalement leurs voyages; conséquemment les résultats des expériences seraient sujets à caution.
- A pareille objection, il suffit de répondre que fort nombreux sont les volatiles vivant en domesticité et que leurs propriétaires munissent d’anneaux, les pigeons, par exemple. Ils ne s’en portent pas plus mal! Au reste, jamais rien d’anormal ne fut constaté, chez les oiseaux, bagués que le hasard fil découvrir, parfois plusieurs années après qu’ils eurent été marqués. Ces oiseaux n’en ont pas moins accompli leurs migrations et mené à bien
- maintes nichées.
- Fig. i. — Divers types de bagnes.
- roitelet jusqu’à la robuste
- Les bagues sont fabriquées en aluminium et existent ordinairement en sept catégoriel marquées de A à G, suivant leur calibre, de sorte que tous les oiseaux peuvent être annelés, depuis le mignon grue et les aigles puissants. Dans chaque catégorie, les anneaux portent chacun un numéro d’ordre, la majuscule désignant la catégorie et le nom de l’observatoire ou de la société à qui les anneaux appartiennent; par exemple : aAberdeen D 28 ». Il va de soi que les organismes adoptent d’ailleurs le genre d’inscription qui leur plaît.
- Yoici, par série, à quelles espèces lés bagues sont destinées :
- A : Pygargue, aigle fauve, grue, outarde mâle, etc.
- B : Cigogne, héron, butor, cormoran, oies, outarde femelle, tétras, balbuzard, aigle criard, etc.
- C : Faucon pèlerin, milan, vautour, buses, corbeau, canard sauvage, grèbe huppé, foulque, etc.
- D : Busard des marais, faisan, courlis, palombe, corneilles, etc.
- E : Busard Saint-Martin, busard cendré, épervier, cresserelle, hobereau, choucas, coucou, rollier, bécasse, mouette rieuse, canards de petite taille, etc.
- F : Grives, étourneau, pic épeiche, huppe, pluviers, bécasseaux, etc.
- G : Petits oiseaux chanteurs.
- La bague de la série A mesure 21 mm. de large et pèse 5 grammes ; celle de la série D n’a que 9 mm de large et pèse 0,5 gramme ; la plus petite (G) mesure 4 mm de large et pèse 0,05 gramme. Proportionnellement au poids de l’oiseau, chaque anneau est donc extraordinairement léger. Au surplus, ces bagues sont très faciles à placer et leur système de fermeture défie les coups de bec les plus vigoureux. .
- Nous avons eu maintes fois l’occasion de constater que les oiseaux nouvellement bagués s’occupent très peu
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- de l’anneau qu'ils ont à la patte. Au début, ils bec-quètent cet objet si singulier pour eux; mais bientôt ils ne s’en inquiètent plus.
- Les jeunes oiseaux se trouvant au nid ne doivent être annelés que quandils ont acquis assez de développement pour que la bague ne risque pas de se détacher. Mieux vaut patienter, pour certaines espèces, jusqu’au moment où le plumage commence à pousser ; les pattes ont alors acquis toute leur croissance.
- Four d’autres espèces qui ne demeurent pas longtemps au nid et dont la croissance est lente, il est même préférable d’attendre que les plumes soient complètement poussées et que les jeunes aient pris au moins les deux tiers de la taille des adultes.
- Le baguement s’est effectué, depuis ces quinze dernières années, avec une activité remarquable. Voici quelques chiffres éloquents :
- À l’observatoire de Rossiten, 7778 oiseaux ont été marquésde 1903 à 1919 et l’on y a distribué 123569 anneaux, au sujet desquels on n’a reçu que des communi-
- LE TREMBLEMENT I
- Le T‘r septembre dernier, vers midi (heure d'Extrême-Orient) un tremblement de terre cala-clysmal a anéanti la région Tokio-Yokoama.
- Plus de 140 000 personnes ont péri.
- Sur /'André Lebon, lors de son passage de retour à Saigon, un de nos collaborateurs a pu recueillir des renseignements particulièrement précieux et inédits et qui intéresseront certainement nos lecteurs.
- Après le cyclone de Hongkong (18 aoùl), (voir n° 2585 de La Nature), le puissant navire des Messageries Maritimes était arrivé sans trop de peine à Yokohama. Il pensait y effectuer normalement des réparations nécessaires — et avait même envoyé en ville plusieurs pièces essentielles de ses machines et de ses cabestans.
- Le 1er septembre, vers 11 h. 50, alors que tout semblait normal dans le port, le navire fut secoué frénétiquement. A beaucoup, il sembla que le paquebot, aspiré par le bas, talonnait sur le fond. Le quai tout proche disparut sous les eaux, avec les automobiles, voitures, piétons et passagers réunis là en ce moment à l’occasion du départ imminent de YEmpress of Australia, déjà compagnon de malheur de Y André Lebon à Hongkong, le 18 août.
- Puis le quai disparut sous l’eau, reparut, disparut... comme aux montagnes russes. 'Trois terribles secousses sismiques, la première d’une minute et demie, la deuxième d’une demi-minute, la dernière d’une minute environ (11 h. 57) venaient de détruire une des parties les plus riches de l’empire nippon.
- Dans un fracas épouvantable, au milieu des délo-
- DE TERRE DU JAPON rrt—.....................: ... .
- cations incomplètes. Jusqu’en 1919, le*nombre des trouvailles signalées fut de 2011.
- De 1909 à 1910, 14172 oiseaux furent bagués à Héligoland ; on en retrouva 495, soit 2,8 pour 100.
- La Centrale Hongroise annela 25621 volatiles de 1908 à 1915; 492 (1,9 pour 100) furent retrouvés.
- À Salzbourg : 1917 oiseaux de 1913 à 1910; 48 trouvailles (2.5 pour 100).
- En Angleterre, la revue British Birds fit marquer 40825 volatiles en 5 ans; un grand nombre fut retrouvé.
- Enfin, bel exemple d’initiative privée, M. P. Skoogaard, directeur delà revue Danske Fugleh. Afiborg (Danemark), bagua d’une façon progressive des cigognes, hérons, rapaces, mouettes, hirondelles de mer, palombes, étourneaux, etc., au nombre de 11 en 1914, 20 en 1915, 14 en 1916, 462 en 1917, 1216 en 1918, 1182 en 1919 et environ 3500 en 1920. Nous ignorons les chiffres pour ces dernières années. Le 1er novembre 1920, nous eûmes la chance de trouver à Ruysbroeck (Bruxelles) une buse (Buteo butes buleo L.) qui avait été annelée en été 1918 par M. Skoogaard. Abm. Mercier.
- ; TERRE DU JAPON
- nations, les docks, les immeubles, le wharf s’effondraient.
- Et l’incendie s’alluma aussitôt.
- Pour comble, un petit typhon, dont l’approche avait été signalée le matin même, s’abattit sur les environs vers 2 h. de l’après-midi. Les flammes atteignirent de suite des hauteurs fantastiques. Les navires mouillés durent fuir au large. Seul, Y André Lebon, sans machines, sans guindeau, réduit bientôt à une seule ancre efficace, et transformé en véritable épave, resta forcément près des quais, recueillant déjà de nombreuses victimes.
- Le soir cependant, le paquebot réussit enfin à s’éloigner de l’incendie d’environ 700 m. Devant le désastre, la conduite de tout son équipage, pour l’organisation des sauvetages et des premiers secours avait été absolument admirable.
- Le 2 septembre devait être tout aussi tragique.
- A 8 h. 50, les tanks à pétrole, à mazout et à essence de- la Standard O il Gy, situés près des quais explosèrent. Le naphte, ruisselant, s’alluma bientôt. De la promenade du Bund, à 10 h., une véritable cascade de feu tomba dans la mer.
- Elle s’étala, comme si l’incendie voulait aussi dévorer les navires.
- Des chalands chargés de mazout et de bois s’enflammèrent immédiatement. Dérivant en rade, ces brûlots augmentèrent considérablement un danger déjà terrible.
- Sur Y André Lebon, resté seul au poste de combat, on crut la dernière heure venue. Les flammes de naphte atteignirent, puis dépassèrent 50 m. de haut. Dans des torrents de fumée âcre, presque asphyxiante, et desséchant constamment les yeux, les matelots de Y André Lebon, tous aux manches et
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON ======== 311
- aux pompes parvinrent finalement à éviter l’incendie à bord, pendant que la nappe de feu, sur la mer, visitait successivement à peu près tous les coins du port.
- Le soir, le danger était définitivement écarté. Le travail de sauvetage recommença.
- *
- * *
- Les quotidiens européens ont relaté longuement les scènes de dévastation, les deuils et les catastrophes delà région Tokio-Yokohama.
- Les lecteurs de La Nature apprécieront peut-être davantage quelques renseignements scientifiques relatifs à ce tremblement de terre, qui restera tristement célèbre dans les annales séismologiques.
- En coordonnant les renseignements fournis par la lecture de quelques journaux anglais et américains de Chine, par les nombreuses photographies examinées à bord de Y André Lebon, et surtout à l’aide des détails remarquablement précis recueillis auprès de M. R. Combier, officier en second, l’étude du séisme japonais du 1er septembre, dans une première approximation, peut être résumée ainsi :
- 1° Etendue et limites de. la zone dévastée.
- La zone ravagée par des secousses catastrophales (intensités 7, 8, 9 et 10 dans l’échelle Rossi-Mon-tessus de Ballore) comprend : la partie sud-ouest de la ville de Tokio, les alentours de Shinagawa, Omozi, Haneda, Kawasaki, Tsunami, le grand faubourg industriel de Kenagavva, le port de Yokohama et ses alentours, jusqu’à 30 km au sud.
- En résumé, les phénomènes catastrophiques se sont fait sentir sur une longueur de côte d’environ 160 km, et avec une profondeur variant entre 10 et 30 km à l’intérieur des terres.
- 2° Nombre des secousses.
- Fig. i. — L’incendie à. Tokio.
- Les 3 secousses, causes initiales du désastre, ont eu lieu le 1er septembre, entre midi moins dix et midi. Depuis lors, et jusqu’à la date du 15 septembre, les sismographes en ont enregistré environ 1500 autres, d’intensité beaucoup plus faible.
- 5° Raz de marée.
- Il n’y a pas eu de raz de marée important. Le 1er septembre, à Yokohama, la mer, à midi, ne s’est avancée momentanément que de quelques mètres. On signale seulement un raz de marée assez sensible dans l’ile à'Oshima, située à une dizaine de kilomètres dans le sud de Yokohama. Cette île, presque aussi grande que la Corse, a été, par certains journaux, annoncée à tort comme engloutie.
- 40 Activité volcanique.
- Le Fusi-Yama tout proche n’a manifesté aucune recrudescence d’activité. Dans l’ile à'Oshima, un ancien volcan s’est rallumé, mais après la catastrophe. Il ne parait, nullement, être la cause déterminante de celle-ci.
- 5° Failles et fractures.
- De très importantes crevasses se sont ouvertes un peu partout.
- Nous en donnons ici un exemple frappant (fig. 6). Aux environs de Yokohama, leur orientation a'été soigneusement déterminée par le lieutenant Combler. À Kanagawa, elles sont dirigées N. N. W.-S. S. E.. Autour du Bund — le boulevard maritime de Yohohama — cette orientation devient presque Est-Ouest. La largeur des crevasses ne dépasse pas 5 m. Leur longueur atteint souvent, pâr contré, plusieurs dizaines de mè-^ très. Dans le grand Parc Central, la première secousse a déterminé la formation d’une grande faille, immédiatement remplie d’eau bouillante. Depuis, le parc s’est creusé d’une multitude de cavités cratériformes.
- Fig. 2.
- Les cadavres dans les rues, à Tokio.
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- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON
- Fig. 3.
- Cadavres à la dérive, ait bord de l’eau.
- À Yokohama, les rues principales étaient alignées perpendiculairement à la mer, et recoupées par des transversales à angle droit.
- Les murs des édifices se sont donc trouvés a la fois obliques au sens de la direction des ondes.
- C’est ce qui expliquerait pourquoi Yokohama n’a pas montré des séries parallèles de murs intacts.
- Tout s’est à peu près écroulé, et rien n'y rappelle, comme jadis à Messine et à San-Francisco, une double série de murs subsistant seuls au milieu des murs latéraux écroulés.
- 8° Mouvements verticaux.
- Il n’a pas été constaté aussi, à notre connaissance, de mouvements verticaux. Les coupoles des banques,
- Au Sud, le Bluff (petite montagne dominant Yokohama, bâtie sur les alluvions modernes du delta d’un lleuve quaternaire) est sillonné de fractures profondes et étroites, souvent entre-croisées, matérialisant très vraisemblablement des phénomènes de déformation dans la propagation des ondes sismiques et des phéno-, mènes d’interférence.
- 6° Position de l'épicentre.
- En traçant les perpendiculaires à la direction moyenne des failles observées, M. Combler est arrivé à situer l’épicentre à 5 milles environ au large de l’ancienne bourgade de Kawasaki, soit à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Est de Yokohama, et à peu près à la même distance au Sud-Est de Tokio.
- 7° Orientation des destructions.
- Fig. 4. — Les ruines.
- Fig. 5.
- Résistance des maisons en ciment armé.
- les lanternes des phares, quelques statues n’ont nullement montré les phénomènes si bien caractérisés jadis à San-Francisco.
- Les fonds marins, d’après quelques sondages de Y André Lebon aux alentours immédiats de Yokohama, ont subi des mouvements dont l’amplitude maximum ne dépasse pas 2 m.
- 90 Architecture et constructions.
- Il était admis jusqu’ici que les maisons en bois résistaient seules efficacement aux. tremblements de
- terre.
- Il n’en a rien été à YOkohama, où le séisme du 1er septembre a démontré, à ce point de vue. très spécial, la supériorité incontestable du ciment armé.
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- r LE TREMBLEMENT DE TERRE DU JAPON ===== 313
- Les quelques bâtiments restés debout (banques, phares, grosses maisons de commerce) ne doivent leur existence actuelle qu’à ce mode de construction.
- A Tokio, l’importante maison à 6 étages, des Mitsui reste à ce sujet un exemple caractéristique.
- Dans la majorité des cas, les dégâts (en laissant de côté l’incendie) ne se bornent souvent qu’à des fendillements et à des craquelures, s’évasant vers le haut, ou, au contraire, s’élargissant vers le bas selon leur situation relative près d’un nœud ou d’un ventre au passage des ondes sismiques.
- Dans les constructions en pierres, les murs sont, par contre, tous détruits et couchés vers le Sud-Ouest, ce qui confirme la direction générale des trains d’onde et la position de l’épicentre.
- 10° Ondes sismiq ues.
- Ne trouvant guère d’obstacles dans le sous-sol homogène de Yokohama, ces ondes se sont, en général, propagées sans incidents.
- Leur longueur oscille autour de 200 m.
- Elle est matérialisée par les observations suivantes :
- a) Sur l’appontement appelé « Pier » (200 m.) : un seul minimum.
- b) Sur le trajet urbain de la ligne de chemin
- de fer Tokio-Yokohama, traversant une partie de cette dernière ville sur un remblai à arcades (tout à fait comparable au Métro de Paris, boulevard Barbés). ; I
- Par ses affaissements et élévations périodiques et réguliers, mais toujours de faible amplitude, l’onde normale sinusoïdale est enregistrée avec une fidélité beaucoup plus grande que celle observée aussi en suivant les rails des tramways. ?
- c) Même phénomène et mêmes caractères sur les deux jetées du port, et sur les petits murs bas, supportant jadis les grilles de fer des jardins du Quartier Péservé.
- Des phénomènes d’ondes réfléchies et d’interférences se sont produits à la rencontre de certains
- obstacles.
- En plus des fractures déjà signalées au paragraphe 5 dans la région du Bluff, les ruines dh Grand Hôtel de Yokohama, universellement connu des touristes internationaux, sont intéressantes à ce sujet. Les 4 murs de cet important édifice (près de 80 m. de façade) sont tous tombés vers l’intérieur, et successivement les uns sur les autres, à la façon « des quatre parties repliées du verso d’une enveloppe ».
- Telles sont, en première analyse, les principales observations et déductions importantes relatives au désastre de Yokohama.
- Ce séisme a donné et donnera certainement encore lieu à bien d’autres remarques très utiles pour l’étude documentaire, systématique et comparée des tremblements de terre.
- En attendant mieux, j’ai cru bon cependant de recueillir immédiatement ici pour l’Europe les premiers renseignements scientifiquement constatés (*).
- M. Debeaupuis.
- Ancien préparateur de Minéralogie à la Sorbonne.
- 1. On comparera ulilement ces données à celles rassemblée s dans les ouvrages suivants : . (
- F. de Montessds de Ballore. La science séismologiqne.. Paris, Armand Colin, 1907.
- G. W. Wallace. Modem Seismology. Londres, Longmans and Greén, Tnl5.
- Ch. Maurain. -Physique du globe. Paris, Armand Colin, 1923, où se trouve un exposé détaillé de la question'des séismes. . . . ,
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- LE CAPTAGE DES SOURCES DE GAZ NATURELS
- L’émission de gaz est un phénomène tout à fait général sur toute la surface de la Terre, mais très variable comme importance et comme composition.
- Les volcans vomissent d’énormes quantités d’un mélange gazeux dans lequel les expérimentateurs ont trouvé à peu près tous les corps minéraux susceptibles de volatilisation à la température de 1§00 degrés environ, depuis l’hydrogène jusqu’au
- globe flotte sur un liquide complexe analogue à la fonte de nos hauis fourneaux; le contact est intime parce qu’il se fait sous la pression de 5000 ou 6000 atmosphères dues au poids de la masse des roches ayant 20 ou 50 km d’épaisseur et une densité moyenne supérieure à 2. A ce contact il y a'fu-sion des roches, et descente continue des matériaux de la croûte du globe au fur et à mesure que des
- X
- Fig. i.
- Dispositif pour le captage des gaz naturels.
- Fig. 2. . Tuyau garni.
- Fig. 3.
- Détails de l’armature.
- chlorure de fer. C’est à ces gaz non liquéfiables sous pression qu’est due l’ascension des laves fondues dans i les cheminées des volcans, comme celle de l’eau dans les geysers, et les flammes volcaniques proviennent en partie peut-être des réactions qui s’accomplissent entre les éléments en présence quand la température s’abaisse au-dessous du point où il y a dissociation, mais surtout de la combustion des parties combustibles chaudes au moment où elles se mélangent à l’oxygène de l’air ambiant.
- Pour comprendre l’origine de ces gaz et celle des laves, il faut se rappeler que la croûte solide du
- laves s’échappent par les cheminées volcaniques.
- Mais les roches lerrestres sont imprégnées d’eau plus ou moins salée, qui se trouve dans cet état spécial, à la fois liquide et vapeur, qu’elle prend quand sa température dépasse 565° sous une pression supérieure à 200 atmosphères (point critique).
- A 1200 degrés, et même bien au-dessous, les chimistes ont constaté que l’eau est presque décomposée en hydrogène et oxygène ; ce dernier se combine au fer et au carbone, tandis que l’hydrogène s’unit au carbone en formant tous les composés qu’on appelle les hydrocarbures : ces der-
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- - LE CAPTAGE DES SOURCES DE GAZ NATURELS
- Hjits creusé à la main 3 o
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- Marne
- Marne peu
- sablonneuse
- Ciment
- Fig. 4.
- Profil d’un sondage pour le captage des gaz naturels.
- Fig. 5.
- Batteries de chaudières de 5oo m- de surface de chauffe, chauffées au gaz naturel. {Usine de Dicio Saint-Martinqui en Roumanie.)
- niers, volatils sous pression, en même temps que l’acide carbonique, se dégagent du magma fondu et filtrent à travers les roches qui les surmontent. Les moins volatils se condensent dans les terrains froids, et il n’arrive à la surface du sol qu’un mélange
- d’acide carbonique et de méthane, entraînant de faibles proportions d’hydrocarbures volatils.
- Une grande partie de cet acide carbonique se dissout dans les eaux circulant dans les roches, mais le méthane y est insoluble, de telle sorte que la majeure partie des émanations est le gaz combustible, le grisou.
- Dans les terrains perméables comme les grès, quand ils sont surmontés de roches presque imperméables comme les schistes argileux, le méthane se trouve emprisonné sous une pression à peu près égale à celle d’une colonne d’eau dont la hauteur est celle de la profondeur où se trouve la zone perméable : quand on perce la croûte de schistes, le gaz se précipite vers le trou où il n’y a presque pas de pression, et si on ferme î’ouverlure, on constate, en effet, que la pression est bien celle de la colonne d’eau : la rencontre d’une zone à gaz par 500 m. de profondeur donne, dans
- Fig. 6.—Lasalledes turbo-alternateur s à l’usine de Dicio Saint-Marlinqui.
- Ces machines sont alimentées par de la vapeur produite dans les chaudières chauffées au gaz naturel, La puissance de chacune d’elles est de 7500 C. V.
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- 316 LA QUESTION DES CABLES TELEPHONIQUES SOUS-MARINS
- un tubage fermé, une pression de 30 atmosphères.
- On ne peut pas maintenir un sondage fermé sous un pareil effort qui fait sauter tous les obturateurs et lance en l’air la colonne de tubages. On est donc obligé de laisser perdre une masse de gaz avant de fermer le trou, mais on profite de ce délai pour préparer un appareil de captage comme celui que représente notre figure 1.
- Il se compose du tuyau destiné à la prise de gaz définitive, par exemple de 205 mm de diamètre, enveloppé vers le haut sur 4 mètres de longueur par un garnissage (fig. 2) de cordages et tissus de jute, dont la disposition est marquée sur la figure 3 ; ce tuyau descend jusqu’au fond du sondage, et au bas il forme lanterne sur la hauteur de la Couche perméable rencontrée. Il est entouré par les premiers tuyaux du sondage, où il n’y a guère que de l’eau. La partie munie du garnissage dit Parker doit arriver près du rebor du tubage de 279 mm.
- (Dans la figure 4, qui représente la coupe d’un terrain où s’opère le captage des gaz naturels, il y a un second Parker au niveau 110 qui a été fait pour les premiers gaz rencontrés à la profondeur 117.) -
- Quand la colonne munie du Parker est en place, on la bat avec un mouton annulaire, pour la forcer en l’écrasant jusqu’à réduire sa hauteur de moitié ; puis on coule du ciment tout autour jusqu’au sol, et on visse sur le haut du tubage l’appareil de ferme-
- ture, dont le robinet et les tubes de distribution de gaz restent ouverts.
- Enfin, quand le ciment est bien pris, on ferme peu à peu l’orifice en observant le manomètre, jusqu’à ce qu’on arrive à un régime à peu près normal.
- Dans le cas du sondage de Bazna en Transylvanie auquel s’applique cette description, l’ouverture de la seconde zone à gaz à 150 m. de profondeur, a produit une vraie explosion, lançant dans l'air la tige de sonde et beaucoup de pierres, et les ingénieurs estimaient la pression à une quinzaine d’atmosphères: le débit a été évalué à 325000 m3 par jour.
- Une fois l’obturateur en place on a osé fermer progressivement la valve, et on a vu la pression monter successivement à 24 1/2 atmosphères; la profondeur totale n’étant que de 188 m., cette indication est inexacte ou montre que la venue de gaz arrive directement des profondeurs.
- La conduite de gaz étant mise en service, on admet que le débit normal est de 70 à 80000 m3 par jour, mais on ne peut pas prévoir combien de temps la production mettra à diminuer de moitié : on est entraîné à ouvrir d’autres sondages dans la région.
- Les gaz naturels ainsi captés sont ensuite utilisés comme combustibles ; on les emploie notamment pour chauffer les chaudières de grandes centrales électriques à vapeur (fig. 5 et 6).
- F. Rigaüd.
- LA QUESTION DES CABLES TÉLÉPHONIQUES SOUS-MARINS
- Depuis longtemps, la télégraphie dispose de moyens répondant à toutes les exigences pour établir des relations de continent à continent, à travers mers et océans; la fabrication des câbles télégraphiques sous-marins est une industrie déjà ancienne, travaillant par des procédés parfaitement éprouvés et où il n’y a guère de perfectionnement technique capital à attendre; le réseau télégraphique mondial sous-marin est très développé ; il s’étend et s’améliore journellement, malgré la concurrence que lui fait la télégraphie sans fil.
- La téléphonie sous-marine, au contraire, n’a commencé à se développer que depuis une vingtaine d’années et, en fait, c’est récemment, seulement, qu’elle a trouvé des moyens de réalisation pratiques et économiques ; mais, maintenant, en possession de ces moyens d’action nouveaux, elle paraît en passe de prendre à son tour une grande extension, conjointement à là téléphonie terrestre à grande distance, de telle sorte que nous aurons bientôt, sans doute, un vaste réseau téléphonique international et intercontinental, comparable à celui des télégraphes; il paraît intéressant à ce sujet de dire quelques mots des procédés que l’on y met en œuvre actuellement.
- En téléphonie terrestre à longue distance, le problème capital que l’on a dû résoudre a été, comme chacun sait, celui du relai; on avait d’abord été limité, au point de vue des distances de transmission, par les effets de distorsion et d’atténuation auxquels donnent lieu la capacité et la
- self-induction des circuits ; ces effets corrigés, par l’application du système Pupin, on s’est trouvé dans l’obligation d’introduire en téléphonie des dispositifs analogues à ceux que l’on applique depuis toujours en télégraphie : des relais ou répétiteurs ou translateurs, substituant aux courants épuisés par un trop long parcours, le courant frais de souices d’électricité successivement introduites dans le circuit.
- La question du relai téléphonique s’est toutefois montrée d’une grande difficulté et ce n’est que dans ces derniers temps, par l’adoption des amplificateurs à émission électronique, que l’on est parvenu à réaliser un « relayage » satisfaisant des courants téléphoniques ; avec les amplificateurs thermo-ioniques, la « répétition » de ces courants ne présente plus de difficulté; aussi trouve-t-on déjà des installations de téléphonie à grande distance, avec répétiteurs thermo-ioniques dans la plupart des pays, et particulièrement en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, etc. ; il a d’ailleurs déjà été longuement parlé ici de ces dispositions.
- En téléphonie sous-marine, le répétiteur intervient également ; mais, bien longtemps encore avant qu’il ne-faille songer à l’introduction de répétiteurs, ce que l’on doit combattre c’est l’extraordinaire distorsion des courants qui se produit sur les câbles, par suite de la capacité considérable qu’ils présentent : le conducteur métallique d’un câble, d’une part, et l’eau environnante,
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- d’autre part, entre lesquels est interposé l’isolant du câble constituent un véritable condensateur : les courants alternatifs de la téléphonie, tour à tour aborbés par cette capacité, lorsqu'ils tendent à s’accroître, ou restitués, lorsqu’ils tendent à diminuer, se trouvent en quelque sorte redressés en un courant pour ainsi dire permanent, où les alternances ont disparu et qui ne donne plus, dans les téléphones récepteurs, de vibrations sonores compréhensibles pour l’oreille humaine.
- Il y a trente ou trente-cinq ans au moins que, déjà, en France et en Angleterre, des techniciens perspicaces, Vachy et Heaveside en tête, avaient deviné ce phénomène préjudiciable et indiqué le moyen d’y parer en corrigeant la capacité des câbles par l’adjonction d’une self-induction artificielle complémentaire ; la télégraphie sans fil a trop vulgarisé la.connaissance des questions de ce genre pour qu’il soit encore besoin de rappeler comment la self-induction agit, en l’occurrence, en sens opposé de la capacité et comment, par un choix judicieux de ces deux facteurs, on parvient à rendre un circuit apte au transport des courants alternatifs de fréquence plus ou moins élevée que, en téléphonie, transporte la parole.
- Cependant, si le principe du remède était connu, l’application n’en avait pas été faite et ce n’est qu’au commencement de ce siècle que l’on est parvenu à le moiti é en pratique, à la suite des travaux de Pupin et de Kramp ; Pupin a été le promoteur, ou, plutôt, le réalisateur de cette idée, en faisant comprendre l’intérêt commercial de ce système et en montrant comment il est indispensable, pour arriver à des résultats sérieux, de tenir compte de toutes les caractéristiques de la ligne sur laquelle on opère ainsi que des courants à y mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne la fréquence ; il a fixé, théoriquement et pratiquement, les dispositions de bobine à employer.
- Dans son système, les éléments de self-induction correcteurs sont placés sur le câble de distance en distance, par exemple à intervalies de 1 kilomètre (premiers essais) ou de 1 mille marin (1825 mètres) (pratique actuelle) ; c’est le procédé le plus généralement appliqué dans nos pays, en Angleterre, en Amérique, etc.; dans les pays de l’école allemande, en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Scandinavie, etc., on a plutôt donné la préférence au système Kramp ; dans ce système, la self additionnelle correctrice est répartie uniformément sur le câble ; elle n’est pas constituée par des bobines, mais par une ou plusieurs couches de fil de fer mince, enroulées autour du câble.
- Au point de vue du mode d’action et sous le rapport de l’efficacité, les deux procédés sont à peu près équivalents ; le Kramp est d’une réalisation plus facile, quoique moins coûteuse, et il a de ce fait été le premier appliqué ; ce n’est qu’après quelques années d’études que Pupin a pu mettre au point des bobines susceptibles de s’insérer sur des câbles immergés, à quelques centaines de mètres de profondeur ; nous avons déjà parlé des difficultés de réalisation de ces bobines et montré quels problèmes spéciaux on y a rencontré en parlant des noyaux magnétiques en poudre d’acier comprimée.
- A l’heure actuelle, le développement total des câbles
- Pupin en service est d’environ un millier de km et celui des câbles Kramp, de 1200 km environ ; le réseau de câbles Kramp est donc plus étendu que celui des câbles Pupin ; il compte aussi à son actif les relations les plus longues ; les plus longs câbles Kramp sont ceux de Liba à Tenkeitten, en Prusse orientale (170 km) et de Stralsund à Malmô, entre l’Allemagne et la Suède (149 km) ; mais le Pupin assure les liaisons les plus importantes, entre l’Angleterre et la France, l’Angleterre et la Belgique, etc.
- Il est à remarquer que dans le même temps où l’on étudiait l’application pratique du système Pupin et du système Kramp, diverses innovations d’une Irès grande importance ont été réalisées dans la confection des câbles téléphoniqués sous-marins : la première a été la substitution de l’isolement air-papier (papier ajouré pour permettre la circulation de l’air) sous-gaine de plomb, à l’isolement à la gutta; c’est en Allemagne que cette substitution a été réalisée, dans un but d’économie, et il semble qu’elle soit profitable pour les câbles d’étendue modérée, à poser dans des eaux pas trop profondes et pas trop agitées et sur des fonds de sable.
- Les constructeurs anglais, qui détiennent en celte matière un monopole de fait, n’ont pas suivi leurs concurrents allemands et ils ont conservé la guita — qu’ils ont d’ailleurs la possibilité de se procurer de première main et à des conditions plus avantageuses que les Allemands, puisque c’est une des spécialités de leurs colonies ; ils n’ont, pu se cacher cependant que la gutta présentât certains inconvénients, en pupinisation, à raison de son haut pouvoir diélectrique, et, à ce point de vue, ils ont été amenés à substituer, à la gutta un produit isolant nouveau, le balata, avec lequel les pertes diéleclriques sont beaucoup moindres ; les Allemands, à leur tour, ont cherché à imiter le balai a par des combinaisons de gutta et autres.
- Ces divers perfectionnements ont permis, entre autres choses, de réduire considérablement le poids de cuivre et le poids d’isolant nécessaires, pour un service donné; on a encore augmenté l’économie des communications en combinant les circuits bifilaires ordinaires, par paires, de façon à réaliser des circuits fantômes supplémentaires : quatre fils, par exemple, donnent deux circuits ordinaires 1-2, 3-4; et les deux circuits combinés : 1-2 formant le fil d’aller, 5-4, le fil de retour, donnent une troisième communication, suivant un mode de montage dont le créateur fut, si je ne me trompe, un ingénieur belge dont le nom devrailètre moins oublié, M. De Jonghe, inventeur aussi d’un des premiers types de microphone et d’autres dispositifs.
- Dans un autre ordre d’idées, M. Devaux-Charbonnel avait proposé, en 1913 déjà, de faire usage, pour les mers profondes, là où des câbles à plusieurs conducteurs ne se recommandent pas, de câbles téléphoniques à un seul fil, avec bobinage extérieur de fil de fer, suivant le système Kramp ; cette idée a été mise en pratique, après la guerre, en Italie, avec un câble de 54 km, et en Amérique, entre la Floride et Cuba, avec trois câbles de 194 km de longueur, pour lesquels la profondeur d’immersion atteint 1830 mètres.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août et septembre 1923.
- Les gaz de In carbonisation des combustibles solides.
- — Les essais de 5L P. Lebeau ont porté, dans le vide, sur des bois de chêne ou de pin des Landes, de la tourbe du Gers, du lignite, de la houille de la Sarre, enfin sur de l’anthracite du Pays de Galles. On peut déduire des indications intéressantes de la variation d’un même constituant gazeux, dans le mélange isolé, avec une particularité géologique caractéristique d’un groupe de combustibles.
- Les phénomènes intimes de la respiration. —La note do M. Jules Amar montre que le phénomène d’oxydation, essence de Pacte respiratoire dans tout le monde vivant, n’est pas un phénomène protoplasmique ou ne l’est qu’accessoirement. 11 semble ainsi que les globules ronges n’ont pas de rôle chimique dans les combustions cellulaires et que leur véritable fonction est d’augmenter, par leur adsorption de l’oxygène, et de régulariser la réserve que font de ce gaz les animaux supérieurs.
- Quelques applications techniques des équations intégrales. — Les précédents travaux dé M. van den Dun-gen ont établi que la recherche des vitesses critiques d’un rotor se réduit à l’étude des nombres fondamentaux d’une équation intégrale, dont le plus petit se calcule par l’expression de Uunkerley. La nouvelle note de ce mathématicien examine l’application de la méthode des approximations successives de M. Picard, pour en arriver, à un facteur correctif près, à la relation expérimentale de 51. Baumann ou à la formule de M. Morley,
- Hydrogénation catalytique et empêchement stérique.
- — Lorsqu’on s’adresse à l’acide cinnamique pour y remplacer les hydrogènes voisins de la double liaison par des radicaux satures de série grasse, on obtient des corps moins faciles à hydrogéner, en présence du noir de platine, que l’acide initial. De tels résultats sont en accord avec la théorie de l’empêchement stérique et les derniers essais de 5151. Vavon et S. Kleiner en ont acquis de semblables dans d’autres séries, notamment pour un certain nombre de carbures élhyléniques en C7llu.
- Les méthodes d’analyse chimique de Vhumus. — Les expériences de 51. 5r. Agafonoff ont porté sur des sols-types de la Russie, de la Roumanie et de la Pologne. Elles démontrent que la méthode d’analyse par calcination et dosage de l’acide carbonique dégagé peut parfaitement se remplacer par la méthode beaucoup plus rapide, imaginée par le Professeur L. Simon, qui consiste à oxyder l’humus à l’aide d’un mélange de bichromate d’argent et d’acide sulfurique.
- Le magnésien du parabromocumène. — De prix jusqu’ici assez élevé, ce composé n’avait jamais été utilisé à des réactions de Grignard. 51. L. Bert signale à son sujet un mode de préparation qui consiste à transformer l’alcool isopropylique, successivement en bromure d’iso-propyle, puis en cumène, enfin celui-ci en son dérivé bromo (1,4). Ce dernier fournit un magnésien qui permet d’obtenir, avec un rendement intéressant, le p. cumé-nol, l’acide et l’alcool p. cuminiques, enfin le para-cymène.
- Le sulfure de zinc phosphorescent. — Une note assez récente de 51. Guntz avait montré, grâce au dimorphisme du sel ZnS (Sphalérite et wurtzite), le rôle que parait jouer, dans la phosphorescence, la forme cristalline. En étudiant de nouveaux produits, riches en sulfure CdS, le professeur de la Faculté de Strasbourg obtient un phénomène de phosphorescence durable, avec des teintes faciles à varier, et les mélanges ZdS CdS à 20 ou 30 pour 100 CdS sont particulièrement faciles à insolcr à la lumière.
- Relaiiotis chimiques entre les matières humiques et la houille. — En poursuivant ses recherches-, à l’aide de la pyridine, sur la teneur en matières humiques des différents résidus végétaux, 51. 51aurice Piettre arrive, en partant du charbon de Cardiff, à un produit présentant les plus étroites analogies avec l'humus. Ces faits indiquent qu’il est difficile de ne pas admettre une origine commune entre l’humus, la tourbe et la houille.
- Contribution à l'élude des rayons X secondaires. — Le dispositif présente par 51. Villard, au nom de 51. Pu-thomme, permet de constater, en radiographie, que l’interposition d’un filtre, entre l’organisme et la plaque, peut déterminer une absorption satisfaisante des rayons secondaires, en utilisant soit une plaque d’aluminium de 5 mm, soit une lame de fer de 5/10 mm, soit enfin une feuille d’or de 5/100 mm. Dans le cas de ce dernier métal, il est aisé de procéder à l’examen des voies biliaires.
- La présence des vitamines dans l’huître. — En employant comme réactif biologique le cobaye, 5hne Ran-doin établit que, même à l’époque „de l’émission du frai, les huîtres, à la dose de 15 grammes par jour, renferment assez d'éléments utiles pour prévenir les accidents scorbuliques. La présence, en quantilé notable, des vitamines dans ce mollusque est en raison directe de sa nourriture qui comprend surtout les diatomées du plank-ton marin.
- Les thonnidés en Grèce. — La distribution des madragues dans les mers grecques — elles abondent dans la mer Egée alors que les Pelamvs se rencontrent dans les Dardanelles et la mer de 5Iarmara — conduit 51. Alha-nassopoulos à admettre que, pour la 5Iédilcrranée, il y a deux bassins de concentration des thons et thonnidés. L’un, occidental, comprend, avec les côtes françaises, espagnoles et africaines, les îles italiennes ; l’autre, oriental, se limite à la ruer Egée, à proximité des côtes grecques.
- L’aspergillomycose des abeilles. — L’étude d’un « couvain pétrifié », provenant des Alpes-Maritimes, n’a montré à 51. F. Vincens aucun Beauvcriu ou Verlicil-lium, analogues à ceux qui, notamment chez le ver à soie, provoquent la muscardine rose. Le parasite semble agir par obstruction mécanique des voies digestives ou. par paralysie des muscles de l’intestin ; mais il ne semble pas jusqu’ici que les apiculteurs français aient à s’alarmer d’une maladie qui ne présente nullement les caractères d’un nouveau fléau. De simples précautions hygiéniques suffiraient, dès leur début, à circonscrire l'étendue des
- Paul B.
- ravages.
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- LE PTÉROPHYLLE SCALAIRE
- Le Ptérophylle scalaire (Pterophyllum scalare Cuv. et Val.) est sans doute le plus beau des poissons exotiques d’ornement que l’on puisse contempler dans un aquarium.
- Décrit en 1831 par Cuvier et Valenciennes, sous le nom de Platax scalaire d’après uti exemplaire qui se trouvait dans la collection de Bloch, au musée de Berlin, il n’a pu être observé: vivant en Europe que depuis 1907.
- C’est un petit poisson qu’on rencontre dans les eaux douces du Brésil et qui se place dans la famille des Cichlidés, où abondent les petites espèces ornementales. Il est voisin des Héros qu’on trouve également dans les cours d’eau de l’Amérique du Sud et que les amateurs apprécient.
- M. le Dr Jacques Pellegrin vient de rappeler ce qu’on sait de lui dans la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée par la Société nationale d’Accli-matation de France.
- C’est un poisson plat comme une feuille qui atteint 15 à 16 centimètres de haut. La nageoire dorsale et l'anale s’étalent en longs panaches, les ventrales, fdamenteuses, atteignent ou dépassent la longueur du corps; la queue, échancrée, s’éploie également et se prolonge par deux filaments incurvés (fig. 1). L’animal est gris argenté ou doré, strié de bandes noires à reflets bleu-vert, qui se continuent sur les nageoires et lui ont valu son nom de scalaire, ses tons chatoyants changent selon l’incidence, quand il nage dans un aquarium. S’il vient à se présenter de face, il est si mince qu’il se réduit à une ligne qui se confond avec les tiges des plantes aquatiques et il devient alors difficile à distinguer. La nage normale, lente, noble,' fait jouer ses couleurs et le rend merveilleux à contempler.
- Les premiers Ptérophylles scalaires arrivés vivants en Europe furent importés à Hambourg en 1907. Le public français en put admirer pour la première fois deux individus à l’exposition d’oiseaux, de poissons et d’insectes vivants, qui se tint à Paris, en 1914, le mois qui précéda la guerre (voir La Nature, n° 2146).
- Jusqu’à cette année, nous n’en vîmes point d’autres et leur rareté, autant que leur beauté én faisaient des curiosités d’un prix excessivement élevé.
- Cet été, un magasin de vente d’animaux exotiques établi à Paris, rue de Bennes, en a montré à sa devanture une vingtaine, nageant majestueusement dans un grand aquarium : ils ont attiré pendant plusieurs mois la curiosité et l’attention de tous les passants. La galerie des poissons du Muséum national en présente également deux couples.
- D’où vient cette profusion subite de Ptérophylles scalaires ?
- De Wiesbaden, tout simplement.
- Un traducteur du service français de restitution, M. Charles Bertrand, avait pu se procurer en 1921,
- en Allemagne, six individus, dont deux femelles. Au prix de soins dont le récit paraîtrait presque un roman d’aventures, il put les conserver vivants dans sa maison et obtenir leur reproduction. Quels soins il lui fallut pour cela, quelles chasses pour trouver leur nourriture, quels soucis pour qu’ils n’aient ni trop chaud, ni trop froid, quelle patience, quelle ingéniosité, M. Bertrand ne î’a pas dit, mais il a non seulement montré les résultats obtenus : les animaux vivants qu’on a pu voir à Paris cette année, mais encore il a révélé des procédés de multiplication qui permettront de répandre en France cette magnifique espèce. La Revue d'Histoire naturelle appliquée vient de publier ses conseils à ce sujet et nous sommes heureux de les faire connaître à nos lecteurs.
- Dans un aquarium de 1 m. 25 delong sur 0 m. 50 de large et 0 m. 60 de haut, M. Bertrand mit en avril 1922 un mâle âgé de 21 mois et une femelle de 4 ans. Le couple commença à nettoyer les plantes qui garnissaient l’aquarium, puis la femelle pondit sur une branche de Callaæthiopica environ 300 œufs de couleur ambre clair et de 1 mm. 5 de diamètre. Pendant toute cette période de frai, les Ptérophylles scalaires atteignent leur maximum de beauté; pendant plus de deux moi§, nuit et jour, ils restenl avec leurs nageoires largement épanouies.
- La branche couverte d’œufs fut placée dans un bocal de 6 litres plongé dans l’eau de l’aquarium ; 48 œufs blanchirent ; les autres éclorent au bout de 44 à 48 heures, dans cette eau maintenue entre 29 et 31°. Puis les jeunes alevins restèrent 5 jours couchés sur le côté, au fond du bocal, agitant constamment la queue. Tous portaient un petit filament de 5 à 4 mm. de long au-dessus de la tête, grâce auquel ils se pendaient soit à un brin d’herbe, soit à la conduite d’air, soit encore les uns aux autres.
- Le sixième jour, ayant résorbé leur vésicule vitelline, ils se mirent à nager M. Bertrand les mit alors dans un autre aquarium cubique de 40 centimètres de côté, riche en plantes variées, où pullulaient des infusoires. L’eau fut maintenue à une température de 28 à 30°, et fortement aérée. Trois ou quatre fois par jour, il leur donnait une purée d’infusoires, deux lois très peu de jaune d’œuf délayé, puis un peu de bouillie de vers pilés. Le septième jour, les jeunes Ptérophylles mangeaient de petits Gyclopes ; le onzième, ils avalaient des Daphnies ; le seizième, ils consommaient des Tubifex hachés. On vit alors apparaître leurs nageoires dorsale et anale, et au bout d’un mois de ce régime, beaucoup atteignaient 4 cm de haut.
- Un accident vint décimer l’élevage : la température de l’eau ayant atteint un jour 38°,5, beaucoup moururent et il n’en resta que 70 vivants.
- Heureusement, les adultes continuaient de pondre
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- et donnèrent successivement 8 lots d’œufs, à des intervalles variant de 9 à 15 jours. Un deuxième couple, isolé, se montra aussi prolifique et M. Bertrand obtint finalement près de 1700 petits. 500 environ moururent d’accidents : élévation de température, insuffisance d’oxygène, etc. Tout compte fait, 1148 Ptérophylles scalaires purent être distribués et 50 furent conservés pour des élevages futurs !
- M. Bertrand décrit ainsi l’accouplement et la ponte :
- « Dans un aquarium, où se trouvent plusieurs Ptérophylles scalaires, dès fin janvier, on fait monter peu à peu la température pour arriver, en mars, jusqu’à 28 degrés centigrades ; à 25 degrés déjà, les mâles commencent à se faire des gestes menaçants; on remarque un autre Poisson qui se tient près d’eux et on observe que le mâle décrit un cercle autour : c’est une femelle.
- Ces deux Poissons se tiendront désormais à l’écart , resteront souvent côte à côte dans un coin de l’aquarium.
- Si, parmi les autres, il y a encore un couple, ils en feront autant et les superflus ne sauront plus où se mettre ; on sépare alors les couples et on éloigne les célibataires.
- Peu de jours après, on verra que les Poissons nettoient les branches et les feuilles, et l’on remarquera que les parties sexuelles sont visibles : une petite pointe blanche chez le mâle, ne sortant guère plus de 2 millimètres (chez les vieux mâles, à partir de deux ans, toujours visible en permanence), et chez la femelle une espèce de tube de couleur brune de 1 à 2 mm. de diamètre et sortant de 5 à 5 millimètres. La ponte aura lieu dans un délai de un à trois jours. Pendant ce temps, on les dérangera le moins possible, seulement pour leur donner à manger.
- Si l’on s’aperçoit qu’ils commencent à pondre, on peut alors venir tout près de Taquarium afin de les observer. La femelle se hisse à plu-
- sieurs reprises le long de la branche choisie avant d’y coller les œufs (sans doute, enduit-elle la surface d’une substance agglutinante). Puis la ponte commence et dure environ 1 heure à 1 heure et demie.
- La ponte terminée, l’un des deux Poissons chasse l’autre et monte la garde près de la branche. Aux premières pontes, c’est le mâle qui chassait la femelle, mais par la suite, j’ai remarqué que c’était 'opposé, sans doute parce que la femelle était déçue de ne jamais voir ses petits. »
- Sur 16 pontes, 10 eurent lieu entre midi et 4 heures, 2 entre 9 et 11 heures, 2 entre 2 et
- 2 heures, 2 entre 6 et 7 heures du soir.
- Les œufs sont déposés sur les branches des plantes qui garnissent l’aquarium, de préférence sur les plus grosses et les plus rigides. Quand on vient couper les branches portant les œufs pour les isoler dans un autre aquarium, les poissons se jettent sur la main et cherchent à la mordre.
- Au bout de quelques mois, les jeunes Ptérophylles scalaires dépassent 10 cm et sont alors plus résistants.
- La preuve en est qu’ils ont pu être transportés de.Wiesbaden à Paris sans déchet.
- Conservés en aquarium, ils deviennent assez familiers pour venir prendre leur nourriture au bout des doigts. Les évolutions de quelques dizaines d’entre eux, groupés dans la même cuve, sont alors une pure merveille.
- Ajoutons en terminant qu’il existe une autre espèce de Ptérophylles, le Plerophyllum allum, décrit en 1903 par Pellegrin, d’après des spécimens recueillis par Chaff'anjon dans l’Orénoque, à Atabapo.
- Ce dernier se distingue du scalaire par ses écailles plus petites, ses rayons mous plus nombreux à la dorsale et à l’anale, et son corps encore plus court. Nous n’en avons pas encore vu d’indi vidus vivants en France. René Merle.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, rue de Fleurus, 9, Paris.
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- LA NATURE - N° 2590
- L’AVIATION ET LES VOYAGES TRANSATLANTIQUES
- Le directeur des Constructions Navales Anglaises, sir Eustace d’Eyncourt, à qui la Marine britannique est redevable du plan de ses derniers et magnifiques navires de combat, a présenté, au dernier Congrès
- ou moins considérable d’aéroplanes. Au départ, le navire peut recevoir directement les passagers amenés par aéros des différentes villes de l'intérieur.’ Ce "système fonctionne déjà sur’ certaines lignes,
- annuel des Architectes Navals, un très intéressant travail, sur le rôle que l’aviation pourrait être appelée à jouer pour le transport des passagers et des dépêches à travers l’Atlantique et autres mers.
- Il s’agit, non point de faire exécuter cet impressionnant trajet à des avions seuls. La réalisation d’une telle entreprise est encore le secret de l’avenir et elle ne relève d’ailleurs pas de la spécialité de Sir Eustace d’Eyncourt qui est avant tout l’homme des navires.
- Dans sa pensée, il envisage une combinaison des deux systèmes de navigation, celle de la mer et celle de l’air, qui produirait une simplification et une notable économie de temps, donc d’argent, dans les voyages maritimes.
- Voici le principe de son système. Un paquebot, construit sur un plan spécial que nous analyserons plus loin, est muni d’un pont permettant l’envol et l’atterrissage des avions. Ce paquebot porte dans des hangars aménagés dans ses flancs, un nombre plus
- notamment entre Paris et Cherbourg, où un grand nombre de paquebots font escale ; mais les passagers en l’état actuel des choses sont simplement déposés au port, d’où ils sont ensuite conduits à bord du paquebot. Le système de sir -Horace d’Eyncourt permet de les déposer à bord du navire lui-même. Première simplification.
- Mais il y a mieux, le paquebot une fois en route, des aéros pourraient encore amener jusqu’à lui et y déposer, grâce à la plate-forme d’atterrissage, les passagers et les dépêches provenant des centres placés au voisinage du trajet maritime. On estime actuellement dans le monde de l’aviation que la manœuvre de l’accès d’un navire en marche et aussi de l’envol est parfaitement praticable dans la grande majorité des circonstances atmosphériques. Cette opinion est basée sur environ 600 expériences de ce genre faites à bord des navires porte-avions anglais « Argus » et « Eagle », dans toutes sortes de conditions de temps et de mer.
- Evacuation de ta Fumée
- Pont d'atterrissage et d'envol des avions
- Panneau et ascenseur Embarcations de sauvetage
- Chaudières
- Hangar pour Savions Hangar peur !Q avions
- Fig. 2. — Coupe du paquebot porteur d’avions montrant le logement des appareils. .
- si. — m.
- 61* Année — 9* Semestre.
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- 322 ......-.. LES ORAGES
- ô-Lauren,
- C.Breton
- la/ifax
- Fig. 3.
- Comment le paquebot porte-avions détacherait
- des appareils sur la ligne Europe-New York.
- (D'après Scientific American.)
- La manœuvre inverse s’exécuterait à la fin du voyage. Prenons le cas d’un paquebot allant d’Europe à New Vork. Lorsqu’il approcherait de la côteT des Etats-Unis, on détacherait un certain nombre d’avions qui emporteraient les dépêches et les voyageurs pressés vers les villes voisines, Halifax, Montréal, Boston, etc. Le temps gagné serait considérable. Un coup d’œil sur la carte (fig. 3) ci-dessus le démontre sans peine.
- Le nombre de villes ainsi desservies serait encore bien plus considérable pour les paquebots des lignes d’Angleterre en Australie ou de France aux mers de Chine (Carte fig. 4).
- En un mot, ce système pourrait s’appliquer à presque toutes les compagnies de navigation.
- Le dessin ci-contre que nous reproduisons d’après « Scientific American » illustre suffisamment les propositions de l’architecte naval anglais (fig. 1 et 2).
- Le pont d’atterrissage et d’envol, entièrement dégagé de tout obstacle s’arrête à environ 50 m. de l’extrême avant. Dans cet espace de 30 m., on place le mât nécessaire pour porter les feux de navigation et les antennes de T. S. F. et les grues pour le débarquement des marchandises. La présence de ce mât ne constituerait pas un obstacle à la manœuvre des avions.
- MAGNETIQUES
- Le pont placé au-dessous du pont d’envol est ouvert de place en place, de façon à permettre à l’air de circuler régulièrement sur le liane du pont d’envol, de façon à ne pas créer de remous dangereux. Ce pont inférieur porte, à l’avant, la passerelle de navigation et sur ses côtés les embarcations de sauvetage.
- Deux grands panneaux, munis d’ascenseurs, font communiquer le pont supérieur avec deux hangars placés dans les flancs du navire et servant de logement à 18 ou 20 avions à 2 places ou à 6 appareils à 10 places.
- Le troisième pont, en partant du haut, s’étend de l’avant à l’arrière du navire ; il porte un certain nombre de cabines et toutes les installations somptueuses que les passagers sont actuellement habitués à trouver à bord des paquebots modernes.
- L’évacuation des fumées et résidus des chaudières se ferait comme le montre la figure 1 par une cheminée horizontale débouchant sur le flanc et à l’arrière du navire^Ce système a déjà été appliqué sur quelques croiseurs de guerre porte-avions.
- Le paquebot déplacerait 25000 tonnes. ^Les dimensions du pont d’envol et d’atterrissage sont de 180 m. de longueur sur'55 de'largeur.
- On voit que l’idée préconisée par sir Eustace d’Eyncourt est des plus sérieuses et il faut s’attendre à la voir réaliser avant longtemps.
- O Sauvaire Jourdain.
- Fig. 4.
- Le paquebot porte-avions sur la roule Angleterre-Port-Saïd.
- LES ORAGES MAGNÉTIQUES !l)
- Perturbations et orages magnétiques. — 11 est rare que les courbes données par les appareils qui enregistrent les variations des éléments du champ magnétique terrestre présentent la variation régulière correspondant à la variation diurne moyenne. Les courbes sont généralement plus ou moins accidentées, et assez souvent les accidents révèlent des
- 1 D’après le livre de M. Ch. Maurain : Physique du globe. Collection Armand Colin, Paris, 1925. ,,
- perturbations importantes. On dit alors qu’il y a orage magnétique.
- Les orages magnétiques intenses sont accompagnés d’aurores polaires et de forts courants parasites se produisant dans les fils télégraphiques ou téléphoniques et troublant ou empêchant les communications ; ils correspondent généralement à la présence d’un groupe important de taches solaires au voisinage du méridien central du Soleil.
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- LES ORAGES MAGNÉTIQUES
- 13- 14 Mai 1921
- 14 *15 Mai 1921
- «te ve
- 15 - 16 Ma. 1921
- Fig. I.
- Enregistrement de L’orage magnétique de mai i<j2i à l'Observatoire du. Val-Joyeux.
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- LES ORAGES MAGNETIQUES
- Les courbes enregistrées aux appareils de variations semblables d’une même contrée, par exemple de France ou d’Angleterre, pendant un orage magnétique, sont semblables et à peu près superposables, et les variations paraissent simultanées aux différentes stations. Si on étend la comparaison aux courbes obtenues dans une région plus étendue, par exemple dans les diverses stations d'Europe, on retrouve les mêmes caractères généraux dans ces courbes, mais il y a des divergences dans le détail, parfois des inversions dans le sens des variations. Enfin en comparant, pour un fort orage magnétique, les courbes obtenues en différents points de toute la Terre, on les trouve plus ou moins différentes, et on a pu pour des perturbations à début net mettre en évidence une vitesse de déplacement.
- Par exemple, un fort orage magnétique s’est produit du 14 au 17 mai 1921 ; les graphiques du Val-Joyeux (flg. 1) indiquent pour la déclinaison D des variations dont l’amplitude a dépassé 70'; pour les composantes horizontale et verticale du champ II et Z, la trace du rayon enregistreur est sortie des limites du papier, l’amplitude dépassant ainsi probablement de beaucoup 0,05 II pour H et 0,004 Z pour Z; une aurore polaire eut lieu en même temps et fut visible à Paris ; des courants de plusieurs centièmes d’ampère furent observés dans les fils télégraphiques. Un, fort groupe de taches solaires était apparu le 8 mai dans la partie Est du soleil et arrivait dans la soirée du 14. (la nuit de l’aurore) au méridien central.
- Un des orages magnétiques les plus intenses est celui du 25 septembre 1909; à Washington, la déclinaison a varié de 5° en un quart d’heure, en
- (J
- même temps que la valeur du champ variait de —
- environ; il s’eshensuite écoulé trois mois avant que le champ terrestre ait repris sa valeur normale.
- Relations entre les orages magnétiques et les taches solaires. — Il a été indiqué ci-dessus que les orages magnétiques intenses sont concomitants de la présence d’un groupe important de taches solaires au voisinage du méridien central; ce fait suffit pour manifester une relation étroite entre les orages magnétiques et les taches. D’ailleurs des observations plus directes ont été faites ; on cite souvent celles de Carington et de Hodgson, du le‘ septembre 1859; en observant un groupe de taches, ils virent l’un et l’autre un éclair de grande amplitude dans ce groupe; les appareils magnétiques de Kew indiquèrent alors une forte perturbation magnétique, et les communications télégraphiques furent troublées ; plusieurs observations de ce genre ont été notées depuis.
- On doit remarquer qu’inversement le passage d’un groupe de taches dans la partie centrale du soleil n’est pas toujours accompagné d’un orage magnétique, non plus que la production d’une lueur dans un groupe de taches ; nous verrons comment
- les théories émises sur la cause des orages rendent compte de ces faits.
- Dans toutes les statistiques relatives aux orages magnétiques, on a constaté une relation avec les taches solaires : les époques de maximum d’activité des taches sont aussi celles de la plus grande fréquence des perturbations, et il ne se produit pas ou très peu d’orages intenses aux époques de minimum.
- Théories relatives à l’origine des perturbations magnétiques. — La liaison des orages magnétiques avec les taches solaires a conduit à les considérer ' comme des manifestations d’une émission de ces taches, qui se propagerait avec, une très grande rapidité et suivant un faisceau assez étroit dont la direc tion serait à peu près normale à la surface du soleil (Veeder).
- Cette hypothèse s’accorde avec le fait que, lors d’une forte perturbation magnétique, il y a un groupe de taches au voisinage du méridien central du soleil ; inversement, le passage d’un groupe de taches à ce méridien peut n’être pas accompagné d’orage magnétique : cela s’interpréterait par le fait que le faisceau correspondant à ces taches est resté éloigné de la terre.
- 11 arrive parfois que les orages magnétiques se présentent par couple, avec des caractères analogues, et sont séparés par un intervalle de temps égal à l’intervalle entre un premier et un deuxième passage de taches au méridien central : ceci correspondrait à deux rencontres du faisceau de ces taches avec la terre. Il arrive aussi qu’un orage correspond à un deuxième passage de taches dont le premier passage, même avec une intensité plus grande, n’avait pas été accompagné de perturbation magnétique : cela s’expliquerait par le fait que le faisceau n’avait pas atteint la terre lors du premier passage.
- Quant à la nature de cette émission, Arrhenius a supposé qu’il s’agit de particules émises par le soleil, projetées par les taches et poussées loin du soleil par la pression de radiation. II. Deslandres et Birkeland ont pensé qu’il s’agit plutôt d’une émission de rayons cathodiques par le soleil. P. Villard a donné une théorie de l'aurore boréale, appuyée sur de nombreuses expériences dans des tubes à vide, dans laquelle l’aurore est considérée comme produite par des rayons cathodiques s’enroulant sous l’action du champ magnétique terrestre. Cari Stôr-mer a longuement étudié les trajectoires que peuvent prendre des particules électrisées sous l’action du champ terrestre, et les observations très précises d’aurores qu’il a faites permettent d’exprimer numériquement les conditions auxquelles doivent satisfaire les particules dont les mouvements donneraient naissance aux aurores polaires et aux perturbations magnétiques.
- Lord Kelvin a montré en 1892 que si l’énergie des perturbations magnétiques terrestres était empruntée directement au soleil, cela correspondrait à l’émission d’une quantité d'énergie totale inadmis-
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- LES ORAGES MAGNETIQUES
- sible d’après ce qu’on sait de son rayonnement.
- Cette difficulté ne se présente pas dans les conceptions de Ch. Nordmann et de Sir A. Schuster, qui considèrent l’action du soleil comme indirecte, et avant seulement pour effet de faire varier la conductibilité dans la haute atmosphère ; cette atmosphère serait ainsi le siège de courants d’intensité variable, sous Faction de forces électromotrices produites par exemple par induction, par suite d’un mouvement relatif de l’atmosphère par rapport au champ terrestre, dû à la rotation de la terre. L. A. Bauer a fondé sur l’hypothèse d’une action ionisante du soleil sur l’atmosphère et sur les résullats de ses travaux exposes plus haut une théorie ionique des orages magnétiques.
- J. Bosler considère les orages magnétiques comme produits par des variations des courants telluriques; il faudrait alors, d’après l’intluence manifeste des taches solaires, que ces courants fussent influencés eux-mêmes par le rayonnement solaire.
- Nous allons revenir sur ces différents points.
- Les particules visées dans l'hypothèse d’Arrhenius doivent avoir une grosseur inférieure à une certaine limite. En effet, au voisinage du soleil une particule est soumise à la pression de radiaiion, qui tend à l’éloigner du soleil, et à l’atiraction de la masse solaire, qui tend à l’en rapprocher ; la première de ces forces est proportionnelle à la surface de la particule, la deuxième à son volume ; le rapport de la force répulsive à la force attractive est donc d’autant plus grand que la particule est plus petite. En évaluant les deux forces, on trouve que la répulsion l’emporte (pour des particules supposées sphériques et de densité égale à l’unité) au-dessous d’un diamètre voisin de 1 micron. — Ces particules doivent être chargées électriquement, pour que le champ magnétique terrestre puisse agir sur elles lorsque leur mouvement les amène au voisinage de la terre. Il est vraisemblable que l’atmosphère solaire est ionisée, et on peut supposer que les particules projetées par les éruptions solaires dans cette atmosphère s’électrisent au contact des ions qui s’y trouvent. Suivant leurs dimensions, elles reviendraient sur le soleil ou seraient poussées dans l’espace.
- Les calculs de Slôrmer s’appliquent non seulement aux corpuscules cathodiques envisagés par Deslandres et Birkeland, mais à toutes particules électrisées positivement ou négativement, arrivant au voisinage de la terre avec une certaine vitesse. En effet, le champ magnétique terrestre agit sur ces particules en mouvement comme il agirait sur un courant dont le sens serait celui du mouvement si les particules sont positives, et le sens inverse du mouvement si les particules sont négatives ; supposons, pour simplifier, des particules arrivant vers l’équateur normalement au champ magnétique ; si elles sont positives, elles seront déviées vers l’Est parle champ magnétique, et leur trajectoire constituera alors un courant électrique de l’Est à l'Ouest?
- si elles sont négatives, elles seront déviées vers l’Ouest, et constitueront un courant d’électricité négative de l’Ouest vers l’Est, équivalant à un courant positif de l’Est à l'Ouest. Dans les deux cas, le champ magnétique que créera à la surface du Globe ce mouvement d’électricité correspondra bien à la direction du champ perturbateur telle que l’a trouvée Bauer.
- La quantité qui intervient dans les calculs comme caractéristique des particules chargées en mouvement est le produit H p du champ magnétique terrestre H par le rayon de courbure p en un point où la trajectoire est normale an champ. Or, en égalan l’action du champ sur une particule, qui est lier, en désignant par e sa chargret v sa vitesse, à la force
- • p • ?n?>2 ,, . . . .
- centrifuge qui est —» m désignant la masse delà
- particule, on a
- u mv~ a' ' u m ïïev=— d ou Hp = —v. p e
- La quantité caractéristique est donc encore égale au produit de la vitesse et du rapport—» quantités
- qu’on a mesurées pour les diverses sortes de particules chargées connues, telles que les rayons calho-diques, les rayons a et [3 des corps radioactifs, les rayons positifs. Lesd mension* angulaires des aurores polaires et leur distance à la terre donnent des éléments numériques, pour l’évaluation des valeurs du
- Ifïh
- produit — v, qui conviennent. Slôrmer et ses collaborateurs ont pu mesurer avec précision les hauteurs des aurores à l’aide de photographies simultanées faites de stations différentes ; elles se produisent depuis 40 km environ jusqu’à des hauteurs dépassant 500 km, une aurore du 22-23 mars 1920 ayant même atteint 750 km.
- On a aussi à faire intervenir, pour rechercher la nature des particules qui peuvent satisfaire à la question, leur absorption par l’atmosphère raréfiée des couches supérieures, qui paraît constituée surtout par de l’hydrogène au-dessus d’une centaine de kilomètres (avec peut-être un gaz plus léger à des altitudes plus grandes).
- Il semble qu’il puisse être satisfait au problème, soit par des particules négatives analogues aux rayons cathodiques et aux rayons p, soit par des particules positives analogues aux rayons a ; dans l’un et dans l’autre cas, il faut admettre que le soleil émet des rayonnements de ce genre plus pénétrants que ceux que nous connaissons. Les conclusions dé Stôrmer sont favorables à des rayons négatifs.
- L. A. Bauer, admettant comme sir A. Schuster une action indirecte des émanations solaires, considère les ions qui seraient produits par cette action comme entraînés par des forces- éleclromotrices existant dans la haute atmosphère ; ces courants produiraient les perturbations magnétiques ; Bauër cherche si on peut en évaluer la hauteur d'une manière qui s’accorde avec la vitesse de propaga-
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- 326 = L’ORIGINE DES CONTINENTS
- tion des perturbations magnétiques qu’il a mise en évidence.
- La. vitesse des ions positifs et négatifs dans un champ électrique de 1 volt par centimètre a été trouvée, à la pression ordinaire, d’environ 4,2 cm par seconde pour les ions positifs et 1,9 pour les ions négatifs (Rutherford, Zeleny), soit 3,4 pour la somme des vitesses. Si on suppose cette vitesse inversement proportionnelle à la pression, on peut chercher à quelle pression, par suite à quelle hauteur elle deviendrait égale à la vitesse de déplacement des perturbations. Bauer admet pour cette vitesse, celle qui correspondrait au tour de la terre en 3 minutes 3/4, soit environ 180 km-sec., et arrive à une hauteur comprise entre 60 et 124 km suivant les hypothèses faites sur la décroissance de la pression avec la hauteur, en supposant toujours un champ électrique de 1 volt par cm. En fait, on ne peut savoir comment, varie la vitesse des ions avec la pression aux pressions très faibles, de l’ordre de 40~4 mm de mercure, auxquelles on est conduit dans le calcul précédent; P. Langevin a trouvé que pour les ions positifs, la vitesse varie de manière inversement proportionnelle à la pression dans de larges limites (jusqu'à 5.10~2 mm), mais que, au-dessous de 0 mm 15, la vitesse des ions négatifs croît plus vite que l’inverse delà pression. En somme, on peut dire que ce calcul montre simplement la possibilité de l’interprétation de Bauer.
- J. Bosler a étudié d’abord la direction (géographique) des champs perturbateurs au début des orages magnétiques pour Greenwich, le Parc Saint-Maur et diverses autres stations ; il trouve que pour chaque station il y a une direction privilégiée, qui
- L’ORIGINE DES CONTINENTS
- C’est en 4942 que le géophysicien allemand Alfred Wegener a exposé pour la première fois sa curieuse théorie de l’origine des continents actuels. Mais les idées nouvelles émises par le professeur de l’Université de Hambourg semblent avoir à peu près complètement échappé à l’attention des critiques scientifiques jusqu’après la guerre. Depuis 4920, l’hypothèse de Wegener a fait l’objet de nombreuses discussions qui sont, d’ailleurs, presque toujours demeurées restreintes au milieu savant de culture germanique.
- L’idée fondamentale de la théorie d’Alfred Wegener réside dans la mobilité relative, à la surface de notre globe, des continents affectés d’une dérive tangentielle plus ou moins importante, au cours des périodes géologiques successives. A priori cette manière de voir heurte nos conceptions sur les relations réciproques des deux ordres de compartiments de l’écorce terrestre, les géosynclinaux et les aires continentales.
- Nous opposions tout naturellement la mobilité des
- ET LA THEORIE DE WEGENER ...
- varie suivant les stations. Étudiant ensuite la direction des courants telluriques qui ont accompagné des orages magnétiques au Parc Saint-Maur, où ces courants ont été pendant plusieurs années enregistrés dans des lignes N.-S. et E.-O., il trouve une relation générale entre la direction de ces courants et celle du champ perturbateur : le champ perturbateur est du côté vers lequel est dirigé d’après la règle d’Ampère le champ magnétique du courant tellurique, et les angles du champ perturbateur avec le champ du courant tellurique correspondant se groupent autour d’une valeur nulle, avec des écarts compris entre ± 30° de part et d’autre. Bosler déduit de là que les perturbations magnétiques sont l’effet des courants telluriques (alors qu’on a considéré souvent ceux-ci comme des courants induits produits par les variations du champ magnétique terrestre). Quant à l’origine des courants telluriques qui interviendraient ainsi, J. Bosler pense qu’on peut l’attribuer à des phénomènes d’induction produits par des actions électromagnétiques provenant du soleil.
- Les théories relatives à l’origine des perturbations magnétiques font ainsi intervenir les propriétés électriques de la haute atmosphère, que l’on connaît très mal. Les recherches sur l’ionisation, qui ont renouvelé les conceptions relatives à l’électrisation atmosphérique, apporteront sans doute dans l’avenir les éléments de précision qui manquent actuellement pour se faire une idée des actions magnétiques provenant de l’atmosphère.
- Ch. Mauraiin
- Directeur de l’Institut de Physique du globe de l’Université de Paris.
- Î LA THÉORIE DE WEGENER
- géosynclinaux à la fixité des continents, mobilité et fixité d’ailleurs toutes relatives. Non pas qu’aucun d’entre nous pense que la surface des continents soit affectée d’une rigidité absolue ; bien au contraire, nous sommes habitués à envisager la surface des aires d’ancienne consolidation comme affectée de réseaux de fractures extrêmement complexes. Mais nous avions toujours eu tendance à ne voir dans ces accidents que les conséquences directes de mouvements verticaux.
- Il n’v a pas longtemps encore, tous les accidents de l’écorce terrestre étaient considérés comme dus à des déplacements de bas en haut ou de haut en bas. Aujourd'hui plus personne ne songe à nier en tectonique le rôle fondamental des refoulements latéraux, — mouvements tangentiels -— qui ont déterminé le plissement des dépôts accumulés dans le fond des géosynclinaux et donné naissance aux grandes rides de l’écorce terrestre.
- Grâce aux efforts constants des géologues de l’école de langue française, en particulier de Marcel Ber-
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- -..: L’ORIGINE DES CONTINENTS ET
- trand, de Maurice Lugeon, de Pierre Termier et de Léon Bertrand, l’importance des déplacements, qui ont entraîné la formation des nappes de charriage et l’universalité du rôle fondamental joué par ces dislocations dans la genèse des chaînes de montagnes, n’est plus sérieusement contestée aujourd’hui.
- Le régime prédominant des déplacements tan-gentiels dans l’édification structurale de la surface de notre globe doit-il être restreint aux zones plissées ou doit-il être étendu aux régions d’ancienne consolidation?
- La coalescence et la dérive des contin ents. —
- L’un des points d’appui de la théorie de Wegener réside dans les analogies de forme des côtes actuelles de part et d’autre de l’À-llanlique; si l’on rapproche par la pensée les littoraux situés à l’ouest et à l’est de cet Océan, on constate, en effet, que les contours de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, de l’Europe et de l’Amérique du Nord s’emboîtent assez exactement les uns dans les autres : d’ailleurs les dislocations qui accidentent le sôus-sol de ces contrées sont presque exactement dans le prolongement les unes des autres.
- Etendant l’idée d’une antique coalescence des continents à toute la surface du globe et aux différentes périodes géologiques, Wegener arrive à des reconstitutions paléogéographiques toutes autres que
- i. Les figures qui illustrent cet article sont extraites de A. Wegener. Die Entstehung dcr Kontinenlc und Q%eane,
- 5e cdilion, Friedr. Viewegund Sohn. éditeurs, Brunswick, 1922.
- LA THÉORIE DE WEGENER = 327
- celles figurant dans les traités ..classiques de géologie, Les migrations des faunes terrestres anciennes à travers les régions océaniques actuelles. — Des relations étroites ont certainement existé à maintes reprises entre les milieux biologiques de l’Ancien et du Nouveau Continents. Elles témoignent, en
- particulier dans le monde animal, de migrations dont l’histoire forme l’un des chapitres les plus importants de la géologie historique dans les ouvrages modernes. Ces relations entre des associations d’êtres vivants plus ou moins étroitement localisés à certains moments sont aussi évidentes que la continuité des zones de plissements à travers les océans, du moins en ce qui concerne l’Atlantique et l’Océan Indien..
- Pour expliquer ces anciens traits de jonction, on imagine habituellement que des ponts continen-lanx assuraient jadis des liaisons terrestres, que de récents affaissements les ont fait disparaître sous les océans. Or l’émersion de ces anciens ponts déterminerait à l’heure actuelle un déplacemen de volume d’eau tel que la surface de la terre se trouverait tout entière immergée.
- D’autre part, les données physiques fournies par l’isostasie s’opposent absolument à ce que ces zones d’effoudrement récent sous les mers actuelles soient considérées comme présentant une allure continentale. Sur leurs emplacements, comme ailleurs dans les océans, la morphologie du fond des mers apparaît toute différente de celle des terres
- Fig. i. — Reconstruction de la carte du monde, aux trois époques du carbonifère inférieur, de l’èocène et de la fin du quaternaire, d’après la théorie de la dérive des continents (').
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- 328 ===== L’ORIGINE DES CONTINENTS ET LA THÉORIE DE WEGENER
- aujourd’hui émergées. Bien des géographes ou des j géologues soutiennent d’ailleurs la thèse de la per- i manence des océans. Avant que fussent évoqués les arguments d’ordre purement physique et qui paraissent de nature indiscutable, les naturalistes avaient déjà fait valoir, comme argument en faveur de cette thèse, l’absence totale des dépôts abyssaux dans les sédiments géologiques participant à la constitution des zones de l’écorce terrestre accessibles à nos investigations.
- D’ailleurs les caractères topographiques du fond des océans sont partout très différents de ceux des continents et de la zone périphérique des terres émergées correspondant au seuil continental, zone dont l’émersion est certainement récente, pliocène i
- Wegener. A maintes reprises, au cours des périodes ! géologiques, une liaison^continentale souvent très directe s’établit entre ces diverses contrées; à certaines époques très anciennes, il semble même que les connexions entre terres émergées affectaient un caractère d’extrême généralité.
- Géosynclinales et épicontinentales. — Tandis que nous en sommes réduits pour reconstituer la genèse des océans actuels à raisonner sur les éléments fournis par les faunes terrestres des terres émergées périphériques, nous pouvons, avec beaucoup plus de certitude, reconstituer l’histoire des mers qui ont partiellement occupé autrefois les surfaces des continents actuels. Ces mers se présentent, d’après leurs caractères stratigraphiques et tecto-
- / /o/ /;
- Carhon-Norilnnl .
- y iûr-Sndpo I
- Fig. 2. — Plissements et position de l’équateur, à l’époque carbonifère, d'après Kreichgauer.
- (Carbon-Aquator : équateur à l’époque carbonifère ; Carbon-Nordpol : pôle Nord à l’époque carbonifère ; Carbon-Sudpol : pôle Sud à l’époque carbonifère.
- ou quaternaire même, selon toute vraisemblance. Le contraste saisissant qui existe entre le modelé de la plate-forme bordière des océans et les formes de terrain des grandes profondeurs s’explique mal quand on songe à la jeunesse relative de l’affaisse-ment sous les eaux salées de certaines parties de la surface du globe. La théorie de Wegener se prête peut-être mieux à une conception génétique de l’ensemble géographique des terres et des mers.
- L’étude synthétique des. faunes terrestres qui ont habité aux différentes périodes géologiques l’Amérique septentrionale et l’Europe, l’Amérique méridionale et l’Afrique, l’Australie, l’ïnde et Madagascar, voire les contrées riveraines et les îles du Pacifique, permet de saisir sinon le sens, du moins la succession détaillée des principaux épisodes de l’histoire de ces contrées. Les analogies frequentes entre les organismes contemporains de part et d’autre des océans actuels nous font entrevoir le problème dans toute sa complexité, complexité infiniment plus grande que ne paraît l’imaginer
- niques, les unes, comme des mers épicontinentales, les autres, comme des mers géosynclinales. On compare généralement les secondes aux océans actuels, bien qu’elles n’aient en aucun cas laissé le témoignage de profondeurs abyssales. En réalité elles apparaissent avec des caractères tout différents, qui éveillent l’idée d’une inconstance d’allure aussi accusée dans le cas des mers géosynclinales que des mers épicontinentales. Les conclusions auxquelles conduit l’examen des faunes terrestres laissaient entrevoir, d’ailleurs, ces analogies.
- Grâce à l’édification successive des chaînes calédoniennes, hercyniennes, alpines, le grand géosynclinal transverse qui séparait originellement les continents nord-atlantique et sino-sihérien du continent de Gondswana, secondairement divisé en continent africano-brésilien et australo-indo-malgache, ce grand géosynclinal transverse a disparu plus ou moins complètement dès le milieu des temps tertiaires. Or ce géosynclinal transverse apparaît à nos yeux comme ayant constitué pendant presque toute
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- L’ORIGINE DES CONTINENTS ET LA THÉORIE DE WEGENER 329
- la durée des temps géologiques le grand trait structural de l’écorce terrestre?’ Même, d’après de nouvelles conceptions théoriques, il se serait étendu à travers tout le Pacifique central.
- A cette prédominance des océans paralléliques des ères primaire, secondaire et tertiaire semblent se substituer, à la fin des temps tertiaires, des océans méridiens, dont l’Atlanlique est le type. Et précisément avec sa crête axiale à allure de géosynclinal secondaire, l’Atlantique semble se présenter aujourd’hui comme un géosynclinal en voie de formation.
- Il est vrai que des océans méridiens existaient déjà aux périodes antérieures : mais si les deux branches du géosynclinal circumpacifique offrent une grande constance, l’ensemble des géosynclinaux ouralien et mozambique présente un caractère bien intermittent; aussi pendant une bonne partie de l’histoire géologique de la terre, voyons-nous évoluer d’une part un continent septentrional, d’autre part un continent méridional ou de Gondwana.
- Or la persistance du grand géosyncli nal transverse semble a priori avoir dû fendre impossible la dispersion, du Sud au Nord, d’animaux terrestres se déplaçant lentement. Or, nous connaissons des Batraciens stégocéphales, des Reptiles théromorphes et rhynchocéphales répandus au Carbonifère supérieur, au Permien ou au Trias, depuis le Spitzberg, l’Ecosse et la Russie du Nord, jusqu’à l’Afrique australe, l’Inde et l’Australie. Il faut donc croire qu’à certains moments, vers la fin des temps primaires et le début des temps secondaires, il y a eu jonction partielle des masses continentales du Nord et du Sud, peut-être par l’île du Thibet entre la Sino-Sibérie et l’Inde.
- C’est essentiellement sur l’étude des mers géo-synclinales et épi-continentales que les géologues concentrent leurs investigations. Dans cet ordre de recherches, une place importante est faite à la biogéographie marine. Mais les données fournies par celles-ci sont loin de présenter, pour la reconstitution des anciennes formes de la surface terrestre, une documentation aussi précise et pouvant être utilisée avec autant de sûreté que les indications fournies par les faunes terrestres.
- Même pour la période actuelle, les biologistes sont loin d’avoir pu se mettre d’accord sur les provinces zoologiques marines, comme ils l’ont
- fait depuis longtemps sur les provinces zoologiques continentales.
- Peut-être, peut-on utiliser avec plus de sûreté, pour la reconstitution de l’histoire des mers géosynclinals, les données fournies par les faunes terrestres insulaires, telles que celles des Antilles, des îles de la Méditerranée et de la Malaisie actuelles. Les conditions de leur genèse traduisent nettement la complexité du phénomène des ponts ayant assuré, à des intervalles de temps variables, la liaison entre les divers milieux biologiques terrestres. Que l'on envisage ces connexions au point de vue général des relations entre grauds continents ou que l’on entre dans le détail et que l’on examine seulement les soudures qui ont dû nécessairement se produire entre les continents et les îles continentales, un fait ressort toujours avec netteté, de toutes ces études :
- c’est le caractère intermittent du phénomène.
- Cette alternance de régime des contrées in-termédiaires transformées tantôt en isthmes, tantôt en détroits, est quelque peu dé concert ante pour l’hypothèse de Wegener; elle n’est pas moins incompréhensible si l’on tente de l’expliquer par un mouvement répété de soulèvement et d’affaissement d’un fond océanique. La théorie la plus séduisante serait celle qui ferait de la dérive non pas un mouvement se propageant toujours dans le même sens, mais un déplacement qui se traduit de temps à autre par un retour à une coalescence partielle des continents.
- La théorie de Wegener, mise en harmonie avec les faits paléogéographiques, substitue donc à la notion de l’alternance des soulèvements et des affaissements des grands fonds océaniques, celle d’un mouvement en accordéon des aires continentales. A priori ces deux hypothèses heurtent également nos idées directrices en géologie. Nous opposons d’habitude la rigidité relative des continents à la mobilité du fond des géosynclinaux. Or la conception des ponts continentaux nous oblige à admettre une ample mobilité, dans le temps et dans l’espace, aussi bien en hauteur qu’en largeur, de fonds océaniques reliant des aires d’ancienne consolidation et faisant donc partie intégrante d’anciens continents. La nouvelle manière de voir substituerait à ces mouvements, surtout verticaux, des déplacements tangentiels entraînant à la dérive les | terres émergées.
- Km.
- ( Geohoromum ) ^^JVaiserstoff -i^^Stkksloff
- 3000
- - sooo
- 6000
- Fig. 3. — Coupe de la Terre à travers l'Amérique du Sud et l’Afrique, passant par un grand cercle.
- (.Wasserstoff : hydrogène ; Stickstoff : azote.)
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- 330 = L’ORIGINE DES CONTINENTS
- La paléoclimatologie. — Wegener a eu l’ingénieuse idée de tenter, sur un globe à la surface duquel les continents étaient encore coalescents, une reconstitution du tracé de l’équateur à la fin des temps primaires (fig. 2). Il s’est basé, dans cet essai, sur la répartition géographique des dépôts d’argile à caractère tropical, sur les accumulations de gel, gypse, etc. L’emplacement du pôle sud correspondant à un tel équateur se trouve être précisément un centre de soudure de l’Afrique du Sud, Madagascar, l’Inde, l’Australie et l’Antarctide, contrées où nous connaissons des traces de glaciers, des restes de la flore qui accompagne habituellement ces glaciers, des bois fossiles avec traces de cercles annuels, enfin des argiles de caractère subpolaire (fig. 2).
- Dans l’hypothèse de Wegener, le pôle nord se trouvait alors en plein Pacifique, ce qui explique que nous n’en connaissions pas d’éléments géologiques caractéristiques. Si l’on n’admet pas la.dérive des continents et si, pour expliquer la glaciation anthracolithique, on place, comme le font certains géologues, le pôle Sud au centre de l’Océan Indien, le pôle Nord se trouve reporté au Mexique, alors que les formations anthracoiithiques des régions centrales du Nord-Amérique témoignent indéniablement d’un climat tropical. La conception du physicien allemand est donc ici plus vraisemblable que les manières de voir adoptées jusqu’à ce jour par les géologues.
- Wegener admet a priori la possibilité des déplacements de l’équateur et des pôles terrestres au cours des périodes géologiques. Ce sont ces déplacements qui auraient entraîné les modifications graduelles de climat dont témoigne l’évolution des flores et des faunes fossiles. Il est certain que l’existence, aujourd’hui démontrée, de dépôts glaciaires cambriens, ne permet plus d'admettre l homogé-néité d’un climat tropical s’étendant au début des temps primaires à toute la surface du globe.
- Si les masses continentales ont été constamment en dérive, il n’y a pas lieu d’étre surpris que les localisations que l’on a tenté d’établir, de zones climatiques, aux différentes époques, ne se traduisent pas sur un planisphère actuel, par des bandes parallèles à l’équateur. Ce seraient précisément ces déplacements des aires d’ancienne consolidation qui entraîneraient sur la surface teri*çstre les modifications d’équilibre des compartiments de l’écorce ayant déterminé les déplacements de 1 équateur et de l’axe des pôles.
- L’Jsostasie. — On sait que Eduard Suess a divisé le globe terrestre en trois zones de densité décroissante, l’interne ou nifé (composé de nickel et surtout de fer), la moyenne ou sima (où prédomine déjà le silicium, associé au magnésium), l’externe, sal ou mieux sial (surtout formée de silice et d’alumine). Contrairement à l’opinion généralement admise, Wegener pense qu’il y a, entre chacune de ces zones, une limite très tranchée. Le sial entièrement solide (lithosphère) formerait seul les conti-
- ET LA THÉORIE DE WEGENER —" .......................;
- nents ; le sima partout liquide (pyrosphère) verrait flotter à sa surface le sial des continents et supporterait directement, par l’intermédiaire d’une mince pellicule solide, l’eau des océans ; enfin le nifé constituerait la bathysphère (fig. 5).
- La lithosphère solide se maintiendrait donc en équilibre à la surface d’un bain magmatique plus dense qu’elle-même. Mais cet équilibre ne saurait être complètement réalisé que si les continents, surélevés au-dessus du niveau moyen de la surface du globe, s’enfoncent d’autant plus profondément dans la masse visqueuse La zone relativement la moins dense de la lithosphère est donc plus épaisse dans les parties de l’écorce situées sous les continents que dans celles subordonnées aux océans. La condition d’équilibre ainsi réalisée a reçu le nom d’iso-stasie.
- Ce serait, pour Baily Willis, la poussée constante de la zone plus dense située sous les océans, qui, triomphant de la rigidité de l’écorce terrestre, déterminerait l’écoulement dés parties plus denses vers les parties moins denses, par conséquent des océans vers les continents.
- Les géologues d’outre-Atlantique sont arrivés, par une série de mesures isostasiques, à cette notion que le continent nord-américain se maintenait au-dessus du niveau des mers, non en raison de la rigidité de l’écorce terrestre, mais parce que, masse de faible densité, il flotte sur le sima.
- Chamberlin en conclut que la compensation pourrait se faire même dans un corps ayant la rigidité du granit ou de l’acier et une base visqueuse ne serait nullement nécessaire à la réalisation de l’équilibre isostasique. Une telle base, au contraire, en interdirait l’établissement, car elle serait incapable d’intégrer toutes les tensions latérales, puis après intégration, de les faire se traduire par des mouvements tectoniques.
- Les observations faites avec le pendule ont démontré que la moindre densité de l’eau de l’Océan est compensée parla plus grande densité du fond des mers. Inversement, les masses continentales, qui font saillie au-dessus du niveau des mers, ont leur excédent de masse apparent compensé par un déficit.
- Si l’isostasie rentre aujourd’hui dans le domaine des faits indiscutables, il n’en est pas de même des déductions qu’en tire Wegener. Tout ce que nous savons aujourd’hui en pétrographie s’oppose absolument, comme l’a montré Pierre Termier, à la conception d’un sial et d’un sima complètement distincts l’un de l’autre.
- La formation des plissements. — Wegener rejette complètement comme cause des mouvements tectoniques la contraction. La radio-activité ne nous fait-elle pas d’ailleurs douter du refroidissement de notre globe, tel du moins que le concevaient les anciens auteurs?
- Le géo-physicien allemand explique la formation des chaînes de montagnes par la résistance du sima aux continents de sial en dérive dans sa zone supé-
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- L’ORIGINE DES CONTINENTS ET LA THÉORIE DE WEGENER 331
- rieure. Les poussées tangentielles ne se produiraient donc qu’en profondeur. D’après l’isostasie, en effet, c’est seulement 5 pour 100 de la hauteur des continents qui émerge au-dessus du magma.
- On peut dès l’abord objecter à la théorie de Wegener que des plissements importants, sans doute même des nappes de charriage, se sont formés certainement au voisinage de la surface de la terre.
- Pour Wegener, toute masse continentale finirait par être découpée en tronçons plus ou moins étendus par de grandes fractures, du type de celles de la Syrie et de l’Afrique orientale. Dans les zones de disjonction ainsi produites et de largeur croissante, finirait par s’engouffrer du sima; tandis que sur les fronts des continents en dérive, le sial éprouverait de la part du sima superficiel solidifié une résistance telle qu’il devrait se plisser à sa périphérie du côté vers lequel il progresse. Mais du fait de son mouvement en avant, Je continent tend à se fragmenter vers l’arrière, où des guirlandes de sial se trouvent ainsi retenues par leur adhérence au sima. Telle serait l’origine des arcs asiatiques. Le sima, très plastique, céderait toujours devant la poussée du sial continental, sans jamais tendre à se plisser, ce qui expliquerait, pour Wegener, la monotonie topographique des fonds océaniques.
- L'exposé tectonique paraît être, dans l’ensemble de la théorie^de Wegener, le point faible de l’argumentation.
- Parmi les nombreuses objections que l’on peut faire à la synthèse orogénique de l’auteur allemand, j’insisterai sur la continuité des anciennes chaînes de montagnes autour des vieux boucliers continentaux ; la chaîne calédonienne notamment fournit un bel exemple de plissement circa-nord-atlan-tique. Je ferai remarquer encore que l’explication donnée de la formation-des ^.guirlandes asiatiques rend bien compte de l’orientation de .leur concavité vers le continent si no-sibérien, mais appliquée aux chaînes d’îles du Pacifique, aux Océanides, qui seraient alors des guirlandes « circa-gondwaniennes », elle nous conduirait à admettre que le continent de Gondwana a autrefois occupé la plus grande partie des régions pacifiques, où le tronçonnement de sa masse arrière se serait effectué en nombreuses étapes inconciliables avec la coalescence des continents, à la fin de Père primaire comme la figure Wegener.
- Wegener explique la forme des arcs antillais : Grandes et Petites Antilles, d’une part, Sandwich, Orcades et Géorgie du Sud, d’autre part, par la résistance du sima à la progression vers l’ouest du sial des deux Amériques dont la force de propension était proportionnelle aux surfaces. Les plissements, convexes vers le Pacifique, des Rocheuses
- d’une part, des Andes d’autre part, se continuent, airm vers le Sud dans des cordillères restées en arrière du fait de leur faible développement superficiel.
- Conclusion. — Ainsi pour Wegener l’une des données qui domine la tectonique du globe réside dans la dérive constante des massses continentales de l’Est vers l’Ouest Si l’on examine au contraire le mouvement des faunes marines, lacustres ou terrestres, on constate au contraire une tendance à un déplacement général de l’Ouest .vers l’Est. Dans l’hypothèse du géophysicien allemand, on devrait donc admettrt que les continents et les mers néri-tiques et bathyales qui les environnent, en progressant vers l’Ouest, se peuplent de nouveaux éléments.
- Mais à ce premier mouvement parallélique s’en superpose un second, les continents dérivant très légèrement du Nord vers le Sud. On n’a pas encore démontré de déplacements méridiens des faunes. On observera cependant que pour une grande partie des périodes géologiques, nous ne connaissons pas d’éléments démonstratifs de l’existence d’une province maritime australe. Mais ceci peut tenir non à l’absence de faunes caractéristiques de cette province, mais à des lacunes dans nos connaissances. Par contre, je suis bien tenté de croire les Reptiles rbynçhocépbales originaires de la Nouvelle-Zélande ; les Marsupiaux d’Australie, les Lémuriens de Madagascar, les édentés de Patagonie, ce qui témoignerait aussi de déplacements paralléliques de faunes toujours en sens inverse de la dérive continentale.
- La théorie de Wegener permet donc d’expliquer certains des grands problèmes de paléogéographie, mais elle, ne donne, telle du moins qu’elle a été exposée par le savant allemand, qu’une notion incom-,plète de la complexité des phénomènes de biogéographie ; elle rend compte en partie seulement des .curieuses anomalies apparentes que révèlent les données de la paléoclimatologie ; elle peut contribuer à élucider certaines énigmes de la tectonique, mais elle ne constitue pas une base d’interprétation générale de l’orogénie terrestre.
- Si elle rend manifestes les lacunes de nos conceptions théoriques sur les principaux phénomènes géophysiques, on peut lui reprocher cependant de ne pouvoir se substituer intégralement aux anciennes interprétations. Elle a fort heureusement attiré l’attention sur la part largement hypothétique de bon nombre de nos idées directrices en géologie. Peut-être nous ramène4-elle plus près des réalités en nous démontrant tout ce qu’il y a de relatif dans notre notion de la fixité des continents.
- L. J o le xu D,
- Maître de Conférences à In Faculté des Sciences de Paris.
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- L’INDUSTRIE DU CRISTAL
- Alors que le verre, dont les multiples usages sont bien connus, est d’origine fort ancienne, puisque Pline, qui vivait au ier siècle de notre ère, l’attribue aux Phéniciens qui, d’ailleurs, auraient fait cetle découverte de façon toute fortuite, l’invention du cristal est beaucoup plus récente, et il semble que le moine Théophile, qui vivait au xie ou xne siècle,
- l Munzthal existait une verrerie qui subsista du milieu du xvie au milieu du xvne siècle, pour disparaître à ce moment; mais, vers le milieu du xvme siècle, un nouvel établissement était construit sur les ruines de l’ancien, et prenait le nom de Verrerie Royale.
- Vendue sous la Révolution, elle fut rachetée en
- Fig. i à 4. — Fabrication d’un vase.
- En haut, à gauche, première ébauche de la forme à la palette; en haut, à droite, étranglement du pied à la pince; en bas, à gauche, aplatissement du pied à la palette; en bas, à droite, évasement après empontillage.
- soit le premier qui ait parlé d’un verre contenant du plomb.
- C’est, croit-on, à la verrerie de Saint-Cloud que pour la première fois en France, fut fabriqué du cristal. Depuis longtemps déjà, l’Angleterre le connaissait, et en avait alors le monopole. Bientôt, cependant, la production anglaise fut égalée et même surpassée par celle des verreries continentales.
- Dans l’ancien comté de Bitche (Lorraine) que le traité de Versailles a rendu à la France, l’art du verre existe depuis fort longtemps, et une douzaine d’établissements l’y produisirent du moyen âge jusque vers le milieu du xvne siècle. Dans la vallée de
- l’an VIII par un groupe de maîtres-Verriers de la région et constituée en Société anonyme sous le nom de Compagnie des Cristalleries de Saint-Louis, forme sous laquelle elle existe encore actuellement.
- C’est en 1781 que les directeurs de cette cristallerie obtinrent, après de patientes recherches, leurs premiers produits en cristal. Ils purent, dès lors, concurrencer l’Angleterre, qui avait toujours gardé jalousement le secret de cette fabrication, et, en 1784, à titre de récompense, le Gouvernement accordait à l’usine un supplément de plusieurs milliers d’arpents de bois.
- À ce moment, en effet, on fondait la matière destinée à la fabrication du cristal dans des pots cou-
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- verts chauffés au bois et la houille ne fut employée que plus tard.
- Alors que le verre, en général, est un silicate double de calcium et de sodium dont la densité est d’environ 2,5, le cristal est un silicate double de potassium et de plomb, plus lourd que le verre en raison du minium ou oxyde de plomb qui entre dans sa fabrication, et dont la densité est d’environ 3,25. Indépendamment de cette pesanteur spécifique beaucoup plus grande, le cristal possède un pouvoir réfringent considérable, et un éclat très supérieur à ceux des verres silico-alcalins.
- Sa composition, d’après Appert et Henrivaux, est la suivante :
- Silice, 56 p. 100; Chaux, 2,6 p. 100; Potasse, 8,9 p. 100 ; Oxyde de plomb, 32,5 p. 100, ce que l’on obtient en mélangeant, en poids : Sable, 300 ; minium, 200; carbonate de potasse, 100; groisil (débris de cristal), 300 environ, avec un peu de peroxyde de manganèse (appelé vulgairement savon des verriers.) donl la teinte violacée, complémentaire de la teinte jaunâtre de ces composés, donne au cristal sa remarquable blancheur.
- En dehors de sa transparence et de sa pesanteur, c’est, surtout, le son argentin qu’il possède et son éclat* qui distinguent le cristal du verre.
- Les sables employés sont généralement des sables d’Etampes, de Nemours ou de Fontainebleau, lavés et séchés avant emploi. La potasse est tirée des salins de betteraves.
- A Saint-Louis, deux immenses halls abritent les fours de fusion, chauffés par les gaz d’un gazogène-
- Ces fours, construits de façon à récupérer une partie de la chaleur qui s’échappe avec les fumées, portent sur leur contour les creusets en terre réfractaire appelés communément pots de verriers. C’est dans ces pots que sont déversées les matières qui entrent
- dans la composition du cristal et qui fondent à une température d’environ 1400°.
- Tout autour sont les bancs de verriers, munis chacun d’une tablette portant les différents petits outils qui permettent de donner leur forme aux objets de cristal, les râteliers portant les cannes et les tiges de fer, et différentes machines au moyen desquelles, par moulage ou par une sorte d’estampage, on obtient en un instant quantité de produits dont la fabrication à la main demanderait trop de temps, ou qui ne pourraient être obtenus facilement avec une parfaite régularité de forme ou de dimensions.
- C’est ainsi que nous avons vu fabriquer, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, ces tulipes de cristal gracieusement ondulées qui ornent les ampoules électriques. Une lame de cristal, à l’état pâteux, est déposée sur la matrice, et une contre-matrice, descendue à l’aide d’un levier, lui donne instantanément sa forme et la découpe aux dimensions voulues.
- D’autres pièces sont obtenues par soufflage de la bulle de cristal à l’intérieur d’une forme sur les parois de laquelle elle se moule, après quoi il suffit découper la partie supérieure. C’est ainsi qu’on obtient, par exemple, les gobelets.
- Lorsque l’intérieur de ces gobelets est évasé, ils peuvent encore être obtenus par moulage au mandrin. Dans ce cas, une masse de Cristal chaud est introduite dans le moule, et le mandrin descendu dans ce moule refoule la matière et la force à en prendre la forme.
- Les carafes ordinaires -sont fabriquées également par soufflage et moulage. Les bouchons, soufflés,
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- Fig. 7. — Pièces de cristal taillées, gravées, décorées.
- La pièce réchauffée, ayant été soigneusement dressée par balancement et redressement vertical, le compagnon cueille au bout d’une canne une petite masse de cristal en fusion qu’il fixe à l’extrémité et au centre du pied. La pièce étant ainsi empontillée est refroidie à sa partie supérieure à l’aide de fers et détachée de la canne. La partie antérieure, déjà évasée, est alors réchauffée à l’ouvreau et ouverte à la pince et à la palette. Le bord en est régularisé, évasé à nouveau s’il y a lieu, et, enfin, la pièce est dépontillée et portée dans l’arche à recuire.
- Elle y séjourne pendant 24 heures environ, et s’y refroidit lentement, le cristal brusquement refroidi étant sujet à se.rompre.
- Le vase dont nous venons de suivre la fabrication dans tous ses détails est évidemment un vase de luxe, entièrement fabriqué à la main à un nombre d’exemplaires relativement restreint. Les pièces qui font partie, par exemple, d’un service de table, sauf dans quelques cas spéciaux, ne sont pas terminées entièrement à la main, et la machine intervient dans les dernières phases de leur fabrication.
- C’est ainsi, notamment, que les verres d’un même service, après qu’ils sont munis de leur pied, séparés de la canne, dépontillé's et recuits, doivent être coupés très régulièrement, à égale hauteur, à leur partie supérieure, qui a été laissée volontairement inachevée, et porte encore une partie cylindro-sphé-
- puis resserrés à l’aide de la pince, renferment toujours une bulle d’air, cette partie évidée de l’intérieur leur donnant un éclat plus vif.
- Mais il serait trop long de décrire toutes les . façons d’opérer mécaniquement, et il nous parait plus intéressant de suivre les différentes phases du travail à la main.
- Assis sur son banc, sur la bardelle ou bras duquel sont posés les outils dont il va se servir : pinces à ressort de différentes dimensions, ciseaux, planchettes, compas d’épaisseur, outils à tracer, gabarit de la pièce en cours de fabrication, l’ouvrier reçoit de son ferrotier ou compagnon verrier la canne au bout de laquelle, à l’ouvreau du four incandescent, il a cueilli la matière nécessaire. Après un premier soufflage, et à l’aide d’une planchette préalablement trempée dans l’eau pour éviter son inflammation, le verrier donne une première forme à cette paraison.
- Après, lorsqu’il en est besoin, réchauffage de la matière à l’ouvreau, il l’allonge et la modèle, en vue de l’obtention du vase de forme élancée qu’en l’espèce il s’agit de fabriquer.
- Lorsque cet allongement est suffisant, et après ramollissement du cristal à l’ouvreau, le verrier ébauche le pied à l’aide d’une pince, puis l’aplatit au moyen de la planchette et le découpe avec les ciseaux.
- ' Fig, 8...... .............
- Un magnifique spécimen de grand vase en cristal.
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- L’ILLUSION DES AMPUTÉS CHEZ LES FOURMIS
- rique provenant du soufflage à l’aide de la canne. 1
- Ces verres sont transportés dans un atelier voisin de la halle de fabrication où ils sont coupés à la hauteur voulue au moyen d’une flamme de gaz. Puis, la coupure, qui présente so.uvent des aspérités, est régularisée sur une meule à tailler. Enfin, le bord, encore rugueux après ces opérations, est rebrûlé et rendu poli par l’action d’une flamme de gaz.
- Le verre, en principe, est maintenant terminé. Mais ce n’est encore qu’un récipient sans aucun ornement, sans décoration, et sans très grande valeur. La taille, la gravure, et quelquefois la dorure, vont augmenter cette valeur.
- La taille, tout d’abord, peut transformer en admirables objets d’art les moindres pièces de cristal. Elle est confiée, à Saint-Louis, à de véritables artistes, formés à la cristallerie même où existent des cours de taille et de gravure, et se pratique, pour le dégrossissage, à l’aide dé roues de fer enduites de grès pulvérisé, puis de roues de pierre, et enfin, pour donner le poli, de roues de liège enduites de potée d’étain, la pièce étant présentée à la roue qui tourne à grande vitesse.
- Et c’est merveille de voir avec quelle précision les tailleurs de cristal, après avoir simplement tracé quelques points de repère sur l’objet à décorer, obtiennent ces facettes régulières et brillantes qui, à la lumière, projettent de tous côtés leurs feux éblouissants. C’est en sortant de leurs mains que le cristal est véritablement devenu un objet d’àrt.
- La gravure, qui se pratique au touret, permet également l’obtention de pièces d’une délicatesse exquise.
- Cette gravure, d’ailleurs, peut être combinée avec la taille pour donner plus de richesse encore aux belles productions de la cristallerie.
- Enfin, quelques pièces sont également dorées à l’aide d’un mélange d’essence de térébenthine, de borax et d’or obtenu par précipitation du chlorure d’or par le sulfate de fer.
- Cette pâte, appliquée au pinceau, donne après cuisson un dépôt d’or mat qui peut être bruni, c’est-à-dire rendu bri/lant, à l’aide d’un brunissoir en agate.
- Les divers objets que nous reproduisons d’après des photographies prises à la cristallerie donnent un aperçu de ce que l’on peut obtenir lorsqu’à la technique la plus parfaite s’allie le goût le plus délicat, et l’on s’explique, en les admirant, la réputation m’ondiale des produits de cette grande firme qui est si heureusement redevenue française. Si nous ajoutons que depuis quelques années les Cristalleries de Saint-Louis ont adjoint à leur fabrication la préparation de cristaux colorés dans la masse, genre Gallé, on appréciera davantage encore l’iiripor-tance que présente le retour à la France de cette grande manufacture où s’élaborent tant de chefs-d’œuvre divers et d’ün si puissant intérêt.
- Georges Lanorville.
- L’ILLUSION DES AMPUTÉS CHEZ LES FOURMIS
- Chez les fourmis, l’odorat occupe une place prépondérante et privilégiée : son rôle biologique comparé à celui des autres sens est de loin le plus important. Il est privilégié par le fait que les organes olfactifs sont extériorisés dans les antennes mobiles, ce qui permet aux fourmis (tout comme aux autres insectes) de relever de véritables caries géographiques odorantes. On peut se faire une idée approximative de cette faculté spéciale en s’imaginant que l’on possède un nez au bout des doigts : nous serions de cette façon capables de percevoir non seulement des qualités olfactives, mais également des formes d’odeurs. Cette combinaison de l’odorat et du sens spatial, anatomiquement déduite par Forel (*) et prouvée expérimentalement d’une façon indubitable par R. Brun (2),est appelée le sens lopochimirjue. Comme les fourmis sont avant tout des types olfactifs, c’est-à-dire que l’odorat est leur sens principal et qu’il existe beaucoup d’espèces aveugles, on peut
- 1. A. Foiikl. Bas sinnesleben (1er lnseklen, Munich, 1910.
- 2. R. Bkok. Ueber die Ursadien der Hüns-tliehen Allianzen bei den Ameisen, ein Problem der vergleiehenden Psychologie. III Inlcrn. Konyr. med. Psychol., Zurich, 1912.
- affirmer que l’espace, pour ces insectes, est d'ordre olfactif.
- Quelles sont maintenant les preuves que les fourmis sont avant tout des types olfactifs ?
- 11 y a deux grandes catégories de preuves d’observation et d’expérimentation, les unes directes et les autres indirectes. Parmi les premières, citons seulement la reconnaissance mutuelle de fourmis de même colonie, l’orientation sur piste et le développement prononcé des lobes olfactifs de leurs ganglions cérébraux.
- Et voici maintenant une preuve indirecte de notre assertion, c’est le soin qu’apportent les fourmis à la toilette des antennes.
- Ici il y a une corrélation étroite et suggestive entre les fonctions et l’organe. Sans insister sur la description détaillée de l’appareil de nettoyage, étudié soigneusement par Ch. Janet, nous rappelons brièvement les points essentiels que voici : ce sont les pattes antérieures qui portent* l’appareil de nettoyage, dit tibio tarsien (fig. 1). Il comporte un éperon garni de poils du côté tarsien (1). C’est le peigne. La partie opposée du tarse.est concave, adaptée à la forme cylindrique de l’antenne; elle
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- L’ILLUSION DES AMPUTÉS CHEZ LES FOURMIS
- est également garnie d’une rangée de poils, la brosse (2). Au moyen de ces charmants instruments, les fourmis font la toilette de leurs antennes, en les passant et repassant entre le peigne et la brosse
- Fig. i — Appareil de nettoyage.
- 1. Peigne de l’èperon; 2. Brosse tarsienne.
- (voir fig. 2). Il est surprenant de constater la multitude de ces opérations de nettoyage : elles y procèdent à tout bout de champ, même au milieu des combats ou parmi la plus vive agitation ! Cela prouve bien l’importance de leurs antennes, porteuses des organes olfactifs. Quand peigne et brosse sont à leur tour encrassés, les fourmis les nettoient au moyen des parties buccales.
- Quel est maintenant le mécanisme de ces mouvements de nettoyage? Est-ce un rythme spécial ? Ou bien un acte volontaire? Ou bien la réaction — simple réflexe — à une excitation extérieure ?
- C’est l’expérience qui résout ce petit problème de la physiologie des fourmis.
- Nous avons provoqué les mouvements de nettoyage en enduisant les antennes d’un liquide collant, même en les mouillant simplement.
- Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que l’amputation des antennes n’arrête pas les mouvements de nettoyage des pattes, mais qu’elle les provoque : la fourmi cherche à brosser les antennes disparues et agite les pattes à la hauteur de la tête sans plus les trouver. Il va sans dire que nous rejetons catégoriquement l’explication simpliste que ces mouvements sont l’expression de la douleur, du désespoir 1
- Ce phénomène curieux, observé chez les fourmis suivantes : Formica rufa, Formica pratènsis, Den-
- drolasius fuliginosus, etc., peut s’expliquer de la manière suivante :
- Les mouvements de nettoyage sont déclenchés par la diminution de l'intensité des sensations olfactives, résultant de V-encrassement des organes olfactifs. Ce sont donc des mouvements automatiques, des réflexes, par suite de leur caractère stéréotype, marquant la variation négative de l’intensité des excitations olfactives. Or, les réactions aux variations de l’intensité des excitants appartiennent à ce que l’on désigne depuis Jacques Loeb et Georges Bohn sous le nom générique de sensibilité différentielle. Par conséquent, les réflexes de nettoyage des fourmis sont des actes de la sensibilité différentielle.
- On pourrait objecter que cette explication de l’illusion des fourmis amputées est trop simple, il n’en est rien. Elle s’impose catégoriquement puisqu’elle permet d’expliquer intégralement tous les faits et gestes qui se rapportent au nettoyage. Le caractère forcé, critère de la sensibilité différentielle, ressort des observations suivantes : Pendant les combats, ou encore aux moments des plus grands désordres infligés à des fourmilières de Formica rufa; on voit des fourmis s’arrêter subitement pour procéder vite au nettoyage des antennes.
- D’autre part, des expériences curieuses de J.-S. Szymanski, qui a longuement et patiemment étudié les réflexes de nettoyage chez les insectes les plus variés, viennent à corroborer notre manière devoir. Ce savant remarque que les reflexes de nettoyage sont déclenchés par la narcose, le froid et le vide. Au moment où ces agents commencent leur effet, les fourmis répondent par les gestes connus du nettoyage des antennes ; la même chose se répète quand il y a un réveil des fonctions normales après la torpeur de la narcose. L’explication est aisée : au mo-
- Fourmi se nettoyant les antennes.
- big. 2.
- ment de l’engourdissement ou bien du réveil de la torpeur, l’insecte ne perçoit que des sensations olfactives mitigées, d’intensité amoindrie d’où la réaction stéréotype : nettoyage des antennes.
- PlOBERT StUMPER.
- Le Gérant : P Maspon — Imprimerie Laitue, 9, rue de Fleurus, à Pîirif.
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- LA NATURE — N° 2591 ~...-.v. .. 1er DÉCEMBRE 1923
- L’EXTRACTION DE L’HUILE DES PÉPINS DE RAISIN
- Le marc de raisin n’était guère utilisé chez nous, après le soutirage du vin, que pour en extraire le peu d’alcool dont il reste imprégné, ou pour servir de nourriture aux moutons, ou, enfin, pour fertiliser les champs. Or, on sait que les pépins qu’il renferme contiennent une huile qui n’est pas sans valeur.
- Ces temps derniers, des essais pour extraire cette huile, ont été faits par M. David-Gastu à la Coopérative La Catalane, filiale du Syndicat agricole départemental des Pyrénées-Orientales, avec le concours de M. Bonnet, directeur du service de l’Oléiculture à Marseille. Le marc des 600 adhérents de la distillerie était, jusqu’ici, simplement lavé méthodiquement avec de l’eau, pour en tirer l’alcool et l’acide tartrique restants. Puis, après dessiccation, on le brûlait et vendait, comme engrais, les 4 pour 100 de cendres qu’il laissait.
- Aujourd’hui, done, après le lavage,on sépare les pépins pour, en extraire l’huile. Quant au reste, partie ligneuse (rafle, peaux, etc.), il sert de combustible, mêlé à un peu de charbon, pour produire la vapeur d’eau dont on a besoin.
- Le séparateur de pépins, que l’on amène successivement devant chaque cuve à marc, peut traiter à l’heure 2000 kg de ce dernier, qui contient 70 à 75 pour 100 d’eau. Des griffes divisent la masse, et des cribles séparent rafle, peaux et pépins. Ceux-ci représentent 20 pour 100 delà masse totale. L'élévateur les déverse dans le distributeur, d’où ils tombent dans un appareil de séchage, qui comprend un séchoir supérieur, un blutteur et un séchoir inférieur. Chaque séchoir est constitué par une sorte de rigole de 9 m, à double paroi chauffée par de la vapeur. Deux passages des graines, poussées par une vis d’Archimède, dans ces deux conduits, sont nécessaires pour ramener leur taux d’humidité à 20-25 pour 100 au lieu 45 à 50. (Bientôt, l’adjonction de deux autres séchoirs dispensera de remonter la matière en tête.) .
- Les pépins ^ secs sont ensuite aplatis dans un
- broyeur, puis un élévateur les déverse dans Y extracteur à dissolvant. Cet appareil est muni de serpentins de chauffe et d’épuisement, de tubes de niveau, de soupapes de sûreté * etc.
- Quand il est plein de pépins, une pompe le remplit, par la partie inférieure, detrichlorure d’éthylène, le solvant de l’huile.
- Pendant 5 heures environ, on opère le lavage répété de la masse avec ce liquide renouvelé, qui passe, ensuite, dans le distillateur (dont le volume est moitié de celui de l’extracteur). Il est pourvu, comme ce dernier, de tubes de niveau, d’un serpentin de chauffe, etc.
- Quand l’extracteur a été vidé de son tri-chlorure gras, on interrompt la communication avec l’alambic.
- Celui-ci doit avoir ainsi reçu assez de liquide pour distiller et faire du vide.
- On lance, alors, la vapeur dans le serpentin, qui donne au milieu la température de 100°, le trichlorure bouillant à 86-87°. Ses vapeurs se rendent dans un réfrigérant à plusieurs éléments, où elles se condensent et s’écoulent dans un bac-réservoir spécial, où l’on puisera à nouveau du trichlorure frais, pour l’envoyer sur une nouvelle charge de pépins, dans l’extracteur. Quant à l’huile, elle est restée dans le distillateur. On l’amène dans un premier récipient où elle se sépare de l’eau qu’elle peut contenir, puis on l’envoie dans des cuves de conservation.
- Pendant ce temps, dans l’extracteur à pépins qui a été vidé du solvant gras, on lance de la vapeur d’eau, qui entraîne les dernières portions de trichlo-rure vers le réfrigérant. Là les deux sortes de vapeur se condensent et vont dans le bac à dissolvant.
- Le matériel comporte, aussi, un récupérateur de trichlorure. 11 est formé par un bac contenant de l’huile, dans laquelle viennent barboter les vapeurs non liquéfiées, pouvant contenir encore des traces de ce dernier.
- L’assèchement de la masse de pépins, épuisée, mais imprégnée encore de solvant, dure, noi-male-
- 22. — 557.
- Fis. i- Séparateur.
- C, C, cuves à marc; entre les deux, élévateur de marc ; au-dessous, le diviseur à grilles et les cribles; à gauche, les rafles et peaux; à droite, le wagonnet qui reçoit les pépins.
- 51' Anr4« — ?'
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- 338 :....L’EXTRACTION DE L’HUILE DES PÉPINS DE RAISIN
- Fig. 2. — Élévateur, séchoirs et broyeurs.
- c, élévateur à pépins; d, distributeur; séchoir supérieur ; ss, séchoir inférieur; h, broyeur; i, élévateur. Entre les deux séchoirs, tuyau du blutteur.
- ment, de 4 à 5 heures, c’est-à-dire qu’il faut H à 12 heures pour traiter 2400 à 2500 kg de matière.
- Dans toutes ces opérations, on cherche à employer le moins possible de trichlorure. Un épuisement complet des pépins n’est pas économique.
- Il vaut mieux traiter par jour quelques centaines de kg de ces derniers en plus.
- S’inspirant de ces données, on obtient par 100 kg, à la Catalane,
- 10 à 12 kg d’huile, en n’utilisant pas plus d’un demi-kilo de trichlorure d’éthylène ; les pépins contiennent encore 0,6 à 0,8 pour 100 de matière grasse.
- Ces derniers, après traitement, peuvent servir d’engrais. On leur a trouvé la composition suivante: azote, 0,94 à 2,1 pour 100 de matière sèche ; acide phosphorique, 0,57 à 0,72; potasse, 0,60 à 0,94. — matière pulvérulente du marc donné : Àz, près de 4 pour 100; acide phosphorique, près de J pour 100 ; potasse, 2,3. Des expériences culturales montreront, sans doute,
- que ces résidus divers ne sont pas négligeables.
- L’usine dont il est question ici a produit, dans une première campagne un peu écourtée, 45 000 kg d’huile de pépins, provenant de 400 000 kg de ces derniers secs (à 25 pour 100 d’humidité), et de 3 millions de kg de marc. Le prix de vente étant de 250 francs les 100 kg, la recette brute s’est chiffrée par 112 500 francs, auxquels il faut ajouter 15 000 fr, de tourteaux de pépins ou de pulpe, soit 127 500 fr.
- Les frais se détaillent ainsi :
- 16 hommes (8 de jour, 8 de nuit, dont 5 pour le séparateur) à 20 francs par jour — 320 francs, et pour les 100 jours de travail qu’exigent les 400000 kg de pépins, à raison de 4500 kg par jour, 32 000 francs; perte de solvant, 2000 kg à 2,5, 5000 francs ; charbon, électricité motrice, eau, divers, 15000 francs, soit un total général de 52 000 francs pour, nous l’avons vu, une recette brute de 127 500 francs.
- Si la fabrication avait pu commencer le leP janvier, ou mieux, dès la vinification terminée, au lieu du 15 avril, l’amortissement de l’installation aurait été réalisé dès la première année. On remarquera que n’entrent pas ici dans les frais, l’achat de la matière première, le marc, son transport à l’usine, etc. Mais n’oublions pas, dit M. Bonnet, à qui nous empruntons tous ces renseignements (*), qu’une pareille industrie a été envisagée, avant tout, sous la forme coopérative.
- Ajoutons que ce dernier, inventeur du procédé, a installé, aussi, une savonnerie coopérative à Perpignan, pour transformer en savons, l’huile de pépins de raisins.
- Anton w Bolet.
- Ingénieur agronome, Ecole pratique d’Antibes.
- 1. bulletin n° 6 de l’Office régional agricole du Midi.
- A droite, extracteur; caché par lui, le distillateur; à gauche, le réfrigérant ; contre le mur de gauche, la pompe qui monte le trichlorure du récipient souterrain et l’envoie dans l’extracteur.
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- RYTHMES LUNAIRES DE QUELQUES NÉRÉIDIENS
- Phases de Ja lune
- C • 1) © €
- La Nature ci publie, dans son nu 2587 du 3 novembre dernier, une description du Palolo ou ver-calendrier, d'après le mémoire récent de 31. Ch. Gravier, professeur, au Muséum National d'Histoire Naturelle. Ce dernier ci présenté le 12 novembre à l'Académie des Sciences la note suivante relative à quelques Annélicles des côles de France.
- De très curieux rythmes lunaires sont déjà connus chez divers animaux (‘). En ce qui concerne spécialement les Polychètes, trois espèces de Néréidiens ont été observées à ce point de vue : Platynereis Dumerilii Aud. et M. Edvv. à Naples, par Iiem-pelmann (2), Platynereis mega-lops (Verrill) et Nereis succinea Leuck. à Woods Idole, par Fr. R.
- Lillie et, E.-E.
- Just(3).
- Gravier (4), rappelant récemment ces observations, écrivait :
- « Il y a très proba blement, chez nombre de Polychètes de nos régions, surtout chez ceux qui présentent des phénomènes d’é-pigamie, une périodicité semblable, à l'étude de laquelle on ne s’est pas attaché jusqu’ici ».
- Les pêches à la lumière que nous avons commencées l’an dernier (3) et que nous avons reprises cette année dès la fin du mois d’avril nous permettent d’apporter les premiers faits relatifs aux rythmes lunaires des animaux de la côte atlantique française.
- Depuis la pleine lune du 30 avril jusqu'au début d’octobre dernier, il a été pêché au feu à chacun
- 1. Voir en particulier : H. Münro Fox. Lunar Periodicity in living Organisms. Cairo Scient. Journ., vol. XI, 1925, p. 45-56.
- 2. F. Hempelmann. Zur Xaturgeschichte von Nereis Dumerilii Aud. et Edw. Zoologica, Bel. XXV, 1911, p. 92.
- 5. Frank R. Lieue and E.-E.-Jüst. Brecdings Haleils of tire Heteronereis Form of Nereis limbala at Woods ilole* Mass. Biol. Bull., vol. XXIV, 1915, p. 147-169. — E.-E. .Tust. Breeding Habits of the Ileleronereid Form of Platijnereis megalops at "Woods Ilote, Mass, ld., vol. XXVII, 1914, n° 4.
- 4. Ch. Gravier. La ponte et l’incubation chez les Anné-lides polychètes. Ann. Soc. Hat. Zool.,\c série., t. VI, 1925, p. 155-248.
- 5. L. Fage et R. Legendre. La pèche à la lumière, moyen d’étude de la faune littorale. C. R. Ac. Sc., t. CLXXV, 11 décembre 1922, p. 1255-1257; Bull. Inst. Océanogr., n° 451, •25 août 1923.
- Dates des pêches à /a /umière.
- Fig. i: — Le rythme lunaire de Platynereis Dumerilii.
- des quatre quartiers de la lune, soit le jour même quand le temps le permettait, soit la veille ou le lendemain. La chaîne de nos observations est continue pendant ces six mois, sauf au premier quartier et à la pleine lune d’août et au premier quartiers de septembre, périodes de mauvais temps.
- Nos pêches avaient lieu à Concarneau en un point choisi entre le rocher d’Ar-Gazek et l’extrémité de la plage des bains, près de terre, par des fonds de 2 à 4 m., parsemés de sable, de zostéres et de roches à Laminaires. L’observation commençait une heure environ après le coucher du soleil et se poursuivait durant une heure et demie.
- Les statistiques de nos captures montrent pour
- divers animaux (notamment des . Cumacés) des va--nations de nombre synchrones des phases de la , lune;, cette rek:
- tion est particulièrement .nette pour plusieurs Néréidiens dont nous parlerons uniquement aujourd’hui. Quatre espèces de ces vers sont attirées par la lumière, à Concarneau : Platynereis Du-nierilii Aud. et M. Edw., Lepto-
- nereis glctuca Clap., Perinereis cultrifera Gr. et Nereis irrorata Malmgr. Seuls les individus épito-ques, complètement mûrs, prêts à abandonner leurs produits génitaux, viennent nager autour de la lanterne.
- Chaque espèce a dans ses apparitions un rythme propre que nous indiquerons brièvement,
- Platynereis Dumerilii. — Le 1er mai, lendemain de la pleine lune et le jour suivant, aucun individu n’est visible. Le 7 mai, jour du dernier quartier, beaucoup apparaissent et l’on peut prendre 5 femelles et:50 mâles. Le 17 mai, deux jours après la nouvelle lune, il n’en vient qu’un petit nombre, 1 femelle et 5 mâles sont capturés. Le 25 mai, jour du dernier, quartier, leur nombre est incalculable : la saison de reproduction commence et elle continuera jusqu’à la fin de septembre. Pendant tout ce temps, le rythme lunaire est parfaitement régulier : à la pleine lune, aucun individu visible; à la nouvelle lune, quelques-uns seulement ; au premier et au dernier quartier, des masses innombrables, atteignant peut-être, en août, un million ou plus. De plus, c’est à ces seuls quartiers qu’à la
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- L’ÉCLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- lumière de la lanterne, on assiste à la ponte, précédée d’une danse nuptiale fort curieuse.
- Nos constatations coïncident avec celles d’Hem-pelmann, en ce qui concerne la périodicité lunaire. Mais tandis qu’à Naples les essaimages ont été constamment observés le matin, avant le lever du jour, à Concarneau, aussi bien qu’à Banyuls, où ils avaient été vus dès 1909 par Racovitza et l’un de nous, ils apparaissent le soir, à la tombée de la nuit. Les plus tardifs se sont montrés à 25 h. 50 (Banyuls). Comme nous n’avons fait aucune pêche après 3 h., nous ne saurions dire s’il se produit un nouvel essaimage à l’aurore.
- Leptonereis glauca. — Les essaims de cette petite espèce se sont montrés au dernier quartier des lunes de mai, juin et surtout juillet : le nombre dés individus qui approchent de la lumière est toujours assez faible, comparé aux masses de P Dumerilii, et comme les deux apparitions ont lieu simultanément, nous n’avons pu observer la danse et la ponte, mais seulement dénombrer nos captures.
- Perinereis cultrifera. — Le 1er mai, lendemain de la pleine lune, et le jour isuivant, nous assistons à l’essaimage d’un très grand nombre d’individus (des milliers) qui se livrent à leur danse nuptiale suivie de l’émission des produits génitaux. Aucun n’apparaît plus le 7 mai, soir du dernier quartier, ni aux pêches suivantes. En attendant que d’autres observations pratiquées au début du printemps, nous renseignent plus complètement sur la saison
- L’ÉCLAIRAGE D
- L’accroissement rapide du nombre des véhicules automobiles, l’augmentation continuelle de la vitesse moyenne de ces véhicules, même de ceux de faible
- Diaphragme
- Fig. i.
- Éclairement d’un obstacle par une source lumineuse.
- puissance, ont rendu nécessaire l’établissement de. procédés d’éclairage spéciaux.
- Quel automobiliste n’a pas compris par expérience, en parcourant à toute vitesse une route obscure, la nécessité de phares excellents ? Quel conducteur aussi, sillonnant de nuit une des roules des environs de Paris, encombrée d’automobiles et de véhicules de toutes sortes, n’a pas été gêné par l'aveuglante lueur produite par les phares des voitures croisées en cours de route 7
- de reproduction de cette espèce, qui débuterait en avril d’après Fauvel, nous pouvons dire qu’elle finit en mai et que l’assaimage a lieu à la pleine lune.
- Nereis irrorata. — L’été dernier, nous avions capturé des Ileleronereis de cette espèce depuis le 29 juillet jusqu’au 20 septembre ; cette année, leur apparition date de notre pêche du 4 août; on en voyait encore en octobre. Bien qu’ayant assisté à la danse nuptiale et à la ponte, nous n’avons jamais observé d’individus nageant en assez grand nombre pour caractériser un essaimage périodique.
- Quelle explication donner de ces rythmes remarquables? Lillie et Just, ayant l’impression que tous les animaux mûrs d’une localité essaiment ensemble, ont supposé que les influences lunaires agissent principalement sur la maturation sexuelle; Hempel-mann avait pensé à des variations des conditions de nutrition liées aux variations lunaires des marées.
- Nous ne discuterons pas ces hypothèses, et n’en émettrons pas de nouvelles. Nous nous trouvons, il faut le reconnaître, en présence d’une grande classe de phénomènes encore trop peu étudiés pour qu’une explication générale puisse en être valablement proposée. Les faits nouveaux apportés ici et ceux que nous rappelons autorisent seulement à croire que l’essaimage des Néréidiens n'a pour cause immédiate, ni le jeu des marées, ni les variations d’intensité de la lumière lunaire.
- L. Fagg, et R. Legendke,
- Assistant au Muséum National. Directeur de Laboratoire
- à l’Ecole des Hautes-Etudes.
- ; AUTOMOBILES
- Comme on le voit, le problème de l’éclairage des automobiles est double. Il est d’abord nécessaire d’avoir des appareils d’éclairage puissants afin
- Fig. 2.
- Variations de l’éclairement.
- d’éclairer les aspérités du sol et d’éviter les obstacles, afin d’éclairer aussi les autres véhicules et les piétons se trouvant à une distance d’une centaine de mètres; distance pouvant sûrement permettre l’arrêt d’une automobile lancée à une vitesse moyenne et pas toujours munie de freins sur les roues avant.
- Il est non moins indispensable d’avoir des appareils à puissance réduite pour permettre l’éclairage, lorsque l’automobile circule dans une ville, et de'
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- L’ÉCLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- pouvoir régler à volonté et instantanément l’intensité du faisceau lumineux émis par les phares, ou tout moins d’avoir des appareils évitant « l’éblouissement » des piétons ou des conducteurs des autres automobiles rencontrées.
- Ces questions sont d’un intérêt primordial, non seulement pour la sécurité des automobilistes, mais encore pour celle de tous les voyageurs de la route ; c’est donc avec raison que les pouvoirs publics ont décidé de les réglementer.
- Le nouveau Code de la route du 51 décembre 1922 (l) comporte un article 24, relatif spécialement à l’éclairage des automobiles; nous le citons ci-après ;
- Art. 24. — Tout véhicule automobile, autre ;que la motocyclette, doit être muni, dès la chute du jour, à l’avant de deux lanternes à feu blanc et à l’arrière d’une lanterne à feu rouge placée à gauche.
- Pour la motocyclette, l’éclairage peut être réduit soit à un feu visible de l’avant et de l’arrière, soit même, quand un appareil à surface réfléchissante rouge est établi à l’arrière, à un feu visible de l’avant seulement.
- En rase campagne, tout véhicule marchant à une vitesse supérieure à 20 km à l’heure devra porter au moins un appareil supplémentaire ayant une puissance suffisante pour éclairer la route à 100 mètres en avant et dont le faisceau lumineux sera réglé de manière à n’être pas aveuglant pour les autres usagers de la route. L’emploi de ces appareils est interdit à la traversée des agglomérations dans les voies pourvues d’un éclairage public.
- Le Ministre des travaux publics détermine par arrêté les spécifications auxquelles doivent répondre les dispositifs d’éclairage des automobiles pour satisfaire aux prescriptions de l’alinéa qui précède. Il approuve les types
- des dispositifs qui sont reconnus répondre à ces prescriptions.
- Dès la chute du jour, les, automobiles isolées doivent être munies d’un dispositif lumineux capable de rendre lisible le numéro inscrit sur la plaque arrière. et dont
- 1. Chiron éditeur, 40, rue de Seine, Paris.
- l’apposition est prescrite par l’article 27 du présent règlement. Dans le cas de véhicules remorqués par un automobile, ce dispositif d’éclairage ainsi que le feu
- rouge d’arrière doivent être reportés à l’arrière de la dernière remorque qui doit également porter le numéro du véhicule tracteur, conformément à l’article 52 ci-après.
- Le délai d’application des prescriptions du présent article aux véhicules en service lors de la promulgation du présent règleftient est fixé par l’article 60 ci-après (1).
- Ces prescriptions ont été complétées par un arrêté ministériel du 28 juillet 1925, également reproduit ci-après :
- Article premier. — Les appareils d’éclairage qui seront appliqués aux véhicules automobiles à partir du lor juin 1924, devront, en ce qui concerne les dispositifs prévus aux paragraphes 5 et 4 de l’article 24 du décret du 51 décembre 1922 (Code de la Route), satisfaire aux conditions prescrites par le présent arrêté.
- Art. 2. — Le projecteur ou l’ensemble des projecteurs employés doit avoir une puissance suffisante pour éclairer la route à 100 mètres. En aucun cas, abstraction faite des circonstances où l’éclairage devra être réduit au moyen des dispositifs indiqués aux articles 5 et 4 ci-après, l’intensité lumineuse apparente du ou desdits projecteurs ne doit être inférieure à celle que produirait, sur un écran vertical placé à 100 mètres de distance, un éclairement de 5 centièmes de lux.
- Art. 5. — Dans le cas d’appareils utilisant le pouvoir éclairant d’une ou de plusieurs flammes, un dispositif doit permettre de réduire instantanément l’éclairage, soit en diminuant l’intensité des flammes, soit en les occultant par rapport au système optique, soit de toute autre manière équivalente.
- Art. 4. — Dans le cas d’appareils électriques ou assimilés, le système d’éclairage doit être disposé de manière à permettre de supprimer l’éblouissement pour les
- 1. Jusqu’au 1er juin 1924.
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- Fig. 5. — Types de projecteurs pivotants.
- Un projecteur électrique. — Un projecteur à acétylène.
- usagers de la roule, tout en projetant sur le sol, à 25 m. environ en avant du véhicule, un faisceau lumineux dont les rayons ne dépassent pas en hauteur, pour toute répartition de la charge clu véhicule placé sur une route horizontale, le plan parallèle à la route et distant de 1 m. 40 de celle-ci. Toutefois, sont tolérées au-dessus de ce plan les émissions lumineuses provenant de sources dont l’éclat intrinsèque ne dépasse pas une bougie et demie par centimètre carré. '
- Les conditions spécifiées au présent article peuvent être réalisées, soit au moyen d’un projecteur unique convenablement disposé à cet effet, soit au moyen de plusieurs appareils employés simultanément ou non, pourvu que le passage d’un éclairage à l’autre ait lieu sans aucune interruption.
- Sont assimilés aux appareils électriques ceux dans lesquels l’incandescence est due au pouvoir calorifique d’une flamme peu éclairante par elle-même.
- Art. 5. — Les appareils produisant l’éclairage réduit peuvent être utilisés pour remplir l’office des feux blancs d’avant visés aux paragraphes 1er et 2 de Varticle 24 du décret du 31 dééembre 1922, pourvu qu’ils l’emplissent à ce point de vue toutes les conditions réglementaires et sauf les interdictions qui pourraient être édictées par l’autorité locale en ce qui concerne des voies où l’éclairage public assure un éclairement moyen au sol d’au moins deux dixièmes de lux.
- Art. 6. — Lorsque l’éclairage réduit est produit par un seul projecteur, celui-ci doit être disposé de manière à éclairer en particulier le côté droit de 'la route.'
- Si l’éclairage plein est produit par un seul projecteur, celui-ci est placé à gauche ou dans t’axe du véhicule.
- Art. 7. —La vitesse du véhicule doit être ralentie dans toutes les circonstances où le conducteur passe de l’éclairage plein a l’éclairage réduit.
- Tout véhicule dont les dispositifs spéciaux d’éclairage ne répondraient pas ou cesseraient de répondre aux conditions fixées par le présent arrêté, devra,
- Fig. 6.
- pour circuler la nuit, sous le couvert des feux de position gui font l'objet des dispositions des paragraphes 1 et 2 de l’article 24 du décrel du 51 décembre 1922, réduire sa vitesse à 20 km h l’heure au. maximum, ainsi que l’exigent les prescriptions du décret précité.
- Fait à Paris, le 28 juillet 1923.
- Yves Le Trocqüer.
- Cet arrêté, on le voit, contient des précisions formelles sur les systèmes d’éclairage à employer, ses articles 2, 4 et 5 font même appel à des notions techniques de photomélrie qu’il convient de rappeler sommairement.
- Considérons une source lumineuse S envoyant sur un écran un faisceau de rayons (fig. 1); après avoir traversé un diaphragme, ces rayons viennent frapper l’écran où ils dessinent une tache lumineuse I. Nous pouvons nous apercevoir de l’existence de cette
- tache par les rayons diffusés vers notre œil par l’écran ; et, selon l’impression plus ou moins vive que nous éprouvons en la regardant, nous disons que l’obstacle est plus ou moins éclairé.
- Il nous est assez difficile d’apprécier l’égalité ou l’inégalité des éclairements de deux surfaces diffusantes de natures différentes ; par contre nous pouvons juger de l’égalité d’éclairement de deux surfaces planes identiques placées l’une près de l’autre et éclairées par des lumières de même coloration.
- Lorsque deux sources lumineuses de même coloration, de même surface, placées à une même distance d’un écran, dans les mêmes conditions, produisent des éclairements égaux, on dit que leurs intensités sont égales ; et puisqu’on peut comparer deux intensités, on en déduit que l’intensité d’une
- Une installation électrique d’automobile (type Blériot).
- -L*// ï
- 1 ï 4 îvVf'-
- Fig. 7.
- Ampoule à incandescence àpartie argentée et marche des rayons lumineux dans un phare muni de cette ampoule.
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- L’ÉCLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- 343
- source lumineuse est une grandeur mesurable. On peut comparer les intensités de deux sources lumineuses au moyen d’un photomètre, dont il existe plusieurs modèles, les plus connus étant ceux de Foucault et de Bunsen.
- Les éclairemenls des deux surfaces égales, éclairées par deux sources placées à la même distance (fig. 2), sont proportionnels aux intensités de ces sources. L’éclairement varie donc en fonction du foyer éclairant, il varie également en raison inverse du carré d de la distance de l’écran à la source et en fonction de l’inclinaison a des rayons lumineux sur la normale à l’écran.
- Ces quelques notions indiquées, énumérons maintenant les unités employées en photométrie et qui sont indiquées explicitement dans les documents cités plus haut.
- En 1881, le Congrès des électriciens adopta comme unité absolue d’intensité, l’intensité, dans une direction'normale, d’un centimètre carré de la surface d’un bain de platine à sa température de fusion (1700°).
- Cet étalon Violle fut remplacé en 1889 comme u-nité pratique par la bougie décimale qui vaut 1 /20e de l’étalon Violle.
- L’éclat d’une source, dont il est parlé à l’article 4 de l’arrêté, est exprimé par le même nombre que l’intensité d’un centimètre carré de cette source, donc également en bougies.
- L’unité pratique d'éclairement est l'éclairement normal produit par une bougie décimale à un mètre de distance ; on l’appelait autrefois bougie-mètre, on lui donne maintenant le nom de lux (article 2 de l’arrêté). Par exemple, pour pouvoir lire sans fatigue, il faut que l’éclairement du papier soit de 20 lux.
- Signalons à ce propos un petit appareil pratique dénommé luxmètre (fig. 3),'et permettant, d’après le principe du photomètre de Bunsen, une mesure rapide des éclairements.
- Tjes termes employés dans les arrêtés ministériels
- Fig. q.
- Une bouteille d’acétylène dissous. A droite, coupe du robinet.
- Fig. io. — Générateur d’acétylène à carbure de calcium, avec réservoir d’eau supérieur.
- étant ainsi, suffisamment expliqués, nous allons maintenant étudier la réalisation pratique des moyens d’éclairage prescrits.
- L’éclairage des automobiles, lors de la circulation de ville, est très facile à obtenir. Deux lanternes électriques, à essence ou à acétylène, sont placées en avant ; une autre à l’arrière sert de feu de position et éclaire le numéro d’immatriculation. Quelquefois aussi une petite ampoule électrique de faible puissance, se trouvant à l’intérieur du phare de route, sert pour l’éclairage de ville.
- L’éclairage des voitures sur route doit être très puissant pour remplir les prescriptions du code de la route.
- Il est réalisé généralement par deux phares, de forme plus ou moins ovoïde (fig. 4), fixés à l’avant de la voiture sur des ferrures supportées par les ailes ou les mains de châssis.
- Dans les voitures puissantes, un troisième projecteur, fixé latéralement sur un support pivotant (fig. 5), peut être adjoint et éclairer un côté de la route ou être dirigé au gré du conducteur.
- Les seules sources lumineuses employées actuellement dans ces phares sont les ampoules électriques à incandescence et les brûleurs à acétylène ou oxy-acétylène.
- Les ampoules électriques sont des petites ampoules survoltées ordinaires, comme celles des appareils de projection, avec un filament métallique très court ; elles sont alimentées sous 6 ou 12 volts et! consomment quelques ampères. Le courant nécessaire est fourni par la dynamo de la voiture, actionnée par le moteur, avec batterie d’accumulateurs « en tampon » et conjoncteur-disjoncteur automatique. Les ampoules ont une intensité de 50 à 100 bougies (fig. 6).
- La source lumineuse est placée dans les phares aux environs du foyer d’un réflecteur, argenté ou doré, de formé plus"ou"'moins”parabolique, et on règle sa position au moyen d’un support coulissant généralement prévu.
- Matière poreuse
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- L’ÉCLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- 1/ a tf commande! Veilleuse gauche deBowden )
- Fig. ii. — Commande d’une veilleuse Magondaux pour phares à acétylène.
- (Le bouton de commande est placé sur le tableau.)
- On peut aussi employer des ampoules dont une partie est argentée (fîg. 7). Tous les rayons lumineux sont ainsi renvoyés vers le réflecteur.
- Avec les installations électriques courantes, il n’y a en tout cas aucune difficulté pour obtenir l’éclairage j prescrit par les arrêtés. j
- Que l’éclairage à acétylène maintenant soit obtenu j par un bec ordinaire ou par un brûleur aéro-acéty- | lénique (fig. 8), dans lequel la flamme porte à l’incandescence une pastille en terre réfractaire, les projecteurs ainsi alimentés sont toujours très puissants et peuvent même donner des résultats supérieurs à ceux des projecteurs électriques courants.
- I/alimentation en acétylène est généralement assurée actuellement par une bouteille d’acétylène
- Fig. 12.
- Commande simple d’une veilleuse sur une installation à acétylène B. R. C.
- dissous dans l’acétone (fig. 9) ; on emploie désor-i mais rarement les générateurs à carbure de calcium | (fig. 10)
- Fig. i3. — Projecteur muni d’un écran à lames mobiles commandé par un câble Bowden.
- Fig. 14 — Phare électrique avec ampoule ve1 lieuse.
- Éclairage réduit et éclairage de route réalisés en allumant seulement la veilleuse ou le brûleur ordinaire.
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- L ECLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- Fig. i5.
- Coupe d'un support pivotant.
- Fig. 16. — Effet des phares pivotants au moment d’un croisement et dans un virage.
- Il nous reste maintenant à étudier les moyens permettant de se conformer aux prescriptions des arrêtés en ce qui concerne Y éblouissement ; moyens très divers, nous allons le voir, et dont l’ingéniosité fait honneur aux constructeurs français.
- Quelles sont donc les causes de l’éblouissement des piétons ou des conducteurs de véhicules croisés? Elles sont au nombre de deux, semble-t-il: 1° Vision directe de la source lumineuse brillante ; 2° Rayons venant frapper perpendiculairement les yeux de l’observateur.
- Pour y remédier on peut donc atténuer l’éclat
- de la source lumineuse ou dévier momentanément le faisceau lumineux.
- Les moyens de réaliser ces phénomènes sont spéciaux aux phares à acétylène ou électriques, ou bien peuvent s’appliquer à ces deux genres d’appareils.
- Les phares à acétylène peuvent comporter tout simplement une veilleuse (fig. 11 et 12) qui servira comme feu de ville. La manœuvre d’un bouton placé sur le tablier de l’automobile permettra immédiatement de passer d’un mode d’éclairage à l’autre et d’éteindre les phares au moment du croisement d’un autre véhicule.
- Fig. i? àl ig.
- a. Verre spécial taillé •< Neblouipa » (système Bausch et Lamb); b, c. Marche des rayons lumineux dans le phare muni du verre taillé « Neblouipa «.'Coupes verticale et horizontale dit phare (les rayons sont étalés dans le sens horizontal) d,'e. Effets produits sur route, latéralement et de [face, par les verres taillés.
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- L ÉCLAIRAGE DES AUTOMOBILES
- On peut aussi munir le projecteur d’un écran à lames mobiles commandé par un « flexible » Bowden (fig. 13) ou d’un verre spécial, comme nous le verrons.
- Examinons maintenant les très nombreuses solu-
- Fila ment
- auxiliaire
- miroir''
- auxiliaire
- miroir
- Fig. 21. — Ampoule à 2 filaments et phare réflecteur muni de cette ampoule.
- tions présentées par les phares électriques ou communes aux deux systèmes de phares.
- Le moyen le plus simple consiste à éteindre, au moyen d’un interrupteur, les ampoules à forte puissance au moment du croisement et à laisser seule-
- Fig. 22. — Diffuseurs à bandes de soie-
- ment en fonctionnement les petites ampoules d’éclairage de ville.
- On peut aussi, au moment du croisement, intercaler, dans le circuit des ampoules de phares, une résistance en graphite réglable (système S. E. Y.) qui porte le filament au rouge sombre et le met en état de veille.
- Une solution asspz originale (fig. 13) consiste à employer des supports de phare pivotants, dont la rotation est commandée par un flexible ; la manette de ce flexible est fixée à portée de là main du conducteur. Au moment d’un croisement on dirige vers la droite le faisceau lumineux des phares et on peut également éclairer les endroits dangereux d’un virage (fig. 16).
- Une solution simple consiste aussi à employer, soit une glace de phare taillée spécialement qui dévie les rayons vers le bas (fig. 17, 18 et 19), soit un écran diffuseur réglable "Sont il existe de nombreux exemplaires (fig. 22).
- On peut aussi employer une ampoule de phare à deux filaments, l’un servant pour l’éclairage de route normal, l’autre étant mis en contact au moment d’un croisement. Ce deuxième filament est placé au-dessus d’un miroir et, après réflexion dans le miroir normal du phare, les rayons lumineux produits sont déviés vers le bas (fig. 21).
- Enfin le miroir réflecteur du phare peut être mobile et commandé par un système éleetromagné-
- Fig 23. — Phare muni d'un miroir oscillant (vue en plan, par l’arrière et coupe).
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- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE VIRGINIE (ÉTATS-UNIS)
- tique (fig. 25). Au moment d’un croisement, le miroir est dévié de sa position et renvoie les rayons vers
- le sol.
- On voit par cette étude des quelques procédés ingénieux imaginés par les constructeurs, pour se conformer aux préceptes salutaires du code de la route, que les automobilistes peuvent avec facilité
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- équiper leurs voitures en vue des randonnées nocturne®. Nous espérons seulement dans cet article leur avoir signalé à la fois la nécessité de songer au problème de l’éclairage sur route et aussi des détails encore peu connus sur la manière de le résoudre.
- L. Maurice.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE VIRGINIE (ÉTATS-UNIS)
- Les lecteurs de La Nature connaissent les rapides progrès de l’électrification des chemins de fer en France. Ce mouvement, né quelques années avant
- mission officielle émanant du Ministère des Travaux Publics.
- Cette Commission a examiné les divers systèmes
- Fig. i. — Carte du Virginian Railway.
- la guerre, a pris une vive extension après la fin des hostilités.
- On a compris, en effet, après les leçons de la guerre, la nécessité d’utiliser au maximum les ressources d’énergie hydraulique dont dispose notre territoire; cette considération a pesé d’un grand poids à côté des avantages propres à la traction électrique. Les chemins de fer du Midi ont donc poursuivi énergiquement leur politique d’électrification, inaugurée avant la guerre et disposeront bientôt d’un vaste réseau électrifié. L’Orléans commence à son tour d’importants travaux et le P.-L.-M. suit plus timidement.
- Le choix du système de traction à adopter, et qui doit être le même sur tous nos réseaux, a fait l’objet de longues études, entreprises par une Com-
- en usage en Europe, et surtout aux Etats-Unis, ce pays est, en effet, celui où la traction électrique s’est le plus développée et qui possède, par suite, l’expérience la plus complète. La Commission fit aux États-Unis un long voyage d’études, et examina sur place les conditions d’exploitation des grandes lignes électrifiées;1'elle put ainsi comparer les deux systèmes qui là-bas luttent l’un contre l’autre : la traction par courant continu haute tension et la traction par courant alternatif monophasé. ^
- Elle conclut en faveur du premier système qui fut, en conséquence, adopté pour l’électrification du réseau français. Les chemins de fer du Midi qui avaient commencé, avant la guerre, leur électrification en alternatif monophasé, modifièrent leurs
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- plans pour adopter la traction en courant continu.
- Nous ne reprendrons pas ici l’exposé des arguments qui plaident en faveur de l’un ou de l’autre système.
- Nous rappellerons seulement que la traction en courant continu a pour elle la simplicité et la souplesse de fonctionnement des moteurs, et’ qu’elle ne trouble pas les lignes télégraphiques ou téléphoniques voisines ; par contre le courant continu se prête mal au transport de l’énergie à grande distance : celui-ci doit toujours s’effectuer au moyen
- crée, dans le téléphone et le télégraphe, des perturbations graves qui ne paraissent pouvoir être évitées qu’au prix de coûteux travaux.
- Ces graves défauts, et l’exemple du chemin de fer américain de Saint-Paul-Milwaukee ont donc fait pencher en France la balance en faveur du courant continu, à l’exclusion du monophasé.
- Il est curieux et intéressant de constater que, aux États-Unis même, on n’est pas arrivé à des conclusions aussi catégoriques.
- En effet, la seule électrification nouvelle et impor-
- Fig. 2. — Le type de locomotive adopté pour l’électrification du Yirginian Railway. La machine a une puissance de 6000 chevaux.
- du courant alternatif et l’on est obligé de construire le long de la ligne de nombreuses sous-stations de transformations qui représentent des installations assez complexes et coûteuses; le courant alternatif se prête beaucoup mieux et beaucoup plus économiquement au transport à grande distance; de simples transformateurs statiques permettent, aux endroits voulus, d’abaisser la tension du courant jusqu’à la valeur nécessaire pour l’alimentation des locomotives.
- Mais les moteurs sont plus lourds que les moteurs à courant continu; ils exigent une fréquence de courant basse qui n’est pas la fréquence adoptée pour les grands transports industriels, ce qui crée un obstacle à l’interconnexion entre les réseaux alimentant la voie ferrée et les grands réseaux d’intérêt général. Enfin le courant alternatif
- tante de voie ferrée entreprise depuis la guerre, va s’effectuer en courant alternatif monophasé ; à vrai dire, comme nous le verrons plus loin, le système employé n’est pas le monophasé pur, mais une combinaison dite monotriphasée qui évite un certain nombre des inconvénients signalés plus haut et qui n’était pas encore parfaitement au point en 1919 lorsque la France dut faire son choix.
- Il s’agit du Virginian Railway ; voie ferrée de 340 kilomètres de long, qui à travers les monts Àlleghanys, relie à la mer les charbonnages de la Virginie Occidentale.
- Cette ligne part de Deepwater, traverse les riches régions houillères de Pochantas et New-River, et aboutit à la ville de Norfolk à l’embouchure de la rivière James.
- Elle a à faire face principalement à un intense
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- trafic de charbon ; dans ce but elle est équipée avec d’énormes wagons, de plus de 100 tonnes, groupés en trains gigantesques de 8000 tonnes que remorquent de puissantes locomotives Mallet, de poids et de dimensions inconnus en France.
- Le trafic du charbon entre Mullens et Norfolk atteint aujourd’hui 7 millions de tonnes par an; il s’effectue sur la pente occidentale ascendante des Monts Alleghanys, au moyen de trains de 5500 t., se succédant à raison de 7 par heure environ; sur la pente orientale descendante, et jusqu’à la mer le trafic s’effectue par convoi de 8000 tonnes.
- Le but de l’électrification, ici comme sur toutes les lignes accidentées à grand trafic, est d’augmen-
- passe ensuite dans des convertisseurs de phase qui le transforment en courant triphasé, alimentant des moteurs d’induction.
- Le système de traction est donc une combinaison du monophasé et du triphasé. Les moteurs d’induction à courant triphasé ont l’avantage, sur les moteurs à courant monophasé, d’être d’une construction simple, robuste, sans collecteurs.
- Les moteurs employés ont des rotors bobinés et des rhéostats de réglage à liquide insérés dans les circuits secondaires.
- Les arbres des moteurs sont reliés, chacun à un arbre intermédiaire au moyen d’engrenages ; ces arbres intermédiaires entraînent les roues de la locomotive au moyen de bielles et de manivelles. Il
- Fig. 3. — Le type de locomotive géante Mallet que les locomotives électriques remplacent
- sur le Virginian Railway.
- ter encore le poids, la vitesse et le nombre des convois ; tout en abaissant le coût de la force motrice et les frais généraux d’exploitation.
- On escompte, qu’après électrification, le Yirgi-nian Railway aura doublé sa capacité actuelle de transport.
- Les trains seront de 6000 tonnes sur les pentes ouest avec une vitesse moyenne de 22 km à l’heure et de 9000 tonnes sur les pentes est, avec une vitesse moyenne de 44 km. à l’heure.
- La dépense entraînée par cette électrification est de 15 millions de dollars, soit plus de 225 millions de francs.
- L’installation est faite par la Westinghouse Electric and Mfg C°.
- Le courant employé est, comme nous l’avons dit, le courant monophasé avec ligne aérienne. La locomotive prélève sur cette ligne au moyen d’un trolley pantographe un courant de il 000 volts; des transformateurs placés sur la locomotive transforment ce courant en un courant de bas voltage, il
- y a sur chaque locomotive 6 moteurs, entraînant chacun deux essieux moteurs couplés.
- Un des grands avantages de ce système est de permettre dans les descentes le freinage du convoi par les moteurs électriques eux-mêmes qui fonctionnent alors comme génératrices et restituent du courant à la ligne.
- La locomotive pèse environ 600 tonnes dont 450 de poids adhérent; elle développe une puissance de 5115 chev. à la vitesse de 22 km à l’heure et de 3970 chev. à la vitesse de 45 km.
- Le courant électrique nécessaire au service de la ligne sera fourni par une station centrale à vapeur de 50 000 kilowatts, construite vers le milieu de la ligne.
- Elle produira du courant monophasé à 88 000 volts qui sera de place en place abaissé à 11 000 volts au moyen de transformateurs. C’est ce courant à 11 000 volts qui alimente la ligne du trolley.
- Lloyd Jacquet.
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- =.-,. rr^~
- LA HOUILLE BLANCHE DANS L’INDE
- Les installations hydre-électriques de la Tata Power Supply Company.
- L’industrie européenne a réalisé, depuis quelque années, dans les colonies africaines et asiatiques, de nombreux travaux d’une importance, considérable et qui, rivalisant avec les plus remarquables qu’avaient pu exécuter dans ces régions les civilisations de l’antiquité, semblent devoir assurer à bref délai le réveil de ces pays trop longtemps assoupis.
- Au premier rang des ouvrages destinés ainsi à rendre aux terres déchues de l’Asie leur prospérité primitive il convient de mentionner tout spécialement les divers travaux qui ont élé mis à exécution dans les Indes britanniques et, parmi ces ouvrages, une place marquée appartient aux belles installations de la Tata Ilydro-Electric Power Supply Company.
- Ces installations ont pour objet d’utiliser et de régulariser les eaux que déversent vers la Mer d’Oman les cours d’eau torrentiels qui descendent des Ghates Occidentales, sur l’étroite bande de terre, d’environ 70 km de largeur, que délimitent, parallèlement à la côte, les hauteurs successives de celte chaîne montagneuse, de Surate à Goa.
- L’altitude moyenne des Ghàtes, entre ces deux localités, est de 700 à 800 m. ; de la fin de mai jusqu’au milieu de septembre, ces montagnes, en arrêtant les vents humides qui soufflent de l’Océan Indien, déterminent, sur le littoral, des pluies abondantes, représentant une précipitation annuelle de 7000 mm dans la partie montagneuse même et de 5000 mm au pied de celle-ci.
- Pour la région comprise entre les Ghates et la côte, de Surate à Goa, on peut donc évaluer à 200 millards de mr\ la quantité d’eau qui tombe annuellement du ciel et retourne à l’Océan; en supposant, pour les cours d’eau, une hauteur moyenne de chute d’une centaine de mètres, cela représente une puissance de 10 millions de chevaux au moins.
- Il y a quelques années, un notable du pays, du nom de Tata, conçut le projet d’établir une série de barrages pour collecter les eaux et les employer à la production de l’énergie électrique, puis, cette première utilisation faite, de les accumuler dans un grand bassin, de façon à en disposer pour assurer les besoins de la culture rizière le long du littoral.
- Cette deuxième partie du projet présentait un intérêt considérable, car à défaut d’eau, la terre se trouve complètement desséchée de décembre à juin
- et il n’est possible d’y faire qu’une seule ré-colte, tandis qu’en accumulant les eaux et en les distribuant pendant la période des sécheresses, une seconde récolte devient aisée.
- Quant à la production de l’énergie électrique, il suffit de jeter un regard sur la carte pour se rendre compte de ce qu’elle avait également une portée pratique immédiate ; elle devait permettre de desservir la ville de Bombay et ses environs, avec ses tramways, ses chemins de fer et ses nombreuses usines de filature et de tissage de la laine.
- Tata mourut avant d’avoir pu réaliser son projet; mais son idée fut reprise ; une société, au capital de 75 millions, fut créée pour la mettre 'a exécution, ainsi qu’une filiale qui s’occupe d’électrifier et de tenir en état les fabriques de la région.
- La Société en question, la Tata Hydro-Electric Power Supply Compagy, a établi, au moyen de 4 barrages, 5 bassins-réservojrs : les lacs de Lo-nawla, AAalwhan et de Shirawta; ce dernier est le plus grand; le barrage y a 2500 m. de longueur, 28,0 m. de hauteur et 17,1 m. d’épaisseur à la base et 5 m. au sommet ; la contenance est de 200 millions de mr> et le niveau des eaux est à 654 m.
- Le lac de Shirawta est relié au Walwhan par un tunnel de 1500 m, et celui-ci est relié au château d’eau de l’usine par un canal à ciel ouvert, vers le milieu duquel débouche le canal venant du lac Lonawla ; la longueur totale des deux canaux est
- Ligne de
- transmission j/ers Bombay
- Khopoii
- \L/sine)dè Khopo/f ,
- Wa/what
- Chat eau deaü&
- Barrai
- leKar/a
- Lac \ .onawla *
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- ARNAUD DE GRAMONT
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- de 7 km; la contenance totale de l’installation est de 500 millions de mètres cubes.
- Du château d’eau part une conduite force'e de 5950 m; l’usine se trouve à 90 m. d’altitude, de telle sorte que la hauteur de la chute disponible est d’environ 525 m; la conduite forcée est formée dans sa première partie, sur une longueur de 2700 m., d’un tube en tôle rivée de 2 m.de diamètre, après quoi elle se partage en 5 conduites, formées de tubes en fer étiré, sans soudure; le diamètre de ces conduites est de 1 m. 20 au départ et il va en rétrécissant jusqu’à 0,8 m., à l’usine, 15 points d’ancrage, sur bâtis en béton armé, sont disposés le long de la conduite.
- L’usine est établie au village de lvhopoli; elle possède actuellement 5 groupes principaux de 15 750 chevaux chacun et 2 groupes d’excitation, de 965 chevaux ; 5 groupes principaux supplémentaires pourront être installés ultérieurement, ce qui donnera une puissance totale installée de 110 000 chevaux, non compris les machines d’excitation.
- Chaque groupe principal est constitué par une roue Pelton, fonctionnant à 500 tours par minute et ab.-orbaut 2 m3 5 d’eau par seconde, et un alternateur triphasé de 10000 kv-a, 5000/6000 v., 50 périodes; à raison de la chaleur du climat, ces générateurs sont établis pour pouvoir supporter des températures élevées et ils sont entièrement blindés avec une réfrigération par circulation d’air spéciale.
- Les groupes d’excitation sont formés chacun d’une roue Pelton de 965 chevaux, 60 tours par minute, absorbant 0,2 m3 par seconde, et. d’une dynamo compound, à pôles de commutation, de 750 kw., 210 v.; l’installation se complète par les accessoires usuels et notamment par une petite batterie d’accumulateurs.
- L’énergie produite sous 5000-6000 volts par les générateurs principaux est portée à 100 000 volts, pour la transmission, au moyen de groupes de 5 transformateurs monophasés montés en étoile ; séparés du côté primaire, les transformateurs travaillent, du côté secondaire, sur des barres collectrices à 100 000 volts, que protègent des para-foudres à aluminium.
- De Khopoli à Bombay, la distance est de 75 km ; la ligne de transmission est double ; elle est portée par des mâts en treillis, à l’intervention d’isolateurs de suspension ; un tronçon spécialement intéressant de cette ligne est celui qui, sur 5 pylônes de 60 m. de hauteur, franchit le bras de mer séparant Bombay de la péninsule même; la chute de tension en ligne est d’environ 12 pour 100.
- A l’arrivée, la tension est donc de 88000 volts environ, elle est réduite dans la sous-station réceptrice, à 6600 volts ; l’énergie est ensuite distribuée au moyen de câbles aux différentes installations réceptrices; en règle générale, les usines de filature et de tissage employant des moteurs triphasés à commutateur fonctionnant sous 2000 volts; ces installations, de même que les installations de transmission et de production, fonctionnant depuis quelque temps déjà, ont donné les meilleurs résultats.
- On comprend que l’exécution a présenté des difficultés considérables et variées; le transport et le montage des groupes principaux, en particulier, ont exigé des mesures toutes spéciales; c’est ainsi que, pour les alternateurs, dont le poids est de 150 tonnes et ou le rotor seul pèse 67 tonnes, il a fallu fractionner les machines en parties ne dépassant pas 52 tonnes, ce qui a entraîné un montage sur place très laborieux.
- Henri Marchand.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1923.
- La météorite de Saint-Sauveur. — La communication de MM. Mengaud et Mourié est consacrée à une magnifique pièce, du poids de fi kg et d’un volume de 5600 cm5, tombée du ciel le 10 juillet 1011. De forme irrégulière, elle est revêtue d’une croule vitreuse et noirâtre qui porte des concavités en forme d’empreintes de doigts dans la terre glaise. Sa composition sera établie par M. A, Lacroix.
- Le mode d'acldm des freins d’avant et d’arrière. — La note de M. A. Pelot montre, au sujet des automobiles, ce qu’on peut attendre des freins d’arrière et d’avant, quels que soient les dispositifs mis en œuvre, et elle met en lumière l’intérêt qu’il y aurait à déterminer, pour toute voiture? le rayun de giration par rapport à la verticale du centre de gravité.
- Paul B.
- ARNAUD DE GRAMONT
- La science française vient de faire une nouvelle perte en.la personne du comte Arnaud de Gramont, décédé le 51 oclobre dernier à l’âge de 62 ans.
- Nous reproduisons ci-dessous l’éloge de ce savant,
- prononcé par M. A. Haller à la séance du 5 novembre de l’Académie des Sciences.
- « Après s’être essayé à la synthèse organique et à la reproduction artificielle de quelques minéraux et avoir publié, en collaboration avec son maître
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- ARNAUD DE GRAMONT
- Friedel, un travail sur la pyroélectri'cité de la scole-zite, notre regretté confrère s’est spécialisé dans la spectroscopie. Il y a rapidement atteint une maîtrise et une renommée que justifiaient les méthodes nouvelles imaginées et les beaux résultats obtenus.
- Le premier, M. de Gramont a reconnu que l’étincelle de décharge d’un condensateur électrostatique, beaucoup plus lumineuse, plus courte et plus large que celle de la bobine, fournit, en éclatant à la surface d’un composé, un spectre complexe où tous les éléments constitutifs du composé sont libérés et donnent, chacun indépe ndam-ment, leur spectre de lignes individuel.
- L’ensemble du speclre ainsi pm-duil, que l’auteur appelle spectre de dissociation, est la simple superposition des spectres de lignes des éléments composants.
- En supprimant la condensation, on fait disparaître complètement les spectres des métalloïdes, et l’on n’a plus que quelques raies brillantes des métaux.
- Étudiée d’abord dans la partie visible du spectre, cette méthode générale d’investigation fut étendue plus tard, par les procédés photographiques, à toute la région ultraviolette que l’air n’arrête pas. Appliquée à l’étude des spectres d’un grand nombre de minéraux conducteurs, elle le fut aussi à la détermination du spectre des sels fondus et des composés non conducteurs en suspension dans ces derniers.
- M. de Gramont a complété cette œuvre capitale par un ensemble de recherches sur les spectres d’étincelles des liquides sans raies d’électrodes; sur
- l’application, selon la méthode imaginée par MM. Schuster et Hemsalech, de la self-induction aux spectres de dissociation; sur les spectres de bandes du silicium et du phosphore (en collaboration avec M. de Watteville).
- On lui doit également de nombreuses études sur les raies ultimes; sur la répartition de ces raies dans le spectre des diverses régions du soleil et dans les spectres stellaires; sur la dispersion et la
- construction des spectroscopes; sur l’emploi du chalumeau oxy-acétylénique en spectroscopie.
- La précision apportée dans les mesures effectuées par M. de Gramont a permis d’entrevoir leur application à l’analyse spectrale quantitative et aussi au contrôle des corps servant à la détermination des poids atomiques.
- Cette œuvre, poursuivie avec une inlassable activité pendant plus de 30 ans, a fait de son auteur le digne successeur des Salet et Lecocq de Boisbaudran, et l’a mis au premier rang des spectrosco-pistes contemporains.
- Elle est magistralement résumée dans la deuxième partie d’un traité sur le point de paraître, et qui a pour titre Analyse spectrale appliquée aux recherches de Chimie minérale, où notre confrère, associant son nom à celui de Lecocq de Boisbaudran, a voulu rendre un pieux hommage au savant illustre auquel nous devons la découverte du gallium.
- La mort de M. de Gramont laissera, au cœur de tous ses amis et de tous ceux qui l’ont connu, le souvenir d’un galant homme, à l’esprit généreux et profondément dévoué à la science et à son pays. »
- Arnaud de Gramont.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleuras, 9, Paris.
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- LA NATURE — N° 2592
- 8 DÉCEMBRE 1923
- J.-H. FABRE
- Il y aura juste cent ans, le 23 décembre prochain, que naquit à Saint-Léons, pauvre .village aveyron-nais, à quelques lieues de Millau, celui qui devait devenir un des plus grands observateurs de la Nature dont puisse se glorifier notre pays.
- Issu d’une longue lignée de petits cultivateurs faisant valoir, sur ces plateaux déserts et en grande partie incultes, au milieu des buis, des genévriers et des pins sylvestres, un maigre bien, il manifesta de bonne heure sa vocation et son propre exemple est une des plus belles illustrations de cette thèse qu’il s’est employé à développer si magnifiquement,' à savoir que le génie chez l’homme, de même que l’instinct chez l’animal, n’ont rien à voir avec l’hérédité ou l’atavisme, que leur apparition est pareillement spontanée et que dans toutes les créatures « l’Esprit souffle où il veut ».
- *
- * *
- Après quelques années au collège /..//. Fabre.
- de Rodez, où il
- est admis en quelque sorte par charité, il se voit tout à coup livré complètement à lui-même à la suite de désastres successifs survenus dans la situation de ses parents, et c’est au prix des plus rudes privations que, tout seul et sans aide, il affronte un concours pour l’obtention d’une bourse à l’Ecole primaire supérieure d’Avignon où, reçu d’emblée le premier, il continue à se livrer avec une indéfectible ardeur à l’étude solitaire, rude école qui laisse aux lèvres « un mélange d’amertume et de douceur », mais qui est en même temps si propice à l’originalité.
- A sa sortie, il devient instituteur primaire à Gar-
- pentras aux appointements de 700 francs par an. Près d’un demi-siècle plus tard, c’est encore par ce chiffre dérisoire que débuteront ses humbles collègues avant l’amélioration si longtemps attendue de leur sort. Ce fut d’ailleurs pour lui une existence fort pénible, mais l’amour du travail le soutenait malgré tout dans cette carrière où il entrait,
- « carrière bien ' décevante, écrit-
- il alors, mais une des plus nobles, une de celles qui conviennent le mieux à un coeur élevé », magnifique hommage dont pourront se pénétrer et se souvenir tous les instituteurs de France.
- Toujours tout seul « avec un laboratoire impossible, ouvrage de sa façon », il entreprend d’étudier la physique et la chimie, ce qui lui permit de conquérir ses deux licences mathématique et physique et de solliciter un poste un peu plus relevé et il est envoyé en Corse comme professeur de physique au Collège d’Ajaccio. Il y passe sept années, dans une perpétuelle ivresse, tant il est séduit par la luxuriance et la beauté de cette terre enchanteresse.
- Il y fait la rencontre inopinée de Moquin-Tan-dous, savant professeur Toulousain, qui, (n un tour de main, l’initie 'à la zoologie. Puis il revient au Lycée d’Avignon où s’achèvera sa carrière universitaire.
- Un soir ses yeux tombent par hasard sur une captivante étude de Léon Dufour, grand médecin naturaliste qui vivait et observait au fond des Landes et le voilà définitivement orienté vers cette entomologie biologique, qu’il va créer pour ainsi
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- dire de loutes pièces et qu’il considérera désormais comme la seule qui puisse apporter une contribution véritable à l’étude des Instincts, aussi bien qu’à la solution d’une infinité de problèmes de la vie.
- Il se met alors à publier de savants mémoires qui le révèlent brusquement à l’attention du monde scientifique. Victor Duruy, à qui revient le mérite de l’avoir tout le premier apprécié et deviné, vient le voir à Avignon, le charge d’organiser les cours d’enseignement secondaire des jeunes filles qu’il vient d’instituer et Fabre apporte dans cette tâche une ardeur nouvelle, tant la passion de l’enseignement le possède et l’élreint, aussi bien que le goût enthousiaste de la recherche.
- Alors il commence à écrire ces admirables livres classiques qui ont été dans toutes les mains des générations d’élèves qui se sont succédé pendant plus de quarante ans et qui resteront des modèles inégalés d’exposition et de clarté. Quelques-uns, entre autres, comme la Bûche, la Plante et le Ciel, la plus limpide de toutes les Astronomies populaires, sont de véritables chefs-d’œuvre qu’on ne se lasse pas de savourer et de relire.
- * *
- Cependant, désolé de ne pouvoir se consacrer davantage à ses études de la Nature, auxquelles il voudrait pouvoir se vouer tout entier, il finit par démissionner, se retire d’abord à Orange, puis il se rend acquéreur,*dans un village tout proche, à Seri-gnan, d’une petite propriété abandonnée, qu’il embellit de toutes sortes de plantes et d’arbustes pour y attirer les insectes et que ses travaux ont rendue célèbre dans tout l’univers.
- C’est là, en effet, dans cet « Harmas », qui appartient aujourd’hui à l’État, qu’a été élaborée, pendant trente ans, une des œuvres les plus parfai tes et les plus durables de notre époque, ces Souvenirs ento-moloyiques qui constituent à la fois les plus admirables documents que nous possédions sur la Psychologie des Bêtes, dont Fabre doit être considéré comme le véritable initiateur, et la plus étourdissante des épopées animales. Leur plus grand attrait ce sont les merveilles des Instincts, d’une diversité si étonnante et si riche et c’est d’y voir poindre, particulièrement dans la splendide histoire, des Bousiers, les [rudiments et comme là naissance de l’intelligence, cette merveille des merveilles.
- *
- * *
- Cependant il n’était connu du public et des auteurs d’encyclopédies, avant les fêtes jubilaires qui furent organisées en son honneur, il y a une douzaine d’années à peine, que comme professeur et auteur d’ouvrages de science et de vulgarisation. Son œuvre la plus sérieuse, celle qui vivra éternellement, comme tout ce qui est fondé uniquement sur la vérité et l’observation exacte, n’était connue et appréciée que d’une élite.
- Encore aujourd’hui, on ne fait que commencer à s’en pénétrer et à la lire et ce ne sera pas un des moindres avantages des manifestations éclatantes qui se préparent pour commémorer son centenaire que d’attirer encore déplus près sur ce grand Français l’attention et la reconnaissance de tous ceux que passionnent les énigmes de la Nature et le spectacle merveilleux de la Vie.
- Dr G.-V. L'iîgiios.
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- La Conférence Hydrographique Internationale, tenue à Londres en 1919, avait chargé le Bureau Hydrographique International, sis à Monaco, d’étudier la question de la délimitation précise des mers et des océans.
- La question est plus difficile et complexe qu’on ne pense. Bien que la mer appartienne à tous et que, comme le disait Leibnitz, l’Océan soit tout d’une pièce, il est nécessaire pratiquement de la fragmenter en portions bien définies : océans d’abord, mers intérieures ensuite. Le géographe a son avis à ce sujet, l’océanographe a le sien qui n’est pas toujours le même; l’hydrographe et le navigateur ont le leur aussi et demandent notamment qu’on raccorde les cartes marines et les instructions nautiques établies dans les divers États. Actuellement, c’est l’anarchie : certaines côtes sont indiquées sur les documents de deux pays qui ne donnent pas
- forcément les mêmes indications pratiques, d’autres sont totalement oubliées. "
- Comme le dit M. Vallaux, dans la Géographie, « c’est seulement au xvme siècle, lorsque les noms actuels des différentes parties de l’Océan s’imposèrent, que l’on essaya de délimiter ces parties sur la carte. Fleurieu fut le premier qui songea à se servir des lignes astronomiques, tropiques et cercles polaires. Ces derniers surtout paraissaient utiles, lis furent adoptés, en 1845, par la Commission réunie à Londres et présidée par sir Boderick Murchison. On les choisit pour' séparer les océans Arctique et Antarctique des trois autres. Mais dans le sens des méridiens, aucune démarcation naturelle ne se présentait entre les océans Atlantique, Indien et Pacifique. On se décida pour les prolongements en longitude du cap des Aiguilles, du cap sud de Tasmanie et du cap Horn.
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- Les limites des océans et des mers, proposées par le Bureau Hydrographique International de Monaco.
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- Le choix des cercles polaires souleva des critiques que Petermann exprimait dès 1850, et qui depuis ont été reprises par beaucoup d’autres jusqu’à Ivrümmel et Gehrard Schott. II est évident qu’en tant que limites marines, les cercles polaires n’ont aucune signification. Les caractères généraux de la mer demeurent les mêmes des deux côtés des cercles. On peut trouver pour les Océans polaires des définitions physiques d’ensemble (densité des eaux, courants, glaces de dérive), qui les opposent nettement aux autres Océans. Mais où sont les démarcations? Pas aux cercles, à coup sûr.
- D’autre part, les progrès des connaissances géographiques dans l'hémisphère austral nous conduisent à ce résultat grotesque que si l’Océan antarctique est limité au cercle, il cesse à peu près d’exister. Car la lisière du continent antarctique est fort proche du cercle, sur presque tout le pourtour austral.
- Un travail de révision s’impose donc à la fois pour donner aux divers océans des limites plus raisonnables et pour qu’après entente internationale, les documents nautiques soient établis par les divers états d’une façon plus coordonnée.
- Se plaçant surtout au point de vue hydrographique, s’occupant avant tout des besoins de la navigation, le Bureau Hydrographique International vient, après une consciencieuse étude, de proposer aux services hydrographiques de tous les états associés les délimitations suivantes, qu’on trouvera reportées sur le planisphère (fig. 1).
- Limites générales des Océans. — Entre les Océans Arctique et Atlantique, le parallèle de latitude 60° N.
- De Y Océan Antarctique, le parallèle de 60° S. Entre les Océans Atlantique et Indien, le méridien du Cap Agulhas.
- Entre les Océans Indien et Pacifique, le méridien de South Cape, Tasmanie.
- Entre les Océans Pacifique et Atlantique, le méridien du Cap Horn.
- Entre les flcéans Atlantique Nord et Sud, une ligne entre le Cap Palmas (Libérie) et Cap Orange (Brésil).
- Entre les Océans Pacifique Nord et Sud, l’Équateur. Les Iles des Groupes Gilbert et Galapagos qui sont au Nord de l’Equateur font cependant partie de VOcéan Pacifique du Sud.
- Entre Y Océan Arctique et la Mer du Nord, dans les environs du parallèle de l’extrémité Nord des Iles Shetland.
- Entre Y Océan Arctique et la Mer de Behring, le parallèle du Cap Unikin, c’est-à-dire le Cercle Polaire Arctique. r /y...,".
- Limites précises des meris et Océans. — (Les numéros renvoient à ceux de la carte.)
- 1. Golfe de Bothnie : limite Sud au 60e parallèle N.
- 2. Golfe de Finlande : limite Ouest passant par Dirham Point, en Esthônie (59° 13' lat. N), Pile I
- d’Odensholm et le S.-W. de Ilango Head, en Finlande (22° 54' long. E.). •
- 3. Golfe de Riga : limite Ouest, passant par Lyser Ort, en Latvie (57° 34’ lat. N.), le S. de l’île Osel, Toffri Point, le S.-W. deDagô et Dirham Point, en Esthônie.
- 4. Mer Baltique : limites Ouest passant par le Petit Belt, le Grand Belt, le Guldborg Sund et le Sund, en des points précis.
- 5. Kattegat : limite Nord entre Skagen, à la pointe nord du Danemark et l’Ue Tjôrn, sur la côte Scandinave.
- 6. Skaggerrak : limites Ouest entre Ilanstholm (Danemark) et Lindesnes (Norvège).
- 7. Mer du Nord : limite Nord de l’île norvégienne Bonglevaer à l’île Mainland, du groupe des Shetland ; limite Nord-Ouest de la pointe Sud des îles Shetland à Dunnet Head, en Ecosse; limite Sud entre le phare de Walde, en France, et Leathercoat Point, en Angleterre.
- 8. Mers fermées de la côte Occidentale d'Ecosse : limite Nord et Ouest du Cap Wrath, en Ecosse, au S.-W- des Hébrides, puis à Bloody Foreland, en Irlande, en laissant les côtes W. des îles principales à l’Atlantique et tous les détroits, chenaux, îles intérieures à la mer fermée.
- 9. Mer d'Irlande : limite Sud du point Carnsore, en Irlande, au point Wooltack, dans le Pays de Galles.
- 10. Canal de Bristol : limite de Trevox Head, en Cornouailles, à la côte de Galles, en passant par les Smallo.
- U. Manche:: limite Ouest entre Lands End, à la pointe du pays de Galles et Lédènes, à l’Est l’Oues-. sant, sur la côte bretonne, en passant par les Sorlingues.-
- 12. Golfe de Gascogne : limite de Lédènes, en Bretagne) au Cap Ortegal, en Espagne.
- 13. Océan Arctique : limites Sud entre le Labrador et la Norvège, le 60e parallèle, sauf la pointe du Groenland et dans la région de la Mer du Nord; entre le Sibérie et l’Alaska, le Cercle Polaire Arctique.
- 14. Océan Atlantique Nord : limite Sud entre Cap Palmas (Liberia) et Cap Orange (Brésil) le long du parallèle 4° 25'N.
- 15. Golfe du Saint-Laurent : limites Est du Cap Saint-Charles, en Labrador, à la pointe de Terre-Neuve et du S.-W. de Morgan Island, au Sud de Terre-Neuve à Cap Breton, Red Point et le Cap Canso, aux Etats-Unis.
- 16. Golfe du Mexique : limites Sud du phare du Cap Catoche, en Floride, au phare du Cap San-Antonio, à Cuba et de Dry Tortugas, à Cuba, à Key West, en Yucatan.
- 17. Mer des Antilles : limite Est passant par les îles Haïti, Porlo-Rico, les Petites Antilles, la Trinité, jusqu’à Baja Point, en Venezuela.
- 18. Mer Méditerranée : limite occidentale au détroit de Gibraltar, entre le Cap Trafalgar et le Cap Spartel.
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- 19. Mer Tyrrhénienne : limite Nord entre la pointe San-Pietro, sur la côte italienne et le Cap Corse, en Corse, par les îles Palmaria, Tino et Tinetto; limite Ouest entre le Cap Feno, en Corse, et le Cap Testa, en Sardaigne ; limite Sud entre le Cap Teulada, en Sardaigne et le Cap Lilibeo, en Sicile.
- 20. Mer Adriatique : limite Sud du Cap Santa Maria de Leuca, en Italie, à l’embouehure de la rivière Botrinto, en Albanie, en passant par Corfou.
- 21. L'Archipel : limite Nord, dans les Dardanelles, entre Kum Kale et le Cap llelles ; limite Sud du Cap Santa-Maria, en Morée, au Cap Aspro, en Asie Mineure, en passant par les îles Cithère, Anti-cithère, la Crète, Rhodes.
- 22. Mer de Marmara : limite Nord entre le Cap Rumili et le Cap Anatoli.
- 23. Mer Noire : limite Nord entre le Cap Takil et le Cap Panaghia, dans le Détroit de Iverlch.
- 24. Mer d'Azov.
- 25. Océan Atlantique Sud : limite Ouest suivant le méridien 68° 2T W. de la Patagonie à la Terre de Feu, puis le méridien du Cap Ilorn de la Terre de Feu au parallèle de 60° S. ; limite Est au méridien du Cap Agulhas (Afrique du Sud) jusqu’au parallèle de 60° S.
- 26. Golfe de Suez : de Suez à une ligne allant de Ras-Muhammed, en Arabie, à Shadwan Island et au parallèle de 27°27' N., en Afrique.
- 27. Golfe d'Akaha : de Ras el Fasma en File Requin jusqu’à la côte de la presqu’île du Sinaï.
- 28. Mer Rouge : limite Sud entre Hussein Murad et Ràs Siyan, au Nord d’Aden.
- 29. Golfe d'Aden : limite Est. de Ràs Nus, en Arabie à la pointe E. de Sokotra; limite Sud-Est du S.-E. de Sokotra au Cap Gardafui.
- 50. Mer d'Arabie : limite Sud au parallèle de RàsRedresa, au S.-E. de Sokotra (15° 35'N.).
- 51. Golfe d'Oman : limite Sud entre Ràs al Iladd, à l’Est de l’Arabie et Ràs Jiyùni, sur la côte de l’Inde britannique.
- 32. Golfe Persique : limite Sud entre Ràs Lima, en Arabie et Ràs al K ut, en Perse.
- 53. Océan Indien : limite Sud au parallèle de
- LES SYSTÈMES AUTOMATIQUES
- Mesurer avec exactitude des vitesses ou des temps correspondant à des épreuves sportives n’est pas chose aisée, — qu’il s’agisse de coureurs ou de cyclistes, d’automobilistes, d’aviateurs ou même de simples chevaux ! Les chronométreurs chargés de remplir officiellement cette délicate fonction sur les stades, les vélodromes, les circuits automobiles ou les champs d’aviation doivent non seulement posséder des montres munies d’un bulletin de première classe de l’Observatoire de Besançon ou de Neuf-châtel, mais un système nerveux parfaitement équi-
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- 60° S., jusqu’au méridien de South Cape (Tasmanie).
- 34. Baie du Bengale : limite Sud de Calimere Point, dans l’Inde, à Landy Point dans la petite île Andaman.
- 55. Mer de Birmanie : limite Ouest du Cap Negrais, en Birmanie, à travers les îles Andaman, les îles Nicobar jusqu’à Oedjong Raja (Sumatra); limite Sud entre Pedropunt, à Sumatra, et Lem Voalan, en Siam.
- 56. Grand Archipel d'Asie : les mers comprises entre Sumatra, Java, le Cap Bouganville, en Australie, le détroit de Torrès, la Nouvelle-Guinée, les Philippines, Bornéo.
- 57. Mer de Chine) Mers (Entre les Philippines,
- 58. Mer de l'Est > de 5 Formose, l’Archipel
- 39. Mer Jaune ) Chine ( Japon et la Corée.
- 40. Mer du Japon : limite orientale passant par le Japon et Sakhaline.
- 41. Mer d’Okhotsk . de Noshappu Saki, dans l’ile d’Hokushu, par les îles Kouriles, au Cap Lopatka, au S. du Kamtchatka
- 42. Mer de Behring : limite nord au cercle polaire arctique; limite Sud passant par le Cap Kamtchatka, les îles Komandorski, les îles Aléou-tiennes jusqu’à Kabuch Point (Alaska).
- 43. Océan Pacifique Nord : limite Sud à l’équateur, sauf les îles Gilbert et Galapagos.
- 44. Golfe de Californie : limite Sud entre la pointe sud de la Basse Californie et la Piastla Point, au Mexique.
- 45. Mer de Tasman : entre l’Australie, Elizabeth Reef, Three Kings Islands, la Nouvelle-Zélande, le parallèle de 48° 03' S., le méridien de South Cape (Tasmanie), la Tasmanie, le détroit de Bass.
- 46. Mer du Corail : à l’Est de l’Australie par la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle Calédonie, l’île des Pins, le récif Elizabeth.
- 47. Océan Pacifique Sud : entre l’équateur, plus les îles Gilbert et Galapagos, et le 60e parallèle S.
- 48. Océan Antarctique : au Sud du 60e parallèle.
- Telle est la nouvelle division des océans et des
- mers proposée aux services hydrographiques des différents pays pour mettre de l’ordre dans les documents nautiques. A. B.
- DE CHRONOMÉTRAGE SPORTIF
- libre. 11 leur faut, en effet, opérer avec une déconcertante rapidité et une sûreté de coup d’œil vraiment surprenante. Pour nous rendre compte du sang-froid de ces professionnels, regardons, par exemple, un d’entre eux prendre les temps dans un vélodrome dont la piste mesure 250 m de long. Là, les coureurs mettent environ douze à quinze secondes pour couvrir un tour de piste et une épreuve de 100 km représente 400 lois le circuit.
- Aussitôt donc que le starter a donné le signal du départ, le chronométreur déclanche son chrono-
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- graphe de haute précision muni d’un compteur de minutes et d’une aiguille rattrapante, qu’un mécanisme de commande spéciale lui permet d’arrêter, puis de libérer de façon à pouvoir noter une série d’observations successives. Il lui faut à chaque tour de piste, autrement dit en moins d’une quinzaine de secondes et tout en suivant les péripéties de la course, regarder le cadran pour y lire le temps, inscrire un chiffre sur un carnet et reclencher son chronographe. Il doit, d’autre part, se rendre compte du classement respectif des divers coureurs, qui se dépassent souvent, l’un l’autre, au cours de, l’épreuve.
- D’ailleurs, en examinant les choses de plus près,
- enregistrer 949 tours de piste, il dut arrêter et reclencher ensuite autant de fois l’aiguille de son chronographe, puis enregistrer sur son papier 949 passages successifs des concurrents devant lui.
- Jusqu’à une époque toute récente, on chronométrait d’une manière analogue les courses de chevaux, d’automobiles et d’avions, mais on tente aujourd’hui de remplacer les hommes qui, malgré l’impeccable fonctionnement de leurs réflexes nerveux, sont sujets à se tromper, par des systèmes automatiques destinés à éviter les contestations qui se pro duisent parfois au cours des épreuves sportives.
- Les inventeurs ont cherché à résoudre le problème en s’adressant à la photographie, à la cinémalo-
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- Fig. i. — Schéma de l’installation èlcctrophotographique Branger.
- A, B et A', B', appareil? photographiques fonctionnant automatiquement et en synchronisme quand le poitrail du premier cheval heurte un fil tendu sur la piste; C, C', objectifs photographiques à main se découvrant seulement sur l’intervention
- d’un opérateur.
- on voit que la seule manœuvre du chronographe exige des aptitudes remarquables et une dextérité sans pareille. Sitôt le coup de revolver tiré par le starter, le chronométreur appuie sur le bouton du remontoir et les deux aiguilles des secondes se mettent en marche immédiatement. Puis quand le premier coureur arrive devant le poste de chronométrage, le préposé, après avoir pressé un autre bouton qui arrête la dédoublante, lit alors le temps (minutes, secondes et cinquièmes), l’inscrit sur son calepin et appuie à nouveau sur le même bouton afin que l’aiguille dédoublée tout à l’heure rattrape celle qui a toujours continué son mouvement sans s’arrêter un seul instant tout comme le chronométreur dont les gestes précédents se répètent jusqu’à la fin de la course.
- La rapidité avec laquelle opèrent certains de ces spécialistes semble même invraisemblable. Ainsi l’un des « as » de la corporation resta un jour d’hiver à son poste pendant 6 heures consécutives et pour
- I graphie ou à des moyens purement mécaniques.
- M. Maurice-Louis Branger, excellent reporter-photographe, a naturellement emprunté les principaux éléments de sa méthode d’enregistrement à l’art de Daguerre. Son dispositif, expérimenté avec succès sur le champ de courses de Maisons-Laffitte durant l’été dernier, fonctionnera sans doute sur d’autres hippodromes français dès le printemps prochain. Depuis les premiers essais, l’appareil électrophotographique Branger a subi divers perfectionnements et nous décrirons le nouveau modèle, dont notre confrère a bien voulu nous réserver la primeur. Yoici en principe, l’économie générale de son original procédé, qui comporte deux stations photographiques (schéma 1) installées de chaque côté de la piste, à une hauteur de 7 à 8 m. au-dessus du sol. L’un de ces postes surmonte la cabine du juge, l’autre s’élève en face, près du poteau d’arrivée. Chacun des deux groupes comprend trois chambres photographiques (fig. 2), reproduisant
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- exactement au centre de leurs plaques de format 15 X 18, une droite tracée en noir sur la cabine du juge et sur le poteau d’arrivée. [Jn trait marqué sur chaque cliché sert à repérer cette ligne que représente, sur chaque appareil, un fil noir tendu verticalement un peu en avant du verre dépoli. Somme toute, le repère de la plaque, le fil de la chambre et le fil d’arrivée doivent se correspondre dans la visée. D’autre part, on tend à travers la piste un fil de coton, dont la teinte verdâtre se confond avec l’herbe de la pelouse. Ce fil s’enroule d’un côté sur un moulinet et son extrémité libre aboutit à un commutateur électrique constitué par deux lames flexibles distantes de moins d’un millimètre ; au moment précis où le poitrail du cheval le frôle, il subit avant de se rompre un excès de tension amenant le contact des deux lames fermant le circuit. Un courant actionne alors un électroaimant (fig. 5), qui, par l’intermédiaire d’une bielle réglable, provoque synchroniquement le déclic des obturateurs A, B et À', B' (schéma I). Ce déclanchement automatique s’accomplit à une vitesse de 1 /2000e de seconde environ. Les deux groupes d’appareils mis en action, étant à foyers différents, donnent les uns une netteté absolue de 5 m à 50 m et un léger flou au delà, les autres fournissent des
- Fig. 3.— Les systèmes de déclanchement des obturateurs de l’appareil électrophotographique Branger.
- (En haut, déclanchement à main; au-dessus, une- bielle réglable, qui assure le déclanchement automatique dès deux obturateurs, grâce à l’électro-aimant sis à droite.)
- Fig. 2. — Vue d’ensemble d’un des appareils électrophotographiques Branger.
- (Il comprend i chambres photographiques 'superposées. On voit à gauche leurs systèmes de déclanchement, à droite leurs objectifs.)
- images parfaites de 20 m à l’infini et moins bonnes, quoique fort acceptables, de 5 m à 50 m. Grâce à ces combinaisons d’objectifs et comme la largeur des pistes oscille d’ordinaire entre 40 et 60 m, tout cheval passant à n’importe quelle distance de la corde et quelle que soit son allure viendra se peindre avec netteté sur la plaque de l’un des appareils.
- En outre, comme le courant électrique débouche les 4 objectifs au même moment et à une vitesse identique, les chevaux — plus forts que Pierre Petit — opèrent non seulement eux-mêmes, mais réussissent leurs 4 images sous deux angles différents et à la même fraction de seconde. Sur ces 4 clichés, la position de l’animal dont le nez coupe le premier la ligne d’arrivée (fig. 4 et 5) se trouve parfaitement enregistrée ainsi que les places res peclives de ses concurrents. Quant aux troisièmes appareils G, G' (schéma 1), indépendants des groupes automatiques de chaque station, ils se manœuvrent à la main (fig. 6). L’homme se tenant au-dessus de la cabine du juge les commande synchroniquement, grâce à des fils électriques qui les relient l’un à l’autre et ils servent à photographier le peloton des chevaux placés, quand une distance notable les sépare du gagnant. Le juge peut avoir, entre les mains, les 4 clichés des appareils autophotographiques deux minutes environ après la rupture du fil
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- tendu au travers de la piste et au bout de 6 minutes, il reçoit si besoin est, des positifs agrandis afin d’appuyer- sa décision sur d’indiscutables documents.
- Actuellement M. Brangér étudie un dispositif de chronorriétrage électrique, qu’il se propose d’adjoindre à un des postes ci-dessus décrits. Cette installation comprend un - cadran d’environ 2 m de diamètre portant 100 divisions et qu’une aiguille trotteuse, actionnée par un moteur, parcourt en une seconde. Au départ de la course, un courant électrique met en marche'cette aiguille, juste au moment précis du signal donné par le coup de pisto-
- Comme organe principal, l’appareil (fig. 8) comprend un rouage actionné par un moteur électrique entraînant, à vitesse constante, un cylindre sur lequel est enroulée une feuille de papier. Devant ce tambour, un petit électro-aimant peut se déplacer et son armature porte un style, qui trace sur ladite feuille une ligne continue, image fidèle de ses mouvements. Entraîné par une tige filetée, l’électro se meut lentement et quand son armature est immobile il laisse un trait hélicoïdal sur le papier recouvrant le cylindre. On enlève alors la feuille et en la développant, on voit qu’elle présente un réseau de
- Fig. .4. — L’arrivée, des chevaux photographiée automatiquement avec l’appareil Branger installé au-dessus'de la cabine du juge [hippodrome de Maisons-Laffitte). v
- let du starter et le fil de déclanchement provoque l’arrêt instantané de ladite aiguille dès' qu’il est frôlé par le gagnant. En photographiant ce disque chronométrique^’les appareils automatiques' situés en face pourront ainsi enregistrer; sur chacun des clichés, le temps du parcours.
- Sur le champ de courses de Longchamp fonctionne également, depuis quelque; temps, un système de chronométrage électro-mécanique ', installé par les ateliers .1. Carpentier, les constructeurs d’instruments de précision bien connus. Ce dispositif, actuellement encore dans la période d’essais, a .pour but de mesurer le temps total que le gagnant d’une épreuve met à parcourir la distance imposée. Le chronographe se trouve dans une petite cabine (fig. 7), aménagée à la partie supérieure d’une des tribunes du public et où se tient, pendant les réunions sportives, l’agent chargé de sa manœuvre.
- traits parallèles entremêlés d’encoches correspondant aux impulsions; reçues par l’armature.
- D’autre part, on a établi le long des pistes de l’hippodrome de Longchamp un circuit électrique aboutissant au local de chronométrage et comportant Un certain nombre d’interrupteurs automatiques, répartis sur des poteaux, distants de 400 ou 200 m les uns des autres (fig. 9), Au droit de chacun de ces derniers, se trouve disposé un fil de coton tendu horizontalement en travers de la piste (fig. 10). Une extrémité du fil s’accroche à un point fixe, l’autre s’attache au levier de manœuvre du coupe-circuit et le maintient armé, prêt à fonctionner. Mais à la moindre tension qu’on imprime au fil, il se produitune brusque rupture du circuit aussitôt suivie d’une fermeture, rétablissant le courant que les autres interrupteurs des poteaux pourront successivement couper et rétablir de la même façon.
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- LES SYSTEMES AUTOMATIQUES DE CHRONOMÉTRAGE SPORTIF
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- Fig. 5. — Aspect-de la même arrivée que celle de la figure 4, mais prise du poste établi en face
- de la cabine du juge.
- (Cette photographie représente là scène que voit le public des tribunes. La comparaison avec la ligure 4 montre que ce
- public se trompe sur le véritable gagnant.)
- Le courant électrique est fourni par une batterie d’accumulateurs installée dans un local situé à proximité. Une table porte le chronographe et son moteur. Quant aux circuits des pistes, ils traversent une lampe témoin et un transformateur qu’on
- voit à côté de l’appareil dans la cabine de chronométrage (üg. 8). Le circuit secondaire de ce transformateur, connecté à l’électro-enregistreur, lui transmet, à chaque rupture des fils tendus sur la piste et provoquée par le passage des chevaux en
- jFig. 6. — Les 3 chambres superposées de l’appareil électrophotographique Branger.
- (Vue de face, montrant les cadrans de mise au point, les dècentrements verticaux et horizontaux.)
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- Fig. 7. — La cabine de chronométrage électromécanique système Carpentier (hippodrome de Longchamp).
- regard des poteaux correspondants, une certaine impulsion. Celle-ci, en déplaçant l’armature, détermine une inscription sur la feuille du chronographe.
- Cette description des appareils Carpentier achevée, assistons à leur fonctionnement pendant une course. Sur la piste, avant le départ des chevaux, les fils de
- coton sont tendus devant tous les poteaux jalonnant le parcours prévu. Puis le starter donne le signal du départ. Le cheval qui tient la tête du peloton entraîne le fil et le rompt. Le coupe-circuit fonctionne aussitôt, provoque la formation d’un courant induit rapide dans le transformateur et l’inscription sur le papier. Après la course, l’agent du poste de chronométrage enlève la feuille, mesure, avec une règle, le temps séparant les signaux, les relève et les porte sur une fiche sous forme de tableau permettant d’apprécier la durée de la course, de faire des comparaisons, des déductions intéressantes, etc. Le chronométreur officiel a pu, de la sorte, lors du grand prix de Paris (24 juin 1925) établir que le cheval gagnant avait parcouru les 3000 m de la course en 3 minutes 12 secondes 58 centièmes.
- D’ailleurs la mesure des temps séparant les signaux s’effectue très rapidement sur la feuille développée. Effectivement un tour entier du cylindre correspond à 10 secondes de temps et à une longueur,de trait de 50 cm. La seconde correspond donc à 5 cm de trait. Comme on peut mesurer facilement le demi-millimètre sur le papier, on apprécie donc les temps au centième de seconde près. Cette exactitude des indications dépend naturellement du bon fonctionnement du régulateur qui, monté sur l’arbre du moteur électrique, assure au cylindre une vitesse constante. Pour obtenir ce résultat les ateliers Carpentier ont adapté au chronographe le système de synchronisme, qui a déjà fait ses preuves dans les télégraphes Baudot de nombreuses stations télégraphiques de France et de l’étranger. Ce régulateur, monté sur l’arbre du moteur électrique, agit en créant, entre l’axe et ses coussinets, un frottement variable absorbant à chaque instant la puis-
- Fig. 8. — Le chronographe Carpentier avec son moteur électrique et son dispositif de synchronisation. (Vers la droite, une lampe témoin et les transformateurs que traversent les circuits de piste.)
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- LES SYSTEMES AUTOMATIQUES DE CHRONOMETRAGE SPORTIF
- 363
- sance du moteur. Celle-ci tendrait à faire dépasser à l’ensemble une certaine vitesse maxima imposée à l’avance et qu’on désire conserver. Mais une petite masse mobile nettement visible à gauche, au-dessous du tambour sur la figure 8, est sollicitée par la force centrifuge et par l’action anta-
- glisse
- alors l’axe. La
- gonisle d'un ressort à boudin ; elle sur des tiges-guides perpendiculaires position d’équilibre que prend ladite masse a pour effet d’augmenter le frotte- -
- ment de l’axe sur son palier ; il suffit donc de la tarer convenablement et de régler minutieusement les ressorts pour que la vitesse de l’arbre du moteur se maintienne constante en dépit des variations de puissance ou de résistance de l’ensemble du mécanisme. En outre, le chrono-graphe possède un compteur de tours qui permet de contrôler ses indications en les comparant soit avec une horloge astronomique, soit avec un chronomètre étalon.
- De son côté,
- M. Bonnet, de Lyon, a inventé un système de chronométrage électrique 1 qui a été appliqué lors du grand prix de 1923 à Tours pour mesurer la vitesse de passage des automobiles devant les tribunes, sur 130 m. Les deux enregistreurs de transit, situés l’un à l’origine, l’autre à l’extrémité de la base, comprennent chacun un tuyau de caoutchouc long de 10 m et qu’un autre tube de toile long de 6 m protège dans la partie exposée au contact des roues. On pose l’ensemble à plat sur. le sol de la route et on le tend fortement, perpendiculairement à sa direction.
- 1. Voir la description complète de ce système dans La Nature n° 2574, (4 août 1925), p. 79-80.
- Fig. q. •
- L’extrémité du conduit de caoutchouc se trouve reliée à une capsule de Marey.
- Le déplacement d’air produit par le passage du véhicule influence ce tambour et déplace un levier qui actionne un contact à mercure.
- En réalité, le boyau se compose d’un faisceau de tubes de gaz renfermés dans une enveloppe de toile. D’autre part, l’installation comporte un chro-
- nographe enre-gistreur de Hipp dont le mouvement d’horlogerie provoque l’entraînement d’une bande de papier. Sur cette feuille, peuvent appuyer 3 plumes alimentées par un réservoir d'encre et actionnées par le jeu d’un électro-aimant.
- Un chronomètre à contact ferme le circuit à chaque seconde et se relie à la plume médiane tandis que les deux autres communiquent avec le système électro-pneumatique soit du poste de départ, soit de la station d’arrivée, au moyen d’une ligne télégraphique.
- Après des essais satisfaisants, la commission sportive de T Automobile-Club de France a officiellement adopté le système Bonnet,
- qui, dans les circonstances les plus défavorables, parvint à apprécier le temps au cinquantième de seconde près.
- Au même circuit de Tours, MM. Planiol et Ditte se sont servis du fluxmètre pour enregistrer les' temps avec une très grande précision.
- Cet appareil se monte sur une des branches d’un pont électrique de Wheatstone.
- Quand l’automobile atteint l’origine de la base, ce pont se trouve déséquilibré et le fluxmètre démarre pour s’arrêter lorsque le passage du véhicule à la fin de la base, venant à couper la
- f.e poteau d'arrivée et la cloche d'une des pistes de Longchamp. (Au bas du poteau, l’interrupteur automatique.)
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- Fig. io. — L’interrupteur du système Carpentier avec le fil tendu au travers de la piste.'
- (On a ouvert la boîte pour montrer le mécanisme intérieur.)
- seconde branche du pont, annule par suite le courant. L’angle dont a tourné l’aiguille de l’instrument sur son cadran est proportionnel au temps mis par l’automobile pour couvrir la distance choisie comme base et le juge peut en déduire, aussitôt, la vitesse en kilomètres-heure en consultant un abaque construit au préalable. A Tours, on communiquait les chiffres aux spectateurs moins d’une minute après le passage des concurrents devant eux.
- Quant aux systèmes proposés au concours organisé dernièrement par le journal parisien l’Auto, nous en parlerons sommairement, car ils restèrent jusqu’ici à l’état de projets. Parmi les solutions retenues par le jury et qui concernent presque
- toutes le chronométrage des avions, nous distinguerons d’abord celle de la maison J. Carpentier basée sur l’emploi du chronographe ci-dessus décrit. Mais au lieu de se servir d’un fil tendu et brisé par le cheval comme sur le champ de courses de Long-champ, on emploie pour obtenir les signaux, deux cinématographes (schéma 12) dont les obturateurs commandés électriquement inscrivent leur durée d’ouverture sur le graphique du chronographe. L’opérateur déclanche successivement les cinémas un peu avant le passage de l’avion sur les lignes de départ et d’arrivée. L’examen de la bande enroulée sur le tambour lui permet de déterminer, avec une très grande précision, le nombre de secondes et de fractions de seconde écoulées entre les des deux l’aéroplane.
- Æ
- Æ
- A
- Æ
- Fig. ri. — Apparence des images chrono-cinéma-tographiques d’avions (:méthode de MM. Git-lon et Leroy).
- enregistrements passages de
- MM. G i lion et Leroy se servent encore de deux cinématographes placés l’un au départ, l’autre à l’arrivée ; mais leurs appareils enregistrent les images de l’avion en même temps que celle du poteau de départ. Chaque cinématographe déroule sa bande à la vitesse de 100 prises de vues à la seconde. A côté des scènes ainsi réalisées, se peignent également, grâce à un prisme à réflexion totale et à un objectif spécial, les positions successives d’un chronographe (schéma 11). Un cache préserve de l’action des rayons lumineux, émanant de l’objet principal, le coin destiné aux images du cadran. De la sorte, pour enregistrer l’instant précis du passage de l’avion devant les poteaux jalonnant la base, on n’a qu’à synchroniser, grâce à une liaison électrique, deux chronomètres de marine placés au départ et à l’arrivée. On connaît alors le temps
- Jeton
- Jeton
- 1000 mèlrea
- (base mesurée)
- 1“'cinéma 2" cinéma
- U~4------»j
- DuréeI d ouverture du /"i cinéma
- Durée de ta course
- -----4-*j
- Durée d'ouverture du 2' cinéma ---------*,:»
- Pellicule sensible
- Fig. i3.
- Méthode de chronométrage photographique proposée par M. Esnoult, de Bolbec.
- Fig. 12.
- Schéma de la méthode Carpentier pour le chronométrage cinématographique des avions.
- A, objectif; B,, caisse du chronomètre ; C, obturateur; D, source lumineuse; E, tambour chronométrique; F, rouleau fou ; G, G, magasin.
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- LE TRAITEMENT PAR LA CHALEUR DES MATIÈRES DE VIDANGES
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- exact qu’a mis l’avion pour parcourir cette distance.
- Enfin M. Esnoult, de Bolbec (Seine-Inférieure) a présenté au même concours un simple appareil photographique (schéma 13) dont un mécanisme déroule la pellicule sensible d’un mouvement rigoureusement uniforme. L’objectif se trouve au-dessus du film, et, dans une petite caisse, vers l’autre extrémité, on a placé, d’une façon à peu près symétrique, un chronomètre qui enregistre le temps au moyen de tops lumineux espacés d’une seconde. En mettant l’appareil sur le sol, l’objectif dirigé verticalement et parallèlement à la ligne de départ, la bande se déroule perpendiculairement à la trajectoire de l’aéroplane. L’observateur découvre l’objectif un peu avant de voir arriver devant lui l’avion dont l’image, en s’imprimant, vient couper d’une façon
- oblique la ligne de foi préalablement tracée au centre de la pellicule photographique. La position du point d’intersection, par rapport aux tops des secondes, permet de mesurer avec exactitude le moment du passage. Quand l’épreuve aéronautique ne se dispute pas en circuit fermé, le projet de M. Esnoult prévoit l’installation de deux appareils semblables et il synchronise leur marche par le procédé Belin.
- En définitive, tous les systèmes automatiques de chronométrage, proposés ou essayés jusqu’ici, exigent des installations assez coûteuses et en attendant leur mise au point, nous aurons encore à admirer bien souvent, dans de prochaines réunions sportives, la maestria de nos chronométreurs officiels !
- Jacques Boyer.
- LE TRAITEMENT PAR LA CHALEUR DES MATIÈRES DE VIDANGES
- Pour que les matières de vidange perdent foute leur nocivité, il faut qu’elles soient soumises après une grande dilution, soit à l’épuration biologique artificielle, soit à l’épuration biologique naturelle (épandage), soit à la chaleur.
- La première de ces opérations n'a pas encore la sanction d’une pratique indiscutable, et au surplus, elle constitue une véritable industrie au point de vue de la mise en œuvre. La seconde ne peut mériter confiance que si elle est pratiquée dans des conditions les plus amples et les plus sévères.
- D’autre part, l’épandage constitue une véritable spoliation pour le voisinage. C’est un procédé vraiment trop désinvolte qui n’est pas d’ailleurs sans danger.
- Avec le traitement par la chaleur, on a toute sécurité, puisque les matières organiques étant soumises pendant quelques instants à une température de 100-110°, les germes qu’elles contiennent sont de ce fait complètement détruits. Ce procédé, en somme, s’inspire de celui que l’on appliquait depuis longtemps aux eaux-vannes en vue d’extraire l’ammoniaque. Mais il faut reconnaître qu’au début de cette application aux matières usées, l’épuration obtenue était véritablement insuffisante, attendu
- quelle ne traitait que le liquide. C’est à un ingénieur, M. Mallet, qui s’occupait de la fabrication de la soude à l’ammoniaque, que l’on doit réellement
- la technique du traitement par la chaleur des matières (solides et liquides) de vidange.
- Le dispositif Mallet tient compte de la plupart des desiderata présentés et de la solution idéale formulée à l’Académie des Sciences, en 1880, par le savant chimiste Henri Sainte-Claire Deville en ces termes :
- « Il est possible qu’un jour, ces matières reçues par des vases métalliques sans jamais avoir de contact avec l’air extérieur, soient transportées sous terre dans des tuyaux métalliques, canalisation aussi gigantesque que celle qui conduit l’eau et le gaz, et dans laquelle on entretiendrait une certaine dépression. Ces matières reçues dans de grands récipients métalliques, neutralisées ou acidifiées par des substances appropriées et parfaitement connues, portées à une température supérieure à 100°, qui suffit à détruire tous les germes, séchées dans des appareils, seraient livrées à l’agriculture sans perte d’aucune’substance utilisable et sans avoir porté dans l’atmosphère aucune trace de matières odorantes ou nuisibles. )> 11 existe, à l’heure actuelle en France, plusieurs
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- LE TRAITEMENT PAR LA CHALEUR DES MATIÈRES DE VIDANGES
- installations avec dispositif Mallet : Bordeaux, Colombes (Seine), Toulouse, Angers, Rouen, Reims, etc. Les -matières y sont transportées par une canalisation métallique d’un point de la ville à une usine qui en est quelque peu éloignée ; elles y sont distillées par des appareils Mallet en présence de la chaux ; elles peuvent ensuite être épandues sans le moindre danger pour la santé publique et au grand profit des agriculteurs.
- Cet épandage n’est plus cette fois celui dont nous parlons plus haut. Les inconvénients (mauvaises odeurs, contamination possible du sous-sol, etc.) ont disparu pour céder la place aux avantages dont l’agriculture peut tirer un bénéfice certain. Il est
- d’aisances ordinaires est extrait à Angers par le procédé du vide sur place, et les tonnes une fois remplies sont dirigées vers un point central de la ville, au Chemin des Fours à chaux, dans un poste (fig. 1) où elles sont mises en communication avec un réservoir absolument étanche où le vide est maintenu d’une façon permanente.
- Elles sont vidées en deux minutes environ et leur contenu dirigé sur l’usine de traitement par une canalisation de refoulement. Dans ces conditions, il ne doit pas se produire d’émanations (*).
- Une station de départ ou de transvasement comprend (fig. 2) :
- 1° Tinette filtrante. — C’est à ce récipient
- Fbsie de départ ou de transvasement
- Fig. 2. — Schéma de l’usine de traitement par la chaleur des matières de vidange.
- inoffensif ainsi que l’atteste un rapport de M. Bon-jean, chef du laboratoire et membre du Conseil supérieur d’Hygiène. Le liquide laisse si peu de doute à cet égard que le Comité d’hygiène du département de la Gironde, après enquête et étude, a donné l’autorisation de l’évacuer directement au fleuve, ce qui est bien une preuve formelle de parfaite innocuité.
- La description schématique de l’usine d’Angers (Ecouflant) va nous expliquer ce traitement. Précédemment à cette installation, les matières de vidange de la ville d’Angers étaient transportées dans deux dépotoirs situés, l’un au Colombier (4 km), route de Nantes, l’autre à la Butte-aux-Bois (5 km), route d’Avrillé. Le premier était contigu à un étang et y envoyait les liquides non évaporés par faction solaire; le second, s’il en était plus éloigné, dirigeait encore vers ce même étang l’excédent des liquides. Or, les eaux de cet étang servaient à l’alimentation d’un certain nombre d’habitants qui, fatigués de se plaindre en vain, engagèrent une action juridique, et la ville d’Angers fut évidemment condamnée.
- Depuis lors (1908-1909), le contenu des fosses
- hermétique D qu’est reliée par un tuyau de caoutchouc souple, faisant joint parfait des deux bouts, la tonne E qui vient se décharger. La tinette D est munie de deux grilles circulaires en chicane afin de retenir les corps solides susceptibles d’obstruer la canalisation B. Une vanne isole le point de départ et la canalisation'et permet d’obtenir le vide utile pour activer le déchargement des tonnes dans le récipient C interposé entre elles et la pompe.
- 2° Pompe aspirante et foulante. — Cette pompe à double effet A, actionnée par moteur électrique ou à explosion, étant du type à boulets, évite ainsi tous risques d’engorgement et permet aux matières épaisses de passer facilement par le corps de pompe.
- A la sortie de celle-ci, sur la conduite de refoulement, de même que sur celle d’aspiration, une vanne d’arrêt permet non seulement un isolement complet de l’appareil, mais également le cas échéant,
- i, A Lyon, le poste de transvasement se trouve, depuis longtemps, au milieu d’habitations.
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- r—;.........—.....—LE TYPHON DE
- son nettoiement ou sa réparation sans avoir pour cela à craindre un retour de gaz ou de liquides.
- 5° Canalisation de refoulement. — Cette canalisation B est en fonte avec joints en caoutchouc d’une étanchéité et d’une résistance qui doivent être éprouvées par des essais en rapport avec les conditions de fonctionnement les plus anormales.
- Quant à la station de stérilisation ou.de traitement, son organisation et son fonctionnement sont les suivants : les matières de vidange refoulées par la canalisation B souterraine, se déversent dans un ou plusieurs réservoirs en ciment armé A (fig. 2), étanches et fermés, où elles sont constamment agitées afin que les solides y restent en suspension.
- Elles sont ensuite reprises par des pompes à piston-plongeur B, placées en charge; elles passent d’abord dans un échangeur C dans lequel elles s’échauffent au détriment des eaux résiduaires de la fabrication et qui est pourvu également de mécanismes d’agitation dans le but d’empêcher toute formation de dépôt sur les parois d’échange de chaleur. Les matières sont ensuite dirigées dans un analyseur-dissociateur E agité lui-même, où leur température est portée aux environs de 100° aux dépens des vapeurs produites par la distillation. En même temps, elles y subissent une dissociation qui a pour effet de dégager la plus grande partie des acides volatils qu’elles contiennent : acide carbonique, acide sulfhydrique, etc.
- Cette dissociation est importante si l’on fabrique des eaux ammoniacales concentrées ou de l’alcali volatil. Dans le premier cas, elle permet de produire des liquides très riches sans qu’ils cristallisent, tandis que dans le second, elle économise une quantité considérable de la chaux nécessaire à la caustification. Ces acides volatils sont refroidis, puis dirigés dans les foyers.
- Les matières passent alors dans l’appareil distil-latoire F, où la distillation s’effectue sous l’influence de la vapeur fournie par des générateurs en deux phases : la première, sans emploi de chaux; la seconde, en présence de la chaux (toutefois si l’on fabrique de l’alcali, la fabrication est intégralement faite avec la chaux). Dans la première phase, se dégagent les sels ammoniacaux volatils; dans la seconde phase, les sels fixes sont décomposés.
- La colonne distillatoire où s’opère ce travail est pourvue d’un mécanisme d'agitation permettant non seulement l’utilisation de la chaux, et par suite la
- LE TYPHON I
- Un de nos collaborateurs d’Extrême-Orient qui a déjà renseigné les lecteurs de La Nature (nos 2585 et 2589) sur le typhon remarquable ayant ravagé la région de Hong-Kong le 18 août dernier, vient de nous faire parvenir une série de photographies des désastres causés par ce météore.
- HONG-KONG ------------------..........367
- collecte de toute l’ammoniaque, mais le traitement de matières épaisses, ce qui est très important, pour le cas qui nous occupe.
- Quant aux eaux résiduaires de la distillation, elles sont décantées dans un débourbeur D fermé où elles se clarifient rapidement. Les liquides clairs, après passage dans le réchauffeur C,sont envoyés dans des terrains d’épandage. Les boues, après égouttage, sont évacuées dans de grandes cuves déposantes où elles s’assèchent et d’où elles sont extraites pour être vendues comme engrais phospho-azoté ; elles contiennent, en effet, tout lAcide phosphorique et tout l’azote organique des matières de vidange.
- Les vapeurs ammoniacales sont dirigées dans un saturateur T contenant de l’acide sulfurique, l’ammoniaque y est arrêtée à l’état de sulfate d’ammoniaque. Les gaz non absorbés par l’acide ainsi que ceux dégagés par le réchauffage des matières avant distillation, sont refroidis dans les serpentins d’un condenseur L qui réchauffe l’eau d’alimentation des générateurs ; ils sont ensuite lavés dans un scrubber arrosé d’eau. La partie insoluble et incondensable est dirigée sous les foyers des chaudières en même temps que tous les gaz ayant été en (contact avec les matières aussi bien dans la canalisation que dans les cuves à matières.
- Le traitement par la chaleur des matières de vidange est donc, au point de vue de la destruction des germes pathogènes, un excellent procédé ; il l’est également au point de vue agricole. Appliqué comme il est dit à Ecouflant, il ne répand aucune odeur au dehors de l’usine; dans celle-ci règne seulement une légère odeur fade comme il en règne — sauf la nature — dans une raffinerie de sucre, de mélasse, etc.
- Nous ne saurions terminer cet article, sans mentionner que depuis quelques années on fait des essais et des recherches en vue de réaliser un traitement à froid des matières de vidange en utilisant toujours la chaux et l'acide sulfurique; ce dispositif serait certes encore plus inodçre, et aussi plus économique, car il ne nécessiterait pas d’usine à proprement parler, c’est-à-dire l’emploi de force motrice, d’appareils mécaniques plus ou moins coûteux et compliqués. On en est toujours à des expériences de laboratoire et la tentative industrielle faite notamment à Tours, bien avant la guerre, n’a pas donné jusqu’ici les résultats que l’on espérait.
- M. Bousquet.
- ! HONG-KONG
- Nous reproduisons ci-après quelques-unes des vues les plus caractéristiques. On pourra se rendre compte aisément de la violence de l’ouragan et des désastres, maritimes et urbains, causés par la tempête.
- En mer, il n’y eut pas d’amorces de trombe, mais
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- LESTYPHON DE HONG-KONG
- Fig. i. — Arbres déracinés sur le Bund.
- des vagues courtes, très serrées, de 2 mètres de haut au maximum, extrêmement dangereuses. En signalant la vitesse (130 milles à l’heure d’après les
- Fig. 3. — Navires je lés à la côte près des docks.
- Fig. 2. — Maisons en ruines.
- dernier, les populations de Hong-Kong et les navires en rade
- Le vent souleva une véritable poussière d’eau,
- Fig. 4. — Unjdes navires jetés à la [côte.
- appareils enregistreurs de l’Observatoire Royal, dirigé par M. Claxton), les lecteurs de La Nature pourront aisément se représenter les minutes tragiques dans lesquelles ont vécu, le 18 août
- Fig. 5. — Le cargo français •* Reims >> désemparé et échoué sur les roches de Stone Cutter Island.
- (Clichés Gibbison, photographies
- qui aveugla presque tous les équipages. Il fut souvent impossible de circuler sur les ponts autrement qu’à genoux.
- M. D.
- Fig. (>. — La fin du « Long-Sang ».
- Au loin, « l’Empress ol' Àustralia » fuyant doits la poussière d’eau.
- communiquées par AI. Debeaupuis.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 0, rue de Fleûms, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2593 .. :.
- LES DANSES NUPTIALES DE
- 15 DÉCEMBRE 1923
- QUELQUES NEREIDIENS w
- Nous avons récemment signalé (2), d’après des observations faites de nuit, à Concarneau, près de la côte, à la lumière d’une lanterne flottante, les montées vers la surface de la mer d’innombrables individus épitoques(3) de plusieurs Néreidiens, suivant un rythme lunaire pour chaque espèce. Nous décrirons aujourd’hui les curieuses danses nuptiales auxquelles se livrent alors ces vers.
- La ponte et la fécondation des œufs ont été déjà décrites chez maintes espèces : Platynereis Dume-rïlii (Hempelmann, 1911); Platynereis megalops (Just, 1914);
- Nereis succineu (Lillie et Just,
- 1913) ; Nereis irrorata, N. pe-lagica, Perinereis cultrifera et P. Marioni (Herpin, 1923).
- Mais le rassemblement en masse des lle-teronereis près de la surface et les danses qui précèdent la ponte n’ont été vus en mer que chez P. Dnme-rilii, P. megalops, et iV. snc-cineâ ; seuls, pour ces deux dernières espèces, Lillie et Just ont décrit le spectacle féerique auquel on assiste alors.
- Nos observations portent sur trois espèces.
- Perinereis cultrifera. — Le Ier mai, lendemain de la pleine lune et le soir suivant, nous mouillons notre lanterne à 20 h. 45, entre le rocher d’Ar Gazek et les deux pointes du Minez, à quelque 200 m. du rivage, au-dessus d’un fond de sable parsemé de pointes de roches couvertes de Lami-
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences le 19 novembre 1923.
- 2. L. Face et I!. Lkgendiie. Rythmes lunaires de quelques Nèréidiens. li. Ac. Sc., I. CLXXVH, 12 novembre 1925. Voir La Xa litre, n° 2591.
- 3. On sait que beaucoup de Néreidiens subissent, au moment de la reproduction, une série de changements (épitoquie ou métamorphose sexuelle) consistant en un grossissement des yeux, un allongement des antennes, une disparition du tube digestif et des muscles, et un raccourcissement des anneaux d’une partie du corps qui se transforme en un véritable sac à produits de reproduction. La Xereis devient alors une Heteronereis qu’on avait cru autrefois d’espèce différente.
- naires, visible par 2 m. 30 environ. La lune brille, la mer est parfaitement calme. Dès que l’eau est éclairée, de nombreux Cumacés et Amphipodes se dirigent vers la lanterne; peu après la première Heteronereis sort de l’ombre, traverse en ligne droite la zone éclairée (d’une dizaine de mètres de rayon), passe près de la lanterne, puis^ disparaît. Une autre la suit, puis dix, cent et bientôt on ne peut plus compter les Vers passant comme des flèches blanc rosé, en décrivant des courbes plus ou moins capricieuses. Leurs orbes se raccourcissent
- tandis que d’autres approchent ; toute l’eau visible est sillonnée de flèches traçant des cercles, des ellipses, des boucles ; la mer paraît s’en emplir. Les plus proches de la lanterne s’arrêtent un instant contre ses vitres. Les femelles arrivent alors, qu’on reconnaît à leur nage moins rapide. L’agitation augmente ; des groupes s’isolent , formés chacun d’une femelle nageant en ronds de plus en plus serrés et de plusieurs mâles tournant autour d’elle de plus en plus en cercles et en S, la frôlant au passage.
- Quand la femelle en est arrivée à tourner sur elle-même comme un anneau, la tête et la queue presque en contact, la ponte se produit sous forme d’une masse vert émeraude d'œufs qui s’échappent à la fois par l’anus et par des déchirures du corps(Q.
- Les mâles traversent alors la masse d’œufs à toute vitesse et les fécondent.
- Puis, la femelle tombe lentement au fond, inerte ; les mâles s’éloignent, tandis que d’autres groupes continuent leur danse.
- Platynereis Dumerilii. — La danse nuptiale et la ponte de cette espèce ont lieu au premier et au dernier quartier de la lune, de mai à septembre. Nous ne décrirons que la scène dont nous fumes
- 1. La ponte a un volume de 5 à 4 centimètres cubes; la femelle vidée ne pèse plus guère qu’un gramme.
- 24.-569.
- Fig. i. — Heteronereis de Perinereis cultrifera.
- vite
- 5’’ Année.
- Q* Semestre.
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- 370
- LE CASIER SANITAIRE DES VILLES DE FRANCE
- témoins le soir du 4 août, nuit du dernier quartier, où l’abondance des individus fut particulièrement remarquable.
- Le ciel était clair et étoilé, la mer calme et peu phosphorescente.' Vinrent d’abord vers la lanterne les petits organismes habituels, puis des Prionos-pio cirrifera qui s’approchèrent en se tortillant et quelques Polyophthalrnus pictus à la nage serpentine.
- Au bout d’un quart d’heure, les premières Heteronereis paraissent, traversant le champ éclairé comme des flèches plus petites que P. cul-trifera.
- Leur nombre augmente rapidement, donnant l’impression d’une véritable avalanche. Des groupes de danseurs se forment de tous côtés, composés d’une femelle et de plusieurs mâles. La femelle tourne en rond, les mâles décrivent autour d’elle des cercles et des boucles.
- L’agitation croît à mesure que d’autres arrivent. Une ponte se produit : la femelle lâche ses œufs que les mâles fécondent. D'autres suivent aussitôt. A peine un groupe a-t-il fini que plusieurs le remplacent au même point. Les danses se multiplient et s’activent.
- L’eau devient laiteuse, puis trouble. Des femelles isolées dansent et pondent dans ce lait, bien qu’aucun mâle ne les approche.
- A 25 h., quand on rentre la, lanterne à bord, la mer semble bouillonner à perte de vue d'Heteronereis tourbillonnantes.
- Tout ce qu’on sort de l’eau, lanterne, cordages, ancre, est enduit de vers ramassés au passage.
- Ceux qu’on a recueillis dans un cristallisoir y dansent jusqu’à épuisement et meurent agglutinés par les pontes.
- Nous avons assisté plusieurs fois au même spectacle, soit à Banyuls, soit à Concarneau, moins grandiose peut-être, mais toujours répété par des milliers d’individus.
- Si la lanterne permet de l’admirer, le concentre
- LE CASIER SANITAIRE
- Deux ans avant la guerre, la Direction de l’Assistance et de l’Hygiène publiques au ministère de l’Intérieur, dont nous avons à diverses reprises fait connaître ici les louables et constants efforts, couronnés de succès, pour améliorer l’hygiène et diminuer la mortalité en France, avait entrepris, en vertu d’une circulaire ministérielle du 5 novembre 1912, de dresser la statistique sanitaire des villes de plus de 5000 habitants.
- Cette considérable entreprise se poursuit actuellement par les soins du ministère de l’Hygiène et de l’Assistance et de la prévoyance sociales.
- La circulaire de 1912 a été adressée aux Préfets, en
- et l’amplifie, il se produit aussi plus épars, sans lumière, puisque nous avons capturé des Heteronereis à l’obscurité en traînant un filet de surface et qu’en éclairant brusquement la mer, nous en avons surpris quelques-unes dansant.
- Nereis irrorata. — Les mauvais temps d’août et septembre, interrompant notre série de pêches, nous ont privés de renseignements sur cette espèce.
- Une seule fois, le 26 septembre, lendemain de la pleine lune, nous avons vu un seul couple danser et pondre près de la lanterne. C’était le premier soir d’accalmie après 15 jours de grandes variations barométriques accompagnées de vents d’Ouest et de grains. L’eau était trouble et une longue houle venant du large gênait les observations. Après une demi-heure d’attente, deux individus traversèrent successivement le champ éclairé, puis deux autres, survenant ensemble, se mirent à tourner verticalement en rond près de la lanterne, pendant une dizaine de minutes. Une tache laiteuse révéla leur ponte, après quoi ils disparurent ; un cinquième fut aperçu vers la fin; capturé, c’était une femelle ayant déjà pondu.
- Ces quelques observations, auxquelles nous pourrions joindre celles encore inédites faites par Racovitza et l’un de nous à Banyuls en 1909, 1915 et 1914, sur la danse nuptiale des Nereis zoncita Malm, et rava Ehl, nous semblent présenter un grand intérêt biologique.
- Elles montrent les préliminaires étranges d’un mode de ponte fort curieux, dont les détails revus et livrés à l’expérimentation révéleront encore des faits nouveaux.
- Elles permettront aussi de se procurer, à jour fixe, un matériel d’Heteronereis extraordinairement abondant qui ne manquera pas d’être utilisé pour de multiples recherches de tous ordres, tant histologiques et embryologiques que chimiques.
- L. Fage et R. Legendre.
- ES VILLES DE FRANCE
- vue de recueillir et de centraliser les informations principales touchant l’hygiène des communes de plus de 5000 habitants. Chacune de ces communes a reçu un questionnaire détaillé portant sur 28 points relatifs à l’alimentation en eau potable, aux égouts, aux matières de vidange, aux ordures ménagères et aux causes d’insalubrité locale. Le questionnaire a été également envoyé aux communes de moins de 5000 habitants, qui, comme stations dites saisonnières, hydro-minérales, climatiques, touristiques, etc., reçoivent temporairement un accroissement notable de population.
- Une fois constitués par les soins dos Préfets, ces
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- dossiers sont envoyés au ministère de l’Hygiène; leur analyse est confiée aux membres et auditeurs du Conseil .supérieur d’hygiène publique de France qui rédigent, pour chaque département, un rapport succinct et sommaire faisant ressortir les principaux traits de cette documentation.
- Ainsi toutes les villes visées possèdent une sorte de casier sanitaire, un véritable inventaire des conditions hygiéniques locales où les intéressés pourront trouver les plus précieuses données. Ces notices permettent aussi de mettre en lumière les défectuosités qu’il est intéressant de corriger. Déjà beaucoup de préfets ont mis certaines des municipalités placées sous leur contrôle dans l’obligation d’introduire les perfectionnements nécessaires.
- La plupart des départements sont dès maintenant pourvus ainsi de, leurs dossiers sanitaires; sauf pour quelques retardataires, le travail sera prochainement terminé. La constitution de ces archives hygiéniques est d’autant plus utile qu’elles ne seront pas du tout rangées, comme trop de documents administratifs, dans la catégorie des pièces inaccessibles, sinon secrètes. Elles sont ouvertes à toute personne qui peut avoir un intérêt justifié à les consulter et qui trouvera dans ces dossiers et dans leurs analyses, les éléments officiels et précis indis-
- pensables à une foule de projets, d’études et d’entreprises. ' ;
- Il est nécessaire que des initiatives de ce genre ne demeurent pas ignorées du public ; c’est pourquoi nous avons tenu à faire connaître à nos lecteurs Inexistence et l’accessibilité de ce nouveau et très important travail. ;
- Rappelons que les stations hydro-minérales, climatiques et de tourisme ont été créées et, réglementées par lps lois du 13 avril 1910 et du 24 septémhre 1919. (taxe le séjour) et par les décrets des 4 mai 1920 et 50 mail9jti§ (Journ. Officiel 9 juillet 1923), et enfin par la circulaire des Ministères de l’Hygiène et des Travaux publics du 16novembre 1923 (Journ. Officiel, 21 novembre-'lT)25i).
- Ajoutons encore que par une circulaire du 50 juin 1925 (Journ. Officiel du 1er juillet 1925), M. le Ministre le l’Hygiène décidait que les créations, translations, agrandissements de cimetières, seraient désormais soumis à l’exja-men des collaborateur s des services de la carte géologique de France.
- Cette heureuse amélioration était requise depuis longtemps, par analogie avec le contrôle géologique des projets de captage d’eau potable, qui-fonctionne si salutairement depuis la circulaire du Ministre de l’Intérieur datée du 10 décembre 1900. E. A. M.
- CINQUANTENAIRES
- L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- La Société de Physique célèbre actuellement le cinquantième anniversaire de sa fondation. A cette occasion, elle a organisé au Grand Palais, à Paris, une grande exposition de physique, de télégraphie sans fil et des autres applications de cette science.
- Cette manifestation, la plus importante qui ait été réalisée jusqu’à ce jour, et dont il sera rendu compte en détail ici même, permet d’embrasser d’un coup d’œil le domaine sans cesse plus vaste de la physique et d’apprécier exactement le stade de développement actuel des diverses applications.
- Il nous a semblé intéressant, revenant 50 ans en amère,. de chercher quel était l’état de la science physique en 1875 1ers de la création de la Société de Physique et d’esquisser à grandes lignes son évolution ultérieure, en nous plaçant au même point de vue que celui des organisateurs de l'Exposition, c’est-à-dire surtout des applications. Par une coïncidence assez curieuse, c’est également en 1875 que Tissandier fonda La Nature qui, elle aussi, arrive
- donc cette année à son demi-siècle d’existence. En feuilletant sa collection, on assiste à la naissance de toutes les découvertes qui ont transformé le
- monde ; certaines de celles qui par la suite ont eu le développement le plus prodigieux sont, à leur origine, mentionnées parfois en quelques lignes seulement, ou sévèrement critiquées. Evidemment, si nous voulions retracer l’évolution de la science depuis 1875, un volume entier n’y suffirait pas ; aussi dans les limites restreintes d’un court article de revue, n’avons-nous pas d’autre prétention que de rapr peler quelques étapes, signaler quelques-uns des jalons qui bordent là route si longue que la physique a parcourue en ces dernières cinquante années et dont le visiteur de l’Exposition de Physique verra au Grand Palais l’aboutissement magnifique.
- À tout seigneur tout honneur : l’électricité à l’Exposition trône en souveraine, tout comme elle gouverne la vie moderne et comme elle domine la physique contemporaine, qu’elle tend à absorber .
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- Fig. 2. — Edison.
- tout entière. C’est cependant, dans l’industrie, une jeune souveraine, car on peut dire qu’elle n’était pas née en 1875. Et pourtant, à cette époque, tous les principes, toutes les lois sur lesquelles reposent l’immense majorité des applications actuelles,étaient connus et depuis déjà de nombreuses années. La théorie était parfaite, il fallait seulement en tirer les applications.
- C’est en effet vers 1780 que Yolta avait découvert la pile électrique. Dès le début du xixe siècle, Davy réalisait l’arc électrique. En 1820, année qui marque le véritable point de départ de l’électricité moderne et devrait figurer dans l’histoire bien avant les dates de traités ou de guerres, Oersted découvrit les actions magnétiques des courants. Ampère en d’immortels mémoires établit toutes les lois de l’élec-tromagnétisme, tandis qu’Arago découvrait également les propriétés des électro-aimants. Déjà Faraday avait énoncé les lois de l’électrolyse, et, quelques années plus tard, en 1851, il découvrait celles des phénomènes d’induction. L’année suivante, Pixii construisait la première machine dynamo-électrique, modifiée ensuite par Clarke, Nollet, Siemens, etc...
- Electrolyse, électro-magnétisme, induction, génératrices de courant, c’est-à-dire les constituants fondamentaux de toutes les applications de l’électricité étaient donc connus depuis 40 ans et cependant en 1875, il n’y avait guère comme emplois de l’électricité que le télégraphe, la galvanoplastie et l'éclairage par lampes à arc. Le courant était produit le plus souvent par des piles (Bunsen, Daniell, Le-clanché, etc.), et plus rarement par des génératrices (machines magnéto-électriques de la Société l’Alliance par exemple alimentant le phare de la llève).
- En 1875, une découverte sensationnelle ouvre des horizons nouveaux : Gramme, simple ouvrier,
- belge de nationalité, construit la machine qui porte son nom et dont l’invention est le point de départ d’un mouvement industriel si considérable qu’il* faut remonter à l’introduction de la vapeur pour trouver son équivalent. Chose curieuse, la solution de Gramme parut au début paradoxale et les physiciens les plus éminents estimaient que dans les conditions où l’inventeur s’était placé, aucun courant électrique ne pouvait se produire. Dans une lettre adressée à M. Worms de Romilly qui avait, un peu avant Gramme, imaginé un dispositif analogue au célèbre anneau, M. du Moncel, membre de l’Académie des Sciences, démontrait par un raisonnement d’apparence fort rigoureux, que si la machine fournit du courant, c’est par suite de quelque défectuosité.
- Il n’est pas besoin de dire que la découverte de Gramme n’est nullement en contradiction avec la théorie; une fois que l’on eut constaté que la machine fonctionnait, il fut facile de voir par où péchait le raisonnement qui d’avance la condamnait à l’inaction. C’est un exemple frappant de la différence entre l’inventeur et le technicien savant, l’un guidé par un véritable instinct de la réalité, ne se laissant pas intimider par sa propre audace, l’autre prudent à l’excès, ne voulant avancer que lorsque toutes les difficultés sont écartées et toujours prêt à soulever des objections contre toute conception nouvelle.
- La machine Gramme fut perfectionnée ensuite vers 1875 par Siemens et Wheatstone qui remplacèrent les aimants permanents par des électro-
- Fig. 3.
- La première démonstration publique du téléphone par Bell en mars i8j?. {D’après Scientitîc American.)
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- aimants. Bien que la machine Gramme fût ainsi arrivée au stade de complet développement, et telle que nous la connaissons aujourd’hui, son emploi n’était que tout à fait exceptionnel.
- Nous en trouvons un exemple frappant dans le fait que, pour éclairer l’Opéra que Garnier venait de terminer, on s’adressa, pour alimenter les lampes à arc placées sur la scène et dans la salle, à une batterie de 560 énormes piles Bunsen installées dans le sous-sol.
- Remarquons qu’à cette date, le seul mode d’éclairage électrique connu est la lampe à arc, et toute l’activité des chercheurs est dirigée uniquement vers son perfectionnement.
- Parmi les innombrables modèles proposés, nous ne citerons que la lampe Jablochkoff qui date de 1876.
- En 1880, une découverte comparable par l’importance de ses conséquences à celle de Gramme est faite par l’inventeur américain Thomas À. Edison. Au lieu de produire la lumière par l’arc électrique, il utilise l’incandescence d’un filament de charbon, placé dans le vide et traversé par le courant.
- L’avantage essentiel de ce nouveau mode d’éclairage ne résidait pas dans une consommation de courant plus faible que pour la lampe à arc ; il se trouvait dans son extraordinaire simplicité d’emploi, et surtout dans la solution élégante qu’il apportait au problème qu’on appelait alors le fractionnement de la lumière électrique : la lampe à arc ne donnait que des foyers très puissante; les machines de l’époque ne pouvaient en alimenter à la fois qu’un très petit nombre, et chaque lampe exigeait un
- Fig. 5.
- Téléphone original de Bell.
- Fig. 4.
- Un bureau, téléphonique au début du téléphone.
- régulateur compliqué. Rien de tel avec l’ampoule Edison ; une seule dynamo en alimente un nombre très considérable; pas de régulateur, la régulation s’effectue à l’usine sur la dynamo.
- Désormais le problème de l’éclairage électrique en grand est résolu et la diffusion de l’éléganie ampoule d’Edison, rapidement devenue populaire, va être le germe de toute la grande industrie électrique moderne.
- Le progrès capital dû à Edison ne fut pas immédiatement apprécié à sa juste valeur. Il y eut d’ar- ' dentes polémiques, qui n’influencèrent heureusement pas les chercheurs et en 1881, à l’Exposition d’électricité, on vit figurer des modèles de lampes à incandescence de Maxim, Swan, Edison. Ce dernier en Amérique continua ses études et en 1882 fut installé à New-York le premier secteur électrique, capable d’alimenter 15000 lampes, le courant étant fourni par des machines Clarke alimentant chacune 1200 lampes.
- La lampe à filament de charbon, dont l’importance historique est si considérable, n’est plus guère aujourd’hui qu’un souvenir. Elle a régné 20 ans à peine; mais la concurrence heureuse que lui fit l’éclairage à incandescence par le gaz, après l’invention des manchons à oxydes rares d’Auer, obligea l’industrie électrique à faire un grand effort. L’idée d’Auer, transplantée dans le domaine électrique, donna naissance d’abord à la lampe Nernst à bâtonnets d’oxydes rares en 1898, puis aux lampes à filament métallique dans le vide, filaments d'osmium, puis de tantale, et enfin la formule définitive, filament de tungstène étiré ; la consommation s’abaisse à 1 watt par bougie et même à un demi-watt avec les lampes les plus récentes dont le filament est enfermé dans une ampoule pleine de gaz inerte.
- En même temps, les puissances des lampes augmentent et l’on vend aujourd’hui, à côté des minuscules lampes de poche, des lampes qui sont de véritables phares de grande puissance.
- Mais revenons à l’année 1882, âge héroïque de l’électricité. Cette année, dans un discours pro-
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- Fig. 6. —- Henri Becquerel.
- Fig. 7. Lippmann.
- phétique, sir Ressemer, inventeur de génie dans un tout autre domaine, déclarait que dans un avenir prochain, la force serait transmise au loin par l’électricité et que l’on pourrait, suivant sa pittoresque expression, « envoyer du charbon le long des fils électriques ».
- C’est qu’en effet, si le problème de la distribution de l’électricité commence à cette époque à progresser rapidement, celui du transport de force au moyen de l’énergie électrique n’a pas encore reçu de solution.
- Mais un savant de premier ordre, Marcel Desprez, étudie la question et en 1885 paraît le compte rendu de ses célèbres expériences de la gare du Nord dans lesquelles il réalisa le transport d’une puissance de 40 chevaux à une distance de 58 km, jusqu’à Creil, par courant continu à 6000 volts.
- Le problème était résolu et nous savons à quel degré de perfectionnement la question du transport de force est arrivée aujourd’hui.
- Il faut cependant remarquer que jusque vers 1888 la production et les applications du courant continu se sont seules développées. Le courant alternatif était nettement en défaveur, on ne savait d’ailleurs pas comment l’employer et l’opinion courante parmi les électriciens était qu’il ne se prêtait pas à la production économique du travail mécanique et que d’autre part, il était impossible d’emmagasiner son énergie dans des accumulateurs comme on le pouvait pour le courant continu. Ce n’est qu’en 1888 que la ville de Deptford eu Angleterre utilisa le courant alternatif produit par une machine Ferranti pour l’éclairage et la force motrice et il faut venir jusqu’en 1891 pour trouver en France, à Paris, un secteur alternatif. Ce fut celui des Halles.
- Mais l’élan était donné, c’est vers les courants alternatifs que se portèrent dans les années suivantes les efforts des savants et des ingénieurs et actuellement le transport des courants polyphasés à 150 000 volts et leurs multiples utilisations montrent quels succès couronnèrent leurs travaux.
- A ce grand travail d’adaptation, tous les pays ont pris une grande part. Mais la France, par ses savants et ses inventeurs, y a joué un rôle éminent qu’il convient de mettre en relief. S’il est vrai que les lois essentielles de l’électricité étaient découvertes et connues, au moment où l’invention d’Edison donna le branle à l’industrie électrique, il n’en est pas moins vrai que la complexité des phénomènes mis en jeu dans cette gigantesque appli-
- Fig. 8. — Brarily.
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- cation de la physique théorique, mit dès l’origine les techniciens en présence d’obstacles redoutables et difficiles à aborder.
- Des savants et des ingénieurs français se sont faits alors, on peut dire, les professeurs d’électrotechnique du monde entier; les travaux des Mascart, des Joubert, des Potier, des Vaschv, continués plus tard par Janet ont jeté la plus grande clarté sur tous ces phénomènes qui déconcertaient constructeurs et industriels.
- Des inventeurs comme M. Desprez, comme Gau-lard, créateur du transformateur, puis Maurice Leblanc, Blondel, Boucherot, continués aujourd’hui par Latour et Bethenod, ont apporté une puissante contribution à la création du matériel électrique moderne.
- On peut regretter seulement que l’industrie n’ait pas suivi, comme il convenait, cette brillante phalange dont les travaux ont, semble-t-il, é1é pins appréciés à l’étranger qu’en leur propre pays. La France tient, sans doute, dans l’industrie de la construction électrique, une place très honorable ; mais ce n’est pas la première place.
- En continuant cette revue des années écoulées, nous apercevons deux dates d’une importance capitale dans le développement de l’électricité en
- Fig. 10.
- Premier cinématographe Lumière (i8ç5).
- Fig. o. — Pierre Curie.
- particulier et de la physique en général. Ce sont les années 1888 et 1895.
- En 1888, le physicien allemand Hertz, vérifiant expérimentalement Jes prévisions théoriques de Maxwell, réalise et recueille les premières oscillations électriques. Le domaine des radiations électriques est conquis; on sait ce qui en est résulté au point de vue pratique. Quelques années plus tard en 1895, Marconi, utilisant le cohéreur découvert par Branly, crée la télégraphie sans fil. Depuis lors les radio-communications, téléphoniques ou télégraphiques, rapidement perfectionnées, ont pris un essor extraordinaire. Les ondes hertziennes, partout présentes, propagent en tous sens et en tous lieux la pensée humaine sous toutes ses formes.
- Mais ce n’est pas la seule conséquence de la découverte de Hertz; dans le domaine de la physique théorique, elle nous apporte la confirmation de l’hypothèse de Maxwell; la lumière est une oscillation électrique ; ainsi l’électricité s’annexe l’optique ; quelques années plus tard elle va s’annexer la mécanique et la presque totalité de la physique.
- L’année 1895 nous apparaît comme plus importante encore que l’année 1888. Elle marque le début d’une véritable révolution scientifique ; c’est l’année où Rœntgen, un peu par hasard, en poursuivant des recherches sur les rayons cathodiques, étudiés à cette époque par son collègue Lenard, découvre les rayons X qui ne sont autre chose que des vibrations lumineuses à très haute fréquence. Peu de découvertes firent une plus profonde sensation que celle-là. Elle reçut rapidement d’importantes applications médicales et industrielles. Mais c’est là une conséquence presque secondaire
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- comparée à celle qu’en tira Henri Becquerel. Il eut l’idée d’examiner si la phosphorescence de certains composés d’uranium qu’il étudiait depuis de longues années ne serait pas due à des rayons X, et il s’aperçut que ces substances émettent spontanément des rayons X. La radioactivité est découverte et avec elle toutes les notions anciennes sur la constitution de la matière sont bouleversées. La matière apparaît alors comme une agrégation de particules électriques. Cette notion se confirme et se précise peu à peu, à mesure que se développent les études sur le passage de l’électricité à travers les gaz. J.-J. Thomson le pre-
- domaine; le radium, découvert dès 1900 par M. et Mme Curie, la merveilleuse lampe à 3 électrodes, qui n’est qu’une machine à électrons, sont les premières preuves de ce que la science nouvelle peut fournir à l’humanité. Qui peut prévoir ce que nous réservent les transmutations d’atomes dont la possibilité paraît aujourd’hui démontrée?
- Nous avons dit qu’en 1873, le télégraphe était la seule application de l’électricité aux télécommunications; en 1876, surgit dans ce domaine une invention d’une importance considérable qui a, elle aussi, puissamment contribué à modifier les conditions de la civilisation moderne. C’est le téléphone,
- Fig. n.
- Le four électrique de Moisfan
- à la Sorbonne.
- mier aperçoit et met en évidence l’existence matérielle de ce que l’on pourrait appeler l’atome d’électricité négative : l'électron. L’atomistique électrique conduit à une nouvelle conception de la mécanique avec Lorentz et Poincaré et de la matière avec 3.-J. Thomson, Perrin, Rutherford et Bohr.
- L’étude des spectres de rayons X, rendue possible par l’emploi des cristaux comme réseau dispersif, permet de déterminer la répartition des électrons dans les parties extérieures de l’atome, tandis que les bombardements de la matière au moyen des rayons a du radium nous permettent d’en explorer la partie centrale, le noyau qui confère ses propriétés caractéristiques à l’atome.
- Sans doute, ces conceptions nouvelles, si attrayantes pour le savant, n’ont-elles pas encore à leur actif une moisson d’applications aussi abondante que l’électricité classique. Cependant, elles ouvrent aux chercheurs et aux inventeurs un riche
- inventé par l’Américain Graham Bell. A la même époque, lord Kelvin invente le siphon recorder, qui révolutionne la télégraphie sous-marine.
- Si les dates que nous venons de rappeler nous semblent marquer les événements capitaux dans le développement des applications de l'électricité, combien d’autres mériteraient également d’être citées! 1874 qui vit naître le moteur électrocapillaire de Lippmannetl8751eradiomètredeCrookes; de 1879 date la construction du premier chemin de fer électrique de Siemens; 1888 marquée par la découverte de la piézo-électricité par Curie, etc. ; il faudrait, pour être complet, refaire l’histoire entière de la physique moderne.
- Si l’électricité prend la plus grande part dans l’évolution actuelle de la Science, il ne faut pas croire que dans les autres branches de la physique, des découvertes fondamentales n’aient pas été faites dans les cinquante dernières années. En optique par exemple, Jansen perfectionne le spectroscope et
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- crée l’astronomie physique; l’étude des radiations des étoiles les plus lointaines nous révèle aujourd’hui une partie des mystères de l’évolution des astres.
- Le cinématographe est inventé par Marey en d 891, et la photographie des couleurs par Lippmann à la même époque ; en 1895, les frères Lumière apportent à la plaque sensible les modifications qui ont permis l’essor merveilleux de la photographie en même temps qu’ils donnent du problème de la reproduction des couleurs une solution moins parfaite, mais plus pratique que celle de Lippmann. Les appareils d’optique se perfectionnent; les réseaux de réflexion de Michelson permettent une analyse de la lumière impossible à réaliser avec les appareils anciens, tandis que l’ultramicroscope recule aux dimensions moléculaires la petitesse des particules observables.
- Le domaine de la thermodynamique a été également le théâtre de découvertes importantes, surtout d’ordre théorique. Au moment ou s’ouvre la période que nous passons rapidement en revue, les découvertes fondamentales : principe de la conservation de l’énergie et principe de Carnot sont faites depuis longtemps. Mais on commence seulement à en saisir toute la portée et toutes les conséquences. L’étüde
- Fig. i3.
- Le sous-marin Goubet. — L'inventeur et sa femme.
- Fig. il. — Automobile Serpollet (iqoi).
- des changements d’état, faite à la lumière des principes de la thermodynamique, conduit Raoult, van t’Hoff, Le Châtelier à préciser les lois de la fusion, de l’évaporation, de la dissolution. Les phénomènes d’équilibre chimique apparaissent eux-mêmes comme relevant de ces méthodes d’investigation, et ainsi la physique et la chimie, deux sciences en apparence séparées par un abîme, se rejoignent en une science nouvelle nommée chimie physique.
- Nous devons signaler, dans cette période, un fait important : la liquéfaction par Cailletetdes derniers gaz dénommés permanents : l’oxygène, l’azote, puis l’hydrogène. Ces expériences de laboratoire, faites ensuite à grande échelle au moyen de procédés perfectionnés par Linde et par Claude, ont permis de liquéfier industriellement les gaz de l’air et ont donné naissance à une industrie d’une importance insoupçonnée à ses débuts.
- La liquéfaction des gaz permanents offre un moyen précieux pour réaliser de très basses températures.
- Aujourd’hui Kammerlingh Onnes, au moyen de l’évaporation de l’hélium liquide, descend presque au zéro absolu.
- A l’autre extrémité de l’échelle des températures, le four électrique, inventé en 1895 par Moissan, a permis de réaliser des températures très élevées, et a ouvert la voie à la chimie de hautes températures en même temps qu’à d’importantes industries : carbure de calcium, ferro-alliages, aluminium, etc. Ainsi s’élargit le domaine ouvert aux investigations de la science et aux adaptations de l’industrie.
- Dans ce domaine de la chaleur, nous devons dire un mot du progrès des machines motrices, progrès qui conditionne le développement général de l’industrie.
- L’antique machine à vapeur à piston ne s’est, dans ses grandes lignes, modifiée qu’insensiblement, mais elle a bénéficié d’une foule de progrès de détails détente compound, surchauffe, emploi de pressions plus élevées, etc., qui en ont amélioré le rendement.
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- Fig. 14. — L’astronome Janssen à Meudon.
- Puis est née la turbine, en 1887, avec Parsons; machine légère et très puissante sous un faible volume, elle est devenue rapidement le meilleur auxiliaire de l’industrie électrique, paree qu’elle s’allie merveilleusement aux alternateurs, qui produisent le courant. On fait aujourd’hui des turbines d’une puissance unitaire de 50 000 kilowatts. La turbine triomphe également à bord des navires de grande taille.
- Le moteur à explosion ou à combustion interne, a pris également un merveilleux développement. En 1883, Otto présente le premier moteur de ce genre fonctionnant suivant le cycle de Beau de Rochas.
- De cette modeste machine est sortie la merveilleuse floraison de moteurs, de plus en plus légers, qui ont permis la naissance de l’automobilisme d’abord, puis de la navigation aérienne. Pour être juste il faut dire que le progrès du moteur est dû pour une grande part, non seulement à l’accroissement de nos connaissances physiques, mais encore aux progrès remarquables de la métallurgie provoqués par le développement de l’artillerie après 1870.
- Bel exemple de l’intime connexion de toutes les sciences et de toutes les industries.
- Les premières automobiles apparaissent en 1875 avec Serpollet, en J 883 avec Bollée, mais elles sont à vapeur. Dès 1884, de Dion fait circuler une automobile à moteur. Aujourd’hui des millions d’aulo-mobiles circulent dans le monde.
- En 1884, Renard et Krebs construisent la France, le premier ballon réellement dirigeable, et résolvent les principaux problèmes de la navigation aérienne par plus léger que l’air. Il leur manquait encore un moteur suffisamment léger et puissant. L’automobilisme allait le créer. Aussi dès 1900, le dirigeable
- est réalisé et devient un outil militaire important.
- Même évolution pour l’aviation. En 1894, Ader fait voler quelques instants un aéroplane; Langley en Amérique réussit à son tour à faire voler un monoplan non monté. Mais c’est en 1903, avec les frères Wright et grâce à un moleur inspiré du moteur d’automobile, que l’homme prend réellement, et pour la première fois, possession de l’atmosphère avec des appareils plus lourds que l’air.
- Cet examen trop rapide des nouveaux modes de locomotion nés depuis 1873 serait trop incomplet si nous n’y mentionnions aussi le sous-marin. Son origine est ancienne puisqu’elle remonte à Fulton, à la fin du xvme siècle. Mais les premiers sous-marins vraiment navigables furent les sous-marins électriques de l’ingénieur français Goubet, créés en 1881.
- En entrant au Grand Palais, le premier stand que l’on rencontre est celui de la Physique rétrospective dans lequel sonl exposés les appareils originaux qui marquent le point de départ de découvertes ou d’applications importantes : table d’Ampère, lentille à échelons de Fresnel, machine de Pixii, bobine de Ruhmkortf, dynamo de Gramme, appareils originaux de Pierre Curie, etc. Plus loin, c’est l’exposition des merveilles de l’industrie moderne, et ce n’est pas sans une singulière émotion que l’on songe que rien de tout cela n’existerait si, autour des humbles appareils sortis à cette occasion de l’oubli des cabinets de physique, des savants de génie n’avaient patiemment arraché peu à peu ses secrets à la Nature.
- H. Vigneron.
- Fig. /5. — Marer.
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- NOUVEAUX CHASSIS DE VOITURES AUTOMOBILES
- Fig. i. — Suspension avant de la voiture Béchereau. Fig. 2. — Suspension arrière de la voiture Béchereau.
- Parmi tous les châssis du dernier Salon, deux d’entre eux se sont signalés par leur conception originale, visant à réaliser une suspension meilleure. C’est là un point particulièrement intéressant aujourd’hui, alors que les vitesses atteintes sont élevées. Nous examinerons les dispositions nouvelles de ces châssis, exposés d’une part par le constructeur Béchereau et d’autre part, dans le stand de Sizaire frères.
- Fig. 3. — Coupe de la suspension Béchereau, formée de sandows avec amortisseurs à huile.
- La voiture Béchereau. — Il n’est pas étonnant que l’ingénieur à qui l’on doit nos meilleurs avions, ait exposé une voiture dont la forme dérive de celles de l’avion. Cette forme offre une moindre résistance à l’air; mais elle exige une conception spéciale du châssis, si l’on veut obtenir quelque chose de rationnel et de simple.
- Dans cette voiture, les roues sont suspendues d’une façon indépendante, elles sont montées sur des demi-essieux qui viennent s’attacher à la partie centrale du châ>sis par une articulation à rotule. L’aspect du châssis est nouveau, car les carters inférieurs ne sont plus découpés transversalement afin de laisser passage aux essieux. On obtient plus de robustesse et en même temps plus de légèreté, la liaison restant bonne entre le châssis et le sol.
- La suspension se déforme sans que les pneus soient obligés de glisser latéralement sur le sol. Elle réagit verticalement et transversalement sur le châssis par. l’intermédiaire de sandows en caoutchouc que l’on monte et règle facilement. La mise en place ne demande en effet qu’un effort de 50 kg au maximum. Ces sandows sont utilisés depuis longtemps dans la construction aéronautique.
- Fig. 4-
- Suspension avant et direction de la voiture Sizaire.
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- Le freinage de la détente des sandows est assuré au moyen d’un amortisseur à huile, constitué par un piston qui se meut dans, un cylindre rectiligne.
- , Bielle
- Fig. 6. — Le châssis de la voiture Sizaire. Schéma du freinage sur les quatre roues.
- avec des dispositions entièrement nouvelles, cette voiture présente l’aspect ordinaire dans ses lignes générales, mais ainsi que dans la voiture Béchereau, on peut dire que les essieux sont supprimés comme parfaitement inutiles. Les roues sont indépendantes. Elles sont fixées à l’extrémité d’un ressort transversal lequel est assujetti en son centre au châssis, constitué par deux forts longerons très rapprochés l’un de l'autre. Un fort tube longitudinal est destiné à résister aux efforts de torsion. Des amortisseurs à friction sont incorporés dans la construction du châssis lui-même et perfectionnent encore le système de suspension.
- Le pont arrière est relié directement au châssis, ce qui diminue le poids non suspendu. Des cardans transversaux et individuels commandent chaque roue arrière.
- Le mécanisme de direction fait, également comme
- Pédale
- Bouton de réglage
- Fbulle'
- Levier de frein
- Fig. 7. — La voilure Sizaire. Schéma de la direction.
- C’est en réalité un frein à huile qui travaille directement, sans bielle, ni levier. Le piston est muni d’une bille qui forme clapet et agit sur de l’huile de ricin.
- Lors de la compression des ressorts, l’orifice du fond de cylindre se ferme ; l’huile comprimée soulève la bille et remplit un espace annulaire, l’excès de liquide s’évacue par des orifices ménagés à cet effet. A l’extension des ressorts, l’orifice annulaire du haut du cylindre se ferme, la bille agit comme clapet de fermeture et l’huile comprimée ne peut s’échapper que par un petit orifice de retour. Pendant ce temps le cylindre intérieur se remplit par l’orifice inférieur en raison de l’aspiration produite par le piston.
- Les demi-essieux supportant les roues sont reliés à une bielle articulée près des roues ; cette biellé accolée aux longerons assure la liaison longitudinale des roues et du châssis. Les longerons peuvent être ainsi très rapprochés et la carrosserie adopte facilement la forme d’un fuselage d’avion propice aux grandes vitesses.
- Le châssis Sizaire frères. — Bien que conçue
- le système de suspension, l’objet de brevets. Il se compose d’un pignon hélicoïdal qui agit sur une crémaillère, transversale par rapport au ohâssis. Les roues sont attaquées chacune par une petite bielle articulée à chaque extrémité de la crémaillère. On a déterminé très exactement le point d’articula-
- Fig. 8. — La voiture -Sizaire. Passage d’une roue sur un obstacle.
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- -...-..... LA SCIENCE
- tion des bielles, de manière que le prolongement de l’axe d’articulation coïncide avec le contact du bandage sur le sol.
- Le système de freinage est également breveté, il assure l’équilibrage parfait, sur les quatre roues. Les freins, constitués par des rubans flexibles d’aluminium garnis de ferodo, agissent comme des sabots sur l’intérieur de tambours en tôle solidaires des roues. Au moment où l’on actionne même légèrement la pédale ou le levier, ils sont repoussés énergiquement et le ^frottement produit une sorte d’autoserrage.
- Tout le système de câblerie et de poulies est enfermé dans le carter, protégé par conséquent de la poussière et de la boue. Un bouton de réglage permet de parer à l’usure des surfaces, ce réglage peut d’ailleurs s’effectuer en marche.
- Le frein à main a ceci de particulier qu’il peut agir, à la volonté du conducteur, soit sur les roues avant, soit sur les roues arrière.
- LA SCIENCE
- La question de l’heure. — Nous venons, de par la loi, de retoucher nos pendules et de les remettre à « l’heure d’hiver ». C’est peut-être une occasion favorable pour parler un peu de la question de l’heure sur laquelle, il faut l’avouer, si simple qu’elle semble au premier abord, beaucoup de gens n’ont que des notions très confuses.
- Et d’abord, quand commence une journée? On est à peu près d’accord là-dessus maintenant, chez tous les peuples civilisés, et le jour s’étend d’un minuit au minuit suivant. Dans les observatoires, le jour commence 12 heures plus tard que dans la vie civile, à midi. Ainsi, par exemple, le 9 octobre 1923, alors que dans la ville de Bordeaux on dira qu/il est 10 heures du matin, pour les astronomes de l’observatoire de Floirac, on est* au 8 octobre, et il est 22 heures. Il est probable d’ailleurs qu’un jour viendra où la pratique ordinaire sera également adoptée dans les établissements astronomiques, mais on n’est pas encore arrivé à se mettre d’accord là-dessus.
- Nous avons écrit les mots « midi » et « minuit », que signifient-ils au juste?
- Nous savons ce que c’est que les 4 points cardinaux. Par la ligne Nord-Sud faisons passer un plan vertical, c’est-à-dire contenant le fil à plomb ; c’est le plan méridien, qui joue un rôle capital en Astronomie et en Géographie.
- Le mouvement diurne des astres, le premier assurément de tous les phénomènes qui out frappé les yeux des hommes depuis que notre espèce existe, fait que tous les astres traversent deux fois par jour ce plan méridien ; mais, à moins que l’on ne se trouve, cas improbable, à l’un des deux pôles terrestres, il y aura une partie des astres, plus ou moins nombreuse, selon qu’on se trouvera plus ou
- M FAMILLE -................ . --- 381
- Il n’est pas jusqu’au moteur qui dans cette voiture ne présente des particularités. C’est ainsi que les soupapes sont commandées simplement par un arbre à cames directement, bien que placées en dessus et leur réglage peut s’opérer sans outils. Le changement des ressorts s’effectue sans qu’il soit nécessaire de procéder au démontage des soupapes.
- Enfin l’entretien du mécanisme se trouve notablement diminué, car les constructeurs n’ont gardé que les articulations indispensables, et toutes celles qui subsistent sont prévues avec rotules à rattrapage de jeu automatique et munies de réservoir de graisse, que l’on n’est astreint de visiter qu’à de rares intervalles. Tout cela est protégé, à l’abri des poussières et des boues, il en résulte une usure faible, l’absence dé bruit pendant la marche de la voiture ; celle-ci est alors susceptible de faire un usage prolongé.
- E. Weiss.
- EN FAMILLE
- moins voisin de l’équateur, pour lesquels le « passage inférieur » ne sera pas visible.
- Il est midi quand le Soleil passe au méridien supérieur. Le jour vrai est l’intervalle compris entre deux de ces passages, on le divise en 24 heures.
- Mais le jour vrai a un grand inconvénient qui, à notre époque, ne permet pas de l’employer dans la pratique; sa durée varie avec les saisons, à cause de l’irrégularité du mouvement du Soleil en ascension droite, car l’astre qui nous éclaire se meuf au milieu des étoiles fixes, et il fait le tour du ciel en un an.
- On lui a donc substitué le « jour moyen » dont voici la définition :
- En appelant S le véritable Soleil, on désigne par S' un premier soleil fictif qui, partant du périgée (point où le Soleil est le plus voisin de la Terre), parcourt la même orbite que S (l’écliptique), mais d’un mouvement uniforme. Quand S' passe à l’équinoxe de printemps, ou à l’intersection de l’écliptique et de l’équateur, on admet qu’il coïncide avec un second Soleil fictif S" qui se meut aussi d’un mouvement uniforme, mais décrit l’équateur et non pas l’écliptique.
- C’est quand S" se trouve au méridien supérieur qu’il est midi moyen, et 12 heures plus tard, il est minuit.
- On ne peut pas observer le passage au méridien du Soleil S", puisque c’est un astre fictif, mais on observe celui du véritable Soleil, et comme la différence entre ces deux passages est parfaitement connue d’avance, cette observation fait connaître de combien l’horloge sur laquelle on a compté la seconde est en avance ou en retard, autrement dit, quelle est sa correction.
- Grâce à ces conventions, il est possible d’avoir
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- des horloges faciles à mettre d’accord, et le public s’en trouve bien.
- Il n’en était pas ainsi autrefois. Il n’y a guère plus d’un siècle, on ne faisait pas universellement usage du temps moyen, et l’administration hésita beaucoup avant d’introduire celui-ci, craignant un mouvement insurrectionnel dans la population ouvrière si le moment de midi ne se trouvait plus exactement entre celui du lever et celui du coucher du Soleil. Pour couvrir sa responsabilité, en 1816, la Préfecture de la Seine exigea que le Bureau des Longitudes lui fit un rapport, qui fut sans doute publié, sur les avantages de la mesure qu’elle prenait. Le changement passa inaperçu, car le plus grand écart entre le midi vrai, et le midi moyen ou l'équation du lemjjs s’annule, par exemple, en 1923, le 16 avril, le 14 juin, le 1er septembre et le 25 décembre, égale 3 m. 21 s. le 1er janvier, atteint un maximum de 14 m. 24 s. le 11 février, un minimum de — 5 m. 47 s. le 15 mai, un maximum de 6 m. 20 s. le 27 juillet, et enfin, un minimum de —16 m. 22 s. le 5 novembre.
- Ces différences, temps moyen — temps vrai sont assez petites pour n’entraîner aucun inconvénient. Avant l'introduction du temps moyen, la différence des heures indiquées par les horloges d’une même ville pouvait aller beaucoup plus loin, et il arriva à l’astronome Delambre, qui est mort en 1822 (ce centenaire est passé à peu près inaperçu, ce qui est étonnant, vu la valeur de cet homme), et dont l’observatoire était à Paris, d’entendre sonner minuit pendant trois quarts d’heure de suite.
- De nos jours, cela serait absolument intolérable. Il faut évidemment que les horloges non seulement de toutes les gares d’une même ville, mais de tous les réseaux d’un même pays, marquent rigoureusement la même heure, sous peine de rendre le service impossible et de causer des accidents graves. Aussi, dès P origine, les Compagnies de chemins de fer, d’un commun accord, ont-elles réglé les horloges de leurs gares sur l’heure moyenne de Paris.
- Cela n’empêchait pas la plupart des horloges municipales d’être réglées sur le temps moyen local, ce qui faisait qu’à Nice, par exemple, l’horloge de la mairie avançait de 49 m. 46 s. sur celle de la gare. A Brest, c’était le contraire, et l’heure du chemin de fer avançait de 27 m. 48 s. sur celle de la ville.
- Cela n’était pas sans inconvénients, et la loi du 14 mars 4891, lit de l’heure moyenne de Paris, l’heure légale de la France et de l’Algérie. Alger est sur le même méridien que Paris, à peu de chose près.
- La question était donc réglée pour l’intérieur du territoire; mais, dès qu’on arrivait à la frontière, une difficulté se présentait, l’heure changeait, et d’une quantité généralement assez compliquée; ainsi, avant que nous eussions eu le bonheur de voir l’Alsace redevenir française, un voyageur venant de Paris et arrivant à Avricourt, devait avan-
- EN FAMILLE —........... ....... _ ...
- cer sa montre de 44 m. 14 s., car telle est la différence des méridiens de Berlin et de Paris.
- Les Anglais, sous ce rapport, étaient plus avancés que la plupart des autres peuples, ce qui tient sans doute à ce que leurs chemins de fer s’étaient développés plus vite, et surtout à l’importance de leur commerce maritime. Aussi, non seulement l’horloge extérieure de leur grand observatoire de Greenwich était-elle consultée à chaque instant par le public, mais, dans la plupart des villes, et surtout dans les ports, des signaux, mis en mouvement par l’électricité, indiquaient le moment précis du midi de Greenwich et rendaient possible et facile le réglage des horloges et surtout des montres marines. Un tel signal consistait en une boule de gros diamètre qui disparaissait dans un tuyau lorsque l’horloge de Greenwich marquait midi.
- Enfin, les Anglais avaient introduit leur heure nationale dans leurs nombreuses possessions, ou du moins, dans ces pays, l’heure indiquée par ces horloges ne différait de l’heure de la métropole que d’un chiffre rond. Ainsi, en Égypte, les horloges étaient et sont encore en avance de deux heures exactement sur les horloges de Londres.
- En France, l’observatoire de Paris envoyait l’heure une fois par semaine, par voie télégraphique, à quelques ports, tels que Rouen, Le Havre, La Rochelle, etc., mais on n’avait rien fait de plus.
- La T. S. F. permet maintenant de régler, en tout lieu et tous les jours, les horloges avec la plus grande précision, et c’est un grand avantage, sinon au point de vue pratique, au moins au point de vue scientifique. On voit immédiatement en effet que celui qui transmet à un corps savant des renseignements. sur un phénomène qu’il lui a été donné d’observer, que ce soit un tremblement de terre, un orage ou l’explosion d’un bolide, doit pouvoir garantir l’heure qu’il indique comme étant celle où ce phénomène s’est produit.
- Une loi du 9 mars 4911 a décidé que les hor loges françaises seraient réglées sur l’heure de Greenwich, autrement dit qu’elles marqueraient l’heure de Paris diminuée de 9 m. 21 s. Ajoutons que depuis un certain nombre d’années, les heures se comptent de 0 à 24, de minuit à minuit.
- Au moment actuel, à la suite d’une entente internationale, la situation est la suivante : la surface du globe est décomposée en 24 fuseaux égaux, dont chacun est limité par 2 méridiens formant entre eux un angle de 15 degrés. L’observatoire de Greenwich se trouve au centre du premier de ces fuseaux, à l’intérieur duquel toutes les horloges sont réglées sur l’heure anglaise.
- A l’intérieur du second fuseau, en marchant vers l’est, les horloges sont en avance d’une heure sur celles du premier, et ainsi de suite.
- Ainsi, en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en France, en Espagne et en Portugal on a la même heure, tandis que les horloges de Berlin et de Vienne
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- LES RADIATEURS PARABOLIQUES “ GARBA ” A GAZ, ESSENCE OÜ ALCOOL 383
- marquent une heure de plus que celles de Paris au même instant, celles de Constantinople deux heures de plus, etc.
- Ajoutons qu’il existe un Bureau International de l’Heure, qui se trouve à Paris et que dirige M. Bi-gourdan. Ce sont des signaux envoyés par la Tour Eiffel qui règlent les horloges du monde entier.
- La cosmographie est le plus souvent enseignée dans les collèges vers la fin de l’année scolaire, ce qui fait que les leçons ne sont écoulées que d’une oreille distraite. On nous pardonnera donc d’avoir rappelé les notions très élémentaires qui précèdent,
- grâce auxquelles il sera possible à tout père de famille d’appeler l’attention de ses enfants sur une question dont l’importance n’a pas besoin d’être signalée.
- Ajoutons que si l’on pouvait profiter d’un hasard heureux, de la complaisance d’un horloger, par exemple, et mettre sous les yeux des jeunes gens le mécanisme d’une horloge à poids et à pendule, mécanisme beaucoup plus simple que celui d’une montre et surtout d’un .chronomètre de marine, ce serait pour eux une excellente leçon de mécanique.
- E. Doublet.
- LES RADIATEURS PARABOLIQUES « GARBA ”
- à gaz, essence ou alcool.
- Très nombreux sont les cas où l’on a un besoin immédiat de chaleur, pour un temps très court. C’est le cas des pièces où l’on ne se tient que quelques instants : cabinet de toilette, salle de bain, antichambre. C’est aussi ce qui se produit, aux changements de saison, lorsque les feux ne sont pas encore ou ne sont plus allumés. C’est également le désir qu’on a quand on pénètre dans une maison inhabitée depuis quelque temps.
- Les radiateurs électriques à réllecteur parabolique qui existent dans le commerce depuis quelques années répondent à ce besoin... quand on dispose du courant électrique. Quand on n’en a pas, il reste les poêles à gaz, de modèles nombreux et variés. Et si le gaz n’est pas installé, on n’a plus grand’-chose.
- Pour un chauffage de brève durée, allumer un poêle à bois ou à charbon n’est pas une solution, puisque la mise en route est longue et exige un travail important. Puis, le feu allumé ne peut être arrêté instantanément.
- L’idée ingénieuse de M. Garbarini, à qui l’on doit déjà notamment des dispositifs d’éclairage employés dans les phares, a été d’appliquer le réflecteur para- > bolique à des appareils de chauffage quelconques, au gaz, à l’essence ou à l’alcool.
- Le rétlecteur, en cuivre poli, concentre dans une seule direction un faisceau de tous les rayons calorifiques produits à son foyer. Il projette d’autant plus de chaleur que son pouvoir réflecteur est plus grand (polissage du cuivre), que sa forme se rapproche le plus de la parabole parfaite et que la source de chaleur est centrée à son foyer.
- Quand ces conditions sont remplies, on obtient dans une seule direction une véritable projection de chaleur, comparable à la projection de lumière d’un phare. On comprend aisément que la sensation de chaleur est intense quand on se trouve dans le faisceau, bien que l’air du reste de la pièce puisse être froid.
- Prenons comme exemple des radiateurs de M. Garbarini, le modèle fonctionnant au gaz (fig. 1). Sur
- un pied pouvant être posé ri’importe où ou même accroché au mur, l’appareil est fixé par une genouillère à rotule permettant l’orientation du faisceau dans n’importe quelle direction. Le gaz arrive par un tube de caoutchouc à une tétine d’où une canalisation de cuivre le conduit à un brûleur étudié spécialement qui produit une flamme bleue dans un manchon tissé en fil d’amiante et imprégné de telle façon qu’il ne dépasse pas, à l’incandescence, la couleur rouge cerise. On diminue ainsi la .production de rayons lumineux aux dépens des rayons calorifiques. Le manchon est au centre d’un para-boloïde de cuivre poli qui envoie, selon son axe, un faisceau de chaleur intense.
- Les modèles fonctionnant à l’essence ou à l’alcool présentent les mêmes lignes extérieures; ils sont plus transportables puisque n’étant rattachés à aucune canalisation. Le pied forme réservoir de carburant. Une valve placée au-dessus permet d’y comprimer de l’air au moyen d’une pompe à main. C’est l’air chargé de vapeur combustible qu’on allume dans le manchon au moyen d’une torche d’alcool. Le brûleur (système Noël) ne peut s’engorger, le débouchage du gicleur étant assuré automatiquement par le fait qu’on ne peut fermer le pointeau sans que l’aiguille sorte du gicleur ni l’ouvrir d’un quart de tour sans que l’aiguille rentre complètement, dégageant l’orifice.
- Pour chauffer de grands espaces, M. Garbarini a imaginé un projecteur torique à 5 becs (fig. 3). Dans ce modèle, le miroir a la forme d’un tore paraboloïdal ; dans le plan focal de ce tore, 3 manchons sont portés à l’incandescence par des brûleurs séparés, ce qui permet l’allumage et le réglage indépendants. Comme on le voit sur la figure 5, l’allumage et l’extinction sont obtenus par le robinet R. Le réglage du gaz se fait à l’aide du pointeau G, une bague d’air À permet de faire varier la quantité d’air introduite dans les brûleurs.
- Tous ces modèles fonctionnent sans odeur, sans bruit et sans tlamme et ne produisent pas d’oxyde de carbone.
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- «jHIpHS
- Fig. i. — Radiateur parabolique à gaz.
- Fig. 2. — Modèle à essence ou à alcool.
- On comprend aisément qu’avec de tels radiateurs, au lieu de produire une colonne d’air chaud allant directement au plafond, comme c’est le cas de la majorité des appareils de chauffage existants, on obtient un faisceau calorique traversant horizontalement le local à chauffer, ce qui produit une nappe verticale d’air chaud au travers de la pièce, d’où une rapidité de chauffage beaucoup plus grande qu’avec les appareils en usage.
- Ces divers appareils, remarquablement bien étudiés, ont une consommation très faible : 100 litres de gaz ou 100 cm3 d’essence ou d’alcool par heure de fonctionnement. C’est dire qu’ils peuvent concurrencer — pour un chauffage extemporané — tous les appareils existants et même les radiateurs électriques.
- Ils produisent, en avant d’eux, un faisceau calorifique si intense qu’on a même pu les utiliser comme bain d’air chaud, pour des applications médicales.
- Afin de mieux concentrer les rayons de chaleur, un type spécial a été créé, pourvu d’un correcteur, analogue à une optique de Fresnel, pons-titué par des cylindres concentriques empêchant toute divergence du faisceau, qui peut servir au traitement thermothérapique des rhumatismes, des névralgies, des plaies atones, etc.
- L’ensemble des radiateurs paraboliques « Garba » apporte un réel progrès à la solution des problèmes du chauffage instantané et de courte durée, par des
- appareils mobiles, autonomes dans le cas de l’essence et de l’alcool, présentant les avantages des radiateurs électriques et produisant plus de chaleur que ceux-ci pour une dépense bien moindre.
- Aussi, leur succès est-il assuré ! A. B.
- Fig. 3. — Radiateur torique pour chauffer de grands espaces.
- Le Gérant : P. Masscn. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fleuras, 9, Pans.
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- LA NATURE — N° 25fr4\—_^5. Jp/. -—.., - 22 DÉCEMBRE 1923
- \ > o ao .o,y
- L’AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F.
- Nous avons déjà, dans [le numéro 2564 de La Nature, indiqué les données du problème de la télémécanique sans fri et décrit sommairement les procédés radioélectriques permettant actuellement des réalisations pratiques. Nous allons maintenant étudier spécialement une des applications essentielles de la télémécanique sans fil, la direction des avions par T. S. F. Cette étude nécessitera, comme nous le verrons, la description préalable des procédés servant à assurer l’équilibre automatique des avions, ce qui nous conduira à esquisser le problème intéressant de l'avion automatique.
- L’ingénieur distingué qui s’est spécialement consacré en France à l’étude de ces questions,
- M. Maurice Percheron, a d’ailleurs défini lui-même, dans une récente communication faite à la Société des Ingénieurs Civils, le rôle dévolu, à son avis, à l’avion sans pilote : rôle avant tout militaire, on le conçoit, mais également important en temps de paix.
- A mesure que l’altitude d’un avion augmente, la résistance de l’air diminue, par suite de la diminution de densité de l’atmosphère et les très grandes vitesses deviennent plus faciles avec une puissance moindre ; des vitesses de l’ordre de 500 à 500 km à l’heure sont dans le domaine des possibilités de demain, et la sécurité du voyage est aussi mieux assurée que dans les basses régions de l’air. Il en résulte, par contre, de graves difficultés, non seulement pour assurer l’alimentation des carburateurs, difficultés résolues en partie par l’adoption de systèmes spéciaux tels que le turbo-compresseur Rateau, mais aussi pour protéger contre le froid et l’asphyxie les pilotes et les passagers.
- S’il était possible de réaliser pratiquement des avions sans pilote, dirigeables à distance, on pourrait organiser de véritables trains aériens pour le transport de la poste et de la petite messagerie à très haute altitude. Un seul avion avec pilote dirigerait tout un groupe, de même qu’une locomotive, toutes proportions gardées, suffit à entraîner de nombreux wagons de marchandises.
- Il serait même possible, pour les courts trajets, de commander le convoi à l’aide de postes émetteurs d’ondes situés à terre. L’un par exemple com-
- manderait le convoi au départ, un deuxième au cours du trajet proprement dit, et un troisième à l’atterrissage.
- Des avions-sondes, munis d’instruments de mesure, et dirigeables également par la T. S. F., pourraient de même être envoyés à très haute altitude au-dessus de F Atlantique, à la recherche des centres dépressionnaires qui s’avancent vers l’Europe, et permettraient de connaître avec plus de précision qu’acluellement, les phénomènes météorologiques, ce qui faciliterait encore la navigation aérienne.
- Et si nous considérons seulement, non pas l’avion sans pilote, dirigé par la T. S. F., mais l’avion automatique, c’est-à-dire à stabilité automatique, aussi facile à conduire qu’un tramway ou un bateau à moteur, il est évident que cette réalisation aura fait accomplir un grand progrès à l’aviation commerciale; progrès d’ailleurs à la veille d’être réalisé puisque la Société de Télémécanique, dont-M. Percheron est le directeur technique, semble avoir résolu définitivement cette question, ainsi que nous le mon: trerons plus loin.
- Outre l’accroissement de la sécurité ainsi procuré, il est une autre application immédiate qu’adopteront les compagnies de navigation aérienne ; elle consistera à rendre au pilote sa véritable fonction : être un navigateur au long cours aérien.
- Tout cet appareillage automatique est susceptible d’équiper même les plus gros avions de transport ; le pilote n’aura plus ainsi à s’occuper de l’équilibre de son appareil et pourra s’adonner exclusivement à des besognes plus utiles : faire le point, rester en liaison avec la terre par téléphonie ou télégraphie sans fil, noter les incidents du bord. De plus en plus, le pilote s’élèvera au-dessus du simple rôle de conducteur et deviendra un véritable scientifique, se dirigeant uniquement au moyen des instruments de bord et des méthodes nouvelles de repérage : câble Loth, recoupement radiogoniométrique, balisage, etc. La navigation de nuit et. par temps de brume deviendra aussi infiniment plus aisée et plus sûre.
- Enfin, il est évident qu’un avion automatique sans pilote, dirigé non par T. S. F. mais par de
- 25. — 585.
- Saclas
- TVNGERVILLE
- Fig. i. — Trajet effectué en iqi8 au cours d'un essai, par avion dirigé au moyen de la T.S.F.
- 51* Année. — 2° Semestre.
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- L AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F.
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- simples mouvements d’horlogerie réglés au départ, pourrait effectuer de courts trajets dans l’atmosphère, servir d’avion-sonde par exemple, comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Examinons maintenant le rôle que pourrait jouer l’avion sans pilote dans l’aviation militaire, rôle susceptible de donner quelque jour une nouvelle forme à la euerre aérienne, insoupçonnée au cours de celle de 1914-1918.
- L’aviation militaire, on le sait, est actuellement divisée en quatre sections plus ou moins dislinctes : aviation de bombardement, aviation d’observation, aviation de. combat, aviation marilime ; à ces quatre sections, la télémécanique sans fil est susceptible d’apporter des modifications profondes.
- Détruisant les nœuds de communication, les centres de ravitaillement, les dépôts de munitions, les usines de l’ennemi, jetant l’épouvante dans ses villes, l'aviation de bombardement a rendu pendant la guerre les plus grands services ; elle est susceptible de jouer un rôle tant politique que miliLaire et de transformer par son extension la technique de la guerre.
- Que l’on puisse employer, pour effectuer ces missions, des avions sans pilote groupés comme dans les convois commerciaux déjà indiqués, et nombre de vies précieuses de nos pilotes seront préservées non seulement des combats aériens, mais des accidents de vol et d’atterrissage. Seuls"lès appareils pourraient courir des risques et l’on peut même, comme le suggère Al. Percheron, les choisir d’un type démodé, et utiliser ainsi les stocks et les réserves.
- Puisque les équipages seront supprimés, et les charges des avions diminuées d’un poids correspondant, il sera facile de faire porter par chaque unité de bombardement un poids d’explosifs de ()00 kg au minimum. Toute crainte de fatigue du pilote étant abolie, il sera également facile de multiplier la fréquence des trajets des avions et de négliger des obstacles tels que la nuit, la brume et la pluie.
- Que l’on se représente par la pensée une escadre de 200 à 300 avions dirigés déversant sans arrêt leurs bombes puissantes sur une capitale ennemie! 11 est bien difficile d’atteindre au moyen de canons anti-aériens ces machines aveugles, restant toujours à très grande altitude et dont tous les organes fragiles sont protégés par un fuselage blindé. Seuls, à plus grande hauteur encore, et complètement invisibles, deux ou trois minuscules et rapides avions monoplans sont les cerveaux qui dirigent, au moyeu des ondes émises par leurs petites antennes, toute celte effroyable force de destruction.
- Il va sans dire que tous les trajets entre le centre de ravitaillement et l’objectif à bombarder seraient exécutés à très grande hauteur et à très grande vitesse. Le nombre des bombardements successifs pourrait donc être fort élevé dans un court espace de temps.
- Il serait facile également, pour l'observation, de
- munir un avion dirigé par T. S. F. d’appareils photographiques et cinématographiques, commandés également par T. S. F., ou par un mouvement d’horlogerie, réglé au départ.
- Cet avion fortement blindé pourrait voler tri s bas et il faudrait, en outre, prévoir un di-positif détruisant automatiquement l’appareil £n cas de descente forcée, afin que des documents précieux ire puissent tomber aux mains de l’ennemi.
- L'aviation de combat, maintenant, a pour but des objectifs aériens, ballons d’observation, dirigeables ou avions ennemis, et des objectifs tenes-tres ; troupes ennemies à mitrailler au moment des attaques, ou lors des mouvements de troupes à l’arrière des lignes.
- On ne peut songer à supprimer complètement l’aviation de chasse avec pilotes, car il est bien complexe de remplacer par un mécanisme l’action intelligente et foudroyante d’un « as » fameux ; mais il est possible de réaliser de véritables torpilles aériennes automatiques qui peuvent endommager gravement des dirigeables ou des avions, même par le simple déplacement d’air de leur explosion, ou incendier des ballons d’observation.
- Des avions automatiques, avec mannequins simulant des pilotes, pourraient être lancés au milieu d’une escadrille ennemie, où leur explosion jetterait le trouble et la confusion.
- Des groupes d’avions automatiques, munis de mitrailleuses ou de canons de petits calibres servis automatiquement, seraient de même envoyés contre l’infanterie ennemie.
- De nombreuses torpilles dirigeables par T. S. F., des escadrilles d'hydravions de bombardement sans pilote, dirigées par des postes côtiers, des hydravions ordinaires ou des dirigeables joueraient encore un rôle de premier plan dans la guerre maritime, où ils pourraient, en détruisant les filets de protection, frayer la voie aux sous-marins et même endommager de grosses unités.
- Alais, dira-t-on, tout cela n’est que rêve et fantaisie. Avant donc d’examiner le côté technique du problème, nous allons étudier l’état actuel de la question au point de vue pratique et donner quelques détails sur les résultats déjà obtenus.
- Près de cinq ans se sont écoulés depuis le début des recherches opiniâtres qui ont conduit à la réussite actuelle. C’est en effet au début de 1918, grâce à l’appui de Al. d’Àubigny, qu’un groupe militaire, spécialement destiné à l’étude du problème, fut formé à Alondésir près d’Etampes, sous la direction du capitaine Alax Boucher. Des ingénieurs de grande valeur tels que le regretté Al. Guéritot, MM. Alanes-cau et Brillouin en faisaient partie, ainsique le pilote aviateur Àgeorges décédé en 1920.
- Des essais furent poursuivis pendant plusieurs mois et portèrent tant sur la stabilisation de l’appareil que sur les d yositifs de commande, de protection contre les brouillages, de direction simultanée de plusieurs avions, etc.
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- L’AVION AUTOMATIQUE ET LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F. r 387
- Fig. 2. — M. Loin eut Eynac, Sous-sccrétaire d’Élal de l’Aéronautique, assistant aux expériences de direction d’un avion par T. .S'. F.
- Le 14 septembre 1918, à l’aérodrome de Chi-cheny, ces techniciens réussirent à faire voler un avion muni d’un système de stabilisateur automatique, et pourvu de récepteurs d’ondes hertziennes. L’avion fut manœuvré pendant cinquante et une minutes sans intervention du pilote et parcourut 100 kilomètres d’un circuit assez compliqué. Une expérience du même genre eut lieu le 18 septembre de la même année devant le vice-président de la Commission de l’Armée, (fig. 1).
- Mais ces beaux résultats n’eurent malheureusement pas de lendemain. L’armistice sur\int, le groupe qui effectuait ces recherches fut dissous et, pendant trois ans, les expériences ne furent pas renouvelées.
- Il faut noter cependant qu’en 1919, sur les instances du général Ferrié, le sous-lieutenant Ageorges continua au Crotoy les expériences interrompues, mais il mourut en mai 1920. Ces quelques essais avaient d’ailleurs été effectués par la section technique de l’Aéronautique, sous la direction du capitaine Volmerange, avec l’avion qui avait servi aux expériences d’Etampes.
- Entre temps, des essais sur embarcation démontraient la valeur de dispositifs tels que ceux de
- MM. Dolme-Deban et Abraham, à Toulon, et de ceux de M. Chauveau qui, avec le concours de la Direction des Recherches et Inventions, fit évoluer sur la Seine, de Sèvres à Paris, une embarcation sans pilote. 11 convient de signaler à ce propos que, dès 1906, le célèbre ingénieur espagnol Torrès Quevedo faisait évoluer en rade de Bilbao un canot automatique basé sur le principe de son chef' d’œuvre automate : le joueur d’échecs.
- Cependant en Angleterre, en Amérique aussi, des essais se poursuivaient, tant sur l’aviation automatique que sur des torpilles dirigées et, peu à peu, disparaissait l’avance que la France avait conquise par ses expériences d’Etampes.
- C’est alors que, devant les résultats obtenus à l’étranger, M. Laurent Eynac réclama instamment la reprise des éludes de 1918; et, dès son arrivée au Sous-Secrétariat d’Etat à l’Aéronautique en 1921, il pria le capitaine Max Boucher et son collaborateur, l’ingénieur Maurice Percheron, de s’attaquer 'à nouveau au problème de la télémécanique appliquée à l’aviation. Le directeur du Service Technique de l’Aéronautique, l’ingénieur général Fortantfacilita la réalisation de ces travaux, dont les résultats
- ABC
- Fig. 3. — Les repères sur l’avion.
- A, profondeur. — B, gauchissement, — C, dérivation.
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- furent contrôlés fin 1922 et au printemps de 1923 au camp d’aviation de Villesauvage par le capitaine Volmerange, chef de la Navigation Aérienne au Service Technique de l’Armée et en présence de M. Laurent Eynac (fîg. 2).
- Les expériences démontrèrent q uon était parvenu à résoudre pratiquement le problème de l'avion automatique qui conditionne celui de la direction des avions par T. S. F.
- L’avion, un Voisin muni d’un moteur Renault de 300 chev., prêté par l’Etat, était piloté par le capitaine Arbanère (prêt à reprendre les commandes en cas de défaillance des mécanismes) uniquement au moyen de boutons. Bien mieux, un contrôleur du Service Technique, n’ayant jamais piloté, conduisit l’appareil, toutes les commandes ayant été préalablement scellées, depuis le moment où il s’ébranla, jusques et y compris l’atterrissage et le freinage (également automatiques).
- Le.problème de la commande d’un avion automatique par T. S. F. est analogue en somme à celui de la commande d’un véhicule ou d’un navire et npus avons montré, dans notre article déjà cité, l’état d’avancement de cette question. On peut donc affirmer que le problème de direction des avions par T. S. F. est à la veille d’une réalisation pratique. On n’en est plus maintenant à de simples essais de laboratoire et les résultats des expériences indiquent que l’on pourra procéder, dans un temps relativement réduit, à la construction en série d’appareils de télémécanique équipant les avions automatiques, ainsi que les avions sans pilote, dont la réalisation prochaine apparaît pratiquement possible, grâce aux remarquables travaux entrepris par la Société de Télémécanique, l’ingénieur Mauriçe Percheron et le capitaine Max Boucher.
- Nous avons volontairement assez longuement décrit les applications possibles de l’avion sans pilote et les essais déjà réalisés ; nous voulions, en effet, attirer l’attention du lecteur sur l’importance de la question et lui démontrer que les expérimentateurs étaient entrés dans la voie des résultats pratiques.
- Il nous reste maintenant à étudier les appareils qui ont permis de réaliser ces expériences remarquables.
- Nous ne pourrons malheureusement donner sur ces appareils des détails très nombreux; d’abord parce que cette description serait très longue et extrêmement technique, et surtout parce que l’Etat, on le comprend aisément, tient à conserver secrets les détails de ces dispositifs, qui assurent actuellement à la France une supériorité indiscutable dans cette question de défense nationale.
- Rendre l’avion automatiquement stable est d’abord, nous l’avons dit, le problème essentiel. S’il suffit, en effet, de pouvoir commander l’allure du moteur, le gouvernail de direction, ou les roues avant d’un canot ou d’un véhicule automobile, et a cessoirement un dispositif de mise à feu d'une
- bombe ou d’un canon, il n’en est plus de même pour l’avion.
- Le pilote doit, en effet, pour conserver à l’appareil son équilibre, être à tout instant sur le qui-vive, prêt à parer, par une manœuvre presque instinctive, appropriée, à tout déplacement causé par un remous fâcheux sans parler des manœuvres supplémentaires de montée et de descente.
- Aux temps héroïques de l’aviation, de 1909 à 1913, on semblait limiter l’aptitude au pilotage à quelques individus exceptionnellement doués comme vitesses de réflexes et sang-froid. Bien qu’on ne volât quê par des temps absolument favorables, le nombre désolant d’aviateurs, d’une maîtrise pourtant avérée, qui trouvèrent la mort, ne pouvait que confirmer cette idée de prodigieuse difficulté de la pratique du pilotage.
- Si les manœuvres de conduite d’un avion peuvent s’apprendre en quelques heures de vol, ce n’est, en réalité, qu’après de longues séries de vols que l’élève reconnaîtra le remous qu’il faut laisser passer et celui dont il faut corriger les effets, qu’il saura instinctivement agir sur les gouvernails pour se rétablir en cas de déséquilibre.
- Le pilotage, en vérité, est l’action humaine qui fait peut-être le plus appel aux qualités sportives d’un individu, naturelles et acquises. C’est en tout cas ce qui, a priori, semble pouvoir le moins supporter l’automatisme.
- Les modalités innombrables du pilotage, relevant directement des réflexes du pilote, nécessitent donc des dispositifs mécaniques, actionnés soit par les réactions de l’appareil aux coups de vent, soit par un jeu de boutons de commande spéciaux : « montée », « virage à droite », « virage à gauche », « descente », etc.... L’automatisme doit donc être doué de sens, imitant ainsi l’être vivant jusqu’à régler ses actes pour les adapter aux circonstances extérieures.
- Dès le début de l’aviation, un effort considérable avait été fait pour diminuer les risques du pilotage sur les avions ordinaires. De très nombreuses solutions avaient été proposées. Nous rappellerons pour mémoire la palette aérodynamique Doutre, le stabilisateur gyroscopique Sperry, le stabilisateur à mercure Aveline, la girouette Constantin, etc.... II ne faut pas oublier non plus les appareils stables par leur forme propre comme l’avion Sloan, l’aérostable Moreau et d’autres machines volantes qui ne donnèrent malheureusement pas tous les résultats qu’on pouvait en attendre.
- C’est de l’insuffisance manifeste de la plupart de ces systèmes que sont venues les plus graves difficultés initiales de la télémécanique aérienne.
- Notons que pendant la guerre, les recherches devaient être extrêmement rapides et que, dans les essais cités, nombre de problèmes étaient restés sans solution. L’avion ne partait ou n’atterrissait pas automatiquement, il n’effectuait pas non plus de manœuvre de montée ou de descente. Enfin sa
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- CAPILLARITÉ ET IMPERMÉABILITÉ CONDITIONNELLE DES ÉTOFFES —— 389
- stabilité était très rudimentaire. Il était donc nécessaire d’élucider rationnellement les différents points de la question.
- Le problème est, en effet, très complexe; tout mouvement d’un avion peut être décomposé en trois mouvements de rotation autour de trois axes rectangulaires, et trois mouvements de translation suivant ces trois axes, six mouvements sont donc possibles. Pour assujettir l’avion à se déplacer suivant une trajectoire donnée, avec une orientation déterminée, on est donc amené à concevoir qu’il faut commander automatiquement cinq de ces six degrés de liberté. Théoriquement on serait donc obligé de monter sur l’appareil cinq stabilisateurs différents, étant donnée la difficulté de réaliser, en mécanique, des mouvements ayant plus d'un seul degré de liberté.
- Dans la pratique, on a réussi à limiter à trois le nombre des stabilisateurs nécessaires. Notons d’ailleurs, à ce propos, qu’un avion centré d’une certaine manière tend, comme un bateau, à revenir à sa position d’équilibre, si toutefois il n’en est pas écarté d’un trop grand angle; cette solution est cependant très discutable, certains avions ont besoin d’une maniabilité absolue et doivent être, dans toutes les positions, en équilibre indifférent.
- 11 faudra, en tout cas, installer un certain nombre de stabilisateurs à bord de l’avion, répondant en principe aux deux conditions suivantes :
- a) Déclencher des forces de rappel capables de ramener l’avion à sa position d’équilibre lorsqu’il s’en est écarté.
- b) Faire cesser ces actions avant que l’avion ne soit ramené à sa position d’équilibre, afin que ne puisse prendre naissance un fâcheux mouvement oscillatoire désigné dans le vocabulaire d’aviateur sous le nom de « sonnette ».
- Quels organes doit donc comprendre en théorie tout stabilisateur d’avion automatique? On jugera de la complexité du problème en constatant que le nombre de ces organes ne doit pas être inférieur à six, dont voici la description sommaire :
- 1° Des repères étroitement solidaires de l’avion. Ainsi il y aura un repère de profondeur, un repère de gauchissement, un repère de direction avec cadrans, qui doivent corriger les mouvements de
- l’avion en tangage, en roulis et en lacets (fig. 3).
- !2° Un autre repère soit solidaire du plan de fui invariable, soit solidaire d’un angle d’attaque donné des filets d’air sur l’appareil. Il est possible, en effet, de stabiliser un avion par rapport à sa position horizontale absolue dans l’espace, ou de le stabiliser par rapport au fluide qui le porte.
- 5° Un jeu de servo-moleurs qui agissent sur les différents organes de manœuvre de l’avion : équilibreurs, ailerons de gauchissement, gouvernail de direction. Ces servo-moleurs sont commandés par les repères avec cadrans que nous avons cités.
- 4° Un compensateur d'inertie qui évite les réactions du repère fixe dont la position doit rester essentiellement invariable. Il est facilement concevable, par exemple, qu’un pendule, lors des changements de régime, pourrait prendre un mouvement d’accélération et n’indiquerait plus la verticale. C’est pourquoi on ne peut s’en servir sur un avion.
- 5° Un dispositif d'asservissement liant le repère fixe au repère mobile; l’action de rappel devant., en effet, cesser avant le retour de l’avion à sa position d’équilibre.
- 6° Enfin, on doit prévoir un dispositif d'immobilisation des commandes. Lorsque l’appareil est revenu à sa position d’équilibre, il ne faut pas que la réaction de l’air puisse agir sur les organes de manœuvre.
- Il est bien entendu que ces six organes doivent fonctionner indépendamment les uns des autres, quelle que soit l’importance des perturbations d’équilibre subies par l’avion.
- Par ce court exposé, on peut se rendre compte combien le principe même de la stabilisation est complexe, et l’on se doute des difficultés immenses que rencontre la mise au point d’appareils aussi délicats.
- Nous avons, dans cet article, indiqué l’intérêt primordial du problème de la direction des avions par T. S. F., noté les résultats obtenus et décrit sommairement le principe de la stabilisation automatique ; dans un prochain article nous étudierons les solutions pratiques imaginées par M. Percheron.
- P. IlÉMARDlNQUER.
- CAPILLARITÉ ET IMPERMÉABILITÉ CONDITIONNELLE DES ÉTOFFES
- Seules, les étoffes dont les pores sont obstrués par un enduit insoluble dans l’eau sont véritablement et complètement-imperméables à ce liquide. Certains tissus possèdent néanmoins, en l’absence de toute obstruction des pores, une imperméabilité spéciale, assujettie à la condition impérieuse que le tissu ne soit ni mouillé ni détrempé d’outre en outre par l’eau. Cette imperméabilité a conditionnelle » précaire disparaît, en effet, aussitôt que l’étoffe est humectée sur ses deux faces.
- Il s’agit ici, comme on sait, d’une manifestation de la tension superficielle des liquides : une couche d’eau
- reposant sur un tissu à mailles serrées, et dont elle ne mouille pas les fibres, s’y appuie sans le traverser. La surface inférieure du liquide se bombe, en effet, vers le bas dans chaque interstice de l’étoffe et cette courbure engendre une réaction de bas en haut capable d’équilibrer la pression hydrostatique (fig. 1 a). Ainsi le tissu se comporte en vrai ((imperméable », mais il cesse delefaire dès que la pression de l’eau l’emporte sur la réaction capillaire. La membrane élastique apparente qui soutient le liquide est crevée et le filtrage s’amorce aussitôt, pour continuer incoerciblement (fig. 1 b).
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- Le cime d’une grosse goutte de pluie, arrivant sur l'élofl'e avec une vitesse de plusieurs mètres par seconde suffit à ouvrir la brèche de capillarité, tandis qu’une gouttelette fine, plus lente, se montrera incapable de percer ; c’cst pourquoi les étoffes à imperméabilité conditionnelle, si précieuses sous la bruine, sont sans valeur sous une pluie battante.
- L’imperméabilité conditionnelle disparait également quand on annule volontairement la tension superficielle de la paroi liquide appuyée aux mailles en mettant cette paroi on contact avec le même liquide par l’autre face du tissu. La réaction capillaire s’évanouit et plus rien
- CHAMPIGNONNIÈRE
- ment mouillables). Supportez ce cerceau horizontalement par son bord. Déposez alors au milieu de l’étoffe bien séchée au préalable une couche d’eau de quelques millimètres d’épaisseur; cette eau ne filtrera pas; elle roulera sur le tissu sans y adhérer. Vous pourrez même promener votre doigt « sec » à la face inférieure du diaphragme sans provoquer le filtrage. L’imperméabilité « conditionnelle » est ici parfaite.
- Maintenant mouillez bien votre doigt et appuvez-le à cette même face inférieure de l’étoffe; aussitôt, et au point précis du contact, une goutte apparaît, grandit et se détache. Le filtrage est amorcé et va continuer par celle
- a ~ ~eau
- Fig. i.
- a) L’imperméabilité conditionnelle est réalisée, t) L’imperméabilité cesse.
- Égouttage par une brèche de capillarité.
- ne s’oppose à la traversée de l’eau. L’expérience a d’ailleurs montré depuis longtemps que si l’on touche de la main ou de son habit moudlés la paroi interne sèche d’une tente de toile où l’on s’abrite de la pluie, une gouttière se déclare immédiatement au point touché et ne peu plus être obturée. L’imperméabilité conditionnelle d’une étoffe ne se rétablit, en effet, pas aussi longtemps que le tissu est détrempé sur ses deux faces.
- Ces propriétés curieuses des tissus pseudo-imperméables m’ont suggéré le mode de démonstration suivant :
- Tendez sur un cerceau de fil métallique, large d’une quinzaine de centimètres, de la silésienne chatoyante ou quelque autre tissu fin dit «imprégné». (Cette imprégnation a justement pour but de rendre les fibres diffiede-
- « brèche de capillarité » jusqu’à épuisement de la réserve d’eau.
- En laissant tomber d’une hauteur de plus en plus grande des gouttes d’eau identiques sur un tel diaphragme bien sec, on démontrerait de même l’abolissement de l’imperméabilité conditionnelle pour une certaine vitesse de chute. Il y a là le principe d’une méthode de contrôle de l’imperméabilité conditionnelle des tissus imprégnés. Paul-Louis Mehcanton.
- Professeur à lTniversité do Lausanne.
- «SA*
- UNE MONTAGNE CHAMPIGNONNIERE
- Les rapports du Pleurote et du Chardon bleu.
- Il ne sera pas qiiestion ici de la montagne qui accouche d’une souris, mais de celle qui engendre des Champignons et qui mériterait, jusqu'à un certain point, d’être qualifiée de champignonnière naturelle. En exagérant peut-être un peu les choses, pour en mieux faire saisir le caractère surprenant, on pourrait dire que le Petit Mont-Blanc du massif de la Vanoise (Savoie) (fig. 1), haut de 2700 m, est une immense meule à Pleurotes comestibles excellents; il faut ajouter, comme restriction, que ce n’est que sur une face et jusqu’à 1750 mètres Q)
- 1. En 1921, à la suite de ma première communication à l’Académie des Sciences octobre), 51. Jlemiillod, directeur des douanes à Chambéry, m écrivit pour me dire qu’il avait Contrôlé l’exactitude de ce que j’avais annoncé. Il ajoutait même qu’il avait récolté des Pleurotes jusqu’à 20U0 m. (Ce chiffre me paraît trop élevé.)
- depuis 1500 que l’expression précédente est justifiée.
- Sur les pentes au midi de cette montagne et sur les parties presque plates (lig. 2) qui s’observent en bas (à l’entrée de la vallée de Chavière, entre les granges de Cholièreet de celles appelées Les Planes) fleurit, au mois de juillet et surtout d’août, une plante magnifique, que certains appellent le roi des Alpes, et qui est, en effet, la gloire de la région, le Chardon bleu (Eryngiumalpinum(l) (fig. 5).-Quand, le 15 août, venant du sommet du Petit Mont-Blanc, je descendis du col des Saulces, j’eus sous les yeux un spectacle féerique, à jamais inoubliable, comme la montagne en offre rarement : les prairies qui dévalaient en forte pente, après le passage verti-
- 1. Ce n’e.-t donc pas un vrai Chardon (Composée) mais une plante de la même famille que la Carotte (Ombellifère).
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- gineux du « dos de l’Ane », étaient entièrement bleues par ces Chardons qui croissaient là jusqu’à environ 1 900 ou peut-être \ 950 m. d’altitude.
- Il ne pouvait venir à l’esprit de personne, en contemplant ces merveilleux herbages, qu’il s’agissait d’une population végétale rongée par la maladie. C’était cependant le cas, mais il faut avouer qu’il s’agissait d’un mal bien énigmatique.
- Lorsque, au mois de septembre, le fauchage de ces prés commença, j’attendis, avec impatience, l’apparition du phénomène singulier que j’avais observé en 1921. Quand j’exposais alors les faits que j’avais constatés, je me servis, pour les décrire, des termes de culture naturelle, tant la production des Champignons avait été surabondante. En 1922 (je n’étais pas retourné à Pralognan), par suile de l’arrivée inopinée des froids et de la neige, au début de septembre, l’apparition des Pleurotes (appelés encore Oreilles de Chardons) (fig. 4) ne se produisit pas ou avorta presque complètement. J’étais donc un peu inquiet quand, au début de septembre, je visitais, à nouveau, la vallée de Chavière où j’avais fait, deux ans avant, des récoltes extraordinaires de très grands et très bons Champignons, que j’avais mangés avec plaisir et fait goûter à tous ceux qui m’entouraient. C’étaient ces fructifications poussant sur les souches du Chardon qui me faisaient dire plus haut que ces prairies étaient malades et même gravement, étant donné l’abondance des Pleurotes.
- Cette particularité, que je viens de citer, est capitale pour l’amateur de Champignon qui veut en récoltêr afin de les manger. Grâce à cette insertion sur une souche d’Ombellifère, les Pleurotes sont
- Fig. i. — Le Petit Mont-Blanc.
- extrêmement faciles à reconnaître. Il y a là un caractère infaillible, qui permet de distinguer l’espèce à coup sûr. Si l’on déterre avec soin le pied, on enfève inévitablement, avec la plus grande facilité, la souche à moitié pourrie et souvent creuse de YEryngium alpinum, surmontée de fibres brunes résultant de la désagrégation des feuilles qui forment l’élui creux qui reste.
- Le chapeau du Champignon, qui peut atteindre 15 et 48 om de diamètre, est de couleur blanche, de nuance un peu ocracée au centre en vieillissant; le pied blanc est parfois un peu excentrique, mais souvent central ; les feuillets s’amincissent progressivement en décurrence sur ce pied ; leur teinte, d’abord blanche, devient café au lait sale en vieil lissant.
- On pourra donc reconnaître ce beau Pleurote sans hésitation et le manger en toute sécurité ; on sera certain non seulement de ne pas s empoisonner, mais de faire un repas excellent. Et quand on en aura fait un, on voudra en faire un autre; on retournera chercher une nouvelle récolte, car la montagne bienfaisante continuera à prodiguer son trésor.
- J’ai quitté cette année Pralognan le 14 septembre, mais M. Ménégaux, assistant au Muséum, auquel j’avais signalé ce Champignon intéressant, y est resté après mon départ; les volées de Pleurotes ont continué à se produire si copieusement qu’il a eu l’idée, après avoir obtenu une ample moisson, de faire sécher la récolte, ce qui lui a admirablement réussi et il va continuer à la consommer pendant l’hiver. De sorte que ce produit de cueillette peut-être conservé très aisément et pourra
- Fig. 2. — La vallée où commence l’association du Pleurote et du Chardon bleu.
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- 392 ..UNE MONTAGNE CHAMPIGNONNIÈRE
- Fig. 3. Fig. 4. — Pleurotes sur souches de Chardons bleus
- Le Chardon bleu (Eryngium aJpinum). et deux bases de Chardons bleus.
- certainement faire l’objet d’un trafic commercial.
- Il y a d’autres raisons qui militent en faveur de l’intérêt que présentent les phénomènes que je viens de décrire. En employant les mots de culture natu-relle,- pour schématiser ce que j’avais observé, en 1921, je n’avais pas bien apprécié toute la portée de mes expressions.
- Comme j’ai constaté, cette année, qu’elles étaient parfaitement justes, j’ai fini par me demander ce que cela voulait dire. Ce que j’ai vu, personne ne l’a soupçonné avant moi : les gens du pays (un garde forestier notamment, très amateur de Champignons et qui les connaît bien, l’instituteur, les villageois) ignoraient l’existence d’un produit qu’ils devraient exploiter (*) et qui sera maintenant récolté
- 1. Quand en septembre 1921, M. Ilada-mard, professeur au Collège de France, m’apporta un Champignon qu’il avait trouvé en promenade pour en savoir le nom, j’aperçus à la base une souche qui me fit penser au Pleurotus Eryngii (poussant sur Y Eryngium canipestre), mais le champignon était nettement distinct. Je songeai tout de suite à Y Eryngium alpinum. Je partis immédiatement vers le Petit Mont-Blanc. Je trouvai un faucheur qui ooupait les Chardons bleus. Je lui demandai s’il avait vu des Champignons blancs dans le voisinage. Il me répondit que non. Deux minutes après, j’en découvris un sur les Chardons bleus coupés et bientôt d’autres nombreux.
- par eux, je n’en doute pas. Je suis parvenu à découvrir la cause de ce que j’avais observé : cest le fauchage qui déclanche la maladie et qui fait apparaître les Champignons.
- S’ils sont si nombreux, c’est que le mal est extrê-
- d’aprés Micheli, 1729.” d’après Paulet, 1792.
- Fig. 5. et 6.
- Pleurotes sur souches de Chardons ordinaires (Eryngium canipestre). .
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- UNE MONTAGNE CHAMPIGNONNIERE - —......... 393
- mement étendu et je soupçonne qu’il est presque général (peut-être général). Faut-il dire qu’il y a parasitisme occulte ou symbiose? .len’ose me prononcer; cependant la seconde hypothèse ne me parait pas invraisemblable et, pour l’avenir des curieuses cultures que je décris, ce serait préférable. S'il y a parasitisme, l’ennemi peut devenir tout à coup dangereux (en dehors du fauchage et avant cette opération); alors il pourrait arriver que tous les pieds de Chardons soient malades et produisent des Pleurotes. Cette année-là, la récolte des Champignons serait formidable, mais le roi des Alpes serait tué : la poule aux œufs d’or aurait vécu.
- Jamais jusqu’ici, en décrivant la récolte des Chardons ordinaires (Eryngium campesire, Panicaut ou Chardon roland, Chardon rouland) on n’a observé des phénomènes susceptibles d’évoquer une culture; c’est qu’on laisse ces inoffensifs Panicauts mourir tout doucement de leur mort naturelle, et c’est après leur décès que le Champignon apparaît. C’est ce qu’on appelle l’Oreille de Panicaut, Argouane (Pleurotiis Eryngii) qui est si connue dans les garrigues des environs de Nîmes et qui est signalée depuis Magnol (1676) (fîg. 5 et 6), mais qui était consommé bien antérieurement : l’abondance des noms vulgaires quelle porte surtout dans le Midi de la France le prouve amplement (‘). Comme le Panicaut roland est très répandu dans toute la France, les données qui viennent d’être
- 1. Argouagne, Argouane, Beigoula, Bérigoule, Bolet dan bajapreire, Boulingoula, Bricloulo, Brigoulo, Brigoule, Canicot, Cardoneto, Champignon des garrigues, Champignon de Panicaut, Conquesto, Conque, Corgne, Conderlo, Conguerlo, Escauderme, Fougga (en Algérie), Gingoule, Girboule de Pani-eot, Oreille de Chardon, Oreille de Chat, Oreillette, Pani-cliaou, Panicaut, Ragoule, Ringoule.
- Fig. S.
- Fructification obtenue en culture du Pleurote alpestre.
- Fig- 7• — Une culture de Pleurote alpestre.
- exposées lui sont, peut-être, applicables. Ce sera à voir. S’il en était ainsi, on pourrait donc entrevoir l’utilisation de tous les terrains négligés : garrigues, terres en friches, dunes même. On a signalé en effet, le Pleurolus Eryngii sur le Chardon maritime (Eryngium, maritimum) (').
- 11 est vrai qu’une objection peut venir à l’esprit : dans beaucoup de départements français jamais on n’a signalé de Pleurotns Eryngii et le Champignon n’apparaîtra pas si on vient à les faucher, à moins qu’on ne l’y introduise par un procédé quelconque.
- Cette difficulté peut être levée, car j’ai réussi la culture du Pleurote alpestre, qui pousse sur le Chardon bleu, et ce résultat laisse espérer qu’on parviendra également à cet élevage avec le Pleurote du Panicaut roland. J’ai en culture, en tube stérilisé, non seulement le blanc de Champignon du Pleurote montagnard, mais même l’ébauche de sa fructification. Les deux photographies ci-jointes (fîg. 7 et 8) permettront au lecteur de se rendre compte des faits acquis. Sur le mycélium d’un beau blanc, j’ai vu apparaître de nombreux petits mamelons de même teinte, en haut desquels on aperçoit (fig. 7) un petit Champignon de 5 mm avec pied ventru surmonté d’un petit chapeau. Mais les choses ont été plus loin et dans la figure 8, on reconnaît un Champignon bien caractérisé, gros comme une noisette dont les feuillets sont déjà ébauchés sous le chapeau.
- 1. Roze et Richon, dans leur bel Atlas des Champignons (1888), disent qu'il y aurait lieu de tenter la culture du Pleurotus Eryngii. lis aflirment même qu’elle serait rémunératrice, étant donné le goût délicat de ce Champignon. Mais il restait à savoir comment on le propagerait, l’exemple du rôle du fauchage dans le Chardon bleu étant ignoré. Personne n’avait l’idée d’un parasitisme ou d’une symbiose générale,
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- 394 = LES CHALEURS PRÉCOCES DANS CES DERNIÈRES ANNÉES
- [.. Y a-t-il lieu d’annoncer que l’on va bientôt fabriquer des Champignons dans des bouteilles? ^e ne dis pas cela. Je connais parfaitement quelles déceptions attendent si souvent les chercheurs en de pareilles matières. Je sais hélas ! combien la création d’une industrie culturale nouvelle est une opération difficile. Mais cela ne veut pas dire cependant qu’elle est impossible et il se trouvera peut-être un inventeur habile qui saura transporter dans la grande industrie les modestes essais qui sont ici mentionnés.
- \ Laissons de côté, pour le moment, ces problèmes difficiles et envisageons ce qui peut découler de pratiquement réalisable au point de vue agricole à la suite de l’étude qu’on vient de lire.
- Il me semble que l’on pourra d’abord tenter, dans beaucoup de vallées des Alpes, la propagation du Chardon bleu. Il faudra vérifier si son Champignon continue à lui être associé. Cela me paraît très vraisemblable, étant donné le caractère particulier de mes observations. Or on sait, dès aujourd'hui, que YEryngium alpinum existe dans les Alpes du Dauphiné, en Provence, en Suisse, en Croatie, en Carinthie, en Carniole, en Bosnie et au Monténégro. Cela fait déjà un large champ d’exploitation.
- Si les études ultérieures permettaient d’étendre au Panicaut roland les données précédentes, cela pourrait avoir de l’intérêt pour l’utilisation intelligente des terrains en friche délaissés par l’Agriculture. J. Costantin,
- Membre de l'Institut, Professeur au Muséum-
- LES CHALEURS PRÉCOCES DANS CES DERNIÈRES ANNÉES
- ' Depuis un certain nombre d’années, lorsque reviennent les premières chaleurs de mai, il n’est pas rare d’entendre des réflexions de cette sorte :
- « Nous n’avons plus de printemps......... les saisons
- sont bouleversées......... nous passons maintenant
- sans transition des rigueurs de l’hiver à celles de l’été.....».
- Qu’y a-t-il de vrai dans cette remarque? Avant de mettre ce nouveau méfait sur le compte du printemps, il convient d’examiner la question avec quelque rigueur. Bien n’est plus trompeur, en effet, qu’une sensation de froid ou de chaud, et rien n’est plus complexe. Tandis que nous trouvons pénible une température de 20°, lorsqu’elle survient après une période de froid prolongée, nous trouvons cette même température idéale lorsqu’elle succède à des chaleur anormales, comme celles de l’été 1923.
- Nous allons donc demander aux documents des météorologistes s’il est vrai que, depuis quelques années, nous passons plus brusquement qu’autrefois des températures basses du premier printemps aux chaleurs de l’été, et, si cette anomalie existe, quelle en est la grandeur et quel peut en être le motif.
- Disons tout de suite que les observations de température donnent raison, dans une large mesure, à la remarque du public. Depuis quelques années, plus exactement depuis 1911 et jusqu’en 1922, il existe au printemps, entre les mois d’avril et de mai une transition de température plus brusque que dans les années précédentes.
- Un coup d’œil jeté sur le tableau suivant suffit pour s’en rendre compte [').
- Températures moyennes.
- Janvier Février Mars Avril Mai -Juin
- Période 1911-1922 5°7 4°3 6°8 0«2 14°8 16°5
- Normale (46 ans) . 2°4 5°7 6°1 9°6 15°3 16°5
- 1. Ces nombres sont empruntés au précieux document que constitue lM//«s Météorologique de Paris, de J. Levtne, Paris, 1921, Gaulhier-Villars.
- Augmentation de température d'unmois au suivant.
- de Janvier Février Mars Avril Mai
- à Février Mars Avril Mai Juin
- Période 1911-1922.. . 0°6 205 2°4 5»6 I07
- Normale (46 ans). . . 1°5 2°4 305 3°8 3°1
- Nous avons reproduit dans ce tableau, à l’aide des observations du Parc Saint-Maur, près de Paris : les températures moyennes des 6 premiers mois de l’année pour la période 1911-1922, les températures normales de ces mêmes mois calculées d’après 46 années d’observation, les augmentations de température d’un mois au suivant pour la période considérée et les augmentations normales.
- On voit qu’entre avril et mai nous avons subi pendant la période de 1911 à 1922 une transition de température anormale qui s’est traduite par une différence de 5°6 entre ces deux mois, alors que cette différence n’est d’ordinaire que de 3°8. Et cette anomalie est due pour la plus grande part aux fortes températures de mai, puisque la température d’avril n’est inférieure que de 4 dixièmes de degré à sa valeur normale.
- Si, au lieu d’envisager la période 1911-1922 dans son ensemble, nous examinons chaque année séparément, nous trouvons des transitions encore plus accusées et le phénomène est plus frappant.
- Température Température Augmentation Excès sur
- ' d’Avril de Mai d’Avril à Mai la normale
- 1911 8°7 14°7 6°0 2°3
- 1912 10°0 14°6 4°6 0°8
- 1913 9°9 13°7 3°8 0°1
- 1914 12°2 12°9 0°7 — 3°1
- 1915 9°2 15°1 5°9 2°1
- 1916 9U9 14°6 4°7 0°9
- 1917 6°5 16°3 10n2 6n4
- 1918 8°5 15°4 6°9 3°1
- 1919 7°6 15°5 7<>9 401
- 1920 10°2 -1407 4°5 0°7
- 1921 9°9 1404 4°5 0°8
- 1922 8°2 15°7 7°5 5°8
- Les nombres de la dernière, colonne de ce tableau ont servi à tracer le graphique ci-joint qui rend manifeste la particularité climatologique dont nous nous occupons.
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- LES CHALEURS PRÉCOCES DANS CES DERNIÈRES ANNÉES
- Eu somme, depuis 1911, toutes les années, sauf 1914, présentent une transition de température supérieure à la normale entre avril et mai, et le maximum a lieu en 1917 avec 10°!2. Celte année on a pu dire avec raison que nous passions sans transition du froid de l’hiver à la chaleur de l’été, car 6°3, moyenne d’avril 1917, est une température que janvier présente quelquefois, et 16°5 moyenne de mai 1917, est une température que juillet et août n’atteignent pas toujours.
- Le phénomène est donc bien net. Il n’est d’ailleurs pas spécial à la région parisienne, car au Sud du l'IaLeau Central, dans un climat différent de celui de
- exposons au soleil, normalement à ses rayons, un objet plan, cet objet reçoit, dans l’unité de temps, plus de chaleur qu’en juillet. Les chiffres que nous réunissons ici d’après les mesures actinométriques de quelques observatoires montrent comment varie la radiation solaire au niveau du sol dans les 6 premiers mois de l’année.
- Quantité de chaleur reçue aux environs de midi, (cal.-gr.-degré, par cm2 et, par minute)
- Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill.
- Montpellier. . . . 1,05 i,09 1,12 1,16 1,14 1,14 1,14
- Davos (Suisse) . . 1,38 1,46 1,49 1.50 1.47 1.45 1,58
- Pawlowsk (Kus'ie) 0,90 1,04 1,19 07 1,25 1,21 1,16
- 1911 1912 1913 1914 1916 1916 19171918 1919 1920 1921 1922
- —10°
- - 9°
- - 8°
- - 7°
- - 6°
- - 5°
- - 4°
- - 3°
- - 2° - 1°
- ---0
- Fig. i. — Augmentation de la température en passant d’avril à mai de içii à 7922.
- La ligne en traits interrompus indique l’augmentation normale. Les parties hachurées indiquent l’excès sur la normale.
- Paris, nous l’avons observé avec la même intensité. Il est probable qu’il s’étend à la plus grande partie de la France et dépasse peut-être notre pays. Ajoutons que, si ce phénomène est périodique, la période doit être longue, car nous ne le trouvons pas indiqué avec quelque évidence de ! 874 à 1911.
- Quelle explication peut-on en donner?
- Ici, comme en beaucoup d’autres cas observés en météorologie, la recherche des causes est bien difficile. Le moindre problème de climatologie, même localisé, a des connexités si étroites avec l'ensemble des phénomènes météorologiques et intéresse des étendues si vastes, que nous ne pouvons, avec nos faibles moyens d’observation, l’embrasser d’un coup d’oeil assez général.
- Nous feron s cependan t quelques remarques qui n’ont d’autre prétention que d'éclaircir un peu la question.
- Montrons tout d’abord qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à un surcroît momentané de l’activité solaire pour expliquer cette anomalie. Le rayonnement normal du soleil reçu en mai à la surface de la Terre y suffit puisque, contrairement à ce que l’on croit, ce rayonnement est aussi intense à ce moment qu’en été. Il l’est même davantage. Précisons.
- Si, au mois de mai, aux environs de midi, nous
- Ainsi, dans ces 3 stations (et le fait se constate généralement sous nos latitudes) le maximum du rayonnement solaire au niveau du sol s’observe en avril. En mai, quoique un peu plus faible, il est encore plus important qu’en juillet.
- Ce résultat semble à première vue paradoxal, car au printemps le soleil est plus bas sur l’horizon qu’en juillet et son rayonnement ayant à parcourir un trajet plus considérable dans notre atmosphère devrait être plus absorbé. Ce fait s’explique par la plus grande transparence de l’air au printemps, transparence due à la moindre quantité de vapeur d’eau que l’air contient à ce moment.
- Mais le cas que nous venons d’envisager est tout à fait spécial. Nous avons supposé un objet plan soumis normalement au rayonnement solaire aux environs de midi. Cela 11e veut pas dire que la chaleur reçue du soleil, pendant tout le mois de mai, sur le sol qui, lui, est incliné par rapport aux rayons solaires, soit égale à celle >reçue en juillet, puisque nous comparons ces deux mois.
- Le calcul montre cependant qu’il en est ainsi.
- Si nous cherchons quelle est la quantité de chaleur totale reçue pendant le mois de mai par le sol, en supposant à l’air une transparence un peu
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- plus grande qu’en juillet, ce qui, nous l’avons vu, est un fait d’expérience, nous trouvons un nombre sensiblement égal à celui de juillet.
- Une objection se présente alors à l’esprit. S’il en est ainsi, pourquoi mai' n’est-il pas toujours aussi chaud que juillet?
- C’est que le rayonnement reçu directement du soleil n’est pas seul en question. En dehors de causes d’ordre physique qui atténuent la température de mai, retard du sol. à s’échauffer, rayonnement de la Terre vers l’espace, etc..., il existe des causes météorologiques qui interviennent, elles aussi presque normalement. Et, parmi celles-ci deux jouent un rôle essentiel, les nuages et les courants atmosphériques.
- Les nuages renvoient pendant le jour, vers les espaces célestes, sans utilisation pour nous, une quantité de chaleur considérable et font ainsi varier la température suivant leur plus ou moins grande quantité dans le ciel, tandis que les courants atmosphériques transportent directement d’un endroit à l’autre du froid ou de la chaleur et font aussi varier le climat. Par suite de la présence des courants aériens, une région limitée, la France par exemple, considérée avec l’atmosphère qui la surmonte, n’est pas un compartiment isolé à la surface de la Terre. Des échanges incessants ont lieu entre elle et les régions voisines, et ces échanges ont lieu en météorologie comme en physique, dans le sens de l’égalisation des températures.
- Au printemps, si la température monte trop brusquement sur notre pays, il se produit un déséquilibre qui tend à atténuer cette anomalie.
- Or, à ce moment, il existe dans les régions boréales et dans les océans un vaste domaine de froid où les courants atmosphériques n’ont qu’à puiser pour atténuer la température excessive.
- C’est ce qui a lieu d’habitude.
- Mais si, pour une raison inconnue, la région considérée constitue un compartiment un peu plus isolé que d’habitude, si les courants venus de régions plus froides font en partie défaut, sa température augmente par le seul jeu du rayonnement solaire, surtout lorsque les nuages sont assex abondants pour empêcher la Terre de rayonner pendant la nuit vers l’espace la chaleur qu’elle a reçue pendant le jour.
- C’est bien ce qui semble être arrivé pendant la. période que nous considérons.
- Si nous examinons les vitesses du vent enregistrées au sommet de la Tour Eiffel, nous constatons en effet que ces vitesses sont plus faibles pendant les mois qui ont été plus chauds.
- Le tableau suivant rend cette comparaison immédiate (*) : ,
- 1. Ces nombres sont empruntés â l’Atlas de Lévine qui ne donne pas les vitesses moyennes au sommet de la Tour postérieurement à 1917.
- Température. . Excès sur Vitesse moyenne Déficit sur
- de Mai la normale du vent la normale
- T 911 14°7 1°3 6'" 5 lm3
- 1912 14°6 1 o-2 5m7 2ml
- 1913 15°7 0°3 Gm2 4 “6
- 1914 12°9 — 0°5 7m9 — 0-1
- 1915 15° 1 1°7 6™ 2 lm6
- 1916 14°6 !°2 6ml l'„7
- 1917 16°5 3°1 5ra9 1 m9
- Une seule année fait exception, l’année 1917. Cette année, la vitesse du vent en mai a été plus faible que d’habitude, et précisément, cette année, le mois de mai a été plus chaud que la normale.
- Enfin, pour confirmer cette conclusion, nous rappellerons que la température exceptionnelle de 55°4 observée au Parc Saint-Maur, le 24 mai 1922, correspond à une situation de temps calme sur toute la France (i).
- En résumé, une transition de température plus accentuée que d’ordinaire, a eu réellement lieu en France pendant ces dernières années au printemps, entre les mois d’avril et de mai, et cette anomalie est due pour la plus grande part aux températures élevées du mois de mai. A ce phénomène se rattache une diminution de la vitesse du vent, diminution qui a eu pour effet d’isoler momentanément nos régions de la circulation générale de l’atmosphère.
- Entre ces deux phénomènes, augmentation de température en mai, diminution du vent, il y a ainsi une relation. Au sens précis du mot, c’est bien une explication : mais il faut reconnaître que celle-ci ne nous satisfait pas complètement. Nous voudrions aller plus loin, savoir pourquoi les courants atmosphériques ont été moins rapides, pourquoi la répartition des pressions barométriques a été telle que ces courants ont été moins rapides.
- Si nous pouvions pénétrer entièrement le phénomène et remonter à la cause initiale, nous constaterions probablement qu’il est dû à une variation de la qualité de la radiation solaire, celte variation pouvant d’ailleurs être antérieure au phénomène lui-même.
- Mais une telle conclusion est encore hypothétique. L’étude définitive de pareilles questions ne pourra être entreprise avec quelque chance de succès _que le jour où l’étude de la Terre considérée comme un ensemble et non comme une série de régions isolées sera abordée par les physiciens et les météorologistes avec toute la patience et la méthode rigoureuse que compor'e un pareil sujet.
- Albert Baldit,
- Météorologiste.
- 1. Au Parc de Montsouris, M. L. Besson, directeur des Services Météorologiques de la Ville de Paris, a observé 34°8, chiffre supérieur â lou-s ceux notés jusqu’à ce moment, en mai à Paris.
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- POURQUOI LES HUÎTRES SONT CHÈRES
- J’étonnai fort, il y a quelques jours, un amateur d’huîtres qui se plaignait d’avoir dû. débourser dix francs pour une douzaine de « Belon », en lui disant que le marchand avait plus de bénéfice aux temps où il lui vendait la même marchandise pour deux francs cinquante. Et en effet, à l’heure actuelle, pour une douzaine d’huîtres plates d’excellente qualité, le prix de dix francs n’est réellement pas cher, étant donné la raréfaction du produit et les pertes énormes subies depuis la saison 1920-1921 par les ostréiculteurs.
- La spéculation n’est pour rien dans le renchérissement de l’huître plate ; quant aux taxes et redevances que doivent acquitter les ostréiculteurs, aux frais qu’entraîne pour eux l’application des nouveaux règlements, au prix des transports, aux droits d’octroi, ils ne grèvent que pour une petite part le coût d’une douzaine d’huîtres. Le véritable motif de la cherté est la production déficitaire ; si les prix baissent, ce ne sera pas avant deux ou trois ans et encore en admettant que la crise actuelle soit complètement conjurée. Car il y a une crise ostréicole. Depuis trois ans, l’ostréiculture traverse une période particulièrement diïhcile ; ce n’est pas la première depuis que cette industrie a pris de l’extension en France, mais c’est certainement la plus grave qu’elle ait connue depuis quarante ans.
- Rappelons qu’au début de juillet 1920, quelques ostréiculteurs de Bretagne et de divers autres points du littoral français (bassins de la Seudre et d’Arcachon), remarquèrent une mortalité anormale, considérable, parmi les huîtres placées sur leurs concessions. Cette mortalité, d’origine inconnue, se propagea irrégulièrement. Si, en certains endroits, les pertes dépassèrent peu, au début, le chiffre habituel de 20 pour 100, en d’autres, elles atteignirent rapidement 80 pour 100 ; de plus, fait particulièrement grave, la quantité de naissains récoltés était en même temps presque nulle. La mortalité persista avec des alternatives de croissance et de décroissance, elle paraissait s’accroître avec le froid et s’atténuer pendant les périodes plus chaudes; plusieurs fois, elle sembla même avoir cessé ; mais elle reparaissait quelques semaines plus tard. Les parcs de Cancale et de Saint-Yaast-la-lIougue, qui ne semblaient pas avoir souffert en 1920, furent atteints en 1921. Les bancs naturels montraient, eux aussi, un appauvrissement inquiétant, et il en était de même en Hollande, en Angleterre, en Danemark.
- Fait curieux : cette mortalité d’origine inconnue (et qui ne paraît pas avoir encore disparu partout à l’heure actuelle), ne sévissait que sur l’huître plate (Ostrea eÿulis L.), nulle part la portugaise [(Gryphaea angii-lata L.) n’était atteinte. En Amérique même, une mortalité anormale fut, en certains points, constatée sur les huîtres de Virginie (Oslrea virginiana Lamarck) ; à la fin de 1922, des pertes importantes furent signalées parmi les huîtres transportées de la côte atlantique sur la côte du Pacifique des Etats-Unis, mais nous n’avons pu savoir s’il s’agissait de la même mystérieuse maladie qu’en Europe.
- Dès 1920, nous avons pu étudier, sur les parcs de Bretagne et du bassin de la Seudre, les huîtres malades. Elles gardaient extérieurement (et même intérieurement au début de la maladie) une apparence normale ; elles n’étaient ni maigres ni glaireuses, leur goût ne
- s’était pas modifié, elles étaient aussi bonnes, aussi agréables à manger que les autres.
- On remarquait seulement que, dans l’eau, leurs valves restaient plus ou moins enlr’ouvertes, le muscle adducteur ayant une difficulté à assurer la fermeture, devenant de plus en plus grande à mesure que progressait la maladie. Lorsque la mer se retirait, on voyait, sur les parcs, les crabes entourer les huîtres malades devenues incapables de se fermer, cherchant à les dévorer. Betirées de l’eau, ces huîtres gardaient quelque temps leurs valves jointes, mais lâchement, et perdaient leur eau ; à la percussion, elles rendaient un son différent des autres, les ostréiculteurs les appelaient des « cloquantes ».
- Pour conjurer le fléau, les ostréiculteurs firent appel aux biologistes, curieux de connaître la cause de la maladie. Des recherches furent entreprises pour la découvrir dans les laboratoires de France, d’Angleterre, de Hollande. Histologistes, anatomo-pathologistes, bactériologistes, parasitologues, se mirent au travail; des controverses s’établirent ; on avait cru à un moment à une. mycose, mais on s’aperçut qu’il n’en était rien ; le microscope montrait bien des lésions, mais sans que l’on puisse en déceler l’origine.
- Les huîtres malades ne livrèrent pas leur secret et, du reste, eût-on découvert la cause de la maladie, est-il bien certain que l’on eût pu l’enrayer?
- Quoi qu’il en soit, la mortalité finit par s’atténuer, non sans avoir entraîné la ruine de beaucoup d’ostréiculteurs. Les huîtres devenant plus rares, les prix avaient commencé de monter et la demande de naissains pour la pousse et l’engraissement dépassa de beaucoup les quantités disponibles. Les tuiles s’étaient très peu garnies de naissain ; les prix atteints par les jeunes huîtres avaient beau être élevés, ils rémunéraient mal la main-d’œuvre considérable exigée pour la préparation des tuiles, leur mise à l’eau et le détroquage.
- Beaucoup de producteurs de naissain renoncèrent même à poser des tuiles : les jeunes huîtres se raréfièrent de plus en plus. Il fallait regarnir les parcs; on chercha à étendre l’exploitation des bancs naturels ; mais, en raison de leur décadence — et du pillage effréné, disent les ostréiculteurs, — leur appoint, bien qu’appréciable, resta faible. On annonça que les parcs français allaient être approvisionnés par des huîtres draguées sur la côte atlantique du Maroc, des emplacements furent préparés pour en recevoir, mais il n’en vint pas une seule, et pour cause, car les bancs d’huîtres des côtes marocaines restent encore à découvrir. Il n’était guère possible de se procurer des huîtres en Angleterre : les Anglais en manquaient eux-mêmes et venaient en acheter en France.
- On ne pouvait songer à s’adresser au Danemark : les huîtrières, jadis si riches du Limfjord, suffisaient à peine à la consommation locale et les Danois cherchaient eux-mêmes à reconstituer leurs bancs par des achats à l’étranger. Beaucoup d’éleveurs français se sont trouvés dans l’obligation de compléter leurs stocks par des achats en Hollande, où la mortalité avait sévi moins longtemps et avec moins d’intensité.
- Dans ces conditions, si l’on tient compte des soins attentifs et coûteux que nécessite l’élevage pour amener l’huître à la taille et à l’embonpoint réclamés par les
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- amateurs, il ne faut pas s’étonner que les prix soient restés élevés.
- Nous croyons cependant que la crise ostréicole louche à sa fin, mais il né faut pas trop tôt crier victoire. A la suite de la température particulièrement favorable des eaux en juillet et août derniers, beaucoup de producteurs de naissain du Morbihan (jadis avec ceux d’Arca-chon les grands pourvoyeurs des claires du bassin de Marennes) crurent les plus belles années revenues ; ayant examiné une partie de leurs tuiles, ils avaient estimé à environ 150 le nombre de naissains fixé sur chacune. Mais il a fallu en rabattre. On s’aperçut, au début de septembre, que beaucoup des 150 naissains n’étaient pas réellement de jeunes huîtres, mais d’autres organismes leur ressemblant dans leur jeune âge; en outre, un assez grand nombre des vrais naissains était tombé des tuiles ; quelques bouquets ne portaient môme pas une seule huître. La moyenne des naissains fixés, à détacher des tuiles en 1924 est loin d’atteindre les 150 par tuile annoncés : elle est de 10 à 15 en rivière de La Trinité et de 20 à 30 en rivière d’Auray. Il ne faut d’ailleurs pas se plaindre, étant donné le peu d’huîtres mères restées sur les bancs naturels ; il faut seulement noter que le nombre de tuiles mises à l’eau est malheureusement inferieur d’environ 50 pour 100 à celui
- d’avant-guerre, le naissain sera donc encore cher en 1924 ; mais l’espoir renaît, les ostréiculteurs du Morbihan entrevoient qu’à mesure que se repeupleront leurs bancs naturels, ils pourront reconstituer leur élevage ; bien que la mortalité reste encore pins forte que la normale (elle est encore près du double), c’est peu de chose à côté dece qu’elle était depuis trois ans.
- La cause de la précieuse huître plate étant entendue, on pourrait demander pourquoi la robuste portugaise, qui n’a pas été touchée par la maladie, dont la production n’est pas déficitaire, est aussi en hausse. Eh bien ! ce sont les consommateurs les principaux responsables. L’huître plate manquant, ou se maintenant à un cours peu accessible, les consommateurs ont, à la place, et en grand nombre, acheté des portugaises. Les marchands ont craint d’en manquer et ils ont augmenté leurs prix. C’est bien un peu grâce aux bénéfices de la vente de la portugaise, surtout de la portugaise améliorée en claires, que, dans le bassin de Marennes, beaucoup d’ostréiculteurs n’ont pas abandonné leur industrie, ce qui leur permettra, d’ici quelques années, de reprendre la culture de l’huître plate et d’en offrir de nouveau à des prix abordables, à la consommation.
- Robert-Ph. Dollfus.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1923.
- La couleur propre des nuages. — On admet généralement que, formés d’eau ou de glace, les nuages sont des objets blancs, ne pouvant posséder d’autre couleur que celle de la lumière qui les éclaire. La note de M. P. Villard résume une série d’expériences qui ont demandé une vingtaines d’années; elle établit que les nuages peuvent présenter une couleur propre et, quoique recevant de la lumière blanche du soleil, très élevé sur l’horizon, ils ne sont pas nécessairement blancs.
- Les crustacés décapodes du Bathonien. — Malgré les affirmations de Zittel et d’Ortmann, on connaît, à l’heure présente, un grand nombre de Galalheidae fossiles et les études de M. Victor van Slraelen, qui a eu sous les yeux deux exemplaires de crustacés provenant l’un de Moult, l’autre d’Anfreville, indiquent que la forme décrite par Eudes-Deslongchamps, sous le nom de Homulus Audunii, est identique à celle qu’on dénomme Palœinachus (Protocarcinus) longipes. Ainsi se renforcent les idées de M. E.-L. Bouvier sur le caractère dromiacé de ce crustacé bathonien.
- Comparaison des pouvoirs anesthésiques de la cocaïne, de la novocaïne et de la stovaïne. — En mesurant l’intensité de l’anesthésie par le degré de réaction que marque la cornée du lapin à l'attouchement léger d’un crin fin, M. Jean Régnier a constaté que la novocaïne se montre de dix à treize fois moins active que la cocaïne et que la stovaïne, à peu près aussi puissante que la cocaïne en solution à 4/10, devient sept fois moins active pour les faibles concentrations (1/25' à 1/50).
- Découverte d’hommes fossiles à Scluiré. —La Nature (n° 2584) a fait connaître à ses lecteurs la communication
- de MM. Depéref, Arcelin et Mayet qui précise la stratigraphie du gisement préhistorique du Crot-du-Charnier et, par la découverte de trois squelettes, tranche de façon définitive la question souvent controversée des sépultures paléolithiques en- Saône-et-Loire.
- La conductibilité des sels solides. — Utilisant un appareil Saladin à deux galvanomètres et produisant les variations de température par un petit four électrique immergé dans un bain à circulation d’eau, M. Vaillant a fait porter ses essais sur du chlorure de sodium fondu et sur du spath d’Islande. 11 semble que, dans les sels solides, la conductibilité, en grande partie superficielle, est due à un état particulier de la couche périphérique.
- Formation et digestion de l’amidon dans les cellules végétales. — La note de M. Maige indique que l’on doit considérer les deux phénomènes comme dus à des actions catalytiques entièrement distinctes, l’action amylogène ayant son origine dans le stroma du plaste et comprenant, avec une action condensatrice, une action inhibitrice de l’amylase du cytoplasme. Le cytoplasme exlraplaslitfal produirait ce dernier ferment soluble, dont le pouvoir hydrolysaut s’exercerait, à travers le stroma,, lorsqu’il n’est plus l’objet d’inhibition.
- La concentration en sucre des milieux et l'activité des bactéries fixatrices d’azote. — Les expériences de MM. Truffnut et Bezssonoff ont poité sur des aérobies, comme B. Truffavli et Azotobacler agile, et sur un fixateur anaérobie, Clostridium Pastorianum. Elles établissent que, tant pour le développement des aérobies dans un milieu non azoté que pour la fixation de l’élément Az par les ferments qui possèdent cette propriété, les
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- TRANSMISSION AUTOMATIQUEMENT VARIABLE DE LAVAUD = 399
- concentrations en sucre voisines de 1 pour 100 sont nettement plus avantageuses que celles qui s’emploient habituellement. Dans les cultures, le gaspillage du sucre par les bactéries fixatrices d’azote est dû, non seulement à une concentration en hydrates de carbone dépassant de beaucoup celles qui peuvent exister dans les» milieux naturels, à proximité des racines, mais encore aux grandes variations, dans cette concentration, au cours de l’incubation.
- Le mécanisme du vol a voile. — M. Charles Nord-, mann ayant émis l’hypothèse que l’oiseau voilier, qui emploie les variations horizontales de la vitesse du vent, vole en lecevant le vent relatif tantôt par l’avant, tantôt par l’arrière, M. Vatilesco Karpen revient fort justement sur ses éludes, vieilles de dix ans, pour infirmer l’opinion précédente et montrer que la manœuvre de l’animal, pour profiter au mieux des variations de la vitesse horizontale du vent, consiste à garder à sa propre vitesse relative une valeur voisine de celle qui rend minimum
- le travail nécessaire, pour la sustentation et la pénétration, par unité de distance relative parcourue.
- Déshydration catalytique de l'éthylglycérine. — La note do M. Raymond Delaby résume une série d’études sur l’action des déshydratants au contact des glycérines inonoalcoylées en a ; elle indique qu’on ne saurait voir là un mode de préparation pour les homologues supérieurs de l’acroléine.
- La transformation de l'ammoniaque en engrais. — M. George Claude a déjà indiqué qu’on précipite alternativement, au sein d’un même liquide, le bicarbonate CO5 Nall, à l’aide du gaz CO5, puis le chlorure AzH4Cl par un refroidissement à 5°. Sa nouvelle communication indique qu’on peut, dans cette méthode, substituer au sel marin la sylvinite, mélange des deux chlorures KC1 et NuCl ; l’avantage est que le sel de potasse cristallise avec le chlorure ÀzlPCl, donnant ainsi un engrais à la fois azoté et potassique. Paul R.
- TRANSMISSION AUTOMATIQUEMENT VARIABLE DE LAVAUD
- Dès 1909, on a commencé à parler dans le monde automobile des avantages que l’on pourrait tirer d’une transmission graduellement variable. Beaucoup d’inventeurs ont dirigé leurs recherches dans celle voie.
- De nombreux systèmes ont été déjà brevetés. Une forme bien connue de transmission variable est, naturellement, le système électrique, où le moteur est utilisé pour actionner une dynamo, dont l’énergie est transmise aux roues de la voiture à l’aide d’un moteur électrique relié d’une façon convenable à l’axe arrière. On a aussi employé des systèmes hydrauliques variés, qui ont eu du succès pour certains usages, bien que jusqu’à présent ils n’aient pas donné de résultats bien satisfaisants pour l’automobile.
- La transmission imaginée par l’ingénieur de Lavaud était exposée au dernier Salon ; elle proportionne, à chaque instant, la vitesse de la voiture à la résistance qu’elle doit vaincre, et cela automatiquement sans que le conducteur intervienne : résultat, le levier de changement de vitesse est supprimé.
- Le principe consiste à transformer le mouvement circulaire de l’arbre du moteur en un mouvement alternatif périodique synchrone du nombre de tours de l’arbre, l’amplitude de ce mouvement alternatif varie en raison de la résistance à l’avancement et reste inversement proportionnelle à celte résistance. Le mouvement alternatif obtenu se transforme à son tour en un mouvement circulaire continu appliqué aux roues et la transformation est produite par des sélecteurs dont la vitesse tangentielle est proportionnelle à l’amplitude du mouvement alternatif.
- Voici la réalisation pratique du principe :
- Sur l’arbre moteur, on fixe un arbre de forme spéciale. La section transversale est un rectangle,
- la section longitudinale un losange, de sorte qu’un manchon percé d’une mortaise rectangulaire de mêmes dimensions que celle de l’arbre, se trouve entraîné tout en pouvant coulisser ; ce dernier mouvement est guidé par deux axes qui se meuvent dans deux lumières pratiquées dans l’arbre.
- Le manchon est fretté par deux roulements à billes qui supportent un plateau concentrique au manchon. Le plateau porte des axes sur lesquels s’articulent des bielles qui attaquent à leur autre extrémité des appareils sélecteurs. Ges derniers organes peuvent entraîner dans un sens déterminé, grâce à des galets et des cames, un même moyeu.
- Le plateau porte également deux autres tourillons qui, diamétralement opposés, s’articulent avec un anneau extérieur. Cet anneau à son tour est muni de deux tourillons à 90° des précédents, ils servent d’articulation à une fourche. La fourche coulisse, mais ne peut tourner, elle se prolonge par une queue portant une embase sur laquelle elle bute contre un ressort appuyé sur le carter du mécanisme.
- Le moyeu tourne donc, grâce aux sélecteurs, il transmet ce mouvement respectivement de chaque côté à une roue de la voiture. Pour la marche arrière un système de renversement de rotation par satellites est interposé entre les roues et les arbres récepteurs.
- Examinons comment tout cela fonctionne.
- Lorsque le manchon est entraîné par l’arbre, il décrit un cône à l’intérieur du plateau monté sur billes, lequel ne peut pas tourner puisqu’il est relié par des tourillons à l’anneau extérieur. Celui-ci est lui-même solidaire de la fourchette également par deux autres tourillons. Ainsi le plateau est tenu de prendre un mouvement oscillant autour d’un axe perpendiculaire à la ligne des tourillons des bielles | et cet axe est entraîné par la rotation de l’arbre :
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- 400 -:.: TRANSMISSION AUTOMATIQUEMENT VARIABLE DE LAVAUD
- Plateau Manchon Axe guide\ Arbre
- Axes
- Section losange / Bielle
- Fourche
- Carter'
- Embase
- Besson
- Lumières
- Sélecteur
- Anneau
- Fig. i. — Coupe de la transmission de Lavaud.
- chaque tête de bielle reçoit donc également un mouvement d’oscillation suivant les flèches.
- L’organe sélecteur correspondant subit alors ce mouvement oscillatoire, qui n’est utilisé que dans un sens seulement, en raison de la présence des galets et des cames ; ainsi le moyeu est entraîné de la même façon qu’un cliquet actionne une roue à rochet, le mouvement de retour n’a aucune action sur la rotation du moyeu.
- On agence toute une série de jeux de bielles et de sélecteurs pour obtenir un mouvement circulaire continu au moyeu.
- Ce mécanisme supprime le différentiel, car les demis-arbres des roues sont reliés au manchon d’entraînement par l’intermédiaire des sélecteurs, la roue intérieure est toujours entraînée, mais la roue extérieure au virage est rendue folle.
- La transmission dose automatiquement la multiplication, suivant l’effort à fournir pour faire avancer le véhicule. En effet, si l’effort résistant sur les roues augmente, il en est de même de l’effort demandé aux bielles et par suite de la réaction subie par le plateau. Ce dernier tend donc à se redresser en coulissant et, à la limite, il peut devenir perpendiculaire à l’axe d’entraînement en comprimant plus ou moins le ressort qui bute contre la queue de la fourche. Cette compression mesure, à une échelle convenable, la valeur de l’effort résistant au mouvement du moteur.
- Puisque les déplacements du plateau sont proportionnels à la compression du ressort, la course des bielles, qui détermine la multiplication de la voiture, est inversement proportionnelle à l’effort à vaincre. Ainsi, le travail demandé au moteur reste constant, quel que soit l’effort, car la transmission choisit elle-même et progressivement le rapport de multiplication idéal.
- Il suffira donc, suivant le régime du moteur, pour une consommation minimum par exemple, de régler la tension du ressort et quel que soit le profil
- de la route suivie, le moteur tournera toujours à cette vitesse de fonctionnement économique.
- Si l’on désire au contraire faire tourner le moteur, de manière qu’il fournisse le maximum de puissance, on règle le ressort en conséquence et la voiture utilise le moteur toujours à sa puissance maximum. Elle avance donc à la plus grande vitesse possible et compatible avec la puissance du moteur ; le conducteur n’a pas à se soucier de changer de vitesse, cette opération se fait automatiquement au moment voulu.
- 11 en résulte inévitablement que lors du démarrage de la voiture, l’accélération prise est plus grande, puisque l’on utilise à chaque instant le moteur avec pleine puissance. On aura donc des reprises et des démarrages impressionnants, dont la progressivité est malgré tout continue, ce qui évite le patinage et économise les bandages.
- La conduite d’une voiture dans ces conditions devient d’une facilité incomparable, puisque la bête noire du changement de vitesse est inexistante, et, ce qui ne gâte rien, le choix judicieux que fait la voiture elle-même de la meilleure multiplication à adopter permet de réaliser une sérieuse économie d’essence. E. Weiss.
- Fig. 2. — Transmission à six sélecteurs montée sur une Voisin.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Laui-re,* 9. rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2595
- 29 DÉCEMBRE 1923
- LA FABRICATION MECANIQUE DU VERRE A VITRES
- Il semble que, plus les industries sont anciennes, plus elles ont de peine à se perfectionner. La lente évolution de la verrerie en est une preuve.
- Son invention remonte, en effet, aux limites les
- employèrent pour exhausser les pots dans lesquels ils faisaient cuire leurs aliments, des pains de nitre de leur cargaison. Grande fut leur stupéfaction en voyant s’écouler de leur foyer, un liquide transpa-
- Fig. r. — Fabrication du verre à vitres par étirage et soufflage combinés (procédé de Z’American Window Glass).
- 1. On verse le verre en fusion dans le creuset de l’appareil avant le soufflage.
- 2. Commencement du soufflage d’un cylindre.
- 3. Cylindres de verre à diverses phases d'ètirage.
- 4. Le cylindre qui vient d’être soufflé est descendu sur le berceau horizontal où il sera découpé.
- 3. Le cylindre est coupé en tronçons.
- 0. Les tronçons fendus sont introduits dans le four où ils sont chauffés avant le déroulage.
- plus reculées de l’Histoire : découverte par les Égyptiens, elle était entièrement réalisée par les Phéniciens qui la vulgarisèrent. Chacun de nous connaît l’anecdote que Pline raconte au sujet de l’invention du verre. Des marchands phéniciens ayant relâché sur les rives du fleuve Bélus,
- rent, qui n’était autre que du verre, dont la formation avait été obtenue par l’action de la chaleur sur le mélange formé par le nitre et le sable sur lequel les pains reposaient.
- Mais, comme je l’ai dit plus haut, c’est aux Égyptiens que remonte la découverte du verre, ainsi
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- 6'* Annér — 2’ Seme6tr».
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- LA FABRICATION MÉCANIQUE DU VERRE A VITRES
- Plancher de plate - forme
- V///7//jy/////27Zà
- Rouleaux en carton d'amiante
- Lame de verre
- Porte de visite
- Porte de
- érassage
- Perre en fusion
- Fig. 2. — Fabrication mécanique du verre à vitres par le procédé Fourcault.
- que l’attestent les peintures trouvées par Champol-lion sur les parois des hypogées de Béni-IIassan, exécutées 5500 ans avant notre ère et qui prouvent que leurs auteurs connaissaient déjà le soufflage à la canne.... Et, comme eux, le.s, verriers du xvmc siècle et ceux du début du xixP ne connurent èt ne cherchèrent rien d’autre que la canne pour façonner le verre, cette canne dans laquelle s’épou-monnaient de malheureux ouvriers, guettés par la tuberculose et tout»1 la série des affections pulmonaires.
- Puisé dans la masse en fusion, par les ouvreaux du four, le verre restait adhérent à l’extrémité de la canne, par l’autre bout de laquelle l’ouvrier, en soufflant, confectionnait l’objet désiré en lui donnant, à l’aide de balancements et d’étirages combinés, la forme désirée. Tantôt, c’était une bouteille* tantôt un vase, tantôt uii canon pour verre à vitres.
- Ce dernier était façonné sous la forme d’un cylindre creux, qu’on détachait de la canne, puis qu’on fendait suivant une génératrice pour le développer ensuite en l’étendant.
- Ce procédé archaïque, qui d’ailleurs est encore employé dans de nombreuses verreries, suffisait à l’époque.
- Mais les progrès de la civilisation et les besoins toujours croissants de celle-ci déterminèrent les verriers à substituer au travail fatigant, malsain et devenu insuffisant, du soufflage à bouche un procédé j plus perfectionné et d’un rendement supérieur.
- La Nature a tenu déjà ses lecteurs au courant de j
- la fabrication mécanique des bouteilles, c’est celle du verre à vitres, dont je veux parler aujourd’hui.
- 11 est évident que les premières recherches dirigées dans ce sens devaient porter sur le mode d’obtention le plus rationnel, c’est-à-dire le laminage ou l’étirage direcL
- Des essais tentés en Angleterre par William Clark ne furent pas couronnés de succès. Cet ingénieur cherchait à obtenir une feuille de verre par étirage de bas en haut, grâce au mouvement mécanique ascendant d’une lame métallique trempée dans un bain de verre en fusion et qui entraînait à sa suite une lame de verre. L’inconvénient de cette méthode provenait de ce que la feuille ainsi obtenue se terminait en pointe, par suite de sa contraction dans le sens de la largeur.
- Ce fut en 1886 que M. Picai'd s’ingénia à obtenir un meilleur résultat en inversant le système d’étirage, c’est-à-dire en entraînant la feuille de haut en bas; mais, dans sa descente, la lame s’amincissait jusqu’à rupture complète.
- M. Fourcault reprit alors le procédé en le perfectionnant. Il fit reposer sa méthode sur un principe légèrement différent de ceux qui avaient guidé les recherches précédentes.
- Partant du fait acquis que, pas plus dans le procédé Clark que dans le procédé Picard, la traction d’étirage n’était capable de donner à la lame l’homogénéité désirée, il eut alors recours à la méthode d’étirage par alimentation.
- Voici la description du dispositif, dont il se servit :
- Un flotteur en terre réfractaire, appelé débi-leuse (fig. 2) se tient à la surface du bain de verre en fusion; ce flotteur est percé sur toute sa longueur d’une fente que remplit la masse vitreuse déjà légèrement solidifiée. Une lame en toile métallique descend alors exactement dans la fente de la débiteuse, puis par suite d’un mouvement ascendant qui lui est imprimé, elle remonte, entraînant à sa suite la masse vitreuse qui prend la forme d’une lame verticale. La feuille de verre se forme, non par traction, mais par alimentation en verre, due à la pression qu’exerce, dans le four, la matière en fusion et qui tend à faire déborder celle-ci sur les lèvres de la débiteuse.
- La lame formée est entraînée vers le haut entre deux séries verticales de rouleaux de carton d’amiante; puis, à la suite d’un recuit automatique, effectué au cours de ce cheminement, la feuille est
- Creuset
- Tourillon
- Tourillon
- Creuset
- Fig. 3. — Coupe verticale d’un pot d'étirage (procédé American Windovv Glass).
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- LA FABRICATION MECANIQUE DU VERRE A VITRES
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- amenée sur une plate-forme où elle est coupée aux I dimensions voulues. !
- En 1911, F. Fourcault équipa complètement son j usine de Damprémy (Belgique) avec des machines utilisant ce procédé. Durant la guerre, elle fonctionna, malgré l’occupation ennemie ; puis, dès l’armistice, des usines semblables furent construites en Hollande, on Angleterre, au Japon et en France.
- Mais dès que le procédé Fourcault fut mis au point, il fut immédiatement concurrencé par le procédé Libby-Owens, qui en est, en somme, une réplique, avec, toutefois, les deux différences suivantes :
- D’abord, la lame de verre est alimentée par deux rouleaux entraîneurs, immergés dans la matière en fusion.
- Puis, la feuille, étirée verticalement, est ensuite
- mécaniques, de Bourgogne : le procédé de VAmerican Window Glass.
- Cette méthode ne ressemble en aucun point à celles que nous avons jusqu’ici passées en revue.
- Elle est basée sur l’obtention de la feuille de verre, par étirage et soufflage combinés. Voici en quoi elle consiste :
- Le verre en fusion est cueilli dans le bassin à l’aide d’une poe/ie hémisphérique, manœuvrée au moyen d’un long manche par l'ouvrier nommé pocheur et par son aide.
- Elle est enfoncée doucement dans la masse, puis, retournée délicatement pour éviter la présence des bulles d’air qui troubleraient la limpidité de la vitre. Elle est ensuite amenée à l’aide d’un pont roulant au-dessus du pot d’étirage dans lequel
- Fig. 4 —Fabrication du verre à vitres par le procède Libby Owens.
- Table d’étirage et de coupe pour la production du verre à vitres par étirage direct.
- pliée à 90° sur un cylindre rotatif et conduite sur une table horizontale (fig. 4), dans une carcaise, sorte de galerie chauffée, où s’opère le recuit.
- Ce four est ordinairement constitué par un massif en briquetage recouvert d’un blindage en tô'erie; ses dimensions peuvent varier entre 15 et 100 m. de longueur; sa largeur intérieure est fonction de la largeur des lames; quant à sa hauteur, elle est toujours faible. À l’intérieur de la carcaise, se trouve une sorte de transporteur longitudinal, mù de l’extérieur par un moteur électrique, avec interposition d’engrenages réducteurs.
- La température à l’entrée des fours à recuire est comprise entre 425° et 650° centigrades. Ces fours sont généralement du type à moufle, pour permettre de maintenir la température uniforme et de soustraire les produits au contact des fumées sulfureuses, qui pourraient les colorer ou les ternir.
- Une usine de ce type a été fondée en 1915 à Charleston, en Virginie Occidentale, et une autre vient d’être construite, ces années dernières, à Moll, dans la Campine.
- Mais c’est sur un procédé différent que fonctionne actuellement l’usine de Chalon-sur-Saône, qui appartient à la Société anonyme des Verreries
- l’ouvrier déverse la masse vitreuse à travailler (fig. 1 ) (1 ). Le pot d’étirage est constitué par deux creusets identiques accolés par leur fond et montés sur des tourillons qui permettent de retourner l’ensemble à volonté.
- Le pot est lui-même placé sur un foyer, nommé kiln, qui a pour but, en la chauffant, de maintenir à une température convenable la masse de verre à travailler et de faire fondre, en même temps, les résidus vitreux restés dans le creuset inférieur où s’est effectuée la précédente opération. Ces gouttes sont d’ailleurs recueillies dans une cavité ménagée sous le foyer pour être utilisées dans une opération ultérieure. Pour la charge suivante, c’est le creuset nettoyé qui sera utilisé; de la sorte, la masse de verre est complètement homogène en tant que composition chimique et que température.
- La contenance des poches varie entre 250 et 500 kg de verre, sur lesquels I /5 environ reste adhérent au fond du pot.
- L’ensemble du foyer et de son pot est surmonté
- 1. I.cs photographies qui illustrent cet article sont extraites de Lubrication, revue mensuelle, publiée par « The Texas Company », 45, rue Saint-Georges, Paris, qui nous les a aimablement communiquées et dont les lubrifiants sont universellement employés dans le graissage des machines de' tou's genres.
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- LA FABRICATION MÉCANIQUE DU VERRE A VITRES
- d’un bâti dans lequel peut se déplacer verticalement une canne de soufflage. Celle-ci est formée d’un tube en fer, terminé à sa partie inférieure par une
- Fig. 5. — Coupe transversale d’un pot d’étirage et de son kiln {procédé de /'American Window Glass).
- L’ëtirage du canon C est commencé. Les résidus vitreux du creuset intérieur retombent sous le foyer.
- sorte de champignon appelé mors, qui, plongé dans la masse en fusion du creuset, happe une partie du verre, entraînant à sa suite la matière vitreuse. La canne est alors mise en mouvement vers le haut, solidairement avec la cage qui la porte. L’ouvrier étireur, qui, d’une cabine voisine des kilns, règle le mouvement ascendant de la canne, commence par faire monter légèrement cette dernière; puis, après un arrêt d’une minute environ, il lui fait effectuer une nouvelle montée lente et progressive.
- Après quoi, l’air est admis petit à petit dans la canne. Le manchon se forme alors et lorsque celui-ci a le diamètre exact qu’on doit lui donner, la vitesse d’étirage est progressivement augmentée. Cette accélération du mouvement de la canne a pour but de régulariser l’épaisseur des parois du cylindre de verre, qui, sans cela, par suite du refroidissement de la matière, serait défectueuse vers la fin de l’opération.
- Au fur et à mesure de la formation du cylindre, le débit d’air comprimé, qui y est insufflé, "est réglé de manière à maintenir constante la pression intérieure. Il doit en être ainsi pour que la pression atmosphérique ne déforme pas le cylindre aux endroits où la masse vitreuse n’est pas encore complètement solidifiée.
- Lorsque le cylindre a atteint la longueur voulue on supprime l’admission d’air et on accélère la
- vitesse d’ascension de la canne; de la sorte, le diamètre du cylindre diminue de telle façon qu’on peut aisément en détacher sa base de la masse resiée dans le creuset en la touchant avec un fer mouillé.
- Quand cette opération est terminée, le treuil est ramené en arrière, ce qui a pour but de faire descendre lentement le cylindre de verre formé.
- Ce dernier est pris dans un collier actionné par un second treuil, qui l’amène dans la position horizontale en le couchant sur un berceau, dénommé chevalet de cappage.
- Puis, à l’aide d’un fil électrique enroulé sur le cylindre et dans lequel on envoie le courant, on sectionne le tube vitreux en autant de tronçons qu’il est nécessaire pour l’usage auquel on les destine; •leur longueur, dans la pratique, varie entre 1 m. et 1 m. 50.
- Les morceaux ainsi découpés sont alors fendus au diamant suivant deux génératrices diamétralement opposées ; les demi-cylindres formés sont ensuite introduits à l’aide d’un monorail dans un four spécial, où ils sont réchauffés avant le déroulage; puis on étend les feuilles, après quoi on les recuit.
- Pour les dimensions usuelles, cette dernière opération dure entre 1/2 heure et 1 h. 1/2.
- Puis on procède enfin au découpage suivant les formats requis.
- M. Pluvinage, directeur dé l’usine de Chalon-sur-Saône, auprès de qui j’ai trouvé la plus bienveillante amabilité, a bien voulu me donner, pour les lecteurs de La Nature, les renseignements qui suivent, relatifs à la production de la verrerie qu’il dirige.
- La fabrication vient d’être récemment suspendue, pour permettre d’effectuer la grande réparation biennale du four à cuve de l’usine.
- Avant l’arrêt, cette dernière produisait des cylindres de 9 m. 90 de longueur et de 0 m. 75 de diamètre ; à la reprise de l’étirage, travaillant dans
- Fig. 6. — Fabrication de verre à vitres (procédé de /'American Window Glass).
- Coupe longitudinale de l’atelier montrant le manchon M terminé dans sa position verticale. — K, kiln. — T, treuil d’étirage. — t, treuil pour coucher le manchon. — E, cabine de manoeuvre de l’ètirage. — C, chevalet de cappage. — A, admission d’air comprimé. (D’après-le Bulletin de TInspection du Travail.)
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- des pots de 42 pouces, elle produira des cylindres de 12 m. 50 de longueur utile avec un diamètre variant entre 0 m. 80 et 0 m. 84.
- Chacune des huit machines de l’usine pourra donner 50 de ces cylindres par 24 heures. (Une machine est constituée par un kiln, un pot et un appareil d’étirage.)
- Le four à bassin contiendra, lors de la reprise de la fabrication, 800 tonnes environ de verre fondu; la température à l’enfournement sera de 1400° environ et de 1200° au pochage.
- Le verre obtenu dans l’usine de Chalon-sur-Saône est d’une exceptionnelle qualité.
- Alors que dans le procédé de l’étirage direct, le verre est souvent strié ou martelé, il n’en est rien dans la méthode de 1’ « American Window Glass ».
- La strie est, en effet, l’une des principales défectuosités du verre Fourcault; c’est une traînée filiforme généralement produite par l’irrégularité des lèvres de la débiteuse.
- Quant au martelage qui est commun aux verres Fourcault et Libbey-Owens, il est formé d’une sorte d’irisation, provoquée par le contact d’un corps froid (généralement le carton d’amiante des rou-
- leaux) avec la lame non encore totalement solidifiée.
- Un dernier avantage du procédé de « l’American Window Glass » consiste dans sa grande souplesse : ainsi, on peut obtenir des verres d’épaisseurs différentes, uniquement en modifiant la puissance de la soufflerie et la vitesse d’ascension de la canne.
- Par contre, le rendement en verre fini y est moindre que dans le système Fourcault où il atteint Jusqu’à 70 pour 100.
- Mais tous ces procédés ont sur la méthode du soufflage à bouche le grand avantage d’exiger environ 2/5 en moins de personnel, avec une manœuvre moins pénible et des conditions d’hygiène meilleures.
- Le prix de revient de la matière fabriquée se trouve ainsi diminué dans des proportions considérables, puisque le mètre carré de verre à vitres fabriqué aujourd’hui mécaniquement revient sensiblement au même prix que celui qui était obtenu avant la guerre, par soufflage à bouche.
- Cette considération seule suffirait à justifier la vogue rapide et sans cesse croissante de la fabrication mécanique. _ Jacques Senart,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LES GRANDS DIRIGEABLES RIGIDES
- Le raid merveilleux du Dixmwle, partant de Cuers près de Toulon, tenant l’air pendant 108 h., parcourant d’une seule envolée, la Méditerranée, l’Afrique du Nord et la France, a de nouveau appelé l’attention de l’opinion publique sur le rôle que les dirigeables rigides sont appelés à jouer dans l’avenir.
- Les grandes nations tendent leurs efforts à la conquête de la suprématie aérienne. La France ne saurait rester indifférente à la lutte qui se poursuit.
- Les États-Unis ont obtenu que l’Allemagne construise et leur livre, au titre des réparations, un superbe aéronef. Les ateliers Zeppelin en effectuent le montage en ce moment à Friedrichshafen.
- J’ai été autorisé à 1 étudier tout récemment et je crois intéressant de communiquer mes observations et les renseignements que j’ai recueillis aux lecteurs de La Nature.
- Les dimensions principales du nouveau dirigeable
- sont les suivantes :
- Volume de l’aéronef; ..... 70.000 m. c.
- Longueur totale. ........................ 200 m.
- Diamètre extérieur de la carcasse. 27 m. 60
- Largeur maximum avec les hélices des nacelles latérales en position
- verticale. ............................. 28 m.
- Hauteur maximum de l'arête inférieure de l’amortisseur d’atterrissage à l’arête supérieure des capots à gaz..................... 32 m.
- La force ascensionnelle totale en chiffres ronds est de 81 000 kg.
- Le poids à vide, le dirigeable étant entièrement équipé sera voisin de 41 500 kg.
- Il restera une force ascensionnelle, en chiffres ronds, de 40 000 kg.
- La charge utile peut se décomposer comme suit :
- Combustible..................... 26.000 kg
- Pièces de rechange. . . . 1.600 —
- Equipage. . ..................... 2.800 —
- Approvisionnements ... 1.600 —
- Lest d’atterrissage .... 2.000 —
- Lest de voyage ..... 4.000 —
- Passagers. . .................... 2.000 —
- La figure 1 donne une vue d’ensemble du dirigeable en voie de montage. La charpente métallique légère qui constitue l’ossature apparaît nettement, à droite de notre photographie; à gauche, des hommes montés sur des échelles fixent les toiles qui forment l’enveloppe extérieure du rigide.
- La figure 3 montre une des cellules motrices fixées sur les flancs du dirigeable. Ces cellules sont au nombre de 5. On les distingue sur la figure 2 qui donne une vue d’ensemble de ce que sera le dirigeable terminé, en ordre de marche.
- La propulsion de l’aéronef est assurée par 5 moteurs capables de développer 400 C. V. chacun.
- La vitesse réalisée par temps calme sera de 122 km à l’heure.
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- 406 —....— .......LES GRANDS DIRIGEABLES RIGIDES
- La figure 4 montre les cabines du pilote et des passagers, en voie de construction.
- A l’avant se trouve le poste de commandement. Il est pourvu de grandes fenêtres ouvrant de tous côte's ; les unes sont fixes, les autres sont mobiles. Il renferme les instruments nécessaires à la navigation et au service, et une table pour les cartes.
- A côté du poste de commandement, se trouve une cabine hermétiquement close, isolée de tous les bruits extérieurs, destinée à recevoir les appareils de télégraphie et de téléphonie sans fil.
- Les pièces pour les passagers sont contiguës au poste de commandement.
- La nacelle est en moyenne haute de 2 m. 40.
- Au niveau du plancher, elle offre une largeur maximum de 5 mètres.
- La carcasse est en poutres d’aluminium recouvertes d étoffé.
- Le plancher est en traverses de bois léger.
- La partie principale de la nacelle à passagers est divisée en trois compartiments dont les deux premiers, situés à l’avant, peuvent servir la nuit de chambres à coucher.
- Le compartiment placé à
- l’arrière sert de salon ou de salle à manger.
- Les compartiments sont aménagés à la façon des wagons-lits avec des sièges se transformant en lits et des tables se rabattant.
- Pour les courts voyages de jour, 56 passagers pourront trouver place dans les trois compartiments, car dans ce cas on n’a besoin que de sièges.
- Pour les voyages plus longs de jour et de nuit, on ne peut transporter que 20 passagers. Dans ce cas, les deux compartiments devant servir de pièces de séjour durant la journée seront transformés pour la nuit en cabirn-s à 4 lits séparées par des rideaux.
- On peut établir 4 autres lits dans le 5" compartiment.
- Un couloir large de 90 cm traverse toute la cabine à passagers.
- Une cuisine avec appareils électriques pour la cuisson, et un buffet seront placés à tribord, derrière le salon.
- Les approvisionnements et l’eau potable seront disposés dans le couloir.
- Dans la partie arrière de la nacelle, on a établi
- deux lavabos et cinq dépendances.
- Toutes les pièces réservées aux passagers sont munies d’un dispositif spécial d’aération qui emprunte l’air frais au courant d’air extérieur.
- Un couloir à section triangulaire s’étend depuis le point d’ancrage situé dans la proue,jusqu’à la quille inférieure, dans la poupe. Il renferme les réservoirs de combustible et de lest, les pièces pour l’équipage et les marchandises à -transporter. Ce couloir, d’où par des traverses, on accède aux nacelles latérales, permet de circuler dans toutes les parties essentielles de l’aéronef.
- Je ne puis pas entrer ici dans des détails de construction qui sortiraient du cadre de cet article.
- La charpente, tout entière en duralumin, est un modèle de légèreté.
- 14 ballonnets, non compris le ballonnet de poupe, se trouvent dans les parties du corps de l’aéronef formé par les anneaux principaux cloisonnés. Ces ballonnets sont en étoffe baudruchée fabriquée d’après un procédé spécial, d’une forme telle qu’ils remplissent, aussi complètement que possible, l’intérieur de la carcasse.
- Chaque ballonnet est muni d’une soupape automatique.
- Fig. i. — Le Zeppelin en conslruciion^our tes Etxts-Unis à Friedrichshafen.
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- LES GRANDS DIRIGEABLES RIGIDES : '........407
- Fig. 2. — Maquette du dirigeable en construction à Friedrichshafen. il aura 5 cellules motrices portant chacune un moteur de 400 C. Y.
- En outre, un certain nombre de ballonnets sont pourvus d’une soupape de manœuvre disposée au faîte de l’aéronef et actionnée de la nacelle du
- Fig. 3. — Le dirigeable en construction.
- Une cellule motrice fixée aux fanes du dirigeable.
- pilote. La réserve d’essence est répartie sur presque toute la longueur de l'aéronef et on peut y accéder facilement. En tout il y a 75 réservoirs d’essence contenant chacun 400 litres environ.
- Pour produire le courant électrique nécessaire à l’éclairage et à la cuisine, on a prévu un générateur actionné par le courant d’air provoqué par la marche du dirigeable et une petite batterie d’accumulateurs.
- L’éclairage comprend les lampes des* pièces réservées aux passagers, la lampe placée au-dessus de la table réservée aux cartes, celles de la cabine de T. S. F., les feux de position et les lampes portatives dans les nacelles motrices.
- En ce qui concerne les appareils décommandé et de direction, les dispositifs d’ancrage et d’atterrissage, le lest, toutes les précautions les plus minutieuses sont prises pour que les manœuvres s’effectuent avec sûreté et promptitude, llien n’est laissé au hasard. M. A. Colsmann et M. le Dr Hugo Eckener ont dirigé les études et assurent actuellement l’exécution des travaux.
- *
- * *
- J’ai eu l’occasion d’examiner, dans les ateliers de M. Maybach, les moteurs qui. sont montés dans les cellules motrices. Ils sont constitués par 12 cylindres disposés en V, à refroidissement par eau, ils donnent leur plein rendement de 400 C. Y. à 1400 tours par minute et sont établis pour fonctionner normalement à une altitude de 1000 m.
- La transmission de la force des moteurs aux
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- “ LES GRANDS DIRIGEABLES RIGIDES
- hélices se fait directement par arbre, sans engrenage. On a prévu des accouplements souples et des dispositifs de verrouillage pour les hélices. Les moteurs sont établit pour passer de la marche avant à la marche arrière, afin de faciliter le freinage et les manœuvres d’atterrissage. Ce détail est extrêmement imporlant. Toutes les nacelles sont pourvues de pièces de rechange.
- Les hélices sont propulsives à deux pales, de construction appropriée à la marche de l’aéronef. Elles sont en bois, leurs arêtes d’attaque et l’extrémité des pales sont protégées par un revêtement en aluminium.
- Les radiateurs sont constitués par des ajutages
- La première concerne les ports d’attache ;
- La seconde, les dirigeables proprement dits.
- En ce qui concerne les ports d’attache, la Société de Navigation aérienne a démonté en Allemagne et transporté en France le matériel suivant qui devait nous revenir aux termes du Traité de Versailles.
- 10 Hangars à dirigeables (7 hangars) :
- 260'- X 75m X 36m situé à Ahlhorn (fig. 5).
- 2-40m X 60m X — Wittmundhafen (fig. 6). 240m X 75m X 35m — — (fig. 7).
- 180m X 35m X 28m — Dusseldorf (fig. 8).
- 240m x 60m x 35m -- —
- 180mx55mx28m — Spich (fig. 9).
- 475m X 40m X 25m — Bickendorf (fig. 10).
- Fig. 4. — Les cabines du commandant et des passagers en voie de construction.
- réglables. Des.réservoirs d’eau de refroidissement se trouvent dans chaque nacelle. Les pots d’échappement sont refroidis par l’air et disposés à l’intérieur des nacelles.
- L’évacuation des gaz d’échappement se fait à l’air libre sous les nacelles.
- Avant d’être mis en place, M, Maybac-h m’a expliqué que les moteurs qu’il construit subissaient un essai très dur consistant à les faire tourner sans arrêt un nombre de jours correspondant au temps que le dirigeable mettrait pour faire deux fois le tour du monde.
- Quelle est la situation de la France au point de vue de la navigation aérienne par dirigeables rigides ?
- L’examen de la question comporte deux parties distinctes :
- 2° Hangars à avions :
- 9 hangars Standard situés à Gersthofen.
- 5
- 10
- 5
- 6
- 4
- Fürth.
- Francfort-sur-Oder.
- Kiizingen.
- Weimar. *
- Lagerlechfeld. ^
- 5° Hangars-ateliers pour avions : j
- 1 hangar-atelier situé à Gersthofen. I
- 1 — — Francfort-sur-Oder.
- 1 — — Kitzingen.
- 1 — — Weimar.
- Quelques-uns des petits hangars à avions ont été remontés. Quant aux grands hangars, ils attendent t depuis de longs mois, exposés aux intempéries, qu’une décision soit prise en ee qui concerne leur remontage.
- Grâce à l’énergique impulsion de M. le Ministre
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- Fig. 5. — Les hangars à dirigeables livrés à la France. — Le hanqar de Ahlhorn.
- de la marine P.aiberti, le hangar destiné au port aéronautique d’Alger doit cependant être remonté. Les autres unités sont entreposées à Orly, près de Paris, à Marignane, près de Marseille, à Saint-Louis du Rhône et à Casablanca.
- L’ensemble de ce matériel a nécessité pour son transport plus de 5000 wagons. Il était à l’état de neuf quand la France en a pris livraison, il serait vraiment criminel de le laisser perdre et s’abîmer.
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- * *
- En ce qui concerne les dirigeables, nous possédons le Méditerranée, ancien Nordstern, le Dixmude, ancien L-7.2 allemand (fig. 11 et 12).
- Les ballonnets intérieurs de ces croiseurs rigides composés d’étoffe baudruchée ont dû être entièrement refaits en France
- La Société de Navigation aérienne, propriétaire de la licence et des procédés et la Société Nieuport-Astra, ont assuré cette construction avec le concours
- commercial de la Société du réseau aérien transafricain.
- Les caractéristiques de ces deux dirigeables sont clairement résumées dans un tableau (voir page 410) que nous extrayons du rapport récemment présenté par M. de Chappedelaine au Parlement français.
- M. de Chappedelaine a fait également figurer dans ce tableau les caractéristiques des hydravions de haute mer, ce qui permet d’établir une comparaison des plus intéressantes.
- Le tableau ci-après où nous donnons les caractéristiques principales d’un rigide et d'un hydravion de haute mer permet de se rendre compte des possibilités respectives de ces deux appareils.
- Il ressort avec évidence de cette comparaison que seul le dirigeable peut remplir les importantes missions de guerre suivantes :
- Eclairage des escadres au large ;
- Protection des convois au large ;
- Bombardement à grande distance et à haute altitude;
- Fig. 6. — Le hangar n" i de Witlmnndhafen.
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- Fig. — Le hangar n" 2 de Witimundhajen.
- Liaison avec nos possessions coloniales (transport de personnel, de matériel, etc...).
- sance et celle beaucoup plus étendue dont il dispose à vitesse réduite (9000 milles environ à 50 kilomètres
- • ' CROISEUR RIGIDE HYDRAVION DE HAUTE MER
- CARACTÉRISTIQUES TYPE DIXMüDE Ex-L 72 allemand. TYPE MÉDITERRANÉE Ex-Nordstern. EN CONSTRUCTION 1 Quadri-moteur Latham) EN PROJET
- Vitesse maxima 120 à 140 km. 420 à 140 km. 150 km. 150 km.
- Nombre d’heures de vol à vitesse maxima 79 b. soit 5 jours 7 li. 47 b. 8 b. ['). 42 h. (').
- Distance franchissable à la vitesse maxima 0600 milles. 3500 milles. 1200 km. 4300 km.
- Plafond 8000 mètres. 4000 mètres. 4000 m. 4200 m.
- Bombes 4000 legs. Néant. 800 kgs {*). 4000 kgs P).
- Armement . 40 mitrailleuses. Service commercial. Néant. 5 mitrailleuses. 5 mitrailleuses.
- Poste de T. S. F. — Portée ; . . 4000 milles. Service commercial. 4000 milles. 50 milles. 50 milles.
- Equipage 20 hommes. 42 hommes. 5 hommes. 5 hommes.
- Nombre de jours de vivres . . . 40 jours. 5 jours. » ))
- Plein d’essence 42 tonnes. 7 tonnes. 3 tonnes. 5 tonnes.
- Lest embarque 7 tonnes. 6 tonnes. )) »
- Charge utile 33 tonnes. 40 tonnes. 1200 kgs. 1400 kgs.
- 1. Le nombres d’heures de vol donné est [celui correspondant à l’approvisionnement complet en essence, c’est-à-dire sans bombes à bord. Avec bombes, ce nombre est réduit de 2 heures et demie, ce qui diminue de 375 km la distance franchissable.
- Les possibilités que confèrent au dirigeable sa distance franchissable de 6000 milles à pleine puis-
- à l’heure) sont définies par les quelques chiffres suivants :
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- Fig. ç. — Le hangar de Spich.
- Toulon aucapdeBonne-Espéranee, distance à vol d’oiseau .... 4800 milles
- Toulon à Colombo, distance à vol
- d’oiseau........................ 4800 —
- Toulon aux Antilles, distance à
- vol d’oiseau.................... 4800 —
- Toulon à New-York, distance à vol
- d’oiseau........................ 5900 —
- Toulon à Dakar, distance à vol
- d’oiseau........................ 2100
- Brest à New-York, distance à vol
- d’oiseau.........................5”00 —
- Les zeppelins ont rendu aux Allemands pendant
- la guerre des services précieux, notamment par l’aide qu’ils ont apportée aux forces navales de la mer du Nord. C’est grâce à eux, en particulier, que la flotte allemande, informée que lés forces anglaises étaient à la mer, a, le 19 août 1916, échappé à l’étreinte de la grande Hotte et à la destruction. Ce sont eux qu’ont utilisés les Allemands pour leurs bombardements de nuit de Londres et des côtes anglaises. C’est à un zeppelin que fut confiée la mission que seul, d’ailleurs, un tel engin était capable de remplir, de transporter des officiers, des armes et des médicaments dans l’Est-Africain, mission qu’interrompit la reddition des forces allemandes opérant dans cette région alors qu’il'survo-
- Fig, io. — Le hangar de Bickendort.
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- Fig. n. - Les dirigeables rigides français. — Le Dixraude. (Photographie Branger.)
- lait déjà le lac de Tanganyika et qui le contraignit à regagner sa base.
- La marine française se dispose à faire construire, au cours de l’exercice 1924, son premier dirigeable rigide.
- Les essais préliminaires faits avec le Dixmude et le Méditerranée ont mis en évidence les remarquables qualités de ces croiseurs aériens et montrent tout le parti que, dans l’avenir, notre pays peut tirer de ces engins, soit au point de vue commercial, soit au point de vue maritime.
- Ainsi que M. de Chappedelaine le fait justement remarquer dans son rapport, la France, de par sa configuration géographique même, est le pays du monde le plus directement intéressé à l’utilisation des dirigeables rigides.
- Les Anglais créent la ligne des Indes, les Espagnols préparent les grandes lignes de l’Amérique du Sud, les Américains vont relier Hambourg à New-York avec le dirigeable qui sortira deFriedrichshafen, au printemps prochain.
- La France doit établir entre elle et son merveilleux empire africain, une liaison sûre par voie aérienne.
- En temps de paix, des lignes de dirigèables rigides assureront le transport des courriers, des passagers et, dans certains cas, des marchandises de faible tonnage.
- En temps de guerre, les états-majors pourront communiquer librement, la surveillance de la mer et des convois sera assurée.
- Plus tard, la France pourra songer à créer des lignes directes qui mettront Paris à 2 jours seulement de New-York et à 6 jours seulement de l’Amérique du Sud.
- Un dernier effort devra être tenté pour relier directement Marseille à Madagascar et à nos possessions d’Extrême-Orient.
- Ce programme doit être réalisé par étapes successives.
- 11 est digne de mériter, de la part des pouvoirs publics, un effort méthodique et soutenu.
- M.-P. Otto,
- Ancien Capitaine adjoint nu Directeur de la Section technique de l’Aéronautique militaire.
- Fig. 12. —. Les dirigeables rigides français. — Lé Méditerranée.
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- La Science en famille.
- LE CALENDRIER
- Tout le monde sait ce que c’est que le calendrier, ou croit le savoir ; on le consulte à chaque instant, mais, cependant, bien rares sont ceux qui se doutent de la somme de travail intellectuel que représente cette feuille de carton que le facteur nous offre chaque année à l’heureuse époque des étrennes.
- « Le Bourgeois gentilhomme, nous dit Arago, dans la comédie de Molière, voulait que son maître de philosophie lui apprit Y almanach. C’était là un vœu très raisonnable. Tel qui s’en moque serait bien embarrassé si on lui adressait à ce sujet les questions les plus élémentaires. Mais, on doit l’avouer, M. Jourdain se trompait en s’imaginant que les leçons qu’il demandait seraient faciles et simples. L’explication de Y almanach touche aux points les plus délicats de la science et de l’érudition. Le lecteur, au reste, va en juger. »
- Et Arago consacre à l’exposition des principes du calendrier une notice qui occupe 195 pages de Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1851.
- Les facultés intellectuelles de l’homme primitif étaient extrêmement faibles, il en est de même, encore aujourd’hui, chez certaines tribus sauvages. Ainsi, le voyageur La Condamine, qui a parcouru l’Amérique du Sud pendant dix ans, vers 1740, a-t-il observé une peuplade, les Yaméos qui, pour exprimer le nombre trois, se servaient du mot Poettarrarorincouroac. Et il ajoute que, très heureusement pour ceux qui ont affaire à eux, leur arithmétique ne va pas au delà. 11 serait facile de citer beaucoup d’exemples analogues.
- On conçoit que pour des hommes aussi mal doués, l’année solaire était une période beaucoup trop longue pour qu’ils s’en servissent pour régler leur vie. Ce fut, non pas le cours du Soleil, mais celui de la Lune qui fut le régulateur de leur existence. La durée d’une lunaison est d’environ 29 jours et demi ; il était peut-être bien difficile, même pour des êtres un peu plus dégagés de l’animalité que les Yaméos et les peuples du même ordre, de compter jusque-là ; mais, par bonheur, le phénomène si frappant des phases de la Lune leur vint en aide en leur permettant de subdiviser en quatre périodes égales (ou à peu près), celte longue durée d’une lunaison. C’est là une des origines de la semaine, une autre de ces origines est l’existence dans le ciel des sept astres errants ou planètes que Ton découvre à l’œil nu, c’est-à-dire le Soleil, la Lune et les cinq planètes proprement dites, à savoir : Mercure, Vénus,Mars, Jupiter et Saturne. Etmême aujourd’hui, après tantde siècles écoulés, ce sont encore les noms de ces astres considérés jadis comme des divinités, que portent les jours de notre semaine, période qui joue un rôle important dans notre vie, et sur laquelle nous réglons nos occupations.
- Notons cependant que la semaine, aujourd’hui universellement acceptée par suite de la conversion au christianisme de la plupart des peuples civilisés, est essentiellement sémitique d’origine. Eu Egypte, comme plus tard en Grèce, le mois lunaire, qui comptait alternativement 29 jours et 30 jours, de façon à rattraper le demi-jour qui complète la lunaison (ce qui .faisait que Ton distinguait les mois caves et les mois pleins), le mois lunaire, disons-nous, se divisait en trois décades, dont la dernière pouvait ne comprendre que neuf jours.
- Dès que les hommes cessèrent d’être exclusivement pasteurs pour s’adonner de plus en plus à l’agriculture, le calendrier lunaire devint insuffisant, parce que, bien certainement, c’est Tannée solaire qui doit régler les travaux du cultivateur. L’époque des semailles, de la moisson, de la vendange, n’a évidemment aucun rapport avec les phases de la Lune.
- Néanmoins, il en coûtait beaucoup à nos ancêtres de faire table rase du passé, parce que l’ancien calendrier était lié avec les cérémonies religieuses et que les religions sont éminemment tradilionnistes. On chercha donc à faite coïncider Tannée solaire avec les phénomènes lunaires, ce qui est un problème sans solution si on voulait le résoudre en toute rigueur, mais auquel on peut donner des solutions approximatives qui ont exigé beaucoup de travail intellectuel, et dont nous allons nous occuper.
- Les plus anciens astronomes dont l’histoire ait gardé le souvenir sont les pfitres chaldéens qui, pendant leurs veilles nocturnes, favorisés par un ciel exceptionnellement beau, se sont distraits par la contemplation des merveilles célestes, et, aidés par le temps, sont arrivés à faire des découvertes dont on ne peut nier l’importance, notamment Tannée de 365 jours et un quart. Ajoutons qu’ils étaient astrologues en même temps qu’astro-nomes ; faire des prédictions lucratives aux grands de la terre était une de leurs principales occupations, et ils savaient souvent s’arranger de façon que ces prédictions ne fussent pas compromettantes, celle-ci, par exemple, qu’on trouve dans un recueil de ces prédictions qu’a publié en 1900 M. R. G. Thompson :
- « Mercure est visible. Quand Mercure est visible dans le mois de Kislou, il y aura des voleurs dans le pays. »
- Ajoutons, quoique ceci s’écarte un peu de notre sujet, que les Chaldéens sont les véritables ancêtres de nos sorciers de village, qui emploient encore, dans leurs formules « magiques », des mots assyriens défigurés.
- Les Egyptiens, peuple très avancé sous certains rapports, étaient moins favorisés par les circonstances que les Chaldéens pour les études astronomiques et ils finirent par emprunter à ceux-ci leur calendrier. Mais, primitivement, ils avaient eu, eux aussi, un calendrier lunaire auquel ils avaient dû renoncer, à cause de leurs occupations d’agriculteurs, et d’agriculteurs auxquels les circonstances locales (les inondations du Nil en particulier) imposaient un emploi rigoureux de leur temps. Ils partageaient leur année en tiois saisons de quatre mois chacune (le mois étant formé de 3Ü jours), la saison des semailles, celle des récoltes, et celle de l’inondalion.
- Cela leur faisait une année plus courte de 5 jours et un quart que la véritable, ce qui faisait que les dates rétrogradaient sur les phénomènes célestes d’un mois en cinq ans et demi, d’une année en 69 ans. Cela était intolérable. Ils en vinrent donc à Tannée de 565 jours, mais l’intercalation d’un jour tous les quatre ans ne se fit que beaucoup plus tard. Cette année était dite Tannée vague et il en fallait 1461 pour faire 1460 des années que, par anticipation, nous appellerons juliennes. Ces 1461 années vagues formaient la période sothiaque, du nom Sothis que Ton donnait alors à l’étoile magnifique que nous appelons Sirius, et qui, par son lever héliaque
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- c’est-à-dire l’époque de l’année où, dégagée des rayons du Soleil, on la voyait avant le lever de l’astre du jour, annonçait que la crue du Nil était prochaine.
- Franchissons un grand nombre de siècles, et transportons-nous chez nos vrais ancêtres intellectuels, chez les Grecs.
- Là aussi, nous trouvons d’abord une année lunaire composée de treize mois, caves ou pleins, qui formaient 354 jours et huit heures (telle est encore l’année musulmane) . Pour rétablir l’accord entre les mois lunaires et l’année solaire, on avait recours à des intercalations de mois, qui ne donnaient jamais que des solutions par à peu près, ce qui faisait qu’on était continuellement à la poursuite d’une solution rigoureuse qui se dérobait toujours.
- Ainsi, le fameux cycle de Méton (45^ ans av. J.-G), avait pour base une suite de 235 lunaisons qui font 6940 jours et 0940 jours valent 19 années solaires; seulement, là encore, on n’a qu’une approximation, très grande à la vérité, mais le rapport de l’année à la lunaison n’est pas rigoureusement 235/19, et malgré l’admiration que les Athéniens témoignèrent au travail de Méton, dont ils firent graver le calcul en lettres d’or (d’où le nom donné à ce cycle), après un certain nombre de périodes de 19 ans, les différences se reproduisaient; d’où la nécessité de chercher mieux. Calippe, puis le grand Hipparque, marchèrent sur les traces de Mélon.
- Les premiers Romains eurent d’abord une année formée de 304 jours seulement, et qui, bien évidemment, ne devait pas tarder à être en désaccord avec le ciel. Ils la divisaient en dix mois, dont les uns portaient des noms de divinités et les autres de simples numéros d’ordre, c’est ce qui fait que les quatre derniers mois de notre année portent les noms, qui leur conviennent fort mal, de septembre, octobre, novembre et décembre.
- Mars était le premier mois de l’année romaine, mais on fut amené à ajouter, à la suite de l’année primitive, autant de jours qu’il en fallait pour compléter l’année lunaire, et c’est par le premier de ces nouveaux mois, januarius ou janvier que l’on commença l’année. A^Rome comme en Grèce, comme partout, on éprouva de grandes difficultés pour faire coïncider l’année lunaire avec les saisons. Ajoutons que les fonctionnaires chargés de veiller aux intercalations, tantôt par ignorance, tantôt dans des vues intéressées, les firent fort mal, si bien qu’ils arrivèrent à ce que, en l’an 46 avant J.-G., les vendanges se firent au mois de janvier. Le mal, on en conviendra, était à son comble.
- Disons, à ce propos, que lorsqu’il écrivit la Vie de Césarf Napoléon 111 chargea Le Verrier de débrouiller toutes les questions relatives au calendrier romain, et que le manuscrit du grand astronome a malheureusement été détruit quand les Tuileries ont été incendiées.
- César voulut porter remède au mal. Il était loin d’être -étranger aux études scientifiques ; il avait lu Hipparque avec soin, et même composé un traité De Astris, dont la perte est regrettable. On comprend toutefois qu’il ne s’en soit pas rapporté uniquement à ses propres lumières, et il consulta un astronome d’Alexandrie, mais probablement Grec d’origine, à en juger par son nom de Sosigène. D’après les conseils de celui-ci, pour ramener les saisons à leurs époques traditionnelles, on commença par faire une année de 445 jours, qui fut, à bon droit, nommée l’année de confusion. L’année suivante commença au lér janvier. Il fut convenu que sur quatre années consécutives, il y en aurait trois qui compteraient
- 365 jours, et la quatrième 366. De cette façon, on espérait tenir un compte suffisant de ce que la véritable année ne compte pas exactement 365 jours et fixer l’équinoxe de printemps au 21 mars.
- Sans être parfaite, cette léforme était excellente, et, pendant un grand nombre de siècles, elle devait suffire, Notons toutefois que l’habitude prise, au Moyen Age, de commencer l’année, non plus le 1CI janvier, mais à la fête de Pâques, dont la date est donnée par des règles que les Pères du Concile de Nicée ont établies en 325, introduisit une grande confusion dans la chronologie, et, pour débrouiller cette confusion, les Bénédictins durent, au dix-huitième siècle, employer leur activité proverbiale pour composer YArl de vérifier les dettes. Ajoutons que deux astronomes français, La Caille et Pingré, se montrèrent leurs dignes auxiliaires en calculant pour eux un très grand nombre d’éclipses.
- Mais Sosigène avait supposé que la durée de l’année solaire est exactement 565 jours et 6 heures, alors que cette durée n’est exactement que 565 jours 5'1 48“' 46>8 à l’heure actuelle, car la durée de l’année n’est pas rigoureusement constante, et elle diminue de 055 par siècle.
- L’année, trop courte jadis de six heures, était donc maintenant trop longue de 11 minutes environ. Il en résultait que le moment précis de l'équinoxe, qui jadis retardait chaque année dans la série des dates, antb-ipait maintenant dans cette série, d’une quantité beaucoup moindre, à la vérité, mais qui, avec le temps, ne pouvait manquer de devenir sensible, car 11 minutes par année font un jour en 151 ans environ. Quand on arriva au quinzième siècle, l’équinoxe se produisait non pas le 21, mais le 11 mars.
- Assurément, la grande masse du public n’y faisait aucune attention, mais il y avait quelques hommes pour qui ce changement n’était point passé inaperçu, et qui s’en indignaient. Tel fut le cardinal Pierre cl’Ailly, évêque de Cambrai, savant remarquable, qui, s’il avait le tort de s’occuper d’astrologie judiciaire, ne se trompait pas toujours dans ses prédictions, car il lui arriva d’annoncer que « si le monde durait jusqu’en 1789, il y aurait alors beaucoup de grandes et merveilleuses altérations et mutations du monde, principalement quant aux lois ».
- Et Pierre d’Ailly répétait seulement ce qu’avaient dit, un siècle plus tôt, des aslronomes qui s’appelaient Roger Bacon, Jean de Murs, Firmin de Belleval. Ces deux derniers avaient même soumis au pape Clément VI un projet de réforme qui ne diffère pas essentiellement de celui que Grégoire XIII adopta en 1582.
- On sait que cette réforme, qui fut en réalité préparée par les travaux de Clavius, d’Egnazio Danli, de Lilio Giraldi, etc., consiste essentiellement à transformer en années communes, tous les 400 ans, trois années qui, selon la règle julienne, devraient être bissextiles, c’est-à-dire dont le millésime est divisible par 4. La seule année bissextile, sur quatre années séculaires, est celle qui indique un nombre de siècles divisible par 4. Ainsi, 1900 n’a pas été bissextile, et 2000 le sera.
- Tel est le calendrier auquel le pape Grégoire a attaché son nom et que tous les peuples civilisés ont adopté successivement, malgré des difficultés réelles, dont la principale était la suppression de dix jours pour ramener l’équinoxe au 21 mars, par toutes les nations civilisées. Cette réforme était telle que, disait Voltaire, « les chrétiens auraient dû l’accepter du Grand-Turc, s’il l’avait proposée ».
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- la: “ GLOIRE' DE LA' MER
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- Ce calendrier a suffi à de nombreuses générations, mais, maintenant, on lui fait divers reproches.
- Sont-ils bien fondés? Sans doute, en supprimant trois bissextiles en 384 ans (une tous les 128 ans), et non en quatre siècles, on se rapprocherait mieux de la vérité, mais on perdrait l’avantage de suivre une règle très claire, et même élégante, et quel profit en tirerait-on ? Celui d’éviter un jour en excès tous les 4000 ans !
- On pourrait désirer que l’année commençât à une grande époque astronomique, au solstice d’hiver, moment de l’année où les jours ayant atteint leur plus courte durée, commençent à allonger, et nous font songer à la belle saison,'encore bien éloignée cependant.
- Il faudrait pour cela une suppression de dix jours, analogue à celle qu’ordonna jadis le pape Grégoire. Il est clair que cela ne pourrait se faire qu’après une entente internationale précédée sans doute de longs pourparlers.
- On a souvent exprimé le regret que la même date de l’année ne correspondit pas* toujours au même jour de la semaine (notons que celle-ci semble ne pouvoir être modifiée en rien). Ce résultat ne serait pas difficile à obtenir.
- Il suffirait pour cela de décider (toujours après entente internationale) que décembre n’aura plus que 30 jours. La Saint-Sylvestre n’appartiendrait plus à aucun mois et ne porterait le nom d’aucun des jours de la semaine, on pourrait l’appeler le jour complémentaire. Les années bissextiles, il y aurait deux jours complémentaires, et février aurait 28 jours tous les ans.
- Ainsi, supposons qu’une année commence un dimanche ; le dernier jour de la 52e semaine sera un samedi, puis, viendra le jour complémentaire qui n’appartiendra à aucune semaine et que suivra un dimanche; de la sorte,
- LA “ GLOIRE
- Parler à un malacologiste (terme rébarbatif réservé aux doux collectionneurs de coquillages) de Conus gloria-maris, c’est réveiller en lui d’amers regrets. Car ce nom est celui d’un objet qui se classe à la fois parmi les plus belles et parmi les plus rares productions de la nature. On ne connaît dans le monde entier que douze spécimens de ce coquillage, et quand l’un de la douzaine, après la mort de son envié possesseur, affronte les feux des enchères, tous les grands collectionneurs d’Europe et d’Amérique se mettent sur les rangs.
- Notez qu’il ne s’agit pas ici d’une espèce fossile, mais bien d’une espèce qui parait s’être éteinte de nos jours.
- Au reste, voici les renseignements que nous puisons sur le sujet dans un remarquable article de M. Roy Waldo Miner, publié par notre éminent confrère Nahiral Hislory.
- Le mollusque fut découvert en 1758, probable-blement dans les parages, des Iles Philippines, et devint aussitôt fameux parmi les collectionneurs de
- on atteindra, sans porter grand changement aux habitudes acquises, le but demandé,
- Enfin, il serait désirable que la lète de Pâques, dont la mobilité n’est pas sans inconvénients, et par exemple, fait que les divers trimestres de l’année scolaire sont parfois très inégaux entre eux, puisque cette fête peut être célébrée le 25 mars aussi bien que le 25 avril, fût, au contraire, célébrée à une date fixé;
- Cela dépend uniquement de l’autorité ecclésiastique, mais il ne suffirait pas que la plus importante des communions chrétiennes, l’Eglise catholique, fixât.cette fête à une date déterminée pour ses -fidèles (il semble,, d’après des lettres qui ont été adressées du Vatican à cardinal Mercier, que cela n’aurait rien d’impossible).
- Il faudrait pour bien faire, que les croyants de toutes les autres Églises y donnassent leur assentiment.
- C’est pourquoi tous ceux qui peuvent, à ce point de vue, avoir quelque influence sur l’opinion publique, ont le devoir d’agir sur cette opinion, dans la mesure de leurs forces.
- Nous n’ignorons pas qu’il existe des projets de nouveaux calendriers très savants et que, en théorie, on aimerait à voir employés par le public, mais il ne faut pas oublier que celui ci, en grande majorité, est ignorant et routinier, qu’il s’agit dé toucher à des coutumes millénaires qui sont en même temps des traditions religieuses. •'
- Aussi, croyons-nous que le plus sage est de demander très peu de chose, si l’on ne veut pas courir le risque de ne rien obtenir du tout.
- E. Doublet.
- Astronome à l’Observatoire de Bordeaux.
- DE LA MER »
- Hollande et d’Angleterre, tant pour sa beauté que pour sa rareté.
- En 1838, M. Hugh Cuming, le plus célèbre con-chyliologiste de l’époque, explorait un récif corallin des Philippines, quand il eut la chance d’y trouver trois spécimens vivants de la rarissime espèce. Quelques semaines plus tard, l’ilot fut détruit par un tremblement de terre.
- Depuis celte date, c’est en vain que des collecteurs ont exploré minutieusement la région : aucun spécimen vivant n’a récompensé leurs recherches.
- On est donc obligé d’admettre que l’espèce est éteinte.
- Les douze coquilles connues sont réparties comme suit dans le monde. Le Bi-itish Muséum en possède trois; on en compte également trois aux Etats-Unis, dont un récemment acquis par l’American Muséum de New-York.
- Un autre est au Muséum d’Amsterdam, et le huitième appartient à l’ex-roi de Portugal. Un neuvième ligure dans les collections du Muséum de Melbourne,
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- LA “ GLOIRE DE LA MER
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- et les trois derniers sont en la possession de collectionneurs européens.
- Voici la description que M. Roy W. Miner consacre au magnifique spécimen de l’American Muséum, et dont Natural History a reproduit une photographie en couleur, conjointement avec la photographie en blanc et noir d’un autre spécimen appartenant à une dame américaine, Mme F.-A. Constable.
- La coquille, de forme conique, a 125 mm de longueur; elle est couronnée par un petit dôme en spirale dont les gracieuses proportions évoquent la vision d’un bouton de rose prêt à éclore. Le fond de la coloration est ivoire pâle ; ce fond présente une mosaïque faite de milliers de figures triangulaires, dont la superficie varie entre un huitième de pouce et une dimension presque microscopique, ce qui en interdirait la reproduction à un lithographe. Ces
- paires dans un tube charnu. Ces dents servent aussi bien à mordre la proie qu’à forer la coquille qui l’abrite.
- Ces morsures sont considérées comme venimeuses.
- On en est certain tout au moins pour trois espèces (Conus textile, C. aulicus, C. tulipa). Un naturaliste anglais, Sir Edward Belcher, qui fut mordu en saisissant dans l’eau, près d’un îlot des Moluques, un spécimen de la deuxième de ces trois espèces, compare la douleur qu’il ressentit à une brûlure causée par le phosphore. Les indigènes de plusieurs îles du Pacifique affirment que la première de ces espèces peut lancer son venin à une distance de plusieurs pouces.
- Il est intéressant de constater, avec M. Roy Waldo Miner, que plusieurs espèces de mollusques herbi-
- Fig. i. — La <• Gloire de la Mer » {grandeur réelle).
- triangles ivoire-pâle sont limités par des lignes d’un jaune de chrome ou d’un châtain brun. Sous ces motifs, trois larges bandes en spirale, d’une teinte orange, enveloppent le corps, en enrichissant la coloration générale. Une transparence lustrée de porcelaine apporte sa note de beauté. Mais l’auteur avoue que ni la plume ni la photographie ne sauraient rendre justice à cette merveille.
- La famille des conidés, à laquelle appartient ce magnifique mollusque, et dont les membres sont caractérisés par leur forme conique, comme aussi par leur vive coloration, est répandue dans toutes les mers tropicales, mais plus spécialement dans l’Océan Pacifique et dans l’Océan Indien. Une espèce existe dans la Méditerranée.
- Ces créatures fréquentent de préférence les bancs de coraux. Elles s’y cachent dans un trou et en sortent pour attaquer leur proie, qui est la plupart du temps un mollusque d’une autre famille.
- Leur armement est fort curieux et très efficace. Il consiste en une sorte de trompe, ou proboscis, qu’elles peuvent projeter rapidement hors de la coquille. La bouche, placée à l’extrémité de cet organe, renferme un faisceau d’une soixantaine de dents barbelées extrêmement fines, disposées par
- vores et inolfensifs, appartenant à la famille des Strombidés, et qui vivent dans les mêmes parages que ces créatures carnivores,'se sont efforcées de copier la livrée de ces redoutables et redoutés congénères, camouflage qui les protège. Comme le note plaisamment l’auteur, « ces mollusques voguent, ou plutôt rampent, sous un faux pavillon ».
- Au cours de l’article, Natural History illustre cet étrange cas de mimétisme en reproduisant côte à côte un C. janas, espèce vénéneuse, et un Strom-bus mauritianus, espèce inoffensive, qui vivent l’une et l’autre dans la même localité.
- Que nos lecteurs aient la charité de ne point nous demander ce que peut valoir un Conus gloria-maris /
- Nous devrions confesser noire ignorance... à quelques milliers de francs près ! Un collectionneur de notre connaissance, M. Derain, à qui nous demandions une précision sur le sujet, nous a fait un aveu identique — ce qui nous console ! Mais il nous a cité des coquillages moins beaux et moins rares qui se sont vendus récemment en Angleterre jusqu’à cinq mille francs.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahcbe, 9. rue de Fleuras, à Paris.
- V. Forbik.
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- LA NATURE
- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE — j923
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles : aspergillomycose, 318.
- Académie des Sciences : comptes rendus des séances, 15, 47, 95, 124, 143, 174, 187, 207, 236, 254, 268, 318, 351, 598.
- Acier extra-doux : trempe, 124.
- Adrar : rochers, 15.
- Afrique équatoriale française, 145. Ahaggar : massif central saharien, 187.
- — : rochers, 15.
- Air : résistance sur les trains, 255.
- Alaska au cinéma, 283.
- Alcaloïde : nouveau réactif, 15.
- Alliages : pouvoir thermo-électrique, 95. Alsace : vignoble, 81.
- Aluminium : cultures, 207.
- Amidon : formation et digestion dans les végétaux, 398.
- Anesthésiques : comparaison de la cocaïne, novocaïne et stovaïne, 398. Antioxygènes : polyphénols, 124.
- Apt : ocres, 21.
- Aspergillomycose des abeilles, 318. Atmosphère de Vénus, 250.
- Audion minuscule, 256.
- Aurignacien : découverte d’nommes fossiles, 273.
- Autodrome sur un toit, 95.
- Automobiles : chronométrage électrique, 79.
- — : éclairage, 540.
- — : nouveaux châssis.
- Supplément au n° 2595 de La Nature
- Aviation : levés topographiques aux États-Unis, 251.
- Aviation et voyages transatlantiques, 321. Avion automatique, 385.
- B
- Bactéries fixatrices d’azote : activité, 598. Baguage des oiseaux migrateurs, 307. Basalite de Bas Vallon, 255.
- Bathonicn : crustacés décapodes, 598. Beai^vert : laboratoire de la houille blanche, 58.
- Béliers hydrauliques : alimentation en eau, 7.
- Bismuthamines, 145.
- Blaireau, 264.
- Bouteilles : fabrication, 44.
- Brière (Grande), 225.
- c
- Câbles téléphoniques sous-marins, 316. Café du Brésil : humus dans les terres, 237.
- Calendrier, 415.
- Capillarité et imperméabilité des étoiles, 389.
- Caplage de gaz naturels, 514. Carbonisation des combustibles solides : gaz, 518.
- Carburant alcool-pétrole, 125.
- Carte nouvelle de France, 260. du 29 décembre 1923.
- Casier sanitaire des villes de France, 570.
- Castor, 241.
- Catalase du foie et thorium X, 125.
- Caverne d’Europe la plus grande, 15.
- Céramiques d’art : fabrication, 150.
- Cerises : rougissement, 236.
- Chaleurs précoces des dernières années, 594.
- Chardon bleu et pleurote, 590.
- Châssis nouveaux d’automobiles, 579.
- Chaudières à vapeur à très haute pression, 30.
- Chemin de fer électrique de Virginie, 547.
- Chemins de fer : résistance de l’air, 255.
- Chlorophylle : formation, 255.
- Choux-lleurs : pomme, 16.
- Chronométrage électrique des courses d’automobiles, 79.
- Chronométrage sportif : systèmes automatiques, 557.
- Cinéma : Alaska, 283.
- Cloches funéraires, 277.
- Cocaïne : pouvoir anesthésique, 598.
- Coin hydraulique, 30.
- Combustibles solides : gaz de carbonisation, 518.
- Conductibilité des sels solides, 398.
- Continents : origine et théorie de Wegener, 326.
- Corbières : série charriée, 236.
- Corrosion du fer en présence du sulfure, 124.
- Cotylédons : homologie, 187.
- Coucou, 39.
- Couleuvres de France, 125.
- Courses d’automobiles : chronométrage électrique, 79.
- Cristal : industrie; 532.
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Crustacés décapodes du balhonien, 398. Cryogénie : laboratoire de Leyde, 107. Cryptographie, 188, 203.
- Cultures : lutte pour l’eau, 154.
- D
- Danses nuptiales de quelques Néréi-diens, 369.
- Dérive des continents, 326. Désaimantation du fer, 95.
- Dextrines de réserve des Monocotylé-dones, 125.
- Diabète sucré expérimental, 237. Dirigeables rigides, 405.
- E
- Eau : alimentation par béliers hydrauliques, 7.
- — : lutte dans les cultures, 154. Eclairage des automobiles, 340. Électrification des campagnes, 245. Éléphants fossiles d’Angleterre, 269.
- — : origine et évolution, 113. Éruption récente de l’Etna, 31, 289. Ésérine : constitution, 236.
- États-Unis : levés topographiques aériens,
- 251.
- Etna : récente éruption, 31, 289.
- Etoffes : capillarité et imperméabilité,389. Exposition de physique, 371.
- F
- Fabre (J.-H.), 353.
- Femmes à plateaux, 145.
- F’er : corrosion en présence du sulfure, 124.
- — : désaimantation par les oscil-
- lations électromagnétiques, 95. Fer oolithique : minerais secondaires, 143.
- Flore fossile des meulières de Beauce, 143.
- Fluorescence et photochimie, 269. Fourmis : illusion des amputés, 355.
- — : venin, 174.
- Foyers : tirage, 27.
- France : nouvelle carte, 260
- F1reins avant et arrière': mode d’action, 351.
- Frénophone, 118.
- G
- « Garba r : radiateurs paraboliques, 383. Garonne : hautes vallées, 161.
- Gaz naturels : captage, 314.
- Gemmes de Madagascar, 71.
- Gloire de la mer, 415.
- Glucoside nouveau, 188.
- Graines : faculté germinative, 188.
- Gramont (Arnaud de), 551. Graphite : industrie, 119. Grèce : thonnidés, 318. Guérandc : pays, 33.
- Gypse : déshydratation, 124.
- H
- Haut-parleur amplificateur : frénophone, 118.
- Hommes fossiles : découverte à Solulré, 273, 398.
- Hong-Kong : typhon du 18 août, 255, 367.
- Douille blanche dans l’Inde, 350.
- — : laboratoire de Beauvert, 58. Houille : relations chimiques avec l'humus, 518.
- Huile : état dans les graines, 207.
- — de pépins de raisin : extraction,
- 337.
- Huiles végétales : préparation du pétrole, 237.
- Huîtres : pourquoi sont-elles chères, 397.
- — : vitamines, 318.
- Humus : dosage, 124.
- — : méthodes d’analyse chimique,
- 318.
- — : relations chimiques avec la
- houille, 318.
- — dans les terres à café du Brésil,
- 237.
- Hydrogénation catalytique et empêchement stérique, 318.
- Hydrogène : spectre secondaire, 256.
- I
- lie des Cendres, 125.
- Immigration végétale, 213. Imperméabilité conditionnelle des étoffes, 389.
- Inde : houille blanche, 550.
- Institut du pétrole de l’Université de Strasbourg, 257.
- Intégrales : applications techniques, 518.
- J
- Japon, avenir, 244.
- — : tremblement de terre, 181,310. Jardin de Jussieu, à Versailles, 302.
- L
- Laboratoire cryogénique de Leyde, 107. — de la houille blanche à Beauveit, 58.
- Labourd : nappe, 124.
- Lampe démontable de grande puissance pour T. S. F., 144, 2,37.
- Lavaud : transmission variable, 598. Leblanc (Maurice), 505.
- I Leyde : laboratoire cryogénique, 107. j Liban : animaux de bat, 270.
- | Lumière : production par les plantes, 218. Lune : apparence des cornes, 159.
- — : rythmes de quelques Néréi-
- diens, 359.
- M
- Madagascar : gemmes, 71.
- Magnésie : composés arséniés, 256. Magnésien du parabromomucène, 518. Magnétisme du nickel, 15.
- — : orages, 322.
- Manganèse : gisements, 188. Manufactures de tabac, 153, 166, 209,
- 229.
- Maroc : alimentation en eau, 7.
- Mers : limites, 354.
- Mercuriale : réserves, 174.
- Météorite de Saint-Sauveur, 351. Météorologie : proverbes, 101.
- Meulières de Beauce : flore fossile, 143. Molybdate de thorium, 125.
- Monde sidéral : formation, 54. Monocotylédones : dextrines de réserve, 125.
- Montagne champignonnière, 390. Morutiers sur les bancs deTerre-Neuve, 1. Moteurs à combustion interne, 188.
- — — — : théorie, 143.
- Moteur : fréquence de rotation de l’arbre, 124.
- Mouche de Guloubatz, 125.
- N
- Narcose : gonflement, tension superficielle, 143.
- Navigation : Pilot-Charts, 97.
- Néréidiens : danses nuptiales, 369.
- — : rythmes lunaires, 339.
- Nickel : magnétisme, 15.
- Nitrates du Ghili : origine, 145. Novocaïne : pouvoir anesthésique, 598. Nuages : couleur propre, 235, 598.
- — : semaine internationale, 158.
- Observatoires de montagne, 198.
- Océans : limites, 554.
- Ocres d’Apt, 21.
- Oiseaux migrateurs : baguage, 307. Ondes électriques de courte longueur, 94. Orages magnétiques, 522.
- P
- Palmier nain : ses emplois, 49.
- Palolo, 282.
- Papier : renaissance des pâtes en France, 87.
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- Paquebots porte-avions, 321.
- Pascal, 17.
- Pâtes à papier : renaissance en France, 87.
- Pélicans bruns du golfe de Mexique, 24. JPépins de raisins : extraction de l’huile, 337.
- Pétrole : Institut de l’Université de Strasbourg, 257.
- Pétrole : préparation à partir d’huiles végétales, 237.
- Pétrole : ressources de l’Ancien Monde, 52, 85.
- Phares : derniers perfectionnements, 290. Phosphorescence du sulfure de zinc, 318. Physique : exposition, 571.
- Pilot-Charts, 97.
- Plantes : production de lumière, 218. Plaques : sensibilité aux sels de mercure, 124.
- Plâtre : prise, 237.
- Pleurote et chardon bleu, 390.
- Pluie de soufre à Toulouse, 16. Polyphénols : pouvoir antioxygène, 124. Polypiers fossiles de la pointe du Ché, 47.
- Pompe moléculaire hélicoïdale, 236. Prévisions du temps de la Tour Eiffel, 65. Procellulose, 145.
- Prochlorites des roches à corindon, 124. Proverbes météorologiques, 101. Ptérophylle scalaire, 319.
- Pyrénées : radioactivité de sources, 187. Pyrénomycète : nouveau genre, 254.
- Q
- Ouercy, 129.
- R
- Radiateurs paraboliques « Garba », 585. Radioactivité de stations pyrénéennes, 187.
- Radiotéléphonie sur les trains, 102. Raisin : extraction de l’huile des pépins, 337.
- Rayons X secondaires, 518.
- Réilecteurs : combinaison, 256. Relativité: vérification astronomique,219. Résistance de l’air sur les chemins de fer, 255.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- Respiration artificielle: nouvel appareil, 63.
- Respiration : phénomènes intimes, 318. Rotation de l’arbre d’un moteur : fréquence, 124.
- Rougeole : acquisitions nouvelles, 237.
- S
- Saint-Sauveur : météorite, 551.
- Saulieu : région, 188.
- Scalaire, 519.
- Science en famille, 149, 269, 381, 415. Séismographes et séismes, 195.
- Sels solides : conductibilité, 598. Signaux sous-marins par ultrasons, 56. Solutions aqueuses, 254.
- Solutré : découverte d’hommes fossiles, 273, 398.
- Spectres d’absorption des solutions et vapeurs, 15.
- Spectre secondaire de l'hydrogène, 256. Stéréoradioscopie, 124.
- Stovaine : pouvoir anesthésique, 398. Strasbourg : institut du pétrole, 257. Sulfure de zinc phosphorescent, 518. Syrie : animaux de bât, 270.
- T
- Tabac : manufactures françaises, 133, 166, 209, 229.
- Téléphonie : câbles sous-marins, 316.
- Téléphone : nouvelles cabines à encaissement automatique. 237.
- Télégraphie : nouveau moyen de transmettre l’alphabet, 111.
- T. S. F. : lampe démontable de grande puissance, 237.
- T. S. F. : direction des avions. 385.
- — : prévisions du temps, 65.
- Tension superficielle, gonllement, nar-côsè, 143.
- Terre-Neuve : morutiers, 1.
- TborinidéS en Grèce, 318.
- Thorium : molybdate, 125.
- Thorium X et catalase du foie, 125.
- Thyrrénide dans la région ouest do Bougie, 237.
- Tirage dès foyers, 27.
- ...:’ 1 ....419
- Topographie : levés aériens aux États-Unis, 251.
- Torcol verlicille, 177.
- Tourbe : phénomènes biologiques, 268. Trains en marche : radiotéléphonie, 102. Transmission variable de Lnvaud, 399. Tremblement de terre du Japon, 181, 310.
- Trempe de l’aeier extra-doux. 124. Tuberculose expérimentale : évolution chez le lapin et le cobaye, 47.
- Typhon du 18 août sur Hong-Kong, 255, 367.
- U
- Ultrasons, 36.
- V
- Vacheries-laiteries : installations modernes, 60.
- Végétaux : immigration, 213.
- Venin des fourmis, 174.
- Vénus : atmosphère, 250.
- Ver-calendrier, 282.
- Verre à vitres : fabrication mécanique, 401.
- Versailles : nouveau jardin de Jussieu, 302.
- Vidanges:traitement par la chaleur,365. Vignoble alsacien, 81.
- Villes de France : casier sanitaire, 570. Virginie : chemin de fer électrique, 347. Vitamines de l’huître, 318.
- Vol à voile : mécanisme, 598.
- — par vent descendant, 76.
- w
- Wegener : théorie de l’origine des continents, 326.
- Z
- Zinc : sulfure phosphorescent, 518.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Arcelin (Fabien). — Voir Ch. Dei*eret. .
- B. (A.). — Les limites des océans et des mers, 354. — Les radiateurs paraboliques « Garba », 583.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 15, 47, 95, 124, 143, 174, 187, 207, 254, 268, 318, 351, 398.
- Baldit (Albert). — Les chaleurs précoces de ces dernières années, 594.
- Barbier (Jean-Emile). — La renaissance des pâtes à papier en Fracce, 87.
- Beclair (Georges). — La lutte pour l’eau dans les terres cultivées, 154.
- Berget (Alphonse). — Les proverbes météorologiques, 101.
- Bonnet (A.). — Voir A. Galy.
- Bousquet (M.). — Le coin hydraulique, 30. — Installations modernes de vacheries-laiteries américaines, 60. — Le traitement par la chaleur des matières de vidanges, 365.
- Boyer (Jacques). — Pascal, 17. — Les gemmes de Madagascar, 71. — La radiotéléphonie sur les trains en marche, 102. — Les manufactures françaises de tabac, 133, 166, 209, 229, 236. — Les systèmes automatiques de chronométrage sportif, 357.
- Cirot-Gayon (à.). — Cultures sur aluminium, 207.
- Coopman (L.). — Le torcol verticille, 177. — Le blaireau, 264.
- Costantin (J.). — Une montagne champignonnière, 590.
- Coupin (II.). — Production de lumière par les plantes, 218. Un ver-calendrier, 282.
- D. (M.). — Le typhon de Hong-Kong, 367.
- Dauzat (Albert).— Le pays de Guérande, 33. Le Quercy, 129. — Les hautes vallées de la Garonne, 161.
- Debeaupuis (M.). — Le typhon du 18 août sur Hong-Kong, 255. —Le tremblement de terre du Japon, 310.
- Deperet (Gii.), Arcelin (Fabien) et Mayet (L.). — Découverte d’hommes fossiles d’âge aurignacien, 273.
- Deperet (Charles) et Mayet (Lucien). — Origine et évolution des Éléphants, 113.
- Deslandres (II.). — Les observatoires de montagnes, 198.
- Dollfus (Robert-Pii.). — Pourquoi les huîtres sont chères, 597.
- Doublet (E.). — La Science en famille, 149, 269, 581, 413.
- Durand (J.-F.). — Voir INicolas.
- Durand (J -F.). — Les ocres d’Apt, 21.
- Fage (L ) et Legendre (R.). — Rythmes lunaires de quelques Nèréidiens, 539. — Les danses nuptiales de quelques Né-réidiens, 369.
- Feuillée-Billot (A.). — Le coucou, 39. — Les couleuvres de France, 125. — Le castor, 241.
- Forbin (Victor). — Les pélicans bruns du golfe du Mexique, 24. — L’immigration végétale, 213. — La gloire de la mer, 415.
- Gadeceau (Émile). — La Grande Brière, 225.
- Gallois (Georges). — La fabrication des bouteilles, 44.
- Galy (A.) et Bonnet (A.). — Chronométrage électrique des courses d’automobiles, 79.
- Gault (H.). — L’Institut du pétrole de l’Université de Strasbourg, 257.
- Grouiller (H.). — La formation du monde sidéral, 54. — Nouvelle vérification astronomique des conséquences de la théorie de la relativité, 219.
- He'jiardtnquer (P.). — L’avion automatique et la direction des avions par T. S. F., 385.
- Hersent (Georges). — Le palmier nain et ses emplois, 49.
- IIolweck. — Lampe démontable de grande puissance pour 1. S. F., 144.
- Jacquet (Lloyd). — Le chemin de fer électrique de Virginie, 347.
- Joleaud (L.). — L’origine des continents et la théorie de Wegener, 326.
- Jouenne (Lucien). — Nos morutiers sur les bancs de Terre-Neuve, 1.
- Küentz (L.). — Un tube audion minuscule, 256.
- Lanorville (Georges). — L’industrie du cristal, 332.
- Le Conte (René). — L’avenir du Japon, 244.
- Legendre (Dr Jean). — Les animaux de bât en Syrie et au Liban, 270.
- Legendre (R.) — Voir L. Fage.
- Legros (DrG.-V.). — J.-II. Fabre, 353.
- Liurette (H.). — Le vol à voile par vent descendant, 76.
- M. (E.-A.). — Le casier sanitaire des villes de France, 370.
- M (H.). — Nouveau moyen de transmettre l'alphabet télégraphique, III. — Un nouveau haut-parleur amplificateur : le frénophone, 118. — La question des câbles téléphoniques sous-marins, 316.
- Marc (H.). — Alimentation en eau par béliers hydrauliques, 7.
- Marchand (Henri). — Les nouvelles cabines téléphoniques à encaissement automatique, 237. — Levés topographiques aériens aux Etats-Unis, 251. — La houille blanche dans l’Inde, 350.
- Marcotte (Edmond). — Derniers perfectionnements des phares, 290.
- Martel (E.-A.). — La plus grande caverne d’Europe, 13. — La nouvelle carte de France, 260.
- Maurain (Ch.). — Les orages magnétiques, 322.
- Maurice (L.). — L’éclairage des automobites, 540.
- Mayet (Lucien). — Voir Ch. Depéret.
- Mercanton (Paul-Louis). — Capillarité et imperméabilité conditionnelle des étoffes, 389.
- Mercier (Arm.). — Le baguage des oiseaux migrateurs, 307.
- Merle (René). — Le ptérophylle scalaire, 319.
- Muraz (Dr Gaston). — Iconographie de l’Afrique équatoriale française, 145.
- Nicolardot (Paul). — L’industrie du graphite, 119.
- Nicolas (G.) et Durand (J -F.). — Une pluie de soufre dans la région de Toulouse, 16.
- Otto (M.-P.). — Les grands dirigeables rigides, 405.
- P, (L.). — Un nouveau « Jardin de Jussieu » à Versailles, 302.
- Patte (Etienne). — L’Ile des Cendres, 123.
- Pawlowski (auguste). — Le nouveau laboratoire de la houille blanche à Beauvert, 58. — L’électrification des campagnes, 245.
- Reverchon (Le'opold). —Les cloches funéraires, 277.
- Rigaüd (F.). — Ressources pétrolifères de l’Ancien Monde,
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- LISTE DES AUTEURS -~~r —: 421
- 52, 85. — Captage des sources de gaz naturels, 314.
- Rolet (Antonin). — Es traction de l’huile des pépins de raisin, 537.
- Sauvatre-Jourdan (Commandant). — Les Pilot-Charts de la marine américaine, 97. — L’aviation et les voyages transatlantiques, 321.
- Scheresciiewsky (Ph.). — Les prévisions du temps de la Tour Eiffel, 65. — La semaine internationale des nuages, 158.
- Sénart (Jacques). — Le tirage des foyers, 27. — Les céramiques d’art et leur fabrication, 150.— La fabrication mécanique du verre à vitres, 401.
- Stumper (Robert). — Le venin des fourmis, 174. — L’illusion des amputés chez les fourmis, 335.
- T. (À.). — Ondes électriques de courte longueur, 94.
- Touchet (Em.). — Apparence de la ligne des cornes de la lune, 159. — L’atmosphère de Vénus, 250.
- Troller (A.). — Les signaux sous-marins par ondes ultra-sonores, 36. — Le laboratoire cryogénique de Leyde, 107. — Le tremblement de terre du Japon, 181. — Séismographes et ondes sismiques, 195. — Maurice Leblanc, 305.
- Yélain (Ch.). — Le vignoble alsacien, 81.
- Vigneron (H.). — L’exposition de physique, 571.
- Villard (P.). — La couleur propre des nuages, 235.
- Villers (R.). — L’Alaska au cinéma, 283.
- Volet (Ch.). — La cryptographie, 188, 203.
- Weiss (E.). — Un autodiome sur le toit d’une usine, 95. — Nouveaux châssis d’automobiles, 579. — Transmission automatiquement variable de Lavaud, 399.
- Welscm (Jules). — Polypiers fossiles de la Pointe du Ché, 47
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 15, 47, 95, 124, 145, 174, 187, 207, 255, 254, 268, 518, 551, 598.
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Pascal (J. Boyer)........................................ 17
- Formation du monde sidéral (H. Grouiller)................ 54
- Apparence des cornes de la lune (E. Touchet) .... 159
- Les observatoires de montagne (H. Deslandues). . . . 198
- Vérification astronomique de la théorie de la relativité
- (II. Grouiller)......................................219
- L’atmosphère de Venus (E. Touchet).......................250
- Le calendrier (E. Doublet)...............................415
- Applications techniques des équations intégrales. . 518
- lll. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Laboratoire cryogénique de Leyde (A. Troller). . . . 107 .
- La science en famille (E. Doublet).......... 149, 269
- Maurice Leblanc (A. Troller)........................ 305
- Arnaud de Gramont................................... 351
- L exposition de physique (II. Vigneron)............. 371
- Le magnétisme du nickel............................. 15
- Spectre d’absorption des solutions et vapeurs ... 15
- Désaimantation du fer pur les oscillations électromagnétiques.......................................... 95
- Pouvoir thermo-électrique des alliages............... 95
- Radioactivité de quelques sources pyrénéennes. . . 187
- Spectre secondaire de Vhydrogène.................... 236
- Combinaison de réflecteurs...........................236
- Pompe moléculaire hélicoïdale....................... 236
- Solutions aqueuses.....................'..... 254
- Conductibilité des sels solides......................398
- 2. Chimie.
- Nouveau réactif des alcaloïdes. . ................... 15
- Trempe de l’acier extra-doux.........................124
- Corrosion du fer en présence de sulfure..............124
- Déshydratation du gypse..............................124
- Pouvoir antioxygène des phénols .................... 124
- Molybdate de thorium. . ............................125
- Bismuthamines.......................................143
- Procellulose, nouveau sucre. ........... 143
- Clucoside nouveau.................................. 188
- Constitution de Tésérine......................... . 256
- Composés magnésiens arsinés.........................256
- Prise du plâtre.....................................237
- Fluorescence et photochimie.........................269
- Gaz de carbonisation des combustibles solides . . . 318
- Hydrogénation catalytique et empêchement, stérique. 318
- Méthodes d’analyse chimique de l'humus..............318
- Magnésien du parabromomucènc. . ....................518
- Sulfure de zinc phosphorescent......................318
- Relations chimiques entre les matières, humiques et
- la houille.......................................318
- Déshydratation catalytique de Téthylglycérine. . . 399
- Transformation de l’ammoniaque en engrais. . . . 399
- IV. — SCIENCES NATURELLES,
- i. Géologie. — Physique du globe.
- L’éruption de l’Etna.................................. 3!
- Polypiers fossiles de la pointe du Ché (J. Welscm). . . 47
- Ressourcespétrolilèresde l'An ‘.icn Monde (F. Rigaud). 52, 85
- Les gemmes de Madagascar (J. Boyer).............. 71
- Le tremblement de terre du Japon (A. Troller) . . . 181 Séismographes et ondes sismiques (A. Troller). . . . 193
- La récente éruption de l’Etna........................289
- Le tremblement de terre du Japon (M. Dkbeaupuis) . . 510
- Les orages magnétiques (Ch. Maurain).................322
- I/originc des continents et la théorie de Wegener (L.
- Joleaud)....................................... 526
- Rochers de l’Adrar et de l'Ahaggar................... 15
- Prochlorites des roches à corindon . .................124
- Nappe du Labourd......................._............... 124
- Origine des gisements de nitrate du Chili.............145
- Minerais de fer oolithique secondaires................145
- Flore fossile des meulières de Beauce................143
- Massif central saharien de l'Ahaggar..................187
- Région de Saulieu.....................................188
- Gisements manganésifèves..............................188
- Série charriée des Corbières, entre la Berre et Narbonne ................................................236
- La Thyrrénüle dans la région ouest de Bougie. . . 237
- Basalile de Bas-Vallon ...............................254
- Météorite de Saint-Sauveur............................351
- 2. Météorologie.
- Prévisions du temps de la Tour Eiffel (P. Scherks-ciieavsky).............. ......................... 65
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- ...——.....—........:----TABLE
- Proverbes météorologiques (A. Berget)...............
- La semaine internationale des nuages (P. Scherks-
- chewskï) . . . ..................................
- La couleur propre des nuages (P. Yii.lard)..........
- Typhon du 18 août sur Hong-Kong (M. Deuhaupuis) . .
- Le typhon de Hong-Kong (H. I>.).....................
- Les chaleurs précoces dans ces dernières années (A. Baldit). La couleur propre des nu agis................... .
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Nos Morutiers sur les bines de Terre-Neuve (L. Jouenne).' Les pélicans bruns du golfe du Mexique (V. Forbin). .
- Le coucou (A. Feuili.ke-Hu.lot).....................
- Installations modernes de vacheries-laiteries (M. Bousquet)...............................................
- Origine et évo'uliou des éléphants (G. Dkpkret et L.
- May et)..........................................
- Les couleuvres de France (A. Feuili.ke-Bii.lot). . . .
- Le venin des fourmis (H, Stumper)...................
- Le torcol vcrticille (L. Coopman)...................
- Le castor (A. Feuillke-Bii.i.ot)....................
- Le blaireau (L. Coopman)............................
- Un ver-calendrier (H. Coopin).......................
- llaguagé des oiseaux migrateurs (A. Mercier). ....
- Ptérophylle scalaire ^11. Merle)....................
- L’illusion des amputés chez les fourmis (B. Stumper) . Bythmes lunaires de quelques Néréidiens (L. Face et
- R. Legendre).....................................
- ,1. H. Fabre (Dr G.-V. Legros).................- .
- Danses nuptiales de quelques Néréidiens (L. Face cL B.
- Legendre)........................................
- Pourquoi les huîtres sont chères (B.-P. Bolleus) . . . .
- La gloire de la mer (V. Fonmx). ....................
- Mouche de Goloubalz...............................
- Thorium A et catalase du foie.......................
- Tension superficielle, gonflement ni narcose ....
- Eléphants fossiles d’Angleterre.....................
- Phénomènes intimes de la respiration................
- Vitamines de l'huître...........................
- Thonnidés en Grèce..................................
- Aspergillomycose des abeilles.......................
- Crustacés décapodes du Balhonien....................
- Pouvoirs anesthésiques de la cocaïne, de la novocaïne et de la s lovai ne.............................
- •4. Botanique. — Agriculture.
- Une pluie de soufre dans la région de Toulouse (G.
- Nicolas et J.-F. Durand)........................
- Le palmier nain et ses emplois (G. Hersent).........
- Le vignoble alsacien (C. Yélain)....................
- La lutte pour l’eau dans les terres cultivées (G. Bei.i.air). Cultures sur aluminium (A. Ciuot-Gayon) . . i . . . .
- Immigration végétale (V. Forbin)....................
- Production de lumière par les plantes (H. Coopin). . . Un nouveau « Jardin de Jussieu r à Versailles (L. P.). Extraction de l’huile des pépins de raisin (A. Rolet) .
- Une montagne champignonnière (J. Costantin).........
- La pomme .des choux-fleurs..........................
- Dosage des matières humigues du sol.................
- Dexlrines de réserve des Monocolylédones............
- Déserves hydrocarbonées de la Mercuriale............
- Homologie des feuilles cotylèdonaires............... .
- Faculté germinative des graines.....................
- Etat de l'huile dans les graines oléagineuses . . .
- Rougissement des cerises...............
- L’humus dans les terres à café du Brésil ..... Préparation du pétrole à partir d'huiles végétales.
- Nouveau genre de Pyrénomycète.......................
- Formation de la chlorophylle........................
- Phénomènes biologiques dans la tourbe.................
- Formation et digestion de l'amidon. . ..............
- Sucre el activité des bactéries fixatrices d’azote. . .
- MATIÈRES ..—-.......= 423
- V. — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- La plus grande caverne d’Europe (Ë.-A. Martel) . . . 13
- Le pays de Guérande (A. Dauzat)...................... 53
- Les Pilot-Charts de la marine américaine (Commandant
- Sauvaire-Jourdan). ................................... 97
- L’île des Cendre (E. Patte). ........................123
- Le Quercy (A. Dauzat) ........................... 129
- Iconographie dé l’Afrique équatoriale française (Dr G.
- Muraz)................................................115
- Les hautes vallées de la Garonne (A. Dauzat).........ICI
- La Grande Brière (E. Gadeceau)........................ . 225
- L’avenir du Japon (R. Le Conte)..........................244
- Leves topographiques aux Etats-Unis (H. Marchand). . 251
- La nouvelle carte de France (K.-A. Martel)...........260
- I.es animaux de bât en Syrie et au Liban (Dr J. Legendre) 270 Découverte d’hommes fossiles à Solutré (C. Deperet,
- F. Arcélis et L. Mavet) ............................ 277
- L’Alaska au cinéma (B. Yillers)....................... . 285
- Limites des océans et des mers (A. B.) ...... . 554
- VI. — HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- Nouvel appareil de respiration artificielle.......... 63
- Traitement, par la chaleur des matières de vidange (M.
- Bousquet).......................................... 365
- Casier sanitaire des villes de France (Ë-A. M.)......... 570
- Evolution de la tuberculose expérimentale chez le
- lapin cl le cobaye.................................... 47
- Diabète sucré expérimental...............................237
- Acquisitions nouvelles sur la rougeole..................237
- Rayons X secondaires.....................................318
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1 Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Les ocres d'Apt (J.-F. Durand) . . . ............... 21
- La fabrication des bouteilles (G. Gallois).......... 44
- Renaissance des pâtes à papier en France (J.-lî. Barbier) 87
- L’industrie du graphite (P. Nicolaroot) . ..............119
- Les manufactures françaises de tabac (J. Boyer) 133,
- 166, 209.......................................... 229
- Les céramiques d’art el leur fabrication (J. Sënart) . . 150
- L’Institut du pétrole de l’Université de Strasbourg
- (H. Gault)...........................................257
- Les cloches funéraires (L. Reverghon)...................277
- L’industrie du cristal (G. Lanorvillk)..................352
- Les radiateurs paraboliques « Garba » (A. B.) ... . 583
- Capillarité et imperméabilité conditionnelle des étoiles
- (P.-L. Mercanton)....................................589
- Transmission automatiquement variable de Lavaud (E.
- Weiss)...............................................399
- La fabrication mécanique du verre à vitres (J, Senart) . 401
- Chaudières à vapeur à très haute pression .... 30
- Fréquence de rotation de l’atbre d’un moteur . . . 124
- 2. Photographie.
- Sléréoradioicopie ......................................124
- Sensibilité des plaques aux sels de mercure .... 124
- 3. Electricité.
- Le laboratoire de la houille blanche à Beauvert (A; Paw-
- lonvski).............................. ,.............. 58
- Ondes électriques de courte ,ongueur.(A. T )............. 94
- DES
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- 158
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2570. — 7 Juillet 1923.
- L’éruption de l’Etna. — Le i5 juin dernï Etna, qui offrait depuis quelque temps des sigû^rtrune inquiétante recrudescence d’activité, est entré en éruption violente ; le cataclysme s’est prolongé plusieurs jours, et c’est le ig juin seulement qu’il commença à se ralentir. Dans la nuit du i5 au 16 juin, l’éruption est devenue brusquement formidable ; d’après les renseignements reçus jusqu’ici, cinq nouveaux cratères se sont formés sur le versant nord-est de l’Etna, laissant échapper des coulées de laves dont l’une de 3oo m. de large, io m. de haut, descendait les pentes du volcan à la vitesse de 20 m. à l’heure, détruisant tout devant elle. L’éruption est accompagnée de violentes explosions et de secousses sismiques, produisant des crevasses du sol en divers points; des fragments de lave solidifiée, des cendres tombent sur toute la région environnante. On ne signale heureusement pas d’accidents de personnes; mais les paysans ont fui à la hâte les régions menacées, et plus
- fO 20 30 Km
- Randazzo
- uaonmina
- ETNÂmetrnm:
- de 3oooo personnes sans abri se pressent dans les villes voisines : Catane, Castiglione et Messine. On donne comme ensevelies les trois bourgades de Picciola, Pala-meta et Cerro, et la petite ville de Linguaglossa s’est trouvée un instant sérieusement menacée par les coulées de laves.
- L’Etna est un volcan coutumier de telles éruptions et de tout temps son voisinage a été fort dangereux. Au siècle dernier ses éruptions se reproduisaient tous les 4 ou 5 ans, les plus graves furent celles de 1879 de 1886, au cours desquelles de très grandes surfaces de terrains cultivés furent recouvertes par les laves.
- On signale d’autre part une légère recrudescence dans l’activité du Vésuve.
- Existe-t-il un rapport entre les deux phénomènes; il est difficile de l’affirmer; mais il est intéressant dénoter, ne fût-ce qu’à titre de coïncidences, les nombreuses perturbations de tous genres qui affligent notre globe depuis quelques mois! tremblements de terre au Chili en novembre dernier; en Nouvelle Zélande en avril; en Asie Mineure en mai, en Perse à la fin du mois de mai; tempêtes et inondations, aux Etats-Unis : dans l’Arkansas, la Louisiane et le Texas de mars à mai, vague de chaleur anormale à New-York au milieu de mai; en Europe températures anormalement basses en mai ët juin.
- lTIONS
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- Supplément.
- La traversée de l’Atlantique en hydravion de Lisbonne à Rio de Janeiro en 1922. — On vient de ' recevoir solennellement à Paris les deux officiers aviateurs portugais : l’amiral Gago Coutinh'o et M. Sacadura Cabrai, rendus célèbres par un merveilleux exploit aéronautique accompli l’an dernier : la traversée de l’Atlantique en hydravion de Lisbonne à Rio de Janeiro Il est intéressant et instructif de résumer les étapes de ce remarquable voyage, plein d’enseignements.
- Les deux courageux aviateurs quittèrent Lisbonne le 3o mars 1922, sur un hydravion Fayrey à flotteurs, mû par un moteur Rolls-Royce de 36o chevaux ; avec une provision d’essence pour 18 heures de vol. L’avion pesait 3100 kg en ordre de marche dont i3oo kg de charge utile. Son envergure était de 10 m.
- Au bout de 8 h. 1/2, la première étape : Lisbonne-Las-Palmas (Iles-Canaries), soit i3oo km, était franchie. Le lendemain : étape de 2000 km, parcourue en 10 heures et escale à Saint-Vincent (lies du Cap-Vert). Le mauvais temps immobilise les aviateurs en ce point jusqu’au 17 avril : ce jour-là, ils gagnent à 200 km, l’île Santiago. Le lendemain ils s’envolent pour tenter d’atteindre, à 25oo km, l’ile Fernando de Noronha avec escale possible sur le rocher Saint-Paul, petit îlot inhabité. Ils réussirent à atteindre ce point; on peut employer ce mot : car c’est un véritable point géométrique que cet îlot de 5oo m. sur i3o et cela donne une idée de la valeur et de la précision des méthodes de navigation employées par les officiers portugais.
- Malheureusement, à la descente, l’hydravion fut endommagé et dut être abandonné; les aviateurs furent recueillis par un croiseur portugais qui les attendait en ces parages et les conduisit à Fernando de Noronha où ils attendirent un hydravion de rechange. Le 11 mai, ils repartent pour le Brésil, mais une panne de moteur les force à descendre en pleine mer où ils sont recueillis par un paquebot; l’hydravion était hors de service. Lç 5 juin ils repartent à bord d’un troisième hydravion et atteignent Pernambouc; enfin, le 17 juin ils sont à Rio de Janeiro, après avoir déployé une audace et une ténacité dignes d’admiration.
- Mais ce qui est plus remarquable encore, ce sont les méthodes de navigation imaginées par l’amiral Coutinho, reposant sur l’emploi d’un sextant de marine et de tables astronomiques simplifiées établies en vue du voyage et permettant d’interpréter instantanément les résultats des visées. Grâce à ces procédés, les aviateurs portugais ont pu effectuer de longues étapes, sans repères, et suivre cependant avec une précision mathématique la route qu’ils s’étaient assignée.
- Aussi ce voyage marquera-t-il une date dans l’histoire de l’aviation transocéanique.
- Essais de transmissions radiotéléphoniques entre l’Amérique et le continent. — Nous avons déjà signalé les essais de transmissions téléphoniques effectués entre l’Angleterre et l’Amérique en janvier dernier. Des essais réguliers se poursuivent actuellement et il nous paraît intéressant de signaler le nouveau mode de transmission réalisé par des ingénieurs américains.
- On sait qu’on réalise l’émission dans un appareil radio-téléphonique en modulant, c’est-à-dire en faisant varier l’amplitude du courant à haute fréquence, que l’on transmet à travers l’espace. Ce courant est fourni généralement par des audions, au moyen d’un dispositif microphonique. L’onde utilisée normalément par le poste émetteur s’appelle Vonde porteuse.
- Supposons que la modulation soit sinusoïdale, c’est-à-dire que les variations d’amplitude produites par le
- 1
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-
- INFORMATIONS
- microphone soient périodiques ; on pourrait réaliser ce cas au moyen d’un diapason vibrant devant le microphone. Soient 0 la pulsation des oscillations à haute fréquence, et oj la pulsation plus petite des oscillations sonores.
- Soient A l’amplitude constante des oscillations normales et B l’amplitude de la modulation périodique. L’amplitude résultante sera fonction du temps et de la forme : A -f- B sinwf. L’intensité instantanée du courant sera représentée par la formule : 1
- i = (A -|- B sinwf) sin (01 -f- <?).
- Si nous décomposons en une somme le produit de sinus, on obtient :
- B
- i — A sin (Of-f-ç) -j- - cos f(0 — «) t + ?J 13
- ----cos [(0 -j- w) / -)- <p].
- On voit par cette formule que tout se passe comme si l’antenne émettait simultanément trois systèmes d’ondes, dont les longueurs d’onde correspondraient aux pulsations 6,0 — w, et 0-|— w.
- Ce sont ces trois ondes qui viennent impressionner simultanément les appareils récepteurs.
- Cette considération a une très grande importance, elle explique pourquoi il serait fort difficile avec des appareils ordinaires de recevoir des émissions radiotélépho-niques envoyées avec une onde porteuse de grande longueur; il est en effet difficile alors de s’accorder simultanément sur l’onde porteuse et sur une des ondes 0 — u> ou 6-j-w dont les fréquences sont celles de l’onde porteuse diminuée ou augmentée de 200 et 2000 périodes (pour la voix humaine). (Yoir article de M. Gutten dans L’Onde électrique n° 3.)
- Actuellement, on module très faiblement l’onde porteuse ; il y a donc beaucoup d’énergie dépensée sans résultat utile, les oscillations transmises comportant, pour ainsi dire une partie inerte qui ne joue aucun rôle à la réception.
- Les ingénieurs américains ont, eux, supprimé l’onde porteuse à l’émission ; elle est rétablie à la réception au moyen d’une hétérodyne. L’emploi d’appareils assez complexes permet de rendre l’onde locale formée par cette hétérodyne synchrone de l’onde porteuse supprimée.
- Avec? une même énergie il est possible alors d’obtenir des portées infiniment supérieures à celles fournies par l’ancien système d’émission.
- Nouvelle émission de concerts radiotéléphonés.—
- En plus de ses radio-concerts habituels, le poste de la S. F. R. envoie maintenant tous les jours sous 1780 m. de 12 h. 45 à i3 h. 45 un concert tzigane. Des informations sont également données pendant les entr’actes de ce concert.
- Le poste de T. S. F. des P. T. T. — Voici l’horaire actuel de ce poste, horaire assez modifié.
- Lundi, 20 h. 3o. Représentation théâtrale.
- Mardi, 20 h. Radio-concert.
- Jeudi, 20 h. 3o. Représentation théâtrale.
- Samedi, i4h.3o. Conférence.
- — 16 h. Radio-concert.
- — 20h. Quelquefois radio-concert.
- Émissions supplémentaires annoncées à l’avance.
- Expositions de T. S. F. — La T. S. F. était largement représentée à la Foire de Paris, nous aurons peut-être l’occasion de décrire quelques-uns des appareils exposés. Il ne semble pas que les constructeurs aient réalisé de véritables innovations techniques ; on trouve seulement quelques ingénieux perfectionnements de détail. Les émissions du poste des P. T. T. ont obligé les fabricants à modifier leurs appareils en vue de la réception des ondes courtes. Une tendance assez curieuse consiste à proposer aux amateurs de nombreux modèles d’appareils à montages facilement transformables.
- A l’occasion de son centenaire, la Société de Physique organise du 3o novembre au 11 décembre prochain une grande manifestation scientifique au Grand Palais. Deux groupes importants seront formés par la T, S. F. et ses diverses applications.
- Enfin, comme l’année dernière, le concours Lépine du 24 août au ier octobre contiendra une très importante section de T. S. F.
- On voit que les constructeurs d’appareils radiotélé-phoniques auront toutes facilités cette année pour expo-
- ser leur production! Espérons qu’ils pourront ainsi nous proposer des appareils de plus en plus robustes et puissants, tout en restant économiques. C’est un vœu que les amateurs adressent actuellement aussi aux constructeurs de lampes à vide; l’audiou, partie vitale du poste, devient vite la cause de dépenses importantes, si son excessive fragilité nécessite un remplacement fréquent.
- Les animaux de chasse et de pêche en juillet. —
- C’est en juillet, le grand moment, sur les grèves, de la chasse aux oiseaux de mer, qui est d’autant plus tentante qu’on peut la pratiquer sans permis. A ce point de vue, les contrées les plus favorisées sont, d’après Le Chasseur français : l’embouchure de la Somme, entre Le Crotoy et Saint-Valérie-sur-Somme (tous gibiers de mer et de grèves); Etretat (spécialement guillemots et cormorans ; le Havre, côte sud), jusqu’à Honfleur {pluviers, barges, chevaliers, courlis, alouettes de mer, moineaux de mer, et, à l’occasion, canards ou oiseaux de large passant sur les grèves) ; l’embouchure de la Dive, vers Cabourg (sarcelles, canards, macreuses, petits et grands Echassiers) ; de la Dive jusqu’à Port-en-Bessin ( point d’atterrissement que choisissent, volontiers, les Palmipèdes, Echassiers et grands oiseaux de large pendant le mauvais tempsj; Dislette, à quelques lieues de Cherbourg (canards, sarcelles, pluviers, courlis) ; Granville (quelques voiliers, Palmipèdes variés); l’embouchure du Couesnon, près du Mont Saint-Michel (presque toutes les espèces de gibiers de grève) ; l’embouchure de la Rance à Saint-Servan, la pointe du Décollé à Saint-Lunaire, Cherrueix (tous gibiers de mer et de grève, particulièrement (goélands et cormorans) ; les falaises du Finistère {goélands, cormorans)-, golfe de Gascogne (hérons, butors, spatules, canards, oies, foulques, courlis) ; le littoral des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault {foulques, hérons, flamands). Par brouillard, les oiseaux plongeurs s’approchent du rivage. Le mauvais temps menaçant fait apparaître beaucoup de courlis et de grands oiseaux.
- Vers le milieu de juillet on commence à chasser les halberans, nom sous lequel on désigne le,s jeunes canards sauvages indigènes; bonne récolte en Sologne et, d’une manière générale, dans les étangs et les marais des plaines du bassin de la Loire.
- La pie-grièche et les petits oiseaux de proie diurnes viennent bien à la chouette artificielle et se font tuer, de même que les busards, les pies, les corneilles
- En imitant le cri de détresse d’un petit animal ou, simplement, en embrassant fortement la paume de la main, la buse accourtet se laisse tirer ... si l’on est bien dissimulé.
- Pour les piégeurs, les petites trappes donnent d’excellents résultats, surtout si on les surveille et les déplace.
- Les renardeaux, pour profiter de leur liberté, se répandent sans prudence et, à l’affût de bon matin, se font tuer au fusil, si on réussit à les attirer en imitant le cri d’un animal blessé.
- La pêche, en juillet, n’est bonne que le matin et le soir. Dans la journée, il fait tr;op chaud pour le poisson... et le pêcheur. Elle a, cependant, un certain intérêt car, pour plusieurs espèces, on peut pêcher avec des graines cuites, qui sont plus faciles à se procurer que les vers de terre et, même les asticots, qu’il ne faut, cependant pas dédaigner. On capture aussi, aisément, des barbeaux, des brèmes, des carpes, des chevennes, des ides, des gardons, des r.otengles, des vandoises, des ablettes, des goujons, La pêche aux truites et aux ombres est plus pénible et plus aléatoire. Celle des brochets l’est encore plus, car il faut amorcer avec de petits poissons bien frétillants ou des petites grenouilles enferrées par la peau du dos, ce qui ne l’empêche pas de vivre et de faire croire aux brochets qu’elle est contente d’être au monde.
- La pêche côtière commence à battre son plein et c’est heureux pour les amateurs, qui, dès ce mois, s’ajoutent aux professionnels. Tous les poissons marins s’y rencontrent et il est, par suite, inutile de les énumérer. En ayant soin de ne pêcher qu’à la mer montante, on fait de copieuses récoltes à la pêche à la ligne. En bateau, on pêchera du maquereau et de nombreuses autres espèces. A pied, sur la côte même, c’est le moment ou jamais de s’en prendre aux crevettes, aux crabes, aux homards, aux congres, aux lançons, on n’en reviendra jamais bredouille. H. Coupin.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Le détecteur « Chantecler ». — Ce nouveau détecteur à galène (fig. i) présente l’avantage d’isoler la galène sous une cloche de verre transparente.
- On peut ainsi effectuer les réglage de visu, sans risquer de détérioration ou d’altérioration des qualités
- du cristal.
- La manoeuvre du « chercheur » se fait à l’aide d’un bouton moleté isolant placé à l’extérieur.
- On peut facilement régler la pression de la pointe métal! i que en tournant ce même bouton.
- La mâchoire serrant le cristal est montée sur pivot, de telle sorte qu’un autre bouton molleté commande sa rotation.
- Constructeur : Péricaud, 5, boulevard Voltaire, Paris.
- Fig. r. — Le détecteur « Chantecler ».
- Photographie 'S'tgîJ
- Nouvelle chambre d’agrandissement éclairée par une lampe à vapeur de mercure. — Cette nouvelle cha mbre d’agrandissement comprend un corps fixe supportant le porte-cliché et un corps mobile portant l’objectif, le tout monté sur un bâti en noyer.
- Le corps mobile est réuni au corps fixe par un soufflet et se déplace par un dispositif à crémaillère, comme dans tout autre modèle de chambre d’agrandissement.
- L’originalité et l’avantage de celle-ci résident dans le mode d'éclairage employé : la boîte à lumière comprend un£. ébénisterie dont le fond est ouvrant sur deux charnières; sur ce fond est fixé, au moyen de colliers à ressort, un tube à vapeur de mercure, fournissant la lm mière.
- Ce tube est replié en M et forme un panneau lumineux à lumière diffuse qui éclaire directement le cliché à agrandir.
- Leux rainures pratiquées dans la boîte portent 2 verres dépolis destinés à assurer une répartition parfaite de la lumière sur le cliché. Une troisième rainure permet d’introduire un verre légèrement coloré pour limiter l’action de la lumière dans le cas de clichés très doux.
- Mécanique
- Agencement d’un petit tour à bois. — Il est intéressant pour un amateur de réaliser un petit outillage permettant de tourner de menus objets en bois.
- Il a déjà été indiqué dans cette Revue différents dispositifs pour construire facilement, avec les pièces d’une vieille bicyclette, un tour à bois à pédale ; mais cet agencement exige déjà un emplacement un peu important, de plus, il nécessite un travail que l’amateur paresseux envisagera avec effroi. Nous donnons aujourd’hui un moyen plus simple qui permet néanmoins d’obtenir de bons résultats, s’il ne s’agit que de tourner des petites pièces.
- Il est nécessaire de posséder déjà une petite meule émeri à main, que l’on fixe sur le plateau d’un établi ou d’une table, et qui se manœuvre à la manivelle ; un train d’engrenages donne à la meule émeri une vitesse élevée.
- Sur l’axe de la meule, on monte un écrou fabriqué spécialement, de manière à présenter une pointe de tour sur laquelle sera fixé l’objet à tourner.
- Deux ergots, ou un plus grand nombre même, seront plantés sur la face extérieure de l’écrou, de manière à former griffes d’entraînement pour la pièce de bois.
- La contrepointe est réalisée simplement au moyen d’une plaque de bois dur en deux pièces dans laquelle on insère un simple pointeau au moyen d’un boulon et d’un écrou à oreilles qui traverse les deux plaques de bois et qui sert à immobiliser l’ensemble.
- Il est naturellement indispensable que l’aligne-
- Trous
- Fig. 2. — Nouvelle chambre d’agrandissement éclairée i par une lampe à vapeur de mercure.
- Fig. 4. — Détails de l’écrou porte-point
- L’appareil supprime donc l’emploi du condensateur de lumière et ses défauts ; il a en outre l’avantage de n’exiger que des temps de pose extrêmement réduits, grâce à la richesse actinique de la lumière du mercure, enfin il consomme peu de courant et donne des épreuves très fines.
- De plus, la source lumineuse étant très peu calorifique, on peut pendant plusieurs heures tirer des épreuves d’un même cliché sans risquer de l’endommager par suite d’échauffement excessif.
- Constructeur : La Verrerie Scientifique, 12, avenue du Maine, Paris,
- ment de la meule et de la conti'epointe soit absolument parfait, de façon que la rotation de la pièce soit réalisée convenablement; mais étant donné qu’on est maître du déplacement de la meule "sur le plateau de la table, on conçoit qu’il sera très facile d’obtenir un bon alignement; on peut le rectifier s’il présente des défectuosités au moment du commencement du travail.
- Il reste à prévoir un support d’outil à crochet parallèlement à l’axe de la pièce de bois. Pour cela on peut se contenter de fixer sur la table une petite applique de bois dur, dont la hauteur sera légèrement supérieure à celle 4e l’axe du tour.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- C’est sur cette plaque que l’outil repose pour lui permettre d’agir sur le bois.
- Op peut réaliser Fentraînement d’une manière plus facile encore sans être obligé de fabriquer un écrou spécial. Pour cela, il suffit de préparer en pointe l’axe de la meule, et.sur cette pointe la pièce à tourner vient reposer. L’écrou qui immobilise la meule sur l’axe sera percé de deux trous diamétraux dont on aura mesuré exactement l’écartement. Sur la pièce de bois qu’on doit tourner, on enfonce deux clous dont on coupe la tête, ces clous ayant un diamètre correspondant à celui des deux petits trous de l’écrou. On comprend que ces clous s’enfonçant dans les trous préparés forment un toc d’entraînement qui permettra à la pièce de bois de tourner sous l’action de la rotation de l’arbre de la meule.
- Pour obtenir un travail parfait, il est presque indispensable qu’un aide du tourneur manœuvre la manivelle, tandis que l’amateur n’a plus qu’à s’occuper de diriger l’outil sur la pièce qu’il veut façonner.
- La meule d’étabîi que nous venons d’utiliser est suffisamment connue pour que nous n’insistions pas sur. sa description. Elle permet de réaliser des vitesses élevées sur l’arbre. Elle est donc susceptible de constituer un moteur à main intéressant pour le tournage du bois dans une petite installation d’amateur; de plus la meule émeri pourra servir commodément à affûter les outils.
- E. Weiss.
- Machines à meuler les rails des tramways. — On
- n’emploie plus les éclisses pour l’assemblage bout à bout des tronçons de rails des tramways. On sait que tous les éléments sont soudés soit électriquement, soit par le procédé de l’aluminothermie, soit par un chalumeau à acétylène.
- Quelle que soit la perfection du travail, quelle que soit aussi la qualité des moules, lorsqu’on les emploie, les joints une fois finis présentent des rugosités qu’occasionne 1 apport du métal. Presque toujours il y a une surépaisseur qui rend nécessaire une opération de rectification à froid exigeant beaucoup de main-d’œuvre.
- Le procédé le plus généralement employé consiste à utiliser des limes spéciales trop larges dites « rabots à rails », et qui sont manœuvrées par deux ouvriers à la
- Fig. 6. — Machine à meuler les rails.
- façon des scieurs de pierre. Cette lime puissante est munie d’une poignée à chaque extrémité, et elle est manœuvrée ainsi d!un mouvement alternatif dans la direction de la voie. Cette opération est longue, et la main-d’œuvre qui en résulte pèse assez lourdement sur les frais d’installation de la voie.
- L’opération de rectification véritablement pratique et industrielle consiste donc à meuler la partie supérieure du rail, afin d’obtenir une surface unie. Cette opération est assez difficile quand on a affaire à des rails neufs, mais elle est surtout délicate quand il s’agit de réparations de voies, car les extrémités des rails sont généra-
- lement matées. La rectification s’opérera donc avec une meule émeri montée sur un chariot, que l’on disposera au contact des rails. La meule viendra agir sur la partie correspondant au joint. La meule est reliée à un bâti articulé à un moteur situé sur la voiture et la descente de la meule s’opère au moyen d’un volant actionnant une vis de commande. Ces machines ont été utilisées au début aux Etats-Unis, mais on trouve actuellement en Europe, et spécialement dans les services de l’exploitation des tramways liégeois, des machines du même genre dont nous reproduisons la photographie.
- Le dispositif n’est plus simplement une meule dont le déplacement sur la voie est plus ou moins précis, c’est ici une véritable machine-outil, sorte de machine à rectifier actionnée par un moteur électrique. La meule émeri se déplace alors horizontalement dans le sens de la voie et dans le sens perpendiculaire à raison de dix déplacements par minute environ. La stabilité de l’ensemble est assurée par des pinces que l’on descend au moyen d’un volant, ces pinces viennent en contact avec les rails et prennent appui dans la gorge.
- Le châssis est en fonte, et par suite il faut prendre des précautions un peu spéciales lorsque tout l’ensemble est remorqué sur des voies qui ne sont pas en très bon état, ou sur des croisements ou des joints de rails. 11 semble qu’en employant l’acier coulé on aurait plus de sécurité et moins de crainte pour le bris de la machine.
- Une objection que l’on peut faire immédiatement est l’obstruction de la circulation lorsque la machine est actionnée, mais ceci ne peut être mis en avant, car en général, lorsqu’on opère une soudure sur la voie, la circulation des trains ne se fait pas encore et la machine à rectifier doit pour opérer d’une façon complète être la dernière voiture de l’équipement de la voie; elle finit alors le gros œuvre préparé par les voitures précédentes. En tout cas, pour les installations de voie neuve, elle rend de très grands services, car elle économise une main-d’œuvre importante, l’emploi d’un moteur électrique permettant de mettre immédiatement en marche la meule à rectifier lorsqu’elle â été immobilisée par des taquets.
- Objets utiles ‘^a,§ï>
- Repasseur-affûteur « l’Aiguisonix ». — « L’Aigui-sonix » se présente comme une tige cylindrique, prolongée par un manche, et sur laquelle on affûte lames de rasoirs de sûreté, rasoirs, bistouris, scalpels, lancettes et tous appareils coupants à fil. Ce qui le caractérise, ce n’est pas sa forme, banale, mais le produit qui recouvre
- la tige cylindrique, assez fin et assez dur pour donner aux lamés Un fil remarquable. Somme toute, c’est une tige métallique enduite d’une sorte spéciale de pâte à aiguiser.
- On s’en sert comme d’une pierre ou d’un cuir, en tenaüt la lame d’une main, « l’Aiguisonix » de l’autre et en passant à plusieurs reprises le tranchant sur la tige, bien régulièrement et sans trop appuyer (fig. 7).
- Il existe deux modèles, l’un petit pour lames de rasoir de sûreté, l’autre plus grand pour rasoirs et bistouris.
- Dépôt : maison Georget, 12, ^boulevard des Capucines, Paris.
- Fig. 5.- Support du pointeau.
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- VARIÉTÉS
- PRODUCTION ET COMMERCE DES CERISES
- I. Production. — Le cerisier occupe, au regard de la production, le second rang parmi nos arbres fruitiers, le premier appartenant au prunier. Cette place lui revient parce qu’il n’est guère difficile sur le choix des terrains, pourvu qu’ils soient suffisamment calcaires. S il prospère dans les riches terres des jardins, il s accommode des coteaux maigres et brûlants et il ne redoute que les sols marécageux, froids ou argileux, et, cette réserve faite, l’on peut dire qu’il vient partout, sauf dans les situations où la gelée est à redouter au moment de la floraison. En plein vent, il fructifie assez tôt, après 5 ou 6 ans de plantation.
- Principales zones de production. — Il convient aux plantations- commerciales en hautes, demi ou basses tiges et sa culture industrielle, assez disséminée dans toutes les parties de la France, donne lieu à la formation d’importantes cerisaies qu’on peut désigner d’après la région où elles se trouvent. Toutefois, les centres les plus renommés pour les cerises destinées à la consommation sont situés : i° dans les départements du Var, de l’Ardèche et du Gard; 20 dans les vallées du Rhône, de la Durance, de la Garonne ; 3° dans quelques cantons du Tarn-et-Garonne, de la Corrèze, de la Marne, etc. Pour les cerises à kirsch, lès départements de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, des Vosges, du Doubs, etc., occupent le premier rang.
- Variétés commerciales cultivées. — Les plus appréciées dans le Midi de la France sont : Guigne précoce du Luc ou Hâtive de Bâle, mûrissant du i5 avril au ier mai, Bigarreau de Solliès-Pont, jusqu’à fin mai; Reine Hortense, Bigarreau blanc et Tonkinois, jusqu’au i5 juin, puis Bigarreau Jaboulay et Griotte de Montmorency. Dans les autres régions, l’Anglaise hâtive ou May Duke, Bigarreau Napoléon, Belle de Sauvigny, etc., sont très estimées.
- Production ou Rapport. — i° Par arbre. Ce n’est guère qu’à partir de io ans que le cerisier donne une récolte appréciable et, à partir de i5 ans, on peut le considérer comme en plein rapport. On a constaté que certaines variétés, comme Précoce du Luc, Montmorency, Bigarreau Jaboulay, sont susceptibles de fournir de 8o à 3oo kg de cerises, mais la moyenne de production annuelle peut être fixée à 5o kg par arbre en plein rapport, et, par suite, celle de l’hectare à 33oo kg environ.
- 2° Par département. •— Très variable selon les années, on peut se faire une idée assez exacte de l’importance de cette production en compulsant les Statistiques agricoles annuelles de 1919 et 1920, les dernières publiées. Je trouve qu’il y a lieu de répartir les départements en 4 groupes, selon qu’ils ont produit : i° au delà de 20000 quintaux; 20 de 20000 à i5ooo quintaux; 3° de 15 000 à 10000; 4° de 10000 à 5oôo, les autres n’offrant qu’un intérêt secondaire. Voici les départements répondant à chaque groupement : ier, Var; 2°, Vaucluse; 3" Bouches-du-Rhône, Corrèze, Doubs ; 4°, Alpes-Maritimes, Charente, Corse, Gironde, Indre, Pyrénées Orientales, Rhône, Saône (Haute), Seine-et-Oise. Ces groupements sont sujets, évidemment, à l’influence des saisons en ce qui concerne leur place qui peut varier, mais ils renferment les principaux producteurs.
- Les trois départements recouvrés, qui figurent pour la première fois dans la Statistique agricole de 1920, méritent une mention spéciale pour la quantité de leur production : Moselle io5 56o quintaux, Bas-Rhin 81A70, Haut-Rhin 84 900, composés en majorité de variétés pour le kirsch.
- 3° Par année. — Depuis l’établissement des statistiques concernant ces fruits, c’est-à-dire depuis 1908, la production annuelle globale de ces i3 années a été, en dehors des 3 départements précités, comprise entre 129 5io quintaux (minimum) en 1918, et A97 qôa (maximum) en «909., ce qui constitue un écart dans le rapport de 1 à 3, environ. De l’examen de ces quantités, il semble résulter que deux bonnes récoltes sont suivies d’une récolte moyenne. Toutefois, la production, qui s’était maintenue, à deux exceptions près, notablement au-dessus de 3oo 000 qx jusqu’en 1914» avait fléchi sensiblement ensuite, mais depuis 1919, elle paraît avoir repris une marche ascensionnelle.
- Les moyennes de la production décennale oscillent entre 246080 et 33o 36o qx, mais le retour des 3 départements ci-dessus les élèvera désormais. En effet, la production de 1920 évaluée, comme antérieurement pour 86 départements, à 220 510 qx, s’est élevée en réalité à 492 54o qx avec ces 3 départements.
- Valeur de la production. — Elle repose sur ses deux facteurs essentiels, le nombre de quintaux et leur prix, et comme ils varient beaucoup tous deux, il s’ensuit que la valeur totale est sujette elle-même à de fortes variations.
- Prix du quintal. — Si l’on n’envisage que les prix moyens dans la succession des récoltes annuelles, on observe que l’écart n’a pas été très grand jusqu’en 1915, car il n’a pas dépassé 17 francs (42-25), mais de cette date à rgrg, les prix n’ayant fait que s’accroître, attendu qu’ils sont montés de 42 fr. à 145 fr,, l’écart a atteint io3 fr., ce qui est bien en rapport avec les prix d’après guerre.
- Compare-t-on les prix moyens de chaque département pour la même année? et pour simplifier, je ne prends que ceux de 1920, on constate que les termes extrêmes ont oscillé entre 35 et 2Ôo fr., soit un écart de 2i5 francs. D’autre part, les prix des deux plus grands producteurs de cerises pour la consommation, le Var et le Vaucluse, ont varié de i3o à 100 fr., et ceux des 3 spéciaux pour les cerises à kirsch, Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin, de 110 à i5o francs. Enfin, la valeur moyenne déduite de tous les départements a été de 131 fr. 90.
- Valeur totale. — Si l’on embrasse la période entière des i3 années 1908-1920, moins les 3 départements, oü voit que cette valeur a oscillé, annuellement, entre 7989575 fr. (minimum), en 1913, et 29 q63 240 fr. (maximum) en 1920, ce qui constitue un grand écart de près de 22 millions, eh chiffres ronds, dû aux prix surélevés du quintal, d’après guerre. Mais, si l’on s’en tient à la période normale d’avant-guerre, jusqu’en 1914, ces mêmes termes extrêmes ayant été compris entré 7 989 575 et i3 365 3o6 fr., l'écart ne dépassait que peu 5 millions, ce qui établissait le rapport de 1 à 1,7 environ. Les moyennes de la période décennale ont varié de 10 à i3 millions de francs en chiffres ronds; mais, de même que pour celles dè la production, elles augmenteront notablement à l’avenir pour les raisons données plus haut. Si, d’antre part, l’on ajoute aux 29 963 240 fr., valeur des 86 départements, les 34994 700 fr. des 3 départements recouvrés, la valeur totale de 1920 atteint 64 957 940 francs.
- II. Commerce.'— Limité par la place, je n’en donnerai qu’un succinct aperçu. Les cerises du Midi font, à l’état de primeurs, Un assez grand commerce avec l’Angleterre et l’Allemagne dès le début du mois de mai, puis, un peu plus tard avec les villes du Nord. Le Var en est le plus grand fournisseur et Solliès-Pont la principale gare expéditrice; le tonnage de ce seul département doit dépasser 2000 tonnes. La Compagnie d’Orléans indiquaitdéjàs dans sa Notice de 1914» que les quantités transportées sur son réseau, de ipo3 à 1913, avaient oscillé entre i5i2 et 4oo5 tonnes, elles ont dû augmenter depuis. Le tonnage des autres Compagnies m’est inconnu.
- Emballages. —Ati début de la saison ils consistent, pour l’Angleterre notamment, en caissettes de 3oo à 5oo gr. réunies en fardeaux de 4 ou de 6 ou en corbeilles de 2 kg, assemblées par 2; au commencement de la pleine saison, en paniers carrés de 3 à 5 kg et, au plein de la saison, en paniers de 8 et 12 kg, eu sieves de xo kg et en cagettes. Lès envois en Allemagne se font, habituellement, dans la saison en caissettes et cagettes de 5 ou io kg, emballages perdus,
- Prix. —- Aujourd’hui il ne saurait être question des prix d’avânt-guerré, mais seulement de ceux actuels. Les cerises dé primeur ont valu, tout au début, plusieurs francs pièce et sont tombées ensuite à o fr. 76 et 0 fr. a5 ; les cerises de serre 5 à 9 fr. la caissette. Les 100 kg, qui étaient cotés aux Halles de Paris de noofr, à 700 fr., à la fin d’avril ont passé successivement à 400, 3oo, 200 fr. pour tomber à i5o fr. à la fin de mai.
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- VARIÉTÉS
- Ces prix baissent notablement avec les arrivages des fruits des autres régions.
- Exportations. — Nous exportons des cerises en divers pays, notamment en Angleterre et en Allemagne. Avant la guerre, le chiffre de ces envois en Angleterre
- a varié de 4097 à g551 t., et en Allemagne de -260 à 1957 t., mais nous sommes concurrencés par l’Italie, la Suisse et la Hollande, et nos producteurs doivent faire de nouveaux efforts pour l’emporter sur ceux de l’étranger. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NaturO oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Errata. — Au sujet de l’article de notre collaborateur Xavier Lafargue : Deux nouvelles applications du gaz chlore (n* i563), rappelons que l’usine de Sorgues, qui appartient à la Société « L’Alfa ». appliquera au traitement des feuilles les procédés Outhenin-Chalandre, déjà mis en pratique depuis un certain nombre d’années et qui fournissent les rendements les plus élevés.
- Les voies de communication à travers le Sahara. (n° 2667) : carte 1, p. 874, lire Smara au lieu de Sinora", p. 378, col. 2, 1. 4, lire Agadès au lieu d’Agadir.
- Communication. — Le numérotage des automobiles en Moselle. — Les indications que nous avons données à ce sujet dans la Boîte aux Lettres du n° 2566 ne sont plus exactes en ce qui concerne les départements recouvrés : deux de nos lecteurs, MM. l’abbé Lapied et Orte, ont bien voulu nous en aviser; aujourd’hui les indicatifs du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle sont respectivement I, I2 Iv
- Réponses. — Fédération des Polos de France. — Les bois qui conviennent le mieux à la fabrication des halles de polo sont le gaïac, le teck, le bois de fer, le buis, le cormier et l’acajou.
- R O 0-1748. — i° Presque toujours on confond les aloès avec les Agaves ou Fourcroyas qui sont de faux aloès. Cette confusion provient surtout du commerce qui désigne sous le même nom de pitte des produits différents.
- On trouve principalement les vrais aloès au Cap, aux Indes et dans l’Amérique Centrale. Les variétés cultivées sontl’AZoes perfoliata et YAloes vulgaris en Afrique tropicale, YAloes indica etYAloes augustifolia aux Indes. L’Aloes perfoliata est la plus répandue, sa fibre est blanche, brillante, longuç et molle, elle sert à la fabrication de nattes, de tissus grossiers et pour la corderie.
- Les Agaves on Fourcroyas sont localisés dans le Yuca-tan (Mexique), le plus apprécié est YAgave rigida de la variété sisalana connue vulgairement sous le nom de sisal, on cultive aussi YAgave rigida, variété elongata, YAgave americana, YAgave vivipara, le Fourcroya gigan-tea ou chanvre de Maurice auquel on doit réserver le nom de pitte.
- La désignation de Tampico est appliquée aux produits des petites espèces d’agaves à fibres courtes et rigides, Agave heteracantha, univittata, cærulescens et lophanta.
- Les Etats-Unis font une consommation considérable de ces fibres pour la fabrication des cordages blancs, le sisal est souvent employé en mélange avec la fibre d’abacca (chanvre de Manille) pour la préparation de grosses toiles, des stores et des tapis. Le Tampico sert comme succédané du crin dans la brosserie, la matelas-serie pour la ficelle à bon marché, la corderie de qualité moyenne. Le Fourcroya a pour emplois la fabrication des sacs, des cordes de hamacs en mélange avec le manille et le sisal. Pour détails botaniques, culture et préparation à l’industrie, consulter Les textiles végétaux, par Beauverie, éditeur, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins. 2° Le bicarbonate de soude employé à haute dose au cours des repas agit comme alca-Jip eu ueutralisant l’acidité gastrique excessive des
- hyperpeptiques et supprime les douleurs qui en sont la conséquence, mais ne doit pas dans ces conditions être pris d’une façon trop prolongée, car il accroît alors l’hypersécrétion gastrique. Son emploi est contre-indiqué chez les diabétiques maigres, les néphrétiques et les vieillards affaiblis.
- M. II. de Lafayette, à Laval. — Si vous ne disposez pas du gaz pour les essais de laboratoire, il vous est facile d’y suppléer par l’emploi de brûleurs à essence gazéifiée tels que celui établi dans ce but par Guilbert, 68, avenue de la République, pour les chauffages de capsules, ballons, etc., avec intermédiaire d’une toile métallique, vous pouvez vous servir des petits modèles courants dits de cuisine que vous trouverez dans l’une quelconque des maisons suivantes : Allez frères, 1, rue Saint-Martin; Titto-Landi, 23, boulevard Henri-IV ; ^Ühalot, 110, avenue Philippe-Auguste; Guenet et Abbat, 13, rue du Pont-aux Choux ; Jâger, 142, rue Oberkampf; Juchât et Corre, 3g, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Robert, 25, rue Drouot.
- M. H. Carpentier, à Paris. — Vous pourrez faire reproduire par voie galvanoplastique vos disques de phonographes à la Société l’Ebonite, 142, rue du Chemin-Vert; cette maison se chargera également ensuite du moulage sur contre-type d’autant d’exemplaires que vous désirerez.
- M. Ch. G., à Nancy. — Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter in extenso tout ce qui a trait au cuir repoussé ; veuillez demander les ouvrages concernant cette technique spéciale aux éditeurs qui suivent : Laurens, 6, rue de Tournon; Sennelier, 3, quai Voltaire; Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin.
- M. le Dr Chérabié, à Alexandrie. — L’ambre jaune ou succin, qu’il ne faut pas confondre avec l’ambre gris d’origine animale, est une résine fossile, on lui donne également le nom de Karabé et le recueille surtout sur les côtes de la Baltique, soit par pêchage à la surface de la mer, soit par extraction du sol. Voici les caractéristiques qui permettent de l’identifier : il est dur, cassant, jaune d’or transparent ou blanchâtre, quelquefois opaque, parfois aussi jaune roux ou brun rougeâtre, sa cassure est brillante, il est inodore, insipide, cependant si on le frotte, il répand une légère odeur aromatique. Par le frottement sur la laine, il acquiert des propriétés électriques et attire les corps légers. Sa densité est de 1,08, il fond à 287°; exposé à la flamme, il se boursoufle mais ne coule pas comme le copal, il brûle avec flamme fuligineuse. Parfois, l’ambre jaune renferme des débris végétaux et animaux fossiles que l’on aperçoit par transparence.
- L’ambre artificiel se prépare au moyen de résine copal, d’huile d’amandes douces et d’un colorant approprié, jaune de chrome, gomme gutte, blanc d’argent, les proportions sont voisines des suivantes :
- Résine copal...............1000 gr.
- Huile d’amandes douces . . 5o — Pigment...................... 2 —
- L’ambre artificiel se distingue facilement de l’ambre naturel par l’odeur caractéristique de baume de copahu que dégage le copal quand on le chauffe avec la potasse caustique, dans le cas où il y aurait eu emploi de colophane; celle-ci se dissoudrait avec facilité dans l’alcool. Pour les caractères des sortes commerciales d’ambre vrai, voir réponse précédente à M. le Dr Nain, à Tarou-dant (Maroc).
- M. P. Giraud, à Montpellier. — i° Si le zinc de votre baignoire présente par endroit des taches blanches, c’est qu’il est oxydé; comme le métal est en général,' assez mince, il est à craindre que l’oxydation ne se soit poursuivie dans toute l’épaisseur, Seules des ^pudures
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- s’accrochant aux parties encore saines donneraient une réparation durable. 2° Le meilleur moyen d'économiser le gaz est de régler la pression de façon à avoir un débit constant correspondant au fonctionnement optimum du brûleur; or, on peut constater que la pression donnée par les usines à gaz est très irrégulière et varie suivant les heures de la journée. Cette irrégularité de pression se traduit soit par un fonctionnement défectueux de l’apparfeil de chauffage, soit par l’arrivée d’une quantité de gaz supérieure à celle qu’il est susceptible de brûler, d’où sifflement et consommation plus grande que celle devant correspondre à la quantité de chaleur produite. On remédie à ces inconvénients en plaçant avant le brûleur un régulateur de pression, constitué essentiellement par une membrane souple dont le mouvement se transmet à une soupape qui ouvre ou ferme suivant le cas l’arrivée du gaz. Un très bon modèle de ce genre, robuste et de prix peu élevé est fourni par la maison Langione, ii, Galerie Vero-Dodat, sous le nom d’Economiseur. 3° Plus le métal est bon conducteur de la chaleur, meilleure est l’utilisation, puisque cette chaleur n’a pas le temps de se perdre avant d’être absorbée par le corps à chauffer, Y aluminium convient donc particulièrement dans ce cas, mais il ne faut pas, quand le chauffage a été réalisé, conserver dans un vase de même nature, car le refroidissement se ferait avec la même rapidité,
- M. Morin, à Paris. — Le bain de décapage pour objets en laiton est ainsi constitué :
- Acide nitrique............5oo gr.
- Sel de cüisine............ 25 —
- Tremper rapidement les pièces dans le bain et arrêter l’action aussitôt qu’elles prennent une teinte verte, laver à l’eau claire aussitôt abondamment, sécher dans la sciure de bois mélangée de blanc de Meudon. Si on veut brillanter, polir avec une bouillie de chaux très fine.
- M. Frehner, à Lyon. — i° Pour coller peau sur peau, employez la solution suivante obtenue par macération à froid pendant quelques jours en flacon bien bouché.
- Acétone...................8oo gr.
- Celluloïd non chargé . . . 200 —
- 20 Le vernis suivant vous donnera très probablement satisfaction :
- Acétate de cellulose t . . . 3o gr.
- Tétrachloréthane. . . . , . 36o —
- Triacétine................ 3 —
- Alcool à ç)5°............. 40 —
- Ce vernis peut être employé tel quel, il donne alors une pellicule invisible ; en l’additionnant d’une couleur d’aniline appropriée il fournit un vernis coloré transparent; enfin, si on y ajoute un pigment minéral, on obtient un vernis opaque.
- 3° D’après de Keghel, une bonne colle pour étoffes sur métaux est obtenue en prenant :
- Colle liquide à l’acide acétique. . 100 gr,
- Résine de mélèze.....................25 •—
- Employer à chaud. La colle acétique se prépare elle-même avec :
- Colle forte...................... 45 gr.
- Acide acétique cristallisable. . , 4o —
- Eau ordinaire ...................... i5 —
- Faire gonfler la colle en présence de l’eau pendant une nuit, liquéfier au bain-marie et ajouter peu à peu l’acide acétique, diluer ensuite jusqu’à consistance voulue. 4° Veuillez vous reporter à la réponse ET, Strasbourg.
- M. II. Soboul, à Alais (Gard). — En réalité tous les essais pour rendre le celluloïd ininflammable ont échoué, on peut seulement le rendre difficilement inflammable, cela aux dépens de sa plasticité. Dans ce but on a employé entre autres produits : la gélatine, la caséine, le sucre, l’amidon, la colle de poissons, la gomme arabique, la vaseline, les sels métalliques de magnésium, calcium, aluminium, fer, zinc, etc., ainsi que les éthers alcooliques de l’acide silicylique, le tricrésyl et le triphé-nylphosphate. À titre documentaire voici la formule d’Apelot qui a donné quelques résultats :
- A. Celluloïd................ 100 gr.
- Acétone ioqo —-
- B. Chlorure de magnésium . . 20 —
- Alcool à 95°. ....... 60 —
- Mélanger A et B, laisser sécher et mouler.
- M. A. Baston. à Auch. — i° L’ébullition est le seul moyen inofîensif de précipiter la chaux qui existe dans une eau à l’état de bicarbonate, l’emploi d’un produit
- quel qu’il soit introduirait dans l’eau un élément étranger qui pourrait être beaucoup plus nuisible que la chaux toujours en très petite quantité ; — 20 Le calorifuge employé pour empêcher le rayonnement de la chaleur est une feuille de feutre, elle protège en même temps la bouteille contre les chocs.'Quant à la bouteille elle-même, c’est un vase à double enveloppe de Dewar, le vide étant fait entre les parois intérieure et extérieure.
- M. F. Harsant, à Dinan. ;— i° Un vernis à l’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone, conviendra très probablement pour conserver en bon état vos peintures sur stéarine; — 20 L’éclat est donné à la dorure par brunissage au moyen d’une agate, vous trouverez des brunissoirs en sanguine très facilement dans le commerce; — 3° S'il s’agit de dorure de cadres à l’or faux, inutile d’entreprendre une préparation, on vend des mixtures toutes préparées pour cela, par exemple de la marque Sohnée ; d’une manière générale la fabrication des vernis aux copals doit être laissée aux spécialistes à cause des tours de main que comporte la pyrogénation.
- M. J. Besmond, à Bucarest, — i° La benzine ou benzène est un liquide extrait des goudrons de gaz par distillation fractionnée, sa densité est de 0,899 J ^ bout à 8o° n’est pas miscible à l’eau, mais se mélange à l’alcool et à l’éther. C’est un excellent dissolvant des matières grasses d’où son emploi pour détacher les étoffes. L’un des principaux débouchés est la fabrication de la nitrobenzine employée en parfumerie et pour l’obtention des couleurs d’aniline. On confond très souvent la benzine avec le benzol qui est retiré du pétrole brut de la manière suivante : on soumet à la distillation fractionnée le produit retiré des puits jaillisants qui existent en Russie, Galicie et Amérique, et on obtient sucessivement : a) Les éthers de pétrole distillant de 45° à 700 D — o,65o employés comme dissolvants des corps gras ; b) l’essence de pétrole ou benzol distillant de 700 à iao° D =: 0,700 à 0^740, inflammable au-dessous de 35° C employée pour l’éclairage et la combustion dans les moteurs ; c, Le pétrole rectifié ordinaire distillé de i5o° à 180°, vendu parfois sous les marques] spéciales de Luciline, Oriflamme; sa densité varie de 0,780a 0,810 ; il sert à l’éclairage dans les lampes courantes à pétrole ; d) Les huiles lourdes passant de 280" à 4oo° utilisées pour le graissage des machines ou pour l’alimentation de moteurs type Diesel. Enfin, comme arrière-produits, on obtient les vaselines et les paraffines, il reste dans la cornue un charbon poreux ; —-20 Le soufre précipité résulte de la décomposition par un acide (chlorhydrique ou sulfurique) d une solution de sulfure alcalin (sulfure de sodium ou de potassium), la fleur de soufre est le résultat de la distillation du soufre quand on en condense les vapeurs dans une chambre froide ; — 3° Pour répondre à votre question il faudrait d’abord connaître la nature du produit employé pour le scellement ; — 4° Pour transformer votre appareil de chauffage, deux solutions sont à envisager, ou bien placer avant l’entrée du gaz dans la rampe une entrée d’air, que vous pourez régler par déplacement d’une bague, ou bien mettre à la place des becs actuels de petits becs Bunsen, ce qui ne présentera pas de difficulté si comme cela est habituel en appareillage pour le gaz, le filetage est au pas conventionnel de Paris, Le point essentiel est d’assurer la combustion complète du
- M. J.-B. Alves, à Leria (Portugal). — i° Le liquide excitateur des piles sèches est une solution de sel ammoniac (chlorhydrate d’ammoniaque) à 200 gr. par litre; — 20 Si les cylindres de zinc des vieilles piles ne sont pas trop amincis, vous pouvez vous en resservir, mais le plus souvent ils sont inutilisables; — 30 Pour immobiliser le liquide, ajouter à un litre de la dissolution de sel ammoniac précédente, 20 gr. d’agar-agar préalablement gonflée dans l’eau froide, porter à lebullition jusqu’à ce que l’àgar-agar ait disparu, sauf quelques débris, couler le liquide tiède dans la pile, il se prend en gelée par le refroidissement ; 40 Pour la construc-
- tion, il#vous suffira de démonter une vieille pile, vous vous rendrez ainsi compte de la disposition, du reste très simple, des pièces, charbon central entouré de bioxyde de manganèse en grain maintenu par un sachet de toile, récipient extérieur én zinc, liquide immobilisé par l’agar-agar entre les deux, fermeture à la cire avec évent pour échappement des gaz au-dessus d’une petite 1 couche de sciure de bois.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ... —.
- Radiotélégraphie, Radiotéléphonie, Radio concerts, par E. Reynaud-Bonin. i vol. in~8 (t3-i4), 178 p., 88 fig. Gauthiers-Villars et Cio, éditeurs, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- Voici un nouvel ouvrage élémentaire, fort bien rédigé, consacré aux communications radioélectriques et plus particulièrement à la radiotéléphonie pour amateurs.
- Son objet est d’aider les amateurs à installer leur poste et à en comprendre le fonctionnement; de leur faire connaître brièvement ce que sont les grands postes qui leur fournissent leurs auditions ; quelles sont les difficultés à vaincre pour que ces auditions soient bonnes; de les intéresser à l’ensemble de la technique des radio-communications.
- Après un bref exposé historique, l’auteur examine rapidement les bases de la science nouvelle : la découverte des ondes électriques, les perfectionnements des procédés pour les engendrer et antennes pour les rayonner, la propagation de ces ondes, les phénomènes atmosphériques qui les perturbent, etc. Il s’étend davantage sur la réception des ondes électriques, donne la description très complète des postes de réception, des appareils de syntonie, de détection et d’amplification. Il définit très exactement la modulation radio-téléphonique et les conditions d’une réception pure à timbre agréable.
- Il termine par un chapitre sur l’audition d’un téléphone haut-parleur.
- Travaux maritimes. La mer et les côtes, par Georges de Joly, publié pâr M. Charles Laroche. 1 vol. in-8, 480 p., 196 fig. Encyclopédie du génie civil et des travaux publics. Baillière et fils, Paris. Prix, broché : 45 francs, relié 55.
- Cet ouvrage important représente le cours professé par M. de Joly à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées. L’auteur y a réuni tous les renseignements nécessaires pour l’ingénieur des travaux maritimes : notions sur l’eau de mer et son action sur les matériaux de construction; données sur les vents, les lames, les marées, les courants, la propagation de la marée dans les fleuves ; procédés de défense des côtes; notions sur les navires et la navigation; phares et signaux maritimes : amers, balisage, sémaphores, jeux, cloches sonores, signaux hertziens.
- Deux autres volumes compléteront ce traité. Ils traiteront des ouvrages et accès des ports, de leur outillage et de leur exploitation.
- Annales de l’Institut de Physique du globe de l’Université- de Paris et du Bureau Central de Magnétisme Terrestre, publiées par les soins de Ch. Maurain (tome I). 1 vol., 298 p., a3 planches. Presses Universitaires de France, Paris 1923. Prix : -jS francs.
- Le magnétisme terrestre a fait l’objet en France de longues et nombreuses séries d’observations poursuivies régulièrement depuis fort longtemps. Leur publication est malheureusement interrompue depuis 1914. L'Institut de Physique du globe, fondé en 1921, s’est donné comme première tâche de publier les observations effectuées au Val Joyeux de 1914 à 1921. C’est là le principal sujet auquel est consacré ce premier volume. Cette publication est précédée d’un résumé historique de M. Ch. Maurain sur les observations magnétiques en France jusqu’en 1921, et suivie d’un important mémoire de M. Angot sur les variations périodiques du magnétisme terrestre en France.
- Fabrication du vinaigre, par J. Fritsch. i vol. in-8, 331 p., 62 fig. Amédée Legrand, Paris. Prix : a5 francs.
- Résumé de nos connaissances sur le vinaigre et ses
- divers procédés de fabrication. L’auteur consacre un chapitre à la fermentation par les mucorinées et un autre à l’analyse des produits.
- Manuel des Vins, Cidres, Poirés, Eaux gazeuses, par Georges Ray. i vol. in-18, 406 p., 139 fig. Bibliothèque professionnelle, Baillière et fils, Paris. Prix : 10 francs.
- Bon manuel élémentaire des méthodes de préparation des boissons fermentées et gazeuses. L’auteur examine pour chacune les matières premières, la série des travaux à effectuer et termine par l’étude des points de vue légal, hygiénique et économique.
- La basse-cour productive : Palmipèdes et Lapins, par Louis Brèchemin. i vol. in-12, 348 p., 92 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 6 francs.
- De nos jours les petits élevages ont pris beaucoup d’ampleur, soit pour compléter les ressources de chacun, soit comme branche importante ou même principale d’une exploitation agricole. Ces petits élevages sont susceptibles de donner de jolis bénéfices à condition que l’on possède les connaissances techniques et économiques pour les mener à bien.
- Ce traité décrit simplement l’étude des races, l’alimentation, le logement, les maladies, les directives commerciales avec des chiffres à l’appui, tout ce qu’il faut savoir pour réussir.
- L'apiculture intensive et l’élevage des reines, par A. Perret-Maisonneuve, i vol. in-16, 45o p., 70 fig. Librairie Spéciale Agricole, Paris. Prix : 18 fr. 5o.
- Bonne œuvre apicole, riche en renseignements sur l’apiculture intensive à gros rendement et l’accroissement par les procédés modernes. C’est, en outre, l’unique traité d’élevage des reines. Tous les systèmes y sont exposés aux points de vue théorique et pratique, et notamment la méthode personnelle de l’auteur, pour renouveler les reines et même en produire en surcroît.
- Les illustrations de l’auteur lui-même, ses nombreux conseils pratiques font de ce livre une nouveauté fort intéressante pour tous les apiculteurs.
- Paris au Travail, par J. Gontard. i vol. in-8, 280 p., 10 pl. et un plan. Collection « Les Pays modernes ». Pierre Roger, Paris. Prix : 8 francs.
- Paris n’est pas uniquement la ville du plaisir, la Babylone moderne tant décriée, mais surtout une ruche laborieuse où l’immense majorité des citoyens peinent ferme; c’est ce que l’auteur montre par une rapide enquête sur diverses grandes industries parisiennes, l’automobile, l’aviation, le cinéma, etc., la condition présente des travailleurs intellectuels, étudiants, littérateurs, artistes.
- La conclusion est d’un optimiste. Notre ville, après les affres de la guerre, s’est remise courageusement à l’œuvre. Elle est bien armée pour la lutte économique et elle en sortira victorieuse, grâce au travail de ses enfants.
- ABC illustré d’Occultisme, par Papus (Dr Gérard En-causse). Premiers éléments d’études des grandes Traditions initiatiques. 1 vol. in-8, 4^8 p., 219 fig. Dorbon aîné, Paris. Prix : 3o francs.
- Rien n’est plus attrayant que l’étude de l’occultisme, une science, disent les uns ; un ramassis de superstitions, disent les autres. Il n’en est pas moins vrai que l’occultisme est vieux comme le monde. Mais rien ne permettait au curieux d’embrasser l’ensemble des sciences occultes et de se retrouver dans leur dédale. Papus, dans cette œuvre posthume, présente un exposé de ses idées sur les mystères de l’ancienne Egypte, les écritures sacrées et profanes, les enseignements du Temple, les Traditions et les Religions de l’Orient ancien, l’Astrologie, les divers Symbolismes, la Franc-Maçonnerie, les N ombres, les Bohémiens et leurs tarots, l’Alchimie, les Correspondances planétaires, les Arts divinatoires, chiromancie, gemmes, la Magie, les faits psychiques et les forces.invisibles de la Nature, etc...
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2571 14 Juillet 1923
- Nécrologie. — J.-P. Langlois. — M. J.-P. Langlois, directeur de la Revue générale des Sciences, vient de mourir après une longue maladie.
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, membre de 1 Académie de Médecine, il laisse d’unanimes regrets.
- Physiologiste remarquable, il avait débuté par des travaux sur la chaleur animale, sous la direction de son maître Charles Richet, puis il avait abordé la question des glandes surrénales. On sait que l’ablation de ces glandes entraîne rapidement la mort; Langlois montra, dès 1896, qu’elles ont une fonction antitoxique et que leur sécrétion agit sur la pression sanguine. Puis ce furent scs travaux classiques d’hygiène industrielle sur le travail dans l’air comprimé, dans les milieux chauds et humides des mines, des sous-marins, etc., et ses études sur la physiologie des exercices physiques pour lesquelles il réalisa dans sou laboratoire” de la Faculté de Médecine le tapis roulant que La Nature a. décrit dans son n° '2469- Tout dernièrement, nous publiions ses derniers travaux sur le moteur humain (n° 2562).
- Chargé à la Faculté de Médecine de l’enseignement des principes de l’éducation physique et au Conservatoire des Arts et Métiers cle la chaire d’orgauisation du travail, il avait su entraîner de nombreux médecins dans ces voies et créer tout un mouvement scientifique nouveau.
- Le coke métallurgique nécessaire à la France en temps de guerre. — Le colce métallurgique est, nul ne l’ignore aujourd’hui, un produit vital pour la métallurgie. On compte un peu plus d’une tonne de coke par tonne de fonte brute; la transformation ultérieure de cette fonte, en fonte de a0 fusion ou en acier, exige encore du coke. Or, la production française de coke métallurgique est gravement déficitaire, et la réfection des fours à coke détruits dans le Nord de la France n’est pas encore très avancée. Quelle serait la situation en temps de guerre ? A cette question, le général de Serrigny, dans une lettre à la Société des Ingénieurs civils de France, donne une réponse à méditer.
- « Dans l’état actuel des études entreprises, dit-il, études encore fort incomplètes d’ailleurs, on estime que, pour une nouvelle période d’hostilités, les besoins globaux de la nation seraient de 5 800 000 t. de fonte par an.
- « La plus grosse partie de celte fonte serait à transformer en acier, dont la consommation serait d’environ 5 3ooooo tonnes.
- « Pour satisfaire à tous les besoins, il serait, d’autre part, nécessaire que la production nationale en coke métallurgique fût portée à 8 400 000 t., ce qui conduirait à 1 importation de ,5400000 t., étant donnée notre production annuelle.
- « En supposant réalisée l’importation du coke métallurgique nécessaire, nos richesses minières en fer et la capacité de production de nos usines métallurgiques permettraient facilement de satisfaire à nos besoins en fonte et en acier.
- « L’importation de coke métallurgique constitue cependant une mauvaise opération, car cette matière est un fret détestable et les transports occasionnent des déchets importants; il faut donc compter que l’importation annuelle en temps de guerre de 1 million de tonnes de coke métallurgique serait un gros maximum (les importations de coke n’ont d’ailleurs pas dépassé 600000 t. pendant la dernière guerre).
- « Pour compenser le déficit restant, il faudrait alors envisager l’importation d’environ 700 000 t. de fonte et de 3 millions de tonnes d’acier, faute de pouvoir produire le coke métallurgique nécessaire.
- « Cette situation pourrait être complètement modifiée si l’effort voulu était réalisé, au point de vue de notre production de coke métallurgique ; on estime, en effet, que notre production de houille satisferait à tous nos besoins du temps de guerre, en supposant toutefois la production de la Sarre disponible et l’extension des bassins miniers du Nord et du Pas-de-Calais, laquelle reste d’ailleurs subordonnée au recrutement de la main-d’œuvre nécessaire.
- « Ainsi, faute d’envisager les mesures propres à assurer une production suffisante en coke métallurgique, on aboutirait à cette conclusion paradoxale que possédant, d’ici quelques années, assez de houille et de minerai^ de fer pour satisfaire à nos besoins du temps de guerre, nous ne pourrions pas produire l’acier qüi nous serait nécessaire. »
- Le poste de T. S. F. de Lyon.— Le poste radiotélé-phonique de Lyon dispose d’une antenne de 2 brins , en V. La longueur d’onde est actuellement de 470 m. 6 lampes de 25o watts sont employées pour l’amplification et une lampe de même force pour la modulation. Sa puissance dans l’antenne est de 800 watts environ. Les heures d’émission sont maintenant 10 h. 3o et i5 h. 35 (Bourse).
- Le poste de T. S. F. de Marseille. — Un nouveau poste émetteur va être installé à Marseille ; les amateurs de la région en seront heureux, car, en raison des nombreuses lignes à haute tension qui sillonnent la ville, la réception des postes lointains est assez difficile.
- La T. S. F. en Chine. — Les R. P. Jésuites de l’Observatoire de Zi-Ka-Wei (Chang-Hai) ont bien voulu nous communiquer le résultat de leurs observations au sujet de la réception en Chine des stations européennes, américaines et australiennes : Paris, Nauen, Rome, Honolulu, San Diégo. Le directeur de l’Observatoire de Koukaza, M. Macari, a noté spécialement les auditions de Croix d’Hins (Koukaza est situé à 2 km de Zi-Ka-Wei, dans la plaine de l’estuaire du Yang-lse-Kiang).
- L’antenne réceptrice était formée d’un brin de 4o m. de long, à 3o m. de hauteur. L’amplificateur du type S. F. R. est composé de 4 étages à haute fréquence, d’une lampe détectrice et d’un dispositif à basse fréquence pour l’élimination des atmosphériques. Une hétérodyne à 2 lampes était utilisée pour la réception des entretenues et un casque Baldwin à 2 écouteurs pour l’audition.
- Les meilleurs mois pour la réception des signaux d’Europe ont été les mois de novembre, décembre et
- seraient meilleurs. Il est intéressant de constater que la présence à 5o ou 8o» km d’un violent typhon n’a pas troublé la réception. Le déplacement d’un centre anticyclonique coïncidait généralement avec une modification en mal de la réception. Lorsque la pression le long de la vallée du Yang-tse se maintenait constante, même basse, la réception était bonne. Enfin, la réception dans la soirée, de 20 à 22 heures, fut presque toujours mauvaise.
- Ces observations offrent le plus grand intérêt pour la recherche des troubles atmosphériques; plusieurs stations travaillant ensemble pourraient sans doute localiser assez bien le centre des décharges, surtout orageuses, liées peut-être à la marche des dépressions.
- Les çolloïdes et la T. S. F. — Les colloïdes dont les propriétés ont été étudiées pour la première fois par Graham en 1861 ont maintenant en chimie industrielle et en médecine de nombreuses applications (par exemple : métaux colloïdaux, collargol, etc.).
- Radio-Revue d’avril 1923 nous apprend qü’un inventeur allemand a eu l’idée d’essayer d’utiliser en T. S. F. les colloïdes organiques. Les solutions colloïdales ont, en effet, des propriétés électriques marquées ; toutes les particules, animées d’ailleurs d’un mouvement brownien intense, possèdent une charge électrique positive ou négative suivant la solution.
- L’inventeur prétend faire jouer aux particules en suspension dans le liquide le même rôle qu’aux électrons émis par le filament de l’audion. Le tube serait à deux électrodes, une grille et une plaque,
- L(essai est intéressant et de tels tubes peuvent servir peut-être à des usages tout à fait- particuliers. Quant à vouloir les substituer aux audions actuels, il semble, même a priori, qu’il n’y faut point songer.
- En effet, ces particules colloïdales sont relativement de dimensions très grandes (io~6 cm) et leur inertie est
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- INFORMATIONS
- par conséquent beaucoup trop importante pour que le tube puisse jouer le rôle de relais instantané tenu par
- l’actuel tube à vide. P. Hémardinquer.
- !
- L’éléphant nain. — Ci-joiut deux photographies d'un Eléphant nain du lac Léopold II (Congo belge), capturé par M,. L. van Nitsen, administrateur territorial de T° classe à Iïutu (lac Léopold II), le i\ octobre 1922,
- et amené par lui à Anvers par S. S. Elisabethville, le 6 juin dernier. L’exemplaire en question qui est une femelle, âgée de 3 ans 1/2, a été offert au Jardin zoologique d’Anvers par le Gouvernement de la colonie du Congo belge. Il est entièrement apprivoisé et se nourrit principalement de bananes, pain blanc, autres fruits, légumes et verdure. C’est le premier exemplaire vivant de cette sorte de pachydermes qui quitte l’Afrique. M. van Nitsen est parvenu à prendre trois de ces petits éléphants vivants. Le premier, qu’il avait depuis 10 mois, a été tué à Oshwe, d’un coup de coutelas par un soldat noir, en février 1921. Le second, capturé à Dakese, est mort tout près de Kutu, alors qu’on le transportait en baleinière. Comme le troisième, actuellement à Anvers, ces deux autres sujets étaient des femelles.
- Le nom indigène de ces éléphants est « waka-waka » ; les vieux exemplaires atteignent jusqu’à 2 m. de haut et même davantage. Celui qui se trouve dans nos collections mesure à peu près 92 cm. Les « waka-waka »
- ont des défenses plutôt petites; lorsque l’animal est fort âgé elles pèsent rarement plus de 2 à 3 kg. Ils vivent toujours dans les régions très marécageuses, en troupeau, auquel ne se mêlent jamais d’autres éléphants.
- L’éléphant nain semble avoir été aperçu de façon certaine pour la première fois par M. Le Petit, l’un des explorateurs que le Muséum d’Histoire naturelle de Paris avait, envoyés en mission dans les régions peu connues du lac Léopold IL La Nature, dans son n° 1964, en date du 14 janvier 1910, publia à ce sujet un article sous la signature du professeur Trouessart.
- Le lieutenant belge Franssen réussit le premier à
- tuer un de ces petits éléphants mystérieux, dont la presse scientifique signalait l’existence hypothétique, sous le nom d’ « éléphants d’eau ». Cette dépouille fut envoyée au Musée du Congo à Tervueren (Bruxelles). Eu égard au fait que le lieutenant Franssen découvrit en réalité le premier ces pachydermes rarissimes et qu’il paya de ses jours une entreprise scientifique, réalisée dans des contrées dangereuses et malsaines, M. Schou-teden du Musée du Congo à Tervueren et directeur de la Revue zoologique africaine, à Bruxelles, donna à l’Eléphant nain du lac Léopold II le nom de Elephas africanus Fransseni. (Voir Rev. zool Afric., vol. 8, fascicule 2, 1914*)
- Il est à notre connaissance que M. L. van Nitsen, qui vient de ramener vivant l’éléphant nain actuellement logé au Jardin zoologique d’Anvers, a mis aussi à la disposition du Musée du Congo, à Tervueren, les squelettes de deux autres exemplaires d’Eléphants nains de Franssen, qu’il a tués dans la région marécageuse avoisinant le lac Léopold IL Dr M. L’Hoêst
- • Directeur du Jardin zoologique d’Anvers.
- Mines et forêts en Bulgarie. — La Bulgarie est au premier clflef un pays de forêts : 25 68g km2 en 1912, sans compter les forêts du Rilo et des Rhodopes annexées en 1918; elle a perdu, il est vrai, la région boisée de Deli Orman, cédée à la Roumànie. En 1912, les deux cinquièmes des surfaces boisées étaient occupés par des résineux et les trois cinquièmes par des essences feuillues. On compte actuellement environ 700 scieries. La production du charbon de bois était évaluée en 1911 à 4125 tonnes. L’élevage du porc se pratique dans les forêts de chênes et de hêtres. Le manque de communications empêche de tirer des forêts un parti suffisant.
- La Bulgarie a un certain avenir au point de vue minier. Dès maintenant elle se suffit au point de vue du charbon (production de la houille en 1921 : 854 354 t. ; en 1922 : 1 o3i 5oo t.) et commence même à en exporter (1921 : 7778 t.) ; elle a aussi du lignite (production de 3gooo t. en 1919) et des schistes bitumineux, ces derniers à peine exploités.
- Le cuivre donne des résultats intéressants (14000 t. de minerais en 1921 contre 20180 t. en 1912). Une seule mine importante est en exploitation : Plakalnitza, qui a produit i3g4g de pyrites cuivreux (5 pour 100 de cuivre, 3oo gr. d’argent par tonne) ; elle appartient à une société française, qui fond le . minerai dans son usine d'Elisseïne (1921 : 16689 t. de minerai traitées et i25i t. de mattes de cuivre produites).
- Plakalnitza a produit aussi en 1921 : 2535 t. de minerais galéneux.
- Les autres mines en exploitation avant la guerre n’avaient pas repris leur production; elle était, il est vrni, insignifiante (minerais de plomb : 5o83 t. ; de zinc : 200 t. ; de plomb et zinc : 600 t.).
- Si le présent est modeste, on peut espérer que plus tard la Bulgarie pourra se suffire à elle-même et même exporter. Son sous-sol est riche en gisements de fer, de manganèse, de zinc, de cuivre, d’étain et de plomb. Elle a‘en outre d’importantes réserves en forces hydrauliques non exploitées et d’innombrables sources d’eaux thermales (900 actuellement connues).
- L’Etat bulgare possède les meilleures mines de charbon (Pernika, Boboudel, Maritza), qui produisaient à elles seules en 1921 : 814 o63 t. de houille. Il est en outre propriétaire de plusieurs sources d’eaux minérales.
- La Bulgarie est riche en sel (25 000 t. en 1921) ; à défaut de mines de sel gemme, elle a des sources salées (Djafer, près de Varna; Tchangué, près de Choumla) et des lacs salés (Anhialo, Atanaskieuï).
- Exposition Nationale de Travaux d’habileté professionnelle et de Chefs-d’œuvre de métiers. — La
- première Exposition Nationale des Métiers, Travaux d’habileté professionnelle et de Chefs-d’œuvre de Métiers, s’e tiendra, à Paris au Champ de Mars, du 24 août au Ier octobre prochains, en même temps que le 21e concours Lépine. Elle est organisée par l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs français, avec le concours de la Confédération générale de l’Artisanat français. Elle sera ouverte à tous les artisans, c’est-à-dire aux maîtres artisans (petits patrons), aux compagnons (ouvriers) et aux apprentis, -capables d’établir un chef-d’œuvre professionnel.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- . L’écouteur B. H. — Dans les écouteurs téléphoniques ordinaires, la distance de la plaque vibrante aux arma-
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- Fig-, i. — L’écouteur ordinaire avec la forme prise par la membrane.
- tures de l’électro-aimant est généralement réglée au moyen de rondelles et une fois pour toutes. Dans les récepteurs plus perfectionnés, cette distance peut être modifiée par l’amateur. On obtient ce résultat, soit au moyen d’une vis extérieure agissant sur l’électro-aimant, soit en déplaçant le diaphragme lui-même, porté par une rondelle isolante vissée sur le boîtier. Dans ces écouteurs la membrane vibrante prend au repos la forme
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- Fig. 2. — L’écouteur B. H.— On remarque la forme conique du bord du boîtier et du pavillon. A gauche, la forme prise par la membrane.
- indiquée par la figure i. Les bords du boîtier qui maintiennent la membrane sont plats.
- Dans le nouvel écouteur B. H, le bord supérieur du boîtier ainsi que la partie correspondante du pavillon sont coniques. La plaque vibrante est placée entre ces deux parties coniques. En serrant le pavillon, on voûte le diaphragme contrairement à l’attraction de l’aimant (fig. a); on donne alors à la plaque une position d’équilibre, qui lui permet de vibrer dans de bonnes conditions et de prendre des déplacements d’assez grande amplitude. Il en résulte une sensibilité et une facilité de réglage satisfaisantes.
- Le constructeur de l’écouteur B. H est M. Bonnefont, 9, rue Gassendi, à Paris.
- 'Electricité 'S'O'gb
- Culot de sûreté pour lampes électriques. — Le Bulletin de l’Office des Recherches et des Inventions décrit un ingénieux dispositif imaginé par M. Grand-jean pour éviter le vol des lampes électriques après leur mise en place. C’est un culot spécial, portant deux alvéoles à la place des paillettes ordinaires de contact (fig. 3). Quand la lampe est placée dans une douille ordinaire et qu’elle a pris sa position normale, les pistons à ressort s’engagent dans les alvéoles. Le culot se trouve ainsi immobilisé, -car il ne peut plus tourner, et il devient impossible de dégager ses baïonnettes latérales des encoches de la douille.
- Pour enlever la lampe il devient nécessaire de démonter la douille en dévissant la bague d’assemblage. Cette opération est plus compliquée, demande un certain temps dont un voleur peut ne pas disposer. Ce dispositif mérite d’û.re signalé, notamment aux grandes administrations, et aux services publics (chemin de fer métropolitain, etc.), qui dans leur exploitation doivent mal-
- Fig. 3. — Culot de sûreté pour lampes électriques.
- heureusement compter sur les vols fréquents des lampes électriques, car souvent celles-ci sont placées dans des locaux peu fréquentés où les voleurs peuvent facilement opérer leurs larcins sans attirer l’attention.
- Construction
- Socles en ciment armé pour poteaux en bois. —
- Certaines inventions ont un caractère éminemment pratique et ne sont que l’application de principes ou de faits connus; elles n’en sont pas moins intéressantes par les services qn elles rendent ou les économies importantes qu’elles procurent. La fabrication de socles en ciment armé pour poteaux en bois employés dans 1 établissement des lignes télégraphiques ou de distribution électrique est ainsi un progrès qui donne de
- sérieux résultats.
- Le nombre des lignes télégraphiques et électriques,est considérable et appelé à devenir de plus en plus grand, surtout s’il est facile de faire disparaître leur défaut principal, c’est-à-direleur durée relativement courte.
- Le poteau en bois, employé j usqu’à p résent, même résineux, plus ou moins parfaitement injecté à l’aide d’antiseptiques divers , répond mal aux exigences actuelles.Ces poteaux durent de 8 à 15 ans en moyenne et leur remplacement périodique entraîne des troubles d’exploitation
- poteaux en bois, utilisés dans les
- socle monolithe avec son poteau en bois.
- et de grosses dépenses. Les poteaux tubulaires en fer, utilisés pour les tramways, présentent les mêmes inconvénients par suite de l’oxydation au ras du sol. 11 en est résulté, pendant les années qui ont précédé la guerre, que l’emploi des poteaux en ciment armé s’est largement développé. Evidemment ces poteaux assurent la sécurité d’un bon service et ont une durée satisfaisante, mais leur emploi a pour conséquence une immobilisation de capitaux qui est une très lourde charge pour l’exploitation fructueuse d’une entreprise de distribution électrique.
- M. Ponsolle a cherché la solution du problème éco-nomique à résoudre dans la conservation du poteau en bois et même dans le sauvetage, sans grands frais, des poteaux en bois et en fer actuellement perdus par pourriture ou oxydation du pied ; son procédé supprime les causes de la destruction.
- Si on étudie le phénomène de la pourriture du poteau de bois, enfoncé en terre, on constate que cette pourriture part du pied, au ras du sol. Elle est la conséquence de la production de champignons de deux espèces principales : champignons microscopiques ou bactériacées dont l’action lente transforme le bois de l’extérieur à l’intérieur en une sorte de terreau brunâtre, champignons de grande taille, du type Merulius Deslruens, ceux-ci croissent en même temps qu’une sorte de mousse blanchâtre ou mycélium, qui enfonce ses longs filaments dans les tissus ligneux eu désagrégeant les cellules,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Le bois devient léger, mou, spongieux et s’effrite sous le moindre effort. Dans certains cas, cette altération est très rapide. On doit observer toutefois que ces organismes destructeurs ont besoin de conditions d’existence parfaitement déterminées et concomitantes. Une atmosphère humide et une température de io à i5° sont particulièrement favorables à leur développement. Les antiseptiques, sans doute, font momentanément obstacle à ces végétations, mais, l’expérience le montre, sont peu à peu éliminés dans des poteaux soumis aux intempéries et lavés par la1 pluie. Les poteaux tubulaires en fer ou pylônes implantés en terre, même entretenus
- Fig. 5. — Socle dans lequel est calé un poteau.
- en bon état de peinture, ne restent pas intacts. Au niveau du sol, au point où s’arrête nécessairement la peinture, se forment des fissures par lesquelles l’humidité pénètre pour remonter par capillarité sous la couche de peinture qui se craquèlè^,bientôt, et attaque le fer par oxydation.
- Le socle Ponsolle en ciment est construit d’une façon toute particulière ; il maintient le poteau hors de terre, tout en laissant l’air et l’eau de pluie circuler librement sur sa surface tout entière, de telle sorte que ce poteau est constamment aéré, égoutté et séché. Les courants d’air qui se forment automatiquement au pied du poteau sont ascendants ou descendants suivant les heures du jour comme on peut le constater en approchant une flamme à l’entrée supérieure d'un des trous ménagés dans le socle. Ces changements continuels de température et l’absence d’humidité rendent la vie impossible aux parasites qui engendrent la pourriture. Le poteau devenu ainsi entièrement aérien, la partie même encastrée dans le socle se comporte comme la tige extérieure. Les poteaux de bois injecté sont dans ces conditions susceptibles de durer 5o ans et plus, les poteaux non injectés, mais abattus hors sève u'5 ans et plus; les poteaux en fer, indéfiniment. Des précautions d’entretien prolongent encore la conservation : pulvérisation d’huile de houille par les trous du socle, dans l’espace annulaire, tous les 4 ou 5 ans; goudronnage de la tête des poteaux de bois ; peinture par badigeonnage et par pulvérisation des poteaux de fer.
- Les socles Ponsolle destinés à l’usage des lignes aériennes ordinaires sont construits suivant deux types: i° la gaine cylindrique monolithe pour les lignes nouvelles ; ‘2° le socle hexagonal se séparant en deux demi-gaines pour le sauvetage des poteaux pourris ou oxydés
- au pied. .
- La gaine monolithe, cylindrique extérieurement (voir fig. 4) est intérieurement cylindro-conique de lelle façon que le poteau vient reposer sur la partie rétrécie de l'intérieur du tube; son pied légèrement épointé se trouve en même temps coince, mais les aretes sont abattues de manière à laisser des espaces libres le long du ciment dans la zone d appui. U faut que 1 eau ruisselant sur le poteau puisse s’écouler immédiatement dans le sol; en outre, l’air qui entre par des trous ménagés dans l’épaisseur du ciment et-situés dans la gaine en place à peu de distance dq sol, circule aisément dans J’espace annulaire existant entre le poteau et la gaine et forgnant cheminée, puis s’échappe par les interstices laissés .entre les coins de calage enfoncés dans le haut du socle, ce qui facilite grandement le séchage du poteau.
- En appliquant un procédé ingénieux et simple, on peut avec avantage remplacer les coins en bois par des coins en ciment. Après que les coins de montage en bois ont été disposés de manière à bien fixer le poteau, on bouche avec des bouchons de paille le fond des trous laissés entre les coins et on remplit de ciment tous ces trous. Ainsi sont formés des coins de ciment qui assurent un calage indéformable. Il ne reste plus qu’à retirer les coins en bois pour rétablir les petites cheminées d’aération indispensables le long du poteau.
- Les socles monolithes ont une longueur totale de i m. 75 à 2 m., un diamètre intérieur de 20 et quelques centimètres suivant la grosseur du poteau ; l’épaisseur de la partie cylindrique est d’environ 5 cm ; le poids de chaque socle varie de 120 à 24° kg selon le modèle).
- La solidité et rigidité du socle en ciment est due à son armature composée d’un treillis cylindrique formé par huit ou dix vergettes d’acier dur sur lesquelles est enroulé un gros fil d’acier. Les efforts d’éclatement du tube sont ainsi contenus par 2*> spires ou cercles noyés dans le ciment, sur toute sa longueur. Le coulage du béton se fait très aisément dans des moules appropriés. Les socles au bout de trois jours sont démoulés, puis séchés par une exposition à air libre.
- Les socles hexagonaux en deux pièces sont spécialement établis pour le sauvetage des poteaux dont le pied est pourri. Ils offrent un réel intérêt lorsqu’il s’agit d’une réparation urgente; ils sont, on le conçoit à première vue, très faciles à poser.
- Les deux parties semblables formant la gaine par leur assemblage, sont armées et présentent au ras du sol et au sommet, une partie renflée en forme d’oreille qui permet le passage de boulons et le serrage du pied du poteau.
- La partie en oreilles est également armée.
- Quatre boulons sont nécessaires et leurs écrous sont de préférence cylindriques et munis d’encoches rendantle desserrage difficile pour les mauvais plaisants.
- Un des avantages du socle Ponsolle, c’est sa stabilité provenant du diamètre extérieur de l’implantation.
- Il est évident, en effet, que plus grande est la surface de contact avec le terrain enveloppant, plus grande est la stabilité.
- La surface de terrain intéressée est proportionnelle pour un appui quelconque, au produit du diamètre par la profondeur d’implantation ou l’encastrement.
- Or, dahs les lignes ordinaires sur poteaux de bois de 220 à 260 mm de diamètre au pied, l’implantation varie de 1 m, à t m. 5o.
- Dans un même terrain, avec
- un même moment fléchissant,
- 1 ciment ®oc e en “eux pièces avec
- Fig. deux
- son poteau en bois.
- l’implantation du socle en < avec 90 cm d’encastrement suffit pour assurer une stabilité plus grande qu’avec l’implantation du poteau de bois, le produit de la profondeur par le diamètre encastré étant notablement plus fort.
- Les socles Ponsolle sont ainsi établis pour pouvoir résister à des moments fléchissants de 3ooo kg au maximum.
- Les résultats d’expériences prouvent que le socle avec les dimensions qu'on lui a 'données, répond aux conditions les plus dures qu’on puisse imposer à une ligne de transport d’énergie électrique.
- Le socle Ponsolle est un perfectionnement qui vient bien à son heure, car l’une des préoccupations de l’heure actuelle et de demain est et sera de multiplier les lignes de transport et de distribution électriques avec un minimum de dépenses. Roukkt Lali.iiî.
- Lauréat lie l'Académie de* Sciences.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Traitement des plaies des arbres. — M. Chavastelon, doyen de la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand, vient de communiquer à l’Académie d’Agriculture un procédé permettant d’obtenir la cicatrisation certaine et la conservation du bois mis à nu des plaies faites aux; arbres fruitiers. Il suffit de badigeonner immédiatement la plaie avec une solution de bichromate de cuivre, obtenue en mélangeant des solutions faites à chaud, mais refroidies, de bichromate de potassium ou de sodium à 6 pour 100 et de sulfate de- cuivre à 6 pour 100. Le mélange complexe renferme du sulfate de cuivre non décomposé, du sulfate de potassium ou de sodium et du bichromate de cuivre (Cr207 CuO aEDO), résultant de la double décomposition entre les corps dissous. Il ne faut mélanger que des solutions froides, parce qu’à chaud il y a production d’une poudre brun-rouge de chromate de cuivre plus ou moins basique, résultant de la dissociation du, chromate de cuiyre (Cr04Cu, aH20) et qui diminue la concentration de la solution.
- Aussitôt l’application faite, le bois brunit légèrement, le bichromate de cuivre et le bichromate alcalin en léger excès exercent leur action oxydante, et coagulent vis-à-vis des albuminoïdes et des gommes, à la lumière, en passant à l’état de chromâtes. Celui de cuivre, peu soluble, bouche les pores et forme une réserve durable d’acide ch comique que libère la dissociation progressive, sous l’influence de la sève ou de l’eau extérieure, du chromate de cuivre en chromâtes basiques.
- La concentration faible de l’acide chromique ainsi libéré, non plus que la solution employée, tout en désinfectant complètement les plaies, ne sont pas toxiques pour les plantes, ne gênent en rien le fonctionnement de la zone génératrice qui fabrique le bourrelet cicatriciel.
- En outre, les substances albuminoïdes des cellules ouvertes ou blessées, coagulées et immobilisées par les bichromates, ajoutent encore à l’action préservatrice, en complétant l’écran imputrescible formé par le chromate de cuivre.
- Les plaies larges ou longues faites sur des arbres divers, abricotiers, pêchers, pruniers, cerisiers, pommiers, poiriers, noyers, ont, après traitement, normalement évolué et la cicatrisation a toujours été complète.
- Terrains pour tennis. — La vogue du tennis, justifiée d’ailleurs par les résultats obtenus par ce sport, attire de plus en plus l’attention sur les moyens de préparer économiquement les terrains pour ce jeu.
- Dans les plus modestes bourgades, la jeunesse est intéressée par-ce sport qui développe à la fois les muscles et qui contribue à la formation physique et intellectuelle de là fleur de la nation; car c’est par excellence un jeu qui exige delà méthode, de l’esprit d’obéissance, joint à certain moment à de l’initiative et à de la décision.
- Mais il coûte cher d’établir, un « tennis court ». Examinons un peu les qualités que les joueurs exigent de lui.
- Tout d’abord il faut y éviter la prolifération des herbes, gênante et inesthétique : gênante, car il est évident que des touffes d’herbe n’ont rien d'agréable pour les pieds du joueur; inesthétique, cela va de soi.
- Or, il est un produit que l'on peut acquérir à très bon compte et qui constitue, par des mélanges appropriés, la matière idéale pour la préparation de terrains pour tennis.
- Ce produit est connu sous le nom de « crud ammoniac » lavé.
- Expliquons, à ceux de nos lecteurs qui pourraient l'ignorer, ce qu’est le « crud ammoniac » lavé.
- Quand on purifie ^le gaz d’éclairage des composés sulfurés nauséabonds qu’il contient, on le fait passer lentement dans d’immenses caisses contenant des étages superposés, sur lesquels est étendxi un mélange de sciure de bois, de chaux et de sulfate de fer (ferreux), ou bien de sciure et de minerai de fer (hématite), ou bien encore de sciure et de tournures de fer pilées et mouillées. Le gaz brut sort purifié.
- Les composés cyanurés et sulfurés organiques du gaz impur sont retenus par ce mélange, que l’on appelle mélange épurateur, mélange Laming ou « crud ammoniac ». Le fer, qui s’y trouve contenu, forme avec les
- composés azotés du gaz et le soufre soit des ferro-cyanures et ferricyanures de fer (Bleus de Prusse), soit du sulfocyanure d’ammonium. Il se forme en outre des sels solubles d’ammonium.
- Un tel mélange, employé tel quel, pour faire des « tennis court ». serait d’un emploi déplorable. Mais, quand il a été lavé, épuisé par l’eau, d’une manière méthodique, pour en éliminer les sels d’ammonium, les ferro, ferri et sulfocyanures solubles ; quand il a été damé, travaillé convenablement, il constitue une base de terrains pour tennis, à nulle autre pareille. En effet, la petite quantité de cyanures qui y séjourne ne gêne pas pour son emploi, et bien au contraire constitue un « fungicide » remarquable, qui empêche toute graine apportée par le vent d’y germer.
- En outre, la sciure de bois constitue un élément incomparable, dans la matière que l’on dame, car elle donne au terrain une certaine élasticité qui est recherchée dans ce genre de travaux.
- Cette matière est bon marché, elle vaut 3o francs la tonne dans la région de Paris, Albert Hutin.
- Ne lavez pas les fraises.— Les fraises, telles qu’elles arrivent sué le marché, sont souvent souillées de sable, terreau ou brindilles de paille, provenant du sol sur lequel elles se sont développées, tous éléments peu agréables à consommer et dont on cherche volontiers à se débarrasser. — Or on ne peut laver les fraises sans leur faire perdre une grande partie de leur parfum.
- Un excellent moyen d’éviter cet inconvénient consiste à mettre au fond d’un plat creux, un morceau de mousseline préalablement mouillée et tordue légèrement, on place sur celle-ci les fraises ensablées et on les fait rouler doucement à plusieurs reprises. — Le sable ou le terreau restent attachés à la mousseline et les fraises devenues fort appétissantes ne perdent 'rien de leur qualité.
- Procédé pour conserver les fleurs longtemps fraîches. — L‘aspirine, dont l’action sur l’organisme humain est encore insuffisamment connue, mais dont nous croyons savoir cependant qu’elle ralentit les combustions internes, est théoriquement tout à fait indiquée pour empêcher les fleurs de se flétrir trop vite quand elles sont dans un vase. Pratiquement, ce. procédé donne de très bons résultats, d’après Science and, Invention. A de l’eau tiède, on ajoute un comprimé d’aspirine qui conserve longtemps, même les fleurs les plus délicates. Celles qui doivent être portées à la boutonnière ou au corsage peuvent être conservées également assez -longtemps si on enveloppe l’extrémité de la tige avec un peu d’ouate imbibée d’une solution d’aspirine.
- Conservation des œufs. — Le silicate à io pour ioo ou l’eau de chaux ne donnent pas toujours de bons résultats pour conserver les œufs. En particulier, les œufs à l’eau de chaux ne peuvent pas être battus en neige et leur goût laisse parfois à désirer. On a recommandé récemment le traitement à l’eau oxygénée à 3 pour ioo dans laquelle les œufs sont mis pendant un temps assez court, puis séchés.
- D’après Umschau (1922, 1), on utiliserait en Californie le procédé suivant : On fait chauffer de l’huile de paraffine à iao10 et on y plonge les œufs bien nettoyés pendant 5 secondes. La chaleur tue les germes et là paraffine bouche les pores. Les résultats sont parfaits. On emploie 1000 gr. de paraffine pour 2000 œufs. On peut aussi employer de la paraffine solide.
- Affûtage des outils, — L’huile de lin dont on enduit habituellement les pierres à affûter présente le défaut de s’oxyder à l’air en donnant un cambouis fort épais qui empêche le déplacement de l’outil; on peut, pour éviter cet inconvénient, substituer avec avantage à l’huile le mélange suivant :
- Glycérine................75 cent, cubes
- Alcool à brûler ..... 25
- Tour les outils de petite surface, la glycérine seule suffit. .
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recbercbes le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Coin hydraulique : MM. Guilmin frères, entrepreneurs, à Nogent sur-Marne (Seine).
- Réponses. — M. Martinez-Vadivelso, à Saint-Sébastien. — Nous avons répondu à votre demande dans un précédent numéro, veuillez bien vous y reporter.
- M. Victor Savigny, à Mexico. — Les encres employées pour imprimer sur papier des patrons décalcables au fer chaud sont obtenues par addition de résine en quantité convenable. L’impression se fait le plus souvent en clichés sur zinc.
- M. Mauny, à Poitiers. — i° Il vous sera facile’'de dérouiller vos boulons et tirefonds en les faisant tremper juste le temps suffisant dans l’eau acidulée par l’acide sulfurique (prendre un baquet de bois et non un récipient métallique), le point important est de ne pas exposer les boulons à l’air tant qu’ils sont mouillés de sulfate ferreux, c’est pourquoi, sans les sortir de l’eau acidulée, vous enlèverez celle-ci par décantation en majeure partie, puis déplacerez le reste de cette eau acidulée par lavage à l’eau courante sous un robinet, par exemple, un peu de papier de tournesol sera un bon guide pour montrer si tout l’acide a été enlevé. Sécher alors rapidement les objets dans un panier, au-dessus d’un foyer, puis les graisser ; — 20 Ainsi que nous l’avons dit à plusieurs reprises, il ne faut pas attendre des peintures au silicate la solidité des peintures à l’huile; à notre avis, on peut employer indifféremment le silicate de soude ou de potasse, mais le coût du second est plus élevé;— 3° Dans le cas que vous indiquez, cette peinture vous donnera très probablement satisfaction, mais il faut opérer ainsi : donner une première couche de silicate non teinté à 220 B. Ensuite appliquer la peinture constituée par une solution à 24° B teintée à la nuance voulue avec des terres colorées, de l’oxyde de' zinc ou du noir. Terminer par une couche comme ci-dessus, mais préparée avec une solution à 26° B; — 4° Le lithopone (mélange de sulfure de zinc et de sulfate de baryte) que l’on trouve aujourd’hui couramment dans le commerce à prix peu élevé conviendra particulièrement comme pigment blanc.
- T. S. F. — M. Dez, à Paris. — Votre antenne est très défectueuse et ne peut vous donner de meilleurs résultats qu’un bon cadre.
- La longueur est insuffisante et surtout la descente de poste (qui devrait être formée d’un fil ou câble de bronze ou cuivre) est trop longue et mal isolée.
- Par suite du rapprochement des murailles et cheminées, la capacité de l’antenne est trop grande.
- M. le D1 Voulgre, à Bayonne. — i° Votre antenne est bien disposée pour l’écoute de Fl et de Radiola, mais par contre est beaucoup trop longue pour la réception des ondes courtes, à moins d’employer un dispositif Reinartz ;
- 2” Il est normal qu’un amplificateur à résistances H. F. du modèle décrit ne donne qu’une très faible amplification avec 2 lampes.
- Vous pourriez peut-être cependant améliorer l’accrochage en modifiant la résistance selfique R'2. Celle-ci doit être réglée sur l’appareil pendant l’écoute de même que la résistance selfique Ll R4. On effectue facilement ce réglage en enlevant ou ajoutant des spires fil de maillechort isolé soie de 10/100 mm;
- 3° Vous pourriez obtenir de meilleurs résultats pour l’écoute de Radiola et des ondes courtes en remplaçant les résistances de 70000 w R,, R2, R3, par’des selfs;
- 4° Voici des adresses de maisons vendant des résistances et des selfs :
- Précision électrique, 10, rue Crocé Spinelli, Paris;
- Chabot, i5, rue de Berne, Paris;
- Sélectra, 104, rue de Richelieu;
- Le Matériel Radiotéléphonique, 84, boulevard La Tour Maubourg, Paris.
- 5“ Pour la réception des ondes courtes, il sera préfé-
- rable d’utiliser un dispositif d’accord en Tesla ou dérivation, réalisé avec des galettes fond de panier ou nids d’abeilles.
- Abonné U. R. S. /., à Paris. — Dans la réponse donnée dans le n° 2565, il est bien évident qu’il a été imprimé par erreur e au lieu de l dans les formules indiquées.
- M. Blanchard, à Aïn-Tédelès (Algérie). — i° Le dispositif Reinartz offre l’avantage de permettre l’utilisation d’une très longue antenne, même pour aa réception des ondes courtes. Si vous voulez employer ce dispositif il y a donc intérêt pour vous à avoir une grande antenne et non la petite antenne en nappe ou prismatique que vous indiquez.
- 20 Ce mode de réception est uniquement destiné à la réception des ondes courtes et n’offre donc aucun intérêt pour l’écoute des radio-concerts de la tour Eiffel.
- 3° Nous vous conseillons l’achat des condensateurs variables et des transformateurs B. F. à circuit magnétique fermé. Vous pourrez facilement construire tout le reste du poste avec le montage indiqué ou même avec n'importe quel montage simple.
- 4° Les connexions doivent être aussi courtes que possible, mais il n’est pas indispensable que le fil soit bobiné à spires jointives.
- 4e Voyez horaire donné dans La Nature.
- 5° Le Reinartz donne généralement une réception assez pure mais rarement très forte. Pour obtenir une forte réception en haut-parleur* il vaudrait mieux employer un des montages suivants :
- i° 1 lampe à résonance, 1 détectrice, 2 ou 3 lampes B F à transformateurs à circuit magnétique fermé ;
- 2“ 2 ou 4 étages à résistances ou à selfs et 2 étages B F. Réaction électro-statique. (Les résistances servent surtout pour la réception des longueurs d’onde moyennes : postes de Fl, S. F. R., Madrid, etc.);
- 3° Vous trouverez des schémas de ces appareils dans le Poste de VAmateur de T. S. F. Il est évident qu’avec ces dispositifs accordés il convient d’utiliser, pour la réception des ondes courtes, des antennes dont la longueur d’onde propre ne soit pas trop grande et du genre de celles indiquées.
- 4° Le poste de Radio-Riviera ne transmet plus actuellement. Il nous semble que vous exagérez beaucoup les avantages de la transmission par ondes courtes. La réception à grande distance de ces émissions offre des difficultés particulières très graves et un caractère d’instabilité très nuisible jusqu’à présent.
- M. L. C., à Paris. — i° Votre antenne nous semble trop longue pour la réception des ondes courtes ;
- 20 II existe deux moyens pour transformer un poste comprenant 1 lampe H. F. à résistances, 1 détectrice et 2 B. FK et permettre la réception des ondes courtes. On peut d’abord utiliser une self au lieu de la résistance de 70 000 ou 80 000 ohms, et employer en même temps une réaction électro-statique sans changer le reste du montage.
- On peut également employer ce qu’on appelle un bouchon, c’est-à-dire un circuit oscillant accordé, placé dans le circuit de plaque de la ir° lampe, à la place également de la résistance de plaque. Ce bouchon est réalisé simplement au moyen d’une galette de self et d’un condensateur variable de 1/1000 mf. (galette en fond de panier ou genre Corona). On emploie alors une réaction électromagnétique; le dispositif est formé par une galette de réaction placée dans le circuit de la deuxième plaque et couplée avec la galette de résonance.
- M. Hubert Hugoud, à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne). — i° Nous vous remercions de votre intéressante communication et.,en ferons part à nos lecteurs;
- 20 Vous trouverez les renseignements demandés dans :
- i° Le Poste de l’Amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur) ; — 20 Radiogrammes météorologiques^d’intérêt-général (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- M. J., à Bruxelles. — Le poste P. C. G. estla station de Kootwijk-Sambeck (Hollande). Le poste G. G. C. doit être un poste militaire anglais, sans doute en territoire occupé. ”
- M. Nivot, à Viverols (Puy-de-Dôme). — Nous vous conseillons la lecture de l’article très intéressant de M. Mesny sur l'étude des résistances et haute fréquence
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- BOITE AUX LETTRES
- paru dans les nos 3 et 4 de L’Onde électrique. Vous j pourrez par cet article vous rendre compte comment la résistance varie suivant la fréquence des courants, la nature des conducteurs et le montage des circuits oscillants .
- ( Hiegalen, à Paris. — i° Il n'est pas exact de s’appuyer, pour la compréhension des problèmes de T. S. F., où interviennent des courants de haute fréquence, sur des notions élémentaires indiquées pour l’étude du courant continu. Il y a d’ailleurs en T. S. F. un phénomène capital qui est la base de presque tout montage, c’est le phénomène d'induction et il peut servir généralement à expliquer des problèmes semblables à celui que vous nous posez. Le schéma que vous nous avez soumis est inexact, parce que le deuxième circuit oscillant ou secondaire comprenant la lampe détectrice n’a pas été complété. Nous ne voyons aucune difficulté à comprendre le schéma exact qui est d’ailleurs le montage classique Oudin ; le circuit primaire induit sur le circuit secondaire et ces deux circuits ont une partie commune. .
- 2° Voici une explication simple de l’effet détecteur produit par un condensateur shunté, explication due à M. Armstrong.
- On sait que l’espace filament grille ne laisse passer le courant que dans un seul sens (effet de soupape entre électrodes chaude et froide) de la grille vers le filament; intercalons un condensateur dans le circuit oscillant de grille et appliquons dans ce circuit une tension alternative. Un courant passera seulement dans le sens indiqué et le condensateur se chargera jusqu’à ce que son potentiel atteigne une valeur égale à celle du potentiel de la source productrice de tension. La grille sera alors devenue très négative, s’opposera au passage des électrons, d’où diminution du courant filament-plaque. Si l’on réunit maintenant les armatures du condensateur par une forte résistance, on permet au condensateur de se décharger sur cette résistance, le courant filament-plaque prend une valeur supérieure à la valeur précédente, bien qu'encore inférieure à la normale. Si on cesse de faire agir les courants alternatifs, le condensateur se décharge complètement sur la résistance et le courant filament-plaque reprend sa valeur normale. Finalement il y a modification de la valeur moyenne du courant filament-plaque et détection-, de plus, l’effet de relais aboutit à une augmentation de l’énergie recueillie.
- M. Robert Gouault, au Mans (Sarthe). — i° Voici les indications demandées au sujet du montage Reinartz modifié avec addition d’un étage à résonance. Le circuit accordé est monté de la manière suivante, la self L3 comporte 36 tours de fil 16/10 mm, deux couches coton sur un tube de 8 cm environ de diamètre et le condensateur C2 a une capacité de 1/1000 gf.
- Avec o,5/iooo gf, on atteint environ 200 mètres.
- Cet ensemble est très sélectif et son accord très difficile sans ondemètre.
- 2° Le montage Reinartz est spécialement destiné à l’utilisation d’une grande antenne, ce qui ne semble pas être votre cas. La réception est généralement pure, mais assez faible. Avec ce montage vous pourrez certainement avoir une bonne réception du poste des P. T. T., ce qui doit surtout vous intéresser. Vous pourrez sans doute aussi avoir de bonnes auditions des radio-concerts anglais. Pendant les essais transatlantiques de bons résultats ont été obtenus avec des montages Reinartz, mais généralement l’antenne était meilleure que celle que vous indiquez.
- M. G. Chardin, à Magny-en-Vexin (S.-et-O.). — ï° Pour bien recevoir les ondes courtes, il ne faut pas employer un amplificateur à résistances. Le plus simple est d’utiliser simplement, si vous avez une antenne suffisante, un détecteur à galène avec étages B. F. Vous pourriez même recevoir au casque avec un détecteur à galène employé seul, si vous désirez seulement avoir 1 audition des P. T. T. (antenne d’une vingtaine de mètres au moins). Vous pourriez également, et cette solution serait même préférable, utiliser une lampe détectrice à réaction suivie ou non d’étages B. F. Montage Tesla par exemple, selfs en nid d’abeilles (primaire 100 tours, secondaire 60 tours, l’éaction i5o tours).
- 20 Seule l’expérience peut vous apprendre si ce réseau proche de votre maison troublera l’audition. Dans ce dernier cas il vous resterait la ressource de recevoir sur
- cadre, ce qui serait facile en utilisant des étages H. F. à selfs ou à transformateurs ou-la superhétérodyne.
- MM. de Came, Courtrai (Belgique).— Pouradopter votre installation actuelle à la réception des ondes courtes il est d’abord nécessaire de modifier votre système d’accord”.
- i° Vous pouvez réaliser l’accord en dérivation, en Oudin ou en Tesla, au moyen de galettes fond de panier ou nid d’abeilles. L’accord en dérivation1 suffit généralement (Voyez Poste de l’amateur de T. S. F.). Utilisez un condensateur en série entre la galette et la terre;
- •2° Comme amplificateur, vous pouvez utiliser une lampe détectrice à réaction suivie de deux étages B. F. ou encore conserver votre appareil à résistances à 4 lampes, mais remplacer les résistances de 80 000 ohms par des selfs spéciales. Vous pouvez vous adresser pour obtenir ces selfs au Matériel Radiotéléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris ;
- 3° Vous pouvez obLenir des transformateurs B. F. chez n’importe quel fabricant d’appareils de T. S. F. par exemple :
- La Précision électrique, 10, rue Crocé-Spinelli, Paris (M*)- Sociétés. I. D. P. E., 10, rue du Faubourg-Montmartre, Paris. Etablissements Bardon, 6r, boulevard National. Clichy (Seine).
- 4° Vous pouvez également utiliser votre appareil en utilisant le montage superhétérodyne plus complexe, mais très puissant (Voyez n° 256i).
- M. A. Seeger, à Couvet (Suisse). — i° La réception sur cadre est à peu près la seule solution possible étant donné le rapprochement des lignes à haute tension;
- 20 Employez un cadre de 1 m. X 1 m. comportant 35 spires écartées de 1 cm ou un cadre de 2 m. ;< 2 m. comportant 26 spires écartées de 2 cm;
- 3° Ajoutez 2 lampes B. F. à la suite de votre amplificateur H. F. à résistances. Améliorez, s’il y a lieu, le dispositif de réaction électrostatique à l’aide d’une résistance selfique intercalée dans le circuit de la 4e plaque (Voir n" 256i) ;
- 4° L’appareil décrit dans le n° 256o ne comportait pas de réaction et devait toujours être employé avec hétérodyne séparée. Vous pouvez pour cette dernière employer à la rigueur la même batterie de chauffage que pour l’amplificateur.
- Pour les galettes de réaction en fond de panier, vous pouvez employer avec le bobinage double ordinaire une quarantaine de spires, 7 fentes, diamètre extérieur 8 cm environ (Voir Poste de VAmateur de T. S. F.).
- 5° Un condensateur de 1/10000 de gf à diélectrique de mica 6/100 comporte 2 armatures de i5 mm de long et de i5 mm de large (cette longueur étant évidemment la longueur efficace de l’armature).
- M. G. Maurel, à Marseille. — i° La réception sur cadre est possible, mais vous ne pourrez recevoir en haut-parleur les postes parisiens avec un appareil ordinaire. Par contre, ce mode de réception aurait l’avantage de diminuer les perturbations causées par les parasites et aussi par les inductions provenant dans votre ville des lignes à haute tension.
- Il faudrait dans ce cas utiliser un amplificateur à 2 ou 3 étages H. F., 1 détectrice et 2 étages B. F. Si vous désirez recevoir uniquement les concerts de la Tour Eiffel, vous pouvez utiliser un amplificateur H. F. à résistances; si vous voulez aussi recevoir les ondes courtes (vous ave2 dans votre région des postes de petites longueurs d’onde), le plus simple est d’utiliser des étagqs H. F. à selfs qui vous permettront de recevoir les ondes courtes et les ondes moyennes.
- En utilisant un dispositif -super hétéro dyne (Voir n° 256i), vous pourriez même recevoir en haut-parleur sur cadre et vous auriez intérêt à l’adopter, si vous voulez posséder un appareil très complet.
- 20 Si le voisinage des lignes à haute tension n’empêche pas l’installation d’une antenne, vous pourriez en choisissant ce collecteur d’ondes avoir une réception plus puissante (mais peut-être moins nette) au moyen d’un amplificateur simple. Vous pouvez utiliser dans ce cas un amplificatèur à 1 ou 3 étages H. F., 1 détectrice et 2 B. F. Les étages H. F. pourront être à résistances ou à selfs (Voir remarque ci-dessus) ;
- 3° Voici deux adresses de constructeurs :
- i° Etablissements Radio L. L., 66, bue de l’Université, Paris ;
- 20 Le Matériel radiotéléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- QSK,
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .....
- Résultats d’un quart de siècle de propagande décimale, pai; J. de Rey Pailhade, i br., 12 p., chez l’auteur, 18, rue Saint-Jacques. Toulouse, 1923.
- L’auteur montre que la division décimale du quart de cercle en 100 grades est déjà bien répandue; elle facilite les calculs, elle est du reste légale depuis 1919. Puis il demande pour l’usage scientifique seulement la division décimale du jour votée par la Convention le 4 Frimaire an II; il expose brièvement les moyens d’y parvenir.
- La pratique des abaques, par R. Jamin. i vol. 19 X 28, de vm-128 p., 67 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix : broché, i5 francs.
- La nomographie est une science relativement récente. Les divers ouvrages traitant ce sujet sont très volumineux et très complets. Mais à la pratique, on s’aperçoit-que les notions susceptibles d’intéresser directement l’ingénieur sont relativement' simples et peu nombreuses. L’auteur s’est proposé de les condenser à la lumière de son expérience.
- Il proscrit tous les types d’abaques dont l’établissement est trop compliqué et n’abuse pas de la théorie.
- Par contre il multiplie les exemples pratiques, ce qui rendra grand service aux ingénieurs et techniciens.
- Pour comprendre la géométrie dans l’espace, par l’abbé Th. Moreux. i vol. 200 p., i5o fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- L’auteur réduit la géométrie dans l’espace aux théorèmes nécessaires à l’évaluation des volumes. Il les illustre de figures très claires et suggestives destinées à aider le lecteur à voir dans l’espace. Il étudie ensuite les sections coniques, et termine par les premiers rudiments de la géométrie analytique et de l’étude des fonctions.
- Electrodynamics of moving Media, by Swann, J.-T. Tate, N. Bateman et E.-H. Kennard, i vol. 172 p., publié par The National Research Council of the National Academy of Sciences, Washington, 1922.
- C’est une question capitale dans la physique théorique moderne que celle de l’électrodynamique des corps en mouvement : abordée par Lorentz et Poincaré, elle a été la véritable origine des théories relativistes. Les auteurs de cette brochure donnent un exposé d’ensemble de la question telle qu’elle se pose aujourd’hui.
- L’électricien pratique, par E.-H. Weiss, i vol. illustré, i5o p., n3 fig. Hachette, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 fr. 5o. ‘
- Ce livre est destiné à faciliter aux électriciens amateurs l’exécution tout d’abord des travaux d’installation les plus simples, puis des montages plus savants, et enfin la construction d’appareils utiles ou amusants : L’auteur examine tout d’abord les organes essentiels d’une installation domestique alimentée par le secteur, puis les piles et les moyens de les construire soi-même, les accumulateurs, la façon de les charger et de les entretenir, les sonneries et les divers montages auxquels elles se prêtent, l’installation de l’éclairage, du chauffage et la construction de petits moteurs. Gn trouvera dans ce livre nombre de recettes, tours ' de mains et montages intéressants, souvent originaux et dont la plupart du reste ont fait l’objet d’articles publiés ici même.
- Guide-manuel pratique de l’ouvrier électricien, par H. de Graffigny, 5° édition refondue et augmentée,
- 1 vol. in-i6,63o p., 233 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923, Prix broché : 18 francs.
- Cette nouvelle édition se distingue des précédentes par la place beaucoup plus grande donnée aux procédés purement pratiques de montage, de surveillance et d’entretien, concernant les génératrices, accumulateurs, lampes, moteurs, etc.
- Conlribuiçao ao Estudo do Clima do Brasil., par le Dr Henrique Morize, i vol. 118 p. avec cartes et graphiques. Imprensa Nacional, Rio de Janeiro, 1922.
- Dans ce volume le savant directeur de l’Observatoire de Rio de Janeiro définit les caractéristiques essentielles du climat du Brésil, telles qu’elles ressortent des chiffres relevés dans les observatoires.
- La pratique de Valimentation des nourrissons. Aliments
- * normaux. Aliments de régime, par le D’ Georges Schreiber. 1 vol. in-16, 317 p., 21 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 12 francs.
- Les produits diététiques du premier âge sont très nombreux. L’auteur n’a retenu que ceux qui présentent un intérêt réel et qui lui ont fourni de bons résultats dans sa pratique personnelle. Le mode de préparation de chaque aliment est décrit avec soin. Pour chacun d’eux, l’auteur précise les indications, le mode d’administration, la composition, les avantages et les inconvénients. La pratique de l’allaitement normal, de la correction du lait, de la stérilisation, du sevrage est étudiée avec précision. Les différents laits modifiés qui peuvent, suivant les circonstances et la tolérance du tube digestif, servir à l’alimentation du nourrisson, sont étudiés à tour de rôle : lait homogénéisé; laits concentrés; laits condensés, lait sec; lait écrémé; laits présurés et peptonisés, lait humanisé ; laits hypersucrés; laits fermentés : babeurre, képhir, laits caillés, etc.
- L’alimentation des enfants prématurés et débiles, l’administration des bouillies normales et de régime (bouillies au babeurre, bouillies maltosées), l’administration de la viande et de ses succédanés ; les modalités de la diète hydrique sont exposées d’une façon méthodique. Le dernier chapitre est consacré aux associations alimentaires et aux régimes de transition qui demandent tant de doigté de la part du médecin et de l’entourage du nourrisson.
- Pharmacodynamie des colloïdes, Chocs pathologiques et thérapeutiques, par le Dr W. Kopaczewsici, i vol. in-16, 276 p. Gaston Doin, Paris. Prix : 10 francs.
- Cet ouvrage s’adresse à la fois aux biologistes, aux médecins et aux pharmaciens chimistes. Les premiers y trouveront une mise au point, concernant les phénomènes de chocs, un résumé des travaux expérimentaux de l’auteur, et une critique serrée des conceptions anciennes. Les médecins pourront grâce à ce livre s’orienter facilement dans les conceptions pathogéniques nouvelles, se rendre compte des actions thérapeutiques des colloïdes et faire un choix judicieux des préparations et du mode d’introduction.
- Mélodies populaires indiennes (Equateur, Pérou, Bolivie), par M. Béclard d’Harcourt, i vol. in-4, 127 p. Ricordi, Milan et Paris. Prix : 12 francs.
- Il est rare que La Nature signale des livres de musique, mais quand un de ceux-ci joint.au charme de mélodies populaires délicieuses la révélation du caractère d’un peuple, il a sa place dans cette R.evue. Mme d’Harcourt a parcouru les hauts plateaux de l’Equateur, du Pérou et de la Bolivie ; elle y a recueilli les chants les plus primitifs, les mélodies indiennes pures ou à peine métissées par l’art espagnol, et elle a choisi pour ce recueil 46 chants et 9 airs de flûte les plus caractéristiques. C’est une révélation d’un art remarquable, aussi caractéristique . que les motifs des dessins mexicains et indiens, et ceux qui étudieront ces mélodies ajouteront au plaisir esthétique de leur exécution, la pénétration du caractère, de l’âme des peuples primitifs du Nouveau Continent.
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- LA NATURE
- Supplément
- Les hélicoptères. — Nous empruntons à notre confrère l’Aérophile le résumé suivant des récents essais d’hélicoptères effectués en France par MM. Pescara et Œhmichen, aux Etats-Unis par M. de Bothezat :
- « Au début du mois de mai, Œhmichen et Pescara accomplissaient, à quelques jours d’intervalle, les premiers circuits fermés en hélicoptère. M. Pescara s’engageait aussitôt pour le prix de l’Aéro-Cluh qui doit être attribué à l’hélicoptère qui, le premier, aura accompli un circuit fermé d’un kilomètre à une hauteur supérieure à i m., avec départ et atterrissage à l’intérieur d’une circonférence de 10 m. de diamètre.
- De son côté, M. Œhmichen tentait d’effectuer officiellement l’épreuve de réception imposée par le Service technique de l’Aéronautique à son appareil, savoir : un stationnement de o minutes. Malgré le mauvais temps, l’un et l'autre constructeur ont multiplié, au cours de ces derniers mois, les tentatives, et si leurs efforts n’ont pas encore été entièrement couronnés de succès, il est juste de reconnaître que les résultats qu’ils ont obtenus marquent un sérieux pas en avant.
- Depuis la première tentative de M. Pescara, du 14 mai, pendant laquelle il accomplissait une ligne droite de 57 m. dans des conditions de stabilité assez précaires, il a pu améliorer sa performance jusqu’à 121 m., donnant l’impression d’une stabilité très satisfaisante le 7 juin.
- Le jeudi 24 mai, à Yalentigney, M. Œhmichen tentait un premier essai à 5 h. du matin, au cours duquel, après s’être élevé à une hauteur de 2 m. environ, il réalisait un vol de 5 minutes, talonnant trois ou quatre fois seulement le sol avec ses butées spéciales.
- Le vendredi 25 mai, à 2 h., l’appareil accomplissait, malgré un vent de 3 m./sec. environ, trois vols d’une durée de 6 à 8 min. chacun, s’élevant facilement à 3 m. de hauteur et se stabilisant aisément pendant des périodes de 2 min., sans toucher le sol.
- Enfin, le soir vers 18 h., M. Œhmichen faisait un essai de 5 minutes, comportant en particulier deux périodes de 2 min. de vol, sans reprise de contact avec le sol.
- La physionomie de chacun de ces essais était la suivante : une montée à 2 m., un stationnement assez long à cette hauteur; puis, sous l’action du vent, des oscillations de courte durée (une oscillation et demie), mais avec perte de hauteur et parfois prise de contact avec le sol. A la fin du dernier essai, les engrenages s’étant mis à chauffer, il fallut interrompre les expériences.
- Dans l'ensemble, l’appareil donne l’impression d’une grande stabilité. Son obéissance aux commandes est assez lente, mais effective. On peut dire que l’appareil est en mesure de satisfaire aux épreuves de réception imposées par le Service technique, et de réaliser des performances notables, si les circonstances le favorisent un peu ».
- Ajoutons que depuis lors, à la suite de nouvelles expé-siences,! hélicoptère Œhmichen ayant satisfait aux conditions fixées a été acquis par le Service technique de l’Aéronautique.
- « En regard de ces expériences d’appareils construits en France, il nous faut signaler, dit notre confrère, les très intéressants résultats obtenus par M. G. de Bothezat, à Dayton, Ohio. Nous avons dit que l’hélicoptère dé M. de Bothezat, construit pour le compte du gouvernement des Etats-Unis, avait effectué, depuis le 19 octobre 1922 jusqu’en mars 1923, une série d’essais dont nous avons noté les plus caractéristiques. C’est pourtant depuis le début d’avril seulement que, le temps étant plus favorable aux essais, l’appareil a pu procéder à des expériences journalières.
- Des vols répétés avec quatre hommes à bord, le pilote et trois hommes accrochés aux extrémités, montrent la grande stabilité et la manoeuvrabilité de l’appareil, car le passager, placé derrière le pilote, constitue un poids ûon équilibré que le pilote doit compenser par une manœuvre spéciale.
- L’appareil permet de décoller et d’atterrir " verticalement. Il peut tourner sur lui-même grâce à l’action de deux petites hélices spéciales à axe horizontal. La translation est réalisée par l’inclinaison de l’appareil obtenue à l’aide de ses gouvernes. La descente planée de l’appareil, moteur arrêté, n’a pas encore été tentée.
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- ^ %llet 1923
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- Pour compléter les renseignements techniques déjà donnés sur l’appareil, signalons qu’il pèse t5oo kg à vide, qu’il est muni de 4 hélices sustenlatrices de 8 m. de diamètre, du type plan-radial, que son moteur est un B. R. 2 de 200 C. V. et que la charge maximum qu’il a été jusqu’ici capable d’enlever est de 45o kg (cinq hommes, huile et essence). Un certain nombre de renseignements nous manquent encore pour définir exactement les données techniques de cet appareil. »
- Radio-téléphonie transatlantique. — Le même numéro des Annales des P. T. T. rend compte, d’après le journal The Electrician, des essais de radio-téléphonie transatlantique dont nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs. Il indique, entre autres, que le procédé de transmission, consistant à envoyer une seule bande de l’onde totale modulée, au lieu des deux bandes et de l’onde porteuse, procédé que nous avons décrit, permet les mêmes résultats avec une énergie trois fois moindre que si l’onde porteuse modulée était transmise en totalité. Dans les expériences, la bande de fréquence à transmettre est amplifiée au moyen de lampes à trois électrodes d’une puissance de 60 kilowatts. Cette énergie équivaut à peu près à une énergie de 200 kilowatts lorsqu’on emploie les procédés ordinaires. Ces essais ont d’ailleurs pour but, non pas simplement des études scientifiques, mais l’établissement d’un véritable service commercial et régulier entre l’Angleterre et l’Amérique. Jusqu’à présent, les résultats ont été encourageants et l’audition était satisfaisante à n’importe quel moment pendant ?4 heures par jour; cependant, les expériences avaient été faites en hiver, époque la plus favorable de l’année, et il sera sans doute nécessaire d’augmenter l’énergie utilisée par le poste d’émission lorsque les parasites seront plus intenses. Rappelons que la réception se faisait à l’aide d’un cadre offrant l’avantage expliqué plusieurs fois de supprimer les résistances de terre et de conserver des données constantes.
- La transmission des opéras par émissions radio-téléphoniques. — Les Annales des P. T. T. de juin 1923 donnent la description d’un dispositif employé pour la transmission des représentations théâtrales. Les acteurs se déplaçant sur le plateau il a fallu installer plusieurs microphones disposés : l’un au-dessus des fauteuils d’orchestre, le deuxième et le troisième près de la rampe, à droite et à gauche de la scène. Enfin, trois autres microphones entrent en action à un moment donné. L’action de ces microphones est jugée par un observateur assis dans une loge qui ordonne à l’opérateur de mettre en circuit le microphone choisi. L’opérateur, à son tour, met le microphone en communication avec les appareils de transmission au moyen d’un petit tableau de commande.
- Emission par cadre. — Les cadres servent presque uniquement à la réception, mais peuvent aussi, dans certaines conditions particulières, jouer le rô.e d’émetteur d’ondes. Les Annales des P. T. T. de mai relatent des expériences effectuées au moyen de cadres fermés à Stonehaven et Northolt. Dans la première station, le cadre circulaire de 45 cm comprenait 36 spires ; en appliquant à ce cadre un courant H. F. de 35 ampères, les signaux étaient reçus avec une lisibilité parfaite à 23 kilomètres.
- Dans la deuxième station, le cadre de 42 spires avait un diamètre de 1 m. 80. Si on faisait passer dans ce cadre un courant à H. F. de 36 ampères, on pouvait obtenir à 16 km une forte réception en haut-parleur.
- Statistique de l’aéronautique aux Etats-Unis. — D’après Aviation, l’Air Service Américain dispose actuellement des appareils suivants, en fonctionnement sur le territoire :
- Avions d^entraînement, type J N 4- • • • 383
- — — type INC..., 5oi
- — d’observation, type J N 4 B , . . 613
- — de chasse, type S E 5.............i63
- — de bombardement, type MB... ai
- Ballons libres sphériques.............. 35
- — libres divers. . . ............. 20
- — d’observation, type.R. ..... 448
- Dirigeables souples.............. . . i3
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- INFORMATIONS
- En outre, les appareils suivants sont en commande :
- Avions de chasse, type M D 3 A. . . . . 200
- —- — type S E 5............. 5o
- — — type P W 2.............. 10
- Avions de bombardement, type N B S I . 110
- — d’entraînement, type T A 3 . . 10
- — — type Y E 9 . . 27
- — d’observation, type D H 4 B . 200
- — postaux......................... 20
- Dirigeables souples .................... 7
- Dirigeable semi-rigide.......... . . ' . 1
- Une jolie flotte aérienne!...
- Le pavé de Paris. — On sait combien les chaussées parisiennes ont souffert du manque d’entretien pendant la guerre. Aussitôt les hostilités terminées, la Yille de Paris s’est attaquée à la remise en état de sa voirie; elle fut ainsi amenée à entreprendre de vastes travaux d’autant plus difficiles que la circulation s’est considérablement intensifiée et a changé de caractère, par suite de la multiplication des automobiles. Dans une intéressante étude que publie le Génie civil, M. Biette expose les données du problème, et les grandes lignes du programme adopté pour le résoudre. On aura une idée de la grandeur de la tâche par les chiffres suivants : l’ensemble des rues de Paris dont le développement mesurait 1025 km au ier janvier 1923 couvre une superficie de 1682 hectares dont 947 pour les chaussées et 734 pour les trottoirs et contre-allées. Une dépense de 147 millions est prévue pour la restauration de ces chaussées et trottoirs.
- Paris utilise 4 sortes de pavages : le pavage en pierre, l’empierrement, le pavage en bois et l’asphalte comprimé. Le pavage en pierre est employé depuis fort longtemps et aujourd’hui encore recouvre la majeure partie des chaussées parisiennes ; il a été imposé par Philippe Auguste en 1184. Il représente aujourd’hui encore le revêtement le plus solide et le plus durable ; mais il sonne et propage aisément les vibrations. Aussi est-il pendant longtemps tombé en défaveur. La surface, pavée en pierre, qui atteignait 6 362 63o m2 en 1892 était tombée à 5 32i 670 en 1917. Grâce à une meilleure compréhension des services que peut rendre ce revêtement, la surface s’est légèrement relevée en ces dernières années pour atteindre 5 3g4 460 m2 en 1923. L’empierrement macadamisé s’est développé à partir de 1848 ; mais il présente de graves inconvénients : boueux en hiver, poussiéreux en été, il est d’entretien fort onéreux. Dès 1851 on commença à en réduire la superficie ; cependant en 1872 les empierrements couvraient encore le quart des chaussées parisiennes. Sous l’impulsion d’Alphand, de nouvelles suppressions furent réalisées à partir de 1872. Cependant en igi3 on comptait encore
- 1 067 000 m2 de chaussées empierrées. Le développement de la circulation automobile exige aujourd’hui la suppression de ce revêtement dans toutes les voies quelque peu fréquentées; aussi est-il en voie de rapide disparition; il ne recouvre plus aujourd’hui que 58g 000 m2.
- Il y a lieu de signaler parmi les revêtements destinés à remplacer le macadam le revêtement mosaïque formé par une série de petits cubes de pierre dure, de 7 à 10 cm d’arête, disposés suivant une série d’arcs de cercle sur une fondation solide avec interposition d’une légère couche de sable. Cet empierrement perfectionné, inauguré en 1908, a donné de bons résultats et est appliqué aujourd’hui sur 46 65o m2.
- Après le pavage en pierre, c’est le pavage en bois qui est le plus employé sur les,chaussées parisiennes; les premiers essais remontent à 1842; mais c’est seulement depuis 1881 que ce pavage est entré dans la pratique courante. Sa douceur, son insonorité lui ont acquis rapidement une faveur marquée, et sans doute exagérée. De 428 600 m2 en 1887, sa superficie est passée à
- 2 438 3io m2 en 19x4 et n’a plus sensiblement varié depuis. Elle est même en légère décroissance.
- Depuis quelques années, le revêtement en asphalte comprimé se développe. Les premiers essais remontent à 1887; mais, exécutés avec des procédés défectueux, ils ne furent pas immédiatement suivis d’applications. Ce n’est que 18 ans plus tard que l’on trouva le véritable mode d’emploi de l’asphalte qui consiste à réduire en poudre la roche asphaltique naturelle et à la reconsti-
- tuer en quelque sorte sur le lieu même d’emploi en l’appliquant après l’avoir chauffée et en la comprimant fortement. Ce procédé se développa peu à peu. Mais on-reprochait à l’asphalte de donner un pavé glissant, dangereux pour les chevaux. Cette objection a disparu avec la réduction de la circulation hippomobile ; aussi en ces dernières années le revêtement en asphalte a-t-il fait de rapides progrès; de 419670 m2 en 1911 il est passé à 825 090 m2 en 1917 et 1 037 400 m2 en 1923.
- Actuellement, les tendances de la municipalité parisienne en matière de revêtements de chaussées sont les suivantes : supprimer aussi promptement que possible les empierrements ; considérer le pavage en pierre d’échantillon comme le revêtement normal et le développer autant que faire se pourra, s’en tenir pour le pavage en bois aux surfaces revêtues de cette manière et même faire disparaître celles de ces chaussées pour lesquelles l’expérience a montré que le pavage en bois n’était pas indiqué; développer l’asphalte comprimé.
- Pour donner un aperçu de l’intensité des travaux de réfection signalons qu’en 1921 la Yille de Paris a refait 182 960 m2 de pavage et transformé, c’est-à-dire refait à neuf, 171 120 m2. En 1922 elle a refait 341 63o m2 et transformé 220790 m2.
- Les moyens de communication en Bulgarie. —
- Le territoire bulgare est divisé par la grande chaîne des Balkans (Stara Planina), en deux parties, ayant leur plus grande longueur de l’ouest à l’est, et débouchant sur la mer Noii’e par les ports de Bourgas et de Yarna. La partie septentrionale est limitée au nord par le Danube, fleuve navigable qui la sépare de la Roumanie et la met en rapport, d’un côté avec la mer Noire et de l’autre avec la Yougoslavie, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et l’Autriche. D’autre part, la Bulgarie méridionale, arrosée par la Maritsa, s’ouvre sur la Thrace orientale. Le débouché sur la mer Egée qu’avaient acquis à la Bulgarie ses victoires sur les Turcs en 1912-1913 lui a été inopportunément enlevé par le Traité de Neuilly et on n’a pas encore trouvé le moyen pratique de lui assurer, à Dédéagatch, l’issue commerciale promise par l’article 48 de ce traité.
- Le réseau ferré bulgare, appartenant en entier à l’Etat, comprend actuellement 3120 km. dont 2683 à voie normale et 437 km à voie étroite (60 et 76 cm).
- La grande ligne internationale qui relie l’Europe Occidentale et Centrale à Constantinople passe à Sofia, puis traverse la Bulgarie méridionale en suivant le cours de la Maritza.
- Deux lignes principales traversent dans toute leur longueur les régions au N. et au S. des Balkans et relient Sofia aux deux ports de Yarna (par Plévèn et Choumèn) et de Bourgas (par Philippopoli et Stara-Zagora). Cette dernière ligne se confond avec la ligne internationale jusqu’à Philippopoli.
- Une ligne transbalkanique traverse le pays du sud au nord, de Philippopoli à Roustchouk par Stara-Zagora et Trnovo.
- Des lignes secondaires ou des embranchements desservent les chefs-lieux de département, les ports du Danube et les villes industrielles, Sliven, Gabrovo, Kazanlyk.
- Le réseau bulgare se relie aux chemins de fer serbes à Tsaribrod, orientaux (Thrace, Constantinople) à Svilengrad, roumains à Oborichté (ligne de Dobroudja). Le pont sur le Danube dont il a été si souvent question ne sera sans doute pas construit de si tôt, et, en attendant, un service de bateaux assure le transbordement entre les lignes bulgares (Roustchouk) et Roumaines (Giurgiu).
- D’après des renseignements publiés récemment par le Ministère des Travaux publics, le réseau routier comprendrait 7000 km de routes nationales, dont 3ooo km en bon état et 2200 dans un état qualifié de moyen, et 4800 km de chemins vicinaux dont 2600 en bon état et 1000 passables.
- A côté des grands ports de Yarna et Bourgas, la Bulgarie possède sur la mer Noire quelques petits ports de pêche, Mesemvria, Anhialo, Sozopol, Yassiliko, Ahtopol et sur le Danube, plusieurs ports ou échelles dont les principaux sont par ordre d’importance : Roustchouk, Lom-Palanka, Yidin, Somovit, Svichtov, etc.
- En dehors du Danube aucun cours d’eaii bulgare n’est actuellement navigable*
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «w. Chroniques de T. S. F. ?<$>
- La réception sur cadre des émissions radiotélé-phoniques. Ses conditions actuelles et son avenir.
- — Nous avons déjà dans le n° a54o de La Nature indiqué les avantages et les difficultés de la réception sur cadre des émissions radiotéléphoniques. Dans len° 256i de La Nature, nous avons également décrit le dispositif superhétérodyne, qui permet l’audition en haut-parleur sur cadre à des distances dépassant parfois 1000 kilomètres.
- Dans ces articles, nous avons toujours, en notant les possibilités de la réception, suivant la puissance actuelle des postes d’émission (à ce moment la Tour Eiffel n’avait qu’une puissance de 800 watts), exprimé l’opinion qu’avec l’augmentation de puissance des stations émettrices et leur multiplication, l’emploi du cadre deviendrait de plus en plus facile et répandu.
- Depuis quelques mois, les stations de la Tour Eiffel et de la S. F. R. ont beaucoup amélioré leurs émissions, des stations régionales ont été créées; les difficultés de la réception ont par conséquent beaucoup diminué; l’installation prévue d’autres stations régionales ne peut manquer d’augmenter encore le nombre des adeptes de ce mode de réception. Nous nous proposons dans
- cet article d’indiquer les possibilités actuelles de la réception sur cadre et son avenir, lorsque toutes les stations régionales seront en fonctionnement.
- Nous ne reviendrons plus en détail ici sur les avantages et les difficultés du procédé qui sont d’ailleurs évidents. Nous désirons seulement préciser encore certains points particuliers.
- Le grand avantage obtenu par l’emploi de ce collecteur d’ondes, sinon le principal, est la diminution des parasites. Presque jamais, même pour la réception des ondes courtes, la réception n’est impossible avec un cadre, lors même des conditions atmosphériques les plus défavorables ; le plus souvent, l’audition est parfaitement pure, et, maintes fois, il nous est arrivé d’obtenir de bonnes réceptions, alors que les résultats étaient peu satisfaisants avec des postes sur antenne de la même localité. Le réglage, de plus, est parfaitement stable, alors que la capacité de l’antenne varie (surtout dans les régions où soufflent des vents violents).
- Il y a encore un point généralement ignoré des amateurs. Le bon fonctionnement des amplificateurs, et surtout des amplificateurs à résonance, dépend des données du circuit antenne-terre ; c’est ce qui explique pourquoi un très bon appareil fournissant d’excellentes réceptions avec une antenne et une prise de terre déterminées donnera parfois de très mauvais résultats en un autre endroit. On impute alors, mais à tort, la responsabilité de cet échec au constructeur de l’amplificateur. Avec le cadre, de pareils mécomptes ne peuvent survenir; un cadre d’un diamètre déterminé, comportant un certain nombre de spires, écartées d’un espace donné, permettra partout la même audition avec un bon appareil.
- Après avoir précisé ces détails, examinons maintenant les possibilités actuelles du problème ; nous nous baserons sur des expériences récentes exécutées d’une, façon très méthodique dans le Midi et le Centre de la France par M. Maurice Dupont, et par l’auteur en Bretagne.
- On peut conclure de ces expériences que la réception sur cadre en haut-parleur du « broadcasting parisien » est désormais possible à plus de 600 kms de la capitale. Quant à la réception au casque, elle est possible dans toute la France. Nous ne voulons indiquer ici que des essais effectués avec des appareils simples à amplification directe, sans emploi de la superhétérodyne, qui, elle, permet l’audition en haut-parleur dans toute la France. . .
- Fig. r. — Cadre carré de 1 m.
- La description des appareils employés et le détail des expériences comportent d’utiles enseignements; nous allons donc examiner maintenant sommairement les postes de réception et les ré-glages utilisés.
- Les cadres essayés étaient les suivants :
- i° Cadre carré de o m. 60 de côté bobiné sur bois, comportant 5o spires écartées de 4 mm. Ce cadre n’a d’ailleurs pas donné de bons résultats ;
- 20 Cadre carré de
- 1 m. de côté (fig. 1).
- Ce cadre,tendu également sur bois,comprenait 35 spires de fil 8/10 mm, isolé deux couches coton. Les spires étant écartées de 6 mm. ;
- 3° Cadre carré de 2 m. de côté (fig. 2 et 2 bis). La carcasse en était entièrement démontable et vissée. Les spires de fil, également de 8/10 mm au nombre de 25, étaient tendues sur air et écartées dei5 mm.;
- 4° Cadre tendu sur un mur de 3 m. X 2 m. 5o comportant 20 spires écartées de
- 2 cm (fig. 3) ;
- 5° Cadre pour ondes courtes, tendu en spirale plate de 1 m. 5o X 2 m., formé d’une carcasse en hêtre (fig. 4), sur laquelle étaient enroulées 7 spires de câble
- Fig. 2.
- Carcasse du cadre carré de 2 m.
- Encoche s’emboîtant sur te bâti du cadre
- Lr
- 0m‘t0
- “U
- Fig 2 bis.
- Support servant à assurer la tension du fil...
- Support en bois paraffiné avec traits de scie
- Fig. 3. — Cadre de 3 m. tendu sur un mur.
- 9/10 mm à brins émaillés. L’essai de tous ces cadres a permis d énoncer les conclusions suivantes :
- i° Avec des cadres au-dessous de 1 m. de côté, le rendement est tout à fait insuffisant à grande distance ;
- 20 Au-dessus de 1 m. de côté, l’amplification n’augmente pas proportionnellement aux dimensions. Le cadre de p7 2 m. donne de très bons résultats, mais celui de 2 m. X 3 m. ne donne pas une puissance de beaucoup, supérieure à celui de 2 mètres de côté ;
- 3° Pour les ondes courtes, l’établissement rapide d’un grand cadre Fig. 4. Cadre pour ondes courtes tendu le long d’un mur à spirale plate,
- et comportant 3 spires a-
- de 4 m. X 3 m. a permis, au contraire, de se rendre compte qu’il y avait intérêt à augmenter les dimensions (donc à diminuer le nombre des spires et la capacité),
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- mais il y aurait sans doute aussi une limite optima. Remarquons bien qu’il n’y a pas eu emploi de la superhétérodyne, avec laquelle, nous l’avons dit, on peut employer un cadre de dimensions réduites et comportant plus de spires.
- En résumé, pour les longueurs d’onde de 1000 m. à 4000 m., il ^ convient d’employer des cadres de 1 m. à 2 m. de côté avec spires
- indiquée par la figure 9. Cet amplificateur était non seulement d’un rendement supérieur pour la réception S des ondes moyennes, mais il pouvait assurer l’audition
- Ulooo p.f
- Fig. 5. — Accord par condensateur à air.
- écartées de 5 mm à i5 mm; il n’y ~ Ü; a pas grand intérêt à augmenter 80v\ les dimensions au delà de 2 mè- -±
- U.
- très.
- Pour les ondes courtes, par contre, si on utilise l’amplification directe, il y a intérêt à avoir un cadre d’assez grandes dimen-de 1 m. 5o à 2 m. de côté.
- à
- placé
- sions et au moins
- L’accord maintenant, était réalisé simplement à l’aide d’un condensateur à air de 1/1000 gf. placé en dérivation (fig. 5).
- Les amplificateurs essayés étaient à étages haute fréquence à résistances, à selfs et à transformateurs; les étages basse fréquence étaient à transformateurs à fer à circuit magnétique fermé.
- L’appareil à transformateurs utilisé était du type L, et comportait trois étages haute fréquence par transformateurs, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence (fig. 6) ; il a donné particulièrement de bons résultats pour la réception des émissions de la Tour
- Sbrtie
- Entrée
- Fig. 8. — Amplificateur à selfs.
- Fig. 6. — Amplificateur à transformateurs.
- Eiffel. Comme il ne comportait pas de dispositif de réaction on se servait d’une hétérodyne séparée, suivant la méthode décrite dans le n° 2540 et le Poste de VAmateur de T. S. F. ; c’est-à-dire en réglant le condensateur de l’hétérodyne dans la « zone de silence ».
- Quant à Y amplificateur à résistances (fig. 7) il était monté avec quatre étages à haute fréquence dont le dernier auto-détecteur et il était pourvu d’une réaction électro-statique par compensateur à trois armatures; à la suite de ces étages à haute fréquence étaient placés deux étages à basse fréquence. Cet appareil a permis l’écoute en haut-parleur des émissions de la Tour Eiffel et de la S. F. R., mais n’a pu évidemment, pour les
- des ondes courtes jusque vers 400 m. de longueur d’onde.
- Quant au deuxième amplificateur à selfs il comportait deux étages à haute fréquence et une lampe détectrice suivie de trois étages à basse fréquence, à transformateurs à fer, circuit magnétique fermé (fig. 10). Les selfs étaient à noyaux de fer (du type Lévy) ; on obtenait l’effet de diminution d’amortissement, c’est-à-dire de réaction, par la manœuvre des noyaux en se maintenant toujours à' la limite antérieure d’accrochage. Ce dernier appareil a permis la réception en haut-parleur dans Ær/réune salle de 10 m. des émissions de la S. F. R. et de la Tour Eiffel et a aussi donné de bons résultats pour la réception des ondes courtes (on changeait alors la première self).
- Un point important est à noter lorsqu’on emploie la réaction électrostatique (il en est de même pour la
- Fig. 9. — Une self de l’amplificateur de la fig. 8.
- itV z
- 80V
- Entrée
- Compensateur Fig. 7. — Amplificateur à résistances.
- raisons générales déjà expliquées dans le n° 256i, permettre la réception des ondes courtes.
- Le premier amplificâteur à selfs [(fig. 8.) comportait un schéma de montage absolument identique à celui de l’amplificateur précédent ; les résistances de plaque étaient seulement remplacées par des selfs de la forme
- Fig. 10. — Autre amplificateur à self.
- réaction électromagnétique) ; il est nécessaire que « l’accrochage » des oscillations soit très progressif
- Pour obtenir c,e résultat on intercale, comme le montre la figure, une résistance selfique formée avec du fil de maillechort isolé soie de 10/100 mm. Cette Sortie résistance
- doit être ré- Disque de presspabn
- glée en même Cylindre temps que en bois l’arnplifica-^mme/a^ teur, en s’aidant des indications d’un milliampère-mètre placé
- dans le circuit de plaque; elle peut être bobinée sur un anneau isolant ou en forme de spirale plate (fig. 11).
- L’étude du fonctionnement de ces amplificateurs a permis d’arriver aux conclusions suivantes :
- i° Il est nécessaire, pour obtenir une bonne audition en haut-parleur sur cadre à grandes distances, d’avoir
- Fig. 11. — Résistance selfique.
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- deux ou trois étages à haute fréquence avant la détection et deux ou trois étages à basse fréquence.
- 2° Une condition essentielle pour avoir un bon résultat est d’utiliser un dispositif de réaction sensible et progressif ou d’utiliser une hétérodyne séparée.
- Ces conditions sont faciles à réaliser. On trouve dans le commerce des appareils d’un prix relativement peu élevé qui les remplissent et, d’ailleurs, la construction de semblables modèles est aisée avec un peu d’attention.
- Le nombre d’étages à utiliser ne dépasse pas le nombre de six dans tous les cas ; il est utile de rappeler aux amateurs, auxquels ce nombre de lampes peut paraître élevé, que, pour obtenir une bonne audition en haut-parleur sur antenne, il est généralement nécessaire d’employer au moins quatre étages; avec l’emploi du cadre et de ses nombreux avantages il n’est donc nécessaire que d’employer deux étages en plus et la différence de prix correspondante est minime, en réalité.
- Pour cette raison, ajoutée à toutes lés autres déjà énumérées, il nous semble que dès à présent l’emploi du cadre est parfaitement justifié dans un rayon de plus de 600 km autour du poste émetteur et même lorsque l’amateur désire recevoir en haut-parleur.
- Mais le broadcasting français n’est encore qu’en période de transition, si le vaste programme, dont M. le général Ferrié a donné l’esquisse dans une récente conférence, est réalisé.
- La France, d’après cette nouvelle organisation, serait partagée en un certain nombre de régions, chacune ayant son poste d'émission. Les postes militaires et les postes des P. T. T. émettraient à certaines heures,
- chacun à l’usage de sa région. Les postes de Lyon, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, seraient les premiers postes qui entreraient en fonctionnement (Lyon émet déjà].
- Dès l’achèvement de ce projet, non seulement l’écoute sur antenne avec simple détecteur à galène deviendrait possible pour ceux que le manque de ressources contraint à ignorer les lampes ; mais encore la réception sur cadre en haut-parleur serait facile *avec qnatre étages, au maximum. Seuls les amateurs désirant recevoir, non pas des postes régionaux, mais la majorité des postes français devraient encore utiliser six étages. Quant à l’écoute au casque, elle serait alors possible avec deux ou trois étages au maximum.
- On voit que la réception sur cadre a fait depuis moins d’un an des progrès importants, dus d’ailleurs plutôt au perfectionnement des postes d’émission qu’à celui des méthodes de réception, lesquelles ont seulement gagné à être précisées.
- Alors que l’an dernier il était à peine possible de recevoir à l’écouteur avec un grand nombre d’étages, on peut actuellement, à grande distance, obtenir l’audition en haut-parleur en employant six étages au maximum. L’achèvement prochain du réseau de broadcasting français permettra l’audition en haut-parleur avec quatre étages et à l’écouteur avec deux ou trois seulement.
- Les avantages du cadre seront alors tellement supérieurs aux inconvénients résultant de la moindre efficacité de puissance recueillie, que la plupart des amateurs pouvant utiliser des appareils à lampes auront intérêt à l’adopter. P. Hémardxnquer.
- VARIETES
- LE BATIK ET LES TISSUS “ BATIKÉS ”
- Les dames qui fréquentent les grands magasins de soieries et de nouveautés, surtout ces temps derniers, ont pu remarquer et admirer, soit sous forme de foulards légers et vaporeux, soit sous celle d’écharpes de l’effet le plus chatoyant et d’un caractère artistique, les étoffes dites « Batik » ou étoffes « batikées ».
- C’est un crêpe de Chine craquelé, aux marbrures irrégulières, orné de fleurs et de décors artistiques, qui paraissent faits au pochoir. Actuellement, c’est surtout comme foulards que l’on noue autour du cou, après une partie de tennis; ou comme écharpe, ou comme robes élégantes d’intérieur et de théâtre, que le batik est employé. '
- C’est une sorte de brevet d’élégance décerné à ceux qui en portent, et il faut vraiment avouer, en dehors de tout snobisme, que rien n’est plus seyant que ce foulard vaporeux dont la décoration ne rappelle rien de la rigidité des articles imprimés mécaniquement.
- La fantaisie d’un pinceau habile, quelquefois manié par des artisans qui s’apparentent à des artistes, a supprimé tout ce qui sent la machine. Le mélange habile des coloris naïfs, constitue plutôt une œuvre d’art qu’un produit de l’industrie.
- Notons tout de suite que l’art du batik, primitivement restreint à la soie, s’étend maintenant à une foule d’autres étoffes, telle que le velours, le crêpe de Chine, le crêpe de laine, etc.
- Historique. — Les tissus « batik » remontent à la plus haute antiquité. On ne saurait dire cependant que les Egyptiens et les Syriens aient connu le procédé « batik », car les étoffes trouvées dans les sarcophages ne nous montrent qu’un tissage fait en fils de diverses couleurs. Quelquefois, on y retrouve un semblant d’impression fait avec un tampon imprégné d’une matière réductrice. Mais de là au « batik », il y a loin. En Chine, dans l’Hindoustan du Sud, sur la côte de Coromandel, aux Iles de la Sonde, et à Java tout particulièrement, le procédé « batik » était connu de toute antiquité.
- Le mot « batik » est d’ailleurs un mot javanais sans signification bien précise pour nous, c’est une industrie pour ainsi dire connue depuis un temps immémorial.
- Cette industrie y a été réglementée de la façon la plus stricte.
- Les tissus à « batiker » étaient préparés par les ouvriers, et décorés par les nobles. Le port de ces tissus était réservé dans le passé aux seuls membres de l’aristocratie, à l’exclusion des autres classes de la société. Il en était de même pour le port de la pourpre chez les Anciens. Dans la suite, ces prescriptions s’amendèrent, et les nouveaux riches de l’époque, qui avaient les moyens de se payer ce luxe, pouvaient s’habiller de « batik », tandis que les nouveaux pauvres pouvaient se contenter de leur épiderme.
- Vers le xvn° siècle, les industries de l’Europe firent des imitations de « batik », par impression. Imitations qui n’avaient plus alors aucun caractère artistique. Le travail n’y était plus fait au poncif ou au pinceau, mais à l’aide de procédés mécaniques.
- L’industrie des indiennes, des toiles peintes de Jouy et de Mulhouse porta un coup mortel à l’art du batik, surtout au xviT et au xvm6 siècle.
- Les Hollandais et les Allemands se sont distingués dans ce genre d’industrie qui détruisit momentanément l’art du batik.
- En principe, on peut « batiker », laine, soie, cuir, papier parchemin, etc. Suivant Paul Zimermann f1), de l’article duquel nous nous sommes inspirés partiellement ici, la Société « Arts and Grafts » (Arts et Métiers) a réussi dans ses ateliers d’Appeldorn, en Suisse, à développer la technique du « batikage » sur tous tissus et matières diverses.
- C’est aux musées de Harlem et de La Haye que l’on rencontre les plus beaux échantillons de tissus batikés.
- En France, aujourd’hui, une société fait couramment du batik qui ne le cède en rien, tant s’en faut, aux produits suisses; cette société fait actuellement plus de 3oo à 400 m2 de « batik » par jour, et nul doute que ce chiffre sera de beaucoup dépassé. D’ici peu, les lectrices de cet article qui voudront demander le prix d’un mètre carré de « batik » dans les grands magasins pourront voir que les quelques grammes de tissu « batik » qu’on
- 1. Larousse Moderne, n° 187, septembre 1922.
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- VARIETES
- leur vendra (car le batik est fort léger) en fait ressortir le kilo à un prix phénoménal.
- « Batik ». —-A l’origine, les artistes primitifs de Ceylan, de la côte de Coromandel et de la pointe de l’Hindoustan, berceau du « batik », enduisaient de cire chaude la totalité du tissu de soie à « batiker ». Puis, au grattoir, ils enlevaient la cire dans les endroits où la teinture devait prendre. On teignait d’abord la couleur la plu., claire. Puis, la teinture étant sèche, on procédait au pinceau ou au poncif à une nouvelle application de cire pour une nouvelle réserve. On teignait alors une seconde fois, en la couleur suivante. Par exemple, si l’on avait teint en bleu, une première fois, on teignait en rouge pour la seconde.
- Ce procédé était lent et coûteux. On enlevait finalement l’enduit de cire restante au couteau, puisque, à cette époque, on ne connaissait pas de dissolvant de la cire.
- Les Javanais, ayant jugé que ce procédé était dispendieux et lent, en imaginèrent un autre que nous allons décrire, et qui est, à quelques détails près, celui encore employé actuellement.
- On peint à la cire chaude, soit au pinceau, soit avec un poncif, les parties qui doivent être réservées. On recouvre à la cire les parties qui doivent rester les plus claires.
- Quand l’enduit de cire est sec, on passe au bain de jaune par exemple. On recouvre de cire les parties que l’on désire voir rester jaunes. Les parties non recouvertes passent alors en bain pour rouge, la combinaison du jaune restant avec le rouge du bain donnera un orangé.
- Si l’on avait employé un bain bleu au lieu du bain rouge on aurait eu un vert. g
- On peut ainsi effectuer les combinaisons de couleurs que l’on veut.
- Les couleurs foncées, les noirs sont teints en dernier.
- Finalement, on dissout la cire restante dans des bains successifs de benzine de plus en plus pure.
- Ce procédé, dit des Javanais, est toujours employé, presque sans modifications, sauf pour les dissolvants qui varient.
- Mais ce que l’industrie française produit avec un art sans pareil, c’est la « craquelure ».
- Si l’on froisse d’une façon qui n’est pas quelconque, et qui varie comme perfection suivant l’artisan qui la produit, le tissu encore enduit de cire, on arrive à produire des canaux irréguliers formant une sorte de marbrure dans la cire.
- Ces craquelures mettent une partie du tissu à nu('), et si l’on procède à une nouvelle teinture ces marbrures teintes forment un réseau d’un effet charmant qui donne l’idée d’une toile d’araignée.
- Ce détail nouveau et ingénieux constitue en quelque sorte la marque de fabrique du bon goût français. C’est ce qui différencie les « batiks » javanais des « batiks » artistiques français. Albert Hutin.
- i. Ces craquelures entraînent l'emploi, pour l’élimination de la cire, de solvants chlorés, tels que le trichloréthylène et produits connexes, dont le maniement exige pour la santé des ouvriers des précautions particulières (masques, ventilateurs, etc.).
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- BOITE AUX LETTRES
- as?
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — T. S. P. — M. Desgrouas, à Vire (Calvados). — i° Nous vous remercions de vos intéressantes communications que nous ferons connaître à nos lecteurs;
- 2° Voici des adresses de fabricants de transformateurs à H. F. pour ondes courtes.
- i° La S. E. R., 24, rue d’Athènes, Paris;
- 2° Le Matériel radio-téléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris.
- Il existe également des transformateurs anglais (type Sullivan) sans fer, que l’on trouve assez facilement en France, mais dont le prix est élevé.
- M. R. Barquet, à Moret (Seine-et-Marne). — Votre antenne, bien que mal disposée, est très suffisante pour la réception des concerts de la S. F. R. et des P. T. T.
- Votre appareil peut également convenir sans modification ; il y aurait peut-être lieu seulement de porter la tension de plaque à 8o volts.
- Mais c’est surtout l’accord qui est défectueux. Votre condensateur variable est mal disposé ; il devrait être placé en série entre la bobine d’accord et la terre ou au contraire en dérivation sur la bobine d’accord (montage classique en dérivation). Par suite de ce montage inexact, ja variation de capacité ne produit aucun effet, comme vous l’avez d’ailleurs remarqué.
- Pour la réception du poste des P. T. T. il serait en outre préférable d’employer, au lieu d’une bobine d’accord ordinaire, une galette en fond de panier, ou une self « nid d’abeilles » qui a l’avantage d’avoir moins de capacité entre spires.
- Votre antenne étant très grande il faudra employer une galette de faible longueur d’onde propre (ioo m. par exemple) et de plus mettre votre condensateur variable en série lors de l’écoute des P. T. T. Cette antenne est d’ailleurs d’une longueur normalement trop grande pour la réception des ondes courtes sans dispositif Reinartz.
- M. Calayrac, à Toulouse (Association des Etudiants). — i° Il est meilleur d’utiliser deux cadres séparés pour la réception des petites longueurs d’onde et des ondes moyennes. Voir Chroniques de T. S. F. et Poste de
- VAmateur de T. S. F. Le premier cadre doit être bobiné en spirale plate, le deuxième en hélice.
- Pour ondes moyennes, cadre de 2 m. de côté comportant 25 spires écartées dé 1 cm à 2 cm.
- Pour ondes courtes, cadre d’au moins 2 m. de côté comportant quelques spires (5 spires pour cadre de 2 m., écartées de 3 cm).
- 20 Employez 4 étages IL F. à selfs ou résistances, réaction électrostatique, et 2 étages B. F. à transformateurs à fer circuit magnétique fermé;
- 3° Vofôi les adresses demandées [pièces détachées) :
- a) Précision électrique, 10, rue Crocé-Spinelli, Paris ;
- h) Matériel Radiotéléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris;
- c) Chabot, i5, rue de Berne, Paris.
- Nous vous faisons remarquer que les résultats obtenus dépendent, non seulement de la qualité des pièces employées, mais encore du soin apporté aux montages.
- Voici quelques constructeurs maintenant à’amplificateurs transformables que vous voulez désigner sans doute :
- a) Constructions de Boulogne, 87, rue du Château (Boulogne-sur-Seine) ;
- b) Radiophonie française, 190, boulevard Haussmann, Paris ;
- c) Brunet, 3o, rue des Usines, Paris.
- / M. Frochot, à Paris. — Il n’existe pas à notre connaissance de formules simples donnant la longueur d’onde propre d’une self en nid d’abeilles.
- Voici des valeurs pour la construction de selfs en nid d’abeilles pour dispositif de super-réaction.
- Diamètre du mandrin 6 cm, deux rangées de 60 pointes à la distance de 28 mm; fil de 3/io mm isole soie.
- Bobines vernies à la gomme laque après finition (montage de M. Chaye-Dalmar). Nombre de tours 1200 et i45o.
- M. Jean Bergounioux, à Cavagnac (Lot). — i° Pour recevoir les émissions de téléphonie sans fil à une distance de 5oo km en haut-parleur, il est nécessaire d’avoir deux ou trois étages PIF, une lampe détectrice et deux lampes BF. Puisque vous désirez également recevoir les ondes courtes, à moins d’employer un dispositif comme le Reinartz, la longueur d’antenne est forcément limitée. Pour construire un poste pouvant servir à la fois avec un bon rendement à la réception des ondes moyennes et des ondes courtes, vous pouvez employer
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- un amplificateur dont les étages HF sont formés par des étages à selfs ou à transformateurs, mais ce dernier moyen est beaucoup plus délicat. Vous pouvez également employer un ou deux étages à résonance par circuit oscillant accordé, une détectrice et 2 ou 3 BF.
- "2° Les montages superhétérodynes ont été expliqués dans le n° 2561 de La Nature. Vous trouverez également des détails sur ces appareils dans le Poste de l'amateur de T. S. F.
- Voici l’adresse de constructeurs ou de maisons pouvant vous fournir les appareils demandés : Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris; Société française Radio-Electrique, 79, boulevard Ilaussmann, Paris; le Matériel R.adio-Téléphonique, 84, boulevard La Tour-Maubourg, Paris.
- M. Sobail, à Rochebelle. — i° Pour recevoir les ondes courtes au moyen de transformateurs haute fréquence, vous pouvez utiliser un amplificateur comportant 1 ou 2 étages H. F'., 1 lampe détectrice et 2 étages B. F. Réaction électromagnétique. Employez des transformateurs H. F. sans fer ou avec noyau magnétique ouvert. La difficulté est d’éviter les accrochages parasites très fréquents avec ce montage ;
- 20 Nous avons donné dans le n° 2661 la description du montage super-hétérodyne et décrirons sans doute prochainement la super-réaction ;
- 3° Vous trouverez dans le Poste de l'Amateur de T. S. F. la description de ces montages.
- M. Ballot, à Givray (Saône-et-Loire). — 1° Êtes-vous sûr que votre courant soit bien alternatif ou ne soit pas triphasé ?
- 20 Vous trouverez des détails sur les différentes sortes de redresseurs dans Le Poste de l'Amateur de T. S. F. ;
- 3° Des détails spéciaux de montage d’une soupape électrolytique sont contenus dans :
- L’Electrotechnicien, journal mensuel, (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ; Comment recevoir la téléphonie sans fil, de J. Roussel (Vuibert, éditeur).
- M. Chapelle, à Bligny-le-Sec (Côte-d’Or). — Pour recevoir les émissions dp la Tour Eiffel à 3ôo km de Paris en employant un cadre, il faut utiliser un étage HF, une détectrice et deux BF pour la réception à l’écouteur. Deux ou trois étages HF, une détectrice et deux ou étages BF pour la réception en haut-parleur, réaction électro-statique ou électro-magnétique.
- Sur antenne il faut utiliser deux étages HF et une détectrice pour une bonne réception à l’écouteur, et ajouter deux étages B F pour une forte audition en haut-parleur.
- M. L. Bériot, à Lille (Nord). — Nous ne vous conseillons pas la construction d'un haut-parleur. En tout cas, si vous désirez construire un haut-parleur, du type électrodynamique, il est bien préférable d’actionner directement un diaphragme à l’aide de votre cône vibrant, plutôt que d’employer un dispositif du genre Gaumont, ce qui accroît encore la difficulté, déjà assez considérable sans cette complication. Les bobines d’électro-aimant doivent être bobinées avec du fil de cuivre de 8/10 mm isolé une couche coton. Vous trouverez d’ailleurs dans le livre de M. Duroquier, page 338, figure 34o, la description d’un haut-parleur beaucoup plus facile à fabriquer que celui proposé par vous et fournissant, s’il est bien construit, des résultats analogues.
- M. Dottorini, à Turin (Italie). — iD Nous croyons que la réception à grande distance vous sera possible avec une superhétérodyne bien construite.
- 20 Le couplage de l’hétérodyne avec le circuit cadre-détecteur se fait à l’aide de galettes à quelques spires disposées simplement en spirale ou genre fond de panier. Voir n° 2561 ou le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- 3° Vous pouvez, pour les galettes de self des circuits grandes ondes, utiliser avec votre amplificateur soit des bobines » Corona », soit des galettes construites par vous-même Avec du fil 3/io mm, trois couches coton. Vous pouvez enrouler i5oo tours environ sur une gorge du diamètre intérieur de 3 cm et de diamètre maximum io cm (anneau à gorge en carton ou ébonite).
- 4° Les dimensions du compensateur varient avec le nombre des lames. Sa capacité doit être de quelque 1/10000 gf. Vous pouvez employer des lames en quart de cercle de 5 cm environ de rayon.
- 5° La résistance selfique servant à l’accroclaage dans
- les amplificateurs à résistances est d’environ 200 ohms. Sa valeur exacte doit être déterminée en mettant au point l’amplificateur lui-même.
- 6° Il est préférable d’employer deux cadres, l’un pour recevoir les longueurs d’onde de 3oo m. à 1000 m. ; l’autre pour la réception des émissions de 1000 m. à 4000 m. Vous trouverez des détails sur la construction de ces cadres dans les chroniques de La Nature ou dans le Poste de VAmateur de T. S. F. Il suffit pour faire l’accord d’avoir une capacité variable de 1/1100 qf et au besoin une capacité fixe de 2/1000 [if.
- 70 Pour alimenter un amplificateur à 8 lampes, il est nécessaire d’avoir une batterie de chauffage de 60 A.-H. au moins.
- 8° Vous pouvez employer des transformateurs BF à fer à circuit magnétique fermé.
- 90 Vous trouverez la description d’hétérodynes dans le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- xo° Avec les étages à résistances, employez des lampes « Radiotechnique » type R5 ; avec les étages à transformateurs des lampes type « Métal». Vous pouvez trouver ces lampes chez les marchands d’appareils de T. S. F.
- 11° Les milliampèremètres indiqués dans les figures ne sont pas indispensables, mais cependant ils sont utiles pour le réglage.
- M. Samson, à Tilloy-les-Conty (Somme). — Nous vous remercions de votre intéressante communication et mentionnerons les résultats excellents obtenus par vous lorsque nous étudierons les montages pour la réception des ondes courtes sur antenne.
- Nous vous serions reconnaissants si vous pouviez nous préciser si l’audition était meilleure en vous servant d’une galette de réaction placée dans le circuit-plaque de la deuxième lampe de votre amplificateur à résonance; cette galette étant couplée avèc la galette du circuit de résonance.
- Il est curieux, en effet, que votre antenne, qui a théoriquement une longueur d’onde minima de 36o m. et qui, en réalité, par suite de sa faible hauteur doit avoir une longueur d’onde beaucoup plus grande, vous permette la réception, en dérivation surtout, des ondes courtes de 3oo m. à 46° m- de longueur d’onde. Peut-être se produit-il un phénomène de répartition des noeuds le long du conducteur, comme cela a lieu quelquefois avec des lignes téléphdhiques. 11 serait en tout cas très intéressant de comparer les résultats avec ceux obtenus par une antenne de même type, mais de longueur moitié moindre.
- Il faut de plus remarquer que, relativement, vous êtes placé à très faible distance de postes très puissants, ce qui peut expliquer des anomalies de réception, qui ne se produiraient pas dans une autre région.
- M. Henri Maire, à Castiglione (Algérie). — i° La réception sur cadre des émissions radio-téléphoniques est difficile à la distance à laquelle vous vous trouvez.
- Vous pouvez essayer l’emploi d’un cadre de 2 m. sur 2 m. et o,5o cm de profondeur bobiné avec 25 spires de fil 8/10 de millimètre isolé deux couches coton écartées de 2 cm.
- 20 Le cadre est insuffisant pour fournir une forte audition en haut-parleur à si grande distance, et il serait nécessaire, dans ce cas, que vous utilisiez une antenne bien isolée, éloignée du sol et de grande longueur d’une cinquantaine de mètres au moins. Vous pouvez utiliser, pour la réception des longueurs d’onde moyennes un amplificateur à deux ou trois étages HF, une lampe détectrice et deux étages BF, réaction électrostatique, par compensateur. Les systèmes les plus simples à régler sont les modèles à selfs ou à résistances.
- Vous pouvez employer un haut-parleur sensible du genre Brown ou un haut-parleur électro-dynamique, type Magnavox.
- 3° Voici des adresses de maisons sérieuses fournissant des appareils de ce genre : Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris. Société Indépendante de Télégraphie sans fil, 66, rue La Boëtie, Paris ; Le Matériel Radio-Téléphonique, 84, boulevard La Tour-Mau-bourg, Paris.
- M. Henri Vallet, à Paris.— Le livre lu par le professeur d’anglais de l’Ecole Berlitz pendant la séance de l’Ecole Supérieure des P. T. T. est un roman anglais, servant aux études à l’Ecole Berlitz. Vous pouvez vous adresser à la Direction des P. T. T., 20, rue Las-Cases, à Paris, ou à l’Ecole Berlitz, 31, boulevard des Italiens, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OÊL,
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. =======
- Les hommes fossiles. Eléments de paléontologie humaine, par Marcellin Boule. 2e édition revue et augmentée, i vol. in-S", 5o5 p., 248 fig. dans le texte et hors texte. Masson et C‘e, Paris. Prix : 4° franc-s.
- Nous espéron's que nos lecteurs connaissent tous ce magnifique ouvrage, chef-d’œuvre d’exposition claire, ordonnée et précise d’une des questions scientifiques les plus difficiles, les plus importantes, les plus passionnantes.
- La première édition fut épuisée en quelques mois, signe de son succès. La nouvelle est rédigée sur le même plan, avec la même sûreté de documentation, et forme le traité capital de toutes les études préhistoriques. L’auteur y a seulement ajouté l’exposé des faits nouveaux arrivés à sa connaissance en ces deux dernières années : fossiles néanderthaliens d’Ehringo-dorff, statuette deLespugue que nos lecteurs connaissent, fossiles récemment découverts en Extrême-Orient et en Afrique.
- L’ouvrage du professeur Boule est ainsi non seulement un chef-d’œuvre, mais encore le traité parfaitement à jour que tous ceux que préoccupe l’origine et l’histoire de l’homme doivent lire et consulter.
- L’éclairage (Solutions modernes des problèmes d’éclairage industriel), par E. Darmois. i vol. in-8 de 280p. Editeurs, Gauthier-Villars et Cio, Masson et Cie, Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- Née en France, avec les études de M. Blondel, la science de l’éclairage méthodique a pris un développement considérable aux Etats-Unis d’Amérique où elle joue un rôle de premier plaSn dans l’étude des installations industrielles.
- M. Darmois s’est proposé, comme le ditM. Blondel dans sa préface, d’écrire un ouvrage qui contribuât à la fois à développer l’esprit de recherche scientifique du côté de l’éclairage, et d’autre part à faire connaître au grand public et en particulier aux industriels la façon rationnelle d’utiliser les sources de lumière et de tirer le meilleur parti du flux lumineux. Il expose successivement les principes généraux de la photométrie, les propriétés et les caractéristiques des sources de lumière actuelles, les appareils auxiliaires servant à répartir le flux lumineux dans les appartements et sur les voies publiques, les calculs d’éclairement, etc. M. Darmois a limité son étude au gaz et à l’électricité, qui seuls aujourd’hui présentent un intérêt industriel. Son livre, très clair et d’une documentation très précise, rendra de grands services.
- Manuel spécial élémentaire de radiotéléphonie, par René Dubosq. i vol.’i55 p., 212 fig. G. Péricaud, éditeur, Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- Ce manuel est rédigé d’une façon fort attachante et il rendra service à tous ceux qui désirent comprendre le fond des phénomènes mis en jeu dans leurs récepteurs de téléphonie sans fil. L’auteur rappelle d’abord l’histoire de la radiotéléphonie ; puis les notions d’électricité statique et dynamique nécessaires pour comprendre le fonctionnement du téléphone et du microphone qu’il étudie à fond. Cette étude est suivie de celle de l’oscillation électrique exposée d’une façon élémentaire au moyen d’images justes et claires, puis de celle de la lampe électronique.
- Tous les éléments nécessaires à la radiotéléphonie ayant ainsi été examinés, l’auteur aborde le problème même de la radiotéléphonie ; il montre comment on le résout pratiquement, il traite avec plus de détails la question de la réception qui intéresse le plus vivement les amateurs. Sur ce chapitre il donne de nombreux et utiles renseignements.
- A B C de la chimie, par A. Chaplet, i vol. in-16, i56p., 46 fig. Delagrave, éditeur, Paris. 1923. Prix, broché :
- 5 francs.
- Petit résumé de l’histoire de la chimie, de ses lois essentielles et de son rôle non seulement dans la grande industrie, mais dans toutes les circonstances de la vie pratique.
- La technique industrielle des parfums synthétiques, par R. Sornet. Préface de M. Marcel Delépine. i vol. in-8 carré, i36 pages. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs.
- , Paris 1923. Prix : 10 francs.
- On trouvera dans ce livre un résumé des fabrications actuelles, des données techniques et la description de nombreux brevets. C’est un véritable manuel de préparation des parfums.
- Nouveau Manuel complet d’Arpentage, par P.Bourgoin. Nouvelle édition, 1 vol, 532 p., 256 fig. Mulo, Éditeur (Encyclopédie Roret), Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- Cette nouvelle édition s’adresse aux élèves et aux commis géomètres, aux débutants et aux amateurs, dont les connaissances mathématiques sont encore rudimentaires.
- Les éléments de géométrie et surtout la trigonométrie y sont donc exposés, tout d’abord avec un certain développement. Vient ensuite une description des instruments essentiels de la topographie, suivie de l’exposé des procédés généraux du lever des terrains ; puis d’un certain nombre d’applications pratiques qui se présentent constamment à l’arpenteur.
- Le procédé à l’huile en photographie, par C. Dûvivier, 2e édition, 1 vol. in-4, 82 p., 2 pl. hors texte. Lamer-tin, Bruxelles. Prix : 10 francs.
- Le procédé à l’huile est le plus beau et le plus intéressant des procédés photographiques ; il donne des images inaltérables en n’importe quelle teinte. L’auteur est le premier qui en ait écrit en français un traité technique complet. La nouvelle édition indique un, procédé très simplifié et un nouveau procédé à l’huile entièrement inédit. Tous deux peuvent fournir des effets remarquables comme le prouvent les planches qui illustrent l’ouvrage.
- Le Sahara, par E. F. Gautier, i vol. in-16, 174 p. Collection Payot, Paris. Prix, cartonné : 4 francs.
- Bon résumé de nos connaissances actuelles sur le Grand Désert : sa géographie, son histoire, ses régions, écrite par un colonial qui le connaît bien et un professeur qui a lu les récits des explorateurs et des indigènes.
- Préjugé et problème des sexes, par Jean Finot. 8° édit., i vol. in-8., 531 p., 1 portrait. Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage bien connu est un des plaidoyers les plus documentés et les plus chaleureux pour la femme. L’auteur y rappelle la femme humiliée et calomniée des Anciens et son évolution vers la liberté, puis il plaide l’égalité biologique, psychologique, intellectuelle et morale des deux sexes et dépeint le mouvement d’émancipation moderne qu’il approuve et qui, dit-il, « rendra enfin à l’humanité l’harmonie entre les sexes si gravement compromise, la paix entre les nations si ardemment désirée et le bonheur si longtemps espéré ». *
- Les villes suisses : I.ausanne, par Paul Mailleier, 126 p., 24 phot. hors texte de Fred. Boissonnas, 4 plans. 1 vol., in-16, éditions Boissonnas, Genève.
- Monographie très complète, d’un style agréable, agrémeiatée de magnifiques photographies, de la ville et de s£!s environs.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Informations
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- N° 2573 28 Juillet 1923
- Les dangers du transvasement de l’acétylène dissous. — Le Journal de l’Acétylène signale que très fréquemment des particuliers ou de petits industriels se livrent soit à la fabrication, soit au transvasement de l’acétylène dissous. Il s’élève avec raison contre ces pratiques, souvent fort dangereuses pour lestiers, et il justifie sa protestation par les motifs suivants :
- « C’est surtout avec les bouteilles destinées à l’éclairage des automobiles que se font ces opérations. Sous le prétexte que les dépôts sont trop éloignés, que les fabricants ne les alimentent pas régulièrement,^ que l’acétylène dissous est vendu trop cher ou bien parce qu’il est plaisant de manipuler et de jouer au fabricant, on remplit des bouteilles vides en s’exposant à des dangers très réels ou en y exposant les autres.
- Le plus mauvais cas est celui qui consiste à envoyer dans une bouteille de l’acélylène produit sous pression dans un appareil hermétiquement clos. Plusieurs brevets ont d’ailleurs été pris là-dessus!...
- On comprend que de l’acétylène produit à chaud et chargé d’impuretés et d’humidité ne convient pas pour le remplissage des bouteilles d’acétylènes dissous et le seul fait de produire le gaz sous pression constitue un risque grave pour celui qui s’y livre.
- Les réglementations existantes l’interdisent d’ailleurs formellement.
- D’autres pompent de l’acétylène dans les bouteilles avec un compresseur quelconque et sans dispositions spéciales pour éviter les inflammations.
- Quelques-uns s’adressent à des constructeurs qui leur vendent un matériel approprié, mais leur cas n’est souvent pas meilleur, parce qu’ils ne possèdent pas les notions ni l’expérience nécessaires.
- Enfin, l’artifice le plus courant est de soutirer l’acétylène d’une grosse bouteille pleine pour en remplir de plus petites.
- En apparence, l’opération est extrêmement simple et ne semble sujette à aucun accident. Il en est malheureusement autrement, car toute manipulation d’acétylène sous pression doit être faite en s’entourant de grandes précautions et relève de l’industrie dûment organisée pour ce genre de travail.
- Ajoutons, du reste, que dans presque tous les cas le fait de remplir une bouteille d’acétylène dissous à l’aide d’une autre bouteille plus grande constitue une fraude, les fabricants louant ou vendant leurs bouteilles sous la condition qu’elles ne peuvent être remplies que dans leurs propres usines.
- Le commun des mortels voit dans cette clause une condition à; l’avantage des fabricants. C’est une erreur profonde.
- En effet, le fait d’introduire dans une bouteille l’acétylène humide ou impur, celui de ne pas vérifier le degré d’acétonage de la bouteille au moment du remplissage ou de négliger la vérification de l’état de conservation du récipient et de la matière poreuse, l’étanchéité du robinet, etc., peut conduire à la désappréciation de la bouteille et à un accident ultérieur.
- C’est ainsi que les fabricants d’acétylène dissous signalent qu’un certain nombre de bouteilles qui leur ont été retournées sont inutilisables ou .doivent être complètement revisées à cause de pratiques auxquelles on s’est livré à leur insu et qui ont conduit à la perte d’une grande partie de l’acétone ou à la dénaturation du solvant.
- Le transvasement de l’acétylène dissous, s’il n’est pas rapidement interdit par les règlements, donnera du reste lieu à des erreurs conduisant à de très graves accidents. Nous n’en sommes pas au premier, car les praticants confondent souvent les gaz et ignorent les dangers de leur mélange.
- C’est ainsi que .récemment, aux mines de Brassac, un ouvrier ayant voulu recharger une bouteille d’acétylène dissous du type automobile l’a mise en communication avec un tube d’oxygène comprimé, ce qui a provoqué, on le comprend, une terrible explosion de la bouteille. »
- Les animaux de chasse et de pêche en août. —
- En août se continue la chasse aux oiseaux de mer dont
- nous avons parlé le mois dernier; par fortes chaleurs, les oiseaux de marais gagnent les grèves et y apportent, en même*' temps qu’un peu de variété, un gibier plus succulent que les oiseaux marins, pour la plupart coriaces et inmangeables.
- Dans le Midi, l’ouverture a lieu ce mois-ci.
- On chasse la caille aux appelants, mais elle est rare et n’existe pour ainsi dire plus dans le Nord et le Centre, où, jadis, elle était assez abondante. Elle émigre, d’ailleurs, durant la seconde quinzaine d’août.
- Dans cette seconde quinzaine aussi on peut capturer des ortolans au passage.
- Vers la fin du mois, s’il fait très chaud, on a quelques chances de rencontrer des outardes canepetières, surtout dans les grandes plaines et les plateaux dè la Champagne, de la Beauce, du Berry, des Landes; elles vivent encore en familles et se tiennent dans les couverts.
- Par les fortes chaleurs, le lièvre recherche les terrains frais et, de préférence, se gîte dans les betteraves feuillues, les pommes de terre, les luzernes, les buissons épais.
- De io à 16 heures, les perdrix se laissent facilement aborder dans les couverts. Les perdrix grises sont abondantes dans les plaines de la Beauce, la Picardie et aussi, moins copieusement, cependant, aux environs de Paris, en Lorraine, en Normandie, dans la Bretagne, la Touraine, la Bourgogne, la Bresse; dans le Midi, elles sont rares et ne dépassent guère le Lyonnais et le Dauphiné; d’une manière générale, elles recherchent les pays de grande culture et les terrains calcaires ou marneux constituant des plaines. Les perdrix rouges, au contraire, recherchent le Midi plus que le Nord et les terrains arides, couverts de bruyères et de broussailles, plus que les terrains cultivés.
- Les faisans, qui n’aiment pas beaucoup les fortes chaleurs, se cachent dans les taillis épais.
- Çà et là, on peut tirer quelques ramiers et quelques tourterelles. Par vents du Sud, passage de chevaliers.
- La chasse au chien courant est favorable par vents d’Est et du Nord, défavorable par vents d’Ouest, du Sud-Ouest ou du Sud. Les pluies ne sont jamais favorables, aussi bien celles qui persistent pendant quelques jours que celles qui surviennent, brusquement, après de fortes chaleurs.
- La pariade des chevreuils commence.
- Beaucoup d’hermines et de belettes se prennent dans les trappes.
- Les rapaces viennent assez facilement au grand-duc.
- Le piégeur, en août, se repose et se borne à reconnaître les cantonnements du gibier, qu’il se propose de protéger.
- Par suite de la canicule, la pêche est tout aussi au calme qu’en juillet; on peut, cependant, faire quelques prises de 6 h. à io h. et de 16 h. à 19 heures.
- Les perches et les brochets sont peu affamés et il 11e faut guère compter sur leur capture, sauf, cependant, dans les grands fleuves.
- On peut pêcher : les ablettes, à la mouche, à l’asticot; les gardons, avec un fragment de crêpe ; les vandoises, les rotangles, les ides, avec des nymphes de mouches, c’est-à-dire de ce que deviennent les asticots avant de devênir mouches (les pêcheurs les désignent sous le nom d’ « épines-vinettes » parce que, sans doute, ils ont un peu la forme des fruits de cet arbuste).
- Les goujons mordent bien aux larves aquatiques de petite taille et aux asticots; leurs pontes sont terminées.
- Les chevennes de grosse taille se jettent sur les groseilles, les cassis, les fèves, qu’on leur offre.
- A l’aide de graines cuites et de divers autres farineux, on a chance de récolter des tanches, des gardons, des brèmes, des barbeaux, des carpes.
- La pêche aux insectes donne moins de bons résultats qu’en juillet; bien pratiquée, elle peut encore donner, cependant, quelques belles truites.
- Ce n’est que tout à fait à la fin du mois qu’on peut espérer prendre l’ombre commune... si un dieu vous protège, car l’espèce en est rare.
- La pêche côtière est, en août, semblable à ce qu’elle était en juillet. La pêche à pied y est encore plus
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- INFORMATIONS
- agréable par suite de la chaleur; crevettes grises et bouquets passent de mauvais quarts d’heure. La pèche à la ligne est, surtout, fructueuse quand la brise s’élève après un temps calme. La pêche en bateau donne de bons résultats... tout au moins pour la bourse des pêcheurs qui vous pilotent et n’oublient pas leurs intérêts. - H. Coupin.
- Le cerveau des hommes fossiles. — Tous les crânes des hommes fossiles que nous possédons ont été récoltés par fragments et il a fallu toute la science des anthropologistes pour les reconstituer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne faut pas trop regretter cet état fragmentaire, car il a permis de mouler l’intérieur de la cavité crânienne et d’en tirer différentes conclusions jetant une lueur sur nos ancêtres très éloignés. C’est ce qu’a exposé M. R. Anthony, professeur d’Anatomie comparée au Muséum, dans une conférence faite à l’Institut de Paléontologie humaine et dont, négligeant la partie par trop technique, nous pouvons dire ici quelques mots. Le moulage de la cavité crânienne et les mensurations ou, tout au moins, les appréciations ont permis d’évaluer le volume du cerveau à i35o cm5 p.our la femme de la Quina (découverte par M. Henri Martin et étudiée par M. Anthony), à 1600 cm5 pour l’homme de la Chapelle-aux-Saints (cubage effectué par M. Boule), à i5oo crh3 pour l’homme de Néanderthal, à i3oo cm5 pour l’homme de Piltdown (appréciation un peu sujette à caution). On a pu aussi estimer le volume du cerveau du Pithécanthrope à 826 cm3. Ces chiffres sont à rapprocher de ceux obtenus pour le Gorille (au maximum 623 cm5) et pour les Européens actuels (de i3oo à 2000 cm3, avec une moyenne de i5oo cm3 pour l’homme ; celui de la femme est moins volumineux). Par le rapprochement de ces chiffres, on peut constater que le volume cérébral des hommes fossiles est à peu près égal, ou tout au moins voisin, de celui des hommes actuels, tandis que celle du Pithécanthrope se rapproche de celle des singes. Les capacités crâniennes des Néan-derthaliens sont celles qui se rapprochent le plus des nôtres; mais, par contre, leur cerveau semble avoir différé du cerveau actuel par un allongement plus considérable d’avant en arrière, par un rétrécissement antérieur et, au contraire, par un élargissement postérieur au niveau de la région du pli courbe, enfin par un aplatissement de haut en bas très marqué. Les moulages de la cavité crânienne ont permis aussi d’avoir quelques données sur le cerveau lui-même, car, par un hasard heureux, les circonvolutions cérébrales laissent, chez l’homme, leur empreinte — surtout dans la région de la base — alors que, chez d’autres animaux, les Singes, par exemple, elles ne laissent presque pas de traces. On a pu ainsi constater que les empreintes des circonvolutions cérébrales sont absolument comparables chez l’homme de la Chapelle-aux-Saints .et chez la femme de la Quina.
- A noter aussi que la scissure de Sylvius des Néanderthaliens est nettement intermédiaire entre celle des singes et hommes actuels, de même que le sillon appelé sulcus lutanus. A noter, enfin, que le lobe frontal, centre affectif et intellectuel, est nettement moins développé que chez l’homme actuel, tandis que le lobe pariétal, centre sensoriel, occupe, au contraire — proportionnellement— une plus grande surface.
- Henri Coupin.
- Les productions agricoles de la Pologne. — Le
- Bulletin de Statistique agricole et commerciale de l’Institut international d’agriculture de Rome publie les chiffres suivants sur la production agricole de la Po-
- logne en 1922.
- Superficie cultivée Production
- eu hectares. en qtx met.
- Froment . . 1.041.600 11.505 100
- Seigle . . 4.519.500 51.151.500
- Orge Avoine . . 1.147.100 12.972.200
- . . 2.379.300 27,550.400
- Pommes de terre . . . . 2.146.000 354.955.700
- Betteraves à sucre. . . 109.500 26.714.300
- Lin 101.800 S ^ilies- '• ( filasse . . 506.700 516.100
- Chanvre 41.800 | • 258.600 211.900
- Houblon 2.000 16.100
- On voit que la Pologne se relève rapidement des ruines, causées par la guerre générale, par l’invasion bolcheviste de 1920 et par les soulèvements des Ukrainiens en 1919 et 1920.
- Dès maintenant, pour ce qui est de la superficie cultivée, elle vient au 8e rang des Etats européens pour le froment, au ior pour le seigle, au 4e pour l’orge, au 3e pour l’avoine, au 2° pour les pommes de terre, au 4e pour la betterave à sucre, au ier pour le lin, au 2e pour le chanvre, au 4° enfin pour le houblon.
- Le gros problème pour la Pologne est celui des engrais chimiques. Les usines de Kalusz en Galicie, qui produisaient avant 1 g r4. 20000 t. de sels potassiques par an en moyenne, ont donné 45 000 t. en 1922 et peuvent produire 100000 t. par an.
- Il existe de nombreuses usines pour la transformation des phosphorites et des phosphates en superphosphates ; elles peuvent suffire à approvisionner la Pologne en superphosphates, mais elles doivent faire venir du dehors presque toute la matière première.
- La Pologne est également tributaire de l’étranger pour les nitrates, pour les machines et pour les outils agricoles.
- Mais elle est appelée à devenir un des principaux pays exportateurs, sinon même le principal, de l’Europe pour le seigle, l’orge et le lia.
- De la stérilisation des ustensiles de table (n° 2561).
- — Le Dr L. Leplat, de Liège, nous écrit :
- « A propos de l’article que La Nature a publié le 5 mai dernier, sous la signature de MM. Dejust et Dordet, sur là Transmission des maladies contagieuses par les ustensiles de tables.
- « Je me rappelle une pratique que j’ai observée à Palerme l’an passé.
- « Ayant avisé dans la rue une femme, qui, derrière un comptoir, vendait de VAqua fresca, aromatisée à l’essence de fenouil, je lui en demandai un verre.
- « Elle commença par nettoyer le bord libre du verre avec une tranche de citron, puis le rinça à l’eau courante et me servit ma consommation.
- « Est-ce que ce nettoyage au jus de citron peut être doué d’une certaine efficacité, au point de vue hygiénique ?
- Je l’ignore et il serait peut-être intéressant de le rechercher.
- En tout cas, cette précaution ou ce raffinement plaît au consommateur. »
- Le jus de citron a déjà été préconisé pour assainir les huîtres de provenance douteuse. Son pouvoir germi-cide est assez faible, mais le geste de la marchande d’eau a l’avantage de nettoyer le bord des verres si souvent suspect, s
- Nouveaux prix d’anthropologie. — L’Institut international d'Anthropologie nous informe qu’il dispose de deux nouveaux prix destinés à récompenser des travaux ou des publications.
- Le prix d’Ault du Mesnil, triennal, d’une valeur de 1800 francs, sera décerné en 1924 au savant, homme ou femme, Français ou étranger, qui aura déposé le meilleur manuscrit traitant d’anthropologie préhistorique.
- Le prix hollandais, triennal, d’une valeur de 25oo fr. environ, fondé par le Dr Kleiweg de Zwaan, professeur à l’Université d’Amsterdam, sera attribué au savant qui aura, au cours des trois années écoulées, effectué ou publié des recherches particulièrement méritoires en matière d'anthropologie physique ou de préhistoire.
- Pour tous renseignements, s’adresser à l’Institut international d’Anthropologie, 5, rue de l’Ecole-de-Médecine, Paris, 6%
- Salon des appareils ménagers. — L’Office national des Recherches et des Inventions organise, avec le concours de la Chambre syndicale du Commerce et de la Nouveauté et de la Chambre syndicale des Bazars, Magasins et Galeries de Paris et des départements, un salon de tous les appareils susceptibles de faciliter ou de rendre plus agréables les travaux ménagers.
- Ce salon se tiendra à Paris au Champ de Mars, du 18 octobre au 4 novembre prochains.
- S’adresser pour renseignements à l’Office, 1, avenue du Maréchal-Galliéni, Belle vue (S.-et-O.).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN SEPTEMBRE 1923 0
- Parmi les phénomènes astronomiques assez nombreux que présentera le mois de septembre, nous signalerons immédiatement les suivants : la plus grande élongation du soir de Mercure, le 2 septembre; l’opposition d’Ura-mus, le 9 ; la visibilité de la lumière zodiacale le matin (à observer à partir de la nouvelle lune du 10); diverses occultations d’étoiles par la Lune, et enfin une éclipse totale de Soleil visible... en Amérique.
- I. Soleil.— Le Soleil traversera l’équateur céleste le 24 septembre, à 2h4m; ce sera le commencement de l’automne.
- Sa déclinaison, de -f- 8° 34^ le xer du mois ne sera plus que de — 2°3o'le 3o.
- Les jours diminuent avec la déclinaison du Soleil et leur durée, de i3h27ra le ier ne sera plus que de iih45m le 3o.
- Cette diminution est surtout sensible le soir.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marque une horloge bien réglée lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage (T. ni. G.).
- Septembre i*r 1 ih 5om5o*
- — 5 nh49ni34“
- —. 10 nh47m53‘
- — 1 5 nh46m 8'
- — 20 I Ih44m22*
- — 2 5 1 i1‘42m37s
- — 3o uh4om55‘
- Pour les lieux qui ne sont pas situés sur le méridien de Paris, on se reportera au « Bulletin astronomique » joaru auN" 2560.
- Observations physiques. — On continuera l’observation des taches solaires, en position sur le disque et en détail, en prenant des dessins ou des photographies chaque jour de ciel clair. Il convient d’orienter ces dessins pour déterminer les coordonnées héliographiques des taches et des facules. Pour cela, on s’aidera du tableau ci-dessous (la signification des termes P, B0, L0a été donnée au n° 2551).
- Dates. P h.
- Septembre 3 + 210,56 + 70,22 4g°, 0 5
- — 8 -f- 22°,72 + 7°>25 3430,02
- — 13 + ‘23°.74 + 7°>22 277°,oo
- — 18 -f- 240,60 4- 7°>i4 210°,99
- -- 23 -f- 25°,3o + 70>O1 i44°,99
- — 28 + 25°,83 + 6°,83 790, oo
- Parallaxe et distance. - — Voici les valeurs de
- éléments pour le mois de se ptembre.
- Dates. Parallaxe Horizontale. 1 Distance.
- Septembre i3 8", 75 i5o 410 000 km
- — 28 8",78 149 770 000 —
- Lumière zodiacale. — Yoici la période très favorable pour l’observation de la lumière zodiacale du matin. Nous avons souvent insisté sur l’intérêt que présente cette observation et nous y revenons encore aujourd’hui. Ce travail peut être entrepris par tous les observateurs. L’étude photométrique est recommandée.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil se produira le 10 septembre. Elle sera invisible à Paris et en France. Le tableau ci-dessous, reproduit d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, donne les heures des principales phases et les points de la Terre où elles se produisent.
- 1. Toutes Les heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de o’1 à 24\ à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’Eté, augmenter de une unité toutes les heures indiquées ici.
- Phases. ' l'cmps légal. Dans le Longitude (inèr. de Paris). lieu : Latitude nord.
- Commencement de
- l’éclipse générale. i8h 14m,3 1680 3o' E 36» n
- Commencement de
- l'éclipse totale . . IQh l6m . 0 i5i° 47'E 47°58'N
- Commencement de
- l’éclipse centrale. r9h 16™,9 x5x° 7 E 48° 1 x' N
- Eclipse centrale à
- midi vrai .... 20h 3om,2 i3o036'O 37° 57'N
- Maximum de l’éclipse 201’ 47“ , 2 124° 4' 0 34039'N
- Fin de l’éclipse cen-
- traie 22h I7“,5 65° 36' 0 x3°39'N
- Fin de l’éclipse totale 22h X 8m,4 66° 7' 0 i3°25'N
- Fin de l’éclipse géné-
- raie 23h 19m,9 O O <N 00 2° 9' N
- La grandeur maxima de l’éclip: se sera de 1,022,le dia-
- mètre du Soleil étant pris pour unité.
- La plus grande durée de la phase totale sera de 3“ 3qs au large de la côte de Californie.
- La totalité sera bien visible du Sud de la Californie, du Mexique. L’éclipse partielle sera visible de toute l’Amérique du Nord et du Nord de l’Amérique du Sud.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de septembre seront les suivantes :
- D. Q. le 3, à i2h47m I P- Q- le 17, à 22h 4”
- N. L. le 10, à aob 52m | P. L. le 25, à ih i6m
- Age de la Lune, à midi, le Ier septembre = 2oi,o;le
- 11 = oJ,6. Pour avoir l’âge de la Lune à midi, aux autres dates du mois, ajouter x jour par jour écoulé depuis le ior ou le 11. Pour une heure donnée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Voir un exemple de l’application de ce calcul au précédent « Bulletin astronomique », n° 256g.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 5 = -f- 18° 3o' ; le 18 = — 180 31'. On sait que ces dates sont celles dé la plus grande et de la plus faible élévation de la Lune au-dessus de l’horizon, lors de son passage au méridien d’un lieu quelconque de l’hémisphère boréal. Pour l’hémisphère austral, la plus faible hauteur a lieu le 5 et la plus grande le 18.
- Apogée de la Lune (plus grande distance de la Terre), le ier septembre, à 1 h. Parallaxe =54'10". Distance = 404 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 12 septembre à 22b. Parallaxe = 60' 29". Distance = 362 55o km.
- Apogée de la Lune, le 28 septembre, à 1711. Parallaxe = 54' 2". Distance = 4o5 820 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le ier septembre, occultation de 8 B Taureau (gr. 6,2). Emersion seule visible à 2 2h6”.
- Le 2 septembre, occultation de 48 Taureau (gr. 6,3), de 23b 6m à 22’“ 45“.
- Le 16 septembre, occultation de 90 B Taureau (gr. 6,5). Immersion seule visible à 2ih 2“.
- Le 20 septembre, occultation de 61 B Taureau (gr. 5,9), de 171141“ à i8h 27™.
- Le 23 septembre, occultation de 9 Verseau (gr. 4,4), de ig1' 28” à 2011 1 im.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront peu après la Nouvelle Lune du 10, comme le montre le tableau ci-dessous :
- Marée du matin. Marée du soir;
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coeflicient.
- Septembre 10 3h 20m O01,91 i5h 41“ ora,98
- — 11 4h 2“ i“,o3 i6b22“ x“,o7
- — 12 4h 43“ l“,IO I7h o3m I“,XX
- — x3 5h 24“ i“,i 1 «7b 45” im,°9
- — i4 6h 5“ i“,o6 i8h26” Ira,OI
- —- i5 6h49m om,g5 igh 12” o”,88
- Ce sont là les heures 4e la pleine mer à Brest,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le mascaret se produira au moment des plus hautes mers de cette période, aux heures ci-dessous.
- Coefficient
- Dates. de lu marée Quillebeuf. Villequicr. Cmulebcc.
- Septembre 12 im, 10 8b l5ra 8h 52“ 9h im
- — 12 im, 11 20h 35m 2I1' I2m 21h 21m
- — i3 im,l 1 8h 56“ 9h 33m 9h 42m
- — i3 ira,09 2Ih l8m 2 T h 55 m 2 211 4m
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données fournies par Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de septembre.
- de voir les phénomènes suivants du système des satellites (Une très petite lunette suffit pour cela).
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Septembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Septembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 igh 5om I O.c. 7 igh im II O.f.
- 3 19 8 I E.f. 3o 17 56 II Im.
- Saturne sera en conjonction avec le Soleil au milieu
- ASTRE Dates : SKVTEMlî. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (J) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ; 5 5h I 2m ii1,49ra34‘ i8h 26“ ioh 53m + 7° 6' 3 U 46 "8 Lion
- Soleil . . . i5 5 27 11 4b 8 18 5 11 29 + 3 20 31 52,8 Lion > )>
- ' f 25 5 41 11 42 37 17 43 12 5 — 0 33 3i 57,6 Vierge
- 5 7 49 i3 24 18 59 12 28 — 6 1 7)4 X Vierge Le soir, au début du mois.
- Mercure. . i5 7- 40 i3 1 l8 22 12 45 — 9 1 8,8 a Vierge Plus grande élongation
- 25 6 34 12 5 17 35 12 28 — 6 43 10, 2 •/ Vierge le 2.
- 5 2 38 10 36 l8 34 5 3o -j- 22 4b 10,4 Ç Taureau
- Vénus . . . i5 2 49 10 5o 18 5o 6 23 + 23 i5 10,2 0 Gémeaux Inobservable.
- 25 3 6 11 3 19 0 7 16 -j- 22 38 10,0 ô Gémeaux
- 5 4 20 11 17 18 10 10 18 + 11 46 3,6 a Lion
- Mars. . . .) i5 4 16 11 2 17 48 IO 42 + 9 25 3,6 Lion Inobservable.
- 2 5 4 12 10 46 17 21 11 6 + b 59 3,6 a Lion
- Jupiter. . . i5 IO E2 i5 10 OO en 14 54 — i5 42 3i ,0 a Balance Des le crépuscule.
- Saturne . . i5 7 54 i3 3j r9 9 i3 i5 — 5 26 14,2 0 Vierge , Inobservable.
- Uranus. . . i5 17 51 23 23 4 55 23 7 — 6 32 3,6 9 Verseau Toute la nuit. Opp. le g.
- Neptune. . 16 2 25 9 4o 16 55 9 27 + *5 17 2,4 rd-n- Cancer Le matin, avant l’aurore.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le soir, au début du mois, sa plus grande élongation se produisant le 2 septembre, à 27° 4* à l’Est du Soleil. On pourra rechercher Mercure, une dizaine de jours avant la date de sa plus grande élongation, et sans doute pourra-t-on le suivre encore une dizaine de jours après. Cette élongation est la plus graïtde de l’année, mais ce n’est pas la plus favorable pour les observations, pour les latitudes voisines de celles de la France du moins, et l’observation de la petite planète sera assez difficile, surtout si l’on ne possède pas de monture équatoriale pour la trouver.
- Voici la suite du tableau de la phase et de l’éclat stellaire de Mercure.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Septembre 3 0,54 + °,5
- — 8 o,45 + 0,6
- 13 0,34 + 0,8
- 18 0,21 + 1 >2
- — 23 0,08 + 1,9
- 28 0,01 + 2rg
- Le 29, à 4", Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil.
- Vénus sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 10 septembre, à uh. Elle est donc inobservable.
- Pendant tout ce mois le disque illuminé a pour valeur •1,00 — puisque la planète, située pour nous au delà du Soleil, est éclairée de face. Sa grandeur stellaire calculée reste égale à — 3,5.
- Mars est également inobservable. On pourra essayer de le rechercher, à la fin du mois, avant le lever du Soleil. Le 25, il se lève à 411 i^m et le Soleil, le même jour, à 51' 4im. Mais le disque présente un minuscule diamètre de 3",6 ne permettant, bien entendu, aucune observation utile.
- Jupiter disparaît dans le couchant et on ne pourra l’observer que pendant quelques minutes. On essaiera
- du mois prochain, il est pratiquement inobservable, se couchant très peu de temps après le Soleil.
- Voici les éléments de Panneau à la date du i5 sep-
- tembre.
- Grand axe extérieur........................ 35",48
- Petit axe extérieur........................ + 7",32
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.............................. . . —[— r 1 °,55/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .......................................... +I2°5o'
- Un journal qui a un tirage considérable a récemment publié un petit article sur cette lointaine planète, ce qui serait bien, l’Astronomie étant trop souvent négligée dans les chroniques, mais il l’a émaillé d’erreurs graves, ce qui est mal. Une simple jumelle, disait cet article, suffit pour voiries anneaux de la planète. Eh bien, non, cela est faux, archi-faux, et les personnes qui ont dû — sur le nombre des lecteurs il s’en est certainement trouvé — regarder Saturne avec des jumelles, même de fort grossissement, ont certainement été déçues.
- En effet, pour deviner l’anneau de Saturne, il faut une petite lunette de 4omm d’objectif, et encore faut-il que l’anneau ne se présente pas trop par la tranche. Avec une lunette de om,o57 on le distingue bien. Avec une de om,oj5, on constate que l’anneau extérieur est plus foncé que l’anneau intérieur. Pour reconnaître la division de Cassini, une bonne lunette de om,og5 est nécessaire. Il en faut une excellente de om,io8, et encore est-ce une limite inférieure, pour reconnaître l’anneau intérieur transparent projeté sur le fond noir du ciel.
- Uranus sera en opposition avec le Soleil le 9 septembre, à 711. Il est ainsi visible toute la nuit, puisque, étant opposé au Soleil, il passe au méridien à minuit, se lève quand le Soleil se couche et se couche quand le Soleil se lève, tout ceci à quelques minutes près, à cause des différences de déclinaisons.
- Nous avons publié au Bulletin astronomique du
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- n° a56o une petite carte de la’ marche d’Uranus sur le ciel pendant l’année 1923. Elle sera très utile pour trouver cette planète et la suivre dans son lent déplacement en avant des étoiles.
- Neptune est encore très près du Soleil et se lève, le i5 septembre, deux heures avant lui. On pourra essayer de le trouver au moyen de ses coordonnées célestes :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre ,
- Septembre 6 g1’25“' —{— 15° a4/ 2",4
- — 16 9h 27“ —j— 15° 1 y' 2",4
- — 26 g1' 28“* -|- i5° i-i 2",4
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 7 septembre, à iqh, Yénus en conjonction avec 7 Lion (gr. 4,7) à o° 4' S.
- Le 8, à 23\ Neptune en conjonction avec la Lune, à 20 18' N.
- Le 10, à 3h, Mars Le 10, à 2211, Yénus Le 12, à 111', Mercure Le i3, à oh, Saturne Le 14, à i8h, Jupiter Le a3, à i8h, Uranus Le 24, à 4\ Yénus à o° 4' S.
- Le 26, à 5h, Mercure en conjonction avec Yénus, à 4° 58' S.
- la Lune, à i° 44; N. la Lune, à o° 58' N. la Lune, à 6°44/ S. la Lune, ào°59' S. la Lune, à 4° 1' S. la Lune, à o° 3i' S. r) Vierge (gr. 4,0),
- Etoiles filantes. — Yoici d’après M. Denning, les principaux radiants d’essaims actifs en septembre :
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- 3 Septembre 354°
- 3-x4 - 346°
- 6-8 — 62°
- 8-10 — 78°
- i3 , — 68°
- 15-20 — IO°
- -j- 38° 14 Ahdromède
- -j- 3° (3-y Poissons.
- •J- 37° e Persée.
- -j- 23° K Taureau.
- + 5o P. XIV. 236.
- -j- 35° p Andromède,
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- i5 et 22 Septembre 6° -f- ii° y Pégase.
- 20-21 — io3° + 68» 42 Girafe.
- 21-22 — 74° + 44° a Cocher.
- 21-25 — 3o° + 36° p Triangle
- 21 — 3i° + 180 a Bélier.
- 2g-3o — 24° + I7° y Bélier.
- Nous renouvelons l’appel en faveur de l’observation des étoiles filantes que nous avons lancé ici même (n° 2 564), tous les amateurs pouvant rendre de réels services à la Science en se consacrant à l’étude de ces météores.
- Etoiles variables.—Minima de l’étoile Algol ((3 Persée) : Le 3 septembre à 20h 32“ ; le 18, à 4h 35“ ; le 21, à ih 24“ ; le 23, à 22hi2m; le 26, à i9hi“.
- Etoile Polaire. — Passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris : Temps sidéral à
- Dates. Heures. Passade. midi moyen de Paris.
- Sept. 8 2h 20“ 54s Supérieur iih 6” 4% 5
- —• 18 xh 4 im 42s — nh45m 3o5,o
- — 28 Ih 2“ 28s I2h 23“ 55*,5
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ior septembre, à 22h3om, est le suivant :
- Au Zénith : Céphée ; Cassiopée; Andromède; Pégase; le Cygne; le Dragon.
- Au Nord : La Grande Ourse ; la Petite Ourse ; Céphée ; Cassiopée.
- A l’Est : Andromède ; le Bélier.
- Au Sud-Est : La Baleine.
- Au Sud : Pégase; le Verseau; le Capricorne.
- A l'Ouest : Le Cygne; la Flèche; le Dauphin; l’Aigle ; la Lyre ; Hercule.
- Au Nord-Ouest : Le Bouvier; la Couronne Boréale.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- cssc"
- Conserves de champignons. — Les champignons destinés à la préparation de conserves doivent être cueillis lorsqu’ils sont encore de petite taille et avant que le développement de leurs ombrelles soient complètement effectué, c’est-à-dire avant que ne s’ouvrent ces dernières. Les champignons, préalablement épluchés sont immergés dans un bain composé de :
- Eau............................ 9 litres
- Sulfite de soude.............. 8 gr.
- On procède ensuite au blanchiment. Pour blanchir les champignons on les plonge dans un bain bouillant dont la formule est la suivante :
- Eau ......................
- Sel.......................
- Alun......................
- Acide acétique............
- Solution de bisulfite. . .
- Jus de six citrons. , . .
- La formule de préparation de la solution de bisulfite qui entre dans le bain précédent est la suivante :
- Eau...................... 4 lit. 533
- Bisulfite de soude ... 186 gr. 60
- Acide chlorhydrique. . 2x7 gr. 70
- Après avoir préalablement fait fondre le bisulfite dans l’eau, on ajoute les acides à la solution. L’opération du blanchiment exige environ 4 minutes. Dès qu’elle est terminée, on refroidit les champignons par de l’eau courante froide. On procède ensuite à la mise en boîtes, ou en bocaux, puis les champignons sont recouverts à l’aide d’une saumure dont voici la formule :
- Eau............................ 22 lit.. 665
- Sel de cuisine..................n3 gr. 40
- Solution de bisullhe . . 35 gr.
- Acide citrique.................. 10 gr. 36
- Stérilisation. — On procède finalement à la stérilisation. Que les champignons aient été mis en boîtes ou qu’ils soient conservés dans des bocaux, la durée de la
- 21 lit. 665 900 gr.
- 3i. gr. 10 i5 gr. 5 i5 gr. 5
- stérilisation, qui dépend de la contenance des récipients, est la suivante :
- Boîte ou bocal de o lit. 284. . i3 minutes à no0 C.
- — — — o lit. 568. .16 — à ixo° C.
- — — — x lit. i36o. . 26 — à xio° C.
- Cette méthode se recommande tout particulièrement et donne les meilleurs résultats.
- Extraits de champignons. — La préparation des « extraits » de champignons se fait comme suit. Dans un baril appi’oprié, on dispose, par couches successives, 45 kg de champignons, séparant chaque couche de champignons par une couche de sel. La quantité de ce produit à employer est de 2 kg 270 pour 45 kg de champignons. Placer le baril dans un lieu très chaud, et l’y laisser 24 heures. On écrase alors les champignons et on en exprime le jus qui est placé dans une chaudière dans laquelle on le laisse bouillir doucement pendant i5 minutes. Ajouter alors, par 2a litres de liquide obtenu, les produits suivants :
- Poivre noir pulvérisé. . . Quatre-épices pulvérisées. Racine de gingembre verte, coupée en tranches. . . Noix de muscade entière . Clous de girofle entiers .
- 2 kg. 400 ix3 gr. 65
- 227 gr.
- 16 gr.
- 62 gr.
- Faire cuire le tout pendant i5 nouvelles minutes, filtrer et mettre chaud en bouteilles.
- Une cabine portative. — Yoici le temps des vacances et des bains de mer et de rivière. Les excursionnistes en automobile regretteront plus d’une fois, au cours d’un arrêt prolongé près d’une 1 ivière ombragée ou d’une plage ti’anquille, de ne pouvoir goûter les charmes du bain en raison de la difficulté qu’ils épi'ouvent de pouvoir revêtir commodément un costume de bain. A vrai dix'e on peut prendre pour cabine la voiture elle-même, surtout s’il s’agit d’unç limousine confortable,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- mais avec un torpédo la chose est plus délicate surtout pour une nageuse.
- On peut fabriquer très simplement une cabine portative au moyen de quatre piquets de bambou ayant a m. 5o de longueur, effilés à une extrémité de manière qu'ils puissent s’enfoncer dans le sol assez facilement.
- Ces piquets seront placés verticalement et on les assujettira comme on le fait pour les tentes au moyen de fiches et de cordes qui s’agraferont dans des pitons à œil en haut des piquets. Pour éviter que les pieux ne s’écartent il suffit de passer dans les quatre pitons une corde solide qui ira d’un piquet à l’autre.
- Voici donc la charpente de la cabine, il suffit maintenant de la garnir sur ses parois qui seront simplement formées d’une toile qui sera aussi solide ou aussi mince que l’on voudra. Elle aura une longueur suffisante pour entourer les quatre faces et la jonction se fera simplement au moyen de gros boutons-pression.
- Il n’est pas nécessaire de mettre un toit puisqu’il s’agit simplement de se soustraire aux regards environnants et le plancher si cela est utile sera constitué par un des tapis de la voiture.
- L’encombrement de cette cabine portative repliée est très faible, car il suffit d’enrouler la toile autour des piquets ; si l’on veut avoir moins de longueur, on pourra faire les piquets démontables au moyen de montures analogues à celles que l’on emploie pour les bambous servant aux pêcheurs, on pourra même utiliser de vieilles lignes si l’on peut trouver dans les branches dépareillées la quantité suffisante pouûéquiper quatre piquets.
- On peut naturellement monter un toit, mais cela n’est pas nécessaire et complique la construction. Enfin on peut également ménager une ouverture circulaire à bonne hauteur pour servir de regard, mais pour une cabine de ce genre, la conception la plus simple sera 1 plus pratique et la moins encombrante.
- BOITE AUX LETTRES
- GéSL
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Vacheries-laiteries américaines : Louden Machinery Cy, 99, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris.
- Communications. — Le poste C. G. B. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé l’identité du poste G. G. B.
- M. Desgrouas, de Vire, veut bien nous indiquer que ce poste est situé à Cologne et appartient à l’armée anglaise; le poste G. G. G. est également une station du même genre.
- A propos de l’expédition aérienne en Nouvelle Guinée (n° 2569). — M. R. de Montessus deBallore et M. Pierre Chollos nous ont fait remarquer que le delta du Purari dont il est question page 4°y> en haut de la 20 colonne, est situé par i45° 10' E Greenwich et 9°5o' Sud, d’après le Hand-Atlas de Stieler.
- Réponses. — M. H. S., rue del’Hôtel-de-Ville, à Brive (Corrèze).— i° D’une façon générale, et à moins que la terre soit riche en humus, en matières organiques, le fumier de ferme ne peut être remplacé totalement par les engrais chimiques, ces derniers ne devant être considérés que comme les engrais complémentaires du fumier, en apportant au sol des éléments fertilisants que le fumier ne contient qu’en trop faibles proportions. L’emploi trop exclusif et prolongé des engrais chimiques, à l’exclusion du fumier, brûle la matière organique du sol et la productivité de celui-ci en est, à la longue, fortement amoindrie, sinon annihilée.
- Voyez si, à défaut de fumier, vous auriez possibilité de vous procurer un autre engrais organique, par exemple du comport, de la gadoue faite, c’est-à-dire fermentée (balayures de ville, etc.), de la poulaitte et de la colom-bine (fiente des poules et des pigeons). En tout cas, on ne peut vous indiquer des formules d’engrais chimiques pour la culture des légumes et des plantes florales sans être renseigné sur la nature de la terre et des diverses plantes à cultiver. Il n’y a pas de formule immuable; la nature des engrais à employer est corrélative de celle du sol et, surtout, des exigences des diverses espèces de plantes. Consultez le professeur spécial d’agriculture, à Brive, ou le Directeur des Services agricoles, à Tulle.
- 2° Pour détruire les courtilières dans un jardin, on peut recourir à l’un ou l’autre des procédés suivants : bien imbiber de pétrole des morceaux de vieux chiffons, de 3 à 4 centimètres carrés et, à l’aide d’un bâton pointu, enfoncer ces morceaux en terre auprès de chaque plante. Les capsules de sulfure de carbone (1 gramme de sulfure) ou de benzine enterrées à raison de 4 à 6 par mètre carré, à une profondeur de i5 à 20 centimètres, donnent de bons résultats. Rechercher, en suivant avec le doigt, les galeries jusqu’au nid ; verser dans celui-ci, de l’eau,
- jusqu’à ce qu’il soit plein, et par-dessus, un peu d’huile, qui asphyxiera les courtilières. Creuser sur la largeur du terrain à traiter une tranchée de i5 centimètres de profondeur, et d’autres tranchées parallèles, espacées de 1 à 2 mètres, en taillant les bords à pic, et y enterrer, de distance en distance, des pots à fleur à demi remplis d’eau après en avoir bouché le fond bien hermétiquement; le bord du pot doit être de niveau avec le fond du sol de la tranchée. Les courtilières, en arrivant aux tranchées, suivent celles-ci, tombent dans les pots et s’y noient.
- M. A. R., place de la Liberté, à Annonay (Ardèche). — i° La température nécessaire pour obtenir, par l'incubation artificielle, Y éclosion des oeufs de poules varie entre 37 et 40 degrés centigrades. Quand la température a tendance à descendre en dessous de 37 degrés, les œufs courent le risque de se refroidir; par contre, si la température dépasse 4o degrés, le surchaufîage est à craindre. Dans ce dernier cas, l’albumine de l’œuf commence à se coaguler et cette coagulation empêche l’alimentation normale de l’embryon en voie de formation. L’œuf est d’autant plus sensible à l’excès de chaleur que la date, c’est-à-dire le vingt et unième jour de l’éclosion approche.
- 20 Pour que celle-ci réussisse, il importe que les conditions suivantes se trouvent réunies : il faut que l’œuf ait été fécondé, qu’il soit soumis à l’influence prolongée d’une source quelconque de chaleur, mais dans une atmosphère contenant une certaine quantité de vapeur d’eau; et enfin, qu’il se trouve en contact intime avec l’oxygène de l’air. Pour que les œufs vient à leur disposition l’humidité nécessaire et suffisante, il faut 55 à 65 degrés à l’hygromètre. Pour tenter un essai avec votre étuve, il faudrait donc surveiller attentivement la température à l’aide d’un thermomètre, et avoir, dans cette étude, un dispositif, récipient quelconque, suspendu, contenant de l’eau. En l’absence d’humidité, la coquille est dure, la pellicule parcheminée et résistante et le poussin, trop faible pour percer ces enveloppes, meurt étouffé dans l’œuf.
- 3° Sur l’incubation artificielle des œufs de poule, il y a les ouvrages suivants : L'Incubation artificielle et le matériel avicole, par C. Maréchal, 1 vol. ; Conseils pratiques sur l’incubation par les procédés artificiels, tome I, 1 vol., par J. Rodillon; Instructions pratiques sur Vincubation et l’élevage artificiels des volailles, 1 vol. par Roullier-Arnoult ; L'Incubation artificielle et la basse-cour, 1 vol., par Henri Voitellier; Aviculture, 1 vol., par Charles Voitellier (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- L. C., Bilbao. — La superhétérodyne Lévy est construite par les établissements Radio L. L., 66, rue de l'Université, Paris.
- Mme B. L., rue Barnabé-Brisson, à Fontenay-le-Comte (Vendée). — i° Nous pensons qu’il s’agit de la préparation de paille désincrustée pour l’alimentation du bétail. Voici le mode de préparation : la paille hachée en morceaux de 2 centimètres de longueur est mise dans des cuves peu profondes et ouvertes ou çlpg paisses en bois
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- BOITE AUX LETTRES
- rendues étanches par un enduit de bilume. Verser sur la paille une solution froide de soude caustique à 2 pour 100, à raison de 8 parties de solution pour 1 partie de paille, abandonner le mélange pendant 72 heures environ, en brassant de temps à autre, avec soin. Pour traiter 25 kilogrammes de paille avec 200 litres de solution, en une fois, il faut des caisses d'au moins 2 mètres de longueur, sur 1 mètre de largeur et 3o centimètres de hauteur. Afin d’éviter les brûlures avec la soude, l’ouvrier doit avoir, près de lui, pendant le traitement de la paille, un seau d’eau pour y tremper ses mains, si besoin est.
- Quand les noeuds de la paille s’écrasent sans difliculté sous les doigts, faire évacuer la dissolution dans une deuxième caisse en plaçant, sur la paille traitée, des lattes chargées de matériaux lourds. Ce qui reste de la solution, le lendemain, sert à traiter une nouvelle quantité de paille. Après désincrustation et égouttage de la. paille, éliminer la lessive de soude qu’il imprègne encore, en remplissant la caisse d’eau et laissant le contact se prolonger pendant une heure et demie, évacuer l’eau de lavage et renouveler cette opération trois fois de la même façon. Après le troisième lavage ou mieux le quatrième, toute trace de soude a disparu. On utilise trois caisses et pendant que l’on procède au lavage dans la caisse n° 1, on imprègne la paille fraîche de la caisse n° 2 avec le reliquat de lessive de soude provenant de l’égouttage de la paille traitée en premier lieu; même opération dans la cuve n° 3. La lessive qui a servi trois fois de suite n’est plus utilisable ; on peut la réserver pour le lavage des ustensiles de ménage.
- 20 Par ces diverses opérations, les matières albuminoïdes de la paille sont insolubilisées ou détruites. Le procédé Beekmann et Colsmàn ne comporte pas, que nous sachions, la préparation de paille albuiniliisée, mais pour parer à la perte de matières albuminoïdes, on peut introduire dans la ration des animaux des aliments, tels que, par exemple, les tourteaux oléagineux, qui sont riches en albumine.
- 3° Le traitement de la sciure de bois pour la transformer en un produit propre à l’alimentation des animaux consiste en la saccharification : on transforme la sciure en sucre par l’ébullition sous pression, dans un acide dilué. On obtient ainsi un sirop qui, neutralisé, peut être ajouté au résidu et est mélangé à des aliments contenant des albuminoïdes et des graisses.
- 4° Pour réduire à l’état pulvérulent la paille sortant d’un hache-paille, il faut employer un appareil broyeur spécial. En ce qui concerne l’adresse pour se procurer une machine de ce genre, la Direction delà Station d’Essais de Machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12e, pourrait, croyons - nous, vous donner une indication. Joindre timbre pour réponse.
- M. R. Bouvet, Paris. — La recherche de l’emplacement à’un puits, comme son forage, demandent une grande expérience de ces sortes de travaux, des ouvriers spéciaux et un matériel approprié. La responsabilité en cas d'accident est d’ailleurs suffisamment grande pour qu il soit préférable de traiter à forfait avec un entrepreneur réputé.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur cette technique dans le Traité du puisatier, de la collection Roret (librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille) ou dans d’autres ouvrages plus généraux comme l'Eau à la Ville et à la Campagne, par Darvillé (librairie de la Construction moderne, j.3,! rue de l’Odéon), YEau pure, par R. et S. Lecointre-Paters (librairie Larousse), etc.
- Dryobalanops. — i° L'oxyde jaune de mercure étant préparé par précipitation du bichlorure de mercure au moyen de la potasse, suivant la réaction HgCl2 -f- 2 KO H — Hg O -j- 2 K Cl + H2 O peut contenir commercialement, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas destiné à la pharmacie, du sublimé non éliminé par lavage ainsi que du chlorure de potassium, il vous sera facile de vous assurer de la présence des chlorures ; en faisant bouillir un peu de votre oxyde jaune avec de l’eau distillée, le liquide filtré précipitera très probablement en blanc càillebotté par le nitrate d’argent. C’est ce sublimé que vous devez avoir pour résidu, vu son peu de solubilité. 20 La formule de Courtonne que vous nous redemandez est la
- suivante :
- Acétate neutre de plomb . . 35o gr.
- Eau distillée.................8a5 —
- Ammoniaque.................... 55 —
- 3° Le carbonate de soude sec peut sans inconvénient
- être substitué à la solution saturée. Si après avoir ajouté du carbonate de soude sous l’une ou l’autre forme le liquide filtré contient encore du plomb, c’est que vous aviez mis pour déféquer beaucoup plus de réactif qu’il n’était nécessaire.
- M. Â. Elosegi, à Tolosa Guipuzcoa. -— Lorsque l’on veut conserver du corps aux tissus de laine il faut éviter de les feutrer, or, le feutrage est une conséquence de la présence d’écailles à la surface du brin de laine, tout traitement qui détruit ces écailles diminue le feutrage ainsi qu’il résulte des travaux de Monge sur cette question. Ôn sait depuis longtemps que les laines qui ont été chlorées ne sont plus susceptibles de se fouler, il n’est donc pas surprenant que vous ayez obtenu un bon résultat en traitant la laine par un hypochlorite acidulé en vue de conserver du corps à l’article. Cette acidulation se trouve elle-même justifiée, car on sait également que la présence d’alcalis favorise le feutrage en dégageant les écailles. Quant à fixer les conditions dans lesquelles vous devez pratiquer le chlorage, nous ne pouvons le faire a priori, cela dépend de la nature de la laine, mais le principe étant exact, il vous sera facile d’effectuer des essais systématiques en partant par exemple d’une solution contenant 1 à 2 litres d’extrait de Javel dans 100 litres d’eau, acidulée par 3 à 4 litres d’acide chlorhydrique; suivant les résultats, vous augmenterez ou diminuerez les proportions pour les rendre convenables, ceci est une affaire d’expériences. Ce traitement devra, bien entendu, précéder le foulage, observer lors dè celui-ci, qu’il faut de préférence se servir de carbonate de soude en cristaux qui ne contient pas d’alcalis libres, inconvénient que présente parfois le sel de soude, même observation pour le savon, mettre beaucoup d’eau pour que les fibres restent libres et ne pas tenir le bain trop chaud. En observant ces conditions essentielles, vous devez réussir.
- M. Sallandre, à Hesdin (Pas-de-Calais). — Les blocs de grès destinés à la fabrication des meules sont d’abord dégrossis au burin et à la massette, puis dressés par abrasion au moyen de grès et d’eau. L’intervention mécanique nécessaire, d’une façon prolongée, ne met pas cette fabrication à la portée de l’amateur.
- T. S. F. — M. Bodard, à Saint-Etienne (Loire). — i° Votre antenne semble bien disposée pour la réception des longueurs d’onde moyennes (la Tour Eiffel etRadiola).
- 20 Votre boite d’accord est montée en dérivation. Ce montage est insuffisant dans la plupart des cas (voir numéro 2566) ; votre condensateur doit être placé soit en dérivation sur la bobine d’accord, c’est-à-dire sur l’entrée de l’amplificateur, soit en série entre la bobine de self et la terre.
- 3° Il suffit de faire suivre votre amplificateur haute fréquence à trois étages par votre deuxième amplificateur basse fréquence à deux étages. Vous pouvez utiliser la même batterie de chauffage et de tension de plaque pour ces deux amplificateurs.
- La réaction électro-statique par compensateur qui se trouve dans votre premier amplificateur est très suffisante; il est donc inutile de se servir en même temps d’une réaction électro-magnétique, ce qui compliquerait le réglage.
- 4° Pour chauffer vos cinq lampes, il est nécessaire d’avoir un accumulateur dont la capacité effective soit d’au moins 40 ampères-heure.
- 5° Pour éviter les dangers résultant des orages, il suffit d’avoir une bonne prise de terre et de relier l’antenne directement à la prise de terre, lorsque l’on n’utilise pas le poste.
- 6° Pour employer vos écouteurs avec votre amplificateur, il est préférable de n’utiliser que des écouteurs de résistance élevée, 2000 ohms, par exemple. Si vous mettiez en parallèle deux écouteurs de résistance différente, l’audition serait très illégale dans chacun des récepteurs. Vous pouvez utiliser les écouteurs de plus faible résistance en les mettant en série, mais le résultat est cependant moins bon.
- 70 D’après le schéma que vous nous avez donné, il nous semble que votre boîte d’accord est montée avec un détecteur à galène ; pour l’utiliser avec amplificateur il suffit alors de court-circuiter les deux contacts du détecteur à galène et de placer l’amplificateur à la place du récepteur téléphonique. Le condensateur, en dérivation aux bornes de ce dernier, devient alors inutile.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ----
- Les économies de combustibles. Conduite rationnelle des foyers, par Pierre Appell, i vol. in-8 {a3-175) de x.iv-342 p-, avec 72 fig. Editeurs : Masson et C‘°, Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1923. Prix : 17 francs.
- 11 n’est plus besoin de prêcher aujourd’hui l’économie des combustibles; le public est convaincu, ne fût-ce que par les prix élevés qui lui sont demandés. Mais les difficultés commencent dès qu’il s’agit de passer à l’exécution. Comment réaliser ces économies ? Ne va-t-il pas falloir bouleverser d’une façon gênante et souvent coûteuse des habitudes fort anciennes? Le livre de M. Appell paraît à temps voulu, pour donner aux hésitants, ou en tout cas à ceux qui cherchent, des connaissances qui leur permettront de juger où et comment doivent être pratiquées ces économies. Il explique ce qu’est un combustible, quelles sont les qualités qui font sa valeur, comment on les reconnaît ; il analyse ensuite les phénomènes de la combustion, et montre comment on établit un bilan thermique. Après ces généralités il étudie comment se comportent les combustibles sur les grilles des chaudières, dans les gazogènes et dans les fours. Il montre où sont les causes de pertes et explique par quels appareils et quelles méthodes on contrôle la marche d’une combustion.
- Volumes moléculaires, applications, par A. Leduc. 1 vol. in-16 de 120pages. G. Doin, éditeur, Paris, 1923. Prix : 8 fr. ; franco 8 fr. 80.
- Ce petit volume résume l’ensemble des très intéressantes recherches poursuivies depuis 1890 par M. Leduc et qui ont eu pour point de départ ses études sur la densité et la compressibilité des gaz.
- Une équation d’état représente la relation qui existe entre le volume spécifique d’un gaz, sa température et la pression qu’il supporte.
- M. Leduc en établit d’abord une fondée sur ses propres expériences et sur l’idée d’états correspondants, et caractérisée par l’introduction du volume moléculaire relatif (par rapport au gaz parfait).
- Il applique ensuite cette formule à une foule de problèmes : détermination des masses atomiques et moléculaires, étude des dissociations et polymérisations des gaz et vapeurs; M. Leduc étudie ensuite la pression interne dans les gaz qui met en défaut les formules classiques de Yan der Waals et Clausius, mais qui s’accorde avec les formules très simples qu’il a déduites de ses propres observations. Il montre enfin comment l’on peut calculer avec précision les chaleurs latentes de vaporisation, les chaleurs spécifiques des vapeurs et celles des gaz.
- Pasteur et le transformisme, par L. Blaringhem. 1 vol. in-8, 261 p. Masson et C'% Paris. Prix : 14 francs.
- Pasteur n’a pas pris part à la grande bataille du transformisme qui a occupé toute la seconde moitié du xix° siècle, mais ses œuvres auraient pu y fournir maints arguments. C’est ce que M. Blaringhem montre dans ce livre, en rappelant les études du maître, et notamment celles sur la dissymétrie moléculaire. L’œuvre de Pasteur est une suite remarquable d’expériences sur les phénomènes les plus intimes de la vie et l’auteur y découvre la possibilité de modifier la forme et les caractères des êtres vivants, dans les limites de l’espèce, en utilisant la dissymétrie de leurs composés.
- L’ilectrosidérurgie (fabrication de l’acier au creuset), par Ch. Clausel de Coussergues. i vol. 416 pages i5o fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix : 40 francs.
- Il y a dix ans à peine que le four électrique a pénétré dans le domaine de la grande sidérurgie; il y a conquis une place considérable; il est venu en aide aux aciéries Thomas pour leur permettre de transformer leurs produits en un métal soigné apte à faire concurrence aux produits du four Martin; il est également entré en concurrence avec le procédé au creuset pour la production des aciers fins. L’auteur, après un bref historique, fait connaître dans leurs caractéristiques essentielles, les divers types de fours électriques aujourd’hui en usage, et met en évidence les avantages et les inconvénients de chacun. Il étudie ensuite les réactions qui se développent dans les fours électriques de sidérurgie et trace les grandes lignes des divers processus opératoires de l’électrosidérurgie. Puis il examine en détail les règles qui président à la construction judicieuse des diverses parties d’un four, et passe à la description détaillée des divers modèles de fours. Une seconde partie de l’ouvrage sort du domaine de l’électrosidérurgie ; elle est consacrée à l’étude du procédé de fabrication des aciers au creuset, qui, malgré le terrain que lui a fait perdre le four électrique, tient encore une place importante pour les aciers extra-fins. Enfin un dernier chapitre est consacré au fer électrolytique.
- Selecied topics in the fîeid of luminescence by E. Meuritt,
- L. Nichols and C. D. Ciiild. i brochure 126 pages. Publication du National Research of the National Aca-demy of Sciences Washington, 1923. Prix : 2 dollars.
- Le mot luminescence a une signification assez vague. Les auteurs de cette excellente publication comprennent sous ce terme les phénomènes de radiations qui ne sont pas dus uniquement à l’effet d’une élévation de température. C’est donc un sujet extrêmement vaste et encore assez confus. M. Merritt expose les principales théories proposées pour expliquer et grouper ces phénomènes : théories de Wiede-mann, Kowalski, Baly et Perrin; en outre, M. Child résume ce que l’on sait sur la fluorescence des gaz;
- M. Nichols étudie la luminescence à haute température ; M. Merritt : les rapports entre la fluorescence et le pouvoir photoélectrique, puis les rapports entre la fluorescence et les réactions chimiques, et enfin un certain nombre de questions particulières. L’ouvrage se termine par une bibliographie très complète, comprenant tous les travaux sur la question de 1906 à 1922.
- Cours d’électricité industrielle. Le courant continu. Notions physiques. Génératrices et réceptrices. Accumulateurs. Distributeurs. Mesures, par F. Magonette. 2e édition augmentée. 1 vol. 320 pages, 221 schémas et figures, 41 planches hors texte. Dunod, éditeur, Paris 1923. Prix ; 22 francs.
- Cet ouvrage est un précis, visant directement la pratique industrielle. Les calculs ÿ sont simples et réduits au strict minimum. On y trouve un grand nombre d’applications numériques et de résultats d’essais de machines. Le démarrage des moteurs, le bobinage des induits, les tableaux de distribution avec accumulateurs y sont l’objet d’études approfondies illustrées de très nombreux schémas.
- Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac, par E.-A. Martel, i vol. in-16, 177 p., 38 fig., 12 plans dont 1 en couleurs. Delagrave, Paris.
- Tout le monde connaît Padirac, la merveille souterraine du Quercy, voisine du Rocamadour, découverte par M. Martel en 1899 et aménagée depuis pour rendre sa visite facile et agréable. Dans celte monographie, M. Martel raconte sa découverte en un récit passionnant, énumère ses explorations successives, difficiles et courageuses pour atteindre ses diverses galeries longues de près de 3 km, décrit l’aménagement et l’aspect actuel et rappelle les multiples questions géographiques, géologiques, hydrologiques, que soulève l’existence de cet extraordinaire souterrain. Son livre est un guide vécu, vivant, que tous voudront lire.
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- LA NATURE
- Supplément
- N° 2574 4 Août 1923
- ORMATIONS
- Statistique officielle des stations de « Broadcas-ting » aux Etats-Unis. — Le gouvernement des Etats-Unis vient de recenser les stations de Broadcasting existantes sur tout le territoire de l’Union. Cette statistique montre le prodigieux développement pris par la T. S. F. dans la patrie d’Edison en ces derniers temps et nous croyons intéressant de la publier.
- Nombre de Statioas de Broadcasting aux Etats-Unis
- (1922).
- Suspendues
- par mesures
- En service. administratives
- icr janv. . . 28 »
- ier fév. . . 36 »
- i°r mars . . 65 »
- i"r avril . . 133 4
- 1e1 mai . . . 217 4
- i'r juin . . . 314 8
- i“r juil. . . 378 12
- iür août . . 441 14
- 1" sept. . . 49e 16
- 1“ oct. . . 53q 22
- ior nov. . . 554 44
- ier déc.. . . 5yo 67
- Au i‘r janvier 1923 il y en avait 620 en service.
- Quant aux propriétaires de ces stations ils appartenaient aux catégories suivantes :
- Propriétaires des Stations de Broadcasting aux Etats-Unis.'
- Catégories. En service. Suspen- dues. Total.
- Ecoles ou Universités G 5 5 70
- Eglises ët Y. M. G. A 10 1 11
- Fabricants matériel élcct. et radios. 251 26 257
- Plomberie et quincaillerie . . . 8 1 1)
- Journaux et Revues 70 12 82
- Professions non connues 86 17 103
- Clubs et Sociétés 4 1 ;j
- Lieux de distraction 3 1 4
- Chemins de 1er et Compagnies de force motrice 4 5 7
- Si l’administration française était plus libérale pour les postes d’émission, leur nombre augmenterait également dans de notables proportions. Citadins et campagnards de notre pays ne tarderaient pas à monter, eux aussi, des postes de Broadcasting, en attendant que les stations officielles fonctionnent.
- Les amplificateurs à résistances et la réception des ondes courtes. — On sait que les amplificateurs à résistances, comme nous l’avons maintes fois expliqué, sont d’un très mauvais rendement pour la réception des ondes de longueurs inférieures à 1000 m. MM. Beauvais et Brillouin, inventeurs des amplificateurs à résistances, étudient, dans L'Onde électrique de mai 1923, les moyens d’améliorer le rendement de ces amplificateurs, en particulier pour la réception des concerts du Poste de l’Ecole Supérieure des P. T. T. Voici les principales précautions qu’ils recommandent d’apporter dans la construction d’un tel amplificateur.
- i° Ecartement des lampes qui doivent êlre distantes d’au moins 10 cm ;
- 20 Prises des lampes effectuées au moyen de ressorts écartés les uns des autres ;
- 3® Connexions aussi courtes que possible obtenues, entre autres, en plaçant les résistances de 80000 omhs et 4 mégohms de part et d’autre de l’alignement des lampes;
- 4° Compensateur possédant une faible capacité résiduelle, selfs d’accrochage formées de fil de cuivre ;
- 5° Tension des plaques de 120 à 160 volts avec batterie de faible résistance intérieure (10 ohms).
- Les auteurs indiquent d’ailleurs qu’il vaut encore mieux améliorer le rendement en employant des selfs placées à la place de certaines résistances ou en shunt sur celles-ci.
- Le noir de carbone. — Le noir de carbone est le terme par lequel on désigne le carbone très fin produit par la combustion du gaz naturel dans un milieu insuf-
- fisamment aéré, lorsque la flamme est dirigée sur une surface métallique. Il ne doit pas être confondu avec le noir de fumée qui provient de la combustion de matières bitumineuses ou d’huiles végétales. Le noir de carbone a d’abord été fabriqué avec du gaz artificiel, mais aujourd’hui presque toute la production est tirée du gaz naturel.
- On a découvert en 1915 que le noir de carbone pouvait être mélangé au caoutchouc, au lieu des pigments jusqu’alors employés, pour donner de la force et de la résistance à des articles, tels que les pneus, les chaussures et autres objets en caoutchouc sujets à l’usure par le frottement. Les résultats ont été si satisfaisants que les manufacturiers de caoutchouc sont devenus les principaux consommateurs de ce produit. Il est aussi employé dans la fabrication de l’encre d’imprimerie, de la peinture, du papier, et de bien d’autres objets d’un usage courant.
- Presque toute la production mondiale vient des Etats-Unis, surtout de la Louisiane et de l’ouest de la Virginie ; la quantité fabriquée en 1920 était de 5i 321 892 livres provenant de la combustion de 4059,8978000 pieds cubes de gaz naturel. Un grand commerce d’exportation a été constitué et, en 1921, la valeur des expéditions en Angleterre se montait à un demi-million de dollars, au Japon à un quart de million de dollars et en France à près de 200 000 dollars. Le Canada s’approvisionne également aux Etats-Unis sous ce rapport et ses achats se chiffrent annuellement à environ 2 000 000 de livres, représentant une valeur de près de $ 220000.
- Un facteur inquiétant de l’industrie américaine du noir de carbone est l’incertitude d’un approvisionnement de gaz à des prix peu élevés. Or, il y a dans des régions encore peu colonisées du Canada, pas trop éloignées des centres de transport, de vastes horizons de gaz naturel susceptibles d’assurer un approvisionnement ininterrompu à peu de frais.
- Nouveau procédé d’écorçage des bois. — La Section de Sylviculture de la Société des Agriculteurs de France a pris connaissance, récemment, d’un nouveau procédé d’écorçage des bois reposant sur le principe breveté de l’écorçage sous pression d’une atmosphère et demie, permettant le séchage de l’écorce par la vapeur sèche.
- Par ce procédé, on obtient un bois d’écorce sensiblement double, pour un prix de revient très réduit, d’autant que l’eau est partiellement récupérée.
- L’appareil comprend une étuve spéciale pour le séchage. Son rendement est de 100 kg d’écorce, à l’heure.
- On emploie une cuve plus ou moins grande, selon les dimensions des bois à écorcer. La dépense de main-d’œuvre est de 40 francs par jour. Le travail peut se faire d’octobre à avril ; on récupère ainsi une « feuillée », et on n’opère pas au moment do la sève. La dépense est de 45 francs par 1000 kg d’écorce, alors que, actuellement, pour ce même poids, le travail à la main coûte 120 francs. L’excédent de rendement ainsi réalisé double, en moyenne, la production à l'hectare. Sur 2000 kg obtenus à l’hectare, on a environ 1000 kg de bonne écorce et 1000 kg d’écorce inférieure (petit bois de taillis, de houppier, etc.). Par ce procédé, on peut écorcer aussi les menus bois, les branchages, les poteaux de mines, etc.
- Cet écorçage à la vapeur peut se faire en toutes saisons ; les taillis repoussent mieux et plus vite, tandis que l’écorçage en pleine sève entrave la repousse. On peut de même sécher les sciages à l’aide de la vapeur sèche.
- Au cours actuel des écorces, ce nouveau procédé permet de réaliser un bénéfice net de 200 francs par hectare, sur le prix de l’exploitation telle qu’elle est pratiquée ordinairement.
- La chaleur des végétaux. — Les plantes, contrairement à ce que pourraient faire croire des observations superficielles, n’ont pas exactement la température du milieu ambiant. En réalité, elle en diffère par quelques fractions de degré ; mais celles-ci sont, en général, si faibles, qu’il est assez difficile de les percevoir. On peut, cependant, les déceler à l’aide d’un
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- INFORMATIONS
- thermomètre sensible au dixième de degré dont on fait pénétrer le réservoir, très petit, dans les tissus ou que, s’il est plat, on applique à la surface des organes. Ce moyen est bien grossier et bien aléatoire. On obtient des résultats plus sensibles, dans quelques cas particuliers, à l’aide d’un thermomètre différentiel, où les deux boules sont entourées d’un vase où, dans l’un on met, par exemple, des graines sèches, tandis que, dans l’autre, il y a des graines en voie de germination; l’index de mercure se dirige rapidement vers les graines sèches indiquant que celles-ci ont une température moins élevée que celle des graines germantes. Des résultats plus précis peuvent être obtenus à l'aide d’aiguilles thermo-électriques en relation avec un galvanomètre et dont on fait pénétrer l’une dans les tissus végétaux tandis que l’autre est placée dans le milieu ambiant; de la déviation de l’aiguille du galvanomètre on déduit la différence de température entre les deux milieux, différence que l’on peut apprécier aux 3 millièmes de degré, environ.
- Les causes d’échaufîement des végétaux résident surtout dans l’accumulation et la digestion des matières de réserves, telles que, par exemple, l’amidon, qui, sous l’influence de l’amylase, se transforme en sucre. Elles sont dues aussi, dans une certaine mesure, à la température extérieure; ainsi il peut arriver que, au soleil, celle d’une plante puisse atteindre 4o°, alors que l’air n’est qu’à ao°. L’équilibre thermique entre le végétal et l’extérieur est, parfois, long à s’établir, ainsi par exemple, qu’on peut le constater avec un tronc d'arbre, où le bois, de même que le liège qui l’entoure, est mauvais conducteur de la chaleur.
- Les causes de refroidissement sont, également, multiples. La plus importante est la transpiration qui refroidit le végétal de la même façon que l’eau qui suinte des alcarazas refroidit celle qui est contenue dans le récipient. Le refroidissement peut être dû aussi à la circulation de l’eau dans le sol, qui, en s’écoulant, emporte une partie de la chaleur de la terre et au rayonnement, lequel est, parfois, assez considérable, puisque, par gelée blanche, on peut noter —20 dans le milieu extérieur et — 4° dans les feuilles.
- Dans un même végétal, la température peut varier d’un point à un autre. Ainsi, les mesures prises le long d’une tige de lis montrent que, vers le bas, la température est légèrement inférieure à celle du milieu, tandis que, plus haut, elle demeure un peu supérieure jusqu’au sommet, où, dès lors, elle augmente. De même, le long d’une feuille de Bégonia Rex, on peut constater que la température varie le long de la nervure médiane et le long des nervures latérales.
- L’élévation de la température est surtout notable dans les organes floraux, ainsi qu’il est par exemple assez facile de le constater en plongeant un thermomètre dans le capitule du Grand Soleil ou dans les inflorescences des Palmiers et des Gycadées. Les fleurs du Victoria regia accusent, parfois, une température supérieure de io° à celle de l’extérieur. Dans la spathe des Arum ou Gouëts, l’élévation est de 20 à 3° et peut atteindre jusqu’à i5° si l’on empêche les déperditions de chaleur par rayonnement. Pendant la floraison, il y a une certaine périodicité dans l’élévation de la température ; par exemple, la spathe du Gouët d’Italie (plante qui, malgré son nom, se rencontre fréquemment en France) s’ouvre vers le soir et le maximum de température a lieu à minuit, pour redescendre ensuite jusqu’au matin, moment où la température redevient normale. Chez le Victoria regia l’intervalle qui sépare deux maximums consécutifs est d’une journée,
- Cette production de chaleur n’est pas spéciale aux plantes à fleurs ; elle peut aussi se constater chez les cryptogames, comme, par exemple, le chapeau des gros champignons, en particulier celui de YArmillaire de miel, si répandu. Il en est de même pour les levures, qui produisent la fermentation alcoolique et les bactéries qui font fermenter le fumier et en élèvent la température jusqu’à 700.
- L’élévation de la température varie avec la chaleur ambiante. Ainsi, les plantules de blé manifestent une élévation de i°,x à n0 et i°,4 à i5°. De même, dans les bourgeons de marronnier, si l’élévation est nulle à 6°, elle est de o°,63 à 200. Il y a évidemment un rapport entre la production de chaleur et la respiration, laquelle augmente avec l’élévation de la température, comme le montrent les chiffres ci-dessous relatifs à une expérience faite sur une feuille placée dans une atmosphère close :
- Heures. Elévation de température. Oxygène ab (en cm5)
- 4- ... • . . 30,5 45
- 5 . . 6°, 1 70
- 6 . . 8°,6 95
- 7 . . io°,5 140
- 8 . . io° 85
- 10 . . . 5° 35
- Si l’on supprime l’oxygène, c’est-à-dire si l’on supprime la respiration, l’élévation de la température devient très faible. Ainsi une spathe d’Arum, qui donne une élévation de température de io° dans l’air, n’en donne plus qu’une de i° si l’on remplace l’air par de l’hydrogène, gaz inerte.
- Cette chaleur semble être utilisée pour la croissance de la plante... à moins qu’elle ne serve à rien d’autre que de me permettre d’écrire ce petit article....
- Henri Coupin.
- Le commerce de la Syrie. — Dans son numéro du 3i mars 1923, le Bulletin de V Union'économique de Syrie publie d’intéressants renseignements sur le commerce extérieur du Levant français.
- Avant la guerre, les importations totales des ports syriens atteignaient en valeur 170 millions de francs et les exportations 60 millions de francs par an ; la part de Beyrouth était de i3o millions aux importations et de 53 millions aux exportations.
- Les chiffres pour les années 1921 et 1922 ont été les suivants :
- Importations par mer.
- 1921 1922
- Francs. Francs.
- , Total dont en provenance de : 592.013.941 511.926.742
- Angleterre 147.401.164 115.892.976
- Egypte ....... 126.985.548 103.154.796
- France 114.658.716 86.065.864
- Italie 48 713.372 58.184.966
- Amérique ..... 45.085.190 32.053.002
- Turquie 45.599.229 22.897.930
- Belgique 25.541.028 26.810.505
- Allemagne 15.777.441 40.490,451
- Hollande Tl.690.704 5.873.726
- Tous les autres pays férieur à 5 millions. avaient un 1 chiffre de ventes
- Ici deux remarques s’imposent : tout d’abord, une bonne partie des marchandises importées ne font que transiter à destination de la Turquie et de l’Irak; ensuite, les marchandises, dédouanées par les services des corps d’occupation français, ne sont pas comprises dans ces chiffres, et elles proviennent de la France ou de ses possessions.
- Exportations par mer.
- i 1921 1922
- Francs. Francs.
- Total à destination de : 68.510.382 87.880.147
- Turquie .- 27.952.475 9.020.555
- Egypte 18.926.915 20.785.955
- France 10.494.283 50.194.465
- Amérique. . . . 6.701.650 15.855.254
- Italie 1.740.585 6.181.773
- Aucun des autres pays n’a fait pour plus de 5 millions d’achats.
- Une partie des exportations de la Syrie sont en réalité des marchandises venues par voie de terre de la Turquie et de l’Irak et qui ne font que transiter.
- Les indications sur l’importance réelle du commerce par terre avec la Turquie, la Palestine, la Transjor-danie et l’Irak font en partie défaut. On évalue toutefois à 37 millions de francs en 1922 le chiffre des marchandises importées par mer en Syrie et réexportées par voie de terre en Turquie.
- Si l’on tient compte de ce fait, que 1 franc-or d’avant-guerre correspondait à 3 francs-papier d’aujourd’hui, on arrive à cette conclusion que les importations de 1922 correspondent sensiblement aux importations de 1913, et que les exportations de 1922 sont très inférieures à celles de 1913. Les envois de fonds par les émigrants étaient évalués à 5o millions de francs-papier en 1922 contre 25 à 4° millions de francs-or par an avant la guerre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *>> Chroniques de T. S. T.
- Les différentes ondes transmises par les postes
- de T. S. P. — Nous avons expliqué dans les chroniques précédentes comment il était possible d’établir les collecteurs d’ondes et les appareils d’accord.Il est impossible, à l’aide de ces deux appa-I reils seuls, d’obtenir la réception
- I—---1-------1 avec un écouteur téléphonique des
- ' émissions radio-télégraphiques ou
- ^ ^ £ radio-téléphoniques ; l’emploi d’un
- . troisième appareil spécial, détec-"> teur ou amplificateur, est néces-
- ------------- saire comme nous le verrons. Mais
- Fig. i. cillant condensateur C et éclateur E.
- — Circuit os- avant d’étudier ce point, nous al-avec self S, ]ons examiner comment se distinguent les différentes sortes d’ondes émises par les postes de T. S. F. ou de radio-téléphonie.
- Ces ondes sont de trois sortes : les ondes amorties, les ondes entretenues et les ondes modulées.
- Les ondes amorties sont de moins en moins employées ; les ondes entretenues forment maintenant la majorité des communications, et les ondes modulées servent exclusivement pour la transmission radio-téléphonique.
- Nous avons déjà expliqué en quoi consistait un circuit oscillant et nous avons indiqué comment on pouvait reconnaître les conditions d’oscillation d’un tel circuit.
- Considérons, à nouveau, un circuit oscillant comprenant une self et une capacité, mais remplaçons l’interrupteur, indiqué à ce moment, par un éclateur formé de deux boules métalliques ou de deux plateaux (fig. i). Au
- Fig. 2. — Représentation graphique d’un train d’ondes amorties.
- moyen d’une machine électrique quelconque chargeons le condensateur; lorsque la tension obtenue sera assez élevée pour vaincre la résistance du milieu séparant les deux boules ou les deux plateaux de l’éclateur, une étincelle électrique jaillira; ce phénomène n’a d’ailleurs utilisé qu’une partie de la charge du condensateur, mais l’étincelle produite a suffi pour ioniser le milieu en diminuant la résistance de l’intervalle séparant les deux armatures, le condensateur se décharge en sens contraire, une autre étincelle jaillit et ainsi de suite.
- L’intensité des étincelles diminue d’ailleurs rapidement par suite des pertes d’énergies diverses; le phénomène S’amortit, et finit par cesser ; il serait alors nécessaire
- ligne ri ondes
- Silence
- eemcf,gne , d ondes,
- 3cmehgne
- ri nndps
- Fig. 3. — Représentation graphique d’une succession de trains d’ondes amorties.
- rapidement, et entre deux trains d’ondes se trouve une zone de silence qui représente le temps pendant lequel le condensateur se.recharge. (Les oscillations dans les postes réels sont transmises par l’intermédiaire de l’antenne.)
- On peut assimiler le phénomène produit au déplacement d’un pendule (fig. 4) ; en position d’équilibre, il oscille pendant quelque temps, ces oscillations ont toujours la même durée, mais, par suite principalement de la résistance de l’air, le mouvement s’amortit plus ou moins rapidement et cesse bientôt rapidement.
- On distingue d’ailleurs les ondes amorties à étincelles rares pour lesquelles le nombre des étincelles par seconde ne dépasse pas une centaine, et les ondes amorties à étincelles musicales pour lesquelles le nombre des étincelles est plus élevé, et peut atteindre 1000 à i5oo par seconde.
- De plus en plus, l’emploi des ondes amorties se restreint, d’abord parce que le rendement de l’énergie dépensée est trop insuffisant, la portée obtenue étant plus faible qu’avec le dispositif à ondes entretenues. De plus et surtout, à cause de leur amplitude inconstante et des solutions de continuité qu’elles présentent, on ne peut obtenir une bonne résonance à la réception. Les pôstes à étincelles produisent alors une grande gêne dans les autres transmissions puisqu’on ne peut facilement éliminer leurs émissions.
- • Ce sont les ondes entretenues qui sont maintenant employées dans la majorité des postes modernes pour les transmissions de T. S. F. Ces ondes sont émises par des postes à arc, à alternateurs, ou à lampes à vide. Les postes puissants les plus récents emploient surtout des alternateurs ; à la station de Sainte-Assise la plus puissante du monde, les émissions sont faites au moyen d’alternateurs.
- Ces ondes entretenues offrent l’avantage d’avoir une amplitude constante (fig. 5), elles ne présentent aucune solution de continuité, la longueur d’onde est facile à assurer et à régler, le rendement est très bon et la portée obtenue beaucoup plus considérable qu’avec les anciens postes à étincelles. Les ondes entretenues offrent seulement le désavantage de ne pouvoir être reçues qu’au moyen de dispositifs spéciaux qui sont les montages hétérodyne et autodyne, que nous étudierons plus loin. Il est impossible de les recevoir avec un simple poste à galène, c’est pourquoi la transmission des signaux ho-
- ecartant le pendule de sa
- Fig. 4. — Oscillations d’un pendule simple.
- Fig. 5. — Représentation graphique d’opdes entretenues.
- de charger à nouveau le condensateur à l’aide d’une machine. Ces étincelles successives, d'ailleurs, donnent à l’œil l’impression d’u,ne étincelle uniqne.
- . Mais, dans l’éther environnant, milieu hypothétique dont nous avons déjà parlé, il se produit alors des trains d'ondes, de même qu’en jetant une pierre dans l’eau on produit des ondes circulaires. On peut représenter ces trains d’ondes par des courbes (fig. 2 et 3^ en prenant comme abscisses les temps, et comme ordonnées les potentiels. On voit que chaque train d’ondes est représenté par une courbe dont l’amplitude diminue
- raires et de quelques bulletins météorologiques se fait encore à l’aide de postes à étincelles, de façon à pouvoir être perçue surtout des postes récepteurs installés sur les bateaux, et ne comportant qu’un détecteur à galène.
- De même que nous avons comparé les vibrations des ondes amorties aux oscillations d’un pendule simple, il est possible de comparer les vibrations des ondes entretenues aux mouvements du balancier d’une horloge. Le mouvement du balancier est continu, son amplitude et sa période sont constantes, puisqu’il reçoit à chaque passage l’impulsion produite par le ressort ou poids moteur,
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- Les ondes modulées sont uniquement employées en radiotéléphonie. Depuis peu de temps d’ailleurs, on peut distinguer deux sortes d’ondes modulées, les ondes modulées ordinaires, employées normalement par les postes radiotéléphoniques de diffusion : pour les radio-concerts et l’envoi de nouvelles ou de bulletins météorologiques, et les ondes modulées spéciales dont la mise en pratique commence seulement et qui seront sans doute réservées à la radiotéléphonie commerciale et officielle.
- Ce sont les ondes modulées ordinaires qui intéressent uniquement l’amateur et, comme nous le verrons, ces ondes peuvent être reçues au moyen des mêmes appareils récepteurs que les ondes amorties, alors que la réception des ondes modulées spéciales exige l’emploi d’appareils plus compliqués.
- On sait que la parole est formée par un ensemble d’ondes sonores complexes, de même les sons musicaux des instruments à cordes ou à vent; le timbre est dû justement à la présence d’harmoniques qui s’ajoutent aux sons purs ; ces sons purs peuvent être représentés par des sinusoïdes.
- On a pu étudier les formes spéciales des vibrations de la voix ; le Dr Marage, en particulier, a obtenu d’excellentes inscriptions graphiques et a reconnu que les consonnes ne correspondaient qu’à des vibrations d’amplitude beaucoup plus faible que celle des voyelles. On déduit immédiatement de ce résultat que, puisqu’il est évidemment nécessaire d’entendre toutes les lettres constituant les phrases, la réception de la parole à grande distance sera plus difficile que l’audition des radio-concerts. C’est ce que l’expérience confirme; beaucoup d’amateurs possédant, par exemple, des postes à galène, obtiennent de bonnes auditions des radio-concerts, alors qu’ils ne peuvent distinguer les paroles.
- . Pile
- rrm Ecouteur [ËJy téléphonique
- Microphone
- a
- prenait le
- Fig. G. — Action du microphone dans la téléphonie avec fil.
- Ceci posé, comment transmettre ces vibrations sonores au poste récepteur ? Dans la téléphonie avec fil ordinaire, l’opérateur parle ou joue avec son instrument de musique devant le microphone (fig. 6). Cet appareil, par exemple à grenaille de charbon, est monté dans le circuit d’une pile avec un écouteur téléphonique en série. Les ondes sonores en frappant le diaphragme du microphone le font vibrer et ces vibrations sont transmises aux particules de charbon appuyant les unes sur les autres à contact imparfait. La résistance de l’ensemble varie; il en résulte des variations dans l’intensité du courant passant dans le circuit, et également des variations d’attraction de la plaque de l’écouteur téléphonique. Finalement les vibrations du diaphragme de l’écouteur téléphonique reproduisent les ondes sonores qui ont frappé la plaque du microphone.
- Aucun appareil actuel ne permet pour la radiotéléphonie de transformer directement les ondes sonores en ondes hertziennes ; les ondes hertziennes tiennent lieu de support aux ondes sonores et remplacent le fil téléphonique ordinaire. Au poste émetteur radiotélépho-nique, on fera varier l’amplitude d’ondes électromagnétiques, émises par un procédé quelconque, on modulera ces ondes, à l’aide d’un dispositif microphonique. Ces ondes électromagnétiques ont reçu le nom d’ « ondes de support » ou « ondes porteuses ».
- Quelle doit être maintenant la nature de ces ondes ? Pour que la transmission radiotéléphonique soit bonne, la courbe des trains d’ondes doit permettre de reproduire toutes les vibrations de la voix, de fréquence comprise entre 200 et 2000 par seconde. C’est pourquoi toutes les ondes hertziennes ne sont pas utilisables pour la radiotéléphonie.
- Il faut d’abord que ces ondes ne produisent par elles-mêmes aucun phénomène acoustique ; c’est-à-dire soient d’une fréquence non acoustique ; cette condition élimine l’emploi des ondes amorties, puisque les trains d’ondes amorties ont des fréquences comprises entre
- 5o et i5oo par seconde; fréquences nettement acoustiques. L’emploi des ondes amorties produirait dans l’écouteur téléphonique un son intense qui couvrirait le bruit des paroles. D’ailleurs ces ondes étant discontinues, pendant les intervalles de silence que nous avons indiqués précédemment, l’onde sonore n’ayant plus de support ne pourrait être transmise.
- Ce sont donc les ondes entretenues qui doivent être
- Ondes entretenues
- B
- Ondes sonores
- Fig. 7. — Modulation des ondes entretenues.
- employées comme ondes de support. Mais il est de plus nécessaire qu’il n’y ait pas de déformation de l’onde sonore ; le calcul montre facilement (Voir article de M. Gutton dans Y Onde Electrique, n° 3) que la modulation est de plus en plus facile à mesure que la longueur d’onde diminue et que, pour obtenir une résonance acceptable avec les appareils de réception ordinaires, il est nécessaire que la longueur d’onde de 1’ « onde porteuse » ne dépasse pas 6000 m. environ. En fait, la longueur d’ondes des postes radiotéléphoniques s’échelonne actuellement entre 200 et 5000 m. environ.
- Les ondes entretenues sont émises en général, nous l’avons dit, au moyen d’arcs, d’alternateurs ou de lampes à vide. L’émission par arc n’est pas favorable à la transmission de la parole, surtout parce que l’intensité des courants de modulation exige l’emploi de microphones spéciaux. Les alternateurs à haute fréquence peuvent donner une bonne solution de la transmission radio-téléphonique à grande puissance ; mais ils sont peu employés par suite de leur emploi onéreux.
- La plupart des postes de téléphonie sans fil emploient des émetteurs àlampes. On arrive d’ailleurs à construire des lampes de grande puissance et les postes d’au moins 60 kilowatts sont d’un usage pratique actuellement.
- La représentation graphique d'une onde modulée est donnée par la figure 7. On voit en B la courbe de l'onde
- Fig. 8. — La lettre R envoyée par ondes entretenues en télégraphie.
- sonore du courant microphonique, en A l’onde entretenue de support, enfin en C l’onde modulée ordinaire, dont la courbe enveloppe des maxima, reproduit l’onde sonore primitive.
- Il y a, on le voit, une très grande différence entre l’émission radiotéléphonique représentée par cette dernière courbe et l’émission télégraphique représentée par une courbe du genre de celle de la figure 8. Dans la première courbe les variations d’amplitude sont peu accentuées ; dans le deuxième au contraire, les signaux sont nettement discontinus et les variations d’amplitude très nettes. Cette différence explique précisément les
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- écarts de portée entre un poste télégraphique et un poste téléphonique à égalité de puissance.
- Nous avons d’ailleurs représenté l’onde sonore de modulation comme une courbe simple. Le principe reste le même lorsqu’on fait entrer en jeu les harmoniques qui existent toujours, comme nous l’avons expliqué.
- Donnons enfin quelques précisions sur les ondes modulées spéciales, qui ne seront d’ailleurs sans doute que rarement destinées aux amateurs. Au lieu d’envoyer dans 1 espace l’onde modulée avec le courant porteur, on peut envoyer seulement l’onde modulée avec courant porteur retranché (fig. 9). Cette onde spéciale’consom-mera moins d’énergie à l’émission qu’une onde modulée ordinaire, parce que l’émission est nulle pendant les périodes de repos du microphone et qu’on réalise ainsi une véritable émission à train d’ondes entretenues intermittentes comme dans la télégraphie. Nous avons d’ail-
- leurs donné des détails sur les essais effectués avec ces ondes pour la radiotéléphonie transatlantique.
- Mais ces ondes exigent des procédés de réception particuliers alors que les ondes modulées ordinaires
- Fig. 9. — Onde modulée spéciale, courant porteur retranché.
- peuvent être reçues par simple détection. Nous examinerons dans une prochaine chronique la nécessité et le mécanisme de la détection, ainsi que le plus simple des détecteurs : le détecteur à galène. P. Hémardinquer.
- VARIETES
- Q^><
- COMMENT ACHETER LES LÉGUMES-FRUITS? — LES MELONS
- D’origine africaine plutôt qu’indienne, le Melon (Cucumis Melo L.), Cucurbitacée, est de tous nos légumes-fruits celui qui a le plus excité la gourmandise des hommes. Son parfum et sa saveur l’ont fait de temps immémorial propager dans presque toutes les parties du globe, aussi très nombreuses sont ses variétés. En France, comme il exige presque constamment une température de 120, il ne vient bien en plein air que dans le Midi; dans le Centre il demande un abri et une légère chaleur de fond; dans le Nord il lui faut des couches. Les principaux départements mélonifères sont le Vaucluse et le Var, puis, selon les années, le Tarn et Garonne, le Lot-et-Garonne, les Bouches-du-Rhône, etc.
- Quelles variétés acheter de préférence? — On classe ses variétés en deux séries : x° les melons brodés; 20 les Cantaloups. Je ne parlerai ici que des trois variétés de chaque série les plus cultivées et reconnues pour les meilleures.
- i° Melons brodés. — Ils se distinguent par des côtes peu accentuées dont la surface de l’écorce est recouverte de lignes grisâtres, sinueuses, ressemblant à une broderie plus ou moins en relief, d’oii leur nom.
- Melon de Cavaillon. — Les environs de cette ville sont un des plus grands centres de production des melons. On y cultive sous ce nom plusieurs sous-variétés parmi lesquelles on distingue : a) le melon de Cavaillon à chair rouge, fruit gros, oblong, à côtes marquées et très brodées ; b) le melon de Cavaillon tranché à chair rouge, plus petit et remarquable par le renflement de son pédoncule rappelant celui des potirons. Il a pour synonyme « Melon à confire » qui indique son principal emploi ; c) le melon de Cavaillon à chair verte, fruit oblong, à l’écorce brodée et à la chair très juteuse et très sucrée; d) le melon de Cavaillon tranché à chair verte, le plus cultivé et le plus recherché dans toute cette région.
- Melon de Ronfleur. — Fruit très gros, allongé, à côtes assez marquées, finement brodées, passant, à la maturité, à une coloration jaunâtre un peu saumonée. Chair orange ou rouge. C’est un des meilleurs melons de pleine terre, à maturité demi-tardive. Avec le Cantaloup noir de Portugal, il est le plus volumineux de tous les melons cultivés sous notre climat.
- Melon sucrin de Tours. — Fruit sphérique ou légèrement oblong, à côtes très faibles, mais recouvertes de broderies très grosses, très larges, très prononcées. Chair rouge orangé, ferme, souvent très bonne, quoique d’une qualité parfois un peu inconstante.
- 2“ Melons Cantaloup. — L’origine de leur nom vient de Cantalupi, maison de plaisance des papes à 7 lieues de Rome, où ce melon fut cultivé pour la première fois. Son introduction en France ne remonte pas au delà du xvni0 siècle. Les Cantaloups sont caractérisés par des côtes très prononcées, un épiderme parfois lisse mais le plus souvent recouvert de verrues ou d'aspérités, ce qui leur a valu le surnom de « melons galeux ».
- Cantaloup d’Alger. — Fruit petit, sphérique, moucheté de vert noir. Chair orange très colorée, sucrée, parfumée. C’est un excellent melon d’été dont la qualité est le plus régulièrement bonne.
- Cantaloup noir de Portugal. — Cultivé d’abord au Potager de Versailles, il a été propagé vers la fin du xvme siècle. Fruit très gros, allongé, d’un vert noir plus ou moins marbré de vert franc et pourvu d’un pédoncule très renflé à son point d’insertion. Chair rouge et généralement bonne. Il est aux cantaloups, par son volume extraordinaire, ce qu’est le melon de Honfleur aux melons brodés. A cet égard, il est plutôt un melon d’exposition que de consommation.
- Cantaloup Prescott. — 11 doit son nom à un jardinier anglais nommé Prescott qui l’apporta à Paris vers 1800. Il a produit de nombreuses sous-variétés qui ne se distinguent souvent que par la couleur de l’écorce. Les deux plus connues sont : a) C. Prescott fond blanc (gros cantaloup de Paris). Fruit gros, très déprimé, à écorce très verruqueuse et à côtes fortement en relief. Chair rouge orangé, épaisse, très juteuse, fondante et délicieuse ; b) C. Prescott fond blanc argenté, se différenciant du précédent par une forme plus aplatie et une teinte plus argentée de l’écorce, mais de même qualité. Il me faut citer aussi le C. Prescott petit hâtif à châssis spécial pour la culture de primeur.
- Quand et comment les acheter? — Les melons de serre apparaissent généralement dans la première quinzaine de mai, ils ont valu cette année entre 3o à 90 francs pièce; avant la guerre ils n’atteignaient que 20 à 25 francs ! Les melons de primeur arrivent aux Halles de Paris, vers la même époque, d’Hyères, de Cavaillon et de Mon-tauban; ils ont atteint à peu près des prix semblables pour descendre au début de juin entre i5 à 65 francs et, à la fin, entre 6 et 60 francs. Ces prix diminueront sensiblement avec l’arrivée des melons d’Algérie et surtout avec celle des régions du Centre et de la banlieue parisienne qui se continue jusqu’en septembre et octobre.
- Dans l’achat d’un melon, il faut généralement donner la préférence : i° aux cantaloups sur l'es melons brodés parce que leur chair est plus fine, fraîche, sucrée, parfumée et fondante ; 2° aux melons munis de leur queue et même d’un fragment de branche, tout melon de primeur qui en est dépourvu perd un cinquième de sa valeur marchande ; 3° à ceux qui sont très lourds, ne sonnant pas le creux, ni trop verts, ni trop jaunes, dont l’écorce crevassée autour du pédoncule cède légèrement à la pression du doigt et embaume l’odorat, ou encore lorsque le pouce ne peut enfoncer que mollement le pourtour de l’œil.
- L’odeur n’est pas toujours Un indice certain, car le melon dont la maturité est dépassée embaume parfois davantage que celui qui est mûr à point. On est plus assuré d’avoir un bon melon quand ces caractères se trouvent réunis chez un Prescott, car celui-ci est tenu par les gourmets pour le roi des Cantaloups. D’ailleurs,
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- VARIÉTÉS
- le marché est abondamment pourvu des deux variétés désignées plus haut, depuis le mois de juillet jusqu’à la fin d’octobre, attendu qu’elles sont de beaucoup les plus cultivées par les maraîchers parisiens et bien probablement par ceux des autres régions mélonifères.
- Le choix d’un melon a toujours été tenu pour chose délicate, à preuve ce quatrain qui remonte au x\T siècle.
- Les amis de l’heure présente Ont le naturel du melon :
- Il faut en manger plus de trente Avant d’en trouver un bon.
- Les maîtresses de maison ne doivent pas garder plus de 5 à 6 jours un melon, même quand il a été cueilli de façon convenable, sauf s’il appartient aux variétés d’hiver qu’on peut conserver au fruitier jusqu’en janvier ou même février.
- Principaux usages. — A l’état frais, les melons sont des fruits délicieux au goût, à cause de leur fraîcheur et de leur parfum, c’est, à coup sûr, leur meilleur usage, mais il ne faut en user qu’avec circonspection surtout au moment des grandes chaleurs, car d’après l’étude qu’en a faite mon érudit ami, M. Gibault, dans son Histoire des Légumes, ce fruit, mangé sans modération, aurait causé la mort de quatre empereurs, du pape Paul II et de beaucoup d’autres personnages de moindre importance....
- On mange les melons de plusieurs façons : sans aucun assaisonnement, saupoudrés de sel et de poivre ou bien de sucre, en hors-d’œuvre plutôt qu’en dessert. On peut aussi enlever les graines et les remplacer par une certaine quantité de fraises, un verre de bon vin, du sucre en poudre, puis placer le melon durant 12 heures dans
- une glacière ou dans un endroit très frais où il s’enrichit du parfum, des fraises et se refroidit. On se contente souvent de l’abandonner simplement quelques heures dans une glacière, mais comme la chair rendue ainsi plus indigeste peut provoquer la diarrhée et même des vomissements, il est prudent de faire suivre son ingestion d’un peu de cognac ou d’un verre de vin liquoreux, Xérès, Madère, etc.
- A l’état cuit les maîtresses de .maison peuvent en préparer : i° un potage, qui se fait comme celui de la citrouille ; on n’y emploie, bien entendu, que le melon qu’on ne peut consommer autrement ; 20 une confiture avec le fruit entier ou seulement avec son écorce. Yoici une recette pour le premier cas. Choisir un melon bien mûr, enlever tout le vert, couper le reste par petits morceaux. Mettre dans une bassine avec trois quarts de livre de sucre cristallisé pour une livre de fruit. Ajouter un verre à vin de vinaigre ou jus de citron par kilo de fruit, un petit morceau de vanille et faire fondre doucement, puis laisser bouillir lentement pendant une heure, ou jusqu’à cuisson complète. Mettre en pots et boucher après que la confiture est refroidie.
- On en fait aussi une conserve au vinaigre de la même façon que les cornichons, avec les petits melons quand ils n’ont que la grosseur d’une noix ou d’un œuf ; on n’y emploie spécialement que ceux qui sont mal conformés ou que l’on retire pour ne laisser sur le pied-mère que le nombre régleméntaire des fruits.
- La confiserie fabrique des confitures et des confits à l'eau-de-vie en utilisant des melons à chair ferme et de préférence le melon de Cavaillon tranché à chair rouge et les Cantaloups. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Nettoyage des pinceaux. — Très souvent il arrive que les pinceaux dont on s’est servi pour la peinture à l’huile ayant été abandonnés à eux-mêmes durcissent et forment un bloc inutilisable. — On peut remédier à cet inconvénient par un moyen très simple qui consiste à immerger entièrement le pinceau dans l’ammoniaque ou alcali volatil ; à mesure que le ramollissement se produit on malaxe les soies de manière à les séparer les unes des autres et bientôt l’instrument a retrouvé ses qualités primitives, un lavage à l’eau tiède termine l'opération.
- Conservation de la souplesse du caoutchouc. —
- Placer dans le fond d’un flacon à large col un tampon de coton hydrophile et verser sur celui-ci quelques centimètres cubes d’essence de girofle.
- Mettre ensuite dans le flacon les objets en caoutchouc (capuchons, tétines, tubes, etc.), et fermer hermétiquement.
- D’après les observations d’un de nos lecteurs, M. Badie-Levet, de Tunis, qui a bien voulu nous en faire part, le caoutchouc, même au bout de vingt-cinq ans, conserve la souplesse qu’il possédait au moment de sa fabrication, alors que d’autres articles identiques non placés dans les mêmes conditions sont devenus très durs dans le même temps.
- Décalque de caractères d’imprimerie sur les négatifs photographiques. — Faute de précautions, ou emballe parfois dans de vieux journaux les clichés photographiques et on retrouve ensuite ceux-ci couverts d’inscriptions: — Pour les enlever, il suffit de frotter légèrement avec un tampon d’ouate imbibé de benzine, cette dernière dissout la matière grasse de l’encre, sans avoir d’action sur la gélatine, en même temps que le tampon entraîne les parcelles de noir de fumée ainsi détachées.
- Les piles usées de lampes de poche peuvent servir à faire fonctionner des sonneries. — Tout le monde, dans la campagne, emploie les lampes électriques de poche à piles sèches. Quand la lampe ne brûle plus, on jette la pile. Un emploi très intéressant est de se servir de ces piles pour les sonneries électriques, Les petites batteries contenant 3 piles le vol-
- tage est plus fort qu’avec 1 piles Leclanché et quand l’ampérage n’est plus suffisant pour la petite lampe, il l’est encore pendant longtemps pour une ou deux sonneries, au moins jusqu’à ce qu’une nouvelle batterie devienne disponible. L’installation est bien simple : deux clous comme bornes au-dessus d’une étagère quelconque. Sur les clous viennent s’appuyer les deux lames élastiques de prise.
- Réparation provisoire d’un tube d’essence. — Il
- arrive parfois sur une automobile que par suite des trépidations, la tuyauterie d’essence est sujette à des ruptures, surtout quand le réservoir se trouve placé à l’arrière, assez loin du moteur. Parfois une soudure ou une brasure pas très Soigneusement faite a une durée éphémère, ceci est naturellement plus fréquent sur les motocyclettes.
- Quand, au cours d’une excursion, on se trouve assez loin de tout centre, de tout atelier de réparation, il est difficile de ressouder le tube détérioré.
- On sait qu’on peut procéder à une réparation de fortune en prenant un bouchon qui sert de jonction aux deux extrémités du tube, mais l’étanchéité n’est pas parfaite, car il est délicat de creuser le bouchon d’une rigole suffisamment précise pour épouser le tube à réparer.
- Yoici un système beaucoup plus simple qui consiste à employer de la gomme arabique ou de la seccotine sur une petite bandelette de toile. On commence par enrouler autour du tube cette bandelette enduite de colle. Quand on a de cette façon placé une ou deux couches de tissu on prépare trois petites baguettes de bois formant attelles que l’on place sur les couches d’étoffe et on imbibe le tout de colle. On assujettit ces attelles en plaçant encore deux couches de tissu, de telle sorte que l’on a une réparation robuste.
- La toile réduit la trépidation, et la gomme laque bien épaisse ou la seccotine qui humectent le linge sont imperméables à l’essence qui ne dissout pas la gomme arabique ni la seccotine ; par suite, lorsque la colle est sèche, il ne reste plus que la gomme cristallisée qui ne peut être traversée par l’essence.
- Ce petit procédé rendra certainement service à quelque chauffeur arrêté sur la route par une tuyauterie d’essence perforée.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement, Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. —- E.C. F. M., à Paris. — Sur le flottage des bois et son application dans les forêts coloniales. Nous ne connaissons pas de livre ou autre publication traitant spécialement cette question. Pour obtenir la documentation y relative, ou des indications précises en vue de recherches, vous pourriez vous adresser à la Direction de 1 Ecole nationale forestière, à Nancy, à la Direction de l’Ecole supérieure d’Agriculture coloniale, à Nogent-sur-Marne (Seine) ; à la Librairie coloniale Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob; à la Librairie agricole, 26, rue Jacob; à la Librairie E. Dunod, éditeur, Paris, 47, quaides Grands-Augustins.
- L Agence générale des Colonies, à Paris, 34, Galerie d Orléans, Palais-Royal, pourra probablement vous documenter. Elle possède un Service de renseignements, un Service d’études et une bibliothèque publics, où l’on peut recueillir des directives et des infqrmations utiles.
- 61 —3, Lyon, aux adresses données dans notre n° 2564 pour objectifs astronomiques, il convient d’ajouter les Etablissements Hermagis, 29, rue du Louvre, Paris.
- A., L., Vendôme. — 1° Vous trouverez la plus grande partie des renseignements que vous désirez dans les ouvrages suivants : Recettes de la Maison, Recettes de l Atelier, Recettes de la Campagne (Masson et Cie, éditeur. Prix : 6 francs le volume) ;
- 20 Voyez le Traité de l’Art du Cuir, par Broquelet-Garnier, éditeurs, 6, rue des Saints-Pères, Paris ;
- 3° Nous vous conseillons le Manuel du peintre, de Coffignier (Baillière, éditeur) ;
- 4* Dans l’ouvrage Le Ron Jardinier publié par la librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, Paris,^ vous trouverez des notions suffisantes de culture potagère et d’arboriculture ;
- 5° Vous trouverez du balata chez Hertzog, 164, avenue du Général Michel-Bizot, Paris.
- M. L. L. G., à Luisant (Eure-et-Loir). — i° Préparation de la présure avec des caillettes de veaux. — Prendre, par exemple, quinze caillettes de veaux très fraîches, les ouvrir au couteau et les vider; la fraîcheur est une condition essentielle. Il n’est pas indispensable que les veaux n’aient consommé que du lait. S’ils ont mangé de l’herbe, on jette le contenu de la caillette et on rince rapidement ce viscère sous un petit courant d’eau.
- Préparer, une saumure contenant, pour 5 litres :
- Sel ordinaire...............1000 grammes.
- Salpêtre..................... 3o __
- Acide borique................ 60 __
- Filtrer cette saumure sur papier ou sur un tissu serre. Mettre les caillettes à macerer dans la saumure, dans un local frais et obscur; il n’est pas nécessaire dé les découper en lanières. Les laisser macérer 10 à i5 jours au moins et 00 jours au plus. Quand les parois muqueuses internes sont assez ramollies pour être grattées facilement, retirer les caillettes, les racler, remettre le produit de la raclure dans le récipient et les caillettes raclees dans un second vase où on les recouvre d’une saumure fraîche pour un second trempage, pouvant donner un extrait moins fort que le premier, mais encore utilisable. Quelques jours après l’addition des raclures, la macération est suffisante, il faut alors filtrer le liquide pour le clarifier, sur un entonnoir de i5 cm environ de largeur, garni de coton hydrophile, avec plaque de ce même coton au fond de l’entonnoir, et une bande disposée en tournant, de manière à bien recouvrir la surface interne. Mouiller le coton avec de l’eau bouillie, refroidie, le presser pour éliminer l’excès d’eau et obtenir une couche filtrante continue. Pour accélérer la filtration, placer dans l’entonnoir, avant de le garnir de coton, un autre entonnoir plus petit à douille courte, ou sans douille, ou un cône d'aluminium ou de fer-blanc, percé de trous et appliqué à l’intérieur de l’entonnoir. Repasser le liquide deux ou trois fois sur le filtre ainsi garni, en évitant, dès le début, d’entraîner sur celui-ci les parties bourbeuses, décanter les parties
- superficielles. Mettre en bouteilles le liquide obtenu et le conserver dans un local frais et obscur.
- 20 Conservation ménagère de la viande en été. — Mettre la viande fraîche pendant i5 à 20 minutes, dans une boîte en bois, hermétiquement fermée et où l’on a placé de la fleur de soufre ou une mèche soufrée préalablement allumée. Si le morceau de viande dépasse 3 kg, on peut y pratiquer des hachures, des sections incomplètes, pour faire pénétrer plus profondément les vapeurs sulfureuses antiseptiques. Les quantités de viande ne dépassant pas 2 kg ne doivent pas séjourner plus de 10 à 12 minutes dans la boîte à soufrer. L’opération terminée, il faut les en sortir aussitôt et les suspendre à l’air libre, sans aucun contact avec les objets environnants; le goût de soufre disparaît et la viande se conserve ainsi très bien pendant une quinzaine de jours, au moins.
- M. Charrier e, à Paris. — Le procédé de tannage que nous avons indiqué pour les peaux de crocodiles n’a pour but que d’en assurer la conservation; si les peaux étaient destinées à la maroquinerie, il faudrait leur faire subir tout un ensemble de préparations qui ne sont plus du domaine de l’amateur; vous aurez des adresses de spécialistes au journal l’Index des industries du cuir, 54, rue de Bondy, ou au Secrétariat du Syndicat des cuirs, 64, rue de Bondy, Paris, Xe.
- M. Bonenfant, à Quessoy (Côtes-du-Nord). — L'amidon n’est pas un produit spécialisé et peut être fabriqué librement, on le retire de toutes les céréales qui en contiennent de 5o à 60 pour 100. Cet amidon est principalement associé au gluten et toute la difficulté réside dans cette séparation. Autrefois, on employait le procédé par fermentation qui consistait à développer une fermentation putride qui solubilisait le gluten; pour cela, après avoir fait une bouillie de-la farine de céréale, on y ajoutait l’eau sûre provenant d’une opération précédente et on laissait en contact de i5 à 3o jours, il se dégageait alors une odeur repoussante qui faisait classer les amidonneries dans les établissements insalubres. Aujourd’hui on préfère se servir du procédé mécanique dont le type est le procédé Martin dans lequel on conserve au gluten toutes ses qualités, en particulier celle de former avec l’eau une masse élastique non délayable. Après avoir empâté la farine de céréale, on la soumet à l’action d’un courant d’eau dans un tamis polygonal, l’amidon est entraîné, on le recueille dans des cuves, le lave à plusieurs reprises en grattant la surface ; finalement on l’essore et le fait sécher. Bien qu’en principe la fabrication soit très simple, elle comporte l’emploi d’un matériel assez important, moteur, appareils diviseurs, tamis, cuves de dépôt et de lavage, étuves pour la dessiccation. Vous trouverez tous renseignements sur l’amidonnerie dans l’ouvrage Farines et fécules de T Encyclopédie Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens.
- M. A. H., à Vincennes. — Le meilleur et surtout le plus inofïensif des procédés pour nettoyer les gravures piquées consiste à opérer de la façon suivante : La gravure est d’abord mise à tremper largement sous un courant d’eau froide pour enlever mécaniquement les impuretés superficielles. On retire alors la feuille sur une plaque de verre pour faciliter le transport sans déchirures et on plonge dans un mélange à parties égales d’eau et d'eau oxygénée, additionné de quelques gouttes d’ammoniaque. Lorsque ,1e jaunissement et les (piqûres ont disparu, on rince à grande eau et fait sécher sous presse entre des feuilles de papier à filtrer blanc.
- M. Martin, à Pau. — A notre grand regret, nous ne pouvons mettre au point des questions industrielles, vous trouverez les éléments de la préparation isolante que vous avez en vue dans les ouvrages suivants ; Les isolants en électrotecknique, par Wernicke, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Les vernis isolants en électrotechnique, par Matthis, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. AUiaume, à La Varenne Saint-Hilaire. — L’air, la lumière et les variations de température sont défavorables au caoutchouc, il ne faut donc pas laisser vos tuyaux d’arrosage exposés aux intempéries. Le mieux est de les garder enroulés dans un baquet et de les couvrir d’eau additionnée d’un verre d’alcali volatil par 5o litres d’eau.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/? pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. -
- Probabilités. Erreurs, par Em. Borel et R. Deltheil, i vol. in-16 avec io fig. Armand Colin, éditeur, Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- Yoici un petit livre excellent à tous égards : il expose avec une clarté parfaite et d’une façon tout à fait élémentaire les règles fondamentales du calcul des probabilités ; pour tout esprit qui réfléchit, il paraît au premier abord paradoxal, et même contradictoire que le hasard soit soumis à des lois mathématiques inexorables ; mais ce n’est là que la conséquence logique de définitions légitimes; le hasard mathématique n’est sans doute pas rigoureusement identique à ce que l’on pourrait appeler le hasard pratique; mais son intérêt est de permettre de soumettre à des investigations purement logiques des cas qui se rapprochent autant qu’on le veut de ceux qu’offre le monde réel, et d’en déduire des résultats approchés qui sont des guides précieux. Les applications du calcul des probabilités sont innombrables, et clairement mises en évidence dans la seconde partie de l’ouvrage qui traite des problèmes statistiques, de l’application du calcul des probabilités aux théories moléculaires, et aux erreurs d’observation. Ajoutons qu’à côté de ces grands problèmes on trouvera traités dans ce livre nombre de petits problèmes d’énoncés fort curieux ; exemples instructifs en même temps que passe-temps amusants.
- Méthodes de calcul différentiel et absolu, par Ricci et Lévi-Civita. 1 brochure, 75 p. À. Blanchard, éditeur, Paris, 1923. Prix : 9 francs.
- Ce volume est la reproduction du mémoire de MM. Ricci et Levi-Civita, publié en 1900, en français, dans les Matematische Annalen. Ce mémoire forme la base des développements mathématiques employés par Einstein et sa réimpression sera très utile aux mathématiciens et physiciens désireux de scruter les théories relativistes. La lecture de cet ouvrage n’est accessible bien entendu qu’à des lecteurs pourvus d’une très forte culture mathématique.
- La théorie de la physique chez les physiciens contemporains, par Abel Rey. 20 édition, revue et augmentée.
- 1 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur, Paris 1920. Prix : i5 francs.
- Ce volume a pour but d’exposer l’évolution contemporaine de la Physique, depuis la critique et l’abandon des thèses strictes du mécanisme traditionnel qui avait régné dans la science des trois premiers quarts du xrx0 siècle et était la synthèse des tendances Galilée-Descartes et de Newton.
- Comme la physique s’est profondément transformée depuis qu’a été écrite la première édition, notamment par l’apparition des théories relativistes, l’auteur a résumé, du point de vue particulier de sa recherche (l’objectivité de la physique), ces transformations et cette nouvelle évolution.
- Cours de Physique générale, par H. Ollivier (tome III), 23 édition (entièrement refondue). 1 vol. 712 p., 418 fig-, 3 pl. hors texte. J. Hçrmann, éditeur, Paris, 1923. Prix : 45 francs.
- Dans ce volume, l’auteur a groupé l’étude de tous les phénomènes vibratoires et ondulatoires ; il fait d’abord une étude mathématique générale du mouvement vibratoire; les résultats en sont applicables aussi bien au pendule, aux vibrations acoustiques, auy ondulations optiques ou aux oscillations électriques. L’auteur aborde ensuite l’acoustique et traite les sujets suivants : vibrations transversales des cordes, propagation des ébranlements dans les fluides,
- dans les solides isotropes, principe d’Huyghens, effet Doppler-Fizeau, notions d’acoustique physiologique. Puis vient l’étude de l’optique ondulatoire, avec les sujets suivants : les interférences, la polarisation rectiligne ou elliptique, et rotatoire; la diffraction, l’optique cristalline; signalons un important chapitre sur les états mésomorphes de* la matière, autrefois dénommés à tort cristaux liquides. La troisième partie de l’ouvrage est consacrée aux oscillations électriques, avec quelques notions de T. S. F. et des aperçus sur la théorie électromagnétique de la lumière.
- Cet ouvrage, rédigé d’une façon excellente et qui a fait ses preuves, n’a pas la prétention d’être un traité complet de physique; il ne traite que certains sujets, correspondant aux programmes de la licence et de l’agrégation; certaines questions sont éliminées parce que trop élémentaires ; d’autres qui ne figurent pas aux programmes ne sont qu’indiquées. Mais les sujets traités le sont avec une méthode et une clarté qui justifient amplement le succès de l’enseignement de M. Ollivier.
- Les avions sans moteur (Calcul, construction, explication des manœuvres de l’appareil), par C. Platoukofe. A. Breleveld, éditeur, Bruxelles, 66, Montagne aux Herbes Potagères. 1 vol. t45 p., 60 fig. Prix : 12 fr.
- L’auteur résume les lois connues de la résistance de l’air, puis indique les grandes lignes de la dynamique de l’avion sans moteur faisant du vol à voile, et étudie les moyens de calculer, et de construire un avion sans moteur.
- Manuel du distillateur, par M. Marillier. i vol. in-18, 3o5 p., 108 fig. Baillière, éditeur, Paris, 1928. Prix :
- 10 francs.
- Après avoir énuméré les matières premières qui se prêtent à la fabrication de l’alcool par fermentation, l’auteur étudie le mécanisme de la fermentation; puis
- 11 résume les lois physiques qui régissent les opérations si complexes de la distillation et de la rectification, et décrit les principaux appareils en usage pour la pratique de ces opérations. Il montre ensuite comment on obtient les principaux liquides alcooliques : eaux-de-vie de vins ou de cidres, de fruits, de lies, marcs, cognacs, alcool de betterave, de pomme de terre, de grains, de sciure, etc.; l’auteur indique également comment doivent être conduits les appareils, et comment on effectue les analyses de contrôle. Enfin l’ouvrage se termine par un chapitre sur les liqueurs.
- Le menuisier pratique, par H. Bonxamaux. (Collection Baudry de Saunier). 2 vol. Tome I, 217 pages, 167 fig. Tome II, 202 pages, 115 fig. E. Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 12 francs le volume.
- Ces deux petits volumes, très bien compris, clairement écrits et.illustrés, sont destinés aux amateurs désireux de s’initier au travail de la menuiserie et de s’en faire un passe-temps aussi utile qu’agréable. Le premier volume donne des notions générales sur les bois, décrit l’outillage, indique la façon de s’en servir et de l’entretenir; il explique ce que sont les assemblages, les moulures, le placage, le collage, les vernis, etc. Le second volume est consacré à l’exécution pratique des travaux : fabrication des caisses et emballages, de petits meubles de tous genres; données générales avec plans à l’appui sur la menuiserie de bâtiment : portes, fenêtres, parquets* escaliers, etc.
- Manuélisme et Education, par J. Fontègne. i vol. 260 p. Eyrolles, éditeur. Paris, 1923. Prix : 20 francs.
- M. Fontègne exalte avec l’enthousiasme d’un apôtre les vertus éducatives du travail manuel; aussi estime-t-il que le travail manuel doit trouver place dans tout système harmonieux d’éducation et d’instruction ; quel qu’en soit le degré.
- Le livre de M. Fontègne est riche d’arguments et d’exemples probants, il est à souhaiter qu’il soit lu et médité par tous ceux que préoccupent les questions pédagogiques.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2575 11 Août 1923
- FORMATIONS
- La navigation radio-goniométrique. — Un avion Goliath, du Service Technique de l’Aéronautique, a procédé, le 20 juillet dernier, à une expérience intéressante de navigation par radiogoniométrie.
- Il s’agissait d’aller de Sainte-Assise à Tours, puis de Tours à Sainte-Assise, en utilisant comme seul repère le poste radiotélégraphique émetteur de Sainte-Assise, qui n’était d’ailleurs pas prévenu et procédait à son trafic normal. A bord de l’avion, un radiogoniomètre permettait de repérer la direction de l’axe de l’avion par rapport à Sainte-Assise, le compas du pilote donnait la direction de l’axe de l’avion par rapport au Nord. Un officier, installé près du radiogoniomètre, sans carte ni repère d’aucune sorte, donnait au pilote ses angles de route en tenant compte uniquement des indications du radiogoniomètre. Un officier navigateur, placé à l’avant notait soigneusement la route afin qu’on pût étudier ensuite les résultats donnés par le radiogoniomètre; ce dernier officier ne communiquait pas avec le pilote.
- Les résultats ont été les suivants :
- A l’aller, le radiogoniomètre a amené l’ayion à 5 km au sud de Tours. L’erreur commise n’était que de 2 pour ioo de la distance parcourue. Au retour, elle l’a ramené rigoureusement au-dessus du poste de Sainte-Assise. Cette expérience montre le parti considérable que l’aviation pourra tirer des méthodes de navigation électro-magnétique, la nuit ou par mauvaise visibilité.
- C’est la première qui ait été faite dans ces conditions.
- Le formol : ses synthèses modernes. — Les applications industrielles proprement dites de la formaldéhyde et de ses dérivés polymérisés, sont de plus en plus nombreuses. Rappelons-en quelques-unes :
- Résines de synthèse, durcissement des matières albuminoïdes, emploi dans les industries de la galalithe, des paillettes en gélatine, industries organiques, tanins synthétiques et par-dessus tout applications à l’antisepsie pour laquelle la formaldéhyde est devenue un auxiliaire à nul autre pareil et irremplaçable. Or, actuellement le prix du formol augmente continuellement.
- Sa seule source réside dans l’oxydation incomplète de l’alcool méthylique ou esprit de bois, qui se raréfie lui-même de plus en plus. La demande d’alcool méthylique est bien supérieure à l’offre. L’industrie de la distillation des bois est d’ailleurs entre les mains d’un Consortium puissant. La situation qui existe chez nous, existe également en Amérique et au Canada, de grands distillateurs de bois.
- On estime à un maximum de ioooo t. la consommation mondiale de formol. Sur ce point, les opinions sont discutées. C’est ainsi que la production américaine de formol en Amérique (Etats-Unis) en 1914 est estimée par M. Watson (Chemical Trade, 29 juin 1 g33) dans les environs de 35oo tonnes. Les Allemands en 1920 en ont produit 1000 t., et le Canada 5oo tonnes.
- On voit ainsi que le chiffre de 10000 t. de production mondiale, paraît un peu exagéré.
- Suivant M. Swan (Loc. cit. Ibid.), le formol valait en 1914, 40 livres la tonne. Il en vaut actuellement 90. On voit donc que, étant donnée la valorisation de la livre, le formol a plus que sextuplé de valeur chez nous.
- De tous côtés on étudie des procédés capables de donner du formol à bas prix relatif. Il faut ajouter que l’on n’y est pas encore arrivé.
- Le principe des méthodes employées est de partir du méthane ou plutôt des gaz naturels qui en contiennent. C’est naturellement aux Etats-Unis et au Canada que les efforts de ce genre se poursuivent, puisque ces deux pays ont en abondance des puits de gaz jaillissants.
- Des quantités de brevets ont été pris sur ce sujet.
- Tant en Amérique qu’en Allemagne, on a d’abord essayé la chloration du méthane, et l’hydrolyse subséquente des composés chlorés obtenus, hydrolyse qui donne de l’alcool méthylique.
- Ces premiers essais n’ont pas été couronnés de succès ; le Département des mines du Canada a poursuivi des recherches en 1921, basées sur un tout autre procédé, qui consiste à oxyder le méthane naturel par l’air ozonisé. (
- Cette oxydation se ferait très rapidement et donnerait un mélange d’alcool méthylique et de dérivés de polymérisation du formol.
- Ce procédé donnait lieu à des explosions dans les débuts; explosions que l’on a réussi à éviter maintenant.
- Donc, tous les pays possédant des gaz naturels pourront se passer de la distillation du bois, opération onéreuse et quasi monopolisée. Albert Hutix.
- La consommation d’électricité à Paris. — La consommation du courant électrique à Paris va en croissant constamment, et les formidables usines génératrices qui ceinturent la capitale, malgré les agrandissements successifs dont elles sont l’objet, suffisent difficilement à la demande.
- On sait que dans l’intérieur de Paris, la distribution du courant de lumière est le monopole de la Compagnie Parisienne de Distribution électrique (C. P. D. E.) qui tire l’énergie électrique à distribuer des deux grandes centrales de Saint-Ouen et d’Issy-les-Moulineaux. En
- 1922, cette Société a distribué 134 millions de kilowattheure pour l’éclairage contre 104 millions en 1921. En outre, elle a distribué, pour la force motrice, 116 millions de kw-heure, contre 98 millions l’année précédente. La puissance maxima fournie au réseau parisien par la C. P. D. E. a été de 161 5oo kw, soit 26000 de plus qu’en 1921. Les usines de la C. P. D. E. n’ont pu suffire à cette demande et la Société a dû se procurer 33 000 kw environ auprès des fournisseurs extérieurs.
- Aussi les travaux d’agrandissement sont-ils poussés avec activité; on achève en ce moment l’exécution d’un programme arrêté en 1920, qui comporte une augmentation de pnissance de 120000 kw pour l’ensemble des deux centrales (4 nouveaux turbo alternateurs de 3oooo kw). La puissance installée des deux usines atteindra à la fin de l’année 240000 kw. Mais ce sera là un chiffre encore insuffisant.
- Aussi un nouveau programme dont l’exécution est déjà commencée prévoit-il l’installation à la Centrale de Saint-Ouen de 3 nouveaux groupes de 3o à 35 000 kw et le remplacement des anciennes unités de 10000 kw par des unités de il 5oo.
- La puissance totale installée sera alors de 36oooo kw et l’usine de Saint-Ouen deviendra probablement pour quelque temps la plus puissante centrale électrique du monde.
- Rappelons qu’il existe en outre dans la région parisienne, la grande supercentrale de Gennevilliers, et les usines de Yitry et Nanterre appartenant à l’Union d’Elec-tricité ; celles-ci desservent la banlieue et fournissent de la force motrice. La Centrale de Saint-Denis à la Société d’Electricité de Paris fournit le courant de traction au Métropolitain.
- On peut prévoir le moment, assez proche, où ces établissements tous installés sur la Seine ne suffiront plus à la demande de la région parisienne, et cependant ne pourront plus recevoir de nouveaux agrandissements.
- Il importe donc que la capitale se relie aux grands réseaux de distribution en voie de création, qui lui amèneront l’énergie électrique, soit de la région des mines, soit des régions de chutes d’eau. L’Union d’Electricité a déjà prévu le raccord de son réseau avec la Centrale hydroélectrique d’Eguzon en voie de construction dans le Massif Central. Il reste toujours à résoudre la grande question de l’utilisation et de transport des forces du Rhône.
- Le phare du Cap Guardafui. — Nous recevons de M. Rastoul, agent général des Messageries maritimes,
- à Marseille, l’intéressante lettre qui suit :
- « Il me paraît utile de rectifier une information parue dans le supplément n° 255g de La Nature, du 21 avril
- 1923, au sujet du reproche adressé au Gouvernement italien de ne pas s’être encore occupé de l’installation d’un phare au Cap Guardafui.
- Alors que je résidais à Mombasa, sur la côte orientale d’Afrique, en 1906, j’eus fréquemment l’occasion d’entretenir de cette question le commandeur Merca-telli, haut commissaire du Gouvernement italien dans le Benadir, c’est-à-dire dans le protectorat italien qui
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- INFORMATIONS
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- part de la Somalie britannique dans le golfe d’Aden, et aboutissait, à ce moment, à l’embouchure du fleuve Djouba (Juba) au nord de ce pays de protectorat qui s appelait alors l’Est Africain britannique.
- M. Mercatelli m'exposa que son Gouvernement avait depuis longtemps saisi l'importance de l’établissement d un phare au Cap Guardafui, mais que des difficultés de divers ordres s’étaient jusqu’à ce moment opposées à la réalisation de cette idée.
- ! C est d abord le coût de l’installation et du maintien d’un phare.
- , ,La construction d’un phare à Guardafui nécessiterait 1 établissement d une garnison et par conséquent d’ouvrages militaires destinés à mettre le phare, ses gardiens et les approvisionnements nécessaires, à l’abri des incursions des pillards Somalis.
- L’intérêt même des tribus locales ne peut que les pousser à détruire cet établissement, puisqu’il n’a d’autre objet que d’éviter les naufrages. Or, comme on le sait, le pillage en règle des navires naufragés est l’affaire la plus profitable aux Somalis de la région de Guardafui.
- Les dépenses de construction et d’établissement ainsi que celles du maintien des forces militaires nécessaires à la défense du phare devaient être telles que l’Italie seule ne pouvait les supporter en totalité. Il fallait donc qu un règlement international intervînt pour permettre au Gouvernement italien de percevoir une taxe de tous les navires profitant du phare.
- Les difficultés rencontrées pour la participation de tous, les pavillons intéressés à l’établissement du phare ainsi que pour la perception des droits sur les navires restèrent insolubles : le Gouvernement italien dut renoncer à son projet.
- D autre part, un phare à Guardafui serait surtout nécessaire pendant la mousson du Sud-Ouest. Or, à ce moment, le cap Guardafui est souvent environné de brume. Le feu risque donc de n’être pas aperçu.
- Le.commandeur Mercatelli n’entrevoyait déjà qu’une solution au problème celle d’un phare à ondes hertziennes. Mais, à ce moment, les appareils utilisant ces radiations n’étaient pas encore suffisamment au point pour qu’on pût les employer d’une manière pratique.
- Ces difficultés d'ordres divers ne s’étant certainement pas aplanies depuis 1906, on s’explique qu’aucune suite n’ait été encore donnée au projet, déjà ancien, on le voit, du Gouvernement italien. »
- Une graminée contre la mouche tsé-tsé. — Diverses revues belges attirent l’attention sur la découverte d’une graminée africaine aromatique qui a pour propriété d’éloigner la mouche tsé-tsé, propagatrice de la terrible maladie du sommeil de l’homme et du bétail.
- Voici les renseignements recueillis sur ce sujet par la Parfumerie Moderne.
- M. 1. Dawe, voyageant dans l’Angola, remarqua que les indigènes préparaient les nids des volailles et du bétail avec une herbe aromatique dans le but d’éloigner les insectes et particulièrement la mouche tsé-tsé. Cette plante sauvage a une odeur si forte lorsqu’elle abonde que les habitant sont obligés de s’éloigner; en petite quantité l’odeur est plutôt agréable.
- ; Après étude au jardin de Kew, on sait qu’il s’agit d une graminée, le Melinitis minutiflora Beauv. variété inermis découverte par Wellwitsch dans l’Angola central en 1854. On la retrouva ensuite au Kilimandjaro en 1884, sur le Rowenzori en 1893, dans le Cameroun en 1894.. Depuis, on a constaté son existence en Côte-d Ivoire, au Lagos, au Congo portugais, en Ouganda, etc.
- Enfin, elle semble abondante dans l’île de l’Ascension où elle a peut-etre été introduite ; de même, on l’a retrouvée rarement dans le centre de Madagascar,
- En Amérique, la même espèce serait très abondante dans tout l’Etat du Brésil et en Colombie. Là elle forme d’immenses pâturages qui avaient été signalés par Saint-Hilaire en i8r.6, mais il semble qu’elle y ait été néanmoins introduite accidentellement, car les indigènes distinguaient ces. pâturages sous le nom de « campos artifi-ciaes » ; le bétail adore le Melinitis, malgré son odeur forte et son suc visqueux. La plante continue à s’étendre, supprimant et envahissant toute végétation naturelle.
- Deux autres especes voisines posséderaient des propriétés analogues : ce sont la Melinitis effusa Stapf du Congo, et le M. tenuinervis Stapf des steppes du Sud de l’Afrique, du Katanga au Natal.
- A la suite du rapport de M. Dawe, les gouvernements anglais et belge semblent vouloir s’intéresser à l’observation de cette plante désignée sous son nom indigène de « Efwatakala ».
- L’essence d’Efwatakala a une odeur rappelant celle du cumin et contient un phénol qui serait l’agent antiseptique. Elle est secrétée par des poils spéciaux à l’étude; son rendement est faible.
- Les auteurs rappellent à son sujet que les cultures de Citronnelle de l’Ouganda semblent avoir chassé le tsé-tsé de la région et qu’à Ceylan, les animaux travaillant dans les plantations de Citronnelle et en mangeant, ont échappé aux épizooties qui ravagèrent l’île entière. »
- Nouvelles de T„ S, F.
- Les postes allemands. — Eberswalde continue ses concerts les lundi, mardi et jeudi de 20 heures à ai heures et le dimanche de 17 heures à 19 heures. Des essais ont lieu dans la matinée.
- Un de nos lecteurs de Colmar, M. Kléber, nous signale des essais de la station de Koenigswiesterliausen sous 2700 m, Cependant la longueur d’onde régulière est toujours de 4000 m. Une bulletin météorologique radio-téléphoné est envoyé le matin à g h. (heure d’été).
- Le broadcastinganglais — Ce qui distingue surtout les programmes des radio-concerts anglais de ceux des émissions françaises, ce sont les entr’actes ou « temps de silence » séparant chaque morceau. Ces intervalles sont parfois gênants pour l’amateur à l’écoute qui ne sait s’il doit attribuer ce silence à la station émettrice ou à son propre appareil de réception.
- Il est bon d’être renseigné sur les horaires exacts quotidiens, horaires que l’on trouve dans le Times ou le Wireless Weekly, ces journaux indiquent avec précision les « temps de silence » de chaque jour.
- Par suite de l’hostilité des artistes anglais, les représentations théâtrales ne sont plus transmises en entier, mais un acte ou deux seulement sont radio-téléphonés.
- Les acteurs et directeurs de théâtre pensent ainsi attirer le public désireux d’entendre la pièce entière au lieu de l’éloigner en lui offrant une représentation complète à domicile.
- Le poste de Nice. — Un de nos lecteurs de Cannes, M. Combes, nous signale que le poste Radio-Riviera de Nice n’émet plus actuellement. Des travaux sont en cours afin de permettre la transmission des opéras de Monte-Carlo l’hiver prochain.
- Par contre le poste côtier de Los de Cognes, appartenant à l’Administration des P. T. T. fait régulièrement des essais de transmission entre 18 heures et 18 h. 3o sur i5oo m. de longueur d’onde et avec une énergie de 600 watts.
- Les concerts publics par T. S. P. — Nous avons mentionné la demande adressée au Conseil municipal par M. Riotor et concernant l’autorisation de donner des concerts publics par T. S. F. Une installation d’essai a été réalisée dans le kiosque à musique de la place des Vosges et les premières auditions ont été accueillies très favorablement par un public nombreux.
- Les stations suisses. — M. le capitaine Taunel de Bex veut bien nous adresser quelques détails sur les stations radiotéléphoniques suisses.
- Le poste de Lausanne émet actuellement sur 1080 m. tous les jours de 19 h. à 19 h. 45 avec programme et horaire annoncés à l’avance dans la Gazette de Lausanne du dimanche.
- La station de Genève sous 1100 m. transmet avec 600 watts-antenne le jeudi seulement de 20 h. 3o à 21 h. 3o.
- Les artistes et la T. S. F. — On sait que depuis quelque temps les artistes des théâtres lyriques ont refusé de laisser transmettre les représentations par les émissions radiotéléphoniques du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T.. Tout fait espérer maintenant que le conflit est en voie d’apaisement et que les transmissions peuvent reprendre prochainement. La chambre syndicale des artistes musiciens de Paris, les sociétés des auteurs et compositeurs dramatiques, les syndicats des directeurs de cinémas, etc., ont d’ailleurs constitué un comité de protection chargé d’étudier les mesures à envisager pour sauvegarder les intérêts des différentes corporations du spectacle.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- T. S. F.
- L’Acoustiphone. — Lorsqu’on désire entendre les émissions radiotéléphoniques, on emploie un haut-parleur qui présente les inconvénients bien connus des amateurs. La puissance est souvent obtenue aux dépens
- de la netteté, ce qui est particulièrement frappant lorsqu’il s’agit de voix féminines ou d’effets musicaux quelconques; de plus, certains sons d’instruments sont confondus, et dans bien des cas le haut-parleur est identique à un mauvais phonographe.
- Malgré les formes plus ou moins biscornues des amplificateurs acoustiques, les matières différentes dont ils sont composés, les inconvénients subsistent toujours, et c’est pourquoi la réception au casque est plus appréciée des amateurs véritables.
- Un petit appareil récemment paru, réalise une émission possible pour plusieurs personnes, sans avoir les inconvénients des appareils amplificateurs acoustiques. 11 s’agit tout simplement d’un dispositif dont une partie est connue de tous ceux qui ont assisté au début de l’installation du phonographe, alors que le disque et le cornet n’étaient pas encore inventés.
- On remplace l’écouteur du casque téléphonique par deux écouteurs constitués simplement par un pavillon percé de trous, ce qui évite réchauffement de l’oreille en la ventilant. Sur le petit tube métallique fixe du centre du pavillon, on vient monter un tube souple en caoutchouc dont l’autre extrémité aboutit à un dispositif spécial qui constitue la partie principale du brevet.
- Qu’on imagine une petite boîte sonore de la dimension d’une pièce de a francs, épaisse de i cm environ, et dont le couvercle aurait été enlevé ; sur le pourtour de la boîte sont fixés de petits tubes ou ajutages sur lesquels sont reliés les tuyaux acoustiques.
- Le côté ouvert de la boîte s’applique sur la partie centrale formant embouchure du récepteur télépho-
- Fig. i. — L’Acoustiphone.
- Fig. 2. — Montage de deux écouteurs.
- nique, l’ensemble est tenu par une bride et deux légères tiges filetées. On devine aisément le résultat.
- Le dispositif existant actuellement permet jusqu’à huit dérivations; si l’on juge à propos de n’utiliser qu’une partie des ajutages, le constructeur fournit quelques petites pièces formant bouchons. Qu’il y ait huit récepteurs, ou deux seulement d’employés, le résultat est le même pour tous. On sait qu’il ne peut en être ainsi lorsqu’on ajoute dans le circuit électrique des écouteurs téléphoniques, qu’ils soient montés en « série « ou en « dérivation »,
- ^ Le système n’a pas la prétention de renforcer ou d amplifier les sons; il veut seulement permettre, sans affaiblissement notable, d’ajouter au récepteur légèrement amplifié d un poste de réception à lampes, des écouteurs en nombre quelconque. (Des résultats satisfaisants ont été obtenus avec 16 écouteurs pour un seul récepteur.)
- Les pavillons peuvent être fixés sur un support analogue à celui d’un casque, mais qu’il n’est pas nécessaire de le placer à la partie supérieure de la tête ; il suffit d une sorte de jugulaire très courte. On peut aussi, avec une monture spéciale, avoir un écouteur unique, forme montre, à manche, que l’on tient contre 1 oreille par l’intermédiaire d’un support circulaire, lequel s assujettit dans le creux de la main.
- Ln vente chez Ch. Tournaire, 5,<, rue de Dunkerque.
- La pile Sessa. — Cette pile est spécialement construite pour fournir sous une forme commode la tension de 6o ou 8o volts nécessaire au fonctionnement des amplificateurs.
- La pile Sessa est une pile sèche formée d’éléments plats interchangeables, la pile de 4° volts contient 3o
- Fig. L — Vue d’une batterie de piles Sessa.
- de ces éléments. Ces éléments plats rectangulaires sont pressés les uns sur les autres dans une boîte en carton au moyen de ressorts, de façon évidemment que la partie positive de l’un (charbon) soit en contact avec la partie négative de l’autre (zinc).
- La figure 3 montre l’aspect de cette pile avec les éléments décrits et la figure 4 la coupe d’un élément.
- L’avantage de ce nouveau dispositif est de permettre la visite instantanée des éléments en cas de détérioration de la pile, et également leur remplacement immédiat si la tension venait à baisser.
- Le constructeur de la pile Sessa est la maison Péri-caud, 85, boulevard Voltaire, Paris.
- Bibliothèque tournante formant cadre de T. S. F.
- — Les àmateurs privilégiés qui habitent la capitale ont 1 avantage de pouvoir écouter les radio-concerts parisiens sur cadre. Ils évitent ainsi l’installation toujours assez compliquée, dans une ville, d’une antenne satisfaisante.
- Toutefois, nombreuses sont les maîtresses de maison qui fontna grimace en trouvant dans leur salon le soir, installé par l’amateur impénitent, un cadre récepteur convenablement orienté. Certains de ceux-ci affectent certes des formes que l’on s’efforce de rendre esthétiques, mais il faut reconnaître, que la nécessité de faire varier l’orientation les rend encombrants et disgracieux.
- L’appareil imaginé par M. Paul Breton, que décrit le Bulletin de l’Office des Recherches et Inventions, présente l’avantage de ne pas éveiller l’attention par son aspect extérieur : il prend place en effet dans le corps même d’un meuble, fréquent dans les installations modernes : une bibliothèque tournante; l’ensemble peut être luxueux et trouver place dans les intérieurs les plus élégants, s’harmoniser avec les styles les plus variés.
- Malgré cela l’orientation du cadre et par suite son rendement peuvent être amenés an point maximum
- -Zinc
- Electrolyte
- Cire
- Fig. 4. — Coupe d’un élément de la pile.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sans nuire au coup d’œil; le meuble utilisé comme support du cadre de T. S. F. forme une bibliothèque pivotante pour livres ou cahiers de musique, ou un nécessaire d’ouvrages féminins.
- Ce meuble est essentiellement constitué par une cage formée d’une série de planches horizontales -réunies entre elles par des montants verticaux de formes diverses, deux de ces montants latéraux forment avec les planches supérieures et inférieures le cadre vertical sur lequel sont bobinés les fils conducteurs constituant le cadre orientable de T. S. F.
- Les planches forment des rayons de bibliothèque sur lesquels peuvent être disposés, d’une part des livres de différents formats et d’autre part des accumulateurs ou des piles nécessaires au fonctionnement du poste d’écoute, ces accumulateurs ou piles peuvent d’ailleurs être dissimulés par de fausses reliures.
- Sur le plateau supérieur prend place le poste d’écoute.
- Cette cage repose sur un pied formaut pivot, permettant ainsi de faire tourner la cage soit pour
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- Fig. 6. — Abaque à calculs (recto).
- Fig. 5. — Bibliothèque tournante formant cadre de T. S. F.
- A .bien des égards, son emploi est plus simple que celui de la règle à calculs.
- Cet abaque est du type à alignement, il permet de faire les multiplications, divisions, règles de trois et proportions, de calculer les puissances et les racines 2, 3, 4, 5 et 7 ; il donne, en outre, les logarithmes de nombres, les tangentes et les sinus naturels et leurs logarithmes ; il permet enfin de calculer d’un seul coup de réglette les expressions BH3, ainsi que les poids des barres en fer, en cuivre : rondes, carrées et hexagonales; ce petit appareil est donc aussi complet que possible.
- La simplicité de la méthode, l’heureuse disposition des échelles en rendent la lecture très aisée et la manière de procéder ne s’oublie pas dès qu’on l’a pratiquée une seule fois.
- Nous avons dit plus haut que cet abaque est à alignement; ceci veut dire que la recherche d’un résultat se fait simplement en plaçant une réglette en celluloïd sur laquelle est tracée une ligne droite ; cette ligne passe par une division sur les deux échelles envisagées. Le résultat se lit à l’intersection d’une troisième échelle.
- Pour une multiplication, par exemple, on fait passer la réglette sur les divisions des échelles intitulées : premier facteur et deuxième facteur, elles correspondent aux-valeurs du multiplicande et du multiplicateur; le résultat se lit à l’intersection de la réglette et de l’échelle; soit le produit.
- On voit donc que la mise en place de petite réglette, chose qui peut se faire d’une seule main, donne immédiatement le résultat.
- L’abaque comporte un recto, utilisable pour toutes les opérations simples, et un verso avec les échelles doublées pour les multiplications, divisions et règles de trois et pour tous les calculs spéciaux.
- Cette règle à calcul sera bien accueillie des ingénieurs, techniciens, dessinateurs . étant donnés son maniement facile et son prix modique.
- En vente chez E. Rousseau, 121, rue Lafayette.
- prendre le livre désiré, soit pour orienter le cadre de réception de T. S. F. vers le poste d’émission.
- Un dispositif de blocage peut immobilier la cage dans une position déterminée. *
- Bien entendu, le cadre peut être doté de tous les perfectionnements convenables, en particulier pour la réception des ondes courtes, tels que commutateurs appropriés permettant de prendre le nombre de spires utiles dans le circuit oscillant de réception, et de supprimer les « bouts morts » si gênants pour la réception des ondes de faible longueur.
- Calcul <rs|
- Une abaque à calculs. — Voici une règle à calculs ou abaque à calculs d’un maniement simple et rapide qui permet d’effectuer un grand nombre d’opérations.
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- VARIETES
- PASCAL ET LES PREMIERS OMNIBUS
- A propos du tricentenaire de Pascal, les quotidiens se sont plu à rappeler que cet homme extraordinaire — ou plutôt ce curieux homme — était l’inventeur des omnibus. Ce n’est peut-être qu’une légende — de même que l’invention de la brouette, que l’on connaissait avant lui — mais ce qui est certain, c’est qu’il avait un intérêt dans l’entreprise; intérêt qu’il destinait d’ailleurs, comme bien l’on pense, non à lui-même, mais aux pauvres : il était alors à. Port-Royal et ne pensait guère aux richesses.
- Il s’agissait de « carrosses à cinq sols » destinés à transporter plusieure personnes à la fois et pour une somme modique, tout à fait à la manière de nos omnibus et autres autobus. L’affaire avait été autorisée par lettres patentes de Louis XIY, au mois de janvier 1662 (noter que Pascal est- mort le 19 août 1662), en faveur du duc de Roannez, du marquis de Sourches, grand prévôt, et du marquis de Crénan, grand échanson de France. Dans sa Vie de Pascal, sa sœur, Mme Gil-berte Terrier, y fait allusion : « Dès que l’affaire des Carrosses fut établie, il (Pascal) me dit qu’il voulait demander mille francs par avance sur sa part à des fermiers avec qui l’on traitait, si l’on pouvait demeurer d'accord avec eux, parce qu’ils étaient de sa connaissance, pour envoyer aux pauvres de Blois ; et comme je lui dis que ,l'affaire n’élait pas assez sûre pour cela et qu’il fallait attendre à une autre année, il me fit tout aussitôt celte réponse : « Qu’il ne voyait pas un grand « inconvénient à cela, parce que s’ils perdaient, il le leur a rendrait de son bien, et qu’il n’avait garde d’attendre « à une autre année, parce que le besoin était trop pres-« sant pour différer la charité ». Et comme on ne s’accordait pas avec ces personne^;’ il ne put exécuter cette résolution par laquelle il noûs faisait voir la vérité de ce qu’il nous avait dit tant de fois, qu’il ne souhaitait avoir du bien que pour assister les pauvres ; puisqu’en même temps que Dieu lui donnait l’espérance d’en avoir, il commençait à le distribuer par avance, avant même qu’il en fût assuré. »
- La même Mme Périer a consigné encore par écrit de très amusants détails sur l’inauguration de cette entreprise, ceci dans une lettre adressée, le 21 mars 1662, à Arnauld de Pomponne : « Comme chacun s’est chargé d’un emploi particulier dans l’affaire des carrosses, j’ai brigué avec empressement celui de vous faire savoir les bons succès, et j’ai eu assez de faveur pour l’obtenir; ainsi, Monsieur, toutes les fois que verrez de mon écriture, vous pourrez vous assurer qu’il y a de bonnes nouvelles.
- « L’établissement commença samedi à sept heures du matin, mais avec un éclat et une pompe merveilleux. On distribua les sept carrosses dont on a fourni cette première route. On en envoya trois à la porte Saint-Antoine et quatre devant Luxembourg, où se trouvèrent en même temps deux commissaires du Châtelet en robe, quatre gardes de M. le grand prévôt (M. de Sourches), dix ou douze archers de la ville, et autant d’hommes à cheval.
- « Quand toutes les choses furent en état, Messieurs les Commissaires proclamèrent l’établissement et en ayant remontré les utilités, ils exhortèrent les bourgeois de tenir main forte; et déclarèrent à tout le petit peuple que, si on faisait la moindre insulte, la punition serait rigoureuse, et ils dirent tout cela de la part du roi. Ensuite ils délivrèrent aux cochers chacun de leurs casaques, qui sont bleues, des couleurs du roi et de la ville, avec les armes du roi et de la ville en broderies sur l’estomac, puis ils commandèrent la marche. Alors il partit un carrosse avec un garde de M. le Grand Prévôt dedans. Un demi-quart d’heure après, on en fit partir un autre, et puis les deux autres dans des distances pareilles, ayant chacun un garde qui y demeurèrent (sic) tout ce jour-là. En même temps, les archers de la ville et les gens de cheval se répandirent dans toute la route. Du côté de la porte Saint-Antoine on pratiqua les mêmes cérémonies, à la même heure, pour les trois carrosses qui y étaient rendus ; et on observa les mêmes choses qu’à l’autre côté pour les gardes, pour les archers et pour les gens de cheval. Enfin la chose a été si bien conduite qu’il n’est pas arrivé le moindre
- desordre, et ces carrosses-là marchent aussi paisiblement comme les autres.
- « Cependant la chose a réussi si heureusement, que dès la première matinée il y eut quantité de carrosses pleins, et il y alla même plusieurs femmes; mais l’après-dînée (sic) ce fut une si grande foule qu’on ne pouvait en approcher, et les autres jours ont été pareils; de sorte qu’on voit par expérience que le plus grand incon. vénient qui s’y trouve, c’est celui que vous avez appréhendé ; car on voit le monde dans les rues qui attendent un carrosse pour se mettre dedans, mais quand il arrive, il se trouve plein; cela est fâcheux, mais on se console, car on sait qu’il en viendra un autre dans un demi-quart d’heure; cependant, quand cet autre arrive, il se trouve qu’il est encore plein, et quand cela est arrivé ainsi plusieurs fois, on est contraint de s’en aller à pied; et, afin que vous ne croyez pas que je dis cela par hyperbole, c’est que cela m’est arrivé à moi-même. J’attendais à la porte Saint-Merry, dans la rue de la Verrerie, ayant grande envie de m’en retourner en carrosse, parce que la traite est un peu longue de là chez mon frère, mais j’eus le déplaisir d’en voir passer cinq devant moi, sans pouvoir y avoir place qu’ils étaient tous pleins; et pendant ce temps là j’entendais les bénédictions qu’on donnait aux auteurs d’un établissement si avantageux et si utile au public ; et comme chacun disait son sentiment, il y en avait qui disaient que cela était parfaitement bien inventé, mais que c’était une grande faute de n’avoir mis que sept carrosses sur une route, et qu’il n’y en avait pas pour la moitié du monde qui en avait besoin, et qu’il fallait y en avoir mis pour le moins vingt; j’écoutai tout cela, et j’étais de si mauvaise humeur d’avoir manqué cinq carrosses que j’étais presque de leur sentiment dans ce moment-là. Enfin, c’est un applaudissement si universel que l’on peut dire que jamais rien n’a si bien commencé.
- « Le premier et le second jour, le monde était rangé sur le Pont Neuf et dans toutes les rues pour les voir passer, et c’était une chose plaisante de voir tous les artisans cesser leur ouvrage pour les regarder, en sorte que l’on ne fit rien samedi dans toute la route, non plus que si c’eût été une fête. On ne voyait partout que des visages riants d’agrément et de joie, et cette commodité se trouve si grande que tout le monde la souhaite, chacun dans son quartier.
- « Les marchands de la rue Saint-Denis demandent une route avec tant d’insistance qu’ils parlaient même de présenter requête. On se disposait à leur en donner une dans huit jours; mais hier au matin, M. de Roannez, M. de Crenan et M. le Grand Prévôt étant tous trois au Louvre, le roi s’entretint de cette nouvelle avec beaucoup d’agrément, et en s’adressant à ces messieurs il leur dit : « Et noire route, ne l’établirez-vous pas bientôt? » Cette parole du roi les oblige de penser à celle de la rue Saint-Honoré, et de différer de quelques jours celle de la rue Saint-Denis. Au resté, le roi en parlant de cela, dit qu’il voulait qu’on punît rigoureusement ceux qui feraient la moindre insolence, et qu’il ne voulait point qu’on troublât en rien cet établissement. 1
- « Voici en quel état est présentement l’affaire; je m’assure que vous ne serez pas moins surpris que nous de ce grand succès ; il a surpassé de beaucoup toutes nos espérances. Je ne manquerai pas de vous mander exactement tout ce qui en arrivera de bon, suivant la charge qu’on m’en a donnée, pour suppléer au défaut de mon frère qui s’en serait chargé avec beaucoup de joie s’il pouvait écrire.
- « Je souhaite de tout mon cœur d’avoir matière pour vous entretenir toutes les semaines, et pour votre satisfaction et pour d'autres raisons que vous pouvez bien deviner. Je suis votre très obéissante servante. »
- Que ceux dont le nez s’allonge quand ils entendent le receveur leur crier : complet! et que ceux qui, dans certains journaux, réclament véhémentement une ligne d’autobus de la fue Tartanpion à la rue Trouspette se consolent en pensant qu’il n’y a rien de nouveau sous lé soleil et qu’il y a plus de deux cent cinquante ans, les bons bourgeois, leurs ancêtres, gémissaient déjà comme eux. Henri Goupin.
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- __ ÎS. — L’abondance des demandes de renseignements qui
- parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature .oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Rectification. — La poulie agrafe instantanée. — Nous avons donné dans notre n° 2565 du 2 juin la description de cet ingénieux objet. Mais une erreur s’est glissée dans l’adresse du constructeur.
- L’inventeur est M. Albert Lormier de Blangy-sur-Bresle et le concessionnaire exclusif et seul constructeur est M. Louis Legrand, de Blangy-sur-Bresle (Seine-Inférieure).
- Réponses.— M. Hérouet, à Bondy. — i° En ce qui concerne les travaux de maçonnerie, consultez les différents Manuels du bâtiment édités par Baillière, 19, rue Hautefeuille ; pour la peinture voyez : Le peintre-vitrier, de Bataille, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augus-tins. 20 Le nettoyage des fourrures se pratique à sec, on passe d’abord une éponge mouillée sur la pointe des poils pour enlever les enduits poisseux, solubles à l’eau, s’il en existe; puis, après avoir laissé bien sécher, on frotte à poignée avec du son chauffé, on laisse en contact quelque temps et bat la peau à l’envers en se servant d’un rotin.
- M. Martingay, à Genève. — La formule que nous avons donnée est correcte, il n’y a aucune raison pour qu’il né se forme pas de savon. S’il y a séparation de matières grasses, c’est que vous n’avez pas chauffé assez longtemps. Malheureusement les amateurs croient trop souvent qu’il n’y a qu’à mélanger les ingrédients de la formule pour obtenir le résultat, sans tenir compte des connaissances professionnelles qu’ils ne possèdent pas. Quant à la fluidité, si la saponification est complète, elle se règle par addition d’eau à volonté, puisque la recette n’a trait qu’à l’obtention du produit de base.
- Foyer civil, à Nancy. — i° Les produits vendus en deux flacons pour enlever les taches d’encre sous les noms d’Encriphobe, Corrector, etc., peuvent être préparés très facilement, l’un des flacons contient une solution de permanganate de potasse à 1 pour 100, l’autre du bisulfite de soude commercial. On applique d’abord le permanganate au moyen d’une baguette de verre (non d’un pinceau), puis, lorsque la tache a pris une teinte bistre, on touche avec le bisulfite, toute coloration disparaît alors en même temps que la tache. Laver ensuite à plusieurs reprises avec un tampon de coton hydrophile imbibé d’eau pure, pour enlever les produits solubilisés et réactifs employés. 2° Les crèmes de toilette les plus en faveur actuellement sont celles au stéarate d’ammoniaque, vous pouvez prendre comme type la formule suivante donnée par Cerbelaud :
- Acide stéarique............... 100 gr.
- Ammoniaque pure à 220 B. . 3o —
- Glycérine neutre à 3o° B. . 400 -—
- Eau de roses.................. 455 —
- Solution d’éosine au 1/100* .5 —
- Extrait de chypre.............. a5 —
- Chauffer au bain-marie le mélange d’acide, d’eau et de glycérine ; lorsque la masse est bien liquéfiée, y ajouter l’ammoniaque peu à peu en agitant. Maintenir au bain-marie, jusqu’à ce que le produit essayé au papier de tournesol ne marque plus en bleu, retirer du feu, ajouter le parfum, bien mélanger et mettre en pots.
- M. Chapelle, à Bligny-le-Sec. — La batterie de piles dont nous avons donné la description est une batterie de tension pour porter la plaque de la lampe à trois électrodes au potentiel qui permet son fonctionnement. Cette batterie n’est prévue que pour donner des volts et non des ampères, c’est pourquoi elle ne possède pas de dépolarisant. Dans le cas de mise sur sonnerie vous lui demandez un débit qu’elle n’est pas capable de fournir, car alors elle se polarise instantanément. Au contraire, dans la pile pour lampe de poche, il y a comme dépolarisant du bioxyde de manganèse, celui-ci assure un débit régulier.
- M. Noiret, à Abbeville. — x° La plus grande partie du tartre adhérent, qui se dépose dans les chaudières de ménage, est constituée par du sulfate de chaux. Le
- meilleur moyen de remédier à cet inconvénient est de donner au sédiment une forme pulvérulente en ajoutant au préalable un peu de bicarbonate de soude, la chaux est ainsi amenée à l’état de bicarbonate, lequel par chauffage se décompose en donnant du carbonate neutre à l’état boueux et de l’acide carbonique qui se dégage. Il suffit alors de purger de temps à autre en ouvrant le robinet et rinçant avec un tube de caoutchouc relié à la prise d’eau sur la pierre d’évier. 20 Pour enlever le tartre déjà déposé, introduire dans la chaudière un mélange d’eau et d’acide muriatique dans les proportions de deux à un, surveiller l’action et rincer aussitôt que le tartre aura été dissous.
- M. Radet, à Vertus (Marne). — i° Nous ne pouvons vous conseiller de charger des accumulateurs au moyen de piles; comme il y a toujours perte à la transformation, le procédé n’est pas économique et il vaut beaucoup mieux utiliser les piles directement. 2° A titre de renseignement un accumulateur à fin de charge demandant 2” 5, il faudrait disposer aux bornes de votre batterie de deux éléments d’au moins 5 volts, ce qui nécessiterait au moins six piles au sulfate de cuivre. 3° La charge et l’utilisation des accumulateurs ne peuvent être simultanées. 40 Vous trouverez des éléments Cal-laud de toutes dimensions à la maison V. Bidault,
- 13, rue Lakanal, Paris.
- R. B. 77, à Nice. — Nous ne connaissons pas de « truc » inoffensif pour blanchir instantanément les cheveux vivants, l’eau oxygénée alcalinisée par un usage prolongé amènerait ce résultat, mais l’action pourrait être désastreuse pour la vitalité du cheveu.
- M. Chapuis, à Paris. — Pour rendre inextensibles les cuirs tannés on procède habituellement à un étirage mécanique par voie humide en opérant ainsi : Le crou-pon est découpé sur la longueur, puis les bandes sont plongées dans l’eau pendant un certain temps, elles sont alors étirées mécaniquement en proportion de leur largeur et de leur épaisseur, ensuite elles sont graissées et on les laisse sécher dans cet état. L’étirage est de
- 6 à 8 pour 100 pour le cuir au chêne et de 10 à i5 pour 100 pour le cuir au chrome. L’appareil consiste en un cadre de bois portant deux paires de mâchoires en fer dont l’une est fixe, l’autre pouvant être écartée par un système de vis et écrous avec volant à main. La bande de cuir est simplement placée entre ces mâchoires ; la matière ainsi traitée ne présente plus alors sous l’effort que des allongements de 2 à 3 pour 100 au lieu de i5 à 20 pour 100 pour le cuir au chêne; de plus, le poids de rupture est considérablement augmenté et peut atteindre
- 7 kg pour le cuir au chrome.
- M. Vaufrçy, à Morteau. — La trempe de vos lettres en fonte moulée résulte très probablement d’un refroidissement trop brusque au moment de la coulée. Pour détremper, il suffira de placer les objets dans du sable et de porter au rouge sombre dans un four convenable, laisser ensuite refroidir très lentement. Si cette méthode ne donnait pas tout le résultat attendu, c’est que la fonte employée serait une fonte douce, très pauvre en carbone, donc proche de l’acier et qui donnerait à la fusion ce que l’on désigne sous le nom d’acier sauvage, dans ce cas il faudrait rejeter cette matière première.
- M. Durand, à Lyon Croix-Rousse. — i° Les capucines sont parmi les plantes les plus robustes, elles ne redoutent ni la chaleur, ni la sécheresse; par contre, l’humidité leur est très défavorable. Si vos graines ne se sont pas développées cela tient certainement à un excès d’humidité par excès d’arrosage, nature du sol ou encore parce que les plants étaient trop abrités du soleil. Les capucines présentent des floraisons successives, il n’y a par suite aucune raison pour que la fécondation n’ait pas lieu, cependant il faut tenir compte que l’année dernière a été particulièrement pluvieuse et qu’à certains moments les pluies persistantes ont pu, en délayant le pollen, empêcher la fructification. En résumé, le point important est de tenir compte de l’exposition et de n’arroser que très modérément. 20 Les couleurs céramiques ne se développent que par la cuisson, la plupart des matières premières employées sont incolores ou à peine colorées, il ne peut donc être question d’un emploi de ces produits pour l’aquarelle. 3° Il y a presque constamment des mouvements sismiques, nous signalons toujours aux informations, les plus imper*
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- BOITE AUX LETTRES
- tants, par exemple, celui qui dans la nuit du io au 11 novembre dernier a ravagé les côtes nord du Chili d’Àutofagasta à Yaldivia, mais par suite de leur fréquence en particulier dans cette région (quatre par jour en moyenne) il ne nous est pas possible de les mentionner tous.
- M. F. Castela, à Paris. — i° Dans Vaccumulateur Edison la matière active négative est de l'hydrate d’oxyde ferrique contenu dans les alvéoles d’une plaque d’acier nickelé et perforé. La matière active positive est de l’hydrate d’oxyde de nickel mélangé de pellicules de nickel qui en augmente la conductibilité, elle^est contenue dans une série de tubes èn tôle d’acier nickelée et également perforée,'ces tubes maintenus par une grille d’acier nickelée forment ainsi la plaque positive. L’électrolyte est une solution de potasse à 20 pour 100 additionnée d’un peu de chlorure de lithium.
- Au moment de la charge, la potasse est électrolysée, l’ion potassium se rend au pôle négatif ou cathode et en décomposant l’eau met en liberté de l’hydrogène qui réduit l’hydrate ferrique et l’amène à l’état d’hydrate ferreux. D’autre part, l’ion 011 se rend au pôle positif ou anode et agit comme oxydant d’après la réaction classique OH -)- OH = H4O -f- O, il peroxyde ainsi l’hydrate d’oxyde de nickel Ni(OH)B et le transforme en hydrate nickelique Ni2 (OH)6. A la décharge, le épurant s'établit en sens inverse du courant primaire, la plaque positive devient cathode et la négative anode, les substances reviennent alors à leur état primitif. 20 Les densités critiques absolues des principaux gaz sont les
- suivantes ;
- Azote'. . .....................0.327
- Acide carbonique...............0,464
- Chlore.........................0,547
- Hydrogène......................o,o33
- Oxygène........................o,45o
- M. Gilon, à Nogent-sur-Marne. — Le cuivre rouge ou cuivre pur n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique ; l’étain au contraire se dissout avec facilité, il vous suffira donc de traiter les objets par cet acide étendu de deux à trois fois son volume d’eau pour en obtenir le désétamage, chauffer au besoin, puisqu’il s’agit d’un étamage intérieur, en plongeant le vase dans l’eau tiède pour activer l’action.
- M. J. F., à Paris. — La préparation du fer pyropho-rique de Magnus ne présente aucune difficulté, il suffit de chauffer dans un tube de verre du peroxyde de fer Fe203 à la température d’une lampe à alcool en même temps que l’on y fait passer un courant d’hydrogène (avoir soin que l’hydrogène se soit dégagé au moins un quart d’heure avant de commencer le chauffage, car il y aurait explosion). Le fer pyrophorique ne se prépare pas d'avance vu son oxydabilité. Yous trouverez dans tous les traités de chimie une figure du montage de l’expérience.
- M. Calazel, à Haïphong, Tonkin. — i° Les manomètres métalliques type Bourdon se graduent par comparaison avec un manomètre à air libre au mercure. Soit h la différence de niveaux indiquée par celui-ci et H la pression atmosphérique marquée par un baromètre voisin la pression totale sera H -rf- h en centimètres de mercure. Pour transformer cette pression en grammes il suffira de multiplier par le poids de un centimètre cube de mercure, soit i3 gr. 6, on aura ainsi la pression par centimètre carré. Par exemple, si le mercure est monté de i5a cm, la pression sera de iÔ2 X i3,6 = 2067 gr. = 2 kg 067 ou 2 atmosphères. Le manomètre à air libre est constitué par un tube en fer de 5 mm de diamètre plongeant dans le mercure contenu dans un récipient également en fer, hermétiquement clos, recevant la pression d’une -pompe à air foulante. Le mercure monte d’autant de fois 76 cm qu’il y a de pressions égales à la pression atmosphérique. Sur le même récipient est placé le manomètre métallique à graduer; on marque sur la plaque de ce dernier les pressions correspondantes à celles indiquées par le manomètre à air libre. Pour se rendre compte de la hauteur du mercure dans le tube de fer, on branche de place en place sur celui-ci des tubes de verre parallèles, la communication étant établie au moment de la lecture par un robinet à vis. C’est par une disposition de ce genre à l’intérieur de la Tour Eiffel que Cailletet a pu réaliser directement des pressions allant jusqu’à près de 400 atmosphères.
- 2° Les épreuves réglementaires des chaudières à va-
- peur consistent à les soumettre à froid à une pression hydraulique intérieure double de celle qui ne doit jamais être dépassée en service.
- Cette pression s’obtient au moyen d’une pompe foulante et est constatée par le manomètre vérificateur dont est porteur l’ingénieur ou le contrôleur des mines qui procède à l’épreuve, A cet effet, l’appareil à essayer doit porter un tuyau ou ajutage, terminé par une bride de 4 cm de diamètre et de 5 mm d’épaisseur, destiné à recevoir le manomètre vérificateur. Toutes les parties de l’appareil devant être visitées pendant l’épreuve, leurs maçonneries et enveloppes métalliques ou autres qui peuvent les recouvrir doivent être enlevées ou écartées, Les chaudières ou récipients doivent aussi, en vue de cette visite, être l’objet d’un nettoyage complet, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, avant d’être présentés à l’essai officiel. La pression d’épreuve devant être obtenue par pression hydraulique, l’appareil doit être rempli d’eau, de façon que celle-ci déborde à sa partie supérieure. A cet effet, on soulève un peu les soupapes et on prend les précautions nécessaires pour emplir complètement les réservoirs de vapeur ou dômes. Les robinets doivent être bien rodés, !|es soupapes calées fortement, .des joints pleins doivent être faits à toutes les tubulures dé façon à obtenir une étanchéité parfaite et qu’il n’y ait aucun suintement pouvant gêner l’observation de la rivure des tôles. Enfin, si la chaudière fait partie d’une batterie de plusieurs générateurs ou, d une manière générale, si l’appareil est en communication avec d’autres appareils, il faut avoir soin de l’isoler complètement, en établissant au besoin un ou plusieurs joints pleins sur les tuyaux de communication. Il ne faut pas oublier dans ces préparatifs de sortir des chaudières les boules creuses des flotteurs qui pourraient s’écraser sous la pression et déterminer un à-coup susceptible d ébranler ces chaudières.
- M. G. Michaud, à Paris. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2064 du 26 mai 1923, p. 168, veuillez bien vous y reporter.
- M. Maurice Méry, à Paris. — Les vasogènes sont fabriqués par l’usine Pearson, 4^, rue Pinel, à Saint-Denis, Seine; au cas où elle ne ferait pas la vente par petites quantités, nous pensons que la Pharmacie centrale, 2i, rue des Nonains d’Hyères, pourrait vous servir d’intermédiaire.
- Manufacture d’allumettes, à Trélazé. — La méthode de dosage du magnésium dans l’eau de mer, dont nous avons parlé dans notre n° du 24 février 1923 (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 11 décembre 1922) est parfaitement applicable aux eaux douces, cette méthode utilise la réaction de l’hypoïodite de sodium sur les sels de magûésium en donnant un précipité brun. Le dosage a lieu colorimétriquement en comparant l’intensité de la coloration à celle fournie par des solutions titrées d’un sel de magnésium employé dans les mêmes conditions lesquelles, d’après l’auteur, sont les suivantes : On' prépare avec une solution de sulfate de magnésium à 10 pour 100 une solution étalon E, telle qu’une goutte prélevée avec un compte-gouttes à débit de m gouttes par minute, et mélangé à 5 cm3 moins une goutte d’eau corresponde, par la teneur en magnésie, à une solution de chlorure à 0,01 gr. au litre.
- On prépare également une solution d’hypobromite de sodium avec o,5 cm3 de brome, 5 cm3 de lessive de soude et 10 cm3 d’eau et on étend au dixième. D’autre part, on prépare une solution de chlorure de sodium à 3 pour 100 et une solution d’iodure de potassium à 10 pour 100. On met dans 12 tubes à essais successivement 5 cm3, 2 gouttes; 5 cm5 3 gouttes jusqu’à 5 cm3,
- 12 gouttes d’eau distillée et de solution E. Dans chacun des 12 tubes on ajoute maintenant une goutte de la solution de chlorure de sodium et o,5 cm3 de solution d’iodure. Dans un treizième tube, on introduit 5 cm3 d’eau distillée, o,5 cm3 d’iodure et une goutte d’eau de mer. Après mélange, on ajoute finalement à chacun des
- 13 tubes 2 gouttes d’hypobromite. Au bout de 2 à 3 minutes de contact et sans sortir des limites, 5 à 20 minutes, on observe les colorations. Supposons que la coloration du tube ayant reçu de l’eau de mer soit comprise entre celle du sixième et du septième tube, on dira que cette eau contient 6,5o de chlorure de magnésium représentant la valeur en gouttes au centimètre cube du compte-gouttes utilisé pour les mesures.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ...........—
- Quand la Lumière fut.... Tome II. Les cosmogonies modernes, par Louis Maillard, i vol. 278 p., 34 fig., 36 pi. hors texte. Editeur. Les Presses Universitaires de France. Paris, 1923.
- En exposant l’évolution moderne des cosmogonies, depuis Copernic, Tycho-Brahé, Kepler et Newton jusqu’à Einstein, M. L. Maillard dessine en réalité les traits essentiels de l’astronomie, telle qu’elle est aujourd’hui constituée, et il fait comprendre au prix de quels efforts ont été acquises les notions que nous possédons aujourd’hui; il nous fait suivre avec un intérêt passionné les progrès de la science, depuis les conceptions puériles du moyen âge, et les premiers balbutiements de Nicolas Oresme, jusqu’aux visions grandioses et éblouissantes que l’astronomie moderne projette sur l’univers. Clair, compréhensible pour tous, habilement composé, agréablement présenté, le livre de M. Maillard forme un remarquable exemple de haute et excellente vulgarisation.
- Les spectres et la structure de l’atome (3 conférences), par Niels Bohr, traduit par A. Corvisy. 1 vol. i52 p. Hermann, éditeur. Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- Les travaux du professeur N. Bohr, lauréat du prix Nobel, ont acquis une vaste et juste célébrité ; les lecteurs français n’ont malheureusement pas la ressource de les étudier comme ils le méritent dans les mémoires mêmes de l’auteur, qui jusqu’ici n’ont pas été traduits. Cette lacune se trouve en partie comblée par le présent ouvrage, qui est la traduction de 3 conférences de haute vulgarisation données par Bohr, de igi3 à 1921; elles ont le mérite de bien mettre en évidence les idées qui guident le savant Danois, le but que poursuivent ses investigations théoriques, et de donner une vue d’ensemble des résultats atteints.
- La Science mystérieuse des Pharaons, par l’abbé Th. Moreux. 1 vol 240 p. Doin, éditeur. Paris, iga3. Prix : 7 francs.
- Les Pyramides d’Egypte, vieilles de près de 5ooo ans, apparaissent à l’auteur, non pas comme des sépultures, mais comme des monuments destinés à fixer dans la pierre, un certain nombre de données astronomiques : l’étude des dimensions et de l’orientation de la grande Pyramide fournit en effet des révélations numériques surprenantes, et en tout cas des coïncidences qu’il paraît difficile d’attribuer au simple hasard ; les savants d’Egypte auraient donc condensé dans cette Pyramide leurs connaissances métriques de l’Univers, et ces données sont très . proches de celles qu’établit la science moderne; les Egyptiens à cette époque reculée auraient-ils donc possédé, au moins en Astronomie, une science beaucoup plus développée qu’on ne le croit généralement, et qui leur aurait permis par exemple de faire des mesures géodésiques ou astronomiques de précision ? L’auteur ne le pense pas ! Sa thèse est la suivante, inspirée de la plus pure orthodoxie religieuse; les vérités scientifiques inscrites dans la Pyramide sont d’origine divine; elles ont été révélées à Adam, le premier homme, et ses descendants les ont recueillies plus ou moins fidèlement et propagées à travers le monde.
- Pour soutenir cette thèse, l’auteur se livre à l’exégèse scientifique des Livres Saints.
- Théorie simplifiée de la télégraphie et de la téléphonie sans fil, par A. Verdurand, 3" édition, 1 vol.,vi-56 p., 38 fig. Dunod, éditeur, Paris. Prix : 3 francs.
- Ces quelques pages, sans formule, d’une compréhension facile, assureront à leurs lecteurs, une bonne et rapide initiation aux principes fondamentaux des
- transmissions radioélectriques, et leur permettront de comprendre les phénomènes mis en jeu.
- Les secrets du photographe, par J. Brun, i vol., i56 p. Albin Michel, éditeur. Paris 1923. Prix : 10 francs.
- Recueil d’utiles conseils, recettes, tours de mains et renseignements pratiques, méthodiquement claires : choix du matériel, sélection des produits, détermination du temps de pose, pratique du développement, préparation des positifs sur papier et sur verre, stéréoscopie, agrandissements, etc.
- Le cerveau et la pensée, par Henri Piéron. i vol. in-16, iv-3‘i8 p., 20 fig. Nouvelle Collection scientifique, Félix Alcan, Paris. Prix : 10 francs.
- Le cerveau est un champ de bataille métaphysique, où le combat n’est pas près de cesser. Mais les arguments qu’on y apporte sont loin d’égaler l’ardeur des discussions.
- Or, les vieux problèmes pourraient être à nouveau et plus clairement posés si l’on envisageait le fonctionnement cérébral à la lumière des derniers travaux relatifs à la physiologie nerveuse et les fonctions mentales du point de vue d’une psychologie biologique et objective.
- L’expérience de guerre imposait Tailleurs cette révision, que l’auteur, physiologiste, psychologue, et professeur à la Sorbonne, a voulue. Son livre met clairement au point nos connaissances positives actuelles sur ces passionnants problèmes.
- Sur les fonctions propres de l’écorce cérébrale et le rôle des centres sous-corticaux, sur la signification exacte des localisations dans les processus sensori-moteurs ou le mécanisme du langage, sur cette régulation affective, d’ordre « paléomental », de la vie intellectuelle, si longtemps méconnue, on trouvera des exposés précis et des aperçus suggestifs.
- On saura, quand on aura lu ce livre, ce que, en l’état actuel de la science, nous pouvons connaître des mécanismes cérébraux de la pensée.
- Le travail humain, par Jules Amar. i vol. in-16, io3p., 12 fig., 8 pl. Plon-Nourrit, Paris. Prix : 4 francs.
- Résumé des idées et travaux de l’auteur sur le travail et la fatigue, l’orientation professionnelle et l’évolution du travail à travers les âges, aboutissant à un système qu’il appelle lui-même « amarien ».
- La gastronomie pratique (Etudes culinaires), par Ali Bab, i vol. Flammarion, éditeur, Paris.
- La Nature, avait rendu compte, en son temps, de l’apparition de la 2e édition de l’ouvrage fameux d’Ali Bab La gastronomie pratique.
- Comme on le sait, ce traité diffère des autres livres de cuisine, tant par la personnalité de l’auteur, ingénieur des mines réputé, que par la méthode vraiment scientifique de coordination et d’exposition.
- La 2e édition conserve les mêmes caractères. Sans parler de nombreuses recettes nouvelles et de multiples menus, qui rendront service aux maîtresses de maison, les chapitres généraux ont été notablement multipliés. Citons notamment : La gastronomie à travers les âges, esquisse très poussée de l’histoire de l’alimentation et de la cuisine; l’étude des champignons comestibles, véritable encyclopédie des savoureux cryptogames; l’étude sur les vins, où en particulier, sont définis les termes techniques caractérisant les principales qualités du précieux liquide; la précision ainsi apporté dans une terminologie restée jusqu’ici assez confuse, facilitera sans doute une classification plus rationnelle des vins. Cette étude est complétée par quelques pages sur les « meilleurs vins de France » ; le traitement de l’obésité des gourmands, devenu classique, etc.
- « Le premier des arts » prend ainsi, par certains côtés, un caractère scientifique.
- L’ouvrage est écrit dans un style clair et précis, relevé par une pointe d’humour qui 1’ « assaisonne » agréablement. Sa lecture intéressera les maîtresses de maisons, les simples gourmands, voire même les dyspeptiques.
- HÜ 48 É-
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- LA NATURE
- Supplément
- N° 25?é 18 Août 1923
- T0D
- INFORMATIONS
- De nouveaux îlots sur la côte indôchinoise. — On
- se rappelle que le 16 mars ig23, près de Poulo-Cecir-de-Mer, une île volcanique se constitua dont la France prit possession. (Voir l’article de M. Yélain dans notre N“ du 26 mai 1923.) Or, à deux milles de cette île, Le Temps signale qu’une nouvelle île s’est formée, ayant environ 18 m. de long, om. 60 au-dessus de l’eau; le sol est noir et un récif entoure l’île ; de la vapeur s’élève à la surface.
- D’autre part, un peu au sud, à deux milles de l’île Carlisle, deux autres îles ont surgi; elles furent découvertes par YIroquois, navire hydrographe anglais.
- Enfin, dans les mêmes parages, le capitaine du vapeur Kutsang a été témoin d’une éruption.
- Les réseaux électriques à haute et très haute tension en France. — M. Tribot-Laspière, secrétaire général de Y Union des Syndicats de l’Electricité, vient de publier, au sujet des lignes françaises de transmission d’énergie électrique, une étude très documentée que la Journée industrielle résume comme il suit.
- M. Tribot-Laspière rappelle d’abord que nous avons pu montrer aux délégués des douze nations représentées à la conférence internationale la plus puissante centrale thermique du monde — celle de Gennevilliers — et le poste de T, S. F. le plus puissant du monde, celui de Sainte-Assise. Notre réseau de transmission à haute et très haute tension (c’est-à-dire celles qui atteignent ou dépassent 45 000 volts) comprend déjà plus de 8000 km de lignes en service ou en construction, dont une grande partie à 60000, 90000, 120000 et i5oooo volts, c’est-à-dire à des tensions aussi élevées que dans tout autre pays du monde et plus élevées que dans la plupart de ceux qui nous entourent.
- Jusqu’à ces dernières années, la production de l’énergie électrique était essentiellement régionale ou locale. Mais, depuis la guerre, on a senti le besoin de tirer parti de toutes les ressources naturelles de notre pays : les réseaux régionaux se sont développés au point de devenir, dans toute une partie de la France, des réseaux interrégionaux, constituant l’amorce du futur réseau national dont les artères principales (notamment l’artère Nord-Sud : Lille-Pyrénées et la ceinture reliant les réseaux du Nord, de l’Est et du Sud) seront réalisés d’ici à deux ou trois ans.
- Actuellement, on compte encore neuf réseaux :
- i° Réseau de la région parisienne;
- 2° Réseau de la région du Nord ;
- 3° Réseau de la région de l’Est;
- 4° Réseau de la région du Jura;
- 5° Réseau de la région des Alpes ;
- 6° Réseau de la région du Massif Central;
- 7° Jonction entre les Alpes et le Massif Central;
- 8° Réseau de la région des Pyrénées ;
- 90 Réseau de la région de l’Ouest.
- Le réseau de distribution construit ou en cours de construction atteint près de 8900 km dont environ 5ooo pour les. lignes dont la tension est comprise entre 45 000 et 90000 volts et 3goo pour celles dont la tension est de 90000 volts ou au-dessus.
- Les régions les mieux desservies à cet égard sont celles du Nord, de l’Est et des Alpes dans lesquelles l’interconnexion régionale est déjà très avancée.
- En ce qui concerne l’interconnexion nationale, c’est-à-dire celle qui réunit deux régions différentes, le travail est déjà très avancé pour les deux régions du Massif Central et des Alpes; huit lignes existent, en effet, ou vont exister entre la Savoie, le Dauphiné et la région dé Saint-Etienne et de Lyon; quatre sont en service et quatre en construction.
- L’Est et le Nord vont être incessamment connectés, grâce aux réseaux d’Etat, de l’Est à 120000 volts et du Nord à 45boo volts, le nœud de l’interconnexion étant à Mohon.
- L’interconnexion de Paris avec le Centre sera chose faite d’ici deux ou trois ans, grâce à la triple ligne d’Eguzon à Paris. Bien qu’il ne soit pas tenu compte, dans cette étude, des lignes en projet, il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que les futures usines hydrauliques de la Haute-Dordogne seront elles-mêmes réunies à Eguzon. **
- D’autre part, la liaison Paris-Nord, qui est amorcée jusqu’à Creil, sera vraisemblablement terminée dans quelques années, et l’on voit ainsi se dessiner, dès maintenant, la grande artère nationale Pyrénées-Lille qui travérsera le territoire du Sud au Nord.
- Une distribution électrique à 220 000 volts. — On vient de mettre en service le réseau électrique à 220 000 volts qui relie la ville et la région de Los Angeles aux usines hydroélectriques de Big Creek. C’est là le record actuel de la tension électrique ; rappelons qu’en France la tension la plus haute réalisée dans un transport d’énergie électrique est de i5o 000 volts. Le but poursuivi par la Southern California Edison C°, qui a construit ces lignes à haute tension, était de transporter une énergie électrique plus considérable sur une même ligne. Dans ses grandes lignes, le transport à 220000 volts ne se distingue pas du transpoit à i5oooo volts qu’il a remplacé : les appareils et le matériel employé sont semblables, seules les dimensions sont changées. La mise en service s’est faite normalement, et conformément aux prévisions qui ont servi à établir les projets. Il ne semble pas qu’il y ait plus de difficultés à exploiter une ligne à 220000 volts qu’une ligne à tension moindre.
- Carte mondiale de distribution géographique des calamités. — Le Comité international de la Croix-Rouge, à Genève, a reçu la proposition de M. Raoul Montandon, président de la Société de géographie de Genève, de dresser une carte mondiale des calamités : tremblements de terre, éruptions volcaniques, raz de marée, ouragans, cyclones, typhons, sécheresses, inondations, tourbillons et ouragans de poussières, invasions de sauterelles, famines, peste, choléra, fièvre jaune, etc. On remarquera que la plupart de ces fléaux sont strictement localisés à certaines régions du globe. L’établissement d’une pareille carte permettrait de préparer les secours des Croix-Rouges, de prévoir la grandeur et la rapidité des besoins, d’organiser les concours réciproques des divers pays.
- Il s’agirait de rechercher pour chaque région du globe les traces d’événements plus ou moins lointains et d’ordre très divers, d’en fixer les probabilités de retour accidentel ou périodique, d’en déterminer l’amplitude et l’intensité, de les localiser enfin sur la mappemonde. Chaque calamité envisagée — exception faite pour celles dont on connaît déjà la distribution géogra-graphique — devrait donner lieu à une vaste enquête qui porterait aussi bien sur les calamités passées que sur les calamités présentes ou futures.
- Certaines institutions déjà existantes seraient, dans chaque pays, bien placées et outillées pour recueillir la documentation nécessaire, car il n’est guère de pays aujourd’hui qui ne possède des observatoires, des stations sismologiques et météorologiques, des instituts scientifiques spécialisés, des associations philanthropiques et sociologiques, etc., tous organismes susceptibles de fournir des renseignements de première main sur tel ou tel phénomène déterminé.
- C’est pourquoi le Comité international de la Croix-Rouge demande à tous les corps savants leur opinion motivée sur ce projet.
- L’amour maternel chez les oiseaux. — J’ai assisté le i5 juin dernier à une scène admirable d’héroïsme maternel d’une femelle de chardonneret, qu'on aura peine à croire et à laquelle je n’aurais pas cru moi-même si je n’en eusse été le témoin.
- Un couple de chardonnerets avait construit son nid sur la branche d’un tilleul qui, avec cinq autres, ombrage ma cour d’entrée. Le i5 juin, les petits quittèrent leur nid et volèrent sur les tilleuls voisins, à l'exception d’un seul qui, ayant trop présumé de ses forces, tomba de l’arbre A et vint se blottir au pied du mur de clôture, au point B. Il était là probablement depuis une heure ou deux et la mère venait lui porter la becquée. Vers les 10 heures du matin, au moment où elle lui donnait à manger, la mère vit mon chat — Dingo, pour l’appeler par son nom — sortir de la maison et se diriger fout droit vers, elle et son petit. Je me trouvais heureusement à ce moment-là sur le pas de la porte et je pus
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- INFORMATIONS
- voir le commencement du drame émouvant qui allait se dérouler, en suivre toutes les péripéties et assister à l’heureux dénouement.
- Avec une présence d’esprit étonnante, la mère, voyant son petit sur le point d’être dévoré, vole au point C et là, feint d’être en proie à une violente convulsion. Elle se roule à terre, fait des petits bonds et pousse des cris singuliers. Le chat se précipite aussitôt dans sa direction; mais au moment où il s’apprête à la saisir, la fausse malade retrouve assez de force pour voler très bas jusqu’au point D, à 6 ou 7 m. du point C. Là, nouvelle convulsion, nouveaux cris, etc. Et ce curieux manège se reproduit 8 ou 10 fois jusqu’à ce que le chat ait été attiré au fond du jardin au point F du dessin, c’est-à-dire à une distance d’environ 70 mètres !
- En jetant un coup d’œil sur le chemin parcouru par l’oiseau, on remarque qu’il ne s’est pas écarté une seule fois des allées ou du terrain à découvert. En voici la raison : pour attirer le chat loin de son petit, la mère ne devait pas être perdue de vue par son ennemi. En simulant ses convulsions dans un carré de haricots, par exemple, elle aurait craint de voir le chat revenir en arrière pour aller dévorer son petit.
- Une fois que le chat fut attiré au fond du jardin, l’héroïque mère partit à tire d’aile dans la direction de la cour où elle retrouva sa progéniture bien vivante.
- Tout est admirable dans ce petit drame dont la durée n a pas dépassé six ou sept minutes : la vision rapide du danger, la décision prompte dans le choix des moyens pour le conjurer, la ruse géniale pour tromper l’ennemi et enfin l’héroïsme maternel poussé au plus haut degré.
- Combien de femmes auraient perdu tout sang-froid en présence d’un loup prêt à dévorer leur enfant et se seraient contentées de pousser des cris déchirants ?
- Inutile d’ajouter que Dingo fut retenu prisonnier toute la journée et la liberté ne lui fut rendue que lorsque la nichée tout entière se fut envolée loin de ses griffes, dans les jardins voisins. J. Chataing.
- La Nouvelle-Guinée. — Nous avons reçu du Révérend P. G. Hulstaert l’intéressante lettre qui suit :
- « Dans l’article sur l’Exploration de la Nouvelle-Guinée en avion, paru dans votre revue n° 2569, l’auteur avoue ne pas connaître la position géographique de la rivière Purari. Permettez que je vous la fasse connaître, en y ajoutant deux autres détails qui pourront intéresser vos lecteurs.
- Le Purari se trouve à peu près au milieu du golfe des Papous, dans l’ancienne Nouvelle-Guinée anglaise, nommé Papua il y a déjà plusieurs années. C’est un fleuve assez grand, qui se jette à la mer par un delta aux bras longs s’étendant entre 145° et i45° i5' L. E. approximativement (Cf. Spamers Grosser Hand-Atlas).
- L’auteur parle encore de « langage papou ». Sans vouloir juger de son intention, il peut y avoir intérêt de dire, afin d’éviter de mauvaises conceptions, que la grande île mystérieuse est habitée par nombre de races très distinctes, parlant des langues très différentes entre elles. Ainsi la « maison commune » qui est appelée ravi à Kaïmari est désignée par le nom de marea par les habitants de Rivo, dans la plaine du Saint-Joseph, en face de l'île Yule. Il importe donc de ne pas généraliser trop vite, une infinité de coutumes différentes, etc-, se remarquant dans les différentes régions de l’île. La « maison commune » par exemple n’existe pas che?; les Marind-anim de Merantce (Nouvelle-Guinée hollandaise). Et ainsi de suite.
- La partie hollandaise est relativement bien explorée, même à l’intérieur. De nombreuses expéditions militaires et scientifiques y ont pénétré jusqu’aux plus hauts sommets de montagnes à neige perpétuelle
- (Sneeuwbergen) : les pics Cartensz, Wilhelmina, Ju-liana, le mont Goliath, pour ne citer que ceux-ci. On n’a qu’à consulter à ce sujet les livres et revues qui se publient en Hollande et autres pays, surtout la publication Nova Guinea (Leiden : Brill). Pour la Nouvelle-Guinée hollandaise, on trouve des récits d’exploration aussi dans Lorentz : Onder de Papoeas (Leiden : Brill), dans les Annalen van O. L. Trouw van het H. Hart (Tilburg, Hollande), etc. Les Annalen van O. L. Trouw van het H. Hart (Borgerhout, Anvers) et les Annales de Notre-Dame du Sacré-Cœur (Tssoudun, Indre) ont publié aussi plusieurs récits de voyages d’exploration dans la partie australienne. Pour plus ample bibliographie, cf. Enciclppedia Espasa art. Nueva Guinea (Barcelona : Espâèa). »
- Les principales villes bulgares. — La population de la Bulgarie est au premier chef une population de ruraux. Sur 24o4r;Communes, 92 seulement ont plus de i5oo habitants et sont considérées comme villes; 23i2 ont moins de i5oo habitants (commune : Obchtina, pluriel Obchtini). 19,99 pour 100 de la population habitent les 92 communes urbaines et 80,ox pour 100 les ï3 12 communes rurales. Notons tout de suite qu’en 1920 4 chefs-lieux de départements comptaient moins de i5ooo âmes : Tirnovo, 12579; Pétritch, 7127; Pach-makly, 2695'; Mastanly, 962. 78 communes seulement ont plus de 25oo habitants et la plupart se subdivisent en plusieurs hameaux, de sorte que la population est extrêmement disséminée.
- En 1920, i5 villes seulement avaient plus de i5 000 âmes; 12 étaient des chefs-lieux de département; 9 se trouvaient dans la Bulgarie du Sud et 3 dans la Bulgarie du Nord ; il n’y en avait pas dans les nouveaux territoires.
- A, Bulgarie du Nord.
- 1880 1900 1910 1920
- Sofia 20.856 67.789 102.812 154.495
- Varna 24.555 34.022 41.419 50.819
- Roustchouk . . 26.165 32.712 36.255 41.565
- Plevna .... 11.474 18.761 23.049 27.779
- Choumla. . . . 23.167 23.102 22.225 23.972
- Vidin 15.714 15.791 16.450 17.725
- Vratsa 11.109 13.965 15.230 16.014
- Kustendil . . . 9.590 12.042 13.748 15.086
- B. Bulgarie du Sud.
- 1884 1900 1910 1920
- Philippopoli . . 33.442 45.035 47.981 63.418
- Sliven .... 20.248 24.549 25.142 28.695
- S tara Zagora. . 15.258 19.516 22.003 25.401
- llourgas. . . . 5.865 11.738 14.897 22.272
- Yamboli. . . . 10.771 14.580 15.956 19.921
- Haskovo. . . . 13.797 14.966 15.067 19.454
- Tatar Pazardjik. 15.425 17.175 18.098 19 452
- B. Bulgarie du Sud.
- Philippopoli 10.124,7 489.063 48,3 7
- S tara Zagora . . . . Haskovo 6.730,2 304.143 45,2 4
- (ancien territoire) . Bourgas 5.880 ? 3 184.974 47,6 5
- (ancien territoire). 11.856,2 412.881 54,7 8
- * 32.594,4 1 .519.698 40,5' 22"
- C. Macédoine et Thrace.
- Haskovo
- (nouveau territoire). Bourgas (nouveau territoire). 1.699,3 61.551 56,3 2
- 1.493,1 16.975 11,3 2
- Pétritch 6.797,7 155.598 22,8 5
- Pachmakly 3.283,2 U3.991 34,7 3
- Mastanly . . . . . . 2.768,2 64.372 23,2 4
- 16.041,5 412.487 25,7 16
- Sofia s’appelle en bulgare Srédetz ; Roustchouk,
- Roussé ; Plevna, Pleven; Choumla, Choumen; Yamboli, Iambol ; Philippopoli, Plovdiv ; Tirnovo, Trnovo (pron. Teurnovo).
- L’indépendance a fait la fortune de Sofia et de Bourgas; par contre, elle a ruiné Choumla, dont la population d’origine turque a été décimée par l’émigration des mouhadjirs (réfugiés) vers la Turquie. Au surplus, l’accroissement de Sofia et de Philippopoli est dû en grande partie à l’afflux de réfugiés venus de Thrace et de Macédoine depuis 1902; il en est de même pour Philippopoli. S>
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique
- Appareil à descente automatique pour scier les pierres. — On sait que l’on emploie le fil hélicoïdal pour le sciage de la pierre, et depuis longtemps les conducteurs qui avaient fait l’expérience d’une descente automatique avaient abandonné ce procédé.
- Si l’on opère par contrepoids ou mécaniquement, on rencontre beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages, aussi il n’est pas étonnant que sur les anciennes et les nouvelles machines, on abandonne ce dispositif après quelque temps d’usage.
- En effet, la descente mécanique diminue de beaucoup le rendement de la machine en raison des difficultés qu’il faut pour trouver à chaque trait un réglage approprié à la vitesse de sciage, nécessaire pour chacun des blocs. On trouve des différences de dureté, de nature des pierres diverses, de longueurs variables et une irrégularité dans les mélanges d’eau et de grès (dit service).
- Tout cela constitue autant de difficultés journalières et lorsque la descente se trouve réglée au maximum de rendement, une partie dure dans la pierre, un arrêt dans le service, occasionnent la rupture du fil.
- Il est donc nécessaire de régler la descente automatique avec le minimum de vitesse de sciage, par suite le rendement de la machine est également amené au minimum et, si l’on opère la descente à la main, la surveillance est constante, et le sciage est souvent défectueux.
- Un nouveau dispositif dû à M. Lucien Kahn, très au courant du sciage des pierres, pour lequel il construit des machines depuis 25 ans, remédie à tous ces inconvénients que nous venons de signaler, car il assure un très grand rendement et un sciage parfait avec le minimum de surveillance.
- Dans ce système, la différence de courbure que prend le fil pendant le sciage est utilisée pour arrêter la des-
- cente mécanique, grâce à une seule roue dentée actionnée par un cliquet. Si cette courbure est très prononcée, la commande A soulève le cliquet H. des dents de la roue dentée G.
- Une pièce I munie d’un galet Jf et pouvant osciller
- autour d’un axe K solidaire du bâti B de la machine, arrête la descente.
- On n’a qu’un seul réglage pour toutes les pierres, quelle que soit leur dureté, depuis o jusqu’à i,5o de descente à l’heure. La descente est ainsi rendue progres-
- Fig. a. — Schéma de principe de l’appareil.
- sive et peut être appliquée à toutes les natures de pierres, de marbre, de granit, même aux plus irrégulières, sur toutes les machines utilisant le sciage par fil hélicoïdal.
- Cette disposition se trouve montrée sur la machine que représente notre photographie où la scie est mobile sur quatre roues. Son encombrement est réduit et le bâti offre l’avantage de pouvoir se monter et se démonter en peu de temps. Le fil se remplace en quelques instants grâce à une poulie mobile et au moyen de poulies à gorges multiples ; il peut avoir une très grande longueur. Les roulements de toutes ces poulies sont sur billes enfermées dans des carters étanches, ce qui les met à l’abri de l’usure par suite des poussières.
- Contrôleur-enregistreur horo-kilométrique. —
- Voici un appareil qui permet d’être renseigné sur le travail exécuté par un véhicule automobile et d’établir un compte logique de la consommation d'essence et de la durée des pneumatiques. Il indique en effet, minute par minute, le travail effectué par la voiture.
- L’appareil comporte un mouvement d horlogerie qui par son axe commande un disque mobile en aluminium ; celui-ci comporte un cadran pendulaire qui permet de voir l’heure par une fenêtre pratiquée dans le couvercle.
- 11 reçoit sur sa partie intérieure un disque de papier métallisé sur lequel un style traceur en argent écrit le diagramme de tous les mouvements ou du travail de la voiture : kilomètres parcourus, vitesse, arrêts, marche
- . arrière, etc.
- Une commande par flexible qui tourne dans une gaine protectrice relie l’appareil, tel un taximètre, à un escargot fixé sur la roue de la voiture. Ce flexible, à l’aide d’un mécanisme approprié, transmet au style traceur le mouvement alternatif pour indiquer le diagramme sur le papier métallique. Ainsi le style est en liaison avec la voiture tandis que le disque est mû par un mouvement d’horlogerie. Un disque métallisé se trouve divisé en
- 12 heures et si le disque en papier n’est pas remplacé chaque soir, il peut se produire un diagramme en surcharge surtout si la voiture marche la nuit. Pour cela on a prévu un dispositif d’encliquetage qui sépare deux rondelles parallèles ; sur la rondelle mobile un taquet déclenche automatiquement le style et l’isole du disque en papier.
- Il faut donc pour mettre l’appareil en ordre de marche remonter le mouvement d’horlogerie, appuyer sur un bouton pour mettre le style en contact avec le papier et ramener la rondelle mobile à zéro. On place le disque en aluminium, on ferme le verre, et on replace le couvercle, la vis ef le cadenas de fermeture.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Yoici la signification du diagramme d’un disque enregistré sur une camionnette faisant son service dans Paris et la banlieue.
- Ce disque indique qu’il a été placé sur l’appareil le matin à 8 h. 5, qu’il a commencé une première manœuvre à 8 h. i5 et une seconde à 8 h. 45, pour prendre le départ de l’usine située en banlieue à g h. 28 effectuant d’abord un parcours de 9 km 700 en 35 minutes avec un arrêt de 6 minutes entre 9 h. 36 et g h. 42 (arrêt obligatoire à l’octroi de Paris).
- La camionnette a ensuite stationné au magasin de Paris jusqu’à 11 h. 3, soit 1 h. 28.
- Elle s’est remise en route pour faire ses livraisons comme suit :
- Trajet de 1 km 3io puis arrêt de 5 minutes.
- Trajet de 0 km 980 puis arrêt de 9 minutes.
- Trajet de 2 km puis arrêt de 10 minutes.
- De 11 h. 44 à 11 h. 58 trajet de 4 km avec ralenti
- vers 11 h. 5o pendant 5 minutes, probablement occasionné par un embarras de voitures, puis arrêt de 5 minutes.
- De 12 h. 5 à 12 h. 23 trajet de 3 km 800 avec un léger ralenti; arrêt de 8 minutes.
- De 12 h. 23 à 2 h. 5 trajet de 2 km 200, la voiture s’arrêtant à 12 h. 3o pour le déjeuner jusqu’à 2 h. 5.
- Lit/.,
- Le i
- Voiture rr A Heures de marche
- Fig. 3. — Contrôleur-enregistreur horo-kilométrique.
- aciers Siemens-Martin de première qualité ; les engrenages sont taillés et non coulés.
- La hauteur sur table avec plateforme à scie est de 24 cm, la largeur complète 45 cm; la hauteur de
- Fig. 1. — Installation mécanique « l’Active », type B 1,
- pointe 45 cm et celle de l’entrepointe de 18 cm. Le poids net de la machinerie complète avec tous ses accessoires est de i3 kg. Son prix, grâce à sa fabrication en grande série, la met, on peut dire, à la portée de toutes les bourses, de 92 francs à 185 francs selon l’importance et le nombre même des accessoires.
- Cette installation se fait sur n’importe quelle table, très rapidement. La mise en marche est immédiate et l’on obtient le maximum de tours après 3o secondes de marche.
- L’effort demandé est insignifiant et un enfant d'une dizaine d’années peut la faire fonctionner aussi facilement qu’une personne adulte. La force fournie représente un dixième de HP.
- Ses applications sont, comme on s’en rend aisément compte, presque illimitées, mais le but principal de
- De 2 h. 5 à 3 h. trajet de 5 km puis arrêt de i5 m.
- — — — 5 km puis arrêt de i5 m.
- De 3 h. à 3 h. 45 trajetde 2 km 3oo puis arrêtde 10m.
- — — — 1 km 700 puis arrêtde 12 m.
- De 3 h. 45 à 4 h. trajet de 2 km puis arrêtde 5 m.
- — — 3 km 400 puis arrêtde 6m.
- De 4 h. à 4 h. 55 trajet de 6 km puis arrêtde 6m.
- — — — 1 km puis arrêtde 17 m.
- 4 h. 55 trajet de 4 km 600 avec trois petits arrêts et
- rentrée à l’usine à 5 h. 22.
- Soit un parcours de 56 1cm en 6 h. 20 m.
- Constructeur : Desenne, 118, boulevard de Verdun, Courbevoie.
- Petit atelier mécanique d’amateur. — Il s’agit d’une petite installation mécanique due à un constructeur suisse, extrêmement simple, très pratique, dont Futilité incontestable a été prouvée par . la vive curiosité qu’elle a d’ailleurs produite, en décembre dernier, à Paris, lors de la 8° Exposition internationale d’aéronautique.
- Comme l’indique la figure 1, son fonctionnement s’opère par l’intermédiaire d’un étrier communiquant à un système d’engrenages multiples à double crémaillère, ce qui donne à un arbre horizontal un mouvement rotatif pouvant atteindre 1200 tours à la minute. Cet arbre actionne lui-même tout un outillage divers (fig. 2), permettant de scier, aiguiser, tourner, polir, percer, brosser et aussi tous travaux où peut s’adapter un câble flexible ou encore une transmission quelconque.
- Les aciers employés pour sa construction sont des
- Accessoires.
- 1) Support de tour, contre-pointe et support à main; 2) Plateau entici-neur ; 5) Lunette; 4) Entraîneur «à bois, plateau pour contre-pointe, pointe creuse et V de la contre-pointe; 5) Meule émeri; 6) Scie à bois; 7) Porte-scie avec scie à métaux; 8) Brosses; 9).Câble Jlexlble avec mandrin universel (1 m. de long) ; 10) Plateforme à scie complète.
- l’inventeur est de s’en servir comme atelier d’amateur, sans l’utilisation d’un moteur électrique, toujours prêt à fonctionner et au moment précis où il faut faire une petite révision quelconque.
- Société L’Active, galeries Saint-François, à Lausanne (Suisse), et 23, rue du Rocher, à Paris.
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- JfcD
- IgO
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- O0L
- Procédés et tours de mains. —^ i. Lacet déferré. — On dit que l’inventeur du lacet à bout ferré est devenu millionnaire. Le système est en effet très pratiquerais il arrive souvent qu’au bout de peu de temps le ferret se sépare du lacet. Si ce défaut n’a pas grande importance avec les chaussures à crochets, il n’en va pas de même avec les chaussures à œillets. Et cependant le remède est bien simple. Il suffit de plonger l’extrémité du lacet dans un peu de cire fondue pour lier les brins ensemble et en permettre ainsi le passage facile dans les œillets.
- Si ces derniers sont assez gros il vaut encore mieux bobiner un peu de fin fil de cuivre autour de l’extrémité du lacet comme le montre la figure i.
- 2. Bloqueur de porte. — Lorsque l’on cherche dans un placard, il est très désagréable de voir la porte se
- refermer sur soi, surtout quand on sort le service à café en Limoges.
- Pour éviter cet inconvénient, courber les deux extrémités d’un gros fil de fer de façon qu’elles fassent entre elles un angle droit. La figure 2 dispense de toute explication pour le montage ; elle montre la porte de l’armoire ouverte.
- Le trait pointillé indique la position du fil de fer pour permettre la fermeture de la porte.
- 3. Crochet indécrochable. — Lorsqu’un crochet ferme une porte, il est relativement facile de le soulever depuis l’extérieur, soit en secouant convenablement la porte,
- soit en passant une lame entre le battant et le dormant. Si l’on fabrique une petite chape de métal pouvant tourner autour de la vis de fixation (comme l’indique la figure 3), celle-ci pourra prendre deux positions. La première (traits pleins) sera celle de l’ouverture, la deuxième (traits pointillés) sera celle de bloquage du crochet. On pourrait fort bien arriver au même résultat en prenant un piton rond que l’on ferait pivoter, mais si cette manœuvre se répétait souvent, la tige du piton ne tarderait pas à se casser; il vaut mieux faire la petite chape, ce qui n’offre aucune difficulté.
- 4. Bouillottes inoxydables. — Les bouillottes dont on se sert pour chauffer les lits sont le plus souvent faites en fer-blanc. On les remplit généralement au commencement de l’hiver et on ne les vide plus jusqu’à l’année
- suivante, car on les met chauffer sur le fourneau au lieu de les vider chaque matin et de chauffer l’eau à part. Dans ces conditions, il est presque impossible d’empêcher la bouillotte de rouiller, d’autant plus que l’intérieur en est plus ou moins bien étamé.
- Si l’on veut bien prendre la précaution de les remplir, non pas avec de l’eau pure mais avec de l’eau de chaux on constatera aisément que la bouillotte chauffe un peu moins vite (inconvénient secondaire), mais que, d’autre part, elle ne rouillera plus ou du moins très peu.
- J. Mauveaux.
- Pour donner plus de place aux racines des plantes de pépinières semées en pots. — Ces plantes, les jeunes arbres surtout, sont souvent gênées dans leur développement par l’exiguïté du pot ou godet qui les contient. On peut atténuer cet inconvénient par le procédé suivant.
- Lors de la préparation du semis, alignez les godets comme à l’ordinaire dans la planche qui doit les contenir; garnissez de terre godets et intervalles, en arrosant bien pour produire le tassement. Plantez alors une petite baguette exactement au centre de chaque pot. Jetez de la terre sur le tout (avec précaution pour ne pas déranger les baguettes) ; les pots seront ainsi recouverts de quelques centimètres de terre (2 ou 3 briques posées sur les pots vous indiqueront le niveau). Semez alors les graines au pied de chaque baguette.
- Le cube de terre à la disposition de chaque plante sera ainsi augmenté ; lors de la transplantation, il pourra arriver que la terre qui se trouve au-dessus du pot tombe partiellement, l’inconvénient est minime.
- (Communiqué par M. Perriquet.) *"
- Contre Péblouissement causé par les phares d’auto. — Collez sur le verre de votre pare-brise (légèrement au-dessus de l’endroit où passe normalement votre rayon visuel quand vous êtes assis au volant) un rectangle de papier opaque. Quand vous croisez le soir une voiture dont les phares vous aveuglent, haussez-vous un peu sur le siège, de façon que le papier opaque fasse écran entre la lumière ennemie et vos yeux. Vous pourrez ainsi « y voir clair » de façon relativement acceptable. (Communiqué par M. Perriquet.)
- Nouveaux dépilatoires. — Poudre au sulfure de baryum. — Yoici quelques formules pour mélange que l’on parfumera de préférence à l’essence d-’eucalyptus ou à l’aldéhyde benzoïque.
- Sulfure de baryum. . . 20 10 20
- Talc . 3o 5 10
- Savon poudre . 5
- Amidon ou farine. . . 3o 10 26
- Oxyde de zinc .... 25
- Pour l’application, mettre en pâte avec un peu d’eau, appliquer sur la peau jusqu’à ce que les poils s’en aillent quand on racle. Le produit une fois mouillé se conserve mal. [La Parfumerie Moderne).
- Ferme
- dormant /
- battant
- ==^
- Ouvert I
- Fig. 3.
- ,Jfc>
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui J parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut êfre, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — E. T., à Strasbourg. — Si les taches d’encre ne sont pas trop anciennes, vous pourrez employer pour les enlever une solution concentrée de pyrophosphate de soude; ce procédé n’est peut-être pas très rapide, car il faut de la patience et ne pas se décourager par l’apparence d’un insuccès au début de l’opération, mais il a l’avantage de ne pas altérer le tissu et d’être sans action sur la couleur de celui-ci à la condition qu’elle ne soit pas à base de fer. Gomme moyen plus énergique, appliquer sur la tache une ou deux gouttes du mélange suivant :
- Eau ordinaire..................a5o gr.
- Sel d’étain.................... 20 —
- Acide chlorhydrique............ 10 —
- Aussitôt que la tache a disparu, rincer à 'fond de manière à enlever toute trace d’acide qui pourrait avoir une action fâcheuse sur la cellulose s’il s’agit de fibres végétales telles que coton, lin, chanvre, jute, etc.
- M. Bérenger, à Marseille. — La colle ciment que ' nous avons indiquée dans notre n° 2544 du 6 janvier ne conviendrait pas pour mur humide, car elle ne présente de solidité qu’après dessiccation, ce qui n’aurait pas lieu. A notre avis, le mieux serait de repiquer»votre mur et de l’enduire d’un ciment hydrofuge ce que vous pourrez obtenir en ajoutant au ciment habituel la prépa-
- ration suivante faite préalablement :
- Oléine...................... 10 kg
- Chaux éteinte eu poudre. . . yo —
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- BOITE AUX LETTRES
- 5oo cm3 5oo — io — xo
- Après mélange intime, prendre pour l’emploi :
- Mélange précédent.............. 5 kg
- Ciment ordinaire..............xoo _
- Sable fin lavé............... 200 _
- Appliquer à la truelle, lisser et laisser sécher.
- M. Meusnier, à Tours. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2565 du a juin 1923, page 174 de la Boite aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- M. Lambertie, à Montfort-l’Amaury. — D’après les indications que vous nous donnez, le sédiment ramené par l eau de votre puits est constitué par des parcelles de mica vulgaire ou muscovite qui est un silicate double d’aluminium et de potassium. Ce produit est complètement inoffensif, vous n’avez pas à vous en inquiéter et pouvez consommer l’eau sans inconvénient.
- M. Lepas, à Paris. — Pour imperméabiliser les voiles de votre embarcation nous pensons que le procédé du Dr Jacquemet vous donnerait satisfaction, ce procédé consiste à badigeonner les tissus parfaitement secs avec le mélange suivant :
- Essence pour autos. . .
- Tétrachlorure de carbone.
- Vaseline.........
- Lanoline anhydre...........
- Imprégner copieusement l’étoffe, puis laisser sécher au grand air.
- M. Didier, à Montmorency. — 1° Les reliures en cuir de vos livres sont attaquées par VAnthrenus Museorum et l Attagenus pellio, le meilleur moyen de détruire ces parasites est d’employer le formol à l’état de vapeurs. Pour cela, placer les livres dans une caisse de bois en les séparant les uns des autres, fermer hermétiquement la caisse, y percer une petite ouverture, et introduire ppr celle-ci l’extrémité d’un tube de verre coudé, relié à un petit ballon également en terre dans lequel vous aurez placé du trioxyméthylène. Chauffer doucement le ballon au moyen d’une lampe à alcool pour dépolymé-riser le formol qui constitue le trioxyméthylène ; après décomposition totale, retirer l’appareil, fermer rapidement 1 ouverture et laisser les livres en contact des vapeurs pendant un jour ou deux. On compte qu’il faut employer, pour obtenir le résultat attendu, 10 gr. de trioxyméthylène par mètre cube de capacité de la boîte. 2 .ri-ucune maison a Paris ne refend le bambou sous une épaisseur aussi faible, cette operation n’est possible que sur la tige encore fraîche, peut-être pourriez-vous la remettre à peu près en cet état par macération prolongée dans une solution alcaline à 2 ou 3 pour 100 de soude caustique, en tout cas la division en filaments aussi fins sur une longueur de 3o à 4° cm demanderait pour une bonne réussite 1 intervention d’un appareil mécanique à couteaux parallèles.
- M. Marion, à Saint-Denis. — Nous n’avons reproduit cette formule qu’à titre documentaire ; elle correspond en réalité à une encaustique à l’eau dans laquelle il y aurait saponification incomplète de la cire. La séparation de l’insaponifié nous semble peu logique ; à notre avis, il vaut mieux se servir d’une encaustique préparée normalement, suivant les conditions habituelles.
- M. Ed. Ford, à New-York (Brooklyn). — Le liquide qui est introduit entre les verres d’optique pour chasser 1 air et éviter la production des anneaux colorés de Newton est une dissolution de baume du Canada dans le chloroforme. Ce baume est une sorte de térébenthine visqueuse retirée d une variété de sapin ; son indice de refraction étant très voisin de celui des verres employés, il ne se produit aucune perturbation dans la marche des rayons au travers du système optique ainsi constitué. La préparation de cette dissolution ne présente aucune difficulté, la seule précaution essentielle à observer est d avoir un liquide parfaitement limpide et de le laisser sédimenter longuement pour qu’il ne tienne aucune particule solide, telle que poussière, en suspension.
- M. Cabu, à Ixelles-Bruxelles. — Nous n’avons pas connaissance de l’un ou l’autre de ces sels dans la pratique de 1 imperméabilisation des tissus, si la question vous intéresse, vous trouverez d’utiles renseignements dans l’ouvrage de De Prat : Les tissus imperméables, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. '
- M. Absolon, à Alger. — 1 ° Pour teindre lès fourrures en noir, on commence par dégraisser la peau déjà tannée dans un bain tiède de carbonate de soude et de savon dont la température ne dépasse pas 25° à 3o° et on prépare pendant ce temps les deux solutions :
- A. Paraphénylène diamine . 100 grammes.
- Alcool dénaturé.........5oo —
- Eau distillée...........5oo —
- Dissoudre d’abord la paraphénylène dans l’alcool, ajouter l’eau ensuite.
- B. Bichromate de potasse. 5o grammes.
- Eau chaude............ 1000 —
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales, juste au moment de l'emploi et on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table poil en dessus.
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge. Après séchage on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile ; — 2° Gomme ouvrage très complet sur la teinture des fourrures nous pouvons vous indiquer I,a grande industrie tinctoriale, par Beltzer, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. Morin, à Meudon. — i° Le savon dit à la glycérine se prépare ainsi. Prendre :
- A. Suif ir8 qualité.....................i3 kg
- Huile de coco........................ [6 —
- Huile de ricin....................... 16 —
- Lessive de soude caustique à 38° B. 23
- B. Eau distillée............................... 2)5 ______
- Carbonate de soude cristallisé. . . 4 —
- G. Sucre.................................. \% ___
- Eau distillée........................ i3,5 —
- Fondre d’abord ensemble le suif et les huiles, puis y incorporer la lessive de soude caustique, chauffer la masse en remuant jusqu’à saponification complète. Abandonner au repos de manière que cette masse devienne transparente, ajouter alors la solution B et laisser encore reposer à chaud i5 à 20 minutes, incorporer enfin la dissolution G de sucre en maintenant toujours la température aux environs de 7o0-8o°, ajouter finalement couleur ou parfum choisis couler en mises. Après demisage, conserver deux à trois semaines, glacer la surface par immersion rapide dans l’eau tiède, le repos mentionné ci-dessus fait beaucoup gagner en transparence ; — i° Les savons à l’amidon s’obtiennent simplement en incorporant aux savons de toilette 5 pour 100 environ d’amidon, le plus fréquemment on utilise la poudre d’iris qui a l’avantage d’être parfumée et a une action bienfaisante sur l’épiderme. Ne pas dépasser la dose de 5 pour 100 au-dessus de laquelle le savon deviendrait dur et cassant par suite de l’absorption de l’eau du savon par la poudre ajoutée.
- M. Genty, à Paris. — Nous pensons que vous voulez parler du badigeon simple, il se pratique ainsi :
- Donner une première couche au moyen d’un lait composé de :
- Pâte de chaux éteinte . . 10 kg
- Eau ordinaire...........100 litres.
- Cette première couche étant sèche, donner une seconde couche avec la même composition dans laquelle on remplacera 20 litres d’eau par un même volume d’une solution saturée, d’alun. Dans le midi on ajoute à ce badigeon un pigment coloré bleu d’outremer par exemple, pour tempérer la réflexion des rayons solaires.
- Abbé L., de Paris. — Certains des appareils que vous rappelez n’étaient pas brevetés ou depuis sont tombés dans le domaine public. Peut-être que la Compagnie pour l’éclairage des villes et la fabrication des compteurs, 16, avenue Pasteur, Paris, fabrique encore son épurateur.
- D’autres appareils ont été, depuis la rédaction de cet article, construits, mais nous ignorons les adresses des inventeurs ou constructeurs.
- M. D. P., rue Monplaisir, Clamart (Seine). — Destruction des Forftcules {Perce-Oreilles). Le procédé généralement employé pour détruire les Perce-Oreilles dans les jardins consiste à placer, sur un piquet, au-dessus des plantes à préserver, un pot à fleur renversé et préalablement rempli de mousse. Tous les matins, on fait la visite de ces pots et on noie ou on écrase les Forficules qui s’y sont réfugiées. On peut aussi placer çà et là de petites bottes de rameaux où les F’orficules se réfugient. Des tiges creuses de sureau, des roseaux ou des paquets desséchés de bourgeons peuvent servir semblablement, on les suspend; les ipgepteg s’y réfu-
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- BOITE AUX LETTRES
- gient pendant le jour, car ils fuient la lumière. On en prend ainsi de grandes quantités; il suffit de secouer ces refuges, le matin, au-dessus d’un seau d’eau dans laquelle on a versé du pétrole, ou de les faire tomber sur un feu de broussailles. Enfin, on peut placer, le soir, dans les endroits fréquentés par ces insectes, des balais de bouleau. A l’aube, ils s’y abritent contre la lumière; on secoue ces balais sur une large pierre plate et on les y écrase. Les premiers jours, on en tue parfois jusqu’à 5o ou 80 par balai, et bien moins les jours suivants, ce qui prouve l’efficacité de ce procédé.
- Si l’habitation est envahie, brûler du soufre, dans chaque pièce hermétiquement close, bien nettoyer et aérer ensuite.
- T. S. P. —M. L.,k Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine). — Il existe d’autres dispositifs que le Reinartz proprement dit pouvant servir à la réception des ondes courtes sur antenne de grande longueur. Tous ces dispositifs fonctionnent avec le primaire désaccordé et nous aurons d’ailleurs l’occasion de les décrire prochainement.
- 11 n’y a d’ailleurs pas grand intérêt, au point de vue de la réception des ondes courtes seulement, à utiliser une grande antenne, puisqu’on obtient d’excellents résultats avec une petite. L’avantage est d’avoir une antenne qui soit en même temps d’un bon rendement par la réception des grandes ondes.
- M. Mogos, à Paris. — Le fil employé pour le bobinage des électro-aimants des récepteurs téléphoniques de T. S. F. est généralement de 6/100 mm, isolé soie ou émaillé.
- M. J. Praise, à Clien (Indre). — i° Il est probable qu’avec une antenne trifilaire de 90 m. vous pourriez sur galène avoir une réception suffisante des bulletins météorologiques de FL en radiotéléphonie, surtout si votre prise de terre est bonne (de préférence plaque métallique enfouie dans le sol.) Utilisez une galène très sensible, naturelle ou sensibilisée artificiellement et un chercheur à pression facilement réglable. ,La direction de l’antenne a aussi évidemment une grande importance.
- a0 Pour avoir de bons résultats avec un transformateur abaisseur de tension devant fournir un assez fort ampérage il faut avoir un noyau magnétique en fer doux. Le meilleur faisceau magnétique est composé de tôles de 5/io mm d’épaisseur isolées entre elles par du papier mince ou une couche de vernis. Une quarantaine de rubans en tôle découpés, d’environ 3 cm de largeur conviennent bien (mieux que du fil de fer). Ces rubans peuvent avoir 3o cm de long. Sur le faisceau de tôles on place la carcasse en presspahn ou en carton qui recevra l’enroulement. La carcasse n’est rabattue qu’après finition de l’enroulement.
- On enroule d’abord le secondaire, puis le primaire. On peut, puisque vous désirez un débit important, constituer le secondaire avec du fil de 3o/io mm isolé coton (1 couche) et le primaire, séparé du secondaire par plusieurs épaisseurs de papier, avec du fil de 8/10 mm à 10J10 mm, même isolement. On peut utiliser 800 à 900 spires pour le primaire, et pour le secondaire le nombre de tours correspondant au voltage.
- Nous avons déjà indiqué d’ailleurs les données d’un transformateur analogue mais_,avec noyau en fils de fer. Le rendement du transformateur décrit ci-dessus est encore meilleur.
- M. Mouamer Bey à Constantinople. — i° La réception des émissions télégraphiques est possible assez facilement à la distance à laquelle vous vous trouvez, mais par contre nous manquons de renseignements sur la réception des émissions radiotéléphoniques françaises, même uniquement de celles de la Tour Eiffel au delà de 1600 à 1700 kms. La réception des stations italiennes serait plus aisée.
- 20 II serait en tout cas nécessaire que vous utilisiez une grande antenne d’une centaine de mètres de longueur et bien isolée. Il n’y a pas intérêt dans une antenne en nappe à trop aiugmenter le nombre des fils et, généralement on en emploie 3 ou 4, écartés de 1 m. 5o à i m (fil de bronze ou câble).
- 3° Nous vous conseillons soit le montage super-hétérodyne (voir n° 2661 ), soit un amplificateur à 4 lampes HF à résistances ou à selfs et 2 BF à transformateurs, réaction électrostatique. Vous pouvez construire assez facilement ces appareils si vous êtes déjà assez habile. Nous vous conseillons seulement l’achat des pièces
- détachées : lampes à vide, condensateurs variables, compensateurs, transformateurs BF, douilles, bornes et, bien entendu, accumulateurs.
- 4° Il existe de nombreuses marques très réputées d’accumulateurs ; les éléments les plus robustes sont d’ailleurs les éléments à liquide alcalin et électrodes fer et nickel. Mais leur prix est tellement élevé que nous n’osons vous les indiquer.
- Voici quelques maisons sérieuses : Dinin, Tudor, Slem.
- M. H. C., à Sierck (Moselle). — x° Il est bon de maintenir une antenne avec des cordes isolées et non avec des câbles métalliques qui produiraient des effets de capacité nuisibles.
- 20 Votre antenne a des points trop bas et surtout sa forme est irrégulière, ce qui rend l’accord difficile. Vous pourriez en tout cas utiliser cette antenne comme une unifilaire ordinaire en faisant la prise de poste à l’extrémité que vous indiquez par la lettre F.
- Il vaudrait encore bien mieux avoir une antenne en V à deux brins égaux d’environ 70 m. et élevée d’au moins
- 10 m. au-dessus du sol. L’audition serait meilleure et en tout cas plus nette, avec beaucoup moins de parasites. Cette antenne devrait être orientée aussi bien que le permet la situation locale (Voir chronique de T. S. F.).
- 3° Comme nous l'avons dit plus haut, l'antenne est irrégulière et sa capacité beaucoup trop grande. La résonance est mauvaise.
- 4° Le fil de descente du poste devrait être mieux isolé et plus court ; mais à la rigueur il peut être conservé sans modification. Lorsque vous l’utilisez pas le poste, il est bon, par précaution,. de ret^^directe-ment l’antenne à la terre. ~<“ * *J , ;
- 5° En utilisant une antenne il n’est pas ÎÊ&&MÈËÊÊÊÊÊËMÈ menter le nombre des lampes BF, car il en résulte gétiiP râlement une amplification fâeheuse des parasites. De plus, il est nécessaire lorsqu’on veut utiliser 3 étages BF à la suite d’une lampe détectrice, ou d’autres étages HF, de prendre des précautions spéciales pour éviter la naissance de sifflements parasites ; il faut, entre autres, shunter le primaire du premier transformateur au moyen d’un condensateur de 2/1000 à 4/1000 pf.
- 6° Pour avoir de bons résultats avec un haut-parleur
- 11 est nécessaire d’avoir une audition très forte à l’écouteur.
- Vous trouverez dans le Poste de VAmateur de 2\ S. F. la description des haut-parleurs avec et sans batterie auxiliaire pour l’alimentation de l’électro-aimant.
- Nous vous conseillons d’utiliser plutôt : 1 haute fréquence à résonance, résistances ou selfs, 1 détectrice et 2 BF. L’audition sera plus forte et plus nette. Il serait meilleur d’utiliser pour l’accord en Tesla des bobines en nid d’abeilles qui vous permettraient également de recevoir les courtes longueurs d’onde.
- 70 Les émissions de la S. F. R. sont reçues moins fortement à distance que celles de FL, il est donc normal que deux lampes soient nécessaires pour Radiola au lieu d’une seulement pour la Tour Eiffel.
- 8° La modulation des postes allemands est généralement peu satisfaisante, mais il y a peut-être aussi quelques déformations provenant de votre appareil.
- 90 Le filament d’une lampe de réception ordinaire consomme environ 0*7 ; il faut donc que l’accumulateur ait autant de dizaines d’AH que l’amplificateur a de lampes; par exemple, il faut un accumulateur de 3o AH pour un amplificateur à 3 lampes.
- M. J. Snoeck, à Bruxelles. — i° Dans le montage superhétérodyne on peut coupler l’hétérodyne avec la self-inductance d’accord, bien qu’il soit plus simple d’utiliser une self spéciale.
- 20 Vous pouvez employer un montage d'accord en dérivation avec condensateur variable en série. Le montage indiqué dans le n° 2561 avait été donné seulement à titre d’indication.
- 3° Il serait préférable d’utiliser pour la détection, venu capacité de o,o5/iooo p.F ; à la rigueur vous pouvez utiliser 0,1/r 000 [xF.
- 4° Vous pouvez monter une hétérodyne pour ondes courtes avec des inductances en fond de panier ou en hélice. Vous trouverez des schémas de montage dans le Poste de l'Amateur de T. S. F.
- 5° Le dispositif superhétérodyne n’amène pas de per-, turbations dans les réceptions des postes voisins.
- P. HéMAUDINQUER.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur, adresser tous les ouvrages annoncés. ,,
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 ®/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. - -..........—
- Congrès-exposition des combustibles liquides (numéro spécial de Chimie et Industrie), i vol. illustré, 848 p. Editeur, Revue Chimie et Industrie, Paris, 1928. Prix : loofraucs.
- L’an dernier, sous les auspices de la Société de chimie industrielle, s’ouvraient à Paris une Exposition et un Congrès international des combustibles liquides, tous deux remarquables par leur ampleur et l’esprit qui présida à leur organisation. La Nature en donna à l’époque un compte reudu sommaire. La revue Chimie et Industrie publie aujourd’hui in extenso les remarquables communications présentées au Congrès ainsi que les résultats des travaux des Commissions. L’ensemble forme une véritable encyclopédie des combustibles liquides, propre à éclairer le public sur une des plus graves questions de l’heure présente. Une première section est consacrée au pétrole : citons l’étude de M. Mailhe sur la préparation des pétroles à l’aide des huiles animales et végétales, ceUf? dqM^rRichoux sur les pétroles galiciens, ^yjgM|^LgjpÿtfjfepB*Chambrier sur l’exploitation du rainage souterrain, la description par wr**^5enra^^erger de l’exploitation pétrolifère de Pechelbronn; un intéressant travail physique de M. Wibaut sur l’énergie des vapeurs des hydrocarbures : une étude de M. Mailhe sur les méthodes de cracking, l’importante question de l’hydrogénation des huiles minérales, et des procédés Bergius a été abordée dans plusieurs communications ; M. Gaudoin étudie en détail les brûleurs et fours à combustibles liquides ; MM. Mathot, Dufour, Masmejean, Poincet étudient les moteurs à huile lourde Diesel, et demi-Diesel ; M. Brillié, les locotracteurs.
- La deuxième section est consacrée aux schistes : l’amiral Dumas, MM. Brunschweig, Cambray, Riche-mond, Loisy et Grance, Berthelot examinent en détail la question de l’emploi des schistes bitumineux et des ressources offertes par le sous-sol de la France dans ce domaine; M. Bailey étudie la même question pour l’Ecosse où depuis longtemps on distille les schistes bituminenx.
- Dans la troisième section consacrée au lignite, on trouve la description des gîtes lignitifères de France, par MM. Brunschweig, de Pritzbuer, Carteret et Devaux; la description par M. Berthelot des fours modernes pour la distillation du lignite; des études de MM. Tonnelle, Schwers, Kellemans, Laffargue sur l’utilisation de la tourbe comme combustible.
- Dans la quatrième section consacrée aux benzols et goudrons, signalons notamment les communications et discussions relatives aû débenzolage des gaz d’éclairage, puis la conférence de M. Brochet sur l’hydrogénation catalytique des liquides et la fabrication du cyclohexanol, celle de M. Detrie sur l’hydrogénation du phénol; celle de M. Lormand sur les hydrures de naphtaline et la tétraline, base du carburant national allemand pendant la guerre.
- Dans la cinquième section, celle des alcools, MM. Ormandy et Naven étudient la constitution des carburants à base d’alcool; M. Meunier et M. Yernet exposent des procédés de traitement de la cellulose pour la fabrication de l’alcool. M. M. Loisy et Damiens expliquent copament on peut transformer en alcool l’éthylène du gaz. M. Schweis étudie l’emploi de l’alcool dans les moteurs et M. Baume résume les travaux du Comité du carburant national.
- Signalons aussi une savante étude de M. Savarit sur la distillation des mélanges binaires et tertiaires.
- La sixième section est consacrée aux huiles végétales et contient des études de MM. Mathot, Dela-houise, Leduc Charles, Luc, sur l’emploi des huiles lourdes dans les moteurs, et un certain nombre de
- monographies sur la production des oléagineux dans nos colonies.
- Enfin, l’ouvrage se termine par un compte rendu détaillé de l’Exposition.
- Radiotélégraphie et Radiotéléphonie à la portée de tous, par G. Malgorn. i vol. 231 p., 160 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- L’auteur expose tout d’abord aussi simplement que possible les notions physiques qui sont à la base des radiocommunications ; puis il étudie d’une façon générale l’antenne, les appareils d’émission, et ceux de réception des ondes amorties, les tubes à vide, la production et la réception des ondes entretenues, quelques détails sur la radiotélégraphie dirigée, puis sur les applications de la télégraphie sans fil; 1 auteur passe alors à la téléphonie sans fil et termine par d’utiles renseignements pratiques intéressant tous les amateurs de T. S. F.
- L’année aéronautique 1922-1923, par L. Hirschauer et Ch. Dollfus. 1 vol. 17$ p. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- On trouve dans ce volume les caractéristiques des principaux avions actuellement en service, un résumé chronologique des principaux événements survenus au cours de l’année, dans le domaine aérien : records, meetings,, grands voyages, une étude intéressante sur l’organisation des pouvoirs publics en matière aéronautique en France et à l’étranger, et une note sur le fonctionnement et l’exploitation des lignes aériennes commerciales.
- Nouveau Manuel complet du Charron-Forgeron, par Marin-Darbiïl. 1 vol. 444 p•, 173 fig. Mulo, éditeur (Encyclopédie Roret). Paris, 1923. Prix : 7 francs.
- Ce manuel traite du charronnage proprement dit ou grosserie.
- 11 décrit d’abord les différents ateliers et leur outillage.
- La deuxième partie traite des matériaux et de leur résistance, spécialement le fer, l’acier et les bois et contient des instructions pratiques sur le forgeage.
- La troisième partie comprend la théorie et la construction de la roue, la description des différents freins employés et l’établissement du prix de revient.
- Enfin, dans la quatrième partie, est étudiée la construction du petit et du gros matériel fabriqué par le charron.
- L’ouvrage contient encore un chapitre sommaire sur la législation des brevets, les marques de fabrique et les formalités exigées par la police du roulage, et enfin un vocabulaire des termes les plus usités dnas le charronnage.
- Manuel de l'industrie du liège, par E. Michotte. i vol. in-18, 334 p., 23 fig. Baillière et fils. Paris. Prix cartonné : 10 francs.
- L’auteur étudie successivement les chênes-lièges, leurs parasites, la production et les régions de croissance, la culture et la plantation, l’exploitation et la mise en valeur, la fabrication mécanique des bouchons et des plaques, l’utilisation des déchets. L’ensemble forme une bonne monographie de la question.
- Les éléphants pliocènes, par Ch. Depéret, L. Mayet et J. Romax. i vol. in-8, 224 p., 47 fig-, n pL Extrait des Annales de VUniversité de Lyon. Baillière, Paris et Rey Lyon. Prix : 20 francs.
- La Nature a annoncé, il y a 3 ans, la découverte dans une carrière près de Chalon-sur-Saône, du squelette d’un éléphant fossile de l’époque pliocène.
- MM. Mayet et Roman le décrivent ici en le rapportant à l’espèce Elephas bifrons et examinent le gisement d’où il fut extrait. Puis MM. Depéret et Mayet profitent de cette trouvaille pour reviser nos connaissances sur les éléphants pliocènes et établir leur phylogénie. C’est un important travail auquel nous comptons bientôt consacrer un article.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- N° 2577 25 Août 1923
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- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE J923 (*)
- Dans le « Bulletin astronomique » pour le mois de mai 19'2a (N® 2556, du 31 mars 1923), nous avons pris soin d'appeler l’attention des observateurs sur une augmentation d’éclat qu’aurait présentée l’étoile (3 de la Baleine. Nous recommandions d’observer cette étoile dès qu’elle se dégagerait, le matin, de la région lumineuse de l’aurore.
- Il convient de faire remarquer ici que l’augmentation d’éclat signalée est loin d’avoir été admise par tous les astronomes; l’absence de mesures précises, résultant du fait que l’étoile était noyée dans le crépuscule lorsqu’elle a présenté cette brusque augmentation d’éclat, est la principale raison de cette suspicion. Aussi attache-t-on un grand prix aux observations que l’on peut faire à présent que p Baleine est visible le matin. L’une des premières qui nous parvient a été publiée dans English Mechanic (N° 3o44> du 27 juillet 1923) par M. F.-J. Acfield, de Southampton. Il a trouvé, le i5 juillet 1923, observant à l’œil nu, que (3 Baleine avait le même éclat que Fomalhaut (a du Poisson Austral). Or, a du Poisson Austral est notée de la grandeur r,3 (Annuaire du Bureau des Longitudes) et (3 Baleine de la grandeur 2,2. M. Acfield conclut de son observation que l’étoile [3 Baleine est toujours plus brillante que son éclat normal.
- Mais une observation faite le 4 août, par M. F. Qué-nisset, à l’Observatoire de Juvisy, attribue à [3 Baleine son éclat habituel de 2,2.
- La question, on le voit, prête à discussion et quelques nouvelles observations de cette étoile ne seront pas inutiles. Elles démontreront, très probablement, que l’augmentation d’éclat signalée il y a quelques mois n’a pas eu lieu effectivement, comme on l’a avancé d’ailleurs, notamment dans les publications anglaises et américaines.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, de — 20 53' le ior octobre, n’est plus que de — i3° 52' le 3i. Les jours diminuent pendant tout ce mois et leur durée, de 1ih4i“ le ier (intervalle entre le lever et le coucher du centre du Soleil) tombe à 911 5le 3i.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dat.es. Heure du passage (T. m. G.).
- Octobre icr 1 ib 40" 35‘
- — 5 1 ih 3gm20”
- — 10 1 ib 37" 54*
- — i5 1 ib 36m 4o‘
- — 20 nh J5m39‘
- 25 1 ib 34“ 53'
- — 3i 1 ih 34“ 22'
- On remarquera que le Soleil passe au méridien, c’est-à-dire au milieu de sa course entre le lever et le coucher, de 20 à 26 minutes avant midi. Ainsi, lorsqu’il est midi, le 3i par exemple, le Soleil a dépassé le méridien depuis 25m38\ La matinée dure donc25“38s de plus et la soirée 25"38s de moins que si le Soleil était au méridien à midi, soit une différence de 5i" 165 entre les deux. On peut d’ailleurs le vérifier autrement. Le Soleil se lève le 3r à 6b36" et se couche à i6b33m. De 6b36" à midi, il y a 5h24“. De midi à i6h3.3m, il s’écoule 4h 33". Différence entre la matinée et la soirée 5h 24“ — 4h 33" — 5i minutes.
- La conclusion est qu’à cette époque de l’année, les jours raccourcissent le soir et alors qu’il fait jour à 6'1 du matin, il fait nuit complète à 6h du soir.
- 1. Toutes les heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à 24h, à partir de minuit. L’heure d’été cessera d’être en vigueur le 6 octobre 1923, à 2411 (d’après le texte de la loi du 23 mai 1923). Il y aura donc lieu du i'r au 6 octobre d’augmenter de une unité toutes les heures indiquées ici.
- Observations physiques. — Nous continuons l’éphé-méride pour les observations physiques du Soleil (Voir au N° 2551 la définition des termes P, B0, L0).
- Dates. P V Q
- Octobre 3 -f- 26°, 20 + 60,5g i30,O2
- — 8 + 26°, 3g + 6o,3! 3o7°,o5
- — 13 -j- 26°, 40 + 50,98 241°,10
- — 18 -j- 26°,22 + 5o,6o 1750,14
- — 23 + 250,85 + 50,18 iog°,20
- — 28 + 250,28 + 4°. 7 2 430,26
- Parallaxe et distance. — Voici les valeurs de ces
- éléments pour le mois d’octobre :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Octobre i3 8",82 i4q 140 000 km
- — 28 8",86 148 5oo 000 —
- Lumière zodiacale. — On pourra l’observer le matin, avant l’arrivée du jour, à l’époque de la Nouvelle Lune du 10 octobre. On recherchera la « lueur anti-solaire », vers minuit, près de s Poissons, du 7 au 10 octobre. Cette observation ne peut se faire que par des nuits très pures, loin des lumières artificielles.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois d’octobre seront les suivantes :
- D. Q. le 3, à 5h 29"
- N. L. le 10, à 6b 5m
- P. Q. le 16, à 20h 53"
- P. L. le 24, à i8b 26"
- Age de la Lune, le iar octobre à midi, = 201,6; le 10 octobre = oJ,2. Pour avoir l’âge de la Lune à midi, aux autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 10. Pour une heure donnée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 3 = + 18° 34' ; le i'5 — — 180 38'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 11 octobre, à 4h- Parallaxe = 6i' 11". Distance = 358 400 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 octobre, à 2h. Parallaxe =53'57". Distance ==: 406 4o5 km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune. — Ce mois d’octobre est particulièrement remarquable par les importantes occultations qui se produiront : occultations à’Uranus, de O2 Taureau et d’Aldébaran.
- Le 16, occultation de 267 B Sagittaire (gr. 5,8), de 20h 37" à 2ih 3om.
- Le 17, occultation de 47 B Capricorne (gr. 6,2), de 22h 2Ôm à 22h 57". @
- Le 20, occultation de 81 Verseau (gr. 6,4), de i9b 19" à igh 56".
- Le 20, occultation d’Uranus (gr. 6,1), de 22h43m à 23h53m. La Lune sera entre le Premier Quartier et la Pleine Lune. On notera la durée de la disparition, qui se fera au bord obscur et de la réapparition qui aura lieu au bord éclairé. Uranus aura un diamètre de 3",6 et son occultation ne sera pas instantanée, comme celle d’une étoile.
- Le 21, occultation de 24 Poissons (gr. 6,1), de 22b 2™ à 22b 57". _
- Le 24, occultation de 3g B Bélier (gr. 6,5), de i8b 6" à 1 gb 4m.
- Le 24, occultation de 64 Baleine (gr. 5,8), de 2211 5ora à 23h 2lm.
- Le 27, occultation de 71 Taureau (gr. 4>6). Emersion seule visible à i8Ii42“-
- Le 27, occultation de 01 Taureau (gr. 4,2), de i9ho" à 1911 54“.
- Le 27, occultation de O2 Taureau (gr. 3,6), de i8h59" à i9h56". La Lune sera entre son plein et le Dernier
- 1 11 m
- Fig. 1 à 3. — Trois occultations remarquables par la Lune pendant le mois d’octobre 1923. (Images droites, telles qu’on les voit dans une lunette ne renversant pas les objets.)
- 1. Occultation d’Uranus, le 20. — II. Occultation de O2 Taureau, le 27. 111. Occultation d’Aldébaran, le 27-28.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Quartier. L’étoile disparaîtra derrière le bord éclairé et réapparaîtra derrière le bord obscur. On sera frappé du beau tableau formé par l’étoile double Qt-Û2 Taureau au voisinage du globe lunaire.
- Le 27, occultation de 26'j B Taureau (gr. 4,8), de 201' 1 im à 2oh 48”.
- Le 27, occultation de 85 Taureau (gr. 6,0), de 2ohom à 20"i3ra.
- Le 27, occultation de 275 B Taureau (gr. 6,5), de 2 ih 4om à 22h 38®.
- Le 27, occultation d’Aldébaran (gr. 1,1), de 23h7m à oh2m le 28. Mêmes remarques que pour l'occultation de QM2 Taureau. La couleur rouge d’Aldébaran sera frappante par comparaison avec la teinte de la Lune.
- Le 28, occultation de 111 Taureau (gr. 5,i), de 22h7m à 23“53”.
- Le 29, occultation de 124 H Orion (gr. 5,7), de 2i''47m à 22h 33”.
- Le 31, occultation de 2 B Cancer (gr. 6,0), de 22h2m à 22h 57“.
- Le 31, occultation de 5 Cancer (gr. 5,9), de 231'22™ à oh23ra du ier novembre.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 10 octobre, comme on le voit au tableau suivant :
- Marée du matin.
- Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Octobre 9 2h 54m om,96 i5hi6m xm,o3
- — 10 3h 87“ im.o8 i5h58m im, i3
- — i j 4h“ig 1m, 15 i6h 39“ i”, 16
- —. 12 5h im im,i5 17h 2 3” i“,i3
- — i3 5h 45m im,o8 i8h 7"1 1m, 0 2
- — i4 6h 29“ om,q5 i8h 52m o”,86
- Ce sont là les heures de la pleine mer à Brest.
- Le mascaret se produira à ces mêmes époques comme
- on le voit ci-dessous :
- Dates. Coefficient de la marée.
- Octobre 10 lm,o8
- — 10 im,i3
- — 11 im,i5
- — 11 1“, 16
- — 12 1m, 15
- — 12 im,i3
- — i3 im,o8
- Quitlebeuf. Villequier. Caudebee.
- 7h 15m 7h 52m 8h im
- i9h34m 20h1Im 20h 20m
- 7*53” 8h 3om 8h 39“
- 20hI2“ 2oh 49“ 2oh58m
- 8h 33m 9U i ora 9h I9m
- 2011 55ra 2Ih 32“ 2lh 4 I nl
- gh i8m 911 55m ioh 4ni
- sa plus grande élongation ayant lieu le 14 octobre, à i8°2/ à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher une dizaine de jours avant et après cette date. Comme il est voisin de l’équateur, on pourra le trouver et le suivre assez facilement. Le tableau suivant donne la phase et l’éclat stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,06 — 2,0
- — 8 0,24 + 0,7
- — i3 0,48 — 0,2
- — 18 0,69 — 0,6
- 23 0,84 — 0,8
- — 28 0,92 — 0,9
- Vénus est encore inobservable pendant tout ce mois, se couchant quelques minutes après le Soleil. Le disque illuminé a pour valeur 0,99 ou 0,98. C’est dire que la planète, située presque au delà du Soleil, nous présente son disque à peu près entièrement éclairé de face.
- Mars est pratiquement inobservable. On pourra le voir le matin avant l’arrivée du jour, à la fin du mois principalement, mais le disque de la planète, de 3",6, ne permet aucune observation utile pour le moment.
- Jupiter, presque en conjonction avec le Soleil à la fin du mois, est inobservable.
- Saturne sera en conjonction avec le Soleil le 17 octobre. Il est également inobservable.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 9 octobre :
- Grand axe extérieur........................ 35",09
- Petit axe extérieur........................
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.............................. -rj-i 3o' 5’
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... -f i3° 8'
- Uranus est encore visible la plus grande partie de la nuit. Pour le trouver, voir la petite carte spéciale de son mouvement parue au N° 256o.
- Neptune devient de mieux en mieux visible le matin. Yoici quelques-unes de ses positions permettant de le trouver sur le ciel pendant le mois.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre
- Octobre 5 gh 29” —(— 15° 7' 2", 4
- — i5 911 3om + i5° 3' 2",4
- — gh 3im + i4°59’ 2",4
- * ASTRE Dates : OCTOUUË Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- [ 5 5h 55” 1 ih 3gm2o' I7h 2 2m I2h 4im — 4026' 32' 3 "6 Vierge
- Soleil . . . i5 6 xi 11 36 4o 17 2 i3 18 — 814 32 8,4 Vierge »
- 25 6 26 11 34 53 16 43 i3 56 — 11 5o 32 14,4 Balance
- 5 4 56 : 10 55 16 54 11 5g — 0 42 9,4 p Vierge Le matin,
- Mercure. . i5 4 27 io 33 16 3g 12 10 + 0 42 7 j° P Vierge plus grande élongation
- 25 5 4 10 46 16 27 i3 1 — 4 24 5,4 0 Vierge le 14.
- 0 • 6 3i 12 6 17 41 i3 8 — 6 1 9,8' 0 Vierge
- Vénus . . . 15 7 1 12 i3 • 17 25 i3 54 — IO 52 10,0 A Vierge Inobservable.
- 26 7 3i 12 21 17 11 14 42 — i5 18 10,0 a Balance
- . 5 4 7 10 3o 16 53 1 r 3 0 + 4 29 3,6 (3 Vierge
- Mars. . . .) i5 4 3 10 14 16 26 11 53 + 1 56 3,6 p Vierge Inobservable.
- 25 3 58 9 58 1.5 58 12 16 — 0 37 3,8 y Vierge
- Jupiter. . . i5 GO i3 35 18 14 i5 16 — 17 20 29,6 K Balance Inobservable.
- Saturne . . i.5 6 i5 11 46 17 18 i3 27 — 6 44 14,0 S Vierge Inobservable.
- Uranus. . . i5 i5 5o 21 21 2 52 23 3 — 6 56 3,6 <p Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . «5 0 32 7 46 i5 0 9 3o + i5 3 • 2,4 7 Cancer Le matin.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois d’octobre 19 a3.
- Mercure sera visible le matin, vers le milieu du mois,
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à ioh, Neptune en conjonction avec la Lune, à 20 1 i'N
- Le 8, à ig1*, Mars Le 9, à 2b, Mercure Le 9, à 61', Vénus Le 10, à t5\ Saturne
- la Lune, à o° 3’S. la Lune, à i° o'S. Saturne, à i°22'S. la Lune, à i° 13' S.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le io, à i8\ Yénus en conjonction avec la Lune, à 20 45' S.
- Le 12, à 11h, Jupiter Le 19, à 2ih, Yénus
- Le 20, à 23\ Uranus Le 26, à ioh, Yénus
- Le 3o, à oh, Mercure Le 3o, à i3h, Mercure
- la Lune, à 4° 11' S. 1 Yierge (gr. 4,6), à o° 9' N.
- la Lune, à o° 31' S. a Balance (gr. 2,9), à o° 3' N.
- Saturne, à o° 42'S. m Yierge, à o° 10'
- S.
- Etoiles filantes. — Un certain nombre d’essaims sont actifs en'octobre. Yoici les principaux, d’après -le grand observateur anglais W.-F. Denning Dates. Ascens. droite.
- Ier au 9 octobre 24°
- 7 — 31°
- 8 — 43°
- i5 et 29 — 1080
- 16 au 22 — 9°°
- 18 au 37 — 108°
- 20 au 27 — 328»
- 21 au 25 — 112°
- 3i — 43C
- Mois. — 2 9°
- —)— 170 y Bélier.
- + 180 a Bélier.
- -j- 56° r) Persée.
- -f- 23° ô Gémeaux.
- + i5° v Orion.
- -j-i2° p Petit Chien, -f- 62° a Céphée.
- -j- 3o° p Gémeaux.
- —j~ 2 20 e Bélier.
- -j- 8° Baleine.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Persée). (Cette variation d’éclat de l’étoile Algol peut être facilement suivie à l’œil nu) : Le 11 octobre, à 3h4“; le i3, à 23h53m; le 16, à 20h42m; le 3 r, à 4h45“.
- Etoile Polaire. — Passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à
- Passages. midi moyen de Paris.
- Dates.
- Octobre 8
- — i3
- — i3
- — 18
- — 28
- Heures.
- Ob 23“ 1 25 oh 3“ 34s 23h 5g“ 3g5 23h 40“ os 23h om 4P
- Supérieur
- x3h 4m 2is,o
- i3h43“46%5 l4h 23“ .12% I
- Le i3 octobre, il y aura deux passages, le même jour, de l’Etoile Polaire au méridien. L’intervalle de temps moyen qui sépare deux passages consécutifs d’une même étoile au méridien est de 23h56m45. Comme le premier passage du a3 a lieu à oh3“34% le suivant aura lieu 23h56m4s après, soit à 23h59“38s ou plus exactement à 23h 5g“ 3g\
- V. Constellations. — La voûte céleste commence à revêtir son bel éclat des nuits d’hiver par le nombre des étoiles brillantes. Son aspect à 2ih le 1" ou à 20h le i5, est celui-ci :
- Au Nord : La Grande Ourse descend de plus en plus ; la Petite Ourse est à gauche de la Polaire. Céphée et Cassiopée sont à une grande hauteur. Capella est voisine de l’horizon nord-est et s’élève.
- A l’Est : Le Bélier brille au-dessous d’Andromède. Le Taureau et les Pléiades se lèvent. Au-dëssus d’eux : Persée.
- Au Sud : Le Carré de Pégase, le Yerseau et le Capricorne. Fomalhaut glisse à l’horizon austral.
- A l’Ouest : La Lyre et l’Aigle sont bien placées pour les observations. Hercule descend. Arcturus disparaît.
- Em. Touchet.
- ’lgO
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil B. A. P. pour la respiration artificielle (n° 2578), est construit par M. Charpin, 63, rue de la Folie-Regnault, Paris.
- Réponses. — M. Jullien, à Bordeaux. — 1“ Les rouleaux de gélatine employés en imprimerie sont obtenus en faisant macérer la gélatine pendant 12 heures dans son poids d’eau, puis en liquéfiant au bain-marie, on* y ajoute alors de la glycérine et une matière inerte telle que kaolin, ocre, etc., suivant la consistance que l’on veut obtenir et on coule en moules. Après durcissement, on immerge pendant quelques heures dans une solution de formol à 5 pour 100 qui rend insoluble la gélatine ; — 2° Veuillez vous reporter pour la destruction des punaises à.notre réponse faite à M. Gauthier, de Nantes, dans un de nos précédents numéros; vous pourriez essayer également de la chloropicrine préconisée par M. Gabriel Bertrand en vaporisant dans la pièce environ 10 gr. de ce produit par mètre cube, vaporisation qui peut se faire en allumant une lampe à alcool sous le récipient avant de se retirer, l’air devenant bientôt irrespirable. Au cas où les œufs ne seraient pas détruits, la durée d’éclosion étant d’environ huit jours, un nouveau traitement devra être effectué deux semaines après le premier pour assurer la destruction des générations nouvelles ; — 3° Pour éloigner les fourmis, pulvérisez dans les endroits infestés, au moyen d’un pulvérisateur, une solution alcoolique de thymol à 1 pour 100, ce moyen que nous avons expérimenté nous a très bien réussi.
- M. M. Jeanson, à Puteaux. — On emploie beaucoup en Angleterre, sous le nom de peinture Smith, le mélange suivant pour la protection des parties métalliques
- 'immergées :
- Goudron de houille (coaltar) ... 80 kg
- Goudron de Norvège...................10 —
- Poix noire.......................... 10 —
- Huile de lin......................... 2 —
- La maison Haguenauer, rue Meissonnier, à Pantin,
- fabrique une peinture anti-rouille dite Vigor, dont on nous a dit avoir eu satisfaction, vous pourriez essayer ce produit.
- M. Delavault, à Paris, — Si Y altération de vos par chemins par la chaleur n’est pas trop profonde, vous pourrez très probablement leur redonner une souplesse suffisante en les faisant macérer pendant quelque temps dans un mélange d’eau et de glycérine à parties égales. Faire ensuite sécher très lentement en épinglant les pièces sur une plaque de liège analogue à celles servant pour les papillons.
- M. Bodin, à Montribloud. — Il est peu probable, vu le peu de solubilité des sels de cuivre dans l’alcool que votre eau-de-vie contienne du cuivre, pour vous en assurer, plongez-y pendant quelques heures une lame de fer bien polie, s’il y a du cuivre celui-ci deviendra visible par la coloration rouge que prendra la partie immergée de la lame. Dans l’affirmative, il vous suffira de laisser en contact avec quelques morceaux de fer ladite èau-de-vie, pour qu’au bout de peu de temps tout le cuivre soit précipité.
- M. Grimer, à Paris. — i° Un vernis très léger à l’acétate de cellulose à 1 pour 100 dans'l’acétone vous donnera très probablement satisfaction pour conserver son éclat à Vargenterie mise en vitrines et empêcher la sulfuration ; — 1° Le polissage des chaînes d’argent s’obtient très facilement en les secouant dans un sac avec un mélange à parties égales de blanc d’Espagne pulvérisé et de potée d’étain. Le mouvement doit être donné alternativement d’un bout à l’autre, c’est pourquoi il est préférable de se servir d’un sac analogue aux sacs de banque et d’opérer à deux; — 3° Les perles japonaises ayant même origine que les autres ne présentent pas de caractères distinctifs ; — 4° A notre avis les auditions de T. S. F., lorsqu’elles sont publiques, sont passibles des droits habituels, la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques est actuellement en pourparlers avec les Sociétés d’audition par T. S. F. d’une part pour obtenir en faveur des directeurs qui consentiront à la transmission des morceaux de musique une indemnité forfaitaire et d’autre part pour la perception au bénéfice des auteurs, des droits prévus par les lois de 1891 et i8g3 qui protègent la propriété artistique et littéraire en donnant à l’auteur le droit exclusif d’exploiter son œuvre, c’est-à-dire de la faire reproduire et
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- exécuter. C’est en vertu de ces mêmes lois, que la Société des Auteurs et Compositeurs de musique perçoit les droits d’auteurs dans les établissements publics tels que brasseries, cafés, bars, possédant un appareil de T. S. F., arguant qu’un centre d’émission de radiotéléphonie peut être assimilé à une salle de spectacle indéfiniment prolongée avec un nombre d’auditeurs indéfini.
- M. Bodson, à Bruxelles. — D’après un îécent article de la Revue de Chimie industrielle, le ciment à la litharge doit être préparé avec :
- Litharge..........................5o gr.
- Liquide type........................60 c. c.
- Le liquide type est lui même un mélange de :
- Glycérine...........................5o c. c.
- Eau ordinaire............... . . . 20 —
- Au bout de 10 minutes, la masse a une dureté appréciable, sa solidité est excellente au bout de 3 heures. La glycérine dont il s’agit est la glycérine industrielle à 28°, le minium ne peut pas être substitué à la litharge, celle-ci doit être bien sèche.
- M. Hunghé, à Bruxelles. — Pour nettoyer des chiffons souillés par de la pâte à fourneaux, il faut d’abord les tremper complètement dans l’huile, puis les savonner dans une eau tiède savonneuse, les particules de carbone provenant du noir de fumée ou du graphite sont ainsi mobilisées. A notre avis, la mise au rebut après emploi, mous paraît préférable et plus économique.
- T. S. F. — M. le professeur 0., à Paris. — Bans les amplificateurs à selfs à noyau de fer, on réalise l’effet de rétroaction en faisant varier la self par déplacement •du noyau. On obtient ainsi un couplage électromagnétique Armstrong 20 manière, analogue à celui obtenu avec un variomètre dans un montage à résonance par accord du circuit de plaque.
- Pour la réception des émissions radio-téléphoniques, il convient avec cet appareil de se maintenir à la limite et en deçà de la zone d’accrochage ; on réalise ainsi un état d’équilibre instable qui est très favorable à l’amplification. Au contraire de certains appareils, on n’obtient pas de bons résultats en se réglant sur la zone de silence de l’autodyne.
- M. P. A., à Marolles (Nord). — i* Lorsqu’on désire employer comme antenne un réseau d’éclairage en courant continu, il faut d’abord intercaler entre la prise d’antenne et la bobine d’accord, soit un condensateur d’arrêt, soit un petit transformateur réalisé par exemple avec deux bobines concentriques de fil de sonnerie. De plus, il faut utiliser un montage d’accord avec primaire désaccordé en Tesla ou en Oudin.
- Vous pouvez réaliser le montage en Oudin à l’aide d’une simple bobine à deux curseurs ou à plots, et le montage en Tesla, de préférence avec deux inducteurs en galettes, nid d’abeille ou duolatérales. Suivantun principe connu, on règle le primaire sur une longueur d’onde dont la longueur d'onde à recevoir soit une harmonique.
- 20 Le fil que vous indiquez pour la construction de la bobine ne vous semble pas devoir donner de bons résultats. Il vaut mieux employer du fil 6/10 ou 8/10 mm isolé soie ou deux couches coton.
- M. Bu Chelas, à Paris. — La question de Y alimentation directe des amplificateurs par courant du secteur n’est pas encore au point.
- M. Merje a indiqué quelques montages assez complexes <jue vous avez pu trouver dans la T. S. F. Moderne.
- Dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F., vous pourrez également consulter le chapitre consacré à l’étude de ce problème.
- 20 Etant donné le faible débit qui vous est nécessaire pour alimenter une seule lampe à vide, un accumulateur de 20 à 3o* ampères-heures pourrait vous suffire. Vous pourriez recharger cet accumulateur avec une soupape .électrolytique ou un redresseur à vibrateur (Voir Le Poste de l’Amateur de T. S. F.).,
- Si vous ne voulez pas vous occuper de ce travail, vous pouvez faire recharger ces éléments chez n’importe quel électricien.
- 3°- Vous pourriez également effectuer le chauffage avec des piles à grand débit, type Guiraud par exemple, bien que dans votre cas, la solution ne semble pas très avantageuse. Il faudrait 3 éléments pour assurer le chauffage.
- Adressez-vous à la maison Hydra, 165, avenue du Président-Wilson, à Levallois (Seine).
- M. le Br Du Suau de la Croix, à Le Houga (Gers). —
- i° Pour mieux recevoir les ondes courtes, un premier perfectionnement consisterait à adopter l’accord en Tesla au lieu du montage en dérivation actuel. En vous servant pour réaliser ce montage d’inductrices en nid d’abeille ou type duo-latéral et en plaçant un condensateur variable en série entre le primaire et l’antenne vous pourriez mieux adapter votre grande antenne en désaccordant ainsi le primaire, d’après le principe indiqué plus haut à M. P. A. à Marolles.
- 20 Surtout pour la réception des ondes courtes, vous pouvez augmenter considérablement la puissance d’audition en adoptant le dispositif super-hétérodyne. Yous trouverez tous les détails sur ce dispositif dans le n° a561 de La Nature ou dans le Poste de VAmateur de T. S. F. Aros amplificateurs actuels II. F. et B. F. doivent être placés à la suite du deuxième circuit accordé sur ondes longues. Etant donné la nature de votre amplificateur H. F., les deux circuits par ondes longues devront être accordés ici seulement sur 3ooom. de longueur d’onde ; c’est ce qui explique pourquoi il n’est pas intéressant dans votre cas d’essayer de recevoir les ondes au-dessus de 3ooo m. de longueur avec la super-hétérodyne.
- 3° Yous pouvez vous adresser aux établissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris.
- 4° Nous ne croyons pas qu’il y ait un grand intérêt à augmenter le nombre de brins de votre antenne.
- M. Richard, au Cleyo (Morbihan). — i° Etant donnée la distance à laquelle vous vous trouvez de Paris, pour avoir une bonne réception en haut-parleur, il faut que vous utilisiez 1 étage H. F, 1 détectrice et 2 B. F. avec antenne; ou 2 ou 3 étages H. F., une détectrice et 2 ou 3 B. F. en utilisant un cadre comme collecteur d’ondes.
- Si vous désirez seulement recevoir les ondes moyennes (Fl et Radiola), vous pouvez utiliser des étages H. F. à résistances; sinon et pour recevoir à la fois les ondes courtes et les ondes moyennes, un des meilleurs systèmes consiste à utiliser des étages H. F. à selfs.
- Yoici les adresses demandées : Société indépendante de télégraphie sans fil, 66, rue La Boétie, Paris (amplificateurs à résistances); Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris (amplicateurs à selfs).
- M. R. Sautiers, à Reuilly-sur-Seine (Aube). — i° Vous pouvez utiliser votre batterie d’accumulateurs de 44 volts à la fois pour le chauffage des filaments de votre amplificateur et pour la tension de plaques ; il serait cependant préférable de n’utiliser que deux éléments pour le chauffage et de réaliser la tension de plaques avec une batterie de piles de 80 volts. La batterie doit évidemment être bien isolée du sol et si vous utilisez tous les éléments pour le chauffage et la tension, il convient de bien vérifier la polarité afin que le pôle positif soit connecté aux plaques. Au cas où votre batterie en temps normal et au moment de l’écoute serait connectée au réseau, il serait encore plus simple, pour éviter des bruits gênants dans l’écouteur, de vous en servir seulement pour la recharge de petits accumulateurs de faible capacité et d’un prix minime.
- 20 Le rendement des amplifcateurs à résistances est très mauvais pour la réception des ondes courtes; cependant, étant donnée la faible distance qui vous sépare de Paris, voué pourrez sans doute avec une bonne antenne avoir une audition suffisante du poste de l’Ecole Supérieure des P. T. T. Si vous désirez absolument utiliser un amplificateur à résistances comportant au maximum 4 lampes, la meilleure solution consiste à utiliser un amplificateur à 2 étages H. F. à résistances dont le 20 auto-détecteur, réaction électromagnétique et 2 étages B. F. à transformateurs à fer à circuit magnétique fermé, rapport 5 et rapport 3. En utilisant une self au lieu de la résistance de 70000 ohms, le rendement pour la réception des ondes courtes serait plus satisfaisant. On pourrait de même utiliser 1 étage H. F. à résonance par « bouchon » accordé, mais le réglage en. est un peu plus difficile.
- M. Jacques Belloen, à Beauvais (Oise). — i° Jusqu’à présent, pour les haut-parleurs, le pavillon de forme recourbée semble conserver l’avantage et tous les dispositifs diffuseurs ne paraissent pas être encore au point.
- 20 Le bobinage duo-latéral est du même genre que le bobinage « nid d’abeille », mais il possède encore moins de capacité répartie, parce que les spires sont décalées et ne sont pas les unes au-dessus des autres comme dans 1 le 2e système.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N0 2578
- I01 ‘Septembre 1923
- INFORMATIONS
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- *>_> Nouvelles de T. S. F.
- Réceptions de la téléphonie de PI à grande distance sans amplificateur. — Un de nos lecteurs de Yire (Calvados), M. Desgrouas, nous signale une bonne réception sur galène des émissions de Fl. L’antenne employée, très basse, à 5 m. du sol,'n’a que deux fils de 3o m.
- Un autre de nos lecteurs, M. Hubert Hugend., de No-gent-en-Bassigny (Haute-Marne), nous signale également obtenir une réception suffisante en employant comme antenne un fil de secteur électrique.
- Depuis l’augmentation de puissance du poste de Fl, il semble que la réception à distances moyennes soit possible sur galène à l’aide d’antennes quelconques. Il est évident cependant que les auditions ne présentent pas un caractère de stabilité absolue et surtout que la réception d’autres émissions plus faibles, comme celles de la S. F. R., est encore très difficile dans ces conditions.
- M. Desgrouas nous signale d’ailleurs avoir obtenu avec la même antenne des réceptions nettes, mais faibles, des postes anglais et de la station des P. T. T. à l’aide d’un amplificateur à deux lampes HF à résistances, dont la deuxième auto-détectrice, réaction électro-magnétique par galette en fond de panier, accord également par galettes en fond de panier.
- Les transmissions par arcs et les amateurs. —
- L'Antenne dans son numéro du ies août 199.3 continue l’enquête entreprise au sujet de la gêne apportée aux réceptions d’amateurs par la transmission par arcs des grands postes. Non seulement les amateurs de Paris, Lyon et Bordeaux se plaignent fort des arcs gêneurs, mais même à Tours on ne peut recevoir les émissions de la S. F. R. et quelquefois celles de Fl, car la station de Saint-Pierre-des-Corps ne chôme que rarement.
- En attendant la transformation de ces postes, transformation sans doute peu prochaine, ne serait-il pas possible de faire quelques changements aux heures d’émission, changements bien choisis évidemment, et de donner ainsi satisfaction partielle aux amateurs tout en sauvegardant des services essentiels ?
- La nouvelle réglementation de la T. S. F. — On
- sait qu’un nouveau statut de la T. S. F. d’amateurs est en préparation; la nouvelle réglementation semble favoriser, tout au moins pour le moment présent, les postes récepteurs aux dépens des postes émetteurs. Les droits que devraient acquitter les propriétaires de ces derniers semblent quelque peu exagérés. Nous aurons sans doute l’occasion d’examiner les règlements, dès qu’ils seront définitifs ; actuellement de vives protestations sont formulées contre certaines de leurs clauses par les journaux de T. S. F., ^ls que Y Antenne, Radio-électricité, etc.
- Les émissions allemandes. — Outre des nouvelles de Bourse et bulletins météorologiques, le poste de Kôenigswusterhausen transmet maintenant assez régulièrement des radio-concerts. Chaque dimanche de ta h. à i3 h., selon M. Kleiber de Colmar, cette station travaille sous 2.700 m. Des renseignements techniques sont donnés aux correspondants étrangers. Quelquefois aussi des essais sur ondes courtes de 3oo m. sont effectués. Chaque émission est terminée d’une façon assez inopportune par le fameux Deutschland über ailes; chant de l’ancien Empire qui semble ainsi demeurer également le refrain favori des fonctionnaires des P. T. T. de la nouvelle <c République ».
- Les antennes Beverage. — M. Clavier, dans un intéressant article paru dans les Annales des P. T. T. de juillet 1923, étudie en général les meilleurs procédés pour la réception des ondes courtes. Il donne en particulier des explications détaillées sur le fonctionnement théorique des antennes Beverage. Ces antennes sont surtout intéressantes pour l’élimination des brouillages et des parasites. Elles sont malheureusement assez encombrantes et nécessitent des réglages supplémentaires, aussi ne semblent-elles pas encore très employées en France.
- Microphone sans diaphragme. — D’après le journal américain Institut of Electric al Engineers, les Annales des P. T. T. de juillet 1923 donnent la description d'un microphone sans diaphragme utilisé en Amérique pour les émissions radio-tétéphoniques. Le phénomène utilisé est la décharge incandescente en courant continu à basse pression, mais cette fois employée à l’air libre.
- En appliquant un potentiel continu entre deux électrodes séparées par une mince couche d’air et en intercalant en série une résistance, suffisante à éviter la formation de l’arc, il se produit une décharge particulière, incandescente, de faible intensité mais de tension élevée.
- La décharge est stable et constante lorsqu’elle se produit entre électrodes de cuivre et le système est très sensible aux ondes sonores qui traversent la distance explosive.
- De très nombreux perfectionnements de détails ont dû être apportés aux premiers dispositifs essayés^, en particulier pour l’élimination des bruits parasites produits dans l’émetteur» Les microphones actuels construits suivant ces principes sont supérieurs aux anciens à grenaille de charbon et sont employés couramment. Leur facilité de réglage est surtout fort intéressante.
- Les routes au silicate de soude. — On sait à quels efforts de destruction sont soumises les routes modernes à grande circulation. C’est un problème pressant et angoissant que celui de leur entretien ou de leur réfection. Les routes en simple macadam ne suffisent plus à assurer une forte circulation automobile; le pavage est très résistant, il est vrai, mais impraticable comme remède général en raison de son prix; on cherche donc activement des procédés nouveaux de construction des routes; les goudronnages notamment ont donné d’heureux résultats, mais ils ne peuvent être pratiqués partout.
- M. Guelle, dans les Annales des Ponts et Chaussées, rend compte d’essais qu’il vient d’effectuer, en employant le silicate de soude, comme liant au cours du rechargement d’une chaussée. Cette idée lui a été inspirée par l’exemple de la ville du Locle, où une portion de chaussée construite par ce procédé entre la ville et la gare, supporte depuis 3 ans une circulation assez forte, sans qu’aucune flache ait été observée.
- Les premiers essais ont donné des résultats qui paraissent intéressants et semblent montrer que ce procédé est d’un emploi assez économique, en comparaison des goudronnages. Ils vont du reste être continués sur une plus grande échelle qui permettra de se rendre compte avec précision de la façon dont se comportent en service les chaussées au silicate de soude.
- Le mode d’emploi est simple; on fait un mortier en mélangeant une matière d’agrégation calcaire très propre au silicate de soude (4o litres de silicate de soude à 35° Baumé, et o m5 35o de matière calcaire pour 1 m3 de cailloux). On étale ce mortier sur les cailloux mis en place, on brasse le tout comme un béton, puis on cylindre avec soin et rapidement.
- En Suisse, ou a constaté que le silicate de soude triple la durée d’une chaussée macadamisée ordinaire. Le procédé peut être employé en tout temps, sauf pendant les gelées, et réussit quelle que soit la nature du sol. La chaussée obtenue est peu glissante, peu poussiéreuse en été, peu boueuse en hiver, et ne craint pas les alternances si redoutables pour les routes du gel et du dégel.
- Grue flottante de 250 tonnes. —. Le Bulletin technique du Bureau Veritas rend compte de la„transformation que vient d’effectuer l’Amirauté américaine de l’ancien cuirassé Kearsarge en une grue flottante de 25o tonnes.
- Le Kearsarge est un bâtiment de 112 m. de long et de aa m. de large; pour augmenter sa stabilité on a porté sa largeur à 28 m. au moyen d’un soufflage. On l’a délesté de sa cuirasse et l’on a renforcé sa coque dans la partie centrale qui porte la grue, au moyen d’épon-tilles, de goussets, etc. Une des machines a été enlevée, la seconde qui reste permettant d’assurer encore une vitesse de 11 nœuds, largement suffisante.
- La grue, posée sur le pont cuirassé, peut se rabattre sur l’arrière pendant la marche, pour abaisser le centre
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- INFORMATIONS
- de gravité et diminuer le roulis. En fonctionnement, elle se déplace sur un chemin de roulement, large de
- 18 m. 3o, composé de quatre rails, au moyen de roues à double jante, réunies deux à deux par une sorte de bogie destiné à égaliser les efforts. Entre les bogies, de puissants vérins supportent tout le poids de la partie mobile, afin d’éviter les déformations par coups de roulis.
- La grue, à volée mobile, supporte quatre crochets' pouvant être réunis pour soulever 25o tonnes. Aux essais, on a même été jusqu’à 3i2. Un crochet auxiliaire peut porter 40 tonnes. Les mouvements sont obtenus par un moteur électrique de 110 chevaux actionnant des roues dentées.
- La grue flottante ainsi obtenue peut rendre de grands services, en raison de sa mobilité, pour effectuer des réparations dans les arsenaux, porter secours à un navire en détresse ou relever des sous-marins.
- Les animaux de chasse et de pêche en septembre.
- — Septembre est le mois pendant lequel on chasse toutes les sortes de gibiers.
- #Le lièvre, lorsqu’il pleut ou lorsque la pluie menace, recherche les friches et, d’une manière générale, tous les terrains secs non fréquentés par les troupeaux. Suivant qu’il éclaire ou n’éclaire pas, ses ébats nocturnes, surtout le matin, varient beaucoup et il se gîte à des expositions différentes.
- Le lapin, par temps de pluie, va au gagnage de très bonne heure et*, selon que la lune est nouvelle ou vieille, modifie ses allures devant le chien courant
- La perdrix, si le temps est pluvieux, se tient, habituellement, hors des couverts et il est difficile de l’approcher.
- Le râle de genêt, qui s’attarde, chez nous, plus longtemps que la. caille, se montre dans les couverts où la terre a conservé sa fraîcheur; on peut le rencontrer dans presque tous les. départements, mais il y est toujours rare; on le chasse au chien d’arrêt.
- Les pluviers nous quittent et il faut profiter de leur migration pour les tirer. Les endroits favorables pour cela sont : la Normandie, la Picardie, quelques plateaux de la Champagne, la Beauce, l’Orléanais, les bords du Rhône et de la Saône, les causses de la Lozère. C’est le moment aussi de chasser les autres oiseaux migrateurs qui commencent à se réunir en bandes, bien que ne devant partir que plus tard. A noter que les canepe-tières sont, à ce moment, très difficiles — sinon impossibles — à approcher.
- Dans le Midi commence la chasse des bizets et des ramiers et se termine celle des ortolans.
- La migration d’automne — qui, pour quelques espèces, a commencé fin juillet, — bat son plein en automne. C’est le moment où elles forment des bandes nombreuses et où, par solidarité, elles se rendent au moindre appel de leurs congénères. On profite de ces particularités pour les faire venir en imitant leur cri d’appel ou en contrefaisant le cri de la chouette, que l’on peut leur offrir aussi en effigie, ce qui a pour effet de les mettre dans une rage noire et leur fait perdre toute prudence. On peut encore attirer certaines bandes avec un « miroir aux alouettes ». C’est par ces différents moyens que l'on peut tirer des linots, des alouettes, des verdiers, des ortolans de roseaux, des pinsons d’Ardennes, des cailles, des canards, des geais, des grives, des pinsons, des pies, des pies-grièches. Par la même occasion, on fait connaissance avec d’autres oiseaux migrateurs, mais qui, d’après la Convention internationale du
- 19 mars 1902, doivent être respectés; ce sont les bergeronnettes, les becfigues, les chardonnerets, les rouges-gorges, les ^queues-rousses, les fauvettes, les traquets-motteux, les rossignols, les mésanges.
- Les cerfs et les chevreuils commencent à avoir « l’àme en folie ».
- Le piégeur doit, tous les jours, visiter les petites trappes de la plaine et nettoyer les sentiers d’assommoirs. Les belettes et les hermines « donnent » encore aux boîtes.
- Septembre est un des meilleurs mois pour la pêche.
- Les bandes de goujons se précipitent sur les petits vers de terreau et les petites larves aquatiques.
- Les ablettes se capturent à l’asticot et à la mouche artificielle.
- Pour les carpes, les brèmes, les barbeaux, il faut
- avoir recours aux graines cuites, si le temps est chaud, et aux pelotes d’asticots ou à de gros vers de terre, si le temps devient frais.
- On prend, à la volante (notamment avec de petits grillons vivants), les vandoises, les rotengles, les gardons, les chevennes, etc.
- Il faut des proies vivantes pour capturer Y anguille, la perche, le brochet. Celui-ci, s’il est petit, se contente de vérons, de loches, de goujons, mais, s’il est gros, il lui faut un gros gardon ou une plantureuse vandoise.
- Les ombres, malgré leur nom, qui évoque l’obscurité, donnent, particulièrement, aux petites mouches brillantes.
- Les eaux devenant moins chaudes et plus courantes, la pêche aux Salmonidés reprend, en faisant appel aux vers, aux insectes, aux larves, aux mouches artificielles, à la cuillère. ,
- C’est en septembre que la pêche au bord de la mer donne les meilleurs résultats, qu’on la pratique à pied, à la ligne, en bâteau. Cette dernière donne de superbes résultats pour les maquereaux, les lieus, les bars, tous ces poissons pouvant aussi être pris à la ligne flottante, car ils hantent les côtes rocheuses. Les captures sont surtout bonnes par mer agitée. H. Coupin.
- La pêche miraculeuse. — On connaît le récit de saint Luc où Jésus dit à Simon de jeter les filets dans le lac de Génézaretb, « ce qu’ayant fait, ils prirent une si grande quantité de poissons que leur filet se rompait ». On a maintes fois cherché l’explication de cette pêche miraculeuse.
- Déjà, en 1880, dans un important mémoire, Lortet a étudié la faune des poissons du lac de Tibériade qu’il avait observée sur place en 1875; il y avait signalé l’abondance d’une espèce de perche de la famille des Cichlidés. Ces perches sont un aliment préféré pour des myriades de Grèbes et de Pélicans. Elles sont en très grand nombre et vivent en troupes considérables, se tenant à la surface. Lortet note que beaucoup ont eu les yeux crevés par les Grèbes qui paraissent fort aimer ce morceau. Les poissons résistent toutefois à cette mutilation et vivent en bancs avec leurs congénères.
- M. E.-W. Gudger vient de rouvrir la question dans une note qu’analyse VAnnée Biologique. D’après ses constatations, quiconque observe un peu s’aperçoit qu’il est aisé de discerner où se trouvent en bancs les poissons, à une légère agitation de la surface de l’eau due aux nageoires dorsales qui émergent. Les pêcheurs expérimentés connaissent ce signe et aussitôt vont entourer la troupe de filets qu’ils tirent ensuite au rivage, pleins à se rompre souvent. Aux temps présents, les pêcheurs ont coutume de se porter sur les lieux plus élevés et d’y guetter l’apparition du signe révélateur, pour avertir la confrérie. Ce qui s’est passé au lac de Tibériade autrefois n’a donc rien de plus miraculeux que ce qui s’y passe encore chaque jour : il suffît d’être du métier — ou simplememfcvd’être observateur — et de s’être posté en un point d’où l’on peut apercevoir le signe. De là on donne des indications à coup sûr. D’après Gudger, le narrateur de l’épisode, saint Luc, n’était évidemment pas du pays, et n’a rien vu de ce qui explique et rend facile le miracle, dont Lortet, le premier, a donné l’explication.
- Engrais pour les arbres à quinquina. — A différentes reprises, on a signalé les exigences, en matières fertilisantes, surtout en azote, dés différentes espèces de Cinckona. *
- lu’Agronomie coloniale cite, d’après un important rapport de M. Martini sur les Indes Néerlandaises et les Iles Philippines où les principales productions de Java sont examinées, l’emploi comme engrais, dans les plantations de quinquina, des tourteaux de ricin qui augmentent beaucoup la teneur de l’écorce en quinine.
- Ces tourteaux, qui ne sont pas comestibles, renferment pour 100 :
- Acide
- phospho-
- Azote. rique. Potasse.
- Ricin brut. ... 3,8 2,2 1,1
- Ricin décortiqué . 6,2 2,2 —
- C’est là une précieuse indication pour les nombreuses stations d’Indochine où l’on exploite le quinquina.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> T. S. F.
- Nouvel amplificateur à résonance. — Les amplificateurs à résonance sont d’un excellent rendement, peuvent servir à la fois à la réception des ondes courtes et à la réception des ondes longues, et la sélection
- Schéma de principe de l’amplificateur à résonance.
- S,, Self du circuit de résonance; Sa, Sell'de réaction; Tp Transformateur rapport 4 ; T.,, Transformateur rapport 5; T-, Transformateur rapport 1.
- variable ; les lampes basse fréquence sont à transformateur à fer et à circuit magnétique fermé.
- Pour obtenir l’amplification supplémentaire due £ la
- Fig. 3. — L’appareil vu par derrière.
- obtenue est excellente. Le seul désavantage de ces appareils est la difficulté relative de réglage par les débutants; cependant si l’on se contente d’utiliser un seul étage haute fréquence à résonance, la manœuvre devient relativement facile.
- On ne trouve pas encore dans le commerce beaucoup d’amplificateurs à résonance, parce que leur construction est délicate. L’amplificateur dont nous donnons ci-dessous la description, et qui vient d’ètre mis en vente, semble réunir les avantages précédents. 11 permet assez facilement, sur cadre, la réception des concerts anglais; par contre, comme nous l’avons déjà expliqué souvent, pour obtenir un bon rendement sur antenne, il est nécessaire d’adapter la résistance du circuit antenne-terre aux conditions de fonctionnejnent de l’amplificateur lui-même; c’est ce qui explique pourquoi il ne serait pas bon d’employer un amplificateur de ce genre avec une antenne trop résistante ou une prise de terre défectueuse.
- Nous recommandons, de plus, d’employer avec un amplificateur de ce type des piles de faible résistance intérieure; la résistance des piles amenant souvent des liaisons intérieures tout à fait désastreuses.
- L’appareil est à cinq lampes : une lampe à haute fré-
- Fig. 2. — L’appareil vu de face.
- quence par résonance, une détectrice et trois à basse fréquence. Le schéma i indique le principe de l’appareil, les photographies 2 et 3, l’appareil vu de face et d’arrière.
- Il comporte le , montage suivant : l’accord est assuré sur antenne par un montage en dérivation réalisé par une galette de self avec un condensateur variable en parallèle. Ce condensateur sert également à l’accord sur cadre. Dans le circuit de plaque de la première lampe se trouve un circuit oscillant réalisé par des galettes en fond de panier, et un deuxième condensateur
- rétroaction, on couple une petite galette de self avec la self du circuit de résonance.
- La manœuvre de l’appareil est simple : on commence par accorder le circuit d’accord au moyen de la self et du condensateur primaire, puis on règle le circuit oscillant de résonance à l'aide du condensateur secondaire ; la self de réaction doit être placée à la limite d’accrochage. On remarquera sur la photographie des manches isolants portant un pignon qui engrènent avec une roue dentée de grand diamètre montée sur la* manette des condensateurs.
- Il est impossible d’effectuer un réglage minutieux sans approcher la main des condensateurs d’accord.
- Le constructeur de cet appareil est la Société des Voies Aériennes, 54, rue Blanche, à Paris.
- 'Électricité
- Nouveau dispositif de soupape. — On connaît l’utilisation des soupapes pour la charge des accumulateurs par le courant alternatif du secteur. Voici un nouveau montage qui est très employé en Amérique et qui a l’avantage de supprimer l’entretien de la soupape, surtout difficile à cause des sels grimpants et le remplacement de l’électrolyte, de plus la fabrication du transformateur nécessaire est particulièrement aisée.
- Le transformateur employé est en réalité une bobine de self qui comporte un noyau ayant 3o cm de diamètre environ formé d’un faisceau de fils de fer doux
- Sur ce noyau on enroule avec toutes les précautions d’isolement désirables iooo tours de fil de 7/10“.
- Au milieu du bobi-,nage 011 fait une prise que l’on réunit au pôle
- positif de la batterie. Les extrémités de l’enroulement sont reliées aux bornes du secteur.
- Symétriquement par rapport au milieu du bobinage où se trouve relié le pôle positif, on branche deux fils de manière à réaliser des tensions correspondant aux éléments que l’on désire recharger. S’il s’agit d’une batterie de 60 AH, ces prises sont placées de façon qu’il y ait une tension de 17 volts environ de chaque côté de
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- la prise centrale; s’il s’agit d’une batterie de 4 volts, cette valeur sera ramenée à 12 volts 1/2.
- La soupape est formée de deux plaques d’aluminium de 5 cm de long, et de 1 mm d’épaisseur. Elles sont placées de part et d’autre d’une baguette de fer ou de plomb dé 10 à 12 mm de diamètre.
- La baguette est reliée au pôle négatif de la batterie que l’on désire charger. La plaque et la baguette sont montées sur un couvercle en bois paraffiné qui les isole suffisamment les unes des autres.
- Le vase est rempli par une dissolution saturée de bicarbonate de soude. La solution est reconnue saturée lorsqu’il y a dans le fond du vase un dépôt de matières semblables à celle dissoute. Bien entendu les électrodes ne doivent pas loucher ce dépôt.
- Le fonctionnement se fait de la façon suivante :
- On sait que le courant produit passe dans le sens aluminium-plomb; alternativement il y a circulation tantôt sur une électrode, tantôt sur l’autre. On utilise donc tout le courant alternatif et l’on obtient du courant redressé; on arrive alors à un rendement de 4^ pour 100 environ.
- L’emploi du bicarbonate de soude rend les réparations de la soupape et son entretien peu onéreux.
- Il sera bon de monter des fusibles de sécurité et d’utiliser des interrupteurs de manoeuvre, de contrôler le voltage obtenu entre le centre et les prises symétriques au moyen d’un petit voltmètre disposé pour le courant alternatif.
- La multilite. — Yoici un rhéostat que l’on peut appliquer à l’éclairage gradué des lampes à incandescence et aussi à la régulation des petits moteurs de 1/20 à 1/100 de cheval; on obtient une variation de vitesse appréciée pour les petites machines dans l’industrie de précision mécanique ou horlogère et aussi pour les moteurs jouets.
- Le 'rhéostat se place dans une douille de prise de courant à baïonnette, c’est-à-dire une douille analogue à celle des lampes électriques ; on peut monter à l’autre extrémité une lampe dans une douille libre, le rhéostat se trouvant interposé entre les deux prises. Avec un cordon de manœuvre, on peut réaliser quatre échelons de résistance électrique ; cette manœuvre peut se faire dans toutes les positions. On peut aussi obtenir avec une lampe quatre degrés d’éclairage jusqu’à l’extinction, l’appareil joue alors le rôle d’interrupteur.
- Comme veilleuse, la multilite qui s’adapte instantanément dans tous les endroits a sa place indiquée dans les installations électriques quand il est nécessaire d’atténuer une lumière d’une façon intermittente : chambre d’enfants, de malades, couloirs, dortoirs, hôpitaux, etc.
- La consommation, en watts, est la suivante :
- 1" 4 watts ; 2° 12 watts ; 3° 25 watts; 40 45 watts*
- Ainsi une lampe de 5o bougies peut brûler toute la nuit en veilleuse avec une dépense d'environ 10 centimes.
- Fig.
- La Multilite.
- plus important, pour éviter les traces apparentes des chocs de la poire sur le bois, un autre moyen nous a paru préférable.
- Il suffit de couper dans une chambre à air de bicyclette, une ou deux bagues de caoutchouc de 1 à 2 cm de large qui, grâce à leur élasticité, s’adapteront solidement sur la poire et ne laisseront apparaître aucune disgracieuse surépaisseur.
- Ce dispositif a l’avantage de supprimer la couture nécessaire avec le drap, mais dont la bonne exécution est délicate.
- Le caoutchouc de nuance rouge convient à la teinte acajou ou au bois de noyer.
- *»> Sports
- Fig. 6. — Amélioration d’une
- Bretelles pneumati- poire électrique,
- ques « Sécurité » pour
- apprendre à nager. — Yoici un nouvel appareil imaginé pour aider les débutants de la natation à flotter pendant leurs exercices.
- C’est un système de] deux tubes pneumatiques symétriques qu’on passe autour des épaules. Par devant, on les réunit au moyen d’un lacet qu’on fixe sur une ceinture; par derrière, ils sont tenus par la même ceinture (fig. 7). L’apprenti nageur, ainsi équipé, possède une
- Fig. 7. — Bretelles pneumatiques « Sécurité » pour apprendre à nager.
- grande stabilité sur l’eau; il est maintenu en position horizontale, la tête relevée par les tubes qui lui soulèvent le menton, les reins cambrés par l’attache dorsale; il ne peut donc se retourner ni couler.
- A mesure qu’il apprend à nager correctement, l’inventeur prévoit qu’on dégonfle les tubes progressivement pour l’amener à se passer des flotteurs*
- L’appareil est peu encombrant, puisqu’il peut être
- Amélioration d’une poire électrique. — « Un
- amoureux du bien-être » signalait dans le n° 3416 du 24 juillet 1920 un moyen d’assourdir le bruit du choc d’une poire d’allumage électrique sur le dossier du lit.
- II conseillait d’entourer la partie la plus grosse de la poire d’un ruban de drap (acajou ou havane)] serré fortement et cousu.
- Pour atteindre le même but et, ce qui nous paraît
- Fig. 8. — Utilisation des bretelles « Sécurité ».
- plié à plat quand on ne s’en sert pas. Il peut être ajusté pour chacun de ceux qui ont à s’en servir.
- La figure 8 montre comment les mouvements de nage ordinaires s’exécutent quand on porte les bretelles pneumatiques.
- En vente chez M. Ed. Garnier, 7, avenue des Tilleuls, Paris, x8°.
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- VARIETES
- OÊL.
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- PRODUCTION ET COMMERCE DES PÊCHES
- I. Production. — La culture du pêcher, qui nous donne l’un des fruits les plus beaux et les plus exquis que nous ayons, revêt deux formes importantes : i° en plein vent dans le verger ou en lignes intercalaires dans le vignoble ; 2° en espalier. Le pêcher de plein vent est surtout l’arbre méridional par excellence, et, sauf dans l’Est et le Nord, il vient bien à l’air libre. S’il préfère un sol profond, perméable, il se plaît aussi dans les terres à vigne caillouteuses. Les climats chauds ou tempérés lui conviennent ainsi que les coteaux bien exposés, abrités du Nord.
- Zones de production. — La principale zone de culture commerciale pour le pêcher de plein vent comprend les départements méditerranéens, les Pyrénées-Orientales, la Vallée du Rhône, etc., et, pour le pêcher en espalier, toute la banlieue parisienne, notamment Montreuil et Bagnolet ; Ecully, près de Lyon, tient également une place importante.
- Principales variétés cultivées. — Les plus estimées dans le Midi pour la production des primeurs sont : YEarliest of Ail ou Sneed, la plus hâtive ; on commence à cultiver Fleur de Mai, qui serait encore plus précoce, YÀmsden ou Pêche de Juin qui mûrit i5 jours après et lui est cependant préférée pour la fertilité et rusticité de l’arbre, puis la Précoce de Halle dont la maturité a lieu dans la deuxième quinzaine de Juillet, Alexandra, Le Vainqueur, etc. Dans les autres régions, telles que les Pyrénées-Orientales, les vignobles sont complantés des variétés Grosse Madeleine, Précoce jaune, Saint-Assiscle, etc.; les Basses-Alpes cultivent les pèches Brunet et deMezel,les environs de Lyon; Fine Jaboulay, Belle Cartière, le Dauphiné, la variété de Tullins.
- Pour la culture en espalier dans les environs de Paris, les plus appréciées en dehors des hâtives ci-dessus sont, surtout pour la région de Montreuil, Grosse mignonne hâtive, la France, Grosse Mignonne, Alexis Lépère, Ga-lande, Belle Beauce, Bonouvrier, etc., par ordre de maturité croissante.
- Les Brugnons et Nectarines, à peine cultivés sur la côte provençale, le sont au contraire dans la vallée du Rhône et la banlieue parisienne. Les sortes les plus répandues sont : Eavlj Hivers, de Félignies ou Brugnon de Hainaut, Précoce de, Croncels, Lord Napier, Galopin, etc.
- Production, i° par arbre. — Le pêcher commence à produire à l’âge de trois ans; il donne, en moyenne, 2 kilos de fruits pesant l’un, environ, ioo grammes. 11 atteint à partir de 6 ans sa pleine production évaluée, selon la variété, entre 20, 5o et même 60 kilos par arbre. Les plus beaux fruits de l’Amsden peuvent peser jusqu’à a5o grammes. D’après Baltet, un hectare planté de 3oo sujets de cette variété, dont là récolte se prolonge, parfois, pendant 12 ans, a rapporté 1000 francs l’an, sans compter le produit d’autres cultures intercalaires.
- 20 Par département. — Pour en avoir une idée assez approchée, il faut se rapporter aux Statistiques agricoles annuelles et, d’après l’élude que j’en ai faite, voici un classement qui me semble justifié. Les Pyrénées-Orientales tiennent la tête, depuis plusieurs années, en dépassant 5o 000 quintaux métriques; viennent ensuite au-dessus de i5oooqx, Isère, Rhône; entre i5oooet 10000, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Rhin (Bas) ; entre 10000 et 5ooo, Drôme, Loire, Puy-de-Dôme, Var; entre 5ooo et 3ooo, Corrèze, Corse, Dordogne, Gironde, Lot et Garonne, Rhin (Haut). Il est à peine besoin de dire que ce classement peut vàrier, avec les années, dans une certaine proportion.
- 3° Par année. — De 1902 à 1920, années qui marquent le début et la fin actuelle des statistiques qui les concernent, les récoltes annuelles ont oscillé entre, au minimum 44091 (fin 1913) et, au maximum, 479780 quintaux, en 1909, d’où un écart dans la proportion de 1 à 11, en chiffres ronds. D’une façon générale, les récoltes sont très irrégulières et varient souvent du simple au double, #e qui n’est pas étonnant avec les conditions défavorables qui accompagnent parfois la floraison. De 1902 à 1912, elles se sont maintenues, sauf en igo3, entre 160000 et 479 000 qx, mais elles ont fléchi depuis, en dehors de igi3, l’année la plus déficitaire; pour descendre entre loi 000 et 280000 qx (chiffres ronds). Elles ont tendance à remonter.
- Les moyennes décennales pour la période 1902-1920 ont pour termes extrêmes i56 53o et 3i8 35o quintaux, d’où un écart dans le rapport de 1 à 2.
- Valeur de la production. — Elle est très variable puisqu’elle dépend de deux facteurs qui le sont eux-mêmes beaucoup : le prix du quintal et le nombre de quintaux récoltés.
- Prix du quintal métrique. — Trois cas sont à envisager pour les prix moyens, a) par département ; b) pour ^ l’ensemble des départements; c) pour la période 1902-1920. Pour simplifier, je rapporterai les deux premiers cas à la dernière statistique de 1920.
- On demeure stupéfait en constatant l’énorme et incroyable écart qui existe entre les prix minimum 60 francs (Loire) et maximum, 900fr. (Gard), tandis que la moyenne pour l’ensemble des départements se tient à 196 francs. Le chiffre de 900 francs cité pour le Gard s’était élevé à 1000 francs, en 1919! Chez les trois plus grands producteurs le quintal a valu respectivement i5o, 200, 25o fr.
- A côté de ces prix excessifs, on est tout étonné de voir que les prix moyens d’ensemble de 1902 à 1917 ont varié de 27 à 83 francs pour monter depuis de i63 à 196 fr.,
- 2 à 7 fois les prix d’avant-guerre.
- Valeur totale. — Elle a passé de 3919878 fr. en igo3 à 36846700 fr. en 1920, grâce aux trois départements recouvrés, et ses moyennes décennales de 8674580 à 12 556 800 francs.
- IL Commerce. — Il comprend deux catégories, les primeurs et les fruits de saison dont les emballages et les expéditions diffèrent quelque peu.
- Centres d’expédition et emballages. — Le grand marché provençal est Châteaurenard, mais celui de Lyon commence à devenir pour lui un sérieux concurrent. Il y a, en outre, un assez grand nombre de marchés ou centres d’expédition sur Paris, l’Angleterre, l’Allemagne, etc. Parmi les plus importants sont : Perpignan et llle-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), dont les gares doivent expédier entre 3 et 4000 tonnes, environ; Hyères, la Crau, Solliès-Pont (Var), 2000 tonnes ; la Vallée du Rhône, des gares de ses deux rives, 4 et 5ooo tonnes, etc.
- Les pêches de serre arrivent les premières aux Halles de Paris vers la mi-avril, puis celles du Midi dans les premiers jours de juin et celles de Montreuil au début de juillet. Les arrivages de saison se font, de divers centres, d’une façon continue de la fin de juillet au mois d’octobre.
- La pêche, dont les tissus sont si délicats et le coloris si brillant, exige les plus grands soins pour arriver sur le marché parée de toute la beauté qui en fait le charme et le prix. Les pêches de luxe s’expédient au début dans des caissettes capitonnées d’ouate,Me rognures de papier aux nuances différentes, ou de frisures de bois, pour les bien séparer, caler et tenir à l’abri de toute altération, au nombre de 6, 8, 10 ou 12, disposées sur leur pédoncule, de façon que leur séduisante robe veloutée apparaisse de suite au déballage dans tout son éclat chatoyant.
- Aux Halles de Paris, les premiers fruits sont vendus par 8 sur des plateaux (semelles) garnis d’ouate, plus tard ils arrivent en paniers carrés de 8 ou 12 kilogrammes, et, en pleine saison, dans des cageots, mais toujours séparés par des lits de matières isolantes élastiques et moelleuses, afin d’éviter toute meurtrissure qui en diminuerait la valeur.
- Prix. — Ils sont très augmentés par rapport à ceux d’avant-guerre. On a coté aux Halles de Paris 3 à 20 fr., au début de mai pour la pêche de serre; 3oo à 1000 fr. les 100 kilogrammes, au début de juin pour les pêches du Midi, puis 180 à 900 fr., fin juin, 25o à 1400 fr. au 25 juillet, 200 à 1400 au 1e5 août Celte augmentation provient, sans doute, d’une raréfaction dans les arrivages, car, sur les marchés de Châteaurenard, de Lyon et de Saint-Étienne, les prix ont varié de 180 à 35o fr. 11 est d’ailleurs pertain que, dans la pleine saison, les fruits retomberont aux prix moyens indiqués plus haut.
- Exportations, — Elles ont lieu surtout en Angleterre et en Allemagne, mais il est impossible d’en déterminer la quantité, car, d’une part, les Statistiques agricoles annuelles sont muettes à leur égard, et, d’autre part, les ouvrages, même les plus récents, ne les mentionnent que jusqu’à 1909 en confondant les pêches avec les abricots. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’avant la guerre
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- VARIÉTÉS
- l’exportation de ces deux genres de fruits en Angleterre oscillait de 3o6 à 2690 tonnes, soit 86 à 99 pour 100 de la totalité pour la France. Quant à l’Allemagne, la difficulté est encore plus grande, parce que les statistiques comprennent pêches, abricots et prunes, tout en n’accusant que 492 à 53go tonnes, soit 12 à 4» pour 100 de la totalité.
- La production des pèches a subi depuis la guerre une diminution notable, aussi est-il à souhaiter qu’elle remonte au plus vite au taux d’avant-guerre, afin que, comme nous l’emportons par la qualité de nos variétés sur celles de l’Italie et de l’Autriche, nous puissions également les surpasser par la quantité de nos exportations. A. Truelle.
- HYGIENE ET SANTE
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- PRÉCAUTIONS EN CAS D'ACCIDENTS DANS LES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES A AMMONIAC
- Il n’est pas rare que, dans les installations frigorifiques marchant à l’ammoniac, un joint fuit, obligeant à une réparation dangereuse dans un courant de gaz ammoniac.
- La Revue générale du Froid donne les conseils suivants, pour secourir immédiatement les personnes intoxiquées par lé gaz irritant.
- i° Pour les yeux : faire tomber goutte à goutte une solution à 1 pour 100 d’eau boriquée pure dans les yeux; le blessé fermera et ouvrira les paupières plusieurs fois de suite. Introduire ensuite doucement de la vaseline entre les paupières au moyen d'un bâtonnet de bois mince, lisse et arrondi.
- 2° Pour le menton : prendre un linge de toile ou une gaze propres, les tremper dans un mélange d’huile de lin et d’eau de chaux (en parties égales), les faire égoutter et les placer autour du menton. Il est nécessaire de changer souvent ce pansement et de n’employer que de l’huile de lin bien fraîche.
- 3° Pour le nez et la gorge : en cas d’inhalation de gaz ammoniac : prendre un linge de toile ou une gaze, les tremper dans du vinaigre et les placer (très lâches) sur la bouche et le nez. Faire ensuite aspirer au malade un peu de vinaigre par le nez. Faire des badigeonnages à l’huile dans la gorge à l’aide d’un pinceau.
- Dans le cas d’inhalation d’ammoniac : faire prendre au malade un peu de vinaigre ou du jus de citron et une à quatre cuillerées d’huile douce (sucrée), du lait ou du blanc d’œuf avec un peu de glace.
- En règle générale, le gaz ammoniac étant plus léger que l’air, tenir la tête du malade aussi basse que possible. Ne s’approcher du lieu de l’accident que la bouche et le nez couverts d’un linge humide. Avoir toujours à sa disposition de l’eau boriquée pure (1 pour 100) ; un tube de vaseline pure : un paquet de mousseline à pansements; un paquet de gaze; une bouteille de vinaigre; une bouteille d’huile de lin et d’eau de chaux ; une bouteille d'huile douce (sucrée). R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de LSi Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Errata. — Dans le n° 2673, dans la réponse à M. Bo-dard, à Saint-Etienne, lire « le montage en dérivation est suffisant dans la plupart des cas » au lieu de « insuffisant dans la plupart dçs cas ».
- Réponses.— B. Y. G., Carpentras.— i° Pour faire les timbres en caoutchouc, on compose d’abord sur un composteur ordinaire au moyen de caractères d’imprimerie l’inscription que l’on désire obtenir. Après avoir vérifié qu’il n’y a pas d’erreur, on nettoie bien les caractères et on les frappe avec une brosse imprégnée d’huile, de façon à graisser légèrement. On prend alors un moulage de la façon suivante : le composteur est entouré d’une feuille de carton maintenue par une ficelle, ce qui constitue une sorte de cuvette dans laquelle on verse du plâtre frais à modeler gâché avec une quantité d’eau suffisante pour obtenir une pâte liquide, cette pâte doit être projetée avec force pour que le plâtre pénètre les détails. Après prise complète on enlève le carton et laisse sécher quelques heures avant de séparer du type. Dne fois séparé on place le moule et la feuille de caoutchouc sur une planchette ayant à peu près la même forme et on ficelle énergiquement de telle sorte que le caoutchouc soit pressé fortement sur le moule. Le tout est mis dans l’eau bouillante durant 1 heure ou 2, ce qui provoque un gonflement du caoutchouc et lui fait épouser tous les détails. Il ne reste plus qu’à attendre le refroidissement complet, puis à coller sur une monture appropriée à l’aide de la dissolution courante de caoutchouc dans la benzine ; — 2° La formule de colle suivante vous donnera très probablement satisfaction our collage sur aluminium :
- Colle liquide à l’acide acétique ... 100 gr.
- Résine de mélèze....................... 25 —
- Cette colle doit être employée à chaud.
- La colle acétique se prépare elle-même en prenant
- Colle forte.............................45 gr.
- Acide acétique cristallisable...........40 —
- Eau ordinaire.......................... i5 — ,
- Faire gonfler la colle en présence de l’eau pendant une nuit, liquéfier au bain-marie et ajouter peu à peu l’acide acétique, diluer ensuite jusqu’à consistance voulue; — 3° Vous obtiendrez très facilement un bon vernis noir semi-mat pour le gainage en délayant du noir de fumée dans du vernis à l’alcool courant.
- M. Kéon, à Bruxelles. — i° Nous ne connaissons pas de maison fàisant cette installation spéciale; — 20 Le procédé que vous avez en vue, précipitation de la chaux bicarbonatée par chauffage préalable, est certainement le meilleur; — 3° U adhérence du dépôt a surtout lieu quand celui-ci est constitué par du sulfate de chaux, dont la solubilité diminue à mesure de l’évaporation, il faudra donc réduire celle-ci au minimum en fermant les récipients, la liberté d’expansion de la vapieur étant assurée par de petits tuyaux d’évent; — 4° Le ravivage des vieilles reliures en peau s’ellectue très bien au moyen d’une encaustique très légère à la cire d’abeilles et à l’essence de térébenthine que l’on applique avec un morceau de flanelle. Après séchage parfait de quelques heures on pasée au chiffon de laine très propre.
- MM. Reutemann et Borgeaud, à Mogador. — Nous pensons en effet qu’il s’agit des excroissances de thuya, ce bois brun moucheté est très employé en marqueterie?
- M. Valot, à Paris. — Dans la formule des Recettes du Laboratoire relative au cuivrage du verre, il faut lire page 124 et non page 122, vous trouverez à cet endroit la manière de préparer la liqueur de Fehling. Pour le cuivrage il est essentiel de ne mettre que juste la quantité de tartrate alcalin nécessaire pour redis-
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- soudre l’hydrate de cuivre d’abord précipité. Par tar-trate alcalin il faut entendre la solution de 200 gr. de tartrate double de potassium et de sodium (sel de Sei-gnette), dans 5oo cm3 de soude caustique à 20° B. Bien observer de nettoyer à fond le verre comme il est indiqué dans la formule avant de commencer le cuivrage. Nous ne devons pas vous dissimuler qu’il est utile de faire quelques essais préalables avant d’acquérir le tour de main.
- M. Mourato Vermelho, à Lisbonne. — A notre avis, aucun produit ne vous donnera satisfaction complète pour luter des cuves destinées à contenir de l’eau distillée, le verre lui-même avec le temps cède à l’eau des éléments solubles, à plus forte raison en sera-t-il de même pour l’ardoise. Quant aux joints, sous mêmes réserves que précédemment ce sera, croyons-nous, l’asphalte appliquée à chaud qui vous donnera les meilleurs résultats pour assurer l’étanchéité avec le minimum de solubilité.
- M. Devillard, à Chalon-sur-Saône. — Le procédé suivant donne en général de bons résultats pour désodoriser les récipients ayant contenu du pétrole ou ses dérivés.' Délayer du chlorure de chaux (poudre de chlore) dans environ 10 fois son poids d’eau en s’aidant d|un pilon pour écraser les morceaux de façon à obtenir une sorte de lait. Introduire celui-ci dans le récipient et agiter pour que la surface intérieure soit parfaitement touchée en toutes ses parties. Laisser en contact une journée, en répétant à reprises fréquentes l’agitation. Finalement rincer à l’eau pure en ayant soin à chaque fois de remplir complètement le récipient pour chasser les gaz odorants qu’il peut oontenir.
- M. Masure, à Monville (Seine-Inférieure). — Les principaux minerais renfermant du titane sont, outre les trois variétés d’acide titanique (rutile, anatase et broo Rite), les différentes variétés de fer titané, le sphène ou titanite qui est un silico-titanate de chaux, la polymignite ou titanate de zisconium et d’ythrium, l’œschynite, l’euxénite et le pyrochlore qui sont en même temps des minéraux niobifères. L’acide titanique est contenu d’autre part en petite quantité dans une foule de minerais de fer. Les principaux gisements d’acide titanique sont àBuitrago (Somo-Sierra, Espagne), à Rosenau (Hongrie), au Saint-Gothard, au Brésil, en Norwège, en Géorgie. On en rencontre aussi à Saint-Yriex, près dé Limoges, à Saint-Christophe (Isère), enfin à Moustièrs (Savoie).
- M. Ledesert, à Paris. -— i° Nous pensons que les taches produites sur votre plancher en chêne par la lessive dont vous parlez sont dues à l’oxydation du tanin ainsi rendu alcalin. Vous pourrez très probablement les enlever en les touchant avec une solution d’hydrosulfite de soude, que l’on obtient facilement par contact dans une bouteille d’une dissolution de bisulfite de soude
- commercial et de rognures de zinc, cela pendant quelques heures. Après disparition des taches, rincer soigneusement pour éviter qu’une nouvelle oxydation ne reproduise le même accident, ; — 20 Comme mastic très adhérent pour bouchage des rainures de parquets utilisez la formule suivante.
- Faire fondre ensemble :
- Cire jaune. ..................... . 350 gr.
- Résine en poudre . . ,...............200 —
- Suif................................. 50 —
- Incorporer ensuite au mélange fondu :
- Blanc d’Espagne pulvérisé..........400 gr.
- Ce mastic s’applique enle versant chaud dans la rainure.
- On laisse durcir quelques heures, puis on racle l’excédent d’abord avec une lame quelconque, ensuite avec un morceau de verre cassé à forme arrondie.
- On peut approprier la teinte à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge, du noir de fumée, etc.
- T. S. F. — M. Moreau, à Issoudun (Indre). — Nous ) vous remercions de votre communication que nous ferons connaître à nos lecteurs et vous serions reconnaissant de bien vouloir nous signaler les détails de montage du voile sur l’écouteur, avec dessin, si possible.
- M. de Prémard, au Havre (Seine-Inférieure). — Voici un livre traitant des colloïdes rédigé sous une forme simple : Les colloïdes, par Vigneron. Chiron, éditeur, 4o, rue de Seine, Paris.
- M. Louis Troussier, àNoirmoutier (Vendée). — i° Ala
- distance à laquelle vous vous trouvez de Paris vous pouvez facilement recevoir les radio-concerts de Fl en haut-parleur avec un cadre de 2 mètres de côté et un amplificateur à 5 lampes au maximum. Avec un cadre spécial par ondes courtes vous pouvez entendre de même les émissions du poste des P. T. T. et celles du « broad-casting » anglais.
- 20 La longueur de votre antenne est suffisante, mais il serait préférable qu’elle soit plus élevée à l’extrémité actuellement trop basse. De plus, il vaudrait mieux employer 3 fils seulement, ce qui vous permettrait de les écarter davantage. A la rigueur l’orientation peut suffire pour assurer un résultat satisfaisant. La longueur n’est pas du tout exagérée et peut permettre, en employant une bonne terre, la réception des ondes courtes.
- 3° Bien que nous n’ayons pas l habitude de donner d’appréciation sur des appareils du commerce nous pouvons vous dire que le système indiqué ne semble pas vous convenir. Les étages BF à résistances sont d’un mauvais rendement lorsqu’on les emploie sans précautions spéciales.
- Si vous employez votre antenne pour avoir une bonne audition en haut-parleur, il faudra que vous utilisiez 1 étage HF, 1 détectrice et 2 BF.
- 4° Il existe actuellement des haut-parleurs simples permettant des auditions fortes et suffisamment pures; il semble que les progrès doivent être très lents dans cette partie spéciale et d’ailleurs il est fort possible de se contenter des résultats déjà obtenus.
- Voici deux marques de haut-parleurs connus :
- i° S. E. R., 24, rue d’Athènes, Paris, haut-parleurs Brown.
- 2“ Furn, 3 bis, cité d’Hauteville. Paris, hauts-parleurs Le Las.
- 3° Pour recharger un accumulateur, lorsqu’on ne dispose pas du courant d’un secteur, on se sert de piles à faible débit; les piles à dépolarisation par l’air Féry ou Dubois conviennent parfaitement. Cette recharge est facile et ne demande aucune connaissance spéciale. Il vous faudrait sans doute 4 éléments de piles Dubois pour la recharge de votre accumulateur.
- .Vous trouverez des détails sur la recharge par piles, ainsi que la description des divers modèles de haut-parleurs dans « le Poste de l’Amateur de T. S. F. » Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris.
- M. le Cl de Bary, à Poitiers. — Les expériences de transmission d’énergie sans fil dont il a été question «dans un article de La Nature sur la télémécanique ont été effectuées par l’ingénieur américain Nicolas Tesla.
- Vous pouvez trouver quelques détails dans la Revue américaine Radio News. Un article intéressant, bien que forcément imprécis, a été aussi présenté dans le numéro de juin 1923 de Radio-électricité.
- M. Verschueren, à Gand (Belgique). — Pour bobiner des inductances en fond de panier on emploie généralement du fil isolé par deux ou trois couches coton ou isolé soie. De même pour bobiner des inductances en hélice ordinaire, il vaut mieux employer du fil isolé à la soie. Le fil émaillé ou verni est d’un très mauvais rendement.
- Il vaut mieux d’ailleurs ne pas vernir â la gomme-laque la galette une fois terminée, caria moindre trace d’eau restant dans le vernis aurait un mauvais effet. Le procédé n’est à recommander que si on dispose d’une étuve permettant un séchage absolu.
- MM. Vintenen, à Levallois-Perret (Seine). — 1® Pour bien recevoir les ondes courtes il faut employer un cadre complètement séparé du cadre à ondes longues, ou bien mettre une extrémité du cadre à ondes longues à la terre pour l’empêcher de vibrer.
- 2° Votre cadre pour ondes courtes ne comporte pas assez de spires ; il pourrait sans inconvénient avoir 7 à 8 spires. De même le cadre pour ondes longues de 1 mètre de côté pourrait comporter 35 spires bobinées en hélice et distantes de mm.
- 3° Etant donné le faible rendement des amplificateurs à résistances pour la réception des ondes courtes, il vaut mieux employer 1 étage HF, 1 détectrice et 2 BF; réaction électro-magnétique.
- 4“ Vous trouverez des schémas de montage d’hétérodynes pour ondes courtes dans le Poste de l’Amateur de T. S. F. __ •
- 5° Placez les enroulements B et EF de la superhétérodyne dans deux plans rectangulaires.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _____________
- Déformations des constructions usuelles. Recherche graphique en vue du redressement des ossatures, par L. Rousselet et A. Petitet. i vol. 21X27, de vin-290 p., 494 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix, broché : 3g francs.
- Ce livre est le complément de l’ouvrage : Stabilité des constructions usuelles des mêmes auteurs, paru précédemment.
- Le calcul des déformations est aussi important pour le constructeur que celui de la stabilité, puisqu’il est indispensable de pouvoir juger si telle charpente projetée ne subira pas, après montage, des déformations disgracieuses ou pratiquement inacceptables, dues au poids propre.de la construction, aux surcharges accidentelles symétriques ou dissymétriques, etc.
- Les auteurs ont adopté la méthode de Willist, basée sur les déformations successives de systèmes triangulés, adossés les uns aux autres. Cette méthode ne nécessite que des tracés et calculs élémentaires que tout ingénieur peut s’assimiler facilement. Elle rappelle le principe de Crémond, employé pour la recherche des efforts dans les barres, de sorte que les deux méthodes conjuguées forment un ensemble de calculs absolument homogènes. Les épures devant être construites avec la plus grande attention pour éviter les erreurs dans le sens de variations de longueur des barres, le grand intérêt de ce livre est de les présenter pour tous les cas pratiques.
- Le vol à voile et l’Association française aérienne, par G. Houard (Rapport officiel du Congrès de Combe-grasse et programme du Congrès de Vauville, 1922-1923). 1 vol. illustré 180 p., Ëditeur, Association française aérienne, 17, boulevard des Batignolles, Paris.
- On n’a pas oublié l’intéressant Congrès du vol âf voile tenu l’an dernier à Combegrasse, sous les auspices de l’Association française aérienne. Il a été l’origine de tous un mouvement de recherches, qui dans ce domaine jusqu’alors négligé chez nous a ramené la France au premier rang. On trouvera dans ce volume des précisions historiques sur la genèse et l’organisation du concours de Combegrasse, la description des appareils engagés, un attachant récit du concours et de ses péripéties, et l’exposé des résultats.
- L'électricité industrielle mise à la portée de l’ouvrier, par E. Rosenberg. Adaptation française par A. Mau-duit. 70 édition augmentée. 1 vol. i3 X 21, de x-548 p., 337 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix, broché : 24 francs.
- Cet excellent manuel bien connu, destiné avant tout à l’éducation technique de l’ouvrier, se trouve, par la simplicité et la clarté de l’exposition, par l’emploi de comparaisons originales pour l'étude des questions les plus délicates, à la portée de toute personne munie des connaissances qu’on acquiert à l’école primaire.
- Dans la 70 édition, l’auteur a ajouté en particulier les turbo-alternateurs et le démarrage en asynchrone des moteurs synchrones; le chapitre de la haute tension a été augmenté de la description des interrupteurs à huile. Un chapitre supplémentaire traite des redresseurs à vapeur de mercure.
- Nouveau Manuel de Chimie du Praticien, par À. Cha-plet. 1 vol. 260 p., 44 fig- Mulo, éditeur. Paris 1923 (Encyclopédie Roret). Prix : 6 francs.
- Ce petit ouvrage est destiné à initier à la chimie les praticiens, ou pour mieux dire les ouvriers employés
- dans l’industrie chimique et à qui font défaut les premières bases de l’enseignement scientifique. Il contient les notions très simples sur la nomenclature chimique, sur les combustibles, les métaux et métalloïdes, les acides, les bases et les sels, et des aperçus résumés sur les techniques des importantes industries chimiques.
- Les pierres artificielles, par J. Fritsch, i vol. in-8 broché, 284 p., 45 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923. Prix, broché : i3 fr. 5o.
- Cet ouvrage se divise en deux parties : dans la première l’auteur traite de la fabrication manuelle et mécanique des agglomérés de béton et de ciment, de laitier, de mâchefer et d’oxychlorure de magnésium ; la seconde est consacrée à la fabrication des briques silico-calcaires, des briques de laitier et de mâchefer.
- Calcul des enveloppes de révolution avec applications aux réservoirs en béton armé et métalliques, par P. Deredec. i vol. in-8, 88 p., 34 fig. L. Eyrolles, éditeur. Paris, 1922. Prix : 5 francs.
- Le dessin pour Vapprenti menuisier, par J. Fourquet, 1 br. 62 p., 26 pl. Eyrolles, éditeur. Paris. Prix : 3 francs.
- Le but de cet ouvrage est d’apprendre à l’apprenti les principes et conventions sur lesquels reposent le tracé rigoureux d’un ouvrage à exécuter, l’exécution du croquis coté d’une pièce déjà faite, la lecture d’un dessin établi en vue de l’exécution d’un travail.
- Le chef mécanicien-électricien, par A. Blanc, tome I, Mathématiques pratiques. 1 vol. in-16 broché de xvi-3ig p., 215 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- Ce premier volume contient des rudiments de mathématiques (arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie descriptive, technologie des pièces calculées) à l’usage des mécaniciens et électriciens.
- Manuel du fabricant de boutons, peignes et articles en celluloïd et en galalithe, par M. Schmitt. i vol. in-18, 274 p., 277 fig. Baillière et fils. Paris. Prix: 10 francs.
- Voici une industrie récente qui se développe rapidement, dont on connaîtra l’essentiel en lisant les chapitres successifs consacrés aux matières premières et à la confection des objets.
- Manuel du charcutier, boucher et équarrisseur (Encyclopédie Roret), par G. Hennequin, Lebrun et Maigné, x vol. 38gp., 41 fig. L. Mulo, éditeur, Paris 1923. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume étudie l’élevage du porc, l’exploitation pratique de cet animal, la manière de le tuer, d’utiliser et de conserver sa chair et ses divers déchets; il donne un certain nombre de recettes de charcuterie et de cuisine. Il étudie ensuite la boucherie proprement dite, les méthodes d’abatage modernes, le dépeçage, le rendement des animaux, et l’utilisation des déchets.
- Le moteur humain, par J. Amar, 2* éd. 1 vol. in-16, 690 p., 324 fig. Dunod, Paris. Prix : cartonné 45 fr.
- Ouvrage fort documenté où l’auteur, partant des notions de mécanique générale, étudie la machine humaine, son énergie, son rendement, l’influencé du milieu sur son travail. Après cette étude physiologique, M. Amar en applique les données à l’analyse du travail professionnel. Il décrit la technique et les instruments imaginés, puis passe en revue la marche, la course, le saut, le grimper, le ramper, la nage, le travail manuel et l’intellectuel. Des documents recueillis et classés se dégage la notion du rendement du moteur humain et la nécessité de l’organisation scientifique du travail, basée non seulement comme l’a fait Taylor sur le rendement optima, mais aussi sur la physiologie.
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- LA NATURE
- Supplément„
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- INFORMATIONS
- N» 2579
- 8 Septembre 1923
- La Comète de D’Arrest. — On attend pour cette année le retour de la comète périodique de D’Arrest, dont la révolution sidérale est de 6 ans, 54a.
- Au périhélie, cette comète s’approche à la distance 1 >36997 du Soleil (Distance Terre-Soleil — 1), et à l’aphélie elle s’éloigne jusqu’à la distance 5,72547. Elle appartient ainsi au groupé de Jupiter.
- MM. A. Dubiago et A. Lexin viennent de calculer les éphémérides de cette comète périodique pour le présent retour. Elles sont données par la circulaire n° at du Bureau central astronomique de l’Union astronomique internationale, à l’Observatoire de Copenhague.
- Nous ne les reproduirons pas ici, car la recherche de cometes aussi faibles, si elle est du domaine auquel peuvent prétendre les amateurs, exige pour le moins un instrument assez puissant : chercheur de comètes très lumineux ou mieux équatorial photographique lumineux à grand champ.
- La Comète de d’Arrest n’a pas été revue à chacun de ses retours : si elle a été observée en 1886, en 1893 et en 1906, par contre elle est restée invisible en 1900, en 1912 et en 1917.
- Expériences d’extinction des feux de forêt. —
- Sur dé nombreux points, les incendies qui se sont déclarés, cette année encore, dans bien des régions en France, ont cause dans nos forets d’enormes pertes, malgré les efforts faits pour créer des zones protectrices par le débroussaillement.
- Des recherches très actives ont été poursuivies en vue de conjurer ce fléau Dans ce sens il est utile de relater les résultats des expériences qui ont été faites, dans la région de Bordeaux, en employant des appareils extincteurs (type Bouillon) projetant de l’acide carbonique emprisonné dans une mousse dont le volume est décuple de celui du liquide.
- Dans une première série d’expériences ont été essayés deux types d’extincteur : un appareil portatif, à main, d’une contenance de 10 litres, produisant 10 litres dé mousse, et un appareil monté sur roues, d’une contenance de 100 litres produisant 1000 litres de mousse. Deux tas formés de liteaux et de bois de délignage furent dressés; l’un de dimensions réduites, l’autre très volumineux. Ils furent arrosés d’essence pour augmenter leur inflammabilité et activer leur combustion.
- Avec l’appareil d’une contenance de 10 litres, le petit tas fut éteint en quelques secondes. Avec l’appareil d’une contenance de 100 litres, le tas très volumineux fut éteint très rapidement. On essaya de rallumer les bois à demi carbonisés, mais rendus incombustibles par la mousse. Ensuite, on répandit sur le sol une traînée de mousse, puis de l’essence qui fut allumée d’un côté de ce barrage fragile, mais le feu ne put franchir ce barrage.
- Les expériences se poursuivirent en forêt, sur une parcelle du camp de Songe, garnie de hauts ajoncs, de bruyères et de jeunes pins. On opéra avec plusieurs appareils à main (contenance : 10 et 20 litres), deux appareils de 100 litres, montés sur roues larges, et une pompe de 10-12 C. Y. d’une contenance de 400 litres (4000 litres de mousse), appareils munis de robinets permettant d’arrêter et de reprendre, à volonté, la projection de mousse.
- L’emplacement choisi pour l’expérience était entouré d’une tranchée débroussaillée, encadrée de soldats armés de branchages, pour parer aux sautes de feu possibles.
- Un premier feu allumé et attaqué dans sa pleine intensité fut éteint en trois minutes avec deux appareils de 10 litres.
- Un deuxième feu fut attaqué, lorsqu’il eut parcouru une surface d’un are, par un appareil roulant de 100 litres, manœuvré par trois hommes, sur le pourtour, le jet portant à environ 80 mètres. Le feu fut éteint en une minute et on employa seulement 5o litres de liquide. Le robinet d’arrêt permit d’arrêter la projection de mousse dès l’extinction complète.
- Dans une autre expérience,, un appareil roulant projeta un barrage de mousse au milieu d’un fourré de
- hauts ajoncs, pendant qu’un feu était allumé à environ 20 mètres de distance, du côté du vent.
- Le feu s arrêta nettement aux broussailles enduites de mousse. Avec un appareil de 10 litres, et en s’aidant de quelques branchages, on obtint l’extinction absolue ; l’effet fut très net.
- Enfin, à un quatrième feu, on laissa prendre des proportions plus grandes encore. Avec un appareil à dos, de 10 litres, pesant 3o kg, et en manœiivrant des branchages, on obtint l’extinction complète.
- On a pu tirer de ces expériences les conclusions suL vantes : les appareils extincteurs à mousse sont d’une complété efficacité sur les feux de forêt pris au début. Sur un incendie déjà développé et considérable ils donnent la possibilité de combattre le fléau sur les flancs, surtout près de la pointe, s’il y en a une, et de resserrer le feu progressivement. Us sont d’une très grande efficacité pour maintenir un contre-feu et achever, après 1 arrêt d un incendie, l’extinction des foyers où le feu couve et peut reprendre.
- Les appareils à mousse produisent un volume extincteur décuple de celui des appareils à eau, et leur liquide ignifuge a une durée d’action plus longue que celle de l’eau.
- En forêt, les appareils de 10 à 20 litres ont une action trop restreinte. On doit leur préférer les appareils de 100 litres montés sur roues. La pompe de 400 litres est de circulation difficile, souvent impossible en forêt, et d’un prix de revient excessif.
- L’efficacité des appareils extincteurs à mousse, en forêt, est considérablement accrue lorsqu’on dispose de points d eau suffisamment nombreux permettant la recharge de chaque appareil après épuisement. Ces appareils ne dispensent pas de l’emploi des branchages et autres moyens accessoires de lutte contre les incendies de forêt. Henri Blin.
- Peintures indicatrices de réchauffement dangereux des transmissions dans les usines. — Dans les ateliers importants il faut que les paliers ne s’échauffent pas, et malgré la surveillance qui incombe à chacun, ou à quelques-uns, il arrive que l’on ne fasse pas suffisamment attention à cet échauffement. Divers dispositifs automatiques d’avertissement ont été et sont encore employés. Mais il semble que celui que nous allons décrire, et qui est d’une simplicité élémentaire, soitdestiné à remplacer les autres.
- 11 est fondé sur les changements de coloration de divers sels dont nous allons donner la préparation, sous l’influence d’une très légère élévation de température, sels qu’on applique sur les paliers et arbres de transmission.
- Nous avions déjà d’ailleurs décrit ce dispositif il y a quelques années, et le Drugs, Oïls and Paints de janvier 1923, p. 274 et 275, ne fait que le rappeler.
- Les deux corps décrits sont l'iodure double de mercure et de cuivre, et l’iodure double de mercure et d’argent.
- Le premier est rouge vif, à la température ordinaire, et vers 90° il se décolore graduellement.
- Le second est jaune clair, et vers 5o° il devient rouge brique.
- Hâtons-nous de dire que c’est le premier qui est le plus souvent employé.
- Voici comment l’on opère pour préparer le premier :
- Une solution d’iodure de potassium est versée dans une solution de sulfate de cuivre; un précipité se forme, qui se redissout ensuite. On ajoute alors une solution de chlorure mercurique jusqu’à formation du précipité d’iodure de mercure et de cuivre ; ce précipité est rouge vif. Mélangé à une solution de gomme arabique il peut servir de peinture à des arbres au voisinage des coussinets. On effectue cette peinture, dit-on, sous forme d’un anneau visible de très loin, anneau qui se décolore dès que la température des coussinets atteint de 90 à ioo0.
- Voici comment on prépare l’iodure double de mercure et d’argent.
- On verse une solution d’iodure de potassium dans
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- INFORMATIONS
- une dissolution de nitrate d’argent jusqu’à dissolution du précipité formé. On ajoute alors une solution concentrée de chlorure inercurique, et l’on obtient l’iodure double de couleur jaune citron qui devient rouge brique vers 5o°.
- Mais le changement de couleur n’est pas aussi tranché que pour le premier sel double décrit.
- On s’est bien trouvé aussi de préparer ces deux corps par voie sèche.
- On opère comme il suit :
- On broie ioo parties d’iodure mercurique au broyeur à boulets, avec 4° parties d’iodure cuivreux, ou avec 400 ou 5oo parties d’iodure d’argent. Ce broyage est poursuivi durant 2 heures.
- Il nous semble que bien des industries auraient avantage à expérimenter, chacune pour son cas particulier, de pareils indicateurs susceptibles de leur rendre des services appréciables. Albert Hutin.
- L’essence d’Orient pour perles artificielles. —
- La Pêche Maritime signale les modifications survenues en ces dernières années dans cette industrie.
- Depuis longtemps déjà, les Chinois utilisaient pour la parure, le pigment argenté recueilli sur le corps ou les écailles de certains poissons. En 1860, un Français, Jacquin, réussit à fabriquer à Paris, avec cette même matière, les premières perles artificielles. L’industrie s’en développa rapidement en France, puis en Allemagne et en Italie.
- Les écailles employées étaient celles de l’ablette commune. Le pigment argenté qui les recouvre, débarrassé des matières organiques, se résout en une multitude de paillettes aux reflets iridescents qui forment ce qu’on appelle l’essence d’Oriènt. Conservée dans une eau alcaline, ammoniacale par exemple, cette essence est incorporée à une préparation de consistance pâteuse qu’on introduit dans des boules de verre soufflé qui prennent ainsi le brillant et l’apparence des vraies perles.
- Il faut environ 2000 ablettes pour fournir une livre d’écailles. C’est dire que nos eaux douces sont insuffisantes pour cette industrie. Avant la guerre, les Allemands avaient capté le marché de l’essence d’Oriènt en exploitant les nombreux lacs de la Prusse orientale et de la Mazurie et, au* début de la guerre, on manqua partout, en France, en Italie, aux Etats-Unis, de matière première pour les plus belles des perles artificielles.
- Nécessité rend ingénieux. En Italie, puis en France, on chercha à utiliser la vessie natatoire de l’Argentine (Argentina Sphyrœna) abondante en Méditerranée et l’on y réussit Aux Etats-Unis, on essaya les écailles de divers Clupéidés : l’alose, le hareng, le Pomolobus pseudoharengus ; après plusieurs insuccès, la technique se perfectionna, et, en 1921, la production des écailles de hareng atteignit la valeur de i5ooo dollars. Une usine fut installée à l’entrée de la baie de Fundy et une autre dans l’Etat du Maine. Au Canada, des machines spéciales furent imaginées pour écailler les poissons sans les abîmer et l'on a aujourd’hui une nouvelle essence d’Oriènt, d’origine marine, qui ne le cède en rien à l’ancienne provenant des eaux douces.
- Rendement du poivrier. — A propos du poivrier, on a cité des rendements pouvant atteindre jusqu’à 1 kg ySo de poivre commercial par pied, pour des lianes ayant de 6 à i5 ans d’âge.
- Ce rendement a pu être obtenu dans un certain nombre de plantations, bien soiguées, mais il semble ne pas pouvoir s’appliquer à un grand nombre de poivrières, situées dans une région étendue, dit l’Agronomie coloniale.
- En effet, si nous prenons la récolte dé poivre de tout un pays, comme la Cochinchine, nous constatons que, pour l’année 1921, pbe a été de 684000 kg, fournis par 85a hectares. L
- Chaque hectare, dans ces conditions, aurait donc fourni 802 kg de poivre. A raison de 25oo lianes par hectare, le rendement, par pied, ne ressort qu’à 320 grammes.
- Dans une superficie aussi importante que celle servant de base à l’établissement de ce rendement, il y avait évidemment des poivriers de tous les âges. Il s’agit donc bien là d’un rendement moyen
- On signale que dans la province de Hâ-tiên, où . se trouve la presque totalité des cultures de poivrier,
- celles-ci ne progressent pas, tout au contraire ; il semble même que par suite de la mévente du poivre, les sols, recevant moins d’engrais, montrent des signes d’épuisement dus à des récoltes successives. C’est peut-être en partie à cette cause qu’il faut attribuer le rendement peu élevé signalé ci-dessus.
- L’agriculture en Bulgarie. — La Bulgarie est avant tout un pays agricole. Le recensement professionnel de 1908 — malheureusement trop vieux et le dernier en date — montre que la petite propriété y domine. On comptaitalors 638 796 propriétaires, possédant 6.681.683 parcelles, soit une dizaine de parcelles et 5 ha 56 par tête; 649 propriétés seulement dépassaient alors 100 hectares. Les deux tiers de ces propriétés (exactement 429) se trouvaient dans les territoires cédés à. la Roumanie en 1913.
- En 1920, 3 717 266 hectares de terres étaient considérés comme cultivables : 2876549 étaient en culture et 840717 en jachère.
- Voici les chiffres des principales cultures pour l’année
- en question : Surfaces cultivées llendement
- hectares. quintaux.
- Céréales :
- Blé. 885.418 8.164.379
- Maïs 569.486 5 296.388
- Orge 224.374 2.057.655
- Seigle 187.617 1.538.277
- Méteil. . . 96.008 869.227
- Avoine 159.679 1.016.551
- Divers . . 25.519 196.377
- 2.126.121 19.138.984
- Plantes industrielles :
- Tabac . . 58.590 291.042
- Textiles «-HE" 23.070 18.043
- Betteraves à sucre . . . 9.150 819.073
- Divers (oléagineux, ca-
- rottes sucrières. , . . 12.158 60.147
- 66.487 1.213.392
- Les légumes couvraient 138 342 hectares, les plantes fourragères 81 o3g, les prairies 467217, les vignes 43 7i5, les roseraies 5621, les vergers 10407, les mûriers 2432.
- La culture des céréales a beaucoup souffert des guerres, notamment par suite de la perte de la Nouvelle-Dobroudja en 1913. Par contre, la culture du tabac a lieu surtout en Thrace et en Macédoine (8890 hectares en 1912; 38590 en 1920) et le tabac dispute aujourd’hui Je premier rang aux céréales dans Jes exportations.
- La betterave à sucre, inconnue en Bulgarie avant 1899 occupait 474° hectares en 191 ; elle se substitue gra^ duellement à la carotte sucrière, qui ne cqutient que 7 ou 8 pour 100 de sucre et est surtout employée à la fabrication du sirop de grenadine. C’est une spécialité de la Bulgarie qui disparaît peu à peu.
- La pomme de terre a vu aussi sa production se développer aux dépens de celle d’autres légumes (92432 quintaux en 1908; 293000 en 1920),
- Une spécialité bien connue de la Bulgarie est la culture des champs de roses ; elle est en régression (7917 hectares en 19ï3 et 6621 hectares en 1920), bien que la Bulgarie du Sud, où elle est concentrée, n’ait pas perdu un pouce de territoire Elle a fourni en 1920 5o85i quintaux de fleurs et 3oi 657 muskals (flacons) d’essence.
- La vigne est 'également en régression, par suite des ravages du phylloxéra (53 857 hectares en igi3, 43715 hectares en 1920). Elle a donné, en 1920, 759 107 quintaux de raisin et 896401 hectol. de moût; comme en Turquie, les Musulmans boivent du jus de raisin, provenant de moûts non fermentés, mais ayant subi une préparation spéciale. Voilà pourquoi, tout comme en Turquie, la statistique officielle est muette sur la production du vin.
- L’élevage a beaucoup souffert de la guerre ; nous n’avons malheureusement pas pu trouver de chiffres sûrs postérieurs à la guerre. La sériciculture ne paraît pas toutefois avoir souffert, peut-être même a-Uelle gagné depuis 1912. Elle est cantonnée dans les arrondissements rouméliotes de Stanimaka et de Stara Zagora, ainsi que dans l’arrondissement thrace de Svilengrad (ville de la soie), l’ancien Moustapha Pacha, l’ex^Ferdi-nandowo.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. F.
- Le rôle du détecteur. Le détecteur à galène; le poste à galène et les résultats qu’il permet d’obtenir.
- — Nous avons étudié, dans notre dernière chronique,
- O ) ftéceptt
- eur téléphonique
- Idg1- i. — Nécessite du détecteur sur cadre et sur antenne.
- comment on pouvait distinguer les différentes sortes d’ondes émises par les postes de T. S. F., et nous avons indiqué que les ondes modulées ordinaires de la radiotéléphonie et les ondes amorties pouvaient être reçues à l’aide d’un appareil simple, dit détecteur d'ondes. Quant aux ondes entretenues ou modulées spéciales, elles ne pourraient être perçues sans l’aide d’autres systèmes plus complexes.
- Examinons d’abord, lorsqu’il s’agit de la réception des ondes de cette première catégorie, comment on détermine la nécessité d’employer un détecteur.
- Supposons une antenne ou un cadre, accordé pour la réception de ces ondes, et, dans le circuit d’accord (fig. i), intercalons un récepteur téléphonique. Les oscillations qui agissent sur l’écouteur sont, on le sait, de très haute fréquence, de plusieurs milliers à 100000 périodes environ (jusqu’à 3ooo m. de longueur d’onde) ; le diaphragme du, récepteur sera donc soumis à des actions alternatives très rapides et son inertie l’empêchera de vibrer; de plus, même s’il pouvait vibrer, notre oreille ne percevrait aucun son, car les vibrations transmises par l’air seraient trop rapides pour être perçues par l’instrument imparfait qu’est l’ouïe. On sait, en elle!, qu’au-dessus d’une fréquence de 3ooo en-
- P,\
- Fig. ,2. — Un train d’ondes amorties partiellement redressées.
- viron, les vibrations mécaniques ne correspondent plus à des vibrations sonores.
- Si, au contraire, nous ne laissons passer qu’une des alternances du courant représenté par une des courbes déjà indiquées (Gg. a), ou si, du moins, nous n’en laissons passer qu’une partielle diaphragme du récepteur sera soumis à des actions dirigées toujours dans le même sens, et, de plus, il sera soumis à des oscillations de fréquence beaucoup moindre (fig. 3); donc, non seulement il pourra vibrer, mais encore ses vibrations correspondront à un phénomène sonore. Si cette condition est réalisée, les trains d’ondes redressées donneront chacun un choc à la plaque vibrante (fig. 4), l’ensemble
- de ces chocs produira un son semblable à celui de 1 etincelle du poste émetteur; le son obtenu sera plus ou moins musical, suivant la fréquence même des étincelles au poste émetteur, comme nous l’avons vu précé-
- a
- 3emetram d ondes
- Fig. 3. — Effets réels des trains d’ondes redressées sur l’écouteur téléphonique.
- demment. Il en sera de même pour les ondes modulées ordinaires que l’on peut comparer à des ondes amorties irrégulières; les vibrations seront seulement plus complexes.
- C’est le détecteur qui doit servir à obtenir le résultat
- Ier'tram 2e™ train 3^ train
- d ' ondes d ondes • d'ondes
- Fig. — Attractions de la plaque vibrante parles trains d’ondes successifs.
- expliqué ci-dessus; il doit agir comme une sorte de soupape en ne laissant passer les courants que dans un sens; l’effet produit n’est pas simple en réalité, car, en plus de cet effet de soupape, il se produit des phénomènes complexes suivant l’intensité même des signaux.
- , Fig- Fig. 6.
- Caractéristique d’un détecteur Caractéristique d’un détecteur sans batterie auxiliaire. avec batterie auxiliaire.
- Comment peut-on reconnaître qu’un dispositif possède le pouvoir détecteur? Cette recherche peut se faire de la manière suivante : on fait passer un courant dans le système et on établit une courbe caractéristique du débit de ce courant en fonction de la tension appliquée
- Fig. 7. — Propriétés du point d’inflexion sur la caractéristique.
- au système. Lorsque cette courbe n’est pas une droite et présente des points d’inflexion, d’ailleurs placés d’une façon symétrique ou non par rapport aux axes de coordonnées (fig. 5 et 6), on peut dire que le dispositif est un détecteur.
- Considérons, en effet (fig. 7), un point d’inflexion P
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Circuit^ d'accord'
- N '..Chercheur
- Cristal
- ©
- Fig-, 8.—Montaged’un détecteur à galène.
- PourévileiTamorlissement jirôduit par la trop grande résistance du détecteur et de l'écouteur placé en série, on place ce dernier en dérivation aux bornes d’un condensateur de quelques millièmes de microfarad.
- sur une courbe à grande échelle afin de bien nous rendre compte du phénomène. Supposons que l’on applique au système deux tensions identiques et de sens contraires représentées par les vecteurs P' A' et P’ B', il en résultera des variations de débit représentées par les vecteurs P" A" et P" B"; ces vecteurs étant très inégaux et P" B" étant beaucoup plus petit que P" A” on en déduit que le courant passe plus facilement dans un sens que dans l’autre, que les oscillations
- sont bien redressées et que le système est un détecteur.
- On a utilisé depuis le cohéreur de Branly un grand nombre de systèmes détecteurs : détecteurs magnétiques, détecteurs électrolytiques, détecteurs à cristaux à contact imparfait, pour finir par le détecteur à lampes. Les seuls détecteurs encore utilisés aujourd’hui par les amateurs français sont les détecteurs à cristal de galène et les détecteurs à lampes.
- Le détecteur à galène se compose simplement, on le sait, d’un cristal de sulfure de plomb (PbS), naturel, artificiel ou sensibilisé, serré dans une mâchoire métallique et sur lequel appuie à pression légère une pointe métallique, extrémité d’une spirale. Cette spirale, dite chercheur, peut être en nickel, en cuivre, en or, ou en platine. L’appareil est simplement introduit dans le circuit d’accord avec le récepteur téléphonique en série et redresse les oscillations reçues (fig. 8).
- La sensibilité du détecteur à galène varie suivant la qualité du cristal et du chercheur et aussi suivant le réglage. Nous ne rappelons pas ici comment on construit un détecteur à galène, cette opération a déjà trop de fois été indiquée; d'ailleurs, il existe maintenant dans le commerce, à des prix infimes, des pièces détachées permettant immédiatement cette construction.
- Indiquons seulement les qualités que doit posséder un bon détecteur. D’abord le cristal choisi doit renfermer un grand nombre de points sensibles ; on appelle ainsi les points de la surface permettant une bonne détection. Les cristaux de galène présentent un nombre plus ou moins élevé de ces points et également des « plages » sensibles plus ou moins étendues. En général, les cristaux « sensibilisés » possèdent des points sensibles beaucoup plus rapprochés les uns des autres et en plus grand nombre, leur emploi est donc assez recommandable, bien qu’ils soient plus sensibles aux agents atmosphériques que les cristaux naturels.
- Une deuxième condition importante est la finesse de la pointe du chercheur et la facilité de réglagle de la pression de cette pointe, non seulement en intensité, mais encore en direction.
- Une simple manette à rotule permet d’ailleurs le plus souvent d’effectuer aisément la manœuvre. La détection
- est d’autant meilleure que la pointe appuie sur le cristal à pression plusfaible (fig. 9).
- Pour entretenir le détecteur à galène, il est bon de temps en temps de nettoyer le cristal à l’alcool ou à l’éther et de rafraîchir la pointe du chercheur, avec des ciseaux par exemple;
- Pour entendre les ondes modulées ordinaires de la radio-téléphonie, il n’est pas besoin, nous l’avons dit, d’un autre appareil récepteur. Ainsi on pourra constituer à peu de frais un poste fonctionnant sur cadre ou sur antenne. Les sons perçus dans l’écouteur téléphonique sont en outre harmonieux, parfaitement purs et avec un minimum de distorsion. Malheureusement ce poste simple n’aura, nous le verrons, qu’une très faible portée
- Le schéma de montage sur cadre est très simple (fig. io). En employant des écouteurs de 5oo à 1000 ohms de résistance et tin bon cadre construit suivant les don-
- Articulation < ..... rotule
- Chercheur
- . Cristal serré dans mâchoires
- Fig-9-
- Un détecteur simple.
- galène
- nées déjà indiquées, on peut recevoir à Paris ou dans la banlieue les émissions de la Tour Eiffel, de la S. F. R. et des P. T. T.
- En dehors de cette région, l’écoute n’est plus possible avec un cadre. Il est alors nécessaire de recourir à une bonne antenne, d’une trentaine de mètres par exemple à un ou deux fils, en nappe ou en Y. On peut obtenir alors en général de bonnes réceptions de Fl jusqu’à 100 km environ et des réceptions plus faibles, mais encore suffisantes des émissions de la S. F. R.
- En employant une antenne plus longue, généralement unifilaire, allant jusqu’à i5o ou 200 m. de longueur, on peut parfois obtenir des réceptions suffisantes de Fl dans un rayon beaucoup plus étendu et jusqu’à 4°o km environ. Mais, bien entendu, ces résultats n’ont rien de régulier, ils varient non seulement suivant les conditions locales, mais encore suivant les jours. Il suffit que 1 émission soit un peu moins forte ou les conditions atmosphériques troublées pour que l’audition devienne impossible.
- On a pu recevoir à grande distance les émissions des P. T. T. avec, au contraire, des antennes beaucoup plus courtes, au maximum de 3o à 60 m. ; par suite de la présence des ondes courtes, les résultats sont d’ailleurs encore plus irréguliers que pour la réception des émissions de Fl.
- La qualité de la prise de terre a une grande influence sur le rendement et il y a intérêt, lorsqu’on le peut, à réaliser toujours des prises de terre indépendantes en enterrant des plaques métalliques dans le sol humide, ainsi que nous l’avons déjà indiqué.
- Dans les appareils vendus dans le commerce, le montage d’accord généralement employé est le Oudin avec bobine en fil émaillé (fig. 11 et 12). Il y a à l’emploi de ce système de grands inconvénients : d’abord parce que le rendement du fil émaillé est mauvais, et ensuite parce que, pour les ondes courtes, il y a dans la bobine des « bouts morts » non utilisés et de plus le couplage entre le primaire et le secondaire, couplage nécessairement limité est trop serré. Il vaut mieux en tous cas
- MAAAAAAAM
- Schéma de montage d’un poste à galène, montage en Oudin.
- employer du fil isolé à la soie pour le bobinage et surtout, pour la réception des oncles courtes, utiliser une self-inductance supplémentaire, dite « self d’antenne » (fig. id); l’adjonction de cette self permet d’obtenir un couplage plus lâche entre les deux circuits. Qn peut aussi utiliser une inductance en galette (fig. 14).
- Fig. 11.— Un poste à galène, montage eu Oudin, du commerce.
- Fig. 10. — Poste à galène sur cadre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 11 est encore préférable d’utiliser simplement un montage en dérivation si on veut la simplicité de réglage, ou un montage en Tesla, si l’on désire un accord plus précis, et de réaliser ces montages à l’aide de ga-
- .Se/f d'antenne
- MAAAAAAAAA/Vi
- Fig. 13.
- Montage
- avec self d’antenne, (non couplée avec la bobine Oudin).
- Ce montage s’emploie surtout pour antennes courtes.
- lettes de self en « fond de panier » ou « nid d’abeilles » interchangeables (fig. i5 et 16), le rendement est encore meilleur; on peut également réaliser l’accord à l’aide d’un variomètre (fig. 17) que l’on pourra constituer simplement par deux galettes de self montées en série et qui permettra de réaliser un accord d'une précision suffisante sans l’aide d’un condensateur variable.
- Le poste à galène présente des avantages indéniables comme simplicité, économie, facilité de construction, de montage et de réglage. On peut dire que c'est en réalité le seul poste de T. S. F. qui puisse vraiment être construit et utilisé par un amateur n’ayant aucune
- connaissance en éleclricité etle minimum d’habileté manuelle. C’est le poste qui convient par excellence aux paysans. De plus, nous avons vu que les réceptions obtenues, si elles ne permettent pas l’emploi du haut-parieur, sont du moins très nettes.
- Malheureusement les inconvénients de ce système de réception sont également multiples. Ce sont :
- i° La très faible portée possible ;
- 30 L’instabilité de réglage; le moindre choc ou déchargé atmosphérique, même les si-big, î ',- — Poste à galène, gnaux intenses suffisent àtrou-nioiilage Oudin, avèc induc- Fier la sensibilité dudétêcteur; tance en « md d abeilles ». 3. Difficulté de sélection des
- émissions provenant de ce qu’il est impossible d’obtenir ia résonance aiguë qui serait nécessaire.
- Malgré ses défauts, il est regrettable que le poste à galène ne permette pas d’obtenir actuellement une portée plus grande, car le nombre des amateurs de T. S. F. s’accroîtrait encore dans d’immenses proportions. 11 n’est pas sûr d’ailleurs que tous les débutants qui installeraient d’abord un poste à galène et seraient encou-
- Fig. i5. — Poste à galène, montage en dérivation, avec inductance en galette.
- ragés par les premières auditions obtenues borneraient leurs ambitions à ces résultats; un grand nombre d’entre eux voudraient ensuite mieux faire et commenceraient le montage de poste à lampes, devenant bien vite ainsi à leur tour des passionnés de la T. S. F.
- C’est pour permettre une utilisation plus facile du poste à galène que le général Ferrié a préconisé et commencé, comme nous l’avons déjà indiqué, la mise en service de stations d’émission régio- T
- nales. Dans un rayon déter- 1
- miné d’une centaine de kilo- /\ mètres autour de la station, il sera facile de recevoir les communications radio-téléphoniques avec un poste à galène et toute la France sera divisée en régions déterminées suivant cette condition.
- On a souvent préconisé d’augmenter la puissance d’un poste à galène à l’aide d’un amplificateur à lampes à basse fréquence; nous expliquerons prochainement l'es divers moyens d’obtenir ce résultat.
- Pour recevoir les signaux d’une station rapprochée, et, plus spécialement, pour l’audition en haut-parleur, la solution est assez bonne, car il y a généralement peu de distorsion; mais si l’on désire avec ce dispositif recevoir sur antenne des émissions de postes éloignés, le moyen ne nous semble pas très recommandable. En effet, la difficulté de construction d’un amplificateur à plusieurs lampes à BF est presque aussi grande que celle d’un amplificateur comportant des étages H F et BF ; un amplificateur, à BF seulement, exige les mêmes accessoires qu’un autre amplificateur plus complexe.
- Mais par suite de l’emploi du défectèîir à galène, o'n sülsit tous les inconvénients de re- ^
- gîage de ce dernier et où ne Vanamètre^Ê^*
- Primaire
- W////A
- Fig. 16. — Poste à galène, montage en Tësla, avec inductances en galettes.
- M,
- pedt éliminer les « brouil-
- lages i gêüaüts.-
- Nous avons sôrümairement rappelé ici comment on peut utiliser le poste de T. S. F. le plus simple : le poste à galène, et indiqué également les difficultés de réception inhérentes à ce système.
- Dans notre prochaine chronique, nous commencerons l’étude des appareils à lampes, mais auparavant il nous faudra étudier les accumulateurs et les piles, accessoires malheureusement encore indispensables du poste à lampes. P. Hémakdinquer.
- 0
- Fig. 17. — Poste à galène, montage en dérivation, accord par variomètre.
- VARIÉTÉS
- LE RAYON VERT
- M. le capitaine de frégate Chrétien, directeur-adjoint du Foyer du Marin de Toulon; nous écrit à propos des articles parus sous ce titre dans nos nos ?,557 et u558 :
- « Puisque plusieurs observateurs vous put apporté
- leur contribution personnelle, voulez-vous me permeitre d'y joindre la mienne ? En contredisant certaines assertions des deux partis, tous deux de très bonne foi, mais opposés eu certaines conclusions, elle utontrera qu’il y
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- VARIÉTÉS
- a encore trop d’inconnu pour qu’on soit exclusif dans un sens ou dans l’autre.
- « Par ailleurs, je ne suis pas assez fort en physique et notamment en spectroscopie pour fournir une interprétation, je me contente de rapporter des faits.
- « I. A une époque déjà lointaine, puisque j’étais aspirant sur l’École d’application (Iphigénie), nous naviguions dans les parages des Canaries et Iles du Cap Vert, par assez forte brise et mer houleuse. Sur la dunette, au moment du coucher du soleil, un de mes camarades et moi guettions le rayon vert, que nous avions déjà vu nombre de fois. Au moment où nous ne voyions plus qu’une faible partie du disque, le bateau s’enfonça dans un creux de lame, et cet abaissement de notre œil précipita le phénomène, le rayon vert apparut nettement. La crête de la lame suivante en soulevant le bâtiment éleva notre œil, nous revîmes de nouveau le soleil et une deuxième fois le rayon vert. Entre le premier rayon et la réapparition du soleil, notre rétine avait certainement eu le temps de reprendre son équilibre, et j’estime que le 2e phénomène n’a pas duré assez longtemps pour qu’il fût de nouveau rompu (mais ce dernier fait pourrait être contesté).
- « Je n’ai plus présent à la mémoire le nom du camarade qui fut avec moi témoin de ces faits, mais s’il vit encore et si ces lignes lui tombent sous les yeux, il s’en souviendra certainement.
- « II. Un certain nombre d’années plus tard, en Méditerranée, une fois dans les parages de l’Archipel grec, une autre fois dans la Méditerranée occidentale, les deux fois en été, j’ai vu très nettement le rayon vert au lever du soleil, et j’affirme que. jamais je ne l’ai vu aussi beau à aucun coucher, fait que j’attribuais précisément jusqu’ici à ce que mon œil n’avait pas été préalablement ébloui. Le rayon s’est présenté sous la forme d’un véritable jet de lumière vert émeraude, précédant immédiatement la lumière blanche de l’astre. La teinte du ciel à l’endroit où le soleil s’annonçait et où je le guettais spécialement était orange, plutôt rouge.
- « Enfin III. Il m’est arrivé de voir le rayon vert en montagne, à la disparition du soleil derrière une crête bien nette.
- « Je livre très volontiers ces observations aux médi-
- tations de M. Effère puisqu’il est très affirmatif sur les points : qu’on ne peut voir le rayon vert qu’en mer, par calme plat, et jamais au lever du soleil. »
- D’autre part M. Correvon nous écrit :
- « Dans le numéro 2568 de La Nature, votre collaborateur, M. Effère, a publié une note très intéressante sur le rayon vert, en réponse aux observations faites dans les Garpathes, par M. M. Haret, naturaliste à Bucarest.
- « A la fin de son article, il mentionne, entre autres, l’erreur de jugement qui nous fait paraître la voûte céleste surbaissée dans une énorme proportion, ainsi que le fait qu’en demandant à n’importe qui de partager en deux le quart de cercle compris entre le zénith et l’horizon, on désigne un astre qui n’est pas à 3o degrés de hauteur.
- « De même, l’étoile polaire, dont la hauteur à Paris est de 4" degrés, nous semble, à l’œil, placée entre 70 et 75 degrés.
- « S’agit-il ici vraiment d’une erreur de jugement? Cela dépend du point de vue auquel on se place. Mais si l’on veut bien considérer que notre œil, sans l’aide d’un théodolithe ou de tout autre instrument de mesure, ne peut estimer les distances célestes autrement que suivant le sinus de l’angle d’observation, on constatera qu’en somme l’erreur de jugement n’existe pas.
- « Chacun sait, en effet, que le sinus croît beaucoup plus rapidement pour les angles voisins de zéro, donc de lhorizon, que pour ceux qui s’approchent de 90 degrés, autrement dit du zénith. De là l’apparence surbaissée de la voûte céleste.
- « Une personne, qui, voulant partager en deux parties égales le quart de cercle zénith-horizon, désignera un astre situé à 3o degrés de hauteur, aura ainsi parfaitement bien estimé les distances respectives, puisque le sinus de l’angle de 3o degrés est justement égal à 1/2.
- « Quant à l’étoile polaire, elle doit nous paraître située à environ 66 degrés de l’horizon au lieu de 47, ce que l’expérience semble confirmer.
- « On peut encore ajouter que c’est grâce à cette faculté d'appréciation des distances, suivant le sinus de l’angle considéré, que la marche du soleil nous paraît de plus en plus rapide, à mesure que l’astre du jour se rapproche davantage de l’horizon. »
- MJ
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un ,caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. Pipault, à Coulommiers. — D’après les indications que vous nous avez fournies, il s’agissait très probablement d’une dissolution d‘hyposulfite de soude, lequel, décomposé par l’acide, donnait du soufre à l’état naissant. Ce soufre, au contact du fer, produisait alors une sulfuration superficielle. N’ayant pas expérimenté ce procédé, nous n’avons pas d’opinion sur sa valeur, mais quelques essais systématiques vous fixeront rapidement sur la justesse dé nos prévisions.
- A. L., à Vendôme. — Pour remettre en état un fût resté assez longtemps sans servir, il faut commencer par le rincer avec une solution bouillante de carbonate de soude à 5 pour 100 (cristaux du commerce). On laisse en contact plusieurs heures en roulant fréquemment le tonneau, puis on vidange le liquide fort chargé de tartre. On rince alors à plusieurs reprises en ayant soin de remplir chaque fois le tonneau jusqu’à la bonde. Pour terminer on soufre comme d’habitude en brûlant quelques centimètres de mèche soufrée et on bonde aussitôt après. Le lendemain le tonneau peut être mis en service. — N. B. Eviter, lors du soufrage, qu’il ne coule du soufre fpndu sur la douelie opposée à la bonde. Ce soufre, en réagissant sur le tartre du vin, donnerait naissance à du sulfure de potassium qui communiquerait au vin un goût désagréable. Pour que cet accident ne se produise pas, il suffit de placer en dessous de la
- mèche, pendant sa combustion, une coupelle soutenue par un ou deux fils de fer qui recueille les gouttelettes de soufre fondu.
- M. de Vignet, à Mussidan (Dordogne). — i° Le marbre gris ne présente pas assez de transparence pour permettre l’imitation du marbre vert, en dehors de la teinte, ce que l’on peut obtenir au moyen de couleurs d’aniline, une certaine contexture du marbre est nécessaire pour la réalisation; — 20 Vous préparerez très facilement du plomb en poudre impalpable par précipitation. en introduisant dans une solution d’acétate de plomb (sel de Saturne) une lame de zinc, un simple raclage vous donnera du plomb spongieux qu’il vous suffira de laver et sécher; — 3“ Très probablement votre bureau n’est pas verni, mais ciré, l’application d’une encaustique légère à la cire d’abeilles dissoute dans l’essence de térébenthine l’entretiendra en bon état.
- T. S. P. — M. Bloch, à Paris. — i° Votre antenne nous semble très insuffisante pour la réception de postes éloignés. Si l’emplacement disponible est restreint il vaudrait encore mieux que vous installiez un cadre bien construit.
- 2° Il n’y a aucune raison pour que vous entendiez bien les émissions de la S. F. R. et pas celles de Fl qui sont beaucoup plus puissantes. Cette anomalie doit provenir simplement de votre dispositif d’accord, dont la valeur de la self-inductance ne doit pas être assez élevée.
- Il est bien entendu que votre condensateur d’accord doit être monté en parallèle et non en série pour la réception de Fl.
- 3° D’après vos indications, il nous semble que votie
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- appareil doit se composer d’une lampe détectrice à réaction suivie de a étages BF. Pour étendre la portée de votre poste, il convient, après avoir modifié votre antenne ou avoir construit un cadre, d’ajouter des étages Hï avant la détection. Des étages à selfs vous permettraient la réception des ondes moyennes et des ondes courtes.
- 4° U ne semble pas que les systèmes employés pour remplacer les pavillons des haut-parleurs donnent de bons résultats. Il existe plusieurs modèles de haut-parleurs sensibles de bon rendement, par exemple les types Le Las ou Brown.
- _ Le Thermophile, au Yaldoie (près Belfort), — i° Il n y a malheureusement aucun moyen pour éviter l’effet nuisible sur votre antenne, de fils de courant à haute tension parallèles à sa direction. Il serait bon de ne pas utiliser de prise de terre et seulement un contrepoids métallique ou en tout cas une prise de terre par plaque métallique enterrée.-
- 2° Nous avons toujours indiqué dans les Chroniques de T. S. F. et dans le Poste de l’Amateur de T. S. F. qu il convenait d’utiliser pour la réception des ondes moyennes un cadre de i m. à 2 m. de côté bobiné en hélice. Le cadre plat ne peut être utilisé avec un bon rondement que si ses dimensions sont très importantes. Vous pouvez utiliser un cadre carré de 2 m. comportant 24 spires écartées de i5 mm.
- 3“ Pour les ondes courtes, au contraire, vous pouvez employer un cadre bobiné en spirale plate. Il est à craindre d’ailleurs que les lignes à haute tension n’aient une influence très défavorable sur la réception des ondes courtes surtout.
- M. Jaboulay, à Terrenoire (Loire). — Nous pensons que les crépitements entendus dans votre amplificateur peuvent provenir des variations de résistances qui se produisent dans les batteries de piles détériorées. Cette cause étant constante cependant, il ne saurait y avoir d amélioration temporaire. Le meilleur moyen consiste à essayer d’ajouter une à une les piles sèches séparées qui pourraient être détériorées. Quant aux piles Le-clanché, il est plus facile de se rendre compte de l’existence de « sels grimpants » sur les électrodes.
- Des crépitements peuvent encore provenir de parasites atmosphériques, fréquents surtout en été, lorsqu’on reçoit sur antenne. Ces bruits sont alors normaux et il est malheureusement impossible de les éliminer complètement, il en est de même de l’influence des lignes à haute tension. Yous pouvez seulement essayer d’employer un contrepoids métallique au lieu de prise de terre.
- Les arbres voisins ne peuvent produire des troubles de ce genre pas plus que la ligne de tramway éloignée.
- M. Wels, à El Alem (Tunisie). — Nous croyons qu’avec un bon appareil de réception et une antenne suffisante, il vous sera possible d’entendre les émissions de Fl. La puissance de ce poste a, en effet, beaucoup augmenté et sera sans doute encore prochainement accrue. Il existe à Rome un poste radiotéléphonique qui transmet sous 3ooo m. environ, mais nous ne savons si ces émissions sont très régulières ni très intéressantes.
- Un poste radiotéléphonique fonctionne également à Alger; mais sa puissam e, d’après nos dernières informations, est encore restreinte.
- Il va sans dire que votre installation pourrait vous servir à la réception des émissions télégraphiques fies grands postes européens.
- Faute de documents, nous ne pouvons vous renseigner sur la réception des émissions radiotéléphoniques sgr cadre à cette distance. L’essai, en tout cas, serait possible et intéressant, par exemple avec un cadre de 3 m. X 4 m- comportant une quinzaine de spires écartées de 2 centimètres.
- Sur antenne, employez simplement l’accord en dérivation ou en Tesla réalisé au moyen de galettes, en nid d’abeilles par exemple. Comme amplificateur, vous pouvez utiliser un amplificateur à résistances ou à selfs comportant 2 ou 3 étages HF et 1 lampe détectrice; vous pouvez faire suivre à volonté ces étages de deux autres à BF à transformateurs à fer à circuit magnétique fermé. Le dispositif de réaction électrostatique, par exemple, vous permettra en outre dü renforcement des émissions radiotéléphoniques, la réception des ondes entretenues en télégraphie.
- La puissance de votre amplificateur sera sans doute suffisante pour permettre l’emploi du haut-parleur par circonstances atmosphériques favorables. Au besoin, vous pourriez utiliser un amplificateur de puissance.. Utilisez de préférence un haut-parleur sensible plutôt qu’un télémégaphone.
- Enfin, un dispositif superhétérodyne vous donnerait sans doute de bons résultats et permettrait la réception des ondes courtes.
- M. le Pr Guey, à Tulle (Corrèze). — i° U. R. S. I. signifie union radiotélégraphique scientifique internationale.
- 20 De 10 h. 3g à 10 h. 43, les groupes de chiffres transmis par Fl indiquent l’heure sidérale exacte des premiers et derniers signaux horaires scientifiques rythmés qui se fout vers 10 heures.
- 3° Les signaux horaires transmis par Nauenà iï h. 55 sont bien envoyés en amorties.
- M. Delattre, à Trélon (Nord), — Nous traiterons prochainement dans les chroniques de La Nature la question de la recharge des accumulateurs au moyen de piles. Yous pourrez d’ailleurs trouver des renseignements sur celte question dans le Poste de VAmateur de T. S. F.
- On peut trouver dans le commerce d’excellentes piles pouvant servir à cet usage, telles les piles Féry et Dubois. On peut également construire soi-même des piles au sulfate de cuivre, elles sont seulement d’un entretien un peu plus délicat.
- M. A. George, à Poitiers (Vienne). — Nous vous remercions de votre intéressante communication et ferons connaître à nos lecteurs les intéressants dispostifs dont vous nous avez envoyé la description.
- M. Guy Moutier, à Rouen (Seine-Inférieure). — Les transformateurs basse fréquence à fer à circuit magnétique ouvert déformeraient moins les émissions radio-téléphouiques d’après .certains auteurs. Mais ce fait peut aussi bien provenir d’une diminution d’amplification que d’une propriété spéciale à ces transformateurs.
- Il est certain, en tout cas, que pour obtenir une amplification égale, il faut utiliser avec ces transformateurs au moins un étage de plus qu’en employant des transformateurs à fer à circuit magnétique fermé. Il ne semble donc pas en définitive que leur emploi soit à recommander. En utilisant seulement 2 étages BF et des transformateurs bien construits, la distorsion est très minime, même si le circuit magnétique est fermé.
- M. Ligondes, à Paris. — Les résistances selfiques utilisées dans les amplificateurs à résistances ou à selfs pour augmenter la douceur « d’accrochage « de la réaction électrostatique ont une valeur d’environ 200 ohms et sont réalisées avec du fil de mailleehort très fin isolé à la soie. Ces résistances peuvent être bobinées en hélice sur un cylindre ou simplement en spirale sur un support en presspahn comme une galette en fond de panier (voir ^2672).
- M. Cornu, au Mans (Sarthe).— i? La fabrication d’un amplificateur HF à résistances à 3 ou 4 étages doit être beaucoup plus minutieuse que celle d’un amplificateur à 2 étages seulement, si I on désire obtenir de bons résultats. En particulier, les connexions doivent être très soignées et la réaction électrostatique minutieusement établie à l’aide d’un compensateur et d’une résistance selfique.
- S il s’agit maintenant de la réception des ondes courtes, l’adjonction pure et simple d’étages HF à résistances, sans autre modification, ne procure pas une amplification notable pour des raisons bien connues et souvent indiquées.
- 20 Nous vous remercions de votre communication, Si vous vouliez; établir plusieurs éfages HF à selfs pour augmenter l’amplication, il serait sans doute plus simple de les établir apériodiques.
- MM. Cart, à Malzéville (M.-et-Moselle). — L’amplificateur basses fréquences à résistances peut permettre, seulement dans certains cas, une très forte amplification sans trop de distorsion, En général, il est préférable d’employer des étages BF à transformateurs et on doit utiliser les amplificateurs BF à résistances comme amplificateurs de puissance; c’est-à-dire pour amplifier une émission déjà détectée et même amplifiée à basse fréquence. Yous trouverez dans le Poste de l'Amateur de T. S. F. des schémas d’appareils de ce genre. La construction de ces modèles est d’ailleurs assez délicate.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .. .........
- Traité élémentaire de Physique, par Ganot-Maneuvrier. 27e édition refondue par Maneuvrier et Billard. 1 vol. 1175 p. Hachette, éditeur. Prix : 20 francs.
- Où trouver des ouvrages qui donnent à leurs lecteurs un aperçu d’ensemble sur toutes les branches de la physique ? C’est une question qui nous est souvent posée. 11 n’y a plus aujourd’hui de grands traités d’ensemble consacrés à la physique, et seuls les ouvrages élémentaires destinés à l’enseignement secondaire ont gardé, en raison des programmes, l’ambition de présenter un exposé synthétique de cette science aux développements si rapides. Sans doute, ils sont obligés d’exposer un certain nombre de questions d’une façon sommaire, ou incomplète. Mais c’est là un inconvénient inévitable; les services que rend ce genre d’ouvrage dépassent très largement le cadre de l’enseignement scolaire. Parmi eux, le traité de Ganot-Maneuvrier tient depuis de très longues années, un demi-siècle croyons-nous, une place des plus honorables. Constamment revu et mis à jour, abondamment illustré, il est d’une lecture facile et agréable ;
- 11 donne des notions claires, précises et bien ordonnées sur toutes les' questions importantes de la physique.
- Electrochemistry related to Engineering (L’électrochimie dans ses rapports avec l’art de l’ingénieur), par W.-R. Cooper. 1 vol. 136 p., 58 fig. Constable et C®, éditeurs, Londres, 1923.
- L’électrochimie est par elle-même une branche fort importante de l’art de l’ingénieur, puisqu’elle représente une industrie très considérable et. très diverse. Mais ce n’est pas là le sujet que traite M. Cooper. Celui-ci traite au contraire un certain nombre de questions techniques où intervient l’électrochimie, mais qui sont étrangères à l’industrie électrochimique proprement dite et intéressent des branches très variées de l’activité industrielle ; ce sont notamment : les corrosions provoquées par les courants vagabonds de toute nature, la corrosion du laiton, problème fort important dans la construction des condenseurs-de machines à vapeur, l’osmose électrique et ses applications, la précipitation des poussières par les procédés électriques de Lodge et Cottrell, l’électro-culture. Chacune de ces questions est exposée avec une grande clarté et une très sûre documentation, appuyée fréquemment par les recherches personnelles de 1 auteur. Aussi l’ensemble forme-t-il un ouvrage d’une lecture intéressante, et susceptible de rendre de grands services.
- L’organisation rationnelle des usines à la portée de tous, par M. Astruc. i vol. 283 p,., 78 fig. Ch. La-vauzelle et Ci6, éditeur, Paris, 1923. Prix broché :
- 12 fr. 5o.
- L’auteur, en langage très clair, montre quelles règles président à l’installation, à l’équipement, au fonctionnement, à l’organisation des divers services d’une usine mécanique. Cet exposé est suivi de quelques exemples concrets, et d’un aperçu sur la méthode Taylor.
- Méthodes modernes d’essais à l’usine et d’essais relatifs : l’art de tailler les matériaux, par E. Putois. 1 vol., 2Î2 p., 127 fig. Delagrave, éditeur. Paris, 1923.
- Cet ouvrage explique d’abord ce que sont les différents essais pratiqués sur les métaux et matériaux de construction dans une usine mécanique; quelle est leur raison d’être, et comment ils doivent être exécutés pour qu’il soit permis d’en tirer des conclusions pratiques ; puis il décrit avec de clairs dessins à l’ap-
- pui les principales machines actuellement en usage pour les essais mécaniques ; il fait ensuite une très intéressante étude critique et comparative des travaux de Taylor et du commandant Denis sur la taille des métaux et montre comment, pratiquement, il convient d’en utiliser les résultats ; puis il indique comment doit être organisé le laboratoire d’usine et il termine par un résumé de la théorie mathématique des erreurs.
- Résistance des matériaux analytique et graphique, par B. de Fontviolant. i vol. grand in-8, 58o p., 168 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1923. Prix : (fo francs.
- Cet ouvrage, fruit de 3o années d’enseignement, contient le développement des méthodes les plus récentes de la résistance des matériaux et notamment l’exposé d’importants travaux personnels de l’auteur. Les principales applications ont été présentées d’abord analytiquement, puis graphiquement, en entrant dans tout le détail des opérations de la statique graphique, tel qu’il convient de les exécuter pour obtenir sûrement et rapidement les résultats cherchés.
- Comment construire une villa., par Émile Gulllot, 3° édit.,
- I vol. in-8, 5ao p , 474 figures et planches. Dunod, Paris. Prix broché : 22 francs; relié : 25 fr. 5o.
- Sorte de memento de la construction, cet ouvrage est destiné à donner au public, sous une forme concise, les indications essentielles pouvant le guider dans ce dédale qu’est, pour le profane, l’élaboration et la mise en exécution d’un projet de construction.
- II s’adresse aussi bien au propriétaire qu’à l’employé ou au commerçant dont le rêve est de pouvoir un jour se faire construire, sur un coin riant de son pays natal, une pimpante villa où ils trouveront tout le confort dans un milieu créé pour eux seuls. Cette villa, entrevue dans le nuage du rêve, prendra, grâce aux indications de ce petit livre, une forme plus précise et entrera peu à peu dans'la voie pratique de la réalité.
- Les Bois Coloniaux, par Hexri Lecomte, i vol. in-16, 194 p-, 28 fig. Collection Armand Colin, Paris. Prix relié : 6 francs; broché : 5 francs.
- L’utilisation des bois que produisent les immenses forêts de nos colonies (100 millions d’hectares) est devenue une nécessité. Il est indispensable de connaître les qualités et les défauts de chacune des espèces qu’on peut être appelé à mettre en œuvre, d’être renseigné sur les meilleures conditions de leur emploi et surtout de pouvoir les distinguer les unes des autres au moyen d’une gamme de caractères nets et précis. M. Henri Lecomte, dont la compétence en matière de botanique coloniale est universellement reconnue, répond à toutes ces questions avec une précision et une clarté qui font de son livre un instrument indispensable à tous ceux, ingénieurs, architectes, entrepreneurs ou artisans, qui utilisent le bois d’œuvre.
- La vallée du Rhône, par Gabriel Faure, Paris. E. Fas-quelle, 1 vol. in-12, 2i5 p. Prix : 6 fr. 75.
- L’élégant écrivain des Heures d’Italie fait revivre à nos yeux, avec son art habituel, les paysages et le passé de la vallée du Rhône, de Lyon à Arles, en évoquant quelques silhouettes des poètes et des penseurs qui ont vu le jour ou ont vécu dans la région.
- Pour comprendre les paysages de France, par F. Mau-rette, Paris, Hachette, 1 vol. in-12 relié, 208 p., 421 gravures. Prix : i5 francs.
- Dans cet ouvrage édité avec goût et destiné au grand public, l’auteur a dégagé les éléments géographiques du paysage qui contribuent à le caractériser et à le situer : le sous-sol, le relief, les côtes, les eaux, le tapis végétal, les agglomérations, les routes et travaux d’art. D’une lecture agréable, le texte est complété par une illustration très riche et bien choisie; quelques erreurs, qu’il sera facile de rectifier dans la deuxième édition, se so^it glissées dans les légendes ou le choix des vues (fig. 83, 161, 170, 298, 385, 4to)-On peut faire des réserves sur certaines explications historiques et géographiques des cartes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS^;
- N° 2580
- 15 Septembre 1923
- ast
- Le tremblement de terre du Japon. — Le ier septembre, une épouvantable catastrophe s’est abattue sur le Japon. Un violent tremblement de terre dont les premières secousses se sont fait sentir à Tokio vers midi, a ravagé la riche et populeuse contrée qui environne la capitale du Japon. Au moment où nous écrivons ces lignes, les nouvelles du cataclysme sont encore bien confuses, en raison des immenses destructions qui l’ont accompagné; mais elles suffisent pour apprécier dès maintenant l’étendue de la catastrophe, qui paraît 'dépasser tout ce que l’histoire des tremblements de terre a enregistré dans les temps modernes. Le grand port de Yokohama est entièrement détruit; la ville de Tokio l’est aux deux tiers ; un grand nombre de villes et de localités sont en partie détruites ; l’écroulement des maisons, l’incendie, et au bord de la mer le raz de marée ont contribué aux ravages : les victimes sont innombrables, on les estime à i ou 3oo ooo morts et de très nombreux blessés; la zone éprouvée s’étend sur 5oooo km2 et est peuplée de 9 millions d’habitants ; on estime que 6 millions d’entre eux sont aujourd’hui sans abri.
- Par suite de la destruction de grands approvisionnements, et surtout en raison de celle des voies de communication, la famine menace une partie des malheureux sinistrés. Jamais peuple n’a été soumis à une aussi brutale et tragique épreuve. Dans notre prochain numéro nous consacrerons un article plus détaillé à ce terrible cataclysme.
- La réforme du calendrier et la Société des Nations. — La Commission consultative technique des communications et du transit de la Société des Nations a mis à l’étude la question de la réforme du calendrier. Nous lisons dans le Ternes à ce sujet :
- La Commission de la Société des Nations ne doit, en aucune manière, reprendre l’étude scientifique de la question; elle doit seulement en préciser les principaux aspects, afin de provoquer ensuite une consultation des gouvernements.
- Brièvement, on peut distinguer deux questions : d’abord celle de la fixité de la fête de Pâques. Les milieux commerciaux ont souvent signalé les inconvénients de la mobilité de cette fête. Ensuite celle concernant le problème général de la réforme du calendrier grégorien. Récemment, le congrès panorthodoxe, tout en préconisant le ralliement des églises orthodoxes à ce calendrier, a encore insisté sur l’opportunité de sa réforme. Le but de cette dernière doit être de rendre comparables comme longueur, comme quantité de dimanches, etc., les divers mois et les diverses années, afin qu’une même date corresponde, notamment, avec le même jour de la semaine. Le calendrier grégorien a, en effet, au point de vue du commerce, de la banque et des statistiques, de notables inconvénients. Des projets pour réaliser cette réforme ont été souvent proposés, certains assez révolutionnaires même; mais d'autres, très prudents, ne heurtant pas trop les habitudes, tel celui dont il s’agit, peuvent préoccuper, non seulement les gouvernements et les milieux économiques ou astronomiques, mais aussi, et à juste titre, les milieux ecclésiastiques et les autorités religieuses dont ils affectent le rituel.
- Aussi la Commission consultative technique des communications et du transit de la Société des Nations a-t-elle décidé de faire participer à ses délibérations les représentants de certaines autorités religieuses. Elle a ainsi invité le Saint-Siège, le patriarcat œcuménique et l’archevêque de Cantorbéry à désigner des délégués. Toutes ces invitations ont été acceptées. Le Saint-Siège a choisi le révérend père Gianeranceschi, professeur à l’université de Rome ; le patriarcat œcuménique ; le professeur Eginitis, directeur de l’observatoire d’Athènes; l’archevêque de Cantorbéryg le révérend Philipps, secrétaire de la Société royale astronomique.
- Des glacières sur un volcan. — Dans un article de l'Astronomie, consacré à la récente éruption de l’Etna, Mme Gabrielle-C. Flammarion signale une curieuse industrie pratiquée sur les flancs .de ce volcan : « l’Etna, dit-elle, qui exhale une chaleur torréfiante lors de ses éruptions — intermittentes, mais assez fréquentes —
- \\ joue aussi le rôle d’un frigorifique commercial, et la neige qui s’accumule sur ses pentes, en hiver, de novembre à février, a donné naissance à l’industrie du « froid ». Des tranchées sont creusées pour recueillir cette neige. Au mois de mars, des équipes d’ouvriers vont la recouvrir d’une couche de cendre d’environ 3o cm d’épaisseur vers le milieu, et double sur les bords, de façon à former des bourrelets. Ce manteau de cendre, mauvais conducteur de la chaleur, empêche la neige de fondre. Mais il doit être déposé la nuit, quand il fait bien froid et que la neige est très dure, ce qui oblige à travailler au clair de Lune.
- Quand les fortes chaleurs estivales arrivent, on déterre les conserves de blocs glacés, que l’on débile en gros pains. Enveloppés de feuilles de fougère et de châtaignier, et garantis par des sacs, ils sont transportés d’abord à dos de mulets, puis sur des chariots, jusqu’à Catane et dans les environs, où ils font les délices des gourmets siciliens grands appréciateurs de cette neige. »
- Locomotives à chaudière électrique. —Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des chaudières dans lesquelles la vapeur d’eau est produite par chauffage électrique. Ces appareils présentent un grand intérêt dans les régions de chute d’eau où le combustible est rare et coûteux, tandis que l’énergie électrique y est à bon marché. Aussi ont-ils pris un assez sérieux développement en ces dernières années ; la vapeur d’eau ainsi produite est en général destinée soit au chauffage, soit à des opérations d’ordre chimique. Il paraît au premier abord paradoxal et même absurde d’envisager son emploi pour produire de la force motrice, alors que le courant électrique se prête si aisément à l’alimentation de moteurs; la vapeur n’est qu’un intermédiaire inutile et coûteux. Il est des cas, cependant, où ce procédé en apparence absurde devient intéressant. La revue Science et Industrie signale l’apparition de locomotives à chaudière électrique ; ce procédé de traction, dont le rendement est manifestement très inférieur à celui des locomotives à moteur électrique ou même des locomotives à charbon, n’en est pas moins intéressant, lorsque le prix du courant est bas, parce que la transformation du matériel peut se faire économiquement, sans entraîner les mêmes frais que l'électrification d’un réseau.
- Il apporte donc une solution provisoire, qui sur de petites lignes peut être avantageuse. Elle a été envisagée pour l’électrification de la ligne d’Uriage à Vizille, qui appartient aux chemins de fer d’intérêt local des Alpes. Une locomotive Baldwin d’usine a déjà été équipée dans ce but parla Société de chaudières électriques.
- La chaudière de cette machine est chauffée dans un poste de recharge fixe, au moyen de courant triphasé 5oo volts ; puis elle fonctionne à la manière des réservoirs de locomotives sans foyers.
- Le réservoir contient 4 tonnes d’eau que l’on porte, au poste de recharge, à la température -de x8o° (pression de 12 kg). La chaleur contenue dans ces 4 tonnes d’eau permet de vaporiser, à des tensions variant de 12 à 2 kg, environ 600 litres d’eau dont il faut prévoir le remplacement lorsque la machine revient au poste de rechargement. Lorsque la température de l’eau du réservoir est redescendue à 120° envii'on, il faut ramener la locomotive au poste de rechargement.
- Le pétrole à Madagascar. — Nos lecteurs con-. naisssent l’importance de la question du pétrole pour notre pays ; malheureusement les ressources de notre territoire sont minimes; il n’existe actuellement que deux gisements industriellement exploitables, celui de Pechelbronn en Alsace, et celui de Tliouanet en Algérie. Les prospections entamées en France, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, n’ont pas jusqu’ici révélé de nouvelles sources abondantes du précieux combustible.
- Par contre, à Madagascar, on a aujourd’hui la certitude de la présence de pétrole. Yoici à cet égard quelques renseignements fournis par la Revue industrielle-, on connaît actuellement dans la grande île un gisement exploitable à ciel ouvert, pratiquement inépuisable comme tonnage, de grès et sables imprégnés d’hydrocarbures à la teneur moyenne d’au moins
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- un hectolitre d’huile brute à la tonne. Cette huile brute peut être obtenue dans des conditions économiques très satisfaisantes, comparativement au prix de revient des pétroles bruts extraits par pompages et par puits, sur des exploitations qui sont en pleine prospérité.
- On estime en outre, en raison de la présence des hydrocarbures de surface, qu'il doit exister d’autres gisements susceptibles d’être exploités.
- Le gouverneur général de l’île, M. Garbit, a obtenu les crédits nécessaires pour l’organisation d’une mission scientifique et économique, composée de M. Bertrand et de M. Joleaud, professeur à la Sorbonne. Les espoirs les plus optimistes se font jour actuellement et l’on évalue à 1200 km2 l’importance des terrains productifs de pétrole qui s’étendent le long de la côte occidentale de l’île.
- Parallèlement à l’action des géologues, M. Hardel, ancien ingénieur-conseil de la Direction des Essences et pétroles, sera chargé, lui, d’étudier les moyens de communication, c’est-à-dire de se préoccuper de relier les centres productifs à la mer ou aux centres habités, le parti à tirer des voies navigables, les tracés de chemins de fer à installer et de pipe-lines éventuels à édifier, soit tout le programme économique de la question.
- L’épargne des engrais phosphatés en Allemagne.
- — Avant la guerre, l’Allemagne achetait les phosphates dont elle a besoin aux Etats-Unis et en Afrique du nord française; elle recevait en outre les scories de déphosphoration de Lorraine. Aujourd’hui, elle ne dispose guère plus d’un tiers des phosphates qu’elle pouvait importer, mais elle est toujours riche en engrais azotés et potassiques. M. le Dr J. Aéreboc, professeur à l’Ecole supérieure d’agriculture de Berlin, expose dans la Revue internationale des renseignements agricoles les recherches actuellement poursuivies pour remédier à cette pénurie de phosphates.
- M. Aéreboc ayant constaté que presque tous les terrains cultivés contiennent de grandes quantités de composés phosphatés, sous des formes non assimilables directement par les plantes, a cherché les moyens de les solubiliser. Si l’on y réussissait, on obtiendrait des phosphates en quantités suffisantes pour fournir plusieurs centaines de récoltes de céréales. Il observa qu’il en est ainsi dans les terrains sableux pour le lupin et la sarradelle ; utilisées comme engrais vert ou comme fourrage, ces plantes apportent à l’exploitation rurale une quantité notable de phosphates mobilisés. Dans les terrains calcaires où le lupin ne vient pas, une fumure potassique et azotée suffit au trèfle et à la luzerne pour se développer; or, le trèfle et surtout la luzerne mobilisent également les phosphates du sol.
- Enfin, les engrais azotés coûtant aujourd’hui moins cher en Allemagne que les phosphates, on peut n’employer qu’une fumure potassée additionnée de 1,5 à 2,5 quintaux de sulfate d’ammoniaque par hectare, pour les cultures de pois, fèves, vesces. lentilles et autres légumineuses à graines, sans diminuer la récolte.
- En ce qui concerne les céréales et la betterave à sucre, l’emploi des phosphates assimilables reste indispensable.
- Explosifs gratuits pour défricher, aux Etats-Unis.
- — Le Bulletin international de renseignements agricoles rend compte que le Bureau des routes publiques aux Etats-Unis met à la disposition des agriculteurs des millions de kilogrammes d’acide picrique pour les défrichements et les dessouchements. Le reliquat de guerre était de 12000 000 pounds d’acide picrique, dont une grande partie a été distribuée entre les divers états pour la construction de routes, et il reste environ 5 000 000 pounds disponibles. L’Institut Agricole de l'Etat de Minnesota rapporte que l’usage de l’acide picrique a donné un grand développement au défrichement. En 1921, les 744000 pounds allouées à l’Etat de Minnesota ont été distribuées entre 3511 agriculteurs, soit en moyenne 212 pounds par agriculteur; il estime qu’on défrichera encore 35 000 acres (14000 hect. environ) de sol, et que l’emploi de cet explosif a permis d’économiser 70000 dollars.
- Une plante protectrice contre les mouches tsé-tsé : Melinis multiflora. — De divers côtés, on étudie en ce moment une herbe tropicale dont l’intérêt semble considérable. La Revue internationale de renseignements agricoles publie le compte rendu des derniers travaux quiTui sont consacrés.
- Dans le Bulletin du Royal Botanic Garden Kiew, M. T. Dawe relate que, pendant un voyage récent dans l’Angola (Afrique Occidentale Portugaise), il remarqua une herbe qui était très recherchée par le bétail et qui,en même temps, éloignait la mouche tsé-tsé. Elle fut identifiée plus tard comme Melinis, minutiflora f. inervis Beauv. Cette action répulsive est due évidemment à la forte odeur des gouttes d’huile visqueuses qui sortent des poils des feuilles, et au fait que la plante est un attrape-mouches. Melinis minutiflora est très répandue dans le Congo portugais, tant dans la plaine que sur les montagnes, jusqu’à une hauteur d’environ ioo m. Dans l’Angola, elle constitue de bons pâturages d’octobre à la fin de mai; et reste verte même durant la saison sèche.
- M. Dawe met en relief la grande valeur de cette plante pour la transformation des zones actuellement infestées de mouches tsé-tsé dans des contrées éminemment propres à l’élevage. »La possibilité d’élever des chevaux résoudrait la question des transports et les différents problèmes qui s’y rattachent.
- On conseille l’emploi de l’assolement : maïs, coton, haricots ou arachides, Melinis minutiflora -, les arbres et les palmiers isolés peuvent être laissés sur pied ; on sème l’herbe autour de leur 4ronc.
- Dans l’Ouganda, on a comparé Melinis minutiflora avec les « citronella grasses » (Andropogon spp.), dont les feuilles ne mettent en liberté les huiles essentielles que lorsqu’elles sont déchirées, d’où la supériorité de la Melinis.
- Les indigènes connaissent les propriétés insecticides et répulsives de cette plante. Ils se servent de celle-ci pour faire des nids pour les poules, des couches pour les chiennes sur le point de mettre bas (afin de prévenir les attaques des poux), pour nettoyer les vêtements de rafla (avec l’herbe fraîche), etc.
- En Colombie, M. E. C. Samper signale dans la Re-vista nacional de Agricultura que cette plante est déjà beaucoup cultivée en Colombie où elle a montré son aptitude à pousser à des altitudes variant de 600 à 1200 mètres. Elle donne un bon pâturage pour les bœufs à l’engrais, et ne communique pas au lait sa forte odeur; elle convient moins pour les chevaux et les mulets, parce qu’elle ne leur donne pas la même énergie que d’autres fourrages.
- Etant donné que, lorsqu’elle reçoit un peu de soins la première année, cette plante se rend complètement maîtresse du terrain en étouffant toutes les autres plantes, et que, d’autre part, elle est facile à extirper, grâce à ses racines superficielles, elle semble bien convenir pour la lutte biologique contre les plantes difficiles à extirper.
- Enfin, le Boletin de la Camara de Agricultura de Costa-Rica signale que les essais de culture, entrepris il y a quelques années, réussirent et donnèrent un foin agréablement parfumé.
- La Melinis multiflora semble donc être appelée à un grand avenir dans les pays tropicaux où actuellement l’élevage du bétail est impossible à cause des mouches tsé-tsé.
- Les mulots dans l’est de la France. — Périodiquement, on entend reparler des mulots ou des campagnols, toujours pour s’en plaindre. Tantôt, c’est une région, tantôt une autre dont les récoltes sont compro-.mises par la pullulation de ces rongeurs. Emigrent-ils en masse, ou bien naissent-ils en nombre plus grand certaines années favorables ?
- Cet été, l’Aube, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle ont reçu leur indésirable visite. M. P. Yayssière, directeur-adjoint de la Station entomologique de Paris, a été chargé d’engager la lutte et il vient d’exposer dans les Comptes rendus de l’Académie d’Agriculture ce qu’il a vu et ce qu’il a fait.
- Le coupable est, cette fois, semble-t-il, beaucoup plus le mulot que le campagnol. Les dégâts, très étendus, présentent un aspect bien particulier.
- « La plus grande partie des chaumes attaqués, dit M. Yayssière, ne sont pas rongés ou sectionnés juste au-dessus du collet, comme nous avions eu l’occasion de le constater en 1919 dans les champs de blé des régions libérées, envahis par les campagnols. Ici les tiges sont en général sectionnées quelques centimètres à peine au-dessous de l’épi ou le plus souvent le long de
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- l’axe de l’épi à i cm environ de la base. Sur un pied donné, ce sont seulement les chaumes les plus vigoureux qui ont reçu cette amputation. Evidemment on rencontre tous les intermédiaires entre ce mode d’attaque, de beaucoup le plus commun, et le sectionnement des chaumes à des hauteurs diverses entre l’épi et le collet. Le sol est jonché des débris plus ou moins desséchés de la céréale parmi lesquels on rencontre essentiellement les axes et les glumes des épis débarrassés de leurs grains ».
- Dans l’Aube, une trentaine de communes ont toutes leurs champs de seigle ainsi abîmés.
- M. Yayssière propose d’organiser la lutte de la manière suivante : traiter le plus grand nombre de champs en même temps pour ne pas éveiller la méfiance très grande des rongeurs. Employer les appâts empoisonnés suivants :
- i° Pain de baryte ;
- 2° Appâts à la strychnine ou noix vomique ;
- 3° Composition arsenicale, telle que' celle qui a déjà
- réussi dans ce cas :
- Avoine aplatie..................20 kg
- Mélasse......................... 1 —
- Eau............................. 2 —
- Acide arsénieux................. 2 —
- Préparer l’appât dans un fût tournant autour d’un axe perpendiculaire à ses bases et muni d’une porte à coulisse. On mélange d’abord intimement l’avoine aplatie et la mélasse additionnée de deux fois son poids d’eau. Puis on ajoute l’acide arsénieux et on mélange le tout par un mouvement de rotation dans les deux sens. On abandonne ensuite l’avoine à l’air en couches minces dans un endroit sec.
- Faire les manipulations dans une pièce close et avec un masque si possible.
- Cet appât se répand à raison de 3 à 5 kg à l’hectare.
- 4° Produits phosphorés, tels que le phosphure de zinc déjà employé avec succès en Italie.
- On prend de préférence des graines de maïs ou à défaut des grains d’autres céréales, des fèves, des pois-chiches; après les avoir concassés et pesés, on les fait macérer et gonfler dans l’eau pendant 12 heures et on les mélange avec le phosphure de zinc, à raison de 1 kg pour 100 kg de graines sèches. On peut ajouter, pour rendre le mélange plus attractif, une petite quantité d’huile frite. Les appâts doivent être employés et répandus dans les champs aussitôt après leur préparation pour éviter la décomposition du phosphure de zinc avec production d’hydrogène phosphoré. La quantité de grains à répandre par hectare varie entre xo et i5 kg^
- On peut adjoindre un autre moyen de lutte : le virus' de l’Institut Pasteur, mais après s’être assuré qu’il est efficace contre l’espèce de rongeurs qu’on veut détruire.
- Une anguille qui a la vie dure. — M. le Dr Johs. Schmidt, directeur du Laboratoire Carlsberg, à Copenhague, dont nos lecteurs n’ont pas oublié son récent voyage à bord du Dana (n° 25) , raconte dans La Nature 1’observation qu’il vient de faire de l’extraordinaire résistance d’une anguille. Un de ses correspondants des Etats-Unis, M. L. L. Mowbray, de l’Aquarium de Bat-tery Park, à New York, lui envoya le 19 avril dernier un spécimen de ces jeunes anguilles appelées en France civelles ou piballes, capturées au moment où elles regagnent les eaux douces. Le colis arriva à Copenhague le 19 mai et fut ouvert seulement en juin. La bouteille d’un quart de livre remplie d’eau formolée où l’on avait placé le poisson avait été soigneusement bouchée au liège recouvert de cire, puis enfermée dans une boîte de fer-blanc. Quand on l’ouvrit, il en sortit... une jeune anguille parfaitement vivante. Elle avait donc supporté la traversée de l’Atlantique et un rigoureux emprisonnement de deux mois à l’obscurité, sans rien autre que ses 200 cm3 d’eau !
- Tables d’orientation et pyramides panoramiques.
- — Quel touriste n’a pas éprouvé une vive satisfaction, lorsque, parvenu au sommet d’une montagne, il a trouvé, solidement fixée sur un socle de pierre, une de ces tables d’orientation placée par les soins du Club-Alpin français et du Touring-Club où un panorama circulaire soigneusement tracé en couleurs indique les sommets et les points intéressants visibles dans tous les azimuths. Au centre de ces tables établies sur une plaque de lave émaillée de 1 mètre de diamètre, un petit cercle donne
- une carte en couleur de la région ; autour, une couronne donne le panorama circulaire (anamorphose), une autre couronne extérieure à celle-ci porte, suivant des rayons, les inscriptions : altitude et nom des points dessinés. Enfin tout le pourtour est bordé d’une graduation complète eu 36o° avec indication des points cardinaux et mention des coordonnées géographiques du lieu.
- Cette œuvre d’art et de précision, grâce à sa fabrication en lave émaillée, brave toutes les intempéries des sommets, elle est cimentée sur un piédestal circulaire solidement établi.
- Un pareil ouvrage semble, pour le moment, satisfaire pleinement à notre besoin de renseignements sur les panoramas que nous pouvons contempler et aussi suffire à notre recherche de la précision. Cependant un perfectionnement des plus notables pourra être réalisé en adoptant, dans certains cas, une disposition proposée par M. Charles Yallot dans le n° de Mai de La Montagne.
- Au lieu d’une table plate circulaire placée horizontalement, M. Yallot a fait exécuter des émaux photographiques sur lesquels des inscriptions convenables donnent tous les renseignements désirables. Le tour d’horizon est exécuté en 7 clichés qui sont ensuite reproduits en émail et fixés sur une petite pyramide. On les dispose de façon qu’un observateur n’ait qu’à baisser les yeux pour consulter le document correspondant au champ de vision qu’il a devant lui. En tournant autour de la pyramide l’observateur examine les différentes portions du panorama, et chaque fois il a sous les yeux la photographie correspondante.
- M. Yallot a déjà fait exécuter une photographie panoramique de ce genre, fragment du panorama de La Flé-gère. Cette plaque d’émail est restée fixée sur un fort pupitre en bois, sur le terrain, du 20 juillet au io septembre 1922. « L’intérêt témoigné par le public à ce document, l’état de parfaite conservation de cette image après cette épreuve, dit M. Yallot, constituèrent un sérieux encouragement à demander au procédé l’application pratique dont il paraît susceptible sous la forme de ce que j’ai appelé les pyramides panoramiques ».
- Ainsi donc, nous avons quelque espoir de voir un jour ces précieuses photographies sur des sommets et en tous les points où l’on jouit d’un beau panorama même sur uue fraction seulement du tour d’horizon, et c’est justement dans ces cas que le nouveau procédé trouvera son application la plus utile, car il permettra de mettre sous les yeux des touristes le document le plus précieux, sans qu’il soit nécessaire d’engager des dépenses ni des travaux considérables. On sait, en effet, les difficultés des transports et de la pose des tables en lave de 1 m. de diamètre. On compte sur une dépense de 2000 francs par table d’orientation, alors qu’un panorama en émail photographique sur cuivre de 22 cm sur 16 ne coûte que go francs, et n’exige pour sa pose que des travaux très peu importants, cela se conçoit.
- Aussi nous espérons que nos grandes associations touristiques feront exécuter et mettre en place beaucoup de ces émaux photographiques qui contribueront à augmenter l’attrait des points de vue classiques et par conséquent le nombre des touristes qui s’y rendront.
- L. R.
- Troisième Congrès de chimie industrielle. — Le
- troisième congrès de chimie industrielle s’ouvrira le lundi 22 octobre 1923 au Conservatoire National des Arts et Métiers, sous la présidence de M. Dior, Ministre du Commerce.
- Ainsi que lors des Congrès précédents, les trois conférences auront trait aux divers aspects d’un même problème. A un moment où, de tous les côtés, on se préoccupe avec juste raison du rendement en agriculture, la commission d’organisation a pensé qu’il serait opportun de faire exposer les questions d’actualité que pose l’évolution de la technologie agricole.
- Les diverses spécialités dont la chimie est la base essentielle seront réparties comme auparavant en quinze groupes ; le nombre des communications déjà inscrites permet d’espérer qu’une grande activité se mânifestera dans chacune des sections.
- Deux journées d’excursions termineront ce congrès auquel prendnmt part de nombreuses personnalités étrangères.
- S’adresser à la Société de Chimie, 49, rue des Mathu-rins, Paris.
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- Suspension pour selle de bicyclette. — Cette suspension, inventée par M. Poil, dérive des idées directrices
- suivantes :
- i° Réaliser une suspension uniquement composée de pièces cambrées , embouties et poinçonnées , afin de permettre de très grosses séries et de réduire le plus possible le prix de revient;
- 20 Réaliser un appareil qui soit doté d’une élasticité considérable et surtout que cette élasticité soit réglable pour le poids de n’importe quel cycliste, c’est-à-dire pratiquement pour un poids compris entre 20 et 120 kg ;
- 3° Réaliser une suspension qui puisse s’adapter sur toutes les bicyclettes et sous toutes les selles, quelle que soit la grandeur du cadre, quelle que soit la taille du cycliste, et quelle que soit la position du cycliste par rapport à son guidon ou à son pédalier.
- L’inventeur a réalisé sa conception de la manière suivante :
- Le principe du système employé est le même que celui des selles de motocyclettes, c’est-à-dire que toute
- la selle oscille autour d’un point fixe situé à l’extrémité avant du bec de la selle ; ce système a fait ses preuves sur les motocyclettes dont certaines roulent à 120 ou à i3o à l’heure; il donne une rigidité bien supérieure aux systèmes qui se déplacent parallèlement à eux-mêmes ; le point fixe à l'avant donne une stabilité latérale parfaite et empêche le bec de la selle d’osciller à droite et à gauche ; de plus le bec avant de la selle étant fixe, les oscillations ne « coupent » pas les jambes du cycliste et maintiennent toujours la même distance du pédalier à la selle ; le cycliste ainsi n’est pas gêné dans son effort.
- Le réglage de 1 élasticité des ressorts, selon le poids, est obtenu de deux façons différentes :
- i° L appareil comporte deux ressorts de force différente, qu on emploie ensemble ou séparément; les deux ressorts s emploient ensemble pour des cyclistes de 80 à-100 kg, le gros ressort s’emploie seul pour des cyclistes de 4o à 80 kg, le petit ressort s’emploie seul pour des poids de cyclistes de 20 à 40 kg;
- 20 Avec un point fixe à l’avant, on peut faire varier le bras de levier de la « force extérieure « (force agissante), c’est-à-dire du poids du cycliste,. en avançant ou en reculant la selle sur le levier, c’est-à-dire qu’on fait varier le moment fléchissant de manière qu’il corresponde le mieux au moment résistant des ressorts.
- Dans la réalisation, l’inventeur s’est trouvé aux prises avec de multiples difficultés :
- i° Le système des deux ressorts, parfait en principe, donnait lieu en pratique ^ux critiques suivantes : attaches multiples, poids trop élevé, encombrement trop grand, ce qui allongeait l’appareil et lui donnait un aspect disgracieux et un poids supplémentaire ; aussi l’inventeur a-t-il réalisé un gros perfectionnement en
- munissant son appareil de ressorts concentriques, c’est-à-dire l’un dans l’autre, ce qui permet de raccourcir l’appareil, de diminuer son poids et d’employer seulement deux attaches (pour les ressorts) au lieu de quatre ; ces ressorts sont construits de pas inverse, pour que les spires de l’un ne puissent s’accrocher aux spires de l’autre si elles viennent à se toucher;
- 2° Le montage sur tige de selle au moyen d’un collier cranté universel, pouvant s’adapter sur une tige de selle en bout (verticale), sur une potence avant (horizontale), arrière (inclinée), permettait bien toutes les positions en hauteur et également en longueur, (plus ou moins loin du guidon), au moyen de différents trous percés dans la pièce en U plus ou moins loin du point fixe avant ; mais il surélevait toujours la selle de 4 à 5 cm et ne permettait pas ainsi l’emploi de l’appareil pour des cyclistes de petite taille qui avaient un grand cadre.
- Pour obvier à cet inconvénient, l’inventeur a alors imaginé de supprimer la tige de selle et de monter 1 appareil directement sur le cadre au moyen d’un boulon qui s engage dans les trous de serrage de la tige de selle; l’appareil est fixé en avant par un deuxième point, au moyen d'un collier spécial en tôle cambrée, directement sur le tube horizontal supérieur du cadre de la bicyclette ;
- 3° Pour éviter le rebondissement et pour éviter le graissage périodique de l’articulation avant, il a été prévu, entre la partie fixe de l’appareil et le levier mobile, des rondelles en fibre de bois ignifuge, qui ne nécessitent aucun graissage et qui absorbent les chocs comme les amortisseurs d’autos.
- Constructeur : Poil, y, rue des Réservoirs, Paris.
- Petit outil pour le débouchage d’un gicleur. —Le
- gicleur du carburateur s’encrasse fréquemment. Il est facile de remédier rapidement à cet inconvénient.
- On peut, sur la motocyclette, préparer un système original pour le débouchage du gicleur.
- Nous trouvons des indications intéressantes dans la Revue Motocyclisme :
- Les matériaux employés sont les suivants : i* une vis
- Fig. 5. — Outil pour le débouchage d’un gicleur.
- de 3 X 25 mm de longueur, avec un écrou; 20 un léger ressort de compression; enfin un fil provenant d’un câble Bowden, assez fin pour passer dans le trou du gicleur.
- Pour fabriquer cet appareil, démonter le support du gicleur, enlever le gicleur, et percer un trou dans la base du support, assez grand pour livrer passage à votre boulon de 3 mm. Le fil Bowden doit être fixé sur l’extrémité du bouton, en y perçant un trou pour souder tout autour. Procurez-vous ensuite une petite rondelle, dans laquelle vous percez un trou dans lequel le boulon doit entrer à force. Le diamètre extérieur de la rondelle
- Fig. 1. — La suspension Poil. Réglage avec double ressort pour cycliste pesant 100 kg.
- Fig. ?.. — Le cycliste pesant 70 kg enlève le petit ressort intérieur et laisse le gros ressort extéx’ieur.
- Fig. 3. — Le cycliste pesant 40 kg enlève le gros ressort extérieur et ne laisse que le petit ressort intérieur.
- r.......... —•--n
- Fig. 4. —- La suspension Poil permet de régler la distance de la selle par rapport au cadre et au guidon (exemple de réglage reportant la selle en arrière).
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- doit être de la même dimension que le diamètre extérieur du support du gicleur.
- Les pièces sont ensuite assemblées comme suit :
- Placer d abord la rondelle en liège, dans le support du gicleur, ensuite visser le boulon au travers et placer ensuite le ressort de l’écrou. Remplacez le gicleur et coupez le fil Bowden, de manière que celui-ci dépasse légèrement l’orifice du gicleur quand le boulon est poussé de bas en haut.
- On se rend compte maintenant du mouvement à exécuter lorsque le gicleur se bouche, il suffit de s’arrêter un instant; sous la poussée du boulon, le fil Bowden débouche rapidement le gicleur encrassé.
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- 'Electricité
- Commande électrique de cloches. — On tend de plus en plus à actionner les cloches au moyen d’appareils électriques. Un système particulièrement simple est celui qui se trouve installé à Montmorency par
- M. Gourdon.
- L’appareil comporte un électro à bobinage spécial placé sous la cloche. Le noyau de cet électro est suspendu au câble de traction et dès que le courant est envoyé, l’électro est attiré dans la bobine. Cette plongée entraîne le câble et opère sur la cloche une première traction.
- Le mouvement de la cloche serait celui d’un pendule ordinaire, mais le battant constitue un second pendule qui modifie complètementl’am-plitude et la durée des oscillations.
- Pour que le son soit pur, pour que la volée de la cloche soit normale, il est nécessaire que ce soit la cloche elle-même qui commande la traction au moment opportun d’une façon absolument exacte. Ce résultat est obte1 nu dans l’appareil de M. Gourdon en prolongeant le noyau de fer doux par un tube de laiton qui tx-averse la bobine et dépasse même la partie inférieure de celle-ci.
- Sur cette partie débordante du noyau prolongé, on fixe un collier comportant une petite molette, sorte de trolley qui peut soit tourner, soit glisser. Les oscillations de la cloche communiquées au noyau sont suivies par la molette qui commande d’une façon absolument synchrone les moments de traction en admettant et en coupant le courant d’alimentation de la bobine de l’élec-tro-sonneur. De cette façon, l’accord est parfait. On ne peut craindre aucune fêlure^.du métal de la cloche en raison de la souplesse extrême du joint magnétique et la note obtenue est plus pure et plus brillante que celle que le fonctionnement à la main ou au pied peut réaliser.
- En effet, le fonctionnement de l’appareil est aveugle. Il ne peut aucunement être influencé par les réflexes dont les sonneurs ne sont pas toujours maîtres.
- La disposition de Montmorency dont nous reproduisons la photographie actionne une cloche de g5o kg et absorbe 44° watts. Elle est en service depuis un an et ce modèle est accepté pour l’équipement des cloches de Notre-Dame de Paris.
- *»> Mécanique
- Un morceau de tube fait un excellent attache-fil.
- — Avec une goupille et un petit tube de cuivre, on peut réaliser un excellent attache-fil. Le tube sera aplati à une extrémité et il sera percé d’un trou à l’autre bout suivant la tige avec lequel il doit- être en contact, La gou-
- pille fendue est choisie de dimensions presque égales, et elle s’engage à serrage dur à l’intérieur du tube, mais lorsque les deux liges de la goupille viendront se toucher.
- On attache la goupille aux conducteurs électriques par son œil et l’on peut parachever la connexion avec du ruban paraffiné ou caoutchouté. On obtient alors un
- Ecrou
- Goupille
- ' Cable a I conducteur
- Ruban
- chatterton
- Fig. 7.
- Attache-fil construit avec un morceau de tube.
- montage instantané et un bon ressort. Grâce à la goupille formant contact, il ne peut se détacher que sous une secousse assez dure.
- •Une nouvelle minuterie française. — Voici une minuterie qui ne comporte aucun mouvement d’horlogerie, ni ressort moteur, qui fonctionne sans bruit, qui est entièrement mécanique.
- Elle se compose d’un interi’upteur à balais métalliques réalisant une double rupture sur le circuit d'éclairage que la minuterie contrôle : cet intei'rupteur est conçu en vue d’obtenir un léger frottement et une pression énergique des brosses sur les plots de contact. La manœuvre de cet interrupteur est réalisée par l’intermédiaire du levier d’armé; il est maintenu enclanché à la position de fermeture par le petit levier, une légère pression sur l’extrémité de ce levier opère le déclanchement et la rupture brusque du circuit.
- Un pendule oscille librement autour d’une articulation à lame métallique flexible. Une bobine ou solénoïde a pour rôle de provoquer le lancer du pendule en même temps que la fermeture de l’intexrrupteur par l’intermé-diaii'e des goupilles (G) et (H) qui entraînent la première oscillation du levier d’armé.
- La masse pendulaire est constituée en partie par le
- Fig. 8. — Nouvelle minuterie française.
- noyau plongeant pénétrant lors d’une oscillation dans le solénoïde (F), à sa partie inférieure s’articule librement un petit ergot (J) mobile dans le plan d’oscillations, ce petit ergot est susceptible de venir en contact à la position d’équilibre avec une pièce fixe (K) comportant une fente (L), cette pièce étant solidaire du levier de déclanchement (G). Pour des oscillations d’une certaine amplitude, la pointe de l’ergot balaie complètement la pièce (K) ; à partir d’une oscillation d’amplitude minimum, il n’y a plus libre passage de l’ergot au delà de
- Fig. 6. — Commande électrique de cloches.
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- la pièce (K), il se reproduit un arc-boutement à l’oscillation suivante, cet arc-boutement provoque un déplacement du levier (C) et le déclanchement de l’interrupteur.
- Le réglage du temps de fonctionnement se fait de 2 à 5 minutes par le déplacement de la rondelle de butée (M) qui limite dès la première oscillation l’amplitude initiale, la mesure du temps est uniquement basée sur l’amortissement du mouvement du pendule, la précision obtenue est de l’ordre de 1/2 seconde pour une durée de fonctionnement de trois minutes.
- <*§'5^ Divers
- Fig. 9. — Canne-pistolet «Magister».
- La canne-pistolet Magister. — Pour les promeneurs qui redoutent les agressions, la création d une
- arme défensnre sérieuse et d’un fonctionnement rapide est des plus intéressantes. Il n’est pas d’usage, heureusement, de se promener avec un browning à la main et le malfaiteur ne laisse pas le loisir à celui qu’il attaque de chercher une arme dans sa poche, si le revolver n’a pas été oublié à la maison.
- La canne-pistolet, qui n’a aucun rapport avec la canne-fusil, revêt l’aspect d’une canne ordinaire. Elle permet de tirer en moins de deux secondes par la simple pression du pouce, sans aucun autre mouvement, deux balles double culot de 6 mm. Un dispositif de sûreté permet d’ailleurs d’immobiliser les percuteurs quels que soient les chocs et les heurts que peut subir la canne.
- La gâchette ou détente est à triple effet : la première pression sur la gâchette a pour effet de séparer la canne du pistolet, les percuteurs étant couverts par une plaque mobile ayant 4 mm d’épaisseur qui les sépare des cartouches. En agissant par une deuxième pression sur le percuteur, on fait basculer la plaque, le premier percuteur agit et une balle part. La troisième pression sur la gâchette fait fonctionner le deuxième percuteur, d’où deuxième balle.
- Pour faire ces mouvements de tir, il suffit de tenir la poignée de la canne avec une main comme s’il s’agissait d’un revolver ordinaire et on agit sur le percuteur avec une pression du pouce.
- Ce dispositif de pistolet invisible peut également se monter sur des parapluies, des sacs de voyage, des leviers d’automobiles, et le pistolet transforme ainsi en arme défensive tous les objets dans lesquels il peut se dissimuler.
- Adresse : Rapid-défensif, 12, rue d’Eughien, Paris.
- L’utilisation d’une plaque photographique. — Un
- de nos abonnés, M. Hoorickx, de Bruxelles, nous signale
- un emploi ingénieux d'une plaque photographique voilée.
- On développe la plaque qui a été voilée ou qui a été exposée à la lumière nue, on obtient alors une plaque complètement noire et parfaitement opaque. Après l’avoir fixée, lavée et séchée à la manière ordinaire, on la Fig. 10. Utilisation d une plaque |on IO minutes dans photographique. £n ba6in d>eau qui contient
- T, tiroir mobile; C, Bande de carton. 20 centimètres cubes de
- glycérine pour 100 d’eau, et 5 grammes de sucre. On a alors après séchage, sans avoir lavé la plaque, une surface légèrement poisseuse.
- Sur cette plaque, si on vient poser un papier calque et si on écrit sur ce papier avec un morceau de bois taillé en pointe ou même au moyen de l’ongle, les traits paraissent en noir sur le papier calque et ils ont ceci de particulier qu’en enlevant le papier de la plaque tout ce qui est écrit disparaît en même temps.
- On trouve dans le commerce des cadres en cartonnage
- que l’on peut utiliser avec la plaque ainsi préparée. En écrivant dans le tableau ce qu’on désire fixer et en tirant ensuite le tiroir tout en maintenant le cadre immobile, l’écriture s’efface, le fond du tiroir est constitué par un carton sur lequel est étendue la composition que nous avons indiquée plus haut. Une petite planche de carton fait corps avec le cadre, et quand on tire le tiroir on peut détacher le papier du carton préparé. E. W.
- La poudreuse électrique. —Voici un petit accessoire électrique qui sera apprécié de plus d’une de nos lectrices.
- 11 se compose d’une lampe électrique de poche alimentée par des piles enfermées dans un boîtier et absolument invisibles; sur le boîtier est montée une glace et à la partie intérieure une boite àpoudre.
- La poudreuse électrique qui peut avoir des aspects plus ou moins élégants, dorée ou argentée, se tient d’une main, la lampe éclaire la figure de lapersonne qui emploie le tampon de la poudreuse.
- Constructeur : Chenard, 49, rue de la Victoire.
- Marque à jouer « Grisou ». — Fl£- a^,dreuse
- Voici une marque qui intéressera e e 1 j tous ceux qui se passionnent pour
- la manille ou le piquet. Elle comporte trois secteurs, celui des unités, celui des dizaines et celui des centaines ;
- 11 suffit sur chacun des secteurs d’amener la pointe de la flèche en face du résultat correspondant. La simplicité du mécanisme se voit par le seul examen de la figure, et cette marque a ceci d’intéressant qu’elle peut supporter de la publicité au recto et au verso, elle offre donc un intérêt pour son emploi dans les cafés.
- M. Grison a également conçu un calendrier perpétuel, une table de multiplication et des volumes circulaires qui suppriment les difficultés dans le calcul et qui font gagner du temps par leurs applications industrielles et commerciales.
- Constructeur : G. Grison,
- 14, rue de l’Armorique.
- Nouveau procédé pour conserver les pavés de bois. — Pour augmenter la durée du pavage en bois, il faut augmenter la résistance du bois à la pourriture et à l’usure.
- Le créosotage — qui consiste à tremper les pavés dans un mélange composé de 75 parties d’huile créosotée et 2,5 parties d’huile de goudron — est insuffisant. Le sulfate de cuivre n’assure qu’une conservation de courte durée ; il en est de même du chlorure de zinc, du silicate de soude et des ferrocyanures métalliques. On a préconisé la minéralisation. D’après M. de IVeghel, ce procédé consiste à introdq|re dans le bois du plâtre à l’aide d’un solvant approprié et capable d’assurer l’insolubilité du sulfate calcique introduit dans le bois. Du plâtre cuit à 23o° est à peu près insoluble dans l’eau mais soluble dans du sulfate d’ammonium. C’est ce solvant que l’on emploie. On prépare une solution de suL fale d’ammonium à laquelle on ajoute du plâtre fraîche-, ment cuit à 23o°. On remue le mélange pendant quelques heures et à la température de 4o° environ. Après
- 12 heures de repos, on décante le liquide, lequel est injecté dans le bois; celui-ci est passé ensuite au séchoir, et quand il est sec on le débite en pavés que l’on met dans une étuve où l’on élève progressivement la température à 1200, puis à 145 et quelques heures après à 175°; après 5 ou 6 heures on laisse refroidir. Les pavés laissés à l’air pendant quelques jours sont alors prêts à être employés.
- Après 3 ans d’expérimentation dans des étables et des écuries, M. de Keghel estime que les pavés de bois ainsi minéralisés sont beaucoup plus résistants que les pavés créosotés ou traités suivant un autre procédé.
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- Fig. 12. —- Marque à jouer « Grison ».
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- VARIÉTÉS
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- SUR L'INDUSTRIE DES MOUTS DE RAISIN CONSERVÉS
- SIROP - MOUT STÉRILISÉ - JUS MOUSSEUX
- Il y a quelques années (n° du 3o octobre 190g), nous donnions ici des indications sur la préparation du jus de raisin frais stérilisé. Cette industrie annexe — alors à ses débuts — de la vinification proprement dite, s’est, depuis, perfectionnée. Elle prépare aujourd’hui le moût de raisin sous divers états. Ce commerce nouveau peut apporter quelque adoucissement à la crise que traverse l’exportation de nos vins, dans les pays à restrictions et prohibition concernant l’alcool et les boissons alcooliques, où nous pourrions envoyer des sirops de raisin, et surtout nos vins sans alcool. On en prépare dans quelques centres viticoles du Bas-Languedoc, en certain point des Bouches-du-Rhône, à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or), etc.
- On sait quelle valeur nutritive, quelles propriétés ali-biles, thérapeutiques, même, on attribue au moût de raisin frais. On doit s’efforcer de les conserver aux dérivés dont nous parlons.
- A ce point de vue il semble que le sirop de raisin obtenu par concentration du moût à basse température doive être placé en première ligne. On altère moins ici les vitamines, les matières albuminoïdes, les enzymes et autres ferments, ou principes bienFaisants, qui font du jus de la treille un liquide vivant. Une température plus élevée, appliquée au jus pour le stériliser et obtenir des vins sans alcool, a sur la boisson une plus fâcheuse répercussion.
- Le sirop de raisin fait avec des raisins neutres, notamment YAramon, dit M. Roos, directeur de la Station œnologique de Narbonne, constitue un liquide très sucré (800 grammes de sucre par litre environ) qui, ramené au volume primitif du moût par addition d’eau, reproduit le moût de raisin avec toute sa fraîcheur et tout son fruit, et cela même pendant plusieurs années après sa préparation.
- Il est supérieur par son goût au vin sans alcool et ne nécessite pas, comme lui, un emballage complexe, lourd et coûteux par lui-même autant que pour son transport. Le moût reconstitué peut être d’ailleurs additionné de levures et mis en fermentation pour donner du vin.
- En ajoutant au moût frais, au moment de la vendange, une quantité suffisante de gaz sulfureux pour empêcher toute fermentation par les levures, on peut ne procéder à sa concentration que plus tard, car si l’ou devait le transformer dans la courte période de la récolte il faudrait tout un outillage important, onéreux à amortir.
- Au moment de concentrer les « mutés au soufre » on les désulfite par simple ébullition.
- La concentration peut se faire à l’air libre, dans un appareil à double paroi, chauffé par la vapeur ou, mieux, pour éviter les inconvénients d’une température relativement élevée, dans une chaudière à vide partiel. Dans ce cas, la désulfitation se produit au début.
- Dans le but de dissoudre les matières colorantes et extractives, le gaz sulfureux peut être appliqué à la « vendange » écrasée même, dit M. Roos. Par une macération plus ou moins prolongée, la matière colorante se dissout tout en restant masquée, tant que la masse est sous l’action de l’antiseptique. Après macération suffisante, on sépare le moût des parties solides. On a alors un liquide d’une couleur indécise, brunâtre, mais dans lequel la matière colorante rouge revient avec toute sa vivacité après le désulfitage. On dispose ainsi de toute une gamme de couleurs, depuis le jaune ambré clair des moûts blancs jusqu’au rouge le plus foncé.
- La concentration du moût peut être poussée jusqu’à 3o°-32° B., à la température de l’opération. Si l’on arrive vers 4°° B., le produit, après refroidissement, se prend en pâte d’aspect cristallisé, comme le miel d’abeille, d’où le nom, interdit il est vrai par la loi, de miel de raisin, quand il est à peu près incolore.
- A la condition que la température ne dépasse pas 60 à 65° C., la couleur ni le goût du moût ne sont altérés.
- On peut communiquer au jus de raisin la propriété de se gélifier, en l’additionnant, par exemple, de jus de pomme concentré, ou encore de gélose (agar-agar). On obtient aussi des gelées variant en coloration, comme il a été dit plus haut, et que l’on peut aussi parfumer (groseille, framboise, fraise, vanille, etc.).
- D’après M. Cruess, le sirop type demandé par la consommation en Californie est rouge foncé (5o pour 100 de raisins rouges), avec un goût agréable de raisin. Dans ce pays, les grains sont d’abord séparés de la rafle (goût de rafle), puis on presse le marc, et enfin on l’épuise méthodiquement avec de l’eau chaude. Ce liquide, concentré à part, donnera un sirop de deuxième qualité. Les moûts, eux, sont tamisés, laissés en repos 12 à i5 heures, puis décantés. Les dépôts sont passés au filtre-presse ou mélangés au marc avant le lessivage.
- Les jus décantés sont filtrés sur de la pâte de cellulose fréquemment lavée. On peut aussi les clarifier avec du kaolin ou de la caséine. L’évaporation s’opère dans l’appareil classique à vide, avec condenseur barométrique (ou pompe à air humide) Cet appareil peut être discontinu ou continu. Certains modèles comportent des agitateurs. Dans un vide de 29 pouces, le liquide bout à 290 C. Le sirop marquant 68° Balling est refroidi aussitôt; il se dépose alors de la crème de tartre.
- La concentration par congélation est moins courante. Elle donne des sirops pesant 5o° à 6o° Ballings, mais on les additionne d’autres à 70-75°, obtenus dans le vide, comme il vient d’être dit. La conservation des sirops se fait en frigo, à moins qu’ils ne soient pasteurisés ou sulfités. .
- Sans doute, les diverses manipulations dont nous venons de parler ne sont pas du ressort du viticulteur ordinaire, mais celui-ci peut, au moins, préparer les moûts sulfités. De son côté, le futur industriel ne doit pas oublier qu’il aura à se soumettre aux exigences de la législation appliquée aux fabricants de glucose.
- La préparation des moûts stérilisés et des jus mousseux, deux produits qui constituent les vins sans alcool, est plus compliquée et plus délicate. Il faut tuer toute levure et autres ferments par une température ne dépassant pas 90° qui doit être soigneusement étudiée, de même que la durée d’action du calorique. Tel moût de raisin délicat supportera difficilement 6o°, tandis que tel autre pourra atteindre sans danger 71°. Dans un jus riche en acide, les ferments résisteront moins. Il faut, d’autre part, altérer le moins possible les constituants et les propriétés organoleptiques de la boisson (goût de cuit, insolubilisation de certains principes, etc). La personne qui conduit les opérations doit donc connaître la composition chimique de la matière première au sortir du pressoir.
- Dans toutes les manipulations il faut observer la plus grande propreté (appareils, bouteilles, locaux, air, etc.), sinon on peut avoir des déboires aux premières chaleurs du printemps, où l’on voit des bouteilles « sauter » ou leur contenu contracter un goût désagréable. Mais un produit bien préparé peut se conserver une ou plusieurs années sans fermenter.
- La préparation commence comme celle du vin blanc : foulage de la vendange entre les cylindres du broyeur, pressurage du marc ; décantation du moût après quelques heures de repos; si besoin est, filtration sur amiante, par exemple. On peut filtrer plusieurs fois, mais ce n’est pas toujours sans risques pour le goût de la boisson.
- Vient ensuite la pasteurisation ou chauffage. Le vin circule dans un tube-spirale en aluminium, par exemple, plongeant dans de l’eau chauffée par de la vapeur d’eau. A sa sortie, il est refroidi par du moût frais qui va se pasteuriser lui-même ; cette récupération de calories économise du combustible.
- Le moût pasteurisé est envoyé en cave froide dans des tonneaux de i5 à 20 hectol. bien aseptisés, autant que possible, neufs et bien étanches (vérification préalable) où l’on a fait le vide. Ils portent un contrôleur de fermentation (serpentin en S noir qui devient blanc), A défaut du vide on remplit complètement les récipients pour éviter le contact funeste de l’air. Comme il se forme de la mousse, qui vers la fin gênerait le complet remplissage, à ce moment on la fait disparaître en frappant fortement sur le tonneau avec une masse de bois (batte). Enfin, on bouche.
- Pour la livraison on met en bouteilles — généralement de 3/4 de litre — bien nettoyées. Une fois pleines
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- VARIÉTÉS
- il faut les pasteuriser à leur tour (infection par l’air ou par la bouteille elle-même). Par exemple, elles sont placées droites dans une cuve métallique munie d’un couvercle. On remplit d’eau que l’on porte à 700 avec un serpentin de vapeur et dont le niveau reste un peu au-dessous du goulot des bouteilles. On laisse ainsi une demi-heure. On bouche alors immédiatement ces dernières, par exemple avec une capsule métallique munie intérieurement d’une rondelle de liège. Il est utile de mirer le liquide, pour mettre de côté les bouteilles troubles dont on filtrera le contenu.
- Les bouteilles pourvues d’un paillon sont emballées par 12 ou 24 dans des caisses.
- Chez le consommateur, quand tout leur contenu n’est pas consommé immédiatement, on les bouche avec un tampon de coton qui arrête les poussières et lés microbes de l’air, ce qui permet de conserver la boisson 3 à 4 jours.
- Un des principaux défauts de la pasteurisation, c’est d’entraîner souvent le trouble du liquide par des substances colloïdales coagulées plus ou moins ténues. Mais l’inconvénient n’a (souvent pas grande importance pour les vins très colorés.
- La simple décantation n’est pas toujours ici suffisante ni même la filtration. L’emploi d’enzymes protéolytiques capables de dissoudre les précipités demande trop d’habileté technique et de surveillance. Le tamisage suivi du collage convient mal pour un liquide non fermenté ; la clarification est lente et incomplète et la composition du jus peut être altérée ainsi que le goût et 1 arôme. L acide silicilique gélatineux est d’une préparation désagréable et difficile; il obstrue, d’ailleurs, les filtres et enfin il produit une clarification imparfaite. Le charbon, lui, absorbe les principes aromatiques, il décolore trop et il n’élimine pas suffisamment les pectines et les gommes ; et puis des particules très fines de ce clarifiant, traversant les filtres, restent dans le liquide et finissent par se déposer sur les parois des bouteilles.
- M. J. Caldwell, qui a fait ces remarques aux Etats-Unis, recommande la farine fossile (squelettes de diatomées). Elle enlève bien les substances colloïdales et respecte les substances colorantes aromatiques. Avant d’employer ce produit, il faut le porter au rouge pour détruire les traces de paraffine qu’il contient sous sa forme commerciale. Celte calcination est nécessaire aussi pour purifier et faire servir à nouveau les farines qui ont perdu de leur propriété par l’usage.
- Le jus à clarifier est laissé en repos 12 à 18 heures, puis on le décante avec un siphon. On y incorpore alors intimement 700 à 1 000 grammes par hectolitre de farine en question et l’on filtre immédiatement après. On agite le liquide de temps à autre pendant cette opération,
- pour tenir le clarifiant en suspension et empêcher qu’il n obstrue le filtre. Ce dernier peut être fait d’une pâte compacte de poudre fossile même, retenue par un réseau serré de fils de nickel et par un drap. La filtration est activée par une pompe aspirante.
- Pour les usages domestiques on emploie un filtre un peu plus épais et on laisse simplement agir la pesanteur, le liquide étant dans un récipient d’au moins o m. 60 de hauteur, que l’on maintient presque toujours plein.
- Si le liquide est chauffé, la filtration marche beaucoup plus vite. Ce chauffage peut se faire dans des vases ouverts, à la température de 45 à 6o°, en surveillant bien ce dernier chiffre, car les propriétés organoleptiques de certains jus délicats pourraient en souffrir.
- D’après M. Caldwell, ce traitement permet de supprimer la première pasteurisation et la conservation préliminaire. Les jus restent parfaitement limpides en bouteilles pasteurisées, et ils conservent à un haut degré l’arome caractéristique et les qualités du moût frais.
- Dans la préparation des jus mousseux on ne peut compter, évidemment, sur la fermentation naturelle du sucre du raisin par les levures, pour saturer le liquide de gaz carbonique, car il se formerait aussi de l’alcool. On doit ajouter ce gaz, et de telle façon qu’il donne une boisson vraiment mousseuse, avec de très petites bulles et non un simple produit pétillant, n’ayant que de grosses bulles qui crèvent rapidement.
- Les opérations, ici, sont les mêmes que dans la préparation précédente, jusques et y compris la mise en bouteilles. Avant la pasteurisation de ces dernières, on introduit dans le liquide le gaz carbonique à la pression de 2 à 6 atmosphères, suivant la température du liquide et la nature du produit que l’on désire ; exemple, 2 atmosphères pour un mousseux, 5 à 6 pour un champagne. L appareil à limonade est généralement employé pour cette opération. Parfois, aussi, le liquide pasteurisé est « carbonique » en masse; puis il passe dans un filtre ad hoc, et, enfin, dans la tireuse qui le met en bouteilles.
- On emploie, naturellement, ici du verre assez épais pour résister à la pression du gaz, surtout pendant la stérilisation qui peut se faire en vase clos, de façon que la pression de la vapeur extérieure équilibre la pression interne pour éviter la « casse ». A ce point de vue, la conduite de cette dernière phase de la fabrication est délicate.
- Le bouchage et 1 habillage des bouteilles se font comme pour les bouteilles de champagne ordinaire. Les machines sont les mêmes et la présentation des bouteilles est identique. Enfin, ces dernières sont conservées au frais et couchées. Antonin Rolet
- Ingénieur agronome.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Beurres de fruits. — Technique de fabrication. — Les beurres de fruits constituent des produits alimentaires fort agréables. Leur préparation, en ce qui concerne ceux de prunes et de poires, ne présente pas de difficultés particulières en se conformant aux indications suivantes.
- En principe, il est préférable d’utiliser toujours des fruits ayant atteint leur Complète maturité.
- Après avoir été dûment épluchés, les fruits, dont on a extrait la partie centrale renfermant les pépins ou les noyaux, sont placés dans une chaudière en aluminium.
- On ajoute la quantité d’eau nécessaire pour pouvoir procéder à l’extraction des jus des fruits sans qu’il y ait des risques de carbonisation.
- Dans le cas de fruits dont les pépins ou les noyaux ne s’enlèvent que difficilement, ou même dont l’extraction préalable serait impossible, on procède à leur élimination, par filtrage à travers un crible, du jus obtenu par cuisson.
- « Beurre » de prunes. — Pour la préparation du « beurre de prunes », utiliser les matières suivantes en
- se conformant rigoureusement aux données quantitatives de la formule :
- Pulpe de prunes..................1000 gr.
- Sucre........................... 12.5 __
- Cannelle............................ a __
- Clous de girofle................... 1 __
- Après àvoir ajouté le sucre à la pulpe de fruit, on porte à ioo° C. environ. Puis on additionne les diverses épices, et on poursuit la cuisson jusqu’à ce que le produit ait acquis le degré de consistance désiré. Ce point, assez délicat de la préparation, demande une certaine expérience qui ne s'acquiert que par la pratique. On peut toutefois déterminer cette consistance en laissant refroidir une petite quantité des matières traitées. Désire-t-on améliorer la couleur de la gelée, ou mieux du « beurre » ainsi obtenu, on peut y ajouter du jus de raisin concentré dans la proportion de 1 litre par 10 kg de pulpe.
- Il va de soi que la préparation de ce « beurre » s’effectue par grandes quantités et que les données quantitatives que nous avons fournies plus haut ne servent
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- seulement que comme indication des proportions des divers ingrédients à utiliser.
- « Beurre de poires ». — La préparation du « beurre de poires », sans présenter de difficultés plus particulières, donne des résultats plus satisfaisants encore que ceux qui peuvent être obtenus, en se conformant rigoureusement aux indications que nous venons de fournir, pour la fabrication du « beurre de prunes ». Nous donnons ici les données numériques quantitatives nécessaires pour la préparation industrielle d’une « fournée » assez importante. Les proportions des diverses matières à utiliser sont les suivantes :
- Pulpe de poire.
- Sucre .........
- Clous de girofle Cannelle. . . .
- Gingembre . .
- Jus de citron. .
- Les poires, pelées et débarrassées de leurs pépins, sont écrasées dans les appareils utilisés à cet usage, soit pour les raisins, soit pour les pommes. La pulpe obtenue par ce traitement est mise dans une chaudière à chemise de vapeur. Après avoir ajouté le sucre, on porte à l’ébullition en chauffant à io3° C. environ. On ajoute ensuite le jus de raisins et on continue la cuisson, en élevant la température à io4° C. Ajouter alors les épices, puis, après avoir vigoureusement agité le tout, chauffer jusqu’à ce que la température de ioo° C. soit de nouveau' atteinte. On arrête la cuisson aussitôt que cc résultat est obtenu, puis on procède immédiatement à la mise en boîtes et au scellement de celles-ci. Si on a le soin d’effectuer cette dernière opération alors que le produit est encore à une température très voisine de ioo° C., la stérilisation est inutile. Elle devient rigoureusement nécessaire si on y procède à une température inférieure à ioo° C., ou si le « beurre » s’est refroidi avant le scellement des boîtes. La thermopénétration étant très lente en raison de la consistance des matières, il est indispensable, pour assurer la conserve, de stériliser à ioo° C. pendant i heure à i h. 1/2.
- Le « beurre de poires » est un produit dont la préparation peut se faire par très grandes quantités. On peut également y procéder en utilisant des fruits secs. Les
- résultats obtenus sont aussi satisfaisants que ceux que donne l’emploi de fruits frais.
- Estimation du rendement en lait des vaches laitières. — L'Agriculteur du Centre indique un procédé empirique, employé parles éleveurs belges pour estimer la capacité de production des vaches. Ce procédé, qui a été reconnu pratiquement à peu près exact, est appelé « système 658 ». Voici en quoi il consiste : Vous mesurez le nombre de litres de lait que donne la vache dont il s’agit au cours d’une journée, 6 semaines après son vêlage, la vache étant soignée, nourrie, traite, etc., comme à l’ordinaire. Vous notez le nombre obtenu. Même opération 5 mois après le vêlage et même et dernière opération 8 mois après le vêlage. Le total des 3 nombres obtenus multiplié par ioo donne le nombre de litres de lait donnés par la vache en 12 mois.
- Ainsi, si en une journée, une vache laitière donne :
- Six semaines après son vêlage, 20 litres;
- Cinq mois après son vêlage, 10 litres ;
- Huit mois après son vêlage, 5 litres ;
- Le total de ces 3 nombres est 35 litres et l’on peut estimer sa^production annuelle à 35 X 100 = 35oo litres de lait.
- Procédés de soudure dé Paluminium. — Il est
- assez difficile de souder l’aluminium par le procédé habituel, parce que la soudure ne prend pas sur ce métal, qui ne se laisse pas mouiller.
- Un alliage d’étain très pur et d’aluminium pur, dans la proportion de trois parties d’étain et d’une partie d’aluminium, permet de faire une soudure assez facilement.
- On peut aussi employer un autre procédé que voici :
- Dans un creuset en terre réfractaire, faire fondre un peu d’aluminium pur ; nettoyer, en les grattant avec soin, les parties à souder et ensuite, après les avoir chauffées, leur appliquer, à l’aide d’un pinceau en fils métalliques, une couche d’aluminium en fusion. Lorsque les deux pièces à souder sont bien enduites d’aluminium liquide, les presser fortement l’une contre l’autre. Appliquer alors une ou deux nouvelles couches d’aluminium sur la soudure et terminer l’opération en projetant sur celle-ci un peu d’eau froide, afin de déterminer un rapide refroidissement. On réussit très bien de cette façon la soudure des pièces en aluminium.
- 453 kg 000 226 kg 5oo o kg 453 o kg 453 o kg 453 27 litres.
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- AVIS. — L’abondunce des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Errata. — Dans le n° 2578, « Science appliquée », page 63 du Supplément, figure 1, le circuit oscillant de résonance est naturellement relié au + 80 volts, comme nos lecteurs l’ont sans doute compris.
- . De même, lire « Il est possible d’effectuer un réglage minutieux... », au lieu de « Il est impossible... » dans la dernière phrase de l’article.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- coussinets auto-graisseurs, sans huile, du type Bound Brook, cités dans l’article sur « l’industrie du graphite » paru dans notre numéro du 25 août, sont vendus en France par la Société Glaeuzer, 35, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Multilite (N° du Ier sept.) : Buchin, G, rue Dante, Paris.
- Réponses. — M. G. B. Thonon. — Il est impossible de répondre ici, d’une façon suffisamment détaillée, à toutes vos questions ; mais, puisque vous nous demandez de vous indiquer un ouvrage pratique, vous trouverez les renseignements que vous désirez dans le Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Delagrave, éditeur, 15, rue Soufflot).. Vous y trouverez les données concernant le coloriage des diapositifs, le temps de pose, la lumière artificielle, la retouche, le procédé à l’huile, etc. — Pour ce qui concerne la photo-
- graphie amusante, voyez l’ouvrage de C. Chaplot : La Photographie récréative et fantaisiste (Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas).
- M. G. Hess, à Rheineck (Suisse). — Pour détruire les courtilières dans un jardin potager, on peut [recourir à divers procédq^, suivant les situations. Disposer çà et là dans les carrés envahis des petits tas d’herbe fraîchement arrachée; quand cette herbe est en partie décomposée, soulever ces tas au moment le plus chaud de la journée, les courtilières y sont réfugiées, les ramasser très vivement, car elles s’enfoncent rapidement en terre, et les jeter dans un seau d’eau dans laquelle on a versé de l’huile; replacer les appâts. On peut aussi disposer comme pièges, dans les carrés, entre les lignes de légumes, des pots à fleurs vides dont le trou est bouché avec soin, enterrer ces pots, de manière que le bord supérieur se trouve en contre-bas du niveau du sol. En creusant leurs galeries, les courtilières tombent dans les pots remplis d’eau et se noient. Rechercher les lieux de ponte en suivant les galeries avec le doigt, asphyxier les courtilières dans leurs nids en y versant de l’huile ajoutée à une dissolution de savon noir. Enfouir çà et là, dans le sol, de vieux chiffons imbibés de pétrole ou des capsules au sulfure de carbone, à la benzine ou au lysol.
- M. N. M. J. T. (Algérie). — Les insectes qui attaquent vos lentilles vertes sont des Bruches ( Bruchus pallidi-corius), coléoptères très voisins des charançons (curcu-lionides). Le moyen de les détruire c’est de purifier les semences en les exposant à une température constante de 6o° dans un four ou une étuve à air chaud et sec ou aux vapeurs de sulfure de carbone, sans détruire leur •faculté germinative. Prendre toutes précautions dans
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- BOITE AUX LETTRES
- 1 "emploi du sulfure de carbone, gaz détonant, éviter le voisinage de tout corps en ignition. Mettre les graines avec une quantité d’un décilitie de sulfure de carbone par hectolitre, dans un tonneau bien bouché, durant une heure et demie à deux heures, en évitant une basse température pour opérer.
- Quatre jours suffisent pour tuer les bruches logées dans les lentilles.
- Comme moyens physiques préservatifs : pelletage fréquent des graines, ventilation énergique au tarare, aération et propreté du local.
- M. JP. G., rue Bouschet de Bernard, Montpellier. — L’Inspecteur des Eaux et Forêts, de votre circonscription— avec lequel vous pourriez vous mettre en rapport, en vous renseignant à la Préfecture — pourrait, croyons-nous, après un examen de votre propriété boisée, vous donner dès directives en vue de l’utilisation la plus avantageuse de vos diverses variétés de chêne à exploiter industriellement. Il ne nous est guère possible de vous dire, à distance, sans apprécier de visu l’ensemble des essences à exploiter, leur importance, leur âge, les débouchés qui pourraient s’offrir sur place ou dans la région, les conditions économiques, les ressources en main-d'œuvre, etc., quel serait le mode d’utilisation le plus profitable.
- M. G. D., Le Thillot (Vosges). — i° Pour documentation sur les plantes textiles : Sisal, Manille, Maguey ét fibres similaires, voici les ouvrages que vous pourriez consulter : Le Sisal (Hennequen), Culture et préparation, par A. Marquès, i volume ; Culture du Maguey, par L. Watelin, i brochure; L’Agave, culture et exploitation, par Félicien Michotte, i vol.; Les Sanse-viéries, culture et exploitation, par le même, i vol. ; Le Rafia, exploitation et utilisation, par M. Deslandes, i brochure ; Détermination de la valeur commerciale des fibres de coco, par Yves Henry, i vol. ; La Ramie et ses analogues, par Bigle de Cardo, i volume. Voir aussi dans la collection de la revue L’Agriculture pratique des pays chauds, les articles sur l’abaca, le jute, la ramie, le kapok, le boulouba, le buntal, le sisal, le zapupe, les fibres d’aloès, les fibres textiles indo-chinoises (Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6a) ; Les Textiles végétaux, par Beauverie, 1 vol. (Gauthier-Villars, édit., 55, quai des Grands-Augustins, Paris, 6') ; Plantes textiles, par Henri Jumelle, 1 vol. (Amat, éditeur, Paris, 11, rue de Mézières, 6°).
- a” Sur la corderie, voyez Manuel du cordier, contenant : culture des plantes textiles, extraction de la filasse, fabrication de toutes sortes de cordes et câbles, etc., par G. Laurent, 1 vol. (Mulo, éditeur, Paris, iî, rue Hautefeuille, 6e).
- 3° Sur l’entomologie, voici les ouvrages s’y rapportant : Entomologie et parasitologie agricoles, par Gué-naux, 1 vol. ; Les Insectes nuisibles, par Montillot, 1 vol. ; Les Insectes, par J. Kunckel d’Herculais, a vol. ; Atlas des insectes de France, utiles ou nuisibles, par Donge; Guide pratique d’entomologie agricole, par H. Gobin, 1 vol.; Les Insectes, pargiF. Hanneguy, 1 vol.; L’Amateur d’insectes, par Montillot,! vol.; Les Ennemis de Vagriculture, par Calixte Rampon, 1 vol. (Libraixùe agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6#).
- Un lecteur. — Tissus batikés (n° 2572). M. Léonard, directeur général du « Batik », 5i, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris.
- M. L. Chevalier, à Réguinez. — Voici les adresses de quelques maisons achetant d’occasion des appareils photographiques : A. Maillard, 53, rue Taitbout; M. Assémat, g5, rue des Petits-Champs; La Fayette-Photo, 124» rue Lafayette; J. Dalmais, 43, boul. Beaumarchais; G, Fournier, 26, boulevard Beaumarchais; Photo-Omnia, 76, avenue des Ternes.
- M. Edouard Acker, à Logelbach. —- i° Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet, éditeur, Delagrave, i5, rue Soufflüt, Paris. 20 Pour les châssis à plaques, l’enduit suivant est préférable aux laques ou couleurs susceptibles de produire des voiles :
- Eau chaude..................5oo c. c.
- Borax. . ................... . i5 gr.
- Gomme laque en écailles . . 3o —
- Glycérine.............. • • i5 c. c.
- Faire dissoudre dans l’ordre indiqué, puis ajouter ;
- Noir d’aniline ....... 60 gr.
- On obtient ainsi un beau noir velouté qui ne s’écaille pas.
- M. G. L., rue Barthélemy-Delespaul, Lille. — Nous
- ne saisissons pas le côté pratique de la question que vous posez relativement à la porosité de la coquille de l’œuf. On ne possède aucune donnée dans le sens que vous indiquez. La chambre à air ne contient jamais d’eau; cela tient à ce que le pouvoir endosmotique des membranes de l’œuf est considérable de la surface extérieure à la surface intérieure et presque nul en sens inverse. Le principe sur lequel repose la conservation des œufs est la non-pénétration de l’air dans l’œuf; mais ni l’eau de chaux, ni le silicate de potasse (verre soluble) ne réalisent l’asepsie des œufs en conserve. La conservation doit se faire en vase clos, dans un milieu absolument dépourvu d’oxygène et qui soit assez antiseptique pour détruire les microorganismes ou en empêcher la croissance. La température de conservation doit être voisine de o°, afin de contrarier le plus possible les fermentations d’ordre purement chimique et de renforcer l’action de l’antiseptique.
- En ce qui concerne la conservation par stérilisation suivie d’enrobage dans un enduit protecteur, il y a le procédé de Kœghel : immersion de l’œuf dans une solution de fluorure d’argent à o gr. 2 par litre et ensuite enrobage dans un mélange composé comme suit ;
- Huile d’arachide...........14 gr.
- Huile de palme.............20 —
- Huile de coco..............16 —
- Axonge.....................47 —
- Spermaceti................. 2 —
- Trioxyméthylène . . . 1 —
- Thymol pulvérisé .... o gr. o5
- Le mélange préparé à feu doux acquiert, à froid, la consistance de la vaseline et se manipule aussi facilement. Inutile de remuer les œufs.
- Le seul procédé industriel vraiment recommandable pour de grandes quantités d’œufs est la conservation par stérilisation, dans un milieu antiseptique (anhydride carbonique et azote), concurremment avec la réfrigération.
- Au cas où vous auriez en vue la conservation industrielle, nous vous mettrions volontiers en rapport avec l’ingénieur, auteur dudit procédé.
- M. Borgeaud, à Alger. — Veuillez vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. Bortal de Bosc Roger, dans le n° 2561 du 5 mai 1923, page 143 de la « Boîte aux Lettres ».
- M. J. A., à Reims. — i° Le celluloïd se recolle au moyen d’une solution de celluloïd dans un mélange
- d’acétone et d’acétate d’amyle ; on prend habituellement les proportions suivantes ;
- Celluloïd....................... 10 gr.
- Acétate d’amyle..................5o —
- Acétone..........................5o —
- 20 On peut effectivement agglomérer du grès en l’additionnant d’environ son poids d’oxyde de zinc, puis en délayant le mélange dans une quantité de chlorure de zinc commercial (45° B), suffisante pour former une pâte épaisse, la masse devient très dure au bout de quelques jours ; — 3° Nous ne connaissons pas de procédé d'émaillage réel du ciment dans les conditions que vous indiquez, peut-être voulez-vous parler d’une peinture émail; — 4° On peut, en effet, appliquer sur porcelaine ou faïence des motifs de décoration par décalcomanies préparées spécialement dans ce but, mais il faut ensuite passer par la vitrification au four pour que les couleurs s’incorporent avec la couverte et fasse corps avec elle; — 5° Vous trouverez tous renseignements sur la fabri-cation des duplicateurs dans notre réponse à M. Meus-nier, de Tours, n° 2565 du 2 juin 1923, page 174; — 6° La fluatation est tout indiquée pour le durcissement des carreaux en ciment comprimé; la maison Teisset-Kessler, de Clermont-Ferrand, vous fournira les produits nécessaires.
- M. H. G., à Paris. — La cristallisation du sucre à la surface de vos confitures provient de ce que les fruits employés n’étaient pas assez acides pour transformer une bonne partie du sucre en sucre interverti, mélarige de glucose et de lévulose. On peut éviter cet inconvénient en ajoutant pendant l’ébullition des confitures quelques grammes d’àcide tartrique ou d’acide citrique.
- M. Bordenave, à Noisiel (Seine-et-Marne). — h’enlèvement des taches d’huile sur le marbre s’effectue en recouvrant ce dernier d’une bouillie de terre à foulons et de benzine. L’huile dissoute par la benzine est retenue en surface par la terre, l’opération étant répétée à
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- BOITE AUX LETTRES
- plusieurs reprises permet, avec de la patience, d’obtenir le résultat cherché.
- M. Outhenin-Chalandre, à Charleval (Eure). — Pour démastiquer les vitres, un tour de main très pratique consiste à mettre de l’acide sulfurique concentré (huile de vitriol du commerce), dans une petite bouteille fermée par un bouchon de caoutchouc présentant deux fentes opposées. L’acide étant ainsi rendu maniable, on en verse quelques gouttes sur le vieux mastic. Celui-ci étant constitué essentiellement par du blanc d’Espagne (carbonate de chaux), il se produit une effervescence et le mastic devient rapidement assez mou pour être enlevé avec une raclette en bois. — N. B. L’acide sulfurique étant très caustique, éviter de s’en mettre sur les mains ou les vêtements.
- M. Blanchard, à Guingamp. — Le révélateur métol-hydro-quinone exposé à l’air devient assez rapidement brun. Il est préférable de le loger dans des flacons de petite capacité permettant de ne mettre en service que la quantité nécessaire au développement du nombre de plaques prévu ; personnellement, nous ne nous sommes pas bien trouvés de conserver le bain vieux.
- M. Régniez, à Pons (Charente-Inférieure). — Les dessins en blanc sur carton noir s’obtiennent très facilement en délayant du blanc d’Espagne dans une quantité suffisante de silicate de soude au dixième (une partie de silicate de soude du commerce pour neuf parties d’eau). Les traits tracés au pinceau présentent après dessiccation une très grande solidité. Si on veut avoir une coloration il suffit d’ajouter à la mixture quelques gouttes d’une solution concentrée de couleur d’aniline basique, auramine, orangé II, rhodamine, violet de Paris, bleu de méthylène, vert émeraude, Vésuvine, jaune de quinoléine.
- *M. de Montravel, à Lyon. — i° Lorsque l’on veut obtenir des parchemins parfaitement plans et exempts de gondolage, il faut, après les avoir mouillés d’une façon complète, les laisser sécher sous tension. De nombreux dispositifs peuvent être imaginés dans ce but : fixation sur un cadre à dimensions convenables, collage des bords sur une planche à dessin, l’un des plus simples est l’épinglage sur une feuille de liège assez épaisse dans le genre de celles employées par les entomologistes ; — a0Nous recevrons avec plaisir communication du procédé de blanchiment des parchemins qui vous a donné satisfaction, pour en faire profiter nos lecteurs.
- M. Guyot-Lallisse, à Binche (Belgique). — Le carton pierre est constitué par un mélange de pâte de vieux papiers, colle forte, blanc d’Espagne, kaolin et huile de lin, que l’on soumet encore chaud à une forte pression; suivant la prédominance de l’un ou l’autre des composants,- on peut obtenir des cartons durs ou élastiques, vous pouvez prendre comme type la composition suivante : Pâte de vieux papiers. . . . ioo gr.
- Colle forte.................... ioo —
- Blanc d’Espagne................ ioo —
- Kaolin......................... 200 —
- Huile de lin....................100 —
- La colle ayant été gonflée pendant douze heures dans son poids d’eau, on liquéfie au bain-marie et ajoute successivement en malaxant les autres éléments; si besoin est, on rajoute la quantité d’eau nécessaire à l’obtention d’une pâte ferme, on passe à la presse hydraulique en moules graissés, puis sèche à l’air ou à l’étuve après démoulage.
- M. Armand H., à Paris, —- Le Rahut el holkoum, ce qui, paraît-il, signifie en turc les délices du gosier, se
- prépare de la manière suivante :
- Prendre : Sucre blanc...............1000 gr.
- * Eau non calcaire .... 3oo —
- Faire cuire à consistance de sirop épais avec une cuillerée à bouche de jus de citron, puis y verser sous forme de filet un lait d’amidon obtenu en délayant dans l’eau froide
- Amidon de riz.......... ia5 gr.
- Cette addition doit se faire lentement en tournant constamment de façon à éviter la formation de grumeaux.
- La masse bien liée est remise sur le feu et on continue à cuire en tournant toujours jusqu’à ce que le produit soit épais, on le verse alors dans un plat saupoudré d’amidon et on donne à la pâte une épaisseur de 4 à 5 cm, finalement on coupe en carrés. On peut ajouter à cette pâte des amandes, des pistaches, des noisettes que
- l’on y introduit après les avoir mondées, en même temps que l’amidon.
- Quant au parfum, il est habituellèment obtenu par quelques gouttes d’essence de roses, mais on peut lui substituer à volonté toute autre essence de fruits.
- M. Parise, à Clion (Indre). — Vous. obtiendrez une
- bonne colle pour le cuir en prenant :
- Giitta-percha.................. i5 gr.
- Sulfure de carbone.............xoo —
- Essence de térébenthine. . . 100 —
- Faire digérer la gutta pendant plusieurs jours dans le sulfure de carbone jusqu’à dissolution complète, ajouter ensuite l’essence, laisser déposer, pour sédimenter les impuretés, décanter le liquide clair qui constituera la colle. N. B. Le sulfure de carbone étant très volatil, employer pour la digestion ci-dessus un flacon bouché à l’émeri, faire les manipulations de jour pour éviter toute inflammation intempestive.
- M. Çoveault, à La Blaiserie (Vienne). — JJoléine est l’acide oléique obtenu en même temps que l’acide stéarique pendant la fabrication des bougies (Voir Boîte aux Lettres du n? 256g, p. 2x1, réponse à M. Riso, de San Lorenzo (Paraguay). D’autre part, le noir d’os est le produit appelé couramment noir d’ivoire, vous le trouverez sous cette désignation chez tous les marchands de couleur. Nous ne voyons pas qu’il y ait de modifications à apporter dans la formule dont vous parlez, cette formule étant correcte.
- M. Henry, à Saint-Etienne. — Rien de plus facile que d’empêcher votre encre pour baromètre enregistreur de sécher trop rapidement : ajoutez-y un peu de glycérine 20 à a5 pour 100 environ; grâce au pouvoir hygrométrique de celle-ci l’encre conservera ainsi sa fluidité.
- M. Le Net [M. /.).— i°Un produit chimique nouveau peut être breveté en France, à condition de ne pas être une composition pharmaceutique ou un remède, et d’être un produit industriel, c’est-à-dire ayant un but utile déterminé; les marques de fabrique ou de commerce ne protègent pas le système ou genre de produits sur lesquels on les appose, mais sont l’estampille ou la désignation adoptée par le fabricant ou le négociant et destinées uniquement à permettre au public acheteur de ne pas confondre les produits d’une maison avec les produits similaires d’une autre. i° Il existe dans le commerce de nombreux produits destinés à enlever les taches d’encre, par exemple l’Encriphobe, le Corrector qui sont présentés en deux flacons, l’un contenant une solution de permanganate de potasse, l’autre une solution de bisulfite de soude; on applique successivement au moyen d’une baguette de verre chacune des dissolutions dans l’ordre ci-dessus et la tache disparaît. Pour plus de détails, voyez réponse au Foyer civil de Nancy dans un précédent numéro. 3° Vous trouverez des bouchons en caoutchouc munis de tous dispositifs de verrerie à la maison Neveu, 24, rue Racine.
- M. Gilly, à Boufarik. — Nous pensons que les Email-leries de Noyon (Oise) seraient susceptibles de vous fournir des récipients répondant aux conditions imposées; veuillez exposer vos desiderata à cette maison qui vous fixera sur les possibilités de réalisation.
- M. d’Ales, à Meslay-du-Maine (Mayenne). — V S’il s’agit réellement d’objets en bronze et non en fonte moulée, la soudure des fragments peut se praliquer facilement à l’étain en employant comme décapant le chlorure de zinc (acide muriatique décomposé des plombiers), le chauffage se faisant avec la lampe à souder dont ils font un usage habituel (Eolipyle Paquelin) ; un peu d’adresse et d’ingéniosité sont seules nécessaires. 20 Pour percer le verre, monter sur une chignolle un foret triangulaire, de forme analogue au tiers-point que l’on trempe préalablement très dur en le chauffant au rouge et l’enfonçant aussitôt dans un morceau de plomb. Appliquer le foret ainsi préparé à l'endroit que l’on veut percer humecté de quelques gouttes de la solution ci-dessous :
- Benzine....................100 gr.
- Camphre.................... 10 —
- Huile d’olives . . . . . . 3o —-
- Ne percer que jusqu’au milieu de l’épaisseur de la lame de verre, puis attaquer de l’autre côté, on évite ainsi le bris de la plaque qui se produirait presque fatalement au moment où le foret ressortira sur l’autre face.
- M. Souillard, à Neubourg (Eure). — Nous n’avons pas connaissance de la composition de cette spécialité et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ============
- Introduction géométrique à l’étude de la Relativité, par Henri Marais, i vol. in-8, 192 p., 22 fig. ; Gaulhier-Yillars, éditeur. Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- L’auteur s’est proposé de rédiger sous une forme aussi simple et aussi claire que possible, et en se plaçant au point de vue géométrique, une sorte de grammaire du langage mathématique de la Relativité. Il étudie successivement les espaces euclidiens et les lois d’invariance pour les transformations linéaires, puis les espaces de Riemann et les lois d’invariance pour les transformations continues quelconques, en indiquant le rôle joué daas les théories relativistes par les notions géométriques ainsi expliquées.
- Ce livre rendra particulièrement service à' ceux qui, possédant les éléments de l’analyse, désirent étudier les exposés spéciaux sur la Relativité. Il les familiarisera avec les conceptions fondamentales et les procédés de calculs des théories relativistes.
- La T. S. F. des amateurs : télégraphie, téléphonie, par Franck Duroquier, 6e édition, revue, mise à jour et augmentée. 1 vol. in-12, 386 p., 36g fig. Masson et G10, Paris. Prix : 10 francs.
- Tous nos lecteurs connaissent la clarté et la précision des exposés de M. Duroquier relatifs à la T. S. F. Il est un initiateur de grand mérite qui a appris à beaucoup d’entre nous les mystères sanlilistes et l’art d’installer un poste convenable presque sans frais.
- M. Duroquier a résumé sa science et ses conseils dans un manuel pour la construction et 1 utilisation des appareils récepteurs de télégraphie par ondes amorties et par ondes entretenues et des appareils de téléphonie sans fil, dont on a pu dire que c’est le véritable « bréviaire » de l’amateur.
- Les éditions de ce volume s’épuisent rapidement, ce qui permet de les tenir constamment à jour par l’addition de toutes les nouveautés reconnues intéressantes. La dernière qui vient de paraître contient un nouveau chapitre sur la réception des ondes courtes, de plus en plus employées par l’Ecole supérieure des P. T. T., les radio-concerts anglais, etc.
- Visual Illusions, their Causes, Characteristics and Applications, par M. Luckiesh. i vol. in-8, 161 p., 100 fig. Constable and C°, Londres. ?
- Les illusions d’optique sont nombreuses et fort intéressantes à étudier, tant du point de vue théorique pour la connaissance physiologique de la vision qu’au point de vue pratique pour l’éclairage, le dessin, l’architecture, le camouflage. L’auteur a réuni dans ce volume les principales, les plus importantes à connaître, surtout celles d’ordre statique et montre leur importance dans toute une série d’applications dont la dernière venue est le camouflage.
- Industrie des poils et fourrures, cheveux et plumes, par F.-J. Beltzfr, 2e édit., 1 vol. in-8, 261 p., 83 fig. Dunod, Paris. Prix broché : 25 francs; relié : 28 fr. 5o.
- Le commerce et l’industrie des fourrures ont pris daus ces dernières années un développement considérable. Pour satisfaire à ses besoins, la consommation a dû utiliser des peaux d’animaux les plus communs. C’est ainsi que l’industrie de la pelleterie emploie comme matière première un grand nombre de peaux rejetées auparavant, pour les faire travailler et en faire des imitations de fourrures rares.
- L’auteur s’est attaché à condenser toutes les connaissances nécessaires à 1 industriel, pour lui permettre une étude scientifique, rationnelle et pratique de ces questions.
- L’ouvrage de M. Beltzer, résultant d’expériences suivies de laboratoire et d’atelier, indique et décrit
- les méthodes et procédés divers de travail de ces matières premières depuis leur arrivée à l’atelier jusqu’à leur vente sous forme de fourrures imitant la loutre, le castor, le petit-gris, la zibeline, etc.
- Carènes de formes nuisibles, ou favorables a leurs grandes vitesses et résistances de Veau à leur translation, par M. le vice-amiral F.-E. Fournier, de l’Académie des Sciences. 1 broch., 32 p., 5 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1923. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur met en lumière, au moyen d’une analyse expérimentale appropriée, une classification générale des Carènes des navires de mer, de tous tonnages, y compris les submersibles, en deux catégories bien distinctes, selon que leurs formes usuelles, mais sans parties cylindriques et à étrave droite, sont nuisibles ou favorables à leurs grandes vitesses, supérieures à une valeur critique, w, dont il donne l’expression, en fonction des trois dimensions, principales, de la Carène en question.
- Il y montre, en effet, qu’une de ces Carènes appartient à la première ou à la seconde de ces deux catégories, selon que le rapport, — , de la résistance R de
- l’eau à sa translation, de vitesse v plus grande que w, augmente de plus en plus et indéfiniment, à mesure
- que le rapport- croît de 1 vers l’infini; ou, de moins
- en moins et seulement, alors, jusqu’à un maximum absolu, pour diminuer ensuite, en tendant vers une limite finie asymptotique.
- Enfin, il indique à quelles causes dynamiques doit être attribuée cette distinction remarquable; d’après quelles caractéristiques des formes d’une de ces Carènes on peut la classer dans l’une ou l’autre de ces deux catégories; et selon le cas, par quelles formules
- on peut calculer les valeurs du rapport — la concer
- nant, pour toutes les valeurs de v dépassant w>.
- Le mystère des abeilles, par l’abbé Eugène Evrard. 2e édition, 1 vol. in-16, 3g3 p. Duvivier, Tourcoing. Prix : 7 francs.
- Les abeilles ont toujours inspiré les savants et les poètes. Après Swammerdam, Réaumur, Hüber, Dzier-zon, après Maeterlink, on pourrait croire qu’il ne restait plus rien à dire et à chanter, et cependant voici un livre plein de poésie, riche d’observations, qui reprend le même thème, y ajoute, en fait une nouvelle œuvre personnelle et captivante. L’abbé Evrard a beaucoup fréquenté les abeilles, il a vécu leur vio autant qu’un homme peut le faire et il nous raconte tous les miracles, toutes les mer veilles de leur instinct précis, puissant, aussi riche que la plus belle intelligence.
- Volailles, lapins et abeilles, par E. Paradis et A. Mon-toux. 1 vol. in-8, 187 p., 52 fig. GauLhier-Villars, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- L’élevage des animaux de basse-cour et celui des abeilles constituent des branches très importantes de l’économie rurale. Contrairement à ce qui a lieu pour le gros bétail, on peut s’y livrer quelque peu dans toutes les situations et avec une très faible mise de fonds. En outre, on en retire toujours grand profit, à telle enseigne que dans bon nombre de petites exploitations rurales les produits de la basse-cour suffisent parfois à payer le fermage.
- Les auteurs indiquent ce qu’il faut savoir au point de vue pratique pour cette exploitation : choix des races, des reproducteurs, élevage, nourriture, soins à donner.
- Le mécanisme de la survie. Explication scientifique des phénomènes métapsychiques, par A. Rutot et M. Schaerer. i vol. in-16, i i3 p. Alcan, Paris et la Vulgarisation scientifique, Bruxelles. Prix : 6 francs.
- Essai d’explication des phénomènes métapsychiques que les auteurs admettent comme réels au moyen d’une entité fluidique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2581
- 22 Septembre 1923
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- INFORMATIONS
- Les sels de la Mer Morte et du Jourdain. — On
- sait, dit la Revue générale des Sciences, que la Mer Morte, située à près de 400 m. au-dessous du niveau de la mer et sans écoulement, s’enrichit constamment en sels, dont une partie cristallise sur son fond et ses bords. M. W. Irwin s’est livré récemment, dans le Géo~ graphical Journal de Londres, à une étude de la salinité de la Mer Morte et de son affluent, le Jourdain, et il a constaté une variation considérable de la première, suivant le point où les échantillons sont prélevés. La teneur totale en solides reste à peu près la même, mais on observe une diminution continue des sels de sodium et une augmentation des sels de magnésium en passant du nord au sud et vers la partie la plus profonde de la mer. Cette variation ne peut avoir d’autre cause qu’une cristallisation des sels de sodium sur le fond, qui laisse en solution les sels de magnésium plus solubles.
- L’analyse de l’eau du Jourdain a révélé une salinité remarquable, qui s’exprime en moyenne par o,o364 gr. de chlore par ioocm3à Jéricho. D’autres essais, faits en remontant le cours du fleuve, ont conduit à des résultats intéressants. Non loin de sa source, aux Eaux de Mérom, il est déjà fortement imprégné de sels, principalement des chlorures de sodium et de magnésium ; sa composition ne varie guère jusqu’au lac de Tibériade. Là on observe une légère augmentation de ces chlorures et une diminution du sulfate de calcium et de la silice, dues sans nul doute à l’évaporation, d’une part, et à la précipitation, de l’autre. Dans la suite de son cours jusqu’à Jéricho, il y a encore une augmentation des sels, surtout du chlorure de magnésium.
- De ces recherches, il résulte que l’origine principale des sels de la Mer Morte est bien le Jourdain, qui les apporte de l’Hermon et peut-être du Liban. Etant donné la quantité de chlorure de magnésium apportépar ce fleuve, le niveau de la Mer Morte doit s’élever d’environ 25 cm par siècle, car le Jourdain apporte plus de 80000 tonnes de ce sel par an, et si sa solution est déjà concentrée et qu’il n’en cristallise rien, ce qui paraît bien être le cas, il faut que lé niveau de l’eau s’élève de cette quantité.
- T
- Le pont de Saint-Pierre de Vauvray. Le plus grand pont en béton armé du monde. — Ce pont vient d’être terminé; La Nature lui a consacré un article dans son n° du 14 janvier 1922. On sait qu’un grave accident est survenu au cours de sa construction. Les échafaudages portant les cintres furent enlevés par un violent ouragan. Malgré ce contre-temps, l’ouvrage, un des plus remarquables qui existe au monde eu ce genre, est aujourd’hui achevé. Construit en béton armé sur les plans de M. Freyssinet, par la Société Limousin, il se compose d’une seule arche de i'D m. 80 de portée.
- C’est la plus grande portée actuellement atteinte par un pont en béton armé. Nous ne reviendrons pas sur la description de l’ouvrage; mais il est intéressant de signaler le procédé employé par M. Freyssinet pour le décintrage des arcs : la voûte fut soulevée au-dessus du cintre ; une coupure verticale, ménagée à la clé, servait
- de logement à des vérins hydrauliques agissant horizontalement et d’une puissance suffisante pour annihiler l’effort de poussée des voûtes, qui, en l’espèce, atteignait 5oo tonnes ; les demi-arcs, s’écartant alors l’un de
- l'autre, et se soulevant au-dessus du cintre, il ne restait plus qu’à effectuer le calage du joint ainsi ouvert. Cette façon de faire présentait des avantages considérables en supprimant les effets du retrait du béton ainsi que ceux du raccourcissement élastique. De plus, au lieu de cintres lourds, cette méthode permet de réaliser des cintres remarquablement légers.
- La protection du fer contre la rouille au moyen du cadmium. — On sait avec quelle facilité se rouillent la plupart des fers et aciers. Chaque année, des centaines de mille tonnes de métal retournent à l’état d’oxyde, et de grandes richesses sont ainsi anéanties. La lutte contre la rouille doit donc préoccuper tous ceux qui ont le souci de combattre le gaspillage des ressources de l’humanité. Cette lutte est pratiquée en général au moyen des peintures, ou par la galvanisation qui consiste à recouvrir le fer d’une couche de zinc. Un nouveau procédé fait actuellement son apparition sur le marché industriel anglais; c’est le revêtement au cadmium. Il consiste à pratiquer sur le métal, par voie électrolytique, le dépôt d’une couche de cadmium épaisse de 1 à 2 millièmes de millimètre. Le métal ainsi recouvert est ensuite recuit pendant quelques heures, pour assurer la formation d’un alliage entre le cadmium et le fer sous-jacent. On obtient par ce moyen un revêtement inoxydable, beaucoup plus durable et efficace que les revêtements connus jusqu’alors.
- Les bois de résonance. — U y a une vingtaine d’années, les bois de résonance employés en lutherie, pour fabriquer les caisses des violons, les tables d’harmonie des pianos et autres instruments analogues, provenaient en presque totalité des forêts autrichiennes de la Bohême, de la Hongrie et de la Forêt-Noire.
- Une variété très estimée : l'Epicéa à bois moiré, particulièrement propre à cet usage, ne se rencontrait que dans quelques cantons forestiers de l’Autriche. Son bois, parfaitement blanc,* a une sonorité supérieure à celle de tous les autres bois; lorsqu il est bien sec il devient stable et ne travaille plus. On sait que lorsqu’ils sont mis en vibration pour le jeu de l’instrument, les bois de résonance doivent produire des effets élastiques très réguliers, et cela ne peut être obtenu qu’avec des bois présentant une grande homogénéité de grains et une parfaite similitude de fibres.
- Les bois d’Epicea sont choisis parmi ceux dont les fibres sont très droites, les couches annuelles égales et minces, les nœuds très clairsemés.
- Les arbres qui réunisseat ces conditions sont relativement rares; ce sont ceux dont la croissance s’est faite -lentement et uniformément, à de grandes altitudes, sous un climat un peu rude, qui s’oppose à un développement trop rapide. Il faut que ces arbres aient atteint un assez fort diamètre, au moins 5o cm, pour pouvoir
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- INFORMATIONS
- fournir des bois de résonance, car, seule leur partie extérieure est utilisée dans la partie centrale, les couches annuelles présentent une courbure trop prononcée.
- Le traitement de ces arbres en vue de la lutherie s’effectue de la manière suivante :
- L’arbre abattu est découpé en tronçons de 2 m. de longueur.- Chaque tronçon ou bille est fendu en quatre parties que l’on débite en lames dans le sens des rayons. On emploie, à cet effet, un couteau à fendre, semblable à celui qui sert à débiter les bois merrains pour douves de tonneaux.
- Ce procédé présente l’avantage de diviser le bois en suivant le sens des fibres et celles-ci ne sont pas coupées, ce qui arriverait si on opérait avec une scie.
- Le bois étant ainsi préparé, on trie les panneaux, pour mettre de côté ceux qui sont absolument sans défaut et, à l’aide d’un couteau à deux manches, on les réduit à 1 cm d’épaisseur et 10 cm de largeur. On passe le rabot sur les deux faces, pour les parer, et le panneau est terminé.
- ‘En France, nous possédons, notamment dans le Jura et la Savoie, des Epicéas qui peuvent rivaliser avec les meilleures variétés autrichiennes. Il importe de faire remarquer aux industriels luthiers que les Epicéas de la Savoie donnent des lames de bois sans nœuds, agréablement veinées de rouge, avec lesquelles on peut fabriquer des tables de résonance ayant des qualités supérieures. Les arbres de cette région croissent à une haute altitude, sous un climat rigoureux; on trouve bon nombre de ces Epicéas âgés de i5o à 200 ans; leur diamètre se prête fort bien à l’emploi comme bois de résonance de toutes variétés.
- L’industrie française de la lutherie peut trouver en Savoie et dans le Jura les bois de résonance pour la consommation intérieure et même pour l’exportation.
- Henki Blin.
- L’arbre à pain. — L’arbre à pain Artocarpus incisa Forst, qui est propagé au Congo, vient d’être l’objet d’une étude nouvelle de M. le professeur Pic.raerts, Directeur du Service chimique du Ministère des Colonies de Belgique (Agronomie colo.niale, juin 1923). Cet arbre est capable de produire dès l’âge de 7 ans plusieurs centaines de fruits d’un poids moyen de 2 kg. La pulpe du fruit est une matière abondamment pourvue en amidon, contenant peu de matière azotée et d’un goût agréable. M. Picraerts propose d’en développer l’emploi dans l’alimentation et même d’en faire des farines, dites de régime pour les malades albuminuriques et arthritiques.
- Voici d’ailleurs des extraits des analyses publiées par M. Picraerts.
- Le fruit dose, séché à l’air, i5,45 pour 100 d’eau. La matière sèche contient :
- Cendres totales..................• 3,09
- Acide phosphorique...................... 0,20
- Azote total.......................... 0,61
- (soit 3,8i de matières azotées).
- Matières grasses..................... 0,98
- Cellulose . ....................... 6,58
- Pentosanes. . . ................ 3,33
- Sucres préformés . •................. 1,78
- — Solubles à l’alcool à 85°, hy-drolysables par l’invertine (en saccharose) ......... 2,20
- Dextrine . ........................ 5,97
- Matière amylacée ....... 70,40
- Cette analyse montre que là valeur alimentaire de la farine du fruit de l’arbre à pain se rapproche de celle de la farine de banane. L’arbre à pain peut donc fournir
- un aliment féculent de valeur. L. B.
- Les incendies de forêts et les fourmilières. —
- M. le Dr Carpentier, d’Auxerre, nous écrit :
- « Au moment où le public est si justement ému par la répétition des incendies de forêts, attribués le plus souvent à la malveillance où à des imprudences, je désirerais vous soumettre un fait en vous demandant à’il ne pourrait pas être quelquefois une cause d’incendie spontané. Je veux parler des incendies de fourmilières. Etant récemment en villégiature dans les Alpes, j’ai rencontré dans'une forêt de mélèzes une fourmilière en feu. Aucun indice autour de celle-ci ne pouvait faire inférer que le feu avait été mis. Il était peut-être dû à l’impriidence d’un jeune pâtre. Mais ne peut-on suppo-
- ser que, particulièrement dans les forêts de résineux, oû'les fourmilières sont constituées de matériaux extrêmement inflammables (aiguilles de mélèzes sèches, etc.), le feu, dans certains cas exceptionnels (mort de la fourmilière suivie de la fermentation par exemple), ne pourrait pas prendre spontanément ? »
- 4e Congrès international du Froid. — L'Association française du Froid tiendra à l’Exposition internationale du Centenaire de Pasteur à Strasbourg, les 24 septembre et jours suivants, son 4e Congrès national du Froid. Ce Congrès sera complété par une exposition de matériel et de produits frigorifiés constituant le Groupe IX (Industries du Froid) de l’Exposition, groupe organisé par les soins de l’A. F. F., et comprenant, outre un nombre appréciable d’exposants, plusieurs installations frigorifiques en fonctionnement.
- Cette manifestation a pour buts essentiels :
- 1° De mettre à nouveau en évidence l’importance primordiale et croissante de l’utilisation du froid artificiel comme agent de progrès et d’amélioration dans les divers domaines de l’activité nationale, tant en ce qui concerne la science pure et l’hygiène qu’aux points de vue agricole, industriel et commercial et à celui du ravitaillement alimentaire du pays ;
- 20 D’examiner les dispositions et mesures à prendre pour assurer la défense et la protection de l’industrie frigorifique, en ce qui concerne, tant les fabriques de glace et entrepôts de conservation de denrées que les moyens de transport, et de formuler à cet égard tous vœux utiles â adresser aux Pouvoirs publics.
- S’adresser au Secrétariat général du Congrès, 9, avenue Carnot, Paris, 170.
- 'Nouvelles de T. S, T.
- Les émissions de Kœnigswüsterhausen. — Nous avons indiqué que cette station allemande émettait tantôt sous 2700 m. et tantôt sous 4000 m. M. Ivleiber, de Colmar, nous informe que les émissions du dimanche ont lieu de midi à i3 heures sous 2700 m. et de 11 heures à midi sous 4000 m. A midi précis l’opérateur annonce le changement de la longueur d’onde.
- Ajoutons que les émissions sont si puissantes qu’à une distance de i3oo 1cm nous avons pu les recevoir fortement sur cadre avec 5 lampes seulement.
- La T. S. F. dans les régions arctiques. — L'Onde électrique, de juillet 1923, donne des détails sur. l’organisation de la mission de Mr. Mac Millau, explorateur américain connu, qui vient de partir en juin dernier pour sa huitième croisière arctique.
- Mr. Mac Millan emmène avec lui, en qualité d’opérateur radio-télégraphiste, M. D. H. Mix.
- Le matériel emporté par l’expédition comprend un récepteur pour petites ondes, un récepteur pour grandes ondes et un émetteur sur petites ondes.
- Le poste récepteur est muni d’un dispositif d’accord en Tesla pour les petites ondes et en dérivation pour les ondes longues; l’amplificateur employé comprend 1 lampe détectrice à réaction par self intercalée dans le circuit-plaque et 2 étages BF à transformateurs.
- L’émetteur comporte deux tubes de 5o watts de la Western-Electric et a donné de bons résultats aux essais malgré la très courte longueur de l’antenne, 7 m. seulement..
- Les transmissions auront lieu sur 185 m., 220 m. ou 3oo m.; l’onde normale étant de 220 m. ; le poste, qui a pour indicatif WNP, émettra en principe tous les jours de 6 heures à 12 heures (T. M. G.)-, un communiqué à la presse sera transmis tous les lundis matin»
- Les essais de réception seront particulièrement intéressants, vu les' phénomènes magnétiques intenses qui se produisent dans ces régions; les observations d’écoute de ces émissions arctiques peuvent être également la source de remarques pleines d’enseignementk ; les amateurs français pourront peut-être intercepter les appels lancés aux amateurs, de 6 heures à 8 heures et de 10 heures à 12 heures (T. M. G.).
- La nouvelle réglementation de la T. S. F. — Un nouveau projet de réglementation de la T. S. F. était en préparation, comme nous l’avons expliqué, et devait être soumis à la signature du Président de la République. Devant l’hostilité unanime qu’il a ^soulevée, il semble qu’il soit actuellement abandonné. .
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- PRODUCTION ET UTILISATION DES MIRABELLES ET DES QUETSCHES
- Parmi les variétés de pruniers, plus spéciales au Nord-Est et à l’Est de la France qu’aux autres régions, il en est deux, le mirabellier et le quetschier qui fournissent, le premier les mirabelles, le second les quetsches ou couetsches. Comme le rôle assez distinct et non sans importance que remplissent ces prunes dans notre alimentation n’est pas bien connu du grand public qui les emploie, il n’est pas éans intérêt d’entrer dans quelques détails au regard de leur production et de leur utilisation, d’autant plus que la récolte de prunes paraît abondante cette année.
- I. Production. — Principales zones — Le mirabellier et le quetschier, qui ne sont pas difficiles sur les sols et les expositions, prospèrent dans différentes régions du Nord-Est et de l'Est, mais tandis que le premier est très répandu dans les départements de l’ancienne Lorraine, notamment en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges où il forme d’importantes plantations, le second l’est davantage dans l’Alsace; cependant le mirabellier l’emporte sur le quetschier et ses récoltes sont encore assez notables dans la Haute-Saône, la Haute-Marne, les Ardennes, la Mcu-e. etc.
- Variétés commerciales les plus cultivées. — A. Mirabelles. — En France, on peut en citer quatre, ce sont par ordre de maturité : mirabelle précoce, mirabelle petite, mirabelle grosse, mirabelle tardive; mais, à vrai dire, il n’y en a que deux qui sont vraiment commerciales, la petite et la grosse mirabelle, dont voici les principaux caractères.
- Mirabelle petite. (Sy-n. Mirabelle abricotée, Mirabelle de Metz et, parfois, Mirabelle précoce). — Fruit petit, ovoïde arrondi, à sillon large assez marqué. Peau fine, adhérente, d un jaune d’or, lavée et ponctuée de carmin à l’insolation. Pédoncule grêle, moyen ou loDg dans une cavité étroite et peu profonde. Chair fine jaunâtre, tendre, peu juteuse, très parfumée et sucrée, se détachant hien du noyau. Elle mûrit en août, à partir de la seconde quinzaine.
- Mirabelle grosse. (Syn. Mirabelle grosse de Nancy, Mirabelle double de Metz, Drap d’Or, Perdrigon jaune, Perdrigon hâtif). — Fruit petit, globuleux, à sillon très large à peine creusé. Peau très fine, très mince, d’un jaune clair, lavée de rose à l’insolation. Pédoncule grêle, assez court dans une cavité étroite, peu profonde et régulière. Chair d’un jaune tendre, fine, fondante, assez juteuse et parfumée. Elle mûrit fin aoirt et en septembre.
- B. Quetsches. — Parmi les variétés assez nombreuses, il n’y en a également que deux qui sont bien commerciales : quetsche d’Allemagne et quetsche d’Italie ; elles répondent aux caractères ci-dessous :
- Quetsche d’Allemagne. (Syn. Quetsche commune, Quetsche de Lorraine, Quetsche de Metz, Prune d’Allemagne Haus Zwetsche). — Fruit moyen ou assez gros, irrégulièrement ovoïde, à sillon plus ou moins sensible. Pédoncule gros, assez allongé, implanté dans une cavité irrégulière de largeur et de profondeur. Peau fine, mince, d’un rouge pourpre violacé, pruiné. Chair d’un vert jaunâtre, ferme, peu juteuse, mi-sucrée, mi-acidulée. Elle mûrit en septembre.
- Quetsche d Italie. (Syn. Feliemberg, Altesse double, Bleue d’Italie, Italian Quetsche). — Fruit assez gros, ovoïde allongé, plus ou moins irrégulier. Pédoncule assez long, recourbé, dans une cavité étroite ou presque nulle. Peau adhérente, mince, d’un bleu violet foncé, recouverte d’une pruine bleuâtre. Chair jaune ou jaune verdâtre, très fine, ferme, assez sucrée, peu parfumée. Elle mûrit vers la fin de septembre.
- Production ou rapport. — i° Par arbre. — D’après Hast, dans la Meuse, le mirabellier rapporte, par an, à xo ans, 60 kg de fruits, en moyenne et, entre 20 et 40 ans, environ 100 kg. Un hectare planté de 200 mira-belliers produit à 10 ans 120 quintaux métriques et de 20 à 40 ans 200 quintaux.
- En Allemagne, où mirabelîiers et quetschiers sont très cultivés, le professeur D’ Christ et E. Junge, de l’Institut de Geisenheim am Rhein, ont établi qu’ils rapportent de 5 à 3o ans, 16 centners, soit 800 kg de fruits, ce qui donne, en moyenne, une récolte annuelle de 32 kg par arbre.
- Selon M. Duriez, professeur spécial d’horticulture
- de Meurthe-et-Moselle, qui a publié dans la revue Cultures fruitières une étude sur Les cultures de pruniers dans l’Est, le rendement d’un mirabellier en plein rapport va jusqu’à i5o kg par an. Un verger de deux ares a produit 1200 francs et une propriété payée 60 000 francs a rapporté en un an 3oooo francs de fruits.
- Il importe de noter que les frais de récolte sont assez élevés, car l’on paye jusqu’à 10 francs par hectolitre, et une bonne cueilleuse gagne de i5 à 20 francs par jour.
- 20 Par département et année. — La dernière statistique agricole annuelle de 1920 mentionne, pour les principaux départements producteurs de l’Est et du Nord-Est, les quantités ci-contre : Meurthe-et-Moselle 26000 quintaux métriques; Vosges i3 56o, Haute-Saône 10 910, Ardennes 2820, Haute-Marne, 235o, Meuse 1840. De son côté, M. Duriez indique dans sa récente étude les chiffres suivants : Meurthe-et-Moselle 65 000 quintaux, Vosges 20000, Flaute-Saône i5 000, Ardennes 10 à 20 000, Haute-Marne 10000. Il y a tout lieu de croire que, malgré la variabilité des récoltes dépendant de nombreux facteurs, celles-ci sont nettement en hausse depuis 1920.
- Valeur de la production — Elle est subordonnée, comme l’on sait, à l’importance de la récolte et au prix du quintal, et, par conséquent, très irrégulière comme ces deux facteurs.
- Prix moyen du quintal. — Avant la guerre, il oscillait dans les départements précités, selon la qualité des fruits, entre i5 et 45 francs; depuis, selon la statistique de 1920, il s’est élevé entre 68 fr. (Haute-Marne) et 180 fr. (Vosges), .soit quatre fois l’ancien prix.
- Valeur par département. — Conformément à ces données, la valeur de la production dans chacun des susdits départements a été fixée en 1920 comme suit : Meurthe-et-Moselle'2 470 000 francs, Vosges 2440800. Haute-Saône 1 636 5oo, Ardennes 348 000, Haute-Marne 3o5 5oo, Meuse 23o 000 francs.
- IL Utilisation. — On peut l’envisager sous deux points de vue : a) industriel; b) ménager. Il y a bien les expéditions de fruits frais à l’étranger : Angleterre, Belgique, Suisse, etc., qui constituent un côté commercial; mais, comme l’on manque de chiffres exacts, par suite du mélange avec les autres genres de prunes, il n’y a pas lieu d’en parler. Il y à encore les envois aux grandes villes de l’intérieur et notamment aux Halles de Paris où, d’après Baltet, les mirabelles entreraient pour 1 600 000 kg et les reines-Claude pour 2 5oo 000.
- Utilisation industrielle. — Elle comprend pour les deux genres de fruits la fabrication des conserves, des confitures et de l’eau-de-vie, ainsi que le séchage ; toutefois, sauf pour le séchage et peut-être aussi pour l’eau-de-vie, les mirabelles fournissent des produits plus réputés que les quetsches. Je ne puis donner, ici, sur ces produits que des indications succinctes.
- Conserves et confitures. —- Les mirabelles fournissent des préparations très estimées que nombre de personnes préfèrent à celles de la reine-Claude, les confitures surtout. Pour ces emplois, la petite mirabelle est tenue généralement pour bien supérieure à la grosse mirabelle, ce qui est dû surtout à la plus grande finesse de son parfum..
- Mau-de-vie. — Dans les années d’abondance les deux, genres de fruits sont distillés et donnent de l’eau-de-vie qui est produite, le plus généralement, cependant, avec les quetsches, d’où son nom de « Zwetschkenwasser » en Alsace et en Allemagne. L’eau-de~vie de'mirabelles est également très estimée et commence à concurrencer fortement celle de quetsches. 1
- Le rendement est plus élevé avec les mirabelles', parce qu’elles sont plus sucrées. On estime que la densité de son jus oscille entre 1060 et 1080 tandis que celle -des quetsches ne varie que de ro4o à 1070. On mentionne les rendements suivants en eau-de-vie à 55^ pour 100 kg de fruits frais : prunes ordinaires 8 litres). reines-Claude 10, quetsches rS, mirabelles 20 litres.
- Baltet rapporte qu’on a tiré, par pièce de 228 litres de prunes, 2.4 litres d'eau-de-vie avec la quetsche,, 20 litres avec la reine-Claude et t8 litres d’un mélange de variétés. Mais il est à peine besoin de dire que la. quantité d’eau-de-vie est proportionnelle à la richesse en sucre de ces fruits ou de leur jus.
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- VARIÉTÉS
- Il existe dans tout l’Est plusieurs usines pour la fabrication des conserves, confitures, etc., en Meurthe-et-Moselle il en est une qui, d’après Duriez, a employé 35o ooo kg de mirabelles en 1922.
- Séchage. — On y emploie les quetsches de préférence aux mirabelles, parce qu’elles se prêtent mieux à la dessiccation, étant moins juteuses et fournissant un plus beau pruneau. Le rendement moyen en fruits sec établi pour les quetsches fraîches par L.-B. Kühn est de 32,90 pour 100 ; il égale, par suite, celui des prunes d’Ente qui est de 33 pour 100, tandis que les reines-
- Claude ne donnent que 25 à 3o pour 100 du poids frais.
- Utilisation ménagère. — Elle comprend en petit les opérations dont il vient d’être question auxquelles les maîtresses de maison peuvent ajouter la préparation de tartres, d’un vin, d’une pâte, etc., sans oublier que mirabelles et quetsches sont susceptibles de former également, comme plusieurs autres4 variétés de prunes, à l’état frais, d’excellents desserts. En Alsace, les quetsches entrent dans la confection de nombreuses pâtisseries et servent de base à une soupe estimée, la Zwetschensuppe. A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un .caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus sou vent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Jérusalem Bruxelles. — La méthode la plus simple pour un amateur, d’obtenir de l’ozone consiste à employer le dispositif d’Houzeau que l’on constitue très facilement au moyen d’un tube de verre étroit et mince, i/ioe à i/5e de millimètre d’épaisseur. A l’intérieur on place un gros fil de cuivre et à l’extérieur une gaine d’étain ou un fil de cuivre enroulé en spirale. Chacune de ces armatures est reliée aux bornes du secondaire d’une bobine de Ruhmkorff; il se produit ainsi une décharge en aigrette qui convient particulièrement à la polymérisation de l’oxygène. On fait alors passer dans le tube soit un courant d’air, soit de préférence d’oxygène ; à sa sortie, le gaz est chargé d’environ 200 milligr. d’ozone par litre d’air pour un débit d’un litre à l’heure.
- M. Adant, à Anderlues (Belgique). — 1“ La plupart des usines extrayant le prussiate de potasse du crud ammoniac travaillent actuellement par le procédé Gauthier-Bouchard à peine modifié qui fonctionne de la manière suivante : Le crud est d’abord soumis à une lixiviation pour éliminer tous les sels solubles (sulfo-cyanures de fer, d’ammonium et sels ammoniacaux). Le résidu insoluble est mélangé intimement avec de la chaux hydratée dans la proportion de 3o kg de chaux par mètre cube ou 1600 kg de matière lavée. On ajoute de l’eau et on brasse. Après quelques heures de repos, on soumet de nouveau le mélange à une lixiviation dans un appareil méthodique.
- Le résidu de ce lavage est abandonné à l’air pendant 3 ou 4 mois et lessivé à nouvèau, les eaux de lavage contiennent les ferrocyanures à l’état de sels de chaux. Les premières eaux plus concentrées sont traitées par le carbonate de potasse, il se forme du carbonate de chaux insoluble tandis que le ferrocyanure'de potassium ou prussiate reste en solution. Celle-ci est décantée, concentrée et soumise à la cristallisation. Les dernières eaux, trop faibles pour qu’on puisse avantageusement les traiter pour l’extraction du ferrocyanure de potassium, sont additionnées de sulfate ferreux, il se précipite du ferrocyanure de fer, blanc qui, au contact de l’air, se transforme en bleu de Prusse. 20 et 3° Veuillez préciser ce que vous entendez par machines à faire des pansements et vernis modèle pour fonderies. 4° Les encres en poudre sont en général constituées par un mélange à parties égales d’une couleur d’aniline, sulfate de soude et sucre; pour les couleurs dites acides, on ajoute dans la proportion d’un dixième de la matière colorante, soit de l’acide tartrique, soit de l’acide oxalique.
- M. Planchon, à Lille. — La fabrication du sucre interverti ne présente aucune difficulté, car il suffit de faire bouillir le sucre ordinaire en solution légèrement acidulée, pour qu’il se dédouble en glucose et lévulose par fixation d’une molécule d’eau suivant la formule : C,2H22Ou -j-H20 = C6H‘20s + OH‘206 Saccharose Glucose Lévulose
- On emploie habituellement l’acide sulfurique, parce qu’il est facile de l’éliminer après interversion, en saturant par un lait de chaux; le sulfate de chaux qui se
- forme est ensuite séparé par filtration. Tous les appareils en cuivre servant en sucrerie, à partir de l’épuration des jus, peuvent servir pour ces opérations, l’acidité nécessaire étant très faible, soit de l’ordre du millième de la solution. D’après la formule ci-dessus 100 kg de sucre ordinaire fournissent io5 kg de sucre interverti. Pour ce qui concerne le matériel, consultez la maison Egrot, 19, rue Mathis, à Paris. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial relatif à cette question.
- T. S. F. — M. Rondeau, à Grolejac (Dordogne). — Les inductances de liaison pour la transformation des amplificateurs à résistances en amplificateurs à selfs pour la réception des ondes courtes peuvent être établies de plusieurs façons différentes donnant des résultats à peu près identiques.
- Ces inductances peuvent être composées de fil isolé à la soie de io/ioo mm de diamètre, bobiné sur un mandrin en ébonite. Ce mandrin divise l’enroulement en 3 galettes fractionnées qui ont chacune 27 mm. de diamètre extérieur, environ 1 cm de diamètre intérieur et 8 mm d’épaisseur (modèle Dupont).
- On peut également employer le montage suivant dû à M. Lardry : Fil nu de 8/100 à 10/100 mm enroulé à spires non jointives sur un mandrin carré en bois de 3 cm de côté à angles arrondis., L’enroulement comprend 5o couches comportant chacune 20 tours espacés de 1 mm; au total donc 1000 spires. Les couches successives sont séparées par une bande de papier de 2 cm de largeur, le diamètre extérieur est alors de 55 mm.
- D’ailleurs on vend dans le commerce des selfs de liaison qui sont réalisées comme des bobines massées ordinaires et qui donnent également de bons résultats.
- Enfin, au lieu de remplacer les résistances de 80 000 ohms par des selfs, on peut également placer une self en dérivation aux bornes des résistances et, si on le désire, rendre le montage périodique en plaçant un condensateur variable en dérivation.
- M. Cornu du Mans! emploie avec succès dans ce but une inductance en fil de 8/100 mm comportant'4 couches de 20 spires non jointives, séparées chacune par une bande de papier. Le diamètre du mandrin est d’environ 35 mm. Dans ce cas, le jeu du condensateur variable en dérivation suffit à l’accrochage et un autre dispositif de réaction est inutile. Si on emploie la réception sur antenne avec accord en dérivation, il semble que l’enrou-"lernent de la self doive varier avec la longueur de l’antenne.
- Quant aux selfs à noyau de fér elles sont bobinées avec du fil de 10/100 mm isolé soie sur un mandrin isolant de i5 mm de diamètre et de 7 cm de long qui divise l’enroulement en anneaux fractionnés. Le noyau de fer qui glisse à l’intérieur est en fil divisé très fin et isolé (io/ioo mm isolé soie).
- M. Levêque, à El-Milia (Algérie). — i° Nous indiquerons prochainement dans nos chroniques la question de la recharge des accumulateurs au moyen de piles. Vous pourrez trouver des renseignements sur cette question dans le Poste de l'Amateur de T. S. F.
- 20 Nous estimons qu’il vous sera relativement facile de recevoir les émissions radio-téléphoniques de la Tour Eiffel. Employez une bonne antenne, un montage d’accord en dérivation ou Te sla et un amplificateur à résistances ou à selfs comportant 2 ou 3 étages HF, 1 détectrice et 1 ou 2 BF par transformateurs à fer.
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- LA NATURE
- Supplément,
- N° 2582
- 29 Septembre 1923
- Influence de la composition minérale des bois sur leur utilisation. — La proportion de cendres, de matières minérales contenues dans les bois est généralement faible. Néanmoins, ces matières minérales ont une influence très marquée sur la substance ligneuse qu’est le bois et sur son utilisation pratique.
- La Vie technique et industrielle fait remarquer que les bois les plus durs, comme l’ébène, sont relativement riches en cendres. L’ébène en contient 3,9 pour 100; ce bois doit son scintillement particulier aux cristaux contenus dans les rayons médullaires.
- Les fibres du bois de teck présentent des cristaux de silice; ainsi s’expliquent l’imputrescibilité et la dureté de ce bois.
- Mais la silice usant rapidement les lames de scie, la mise en oeuvre du bois de teck est moins facile.
- Le bois de bruyère, employé à la fabrication des fourneaux de pipes, est rendu difficilement inflammable grâce à la proportion assez élevée de salicylates que contiennent ses fibres (1,81 pour 100).
- C’est surtout aux phénomènes d’altération des bois que doit être appréciée, pratiquement, l’influence de leur composition minérale.
- Certaines substances minérales sont des aliments de premier ordre pour les champignons qui détériorent plus rapidement, les bois abattus en sève et, par conséquent, riches en eau et en matières albuminoïdes. La prolifération des champignons est d’autant plus active que les bois en sève contiennent plus de potasse et d’acide phosphorique.
- L’influence des matières minérales est mise en évidence par ces diverses observations.
- Le plus petit Dinosaure connu : Brachyceratops montanensis. — M. Charles W. Gilmore décrit dans
- Fig. 1.
- les Proceedings oftke United States National Muséum. le squelette d’un petit Dinosaure récemment monté
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- Fig. a.
- dans les galeries de ce Muséum. Il fut trouvé par M. Gilmore en 1913, dans la réserve indienne au nord-
- ouest de l’Etat de Montana. Ce squelette n’a que 1 m. 6a5 de long et o m. 76 de haut et l’on peut juger de ses faibles dimensions en le comparant à celui du Triceratops, depuis longtemps connu (fig. 1). Tout entier, il n’atteint pas le volume de la tête de ce dernier.
- M. Gilmore a modelé une reconstitution de l’animal pour donner une idée de l’aspect qu’il pouvait avoir vivant (fig. 2).
- Les animaux de chasse et de pêche en octobre. —
- En octobre, au chien courant ou au chien d’arrêt, on chasse le lapin et le lièvre. Celui-ci, par beau temps, se gîte à découvert, dans les vieux labours; par temps pluvieux ou menaçant de le devenir, il se tient sur les friches, le bord des fossés ; à la nouvelle lune, il se tient, surtout, dans les lieux bas et il faut être bien malin pour l’aborder, tandis que, par vieille lune, se trouvant sur les coteaux, on peut l’approcher assez facilement.
- Par gelée blanche, le lièvre descend dans les lieux bas, voire les marais.
- La perdrix tient l’arrêt dans les brousses, quand il fait beau, mais devient à peu près inabordable par temps de pluie ou en prévision de pluie.
- Les faisans, lorsque le temps est mauvais, se réfugient sous les futaies où on les aperçoit, quelquefois, perchés. Le brouillard les fait s égarer en allant au gagnage.
- On chasse la bécassine, les grives. Parmi ces dernières se signale la grive commune, abondante dans tous les pays vignobles et ceux où croissent le figuier, l’olivier, le genévrier. Les baies de ce dernier arbuste donnent aux grives une chair très parfumée. Les grives viennent aux appelants.
- Valouette, au passage d’automne, est particulièrement chassée — au miroir — dans la Lorraine, la Champagne, la Beauce, le Berry, le Dauphiné, la Savoie et certaines localités du Languedoc, de la Gascogne, de la Provence.
- La bécasse se chasse à la passée.
- Dans les étangs du littoral méditerranéen (Palavas, Mauguio, Yauvert, La Ville, Vindres, Berre, Sigean, La Nouvelle) abondent les foulques (dites aussi ma-croules ou macreuses).
- Dans-toutes les vallées des Pyrénées, on continue à faire la chasse aux ramiers de passage (palombes).
- Les gélinottes mâles accourent à l’appeau, avec autant d’ardeur que si l’on était au printemps.
- Les cerfs et les chevreuils s’apparient."
- Les pièges à poteaux ne prennent que quelques jeunes rapaces ne connaissant pas encore ce perfide engin de destruction; leurs parents les évitent, mais « viennent au grand-duc » et se font tuer.
- Les renards et les putois se cachent dans leurs terriers et n’en sortent guère.
- Les petites trappes disposées le long des sentiers des bois prennent quelques putois, si l’on a soin d’enlever , les feuilles mortes qui, parfois, les recouvrent par trop complètement ; celles de la plaine doivent être remisées jusqu’au printemps à venir. La battue avec banderolles et 2 ou d rabatteurs donne de bons résultats.
- Bien qu’il ne fasse pas toujours très chaud et que les vents soufflent, parfois, avec violence, on peut, en octobre, pêcher toute la journée. Il ne faut pas penser aux Salmonidés, dont la pêche est interdite. Lorsque le temps est relativement beau, on peut prendre, avec des appâts de surface (asticots, staphylins, grillons, sauterelles, etc.) ou avec des mouches artificielles ou avec des vers de terre (si l’eau est déjà froide), des vandoises, des rotangles, des ides, des gardons, des chevesnes, etc. Ces derniers « donnent » bien à des grains de raisin noir. Pour capturer les brèmes, les barbeaux, les carpes, il faut avoir recours à la pelote d’asticots et aux gros vers à tête noire, parce que les poissons n’ont pas assez d’appétit pour se laisser séduire par les farineux.
- Les tanches ne « mordent » plus ou presque plus. Les anguilles se dirigent vers la mer.
- Les brochets et les perches acceptent, parfois, les vers de terre bien rouges, mais préfèrent les amorces vivantes (poissons, lamproies, petites grenouilles).
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- INFORMATIONS
- Quand le temps devient froid, les divers cyprins s’enfoncent dans de profondes cachettes, mais ils en sortent dès qu’il y a une hausse, même légère, dans la température; plus que jamais, ils évitent les eaux rapides.
- Dans la première quinzaine d’octobre, si la température est encore douce, ce qui n’est pas rare, on peut continuer la pêche côtière telle qu’elle était en septembre et elle donne presque d’aussi bons résultats. Mais dans la deuxième quinzaine, le froid arrive et de nombreux poissons commencent à s’éloigner; c’est le cas, entre autres, des maquereaux, des bars, des poissons plats. Les lieus ne tardent pas à les suivre après avoir frayé. On prend, à la ligne, de petites morues, et, avec des filets placés à demeure, des harengs. Commencer à cueillir des huîtres... si l’on en trouve et si 1 on est encore en villégiature, ce que je souhaite à nos lecteurs. H. Coupin.
- L’Institut des recherches agronomiques. Enquête sur les corbeaux. — Un article de la loi de finances du 3o avril 1921 a créé l’Institut des recherches agronomiques. C'est un organisme central groupant,sous la direction de M. E. Roux, conseiller d’Etat, tous les laboratoires et stations de recherches — au nombre de 85 — qui concourent à améliorer le rendement de nos cultures ou travaillent à combattre leurs ennemis : sélection des semences, étude du sol, météorologie agricole, maladies des plantes, animaux utiles et nuisibles ; tels sont les services principaux qui, bientôt, près de Paris, seront installés dans de vastes laboratoires outillés à la moderne et entourés de 3o hectares de terre cultivable qui permettront de réaliser tous les essais d’une façon vraiment pratique.
- M. le professeur Marchai, directeur de la station entomologique de Paris, aurait sous ses ordres une section spécialement consacrée aux animaux non-insectes (invertébrés autres que les insectes, vertébrés inférieurs et supérieurs) étudiés dans leurs relations avec l’agriculture. Bien que cette section ne soit pas encore en fonctionnement, la direction de l’Institut des rechërches agronomiques s’est préoccupée d’en jeter les premières bases et même d’obtenir d’utiles réalisations. C’est ainsi que les collaborateurs de M. Marchai combattent, en ce moment, une invasion de mulots et de campagnols qui menacent les récoltes de nos départements de l’Aube, de la Marne et de la Meurthe-et-Moselle. D’autre part, les Oiseaux, dont le rôle est si important en agriculture, vont fournir le sujet d’un ensemble d’études, et l’-Institut des recherches agronomiques répand, aujourd’hui, à un très grand nombre d’exemplaires, une feuille d’enquête concernant les Corbeaux de France : un questionnaire sur la répartition, les moeurs et la nourriture de ces oiseaux, est accompagné d’une courte notice illustrée donnant les caractéristiques des sept espèces françaises de Corbeaux.
- Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur l’intérêt d’ordre général que présente une enquête telle que celle de l’Institut des recherches agronomiques sur les corbeaux et nous les engageons vivement à répondre nombreux au questionnaire en envoyant à Paris, 42 bis, rue de Bourgogne, tous les renseignements qu’ils auraient recueillis sur les Corbeaux de leur région.
- Des exemplaires du questionnaire seront envoyés sur demande parvenant à l’Institut des recherches agronomiques, 42 bis, rue de Bourgogne, Paris, 7e.
- Pour permettre de répondre dans le sens de l’enquête, nous résumons les principaux points du questionnaire :
- Nommer les espèces de Corbeaux que l’on voit dans sa région, en indiquant si elles restent toute l’année et nichent, si elles ne font que passer, si elles font des haltes, donner les dates et les durées des passages ou des séjours.
- Pour les Corbeaux qui nichent, indiquer le nombre approximatif des nids sur une étendue donnée ; pour les Freux, plus spécialement, donner des détails sur les corbeautières que l’on connaît (emplacement, ancienneté et date de début, diminution ou augmentation des nids dans ces dernières années), nourriture des Corbeaux; cette partie, très importante, sera développée le plus possible avec tous les détails que l’expérience etl’obser-valion auront permis de recueillir : on indiquera, entre autres, la nourriture préférée de chaque espèce, si cette nourriture varie à certaines époques de l’année, quels
- sont les Corbeaux que l’on considère comme utiles ou nuisibles avec les motifs de ce jugement, quels sont les dégâts habituels ou exceptionnels que l’on reproche aux espèces nuisibles.
- A-t-on essayé contre elles des moyens de destruction, a-t-on essayé de protéger contre elles les semences, quels ont été les résultats de ces essais.
- En répondant avoir soin de donner son nom et son adresse et de nommer avec précision les localités et lieux dits auxquels se rapportent les renseignements.
- *>> 'Nouvelles de T. S. T.
- Nouvel horaire des émissions radio-téléphoniques de la Tour Eiffel. — Les émissions de la Tour Eiffel en radiotéléphonie ont été interrompues pendant quelques jours pour permettre des réparations et transformations. Elles viennent d’êlre reprises régulièrement et voici leur nouvel horaire, en heures d’été :
- 7 h. 4o • Prévisions météorologiques.
- 12 heures à 12 h.’i5, les mardis et vendredis ; Cours du marché aux bestiaux.
- 12 h. i5 à'12 h. 3o •. Annonce de l’heure et prévisions météorologiques.
- i5 h. 3o à 16 heures : Cours financiers et cours d’ouverture de la Bourse du commerce.
- 17 h. 3o à 17 h. 55 : Cours de clôture et cours d’après Bourse ; bourse de commence et cours du marché aux bestiaux les lundis et jeudis.
- 18 h. 10 : Radio-concert.
- 19 h. 20 : Prévisions météorologiques.
- 2§ h. 10 : Prévisions météorologiques.
- Le samedi seulement transmission des deux bulletins météorologiques et du concert, le dimanche seulement du concert et du bulletin météorologique de 19 b. 20.
- On voit que les informations radio-téléphoniques utilitaires, telles que, cours des marchés, de la Bourse du commerce, des principales valeurs de la Bourse de Paris, ont été beaucoup augmentées. On ne saurait trop s’en réjouir, car il en résultera encore une plus grande diffusion de la T. S. F.
- Le nouveau poste radio-téléphonique de la Tour Eiffel. — Le commandant Julien dans le n° 20 de l’Onde électrique donne la description du nouveau poste radio-téléphonique, dont les essais ont été commencés en mars dernier,
- Les lampes de ce poste à excitation directe de l’antenne et à excitation indépendante des grilles peuvent fournir dans l’antenne une puissance d’environ 8 kilowatts en trait continu.
- La partie la plus intéressante et la plus nouvelle du poste consiste dans l’emploi, comme lampe d’émission principale, d’une lampe d’émission démontable, type Holweck, décrite dans le n° 2578 de La Nature. Le vide de cette lampe est entretenu en permanence, on le sait, par une pompe moléculaire hélicoïdale Holweck.
- Les plaques des lampes principales et d’excitation sont alimentées par une génératrice à courant continu 5ooo volts, 2 ampères tournant à 1200 tours à la minute avec excitatrice 110 volts 6 ampères 5.
- Le chauffage des filaments est assuré par deux génératrices de 20 volts et par batteries d’accumulateurs de 20 volts, de 8 volts et de 6 volts pour les lampes principales et d’excitation, de modulation et d’amplification.
- Une autre petite génératrice de i5oo volts, o ampère 6 fournit la tension continue de plaque des lampes du dernier étage d amplification.
- De très intéressants détails de montage et la description des dispositifs accessoires de protection sont également donnés dans l’article.
- Les émissions sont chaque jour plus régulières et sont entendues normalement dans toute la France et la Belgique, dans .les pays limitrophes, la Tchéco-Slova-quie et l’Afrique du Nord.
- Ajoutons que la puissance des émissions est maintenant suffisante pour permettre l’audition en haut-parleur sur cadre avec 4 lampes seulement; 2 HF, 1 détectrice,
- 1 BF, ou 1 HF, 1 détectrice, 2 BF à 400 kilomètres de distance. On voit donc, comme nous l’avons indiqué plusieurs fois, que la réception sur cadre devient de plus en plus facile.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> ‘Électricité <*
- Disjoncteur-contrôleur de température. — Il est un très grand nombre de cas où un réglage de la température maximum est fort utile. On l’établit fréquemment dans les installations industrielles, mais il n’en existe pas encore de modèle sûr pour les applications domestiques de l’électricité. Combien de linges ont été brûlés par les fers à repasser électriques, combien de bouilloires électriques se sont dessoudées après avoir évaporé toute l’eau qu’on y avait mise ?
- Le nouveau disjoncteur que nous allons décrire se distingue nettement de tout ce qui a été fait jusqu’ici par son extrême simplicité, son prix modique, et son faible encombrement.
- Il peut être utilisé de diverses façons :
- i° Comme un disjoncteur ordinaire, pour couper le courant électrique, lorsque son intensité dépasse une
- P LA N
- COURE A.B
- Fig. i. — Plan et coupe d’une bouilloire électrique munie du disjoncteur Guy.
- certaine limite ; cette application est toute indiquée pour seconder les fusibles, dont le remplacement est toujours ennuyeux ; en particulier, dans le circuit électrique des automobiles, son emploi est appelé à un grand avenir;
- 2° Comme protecteur d’appareils de chauffage, soit électrique, soit à gaz, ou à pétrole;
- 3° Comme avertisseur de chauffe des organes de machines.
- Nous allons, pour fixer les idées, décrire ce disjoncteur dans son application aux bouilloires électriques ; ses dimensions sont assez réduites pour qu’il se loge facilement dans le double-fond.
- La figure x le montre en plan et en coupe, au fond d’une bouilloire ; la figure 2 reproduit la partie essentielle de cet appareil.
- La mordache 2 est soudée au bâti 1 par une soudure tendre ab. Ce bâti est fixé sous le fond de la bouilloire, à la périphérie ; la mordache maintient dans son encoche 5 le loquet g; dans cette position, le ressort à lame 6 est maintenu bandé par l’intermédiaire de la tige 3 guidée en 17; le contact électrique, entre les bornes 11 et 12, est assuré par la plaque 8.
- Lorsque l’eau vient à diminuer, la périphérie du fond de la bouilloire s’assèche tout d’abord, car le fond est légèrement bombé; dans ces conditions, la température du protecteur dépassera xoo°, et comme la soudure de la mordache a été choisie en conséquence, cette dernière se dessoudera avant même que l’eau ne soit totalement évaporée.
- La mordache étant dessoudée, le loquet 9 appuyant sur le bord de l’encoche fera pivoter légèrement la mordache autour de son axe 7; le dispositif de déclenchement est alors lâché, et il vient occuper la position en pointillé et le contact qui était assuré par la lame 8 est rompu.
- Dans le mouvement de déclenchement, la plaquette 10
- 10 10'
- -JJ-—-
- 2. — Détails du mécanisme.
- qui possède un trou rectangulaire, au travers duquel passe la mordache, vient buter contre le plan incline de îa mordache, et la ramène instantanément dans sa position normale.
- Pour réencler^her l’appareil, il est indispensable d’attendre qu’il soit suffisamment refroidi pour que la soudure soit resolidiûée. On peut à partir de ce moment appuyer sur le bouton 4; le loquet 9 butant contre la mordache se soulève, puis retombe dans sa position normale contre sa butée 14 ; il est alors replacé dans l’encoche 5 comme précédemment; l’appareil est prêt à fonctionner à nouveau.
- La soudure étant à l’abri de l’air dure indéfiniment.
- Il est à noter que le bon fonctionnement, en particulier dans 1 application aux bouilloires électriques, exige un appareil interrupteur minuscule, c’est-à-dire ayant une masse presque négligeable, prenant très rapidement la température de la bouilloire après l’évaporation de l’eau.
- L’appareil peut être réglé, en choisissant une soudure plus tendre, de façon à fonctionner dès l'ébullition de
- Fig. 3. — Le fond d’une bouillotte muiiie du disjoncteur.
- l’eau ou bien encore la bouilloire peut contenir 2 contrôleurs, l’un fonctionnant à ioo°, et branchant en série, avec la résistance principale, une seconde résistance, ce qui met la bouilloire « en veilleuse » ; l’autre fonctionnant en cas de manque d’eau.
- Dans l’application aux fers à repasser (fig. 4), le protecteur est logé dans un trou borgne pratiqué dans l’épaisseur de la plaque chauffante, trou de 24 mm de diamètre et de 6 mm de profondeur.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La soudure a une composition telle que, tant que le fer à repasser est promené sur le linge, et par conséquent refroidi par ce contact, la mordache reste soudée; par contre, si l’on abandonne pendant quelques minutes le fer à la même place, sa chaleur augmente, la mor-
- Fig. 4. — Application à un fer à repasser électrique.
- dache se dessoude et le déclenchement se produit avant que l’étoffe ne soit roussie.
- Ce disjoncteur ingénieux peut également être appliqué aux chauffe-bains à gaz.
- Dans ce cas l’appareil comporte une mordache passablement plus forte que dans les deux applications ci-dessus ; cette mordache en effet doit avoir la force de maintenir un ressort assez, puissant pour pouvoir fermer un robinet, ou une valve à gaz.
- La mordache est placée sur la partie supérieure du serpentin ou de la chaudière pour que le déclenchement se produise très peu de temps après l’arrêt de l’eau.
- Cet interrupteur a également une application toute indiquée dans les coupe-circuits d’appartements ou autres (en particulier pour les automobiles) étant donné son bon marché et sa simplicité. L’interrupteur est alors entouré par un solénoïde en maillechort; lorsque, par suite d’une surcharge sur l’installation, le maillechort atteint un certain degré de température, la mordache se dessoude, et le déclenchement se produit. On peut également s'en servir avec quelques variantes pour régler le chauffage au gaz ou à l’alcool, limiter la température d’un four, avertir de la chauffe des organes de machines, etc.
- L’inventeur de ce disjoncteur est M. Alfred Guy, 280, boulevard Pomery, Reims.
- . ÎP.
- Un condensateur variable facile à construire pour un amateur. — M. Martin, de Brocquebec, nous signale un condensateur variable dont il se sert généralement, et qui lui donne de bons résultats pour la réception de la radio-téléphonie. A la vérité, ce condensateur avait déjà été utilisé avant guerre, mais actuellement il semble qu’il soit peu connu, aussi nous en donnons ci-dessous la description. Ce condensateur variable n’est pas à air, et par conséquent il n’a pas les
- Fig. 5. — Principe du condensateur variable.
- T. S
- mêmes avantages ; intercalé dans un circuit, il est la cause d’un amortissement nuisible, cependant, il peut tout de même rendre des services. En principe, il se compose d’un cylindre métallique, ou en bois, recouvert de papier d’étain A (fig. 5), tournant autour d’un axe xy, et sur lequel s’enroule une bande isolante B en papier paraffiné. Cette bande est elle-même recouverte d'une
- feuille de papier d’étain e, terminée en pointe. On conçoit que lorsqu’on enroule la bande sur le cylindre, la surface des deux armatures métalliques séparée par le diélectrique en papier paraffiné augmente et qu’ainsi la capacité du condensateur augmente également. On enferme l’appareil dans une petite boîte en bois, l’axe du cylindre est alors muni d’un bouton de manœuvre et d’un index se déplaçant sur un cadran divisé. La bande est tendue par un ressort qui est fixé au fond de la boîte, ce ressort est en contact électrique avec la bande de papier d’étain au moyen, par exemple, d un support métallique fixé à l’extrémité de la bande. On relie le ressort et l’axe x y qui fait partie de la masse du cylindre à deux bornes qui serviront à introduire la capacité dans le circuit (fig. 6).
- Yoici quelques exemples de capacités indiquées par M. Martin, en prenant du papier parcheminé de 3 à 4 centièmes de millimètre d’épaisseur. Le zéro de la graduation correspond, bien entendu, à une position de la bande de papier, telle que la pointe du papier d’étain ne repose pas sur le cylindre et la valeur maxima à la position où le cylindre est entièrement recouvert par le papier d’étain.
- Par exemple, pour une capacité de 1 centième de microfarad, le cylindre pourra avoir 4o mm de diamètre, 45 mm de longueur et la bande de papier d’étain aura une largeur de 4° mm.
- Pour une capacité maxima de 2 centièmes de microfarad, le cylindre pourra avoir 80 mm de diamètre, même largeur que précédemment.
- On peut voir par là qu’un condensateur construit de la sorte peut avoir des dimensions relativement réduites
- Fig. 6. — Le condensateur variable.
- tout en donnant une forte capacité. Le réglage de la capacité est assez progressif. On peut seulement remarquer que le ressort r métallique peut être remplacé par une petite bande de caoutchouc, découpée par exemple dans une chambre à air de bicyclette. Dans ce cas, le contact devra être, bien entendu, assuré au moyen d’un fil indépendant.
- Divers
- Un procédé original de manutention. — Lorsque l’on ne dispose pas d’engins de manutention, on éprouve de grandes difficultés à manier des objets tels que des fûts métalliques.sur lesquels la prise n’est pas facile.
- Yoici un procédé que nous avons vu employer; il n’est peut-être pas des plus pratiques, car il demande un concours de circonstances favorables, mais il a le mérite d’une amusante originalité.
- Il s’agissait de ranger des fûts d’essence dans une sorte de silo cimenté et étanche. Tous les fûts déchargés des camions furent soigneusement vérifiés, de manière que leur étanchéité fût absolue ; ceci fait, le réservoir ou silo fut rempli d’eau presque jusqu’au bord ; il était alors facile d’introduire les fûts dans le silo, car, en raison de la plus faible densité de l’essence, tous les récipients flottaient à la surface de l’eau.
- Au moyen d’une pompe, on épuisa la citerne improvisée et au fur et à mesure de l’opération très progressivement conduite, on eut la possibilité de guider les fûts dans la descente au fond, en les disposant d’une façon convenable comme si l’on eût à sa disposition la grue ou le derrick les plus [souples et [les jplus perfectionnés.
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- bulletin Astronomique
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1923 (l)
- De nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, plusieurs conjonctions intéressantes à suivre, la chute des Lêonides et des Andromédides, voilà qui dédommagera l’étudiant du ciel, privé de l’observation de la plupart des planètes, presque toutes mal situées actuellement pour une étude utile de leur surface.
- I. Soleil. — Nous savons que le Soleil, à cette époque de l’année, descend de plus en plus dans l’hémisphère austral.
- Sa déclinaison, de —i4°ii' le ior novembre, atteint — ai0 3 i' le 3o.
- L’hiver approche et les jours diminuent de longueur. En effet, leur durée, de 91’ 54m le 1", n’est plus que de 8h34m le 3o.
- Nous avons expliqué le mois dernier (n° a5 cette diminution est surtout sensible le soir.
- Le matin, à la fin du mois, il fait jour à 7h il fait nuit à i7h.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées quand le centre du Soleil méridien.
- Heure du passage (T. m. G.).
- .77; que et le soir
- passe
- 17”
- 1104
- rb
- ih3
- 11" 34: 11'
- 11 11 11 11
- *9 lT h 34“ 34* h 35^i i‘ h 36m io‘ h 37“ a8s 39“ 5*
- Dates.
- Novembre Ie'
- — 5'
- — 10
- — 15
- — ao
- — a5
- — 3o
- > L’ombre d’un fil sol, à l’une de ces juste la direction du méridien.
- Observations physiques. — Le Soleil traverse actuellement (août iga3) une période de calme remarquable, n’ayant pour ainsi dire pas présenté de taches pendant tout ce mois.
- Yoici l’éphéméride pour les observations physiques (Voir au N° 2551 la
- à plomb sur le heures, indique
- Fig. 1. — Occultation de l’Étoile y du Taureau par la Lune, le 23 novembre 1923.
- Image droite telle que la montrera une lunette 11e renversant pas les objets.
- définition des termes P Dates. P
- Ln
- aux autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 9. Pour une heure donnée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune^en novembre : le 12 =—i8°5o'; le 26—+i8°56'. On sait que ces époques sont celles où la Lune est à sa plus petite hauteur et à sa plus grande élévation au-dessus de l’horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8 novembre, à i5h. Parallaxe = 6i' 27". Distance — 356 85o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 novembre, à 3". Parallaxe = 53° 57. Distance = 406 45o km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 novembre, occultation de 19 Lion (gr. 6,4), de 23h5g“ à 0 du 3. ’
- Le|3, occultation de R Lion (gr. 4,6). Emersion seule visible à o1’ 38m.
- Le 11, occultation de 39 G Sagittaire (gr. 6,3), de 1711 43m à i8h 23“.
- Le 12, occultation de 190 B Sagittaire (gr. 5,4), de i5h 25“ à i6h 4im.
- Le 18, occultation de 10 Baleine (gr. 6,4), de 22h 3m à 23hi3“.
- Le 2i,
- (gr. 6,3), de 2i: occultation pour ment courte.)
- Le 23, occultation de 48 Taureau (gr. 6,3), de 18h41m à 19h 37“.
- Le 23, occultation de y Taureau (gr. 3,9), de 2ih4“ à 2ih59m (fig. 1).
- Le 24,
- (a Taureau visible à 6h 59“.
- Le 26, occultation de 74 B Gémeaux (gr. 6,2), de i8k57m à i9h5o“.
- Le 28, occultation de 90 B Cancer (gr. 6,3), de 2ih 21” à 2211 i5m.
- Marées, Mascaret.— Les plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 8, comme le montre le tableau suivant :
- occultation de 85
- Baleine 8“ à 2 ih ionl. (Cette Paris est extrême-
- h59”
- occultation d’Aldébaran [gr. 1,1). Immersion seule
- Novembre 2 + 240,52 + 337°,33
- — 7 + 230,56 + 30,69 2710,40
- — 12 + 2 2°, 40 + 30,13 2o5°,48
- — 17 + 21°, o5 + 2°,54 13q°, 5 7
- — 22 + 190,52 + ï°»94 730,66
- — 27 + I7°,8i + i°.32 70,76
- Parallaxe et distance. — Yoici la valeur de ces éléments pour le mois de novembre :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Novembre 7 2h 26“ O ~3 1 iO VT i4h49" Im,OI
- — 8 3h 1 im i“.07 i5h 34" i“, 11
- — 9 3h 56ra im,i3 . i6h18“ im,i4
- — 10 4h 4im im,i3 i7h 4” l“,IO
- — 11 5h 28“ im,o6 1711 5om i“,oo
- — 12 6h i5m om,93 i8h38“ O",86
- Novembre 12 8", 89 149140000 km
- — 27 8", 92 i48 5ooooo —
- Lumière zodiacale. — Elle est très facilement visible, en novembre, le matin à l’Est. On la trouvera avant l’arrivée de l’aurore, illuminant la région du zodiaque.
- La période favorable pour observer la lueur anti-solaire est celle qui précède la Pleine Lune du 8. Vers le 4, la lueur anti-solaire sera dans le Bélier. L’heure la plus favorable pour la voir est évidemment minuit, puisque alors elle est à la plus grande hauteur au-dessus de l’horizon.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de novembre seront les suivantes :
- D. Q. le i”r, à 20h 49“ I P- Q. le i5, à gh4im
- N. L. le 8, à i5h27m | P. L. le 23, à i2h58“
- Age de la Lune, le i*r novembre, à midi —231,2; le
- 9 novembre = oJ,9. Pour avoir l’âge de la Lune à midi,
- 1. Toutes les heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps légal, c’est-à-dire en temps de Greenwich, compté de oh à 24h, à partir de minuit. Si l’on voulait exprimer une de ces heures en temps moyen de Paris, il faudrait y ajouter 9“ 21% différence des deux méridiens.
- Ces renseignements se rapportent au port de Brest.
- Le mascaret se produira du 8 au 10 novembre, comme on le voit au tableau ci-après :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Novembre 8 i“, 11 I9hI2m I9h49“ i9h58“
- — 9 i“,i3 __ 7h 32“ 8h 9“ . 8h18“
- — 9 im,i4 * igh 52“ 20h 29“ 2oh38“
- — 10 i“, i3 8h i4“ 8h 5i“ gh 0“
- — 10 i“, 10 20h 36“ 21hi3“ 21h22“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements pour permettre l’observation des planètes pendant le mois de novembre 1923.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 16 novembre, à ih.
- Il est donc inobservable.
- Vénus s’écarte peu à peu du Soleil et devient un peu visible le soir, dès le coucher du Soleil, Le tableau ci-
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : KOVËMB. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (A)
- ; e 6h45m iil34mi9‘
- Soleil . . . 16 7 1 11 35 2x
- . . 26 7 16 11 37 48
- 6 6 8 11 i3
- Mercure. .< 1 16 7 2 11 36
- 26 7 55 12 2
- 6 8 8 12 34
- Vénus. . . • 16 8 37 12 47
- 26 9 1 x3 2
- 6 3 53 9 39
- Mars. . . . 16 3 49 9 23
- 26 3 45 9 8
- Jupiter. . . 16 7 27 11 5j
- Saturne . . 16 4 3o 9 55
- Uranus. . . 16 x3 43 19 i3
- Neptune. . i5 22 3G 5 49
- Coucher à Paris. Ascen- sion. droite. Déclinai- son. Diamètre apparent.
- i6h a3m i4h42“ — i5°46' 32' 20 "4
- 16 9 i5 23 — 18 33 32 24,0
- x5 5g 16 5 — 20 48 32 28,8
- 16 17 14 14 — 12 28 4,8
- 16 10 i5 17 — 18 21 4,6
- 16 9 16 29 — s3 5 4,6
- 17 1 i5 42 — 19 45 10,2
- 16 58 16 37 — 22 29 10,4
- 17 2 17 29 — 24 7 10,6
- i5 25 12 45 — 3 41 3,8
- 14 57 i3 8 — 6 11 4,o
- 14 3i i3 3i — 8 37 4,o
- 16 27 x5 44 —19 3 28,8
- 15 20 i3 42 — 8 6 14,0
- 0 43 23 1 — 7 9 3,4
- i3 2 9 3i + x4 55 2,4
- Constellation
- et VISIBILITÉ
- étoile voisine.
- Balance Balance Scorpion > 2»
- 1 X Vierge j Inobservable,
- 1 Balance enconjonct. avecle Soleil,
- co Scorpion le 16.
- P Scorpion oj Scorpion 0 Ophiuchus Un peu visible mprès le coucher du Soleil.
- 44Vierge Le matin,
- 0 Vierge m Vierge à partir de 4 heures.
- X Scorpion Inobservable.
- m Vierge Le matin, avant le jour.
- h Verseau P remière partie de la nuit.
- 7 Cancer Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l'heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien,de Paris.
- dessous donne la grandeur de la phase et l’éclat stellaire.
- Disque illuminé.
- Dates.
- Novembre
- Grandeur stellaire.
- 2 o,97 -3,4
- 7 0.97 — 3,4
- 12 0,96 — 3,4
- 11 0,96 — 3,3
- 22 o,95 — 3,3
- 27 o,94 — 3,3
- 36
- 17
- 32
- 28
- 24
- Mars devient visible le matin.
- Son diamètre est encore extrêmement réduit (4",o) et ne permet aucune observation utile, d’autant plus que la planète étant tr ès basse sur l’horizon, l’emploi de grands instruments, avec forts grossissements, est pratiquement impossible.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le % novembre/à 2îh. Il est par conséquent inobservable ce mois-ci.
- Saturne devient un peu visible le matin, se levant
- 20
- 14e
- ! j p
- 12
- lxh,f
- 36
- 32
- 28
- 24
- 20
- Fig. 2. — Marche de la planète Neptune sur le Ciel pendant l’année 1923.
- Les numéros placés le long de la trajectoire indiquent la position de Neptune le 1" de chaque mois. Démarquer le faible déplacement de celte planète de novembre à décembre, prés de l’étoile 7 du Cancer.
- près de 2h 1/2 avant le Soleil.
- Voici les éléments de l’ani vembre
- anneau, à la date du 10 no-
- Grand axe extérieur ....................... 35",33
- Petit axe extérieur......................... + 8",90
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. —J— r 4° 35'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .......................... + i3°33'
- Le signe + indique qu’il s’agit de la face nord de
- l’anneau.
- C’est cette face nord que nous voyons à présent et qui est éclairée par le Soleil.
- Uranus est encore visible pendant la première moitié de la nuit, se couchant, le 16, à oh43m.
- On le trouvera aisément à l’aide de la petite carte spéciale que nous avons donnée au n° a56o.
- Uranus sera stationnaire le 23 novembre, à 2ih. Neptune devient visible dans de bonnes conditions,
- se levant, le i5, à 221'36m. Il sera en quadrature occidentale, c’est-à-dire à 900 à l’Ouest du Soleil, le i3 novembre.
- Neptune, dans une bonne lunette, offre un minuscule disque de 2",3 de diamètre.
- Certaines vues exceptionnelles le suivent avec une bonne jumelle.
- Il faut certainement pour le faire une vue excellente et une patience à toute épreuve. Mais avec une petite lunette et une carte bien faite, comme celle de la
- figure 2, que nous extrayons de Y An-nu aire astr anomique il sera d’autant plus facile de le trouver que le voisinage de l’étoile 7 du Cancer, et, d’autre part, l’immobilité presque complète de la planète en novembre , fourniront un moyen excellent de la reconnaître et de la suivre.
- Neptune sera stationnaire le 2 3 novembre, à i2h.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, àao11, Neptune en conjonction avec la Lune, à x°58'N.
- 16
- 8
- 16
- 15
- —,14°
- IXh4"
- Le 4, à20b,Vénus Le 5,ài4\ Vénus
- Jupiter, à o°45' S.
- — — x Balance fgr. 5,o),
- à o° i' S.
- — — la Lune, à i° 4g7 S.
- — — la Lune, à i° 27' S.
- —- — la Lune, à 3° 53'S.
- — — la Lune à 4° 18'S.
- — — la Lune, à 5Ü 17' S.
- — — aBalance (gr. 2,9),
- à o° 4' N.
- — — la Lune, à o°2i'S.
- — Jupiter, à i° 24'S.
- — — la Lune, à i°41'N.
- Le mois de novembre est caractérisé par des essaims actifs d’étoiles filantes, notamment par les essaims des Léonides (Radiant ç Lion) à observer du i3 au 18 et par celui des Andromèdides (Radiant y Andromède) à observer du 17 au 23. Le premier donne des météores rapides, avec traînées, le second des météores lents, avec traînées.
- Le 6, à ioh, Mars Le 7, à 8\ Saturne Le 8, à 6h, Mercure Le 9, à 8h, Jupiter Le 9, à i6h, Vénus Le 10, à i5h, Mercure
- Le 17, à 3h, Uranus Le 20, à 6\ Mercure Le3d,à 3h, Neptune
- Etoiles filantes.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Ces deux essaims ont donné lieu autrefois à de véritables pluies d’étoiles filantes absolument remarquables. Ils donnent encore un grand nombre de météores par nuit.
- Voici, d’après M, Denning, la liste des principaux radiants donnant des météores en novembre :
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Ier au 9 novembre 43° —|— 22° e Bélier.
- 1 -8 — 58° + 20° a Taureau.
- 13-i4 — 53° + 32° 0 Persée.
- i3-i4 — 149° + 23° X, Lion.
- 13-14 — 2790 + 56° 2348 Bradley.
- 16 et 25 au 28 — i54° + 40° p Grande Ourse
- 20 et 27 — 62° + 22° u>2 Taureau.
- 27 — 2 5° + 43° y Andromède.
- 28 — ' 328e + 62° a Céphée.
- La date du 27 novembre pour le radiant de y Andromède est celle des grandes chutes de 1872 et i885. L’activité de cet essaim se manifeste plus tôt actuellement, notamment du 17 au 23 comme nous l’avons dit plus haut.
- Etoiles variables. —Minima de l’étoile Algol ((3 Persée) : Le 3 novembre, à ih34m; le 5, à 22h23“; le 8, à I9hi2”; le 23, à 3h i6m; le 26, à o1’ 5m; le 28, à 20h54m.
- Etoile Polaire. — Passages de l’Etoile Polaire au méri dien de Paris :
- Dates. Heures.
- Novembre 7 22h 2 Im 20s
- — 17 2 ih 4im 58s
- — 27 2Ih 2m34‘
- Temps sidéral à
- Passage. midi moyen de Paris
- Supérieur i5h 2m 37",6
- — 1511 42™ 3%2
- — i6h2im 285,7
- V. Constellations. — Voici l’aspect du ciel le ier novembre, à 2ih (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités sidérales visibles avec une lunette) : ,
- Au Zénith : Cassiopée (rj, 1, <J>, g); Andromède (y, M. 3i); Persée (p, vj, e, Ç, amas).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire) ; Céphée (ô, g, x, E, p); le Dragon (v, 0, 9, 40, e, g); la Grande Ourse (Ç).
- A l’Est : les Gémeaux (a, p, ç, <3, x, 38 e) ; Le Cocher (14, 4, co) ; Le Taureau (Pléiades, p,t,x,<p); Orion se lève.
- Au Sud : Pégase (1, 3, 85, u) ; le Bélier (y, 3o, 33, 14); le Verseau (Ç, 4+ 94, 41» 12); les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral (a — Fomalhaut).
- A l’Ouest : Le Cygne (p, o*, <J>, g, 61e); l’Aigle (a, i5 h, il); la Lyre (a, e, Ç, r\, M. 57).
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne.
- Em. Touchet.
- ><
- VARIETES
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- L'ÉLEVAGE MÉTHODIQUE DES ÉCREVISSES
- L’écrevisse se plaît surtout dans les eaux courantes ; elle ne peut se reproduire dans les bassins ou réservoirs non traversés par une eau vive, et il lui faut une profondeur d’au moins 1 mètre, un ruisseau à fond caillouteux et une certaine proportion de calcaire nécessaire à la constitution de sa carapace. Elle s’accommode d’une eau à température moyenne, plutôt dure, et d’un fond un peu marécageux, sur terre argileuse friable.
- Ce crustacé vit, pendant le jour, dans des cavités sous les pierres et les racines, aussi, lorsqu’on veut se livrer à l’élevage en eaux fermées (étangs, bassins ou viviers), on doit donner à la chaussée et aux bords une surface assez grande, de manière à faciliter la formation de ces retraites.
- I. Aménagement des réservoirs à écrevisses. — L’élevage rationnel nécessite la construction de réservoirs spéciaux dans lesquels les écrevisses trouveront toutes les conditions indispensables à leur développement.
- Le type de réservoir le plus pratique est celui que représente schématiquement le croquis ci-joint.
- Ce réservoir est alimenté par un canal b et des rigoles c.
- Il comprend des compartiments a, qui constituent' autant d’étangs isolés et qui permettent de faire l’élevage des diverses espèces et des sujets de divers âges. En d, sont des vannes de décharge, en cas de trop-plein.
- Au point central est la bonde m, des étangs, qui se ferme au moyen d'une clef.
- Pour former les cavités destinées à servir de retraites aux écrevisses, on place des pierres en saillie, dans la chaussée, et on y creuse des cavités de 10 à 20 cm de profondeur; en outre, on recouvre le fond des réservoirs de souches d ’arbres auxquelles on laisse les grosses racines pour former des cavernes où les écrevisses aiment à se réfugier.
- Les écrevisses désertent les .eaux où la température et les conditions de milieu ne sont pas en rapport avec
- leurs mœurs. Pour éviter cet inconvénient, on fixe les écrevisses dans un nouvel étang, à l’aide de paniers à claire-voie, dans lesquels on les nourrira jusqu’à ce qu elles aient déposé leurs premiers œufs.
- A partir de ce moment, l’évasion n’est plus à craindre, surtout si on nourrit les écrevisses avec du foie de bœuf, des issues de boucherie, des intestins de volailles, de
- la « feuille » de poisson impropre à l’empoissonnage.
- Il faut éviter de tenir les écrevisses dans un réservoir trop petit, car, dans un espace trop restreint, les sujets ne peuvent se reproduire aisément, leur développement est arrêté et I on subit des pertes résultant de la mortalité.
- Toutes les fois que l’on doit procéder au curage de l’étang, ou à des réparations, il est utile de retenir les écrevisses dans des caisses percées de trous ou des paniers placés dans l’eau. On les nourrit de grenouilles dépecées, de viande faisandée, pour les empêcher de s’entre-dévorer, car elles cèdent volontiers à leur instinct carnassier.
- On évite les évasions en faisant usage de filets ou de grilles et même, au besoin, en entourant le réservoir de murs de 60 cm de hauteur.
- IL Les espèces d’écrevisses. — L’écrevisse à pieds rouges et Y écrevisse à pieds blancs se prêtent, aussi bien l’une que l’autre, à un élevage intensif. L’écrevisse à pieds blancs a les pinces moins renflées, plus fendues, plus effilées, et de couleur plus pâle, surtout en dessous ; son corps est plus allongé et sa carapace, au lieu d’être d’un brun noirâtre, comme celle de l’écrevisse à pieds rouges, est d’un vert pâle.
- L’éqrevisse à pieds rouges est beaucoup plus grosse, et sa chair est plus fine et plus recherchée. Elle préfère les eaux profondes, assez chaudes et à faible courant. Elle s’adapte mieux que l’autre espèce à l’élevage intensif en eaux fermées. L’écrevisse à pieds blancs aime les eaux profondes, à fond caillouteux, dont la tempéra-
- Schéma d’un réservoir à écrevisses.
- _ a, étangs à écrevisses. — b, canal d’alimentation. — c, rigoles d’alimentation. — cl, vannes de décharge. — m, honde des étangs.
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- VARIETES
- ture ne dépasse pas 16 à i8° en été, Commercialement, le produit qu’elle donne est inférieur à celui de l’écrevisse à pieds rouges.
- III. Reproduction et élevage. — Le mâle est plus gros que la femelle ; la partie postérieure du corps est à peu près cylindrique. Il possède deux paires d’appendices en plus sous les premiers anneaux de l’abdomen entre les pattes postérieures et les premiers filets. Ces appendices sont pointus et flexibles.
- La femelle a la queue et les anneaux de l’abdomen plus larges, et, pendant la plus grande partie de l’année, elle porte ses œufs sous sa carapace.
- L’accouplement a lieu pendant un mois, en octobre et en novembre. La reproduction commence à partir de la sixième année. Un mâle peut féconder deux ou trois femelles. Pour éviter les luttes, qui sont souvent mortelles, le bassin ou vivier à ensemencer ne recevra que 4o ou 45 mâles pour 55 à 60 femelles, sur 100 sujets; c’est d’ailleurs le moyen d’assurer la fécondation régulière. Fin octobre ou premiers jours de novembre, chaque femelle produit 200 à 3oo œufs, et l’incubation dure jusqu’au mois de mai. Le printemps — mars et avril — est la saison la plus favorable à l’ensemencement.
- Pour diminuer la mortalité parmi les jeunes, on peut recourir au moyen très simple que voici : Dans une cuve où circule un courant lent d’eau de source, on dispose en piles des tuyaux de drainage carrés ayant la longueur d’une grosse écrevisse. Dans cette cuve, on dépose des femelles prêtes à pondre; chaque femelle s’introduit dans un tuyau et y dépose ses œufs. Quand les petits sont éclos, on retire les mères et les jeunes croissent à l’abri de tout danger jusqu’au moment où s’achève leur développement.
- La reproduction de l’écrevisse ne peut se faire que dans les eaux vives, d’où la nécessité d’établir les viviers dans une eau où ce crustacé puisse prospérer.
- IV. Peuplement. — L’élevage des écrevisses en eaux fermées se fait dans les étangs et dans les bassins.
- A l'état de nature, l’écrevisse pieds rouges recherche toujours les eaux profondes, tandis que l’écrevisse pieds blancs préfère surtout les ruisseaux, les eaux plus froides et plus vives.
- Le peuplement exige des sujels âgés de 5 à 7 ans, pesant a5 à 3o grammes environ. C’est l’âge le plus favorable à la reproduction. »
- Lorsqu’on peut distribuer une copieuse nourriture, le peuplement comporte 60 à 70 écrevisses par mètre carré; en moyenne, le nombre ne doit pas être inférieur à 40 ou 5o sujets par mètre carré. La proportion du nombre des mâles par rapport à celui des femelles est indiquée plus haut.
- Le peuplement étant fait au printemps, les œufs introduits avec les femelles formeront une première population qui profitera d’autant mieux que les beaux jours aidant, il y aura moins de causes de pertes.
- Avant la mise à l’eau, les écrevisses sont déposées sur le bord de l’étang ou du ruisseau, et on les arrose. L’ombrage est nécessaire pour éviter un trop fort échauffement de l’eau en été.
- La croissance de l’écrevisse est relativement lente. On en peut juger par les chiffres suivants.
- Age de l’écrevisse. Un mois Poids de l’écrevisse. 0 gr. 20
- Un an X gr. 5 à 2 gr.
- Deux ans 5 — 6 —
- Trois ans 10 — i3 —
- Quatre ans *7 — 18 —
- Cinq ans ... 20 — ' 25 —
- Six ans 26 — 3i —
- Huit ans 35 — 40 —
- Dix ans 5o — r 55 —
- Quinze à vingt ans 80 — 120 —;
- _. Alimentation. — L’écrevisse se nourrit de sub
- stances animales et végétales, de petits mollusques d’eau, larves d’insectes, moucherons, libellules, sangsues, grenouilles, têtards, jeunes poissons. Mais sa lenteur ne lui permet pas de se nourrir suffisamment de proies vivantes. Elle se rabat sur les débris d’animaux, les déchets d’abattoirs, les intestins de volailles, etc.
- Les racines cuites ou crues : betteraves, carottes, pommes de terre lui conviennent, de même que le potiron et certaines plantes, telles que la berle, les orties, le cresson.
- Dans l’élevage intensif en eaux fermées, la nourriture animale doit prédominer; elle donne un accroissement plus rapide et la chair de l’écrevisse est de meilleure qualité. En hiver, l’écrevisse jeûne, aussi a-t-elle besoin d’une abondante nourriture au printemps. Tout débris rebuté doit être retiré du vivier; car s’il y restait, l’eau se corromprait et une forte mortalité surviendrait parmi les élèves.
- YI. Ennemis et maladies des écrevisses. — Les causes de mortalité et de maladies parasitaires sont plus fréquentes dans les ruisseaux qu’en eaux fermées.
- Les œufs des écrevisses sont souvent attaqués par la petite crevette des ruisseaux : le Gcunmarus pulex ; par des larves d’insectes aquatiques, notamment par le Dytique, coléoptère surnommé « requin des eaux », les Nêpes et les Notonectes, le Dreissenna polymorpha, petit mollusque bivalve.
- Il faut faire la chasse aux insectes parfaits, et surveiller les éclosions.
- Les rats d’eau, la loutre et quelques poissons carnivores : anguille, brochet, truite, perche détruisent les jeunes écrevisses. Ces poissons ne seront pas introduits dans les bassins à écrevisses. On détruit les rats d’eau au moyen de pièges.
- Une petite sangsue, la BranchiobcLelle, se loge dans les branchies de l'écrevisse.
- La maladie dite rouille se produit parfois dans les élevages où les écrevisses sont réunies en trop grand nombre. Elles se blessent, se mutilent ; les plaies forment, sur la carapace, des tâches rougeâtres, qui envahissent tout le corps et entraînent la mort. On évite cette maladie en diminuant le nombre de sujets, en créant des abris et en mettant obstacle à la lumière vive.
- La maladie la plus grave qui atteint les écrevisses est de nature parasitaire; c’est la peste, qui se rattache à la présence d’un protozoaire qui remplit le tube digestif et envahit les muscles de la queue.
- Les pontes de grenouilles recèlent un diplobacille ou bactérie, qui cause la mort des écrevisses en l’espace de deux ou trois jours. Il est donc indiqué, là où se fait l'élevage des écrevisses, de détruire les œufs de grenouilles, qui apparaissent sous forme de masses gélatineuses parsemées de points noirs et attachées aux plantes, sur les bords des ruisseaux.
- YII. Comment on pêche les éerevisses. — Dans les eaux peu profondes, on prend les écrevisses à la main, en les saisissant par le milieu du dos. L’époque la plus favorable est fin avril, en opérant après le coucher du soleil.
- On peut aussi faire usage d’un dispositif formé de trois fagots liés ensemble, ou d’une branche d’arbre très ramifiée, retenus par une pierre au fond de l’eau, et appâtés avec du foie de bœuf, du mou, des intestins de volailles ou, mieux encore, une grenouille éventrée. En relevant prestement l’engin, on capture les écrevisses avant qu’elles aient le temps de retomber dans l’eau.
- On emploie également les verveux ou nasses, et particulièrement un petit verveux monté en filet, appelé cajot.
- La pêche aux balances se fait de la manière suivante : Les balances sont formées par un petit filet dans lequel passent deux cercles de gros fil de fer galvanisé, de 3o à 35 cm de diamètre. Le cercle supérieur a 2 ou 3 cm de plus de largeur que l’autre. Trois ficelles sont attachées à une petite corde par un bout et au cercle supérieur par l’autre; elles supportent tout l’appareil. Un morceau de liège est attaché à la corde, et un plomb, fixé à la base du filet, le retient au fond de l’eau. L’extrémité de la corde portant le liège est attachée à une baguette de bois servant à soulever la balance hors de l’eau.
- L’appât se place au fond du filet, puis les balances sont posées très doucement, à plat, au fond de l’eau. Le temps couvert et orageux est le plus favorable pour la capture des écrevisses.
- Les écrevisses à livrer au commerce doivent être emballées non mouillées, dans des paniers, et préservées de l’humidité qui provoquerait réchauffement et les ferait pourrir. Un ou deux jours avant d’expédier, on étend les écrevisses sur un plancher, après quoi on les range par couches, dans des bourriches rondes, en ayant soin, en hiver, de garnir celles-ci de paille. Lorsque les écrevisses ne sont pas consommées dès l’arrivée, on les conserve dans un petit vivier à eau bien saine. Pour une durée de conservation de quelques jours seulement, il suffit de les mettre dans un panier, en lieu frais.
- Henri Blin.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à. limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses.— M. Bonnard, à Alger. — Le meilleur procédé que vous puissiez employer pour préserver le ciment de vos cuves de Vaction de Vacide sulfureux contenu dans les vins est de les recouvrir de plaques de verre. Cette méthode est tout à fait courante aujourd’hui, car elle évite également l’action réciproque du ciment sur vin dont il modifie toujours plus ou moins les qualités. La maison Demay frères, 3o, rue Payen, à Reims, et 77, boulevard de Strasbourg, à Paris, qui s’est spécialisée dans ces installations de ciment-verré, vous fournira très volontiers tous renseignements utiles sur la question.
- M. Saint-Jean, à Luchon. — La destruction des charançons se pratique très facilement en plaçant à l’intérieur des tas de céréales des bouteilles contenant du sulfure de carbone. Pour éviter une évaporation trop rapide, il suffit de fermer les bouteilles avec un bouchon de liège en ne ménageant dans ce dernier qu’une fente très petite à peine sensible; la dose de sulfure de carbone à employer est de i5 gr. par hectolitre de grain, celui-ci doit être mis de préférence en silos, ce qui a en outre l’avantage de maintenir la température du tas plus basse en restreignant la multiplication des parasites. Le sulfure de carbone pris par 5o kg vaut actuellement 2 fr. le kilogramme ; les maisons Pelliot, •24, place des Vosges, ou Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois, vous fourniront ce produit en toute quantité. Bien entendu, lors de la sortie des grains, il est indispensable de les pelleter et ventiler pour chasser l’odeur du sulfure. Se rappeler enfin que le sulfure de carbone est très volatil et inflammable, prendre par conséquent les plus grandes précautions en évitant de s’approcher des magasins remplis de vapeurs, avec une lumière ou même un foyer incandescent, pipe, cigare, etc.
- M. Parois, à Luc-sur-Boulogne (Vendée). — i° Le recollage de l’écaille vraie s’effectue en appliquant sur les parties à joindre une solution très concentrée de potasse caustique ; lorsque l’on a constaté un léger ramollissement, on serre très fortement et laisse sécher plusieurs jours avant de mettre en service. Un bon résultat ne peut être obtenu que si les surfaces en contact sont assez grandes et si aucun effort persistant, tel que celui du verre dans la monture, ne s’exerce d’une manière continue pour tendre à la rupture. 20 Nous avons personnellement réussi à éloigner les fourmis d’une armoire ménagère en pulvérisant sur les planches une solution alcoolique de thymol à 1 pour 100.
- M. de Meeus, à Saint-Trond (Belgique). — Le procédé le plus pratique de blanchiment du linge est encore l’emploi de ,l’eau de Javel à la condition qu’on en fasse un usage convenable. Les extraits de Javel du commerce sont des solutions d’hypochlorite de soude titrant de 20°à 3o° chlorométriques, soit aoà 3o litres de chlore actif supposé gazeux par litre d’extrait. Il faut prendre 5o c. c. de cet extrait pour préparer un litre d’eau de Javel ordinaire qui se trouve ainsi avoir de i° à i°5 chlorométriques. Pour l’emploi, opérer ainsi : Le linge étant préalablement lavé pour enlever les taches grasses ou albumineuses, on le plonge encore humide dans une solution ne devant pas titrer plus de o° 20 à o°25. D’après ce que nous venons de dire, on mettra par exemple ro à 12 cuillerées à bouche d’extrait dans 20 litres d’eau bouillante, on laissera en contact jusqu’au moment où les taches ont disparu, aussitôt après on rincera abondamment pour éliminer toute trace de chlore qui pourrait avoir un effet fâcheux sur le tissu.
- Nous vous signalons également l’ouvrage qui vient de paraître, Les Blanchisseries, pratique et hygiène du blanchissage, par Frois, inspecteur du travail, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. de Bussac, à Auzon. — Le plomb de chasse est constitué pardu plomb commercial additionné de 3 à 8 millièmes d’arsenic pour le durcir. Les maisons suivantes sont, pensons-nous, susceptibles de vous fournir le matériel nécessaire à cette fabrication : Morane, a3, rue Jenner; Lyonnet-Binet, 47, rue Joubert; Emicau, 2, rue de Vouillé.
- Abonné N° 102-13, à Ciry-le-Noble. — i‘ drez une bonne eau dentifrice en prenant
- Vous obtien-
- Essence de badiane 100 c. c
- — de girofle 3 —
- — de menthe 60 —
- — de roses 2 —
- Teinture de benjoin au i/5° . . . . 100 —
- — de cochenille au i/io‘. . . 100 —
- — de santal rouge au i/5e . . 25o'
- Eau distillée................... 1000
- Alcool à 900..........., . . . . 85oo —
- Après mélange, filtrer sur papier et mettre en flacons. A défaut des teintures ci-dessus on peut les remplacer par 20 gr. de benjoin, 10 gr. de cochenille et 5o gr. de santal rouge, ces éléments étant bien pulvérisés. Dans ce cas, laisser macérer huit à dix jours avant filtration. 20 Pour teindre votre chapeau de feutre en loutre, commencer par le dégraisser après avoir enlevé les garnitures, dans une eau tiède contenant 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux), bien rincer à plusieurs eaux, puis monter le bain de teinture suivant dont les proportions sont établies pour 1 kg de laine :
- Eau non calcaire...................... 5o litres
- Bisulfate de soude...................100 gr.
- Azogrenadine......................... i5 —
- Bleu solide R....................... 10 —
- Jaune naphtol......................... 20 —
- Après avoir versé dans la chaudière la quantité d’eau, on chauffe à la chaleur de la main et on fait dissoudre la moitié des colorants, on entre le feutre et manœuvre celui-ci dans le bain avec un bâtonnet en même temps que l’on élève la température jusqu’au bouillon. A ce moment on enlève le feutre, on ajoute au bain le bisulfate de soude, on rentre l’article à teindre en maintenant le bouillon pendant un quart d’heure, on ajoute alors le reste des colorants (tissu retiré), rentre à nouveau et maintient le bouillon jusqu’à obtention de la teinte désirée. 3° La formule à’encaustique que nous avons donnée dans notre N° 2533 du 21 octobre dernier convient très bien pour parquets, c’est la formule de l’encaustique dite à l’eau employée par les peintres. 4° Votre statue en bois a été très probablement recouverte d’un enduit à la colle de peau avant dorure et il vous suffira sans doute pour l’enlever d’un lavage à l’eau tiède. Au cas où il s’agirait d’un enduit à l’huile, remplacer l’eau par une solution également tiède de soude caustique ou potassium des peintres (eau 750 c. c., lessive de soude caustique à 36° B., 25o c. c.). Une fois la statue bien débarrassée de cet enduit, ce qui est indispensable pour éviter l’empâtement des détails, rincer soigneusement, laisser sécher et procéder à la dorure en opérant ainsi : Prendre de l’huile de lin cuite, l’additionner de 10 gr. de camphre par litre, puis de 5o gr. de blanc de céruse, chauffer pendant une heure et demie à deux heures en remuant fréquemment de façon à obtenir une masse légèrement poisseuse qui constitue la mixtion à dorer. Après refroidissement, enduire la statue de cette mixtion en couche très légère et laisser partiellement sécher; lorsque la surface est encore collante, appliquer dessus à plat des feuilles d’or tirées des livrets que confectionnent les batteurs d’or et que vendent les marchands de couleurs, chaque feuille est posée au moyen d’un large pinceau à poils de putois, on tamponne légèrement avec un tampon de coton, laisse cette fois complètement sécher et brosse avec un pinceau doux pour enlever l’excédent des feuilles d’or. 5° Le mieux est de redonner vos pinces à renickeler chez un réparateur de bicyclettes. 6° L'acide chlorhydrique doit certainement enlever les bavures de ciment sur votre carrelage, il ne faut pas l’employer -pur, mais étendu d’environ deux fois son volume d’eau en chauffant auparavant cette solution.
- M. Villafranca, à Montevideo. — i° Le vernis jaune d’or pour bronze est ainsi constitué :
- Sandaraque.................... 65 gr.
- Gomme mastic . . . ........... 5 —
- Gomme laque.................. . 10 —
- Térébenthine de Venise .... 25 —
- Aloès........................... 5 —
- Gomme gutte...................... 5 —
- Alcool à 95°....................900 c. c.
- 20 Le meilleur procédé pour imperméabiliser la surface du ciment est la fluatation au fluorure de magnésie ;
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- vous trouverez ce produit tout prêt pour l’emploi chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand. 3° Pour colorer les ciments il ne faut employer que les couleurs minérales outremer, bleu de Prusse, ocres jaune ou rouge, vert Guignet, etc., tenir compte en outre des réactions possibles entre les constituants et la matière colorante suivant le" cas considéré. 4° Un mélange à parties égales d’oxyde de zinc et carbonate de chaux, délayé dans le chlorure de zinc à 45° B., vous donnera un produit de plus grande solidité que l’oxychlorure de magnésium.
- M. Absolon, à Alger. — Nous avons répondu à votre question dans le n° *5j6 du 18 août dernier, page 54 de la Boîte aux Lettres.
- M. R. P., à Paris. — D’après les essais sommaires que nous avons effectués, les papiers de tenture que vous nous avez soumis seraient simplement enduits d’un mucilage à la farine de graine de lin, quelques essais préalables vous fixeront sur les proportions relatives de farine et d’eau à employer pour obtenir la fluidité convenable. Dans le cas de tons bruns l’enveloppe de la graine a été conservée, pour les teintes claires, il conviendrait très probablement de passer avant emploi le mucilage obtenu au travers d’une mousseline pour le débarrasser des débris d’épiderme.
- M. Petit, à Conflans Sainte-Honorine. — Pratiquement il n’y a que la distillation qui permette d’obtenir de l’eau de roses, vous pourriez cependant essayer du procédé suivant : Broyer au mortier les pétales avec io pour ioo de leur poids de carbonate de magnésie de manière à faire absorber l’essence par celui-ci, introduire ensuite la pâte dans un grand flacon et ajouter de l’eau distillée, laisser digérer une huitaine de jours en agitant fréquemment, filtrer. L’addition d’un gramme environ d’acidë salicylique au liquide obtenu en assurera la conservation.
- M. A. Jouzier, à Poitiers. — i° Les papiers au bromure peuvent après développement et fixage être virés en différents tons ; pour cela, on prépare une solution initiale A qui sert dans toutes les préparations; elle se compose de :
- A. Eau distillée..................ioo c. c.
- Acide acétique cristallisable . . io gr,
- Ferricyanure de potassium. . . i —
- Cette solution se conserve quelques jours à l’abri de la lumière en flacons pleins et bien bouchés.
- Tons sépia. — On prépare à froid une solution de :
- B. Eau distillée..................ioo c. c.
- Acide acétique cristallisable . . io gr.
- Acétate d’urane................ i —
- On obtiendra :
- Brun sépia en mélangeant : A 5o c. c. B
- — rouge — A 5o — B
- — rouge feu — A 5o — B
- Tons bleus. — On mélange 5o c. c. de
- 75 c. c. de la solution suivante :
- C. Eau distillée .................. 100 c. c.
- Acide acétique cristallisable . . 10 gr.
- Citrate de fer ammoniacal ... 1 —
- L’image a d'abord une‘teinte verdâtre, mais devient bleue ensuite, on l’avive après lavage en passant dans l’eau additionnée d’ammoniaque à 1 pour 1000.
- Tons verts. — Les trois solutions précédentes sont employées'en les mélangeant à parties égales, on lave ensuite à l’eau légèrement acidulée.
- Tons pourpres. — i° On prépare les trois solutions suivantes :
- 1. Eau distillée . «...............100 c. c.
- Citrate neutre de potassium. xo gr.
- II. Eau distillée..................100 c. c.
- Sulfate de cuivre............... 10 gr.
- III. Eau distillée..................100 c. c.
- Ferricyanure de potassium. 10 gr.
- Au moment de l’emploi on mélange :
- I............................... 100 c. c.
- Il................................. 7 -
- III.................................. 6 —
- Quand le ton pourpre est obtenu, on lave et laisse sécher. 20 La chaleur de fusion du cuivre est de 3a calories, sa température de fusion est de iofi3° C.
- M. Jean, de Bigorre. — Pour préparer du savon à barbe en pâte donnant une mousse persistante, il suffit de dessécher un bon savon de toilette réduit en copeaux minces jusqu’à ce qu’il soit assez sec pour être réduit en poudre au mortier. Cela fait, on ajoute à la poudre
- (OO c. c.
- 70 —
- 5o — bain A et
- en quantité suffisante pour obtenir une pâte épaisse un mélange de trois quarts d’eau distillée et un quart de glycérine ; on chauffe au bain-marie en remuant jusqu’à homogénéité parfaite, laisse refroidir et incorpore finalement quelques gouttes d’ammoniaque (2 ou 3 par 100 gr. du mélange).
- M. R. G., à Ailly-sur-Noye (Somme). — Destruction des limaces. — Il conviendrait, tout d’abord, de repérer les endroits par lesquels les limaces peuvent s’introduire dans vos appartements, pendant la nuit. Elles peuvent être attirées par l’humidité ou par les plantes se trouvant autour de l’habitation.
- Placer çà et là des planchettes sur lesquelles est étendue une couche de graisse ou de beurre rance. Les limaces sont attirées en grand nombre, pendant la nuit, par ces appâts ; le matin, on les capture et on les détruit. Répandre, dans les endroits envahis, de la chaux vive en poudre ou de la cendre sèche de bois, de la suie ou de la sciure, substances efficaces à la condition d’être très sèches : elles gênent les mouvements des limaces, les empêchent de se déplacer. Le tabac en poudre les tue. La fleur de soufre, le sulfate de cuivre pulvérulent peuvent les arrêter si on en répand autour des orifices, au dehors; il en est de même de l’eau additionnée de pétrole, du poussier de charbon de bois et des écailles d’huîtres pulvérisées, de la cendre de four à chaux broyée et bien tamisée. Les limaces atteintes par cette matière bavent et ne tardent pas à succomber.
- F. H., à Bruxelles. — Préparation industrielle des conserves de champignons. — i° On emploie des champignons frais et la préparation comporte les opérations suivantes : Parage, bouillage, ensaumurage, mise en tonneaux ou en boîtes de fer-blanc suivant les usages (vente en gros ou en détail).
- On prend des champignons bien nettoyés, lavés à grande eau, puis épluchés, et on les soumet à l’ébouillantage oxi bouillage dans de l’eau salée, d’un volume égal à cinq fois (en poids) celui des champignons traités, c’est-à-dire qu’on les fait bouillir dans cinq fois leur poids d’eau potable ; il faut du sel très pur, comestible. Après bouillage, on fait égoutter les champignons et on les met dans une saumure neuve (eau pure et sel comestible) et bouillie avant de l’employer; opérer dans un local fermé, à l’abri de la poussière et du soleil. Les champignons bouillis sont mis en tonneaux avise un volume de saumure égal à deux fois leur propre volume. Au fond des tonneaux, on met un nouet de linge contenant 20 kg de charbon de bois par 100 kg de saumure, afin d’éviter les fermentations secondaires et les altérations. Tenir les tonneaux dans un local fi’ais et obscur.
- Toute saumure ayant servi doit être jetée et les ton-.neaux, une fois vides, lavés à l’eau fraîche, l’intérieur brossé, puis rinçage à l’eau courante. Flamber rapidement à la lampe d’émailleur les rainures des douelles, pour éviter l'infection et les fermentations qui ensemenceraient ultérieurement les saumures.
- Les champignons livrés en tonneaux à l’usine, y sont mis en boîtes de fer-blanc que l’on passe à l’autoclave.
- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur cette question. Voyez aux adresses suivantes : Louis Bou-gleux, industriel, 167, avenue Victor-Hugo, à Clamart (Seine), et Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°), sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin.
- Nous indiquons qu'une communication intéressante sur un nouveau procédé d'écorçage à la vapeur a été faite, récemment, à la Section de Sylviculture de la Société des Agriculteurs de France (Paris, 8, rue d’Athènes, 8e), et que, pour la carbonisation du bois en vase clos,, on pourrait s’adresser à M. G. Flaunet, ingénieur (Journal Bois et Résineux, Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge). D’autre part, vous pourriez de même puiser des renseignements auprès du titulaire de la Chaire de Sylviculture, à l’Ecole nationale d’Agricul-ture de Montpellier.
- Dr A. T., Bougie (Algérie). — i° Là résistance de la vigne américaine vierge au phylloxéra s’explique par ce fait que la constitution des racines offre, par elle-même, un obstacle aux piqûres de l’insecte. Le tissu de la racine de la vigne américaine est composé de rayons médullaires très denses, très serrés. Sur ce tissu, les piqûres du phylloxéra radicicole sont sans effet grave, tandis qu’elles provoquent, sur le système radiculaire de la vigne française, des nodosités qui sont autant de
- «tfôël»
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- petits chancres entraînant, à la longue, la décomposition, la pourriture des racines et la mort du cep, parce que, chez la vigne française, le tissu radiculaire est formé de rayons médullaires plus espacés, lâches, spongieux, offrant beaucoup plus de réceptivité aux atteintes du puceron dévastateur. Le greffage de la vigne française sur plants américains a donc pour résultat de conférer à celle-ci, à des degrés divers, selon les cépages, l’immunité phylloxérique, particulièrement remarquable chez les hybrides franco-américains sélectionnés au point de vue de la plus grande résistance au phylloxéra et de leur adaptation aux terrains.
- 2° Yous trouverez chez Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, à Montpellier, des ouvrages sur le phy lloxéra e^: les vignes américaines.
- M. E. M.-, avenue des Fleurs, Nice. — Préparation ménagère de conserve de sauce tomate. — Prendre des tomates bien mûres, très saines et charnues, ni trop aqueuses, ni trop acides, les essuyer, les couper en deux ou en quatre, selon leur grosseur, les débarrasser dé leurs pépins et les jeter au fur et à mesure dans une bassine ou un chaudron en cuivre étamé, faire cuire jusqu’à ce que la pulpe soit assez amollie pour se réduire en purée; retirer alors la bassine du feu, verser les tomates sur un tamis placé au-dessus d’une terrine, afin que l’excès d’eau puisse s’écouler sans pression. Vider la terrine, l’essuyer et, le tamis étant replacé, écraser avec un pilon en bois la pulpe restée sur le tamis ; verser alors cette purée fine, qui constitue le coulis ou la sauce tomate, dans des bouteilles en verre, qu’on bouche et ficelle solidement. Le jus est recueilli dans la terrine, la peau et les pépins restent sur le tamis. Les bouteilles contenant le jus ou purée fine sont placées debout, dans une bassine remplie d’eau, de manière qu’elles baignent jusqu’au goulot. Lors du remplissage, il faut laisser un peu de vide dans les bouteilles pour éviter l’éclatement. La bassine étant mise sur le feu on fait chauffer jusqu’à ébullition l’eau qu’elle contient.
- La cuisson doit durer trois heures, après quoi on retire la bassine du feu et on laisse refroidir complètement; ce n’est qu’à ce moment que les bouteilles doivent être retirées de la bassine, on n’a plus à craindre l’éclatement du fait de la vapeur contenue dans les bouteilles mises brusquement au contact de l’air froid. Pour faire place à la vapeur qui se produit pendant la cuisson, et éviter la casse, avoir soin de laisser un vide de quelques centimètres entre la conserve et le bouchon. Boucher les bouteilles avec de bons bouchons et cacheter à la cire.
- On peut aussi préparer la conserve en faisant cuire les tomates dans leur jus, jusqu’à évaporation du liquide et, après réduction en purée, on verse dans des bocaux ou des vases en grès. Quand la purée est refroidie, on la recouvre d’une couche de saindoux à moitié fondu et quand ce saindoux est durci on bouche hermétiquement les bocaux ou les vases et on les range sur des tablettes dans un endroit frais.
- L’emploi de l’acide salicylique est prohibé.
- M. J. D., à Lambersart. — i° Le fabricant du révélateur dont vous désireriez connaître la formule n’en a même pas indiqué la composition qualitative. Il tient donc à garder un secret parfaitement légitime. C’est vous dire que, même si la formule en question était venue à notre connaissance, la plus élémentaire discrétion nous interdirait de la divulguer. — Pour le développement du papier que vous désignez, vous pouvez utiliser la plupart des formules qui servent à l’obtention des négatifs (à l’exception de celles qui sont indiquées pour le développement lent), à condition d’ajouter, pour chaque ioo cc. de bain, de 5 à xo gouttes d’une solution de bromure de potassium à io pour ioo. Le révélateur au diamidophénol et celui au génol-hydroquinone sont particulièrement recommandables. Si le développement s’effectue trop rapidement, on pourra le ralentir et par conséquent le contrôler plus sûrement, en ajoutant au bain une certaine quantité de sucre. Ne pas négliger de fixer dans Un bain acidifié par addition de bisulfite de soude.
- T. S. F.— Ecole normale d’instituteurs, à Saint-Brieuc. — i° Yous ti*ouverez dans la réponse faite àM. Rondeau dans le précédent numéro des moyens de réaliser des selfs de liaison pour la transformation d’amplificateurs à résistances HF en vue de la réception des ondes courtes.
- Il est possible également sur antenne d’obtenir souvent quelques résultats sans changer les résistances de 8o ooo ohms, mais en employant un dispositif de réaction électro-magnétique et en inversant, au-dessus de fioo m. le sens de couplage de la bobine de réaction. Ce fait est surtout marqué lorsqu’on n’emploie qu’une seule lampe HF avant la détection.
- Pour l’accord, employez un Tesla à galettes avec condensateur d’antenne en série.
- 2° En approchant la main de votre appareil vous modifiez votre accord par variation de capacité et en touchant du doigt la borne d’entrée, vous changez le réglage de la réaction. Yérifiez le montage de votre réaction et ajoutez, s'il y a lieu, une résistance selfique dans le circuit-plaque de la quatrième lampe. Il serait meilleur également d’utiliser toujours un deuxième condensateur en série dans le primaire.
- 3° Il doit se produire des pertes par capacité lorsque votre bobine secondaire touche le primaire ; d’ailleurs dans un Tesla il y a pour chaque réception une distance optima entre les deux enroulements.
- 4° Yotre explication semble exacte, mais il serait intéressant de renouveler l’expérience en mettant l’écouteur dans le circuit d’un cadre isolé, ce qui éliminerait toute transmission du courant par la terre, cause d’erreur.
- M. Damarin, à Lebourneux (Algérie). — Il est absolument impossible que vous entendiez avec un simple poste à galène les émissions radio-téléphoniques de FL à une si grande distance. Yoyez la réponse faite à M. Le-vêque dans notre dernier numéro. D’ailleurs, même avec un bon amplificateur, il vous faudrait utiliser une antenne plus longue que celle indiquée.
- M. Honnoré, à Paris. — i° Pour la réception des ondes courtes, votre poste futur semble, en effet, très mal situé. Yous pouvez employer une antenne en prisme d’une trentaine de mètres de longueur ou une antenne en parapluie qui a l’avantage de ne pas posséder de propriétés directives. Une antenne, composée par exemple de trois fils de iS m. de longueur utile, d’une hauteur moyenne de i5 à 20 m. si possible, donnerait sans doute de bons résultats. Mais comme, en somme, l’orientation de la vallée où doit être érigée l’antenne est assez favorable, l’antenne en prisme serait sans doute suffisante. L’antenne en prisme en L ou en T doit d’ailleurs être dirigée dans la direction de l’émetteur.
- 4° Une lampe détectrice et 2 BF doivent, si le collecteur d’ondes est bien disposé, permettre une bonne réception : vous accroîtrez encore l’intensité de l’audition en ajoutant un étage HF à résonance ou à self avant la détection, il y aurait lieu, dans ce cas, de modifier le système de réaction de votre « Microdion ».
- M. M. P., à Paris. — Nous croyons qu’il vous suffira d’acheter un appareil haut-parleur du type sensible sans batterie auxiliaire. Yous trouverez une étude sur la question des haut-parleurs dans le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- Les appareils les plus efficaces et les plus simples semblent être le « Brown » et le « Le Las ».
- Pour conserver à faible distance du poste émetteur une réception agréable et nette, il vous suffira de réduire un peu l’amplification, soit en supprimant un étage BF, soit en désaccouplant l’accord.
- M. Plassart, à La Roche-Vineuse (Saône-et-Loire). — Yous pourrez trouver le renseignement dont il s’agit dans un journal quotidien publiant le programme des radio-concerts ; il vous suffira de vous procurer par exemple le Matin, numéro du jour où vous avez entendu ce concert. 1
- M. Jaboulay, à Michon (Loire). — i° Nous avons répondu par la voie de la « Boîte aux lettres ».
- 20 Yotre amplificateur est mal monté ou, en tout cas, amplifie peut-être mal au-dessous de 2000 m. de longueur d’onde. Réglez les condensateurs de liaison, les résistances de 80 000 ohms et la réaction électrostatique.
- 3° La capacité trop grande ne peut, en ce cas, aucunement influer sur la réception.
- La réception sur cadre devrait vous donner de bons résultats.
- Nous indiquerons dans une chronique le problème de l’influence des lignes à haute tension et les difficultés de réception qui en résultent.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- Physique du globe, par Ch. Maurain, i vol. illustré, 204 p. A. Colin, éditeur. Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- La physique du globe est uu domaine extrêmement vaste^ qui comprend l’étude de tous les phénomènes physiques naturels. M. Maurain ne songe pas, dans le petit ouvrage de vulgarisation qu’il présente aujour-d hui, à aborder l’ensemble d’un si vaste sujet. Il borne son ambition à en traiter quelques chapitres, en général négligés dans les publications françaises. Ce sont : la forme de notre globe, la constitution de la croûte terrestre, les mouvements de celle-ci et les renseignements que donne la sismologie sur les couches profondes ; la magnétisme terrestre et l’électricité atmosphérique. Chacun de ces chapitres constitue une véritable mise au point et un exposé d’ensemble des connaissances actuelles en la matière.
- Les isotopes, par A. Damiens, préface de Jean Perrin. 1 vol. 118 p., 33 fig. Gauthier-Villârs, éditeur, Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- Nous possédons déjà un livre excellent sur les Isotopes; celui d’Aston traduit par Mlle Yeil; le livre de M. Damiens ne fait pas double emploi avec lui; car, tandis que l’ouvrage de M. Aston traite surtout des isotopes non radioactifs et des travaux personnels, de l’auteur, d’une importance du reste capitale, l’ouvrage de M. Damiens vise au contraire à présenter une exposition complète et homogène de l’ensemble de la question dans son état actuel. L’auteur montre comment l’existence des corps isotopes s’est d’abord révélée dans les familles radioactives, il explique clairement cette notion nouvelle et montre comment elle se rattache aux idées modernes sur la constitution de l’atome ; puis il donne un résumé des diverses techniques employées ou proposées pour distinguer les corps isotopes.
- Diffraction, par H. Bouasse et Z. Carrière, i vol. 480 p., 265 fig. Delagrave, éditeur. Paris, 1923. Prix : 34 francs.
- La diffraction constitue un important chapitre de l’optique ondulatoire; c’est le phénomène produit par l’interposition d’un écran ou d’une ouverture étroite sur le passage d’un faisceau lumineux. Les auteurs traitent à fond la question ; s’ils font grand usage du calcul méthématique, ils insistent beaucoup aussi et avec de très utiles développements sur les procédés expérimentaux permettant de mettre les phénomènes en évidence et de les mesurer.
- Si les auteurs ont jugé nécessaire de donner à cette partie de l’optique un développement que l’on ne rencontre dans aucun autre ouvrage similaire, c’est qu’ils ont jugé que les phénomènes de diffraction jouent un très grand rôle dans un très grand nombre d’instruments, et qu’ils ont de nombreuses applications; en particulier l’emploi du microscope, des instruments astronomiques exigent la connaissance de ces phénomènes ; parmi les applications étudiées par les auteurs, citons la mesure du diamètre des étoiles par Michelson, les réseaux pour l’analyse spectrale, les trames de photogravure, la théorie des arcs-en-ciel ; l’ouvrage se termine par l’étude de la polarisation par diffraction et par celle des phénomènes optiques dans les milieux troubles. La préface satyrique qui précède tout ouvrage de M. Bouasse est, dans celui-ci, consacrée au style et à la composition des mémoires scientifiques.
- Le Poste de T. S. F. de l’Amateur, par P. Hémardïnquer. 1 vol. 256 p., 253 fig. Chiron, éditeur. Paris, 1923.
- Cet ouvrage se compose d’une série de chapitres dont chacun forme un tout, mais dont l’ensemble constitue la description d’un poste de réception moderne.
- Nos lecteurs ont déjà pu apprécier la compétence éclairée de l’auteur et la clarté de ses explications; ils retrouveront ces qualités dans le présent ouvrage ; la plupart des dispositifs qui y sont décrits ont été essayés par l’auteur, qui fait ainsi profiter ses lecteurs de son expérience. L’ouvrage débute par l’étude du cadre et de l’antenne, des dispositifs d’accord, des détecteurs : galène, audions, hétérodynes ; puis il étudie les amplificateurs, les dispositifs superhétérodynes et superréaction, la réception des ondes courtes ; un intéressant chapitre est consacré à la télémécanique ; l’ou-vgjjige se termine par l'étude des hauts-parleurs et un certain nombre de renseignements pratiques : charge des accumulateurs, apprentissage du Morse, horaires des principales émissions, réglementation officielle, etc. Dans chaque chapitre l’auteur s’attache non seulement à faire comprendre le montage et le fonctionnement des appareils, mais encore, dans beaucoup de cas, à guider l’amateur qui voudrait les construire lui-même.
- La télégraphie des images, par Ed. Belin, i br., 3i p., 9 fig. Conférence éditée par l’Institut polytechnique de Grenoble, 1923.
- Après un bref rappel des méthodes téléphotographiques de MM. Casella et Ivorn, M. Ed. Belin explique le principe de son propre procédé, expose les résultats obtenus, et pose le principe d’une méthode apte à réaliser la télévision.
- Les canons de la victoire, par le colonel Alvin et le commandant André (5° édition du Manuel à’Artillerie lourde), préface de maréchal Joffre, 1 vol. 572 p., 422 fig. Charles Lavauzelle, éditeur. Paris, 1923.
- Les auteurs ont réuni dans cet ouvrage la description de tous les matériels français d’artillerie employés pendant la guerre ; de chacun, ils donnent un court historique et indiquent ses propriétés et ses caractéristiques essentielles. Ce livre, destiné avant tout aux artilleurs, intéressera aussi le grand public, parce qu’il est clairement écrit, bien composé, et, malgré son caractère technique, agréable à lire. Les anciens combattants de la grande guerre prendront plaisir à y voir, suivant l’expression du maréchal Joffre, défiler comme à la parade tous les glorieux engins de la victoire, et à retrouver ainsi de vieilles connaissances du champ de bataille.
- Pour comprendre les monuments de la France, par J.-A. Brutails, membre de l’Institut, Paris, Hachette, in-12, relié, 35g dessins et photographies. Prix : i5 fr.
- Le succès de ce livre, qui a atteint en peu de temps sa 4“ édition, est justifié, car c’est la première fois qu’un ouvrage embrasse, sous une forme succincte, mais précise, l’évolution complète des monuments de la France, depuis les dolmens jusqu’aux travaux des architectes et des ingénieurs contemporains. C’est l’œuvre d’un spécialiste qui sait mettre la science à la portée du public et qui apporte dans un manuel de vulgarisation beaucoup d’idées neuves. Parmi les illustrations, les tableaux comparatifs de styles et d’écoles seront particulièrement appréciés des lecteurs.
- Les hépatites amibiennes autochtones et coloniales et leur traitement, par F. Françon et J. Hutinel. i vol. in-8, i32 p. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 10 francs.
- Il y a un péril amibien, mais le remède existe : l’émétine. Les auteurs, dans cette excellente monographie, décrivent la maladie et son traitement, suffisant dans beaucoup de cas pour éviter les abcès du foie si meurtriers.
- El problema agrario de Mexico desde su origen hasta la epoca actual, parLucio MendictaNunez. i vol. in-8, 146 -1- XXYIIÏ p., 4 fig-, 3 cartes. Direccion de Antro-pologia de la Secretaria de Agricultura, Mexico.
- Extrait de l’ouvrage sur Teotihuacan que nos lecteurs connaissent (voir n° 2553). Le Mexique cherche en ce moment à trouver un équilibre agricole, à résoudre la question agricole. L’auteur examine l’évolution de la propriété terrienne depuis les temps précolombiens pour aboutir à la situation présente et indiquer les solutions qu’il envisage.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — J. Violle. — M. Violle, membre de l’Institut, vient de s’éteindre ; voici comment M. Yillard résume sa carrière dans une allocution prononcée à l’Académie des Sciences.
- « Notre confrère Jules Violle, doyen de la Section de Physique, vient de s’éteindre dans sa propriété de Fixin, près de Dijon.
- Né lu 16 novembre 1841 à Langres, il fut reçu à l’Ecole Normale en 1861. Nommé après sa thèse professeur à la Faculté de Grenoble, puis à Lyon, il devint maître de Conférences à l’Ecole Normale en 1884 et, en 1891, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers.
- En 1897, il fut élu à l’Académie où il succédait à Fizeau.
- Avec lui disparaît un grand physicien, dont le savoir était profond, dont l’Œuvre est de premier ordre : chose rare, cette Œuvre n’a pas vieilli; les méthodes ne portent pas la marque du temps, l’ampleur des moyens d’action dont M. Violle usait dans ses Travaux n’a pas été dépassée, les sujets de ses Recherches étaient de ceux dont l’intérêt n’a fait que croître avec les découvertes modernes, son Traité de Physique ne renferme pas une page dont la valeur soit aujourd’hui diminuée.
- Les grandes questions qui s’inscrivent en tête de la Physique générale ont constamment retenu l’attention de M. Violle, et, tout particulièrement, le problème capital du rayonnement des corps à haute température. Une longue série de recherches, largement traitées, fut consacrée par lui à l’étude de la radiation solaire, à la mesure des températures élevées, à la création d’étalons de lumière.
- La détermination de la Constante solaire et de l’absorption atmosphérique l’occupa pendant plusieurs années ; après avoir construit un actinomètre de grande précision, M. Violle n’hésita pas à porter l’instrument sur les hauts sommets des Alpes, sur le mont Blanc même, en 1875, puis, deux ans plus tard, en plein été, au Sahara, où les conditions atmosphériques sont d’une remarquable constance. Il obtint ainsi pour la constante solaire la première valeur dont la haute approximation fût certaine.
- Pour avoir une évaluation approchée de la température du soleil, M. Violle compara son rayonnement à celui de sources qu’il eut soin de choisir exceptionnelles : ce furent des coulées d’acier aux forges d’Alle-Yard, puis dés bains de platine en fusion, et il montra que, contrairement à ce qu’on supposait alors, la température moyenne de la surface solaire ne dépasse pas quelques milliers de degrés.
- Le problème de la mesure correcte des hautes températures fut résolu par lui à l’aide d’une méthode nouvelle, basée sur la détermination de la loi de variation des chaleurs spécifiques de corps très réfractaires, et comportant l’emploi de moyens d’action dont la puissance, encore actuellement, paraît considérable; ce fut avec des arcs électriques consommant plus de 100 chevaux qu’il mesura la température du cratère positif et put dès lors évaluer celle, plus élevée encore, de la flamme jaillissant de ce cratère. La détermination précise des points de fusion de l’or, du palladium, du platine, etc., vint d’autre part donner aux physiciens de nouveaux repères dont l’exactitude ne laissait rien à désirer.
- Ces travaux le conduisirent à la création d’un étalon absolu de lumière. Le Congrès international avait, en 1881, posé la question et signalé l’impossibilité de définir les sôurces de lumière constituées par des flammes ; M. Violle proposa une solution audacieuse, mais parfaite au point de vue définition, qui était de prendre comme source l’unité de surface de platine fondu à sa température de solidification. En 1884» la Conférence internationale comprit l’intérêt que présentait le choix d’une telle source lumineuse et adopta le nouvel étalon, auquel le nom de M. Violle restera toujours attaché.
- Nous ne saurions oublier les expériences mémorables de M. Violle sur la vitesse de propagation du son, la déformation progressive des fronts d’onde, la dispersion des sons complexes dans un milieu limité.
- Rappelons encore sa remarquable thèse sur l’équivalent mécanique de la calorie déterminé par une méthode aussi nouvelle qu’ingénieuse, consistant à utiliser l’élévation de température produite par les courants de Foucault dans une masse métallique en mouvement dans un champ magnétique. »
- Une épreuve tragique. La coupe Gordon-Bennett des ballons sphériques. — Le dimanche a3 septembre, était donné à Bruxelles le départ de la classique coupe Gordon-Bennett des ballons libres. Cette épreuve internationale réunissait i5 ballons concurrents, montés chacun par 2 aéronautes. Trois de ces aérostats ont été détruits par la foudre en plein ciel Sur les 6 aéronautes, 5 ont été tués, le 6° grièvement blessé. Les ballons ainsi frappés sont : le ballon espagnol Polar monté par MM. Gomez Guillaumon et Penaranda; M. Guillaumon a eu une jambe fracturée lors de la chute du ballon, son compagnon a été foudroyé en l’air, tandis que le ballon prenait feu aussitôt ; le ballon suisse Genève monté par MM. von Gruningen et Wehren;le ballon américain U. S. Army monté par MM. Omstead et Choptaw. Enfin un 4° ballon, le ballon espagnol Esphe-rio atterrissant à Woldenorp, hameau hollandais, a heurté un câble électrique à haute tension et ses aéronautes, MM. Guillen et Delalieu, ont été assez gravement blessés.
- Le gagnant de la course est le ballon belge Belgiea piloté par Demuyter qui a atterri à Skoollersta en Suède, couvrant une distance de 1x70 kilomètres.
- Le tremblement de terre du Japon. — On commence à avoir des renseignements plus précis que les premiers jours sur la catastrophe séismique du Ier septembre et sur ses effets. La revue anglaise Nature résume les premiers résultats de l’enquête faite par le savant japonais, Dr Nakamura. Le nombre des victimes n’est pas encore exactement connu;- mais on estime qu’il y eut 110 000 morts à Tokio, 3o 000 à Yokohama, 10000 à Kamakura, 10000 dans la presqu’île Miura, 700 à Odawara et Atami, 5ooo dans la presqu’île Boso ; au total : 165700. A Yokohama, 71 Ooo maisons furent détruites; 100 seulement ont échappé au cataclysme; à Yokosuka, i5o maisons subsistent sur 11800. A Tokio, g3 pour 100 des maisons ont été détruites ou brûlées. La plupart des grands édifices en béton armé endommagés à Tokio, montrent des fissures sur les façades du 3e étage ; mais au-dessous et au-dessus de ce niveau, il y a peu de dégâts. Le feu a détruit une grande partie de l’Université Impériale dont la bibliothèque comptait 700000 volumes. Le premier choc séismique ressenti à Yokohama n’a pas été très violent, ni très différent de ceux qui se- manifestent si fréquemment au Japon ; mais soudain survint un mouvement tourbillonnaire du sol, pendant lequel toutes les maisons s’écroulèrent instantanément. Les quotidiens ont mentionné des phénomènes volcaniques ; il ne s’en est produit, en réalité, aucun; pas d’éruption dans l’île de Oshima; pas de disparition d’îles au sud de la péninsule Izu, comme on l’avait dit tout d’abord. Le tremblement de terre a pris naissance dans deux foyers distincts, l’un entre Oshima et Atami, qui paraît avoir été l’origine du premier choc le plus violent, l’autre foyer se trouve au voisinage de la station navale de Yokosuka.
- Les diamants du Congo belge.— On connaît depuis longtemps les grandes richesses de cuivre du Congo belge. La célèbre région du Katanga est en voie de devenir l’une des plus grandes productrices de cuivre du monde. Elle donne aussi de l’étain. Mais ce ne sont pas les seules richesses minières de la grande colonie belge ; dans la région du Kasaï, au sud-ouest du Congo, se sont récemment révélés d’importants gisements diamantifères qui commencent à entrer en exploitation.
- En octobre 1909, conte M. de Rauw dans la Revue universelle des mines qui consacre une grande étude à ces gisements, on découvrit par hasard un diamant minuscule dans les échantillons de prospection que
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- INFORMATIONS
- rapporte une mission d’études rèvênànt du Kasaï. Cette découverte donna l’éveil, et fut le point de départ de toute une série de prospections diamantifères effectuées en 1912 et 1913. De nombreux diamants furent recueillis sur divers points du territoire étudié. En 1913, une exploitation d’essai est montée à Tshikapa sur le fleuve Kasaï, avec un matériel rudimentaire construit sur place. Tshikapa devint ainsi et resta le centre de l’exploitation des gisements de diamants. En 1914, la guerre interrompt les travaux, mais ils sont repris dès 1915 et entrent dans la phase industrielle; la paix a permis de les développer rapidement; les diamants congolais ont pris aujourd’hui une place importante sur le marché mondial. La production du Kasaï était en 1914 de 23 877 carats métriques (de 200 milligrammes) ; en 1915, de 48 934 carats; en 1916, de 53 940 carats. En 1919 elle atteint 263 gg3 carats et en 1920 elle monte à 318979 carats; cette industrie occupe 10000 ouvriers indigènes. A titre de comparaison, notons que sa production en 1920 est déjà les 12,5 pour 100 de celle de l’Afrique du Sud, la plus puissante contrée diamantifère du monde.
- En 1921, année de crise, la production congolaise tombe à 280 655 carats ; mais celle de l’Afriqxxe du Sud est réduite de 2 545 000 carats à 806643, c’est-à-dire dans une proportion beaucoup plus forte.
- L’industrie diamantifère du Congo n’est encore qu’à ses débuts et l’avenir semble lui réserver de brillants développements. Le territoire du Kasaï est loin d’avoir été jusqu’ici exploré dans son ensemble, et cependant, dans l’état actuel des recherches, la zone dans laquelle la présence du diamant a été reconnue constitue déjà le champ diamantifère le plus vaste du monde.
- Actuellement, les exploitations sont principalement concentrées dans les bassins des affluents du Kasaï sur une aire limitée en latitude par les 3° et 8e parallèles sud et en longitude par les 20 et 22e méridiens.
- On a également constaté la présence du diamant en plusieurs autres régions du Congo, mais sans rencontrer jusqu’ici de gisements industriellement exploitables.
- L’industrie du soufre. — La production du soufre a été jusqu’en igo3 le monopole presque exclusif de la Sicile. Les gisements qui s’étendent au pied de l’Etna, sur une zone de 160 km de long et 85 km de large, fournissaient alors les 9/10 du soufre brut vendu dans le monde. L’exploitation du minerai et l’extraction s’y pratiquaient du reste par des méthodes bien barbares.
- En igo3, cette industrie primitive qui vivait paisiblement de son monopole s’est trouvée brusquement bouleversée par un coup de théâtre : la mise en exploitation aux Etats-Unis du grand gisement de soufre natif de Lake Charles à la frontière du Texas et de la Louisiane sûr le golfe du Mexique. Ce gisement contient 40 millions de tonnes, il est formé d’un seul banc de minerai à 70 ou 80 pour 100 de soufre sur près de 80 m. d’épaisseur, 5oo m. de long, 5oo m. de large.
- Ce gisement formidable était connu depuis longtemps, il a été découvert en 1865, mais il était resté inexploitable, parce que le terrain sablonneux qui le recouvre est extrêmement aquifère, et que l’on ne pouvait y creuser de puits pour accéder au gisement.
- En igo3, H. Frash (voir La Nature, n° 1758, 2 février 1907) inventa un procédé d’extraction qui consiste à injecter, dans la masse de soufre, à 200 m. de profondeur, au moyen de puits forés, de l’eau portée à 1680, sous pression de 7 atmosphères. Le soufre fond et se liquéfie, et on le fait remonter à la surface par une injection d’air comprimé.
- Cette méthode a permis d’obtenir le soufre de Louisiane à des prix bien inférieurs à celui du soufre de Sicile.
- Et très rapidement le soufre américain a fait au soufre sicilien une concurrence victorieuse.
- En 1902, dit la Revue Le Phosphate et les Engrais chimiques, la production du soufre aux Etats-Unis était de i5oo tonnes; elle monte à 25 000 en igo3, à 85 000 en 1904 et 220000 tonnes en igo5. Cette même année, la production sicilienne atteint son maximum avec 56o oôo tonnes. Puis elle fléchit aux environs de 400000 tonnes (moyenne annuelle) entre 1909 et igi3, pendant que la production américaine augmente dune façon continue.
- La guerre a accentué encore la décadence du soufre de Sicile. La production qui tombe à 208 000 tonnes en 1917 ne se relève que très faiblement à 280 000 tonnes en 1921 ; celle des Etats-Unis au contraire se développe puissamment pendant la guerre ; elle passe de 520600 tonnes en igi5 à 1 353 5op tonnes en 1918, pour redescendre, il est vrai, à 970000 tonnes éü 1920.
- Sous l’influence du développement rapide de l’eXtrac-tion américaine, le soxxfre a diminué de prix; c’est aujourd'hui une des rares marchandises qui soient moins chères qu’avant la guerre (à condition bien entendu d’en compter le prix en or).
- . Çg'tNS. Nouvelles de T, 5. F. 'S'&gfc
- Nouveaux postes d’émission. — D’après le journal Y Antenne, un syndicat de commerçants et constructeurs d’appareils de T. S. F. aurait été formé à Marseille. Ce syndicat aurait l’intention d’organiser des radio-concerts réguliers.
- Une compagnie de broadcasting a été formée en Suède et 6 stations d’émission de 5oo watts à i5oo watts de puissance-antenne sont prévues, les longueurs d’onde s’échelonnent entre 35o et 625 m. comme en Angleterre.
- La puissance de ces émissions sera sans doute suffisante pour permettre l’écoute en France.
- A Monte-Carlo, d’après la T. S. F. Moderne, la Western Electric C° installerait une station émettrice; les concerts seraient analogues à ceux déjà transmis par Radio-Riviera, mais la puissance et la portée plus considérables.
- Un moyen simple pour éviter les dangers des court-circuits. — Les amateurs débutants craignent souvent de brûler les filaments de leurs lampes en leur appliquant par mégarde la tension de 80 volts réservée aux plaques. L’Antenne indique un moyen simple de préservation. Il suffit de placer dans le circuit de la batterie de plaques, avant l’entrée d’amplificateur, une ampoule à incandescence pour 110 volts à filament métallique de 10 ou 16 bougies.
- En fonctionnement normal, cette résistance, ainsi placée, peut être considérée comme négligeable vis-à-vis de la grande résistance intérieure des lampes à vide. Lorsque au contraire les filaments des audions se trouveront par accident en court-circuit, la lampe à incandescence s’allumera et ne laissera passer qu’un courant de très faible ampérage, insuffisant pour détériorer les filaments.
- Ajoutons qu’on peut évidemment employer aussi une résistance bobinée en fil un résistant de faible diamètre et dont la valeur sera de plusieurs centaines d’ohms.
- La réception des ondes courtes sur grande antenne. — M. Lemaire, dans Y Onde Electrique n° 20, étudie les montages simples dérivés du Reinartz, permettant la réception des petites ondes sur grande antenne.
- Ces montages présentent des analogies avec le montage Oudin, mais le primaire formé par les spires du circuit antenne-terre est désaccordé et le secondaire seulement-est accordé sur la longueur d’onde à recevoir.
- Il est même nécessaire que la longueur d’onde du circuit antenne-terre soit notablement supérieure à celle du circuit secondaire (1200 m. et 3oo m. par exemple) et que le rapport de transformation soit convenable (de 2 à 4 environ).
- L’auteur indique de nombreuses variantes de montage dont nous avons déjà indiqué quelques-unes.
- Ainsi que nous l’avons aussi déjà noté, on peut en réalité toujours réaliser Un système d’accord d’onde, tel que le primaire soit accordé Sur une longueur dont la longueur d’onde à recevoir soit une harmonique.
- Le principal avantage de ce dispositif est de permettre la réception des ondes longues et des ondes courtes avec la même antenne ; mais, pour la réception des ondes courtes seulement, les résultats sont généralement moins satisfaisants que ceux obtenus à l’aide d’une antenne courte.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- n> Cyclisme automobile <5*
- Le groupe moteur amovible L. Rosengart pour bicyclettes. — Nous assistons, depuis quelques années, à la résurrection de la bicyclette à moteur qui fut l’ancêtre de la moderne motocyclette. Cette réapparition est due, avant tout, aux progrès réalisés par le moteur léger.
- Encore a-t-il fallu adapter celui-ci aux exigences du cyclisme, au prix de nombreux essais et tâtonnements. Parmi les solutions récentes apportées à ce problème, nous pouvons signaler le groupe moteur Rosengart qui s’est mis en évidence cette année dans les concours de tourisme. Le but visé par les créateurs de cet engin était d'assurer un équilibrage parfait, pour maintenir à la bicyclette une bonne stabilité, et de le disposer de façon à éviter les projections d’huile sur le cycliste.
- Le Moteurcycle « L. Rosengart » remplit ces conditions. L’équilibrage en est bien assuré puisqu’il est horizontal et que le mouvement de rotation de son volant forme gyroscope. Ce volant enfermé dans le carter du moteur ne peut projeter la moindre goutte d’huile. Enfin, la transmission est assurée par la double
- friction de 2 galets surle bord de la jante annulant ainsi le tirage anormal sur l’un des (côtés de la bicyclette, inconvénient constaté sur les machines qui ont leur entraînement par chaîne ou courroie.
- Il supprime : les chaînes, courroies ou poulies ; les projections d’huile etle réservoir à essence.
- Son montage et son réglage sont très simples.
- Le groupe moteur Rosengart n’est pas un moteur seul, mais un bloc renfermant dans son ensemble et sous le volume le plus réduit tous les organes nécessaires à son fonctionnement; grâce à son poids réduit de xo kg, il ne surcharge pas la bicyclette et lui conserve son esthétique.
- Le moteur est à 2 temps et a la force d’un cheval 1/2, il se pose sur n’importe quelle bicyclette, sans exiger la moindre modification. Adapté en quelques instants, il la transforme en vélo-moteur pouvant monter les côtes de 10 à 12 pour 100 sans pédaler; sa vitesse est de 3o km à l’heure et sa consommation de 1 lit. 1/4 à 2 litres aux 100 km suivant les parcours accomplis.
- Sa position à l'arrière de la machine laisse toute sa stabilité à la direction, et ne compromet nullement la solidité de la bicyclette.
- Son montage et son démontage se font avec la plus grande facilité, rendant ainsi tous ses organes accessibles pour le réglage ou le nettoyage.
- Désirerait-on rendre à la machine sa destination primitive de simple bicyclette : quelques boulons à défaire et le groupe moteur est enlevé.
- La position du groupe moteur à l’arrière de la bicyclette supprime les projections d’huile; de plus, le refroidissement se fait normalement et le cycliste n’a pas à subir la désagréable sensation de l’air chaud qui se dégage toujours d’un moteur.
- La transmission L. Rosengart est d’un principe entièrement nouveau. Elle se fait, par la double friction de 2 galets d’une matière toute spéciale, tournant sur le bord de la jante arrière et sans en provoquer la moindre
- usure; ils sont montés sur billes et tournent en sens inverse, ils ne touchent pas le pneu, ils se déplacent latéralement suivant ainsi les déformations que peut avoir une roue usagée. Ils sont toujours en contact, étant rappelés par le ressort du débrayage ; l’entraînement de
- Fig. 2. — Bicyclette munie du groupe-moteur amovible Rosengart.
- la roue est donc toujours assuré avec le maximum de rendement même par temps de boue.
- La grande simplicité de ce groupe moteur se révèle dans tous ses organes, c’est ainsi que la question du réservoir a été résolue d’une façon remarquable. Aucun récipient placé à un endroit quelconque de la bicyclette et produisant toujours un encombrement disgracieux,
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- Fig. 3. — Disposition du groupe-moteur à l’arrière de la bicyclette.
- provoquant au surplus les ennuis d’une tubulure très délicate. C’est le carter du moteur même qui contient le mélange d’huile et essence, ce dispositif permet un léger réchauffement du carburant et assure ainsi une parfaite carburation par tous les temps.
- Le fonctionnement de la machine est également très simple : une seule manette agit sur le carburateur et le décompresseur, une poignée de débrayage libère complètement le moteur de la machine. Au cas où une panne viendrait à se produire, il suffit de débrayer et on peut pédaler sans là moindre peine, le poids de l’appareil en raison de sa position à l’arrière n’étant pas très sensible.
- Le montage se fait au moyen d’un collier articulé qui en permet l’adaptation sur tous modèles de machines, la pose excessivement facile ne nécessite aucun frais ni achat d’accessoires supplémentaires en dehors du prix même de l’appareil. —En vente, aux Etablissements L. Rosengart, 21, Champs-Elysées, Paris,
- Objets utiles ‘S'CÔj
- Fauteuil transformable..— Voici un nouveau fauteuil transformable qui se compose de deux systèmes simples faciles à manoeuvrer. Sans le moindre effort, on
- Fig. 1. — Vue d’arrière montrant le système de transmission.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- transforme le fauteuil en chaisè-longue par l’allongement du siège et on peut donner au dossier son inclinaison voulue. La particularité de cet appareil est que toutes les transformations peuvent être effectuées sans qu’on ait à se lever, ce qui supprime des déplacements parfois fatigants.
- Enfin, une porte placée dans un des bras peut être
- Fig. i, — Fauteuil transformé en chaise-longue.
- ouverte ; elle forme une tablette et dans la cavité du bras on peut resserrer un livre, un journal. Lorsqu’on ferme la porte, celle-ci cache le contenu. Voici comment la transformation s’opère :
- Etant assis, on soulève les jambes pour dégager l’abattement placé à l’avant et on ramène le levier placé
- Fig. 2.
- Transformation en lit de repos.
- à gauche, le siège se trouve allongé automatiquement. S’il s’agit de donner de l’inclinaison au dossier, on s’assure que la vis placée au milieu de l’accoudoir est desserrée, on fait tourner un volant situé sur le devant de l’accoudoir droit et le dossier s’incline automatiquement en se maintenant à la position désirée.
- Si on veut transformer le fauteuil pour constituer un lit, on le met d’abord en chaise-longue puis on redresse et on fixe le petit support dissimulé à l’arrière dans le dossier, on enlève les vis qui relient le dossier aux accoudoirs et on laisse reposer sur le sol; les accoudoirs sont chassés de l’arrière à l’avant afin de dégage la tige de son encoche, ce qui permet d’enlever les accoudoirs.
- Constructeur :: H. Audin, 23, avenue Henri-Martin, Saint-Maurrdës-Fossés (Seiue).
- Le sac toujours chaud. — Voici un nouveau modèle de chaufferette qui nous arrive d’Amérique. Il offre
- cette particularité que pour porter l’appareil à la température voulue, on ne le chauffe pas, mais on y introduit une petite quantité d’eau, 2 à 3 cuillerées.
- La bouillotte se compose d’une forte enveloppe en caoutchouc à l’intérieur de laquelle est placé un sac en forte toile, hermétiquement fermé par une solide conture,
- sauf une petite ouverture dans laquelle on peut introduire un entonnoir pour ajouter l’eau. Ce sac contient un mélange de produits chimiques sur lequel le constructeur garde naturellement un silence absolu.
- Lorsqu’on a introduit l’eau dans le sac et après avoir bien secoué celui-ci, la température s’élève, sans du reste qu’il y ait aucun danger de brûlure.
- Si l’on veut interrompre le chauffage, on enlève le sac de toile, on le place sur le rebord de la fenêtre jusqu’à ce qu’il soit sec. Il est alors prêt pour un chauffage i ultérieur. Un sac fournit de la chaleur pendant une centaine d’heures, après quoi il faut le recharger.
- En vente chez Mathieu, rue Le Peletier, Paris.
- Jouets
- Les jouets gyroscopiques. — On connaît le pouvoir du gyroscope de maintenir en équilibre des véhicules se déplaçant sur deux roues. Des applications de ce principe ont été faites à quelques châssis automobiles et à l’un des derniers Salons on a pu voir une voiture à deux roues maintenue en équilibre automatiquement par l’application du gyroscope stabilisateur.
- Un inventeur, M. Hébrard, a conçu des jouets ; moto-patinette, vélo-torpille qui peuvent parcourir de 4° à 60 m. suivant des lignes courbes ou rectilignes avec une
- Fig. 1. — Moto-patinette mue par un gyroscope.
- ficelle de lancement. Ces jouets se stabilisent en vitesse, grâce à une toupie gyroscopique.
- Pour mettre le jouet en marche, on le tient avec la main gauche et on introduit la ficelle dans un trou de l’axe du gyroscope ; en faisant tourner cet axe on enroule régulièrement la ficelle, puis, en tenant l’appareil à une main, on tire vivement et avec régularité pour lancer le volant. Il suffit ensuite de placer le jouet sur le sol sans modifier la position de la roue avant, l’appareil part de lui-même et il conserve une marche rapide, sûre et
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- Fig. 2. — Lancement de l’appareil.
- stable. Le jouet lancé se tient en équilibre parfait sur, ses deux roues. Celte application à des jouets scientifiques est intéressante pour les jeunes enfants. Rappelons que M. Hébrard a pris part à l’établissement des niveaux gyroscopiques en usage actuellement dans l’aviation et utilisés également dans'le gyroclinomètre. lia inventé également le clinomètre gyroscopique à commande mécanique.
- On voit donc que l’inventeur des jouets gyroscopiques est des plus au courant des applications possibles de l’appareil si original et si précieux que constitue le gyroscope.
- Constructeur : Hébrard, 54, rue Voltaire, à Sceaux.
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- VARIETES
- POUR OBTENIR DES MOISISSURES
- Les profanes trouveront peut-être qu’il faut avoir une forte dose d’originalité pour chercher à obtenir des moisissures et qu’il serait bien plus intéressant de dire comment on peut en éviter la formation. Les botanistes et les professeurs de sciences naturelles ne sont pas de cet avis, car ils ont besoin souvent d’espèces particulières pour exécuter leurs recherches ou les montrer à leurs élèves, points qui, si j’en juge par les nombreuses lettres que je reçois, les intéressent particulièrement. L’obtention de ces moisissures est des plus faciles et, avec un peu de soin, on arrive à avoir, presque à coup sûr, ce que l'on désire. Le procédé général à adopter est à la portée de tout le monde : il consiste à mettre un objet à moisir dans une assiette — creuse, autant que possible — et de recouvrir le tout d’une cloche en verre — par exemple une cloche à fromage — reposant sur le bord de l’assiette, de manière que l’atmosphère intérieure conserve bien son humidité (celle ci aurait une tendance à disparaître si la cloche reposait, non sur l’assiette, mais sur la table soutenant celle-ci). Le tout est mis dans un endroit ni trop chaud ni, surtout, trop froid, et laissé ainsi, tel quel, pendant un temps variable avec la nature de l’objet « moisissable » et la moisissure que l’on convoite. Cette dernière varie, en général, avec la composition chimique et l’état d’humidité de la substance que l’on a mise à moisir.
- Placez sous la cloche une tranche de pain frais — il est, par lui-même, suffisamment humide .— ou de pain rassis — mais aspergé de quelques gouttes d’eau — et, au bout de 3 ou 4 jours, vous verrez le morceau se couvrir d’un véritable nuage de filaments blancs qui ne tardera pas à augmenter en abondance et qui finira par remplir tout le contenu de la cloche. C’est un champignon du groupe des Mucorinées, le Rhizope noircissant.
- En l’examinant à la loupe, ou même à l’œil nu, on voit qu’il présente de très nombreux petits bouquets de fins filaments terminés, chacun, par une boule, d’abord blanc laiteux, puis noir; c’est là què se forment les spores, c’èst-à-dire l’agent de dissémination de la moisissure. Ces dernières existent toujours dans l’air et se déposent sur tous les objets, le pain, par exemple ; elles sont particulièrement abondantes sur le sol et, si l’on veut avoir, rapidement, le Rhizope en question, il est recommandé de frotter un peu le morceau de pain sur le parquet avant de le placer sous la cloche.
- En se servant de pain non un peu humide, mais très humide — par exemple plongé dans l’eau, puis égoutté complètement, il ne se forme pas de Rhizope, mais une moisissure bleue — c’est celle qui est la plus commune partout et que l’on obtient même beaucoup plus souvent qu’on ne le voudrait — qui a nom Pénicillé-glauque ; elle appartient au groupe des Mucédinées ; ce n’est guère qu’au microscope qu’on peut voir qu’elle ressemble à un petit pinceau.
- On l’obtient également, à coup sûr, en mettant à moisir, sous la cloche, de la colle de pâte, du cuir humide et beaucoup d’autres substances plus ou moins imbibées d’eau.
- En plaçant sous la cloche des herbes à demi sèches, des pruneaux, des oranges, des peaux de bananes, et, en général, toutes sortes de matières végétales, (fruits, etc.), ou a bien des chances d’y voir se développer une autre moisissure bleue : F As pergillus-glauque, qui, à l’œil nu, ressemble à la précédente, mais s’en distingue facilement à la loupe en ce qu’elle présente de petites têtes arrondies et bleues ressemblant un peu à des goupillons d’où, d’ailleurs, le nom du champignon. Un autre moyen —encore plus sûr — de l’obtenir est de mettre des plantes entre des feuilles de papier (papier de journal, etc.), comme on le fait lorsque l’on prépare un herbier, mais en ayant soin de ne pas changer les feuilles de papier, ce que d’ailleurs ne manquent pas
- de faire les jeunes botanistes débutants et négligents.
- Au bout d’une quinzaine de jours, en regardant à quel état sont les plantes, on constate qu’elles sont si pourries qu’elles sont indignes d'être mises en herbier, mais ce qui, par contre, fera plaisir aux mycologues (amateurs de champignons), elles sont couvertes de superbes Aspergillus aux teintes bleues. A côté de ceux-ci on voit de petits grains roussâtres que l’on a pris autrefois pour une autre espèce de Champignon dont on a fait le germe Eurotium; on a reconnu depuis que Aspergillus et Eurotium appartiennent au même type et ne sont que des formes différentes de la même espèce. C’est un bel exemple de ce que l’on a appelé le polymorphisme des champignons.
- Si l’on met, sous la cloche à moisissure, de la noix de Galles, concassée ou non, avec un peu d’eau au fond de l’assiette, on voit apparaître une moisissure brune ou noire, le Sterigmatocystis-noir, que l’on appelait autrefois Aspergillus-noir. C’est le plus célèbre des champignons et il n’est pas un ouvrage de sciences naturelles qui n’en parle, car c’est avec lui que Raulin a fait ses belles recherches sur la nutrition à l’aide de sels minéraux, aujourd’hui classiques.
- Si l’on veut obtenir une autre moisissure bien connue, le Botrytis-cendré, il suffit de mettre à moisir une grappe de raisin bien mûre. Quelques heures après, elle se couvre de fines efflorescences grisâtres, qui, ensuite, disparaissent peu à peu, pour être remplacées par des masses noires analogues à de petites truffes ou à des déjections de rats : c’est ce que les botanistes appellent des « sclérotes ».
- Une mine idéale de moisissures réside dans le crottin de cheval, qu’il suffit de mettre tel quel — pas trop sec cependant — sous la cloche pour le voir se couvrir de tout un jardin de moisissures blanches d'une délicatesse extrême, ainsi qu’on peut le voir avec une simple loupe ou le plus modeste des « compte-fils ». Parmi elles, les plus nombreuses — et, souvent, les seuls — sont les Mucor, où, au sommet d’un fin pédicule blanc, il y a une boule — un sporange — d’abord blanche, puis noirâtre.
- D’autres fois, à côté du Mucor, toujours très abondant, il y a toute une flore d’autres Mucorinées que l’on dis-, tingue très facilemeni les unes des autres en les regardant au microscope (dans une goutte d’alcool ou d’acide lactique) et consultant des livres spéciaux (par exemple : Les champignons du globe, Premier volume, que j’ai publié récemment.
- Au bout d’une semaine environ, toute cette végétation s'effondre et devient confuse, A sa place il apparaît, quelquefois, des Champignons à chapeau, des Coprins notamment.
- Enfin plus riche encore est la végétation fongique (de fongus, champignon) que donne la bouse de vache, que l’on pourrait croire avoir été créée pour faire le bonheur des mycologues, Après s’être couverte d’innombrables Mucorinées d’un blanc merveilleux, on y voit apparaître des Pilobolus, sortes de petites vessies (grosseur d’une tête d’épingle ou d’un grain de millet) très claires, qui, lorsqu’on a mis la cloche près d’une fenêtre, se dirigent droit vers la source de lumière. Ces vessies portent une petite masse noire, le sporange, qu’en éclatant, elles envoient sur les parois de la cloche où elle se colle, ce qui explique que la paroi de la çloche faisant face à la fenêtre devient bientôt toute noire, tandis que l’autre reste limpide; c’est un véritable bombardement par canons.,, à courte portée et pacifiques.
- Sur la bouse de vache, un peu plus tard, poussent aussi certaines Ascomycètes en forme de boutons de bottines, les Ascobolus, dont il existe plusieurs espèces.
- Henri Coopin,
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un 'caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Abonné B 295. — La gazoline ou éther de pétrole s’évapore sans laisser d’odeur et doit convenir pour l’usage que vous avez en vue, l’addition d’un quart à un tiers de tétrachlorure de carbone en diminuera considérablement l’inflammabilité. 20 L'encre de Chine délayée dans de l’eau bichromatée à 1 gr. par litre vous permettra d’obtenir un enduit pour vos godets complètement insoluble après exposition à la lumière.
- M. Mouamer bey, à Constantinople. — Un élément de pile ayant une surface d’électrodes n fois plus grande qu’un élément type de force électromotrice e et de résistance intérieure r' donnera sur un circuit de résistance r une intensité
- .__ e ne
- r' r' 4- nr
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- Si on représente par s la surface des électrodes de la pile type et par S la surface des électrodes de l’élément
- g
- à établir, comme n — —, on aura s
- e _____ e eS
- r's r's 4- rS r's -(- rS
- L’intensité maxima qu’une pile est susceptible de fournir correspond à une résistance extérieure r négligeable, la résistance totale du circuit se réduit à la résistance intérieure de la pile, on a rS — 0 (sous réserve d’une polarisation presque immédiate, le dépolarisanl n’ayant pas le temps d’agir), ce qui donne finalement :
- eS ir's
- 1 — —- d ou b =---------
- r s e
- Formule dans laquelle on remplacera i., r', s et e par leurs valeurs, i représentant l’intensité maxima susceptible d’être donnée par la nouvelle pile.
- Dans la pratique, les modèles sont établis expérimentalement, c’est pourquoi nous vous conseillons, en ce qui concerne la pile Daniel, de vous adresser à un constructeur spécialisé, par exemple la maison Bidault, i3, rue Lakanal, qui vous indiquera directement le débit des principaux types d’éléments qu’elle établit.
- M. L. C., à Areachon. — Une bonne pâte pour Ventretien des pièces nickelées s’obtient en prenant :
- Savon de Marseille...............' i5 gr.
- ^ Eau non calcaire.................100 —
- Tripoli ou Kieselguhr.............. 5o —
- Alcali volatil..................... 10 —
- Essence de mirbane.................. 1 —
- Faire dissoudre le savon réduit en copeaux dans l’eau
- au bain-marie, laisser refroidir, puis incorporer successivement le tripoli, l’alcali volatil et l’essence de mirbane, non indispensable et qui sert uniquement à masquer l’odeur de l’ammoniaque.
- M. Labergerie, à Fontliasmes (Vienne). — i° Vous trouverez du plomb en lames minces dans les maisons qui suivent : Bassot, rue de Turenne, 14Bindschedler, xi, avenue Wilson, à la Plaine Saint-Denis; Compagnie Asturienne, 5o ter rue de Malte; Delmas, 45, faubourg Saint-Antoine. 20 La fixation se fait de préférence au moyen de clous dits en cuivre (laiton) pour éviter l’apparition de taches de rouille sur le papier de tenture, le collage de ce dernier s’effectue comme d’habitude.
- M. Vincent, à Loulans-les-Forges. — Les colles de bureau du commerce préparées à la gomme arabique .sont toujours additionnées d’un antiseptique, généralement d’acide salicylique, c’est pourquoi elles ne fermentent pas. Il n’en serait pas de même des solutions de gomme arabique seule, qui au bout de très peu de temps seraient envahies par les moisissures ainsi que vous pourrez en faire l’expérience.
- Laboratoires du Sud-Est, à Grenoble. — Nous n’avons pas connaissance d’une fabrication spéciale de savon à ta poudre de pyrèthre. Peut-être cet article a-t-il été lancé sur le marché pour le lavage des chiens et des
- chats ; en tout cas, l’action de l’essence de pyrèthre nous paraît problématique sous cette forme.
- M. Jean, de Bigorre. — i° Gomme désinfectant économique vous pouvez employer une solution à 2 gr. par litre de chlorure de zinc. 20 L'essence de mirbane qui présente une odeur d’amandes amères est le parfum le meilleur marché que vous puissiez employer.
- M. Cosson, à Mézeray (Sarthe). — Le linoléum est habituellement fixé sur son support par une colle à la dextrine, il vous suffira très probablement de laver à l’eau chaude pour enlever la colle résiduelle ; dans le cas où il s’agirait de salpêtre, celui-ci serait également dissous.
- M. Bernard, à Montbéliard (Doubs). — Le bleu de méthylène est très facilement décoloré par le chlore, quelques gouttes d’eau de Javel étendue pour l’amener au dixième et acidulée par une trace d’acide chlorhydrique vous permettront de faire disparaître les taches d’encre, rincer ensuite soigneusement pour qu’il ne reste plus de composés chlorés dans le tissu. Bien entendu on ne peut opérer ainsi que sur un tissu blanc, car s’il s’agissait d’un tissu teint aux couleurs dites d’aniline, celles-ci pour la plupart seraient aussi décolorées.
- A. I., à Paris. — i° L’ouvrage La chemiserie et la lingerie de la Bibliothèque professionnelle de René d’Hommée, édité par la librairie Baillière, 19, rue Haute-feuille, vous donnera très probablement satisfaction. 20 Vous trouverez tous détails sur l’obtention des tissus batikés dans le n° 2672 du 21 juillet 1923, p. 21 ; nous y avons résumé les connaissances actuelles sur la question.
- M. Gasc, à Pezenas. — Vous pouvez prendre comme type de préparation de peinture bleue la formule sui-
- vante :
- Outremer..........................2700 gr.
- Lithopone.........................5ooo —
- Huile de lin......................2000 —
- Essence de térébenthine .... 1000 —
- Siccatif liquide.................. 3oo —
- Pour obtenir une couleur rouge, remplacer l’outremer par du vermillon. Avoir soin de faire macérer les poudres dans un peu d’huile au moins 12 heures à l’avance pour avoir un délayage parfait. — N. B. La formule ci-dessus concerne la première couche (deux tiers d’huile et un tiers d’essence) ; pour la seconde couche, mettre trois quarts d’huile et un quart d’essence; pour la troisième couche détremper à l’huile pure.
- M Desmazières, à Sarrebrück. •— i° Un vernis doit être préparé directement en vue des qualités à obtenir, on ne peut avec succès transformer un vernis brillant en vernis mat. 20 Les ressorts à spires jointives se font comme les autres ressorts en ayant soin de ne pas donner de pas, cela sur le tour avec une tige métallique d’un diamètre un peu inférieur au diamètre intérieur que l’on désire donner au ressort terminé, la corde à piano employée est maintenue très tendue au moyen d’un morceau de bois autour duquel elle fait plusieurs tours ; cette corde à piano se travaille telle quelle, son élasticité étant convenable pour qu’il n’y ait pas lieu de tremper et retremper. 3° Pour la réparation des objets en plâtre, prendre soin avant collage définitif de saturer la cassure avec une solution sirupeuse de silicate de soude. 4° Les pièces en verre semi-transparent sont obtenues en travaillant la masse pâteuse avant l’affinage à basse température, l’addition de sulfate de soude à la composition favorise la production de cette particularité. 5° Il vous sera facile, en vous inspirant des données que nous avons fournies dans le n° 2548 du 3 février 1923, page 37 de la Science appliquée, de faire la transformation désirée d’un récepteur téléphonique en haut-parleur. 6° La partie limpide résultant de la digestion de la gomme laque dans l’alcool doit seule être utilisée, attendu que l’insoluble est constitué par de la cire laque sans effet utile.
- C. G., k Bordeaux. — i° Le crésylol ou crésol est un mélange de trois isomères CH3 C6 H4 OH fournis par le goudron de houille, on l’utilise habituellement comme désinfectant sous le nom de crésyl Gu crésylol sodique que l’on obtient en mélangeant parties égales de crésylol et de soude caustique à 3o pour x00 de soude; pour l’usage, la solution sodique est additionnée de neuf fois son volume d’eau. On prépare également du crésyl eu
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- dissolvant le crésylol dans nne eau additionnée de savon de résine et tel doit être votre cas ; le dépôt constaté dans votre appareil doit être constitué par de la résine libre que contiennent toujours les savons de résine commerciaux, il est donc probable que vous pourrez facilement dissoudre ce dépôt par l’alcool à brûler courant (alcool dénaturé). Si éventuellement il était dû à des goudrons de houille, il faudrait employer la benzine.
- i° Vous pouvez, avec propriétés désinfectantes égales, sinon supérieures, substituer au crésyl, dans les mêmes conditions d’emploi, le chlorure de zinc commercial qui est inodore.
- M. Montenot, à Talon (Côte-d’Or). — La pâte à
- rasoirs se prépare ainsi 1
- Prendre : Saindoux............. 4o gr.
- Cire jaune..........20 —
- Rouge d’Angleterre . 40 —
- Faire fondre à feu doux le saindoux et la cire, laisser un peu refroidir, puis incorporer le rouge d’Angleterre. N. B. Ce dernier peut être remplacé par de l’ardoise porphyrisée.
- M. Simon, à Lyon. — i° Vous trouverez des matrices et calibres pour la fabrication des instruments de mesure dans les maisons suivantes : Société Genevoise, i3, boulevard Rochechouart ; Douchamp, 20, boulevard Richard-Lenoir. 20 Pour les instruments soignés on emploie la machine à diviser rectiligne ou circulaire, la gravure s’effectue comme vous le pensez suivant le cas, soit par action chimique à l’acide, les parties réservées étant recouvertes d’un vernis, soit par action mécanique.
- E. R., à Saint-Cloud. — D’après les renseignements qui nous ont été donnés, le vieillissement des peintures serait obtenu en appliquant une solution de permanganate de potasse alcalinisée par le carbonate de soude. Des essais seraient nécessaires pour fixer sur la concentration et la durée du contact, il vous sera facile de les effectuer.
- M. Drouhault, à Biarritz. — Vous ne pouvez pas utiliser un courant de haute tension dans un électro-aimant, les spires étant très rapprochées, il y aurait perforation de l’isolant ou tout au moins production d’effluves sans établissement d’un champ magnétique à l’intérieur du noyau.
- M. S. Tara, à Paris. — Nous ne vous conseillons pas de peindre directement sur papier de tenture, le résultat sera défectueux. Il faut de toute nécessité enlever le papier, faire un rebouchage des trous du mur et poncer avant de peindre si vous désirez avoir quelque chose de convenable.
- M. Vandenberghe, à Paris. — Nous considérons qu’il est préférable de ne pas laisser vos confitures dans le voisinage du tétrachlorure de carbone.
- T. S. F. — M. Paul Mast, à Gand (Belgique). — Nous décrirons prochainement, dans une « chronique de T. S. F. », les montages permettant d’obtenir le courant nécessaire à alimenter les plaques des audions et les filaments au moyen du courant d’un secteur 220 volts continu.
- Pour abaisser la tension de 220 volts à 6 volts, le procédé le plus simple consiste à employer des lampes à incandescence comme résistances.
- L. V. F. 56, à Lodève (Hérault). — x° Un cadre de
- 2 mXa m. en hélice comportant 3o spires écartées d'au moins 1 cm vous permettra, avec un bon amplificateur, une réception satisfaisante des émissions de la Tour Eiffel et sans doute de Radiola.
- Pour les P. T. T., il faudrait employer un cadre séparé en spirale plate comportant 5 spires pour les mêmes dimensions, mais écartées de 3 centimètres.
- Ces cadres doivent être verticaux et aussi éloignés que possible de la balustrade en fer que vous indiquez.
- Employez du fil isolé 2 couches coton de 8/10 mm pour le premier cadre et du câble à brins émaillés pour le deuxième.
- Ces cadres peuvent évidemment être placés à l’intérieur de la maison. Ce sont d’ailleurs les seuls collecteurs d’ondes possibles étant donné l’emplacement restreint dont vous disposez.
- 2" Employez un amplificateur 2 étages II. F. ou
- 3 étages H. F., I détecteur et B. F, à transformateurs à fer. Comme étages H. F. vous pouvez utiliser des
- étages à résistances, pour recevoir uniquement les ondes moyennes, dès étages à selfs pour recevoir à la fois les ondes moyennes et les ondes courtes.
- Employez de préférence la réaction électrostatique o des selfs à noyaux de fer.
- 3° Nous donnerons prochainement des détails sur 1 accumulateurs pour tension plaque ; puisque vous 1 possédez pas de moyens pratiques de recharge, serait d’ailleurs beaucoup plus simple d’utiliser r batterie de piles;
- 4° Etant donné que vous ne possédez pas un mot à essence ou à gaz, la recharge de vos accumulate. par dynamo paraît bien difficile. Il serait égalenu plus simple d’utiliser une batterie de piles pour cons ver la charge de la batterie; des piles Féry ou Du! par exemple. Nous décrirons d’ailleurs prochainer également les piles à employer pour la recharge accumulateurs ;
- 5° Le modèle de dynamo que vous indiquez sen rait suffisant à la rigueur, dans le cas où vous pou; vous procurer un bon moteur à essence ou à gaz. turbines à eau et les moulins à vent, moyens assez c pliqués pour se procurer la force motrice nécessaire peuvent être employés qu’avec des conditions loca données, que vous ne nous avez pas indiquées.
- Il vaudrait mieux, en tout cas, choisir une dynar un peu plus puissante et fournissant, par exemple, e moins 10 volts sous 6 ampères; la vitesse normal», dépendant, bien entendu, du moteur employé.
- M. Mascaron, à Basse-Terre (Guadeloupe). — x° Les émissions radio-téléphoniques de la Tour Eiffel ont été normalement entendues jusqu’à présent à une distance maxima de 2000 km, il nous semble donc impossible que vous puissiez recevoir en radiotéléphonie des postes émetteurs français. Par contre, vous pouvez entendre des postes émetteurs radiotélégraphiques et peut-être des stations radiotéléphoniques américaines, du golfe du Mexique et de Cuba ;
- 2° Employez une bonne antenne, prismatique par exemple;
- 3° Un des montages qui vous conviendrait le mieux serait le dispositif superhétérodyne. Vous pourriez également employer un amplificateur à 3 étages H. F. à selfs, 1 lampe détectrice et 2 étages B. F. à transformateurs à fer.
- Vous trouverez des renseignements sur ces montages dans le n“ 2672 de La Nature et dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F. de P. Hemardinquer.
- Employez comme dispositif d’accord un Tesla à galettes nid d’abeille ou « fond de panier ».
- 4° Le prix de revient variera suivant que vous achèterez ou monterez l’appareil vous-même; il variera également suivant que vous achèterez les pièces détachées en France ou en Amérique. En France, un tel poste, en comprenant le prix des lampes, accumulateurs, piles et casque à deux écouteurs, reviendrait à 600 ou 700 francs en le montant soi-même.
- M. J. Courvoisier, à Paris. — Vous pouvez employer une antenne unifilaire de 100 à i5o m. ou une antenne en nappe à deux brins, écartés d’au moins 1 m., et d’une longueur de 80 à 100 m. La hauteur que vous indiquez convient bien. Il vaudrait mieux orienter votre antenne Nord-Est, ce qui serait également la direction des postes allemands ; pour les postes de Paris seulement, il vaut mieux l’orienter Nord-Sud, bien qu’à la rigueur vous deviez avoir des résultats suffisants en l’orientant Ouest-Est.
- M. D. B. M., à Moncalieri (Italie). — Tous pouvez vous adresser à l’Office national Météorologique, rue de l’Université, à Paris.
- M. le D' D., à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire). — i" Nous aurons l’occasion de décrire dans nos chroniques les précautions à prendre en cas d’orage lorsqu’on utilise une antenne comme collecteur d’ondes;
- 20 II n’y a aucun inconvénient k ce que la conduite d’un paratonnerre reliée au sol soit utilisée comme prise de terre. La disposition de l’antenne par rapport au paratonnerre dépend de la disposition de celui-ci; en général, il suffit d’écarter l’antenne de quelques mètres pour éviter tout effet nuisible. Les pylônes métalliques peu isolés employés dans les grands postes ont certes plus d’influence et pourtant n’empêchent pas la réception.
- Il ne faut pas s’exagérer le danger causé par les
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- BIBLIOGRAPHIE
- antennes de réception pendant les orages; un parafoudre ou la mise à la terre suffit à protéger les appareils et l'habitation.
- M. Jean Roux, à Paris. — Le meilleur moyen d’évi-;r tout danger en cas d’orage consiste à mettre votre
- antenne à la terre ; la prise de terre étant réalisée par la nappe d’eau que vous indiquez. Vous pouvez aussi simplement utiliser un « parafoudre » que vous pourrez vous procurer chez n’importe quel marchand d’accessoires de T. S. F.
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- BIBLIOGRAPHIE
- > —
- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- jre se tient à la disposition des abonnés du journal r leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- >ute commande doit être accompagnée de son montant n mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté o °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte majorations temporaires indiquées pour certains âges. _________
- f.eclrodynamique des milieux isotropes en repos, l’après Helmholtz et Duhem, par Louis Roy. i vol. 19 cm X i2 cm, de 94 p. (Collection « Scientia »), 1 Paris, Gauthier-Villars et Cu, 1923. Prix : 5 francs.
- H. Poincaré a signalé*. il y a longtemps déjà, les contradictions qui se trouvent dans l’œuvre du grand physicien anglais Maxwell. Celles-ci n’avaient pas échappé non plus à l’esprit profond qu’était Duhem, et il avait cherché à maintes reprises à créer une électrodynamique dans laquelle, en partant d’hypothèses compatibles entre elles, on peut, sans violer la logique, aboutir aux équations de Maxwell.
- Il était parti de l’électrodynamique de Helmholtz et, moyennant une hypothèse qu’il avait appelée l’hypothèse de Faraday-Mossoti, il avait pu obtenir des équations semblables, mais non identiques à celles de Maxwell. Pour établir l’identité, il fallait annuler la constante de Helmholtz et Duhem n’avait pu justifier cette condition. M. Roy a repris les travaux de Duhem. Il en fait d’abord un exposé d’ensemble de ceux-ci, puis il démontre que la constante de Helmholtz doit bien être nulle, et que, par suite, l’électrodynamique de Helmholtz et de Duhem conduit d’une façon rigoureuse aux équations de Maxwell.
- Viande congelée (exploitation des frigorifiques), par P. Baraton, 1 vol. illustré, 238 p. Lavauzelle, éditeur. Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- Le sous-intendant Baraton a été pendant la guerre chef de la mission envoyée en Amérique du Sud pour surveiller la préparation et l’expédition des viandes congelées, ainsi que la fabrication des conserves de viande. Il apporte donc, dans ce livre, une compétence toute particulière. Il expose avec beaucoup de clarté et de précision la technique de la viande congelée et de son transport. 11 convient de signaler les nombreux exemples numériques, tirés de la pratique courante d’intallations bien aménagées, qui seront pour le lecteur des guides précieux.
- Calcul pratique des conducteurs dans les installations électriques (sur réseaux publics et privés), par P. Maurer, 1 vol. gr. in-8 br., 56 p., 3 fig., 10 abaques hors texte. Desforges, éditeur, Paris. 1923. Prix : 5 francs.
- L’auteur a condensé dans cet ouvrage toutes les données nécessaires au calcul des canalisations de faible longueur et des lignes à dérivations multiples, partant d’un point commun ou disséminées sur la ligne. Pour faciliter les ^calculs, il a adjoint de nombreux abaques donnant directement la section d’un conducteur ou d’une installation d’éclairage.
- L'emboutissage (ir0 partie), i vol. 53 p., 17 fig. Editeur : Société de publications mécaniques, 121, rue La Fayette, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Ce livre, édité par notre confrère La machine moderne, est un recueil pratique des connaissances nécessaires à l’emboutisseur pour conduire son travail.
- Le premier chapitre décrit les différents modèles de matrices d’emboutissage employés sur les presses à simple ou double action.
- Les chapitres suivants traitent du calcul des flans des pièces cylindriques, rectangulaires et ovales. De nombreux tableaux, des formules simples permettent de déterminer avec exactitude les dimensions et la forme des flans; viennent ensuite des formules et graphiques pour déterminer les diamètres successifs d’emboutissage et d’étirage des pièces cylindriques.
- Quelques renseignements pratiques sur la fabrication des matrices terminent heureusement ce volume.
- Le filetage, 1 brochure 44 p., 18 fig. Editeur : Société de publications mécaniques, 121, rue La Fayette, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Après un exposé des différents systèmes, de vis connus, cette brochure décrit et discute les diverses méthodes d’usinage des vis.
- Le mazout, par E. Davin, r br., 96 p. Editeur : Revue des matières grasses. Paris, 49, rue des Vinaigriers, 1923.
- L’auteur a résumé dans ce volume les renseignements essentiels relatifs au mazout en général et à ses applications à la marine en particulier; il étudie les propriétés physiques et chimiques du mazout, notamment sa densité, sa viscosité, les lois de l’écoulement du mazout dans les tuyaux, sa combustion et la détermination de son pouvoir chlorifique ; le mode de construction des réservoirs, le combustible colloïdal de M. Bâtes, etc. L’ouvrage contient également d’utiles renseignements d’ordre pratique : régime douanier, conditions de recette de la marine française, etc.
- Forge, chaudronnerie, ajustage, par M. Houa. i vol. in-16, i32 p., 192 fig. Dunod, Paris. Prix, bro-
- ché : 6 fr. ; relié : 8 fr.
- Cet ouvrage est destiné plus spécialement aux apprentis et aux élèves des cours professionnels.
- Ecrit dans un style clair, à la portée de tous et illustré de nombreuses figures, il contient, sous un volume très réduit, tous les éléments des connaissances indispensables à la formation de bons ouvriers forgerons, chaudronniers et ajusteurs.
- Exploitations forestières et scieries, .par Marcel Le Bou-teiller, i vol. in-8, 3o8 p., 177 fig. Dunod, Paris. Prix : 16 ffancs.
- La France consomme quelque i5 millions de mètres cubes de bois par an ; c’est dire l’importance de ce produit. L’auteur l’étudie méthodiquement depuis sa constitution, sa composition chimique, ses diverses essences jusqu’à l’exploitation et l’utilisation. Il discute les lotissements, l’estimation sur pied, les formes de contrat, l’utilisation des produits de la forêt, l’organisation de l’abatage, le choix des engins, puis des moyens de transport, l’élablissement des prix de revient. Puis il passe aux scieries, renseigne sur les machines, le débit des bois, leur séchage, leur conservation, l’installation de l’usine, etc. Le tout forme un excellent guide où l’on trouve tous les renseignements utiles.
- Le corps humain, par le Dr Vaucaire. i vol. in-16, 192 p., 44 fig., 3i pl. Bibliothèque des Merveilles. Hachette, Paris. Prix : 6 francs.
- Petit ouvrage de vulgarisation élémentaire d’anatomie, de» physiologie ket de médecine, sans grande nouveauté.
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-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2584
- 13 Octobre 1923
- >=
- L’île volcanique du Sud-Annam a disparu. — Confirmant les pronostics de M.le professeur Yélain {La Nature, n° 2564, 26 mai dernier), l’île volcanique née en mars dernier, au large du Sud-Annam, par io° io' io" latitude N. eLio8° 5g' 8" longitude Nord (Greenwich), vient de disparaître.
- Un radio reçu» du vapeur anglais Nam-Sang, parvenu à Saigon, le 21 juillet, à midi, a signalé pour la première fois cette disparition. Il y a tout lieu de croire celle-ci définitive. Elle a été confirmée d’ailleurs depuis par plusieurs navires effectuant le trajet Saigon-Manille.
- Née aux environs du 10 mars, disparue vers le 20 juillet, cette île volcanique n’aura donc duré que 140 jours environ, longévité presque identique à celle de l’ex-île Julia, si bien étudiée par Constant Prévost.
- Des échantillons recueillis et des observations effectuées sur place, il ressort que l’île volcanique du Sud-Annam, de forme sensiblement demi-circulaire, a appartenu au type des cônes volcaniques mixtes, avec cendres nombreuses et produits de projections consolidés par des coulées d’une lave noirâtre, riche en fer, celluleuse, et indiquant une grande fluidité du magma originel. Deux petits cratères adventiffe ont fonctionné longtemps à fleur d’eau.
- Le grand prix des avions de transport. — Dans le grand prix des avions de transport, organisé par l’Aéro-Club de France, les deux vainqueurs ont été des appareils Farman. Le premier, qui, piloté par Coupet
- et Landry, a gagné le prix de 5oo 000 francs offre des caractéristiques remarquables. C’est en effet le premier avion français à ailes épaisses. Sa longueur est de 14 m., sa largeur de 19 m., sa surface de 81 m2, son poids à vide est de 3ooo kg. Il est mû par 4 moteurs hispano-suiza de 180 C. Y. chacun, à 8 cylindres en Y, carburateur Zénith et radiateur Lamblin actionnant 2 hélices tractives et 2 hélices propulsives. Il a transporté un poids marchand de 800 kg à la vitesse commerciale de 123 km 392 à l’heure en consommant 3211 kg d’essence et 129 kg d’huile.
- Le deuxième prix de 200 000 francs a été gagné par un Goliath du type classique des aérobus des grandes lignes aériennes, mais mû par 4 moteurs Salmson de 260 C. Y. chacun, au lieu de 2 sur les appai'eils ordinaires. Cet avion piloté par Bossoutrot et Drouhin mesure 14 m. 8 de long, 25 m. 5 de large, i3g m2 de surface, pèse à vide 3220 kg ; a 2 hélices tractives et 2 propulsives. Il a transporté un poids marchand de 800 kg à la vitesse commerciale de 126 km 657, en consommant 4278 kg d’essence et 261 kg d’huile.
- >
- Les bateaux de pêche à moteur. — Le Bulletin technique du bureau Vériias publie une statistique des bateaux de pêche à moteur à la fin de l’année 1922. La France ne compte encore que 749 embarcations de ce genre contré" 14228 en Norvège, 7005 au Danemark, 4o63 en Suède, 2289 en Angleterre et 2020 en Ecosse.
- Ces chiffres montrent que l’outillage de nos pêcheurs est encore bien primitif.
- 1 C’est dans le district de Bordeaux, plus particulière-’ ment dans le bassin d’Arcachon, que la pêche à moteur a pris naissance et s’est développée tout d’abord ; on y comptait 102 bateaux à moteur en 1908 et 226 en 1922. Depuis 1908, le district de Marseille a suivi l’exemple de Bordeaux et l’a dépassé ; on y trouve 364 bateaux de pêche à moteur, alors qu’il n’en existait aucun en 1908. Dunkerque en possède 64 et le Havre 78.
- Les grandes villes du monde. — L’Annuaire statistique publié par la Statistique générale de la France contient, parmi tant d’autres tableaux instructifs, le tableau des villes comptant en 1920 plus de 100 000 habitants. On y constate que presque sans exception, sauf pour la Russie, tous ces centres ont notablement accru-leur population depuis. 1910; le mouvement qui depuis le début du xixe siècle pousse les hommes à se concentrer dans de grandes villes paraît donc se poursuivre sans relâche. Nous indiquons ci-dessous les villes de plus de 400000 habitants.
- En France, Paris passe de 2 888 000 habitants à 2 906 000.
- Marseille compte 58aooo habitants (55iooo en igid).
- Lyon, 562 000 (524 000).
- En Angleterre, légère diminution à Londres (4 433 000 habitants (4 523ooo).
- Glasgow reste 'la 2e ville du Royaume-Uni avec 1 o34 000 habitants (782000).
- Birmingham passe du 5e rang au 3e avec 919000 habitants (5.26000).
- Yiennent ensuite :
- Liverpool..............8o3ooo hab. (767000) rÇ
- Manchester..........731000 — (714000) (ï
- Sheffield...........49* 000 — (455 000)
- Leeds...............488000 — (446000) \y
- A signaler que Edinburgh qui avait ,720 000 habitants ' en 1910 n’en a plus que 420000. *
- En Allfftnagne, Berlin enregistre une légère diminution :
- 1 9o3ooo habitants contre 2071 000,. mais tous ses faubourgs marquent une rapide augmentation.
- Yiennent ensuite : i
- Hambourg. . . . .
- Cologne.........
- Munich..........
- Leipzig.........
- Dresde..........
- Essen .......
- Francfort.......
- Dusseldorf......
- En Belgique : Bruxelles compte. .
- En Hollande : Amsterdam . . . . La Haye......
- Au Portugal :
- Lisbonne.........
- En Espagne : Madrid . . . . . .
- Barcelone.......
- En Italie :
- Naples..........
- Milan...........
- Rome.............
- Turin.......... .
- Palerme ......
- 4
- En Pologne : Yarsovie......
- Lodz .......
- 986000 hab. (932000) 684000' — (5i6ooo) 631 000 — (595 000)
- 604000 — (588 000)
- 529000 — • (547000). 489000 — (296000)
- 438090 — (4i5 000)
- 407000 — (358 000)
- 756000 hab. (720000)
- 642000 hab. (567000) 511 000 —1 (41-5 000)
- 486 000 hab. (486 000)
- 729000 hab. (572000) 708000 — (56oooo)
- 770000 hab. (723000) 70x000 — (899000)
- 637000 — (589000) 5û2 000 — (427000)
- 400000 — (841000)
- 931000 hab. (856 000) 452000 — (396000)
- En Autriche :
- Yienne, malgré les Circonstances, ne marque qu’une légère diminution : 1 841 000 habitants contre 2o3oooo.
- En Hongrie :
- Budapest passe de 880000 à 926000.
- En Tchécoslovaquie :
- Prague a aujourd’hui 676000 hab. (226000) Au Danemark :
- Copenhague .... 56xooo hab. (^62000)
- En Suède :
- Stockholm, . . . . 4*9000 hab. (342000)
- Par côntre en Russie, on enregistre une diminution sérieuse dans la population des grands centres :
- Moscou............. 1028000 hab. (148x000)
- Pétrograd. . . . 706000 — (1907000)
- Odessa........... 435 000 -- (479000)
- Kiev................ 366ooo — (447000)
- 113 g»»
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- INFORMATIONS
- Passons maintenant aux autres continents. Afrique :
- Le Caire . . . 791 000 hab. (654 00°}
- Alexandrie . . 445 000 __ (332 000)
- Asie. Possessions anglaises :
- Bombay. . . . 1 176 000 hab. (979000)
- Calcutta . . . 908,000 — (896 000)
- Madras .... £>27000 — ( 519 000)
- Hyderabad . . 4°4 000 — (5oi 000)
- Singapore. . . Siam : 424000 (3o3 000)
- Bangkok . . . chiffres pour 629000 1920). hab. en 1910 (p
- Chine :
- Hangkeou. . . 1 320 000 hab. (860 000)
- Changhaï . . . 1 000 000 — (651 000)
- Canton . ... 900 000 — (900 000)
- Pékin 8o5 000 — (6g3 ooo)
- Tientsin. . . . 800 000 — (800 ooo)
- Hangtcheou . . 684000 — (35o ooo)
- Fou-Tcheou. . 628 000 — (624 ooo)
- Tchoungking . 614000 — (5g8 ooo)
- Sou-Tcheou . . 5oo 000 — (5oo ooo)
- Ningpo .... 47° ooo — (400 ooo)
- Japon :
- Tokio . 2 173 000 hab. (2 186 ooo)
- Osaka .... . 1 a53 000 — ( 1 227 ooo)
- Kobé . 607 000 — (378 800)
- Kyoto' .... 5g i 000 — (442000)
- Nagoya.... 43oooo — (378 ooo)
- Yokohama . . 423000 — (3g4 ooo)
- Amérique du Nord. Canada :
- Montréal .... 619 ooo hab. (470 ooo)
- Toronto 522 ooo — (376 ooo)
- Etats-Unis :
- New-York. . . . 5 620 ooo hab. (4 767 ooo)
- Chicago 2 702 ooo — ( 2 185 ooo)
- Philadelphie. . . 1 826 ooo — ( I 569 ooo)
- Détroit .994000 — (466 ooo)
- Cleveland.... 797000 — (561 ooo)
- Saint-Louis . . . 773 ooo — (688 ooo)
- Boston 748 ooo — (671 ooo)
- Baltimore. . . . 734 ooo — (558 ooo)
- Pittsburgh . . . 588 ooo — (534 ooo)
- Los-Angelès. . . 577 ooo — ( 319 ooo)
- Buffalo 507 ooo •—• (424 ooo)
- San Francisco . . 5oy ooo — (417 ooo)
- Milwaukee . . . 457 ooo — (374 ooo(
- Washington. . . 438 ooo — (331 ooo)
- Newark. .... 415 ooo — (347 o°°)
- Cincinnati. . . . 401ooo — (364 ooo)
- Amérique du Sud. Brésil : Rio de Janeiro. . 1 158 ooo hab. (858 ooo)
- Sao-Paulo. . . . 579 ooo — (400 ooo)
- Argentine :
- Buenos-Ayres . . 1 577 ooo hab. ( 1 272 ooo)
- Chili :
- Santiago .... 507 ooo hab. (333 ooo)
- Océanie. Australie : Sydney 899000 hab. (633 ooo)
- Melbourne. . . . 767 ooo — (589 ooo)
- Le chauîmograa et la guérison de la lèpre.
- Chaulmograa est le nom chinois qui désigne les fruits de certains arbres de la famille des Hydnocarpées. Depuis les temps préhistoriques, l’huile extraite des graines contenues dans ces fruits a été reconnue comme la seule substance efficace pour lutter contre la terrible maladie qu’est la lèpre. Dans ces dernières années, la science moderne a confirmé la valeur de cette antique médication ; elle l’a perfectionnée et en a fait un remède pratique dont l’usage se répand dans les divers lazarets du monde.
- Les Hindous pratiquaient l’ingestion buccale de l’huile de chaulmograa, liquide âcre et nauséabond, très dangereux pour l’estomac ; il atténuait sans doute les ravages
- de la lèpre, mais pour leur substituer d’autres accidents, non moins redoutables.
- Aujourd’hui, on fait subir à l’huile de chaulmograa un traitement chimique qui permet d’isoler les principes constituants ayant une action favorable contre la lèpre. Le mérite de ces recherches et de ces résultats revient à deux savants qui ont travaillé simultanément, mais indépendamment, le Dr Rogers, dans l’Inde anglaise, le D' américain Harry T. Holimann, en Hawaï.
- Dans Y Agronomie coloniale, M. Marquis, consul de France à Honolulu, donne d intéressants renseignements sur les travaux de ce dernier, et sur l’organisation de la culture des Hydnocarpées, en Hawaï, qui en fut la conséquence.
- Le Dr Holimann était directeur du lazaret de Kalau-papa, sur l'ile de Maloka (territoire d’Hawaï), où cinq à. six cents lépreux recevaient, avec quelque succès, un traitement par l’huile brute, malgré tous ses inconvénients. Pensant qu’on pourrait utiliser avantageusement dans ce but le magnifique laboratoire de chimie de l’Université d’Hawaï, le Dr Holimann suggéra au Dr Dean, distingué chimiste et président de 1 Université, d’essayer d’extraire les acides oléagineux — que l’analyse chimique du D' Powers avait reconnus exister dans cette huile — pour les transformer en dérivés éthériques solubles et facilement assimilés par le corps humain, soit par ingestion buccale, soit par injections sous-culanées ou intra-veineuses.
- Les travaux des chimistes d’Hawaï furent couronnés de succès, et aussitôt les éthers des principaux acides de l’huile (à savoir, chaulmoogrique, hydnocarpique et taraktogenos) furent appliqués au traitement des lépreux d’Hawaï, avec un succès étonnant, merveilleux sur les individus récemment atteints de la lèpre, et très satisfaisant dans les cas plus avancés ou plus anciens.
- L’exemple d’Hawaï fut rapidement suivi un peu partout. D’où une demande considérable d’huile de chaulmograa, demande malheureusement difficile à satisfaire avec les seules ressources des régions sauvages où existent les arbres producteurs. Le marché de cette huile menaçait de n’être plus alimenté qu’avec des produits défectueux, ou même frelatés, vendus à des prix fantastiques.
- Dans ces conditions, le Gouvernement des Etats-Unis, dans l’intérêt des lazarets existant, tant sur le continent américain qu’en Hawaï et aux Philippines, dépendances américaines, prit la décision d’assurer une production d’huile de chaulmograa pure, à des prix raisonnables, en ordonnant l’introduction et l’acclimatation immédiate des arbres producteurs eux-mêmes.
- A cet effet, en 1920, au botaniste explorateur attitré des Etats-Unis fut confiée la mission de recueillir les graines nécessaires, savoir : celles de Y Hydnocarpus anthelminticus près de Bangkok (Siam), celles de Y Hydnocarpus castanea du Burmah inférieur, et celles du Taraktogenos Kurzii du Burmah supérieur.
- Une grande plantation fut organisée dans les réserves forestières de Warahole, sur le versant Est de l’ile Oahu, près de Honolulu.
- Commencée en décembre 1921, elle compte aujourd’hui 23go plants d’Hydnocarpus anthelminticus, 85o du Taraktogenos, 80 de Y Hydnocarpus castanea, auxquels on est actuellement en train d’ajouter 200 plants à!Hydnocarpus Hutchinsonii, variété récemment découverte sur l’île de Mindanao (Philippines).
- Tous ces arbres paraissent s’accommoder parfaitement du climat et du riche sol rouge volcanique de l’île. Les Hydnocarpus anthelminticus sont particulièrement vigoureux; certains individus ont atteint 4 m- de haut dès la fin de leur deuxième année.
- On espère, d’ici à quatre ou cinq ans, commencer à récolter des fruits semblables à des oraDges, contenant les graines dont on extrait la précieuse huile ; et si tout va bien, comme on le prévoit, Ohau pourra, dès lors, commencer à produire assez d’huile, non seulement pour la consommation nécessaire aux lazarets d’Hawaï, mais pour en fournir à des contrées moins fortunées.
- Cet exemple, dit M. Marquès, pourra peut-être être suivi avec profit dans certaines de nos colonies, dont les conditions climatériques ressemblent à celles d’Hawaï et qui ont déjà commencé le nouveau traitement de leurs lépreux par les dérivés éthériques, mais qui n’ont pas l’avantage de posséder, dans leurs forêts, les arbres utiles.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- >«
- 7~. S. 'F. <rai
- Un haut-parleur original. — M. Moreau, professeur Collège d’Issoudun, a bien voulu no us communiquer les essais effectués avec un haut-parleur original de son invention.
- Cette petite construction intéresse tous les amateurs qui possèdent un violon ou un violoncelle. L’appareil bien réglé donne souvent des résultats excellents pour les morceaux de violon, de flûte, de clarinette ou de violoncelle. Pour la voix et le piano, ces résultats sont comparables à ceux d’un haut-parleur Brown.
- Cet appareil a été monté avec un écouteur Brown et un violon ordinaire, mais il est possible d’employer un autre écouteur et également un violoncelle.
- Le montage peut être effectué en quelques minutes, il suffit de tailler dans un morceau de bois assez dur, de hêtre par exemple, une cheville conique de 2 cm de longueur et de o cm 5 de diamètre dans la partie la plus large.
- On pratique à l'aide d’une scie une entaille de 5 à 7 mm à la base du cône et sur son axe (fig. 1).
- On coiffe avec cette cheville le milieu du chevalet du
- violon ou du violoncelle, comme on le ferait avec une sourdine, puis onfixe l’écouteur Brown après en avoir dévissé le pavillon en ébonite à un support approprié (fig. 2), et on fait reposer avec précaution le centre du diaphragme conique en aluminium sur la pointe de la cheville. On peut aussi, et c’est préférable, enlever le diaphragme conique et faire reposer la pointe de la cheville sur le trou de la vis qui sert normalement à maintenir la membrane.
- D’après le constructeur, la pureté de l’audition obtenue pour des morceaux joués sur des instruments à corde est vraiment remarquable et peut même séduire un amateur de belle musique.
- Appareil simple pour apprendre la lecture au son.
- — Les amateurs de T. S. F. isolés, qui ne peuvent avoir
- Cuivre
- Récepteur
- téléphonique
- Connexion soudée au fer blanc
- Manipulateur
- Epingle de sûreté
- Feuille de fer blanc
- Rectangle
- isolant
- Fig. X
- recours à l’aide d'un ami ou d’un parent pour apprendre la lecture au son en écoutant les transmissions fictives envoyées au moyen d’un manipulateur., désirent souvent un appareil simple qui leur permette d’étudier sans aide.
- Plusieurs ont été proposés et quelques-uns sont déjà dans le commerce. L’ingénieux système que nous soumet M. Nicolas semble être pratique et devoir rendre de bons services.
- L’appareil se compose d’une pile rudimentaire, d’un écouteur, d’un rectangle de fer-blanc adapté spécialement et d’un « manipulateur » également rudimentaire.
- La pile peut se composer simplement d’un verre rempli d’eau acidulée dans lequel plongent les deux, électrodes, par exemple cuillère à café et morceau de zinc.
- L’écouteur est un récepteur téléphonique quelconque ou un casque de T. S. F.; étant donnée la faiblesse du courant, il n’y a aucun risque de détérioration.
- La feuille de fer-blanc, d’épaisseur quelconque, a environ 34 cm de long et 24 cm fie large. Après l’avoir dépolie avec du papier de verre, on colle sur sa surface des bandes de papier de 4° mm de largeur et 20 mm de hauteur, soit de 40 mm de largeur et 10 mm de hauteur, comme on le voit sur la figure 3. 20 mm ou 5 mm séparent chaque rectangle isolant; l’intervalle non isolé représente les points ou les traits Morse.
- On remamue qu’il est inutile, pour représenter les différentes lettres de l’alphabet Morse, de figurer toujours des signes différents; les 14 lettres suivantes renferment en effet toutes les autres :
- h, r, é, 1, p, j, ch, z, q, j, c, b, x, z.
- Pile de lampe de poche
- Buzzen
- Manipulatei
- Plaque de fer blanc
- Fig. 4-
- Par exemple, avec les bandes des papier constituant le h (....), on peut écrire successivement :
- e (.), i (..), s (...) et h.
- De même le v donne e, i, s, e ; le é : e, i, u, b, é, etc.
- Enfin, le « manipulateur » peut être constitué par un fil métallique très fin ou même par une partie courbe (épingle de « nourrice » ou de « sûreté »).
- Le montage de l’ensemble se déduit immédiatement de la figure 3. En promenant d’un mouvement uniforme et à pression légère le bout du « manipulateur » sur la feuille de fer-blanc, le courant passera quand l’extrémité du manipulateur touchera le fer-blanc et sera interrompu quand il touchera le papier. En combinant, comme il a été expliqué plus haut,, les rectangles de papier sur la feuille de fer-blanc avec intervalles convenables, on entendra alors dans le récepteur un bruit imitant le tac-tac d’un appareil Morse.
- D’après son constructeur, l’appareil peut rendre de grands services pour l’apprentissage de la lecture au son. On peut d'ailleurs? le perfectionner en remplaçant la pile de fortune par une pile sèche de lampe de poche et en adjoignant au système un « buzzer » ou trembleur à note musicale suivant le montage de la figure 4. Le « manipulateur », en passant sur les rectangles conducteurs et isolanls, détermine alors la mise en action du trembleur et on entend dans le récepteur des sons musicaux semblables à ceux des signaux de T. S. F. Le principe est d’ailleurs analogue à celui du Morsophone bien connu.
- ct^sss. Métallurgie
- Pour à tremper électro-automatique. — Il est
- aujourd’hui bien connu de tout le monde que pour réaliser une bonne trempe de l’acier, il est indispensable, non seulement de refroidir le métal dans des conditions bien déterminées — et qui varient selon les résultats que l’on a en vue — ipais encore, et surtout, d’atteindre,
- de Physique au
- k-------4
- 5 ’Vm
- Fig. 1. — Coupe de la cheville.
- Fig. %. — Un phonoviolon. On peut placer de même le violon sur l’écouteur Brown.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- dans le chauffage préalable de la pièce à tremper, une température parfaitement définie : celle où le métal subit, dans sa constitution intime, les transformations physiques qui lui donnent, si on parvient à les saisir, à les immobiliser, à les fixer, les propriétés spéciales, caractéristiques du métal trempé.
- Dans la pratique, il est généralement très difficile de reconnaître de façon exacte le moment où la température critique est atteinte et où l’on doit procéder à la trempe, parce que les procédés dont on dispose pour suivre réchauffement graduel des objets à traiter sont relativement délicats; c’est par l’aspect que prennent les objets que les opérateurs habiles se rendent compte de l’instant où ils peuvent arrêter le chauffage et tremper; la méthode est empirique et exige, de la part des ouvriers qui ont à l’appliquer, des aptitudes particulières et une longue expérience.
- Des recherches récentes ont montré que l’on peut substituer à ce mode de travail un procédé méthodique, en observant, non pas la température du métal à traiter, mais ses propriétés magnétiques : on sait que, chauffé à une température convenable, l’acier cesse d’être magnétique et il a été démontré que ce phénomène est provoqué, précisément, par ces mêmes transformations intimes qui mettent le métal dans l’état spécial où il est nécessaire de l’amener préalablement pour le tremper; c’est cette particularité qui est mise à profit pour réaliser la nouvelle méthode de trempe automatique à laquelle nous faisons allusion.
- Le principe de cette méthode est facile à comprendre : supposons un objet d’acier placé à l’intérieur d’un enroulement de fil métallique dans lequel passe un courant électrique ; sous l’influence du flux magnétique
- Fig. 5. — Four à tremper élc.ctco-automatique horizontal.
- créé par le courant dans l’enroulement, la pièce s’aimante; chauffons-la graduellement; à un moment donné, qui coïncide, comme il est dit ci-dessus, pour la grande majorité des aciers au carbone et des alliages d’acier commerciaux, avec le point critique de trempe, elle perdra son aimantation.
- Cela étant, il suffît de disposer autour de la pièce un second enroulement, relié à un instrument indicateur
- quelconque, pour pouvoir constater, par le fonctionnement de cet indicateur, l’instant précis où la température requise est atteinte ; à cet instant, en effet, la pièce perdant son aimantation, la variation brusque de flux qui se produit dans l’espace embrassé par la bobine secondaire induit dans celle-ci une force électro-motrice
- Fig. (>. — Four à tremper électro-magnétique vertical
- d’où résulte un courant qui agit sur l’instrument indicateur ; on réalise donc, de la sorte, un équipement signalant automatiquement à l'opérateur, et ce avec une précision scientifiquement rigoureuse, l’instant où la trempe doit être opérée.
- Le système est appliqué au moyen d’un four de chauffage électrique et de construction convenable, de type horizontal ou vertical, au choix; la figure 5 montre un équipement à four horizontal; la figure 6 un. équipement à four vertical; l’équipement comprend, dans l’un et l’autre cas, un four électrique, chauffé par un enroulement intérieur, et un panneau sur lequel sont placés, outre les appareils de commande et de contrôle habituels, un dispositif supplémentaire, le détecteur magnétique annonçant à l’opérateur le moment où la bonne température est atteinte.
- Le fonctionnement de ce détecteur magnétique est commandé par un enroulement extérieur que l’on voit sur les deux figures ceinturant le four et que l’on appelle enroulement pyrométrique ; l’indicateur y est relié par des bobines de compensation, corrigeant les effets parasites dus à réchauffement des conducteurs, aux varia-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lions de température intérieure et extérieure, etc. ; un interrupteur automatique complète l’installation : il assure l’ouverture du circuit en cas d’excès de chauffage.
- Ce système de four automatique à tremper a été imaginé par des ingénieurs anglais; plusieurs spécimens en sont déjà à l’essai dans quelques établissements officiels de Grande-Bretagne ; on en signale également
- la mise à l’épreuve à l’arsenal d’Osaka, du gouvernement impérial du Japon; l’idée qui en forme la base est ingénieuse et les moyens employés pour la réaliser paraissent bien étudiés.
- Constructeur : Automatic and Electric Furnaces, Ltd, Elecfurn Works, ij3-rj5, Farringdon Road, London E. G. I.
- J/D
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- VARIETES
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- PRODUCTION ET UTILISATION DES COURGES ALIMENTAIRES
- I. Production. — La famille des Cucurbitacées fournit à la culture potagère les courges alimentaires qui figurent parmi les légumes-fruits les plus anciennement connus et les plus généralement cultivés. Issues des pays tropicaux, les courges exigent de la chaleur et une certaine humidité. La chaleur artificielle est, par suite, indispensable à leur développement, quand elles sont semées avant le mois de mai, car les gelées désorganisent toutes leurs parties vertes.
- Régions de culture. — Cultivées dans tous les jardins maraîchers, les courges le sont également dans les champs à proximité de certaines grandes villes, tant dans le bassin parisien que dans le Midi, la Touraine et quelques départements. D’après la dernière statistique agricole annuelle de 1920, les 10 principaux départements producteurs en ont récolté en quintaux Sarthe 200000, Indre-et-Loire 86740, Tienne 65 000, Seine-et-Oise 17000, Isère 16820, Vaucluse xo 83o, Indre 854o, Alpes-Maritimes 7600, Loire-Inférieure 7 i5o, Drôme 6990.
- Prix du quintal. — Ils ont varié du simple au quadruple, en passant par les prix intermédiaires, selon les départements : 20 francs dans la Sarthe et 80 francs dans la Loire-Inférieure. Le rendement est estimé, en général, à 1000 francs l’are.
- Variétés. — Longtemps mal définies, leurs très nombreuses variétés ont été ramenées depuis les travaux de Charles Naudin à trois espèces botaniques distinctes : Cucurbita maxima, Duch. ; C. Moschata, Duch. ; C. Pepo. Par suite les variétés cultivées ont été réparties en trois groupes : potirons, courges musquées, citrouilles, sous les noms desquels je vais les passer successivement en revue en n’indiquant que les plus répandues. Je dois dire que le grand public, qui les ignore comme courges, les confond en bloc sous le nom de citrouilles ainsi que le font, d’ailleurs, les statistiques officielles.
- i° Potirons. — On les divise en deux sections : les potirons et les giraumons provenant également du Cucurbita maxima. Les principaux sont : le Potiron jaune, fruit sphérique, très gros, pesant de 5o à 60 kg, plus ou moins déprimé; peau saumonée; chair jaune, sucrée, non juteuse. Il fut longtemps le plus cultivé dans la banlieue parisienne.
- Potiron rouge vif d'Etampes. — Fruit aussi gros que le précédent; peau d’un beau rouge orangé ; chair jaune, épaisse. On en connaît deux races, l’une à peau lisse, l'autre à peau fendillée et brodée. C’est, aujourd’hui, le plus répandu et le plus recherché aux Halles de Paris.
- Potiron vert d'Espagne. — Fruit moyen, déprimé, plat; peau verte souvent brodée; chair jaune, épaisse; longue conservation. Très demandé sur les marchés, il a l’avantage par son volume modéré d’être plus apprécié dans les ménages que les gros potirons difficiles à conserver dès qu’ils sont entamés.
- Potiron gris de Boulogne. — Fruit très gros; peau vert olive foncé, brodé à la maturité; chair jaune, épaisse et farineuse ; il est de bonne garde.
- Potiron bronzé de Montlhéry. — Fruit arrondi, côtelé, peau de couleur bronzée ; chair jaune, épaisse. Plus tardif que les précédents, il se conserve très bien et a l’avantage de se trouver sur le marché après la disparition du potiron rouge vif d’Etampes.
- Giraumons. — Ces petits potirons de races nombreuses se distinguent par un renflement formé en avant, par le développement <jes carpelles, en forme de mamelons qui les font appeler bonnets de turcs, bonnets de prêtres. Leur chair est rouge et farineuse.
- Les deux variétés qui arrivent le plus souvent sur le marché sont : Giraumon turban. Fruit irrégulier pesant 3 à 4 kg, à calotte hémisphérique, panachée; chair de bonne qualité. — Giraumon petit de Chine. Fruit très petit, pesant 800 à 1200 gr., précoce et panaché; chair jaune et ferme. Il est de bonne garde et convient très bien pour les petits ménages.
- 20 Courges musquées. (Cucurbita moschata). — Elles sont généralement peu cultivées en dehors du Midi, car leur chair musquée ne plaît guère. Je ne retiendrai que la Courge pleine de Naples. Fruit volumineux, peau lisse vert foncé ; chair jaune orangé, sucrée, de bonne qualité; maturité tardive.
- 3° Citrouilles. (Cucurbita Pepo). — Ce sont des fruits allongés, mesurant o m. 25 à o m. 5o de longueur sur o m. xo à o m. i5 de largeur, à chair filandreuse plus aqueuse que celle des potirons. Les variétés les plus remarquables sont : Courge à la moelle. Ecorce lisse, jaunâtre, mesurant o m. 3o sur o m. 12. On la consomme lorsqu’elle est très jeune, la chair est alors tendre et moelleuse. — Courge non coureuse. Elle est utilisée comme la précédente. — Courge d’Italie. Dans ce pays on la mange quand elle est grosse à peine comme un petit concombre. Je dois mentionner aussi la Citrouille de Touraine, qui n’est guère employée que dans la grande culture pour la nourriture du bétail.
- Pâtissons. - Ils forment une race distincte issue du Cucurbita Pepo. Ce sont des citrouilles tronquées dont les lobes dentés leur ont fait donner par leur aspect bizarre les noms de « bonnets d’électeur, artichauts de Jérusalem, etc, ». Leur peau est bariolée, leur chair ferme, peu sucrée, farineuse, rappelle faiblement le goût des fonds d’artichauts. Les plus cultivés, sans l’être beaucoup, sont les pâtissons jaune, vert, orange. Le pâtisson panaché amélioré se caractérise par son poids qui atteint souvent 3 ou 4 kilogrammes.
- IL Utilisation.— Les maîtresses de maison, qui cultivent des courges dans leur jardin potager, et notamment des potirons, ne doivent guère les récolter, selon la région, que du milieu d’octobre au commencement de novembre, mais toujours avant les gelées, puis les placer dans un local sain, aéré, à F abri du froid, où, dans ces conditions, ils sont susceptibles de se conserver jusqu’en mai.
- , Dans jes ménages dont la famille est nombreuse, on peut acheter un potiron d’Etampes de moyenne grosseur; autrement il vaut mieux lui préférer un potiron vert d’Espagne ou encore un giraumon de Chine qu’il est plus sûr de consomrner en bon état. Il faut veiller, au moment de l’achat, à ce que le fruit soit suffisamment mûr, ce qu’on reconnaît à ce que la queue paraît sur le point de se détacher, Quand on achète le potiron à la tranche, il importe que la chair soit d’un beau jaune d’or, la coupure sèclxe et non gluante, l’intérieur très net et surtout exempt de toute trace de moisissures.
- Emplois. — Ces fruits se consomment crus ou cuits sous une infinité de formes. A l’état cru. On prépare des confits au vinaigre, à la façon des cornichons, avec les fruits à peine formés de certaines courges, notamment celle d’Italie, ou bien, quand ils sont devenus presque adultes, on les mange coupés en tranches et assaisonnés comme des concombres. Ces préparations ménagèi’es se font surtout en Alsace et en Allemagne, mais les Hongrois confectionnent une choucroute de potiron.
- A l’état cuit. — On prépare des soupes et des purées avec les potirons; on frit et farcit la courge à la moelle.
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- VARIETES
- On les transforme dans tous les genres de pâtisseries et même de marmelades et de compotes.
- Il y a longtemps que Chevalier et Baudrimont ont indiqué dans leur Dictionnaire des Falsifications que certaines confitures du commerce, « dites d’abricots » et vendues très bon marché, sont tout simplement préparées avec un mélange de 2/3 de potiron et r/3 d’abricot.
- On tend, depuis quelques années, à introduire dans notre alimentation les confitures de légumes-fruits dont 1 usage est fréquent à l'étranger, et comme parmi ces derniers les courges ont leur place toute marquée, je vais en donner deux recettes, l’une française, l’autre allemande.
- Recette française. Confiture de courge. — D’après Lavoine, on prend 1 kg 5oo de courge nettoyée (potiron), 1 kg de sucre blanc et 2 citrons. Faire cuire la courge préalablement nettoyée, en petits cubes de 1 cm ou 2 de côté, pendant une demi-heure environ, dans de 1 eau bouillante légèrement salée, en évitant que les morceaux se réduisent en bouillie par une trop grande ébullition. On a eu soin, auparavant, d’enlever l’écorce de 2 citrons au moyen d’une râpe à sucre qui l’aura réduite en fines parcelles que vous aurez conservées. La partie charnue des citrons est jetée dans l’eau bouillante avec le potiron ou la citrouille pendant le dernier
- quart d’heure d’ébullition. Une fois cuite, la courge est mise sur un tamis et elle s’égoutte.
- Le sucre blanc, d’un autre côté, jeté dans la bassine à confiture, avec un verre d’eau, est fondu à petit feu. Ou chauffe jusqu’au moment où une goutte de sirop tombant dans un verre d’eau y reste sphérique, pour y ajouter alors la citrouille égouttée; on presse au-dessus les deux citrons et l’on fait bouillir encore une demi-heure environ, la bassine restant ouverte. On retire alors du feu, et, quand l’ébullition a cessé, on ajoute l’écorce jaune des citrons, en la mêlant intimement à la masse sans écraser, autant que possible, les petits cubes.
- Recettes allemandes. Marmelade de courge. — On ramollit la courge par la cuisson, on passe à travers un tamis et l’on fait cuire la masse (2 kg 25o de courge et 1 kg 5oo de sucre) avec un peu de gingembre en poudre et le jus d’un citron, en remuant constamment avec une cuiller en bois jusqu’à consistance d’une bouillie épaisse.
- Marmelade de courge et de pommes. — On prend poids égal de courge et de pommes, on les fait cuire avec très peu d’eau ou, préférablement, avec du cidre. On fait cuire, d’autre part, le zeste d’un citron dans son jus, on mélange et passe le 1out à travers un tamis. On ajoute ensuite à la masse son poids de sucre et on prolonge la cuisson jusqu’à obtention d’une marmelade de consistance convenable. A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- OS9L
- ossC
- AVIS- — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lellres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Rectification. — Nouveau dispositif de soupape (Voir n° 2578. Science appliquée).
- Il s’est glissé des erreurs typographiques dans l’article sur le nouveau dispositif de soupape paru dans le numéro 2678.
- Tout d’abord le noyau doit avoir un diamètre de o mm et non pas de 3o cm et sa longueur doit être de i5 cm environ. Au lieu de lire, batterie de 60 ampères-heure, c’est d’une batterie de 6 volts dont il s’agit.
- Réponses. — Bibliothèque d’Ostende (Belgique). — i° La colle forte employée chaude présente l’avantage de pénétrer beaucoup mieux dans les pores du bois que les colles appliquées à froid. 20 Comme étude la plus récente consulter : Contribution à l’étude des colles et des collages pour*bois, de Pierre Breuil, éditeur Eyrolles, 3, rue Thénard. 3° Les colles pour bois d’hélices d’avions sont le plus souvent à base d’albumine du sang, le Laboratoire des Forêts des Etats-Unis a publié la formule suivante qui a donné de très bons résultats pour la
- fabrication pendant la dernière guerre : \
- Albumine du sang (solubilité 90 0/0). 600 gr.
- Eau non calcaire à 270 C...........1100 —-
- Ammoniaque (Drrro.go).............. a5 —
- Chaux hydratée................. 12 —
- Après que l’albumine a été dissoute dans les conditions de température indiquées (270 C) çra ajoute lentement l’ammoniaque puis l’hydrate de chaux sous forme de crème épaisse faite avec une partie de l’eau, la colle doit avoir une consistance modérée et on peut pour cela y ajouter de l’eau. Après application on réunit les surfaces et on presse à 5-7 kg par centimètre carré, les plateaux de la presse étant chauffés à 90°-ioo° C., on laisse sous presse jusqu’à ce que la température centrale de l’objet ait atteint 700 C. 4° Voir pour la protection extérieure notre article Laquage des hélices d'avions (La Nature, n° a416, juillet 1920, page 55).
- M. H. Terzian, à Philippople (Bulgarie). — 1° Ouvrages sur la fabrication de la soie artificielle : Les matières cellulosiques, par Bellzer et Persoz, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères; La soie artificielle et sa fabrication, par J. Foltzer, éditeur Desforges, 29, quai des Grand s-Augustin s ; La soie artificielle, par
- Willems, éditeur Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Les soies artificielles, par A. Chapelet et H. Rousset; Le celluloïd et les soies artificielles, par Bôckmann et Ivlôtz, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. 20 Ouvrages sur la fabrication du papier et du carton : Lx papier, par Charpentier, éditeur Dunod; Fabrication du papier, par Blanchet; Fabrication du papier, par Gros et Bevan, édités tous deux par Béranger. 3° Ouvrage sur les parfums et cosmétiques, Formulaire des parfums et cosmétiques, par Durvelle, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. 4° Ouvrages sur l’exploitation des carrières : Exploitation des mines et carrières, par Heise et Herbst; Id. par Dorion; Id. par Evrard; Id. par Demanet, édités par Béranger; Exploitation des carrières, par Colomer, éditeur Dunod. 5° Comme préparation scientifique par correspondance, nous pouvons vous indiquer l’Ecole du Génie civil, i52 bis, avenue Wagram, l’Ecole des Travaux publics, 14, rue du Sommerard.
- M. Texier, à Gornac (Gironde). — Nous avons personnellement parfaitement réussi à enlever toute trace d’huile sur un plancher (veilleuse renversée) en recouvrant les taches de plâtre en poudre tel qu’il se trouve dans les sacs courants. Chaque jour le plâtre ayant absorbé l'huile par capillarité était enlevé et remplacé par du plâtre neuf. Ce traitement a été effectué aussitôt l’accident, nous pensons cependant que vous obtiendrez, avec un peu de patience, même résultat pour des taches anciennes, mais il faudra attendre que l’huile située dans l’épaisseur du bois remonte à la surface.
- M. Gilbert, à Aubrac (Aveyron). — Il ne peut être question de la présence d’un ferment dans les conditions que vous indiquez, nous croyons plutôt qu’il s’agit d’impuretés contenues dans l’essence sous forme de matières insolubles dont nous ne pouvons à distance apprécier la nature; à notre avis, il vous suffira de faire un simple rinçage du réservoir par circulation d’essence pour entraîner ces impuretés au dehors.
- M. Marenco, à Cherchell (Algérie). — Vous, trouverez tous renseignements sur Y émaillage dans les ouvrages suivants : Fabrication des émaux d’émaillage, par Paul Randau, traduction Campagne-. Manuel pratique de l’émaillage sur métaux, par Louis Millenet. Ces deux ouvrages sont édités par Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. Jullien, A Bordeaux. — Nous ne connaissons pas les spécialités dont vous parlez, il ne nous est pas possible de nous prononcer sur leur constitution sans en avoir vu des échantillons.
- M. Varigney, à Conflans, — La recherche l’acétone
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- BOITE AUX LETTRES
- s’effectue ainsi : on introduit dans un tube à essai 5 c. c. environ du liquide à essayer avec io c. c. de lessive de soude pure étendue (lessive de soude à 36° = 33 c. c. eau pour faire >oo c. c.), on mélange par retournement et on ajoute un demi-centimètre cube de la solution suivante :
- ............................. a gr. 5
- Iodure de potassium.............. 4 gr.
- Eau............................ 100 c. c.
- Dans le cas où il y a de l’acétone il se produit un trouble laiteux du a la formation d’iodoforme caractérisé par son odeur et la forme des cristaux que l’on peut examiner au microscope. On peut rendre la réaction plus précise en redissolvant ces cristaux dans l’éther; après évaporation on obtient une poudre jaune citron.
- La méthode peut être rendue quantitative en recueillant le précipité d’iodoforme sur un filtre taré par un témoin et séchant à basse température, 3g4 gr. d’iodoforme correspondent à 58 gr. d'acétone. Si par exemple on a trouvé 1 gr. 20 d’iodoforme, c’est qu’il y avait
- 112X58 r J’
- : o gr. i yb d acetone.
- 394
- M. Pouillot, à Paris.
- Vous éviterez Vadhérence du
- cristal fondu aux métaux en enduisant ceux-ci préalablement d’huile, la mise en liberté de carbone par dissociation de l’huile donnera le résultat cherché ; tous les métaux peuvent convenir à la condition que lëùr point de fusion soit inférieur à celui du cristal.
- M. Bourgue, à Marseille. — Pour transformer votre planche à dessin en tableau noir, prendre :
- Alcool à 95°'...................480 c. c.
- Sandaraque...................... 3o gr.
- Gomme laque..................... 3o —
- Laisser digérer jusqu’à dissolution et ajouter !
- Emeri en poudre fine dite diamant. 60 gr.
- Noir de fumée.................. i5 —
- Outremer....................... 5 —
- Appliquer au pinceau bien régulièrement sur la planche et laisser sécher complètement avant emploi.
- M. Siebenmann, à Marseille. — Nous ne pouvons, sans examiner l’insecte qui décime les ruches, dire s’il s’agit de la Fausse teigne ou Teigne des ruches ou Gallerie (Galleria cerilla ou Galleria alvearia), qui pond tout l’été, s’attaque aux rayons de cire et force les abeilles à fuir ; ou d’autres insectes tels que les larves des Clairons apiaires et alvéolaires ou du Philanthe api-vore„ ou encore de Pou branla cæca qui s’attaque surtout aux reines, et que l’on combat par la fumée de tabac.
- En tout cas, nous croyons que le mode de destruction des insectes ravageurs de ruches peut comporter l’emploi du camphre, de la fleur de soufre ou de la naphtaline, en opérant de la manière suivante : au milieu du local, placer les rayons sur un réchaud, puis jeter dans une casserole une poignée de naphtaline qui, en se consumant, répand une forte odeur et retombe en buée légère. Cette opération, répétée plusieurs fois, détruit toutes les larves et autres insectes.
- Transvaser les ruchées après enfumage des abeilles, et nettoyer très minutieusement les ruches atteintes, c’est là aussi un moyen de destruction à essayer.
- Vous pourriez vous adresser à M. B. Alphandéry, apiculteur spécialiste, à Montfavet (Vaucluse), ainsi qu’à l’Insectarium de Menton ou à la Station entomologique de Montpellier.
- T. S. F. — M. P. Bellefaye, à Angoulême. — Les montages à plusieurs étages H. F. à transformateurs sans fer sont d’une exécution et d’un réglage très difficiles ; aussi doit-on généralement se contenter d’un ou de deux étages H. F. à transformateurs accordés, avant la détection.
- Afin d’éviter la naissance d’oscillations parasites gênantes on emploie, le plus souvent, du fil résistant pour le bobinage des enroulements autres que ceux du premier transformateur accordé. Ce fil résistant sera du fil de 10/100 mm, isolé soie, de constantan ou de man-ganin. Un amortissement considérable est ainsi introduit dans les circuits, les oscillations s’amorcent moins facilement, mais l’amplification aussi est malheureusement diminuée.
- Quant au dispositif de réaction, simple à réaliser en théorie, il est assez difficile à mettre au point en pratique, par suite également de la facilité d’amorçage des oscillations.
- Nous croyons d’ailleurs que pour réaliser les buts que vous indiquez, il vous suffira d’employer un ou deux étages H. F. avant la détection, et d’ajouter des étages B. F. si vous désirez recevoir en haut-parleur.
- Dans ce cas seulement vous pourrez utiliser, pour les transformateurs, des bobinages en fil de cuivre isolé soie, coton, ou même émail à la rigueur. Le bobinage se fait sur des poulies de 4 cm à 5 cm de diamètre, dont la gorge est large de 5 mm et profonde de 1 cm environ.
- Voici des valeurs utilisées pour des galettes du commerce, qu’on emploie simplement accolées. Pour les P. T. T., primaire 100 spires, secondaire 160; pour Radiola, primaire 4°° spires, secondaire 5oo ; pour F. L., primaire 5oo tours, secondaire 7.50. Le bobinage se fait en fil de 4/ïo mm pour les galettes comportant un petit nombre de spires et en fil de 2/10 mm pour les galettes comportant un grand nombre de spires.
- Le même montage peut évidemment être utilisé pour la réception d’émissions sur 200 m. avec transformateurs analogues, ou formés par des galettes « en fond de panier » accolées.
- Le schéma que vous nous avez soumis est d’ailleurs inexact, l’entrée des courants de la S. F. se faisant entre la grille et le pôle négatif de la batterie de chauffage.
- M. Legras, Les Andelys. — Nous yous remercions de votre communication relative à la réception des ondes courtes au moyen d’un amplificateur à résistances. Nous avons déjà indiqué à nos lecteurs qu’on pouvait quel quefois améliorer sensiblement la réception en augmentant le nombre de spires de la galette de réaction au-dessous de 600 m. et en inversant le sens de couplage. Il ne semble pas cependant que les résultats soient normalement aussi satisfaisants qu’avec des amplificateurs à selfs. Il serait, d’autre part, intéressant, avec la même antenne et le même dispositif d’accord, de comparer les résultats obtenus avec une lampe détectrice à réaction et 2 étages B. F. afin de se rendre compte du rôle des étages H. F. à résistances.
- M. Plissonnier, à Belligneux. — i° On peut réaliser simplement une résistance sans self pour antenne Beve-rage au moyen d’une ampoule à incandescence à filament métallique; il est cependant préférable de constituer une résistance variable, par bonds de 25 ohms par exemple, comme une résistance ordinaire, pour pont de Wheatstone par exemple, également sans self en fil de nickel-chrome. On peut, d’ailleurs, trouver facilement dans le commerce des résistances de ce genre ;
- 20 II suffit, pour la réception, après avoir réglé la valeur de la résistance, de régler le circuit secondaire du Tesla et de faire varier le couplage entre primaire et secondaire;
- 3° Cette antenne doit être peu élevée, 4 à 5 m. au-dessus du sol; elle doit être longue, 180 m. environ;
- 4° Ce collecteur d’ondes a surtout l’avantage d’atténuer un peu les parasites, mais nous croyons que son adoption est inutile pour la réception des concerts anglais avec dispositif superhétérodyne. Une antenne ordinaire prismatique, par exemple, d’une trentaine de mètres, ou même un bon cadre, suffira sans doute pour obtenir des résultats très satisfaisants;
- 5° Le Poste de l'Amateur de T. S. F., par P. Hémar-dinquer, Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris. Prix : 11 francs franco.
- M. Jaboulay, à Terrenoire. — i° On utilise de préférence le décapage à la résine pour les soudures de connexion & nT. S. F., afin d’éviter tout danger d’introduire des résistances nuisibles ; mais on peut aussi employer de la graisse anti-décapante qui contient également du sel ammoniac, comme dans les tubes dits « Soudvite ». En soudant « à l’acide » les vapeurs dégagées seraient également très nuisibles pour des appareils aussi délicats que ceux de T. S. F. ;
- 20 Dans un cadre c’est surtout la surface délimitée par les spires qui importe, et non la forme de ces spires. Un cadre carré de 1 m. 60 X ' m- 60 fournira donc des résultats à peu près identiques à ceux d’un cadre de o m. 80 X 2 m. 4°; à. condition, bien entendu, que la nature du fil d’enroulement et l’espace entre spires soient les mêmes.
- Mme Mazeron, à Montluçon (Allier). —Nous croyons plutôt que vous avez entendu l’émission radio-téléphonique du poste de Koenigsivüsterhausen qui, le dimanche, donne un radio-concert de 12 h. à i3 h. sur 2700 m. de longueur d’onde.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Pans, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ===========
- Essai de philosophie chimique, par M. Delacre. i vol. 170 p. Payot, éditeur, Paris, 1923. Prix : 7 fr. 5o.
- M. Delacre est professeur de chimie à l’Université de Gand ; il a à son actif d’importants travaux de laboratoire; il est également un historien de la chimie. Dans ce petit volume, qui est le résumé d’une longue carrière, l’auteur s’adresse aux chimistes qui se vouent à la recherche, et il leur montre le danger de se fier aveuglément et a priori aux théories, même en apparence les mieux assises. L’enseignement de la chimie, tel qu’il est pratiqué, lui paraît dangereux parce qu’il enchaîne les faits d’une façon artificielle. Il montre que, bien souvent, on y attribue après coup aux théories le mérite de découvertes qui ont été faites sans elles; il le prouve par l’exemple de l’eau, l’établissement de sa véritable formule moléculaire H20 est un fait qui domine toute la chimie moderne; or, il est dû aux travaux de chimie organique de Williamson, de Gerhardt et de Laurent. Puis, prenant comme exemple ses travaux personnels sur la dypnopinacone, il montre que le chimiste doit aborder les recherches, en faisant le plus possible abstraction de tous systèmes théoriques préconçus même les plus classiques, et en s’armant toujours à leur égard de scepticisme philosophique.
- L’industrie du gaz, par René Masse et A. Baril. Ier vol. Distillation de la houille, r vol. 295 p., 77 fig. Prix : 20 francs. 2° vol. Traitement des produits et sous-produits. 1 vol. 292 p., 115 fig. (Encyclopédie Léauté). Masson et C:% éditeurs, Paris, 1923. Prix : 20 francs.
- Ces deux volumes, qui peuvent se lire séparément, forment, dans leur ensemble, un précis complet et moderne de la fabrication du gaz. Le premier volume est consacré à l’opération principale de cette industrie : la distillation de la houille; il débute par un bref historique de l’invention du gaz éclairage, et par l’étude des houilles à gaz : qualités, essais, emmagasinage, manutentions ; il donne ensuite une excellente étude théorique du chauffage, qui, par son caractère général, pourra être consultée utilement, non seulement par les ingénieurs gaziers, mais par tous les techniciens du chauffage. Après ces préliminaires, l’ouvrage aborde la distillation de la houille : il résume d’abord les connaissances théoriques acquises par les chimistes et les physiciens sur les phénomènes qui s’y déroulent, et il analyse l’influence des différents facteurs mis en jeu sur la qualité des produits ; il décrit ensuite les principaux fours de distillation aujourd’hui en usage; des chapitres spéciaux sont consacrés au gaz à l’eau, au gaz de fours à coke, à la gazéification intégrale, aux gaz d’huile, de bois, de tourbe, et de lignite.
- Le deuxième volume est consacré à la purification du gaz, à la récupération et au traitement des sous-produits : benzol, éthylène, goudrons, ammoniac, et à la distribution du gaz d’éclairage.
- Télégraphie et téléphonie sans fil, par M. Veaux, i vol. 320 p., 302 fig. L. Eyrolles, éditeur, Paris, 1923. Prix : a5 francs.
- Cet ouvrage contient l’ensemble des conférences faites à l’Ecole Supérieure des Postes et Télégraphes par M. Veaux, ingénieur des P. T. T. C’est un cours complet de Radiotechnique ; il expose d’abord les phénomènes électriques fondamentaux qui sont à. la base des radiocommunications; il le fait en s’aidant de comparaisons mécaniques, qui permettent d employer un langage clair et frappant, et de ne pas s encombrer d’un appareil mathématique trop complexe; il étudie ainsi la charge et la décharge des condensateurs, les oscillations électriques des circuits fermés et ouverts, le couplage des circuits, la propagation
- des ondes. Les chapitres suivants sont consacrés aux ondes amorties, à leur émission et à leur réception, puis à la lampe à 3 électrodes, sa théorie, ses diverses applications : détection, amplification, génération d’ondes entretenues; vient ensuite l’étude de l’arc Poulsen, celle de l’alternateur haute fréquence; celle de la radiogoniométrie, celle de la radiotéléphonie. Cet intéressant ouvrage se termine par une étude sommaire du réseau radio de l’Administration fram çaise des Postes.
- La faune de la France en tableaux synoptiques illustrés, par Rémy Pekrikr. Vol. 3. Myriapodes et insectes inférieurs. 1 vol. in-8, ï55 p., 495 fig Delagrave,Paris.
- Il existe, pour la botanique, diverses flores à divisions dichotomiques qui permettent, en présence d’une plante, de la déterminer exactement. Aucun ouvrage de ce genre n’existait jusqu’ici pour les animaux. C’est cette lacune que M. Rémy Perrier se propose de combler au moyen de la nouvelle Faune qu’il a conçue. Il en présente aujourd’hui le premier fascicule paru, consacré aux Myriapodes et aux Insectes inférieurs. Si l’on en juge par cette publication, le but est parfaitement atteint. Une série de clés dichotomiques conduisent jusqu’au nom d’espèce; chaque caractère envisagé est représenté par un dessin fait d’après nature qui facilite la reconnaissance ; les seules espèces énumérées sont celles que l’on rencontre en France et pour chacune l’habitat est indiqué ainsi que la saison de capture.
- M. Perrier destine cet ouvrage aux étudiants en qui il veut susciter des vocations zoologiques ; il sera tout aussi bienvenu des zoologistes déjà formés, des amateurs et des collectionneurs d’histoire naturelle pour qui il est indispensable. C’est une des œuvres les plus utiles qu’on pouvait concevoir.
- Heredity and Eugénies, par Ruggles Gates, i vol. in-8, 288 p., 186 fig. Constable and C°, Londres. Prix : 21 sh.
- Si l’on en juge par le nombre des livres qui paraissent, l’hérédité est, après la théorie d’Einstein, la question la plus étudiée en ce moment. Il n’est pas de mois que paraisse un nouveau volume sur ce sujet! En voic.i un nouveau, du professeur de botanique de l’Université de Londres; il se rapporte uniquement à l’homme. L’auteur, mendélien convaincu de l’importance sociale de la génétique, a réuni tous les faits actuellement connus d’hérédité mendélienne : stature, couleur des yeux, de la peau et des cheveux, albinisme, anomalies digitales, troubles psychiques, dons musicaux, etc. Son exposé est fort complet et à jour et il en tire diverses conclusions sociologiques sur les races, leurs croisements, la sélection des populations, l’amélioration de l’espèee humaine. Les observations sont nombreuses et intéressantes, mais suffisent-elles déjà pour qu’on en tire des conclusions pratiques?
- Ce que doit être la cité moderne, par Daniel Bellet et Will Darvillé. i vol. in-8, 328 p., 81 fig. Gauthier-Villars et Cu, Paris. Prix : i5 francs.
- Exposé sommaire, mais intéressant des diverses questions d’urbanisme. Les auteurs, au moyen d’exemples pris dans les villes les plus diverses, montrent ce que doit être le plan d’une cité, ses voies, son sous-sol, ses services d’eau, d’assainissement (eaux d’égout, vidanges, balayage), d’incendie, de canalisations (gaz, électricité, air comprimé), d’éclairage, de transport, etc. ; ils étudient les bâtiments municipaux : hôtel de ville, écoles, postes de police, hôpitaux, halles, abattoirs, etc., les cimetières, les espaces libres, les monuments et constituent ainsi un véritable guide municipal, indiquant les solutions utilisables dans chaque cas.
- Les origines de l’homme actuel, par le Dr Léon Mac Aulifie. i broch. in-8, 55 p., 14 pl. Amédée Legrand, Paris.
- Premier fascicule d’une série intitulée « La vie humaine » où l’auteur se propose d’étudier les^ modifications de la forme sous l’influence des milieux. Il montre par l’étude des crânes fossiles le développement progressif du crâne et du front et la diminution de la face, correspondant au progrès psychologique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2585
- 20 Octobre 1923
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- INFORMATIONS
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- Le. barrage de l’Oued-EI-Kebir près de Zagouan (Tunisie). — On a commencé, dans la première quinzaine de juillet, en Tunisie, un travail de grande portée, amorce du plan général d’hydraulique agricole. Il s’agit, dit le Journal des Forces hydrauliques, de barrer l’Oued-El-Kebir, près de Zaghouan, où se trouve le temple des eaux qui abritait, au temps de Salâmmbô, la source des eaux de Carthage. L’entreprise est ardue, car elle s’exécute à sec, sans matière liante. Gomme sous les Pélasges, les pierres sont placées les unes sur les autres, se retenant uniquement par les angles. La partie principale de l’ouvrage se dressera au milieu de ce gigantesque tas de cailloux, épais de 90 m., et, maintenue solidement ainsi, opposera à la poussée du courant une résistance considérable. La cloison centrale, haute de 3o m., se composera d’une muraille de ciment armé, creuse, formée de multiples alvéoles, dont les voûtes arrondies offriront un maximum de solidité et dans lesquelles passeront les chemins d’accès, escaliers de descente, conduites, tuyaux et machineries nécessaires pour l’utilisation des eaux retenues. On attend les meilleurs résultats de cette disposition hardie. Contre les possibilités d’envasement, outre les dragages, les vannes, on a usé d’un procédé supplémentaire : l’exhaussement progressif de l’ouvrage. Au fur et à mesure de l’envasement du fond, la surface sera relevée par des exhaussements prévus du barrage. Le bassin mesurant une superficie considérable, un exhaussement d’un seul mètre suffira pour accroître la réserve d’eau. Selon les nécessités, le barrage pourra être surélevé de 10 m. Contre le colmatage, on a lutté au moyen de petits barrages accessoires, diminuant l’apport des alluvions amenées par les affluents et ne laissant passer qu’une eau en partie décantée.
- Les techniciens estiment que l’ensemble du barrage de l’Oued-EI-Kebir sera terminé au commencement de 1925. Il servira d’abord à alimenter Tunis en eau potable, en déversant dans la conduite du Bargou les 5ooo m3 d’eau qu’elle est capable de transporter en bas étiage. De plus, la formation d’un lac artificiel de 5 km pourra, sans doute, favoriser les cultures maraîchères et fruitières. Enfin on a prévu la création d’une chute destinée à donner une notable quantité d’énergie.
- Un pont sur le détroit du Petit Belt.— On étudie au Danemark le projet d’un grand pont à lancer au-dessus du bras de mer connu sous le nom de petit Belt, et destiné à réunir la presqu’île du Jutland à l’île de Funnen, actuellement desservie par un service de ferryboats, devenu insuffisant. Le pont projeté serait à 33 m. au-dessus du niveau de la mer, laissant ainsi libre passage aux plus grands navires. Il comporterait 3 arches navigables : l’une de io5 m. de portée, les deux autres de 90 m. La construction de cet ouvrage coûterait 3o millions de couronnes.
- La navigation sur les canaux et rivières de France.— La statistique de la navigation intérieure, publiée au Journal Officiel, apprend que le tonnage des embarquements effectués a été, pour les fleuves et rivières, de 16171939 tonnes en 1922 contre 10427256 en 1921.
- Sur les canaux, le tonnage des embarquements effectués s’est élevé à 14203 364 en 1922 contre 9045 160 en 1921.
- Le mouvement sur tous les cours d’eau réunis atteint 3o 375 3oi au lieu de 19 472 4*6 en 1921. L’augmentation pour 100 par rapport à 1921 est de 56. Si on prend chacune des deux catégories précédentes, on constate que l’augmentation a été plus importante sur les canaux (58,1 pour 100) que sur les fleuve* et rivières (55,1 pour 100).
- Les chlorures de phosphore à bas prix. — Les trichlorure, pentachlorure et oxychlorure de phosphore sont des corps d’un emploi très étendu en chimie organique industrielle. En effet, il n’est point d’usines de produits de synthèse organique, qui, ayant certaines chlorurations à effectuer, ne se servent de quantités importantes de ces produits. Or, jusqu’ici, il fallait partir du phosphore, corps assez cher.
- MM. P.-P. Budnikoff et E.-S. Shilow, chimistes russes, ont trouvé, dit-on, à Moscou, une méthode fort élégante de préparation de ces produits « clefs » comme disent les Anglais, en se passant du phosphore, c’est-à-dire en partant
- des phosphates naturels, produits très bon marché.
- Déjà en 1882, Riban (Comptes Rendus, 95, 1160), faisant agir simultanément l’oxyde de carbone et le chlore sur des phosphates naturels, obtenait vraisemblablement 4CO + 1 a Cl -j- (PO4)2 Cas — 2 PCI3 + 3 CaCT
- 4-4 CO* + O*
- Cette réaction intéressante ne paraît avoir jamais été mise en pratique.
- D’après les deux auteurs russes ci-dessus nommés, on peut partir de l’orthophosphate (P04)2Ca3 ou du méta (P03)2Ca en présence de silice et de charbon; on fait passer un courant de chlorure de soufre :
- 4 S* CT- + (PO3)2 Ca = 2 PCI3 + CaCT + 3 SO°- + 5 S
- On aurait, outre PCI3, du POC13 et du PSCl3.
- Vers 10000, on aurait un rendement de 95 pour 100 en PCI3; on atteindrait même 99 pour 100.
- On obtient le métaphosphate de chaux par un chauffage préalable avec de l’acide sulfurique.
- Or le chlorure de soufre est un corps qu’on peut fabriquer à très bon marché, et le phosphate naturel abonde. On voit par là que cette méthode russe est fort intéressante. Albert Htjtin.
- La pâte de bois de pin des Landes. — Un chimiste suédois, M. Rinman, vient de mettre au point une nouvelle méthode pour la fabrication de la pâte de cellulose à la soude.
- Par ce procédé nouveau, on récupère des eaux résiduaires certains sous-produits ayant une grande valeur marchande, tels que l’acétone, l’alcool méthylique, 1 éthyl-méthyl-cétone, ainsi que des huiles lourdes et des huiles légères. Le prix de revient de la pâte à papier est, de ce fait, considérablement diminué et devient très inférieur à celui de la cellulose au sulfate. La nouvelle méthode a aussi sur le procédé au sulfate le très grand avantage de n’occasionner aucune mauvaise odeur.
- La méthode au bisulfite ne peut être employée lorsqu’il s’agit d'un bois très résineux.
- Il faut avoir recours à un autre dissolvant : la soude caustique, et dès lors, la méthode Rinman permettrait d utiliser à la fabrication de la pâte à papier nos pins de la région landaise. On a constaté qu’ils donnent ainsi une cellulose d’aussi bonne qualité que celle des pâtes Scandinaves, et cette utilisation permettrait de supprimer la plus grande partie de l’importation de pâte Kraft et de pâte blanche.
- On pourrait sans doute aussi fabriquer une pâte capable de concurrencer la pâte au bisulfite, qui entre pour 20 pour 100 environ dans la fabrication du papier journal.
- La nouvelle industrie consistant en la fabrication de cellulose par la méthode Rinman peut, en ouvrant un nouveau débouché aux pins des Landes, augmenter les éléments de prospérité de l’industrie forestière de cette région. Henri Blin.
- La production métallurgique du Mexique en 1922.
- — Le Mexique n’est pas seulement un grand producteur de minerais; il est devenu un pays métallurgiste de premier ordre. Cette évolution, commencée sous Por-firio Diaz, a continué, malgré les pronunciamientos qui ont accompagné et suivi la chute du vieux président. Le Mexique met de plus en plus ses minerais en œuvre et en exporte de moins en moins à l’étranger.
- Voici les chiffres de sa production métallurgique pour l’année 1922.
- Production Valeur
- en poids. en pesas.
- Or . . . Argent. . , Mercure. . Molybdène Plomb. . . Cuivre . . Zinc . . . Graphite . Arsenic. . Antimoine.
- 21.190 kg
- 1.271.424 —
- 34.665 — 3.i53 — 95.988 t. 20.045 — 3.916 —
- 1.55o — 23l — 463 —
- 28.253.388 102.387.688 110.379 11.193 21.066.066 12.i56.526 1.037.443
- 97 -a9° 80.612 94.681
- Le tout représente une valeur totale de i65 296 249 pesas, que grèvent 7 73i 746 pesas d’impôts, dont 1 986 160
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- INFORMATIONS
- pour l’or et 5 731 645 pour l’argent. A noter l’importance de la production de mercure et l’absence du fer.
- Cette statistique, empruntée à la Deutsch Mexikanische Rundschau (n° de janvier-février 1923), laisse malheureusement en dehors les combustibles et les minerais.
- Arbres de formes bizarres. — Un de nos abonnés, M. le Dr Ricardo Ortega, de Monterrey (Mexique), nous
- Fig. 1.
- envoie la photographie d’un arbre (fig. 1), un mûrier de 5 ans, dont le tronc forme un cercle complet avant la naissance des branches.
- 11 y ajoute les renseignements suivants pour ceux des lecteurs de ha Nature qui désireraient produire de pareilles curiosités.
- On transplante l’arbre au lieu où il doit se déve-
- crire une spirale comme celle de la figure 4, au moyen de la caisse c et de tuteurs h convenablement disposés. Deux arbres voisins peuvent être réunis selon les diverses combinaisons des figures 11 et 12. La caisse et les liens sont conservés jusqu’à ce que le tronc, suffisamment lignifié, ait acquis une déformation permanente.
- Comme exemple des multiples compositions qu’on peut ainsi réaliser, M. le D' Ricardo Ortega nous indique le moyen d’écrire avec des arbres le titre de la revue La Nature (fig. 5 à 10).
- Le parc national du Pelvoux. — M. Mougin vient de publier dans La Montagne les intéressantes données suivantes sur ce parc national. Le 10 juin 1914, la commune de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère) vendait à l’Etat 4a48 hectares situés dans la haute vallée du haut Yénéon, en amont de La Bérarde. Le prix de vente fut fixé à 100000 francs. Il s’agit de terrains profondément dégradés par les avalanches et par l’action torrentielle, limités sur leur crête par des cimes de plus de 35oo m. Les pentes sont excessives (pentes moyennes de 84 pour 100).
- Très peu de végétation, quelques épicéas, mélèzes, sorbiers des oiseleurs, des taches d’aulne vert. «.Par la suppression de toute intervention humaine, par l’éloignement des troupeaux, on peut espérer, dit M. Mou-gin, voir la végétation se développer peu à peu, dans les limites que lui assigne l’altitude, ralentir le ruissellement et réduire la masse des matériaux entraînés, remaniés par les eaux ».
- En réalité M. Mougin pense que l’étendue de ce domaine est encore trop faible pour constituer un parc naturel où l’on puisse observer réellement la vie de la flore et de la faune à l’état sauvage : en effet, le domaine ne comprend pas encore toute la largeur du vallon du Yénéon, mais seulement en réalité un versant, l’autre étant loué à court terme par l’administration est exposé à être repris à fin de bail par la commune qui peut y ramener des troupeaux. La protection d’un versant unique deviendrait illusoire. Ceci ne demande aucune démonstration.
- Mais on peut espérer voir le parc s’agrandir beaucoup sur la commune de Pelvoux qui offre de céder plus de 6000 hectares à l’Etat. C’est toute l’énorme masse du
- Fit; 4.
- lopper, quand il a seulement 4 à 5 mm de diamètre, on choisit un pied le plus long possible, bien droit et sans tendance à la bifurcation. On l’entoure d’une caisse en bois (fig. 1) de 20 à 25 cm de section, contournée à angle droit si l’on veut que l’arbre se courbe (fig. 2); l’arbre est maintenu centré dans cette caisse au moyen de fils b.
- Si l’on veut lui faire former une boucle (fig. 3), on fixe le tronc au moyen de ligatures lâches à des piquets convenablement disposés. On peut encore lui faire dé-
- Pelvoux : rochers et glaciers d’un pittoresque et d’une majesté achevés. Yoilà donc en perspective dans une des plus sauvages et des plus captivantes régions de France un parc naturel de plus de 10 000 hectares. Bien entendu on y interdira les déprédations de toute nature : « il faudra qu’on n’y rencontre plus ni un chasseur, ni une vache, ni un mouton, ni une chèvre ». Cela suppose « une réglementation sérieuse, une surveillance active, incessante »... et aussi des touristes sérieux.
- L. R.
- 1g2 Efr
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chauffage <*
- Chaudières en tubes. — Lorsqu’on utilise la vapeur pour le chauffage, et spécialement pour le chauffage central dans les habitations, il est nécessaire que la chaudière ait une grande surface de chauffe, c’est-à-dire que la capacité dans laquelle l’eau se trouve ait pour le même volume la plus grande surface extérieure soumise à l’action des gaz chauds du foyer.
- Une nouvelle chaudière intéressante à ce sujet est celle qui a été établie par un constructeur belge, M. Meusser. C’est une série de tubes qui assure une très grande division de l’eau à chauffer avec un développement considérable de la surface de chauffe ; on obtient alors une grande souplesse de fonctionnement pour la chaudière.
- Afin de réduire le volume de l’eau à une très faible quantité, pour obtenir une mise en marche rapide et une circulation accélérée, on est arrivé à ne prévoir que
- 5 litres d’eau par mètre carré de surface de chauffe, alors que les appareils habituellement employés ont 3o à 35 litres en moyenne.
- Cette nouvelle chaudière est constituée par des tubes d’acier en métal souple et tenace offrant une très grande résistance, ce qui assure une durée illimitée à l’appareil. Les tubes ont 4 mm d’épaisseur ; ils sont assemblés entre eux à la soudure autogène et l’ensemble constitue un tout parfait très homogène,d’une très grande solidité. Ainsi le corps de la chaudière ne comporte qu’une pièce de fonte et on n’y trouve ni joints, ni boulons, ni rivets d’assemblage, les frais de réparation sont donc supprimés ainsi que leurs inconvénients multiples.
- Généralement, ces chaudières sont construites pour être insérées soit dans une enveloppe en maçonnerie , soit ( dans une enveloppe en tôle et elles peuvent prendre les formes les plus diverses suivant l’emplacement qui leur est réservé. La disposition spéciale de la grande surface de chauffe réduit l’encombrement au minimum et on peut les établir depuis iSooo jusqu’à 3oo ooo calories de puissance.
- Si nous examinons la grille, nous y trouvons une disposition très originale; en effet, la grille est constituée par des tubes qui relient deux collecteurs servant à assurer le refroidissement de la grille par l’eau; grâce à ce refroidissement énergique, on évite la formation de scories sur les parois de la grille mobile et la destruction rapide de la grille. Les tubes qui constituent la grille sont agencés de manière qu’ils puissent se dilater librement sous l’influence de la température, on évite ainsi des tractions nuisibles.
- Cette chaudière s’applique bien au chauffage domestique ; en effet, l’entretien consiste uniquement à charger la chaudière de une à trois fois par jour et, comme la grille refroidie ne produit pas de scories, on n’est obligé de la décrasser que de temps à autre. Enfin le magasin de chargement constitue un réservoir à combustible, ce qui assure une combustion de longue durée à marche continue ; les portes de chargement, celle du cendrier, la porte de nettoyage, sont de grandes sections et leur manipulation est commode pour le service.
- La comparaison faite par expérience entre une chaudière en fonte ordinaire à élément de 8 m2 de surface de chauffe, alimentant des tuyaux lisses pour chauffer des pièces, a montré l’avantage que l’on retire de l’emploi de la chaudière Meusser.
- IfeG est ainsi que les deux chaudières en fonte que l’on a utilisées consomment en une période de [huit mois de chauffe environ 120 tonnes de gailleterie maigre avec un rendement de 6000 calories-heure par mètre carré de chauffe.
- La chaudière en tubes d’acier ayant à elle seule 14 m2 de surface de chauffe avec un rendement de i5ooo calories a consommé pendant la même période de huitmois 5ooookg de gailleterie maigre et de coke.
- Il est facile d’en déduire quelle est l’économie que l’on peut réaliser et quel est le rendement que l’on obtient pour le combustible.
- L’exactitude de ces essais vient des résultats fournis par de véritables chaudières en service et dans les mêmes conditions de fonctionnement et d’utilisation.
- E. Weiss.
- Constructeur : A. Meusser, 65, rue Montagne-du-Moulin-à-Vent, Woluwe-Saint-Lambert (Belgique).
- Fig. 2.— Chaudière installée avec la maçonnerie enlevée, montrant la disposition.
- 'Électricité
- Inflammateur électrique. — On peut utiliser avec profit l’étincelle électrique pour enflammer les poudres à base de magnésium ou autres, que l’on emploie en photographie afin d’opérer en lumière artificielle.
- Pour cela, il faut passer par l’intermédiaire d’une bobine d’induction qui élève la tension du courant dans de grandes limites et permet de faire éclater l’étincelle entre deux pôles, tout en n’ayant comme source de courant que des piles sèches ordinaires.
- Lorsqu’on dis- Éig. 3. — Inflammateur électrique cons-pose d’une telle lruit a l’aide d’une bougie d’allumage, bobine, soit bobine
- de Ruhmkorff, soit bobine d’allumage, la chose est des plus faciles, car il suffit de préparer deux pointes formant électrodes au sein de la masse de poudre à enflammer.
- On arrive à une solution élégante en prenant une bougie d’allumage, impropre au fonctionne
- 4 volts
- Rondelle
- *• u. m âge-) iuijj 1. ujj x c et U lvJUvllUIilIc'" ,
- ment sur un moteur On sait que de
- les pointes de la bougie sont spé- ouffie d allumage, cialement disposées pour le passage d’une étincelle et comme le bouchon fileté de la bougie constitue l’un des pôles, on fixera la bougie dans une plaque métallique à laquelle viendra se connecter l’un des fils d’amenée du courant. La plaque est soute-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- nue par un manche isolé et elle comporte une partie verticale formant écran.
- La bougie est disposée de manière que les électrodes affleurent la surface de la plaque horizontale, et c’est à cet endroit que l’on met la poudre de magnésium. Les connexions sont-- faciles à réaliser avec une bobine de Ruhmkorff ou une bobine d’allumage à trembleur. Un interrupteur placé dans le circuit permet de faire enflammer la poudre éclairante au moment précis et cela
- Poudre Mg
- Palette
- Botte à
- a cirage
- Piton a vis
- doue
- carrée
- L’inflammateur construit à l’aide d’une bobine de self.
- peut être utile pour les prises de vues instantanées (fig. 3 et 4).
- On peut constituer un inliammateur sans se servir de la bobine d’induction, ni de la bougie, mais au contraire en agençant une bobine de self au moyen de pièces électriques, dont un amateur dispose plus volontiers, létincelle produite étant une étincelle de rupture. La bobine proviendra d’une vieille sonnerie électrique et ou la montera sur un socle muni d’un couvercle en rapport. Ces dernières pièces pourront provenir d’une boîte à cigares, dont le bois est facile à travailler, sans nécessiter des outils très parfaits. Par exemple, on peut remplacer les joues arrondies de la bobine par des plaquettes carrées en bois et la bobine peut alors se fixer facilement sur une planchette formant socle.
- A la partie supérieure, uue plaquette formera entretoise et sur cette plaquette on clouera un couvercle de boîte à cirage de petite dimension, destiné à servir de réceptacle à la dose de poudre qu’il s’agit d’enflammer.
- On coude uue petite pièce de fer doux ou de fer-blanc, ou mieux encore une pièce de laiton portant une pastille de fer doux à l’extrémité qui se trouve en face du noyau de la bobine. La pièce coudée est terminée en pointe et elle passe dans un œil support, qui sera simplement constitué-par un petit piton à vis fixé dans une joue de la bobine (fig. 5 et 6).
- Normalement la palette doit être écartée du noyau et la pointe, à l’autre extrémité, touche le fond de la boîte métallique. Pour maintenir la palette dans celte position de repos, on la rappelle en arrière au moyen d'un élastique qui est accroché à un support voisin formé d’un simple clou assez long planté dans le socle.
- L’un des fils d’enroulement de la bo-fr~\ \\ bine est connecté ou mieux encore soudé r Faifon \\ couvercle métallique formant capsule,
- \\ l’autre extrémité du bobinage se rend à
- Pastille_Lyj une pile sèche ou à un accumulateur. U
- er ou* ' _ vaut mieux utiliser une batterie donnant
- Fig. fi. Détail environ 4 volts, le fonctionnement est de la palette. plus sûr
- De l’autre pôle de la pile, le fil se rend à un interrupteur, puis de là il se relie à la palette et par conséquent à la pointe qui se trouve en contact avec le fond de la capsule. Il s’ensuit que lorsqu’on ferme l’interrupteur, le courant passe; il circule dans la bobine et aimante le noyau; celui ci attire la palette ef le courant se trouve interrompu entre la pointe et le fond de la capsule ; à ce moment il éclate une série d’étincelles qui suffisent à enflammer la poudre de magnésium qu’on a versée au préalable.
- C’est en réalité le même principe que celui du trembleur de la sonnerie ou de la bobine de Ruhmkorff. En
- tout cas, il est amusant pour un amateur de réaliser un inflammaleur de ce genre en employant des pièces d’usage courant et d’un prix d’achat à peu près nul, puisqu’on peut les trouver pour la plupart dans la boîte à la ferraille. E. Weiss.
- Objets utiles
- Laveuse-rinceuse Aurore. — Cet appareil imaginé par M. Montet a été présenté au concours d’appareils ménagers organisé par Y Office national des Inventions, dans lé but de mettre en évidence des appareils mécaniques de construction française, susceptibles de suppléer aux travaux manuels dans la vie domestique.
- L’organe essentiel de cette laveuse est constitué par un baquet en bois doublé d’une enveloppe métallique concentrique et séparée par un intervalle annulaire libre.
- Ce baquet porte une soupape de vidange ; il roule sur des galets et peut recevoir un mouvement de rotation autour de son axe. Deux fouloirs en bois, mobiles' en tous les sens et jumelés sur un palonuier, sont supportés par une traverse qui s’élève et s’abaisse alternativement.
- Tous ces mouvements sont commandés nor-malementà l’aide d’une manivelle, par l'intermé-diaire d’engrenages entraînés au moyen de chaînes de bicyclette. Tous ces organes sont renfermés dans un carter et les pignons sont calculés de telle manière que le couple moteur nécessaire soit très faible.
- Un enfant peut tourner la manivelle. Au surplus, à la commande à la main on peut substituer la commande électrique assurée par un petit moteur de, r/8 de cheval. »,
- Le linge est placé dans la claie du baquet intérieur-il est replié sur lui-même en forme d’accordéon; la machine peut contenir l’équivalent de 5 draps et 12 Jà 15 litres de lessive. La disposition des fouloirs est telle, qu’il est possible d’atteindre toute la surface de la claie et par suite de disposer au mieux le linge sans être gêné par aucun organe fixe.
- Une fois les fouloirs rabattus et leur traverse fixée à l’aide d’une cheville appropriée, il suffit de mettre en mouvement le baquet à l’aide de la manivelle ou du moteur électrique pour provoquer le décrassage du linge : l’opération dure de i5 à 20 minutes, en prenant soin dé retourner le linge deux ou trois fois dans la claie.
- Grâce à la mobilité des fouloirs qui obéissent et cèdent à toutes les réactions, l’usure du linge par frottement est évitée et le mouvement circulaire est absolument continu.
- Pour rincer le linge, ôn évacue la lessive et on la remplace par de l’eau bouillante, en agissant sur la manivelle pour maintenir le mouvement. Il faut avoir soin dans cette opération d’étrangler légèrement l’évacuation de manière à provoquer le débordement du liquide dans 1 espace annulaire. De cette manière les crasses légères qui surnagent sont évacuées naturellement. La dépense d eau de rinçage est de 100 à lao litres pour la quantité de linge remplissant le baquet.
- L’ensemble du mécanisme est monté sur un bâti en bois^ à assise triangulaire, reposant sur un galet à la manière d’une brouette, ce qui permet le transport aisé à l’aide de deux brancards se repliant latéralement.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Préparation d’un œillet sur un petit câble. — Les
- connexions électriques dans les installations soignées se terminent généralement par des œillets, et cette disposition est fréquente dans les installations électriques que l’on rencontre sur les voitures.
- Il peut arriver que par suite de démontages fréquents, les fils se cassent au niveau de l’œillet; si l’on ne peut mettre un œillet neuf et le monter facilement, on est obligé de dénuder le câble et dé faire une connexion en préparant une boucle ; on a alors quelque chose de moins propre et un contact souvent moins parfait.
- On peut préparer un œillet très simplement en prenant une épingle anglaise que l’on coupe de façon à n’en garder que l’extrémité avec l’œil et deux parties droites assez courtes. Ces deux parties seront légèrement époin-tées avec une petite lime (ceci n’est pas absolument nécessaire) et si l’on n’a pas de lime d’atelier on peut se contenter de préparer un biseau en utilisant une petite lime à ongles.
- Les deux branches sont alors piquées dans l’isolant de chaque côté du conducteur; le câble au préalable a été légèrement dénudé de manière à laisser une très petite longueur de conducteur apparente. Le conducteur dénudé entoure les deux branches de l’épingle; afin d’avoir un bon contact on serre fortement. L’œillet terminal est alors constitué.
- On peut parfaire cette disposition par un peu de ruban chattertonné qui recouvre le joint de l’épiugle et du conducteur.
- Amélioration d’une pédale. — Généralement les pédales d’embrayage des freins ou des changements de vitesse, lorsque la commande se fait de cette manière (dans la Ford), à la suite d’un usage prolongé, deviennent parfaitement lisses, les stries primitives prévues par le constructeur sont effacées et la manœuvre est alors plus pénible, le pied risque de glisser et demande une action plus énergique pour produire son effort utile.
- Un système consiste à préparer avec lé poinçon des aspérités comme celles qui se trouvent sur des râpes à bois, mais il en résulte une usure considérable pour les semelles, et, de plus, ces aspérités Unissent aussi par disparaître.
- Voici Un moyen ingénieux imaginé par un fervent motocycliste : il s’est contenté de prendre une talonnette de caoutchouc qu’il a fixée sur la pédale de la même façon qu’il l’aurait fait sous le talon de ses chaussures.
- 11'suffit pour cela de remplacer la vis à bois par Unè vis tête fraisée à métaux avec Un écrou, et de percer un trou correspondant dans le centre de la pédale. On peut aussi prendre la vis à bois ordinaire de la talonnette en perçant un trou dans la pédale et en immobilisant la vis et la talonnette par une plaque de bois sous la pédale. Cette disposition n’est pas aussi bonne que celle qui prévoit une vis à métaux, car le bois peut se fendre et son épaisseur peut gêner la course de la pédale pendant son mouvement.
- Naturellement, la talonnette employée a une dimension suffisamment large, et il n’est pas recommandé de prendre pour cette disposition une talonnette de soulier Louis XV.
- Photographie de livres avec une chambre cinématographique. — On peut adopter la chambre noire et la photographie comme des aides pour les travaux
- de recherches ou les copies de documents. On prend un livre, on en copie un chapitre ou une gravure et ou a ainsi autant de copies photographiques que l’on désire pour un prix minime. Ce procédé, dans beaucoup de cas est rapide, mais il pourrait l’être beaucoup plus encore si l’on prenait l’habitude d’employer un petit appareil de cinéma pour copier un ouvrage.
- Il est possible d’agrandir ou de diminuer les photographies et la dernière édition d’une encyclopédie américaine renommée a ainsi été dernièrement copiée page par page photographiquement; un fac-similé a été imprimé à plusieurs milliers.
- Tant de spécimens importants, d’échantillons doivent être envoyés dès qu’ils sortent de presse, que les délais normaux deviennent une chose prohibitive et de plus la copie à la main est coûteuse.
- Pour remédier à cela il est facile d’ageneer une chambre noire afin que par un tour de manivelle, un seul film passe devant les lentilles chaque fois que l’on tournera la manivelle.
- Voici la manière dont on emploie cette chambre noire : la lumière d’une lampe ou d’un arc à mercure est concentrée sur le livre, le document ou le manuscrit, et les pages sont tournées à la main ou à l’aide de longues pinces de façon que l’on ne voit pas la main sur la photographie.
- Avec de l’habitude on deviendra suffisamment habile de sorte qu’on arrivera a prendre une vue par seconde. Dans ce cas on est assuré de faire soixante copies à la minute. Si l’on tient compte de la fatigue que peut éprouver l’opérateur on comptera en moyenne un tiers, soit 1200 pages à l’heure.
- Le grand avantage est qu’aucun appareil spécial n’est nécessaire pour obtenir des photographies claires des pages d’un livre. Une bonne lumière naturelle suffit dans la plupart des cas.
- Procédés de traitement des huiles rances.
- I.— Pour io litres d’huile, prendre i litre de lait et faire cuire en ayant soin de remuer le mélange doucement, mais sans interruption.
- Quand le liquide ne dégage plus de vapeur, et que les résidus du beurre ont pris une couleur dorée, on arrête l’opération, on laisse refroidir et on filtre à travers un linge fin.
- L’huile ainsi préparée est mise en bouteilles que l’on bouche soigneusement et que l’on place dans un endroit frais, à l’abri de la lumière.
- Les g-raisses se traitent de la même manière et se conservent dans des récipients fermés au parchemin.
- IL — Mêler 25 parties d’huile à 45 parties d’eau à 3o°, agiter pendant un quart d’heure environ, laisser déposer, soutirer l’eau et recommencer l’opération cinq ou six fois de suite.
- Ce mélange peut être utilisé en y ajoutant i5 gr. de vinaigre de vin par litre d’huile, et en faisant bouillir le tout.
- Après l’incorporation, filtrer le mélange quand il est à demi refroidi.
- III. — Traitement au charbon : pulvériser iio gr. de charbon par litre, et laisser trois jours en agitant souvent ; filtrer ensuite.
- On peut aussi employer l’acide sulfurique, à la dose de i5 gr. par litre, incorporé, à i5o gr. d’eau; après huit jours, on fait la décantation.
- AVIS. — L’a boudunce des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — M. J, Veyan, à Montauroux (Var). — Documentation sur les différentes sortes de plantes à es-
- Jtfï
- s en ces qui croissent dans le Midi de la France, et sur les procédés de distillation. Nous indiquons les ouvrages suivants : Culture et industrie des plantes aromatiques (laL vande, aspic, thym, sauge sclarée, romarin, camomille, hysope, etc.), parR.-M. Gattefossé et L. Lâmotte, i vol. (Editions scientifiques françaises, Paris, 25, rue Laü-riston, 16e); Culture et industrie de la lavande, par L. Lamotte, i brochure (chez l’auteUr, à Beaurepaire, Isère); Technique de la fabrication des parfums natu-
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- BOITE AUX LETTRES
- rels et artificiels, par R.-M. Gattefossé, i brochure (chez l’auteur, Lyon, 19, rue Camille); Plantes à parfums et plantes aromatiques, par Antonin Rolet, 1 vol. ; Les Essences et les parfums -, Extraction et fabrication, par le même, 1 vol. ; Fabrication des essences et des parfums (extraction, distillation, etc.), par J.-P. Durvelle, 1 vol.;. Chimie des parfums et fabrication des essences, par S. Piesse, 1 vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- Pour outillage, installation, voir également : Guide pratique du distillateur d'essences aromatiques, de Deroy (Paris, 71, rue du Théâtre, i5e), et le catalogue B des Etablissements Egrot (Paris, 19, rue Mathis, 19e).
- Lieutenant D., tirailleurs marocains, Taourirt (Maroc). — i° Documentation sur les moeurs, l’élevage et l’industrie des escargots comestibles. Voir les ouvrages suivants : L’Escargot et la grenouille comestibles, par Arsène Thévenot et Félicien Lesourd, 1 vol.; VEscargot, son élevage en parc, par Raphaël de Noter, 1 vol. ; U Escargot, élevage et parcage lucratifs, préparation et système de vente, par G. Boisseau et G. Lanorville, 1 vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- 2° Documentation sur les races, l’alimentation, l’élevage des poules. Voir les ouvrages suivants : Aviculture, par Charles Voitellier, 1 vol. ; Poules qui pondent, poules qui paient, par Ad. J. Charon, 1 vol. ; ha Basse-cour, par A. Ducloux, 1 vol. ; Manuel de l'éleveur de poules, par H.-L. Alph. Blanchon, 1 vol.; L’Aviculture pratique, par Pierre Mégnin, x vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. G. de B., rue du Lac, Bruxelles. — Généralement on ne trouve, chez les marchands-grainiers, que des graines de plantes cultivées. Vous ne nous indiquez pas quel est votre objectif, relativement à l’utilisation des graines de plantes sauvages que vous désirez vous procurer. Les plantes sauvages qui croissent à l’état spontané dans les terrains sableux sont nombreuses; il y a, notamment, les pensées sauvages, la petite oseille (Rumex acetosella), la spergule, diverses chénopodées, la serradelle, etc. L’élude botanique de la flore des terrains sableux vous renseignera plus complètement que nous ne pourrions le faire ici.
- Quant à la réalisation de votre projet concernant la plantation de petites plantes herbacées dans les sables, voyez un établissement d’horticulture, dans votre voisinage. Pour les graines : Vilmorin-Andrieux et Cie, Paris, 4, quai de la Mégisserie, ier.
- E. N., St-B. — i° Il n’est pas possible de transformer en diapositifs pour projection des négatifs déjà fixés. Pour obtenir une image positive directe, il faut procéder à l’inversion après développement. Quand le négatif a acquis l’intensité voulue, on le lave, puis on le plonge
- dans :
- Eau......................100 c. c.
- Bichromate de potasse . . o gr. 5
- Acide sulfurique à 66° . . 10 gouttes.
- Ce bain ne doit servir qu’une fois. L’image négative y disparaît. On lave alors dans une solution de sulfite de soude à 5 pour 100, puis on lave de nouveau, en pleine lumière, et l’on redéveloppe dans un révélateur quelconque, qui donne l’image positive. 20 Les cartes postales ne sauraient être projetées dans une lanterne ordinaire : il faut un appareil spécial, pourvu de lampes latérales, qui éclairent l’image, non par transparence, mais par réflexion; par exemple, le pragmatoscope, construitpar MM. Radiguet et Massiot, i5, boulevard des ( Filles-du-Calvaire, à Paris. ü
- M. Bonnin, à Nice. — i° Vous pourrez vous procurer des cadrans solaires d’excellente construction à la maison Boucart spécialisée dans cette fabrication, 35, quai de l’Horloge, à Paris. 20 Pour enlever les taches d’huile sur le marbre, recouvrir de plâtre sec tel qu’on le trouve dans le commerce, enlever le lendemain ce plâtre et le remplacer par du neuf; recommencer l’opération autant de fois que cela sera nécessaire en prenant patience, car il faut laisser à l’huile qui est dans l’épaisseur du marbre le temps de remonter à la surface par capillarité.
- G. B., à Thonon. — i° Votre manteau a été très probablement imperméabilisé à l’alumine-, dans ce cas, voici comment il faudrait procéder pour le mettre en état :
- Prendre: Alun concassé. . . . 5oo gr.
- Eau chaude. .... 6 litres.
- Après dissolution, ajouter la solution suivante :
- Cristaux de soude . . 25 gr.
- Eau chaude........... 1 litre.
- Mélanger, il se produit une effervescence; quand le liquide n’est plus très chaud, ajouter cette autre dissolution :
- Acétate de plomb . . 5oo gr.
- Eau chaude........... 4 litres.
- Agiter pendant une demi-heure, il se forme un abon-
- dant précipité blanc, on laisse éclaircir 24 heures.
- Décanter le liquide clair qui constitue le bain prêt à employer. Plonger dans le bain froid la pièce à imperméabiliser de manière à bien l’imprégner, essorer modérément et mettre à sécher dans un séchoir à 5o°-6o° C. Cette dernière opération est essentielle pour bien fixer l’alumine, au besoin on se servira d’un fer à repasser. 20 Le celluloïd se recolle facilement au moyen d’une dissolution de 25 gr. de celluloïd pur (non chargé) dans 100 c. c. d’un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle. 3° Pour redonner le pli aux pantalons on procède ainsi : On retourne le pantalon à l’envers et on imprègne le drap modérément en l’aspergeant d’eau, on remet alors à l’endroit et après avoir recouvert d’un linge fin pour protéger la laine du contact du fer, on repasse lentement avec un fer chaud en appuyant Irès fort. 4° Ou fabrique rarement du vinaigre de bière sans additionner celle-ci d’autres produits alcooliques, on n’utilise pour cela que les bières défectueuses ou tournées qui sont impropres à la consommation. La bière pure n’est du reste qu’une matière première peu propre à la fabrication du vinaigre, les dextrines qu elle renferme lui donnent un goût fade; d’autre part, les principes aromatiques du houblon s’accentuent dans le vinaigre, enfin la bière étant peu riche en alcool ne peut donner qu’un produit à faible teneur en acide acétique 2 à 3 pour 100 au lieu de 8 pour 100 qu’elle doit contenir normalement. 5° Il nous est impossible à distance de déterminer quelle est la cause du mauvais fonctionnement de votre machine de Wimshürst. 6° On peut très facilement construire un électrophore en coulant dans une boîte circulaire de faible hauteur de la cire à bouteilles, on recouvre d’autre part le disque du couvercle de papier d’étain et on fixe au centre un tube de verre. Une ancienne boîte à fromage ou à pâté de Strasbourg convient très bien pour cette petite construction. Quant à la mise en fonctionnement de l’électrophore, vous en trouverez le détail dans tous les traités de physique.
- M. Delsaux, à Lille. — La coloration noire du cuivre des objectifs s’obtient en introduisant les pièces dans une solution d’ammoniure de cuivre. Cette solution se prépare soit en dissolvant dans de l’ammoniaque liquide (D = o.g6) la moitié de son poids de nitrate de cuivre, soit en saturant cette même ammoniaque par du carbonate de cuivre fraîchement précipité. Suivant la durée du séjour dans le bain, la teinte obtenue varie du brun au noir franc.
- M. Snyers, à Liège. — x° Vous trouverez les matières colorantes dont vous parlez chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange. 20 Le dépôt noirâtre que l’on constate dans les bains de virage usagés est un mélange complexe d’or, d’argent et quelquefois de plomb, si ce dernier métal est entré dans la composition du bain.
- M. Pugy, à Luçon. — 1° Le bronzage de l’âcier s’effectue au moyen d’une mixture composée de :
- Acide chlorhydrique................ 60 gr.
- Alcool à 900.......................5o —
- Bichlorure de mercure..............20 —
- Chlorure de bismuth................10 —
- Chlorure de cuivre.................10 —
- Perchlorure de fer.................10 —
- On dissout d’abord le sel de mercure dans l’acide, puis successivement et dans l’ordre les autres sels; finalement on ajoute l’alcool, agite et laisse reposer.
- Pour bronzer l’acier, après l’avoir bien dégraissé dans une solution de soude chaude, on applique à la surface une couche légère de la composition ci-dessus au moyen d’une brosse ou d’un tampon de drap, on laisse sécher et recommence l’application deux ou trois fois jusqu’à ce que l’on ait obtenu la teinte désirée. Pour terminer, on fait bouillir la pièce pendant Un quart d’heure dans l’huile de lin. 20 Une bonne formule de lotion contre la chute des cheveux est la suivante, analogue à celle de la lotion Dequéant :
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- BOITE AUX LETTRES
- Formol du commerce à 40 0/0. . 5 cm3
- Alcool à go.......................goo -
- Extrait d’héliotrope.............. 80 —
- Extrait de jasmin................. 10 _
- Caramel, quantité suffisante pour colorer.
- Pour 1 emploi, passer sur le cuir chevelu une brosse douce imprégnée de la lotion en ayant soin de bien atteindre la base des cheveux.
- P. M., à Montigny (Yonne). — i° D’après les recherches de MM. Boyé et Guyot dont les résultats ont été communiqués récemment à l’Académie de Médecine, l huile de ricin brute associée à du sirop de sucre constitue un excellent destructeur des mouches à l’état adulte, il suffit que les insectes attirés par le sucre aient touché l’huile pour qu’ils meurent immédiatement par-intoxication intestinale; l’effet est encore plus marqué si on ajoute à 3o gr. d’huile a à 3 gouttes d’huile de croton. 20 Nous pensons que l’application de l’enduit suivant protégera efficacement votre cuve d'argenture :
- Gutta percha....................... i5 gr.
- Sulfure de carbone.................100 —
- Essence de térébenthine .... 100 —
- Laisser digérer la gutta percha dans le sulfure de carbone jusqu’à dissolution, ajouter ensuite l’essence de térébenthine. 3° Vous trouverez exposée d'une façon très scientifique et très claire l’influence des différents facteurs en galvanoplastie dans l’ouvrage très récent de Levasseur, Les métallurgies électrolytiques, voir également Dorure, argenture, etc., ouvrage surtout à l’usage des praticiens, par Reignart; le premier de ces ouvrages est édité chèz Dunod, 47, quai des Grands-Augustins, le second chez Desforges, 2g, même quai. En allemand nous pouvons vous indiquer Galvanotechnik (Galvano-plastik und Galvanostegie), par Krause, éditeur Dunod. 4° Tous les sels de sodium étant solubles, il n’existe pas de moyen pratique pour séparer ce métal d’une solution contenant du cyanure double d’argent et de potassium en conservant ce dernier intact.
- T. S. P. — Mi L,e Garrec, à Pont-Croix. — Nous vous remercions de voire communication relative à la réception des ondes courtes sur grande antenne et nous ferons connaître à nos lecteurs les résultats que vous avez obtenus. Nous serons également très intéressés par l’énoncé de vos résultats de réception sur cadre,
- M. J. Cazottes, à Millau. — i° Si voire dispositif de réaction électrostatique a été soigneusement monté (avec résistance selfique intercalée dans le circuit de la 4e plaque), les résultats doivent être au moins aussi bons qu’avec un système de réaction électro-magnétique. Il convient donc avant tout de vérifier votre montage.
- 20 Comme cadres vous pouvez employer un cadre de 2 m. X 2 m. en hélice, comportant a5 spires, ou même un cadre plus grand comportant également 200 m. de fil. Ce cadre servira à la réception des émissions de F. L. et de Radiola.
- Un deuxième cadre en spirale plate, de 1 m. 5o sur 2 m. par exemple, comportera 7 spires seulement. Vous pourrez trouver des détails sur la construction de ces cadres dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F. ;
- 3“ Nous croyons qu’il vous sera possible d’entendre en haut parleur les émissions de F. L. ; mais vous ne pourrez recevoir les P. T. T. avec votre montage actuel à résistances.
- M, l’abbé Thureau, à La Flèche (Sarthe). —- L’adresse que vous indiquez est bien exacte. La maison Pascal, 35, rue La Fontaine, à Paris, se charge, en effet, de réparer les lampes de T. S. F. dont le filament est brûlé; l’outillage nécessaire à ce travail lui est fourni, croyons-nous, par une usine employée habituellement à la fabrication des ampoules à incandescence pour appareils de projection.
- M. Ch. de Lagabbe, à Plombières-les-Bains. — Un premier moyen pour éliminer les bruits parasites produits par votre dynamo d’éclairage consisterait sans doute à employer un cadre, la poutre en fer dont vous indiquez l’existence ne pouvant avoir une influence très nuisible.
- Inutile, dans ce cas, d’employer un dispositif d’accord en Tesla, il suffit de réaliser l’accord au moyen d’un simple condensateur en dérivation.
- Votre amplificateur à 4 lampes H. F. à résistances et 2 B. F. convient bien, pour la réception de F.. L. et de Radiola, mais pas des P. T. T.
- Employez deux cadres, un de 2 m. X 2 m. en hélice portant 25 spires ; l’autre, en spirale plate, de 2 m. X 2 m. ou 1 m. 5oXî m. portant 6 à 7 spires (en câble).
- Même avec l’antenne, vous pourriez atténuer les bruits gênants en coupant votre ligne d’éclairage au moyen d’un système de bobines de choc et de condensateurs qui arrêteraient les oscillations de haute fréquence.
- Yous pourriez aussi établir un fil parallèle à la ligne du secteur et agissant sur un enroulement couplé avec la self d’antenne, de façon à annuler les courants parasites par opposition de phase.
- Nous étudierons prochainement ces systèmes. Pour le dernier vous pourrez consulter Radio-Revue, n” i5, de juillet igî3.
- 20 Une ligne souterraine serait certainement moins gênante et, dans ce cas, il y aurait lieu également d’essayer de remplacer la prise de terre par un contrepoids électrique.
- Le genre de câble employé par la ligne souterraine a peu d’importance en ce qui concerne les effets du courant d’éclairage sur les appareils de T. S. F.
- M. G. Bellevièle, à Paris. — 1° Le seul moyen pour transformer du courant ixo volts continu en 6 volts continu, sans employer de rhéostat, consisterait à actionner avec le 110 volts un moteur faisant tourner à son tour une dynamo fournissant 6 volts. Mais ce courant ne serait que simili-continu et ne pourrait servir directement à alimenter un amplificateur; il faudrait, en tout cas, utiliser une batterie d’accumulateurs en « tampon » et en définitive tout ceci serait bien compliqué ;
- 20 Pour abaisser à 80 volts la tension de plaque formée par une batterie d’accumulateurs de uo volts, le meilleur moyen consiste à employer un potentiomètre de grande résistance en fil de nickel-chrome de 1/10 mm à 3/io mm de diamètre. Il suffit, pour éviter les pertes, que la résistance de potentiomètre soit grande, plus de 1000 ohms par exemple. Il n’est pas nécessaire pour cela d’employer beaucoup de fil, la résistance d’un mètre de fil de 10/100 mm en nickel chrome étant d’environ i5oohms.
- M. Roger Marcé, à Paris. — x" Pour entendre à 35o km de Paris les émissions radio-téléphoniques sur ondes longues et sur ondes courtes, l’antenne la plus favorable est celle en prisme d’une trentaine de mètres ou une antenne en nappe d’une cinquantaine de mètres. Employez du fil de bronze 12/10 mm ou 20/10 mm, ou du câble, ce qui vaudrait mieux ;
- 20 Avec 4 lampes, r étage H. F., r détectrice et 2 B. F. à transformateurs à fer vous pourrez entendre en haut-parleur les émissions radio-téléphoniques de la Tour Eiffel, de Radiola, des P. T. T., des postes anglais et allemands; mais il serait préférable, pour l’audition des postes faibles, d’utiliser un deuxième étage haute fréquence avant la détection;
- 3° L’amplificateur à résistance est d’un mauvais rendement pour la réception des ondes courtes; vous pouvez employer un des montages simples suivants : 1 lampe H. F. à résonance (par liaison circuit oscillant-capacité), 1 lampe détectrice et 2 B. F. Réaction électromagnétique.
- 1 étage H. F. ou 2 étages H. F. à selfs, 1 détectrice et 2 B. F., réaction électrostatique.
- 1 ou 2 étages H. F. à selfs à noyau de fer, 1 détectrice et 2 B. F.
- Si vous employez 2 étages H. F. avant la détection, vous pouvez monter un commutateur mettant les étages B.F. hors circuit; pour les postes puissants il vous sera ainsi possible d’utiliser seulement les étages H. F., d’où audition plus agréable.
- Vous trouverez des schémas de ces appareils dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F. ou dans les chroniques de La Nature (n05 2572 et 25q8 par exemple).
- 4° Votre poste à galène ne pourrait vous servir qu’en utilisant la détection par galène et l’amplification par deux ou trois étages B. F. à transformateurs. Cette solution serait simple et économique, mais il faudrait craindre alors les « brouillages » par les émissions des postes côtiers sur 600 m. de longueur d’onde.
- Les pièces à acheter ou à construire sont indiquées d’après le détail même des appareils; il faut, bien entendu, acheter les lampes, accumulateurs, bornes, etc., et de préférence les transformateurs et condensateurs variables ; vous pouvez faire les montages et construire les selfs d’accord et de liaison.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Natüre se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d‘emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ___
- La Radiotéléphonie (Emission. Réception. Montage de postes d’amateurs. Applications), par Carlo Toché. Préface du général Ferrie, i vol. in-8 raisin, vnx-118 pages. aG édition revue et augmentée. Gauthier-Villars et C**, éditeurs, Paris 1923. Prix : 10 francs.
- Quel est le principe de la radiotéléphonie ? Quels sont les liens avec la télégraphie sans fil ? Quels sont les possibilités au point de vue portée, rendement, etc.? Peut-on espérer la voir un jour supplanter la téléphonie ordinaire.
- L’excellent ouvrage du capitaine Toché a pour but de répondre aussi clairement que possible et sans développements abstraits à la curiosité du public instruit.
- La téléphonie sans fil générale et privée, par J. Brun. 1 vol., 176 p., 117 fig. Albin Michel, éditeur, Paris, 1923. Prix : 16 francs.
- Ce livre traite la question de la radiotéléphonie dans son ensemble; c’est-à-dire non seulement la téléphonie des amateurs, mais aussi celle des postes publics. Il décrit avec clarté, et sans considérations trop théoriques, les appareils générateurs d’ondes à lampes, et leurs différentes méthodes d’emploi; il compare les divers systèmes de modulation. Il étudie ensuite les amplificateurs, puis les montages de réception; un chapitre est consacré aux ondes courtes, suivi de la description de quelques postes de diffusion. L’auteur étudie également le fonctionnement des postes commerciaux et termine par un chapitre de conseils pratiques relatifs aux postes d’amateurs.
- Etude sur le cadastre, par Louis Hegg. i vol., 204 p. Edition, La Concorde. Lausanne, 1923.
- M. Hegg étudie surtout le cadastre vaudois, sa législation, ses moyens d’exécution, ses procédés techniques ; mais il est amené, par comparaison, à examiner également ce qu’est le cadastre des autres régions de la Suisse et celui des autres pays, notamment en France. Ce consciencieux travail a donc une portée générale et rendra service à tous ceux qui ont à étudier et mettre au point l’importante et difficile question de la réfection du cadastre.
- Les moteurs à deux temps, par L. Ventou-Duclaux. 3° édition, revue et augmentée par G. Lienhard. 1 vol. iîXîi, 234 p-, 88 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix broché : i5 francs.
- Le moteur à deux temps possède sur le moteur à quatre temps un certain nombre d'avantages parmi lesquels une plus grande régularité cyclique à nombre égal de cylindres et une plus grande simplicité de construction.
- Cet ouvrage, revu et complété par les derniers perfectionnements, expose les recherches faites sur cette question et les diverses solutions qui ont été réalisées ou envisagées.
- La fabrication des colles et gélatines, par Victor Gambon. i vol. 22 X i4 de vi-270 pages, 49 figures. Dunod, éditeur, Paris, 1923. Prix : 18 francs.
- La fabrication des colles et gélatines a été, et est encore trop souvent, une industrie où les données et les applications de la science n’intervenaient pas. Nulle discipline ne régnait dans leur technique, c’est cette absence de méthode qui a amené l’auteur, possédant iine longue expérience de cette industrie, à publier cet ouvrage.
- Ce livre contient la description des procédés modernes qui ont fait leurs preuves. A la fabrication des colles d’os s’ajoute celle des gélatines fines et ordinaires, et ce livre indique sommairement les appareils et les procédés actuellement à l’étude qui ont pour but d’obtenir sous des formes nouvelles, les
- colles et les gélatines commerciales. Le livre traite également avec soin la question de l’organisation méthodique et rationnelle du travail. Les manutentions mécaniques y sont étudiées avec une grande précision.
- Les méthodes modernes d’organisation industrielle, par
- L. Benoist, avec exemples du Calcul des temps d’usinage en construction mécanique, par Hermann, i vol. in-8 carré, 208 p., 3q fig. Gauthier-Villars et Cl0, éditeurs, Paris, 1923. Prix : 18 francs.
- Divisé en trois parties, ,ce livre présente tout d’abord un tableau d’ensemble de l’activité de la vie moderne, de ses buts et des puissants moyens d’action qu’elle met en œuvre. Il montre ensuite le schéma d’une organisation intérieure permettant au lecteur de pénétrer dans les détails de chacun des services afin d’en mieux comprendre les idées directrices qui conduisent au meilleur rendement des gens et des choses.
- Enfin, une 3e partie est consacrée à la pratique d’un atelier de constructions mécaniques, et contient de nombreux exemples de méthodes de calcul des temps d’usinage des matières brutes.
- Le mécanicien d’automobile, par R. Bardin, i vol. in-80, 68 p., 37 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923. Prix : 3 fr. 5o.
- Guide pratique pour le réglage et la mise au point du moteur, sa vérification, son entretien ainsi que celui de la voiture, la recherche des causes de pannes et les remèdes à y apporter.
- Cameroun-Togo, par H. Paulin, i br. illustrée, 78 p., 2 cartes hors texte. Editeur : L. Eyrolles, Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- La France, après la guerre, a reçu mandat d’administrer une partie du Congo et une partie du Cameroun, anciennes colonies allemandes. La brochure de
- M. Paulin résume l’histoire de ces deux territoires et en esquisse une description géographique et économique.
- The British Marine Annelids, par W. C. Mc Intosh, vol. iv, part. II, 1 vol. in-4, 289 p., 14 pl. Ray Society, Londres. Prix : cartonné £ 2, 10 sh.
- On connaît le but et l’œuvre de la Ray Society. Fondée en 1844 pour publier les livres d’histoire naturelle que les dépenses d’exécution et d’illustration ne permettraient pas à un éditeur d’entreprendre, elle a réalisé aujourd’hui 107 publications, toutes importantes, notamment pour la classification zoologique.
- Une des plus volumineuses est l’étude des Annélides marins, du professeur Mc Intosh, commencée en 1873 et terminée cette année par le fascicule qui vient de paraître. On y trouve la classification des groupes, la description de toutes les espèces, dont les caractères principaux sont représentés dans de magnifiques planches. L’ensemble forme une monographie unique au monde, capitale pour tous les laboratoires de zoologie marine.
- Le dernier fascicule traite des Polychètes, des Sabellidés aux Serpulidés et de quelques espèces qui n’avaient pas trouvé place dans les fascicules précédents; il se termine par une table alphabétique de toutes les espèces actuellement connues.
- L’ouvrage, complet en 7 volumes (les Némertiens exclus), vendu 11 £ 5 sh., forme la base de toute recherche nouvelle sur ce groupe d’animaux fort étendu et intéressant.
- Annuaire statistique (Statistique générale delà France), 38e vol. 1922, i vol., 3g6 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1922.
- La Statistique générale de la France a repris la publication régulière de son précieux annuaire, véritable mine de renseignements démographiques, économiques et sociaux. Dans ce volume, on trouve de nombreux tableaux rétrospectifs, soigneusement mis à jour, relatifs à la France et à divers pays et qui n’avaient pu trouver place dans l’Annuaire de 1921, rempli par les statistiques recueillies pour la France de 1914 à. 1920.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N® 2586
- 27 Octobre 1923
- MJ
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE J 923 (*)
- '
- Pas de phénomène sensationnel ce mois-ci à signaler particulièrement. Le plus important est «ans contredit la chute des Géminides, du 8 au 14 (voir plus loin aux « étoiles filantes »). Les planètes sont, à l’exclusion de Neptune, toutes situées dans l’hémisphère austral, visibles d’ailleurs dans d’assez mauvaises conditions. A signaler quelques occultations d’étoiles peu brillantes par la Lune.
- I. Soleil. — Voici l’hiver. Le Soleil descend de plus en plus dans l’hémisphère céleste austral et atteindra sa déclinaison maximum le 22 décembre, date du solstice d’hiver.
- La déclinaison du Soleil, de — 2i042' le ter décembre, sera de — 23° 27’ le 22, pour remonter à 23°9' le 3i.
- La durée du jour est fonction de cette déclinaison De 8h33m le Ier décembre, elle sera réduite à son minimum de 8h nm le 22, pour remonter un peu à 8b i5m le 3i.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien.
- Dates. Heure du passage (T. m. G.).
- Décembre inr 1 ih 3g” 27*
- — 5 nh 4im3o*
- — 10 1 ih 43“ io‘
- — i5 nh 45“ 3o*
- — 20 1 ih 47“ 57*
- 25 11* 5om 26’
- — 3i I Ih 52” 23*
- Observations physiques. — Le Soleil a présenté une certaine activité au début du mois de septembre, un assez beau groupe étant apparu le 2. Il peut ainsi, même en période de minimum, présenter de belles taches.
- Nous continuons ci-dessous l’éphéméride pour les observations physiques. P désigne l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque ; B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque, c’est-à-dire du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- Dates. P U
- Novembre 2 + i5°94 + o°,68 3oi°,87
- — 7 + i3°,92 + o°,o4 235°, 98
- — 12 + 1l0>77 — o°,6o i7O0,io
- — l7 + 9°>51 — 1 °» 24 io4°,23
- — 22 + 7°D7 — i° 86 3 8°, 36
- — 27 + 4°>77 — 2°,48 33a°,5o
- Parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces éléments pour le mois de décembre :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Décembre 12 8",94
- — 27 8",95
- - 3i 8",95
- 1 47 170 000 km 147 010 000 — 147 000 000 —
- Lumière zodiacale. — On pourra rechercher la lumière zodiacale le soir, à la fin du mois, à l’Ouest, dès la disparition du crépuscule. 11 est utile de suivre cette lueur dès sa première apparition. Un travail photographique d’ensemble, à la portée des amateurs, est à faire sur la lumière zodiacale.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de décembre, seront les suivantes :
- D. Q. le ior, à ioh 9” P. L. le 23, à 7h33”
- N. L. le 8, à ih 3o” D. Q. le 3o, à 2ih 7”
- P. Q. le i5, à 2h 38®
- Age de la Lune, le i“r décembre, à midi =221,9; le 8 = oJ,4. Pour avoir l’âge de la Lune à midi, aux autres
- 1. Toutes les heures données ici sont exprimées en temps légal, compté de oh à 24h, à partir de minuit. Le temps légal est l’heure temps moyen de Paris retardée de 9“2is : c’est le temps de Greenwich.
- dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 8. Pour une heure donnée, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 9 =—18° 59' ; le 23 = +19° 2'. Ces époques sont celles où la Lune est à sa plus faible ou à sa plus forte élévation au-dessus de l’horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 7 décembre, à 3h. Parallaxe = 61' n". Distance = 358 400 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 décembre, à nh. Parallaxe =54' 3". Distance = 4o5 700 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 14 décembre, occultation de 317 B Verseau (gr. 6,3), de i8h23“ à ig1* I2m.
- Le 18, occultation de 38g B Baleine (gr. 6,3), de 20h 4am à 22h6m
- Le 20, occultation de 170 B Taureau (gr. 5,9), de 2 2k4a“ à 23h37Œ.
- Le 21, occultation de 3i8 B Taureau (gr. 5,7), de 22h26“ à 23h49m,
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au moment de la Nouvelle Lune du 8. Celles de la Pleine Lune du a3 seront de faible amplitude (au maximum ora,82).
- Voici les heures de la pleine mer à Brest et l’amplitude de la marée au moment de la Nouvelle Lune de décembre :
- Marée du matin.
- Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Décembre 6 iMÎg" 0 -B 1 00 00 i4h 25“ om,94
- — 7 2h 50? °m>99 i5h i4“ l“,02
- — 8 3h 38“ im,o5 i6h 2“ i”,o6
- — 9 4h 26“ i“,o6 i6h 5o“ i“,o5
- — 10 5h 14“ Im,02 *7h 38” o”,98
- — 11 6h i“ o“,93 i8h 24” o”,88
- Ces renseignements sont relatifs au port de Brest.
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci, en raison du peu d’amplitude des marées.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au moyen des données publiées par l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1923, contient les principaux renseignements permettant de rechercher et d’observer les planètes pendant le mois de décembre 1923.
- On remarquera que la considération seule des heures de lever et de coucher, comparées à ces mêmes heures pour le Soleil, donne déjà une indication utile sur la visibilité d’une planète. Par exemple, le 6 décembre, Mars se lève à 3h4im et le Soleil à 7h2gm. Par conséquent, nous pourrons observer Mars avant l’arrivée du jour, à partir de 3h 41 mais pratiquement une heure au moins après, afin de lui permettre de s’élever à une hauteur suffisante au-dessus de l’horizon.
- Mercure s’était trouvé en conjonction supérieure avec le Soleil le 16 novembre dernier. Il s’est peu à peu écarté de lui et arrivera à sa plus grande élongation le 27 décembre, à igh, à i9°43', à l’Est du Soleil. Cette élongation, en raison de la déclinaison très australe de Mercure, ne sera pas favorable aux observations dans nos climats.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de cette planète :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Décembre 2 °>97 — 0,6
- — . 7 0.94 — o,5
- — 12 0,91 — o,5
- — 17 o,85 — o,5
- — 22 0,75 — o,5
- — 27 0,61 — o,3
- Vénus est un peu visible le soir, dès le coucher du Soleil. Son vif éclat suffit pour la trouver, sans autre
- 3
- *
- <43 129
- 17
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE D.ECIbMB. à Paris. au Méridien de Paris (*) à Paris. sion droite. son. apparent. et étoile voisine.
- 6 / 29“ 111 41“ l25* .i5fc 53“ 161 48“ 22® 24' 82’ 31 "‘i Scorpion \
- Soleil . . 3 16 7 39 11 45 5g i5 53 *7 32 23 *7 32 33,6 Scorpion ( Sagittaire
- 26 7 45 I I 5o 55 i5 57 18 16 23 24 32 34,8
- 3i 7 46 11 52 23 16 I 18 38 23 9 32 34,8 Sagittaire
- 6 8 37 12 3o 16 22 17 36 25 22 4,8 6 Scorpion
- Mercure. . k6 9 5 12 58 16 5o 18 43 2D 21 5,4 0 Sagittaire /
- 26 9 9 i3 >7 *7 24 *9 42 22 57 6,6 w Sagittaire
- 3i 8 53 i3 i3 *7 33 20 2 20 5i 7,6 60 Sagittaire
- 6 9 19 i3 *7 [7 i5 18 23 — 24 34 10,8 X Sagittaire
- Vénus . . 16 9 29 i3 32 17 35 !9 18 — 23 45 11,2 tc Sagit taire
- 26 9 3i i3 46 18 1 20 11 2 1 45 11,6 60 Sagittaire Capricorne
- 3i 9 29 i3 52 18 i5 20 37 20 20 11,6
- 6 3 4i 8 53 i4 4 i3 56 10 57 4,2 •/. Vierge
- Mars. . . .( 16 3 37 8 38 i3 39 14 2 I — i3 10 4,4 X Vierge
- 26 3 33 8 23 i3 i4 14 46 — 15 14 4,4 a Balance >
- 3i 3 3i 8 17 i3 2 14 69 — id 12 4,6 a Balance
- 1 Jupiter. . .) 16 3i 6 5 4 18 IO 9 26 38 14 i3 49 57 16 16 I I 20 — 20 — 20 23 58 29,2 29,8 (3 Scorpion 1 co Scorpion !
- l Saturne . .! 16 2 48 8 9 i3 29 i3 53 — 9 8 14,6 •/.-Vierge
- 3i I 56 7 14 12 33 i3 58 - 9 3o 14,8 /. Vierge
- Uranus. . .• 16 i I 45 17 15 22 45 23 2 __ rj 4 3,4 82 Verseau |
- 3i 10 47 16 18 21 49 23 3 — 6 54 3,4 82 Verseau
- Neptune, . j 1 i5 20 37 3 5i 11 5 9 3i + *4 58 2,4 7 Lion
- 3i !9 33 2 47 10 I 9 3o 4* i5 3 2,4 7 Lion
- VISIBILITE
- /Le soir, à la fin du mois. Plus grande élongation, le 27.
- Un peu visible le soir,
- Idès le coucher du Soleil.
- Le matin.
- [Il se lève 4 heures avant le Soleil.
- [Le matin, avant l’aurore. Le matin.
- Se lève, le 16, à 2l’48,n. Le soir.
- jSe couche, le 16, à 22h 45m. Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- indication. Nous donnons, comme pour Mercure, le disque illuminé et la grandeur stellaire de Yénus :
- Dates.
- Décembre
- Disque illuminé. Grandeur stellai
- 2 0,94 — 3,3
- 7 0,93 — 3,3
- ï 2 0,92 — 3,3
- *7 , °,gi — 3,4
- 2 2 0 91 — 3,4
- 2 7 0 90 -3,4
- Mars devient visible le matin, se levant le i5, 4 heures avant le Soleil. Son diamètre augmente très lentement et de grands instruments sont nécessaires pour étudier dès à présent, d’une manière utile, son énigmatique surface. Les instruments moyens révéleront tout juste la calotte polaire.
- Jupiter est un peu visible le matin, dans le Scorpion, avant l’arrivée du jour. Il convient ' d’attendre le mois prochain pour effectuer des observations utiles.
- Saturne, dans la Vierge, se lève cinq heures avant le Soleil. Il devient donc facilement observable.
- Nous donnons ci-âprès les éléments de Panneau, à la date du 12 décembre :
- Grand axe extérieur...................... .
- Petit axe extérieur...............
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -f-i5°48'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . . ............................. -f- 13° 57'
- Voici les élongations de Titan, le plus brillant des satellites de Saturne :
- Dates. Heures. Élongation.
- Décembre 5 i7\o Orientale.
- — 13 i8\o Occidentale.
- — 21 1 7h,6 Orientale.
- — 29 i8h, 1 Occidentale.
- Uranus, dans le Verseau, est encore visible !
- dès la tombée de la nuit. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 6 décembre, à 20H. On le trouvera aisément au moyen d’une petite lunette — ou d’une jumelle — et de la carte de son mouvement, parue au N° 2660.
- Neptune est visible presque toute la nuit, puisqu’il se
- lève au début du mois à 21h, et à iç)h à la fin de ce même mois. Nous avons publié, au dernier « Bulletin astronomique » (n° 258a), une petite carte de son déplacement sur le ciel pendant l’année 1923. On remarquera que Neptune s’éloigne peu à peu, en décembre, de l’étoile 7 du Lion.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 8h, Mars en conjonction avec Saturne, à i°3o'S.
- Le 3, à i8b, Mercure
- Le 4, à 23\ Saturne Le 5, à i1', Mars Le 7, à 5\ Jupiter Le 8, à a3h, Mercure Le g, à 1711, Vénus Le 14, à n’1, Uranus Le 27, à 7h, Neptune
- Etoiles filantes. — M. Denning indique les principaux radiants suivants comme actifs pendant le mois de décembre :
- Ophiuchus (gr. (3,4), ào° 2' S.
- — la Lune, à i°43' S.
- — la Lune, à 3° 19' S.
- — la Lune, à 40 a3' S.
- — la Lune, à 6° 47' S. la Lune, à 5° 29' S.
- — la Lune, à o° US.
- — la Lune, à i° 29' N.
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 36",38 i0r Décembre 43°-- + 56® r) Persée.
- + 9",9 1er-14 — 117° 4- 32° a-(3 Gémeaux.
- 6 8o° + 23° Ç Taureau.
- + i5° 48' 6-i3 — 149° + 41° Piazzi IXh. 254.
- 9-12 — 107° + 33® a Gémeaux.
- + i3°57' 10-12 — i3o° + 46° t Grande Ourse.
- Le radiant des Géminides, surtout actif du 8 au 14 décembre, donne des météores rapides et courts. L’apparition de cet essaim ne sera pas gênée par la Lune, nouvelle le 8.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Persée) variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J 20h48m : Le ier décembre, à 171* 43m; le i3, à 4h59m ; le 16, à ih 48“; le 18, à 22h38m; le 21, à
- Etoile Polaire. — Passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Heures.
- Temps sidéral à
- Passage. midi moyen de Paris.
- Décembre 7 20h 23m 8S
- — 17 i9h 43® 4os
- — 27 i9h 4“ »o‘
- Supérieur
- i7h om54‘,3 171* 4om i9%9
- 18» 19“ 4 U,4
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Y. Constellations. —Yoici l’aspect de la Yoûte céleste le Ier décembre, à 2ih :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède (M. 3i, y); le Bélier; Cassiopée (vj, t, tp, er).
- Au Nord-*: La Petite Ourse (a, n, y); Céphée (ô, p, X, p); le .Dragon (o, ijq 4<>> e> P-) ; la Grande Ourse (ç, X, v, 23 h, a).
- A l'Est : Le Cocher (a, 14, 4> w) ; le Lion; le Cancer;
- >
- AVIS. — L'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Erratum. — La Nouvelle Guinée (u“ 25y6). Dans les renseignements fournis par le R. P. Iiulstaert, lire :
- Roro, au de Rivo.
- Merauke, a.u lieu de Merantce.
- Vrouw, au lieu de Trouw.
- Carstensz, au lieu de Cartensz.
- Réponses. — M. J. La Rue, Àgou (Manche). — Les insectes qui infestent la toison des moutons sont de diverses sortes. Ceux dont vous donnez la description sommaire sont probablement des acariens du genre Lxode. L’Ixode réticulé (Ixodus reticulatus) vit parfois en nombre considérable sur les moutons. Nous supposons qu’il s’agit plutôt de cet insecte que du mélophage (melophagus ovinus), improprement appelé pou. Yous seriez lixé sur ce point en envoyant quelques spécimens à la Station entomoiogique de Rennes.
- Quant au traitement à employer pour débarrasser les moutons de ces parasites, le procédé le plus simple est de faire des frictions avec de l'onguent gris.
- On les fait périr aussi rapidement en les touchant avec un pinceau imbibé d’un mélange d huile ordinaire et d’essence de térébenthine. On peut aussi laver les animaux avec de l’eau à laquelle on a ajouté de l’ammo-Diaque ou alcali volatil (trois petits verres par litre d’eau). Les frictions avec un mélange de benzine et d’huile de pétrole par parties égales sont de même très efficaces. Renouveler l’opération detfx fois, s’il est nécessaire. Il faut aussi recommander la plus grande propreté, surtout en ce qui concerne les litières, et une bonne alimentation.
- Poiré de Clécj. — Yoici les adresses des deux producteurs de Poiré de Clécy qui ont obtenu les deux premiers prix à l’Exposition-Foire du Poiré, tenue à Domfront en mai de cette année :
- Ier prix, M. Daligaut, à la Yaidière, Saint-Yincent d’Egrenne (Orne).
- 2e prix, M. Poisson, à la Forgerie, La Baroche-sous-Lucé (Orne).
- Il faut avoir soin de recommander à l’expéditeur de prendre toutes les précautions pour que le poiré vous arrive en bon état.
- M. Andreu, à Mahon. — Si nous avons bien compris votre demande, vous avez constaté que le rendement de votre moteur à gaz pauvre est meilleur quand vous admettez du gaz sous pression, qu’en laissant l’admission se faire par aspiration du piston. Cela est tout à fait normal parce que la puissance expansive du gaz est proportionnelle au degré de compression finale au moment de l’allumage; cette amélioration de rendement n’a d’autre limite que la résistance mécanique des organes du moteur, mais la puissance dépensée pour la compression préalable des gaz peut, suivant lé procédé et les appareils employés, être égale ou supérieure au gain de puissance réalisé sur le moteur proprement dit. L’expérience seule pourra vous conduire au résultat cherché, chaque moteur constituait un cas particulier et aucune règle générale ne pouvant être fixée. Quant à l’allumage par effet de briquet à air comme dans les moteurs Diesel, nous ne pensons pas qu’il puisse vous donner de bons résultats dans le cas présent, cette
- 5oo 90 6 8 1 1
- gr-
- o,a
- l’eau, les essences dans
- les Gémeaux (a, p, 5, -/., M. 35); Le Petit Chien (a); le Taureau (a, v, 7, 0, Pléiade?) ; Orion (0, M. 42> S, Ç, p, a).
- Au Sud : les Poissons; (a, 'X, <Q, 35) ; la Baleine (Mira, y, 66, 37) ; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Yerseau.
- A VOuest : Pégase (85, 3, r.) ; le Cygne (o, 6t, o, p).
- Au Nord-Ouest : La hyre (Véga, e).
- Em. Touch-kt.
- 'fçyS.
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- [$\
- méthode n’ayant pas été étudiée pour cet usage. De toute façon, votre cycle de combustion serait profondément modifié, ce qui nécessiterait un nouveau calcul du calage des soupapes.
- Rosignano, à Pise (Italie). —^ i° Comme l’enduit de chaux qui recouvre vos murs est déjà ancien, la chaux est entièrement carbonatée et après brossage énergique vous pouvez coller directement le papier de tenture à la colle de pâte. 20 La recette suivante d’eau de Cologne pour frictions donne de très bons résultats comme révulsif :
- Alcool( à 9&° ........ 1000
- Eau distillée.........
- Sel de cuisine ....
- Essence de bergamote
- — de citron. . .
- — de romarin. .
- lavande . . .
- — néroli. . . .
- Faire dissoudre le sel dans
- l’alcool, verser peu à peu la solution aqueuse dans l’alcool, ajouter environ 5 gr. de kaolin, agiter, laisser en contact 8 jours et filtrer sur papier.
- Alexor, à Marseille. — L’expérience de camelot dont vous parlez n’est qu’une application du virage des couleurs tirées de la houille, lorsqu’elles sont en milieu acide ou alcalin. Dans le cas présent, il s’agit de couleurs qui sont décolorées par un acide fort et qui reparaissent si l’on redonne de l’alcalinité. L’acide employé par le camelot est habituellement l’acide muriatique (acide chlorhydrique impur du commerce qui est jaune); quant aux couleurs ce peut être le violet de Paris, la fuschine diamant, la vésuvine, la safranine, le vert brillant, etc., la seule précaution à observer est que le tissu support soit en laine et non en coton ou en chanvre pour ne pas être altéré par l’acide. Le bain alcalin est une eau savonneuse ordinaire, l’alcalinité du savon étant suffisante pour ramener la teinte primitive.
- M. le B’ Chiusoli, à Ravenna (Italie). — Le Manuel de l'artificier, par G. Petit, est spécialement consacré à la pyrotechnie civile, nous pensons qu’il vous donnera toute satisfaction; éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- B., à Nîmes. — 1° Le métabisulfite de potassium S2 O3 K3 correspond au bisulfite anhydre
- 2 (SO3 IiH). = S* O3 K2 + H-O.
- Sous l’action d’un acide il donne de l’anhydride sulfureux et un sel de potassium de l’acide.
- S2 O3 K* + 2 H Cl = 2 S O2 -f a K Cl + H2 O.
- 190 128
- De cette réaction il résulte que 20 gr. de métabisulfite sont susceptibles de fournir :
- ---—----— i3 gr. 47 d’anhydride sulfureux.
- 190 o / J
- Ces i3 gr. 47 d’anhydride sulfureux étant en puissance dans votre solution primitive à 20 gr. de métabisulfite par hectolitre, 10 gr. d’anhydride seront contenus dans :
- i no x 1 o
- i3,4;
- 7 l litres 2.
- Il faudra donc prendre 74 litres 2 de la solution de métabisulfie à 20 gr. par hectolitre et l’étendre à 100 litres pour avoir une solution susceptible de libérer 10 gr. d’anhydride sulfureux par hectolitre. 20 L'addition de. nitrate de potasse au soufre destiné au soufrage des fûts est inutile et peut être dangereuse, il est préférable de brûler naturellement le soufre dans la futaille (mèche soufrée) pour que la combustion se fasse aux
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- BOITE AUX LETTRES
- dépens de l’oxygène qui y est contenu et dont la disparition doit être cherchée. 3° Vous trouverez des distributeurs délivrant des lames d’aluminium estampées chez Maurice et Molle, 8, impasse Jessaint, Paris, 18e. 4° La maison Vilmorin-Andrieux, 4> quai de la Mégisserie, vend couramment des capsules de sulfure de carbone, le prix des 100 capsules est de 16 fr. 5o, 24 fr. 20, 38 fr. 5o pour les charges respectives de 3, 5 et 10 gr.
- M. Jean Leblanc, à Montevideo. — i° Les marbres artificiels peuvent être obtenus de deux façons principales en constituant leur base par la chaux ou la magnésie. Dans le premier cas, on gâche avec une solution de tluosilicate d’alumine un mélange de 22 kg de plâtre cuit pendant 3 heures à 23o°, 8 kg de chaux éteinte et 8 kg de pouzzolane finement pulvérisée, de façon à obtenir une bouillie claire. Cette bouillie est versée sur une surface plane recouverte d’une feuille de papier, on modèle à la truelle puis à l’aide de spatules diverses en se guidant sur des échantillons de beaux marbres naturels, on dépose à la surface des traces de cette même bouillie colorée à part au moyen d’ocre, de vert de chrome outremer, etc. Pour donner la contexture cristalline on saupoudre de mica, on termine en lissant la surface au polissoir et laisse durcir à l’air pendant 2 ou 3 jours. Lorsque les marbres ainsi obtenus doivent être employés à l’extérieur, on les badigeonne aux fluosili-cates. Dans le cas de marbres magnésiens, on gâche de la dolomie finement pulvérisée avec un volume égal d’une solution de sulfate de magnésie (D = i.9), on colore la masse comme précédemment et on coule sur lame de verre séchée au talc. Après séchage, les plaques sont badigeonnées avec une solution de fluosilicate de zinc ou d’alumine, on laisse sécher à nouveau, puis on polit la surface si cela est nécessaire. 20 Une solution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone vous donnera un beau vernis transparent. 3° Vous pourrez obtenir un aspect nacré en appliquant sur les objets une colle légère à l essence d’Orient; ce produit que l’on trouve couramment dans le commerce est constitué par des écailles d'ablettes, il suffit d’en verser quelques gouttes dans une colle de gélatine très blanche pour préparer la mixture de nacrage. L’application se fait avec un pinceau doux, on donne deux ou trois couches très régulières en attendant toujours que la précédente soit bien sèche avant nouveau passage du pinceau. 4° Les décalcomanies sont obtenues en imprimant sur papier non encollé avec des couleurs d’aniline ou végétales solubles dans l’eau (extraits de bois, carmin d’indigo, jaune de safran) additionnées de sucre et de gomme. Après séchage de l’impression on recouvre celle-ci d’une solution d’albumine. La caractéristique du procédé est l’aptitude spéciale que possède l’albumine de fixer les couleurs d’aniline et la plupart des couleurs végétales. 5° L’Art industriel et les beaux arts considérés dans leurs rapports avec Vindustrie moderne, par Laboulaye, éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Àugustins. L’art appliqué aux métiers, par Lucien Magne, même éditeur.
- M. N., à Saint-Satur (Cher). — Pour teindre la corne en noir on opère ainsi : On mélange 10 gr. de minium et 20 gr. de chaux vive à du savon en poudre humide, cette pâte est appliquée sur la corne, on laisse sécher, puis on lave à grande eau. Pour obtenir des teintes plus claires, on rend le produit moins énergique en ajoutant une matière inerte, telle que du sable, à la pâte avant application.
- M. Jean de Bigotre, à Paris. — Les balais dont vous parlez sont tout simplement teints en vert par immersion dans une solution de couleur dérivée de la houille, presque toutes les couleurs conviennent pour cet emploi, mais les couleurs diamines, vert B par exemple, ont une aptitude plus grande à la fixation dans ce cas.
- M. Biolfi, à Marseille. — Le craquement que présentent parfois les chaussures neuves pendant la marche est dû à ce que les pièces de cuir constituant la semelle sont appliquées fleur contre fleur. Cet inconvénient disparaît en imprégnant la semelle d huile de pied de bœuf de manière qu’après un temps de pénétration suffisant la matière grasse arrive au voisinage des deux fleurs, sans qu’un excès reste à l’extérieur et rende la chaussure glissante.
- M. Hulstaërt, à Assche. — Quel que soit l’enduit employé, un mur transformé en tableau noir n’aura qu’une résistance très limitée à l’usage constant. Comme nous
- pensons qu’il s’agit d’un mur recouvert d’un crépis de plâtre vous pourriez essayer d’opérer ainsi : Donner deux ou trois couches de silicate de soude à n5° Baumé à 4 ou 5 jours d’intervalle, puis appliquer également deux ou trois couches d’une mixture composée de :
- Ardoise finement pulvérisée. . . 200 gr.
- Noir de fumée.................... 3o —
- Silicate de soude au i/8e........ q. s.
- Attendre toujours qu’une couche soit bien sèche avant d’appliquer la suivante.
- T. S. P. — M. Herrgott, au Yaldoie (Territoire de Belfort). —. i° Nous vous avons répondu par la voie de la « Boîte aux Lettres » ;
- 20 Nous aurons l'occasion d’étudier les perturbations causées dans les réceptions par les lignes à haute tension.
- Etant donné que votre antenne serait forcément parallèle à ces lignes, il nous semble bien difficile que vous puissiez ainsi obtenir un bon résultat.
- En tout cas, l’antenne unifilaire serait préférable. Mais un cadre vous donnerait sans doute des résultats plus satisfaisants.
- 3° Il faut employer, comme nous l’avons dit, un cadre en hélice comportant des spires en fil isolé
- 2 couches coton 8/ro mm pour la réception des ondes moyennes et un cadre en spirale plate avec spires en fil multiple ou en câble pour la réception des ondes courtes.
- Pour la réception des émissions radio-téléphoniques, de 3oo m. à 4000 m. environ, il est inutile de sectionner les cadres, si vous en employez deux comme il est dit ci-dessus.
- M. Hubert-Ifugond, à Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne). — i° Nous ne connaissons pas de formule simple donnant le nombre de spires de la bobine de réaction à intercaler dans le circuit de plaque de la lampe détectrice d’un amplificateur. Ce nombre dépend d’ailleurs du nombre de lampes de l’amplificateur lui-même et évidemment de la longueur d’onde des signaux à recevoir.
- Voici seulement quelques chiffres : pour un secondaire de Tesla de 3oo spires, bobine de réaction de 200 spires pour une lampe et de i5o spires avec 2 ou
- 3 H. F.; pour un secondaire de Tesla de 75 spires, galette de réaction de i5o spires.
- On voit que les variations de la bobine de réaction semblent assez irrégulières; au-dessous de 600 m. de longueur d’onde, il faut tout à coup augmenter le nombre de spires au lieu de le diminuer.
- La manière dont est constituée cette self inductance de réaction semble assez peu importer. Vous pouvez coupler une galette en fond de panier intercalée dans le secondaire avec cette inductance, ou bien la réaliser comme vous le proposez au moyen d’une bobine cylindrique, concentrique au primaire.
- M. Iluart, à Yitry. — 1“ Nous croyons que la chute de tension qui s’est produite dans votre batterie de piles Leclanché provient d’un manque d’électrolyte ; il convient donc de remplacer votre solution de chlorure d’ammonium et de nettoyer les zincs, s’il y a lieu;
- 20 Puisque vous entendez bien les émissions des P. T. T., vous devez également entendre les émissions anglaises; les stations étant plus éloignées mais aussi plus puissantes. Votre antenne longue est, d’ailleurs, pour la réception des ondes courtes, beaucoup moins bien adaptée qu’une antenne de longueur moindre.
- M. Deschepper. — i° Nous avons donné dans la « Boîte aux Lettres » des détails sur la construction de selfs de liaison, pour la construction ou la transformation d’amplificateurs. Ces selfs sont généralement établies en fil de 10/100 mm de diamètre, isolé soie;
- 20 Voici des adresses de constructeurs de selfs :
- i° Maison Chabot, 43, rue Richer, Paris;
- 20 Maison Bonnefont, 9, rue Gassendi, Paris.
- M. Houzelot, à Ligny-en-Barrois. — i° Pour entendre à l’écouteur à 25o km de Paris les émissions de F. L. et de Radiola avec un bon cadre, vous pouvez utiliser
- 4 lampes; 2 H. F., 1 détectrice et 1 B. F. Vous pouvez employer des étages H. F. à résistances ou à selfs; réaction électrostatique de préférence ou selfs à noyaux de fer. Ce montage permettrait même l’écoute en haut parleur des émissions de F. L.
- 2* Utilisez un cadre vertical, les résultats Sont mauvais avec un cadre horizontal.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2587
- 3 Novembre 1923
- Nécrologie. — Le Père Elie Colin. — Le Père Elie Colin est mort à Madagascar en avril dernier. Voici comment M. A. Lacroix a résumé à l’Académie des Sciences la carrière si bien remplie de ce savant, qui fut en même temps un grand serviteur de la patrie.
- Edouard-Elie Colin est né à Graulhet, Tarn, le 28 novembre 185a. Dès son enfance, il suivit les cours de la maîtrise dAlbi; c est ainsi que se'développa son goût pour la musique dans laquelle il excella durant toute sa vie. Il fit ses études secondaires au séminaire de Lavaur; à 17 ans, il tenait les grandes orgues à la cathédrale d Albi, puis 1 année suivante il entrait au noviciat des Jésuites. Quand il en sortit, ses aptitudes pour les sciences exactes le firent envoyer successivement dans les collèges de son ordre, à Bordeaux, Sarlat et Monaco, où, de 1877 à 1882, il professa les mathématiques et la physique.
- Ordonné prêtre à Uclès en Espagne en 1885 par Mgr Cazet, vicaire apostolique de Madagascar, il fut averti, aussitôt après, que ses supérieurs lui donnaient pour mission d’organiser un observatoire astronomique à 1 anananve et qu il avait, par suite, à se préparer à cette tâche.
- Pendant que les grandes lignes de l’entreprise étaient débattues à Madagascar entre les autorités ecclésiastiques et le résident général M. Le Myre de Villers, le P. Colin se rendit en Angleterre à Stonyhurst pour travailler sous la direction du P. Perry, astronome spécialisé dans l’étude du magnétisme terrestre, puis, au début de 1888, il vint compléter sa formation astronomique à l’Observatoire du Bureau des longitudes de Montsouris et se mettre au courant des recherches météorologiques au Parc de Saint-Maur, sous les ordres de Mascart et de Renou.
- A la fin de la même année, il part pour Tananarive, porteur de nombreux instruments que lui avaient confiés nos confrères, l’amiral Mouchez, alors directeur de l’Observatoire de Paris, Alfred Grandidier, d’Abbadie, Bouquet de la Grye et Mascart. L’Académie a donc joué, sinon directement, du moins par ses membres, un certain rôle dans la création d’un service astronomique et météorologique à Madagascar, le seul que possède la France dans l’hémisphère austral.
- Entre temps, le P. Colin avait fait dresser par l’architecte Lequeux les plans de son futur observatoire, mais ce fut lui seul qui les fit exécuter, au milieu des difficultés que 1 on peut deviner, dans un'pays manquant alors à la fois d’entrepreneurs, d’ouvriers spécialisés et de toutes les ressources de la civilisation moderne que 1 on trouve dans la Grande Ile depuis qu elle est terre française.
- Le P. Colin n’avait pas attendu pour se mettre au travail 1 achèvement de la construction du beau monument en granité et en briques surmonté de quatre coupoles qu’il fit édifier au sommet de la colline d’Ambohi-dempona située à a km est de Tananarive; il installa aussitôt ses instruments dans des baraquements provisoires et commença des observations météorologiques, puis magnétiques, qui ne cessèrent d’être poursuivies régulièrement avec le concours de i3 postes secondaires judicieusement répartis dans divers points de l’île.
- L’observatoire une fois installé, il en détermina la position géographique à l’aide d’un grand nombre d’observations astronomiques. Quand fut organisée la Carte photographique du Ciel, il prit des dispositions pour y collaborer d’une façon active, les conditions climatériques exceptionnelles de Tananarive, la grande transparence du ciel devant permettre d’effectuer du bon travail dans cette direction.
- Dès 1892, le P. Colin entreprit une série de travaux, consacrés à une autre discipline : la géodésie, travaux que, pendant une partie de sa carrière, il allait mener de front avec ceux d’astronomie et de météorologie. Il avait trouvé à Tananarive un initiateur distingué, le P. Roblet, ancien collaborateur d’Alfred Grandidier. Il rectifie tout d’abord la base qui, ig ans auparavant, avait servi de départ aux levés cartographiques de son confrère, puis il consacre six mois à la triangulation et au nivellement géodésique de la région comprise entre son observatoire et Andovoranto sur la côte de l’océan
- Indien ; il eut pour ce travail à surmonter des difficultés considérables dans la chaîne côtière couverte par la forêt tropicale. Il a fixé ainsi les positions géographiques de Beforona, Andovoranto, Tamatave, etc. Pendant la même période, il collabora à la feuille nord de l’Imé-rina dressée par A. Grandidier, carte qui, en i8g5, fut d’un si grand secours au corps expéditionnaire.
- En 1898, le P. Colin revenait en France pour cause de santé et pendant les préparatifs de l’expédition qui allait donner Madagascar à la France, sur la demande du Ministère de la Guerre, il mit au net l’itinéraire de Tananarive à Andovoranto et la carte de lTmerina du Sud. Une grande tristesse devait bientôt le frapper; douze j|>urs, en effet, avant la prise de Tananarive par les troupes françaises, son observatoire qui lui avait coûté tant de peine était pillé et détruit de fond en comble par les Malgaches.
- Rentré à Madagascar en 1896, le P. Colin fut aussitôt attaché au corps expéditionnaire, en qualité de géodésien du Service géographique de l’Etat-Major, et, pendant deux ans et demi, il accomplit une série de missions géodésiques, tout en remplissant, à l’occasion, les fonctions d’aumônier militaire. Il dressa une carte au 1/100000' de la côte orientale, en vue de la constnic-tion d’un chemin de fer, poussa la triangulation de lTmerina jusqu’à Andriba, afin de joindre l’ancien réseau de cette province avec les levés de la région de Majunga, puis sur la côte occidentale il détermina les positions géographiques et les éléments magnétiques d’un grand nombre de points importants : Maevatanana, Majunga, Maintirano, Morondava, etc.
- De retour à Tananarive en mai 1898, le P. Colin donne sa démission du Service géographique pour reconstruire l’observatoire, à l’aide d’une subvention de la colonie, de subsides fournis par quelques généreux amis de la science et surtout avec la solde de ses années de campagne et, plus tard, avec les prix que lui décernent l’Académie, la Société de Géographie, etc. Mais il ne pouvait se résoudre à mener pendant longtemps une vie sédentaire. En février 1900, il repart donc en mission sur la côte orientale, puis il entreprend autour de l’Ankaratra une triangulation de 8000 km3 qui complète ses observations antérieures, effectue de nombreuses observations magnétiques qu’il poursuit pendant l’année suivante. 4
- Enfin, de 1902 à igo5, pour le compte du Service géographique encore, il perfectionne la triangulation de la région de Tananarive en vue de la carte à grande échelle des alentours de la capitale.
- Ce furent là ses derniers travaux géodésiques. Dès lors, il va se consacrer exclusivement à la direction de son observatoire qu’il ne cesse de compléter et dont il aimait à faire les honneurs, avec cette parfaite bonne grâce que j’ai pu apprécier en 1911.
- En 1902, à la demande du général Gallieni qui avait pris à la charge de la colonie les frais de la construction d’un pavillon magnétique, le P. Colin a collaboré aux travaux de la mission allemande au pôle Sud, observant toutes les semaines pendant cette année les éléments magnétiques absolus.
- Jusqu’à sa mort, les observations météorologiques et magnétiques ont été régulièrement faites sous sa direction et publiées annuellement.
- Enfin, en outre de ses travaux scientifiques, le P. Colin a publié un volume de mélodies malgaches recueillies au cours de ses voyages.
- Ce rapide exposé montre quelle fut l’activité scientifique du P. Colin que l’Académie avait élu correspondant dans la Section de Géographie et Navigation le 13 mars 1899. La Géodésie de Madagascar lui doit beaucoup. Tout ce que l’on sait de précis sur la Météorologie et le Magnétisme de la Grande Ile est son œuvre. Il a rendu à la colonie d’éminents services, notamment pour la prévision du temps et particulièrement pour celle des cyclones, sur lesquels il a publié des travaux intéressants.
- Il s’est éteint le io avril dernier à Andohalo, entouré de l’estime générale. Depuis plusieurs mois il travaillait à la rédaction d’un travail d’ensemble sur la météorologie et le magnétisme à Madagascar qui devait faire
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- INFORMATIONS
- partie de Y Histoire physique, politique et naturelle de Madagascar de A. et G. Grandidier; il est à souhaiter que cette œuvre considérable ne soit pas perdue et soit achevée par ses successeurs à l’Observatoire de Tana-narive.
- Nouvel horaire des émissions de la Tour Eiffel.
- — Par suite du changement d’heures, l’horaire des émissions de la Tour Eiffel a été modifié et s'établit maintenant comme suit :
- 6 h. 40 à 7 h. Prévisions météorologiques régionales, sauf le dimanche.
- 11 h. à 11 h. i5. Cours du poisson aux halles de Paris, sauf le lundi.
- 11 h. i5 à 11 h. 3o. Annonce de l’heure et prévisions
- météo-générales, saufle dimanche.
- 12 h. à 12 h. i5. Cours du marché aux bestiaux les
- mardis et vendredis. ^
- i5 h. 40 à 16 h. Cours financiers tous les jomrs, sauf les samedis et dimanches.
- 17 h. 3o à 17 h. 55. Cours de clôture et d’après Bourse,
- sauf le samedi et dimanche, cours du marché aux bestiaux tous les lundis et jeudis.
- 18 h. 10 à 19 h. Radio-concert et conférence tous les
- jours.
- 22 h. [O à 22 h. 3o. Prévisions météorologiques générales, sauf le dimanche.
- On voit que le nombre des émissions a encore été augmenté. Des modifications équivalentes ont été établies dans l’horaire des émissions des autres postes français et étrangers, et nous publierons prochainement un horaire complet mis à jour des transmissions radio-téléphoniques européennes.
- Les émissions d’Eberswalde. — Les émissions d’Eberswalde semblent plus irrégulières depuis quelque temps et on ne peut entendre un radio-concert allemand, semble-t-il, que le dimanche.
- Kœnigswusterhausen continue quotidiennement à transmettre des cours de Bourse.
- Un grand observatoire français. — La France est è. la veille de posséder un magnifique observatoire astronomique et météorologique, qui sera avant peu le plus important du monde. Elle le devra au don véritablement fastueux d’un ingénieur, M. Dina, ami et protecteur de la science.
- L’observatoire sera construit sur les pentes sud-ouest du Salève, à Cruseilles, commune du département de la Haute-Savoie, à quelques kilomètres de Genève.
- M. Dina a reçu récemment dans son château des Avesnières, à Cruseilles, trois savants dont les noms sont bien connus dans le monde scientifique et avec lesquels il s’est entretenu de ses projets : MM. le général Ferrié, membre de l’Institut ; H. Deslandres, président de l’Académie des Sciences et directeur de l’Observatoire de Meudon ; A. Danjon, astronome à l’Observatoire de Strasbourg.
- Il est encore trop tôt pour donner ici d’autres renseignements sur les instruments dont cet établissement sera muni, mais nous croyons savoir que le principal d’entre eux sera un télescope d’un diamètre plus grand que celui de l’Observatoire du Mont Wilson, aux Etats-Unis, et qui est de 2 m. 5o.
- Le nouvel observatoire disposera en outre d’un important service météorologique, destiné à fournir les renseignements les plus précis sur l’état de l’atmosphère, indispensables aux grandes lignes d’aviation.
- C’est avec plaisir que nous enregistrons cette nouvelle. La France, au point de vue astrophysique, se trouvait sensiblement en retard sur les autres pays, et notamment sur les Etats-Unis. Les savants français, mis en infériorité par un matériel insuffisant et ancien, ne répondant pas aux nécessités des recherches nouvelles, souffraient de ce manque d’outillage scientifique moderne et puissant. Le nouvel observatoire, dont la construction va être poussée avec activité, leur permettra d’entreprendre, à n’en pas douter, des travaux importants, et d’ici quelques années notre pays aura retrouvé, en Astrophysique, une place qu’il aurait dû toujours conserver : l’Astronomie physique et l’Astronomie de position sont en effet deux branches de la science qui se complètent, sans se faire un tort mutuel. Le ciel est vaste et ouvre un libre champ à toutes les recherches.
- Les animaux de chasse et de pêche en novembre.
- — C’est, en novembre, le moment de la chasse à courre et à tir des grands mammifères [cerfs, chevreuils, sangliers, loups, renards), Les chevreuils perdent leurs bois ; on les rencontre en Bourgogne et dans les forêts de l’Est. Les cerfs errent dans les grands bois, où on favorise leur multiplication qui réussit lorsqu’ils rencontrent de la tranquillité et surtout où leurs cantonnements sont placés au voisinage de plaines cultivées.
- On chasse aux chiens courants, les lièvres et les lapins. Les premiers, par gelée blanche, descendent dans les lieux bas. Les seconds, restent au terrier par grand vent, lequel oblige les lièvres à quitter les bois et à se gîter dans les fossés et les sillons perpendiculaires à la direction du vent.
- La perdrix se chasse en battue. Même par gelée blanche, on peut en tuer quelques-unes au chien d’arrêt, mais il faut se lever de bonne heure.
- Sous bois et à la passée, on chasse les bécasses, qui, en temps de brouillard, s’abattent un peu partout. Les vents d’Ouest, du Sud-Ouest, du Sud sont favorables pour la chasse au chien courant; ceux d’Est et du Nord, défavorables; ceux du Nord-Ouest, favorables au stationnement (surtout par nouvelle lune); ceux du Sud, favorables pour les passages.
- On continue la chasse des alouettes au miroir — c’est le moment de leur grand passage —, des bécassines, des grives, des foulques.
- Par les grands vents, il faut penser aux vanneaux, qui se laissent tirer à bonne portée; de même, quand il y a du brouillard, lequel fait abaisser le vol des oies sauvages et égarer les faisans.
- Les vents d’Est, du Nord, du Nord-Est ne se maintenant pas trop longtemps dans la même direction sont bons pour la chasse à la hutte du gibier d’eau.
- Les gelinottes, quoique sédendaires en France, se déplacent vers la fin du mois.
- Les renards et les putois restent dans leur terrier, mais les piégeurs sont plein d’astuce pour les en déloger et leur faire passer un mauvais quart d’heure.
- Les changements brusques dans le climat, si fréquents en novembre, sont peu favorables à la pêche. Certains beaux jours, on peut, cependant, faire encore quelques bonnes récoltes.
- Dans les remous et les régions calmes des rivières, le ver de terre donne de bons résultats pour les chevennes, les gardons, les perches, les vandoises.. Il est plus favorable que l’asticot — qui, cependant, peut être employé
- — pour les ablettes, les jeunes gardons, les petits chevennes, les verrons, mais non pour les goujons, qui sont engourdis.
- Les appâts vivants, maintenus au tiers inférieur de la hauteur de l’eau, peuvent fournir des brochets, des perché?, de gros chevennes.
- Durant les très belles journées — trop rares — on peut, à la mouche artificielle, capturer des chevennes et des vandoises.
- Naturellement, négliger les Salmonidés, qui sont en pleine reproduction, et dont la pêche, d’ailleurs, pour cette raison est interdite.
- La plupart des poissons de mer ont quitté la côte et se sont retirés dans les grandes profondeurs ou au large et c’est en vain que l’on chercherait à prendre des poissons plats, des congres, des maquereaux, des bars. On pourra cependant se rattraper, surtout par les belles journées, sur quelques autres poissons plus côtiers, comme, par exemple, les mulets, les brèmes, les godes, les vieilles, les harengs, les petites morues. Les crabes et les homards désertent les bancs rocheux, mais, à pied, on fait de bonnes récoltes de coques, de coquilles Saint-Jacques (en particulier, dans la baie de Morlaix sur le banc du château du Taureau) et d’hultres. FI. Coupin.
- Erection d’un monument à J.-H. Fabre. — Obéissant à une pensée ,de respectueuse 'admiration pour l’oeuvre du savant entomologiste J.-Henri Fabre, un comité s’est formé pour continuer la souscription ouverte en 1914> dans le but de fêter le centenaire du grand savant et lui élever un monument à Sérignan.
- Ce comité fait appel à la générosité de tous les amis de la science pour glorifier le grand savant et le grand écrivain.
- Les souscriptions sont reçues par M. Henry de la Paillonne, maire de Sérignan (Vaucluse).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- T, S. T~.
- Un condensateur simple à vernier. — On sait toute l’importance de la précision de réglage d’un
- Fig. i. — Condensateur à vernier, type Bonnefont,.
- condensateur, surtout pour la réception des ondes courtes et dans les amplificateurs à résonance.
- Aussi de très nombreux modèles de condensateurs à vernier ont-ils été présentés dans le commerce. Ils comprennent généralement une lame mobile additionnelle, que l’on peut mettre séparément en mouvement à l’aide d’un bouton. Ce dispositif, assez difficile à réaliser mécaniquement, augmente, bien entendu, dans d’assez grandes proportions le prix de revient de l’appareil.
- Le nouveau condensateur, représenté par la figure ci-dessus, a l’avantage d’une très grande simplicité; il se compose d'un condensateur variable à air de un millième de microfarad de construction soignée et d’un condensateur de un dix-millième que l’on peut actionner à l’aide d’un bouton molleté, figuré sur la photographie. Mais ce dernier condensateur ne se compose pas de lames tournantes, il est formé simplement de deux plaques métalliques, dont on peut faire varier l’écartement; 6 tours du bouton permettent le réglage précis, c’est-à-dire qu’un tour de bouton correspond à 1/60.000 de microfarad.
- Le constructeur de cet appareil est M. Bonnefont, 9, rue Gassendi, à Paris. «
- Un nouvel audion. — Les audions de réception ordi-
- Fig. 2. — Le triode Junot.
- On voit également sur la figure un nouveau type de variomètre pour ondes courtes.
- naires présentent trop souvent l’inconvénient d’avoir des filaments fragiles, de sorte qu’ils sont souvent hors
- d usage, alors que le vide est encore bon dans l’ampoule et que la plaque n’est pas détériorée. Il serait donc intéressant de pouvoir remplacer le filament lorsqu’il est brisé.
- Le triode Junot permet ce changement sans avoir à démonter 1 ampoule puisqu’il comprend deux filaments que l’on peut mettre successivement en service par une manœuvre simple. Les filaments sont verticaux, ce qui présente encore l’avantage de leur conserver une plus longue, durée de service (fig. a). Jusqu’à présent, cet appareil est construit comme détecteur; prochainement, sans doute, des lampes du même genre pourront être réalisées comme amplificatrices.
- Le constructeur du triode est la maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, à Paris.
- Mécanique <-«*
- Petit support de chignole. — Il est assez rare que l’amateur mécanicien ou électricien dispose d’une petite perceuse d’établi, le plus souvent il a à sa disposition une simple perceuse à main dite chignole, qui lui permettra néanmoins de percer des trous, de tarauder s’il agit avec précaution.
- Cependant quand il s’agit d’effectuer des travaux demandant un peu de soin, par exemple percer des plaques d’ébonite en vue de procéder au montage de. postes de T. S. F., il est indispensable que la perceuse à main soit maintenue d’une façon rigide.
- Or il est possible * ,
- de réaliser un petit F3- “ SuPPort de la chignole, dispositif avec quelques morceaux de métal et quelques vis et écrous.
- On prend du fer plat de i5 à 20 mm de largeur et de quelques millimètres d’épaisseur. On le coude suivant la forme indiquée par le croquis en lui donnant la forme d’un collier de serrage qui viendra enserrer la chignole en deux points. Pour assurer la fixation, on perce deux trous près du collier, de manière à placer une vis à métaux avec écrou qui permettra de fermer le collier et de le serrer sur la partie où il se trouve placé.
- Ces supports ont deux pattes percées également de trous qui serviront au passage de vis à bois pour fixer les supports sur l’élabli. De cette manière, la chignole se trouve disposée horizontalement, la poignée de manœuvre en l’air, et on peut alors maintenir la pièce avec une main pendant que l’autre manœuvrera l’outil.
- Cette disposition|peut être employée s’il s’agit par exemple de bobiner des carcasses et on aura ainsi une
- Fig. 4. — Montage horizontal de la chignole. '
- petite bobineuse sinon rapide, tout au moins suffisante pour exécuter du travail propre.
- On peut aussi placer la chignole verticalement en montant les supports analogues aux précédents sur un montant de bois ou sur un panneau vertical. La pièce à percer sera soutenue par une petite planchette montée sur le panneau ou le montant avec une charnière,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Cette planchette se termine en forme de levier et de poignée de sorte que l’on peut avec une main faire tourner l’ensemble et donner à la pièce qu’on travaille
- Charnière
- Levier
- Fig. 5. — La chignole montée verticalement.
- un avancement suffisant à mesure que le perçage avance.
- L’amateur disposera ainsi d’une petite machine à percer économique qui lui sera suffisante et qui aura l'avautage de ne modifier en rien la chignole qui une fois démontée pourra servir comme par le passé.
- cConstruction
- Un nouveau système de construction. —La pénurie des matériaux d’une part et la pénurie de main-
- tig. ü. — Coupe d’un caisson principal.
- d’œuvre exercée, d’autre part, ont fait naître en ces dernières années une foule de systèmes de construction
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- oj
- A.
- Fig. 7. — Coupe d’un caisson d’angle, avec matelas d’air.
- nouveaux; des agglomérés de tous genres ont été proposés et souvent employés avec succès ; des procédés de mise en œuvre nouveaux se sont fait jour.
- En voici encore un, né depuis peu, et dû à MM. Cam-boufives et Fonvieille. Il consiste à constituer lès murs
- du bâtiment au moyen de caissons creux, maniables et légers, qui en forment pour ainsi dire la carapace. Puis une fois ces caissons mis en place, on les bourre de béton et on obtient des murs monolithes, d’une grande solidité; on a ainsi supprimé le coffrage, onéreux et délicat, nécessaire dans la construction ordinaire en béton armé ; et la construction peut être exécutée très rapidement par des ouvriers même peu exercés.
- Les caissons fabriqués au moule avec du mortier légèrement mou, du sable et du ciment sont très résistants, de plus, ils sont exempts de porosité et leurs faces sont-aussi polies que le marbre. Ils forment donc tout naturellement parement, sans qu’il soit besoin de recourir à des crépissages ou à des enduits.
- Notons aussi qu’on peut bourrer les caissons simplement avec de la pierraille liée avec du mortier, ou même avec de la terre mélangée à du gravier.
- Les inventeurs ont l’intention de mettre en vente une machine spéciale pour fabriquer ces caissons, qui permettra aux entrepreneurs de les fabriquer eux-mêmes sur les chantiers.
- S'adresser au lieutenant Fonvieille, 160 B. O. A., Castres (Tarn).
- r> Objets utiles
- Les boules plastiques « Quiès ». — Yoici une petite invention originale et pratique, ce sont des boules plastiques composées de matières spéciales pures et saines que l’on peut placer dans l’oreille pour intercepter les bruits extérieurs ; elles peuvent servir aussi longtemps qu’elles restent propres.
- Le Dr Marage a communiqué il y a quelque temps à l’Académie des Sciences les études qu’il a faites sur les inconvénients des bruits et sur les maladies nerveuses qui peuvent en résulter.
- A Paris, en particulier, avec la circulation intense des véhicules, spécialement des autobus, le bruit est parfois vraiment intolérable.
- Ou a cherché depuis longtemps à s’isoler des bruits au moyen de boules d’ivoire, de boules de caoutchouc, de coton mélangé à de la paraffine. Toutes ces dispositions sont peu pratiques et la paraffine présente l’inconvénient de fondre et de pénétrer dans l’oreille en occasionnant des complications.
- Les boules <c Quiès », au contraire, n’ont aucun inconvénient, elles sont applicables à tous ceux qui ont un sommeil léger, aux personnes nerveuses que le bruit affecte, aux convalescents dont le sommeil active la guérison; elles procurent le silence complet à ceux qui travaillent intellectuellement, et qui sont gênés par le bruit.
- Enfin, une application originale est celle qui s’adresse aux nageurs, car les boules placées dans les oreilles empêchent l’eau d’y pénétrer et peuvent éviter les otites si fréquentes et si dou-lourenses.
- Boules « Quiès », 47/ boulevard Victor, à Paris.
- L’accroche-balai.—C’est un objet simple, mais bien commode. Les balais ont leur manche généralement percé d’un trou où l’on passe une ficelle. Mais celle-ci se salit, s’use et finalement casse.
- L’anneau métallique imaginé par M. Sollier est propre et solide ; il se fixe au manche instantanément et permet de pendre le balai à sa place. Fig. 9. — L’accroclie-balai.
- C’est un petit objet utile
- dans toutes les maisons. — En vente chez M. Sollier, 282, rue Saint-Jacques, Paris.
- Fig. 8. Utilisation des
- boules Quiès.
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- IgD
- VARIÉTÉS
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- PRODUCTION ET COMMERCE DES
- Les poires qu’on désigne sous ce nom doivent non seulement posséder les qualités gustatives qui distinguent les meilleures variétés, ainsi que les caractères physiques qui rendent leur aspect séduisant et leur permettent de supporter de longs transports, elles doivent surtout répondre au goût dominant des consommateurs français et étrangers auxquels elles sont destinées. Je vais indiquer brièvement les plus connues, leurs principales zones de production et le commerce qui les concerne.
- I. Production. — Principales régions. — Les vallées : a) de la Loire, Angers, Saumur, Ghinon, dans le Maine-et-Loire; b) de la Seine, Yernon, Gaillon, dans l’Eure; c) du Rhône, Yillefranche ; d) de la Garonne, le Bordelais, puis les départements de Seine-et-Oise, notamment à Montmorency, Groslay, Deuil, les Pyrénées-Orientales, la Sarthe, l’Indre-et-Loire, la Loire, l’Ardèche, la Drôme, le Nord, l’Aisne, etc.
- Variétés. — Parmi toutes celles qui existent, je n’en retiendrai que 17 bien spéciales pour la table : 4 pour les variétés d’été, 7 pour les sortes d’automne, 6 pour celles d’hiver, et les présenterai par ordre alphabétique.
- Variétés d’été. — Beurré d'Amanlis. — Fruit moyen ou gros ; peau vert-brun ou jaune verdâtre, lavée de rouge à l’insolation; chair blanche, assez fine, fondante, sucrée; bonne. Maturité : août-septembre. Fruit un peu moins recherché qu’autrefois.'
- Beurré Giffard. — Fruit moyen, un peu rétréci au milieu; peau mince, fine, jaune citrin, lavée de rouge; chair blanc verdâtre, fine, fondante, sucrée, très bonne. Maturité : fin août-septembre. C’esi la première bonne poire hâtive ; très estimée en Anjou et dans l’Auvergne, elle tend à se répandre sur les marchés.
- Clapp’s Favourite. — Fruit gros, ovoïde, allongé; peau fine, jaune d'or, lavée de rouge au soleil; chair blanche fine, fondante, acidulée, bonne. Maturité a0 quinzaine d’août. Pourrait concurrencer la William, mais elle blettit facilement.
- Bon Chrétien Williams plus connue sous le nom de « William d. Fruit gros, cydoniforme; peau fine, jaune d’or; chair blanche, très fine, juteuse, fortement musquée, très boune. Maturité août-septembre. Très cultivé dans toutes les plantations commerciales, ce fruit occupe le i8r rang pour l’exportation en Angleterre où il est fortement concurrencé par la William ou Bartlett de Californie.
- Variétés d’automne. — Beurré Clairgeau. — Fruit d’apparat, très gros, un peu arqué; peau fortement lavée de rouge vif à l’insolation ; chair mi-fine, ferme, juteuse, sucrée, qualité variable. Maturité octobre-novembre. Très estimé pour l’Angleterre.
- Beurré Diel. — Beau fruit gros et parfois énorme, régulier; peau épaisse virant au jaune; chair mi-fine, juteuse, parfois un peu âpre; qualité variable suivant les sols. Maturité novembre à janvier. Son exportation baisse à cause de la tavelure.
- Beurré Hardy. — Fruit moyen ou gros, régulier; peau rude, vert gris, devenant jaune fauve ; chair un peu verdâtre, très fine, fondante, un peu acidulée, juteuse, très bonne. Maturité octobre Fruit de plus en plus recherché.sur les marchés et pour l’exportation.
- Charles Ernest. — Très beau fruit, gros, régulier; peau fine, vert clair devenant jaune pâle ; chair mi-fine, sucrée, juteuse, bonne. Il commence à être recherché sur le marché.
- Doyenné du Comice. — Beau fruit gros ou très gros ; régulier; peau très fine, délicate, devenant jaune doré et fortement colorée en rouge; chair très blanche, très fine, très fondante, très parfumée, exquise. Maturité octobre à novembre. Elle est généralement tenue pour la meilleure des poires; elle fait toujours prime et atteint les prix les plus élevés, mais elle abonde peu sur le marché.
- Duchesse d'Angoulême. — Fruit gros ou très gros, souvent bosselé; peau épaisse, devenant jaüne; chair ferme, mi-fine, mi-foudante, juteuse, peu parfumée; qualité variable suivant les sols. Maturité octobre à novembre. Longtemps appréciée pour l’exportation en Angleterre et en Russie, elle est fortement concurrencée aujourd’hui par le Beurré Hardy et le Doyenné du Comice.
- POIRES DE TABLE COMMERCIALES
- Louise Bonne d’Avranch.es. — Fruit moyen, allongé régulièrement; peau verte, pointillée de roux, devenant jaunâtre, chair mi-fine, mi-fondante, sucrée, acidulée, un peu astringente; très bonne. Maiurité septembre-octobre. Très estimé pendant longtemps pour l’exportation, il est moins cultivé maintenant, étant devenu sujet à la tavelure.
- Poires d’hiver. — Bergamote Esperen. — Fruit petit ou moyen; peau épaisse, rude, ponctuée de roux, devenant jaunâtre; chair blanche ou vert jaunâtre, fine, fondante, acidulée, qualité variable suivant les sols. Maturité janvier-avril. Se vend plus souvent au poids qu’à la pièce.
- Beurré d’Hardenpont. — Beau fruit gros ou très gros, cydoniforme, côtelé; peau chagrinée, fine, verdâtre, lavée de rose à l’insolation; chair très fine, très fondante, sucrée, juteuse, acidulée, un peu âpre, parfumée, excellente. Maturité novembre à janvier. Très recherché dans le commerce, il demande à être emballé avec soin pour le transport.
- Doyenné d'hiver. — Ferait gros ou très gros, souvent en forme de tonneau; peau lisé’e, fine, verte, devenant jaune paille; chair très fine, très fondante, parfum rappelant la fleur, un peu acidulée, excellente. Maturité janvier à mars. Un des fruits les plus estimés pour le commerce.
- Joséphine de Malines. —- Fruit petit ou moyen, turbiné, régulier; peau lisse, épaisse, ponctuée de roux, devenant jaune clair; chair fine, rosée, fondante, parfum de rose, très bonne. Maturité décembre à mars. Recherché malgré son faible volume.
- Olivier de Serres. — Fruit petit ou moyen, pomiforme, bosselé; peau épaisse, brun fauve, lavée de rouge à l’insolation; chair blanc jaunâtre, assez fine, fondante, acidulée, un peu âpre, parfumée, très bonne. Maturité janvier à mars. Assez recherché.
- Passe-Crassane. — Fruit moyen ou gros, pomiforme, bosselé; peau épaisse, vert brunâtre, devenant jaune fauve, teintée de rouge à l’insolation ; chair fine, granuleuse autour des loges, fondante, bien sucrée, acidulée, un peu âpre, très juteuse, excellente. Cette poire occupe le second rang pour l’exportation. Elle a remplacé la Bergamote Crassane très appréciée autrefois et encore très vendue en Normandie.
- Quantité et valeur de la production. '— On ne peut l’établir pour les poires, les statistiques agricoles annuelles ayant le grand tort de mélanger les poires et les pommes pour ’ce qui concerne ces deux renseignements.
- IL Commerce. — Classement des variétés pour l’exportation et le prix. — Les poires les plus demandées sont, par ordre décroissant, William, Passe Crassane, Doyenné du Comice, Doyenné d’hiver, Ducheste d’An-goulême, Beurré Harcjy, Louise Bonne d’Avranches, Beurré Diel, Beurré Clairgeau, Beurré d’Hardenpont, Beurré d’Amanlis, etc. Au regard- des prix, celles qui atteignent les plus hauts pour des fruits irréprochables sont : Doyenné du Comice, Passe Crassane, Doyenné d’hiver, Beurré Clairgeau, Beurré d’Hardenpont, Beurré Diel, Charles Ernest, Olivier de Serres, Duchesse d’An-goulême, etc.
- Expéditions. — Ce sont les variétés d’été1 et d’automne qui donnent lieu, généralement, aux expéditions les plus importantes. On les expédie encore un peu dures, parce que leur maturité s’achève bien après la cueillette, les poires de luxe dans des caissettes où on les place, après les avoir' enveloppées isolément, sur un seul rang ou deux tout au plus, en les inclinant pouf ne pas casser le pédoncule, ce qui diminuerait leur valeur, et de manière à montrer le côté colorié. Les matériaux de garnissage sont l’ouate, les frisures de bois ou mieux de papier. Les poires ordinaires sont emballées dans des paniers d’osier rectangulaires, des cageots, des tonneaux, etc.
- Prix de vente. — Avant la guerre, les fruits bel ordinaire valaient, en pleine saison, xo à 3o francs le quintal, les fruits triés 35 à 60 francs, et, en hiver, les plus beaux variaient de 1 à a fr. 5o pièce. Cette année, sur le marché de Lyon, à la fin de juillet, les Giffard ont valu 100 à 160 fr., les Clapps i5o à 175 fr., les Williams 175 à a5o fr. les 100 kg. Aux Halles de Paris, au
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- VARIETES
- début d’aoùt, les Williams ont été cotées 2S0 à 400 fr-pour le ier choix et 120 à 200 fr. pour l’ordinaire. A la mi-octobre, les poires communes coûtent 100 à 180 fr. et celles de choix 3oo à 1100 les 100 kilogrammes.
- Exportations. — Nos trois grands pays d’exportation sont d’abord l’Angleterre et l’Allemagne, puis la Russie, mais nous y sommes très concurrencés, chez la première par la Belgique, les Etats-Unis, la Hollande et les Dominions, et, chez la seconde, par l’Autriche-Hongrie, la Belgique, l’Italie, la Hollande et la Suisse. Nous n’occupons par suite qu’un rang inférieur malgré la supériorité de nos poires qui est nettement reconnue.
- On n’a de renseignements approchés sur ces exportations que par des rapports émanant de professeurs d’agriculture, de centres d'expédition ou par des statistiques étrangères. C’est ainsi que l’on sait que, dans le Maine-et-Loire, la gare d’Angers expédie annuellement 1 5oo 000 kg de poires William au mois d’août à destination de l’Angleterre; que celle de Saumur en expédie, par jour,^otrcr“-kg durant un mois; que les gares de
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- Groslay et Deuil, en Seinc-et-Oise, envoient plusieurs milliers de tonnes dans ce même pays.
- D’après les statistiques anglaises, on peut évaluer nos exportations jusqu’en 1909, selon les années, entre 4000 et 5ooo tonnes, soit, pour notre pays, 3i à 66 pour 100 de l’importation totale, mais ce chiffre a baissé beaucoup depuis l’arrivée sur le marché des mêmes variétés provenant des divers Dominions, qui mettent à profit les avantages de leur climat et de leur culture. Les statistiques allemandes indiquent, pour la même période, une moyenne de 6000 tonnes, chiffre vraiment faible, car il atteint à peine 25 pour xoo de l’importation des autres pays réunis.
- Etant données la richesse de notre sol, l'abondance, la diversité et la qualité de nos variétés, il est bien regrettable que notre part dans ces exportations soit aussi réduite, et il est à souhaiter que nos horticulteurs, qui ne le cèdent en rien à ceux de l’étranger, parviennent, en se spécialisant, à rehausser cette part et à la rendre digne d’eux et de notre pays. A. Truelle.
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- LE POIDS NORMAL DES ENFANTS
- Les tables anthropométriques dressées par divers auteurs : Quetelet, Variot, etc., donnent la taille et le poids en fonction de l’âge des enfants. Leur interprétation est par suite souvent difficile ; elles font intervenir des notions de précocité ou de retard de développement qui n’ont rien à voir avec l’état d’embonpoint. Avec les tables, on trouve, par exemple, pour un enfant donné une taille et un poids supérieurs à la normale par rapport à l’àge. S’agit il d’un organisme relativement robuste ou au contraire amaigri par rapport à la taille ? C’est ce que les tables consultées ne nous disent pas et ce que nous aurions le plus souvent besoin de savoir.
- Pour obvier à cet inconvénient, Mayet a cherché un coefficient dérivé de la formule de Pignet. Ce coefficient dit de robusticité se calcule ainsi : on soustrait de la taille exprimée en centimètres le poids calculé en kilogrammes et augmenté du périmètre thoracique moyen. On trouve ainsi un chiffre qui est d’autant plus fort que l’enfant est moins vigoureux et qui varie de 12 (vers 1 an), à 3o (vers 5 ans), à 43 (vers 10 ou 11 ans), à 35 (vers i5 ans ), à 23 ou 24 (vers 21 ans).
- Mais cette formule de Mayet, dont l’exactitude a été discutée par Calvet, est, elle aussi, bien, souvent d’une interprétation difficile. De plus, elle est un peu compliquée d’application, puisqu’elle nécessite au moins trois mesures : poids, taille, périmètre thoracique, dont la dernière n’est pas facile à prendre.
- Il n’en est pas de même pour la règle qui, sous les auspices d’un Comité de secours®américain et avec l’aide de von Pirquet, professeur de pédiatrie à Vienne, fut utilisée en Autriche au moment de la grande crise économique survenue peu après la guerre.
- Pirquet a calculé que la racine cubique de xo fois le poids en grammes divisé par la hauteur du buste donne un coefficient commodément utilisable auquel il a donné le nom de pélidisi. Ce coefficient est normal, quel que soit l'âge, quand il atteint un chiffre qui varie de g5 à xoo. Avec une règle à calcul on arrive assez vite à faire les opérations nécessitées par cette formule. 11 est cependant plus simple d’avoir sous les yeux la table publiée par von Pirquet (').
- Nous extrayons de cette table quelques chiffres qui concernent les poids extrêmes que peut peser normale-
- 1. Von Pirquet. — Pelidisi-Tafel. Wien und Leipzig, Verlag von Josef Safar, 1921.
- ment un enfant d’une hauteur de buste détermxuée :
- HAUTEUR DU BUSTE , POIDS NORMAUX EN KG
- en cent. mimma. rnaxima
- 44 7 • 4 » 8.40
- 47 9-°3 10.2
- 5o 10.8 12.3
- 53 12.9 14.7
- 56 i5.3 17.3
- 59 17.8 20.2
- 62 20.7 23.4
- 65 23.9 27.0
- 68 27.3 30.9
- 71 31.1 35.2
- 74 35.2 39.8
- 77 39.6 44.8
- Cette table présente un premier avantage : elle ne tient pas compte de l’âge, mais exclusivement de l’état d’embonpoint.
- Cette table ne donne pas, second avantage, un seul chiffre pour chaque taille, mais à la fois un minimum et un maximum. C’est que, en effet, toute loi biologique, celle de la croissance comme les autres, oscille entre des extrêmes. Il est donc de toute nécessité qu’une formule qui permettra de juger de l’état d’embonpoint donne les limites entre lesquelles varie la normale.
- Enfin, la formule de von Pirquet élimine la longueur des jambes, qui, comme on le sait, croissent chez l’enfant beaucoup plus vite que le buste et rendent les rapports du poids et de la taille trop complexes pour qu’on puisse les exprimer par une mesure simple. Mesurer le buste est d’ailleurs aussi simple que de mesurer la taille. Il faut seulement prendre une précaution sur laquelle Dreyer a attiré l’attention dans les remarquables tableaux qu’il a publiés j1). Pour mesurer le buste, il faut en effet ne pas s’asseoir sur une chaise avec les jambes pendantes, mais par terre ou sur une table assez grande de telle sorte que les genoux soient assez fortement relevés par rapport au plan sur lequel repose le siège. Autrement l’erreur peut atteindre 3 pour 100. Dr P. E. Morixardt.
- 1. Dreter.— The Assessmen of Physical Fitness, witli Tables. Cassell and Go, London, 1920 Les chiffres donnés par Dreyer coïncident avec ceux de von Pirquet. Ils ne donnent malheureusement pas les extrêmes entre lesquels oscille la normale.
- WA
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent nu Sei'vice de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement, Il est rappelé qu’en imison des recherches
- le plus souvent nécessaires et du nombre des cori*espondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Siebenmann, à Marseille. — Les maisons suivantes sont susceptibles cj’entreprendre des son~
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- BOITE AUX LETTRES
- dages pour recherche d’eau dans les conditions que vous indiquez : Brochot, >19, rue Rochechouart; Boutan, 7 1, avenue du Général-Bizot ; Lippmann, 47» rue de Chabrol; Lorin, 17 bis, rue Juge, 15n ; Porlet, 8, rue Saint-Amand; Revel, 36, rue Baudin; Moreau, n, rue des Boulets.
- M. Alazard, à Paris. — Il n’est pas dans nos habitudes de recommander une maison plutôt qu’une autre, voici quelques adresses de fabricants de bons aspirateurs de poussières parmi lesquels vous pourrez choisir : L’Aspirator Société Calor, 194, faubourg Saint-Martin; Le Birum Cie Lutra, i3, rue de Londres; le Soterkenos, maison Domange, 80, rue Taitbout; Le Tourbillon, maison Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne.
- M. Monnoyer, à Vincennes. — r Le bouillonnement que vous avez constaté lors de l’addition de lessive de soude au liquide acide est dû à ce que cet'te lessive doit être fortement carbonatée par exposition à l’air, c’était un dégagement d'acide carbonique, a" La production d’une teinte chocolat en désulfatant votre accumulateur est normale, elle indique la fin de l’opération. 3" Il est difficile de juger sans avoir vu, quelle est la nature de l’enduit qui existe sur vos bornes, très probablement le vermillon que vous avez employé est cause de cet accident par le mercure qu’il renferme. N. B. Le vermillon est un sulfure de mercure obtenu soit par voie sèche, soit par voie humide.
- M. Quanquin, à Chambolle (Côte’d’Or). — L’échantillon que vous nous avez soumis est constitué par une argile très ferrugineuse, sa finesse est en effet remarquable, mais nous ne prévoyons pas qu’elle puisse avoir un emploi particulier.
- F. R. X., à Paris. — Le silex est constitué par du quartz amorphe incorporé à la craie sous forme de rognons en lits interrompus, il renferme environ 1 pour 100 de fer et alumine.
- L’enveloppe blanche que l’on observe autour de la masse translucide du quartz est par conséquent un silicate de chaux résultant des actions réciproques de la silice du silex et de la chaux du carbonate de chaux.
- A. B. Le nom de ce cacholong est habituellement réservé à une variété de calcédoine d’un blanc de porcelaine (Quartz agate).
- M. Lebret, à "Villejuif. — 10 Le sirop de grenadine est un sirop de fantaisie qui n’a rien de commun avec la grenade; on l’obtient, en général, en ajoutant une solution vanillée d’acide tartrique ou citrique à du sirop de sucre, vous pouvez à la maison préparer un produit analogue en opérant ainsi : Prendre un litre de vinaigre, y faire infuser pendant un mois 2S0 gr. de framboises ou de groseilles, presser pour en extraire le jus, compléter le volume de celui-ci à un litre. Mélanger ensuite avec :
- Sucre blanc.................2000 gr.
- Blanc d’œuf.................. 40 —
- Agiter, et, après dissolution du sucre, écumer, porter à l’ébullition, puis colorer au ton désiré par une quantité suffisante de la solution suivante :
- Eau non calcaire............ 100 gr.
- Cochenille.................... 5 —
- Crème de tartre............. i,5 —
- Alcool à 90................. 100 c. c.
- Alun pulvérisé................ a gr.
- Pour faire cette dissolution, porter l’eau à l’ébullition, y jeter la cochenille, puis l’alun et la crème de tartre, laisser refroidir et ajouter l’alcool.
- Si le goût de vinaigre n’était pas à votre convenance, vous pouvez remplacer ce dernier par une dissolution de 20 gr. d’acide citrique dans un litre d’eau et procéder de même pour la suite de la préparation.
- 2° Les brillantines cristallisées du commerce sont habituellement constituées par de la cérésine en suspension dans l’huile de vaseline; vous pouvez prendre comme type les proportions suivantes, qui peuvent légèrement varier suivant la saison, la température ayant une influence sur la solubilité.
- Cérésine blanche............220 gr.
- Huile de vaseline blanche. . 780 —
- On parfume ensuite à volonté suivant préférence.
- 3° Tous les constructeurs de phonographes peuvent vous fournir un diaphragme monté spécialement pour l’enregistrement, des disques. Voici les adresses de deux principales maisons : Pathé, Sa, rue Lafayette ; Le Gramophone, ii5, boulevard Richard-Lenoir. Comme maisons s’occupant spécialement de l’enregistrement
- nous pouvons vous indiquer : Roux, 142, rue du Chemin-Vert; Barrau, 1, rue du Jura; l’Aérophone, 33, rue des Marais, ou, d’une manière générale pour tous renseignements, à la Chambre syndicale du Phonographe, ïo, rue de Lancry.
- M. Tournel, à Marseille. — L’obtention d’un savon soluble dans l’eau de mer est une impossibilité attendu que le chlorure de sodium précipite le savon, cette caractéristique est appliquée industriellement dans l’opéra-tiun du relargage qui sépare le savon de la lessive gly-cérinée et chargée des impuretés provenant des matières premières.
- M. Mabon, à Redon. — Nous avons constaté personnellement, dans un vieux château, que l’on pouvait très bien assécher des murs humides et salpêtrés en logeant dans leur épaisseur des tubes en poteries d’une forme particulière. La personne qui avait exécuté ce travail est M. Albert Colombo, entrepreneur à la Tour de Peilz, Vaud (Suisse).
- M. Domange, à Paris. — La liqueur de prunelle, très appréciée dans le Nord où elle est connue sous le nom de fourderaine, se prépare d’une façon très simple : on cueille les fruits mûrs du prunellier ou épine noire après les premières gelées et on les fait macérer dans de l’eau-de-vie pendant un temps plus ou moins long, dix-huit mois à deux ans habituellement (deux litres d’eau-de-vie par kilogramme de fruits). Les uns se contentent d’essuyer les fruits, d’enlever les queues et de les jeter dans de l’eau-de-vie, sans plus de soins; les autres enlèvent la pulpe, la jettent et ne font macérer que les noyaux, après les avoir écrasés; dans ce dernier cas, la macération se trouve réduite à huit ou dix mois. Lorsque par l’une ou l’autre méthode, l’eau-de-vie s’est chargée des principes aromatiques on filtre et on ajoute 25o gr. de sucre par litre de liquide, laisse en contact jusqu’à dissolution et filtre à nouveau sur papier. N. B. Il s’agit d’eau-de-vie à c\o-k50 et non d’alcool concentré 90-95°. On peut également préparer une sorte de kirsch de prunelles en laissant fermenter les fruits préalablement broyés et en distillant comme s’il s’agissait de prunes ou de cerises.
- M. F., à Sisteron. — i° Vous trouverez des indications générales sur la fabrication des combustibles agglomérés dans l’ouvrage : Combustibles industriels, par Félix Colomer, éditeur, Dunod, 47, quai des Grands-Augustins, et, d’autre part, des renseignements spéciaux, dans diverses éludes avec plans, Sur les machines à agglomérer, qui ont paru chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères et qui portent sur les systèmes suivants : Système Durand et Marais; Système Dupuy et fils; Système Couffinhal ; Système Veillon ; Système L’Horme ; Système Leflaire. Le prix de chaque étude était avant la guerre de 2 francs. Comme constructeurs du matériel nécessaire pour cette fabrication, nous pouvons vous indiquer : Braillon, à Beauvais, 16, rue du Faubourg Saint-Jacques ; Société anonyme de matériel de construction, 57, rue Pigalle, Paris; Lobin et Bruge, à Aix en Provence; Brandt, à Bèze (Côte-d’Or).
- Foyer des Etudiants, à Nancy. — x° La préparation de l’encre à marquer les sacs ne présente aucune difficulté; il suffit de délayer du noir de fumée dans de l’huile de lin cuite.
- 20 Le vernissage au tampon s’effectue au moyen du
- mélange suivant :
- Gomme laque........... i3o gr.
- Huile de lin . . . . . . . i5 - -Alcool dénaturé....... 85o c. c.
- On imbibe de cette mixture un tampon constitué par une bande de laine roulée sur elle-même et recouverte d’un morceau de toile. On frotte rapidement et légère ment sans s’arrêter. De temps à autre, pour faciliter I glissage du tampon, on ajoute une goutte d’huile de 1 (pas plus) et on continue. 3° Vous trouverez des trom> a eau chez tous les fournisseurs d’appareils de labc toire, par exemple chez Neveu, 16, rue Monsieur-Prince; Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange.
- M. Saëger, à Paris. — Nous ne connaissons p? substitut au plâtre pouvant s’employer dans les n conditions, peut-être pourriez-vous trouver, pf fabrication que vous avez en vue et que nous ign des documents utiles dans l’ouvrage paru récen Les pierres artificielles, par Fritsch, éditeur Des 29, quai des Grands-Augustins.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La.
- Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ......
- La constitution de l’atome et les raies spectrales, par A. Sommerfeld, traduit delà 3e édition allemande par H. Bellf.not en 2 fascicules illustrés, 744 p. Albert Blanchard, éditeur, Paris 1923. Prix : 55 francs.
- L’ouvrage du physicien allemand Sommerfeld tient une place importante dans la littérature scientifique de ces dernières années. C’est en effet un exposé d’ensemble, extrêmement complet, de toutes les notions expérimentales et de toutes les théories qui conduisent aux conceptions modernes de l’atome; très logiquement construit, il a en outre le mérite d’une clarté éblouissante ; et les théories si difficiles des quanta, de Bohr, de la relativité y sont présentées tour à tour en des raccourcis remarquables. Certains chapitres généraux, radioactivité, propriétés générales des rayons X, généralités spectroscopiques, etc., sont des modèles de haute vulgarisation. L’auteur ne s’est pas borné à condenser en un majestueux ensemble les travaux les plus modernes; il apporte en outre une contribution personnelle de haute importance à la résolution du problème des orbites électroniques dans les atomes et à l’explication des raies spectrales. Bref, le livre de Sommerfeld constitue une sorte de bilan bien dressé du plus captivant des chapitres de la physique moderne. On devrait donc se féliciter de l’apparition d’une traduction française d’un ouvrage aussi considérable et aussi utile. Malheureusement la traduction de M. Bellenot n’est, en bien des chapitres, ni fidèle, ni correcte. 11 était peut-être difficile de conserver les brillantes qualités de style de l’original allemand; mais les contresens innombrables, les erreurs grossières qui émaillent les deux cents premières pages de cette traduction sont véritablement impardonnables et scandaleuses; leur auteur témoigne qu’il ne sait ni l’allemand, ni le français, ni les rudiments de la physique. Les chapitres suivants sont beaucoup plus correctement traduits, et manifestement ne sont pas l’œuvre du même traducteur.
- A Survey ofthe Status of the Détermination of the general Perturbations of the minor Planets, par P. Leuschner (publication du National Research Council). 1 brochure, 78 p. National Academy of Sciences. Washington, 1922. Prix : 1 dollar.
- Résume critique des diverses recherches effectuées sur les perturbations des petites planètes.
- Production et condensation de la vapeur, par E. Sauvage, 1 vol. gr. in-8, 366 p , 3o3 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1923. Prix, broché : 35 francs.
- Cet ouvrage est surtout descriptif; très sobre en considérations théoriques, on n’y trouve que quelques calculs élémentaires, et même peu de données numériques. Par contre, les divers organes d’une installation génératrice de vapeur sont successivement examinés en détail ; leur rôle est expliqué clairement et l’auteur décrit avec soin les modèles les plus caractéristiques ; il étudie ainsi successivement les foyers et * les systèmes de tirage artificiel, les réchauffettrs et les surchauffeurs, les principaux types de chaudières et leurs accessoires, les différents types de conden-eurs et les appareils annexés.
- usteur-mécanicien (20 vol.). Travail aux machines, r J. Thibaudeau. i vol. 386 p., 344 fig- Eyrolles, eur, Paris 1923. Prix : 10 francs.
- ,e livre décrit les principales machines d’un atelier nique : étaux limeurs, raboteuses, morlaiseuses, mises, perceuses, tours de tous genres, scies, es; il explique comment ils fonctionnent, les
- travaux qu’ils exécutent, et ce que l’ouvrier a à faire pour les diriger. L’ouvrage est rédigé et illustré avec beaucoup de précision et de clarté.^
- Manuel pratique du dessinateur électricien, par H. de Graffigny. i vol. in-16, 196 pages, 178 figures. Desforges, éditeur, Paris 192.3. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume contient les renseignements sur les machines génératrices ou réceptrices, l’appareillage et les canalisations, qui sont indispensables au dessinateur pour calculer, d’après les directives de l’ingénieur, les détails d’une installation d’éclairage ou de transmission d’énergie.
- Le gaz d’eau approprié aux chauffages industriels, par le Dr J.-B. Nérard. i brochure, 47 P-, 1 fig. Desforges, éditeur, Paris, 1923. Prix : 2 fr. 2.5.
- L’industrie du caoutchouc, par F. Jacobs, i vol. 4/3 p., 209 fig. Béranger, éditeur, Paris, 1923. f'rix : 52 francs.
- L’industrie du caoutchouc est mal connue du grand public, malgré le grand nombre de produits d’usage courant qu’elle lui fournit : ignorance regrettable, car elle supprime le contrôle efficace, générateur du progrès, que le client éclairé peut exercer sur son fournisseur. Le livre de M. Jacobs, œuvre d’un technicien expérimenté, a précisément pour objet d’exposer dans leurs grandes lignes, en laissant de côté les détails qui n’intéressent que le praticien, les diverses opérations qui transforment le caoutchouc brut en objets manufacturés. Il résume tout d’abord les connaissances chimiques actuellement acquises sur le caoutchouc et il en montre les lacunes; il jette un coup d’œil rapide sur les divers caoutchoucs artificiels ou factices ; puis il étudie les matières premières qui interviennent dans le traitement industriel du caoutchouc; il étudie ensuite en détail l’importante opération de la vulcanisation. Après ces préliminaires, il aborde l’industrie caoutcboutière proprement dite, et décrit la fabrication des divers articles qu’elle met sur le marché, en insistant sur les plus importants, à savoir : les enveloppes et chambres à air pour vélos et autos, les tissus, les chaussures, les fils et câbles.
- Touring-Club italien. Annuaire de Vautomobilisme et du motocyclisme 1923-1924. 1 vol. 692 p., 600 fig., Milan 1923. Prix : 16 lires.
- Ce livre, le plus complet sur l'automobilisme qui ait paru en Italie, est une véritable encyclopédie du moteur d’automobile ou de motocyclette.
- Voici les principales questions traitées :
- Technique de l’automobile et du motocycle ; revue de la production en Italie ; concours sportifs ; bibliographie ; statistiques ; règlements pour la circulation à l’étranger; services d’autobus; adresses des principaux constructeurs et commerçants; dictionnaire des termes relatifs au moteur, en cinq langues ; la liste des trajets et des péages, des passages des Alpes et des Apennins avec la date d’ouverture et de fermeture; la table des distances par les routes de grande communication, entre les villes d’Italie et entre celles-ci et les villes les plus importantes de l’étranger.
- Les meilleurs et les pires des champignons à chapeau, par Henri Coupin, docteur ès sciences, 1 vol. de io3 planches (en noir). Edité par l’auteur. (Chèque postal n° 343.90, Paris.) Prix net : 5o francs.
- Cet ouvrage, dont nous avons annoncé le commencement l’année dernière, vient d’être terminé. On y trouvera, représentées sommairement, toutes les espèces de Champignons à chapeau (Basidiomycètes) de France — qui sont au nombre de près de 2000 — accompagnées de légendes explicatives. Tirées en noir, les gravures sont très facilement coloriables à l’aquarelle, ce qui constitue un excellent exercice pour s’initier à leur connaissance, qui n’est pas aussi difficile qu’on le croit généralement.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2588
- 10 Novembre 1923
- Les causes de l’échec du raid des Zeppelins du 20 octobre 1917. — On se souvient du raid tenté à la fin de l’année 1917 par des dirigeables allemands du type zeppelin qui, après un bombardement de Londres se termina par la chute en France de quatre des aéronefs. Jusqu’ici les causes de cette fin dramatique étaient restées assez mystérieuses pour le grand public. M. Chesneau vient de les révéler dans une réunion de la Société de VIndustrie minérale. L’heureux désastre des zeppelins a été provoqué par un curieux concours de circonstances météorologiques. Yoici le récit de M. Chesneau :
- « Les quatre zeppelins en question, après avoir jeté leurs bombes sur Londres, se sont élevés précipitamment et se sont dirigés vers l’Allemagne. Il y avait alors sur toute l’Europe, dans les parties basses, un brouillard extrêmement dense et ils n’ont pas pu voir dans quelle direction ils allaient; saisis par un courant très violent venant du pôle, ils ont été entraînés vers le sud avec une vitesse qu’ils ne pouvaient soupçonner. Ce vent était très froid, alors que sur le sol la température était relativement assez élevée. Une brume très épaisse s’est établie entre ces deux niveaux et, ne voyant rien de ce qui se passait sur le sol, les équipages des zeppelins se sont crus dans une atmosphère très tranquille ; ils n’avaient pas conscience du vent qui les entraînait et croyaient faire route vers l’Allemagne, alors qu’en raison de la vitesse très grande de ces courants froids ils se dirigeaient vers la France. Au bout d’un certain temps, ne se voyant pas au-dessus de l’Allemagne, ils ont demandé par T. S. F. où ils se trouvaient. A ce moment, avec trois postes de T. S. F. en communication, on pouvait déjà repérer l’emplacement d’un ballon accordé sur ces postes. Au bout de quelques minutes, on leur a répondu : «Vous êtes au-dessus de Dijon». Grand étonnement des aéronautes allemands, qui se sont dit : « On se moque de nous; nous allons bien voir ». Ils ont lâché du gaz et ils sont descendus. Puis., arrivés à une centaine de mètres du sol, ayant dépassé la zone de brouillard, ils se sont aperçus, en se reportant à leurs cartes, qu’ils devaient être dans la région lyonnaise ! Ils ont voulu remonter, mais il s’était produit un phénomène qu’ils n’avaient pas prévu : la température était si basse dans les couches d’air qu’ils avaient traversées, que toute l’eau de refroidissement de leurs moleurs était congelée. Le mélange d’eau et d’alcool, qui devait résister à — io°, s’était solidifié à la température de —38°, et les moteurs ne pouvant plus fonctionner, ils n’ont pu remonter.
- Un des ballons a pu être saisi, parce qu’un garde-champêtre s’est trouvé là et a empêché les aéronautes de le brûler. Trois heures après un savant très distingué arrivait sur place en automobile, et a pu faire les constatations que je viens d’indiquer, d’après le livre du bord et les températures des baromètres enregistreurs.
- Gomme vous le voyez, les zeppelins ont rencontré un de ces courants très violents venant du pôle, ayant une température très basse, présentant une différence de plus de 5o° avec la température du sol, et doué d’une vitesse absolument anormale et de sens très différent des courants inférieurs. »
- L’industrie du chlore liquide en Allemagne. —
- Depuis 1900 jusqu’à la guerre, l’Allemagne a été le plus grand — et presque le seul — producteur du chlore liquide. Tandis que les autres pays fixaient tout le chlore qu’elles produisaient sous forme de chlorures, les usines germaniques en comprimaient une partie à l’état pur dans des cylindres d’acier pour gaz comprimé et l’y liquéfiaient facilement (6,8 atmosphères de pression à 21°).
- En 1913, les usines de la Badische et de la Griesheim Elektron produisaient près de 20 000 tonnes de chlore dont le dixième sous forme liquide.
- On sait l’usage que les Allemands en firent, à partir d’avril 1915, à l’état pur d’abord, puis sous forme de composés chlorés.
- Pour y répondre, la France qui .n’avait aucune usine du chlore dut se hâter de créer cette industrie. Au mo-moment de l’armistice, les usines françaises avaient
- fourni à l’armée 24 000 tonnes de chlore dont moitié sous forme liquide.
- Depuis, notre industrie du chlore liquide a été loin de se développer, mais il n’en est pas de même en Allemagne d'après les renseignements recueillis sur place par M. Ii. Muraour et publiés par lui dans Chimie et Industrie. Actuellement, la production mensuelle y atteint 6 à 7000 t., soit qS 000 t. par an environ.
- M. Muraour donne le tableau suivant des multiples emplois de ce gaz :
- Chlore directement utilisé en 1 mois par les usines
- productrices : 3972 tonnes.
- i° Pour HCl synthétique ............... 315 t.
- 2° Pour produits chimiques et pharmaceutiques .............................. 1.107 —
- dont :
- Solvants, tétrachlorure de carbone, acétylène, tétrachlorure, trichlorétylène . . 42.0 —
- Chlorates . . . ........................ 3oo —•
- Chlorure de soufre (vulcanisation). . . 60 —
- Chloroforme, chloral, acide benzoïque,
- substituts de résines, etc............ 3-27 —
- 3° Acide benzoïque, chlorure debenzyle, pentachlorure de phosphore, chlorure d’aluminium, acide chloracé-tique, phosgène, acide anthrani-
- lique, etc.........................2.070 —
- Chlore livré en 1 mois aux autres usines chimiques de l’Allemagne : 2816 tonnes.
- Sous forme liquide........................2.000 t.
- Usine de désétamage de Goldschmidt, à
- Essen, environ........................... 100 —
- Sous forme de chlorure de chaux ... 815 —
- En outre, on commence à employer le chlore pour la stérilisation des eaux potables. Rien qu’à Leipzig, pour ce besoin, on compte en consommer i5o tonnes par an.
- C’est là une industrie à surveiller étroitement tant que nous aurons des commissions de contrôle en Allemagne, et surtout à ne pas laisser péricliter chez nous !
- Les pétroles des Sélaciens. — M. Emile André, pharmacien-chef de l’hôpital Beaujon, a fait cette année au laboratoire de M. le professeur Moureu, au Collège de France, une série d’intéressantes conférences que le Bulletin de la Société chimique de France a publiées. On y trouve de curieux renseignements sur des carbures d’hydrogène trouvés dans les huiles de foie de squales. L’un d’eux, fortement non saturé, a pour formule Qsojjso ou C29H4S, possède six liaisons éthyléniques et a reçu le nom de squalène; l’autre, saturé, a pour formule C,8H38 et n’a pas reçu de nom spécial, c'est un octo-décane.
- La découverte du squalène est due à de curieuses circonstances. On sait que les huiles animales et végétales ont une densité de 0,920 à 0,980; or la densité des huiles de squales ne dépasse pas 0,870 à 0,880 et s’abaisse même parfois à o,865, Déjà, en 1899, le chimiste analyste anglais Allen, ayant eu à expertiser des huiles de requin pesant 0,866 à 0,874, avait conclu à une falsification. En 1916, la même accusation fut portée pour un lot d’huiles de poisson expédié de Portugal en Angleterre; l’expert anglais suspecta le vendeur d’avoir additionné son produit d’huile de résine;.ce dernier, pour se justifier, choisit un autre expert, un chimiste allemand établi à Lisbonne, Hugo Mastbaum, et lui fit préparer l’huile à partir des foies de Sélaciens, en l’espèce Scymnus Irchia et Centropkorus granulosus ; la densité en était aussi faible que pour les produits expédiés à Londres. En 1917, Chapman, en Angleterre, en isola un carbure d’hydrogène non saturé auquel il attribua la formule C29H4S. L’année précédente, 1916, Tsujimoto retirait, au Japon, des foies de squales très variés un carbure C30H30 qu’il appelait squalène. Certaines huiles de squales en contiennent jusqu’à 90 pour 100. En 1917, le même auteur trouva dans le foie d’un Pèlerin (Cetorhinus maximus) un autre carbure saturé, l’isooctodécane C18II58.
- Ces deux corps nouveaux eu chimie physiologique ne manquent pas de soulever maints problèmes curieux.
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- INFORMATIONS
- Le squalène a une chaleur de combustion de 10773 calories alors que les graisses ordinaines n’en peuvent dégager qu’environ 9000. Très facilement oxydable, il constitue donc le plus parfait des matériaux de réserve dont un organisme puisse disposer.
- L’isooctodécane, par contre, est inerte puisque saturé. A quel-besoin répond cette formation d’une véritable paraffine animale ?
- Enfin, les découvertes de Tsujimoto peuvent rouvrir une discussion déjà ancienne et toujours d’actualité sur l’origine des pétroles. On sait que divers paléontologistes ont soutenu l’origine animale de ceux-ci. Or, les Sélaciens (squales, raies, chimères) sont des poissons fort anciens dont on trouve déjà les traces au silurien; ils abondaient certainement au carbonifère ; ils sont souvent de grandes tailles et les plus grands ont des foies pesant jusqu’à une tonne et plus. Il y a divers arguments de valeur en faveur de l’hypothèse que les gisements de pétrole seraient des dépôts décomposés d’animaux fossiles.
- La pêche miraculeuse. — L’analyse du travail de M. E.-W. Gudger parue dans les Informations dun° 2678 de La Nature nous a valu diverses rectifications dont nous publions ci-dessous la plus complète.
- « Ce fait que l’on signale paraît tout à fait réel, mais il ne se rapporte en rien au fait évangélique.
- L’auteur aurait bien fait d’ouvrir son évangile et d’y lire Luc V et Jean, chapitre 21, où il y a deux pêches miraculeuses différentes.
- Si Luc ne s'y connaissait pas, Pierre s’y connaissait certainement ainsi que les autres apôtres présents au miracle. Jésus était dans la barque (3) avec Pierre et non sur un point élevé. Donc Pierre ne devait pas répondre « il n’y a pas d’avance » (5) et puis tomber aux genoux de Jésus en l’adorant (8) et lui dire : « éloignez-vous de moi... » (9); l’effroi l’avait saisi et tous ceux qui l’accompagnaient, à cause de la raflure des poissons qu’ils avaient faite, de même en Saint-Jean, 21 ».
- .'Nouvelles de T. S. F.
- Les émissions de Lausanne. — Le poste municipal de Lausanne HB2 continue, sur 1100 m., ses émissions régulières. Pendant la Foire, qui s’est déroulée du 8 au a3 septembre 1923, des radio-concerts organisés par la Société commerciale « Utilitas » avaient lieu le matin et l’après-midi.
- Voici désormais quel sera l’horaire :
- 8 heures. Météo pour l’aéronautique (Télég.).
- 8 h. o5. . Prévisions de Lausanne (Téléph/j.
- 10 h. 5o . Météo pour Dübenborf et Genève (Télép.).
- 11 h. 5o . Météo pour Genève (1400 m. Télég.).
- 13 h. . . Météo pour Zurich (Téléph.).
- 14 h. . . Météo pour l’aéronautique (Télég.).
- 16 h. . . Mardi, jeridi et samedi : Radio-concerts.
- 18 h. 55 . Météo pour la Suisse. Prévisions de Zu-
- rich (Téléph.).
- 19 h. . , Météo pour l’aéronautique (Télég.).
- 19 h. o5 . Dimanche, lundi, mercredi et vendredi :
- Radio-concerts.
- Les émissions du poste de la Tour Eiffel. — Les
- amateurs de T. S. F. remarquent depuis quelque temps, souvent avec déception, que les émissions de la Tour Eiffel, bien que très puissantes, sont aussi souvent irrégulières.
- Nous avons indiqué que le poste de la Tour Eiffel était en voie de transformation. De nouvelles expériences sont en cours, dans lesquelles sont employées des lampes démontables Holweck, et il en résulte aussi de fâcheuses interruptions.
- Il ne faut pas oublier non plus que cetté station n’est pas un poste industriel, mais un poste militaire, et essentiellement un poste d’essai; d’ailleurs, de très faibles crédits lui sont alloués. On ne saurait donc exiger, ni même lui demander, la régularité d’émissions entreprises seulement pour l’agrément du public. Il est cependant permis d’espérer que les transmissions deviendront de plus en plus régulières à mesure que le personnel se sera familiarisé avec les nouveaux appareils. Les pays limitrophes, jusqu’à une distance de plus de i5oo km, entendent, en effat, ces puissantes émissions
- et il est désirable, pour le bon renom de la France à l’étranger, qu’elles puissent être continuées j1).
- De même, les amateurs déplorent l’emploi continuel de l’arc qui gêne leurs réceptions. Des transformations sont en cours qui amélioreront cet état de choses. En attendant, le service sur arc est de plus en plus réduit.
- On doit d’ailleurs désirer, plutôt même que des émissions puissantes et centralisées, la création de postes régionaux à petite puissance. Le premier de ces postes vient d’être établi à Agen sous l’impulsion du Radio-Club de cette ville, et il faut espérer que d’autres stations du même genre seront érigées.
- Fading Effect. — L es Annales des P. T. T. de septembre 1923 reproduisent un article du Wireless-World sur le « Eading effect ».
- Nous avons déjà expliqué en quoi consistait ce phénomène, bien connu depuis longtemps des techniciens de la T. S. F., mais que la radio-téléphonie a mis à l’ordre du jour.
- Il est évident que cette question est encore obscure, mais il existe une théorie générale relative à la « couche d’FIeaviside » qui peut tout au moins servir de base à une explication. On sait que cette hypothèse consiste à supposer qu’il existe pendant la nuit une couche conductrice à très haute distance dans l’atmosphère, sur laquelle viennent se réfléchir les ondes hertziennes ; il se produirait ainsi une sorte de voûte à une hauteur de plus de 3o km au-dessus du sol. Cette couche est dispersée par la lumière solaire, ce qui expliquerait pourquoi les transmissions se font beaucoup mieux la nuit que le jour; mais ce phénomène de réflexion n’est pas régulier, parce que la couche elle-même n’est pas stable, les signaux seraient ainsi réfléchis plus ou moins régulièrement et le fading se produirait.
- Quelques faits permettent d’appuyer cette hypothèse; d’abord il n’y a pas de fading pendant le jour, les signaux reçus sont faibles mais constants ; le fading est plus important à grande distance et également plus important sur terre que sur mer, en raison de l’affaiblissement plus grand des ondes directes Mais des causes locales, encore mal connues, semblent aussi avoir une influence énorme sur ce phénomène. »
- La station de l’Ecole supérieure des P. T. T. —
- Les Annales des P. T. T. de septembre 1923 donnent la description détaillée du poste d’émission installé à l’Ecole supérieure des P. T. T.
- Les lampes employées pour l’émission sont des tubes à vide à filament de platine recouverts d’oxyde de ba~-ryum et de strontium, ainsi l’émission des électrons est maxima, et il suffit de porter ce filament à une température peu élevée, correspondant au rouge sombre, pour obtenir une aussi forte émission qu’avec un filament ordinaire au rouge blanc.
- D’ailleurs, le nombre d’électrons croît très vite avec la température, ce qui permet de régler l’émission. Le courant est fourni par des génératrices, de façon à obtenir une tension de chauffage de i4,5 volts et une tension de plaque de 1600 volts dans les lampes émettrices.
- Le microphone d’un modèle spécial est d’un rendement excellent, il possède un diaphragme tendu, dont la fréquence naturelle est élevée, ce qui évite toute distorsion. Les ondes sonores reçues par le microphone sont amplifiées par trois élages à basse fréquence avant d’arriver aux appareils de modulation.
- L’antenne est du type horizontal à 7 fils parallèles, écartés de 40 cm, d’une longueur de 100 m. et d’une hauteur de 3o m.; elle a la forme d'un T asymétrique.
- L’intensité dans l’antenne est de 6 ampères à la base de l’antenne, pour la longueur d’onde de mètres. Enfin, la pièce dans laquelle ont lieu les conférences et les concerts qui doivent être transmis, c’est-à-dire le «studio », a été étudiée spécialement au point de vue acoustique.
- Les murs ont été drapés, ainsi que le plafond, le parquet recouvert de tapis, et il faut que la position du microphone soit soigneusement réglée, suivant les instruments de musique, et également suivant le timbre de la voix. Ainsi, on placera le microphone à 2 m. pour un soprano ou un ténor, et à 3 ou j m. pour une voix de mezzo ou de basse. Pour la parole, la distance est réduite à 5o cm ou à 1 mètre.
- 1. D’après Radio-électricité, d’ailleurs, un nouveau poste d'émission serait prochainement installé en outre du poste servant aux essais.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- c^ns. Mécanique
- Nécessaire pour le graissage des arbres de transmission. — L’entretien des arbres de transmission dans un atelier exige un graissage régulier et une
- Nécessaire pour le graissage des arbre, de transmission.
- visite non moins régulière de l’état de bon fonctionnement des différents paliers. Généralement ce travail s’effectue pendant les heures d’arrêt de l’atelier et l’ouvrier qui en est chargé doit au minimum se munir de la burette et d’une clé pour resserrer les chapeaux des paliers qui en ont besoin.
- Pour éviter des montées et des descentes inutiles d’échelle, il est facile d’agencer sur une échelle munie des crampons habituels qui s’accrochent aux arbres les moyens de fixation des clés et de la burette.
- Tout d’abord, au moyen de petites plaquettes de tôle coudées comme l’indique le croquis, on constitue simplement des logements pour une ou même plusieurs clés si l’on juge ce nombre nécessaire. De l’autre côté on placera une boîte en fer-blanc avec deux clous ou deux boulons et sur un côté on ouvrira une fente afin de laisser passer la poignée de la burette quand on l’aura placée dans ce récipient. La largeur sera prévue suffisante pour éviter que la burette ne puisse se renverser au cours des transports ou sous l’influence des chocs toujours inévitables au cours des opérations.
- Voilà un nécessaire parfait pour un graisseur d'arbres
- de transmission , on pourra y ad j oindre quelques chiffons pour inciter l’ouvrier à exécuter son travail proprement.
- Dispositif pour perçage de trous par en dessous. — Dans les travaux de montage, il arrive fréquemment que l’on doive percer les pièces par en dessous, car on ne peut remuer et déplacer une pièce trop lourde ou trop encombrante. Cela se présente notamment dans le montage de châssis d’automobile et l’on utilise alors des chignoles à main ou mieux encore des machines à percer électriques.
- La position de travail . est naturellement très
- Rg. a. - Dispositif pour perçage incommode,mêmesil’on de trous par en dessous. j. ,, c -,
- 1 dispose d une fosse de
- réparations et les copeaux provenant du perçage risquent fort de tomber dans les yeux de l’ouvrier. On peut éviter cet inconvénient en disposant autour de la mèche, dans le mandrin, un entonnoir de petites dimensions qui servira de réceptacle aux débouchures du travail quel qu’il soit : qu’il s’agisse de perçage, dé taraudage ou de fraisage par en dessous. Ce dispositif est, comme on le voit, des plus simples à employer et il pourra éviter bien des accidents.
- $me Gillette
- Outil pour couper des bandes de caoutchouc. —
- Pour découper des bandes minces de caoutchouc ou de cuir, le travail est assez délicat si l’on veut qu’il soit exécuté correctement, et pour faciliter l’opération le caoutchouc doit, être mouillé.
- Quand on doit dccoujmr de loncue? bandes minces, pour des ceintures, des joints de pare-brise d’automobile, il est commode de monter une lame de rasoir Gillette dans une mon -ture de bois de la forme indiquée par le croquis. 4
- C’est une sorte de poignée qui présente une feuillure dans laquelle on fixe la lame de rasoir au moyen de petites vis à bois ou mieux de prisonniers filetés munis d’un écrou de bloquage. Il est facile de démonter cette lame quand elle a besoin d être affûtée ou remplacée. A la partie inférieure, un redan est disposé de manière que l’outil puisse prendre appui sur le côté de la table comme le ferait un trus-quin au cours des opérations de traçage. Si cette partie guide éprouve de la difficulté à glisser le long de la table on la savonne légèrement à sec.
- Quant à la feuille de cuir ou de caoutchouc il suffit de la poser bien à plat sur la table ou l’établi et, au besoin, de la maintenir solidement par des presses ou des poids suffisamment lourds.
- Fis.:
- Outil pour couper des bandes de caoutchouc.
- Jîutomobilisme
- <1%
- Réflecteur pour garages. — On sait la difficulté que l’on éprouve pour effectuer des réparations sous le
- Lampe balladeuse ____
- .r^/'
- Cuvette
- I
- Fig.
- Lampe balladeuse assujettie sur une cuvette.
- châssis d’une voiture automobile. On n’a pas toujours une fosse de visite et on est tenu alors de se glisser sous la voiture en s’éclairant au moyen d’uné balladeuse. Celle-ci ne donne pas une lumière bien intense et on ne peut pas généralement la suspendre à l’endroit voulu pour éclairer les parlies à travailler.
- Une disposition commode est celle qui consiste à monter au centre d’un plat étamé ou d’une cuvette une douille de lampe sur son macaron.
- Les fils arrivent sous le fond du plat et il suffit de poser sur le sol ce réflecteur im provisé pour
- avoir un éclairage vertical puissant si la lampe a une intensité en rapport,
- Fig. 5. — Mode de fixation 'sur le bord de la cuvette.
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- On peut aussi agencer la lampe balladeuse avec un réflecteur constitué par une cuvette émaillée ou brillante.
- étamé
- Fig. 6. — Lampe fixée sur le fond d'un pial étamé.
- Bride.
- Au moyen d’une bride on assujettit la lampe sur le bord de la cuvette, de manière que la lumière se trouve réfléchie par l’espèce de miroir concave formé par la cuvette. On peut alors effectuer pendant la nuit des réparations en plaçant cette cuvette ainsi agencée à tous les endroits utiles. Sur la route même, la balladeuse de la voiture (ne l’oubliez pas) et une cuvette efnpruntée dans un village, permettront, de répareretde vérifier plus facilement. Dans ce cas, contentez-vous de placer la balladeuse au fond de la cuvette, mais gardez-vous bien de la percer pour y fixer une bride.
- Fis.
- Curette
- -Bridede fixation
- placée sur la cuvette.
- Petit accessoire pour réparations de chambres à air. — Dans un atelier de réparations de pneumatiques où l’on doit réparer fréquemment un grand nombre de chambres à air, il arrive que l’on perd un certain temps pour appuyer sur la valve afin de vider complètement la chambre de l’air qu’elle contient. Yoici un petit montage facile à construire qui permet de placer simplement la chambre sur un support pour qu’elle se vide automatiquement.
- Une pièce de bois dure est percée en son centre d’un trou qui débouche dans un autre trou vertical disposé en équerre. Ce' dernier est d’un diamètre suffisant pour permettre à une valve de dimension courante d’y pénétrer facilement. Au fond du trou vertical émerge la pointe d’une vis que l’on a enfoncée dans la pièce de bois par la partie inférieure.
- Par suite, lorsqu’on place la chambre sur la pièce de bois, de manière que la pointe de la vis appuie sur la
- Chambre à air
- valve comme le ferait l’ouvrier avec le doigt, l’air peut s’échapper par le conduit horizontal et l’on n’a pas à s’occuper autrement du fonctionnement complet de l’appareil.
- Pour éviter que la poussière ne vienne se loger dans le trou vertical du logement de la valve, la pièce de bois est montée sur charnière et on la relève contre le mur quand l’appareil n’est pas en service courant.
- Moteur démarreur agencé en perceuse électrique. — Le garage est un atelier où l’ingéniosité est de règle pour suppléer à l’insuffisance de matériel. C’est ainsi que le perçage de trous dans les pièces métalliques peut évidemment être fait avec une chignole mais si le
- nombre de trous est grand, s’ils sont profonds, on se trouvera bien de prendre une perceuse électrique.
- Si l’on dispose d’un démarreur peu apte à sa fonction première on peut le modifier pour l’équiper en perceuse électrique. Ce moteur est alimenté par la batterie de la voiture, 6 ou 12 volts suivant le cas, et on pourra donc avoir une perceuse électrique, même si le garage ne possède pas une distribution d’éclairage.
- On constitue la poignée au moyen d’une bride de tôle d’acier qui entoure le démarreur et porte des oreilles servant à fixer des poignées de manœuvre. A l’extrémité de l’arbre on montera un mandrin de perceuse et à l’arrière on placera une bride robuste formant cons-
- PP’3ne'GS Copünjyuple
- (ïï& Bornes
- Mandrin
- V/’
- Batterie 6 volts
- \ Coilier
- Fig. <) — Moteur démarreur agencé en perceuse électrique.
- cience permettant à l’ouvrier de faire pression pour donner l’avancement suffisant à la mèche au cours du perçage.
- Généralement ces moteurs ont un pôle à la niasse. On supprimera cette masse en reliant le fil correspondant à une borne montée avec la borne d’entrée du courant sur une plaquette ébonite fixée à la partie supérieure du démarreur.
- Sur la même plaquette on disposera un interrupteur de commande et au besoin un bouchon fusible.
- ctg'îss. Agriculture
- Procédé simple de mesure de l’acidité des sols.
- — On sait l’importance du rôle que joue l’acidité du sol pour la croissance des plantes et le rendement des récolté Chaque espèce a besoin d’une acidité optima que le cultivateur doit lui fournir, soit par des amendements calcaires dans les terrains trop acides, soit en choisissant parmi les engrais le sulfate d’ammoniaque ou bien le nitrate du Chili, le superphosphate ou bien les scories basiques de déphosphoration.
- Il y a donc grand intérêt à ce que le cultivateur lui-même puisse à chaque instant contrôler l’état de son terrain.
- La Revue internationale de Renseignements agricoles indique la méthode très simple suivante, imaginée par M. Comber, aux Etats-Unis.
- Dans un tube à essai, on ajoute à a-3 gr. de terrain environ 5 cm5 d’une solution incolore de 40 gr. de sulfo-cyanure de potasse dans un litre d’alcool à g5 pour ioo.
- On ferme le tube avec un bouchon et on l’agite fortement plusieurs fois. Après le dépôt des matières en suspension, on estime le degré d’acidité d’après la couleur du liquide.
- Réaction. PH. Couleur.
- Fortement acide . . . 4-5 rouge foncé
- Acide. environ 5 rouge
- Faiblement acide. . . 5-6 rouge clair
- Très faiblement acide. 6-6-5 rose clarè ou incolore
- Traces d’acidité . . . 6,5-7
- Neutre 7 toujours incolore
- Alcaline plus de 7
- Lorsque le liquide reste incolore, on opère avec une solution identique, mais colorée avec du chlorure de fer et on ne juge de la couleur qu’au bout de 18-24 heures, après avoir agité encore une fois. Si la couleur rouge a disparu, le sol sera environ neutre, Pu = 7. Si la couleur est encore bien visible, la réaction sera faiblement acide. Pour déterminer le degré d’alcalinité, on préparera une série de solutions colorées avec des quantités croissantes de chlorure de fer. Plus le sol est alcalin, plus il absorbe de chlorure de fer.
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- VARIÉTÉS
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- LE RAYON VERT — LE BOLIDE VERT
- Nous avons reçu l’intéressante communication qui suit de M. l’amiral Huguet.
- « Votre Nature n° n5o8 contient un article de M. Effère au sujet du rayon vert.
- Permettez-moi d’apporter dans la controverse le résultat d’une observation caractéristique. Elle est, à mon point de vue, d’autant plus intéressante que — avant de la faire — j’étais fort sceptique au sujet de la réalité de ce rayon vert que je n’avais jamais pu voir en a5 ans de navigation dans les 5 parties du monde, et c’est là où je m’y attendais le moins qu’il m’a été donné de l’observer.
- Ceci dit, j’étais en 1901 commandant de Ylbis, dans la mer du Nord et me rendais, un jour de juillet, de Peterhead (Ecosse) aux îles Shetland. Je me trouvais, au moment du coucher du soleil, en pleine mer, au large du golfe de Murray par 57 ou 58° de latitude nord.
- C’était après une forte tempête dont il ne restait qu’une longue et grosse houle du Nord; mais le temps était redevenu superbe, vent complètement tombé, ciel sans nuage, atmosphère remarquablementlimpide etpure.
- h’Ibis était un petit bâtiment de 35o à 400 tonnes qui disparaissait entièrement entre 2 crêtes de lames. Je me trouvais sur la passerelle de navigation, l’oeil à 5 ou 6 m. au-dessus de la ligne de flottaison.
- C’est dans ces conditions que j’ai eu la surprise •— que je puis qualifier d’exceptionnelle — de voir, au même coucher de soleil, trois fois le rayon vert, vert du plus bel émeraude.
- Une i'8 fois alors que le bâtiment se trouvait dans un creux, entre 2 lames, au point schématique A. Le soleil n’était pas encore couché, mais s’est trouvé momentanément caché à Ylbis, par les lames environnantes (fig. x).
- Une 2° fois — quelques minutes après — lorsque le soleil s’est effectivement couché à l’horizon, Ylbis se trouvait sur un point quelconque de la ligne B B, niveau normal de la mer.
- Une 3e fois, lorsque le soleil ayant disparu de l’horizon depuis plusieurs secondes, Ylbis s’est trouvé sur une crête de lame en un point représenté schématiquement par C.
- De cette triple et extraordinaire observation, il résulte clairement, pour moi, que le rayon ver|$— à la mer — est le produit de la décomposition de la lumière solaire au travers d’une couche d’eau de mer plus ou moins épaisse.
- Je ne nie pas que le rayon vert ne^puisse être un effet de réaction d’une rétine éblouie. Mais je puis certifier que le jour dont je parle, je ne m’étais pas fatigué à fixer le soleil.
- Lors du ier rayon vert, le soleil était encore assez haut au-dessus de l’horizon et je ne pensais nullement au rayon vert. Il fut dû — pour moi — à une décomposition du rayon de lumière au travers d’une des lames surplombant Ylbis.
- Lors du 3e rayon vert, le soleil avait disparu de l’horizon depuis quelques instants, le 2e rayon vert s’était, lui aussi, éteint depuis un moment. Je ne pouvais donc avoir l’œil ni fatigué, ni ébloui — il n’a pu y avoir aucune réaction de la rétine. — L’horizon était pur, mais non éblouissant. C’est un rayon vert qui est sorti de l’eau à l’horizon — dans la direction du soleil couchant — sans d’ailleurs que le soleil se soit montré.
- J’ajoute que malgré les beaux temps constants, je n’ai
- C
- jamais vu de rayons verts ni dans l’Océan Pacifique où j’ai fait 3 campagnes, ni dans la mer Rouge où je suis resté toute une année. J’attribue ce fait à l’humidité de l’atmosphère dans ces deux mers.
- Je pense donc, comme M. Effère, que le rayon vert ne peut se manifester que si l’atmosphère est très calme, le ciel parfaitement clair, sans nuage, ni surtout de brume à l’horizon.
- Et puisque nous parlons rayon vert, permettez-moi de vous signaler un autre phénomène du même genre.
- Au cours d’un voyage en Birmanie, à l’époque de la
- saison sèche, en janvier 1913, je naviguais sur YIraouaddy et me trouvais sur le pont du bâtiment au moment du lever du soleil. Le fleuve est alors très bas et fortement encaissé, Après une nuit très fraîche, il était couvert de gros flocons d’une brume très dense.
- Quand le soleil fut assez haut, et que sa lumière put percer cette brume sous un angle voisin de l’horizon-
- A éclairée
- A Navire
- Pirogue
- taie (une dizaine de degrés), il se produisit un effet extraordinaire de décomposition de lumière. Le premier effet remarquable fut la transformation en magnifiques émeraudes de. mausolées peints à la chaux blanche, édifiées sur la berge du fleuve opposée au soleil et éclairée par lui. Tous les objets de couleurs prirent des teintes d’un éclat extraordinaire. C’est ainsi qu’une pirogue naviguait sur le fleuve, les piroguiers habillés de rouge, de jaune, de blanc, parurent vêtus d’étoffes de couleurs somptueuses et éclatantes (le blanc était devenu du vert). Ces étoffes redevinrent des loques et des chiffons sales lorsque le phénomène prit fin et que le soleil perçant franchement la brume, sa lumière reparut blanche et éclatante. Pendant toute la durée du phénomène, ce fut comme si une baguette magique avait animé et métamorphosé tout le paysage (fig. 2).
- Un phénomène analogue, mais d’une intensité sensiblement moindre, est visible en mer Rouge lorsque, pendant les mois d’été, l’évaporation est considérable et l’humidité de l’atmosphère particulièrement forte. C’est ainsi qu’il m’est arrivé d’y voir à la mer des bâtiments peints en blanc se teinter de vert au coucher du soleil sous l’action de rayons horizontaux.
- Ces deux observations, jointes à celles notées à Strasbourg ou dans les Alpes, montrent que le phénomène du rayon vert est aussi varié dans ses causes que dans ses effets. »
- Le 16 juillet 1923, M. l’amiral Huguet nous adressait la nouvelle communication qui suit :
- « J’ai eu la surprise d’assister dernièrement à Boulogne-sur-Mer à une autre manifestation verte, qu’on peut appeler le Bolide vert.
- C’était le 11 juillet dernier, à 10 heures du soir environ (heure légale d’été), j'étais sur la jetée du port — et vis dans le ciel un gros sillon lumineux — vert émeraude — à bords nets, sans pouvoir éclairant ni rayonnant à caractéristiques suivantes :
- I. Je vis le rayon vert — dans la partie sud du ciel — à environ 6o° au-dessus de l’horizon; mais je ne puis affirmer l’avoir vu dès sa naissance. Sa direction était à peu près le Nord-Sud;
- IL II s’est éteint à i5 ou 200 au-dessus de l’horizon;
- III. La largeur du sillon vert pouvait être à l’œil de o m. 08 à o m. 10 à l’origine dans la partie supérieure de la trajectoire à 6o° au-dessus de l’horizon; elle a diminué au cours de la trajectoire ;
- IY. Sa couleur était vert émeraude dans la partie haute et large de la trajectoire, elle a pâli en même temps que le sillon s’amincissait, pour se réduire en un point blanc brillant ;
- Y. Durée du phénomène : 2 à 3 secondes;
- VI. La température de la journée avait été très chaude — le temps était calme l’humidité de l’atmosphère ne paraissait pas considérable, l’horizon était simplement vaporeux. »
- P. S. — Je sais que M. Colson, professeur de chimie à l’Ecole Polytechnique, a vu ce même phénomène; vous pourriez donc corroborer cette observation. Il l’a faite en pays de montagnes, et le bolide disparut subitement derrière la silhouette de l’une d’elles.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- LES FUMÉES DE PARIS
- La fumée est une des plaies des grandes villes. Elle pollue l’atmosphère, diminue la radiation solaire au niveau du sol, attaque les pierres des maisons et leurs joints et surtout s’introduit dans les poumons des habitants avec l’air qu’ils respirent.
- Aussi est-ce une importante question d’hygiène de supprimer le plus possible la fumée des foyers industriels.
- Il suffît d’avoir une seule fois contemplé la capitale du haut des coteaux de Meudon, de Bellevue ou de Saint-Cloud pour se rendre compte de l’atmosphère polluée que respirent les Parisiens. Sauf quelques jours par an, la ville est surmontée, couverte, parfois même masquée par une couche de fumée continue, opaque, qui s’interpose entre elle et le ciel, v
- Le Conseil d’Hygiène publique du département de la Seine s’est maintes fois préoccupé de cette question. En 1898, une ordonnance préfectorale interdit l’émission de fumées noires, épaisses et prolongées. En 1901, des expériences de fumivorité furent entreprises pour juger de la valeur des nombreux appareils imaginés pour brûler les combustibles sans fumée.
- Mais il est plus facile de prescrire des défenses que
- La revue Arts et Métiers vient de rendre compte des dernières études du Conseil d’Hygiène publique de la Seine à ce sujet et du rapport que M. Colmet, Daage y a présenté.
- Les deux cartes ci-jointes montrent bien les progrès réalisés avant la guerre, sous l’impulsion de la SoéTété du Gaz de Paris qui encourageait les industriels à utiliser le coke de préférence au charbon.
- Paris comptait en 191a près de 4°°° chaudières à vapeur et 4'^b cheminées d’usines importantes. En 1907, 326 fumaient abondamment, en 1912, 182 seulement. Les cheminées ne fumant pas du tout passaient dans le même temps de 68 à i56 et celles fumant peu de 32 à 98.
- Mais la guerre vint interrompre ce progrès. Pendant la guerre, tout Je coke produit par la Société du Gaz servit, soit aux usines de guerre, soit à la consommation domestique, et d’autre part les charbons, livrés par l’Etat aux industriels, étaient de composition variable, souvent très gras; or, avec les appareils fumivores, notamment les appareils à injection, il importe d’utiliser les combustibles comportant toujours une composition homogène pour laquelle les appareils ont été construits.
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- Fig. 1 et 2. — Les cheminées des usines de Paris : à gauche, en 1907 ; à droite, en 1912.
- Cercle clair, cheminées brûlant du coke et 11e fumant pas; cercle gris, cheminées brûlant un mélange de coke et de houille et fumant peu.
- Cercle noir, cheminées brûlant du charbon et fumant beaucoup.
- de les faire observer. En fait, il est très difficile de supprimer la fumée une fois qu’elle est produite. On peut, il est vrai, diminuer sa production au moyen de dispositifs réglant l’entrée dans les foyers de l’air nécessaire à la combustion; c’est ce que se proposent les nombreux foyers fumivores et les appareils de réglage automatique du tirage. Mais, en pratique, la suppression des fumées dépend essentiellement de deux facteurs : la compétence professionnelle et l’attention des chauffeurs employés par l’industrie, la qualité des combustibles ; le charbon maigre fume moins que le gras et le coke pas du tout, J^jp généralisant l’emploi du coke dans les foyers industriels, on diminuerait très notablement la production des fumées. Une ville où tous les foyers seraient bien réglés et bien conduits aurait une atmosphère limpide.
- Paris fuma donc de plus en plus. Et depuis, l’on n’est pas encore revenu à la situation antérieure.
- Les industriels excipent du prix élevé et de la mauvaise qualité des charbons qui leur sont fournis; ils prétendent qu’on ne peut employer uniquement le coke dans les foyers à marche intermittente, le charbon étant nécessaire pour couvrir les feux pendant les heures d’arrêt.
- Tout ceci est exact, mais la capitale ne peut supporter indéfiniment d’avoir son atmosphère polluée par les usines, et le Conseil d’Hygiène publique de la Seine a émis le vœu que les inspecteurs des établissements classés tiennent la main à ce que l’ordonnance du 22 juin 1898 relative aux fumées soit appliquée et qu’un effort soit fait par tous les industriels pour revenir au plus tôt à la situation d'avant-guerre et même pour que toutes les fumées disparaissent. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant an -caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Rectification. — L’adresse de la maison Pascal qui répare les lampes de T, S, F, est 65, rue La Fontaine,
- Paris (et non 35 comme indiqué par erreur dans la Boîte aux Lettres du n° 2585).
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- laveuse « Aurore * (n° 2585) est construite par M. L. Mon-tet, à Messimy (Rhône).
- Réponses. — M. Labergerie, à Fontliasmes (Vienne). — A notre avis le meilleur moyen d’imperméabiliser la face de votre mur exposée à la pluie est la fluatation,
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- la maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand,vous fournira les produits nécessaires (Bien entendu, votre mur ne doit pas être humide naturellement).
- M.Swanstrôm, à Stockholm. — i° La solution pour teinture des cheveux à la paraphénylène diamine se com-
- pose essentiellement de :
- Eau distillée.............. iooo c. c.
- Bicarbonate de soude. . . 10 gr.
- Eau oxygénée.............. ioo c. c.
- On ajoute à cette solution i à 2 gr. de paraphénylène diamine pour obtenir une teinte blonde, 5 gr. pour les nuances châtain et 2 gr. dans le cas d'une teinte noire. Après application et séchage, laver d’abord à l’eau alcalinisée par le bicarbonate de soude, puis ensuite à grande eau pour éviter la formation de quinone diamine, laquelle pourrait produire une intoxication, a0 Bien que la fabrication de la nitrocellulose ne présente pas en elle-même de difficultés, nous ne saurions conseiller à un amateur de l’entreprendre. Contentez-vous, si vous désirez obtenir un vernis au celluloïd, de prendre de vieux objets hors d’usage et de les faire dissoudre au moyen d’un mélange à parties égales d’acétate d’amyle et d’acétone (Si le celluloïd est chargé de matières inertes il y aura un insoluble plus ou moins abondant). 3° La Revue générale des matières colorantes est éditée 4, rue de Stockholm, à Paris.
- M. Chevaucherie, à Villejuif. — Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de reproduire un aussi grand nombre de formules, veuillez vous reporter à nos volumes de recettes dans lesquels vous trouverez : Formules de lessives domestiques : Recettes de la Maison, pages 198 à 201. Formules pour la destruction des parasites de la maison, même ouvrage, pages 111 à 114 et Recettes de la campagne, page 85. Formules domestiques pour le nettoyage des parquets, bois, céramiques, etc. Recettes de la maison, pages 184 à 242. Enfin vous trouverez tout ce qui a trait aux économies de chauffage dans l’opuscule de Legendre et Thevenin : Comment économiser le chauffage domestique, éditeur Masson.
- M. A. Bruni, à Ajaccio. — Le tétrachlorure de carbone, lorsqu’il est bien employé, est un bon destructeur des mites. On bourre un flacon à large col de coton hydrophile, puis on imbibe celui-ci de tétrachlorure. Le tout est placé dans l’armoire ou le placard où sont rangés les vêtements, les vapeurs qui se dégagent du flacon ouvert détruisent tous les insectes et des dégâts souvent importants sont évités par cette simple précaution, aucun danger d’incendie n’est à craindre, le tétrachlorure étant ininflammable. N. B. Au cas où le placard serait ouvert souvent, il faudrait renouveler la provision de tétrachlorure de manière que la présence de vapeurs soit constante, car une fois le produit disparu, rien n’empêcherait les mites de revenir.
- M. Levêque, à El-Milia, Algérie. — On peut préparer soi-même une composition t) ès efficace pour boucher les fissures de radiateur en prenant de la simple farine de lin que l’on achète chez le premier herboriste venu. On en délaye une poignée dans un peu d’eau froide et introduit la mixture dans le radiateur après avoir assuré la circulation d’eau, cette farine rencontrant la fissure s’y applique, gonfle et forme à l’extérieur une croûte très adhérente. Ce procédé peu coûteux permet d’attendre la réparation définitive ; il arrive même souvent que cette obturation de fortune se comporte de façon si satisfaisante que l’on ne pense plus à faire faire cette réparation.
- M. J. A. C., à Saint-Etienne. — 10 Le bois de châtaignier a pour principal emploi la fabrication dps cercles de tonneaux et des douelles à cause de sa facilité de fendage, ce bois présente en outre l’avantage de ne pas donner de goût aux boissons contenues dans les futailles. Le bois de châtaignier contenant 5 à 6 pour 100 de tanin, on peut retirer celui-ci par l’eau chaude, le liquide après concentration donne un extrait dont il est fait grand usage dans le tannage des peaux, cet extrait un peu plus coloré que l’extrait de chêne est rarement employé seul. Si cette question de la fabrication des extraits tannants vous intéresse, consultez Le bois, par Billon, éditeur Albin Michel, rue Huyghens. 20 La couche verte dont vous parlez doit être formée de mousses, vous les ferez disparaître en projetant quelques poignées de sulfate de fer pulvérisé. 3° Aucun poisson ne peut vivre dans l’eau ayant servi au savonnage, il faut renoncer au peuplement dans ces conditions.
- M. Louvet, à Rouen. — La fluatation convient très bien pour l’affranchissement des cuves en ciment. Lorsque le ciment est sec on passe avec un pinceau une couche de fluate de magnésie; puis 12 heures après une autre couche et 12 heures après la deuxième couche une troisième, mais étendue de 5o pour 100 d’eau. On laisse sécher, la cuve est prête à être utilisée. Le fluate de magnésie se trouve chez Teisset-Ressler, à Clermont-Ferrand.
- M. Balbi, à Montrouge. — Il est peu probable, vu la quantité d’eau débitée à la vidange, que le tuyau de décharge de votre baignoire soit obstrué par un dépôt ; nous croyons plutôt à la présence d’un corps étranger : éponge, chiffon ou autre, que vous pourrez soit extraire avec un fil de fer à crochet, soit refouler au moyen d’un jonc mince que l’on trouve pour cet usage chez tous les marchands de couleurs.
- Vieil abonné, 1876. — Malgré les recherches que nous avons faites, nous n’avons pu avoir en main le produit désigné sous le nom de Zite, il ne nous a même pas été possible de savoir quel était son emploi, veuillez nous en soumettre un échantillon avec étiquette.
- M. Duval, à Kerhostirs, Morbihan. — Dans les conditions que vous indiquez, la destruction des puces nous semble difficile à cause des nombreux abris dont elles disposent. Seul un insecticide gazeux est susceptible de donner un résultat, nous vous conseillons d’essayer le sulfure de carbone que vous laisserez se vaporiser naturellement dans l'atelier en tenant ouverts les vases qui le contiennent. Avoir soin de rendre le local le plus étanche possible au moyen de bâches par exemple, de manière que les vapeurs s’y trouvent confinées. Tenir fermé plusieurs jours et ne pénétrer dans la pièce avec une lumière qu’après parfaite aération, le sulfure de carbone étant très inflammable, en un mot, prendre toutes précautions pour éviter l’incendie.
- Mlle J. B., Grand-Rue, à Dreux. — 1“ Une des principales causes de la décadence de la sériciculture, de la disparition des grandes éducations de vers à soie, en France, étant attribuée à la disparition des mûriers, on peut en induire que la feuille du mûrier n’a pas son équivalent pour nourrir les vers à soie. Et de fait, c’est sans grand succès que l’on a fait des essais en vue de l’emploi de succédanés de la feuille de mûrier (feuilles de noisetier, de céleri ou autre).
- 2° Les filaments soyeux qui existent dans les rameaux du mûrier ne présentent pas l’intérêt que vous paraissez envisager, les tissus végétaux, en bien des cas. présentant une structure analogue, et la nourriture des vers à soie étant constituée seulement par les feuilles du mûrier. Nous ne connaissons pas d’analyse établissant des résultats comparatifs, au point de vue de la composition, entre ces filaments et la soie, provenant des cocons, telle qu elle est produite par le ver à soie. Mais on sait qu’à l’époque des dernières mues, l’appétit des vers à soie est considérable et qu’il doit être entièrement satisfait, si l’on veut une production abondante de cocons.
- La transformation en filaments soyeux est le résultat d’une sécrétion, phénomène commun chez les insectes qui forment leur cocon comme l’araignée qui tisse sa toile.
- 3° L’industrie de la soie artificielle n’a pu s’intéresser, jusqu’à présent, qu’aux fibres susceptibles d’être travaillées et transformées aisément.
- Vous obtiendriez des renseignements en vous adressant à la direction delà Station séricicole d’Alais (Gard), ou à celle de Montpellier.
- M. Paroy, Bellecomte-Hauteville (Ain). — Voici quelques adresses de maisons pouvant fournir des verres de besicles pour construction de petites lunettes astronomiques : Société des Lunetiers, 6, rue Pastourelle, Paris (3e): Société d’optique « Télégic », 7, rue Pastourelle, Paris (3°) ; L’Optique commerciale, 7, rue de Malte, Paris; Maison L. Giroux, 19, rue de l’Odéon, Paris (6e), etc. D’une manière générale, tous les opticiens et marchands de lorgnons, effectuant les réparations, possèdent ces verres. Mais le prix en est fort variable et il y a intérêt à s’adresser à une firme importante, comme une de celles que nous indiquons plus haut.
- M. L. O., Versailles. — Nous ne connaissons pas de recette spéciale pour empêcher l’inconvénient que vous constatez après cuisson des pommes de terre. Ce n’est, à notre avis — et pour en avoir fait l’expérience maintes
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- fois — qu’une question de qualité ou de variété de la pomme de terre employée.
- Il est, en effet, des variétés qui sont plus spécialement utilisées en purée, précisément à cause de la facile dissociation des molécules de la pomme de terre appartenant à telle ou telle de ces variétés, inconvénient pour l’utilisation en ragoût ou autre préparation culinaire.
- On ne pourrait qu’envisager la cuisson à la vapeur, mais encore ce moyen ne paraît pas suffisant pour empêcher que les pommes de terre s’effritent plus ou moins si, de par leur constitution physique, elles y sont naturellement prédisposées. Les variétés très farineuses paraissent plus sujettes à cet inconvénient.
- Pour le choix d’une variété, vous pouvez vous renseigner auprès de M. Blanchard, directeur des Services agricoles de Seine-et-Oise, à Versailles (Préfecture).
- DT P. F.-F., Paris. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons pu donner, l’an dernier, sur la question relative au moût de raisin concentré. Nous ignorons si ce produit est actuellement dans le commerce.
- Pour être fixé sur ce point, adressez-vous à M. J. Guyon, ingénieur, Société industrielle d’utilisation des raisins et autres fruits, 61, rue de la Gare, à Carcassonne (Aude).
- M. A. P., Avignon. — i° Le principe amer contenu dans les marrons d’Inde est intermédiaire entre la saponine et la colchicine. L’immersion prolongée dans de l’eau fait disparaître la plus grande partie du prin-
- cipe nocif ; il en est de même de la cuisson à la vapeur où à l’eau bouillante. On rejette l’eau de cuisson. Le séjour dans l’eau froide, en courant continu, pendant deux heures environ, ou encore le lavage à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique à i pour 1000, sont de même employés pour éliminer le principe vénéneux. C’est surtout par la cuisson que l’on fait disparaître l’amertume tout en favorisant la saccharification de l'amidon. Les marrons d’Inde prennent alors un goût sucré qui les rend appétissants. La dessiccation en couche mince, à l’air libre, peut aussi faire disparaître la saveur astringente, l’âcreté des marrons d’Inde préalablement concassés.
- •1° Les chevaux, les bovins, les moutons et les chèvres acceptent facilement les marrons d’Inde. Ce sont les moutons qui s’en accommodent le mieux; on les leur distribue hachés, finement divisés et mélangés aux betteraves et autres racines charnues, passées au coupe-racines, mais il faut éviter d’en donner aux brebis en état de gestation.
- Quant à utiliser la farine de marrons d’Inde dans l’alimentation des volailles, des poules et autres animaux de basse-cour, nous ne le conseillons pas l’expérience a démontré que les volailles sont très sensibles à l’action de la saponine. Même cuits ou lavés, les marrons d’Inde, à la’ dose de 40 à 5o gr., empoisonnent les canards et ne conviennent guère mieux aux poules. Nous n’avons pas de résultats d’essais de leur emploi comme nourriture des lapins.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de Ukraine de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresse* tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io 0/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. z========
- Introduction à la méthodologie mathématique, par M. Stuyvaert. i vol. a57 p., éditeurs, Albert Blanchard, Paris et Van Risselberghe et Rombaut, à Gand. Prix ; 20 francs.
- Le but de cet ouvrage est de mettre en relief les notions fondamentales qui sont à la base de l’arithmétique, de l’algèbre et de la géométrie, et d’analyser les mécanismes logiques qui servent à édifier ces sciences. Il met particulièrement en relief les généralisations successives de la notion du nombre arithmétique qui aboutissent à la création de l’algèbre.
- L’énergie rayonnante, par A. Forestier, i vol., 64 p. Albert Blanchard, éditeur. Paris, 1923. Prix : 14 francs.
- L’auteur a condensé, sous forme de tableaux synoptiques, les principales données actuellement connues sur l’énergie rayonnante, ou pour mieux dire sur les ondes électromagnétiques ; ces tableaux résument l’historique de chaque question, et les principaux résultats d’expérience qu’il est utile de connaître. Ils sont reliés entre eux par un exposé également schématique des théories modernes, avec leurs formules essentielles.
- En résumé, ce livre est une sorte d’aide-mémoire simplifié qui pourra rendre de sérieux services.
- Notions d'hydrologie appliquées à l’hygiène, par A. Guillbrd, i vol. in-12, 245 p., 60 fig., 1 pl. Béranger, Paris. Prix relié : 25 francs.
- Ecrit par le sous-chef du Service de surveillance des eaux de la Ville de Paris, cet utile ouvrage indique les méthodes d’analyse bactériologique des eaux potables, puis expose les diverses origines des eaux potables, le périmètre de protection des sources, la surveillance des eaux captées, et donne comme exemple d’étude complète des eaux courantes celle qu’il fit du lac de Genève. Il termine par la question
- des eaux thermo-minérales qui doit être traitée comme celle des eaux de source.
- The Mackerel, par E. Ehrenbaum, i broch. in-4, 3g p.,
- 7 fig. Rapports du Conseil permanent international pour l’exploration de la mer. Andr. Fred. Host et fils, Copenhague.
- Le Conseil permanent international pour l’exploration de la mer, dont la France fait partie depuis la fin de la guerre, publie plusieurs séries de documents groupant tous les renseignements recueillis par les Services scientifiques des états participants. On y trouve des statistiques internationales sur la pêche, des mémoires techniques, un bulletin hydrographique et un bulletin planctonique, un recueil des divers résultats acquis pendant les croisières périodiques, etc.
- Le mémoire de M. Ehrenbaum qui vient de paraître est un modèle de ce que peuvent donner ces études pour la connaissance d’une espèce donnée, de haute valeur économique. On y trouve tous les renseignements sur le maquereau, les conditions dans lesquelles il fraie, l’histoire de son développement, sa nourriture, ses ennemis. L’ensemble constitue une monographie biologique de premier ordre.
- Nouvelle méthode d’appareillage des impotents, par le D1 Gabriel Bidou, i vol. in-8, 3n p., 155 fig. Presses universitaires de France, Paris. Prix : a5 francs.
- Etude de méthodes nouvelles d’appareillages imaginées *par l’auteur pour remédier aux impotences provenant de troubles moteurs.
- Le Dr Bidou décrit les moyens et les appareils qu’il emploie pour déterminer le degré d’impotence, puis les dispositifs mécaniques nécessaires à la réalisation des appareils de traitement. 11 montre enfin par des observations et des photographies les remarquables résultats qu’il a obtenus depuis 20 ans.
- Les comptes à la ferme, par A. Sibille, i vol. in-12, 190 p., 22 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 9 francs.
- Conseils pratiques d’un cultivateur expérimenté pour la tenue des livres à la ferme, afin que le cultivateur sache ce qu’il gagne exactement. Ecrits simplement, clairement, ils rendront service aux fermiers.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2589
- 17 Novembre 1923
- Une impressionnante dépression barométrique.
- — La Nature a donné, dans son n° 2585 du 20 octobre dernier, un compte rendu détaillé du typhon redoutable qui a ravagé la région de Hong-Kong le 18 août dernier,
- pendant lequel a été' enregistré le record mondial de vitesse du veut officiellement constaté jusqu’ici : 35o milles (marins) à l’heure, soit près de 600 kilomètres !
- Notre correspondant d'Extrême-Orient, M. Debeaupuis, vient de nous faire parvenir la photographie ci-jointe du diagramme dubaromètre enregistreur du paquebot y4ndré-Lebon, pendant ce météore. Les hauteurs indiquées doivent être corrigées de -j- 3 mm 9. Le minimum réel constaté à Hong-Kong reste voisin de 728 mm de mercure. Le centre de la dépression n’est pas d’ailleurs passé exactement sur la ville, mais à une trentaine de milles dans l’ouest.
- Les effets d’un coup de foudre. — M. l’abbé Pouget, de Sorèze, nous communique l’intéressante observation qui suit :
- « Le î3 septembre éclatait sur Sorèze (Tarn) un fort, orage. Un coup de tonnerre fut particulièrement violent. Je ne doutais pas que la foudre fût tombée à proximité. En effet, le surlendemain, on venait m’annoncer que la foudre était tombée sur « La Fendeille », plateau calcaire de 538 m. d’altitude, dernier contrefort de la Montagne Noire, et dont la pente vient mourir aux portes de la petite ville. Et, ajoutait-on, la foudre a tracé un sillon sur le sol.
- Je me suis rendu sur les lieux et j’ai constaté le phénomène que voici. Sur l’herbe épaisse du plateau était marqué, commençant en un point précis, un sillon que je ne puis mieux décrire qu’en le comparant à une galerie creusée par une taupe à fleur de terre et à ciel ouvert, et dont l’herbe aurait été arrachée et rejetée sur les bords.
- A première vue, on pouvait se demander si c’était bien là l’œuvre de la foudre. Le doute n’était plus possible lorsque, suivant la trace du sillon, on constatait que tous les rochers qui se trouvaient sur son passage, soit à fleur de terre, soit dans le sillon même, étaient brisés en petits fragments. A deux endroits même, la foudre avait fait éclater de gros morceaux.
- J’ai relevé le tracé ci-joint. Partie de A, la foudre, après un parcours de 40 m. environ, ayant rencontré un arbre sur son chemin, s’est divisée en deux bras, qui, à leur tour, se sont subdivisés jusqu’en B où se trouve une arête de rochers à pic. Là, tout sillon disparaît, mais en signe de son passage, l’éclair a fendu ces rochers dont certains éclats ont été rejetés à 3o et 40 cm. L’arbre où a buté
- A
- la foudre a eu 1 écorce entamée comme s’il avait été frappé a coups de bâton, mais sans trace de brûlure. »
- Dessiccation des bois par le benzol. — Ce procédé de dessiccation des bois a été étudié et appliqué avec succès par M. Maurel, ingénieur.
- Il consiste à soumettre le bois à l’action des vapeurs de benzol, à une température comprise entre 60 et 8o°, dans une étuve établie dans les conditions ordinaires!
- Le bois reste sous l’influence des vapeurs de benzol pendant quelques heures, après quoi on fait évaporer le benzol qui imprègne le bois et au bout de quelques jours, on expose celui-ci à l’air libre.
- Le bois est alors parfaitement sec et propre à tous usages : construction, industries du bois, etc.
- Ce procédé de dessiccation serait d’application plus simple que ceux qui ont été préconisés, l’emploi de l’électricité y compris, pour réaliser le séchage artificiellement.
- Les canons à acétylène. — 11 ne s’agit pas ici, dit le Journal de l’Acétylène, d’arme de guerre, mais de merveilleux instruments qui ont sauvé et sauveront encore bien des vies : les canons de brouillard, dont la voix puissante avertit les marins de la présence d ecueils et de phares invisibles dans la brume.
- On sait quels services rendent chaque jour, ou plutôt chaque nuit, les différents systèmes de signalisation maritime, terrestre et même aérienne employant l’acé-tylene, et en particulier les dispositifs à éclats intermittents et à allumage et extinction automatiques. Mais longtemps la nécessité s’est fait sentir d’instruments remplissant la même fonction — dans le domaine des sons par temps de brouillard Et c’est encore l’acétylène que nous trouvons au premier rang dans cette voie. Plusieurs canons à acétylène sont maintenant installés sur des phares, des rocs isolés, et même sur des bouées.
- Sur le phare de Dhuheartach, à i5 milles au large de la cote occidentale de l’Ecosse, un de ces appareils, une fois mis en marche par le gardien, donne automatiquement une détonation toutes les 3o secondes. Placé au-dessus de la lanterne, le canon s’entend aussi bien de tous les points de l’horizon. L’arrêt est obtenu aussi simplement que la mise en fonctionnement du dispositif. Avant 1 adoption de ce système, le gardien passait des jours et des nuits à charger, à faire partir et à décharger un mortier à « tonite », et les détonations étaient toujours espacées d’au moins cinq minutes, temps pendant lequel le canon à acétylène tire automatiquement une dizaine de coups.
- En l’absence d’un gardien, sur les rocs isolés ou au bout de longues jetées, par exemple, le départ et l’arrêt des signaux peuvent être commandés à distance par la manœuvre d un bouton électrique, ce qui nécessite évidemment l’établissement d’un câble reliant l’appareil à la tête.
- Dans l’estuaire de la Clyde, en Ecosse, il existe deux de ces canons, mais qui cette fois sont commandés par T. S. F. Un poste émetteur situé à terre, à environ 8 km de distance, lance par temps brumeux des ondes qui, par l’intermédiaire d’un dispositif approprié, ouvrent les valves des bouteilles d’acétylène dissous. Le gaz remplit des chambres contenant déjà de l’air, et le mélange détonant s’enflamme automatiquement, suivant le régime fixé à l’avance. Les deux canons sont réglés de façon à fonctionner alternativement.
- On a également fait des essais de ce genre de canons sur des bouées semblables aux bouées à éclats intermittents, c’est-à-dire pouvant être laissées à elles-mêmes pendant de longues semaines.
- Les canons se font naturellement de différentes grosseurs, selon les circonstances. C’est ainsi qu’un récif ou une bouée nécessiteront des appareils moins puissants qu’un phare important. De toutes façons, la dépense en gaz est très faible, en raison de la proportion minime d’acétylène qui entre dans un mélange détonant air-acétylène.
- Un monument sculpté dans une montagne. — Où élève actuellement aux Etats-Unis, près d’Atlanta, un monument en mémoire de la guerre de Sécession. On
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- INFORMATIONS
- élève?... non, car ce monument est sculpté sur la paroi d’une montagne dont la base se termine par une falaise à pic.
- C’est sur cette falaise que des spécialistes sculpteront dans le roc un cavalier à cheval de 61 m. de hauteur.
- Le. dessin qui accompagne -ces lignes et que nous empruntons à la Revue anglaise The Engineer fera aisément comprendre l’installation adoptée par les ingénieurs américains.
- En A se trouve l’équipement ayant servi à installer l’outillage nécessaire.
- En B est une solide charpente en acier de ioo pieds de long (3o m. 5o). Sa base pénètre dans la paroi rocheuse et son extrémité est solidement soutenue par un câble en acier dont on voit nettement les points d’attache sur le dessin.
- Cette charpente porte à son extrémité un rail sur lequel court le pylône C. Enfin, ce pylône, qui a no pieds
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- de hauteur (33 m. 5o), sert à son tour de support à un immense bras articulé D E de ?.33 pieds de longueur (70 m. 90). C’est à l’extrémité E de ce bras que se trouve une plate-forme carrée de 4 m. 87 de côté, toujours équilibrée horizontalement et sur laquelle les sculpteurs travaillent la roche avec des forets pneumatiques.
- Toutes les opérations sont commandées électriquement par les opérateurs grâce à un tableau de distribution placé sur la plate-forme.
- Cette courte description et notre schéma feront comprendre aisément que la plate-forme peut venir se placer en face de tous les points de la paroi à tailler.
- Le caviar. — Les Annales des falsifications et des fraudes publient une importante étude de M. G. Hin'ard sur le caviar, sa composition, sa conservation. On sait que le caviar est fait d’œufs d’esturgeons salés. L’œuf d’esturgeon est très riche en graisses, pauvre en eau et possède une saveur particulière très délicate qui donne toute sa valeur au produit. Aussi, les a kaviars » allemands d’œufs de brochet, de merluche, de hareng ne sont-ils que des « ersatz » inférieurs.
- Avant la guerre, le pays d’Europe grand producteur
- et exportateur de caviar était la Russie (production en 1912 = 48° °°o kg). Actuellement, le caviar russe ne fait plus sur le marché que des apparitions irrégulières. On en prépare de fortes quantités en Roumanie, de moindres en Allemagne (caviar de l’Elbe), en Italie et en France (dans la Gironde). La Perse est une grosse productrice. Les Etats-Unis préparent également du caviar, mais ils consomment eux-mêmes leur production et importent même du caviar européen.
- Le caviar se présente dans le commerce sous deux aspects : caviar frais (liera des Russes, Kœrnigerkaviar des Allemands) et caviar pressé IPaulousnaia, Press-kaviar). Le premier, de beaucoup le plus apprécié chez nous, est généralement peu salé; sa coloration va du gris clair au gris foncé (on en trouve aussi, notamment dans la Russie méridionale et en Roumanie, de couleur jaune); les œufs y sont nets et pleins, non ou très peu agglutinés; ils ont une odeur et une saveur faibles, très caractéristiques. Ce caviar peut être conservé assez longtemps s’il est maintenu à basse température. Sous la seconde forme, le caviar est de conservation plus facile; il est plus salé, constitue une masse compacte, huileuse, ne s’égrenant plus, de coloration noire ou gris brun très foncé, d’odeur généralement plus forte et de saveur beaucoup moins fine que le caviar frais. Il y a d’ailleurs une grande différence de prix entre les deux sortes. On prépare aussi, avec les qualités les plus médiocres, du caviar en boîtes scellées, pasteurisé. Les œufs y conservent leur aspect normal, mais la saveur et l’odeur sont assez gravement altérées, par suite du •rancissement de la matière grasse.
- Action nuisible de la lumière sur le beurre. —
- La Revue internationale de renseignements agricoles rend compte d’un récent travail de M. F. Lanterwald, paru dans le Molkerei-Zeitung, sur cette question encore mal connue. L’auteur estime que la lumière a une action nuisible sur le beurre, beaucoup plus puissante que les praticiens ne le croient communément.
- Il suffit d’exposer à la vive lumière solaire, pendant 10 minutes, un échantillon de beurre très fin, pour qu’il prenne un aspect et un goût sébacé. M. Lauterwald conseille donc le procédé suivant : pétrir le beurre dès qu’il a été retiré de la baratte, le saler, le mettre dans les moules, le porter immédiatement dans la chambre à beurre qui doit être obscure, fraîche, bien aérée, l’y laisser égoutter jusqu’au jour suivant, le pétrir de nouveau, le mettre en baril et en fermer le couvercle. Les vitres de la chambre à beurre doivent être rouges, jaunes ou grises. Il faut supprimer l’usage d’exposer, dans les magasins, le beurre en vitrine; il doit y être tenu aussi à l’obscurité. Il en est de même dans les maisons. Les pots qui renferment le beurre doivent être jaunes, rouges ou gris, jamais verts, bleus ou incolores.
- Les problèmes d’alimentation pendant la famine en Russie. — M. le professeur Boris Slovtzov, de l’Institut médical des femmes à Petrograd, vient de publier dans Nature un exposé des principales recherches effectuées en Russie depuis la fin de la guerre pour remédier à la pénurie de nourriture.
- En ce qui concerne le pain, on pensa au pain complet, contenant tout le son, qui ne parut pas satisfaisant. On étudia la valeur alimentaire de diverses plantes, telles que le lichen des rennes et les laminaires et l’on trouva que a5 pour 100 seulement du lichen sont assimilés et 70 pour 100 des laminaires. On essaya de faire manger de la cellulose, soit en la pulvérisant finement et la séparant de la lignine, soit en la solubilisant, mais l’assimilation de la poudre de cellulose dénommée « farine suédoise » fut nulle. Le son fut traité par des ferments lactiques à 46-45° pendant i5 heures, puis additionné de farine et de levure et pétri; cette préparation augmenta de 5 à 6 pour 100 la teneur du pain en protéines. La levure de bière et la levure séchée furent consommées et l’on reconnut que l’homme peut en absorber jusqu’à 100 grammes par jour sans troubles. Par contre, la « levure minérale » des Allemands, culture de Mycoderma cerevisiæ sur bouillon de glucose et de sulfate d ammoniaque, donna de médiocres résultats.
- Pour remédier au manque de graisse, on essaya de cultiver en bouteilles des Endomyces vernalis qui donnent, dans certaines conditions, jusqu’à 18 pour ioo de matières grasses. Industriellement, la culture est faite
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- INFORMATIONS
- sur pomme de terre et, après 5 à 6 jours, le milieu de culture et la culture peuvent être consommés par l’homme.
- La famine permit aux physiologistes et aux médecins d’étudiër longuement les accidents dus à l’insuffisance dénutrition. Tandis que'la ration normale d’un homme est de a5oo calories, les rations allouées en janvier 1920 par le gouvernement russe aux habitants étaient
- seulement :
- Hôpitaux............... i8o5 calories.
- Hôpitaux d’enfants. . 1513 —
- Prisons.................1414 —
- Asiles..................1828 —
- ( Travailleurs 424 —
- Dîner < Hommes.................. 205 —
- ( Enfants................. 408 —
- Typhiques.............. 1937 —
- Invalides.............. 1645 —
- Soldats.................i5oy —
- Savants ...... 2761 —
- Intellectuels...........36oo —
- Travailleurs du fer et
- du bois ...... 4600 —
- Encore, ces rations étaient-elles théoriques et ne correspondaient pas souvent aux distributions réelles. Aussi, la mortalité fut-elle considérable. Beaucoup mouraient, sans autre maladie, après une perte de poids de 3o à 35 pour 100 ; tous les organes étaient amaigris, sauf le cerveau, et encore, dans celui-ci, la substance grise était appauvrie en graisses phosphorées et en protéines.
- Après la première révolution, le pain seul était rationné, mais après la seconde, tout commerce de denrées alimentaires fut interdit. La population fut alors divisée en quatre classes qui reçurent journellement :
- Travailleurs. . . . 475 calories 74 gr. de protéines
- Officiels 240 — 4o —
- Citoyens ordinaires. 135 — 33 —
- Anciens riches. . . 53 — i3 —
- au lieu de 25oo calories et 75 grammes de protéines, chiffres normaux.
- On pourra comparer ces faits à ceux recueillis en Allemagne et publiés par M. Legendre dans son livre Alimentation et ravitaillement.
- .'Nouvelles de T. S, T.
- Les programmes des transmissions radiotélepho-niques. — Parmi les auditeurs des émissions radiophoniques, il y a évidemment des amateurs de musique, de po.ésie, d’opéras, de conférences scientifiques ou littéraires; d’autres, au contraire, préfèrent des causeries utilitaires ou économiques, des musiques de jazz-band, des chansons comiques. Le Radio-Magazine ouvre une enquête pour faire connaître aux directeurs des postes de « broadcasting » les desiderata des auditeurs français.
- En supposant que la durée journalière des émissions soit de 3 heures ; les amateurs doivent indiquer quelle durée ils accordent à chaque programme comprenant l’un des genres mentionnés dans le tableau ci-dessous :
- QUESTIONNAIRE
- Adresse....................
- Nom.........................
- DÉSIGNATION
- Musique classique, opéra et opéra-comique. . Jazz-band, musique populaire et chansons . .
- Cours de la Bourse et des marchés..........
- Prévisions météorologiques.................
- Discours politiques........................
- Conférences littéraires, scientifiques et sociales.
- Théâtre et déclamation...................
- Informations de presse et nonvelles sportives
- Histoires pour enfants. ...................
- Causeries pour la femme....................
- Leçons de langues vivantes.................
- Signai tu
- DURÉE
- (ch minutes)
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- Population et divisions territoriales de la Bulgarie. — Dans un ouvrage, paru récemment chez F. Rieder dans la collection, Les Etats contemporains, la Bulgarie, par M. Léon Lamarche, ancien colonel français' et consul général de Bulgarie à Paris, nous relevons les renseignements suivants :
- La superficie du royaume est de io3 189 km3 20 hect. ; sa population s’élevait au recensement du 3i décembre 19204 4861 43g habitants, soit 47,3 an km*, et était évaluée à 4 958 000 habitants au début de 1923.
- La Bulgarie a perdu 9 247 km2 00 hect. de son territoire d’avant 1913, lequel est réduit à 87098 km au lieu de 96 345 km-5o hectares. Par contre, elle a gagné 16 091 km2 net sur la Turquie.
- Le royaume se divise en 16 départements (Okrëg, plur. Okrezi), subdivisés en 82 arrondissements (Okolia, plur. Okoliï), le tout groupé en 3 provinces historiques : Bulgarie du Nord, y compris le bassin de Sofia; Bulgarie du Sud ou Roumélie Orientale ; Macédoine et Thrace.
- Les limites des provinces historiques ne coïncident pas entièrement avec celles des départements. Gela tient au peu d’étendue des territoires acquis par la Bulgarie dans la Thrace Orientale (arrondissements de Yassiliko et de Malko-Tirnovo, du département de Bourgas) et dans la Thrace Centrale (arrondissements de Kirdjali et de Svilengrad, du département d’Haskovo). Kirdjali avait appartenu à la Roumélie Orientale de 1878 à 1886; sa population, composée de Pomaks musulmans, se souleva au moment de l’union des deux EtatB bulgares et obtint que le district fût cédé à la Turquie. Svilengrad s’appelait Mustapha Pacha avant 1912, il reçut alors le nom de Ferdinandovo en l’honneur du tsar Ferdinand et le perdit après la chute de ce prince. Son nom actuel signifie : ville de la soie (svilen, soie). Le département d’Haskovo a été créé par la loi du 3i décembre 1922 ; il a été détaché de celui de Stara Zagora.
- .Adresser les réponses avant le 20 novembre, 61, rue Beaubourg, à Paris.
- Les amplificateurs à transformateurs. — La liaison des étages IIF par transformateurs est un moyen simple, tout au moins au point de vue du montage. Il est assez difficile, en effet, avec les transformateurs sans fer, que seuls l’amateur peut construire, d’obtenir un rendement satisfaisant et surtout d’employer plus d’un ou de deux étages avant la détection. M. Reyt décrit dans le n° de Radio-électricité du i5 octobre 1923 les procédés simples permettant la réalisation d’un amplificateur à un ou deux étages HF à transformateurs sans fer dont les primaires sont accordés. Les transformateurs employés sont formés de deux bobines en nids d’abeilles concentriques, le primaire étant extérieur au secondaire. Avec un jeu de 3 transformateurs interchangeables, il est possible de recevoir les postes anglais et les P. T. T., Radiola et la Tour Eiffel.
- Les postes d’émissions d’amateurs. — Depuis quelque temps, le nombre des postes d’émission d’amateurs a beaucoup augmenté et, actuellement, il dépasse le chiffre de 80; d’ailleurs l’établissement des postes de petite puissance, transmettant sur ondes courtes, est relativement aisé, et avec o ampère 5 à 1 ampère dans l’antenne, il n’est pas rare d’obtenir des portées parfois considérables.
- Ainsi le Dr Corret, l’amateur bien connu, dont le poste d’émission SAE est établi à Versailles, à l’aide d’un dispositif de fortune et d’une antenne unifilaire de courte longueur, a pu récemment être entendu au Danemark et en Hollande.
- Emissions diverses. — La Haye a de nouveau augmenté sa puissance, mais la modulation n’est pas meilleure, ni le programme des concerts.
- Madrid continue également ses émissions le matin à 12 heures, et la réception en est assez facile.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Chroniques de T. S. T. <««
- Deux procédés simples de mesure. — Nous avons déjà indiqué dans nos chroniques comment il était possible d’obtenir un étalonnage approximatif des résistances d’amplificateurs au moyen d’un milliampèremètre sensible et quelles mesures aussi un ondemètre permettait d’effectuer; il nous restera à décrire des procédés de mesure plus précis des résistances, capacités, self-inductions et longueurs d’onde et également à indiquer les moyens permettant d’étudier les propriétés des lampes à vide.
- Nous allons auparavant dans cette chronique décrire deux procédés simples de mesures qui permettront à un débutant sans milliampèremètre et sans ondemètre de réaliser un étalonnage approximatif des éléments de son poste.
- Indiquons d’abord comment il est possible de connaître approximativement la valeur d’une résistance d’amplificateur au moyen d’un voltmètre dont on connaît la résistance intérieure de forte valeur R (fig. i), généralement indiquée sur le boîtier, et d’une batterie de plaques de 80 volts.
- On mesure d’abord exactement la valeur de la tension de plaque, de la façon habituelle, soit E cette tension. Puis on place en série la batterie de plaque, le voltmètre et la résistance à mesurer x, et on note de nouveau l’indication E' du voltmètre, dont la résistance connue est r. On pourra négliger la résistance intérieure de la batterie de piles, très faible vis-à-vis de R et de x (fig. 2); soient I et I' les débits de la pile dans les deux cas.,
- La chute de potentiel produite par l’introduction de la résistance x dans le circuit est x V et, comme le voltage indiqué par le voltmètre est devenu E', on a immédiatement l’égalité : E' = E — x I' et puisque d’après la loi d’Ohm E' = RI' et E — RI, on peut également écrire l’égalité sous la forme :
- RI' — RI — x I'
- Fig. 1.— Uu voltmètre de précision.
- On voit sur le cadran l'indication de la résistance de l'appareil.
- I'(R + x)
- IR donc p :
- R
- R
- (1)
- Or, en réalité, le voltmètre employé n’est autre qu’un galvanomètre de forte résistance et les déviations de ___________________________ son aiguille donnant les valeurs de E et de E' sontpro-Bàtterie de portionnelles aux plaques ampérages des courants qui le traversent; ori peut donc écrire :
- Voltmètre
- Fig. 2. — Mesure de la valeur de la résistance x.
- [E
- E'
- L’équatioù (1)
- vient alors d’après cette dernière égalité
- de-
- E R
- d’où on tire :
- R
- E' R
- Si par exemple on trouve R — 10000 ohms, E = 80 volts et E' = 10 volts, la formule donnera immédiatement :
- x = 10000 — 1 ^ — 70000 ohms
- Vio J
- Par ce procédé on pourra aussi, bien entendu, régler une résistance à une valeur fixée, en calculant, au moyen de la même formule, la valeur E' que doit indiquer le voltmètre lorsque la résistance a atteint la valeur désirée.
- Indiquons maintenant les mesures que l’on peut réaliser à l’aide d’une hétérodyne étalonnée. Nous avons déjà expliqué que le principe des mesures réalisées avec un ondemètre consiste à noter le moment où deux cir-
- 1/1000 -
- Graduations du cadran de repère Fig. 3. — Courbe d’étalonnage d’un condensateur.
- cuits oscillants sont en résonance et, des valeurs d’une self et d’une capacité étalonnée, notées à ce moment, déduire les valeurs inconnues des capacités, des coefficients de self-induction, ou des longueurs d’onde.
- Si l’on possède une hétérodyne avec condensateur de précision bien étalonné, il est possible de s’en servir
- Graduations du cadran de repère
- Fig. 4. — Courbe d’étalonnage d’une hétérodyne.
- également pour déterminer une valeur approchée des coefficients de self-induction, des capacités ou même aussi des longueurs d’onde.
- Il est nécessaire d’avoir non seulement une, courbe d’étalonnage du condensateur (fig. 3), mais aussi une courbe d’étalonnage de l’hétérodyne elle-même, donnant, avec emploi d’une bobine de grille et de plaque déterminées, la valeur des longueurs d’ondes des ondes locales émises par l’appareil, en fonction des graduations indiquées sur leconden-sateur (fig. 4)-
- Cet étalonnage peut être effectué par le fabricant de l’appareil : on pourra se servir par exemple d’une petite hétérodyne Montas-tier (fig. 5). (Nous citons le nom de ce constructeur parce qu’à notre connaissance, c’est le seul
- ayant établi des appareils d’amateur de ce genre.) On peut aussi évidemment construire soi-même une hétérodyne et l’étalonner au moyen d’un ondemètre que l’on se sera procuré pour cet usage seulement.
- Il est également nécessaire que l’hétérodyne possède sur son circuit de grille un milliampèremètre sensible qui décèle l’accrochage des oscillations (fig. 6).
- Fig. 5.
- Une hétérodyne de mesure (type Montastier).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Remarquons encore que les mesures effectuées par ce moyen seront des mesures approximatives et que la précision d’un ondemètre sera toujours supérieure.
- Ceci posé, on se basera pour ces mesures sur le phénomène suivant : lorsqu'on couple une hétérodyne avec un circuit oscillant, au moment où les ondes émises par l’hétérodyne ont une longueur d'onde correspondante à la longueur d'onde propre du circuit oscillant, l’aiguille
- du milliampèremètre dévie et décrit un crochet brusque. On pourra donc déterminer de cette façon le moment de la résonance qu’il s’agit de noter; de même qu’avec un ondemètre on note la résonance par un procédé acoustique en percevant le maximum d’intensité dans un écouteur téléphonique.
- Pour mesurer les capacités on accouple faiblement l’hétérodyne avec un circuit oscillant quelconque, par exemple avec un circuit d’accord, on réalise la résonance entre les ondes émises par l’hétérodyne et l’onde propre de ce circuit, en notant le phénomène décrit plus haut, déviation de l’aiguille du milliampèremètre.
- Puis on place en parallèle sur le condensateur de réglage de l’hétérodyne la capacité dont on veut mesurer la valeur et on règle de nouveau la résonance. La valeur dont il a fallu diminuer la capacité de réglage est évidemment aussi la capacité cherchée, on déterminera cette valeur au moyen de la courbe d’étalonnage du condensateur.
- Une mesure de coefficient de self-induction et de la longueur d'onde propre d'un circuit oscillant est aussi très simple. On réalise un circuit oscillant au moyen de la self à mesurer et d’une capacité, dont on connaît la valeur, on note le moment de la résonance, comme précédemment, ce qui donne la valeur de la longueur d’onde propre du circuit oscillant, d’où on peut déduire également la valeur de la self par la formule de Thomson, ou au moyen de tables.
- Pour mesurer les longueurs d’onde à la réception, on place l’hétérodyne à une certaine distance du poste de réception. Lorsqu’on fait varier la valeur de la longueur d’onde des ondes émises par l’hétérodyne au moyen du condensateur de réglage, on entend, comme nous l’avons déjà expliqué, des sifflements pour les positions du cadran du condensateur situé sur deux plages (fig. 7) séparées par une zone neutre, ou zone de silence.
- Les deux plages correspondent à des longueurs d’ondes différentes d’une petite quantité, en plus ou en moins, de la longueur d’onde des signaux reçus et la plage de silence correspond à l’accord ; la graduation indiquée par cette plage de silence permet, au moyen
- Fig. 6. — Schéma d’hétérodyne avec milliampèremètre sur le circuit de grille.
- Fig. 7. — Réglage de la manette du condensateur . de l’hétérodyne.
- Mesure des longueurs d’onde.
- Automobilisme
- Essuie-glace automatiques. — Presque toutes les automobiles sont aujourd’hui munies à l’avant d’un pare-brise formé de glaces, à inclinaison réglable, et destiné à protéger le conducteur contre les courants d’air trop violents et contre les intempéries. Malheureusement, par temps de pluie ou de brouillard, la glace se recouvre d’une buée plus ou moins opaque, persistante et fort
- Fig. 8. —• Essuie-glace E. A.
- gênante; le malheureux conducteur n’aperçoit plus sa route et il est pris entre deux alternatives : relever son pare-brise et recevoir en pleine figure pluie et vent, ce qui rendra bientôt la conduite très pénible, ou bien laisser le pare-brise baissé et en essuyer de temps à autre à la main la face extérieure, difficilement accessible.
- La manœuvre est peu commode, parfois dangereuse. Ces inconvénients n’étaient peut-être pas très graves, il y a quelques années, lorsque l’automobile n’était encore qu’un véhicule assez rare; mais aujourd’hui que la circulation s’est faite intense et rapide, il importe que le conducteur ait toujours la vue libre, sans être forcé pour cela d’abandonner son volant.
- On a donc imaginé de petits balais automatiques qui se chargent d’essuyer à volonté et sans arrêt la glace du pare-brise.
- Nous en avons remarqué deux modèles au dernier Salon de l’Automobile, tous deux d’origine américaine.
- L’un est électrique : c’est l’essuie-glace E. A. Il se compose d’une tige garnie d’une raclette en caoutchouc, contre la face extérieure du pare-brise.
- Par l’intermédiaire d’un engrenage, la tige est mise en mouvement au moyen d’un petit moteur électrique fonctionnant sous 6 ou 12 volts, c’est-à-dire avec le courant de la batterie d’accus où de piles.
- Le mécanisme est renfermé dans un coffret étanche,
- Fig. 9. — Essuie-glace Everready.
- de la courbe d’étalonnage de l’hétérodyne, de mesurer la longueur d’onde des signaux reçus.
- Il est également facile de mesurer la longueur d'onde propre du cadre ou d’un secondaire de Tesla par la même méthode.
- Nous voyons donc qu’il est possible, sans posséder d’instruments coûteux ni spéciaux, d’étalonner facilement les éléments d’un poste. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de décrire d’autres méthodes de mesure simples, dont l’intérêt est évident, car pour obtenir des résultats sérieux, des mesures élémentaires sont indispensables.
- P, H£jvri.umg<?.uEn.
- placé sur le pare-brise devant le conducteur; il suffit à celui-ci d’appuyer sur un bouton, le petit balai se met à osciller de droite et de gauche et nettoie le pare-brise.
- La disposition de l’essuie-glace Everready est analogue, mais il est commandé par un petit moteur mécanique très originaj. en même temps que très simple. C’est, si l’on veut, un moteur par le vide ; à l’intérieur d’une boîte étanché est maintenue une membrane à cuir extensible qui divise la boîte en 2 chambres; cette membrane porte en son centre un chapeau C fileté intérieurement, qui coiffe un axe mobile A muni d’un pas de vis; en se soulevant qu en s’abaissant, la mewbrauç
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Gag
- igM
- HH,
- Extensible provoque une rotation de l’arbre dans un “ens ou dans l’autre, et en conséquence provoque la rotation alternative de la raclette reliée à cet arbre.
- Mais comment sont provoqués les mouvements alternatifs de la membrane qui commandent ainsi tout le mécanisme :1 Simplement par des dépressions provoquées tantôt sur une face, tantôt sur l’autre; à cet effet, la boîte est reliée à l’aspiration du moteur; un boisseau
- li
- Fig. io. — Mécanisme de l’essuie-glace Everready.
- logé dans le fond de la boîte et commandé à bout de course par la membrane peut faire agir alternativement la dépression sur le dessus ou le dessous de la membrane; pendant que la dépression s’exerce dans l’une des chambres, l’autre communique avec l’atmosphère. Lorsque la membrane arrive à l’un des bouts de sa course, le boisseau change brusquement de position; la dépression se manifeste alors sur l’autre face et le mouvement recommence en sens inverse.
- Pour mettre l’appareil en marche, il suffit de tourner une vis qui se trouve sur le couvercle.
- L’essuie-glace électrique E. A. est en vente chez Berrens, 86, avenue des Ternes, Paris.
- L’essuie-glace Everready est en vente chez Frank .1. Fay, 26, avenue Bosquet, Paris.
- sl> Objets utiles
- Le mirœuf V. M. — C’est un petit appareil qui permet de contrôler aisément la fraîcheur des œufs à la lumière du jour.
- Il se compose d’une sorte de coquetier A, percé d’une ouverture elliptique B à sa partie inférieure ; à l’intérieur du coquetier est placé un miroir C incliné à 3o°
- Fig. 11. — Le mira-11C V. M.
- ôu 4o°. Les rayons lumineux traversent l’œuf verticalement de haut en bas, se réfléchissent sur le miroir et l’œil aperçoit à travers l’ouverture B l’image de l’intérieur de l’œuf.
- Si l’œuf est frais, cette image est claire et sans la moindre tache. Si l’œuf est douteux ou mauvais, le jaune est entouré de globules et de taches en forme de lentilles ou apparaît entièrement noir; le blanc est complètement trouble.
- Le mirœuf a été inventé par M. Y. Mendel, 29, quai d’Anjou; Paris.
- Robinets défîgeurs. — Il est souvent difficile de faire écouler les liquides visqueux, tels que l’huile, livrés en fûts ou en bidons, surtout pendant l’hiver.
- Les robinets défigeurs ont été imaginés pour tourner cette difficulté. Il en existe plusieurs modèles.
- Le robinet électrique est formé d’un robinet ordinaire prolongé par un tube de o m. 60 environ; ce tube constitue une résistance électrique; on place l’appareil sur
- Fig. 12. — Robinet défigeur électrique.
- le récipient à défiger, à l’emplacement de la cannelle ordinaire, en enfonçant le tube dans le tonneau; il suffit alors de relier la prise de courant dont ce tube est muni à une douille de lampe électrique par exemple. Le courant échauffe la résistance, la température du liquide s’élève, celui-ci devient fluide et s’écoule par le robinet.
- Fig. i'3. — Robinet défigeur à circulation d’eau chaude.
- La figure i3 représente un robinet défigeur à circulation d’eau chaude pour le cas où l’on ne dispose pas de courant électrique. Un tube en U est relié par ses 2 extrémités à une petite chaudière, chauffée par un réchaud à gaz ou à alcool. Ce tube fonctionne comme un termosiphon, et l’eau y circule d’une façon continue.
- Fig. 14. — Le même échauffé par circulation de vapeur.
- Cet appareil peut aussi être échauffé par une circulation de vapeur (fig. 14). La petite chaudière est supprimée et remplacée para raccords d’arrivée et de sortie de vapeur.
- Constructeur : René Darces, 2, rue Bicheret, Argen-teuil (Seine-et-Oise).
- Lacet à ferret invisible. — Les ferrets sont bien commodes pour passer les lacets dans les œillets, mais ils sont aussi bien désagréables quand ils quittent le cordon et que l’extrémité de celui-ci s’effiloche.
- M. Touilleux fils, à Izieux (Loire), a eu l’idée de remplacer le ferret métallique par un enduit qui colle les fils du lacet entre eux et les raidit suffisamment pour que le laçage des chaussures ou des vêtements ne soit pas un supplice. C’est là une petite innovation qui mérite d’être signalée.
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- HORAIRE DES ÉMISSIONS RADIOTÉLÉPHONIQUES Alj Pr 1923
- En raison des profonds changements des horaires, nous croyons utile de donner à nouveau à nos lecteurs la liste des principales européennes
- Indicatifs
- émissions radiotéléphoniques
- Longueurs
- d’onde.
- Tour Eiffel FL
- 2600"
- Radiola
- SFR
- d 780"
- Ecole des P. T. T.
- Lyon
- (La Doua) Y N
- 470"
- Gros-de-Gagnes Bordeaux LY
- Le Bourget Saint-Inglevert, Abbeville, Ajaccio, Antibes.
- Tours YG.
- 1100”
- 1950"
- 900”
- 2500"
- Horaire. Nature des émissions.
- France.
- 6h40 Prévisions météorologiques.
- 104 0 Cours du poisson et bestiaux.
- 12" (Mardi et vendredi) et heure.
- 11 "15 Prévisions météorologiques.
- 15"50àl6" Cours financiers et commerciaux.
- 17"50àl7"55 Cours de clôture, bestiaux (lundi et jeudi).
- 1840 à 19" Radio-concert.
- 19" Prévisions météorolo- giques-.
- 224 0 B ulletin m é t éor o logi q ue.
- 12"50 àl3"45 Cours des changes,rentes, concert tzigane. •
- 16"30 Cours commerciaux de Paris, le Havre, Liver-pool, Alexandrie et cours financiers.
- 17" à 18" Concert de musique instrumentale.
- 20"50 à 21" Informations du soir.
- 21 "à 22" Radio-concert.
- 22"à 22"45 Radio-dancing (jeudi et dimanche).
- 21" à 22" ou 23"Kmissions presque quotidiennes annoncées par les journaux quotidiens. Radio-conférences ; Revue littéraire Quart d’heure du poète. Pièces de théâtre. Radio-concerts.
- 10"50 à 11" Concerts.
- 11 "50 à 11"45 Informations financières (sauf lundi et dimanche).
- 12"30 Bulletin financier, mardi et vendredi.
- 1645 et 1845 Cours de Bourse, sauf samedi et dimanche.
- !8"55 Cours des marchés, les
- 4 ' lundis et jeudis.
- 19" 30 Bulletin météorologique, sauf le dimanche.
- CC GO O Emissions d’essais.
- 10"à 11" Concert phonographique.
- 16" à 17"
- 6" à 18" Lignes aériennes Paris-Londres et AnLihes-Ajaccio.
- 14" ou 20" Service temporairement suspendu.
- Algérie.
- Alger 8AY.
- Londres 2 LO Manchester 2 Z Y Birmingham 51T
- 200
- 13“
- 369'”
- 585”
- 420"
- GénêralementNouvelles, conférences et l’horaire de se- radio-concerts annon-niaine est le sui- cés par les journaux
- Cardiff 5 WA Newcastle 5NO Glascow 5 SC
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- (GEC) , Groydon
- (GED) , Manchester
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- 415"
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- (GLA), Lympne (GEP), Pulhem (GEP), Renfrew (GBR)
- Kœnigswiister-hausen LP
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- 13"
- 16h
- 18"55
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- Bulletins verbaux.
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- Concerts.
- Concerts.
- Nouvelles de presse.
- On voit que le nombre des postes émetteurs et des émissions augmente chaque jour.
- En particulier l’horaire des émissions allemandes a été complètement modifié ; M. Ivleiber, de Colmar, a bien voulu nous communiquer les renseignements récents que nous publions.
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- VARIÉTÉS
- NOTES SUR LE JAPON
- I. Divisions territoriales. — Le Japon proprement dit comprend quatre grandes îles . Nippon ou Hondo ou Honshou ; Yézo ou Hokkaïdo; Kiou-Siou ou Kyoushou ; Sikok ou Shikoshou; quatre archipels : Kouriles ou Tchichima ; Riou-Kiou ou Okinawa; archipel Magellan ou îles Bonin ou Ogasawara Shima; Tsou-Shima; quelques îles moyennes (Sado, Oki, Awagi, Iki) et une poussière d’îlots, rattachés administrativement aux grandes terres voisines.
- En voici les superficies respectives, d’après le recensement du icr octobre 1920 :
- Nom Superficie Nombre Superficie
- des iles de l’île des îles des îles Superficie
- principales principale secondaires secondaires totale.
- Hondo . . . 225.520km2 167 1.217kin2 224.757km2
- Sikok . . . 17.756 — 75 454 — 18.210 —
- Kiou-Siou. . 55.657 — 150 4.714 — 40.371 —
- Yézo. . . . 77.998 — 15 418 — 78.416 —
- Sado. . . . 869 — 869 —
- Oki ... . 557 — ) 0.15 537.15
- Awagi . . . 564 — ( 5 2 566 —
- Iki Kouriles 132 — ) 1 155 —
- (31 îles) . . Tsou-Shima . 15.601 — — 15.601 —
- (5 îles) . . Riou-Kiou 678 2 12 690 —
- (55 iles). . 2.420 2.420 —
- Bonin (20 iles) 69 _ _ 69 —
- 375.596km220 412 . 6.818km287 382.415km2!
- Ce petit tableau laisse de côté Iwo-Shima et les îlots non habités, ayant un développement de côtes inférieur à i ri (3 km, 92727) et ne servant pas de points de repère à la navigation, plus de 3ooo, dit-on.
- Le Japon proprement dit comprend donc 532 îles habitées, y compris Iwo-Shima Les îles Riou-Kiou, acquises en 1872 ; les îles Kouriles ou Tchichima (les mille îles), annexées en 1876; les îles Tsou-Shima, enlevées à la Corée en i8g5, y ont été rattachées.
- Au point de vue administratif, le Japon se divise comme suit :
- Hondo . . Sikok . . Kioü-Siou. Hokkaïdo. Okinawa .
- 7 grandes provinces, 54 départ., 425 arrond.
- — 4 — 36 —
- — 7 — 80 —
- — 1 — 87 —
- — 1 — 5 —
- 47 655
- L’empire colonial japonais comprend :
- Corée (Tchosen).............
- Formose (Taïwan)............
- (avec 7 îles secondaires) . . Pescadores (Bokoto). . . .
- (avec 12 îles secondaires. Saklialine (Karafouto) . . .
- 220.740km272 55.759km247 ) 86km*57 \ 64km252 I 58km292 56.089km284
- 292.799km284
- 35.846km204
- 125km224
- Cela fait un total, pour les possessions japonaises, de 675 214 km2 71. Le Kouang-Toung, territoire à bail en Chine, n’est pas considéré comme possession japonaise; il a une superficie de 3 378 km2. Tsing-Tao, territoire à bail concédé à l’Allemagne et cédé par celle-ci au Japon en 1919, a été rétrocédé à la Chine (55a km2).
- Nous avons déjà vu dans un article précédent que la population du Japon proprement dit s’élevait en 1920 à 55 961 000 habitants. Pour les colonies, nous avons les chiffres suivants :
- Corée.................... 17.264.119 hab. )
- Formose et Pescadores. . . 5.655.308 — ( 0
- Saklialine.................. 105.889 — ( zz.bSo.oiO
- Kouang-Toung................ 660.254 — )
- Ajoutons que Taï-Wan se divise en 5 provinces.
- A l’empire colonial japonais se sont ajoutés, à titre de pays de mandat, les archipels allemands du Pacifique au nord de l’équateur : les îles Carolines, Mariannes et Palaos, 2076 km2, avec une quarantaine de mille d’habitants, les îles Marshall (4o5 km2 et i5ooo habitants).
- IL Démographie. — Le peuple japonais s’est formé par le mélange de plusieurs peuples : les Aïnos, habitants primitifs, refoulés aujourd’hui à Yézo et à Sakha-Jine ; des populations apparentées? au* Coréens et aux
- Toungouses, venues ensuite ; des Nippons, de race malaise, arrivés au troisième siècle avant notre ère en conquérants. Les îles Bonin sont encore habitées par des Malais. Les Kouriles septentrionales ont une population, parente des Kamtchadales. On trouve aux îles Riou-Kiou, à côté de Malais, une tribu de Négritos nains.
- Actuellement la population japonaise est trop à l’étroit dans ses îles et elle est obligée de chercher des débouchés à l’extérieur. Déjà une centaine de mille de Japonais se sont installés depuis igo5 dans le Sud de Sakha-haline; 77 540 habitaient le Kouang-Toung au 3i décembre 1921 ; 346496 se trouvaient en Corée au Ier octobre 1920.
- Au ior octobre 1920, 581 431 Japonais résidaient à l’étranger, dont 355 727 hommes et 226 704 femmes. Ils se répartissaient comme suit :
- Asie (avec le Kouang-Toung) .... 265.466
- Europe.................................. 2.944
- Amérique...............................183.243
- Océanie et Philippines.................131.711
- Afrique.................................... 72
- Les principaux groupements sont en Mandchourie et en Chine sur le continent asiatique, aux Hawaï et aux Philippines, aux Etats-Unis, au Mexique, au Pérou, dans la Colombie britannique et dans l’Etat brésilien du Parana sur le continent américain.
- Par contre, les étrangers résidant au Japon sont peu nombreux : 22 876 au i8r octobre T920, dont 281 pour le corps diplomatique et consulaire. Les Chinois et les Américains prédominent parmi eux ; les Anglais ne viennent qu’ensuite. Ils sont concentrés dans les ports et à Tokio. Ils ont imposé l’anglais comme langue des affaires.
- La Corée est habitée par une population issue du mélange de Toungouses, d’indonésiens, de Japonais et de Chinois ; de grandes différences existent entre le Coréen du Nord, chez qui le sang toungouse domine, et le Coréen du Sud, beaucoup plus mélangé. Au ier octobre 1920, on comptait 16911 307 Coréens, 346496 Japonais et 26 314 étrangers, pour la plupart Chinois.
- A Sakhaline, à côté de quelques rares aborigènes (Aïnos et Ghiliacks) qui n’ont pas émigré dans la partie russe de l’île, on trouve des immigrants japonais.
- Les habitants du Kouang-Toung sont Chinois et non pas Mandchoux.
- Les îles Pescadores ont une population chinoise.
- A Formose, les Chinois forment la plus grande partie de la population. Viennent ensuite les Peipowans, Négritos à demi civilisés, et les Négritos sauvages (120000, dont 3i 000 Amis, 3o 000 Taiyals, des Saisettes, Bounanos, Tsuous, Tsarisens, Païwans, Piyoumas, Yamis. Ces derniers habitent l’île de Botel-Tabago, au sud de la terre principale). On trouve enfin quelques dizaines de mille de Japonais pour la plupart immigrants temporaires.
- III. Les principales villes du Japon. — Le développement de l’industrie japonaise et l’accroissement de la population ont eu pour conséquence la multiplication des villes de plus de 100000 âmes. Au recensement du Ier octobre 1920, on en comptait 16, dont 3 à Hokkaïdo, 2 à Kiou-Siou et le reste à Hondo.
- En voici la liste :
- Yèzo : Hando :
- Hakodaté . 144.749 hab. Tokio. . . 2.173.201hab.
- Otarou. . . 108.113 — Osaka. . . 1.252.985 —
- Sapporo . . 102.530 — Kobé . . . 608.644 —
- Kiou-Siou Kyoto, . . 591.323 —
- Nagasaki. . 176.554 — Nagoya . . 429.997 —
- Kagoshima. 103.180 — . Yokohama . 422.932 —
- Sasebo . , 87.077 — Hiroshima . 160.510 —
- Kouré. . . 150.362 —
- Kanazawa . 129.265 —
- Sendaï. . . 118.984 —
- Yawata . . 100.255 —
- Yokosouka . 89.579 —
- Nous avons ajouté aux 16 villes « centenaires », comme disent les Américains, les deux grands ports de guerre de Yokosouka et de Sasebo, centres importants d’industries métallurgiques et de chantiers navals.
- IV. L’élevage dans l’Empire japonais. — Le Japon n’est pas un pays d’élevage et Je Japonais n’egtj pas un rnan-*
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- VARIETES
- geur de viande. Chevaux et bœufs y sont de petite taille. Le buffle, qui rend de si grands services en Chine et en Indo-Chine pour la culture des rizières, fait défaut. Le porc semble assez bien réussir, mais son introduction est récente; elle est l’œuvre des Européens.
- Voici les chiffres du recensement du bétail en 1920 :
- Bœufs . Chevaux Porcs . Chèvres Moutons
- 1.576.049
- 1.468.088
- 528.112
- 135.252
- 8.519
- Les colonies japonaises gées :
- Corée (1920).
- ne sont guère mieux parta-
- Formose (1921).
- Bœufs. . . . 1.480.797 Buflles .... 50\904
- Chevaux. . . 54.551 Zébus. . . v . 110.978
- Anes .... 10.446 Bœufs. . . . 2.625
- Mulets ... 2.167 Porcs.............. 1.281.406
- Porcs. ... 1.077.789 Chèvres. ... 101.532
- Moutons. . . 1.547 Moutons. . . . 249
- Chèvres. . . 21.075 Chevaux. . . . 226
- Le résultat de cette situation est que le Japon est obligé d’importer d’Amérique des viandes congelées et en conserves pour l’alimentation de son armée et de sa flotte; il doit faire venir également du beurre et du lait conservés. Ce sont les Etats-Unis qui lui fournissent ces produits. Quant aux chevaux, dont la remonte japonaise a besoin, c’est l’Australie qui les fournit.
- V. L’agricuhure dans l’Empire japonais. — Nous avons déjà parlé dans un précédent article de l’agriculture au Japon. Nous allons compléter ce que nous avons dit à ce sujet et parler, en outre, des perspectives qu’offrent les colonies à ce point de vue.
- Le riz occupait en 1921 3 107980 hectares, ayant une production totale de 99 543 673 hectolitres. Le riz de montagne ne représentait que 140909 hectares et 2 665 323 hectolitres; il semble être en recul depuis quelques années devant les céréales. Quant au riz de plaine, on en distingue deux sortes : le riz ordinaire (1 712887 ha et 89072985 hectol.) et le riz glutineux (254 184 ha et 7 8o5 365 ha).
- Les céréales sont très variées; on avait en 1921 :
- Orge.......... 524.539 hectares 16.285.875 hectolitres
- Seigle .... 660.756 — 12.724.957 —
- Froment . . . 511.586 — 10.069.811 —
- Venaient ensuite le millet hâtif : 607 979 hectol.; le millet à queue de renard : 3 408 217 hectol. ; le sarrasin : 2 179 142 hectol.; le maïs et le méteil ne sont pas mentionnés.
- Les légumes jouent un grand rôle dans l’alimentation, notamment les fèves, dont il existe de nombreuses espèces indigènes. Citons aussi les patates (4 4^7 43o t. mét.) et les pommes de terre (1081 44° t- mét.), ces dernières récemment importées, mais dont la culture se développe rapidement.
- Les principales cultures industrielles sont : le tabac, avec 37 385 ha et 64781 t. mét. de feuilles pendant la campagne de 1920-21; le colza (1625711 hectol., en 1920) ; le chanvre (8752 t. mét. en 1921 ) ; le coton (3111 t. de non égrené en 1921) et enfin l’indigotier (120x6 t. mét. de feuilles en 1921) et le sucre de canne (877 868 t. mét. en 1920).
- Le thé occupait en 1921 : 48648 ha; la production s’élevait à 33 666 795 kg qui étaient séchés dans 1 151 329 ateliers de préparation. Le seul chiffre de la production moyenne par atelier montre que c’est là une culture éminemment familiale.
- On pourrait presque en dire autant de la production de la soie. Elle occupait, en 1921, g835 producteurs ou familles de producteurs.
- La production était de 11423794 hectol. de cocons; 25 197 165 kg de soie grège, 9657984 kg de déchets et 468 2S0 kg de bourres en étaient extraits.
- La Corée et Formose fournissent au Japon une partie des céréales et du riz qui lui manquent; à ce point de vue, ils jouent un rôle comparable à celui de l’Algérie vis-à-vis de la France. Par contre, Sakhaline et le Kouang-Toung sont déficitaires.
- La Corée a produit en 1921 en kokous de 180 litres :
- Biz.
- Orge...........
- Aacked barley .
- M aïs..........
- 'roment
- 55.182.000 9.028.000 7.053.000 828.000 5.582.000
- Millet.............. 2.935.000
- Sarrasin........... 1.141.000
- Elle a exporté la même année pour :
- Riz................... 92.813.000 yen?.
- Orge et froment . . . 4.177.000 —
- Fèves................ 24.581.000 —
- Poisson.............. 12.762.000^ —
- presque exclusivement vers le Japon. Les riz coréens remplacent presque complètement les riz indo-chinois ; ils sont le plus souvent de qualité inférieure (paddy).
- Mentionnons deux produits de l’agriculture coréenne : le ginseng, plante médicinale, l’antique sylphium de la Cyrénaïque, monopolisée aujourd'hui par lEtat (production annuelle moyenne : 18000 kg); le tabac :
- 14337941 kg en 1920.
- La production de la soie est très faible (33 636 kwan de 3 kg 750 en 1920).
- Formose est au premier chef un pays producteur de riz (8 g56ooo hectol. en 1920) et elle exporte au Japon le trop-plein de sa production. Viennent ensuite le sucre de canne (252 734 t. en 1921), le tabac (1 g38 000 kg en 1921), le thé (4513 t. exportées au Japon en 1921), l'indigo liquide (1 114646 kgs en 1921).
- La production en céréales de Sakhaline en 1921 n’a été que de 160000 hectolitres.
- VI. Les forêts dans l’Empire japonais. — Yéso et le nord de Hondo sont des pays forestiers. Le Japon proprement dit comptait 18628 280 ha de forêts en 1918; Sakhaline en avait 3324971 ha en 1921; la Corée et Formose ont aussi des forêts très étendues. L’Empire japonais non seulement ne manque pas de bois, mais il pourra en exporter de très grandes quantités, le jour où ses forêts seront bien aménagées.
- Le produit le plus important qu’elles lui fournissent est le camphre, pour lequel il a un monopole de fait, son seul concurrent étant Bornéo et cette île ne produisant guère que le neuvième de la récolte japonaise.
- Voici quels sont les chiffres de la production :
- Camphre Huile
- raffiné. % de camphre.
- Japon. . . , Formose. . .
- 904.375 kg 911.884 -
- 1.816.259
- 1.528.850 kg 3.175.151 —
- 4 504.001
- Le camphre est monopolisé par l’Etat japonais, qui contrôle ainsi la pharmaceutique et la fabrication du celluloïd du monde entier.
- Comme autres produits forestiers, signalons la laque (5o6 t. mét.) et la cire végétale (5i5o t. mét.) chiffres de 1921 pour le Japon seulement.
- (à suivre.) René Le Conte.
- JÙD
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pouvoir désinfectant de l’alcool. — On sait en général assez peu que le pouvoir antiseptique ou bactéricide de l’alcool est au maximum quand il est à 70 pour 100. Quand la solution est trop forte, les albumines avec lesquelles il se trouve en contact sont coagulées superficiellement et empêchent que son action se fasse sentir dans la profondeur. Dans ces conditions, les germes nocifs ne sont pas tués. Inversement, à concentration trop faible, l’alcool n’a pas d’action bien marquée
- sur la substance vivante. Les différences sont d’ailleurs considérables. L’alcool à 700 a un pouvoir bactéricide 3o fois plus considérable qu’à 6o° ou qu’à 8o°. On voit donc quel intérêt il y a, au point de vue économie domestique, à ne pas utiliser des eaux de Cologne ou des préparations similaires dont le contenu en alcool dépasserait 70 pour 100. Ce serait là, à la fois, dépenser inutilement de l’argent et enlever à ces excellentes préparations quelques unes de leurs propriétés les plus intéressantes.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Réparation d’une fuite de valve. — La valve d’une chambre à air fuit surtout quand les rondelles de caoutchouc qu elle comporte sont usées, et ne viennent plus faire l’obturation comme elles devaient primitivement le faire.
- La réparation ordinaire consiste dans le remplacement de ces rondellee usées et la chose n’est possible que si l’on se trouve dans un atelier de réparations.
- On ne peut songer à réparer de cette façon en plein champ la valve d’une roue de bicyclette et cependant quand on se trouve à une certaine distance des agglomérations, il peut être désagréable d’être obligé de des-
- cendre tous les 5oo m. pour regonfler la chambre à air sujette à caution.
- On peut procéder à une réparation de fortune en utilisant un peu de dissolution comme celle dont on se sert pour faire les réparations de chambres.
- On enduit la partie mobile de la valve à l’emplacement des rondelles usées avec un peu de dissolution et on laisse sécher, puis on remonte complètement la valve et après avoir gonflé on peut repartir pour la destination prévue, car la réparation faite tiendra bien toute une journée au moins.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictemenl les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’aboniîement. 11 est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, ü ne peut être, en général, répondu immédiatement-
- Réponses. — E. R., a Samt-Cloud. — Nous avons répondu à votre demande dans un précédent numéro.
- M. Vernes, à Richebourg. — i° L’article que nous avons publié dans le n° 2578 du ior septembre 1923 indique que le silicate de soude employé pour constituer un revêtement de route est à 35° B., c’est la concentration à laquelle on le trouve dans le commerce, il faut donc s’en servir tel quel. Mais une condition importante de la réussite est un mélange parfait avec les éléments solides, matière calcaire et cailloux, nous craignons qu’un arrosage superficiel ne permette pas de réaliser l’homogénéité cherchée. Quant à la quantité de silicate qu’il faudrait employer, elle serait de 40 litres pour i35o litres calcaire et cailloux, or, dans une utilisation par arrosage, il faut faire intervenir la perméabilité du terrain, laquelle limitera la pénétration. Seule une expérience préalable sur une petite surface pourra vous fournir ce renseignement ; connaissant l’épaisseur de la couche imprégnée et la surface du terrain, vous en déduirez le cubage et par suite la proportion de silicate à employer d’après les données ci-dessus. 20 Le silicate de soude vaut actuellement de o fr. 45 à ofr. 55 le litre, vous pourrez vous en procurer par toutes quantités chez Pelliot, 24. place des Vosges ou chez Pointet et Girard, 3o, rue des Francs-Bourgeois.
- M. Debruyne, à Bruxelles. — Nous considérons que, pratiquement, vous ne pourrez obtenir une teinture unie de votre capote d’auto, sans démontage et immersion dans un bain dont la température serait élevée jusqu’au bouillon. Si cependant le. manque d’uniformité ne vous inquiète pas, essayez l’application au pinceau d’un noir diamine, noir bleu, noir oxydiamine, noir jais de la manufacture Lyonnaise. Monter le bain colorant avec
- Eau chaude...................J . . 8 lit. '
- Cristaux de soude..................... 10 gr.
- Sulfate de soude..................... 100 —
- Colorant (un des noirs ci-dessus). . 3o —
- Jaune de thioflavine................... 2 —
- Appliquer très chaud sur le tissu préalablement mouillé pour éviter, dans la mesure du possible, le manque éventuel d’uniformité signalé plus haut.
- M. Couston, à Bordj-bou-Arreridj. — Le tartre qui s’est déposé dans la chambre de votre moteur doit être constitué par du sulfate de chaux, nous pensons que vous réussirez à le dissoudre en faisant d’abord pénétrer dans la cavité une solution bouillante de carbonate de soude (cristaux) qui transformera le sulfate de chaux en carbonate de chaux; ce dernier, après avoir enlevé la solution alcaline et rincé, se dissoudra alors facilement dans l’acide chlorhydrique étendu. Au besoin recommencer les opérations dans le même ordre jusqu’à obtention de résultat complet.
- Dr J. P., à Nancy. — Les eaux sortant des fosses septiques constituent un excellent engrais nitraté, mais nous ne vous conseillons pas de faire pénétrer dans la fosse des eaux de cuisine ou de lessive, leur action ne pourrait qu’être nuisible* aux ferments destructeurs des matières organiques dont le rôle, serait ainsi entravé;
- d’autre part, les plantes se trouveraient fort mal de la présence du savon qui passerait au travers de la fosse sans modifiation.
- Victor Savigny, à Mexico. — T A notre grand regret, nous ne pouvons nous occuper de mettre au point des fabrications industrielles. 20 Les maisons suivantes vous fourniront des encres décalcables au fer chaud : Antoine, 38, rue d’Hautpoul; Lorilleux, 16, rue Suger, 6”; Gaut-Blancan, 154, faubourg Saint-Denis; Paillard, 17, passage Saint-Sébastien, 11e; Falk-Roussel, 200, quaide Jemmapes; Gauger et Pasque, 33, rue des Francs-Bourgeois; Lefranc, 12, rue de Seine.
- M. Malivert, àoParis. — Le rebouchage de fentes de votre parquet nous semble en effet de première nécessité ; vous pouvez employer pour cela un mastic composé de :
- Cire jaune..................35o grammes.
- Résine en poudre .... 200 —
- Suif........................ 5o —
- Faire fondre ensemble et incorporer au mélange :
- Blanc d’Espagne pulvérisé. 4°° grammes.
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures. Laisser sécher quelques heures, racler l’excédent avec une lame quelconque, puis un morceau de verre cassé à forme arrondie. On peut approprier la teinte du mastic à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge, du noir de fumée, etc.
- G. T -17, à Gesté. — La plupart des liquides employés contre les crevaisons de pneumatiques sont établis sur les bases suivantes :
- Silicate de soude à 35° B. . . 25o c. c.
- Glycérine ordinaire..............760 —
- Après mélange, ajouter peu à peu de l’acide chlorhydrique commercial jusqu’à réaction faiblement acide, délayer enfin la gelée résultante en y ajoutant :
- Glycérine ordinaire..............750 c. c.
- Dans certaines préparations, l’alumine gélatineuse
- remplace la silice, c’est-à-dire que l’on précipite l’alumine du sulfate d’alumine par l’ammoniaque, également en milieu glycériné, mais le premier procédé nous
- semble préférable.
- M. Capdepont, à Pessac. — Le meilleur moyen de recoller le marbre consiste à appliquer sur les parties à joindre une pâte semi-fluide obtenue en délayant du blanc d’Espagne finement pulvérisé dans le silicate de soude commercial. Le point essentiel est de serrer très fortement pendant la prise, c’est pourquoi, s’il s’agit d’un dessus de meuble par exemple, il est préférable de mettre la pièce debout et non couchée de façon que l’action de la pesanteur tende à rapprocher les, fragments. Laisser sécher plusieux's jours avant de manipuler à nouveau le marbre, cette condition est non moins importante.
- /. F., à Lautrec. — L'essence de girofle est un excellent conservateur de la souplesse du caoutchouc. On opère de la façon suivante : on bourre un flacon à large col de coton hydrophile, puis on arrose ce dernier de quelques centimètres cubes d’essence de girofle. Les objets à conserver ayant été disposés dans une caisse que l’on peut fermer hermétiquement, on place à côté le flacon préparé et on referme la caisse, les vapeurs qui se dégagent viennent exercer leur action favorable sur le caoutchouc, et même au bout de plusieurs années on retrouve celui-ci intact.
- Mairie de Montrouge. — i° Les ordures ménagères
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- BOITE AUX LETTRES
- telles quelles sont recueillies dans les grandes villes par le service de voirie présentent une composition voisine de celle du fumier des bovidés, ainsi que le mon-
- trent les chiffres suivants :
- Ordures Fumier
- ménagères. de bovidés.
- Azote.................. 0,38 °/0 o,34 %
- Acide phosphorique. . 0,41 o,i3
- Potasse................ 0,42 o,35
- Mais il faut tenir compte qu'en hiver ces ordures contiennent beaucoup de cendres de houilles sans aucune valeur fertilisante, leur richesse se trouve ainsi très fortement diminuée. 2° Comme appareil de ménage permettant de faire des briquettes avec les ordures, en vue d’une utilisation pour le chauffage, nous pouvons vous indiquer les presses Harmand de la maison J. Arthur, 23?., rue de Rivoli. Les déchets de la maison étant placés dans un baquet, on les arrose d’eau en quantité suffisante pour les imbiber, puis on laisse macérer 12 heures. Le lendemain, on mélange avec une truelle de manière à faire une sorte de mortier, on passe à la presse, démoule et laisse bien sécher. 3° Le charbon de bois que Von met dans les citernes agit par ses propriétés absorbantes comme désodorisant et décolorant, il doit être renouvelé assez fréquemment, car sa capacité d’absorp-lion est limitée. 4° Le moyen le plus économique et le plus sûr pour assainir l’eau destinée à la consommation est l'addition de permanganate de potasse jusqu’à légère coloration rose persistante.. Bien que l’eau per-manganatée soit complètement inofïensive dans ces conditions si on désire consommer une eau incolore, il suffira, après avoir laissé le permanganate agir quelques heures, de mettre dans cette eau, mais seulement alors, quelques morceaux de charbon de bois qui détruiront l’excès de permanganate.
- Bureau d'hygiène, Nice. — La surveillance des produits alimentaires aux Etats-Unis est aussi rigoureuse qu’en France, l’addition des conservateurs au lait est prohibée et seule la stérilisation par la chaleur est’ admise ; nous ne croyons pas à la présence d’antiseptiques dans les laits de la marque dont vous parlez. S’il en existait, ce serait par fraude et non tolérance.
- T. S. F. — M. H. D., à Ermont (S.-et-Oise). — i° Les illégalités d’audition constatées avec votre poste à galène peuvent provenir, soit des variations de sensibilité de votre délecteur, suivant le point sensible choisi, soit des variations d’intensité du poste émetteur, soit surtout des conditions atmosphériques. Celles-ci peuvent non seulement influencer sur la transmission des ondes hertziennes, mais encore sur la qualité de votre prise de terre et l’isolement de vos connexions.
- Pour-diminuer, en partie, l’importance de ces'variations, il conviendrait d’utiliser, si possible, une prise de terre indépendante; par exemple, plaques de grillage métallique enfouies dans le sol humide.
- 20 Le manque de syntonie de votre poste provient du système d’accord employé et également du système de détection par galène. Le détecteur à galène ne peut jamais permettre une aussi bonne sélection que les appareils à lampes.
- Une sélection meilleure serait obtenue en employant un appareil d’accord Tesla, réalisé, soit avec deux bobines cylindriques coulissantes, soit avec deux galettes de self, dont une serait mobile par rapport à l’autre. Il faudrait en tout cas utiliser un condensateur variable à air au secondaire, et également au primaire, si vous le réalisez avec une self-inductance non fractionnée (Voir, par exemple, chroniques de La Nature). Un montage en dérivation, même réalisé avec une self inductance en « nid d’abeilles », ne vous procurerait pas une sélection meilleure que votre montage actuel. Avec des selfs en nid d’abeilles, de diamètre extérieur 85 mm, des bobines de i5o spires et 3o spires conviendront pour le primaire (réception des P. T. T., Fl et Radiola) ; des bobines de a5o spires et 60 spires conviendront pour le secondaire. Avec deux jeux de bobines seulement et deux condensateurs à air on voit qu’il est possible de couvrir la gamme des longueurs d'onde de 35o m. à 3ooo m. environ. 11 est bien évident que, pour la réception des ondes courtes, le condensateur d’antenne peut être mis en série au besoin.
- M. R. S., à Bruxelles. — i° Nous avons déjà indiqué (n° 258;, Boite aux lettres) les procédés permettant de
- réaliser des selfs de liaison pour amplificateurs. Avec un appareil à plusieurs lampes dans lequel on emploie ces selfs, on peut par exemple recevoir avec de bons résultats les émissions de 35o m. à 3ooo m. de longueur d’onde environ. Il est à noter que les capacités de liaison doivent de préférence avoir une assez faible valeur;
- — de microfarad ou de microfarad.
- 1000 1000
- 29 Voici les > longueurs d’onde propres avec une capa-
- cité de i/ioooe en dérivation et indication des nombres
- de tours correspondants pour des bobines en nid
- d’abeilles de 85 mm de diamètre extérieur.
- i5 tours 70 mètres environ.
- 3o — ioo —
- 60 — 200 —
- 120 — 600 —
- i5o — 700
- 2Ô0 — 1200 —
- 5oo — 2200
- 1000 — 45oo —
- Avec une capacité de .1/1000° en dérivation, voici
- maintenant les longueurs d’ondes correspondantes
- 15 tours 23o mètres environ.
- 3o — 480 —
- 60 — g5° —
- 120 — 1800 —
- i5o — 2300
- r5o — 3700
- 5oo — 7000
- 1000 - 14.000 avec 3/i000e psF 25.ooo mètres.
- On voit qu’avec 5 ou 6 self inductances, on peut facilement couvrir la gamme de 100 m. à 25 000 mètres.
- Les valeurs indiquées sont naturellement des indications à retenir pour le choix de la bobine du secondaire.
- Pour le choix de la bobine de primaire, il faut tenir compte de la longueur d’onde propre de votre antenne qui doit être de i5o m. au moins, réunie à la terre (vous n’avez pas indiqué le nombre de fils). Pour les ondes très courtes au-dessous de 35o m., il sera bon en tout cas de placer votre condensateur d’antenne en série.
- Quant à la valeur de la bobine de réaction, elle varie suivant le nombre de lampes employées, avec une lampe, vous pouvez employer une bobine de i5o spires au moins pour la réception des ondes courtes et de 200 spires pour la réception des ondes moyennes.
- 3° Si vous désirez employer un cadre fractionné pour la réception des ondes courtes, il faut utiliser des coupures entières, autrement vous n’auriez que de mauvais résultats.
- Avec 7 spires de 1 m. 5o >< 2 m.,' écartées de 3 cm, on couvre avec 1/1000e microfarad en dérivation la gamme de 325 m. à goo m., 2 spires seront suffisantes pour avoir une longueur d’onde de 100 mètres.
- 4° Le livre, le Poste de l’Amateur de T. S. F., a été analysé dans le n" 2382 (Bibliographie).
- M. Ernest Sauzède, à Paris. — i° Vous trouverez dans la T. S. F. des Amateurs, de Duroquier, les données de construction d’un « tikker » et d’un « buzzer ».
- 20 Le modèle d'antenne intérieure qui semble donner les meilleurs résultats est le type en éventail. S’il est possible, l’adoption d’un cadre semble presque toujours préférable.
- M. le D1 Bridier, à Saint-Hilaire de Villefranche (Charente-Inférieure). — Voici des données pour la construction d’une bobine de Ruhmkorff.
- Noyau de fer doux composé d’un faisceau de fils de fer de 8 à 12/10 mm vernis à la gomme-laque ou de tôles très minces.
- Ces fils de fer ou tôles étant assujettis avec de la ficelle fine. Noyau d’environ 2 cm de diamètre et 20 cm de longueur.
- Le primaire peut être bobiné avec du fil 12/10 mm isolé coton ; 2 couches seront disposées sur du papier ou carton verni entourant le noyau de fer.
- Le secondaire enfin comprendra 9000 tours au moins, en fil de 10/100 mm de diamètre isolé soie.
- Le fil est enroulé sur le primaire, recouvert de papier isolant, et disposé en galettes, séparées par des disques en carton et montées en série.
- Le condensateur employé doit avoir au moins une capacité de 3 microfarads ; il peut être à diélectrique papier paraffiné. La surface totale des lames est d’environ 1 m2.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté' de io °/ç pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Les accumulateurs électriques, par A. Soulier, i vol. 200 p., 82 fig. Garnier frères, éditeur, Paris, 1923. Prix : 8 francs.
- L’accumulateur électrique, avec le développement de la T. S. F. et de l’éclairage électrique des automobiles, a retrouvé une clientèle aussi étendue que variée. Le petit livre de M Soulier vient à son heure pour expliquer au grand public ce qu’est un accumulateur, comment il est fabriqué, comment il fonctionne, et surtout comment on peut le recharger, comment on doit l’entretenir. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage des explications claires, faciles à comprendre, des renseignements sûrs et des conseils pratiques dictés par une longue expérience.
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- Les transformateurs, par P. Bunet. i vol. grand in-8, 632 p., 456 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1923. Prix broché : 55 francs.
- Le transformateur électrique est un organe essentiel dans une distribution électrique de courant alternatif. C’est lui, grâce à sa. simplicité de fonctionnement et à sa propriété autorégulatrice, qui a permis le développement sans cesse accru des transports et distributions de force électrique à toute distance. Cette importance justifie le gros volume que M. Bunet consacre à cet appareil dans Y Encyclopédie d Electricité industrielle, publiée sous la direction de M. Blondel. L’auteur expose d’abord avec sobriété la théorie du transformateur ; il en étudie ensuite la construction en prenant ses exemples dans les modèles les plus modernes ; puis il en examine en détail le fonctionnement dans les diverses circonstances qui s’offrent en pratique ; il étudie notamment l’effet des harmoniques, celui des résonances et des surtensions. Un chapitre est consacré à l’installation et au choix des transformateurs. Signalons aussi une intéressante étude de la bobine d’induction.
- Le livre se termine par des données numériques pour l’établissement des transformateurs, tirées de modèles récents.
- Cours d’épuration des eaux et assainissement des cours d’eau, par Dienert. i vol. in-8, 3gi p., 66 fig., 3 pl. Eyrolles, Paris. Prix : 24 francs.’
- Ce cours, professé à l’Ecole des Travaux publics par le chef du service de surveillance des eaux de la Ville de Paris, est un exposé complet de la question. L’auteur rappelle les notions nécessaires sur l’eau et les substances qu’ellfe contient : solutions, suspensions, colloïdes, microbes, puis examine successivement l’épuration des eaux potables et celle des eaux usées. Cette dernière partie, de beaucoup la plus étendue, envisage le problème des eaux résiduaires des principales industries.
- Discours de la nature de l’air, de la végétation des plantes. Nouvelle découverte touchant la vue, par Edme Mariotte. i vol. in-16 double couronne (180-n5) de xv-120 p., 1923. Gauthier-Villars et Cie, éditeurs, Paris, 1923. Prix : 3 francs.
- Mariotte (1620-1684), qui est le -fondateur de la physique expérimentale en France, a étudié pour la première fois d’une façon complète la nature de l’air, et énonça, après de nombreuses et minutieuses expériences, la loi qui porte $on nom.- Le mémoire où il expose les travaux sur cette question est un chef-d’œuvre, aujourd’hui encore extrêmement instructif à lire, et il faut féliciter de cette réédition le Directeur de la Collection des « Maîtres de la Pensée scientifique ».
- Dans le Mémoire sur la végétation des plantes, il s’est efforcé d’expliquer les phénomènes végétaux uniquement par des principes physiques. Dans la
- Nouvelle découverte touchant la vue se trouve relatée l’expérience qui lui a permis de découvrir la tache aveugle de l’œil humain.
- Morphologie générale. — Membres et ceintures des Vertébrés tétrapodes. — Critique morphologique du transformisme, par L. Vialleton. 1 vol. in-8°, 708 p., 270 fig. Doin, Paris. Prix : 60 francs.
- Cet ouvrage comprend trois parties : dans la i10 l’auteur étudie les membres et les ceintures non seulement en eux-mêmes, mais dans leurs rapports avec le reste de l’organisme et il s’efforce de dégager les conditions morphologiques et fonctionnelles qui ont présidé à leur constitution.
- La 2e partie est consacrée aux théories sur la nature et les homologies des membres. Elle rejette les conceptions mystiques de l’anatomie philosophique pour conclure, avec Geddes, à la très grande spécialisation des membres des Vertébrés, en rapport avec la polarisation du corps et avec leur fonctionnement.
- La 3e partie (critique morphologique du transformisme) réfute en embryologie la loi biogénétique. Elle dénonce la confusion qui a fait prendre l’épi-genèse, loi de toute construction, pour la preuve d'un développement évolutif; en anatomie comparée, elle montre le caractère superficiel ou métaphorique de bien des comparaisons, l’incorrection de certaines reconstructions paléontologiques, l’importance de la loi de corrélation de Cuvier; en systématique elle étudie la valeur des classifications, l’idée de série animale depuis de Blainville jusqu’à nos jours, la valeur des caractères, la place de l’homme dans la nature, les rapports entre le nombre des espèces et celui des types, le développement paléontologique.
- Ce livre, fruit d’une longue étude, et qui a profité de la riche documentation accumulée par l’auteur pour sa Morphologie des Vertébrés, devenue classique, intéresse à la fois les naturalistes, les philosophes et tous ceux qui se préoccupent des difficiles problèmes des origines.
- La Touraine préhistorique, par le Dr Louis Dubreuil-Chambardel. I vol. in-4°, 144 p., 65 fig.. 7 pl. ef 1 carte. Edouard Champion, Paris. Prix : 40 francs.
- Ouvrage capital dont M. Camille Jullian montre bien l’intérêt considérable dans sa préface. L’auteur, professeur bien connu de l’Ecole de Médecine de Tours, a fouillé sa province et y a fait d’abondantes découvertes. Il l’a trouvée habitée à toutes les périodes de la préhistoire et chacune y a laissé de nombreux vestiges. Les plus importants sont ceux de l’époque néolithique, mais 1 âge du bronze y est également représenté. Fouillant le pays, vallée par vallée, plateau après plateau, il montre dans la région du Grand Pressigny une abondance de silex qui firent de la vallée de la Claise le centre industriel néolithique dont les produits s’exportaient dans toute l’Europe. L’œuvre est un des plus importants appoints à la préhistoire française par sa documentation inédite et fort riche.
- Guide de Terre Sainte, par le P. Barnabe Meistermann. Nouvelle édition refondue. 1 vol. q5o p., 26 cartes et 14 plans de villes en couleurs, 110 plans de monuments. Aug. Picard, éditeur Paris, 1923. Prix : 25 francs.
- Les grands souvenirs historiques et religieux qu’évoquent chaque localité, chaque monument, presque chaque pierre de la Terre Sainte continuent à attirer chaque année vers la Palestine une foule de pèlerins ou de touristes. Pour les voyageurs de langue française, le livre du R. P. Meistermann sera un guide précieux à tous égards : ils y trouveront, tout d’abord, des renseignements pratiques nombreux et précis et des plans d’excursion qui leur permettront de préparer leur voyage. Mais l’intérêt général de cet ouvrage réside dans le soin qu’a mis son auteur à situer sur le terrain, à la lumière des travaux anciens et récents, les grandes scènes d’histoire religieuse, politique et militaire qui s’y sont déroulées. Aussi l’ouvrage, à certains égards, apparaît-il comme un véritable précis de géographie biblique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2590
- 24 Novembre 1923
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN JANVIER 1924 (l)
- Trois éclipses partielles de Soleil, deux éclipses totales de Lune, le passage de la planète Mercure devant le Soleil, cinq occultations de la brillante étoile Aldébaran (a Taureau) par la Lune, voilà pour les principaux phénomènes que nous réserve l’année 1924. Quand nous disons qu’elle noos les réserve, c’est une manière de parler; en effet, certains de ces phénomènes seront visibles de.. 1 autre hémisphère et nous ne les verrons même pas en partie. L’essentiel est qu’ils soient bien observés et contribuent, si possible, à accroître nos connaissances astronomiques en permettant des observations ou vérifications utiles.
- 1. Soleil. — Le Soleil remonte peu à peu vers l’hémisphère céleste boréal, sa déclinaison, de —2 3° 5' au début du mois, n’étant plus que de — 17° 3g' à la fin. La durée du jour varie avec cette élévation et, de 8h i6m le ior janvier, atteint gh 1 8” le 3i.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges
- Dates. P ^0
- Janvier ier + 2«,3 - 3°,I 266°,6
- — 6 0°, 1 30,6 2OO0,8
- — 11 2°, 5 4°, 2 i35°,o
- — 16 - 4°,9 — 4°, 7 690,1
- — 21 — 70,2 5°,2 3°,3
- — 26 — 90,4 — 5° 6 a 97°* 4
- — 31 — il»,6 — 6°,o 23i°,6
- Parallaxe et distance. — Voici la valeur de ces
- ments pour le mois de janvier :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- Janvier 1 er 8",95 146 997 000 km
- — 11 8",95 147 022 OOO
- — 21 8",94 147 I I 5 OOO —
- — 3i 8", 93 147 296 OOO —
- dien de Paris Heure du passage
- Dates. (T. m. G ).
- Janvier irr 11b 53“ 5 2,
- — 5 uh 55m44
- — 10 1 ih 57” 55'
- — i5 1 ih 59“ 52'
- — 20 I2h Iœ32‘
- 25 I2h 2” 54'
- — 3i i2h 4m 6'
- Observations physiques.— L’observation de la surface solaire au moyen dé j>etits instruments est une des plus faciles à faire. Ne pas oublier de munir les oculaires d’un verre noir protecteur, sans lequel on risquerait d’être aveuglé On peut, au lieu d’observer directement, recevoir l’image par projection sur un carton blanc placé perpendiculairement à Taxe de la lunette, en arrière de l’oculaire. Mais, pour la reconnaissance des fins détails, l’observation directe est préférable.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale devient de mieux en mieux visible le soir au Sud-Ouest, à condition d’être à la campagne, loin des lumières artificielles et, naturellement, en l’absence du clair de Lune. Ce phénomène céleste est très intéressant à observer et à photographier. Un ensemble de mesures photométriques de la lumière zodiacale rendrait un réel service à la science. C’est là un travail à la portée d’un amateur avisé. Y a-t-il un rapport entre l’éclat de la lueur et la phase de l’activité solaire ? G est probable. Mais il n’y aura que des mesures précises pour résoudre cette question.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de Janvier, serontles suivantes :
- N. L. le 6, à iab 48“
- P. Q. le-13, à 22h 44“
- P. L. le 22, à oh 57“
- D. Q. le 29, à 5h 53ra
- Fig. 1. — Occultation d’Aldébaran (a Taureau) par la Lune, le 17 Janvier 192/,, de i9b28m à 20l‘29m. (La flèche indique la trajectoire apparente de l’étoile, comme si la Lune était immobile.)
- La photographie donne d’excellents résultats. L’énorme quantité de lumière permet les poses les plus courtes. Ne pas trop diaphragmer, mais employer des plaques lentes à grain fin. On peut encore enfumer légèrement — avec précaution — la lentille constituant l’objectif et mieux placer un bon écran coloré sur le trajet des rayons lumineux. Pour diminuer la quantité de lumière, se servir comme obturateur d’une fente étroite se dépla-. çant rapidement soit dans le plan focal de l’objectif, soit très près de la plaque sensible. La stabilité est une condition essentielle de succès. Le déclenchement des obturateurs introduit souvent une secousse au moment du départ. Plus la lunette sera lourde et l’obturateur léger, moins cette secousse agira sur la position de l’image.
- Voir pour tout ce qui concerne l’observation et la photographie du Soleil avec de petits instruments, La Nature, n° 2402 (1" mai 1920); n° 2408 (29 mai 1920); n° 2456 (3o avril 1921); n° 2546 (20 janvier 1923); n° 2553 (10 mars 192I).
- Nous continuons ci-dessous l’éphéméride pour les observations physiques du Soleil. Voir pour la signification des lettres P, B0. L0, le précédent « Bulletin astronomique » (n° 258b) où Ton remplacera dans le tableau le mot Novembre par Décembre, les dates et valeurs de P, B0, L0 étant exactes.
- 1. Toutes les heures données ici sont exprimées en temps légal, compté de oh à 24h, à partir de minuit. Le temps légal est l’heure temps moyen de Paris retardée de 9m2i8 : c’est le temps de Greenwich.
- Age de la Lune, le Ier Janvier, à midi = 241,4; le 6 = oJ,o. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou. le 6. Pour une heure donnée, ajouter oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- La considération de l’âge de la Lune permet un classement grossier des dessins ou observations lunaires. Il est de beaucoup préférable de substituer à cette donnée la notion de longitude du terminateur lunaire, bien plus exacte.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en Janvier ; le 6 ——190 T ; le 20 — + i8°59'. Ces époques sont celles de plus faible ou de plus grande élévation de la Lune sur l’horizon lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 Janvier, à ioh. Parallaxe = 60'26", Distance <=302 85o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 Janvier, à 5h. Parallaxe =54' 10". Distance =404820 km.
- Périgée de la Lune, le 3t janvier, à 211’. Parallaxe = 5g'3o". Distance = 368 540 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 8 Janvier, occultation de 29 Capricorne (gr. 5,5), de T7h4i“ à i8h25m.
- Le 9, occultation de e Verseau (gr. 5,4), de i8homà
- i9h 6m.
- Le 10, occultation de A Verseau (gr. 5,4), de igh58m à 20^ 29“.
- Le 17, occultation de 264 B Taureau (gr. 4,8), de i6h i5m à i6h52“.
- 21
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : JANVIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (J) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. y VISIBILITÉ
- . 5 7" 46m 1 ib 55”44* i6h 6“ jgh qui 22e 43' 32' 34"8 Sagittaire *
- Soleil . . . x5 7 42 1r 5q 62 16 19 19 44 — 2 r t8 32 34,8 Sagittaire. 0
- 25 7 33 12 2 54 16 34 20 26 — 19 12 32 32,4 Capricorne /
- ; 5 8 3i 12 5g 17 25 20 3 — 19 38 8,6 P Capricorne Dès le coucher du Soleil
- Mercure. . î 15 7 4 1 t 35 16 7 iq 25 — 18 47 10,0 p Sagittaire au début du mois.
- 25 6 6 IO 32 14 57 18 55 — r9 5g 8,6 \ Sagittaire Le matin,à la fin du mois.
- 5 9 26 i3 58 18 3o 21 2 — 18 4* n,8 0 Capricorne
- Yénus . . , j i5 9 l5 14 7 19 0 21 5i — 14 46 12,4 ô Capricorne Le soir.
- f 25 i 9 0 14 i5 19 3o 22 38 — 10 11 12,8 a Verseau
- 5 3 29 8 10 12 5o 15 12 — 17 7 4,6 1 Balance .
- Mars. . . .] i5 3 25 7 57 12 28 15 38 — 18 49 4,8 6 Balance Le matin.
- 25 3 20 7 44 12 7 16 4 — 20 16 5,o v Scorpion
- Jupiter. . . x5 5 7 9 23 i3 44 16 29 — 21 R 29,8 10 Scorpion Avant l’aurore.
- Saturne . . i5 1 1 6 19 11 36 14 2 — 9 45 i5,2 x. Yierge Le matin.
- Uranus. . . i5 9 49 t5 20 20 52 23 5 — 6 41 3,4 9 Verseau Après coucher du Soleil.
- Neptune. . 16 18 27 1 42 8 57 9 29 -j- i5 10 2,6 7 Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Le 17, occultation de 85 Taureau (gr. 6,0), de i6h42m
- à 1
- Le 17, occultation de 275 B Taureau, de i7’'5om à i8h 57ro.
- Le t7, occultation de a Taureau (Aldébaran) (gr. 1,1), de i9h28m à 201 29“ (fig. 1).
- Le 18, occultation de 115 Taureau (gr*5,3), de i9h48m à 2oh 57”.
- L’occultation d’Àldébaran du 17 sera très remarquable. La Lune sera entre le Premier Quartier et la Pleine Lune. L’étoile disparaîtra derrière le bord obscur.
- Marées, — Les plus grandes marées du mois se produiront du 6 au 9, à l’époque de la Nouvelle Lune et du 21 au 27, au moment de la Pleine Lune. Leur amplitude sera relativement faible (coefficient 1,00). Pour avoir l’amplitude de la marée, il faut connaître le coefficient de la marée et l’unité de hauteur pour le port considéré. Par exemple, pour Granville, dont l’unité de hauteur est 6m25, calculons l’amplitude de la marée le 8 Janvier à la marée du matin. Le coefficient de la marée ce jour-là est 1,00. On aura •
- 1/2 amplitude à Granville : 6m,25 X x,00 = 6“,25.
- Amplitude totale : 6m,25 X 2 — i2m,5o.
- Le soir du 8 Janvier, le coefficient de la marée ne sera plus que de 0,98. Un calcul analogue nous donnera t
- 1/2 amplitude à Granville : 6m,25 x 0,98 = 6“,i25.
- Amplitude totale : 6m,i25X2=: i2m,25.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi au moyen des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1924. contient les principaux renseignements permettant de rechercher et d’observer les grosses planètes pendant le mois de Janvier 1924.
- Mercure sera très difficile à observer ce mois-ci dans les latitudes moyennes boréales. Sa plus grande élongation a eu lieu le 27 Décembre 1923. Il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le i3 Janvier, à 4h- On pourra essayer, si le temps est très pur, de le rechercher du ier au 3 Janvier, le soir, puis à partir du 25 le matin.
- Vénus devient bien visible le soir se couchant, à la fin du mois, près.de trois heures après le Soleil. Son éclat, lorsque le ciel sera pur, la fera immédiatement reconnaître. Les plus petites lunettes montrent Yénus sous un aspect qui rappelle notre satellite, en raison des phases quelle présente. Le x5 janvier, la portion éclairée du disque sera de o,858.
- L’observation de Yénus est assez difficile avec de bons instruments ; il y a intérêt à la faire avant l’arrivée de la nuit, lorsque la planète est plus élevée dans le ciel. Cependant, en été, il y a un autre inconvénient : réchauffement de tous les objets par le Soleil produit d’importants remous qui agitent les images. Le crépuscule est
- une heure favorable pour l’observation visuelle de cette planète. Employer des écrans colorés pour accentuer les contrastes, d’ailleurs bien faibles, des taches de la surface. Le choix de ces écrans ne pourra se faire que par expérience.
- Mars s’écarte peu à peu du Soleil ; on le trouvera dans la constellation de la Balance. 11 sera en opposition au cours de l’année, et nous aurons l’occasion d en parler longuement dans quelques mois. Son diamètre apparent est encore bien faible et les instruments moyens ne montreront de sa surface que la calotte polaire boréale.
- Mars présente une légère phase qui dépend des positions respectives de cette planète, du Soleil et de la Terre. Plus la Terre s’écarte de la ligne qui joint le Soleil à Mars, plus la phase est accusée. Le i5 Janvier, cette phase (portion éclaircie du disque) sera de 0,929.
- Jupiter est visible le matin au Sud-Est, avant l’arrivée du jour. On pourra bientôt commencer les observations utiles. Dès à présent, on peut suivre quelques-uns des phénomènes résultant de la révolution des satellites autour de la planète. Ils sont réunis dans le tableau suivant :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Janvier Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Janvier Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I 6h20” I O.f. *7 5h 26" I p.f.
- 1 6 58 I P.f. 17 6 48 II P. c.
- I 7 i3 III Im, 19 4 59 III O.c.
- 8 6 4 I O.f. 19' 7 .3 III O.f.
- 8 6 48 I P.c. 24 5 i5 I P.c.
- 9 6 16 I Em. 24 6 28 I O.f.
- 10 6 17 II P.f. a5 4 45 I Em.
- 12 6 24 III P.f. 26 6 i5 II Em.
- 16 5 12 l E.c. 3o 5 25 III Em.
- *7 4 57 II O.’c. 3x 612 I O.c.
- Saturne, dans la constellation de la Yierge, est visible le matin. Il se lève, le i5, vers xb. L’anneau est visible au moyen d’une petite lunette. Yoici les éléments de cet anneau, à la date du i5 Janvier :
- Grand axe extérieur.......................... 38", 3
- Petit axe extérieur...................• • • + I0”,9
- Grand axe intérieur ............ 25",5
- Petit axe intérieur,......................... 4"7 >a
- Saturne sera en quadrature avec le Soleil le 23 Janvier. Urauus est encore un peu visible le soir, dans le
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Verseau. On le trouvera au moyen de la carte publiée au n° 256o et de sa position.
- Voici ses coordonnées :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre,
- Janvier 5 23h3m — 6° 54' 3",4
- — r 5 23h 5“ — 6U 4U 3",4
- — 25 23h 7m — 6° 3 T 0 H 0 ,2
- Neptune est visible presque toute la nuit, son opposition arrivant le 9 Février prochain.
- Pour le trouver, la petite carte publiée au N° 2582, et les positions ci-dessous, seront très utiles. Neptune paraît comme une faible étoile, de la 8a grandeur environ. Avec une bonne lunette et un fort grossissement, on lui voit un petit diamètre et l’étoile se transforme en , un disque minuscule-
- Dates. Ascens. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 2 Janvier 1 "9° + 16» 4 Cancer.
- 2-3 — 2Î2° + 49° p Bouvier.
- 4-11 — T8o° + 35° N Chevelure.
- 18 — 23a0 + 36° Ç Couronne.
- 28 — 236° 4-2 5° a Couronne.
- En — io5° + 44° 63 Cocher.
- L’essaim des Bootides, actif les 2 et 3 Janvier, donne
- des météores rapides, à longues trajectoires.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J20h48m : Le 5 Janvier, à 3h28m; le 8, à ohi7m; le i3, à 17h 56“ ; le 28, à 2h2m; le 3o, à 22h5im.
- Comètes.—-On attend, en 1924, le retour des comètes périodiques suivantes -.
- Epoque du prochain Comète. Dévolution. passage au périhélie.
- Dates.
- Janvier 6 — 16
- 26
- Ascension droile.
- 9h 3om
- 9h 39m 91' 28™
- Déclinaison.
- + l5° 5' -j- i5° 10' + i5°i5’
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Diamètre.
- 2", 4
- 2",6 2",6
- Le 2, à i6h, Mars en conjonction avec, la Lune, à 4° 22' b
- Le 4> à ih, Jupiter — Le 7, à 1 ib, Mercure — Le 8, à 20h, Vénus — Le 23, à i2h, Neptune Le3i,à 6h, Mars —
- Le 3t, à i8h, Jupiter —
- — la Lune, à 4° 28' S.
- — la Lune, à i°33'S.
- — la Lune, à 3° i4’ S.
- — la Lune, à i° 27' N.
- — la Lune, à 4° 5a' S.
- — la Lune, à 4° 3o' S.
- Etoiles filantes. — Voici, d’après M. Denning, les principaux radiants d’étoiles filantes actifs en Janvier :
- Encke 3*,3o Novembre 1924
- Tempel I 6a,54 — 1924
- Tuttle 12% 15 Décembre 1924
- V. Constellations. — L’aspect du ciel, le ier Janvier à 2ih, ou le i5 à 2o\ est le suivant :
- Au Zénith et l’entourant : Persée ((3, amas) ; le Cocher. Au Nord : La Petite Ourse (a) ; Céphée (ô, p, x, £) ; le Dragon (à l’horizon).
- A lEst : Le Lion ; le Cancer; les Gémeaux (Castor, ô, Ç, y.). Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Orion (5, 9, p, t, 23 m, or, X, p, Ç) ; le Taureau (0, x, 0, Aldébaran) ; le Grand Chien (Sirius) ; le Lièvre (R).
- A l’Ouest : Andromède (y, nébuleuse M. 31 ) ; Pégase; le Bélier.
- Au Sud-Ouest : La Baleine (Mira).
- Au Nord-Ouest : Le Cygne (p, Voie lactée).
- Em. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Questions â nos lecteurs? — « Un de nos abonnés demande si un jardin fruitier pourrait être mis à l’abri des méfaits des vents violents par un treillage métallique. et quelles devraient être la section du fil et les dimensions de la maille capable de réduire de 5o pour 100 la pression du vent ».
- Réponses.—Mme R., à St-Julien-en-Beaujolais (Rhône). — Décoloration d’une eau-de-vie de vin. — Il v a lieu de distinguer entre l’excès de couleur et l’altération, plus ou moins accentuée, du goût de l’eau-de-vie.
- On pourrait opérer comme pour les tafias qui, assez souvent, présentent ce double défaut, et que l’on traite par le noir animal lavé, à raison de 5oo gr. par hectolitre, en remuant les fûts traités plusieurs fois par jour, pendant une semaine.
- Au bout de ce temps, l’eau-de-vie est décolorée, et le goût anormal est bien moins accentué, il disparaît même s’il n’était que peu prononcé.
- Lorsque le mauvais goût provient du contact de l’eau-de-vie ou du rapprochement avec certains objets odorants, on peut aussi l’éliminer au moyen de la poudre de charbon calciné, laissée pendant deux jours dans le fût, en remuant le mélange plusieurs fois par jour, puis on décante.
- On peut employer aussi les carbonates de potasse et de magnésie, et, après agitation et repos, le noir animal lavé.
- Si la coloration est très forte, on peut employer par hectolitre d’eau-de-vie 2 kg de charbon végétal en poudre impalpable, c’est-à-dire de la braise de boulanger bien brûlée et criblée pour séparer les cendres, puis lavée à l’eau bouillante et desséchée ; ensuite, on la pulvérise et on la tamise. Verser sur cette poudre un peu
- d’eau-de-vie pour en faire une bouillie que l’on verse dans le foudre ; agiter de temps à autre, pendant deux heures, puis filtrer en vase clos pour éviter l’évaporation de l’eau-de-vie.
- Un collage précipite le charbon et clarifie l’eau-de-vie. Si celle-ci est un peu affaiblie par ce traitement, on la remonte avec quelques litres d’eau-de-vie plus forte.
- Faire préalablement un essai en petit pour bien apprécier la dose de décolorant à employer.
- M. F.-F. à St-Rambert d’Albon (Drôme). — Préparation de la liqueur de prunelles. — Celle que l’on vend dans le commerce, c’est-à-dire en n’employant pas la chair des fruits, mais seulement les noyaux, se prépare de la manière suivante :
- Laisser les prunelles se dessécher légèrement, puis les décortiquer pour n’avoir que les noyaux ; mettre ceux-ci à macérer dans de l’eau-de-vie ou de l’alcool bon goût à 85° dans la proportion de 1000 gr. de noyaux par litre de liquide; ajouter quelques grammes de macis. Agiter tous les jours et goûter de temps à autre. Lorsque la macération donne satisfaction, soutirer le liquide et le mélanger avec un sirop de sucre fait avec autant de fois 5oo gr. de sucre que l’on a de litres d’alcool aux noyaux, et un verre d’eau par 1000 gr. de sucre.
- Le sirop étant cuit, le laisser refroidir presque complètement, puis le mêler avec l’alcool; on a alors une belle liqueur blanche. On peut, à volonté, donner à la liqueur une couleur jaune en la colorant avec un peu de caramel.
- Lorsqu’on emploie les prunelles entières, on les pèse
- avec leurs noyaux, puis on en écrasp une quantité de
- 1000 gr. (chair et noyaux) et on les met à macérer dans
- un bocal avec 3 litres de bonne eau-de-vie et 3oo gr. de
- 0
- sucre.
- Au bout de quatre à six semaines, on filtre la liqueur et on la conserve dans de petites bouteilles bien bouchées.
- Il est toujours bon de cueillir les prunelles après la première gelée, qui fait disparaître leur amertume.
- M. Set, à Bourges. — 1° Vous pouvez extraire le mercure, à l’état métallique, du calomel en faisant dis-
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- BOITE AUX LETTRES
- soudre ce dernier dans l’eau acidulée par l’acide azotique, puis en précipitant le mercure par l’un des métaux suivants : fer, cuivre, étain, plomb, ou bien en chauffant le calomel avec de la chaux, le mercure est mis en liberté et on le recueille par distillation. i° Les huiles sulfonées ou huiles solubles sont employées pour le travail aux machines-outils après saturation par un alcali soude ou ammoniaque, vous pouvez prendre comme directives les formules suivantes :
- A Huile végétale sulfonée ... i5o gr.
- Oléine....................200 —
- Huile de résine.................200 —
- Huile minérale..................35o —
- Ammoniaque à 220................100 —
- B Huile de ricin sulfonée. ... 100 gr.
- Huile de résine................200 —
- Huile minérale.................600 —
- Lessive de soude à 36° B. . . 100 —
- C Huile végétale sulfonée . . . ^5o gr.
- Lessive de soude à 20° B. . . 240 —
- Ammoniaque à 220............ 10 —
- 3# Le formol du commerce est un mélange de : formol, 4° pour 100, alcool méthylique, i5 pour 100, eau, 45 pour 100, vous obtiendrez une composition analogue en faisant passer les vapeurs résultant de la décomposition de 4o grammes de trioxyméthylène dans un mélange de 45 parties d’eau et i5 d’alcool, le trioxyméthylène se transforme en effet poids pour poids en formol.
- (CH20)3 — 3 (CH20).
- trioxyméthylène formol
- 11 suffit également de chauffer le trioxyméthylène en vase clos avec la quantité d’eau correspondante, la décomposition se produit de la même façon et on obtient une dissolution de formol.
- 4° Pour donner à votre staluetle de plâtre le ton terre cuite, faire un empois d’amidon cuit léger et y incorporer un peu de rouge d’Angleterre, appliquer avec un pinceau doux pour obtenir une teinte uniforme. Avoir soin de tenir compte que cette teinte baisse en séchant et faire un essai préalable sur une partie cachée de la statuette pour se rendre compte d’avance de l’effet final.
- MM. Lebon et AUegaert, Courtrai.— i°Une bonne composition à brillanter les métaux est obtenue en prenant :
- Eau non calcaire.........100 grammes.
- Ammoniaque............... 10 —
- Savon de Marseille râpé . 20 —
- Tripoli ou Kieselguhr . . 5o —
- Essence de mirbane ... 1 —
- Faire dissoudre le savon dans l’eau au bain-marie, laisser refroidir, incorporer ensuite l’abrasif, puis l’ammoniaque. N. B. L’essence de mirbane n’est pas indispensable, elle ne sert qu’à masquer l’odeur de l’ammoniaque. %° Comme ouvrage sur la question, nous pouvons vous indiquer : Coloration, nettoyage et polissage des métaux, par J. Michel, chez Desforges, 29, quai des Grand s-Au gustins.
- M. Courtois, à Fouquerolles. — On peut effectivement extraire l’acide carbonique de la marne en employant des cornues analogues à celles des usines à gaz, mais ce procédé a l’inconvénient d’être discontinu et il est préférable de se servir d’un four fonctionnant sans interruption, comme par exemple le four à chaux de sucrerie dans lequel l'acide carbonique est aspiré régulièrement pour être utilisé à la carbonatation des jus.
- M. André Guidon, à Paris. — i° La préparation des vernis est toujours une opération délicate, en particulier celle des vernis au copal, la gomme devant subir préalablement la pyrogénation pour être rendue soluble. Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre cette opération qui vous causerait des mécomptes, le mieux est d’acheter le vernis tout préparé. 3° La formule du Ripo-lin n’a pas été vulgarisée par le fabricant; d’après les renseignements que nous possédons, c’est surtout la cuisson de l’huile qui fait la caractéristique du procédé. 3° Ouvrages sur les peintures : Manuel du peintre, par Coflignier, 2 volumes, chez Baillière, 19, rue Haute-feuille \ Le peintre vitrier, par Bataille, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Auguslins.
- M. Laurent Blanc, à Clermont-Ferrand. — Il est peu probable que le mauvais goût présenté par votre vin soit dû aux bouchons, car dans ce cas, quelques bouteilles seulement seraient avariées. Pour indiquer un remède avec certitude, il faudrait connaître la cause réelle de l’altération. Essayez d’agiter le vin avec de
- 1 huile d’olives, puis de décanter cette huile après repos, peut-être obtiendrez-vous un bon résultat.
- M. Plassard, à Lamotte-Beuvron. — Le procédé de forage des puits au moyen d’anneaux en ciments superposés qui descendent par leur propre poids à mesure du dégagement central est effectivement très employé, mais il y a toujours à craindre le gauchissement si ce travail n’est pas effectué par des personnes exercées. Nous vous conseillons de vous adresser à des entreprises spécialisées, telles que : Brochot, 69, rue Roche-chouart; Boutan, 71, avenue du Général-Bizot; Lipp-mann, 47. rue de Chabrol; Lorin, 17 bis, rue Juge, iS1-; Portel, 8, rue Saint-Amand; Revel, 35, rue Baudin; Moreau, 110, rue des Boulets.
- B. G., à Erigné, M.-et-L. — L’éci^ne de mer étant un silicate de magnésie, le procédé qui a le plus de chance de réussir pour la réparation de votre pipe, est l’emploi d’un mélange de silicate de soude et de carbonate de magnésie, en pâte semi-fluide, teintée par une trace d’ocre jaune. Bien laisser sécher plusieurs jours avant de remettre en service, eu égard à la faible surface assurant les contacts des parties à réunir; prendre soin en outre de placer une tige quelconque très fine dans le tuyau pour empêcher son obstruction.
- R. C., à Nantes. — i° Le rebronzage des pièces d’art nécessite leur démontage, l’enlèvement du vernis par immersion dans un bain de soude caustique, puis le décapage en bain acide. Ces opérations comportent l’emploi de cuves de grandes dimensions et un appareillage autre que celui dont dispose un amateur, nous ne pouvons vous engager à faire ce travail, le mieux est de le confier à un spécialiste. 20 Mêmes observations pour le redorage des cadres, si vous voulez avoir une exécution soignée, laquelle ne s'effectue qu’avec l’or en feuilles sur mixture à dorer. 3° Le dépolissage des ampoules électriques s’obtient en exposant le verre à des vapeurs d’acide fluorhydrique, après avoir protégé le culot par un vernis. L’acide fluorhydrique gazeux se prépare en plaçant dans une cuvette de plomb du fluorure de calcium et en arrosant ce dernier d’acide sulfurique. Cette manipulation doit se faire avec précaution, l’acide fluorhydrique étant très caustique.
- M. Ratyé, à Arles. — Nous vous remercions de votre aimable communication relative à la destruction des courtillières par le polysulfure de calcium incorporé au sol, nous vous signalons seulement qu’il faut être très prudent dans son emploi, car le sulfure de calcium a une action nocive sur les plantes, ainsi que le démontre l’usage qui en est fait pour se débarrasser des herbes dans les allées de jardin. s
- L, M. A., à Phuc-Nhac (Tonkin). — 1° Les ouvrages suivants vous feront connaître les utilisations nombreuses du soja : Le soja et son lait végétal, par Rousset, éditeur Dunod, 47. quai des Grands-Augustins; La caséine végétale, par Beltzer, éditeur Bernard Tignol, 53 bis, même quai; — 20 Les essences de jcafé sont obtenues par distillation d’une bouillie de café moulu et d’eau ; on recueille ainsi les principes aromatiques êt on les mélange au résidu de la distillation concentré, refroidi et filtré. Le plus souvent on ajoute au mélange un colorant intense tel que du caramel; — 3° Les images merveilleuses sont réalisées par impression du sujet au moyen d’une solution concentrée de gélatine blanche laquelle après dessiccation devient invisible; —• 4° Les glaces merveilleuses s’obtiennent par gravure sur une glace ordinaire en se servant d’acide fluorhydrique liquide qui donne des traits transparents, alors que l’acide fluorhydrique gazeux donne des dessins opaques ; — 5° Le parchemin merveilleux ne présente par lui-même rien de caractéristique, c’est une feuille de papier ordinaire, non chargé et paraffiné, le bloc sur lequel il repose est un carton recouvert d’une composition dont les éléments sont de la gélatine, du sucre et un pigment quelconque, noir de fumée, bleu de Prusse, rouge d’Angleterre. Lorsque l’on écrit soit directement sur le papier paraffiné, soit sur un intermédiaire (cellophane) pour ne pas l’user, il se produit un phénomène purement physique, l’air étant chassé aux points où l’on a appuyé, le pigment apparaît par transparence, tandis qu'aux points non comprimés il reste entre le bloc et le papier paraffiné une couche d’air qui fait paraître ce dernier opaque. En soulevant la feuille, l’air se répartit sous toute la feuille, celle-ci redevient opaque dans l’ensemble et l’écriture disparaît.
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- JLA NATURE
- iyNSupplément.
- N° 259 f
- Ier Décembre 1923
- -- '
- gg^^Nécrologie. — Ernest
- Coustet. — Nous apprenons, avec de vifs regrets, la mort, -à Aix-en-Provence, de noire collaborateur Ernest Coustet. Ernest Coustet a publié dans ïm Nature de nombreux articles, relatifs surtout à la photographie.
- C’était un vulgarisateur de grand talent; on lui doit notamment uu excellent Traité de photographie, plusieurs ouvrages sur le cinématographe, et dans la Nouvelle Collection des Merveilles de Hachette un très joli livre sur l’électricité.
- Nouvelle comète Doubiago-Beruard (ig^3 a). — La première comète de l’année vient d’être découverte en Russie, à l’Observatoire de Kasan, par M. Doubiago.
- La position de cette comète, le 14 octobre, à i61‘i4rn 7 (temps moyen astronomique de Kasan), étaitla suivante :
- Ascension droite = 711 46“' 4a s;
- Déclinaison =2o°3y'ti".
- Ce point du ciel est situé au-dessous de la petite constellation australe de l’Atelier typographique.
- Le mouvement apparent de la comète 1928 a est extrêmement rapide. Il était, le t4 octobre, de :
- -j- i° 40' en ascension droite ; et de —4°5i/ en déclinaison
- en 24 heures. Aussi la comète est-elle disparue de l’horizon de France en 3 ou 4 jours et il est probable qu’elle aura été très peu observée de l’hémisphère nord, malgré son éclat, relativement élevé, de 8e grandeur.
- D’après une nouvelle circulaire du Bureau central des télégrammes astronomiques, à Copenhague, cette comète aurait été découverte le 1 1 octobre, à Madrid, par M. Arturo Bernard, qui la revue le lendemain 12, à 3 degrés au sud de l’Eioile 26 Licorne, puis le 16 octobre dans la constellation du Navire M. Arturo Bernard a transmis son observation à M. Mascart, directeur de l’Observatoire de Lyon, qui en a fait part, le 20 octobre, à l’Académie des Sciences. On peut regretter qu’il n ait pas . immédiatement télégraphié au Bureau central de Copenhague, ce qui aurait per mis d’observer la comète de la plupart des observatoires du monde trois jours plus tôt.
- Une dernière circulaire (n° 2ft) du Bureau central de Copenhague contient les éléments de deux orbites calculées, l’une par M. A.-C.-D. Crommelin, l’autre par l’Observatoire du Cap. On y voit que la comète est passée au périhélie du 16 au tq novembre. D’après une éphéméride calculée sur les éléments del’orbite du Cap, par MM. J.-P. Moller et J. Johanssen, on reconnaît que la comète remontera vers l’hémisphère nord à la fin de décembre. Il se pourrait qu’elle redevînt visible eu France en janvier 192». Son éclat sera d’ici là d’environ 7e r/2 à 9” grandeur. Il diminue.
- Nouvelle comète Reinmuth (1923 b). —Alors que l’année iga'3 s’annonçait comme très pauvre en comètes, voici que les découvertes se succèdent rapidement. La circulaire n" 27 du Bureau central astronomique de Copenhague annonce que M. Reinmuth, à l’observatoire de Konigstuhl, a photographié un astre d’apparence cométaire le 3i octobre. Ce serait donc la seconde comète de 1 928.
- La position de cet objet était, le 3i octobre, à 8h44m,5 (t. m. de Konigstuhl) :
- Ascension droite = ;
- Déclinaison = -f- 22°3i'.
- Mouvement en un jour : en ascension droite, — om.5 ; en déclinaison, ~f- 28'. (Mais une erreur de transmission pourrait conduire à donner à ces valeurs des signes contraires).
- La comète est située dans la constellation des Poissons. Il faut renoncer à la voir avec de petits instruments, son éclat correspondant à la i3° grandeur environ.
- Une seconde circulaire de Copenhague (n° 28) annonce que de nouvelles observations ont été faites le 3 ( octobre et le 5 novembre. Position, à cette dernière date, à 8h5om3 (t. m. de Konigstuhl) :
- Ascension droite — ih 17?m 51s ;
- Il faut remarquer que, dans cetle circulaire, ce corps céleste est baptisé « Objet Reinmuth » et non comète. Serait-ce un astéroïde ?
- Ravitaillement des aéroplanes en vol. — M. P. Tissandier écrit à ce sujet dans YAérophile :
- « L’aviation des Etats-Unis vient, à plusieurs reprises cette année, de démontrer brillamment son activité et nous assistons depuis quelques mois à une lutte acharnée des aviateurs de l’armée américaine contre les records reconnus parla Fédération Aéronautique Internationale.
- Désireux d'améliorer leurs propres records, les Américains ne négligent aucun procédé pouvant leur donner la victoire et les tentatives qu ils ont faites le 28 juin dernier pour battre les records de vitesse sur 25oo et et 3ooo km ont été pour « l’Army Air Service » une occasion de démontrer la possibilité de ravitailler en combustible uu aéroplane en vol.
- En effet, à cette date, à San Diego (Californie), les lieutenants Hines et Seifert. ravitaillaient en plein vol l’aéroplane du capitaine Lowell Smith et du lieutenant J.-P. Richler qui tiut l’air pendant 22 heures à une moyenne de i35 km à l’heure.
- Durant ce parcours de 3ooo km., l’aéroplane fut ravitaillé six fois :
- A 9 h. 10 du matin, 21 gallons d’essence ; 11 h. 4 du matin, 90 gallons d’essence; 4 b. 16 du soir, go gallons
- Déclinaison
- + 190 17 2 3'
- d’essence ; 5 h. 37 du soir, 5 gallons d’huile; 6 b. a5 du soir, xo gallons d’huile; 6 h. 52 du soir, go gallons d’huile.
- L’appareil employé pour ce record était un D. H. 4 B 3, moteur Liberty 400 C. Y. Un réservoir supplémentaire de 90 gallons avait été installé dans le fuselage à l’arrière, ainsi qu’un réservoir de i5 gallons d’huile, les réservoirs étaient en communication avec le réservoir principal par une conduite sous pression. Les réservoirs principaux pouvaient contenir 200 gallons d’essence, 3o gallons d’huile et 5 gailons d’eau.
- L’appareil ravitailleur était un D. H. 4 B. 1, muni d’un tuyau de i5 m. de longueur environ et d’un diamètre de 35 mm, portant à ses deux extrémités un robinet; un second tuyau, de x5 m. également, i’éunissait les deux réservoirs d’huile. Cette huile était envoyée dans le tuyau sous une pression de 8 livres.
- Comme'il est dit plus haut, six fois l’aéroplane ravitailleur vint survoler l’aéroplane qui tentait les records, laissa descendre le tuyau qui fut saisi et amarré aux réservoirs par une attache automatique et le combustible fut aussitôt transmis aux réservoirs. La durée du ravitaillement n’excédait jamais une des bases de parcours qui était de 20 km environ.
- Ces essais offrent un intérêt qui dépasse le but sportif de cette première expérience, et 1 on voit très bien leur emploi dans l’aviation maritime ou dans l’aviation de transport, permettant ainsi de longs parcours sans arrêt. Il serait en effet très aisé de répartir des avions ravitailleurs sur le parcours des grands express aériens.
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- INFORMATIONS
- Nous ne doutons pas qu’en France nous assistions prochainement à des expériences semblables. »
- La T. S. F. en Chine.—Jusqu’ici, les postes chinois de T. S. F. étaient localisés sur la côte. La capitale ne possédait aucun pylône. Mais Pékin est maintenant muni d’un poste très moderne, dont l’installation vient d’être terminée récemment. Situé dans la banlieue est, c est à l’heure actuelle le poste chinois le plus important et le plus élevé de tout l’aneien Céleste Empire. Commandé il y a 6 ans par le Ministère de la Marine, il a été construit par une maison japonaise, pour la somme de 537 000 livres sterling. Les travaux, commencés au printemps de 1918. viennent d’être terminés seulement en juillet dernier; l’inauguration officielle a eu lieu le 10 août.
- Ouvert depuis au public, le puissant poste de Pékin communique sans grande difficulté avec Bordeaux, Croix d’Hins et avec la côte américaine du Pacifique. M.D.
- A propos des végétaux lumineux. — Notre petit article (n° 2583) sur ce sujet nous a valu une lettre de M. Julien d’Hoedt qui confirme ce que nous avons dit de la fréquence du bois décomposé lumineux (luminosité qu’il doit à celle des organismes qui le détruisent) et, en outre, en cite un exemple qui ne manque pas de pittoresque, tout en nous ramenant aux jours néfastes du commencement de la guerre. « Pendant 1 hiver 1914-1915, nous dit notre correspondant, je me trouvais dans le secteur de l’Aisne avec la Légion étrangère. Nos tranchées de première ligne se trouvaient immédiatement au sud du village de Craonnelle, et dans ce terrain très boisé, les bois morts phosphorescents se rencontraient en de telles quantités que, les nuits de relève, presque chaque homme de bataillon pouvait se fixer sur le derrière du képi (les casques n’étaient pas encore en usage) un morceau de bois lumineux, ce qui nous permettait de nous suivre à la file indienne par les sentiers tortueux du retour au cantonnement (village de Chaudardes ou Cuiry-les-Chaudardes) sans nous perdre,., ou sans nous casser le nez à chaque instant sur des objets de campement : marmite, bidon, moulin à café, etc., fixes sur le sac de l’homme précédent. Le phénomène a donc été observé par des milliers d hommes dans ce seul coin du front et utilisé pendant toutes les nuits noires, car la luminosité de ces bois était suffisante pour être aperçue à quelques pas, mais pas assez pour etre vus des tranchées allemandes. On rencontrait dans ces terrains des souches d’arbres, d’un diamètre de 60 à 70 cm, entièrement imprégnées de phosphorescence ».
- On nous signale aussi que des oeufs extraits de harengs frais achetés a Paris et mis dans 1 huile (du moins ceux qui étaient a la surface du liquide) étaient fortement lumineux. Bien que — sauf erreur les composés phosphorés soient abondants dans les œufs des poissons, il semble plutôt que cette phosphorescence devait être due à la présence de ces bactéries lumineuses si fréquentes dans la mer et dont, d ailleurs, on a souvent signalé la présence à la surface du corps des poissons.
- Toutefois, il n’y a là aucune certitude et,en ce qui concerne les phénomènes de phosphorescence, plus ou moins biologique, il faut etre très prudent quant aux causes de leur origine. Le très curieux fait suivant, que l’on nous communique également, est, en effet, de nature à nous faire réfléchir. Une personne qui a, il y a quelques années, travaillé à l’extraction des phosphates de Tunisie, a vu, à plusieurs reprises, les poissons fossiles y contenus être nettement phosphorescents, surtout dans la région des aretes dorsales. Bien qu un naturaliste— aujourd’hui décédé— ait cru montrer ce que, je crois bien, personne n’a pris au sérieux—que les roches contiennent des bactéries vivantes y conservées depuis des milliers d’années, il ne semble pas que ladite phosphorescence fût causée par des organismes vivants et pullulant sur les débris fossiles. Elle avait, sans doute, une origine chimique, sur laquelle je ne me hasarderai pas à faire la moindre hypothèse — il ne faut parler que de ce que l’on sait bien — mais que, peut-être, un de nos lecteurs, versé dans les mystères de la chimie, pourra nous expliquer dans une note... lumineuse. C est la grâce que je nous souhaite.
- D’autre part, M. Avril, professeur à Saint-Malo, nous écrit qu’il a pu, récemment, observer un cas de luminosité chez les plantes. « A mon avis, dit-ll, il ne s agit
- pas là de productions d’aigrettes électriques, mais d’un corps lumineux par lui-même et indépendant de la plante, car, en y touchant, ces particules lumineuses se déposaient sur la main et conservaient leur luminosité tant qu’elles y demeuraient; finalement, elles tombaient à îerre et disparaissaient dans l’herbe. J’ai constaté ce fait dans un foin de pré, c’est-à-dire de l’herbe des prairies naturelles rentrées dans un grenier depuis plus d’un mois et, par conséquent, bien sec. L’aspect de ces corps lumineux est sensiblement celui d’un ver luisant, mais, de beaucoup, plus petit. » Evidemment, dans ce cas, la luminosité n’est pas due à la plante elle-même, mais à des organismes rentrant dans le régne animal, mais pour savoir le nom de ceux-ci il faudrait en avoir au moins un exemplaire.
- Ce fait est à rapprocher du phénomène appelé « éclair des bois » et qui consiste en l’apparition de lueurs sur les troncs d’arbres et les bûches de bois, apparition souvent suivie d’une disparition. Cet. éclairage intermittent n’a rien de végétal ; il est dû à un arthropode qui est, je crois — sans la garantie — le Mamura musco-, rum. Si sa lueur apparaît et disparaît c’est que, sans doute, tantôt, il est à la surface de l’écorce, et, tantôt, à l’abri d’un brin de mousse ou caché dans un trou.
- Henri Coupin.
- Observatoire de la Société astronomique de France.
- — On regrette souvent, à l’annonce de phénomènes célestes importants, de ne pouvoir les observer avec des instruments puissants. Il est bon de rappeler que l’Observatoire de la Société astronomique de France, situé 28, rue Serpente, est le seul de Paris ouvert au public, qui y est admis certains jours à y faire des observations célestes.
- En outre, chaque hiver, la Société astronomique y organise des cours et des conférences publics et gratuits. Le programme de l’enseignement pour la période 1923-1924 est particulièrement intéressant. Il comporte, en plus d’un cours d’Astronomie physique par M. J. Boillot et d’un cours d’Astronomie sphérique et instrumentale par M. J.-J. Barré — tous deux de l’Ecole Polytechnique — une longue série de conférences sur des sujets particulièrement importants : cosmogonie, photographie céleste, les ondes hertziennes et la télégraphie sans fil, la météorologie, la physique céleste, la température des étoiles, les parasites électriques de l’atmosphère, la photographie météorologique, la théorie d’Einstein, etc.
- Parmi les noms des conférenciers, nous remarquons ceux de MM. Em. Belot, ingénieur en chef des Manufactures de l’Etat; Jules Baillaud et Pierre Salet, astronomes à l’Observatoire de Paris; Louis Besson, chef du Service météorologique de la Ville de Paris; Henri Chrétien, professeur à l’Institut d’optique; J. Pœussel, secrétaire général de la Société française d’Etudes de Télégraphie et de Téléphonie sans fil; F. Quénisset, astronome à l’Observatoire de Juvisy; F. Baldet et
- L. d’Azambuja. astronomes à l’Observatoire de Meudon ; Y. Nechvile, docteur ès sciences; A. Auric, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées; Barbé, chef adjoint du Service climatologique à l’Office national météorologique; G. Blum, secrétaire adjoint de la Société astronomique de France ; G. Fournier, de l’Observatoire Jarry-Desloges, etc.
- Les cours ouvriront le mercredi 5 décembre. Envoi gratuit du programme complet sur demande adressée à l’Administrateur de l’Observatoire, 28, rue Serpente, Paris (6e).
- L’Exposition de physique. — Du 3o novembre au 17 décembre a lieu, au Grand Palais des Champs Elysées, une Exposition de physique et de T. S.^ F. organisée par la Société Française de Physique à l’occasion de son cinquantenaire.
- Toutes les branches de la 'physique y sont représentées : radiologie, radiotéléphonie et radiotélégraphie, applications diverses de l’électricité, optique, photographie, cinématographie, acoustique, enseignement, etc.
- Un large emplacement, dans le groupe présidé par
- M. de Broglie, est réservé à la Physique pure et expérimentale. Dans une salle, les expériences fondamentales de la physique sont reproduites journellement. Des conférences, visites-conférences y sont organisées. De plus une exposition rétrospective est du plus haut intérêt.
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- Electroscope de poche. — L’électroscope de poche est un instrument de vérification, pour signaler la présence d’un potentiel électrique.
- Il peut être employé aussi bien sur le courant continu que sur le courant alternatif. La découverte en est due
- à deux ingénieurs danois, MM. Johnsen et Rahbek.
- L’électroscope de poche est utilisé pour signaler instantanément s’il existe sur un fil, ou sur une borne, ou sur n’importe quelle partie d’un circuit électrique, un potentiel par rapport à la terre.
- A cet effet, tenir l’armature métallique de l’électro-scope dans la main et, en même temps, toucher le fil ou la partie électrique à examiner avec la pointe de l’élec-troscope (fig. i); si la partie électrique a un potentiel entre 80 et 700 volts par rapport à la terre, un voyant blanc métallique apparaîtra derrière la petite fenêtre pratiquée sur le haut de l’électroscope (fig. 1 B), que ce soit un courant continu ou alternatif. L’électroscope est alors retiré de la partie à examiner et si aucun autre corps ne vient en contact avec sa pointe, le voyant restera dans sa position (fig. a B) pendant quelques secondes avant' de disparaître lentement (fig. 2 A), ceci permettra de l’examiner dans de bonnes conditions d’éclairage et de vision, surtout si la partie à vérifier est difficilement accessible. *
- Si l’on désire faire disparaître le voyant plus vite, on n’aura qu’à toucher la pointe de lélectroscope avec la main tout pn ramenant l’électroscope par son armature métallique ; dans ce cas, l’électroscope .se trouvera en court-circuit, la pointe de l’armature métallique formant les deux pôles de l’instrument.
- Le rôle de l’électroscope est d’indiquer la différence de potentiel entre la partie à examiner et le corps qui fait office de terre, il fonctionnera même si le corps est isolé par rapport à la terre, mais dans ce dernier cas il ne faut pas toucher la partie à examiner avec la main ou avec un outil et appliquer immédiatement l’éleetro-scope, car votre corps ayant reçu une charge électrique, la conserve un moment et il n’y aurait plus de différence de potentiel; cet inconvénient disparaît si vous touchez de la paume de la main soit un mur, soit un plafond, soit le sol, pendant quelques secondes. Cette précaution n’est à prendre que lorsqu’il s’agit de courant continu et dans le cas où vous seriez debout sur une chaise de bois ou sur une échelle, ou si vous portiez des semelles en caoutchouc.
- Pour les tensions jusqu’à 3oo volts, il est nécessaire de laisser la pointe de l’électroscope sur l’objet à examiner pendant une ou deux secondes avant de le retirer; pour les tensions plus élevées il est préférable de l’effleurer avec la pointe de l’électro-scope.
- Avec l’électroscope, l’électricien pourra toujours se rendre compte, avant de commencer les travaux, s’il y a du courant sur les fils, les interrupteurs, etc., qu’il va toucher (fig. 1).
- Avec l’électroscope, l’ouvrier téléphoniste pourra constater qu’aucune ligne de transport d’énergie n’est venue en contact avec les lignes téléphoniques.
- Dans les mines et les endroits? humides, toutes les armatures des câbles et enveloppes diverses doivent être surveillées de temps en temps avec l’électroscope pour s’assurer qu’aucune fuite de courant n’existe, étant donné qu’il suffit d’un faible courant pour faire fonc-
- | tionner l’électroscope. De ce fait, beaucoup de fuites imperceptibles seront découvertes en temps utile, bien avant qu’elles soient suffisamment importantes pour influencer un voltmètre ordinaire ou pour causer des chocs.
- Pour reconnaître un défaut, l’emploi de l’Electroscope est basé sur le fait que, dans les systèmes de distribution dans lesquels chaque ligne est à un potentiel normal défini par rapport à la terre, chaque interruption ou arrêt de lumière ou de force se manifeste par un potentiel anormal par rapport à la terre, dans les parties du système mis hors service du fait de l’interruption.
- C’est pourquoi la manière de reconnaître une erreur au moyen de l’électro-scope peut être sim-plement menée à bien par la vérification du potentiel par
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- Fig. 3.
- rapport à la terre dans tous les systèmes de distribution, sauf toutefois, les systèmes à courant continu dont toutes les lignes sont isolées de la terre et qui n’ont aucun point, y compris la batterie d’accumulateurs de la station centrale, réuni avec la terre; dans ce dernier cas, en effet, le potentiel de chaque ligne par rapport à la terre sera évidemment quelconque, dépendant seulement des fuites à la terre dans chaque ligne.
- Si, dans une installation, les deux lignes sont sous tension normale par rapport à la terre, chaque ligne devra à son tour être déconnectée à l’endroit des fusibles ; tandis que l'autre est soumise à une vérification de son potentiel, parce que, un fil, sous l’influence de la perdition, communique souvent du potentiel à l’autre, surtout si lès fils isolés sont torsadés sur une grande longueur. Dans les systèmes à courant alternatif, l’induction agit de la même manière que la déperdition dans les systèmes à courant continu. Si les deux arrivées d’une prise de courant ou les pistons de la douille d’une lampe sont soumis à une vérification de potentiel, assurez-vous que le circuit est fermé. En général, ne vous fiez pas à un résultat de la vérification d’une partie de l’installation électrique isolée et complètement détachée, car elle pourrait obtenir du potentiel des parties adjacentes sous tension électrique au moyen de fuites ou d’induction.
- Pour constater la différence de potentiel entre deux lignes à l’aide de l’électroscope de poche, s’il s’agit d’un système à courant continu complètement isolé de terre, l’examen du potentiel de chaque ligne par rapport à la terre est de peu de valeur en pratique, comme nous l’avons déjà dit. Dans ce cas, l’électroscope de poche peut être employé comme un voltmètre pour constater une différence de potentiel entre les deux lignes. Si les fils ont les extrémités libres, ils devront être tordus afin de permettre à l’électroscope de les toucher simultanément l’un avec l’armature métallique et l’autre avec la pointe de métal. On tiendra alors l’électroscope en main à la partie en ébonite. Si les extrémités des fils ne sontpa,s libres, touchez un fil avec votre doigt ou avec un outil métallique quelconque que vous tiendrez dans la main, et touchez l’autre fil avec la pointe de l’électroscope que vous tiendrez avec Pautre main par son armature métallique (fig. 4), de sorte que la différence de potentiel des fils est communiquée à l’électroscope, votre corps formant une partie du circuit.
- Dans ce cas, afin d’éviter les secousses, il est nécessaire d’être isolé par exemple sur un plancher de bois bien, sec, ou sur un linoléum, ou sur quelque chose d’analogue.
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- ARMENGAUD Jeune 23. boulevard de Strasbourg. Pans
- E. BERT W 4 A G. de KERAVEPiANT + 7 boulevard Saint-Dents, Paris
- G. BLETRY O. * 2. boulevard de Strasbourg Paris
- G. BOUJU + 8. boulevard Saint-Martin. Paris
- R. BRANDON . H BRANDON, G. SI MON NOT &. L. FUNI/Y S9. rue de Provence. Pans
- A de CARSALADE * * & P REGIMBEAU -»• 22. rue Cambon. Pans
- CASALONGA * * 15. rue des Halles. Pans
- GHASSEVENT & H. CLERC 11. boulevard de Magenta, P « M 5
- P COULOMB 48. rue de Malte, Paris
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- *> Mesure du Temps ^
- Nouveau cadran de chronographe. — La maison d’horlogerie suisse « Oméga » vient de munir certains de ses chronographes d’un nouveau cadran qui facilite beaucoup le chronométrage des vitesses allant de n à 240 km à l’heure, c’est-à-dire celles de la plupart de nos moyens de locomotion actuels.
- La trotteuse, qui se déplace par cinquièmes de seconde, est mise en marche par pression sur un bouton surmontant le remontoir. Une deuxième pression l’arrête; une troisième ramène à o; jusqu’ici rien de nouveau. La petite trotteuse des minutes qui se déplace d’une division pour un tour complet de celle des secondes a un cadran particulier; la minute o y est peinte en noir, la minute 1 en rouge, la minute 2 en bleu,
- Fig. 5 — Chronographe Oméga et son nouveau cadran.
- la minute 3 en brun, la minute 4 en vert, la minute 5 en violet. Sur le grand cercle de la montre, autour du cadran ordinaire, une spirale est tracée, avec 5 tours successivement imprimés en noir, rouge, bleu, brun, vert et violet, chacun portant des chiffres correspondant à une vitesse kilométrique à l’heure.
- Supposons maintenant que nous nous déplacions en avion au-dessus d’une route rectiligne : le top de départ est donné à une borne kilométrique ; celui d’arrêt à la suivante; la trotteuse des minutes est encore sur le noir du o, celle des secondes a parcouru 25 secondes 3/5 ; nous lisons immédiatement sur le cercle noir, en chiffres noirs : 140 km-heure.
- Passons maintenant en auto et pratiquons de même entre deux bornes kilométriques ; le top d’arrêt laisse la trotteuse des minutes sur le rouge de 1 et celle des secondes à 22 secondes; nous lisons sur le cercle rouge, chiffres en rouge : 44 km-heure.
- Nous voici maintenant à cheval. Mêmes opérations, mêmes lectures. La trotteuse des minutes est sur le vert de 4, celle des secondes sur 37; nous lisons sur le cercle vert, en chiffres verts : i3 km-heure.
- Ces teintes différentes facilitent beaucoup la lecture [ et évitent des erreurs.
- Le chronographe Oméga muni du cadran multicolore est en vente chez MM. Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Sports
- Le Paticycle. — C’est un sport tout nouveau, qui, si la mode s’en mêle, peut prendre un vif essor. Il est en
- tout cas fort gracieux ; ses adeptes, n’évoquent-ils pas le souvenir de l’antique dieu : Mercure aux pieds ailés ?
- Le Paticycle tient de la bicyclette et du patin à roulettes ; à chaque jambe l’on attache une tige portant une
- Fig. 6. — Le Paticycle.
- semelle d’aluminium, et une petite roue de o m 3o environ, tournant librement autour de son axe.
- Le pied du patineur est attaché sur la semelle ; -la roue repose sur le sol. Elle est montée sqr billes et garnie de pneumatique.
- Voici donc notre paticycleur armé de ses paticycles ; il lui reste à en apprendre l’usage ; ce n’est, paraît-il, pas très difficile, et c’est en tout cas sans danger; la semelle sur laquelle repose le pied est en effet très voisine du sol, et la partie avant du pied reste libre et dégagée.; dès que l’on se sent sur le point de perdre l’équilibre, on reprend avec la pointe du pied contact avec le sol. En quelques séances, on trouve son équilibre, tout
- Fig. 7. — Utilisation du Paticycle,
- comme lors de l’apprentissage du patin ou de la bicyclette.
- Le paticycle permet d’atteindre de bonnes vitesses : 18 à 20 km. à l’heure sur bonne route; mais il faut, à la façon des skieurs sur la neige, se munir de 2 cannes à bouts caoutchoutés, pour pouvoir aborder les déclivités.
- En vente chez F. Leblanc, 18, rue Vernier, Paris (17e).
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement-
- Réponses. — M. Edouard Aeker, Logelbach. — Une nous est pas possible de vous dire quelle est la meilleure firme actuellement pour la construction des obj ectif s astronomiques. Mais nous pouvons vous indiquer un moyen d’obtenir un objectif vous donnant satisfaction : c’est d’exiger du constructeur un certificat de contrôle de l’Institut d’optique, 140, boulevard du Montparnasse, à Paris. Voici à présent les adresses de constructeurs français bu de maisons vendant des objectifs pour lunettes astronomiques :
- Société d’optique et de mécanique de haute précision, ia5, boulevard Davout, Paris (20°) ; E. Vion, 38, rue de Turenne, Paris; Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris ( 13*) ; Manent, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine); Secrétan, 151, boulevard Blanqui, Paris (i3e).
- Laboratorio Hôhr, à Cadix. — La vaseline liquide ou huile de paraffine est un des derniers produits de la distillation des pétroles du Caucase qui passe entre 35o° et 45o°, il subit ensuite plusieurs traitements successifs à l’acide sulfurique et à la soude, puis une décoloration par l’argile, de manière à obtenir un liquide parfaitement incolore et neutre. La densité de l’huile de vaseline est comprise entre 0.875 et 0.890, elle est insoluble dans l’eau, l’alcool et la glycérine, soluble en toutes proportions dans la benzine, le sulfure de carbone et le chloroforme. Elle constitue un excellent dissolvant de nombreux produits pharmaceutiques, tels que le thymol, l’iodoforme, le menthol, l’eucalyptol, la cocaïne, les essences, voire le borax, ce qui en a étendu considérablement les emplois; ne s’oxydant pas à l’air, elle ne rancit pas comme l’axonge et les huiles végétales ou animales. Actuellement il est fait un grand usage de l’huile de vaseline pour combattre la constipation, elle agit sur la tunique de l’intestin en calmant les contractions nerveuses, elle diminue la dialyse aqueuse et de ce fait maintient le bol fécal plus mou; enfin, elle agit comme lubrifiant, en permettant un glissement plus facile du contenu de l’intestin. La dose à employer est d’une cuillerée à soupe le matin avant le petit déjeuner ou une cuillerée à café trois fois par jour avant chaque repas; bien que son absorption puisse se faire telle quelle, on peut parfumer, si on le désire, avec quelques gouttes d’une essence : menthe, citron, etc.
- On a également essayé de se servir de l’huile de vaseline comme excipient pour injections hypodermiques, mais comme elle se résorbe très difficilement, il en résulte des indurations persistantes, ce qui en a fait abandonner l’emploi pour cet usage. L’huile de vaseline bien purifiée ne doit présenter aucune odeur de pétrole, même chauffée à 5o° C; agitée avec de l’eau chaude elle ne doit Communiquer à celle-ci aucune réaction acide ; enfin, chauffée directement, la volatilisation doit être complète sans dégagement de vapeurs âcres.
- M. Becquart, à Buenos-Aires. — Un meuble dont le vernis est usé, sale et piqué, doit préalablement être décrassé ; les ébénistes se servent pour cela du mélange suivant désigné sous le nom de popote :
- Huile de lin J......... . 60 grammes.
- Pierre ponce lavée fine . . 200 —
- Acide sulfurique ..... 20 —
- Alcool dénaturé..........800 c. c.
- Après agitation de la mixture on en imprègne un
- tampon de vieux lainage et l’on frotte en tous sens toutes les parties du meuble jusqu’à ce qu’il soit bien nettoyé. On l’essuie ensuite avec une vieille toile fine et sèche, puis on vernit au tampon avec cette différence que les pores du bois étant remplis de l’ancien vernis, le vernissage doit se faire plus rapidement et sans aucune poudre. Ce vernis est constitué par :
- Gomme laque................120 grammes.
- Alcool dénaturé............900 c. c.
- Huile de lin............... 10 c. c.
- Le tampon français se compose d’un fragment d’étoffe de laine roulé en boule et enveloppé d’une étoffe de toile très fine et douce pour ne pas rayer le vernis; le
- tampon anglais est formé d’une étoffe de laine roulée sur elle-même et enveloppée comme précédemment d’un tissu de toile, ce tampon est considéré comme d’un maniement plus facile.
- On verse une petite quantité de vernis sur le tampon et on frotte rapidement et légèrement sans s’arrêter et en tournant aux angles. De temps en temps, pour faciliter le glissement du tampon, on ajoute une goutte d’huile de lin (pas plus) et on continue. La couche de vernis devra être aussi mince que possible, on attendra qu elle soit bien sèche en la préservant de la poussière avant d’en poser une autre. Le poli définitif s’obtient à l’aide d’un tampon imbibé d’abord d’alcool et un peu de vernis, puis, après séchage, d’alcool pur. Si, en principe, le vernissage au tampon est très simple, dans la pratique l’opération demande un certain temps et l’emploi de tours de main que l’on apprend seulement en voyant faire, nous ne vous conseillons pas d’entreprendre d’emblée un semblable travail sur un meuble d’aussi grande surface qu’un piano, faites au préalable quelques essais en petit sur des objets.de surface réduite.
- M. P. Amstoulz, à Beaucourt (Belfort). — Vous trouverez tous renseignements sur la préparation des parfums synthétiques dans le Formulaire des Parfums, par Durvelle, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Delacroix, à Varsovie. —- i° Par suite de ses énergiques propriétés antiseptiques, l'acide sulfureux gazeux a été appliqué depuis longtemps à la préparation des conserves, en particulier aux conserves végétales par Braconnot, et à celles de viandes par Lamy, puis Vernois; dans ce dernier cas, le procédé présente l’inconvénient de recouvrir la viande d’un enduit blanchâtre et donne un aspect racorni qui disparaît du reste à la cuisson. Aujourd’hui on emploie surtout la solution d’acide sulfureux ou les bisulfites de soude et de chaux d’un maniement plus facile.
- L’usage de l’acide sulfureux est admis à doses limitées pour les vins, les cidres et les bières et toléré sans aucune réglementation pour ce qui concerne les conserves alimentaires. Bien que le Conseil supérieur d’Hygiène dans la séance du 29 mars 1919 n’ait pas fixé de limites pour ces dernières, nous pensons qu’il est prudent de s’en tenir aux limites admises pour les vins, soit 35o milligrammes d’acide sulfureux total, libre et combiné par litre (décret du 3 septembre 1907). En aucun cas, les bisulfites alcalins ne peuvent être employés à une dose supérieure à 200 milligrammes par litre.
- M. Laurent Prève, à Nice. — La préparation des papiers photographiques au ferro-prussiate est traitée d’une façon très complète dans l’ouvrage Procédés d'amateur et carte postale photographique, par Berthier; vous pourrez vous le procurer chez l’éditeur Mendel, 118, rue d’Assas, Paris.
- if. L., à Louvain. — i° Toutes les couleurs dites d’aniline ont pour défaut général de présenter peu de solidité à la lumière, celle-ci produit des phénomènes de polymérisation donnant naissance à des produits nouveaux peu colorés et même incolores, l’application d’un vernis n’empêcherait pas ces modifications de se produire ; — 1* Les couleurs d’aniline sont encore celles qui conviennent le mieux pour colorier les diapositives à cause de leur facile solubilité et de leur grande transparence que ne présentent pas les couleurs mihérales; quant aux couleurs d’origine végétale ou animale, seuls le jaune de gomme gutte et le carmin donneraient des résultats satisfaisants ; — 4° Pour éviter de faire des fausses teintes en exécutant un lavis, le petit tour de main à employer consiste à passer d’abord sur toute la partie à colorier en une couleur déterminée, bleu par exemple, une « teinte d’eau », en ne se servant que d'eau pure, puis pendant que le papier est encore frais, mais non mouillé, on passe la teinte bleue préparée dans un godet en assez grande quantité, en commençant par le haut, la planchette sur laquelle est collée la feuille étant maintenue inclinée vers l’opérateur, on descend ensuile lentement la teinte jusqu’au bas, sans s’inquiéter de ce qui se passe sur la partie déjà recouverte, on termine par un coin et on aspire l’excédent de liquide avec le pinceau préalablement essoré entre les doigts. Cela demande un peu d’habileté, mais elle s’acquiert facilement. — [N. B. Avoir soin de n’employer
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- que des couleurs solubles, dites couleurs pour lavis, et non des tablettes de couleurs quelconques constituées par des pigments minéraux insolubles qui ne pourraient fournir au pinceau un liquide homogène) ; — 5° On donne une très grande résistance à la gélatine des diapositives en immergeant celles-ci après fixage et lavage dans un bain d’eau formolée à 5 pour ioo pendant un quart d’heure, bien rincer pour terminer.
- M. de Boisvilliers, Kg-Trach (Cambodge). — Nous ne pensons pas qu’il s’agisse réellement de terrains alunés, veuillez nous dire comment vous êtes arrivé à croire qu’il en est bien ainsi, ne s’agit-il pas plutôt d’un terrain salé?
- a” Si la peinture de vos meubles s’est écaillée, il ne faut pas chercher à faire des raccords que vous ne pourriez réaliser sans surépaisseurs, le mieux est d’enlever l’ancienne peinture, en totalité, par une solution de soude caustique (potasse des peintres), puis après lavage et séchage de repeindre à nouveau.
- M. de Lormais, à Paris.— i° D’après de Keghel, la colle employée pour fixer l’ivoire sur le bois est compo-
- sée de :
- Colle de Flandre.............200 gr.
- Alcool à 95°.................i5o —
- Résine mastic................ 5o —
- Oxyde de zinc................ 3o —
- Eau ordinaire................400 —
- On fait gonfler la colle dans l’eau pendant 24 heures, puis on liquéfie au bain-marie, on y ajoute alors en remuant l’oxyde de zinc, puis peu à peu la dissolution de mastic faite d’autre part dans l’alcool.
- 2° Pour fixer ivoire sur ivoire employer la mixture
- suivante :
- Gomme laque blanche . . . 100 gr.
- Alcool à 95°................ 80 c. c.
- Ether sulfurique............ 20 —
- Oxyde de zinc q. s. pour obtenir pâte semi-fluide.
- M. P. de M., à Troyes., — Les questions que vous nous posez concernent des fabrications industrielles dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer, veuillez vous adresser à l’Office du Mois scientifique, 8, rue Nouvelle. Paris, 9e.
- P1 F., à Paris. — La qualité d'un drap pour vêtements s’apprécie d’après sa composition et sa résistance. On peut se rendre compte de la composition en plongeant un petit morceau de tissu dans une solution de soude ou de potasse caustique à 5 pour 100 et en chauffant au bain-marie, si l’article est pure laine il se dissout totalement, s’il y a du coton, les fils de ce dernier restent intacts et on peut facilement voir quelle en est la proportion. La résistance est évaluée empiriquement par les professionnels par l'effort que nécessite la déchirure entre les deux pouces appliqués dos à dos et scientifiquement au moyen de dynamomètres spéciaux tels que ceux employés au Laboratoire des Textiles de la Chambre de commerce, Bourse du commerce.
- M. Corbay, à Port-Salut-Verberie (Oise). — L’interversion de la saccharose ou sucre cristallisable a pour but de dédoubler par hydrolyse cette saccharose en deux molécules de glucose :
- C12H^O'H-H2or^2 [C6 Hia 06]
- saccharose glucose
- Il n’y a donc pas lieu d’apporter aucune modification au glucose puisqu’il représente les éléments du sucre interverti.
- Le glucose commercial obtenu par hydrolyse de l’amidon présente seulement ceci de particulier qu’il est constitué uniquement par du glucose déviant à droite la lumière polarisée (dextrose) tandis que le sucre interverti se compose à parties' égales de glucose droit (dextrose) et de glucose gauche (lévulose) ayant mêmes propriétés, sauf le pouvoir rotatoire.
- A. L,-45. — Vous pourrez très facilement rendre incombustibles vos vêtements de travail, cottes, combinaisons, blouses, etc., en opérant ainsi : préparer d’un côté une solution saturée de phosphate d’ammoniaque et de l’autre une solution également saturée de sulfate d’ammoniaque, les mélanger à parties égales en versant la solution de phosphate dans celle de sulfate, ce qui donne une solution mère que l’on conserve.
- Pour l’emploi, ajouter à la solution mère quatre fois son volume d’eau, y tremper les tissus que l’on veut rendre
- incombustibles, tordre légèrement et laisser sécher.
- N. B. Bien entendu, l’opération devra être répétée toutes les fois que le tissu aura été soumis à un lavage.
- M. Chalon, à Nice. — Le carbone qui constitue la base de l’encre de Chine et des encres d’imprimerie étant complètement insoluble dans tous les réactifs, il n’y a aucun moyen d’enlever les traits ou caractères sur un support aussi fragile que le papier.
- M. Bisser, à Paris. — Les crayons pour écrire sur
- verre sont composés de :
- Blanc de baleine..............40 gr.
- Suif pur......................3o —-
- Cire blanche..................ao —
- Pigment.......................60 —
- Le pigment peut être à volonté le vermillon, le minium, le bleu de Prusse, le blanc de céruse, suivant la couleur désirée. Après fusion des trois premiers éléments pour en assurer le mélange on laisse partiellement refroidir, on incorpore le pigment, puis on moule en bâtons.
- M. Grellet, à Alger. — i° L’emploi du cuivre pour canalisation d’acétylène est contre-indiqué; sous l’influence de la vapeur d’eau et des traces d’ammoniaque dégagées de l’eau par la chaux provenant du carbure, le cuivre donne de l’ammoniure de cuivre qui forme ensuite avec l’acétylène de l’acétylure cuivreux, dépôt que vous avez constaté à l’intérieur des tubes. 20 Le laiton constitué par un alliage de cuivre et de zinc présente les mêmes inconvénients de priucipe, il se peut aussi dans le cas que vous signalez que l’accident tienne à l’écrouissage et aux trépidations agissant sur un métal aussi sec que le laiton. 3“ A notre avis le métal de choix serait l’étain ou à son défaut le plomb, tous deux protégés contre les chocs par une chemise en un métal plus résistant, une solution dans cet ordre d’idées serait peut-être d’employer des tubes de cuivre étamés sous bonne épaisseur à l’intérieur.
- M. de Montarby, à Metz.— 1° D’après les indications fournies par l’avis d’enquête de commodo, la fabrication qui est envisagée est celle d’une soie de viscose, les opérations essentielles sont les suivantes : de la pâte de bois chimique est malaxée avec une lessive de soude à la température ordinaire jusqu’à imprégnation complète, ce qui donne un alcali-cellulose, lequel après essorage pour enlever l’excès de lessive est mis en contact avec du sulfure de carbone ; il se forme peu à peq un xanthate de cellulose, la masse jaunit et finit par devenir visqueuse, on l’étend alors avec de l’eau, de manière qu’elle contienne environ 5 pour 100 de cellulose pure.
- La solution xanthique est poussée sous pression au travers d’orifices capillaires dans un bain coagulant contenant un acide minéral ou un sel métallique, bain au sortir duquel les filaments de soie sont étirés et recueillis sur des bobines. Les opérations de xanthisa-tion se font en vases clos de façon à éviter le plus possible la déperdition du sulfure de carbone et l’intérêt des industriels est de prendre toutes les précautions pour qu’à l’ouverture des appareils, les vapeurs de sulfure très inflammables ne se répandent pas dans l’air et ne provoquent un incendie, mais il se peut que parfois certaines odeurs se fassent sentir dans le voisinage. En résumé tout dépend des conditions dans lesquelles s’effectue le travail et vous feriez bien de réserver l’avenir.
- 20 Les usines qui emploient l’éther sont celles qui fabriquent la soie artificielle de nitro-cellulose.
- 3° Nous pensons que le produit silicaté que vous nous signalez est plutôt un laitier de haut fourneau, il peut évidemment convenir pour les allées de jardins, s’il ne présente pas d’arêtes coupantes qui seraient funestes aux chaussures.
- D. A. E., à S. — Il vous sera facile de peindre sur toile jute ou autre en prenant la précaution d’encoller celle-ci au préalable par immersion dans une dissolution à 1 ou 2 pour 100 de gélatine, la colle forte convient parfaitement dans ce cas. Avoir soin de la faire gonfler pendant une douzaine d’heures dans l’eau froide avant de liquéfier au bain-marie, se servir de cette dissolution encore tiède. Le tissu ainsi préparé ne boira plus la couleur dans le sens des fibres et toutes les solutions aqueuses concentrées peuvent servir; au besoin, leur donner du corps par la gomme arabique. Comme recommandation importante, ne prendre que très peu de couleur avec la brosse de façon à frotter presque à sec.
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- VARIETES
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- PRODUCTION ET COMMERCE DES REINETTES DE TABLE
- Origine. — Parmi les charmantes filles d’Eve qui croquent avec tant de plaisir une délicieuse Reinette, en est-il beaucoup qui sachent que ce nom gracieux fut mentionné pour la première fois, en France, par Charles Estienne, en i5^o, et que son origine donna lieu à de nombreuses interprétations jusqu’à la moitié du xvme siècle? Que celles qui l’ignorent me permettent de leur dire que l’érudit Ménage, en 1653, tout en constatant que « quelques-uns le dérivent de reginetia, diminutif de regina, comme qui dirait la Reine des Pommes », ajoute : « D’autres, avec plus de vraisemblance, le dérivent de renetta diminutif de rana, à cause que les pommes de Reinette sont marquetées de petites taches comme sont les grenouilles. On a dit reine pour dire une grenouille, de rana. » Un siècle plus tard, un autre érudit, Borel, en 1751, après avoir relaté l’interprétation de Ménage, conclut : « Mais j’estime que c’est pour estre la Reine des Pommes ».
- C’est l’opinion qui a été unanimement acceptée, car si la peau de nos reinettes ne peut offrir d’analogie avec celle du susdit batracien, par contre, la qualité hors de pair de leur chair qui établit leur incontestable supériorité sur les autres pommes, hormis, peut-être, le Calville blanc, justifie complètement leur titre de Reine des Pommes.
- I. Production, —Principales régions. — Les reinettes sont cultivées dans toutes les parties de la France à côté des variétés locales particulières aux centres pomi-coles. Les larges vallées de nos fleuves, Loire, Rhône, Seine, Garonne, où le pommier trouve le sol et le climat qui lui conviennent sont leurs principaux lieux de sélection, mais il faut leur ajouter les prés-vergers de la Li-magne, les plantations commerciales de la grande banlieue parisienne, quelques départements montagneux, etc.
- Il existe quelques centaines de variétés de reinettes, mais en dehors des plus estimées qu’on trouve dans les jardins fruitiers, voici les plus connues d’origine française dont le nom seul indique le centre plus spécial de production.
- Reinette d’Anjou, R. de Bayeux, R. blanche de Champagne, R. de Bretagne, R. de Brives, R. de Caux, R. de Cuzy, R. de Darnétal, R. de Demptézieu, R. de Dieppe-dalle, R. de Granville, R. de Hennebont, R. de Lunéville, R. de Mâcon. R. du Mans, R. d’Orléans, R. de la Rochelle, R. du Vigan, R. de Vitry, etc.
- Rapport. — Ces variétés sont généralement cultivées à haute tige dans les vergers. Avant la guerre, on admettait qu’une plantation comprenant 100 pommiers à l’hectare pouvait donner annuellement, en moyenne, 100 kg par aibre, soit 10 000 kg de fruits au prix moyen de 3o francs le quintal, et ce rapport annuel de 3ooo fr. laissait, les frais déduits, un assez beau bénéfice. Aujourd’hui, si le verger n’était complanté que dé bonnes reinettes, surtout de reinettes du Canada ou même de reinettes de Caux, on pourrait compter sur un revenu bien plus élevé, car cette dernière variété qui est très fertile, parce que vigoureuse et rustique, rapporte assez facilement, quand l’arbre est complètement développé, 5 à 6 hectolitres, soit 256 à 3oo kg de pommes. Si même l’on n’estimait le quintal qu’à la moitié du prix moyen indiqué par la Statistique agricole annuelle de 1921, no francs, on voit quel serait le revenu.
- Variétés. — Bien qu’elles constituent toutes des fruits de marché, je n’en retiendrai que les principales dont une d’automne et 9 d’hiver. Pour éviter des répétitions, comme leur chair est toujours plus ou moins sucrée et acidulée, je ne mentionnerai ces caractères que lorsqu’ils seront prédominants.
- Variété d'automne. — Reine des Reinettes. — Assez grosse, cylindro-conique; peau jaune d’or, lavée de rouge orangé; chair mi-cassante, sucrée, bien parfumée, très juteuse; très bonne. Maturité d’octobre à mars. Très cultivée, même dans les plantations sur route. Excellente pour le marché.
- Variétés d'hiver. — Reinette Baumann. — Moyenne, à contour régulier, faibles côtes; peau jaune, légèrement recouverte de carmin pourpré; chair mi-tendre, assez juteuse; bonne. Maturité de novembre à mars. Assez cultivée, très remarquable par la beauté de son coloris qui en fait un fruit d’apparat.
- Reinette de Caux. — Moyenne, globuleuse, aplatie; peau rugueuse, jaune doré, striée de rouge brique ou de carmin; chair jaunâtre, croquante, bien parfumée, juteuse, très bonne. Maturité de décembre à mai. Très répandue, surtout en Normandie. Excellente pomme commerciale, d’une longue garde, convenant pour l’exportation.
- Reinette de Cuzy. — Moyenne, tronconique, fortement côtelée; peau fine, jaune vif, ponctuée de fauve, chair fine, tendre, juteuse; bonne. Maturité de décembre à mai. Cultivée spécialement et très appréciée dans les régions de l’Est et du Centre de la France; pomme commerciale.
- Reinette dorée. — Moyenne, tronquée aux deux pôles; peau lisse, jaune d’or, fauve ou orangé; chair blanche, fine, mi-tendre, bien sucrée, parfumée, très juteuse, très bonne. Maturité de décembre à mars. Bien cultivée,' recherchée sur les marchés pour sa saveur particulière.
- Reinettes du Canada. — Deux variétés : blanche et grise. Reinette blanche, grosse ou très grosse, large, bosselée, vert herbacé, devenant jaune, côtelée; chair blanc jaunâtre, tendre, bien parfumée, assez juteuse, très bonne. Maturité, décembre à mars et plus. Très cultivée dans toutes les régions, jardins et vergers. Elle se vend à la pièce ou au poids. C’est la première de nos variétés pour le commerce et l’exportation.
- La sous-variété grise est moins grosse que la blanche, sa peau est très pointillée de gris-roux, sa chair un peu moins blanche mais plus acidulée. Elle est un peu moins cultivée que la précédente tout en étant une excellente pomme de commerce.
- Reinette franche. — Moyenne, tronconique; peau un peu rude, jaune herbacé, pointillée de brun, lavée de rose; chair fine, croquante, très sucrée, bien parfumée, juteuse, très bonne. Maturité de novembre à mars. Assez cultivée et recherchée sur les marchés pour les usages culinaires.
- Reinettes grises. — Il en existe plusieurs sortes dont les deux plus cultivées sont : Reinette grise de Saintonge et la R. grise de Vitry. La première est moyenne et tronconique; peau rude, recouverte de gris, ponctuée de brun; chair jaune verdâtre, croquante, d'un parfum anisé, assez juteuse; très bonne. Maturité janvier à avril. Assez cultivée en maints centres surtout en Saintonge. Bonne pomme commerciale se conservant longtemps. La reinette de Vitry s’en distingue par une peau un peu moins grise et plus marbrée de roux, une chair plus sucrée, plus acidulée ainsi que par une culture et un commerce moindres.
- II. Commerce. — Cinq variétés sont surtout l’objet d’un plus grand commerce que les autres et même de l’exportation, c’est, au premier rang, et de beaucoup, la Reinette blanche du Canada, puis viennent la sous-variété grise, Reinette de Caux, Reinette grise de Saintonge et Reinette de Cuzy. Quant aux autres sortes, elles sont d’autant plus recherchées sur les marchés que ceux-ci se tiennent dans leur région de production.
- Prix. — Avant la guerre, suivant l’abondance de la récolte et aussi la qualité, les sortes ordinaires valaient 12 à 20 fr. les 100 kg, tandis que les Reinettes atteignaient 35 à 45 fr. Les jolies Reinettes du Canada étaient cotées o fr. 5o à o fr. 70 la pièce, quand leur grosseiir ne dépassait pas la moyenne et 1 fr. à 1 fr. 5o au-dessus. Pendant la guerre, j’en ai payé de très belles 2 fr., que vaudront-elles cet hiver?
- Au début d’octobre, le cours aux Halles centrales variait comme suit ; Pommes communes 3o à 90 fr. ; choix 200 à 400 les 100 kg; à la fin du mois, il avait monté entre 5o et 120 fr. pour les communes et entre 160 et 5oo fr. pour celles de choix, et les pommes hors ligne ont valu de o fr. 5o à 3 fr. la pièce.
- Expéditions. — Revêtues d’une robe bariolée résistante, les Reinettes communes supportent bien le transport, mais celles de luxe dont le tissu est plus fragile, demandent une enveloppe de papier de soie et une couche d’ouate dans une caissette en bois où on les renferme sur deux rangs, surtout quand on les expédie à l’état de primeurs. En pleine saison, la majorité des sortes voyage en cageots, sieves, paniers, etc., de 8, ia, 18, a5 kg et en barils plutôt qu’en sacs.
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- VARIETES
- Exportations. — L’Angleterre, l’Allemagne et la Russie sont les trois principaux pays où nous exportons le plus de pommes, mais nous y sommes fortement concurrencés, plus encore que pour les poires, notamment en Angleterre, par les Etats-Unis, les Dominions, le Canada, la Belgique, car notre part y est très faible. En Allemagne nous rencontrons l’Autriche, l’Italie, la Hollande, la Suisse qui l’emportent de beaucoup sur
- nous. Il est presque inutile de dire que la part qui revient aux Reinettes ne figure pas dans les Statistiques officielles, mais bien que ce soient elles qui dominent dans nos variétés, cette part est loin de répondre à l’importance de notre culture, puisque l’ensemble du tonnage de toutes nos pommes n’atteint à peine que 10 pour ioo de l’importation totale de ces fruits en Angleterre et en Allemagne. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Képhir sans lait. — Point n’est besoin de définir le Képhir aux lecteurs de La Nature : ayant eu plusieurs fois déjà l’honneur de ses colonnes (‘), et d’ailleurs passée dans l’usage courant de la thérapeutique moderne, cette boisson saine, à la fois alcoolique, acide, gazeuse et sucrée — très nutritive par surcroît — n’a plus besoin de publicité.
- Elle n’a contre elle que le prix élevé de la matière première chargée de subvenir à l’appétit féroce des nombreuses espèces microbiennes coexistant dans ces « graines » qui nous sont venues de si loin : le lait, en effet, est le milieu naturel et presque indispensable pour la prolifération de ces colonies symbiotiques qui intriguent encore nos savants, impuissants à définir leur nature (cf. Duclaux).
- Le but de cette note est précisément de faire connaître un autre milieu de culture convenable, celui-là bien moins coûteux, aboutissant à une boisson moins nutritive il est vrai, mais tout aussi appétissante que le képhir authentique.
- C’est donc une simple recette qui va suivre ; le chimiste qui la rédige en demande pardon au lecteur : pour une fois, et pour une fois seulement, quoi qu’on en ait dit, il revêt la casaque du cuisinier.
- Avant tout, procurons-nous une certaine quantité de graines de képhir bien saines ; et, si nous fixons notre consommation quotidienne à deux litres et demi, un récipient non métallique et de nettoyage facile pouvant contenir de six à sept litres.
- Avec cela une trentaine au moins de cannettes de bière à fermeture bien hermétique et quelques ustensiles d’usage courant, comme entonnoir, tamis, etc..., dont le besoin se fera sentir au moment des opérations dont la description va suivre.
- Versons dans notre récipient, qui sera désormais la cuve de première fermentation, 5 litres d’eau pure; ajoutons 25a gr. de sucre, 12$ gr. de figues sèches et environ 35o gr. de graines.
- Mélangeons jusqu’à dissolution du sucre, couvrons avec un linge convenablement ajusté, afin d’empêcher les insectes de s’introduire, et abandonnons dans une atmosphère tempérée.
- Quarante-huit heures après, transvasons le liquide — et le liquide seul, séparé par filtration grossière sur une gaze — dans nos cannettes que nous aurons soin de ne remplir qu’incomplètement.
- Ce sont ces eannettes qui, débouchées quatre jours plus tard, nous fourniront une boisson très agréable au goût, pseudo-képhir tenant à la fois de la bière et du cidre léger.
- Entre temps, toutes les quarante-huit heures, et pour assurer un approvisionnement continuel, nous aurons renouvelé la mise en bouteilles de la cuvée précédente et le remplissage du récipient, vidé des graines et des figues, celles-ci sans valeur; quant à celles-là, dont le poids aura doublé pour le moins, c'est parmi elles que nous prélèverons les 35o gr. prescrits.
- Les proportions indiquées plus haut sont en effet celles qu’une expérience prolongée a imposées comme étant nécessaires et suffisantes. Les augmenter élèverait le prix de revient proportionnellement; les diminuer entraînerait des mécomptes.
- Il est bon, au temps des chaleurs, de tenir au frais cannettes et cuve sous peine de voir la fermentation alcoolique partir trop tôt, ce qui n’est pas souhaitable, et surtout de ne trouver dans les cannettes qu’un liquide acide plus ou moins nauséabond, sans compter les explosions.
- i. La Nature, n° 2384.
- Dans les conditions normales, celles-ci ne sont pas à redouter, bien que la pression intérieure puisse, comme on peut le vérifier facilement par le calcul, atteindre cinq à six kilogrammes. Remarquons en passant que cette pression est sensiblement indépendante du remplissage plus ou moins complet de chaque cannette : un coup d’œil sur les tables de solubilité de l’anhydride carbonique dans l’eau en fonction de la pression nous en fournira la preuve. Fait curieux, en effet, pour une température de i5 à 30°, un même poids de ce gaz tend à occuper le même volume, qu’il soit seul constituant du système, ou qu’il soit dissous dans l’eau.
- Intéressante aussi, la remarque suivante : les graines de képhir sont loin de dégénérer dans ce milieu artificiel qui ne se rapproche du lait que par sa teneur en hydrates de carbone; sans doute le microscope nous montre-t-il nos cultures comme bien impures; mais les espèces utiles prédominent nettement. Cette invariabilité. de la flore microbienne peut être attribuée à l’acidité antiseptique du milieu d’une part, d’autre part à la dose massive de bons germes introduite par le3 graines : formant dans la cuve une phase distincte, au sens physico-chimique du mot, celles-ci constituent un levain vraisemblablement très pauvre en microbes nuisibles, en tout ca3 facile à recueillir et à laver, ce que l’on ne doit jamais manquer de faire entre chaque opération. La propreté rigoureuse, allant jusqu’à la stérilisation des ustensiles, est ici de rigueur.
- Une hypothèse, en terminant : n’est-ce pas à la man-nite contenue dans les figues qu’il faut attribuer le fait que, ni raisin sec, ni fruits tapés, ne sont susceptibles de les remplacer ? André Cirot-Gayon.
- Procédé électrique pour vérifier le lavage des clichés photographiques. -— Il est assez difficile de se rendre compte si le lavage des clichés de photographies, une fois qu’ils ont été développés et fixés, est suffisant. Il ne faut pas en effet, qu’il reste de traces d’hyposul-fite dans la gélatine. On peut utiliser des sels qui peuvent agir chimiquement sur l’hyposulfite et l’enlever d’une façon complète.
- Mais ces procédés ne valent pas le lavage ordinaire à l’eau courante, qui est un brevet de conservation, non seulement pour les clichés sur verre, mais aussi pour les positifs sur bromure.
- Un inventeur a imaginé une méthode certes un peu complexe, mais d’une efficacité absolue, car elle permet de connaître à chaque instant s’il existe encore des traces dans l’eau de lavage qui passe sur le cliché. Le principe de cet appareil imaginé par M. Rickmann est basé sur la différence de résistance électrique au passage du courant pour l’eau et pour les solutions salines.
- Si on fait passer l’eau de lavage du cliché dans un tube de façon que le courant passe au travers du liquide entre deux électrodes, la résistance électrique sera d’autant plus faible qu’il y aura plus d’hyposulfite dans 1 eau de lavage. On peut donc apprécier au moyen de la déviation d’un galvanomètre sensible si une petite quantité de courant passe dans le liquide.
- Pour obtenir plus de précision encore, on peut apir par comparaison, en faisant circuler le courant à la fois dans le tube précédent et dans uu tube identique dans lequel circule de l’eau absolument pure. Ces deux résistances constituent les deux branches d’un pont de mesures électriques, méthode que l’on utilise couramment dans les laboratoires pour mesurer des résistances, et on peut alors déterminer s’il y a une différence, aussi minime soit-elle, entre les résistances électriques de l’eau pure et de celle qui vient de laver le cliché.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La plus petite trace d’hyposulfite dans cette dernière solution sera décelée par une déviation du galvanomètre sous l’influence du courant qui y circule.
- Comment tracer des courbes quelconques. — Il
- est assez difficile de tracer correctement sur un dessin des courbes, même en utilisant pour cela des pistolets dont les formes n’épousent pas exactement celles des courbes qu’il s’agit de tracer.
- Voici un petit moyen original que nous trouvons indiqué dans la « Machine Moderne ». Ce procédé lui a été signalé par un de ses lecteurs. Il consiste tout simplement à utiliser un fil de soudure de 4 millimètres de diamètre environ qui est très flexible et que l’on peut
- courber au profil que l’on veut, avec les doigts. On le tient en perçant un trou à quelques millimètres d'une des extrémités et en y introduisant une épingle ; on l’oriente avec une main, et le dessinateur a encore une main libre pour manier le tirelignes ou le crayon.
- On peut utiliser le fil de soudure conjointement avec le T comme une équerre en gardant une partie droite qui s’appuie sur le T.
- On peut redresser facilement le fil en le tirant à la main et en le roulant ensuite entre deux planches. On peut employer de même du fil d’aluminium, mais il est plus difficile à « retaper ».
- Remarquons enfin que le fait de guider le travail avec un fil rond évite les bavures.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- La Physique depuis vingt ans, par A. Langevuv. i vol. in-ié, 45o p G. Doin, éditeur. Paris, 1923. Prix : broché i5 francs.
- On a réuni sous ce titre les brillantes conférences que l’auteur a eu l’occasion de faire depuis vingt ans. Depuis cette époque, M. Langevin a toujours été à l’avant-garde du progrès; dans son enseignement, il s’est fait l’apôtre des théories nouvelles : électronique, quanta, relativité, etc., aux progrès desquelles il a contribué, non seulement par ses propres recherches, mais encore par la merveilleuse clarté et la logique qu’il a su mettre dans leur exposé. En suivant les conférences de M. Langevin, on suit donc les étapes de la pensée d’un maître de la physique moderne; lecture du reste aussi agréable et aisée qu’instructive; car l’auteur s’y exprime toujours dans le style le plus simple et le plus accessible à tous. On trouvera dans cet ouvrage tout d’abord deux chapitres sur les électrons : l’un « Physique des Electrons » est la reproduction du rapport présenté au Congrès de Saint-Louis en 8904, l’autre « Les grains d’Electricité » est une conférence à la Société de Physique en 1912; puis sous le titre « La Physique du discontinu » (1913) vient un magistral aperçu sur les tendances de la physique moderne. Nous arrivons ensuite à la relativité, et nous trouvons les deux célèbres articles de 1911 qui ont tant fait pour révéler la question au public français et pour la poser devant lui sous ses formes les plus paradoxales; puis, la non moins célèbre conférence de 1913 sur l’inertie de l’énergie qui présentait la théorie de la relativité sous un aspect nouveau et original, enfin une conférence de 1920 qui en résumant l’état de la question apporte la pleine confirmation des vues audacieuses émises par l’auteur quelques années plus tôt.
- Problèmes des chimie physique et de physique cosmique, par Svante Arrheniur, directeur de l’Institut Nobel. 1 vol. 120 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- Ce livre réunit les conférences faites à la Sorbonne en 1922 par le célèbre savant suédois. La première est consacrée au troisième principe de la thermodynamique ou principe de Nernst ; l’auteur explique très clairement la théorie de Nernst, ses mérites et ses points faibles. Les deux conférences suivantes consacrées à la dissociation des électrolytes forts, et aux théories de Bjerrum et de Gosh, abordent le domaine que M. Arrhenius a enrichi naguère de ses propres découvertes. Il y discute et y combat des théories récemment proposées. La 4° Conférence intitulée Les sources
- mondiales d’énergie traite d’un sujet cher à M. Arrhenius : l’épuisement des combustibles fossiles ; l’auteur dresse un tableau prophétique des transformations que subira bientôt le monde civilisé, lorsque l’homme aura achevé de gaspiller ces précieuses ressources.
- Dans la dernière Conférence, intitulée Le développement des corps célestes, l’auteur reprend également un problème qu’il a souvent abordé, celui de la naissance, de la croissance et de la mort des corps célestes. Il y résume et discute les idées et les théories les plus récentes.
- La microanalyse organique quantitative, par F. Pregl. Traduit d’après la 20 édition et augmenté, par Georges Welter. 1 vol. in-8, 223 p., 47 fig. Presses universitaires de France, Paris. Prix : 16 fr. 5o.
- Peu de temps avant la guerre, Pregl, professeur à l’Université de Gratz, mettait au point une série de méthodes d’analyse chimique permettant d’opérer sur de très petites quantités de substance : dosage du carbone et de l’hydrogène sur 1 à t3 milligr. de matière organique, dosage de l’azote, du soufre, des halogènes sur 4 à 8 milligr., etc.; peu à peu, ces méthodes furent appliquées et étendues à un très grand nombre de réactions. Peu connues encore des chimistes français, il était nécessaire de les décrire avec précision, d’une façon pratique. C’est ce que fait M. Welter, après les avoir apprises dans le laboratoire même de Pregl. Comme le dit le professeur Nicloux dans la préfacé, elles feront époque en chimie analytique.
- La pratique des tirages positifs en photographie, par Ch. Duvivier, t. I. 1 vol. in-8, 74 p., i3 fig. Devaure, Bruxelles et Montel, Paris.
- Traité pratique, à l’usage des professionnels et des amateurs entraînés où l’on trouve indiqués d’une façon précise les procédés et les méthodes de tirage des photocopies. L’auteur rappelle d’abord les principes généraux du tirage, donne en une série de tableaux les conseils pour l’emploi des divers procédés, puis décrit le matériel et les accessoires nécessaires. 11 fournit ensuite tous les renseignements désirables sur les procédés aux sels d’argent : papiers au citrate, au chlorobromure, au gélatino-bromure, diapositives, en indiquant pour chacun la marche du développement, du fixage et les divers virages de tons qu’on peut réaliser.
- Légumes et fruits des cinq parties du monde, par Raphaël de Noter. Tome I : Les légumes, 225 p. Tome II : Les fruits, 137 p. 2 vol. illustrés. Gauthier-Villars et Cie. Paris. Prix : 18 francs.
- Ce livre, d’un style très simple, renseigne les agriculteurs et les amateurs de jardinage sur les végétaux répandus sur notre globe et que consomment aussi bien les civilisés que les sauvages.
- Dans la première partie, l’auteur décrit comment doivent être organisés le potager, la pépinière, le verger dans les pays chauds; dans la seconde il énumère les légumes et les fruits du monde entier. Riche
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- BIBLIOGRAPHIE
- de renseignements pour l’amateur européen, il sera particulièrement précieux pourdes coloniaux.
- La lavande française, sa culture, son industrie, son analyse, par Charles Moukre. i vol. in-8, i5o p. Gauthier-Yillars et Cie, Paris. Prix : io francs.
- Ecrit par un technicien impartial, connaissant « à fond » !a question au triple point de vue de la culture, de 1 industrie et du commerce, cet ouvrage résume toutes les notions que peuvent désirer posséder ceux qui s’intéressent à la lavande, à son histoire, à l’état présent de sa culture et de sou industrie et à son avenir.
- Faune de France. 5 Polychètes errantes, par Pierre Fauvkl. i vol. in-8, 488 p., 20x1 dessins. Lecheva-lier, Paris. Prix : 45 francs.
- Ce livre, plus peut-être qu’aucun des quatre autres de la Faune de France déjà publiés, montre l’utilité de l’œuvre entreprise par l’Office central de Faunistique, sous 1 égide de la Fédération française des Société de sciences naturelles. On sait qu’elle a pour but de fournir aux naturalistes, sous une forme simple, précise et condensée, le moyen d’identifier toutes les espèces vivant sur notre territoire et dans les mers qui le bordent. En ce qui concerne les Anné-lides polychètes, aucun ouvrage d’ensemble n’avait paru en notre langue depuis F Histoire des Annelés, de Quatrefages (i865), inutilisable et lçs travaux du baron de Saint-Joseph, incomplets.
- M. Fauvel, professeur à l’Institut catholique d’Angers, était le seul homme qui pût écrire l'œuvre nouvelle. Observant les Annélides sur nos côtes depuis 3o ans, ayant eu en main les collections rapportées par de nombreux océanographes, il a fait œuvre neuve, capitale, en déblayant le fatras des observations confuses et éparses, en mettant l’ordre et la clarté dans un des groupes animaux les plus difficiles à bien classer parce que polymorphes, en donnant à tous le moyen de s’y reconnaître aisément. Ses descriptions, les dessins nombreux qui les accompagnent sont un modèle du genre.
- Tous les naturalistes devront dorénavant se rapporter à la Faune de France pour nommer les animaux qu’ils observent. >
- Faune de France. Diptères Anthomyides, par E. Séguy.
- 1 vol. in-8, 39! p., 8i3 fig. Lechevalier, Paris. Prix : 60 francs.
- Ce nouveau volume, le 6e de la Faune de France, est consacré aux mouches à cuillerons (les autres formant le groupe des Tachynaires), dont on connaît en France 600 espèces C’est une famille qui intéresse particulièrement l’homme, parce qu’on y trouve des propagateurs de nombreuses maladies et des parasites, et qui était pour le zoologiste pleine de difficultés. Les descriptions précises de M. Séguy, accompagnées de tableaux systématiques et de dessins fort clairs rendront les déterminations plus aisées à tous. L’introduction, dans ce livre comme dans tous ceux de la Faune de France, fournit tous les renseignements indispensables sur la morphologie, l’anatomie, l’éthologie, les mœurs, les métamorphoses, les méthodes, de capture et de conservation.
- Les meilleures recettes culinaires pour poissons, crustacés et coquillages, publié par le Comité de la Semaine du Poisson de Boulogne. 1 vol. in-8, 98 p., fig. Blondel la Rougery, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- On sait le succès des friteries de poisson de Boulogne, destinées à apprendre aux visiteurs l’art d’accommoder cet aliment trop méconnu eu France. Le comité de Boulogne a réuni pour chaque poisson les meilleures recettes de cuisine et les présente dans ce volume de propagande qui a sa place marquée sur toutes les tables.
- Les principales maladies des habitants de la basse-cour et leur traitement, par G. Moussu, 1 vol. in-12, 253 p., 82 fig., 2 pl. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 9 francs.
- Au moment où l’élevage des petits animaux prend
- un magnifique essor en France, l’étude de leurs maladies s’impose. Or, il n’existait en France aucuù traité sur ce sujet. Jusqu’en 1919 il n’y avait, fait étrange, même dans les écoles vétérinaires, aucun enseignement spécialisé sur les maladies des hôtes de la basse-cour, qui périodiquement déciment les élevages.
- • M. Moussu, professeur à 1 Ecole d’Alfort, a rassemblé toutes les données utiles : diagnostic, symptômes, traitement des maladies connues, li passe en revue les grandes règles de l’élevage des poules et des canards, l’aspect des œufs suivant l’âge, la conservation des œufs. Puis, il décrit les diverses maladies qui causent la mortalité des poussins et des adultes, les opérations qui se pratiquent sur les volailles.
- Le seconde partie est consacrée aux lapins, enfin quelques pages exposent les méthodes de castration des lapins. Livre neuf et indispensable aux petits éleveurs.
- L’audition et ses variations, par le Dr Marage. i vol. in-8, b22 p., 42 fig., chez l’auteur, à Paris.
- L’auteur réunit dans cet ouvrage les observations qu’il a recueillies sur le fonctionnement de l’oreille à l’état normal et à l'état pathologique, notamment pendant la guerre. Il les entremêle de réflexions et de polémiques personnelles au sujet de ses méthodes d’examen.
- Le protoplasma cellulaire, Système colloïdal, d’après le Cytoplasma et les sucs du corps de Fil. Bottazzi, parle Dr J. Verne, t vol. in-16, 224 p., 8 fig. G. Doin, éditeur. Prix : 12 francs.
- L’étude des colloïdes a singulièrement progressé en ces dernières années. L’auteur applique ces nouvelles données à la cellule et au protoplasma et les montre sous un aspect qui n’est point encore familier " à tous et qui pourtant est fondamental. Les idées exposées sont celles du professeur Bottazzi de Naples, où sur une base physico-chimique ont été envisagés les principaux problèmes de la Physiologie cellulaire, présentées dans un ordre original. Ce livre est un manuel des connaissances aujourd'hui indispensables sur la composition colloïdale du protoplasma et des problèmes soulevés par cette conception féconde.
- Studies in Evolution and Eugénies, par S. J. Holmes. x vol. in-8, 261 p. Harcourt, Brace and Co, New York.
- Série d’études sur les questions les plus récentes et les plus débattues relatives à l’eugénique humaine, intéressant le sociologue autant que le biologiste : quels sont les effets des mélanges de race? l’avenir des nègres ? la sélection naturelle a-t-elle diminué la civilisation? les mariages jeunes donnent-ils des produits inférieurs? la protection des naissances est-elle un avantage ou un danger? quelle influence l’immigration a-t-elle sur 1 avenir de l’Amérique ? y a-t-il une hérédité de l’intelligence ? etc. L’auteur n’hésite pas, pour chaque question, à donner son avis personnel, purement évolutionniste, même quand il choque notre sentimentalité.
- Souvenirs entomologiques. Etudes sur l’instinct et les mœurs des insectes, par J.-H. Fabre, édition définitive illustrée, 8e série. 1 vol. in-8, 4°9 P > pl- et nombreux dessins. Delagrave, Paris. Prix : broché 20 francs, relié genre ancien 40 francs.
- Le 8* volume de l’édition définitive illustrée des Souvenirs entomologiques ne le cède en rien aux précédents, soit au point de vue de l’intérêt et du charme des récits, soit à celui de la présentation matérielle. Fabre y étudie principalement la Cétoine dorée qui fait son lit du sein d’une rose; les Bruches, dont les larves sont des mangeuses insatiables de pois et de haricots; le puceron du térébinthe et ses destructeurs parmi lesquels il faut citer la bête à bon Dieu ou coccinelle; les sarcophages comme la mouche bleue de la viande; la guêpe, qui vit en colonie de 3o 000 individus, etc. Les deux derniers chapitres sont consacrés à l’épeire fasciée et à la lycose de Narbonne.
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- LA NATURE
- Supplemen$^
- INFORMATIONS
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- N° 2592
- 8 Décembre 1923
- Une secousse sismique en France. — Le xg novembre dernier, à 3 h. 46 du matÎD, une secousse sismique a été ressentie dans Je Roussillon. Elle a atteint son maximum dans la région de Perpignan où des meubles ont été déplacés et quelques murs lézardés. On l’a ressentie égalementà Saint-Gaudens, Foix, Auch, Toulouse, Montauban, Barcelone. L’observatoire de Bordeaux-Florac l’a enregistrée. Aucun dégât notable n’en est résulté.
- L’hydroglisseur Galvin. — Nous reproduisons, ci-contre, des photographies du nouveau type d’hydroglisseur dont le premier exemplaire vient d’être construit aux Chantiers navals de Sartrouville, pour le compte de l’inventeur M. Galvin. Ce nouvel engin, dès ses premières sorties, s’est révélé d’une utilisation particulièrement pratique, grâce à son maniement aisé dans les plus faibles cours d’eau, à sa vitesse élevée, malgré une consommation minime, et grâce à son prix des plus réduits, malgré un parfait fini d’exécution.
- Les caractéristiques principales de l’hydroglisseur type 6 sont les suivantes :
- Longueur de coque............... 7 m. 3o
- Largeur......................... 1 m. 60
- Franc-bord...................... o m. 70
- Tirant d’eau maximum .... o m. 15, réduit
- presque à o en marche.
- Puissance................... 18 HP.
- Consommation.................... xo à 11 litres
- environ à l’heure.
- Poids....................... . 3oo kg environ.
- La construction est en acajou double bordé pour le fond, à clins pour les flancs, avec compartiments étanches à l’avant et à l’arrière, d’un volume suffisant pour assurer l’insubmersibilité, même après remplissage du cock-pit.
- Les accessoires de coque comprennent :
- Un gouvernail équilibré et compensé, susceptible de s’effacer par basculement, s’il vient à passer sur une épave ;
- Une bitte et deux chaumards à l’avant et à l’arrière ;
- Des taquets d’amarrage accessibles du cock-pit ;
- Deux amarres de 10 mètres;
- . Quatre-pare-battages ;
- Un grappin à pattes rabattables de 8 kg avec sa corde ;
- Deux avirons avec dames de nage;
- Une gaffe.
- Le moteur d’une puissance de 18 HP est fixe et à refroidissement par air; l’hélice est en prise directe;
- l’ensemble de la partie motrice est agencé de façon à être particulièrement peu encombrant.
- L’idée directive de ce nouveau type était de réaliser une embarcation se rapprochant davantage des formes nouvelles de canots automobiles et présentant pour les passagers un confort au moins aussi grand, tout en possédant des avantages de maniabilité sur l’eau, ou hors de l’eau.
- Sur l’eau, il est possible de réaliser en régime soutenu une vitesse de 40 km à l’heure avec 4 passagers,
- et de porter même cette vitesse, en régime poussé avec deux passagers, à 55 km sans pour cela provoquer aucune vague, comme le montre la photographie. La grande robustesse, qu’une minutieuse étude technique a permis d’allier à une grande légèreté, permet de réaliser cette vitesse sans danger, même par temps de
- clapotis en mer. La hauteur de franc-bord du cock-pit (o m. 70) offre toute sécurité à ce point de vue. Les l'ivières les moins profondes sont de même accessibles, le tirant d’eau étant presque nul en vitesse; les herbes ou joncs ne sont pas un obstacle, grâce à l’étrave qui les écarte. Les quilles d’angle sont, par ailleurs, blindées, ce qui permet de s’échouer sur les bancs ou d’accoster le long des berges pour prendre les passager s.
- En ce qui concerne le confort, il est à noter que le cock-pit peut laisser place à quatre fauteuils; les vues sont parfaitement dégagées ; le moteur, dont le bruit est réduit au minimum, est sur l’arrière.
- Enfin, et ce n’est pas là un des moindres traits pratiques de l’hydroglisseur en question, il suffit d’emporter une paire de roues démontables et de les adapter sous la coque, ce qui est des plus aisés, grâce à la grande légèreté pour pouvoir abriter l’engin dans un hangar, ou encore pour le remorquer jusqu’au bief voisin derrière une auto, ou enfin pour l’amener jusqu’à la gare la plus proche où il sera admis au tarif ordinaire (o fr. i5 environ du kilomètre en petite vitesse, o fr. 40 en G. Y.).
- Consommation électrique de quelques appareils ménagers. — La Compagnie parisienne de distribution d’électricité (C. P. D. E.) vient de publier les renseignements suivants sur la consommation horaire en hecto-watts de quelques appareils électriques d’usage domestique :
- Aspii’ateur de poussière. . . 4
- Bouillotte . . 3 à 6
- Cireuse de parquets Chauffe biberon . . 4 à . . 0. a 5
- » colle . . 1.5 à 12
- » eau » lit . . 0.8 à 2.5 20
- Chauffe-plats Chaufferette . . o.5 à . . o.5 i.5
- Fer à repasser » à friser . . 3 à . . 1 6
- » à souder . . 1.5 à 3
- Four de cuisine . . 5 à 18
- Gril . . 5 à 10
- Grille-pain à 6
- Souffleur à air chaud .... . . 4 à 6
- Radiateur . . . 3 à 3o
- Réchaud . . 5 à 12
- Stérilisateur à 5
- Tapis chauffant............ o.5
- Théière.................. 3 à 6
- Thermo-plongeur................3 à 5
- Ventilateur.................... o.a5 à x.5
- Yibro-masseur..................o.a5
- Ces renseignements permettent de s assurer si les
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- INFORMATIONS
- canalisations aboutissant aux prises de courant sont suffisantes.
- Eu calculant l’hectowatt-heure au prix de o fr. 09, on arrive aux dépenses suivantes pour quelques opérations courantes :
- Francs.
- Faire bouillir 1 litre d’eau.........0.12
- Sécher vos cheveux...................0.15
- Masser votre visage (10 minutes) . . . o.oo4
- Préparer une tasse de thé............0.02
- — — de café.................0.01S
- Torréfier votre café (par kg)........0.325
- Cirer votre parquet (par mq.)........0.02
- Nettoyer vos tapis (par heure). o.i3 à o.36
- Préparer 4 œufs sur le plat........... 0.027
- Griller un beefteack (70 gr.)...........0.021
- Faire rôtir un pigeon (3oo gr.) .... 0.126
- Faire sauter des pommes nouvelles
- (3oo gr.)..........................o. 117
- Chauffer vos plats (par repas). .... 0.04
- Chauffer un fer à repasser (par heure) , o.3o Ventiler votre appartement (par heure). 0.04 Vous chauffer les pieds (par heure) . . 0.04
- Chauffer un biberon (par heure). . . . 0.018
- — votre lit (par nuit).............o.o5
- A condition toutefois que les appareils utilisés soient bien choisis et d’un rendement acceptable.
- Les animaux de chasse et de pêche en décembre.
- En décembre, les chasseurs qui ne craignent pas le froid se livrent avec joie aux plaisirs de la chasse aux oiseaux de marais que l’on réunit sous le nom de sauvagine et qui comprennent plusieurs espèces, des canards, en particulier.
- Les premiers jours de grande gelée sont très favorables à cette chasse.*?
- On continue la chasse à courre ou à tir du gros gibier. Les sangliers commencent à avoir « l’âme en folie » et forment des troupeaux hargneux dont les grognements annoncent la présence et devant lesquels il n’est pas bon de se présenter sans être bien armé. Les hordes de cerfs se tiennent au plus profond des bois. Les chevreuils recherchent les taillis les plus épais pour s’y abriter.
- Continuation de la chasse, en battue principalement, des carnassiers et des lièvres. Ceux-ci s’écartent parfois très loin de leurs cantonnements habituels et peuvent *e rencontrer un peu partout, du moins là où ils sont à l’abri du vent; c’est le moment où ils sont repris d’une nouvelle ardeur pour la pariade, le « bouquinage » comme l’appellent les chasseurs.
- On chasse le lapin au fusil et au furet.
- Le piégeur, en décembre, doit penser à établir des « charniers » où il placera des débris de cuisine (tripes de gibier, lapins morts, chats crevés), pour attirer les carnassiers et leur faire passer le goût... de la viande. Ces charniers sont établis dans des poteries enfoncées dans la terre, l’ouverture supérieure affleurant au niveau du sol. En remplacer le contenu au fur et à mesure de sa disparition.
- La pêche est au ralenti, vu l’engourdissement — dû au froid — des poissons... et des pêcheurs. Dans le milieu du jour, si l’eau n’est pas transformée en glace, on peut espérer cependant capturer des brochets, des truites, des chevennes, tous gros mangeurs à l’appétit insatiable. Même dans les eaux un peu troubles, on pêche au vif (avec une ablette ou une petite vandoise), en maintenant l’appât près du fond, des brochets et des grosses perches. Les perches de moyenne taille et les petits brochets peuvent se prendre avec des vers de terre. Les gros chevennes se laissent séduire seulement par des appâts « substantiels », comme, par exemple, des cubes de lard ou de sang coagulé, des morceaux, gros comme un dé, de rate crue ou cuite, des raclures d’intestins de porc, des boyaux de gibier ou de volailles.
- Le pêcheur côtier, en décembre, en est réduit à la portion congrue. Tout au plus peut-il, parfois, récolter quelques belles pièces, par exemple de petites morues, aux lignes dormantes et aux filets fixes sur perches, mais rien ne l’empêche — sauf le froid — de cueillir maints coquillages comestibles, dont, à certaines marées, des huîtres. Il vaut mieux s’armer de patience et attendre tranquillement la nouvelle année. ' H. Coüpin.
- *»> Nouvelles de T. S. T.
- Les émissions des pressions météorologiques par téléphonie sans fil. — Nous avons déjà indiqué l’horaire complet de ces émissions, voici les détails des renseignements transmis.
- Première émission (6 h. 4o). Prévisions régionales valables pour la journée. Maxima de température prévus pour la journée.
- Deuxième émission (11 h, i5). Renseignements généraux sur la situation météorologique en Europe à 7 heures du matin et sur la situation prévue à 18 heures. Prévisions des vents sur les côtes françaises valables jusqu’au lendemain 7 heures du matin. Eventuellement avis de tempête sur les côtes.
- Troisième émission (19 h.). Prévisions régionales valables pour la nuit et la journée du lendemain; minima de température prévus pour la nuit.
- Quatrième émission (22 h. 10). Renseignements généraux sur la situation météorologique en Europe à 18 heures et sur la situation prévue le lendemain à 7 heures du matin. Prévisions des vents sur les côtes françaises valables jusqu’au lendemain à 18 heures, éventuellement avis de tempêtes.
- Voici d’autre part comment sont répartis les départements dans les régions météorologiques.
- I. Nord (4 départements).
- Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme.
- II. Bretagne (4 départements).
- Côtes-du-Nord, Finistère, lile-et-Yilaine, Morbihan.
- III. Nord-Ouest (7 départements).
- Calvados, Eure, Mayenne, Manche, Orne, Sarthe, Seine-Inférieure.
- IV. Parisienne (5 départements).
- Eure-et-Loir, Oise, Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-
- Oise.
- V. Nord-Est (10 départements).
- Aube, Ardennes, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Marne, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges.
- VI. Ouest (8 départements).
- Charente, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Vienne.
- VII. Centre (6 départements).
- Cher, Indre, Loiret, Loir-et-Cher, Nièvre, Yonne.
- VIII. Est (n départements).
- Ain, Côte-d’Or, Doubs, Haute-Saône, Hautes-Alpes, Haute-Savoie, Isère, Jura, Rhône, Saône-et-Loire, Savoie.
- IX. Massif Central (10 départements).
- Allier, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Haute-Loire, Haute-Vienne, Loire, Lozère, Puy-de-Dôme.
- X. Sud-Ouest (12 départements).
- Ariège, Basses-Pyrénées, Dorgogne, Gers, Gironde, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne.
- XI. Sud (5 départements).
- Ardèche, Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales.
- XII. Sud-Est (6 départements).
- Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Drôme, Var, Vaucluse.
- Le comité des essais transatlantiques de 1923. — On sait le succès des essais transatlantiques de 1922; de nouveaux essais vont avoir lieu cette aimée et le Comité nommé l’an dernier par les Sociétés de T. S. F. s’est à nouveau réuni sous là présidence du Dr Corret pour en discuter les modalités. Celles-ci seront indiquées dans un prochain article.
- La preuve de la possibilité de la réception dans les deux sens ayant été faite l’an dernier, grâce au concours des amateurs, on s’attachera plutôt cette année à étudier la régularité des réceptions, et, du côté européen, les amateurs auront plutôt à émettre qu’à écouter.
- Lors des derniers essais, M. Deloy, on le sait, seul des amateurs français, réussit à se faire entendre régulièrement en Amérique. Cette année le nombre des amateurs possédant des. postes d’émission puissants a augmenté et il faut espérer que beaucoup d’entre eux pourront entrer en communications avec leurs collègues d’outre-Atlantique.
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- Electricité
- Les vieux accumulateurs peuvent encore servir.
- — Un de nos lecteurs, M. Marcel Pernot, nous écrit pour nous dire comment avec une vieille batterie d’accumulateurs de 4 volts, achetée à la ferraille, il a pu faire une batterie fournissant encore un excellent service.
- Cette batterie mise au rebut était sulfatée au dernier degré et ses plaques étaient déformées.
- A l'aide d’une scie à métaux, il a découpé dans les plaques positive et négative de ces vieux accus des lamelles de i cm de large sur 5 ou 6 de long, qu’il a débarrassées du sulfate de plomb en les brossant avec une carde métallique.
- Il s’est procuré chez un pharmacien des tubes de verre, ayant contenu des comprimés d’aspirine, et les a disposés sur une planche percée d’alvéoles de diamètre convenable (fig. i). Dans ces tubes ont été placées les lamelles préalablement reliées entre elles par un gros fil de plomb, les deux dernières étant respectivement reliées à 2 bornes vissées sur le socle.
- On remplit les tubes d’acide sulfurique à 2a0 Baume;
- Fig. 1. — La batterie d’accumulateurs.
- Entrée
- Poussou'
- consacrer à leur clientèle pendant la vulcanisation des appareils de prothèse dentaire. L’opération se poursuivra seule et sans surveillance.
- < A l’atelier, la vulcanisation des pneumatiques ne nécessitera pas la présence constante d’un ouvrier. Le temps de chauffe nécessaire étant connu, il suffira de régler le coupe-gaz « Gude » en conséquence.
- Dans la vie privée, devenue si compliquée de nos jours, il rendra d’inappréciables services aux familles dont tous les membres ne se réunissent qu’aux heures des repas.
- Le Coupe-gaz'"étant réglé avant le départ des intéressés, les aliments les plus longs à préparer pourront cuire seuls et il ne sera plus nécessaire de se contenter d’absorber des aliments hâtivement préparés ou des repas froids fatigants par leur répétition et du reste toujours coûteux.
- Quelques mots sur l’appareil lui-même. Il se compose de 3 parties essentielles : la boîte, le mouvement et l’interrupteur proprement dit.
- 1® La boîte qui le contient très épais.
- Elle est absolument étanche, lorsque l’appareil risque de se
- Fig. 3. — Le coupe-gaz « Gude ».
- est en aluminium coulé
- ce qui est nécessaire trouver environné de vapeurs corrosives (laboratoires de chimie).
- 20 Le mouvement d’horlogerie qui actionne au moment voulu l’interrupteur est construit d’après les derniers perfectionnements de la technique horlogère moderne. Il est en cuivre massif et en acier de qualité. Les engrenages en sont taillés et non découpés.
- Il comporte également une mise en marche automatique du mouvement.
- La clef de remontage possédant un pas de vis à gauche et pouvant être retirée en cours de marche rend de ce fait l’appareil inviolable.
- 3® L’interrupteur proprement dit ferme au moment voulu l’arrivée du gaz; tout en cuivre, il est extrême-
- aussitôt on constata une tension de r,5 volt par élément. Soumise à une charge de 3 heures sur courant continu de 110 volts, avec une lampe à filament de charbon de 18 bougies comme résistance, cette batterie a donné à fin de charge 2 volts 2 par élément, ce qui est absolument normal. Les plaques, dans chaque élément, sont séparées par une lamelle de celluloïd percée de trous.
- Depuis sa construction, cette petite batterie fonctionne normalement et rend des services appréciables.
- c^ss. Mécanique
- Doseur chronométrique de gaz. — Le coupe-gaz « Gude » est destiné à limiter l’utilisation du gaz dans le temps, c’est-à-dire à doser les temps de chauffe suivant les besoins.
- Il a été étudié et construit sur la demande de laboratoires qui, lors de leurs recherches ou expériences, avaient besoin d’arrêter le chauffage à un moment déterminé.
- Grâce à lui il devenait inutile de « monter la garde » auprès des appareils, les risques d’oubli n’étant plus à craindre puisque l’arrêt se. fait automatiquement.
- Le coupe-gaz « Gude » ayant ainsi acquis ses lettres de noblesse, son constructeur a cru faire oeuvre utile en en diffusant l’emploi. Le meilleur moyen de le faire connaître du grand public était donc de l’exposer au 21° Concours Lépine qui a eu lieu cette année. Il y a du reste obtenu une médaille d’argent.
- Le coupe-gaz « Gude » peut être utilisé partout et par tous. C’est ainsi qu’il permettra aux dentistes de se
- Fig. 4. —^Réchaud à?gazjéquipé avec un coupe-gaz en position normale.
- ment simple, sûr et hermétique, agissant par pression et non par coincement.
- Le maniement de l’appareil est des plus simples. Appuyer sur le poussoir pour obtenir le passage du gaz, remonter le coupe-gaz en tournant la clef dans le sens de la flèche. Amener l’heure désirée sous l’index rouge. Le passage du gaz sera obstrué radicalement au temps voulu.
- Ajoutons que le coupe-gaz « Gude » ne nécessite au
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- SCIENCE APPLIQUEE
- cun agencement spécial. Il se place très aisément dans des positions différentes suivant les besoins et s’inter-
- Fig. 5. — Réchaud à gaz équipé avec un coupe-gaz, en position renversée.
- on présente une des pinces de 1’ « Agrippeur », on tire la partie inférieure du manche, les pinces s’ouvrent. Une fois l’objet entouré, on cesse de tirer, les pinces se ferment et tiennent bien. Pour plus de sécurité, on peut repousser le tube extérieur tandis qu’on maintient le tube intérieur. L’objet descendu, on le libère par une manœuvre aussi simple; 1’ « Agrippeur » posé à terre, on tire le tube extérieur qui libère les pinces. En choisissant la pince appropriée — toutes deux fonctionnent simultanément par le même geste — on peut saisir des livres, des cartonniers, des bouteilles, des paquets, etc.
- La remise en place est naturellement tout aussi simple.
- L’ « Agrippeur » se construit avec dés manches allant de i m. 5o à a m. 5o.
- Le constructeur est M. J. Petit, ia, rue Gît-le-Cœur, Paris.
- Monture de sac à provisions. — La partie qui fatigue le plus dans les sacs à provisions est le point de jonction des poignées et de la poche. Aussi l’idée de faire un sac démontable et réparable est-elle heureuse. Le « Saplait » est une monture métallique dont la figure 7 donne la forme. La ménagère n’a qu’à coudre le sac dans la fente longitudinale et à fixer la poignée
- cale à l’aide de raccords en caoutchouc entre le tuyau d’arrivée et l’appareil d’utilisation.
- Le coupe-gaz « Gude » a été inventé et est construit par M. Guyot, 17, rue du Parc, Clichy (Seine).
- gn> Objets utiles
- L’Agrippeur. — Là où la place manque, il est parfois nécessaire de loger les objets en hauteur, hors de la portée de la main. La difficulté est alors de les prendre. Une échelle ou un escabeau sont encombrants et demandent un effort pour la moindre recherche. L* « Agrippeur » est beaucoup plus simple et commode.
- C’est un manche nickelé terminé à sa partie supérieure par deux systèmes de pinces, l’une circulaire
- }Fig, 6. — Utilisation de 1’ <c Agrippeur ».
- pour les objets ronds, l’autre droite pour les paquets rectangulaires.
- Yeut-on cueillir un objet hors de portée de la main,
- Fig. 7. — Le « Saplait ».
- aux deux trous des extrémités. Avec deux montures de ce genre, un sac plat est rapidement fait, aussi grand et profond qu’on le veut, et l’on peut changer les poignées et la poche si elles s’usent ou se déchirent, sans avoir à remplacer le sac au complet.
- Le « Saplait » est en vente 21, rue Mayet, Paris.
- Jouets
- Le « gyrostile ». — Le gyrostile est un jouet qui se compose d’une masse pesante cylindrique, dans laquelle est creusée une gorge sur laquelle un cordon est enroulé. Tenant entre les doigts le bout libre du cordon, on laisse tomber la masse qui roule et, arrivée à bout de course, remonte par inertie.' L’art du joueur consiste, à ce moment, à donner une impulsion qui ajoute au mou-
- Fig> 8 — Le « Gyrostile ».
- veinent du cylindre et l’aide à remonter. C’est un tour de main à apprendre qui rend le jeu amusant, car il demandé la réussite d’un subtil et léger mouvement de la main permettant aux disques parallèles, au moment précis où ils se trouvent au bas du cordonnet, de remonter complètement à leur point de départ ; le but du jeu est alors atteint et la partie engagée est gagnée.
- Lé gyrostile est construit par M. G. Sollier, 282, rue Saint-Jacques, Paris.
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- VARIETES
- NOTES SUR LE JAPON (Fin) (»)
- VII. Les combustibles minéraux. —L’Empire japonais est riche en combustibles minéraux : houille, pétrole, gaz naturel et soufre.
- Le charbon est mauvais et sa production, qui pour le Japon proprement dit seulement avait dépassé 3i millions de tonnes pendant la guerre, est retombée à 26220000 tonnes en 1921. Comme cette houille se rapproche beaucoup du lignite et qu’elle encrasse les chaudières, la marine de guerre japonaise est obligée de s’approvisionner à l’étranger. Par contre, les cargos dans les mers de l’Extrême-Orient brûlent volontiers ce charbon économique. Kioü-Siou est le centre principal de production; viennent ensuite Hondo et Yézo.
- On trouve aussi du charbon à Formose (1 037000 t. métriques en 1921) et à Sakhaline (i54ooo t. en 1920). Cette dernière île aurait même un grand avenir à ce point de vue.
- La production du pétrole a progressé avec une extraordinaire rapidité. Elle a atteint en 1921 3537599 tonnes métriques pour le Japon seulement; il faut y ajouter 11 949 hectolitres pour Formose. Sakhaline et peut-être aussi les Kouriles renfermeraient d’abondants gisements.
- Le gaz naturel est un sous-produit du pétrole. Le Japon en a fourni 3o 346 hectolitres en 1921.
- Le soufre se présente sous deux formes : soufre brut et pyrites de fer. En 1921, les raffineries de soufre ont livré 36 551 t. de ce métalloïde pur et 3o 637 t. de minerai n’ont pas été raffinées. Quant aux pyrites de fer, leur production a atteint en 1921, 94 987 t. Près de la moitié du minerai de soufre provient de Yézo et le reste principalement du nord de Hondo. Par ailleurs, Formose a produit, en 1921, 842 tonnes métriques de soufre raffiné.
- VIII. Production métallurgique. — La production métallurgique est en plein recul depuis la fin de la guerre.
- 1921 Japon. Formose. Corée (1920)
- Or 7.374 kg 881 kg
- Argent . . . 9.719 kg 792 kg —
- Antimoine. . 1.614 kg — —
- Cuivre . . . 54.092 U 1.197 t. * __
- Plomb . , . 5.138 t. — —
- Fer brut . . 96.848 t. — —
- Acier. . . . 325.300 t. —
- Sel 543.956 t. 101.540 t. 54.920 t.
- Les minerais de fer mis en œuvre sont importés. Quant au sel, que nous avons ajouté à ce tableau, c’est une des grandes richesses de l’Empire japonais ; il est employé non seulement dans l’alimentation (le riz et le poisson en demandent beaucoup), mais aussi dans la fabrication des conserves de poisson.
- IX. Voies et moyens de communication. — L’Empire japonais dispose de réseaux ferrés encore insuffisants. Voici le tableau statistique des lignes en exploitation en 1921.
- •'»!>«"....... s.«5 milles j E“pgnie- «;«“
- Corée.............1.157 milles anglais
- Formose........... 396 milles anglais
- Mandchourie du Sud. 686 milles anglais
- Le trafic est intense sur les lignes du Japon. Les recettes ont atteint 521 826 847 yens en 1921 et le tonnage des marchandises transportées s’est élevé à 67 492 000 tonnes.
- La longueur des lignes de tramways en 1921 était de 1022 milles anglais, y compris les tramways urbains.
- La Corée n’a qu’une grande transversale : Antoung à Fousan, avec quelques embranchements (Séoul-Tché-moulpo).
- Pour les ligneé télégraphiques et téléphoniques, on avait :
- Japon. Corée. . Formose.
- Télégraphes. . . 45.003 km 7.866 km 1.060 km
- Téléphones ... 17 777 km 6.272 km 1.626 km
- Le grand nombre de postes de T. S. F. supplée à l’insuffisance du développement du réseau des lignes télégraphiques; malheureusement des expériences fâcheuses ont prouvé que les orages magnétiques qui accompagnent les tremblements de terre, les raz de marée et le6
- 1. Voir La Nature, n° 258g
- typhons, les mettent trop souvent hors d’état de servir et les dérèglent.
- La marine marchande japonaise s’est beaucoup développée pendant la guerre ; son tonnage brut s’élevait en 1921 à 4 466 000 t., dont 3 206 000 t. pour 6 094 vapeurs et 1 260000 t. pour 86 og5 voiliers.
- X. Le commerce. — Voyons d’abord le commerce international du Japon proprement dit.
- Le Japon a été longtemps plus débiteur que créancier de l’étranger; il était obligé de régler ses différences en exportant des métaux précieux, en lingots ou monnayés. De 1910 à 1916 inclus, il y eut un excédent d’exportations de 109 millions de yens de ce chef. De 1916 à 1921 inclus, la situation s’était renversée : 1 047 millions de yens d’importations de métaux précieux, dont 400829484 yens pour la seule année 1920. Depuis lors, on constate un retour à l’état de choses antérieur à 1916.
- En 1921, les principaux clients du Japon ont été :
- 1 Etats-Unis . . . 496.283.000 yens. Empire américain ) Philippines. . . 17.921,000 —
- f Hawaï.......... 7.450.000 —
- 521.654.000 —
- ( Chine propre............ 287.227.000 —
- Chine < Kouang-Toung............. 77.569.000 —
- ( Hong-Kong................ 59.304.000 —
- 424.100.000 —
- Inde anglaise . . . ................ 84.503.000 —
- _ Indes néerlandaises................. 54.210.000 —
- France.............................. 35.166.000 —
- Angleterre ..................... 32.772 000 —
- Indo-Chine anglaise................. 21.740.000 —
- Australie........................... 21.558.000 —
- Le total des ventes japonaises s’élevait alors à 1252837000 yens; aucun autre client n’achetait pour plus de 20 millions de yens.
- En 1921, les principaux fournisseurs du Japon étaient :
- ( Etats-Unis. . . 574.401.000 yens. Empire américain l Philippines. . . 18.160.000 —
- ( Hawaï.......... 151.000 —
- 592.712.000 —
- Chine propre.................. 191.678.000 —
- Kouang-Toung.................. 111.931.000 —
- 303.609.000 —
- Indo-Chine anglaise. ........... 23.835.000 —
- lndo-Chine française.......... 19.064.000 —
- Inde anglaise................210.3' 5.000 —
- Angleterre ........... 184.307.000 —
- Allemagne.................... 47.713.000 —
- France.......................... 11.691.000 —
- Australie....................... 36.898.000 —
- Les importations atteignaient le total de 1 614 i55 000 yens. L’Allemagne commençait à reprendre son ancienne place de fournisseur; par contre, c’est encore un médiocre client (2216000 yens seulement). Tous les autres pays avaient un chiffre d’importation inférieur à 10 millions de yens, même les Indes néerlandaises et Hong-Kong.
- Les échanges entre le Japon et ses colonies ne sont pas considérés comme commerce extérieur. Or la Corée joue à ce point de vue un rôle de plus en plus important.
- Commerce de la Commerce avec • Corée avec l’Empire
- l’étranger. japonais. Total.
- yens.
- Exportations . . 20,884.000
- Importations . . 75.899.000
- 96.783.000
- vens.
- 197.392.000
- 156.484.000
- 353.876.000
- 218.277.000
- 232.381.000
- 450,658.000
- La Corée a un déficit commercial de 55 oï5 000 yens dans ses relations avec l’étranger et une plus-value de 40 908 000 yens dans ses échanges avec l’Empire japonais.
- La situation de Formose est assez comparable à celle de la Corée; elle fournit au Japon du riz, du saké (alcool de riz), du thé, du camphre, du sel, du sucre de canne, de l’indigo et du tabac.
- Sakhaline vend au Japon du poisson, du bois et de la houille. Rkniî Le Conte.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- i@q
- OSL
- cs^
- L’altération de l’ébonite des appareils de T. S. F.
- — M. Sachet nous communique les observations suivantes :
- Ayant remarqué une altération à la surface de planches d’ébouite d’un appareil de T. S. F., je me rendis compte qu’il s’agissait d’un dépôt d’acide sulfurique. Je crus d’abord à une condensation de vapeurs d’accumulateurs, mais j’ai remarqué le même phénomène sur des morceaux d’ébonite n’ayant jamais voisiné avec ces appareils et au contraire je n’ai trouvé aucune trace d’acide sur des échantillons ayant été exposés des années durant près d’accumulateurs.
- Tout compte fait, il me semble prouvé :
- i° Que ce dépôt provient d’une oxydation à l’air humide du soufre contenu dans l’ébonite.
- a0 Que ce dépôt peut être favorisé par les courants de haute fréquence, en tout cas certainement par la lumière solaire.
- 3* Que seules des ébonites de qualité médiocre sont atteintes de cette véritable maladie.
- Il me semble intéressant de signaler le fait aux amateurs de T. S. F. en leur recommandant l’achat d’ébo-nites de ir° qualité.
- Cette sulfatation ne semble pas en effet indifférente pour l’isolement des pièces. En tout cas, elle en amène une attaque assez rapide.
- Un remède consiste, après nettoyage, à passer sur l’ébonite une couche de vernis gomme-laque assez étendu pour éviter les irrégularités.
- On peut l’appliquer préventivement.
- Chauffage des fers à souder. — Ceux qui emploient
- les fers à souder électriques, ceux qui chauffent les fers à souder avec des brûleurs Bunsen ou Méker doivent constater une usure rapide de ces fers.
- Dans un atelier de soudage, je voyais un ouvrier occupé presque constamment à faire des fers pour entretenir l’approvisionnement de trois ouvrières. Il médisait que les fers s’usaient aussi vite parce que les ouvrières les trempaient fréquemment dans l’acide (chlorhydrique) pour les décaper. Cela me paraissait extraordinaire, j’ai maintenant l’explication du fait. Ayant eu à faire moi-même une soudure de deux morceaux de fer-blanc préalablement grattés et mouillés de la solution de chlorure de zinc usuelle, je ne réussis pas tout d’abord et par trois fois à faire prendre la soudure; en y regardant de près, je vis un dépôt terreux et en reposant le fer j’en vis tomber un peu de poussière, je raclai le fer avec un morceau d’acier et j’en détachai une bonne couche d’oxyde noir de cuivre, et voilà pourquoi les fers chauffés par les moyens perfectionnés s’usent si vite.
- Les brûleurs à flamme bleue, très oxydante, et les fers électriques mettent le cuivre précisément dans la situation la meilleure pour faire l’oxyde noir qu’on emploie dans l'analyse organique, tandis que l’ancien seau à charbon de bois permettait de chauffer les fers dans un milieu réducteur.
- Conclusion. — Ceux qui veulent chauffer les fers à souder au gaz doivent employer une flamme éclairante (réductrice) et ceux qui veulent employer le fer électrique doivent entourer la masse de cuivre d’un carton d’amiante épais et fortement serré pour la mettre à l’abri de l’air.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La INatlîre oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Tl est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, •1 ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — Institut océanographique de Monaco.— Vous aurez tous renseignements sur la composition de l’émulsion employée chez le fabricant des extincteurs, Maison Bouillon, 3, rue José-Maria-de-Heredia, Paris, 7*.
- M. Rachou, à Camarès (Aveyron). — i° Nous pensons que la formule ci-dessous vous donnera satisfaction
- dans la préparation d’une peinture pour moteurs à explosion :
- Blanc de zinc...................3oo gr.
- Sulfate de baryte...............3oo —
- Silicate de soude à 400 B. . 200 —
- Eau ordinaire...................200 —
- Teinter si on le désire mais avec une couleur minérale, par exemple vert Guignet, vert de Cassel, outremer, vermillon, en ajoutant si besoin est une pointe de noir de fumée. 20 Vous pourrez vous procurer des produits phosphorescents sous la marque Radiana, chez Sauvage, î3, boulevard des Italiens. 3° Le meilleur agent pour enlever les taches de rouille sur les tissus est l’acide chlorhydrique étendu de trois à quatre fois son volume d’eau.
- La partie tachée étant placée sur une assiette, on l’imbibe avec, la solution acide qu’on laisse agir et renouvelle autant que cela est nécessaire, la tache habituellement ne tarde pas à disparaître, aussitôt que ce résultat est obtenu on rince soigneusement l’endroit détaché et laisse sécher. Quand la tache est très ancienne on emploie le mélange suivant.
- Eau ordinaire.................a5o c. c.
- Sel d’étain................... 5o gr.
- Acide chlorhydrique ... 75 —
- On imbibe comme précédemment la tache, jusqu’à disparition et rince à fond pour ne laisser aucune trace d’acide qui sur les fibres végétales aurait en particulier une action funeste. Ces traitements n’ont aucun incon-
- vénient sur les tissus blancs, mais dans le cas de tissus teints il faudrait s’assurer au préalable qu’ils n’ont pas une action décolorante sur la couleur de fond, ce qui est fréquent.
- M. William Bonnard,k Nîmes. —Nous avons répondu à vos demandes dans le n' 2586, p. i3i, de la Boîte aux Lettres sous le pseudonyme D. à Nîmes, ainsi que vous l’aviez désiré, veuillez bien vous reporter à ce numéro.
- M. Schefer, à Dinard. — Pour renoircir les traits de votre micromètre, appliquez en frottant avec la pulpe du doigt une pâle composée de bioxyde de plomb, noir de fumée et huile de lin cuite que vous aurez porphyrisée à la molette sur une lame de verre, de telle manière que les éléments solides soient devenus impalpables.
- Laisser sécher un temps suffisant pour que l’huile par oxydation à l’air se soit durcie dans la profondeur des traits, puis enlever l’excès de pâte en surface avec un chiffon très doux.
- M. Postaire, à Poissy. — i° Si les réservoirs ont été bien galvanisés, ils sont à l’abri de la rouille, en tout cas vous pouvez appliquer n’importe quelle peinture, le minium, d’après les dernières recherches, ne présentant pas de supériorité sur les autres pigments, la seule condition à observer dans le cas où l’eau serait destinée à la consommation est de ne pas se servir de couleurs vénéneuses. 20 Yous réaliserez facilement le réglage de chauffe des fers électriques à repasser en appliquant le disjoncteur-contrôleur de température Guy, 280, boulevard Pomery, à Reims, dont nous avons parlé dans notre n° 2582, page g5 de la Science appliquée, dispositif ingénieux qui est susceptible d’emplois très divers sur les appareils aujourd’hui courants de chauffage électrique.
- M. R. Lamy, à Saint-Maur. - - ip La composition suivante vous donnera très probablement satisfaction pour nettoyer votre serviette en cuir jaune :
- Eau non calcaire.........100 gr.
- Savon blanc de Marseille . 20 —
- Ammoniaque...............quelques gouttes.
- Faire dissoudre le savon dans l’eau au bain-marie, en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore, laisser refroidir et incorporer l’ammoniaque. Frotter la serviette
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- BOITE AUX LETTRES
- dans son ensemble avec un chiffon de flanelle imbibé de la pâte semi-fluide obtenue, cela pour éviter les cernes, essuyer avec un autre chiffon de même nature bien propre. Le même procédé est applicable aux chaussures jaunes. 20 Nous ne vous conseillons pas d’essayer un renickelage de pièces usagées par une mixture quelconque, les raccords sont toujours défectueux, car on ne peut compter sur un résultat satisfaisant qu'avec dès surfaces complètement décapées, le mieux est de redonner à nickeler chez un spécialiste outillé spécialement pour toutes ces opérations préparatoires de l’application du nickel, votre marchand de bicyclettes se chargera volontiers de ce travail.
- M. Eyboulet, à Colombes. ;— Les pastilles du sérail sont constituées par le mélange suivant :
- Charbon de bois (bourdaine ou peuplier). . 1000 gr.
- Benjoin.................................... 1000 -
- Storax en grains............................. 5oo —
- Storax liquide ............................. i5o —
- Baume du Pérou ............................... 75
- Ambre jaune................................... i5 —
- Poche de musc................................. 5 —
- Nitrate de potasse........................... aoo —
- Gomme adragante ............................. 40 —
- Les substances sont réduites en poudre impalpable, puis agglomérées au moyen d’une quantité d’eau suffisante, on laisse en contact quelque temps pour que la gomme puisse se dissoudre. La pâte est alors divisée en boulettes que l’on manie de façon à leur donner la forme pyramidale avec trois supports à la base pour assurer une combustion complète. On laisse enfin bien sécher avant emploi.
- C. M., à Saint-Germain. — Le savon liquide se prépare ainsi. Prendre :
- Beurre de coco.................. 1000 gr.
- Lessive de potasse à 400 B, . . 700 —
- Eau non calcaire.............. 300 ,—
- Glycérine . . ~ ................ 5oo —
- Sucre............................i5oo —
- Faire fondre le beurre de coco, y verser le mélange de lessive et d’eau, porter à l’ébullition en maintenant celle-ci jusqu’au moment où la saponification est complète. Ajouter ensuite le sucre et la glycérine dissous dans 6 litres d’eau. Abandonner au repos jusqu’à clarification parfaite, décanter et parfumer au besoin, de préférence en se servant de terpinéol, mettre en bouteilles bien bouchées pour éviter l’évaporation.
- M. Ivonnet, à Arcueil. — 1° L’application d’un vernis sur parties écaillées d’un cadre de bicyclette donnera toujours lieu à production de surépaisseurs d’un effet disgracieux, impossible à éviter sans enlèvement complet de l’émail ; si cet inconvénient ne vous inquiète pas prenez simplement le vernis noir Japon du commerce qui présente une grande adhérence. 20 En ce qui concerne le renickelage, voyez notre réponse à M. Lamy, de Saint-Maur, dans le présent numéro.
- M. 1 Souliac, à Paris. — Le mieux est de fabriquer vous-même l’écran à plages variées, au moyen d’une plaque au gélatino mise dans le châssis avec un carton débordant légèrement et sur lequel vous aurez tracé des traits espacés de la largeur des bandes d'intensité déterminée que vous voudrez obtenir. Vous plaçant devant une même source vous tirerez le carton de façon à avoir un certain nombre de poses successives, chacune s'ajoutant à la pose précédente, vous aurez ainsi une suite de bandes d’intensité décroissante, la première ayant reçu par exemple dix expositions, la seconde neuf, la troisième huit et la dernière une. Développer et fixer comme d habitude.
- M. Magnol, à Puteaux. — Les peintures laquées sont des peintures préparées par uné cuisson spéciale de l’huile; cette opération n’étant pas du domaine de l’amateur, nous vous conseillons d’acheter ces peintures toutes préparées, vous y aurez tout avantage et pourrez surtout réaliser une économie en ayant soin de n’employer la peinture laquée qu’en dernière couche, les pré’ cédentes étant données à la peinture ordinaire,
- M. Morniroli, à Cannes. — Vous entendez probablement par détermination du degré d’une solution (eau de Javel, ammoniaque, etc,), celle du degré Baumé, il suffit pour cela de placer le liquide dans une éprouvette en verre et d’y plonger un aréomètre Baumé, petit appareil que vous trouverez chez tous les opticiens, même chez les marchands de couleurs droguistes ou à défaut chez
- Chenal et Douilhet, za, rue Lagrange ; Neveu, 16, rue Vtonsieur-Le-Prince.
- Nous appelons votre attention sur ce point que l’aréomètre Baumé est gradué en degrés de sel marin, les indications ne sont donc exactes que s’il s’agit d’une solution de ce sel; pour tout autre liquide ou solution il faudrait avoir recours aux tables de correspondance, par exemple à celles figurant dans le Memento du Chi-miste, de Haller, éditeur, Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Faire également les corrections relatives à la diminution de densité consécutive à l’élévation de tempé’ rature au-dessus de i5°, qui est celle de la graduation de l’instrument.
- M. P. Barthélémy, à Paris. — z° Le moyen le plus pratique pour durcir le ciment est la fluatation. Vous trouverez les fluates nécessaires tout préparés chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand. 20 Pour empêcher l’adhérence dans des moules en plâtre ou en ciment, il suffit de les huiler.
- T. S. F. — M. L. B., à Paris. — Très approximativement on peut dire que la longueur d’onde propre d’une inductance en fond de panier est proportionnelle au nombre de spires de cette inductance.
- En effet, le coefficient de self-induction est proportionnel au carré du nombre des spires et la longueur d’onde proportionnelle à la racine carrée du coefficient de self-induction (formule de Thomson); la longueur d’onde est donc bien proportionnelle au nombre des spires. Exemple : si une bobine de 400 m. de longueur d’onde propre a So spires, une bobine de 200 spires (de même diamètre intérieur) aura approximativement une longueur d’onde de 1600 mètres.
- M. Trottier, à Chaumes-en-Brie (S.-et-Mame). — Les amplificateurs à basse fréquence à résistances sont, à égalité de nombre d’étages, d’un moins bon rendement que les amplificateurs à transformateurs. On les emploie généralement avec batteries séparées et interposition d’un transformateur de rapport 1.
- Vous pouvez employer des résistances de liaison de 60 ooq ohms, des résistances de grille de 1 méghom et des capacités de liaison de 0,2 microfarad. Il suffît de connecter le primaire du transformateur de rapport z à la place du récepteur téléphonique de l’appareil à haute fréquence.
- M H. Seren, à Lyon, —- i° L’installation d’un poste récepteur sur cadre vous sera facile, d’autant plue qu’il existe maintenant à Lyon un poste émetteur régulier. Pour une bonne audition à Lyon, un poste à 3 lampes suffirait; si vous désirez recevoir les émissions parisiennes, 4 ou 5 lampes seraient nécessaires,
- 2° Si vous faites seulement le montage et devez acheter tous les éléments, y compris accumulateurs et piles, on peut estimer approximativement à a5o fr. ou 3oo fr. le montant de l’installation complète à 3 lampes, et à 35o fr. ou 400 fr. le montant de l’installation du poste à 5 lampes (sans haut-parleur bien entendu).
- 3° Vous pourriez trouver des renseignements sur le montage d’un poste dans la T. S. F. des Amateurs de Duroquier ou le Poste de l’Amateur de T, S. F.
- 4° Il existe sans doute à Lyon des fabricants de pièces détachées pour T. S. F. ; cependant nous ignorons leurs adresses ; voici l’indication de quelques fabricants de Paris.
- Chabot, 43, rue Richer; Radio-Amateurs, 4G, rue St-André-des-Arts; Péricaud, 85, boulevard Voltaire.
- M. Samson, à Tilloy-les-Conty (Somme). — Nous vous remercions de vos intéressantes communications; nous aurons l’occasion d’indiquer les très beau* résultats que vous avez obtenus, lors de, l’étude dee amplificateurs à résonance dans les Chroniques de T, S. F. Nous allons faire connaître à nos lecteurs le système de réglage de condensateurs variables que vous avez également bien vonlu nous soumettre.
- Ecole professionnelle, à Yverdon (Suisse). — Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans la « Boîte aux lettres » les données d’établissement de selfs de liaison par amplificateurs. Nous vous rappelons seulement qu’avec ce montage, il est bon d’employer de faibles capacités de liaison, o,o5/iooo de microfarad par exemple.
- On trouve d’ailleurs maintenant dans le commerce des selfs de liaison avec ou sans fer. Nous avons déjà indiqué les adresses des fabricants : établissements Bonnefont, Radio L. L., etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se' tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. —....... ....
- Cours d’astronomie (seconde partie, astronomie pratique), par H. Andoyer, membre de l'Institut et A. Lambert, 2e édition entièrement refondue, i vol., 3i6 p., io4 fig., io pl. hors texte. Hermann, éditeur, Paris, iç)t3. Prix : 3o francs.
- Ce volume est consacré à l’étude des problèmes les plus importants de l’astronomie pratique dite de position. Il expose d’abord les principes et les méthodes auxquels doit s’initier le calculateur : définition des grandeurs en usage en astronomie, interpolation, emploi des tables, théorie des erreurs. Puis il étudie les instruments d’observation qui forment l’outillage essentiel des observatoires : horloges, chronographes, cercles divisés, lunettes et micromètres, niveaux, instruments méridiens équatoriaux, sidérostats, etc., il indique les recherches essentielles auxquelles ils sont employés et la manière dont ils doivent être utilisés. Il explique comment à l’aide des observations et du calcul on résout le problème fondamental de l’astronomie pratique, à savoir : fixer à un instant donné les coordonnées sphériques d’un astre relatives à un système de référence connu.
- L’ouvrage se termine par l’étude résumée des questions qui se posent en astronomie géographique et nautique, et des petits instruments dont on y fait usage. Les questions d’astrophysique sont réservées pour un 3° volume qui paraîtra ultérieurement.
- Les applications des interférences lumineuses, par Ch. Fabry. i vol. 160 p,, 58 fig. Edition de la Revue d’optique théorique et instrumentale, 140, boulevard Montparnasse, Paris. 1923. Prix broché : 10 francs.
- Nul n’était mieux qualifié, pour traiter cet important sujet, que le savant directeur de l’Institut d’optique. Il a apporté, en effet, par ses nombreux travaux une contribution personnelle des plus importantes au développement et aux progrès de l’interféro-métrie. Le présent traité est un véritable précis de la pratique des méthodes utilisant les interférences : une première partie contient les généralités théoriques et la description des appareils servant pratiquement à produire et à observer les interférences ; la seconde partie étudie les diverses applications des interférences : mesure de petits déplacements ou des petites déformations ; métrologie, détermination du mètre ou longueur d’ondes, vérification des étalons, etc. ; mesure de petits angles ; spectroscopie ; comparaison des longueurs d’onde, mesure de petites variations de longueur d’onde, largeur des raies spectrales, mesure des indices de réfraction.
- Dualité de la matière. Essai sur le mécanisme du Renouvellement des Mondes, par le docteur V. Jarre, x vol. in-12, 3o4 p., 34 fig- Félix Alcan, Paris.Prix : 10 francs.
- L’auteur trace un tableau de la naissance, de la croissance, de l’effritement et de la mort des planètes, ainsi que de tous les phénomènes physiques et humains qui s’y rattachent. L’électricité lui apparaît comme la grande animatrice de cette évolution, dont le devenir perpétuel a quelque chose de tragique, mais aussi de consolant, puisque, selon lui, ce qui meurt ne meurt pas absolument et contribue pour une part à susciter de nouvelles existences.
- Manuel de la coupe des pierres, par M. Mugnier, i vol. in-18, 268 p., 169 fig. J.-B. Baillière, (éditeur, Paris, iga3. Prix : 10 francs.
- On trouvera dans ce volume des éléments de géométrie pratique et descriptive, des renseignements généraux sur les propriétés et le travail des pierres, puis les explications nécessaires pour permettre d’effectuer les principales épures qui se présentent dans l’art de la taille des pierres.
- Leçons d’optique physiologique, professées à l’Institut d’optique, par M. le Dr André Broca, recueillies par M. Arnulf, x vol. autographié, 162 p. 86 fig. Editeur, La Revue d’optique, 140, boulevard du Montparnasse, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- L’auteur étudie d’abord la constitution physiologique et optique de l’œil; il indique les fonctions des divers organes qui le conslituent, il examine les principaux défauts de la vision, puis les moyens de les corriger. Il décrit les méthodes et les instruments qui permettent d’étudier un œil humain, et d’en déterminer les défauts. Il étudie ensuite avec détails le mécanisme des sensations lumineuses, de la perception des couleurs, celle du relief, puis la manière dont l’œil utilise la lumière des sources industrielles.
- Le sorgho, son histoire, ses applications, par André Piédallu, i vol. in-8, 38g p., 68 fig., 16 pl. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris.
- Le sorgho n’a pas encore été l’objet d’une monographie détaillée et précise. Pourtant, cette graminée a une importante valeur économique, puisqu’elle n’est autre que le mil africain et le douro arabe. M. Piédallu raconte son histoire, depuis les Egyptiens et les Assyriens, étudie sa répartition géographique, décrit sa culture, d’après ses expériences personnelles en France, puis il passe en revue — et sa documentation est alors le plus souvent personnelle — les multiples utilisations possibles du sorgho : farine, sucre, sirop, bière et alcool, aliment du bétail, matière colorante, pâte à papier, balai, etc. Il énumère enfin les maladies et les parasites de la plante. Ce livre, admirablement documenté et aussi intéressant pour le cultivateur que le botaniste, révèle que l’Afrique occidentale française pourrait devenir un immense grenier à grains, rien qu’en cultivant le sorgho en assolement avec le coton et les arachides et qu’en France même sa culture pourrait être envisagée, au moins comme fourrage.
- Memories of an African Hunter, par Denis D. Lyell, 1 vol. in-8, 268 p., 3a pl. T. Fisher Unwin, Londres. Prix : relié 21 sh.
- Voici un livre qui plaira à tous les amateurs de chasses. L’auteur, qui a longuement fréquenté la brousse, après être né et avoir vécu dans l’Inde, raconte avec un accent de vérité sa vie et ses chasses en Afrique tropicale et au Nyassa. Il narre ses aventures avec le gros gibier, ses rencontres avec les éléphants, les rhinocéros, les buffles, les hippopotames, les antilopes, les mœurs de chacun, les histoires qu’on lui conta et finit par un chapitre de conseils pratiques pour ce sport : choix des armes, des porteurs, équipement, etc. Le tout forme un récit, alerte, vivant, aussi intéressant comme histoires de chasse qu’au point de vue des mœurs de ces gibiers variés. Des photographies excellentes prouvent ce qu’il fit et ce qu’il vit.
- Les processus de désintégration nerveuse, par le Dr Ivan Bertrand, i vol. in-8, 209 p., 100 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 20 francs.
- Œuvre histologique remarquable où l’auteur, se basant sur ses nombreuses observations personnelles, décrit et figure les multiples processus par lesquels sont attaquées et détruites les cellules et les fibres nerveuses, dans les maladies les plus variées.
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- LA NATURE
- &uppu;nu,m.
- N° 2593
- 15 Décembre 1923
- ‘1&D
- INFORMATIONS
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- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i décembre étant 1 une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 décembre (n° -ôgi), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 599), le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 28 décembre aux abonnés qui nous ont versé directement, cette année, le montant de leur souscription et qui n’ont pas utilisé le chèque postal qui leur a été adressé dans la deuxième quinzaine de novembre.
- Les prix Nobel de 1923. — Le prix Nobel 'pour la Physique est décerné au savant américain R. A. Millikan, directeur du Morman Bridge Laboratory of Pbysics à Pasadena. Le professeur Millikan est connu pour son beau travail sur la mesure de la charge absolue de l’électron, ses études sur l’effet photoélectrique et ses recherches spectroscopiques sur les radiations de l’extrême ultra-violet. Le prix Nobel pour la Chimie a été décerné au professeur E. Pregl (de l’Université de Graz ( Te h éco-Slovaquie), l’un des créateurs de l’analyse ruicrochimique.
- Le continent antarctique devient une possession anglaise. — Au milieu des troubles politiques de 1 heure présente, il vient de s’opérer une annexion discrète qui n’a pas fait grand bruit; c’est celle du Continent antarctique par l’Angleterre. A vrai dire, cette annexion est commencée depuis d’assez longues années ; elle a débuté en 1908 par l’extension des pouvoirs du gouverneur anglais des Iles Falkland, nommé à cette date également gouverneur de la Géorgie du Sud, des îles Orkney du Sud, Shetland du Sud, Sandwich et de la Terre de Graham.
- En 19*7, donc en pleine guerre, le Gouvernement anglais, pour dissiper, dit-il, des doutes qui s’étaient élevés au sujet des limites des territoires précédents, étend sa juridiction à toutes les îles et terres comprises entre les méridiens de longitude 200 et 25° W. au sud du parallèle de rio0, et entre les méridiens de longitude 5o° et 8o° W. au sud de la latitude 58°. Les ordonnances par lesquelles ont été opérées officiellement, des annexions n’ont été publiées, dit le Geograpkical Journal à qui nous empruntons ces détails, que dans la Gazette officielle des Iles Falkland ; publicité évidemment peu bruyante.
- Ces mesures viennent d’être complétées le 3i juillet dernier par l’anwexion, à la Nouvelle-Zélande, des régions voisines de la mer de Ross. L’annexion porte sur toutes les îles et territoires compris entre le 160° degré de longitude Est et le degré de longitude Ouest,
- jusques et y compris le Pôle Sud. Eu fait, l’Angleterre met ainsi la main sur toutes les voies d’accès du Continent antarctique et sur la plupart des territoires qui y ont été reconnus.
- Sans doute, les raisons de ces annexions sont-elles avant tout sentimentales : ce sont des explorateurs anglais qui ont le plus contribué à la découverte et à la reconnaissance de ces régions lointaines : Ross, Scott, Shackleton sout anglais. Mais il y a aussi des raisons pratiques : les abords du Continent antarctique sont de très riches régions de pêche baleines, phoques, notam-ment, y abondent et y sont chassés par des pêcheurs de diverses nationalités, sur qui l’Angleterre exerce aujourd’hui son contrôle.
- Les produits lumineux la nuit. — Ces produits, employés notamment pour faire des cadrans lumineux, sont constitues par une substance phosphorescente, maintenue excitée au moyen d’une trace de sel de radium. On sait, en effet,, que les produits phosphorescents, excités par la lumière, ne restent lumineux que pendant un temps assez court, en général quelques minutes, exceptionnellement quelques heures. La présence du sel de radium entretient la luminosité pendant une durée pratiquement illimitée.
- La substance phosphorescente généralement employée est le sulfure de zinc, additionné de bromure de radium hydraté, à raison de 0,4 milligramme par gramme du
- produit final. Ces composés lumineux ont été étudiés par la Section de Radiologie du National Physical Laboratory de Londres. Nous extrayons de son rapport annuel les renseignements qui suivent :
- Dans les échantillons examinés par cet organisme, et qui étaient d’excellente qualité, le mélange du sulfure de zinc avec le sel de radium avait été effectué par voie sèche; on n’avait pas employé d’acide chlorhydrique pour faciliter la solution du sel de radium, de crainte de décomposer le sulfure.
- La quantité nécessaire de solution radifère est pesée avec soin sur un petit verre de montre, et l’on y ajoute ensuite le poids voulu de sulfure de zinc. L'eau est ensuite chassée par évaporation dans un four chauffé à la vapeur; quand la masse commence à se dessécher, on la brise de temps à autre avec une spatule, pour éviter la formation de blocs durs. Puis on broie avec soin dans un mortier, de façon à obtenir un mélange intime, et on enferme le produit dans un tube de verre scellé. C’est avec ces poudres qu on prépare les pâtes lumineuses employées par les horlogers.
- Le Laboratoire anglais étudie également les meilleures méthodes à employer pour fixer la peinture lumineuse sur les cadrans, mais il ne donne encore aucun détail sur les résultats de cette partie de ses travaux.
- Nouveau procédé de créosotage du bois. — Le Laboratoire des produits forestiers du Canada vient de mettre au point un nouveau procédé de créosotage du bois qui vient d’être appliqué aux traverses de chemins de fer, sur les lignes du « Canadian Pacific ».
- Ce procédé consiste à pratiquer, dans le sens des fibres du bois, au moyen d’une machine spéciale, une série d’incisions écartant les fibres sans les couper (le nombre des incisions variant avec l’essence employée), après quoi on pratique le créosotage par les procédés ordinaires, et les incisions se referment d’elles-mêmes au séchage, après avoir assuré la parfaite imprégnation du bois.
- On peut, par ce nouveau procédé, accroître sensiblement le rendement de l’opération, dont la durée se trouve réduite, et certaines essences, jusqu’alors négligées, sont rendues utilisables par l’application dudit procédé.
- L’exploitation du tungstène au Portugal. — Sur
- divers points du Portugal, notamment au nord du Tage, se trouvent des gîtes assez nombreux de wolfram (tungs-tate de fer). Les filons excèdent rarement o m. 70, ne dépassent pas 1 m. et descendent parfois à o m. 10.
- Les filons de faible épaisseur sont les plus riches et la quantité contenue dans un gisement est à peine de quelques millimètres.
- En 1913 on comptait 17 mines en exploitation, produisant 753 tonnes. L’exploitation totale s’élevait à io5o tonnes.
- Actuellement il existe au Portugal 139 concessions de wolfram, se répartissant ainsi, par districts : Villa Réal 57, Guardia 27, Castello Branco 17, Vizeio 19, Bragança, 8, Avevio 3.
- L’extraction totale serait de plus de 2200 tonnes par an.
- Les principales mines de tungstène sont celles de Penasqueira et Cabeça de Peâo (Govilha), Borralha (Montalegie), Monoitas (Guardia), ïffanes (Bragança), Bejança (Vizeio), Matta da Reinha (Castillo Branco).
- Le contrôle sanitaire des œufs à Paris. — Bien que le nombre des compteurs-mireurs préposés à l’inspection des œufs apportés sur le marché de Paris soit insuffisant, le contrôle sanitaire qui fonctionne depuis la fin de l’année 1919 donne d’appréciables résultats, ainsi qu’il résulte des chiffr-es suivants établis par M H. Martel, directeur du Service de l’Inspection vétérinaire sanitaire de la Ville de Paris et du Département de la Seine.
- Durant le quatrième trimestre de 1919, sur 14962 colis d’œufs vendus aux Halles centrales, 11249, soit 75,45 pour 100, furent contrôlés.
- En 1920, on contrôla 107 443 colis d’œufs sur 297 4a5 vendus. En 1921, 108 a83 colis sur 255 459 vendus. Durant les neuf premiers mois de 1912, on contrôla 88 310 colis sur aa5 3i5 vendus.
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- INFORMATIONS
- Ce contrôle a permis de rejeter d’appréciables quantités d’œufs, considérés comme absolument impropres à la consommation, ainsi qu’il résulte des chiffres ci-dessous.
- Œufs insa- Œufs de
- Années. labres. rebut.
- I92°- ................
- 1921 ......................
- 1922 (les 9 premiers mois).
- 2.529.375 3.533.6.8 2.324.616
- 3.3o2.497 4.094.942 2.740.475
- En outre, on a retiré de la consommation, par application de l’Ordonnance de Police du 22 septembre 19.9, sans qu’ils aient été contrôlés : 188 216 œufs en 1920 et 356 852 œufs en 1921.
- Les œufs insalubres, envoyés à l’équarrissage ou à la chamoiserie, et les œufs dépréciés, utilisés sous conditions, figurent dans de fortes proportions, soit de o à 80 pour 100, suivant l’origine des colis, le temps écoulé depuis la ponte, les conditions d’emballage et de conservation.
- Le Service des compteurs-mireurs ne répond pas aux exigences d’un contrôle total. Avant la guerre on comptait une centaine de compteurs-mireurs; il n’y en a plus qu’une soixantaine aujourd’hui. Henri Blin.
- Pourquoi la soudure à la résine est-elle indispensable dans les appareils de T. S. F. — Nous avons déjà fait remarquer souvent qu’il était nécessaire d’employer le décapage à la résine dans les soudures de T. S. F., et plusieurs lecteurs nous en ont demandé la raison.
- Il faut d’abord remarquer que les courants de T. S. F. étant extrêmement faibles, il est nécessaire d’avoir toujours des connexions assurant un contact parfait, et toute résistance doit être soigneusement évitée; or, si on prend un décapant autre que la résine, il est bien difficile d’avoir un produit absolument neutre et, au bout de quelque temps, ce produit arrive à corroder le métal et ainsi à apporter au passage des courants des résistances nuisibles. Cet inconvénient est encore plus marqué pour la soudure de fil très fin, par exemple des fils d’inductance, de transformateurs à haute fréquence, etc.... Dans ce cas, si l’on n’emploie pas la soudure à la résine, il peut arriver que le transformateur ou la self se trouvent coupés au bout d’un certain temps, lorsque par hasard on a été obligé de souder une partie de l’enroulement, par suite de la rupture du fil du bobinage, ou simplement de souder les extrémités servant aux connexions.
- Nouvelles de T. S. T.
- Les essais transatlantiques de 1923. — Les essais transatlantiques porteront principalement cette année sur les émissions européennes. Ces essais de transmission auront lieu cet hiver en Europe, du 22 décembre au 10 janvier. Ils seront immédiatement suivis, à partir du 11 janvier, d’essais facultatifs privés et individuels de communication bilatérale, si les transmissions européennes sont convenablement reçues en Amérique.
- Les amateurs français transmettent les 22, 24, 26, 28, 3o décembre et les 1, 3, 5, 7 et 9 janvier, de 1 heure à 6 heures (Greenwich).
- Les amateurs britanniques transmettent les 23, 25, 27, 29, 3i décembre et les 2, 4» 6, 8 et 10 janvier aux mêmes heures.
- Les longueurs d’onde françaises seront obligatoirement comprises entre 180 m. et 200 m. La puissance employée ne pourra être (sauf autorisation spéciale à demander par les intéressés à l'Administration des P. T. T.) que celle officiellement autorisée pour chaque poste. Les amateurs qui voudraient transmettre sans autorisation avec une puissance supérieure ne pourraient le faire qu’à leurs risques et périls.
- Tous les amateurs titulaires d’une autorisation de transmission sont instamment priés de prendre part aux essais, si faible que soit la puissance dont ils disposent. Sur leur demande (adressée le plus tôt possible et, en tout cas, avant le 5 décembre dernier délai, à M. le Président du Comité français des Essais transatlantiques, 97, rue Royale, Versailles) ils recevront en temps utile une série de mots Je code, différents pour chacun des jours des essais, et dont la transmission sera indispensable pour permettre l’identification de leur émission.
- Us devront, en adressant leur demande, faire connaître
- leur nom et leur adresse, leur indicatif, l’emplacement de leur poste, leur longueur d’onde et la puissance utilisée à 1 alimentation.
- Pour assurer le maximum de chances de réception et d’identification, les transmissions se feront de la façon suivante :
- ARRL (répété trois fois) de... (indicatif de la station émettrice répété trois fois) ; deux signaux de séparation; le mot de code répété trois fois, en intercalant un signal de séparation ; enfin deux signaux de séparation, puis de nouveaux appels ARRL, etc.
- Exemple : ARRL ARRL ARRL de 8 ZZ 8ZZ 8ZZ = = TARI K = TAR1K = TARIF = = ARRL ARRL ARRL de 8ZZ, etc.
- Il est recommandé de transmettre le plus longtemps et le plus continuellement possible pendant les heures fixées pour les essais, afin de profiter de toutes les chances possibles de réception : de manipuler lentement et très distinctement, en formant et en séparant bien les lettres ; et de .-e rapprocher le plus possible de la longueur d’onde de 200 m. sur laquelle se concentrera l’écoute des amateurs américains.
- Faute de l’observation de précautions semblables, un grand nombre d’émissions américaines n’ont pu être identifiées au cours des derniers essais, bien qu’elles aient été parfaitement entendues.
- Il est très peu probable, même en se rapprochant le plus possible de 200 m., que plusieurs émissions soient faites toujours exactement sur la même longueur d’onde et aux mêmes moments au cours des périodes de cinq heures par nuit affectées aux essais. Les amateurs qui ne transmettront pas pourront cependant contribuer au succès des essais en écoutant les transmissions et en signalant aux intéressés (dont les adresses ont été publiées par les revues de T. S. F.) les émissions qui auraient besoin d’un léger changement dejlongueur d’onde pour ne pas se superposer trop exactement à d’autres.
- Les résultats de l’écoute américaine seront probablement transmis tous les trois jours à 20 heures ou à 21 heures (Greenwich) par la station de New Brunswick WII, à partir du 26 décembre. Ils seront sans doute répétés aussitôt par la station européenne correspondante de New Brunswick. Les renseignements définitifs à ce sujet seront communiqués ultérieurement. Une station d’amateur dont l’émission aura été entendue plusieurs fois en Amérique au. cours de chaque période de trois jours ne sera citée, à chaque transmission, qu’une seule fois, mais un compte rendu général sera envoyé vers le i5 janvier par la American Radio Relay League et fera connaître combien de fois chaque station aura été entendue.
- Transmissions supplémentaires. — Les amateurs britanniques ont exprimé le désir de pouvoir transmettre également pendant les deux premières heures des nuits attribuées aux amateurs français. Le Comité français n’a vu aucun inconvénient à accéder à leur demande.
- Les amateurs français auront réciproquement la faculté de transmettre de 1 heure à 3 heures (Greenwich) pendant les nuits affectées aux amateurs britanniques; ils emploieront alors le ’même mot que pendant la nuit française précédente. 11 sera ainsi possible aux stations françaises et britanniques qui le jugeront utile de transmettre au cours de vingt nuits consécutives. (Communiqué par le Dr Corret.)
- Les émissions du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. — Le nombre des émissions du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T. a beaucoup augmenté et les transmissions sont devenues presque quotidiennes.
- Ne se contentant pas d’améliorer la modulation, le directeur de la station a également veillé de la façon la plus heureuse à l’amélioration des programmes.
- Ceux-ci conservent toujours la plus haute tenue littéraire, scientifique ou musicale, ou sont consacrés à l’étude de problèmes pratiques ou économiques.
- Pour la première fois, un programme entier a été constitué par la transmission d un numéra d’une revue littéraire, la première revue transmise par T. S. F. Toutes les semaines un numéro de cette revue sera transmis de la même manière.
- Les amateurs français peuvent réellement être reconnaissants aux dirigeants de cette station des efforts entrepris pour accroître aiusi la diffusion de la T. S. F.
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- Nouveaux amplificateurs à résistances. — Nous avons déjà expliqué à quelles conditions un amplificateur
- M. Barthélemy et nous en donnons ci-joint la photographie. Cet appareil dénommé « Radio-secteur » est à 4 lampes, 2 à haute fréquence et 2 à basse fréquence. Les deux étages à haute fréquence sont à résonance, et la gamme de réception s’étend de 200 à 4000 m. Nous
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- Fig. 1. — Schéma d’un amplificateur à résistances à 4 lampes,
- à résistances pouvait servir à la réception des ondes courtes et indiqué, d’après les données de M. Brillouin, qu’il convenait d’écarter les lampes le plus possible, d’avoir des connexions présentant très peu de capacité et également une self spéciale d’accrochage. Sur ce principe, la maison Grammont vient d’étudier un nouveau mode de construction d’amplificateurs très intéressant. Les résistances, les condensateurs et les douilles sont montés sur un panneau en bakélite, tous sur le même plan; les connexions sont donc faites au moyen de lames métalliques et serrées au moyen d’œillets.
- Le montage est le même que celui d’un amplificateur à résistances ordinaire avec les quelques particularités que nous avons indiquées et sur lesquelles nous reviendrons d’ailleurs prochainement.
- Nous donnons par exemple le schéma d’un amplificateur à résistances à 4 lampes. Grâce à sa construction en série et à la simplicité de réalisation des connexions, cet appareil peut être réalisé à un prix modique.
- Constructeur : Maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, à Paris.
- Amplificateur alimenté directement par le courant alternatif. — Beaucoup d’amateurs désirent éviter
- Fig. 2. — Le « Radio-Secteur »,
- l’emploi des accumulateurs et des piles pour l’alimentation de leurs amplificateurs et nous aurons l’occasion dans nos chroniques d’étudier les données de ce problème.
- Un nouvel amplificateur vient d’être construit par
- aurons d’ailleurs l’occasion de revenir en détail sur son montage.
- Entre l’amplificateur et la prise du courant du secteur est intercalée une boîte spéciale. Cette boîte sert à rectifier le courant du secteur avant son passage dans les lampes et également à le ramener au voltage voulu.
- Si le courant du secteur est continu, on peut employer des lampes ordinaires; si, au contraire, il est alternatif, on doit employer les lampes spéciales à filament renforcé qui ont d'ailleurs l’avantage de permettre un plus long service. De plus, la boîte de transformation contient alors deux petites soupapes électrolytiques réglables, destinées à redresser le courant du secteur. L’entretien de la boîte consiste simplement dans le remplacement des tiges d’aluminium des soupapes et du liquide qu’elles contiennent. Cet appareil permet à peu près la même amplification qu’un amplificateur à 4 lampes alimenté par accumulateurs et piles et pourra séduire les débutants qu’effraye l’entretien de ces générateurs d’électricité.
- Le constructeur de cet appareil est la Maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, à Paris.
- Photographie
- Le stéréo-classeur Leroy (système E. Guérin et de Lens). — La photographie stéréoscopique jouit auprès du public d’une faveur toujours croissante ; c’est qu’en effet, aucune épreuve sur papier, si parfaite soit-elle, ne procure l’impression de vie saisissante que l’on éprouve lorsque l’on examine au stéréoscope une diapositive ; revoir, pendant les soirées d’hiver, avec tout leur relief et toute leur luminosité les sites que l’on a admirés au cours de l’été, c’est faire revivre en une minute, avec toute leur intensité, les joies multiples du voyage.
- La chose, toutefois, serait vite fastidieuse s’il fallait utiliser pour
- cela le stéréoscope à main et s’astreindre à y glisser les vues l’une après l’autre. Aussi a-t-on imaginé des appareils extrêmement ingénieux permettant, par la manœuvre d’une (simple manette, de faire apparaître successivement, à la hauteur, des oculaires, les diapo-
- Fig. 3.
- Stéréo-classeur. Leroy fiX i3.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Fig. 4.
- Socle stéréo-classeur.
- sitives préalablement classées dans une boîte à rainures, où elles se rangent ensuite d'elles-mêmes, toujours dans le même ordre. La boîte à rainures peut d’ailleurs être remplacée par une autre, ce qui permet d’examiner sans aucune difficulté un nombre illimité de vues.
- Le stéréo-classeur Leroy est le complément indispensable de toute jumelle stéréoscopique ; il est construit
- avec le même soin minutieux que le stéréopa-noramique et le stéréocycle, bien connus de tous les amateurs de photographie.
- La figure 3 fait ressortir tout de suite l’une des caractéristiques les plus intéressantes de cet appareil, à savoir un faible volume; tout le mécanisme, extrêmement
- compactet robuste, estdisposé latéralement et les plaques, au lieu d’être élevées par des tiges qui les soulèvent par leur tranche inférieure, sont saisies par les côtés au moyen de pinces qui les élèvent à hauteur des oculaires, tout comme on le ferait avec les doigts. On a supprimé ainsi tout l’espace qui est nécessaire habituellement pour permettre aux tiges de s’effacer lorsque la plaque redescend dans sa rainure, et réalisé un appareil qui, pour le format 6 X 13, ne dépasse 0,20 m. en aucune de ses dimensions.
- Cette réduction de volume est des plus intéressantes, car l’appareil est normalement disposé sur un socle dont la capacité peut ainsi être entièrement utilisée pour loger les diapositives et qui peut contenir six paniers-classeurs (fig. 4 et 5).
- Pour regarder la collection, il suffit de prendre dans le socle un panier-classeur garni de vues et de l’introduire dans l’appareil par la petite porte placée sur le devant. En soulevant alors la manette située sur le côté droit on amène la première vue devant les oculaires; pour la faire redescendre dans sa rainure, on abaisse la manette à fond de course, ce qui a pour effet, en outre, de faire avancer d’un cran le chariot sur lequel repose le
- panier-classeur, de sorte que c’est ensuite lavuen4 2 qui est saisie par les pinces latérales et amenée en position d’observation.
- Par le simple mouvement de la manette, on examine ainsi les 20 diapositives quecontient le panier ; un index situé sur le côté gauche indique à chaque instant le numéro de la vue que l’on observe et permet aussi, lorsqu’on le déplace à la main, de choisir à son gré la vue désirée.
- , L’optique, de tout premier choix, est à foyer assez court pour donner la perspective exacte sans exagération du relief; un volet se ferme automatiquement dès que la plaque redescend, de manière à éviter que les yeux ne soient éblouis entre deux observations ; quant à l’éclairement il est assuré d’une manière très uniforme au moyen de deux verres dépolis et d’un réflecteur, quelle que soit la position de la source lumineuse.
- Il faut encore signaler, dans cet intéressant appareil, les dispositions toutes nouvelles adoptées pour la mise au point et pour l’écartement variable des oculaires; ces commandes sont à la fois rapides et irréversibles, en même temps que tout à fait aisées à manoeuvrer.
- Enfin, l’appareil a été tout spécialement étudié pour
- Fig. 5.— Le stéréo-classeur sur son socle.
- permettre de l’utiliser à la projection. A cet effet, les œillères sont montées à baïonnette et l’on remplace l’une d’elles par un bon objectif à. projection, tandis que l’on glisse dans la rainure du verre dépoli vertical une petite lanterne spéciale qui peut être branchée sur n’importe quelle prise de courant. Cela permet à une famille entière de revoir en même temps les souvenirs communs avec la plus grande simplicité.
- Ajoutons que la réduction de volume de cet appareil a permis à la maison Leroy d’en établir un modèle
- Fig. (>. -— Equipement pour la projection.
- entièrement métallique qui sera particulièrement apprécié des amateurs coloniaux.
- Le stéréo-classeur Leroy est en vente à la maison Leroy, 109, rue du Bac, Paris.
- *»> Objets utiles ^
- Monture pour timbre en caoutchouc. — La forme des timbres en caoutchouc n’a pas changé depuis qu’ils existent, et cependant elle n’est pas rationnelle. La monture plate, en zinc, oblige à appuyer fortement, ce qui écrase à la longue les caractères ; si la plaque se
- Monture « Universelle » pour timbre en caoutchouc.
- fausse, l’impression devient défectueuse. M. Quiquem-pois, de Lille, a eu l’idée de remédier à ces défauts en donnant à la monture la forme d'un tampon buvard; la plaque de caoutchouc est collée sur la partie convexe; on imprime en appuyant sur la monture et la faisant basculer comme lorsqu’on sèche l’encre avec le buvard. L’inscription se fait très régulièrement, et l’avantage est considérable, surtout pour les cachets de grandes dimensions.
- La monture « Universelle » est en vente chez M J. Wald, is, rue Fontaine-au-Roi, Paris, 11*.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignemenls qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,â Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en x-aison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, U ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. C. Wagner, à Mutzig (Bas-Rhin). — Le produit nicotine employé comme insecticide est le jus de tabac des manufactures provenant de la macération des feuilles, vous pouvez obtenir une solution analogue en arrosant d’eau bouillante des feuilles de tabac, mais nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire d’effectuer cette manipulation, car si les manufactures d’Alsace n ont pas une production de jus nicotinés suffisante pour les besoins de l’agriculture, les autres manufactures disposent d’excédents que vous pourrez vous procurer chez tous les marchands de produits chimiques, par exemple chez Pelliot, 24, place des Vosges, qui livre actuellement au prix de 10 francs le kilog le type jus nicotiné à 100 gr. par litre.
- Cercle des Officiers, à Saint-Maixent. — L’absorption de l’eau par les articles filés ou tissés n’est pas en réalité une humidification des fibres, celles-ci ayant déjà pris au contact de l’air leur maximum de saturation qui correspond à un équilibre défini, mais bien un phénomène de capillarité. Pour que ce phénomène se produise, la condition essentielle à réaliser est que la fibre soit mouillée par le liquide. Or le plus souvent les fibres sont recouvertes d’une matière grasse ne permettant pas qu’il en soit ainsi. Si on veut qu’un filé ou un tissu soit susceptible de jouer un rôle absorbant, il convient donc de le dégraisser préalablement par ébullition dans un bain à 5 pour 100 de carbonate de soude et de le rincer ensuite soigneusement. Le meilleur résultat sera donné par le coton; quant à la laine, son pouvoir absorbant en présence de l’eau sera toujours moindre à cause de la contexture kératinisée de sa cuticule.
- M. Ckavanon, à Sail-sur-Couzan (Loire). — Etant donné une bouteille parfaitemént bouchée contenant de Veau saturée déacide carbonique à une pression P et température t, la pression à l’intérieur de cette même bouteille pour une température V peut se déterminer ainsi :
- Si l’on considère une même masse gazeuse enfermée dans un récipient de volume invariable, contenant toujours la même quantité de liquide V, l’espace occupé par l’atmosphère gazeuse sera également invariable et égal par exemple à V'
- Le coefficient de solubilité d’un gaz pour une température donnée étant le rapport du volume de gaz dissous v au volume du solvant V, on aura pour valeur de ce coefficient
- v
- :v
- : cV.
- Dans le premier cas d’une température t avec un coefficient de solubilité c déterminé expérimentalement et que 1 on trouve dans les tables de constantes physiques, le volume total de la masse gazeuse sera égal au volume de l’atmosphère gazeuse V' augmenté du volume de gaz dissous v= cY, soit Y'-|-cY sous la pression P.
- Dans le second cas d’une température t', le volume total de la masse gazeuse pour un nouveau coefficient de solubilité c' sera V' + c'V sous la pression cherchée x.
- Or ces volumes se rapportent à une même masse gazeuse; d’après la loi de Mariotte on a
- (V' + cV)P = r(Y' + c’Y).r.
- d’où (V' 4- cV) P
- *'“ V' + c'Y
- Pour l’acide carbonique et l’eau les coefficients de
- solubilité aux vants : différentes températures sont les sui-
- 0° . . . 1-7977 12°. . . 1.1018
- 3° . . . 1.5687 15° . . . 1.0020
- 5° . . . 1-4497 180.' . . 0.9318
- 8° . . . 1.2809 20°. . . . 0.9014
- .10° . . . t.1847
- M. Berthier, à Yillefranche (Rhône). - — Dans le cas
- les phénols ne peuvent être employés comme antioxygènes, car ils pourraient ne pas être sans inconvénients pour la consommation ; par contre l’acide sulfureux,
- réducteur puissant, répondrait à ce desideratum, bien entendu il faudrait l’employer à faible dose ; quelques essais de combustion de mèche soufrée vous fixeront facilement sur l’efficacité du procédé en vue de la réalisation que vous poursuivez.
- B. J. S., à Belfort. — Le mastic de fontainier est tout indiqué pour boucher les fissures de vos conduites en terre émaillée, la composition de ce mastic est la suivante :
- Brique pilée tamisée. . . . 900 gr.
- Litharge.................... 100 —
- Mélanger et délayer avec de l'huile de lin en quantité suffisante pour obtenir une pâte serai fluide, faire la réparation sur parties sèches en ayant soin préalablement de vider la conduite.
- M. Bateau, à Artemare (Ain). — Vous trouverez les éléments de construction à’appareils à soudage électrique dans les articles suivants que nous avons publiés : Soudure électrique par résistance, n° 2480, du i5 octobre 1921, page 240. Soudure électrique à l’arc, n° 253o, du 3o septembre 1922, page 2i5; quant au calcul théorique il ne peut être que d’une utilité très relative à cause des pertes par rayonnement qui ne peuvent être déterminées d’avance, l'expérimentation permettant seule de s’en rendre compte. Le mieux à notre avis pour éviter des mécomptes serait de vous adresser à des maisons déjà spécialisées dans cette construction et qui livrent couramment ces appareils, par exemple : Société des Industries thermiques, 1, rue Félix-Faure, qui sur demande fait étude et indique le dispositif le mieux approprié au but poursuivi. Ledoux, 64, avenue de la République. Languepin, 40, boulevard Blanqui. Weil-Gattegno, 38, quai Jemmapes. Stilling, 88, rue delà Folie-Méricourt. Pahl, 11, rue Bernouilli. Bertel et Marcelot 44> rue Saint-Maur. Connoly, 5a, rue de Villiers, à Levallois. Chouanard, Forges de Yul-cain, 3, rue Saint-Denis.
- M. Scheidegger, à Londres. — i* Dans les conditions que vous indiquez, la combustion de 10 à 12 cm de ruban de magnésium, large de 2 mm 5, doit vous donner un éclairage suffisant. 20 Pour déterminer la distance focale de votre objectif appliquer cette observation que sil’on place un objet éclairé à une distance d’une lentille égale à deux fois la distance focale, l’image se forme de l’autre côté à la même distance 2f avec des dimensions égales à celles de l'objet. Le dispositif est des plus simples : prendre deux morceaux de carton, sur l’un découper une ouverture circulaire, puis fermer celle-ci en collant du papier à calquer. Tracer alors sur l’autre carton, que l’on conserve opaque, une circonférence de même diamètre que l’ouverture découpée dans le premier carton.
- Disposer verticalement les deux cartons et placer entre eux le système optique dont on veut connaître la distance focale, éclairer au moyen d’une lampe l’ouverture fermée par du papier à calquer, puis, laissant l’objectif fixe, déplacer chacun des cartons alternativement de'manière que par tâtonnements successifs l’image formée sur le carton Opaque coïncide exactement avec le cercle tracé. Mesurer à ce moment la distance entre les cartons, la distance f.icale sera le quart de la longueur trouvée.
- M. L. Quest, à Igny (Seine-et-Oise). — 1" D’après les travaux de Fremy, la matière colorante des feuilles est constituée par un mélange d’une substance jaune : la phyl-loxanthine et d’une substance bleue : la phyllocyanine. Les feuilles jaunies en automne ne renferment plus que de la phylloxanthine, on s’explique ainsi les changements de teinte en cette saison, la phylloxanthine beaucoup plus stable reste seule tandis que la phyllocyanine s’oxyde et se décompose, il ne faut donc pas espérer la conserver et si l’on trouve dans le commerce des feuillages aux vives couleurs, ils les doivent à une coloration artificielle au moyen des colorants dérivés de la houille. 20 Les feuilles des arbres et arbustes se classent en deux catégories, les unes sont persistantes et ne tombent pas à l’automne, les autres sont caduques ; on ne doit par conséquent, en vue d’une conservation, s’adresser qu’aux plantes à feuilles persistantes et d’autre part effectuer la récolte assez longtemps avant la saison critique, moment où les pétioles présentent toujours une adhérence moindre sur la tige.
- M. R. Dervillé, à Compiègne. — i° Dans les conditn ns que vous ipdicpez, le châtaignier fepdq mais pon M’ié
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- nous paraît devoir convenir pour la quille-, quant au bor-dage, employez le pitchpin. 2° Les procédés employés dans l'industrie du bois courbé sont les suivants : Courbure au feu, appliquée dans la tonnellerie et les constructions navales. Les bois sont placés au-dessus d’un feu clair quand ils sont d’une certaine épaisseur ou chauffés à la flamme d’une torche de paille ou de copeau dont on les approche pour les assouplir au moment où on les fixe. Courbure à l’eau bouillante : elle] consiste à placer les bois dans des cuves, où, supportés par des tasseaux, ils sont mis en contact avec de l’eau chaude qui les amollit assez pour leur permettre de céder sous la pression des pointes, des vis ou des clous au moyen desquels on les fixe. Ce procédé rend le bois assez souple, mais il lui fait perdre une partie de sa matière constitutive, lui enlève de la dureté et l’expose à une contraction forcée qui le rend de moindre durée, c’est pourquoi on lui substitue aujourd’hui l’action de la vapeur, en caisses fermées, qui est moins dissolvante. Au sortir de ces caisses, le bois est courbé à l’aide de moules dans lesquels on l’applique encore tout humide en le forçant au moyen de presses à vis ou de presses hydrauliques, sous lesquelles on le tient serré jusqu’à ce qu’il ait acquis après le séchage la courbure voulue. 3* Yous trouverez tous renseignements dans l’ouvrage Serrurerie et fer forgé delà Bibliothèque professionnelle de Baillière, 1 g, rue Hautefeuille.
- M. Averoin, à Argentan (Indre). — 1° Le tétrachlorure de carbone bien employé donne effectivement de très bons résultats pour la destruction des mites. 20 Votre idée est excellente et le chlorure de calcium desséché nous paraît devoir convenir pour dessécher l’intérieur du piano, mais il faut prendre toutes précautions pour que le produit déliquescent résultant ne se répande pas sur le bois ou les parties métalliques de l’instrument. Un bon moyen pour éviter cet accident nous semble devoir être de placer le chlorure de calcium dans des flacons bourrés d’ouate, celle-ci étant destinée à jouer le rôle d’absorbant.
- T. S. P. — M. J. U., à Clermont-Ferrand. — La fabrication des inductances à noyau de fer pour liaison d’étages à haute fréquence est a„ssez délicate. Depuis peu il est possible de se procurer ces pièces dans le commerce; voici l’adresse du constructeur :
- Etablissements Radio L. L., 6(1, rue de l’Université, Paris.
- M. O. L. R., à La Rochelle (Charente-Inférieure). — Votre antenne avec 3 ou 4 brins de 25 m. de longueur, écartés de 1 m. environ, peut parfaitement convenir.
- Des condensateurs variables de 1/1000 de microfarad peuvent être employés dans votre montage d’accord en Tesla. Il serait préférable, à notre avis, de le réaliser avec des bobines duolatérales ou en nid d’abeilles. En tous cas, il est bon, pour avoir un bon rendement, de rechercher avant tout la simplicité et d’éviter d’employer un trop grand nombre de coupures, plots, manettes et commutateurs.
- Si cependant vous tenez à réaliser un dispositif Tesla à deux bobines cylindriques concentriques, vous trouverez des détails sur cette construction dans la T. S. F. des Amateurs de Duroquier. La quantité de fil nécessaire pour un enroulement à deux couches est environ les 3/4 de celle nécessaire pour une bobine à une couche de même coefficient de self-induction.
- M. Lepas, à Paris. — i° Pour l’écoute sur cadre à Paris des radio-concerts anglais, vous pouvez employer un cadre de 1 m. 5oX 2 m. portant 7 spires en spirale plate écartées de 3 cm. Le bobinage, nous l’avons déjà indiqué plusieurs fois, doit être effectué avec du câble à brins isolés ou du fil 6/10 mm isolé coton ou soie, doublé ou triplé. Comme amplificateur, vous pouvez employer un appareil comportant 2 ou 3 étages H. F. à selfs de liaison avec noyaux de fer, ou à transformateurs, une détectrice et 2 étages B. F. à transformateurs.
- Un dispositif superhétérodyne donne aussi d’excellents résultats.
- Pour la récèption à l’écouteur seulement, vous pourriez utiliser une lampe B. F. de moins ; soit 4 ou 5 lampes au total.
- 20 Vous ne nous donnez pas de détails sur l’orientation et l’emplacement exact de votre antenne (nature du toit; hauteur au-dessus des obstacles environnants, etc.), nous croyons cependant qu’il vous serait possible
- d’obtenir des résultats suffisants. Pour l’antenne proprement dite, vous pouvez employer du câble ou du fil de bronze de 12 à 20/ro ram. Pour la descente d’antenne, utilisez un câble fortement isolé. L’emploi de cette antenne vous permettra sans doute de recevoir en haut-parleur avec 4 étages seulement 2 H F. (dont un. détecteur) et 2 B. F., et à l’écouteur avec 2 ou 3 étages.
- Les mêmes amplificateurs peuvent être employés avec antenne (système d’accord à galettes, de préférence interchangeables). Les étages H. F. à résonance, bien que d’un réglage plus difficile, sont cependant d’un bon rendement aussi.
- Etant données les difficultés relatives d’installation que vous semblez indiquer pour la réalisation de votre antenne, il est probable que le cadre vous permettra une réception plus sûre, sinon peut-être plus puissante.
- M. Moreau, à Issoudun (Indre). — Nous vous remercions des compléments apportés à votre intéressante communication et ferons connaître à nos lecteurs les nouveaux détails que vous indiquez relativement à votre haut-parleur violon.
- M. B., à ïïayonge. — Il est toujours extrêmement difficile d’utiliser 3 étages B. F. à transformateurs à la suite d’étages H. F. La meilleure solution dans ce cas paraît être d’utiliser un amplificateur comportant des étages H. F. et un seul étage à B. F.; puis d’employer à la suite avec batteries séparées un autre amplificateur comportant seulement 2 étages à B. F.
- Si l’on tient cependant à utiliser les mêmes batteries pour tous les étages H. F. et B. F., il est nécessaire de prendre certaines précautions dont voici les principales.
- 1° Employer des lampes à vide assez poussé, genre « Radiotechnique », et d’ailleurs essayer les lampes qui conviennent le mieux pour les étages B. F.
- 20 Utiliser des batteries de plaque de faible résistance intérieure.
- 3° Shunter assez fortement les enroulements des transformateurs au moyen de capacités de 4/ïooo à 6/1000 de microfarad.
- 4° Inverser la connexion des enroulements des transformateurs et placer à angle droit leurs armatures magnétiques, réunies au pôle positif de la batterie de tension.
- Il existe encore d'autres « tours de main » que nous étudierons sans doute prochainement dans les « Chroniques de T. S. F. ».
- M. Duflos, à Douai. — i° Avec les amplificateurs de puissance, employés, soit après des étages H. F. seuls, soit à la suite d’un amplificateur comprenant déjà des étages H. F. et B. F., on utilise des batteries de chauffage et de plaques séparées. On peut quelquefois cependant conserver une batterie de chauffage commune, mais ce procédé n’est pas à recommander. Ces amplificateurs fournissent des résultats supérieurs comme puissance et netteté à des étages B. F. montés de la manière ordinaire.
- 2° Vous pourrez trouver dans le Poste de VAmateur de T. S. F. des renseignements sur les principes et la construction des amplificateurs de puissance.
- 3° Les lampes à cornes peuvent servir comme les lampes ordinaires à la réception des ondes moyennes.
- 4° Il n’y a pas d’intérêt à mettre à la terre le toit en zinc de votre maison. Vous pourriez, à titre d’expérience, essayer de l’utiliser comme contrepoids électrique, en n’utilisant plus de prise de terre bien entendu.
- 5° A nombre d’étages égal, les amplificateurs B. F. à résistances sont toujours d’un moins bon rendement que les amplificateurs B. F. à transformateurs. Ils présentent surtout l’avantage de réduire les déformations au minimum et d’être silencieux. On les emploie le plus souvent comme amplificateurs de puissance et, dans ce cas, leur mise au point est assez délicate.
- M. Combes, à Cannes (Alpes-Maritimes). —Pour modifier Y amplificateur à résistances que vous indiquez, le constructeur emploie un montage à selfs un peu particulier. Nous croyons que ce montage donne de bons résultats.
- Le dispositif superhétérodyne est un peu plus complexe, mais donnerait des réceptions plus puissantes. Pour vous procurer un appareil permettant l’adaptation de votre amplificateur actuel, vous pouvez vous adresser au constructeur : Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- ÉLEVAGE ET RÉGIME D'INSECTIVORES
- Ce n’est ni dans une cage, ni à l’état libre, que l’on peut le mieux observer le degré d’utilité d’une espècë d’oiseaux, mais à l’état de demi-liberté dans une grande volière où l’on a reconstitué son ambiance normale. Alors, dans l’immense majorité des cas, on est amené à reconnaître que l’expérience pratique surpasse de beaucoup ce que nous avait révélé la science théorique sur le degré d’utilité des Insectivores et des Grani-Insectivores.
- Les purs Insectivores étant d’un entretien trop difficile, c’est surtout dans la classe des Grani-Insectivores que j’ai multiplié mes expériences. Je ne reviendrai pas ici sur celles que j’ai exposées dans Les jardins-volières^). Mais, cette année, j’ai élevé et observé particulièrement la poule d’eau, le tourne-pierre à collier et l’alouette cochevis.
- Je plaçai un couple de chacune de ces espèces dans un jardin-volière d’une centaine de mètres carrés, dont une partie est constituée par une ancienne serre, plantée de treilles, de myrtes, de lauriers-roses et de divers arbres fruitiers. Ce jardin-volière est inscrit lui-même dans un jardin fruitier de douze ares.
- Depuis plusieurs mois, le tout restait à l’abandon. Aucun oiseau dans le jardin-volière ; à peine deux ou trois moineaux dans le verger libre. Les arbustes et les vignes dans l’un et l’autre n’ayant reçu aucun traitement artificiel, la végétation y était absolument ravagée par les parasites de toute sorte. Dans la serre, notamment, les pucerons avaient entièrement dévoré les premiers boutons de lauriers-roses; un insecte, le kermès sans doute, épuisait la sève des orangers; les grappes de raisins étaient la proie de la cochylis, et sur le sol, fourmis, courtilières, coccinelles, etc., se promenaient par centaines.
- Aujourd’hui, après trois mois de séjour de mes oiseaux, il serait impossible de rencontrer un insecte dans cette serre, sauf les vers de farine et les vers de terre que j’y apporte périodiquement, et que les oiseaux, devenus très familiers, accourent dévorer, à portée de ma main. Plus un puceron sur les lauriers-roses, qui fleurissent désormais magnifiquement. Les orangers ont reverdi, et les treilles plus tardives portent des grappes saines, tandis que celles qui avaient fructifié avant l’arrivée des oiseaux ne présentent que des raisins desséchés naguère par la cochylis.
- Ce résultat, qui m’a beaucoup plus surpris que si j’avais introduit des mésanges ou des pinsons, ne peut être néanmoins attribué qu’à la présence des alouettes et aussi des tourne-pierres, la disposition des treilles permettant à ces petits échassiers de s’y percher, quoiqu’ils traquent de préférence les insectes vivant sur le sol. La contre-épreuve m’est fournie par le verger extérieur, où pas un grain de raisin n’a pu arriver à matu-
- i. Perrin, éditeur, 35, quai des Grands-Augustins, Paris, 6".
- rité et où les autres fruits sont percés par les vers.
- Il faut bien admettre d’ailleurs que mes trois couples se sont nourris des insectes naturels de la serre, car ils épuisaient devant moi, en quelques minutes, les lombrics et les ténébrions que je leur apportais, et ils n’ont presque jamais touché aux graines (millet et petit blé) que je leur ménageais en cas de besoin. J’ai fini par supprimer ces graines qui ne nourrissaient que les souris, ce terrible fléau des élevages. Les poules d’eau chassaient les souris, mais, ayant perdu le mâle par accident et lâché dès lors la femelle, j’ai été envahi de nouveau par les petits rongeurs, que la présence des tourne-pierres ne suffit plus à faire fuir. Les poules d’eau me délivraient aussi des limaçons; les tourne-pierres ne s’attaquent qu’aux très petits. Avant d'entrer chez moi, les poules d’eau avaient été nourries en cage avec du blé, et les tourne-pierres avec du millet. Les oiseaux ont presque immédiatement quitté ce régime pour celui des insectes, ou des petits mollusques, qui leur est évidemment naturel.
- Quant aux alouettes, je les avais élevées moi-même, en constatant qu’elles dépérissaient aussitôt que je les réduisais au régime végétal. Actuellement, elles n’ajoutent aux insectes que de menues graines de plantes nuisibles, et aussi de la terre qui paraît nécessaire à leur digestion.
- En somme, l’expérience a pleinement confirmé ce que m’avaient enseigné Brehm sur le régime du tourne-pierre, l’abbé Vincelot qui le signale comme un insectivore très utile et facile à domestiquer, Xavier Raspail et Magaud d’Aubusson qui considèrent la diminution des alouettes comme une menace pour l’agriculture. C’est principalement à la lulu et au cochevis (alouette huppée) qu’il faut appliquer cette observation générique du Dr P. Maisonneuve : « Toutes les alouettes ont un régime à peu près identique; elles vivent de petits vers, de chenilles, grillons, sauterelles, limaces, œufs de fourmis, cécydomies du blé, taupins et autres insectes malfaisants.
- « Elles y joignent aussi de petites graines tombées dans les champs et, quand elles en trouvent, quelques grains de blé, de seigle, de millet ou de chènevis.
- * En réalité, elles ne nuisent pas aux récoltes et rendent d’importants services aux cultivateurs en débarrassant leurs terres d’une foule d’insectes nuisibles. »
- Je constate aussi, par expérience directe, combien j’avais eu raison de signaler, dans Les Oiseaux nécessaires (Perrin), l’alouette cochevis parmi les insectivores les plus utiles à la viticulture, presque à l’égal de l’ortolan, dont Buffon écrivait : « Cet oiseau ne touche point aux raisins ; il sc nourrit des insectes qui rampent sur les pampres. »
- On cesse de s’étonner des ravages de l’eudémis et de la cochylis, quand on voit alouettes et ortolans exterminés, par tous moyens légaux ou non, dans la plupart de nos départements viticoles ! André Godard.
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- BIZARRERIES PHYSIOLOGIQUES ET
- La lumière a des actions différentes sur les individus. Elle est un ensemble si complexe de variations, que selon notre tempérament, notre constitution physiologique, nous sommes diversement, et parfois contradictoirement, influencés.
- Ce qui domine comme réaction, c’est la coloration des tissus vivants, verte par la chlorophylle chez les végétaux, rouge chez les humains (les mineurs, les gens vivant à l’obscurité sont pâles et blêmes; Edmond Dantès, le Comte de Monte Cristo, d’Alexandre Dumas père, ayant vécu 14 ans dans un cachot du château d’If est resté ensuite, malgré tout, d’une belle pâleur distinguée).
- Selon notre tempérament, nous réagissons diverse-
- PATHOLOGIQUES DE LA LUMIÈRE
- ment aux radiations colorées [chromothérapie), au soleil, aux lampes maintenant si abondantes et à rayons chimiques, aux rayons X, au radium, d’où, \& radio-anaphylaxie (1).
- Les rayons invisibles, d’ordre chimique, sont très étudiés depuis quelques années. Ce sont les ultra-violets du spectre solaire, ou des lampes à arc de carbone ou à vapeur de mercure dont j’ai appelé l’action, l'héliothérapie artificielle.' Ces radiations sont impropres à la vie, abiotiques comme les appelait Dastre. Ils ne sont pas pénétrants, un rien les arrête, un verre très mince, une feuille de papier à cigarettes, l’eau, l’air,
- i. La radio-anaphylaxie, .par le Dr Foveau de Courmelles, La Nature, 17 juin 1922.
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- même en faible épaisseur. Et cependant ils agissent en certains cas pour favoriser considérablement la vie, c’est là une action bizarre et troublante !
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- En ce moment, à la Société de Pathologie comparée, nous discutons les effets de l’héliothérapie artificielle. Les professeurs Bezançon, Marfan, Arloing, Maignon, les docteurs Lesné, Dorlencourt, Vigne, Guillaumin..., apportent des faits d’animaux, de gens, soumis à des régimes produisant le rachitisme, et irradiés aux rayons ulfra-violets. Cès faits de leur expérimentation, ou d’origine américaine (Hesse, Lundenhagen, Pappen-heimer), nous montrent des rats notamment ou des enfants, nourris accidentellement avec des aliments dévitaminés, c’est-à-dire dépourvus de ces principes nouveaux ou vitamines si importants dans la nutrition ; ces êtres vivants deviennent ou sont devenus rachitiques, on les irradie, on les nourrit, c’est le cas de le dire, avec ces radiations ultra-violettes qui s’arrêtent à la peau et qui cependant provoquent des réactions internes, à telle enseigne que le rachitisme disparait rapidement.
- Les Drs Lesné et Dorlencourt nous citaient ces enfants parisiens, amenés dans les hôpitaux, réfractaires à la marche, aux os mous, pas assez calcaires (nous, les radiologues, avons tous vu aux rayons X de ces êtres « déminéralisés »), et qui, irradiés i5 à 10 minutes, se mettaient vite à marcher, après 5 à 6 séances d’ultraviolets. Le bizarre, le troublant — et c’est ce que je tiens à signaler, — c’est que des radiations non pénétrantes, impropres à la vie, cependant agissent, on peut le dire, si magnifiquement!
- En d’autres branches médicales, sur des adultes, on pourrait dire, c’est de la suggestion : l’imagination influencée par l’aspect des appareils, les dires des médecins, ont renouvelé le miracle de Lazare : « Lève-toi et marche », ce qui est arrivé déjà souvent chez maints nerveux. Il n’en est rien ici, et la radiologie nous montre la réalité des faits; la reminéralisation osseuse, les os, de clairs qu’ils étaient auparavant, deviennent sombres, chargés par suite de calcaire.
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- Les rayons X et ceux du radium sont, eux, pénétrants, ce sont des ultra-ultra-violets. Leur action curative étonne moins à cause de la profondeur des tissus qu’ils peuvent atteindre; ne dessèchent-ils pas les glandes, les fibromes? On a remarqué pour eux, comme pour les rayons ultra-violets, que les substances fluorescentes, s’illuminant par la lumière, injectées ou ingérées dans l’organisme, augmentaient leur action. Pour les rayons X et du radium, on comprend, car ils arrivent sur ces substances même par pénétration; mais, pour les autres radiations, toutes arrêtées à la peau, on est surpris, on ne comprend plus ! Cependant cela est.
- Prime a vu l’éosine, l’une de ces substances s’éclairant à l’air libre par la lumière, et injectée à des épileptiques, produire sur ceux-ci des zonas, rien qu’aux parties découvertes du corps. On sait qu’un mouvement arrêté, tel un projectile frappant un mur, donne de la chaleur; il s’est transformé. La radiation lumineuse fait-elle de même au contact de la peau qui l’arrête? Toujours est-il que depuis 25 ans, on a fondé toute une thérapeutique basée sur ces pénétrations organiques de substances fluorescentes et ensuite irradiées.
- Par ailleurs, on sait que le poisson, les framboises, ingérés, produisent assez souvent, chez des individus prédisposés, de l’urticaire, affection cutanée, à démangeaisons plus ou moins vives. Et voici que la lumière est capable de produire le même phénomène. On ne peut guère admettre d’analogies, sinon d’action, entre la lumière et un aliment, quoique..., quoique l’irradiation des rachitiques soit troublante! Le Dr W. W. Duke, de Kansas City, vient de publier le cas d’une malade, où il a produit à volonté, où il l’a voulu, sur la peau, un urticaire incontestable, par les rayons bleus violets, encore moins pénétrants ceux-là que les ultraviolets !
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- Les ultra-violets sont abiotiques, ne permettant pas
- 1 existence, avons-nous dit, et ceci est tellement vrai que les bacilles succombent rapidement; ces rayons traversent le quartz, d ou 1 emploi du cristal de roche dans les appareils d’héliothérapie artificielle. Sachant, après expériences, le nombre d’heures d’irradiation nécessaire pour tuer tel ou tel microbe, Finsen avait tracé les chiffres correspondants sur des cultures, ces chiffres constituant un milieu opaque aux rayons ultra-violets, et les microbes ainsi protégés s’étaient réfugiés là, indiquant eux-mêmes en quelque sorte la durée de leur existence quand ils sont irradiés.
- , Mais certaines substances modifient en plus ou moins 1 action microbicide des rayons ultra-violets, et c’est là une anomalie, d’autant plus qu’il s’agit notamment d’une substance semblant en d’autres circonstances favoriser 1 action lumineuse. Dreyer, en effet, a montré que dans une solution d’érythrosine exposée préalablement à la lumière concentrée, les micro-organismes ne meurent qu au bout de 70 secondes, tandis que si cette solution n a pas encore subi l’exposition à la lumière, les microorganismes meurent en 12 secondes.
- On peut aussi faire l’inverse, sensibiliser, comme pour les plaques photographiques, les organismes vivants. S. Dreyer a pris des infusoires, des bactéries, de la peau, et les a badigeonnés d’éosine, et il les a vus se comporter vis-à-vis des rayons rouge, orangé, jaune, vert, comme les sels d argent. Avec l’érythrosine, les résultats étaient meilleurs.
- On connaît 1 action physiologique de la tuberculine, moyen de diagnostic employé chez les bovidés surtout, pour reconnaître la tuberculose et l’empêcher de se propager par le lait, la viande. Cette substance est très active, mais si on l’insole, au lieu d’en renforcer l’action d’analogie bactéricide, on l’annihile totalement (Bou-veyron).
- Le pouvoir abiotique des rayons ultra-violets ne se traduit pas seulement par leur action antiseptique, mais par les destructions cutanées, les brûlures* qu’ils produisent. Selon le pouvoir de pénétration, la nature de ces radiations, leur longueur d’onde, la brûlure est immédiate ou presque (soleil, héliothérapie artificielle), ou lente à se produire et variable avec la radio-anaphylaxie individuelle (rayons X, radium). La désorganisation des tissus est donc d autant plus profonde que la longueur d’onde est plus petite.
- Pour le professeur Ménétrier, les rayons X donnent le cancer, comme la teinture de goudron le produit chez les souris que l’on badigeonne. C’est une action irritative agissant par des causes diverses et peut-être analogues. Les rayons X guérissent également; sinon le cancer en général, du moins, certaines formes, et j’en ai pu suivre maintes années quelques cas. Le même agent peut donc tuer ou guérir; tuer ou gravement blesser, trop de radiologues le savent; améliorer, voire parfois guérir, le fait, après avoir été nié longtemps, est maintenant indiscutable. C’est le principe homœo-pathique des semblables guérissant les semblables, d aspect bizarre et cependant réel, et les récents, autovaccins et auto-sérums si à la mode le démontrent une fois de plus !
- Les rayons ultra-violets sont analogues et cela se conçoit. Les rayons chimiques guérissent maints cancroïdes cutanés, mais aussi (publication récente du professeur agrégé Gougerot) en peuvent ainsi produire.
- Ces éruptions, destructions, ont été appelées radio-lucites. Des manifestations de ce genre existent chez les paysans, les gens travaillant à la lumière solaire, ou à celle des hauts fourneaux riches en rayons ultra-violets, et peut-être dans l’avenir chez les ouvriers imprudents employés dans la fabrication des lampes à vapeur de mercure ; dans ces dernières manifestations lumineuses, il y a même plus d’ultra-violets que dans le soleil qui nous est tamisé par les couches atmosphériques.
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- Certaines substances ne manifestent leur action qu’aux seules parties insolées, l’éosine déjà citée, le cuivre ayant pénétré par l’électrolyse. On connaît la pigmentation de la peau des nègres qui ne réagit pas aux rayons ultra-violets, car le rachitisme, là, ainsi traité, ne cède pas (Lereboullet). En revanche, une substance
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- BIBLIOGRAPHIE
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- fluorescente, la quinine, ne produit, chez les ouvriers qui la manipulent, d’ér.jptions cutanées qu’aux parties habillées. Les rayons X qui traversent si facilement les vêtements agissent d’abord sur les parties dénudées.
- Certaines brûlures ressemblent à celles de la lumière, et leur étendue visible ne correspond pas souvent à la destruction réelle, allant parfois jusqu’à la mort, telles les brûlures électriques.
- Les substances aminées, certains sensibilisateurs photographiques, font aussi parfois une destruction profonde, radiopathique, analogue à celle des radiations
- pénétrantes. Les radiologues les plus atteints par les rayons X, d’après une enquête que je fis en 1909, sont ceux qui développaient eux-mêmes leurs plaques avec ces révélateurs aminés.
- L’être vivant est si personnel, si complexe, les tempéraments si dissemblables, que l’on peut ainsi comprendre ses bizarreries de réactions vis-à-vis de la lumière, comme de tout aliment ou médicament du reste. C’est en cela que réside la difficulté de la médecine, et qui vraisemblablement a fait dire jadis au professeur Peter : « Il n’y a pas de maladies, il n’y a que des malades! » Dr Foveau de Coubmelles.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour remettre une roue amovible. — Il est quelquefois assez pénible de mettre en place bien exactement une roue détachable lors de la réparation d’une voiture. En effet, il faut enfoncer bien d’aplomb la roue sur son axe, pour éviter tout coincement et pour arriver à une bonne mise en place.
- Voici un petit exercice sportif qui a deux avantages : tout d’abord de permettre la pose rapide de la roue détachable; ensuite de vous assouplir d’une façon merveilleuse.
- On s’assoit par terre, face à la roue, au centre d’une enveloppe mise à plat, qui vous empêchera de déraper sur le sol pendant le mouvement. Puis, on appuie avec les pieds sur les extrémités d’un même diamètre de la roue détachable qu’il s’agit d’enfoncer. Un effort énergique, qui fait travailler vos muscles, suffit pour enfoncer la roue à bloc et cela avec la plus grande rapidité.
- Comment faire le sol d’un atelier. — On a toujours discuté l’opportunité de constituer le sol d'un atelier soit en parquet, soit en béton. Certains soutiennent qu’il est plus avantageux de constituer le sol avec du bois, quelquefois même avec des pavés de bois ; d’autres au contraire, et c’est la tendance à l’heure actuelle, recommandent de faire des sols en béton, plus avantageux au point de vue de la construction et aussi au point de vue des risques d’incendie. Voici quelques indications qui sont données à ce sujet par « la Machine moderne ».
- Le béton a un désavantage qui est la formation de poussières et de saletés par suite de sa lente désagrégation, ces poussières sont parfaitement nuisibles dans les ateliers qui emploient des machines délicates ou dans lesquels sont montés de petits mécanismes précis. Les pièces qui tombent sur le béton peuvent également être abîmées. Les sols en béton sont d’une réparation difficile et leur « rafistolage » est cependant indispensable dans bien des cas.
- Au point de vue sanitaire, certaines autorités médicales émettent l’avis que la station sur le béton, pendant de longues heures, n’est pas saine. On est ainsi amené à mettre des planchers en bois pour isoler du béton les pieds d’un opérateur à poste fixe.
- L’huile ne paraît pas détruire le béton, mais au contraire tend à retenir la poussière.
- Pour les transports on peut y noyer des rails à ras du sol, ce qui est commode.
- Les planchers en bois constitués par des planches épaisses font des sols excellents pour des ateliers, quand on n’a pas y manier des pièces lourdes. Le bois est chaud aux pieds et ne résonne pas, est d’une réparation facile et n’abîme pas les pièces qui tombent. Leur nettoyage est commode.
- L’huile les rend glissants et même parfois dangereux à ce point de vue. On peut éviter la chute de l’huile sur le plancher avec des protecteurs bien adaptés et on peut répandre un peu de sciure pour éviter les glissades quand il s’est répandu un corps gras. Les ouvriers s’accoutument aussi à marcher sur des planchers en bois un peu gras et y tombent rarement.
- On peut faire également un sol en blocs de bois placés verticalement. Ce système est bon pour les gros transports qu’on ne peut pas faire par rails ou monorail au plafond. Les blocs de bois employés (sapin, hêtre) sont créosotés ou imprégnés d’une huile spéciale. On les place sur un radier en béton recouvert d’une couche de sable ou d’asphalte : le sable est plus indiqué quand le soi doit recevoir des chocs.
- Ce genre de plancher est généralement constitué de rondins en sapin de 70 à 80 mm. de hauteur, placés côte à côte, le sable ou le bitume remplissant les intervalles.
- Les planchers en bois ne sont pas indiqués dans les endroits humides et il n’est pas bon de les laver à trop
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son mon tant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ........ -, , _
- Le plus vieil instrument européen d’astronomie nautique (me siècle), par Jean Mascart. i brochure 16 p , 8 fig., Audin et Cia, 3, rue Davout, Lyon, 1923.
- Dans les restes d’un bateau grec du m° siècle après J.-C., retrouvé à Antikytheca, on a découvert les débris d’un curieux instrument d’astronomie nautique, complètement inconnu jusqu’ici des érudits. Quels pouvaient être le mécanisme et la fonction de cet appareil; tel est le problème qu’essaye de résoudre
- M. Mascart, sans réussir à en élucider complètement le mystère.
- Notes pratiques sur les outillages à découper et emboutir, par J. Rjcordel, i vol. 128 p., 106* fig. Dunod, éditeur. Paris, 1923. Prix : 12 francs.
- L’auteur explique comment on doit dessiner, puis exécuter les divers outils à monter sur les presses à découper ou à emboutir ; puis comment s’effectue le travail des machines munies de ces outils.
- Comptes rendus du Congrès du chauffage industriel (Tome I), publiés par la Revue Chaleur et industrie, f vol. 443 P- avec de nombreuses figures. Paris, 1923. Prix : 2 5 francs.
- Le Congrès du chauffage industriel s’est tenu à Paris en juin dernier et a donné lieu à d’importants travaux et communications. La Revue Chaleur et Industrie en a commencé la publication sous forme
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- BIBLIOGRAPHIE
- d’un gros volume, dont les dimensions suffisent à faire comprendre l’abondance des questions abordées et 1 ampleur avec laquelle elles sont traitées. Il est impossible de résumer en quelques lignes une publication de cette envergure, qui constitue pour les techniciens une mine de renseignements et d’idées.
- Les communications publiées dans ce premier volume ont trait d’abord à la détermination de la valeur des combustibles : procédés d’analyse, détermination des teneurs en produits utiles et en cendres, détermination du pouvoir calorifique, puis aux méthodes et appareils de mesure pour l’étude et le contrôle de la chauffe; de nombreuses et utiles communications sont rassemblées sous la rubrique : résultats d’expériences sur les combustibles et les foyers.
- Parmi les noms des auteurs de communications, nous relevons ceux de MM. Roszack, Goûtai, J. Sainte-Claire Deville, Lebeau, Kammerer, P. Appell, Sepulchre, etc., qui font autorité dans le monde savant ou technique. La publication de ces comptes rendus représente un gros effort matériel, il fait honneur à la jeune Revue qui en a assumé la charge.
- Questions chimiques d’actualité. Conférences faites devant la section Strasbourg-Mulhouse de la Société Chimique de F rance par M Georges Baume, Mlle Ellen Gléditsch, MM. Paul de Chambriee, Pierre Jolibois, i. vol. de 108 p. avec figures. Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1923. Prix : 10 francs.
- Ce volume contient cinq intéressantes conférences de haute vulgarisation données à l'Institut de Chimie de Strasbourg. La ire conférence de M. G. Baume est consacrée aux gaz liquéfiés ; après avoir exposé la technique expérimentale très simple à laquelle il a eu recours, il traite les 4 questions suivantes : analyse thermique des systèmes constitués par des gaz liquéfiés ; détermination du poids atomique du chlore; étude des systèmes gazeux attaquant le mercure; étude de la décomposition du bioxyde d’azote. Mlle Ellen Gléditsch montre comment la théorie de la radioactivité permet de préciser l’àge des minéraux et compare les indications qui en résultent à celles que fournit la géologie. M. de Chambrier décrit les mines et la raffinerie de pétrole de Péchelbronn. La seconde conférence de M. G. Baume est consacrée au pro-' blême du carburant national. Enfin M. P. Jolibois expose les services que peut rendre la photographie dans la pratique des recherches chimiques de laboratoire : photographies micrographiques, enregistrement photographique, photographies spectrographiques par l’ultra-violpt, par les rayons X; analyse spectrale par les rayons positifs suivant les méthodes de J.-J. Thomson et Aston.
- Manuel de Vartificier (artifices, poudres, explosifs), par A. Evreux. 1 vol. ia-18, 896 p., 107 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Pari?, 1923. Prix : 12 francs.
- Après un rappel succinct des propriétés et des qualités essentielles des explosifs, l’auteur expose comment sont fabriqués les diverses poudres, explosiFs ou combinaisons de produits explosifs employés dans l’industrie. Il explique ensuite comment on met ces produits en action.
- Annuaire Lambert. Statistique des engrais et produits chimiques destinés à l’agriculture. Bureau d’études économiques, industrielles et agricoles, Paris.
- Statistiques des années 1920, 1921 et 1922 comparées à 1913 pour chaque catégorie de produits.
- La plante. Causeries sur la botanique, par J -H. Fabre, 10' édition, 1 vol. in-16, 355 p., 187 fig., 16 pi. Dela-grave, Paris.
- On connaît la série des livres de Fabre d’Avignon, écrits pour les enfants. D’un style simple, clair, alerte, ils sont destinés à enseigner les rudiments des sciences. Cette nouvelle édition de celui de botanique n a pas besoin d’être vantée. Elle est à offrir à tous les enfants qui ne l’ont point encore reçue.
- Manuel de techniques de physico-chimie et spécialement de chimie des colloïdes à l’usage des médecins et des
- biologistes, par Leonor Michaklis, traduit de la 2e édition par H. Chabanier et Lobq-Onell, i vol. in-8, 2o5 p., î\0 fig. Masson et C‘% Paris. Prix : 12 francs.
- Nous n’avions pas encore d’ouvrage en français traitant des manipulations de chimie physique, si importantes et si fertiles pour le médecin et le biologiste. Ce livre comble cette lacune. Ecrit par le professeur de l’Université de Berlin dont les travaux de chimie physique sont aujourd’hui classiques, il décrit les r éactions les plus utiles, la manière pratique de les conduire et d’en exprimer les résultats ; notamment une place importante est accordée aux méthodes de mesure dupH(acidité et alcalinité des solutions). C’est un guide précieux qui facilitera grandement l’expansion de ces nouvelles recherches, encore trop peu poursuivies en France.
- Eléments de paléontologie, par L. Joleaud, T. I : La vie aux temps primaires et secondaires, 1 vol. in-16, 220 p., 53 fig. (Collection Armand Colin, Paris. Prix : relié 6 francs, broché 5 francs.
- La paléontologie n’a été, depuis 3o ans, l’objet d’aucun ouvrage, général en français et cependant l’étude des « fossiles » a réalisé au cours de ce trentenaire des progrès considérables. M. Joleaud a groupé les faits biologiques les plus importants dans un cadre géologique, si bien qu’après avoir lu ce livre on a des aperçus très nets, des données très précises sur la question si passionnante de l’évolution de la vie animale et de la vie végétale à la surface du globe, telle que la posent les travaux classiques et les récents.
- Recettes de cuisine pratique, par Mme G. Sciiéfer et Mlle H. François, i vol. in-16, 3q3 p., fie;. Delagrave, Paris.
- Sans vains discours, les deux auteurs disent tout ce que la ménagère doit savoir : les ustensiles de cuisine et de ménage, les roux, les sauces et les assaisonnements, les recettes de cuisine et de ménage. Chaque chose est expliquée clairement, sans mots inutiles et le tout forme l’indispensable guide qu’on doit trouver dans toute cuisine.
- Sur les côtes de Norvège, par Camille Yallaux, i vol. in-16, 189 p., 1 carte, 21 fig. hors texte. Hachette, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Récit agréable d’un voyage le long des côtes norvégiennes et d’excursions en divers points de l’intérieur du pays, destiné à faire connaître aux touristes français les magnifiques paysages aisément accessibles par mer.
- Dans les Sierras de Californie, par Jean Gontard. 1 vol. in-8, 25o p., 4 pL Roger et Cie, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce livre de la « Collection des Voyages de jadis et d’aujourd’hui » raconte avec pittoresque des scènes du pays des chercheurs d’or.
- Manuel des études grecques et latines. Appendice I, Les sciences dans Vantiquité, par L. Laurand. 1or fascicule, 60 p. Auguste Picard, éditeur, Paris, 1923.
- Pour comprendre les Grecs et les Latins, dont l’étude constitue aujourd’hui l’essentiel des humanités classiques, il faut connaître la civilisation de leur époque; il est nécessaire notamment, bien qu’on l’oublie trop souvent, de connaître le degré de culture scientifique auquel ils étaient parvenus. Au surplus dans l’antiquité on ne séparait pas les sciences des lettres ni de la philosophie. M. Laurand résume avec beaucoup de netteté l’hisloire des sciences dans l’antiquité : mathématiques, astronomie, physique, mécanique, chimie, zoologie, botanique, médecine, et il donne une idée très claire de ce que pouvaient être les connaissances scientifiques d'un homme cultivé à l’époque de Cicéron et de Virgile. Quelques esprits chagrins en concluront qu’une comparaison à cet égard entre anciens et modernes serait à l’avantage des anciens.
- Chaque chapitre de cette excellente brochure est accompagné d’une bibliographie abondante, précieuse pour ceux qui désireront creuser davantage cet inté-ressaut sujet.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 décembre (n° 2695), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 599), le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 28 décembre aux abonnés qui nous ont versé directement, cette année, le montant de leur souscription et qui n’ont pas utilisé le chèque postal qui leur a été adressé dans la deuxième quinzaine de novembre.
- « Objet » Reinmuth. — Il est peut-être un peu choquant d’entendre traiter d’ « objet » un corps céleste dont les dimensions sont certainement imposantes. C’est le cas pour l’astre que nous avons appelé jusqu’ici comète Reinmuth (voir La Nature, n° a5gi).
- Une nouvelle circulaire du i5 novembre de l’Observatoire central de Copenhague nous apprend qu’au moyen de deux observations faites à Kônigstuhl et d’une observation faite à Bergedorf, par Graff et Baade, le Dr Stracke a calculé une orbite et, au moyen de cette orbite — toute provisoire bien entendu — une éphémé-ride. Nous ne donnerons ici ni l’une, ni l’autre. L’astre est de 12' 1/2 grandeur et il faut un puissant instrument pour le voir et le photographier. Mais ce que nous retiendrons de cette circulaire, c’est que le Dr Baade considère cet « objet » comme une très intéressante planète, parce que, sur les plaques photographiques, il n’offre pas d’apparence cométaire. Nous serons vraisemblablement fixés sous peu sur la véritable nature de ce nouvel astre, et ne manquerons pas d’en entretenir nos lecteurs.
- 850 nouvelles nébuleuses. — On croit généralement, dit notre confrère Y Astronomie, que l’hémisphère nord-galactique est plus riche que l’autre en nébuleuses du type spiral. Cela peut tenir au fait qu’il y a peu d’observatoires pouvant explorer l’hémisphère sud avec de puissants instruments.
- Avec le télescope Bruce de l’observatoire d’Aréquipa, sur une seule plaque exposée 6 heures et centrée sur 22 h. 40 m. — 45°, on vient de découvrir 85o nébuleuses nouvelles dans un espace de 3o degrés carrés. Ce sont des nébuleuses du type en fuseau, spiral ou circulaire. Toutes les plus brillantes sont des deux premiers types. Jusqu’à la 18° grandeur, sur beaucoup de régions de la plaque, il y a plus de nébuleuses que d’étoiles.
- Les troubles atmosphériques se transmettent-ils sur toute la terre ? — Est-il possible que le typhon qui a ravagé la région de Hong-Kong au mois d’août dernier ait pu avoir une répercussion aux antipodes et influencer les vents sur nos côtes? Il serait curieux de réunir les observations qui ont pu être faites à ce sujet. Mais, pour ne citer qu’une observation, nous avons celle que nous envoie le directeur d’une entreprise de sauvetage qui travaille au Havre depuis plusieurs années.
- Depuis longtemps, on n’avait vu régner sans interruption le mauvais temps et la tempête sur nos côtes de la Manche et après le 18 août notamment.
- Les observations du sémaphore de la Chambre de commerce du Havre notent l’état de la mer par les qualificatifs suivants : belle, peu agitée, agitée, très agitée, houleuse, grosse, très grosse.
- Or, une entreprise de sauvetage ne peut travailler que si la mer est belle ou peu agitée, soit qu’il s’agisse de disperser les épaves de la rade, soit qu’il s’agisse de dépecer une épave dans l’avant-port. La houle ou le ressac gênent le scaphandrier dans ses manœuvres ou même l’empêchent de se tenir debout.
- Or, voici le nombre de jours où les observations indiquent que la mer a été belle ou peu agitée depuis quatre ans pour les mois d’août à novembre :
- 1920 . . .
- 1921 . . .
- 1922 . . .
- 1923 . . .
- C’est que les vents d’ouest ou de nord-ouest ont soufflé au Havre presque sans interruption pendant plus
- Août. Sept. Oct. Nov,
- 25 26 28 23
- 20 26 26 i5
- 25 28 i4 18
- 12 i3 5 ' 5
- N9 2594 Jcembre 1923
- V,
- Oft .C1/
- \ \ .«*’*' -.y
- de ioo jours consécutifs,œ^^uisSe^Stàit pas vu depuis de bien longues années.
- Enfin, nous donnons ici une reproduction du diagramme du baromètre enregistreur de la Société Géné-
- M txr>cLi. 2,
- Jacucii 4
- raie d’Entreprises Maritimes, qui montre, à la date du 3 octobre, une pointe assez curieuse, moins caractéristique évidemment que celle de Hong-Kong que nous avons donnée dans notre n° 2589.
- En conclusion, il n’est peut-être pas téméraire d’émettre cette hypothèse qu’un cataclysme comme celui qui a désolé l’Extrême-Orient ait pu avoir une répercussion jusque sur nos côtes.
- A propos du rayon vert. — L’intéressante note de M. l’amiral Huguet sur la vision répétée du rayon vert parue dans La Nature, n° 2588 m’a rappelé un cas du même genre, mais qui a été observé dans des conditions différentes.
- D’abord, il faut dire que j’ai assez souvent vu le rayon vert à Kairouan où l’air est généralement très sec et le ciel pur. C’est derrière la chaîne de l’Atlas qui se déroule à plus de 5o km de la ville que le soleil montre ce rayon. Le phénomène s’y constate aisément, c est pour moi une sorte de sport que de le surveiller, je l’ai fait constater à plusieurs personnes et je croyais le fait admis par tout le monde. Il m’avait cependant particulièrement intéressé un soir que je me rendais à Tunis par chemin de fer. Entre cette dernière ville et Saint-Germain, la ligne se ti-ouve coupée à angle droit par une autre ligne qui, s’élevant peu à peu dans la plaine au moyen d’une longue rampe, franchit la première sur un pont. Je surveillais donc par la portière le coucher du soleil qui se faisait derrière cette rampe et pus voir le rayon vert dans des conditions normales de netteté. Peu après, le train ayant passé le pont, le soleil se retrouva à l’horizon et je pus le voir disparaître une deuxième fois émettant encore le même rayon vert.
- D’autre part j’ai vu très distinctement ce rayon en mer, entre Tunis et Marseille, une fois seulement, par temps calme. Enfin, j’ai cherché à le surprendre au lever de l’astre. La chose m’a été permise, cet été, car, couchant sur la terrasse de ma maison, je pouvais le voir de mon lit tous les matins. Le rayon a été vu ainsi deux fois sur une vingtaine d’observations. Il est très difficile à bien saisir, car il est ou paraît être bien plus rapide que le soir. C’est peut-être parce que l’œil perd du temps à le chercher, le point d'émergence du soleil ne pouvant être précisé, on est toujours surpris parla brusquerie de son apparition. D' F. Santschi.
- Un nouveau procédé de préparation du caoutchouc. Le procédé Hopkinson. — Le caoutchouc est, on le sait, un produit d’origine végétale; il est fourni par un arbre, VHevea brasiliensis, originaire du Brésil. Sur le tronc de cet arbre, on pratique des incisions d’ou s’écoule un liquide blanc, le latex qui, en se coagulant, donne le caoutchouc brut. Au Brésil, cette coagulation se pratique de la manière la plus primitive; les indigènes mettent le feu à des amas de noix d’urucuri, qui donnent une fumée très astringente; ils plongent une lame de bois dans le latex et la présentent au-dessus de
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- INFORMATIONS
- cette fumée, le latex se coagule; on recommence ensuite l’opération après avoir plongé à nouveau la tige de bois dans le latex, et ainsi de suite; finalement on obtient de grosses sphères de caoutchouc, d’excellente qualité du reste, mais trop souvent souillées de toutes sortes d'impuretés qui en diminuent la valeur. Dans les régions où l’on exploite industriellement le caoutchouc de plantation (Cfeylan, Malaisie, Sumatra, Java, Bornéo, Indo-Chiné, etc.), on ne peut se contenter d’un procédé de coagulation aussi rudimentaire, admissible seulement là où le prix de la main-d’œuvre est très faible; le latex recueilli dans des cuves est, ou bien abandonné à lui-même, sur la plantation même et la chaleur du soleil le fait coaguler en 24 heures, ou bien, et c’est la méthode la plus répandue, coagulé par addition d’acide acétique dilué. Le latex se prend en boules que l’on passe ensuite entre les rouleaux d’un laminoir pour en extraire l’eau. Le caoutchouc se présente alors sous forme de crêpes.
- Ce procédé, qui se prête à une mise en œuvre de caractère industriel, suscite toutefois quelques reproches • l’acide endommage quelque peu le caoutchouc. De plus, certains constituants utiles du caoutchouc, albumines, résines, et protéines, sont dissous et perdus.
- Le procédé Hopkinson, expéi’imenté avec succès à Sumatra et aux Etats-Unis, est tout différent. On commence par réunir des quantités importantes de latex, et pour cela on l’empêche de se coaguler, en y ajoutant 4 pour 100 environ d’ammoniaque liquide. Cela permet de transplanter le latex à une usine où il sera traité en grand. L’usine peut être très éloignée des plantations.
- C’est ainsi que la compagnie américaine qui a expérimenté le procédé a commencé par le pratiquer dans une usine située à New-Ducham, faubourg de Jersey-City dans l’Etat de New-York; le latex était importé directement de Malaisie par un navire qui en avait rempli ses water ballast.
- De l’usine, le latex est projeté en gouttelettes très fines par un dispositif centrifuge : un disque de 5 m. de diamètre tournant à 4000 tours par minute. On le répand en brouillard sur un courant d’air très chaud qui enlève l’eau. Le caoutchouc, coagulé se rassemble sur des cadres d’où on le détache sous forme de plaques spongieuses. On obtient ainsi un caoutchouc très pur.
- Il retient un peu plus d’humidité que le caoutchouc coagulé par les autres procédés. Il contient aussi de 6 à 14 pour 100 de matières additionnelles utiles, provenant du sérum, et que fait disparaître, comme nous l’avons dit, le procédé à l’acide. Le rendement est donc supérieur. Le caoutchouc Hopkinson vulcanise plus vite que les autres caoutchoucs, sans doute à cause de l’ammoniaque qu’il retient. Par contre, les propriétés mécaniques du caoutchouc Hopkinson vulcanisé paraissent être légèrement inférieures à celles du caoutchouc en crêpes.
- Le grand avantage du nouveau procédé semble résider dans sa faculté de traiter rapidement, avec peu de main-d’œuvre, et par suite à bas prix, de grandes quantités de latex, en donnant un produit prêt à être immédiatement vulcanisé sans autre traitement.
- La chasse aux cétacés dans les colonies françaises. — La France est restée longtemps tributaire de l’étranger pour ce qui est des huiles de cétacés, indispensables pour le lubréfiage des moteurs d’aéroplanes et de dirigeables, car elles ne gèlent pas. Mais elle est en train de s’affranchir, grâce à la collaboration des capitaux français avec la main-d’œuvre norvégienne. On chasse actuellement les cétacés au Gabon et aux Kerguelen.
- Dès 191a, à la suite de la découverte par la mission Gruvel de balénoptères en grand nombre sur les côtes du Gabon, deux Compagnies franco-norvégiennes, Congo et Gabon, ont été constituées pour la chasse à cés cétacés ; elles ont construit des usines à terre pour la fonte de la graisse et la fabrication de l’huile et du guano. Les résultats des campagnes de 1912 . et 1913 avaient été excellents. La guerre avait mis fin aux opérations de ces deux Sociétés, mais l’année 1922 les a vues reprendre. La campagne dé 1923 a été très fructueuse ; pour trois mois de pêche, la production s’est élevée à 23 100 fûts d’huile (soit de 3goo t. à 4000 t.) et 14000 sacs de guano (soit 1400 t.). L’huile est cotée de 800 à 900 couronnes norvégiennes et le guano a5o couronnes.
- La compagnie concessionnaire des Kerguelen (frères Boissière de Saint-Malo) a autorisé dérf son côté des
- baleiniers norvégiens à venir chasser dans cet archipel. La campagne de 1921 a donné 2000 tonnes d’huile.
- La production des colonies françaises n’a évidemment pas une importance comparable à celle de l’Antarctide américaine, actuellement.possession britannique (Falkland s, Géorgie du Sud, Orcades du Sud, Shetlands du Sud, terre de (Graham). Yoici lés chiffres, malheureusement un peu vieux, que nous avons pu nous procurer à ce sujet. L’Antarctide américaine a produit en 1912-1913 43oooo barils d’huile et 8375 tonnes de guano, valant 33700000 francs, or c’était la moitié de la production mondiale d'huile en 1912-1913. Pendant la campagne de 1914-1915, 485 000 barils d’huile ont été produits; c’est le chiffre record. Depuis lors, il y a’eu recul.
- La pêche et l’exportation des trocas. — Le Bulletin du Commerce de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, demande que des mesures administratives soient prises pour protéger la pêche des trocas, ces précieux coquillages qui servent à la fabrication de la nacre.
- La répression contre les « écumeurs » de bancs de trocas est d’autant plus nécessaire que ceux-ci pêchant en temps prohibé, l’épuisement de ces bancs est à craindre, alors que les demandes augmentent et que l’industrie néo-calédonienne peut, tout en suppléant à la production japonaise, rendre de grands services à la colonie, et prévoir une extension de sa fabrication.
- La statistique des exportations de trocas depuis l’année igi3 donne les chiffres suivants :
- Années. Tonnes. Francs.
- 19^3 . . . n3i 83o.o65
- 19*4 ... 674 485.5gi
- 1915 ... 989 762.758
- 1916 ... 973 658.167
- i9!7 . . . . 23a 6.541
- 1918 ... 818 801.36o
- 1919. . . . . ... 549 1.01 a.85g
- 1920 948.651
- i9ai ... 887 2.481.703
- 1924 ... 711 1.331.908
- Depuis une quinzaine d’années, la valeur des trocas a subi une progression constante. En 1908, ces coquillages valaient 800 à 900 francs la tonne.
- Au début de la campagne de 1923, le prix s’est élevé à 2600 fr. ; en juin, à 33oo fr. la tonne, alors qu’en 1900, on payait la tonne de trocas de 90 à 100 francs. H. B.
- Création d’un Institut de technique sanitaire et hygiène spéciale des industries. — Le sous-secrétariat d’Etat de l’Enseignement technique vient de créer au Conservatoire national des Arts-et-Métiers cet Institut où seront donnés des conférences et des travaux pratiques et organisées des visites industrielles. Les élèves régulièrement inscrits pourront, après examen, recevoir un brevet de technicien sanitaire. Les cours commencent le 17 décembre.
- 'Nouvelles de T. S. F.
- Quelques émissions fadiotélephoniques. — Pendant la période du 12 au 17 novembre, Kœnigswus-terhausen a transmis des radio-concerts phonographiques de 14 h. 3o à i5 heures sur 2700 m.
- Un nouveau poste de l’administration des P. P. T. situé à Berlin transmet un radio-concert chaque jour de 19 à 20 heures sur 400 m. de longueur d’onde (renseignements communiqués par M. Kleiber).
- D’après le journal l'Antenne une nouvelle station radiotéléphonique installée à Bruxelles aurait réussi à se faire entendre en Algérie.
- La radiotéléphonie sur ondes très courtes. — On
- connaît les avantages des ondes très courtes, exposés déjà dans La Nature-, avec dé telles ondes, en particulier, toute l’énergie dépensée dans l’antenne est utilisée parle rayonnement. Le général Ferrié vient de présenter à l’Académie des Sciences une note de MM. Mesny et P. David relative à des expériences de transmission radio-téléphonique sur ondes très courtes.
- Une excellente communication a pu être établie à 2 km de distance avec des ondes de 2 m. de longueur. L’antenne employée, vibrant en demi-onde, était constituée par un.fil de 1 m. de longueur et l’intensité des oscillations ne dépassait pas 80 milliampères. La portée sera beaucoup augmentée en faisant usage de miroirs en treillis métalliques à l’émission et à la réception.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chroniques de T. S. T.
- Lès piles employées en T. S. P. — Nous avons décrit dans une précédente chronique les postes à galène, et nous allons maintenant commencer l’étude des appareils à lampes; mais il nous faut auparavant indiquer les moyens de produire le courant électrique nécessaire au fonctionnement de ces appareils ; le problème de l’établissement des sources électriques d’alimentation devant, bien entendu, être antérieur à toute installation.
- Deux sources distinctes d’électricité sont indispensables lorsqu’on utilise des appareils français de réception, à lampes du type ordinaire; une première source doit fournir un courant de 4 volts et de plusieurs ampères, une deuxième un courant de 40 à 80 volts et de quelques milliampères ; courants destinés, nous le verrons, à chauffer les filaments des lampes et à porter les plaques au potentiel positif convenable.
- On utilise généralement des accumulateurs à grande capacité pour le chauffage des filaments et des accumulateurs à faible capacité pour la tension de plaques; des piles peuvent être employées le plus souvent pour la tension de plaques ou pour la recharge des accumulateurs de chauffage; quelques modèles permettent cependant le chauffage direct des filaments d’un petit nombre de lampes ordinaires. Enfin, dans certains cas, il est possible d’utiliser le courant d’un secteur d’éclairage, ramené à un voltage convenable, pour le chauffage des filaments et même pour obtenir la tension de plaques.
- Remarquons, dès à présent, que l’avènement pratique en France, des lampes à faible consommation, pourra rendre pratique également le chauffage des filaments au moyen de piles. Actuellement les filaments des lampes de réception exigent un ampérage de o ampère 6 à o ampère 7 par lampe; or il existe maintenant des lampes dont le filament consomme seulement la moitié ou le tiers de chiffre, et qu’il sera aisé d’alimenter avec des piles des amplificateurs à deux lampes ou même à trois lampes.
- Dans cette chronique, nous allons d’abord étudier les principes des piles utilisées en T. S. F. ; nous n’étudierons que les piles électro-chimiques. Il existe des piles d'un autre principe dites thermo-électriques, qui transforment l’énergie calorifique en énergie électrique, mais les essais entrepris pour adapter ces piles aux usages de la T. S. F., ne semblent pas avoir donné des résultats pratiques et c’est pourquoi nous nous contentons de les mentionner.
- Ceci posé, on peut considérer les piles que nous allons décrire comme transformant l’énergie chimique en énergie électrique; ces appareils se composent tous,
- Interrupteur^
- Eau
- acidulée
- Galvanomètre
- Fig. t. — Pile schématique.
- en principe, de deux électrodes, conducteurs en métal ou en charbon, plongeant dans un électrolyte; cet électrolyte est d’ailleurs acide, alcalin ou salin.
- Les électrodes d’une pile sont toujours de natures différentes et la force électromotrice produite par l’appareil dépend exclusivement de sa nature et non de sa forme ou de ses dimensions. Seule, sa capacité, c’est-à-dire la quantité d’électricité qu’il peut fournir, dépend de ses dimensions ; pour un même modèle, la pile peut débiter d’autant plus de courant et d’autant plus longtemps que ses dimensions sont plus grandes.
- Lia [force élèctramotriçe d’un élément de pile peut
- Fig. 2.— Sens de circulation du courant dans la pile.
- varier de 0,8 volt à 2 volts environ et sa résistance intérieure d’une fraction d’ohm à 5 ou 6 ohms (en état normal). La résistance intérieure d’une pile pour T. S. F. doit, nous le verrons, être aussi réduite que possible. Quant à la capacité, elle varie suivant les types.
- Si l’on désire uniquement utiliser des piles pour tension de plaque, on emploiera des piles à faible débit (qui sont les plus nombreuses); pour recharger des accumulateurs, on emploiera des piles à débit moyen, et enfin quelques modèles à grand débit permettent d’alimenter directement les filaments de deux ou trois audions ordinaires (d’un nombre plus grand de lampes à faible consommation), et, en tout cas, la recharge assez rapide de petits accumulateurs.
- Après l’exposé de ces généralités , étudions sommairement le principe des piles employées ; les modèles utilisés sont extrêmement nombreux, chaque jour de nouveaux sont proposés, et il ne saurait donc être question que d’indiquer les plus pratiques.
- Dans un vase isolant contenant de l’eau acidulée, nous plongeons une lame de zinc et une lame de cuivre réunies par un fil conducteur avec un galvanomètre et un interrupteur en série. Si on ferme l’interrupteur, l’aiguille du galvanomètre dévie, indiquant le passage d’un courant ; l’électrode positive est celle de cuivre, l’électrode négative est celle de zinc comme l’indique la déviation de l’aiguille du galvanomètre (fig. 1).
- En même temps, le zinc est attaqué, il se produit à sa surface une couche de sulfate de zinc et cette réaction exothermique élève fortement la température du liquide. Le courant passe à travers la pile, du zinc vers le cuivre, comme le montre la figure 2 ; l’hydrogène produit par l’électrolyse de l’acide sulfurique (S04H2 est décomposé, SO4 se combine avec Zn, l’ion H2 est mis en liberté) se porte sur l’électrode de cuivre et ne se dégage qu’en partie.
- Si maintenant on prolonge l’expérience, on voit diminuer la déviation de l’aiguille du galvanomètre. La pile paraît en quelque sorte se fatiguer (on dit qu’il y a polarisation).
- Ce phénomène provient, pour la plus grande partie, du dégagement d’hydrogène autour de la lame de cuivre; il se forme de l’hydrure de cuivre et la lame de cuivre n’est plus au même potentiel que le liquide qui la baigne. Il se produit peu à peu aux bornes de la pile une force contre-électromotrice de polarisation qui s’oppose à la force électromotrice normale et l’annule bientôt.
- Ce phénomène de polarisation des électrodes est d’ailleurs, comme nous le verrons, utilisé dans les accumulateurs.
- Par suite de ce phénomène, un élément de Yolta n’est donc pas pratiquement utilisable ; d’un autre côté, il est nécessaire d’utiliser une plaque de zinc amalgamé comme électrode ; dans le cas contraire elle serait attaquée même à circuit ouvert par l’acide, parce que le zinc n’est jamais exempt de traces d'impuretés.
- Nous voyons donc que, pour obtenir des piles produisant du courant pendant un temps suffisant, il est nécessaire de remédier à ce phénomène de polarisation et, par conséquent d’absorber, par un moyen approprié, l’hydrogène naissant qui se forme au voisinage de l’électrode positive.
- Ce dépolarisant oxydant peut être solide, liquide, et même gazeux, car des piles récentes utilisent l’oxygène de l’air pour amener l’effet souhaité.
- Les piles à dépolarisants liquides peuvent être à liquides mélangés ou à liquides séparés-, les piles du commerce employées en T. S. F. sont d’ailleurs généralement à liquides séparés.
- Le type de pile à liquides mélangés est la pile au bichromate (fig. 3 et 4)- Le liquide est constitué par de l’acide sulfurique dilué, additionné de bichromate de potasse, Le pôle positif est forpté
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- charbon de cornue
- Polo
- Tige de
- réglage en union
- Coupe d’une pile bichromate.
- fixées sur un couvercle en ébonite et reliées entre elles par une traverse en laiton. Le pôle négatif est formé d’une lame de zinc amalgamé, placée entre les lames de charbon, et supportée par une tige de métal qui peut glisser à travers le couvercle, de manière à faire plonger à volonté le zinc dans le liquide.
- Lorsque le circuit est fermé, le zinc est attaqué par l’acide, mais l’hydrogène qui tend à se produire autour du pôle positif est neutralisé par le mélange oxydant d’acide sulfurique et de bichromate de potasse;
- il n’y a donc aucun dégagement de gaz et par suite aucune polarisation.
- La force électromotrice de cette pile est de a volts, sa résistance est de quelques centièmes d’ohm.
- Le type de pile à liquides séparés est la pile Danieîl (fig. 5). Elle se compose d’un vase en verre séparé en deux compartiments par un autre vase en terre poreuse. Le compartiment extérieur renferme de l’eau acidulée dans laquelle plonge une lame cylindrique de zinc amalgamé qui constitue l’électrode négative. Le vase poreux contient une solution de sulfate de cuivre que l’on maintient saturée en garnissant ce vase de cristaux de sulfate de cuivre. Dans ce vase plonge une lame de cuivre formant l’électrode positive.
- Lorsque le circuit est fermé, le courant traverse la pile en allant du zinc au cuivre. L’eau acidulée et le sulfate de cuivre sont alors électrolysés. L’ion SO4 se porte sur le zinc pour former du sulfate de zinc qui se dissout, tandis qui se dirige vers le cuivre reforme de l’acide sulfurique avec l’ion SO4 du sel de cuivre qui est transporté en sens inverse. Sur la lame positive, il ne se dépose que le cuivre formant du sulfate et tout dégagement gazeux est évité.
- La force électromotrice de la pile est de i volt 07. Sa résistance varie, suivant le vase poreux utilisé, de quelques dixièmes à plusieurs ohms.
- La pile Callaud, qui est utilisée en T. S. F., nous le + verrons, n’a pas de cloi-
- son poreuse, la séparation se fait par différence de densité.
- LajoiZe Leclanché est le type de la pile à dépolarisant solide. Le pôle négatif est une lame ou un bâton de zinc (fig. 6), Je pôle positif est un cylindre en charbon de cornue aggloméré avec du bioxyde de manganèse.
- Lorsqu’on ferme le circuit, le zinc attaque le chlorure d’ammonium formant l'électrolyte, il se forme du chlorure de zinc qui se dissout et il se dégage au pôle positif de l’ammoniaque qui reste dissous et de l’hydrogène qui est oxydé par le bioxyde de manganèse. Cette oxydation est d’ailleurs assez lente et c’est pourquoi la pile ne peut
- Fig. 4-, Pile-bouteille au bichromate,
- que l’hydrogène
- Vase poreux
- Zinc
- -Eau acidulée
- Elément Daniell.
- fournir qu’un faible débit et doit n’être utilisée que pendant un temps très court, avec des intervalles de repos. Sa force électromotrice est d’environ 1 volt 5. Sa résistance varie d’une fraction d’ohm à 3 ou 5 ohms. On l’emploie beaucoup en T. S. F. sous des formes que nous indiquerons.
- La pile à oxyde de cuivre que nous étudierons est également une pile à dépolarisant solide.
- Enfin la pile Féry est le type de la pile à dépolarisation par l’air. Elle a déjà été décrite en détail dans le n" 2424 de La Nature. Elle se compose simplement (fig. 7) d’un vase en verre contenant une solution de sel ammoniac, d’une plaque de zinc placée horizontalement au fond du vase et formant le pôle négatif, et d’un charbon vertical, de nature spéciale, reposant sur le zinc par l’intermédiaire d’un isolant. Le charbon forme le pôle positif. Un couvercle évite l’évaporation trop rapide et il faut avoir bien soin de ne jamais recouvrir la surface du liquide d’une
- couche de corps gras, car la pile littéralement respire.
- Nous n’indiquerons pas ici le fonctionnement détaillé de cette pile qui a été longuement décrit dans l’article cité, de même que ses constantes ; qu il nous suffise de rappeler que la quantité d’oxygène nécessaire à la dépolarisation de l’électrode positive est empruntée automatiquement à l’oxygène de l’air par suite de la formation d’un couple local de dépolarisation (pile à gaz). Dans la prochaine chronique, nous noterons d’ailleurs, les avantages de ce genre de piles, dont il existe plusieurs modèles.
- Nous pensons avoir suffisamment rappelé à nos lécteurs les principes des piles utilisées en T. rf. F. Dans un prochain miméro, nous indiquerons comment on peut utiliser, choisir et construire les différents types de piles. Nous décrirons les modèles du commerce et donnerons quelques conseils pour leur entretien. P. Hémardinquer.
- au zinc; A, couvercle annulaire; D, couvercle de charbon; B, borne de prise de courant ; S, croisillon en bois.
- Objets utiles
- Perret mobile « Pix ». — Quel ennui de fermer des souliers à œillets quand le lacet est déferré ! Le ferret mobile « Fix » y rémédie, aussi bien qu’il permet d’utiliser des lacets achetés au mètre et coupés juste à la longueur nécessaire. Il se compose (fig. 8) d’une partie extérieure b, dans la fente de laquelle on fait glisser le lacet et d’une partie intérieure a, formant fermeture, munie d’un crochet pour retenir le lacet, ainsi que d’un arrêt à l’autre extrémité.
- Pour s’en servir on fait glisser le lacet (replié en 2 ou 4 pour les larges lacets) dans la fente de la partie b, en le laissant dépasser de 2 centimètres environ. On engage suffisamment la partie a en appuyant le crochet sur le lacet dans la partie b; on tire sur le lacet en tenant la partie b de l’autre main jusqu’à fermeture complète ; le
- crochet pénètre dans le lacet, qui entraîne la partie a. Celle-ci, buttant contre la partie b, ferme le ferret en retenant le lacet. Si l’on veut retirer le ferret on tire sur le petit bout de lacet dépassant le ferret en sens inverse du mouvement précédent ou, si le lacet ne dépasse pas, on repousse la partie a avec une pointe engagée dans la fente b.
- Le ferret « Fix » est en vente 8, rue Cadet, Paris.
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- VARIETES
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- U AVOCAT OU POIRE D’AVOCAT
- Au nombre des fruits exotiques qu'on a quelque chance de trouver chez les marchands de produits coloniaux figure le fruit encore peu connu de l’avocatier désigné chez nous sous les noms à’avocat, , avocate, poire d'avocat, dont l’origine provient du mot atzèque « ahuacatl » après avoir passé par les altérations espagnole « ahuacate » et brésilienne <c abacate ». Les Américains l’ont nommé d’abord « Alligator Pear » à cause de la peau rugueuse de certaines variétés, mais ils ne l’appellent plus que « Avocado ».
- Aire culturale. — Originaire du Mexique, l’avocatier (Persea gratissima Gaert). Lauracées, qui est un très bel arbre de 8 à i5 m. de hauteur, s’est répandu depuis très longtemps dans les contrées de l’Amérique tropicale, puis dans l’Afrique du Sud, aux Indes, assez récemment en Californie. On l’a acclimaté en Algérie et même sur le littoral provençal ; on en remarque de beaux pieds à Hyères où ils fleurissent et fructifient; c’est une des raisons qui m’ont incité à faire connaître ses fruits davantage.
- Caractères généraux des fruits. — Les fruits revêtent deux formes principales : piriforme et sphérique. La première, la plus répandue de beaucoup, lui a valu par ce rapprochement le nom de Poire d‘Avocat. Ce sont des drupes renfermant un noyau mince et ferme que remplit ou non la graine. Selon les variétés, les fruits, à leur maturité, sont violacés et du volume d’une très grosse poire chez ceux de cette forme, ou bien de couleur verte et du volume d’une orange chez les fruits arrondis. Ils peuvent toutefois atteindre, en dehors de la moyenne 45o gr., un poids très élevé : 1 kg chez la variété Rico et 1 kg 5oo chez la Polloclc,
- Leur chair, assez ferme, très fine, grasse, parfois fondante, a été comparée à du beurre végétal. Elle possède une saveur particulière se rapprochant assez de celle de la noisette. Leur maturité varie avec les pays et les sortes; elle a lieu d’août à novembre aux Antilles, de juillet en août en Guinée, d’août en septembre dans l’Inde, d’octobre à décembre à la Guyane et d’août à décembre en Californie.
- Variétés. — Elles sont nombreuses. M. E. Jaffa, dans son étude, The Avocado in California, publiée dans le Bulletin n0 254, de VAgricultural Experiment Station, Berkeley (California), n’en décrit que ai, dont 6 à peau mince et i5 à peau rugueuse choisies parmi celles qui méritent le mieux d’être cultivées dans ce pays, tant pour la fertilité et la rusticité des arbres que pour les qualités des fruits.
- Il serait superflu de les transcrire ici, je n’en citerai que les plus recommandées ; Harman, Northrop, Chap-pelow, Carton et Ganter, à peau mince ; Taft, Challenge, Lyon, Meserve, Milles, Walker, etc., à peau rugueuse. H. Jumelle indique, en outre, Trapp, Fowler, Pollock et Rico. Je passerai sous silence celles des autres pays, mais je me garderai d’oublier que, d’après E. Sauvaige, il existe plusieurs variétés de Persea gratissima cultivées en Algérie, telles sont les P. yatotonensis, à fruits volumineux d’un goût exquis, P. rubra, dont les fruits se colorent en rouge à la maturité et arrivent parfois au poids de 4°o à 460 grammes.
- Production. —- Les avocatiers commencent à rapporter, selon les pays de culture, vers la quatrième ou sixième année de leur plantation, selon qu’ils sont francs de pied ou greffés. Au Guatémala, la variété Lyon fructifie en pépinière et Puebla à 2 ans. H. Jumelle rapporte qu’aux Hawaï, on admet comme récolte moyenne 5oo fruits par an et, exceptionnellement, 800 à 1200. E. Jaffa dit que certains avocatiers du type mexicain ont produit annuellement dans le comté de Los Angeles jusqu’à 5ooo petits fruits à peau mince. En outre, beaucoup d’avocatiers produisant les deux genres de fruits ont, entre i5 et 20 ans, rapporté plus de 1000 fruits par saison, et quelques-uns de 2000 à 25oo. Par arbre de 10 à i5 ans, une moyenne annuelle de 5oo poires d’avocat bien marchandes est un beau rapport. Le prix coté aux Etats-Unis, en 1915, pour une douzaine de beaux fruits variait entre 4 et 8 dollars, on peut se faire par là une idée de la valeur d’un verger d’avocatiers, de io à i5 acres, planté au taux de 80 à 100 pieds à l'acre.
- Emplois, — C’est l’un des fruits les plus recherchés
- dans les pays chauds où on le consomme de plusieurs manières, mais le plus souvent comme hors d’œuvre ou bien comme fruit de dessert. Au Mexique, les habitants étalent la chair sur leur pain en guise de beurre; d’ailleurs, les premiers rapports sur la nature de cette chair l’ont décrite comme une mayonnaise naturelle qui était souvent mangée telle qu’elle, au moment de la cueillette, sans aucune addition ou préparation. Aux Antilles, les créoles ont l’habitude de les mélanger avec de la viande et de les assaisonner avec du sucre et du jus de citron. Aux Etats-Unis, étant donné que ces fruits contiennent très peu d’acide et de sucre et beaucoup d’huile, on ne les consomme guère que comme salade en leur ajoutant seulement un peu de sel et de jus de citron ou de vinaigre.
- Dans les hôtels et les restaurants, on les coupe souvent en cubes d’un demi à un tiers de pouce ou en tranches minces, et on les sert dans de petits plats; on les mélange parfois aussi avec des salades hachées. Dans les contrées de l’Amérique centrale, on ajoute ces petits cubes à la soupe au moment de la servir et ils lui communiquent un goût de noisette très agréable. Enfin, on en fait des desserts en les coupant en tranches qu’on arrose de kirsch ou de Madère, ou bien en transformant la chair par battage en une sorte de crème.
- Composition chimique. — La principale valeur nutritive de la poire d’Avocat réside dans sa haute teneur en matière grasse qui, d’après les analyses de E. Jaffa, varie entre 9,8 pour 100, au minimum, 29,1 au maximum avec une moyenne de 20,1 pour 100. Le seul fruit qui peut lui être comparé à cet égard est l’olive. De la comparaison entre 10 variétés d’avocats et 10 variétés d’olives, il résulte que la teneur en matière grasse ou huile oscille chez les premières entre 29,10 et 23 p. 100 et, chez les secondes, entre 27,68 et 19,54 pour 100, ce qui assume le premier rang à la poire d’avocat.
- Les analyses de 28 variétés ont donné les résultats suivants pour 100 grammes de la partie comestible.
- Eau Protéine Matière grasse Hydrates de carbone Cendres
- Maximum. 79,66 3,70 29,1° 16,17 G93
- Minimum. 61,08 i,3o 9,80 3,69 0,60
- Moyenne . 69,16 2,08 20,10 7,39 1,26
- La matière sèche contenue dans la partie comestible est plus grande que celle qui existe dans tout autre fruit frais. Sa moyenne atteint 30,84 pour 100, tandis que dans le fruit qui s’en, rapproche le plus, la banane, elle ne s’élève qu’à 25 pour 100. Il est connu que la teneur de la protéine dans tous les fruits reste basse, au-dessous de 1 pour 100, en moyenne, mais dans l’avocat le chiffre minimum i,3o pour 100 égale presque la teneur maximum i,5o indiquée pour les figues et les groseilles. Quant à son poids maximum 3,70, il correspond d’assez près à la teneur de quelques fruits secs. Si les hydrates de carbone sont plutôt faibles, par contre, les matières minérales sont élevées.
- La valeur énergétique a été évaluée par livre (453 gr. 5g), au minimum, à 597 calories, au maximum à i325 et, en moyenne, à 984. Cette dernière dépasse le double du maximum relevé pour les autres fruits. La poire d’avocat a donc une grande valeur alimentaire.
- Exportation. — Elle demande certaines précautions pour donner de bons résultats. On n’y soumet de préférence que les variétés à peau épaisse et rugueuse comme Lyon, Miller, Walker, etc., car celles à peau mince seraient vite meurtries et celles en forme de bouteille auraient le col brisé. Ainsi que le dit H. Jumelle, on les expédie en chambres froides après un refroidissement préalable. On enveloppe chaque fruit dans du papier fin, et on emballe en caissettes d'une ou de deux douzaines. Les fruits doivent bien remplir l’intérieur de ces caissettes sans interposition de frisons de papier. La température doit être un peu moins basse que celle qui convient pour les fruits des climats tempérés; une réfrigération trop forte et trop prolongée provoque le noircissement de la pulpe. E. Jaffa a trouvé que la température de 3a° à 35° F. permet de les conserver en bon état durant deux mois,
- L’Afrique du Sud a déjà envoyé des poires d’avocat
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- VARIÉTÉS
- en Europe, en 1922, mais, faute d’avoir pris ces précautions, il s’est produit des pertes notables. Cependant les exportateurs, après s’en être rendu compte, se sont décidés à faire le nécessaire pour établir un commerce
- régulier. L’importation des variétés algériennes en France, étant donnée la faible durée du transport, aurait en chambre froide toute chance de succès.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- La conservation des colles à 9a gomme arabique.
- — Un de nos lecteurs, M. de Pontbriand, nous adresse l’intéressante communication qui suit.
- « Comme les colles à gomme arabique du commerce se vendent fort cher, et que j’en consomme des quantités très appréciables, il y a fort longtemps que je me fabrique moi-même, à très bon compte, ces solutions; et j’ai pensé que ma formule pourrait peut-être intéresser vos lecteurs. J’obtiens avec elle, une colle très limpide et se conservant parfaitement plusieurs années (1 flacon d’un litre est resté toute la durée de la guerre sans altération). La colle est très limpide, s’étale bien, ne casse pas et sèche très vite.
- Voici comment j’opère (après plusieurs essais), pour un litre de colle :
- i° Gomme arabique commune (très impure), en rognons, ïiB à 200 gr. Verser sur cette gomme, 800 à 900 gr. d’eau chaude, et laisser gonfler et se dissoudre (en remuant de temps en temps) 2 ou 3 jours ;
- 20 Première filtration, pour éliminer les grosses impuretés, faite dans un entonnoir à boule, sur un tampon très lâche de soie de verre ;
- 3° Défécation, par 3o à 5o gr. à’alumine en gelée, en agitant fortement, laissant • reposer ensuite pendant 24 heures, puis décantation et nouvelle filtration sur soie de verre un peu plus serrée ;
- 4° Dissolution dans un peu d’eau d’environ 4° gr. de sucre blanc et 10 gr. de résorcine. On ajoute ce sirop à la colle en agitant, et complétant à un litre avec de l’eau.
- 5° Laisser reposer 3 ou 4 jours avant de boucher, pour permettre le très faible, mais constant dégagement gazeux.
- Prix de revient maximum.
- 200 gr. de gomme à 5 fr. le kg . . . 1 fr. 00
- 5o gr. alumine (précipitée de l’alun ordinaire ou lessive Solvay) ... o fr. 10
- Sucre (environ)....................o fr. 20
- Résorcine.................. . . o fr. 3o
- Pour un litre. . Total ... 1 fr. 60
- Prix bien inférieur à celui de vente des papetiers, la manipulation est insignifiante, et demande seulement que l’on s’y prenne d’avance. »
- Procédé pour apprécier la qualité d’un cuir. —
- Sur la face non rugueuse du cuir, découper à l’aide d’un canif ou d'un tranchet de cordonnier bien aiguisés, une mince lamelle dont l’épaisseur ne doit pas dépasser un millimètre,
- On verse alors, dans un petit vase non métallique, le contenu d’un verre à liqueur de fort vinaigre de vin, puis on y plonge la lamelle de cuir, et on couvre le vase assez hermétiquement pour éviter l’évaporation du liquidé.
- Si le cuir est de bonne qualité, s’il a été bien préparé et tanné, il ne doit pas se gonfler ni se désagréger et 11e doit prendre qu’une teinte plus foncée, après plusieurs mois de séjour dans le vinaigre.
- Lorsque le cuir n’a pas été bien préparé, bien pénétré par le tanin, ses fibres se détachent et gonflent, au point qu’en quelques jours, au plus tard en quelques semaines, il sera transformé en une masse gélatineuse.
- C’est là un procédé sûr, pour essayer, par exemple, la qualité d’une courroie ou autre pièce de cuir.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à. limiter strictement les réponses aux lettres présentant un-caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement
- Réponses. — E. T., Mulhouse.— Revue d'automobile, la Vie automobile, hebdomadaire. Dunod, éditeur, 47, quai des Grands-Augustins ; Revues d’Aviation: YAérophile, édité par l’Aéro-Club, rue François-Ier, Paris; h’ Aéronautique, édité par Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. B., Paris. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial aux fosses septiques, mais des études et des articles épars en différentes revues techniques.
- Toutefois, je vous signale dahs la collection du Traité d'hygiène, de Chantemesse et Mosny, le tome XV dans lequel la ire partie traitée par M. le Dr Calmette et aussi la 2e partie, traitée par M. le Dr Imbeaux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées (à Nancy) parlent de l’épuration biologique et des fosses septiques.
- Si le filtre est bien établi, si son régime est normal, il ne devrait pas y avoir dégagement d’odeur.
- M. G. M., Castillonnès. — Les meilleurs modes de plantation de nos arbres fruitiers en plein vent.
- Toujours et partout, les meilleurs modes de plantation des arbres en plein vent seront ceux qui leur assureront le plus de place dans le sol et la meilleure somme de lumière et de chaleur dans l’air.
- Les plantations « en joualles », telles qu’elles sont pratiquées dans le département de Lot-et-Garonne sont excellentes si on considère que les lignes de pruniers y étant isolées les unes des antres ne s’ombragent pas
- entre elles. Ces arbres y reçoivent donc, semble-t-il, la meilleure somme de chaleur et de lumière, surtout si les lignes considérées sont orientées du nord au sud.
- Où la plantation « en Joualles » laisse à désirer, c’est par l’association étroite de vos pruniers avec la vigne. Dans le sol, les racines des deux arbres se font concurrence, soyez-en certain.
- Conservez donc la méthode des plantations par lignes aussi isolées que possible, quitte à rapprocher un peu plus que de coutume les arbres entre eux sur une même ligne, mais (sauf pendant les premières années et parce qu’il y a là un profit qui n’est pas négligeable) ne cultivez rien autre chose sur ces lignes d’arbres.
- C’est-à-dire que si vous plantez un groseillier ou un cassis dans chaque intervalle qui sépare deux jeunes arbres sur une ligne, vous ne laisserez ces arbustes que juste ce qu’il faut de temps aux pruniers pour envahir le sol, que leurs racines, à un moment donné, doivent occuper seules.
- C’est pour se conformer à cette règle que les arboriculteurs de Californie plantent leurs vergers à raison seulement de 220 arbres à l’hectare, ce qui représente environ 5 m. entre les arbres sur chaque ligne de. plantation, mais ïo m. entre les lignes.
- Même préoccupation au Canada, où près de 10 millions de pommiers sont plantés de la sorte, ou plus espacés encore, en prés-vergers, avec des cultures de trèfle rouge ou d’autres herbes fourragères, entre les lignes très distantes de ces pommiers. Georges Bellair.
- M. I. R., à Versailles. — Pour enrayer les épidémies dans votre poulailler, nous vous conseillons d’arroser le sol, et de laver les murs et les différents objets qui y sont contenus avec une émulsion de Crésyl Jeyes, faite à raison de aoo à 3qq gr. par litre d’eau, En temps ordi-
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- BOITE AUX LETTRES
- naire, l’usage de la poudre crésylée protégera votre poulailler contre la vermine. Ces produits sont en vente à la Société Française de produits sanitaires et antiseptiques, 35, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- T. S. F. — M. l'abbé Le Ganec, à Pont-Croix (Finistère). — Nous vous remercions de votre communication relative à la réception des ondes courtes sur grande antenne et ferons connaître les résultats intéressants obtenus par vous, lors de l’étude, dans une chronique, de cette question spéciale. Votre montage n’utilisant pas de prise de terre est,' en effet, à recommander; d’abord parce qu’il permet de diminuer la longueur d’onde propre de l’antenne très longue, et ensuite parce qu’on peut éviter ainsi une bonne partie des bruits parasites.
- M. René Monnoyer, à Vincennes. — i° On peut parfaitement employer un amplificateur à résistances à la suite du circuit grandes ondes du dispositif superhétérodyne, Puisque vous en possédez un, il nous semble qu’il est inutile de construire un amplificateur spécial, dont le rendement serait peut-être un peu meilleur, mais aussi la mise au point plus difficile.
- 2° Nous avons déjà indiqué plusieurs fois, entre autres dans le n° 2572 de La Nature, les caractéristiques de la résistance selfique d’accrochage pour réaction électrostatique.
- 3° Le schéma de détecteur que vous nous soumettez est inexact ; l’entrée des courants de T. S. F. se fait entre la grille et l’extrémité positive de la batterie de filament et non de plaques. Voyez par exemple le n° 256i de La Nature ou Le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- 4® Il est préférable d’employer des batteries séparées ; en tous cas des batteries de plaque séparées.
- 5° L’emploi d’un détecteur pour petites ondes en avant des circuits accordés est indispensable dans tous les cas pour la réception à grande distance. Détecteur et amplificateur peuvent être montés dans une même boîte.
- 6® On peut accorder le premier circuit oscillant grandes ondes au moyen d’un condensateur fixe de 1/1000e de microfarad.
- 70 Le schéma à’hétérodyne que vous nous avez soumis est inexact ; vous n’avez pas bien appliqué le montage indiqué dans le livre. Vous trouverez encore à la page 145 du même livre des montages d’hétérodynes pour ondes courtes.
- M. Guillemyn, à Roubaix. — Il nous semble qu’avec un condensateur variable en série dans l’antenne, il vous sera possible de recevoir les ondes de 35o m. à 600 m. de longueur d’onde; accord en dérivation par galettes en nid d’abeilles ou fond de panier. Vous pouvez employer une lampe détectrice à réaction, suivie d’un étage à B. F. Pour recevoir maintenant les ondes très courtes de i5o m. à 35o m., il faudrait employer un montage en Tesla avec primaire apériodique ou avec système contrepoids, une lampe de couplage suivie d’un étage détecteur, ou un montage Reinartz.
- Remarquez d’ailleurs que le rendement ne sera pas meilleur que si vous employiez une antenne courte ; il sera très inférieur pour cette gamme de longueurs d’onde, ainsi que nous l’avons plusieurs fois fait remarquer.
- Nous indiquerons prochainement des montages de ce genre dans les « Chroniques de T. S. F. », vous pourrez en trouver également dans La T, S, F. des Amateurs, de Duroquier (nouvelle édition), ou dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- M. Ciattino, à Santigny (Yonne). — Les signaux horaires de la Tour Eiffel indiquent les temps de Greenwich et non de Paris.
- M. R. M., à Saint-Mandé. — i° Nous ne comprenons pas pourquoi votre appareil, après avoir fonctionné normalement au début, a commencé tout à coup à « siffler » par suite de la naissance d’oscillations locales. Il serait bon de vérifier l’état de vos piles et de vos lampes. De“ plus vous pouvez ramener à o,o5/iooo de microfarad la valeur de la capacité de liaison d’un étage H. F. à self. Enfin vous pouvez encore augmenter la valeur de la capacité shuntant le primaire du transformateur B. F. et l’amener jusqu’à 4/1000 ou 6/1000 de fj. F. Il est enfin quelquefois utile d’inverser le sens des enroulements du transformateur B. F.
- 2* Vous pouvez trouver dans l’Onde électrique n°s 1 et a les articles de M. Brillouin relatifs aux amplificateurs. à résistances et à la réaction électrostatique. Bien que basés sur une documentation technique, ces articles
- sont cependant d’une lecture facile pour un amateur possédant une culture mathématique élémentaire.
- 3° Il existe de nombreux montages permettant d’éviter la « reradiation » dans l’antenne et de gêner ainsi les amateurs voisins. Il suffit de faire réagir la self de réaction sur le circuit oscillant d’une lampe quelconque de l’amplificateur, au lieu de la faire réagir sur le circuit oscillant primaire.
- 4° Nous vous remercions de vos intéressantes suggestions sur des questions à traiter dans nos « chroniques ». Nous décrirons en particulier très prochainement les montages pratiques de super-réaction.
- M. Nicolas, à Tancarville (Seine-Inférieure). — i° Il est bien difficile d’éliminer les émissions en amorties des postes côtiers rapprochés, surtout lorsqu’on désire recevoir des émissions sur ondes courtes. L’emploi de circuits-filtres vous procurerait sans doute une amélioration notable.
- 2“ Le seul moyen d’atténuer les parasites atmosphériques consiste à employer des étages H. F. avant la détection et à supprimer vos étages B F.
- 3° Vous n’ignorez pas sans doute que fréquemment des concerts ou des conférences émis par une station de « broadcasting » anglaise sont retransmis par les autres postes, ce qui fait quelquefois croire aux amateurs que la réception est identique pour plusieurs réglages du poste ; alors qu’en réalité ils perçoivent ainsi plusieurs émissions de longueurs d’onde différentes, mais comportant toutes le même programme.
- Il est d’ailleurs également possible, puisque votre primaire n’est pas accordé, que plusieurs réglages différents vous permettent l’accord sur la même longueur d’onde.
- M. Rondeau, à Groléjac (Dordogne). — Nous vous avons déjà donné des indications sur les selfs de liaison pour amplificateur. Les selfs que nous avons décrites permettent la réception des émissions de 35o m. à 4000 m. de longueur d’onde environ.
- M. le lieutenant Deschepper. — 1’ Le condensateur shuntant l’écouteur téléphonique a pour but généralement de régulariser les oscillations détectées et aussi de laisser passer les oscillations à haute fréquence lors du fonctionnement auto-hétérodyne. En réalité, dans les montages classiques il est le plus souvent inutile. Pour un casque à deux écouteurs de 2000 ohms avec haut parleur de résistance équivalente, on peut donner à cette capacité une valeur de 1/1000 p. F.
- 2° Le condensateur shuntant l’enroulement du transformateur B. F. n'a pas du tout le même rôle. Nous l’avons déjà expliqué plusieurs fois. Vous pourrez trouver des détails sur cette question dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F.
- 3® Nous avons indiqué souvent dans « La Boîte aux Lettres » les qualités comparées des transformateurs B. F. à circuit magnétique ouvert ou fermé. Nous vous rappelons seulement que le rendement des premiers est très inférieur et leurs avantages fort minimes.
- M. Dusart, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). — Il est tout à fait regrettable que vous ne puissiez utiliser seulement 2 ou 3 éléments d’accumulateurs pour l’alimentation de votre amplificateur à 5 lampes. Si vous désirez absolument utiliser votre batterie de 60 volts, ce qui sera forcément d’un rendement désastreux, il faudra mettre en série une résistance variable d’une vingtaine d’ohms au moins en fil de nickel-chrome ou formée de lampe à incandescence en parallèle.
- M. L. L., à Paris. — i° Malgré le peu de précisions que vous nous donnez, il nous semble comprendre que votre poste comprend un détecteur à galène ou une lampe détectrice à réaction et 3 lampes B. F. à transformateurs. Pour diminuer les déformations de la parole reçue, il conviendrait d'utiliser seulement 2 étages B. F.
- 20 Pour atténuer les bruits parasites et en même temps augmenter l’amplification à grande distance, il faut ajouter un ou deux étages H. F. en avant de la lampe détectrice et se contenter d’un seul étage B. F., Ou de deux au maximum.
- Vous pourrez choisir vos étages H. F. après lecture d’un manuel de T. S. F. comme Le Poste de l’Amateur de la T. S. F. ou La T, S. F. des Amateurs.
- M. A. Paris, à Paufy (Dordogne). — Vous trouverez l’horaire du poste de Croix d’Hins dans l’horaire des émissions radiotéléphoniques qui a été publié dans La Nature.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de la Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ...
- Leçons de pétrographie, par Jacques de Lapparent, r vol. 5oo p., 119 fig. dans le texte, 28 pl. hors texte en couleur. Masson, éditeur, Paris, 1923. Prix : 60 francs.
- La pétrographie est la science des roches qui constituent l’écorce de notre globe. Elle est intimement alliée à la géologie, à la minéralogie, à la cristallographie et à la chimie. Jusqu’ici nous n’avions en France aucun ouvrage consacré à ce sujet.
- Cette lacune est aujourd’hui comblée par la publication des leçons si claires et si bien ordonnées que professe à Strasbourg M. J. de Lapparent. Après avoir rappelé les notions fondamentales de cristallographie, l’auteur aborde immédiatement l’étude des roches qu’il classe en trois grandes familles : roches éruptives, sédiments et roches cristallophyliennes ; dans chacune d’elles, il ne se borne pas à la description et à l’identification des divers individus qui la composent, mais il montre comment elles se présentent et comment elles s’associent dans la nature, il cherche à résoudre le problème de leurs origines, et indique les transformations qu’elles subissent au cours des âges.
- Ce savant ouvrage est d’une lecture facile et attrayante, rendue plus agréable encore par une magnifique illustration.
- Conférences de chimie minérale [métaux), faites à la Sorbonne, par M. Guichard, i vol. in-8 (25-16), de xxix-356 p., io5 fig. Gaulhier-Villars et Cie, éditeurs, Paris, 1924. Prix : 3o francs.
- Ce livre est un ouvrage de chimie descriptive; s’appuyant sur les lois générales qu’il suppose connues du lecteur, il se propose de tracer la monographie des principaux métaux.
- Le classement adopté est le suivant :
- Les métaux alcalins, alcalino-terreux, magnésiens, les métaux du groupe du fer, formant une série importante, où l’on voit se modifier progressivement les caractères.
- Viennent ensuite les métaux plus difficiles à classer : le groupe du cuivre, le plomb, les métaux du platine, l’or; enfin les métaux métalloïdes, tels que le bismuth, le vanadium, l’étain dont l’étude ne se trouve pas toujours développée dans les ouvrages sur les métalloïdes.
- Quelques questions générales très importantes pour l’étude des métaux ont été exposées en divers chapitres ; telles sont : l’étude des phénomènes de solidification ,des solutions ou des alliages, les verres, la catalyse, la classification.
- Cet ouvrage est précédé d’une remarquable introduction où l’auteur étudie la chimie, les chimistes et l’enseignement chimique en France.
- Ethnographie sismique et volcanique ou les Tremblements de terre et les volcans dans la religion, la morale, la mythologie et le Folklore de tous les peuples, par le comte de Montessus de Ballore. i vol. 206 p. Edouard Champion, éditeur, Paris, 1923. Prix : 20 francs.
- Les phénomènes sismiques et volcaniques ont de tous temps, la chose est bien naturelle, vivement frappé l’esprit humain, et la trace des impressions de terreur qu’ils provoquent, se retrouve très clairement dans les vieilles croyances des religions primitives, dans les légendes populaires, dans les fables des mythologies, dans tout cet ensemble de documents qui constitue les legs des générations les plus reculées, dont nous ne connaissons pas l’histoire.
- L’éminent sismologue qu’était M. Montessus de
- Ballore a entrepris la recherche systématique et le classement méthodique de toutes ces fables et légendes ; son savant travail est une bien intéressante contribution à l’histoire de l’évolution de l’esprit humain.
- M. de Ballore, tout en se défendant de vouloir en tirer des conclusions générales, attire l’attention sur deux faits qui s'en dégagent : le premier c’est que les croyances populaires sismiques ou volcaniques, même les plus étranges à nos yeux, ne sont jamais l’apanage d’un seul peuple ; on les rencontre disséminées sur toute la surface de la terre dans des circonstances de temps et de lieu qui excluent toute possibilité de transmission de proche en proche ou par émigrations, et qui attestent l’unité de la mentalité humaine. Le second fait, fort curieux, c’est la persistance, même dans les travaux scientifiques modernes, de certaines idées préconçues et arbitraires, qui n’ont d’autre origine que l’obscure tradition des légendes et du folklore populaires.
- La lumière monochromatique, sa production et son emploi en optique pratique, par Ch, Fabry, directeur de l’Institut d’optique, 1 br. 37 p., 16 fig. éditée par la Revue d’optique, 140, boulevard du Montparnasse, Paris 1923. Prix . 3 francs.
- Cette monographie, rédigée avec la clarté qüi caractérise tous les écrits du savant professeur de la Sorbonne, est destinée aux techniciens de l’optique. L’emploi de la lumière monochromatique est, en effet, de plus en plus fréquent dans les ateliers d’optique. Après un rappel des définitions et des unités usuelles, l’auteur indique les moyens propres à isoler une radiation déterminée dans un spectre complexe, puis il étudie la production de lumière monochromatique au moyen de gaz lumineux (tubes de Geissler, de Cooper-Hewitt, de Michelson, arcs électriques) ou par isolement d’une radiation simple dans une lumière blanche. Il étudie ensuite les applications de la lumière monochromatique : production d’interférences, notamment pour la vérification des surfaces, essai des prismes par la méthode de Twy-man, étude des aberrations chromatiques, étude des propriétés optiques des corps.
- La chronaxie chez l’homme, par le Dr Georges Bourguignon, 1 vol. in-8, 4*7 p-, 5o fig. Masson et Cie, Paris, 1923. Prix : 35 francs.
- La chronaxie est une mesure fine et précise de l’excitabilité nerveuse et musculaire. Introduite en physiologie générale par Lapicque, elle a permis d’amener une grande précision dans un domaine qui était resté jusqu’alors très confus. Le Dr Bourguignon l’a appliquée à l’homme sain et à l’homme malade et en a obtenu toute une série importante de résultats sur le fonctionnement normal des divers muscles et de leurs nerfs moteurs, son évolution avec l’âge, ses variations pathologiques, ses modifications expérimentales. Il les expose clairement dans ce volume d’où se dégage une physiologie nouvelle et exacte du fonctionnement général du système nerveux.
- Etudes sur les Infusoires d’eau douce, par E. Pénard, ï vol. in-4, 331 p., 3oi fig. Georg et Cio, Genève.
- Travail considérable puisqu’il porte sur 3oo espèces dont 168 nouvelles! C’est dire combien le groupe des Protozoaires d’eau douce est encore peu connu. Pendant 6 ans, l’auteur a exploré les mares et les pièces d’eau des environs de Genève, observant sur le vivant, notant et dessinant tous les animalcules qu’il rencontrait. Les documents ainsi accumulés apportent de très nombreuses nouveautés à nos connaissances sur les Infusoires. L’ensemble des monographies ici rassemblées est suivi d’un index biologique qui permet de se reporter aux espèces les plus intéressantes pour l’étude des cils, des trichocystes, de la vésicule contractile, des noyaux, du péristome, des phénomènes de reproduction, du parasitisme, etc. C’est un ouvrage fondamental à consulter par tous ceux qu’intéresse la vie microscopique des eaux douces.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2595
- 29 Décembre 1923
- »<
- INFORMATIONS
- osr,,
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 décembre (n° aSgî), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 599), le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 28 décembre aux abonnés qui nous ont versé directement, cette année, le montant de leur souscription et qui n’ont pas utilisé le chèque postal qui leur a été adressé dans la deuxième quinzaine de novembre.
- Nouvelle comète Reid (1923 b). — D’après la circulaire n° 3o du Bureau central astronomique de l’Union astronomique internationale, à Copenhague, M. Reid, à l’observatoire du Cap, a découvert une comète — dont la grandeur n’est pas indiquée — le 10 novembre. Ce qui est assez curieux, c’est que la première observation télégraphiée (généralement c’est ceb' du jour de la découverte) porte la date du ier déce 1 bre. Le mauvais temps a-t-il empêché entre ces deux d< es de permettre la vérification, c’est possible. Yoici la position indiquée, pour 9h2im (t m. de Greenwich).
- En ascension droite — a2l'39“3is.
- En déclinaison = — a5°i6'.
- Mouvement diurne : en ascension droite = ~f- 3n,os ; en déclinaison = -|- i3'.
- La nouvelle comète se trouvait donc à cette date du i°r décembre entre le Verseau et le Poisson Austral, un peu au-dessus de la ligne joignant Fomalhant (a) à s du Poisson Austral.
- Remarquons en passant que cette comète est la seconde de l’année iqa3, la désignation 1923 b, primitivement donnée à 1’ « objet » Reinmuth, lui étant attribuée. De plus en plus, ce dernier « objet » prend figure d’astéroïde.
- Le charbon au Congo belge. — Le Congo belge recèle, on le sait, d’immenses richesses minières. On connaît les beaux gisements de cuivre du Katanga, les gîtes diamantifères du Kasaï. Mais ce n’est pas tout. Il possède également de riches gisements de charbon, qui promettent pour l’avenir de nouveaux développements industriels. Voici à ce sujet quelques détails extraits d’un article de M. Miratte d’Oulhaye, dans la Revue universelle des Mines.
- Deux gisements ont été découverts au Congo, tous deux dans le Katanga : le premier en 1910 sur le lac Tanganyka, le second en 1914 sur la Luena, près de Bukama. Les deux gisements sont géologiquement très analogues et d’âge permo-triasique.
- Au Tanganyka on compte au moins 5 couches régulières de puissance variant entre o m. 80 et 1 m. 80.
- L’épaisseur totale en charbon du faisceau de couche est de 5 m. au moins. La superficie totale de ce bassin est évaluée à a5 000 hectares, et la réserve de charbon à un milliard de tonnes.
- L’exploitation, commencée en 1914, est encore très réduite, faute de débouchés; mais c’est une immense réserve qui trouvera progressivement son emploi dans un avenir prochain.
- Le gisement de la Luena est beaucoup plus modeste. Il n’a que 200 hectares et 10 millions de tonnes environ. Mais il se trouve à proximité de puissants gisements de cuivre en exploitation; aussi prévoit-on à bref délai une consommation de 3oo 000 tonnes par an.
- Le charbon congolais est assez cendreux et son pouvoir calorifique de 55oo à 6000 calories par kilog est un peu inférieur à celui des charbons d’Europe.
- Les variétés de blé en France. — M. L. Brétignière a récemment publié dans la Revue de botanique appliquée et d’agriculture coloniale une importante étude sur cette intéressante question.
- Depuis la publication, en 1880, du travail capital d’Henry de Vilmorin sur les meilleurs blés de France, on sait que la diversité des sols et des climats ont fixé dans chaque province des variétés de blés particulière-
- ment adaptées aux caractères de chaque « pays ». Ces blés de pays, résultats d’une longue, patiente et souvent inconsciente sélection, ne réussissent plus aussi bien quand on les sort de leur terroir; on dit alors qu’ils
- Fig. i. — Répartition des variétés de pays, en pour ioo des surfaces cultivées en blé.
- Blanc : moins de 10 pour ioo ; Pointillé noir : io à 25 pour ioo ; Hachuré en diagonale : a5 a 5o pour ioo ; Horizontal : 5o à 75 pour ioo ; Grillagé : 70 à 90 pour 100; Noir : plus de go pour 100.
- dégénèrent. On compte actuellement 1800000 hectares cultivés en blés de pays, soit un tiers de la surface emblavée.
- Les principaux sont le Blanc de Flandre dans le nord, le Barbu de Champagne dans l’Est, le Seille, YAltkirch en Alsace, les Soisettes et les Tutelles dans le Sud-Est, le Blé de Roussillon dans les régions arides et sèches et les Bladeltes, dans les sols meilleurs de la vallée de la Garonne, etc.
- Par contre, en Bretagne, en Normandie et dans le
- Fig. 2. — Répartition des variétés Bon Fermier et Hâtif
- ïnversable, en pour 100 des surfaces cultivées en blé.
- Blanc : moins de 10 pour 100 ; Hachuré : xo à 25 pour xoo ; Grillagé : 20 à 5o pour 100; Noir : plus de 5o pour xoo.
- bassin de Paris, les Blés améliorés ont presque partout remplacé les Francs Blés à barbes et les Chicots sans barbes.
- Dès la Restauration, les Blés d’Espagne, d’Italie et de Russie gagnèrent les plaines, du Midi et du Centre de
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- INFORMATIONS
- la France Le froid arrêta une extension souvent inconsidérée mais le B le bleu ou Blé de Noé subsiste encore jusqu’en Beauce et une variété, le Gros bleu, est encore appréciée dans le Centre. An milieu du xix' siècle, les blés anglais séduisirent par la densité de leurs épis et la résistance de leurs pailles; ils occuper» nt le Nord et le Nord-Ouest de la France. Seuls subsistent maintenant le Goldendrop qui s’adapte aux sols médiocres et aux clima s froids, et le Wilhelmiria qui convient aux terres fertiles et fraîches soumises au climat maritime.
- A la fin du siècle dernier, Henry de Vilmorin créa de nombreux types nouveaux par croisement : Bon Fermier et Hâtif Inversable sont maintenant connus dans toutes les parties riches du pays et couvrent i 200000 hectares. Le Dattel dans le Nord et le Trésor dans les terres moyennes se sont maintenus aussi; le Japhet, trouvé dans Jes Polders du Mont Saint-Michel, a connu un énorme succès comme blé à gros rendement; l’Ouest, le Centre et le Sud-Est lui ont conservé leur faveur ; le Nord le cultive encore comme blé de février. Enfin, en 1917, 1920 et 1922, Vilmorin a créé les variétés Alliés, Paix, Vilmorin 22 qui connaîtront sans doute une grande vogue.
- On s’est mis en France à rechercher, par le croisement, des variétés adaptées aux différentes régions; Denaiffe a créé dans l’Est des variétés résistantes au froid; Benoist, en Beauce, des variétés pour les bonnes terres. On a, d’autre part, amélioré les blés d’Alsace et obtenu ainsi les Colmar, les blés jurassiens. Mais il ne faut pas oublier que, plutôt que de généraliser 1 emploi de types ainsi obtenus, il est préférable d’en rechercher de nouveaux à partir des types locaux. C’est ainsi que, près de Valence, on étudie les Saizettes, en même temps, d’ailleurs, qu’on travaille sur des variétés italiennes (Carlotta Strampelli, Bieti). Dans le Sud-Ouest, on recherche la résistance à l’échaudage et au vent à partir des Besplas.
- 11 faut aussi signaler quelques Blés de Mars employés dans la région du Nord [Chiddam, Saumur et Manitoba, Marquis et Aurore) qui conviennent dans le Sud-Est pour être semés très tard en automne.
- D’une enquête faite en 1912, il résulte que les blés de pays sont eu pleine régression. Et si la diversité de ses climats ne permet pas à la France 1 emploi généralisé des blés à épis compacts et à très gros rendement, il lui faut propager des blés améliorés, précoces et adaptés aux conditions locales.
- Les résultats obtenus avec les plus récentes variété» viennent d’être exposés et discutés à la Semaine nationale du Blé qui s’est tenue à Paris au début de cette année. Le Congrès des céréales de l’Institut colonial de Marseille a ajouté à cet inventaire une importante documentation sur les blés de Tunisie, d’Algérie et du Maroc qui, de plus en plus, viennent équilibrer la production métropolitaine dans les années déficitaires.
- Le train canadien et l’exposition canadienne des Tuileries.— Pendant 1 automne de 1921, un train exposition français parcourut le Canada, de l’Atlantique au Pacifique. En automne 1923, c’est un train canadien qui vient nous montrer les produits naturels de son pays et les manifestations de son commerce et de son industrie De même que le Canada avait mis un train à notre disposition, le gouvernement français, à titre de réciprocité, mit à la disposition du Canada, au début de 1923, un convoi de camions automobiles. Trente tracteurs Renault, remorquant des voitures de 6 m. de longueur sur 2 m. de hauteur et 2 m. de largeur, sans compter d’autres voitures réservées au personnel, aux cinémas, aux appareils électriques, accomplirent allègrement leur tour de France de 5ooo km, chargés chacun de 5 tonnes de marchandises.
- L’idée d’un train sur route, s’arrêtant où on le désirait et n’obstruant pas le service des gares, était en effet la meilleure solution et la plus pratique pour ce genre d’exposition.
- Arrivée au Havre le i5 juillet, la mission canadienne, avec ce train de plusieurs kilomètres de longueur, poursuivit son itinéraire à travers la France, s’arrêtant successivement à Rouen, Amiens, Lille, Reims, Metz, Nancy, Strasbourg, descendant ensuite sur Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Marseille, Toulouse, Bayonne, remontant vers Orléans, obliquant sur Nantes, Rennes, passant de France en Belgique au cours du mois d’oc-
- tobre, pour s’installer sur la terrasse des Tuileries le ier novembre. Paris a joui de l’exposition dans toute son ampleur. On n’y voyait ni train ni tracteurs, mais seulement un grand baraquement aménagé en stands.
- Dès l’entrée, le visiteur admire de magnifiques panoramas, vraiment féeriques, tant par leur composition que par un éclairage qui donne successivement 1 impression de la nuit au bleu clair de lune, du plein jour éblouissant, et des rouges couchers de soleil !
- Ces paysages grandioses du Canada aux horizons de montagnes, aux fleuves encaissés et écumants, aux animaux les plus pittoresques, depuis le castor industrieux jusqu’aux types élancés ou massifs de l’origrial, du caribou, du lynx, du mouflon ou du bison, transportent le spectateur dans un monde de rêve où la nature est si riche et si attrayante pour le voyageur et le naturaliste.
- De multiples vues donnent en outre un aspect très vivant de l’activité agricole du Dominion : vastes exploi tâtions, matériel à vapeur, récoltes splendides.
- A la suite de ces panoramas s’ouvre une salle où sont, exposés les produits minéraux du sol canadien : minerais d’or, de nickel, de chrome, de plomb argentifère; des spécimens très volumineux d’amiante, de mica, de gypse, de sel gemme, etc.
- Plus loin, sont les produits industriels et alimentaires ; les précieuses fourrures de loutre, d’opossum, de vison,
- d’hermine, etc. Les compagnies de transports, le Pacific Canadian Railway et le Canadian National Railway montrent les vues de leurs ports où l’on aperçoit de jolis bateaux naviguant sur des eaux limpides, et de leurs voies ferrées où des trains vont à toute allure. Ces tableaux en mouvement sont particulièrement appréciés des enfants admirateurs et... des parents qui n’ont pas à ménager leurs explications !
- Un bureau de renseignements où l’on reçoit l’accueil le plus affable met aussi à la disposition du visiteur de très intéressantes brochures illustrées sur le Canada et ses richesses (*).
- En visitant cette exposition de la petite France outreatlantique, appelée la Nouvelle-France par Henri IV, nous ne devons pas oublier que sur près de 9 millions d’habitants, le Canada en possède 3 5oo 000 parlant notre langue, conservant intactes nos traditions religieuses, et gardant pour code civil « la coutume de Paris » légèrement modifiée. Partout, au Canada français, on respire dans l’air le parfum du souvenir, a-t-on dit. Le devise de Québec est en effet « Je me souviens », et Montréal est la troisième ville française du monde, puisque sur 900000 habitants, elle compte 600000 Français.
- Ces Canadiens ont dans leurs veines du sang bien français; ils en ont fait preuve pendant la guerre. En 1914» le Canada n avait pour toute armée que 3ooo hommes. Le 11 février 19x5, 33 000 Canadiens arrivaient à Saint-Nazaire pour servir dans nos rangs. /Pendant les hostilités, 600000 hommes s’enrôlèrent au Canada pour l’Europe.
- La France a salué avec émotion ces fiers défenseurs de notre pays. Elle n’oubliera pas les 35 000 Canadiens dont elle garde la pieuse dépouille à côté de ses fils morts pour la Patrie. L. P.
- 1, Nous remercions spécialement M Belanger, du commissariat canadien, qui nous a donné de précieux renseignements, et qui à Montréal est un fervent lecteur de La Nature.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 192i (')
- L’année 1924 est bissextile et le présent mois aura 29 jours. Si la durée de révolution de la Terre autour du Soleil comprenait un nombre entier de rotations de notre globe, notre calendrier en serait bien simplifié. Mais le phénomène de la révolution d’une planète autour du Soleil et celui de sa rotation sur son axe sont deux choses qui n’ont aucun rapport et il ne faut pas s’étonner que la révolution terrestre comprenne 36a rotations plus une petite fraction : 0,2422. C’est cette fraction qui gâte tout. Au bout de quatre années, elle est devenue 0,9688, presque un jour. Donc, pour remettre les choses au mieux, on compte un jour de plus dans l’année. Mais alors on est en avance un tout petit peu, de i3 — 0^9688 =rzoj,o3i2. Ainsi, en comptant une année bissextile tous les quatre ans, chaque fois, si l’on veut, les rotations terrestres cumulées sont en retard sur les révolutions de o3,o3i2. Au bout d’un siècle, c’est-à-dire 25 fois 4 ans, ce retard est devenu oJ,o3i 2 X a5, soit o3,78. Alors à ce moment, on ne compte plus 29 jours à février et le retard devient une avance de iJ — oj,78 = 0^22. Mais o3,22 x 4 — o3,88. Donc tous les quatre siècles on fera un 29 à février et l’avance de oJ,88 deviendra un retard de oJ, 12, etc. D’où ces règles bien connues que les années dont le millésime est divisible par 4 sont bissextiles, à l’exception des années séculaires pour lesquelles le nombre formé par les deux premiers chiffres n’est pas un multiple de 4. Par contre, les années telles que 2000, 2400,
- 2800 seront bissextiles.
- Ces « coups de pouce » que l’on est obligé de donner au calendrier s’expliquent ainsi d’eux-mêmes lorsqu’on en connaît la cause. La mise d’accord des rotations et des révolutions s’impose. Pour ne l’avoir pas fait, le calendrier julien diffère du calendrier grégorien de i3 jours.
- On se rend compte qu’en continuant cette manière de faire, après un certain nombre de siècles, les deux calendriers auraient pu différer d’une saison entière et alors que nous aurions fêté le retour du printemps, les « juliens » auraient allumé la bûche de Noël. En attendant le calendrier idéal que recherchent — un peu à l’instar de la quadrature du cercle — tant d'inventeurs, contentons-nous de constater que la plupart des peuples adoptent le calendrier grégorien, ce qui est déjà une importante « standardisation. »
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil varie, pendant le mois de février, de — 17022' le ior à —70 67' le 29. La durée du jour augmente, de ce fait, d’une manière très sensible, et de 9h2im le Ier atteint ioh54m le 29.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. A ce moment, les cadrans solaires indiquent midi. La différence entre l’heure des horloges et l’heure solaire, ou plus exactement entre midi moyen local aux horloges et midi au cadran solaire, est ce qu’on appelle 1’ « équation du temps ». Elle peut atteindre a5 minutes 43 secondes.
- Heure du passage
- Dates. (T. m. G ).
- Février iBr I2h 4" i5‘
- — 5 I2h 4m44s
- — 10 iaH” 2"
- — iS I2h5“ o*
- — 20 12» 4“ 39*
- 25 I 2h 4“ 2*
- —. a9 I2h 3“ 21 ‘
- 11 est très facile de tracer la méridienne lorsque l’on
- 1. Toutes les heures données ici sont exprimées en temps légal, compté de oh à 24*, à partir de minuit. Le temps légal est l’heure temps moyen de Paris retardée de 9m2iB : c’est le temps de Greenwich.
- connaît l’heure exacte et le temps moyen à midi vrai, en se servant de l’ombre projetée par le fil à plomb.
- Observations physiques. — Nous avons donné quelques indications sur ces observations au précédent « Bulletin astronomique. » Nous continuons ci-dessous le tableau des éléments permettant l’orientation des dessins et photographies :
- Dates. P ». L0
- Février ier 12°,O — 6°,o 2i8°,5
- — 6 — i4°,o — 60,4 i52°,6
- I T — i5°,g — 6°,7 86°,8
- l6 — >7°>6 — 6°, 9 2t0,O
- 2 I — I9°,2 — 7°,o 3t5°,i
- — 26 20°, 7 — 70,2 249°,2
- — 29 — 21°,5 — 7°, 2 209°,7
- Parallaxe et distance. — Yoici la valeur de ces éléments pour le mois de février :
- Dates. Parallaxe horizontale. Distance.
- 8",92 147 535 000 km
- 8",90 147 828 000 —
- Lumière zodiacale. Lueur antisolaire. — Le mois de février est particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale le soir. Cette observation ne peut se faire que loin des lieux éclairés, et en l’absence du clair de Lune. (Voir le précédent « Bulletin astronomique ».)
- Rechercher la lueur anti-solaire, dans le Cancer et le Lion, du ier au 8 février.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pour le mois de février seront les suivantes :
- N. L. le 5, à ib 38m P. Q. le 12, à 20h 9“
- P. L. le 20, à i6h 7”
- D. Q. le 27, à i3h i5m
- Age de la Lune, lé i*r février, à midi == 261,0; le 5 = oJ,4- Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le icr ou le 5 et, pour une heure considérée, ajouter o),o417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 2 = — 18° 57' ; le 16 = + i8° 56'; le 29 — — 180 56'. Ces époques sont celles de plus faible ou de plus grande élévation de la Lune sur l’horizon [lorsqu’elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i3 février, à ih. Parallaxe = 54' 14"- Distance = 4®4 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 25 février, à ifi1*. Parallaxe =5g'%i". Distance = 369 470km.
- Lumière cendrée. — A observer le soir du 7 au 10 février.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 février, occultation de g Baleine (gr. 4,4), de 2iho“ à 2ih43m.
- Le i3, occultation de 48 Taureau (gr. 6,3), de 17h 3im à i8h56m.
- Le 13, occultation de y Taureau (gr. 3,9), de 20h22m à 2ih43m.
- Le 14, occultation de 70 Taureau (gr. 6,4), de ohim à oh 52“.
- Le 14, occultation de 71 Taureau (gr. 4,6), de o^aô” à ih2“.
- Le 16, occultation de 74 B Taureau, (gr. 6,2), de i6h 58“ à i8h 5m.
- Le 17, occultation de f Gémeaux (gr. 5,3), de i6h38m à i7h2gm.
- Le 21, occultation de 49 Lion (gr. 5,7), de oh45m à
- 2h Im.
- Eclipse de Lune. — Une éclipse totale de Lune, dont la fin sera seule visible à Paris, se produira le ao fé-
- Février 10 — 20
- Fig. 1. — Éclipse totale de Lune du 20 février 1924. E, entrée dans l’ombre de la Terre; S, sortie.
- Cette figure suppose la Lune (disque blanc) fixe et l’ombre de la Terre seule • se déplaçant.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- vrier. La totalité sera visible en Europe orientale et en Asie. En France, la Lune se lèvera à moitié éclipsée, et la sortie de l’ombre se fera sur le bord Ouest-Nord -Ouest de la Lune.
- Voici les heures des phases de cette éclipse :
- bkitrée de la Lune dans la pénombre .... i3‘‘ i4m,9
- Entrée de la Lune dans l’ombre...........i4h i8"',3
- Commencement de l’éclipse totale......... i5h 19m,6
- Milieu de l’éclipse...................... i6h 8m,5
- Fin de l’éclipse totale.................. 161' 57“,4
- Lever de la Lune à Paris . ..............iyh 18
- Sortie de l’ombre.......................... i7h58m,5
- Sortie de la pénombre....................igh im,5
- Grandeur de l’éclipse, le diamètre de la Lune étant pris pour unité — i,6o5 (voir fig. 1).
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune (du 4 au 7) et surtout à 1 époque de la Pleine Lune (du 20 au 25). Le coefficient de la marée sera de 1,01 et 1,02 les 22 et 23 février (voir le précédent « Bulletin astronomique »).
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1924, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de février 1924.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I 6h 43™ I Em. J7 3" 45“ III P.f.
- 2 4 31 II E. c. 17 5 7 I Em.
- 4 3 58 II P.f. 18 4 37 II O.c.
- 6 5 8 III E. f. 20 3 39 II Em.
- 8 5 22 I E. c. 24 2 53 III O.f.
- 9 3 39 I P. c. 24 3 37 . I E. c.
- 9 4 42 I O.f. 24 5 39 III P.c.
- 9 5 4 I P.f. 25 2 57 I O.f.
- T I 4 20 II P. c. 4 9 I P.f.
- I I 4 22 II 0. f. 27 3 48 II E. f.
- l6 4 26 l O.c. 27 3 55 II Im.
- l6 5 35 I P. c.
- Nous rappelons la signification de ces abréviations.
- E. c. et E. f. : Eclipse, commencement ou fin, d’un satellite dans l’ombre que le Soleil projette à 1 arriéré de Jupiter.
- ASTRE
- Dates :
- FÉVlUEU
- S 6
- Soleil . . . 16 26 6
- Mercure. .< 16
- 26
- \ 6
- Vénus . . . ' 'â 6
- Mars. . . 16 26
- Jupiter. . . 16
- Saturne . . 16
- Uranus. . . 16
- Neptune. . 16
- Lever
- à
- Paris.
- Passage
- au
- Méridien de Paris (‘)
- Coucher
- à
- Paris.
- Ascen- Déclinai-sion
- droite. son.
- Diamètre
- apparent.
- Constellation
- et
- étoile voisine.
- VISIBILITÉ
- i 17“ I21* 4“5o
- 7 1 12 4 57
- 6 43 12 3 Ô2
- 6 2 10 20
- 6 10 JO 32
- 6 i5 IO 53
- 8 40 M 21
- 8 20 14 25
- 8 0 <4 29
- 3' i3 7 29
- 3 8 7 *7
- 2 59 7 5
- 2 58 n J 11
- 22 58 4 i5
- 7 46 i3 20
- 16 I7 23 33
- i6h 53“ 17 10
- 17 26
- 14 37
- 14 54
- 15 3o
- 20 2
- 20 3o 20 58
- 11 44
- 11 27 11 11
- 1124
- 9 32
- 18 55
- 2Ih 16“ — i5°55
- 21 55 — 12 40
- 22 33 — 9 5
- *9 26 — 21 i3
- 20 *7 — 20 3o
- 2 1 16 — *7 42
- 2 3 28 — 4 40
- 0 11 + 0 33
- 0 54 4- 5 46
- .6 37 — 21 42
- >7 4 — 22 35
- 17 32 — 23 I 'A
- 17 0 — 22 3
- i4 4 — 9 5i
- 23 11 — 6 5
- 6 49
- 9
- 4- i5 26
- 3a' 28 "8 32 25,2 32 21,6
- 6,8
- 5,8
- 5,4
- *3,4
- 14,2
- i5,o
- 5,4
- 5,8
- 6,0
- 32,8 16,0 3,2 2,6
- Capricorne
- Capricorne]
- Verseau
- »
- p Sagittaire ) p Capricome> '. Capricorne' 1
- y6 Verseau \ X Poissons > Z, Poissons '
- Le matin, au début du mois.
- Magnifique le soir.
- co Scorpion )
- 0 Ophiuchus vLe matin, avant le jour. 0 Ophiuchus '
- 36 Ophiuchus
- Id.
- x Vierge o Verseau 7 Lion
- Seconde partie de la nuit. A peine visible le soir. Toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps de Greenwich, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le malin, au début du mois, sa plus grande élongation ayant lieu le 5, à 17h, à 25° 29' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation sera peu favorable pour les observations, la planète se levant, au plus tôt, ih i5m avant le Soleil.
- Vénus devient bien visible le soir, se couchant 3 heures après le Soleil La plus petite lunette montrera la phase, qui atteint la valeur 0,780 le i5 février. Nous avons donné quelques renseignements, le mois dernier, pour l’observation de cette brillante planète.
- Mars devient bien visible le matin, avant l’arrivée du jour. Son diamètre grandit de plus en plus et l’on va pouvoir bientôt commencer des observations utiles. Il convient de signaler que l’opposition prochaine — le 23 août — sera très favorable, car Mars atteindra un grand diamètre : Sa déclinaison australe à ce
- moment (presque — 18°) gênera les observations dans notre hémisphère. Par contre, les observatoires de l’équateur et de l’hémi-phère austral pourront effectuer leurs travaux dans les meilleures conditions. Phase de Mars, le i5 février =0.905.
- Jupiter, dans Ophiuchus, devient aussi bien visible le màtiu. Voici quelques-uns des phénomènes présentés par le système de ses satellites, et visibles à l’aide de petits instruments.
- Im. et Em. : Immersion ou Emersion d’un satellite derrière le globe de Jupiter.
- P. c. et P. f. : Passage, commencement et fin, d’un satellite devant le globe de Jupiter.
- O. c. et O. f. : Passage, commencement et fin, de l’ombre d’une satellite sur le globe de Jupiter.
- Avant l’opposition, et suivant les situations respectives de la Terre et de Jupiter, on n’observe que le commencement des Eclipses (E. c.) pour le satellite I. Lorsqu’il sort de l’ombre, il est derrière le globe et on le voit réapparaître au bord oriental de Jupi.er (Em.). Pour le satellite I, donc :
- Avant l’opposition, on n’observe que des E. c. et Em.
- Après l’opposition, on n’observe que des Im. et des
- E. f.
- Pour les autres satellites qui sont plus loin de la planète, on peut observer :
- Avant l’opposition • E. c., E. f.,-Im., Em.
- Après l’opposition : Im., Em., E. c., E. f.
- Si la Terre est proche de la droite qui joint le Soleil à Jupiter, l’ombre de celui-ci, jusqu’à la distance du IV0 satellite, peut être cachée pour nous par le globe, et les deux phénomènes du milieu sout invisibles.
- Naturellement, pour voir la sérié des quatre phases du tableau ci-dessus, il faut un assez grand nombre de
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- circonstances favorables; le temps total des quatre phases est long, il faut donc une époque de l’année où les nuits soient longues, il faut aussi que le phénomène débute dès le lever de la planète; enfin, pour que le cône d’ombre se projette en dehors du globe, il faut que Jupiter soit en quadrature, alors le jour arrive trop tôt (si c’est le matin) ou la nuit pas assez vite (le soir).
- Saturne, dans la constellation de la Vierge, est visible pendant la seconde partie de la nuit. On le trouvera facilement à l’aide de sa position donnée dans le tableau des planètes.
- Uranus se couche de très bonne heure. On peut encore l’observer dès l’arrivée de la nuit, et pendant quelques minutes. Pour le trouver, s’aider de la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » (n° s»56o) sur laquelle on reportera les positions ci-après :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Février 6 a3h 9111 —6° 17’ 3",2
- — 16 23h1 im —6° 5' 3",2
- — 26 23hi3m — 50 5i' 3",2
- Neptune sera eu opposition avec le Soleil le 9 février, à ib. Il est donc visible toute la nuit. Pour le trouver, utiliser la carte publiée au « Bulletin astronomique » (n° 258a) et les positions suivantes :
- Dates.
- Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Février 6 91127’
- -— 16 9ha5’
- — 26 g11 241
- + i5° 20' 2", 6
- + i5° 26' 2",6
- + i5°3*' 2",6
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ier, à ih, Vénus en conjonction avec Uranus, à o° 33' S.
- Le 3, à 3 , Mercure en conjonct. avec la Lune, à a°3i' S Le 7, à qh, Uranus — — la Lune, à o° 32' N
- Le 7, à a3\ Vénus Le 13, à 17h, Mars Le 19, à i9h, Neptune Le 25, à o1', Saturne Le 28, à 6h, Jupiter
- — la Lune, à i° 1'N
- — Jupiter, ào°26' S
- — la Lune, à i° 3a'N
- — la Lune, à 20 2' S
- — la Lune, à 40 26' S
- Etoiles filantes. — Le iG février, d’après M. Denning, il existe un essaim de météores dont le radiant est situé par :
- Ascension droite — 4h 56m ;
- Déclinaison = -[- 48°.
- Ce point du ciel est voisin de la brillante étoile a Cocher (Capella).
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Per-sée), variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J2oh48m. Le 2 Février, à 19h 41 mî Ie 20, à oh36m;le 22, à 2ih56.
- Vers le 26 février, maximum probable de Mira Ceti (0 Baleine), variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8, Observation très importante à faire.
- V. Constellations. — L’aspect du ciel, le i“r Février à 2ih, ou le i5 à 2oh, est le suivant :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve l’étoile p Cocher. Autour du Zénith : Les Gémeaux; le Taureau; Persée.
- A l’Est : Le Lion; la Vierge; le Bouvier.
- Au Sud : Orion; le Grand Chien; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Bélier; la Baleine; Pégase.
- Au Nord : Le Cygne (Deneb frôle l’horizon) ; le Dragon. Em. Touchet.
- 'Igq
- VARIETES
- COMMENT PRENDRE LA LOUTRE
- Le nombre des loutres et la quantité de poissons qu’elles détruisent sont plus considérables qu’on ne le pense. Une loutre détruit, à elle seule, environ 3 kg de poissons par 24 heures, soit en chiffres ronds, environ 1000 kg par an.
- Ce carnassier détruit beaucoup plus de poissons qu’il n’en mange, et c'est le cas de le dire : il a des yeux plus grands que la gueule.
- Le gouvernement français devrait, à l’instar du gouvernement belge, accorder des primes d’encouragement à la destruction des loutres Mais en attendant cette mesure pour protéger le poisson, c’est aux pêcheurs qu’il appartient de faire une guerre acharnée aux loutres, dont les mets de prédilection sont les carpes, b s barbillons, les anguilles, les salmonidés et toujours les plus grosses pièces.
- Dans la Sarthe, il a fallu dessécher de grands étangs à cause des ravages qu’y commettaient les loutres.
- La loutre ne se prend pas avec un appât seul ; il faut lui tendre des pièges. Mais, très méfiante, elle ne tire pas sur le nœud formant cravate, disposé pour l’étrangler et, à cause de sa tête, moins grosse que son cou, bien souvent elle se dégage sans difficulté. Il faut se servir de forts pièges, munis de chaînes de 3 m. de longueur, avec crochets, et qui ne soient pas exposés à se détériorer par la rouille, ce qui est un point essentiel.
- Avant de tendre les pièges, rechercher les « repos » ou coulées et endroits où la loutre dépose ses fientes. Le lieu fréquenté étant repéré (ne pas confondre avec les coulées que l’on rencontre souvent au bord des rivières et qui ne sont que passagères), on recherche ensuite l’endroit où la loutre remonte de l’eau pour s’ébattre sur l’herbe. Elle a fréquemment deux passages éloignés de i5 à 20 m. l’un de l’autre, sur lesquels on peut disposer des pièges dans un plateau en terre, sans les attacher à quoi que ce soit, la chaîne étant dissimulée sous le piège. On rétablit ensuite le sol, en faisant les « raccords » pour ne pas mettre en éveil la méfiance de la loutre. Ne pas graisser les pièges, afin de ne pas attirer les rats d’eau qui les déterreraient et les feraient déclencher.
- Dès que l’on a fait une surprise, il faut nettoyer le piège soigneusement, le replacer au même endroit et remettre tout en ordre.
- La loutre voyage beaucoup ; elle change de cantonnement de mois en mois et fait parfois des randonnées de i5 à 20 km dans une nuit.
- On peut la détruire avec de la strychnine, en employant un poisson d’une livre au moins, auquel on injecte le poison sous la nageoire, près du dos. Avant d'opérer, il faut avoir soin de se frotter les mains avec des herbes aromatiques, pour faire disparaître l’odeur de l’homme.
- Cette méthode est à employer lorsqu’on opère dans des fossés à décharge d’étangs qui se jettent dans une rivière C’est par ces fossés que la loutre passe pour aller dans les étangs chercher sa nourriture.
- On peut prendre la loutre dans un filet à poche ou à glissière, dans un verveux à aile ou un tambour tendus, après 10 heures du soir, devant le terrier.
- Pour faire la traînée et amener l’animal sur la palette du piège, on appâte avec de la graisse fraîche et fondue, de porc, d’oie, ou du beurre frais ; 120 grammes. Faire fondre dans un poêlon de terre neuf, sur feu doux, puis piler un peu de camphre blanc et de musc, remuer le tout et conserver dans un vase hermétiquement clos.
- Un autre appât, employé en Alsace, est composé d’intestins de poisson, avec 4 gr• de racine de valériane, 8 gr. de camphre et autant de fiente froide de loutre. Broyer le tout très finement dans un mortier très propre, remuer le mélange dans 125 gr. de saindoux très frais; faire chauffer à feu doux dans un vase de terre jusqu’à ce que cette graisse soit liquide ; mettre cette pâte dans un gros linge bien propre, tordre ce linge pour en faire sortir la graisse, le principal, tout au moins; conserver l’appât au frais, dans un petit pot verni et sans odeur; recouvrir ce pot d’une vessie. Poser les pièges sur les rives, là où l’herbe rase et les débris de poissons indiquent sûrement le passage de la loutre. Il faut s’assurer que celle-ci prise ne pourra faire bouger en tous sens l’engin et son support, car
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- VARIETES
- ainsi elle se noiera plus vite, sinon elle s’arrachera ou se coupera la patte si elle est prise par là.
- Un trait commun aux animaux qui vivent hors de l’eau et se nourrissent de poissons, c’est de grimper sur les corps qui flottent à la surface de 1 eau, surtout si ce corps est en bois. On peut donc installer un piège sur un support mobile : tronc de saule ou de peuplier non écorcé, ou, au besoin, une souche ou un madrier, y fixer le piège par un crampon bien dissimulé et le mettre provisoirement au cran d’arrêt ; placer le piège
- armé dans les passages hantés par les loutres; une grosse pierre et un pieu enfoncé dans le sol empêchent ce dispositif d'aller à la dérive et de tourner sur lui-même.
- Au bout de quelques jours, on va, avec une barque, examiner le piège. S’il a été fréquenté, il suffit de retirer la clavette pour que le déclic fonctionne au moment opportun.
- Ce nouveau procédé de piégeage de la loutre n’exige pas de piège nouveau, spécial ; tous les systèmes en usage actuellement peuvent suffire. Henri Blin.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, vépondu immédiatement
- Réponses. — M. L. F., à Harréville-les-Chanteurs (Haute-Marne).— Le procédé Maurer, pour la dessiccation des bois par les vapeurs de benzol, consiste à soumettre, pendant quelques heures, les bois débités à l’action combinée d’une chaleur qui varie entre 6o° et 8o° et d’un agent chimique toxique détruisant la vitalité de la cellule ligneuse du bois, en agissant à l’état de gaz ou de vapeur.
- Le bois est placé dans une étuve au fond de laquelle se (trouve un réservoir contenant du benzol porté à l’ébullition au moyeu d’un serpentin chauffé à la vapeur. On laisse le bois baigner dans la vapeur de benzol pendant quelques heures, puis on arrête l’opération et on évapore les vapeurs de benzol qui imprègnent encore le bois ; celui-ci est exposé ensuite à l’air libre et, en quelques jours, il devient parfaitement sec.
- En une semaine, on amène ainsi à un point de siccité satisfaisant et tout en conservant toutes leurs qualités mécaniques et autres, des pièces de bois ayant 100 mm d’épaisseur. L’installation des étuves à vapeur de benzol est peu coûteuse, car elle n’exige aucun organe mécanique. Il y a destruction delà cellule végétale, chauffage régulier, la température étant celle du point d’ébullition du liquide employé, évaporation de l’eau en proportion définie par les lois physiques du mélange, et retard au retrait par imprégnation de vapeur de benzol.
- M. H. C., boulevard Soult, Paris. — Destruction des joncs. Pour éviter la multiplication des joncs sur des terrains qui ne sont pas naturellement humides, mais qui, au contraire, exigent l’irrigation, il conviendrait, d’abord, de régler celle-ci, afin qu’il n’y ait pas, à un moment, excès d’humidité durant un temps plus ou moins long. L’eau des sources amenée abondamment, pendant toute l’année, ne doit pas aller au delà du pouvoir absorbant des terres, à une certaine époque de l’année, notamment en hiver. D’autre part, il faut observer que vous ne précisez pas d’indication quant à la nature physique des terres dont il s’agit. Les joncs croissent surtout dans les terrains humides, marécageux.
- Comme moyens de destruction, il y a l’arrachage des souches de joncs à la pioche; ouïes fait sécher sur place et on les brûle. On peut aussi mettre les joncs en tas et les arroser avec un lait de chaux.
- Lorsqu’on ne peut, à cause des frais de main-d’œuvre, procéder à l’arrachage des joncs avec leurs racines, il faut recourir à l’emploi d’un ingrédient chimique énergique, pour assurer la destruction, crüd ammoniac, sulfure de calcium ou mieux encore l’acide sulfurique — (répandu avec toutes les précautions nécessaires pour éviter tout accident de brûlure) — dans une petite cuvette creusée au pied de chaque plante, afin d’arriver à une destruction complète en attaquant les racines. Il serait utile d’appliquer à ces terres des engrais phosphatés (scories de déphosphoration) et des engrais potassiques (sylvinite).
- M. L. D., à Sarrebrück (Sarre). — Clarification d'une liqueur de prunelles. Il semble que le titre de l’alcool (91°) employé à la préparation de votre liqueur de pru-
- nelles était trop élevé et que certains principes ont pu être dissous et ensuite précipités par l’eau du sirop de sucre, d’où le trouble constaté. Il fallait vous en tenir au mode opératoire précédemment employé. Il est préférable de mettre les noyaux macérer dans de l’eau de-vie ou de l’alcool bon goût à 85°, dans la proportion de 1000 grammes de noyaux par litre de liquide ; ensuite, il faut soutirer le liquide et y ajouter un sirop de sucre préparé avec autant de fois 5oo gr. de sucre que l’on a de litres d’alcool aux noyaux, et un verre d’eau par 1000 gr. de sucre.
- Le sirop ne doit être mêlé à l’alcool qu’après qu’il a été cuit, puis refroidi.
- La liqueur ainsi obtenue est blanche et limpide.
- Quant au trouble que vous constatez par suite d’une modification dans la préparation, si une filtration et un collage au blanc d’œuf sont sans effet, essayez la gélatine bien épurée, suivie d’un soutirage et d’une nouvelle filtration. Il faut un clarifiant plus énergique que le blanc d’œuf.
- On pourrait essayer aussi le procédé employé pour traiter les eaux-de-vie de Cognac qui ont perdu de leur transparence : filtration avec de la pâte à papier et des tissus de laine.
- Institut français de Florence. — i° La préparation des toiles à tableaux s’effectue ainsi : La toile étant bien fixée sur le châssis par de la semence, on passe une couche de colle de peau et laisse bien sécher, ensuite on ponce soigneusement avec de la pierre ponce de manière à faire disparaître toutes les rugosités et finalement on donne une couche épaisse de couleur blanche à l’huile dont le pigment sera constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche, oxyde de zinc et blanc d’Espagne (éviter le blanc de céruse qui noircit aux émanations sulfureuses). Après séchage parfait, on redonne un dernier ponçage pour uniformiser. N. B. On peut ajouter si on désire un ton crème, une pointe de terre de Sienne. 20 Rien de plus facile que de nettoyer les bouteilles ayant contenu de l’huile : les faire tremper dans l’eau tiède contenant 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux) pendant quelques heures, passer le goupillon, puis rincer d’abord à l’eau tiède, ensuite à l’eau froide. 3° Le Dictionnaire universel d‘Histoire de Bouillet doit répondre à vos désirs, vous le trouverez ainsi que beaucoup d’autres à la Maison des Dictionnaires, 6, rue Herschel, Paris 6e.
- L. M. L., à Mayence. — Le procédé du Dr Jacquemart est d’une application facile pour imperméabiliser les tissus.
- On commence par préparer une solution de
- Vaseline.................... 10 gr.
- Lanoline anhydre. .... 10 -—
- Essence pour auto .... 5oo c. c. Tétrachlorure de carbone. 5oo
- On badigeonne ensuite les étoffes de cette mixture de façon qu’elles soient bien imprégnées uniformément, puis on laisse sécher à l’air.
- Un professeur d’Ecole normale. — Vous pourrez préparer une pâte à modeler économique en prenant :
- Argile grise sèche............600 gr.
- Eau ordinaire.................100 —
- Glycérine brune...............a5o —
- Sucre.................... . 5o
- Faire dissoudre le sucre dans l’eau, ajouter la glycérine, puis incorporer peu à peu cette solution à l’argile en malaxant. Pour avoir une pâte colorée, remplacer
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- BOITE AUX LETTRES
- l’argile grise par de l’argile blanche et y ajouter comme pigments inofïensifs l’ocre jaune ou rouge, le rouge d’Angleterre, le bleu de Prusse. Par argile sèche, il faut entendre 1 argile séchée à l’air, mais non cuite.
- M. Mezières, à Paris. — Pour nettoyer les tableaux, il suffit le plus souvent de les laver à l’eau pure au moyen d’une éponge fine, mais si le vernis est cause de l’obscurcissement il faut enlever celui-ci en frottant doucement la surface avec un tampon de coton imbibé d un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d'huile d’aspic ; un peu d’expérience est nécessaire pour mener à bien ce travail, c’est pourquoi nous vous conseillons d’opérer au début sur un objet de faible valeur. Dans certains cas, un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d alcool réussit également bien.
- M. Pernot, à Grange-la-Ville (Haute-Saône). — Lorsqu’on veut effectuer un moulage en plâtre, on commence par huiler l’objet avec un pinceau, puis on dispose à la surface quelques ficelles fines destinées à fractionner le moule. On entoure d’une caisse en carton et on coule du plâtre à modeler, gâché fluide en évitant d’emprisonner de l’air. Quand le plâtre a fait prise, on enlève la gaine et en tirant sur les fils on fragmente le moule, on met de côté les pièces et les laisse bien sécher. La plus grande difficulté consiste dans le choix des segmentations, de manière qu’aucune partie de l’objet ne soit emprisonnée dans le moule. Une fois les fragments bien secs, on huile comme précédemment, on les réunit, puis on coule du plâtre pour reconstituer l’original. Ouvrage à consulter : Art de mouler en plâtre, au ciment, à l’argile, à la cire, à la gélatine, par Lebrun, Magnier et Valicourt, chez Mulot, 12, rue Hautefeuille.
- Mme Belbeoch, à Kermone (Finistère). — Nous ne vous conseillons pas d’employer l’huile de lin, les inconvénients que vous signalez sont réels, employez plutôt Y encaustique à Veau très économique dont se servent les peintres pour planchers neufs et qui est ainsi constituée :
- Eau peu calcaire............5ooo gr.
- Savon blanc de Marseille . 125
- Cire jaune d’abeilles . . . 5oo — Crème de tartre ..... 60 —
- Faire bouillir doucement de manière à obtenir une émulsion bien homogène, étendre sur le plancher, en couche mince avec un pinceau large, laisser sécher à fond avant de frotter. N. B. Avoir soin de n'employer que de la cire d’abeilles vraie et non un factice qui pourrait être constitué par des éléments insaponifiables.
- Dr B., à Paris. — h’étamage des miroirs au mercure n’est guère à la portée de l’amateur, car il demande la connaissance de tours de mains assez délicats, il vous sera plus facile de réussir par argenture en appliquant par exemple le procédé Martin modifié par M. Mailhat.
- On prépare les solutions suivantes :
- Â. Eau distillée..............100 gr.
- Nitrate d'argent cristallisé . 4 —
- Nitrate d’ammoniaque ... 6 —
- B. Eau distillée............... 100 gr.
- Potasse pure................ 10 —
- Sucre....................... 4 —
- C. Eau distillée . ........... 100 gr.
- Sucre....................... 10 —
- Acide tartrique................ 1 —
- Faire bouillir cette dernière solution pendant 10 minutes, quand elle est refroidie ajouter :
- Alcool à 4o° ........ xo c. c.
- Eau distillée................. 90 —
- Pour préparer le bain d’argenture prendre :
- Solution A....................400 c. c.
- — B....................400 —
- — C....................280 —
- On mélange les solutions B et C, puis on verse ce
- mélange en même temps que A dans la cuvette destinée à l’argenture et où se trouve la glace parfaitement nettoyée. Le dépôt argentique se fait dans l’espace de quelques minutes, on lave ensuite à grande eau. N. B. Pour se faire la main, essayer d’abord sur des glaces de petites dimensions.
- M. Malaquin, à Tonnerre. — Les peintres de l’Antiquité jusqu’au iv° siècle avant J.-C. n’ont connu que quatre couleurs, le blanc de craie, l’ocie jaune, l’ocre rouge et le noir de fumée. A partir de cette époque, on a commencé à employer le blanc de plomb, le massicot, le minium, l’orpiment, puis les laques rouges de pourpre retirées des murex, le cinabre, l’indigo, le silicate de
- cobalt, les verts de cuivre, les terres brunes, les noirs de charbons divers et la sépia, toutes couhurs qui ont été connues de la civilisation romaine. Pour une documentation détaillée consultez la Bibliothèque de l’Institut de Paléontologie, rue René-Panhard, Paris, i3°.
- M. Hadamard, à Paris. — S’il s’agit bien de taches de goudron vous devez pouvoir les enlever en frottant avec un chiffon imbibé d’un mélange d’essence de térébenthine et d’ammoniaque, puis terminant par l’essence de térébenthine pure. Au cas où les taches proviendraient de l’huile du carter, l’essence pour autos serait le meilleur dissolvant. Si la souillure avait pénétré profondément, mettre sur la tache une bouillie de terre à foulon et d’essence, laisser sur place jusqu’au lendëmain, puis renouveler tous les jours de manière que par capillarité, l’huile remonte à la surface et soit absorbée par la terre à foulon.
- T. S. F. — M, Léonce Carde, à Bordeaux. — i° Depuis quelque temps les émissions radiotéléphoniques Radiola sont beaucoup plus faibles. Des modifications importantes sont d'ailleurs en cours d’exécution dans ce poste émetteur, et prochainement, sans doute, l’émission sera très améliorée.
- 20 II nous semble que vos résultats de réception sont très satisfaisants, vous les améliorerez encore en utilisant un dispositif de réaction électro-magnétique, monté avec des galettes en fond de panier. Vous pouvez utiliser des galettes en fond de panier de io cm de diamètre extérieur environ et de 3 cm de diamètre intérieur approximativement, à 7 ou 9 pales. Comme bobine de grille, une trentaine de spires (de chaque côté de l’enroulement) suffisent; comme bobine de plaque, une quarantaine de spires peuvent être employées. Du fil de 3/io° à4/io<! de millimètre servira pour la bobine de plaque, du fil de 6/ioe à 8/10e de millimètre pour la bobine de grille (Valeurs pour Fl et Radiola).
- M. P. Lebel, à Roches-sur-Rognon (Haute-Marne). — i° 11 nous semble que vous pourriez avec succès utiliser un cadre comme collecteur d’ondes. Les résultats obtenus par ce procédé seraient sans doute satisfaisants et vous pourriez à ce sujet consulter les « Chroniques de T. S F. » parues dans La Nature.
- 2“ Nous croyons que les ronflements provenant du réseau électrique sont dus à voire prise de terre. Il conviendrait, soit d’utiliser une prise de terre indépendante, masse métallique enfouie dans la terre humide, soit de ne pas utiliser du tout de prise de terre et de la remplacer ou non par un simple contrepoids électrique. Il faudrait, bien entendu, tenir compte de ce changement pour réaliser l’accord ; la longueur d’onde propre de votre antenne, qui n est plus réunie à la terre, ayant diminué dans une proportion approchant de 1 à 2.
- M. le Br E. B., à Saint-Maixent. —Voici des adresses de constructeurs pouvant vous fournir des indications utiles pour l’installation de votre poste de réception.
- Etablissements G. M. R., 8, boulevard de Vaugirard, Paris; Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris; Etablissements Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris,
- M. Beaure d’Augères, à la Jonchère (Haute-Vienne). — Nous avons indiqué dans les « Nouvelles de T. S. F » les causes des irrégularités constatées dans les émissions radiotéléphoniques de la Tour Eiffel. Actuellement d’ailleurs, les émissions sont beaucoup plus régulières et d’une puissance très constante.
- M. Haidar Chekib Bey, à Constantinople. — i° Nous n’avons pas connaissance de réceptions régulières des émissions de la Tour Eiffel effectuées à plus de 2000 km. Ceci ne veut pas dire d’ailleurs qu’une telle réception soit impossible, même en radiotéléphonie.
- Il nous semble d’ailleurs que les stations italiennes et serbes seraient plus facilement entendues en Turquie.
- 20 Vous pourrez trouver des détails de montage de la super-hétérodyne dans le Poste de l’Amateur de T. S. F. Les pièces détachées nécessaires à sa construction peuvent être achetées chez n importe quel fabricant; par exemple : Chabot, 43, rue Richer, Paris; Gamma, 16, rue Jacquemont, Paris; Serf, 14, rue Henner, Paris ; G, M. R., 8, boulevard de Vaugirard Paris.
- Vous pourriez également vous procurer des selfs de liaison aux établissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, à Paris, qui en vendent actuellement séparément, croyons-nous.
- <0! 207 !
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage Tenir/compte des majorations temporaires indiquées pour certains e livra g es. z=====:=::::=:^
- Cours complet de mathématiques spéciales, par J. Haag. Tome IV, Géométrie descriptive et Trigonométrie, i vol. i5a p., 62 £ig. Prix : i3 francs.
- Exercices du tome IV, 1 vol. 154 P-( 27 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- L’auteur expose la géométrie descriptive en suivant le programme d’admission à l’Ecole polytechnique, et en le complétant dans le chapitre relatif à la perspective par des notions pratiques sur la mise en perspective d’une figure quelconque de l’espace. Les exercices visent surtout la préparation aux questions posées aux examens des grandes écoles. La partie qui traite de la trigonométrie est réduite aux propriétés générales des lignes trigonométriques et à la résolution des triangles.
- Leçons sur les fonctions uniformes à point singulier essentiel isolé, professées au Collège de France, par Gaston Julia (rédigées par P. Flamant), 1 vol. i52 p. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1923. Prix : i5 francs.
- Quelques réflexions sur la relativité, par P. Worms de Romilly, 1 br., 60 p. Hermann, éditeur, Paris, 1923. Prix : 6 francs.
- Les théories de la relativité ont soulevé un grand intérêt qui se manifeste par une littérature vraiment débordante. Elles ont de fervents adeptes et des adversaires convaincus. Malheureusement, parmi ces derniers, il en est un grand nombre qui manifestement n’ont pris connaissance des théories qu’ils croient combattre que dans des ouvrages de vulgarisation ou trop concis, ou infidèles. Et leurs critiques sont sans portée. Tel n’est pas le cas de l’auteur de la présente brochure. 11 a approfondi impartialement l’étude des théories relativistes. Les observations qu’il présente et les réserves qu’il exprime méritent d’être examinées, et en tout cas seront utiles à ceux qui cherchent à pénétrer le sens de ces théories nouvelles et difficiles.
- Champ de gravitation d’une sphère matérielle et signification physique de la formule de Schwazschild, par J. Becquerel, 1 vol. br., 32 p. Hermann, éditeur. Paris, 1923. Prix : 5 francs.
- La formule de Schwazschild est une formule théorique fondamentale dans la théorie de la relativité généralisée d’Einstein. M. Painlevé, dans les objections qu’il a formulées contre cette théorie, s’est attaqué surtout à la formule de Schwazschild. M. Jean Becquerel, dans cette brochure, s’attache à montrer la signification physique exacte de cette formule et à réfuter les arguments de M. Painlevé.
- Le filetage (ire partie). 1 br. 44 p., 18 fig. éditeur : Société de publications mécaniques, 121, rue Lafayette, Paris, 1923. Prix : 5 fr.
- Le but de cette brochure est de faire connaître : tous les types de vis en usage avec des caractéristiques détaillées et les procédés employés pour les réaliser.
- Mon poste de téléphonie sans fil, par H. Chazelle. 1 vol. br., i5o p., 113 fig. Editeur Desforges. Paris, 1923. Prix : 10 fr. 5o.
- Cet ouvrage est consacré à la description des divers montages et des procédés de construction, grâce auxquels un amateur peut construire lui-même son poste de téléphonie sans ufil.
- Catalogue of the Watercraft Collection in the United States National Muséum. Compiled and edited by G. W. Mitman (publié par la Smithsonian Institution).
- 1 vol. 298 p., g5 fig. Government Printing Office-Washington, 1923.
- Ce catalogue contient la description des pièces qui constituent la collection maritime du National Muséum des Etats-Unis. Cette collection est surtout riche en modèles de navires américains à voile ou à vapeur relativement modernes ; elle contient aussi quelques modèles d’embarcations des divers peuples indigènes de l’Amérique; les modèles relatifs aux marines européennes modernes ou anciennes sont très peu nombreux et peu caractéristiques. Signalons, en passant, que cette collection ne contient aucune pièce relative à la France.
- Manuel de l'épicier, par A.-L. Marchadier et A. Goujon. 1 vol. in-18, 356 p., 100 fig. Baillière et fils, Paris. Prix : cartonné 10 francs.
- Manuel de la Bibliothèque professionnelle où sont réunies toutes les données relatives à ce métier : matériel, obligations légales, études des divers produits mis en vente.
- Mémorial du parfumeur-chimiste suivi d’un formulaire pratique de parfumerie moderne et de préparations des liqueurs, par L. Cuniasse. i vol in-16, 347 p.,
- 8 fig. Le François, Paris. Prix : i5 francs.
- Recueil de renseignements et de formules utiles : résumé d’analyse chimique des matières minérales et organiques, des colorants, des eaux, des matières grasses, des savons ; alcoométrie et analyse des alcools; caractères des huiles essentielles et essences utilisées en parfumerie et en droguerie. Un formulaire pratique et simplifié permet de se rendre compte de la composition d’un grand nombre de produits fabriqués que l’on rencontre dans le commerce.
- Analyse des eaux potables (Guide pour l’examen des eaux destinées à l’alimentation), par P. Molli*x. i vol. in-16, 97 p., Le François. Paris. Prix : 4 francs.
- Petit recueil de conseils pratiques et de recettes utiles, d’après les techniques du Service de surveillance des eaux de la Ville de Paris.
- Un mois au Maroc, par Henriette Célarié, i vol. in-12, cartonné, a54 p-, 48 photogr., 4 cartes, Hachette, Paris, 1923, i5 francs.
- Cet ouvrage ne fait pas double emploi avec ceux qui ont déjà été publiés sur le Maroc : après le Maroc du géographe, de l’économiste, du commerçant, voici celui du touriste, car le Maroc est un voyage à la mode. Nulle part on ne trouve si près de la France une couleur locale aussi intense, des mœurs primitives aussi bien conservées. L’auteur nous conduit de Casablanca à Marrakech, Rabat, Meknès, Moulay-Jobrin, Fez et Taza : récit de voyage agréable, pittoresque et bien documenté.
- Guida d'Italia, Italie centrale, t. III, collection du Touring-Club italien, 1 vol. in-16, cartonné toile, 618 p., i5 cartes et 21 plans en couleurs, Milan, T923, 24 lire.
- La collection remarquable du T. C.I. vient de s’enrichir d’un nouveau volume dans la série de. Y Italie centrale. Le premier volume numéroté II, que nous annoncions l’an dernier, comprenait: Florence, Sienne, Assise, Pérouse; celui-ci embrasse toute la région (exception faite des villes précédentes) située à l’ouest de la ligne Florence-Arezzo-Rome ; le tome suivant, numéroté I, embrassera le reste de l’Italie centrale ; le tome IV sera consacré à Rome. Ces guides, les plus complets et les plus nouveaux qui existent sur l’Italie, sont aussi soignés que riches de documentation. Cartes et plans sont particulièrement à signaler.
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- LA NATURE
- CINQUANTE ET UNIÈME ANNÉE — i9a3
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. — INFORMATIONS.
- Acétylène : canons..............................................149
- — : dangers du transvasement.............................. 25
- Aéronautique aux États-Unis..................................... 17
- Aéroplanes : ravitaillement tn vol...........................165
- Agriculture en Bulgarie...................................... 70
- — en Pologne.............................................. 26
- Alimentation pendant la famine en Russie.....................150
- Allemagne : émissions de T. S. F............................. 61
- — : épargne des engrais phosphatés....................... 78
- — : industrie du chlore liquide...........................141
- — : postes de T. S. F.................................... 42
- Amour maternel chez les oiseaux................................. 49
- Amplificateurs à transformateurs................................151
- Angleterre : Broadcasling....................................... 42
- Anguille qui a la vie dure................................... 79
- Animaux de chasse et de pêche .... 2, 25, 62, 95, 134, 176
- Antarctique : possession anglaise...............................183
- Antennes Beverage............................................... 61
- Anthropologie : nouveaux prix................................... 26
- Appareils ménagers : consommation électrique....................175
- — : salon................................................. 26
- Arbres de formes bizarres.......................................122
- Arbre à pain.................................................... 90
- Artistes et T. S. F............................................. 42
- Atlantique : traversée en hydravion.............................. 1
- Atmosphère : troubles se transmettent-ils sur toute la terre? 195
- Avions de transport : grand prix................................113
- Ballons : coupe Gordon-Bennett..................................105
- Baromètre : impressionnante dépression..........................149
- Barrage de l’Oued-el-Kebir......................................12l
- Bateaux de pèche à moteur.......................................115
- Belt (Petit) : pont.............................................121
- Benzol : dessiccation des bois..................................149
- Béton armé : pont de Saint-Pierre-du-Yauvray................. 89
- Beurre : action nuisible de la lumière.......................150
- Blé : variétés en France........................................201
- Bois : composition minérale et utilisation................... 93
- — : dessiccation par le benzol............................149
- — : nouveau procédé de créosotage.........................183
- — : nouveau procédé d’écorçage............................ 53
- — de résonance............................................ 89
- Broadcasting anglais............................................ 42
- — aux États-Unis : statistique............................ 33
- Bulgarie : agriculture.......................................... 70
- — : mines et forêts....................................... 10
- — : moyens de communication.............................. 18
- — : population et divisions territoriales . ,.............151
- — : principales villes.................................... 50
- Cadmium : protection du fer..................................... 89
- Cadre : émission.............................................. 17
- Calamités : carte mondiale de distribution...................... 49
- Calendrier : réforme et Société des Nations................ 77
- Canada : train-exposition.................................. 202
- Canaux : navigation..........................................121
- Canons à acétylène...........................................149
- Caoutchouc : nouveau procédé de préparation................193
- Cap Guardafui : phare...................................... 41
- Caviar.........................................................150
- Cerveau des hommes fossiles...........~.................... 26
- Cétacés : chasse dans les colonies françaises..............194
- Chaleur des végétaux........................................... 33
- Charbon au Congo belge.........................................201
- Chasse : animaux...................... 2, 25, 62, 93, 154, 176
- Chaulmoogra : guérison de la lèpre.........................114
- Chimie industrielle : 3" Congrès............................... 79
- Chine : T. S. F........................................9, 166
- Chlore liquide : industrie en Allemagne. . . -.............141
- Chlorures de phosphore à bas prix..........................121
- Coke métallurgique nécessaire en temps de guerre........... 9
- Colin (R. P. Élie) : nécrologie................................153
- Colloïdes et T. S. F............................................ 9
- Comète de d’Arrest............................................. 69
- — Doubiago-Bernard.......................................165
- — Reid...................................................201
- — Rcinmulh..................................... 165, 193
- Commerce de la Syrie........................................... 34
- Communications en Bulgarie..................................... 18
- Concerts publics par T. S. F............................... 42
- Congo belge : charbon........................................201
- — : diamants.............................................105
- Congrès de chimie industrielle................................. 79
- — international du froid................................. 90
- Corbeaux : enquête............................................. 94
- Courts-circuits : pour éviter leurs dargers................106
- Coustet : nécrologie...........................................165
- Créosotage du bois : nouveau procédé.......................183
- Défrichement : explosifs gratuits aux États-Unis........... 78
- Dessiccation des bois par le benzol........................149
- Diamants du Congo belge....................................... 105
- Dinosaure le plus petit ...................................... 95
- Eberswaldt : émissions de T. S. F..............................134
- Échauffement des transmissions : peintures indicatrices ... 69
- Écorçage des bois : nouveau procédé............................ 33
- Électricité : consommation d’appareils ménagers................175
- — : consommation à Paris..................................41
- — : distribution à 220 000 volts......................... 49
- — : réseaux à haute tension en France.................... 49
- Éléphant nain.................................................. 10
- Emission par cadre........................................... 17
- Engrais pour arbres à quinquina................................ 62
- Éruption de l’Etna...............................................1
- Essence d’Orient.............................................. 70
- Supplément au u° 25Q5 de La Nature du 29 décembre 1923. 209
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- États-Unis : aérouautii|ue...................................... 17
- — : stations de Broadcasting.............................. 55
- Etna : éruption................................................. 1
- Explosifs gratuits pour défricher aux États-Unis............ 78
- Exposition de Physique........................................ 166
- Fabre (J.-H.) : monument........................................154
- Fading Effect 142
- Famine en Russie : problèmes d’alimentation.................150
- Feux de forêt : extinction.................................. 69
- Forêts en Bulgarie.............................................. 10
- — : extinction des feux................................... 69
- — : incendies et fourmilières............................. 20
- Formol : synthèses.......................................... 41
- Foudre : effets d’un coup.......................................149
- Fourmilières et incendies de forêts......................... 90
- France : navigation sur les canaux et rivières..............121
- — : réseaux électriques................................... 49
- — : secousse sismique.....................................175
- Froid : 41’ Congrès international........................... 90
- Glacières sur un volcan......................................... 77
- Grue flottante de 250 tonnes................................ 61
- Hélicoptères................................................... 17
- Hommes fossiles : cerveau....................................... 26
- Hydravion : traversée de l'Atlantique............................ 1
- Hydroglisseur Gai vin...........................................175
- Hygiène : création d’un Institut................................191
- Ile volcanique du Sud-Annam disparue............................113
- Ilots nouveaux sur la côle indochinoisc......................... 49
- Incendies de forêts et fourmilières....................... 90
- Indochine : îlots nouveaux..................................... 49
- Japon : tremblement de terre...........................77, 105
- Jourdain : sels................................................. 89
- Konigswüsterbausen : émissions de T. S. F................... 90
- Langlois : nécrologie............................................ 9
- Lausanne : émissions de T. S. F.................................142
- Lèpre : guérison par le chaulmograa........................... 114
- Locomotives à chaudière électrique.............................. 77
- Lumière : action nuisible sur le beurre.........................150
- Lumineux (Produits).............................................185
- Lyon : poste de T. S. F..................................... 9
- Madagascar : pétrole........................................... 77
- Marseille : poste de T. S. F................................ 9
- Melinis mullijlova : protectrice contre la tsé-tsé.......... 78
- Ménage : salon................................................. 26
- Mer Morte : sels................................................ 89
- Métallurgie au Mexique en 1922 .............................. . 121
- Météorologie : prévisions par T. S. F.......................176
- Métiers : exposition de chefs-d'œuvre........................... 10
- Mexique : production»métallurgique en 1922..................121
- Mines en Bulgarie............................................... 10
- Monument sculpté dans une montagne..............................149
- Mulots dans l’est de Ja France.............................. 78
- Navigation sur les canaux et rivières de France.............121
- — radiogoniométrique...................................... 41
- Nébuleuses nouvelles........................................... 193
- Nécrologie : le. B. P- Élie Colin...........................133
- —. : E. Coustet............................................165
- — : J.-P. Langlois..................................... . 9
- — : J. Yiolie ............................................105
- Nice : poste de T. S. F........................................ 42
- Noir de carbone................................................ 33
- Nouvelle-Guinée................................................. 50
- Observatoire français.......................................... 134
- — de la Société astronomique de France................166
- OEufs : contrôle sanitaire à Paris..............................183
- Oiseaux : amour maternel........................................ 49
- Ondes courtes : réception sur grande antenne................106
- Opéias transmis par T. S. F..................................... 17
- Parc national du Pelvoux........................................122
- Paris : consommation d’électricité............................. 41
- — : pavé .............................................. 18
- Pâte de bois de pin des Landes..................................121
- Pavé de Paris.................................................. 18
- Pêche : animaux.......................... 2, 25, 62, 93, 134, 176
- — : bateaux à moteur......................................113
- — miraculeuse....................................62, 142
- Peintures indicatrices d’échauffement........................... 69
- Pelvoux ; parc national........................................ 122
- Perles artificielles : essence d’Orient........................ 70
- Pétrole à Madagascar........................................... 77
- Pétroles des Sélaciens........................................ 141
- Phare du cap Guardafui.......................................... 41
- Phosphates : épargne en Allemagne ............................. 78
- Physique : exposition......................................... 166
- Pin : pâle de bois............................................
- Poivrier : rendement..........................................
- Pologne : productions agricoles...............................
- Pont sur le Petit Belt........................................
- Pont de Saint-Pierre du Yauvray...............................
- Portugal : exploitation du tungstène..........................
- Prix d’anthropologie..........................................
- — Nobel de 1923.........................................
- Quinquina : engrais...........................................
- Rudiogonométrie et navigation.................................
- Radiotéléphonie : nouvelles émissions de coi ici ris. ... 2,
- — : essais de transmission entre l’Amérique et le conti-
- nent................................................
- — des opéras............................................
- — : nouveau poste de la Tour Eilie 1....................
- — : programmes des transmissions........................
- — sur ondes très courtes................................
- — transatlantique.......................................
- Rayon vert....................................................
- Réseaux électriques en France.................................
- Résonance : bois..............................................
- Rivières : navigation.........................................
- Rouille : protection du fer par le cadmium....................
- Routes au silicate de soude.............................. . . .
- Russie : problèmes d’ali mental i. m pendant la famine. . . .
- Saint-Pierre-du-Yauvray : pont................................
- Salève : observatoire.........................................
- Salon des appareils ménagers..................................
- Séisme en France..............................................
- Sélaciens : pétroles..........................................
- Sels de la Mer Morte et du Jourdain...........................
- Silicate de soude : routes....................................
- Soudure à la résine indispensable en T. S. F..................
- Soufre : industrie............................................
- Stérilisation des ustensiles de table.........................
- Suisse : stations de T S. F...................................
- Syrie : '•omracrce............................................
- Tables d’orientation et pyramides panoramiqui s...............
- T. S. F. : amplificateurs à transformateuis...................
- — et artistes...........................................
- — en Chine...........................................9,
- — et colloïdes.........................................
- — : concerts publics....................................
- — : émissions allemandes............................42,
- — : émissions diverses.................................
- : émissions d’Ebcrs.walde.............................
- — : émissions de l’École des P. T. T..........2, 142,
- — : émissions de Kœnigswüstcrhauscn....................
- — : émissions de Lausanne..............................
- — : émissions de la Tour Eiffel........................
- — : essais transatlantiques de 1925............... 176,
- — : exposition.........................................
- — : Fading Elfeet......................................
- — : nouvel horaire de la Tour. Eilfel...............94,
- — : postes d’émission d’amateurs.......................
- — : poste de Lyon......................................
- — : poste de Marseille.................................
- — : poste de Nice . ...................................
- — : postes nouveaux.....................................
- — : pourquoi la soudure à la résine est-elle indispen-
- sable..............................................
- — : prévisions météorologiques.........................
- — : réceptions à grande distance sans amplificateurs. . .
- — : réception des ondes courtes sur grande antenne. . .
- — : dans les régions arctiques......................... .
- — : réglementation nouvelle.................. 61,
- — : stations suisses...................................
- — : statistique des stations de Broadcasting aux États-Unis.
- — : transmissions par arcs. . .........................
- — : transmissions supplémentaires......................
- Tour Eiffel : nouveau poste radiotéléphonique................
- Trocas : pèche et exportation................................
- Tremblement de terre du Japon...........................77,
- Tsé-tsé : graminée protectrice . . ..........................
- — : plante protectrice.................................
- Tungstène : exploitation au Portugal.........................
- Ustensiles de table : stérilisation..........................
- Végétaux : chaleur...........................................
- Végétaux lumineux............................................
- Villes bulgares..............................................
- Villes du monde les plus grandes.............................
- Violle : nécrologie..........................................
- Volcan : glacières...........................................
- Zeppelins : causes de l’échec du raid du 20 octobre 1917 . .
- 121
- 70
- 26
- 121
- 89
- 185
- 26
- 185
- 62
- 41
- 194
- 17
- 94
- 151
- 194 17
- 195
- 49 89
- 121
- 89
- 61
- 150 89
- 154
- 26
- 175
- 141
- 89 61
- 184 ln6 26 42
- 54 79
- 151 42
- 166 9
- 42
- 61
- 151
- 154
- 184
- 90
- 142 142 184
- 2
- 142
- 154
- 151
- 9
- 9
- 42
- 106
- 184
- 176 61
- 106
- 90
- 90
- 42
- 55 61
- 184
- 94
- 194
- 105
- 42
- 78
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- 50 113 105
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-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Abaque à calculs...............................
- Accumulateurs vieux : utilisai ion.............
- Acidité des sols : procédé simple de mesure. .
- Accroche-balai.................................
- Acoust iphone..................................
- Agrandissement : nouvelle chambre..............
- Agrippeur......................................
- Amplificateur alimenté par courant alternatit .
- — à résistance...........................
- — à résonance................. . . . .
- Arbres de transmission : nécessaire de graissage
- Atelier d’amateur..............................
- Attache-fil l'ait d’un tube....................
- Audion nouveau.................................
- Automobile : essuie-glace automatiques ....
- Balai : accrochage .... ...............
- Bandes de caoutchouc : outil pour couper. . . Bibliothèque formant cadre de T. S. F. . . .
- Bicyclettes : moteur Kosengart.................
- Bicyclette : selle.............................
- Boules plastiques Quiès......................
- Bretelles pneumatiques « Sécurité »............
- Cadran nouveau de chronographc.................
- Cadre-bibliothèque de T. S. F..................
- Calculs : abaque...............................
- Canne-pistolet Magister........................
- Caoutchouc : outil pour couper des bandes . . Chambres à air : accessoire de réparation . . .
- Chaudière en tubes.............................
- Chignole : petit support.......................
- Chronographe : nouveau cadran..................
- Cloches : commande, électrique.................
- Condensateur simple à vernier..................
- — variable facile à construire...........
- Construction : nouveau système.................
- Contrôleur-enregistreur horo-kilométrique. . .
- Coupe-gaz Gudc.................................
- Culot de sûreté pour lampes électriques. . . .
- Détecteur Chantecler...........................
- Disjoncteur-contrôleur de température ....
- Doseur chronométrique de gaz...................
- Écouteur B. H..................................
- Électricité : attache-lil......................
- Électroscope de poche..........................
- Essuie-glace automatiques......................
- Fauteuil transformable.........................
- Ferret mobile Fix..............................
- Four à tremper électro-automatique.............
- Garages : réllecleur...........................
- Gaz : doseur chronométrique....................
- Gicleur : petit outil de débouchage............
- Graissage des arbres de transmission : nécessaire
- 44
- 177
- 144 136
- 43
- 5
- 178 185 185
- 63 143
- 52
- 81
- 135 153
- 136
- 143
- 43 107
- 80
- 136
- 64 168
- 45
- 44 82
- 145
- 144 123. 155 168
- 81
- 135 96
- 136 51
- 177
- 11
- 5
- 95 177 11 81 167 153 187 196 115 143 177 80 143
- Gyroscope : jouets . -..........................
- Gyrostile.......................................
- Haut-parleur original...........................
- Inllammateur électrique.........................
- Jouets gyroscopiques............................
- Lacet à ferret invisible........................ .
- Lampes électriques : culot de sûreté............
- Laveuse-rinceuse Aurore.........................
- Manutention : procédé original..................
- Marque à jouer Grison...........................
- Meule pour rails de tramways....................
- Minuterie nouvelle..............................
- Mirœuf V. M.....................................
- Moteur démarreur agencé en perceuse.............
- — Rosengart pour bicyclettes...............
- Mullibte........................................
- Nage : bretelles pneumatiques...................
- Patieycle...................................
- l’avés de bois : conservation...................
- Perçage de trous par en dessous.................
- Perceuse électrique avec un moteur démarreur. . Photographie : nouvelle chambre d’agrandissement
- Pierres : sciage automatique....................
- files employées en T. S. F......................
- Plaque photographique voilée : utilisation ....
- Poire électrique : amélioration.................
- Poteaux en bois : socles en ciment armé.........
- Poudreuse électrique............................
- Rails : machine à meulcr........................
- Réilecteur pour garages.........................
- Repasscur-alluteur I Aiguisonix.................
- Robinets déligours..............................
- Sac toujours chaud..........................
- — à provisions : monlure...................
- Sciage des pierres : appareil automatique . . .
- Selle de bicyclette : suspension ...............
- Socles en ciment pour poteaux en bois ..... Sols : procédé simple de mesure de l’acidité. . . Stérc i-classeur Leroy......................
- T. S. F. : acoustiphone.......................
- — : amplificateur à résonance..............
- — : appareil.pour apprendre la lecture au -ou
- — : au bon nouveau.........................
- — : bibliothèque formant cadre.............
- — : condensateur simple à vernier..........
- — : condensateur variable facile à construire.
- — : détectour Chantecler . . ..............
- — : écouteur B. H..........................
- — : haut-parleur original..................
- Timbre en caoutchouc : monlure..................
- Tour à bois : agencement........................
- Trempe : four électro-automatique...............
- 108
- 178
- 115
- 123 108 154
- 11
- 124 96 82
- 4
- 81
- 154
- 144
- 107 64 64
- 168
- 82
- 143
- 144
- 3 51
- 195
- 82
- 64
- 11
- 82
- 4
- 145 4
- 154
- 108 178
- 51
- 80
- 11
- 144
- 185 43 63
- 115
- 135
- 43
- 135
- 96
- 3
- 11
- 115
- 186 3
- 115
- III. - VARIÉTÉS.
- Production et commerce des cerises (A. Truelle)............. 5
- Le batik et les tissus batikés (A. Butin)................... 21
- Comment acheter les légumes-fruits? Les melons (A. Truelle). 37
- Pascal et les premiers omnibus (H. Coupin) . . ......... 45
- Production et commerce des pêches (A. Truelle).............. 65
- Le rayon vert................................................... 73
- Industrie des moûts de raisin conservés (A. Roi.et). .... 83
- Production et utilisation des mirabelles et des quetsches (A.
- Truelle)................................................... 91
- L’élevage méthodique des écrevisses (11. Blin).............. 99
- Pour obtenir des moisissures (H. Coupin)......................109
- Production et utilisation des courges alimentaires (A. Truelle). 117 Production et commerce des poires de table commerciales (A.
- Truelle).................................................137
- Le rayon vert; le bolide vert...............................145
- Horaire des émissions radiotéléphoniques au 1er novembre. . 155
- Notes sur le Japon (R. Le Conte)..................... 156, 179
- Production et commerce des reinettes de table (A. Truelle) . 171
- Élevage et régime d’insectivores (A. Godard)................189
- L’avocat ou poire d’avocat (A. Truelle).....................197
- Comment prendre la loutre (H. Byx)..........................203
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Précautions en cas d'accidents dans les installations frigorifiques à ammoniac (R. M.).......................................... 66
- Le poids normal des enfants (1)' P. E. Moriiarut;.................158
- Les famées de Paris (R. M.)................................146
- Bizarreries physiologiques et pathologiques de la lumière (D' Foveau de Coüumelles) .................................189
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- HÉ
- TABLE DU SUPPLEMENT
- V. - RECETTES ET
- Affûtage des outils............................................ 15
- Alcool : pouvoir désinfectant ..................................157
- Aluminium : soudure. . . '.................................. 85
- Arbres : traitement des plaies.............................. 15
- Atelier : choix d’un sol........................................191
- Beurres de fruits............................................... 81
- Bouillottes inoxydables........................................ 55
- Cabine portative................................................ 29
- Câble : préparation d’un œillet............................... 125
- Caoutchouc : conservation de la souplesse................... 58
- Champignons : conserves . ...................................... 29
- Colles : conservation......................................... 198
- Conserves de champignons........................................ 29
- Courbes quelconques : tracé.....................................175
- Crochet indécrochable........................................... 53
- Cuir : pour apprécier la qualité............................... 198
- Décalque d’impressions sur plaques. ............................ 58
- Dépilatoires nouveaux....................................... 53
- Ébonite : altération........................................ . 180
- Essence : réparation provisoire d’un tube....................... 38
- Fers à souder : chauffage.......................................180
- Fleurs fraîches : conservation .....................; . . . 15
- Fraises : ne les lavez pas...................................... 13
- Fuite de valve : réparation.....................................158
- Huiles rances : traitement......................................125
- Képhir sans lait................................................172
- Lacet déferré................................................. 53
- VI. -
- Bulletin astronomique (E. Touchet). 27, 57, 97, 129, 161, 203 T. S. F. (P. llÊMARDINQUEll) : *
- Réception sur cadre des émissions radiotéléphoniques. ... 19
- PROCÈDES UTILES.
- Lait : rendement des vaches laitières......................... 85
- Lavage des clichés : vérification électrique..................175
- Livres : photographie.............................................125
- Nettoyage des pinceaux............................................ 58
- Œillet : préparation sur un petit câble.......................125
- Œufs : conservation............................................... 15
- Outils : affûtage................................................. 15
- Pédale : amélioration.............................................125
- Phare d’auto : contre l’éblouissement............................. 55
- Photographie : décalques d’impressions sur plaques................ 58
- — de livres..................................................125
- — : vérification électrique du lavage des clichés.......172
- Piles de poche usées actionnant des sonneries................. 38
- Pinceaux : nettoyage............................................ 58
- Plaies des arbres : traitement.................................... 15
- Porte : bloqueur.................................................. 53
- Pots de Heurs : pour donner plus de place aux racines ... 53
- Roue amovible : pour la remettre..................................191
- Sol d’atelier................................................. 191
- Sonneries actionnées par piles de poche usées . .............. 38
- Soudure de l’aluminium........................................... 85
- T. S. F. : altération de l’ébonite................................180
- Tennis : terrain.................................................. 13
- Terrain pour tennis............................................... 13
- Tuyau d’essence : réparation provisoire........................... 58
- Vaches laitières : rendement en lait.............................. 85
- Valve : réparation d’une fuite....................................158
- Différentes ondes transmises par les postes de T. S. F. ... 55
- Rôle du détecteur............................................. 71
- Deux procédés simples de mesure...............................152
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahvre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- 424 ... r: 1 — TABLE DES
- Radiotéléphonie sur les trains en marche (J. Boyer) . . 102
- Nouveau moyen de transmettre l'alphabet télégraphique (II. M.).......................................Ml
- Un nouveau haut-parleur amplificateur : le frénophone
- (H. M)...............................................118
- Lampe démontable de grande puissance pour T. S. F.
- (IIoiayeck)..........................................144
- Nouvelles cabines téléphoniques à encaissement automatique (II. Marchand).................................237
- L'électrification des campagnes (A. Pawlowski) .... 245
- Un tube audion minuscule (L. Kuentz)....................256
- La question djs câbles téléphoniques sous-marins (H. M.) 516
- La houille blanche dans l’Inde (IL Marchand)............350
- Lampe démontable de grande puissance pour T. S. F. 237
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Alimentation en eau par béliers hydrauliques (IL Marc). 7
- Le tirage des foyers (,T. Sénart).................... 27
- Le coin hydraulique (M. Bousquet)............. 30
- Derniers perfectionnements des phares (E. Marcotte). 290 Captage des sources de gaz naturels (F. Rigaud) . . . 314
- 6. Transports.
- Chronométrage électrique des courses d’automobiles
- (A. Galt et A. Bonnet)............................. 79
- Àutodrome sur le toit d’une usine (E. Weiss)......... 95
- L’éclairage des automobiles ( L. Maurice)............340
- MATIÈRES
- Le chemin de fer électrique de Virginie (L. Jacquet). . 347
- Systèmes automatiques de chronométrage sportif (J.
- Boyer)...............................................557
- Nouveaux châssis d’automobiles (E. Weiss)..............579
- Emploi d’un mélange akool-pélrole comme carburant 125
- Théorie des moleu s à combustion interne...............143
- Moteurs à combustion interne............................188
- Mode d'action des freins d’avant et d'arrière ... 551
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le vol à voile par vent descendant (H. Liurette) ... 76
- L’aviation et les voyages transatlantiques (Commandant
- Sauvaire-Jourdan)....................................521
- L’avion automatique et la direction des avions par T S. F.
- (P. Hémardinquer)...................................385
- Les grands dirigeables rigides (M.-P. Otto)............405
- Résistance de l’air sur le matériel des chemins de
- fer..................................................255
- Mécanisme du vol à voile................................399
- 7. Marine.
- Les signaux sous-marins par ondes ultra-sonores
- (A. Troller)..................................... 36
- 8. Divers.
- La cryptographie (G. Yoi.et) ................ 188, 203
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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